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Full text of "Dictionnaire universel françois et latin : vulgairement appelé dictionnaire de Trévoux, contenant la signification & la définition des mots de l'une & de l'autre langue, avec leurs différens usages; les termes propres de chaque etat & de chaque profession : la description de toutes les choses naturelles & artificielles; leurs figures, leurs espèces, leurs propriétés: L'explication de tout ce que renferment les sciences & les arts, soit libéraux, soit méchaniques, &c. Avec des remarques d'érudition et de critique; Le tout tiré des plus excellens auteurs, des meilleurs lexicographes, etymologistes & glossaires, qui ont paru jusqu'ici en différentes langues"

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CTIONNAIRE 



U N I V E R S E L 

FRANÇOIS ET LATIN, 

VULGAIRE ME NT APPELÉ 

DICTIONNAIRE DE TRÉVOUX. 



TOME PREMIER 



A==BOU 



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3» 



NOMS DES LIBRAIRES ASSOCIÉS, 



VALLEYRE, Père, 
GANEAU, 
D'HOURY, 
BAILLY, 

D E B U R E , Fils jeune , 

Veuve SAVOYE, 

DESPREZ , 

DE H AN S Y jeune, 

DURAND, 

DESVENTES DE LA DOUÉ 

SAILLANT, 

NYON, 

Veuve DES AI NT, 

LAMBERT, 

DELALAIN, 



} 



Rue Saint -Severin. 

Rue de la Vieille- Bouderie, 
\ Quai des Augufiins, 



1 

,1 
} 



\. Rue Saint- Jacques. 



Rue Saint- Jean- de -Beauvais. 

Rue du Foin. 

Rue de la Harpe. 

Rue de la Comédie Françoifè, 



DICTIONNAIRE 

U N IVE R S E L 

FRANÇOIS ET LATIN, 

VULGAIREMENT APPELÉ 

DICTIONNAIRE DE TRÉVOUX, 

Contenant la Signification &c la Définition des mots de l'une & de l'autre I angue ^ 
avec leurs difFérens ufages; les termes propres de chaque Etat & de chaque Profeffion : 
La Defcription de toutes les chofes naturelles & artificielles ; leurs figures , leurs efpèces , 
leurs propriétés : L'Explication de tout ce que renferment les Sciences Se les Arts , Toit 
Libéraux , foit Méchaniques , âZc. 

AVEC DES REMARQUES D'ÉRUDITION ET DE CRITIQUE; 

Le tout tire des plus excelle ns Auteurs^ des meilleurs Lexicographes , Etymolopijles 
Se Glojjaires , qui ont paru jiifquici en différentes Langues. 

NOUVELLE ÉDITION. 

Corrigée et considérablement augmentée. 
TOME PREMIER. 




A P A RI Sr 

PAR LA COMPAGNIE DES LIBRAIRES ASSOCIÉS. 



M. DCC LXXI. 

AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU ROL 



l » 














Epûis que la Langue francoife a reçu des bons Ecrivains, dii 
fiècle dernier & du nôtre, 1 éclat que lui ont donné leurs Ouvra- 
ges , on l'a parlé dans toute l'Europe , &C fon ufage eft deveniï 
prefque univerfel. Nous ne prétendons point que ce foit un avan- 
tage réfervé excluliveinent à notre Langue ; les Italiens 6c les 
Anglois pourroient en dire autant de la leur. Mais on ne fauroic 
conteller que la Langue dans laquelle ont écrit Corneille , Molière , la 
Fontaine, Racine, Quinaut, Boileau , Rousseau, Paschal, Bossuet, 
FÉNELON, Vertot, Fontenelle , MoNTESQuiEu , VoLTAiRE , 6Cc. n'ait bien 
mérité d'être connue par-tout où l'on cultive les Lettres. Ici les faits réduifent 
au fîlence tous les préjugés nationaux, 

• Un avantage particulier de notre Langue , c'eft d'avoir été fubftituée à la Lan- 
gue Latine , dans les négociations &C dans les traités qui fe font faits depuis qua- 
rante ans , &: d'être ainfi devenue la Langue politique de l'Europe. Cette diitindion , 
qui ne peut être attribuée qu'au génie ou au caradbère de la Langue Françoife , 
fùffirôit pour dériiôntrer combien fa marclie a paru fimple dc naturelle; avec quelle 
netteté , quelle aifance les idées s'y produifent, & fe rangent dans la procrreiîion 
la plus analogue aux procédés de rentendement ; combien fes plirafes bc fes expref- 
fîdns font claires ; enfin combien fon étendue &C fa fouplefle la rendent propre à 
traiter, même élégamment, toutes les matières. 

Une Langue conficrée par le génie , &C cultivée avec tant de foin , qu'elfe à 
mérité dans le dernier fiècle l'attention du Gouvernement, puifqu'il en a confiée 
le dépôt à line Compagnie, deftinée fpécialement à îa maintenir dans fa pureté * 
une Langue encore très-méthodique , 6c fondée fur des principes qui n'y laiiîenC 
prefque plus tien d'arbitraire , avoir befoin d'être confignée dans ces archives du 
lanrage, qu'on nomme Dictionnaires, 

Mais l'ufage des Didionnaires n'eft plus borné, fuivant l'acception primitive' 
attachée à ce mot, à la feule intelligence des termes de la Langue qu'on veut en- 
tendre du parler; il n'eft plus fîmplement grammaticaL Les chofes indiquées pas 
les mots, font décrites dans la plupart, & plus ou moins détaillées &L eirconfl:an- 
ciées ; c'eft même ce qui devroit faire diftinguer les Didionnaires de notions des- 
véritables Vocabulaires : diftindion que l'on ne fait point. 

L'autorité de ces fortes d'Ouvrages petit être fondée fur là Capacité Se les îu- 
ïnieres de ceux qui les compofent , ou fur la réputation Sc le mérite des A uteurs 
qui y font cités , 6c qu'on prend , en quelque manière j pour règle : ce qui fai^ 
Tome L ■$, 



vj PRÉFACE. 

comme deux efpèces différentes de Didionnaires. Celui de l'Académie FraïK^oifc 
eft de la première efpèce, 6c ceux de Richelet , de Furetière , 6Cc. font de la 

féconde. 

Il faut fans doute déférer, parmi les Didionnaires François, le premier rang 
à celui de l'Académie Françoife. Il y règne par-tout une fagefle &C une économie 
dignes des grands Maîtres qui y ont travaillé. Mais un Didionnaire univerfel doit 
être un Code de Grammaire, de Littérature, de Belles-Lettres, de Rhétorique, 
de Poétique, de Médecine, d'Anatomie , de Philofophie , de Phyfîque , d'Aftro- 
nomie , de Botanique, Ôcc. un Code enfin des Arts Sc des Sciences. Celui de 
l'Académie, fuivant le plan qu'on s'y eft propofé , fe renferme uniquement dans 
ce qui concerne la Langue : on s'y eft borné aux termes de l'ufage ordinaire ; peu 
de détails fur les fynonymes j Ô^ l'on n'y trouve point la plupart des termes propres 
aux Sciences, aux Arts, aux Métiers, ni ceux que l'ufage n'admet plus, 6C qu'il 
eft pourtant nécelfaire d'entendre pour l'intelligence des Auteurs anciens : parce- 
que les définitions y font précifes; elles laifl'ent à défiret à bien des perfônnes des 
explications plus étendues, àc une connoifïance plus détaillée des circonftances : 
en un mot , il n'a pour objet que de fixer dC de déterminer Tufage èc les divers 
fens des expreffions qui doivent entrer dans le langage ordinaire ou dans la com- 
pofition. Ce fut même pour fuppléer a fon infuffifance, ainfi qu'à celle des Dic- 
tionnaires de Furetière t>C de Richelet ^ qui rouloient alors avec celui de l'Acadé- 
mie , qu'au commencement de ce fiècle une Société favante conçut le projet du 
Didiiônnaire donc on donne une nouvelle Edition. 

Le Furetière Sc le Richelet ne font pas fans mérite ; mais on fait que ce qu'il y 
a de bon dans le premier, eft tiré du Didionnaire de l'Académie. La partie donc 
Furetière fe faifoic plus d'honneur, étoit celle des Arts 6c des Sciences, & c'étoic 
précifément celle qui valoir le moins, parcequ'on manquoit alors des fecours qui 
nous font venus depuis. Le Richelet, dans fon origine, n'avoir guère plus d'éten- 
due que le Dictionnaire de l'Académie ; èC l'on convient affez que la plupart des 
augmentations ne l'ont pas rendu beaucoup plus inftrudif, ni plus intéreflant. Ces 
deux Ouvrages font appréciés depuis long-temps , ÔC nous ne reviendrons point 
fur les jugemens qu'on en a portes : mais il en eft deux bien plus récens que le Dic- 
' tionnaire de Trévoux, dont les rapports avec ce dernier, ne prouvent que mieux 
combien il eft encore utile, &;, on l'ofe dire, nécefl'aire. 

Le Dictionnaire Encyclopédique embraflant toute la chaîne des connoiflances 
humaines , la Langue Françoife y eft entrée comme inftrument de ces connoiffances. 
Dans la plupart des articles qui concernent cette Langue, on reconnoît les habiles 
mains dont ils font l'ouvrage : il y a peut-être autant ou plus de philofophie que 
de notions grammaticales. Mais ceux qui préfidoient à cette Collection , particu- 
lièrement occupés des articles les plus importans de l'Ouvrage , ont fouvent négli- 
gé ceux qu'ils regardoient comme moins effentiels. Delà plufieurs termes ufuels 
fur lefquels on pafle fort légèrement ; d'autres qu'on n'envifage que fous certains 
rapports; d'autres enfin totalement oubliés, ou abandonnés. 

Le Grand Vocabulaire François , donc il y a déjà i8 Volumes imprimés, ve- 
nant après tous les autres , devroit être le plus complet en tous points : mais , tout 
volumineux qu'il eft , tout y eft maigre , Çqc ëC décharné. LAuteur fe contente 
fouvent de donner une idée générale d'un mot, en le défini (faut par un autre mot 
avec lequel il a quelque affinité, fans indiquer l'idée propre, individuelle, qui non- 
feulement diftingue, mais encore qui particularife l'un 6C l'autre. Or il doit né- 
celfairement réfulter d'images fi vagues , un défaut de juftelTe & de précifion. On 
y trouve piefque par-tout les définitions toutes fèches du Dictionnaire de l'Aca- 
démie , pour les termes ufiiels , & celles du Dictionnaire Encyclopédique, pour 
les termes techniques. De plus, pour remplir toute l'idée d'un Vocabulaire au- 



PRÉFACE. vi) 

quel on ne prefcrivoic point de bornes , il ne fiiffifoic pas de parcourir les Syno- 
nymes de l'Abbé Girard ; il auroic fallu rapporter les obfervations des Maîtres de 
la Langue, expofer les règles fondamentales du langage, diilmguer ce que rufase 
feul autoriie, &: marquer jufqua fes bizarreries : tout cela devoit entrer dans le 
plan d'un Ouvrage que l'on deftinoit à donner la connoiflance la plus étendue de 
la Langue Françoife. 

Le Didionnaire de Trévoux, ainfi nommé de la Ville où fut imprimée la 
première Edition de cet Ouvrage, parut d'abord en trois Volumes in-folio , fous 
le titre de Dlcilonnalre Unlverfel, qu'il a confervé , parcequ'il étoit en effet dès- 
lors le plus ample 6c le plus complet des Dictionnaires de la Lan'-^ue. 

Il en eft en général des grands Didionnaires , comme de ces vaftes édifices qui 
n'ont jamais été l'ouvrage d'une feule génération , mais d'une longue fuite d'Ar-- 
chitedfes. Celui de Trévoux, formé fur le plan le plus étendu, ne pouvoit de 
même être que l'ouvrage du temps : il s'eft donc accru fucceffivement , comme 
le Moréri , comme le Tréfor de Robert Etienne ; mais à chaque Edition il s'efl 
tellement enrichi, qu'il eft devenu proprement le Diclionnaire national, puifque 
cinq Editions confécutives ont à peine fufti pour les befoins du Public/ On doit a 
M. l'Abbé du Mabaret , Curé de St. Léonard, plulîeurs articles curieux, inférés 
dans les premières Eciitions. Il s'en falloit pourtant beaucoup que la dernière Edi- 
tion en fept Volumes In-follo , n'y eût rien laiifé à délirer 3. foit pour le complé- 
ment de l'Ouvrage, foit même pour l'exaditude. Comme tous les Didionn aires, 
fans exception, font prefque nécellairement défectueux ou fautifs , & ne diffèrent 
à cet égard que du plus ou du moins , le Didionnaire de Trévoux n'étoit pas 
plus exempt que les autres de mauvaifes ou de fauffes définitions , d'autres erreurs 
de toute efpèce, d'inutilités, de répétitions, ÔC fur-tout d'omiffions importantes. 
Il y avoit prefque également à retrancher 6c à augmenter. Il a donc fallu corri- 
ger, élaguer, abréger d'une part, &: de l'autre intercaler, ajouter, changer, pour 
rendre cet Ouvrage plus corred, plus étendu, plus complet qu'aucun de ceux qui 
ont paru jufqu'ici en ce genre. En comparant cette Edition avec les précédentes 
on verra combien il eft différent de ce qu'il étoit : c'eft un nouvel édifice élevé fur 
l'ancien plan. En le comparant avec ceux qui ont quelque rapport avec lui , on 
connoîtra facilement combien les changemens qu'on y a faits , lui donnent d'avan- 
tage fur eux-: ces changemens, ces corrections , ces additions, ont produit des 
Volumes plus forts que ceux de la dernière Edition , ôd un Volume entier de plus. 
Ce qu'on dit ici au refte, n'eft point pour diminuer la gloire de ceux qui ont tra- 
vaillé aux autres Didionnaires ; ils font tous très-louables dans ce qu'ils ont fait , 
& très-excufables dans ce qui leur eft échappé ; il n'eft prefque pas pollible de ter- 
miner abfolument ces fortes d'Ouvrages. Si nous avons été plus loin que les autres 
nous ne nous flattons pas pour cela que perfonne ne puifle aller plus loin que 
nous ; mais nous croyons toucher de plus près que les autres à ce point de perfec- 
tion , ou il eft difficile de parvenir. Ceux qui viennent les derniers , ont un grand 
avantage fur ceux qui les ont précédés , en ce qu'ils peuvent profiter de leurs lu- 
mières , 5c même des fiutes qui leur font échappées : on confulte, on compare ■ 
on confronte , on pèfe les raifons & les autorités , &: l'on fe décide. 

Le premier & le principal objet d'un Didionnaire grammatical , fcientifique, 
technique, &c. tel qu'eft celui-ci, eft de préfenter exadement l'idée précife dont 
chaque mot eft le figne repréfentatif II fuit que la valeur, le caradère , les dif- 
férentes acceptions de chacun, &; les règles auxquelles eft foumis fon emploi, 
foient déterminés de la fa(^on la plus fûre. On n'a rien négligé pour bien rem- 
plir cet objet : on a d'abord confulte tous les autres Didionnaires, pour qu'il n'é- 
chappat, s'il étoit pollible , aucun des mots de la Langue, 6C pour former la nomen- 
clature la plus riche ëC la plus étendue ^ on a pris enfuite pour guide, fur fufage- 



viij PRÉFACÉ. 

& fur le fens des mots , les meilleurs Ecrits que nous ayons fur la Langue &C en 
cette Lancrue. A chaque mot François répond le mot Latin ; avantage qui ne fe 
trouve point dans les autres Didionnaires Univerfels. 

Quoique le Latin ne puille être regardé que comme acceflbire dans un Dic- 
tionnaire de la Langue Françoife, nous avons cru qu'on feroit bien aife de voir, 
du même coup d'œil , le mot Latin 6c le mot François qui fc répondent , bien 
peiTuadés d'ailleurs que le mot Latin fert beaucoup, non-feulement aux Etrangers, 
mais encore aux Nationaux hiêmes, pour l'intelligence parfaite du mot Fran- 
çois. Ce font comme deux images diiférentes, qui, loin de fe nuire, ou de fe. 
détruire, s'entr'aident au contraire l'une èC l'autre, & concourent à former dans 
l'efprit une notion diftinde des objets qu elles repréfentent. Ceux qui n'entendent 
pas le Latin, en feront quittes pour s'en tenir précifément au François, qu'ils trou- 
veront auffi nettement expliqué, que fi l'on ne s'étoit rkn propofé de plus. Ceux 
qui ont l'ufage de la Langue Latine, ne feront pas fâchés de voir le rapport èC 
la liaifon qu'il y a entre ces deux Langues, 6C de reconnoître les mots François 
qui tirent leur origine du Latin. Pour ce qui concerne les Etrangers, il eft évi- 
dent que rien ne fauroit être d'une plus grande utilité pour eux , dans l'étude qu'ils 
font de notre Langue ^ èC que rien n'ell plus propre à leur faire fentir la tbrcé 
&; le vrai fens des mots François. En effet , fi l'explication des mots n eft qu'en 
François , ceux qui ne fàvent pas encore notre Langue , n'entendront pas mieux 
l'explication du terme qu'ils cherchent, que ce terme même ; &C fouvent leur em- 
barras ne tait qu'augmenter, par le nombre des termes inconnus qui fe trouvent 
dans la définition : au lieu qu'ils conçoivent d'abord la force & l'énergie du mot 
François , quand ils voient qu'il fignifie précifément la même chofe que le terme 
Latin qui y eft joint. 

A cette attention de faire répondre le mot Latin au mot François , nous joi- 
gnons celle de marquer l'étymologie, quand elle paroît néeeflaire pour l'intelli- 
g-ence &C la précifion. Ménage, du Cange, Saumaise , Vossius , Ferrari,- 
Caseneuve, Guichard , le P. THOMAssiN,leP. Perron, Pasquier, Henri, 
Etienne , Tripot , Borel , ÔC autres qui ont travaillé avec fuccès en ce genre, 
nous ont fourni tous les fecours dont nous avions befoin en cette partie. 

Des explications courtes d>C précifes fervent encore à déterminer la fignification 
propre du mot ; & pour en faire mieux fentir la jufte valeur, on a joint des exem- 
ples tirés des meilleurs Ecrivains. On expofe , après cela , avec netteté les différen- 
tes acceptions du même mot , autoriféespar des exemples, ÔC fuffifammentdifcutées: 
ainfi l'on a diftingué par-tout très-foigneufement, dans chaque mot, le fens propre, 
le fens fic^uré , &C le fens par extenfion , qui tient le milieu entre fun &: l'autre. 

Je n'io"nore pas qu'il s'cft trouvé des gens qui fe font avifés de blâmer cette at- 
tention aue nous avons de juftifier par des exemples tirés des meilleurs Auteurs, 
le fens que nous attachons aux mots dans nos définitions. 53 Le principal ÔC le 
3> feul mérite du Didionnaife de Trévoux , fi ce n'eft pas un vice , dit l'Auteur 
« du Grand Vocabulaire , eft d'avoir accumulé une foule d'exemples tirés d'Au- 
« teurs connus : mais ces exemples ainfi entafles , fatiguent bien plus le ledeur,' 
3} qu'ils ne l^inftruifent ; èC , comme le remarque très - bien le Didionnaire de 
» l'Académie, des phrafes compofées exprès, pour rendre fenfible toute l'énergie 
s> d'un mot , 6c pour marquer de quelle manière il veut être employé , donnent 
»> une idée plus nette &C plus précife de la jufte étendue de fa fignification, que 
j> des phrafes tirées de nos bons Auteurs, qui. n'ont pas eu ordinairement de pa- 
V reilles vues en écrivant. 

Sans m'amufer à répondre à cette critique, je me contenterai de dire à rOl>: 
fervateur, que nous n'avons, ni lui, ni moi, acquis allez de réputation dans la 
République des Lettres, pour être crus fur notre parole. Les Auteurs de la féconde 



PREFACE, ix 

èfpèce de Diôtionnaires dont nous avons parlé , n'étant que de fîinples particu- 
liers , fouvent i<;norés, n'ont point, quelque éclairés qu'ils puiiTent être, allez 
d'autorité pour décider de leur chef. Ils lont donc obligés d'emprunter des Ou- 
vrages d'autrui, une autorité qu'ils ne peuvent fe donner d'eux-mêmes, Zc d'appe- 
ler en témoignage nos meilleurs Ecrivains, fur les chofes qu'il leur faut décider. 
Ces Auteurs qu'on cite, ajoute l'Obfervateur, n'ont pas toujours eu de pareilles 
vues en écrivant. Qu'il me dife donc quelles vues ils ont pu avoir dans l'emploi 
qu'ils ont fiit des mots. C'eft peut-être une bévue d'apporter pour exemple le Dic- 
tionnaire de l'Académie Fran(^oife, qui ne cite point. L'Académie faiflmt un Corps 
compofé des perfonnes les plus verfées dans la connoiflance de la Langue , char- 
gée de la compofition d'un Dictionnaire , Jie devoir pas rapporter les fentimens 
des autres , mais déclarer les ïîens : elle ne pouvoir donc , ni ne devoit citer ; elle 
n'auroit pu citer qiie fes propres Membres ; ce qui auroit blelTé leur modeftie. Eu 
citer d'autres qui ne fulTent pas de Ton Corps, (^'eût été, en quelqde forte, fou- 
mettre fon autorité à une autorité étrang-ère. On doit regarder en cela l'Académie 
comme une Cour Souveraine , qui a droit de rendre des Arrêts , lans être obli-- 
gée de les motiver : au lieu que les autres ne peuvent être confidérés que comme 
des Avocats qu'on confulte, 6c qu'on ne croit qu'autant qu'ils font fondés fur de 
bonnes raifons, ou fur des témoignages certains. 

On pourroit ajouter que le Public paroît pencher un peu plus du côte de ceux 
qui citent , que du côté de Ceiix qui ne citent pas , moins peut-être par raifon , 

ique par une certaine malicrnité , & par un eflet de cet oreueil fî naturel à l'efpric 

1^ ^. . ... ^s A ^ T' • ' 1 • • ri 1 • î r I 

liumam , qui naune pas a être maitnle, m quon lui impole des loix abiolues-j 

fans lui en faire connoître les motifs & les raifons. Cette efpèce de foumillion 
iaveiigle qu'il croit qu'on exige de lui, le choque 6c le révolte : il eil, au contrai- 
re, flatté agréablement par la déférence & le ménagement que font paroître pour 
fes lumières ceux qui n'avancent rien , fans l'appuyer de preuves folides & de bons 
témoignages. Il veut être inftrtiit, mais il n'aime pas qu'on lui donne des léchons ^ 
iSc il préfume qu'on veut lui en donner, lorfque, fans citer, on fembie lui pref- 
crire d'autorité, qu'il faut parler de telle ou telle manière, ou qu'il ne faut pas fé 
fervir de telle ou telle expreflion. Ceux qui citent au contraire , femblent moins 
lui prefcrire comment il fiut parler , que lui apprendre comment ont» paijé les 
plus célèbres Auteurs. Il fe figure que les premiers veulent lui impofer une efpèce 
d'obligation & de nécellitc de fe rendre à leurs décifions; 6c c'eil ce qui lui dé- 
plaît. Il s'imagine, au contraire, que les féconds ne font que lui expofer les fen- 
timens & l'ufage des meilleurs Ecrivains, en lui laillant la liberté de s'y conformer;" 
6C c'eft ce qui flatte fon amodr-propre. Enfin il regarde les uns comme des Juges 
fuprêmes qui rendent des Arrêts , 6C qui veulent qu'on s'y fbumette fans difcuf- 
fion ; au lieu qu'il confidère les autres comme des amis éclairés , qui délibèrent, 
avec lui fi l'on peut lifer de telle ou telle expreflion fur la foi &: l'autorité de tels 
ou tels Auteurs qui s'en font fervis. Ce n'eft point une loi qu'on lui impofe j 
c'eft un avis qu'on lui propofe ; c'eft un confeil qu'on lui donne , auquel il fe rend 
d'autant plus volontiers, qu'il fembie le faire avec moins de contrainte. Revenons 
à notre fujet. . , . 

Perfuadés , avec l'Abbé Girard , 1° . que teft la multiplicité des idées qui pro,- 
duit & qui doit produire la multiplicité des termes; i^. qu'il importe peu d'eiî 
avoir plufieurs pour peindre une feule idée , tandis qu'on en manque pour quel- 
ques-unes ; nous ne définilfons point un mot par un autre , comme s'ils étoient' 
parfaitement identiques ; ou fi quelquefois on s'eft vu contraint de le faire , ce 
n'eft qu'après avoir marqué les nuances qui diftinguent ces prétendus fynonymes,' 
ÔC qui leur donnent un caraâière propre & individuel. Les définitions font fuivies 
des autorités qui foiit le plus généralement reçues , les plus fûres fur la fignifica"-^ 



s PRÉFACE. 

tion &: l'emploi de chaque terme, en ramenant tout à l'ufage , arbitre refpedé 
même des maîtres. On a puifé dans toutes les fources reconnues pour les plus pures 
du langage ; on a fur-^tout profité des Obfervations que M. de Voltaire a femées 
dans fes Notes fur Corneille &; ailleurs. Quand les Obfervations des grands Maî- 
tres ont manqué, l'Editeur a cru pouvoir hafarder modeftement les liennes, en les 
foumettant au jugement du Public. 

A l'é^Tard de certains termes propres aux Arts &; aux Sciences, il nous a paru 
qu'il ne fuiSfoit pas d'en donner une fimple définition, comme dans nos Voca- 
bulaires, prefque toujours inintelligible à ceux qui n'ont aucune idée des objets 
qu'elle indique. Des définitions ne font pas des notions. S'agit-il , par exemple , 
d'une machine , ou d'un inftrument quelconque , on en fait une courte defcrip- 
tion ; on détaille même les parties dont il eft compofé ; ce qui fait mieux connoî- 
tre l'ufage auquel il eft propre. 

Dans les matières de Phyfique , de Botanique &C autres Sciences, après la dé-- 
finition du mot , on en donne une explication encore plus ou moins détaillée , 
fuivant la nature ÔC l'importance de l'objet. C'eft ainfi que fur le mot fon , après 
la définition de la chofe , on entre dans un détail iuftructif : on confidère d'abord 
avec les Phyficiens, la nature à\x Jon dans les corps fonores, puis dans le milieu 
<jui le tranfmet , & dans l'organe qui en re(^oit l'impreilion , on fait voir en quoi 
-confifte \q. fon dans le corps fonore; comment il y eft produit; comment enfuite 
il eft communiqué aux différentes parties du fluide qui vient trapper notre or- 
gane , d'où l'impreirion eft portée au fiège de l'âme, où fe fait la perception du 
Jhn. Après avoir expliqué la production du fon , on en décrit la propagation , la 
réflexion , l'augmentation, la diminution ; '6c pour ne rien laiffer à défirer fur une 
matière auffi curieufe , on expofe fommairement les diflérens fyftêmes qui partar. 
gent les Phyficiens. 

On a fuivi la même méthode dans tous les autres articles , parceque ces expli- 
cations ont paru liées néceflairement aux notions qu'on doit trouver dans un Dic^ 
tionnaire bien fait. 

Qu'apprend-on en effet à celui qui , par exemple , veut avoir une idée précife 
de la lumière , quand on lui dit, lumière , clarté ffplendcur ^ ce qui rend les objets 
vifibl|? ? Connoît-il mieux ce qui nous éclaire , ce qui rend les objets vifibles , 
la clarté , la fplendeur , que la lumière même ? Ses idées n'en fojit certainement 
pas plus nettes ; on lui en donne même de fauffes , puifque ces trois mots, lumière, 
clarté , fplendeur , ne font nullement fynonymes. Il faut donc le mener par dégrés 
à la connoiflance de la lumière; la lui faire envifager dans le corps lumineux, 6c 
dans le milieu où elle fiit fon impreffion fur l'organe : il faut encore lui donner 
une idée fuccinte des fyftêmes phyfiques , au moins les plus accrédités. C'eft ce 
que l'on a fiit ici. 

Au mot bouton^ terme de Botanique, on a eu foin de diftinguer ce qu'on ap- 
pelle communément boutons à fleurs , dc boutons à bois. Les premiers contien- 
nent les rudimens des fleurs; les féconds, les rudimens des jeunes branches. On 
décrit exactement les parties dont les uns & les autres font compofés , dc la ma- 
nière dont ces parties fe développent. Des premiers boutons on voit fortir les fleurs- 
avec tous les organes qui les accompagnent , 6C les fruits fuccéder aux fleurs. Des 
boutons à bois, fortcnt les feuilles & les branches. Dans les articles particuliers 
relatifs aux Plantes , on détaille la nature de ces différentes productions ; de forte 
qu'en réuniffant tous les articles de ce genre difperfés dans le Dictionnaire , on 
trouve un fyftême complet de k végétation 6c du mécanifme par lequel elle 
s'opère. 

Pour ce qui concerne la Géographie èC la Mythologie, qui étoient fort im- 
parfaites par la manière dont elles étoient traitées , on y a fait des changemcns 



PRÉFACÉ. xj 

confîdérables , en ajoutant les articles qui manquoient , en abrégeant ceux qui 
étoient trop longs , en corrigeant ceux qui étoient fautifs , ècc. 

Dans les queltions qui concernent la Théologie 6C la Religion , on s'eft fait 
une loi de ne jamais s'écarter de la dodtrine de l'Eglife. C'ell pour cela que l'on 
a cru devoir retoucher quelques articles , dans lefquels il n'y avoit peut-être pas 
toute l'exadtitude qu'on auroit pu défirer. 

Pour la Morale , la Métaphyfique , la Jurifprùdence , SCc. on a puiie dans 
des fources qui ne font nullement équivoques. 

Un avantage particulier à cet Ouvrage , c'ell qu'on y trouve une explication 
curieufe 6c précife de toutes les Sectes différentes, en matière de Religion. Com- 
me ces mots transférés d'une langue étrangère dans la nôtre, en font maintenant 
une partie, on ne pouvûit fe diipenfer de les mettre en leur place; ÔC il eût été 
inutile de les y mettre, il l'on r/eût donné en même-temps une explication allez 
ample pour faire connoître toute la force 6c l'étendue de leur Jfignification. Si 
l'on a eu tant d'exaditude à expliquer les différentes Sedles de Religions étran- 
gères, on en a encore plus apporté fur ce qui regarde les Sentes particulières qui 
partagent la Religion Cjnrétienne, &: les Héréfies diverfes qiii en font forties^ 
mais on n'a point perdu de vue la nature de l'ouvrage auquel on travailloit. On 
s'eft contente d'expofer les opinions fur lefquelles ces Hérelies font fondées , &C 
cela d'ime manière liraple , fans fortir des bornes d'un Dictionnaire , où l'on ne 
doit toucher ces mati.ères qu'autant qu'elles font du reffort de la Grammaire, & 
que les termes qui letir font particuUers , font partie de la langue. C'eft aux Théo- 
logiens à réfuter les erreurs, &C à établir les vérités fur lefquelles eft appuyée la 
véritable Religion ; il fuiSt au Grammairien d'expHquer nettement les termes 
dont on eft obligé d'ufer, en traitant ces fortes de queftions, & de donner des 
notions claires de ces partis différens qui fe font élevés contre l'Eglife. C'eft tout 
ce qu'on peut raifonnablement exiger de lui; & il fortiroit de fa fphère, s'il pouf- 
foit l'érudition plus loin. On n'attend point de lui qu'il s'érige en Côntroverfifte 
mais qu'il rende les Co'ntf overiiftes intelligibles dans les démêlés de Religion qu'ils 
ont enfemble. En un mot fa jurifdi6tion eft refferrée précifément dans les mots 
& dans les termes de la langue , d>C elle ne s'étend point jufqu'aux chofes , donc 
il ne lui eft permis de parler, qu'autant que cela eft néceffaire pour l'intellio-ence 
des mots mêmes, qui font proprement l'objet qu'il doit fe propofer, ê>C la ma- 
tière où doit fe renfermer i^on érudition & ù critique. 




cei 
fei 

nels, cette convention ne peut être aurorifée ni connue que par l'ufage. Peut-être 
y auroit-il encore bien des chàngemens utiles à faire dans l'Orthographe ufuelle; 
mais cette reforme doit être l'Ouvrage du temps. Si même elle fe fait jamais, ce 
fera peu-à-pieu, infenhblement ; les mots dont l'Orthographe eft vicîeufe, feront 
re6tifies l'un après l'autre ; une réforme précipitée ou fubite brouilleroit tout. 
. Nous rendons compte de notre travail, pour démontrer la différence du Dic- 
tionnaire de Trévoux, tel qu'il paroit aujourd'hui, de ce quil étoit dans les édi- 
tions précédentes, 6c combien il diffère encore de tous ceux qui ont quelque 
rapport avec lui. C'eft au jugement du Public à nous en apprendre le fuccès. 

IL nous refte à parler des fautes qui pourront fe trouver dans ce DicSlionnairey 
Quelque exadtitude qu'on ait pu y apporter, on ne fe flatte point que dans un 
Ouvrage auffi confidérable, qui embraffe tant de matières, il ne foit rien échappé 
qui ne (bit jufte. Nous paffons nous-mêmes condamnation par avance fur tout 
ce qu'on y touvera de fiutes bien prouvées. Nous aurons une véritable &C fincère 
obligation à quiconque voudra bien fe donner la peine de nous les faire connoître- ?- 

^ 4 - if ? y .-r< 



xij PRÉFACE, 

èC en faveur du fervice qu'il rendra au Public par des remarques , dont les Editeurs 
futurs pourront profiter , dc du plaifîr qu'il nous fera à nous - mêmes de nous 
inftruire, nous lui pafTons dès-à-préfent toute l'aigreur dont il pourroit aflaifon- 
ner fa critique. Bien déterminés à ne point répondre , nous abandonnerons au 
Public nos intérêts ÔC le foin de juger qui a raifon, &: à ceux qui travailleront 
après nous, le foin de nous juftifier, ou de nous réformer dans une autre 
édition. 




TABLE 




TABLE DES AUTEURS 

ET LIVRES FRANÇOIS, 

Dont on s'ejl fervi pour la compojition de ce Diclionnaire, 



A 



.iVlBADiF. , divers Ouvrages. 

Abeille, Chirurgien d Armée. 

Hijf. natur. des Abeilles. 
dAblancourtj de l'Académie 3 divers Ouvrages» 

Abrégé de Vitruve. 

Académie Françoife^ Dictionnaire, Recueil de Pic- 
ces & Harangues. 

Académie des Jeux Floraux , Recueil de Pièces. 

Académie Royale des Sciences, Hift. Se Mémoires. 

Académie Royale des Infcriptions ^ Hiftoire &c 

Mémoires. 
l'Affilard , Mujic. Principes de Mufique. 
les Agrémens du langage réduits à leurs principes, 
dARuron, Taille des Arbres. 
dAify , Génie de la Langue Françoife. 

Alais , Grammaire Méthodique. 
d'Alemberr. 

Alieaume , Jéfuite, Souffrances de Jefus. 

Allior, Médec. Tr. du Cancer. 

Ambajj'ade des Hollandois à la Chine /au Japon. 

Amelot de la Houiraye, divers Ouvrages. 

Amelotte, Prêtre de l' Oratoire j, divers Ouvrages, 

Amufemens férieux & comiques. 

Amyor, Plutarque. 

Traité de l'Amitié. 

Ancillon, Mélanges Critiques. 

Andoque , Hiftoire du Languedoc. 
de S. André, Guillaume,Hift. de Jean iVjDucdeBreragne. 
Père André , Traité du Beau. 

Andry, Eccléf. divers Ouvrages. 

Andry , Médecin, divers Ouvrages, 
lAnglois , Jéfuite 3 Hiftoire des Albigeois. 

Angot, Jéfuite, Optique. 
Ducd'Angoulême , Hiftoire des Chérifs. 

Anlelme , Abbé y diverfes Orailons Funèbres & Pa- 
négyriques. 

Antiquité de Nîmes. 
dArgentré, Hiftoire & Coutumes de Bretagne. 

Ariftote, Jardinier, Jardins Potagers. 

Arnaud dAndilly , divers Ouvrages. 

Arnaud , Docl. divers Ouvrages. 

Aile , Traité des Aides. 
l'Art de nager. 
l'An de prêcher. . > 

Aftruc, Médecin. 
dAubenton. 

Aubin, Diclionnaire de Marine. 

Auboux , Vérit. Pratique civile & criminelle. 
dAucourt , de l'Acad. divers Ouvrages. 
dAudifFret, Géographie, 

Audigcr. 
d'Avril, Jéfuite y Voyages, • 



B 



B 



JAcHET, V. de Meziriac, 
Bachaumont , Voyage. 
Bacon , Morale. 
Bacquet, (Euvres. 
Tome /. 



Bail , divers Ouvrages. 

Bailler, divers Ouvrages. 

Baker , Hift. natur. du Polype. 

Baltus, Jéfuite, divers Ouvrages. 

Balzac, de l'Acad. -divers Ouvrages, 

Baraton, Poëfies, 

Barbier, F^. dAucourt. 

•Bardin, le grand Chambellan de France, 

Baron , Comédies. 

Barrême, divers Ouvrages. 

Barry, divers Ouvrages. 

Bartholin, Anatomie. 

Balnage, Ouvrage des Savans. 

Baudelot, divers Ouvrages. 

Bauhin, Gafp. & Jean, Hiftoire des Plantes. 

Baylc , divers Ouvrages, 
de Bellegarde, Abbé, divers Ouvrages. 

Bcllofte, Chirurgien d'Hôpital. 

Belon, Hiftoire des OiiVaux. 

Benoît , divers Ouvrages, 
de Benferade , de l'Académie , divers Ouvrages* 

Béranger, Traité des Defcentes. 

Bernard, Nouv. de la Rép. des Lettres. 

Bernard , Mad. diverfes Pièces. 

Bernier, Médec. divers Ouvrages, 
de Berquin, des Pierres précieufes. 

Berroyer, Avoc. divers Ouvrages, 
de Befançon, l'Efprit des hommes illûftrcs dans leurs 

bons mots, 
Ste Beuvc , Rétol. des Cas de Confcience. 

Bion , Globes &: Aftrolabe, 
de la Bizardière , divers Ouvrages. 

Bizot, Abbé , Hiftoire Métallique, 
le Blanc , Hiftoire des Monnoies. 

Blanchart, Avocat, Table des Ordonnances, 
de Blegny , Médec. divers Ouvrages. 

Blondel, Mathém. divers Ouvrages. 

Bocquillot , Liturgies. 
le Bœuf, Abbé, divers Ouvrages. 

Boiccau, Jardinages. 

Boileau, de l'Acad. Epidète, &c, 

Boileau Delpreaux, divers Ouvrages, 
du Bois , Abbé , diverfes Tradudions" 

Boilrobert, de l'Acad. divers Ouvrages; 

Boilfard, Didionnairc de Mufique, 

Boizard, Traité des Monnoies, 

Bombelles , fervice de l'Infanterie. 

Bonnet , Hijl. de la Mufique. 

Bordelon , Abbé, divers Ouvrages. 

Borel, Tréf. Recherches de France. 

Bornier.ConférencesfuriesnouvellesOrdonliances; 
'SbiqaïWon , Abbé , divers Ouvrages. 
Boftc , divers Ouvrages, 
le Boftu, Chanoine Régul. Traité du Poëme Epique," 
BolLuet, Evêque de Meaux, divers Ouvrages, 
Bouche, Hiftoire de Provence. 
Boucher, Annales dAquitaine. 
Bouhours, Jéfuite, divers Ouvrages. 
Boulanger , Traité de la Sphère, 
de la Boulay , Voyages, 

Bourdaloue, Jéfuite, Sermons. 
Bouidoi}, Anatomie, 



XIV 



TABLE DES AUTEURS. 



Bourfaut , père & fis, divers Ouvrages. 

Bourcroue , Rech. des Monnoies. 

Bouchilliei', Abbé de la Trappe , diveis Ouvrages. 

Bouvet, /cf/«irej Pornait du Royaume de la Chine. 

Boyer , de l'Acad. divers Ouvrages. 

Boycr de Ruvières , divers Ouvrages. 

Boyer, Didionnaire François & Anglois. 

Brebeuf, Pharfale. 

Brécourt, diverfes Pièces. 

Breconi>eau , Jéfu'ue , Sermons. 

Bretonnier, y^vocizrj Queftions du Droit, 
du Breuil, Jéfu'ue, Perfpedlive. 
de Brianville , Abbé, Jeux de Cartes, 
de Brieux, Orig. de plufieurs façons de parler triviales. 

Brignon, Jéfuite, différences Tradudtions. 

Briot, Empire Ottoman. 
le Brun, Prêtre de l'Oratoire, divers Ouvrages. 
le Brun , Poëfies. 
le Brun , Voyages. 

Bruneau, Avocat , Traité des Criées, 
de la Bruyère , de l'Acad^ Carad. de Théophrafte. 

Bruys , divers Ouvrages. 

Budée, Diétionnaire. 

Buffier, Jéfu'ue, divers Ouvrages, 
de BufFon. 

Bullet, Arch'uecle, divers Ouvrages. 

Burette , de l'Acad. des Infcr'ipt. & Belïès-Léttres. 
de Bulli-Rabutin , Comte, divers OuvrageSk 



VjAdenet , Paraphr. des Pfeaumes. 
de Cailli, Poélies. 

de Caillières , de l'Acad. divers OuvragcSé 
du Cange , divers Ouvrages. " 

de Cantenac , Poéfies. 

Capiftron , diverfes Pièces. 

Caron, Traité des Bois. 

Caré , Mefure des Surfaces. 

Cartaud. 
de Cafeneuve , Origines Françoifes. 

CalFagne , Saluftci 

Calfandre , Rhétorique d'Ariftotc. 

Gaffini, divers Ouvrages. 

Caftel, Avocat, divers Ouvrages. 

Caftel, Jéfu'ue. 

Catéch'fme de Montpellier. 

Catel , Hiftoire de Languedoc. 

Catherinot, divers Ouvrages. 

Caihoiicon d'Ef pagne , ou Satyre Ménippée. 

Catrou, Jéfu'ue, divers Ouvrages. 
du Cerceau , Jéfu'ue , Poéfies. 

Cérémonial de France. 
de Cérifiers , Traduction de la Cité de Dieu, 
de Chalies , Elém. d'Euclides. 
de la Chambre, Médecin, divers Ouvrages, 
de la Chambre , Abbé, diverfes Oraifons Funèbres. 

Chamillard , Jéfuite, Dilïértations. 

Chamêlé , diverfes Pièces. 

Hiftoire de la Chancellerie. 

C.\i.^n\3X,Abbe, divers Ouvrages. 

Chapelain, de l'Acad. divers Ouvrages. 
de la Chapelle , de l'Acad. Franço'ife , divers Ouvrages, 

Chapelle, divers Ouvrages. 

Charas , Pharmacopée. 

Charpentier , de l'Acad. divers Ouvrages. 
dclaCharrière, Chirurgien, divers Ouvrages. 

Chaftelain, Martyrologe, 
àcC)^2M\it\x, Abbé, (Euvrcs. ♦ 

Cheminais, Jéfu'ue, Sermons. 
la Chetardie , Inftrud. pour un Prince , & autres Ouvr. 

Chevreau, divers Ouvrages. 

Chiffler , Jéfuite , Grammaire Françoife. 

Chirurgien Dcnt'ifte. 
de Choifi, /^/lifij divers Ouvrages, lîift.Eccléfiaftiquc. 

Chomel, Diétionnaire (Economique. 

Choricr, Hiftoire de Dauphiné. 
de Citry , divers Ouvrages. 

Claude, M'in'f. divers Ouvrages, 
de Claville, Traité du vrai Mérite. 



de Clauftre , Abbé, D'ïGt. de Mythologie.* 

le Clerc , Min'ifl. divers Ouvrages, 

le Clerc, Medec. Hift, de la Médecine, 

La Pr'inceffe de Clèves. 

Col-dc-Villars, Médecin. 

Colin , Abbé, Trad. de l'Orateur de Ciccron. 
la Colombière, divers Ouvrages. 

Colommiers , divers Ouvrages. 

Colonia, Jéfuue , divers Ouvrages. 

Traité du Commerce. 

Commire, Jéfu'ue , diverfes Pièces, 
le Comte j Cel. Relation du Tunquin. • 
le Comte, Jéfu'ue, Mcm. de la Chine, 
le Comte, Cabinet d'Architeélure. 

Conrart, de l' Académie , Lettres. 

Conftitut'ions de Porc-Royal. 

Coquille, Hiftoire deNivernois. 

Corbinelli , divers Ouvrages, 
de Cordemoy , père & fils , divers Ouvrages^ 

Corneille, Pierre & Thom. divers Ouvrages. 

Coflar , divers Ouvrages. 

Cofte, fur Montagne. 
de la Cofte , Conquête des Indes Occidentales, 
de Coulanges , Recueil de Chanfons. 
de Courbevillc, Jéfu'ue, divers Ouvrages, 

Courtin , divers Ouvrages. 

Coufin, Préfident , divers Ouvrages» 

Crébillon , Tragédies. 

CrébiIlon,j?/jj divers Ouvrages. 

Crevier, Hiftoire Romaine, 
de la Croix, Empire Ottoman, &c. 

Crouzas, divers Ouvrages. 

Cu'ifnier François. 



D- 



D 



'^ Acier , M. de V Académie , divers Ouvragess 

Dacier, Mad. divers Ouvrages. 

Dagaii , Fortifications. 

Daiechamp, Hiftoire des Plantes. 

Dan, Tr'in'itaire, Hiftoire de Barbarie. 

Dancourt, diverfes Pièces. 

Danet , Abbé , Dictionnaire, 
de Dangeau, Abbé, Dialogues, & autres Ouvrages/ 
de Dangeau , Marquis , de l'Académie Franço'ife , queit 
ques Pièces de Vers. 

Daniel, Jéfu'ue, divers Ouvrages. 

Danty, Avocat, divers Ouvrages. 

Danty d'Ifnard , de l'Académie des Sciences. 

Dappcr, Defcription de l'Afrique. 

Daviler , Architecture. 

Degori , Médecin , DiCiionnaire de Médecine' 

Demours, Médecin. 

Denys, Hiftoire de l'Amérique- 

Dcmofthènes , Harang. & Philippiques. 

Deparcieux , Géomètre. 

Defcartcs, divers Ouvrages. 

Dcfenne, Calcul du Tuité. 

Desfontaines, Abbé, Obfcrvat. fur les Ecrits mo- 
dernes. 

Desforges-Maillard, Poéfies. 

Dcshoulières , Mad. Poéfies. 

Defmarais , de l'Acad. divers Ouvrages. 

Defportes, Œuvres. 

Defpréaux , & BrolTétte , fon Commentateur,' 

Defroches, Dictionnaire de Marine. 

Deftouches, (Nericaut) Comédies. 

D'Héricourt, y^vocar. i 

DiSionnaire de Rimes. 

Diclionnaire de Droit. 

D'icl'ionna'ire de la Ph'ilofophie Hermétique. 

Dictionnaire Comique. 

D'icl'ionna'ire de Peinture & d' Architecîure. 

D'ioms , Anatomie , Opérât, de Chirurgie. 
Dfcours d'Eloquence. 
Diver/ités cur'ieufes. 
DivertiJJemens de Sceaux. 
Dodard, Médecin, divers Ouvrages. 
Domat, Loix Civiles. 



TABLE DES A 



Doujât, de l'Acad. Vcll. Parerculus. 
Dubé, Médec. Médecin des Pauvres. 
Ducalfe , Piatiq. de la Jurifdid. Ecclélîaftique. 
le Duchar , lui Rabelais. 
Duhamel, divers Ouvrages. 
Du Plellls, Bénédtclin , divers Ouvr.iges. 
Duryer , de l'Acad. divers Ouvrages. 



f^i CoLE des Arpenteurs. 
Erraid , Avocat , Plaidoyers. 
Efprir, Abbé, divers Ouvrages. 
deTEftang, Traité de la Traduction. 
les Eftieiincs , divers Ouvrages. 
d'Eftrées , Abbé , Difcours prononcé à l'Acad. 
Eveillo!! , Traité des Excommunications. 



M^ A\JCHAKD , Chirurgien Dentijle: 
le Faucheur , adion de l'Orateur. 

Favin, divers Ouvrages, 
de la Fayette, Mad. divers Ouvrages. 

Félibicn, divers Ouvrages. 

Félibien des Avaux, divers Ouvrages. 

Fénélon , Arch. de Cambrai, Aiv as Ouvrages. 
deFerrièie, Avocat, divers Ouvrages. 

Feuillet , maître de Danfe , Chorographie. 
le Fèvre , Tanaq. divers Ouvrages. 
le Fèvre, Madame Dacier^ divers Ouvrages. 

Févret, Traité de l'Abus. 

Fléchier, Evêque de Nîmes, divers Ouvrages. 

Fleury , Abbé , divers Ouvrages-. 
la Fontaine , de l'Acad. divers Ouvrages. 

Fontenelle, de l'Acad. divers Ouvrages. 
de la Force, Duc , Difcours prononcé à l'Acad. 
de la Force , Mad. divers Ouvrages. 

Fouger, Traité des Hygromètres. 
du Four, du Catfé , Thé, Chocolat. 

Fourni er, /e/iirc. Hydrographie. 

Frézier, Voyages. 
de Fromcntières , Evêque d'Aire, divers Ouvrages. 

Furetière , Abbé, divers Ouvrages. 



AiLLARD, Jéfuite, divers OavragcSc_ 
Gaudin, Jéfuite, Didionnaire. 
Gaurct, Style Univerlel. 
Galettes. 

Gédoyri, Abbé , Tradudion de Quintilicn. 
le Gendre, Abbé, divers Ouvrages. 
Gencft, Abbé, diverfes Pièces. 
GeofFroi, de l'Acad. des Sciences. 
Gerfaiiit. 

Gillet, Avocat, Plaidoyers , &c. 
Girard , Abbé, Synonymes François. 
Girouft, Jéfuite, Sermons. 
Giry, de l'Académie, divers Ouvrages. 
Glafer, Traité de Chimie. 
Godeau, Evêque de Vence, divers Ouvragés. 
Gollut, Mémoires des Bourguignons. 
Gombaud, de V Académie , divers Ouvrages. 
Gomberville , de l'Acad. divers Ouvrages. 
Grammaire générale & raifonnée. 
Grammaire Méthodique. 
Greffet, Poéfies. 
de Grimareft, Traité du Récitatif. Vie de Molière. 
Grotius, Droit de la Paix & de la Guerre. 
Guichard, Harmonie étymologique. 
Guillemau, Chirurgie. 
,- de Cuiller de la Guilletière , Didionn. des Arts de 
l'homme d'Épée. 



XV 



*i' 



H/ 



H 



LAbert, de l'Académie, Temple de la Mort. 
de Harlay , Tradudion de Tacite. 

Harris, Didionn. Angloiî des Arts & d-es Sciences. 



U T E U R S. 

Haitzfoekcr, Dioptr. &: Phyfique, 
de Hautcroche, diverfes Pièces. 
dcsHaycs, Voyage du Levant. 
Hecquet, divers Ouvrages. 
Heill, Hiftoire d'Allemagne. 
Hellot, Elém. de la Philof. de la Chimie. 
Hélyot, Picpus , Hift. des Ordres Religieux, &c, 
Henriette Sylvie de Molière. 
d'Her' Chevalier, divers Ouvrages. 
d'Herbclot , Bibliothèque Orientale. 
l'Héritier, Mad. divers Ouvrages. 
Hermant, Chanoine, divers Ouvrages. 
Hervet, Gentian , Tradudion de la Cité de Dieu; 
Hervieux, Traité des Serins. 
Effais fur les Hiéroglyphes. 
de la Hire, divers Ouvrages. 
Hifloire des Conclaves. 
Hiftoir^ naturelle d^ Irlande. 
Hijlûire de la Ligue de Cambrai. 
Hifloire Critique du Vieux'ù du Nouveau Tejiamenf, 
Hiftoire de la Laponie. 
l'Honoré , Carme Déchaujfé , Critique, 
de i'Hofpital, Marq. les infiniinent petits, les Sed. coniq. 

Houdry, Jéfuite, Sermons. 
dcs-Houlièrcs. P'oye-^ Dcf-houlières. 
de Houteville,^^^fjlaRelig.Chr. prouvéeparlesfaits; 
Huet, Evêque d' Avranches , divers Ouvrages. 
Huygens, de Zwilickem, divers Ouvrages. 



J Ames , Didionn. de Médecine. 
Jaquelot , divers Ouvrages, 
du Jarry , Abbé s divers Ouvrages. 

Jaugeon, Jeu du Monde. 
le Jay , Jéfuite , divers Ouvrages. 
Inquifition de Goa. 
Inftruclion pour les Confitures. 
Joinvillc. 

JoUv , Evêq. d'Agen , divers Ouvrages. 
Joubert, /e//ife. Science des Médailles. ' 
Jovet, Hiftoire des Religions. 
Journal des Savans. 
Joulfe , Traité de la Charpentclie. 
de S. Julien , Origine & Antiquité des Bourguignons," 
Jurieu , Miniftre , divers Ouvrages, 
de Jufficu, Introdudion à la Botanique. 



J_iAbat , Dominicain , Voyage de l'Amérique, 

Lallcmenr , Chanoine Régulier, divers Oiivrages.' 

Lallement , Jéfuite, divers Ouvrages.- 

Lamy, Bénédictin, divers Ouvrages. 

Lamy, Prêtre de l'Oi-atoire, divers Ouvrages. 

Lancelot , divers Ouvrages. 

Langlois , Jéfuite , divers Ouvrages. 

Larrey , Hiftoire d'Angleterre, 
de Laval, Duc de Luynes, divers Ouvrages, 
de Launay, Traité des Delcenres. 
de Laurière,^vot<zr,Bibl. des Cout.&GloIf.deDroiro 

Léger, Didionnaire d'Agriculture. 

hcracïy , Médecin, divers Ouvrages. 

Lengler, Abbé, Méthode pour étudier l'Hiftoire; 

Lettres d'Abailard & d'Héloife. 

Lettres édifiantes & curieufes des Mijf. J. 

Lettres Portugaifes. 

Lian court, Maiye d'Armes. 

Liger, divers Ouvrages. 

Lignère ,. Poéfies. 

Lobineau, Hiftoire de Bretagne. 

Los;ique de Port-Roya/. 
du Loir, Voyage du Levant. 

LoifeaU , divers Ouvrages, 
du Lohdel, /^yî/ire, Faftes,. , , 

le Long, de l'Oratoire, Traité des Polyglottes, 
de Longcpierre, divers Ouvrages. 

Lonvilliers de Poincy , Hiftoire des Antilles; 

Lorer, Lettres, 

h a, 



rvj TABLE DES AU^TEURS 

Dodt. de Louvain, Traduétion <le la Bible. 

Loyer, Dominicain ,Re\3.tion du Royaume d'Iffini. 
Lucas, Voyages. 



Muiiier, Mémoires ôc Hiftoire d'Autun. 
Muret , Aèèé, des Fcftins. 



M 

du iVlABAREt. 

MabiUon , Bénédiclin , Etudes Monaftiques. 
Macé, Hiftoire des quatre Cicérons. • 
Maimbourg, Jejuice, divers Ouvrages. 
Mainaid , Poélies. 
Mainard , Lettres, 
de Mairan. 

le Maire , Antiquités d'Orléans, 
le Maître, Plaidoyers. 

Malcbranche , Pr. de l'Oratoire , divers Ouvrages 
de Malezieux, divers Ouvrages. 
Malherbe , (Euvrcs. 
Malingre , Antiquités de Paris. 
Mallet ManelFon , divers Ouvrages, 
de Màrca, Hiftoire de Béarn. 
de la Mare, Traité de la Police. 

Marelchal, Droits honorifiques. 
Manotte , divers Ouvrages. 

Maiiotte , Avocat, Dilc. prononcé .lu Parlement 
de Touloulc. 
de Marivaux , divers Ouvrages. 

Marmol, Defciiption de l'Afrique, 
de Marolles , Abbé , divers Ouvrages. 
Marot, Œuvres. 
Marlolier, divers Ouvrages. 
Martignac, divers Ouvrages, 
de la Martinière. 

Mafcaron , Evêque d'Agen, divers Difcours. 
Mallillon , Sermons, Oraifons Funèbres. 
Maty, Dictionnaire Géographique, 
de Maucroix , divers Ouvrages. 
Mauriceau , Accoitchemens. 
du Maurier, Mémoires de Hollande. 
Médailles de Louis le Grand. 
Mémoires du Clergé. 
Mémoires de Trévoux. 
Ménage , Abké ^ divers Ouvrages. 
Menagiana. 
Menertrier , Jejuite , divers Ouvrages , Hift. Conful. 

de Lyon. 
Mercure de France. 
deMéré, Chevalier, divers Ouvrages. 

Merlet, Traité des bons Fruits. 
le Mené, des Mariagcs-des enfans. 
Merfene , Minime , Harmonie. 
Mery, Chirurgien, divers Ouvrages. 
<le Meuve-, Dicl:ionnaire Pharmaceutique. 

Mézeray, Hiftoire de France, 
de Méziriac , divers Ouvrages. 
le Moine, Jéjuite, Poélîes. 
Molière, Œuvres. 
Mollet , Jardinages, 
de Monconis, Voyages. 

Monex, Jéfuitc, Diétionnaire. 
Monnier, Médecin. 
de la Monnoye , Glolf. Bourguignon à la fuite de fesNoëls. 
Monfambano , état de l'Empire , Trad. 
Montagne, Eltais, &; Coite, fon Commcnrateur. 
Montcclair, Mufique. 
de MontHeury, diveiles Pièces, 
de Montgault, Abbé, diverfcs Tradudlions, 
Montmorel, Abbé, HoméHes. 
Montrcuil , Œuvres. 
Moréri, Dictionnaire Hiftorique. 
Morillon, Bénédiclin, divcrles Poéfies. 
Morin, Culture des Fleurs. 
Morland, Chevalier, Elévation des Eaux, 
delà Morlière, Hiftoire d'Amiens. 

la Mothe le Vayer, -divers'Ouvrages. 
de la Motte, de l'Académie, divers Ouvrages, 
du Moulin , Coutume de Paris, 
du Moulin , Hiftoire de Normandie. 
du Moulinet, Chan. Régul. Curiofités & Habits, 
de Mourgues , Jéfuice, divers Ouvrages. 



N- 



N 



AuDÉ , divers Ouvrâgfes. 
DucdeNeucaftle, Méthode de drelfcr les Chevauxi 

Neveu, Jéjuite, divers Ouvrages, 
de la Neuville. F'oyei le Qiiien. 

Nicéron, Minime, Perfpeétive. 
deNicolay, Voyage. 

Nicole, Président, divers Ouvrages. 

Nicole , de l'Acad. des Sciences , divers Ouvrage^ 

de Mathématique. 
Nicole, Ecclejiajiique, diivers Ouvrages. 
Nicot, Didionnaire. 
Ni vers, Organifte, divers Ouvrages, 
le Noble, divers Ouvrages. 
Nodor, divers Ouvrages. 
NoJlet, Abbé. 
le Normant , Avocat. 

Noftradamus , fes Quatrains, & Hift. de Provencgî 
Noiiet, Jéfuite, divers Ouvrages. 
Mad. du Noyer, Lettres. 

o 

V^ExMELiK, Hiftoire des Flibufticrs» 

Oléarius , Voyages. 

Oliers , divers Ouvrages. 
d'Olivet , Abbé, divers Ouvrages. 
les Opéra, 
les Ordonnances de Louis XLK, 

Ordonnance de Marine. 
d'Orléans, Jéjuite, divers Ouvrages. 
d'OlIat , Cardinal , Lettres. 

Ovide, Epîtres. 

Ozanam, divers Quvrages. 



J. Agan, divers Ouvrages de Mathématique» 

Palaprat , diverfes Pièces. 

Palliot, h Science des Armoiries. 

Paradin , Annales de Bourgogne. 
fraP^olo, Traité des Bénéfices. 

Pardies , Jéfuite , divers Ouvrages. 

Parent, Méchanique, & autres Ouvrages, 
de Paris, Martyrologe, &c. 

Parodies Bachiques. 

Palcal , divers Ouvrages. 

Pafcal, Médecin, divers Ouvrages. 

Palqxiicr, Recherches & Lettres. 

Patin , Lettres. 

Patru , l^laidoyers. 

Pavillon , Evcque d'Alet, Rituel d'Aler. 
le Pays, divers Ouvrages. 

Pélilîon , divers Ouvrages. 

Pellegiin, Abhe , Cantiq. Trad. des Odes d'HoraceJ 

Pelletier, Expéditionnaire , divers Ouvrages. 

Pelletier, Abbé, divers Ouvrages, 
le Pelletier, Hiftoire de la Guerre de Chypre. 

Penicher, Traité des Embaumemens. 
de Perefixe, ^rcA. de Paris, Hiftoire de Henri le Grand» 

Perrault, Charles & Claude -, divers Ouvrages. 

Perry, Jéfuite, Hiftoire de Châlons. 

Petit, Médecin, de l'Acad. des Sciences. 

Peu , Accouchcmens. 

Pczron, Bernardin^ divers Ouvrages. ' 

Pibrac, Quatrains. 

Pic, Abbé, divers Ouvrages. 

Pièces Galantes. 

Piganiol de la Force, Defcription de la Francc-J 
de Pile, divers Ouvrages. 

Pilpay, Fables. 
du Pin , Abbcj divers Ouvrages. 

Pinfon, Avocat i divers Ouvrages, ^ 

Piron, Pièces de Théâtre, 
des Places, Ephéméridcs. '-'^ 



TABLE DES 

Se h Placette , divers Ouvrages, 

Pluche, Spedracle de la Narure. . 

Plumier, Minime, divers Ouvrages. 

Phivincl, Ecuycr François. 

Poème de S. Profpcr. 

Poefics Gaillardes. 

Nouveau choix de Pièces de Poe/les. 

Poilloiij diverfes Pièces. 

Poliiiier, Chan. Re'fjulier, divers OUvrageS; 

Pomer, Hiftoire des Drogues, 
du Ponr, Principes de Mulîque. 
dePonris, Mémoires. 

Port-Royal, divers Ouvrages, 
de Prade , divers Ouvrages. 

Pradon, diveries Pièces. 

Prefter, El-imens de Mathémarique» 

Prévôt, Abhé , le Pour & Contre. 

Princeffe de Clèves. 
i£e Pringy, Madame , diverfes PiècéSi 

Procès-Verbaux du Cierge. 

Illuftres Proverbes. 

Dictionnaire des Proverbes. 

Etymologies des Proverbes. 



KSI) 







Q 



[jEssi.1., Pré:re de l'Orar. divers Ou\ rages. 
D. Qu chatte. 
le Quicu de la Neuville , Hiftoire de Portugal. 
le Quien, Dorfiinicain , divei:s Ouvrages. 
' le Quin, Traité des Hernies. 
Quinaut, divers Ouvrages. 
delà Quintinie, Jardinages. 



R 



R 



.Abelais, CEuvrcs, Se le Duchat, fon Com- 
mentateur. 

Racan, divers Ouvrages. 

Racine, de l'Académie j, divers Ouvrages. 
le Ragois , Inftruclian lur l'Hiftoire. 

Ragueaa, Indice. 

Raguener , Abbé , divers Ouvrages. 

Rainfant, Médecin, Tableaux de Vèrfailles* 

Rameau, Mufîcien. 

Ranchin, Pfeaumes en Vers. 

Rapiii, Jéfuite , divers Ouvrages. 
deRéaumur, Hiftoire naturelle des Infedcs. 

Recueil de Poéjies. 

Nouveau Recueil de bons Mots. 

Recueil de Traités de Paix. 

Recueil de Voyages. 

Réflexions fur la Langue Françoifci 

Régis, Philofophie. 

Regnard, Comédies. 

Régnier, Abbé, divers Ouvrages. 

Régnier , Satyres. 

Relation des Campagnes de Rocroy , &c. 

Remond du Cours , divers Ouvrages. 

Renaudot, Abbé, divers Ouvrages. 

RcnulFon, Avocat, divers Ouvrages. 

Reù.aut , Avocat , Grammaire Françoife. 

Ricard , Avocat , divers Ouvrages. 

Richard, Abbé, divers Ouvrages. 

Richclet , divers Ouvrages, 
de Richelieu, Cardinal, divers Ouvrages. 

Richer, Fables. 

Richer , Gnomoniquc. 

Robbe, divers Ouvrages. 
de la Roche, Prêtre de l'Oratoire, Oraifons Funèbres. 

de Rochefort , Did^ionnaire curieux, 
de la Rochefoucault , Duc, divers Ouvrages, 
des Roches, Diélionnaire de Marine. 

Roger, Récollet, Voyage de la Terre-Sainte. 
de Rohan, Abbcffe, divers Ouvrages. 

Rohault , Phylîque , ôcc. 

Roi de Navarre , Poéhes. 

Rollin , Méthode pour cnfeigner & étudier les 
Belles-Lettres. 

Roman de la Rofe, Clo(f. & SuppL au Clojfaire, 



AUTEURS.. 

Rondelet, Hiftoire des Poiirons,: 

Roncl. /^oye- de Rofnel. 

Ronfart , Œuvres, 

RooUe, divers Ouvrages, 
delà Roque, Abbé, Traité de la Noblcirc. 
de Rofnel, Mercure Indien. 

Roullcau, Mulîque, Viole, & autres OuvrageSi 

RouHeau, Poélîe's. 

Rouvicre , Eaux de Forges. 

Roy , Poélîcs. — 

de Rubis, Hiftoire de Lyon, 
de la Rue , Jéfuitc , Oraifons Funèbres &c Sermons, 
de Rulîi , Hiftoire de M^fcille. 

Rufes Innocentes. 
duRycr, de l'Acadérfue , divers Ouvrages. 

S 

deC>ABLÉ, Marquife, divers Ouvrages, 
de la Sablière , Poélies. 

de Sacy le Maître, divers Ouvrages. 

deSacy, de l'Académie, Lettres de Pline. 

le Sage, Hiftoire de Gil-Blas de Santillane. 

deSaintonge, Madame, divers Ouvrages. 

de Saint- Amant, (Euvres Poétiquçs. 

de Saint-Cyran , Abbé, divers Ouvrages. 

de Saint-Didier , Hi.ftoire de Venife, 

de Saint- Evremont, (Suvres. 

de Saint-Gelais divers Ouvrages. 

de Saint-Germain , examen des Etats. 

de Saint-Hilaire, Médecin, divers Ouvrages. 

de Saint-Réal, Abbé, divers Ouvrages. 

de S.">inrc-Bcuve, Abbé, Cas de Confcience, 

de Sainte-Garde, Hiftoire des Hérélîes, 

de Sainte-Marrhe , divers Ouvrages. 

Salnove , Vénerie Royale. 
dc.Salo, Journal des Savans. 

Salvaing, Traité des Fiefs. 

Sanlon, état préLcnt de la Perfe. 

Sarrafin, Œuvres. 

Savaron, Recherches de Clermont.' 

Savary , Parfait Négociant, &:c. 

Saviart, Oblervations Chirurgicales. 

Savot, divers Ouvrages. 

Sauveur, Application des Sons harmoniques, 8c 
Principes d'Acouftiquc. 

Scaron , divers Ouvrages. 

Scudéry, Alad. divers Ouvrages. 

Scukec, Arfénal de Chirurgie, trad. 

Segrais, de l'Académie , divers Ouvrages. 

Sénault, Prêtre de l'Oratoire , àiYcis Ouvrages,' 

Sénécé , Epigrammes. 
de Senne , Traité du Toifé. 
deSévigné, Madame, Lettres, 

Simon , Rich. divers Ouvrages. 

Simon , Prêtre, Diélionnaire de la Bible. 

Simon , Affejfeur, divers Ouvrages de Droit; 
deSoleyfel, Parfait Maréchal. 

Sorbière, Lettres. 

Sorel, Science Univerlelle. 

Soucier, Jéfuitc, Dilfertation fur l'Ecritiu'ejJ 

Sparihcim, divers Ouvrages. 

Spon, Médecin, divers Ouvrages. 
delaSuze, Mad. Poéfies. 

de Sylvecane, Préfident , Juvénal & Perfe. 

T 

1 AcHARD, Jéfuite, divers Ouvrages. 
Tallemant, Abbés, leurs divers Ouvrages^ 
Tardif, Traité de la Fauconnerie. 
Tarteron , /e7'"''<? > divers Ouvrages. 
Tavernier , Voyages. 
Tauvry, Médecin, divers Ouvrages, 
le Tellier, Jéfuite, divers Ouvrages. 

Terlon , Chevalier, Mémoires, 
dit Tertre, Dom. Hiftoire des Antilles, 

Tzfi\x,Abbé , Stances Chrétiennes, "^ 

delà ThaumaiTière, Hiftoire & Coutumes de Berrii 



XVlîj 



TABLE DES AUTEURS. 



Théâtre Italien. 

Théâtre de Piémont. 

Théâtre de Savoie. 

Théophile, (Euvres Poétiques. 

Thévenin, Chiiuigie. 

Théveno: , Recueil de Voyages. 

Thibault. Voyei Roi de Navatre. 

Thieis, Abbé, divers Ouvrages. 

Thiouft, de l'Horlogerie. 

Thiroux , Hiftoire d'Aurun. 

ThoinaUÎH, Prêtre de /'Or^roir^, divers Ouvrages. 

Tréfor de Médecine. 

Thuilier, Médecin, cRvers Ouvrages. 
la Thuilcrie , d'iverfes Pièces. 
de Tillemont , Abbé y Mémoires pour l'Hilloire Ec- 

cléfiaftique &c des Empereurs. 
duTiUct, Recueil des Rois & Couronne de France, 
du Tillet, Mémoires. 

Toinard , Remarques. 
du Torar , Leçons Géométriques. 

Toubeau, Jurifdidlion Conlulaire. 

Toureil , divers Ouvrages. 
et Tournefort , Méd. divers Ouvrages , Voyage du 

Levant. 
le Tourneux, divers Ouvngcs. 
[du Tremblay , Traité des Langues. 

Triftan , Comm. Hiftoriques. 

Trubiet, Abbé, Eflais de Littérature. 



delà V Albonnave, Mémoires pour l'Hiftoire de 
Dauphiné. 
de Valincourt, de r Académie , divers Ouvrages. 



de Vallcmonr, Abbé y divers Ouvrages, 
de fa Valterie , Homère. 

Van Helmont , Médecin , Œuvres. 
de Vareiines, Jésuite, le Roi d'Armes. 

Varet , Lettres, &c. 

Vdiignon, ^bbé, divers Ouvrages. 
de Varillas, divers Ouvrages. 
de Vauban , Maréch. de Fr. Fortifications, 
de Vaugelas, de l' Académie , divers Ouvrages; 
de Vaumorière , Harangues 6c Lettres. 

Vauthier, Arbres Fruitiers. 

Vcrduc , /. B. divers Ouvrages. 

Verjus, Jéfuite , divers Ouvrages, 
de Vernage , Abbé , divers Ouvrages, 
du Vernay , Médecin , divers Ouvrages, 
de Vertot, Abbé, divers Ouvrages, 
de Vertron , divers Ouvrages. 

Vigenère, divers Ouvrages, 
de Vigneul Marville , Mélanges Hiftoriques. 
de Villars, Abbé, divers Ouvrages, 
de Ville , Chev. Fortifications, 
de la Ville, Avocat, Diétionnaire des Arrêts, 
de Ville-Dieu, Madame, Œuvres, 
de Villers , Abbé , divers Ouvrages, 
de Vile , Hiftoire du Roi & du Mercure Galant. 

Vitruve, Architeélure. 
de Voifin , MilFel , &c. 

Voiture, de l Académie , Œuvres, 
de la Volpilière, Abbé , divers Ouvrages. 

de Voltaire, Pièces de Théâtre, & autres Ouvrages. 

■w/- c .. ÇlAmbaflàdeur. 

Wicquetort, ^ ^^^^balFade de Figuéroa, TraduO. 

Window, Médecin, Anatomie. 



FIN DE LA TABLE DES AUTEUP^S. 



rfjTEMW^ IMM—IK cnj-jim— :..f[.^|y^ ygjF^i,. I aliiiiil n 



APPROBATION. 

'AI In par ordre de Monfcigncur le Chancelier , la nouvelle Edicion du Diclionnalré 
»1 Univerfel de Trévoux , en huit Volumes in-jolw. On lui a confervé cette dénominarion 
du lieu où il a été imprimé en 1704 , pour la piemièrc Fois. Il croit alors en trois Volumes 
& cinq autres Editions fuccellivcs , dont la dernière eft en lept, n'ont pas fuffi pour les 
bcfoins du Public. Comme cet Ouvrage manquoit depuis pluiicurs années , les Libraires 
allbciés ont penfé fagcment qu'ils ne dévoient rien négliger pour répondre à Ton empreHcment • 
& l'on verra (ans doute avec la plus grande latistaftion , que ce Didionnaire , vraiment 
univerfel , n'a pas moins gagné par des additions nécefTaires , que par le retranchcmcrit des 
iuperMuités. Fait à Paris, ce 14 Juillet 1771. 

tAFPERONNIEÊ.. 



PRIVILEGE DU ROI 

LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARREJ 
à nos amés & féaux Confeiliers , les Gens tenants nos Cours de Parlement , Maîtres des Requêtes 
ordinaires de notre Hôtel, Grand-Confeil , Prévôt de Paris , Baillis , Sénéchaux, leurs Lieutenants- 
Civils, & autres, nos Jufticiers qu'il appartiendra : S a l u t. Notre amé Louis-Étien NE GANEAU,Li- 
braire, ancien Syndic & ancien Conful , Nous a fait expofer qu'il delireroit faire réimprimera ddnner au Public , 
Le Dictionnaire univerfel j François & Latin ^ vulgairement appelé j le Dicîionnaire de Trévoux, s'il Nous 
J)laifoit lui accorder nos Lettres de renouvellement de Privilège pour ce néceffiires. A ces causes^ 
voulant favorablement traiter l'Expofant , nous lui avons permis & permettons par ces Préfentes , de faire 
imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui femblera , & de le vendre , faire vendre & débiter 
par tout notre Royaume pendant le temps de dix-huit années confécutives , à compter du jour de la date 
des Préfentes. Faisons défenfes à tous Imprimeurs , Libraires , & autres perfonnes , de quelque qualité 
& condition qu'elles foient , d'en introduire d'impreflîon étrangère dans aucun lieu de notre obéiflance , 
> comme auffi d'imprimer, ou faire imprimer, vendre, faire vendre, débiter, ni contrefaire ledit Ouvrage, 
ni d'en faire aucun extrait , fous quelque prétexte que ce puiffe être, fans la permifiion ex prelfe & par écrie 
dudit Expofant , ou de ceux qui auront droit de lui , à peine de conhfcation des Exemplaires contrefaits , 
de trois mille livres d'amende contre chacun des contrevenants , dont un tiers à Nous , un tiers à 1 Hôtel- 
Dieu de Paris , & l'autre tiets audit Expofant , ou à celui qui aura droit de lui , & de tous dépens , 
dommages & intérêts ,a la charge que ces Préfentes feront enrégillrées tout au long fur le ret^iftre 
de la Communauté des Imprimeurs «S: Libraires de Paris , dans trois mois de la date d'icelles 5 que rimpreilion 
dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume , & non ailleurs , en bon papier & beaux caraéteres , 
conformément aux Règlements de la Librairie , & notamment à celui du dix Avril mil fcpt cent vin^t-cinq , 
à peine de déchéance du préfent Privilège j qu'avant de l'expofer en vente , le manufciit qui aura fervi 
de copie à l'impreflîon dudit Ouvrage, fera remis dans le même état où l'Approbation y aura été donnée, 
es mains de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier Garde des Sceaux de France, le fieur DE Maufeou ; 
qu'il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celte de notre 
Château du Louvre, & un dans celle dudit fieur x> E Maupeou : le tout à peine de nullité des 
Préfentes; du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Expofant & 
jfes ayants caufes , pleinement & paihblement , fans fouffrir qu'il leur foit fait aucun trouble ou empêchement. 
Voulons que la copie des Préfentes, qui fera imprimée tout au long, au commencement ou à la fini 
dudit Ouvrage , foit tenue pour dûement ligniliée , & qu'aux copies collationnées par l'un de nos amés 
& féaux Confeiliers , Secrétaires , foi foit ajoutée comme à l'original. Commandons au premier notre 
Huiflâer ou Sergent fur ce requis , de faire pour l'exécution d'icelles , tous ades requis & néceflaires , fans 
demander autre pcrmiffion , & nonobstant clameur de haro , charte Normande & lettres à ce contraires ; 
Car tel eft notre plaifir. Donné cà Paris , le trentième jour du mois de Novembre l'an de grâce mil fepc 
Cent foixante-huit , & de notre règne le cinquante-quatrième. 

PAR LE ROI en fon Confeil. Signé, LE BEGUE 

J'ai cédé à MeffieursY aWeyve , /?ère _, Saillant & Nyon , d'Houry, Defprez, Lambert , Durand, neveu, de Hanfyj' 
jeune j de la Lain , Defventes de la Doué , de Burre , fils jeune ^ Bailly, & à Mefdames veuves Savoye & Defainc ^ 
le préfent Privilège j chacun fuivant leurs cottes & portions. A Paris y ce premier Juin mil fept cent foixante-onre. 

Signé , G ANE AU. 

Regiflré fur le Begiflre XVîl de la Chambre Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris ^ 
Jf° \ij^, folio 567 j conformément au Règlement de 171J. A Paris ^ ce j Décembre 1768. 

Signé j B R I A S S O N , Syndic. 



ERRATA. 




31, t 


0/, 2. , // 


é'- 71 > 


49, 


1, 


8, 
48, 


i9<^. 


i. 


•53, 


JIO, 


I . 


4. 


894, 


/ ^> 


2(î, 



?/? /^AzV 



Tome III. 

Page zj , Cy/. 2 , %. 3 , Entre les fciences , ajoute^ , naturelles. 

6<^ , 1 , 46 , Autrefois les ConfeiTeurs , lifei , autrefois il y avoir des ConfefTeurs. 

241, 2, éS, Dans la dégradation le caradère de l'ordre eft effacé, ///n'eft pas effacé. 

Tome IV. 

Page iiy , Col. \ , lig. 8 , A la feule croyance du vrai, ajoute^ ^ Dieu. 

777 , 2 , 48 , Jéfus-Chrift a guéri , lif. que Jéfus-Chrift a guéri. 

817 , I , 17 , Le Pape , les Archevêques , lif. le Pape , les Primats , les Archevêques. 

Tome V. 

P^g^ 31 > ^"^- i > %• 71 > Idolâtrie. L'Idolâtrie a régné long-temps fur toute la face de la terres 

///c:j , fur prefque toute. 

Jésuites. La Société fut éteinte , anéantie , û/owfe^ ^ dans plufieurs Royaumes. 

L'Idolâtre & le Mahomctan eft plus fidèle obfervateur de la Religion que le 
Chrétien , lif. de fa Religion. 

Le caractère du Juge eft une portion de la Majefté Royale dont le Prince fe 
dépouille , lif. que le Prince communique. 

11 n'y a point de julUce entre Dieu & les hommes , parce qu'il ne leur doit rien, 
fupprimer cette propofition. 

Mazarin , ( Collège ) au lieu de ces mots j pour y entretenir quatre-vingt jeunes 
hommes , &c. lif pour y inftruire & y élever foixante jeunes Gentilshom- 
mes des Provinces conquifes, & cédées à la France par les Traités de Munfter 
& des Pyrénées \ favoir , la Flandre , l'Alface , la Franche-Comté & le 
RouHîUon. C'eft ce qui fait qu'on l'appelle aulîî , le Collège des Quatre- 
Nations. Cette fondation fut réduite à trente Elèves par Louis XIV. Ceux 
qui font nés dans l'Etat Eccléfiaftique ont droit aulîi à ces places. 

Tome V I. 

Page 15 > Col. 1 i lig- 7j Art. Moine. La profeiïion Monaftique étant unie àla Prètrife, /i/fij , pouvant 

être unie. 
2r 1, II , Art. Moment. Ily a des momens délicats où la vertu la plus éprouvée ne 

peut tenir , lif. ne tient qu'avec peine. 
* \G6 , 2 , après la ligne 61 , ajoute-^ le mot Négligement , qui eft porté àla pagefuiv. col. 2 , lig. 5 j. 

NÉGLIGEMENT. f m. "Terme de Peinture, fynonyme de négligence. Voy. ce 
mot. M. de Voltaire blâme ceux qui font ufage de ce mot , parce que nous avons 
fon fynonyme négligence. Par la même raifon il faudroit profcrire tous les- 
autres termes propres aux Arts , dont nous avons les équivalens. 
iC-j , I, 20, Négligences de pinceau, lif. négligemens de pinceau, 

j^gg ij 19 j Les femmes ne s'occupent qu'au jeu , ///. la plupart des femmes. 

j,, ij 41, Art. Opiniâtreté. L'opiniâtreté eft le vice ordinaire des dévots, Ufe^ 3 de4 

faux dévots. 

Tome VIL 

Tage 204, Col. 2, lig. 38, Nicolas IIÏ en 1728, life^, en 1178. 

g,!^ 2., 66 y Art. Spirituel. Sous prétexte de la rendre plus équivoque, life\y fous pré- 

texte de la rendre plus parfaite. 



DICTIONNAIRE 




UNIVERS E L, 

CONTENANT TOUS LES MOTS 

DELA 

LANGUE FRANÇOISE, 

DES SCIENCES ET DES ARTS- 
Avec Us Termes Latins qui peuvent y convenir. 

A A 




E S T le caradère ou la figure 
de la première lettre de l'Al- 
phabet François ; c'eft aullî 
lapremière des cinq voyelles. 
C e caractère peut erre con- 
fidéré ou comme lettre , ou 
comme mot. 
fJ' A , pris comme lettre , eft 
le ligne du Ion a : pour le 
|Drononccr , il ne taut qu'ouvrir la bouche & pouiler 
l'air des poumons. 

Covarruvias & quelques Auteurs ont avancé une 
abfurdité , loiiqu'ils onr dit que les entans maies , en 
venant au monde , font entendre le ion de ïa , pre- 
mière voyelle du mot Adam, & les filles le Ion de 
Te , première voyelle du mot Eve. Les enfans, en 
venant au monde , font entendre ditférens Ions , ic- 
lon qu'ils ouvrent plus ou moins la bouche. 

Le caractère ou la figure dont nous nous lervons pour 
re'préfenter le Ion a, nous vient de l'alpha des Grecs. 
Les Latins & les autres peuples de l'Europe ont imite 
les Grecs dans la forme qu'ils ont donnée à cette lettre. 
On dit un grand A , un petit a i ainii la dénomination 
de ce caradière ou de cette lettre eft un lubftantii du 
genre mafcuhn, aulîl-bien que les autres voyelles de 
notre Alphabet. 

Le fon del'tî eft long en certains mots, & bref en d'au- , 
très. Il eft long dans grâce. Se bref dans place: il eft 
long dans mutin-, gros -clùen, & bref daiis matin, çïq- / 
Tome I. 



micre partie du jour. Aujourd'hui on met un accent 
circonflexe iur l'a long au heu de l's , qu'on écrivoic 
autrefois après cet a , comme âpre au lieu A'afpre. Oi> 
ne met point d'accent Iur l'a bref ou commun. 

Quoique a loit un nom fubftantif , il ne (ouftre point 
d'j après lui, quand il eft au pluriel. Onécritplulleursa, 
&i non pluheurs as. 

Il y a certains a qu'on étoit autrefois averti de pro- 
noncer longs par une réduplication , comme aage. Ou 
y a iubftitué , ainll qu'à l'j , un accent circonflexe , 
âge. 
§Cr A devante, avec lequel il fait une diphthongue,n'a 
point de fon , i^c ne fe frit point lentir , comme dans le 
\XiOX. JEole , JEaque , Mthcrj ^"c. On prononce £"o/c' , 
Eaque i Etker. On rrouve dans les meilleurs auteurs 
Mole Se Eole , Mther Se Etker; cependant on lit dans 
le Dictionnaire derAcadémiefrançoile£'rÂer,&' cette 
orthographe paroit la plus fuivie. A l'égard des mots 
qui dérivent du latin, î'ufagc Icmble avoir établi pour 
régie générale d'en banuir la lertre a : on écntC^Jurcii 
latin, Cefar en François ; JEftas, Eté ; aftimare, ejli- 
mer , Sec. Quand le fon de l'a ne doit point fe confon- 
dre avec celui del't-, cette dernière lertre doit être mar- 
quée de deux points, ce qu'on .appellcé tréma, comme 
dans ^ènV«. A l'égard des mots dans lelquels^ eft iuivi 
dely,lorfc[ue cette dernière lettre n'eftpas employée 
pomraifond'Erymologie, comme Amis pays ,pay fan , 
elle vaut deux ii, dont le premier fe joint à l'a pour 
produire le ionpé, i5f le fegoud coiofeive la prononci*-' 



z A 

don naturelle 1 ; ce qni forme pe l fan j comme s'il 
y avo'îl pai i fan. Voy. i dey. 
^fj" A devant i avec lequel il forme une diphthongue, a 
différens Ions ; quelquefois il le prononce comme un e 
ouvert , par exemple , dans ma'ifon , &c quelque- 
fois il fe prononce comme un e muet, par exemple , 
dans faifois j Se les autres perlonnes du mcrae temps , 
faifantj ôcc. pnononcez fefois ^ jefant. 
X^ A devant o ou devante, & ne taifant qu'une même 
lyllabe avec \'o ou \'e & la conlonne qui luit , cou- 
ierve le Ion qui lui eft propre, &:ablorbe celui de l'o 
& de \'e : Exemples , Faon _, Laon^ Paon , Caen • pro- 
noncez Fan j Lauj Pan , Can. 
^C? A devant u fe prononce prclque comme o : exemple , 
auteur j autorïfe j authentique. Dans la dernière fyl- 
labe d'un mot cet au , fuivi d'une conionne , le pro- 
nonce louvent comme un o long , animaux , chevaux j 
badaut , faut i haut ^ ôcc. 

On a fait quelques ufages de la lettre a , qu'il eft utile 
d'obferver. 
|K? A Dans les anciens monumens : cettelettre feule avec 
unpo'mt,A. cApom Aulusj Aula , Auguftus ou Au- 
gujla , noms propres i pour ^«ç^a/ijj impérial; an- 
nus , année ; argentum y aurum , argent , or ; ager , 
champ; amie us , amica,zm\ , a.mie; anima j amc; al- 
bum , regiftre -, us , monnoie , argent ; ararium , tréior 
■public; ades j temple, maifon; adilis, adilitas, édile, 
édilité. 

Cettelettre doublée ^^ eft pom A ugujli, deuxAu- 
guftes; Augujtalesde la maifon de l'empereur. Cette 
lettre triplée ^^^,pour très Augufli,Kois Anguftes , 
ou enfin pour aurum , argentum & <£ j , or, argent , airain 
ou monnoie. 
§C? A leul ou avec une / après le mot miles , de cette 
manière, miles A ou miles Al, iisniRc miles aU, foldac 
d'une des aîles de l'armée. 
IfCT A étoit une lettre numérale chez les Grecs & les Ro- 
mains. Chez les premiers,^ ne marquoit qu'une unité ; 
chez les leconds , il marquoit cinq cens. Si cette lettre , 
croit lurmontéc d'une ligne droite , de cette fiçon S, 
elle fignifioit cinq mille. 
§CF A chez les Romains étoit unfigne d' ahfolution. Quand 
il s'agilfoit d'un jugement pour condamner quelqu'un 
ou le renvoyer abfous , on diftribuoit à chaque ma- 
giftrat ou à chaque opinant trois bulletins , dont l'un 
portoit un^ quivouloit dire ahfolvo , j'abfous; l'autre 
un C qui marquoit condemno j je condamne ; & fur le 
troilième, il y avoir une N &c une L ; ce qui lignifîoit 
non liquet, c'eft-à-dire , le fait ou le crime en quejlion 
ne m.e paroît pas évident. 
|P" A fignifioit encore , chez les Romains, antiquo, c'eft- 
à-dire , je rejette la loi qui a été propofée. Lorfque dans 
les alfemblées du peuple on propofoit une loi , ceux 
qui opinoient à la rejctter , fe fervoient d'un bulle- 
tin marqué A, c'eft-à-dire a«r/^i/o; & ceux qui approu- 
voient la loi , fe fervoient d'un bulletin marqué UR qui 
fignifioit utl rogas, comme vous demandez. 
fO° A dans le Calendrier Julien , eft la première des fept 
lettres dominicales. Les Romains s'en étoient fervi bien 
avant le temps de Notre-Seigneur. Cette lettre étoit la 
première des huit lettres nundiuales , Se ce fut d'après 
cet ufage qu'on introduifit les lettres dominicales. 
fC? A dans les écrivains modernes, veut dire l'an , comme 

A. D. anno Domini, l'an de Notre-Scigneur. 
|iCr A [un grand) au revers des médailles antiques, eft la 

marque de la monnoie d'Argos. 
ffT A eft la marque de la monnoie de Paris. 
AA eft la marque de la monnoie de la ville de Metz. 
^ A dansles régies fcholaftiques dufyllogifme, défigne 
une propofition générale affirmative : afcrit A.... verùm 
generaliter; A affirme, mais généralement, difentles 
logiciens. 
A,z ou âà. Abréviation dont on fe fert en médecine 
pour ana, c'eft-à-dire , pour défigner une égale quan- 
tité des différens ingrédiens énoncés dans une formule : 
var exemple , prenez d'eau de lis & de fyrop c.ipil- 
kue ââ une once , c'eft-à-dire, de chacun une once. 
W^ AAA chez les chimiftes , fignifie une amalgame , ou 
i'opeution d'anulgamer. 



A 

^Cr A dans le commerce, .4 mis feul, après avoir parié 
d'une lettredechauge,lignifieiicctjDre'. A. S. P. accepté 
fous protêt. A. S. P. C. accepté fouj protêt j pour met- 
tre à compte A. P. à protcjïer. 

On dit de quelqu'un qui n'a rien fait, rien écrit , qu'il 
n'a p.as fait une panle d'à ; pour dire , qu'il n'a pas tait 
la moitié d'une lettre. Panfe fignifie ici ventre , par- 
tic de la lettre qui avance. 

On dit dans la conveiiation familière, il ne fait ni y^ 
ni B , c'eft-à-dire proprement , il ne fait pas lire , & 
au figuré , il eft fort ignorant. 

Ci-dejfous git M. l'Abbé 

Qui ne favoit ni A ni B. 

Dieu nous en doit bientôt un autre 

Qui fâche au moins fa patenôtre. Menag. 



(^ A, confidéré comme mot, eft la troifième perfonne 
du prélent de l'indicatif du verbe avoir j Se alors on ne 
doit le marquer d'aucun accent. // a peur ,il a honte. 
On l'emploie avec \tfupin des verbes: elle a entendu , 
elle a vu ,3i l'imitation des Latins , habeo perfuafum. 
Dans cette façon de parler, i/y a ,a eft verbe: il qui 
lui lert de nominatif , eft un de ces termes abftraits , 
que l'on a été obligé d'établir pour donner à l'aétivité 
continuelle de l'imagination mi objet feint, quand on 
n'en a pas de réel à lui préfenter. Ainfi , quand vous 
ignorez l'auteur d'un bruit qui fe répand, ou d'une ac- 
tion qui s'eft palléc, vous dites : On dit telle chofe^ on 
a abattu cette maifon. On eft ici un mot qui exptime 
un être fantaftique qui luffit à l'imagination pour lui 
reprélenter une peilonne qui parle ou qui a agi. Dans 
la façon de parler il y a, le mot il eft un de ces ter- 
mes vagues dont on vient de parler, & lert de nomina- 
tif au verbe a. Ainfi au lieu de diïc des hommes font 
qui , comme on le dit , par exemple, en hxm funt ho- 
mmes qui; la langue Fiançoife a établi un être vague 
défigné par le mor il qui offre à l'imagination un fu- 
jet quelconque qui polfede, qui a les hommes dont 
on veut parler; Se le mot y , placé entre ce verbe Se 
fon nominatif, défigne le lieu , le point où exifte la 
choie poff édée par cet être qu'indique le mot il. Ainfi 
cette phrale, il y a des hommes qui y analyfée, fignifie 
qu'un être métaphyfique , que l'on appelle i/j polfede 
dans un lieu quelconque des hommes qui , é'c. 

On défigne louvent le lieu où eft cette chofe pofle- 

dée , en ajoutant nommément la dénomination de ce 

lieu , lans néanmoins retrancher \y qui devient alors 

inutile , il y a _, dans Paris ^ des hommes qui j, Sec. 

Si l'on a ofé créer un être purement imaginaire pour 

lui attribuer une polfellion, on a pu faire la même 

chofe en faveur des êtres moraux : ainll on a dit, la 

vertu A de grands avantages ^ le vice a. des fuites fâ- 

cheufes. 

?fT A, pris comme mot, eft aulfi uneprépofition, & oii 

doit le marquer avec un accent grave , à. Cette pré- 

polition vient du latin à ^ à dextris , Se plus louvent 

encore de la prépolîtion latine i^c^j/oi^wi ad. 

Il faut remarquer que à , confidéré comme mot , n'eft 
jamais que la troifième perfonne du prélent de l'indica- 
tif du verbe avoir, ou une fimpie prépolition. On ne 
doit jamais leregardercomrae adverbe , quoiqu'en aient 
dir plufieurs Grammairiens. Tout adverbe eft un mot 
qui en contient deux ; lavoir une prépolition & fon 
complément ; c'eft-à-dire , le nom relatif à cette pré- 
polition , Se qui en détermine le lens : zinii fagement 
eft un adverbe , parce qu'il fignifie la même choie que, 
avecfagejfe. YeÛ un adverbe: J'y fuis ; c'eftcQjnmefi 
l'on difoit, je fuis dans tel lieu. Or jamais à n'eft dans 
le cas de pouvoir être ainfi converti en une prépolition 
& un nom qui fignifient la même choie ; Se pour peu 
que l'on faite attention à fa juftc valeur, dans toutes 
les circonftances où il le rencontre , on trouvera tou- 
jours qu'il eft ou la troilième perlonne du verbe avoir ^ 
ou qu il eft une prépolition précédant un nom. 

C'eft encore à rort que l'on a regardé à comme une 
particule qui n'a, dans certaines circonftances, d'autre 
propriété que de marquer le datif. La langue Françoile 
n'aiii décliiiaifous iii cas. Ce qu'gu appelle dadf, d*ns 



A • 

les langues qui , comme la latine & quelques autres , 
ont maiciic par diftcrcntcs tcrminailons, les dittéren- 
tcscuconllances où un nom peut le rencontrer , n'cll 
autre «hofc que l'exprclHon d'un rapport d'attribution 
par lequel une choie ou une attion le termine à une 
autre comme à la fin , à Ion objet. Les bons confeils 
font riécejjtûres à un jeune homme. La nécellîtc tics 
bons confeils efl: une chofe dont l'exiftence a pour fin , 
pour objet, un jeune homme pris géncriquement. yi 
dans cette pliiale & autres lemblablcs , cil donc une 
vraie prcpolition qui indique ce rapport , a;, qui n'a 
point d'autre tonclion que cette indication. 

Au refte lulage de cette prépolition pour indiquer 
ces {ortes de rapports , ell tellement naturelle , que les 
langues mêmes qui ont une terminailon uniquement 
deflinéc pour les marquer , ne laillent pas de négliger 
quelquefois cette temiinailon , pour ayoir recours à la 
prépoliîion. On dit en latin quod ^attinet ad me j lo- 
^ui ad illum^^ ou illi. 

On peutalîiirerque le rapport exprimé par <?, & au- 
quel rcpond le datit des langues où ce cas ell en ulage, 
cil la vraie lignification de cette prépohtion. Mais 
comme on l'a employée dans beaucoup d'autres cir- 
conllances , dont le détail leroit immenle , il eft né- 
celEiire d'établir des régies fixes & générales , & à cet 
elict de remonter aux principes. 

Touteprépoiition eft placée entre deux termes qu'elle 
joint, & entre lelquels elle marc[ucunc relation. Je fuis 
avec vous. Avec annonce que le rapport qu'il y a entre 
mon exiilcnce & la vôtre , ell qu'elles le rencontrent 
dans le même lieu ou dans le même temps. Un bon père 
travaille pour f es enfans. Pour déclare que le travail 
d'un bon père fe rapporte à les enfans , de qu'ils en 
font l'objet, &c. 

La nature du rapport marqué par la prépofition fe 
Connoit, ou parla lignification naturelle Se primitive de 
cette prépofition , ou par la lignification des mots qu'elle 
Unit & qu'elle rend corrélatifs. Ainfi , je fuis avec 
vous, la prépofition ^vt'C indique par elle-même la re- 
lation qu'elle établit entre votre exillencc&la mienne: 
Ca. lignification naturelle ell de marquer l'allemblage 
de deux ou de plulieurs choies , loit dans un même 
lieu, loit dans unmcme elpace de temps. 

Souvent aullî les prépofitions s'écartent de leur fens 
propre , & varient dans leurs lignifications, luivantles 
circonllances , & la fignification des termes qu'elles 
unilFent. C'ell alors à l'auditeur ou au lecleur à dé- 
couvrir le fens que celui qui parle ou qui écrit , a voulu 
attachcràla prépohtion qu'il emploie, &qui ell indi- 
qué par la fignification des deux termes. Ainliy^ w'tZji'- 
procke de la chofe dont la proximité m' efl utile ou 
agréable, & je m'éloigne de celle dont le voifinage 
m' efl nuifible ou défagréahle. La prépofition de , dans 
ces deux phrales, marque deux rapports oppolés: dans 
la première , elle marque un rapport de proximité , 
fumlamment défigné par le verbe je m'approche qui 
la précède ; & dans le fécond , elle annonce un rap- 
port d'éloignement , qui lui ell alligné par le verbe ]c 
m'éloigne. On pourroit donr.er un exemple pareil lur 
le plus grand nombre des prépolitions. 

Si quelques- uns de nos Grammairiens s'étoient don- 
ne la peine d'étudier ce principe , ils fe leroient épar- 
gné bien des recherches & des dillinélions métaphy- 
iîques , fauiles pour la plupart & toutes inutiles. Ils 
li'auroient point dit que la prépofition à indique un 
rapport de caule mouvante , comme dans moulin à 
vent:, arme à feu; un rapport d'effet, comme dans mou- 
lin à papier ; un rapport d'inlliument , comme dans 
aiguille à coudre ; un rapport de fituation, comme dans 
cette phrale , Paris efl à deux lieues de S. Denis ; un 
l'apport d'époque , comme le déluge eft à 1600 ans de 
la création du monde, 8cc. ^\c. Quoique ces rapports, 
dont l'énumération exacle ell impofiible , fe trou^•cnt 
entre les mots qui lont joints par la prépofition à ■, 
elle n'ell point deftinée à les marquer , & fi elle le 
fait, ce n'ell que par accident, par exrcnfion & par 
un abus nutorifé par l'uGge. 

Ce n'ell donc point par ces détails minuricux & ar- 
bitraires , qu'un Giauuuaii. jcn doit chercher à faire con- 
Tomi l, 



. . a; i 

noître la deftinationdela prépofition ^. Il doit d'abord 
établir la lignification primitive , qui confille à mar- 
quer que l'un des deux termes qu'elle joint, cil l'ob- 
jet, lebut, la deflination, le. pourquoi de l'autre. La 
prépohtion à ell prile dans Ion lens naturel en ces 
phrales. Aller à Lyon : à marque que celui qui fait 
l'action de le tranlporter , a la ville de Lyon peur 
terme de la démarche. Un injlrumcnt propre à culti- 
ver la terre. La propriété de l'indrument dont il s'agir , 
a pour objet la culture de la terre, <Scc. & pour pm 
que l'on y réfiéchiile , on rrcuvera que cette prépofi- 
tion conlerve cette fignification dans la plupart des cir- 
conllances où elle le rencontre. 

C'ell ce qu'on vat.îcher de faire connoitre, en par- 
courant les différentes politions dans lelquelles la pré- 
pohtion à peut le trouver. 

|CT A APRES UN NOM SUBSTANTIF. 

Air à chanter, ell un air deltiné à être chanté , plu-. 
tôt qu'à être joué fur un inllrument. Billet à ordre y 
cil un billet frit pour être acquitté , quand celui à qui le 
créancier l'a tronfinis , l'ordonnera. Chaife à deux ; 
chaile faite poiu' contenir deux peiionnes. Doute à 
éclaircir; doute qui , par l'importance de la choie qui 
en eft l'objet , doit être éclairci , ell delliné pour être 
éclairci. Entrcprife à exécuter ; Entreprile que Ion im- 
portance dellme à l'exécution. Grenier à fel , c'cll-à- 
dire , defliné à contenir du Ici. Habit à la mode , c'eû- 
à-dire, conforme à la mode, dont la couleur ou la fa- 
çon, &c. font coirformesau goût dominant. Plaine â 
perte de vue; plaine dont l'étendue ell cauIe que les 
limites échappent à la vue , &c. ikc, 

V^ A APRES UN ADJECTIF. 

Agréable à la vue , chofe dont les agrémens fonc 
deflinés à flatter la vue. Bon à prendre & à laijjer _, 
choie dont la bonté eft telle qu'elle n'ell pas plus def- 
tinee à être prile, qu'à être lailléc. Délicieux à mant 
ger , c'ell-à-diie , qui flatte beaucoup le goût , &c. 

§3" A APRâs UN VERBE. 

Un ou deux exemples fuflRfent pour faire voir que 
l'a<flion ou la façon d'être, exprimée par un verbe luivi 
de la prépohtion <?_, a prelque toujours pour objet ou 
poLU but le lujet qui ell après. S' abandonner àfes paC" 
fons. Les hommes n aiment point à admirer les au- 
tres j ils cherchent eux-mêmes à. être goûtés &.i é re 
applaudis. La Bruyère. Demandera boire, être a Pa- 
ris. Dans ces deux derniers exemples , l'aélion que l'on 
fait de demander , a pour objet celle de boire ; & l'cxif- 
tence de la choie dont on parle , a Paris pour objet » 
pour terme. H en efl de même de cette autre phrale« 
// eft à. cent lieues. 

QZr A AVANT UNE AUTRE PRÉPOSITION. 

A fe trouve quelquefois avant la prépofition de ^^ 
comme en ces exemples. 

Alle^, en lui jurant que votre ame l'adore , 
A de nouveaux mépris l' encourager encore. 
I Racine. 

A de moindres fureurs j e n'ai pas du m' attendre-» 

Idem. 
On fent que dans le premier exemple , les mépris 
font la caufe, le but de l'aclion que l'on va frire, 
& certeaclionell celle c/'ewowra^e;-. lien eft de même 
des fureurs du fccond exemple ; elles font l'objet de 
l'cfpérance exprimée par le \erbe m' attendre. La pré- 
pohtion , à dans ces laçons de parler, conlerve donc en- 
core fa fignification primordiale. 

A l'égard de la prépofition de , on expliquera en fon 
heu , quelle en cil la fignification dans ces fortes dç 
phrales. 

De? A APRÈS DES ADVERBES. 

On n'emploie la prépofition à après un adverbe » 
que dans le cas où l'adverbe marque quelque relation , 
&: alors la prépofition à fcrt à indiquer le corrélatif: 
ainfi on dit confequemment à , relativement à , 8cc. 

Telles font les principales occafionsoù la prépojiriop 
à le rencontre; (Se l'on voit qu'elle y conlerve la lignifi- 
cation naturelle. Il en efld'autres cependant où, comme 
toutes les prépofitions , clic perd fi véritable fignifi- 
«ation, pour en prciidiC wie «l^i lui eft étrangère , mais 

^ ij 



4 A 

qu'il eft loujours facile de fentii- : par exemple , une 
chojd faite à la maïn.\\ eft clair que à prend ici la li- 
gnitication de avec. Elle fignifie quelquefois après, 
comme dans ces exprelHons ^arracher brin à brin j pas 
à pas , &c. 
|Cr A , (la préporition ) le rencontre encore dans des fa- 
çons de parler adverbiales , ou qui équivalent à des 
prcpofitions. Toit de la langue latine, foit dune autre 
langue.^ touj ours, à l' encontre , tour à tour ■, à pleines 
mains j à fur & à mefure , à la fin : Suivre à ta pifte j 
à caufe. Sec. 

Ce que nous avons dit furies différentes circoni- 
tances où laprépofition à peut le rencontrer , luftit, ce 
l'cmblc, pour décider, par analogie , les difficultés qui 
peuvent fe rencontrer a l'occalion de ce mot. 

La prépolîtion au eft un compofé de la prépofition 
a , & lîgnifie la même chofe. Les cas où l'on doit fe 
fervir de l'un ou de l'autre , s'établilîent par une ré- 
gie fort hmple. A ne s'emploie que dans trois cas: de- 
vant un nom lans article : Rende^ à Céjar ce qui ejl à 
Ccfar. Quand le nom fuivant commence par une 
voyelle, & eft précédé de l'article malculin le, dont 
\c fait élifion avec cette voyelle qui commence le 
mot fuivant , ou avec \h non afpirée. Le foumettre à 
l'amour.Etre fenjîble à l' honneur. Enfin quand à pré- 
cède l'article féminin ; marcher à la gloire j fe rendre 
à la raifon , &c. 

Hors ces trois cas , on fe fert de au pour le fmgu- 
lier ,6c cet au équivaut à ces? deux mots â le : ainii 
quand on dit : être fenfible au bien , c'eft comme fi l'on 
difoit à le bien. Pour le pluriel , on ajoute un x ; ce 
qui forme aux qui équivaut aux deux mots à les : aux 
hommes , à les hommes ; aux femmes , à les femmes. 
^IfT A comme prépolîtion, entre aulli dans la compoli- 
tion des mots , dont elle forme la première fyllabe. Il 
n'eft pas polîible de fixer la fignification qu'elle prend 
alors: elle varie fuivant les circonftances & la valeur 
du mot auquel elle eft ajoutée ; tout ce qu'on peut 
dire, c'eft qu'elle fert ou à donner plus d'énergie , ou 
à préfenter le fimple fous un point de vue différent 
tle celui fous lequel on l'cnvifage naturellement. Croî- 
tre j,accroure , donner, s' adonner , grandir , agrandir, 
paraître , apparaître , tirer , attirer: il y a même des 
compofés qui font reftés feuls en ulage , & qui ont to- 
talement fait difparoître le fimple ; comme accabler , 
affubler , aguerrir, &c. On double dans quelques mots , 
la confoiine qui fuit a, accréditer , afficher. Sec. 
fC? A. f. m. Petite rivière de France , qui a fa fource 
près de Fontaine en Sologne. Allez près de la fource 
elle forme une petite île qui a la figure d'un A. On 
l'appelle aulli Cannon ou Baignon. 
^CF A A. f. m. Agnio. Rivière de France qui prend fa 
fource dans le Boulomiois , & fe jette dans la mer 
d'Allemagne , un peu au-delfous de Gravelines. Par ar- 
rêt duconfeil de I7J3 , le Roi ordonne l'exécution du 
projet de la jonétion de la rivière de Lys avec celle de 
AA, entre Aire iSc S. Omer. 

Il y a trois rivières de ce nom dans les Pays-Bas , 
trois enSuiHej&cinqenWeftphalic. Cenomeft origi- 
nairement Grec : a""» , dans Helychius , lignifie amas 
d'eau. D'à"» s'eft fait a"^» en ajoutant un K , de même 
que de »=rftr s'eft ionwéfpecus. D'A'xa eft venu le mot 
latin aqua , d'où s'eft formé en François d'abord aque , 
enfuite Aiguë qui nous reftent encore l'un Sz l'autre 
dans quelques noms propres , comme Aiguës, nom 
de plulleurs villes de Galcogne ; Aigues-belles, Aigùes- 
caudes, Aigues-martes, Aigues~perfes,Szc. De-là enfin 
le mot eau en ufage aujourd'hui. 
AA, ott AAS. 1. ^.mKvncwt fontaine des Arquebur^adcs. 
C'eft une fource d'eau vive dans le Béarn , laquelle eft 
excellente pour la guérilon des coups de Icu.Davitv. 
AACH. Bourg de Souabe , dans le Comté de Nellen- 

bourg,au nord de Schafoulc. Ache ,Achum. 
^fT AACH.l. f. Rivière dans le Comté de Nellenbourg 
dans la Souabe. Elle a fi lource auprès du Bourg du 
même nom. 
^CT AADA. f f. Rivière qui prend fi lource dans le pays 

des Grifons. Davity. 
^ AADE 0« AA. f. f. Petite rivière du Brabant HoUan- 



À 

dois. Elle a fi fource dans le Comté de F^orn , & fe 
perd dans le Don:mel à Bois-le-Duc. 

03° A AHUM.f. m. terme de relation.Titre des fept grands 
officiers du royaume de Siam , & le rroifième 4h ordre: 
c'eftle Généralillime de terre t<>: de mer. Choisy. 

AAMUS. Aahufum. Ville de l'Évcché de Munfter. Ce 
nom vient d'^ia, petite rivière de Wcftphalie , lur la- 
quelle cette ville eftfitirée, <Sc de Haus , qui en Alle- 
mand fignifie maifan: Cette ville apparemment a com- 
mencé par quelques mailons bâties lur \Aa. 

AALBOURG, AALBURG? „ . 

c\.-ALBORG. ^ I Fbyeç Albourg. 

AAM ou HAAM. 1. m. Aieiure des liquides , dont ort 
fe fert à Amfterdam: elle contient ii8 mingles. 

AAR , ou AHR. 1. Aara , Atrinca. Rivière d'Allema- 
gne, qui a la lource dans 1 Eiffel, traverle une partie 
du Diocèfe de Cologne & du Duché de Juliers , & fe 
décharge dans le Rhin, près de Lintz. AIaty , 1712. 

AAR, Arula ou Arcla & non pas Arofa , comme on a 
imprimé dans Maty. en 171 z. Rivière conlîdérable de 
Suilfe , qui prend la lource dans le canton de Berne 
au mont Grimfel , traverle les lacs de Brientz tV de 
Thun, palle à Berne & à Soleure , Si fe jette dans le 
Rhin au-dellous de Coblens. Il y a vingt -neuf ponts 
fur cette rivière qui eft fort commerçante. 

Ce nom pourroit être Celtique, qui viendroit de l'Hé- 
breu '^ry:i ,Near , (\\ii[\2,mÇicfîeuve. C'étoitallez la cou- 
tume des anciens peuples d'appeller leurs rivières fim- 
plement du nom de ileuve. Ainli Nilus , le Nil , vient 
de hn:i; & fouvent le Nik*^ lEuphrate , dans l'Ecri- 
ture font défignés par le nom appellatit Vna , near , 
fleuve. 

Il y a auilî une ile de Danncmarck dépendante de 
celle de Fiinen , qui porte le nom à'Aar, Corn. 

tfy AAR. île de la mer Baltique , entre les iles de 
Funes, de Langerland, & d'Allen. 

f3" AARACK. Ville de Perle , &; l'une des principales 
de l'Hircanie. Corn. Se du Val. 

AARASSO. Nom de lieu. AaraJJus. Il eft dans lediftriét 
du Beglierbey de la Natolie propre. C'étoit autrefois 
une ville; ce n'eft plus qu'un village litué lur la mer 
Méditerranée , à quelques lieues du golfe de Satalie. 

AARAW. Foye:^ Akav/. 

AARBERG. Petite ville du canton de Berne en Suiffie. 
Arberga. Elle eft dans une île de la rivière d'Aar , 
entre Berne & Diemer. 

AARBOURG. Petite ville de Suilfe. Arburgum. Elle efl 
au confluent de l'Aar & du Wiger , & dépend du 
canton de Berne. Aarbourg eft conlîdérable par fes 
foires Se fon commerce. 

AARBRER. v. n. Terme ancien qui n'eft plus en ufage. 
Ce mot le trouve dans le Roman dePerceval, &veuc 
dire le cabrer. Efferrefe, erigereje, peclus arrigere. 

AARDALFFIOERD. f. m. Golfe de l'Océan feptentrio- 
nal. Sinus Aardalius.Ce ^oltc ett: furies côtes du gou- 
vernement de Bergen en Norvège , près de la ville de 
Stavanger. On le nomme aulli Bulen-Fioerd. 

AARHUS. Foyei Arhus. 

AARON. f. m. Aaran. On prononce. Se l'on pouiToit 
écrire Aron. C'eft le nom d'un Patriarche, fils d'Am- 
ram Se de Jocabeb. Il étoit frère de Aloyfe , plus âge 
que lui de trois ans. Il fut le premier grand-Prêtre du 
peuple de Dieu. Aaran fignifie Montagne j à ce que 
l'on croit communément , ou plutôt Montagnard. 
D'autres l'interprètent Enfeignant , ou Concevant. 
Conception feroit mieux. C'eft l'étymologie la plus 
vrailemblable. 

AARWANGFN. Faye:^ Arwangen. 

AAS. Forterelfe du gouvernement d'Aggcrhus en Nor- 
vège. Aafa. Elle eft à re.\trémité de la prcfqu'ile mé- 
ridionale de Norvège, Se elle a un bon port à l'embou- 
chure de la rivière deLindels. Maty. 

AAVORA. 1. m. Fruit gros comme un œuf de poule ,' 
qui croit avec pluheurs autres en forme de bouquets 
cnferm>;s enlcmble dans une grande goulfe attachée à 
une elpèce de palmier tort haut Se épineux, qui croit 
aux Indes Occidentales Se en Afrique. Sa chair renfer- 
me un noyau très-dur, offeux , gros comme un noyau 
de pêche , ayant à fa f uperficic trois trous aux côtés , 



ABA 

Svî ienx plus petits proches l'un de l'.iutic. Ce noy.iu 
ienfl'inie une belle amande blanche qui cil allrin- 
gentc , & bonne pour arrêter le cours de ventre. 
f^J" AB. f. m. Cinquième mois de l'année Eccleliallique 
des KcImkux, & l'onzième de leur année civile, &qui 
répond a une partie de notre mois de Juillet , & au 
commencement du mois d'Août. 
Ab , en Langue Syriaque , le dernier mois de l'Été. C'eft 
le même nom &: le même mois que f elui dont il eft 
parlé dans l'article précédent. Il ne faut pas confondre 
ce mois avec un autre nommé /ibih , qui répond à 
notre mois de Mars. Celui-ci étoit un mois des anciens 
Hébreu>:,& le trouve da:is l'Écriture , au lieu que ^^ 
ne fe trouve que dans le Thalmud iSj dans les Rabbins. 
ABA. ^hi ou Aôte , ville de la Phocide que les Aban- 
- tes y bâtirent , Se qu'ils nommèrent du nom à'Abas 
leur Chef, tous la conduite duquel ils étoient lortis 
de Tlu-ace. Quelques-uns dilent que c'eft cczicAha ^ 
&: non pas Ahée y qui fut ruinée par Xerxès. Je ne fai 
fur quoi tonde M. Corneille l'appelle Abée. 

Etienne le Géographe met encore une autre Aba 
dans la Carie, &:Ptolomée, une autre dans l'Arabie , au 
86*^ degré 30 minutes de longitude, & au 30'-' de lati- 
tude. 

Etienne place encore une ville de ce nom dans l'I- 
talie. Ptolomée la nomme h"!?» par un changement or- 
dinaire dans le dialecte Ionien , qui met l'i: à la place 
de l'a long. 

C'eft aulîî le nom d'une montagne d'Arménie, d'où 

fortent l'Euphrate & l' Araxe , & qui fait partie du Mont 

Taurus. Les Géorgiens l'appellent Caicol. 

Aba , ou Anba, Ptrc' ; titre que les Églil es Syriaques , 

Cophtes & Éthiopiennes donnent à leurs Evêques. Au 

refte il faut dire Abba. 

^ABAB. i. m. Terme de Relation. Nom que l'on donne 

à de jeunes payfans forts «Se vigoureux, que les Turcs 

lèvent en quelques provinces de leur empire , quand 

ils manquent d'efclavespour aller fur mer. Rujlicus ad 

remigandum ddeclus. De vingt mailbns on prend un 

Abab j ôc les dix-neuf autres lui donnent vingt mille 

âpres , qui font 500 francs de notre monnoie , pour 

faire fcn voyage. Voyez rinterprcte de la Porte. 

^^ ABABA. Nom moderne du Peaée, rivière de Grèce 

dans la Theftiilie. 
ABABIL, ou ABABILO. f. m. Oileau inconnu, ou plu- 
tôt fabuleux, doiit parle Samuel Bochart, ^it-ro^. Pan. 
pofter. l, 6. c. 14.. Un Auteur Mahométan a écrit que 
Tannée que naquit Mahomet, Dieu envoya ces oi- 
feaux contre les Abilllns qui alloient affiéger la Mec- 
que. 
AB ABRUPTO. Terme Latin , qui s'eft francifé. Il figni- 
fie fur le champ j lans préparation. Il a parlé ah abrupto ^ 
ou ex fl^rz^^'jo j c'eft-à-dire , lut le champ. 
|!C? ABACA. île de l'Aiîe, une des Philippines: elle eft 
à 14^ degrés 13 minutes de longitude, & à iode- 
grés 3 j minutes de latitude. 
ABACA. 1. m. Elpèce de lin ou de chanvre que l'on 
recueille dans quelques-unes des Iles Manilles. Il y en 
a de deux (ortes, le blanc & le gris. Cette plante eft 
une lorte de Platane des Indes. 
ABACARE. 1. m. & f. Abacar, is .-ou Abacarus , a , 
um. Peuple de l'Amérique méridionale , qui habite le 
long delà rivière de Cayenne,au leptentrion des four- 
ces du Paraguay , dans un pays qui n'eft pas encore bien 
connu des Européens. Mat y. 
^CT ABACE, ABECE. Vieux mot, du Vxîm Abacus. 

Voyez Abaque. 
CCF ABACH, ou ABBACH. Ahacum ; petite ville d'Al- 
lemagne, dans la balfe Bavière, eif de la régence de 
Straubing & lur le Danube. Il y a des eaux minérales 
fort renommées. On croit que c'eft l'ancien château 
A' Ah^uàc , Abadiacum , où naquit l'Empereur Henri II. 
ABACHER. f. m. & nom d'homme. Ahhacyrus. Ce nom 
eft moitié Syriac & moitié Grec , compolé A' Aba _, 
Père , Abbé , & du nom propre Grec, & lignifie l'Abbé 
Cyrus. On n'en fait qu'un mot. Abbacyrus , dont les 
Cophtes ont fait S. Abacher _, SI les Italiens , S. Ap- 
pojjara. Chastel. f. Janv. 
A^ACO. 1. m. Abacus. Ce mot le trouve dans Rouil- 



ABA f 

lard, pour fignifi^n- l'A. ithmccique. Les Italiens dilenC 
aaûi Abaco j pour exprimer la mcme'chjfe. C'etoit 
une petite table polie, fuii laquelle les Anciens tsa- 
çoient des figures,. ou des nombres. Elle fei-voir à 
apprendre les principes de l'Aritlunétique. Ils l'appel- 
loient Table de Pythagore, 

ABACOA. Ile de l'Amiérique méridionale. /^/^acoa. C'eft 
une des Lucayes. Elle eft dans la mer du nord au midi 
de la Lucayonnéque. 

ABACOT. f. m. Ornement de tcte que portoicr.t an- 
ciennement les Rois d'Angleterre. îl avoir la forme de 
deux couronnes par en haut. Harris. 

ABADA. f. m. Animal farouche du pavs de Bcngue- 
la, dans la balfe Ethiopie. Il reftemble à un cheval 
par la tête & par le crin. Il eft un peu moins grand. 
Il a la queue d'un bœuf , excepté qu'elle eft moins 
longue. Ses pieds font fendus comme ceux du cerf, 
«Se plus gros. Il a deux cornes , 1 une fur le front , & 
l'autre lur la nuque. Les Nègres tuent ces animaux à 
coups de flèche , pour en prendre la corne , qu'ils re- 
gardent comme un fpécifique contre le poilon. On 
prend cet animal pour le Rhinocéros. 

ïfT ABADAN ou ABBADAN. ville d'Afie dans l'Iraque 
Babylonienne, fur le Golfe Perlîque, à l'embouchure 
du Tigre, 84 degrés longitud. 29 degrés 10 minutes 
latitud. feptentrion. 

ABADDON. f. m. C'eftdans \Apocalypfe, c.p.v./r.k 
nom du Roi des Sauterelles. S. Jean explique lui-même 
ce qu'il lignifie. Elles avoient pour Roi l'Ange de l'A- 
byme , qui s'appelle en Hébreu Ahbadon", en Grec 
Appollyon ( «Voaai-(oï) & en Latin Exterminans. Tous 
ces mots lignifient lamême choie, chacun dans fa lan- 
gue i & Abaddon vient de ^ai? , Abad j perdre , ex- 
terminer. 

ABADIR , ou ABADDIR ; car Prifcien , qui nous a con- 
férée ce nom , dit l'un & l'autre , &' même ABDIR , 
félon la remarque de Volîius , De Theol. Cent. L. 
VI. C. sp- terme de Mythologie. C'eft le nom d'une 
pierre que Saturne dévora. Car, foit que fou frère Tita- 
nus ne lui eût cédé l'empire du monde , qu'a con- 
dition qu'il n'eleveroit point d'enfant maie, fcit que 
les deftinées portallent qu'il feroit un jour détrôné 
par un de fes enfans, il les faifoit tous périr dès qu'ils 
étoient nés. Enfin Cybele, ou Opsfa femme le trempa , 
«Se lui fit avaler cette pierre , au lif^ de renfant dont 
elle étoit accouchée. Volllus prétend que ce mot vient 
de Baiâ- ;.\ , Béthcl ; car il faut remarquer que les Grecs 
appellent BaiVuAï! la pierre que Saturne dévora, au lieu 
de l'enfant que Rhée avoit mis au monde. Or on fait 
d'où vient ce mot Béthelj Se ce qu'en dit Moyfe dans 
la Genefe , XXVIII. 1 0. &Juiv. Jacob allant en Mé- 
fopotamie , s'arrêta un jour près de Luza, ville des 
Chananéens, pour y repofcr& pour. y palfer la nuit. 
Pendant ton tommeil , il vit en fonge l'échelle myfté- 
rieufe , & le lendemain comprenant qu'il étoit dons un 
lieu faint, il prit la pierre qui lui avoit fervi d'oreil- 
ler , & l'érigea en monument , en y répandant de 
l'huile, Cappella la ville voilîne Béthel , c'eft-à-dire , 
]*,lalfon c/cZJicf/AVolliuSjapres avoir dit que cette pierre 
avoit été en fi grande vénération chez les Payens, que 
quelques-uns lui avoient rendu les honneurs divins : 
ce qui fit que ce lieu qui s'appelloit 5/f Ae/auparavant , 
fut nommé depuis Bttkave j Mailon de menfonge , 
par les vrais Ifraclites, qui eurent ce cuuc idolatrieue 
en horreur : Volîius , dis-je , oblcrve que la connoif- 
tance confufe que les Payens eurent de cette pierre & 
de l'hiftoire de Jacob , leur fit dire que c'étcit cette 
pierre, que Saturne avoit dévorée au lieu de Jupiter, 
& ils la nommèrent Ba/Ti/At?-^ du mot Hébreu Bcthcl. 
Puis, ajoutant un A au conunencemcnt du mot, & 
changeant L en R, ils ont fait Abadir. Il falloir ajou- 
ter, & changeant encore le M en d. 

Tout cela n'eft pas fort évident , & paroît bien for- 
cé : ce n'eft rien cependant en comparaifon de la fé- 
conde étymolcgie. Toute cette fable de Saturne ren- 
ferme, dit-on, des myftères qui fe découvrent par le 
moyen de la langue Phénicienne , qui |;toit alors en 
ulage. En Phénicien Aben ^ en mettant un Aicph de- 
vant hcn ^ conimefont les Arabes, fignifie égalemeiiÇ 



6 A 

\m fils & une pierre. Le mot Achat , dans les langue? 
orientales , lignifie tuer & manger : de lorte que pour 
dire que Saturne tuoit les enians que Rhée lui failoit 
{rcmetcre enrre ks mains, on a dit qu'il mangeoir des 
pierres. On a appelle ces prétendues pierres Abad- 
4ïr : ce qui eft un mot formé de ces deux , Aben- 
dir, qui fignihent l'enfant d'un autre ; car dir peut 
être la même choie que ^ar ^ c'eft-à-dire , alïenus , 
parce que le dalcth & le \aïn fc changent facile- 
ment, &. que l'on n'a aucun égard aux voyelles dans 
les étvmologies orientales. Combien de luppoiitions 
ridicules. Comment s'enfuit-il que , parce que les Ara- 
bes difent //'•a pour fils, les Phéniciens ont dit Aben? 
Dans quelle Langue orientale Achal iignihe-t-il tuer ? 
Comment prouve-t-on que ceux qui ont les premiers 
inventé cette fable, parloient Phénicien ? Eil-ce Cad- 
mus & fes compagnons, qui l'ont apportée en Grèce: 
Mais quel eft ce Saturne qui tuoit tous (es enfans , & 
dont ces Phéniciens racontèrent les aventures en Gré- 
ce î Comment s'enfuit-il enfin que , parce que le "j 
& le r fe changent quelquefois en Chaldéen, & dans 
des iiccles bien poftérieurs, ils le (oient changés de 
même dès le commencement en Phénicien? On ajoute, 
les Grecs nommoient cette pierre BaiTuA»; : ce mot 
vient de batal , ou batil , comme écrivent les Ara- 
bes, qui veut dire /îîa.v & meprifé : ce qui convient 
fort-bien, dit-on, avec l'hiilioireque l'on vient de rap- 
porter, puifque les enfans que Saturne flriloit mourir, 
iVétoient pas de Rhée , mais apparemment de quelque 
efclavc. Tout cela quadre mal avec la mythologie , 
qui nous apprend que Saturne mangeoit les propres 
enfans de Rhée. Enfin batal j dans le lens qu'on lui 
domie , eft purement Arabe, il n'eft point Hébreu: 
grand préjugé qu'il n'étoit point non plus Phénicien. 
Quel mélange monftrueux de prétendu Phénicien , 
de Chaldéen, d'Arabe 1 

Bochart , dans fon Chanaan j L. H. C. z. nous four- 
nit encore une autre étymologie. Il dit qncAbaddircÇi 
formé du Phénicien aben , pierre , ôc dir , fphérique ou 
rond. Il tire cette dernière lignification non-leulement 
■de l'Arabe , mais encore de l'Hébreu , où •y^~i, dur ., ou 
plutôt dour^ lignifie pila j une balle , & m , dor^ mar- 
garitay une perle, &c par conféquent un corps rond. 
Il montre que ce nom convient à la pierre Ba'iTtAos , 
ou abaddir , parce que Damafcius & Phne nous ap- 
prennent qu'elle étoic ronde. Il faut loirerles efforts de 
tous ces Savans, pour nous éclaircir une antiquité li 
reculée, fans Ce livrer aveuglément à toutes leurs opi- 
nions. Je m'étonne que pcrlonne n'ait dit que Abaddir 
vcnoitde abad , perdre, ikdour habitation, demeure. 
Car cette pierre fut caul'e qu'il perdit le Ciel, fon lé- 
jour & la demeure. 

Prifcien rapporte qu' Abaddir étoit aullî le nom d'un 
Dieu. Ifidore dans les glofes , & Papias témoignent la 
même choie : Et S. Auguftin , écrivant à Maxime de 
Madaure, dit que les Carthai<inois avaient des Dieux 
nommés Abadirs. Il fcmble que ce nom n'étoit pas 
un nom propre, mais un nom appellatil qu'on don- 
noit aux Dieux plus grands Ik plus conlidérables j car 
Ab-addir font deux noms purement Hébreux & Phé- 
niciens , lignifiant Père magnifique. C'eft ainlique les 
Grecs ont diftingué les Dieux & les Démons , fa^i^wi ; 
& les Romains , T)iï majorum gentium}^ & DU mïno- 
rumgentium. 

Quoiqu'il en foit de tout ceci , il eft certain qu'en 
Orient bien des peuples ont adore des pierres informes , 
ou de la figure d'un cône. On le dit des anciens Ara- 
bes. On en trouve lur les médailles de Séleucie de Sy- 
rie; témoin celle de M. Antonin Pie , au revers de la- 
quelle le voit im temple à quatre colonnes , dans le- 
quel paroit une pierre en forme de cône, que l'on prend 
pour la figure du mont Caluis & de Jupiter Calîus , 
qui étoit honoré lur cette montagne. L'infcription eft: 
KEAETKcnN niEPiAK , & dans l'exeigue: zktk kakiok, 
en deux lignes. La Vénus de Paphos étoit aulîl reprc- 
fentée par une pierre taillée en forme de cône, f^oye^ 
au mot Ve^us. 
ABAEUZ. f m. & adj. Terme de Contume. Biens 
Ahaeu^. Bona yacantia. Il en eft parlé dans l'ancienne 



A 

coutume du Poitou. Ce font, dit Ragueau, des biens 
vacans , eu les biens de ceux qui vont de vie à trépaf- 
fement, & ne délaillent aucuns païens ou lignagers 
qui leur doivent ou veuillent lucccder \ auquel cas lel- 
dits biens appartiennent au Bas-Jufticier ,^n la Sei- 
gneurie duquel Icldits biens étoicnt au temps de fon 
décès, fi le défunt n'avoit teftamenté , eu autrement 
ordonné de les biens. 

UCr ABAGAMEDRI. Royaume de l'empire des Abif- 
fins. l'oyeii Bavember, 

ABAIBES,"ou ABiBLS. L m. pi. Montagnes de l'Amé- 
rique méridionale. Abaibis. montes. Elles le trouvent 
dans le gouvernement de Carthagène , en terre ferme, 
près du golfe d Uraba , & font célèbres à caule de 
leur hauteur cxcelîlve. Mat y. 

ABAISER, V. a. Vieux mot qui fignifie Appaifcr. Seda.* 
re J componere. 

Mais ne pot fouffrir tel defroi ^ 
P allas qui la noife abaila. 

ABAISSE, f. f. Terme de Pâtillîer. C'eft la pâte qui fait 
le fond, le dcllous d'une pièce de pâtillerie. 

ABAISSEMENT, f. m. Diminution de hauteur. Depref- 
fio. L'abaiJJement de ce mur, qui Ôtuit LCvûe à cette 
mailon, l'a bien égayée. 

On dit par cxtcniion ,abaifie7nent de la voix. C'eft 
l'oppolé d'élévation, f^^oye:^ ce mot. 

Abaissement , le dit figurcmcnt en choies morales, 
pour humiliation , diminution de crédit & de gran- 
deur ; diminution de mérite , ou de réputation -, état 
d'avihllement ëc àe mïsèïe. Demijflo, fubmijfflo. L'a- 
bdiffement devant Dieu eft le plus nécellaire des de- 
voirs du Chrétien. Cette pieule princefle travailloit à 
humilier fa grandeur par des abaiffemens volontaires. 
Flech. On approuveront ce que dilent les Grands par 
un ahaijjemenc extérieur de l'elprit , qui plie lous le 
faix de leur grandeur. Port-R. Les ambitieux veu- 
lent exciter des mouvemens de terreur, de refpecl: & 
à'abaijfement lous leur grandeur. Port-R. Il déchi- 
roit la réputation de ces grands hommes , comme 
fi leur abai(fement contribuoit à fa gloire. Ablanc. 
Jesus-Christ a !patu lur la terre dans un profond 
abaijjement. Ce triftc abaijfement convient à- ma for- 
tune. Racine. 

^3' Abaissement. Terme de Blafon. F'oyei Abatte- 
ment. 

{C? Abaissement du pôle. Terme d'Aftronomie. Il eft 
oppolé à l'élévation du pôle, /^oyeç ces mots. 

{CF Abaissement d'une étoile fous l'horiy^on. C'eftli 
quantité de degrés, dont elle fe trouve au-dcirous de 
l'horifon -, ou , li l'on veut , l'arc du cercle vertical 
qui le trouve compris entre cette étoile & Ihorizon. 

I^C? Abaissement {des équations) en Algèbre. C'eft 
leur réduéfion au moindre degré dont elles foient fuf- 
ceptibles. 

ABAISSER. V. a. Faire aller en bas. Deprimere. Il fe dit 
de choies faites pour en couvrir d'autres , mais qui 
étant relevées les laillent à découvert. Abaijficr le def- 
fus d'une callette; abaiffer les pa\ipières. Syn.fr. 

Il lignifie quelquefois Diminuer de la haincui:. A baifi- 
fer une muraille. Dicl:. de l'Acad. /oj fj la remarque 
luivante de M. l'Abbé Girard. 

^fT Abaisser, ne fe dit bien que des chofes qui font 
faites pour en couvrir d'autres, & qui étant relevées les 
laillent à découvert. On abaiffe le dellus d'un coffre, 
une trape qu'on avoir levée. On abaiffe les^paupières, 
la coiffe, la robe. Ses oppolésfont/t'vc'r& relever, fui- 
vaut les occalions où ils font employés. Baijfer le dit 
des chofes qu'on place plus bas,de cellesdont on diminue 
la hauteur, & de ccitains mouvemens du corps. On baijje 
une poutre , on bai[fe les voiles d'un navire , on baijje 
un bâtiment, un toit trop élevé , un mur trop exhaulfé. 
On baiffe les yeux , la tête. Dans tous ces exemples 
abaijjer leroit très-mal. 

Abaisser, fignifie auili , Diminuer le prix. Minuere. Le 
bon ordre de la police a fait abaijfer le prix du blé ; 
c'cft-à-dire, qu'il eft diminué. Ce mot en cefens n'eft 
pas du bel ulage ; il fiuc dire rabaijjer. Voyez Raw 

BAISSER, 



A 

On s'en fert figurément dans le mcme Teiis. L'envie 
abaijje par les dilcours les vertus qu'elle ne peut imi- 
ter. S. EvR. Abj'ijjerh majcfté du Prince. L'ulagc , 
comme la fortune , chacun dans leur juriidiction, élevé 
ou abalffc qui bon. lui lemble. Vaug. Les giands noms 
ahailfciu, au lieu d'élever ceux qui ne favcnt pas les 
(outenir. Rochef. 
Abaisser, lignifie auffien morale. Ravaler l'orgueil de 
quelqu'un, le mortifier. Ahjkere ., reprimere ,contun- 
dere. Les Romains le vantoient A'ahailferlcs fuperbes, 
&c de pardonner aux humbles. S. Evr. C'eft ce que 
Virgile Lut dire par Anchile dans le 6^ Livre de l'E- 
néide. 

Tu regere imperio populos ^Romane , mémento . . • 
Parcere fubj eclis 3 & debellare fuperbos. 

Il faut a/^rt//7èr les efprits hautains. S. EvR. 
Abaisser, fe dit aulH avec le pronom perfonnel, & li- 
gnifie alors s'Humilier, fe foumettre , le ravaler. Ahj'r 
cere fe. Il faut s'abaifferdevanz la Majefté divine. S'a- 
baijfer à des choies indignes. S'abaiffer julqu'aux plus 
làcnes complailances. L humilité n'eft louvent qu'un 
artifice de l'orgueil, qui ne s'abaijfe que pour s'éle- 
ver. Rochef. On le dit encore par refpect d'une pcr- 
fonne éminente en dignité, lorlqu'elle femble rabattre 
de la grandeur, en delcendant julqu'à des perlonnes 
fort inférieures ; lorlqu'elle lait le proportionner au\ 

ferfonnesqui lui font intérieures par la condition ou par 
elprit. Le prince s'eft abaiffé julqu'a moi , en prenant 
ioin de ma lortune. P. de Cl. Les Grands ne s'élèvent 
jamais plus haut que lorlqu'ils s'abaljfent , dit Coftar 
en écrivant à Jviadame Servien. Il avoit tiré ce p.ilLige 
du Panégv'rique de Pline : Scilket qui verè maximl 
funt , kùc uno modo pojjunt crefcere , Jï fi ipfi fib- 
mittant y ficurimagmtudinis fii't. De Roch. 

Les Auteurs du nouveau Vocabulaire veulent que 
l'on dife dans un fcns littéral s'abai[/er, pour le Com- 
primer, fe retirer, diminuer de hauteur. Dans les lé- 
chercllcs, difent-ils, les fleuves & les zeness'abaijjent ; 
après la pluie le vent s'abjïjfe. Nous n'adopterons 
pas une décillon aulli contraire au bon ulage. Les ri- 
vières baiirent, les terres s'atfaiirent,lc vent diminue, 
tombe. Le mot abaijfer avec le pronom réciproque 
prend toujours le fens figuré. M. l'Abbé Girard, qu'ils 
ont pourtant conlulté lut cet article, le dit bien ex- 
pretlémenti&c'eftainll qu'écrivent les bons Auteurs. 
|tCr Abaisser une équation, terme d'Algèbre. C'eft la 
réduire au moindre degré dont elle foit lulceptible. 

On dit en Géométrie, ^^j///tr une perpendiculaire 
fur une ligne. C'eft le lynonyme de tirer, Lineam 
perpendicularem ducere. 
ijrÙ' Abaisser , terme de jardinage. C'eft couper une 

branche près du tronc. Abaijfer une branche. 
§CF Abaisser , terme dePâtilller. C'eft applatir la pâte 
avec un rouleau de bois , & la rendre aulîl mince que 
l'on veut. 
ÇCr Abaisser l'oifeau, terme de fauconnerie. C'eft 
retrancher à celui qui a trop d'embonpoint une partie 
de la nouniture , pour le rendre plus léger , & le met- 
tre en état^ de bien voler. 
ABAISSÉ , ÉE. pan. Deprejfus. 

Abaissé , en termes de Blàfon , fe dit du vol des aigles , 
& du vol en général des oiteaux , dont la repréfenta- 
tion ordinaire eft d'ctre ouvert & étendu ; enforte que 
le bout de leurs ailes tende vers les angles ou le chef 
de l'Ecu ; mais, lorfque ce bout eft en bas , & vers la 
pointe de l'Ecu, ou que les ailes font pliées, on l'ap- 
pelle vol abaijfé. 

On ditauftl, un chevron, un pal abaijfé, une bande 
abaifée y qmnd la pointe finit au cœur de l'Ecu, ou 
au-delfous , & ne monte pas plus liaut. On dit aulîî 
qu'une pièce eft tzi'„'///c't', lorlqu'elle eft au-delfous de 
fa fitua.tion ordinaire, comme le chef, la fafce , &:c. 
Et ainh les Commandeurs de Malte, qui ont des chefs 
dans leurs Armoiries, font obligés de les abaijfer fous 
celui de la Religion.^ 
ABAISSEUR. adj. m. Epithète que les Médecins donnent 
au faond muicle des yeux j qui les fait mouvoir en 



A 1 

bas , & fait regarder la terre. On l'appelle auffi l'Hum- 
ble , humilis. Dionis. 

On donne le même nom à difFcrens mufcles dont 
l'adlion conhfte à abaijfer ou à porter en bas les par- 
ties auxquelles ils lont attachés , comme ceux des lè- 
vres, des mâchoires, &c. 
ICr ABALIENATION. f. (. Terme du droit Romain: 
forte d'aliénation par laquelle les eftcts qu'on nommoit 
rcsmancipi, lavoir les belliaux, les clclaves, & au- 
tres polfeluons dans l'enceinte des territoires de l'Italie, 
étoient transférés à des perlonnes en droit de les acqué- 
rir. Ceux qui avoient ce droit , étoient les citoyens Ro- 
mains , les Latins , Se quelques étrangers à qui on per- 
mettoit Ipécialement ce commerce, 
ABALLON. 1. m. Contrée de l'Ile de Terre-neuve, dans 
l'Amérique fcptentrionale. Aballonia, Avallonia. Les 
Anglois ont dans VAballon mie colonie qu'ils nom- 
ment Ferry /and. 
AB ALOURDIR, v. a. Vieux mot , & hors d'ufage , qui 
lignifioit autrefois, Jbrutir, rendre ftupide. Hebetem 
reddere. Il le trouve dans plulieurs Coutumes. 
^fT ABALOURDI , lE. part. Il a la même lignification 

que le verbe , &z eft peu ulité. 
ABANA. f. m. Rivière de Syrie , dont il eft parlé dans 
l'Ecriture, IV. Rois, v. ii. les LXX. de l'édition de 
Complure l'appellent ^/ni7/2a_, conformément au iiTeri 
ou Variante, quoique l'Hébreu porte Abana j & le 
manufcrit Alexandrin Naubana. Abana. Elle prend la 
fource dans le mont Liban , & baigne les murs de Da- 
mas du côté du midi & de l'occident: c'eft pour cela 
qu'elle eft aullî appellée fleuve de Damas. Elle coule 
dans la plaine d'Archadab, parallèlement au Fhaiphar , 
autre fleuve de Damas , & le di.'chaige dans la mer de 
Syrie, au midi de l'embouchure du Fliarphar, Sanu- 
tus , Secret. Fidel. Crucis , L. III, c, i. dit que ce 
fleuve palfe dans la ville de Valania , qui eft, félon 
Etienne de Byzance , la ville appellce Leucas , & qu'il le 
jette dans la mer près du château nommé Margcth. Il 
s'appelle quelquefois FcJania , du nom de cette ville. 
ABANBO, 1. m. Rivière de la haute Ethiopie, Abanbus. 
On met les fources fous la ligne, au levant des mon- 
tagnes d'Amara , & on la fait décharger fes eaux dans 
le Nil , un peu au-delfus de 1 Ile de Gueguèrc. La fource 
& le cours de cette rivière refl'einblent II fort au Nil 
des Modernes, qu'on ne peut pas douter que ce ne 
loir le même. Mat y. Quelques Auteurs prétendent 
que ce n'eft autre choie que le commencement du Nil, 
Ce qu'il y_a de ccnain, c'eft que dans la Carte d'Ethio- 
pie faite lut les lieux par les Pères Manuel d'Alméy- 
da, Alfonlo Mendez , Pero Pays & Jérôme Lobos, 
Jéluites Pon:ugais,qui avoient demeuré long-temps dans 
ce pays, & qui découvrirent les fources du Nil, il n'y 
a aucune rivière nommée Abanbo. Ainfi c'eft plutôt 
la rivière que cesPercs appellent R. Maleg^àdim leur 
carte des lourccs du Nil. 

Ptolomée l'appelle AJlapus , & Strabon Aflapas ; & 
ces deux Auteurs le diftinguent du Nil , dont Mêla & 
Phne ont cru qu'il étoit un lurnom ou une branche. 
SelonHofman, quelques-uns l'appellent ^ia/zA«j , on, 
mèmcAbantia, lelon d'autres. 
ABANCAI , ou ABANCAYO. Nom d'une rivière 6c 
d'un bourg de l'Amérique méridionale. Abancaïus. La 
rivière d'Abancaï prend la lource dans des monta- 
gnes de l'Audience de Lima, «iv' le jette dans le flcuse 
des Amazones. Elle donne Ion nom au bourg dAbain 
caï ou Abancayo, litué lur fon bord méridional, peu 
loin de fon confluent avec le Maragnon ou rivière deS 
Amazones, 
ABANDON, f. m. Etat où eft une perfonne, une chofe 
délailfée ; délailfement de quelque chofe. Derelictio , 
defitutio. Ncgleclus rei alicujus. Il n'eft point du bel 
ulage. On ne le trouve guère que dans Moliéie , lequel 
dit , en parlant des coquettes qui renoncent par nécel- 
fité au monde qui les quitte : 

Dans un tel abandon , leur fombre inquiétude 
Ne voit d'autre recours que le métier a^P rude. 

Il a'ell fupportablc qu'en termes de Pratique. Le 



8 ABA 

débiteur à fait l'abandon de tout fon bien à fes créan- 
ciers. Abandonnement vaut mieux. Voye^ ce mot. 

Les Myftiques ont nommé abandon , la (ainte in- 
différence duneamedélmtéreilée, qui s'abandonne To- 
talement (l<cl"ans reierve à Dieu. Cet abandon n'eflque 
l'abnégatiouoiirenoncement de loi-mcme. Fenel. Les 
Quiétiites ont abulé de ce terme dans un (eus impie 
trés-juilemer.t condamné. 
Abandon, ( al' ) le dit adverbialement. Il a laillé fa 
mailon à \' abandon ^ au pillage. Direpûonï permuter e j 
</izr^.' On a dégarni la frontière, on fa laiiiée à l'aban- 
don. On s'en lert peu , excepté dans le difcours fami- 
lier. Du Cange dérive ce mot de abandum Se abando- 
num, qui le trouvent en pluùcurs endroits de la balle 
Latinité jdiiant que bandum le prenoit louvent pour 
arhïtrïum , pro re dereliclâ ad arbïtrïum primi occu- 
pands. Pàquier le fait venir de ces trois mots à ban 
<i'c>/2;2fr; c'eil: à-dire, expoler une choie à la difcrétion 
du public, la lailfer à quiconque voudra s'en emparer. 

fO; ABANDONNEMENT. f. m. Délaillement ; Etat , 
fituation d'une perfonne dclaillée. On le dit égale- 
ment de la perlonne qui abandonne , & de la chofe 
-abandonnée. Il elt dans un abandonnement général. 
Abandonnement de biens. Dans la délertion & V aban- 
donnement général de les amis , il le livre tout en- 
tier aux chagrins & aux réflexions de la folitude. S. 
EvR. Derehclio. 

Il le met aulîi ^om Réfignation , vertu pour laquelle 
nous nous remettons de tout entre les mains (!<>: à la 
conduite de Dieu. A moins d'im abandonnement en- 
tier dans la main de Dieu , la vie fe palfe dans le mé- 
contentement &: dans lamerrume. Ab. d. l. Tr. 

^fT Abandonnement , quand il eil: mis fans ré- 
gime, lignifie par extenlion , proftitution , dérèglement 
excelîîf dans la conduite, dans les mœurs. Vivre dans 
^'abandonnement. Le pécheur eft dans un grand aban- 
donnement lorfqu'il ne lent plus de remords. 

XfT Abandonnement de biens , terme de Palais, en 
général , eft un ade par lequel un débiteur cède & 
abandonne à fes créanciers généralement tous les biens, 
meubles & immeubles , de quelque nature qu ils loient , 
pour erre vendus , & le prix provenant de la vente dif- 
tribué entre les créanciers , lelon le privilège d'un cha- 
cund'eux, ou l'ordrede leurs hypothèques. Ferr. Cet 
abandonnement eft volontaire ou forcé. Le volontaire, 
eft un contrat fait pardevant Notaire entre un débi- 
teur & fes créanciers, par lequel il leur cède & aban- 
donne tous les biens , à l'effet de demeurer quitte en- 
vers eux, quand bien même ces biens , par l'événe- 
ment , ne 1 croient pas fufKians pour acquitter totale- 
ment le débiteur envers eux. Ce contrat doit être ac- 
cordé & accepté par les rrois quarts des créanciers , eu 
égard aux lommes qui leur lont dues, & non au nom- 
bre d'iceux. L' abajidonnement forcé ou Judiciaire eft 
celui qui le fair par ordonnance du Juge , malgré l'op- 
pofîtion des créanciers. La celîlon volontaire le fait à 
l'amiable; la cellîon judiciaire fe fait en jugement fur 
la demande du débiteur dont les affaires font tombées 
dans le délordre par cas fortuits, /^'byt^dans Fsrriere les 
autres différences de ces deux fortes d' abandonnement. 

i,^ Abandonnement d'héritage., eft le dégucrpiffc- 
ment & la renonciation faite à mi héritage ou autre 
immeuble. Quoique ces mots abandonnement ik dé- 
guerpiffement foient fouvent pris comme fynonymes 
dans nos coutumes , ils ont cependant des lignifications 
différentes. 

L' abandonnement , délaijfement ou renonciation j 
eft proprement le quittemcnt que fait le tiers dércn- 
teur de l'héritage chargé détente ou autre charge réelle, 
fans la charge de laquelle il a été vendu ; à l'eftet de n'ê- 
tre point tenu ledit acquéreur ou détenteur defdits 
hérirages , deldites rentes ou charges réelles impofées 
fur l'héritage, dont il n'avoir point connoilfance. Le 
de'guerpijfement, au contraire, ne fe doir faire par le 
détenteur, que lorfqu'ih'eut être déchargé de la rente 
ou charge réelle à laquelle l'héritage a été donné. 

Abandonnement, eft aullî un contrat maritime qui fe 
fait lorfqu'un Marchand ou autre particulier , à qui 
apparticiuieiK des m.irchandifes chargées fur un viùf- 



ABA 

feau , les abandonne au profit de l'afsûreur. 
§CF Abandonnement , abdication _, renonciation ^ 
déjijlcment , démijjlon j fynonymes. f^oye:^ aux arti- 
cles particuliers les nuances qui diftinguent ces mots. 
L' abandonnement} l' abdication j la renonciation le font : 
le défifiement fe donne : la démijjlon f e fait & fe donne. 
Syn. Fr. 
i^T ABANDONNER, v. a. Terme qui a pluficurs ac- 
ceptions diftérentes. Conlidéré comme fynonyme de dé- 
laifier, deferere , derelinquere , il marque l'action de 
s'éloigner de quelqu'un qu'on lailfe fans fecours, fans 
appui ; celîer de donner les foins , fon fecours. Il faut 
feulement remarquer qu'abandonner fe dit également 
des chof es èv' des perfonnes , au lieu que dé/aijfer ne 
fe dit que des perfonnes. Nous abandonnons les chofes 
dont nous n'avons pas foin. Nous délaijfons les malheu- 
reux à qui nous ne donnons aucun fecours. Souvent 
nos parens nous abandonnent plutôt que nos amis. 
Quand on a été abandonné dans l'infortune , on ne 
connoît plus d'amis dans le bonheur, on ne compte 
plus que fur fa propre conduite , & l'on ne congramlc 
que f oi-mcme de tous les f ervices que l'on reçoit alors 
de la part des hommes. 

On dit qu'un père a abandonné fon fils , qu'il l'a en- 
tièrement abandonné ; pour dire , qu'il ne prend plus 
aucun foin de lui, qu'il ne s'en met plus en peine. 

On dit par extenfion , que les Médecins ont aban- 
donné un malade; poindhe, que défej'pérant deia^ui- 
rifon, ils ont celfe de levoir. 

M. l'Abbé Girard remarque qu'on fe fert plus com- 
munément du mot d'abandonner, que de celui de dé~ 
laiffer } & que le premier eft également bien employé à 
l'actif & au palîîf ; au lieu que le dernier a meilleure 
grâce au participe qu'à fes autres modes. Une remar- 
que aufli judicieufe , fondée fur le bon ufage, ne plaît 
pas aux Aureurs du nouveau Vocabulaire. Ils veulent 
que l'on dife également bien : Ce généreux ciroyen ne 
délaijjd pas ou n'abandonna pas ces deux infortuués. 
Ceux cjui favent réduire les termes à leiu: jiifte valeur, 
ne fbulcriront pas à cette décifion. 

Il paroit encore que délaijfer dit quelque chofe de 
plus c[u' abandonner J, il dèligne un abandon plus géné- 
ral. M. 1 Abbé Girard oblerve lui-même qu'au parti- 
cipe il a par lui-feul une énergie d'univerf alité, qu'on 
ne donne au premier, qu'en y joignant quelque tetme 
qui la marque prècif ément. Un pau\'re delaijféj géné- 
ralcmenr abandonne de tout le monde. 

H fîgnilie encore, Ziirtr en proie. La ville fut aban- 
donnée à la fureur du f oldat. Elle n'ofe abandonner fou 
cœur à l'amour. M. Scud. 
Abandonner au bras fécu/ier ^ c'eQ: renvoyer un Ecclé- 
fiaftique devant des Juges laïques , pour y être con- 
damné à des peines afflictives que les Tribunaux Ec- 
cléliaftiques ne peuvent infliger. 

En parlant de quelque chofe à boire ou à manger , 
qu'on veut lailler à la difcrétion des domeftiques , 
après en avoir bû & mangé autant qu'on a voulu , on 
dit prov. & figûr. Il faut l'abandonner au bras féculier,- 
Acad. Fr. 

On l'emploie avec le pronom perfonnel, pour dire, le 
livrer à quelque choie , s'y lailler aller lans referve, 
Tradere Je J committere /e. Quand les gens auftères 
viennent à goûter les voluptés, alors la nature lalfe des 
peines, s'abandonne aux premiers plaihrs qu'elle ren- 
contre. S. EvR. Il s'abandonna à la triftelle & à foix 
défclpoir. Il s'eft abandonné à la colère iSc à fes déflrs. 
On dit auili s' abandonner à la Providence , s'abandon- 
nera, la fortune; pour dire, le confier à la Providence ^ 
à la fortune , &: atteixlre tout de Dieu , ou du halard 
«Se du bonheur. S'abandonner à la joie ; c'eft-à-dire , erf 
goûter tout le contentement , & en rellentir tous les 
plaiflrs. S'abandonner à l'oiliveté -, c'eft-à-dire , s'éloi- 
gner ablolument de toutes les affaires , fans vouloir 
s'occuper d'aucun des exercices honnêtes de la vie. Il 
(aurs'abandonnerh.[on feu, ik. ne rien refuler de ce 
que l'imagination préfente. Boun. ïlfetrcuvcitmalheu- 
reux d'êrre abandonnée lui même , & à fes propres pen- 
fées, fans avoir quelqu'un qui pût le plaindre , «Se lui 
donner de la force. P. deCl. il eft plus sûr de s'arrêter 



ABA 



à laUtoiité de l'Eglife , que de s'abandonner aux foi- 
bles ertorcs de notre milcrablc railon. Nicol. 

On du d'une femme qui iepioftitue, qu'elle s'aban- 
donna à tout le monde. On le dit quelquefois abi'olu- 
ment. Le mauvais exemple porte une fille à s'abandon- 
ner. 
Abandonner, lignifie encore. Quitter, jetter là. Abji- 
cerc. Il abandonna les armes. 

Abandonner, lignifie encore, Quitter un lieu, en for- 
tir. Dejcrcre. Il a abandonné le pays. On lui fit aban- 
donner la ville. Abandonner la niaiton. 

Abandonner, lignifie encore, Lailler, donner une chofe 
à quelqu'un, lui permettre à'zn faire ce qu'il lui plai- 
ra, lui en laiiler l'entière diipolition. Dans une traduc- 
tion en proie où l'on abandonne tous les termes de 
la langue au TraducT:eur, il demeure louvent au-de(- 
lous de l'original. S. EvR. Je vous abandonne cette 
aftaire , je vous en laille le maître. Je vous abandonne 
à vous-même Se à votre propre conduite. Je vous 
abandonne tous les fruits de mon jardin. 

Abandonner, lignifie encore, Expoler , commettre à. 
Abandonner quelqu'un à la haine publique. S'abandon- 
ner au danger de perdre la vie pour la Religion. 

^C? Abandonner , ledit aulli pourRcn.oncer à quelque 
prolellion , à quelqu'cntreprife. Abandonner une en- 
treprile. Un Alarchand abandonne le commerce. Ce 
Magiftrat a abandonné les affaires pour vivre dans la 
retraite. C'eft le génie de l'erreur, qu'aulîîtôt qu'elle le 
fent prelfee , elle reprend ce qu'elle avoir abandon- 
né. Peliss. 

1^3" Abandonner , dans le commerce. Faire cefîion de 
les biens à fes créanciers. Ce Ivlarchand 3l abandonné 
les biens à les créanciers. 

On le dit de mcme du délaiirement volontaire d'uii 
Propriétaire. Un père abandonne lesbiensàles enfans. 
On le dit encore de la rélignation que nous failons 
à Dieu de nous-mêmes , & de tout ce qui nous 
touche. Il abayidonne tout à la Providence. Il a aban- 
donné la vie , fon honneur entre les mains de Dieu. 

^C7" Abandonner l'oifeau, terme de fauconnerie: c'eft 
le mettre libre en campagne, ou pour l'égayer, ou pour 
le congédier, & s'en détaire entièrement. 

fC? Abandonner un cheval , terme de manège : c'eft 
le faire courir de toute la vitclfe , lans lui tenir la 
bride. 

Ç5~ ABADONNÉ, ÉE. part. palf. & adj. Il a toutes les 
lignifications de ion verbe. Derelïcius ^dcjlïtutus ^ yer- 
mijj'us. On le dit des choies auxquelles on renonce ; 
dontoncelfe de prendre loin; des perionnes qu'on laille 
lans appui, fans lecours, &c. Maifon abandonnée. Le 
mérite nelert de rien quand il eft abandonné àe la for- 
tune. B. Rab. L'amitié génereule court aux perionnes 
abandonnées , pour elfuyer leurs larmes. M. Es p. 

On dit aulli, abandonné des Médecins ; pour dire , 
que la guérilon de quelqu'un eft délefpérée. Aban- 
donné a. Ion fens réprouvé. C'eft une exprellion de l'E- 
criture , pour déhgner un homme qu'on laille à les 
cgaremens , & a la perverlité de Ion cœur. On ne doit 
pas attendre des lumières bien pures de ceux que Dieu 
a abandonnés aux ténèbres inlèparables des grands 
crimes. Nicol. On dit auili , qu'une caufe eft aban- 
donnée ; pour dire , qu'elle eft déplorable & infoute- 
nable. On dit ablolument : c'eft un abandonné, en 
parlant d'un débauché , d'un hbertin. On dit de même , 
c'eft une abandonnée : on dit mieux , une femme aban- 
donnée ^ proftituée. M. Pafchal a dit, il faut que vous 
foyezlesplus abandonnés calomniateurs qui turent ja- 
mais: c'eît-à-dire, des gens déterminés , capables d'em- 
ployer les moyens les plus odieux pour noircir la répu- 
tation d'autrui. 

C^ Abandoi^é, en droit, le dit des biens auxquels le 
Propriétaire a renoncé volontairement , & qu'il ne 
compte plus au nombre de fes effets. 

Onappelle aulli abandonnées., les terres dont la mer 
x'eft retirée, & qu'elle a lailTécs à fec. 

On dit, en termes de vénerie , un chien abandonné, 
qui prend les de\'ans d'une meuce , en pourfuivant la 

* bète. 

Oifeau abandonné , cheval abandonné j termes 
Tome I. 



ABA 

de fav'.conncric & de manège, f'oye^ le verbe. 
Ce? A13ANGA. f. m. Nom que lesHabitans de l'Ile Sain^ 
Thomas donnent au fruit du Palmier. Ce fruit eft de 
la grolleur d'un citron, auquel il rellcmble beaucoup 
d'ailleurs. 
ABANHI. 1. m. f^oyei Abanbo. C'eft le nom que les 
Abilîins donnent au NiL 

ABANNAS. p'oye-^ Abaunas. 

ABANO. Village de l'État de Venife en Italie. Jpo- 
num , Aponus , Aqus. Aponi , Aqu£ Pata\ïnorum, 
C'eft un lieu célèbre dans rantiquité^ par fes eaux. On 
les appelle aujouixl'hui Bagnï d'Abano, les bains A'A- 
hano. Il yadesinlcriptions anciennes qui en font men- 
tion. Abano eft environ à lix milles de Padoue; Ployer 
le Comte Charles Sylveftri, àimXeP.accolta d'Opuf- 
culi, imprimé à Venife , tom. 'VI. p. 355. (Scfuiv. Ce 
nom ne le trouve qu'aux cas obliques dans les Anciens ; 
ainli on ne fauroit décider s'il faut dire en latin Apo- 
num, avec M. le C. Sylveftri ; ou Aponus , a\ec les 
autres Modernes. 

Suctone dit que Tibère allant en Illyrie , con- 
fulta l'oracle de Géiyon, proche de Padoue, par l'ordre 
duquel , pour ccnnoitue l'avenir , il jetta des dez d'or 
dans la fontaine à' Abano , & que de fon temps on 
voyoit encore ces dez au fond de l'eau. Théodoric la 
fit enviromier de murailles, comme nous 1 apprend 
Calliodore. Suétone la nomme Fons Apon. De Seine , 
dans ion voyage d'Italie , dit qu'il y a une autre fon- 
taine à Abano qui pétrifie tout ce que l'on met dedans. 

ABANTÉENS. Abantai. Les peuples d'Argos font ainlî 
appelles dans Ovide, Met. XV. v. 164. du nom de 
leur Roi Abas. 

ABANTES. f. m. plur. Abantes. Peuples de Thrace , 
qui padèrent en Grèce , & y bâtirent une ville qu'ils 
nommèrent ^/"t'cj dont nous parlerons ci- après. Xerxès 
l'ayant ruinée , ils le retirèrent dans l'île de Nègrepcnt , 
qu'ils nommèrent Abantides.l.e.sAbar:tes font les habi- 
tans de l'Euboée , eu d'une grande partie de l'Euboée , 
c'eft- à-dire, de 1 île que nous appelions aujourd'hui Né- 
grepont. Ils avoient pris leur nom , félon Etienne de By- 
zance , d'un Abas ^ fils de Neptune. Ils ne lailfoient croî- 
tre leurs cheveux que par derrière, de peur que leurs en- 
nemis ne puilcnt les prendre pardevant, &: les terraller. 
Ils tenoient , dit-on , cette coutume des C^irètes , qui 
s'étoient établis avant eux dans la même ile. 

ABANTIDE , ou ABANTIADE. f. f. L'Euboée, ou Né- 
grepontdans Etienne de Byzance, ou la partie de l'Eu- 
boée qu'occupoient les Abantes , s'il eft vrai , comme 
Hérodote f emble le dire , qu'ils n'en occupalfent qu'une 
partie. Abantis jAbantias. Au refte il faut dire en Fran- 
çois Abantïade ou Ahantide j & non Abantias ou 
Abantïs. 

On appelle anlVi A bantide un pays de rÉpire,oùles 
Abantes furent jettes, aulli-bienque les Locriens, après 
la prife de Troye , & où ils s'établirent, ^oye^ Pau- 
fanias. 

ABANVIWAR. f. ra. Province de la haute Hongrie. 
Abanvivaria 3 Abanvivarienjïs Comitacus. Elle eft: 
lituée dans les monts Krapaks , entre les Comtés de 
Saros , de Torna , deSemlim&d'Ungwar. Abanv'nvar 
qui donne le nom a ce Comté, & Calfovie Capitale 
de toute la haute Hongrie , font les principaux lieux 
qu'on y remarque. Maty. 

^fT ABAQUE, f. m. Abacus. Petite table couverte de 
poullière, fur laquelle les anciens Mathématiciens tra- 
çoient leurs plans (;<c leurs figures. 

^3" Abaque de Pythagore. Abacus Pythagoricus. 
Table de nombres inventée par Py thagore,pour appren- 
dre plus facilement l'arithmétique. 

§0" Abaque , chez les Anciens -, efpèce d'Armoire , de 
table, ou de buftet , deftinée à différens ufagcs, fuivanC 
les lieux où elle croit placée. 

1^ Abaque, eft encore une efpèce d'auge dont on fc 
fert dans les mines, pour laver l'or. 

Abaque. Abacus. Terme d'Architeéfure. C'eft la partie 
lupérieure,ou le couronnement du chapiteau de la co- 
lonne. Il eftquarrèauTofcan, auDorioue, & à l'Io- 
nique antique, &échancré iur fes faces aux chapiteaux: 
Corintliien & Compofite. Dans ces deux ordres, dit 



îo ABA 

Harris , les nngles s'appellent cornes , le milieu s'appelle 
balai , & la courbure s'appelle arc , & elle a ccmmu- 
ncmeiit une roie en iculpuue au mihcu. 

Les ouvriers , dit Mauclerc , appellent aiiiîî Abaque 
un ornement Gothique , qui a un filet ou chapelet , le- 
quel eft la moitié de la largeur de l'ornement , & que 
l'on nomme le y?/c;r ou chapelet Ac\'abaque.V\.x-».Kis. 
Dans l'ordre Corinti-iien Y abaque ellh leptièrae par- 
tie de tout le chapiteau. Id. 

Andréa Palladio appelle Abaque la plinthe qui clT: 
autour de l'ove , ou. quart de rond appelle Echine. Il 
fert .comme de couvercle à la corbeille ou panier de 
fleui-s qu'elle reprélente. On l'appelle autrement Tail- 
loir j, parce qu'étant quatre, il rellémble aux alllcttes de 
bois , qu'on nomme Tailloirs. H le metenplulicurs lot- 
tes d'endroits. Ce mot vient du Grec «3*;, qui lignitie 
Buffet j crédence ou r^/'/c. Etienne Guichard remonte 
plus haut, & tire ^/-aci^j & à^''? de l'Hébreu -J3S, ex- 
tolli, elevari, être élevé: de forte que abaque ligni- 
fie proprement une chofe élevée pour lérvir de liége , 
&repolitoirede divcrles choies: ou biende P|3i?r(;rrt? ^ 
/»o-'{/7?fre bien menue, parce cfl.z\' abaque ctoit une table 
oùl'onétendoit delapoullicrebien menue, fur laquelle 
les Mathématiciens traçoient leurs figures. 

ABARANER. Petite ville', eu grand bourg de la Turco- 
manie, en Ahe. Ab'aranum. L'Archevêque de Naldivan , 
qui eft Arménien, fait fa réfidence à Aharaner. 

ABARAUS, ou ABARAAS. petite ville d'Afrique. Aha- 
raum. Elle eft dans la Guinée, fur la rivière de Voira. 
Mat Y. 

ABARE. f. m. Abaricus. Nom de peuple. Foye^ Avare. 
M, de Cordemoy &leP. Daniel écrivent ^^ar«.C'é- 
toient les reftes de la nation des Huns. Sigebert ayant 
appris les courtes du Roi des Ah ares , alla au-devant de 
lui dans la Thuringe. La feule figure de ces Huns avoir 
de quoi épouvanter des gens moins intrépides que les 
François. Ils étoient pour la plupart d'une raille qui ap- 
prochoit de la gigantefque , dun regard farouche , &; 
d'une laideur à taire peur. Ils avoient de grands che- 
veux rejettes fur les épaules , féparés avec des cordons 
ik par trèfles, qui rendoient leurs têtes allez femblablcs 
à celles de ces Finies qu'on nous dépeint toutes héril- 
lées de letpens. P. Dan. 

ABAREMO-TEMO. f. m. Arbre du Bréhl. Il eft d'une 
hauteur médiocre ; il croit fur les montagnes j les feuilles 
font d'un vert trifte & petites \ il jette des goufles 
d'un rouge noirâtre , courbées en diftérentes ma- 
nières. Son écorce eft couleur de cendre -, le bois au- 
dedans eft dun rouge foncé. On attribue à fesleuilles 
des quaUtés aftringentes. Son écorce , qui eft amcre , 
quand on la réduit en poudre , ou qu'on la lait bouillir , 
fert à taire des fomentations, qui guériftentles ulcères 
invétérés , & même les cancers. 

TfT ABARGALE. Contrée de l'Abiflinie , avec titre de 
gouvernement, dans le Royaume de Tigré. 

ABARIM. f. m. Monso^x Montes Aharim. Vulc. Mon- 
taigne de l'Arabie, à l'orient du Jourdain , vis-à-vis de 
Jéricho, dans le pays des Moabites.C'eft l'avant der- 
nière ftation des Ifraëhtes dans le défert, & le lieu d'où 
Moyfe vit la Terre-promite. Nombres XXVII. ik où 
il mourut. Deut. XXXII. Une de ces montagnes s'ap- 
pelle Ncho, & l'autre PhaJ'j^a, ou PhiJga.UonKx fur 
cette montagne à' Aharim , & confiderez delà la terre 
que je dois donner aux cnfans d'Ifraël. Sacy. Nomh. 
XX FIL 12. 

Ce nom eft purement Hébreu, & vient du Verbe 
l^y.', abhar, pafter ; d'où fe fait n::^ , ebher^ paflage , & 
auplurel ^=i^~\:i^ , Abharim ^t^ patfages. A la manière 
dont les Septante ont traduit au Livre des Nomb. Ch. 

XXVII. V. I i. A'ïajSn&i ùi To l fti ri È» tÔ) 'ai f ai Ti< tfiis ia/3a« j 

ou comme d'autres exemplaires portent : tvT»-jf'pavT« 
j\f>i-oL,'j ; il femble que les Interprètes aient crû que 
ce nom avoir été donné à ces montagnes,ou parce qu'elles 
croient au-delà de la montagne Nébo , ou parce qu'elles 
croient au-delà du Jourdain. Ni l'un ni l'autre ne paroît 
vrai. Le premier fur-tout ne paroît pas fouten.ible, puil- 
que Nébo, qu'ils appellent '-»«,ou -«£« ,étoitunede 
■ ces montagnes. Matv prétend qu'elles ont eu ce nom de 
ce que les liracUtes allant prendre polfefliou de la Terre- 



ABA 

promifc, palTerentpar cesmontagnes; maisil femble cer- 
tain qu'elles ont eu ce nom avant le paflage des Urac- 
lites. La véritable raifon de cette dénomination, li je 
puis parler ainli, eft que ces montagnes étoient vis-a- 
vis d'un gué du Jourdain, & que dans les cols de ces 
montagnes, étoit le grand chemin qui y aboutilfûit, & 
par lequel on pafl'oit de l'Orient dans la terre de Ch;v 
naan. Il eft encore moins raifonnable de chercher dans 
le Syriac une étymologie à ce nom , & de dire que dans- 
cette langue il iigniiic jroment : car outre que c'ell: en 
Hébreu il^' non en Syriac , que ces montagnes font nom- 
mées Aharim j c'ell que froment en Syriac n'eft point- 
ahhar ni ahher ., mars t?^3y1 , abhourroj qui alfurc- 
ment n'auroit point au pluriel Aharim. 

ABARIME ou ABARIMON. f. Abarimon. Grande val- 
lée que forme le mont Imaiis dans la Scythie. Pline. 
L. II. C. 1. 

ABARIS. f. m. Scythe de nation , contemporain deCré- 
fus & de Pythagore : il étoit Prêtre d'Apollon l'Hyper- 
boréen. On dit que ce Dieu lui fit prêtent d'une flè- 
che d'or, qui avoir une vertu merveilleule; car Aba- 
ris étoit porté fur ta flèche au milieu de l'air. 

ABARO. Abarum. Bourg , ou petite ville de Syrie, fi- 
tuée dans l'anti-Liban , apparemment dans un col ou 
palfage de cette montagne ; car c'eft la fignification de 
ce nom en Syriac & en Arabe. Foye-^ ce que nous 
avons dit lut Abarim. 

Ifr AB ARTICULATION, f. f. terme d'Anatomie, 
Abarticulatio. C'eft ainfi qu'on appelle une articula- 
tion des os évidemment mobile. On dit plus commu- 
nément Diarthrofe. 

ABAS. f. m. Poids dont on fe fert en Perle pour pefer 
les perles. L'ahas de Perfe eft d'un huitième moins fort 
que le carat d'Europe. Cet abas j ou carat Perfien, eft 
ce que les Efpagnols nomment quitale -, dont les Mar- 
chands &: Joailliers, lur-tout les Efpagnols , le fervent 
ordinairement pour peler les pierres précieufes. Il eft 
d'abord divifé en quatre grains: chacun de ces grains le 
divife en demi-quitale , en t|uart de quitale, en hui- 
tième de quitale , en leizième de quitale ; & c'eft avec 
ces divilions que les Marchands & Joailliers peuvent 
donner précifément la jufte valeur aux pierres précieu- 
les, & aux perles. 

ABASOURDIR. V. a. Etourdir , conftemer, jetter dans 
l'abattement. Le bruit des cloches ah aj ourdit. Cette 
nouvelle, cet événement l'a abafourdi. Ce verbe eft 
vieux, & ne peut palfer que dans le dilcours tamilier. 
Les Auteurs du grand vocabulaire aurcient dû nous en 
avertir; mais la remarque n'étoit pas faite dans les au- 
tres Dictionnaires. 

ABASSE,ou ABASCE.f. m. & f. Abajfus .Ahafcius. Ha- 
bitant de l'Abaiîie. Les elclaves Ahaffes font recher- 
chés en Turquie, à caute de leur induftrie& de leur 
beauté. Les Ahaffes enferment leurs morts dans un tronc 
d'arbre creufé , dont ils leur font une bière , qu'ils atta- 
chent enluiteaux plus hautes branches d'un grand arbre. 

ABASSI, ou ABASSLS. f. m. Monnoie d'argent qui eft 
ronde, & quia cours en Perle & en Orient, qui vaut 
■ un peu plus de dix-huit tous tix deniers. Il {-audroic 
écrire Abbassi, parce que ce mot vient àA bh as ■,noi\\ 
de deux Rois de Perfe , au nom defquels cette mon- 
noie a été trappée. En leur montrant un AhrJJi , qui 
etl: une monnoie d'argent de la valeur de deux réaies de 
Caftille,ils firent etpérer une récompcnfe à ceux qui 
leur voudroient tervir de guide. Wicq.efort. 

ABASSIE , ABASSINIE , ABASSINS. Foyei Abis- 

SINIE. 

ABASSIE. f f. Ahajfa. Pays de la Géorgie prife en généraL 
Il a la Mingrélie au levant , la Circaflie noire au nord 
&: au couchant, la Mer-noire au midi. Quelques Géo- 
graphes la confondent avec VAvopa/îe ■ d'autres les dif- 
tinguent «.^: mettent YAhafJie au levant, & l'AvogaJie 
au couchant. 

ABASSIE, ou ABASCIE. f. f. Rivière de la Mingrélie, 
en Afie , Ahafcia. On prétend que c'eft le Glaucus des 
Anciens. Elle te décharge dans le Faflo ou le Fhâte. 

§Cr ABASTER.f m. Terme de Mythologie. C'eft, félon 
Bocace , le nom d'un des trois chevaux qui tiroient lé^ 
thaï d,c Plmon. Ce mot fignifie noir ; le fécond s'ap . 



ARA 

pelle rvctheus, obfcur , & le troi/îème nonlus , riède. 

ABATAGE. f. m. Cajura > Ci':fur£ fuwptus j impcnfét, , 
iignifie curie les Marchands de bois, la peine & les trais 
pour abattre les bois qui font fur pied. C'eft à l'ache- 
teur à payer l'ahatage. 

Faire un ah(itas,e de pierres , en maçonnerie , c'efl: les 
coucher de leur lit(ur les joints, pour en hiire les pare- 
iîicns. 

Faire un ahata^^CyQW charpcnterie, c'efl lever une pièce 
de bois par le moyen d'un levier appuyé fur un com , à 
peu de diftance de cette pièce fous laquelle on pouife 
le levier. A l'autre extrémitc- du levier, qui eft élevée , 
on arrache une corde à laquelle tirent tous les ouvriers. 
A mclurc qu'ils font baiiîer cette extrémité du levier , 
l'autre qui eillousla pièce s'élève, iSc avec elle la pièce 
de bois. 

ABA.TANT. f. m. Terme de Marchand de draps : efpèce 
de dcllus de table qu'on élevé au fond d'une boutique 
& à ch.aque bout des niagafms , & qui s'élève ou s'a- 
b.at, lelon le jour que l'on veut dojoner au lieu où l'on 
vend la marchandile. 

ABATARDIR, v. a. Depravare , corrumpere. Corrom- 
pre , gâter , altérer la r.ature de quelque chofe, la frire 
déchoir de fon premier état , la faire dégénérer. Il ne 
fe dit qu'au figuré. La misère & l'cfclavage ont abâ- 
tardi le courage des Grecs. La trop grande avidité àcs 
richelTes a abâtardi les mœur?. 

On le dit de même avec le pronom perfonnel, & il 
lîgnilîe, Dégénérer , s'avilir, fe corrompre. Degenerarcj 
depravari. Toutes les bonnes chofes s'abâcardiffenc avec 
le temps. Les plantes d'Orient qu'on apporte en Eu- 
rope sabâtardijfcnt , & perdent beaucoup de lait 
bonté. Cette mailon s'eft abâtardie dans l'oiliveté ; elle 

■ ne produit plus de grands hommes. La vertu Romaine 
s'abâtardit il fcrt, qu'elle ne put rélîfter à la force Açs 
Barbares. 

Abâtardi , ie. part. paff. 6c ad). Corruptus ^ vitiatus. 

ABATARDISSEMENT, f. m. Akération d'une chofe,di- 
minution de valeur, de mérite , de bonnes qualités. 
Corruptib , depravatio. Les délices d'un pays caulent 
{' abâtardiffement du coma^ie desp-euples. ils font tom- 
bés dans un honteux abâtardiffement. Nie. L'abâtar- 
diffement d'un plan . 

ABÀT-CHAU VÉE. f f. Onnomme ainfi enPoitou , dans 
l'Angoumois, dans la Saintonge , dans la Marclie & 
dans le Limofin, une tortc de laine de moindre qua- 
lité, à peu-près femblable à ce qu'on appelle des P ai- 
gnons & des P lares. Lana vilis j parvi prctii. 

ABATÉE. f^oye\ Aeattbe. 

AB ATEIS.Vieux mot qui iigmfioit'autrefois Foret , Sylva. 
Il eft hors d'uiage. 

ABATELLEMENT. f m. Terme ufité parmi les François 
dans les Echelles du Levant. Il lignilîc une icntence de 
Conful, portant intcrc.iction de toutCommerce contre 
les Marchands & Négocians de la nation , qui défa- 
Vouent leurs marchés, ou qui rcfulent de paver leurs 
dettes. Confulare j udlcium ititer mercatorcs. Dict. de 
Commerce. 

ABAT-JOUR, f m. Termed'Architeél:ure,5'/7irac/^/«OTj 
eipèce de fenêtre en forme de grand loupirail , dont 
l'embralement de l'appui eft en talus, pour recevoir le 
jour d'en-haut. Il fert à éclairer les offices & les étages 
fouterrains. Les Marchands ont d'ordinaire un abat- 
jour àxns leurs magafins: la lumière lombre qui entre 
par-la, tait mieux (ortir le lulfre de leurs étotfes. 

On appelle aulîi abat-jour ^ lafenneture en glacis d'un 
vitrail d'Èglife ou de dôme, qui fe fait pour en raccor- 
der ou réunir la décoration intérieure & extérieure. 

Ce mot eft compoié du verbe abattre y ik du nom 
jour^ & lignifie une choie qui abat , c'eft-à-dirc , qui 
diminue, qui aifoiblit le jour ou la lumière , ou qui le 
fait delcendrc du haut en bas. On fait aulîî des abat- 
jours en appliquant aux fenêtres ordinaires des plan- 
ches de bois , qui joignant laknêtre & la fermant par 
en-bas, & s'en éloignant par en-haut, font que le jour 
n'entre que de ce côté-là. 
Abat -JOUR. Terme de Botanique. Spiraculum. Les 
Botaniftes le lervent de ce terme d'Architcéture, pour 
exprimer certaines ouvertures qui font placées fous le 



. . ABA îî 

chapiteau du fruit de quelques cfpèces de pavots. 
Tournée. Elem. Bot. 

tpr ABATIS. f m. P^oyci plus bas Abattis. 

ABATON. 1. m. Nom d'un édifice à Rhodes , dans le- 
quel il étoit défendu d'entrer. Après qu'Artémife eut 
furpris cette ville , elle y fit élever un trophée avec 
deux ftatues de bronze , dont l'une rcpréfcntoit cette 
Reine , & l'autre la ville de Rhodes. Les Rhodicns 
voyoient avec indignation ce trophée honteux à leur 
nation: mais comme leur Religion les cmpêchoit de 
toucher à ces trophées , qui étoient pour eux des cho- 
fes lacrées, ils s'avilerent , pour en ôter du moins la 
vue , de bâtir autour ce haut édifice , qu'ils appel- 
IcïQn^ Abaton, & dont l'entrée étoit défendue à tou- 
tes fortes de perfonnes , fuivant l'étymologie , «Calot , 
qui fignifie où l'on ne va point. 

ABATOS. Abatos. île de l'Egypte, dans le Palus de 
Memphis. On y confei-voit le fépulchre d'Ofiris ; Se 
Lucain dit, L. X. qu'elle étoit vénérable par fon anti- 
quité; le lin & ic papyrus y croiilent. Ce nom figni- 
fie inaccejfible j & vient de l'a privatif, & deSowujyâ 
vais. 

Il y a eu encore au-delà de l'Egypte & de l'Ethio- 
pie un lieu ou plutôt un rocher de ce nom , dont Sé-« 
néque parle , Nat. Quest. L. 4. c. 6. 

ffT ABATTEMENT, f. m. ne le dit point au propre. 
On ne dit point l'abattement d'un arbre , d'une mai- 
fon. L'utage fait tout: c'cft une bizarrerie dont il y a 
beaucoup d'exemples dans notre langue. • 

Ce mot employé au figuré , hgni.ie diminution de 
forces ou de cordage; aftaillemciu du corps ou de l'ef- 
pt't, DefecUo virium, animi injraclio. Ce malade eft 
dans un grand abattement. Cer homme eft dans un 
grand abattement d'efprit depuis le renveifement de fa 
fortune. 

Lqs Auteurs du nouveau Vocabulaire nous préfen- 
tentccmot comme pris dans le feus propre, lorfqu'il 
déligne l'érat de foiblelfe , dans lequel !> trouvent les 
perfonnes artedées par la maladie : & au figuré , difent- 
ils, il fignifie l'affaiHèment de courage & d'efprit que 
peut faire éprouver un revers imprévu. C'cft un dé- 
faut d'attention. Ils avoicnt dit, en parlant du verbe : 
abdvre pris au figuré fignifie la diminution des forces, 
du courage \ comme quand on dit la maladie lui a 
abat Cl les forcr-s , le courage. Il fuit être conféquent. 
En termes de Blafon on appelle en Angleterre t?/^^r- 
tementjow abattement <;^^^o/^/^ez^rJ une marque .acci- 
dentelle ajourée à l'Ecu , pou:: faire connoitre une di- 
mmution de dignité, ou une marque d'honneur fup- 
priinée dans ''Ecu , en punition de quelque faute ou 
de qiielque aétion diftammante. Cela fe fait , ou en 
ajoutant quelque marque de diminution, ou enrenver- 
fant tout l'Ecu. Harris. 

53" ABATTÉE.Teimede marine, mouvement du na- 
vire qui eft en panne , &: qui , en cet état, obéit aa 
vent. On dit : le vailfeau fait fon abattée. 

ABATTEUR. f m. Qui abat. On dit d'un homme fort 
adroit au jeu de quilles , C'eft un grand abatteur de 
bois. Il fe dit au figuré en parlant d'un homme qui a 
fait de grandes chofes en quelque genre que ce foit : 
mais plus ordinairement & par ironie , on le dit d'un 
homme qui fe vante d'avoir fait ce qu'il n'a pas fait. 
Acad. Fr, 1740. On ne le dit que dans le difcoursfa- 
milier. 

0CF ABATTIS, f m. ( Abatis feroit mieux) Cemot dé- 
ligneune certaine quantité de chofes abattues, comme 
bois , pierres , maifons , &c. everfio j demolitio. Le vent 
a tait un grand abattis de bois , dejeclus arborum. il 
y a eu un grand abattis de maifons caufé par le tremble- 
ment de terre. On le dit de même des décombres des 
bâtimens. Toutes les rues font bouchées par les abat- 
tis de mai Ions. 

Abattis. C'eft aullî un terme de Carriers , qui fignifie 
les pierres qu'ils détachent après .ivoir fouchevé. Lapi- 
des loco moti. 

Abattis , fignifie , en termes de Vénerie, le chemin que 
fe font les jeunes loups , lorfqu'en allant fouvcnt au 
lieu où ils ont été nourris , ils abattent l'herbe. Ltipo- 
rum trames ^ ve/Iigia, 



12 ABA 

Abattis, fe dit auflî d'une grande tuerie de bêtes. 
Céides pecorum. Ce Cliairciii- a fait un grand abat- 
tis de gibier. Ce Beucher fait un grand abbatds de 
beftiaux tous les ans. Les Bouchers appellent abattis j 
les cuirs, grailles, ttipes, & autres menues parties des 
bctes qu'ils ont tuées. 

Les Rcglemens de Police portent, que les Tueries, 
ou Abattis des Bouchers feront hors les villes. De la 
Marre. En cet endroit, il femble lignifier le lieu où 
un Boucher rue les beftiaux. 
fO" Abattis , en termes de guette , eft une quantité de 
grands arbres que l'on abat , & que l'on entalle les uns 
fur les autres, pour empêcher l'enncrni de pénétrer 
dans les retrancnemens , ou dans quelqu'autre heu. 
Les ennemis embarrall'ent les chemins par de grands 
abattis d'arbres. 
§Cr Abattis, fe dit encore de la coupe d'un bois ou 
d'une forêt qui fe doit faire luivant les Ordonnances. 
^3* Abattis jcuirs d'abattis j tontceux qui (ont encore 
en poil. Se tels qu'ils viennent de la boucherie. 

On appelle abattis , dans les cuifines , les menues 
parties, la tête, les pattes, le cou , le foie, les aile- 
rons de volailles. 
ABATTRE, v. a. Renveifer, démohr, faire tomber. Di- 
ruercj evertere. J'abats , tu abats, il abat, &c. Abat- 
tre une mailon pour la rebâtir. Ce Lutteur a abattu 
ion homme fous lui. Les ennemis en fe retirant ont 
abattu le château & les fortifications de la place. Un 
vent violent abat quelquefois de grands arbres. On 
abat des noix avec une gaule. Un bonChaireura^ar 
bien du gibier. Abattre des quilles. Nicod dérive ce 
mot de à bas , adverbe local , compolé de à & de bas. 
Il pourroit paroître plus ancien. On Ut dairs la Loi 
Saiique, tit. 45. Si quis hominem de barco abattide- 
rit ; c'eft-à-dire , Si quelqu'un abat ou fait tomber un 
homme de dcjjus un arbre. 0\\ lit aulîi dans les mê- 
mes Loix, tit. 3 8. battiderit. Ainll les François avoient 
déjà fait battere , ou batcidere , Se abbatere, du latin 
batuere y dans le même fens que nous dilons, battre , 
& abattre ; & c'eft de-là que ces deux noms nous 
font venus, félon Chifflet, dans Ion Glojfariitm Sa- 
licum 3 pag. 125. & ijj. 
Abattre du bois j en ternies de tridtrac , c'eft jouer les 
dames du talon , prendre des dames au talon pour en 
faire des cales. On le dit de même au jeu de quilles , 
pour abattre beaucoup de quilles. 
Abattre les cuirs. Terme de Corroyeur. C'eft les le- 
ver de delFus le corps des animaux , après qu'ils ont 
été tués. 
Abattre «/z chapeau. Terme de Chapelier. C'eft après 
qu'on a donné au chapeau l'apprêt, & qu'il eft bien fec, 
en aplatir les bords Sz le delîus de la forme fur un 
baiîin chaud, mais couvert de papier & de toile 
qu'on arrole avec un goupillon. 
Abattre, en termes de Marine, fignifie Dériver, s'é- 
carter de la vraie route. Dedinare j deerrare. Ce 
qui fe fait par la force des coiuans ou des marées, 
ou p.ar les erreurs du pointage , ou par le mauvais 
gouvernement du timonier. On dit aufli qu'un Pi- 
lote abat fon vailFeau d'im quart de rumb , & d'une 
autre aire de vent , quand il vire ou change la cour- 
fe , & gouverne lur un autre rumb que celui de fr 
route. On dit , abattre un navire ; pour dire , le faire 
obéir au vent, lorfqu'il eft fur les voiles, ou qu'il pré- 
fente trop l'avant au heu d'où vient le vent. On dit , 
le navire abat, lorfquc l'ancre a quitté le fond, éîcque 
le vallfeau obéit au vent pour arriver. Aller à la dé- 
rive 3 s'appelle aullî abattre : c'eft quand on va de 
côté au gré du vent & de la marée, au lieu d aller en 
droiture. On À^it MXiXi, Abattre un vailleau fur le cô- 
té, lorfqu'on veut travailler à la carène," ou en quel- 
qu'endroit des œuvres vives. 

En termes de Fauconnerie on dit. Abattre l'oifeau; 
pour dire , le tenir ferré eiitre les mains , s'en rendre le 
maître pour le poivrer, ou lui donner quelque mé- 
dicament. On dit encore , que l'oifeau de proie s'a- 
bat y loriqu'il s'abaille vers la terre. 
Abattre, fe dit figmément pour affoiblir , diminuer 
ies fcfççs , le courage , xenverfer. Comprimcrc j reprï- 



mère y dejicere 3 fternere y projîemere. Abattre X'ot' 
gueil de quclqii'un. Quand la mort abat la plus Hor 
nllante jeuneile , alors on reconnoït la vanité des at- 
traits du monde. Il fignihe aufiî. Accabler, Se fe dit 
des troubles & des affligions de l'ame <Sc du corps. 
Debilitare y frangere. Ce changemenr de fortune lui 
a abattuVefynz Se le courage. Cette maladie a bien 
abattu fes forces. Un corps exténué , abattu par la 
vieilleire. 

On le dit aufli avec le ptonom réciproque. On dit 
qu'un cheval eft lujet à s'abattre y à broncher Se tom- 
ber tout d'un coup. Si vous poulFez votre cheval fur 
un terrain gliirant, les pieds lui manqueront , il s'a- 
hattra. On dit aufll que le vent s'abat j qu'il s'ap- 
paife , qu'il devient moins violent. 

Employé avec le pronom perlonnel, au figuré , il 
fignifie Perdre courage. Dimittere & contrahere ani" 
mum, Contrahi ac dimitti animo. Il ne s'abat point 
dans l'adverfité. Ablanc. Se laiifer abattre dans la. 
moindre aftlittion. Id. 

On dit dans la converfation , Abattre le caquet ^ 
pour dire , réprimer la fierté & la préfomption de quel- 
qu'un , le faire taire , l'obhger à baiifer le ton. Loqua- 
citatem, linguam comprimere y cocrcere. 

On dit proverbialement que petite pluie abat gtand 
vent, ce qui fignifie au propre, qu'une petite pluie fait 
celfer un grand vent; & au figuré, que peu de chofe cal- 
me une grandecolcre, fait ceifer un grand emportement. 
On dit aulïï figurémcnt & famiUèrement d'un homme 
qui expédie beaucoup d'afeires,qu'ilai^ar bien du bois. 

Abattu , u£. paît. palT. & adj. Dirutus j everfus. 
Mailon abattue. Bois abattus. 

Abattu , dans les ouvrages des anciens Praticiens, veut 
dite , rabattu y déduit. Remijfus y deducîus y detrac- 
tus. En toutes chofes qui font comptées pour hérita- 
ges , li cours dévoient être abattus. Baumanoir. 

Fit,ufément il fignifie , Accablé , vaincu , terraftc. 
Debditatus y fractus y viclus. Jupirer ne pouvoir rien 
voir de plus beau que Caton, fe foutenant dans ur* 
^Zïû abattu y Se demeurant ferme parmi les ruines de 
la Képubhquc. Bouh. Vtfym abattu parles foins ron- 
geurs de la pauvreté , n'cft guère capable de mouve- 
mens nobles & élevés. S. EvR. On voit l'orgueil à 
ks pieds abattu. Gomîj. Il fignifie encore. Être lan- 
guillant Se fans courage. Je me fens tout abattu. Lan- 
guïdiLs y debilis. 

ABATTURE. f. f. DejecliOy dejcclus , everfw. Vieux 
mot qui s'cft dit pour Abattis y adion d'abattre , Se 
pour ce qui eft abattu. Abatture de gland. Monet. 

ABATTURES. f. f. plur. Terme de Vénerie. Foulures, 
menu bois, broullailles, fougère , que le cerf abat du 
bas de foii ventre en paifant. DepreJJio virgultorum. 
On connoît le cerf par fes abat turcs. 

ABATUE. f. f. Terme d'Archirediure. C'eft la diftance 
horizontale de la nailfance d'un arc à la perpendicu- 
laire, qui tombe d'une divifit>n de cet arc, ou de fou 
extrémité fupérieuie fur Ion diamètre horizontal. Co 
tenne n'eft plus guère en ufage j on fe fert de celui 
de Retombée. Voyez ce mot. 

fCr Abatu E. Terme de falines. Dans les falines de Fran- 
che-Comté on entend par abatue y le travail contini» 
dune poêle , depuis le moment où on la met en feu, 
jutqu'à celui où on la lailfe repofer. 

ABAT-VENT. f. m. eft la charpente qui fe met dans 
les ouverturesdes clochers, qui eft ordinaircmenr cou- 
verte d'ardoife , qui (crt à abattre le vent , & qui 
n'empêche pas que le fon de la cloche n'agite l'air de 
dehors, &: ne fe falfe entendre au loin: au contraire 
il envoie en bas le fon des cloches, qui autrement 
fe dilfiperoir en l'air. Ce mor eft compofé du verbe 
abattre j & du mot vent. Pour le verbe abattre , il 
eft formé de a bas , comme qui diroit à bas mettre.. 
En bas vient du Grec ^aSi-'s qui Ci^niRe profond y bas. 

Abat-vent. 1. m. On appelle ainfi dans les Sucreries, 
uncefpècedappenrisqui couvre chaque fourneau des 
Atchers. Quidquid arcendi venti causa conflruitur. 

ABAVI, ABAVO ou ABAVUM. (. m. Grand arbre quî 
croît en Ethiopie^ Se qui porte un fiuit ferablable à 
la citrouille. 



ABB 

ABAUNAS. Foyei Actamar 

ABaWî. f. m. Nom que les Éthiopiens donnent auNil. 
i-T AUA\Y/1VAR , & ABANVIVAR. Contrée de Li 
haute Hongrie, avec titre de Comté, lut les frontiè- 
res de Poloijne. CalFoyie en eft la Capitale. Il y a 
dans cette Province un château de même nom , à 
quatre milles d'Allemagne, de Callovie. 
IJ-T- AMYANCE , f. f. Foyc^ Abeyance. 
^BAYER, ou ESSAYER. Vieux verbe. Écouter avec 

cmprelïement , avec étonnemcnt. 
ABAZEE. Foye^ Sabazie. 

ABB. 
^BBA,'ou ABBA-DAL-CURIA. Nom propre d'une 
Ile d'Afrique , dans la mer de Nubie, entre Socotora 
(Je le cap de Guardatui. Abha. 
ABBADAN. Foye^ Abadan. 

ABBASSIDE. f.'m. Alhajp.dus , Ahhajjlda , ex Abha fi 
famïlïâ. C'eft le nom d une f-amille qui a donne plu- 
iicurs Califes aux Arabes. Elle eft ainli nommée 
^ A'Abbas y oncle de Mahomet , duquel ils defcen- 
doient. Ce fut la centième année de l'Hégire, que 
Mahomet , arricre-petit-fils d'Abbas , commença à 
pubher fcs prétentions fur le Calilat. La Maifon 
des Abbajfides a donné trente -fept Califes à l'E- 
gypte, depuis l'an ijz de l'Hégire, julqu'en l'an 656, 
pendant le cours de 5x5 années Arabiques, ou lu- 
naires, deux mois & 25 jours. /'oj-f^HERBELOT. 
ABBATIAL , ALE. adj. Abbatïalis Qui appartient à 
l'Abbé, qui concerne l'abbé, l'Abbelfe, ou l'Abbaye 
Palais abbatial. Dignité abbatiale. Menle abbatiale. 
ABBy\YE. f. i. Abhatia. Monaftère érigé en Prélature , 
ou Maiton de Religieux ou Rcligieulcs , régie par un 
Abbé ou par une Abbelfe. Les Abbayes (ont d'an- 
cienne fondation , comme les Abbayes de Cluny, de 
(àint Denis, de fainte Geneviève, &c. Les François 
fondèrent autrefois des Abbayes, fans qu'il leur en coûtât 
beaucoup : on cédoit à des Moines autant de terres i ncul- 
tes qu'ils pou voient en mettre en valeur. Ils travailloient 
àdeiTécher, à défricher, à bâtir, à planter, moins pour 
erre plus à leur ai{e, que pour en foulagcr les pauvres. 
Ces lieux arides & déieits devim-ent agréables ôc ferti- 
les. Il y avoit des Abbés fi riches , qu'ils pouvoicnt met- 
tre une petite armée fur pied : ce qui ht qu'on les in- 
vita aux alfemblées du Champ de Mars, & aux Cours 
plénièrcs. Le Gendre. Il y a des Abbayes en Com- 
mende; d'aunes Abbayes régulières ou en règle; d'au- 
tres qui font l'écularifees , pollédées par des Chanoines 
féculiers. Les Abbayes lont des Bénéfices confifto- 
riaux-, il n'y a que le Roi qui y nomme. 
Abbaye, fe prend quelquefois pour un compofé des 
Religieux & de l'Abbé. 'Voilà une Abbaye bien ré- 
glée , où l'Abbé vit comme un fuiiple Moine. 
Abbaye, fe prend quelquefois llmplementpour la Mai- 
fon & le Couvent. C'eft par rapport à l'Architedure, 
un logement joint à un Couvent, & habité par un 
Abbé. Dans une Abbaye de fondation Royale , il s'ap- 
pelle le PaAîi.f^^^izriû/. ViGN. 'Voila une Abbaye bien 
bâtie, une Abbaye qui tombe en ruines. Il le dit auiîî 
dans ces phiafes Se autres lemblables , non leulemcnt 
pour le Palais Abbatial, mais pour tous les bâtiniens, 
tant de l'Abbé que des Moines. 
/Vbbaye , ie prend aulîî pour un Bénéfice , & peur le re- 
venu dont jouilfent les Abbés. Il a obtenu pour fon 
fils une Abbaye de dix mille livres de rente. Henri 
de Coilli ayant été élu Arclievéque d'York en 1141 , 
Innocent il ne voulut point qu'il fût Archevêque , 
*'il ne renonçoit à l'Abbaye. Fleur y. 

Quoiqu'il y ait eu autrefois des la'i'cs qui ont joui 
du revenu des Abbayes ^ on ne doit pas pour cela leur 
donner le nom à' Abbé; car c'a été dans des temps de 
défordre & de nécelîité, que les Princes donnèrent ces 
Abbayes à des Seigneurs de leur Cour, pour foutenir 
les dépenfcs de la guerre. Charles-Martel eft le pre- 
mier qui l'ait fait. 

Toutes les Abbayes de France, à la réfcrve de celles 
qui font Chefs d'Ordre, comme Cluny , Citeaux, &c. 
font à la nomination du Roi. On doit joindre à celles- 
là les quatre filles de Cîteaux j qui font laint Edmc de 
Pcntigny, UFerté, Clajrvaux & Morimontj qui ont 



ABB îj 

aulTî confervé le droit d'élcdion. Il en eft de même 
des Abbayes de Flandre & d'Artois , qui lont régu- 
lières (Se életfives , confirniatives par les ordinaires ou 
par les Chefs d'Ordre. Les Religieux de ces Abbayes 
préicntcnt trois lujets au Roi, qui en nomme un, que 
confirme enfuite 1 Evêquc ou le Chef d'Ordre qui eu 
a le droit. 

A l'égard des cinq Abbayes qu'on nomme de Ché- 
zal-Benoit , fivoir ChézafBenoit en Berri , faint Sul-» 
pice de Bourges , faint Alire de Clermont , faint Vin- 
cent du Mans, & fiint Martin de Séez, qui ctoient à 
l'éledrion de l'Ordre de Saint Benoit tous les trois ans; 
la queftion vient d'être jugée lolennellcmcnt à la 
Grand'Chambre du Parlement. Aujourd'hui le Roi 
dilpofe de ces Abbayes comme de toutes les autres 
Abbayes de fon Royaume. 

Comme le Roi n'a fon droit de nomination qu'en 
vertu du Concordat fait entre Léon X. & François I. 
il y a eu quelques difficultés turles Abbayes de Filles, 
parce qu'elles ne font point comprilesdans leConcor- 
dat. Il y a même un Article de l'Ordonnance d'Or- 
léans, qui porte que les Abbelles feront élues par les 
Religicufcs des Monaftères ,& même qu'elles ne le- 
ront que triennales. Mais cette Ordonnance n'a point 
été exécutée. Le Roi nomme également aux ^/"Â^jj-ei 
de filles & à celles d'hommes. H a cependant tou- 
jours eu des difputes fur les Abbayes de l'Ordre de 
fainte Claire , qu'on prétend être à l'éledfion triennale 
des Reiigiculcs. 

On dit proverbialement. Pour un Moine l'Abbave 
ne faut pas; pour dire , que faute d'une perionne qui 
ne fe trouve pas dans une aircmblée, on ne laille pas 
de fe réjouir, ou d'exécuter ce qui a été rélolu. 
ABBÉ. Ce nom , dans fa première origine, qui eft Hé- 
braïque, fignifie Père. Car les Hébreux appellent Père 
enlcurlajigue, Ab ; d'où les Chaldéens & les Syriens 
ont ftit Abba^ &c de Abba , les Grecs ont formé «'/?- 
/S«t j que les Latins ont conlervé ; & c'eft de là qu'eft 
venu le nom à' Abbé en notre langue. Saint Marc Se 
faint Paul ont gardé le mot Syriac ou Chalda'i'que. 
Abba , pour dire Pere^ parce qu'il etoit alors com- 
mun dans les Synagogues Se dans les premières Af- 
Icmblées àes Chrétiens; mais ils l'ont interprété eu 
ajoutant le mot Père. C'eft pourquoi Abba Pater y 
au ch. 14. de faint Marc, v. 36. ne fignifie pas Mon 
Père y mon Père, comme il y a dans la vcrilon de 
Mons,& dans celle des Jéfuites de Paris. Il eft mieux 
de traduire avec le Vcve Amelotte , Abba j mon Père ; 
ou plutôt avec M. Simon, Abba , c'eft-à-dire , mo/z 
Père. Tel cil le fentiment de M. Simon , & de quel- 
ques autres Interprètes avant lui, comme Emmanuel 
Sa, Béze Se Lightfoot. Leur railon eft qu'il y a dans 
le GrecA';3/3â'ô -zartf. Se non pas ù waVfp. Alais d'autres 
Interprètes , non moins habiles, tels que iont Maria- 
da , Luc de Bruges , Cornélius à Lapide , Grotius , 
Louis Capell , &c. prétendent que cette répétition 
marque l'atfeclion Se la ferveur avec laquelle Jesus- 
Christ prioit. L'Interprète Syriac a été dans ce fen- 
timent , quand il a traduitOSî ïiOiijPere ! monPere! 
lui qui n'avoit pas bcloin d'interpréter , ou d'expli- 
quer le mot SynacAbba. Très-vrailcmblablcmentc'é- 
toit aullî la penfce de l'Interprète Arabe , lorfqu'au 
lieu de <> , dont il s'eft fervi en S. Matthieu, Chapi- 
tre XXVI, verf. 39 ; & en S. Luc, Chap. XXii, verf. 
42 , où il n'y a que Pater , ou Pater mi ; en S. Marc , 
où il y a Abba Pater , il a employé Nni« , interjec- 
tion plus forte & plus propre à faire fentir avec com- 
bien d'ardeur Se d'emprcflement J. C. prioit. La ver- 
fion Éthiopienne fuppoic aulîi que J. C. dit ces mots ; 
car elle traduit W^ajaba ., Aba waabouy. Et il dit. 
Père ! Se Mon Père! D'ailleurs, dans les explications 
ou interprétations des mots , l'Ecriture met toujours 
0' tVi', ou bien '' tri' , |tttj->s;=/*m!i;o,u!ï(i» ; c'eft-à dire , ou cc; qui 
s'interprète ;Se\\on pas fimplcment comme ici. Foxc^ 
Math. L 23. Marc, V. 41, XV. 22 , 34. Jean, ]. 
39 , 42 , 43. IX. 7. AcT. IV. 36. IX. 36. Après tout , 
dans une verfion je mettrois, Abba.3 mon Père! Dé- 
retmincr fi c'ell là l'cxphcarion ou non , c'eft ie fair 
du GonimcHtateur , Se non du Traduéleur. Quoiv^uç 



14 ABB 

ces deux mots Ahbaj, Pcre, foieiu la mcme chofe , 
tant dans laiiir Marc que danslaint Paul au Ch. VUl , 
de l'Epitre aux Rom. vcif. ly ; &au Chap. IV, de 
l'Epitre aux Galares , vert". 6 ; il n'y a cependant point 
de pléonalme dans cette expreirion. Les Evangéliftes 
& les Apôtres ont conieivc dans leurs Ecrits plufieurs 
mots Syriacs qui étoient en ufage ; de comme ils écri- 
voient en Grec , ils ont en mcme temps ajouté l'm - 
terprctation de ces mots en langue Grecque. C'cll 
fur ce pied-là qu'au Cliap. >CÎII des Ades des Apô- 
tres , verf. 8 , où il y a da!is notre Vulgate , confor- 
mément à l'original Grec, Ehmas magus , MeiH de 
P. R. & le P. Ameîotte ont Fort bien traduit , Ely- 
mas j, c'eft-à-dire,/t; Mapkien. Ces autres paroles qui 
fuiver.t immédiatement après ( carc'efi ce quejigmfic 
Elymas) confirment ce qu'on vient de dire , touchant 
la iignification àc AbbaPatcr ; ce qui a été remarqué 
par S. Jérôme dansfon Commentaire, fur leChap. IV. 
de l'Epître aux Galates , où il explique fort bien ces 
mots Ahba P^fer. Lenom AçAb, cnAhba, qui dans 
les commencemens étoit un mot de tendreife & d'a- 
mour dans la langue Hébraïque ou ChaldaVque , de- 
vint enfuite un nom de dignité & un titre d'honneur j 
les Doéteurs Juifs alfedlercnt ce titre , & un de leurs 
plus anciens Livres, qui contient diverks lentences 
ou apophthegmes de leurs Pères , ell: intitulé Plrke 
Abbot , ou Avotk; ccA-:i-dhe, Cbiapitre des Pères. 
C'eft par rapport à cette afFctfation , que J. C, dans 
S. Mathieu, Chap. XXIII. ver(. 9 , dit àfes difciples : 
N'appelle^ perfonne fur la terre votre Père : car vous 
n'avei^ qu'un Père qui ejl dans le Ciel. Saint Jérôme 
fc fert de ces paroles de Jesus-Christ contre les Su- 
périeurs des Monaftères de Ion tem.ps, qui prenoient 
le titre de Pères ou Abbés. Il dit , expliquant ces pa- 
roles de faint "aul, Abba Pater ^ dans ion Commen- 
taire fur l'Epître aux Galates , Chap. IV. je ne fais 
par quelle licence le titre de Père ou Abbe a été in- 
troduit dans les Monafièrcs , Jesus-Christ ayant 
déjendu exprejfement que qui que ce fat prît ce nom j 
parce qu'il n'y a que Dieu feul qui foit notre Père. 
Mais comme Jesus-Christ a plutôt condamné la 
vaine gloire des Juifs, qui prenoient la qualité de Pè- 
res , que le nom de Père j il n'cfx pas furpienant que 
les Chefs ou Supérieurs des Moraflcres 1 ait'nt pris dès 
les premiers établificmens des Moines. 

Le nom d'Abbé eft donc aiilîi ancien que l'iniT:i- 
tution des Moines. Ceux qui les gcuvernerent, prirent 
le nom d'Abbés & d' Archimandrites. Ce nom s eft 
toujours confervé depuis dans l'Églile : <?>: comme ils 
croient eux-mêmes Moines , ils étoient diilingués du 
Clergé , avec lequel cependant on les mcloit quelque- 
fois , parce qu'ils tenoient un rang au delfus des laïcs. 
S. Jérôme écrivant à Héliodore , nie ablolument que 
les Moines tùient du Clergé: Alia^ dit-il, Monacho- 
rum eft eau fa , alia Clericorum. Il reconnoît néanmoins 
que les Moines n'étoient pas exclus par leur profel- 
ficn des emplois Ecclciiaftiques. Fivc-^ j dir - il dans 
la Lettre au Moine Rufticus , d'une manière que vous 
fuJJIe^ mériter d'être Clerc ; ^ fi le peuple ou votre 
Lvcque jette pour cela les yeux fur vous , faites ce 
qui eft du devoir d'un Clerc. 

Les Abbés ou Archimandrites, dans ces premiers temps 
étoient loumis aux Évcques 6: aux Pafteurs ordinaires; 
.& comme les Moines vivoient alors dans des folitudes 
éloignées des villes , ils n'avoient aucune part aux af- 
flrires Eccléiîaftiques. Ils alloicnt à la ParoilTe a\ ec 
le rcfte du peuple; & quand ils en étoient trop éloi- 
gnes , on leur pcrmettoit de frire venir chez eux un 
Prêtre pour leur adminiftrcr les Sacremens. Enfin, ils 
curent la liberté d'avoif des Prêtres qui fuflcnt de leur 
Corps. Souvent lAbbé ou l'Archimandrire étoit Prê- 
tre ; mais ces Prêtres ne Icrvoient qu'aux beloins fpi- 
ritucls de leurs Monallères. Quelque pouvoir que les 
^^/f'/'cj eullent lur leurs Moines, ils étoient foumis aux 
Évêques , qui avoient beaucoup de conlidération pour 
eux ,_ku-- tout après les fervices qu'ils rendirent aux 
Egliles d'Orient. Comme il y avoit parmi eux des 
perlonne's lavantes, ils s'oppolcrcnt fortement aux Mé- 
«cfies uaillantes ; ce qui fit que les Évêques jugererit à , 



ABB 

propos de les tirer de leurs folitudes. On les mit dans les 
fauxbourgs des villes , pour être plus utiles aux peuoles. 
S. Chryioftôme jugea même a propos de les faire ve- 
nir dans les villes ; ce qui fut caule que plufieurs s'ap- 
pliquèrent aux Lettres, & fe firent promouvoir aux Or- 
dres. Leurs Abbés en devinrent plus puilfans , érant 
conlidérés comme de petits Prdats. Mais quelques 
Moines qui fe crurent en quelque manière indépen- 
dans des Évêques , (e rendirent inlupportables à tout le 
mon h, même aux Évêques, qui turent obligés de 
faire des Loix contre eux dans le Concile de Chalcé- 
doine. Cela n'empêcha pas que les Abbés j ou Archi- 
mandrites, ne tulïent fort confidérés dans l'Éghfe 
orientale, où ils ont toujours tenu unrangdiftingué. Se 
ils y ont même été préférés aux Prêtres. Ils ont eu 
iéance dans les Conciles après les Évêques. 

La dignité d'Abbe 11 elt pas moins conlidérable au- 
jourd'hui qu'elle l'a été autrefois. Selon le Droit com- 
mun , tout Abbé doit être réguher ou Religieux ; parce ^ 
qu'il n'eft établi que pour être le Chef & le Supérieuf 
des Religieux : mais ïelon le Droit nouveau , on dif- 
tingue deux (ortes d'Abbés; favoir , l'^'i;/'e' régulier > 
& i'Abbé commendaraire. Le premier, qui doit êtrfe 
Religieux , & porter l'habit de Ion Ordre , eft vérita- 
blement Titulaire. Le fécond eft un ieculier , qui efl: 
au moins tonluré, & qui par les Bulles , doit prendre 
l'ordre de la Prêtrile quand il aura atteint l'âge. Quoi- 
que le mot de Commendataire inhnue qu'il n'a l'ad- 
miniltrationde l'Abbaye que pont un temps, ilenpof- 
lede néanmoins les fruits a perpétuité, étant entière- 
ment lubftitué aux droits des Abbés réguliers ; enfortc 
que l'Abbe Commendaraire eft véritablement Titulaire 
par les Bulles, où on lui donne tout pouvoir tàm in 
fp'uitudl.ibus quàm in temporalibus j c'cft-à-dire, tant 
aufpirituel qu'au temporel-, & c'eft pour cette raifoti 
qu il eft obligé par les mêmes Bulles, de fe faire pro- 
mouvoir dans le temps à l'ordre de Prêtrife. Cependant 
les Abbés Commendataires ne font aucunes fondions 
pour le fpirituel ; ils n'ont aucune jurididion fur les 
Moines. Et ainli ce mot in fpiritualibus , qu'on em- 
ploie d.ms le^ Bulles , eft plutôt du ftyle de Rome , qu'une 
réalité. Les plus lavans Junfconlultes de France, &c 
entre autres du Moulin & Louet , mettent la Com- 
mtwdcinter citulos Beneficiorum. ; c'eft- à-dire, fwrre les 
titres de Bénéfices. Ce iont des titres Canoniques qui 
donncnr aux Commendataires tous les droits attachés 
à leurs Bénéfices. Mais comme ces provilionsen com- 
mende Iont contraires aux anciens Canons , il n'y a 
que le Pape Icul qui puilfe les accorder par une dil- 
penfe de l'ancien Droit. Voye\ le mot de Commende 
is: Commendataire. Voyez aulli les Aclafancl. Bent- 
dicl. f&c. III. p. I . prxf. p. S p & fuiv. 

Les Abbés Commendataires étant y^'c«/ienf ^ n'ont 
aucune jurididion furies Moines. Quelques-uns néan- 
moins prétendent que les Cardinaux , dans les Ab- 
bayes qu'ils ont en commende , ont le même pouvoir 
que les Abbés Réguliers. On donne pour exemple M. le 
Cardinal de Bouillon, qui, en qualité d.f^é/'e' Com- 
mendataire de Cluny , avoit le gouvernement fpiri- 
tuel de tout l'Ordre de Cluny, comme s'il en eut été 
Abbé Régulier. On répond a cela, que M. le Cardi-f 
nal de Bouillon ne jouiftoit pas de cette jutididioii 
Ipiritucllc en qualité de Cardinal, ^i'/f'f Commenda- 
raire ; mais par un Bref particulier du Pape. M. le 
Cardinal d'Eftrées , Abbé Commendataire d'Anchin 
en Artois , ayant voulu jouir de ce même droit à l'é- 
gard des Religieux de cette Abbaye , en hit exclus 
par un Arrêr du Grand Conleil , daté du 50 Mars 
1694. L'obhgation principale d'un Abbé Commenda- 
taire eft de procurer par toutes les voies polfibles la 
gloire ce le Icrvice de Dieu dans la Communauté donc 
il le tixiuve chargé. Ab. de la Tr. 

Il n'y a que les Abbés Piéguhers que l'on bénilTe; les 
Commendataires ne l'ont jamais été. Cette bénédic- 
tion, qui s'appelle auilî confécration , fe laifoit autre- 
fois , en les revêtant de l'habit appelle cuculla, coulle, 
en leur mettant en main la crolle ou bâton paftoral , 
^' aux pieds la ch.Tjiiilure appellée pédales ^ ou pe- 
duksj qui étoient des bandelettes propres à cntouter 



ABB 

îe pied. C'efl (k VOrJo Romanus de Théodore Ar- 
chevêque de Cancorbery, dans ix Collection des Ca- 
nons, «Se de la Vie deiaint Anlelmc, que nous appre- 
nons ces particularicés. Le pouvoir que quelques Ab- 
bés ont de donner la toniure, n'appartient aufii qu'aux 
■Abbés Réguhers; mais ils ne la peuvent donner qu'aux 
Rehgieux. Le P. Hay , Moine BénédicUn , dans Ion 
Livre intiralé ^/F/t^/w inexâriclum , allure que les Ab- 
bés de Ion Ordre ont une juridiction comme Epifco- 
palé, & même comme Vz.pût , potejicicem quofi Epif- 
copalem , imo quaji Piipakm ^ i\\\. tous les Religieux, 
& que c'eft par cette railon qu'ils contèrent à leurs 
Moines la tunlure & les Ordres mineurs. Il (e peut 
faire qu'en Allemagne les Abbés de l'Ordre de iainr 
Benoit jouillent de ce privilège ; mais ils n'en jouilîent 
point aujourd'hui en France , quoique quelques Ab- 
baves' prétendent avoir ce droit en vertu de leur exemp- 
tion. On dit même qu'Innocent Vlll a accordé ^\ Ab- 
bé de Cîteaux le pouvoir d'ordonjier des Diacres & 
des tous-Diacres. A l'égard de la tonfure , Innocent III 
répondant à Robert Pullus Archevêque de Rouen , 
<qui l'avoir contulté , pour lavoir ii les Abbés pou- 
voient donner la toniure à leurs Moines, il lui du 
qu'il n'y a pas de difhculté , puitque le ieptième Con- 
cile l'a ainlî réglé. Il paroit par les aétcs de la vie de 
S. Convo'i'on Abbé , qu'autrefois les Abbés pouvoient 
tonlurer des la'iques qui n'étoient pas Moines. Le le- 
cond Concile de Nicée permet aux Abbés de taire des 
LeCLeurs; & plulieurs Abbés , par des concelîions par- 
ticuhcres, ont eu du iaint Siège le privilège de don- 
ner les quatre Ordres mineurs. P. Martene. 
ABBÉjS'eft dit quelquefois même des lunples Moines, 
qui n'avoient aucune autorité ou juridiction. Abbé 
efl pris dans ce fens dans la règle de iaint Colom- 
ban, C. 7, où il eft dit qu'il y avoir mille Abbes tous 
la conduite d'un Archimandrite. 
Abbés des Abbes. Abbcs Abbatum. C 'eft le titre que 
Ponce Abbé de Cluny prit à Rome, au Concile l'an 
ï ii6; fur quoi Jean Cajétan Chanceher du Pape, lui 
ayant demandé fi les Religieux de Cluny avoient 
reçu une règle de ceux du Mcnt-Calîîn, ou s'ils leur 
en avoient donné une , il répondit que non-icule- 
menr les Moines de Cluny , mais auiîi tous les au- 
tres qui font en Occident , ont reçu leur règle des 
îvloines du Mont-Calfin. Le titre A' Abbé des Abbés 
doit donc être donne à VAbbé du Mont-Callin , ré- 
partit le Chanceher. f^oye^ le Liv. IV , C. 61. delà 
Chronique du Mont-Cairin,parPiERRE Diacre. 
Abbé Mitre , Abbas mltratus.C'ell un Abbé qui a 
droit de porter la mitre , & les ornemens qui diitin- 
guent les Evêques de ceux qui leur lont inférieurs. 

Harris dit qu'en Angleterre , les Abbés mitres étoicnt 
exempts de la juridiétion de l'Ordinaire; qu'ils avoient 
une autorité Epifcopale dans leur diftricl, & qu'ils 
croient membres ou Lords du Parlement; (quelque- 
fois on les a appelles Abbés touverains ou Abbés gé- 
néraux -, ) que les autres Abbés étoicnt toumis à l'E- 
vêque dioccfain pour le fpirituel ; qu'il y a eu aulîi 
des Lords-Prieurs, qui avoient une juridicT:ion libre , 
Se étoient Lords du Parlement. Edouard Cok dit qu'il 
y a eu vingt-fept de ces Abbés & deux Prieurs qui 
onr eu féance au Parlem.ent ; mais le nombre n'a pas 
toujours été le même, Ik dans le Parlement qui fut 
tenu la vingtième année de Richard II, ils n'étoient 
que vingt-Iept en tout j c'eft-à-dire , vingt-cinq Abbés 
éc deux Prieurs. Harris. Il y a auflî des Abbés crof- 
lès , c'eft-à-dire, qui ont droit de porter la crolfe. Il 
y en a qui (ont mitres & crolfés, c'eft à-dire, qui ont 
pcrmlifion de porrer la mitre & la crolTe. 

Il y a eu chez les Grecs des Abbés qui ont pris la 
qualité A' Abbés Œcuméniques j ou univerfels ^ à l'i- 
mitation duPatriarche deConftantinoplc.y^/'/?'.':^ (Ecu- 
*menicus. La règle de S. Benoît parle de quelques Moi- 
nes qui vouloient s'arroger la qualité de fécond Abbé. 
Quelques Abbés ont été appelles Abbés Cardinaux. 
C'étoient les Abbés en chef, lorfque des Abbayes qui 
avoient été unies, venoient à être léparées. On a aullî 
donné quelquefois ce titre AAbhé Cardinal à c\\\e\- 
(\}xç% Abbés i purement par honneut, comme le Pape 



ABB 



ly 



Calixte le donna à VAbbé de Clunv. 

On trouve dons le vi" , vu* , & viii^ fiècle des 
Abbés qui n'étoient pas Prêtres , mais feulement Dia- 
cresoulous-Diacrts. Et Iaint Benoit, dans fa règle, or- 
donne qu'ils aient néanmoins le pas devant les Prê- 
tres. Vers le commencement du neuvième ficcle , Eu- 
gène ordonna dans un Concile de Rome , que les 
Abbés tullcnt Prêtres. Cependant on en trouve encore 
après ce règlement qui n'ont point été Prêtres, &juf- 
qu'au feizième fiècle; car Cluiitophe , Abbé d'Ot- 
mars, mort en 1576, ne fut jamais que Diacre. On a 
quelquefois donné la quahté d'^/'/è aux Curés primi- 
tifs. Selon M. du Cange , les Paroilfes avoient ordi- 
naiiement trois principaux Officiers ; VAbbé ^ ou le 
Gardien, qui eft prétcntement le Curé ; les Prêtres ou 
Chapelains ^ & le Sacriftain. Les Prêtres étoient char- 
gés du loin des âmes & de l'adminiftration de la Cure , 
& VAbbé avoit l'œil iur les befoins de fa Paroilfe , 
(Se Iur la conduite des Prêtres. Il y a eu des Evêques 
qui ont été appelles Abbés , parce que leurs Evêchés 
étoient originairement des Abbayes , & qu'ils étoicnt 
même élus quelquetois par les Moines , comme ceux 
de Catane & de Montréal en Sicile. Enfin, quoiqu'il 
n'y ait proprement que les Moines dont le Supérieur 
loit appelle Abbé j les Chanoines Réguliers ont auliî 
donne le nom d'Abbé à celui qui eft à leur tête , & 
comme leur Général. L'Ailé de lainte Geneviève de 
Paris eft Réguher depuis le Cardinal de la Rochefou- 
cault. 
Ce? Abbé en fécond. Abbas fecundarius. C'eft le nom 
qu'on donne au Prieur d'un Monaftère , qui le gou- 
verne tous VAbbé, ik. en l'ablence de VAlté. 
Ab3É de Cour. On entend par-la un jeune Ecclétîaf- 
tique poh , & dans les manières ik. dans les habits : 
cela marque du dérèglement «?c quelque choie de pro- 
fane. BouH. On y joint une idée de déhcatelfe, de 
volupté & de galanterie. On fuppofe d'ordinaire plus 
de Icience du monde dans un Abbé de Cour, que d'é- 
tude de la Théologie. 
Abbé, te dit aujourd'hui, fur-tout parmi le peuple, de 
quiconque porte l'habit Ecclélîaftique. On fait au- 
jourd'hui très-bon marché de la quahté d'Abbé. Les 
moindres Eccléfiaftiquesfe l'attribuent, & même ceux 
qui n'ont aucun Bénéfice , ni elpérance d'en avoir. 
C'eft un fantôme de vanité iniupportable. de Roch. 
On peut dire que l'ulage a prévalu , & que ce n'eft 
qu'un terme de civilité de la part de ceux qui le 
donnent , & nullement une preuve ou u;i effet de la 
vanité de ceux à qui en le donne. 
Abbé , le dit aulïï de quelques Magiftrats ou perfonnes 
la'iqucs & (eculières. Chez les Génois il y avoir un 
principal Magiftrat qu'on appelloit Abbé du peuple. 
En France il y a eu pliifieurs Seigneurs , fur-tcur du 
temps de Charlemagne, à qui on dciuicit le loin ,?c I3 
garde des Abbayes, qu'on appelloit ^///izcoOTi^-f.v. Au- 
trefois on .ippelloit aullî Abbé le Grand-Maître de la 
Chapelle Royale. 

Dans les anciens titres on trouve que les Ducs & 
Comtes ont été appelles Abbés , &: les Duchés & 
Comtés, Abbayes ; &: plulîcurs Seigneurs & Gen- 
tilshommes , qui n'étoient point Religieux , ont 
aullî pris ce nom , comme remarque Ménage après 
Faucher & autres. Les Rois même n'ont pas dédai- 
gné de porrer le titre d'Abbéj qui n'étoitpas moins ho- 
norable que celui de Duc & de Comte. Fhihppe I, 
& Louis VI. & eijfuite les Ducs d'Orléans , font ap- 
pelles Abbés du Monaftère de faint Agnan d'OrléariS 
par Hubert Hiftoricn de cette Abbaye. Les Ducs d'A- 
quitaine ont porté le titre d'Abbés de S. Hiiaire de 
Poitiers. Les Comtes d'Anjou celui d'Abbés de S. Au- 
bin , & les Comtes de Vcrmandois celui d'Ables 
de S. Quentin. Lciuis le Bègue & les^nfans font 
fort fouvent nommés Abbes dans l'Fiittoire de ce 
temps-là. 

On appelle aullî Abbé , celui qu'on élit en certaines 
Confréries ik Communautés, parriculièremeiu eiatre 
les écoliers & les garçons Chirurgiens, pour comman- 
der aux autres pendant un certain temps. A Milan, dans 
toutes les Conimtinaiités de Marchands & d'Artilans, 



^ 



i6 



ABB 



il y en a de prcpofés qu'on r.ppeile Atbés. Et c'eft; de- 
la apparemmenc qu'eft devenu le jeu de YAbhé ^ dont 
la legle eft , que quand le premier , c'eft-à-dire , celui 
qui conduit le jeu, & que Ton nomme Abbé , a fait 
quelque chote , il faut que tous ceux qui le luivent, 
tairent de même. 
Abbé , le dit proverbialement en ces phrafes. On vous 
attendra comme les Moines tout l'Abbéj c'eft-à-dire , 
en mangeant toujours, en commençant à dîner: en un 
mot, on ne vous attendra pas. On dit encore, pour 
un Moine on ne laifle pas de faire un Abbé ; pour 
dire, que l'oppofiàon d'un particulier n'empêche pas la 
délibération d'une compagnie, ou la conclulion d'une 
affaire. On dit en proverbe Elpagnol, Como canta cl 
Abad refponde cl Mona^iUo ; & en François, /e Moine 
répond comme l'Abbé chante ; pour dire , que les in- 
-férieiirs tiennent le même langage , ou (ont de même 
avis que les lupérieurs. On appelle par raillerie , ^/Ci^ej 
de laince Elpérance , ceux qui prennent la qualité d'Ab- 
bés fans avoir d'Abbaye , & quelquefois même de bé- 
néfice ; ou Abbés de fiinte Elpide , qui veut dire la 
même chofe , car t\w'M lignifie elpérance en Grec. 
ABBEC. 1. m. Viande ou autre appât que les pêcheurs 
attachent à l'hameçon, pour attirer les Poillons. Il eft 
vieux. 
CCr ABBECQUEPx. Voyei AbÉcher. 
ABBESSE. Nom qu'on donne à une Religieufe qui eft 
Supérieure d'une Abbaye. Abbanffa. Les Abbelles ont 
les mêmes droits lur leurs Religieufes, que les Abbés Ré- 
guliers ont lur leurs Moines , parce qu'elles (ont revê- 
tues de la même dignité. Leur lexe ne leivr permet pas 
à la vérité de faire les tondrions fpirituelles qui font at- 
tachées à la Prêtrile ■■, mais il y a des AbbejJ'es qui ont 
droit , ou plutôt un privilège , de commettre des Prê- 
tres pour ces fondions. Elles ont même une Juridic- 
tion comme Epifcopale , auiîî-bien que quelques Ab- 
bés Réguliers qui font exempts de lajurididtion de leurs 
Evêques. Voyez Exemption. Autrefois les AbbejJ'es 
croient éleftives : aujourd'hui le Roi les nomme tou- 
tes : ce n'eft pas en vertu du Concordat, car il n'y en 
eft pas fait mention. François I & Fleuri II ont obtenu 
des Induits pour nommer les Abbcffes. Aujourd'hui les 
Bulles que le Pape donne pour les Abbeffes , portent , 
que le Roi a écrit en faveur de la Religieufe nommée , 
& que la plus grande partie de la Communauté a con- 
senti à fon élecl:ion. Cela le tait pour conlerver une 
imag-e de l'ancien ufage. Pinson. Le P. Martene, dans 
fon Traité des Rits de l'Eglife, dit que quelquefois les 
Abbcffes ont entendu les confelllons de leurs Religieu- 
fes : il le prouve par les actes de la vie de f'ainte Bur- 
gondofcre. Il ajoure que quelques Abbeffes s'étant at- 
tribué en cela plus d'autorité qu'il ne convenoit , on 
avoit été obligé de réprimer leur vanité ou leur curio- 
fité. On lit dans le Droit oriental , que Marc , Patriar- 
che d'Alexandrie, confulta Balfamon , pour favoir il 
Un Evêque devoir accorder aux Abbeffes la permilîîon 
qu'elles demandoient, d'entendre les confelllons de leurs 
Religieufes; à quoi Balfamon répondit que non, quoi- 
que faint Baille, dans fes petites Relies , permît aux 
Ahbeff'es d'entendre avec un Prêtre, les confefîions de 
leurs Rchgieufes. Saint Céfaire , Evêque d'Arles , a 
écrit une Règle pour le Monaftcre de fainte Céfaire fa 
fœur , où il y a de fort beaux Rcglcmcns par rapport 
aux Abbeffes. Ellefe trouve dmsBoIlandus ,Tome L p. 
7J0.& fuiv. C'étoit une coutume aflez ordinaire dans la 
féconde Race de nos Rois , de taire les fîUes des Rois 
Religieufes & Abbeff'es. P. Dan. Selon le Concile de 
Trente , SefT! 2;. Chap. VII. les Abbeffes doivent être 
élues en préfence de l'Evêque ou d'un aurre tenant 
fi place, du Corps, s'il fe peut, du Monaftcre, âgée 
de quaranre ans, ou au moins de trenre, ayanrhuit, ou 
au moins cinq années de pofelFion. Une même Abbeffe 
ne peut li^gir deux Monaftères. 
A BBE VILLE. Abbayilla ^ Abbatifvilla. Ville de France , 
capitale du Comté de Ponthieu , dans la Picardie , fur 
la Somme , environ à cinq heues de fon embouchu- 
re, patrie des deux Sanfons, célèbres Géographes. Son 
nom, qui fignifîe Maifon de campagne de l'Abbé , 
lui vient de ce que ce n'étoit autrefois qu'une mai- 



ABB 

fon ou ferme qui appartcnoit à l'Abbé de faint Pa 
quier. Hugues le Grand l'ôta aux Moines de cetrc 
A.bb.aye , dit Hariulphe , L. IV. c. XII. pour en faire 
un château qui arrêtât les courfes des Barbares : il en 
donna le commandement à Hugues ion gendre, qui 
après la défaite & la mort du Comre de Boulogne , 
èpoufa la Comteffe Adelaja fa femme, & prit le titre 
de Comte, qu'il lailla à fa poftérité. Ce tut fous ces 
Comtes qu'Abbeville , de limple ferme , devint une 
ville. 

La différence du Méridien à'Abbeville à celui de 
Paris eft, félon M. de la Hire , o''. i'. 48". occid. ou 
0°. 17'. o". félon \LC&lTmï,o\i'.^i". occid. o". 28'. 
o". Sa larirude eft , félon M. de la Hire , jo". 7'. o''. 
félon M. Calllni jo". 7'. o'. 
ABBOI, royc^ABOi. 
ABBINGTON. Foyei Abincton. 
ABBUTTO.f. m. Dieu du Jzpon. Abbuto :, onis. C'eft 
un Dieu qu'on invoque pour la guérilon des maladies , 
&: polir obtenir une heureule navigation. Il a un tem- 
ple à un quart de lieu de Tonut , ou Bingono-Tcnut , 
havre fameux , tk. bourg de la province de Bingo, dans 
l'île de Niphon. On dit que ce temple eft tort diftin- 
gué par la guérilon miraculcule de plufîcurs maladies 
invétérées qui s'y fait, & parce qu'il procure un vent 
favorable , & un heureux pallage. C'eft pour cela que 
les matelots & les paflagers ne manquent jamais d'at- 
tacher quelques hards à une pièce de bois qu'ils jettent 
dans la mer, comme une oftrande faite a cet Abbuto 
quano fama jy ou Seigneur Dieu Abbuto j comme les 
Japcnois l'appellent , pour en obtenir un vent favo- 
rable. Le Prctre du temple afsùre que ces oftiandes ne 
manquent jamais d'être conduites furie rivage, & de 
venir iieurculement entre fes mains ; cependant, par 
précaution, il vient en temps calme dans un petit ba- 
teau , demander cette forte de tribut pour fon idole 
à tous les navires & bateaux qui patient par-là, Koemp- 
FER , liy, J^.p. I s I. 

A B C. 

A. B. C. On prononce Abécé ^ f. m. Rudimcntum, Al- 
phabet de la Langue Françoife. C'eft: aullî un petit 
livre qui lert à apprendre à hre aux enfans. Cet enfant 
eft encore à \a h c. 

Abc. lignifie fîgurément & familièrement le commen- 
cement d'une fcience , d un art, d'une affaire ; Prima 
ehmenta. Quand on croit avoir pénétré les fecrets de 
la Nature , on le trouve encore jlX ab c. Renvoyer quel- 
qu'un Wabc , c'eft le traiter d'ignorant. C'eft dans le 
même lens qu'on appelloit l'Empereur JuftinaïaAça'f-^lof. 
Ce mot eft compote des trois premières Lettres de l'al- 
phabet François , comme le Grec , qui lui répond des 
deux premières , Alpha & Beta. Les Efpagnols l'appel- 
lent Cartilla ; les Italiens Abùco, & les Anglois Aba- 
cus , qui vient dii Gieca/îa><«f, &s'eftaiiifi appelle, parce 
que pour commencer à apprendre les Lettres aux eu- 
tur.s , on les fîguroir fur une tablette , ou fur une carte 
en forme de tablette , comme on tait encore dans les Eco- 
les de Mathématiques pour les figures qu'il taut moimer 
aux Etudians. Ou bien il s'eft formé des trois premières 
Lettres de l'alphabet , comme le mot François Abc. 

ABCASSE. f'oyei Abasse. 

ABCÉDER. v. n. f^oYe:^ Abs céder. 

ABCÈS. Foyei Abs cas. 

A B D. 

ABDAL , ou ABDALLAS. f. m. C'eft le nom générique 
que l'on donne en Perfe aux Rehgieux. Ce mot , en 
Arabe ou en Perfanfîgnifie, Qui eil confacré à Dieu , 
ferviteur de Dieu. Les Calenders _, les Cadrijies ik. 
les Beclachifies j font diflérentes efpèccs A'Abdals ; 
enforte que le mot AAbdal^clizz les Perf ans , répond 
à celui de Dervis ou Derviches chez les Turcs , & de ■ 
Moines ou. Relii;ieux chez les Chrériens. Ily acn Tur- 
quie des Religieux qu'on appelle Abdals 8c Cheykhs , 
qui par la façon fauvage de leur vie en veulent prou- 
ver la faintcté. Ils n'ont point de couveus, ils demeu- 
rent. 



ABD 

tent où leur fouiberie a plus de pratique , &: ils font 
vilîtés principalement des femmes , avec lelquclles ils 
ont louv cnt un autre commerce que celui de la dévo- 
tion. Duloir, Voy. du Lev. p. 159. 

ABDAR. f. m. Terme de relation. Nom de l'officier qui 
icrt de l'eau à boire au grand Sophi de Perle. Olca- 
rius dit, dans fon voyage , que YAhdar garde l'eau del- 
tinée pour le Roi dans une cruche cachetée, de peur 
qu'on n'y mêle du poilon. 

ABDARA. Ahdera ., & , ou Ahdara. Ancienne ville 
d'Elpagne, dans la Bétique, fur la côte de la Médi- 
terranée. Elle avoit été b.uie par les Carthaginois. Ou 
la place ordinairement dans ce que nous appelions 
aujourd'hui le Royaume de Grenade , à-peu-près où 
cd: Adra , qui peut-être eft Abdara même , dont le 
nom s'eft corrompu. 

ABDELARI. f. m. Plante d'Egypte , dont le fruit reflem- 
ble beaucoup à un Melon: il eft pourtant un peu plus 
oblong & aigu à les extrémités. 

ABDERE. Ahdera, orum. Ancienne ville de Thrace. 
Plufieius Savans croient qu'elle fut bâtie par Abderus , 
ou bien par Hercule, enmrmoire à' Abderus, quiavoit 
été déchiré par les chevaux de Diomède. Leurs ga- 
rans font Pliiloftcate , Etienne de Byfance , Scycmus 
de Chio, &c. Mais Solin & Mêla difent qu'elle fur 
bâtie par Abdera fœur de Diomêde , qui lui donna 
fon nom; & lur les Médailles de cette ville , on ht 
d'un côté ABAHPA2 KOPAS, avec la tête d'une Héro'ine. 
f-^oye^ M. Spanheim,/». j-ô2. &Juïv. Elle tut rebâ- 
tie par Timéluis, quiy conduilît une Colonie de Ch- 
zoméniens; & enluite vers la 51^ Olympiade, c'cft- 
à-dire, environ 650. ans avant J. C. LesTéiens, peu- 
ples de l'Alie-mineure , ne pouvant loutFrir la domi- 
nation des Perles, pallcrent en Thrace, & s'étabhrcnt 
à Abdere. Quelques Auteurs veulent que ce loit Al- 
pérofa , ville maritime de Remanie, f^oye:^ Aspe- 
RosA. Elle a encore été nommée AJIri^^a. 

ABDÉKITE. f. m. Ahderites, Abderua. Qui eft de la 
ville d'Abdere. Les Médailles de cette ville ont une 
tête rayùnnée,avec ce mot ABAHPiTEnx.Les^A^mrej 
"' étoient fi Ifupides, que leur ftupidité avoit palfé en 
proverbe, & qu'on diluit. Un elprit d'Abdere , Ab- 
derïtïca mens , pour, un elprit grolîier , pelant , Ru- 
pide. Cicéron ad Attic. viïj. ep. 7. appelle un projet 
mal concerté , fans vues , fans prudence , Un projet 
Abdéritique. Abdere néanmoins produilit de grands 
hommes, témoin Ptotagore Se Démocrite. 

ABDEST. f. m. Terme de relation. Nom que les Per- 
fans & les Turcs donnent à la Purification que la Loi 
leur ordonne , & qu'ils pratiquent avant que de com- 
mencer toutes leurs cérémonies. Lavatïo , ablutio. 
Les Turcs font cette Purification en verlant de l'eau 
fur leur tête , & fe lavant les pieds trois fois ; mais les 
Perfans fe contentent de palfer leur main mouillée 
deux fois fur leur tête , & eftluite lur leurs pieds. 
Abdeft eft un mot Perfan compofé A' ah , qui fignihe 
de l'eau. S: de dejl , la main, ^'^oye^ OlÉarius & 
RicAULT : l'un parle de \'AhdeJl des Perfans ,& l'au- 
tre de celui des Turcs. Les Turcs ont trois fortes d'a- 
blutions. La première, qu'ils appellent Abdeft, & qui 
confifte à le laver les mains , les bras , le front, le 
vifage , le delfous du nez & les pieds , leur fert à fe 
préparer à prier Dieu , pour entrer dans la mofquée 
<k, pour lire l'Alcoran. Interp. de la Porte. Les 
Turcs font \' Abdeft tous les jours au matin. Ils fe 
tournent pour cet eflet vers la Mecque , & ils fe la- 
vent trois fois la bouche, les mains, le nez , les bras , 
la tête, les oreilles , les pieds, lavant le pied droit le 
premier. Ils fe jettent aulli trois fois de l'eau au vifage. 
Bruyn. F'oye:^ encore Ablution. 
ABDIARE. f. f. Royaume d'Afie. Abdlara. Il eft dans 
l'Inde, au-delà du Gange , au nord de celui de Pé- 
gu, duquel il dépend. 
Abdiare. Abdiara. Capitale du JRoyaume A'Abdiare, 
Elle eft fituée fur la rivicre de Pégu, environ à vingt 
lieues au-delfus de la ville de ce liom. Quelques Géo- 
gtaphes regardent ce Royaume & la ville de ce nom 
comme imaginaires ,& l'autorité de Vincent Le Blanc, 
qui en a parlé le premier , leur paroltfort fufpedc. 
Tome L 



ABD 17 

ABDIAS. f. m. Nom du quatrième des douze petits 
Prophètes , que les proteftans appellent commaucment 
Obùdids, tailant palier la prononciation Hébr.iVque 
dans les autres Langues. Ce nom vient'dc "ay abad , 
lervir , honorer , & ni /tz j abrège de Jehovah , nom 
de Dieu. Ainli il lignifie , leiviteur de Dieu , ou de 
Jehovah. 

C'eftaulli le nom d'un Auteur fabuleux , qui rap- 
porte une hiftoire apocryphe du combat des Apô- 
tres. Cet impofteur le vante d'avoir vu J. C. d'a- 
voir été l'un des loixaiite-douze Difciples , d'avoir 
fuivi en Ferle S. Simon & S. Jude, Se d'avoir allîfté 
aux adions & a la mort de plulleurs Apôtres -, 8c en- 
tr'autres , il rapporte celle de S. Thomas , qui fut , 
^ir-i/j déchiré par un lion, peu de temps après avoir 
maudit un homme. Woltgang Lazius qui découvrit 
le manulcrit de toutes ces fables dans une caverne , le 
publia à Bâle en i j j i . Mais malgré l'éloge qu'il ea 
lait , julqu'a le mettre en parallèle avec les Actes des 
Apôtres , rapportés par S. Luc, les favans critiques en 
ont fait voir la faulicté par une infinité de contradic- 
tions. f^0Ye:( Jean Hessels_, Bayle Se Dupin. 
If^- ABDICATION. C. f. Ade par lequel on renonce 
voloncaiiementà une dignité éminente dont on eft revê- 
tu. Abdicatio. Mot compofé de ab & de dicere dé- 
clarer. On ne doit pas confondre l'abdication avec la 
réfignation , la démijfton , \' abandonnemcnt , la re- 
nonciation , & le dcjîjlement. U abandonnement , dit 
M. l'Abbé Girard , \ abdication & la renonciation fe 
font. Le défftement fe donne , la démijfton fe tait & 
fe donne. 

On fait un abandonnement de les biens , une ab- 
dication de la dignité & de Ion pouvoir , une renon- 
ciation à fes droits & à fes prétentions , une démif- 
Jion de fes charges , emplois" & bénéfices , Se Ion donne 
un défîftement de fes pourfuites. 

L'abdication le tait purement & llmplement. La ré- 
jîgnation fe fait en faveur d'une tierce perfonne. 

Qw^ix. abdication, en parlant de celui qui abdique, 
<Sc de la chofe abdiquée. L'abdication de Charles V . 
L'abdication de l'Empire. Quelques politiques regar- 
dent ['abdication d'une couronne, plutôt comme un 
eftet du caprice ou de la foiblelfe de l'efprit , que 
comme une grandeur d'ame. 

On dit , L'abdication d'un fils rebelle Se défobeif- 
lant. Dans le droit Civil l'abdication eu. oppofée àl'a- 
doption. L'abdication n'étoit ditrerente de l'exhéré- 
dation que dans cette circonftance : c'eft que le fils 
abdiqué éroit exclus de la famille &' de la fuccellîon 
paternelle, par un aclc public pendant la vie du père ; 
au heu que l'exhérédation n'avoic d'exécution qu'en 
vertu de fon teftament. Les caulcs de l'abdication 
étoient les mêmes que celles de l'exhérédation. 

Harris, dans (on Diclionnaire Anglais des Arts , Ait 
qu'on trouve c^a' abdication s'cft dit encore d'un hom- 
me libre qui renonce à fa condition pourfe faire efcla- 
ve,ou d'un Citoyen Roaiain qui renonce à cette qua- 
lité & aux privilèges qui y lont attachés. 

On dit auili au Palais , Faire une abdication de 
biens , quand on fait un abandonnement entier. 
AABDIQUÉ, ÉE, participe pallîf& adje^it: Ahdicatus. 
^fj" ABDIQUER. V. a. Renoncer volontairement à une 
dignité louvcraine , s'en dépouiller. Abdicare. Dio- 
clétien & Charles-Quint ont abdiqué l'Empite. Il fe 
dit auffi abfolumer.r. Ce Prince a été forcé d'abdi- 
quer. 

Il fe dit auflî en parlant des Magiftrats des anciens 
Romains. Abdiquer /a Dictature, le Confulat. 

Parextenfion il fe dit des principaux emplois, Sedt% 
places émincntcs. Ce Général d'ordre a abdiqué. Acad, 
Franc. 

On dit en Droit, Abdiquer un fils; pour dire. L'a- 
bandonner, le challcr de la maifon , ne le reconnoî- 
rre plus pour fils. C'eft l'exhéréder , Se le priver de 
tous les avantages attachés à la qu.rhté de fils. Eft 
quaft ncgare filium. 
ABDOMEN, f. m. Terme d'Anatoraie, qui fignifie la 
partie extérieure du bas-ventre , depuis les cuilies en 
1 remontant jufqu'au diaphragme. Abdomen. CcA, dit 

C 



i8 



ABD 



Jlarrlsj le plus bas des trois ventres du corps liumain , 
appelle proprement le bas-ventre ^c^i comprend dans 
fa capacité le ventricule, les boyaux , le foie , la ratte , 
la velïie, &c. Se qui eft couvert en dedans d'une mem- 
brane , que l'on nomme Pcruonœum ; la partie inté- 
rieure Hypogaftre, ïîypdgàftTÏum : fa partie de devant 
cft divilée dans l'Epigaftre, Epïgafirium , les Hypo- 
condres , le droit & le gauche , & le iiombril. Il eft 
terminé en haut par le canilago enjîformis ,a.àïo\ic Se 
à gauche par les faulles côtes , en-bas par les vertè- 
bres des reins , par les os du Coxendix, \'os puhis Se 
l'osfacrum. Il a dix mufcles , dont il eft couvert , Se 
qui fervent à expulfer les excrémens, & rimne,&: 
le fœtus dans les femmes. Nous rapporterons leurs 
noms propres chacun à leur place. Selon M. Dionis , 
\ Abdomen eft la partie antérieure du ventre, laquelle 
le divile en trois régions, dont la lupéricure s'appelle 
épigajlri(jtie ; la moyenne, (celle du milieu ) ombïlïcalc; 
Se l'inférieure , hypogaftrïque. La première commence 
au cartilage xiphoide , Se finit deux travers de doigt au- 
dcilus de l'ombilic j la leconde commence où finit la 
première. Se le termine environ deux travers de doigt 
au-dellous de l'ombilic; & la dernière deicend julqu'à 
l'os pubis. Chacune de ces trois régions le divile en- 
core en trois parties , une moyenne , & deux laté- 
rales. La partie moyenne de la région épigaftrique eft 
appelée épigaflre ; Se les latérales , hypocondrcs j 
dont l'un cil à droite, Se l'autre à gauche. La partie 
moyenne de la région ombilicale le nomme ombilic. 
où nombril ; les parties latérales font les deux lom- 
bes. Le milieu de la région hypogaftrique s'appelle 
hvpogajlre : les côtés lont les îles ou les lianes. Il fe 
dit quelquefois, mais improprement , des parties 
contenues dans le bas*ventre. Les Grecs l'appellent 
raoaVpioi Se les Arabes mlrach. 
ÇCF ABDOMINAL , ALE. adj. Terme d'Anatomie qui 
défigne ce qui a rapport à l'abdomen. Ancres abdo- 
minales. 
ABDON ou ADDON. f m. quelques-uns des Inter- 
prètes de l'Ecriture -Sainte ont donné ce nom à 1 homme 
de Dieu , dont il eft parlé au chap. 1 3 du III^ livre 
des Rois , qui menaça de mort Jéroboam , parce qu'il 
lac'rifioit àùx Idoles : le Roi ayant commandé qu'on 
arrêtât ce Prophète , liv main fécha , & ne fut guérie 
que par les prières de cet homme de Dieu , qui re- 
fula les préfens qu'il lui voulut taire en recomioil- 
fancc de ce Icrvice. 
ABDUCTEDR. adj. m. qui fe prend fouvent fubftan- 
tivcmciit. Abduclor. Nom qu'on donne en Anatomie 
au quatrième mulcîe des yeux , qui les fait mouvoir 
en dehors , & regarder de côté pour marque de mé- 
pris d: de dédain : c'eft pourquoi on l'appelle aullî 
orgueilleux , ou dédaigneux 3 faftidiofus. On le dit 
auffides muicles du pouce, & d'autres parties du corps 
qui le peuvent mouvoir en dehors. VAbduclcur eft le 
troifième miilcle de l'index. Il prend fon origine de la 
partie externe & moyeimc 3e l'os du coude , Se pailant 
Ipus le ligament airnuLiite , il va s'inférer à la partie la- 
térale & externe des os du doigt'indice, qu'il tire en 
dehors vers les trois autres doigts. Dionis. Ce mot vient 
du Latin abduco _, qui fignificj Emmener. Les antagonif- 
tes "des Ahducleurs font appelés Adducteurs. 
ABDUCTION, f f Abduclio. Terme d'Anatomie. Le 
monv liment 6! abduclion , dans les mulcles du pouce, 
eft celui qui lait que les doigts s'éloignent du pouce. 
Dionis. Et dans les mufcles des yeux ,1e mouvement 
ô: abduction eft celui qui éloigne la viie, ou l'œil du 
nez,& fait rcga.Lder par-defllis l'épaule. 
|Lï Abduction, le dit aulli d'une certaine fraéluredans 
laquelle l'os eft iéparé aux environs de l'articulation , 
de manièce que les extrémités fradurées font écar- 
tées l'une de rautrc. 
^fT Aeductjon , en Logique, eft une façon d'argumen- 
ter , où le grand terme eft évidemment contenu dans 
le moyen terme , mais où le moyen terme n'eft pas 
intimement lié avec le petit terme. Ainfil'on accorde 
la majeure d'un tcl_ fyllogifme , Se l'on force de prou- 
ver la mineure , afin de déveloper davantage la liai- 
loii du moyen avec le petit terme. ' \ 



A B E 

A B E. 

ABE. f. f. Nom d'un habit des Orientau^t. Aba. VAhe 
des Orientaux eft une efpèce de manteau ou de cha- 
pe, dont ils le lervent en campagne , qui eft de poil 
de chameau , Se barré en pal de blanc & de noir. P. 
Helyot, t. I. p. 320. On pourroit l'appcller en la- 
tin Penula Orientalis. 

ABÉATES. f m. Abcatx. Habitans de la ville d'Abét. 
Corn. Ce font les Habitans de la ville à'Ahée duPc- 
Iqponèfe. Ceux à'Abée de Phocide s'appellent ^^^«rej. 

ABÉCÉDAIRE, f. m. Qui eft enccrc^l'a^b^c. Eleftten- 
tarius. S. Jérôme & S. Fulgence, 3. Mythol. CX , 
dilent Abecedarius , a j iim. On le moque d'un vieil- 
lard Abécédaire , qui eft encore à \a,b , c, qui ne fait 
rien. On a donné le titre AAbécédaire à un livre de 
Pierre d'Alva fur la Conception delà Vierge en vingt- 
un volumes, dont la première lettre A contient trois 
gros vol. in-fol. imprimés a Madrid en 16-J.8. Il eft in- 
titulé , Abecedanum Marianum. S. Auguftin , dans 
les Rétractations j Liv. I y Chap. XX. dit qu'on appc- 
loit Abécédaires 3 Abecedarios , les Pfeaumes dans 
lelquelles les premières lettres de chac.ue ftrophe , ou 
quelquefois peut-être de chaque vers, luivcienî l'or- 
dre alphabétique. Dans l'Ecriture ,leCXVnP Pfeaume 
Se les Lamentations de Jérémie lont de cette forte , par 
où il paroît que les Hébreux ont été les premiers Au- 
teurs de cette efpèce de Pocfie , inventée apparem- 
ment pour aider la mémoire. 

Il le dit aullî de l'ordre des lettres fuivant l'al- 
phabet. 

Abécédaire, fignifie encore , fuivant Danet , le Maî- 
tre des petites écoles , qui apprend à lire aux aifans. 
Livres abécédaires j tels que ceux de M. Dumas , 
Inventeur du Bureau typographique , font ceux qui 
traitent des lettres par rapport à la ledlure, & qui ap- 
prennent à lire avec tacilité Se correélcmcnt. Abécé- 
daire qui a rapport au fond de la chofe , eft ditférent 
à! alphabétique qui ne fe dit que par rapport à l'ordre. 

ABÉCHER ou ABBECQUER. v. a. Donner la bê- 
chée on becquée a un oifeaii qui n'a pas encore Ta- 
drelfe de la prendre lui-même. Efcam ingerere. Ce 
mot vient de à Se de bec^ c'eft-à-dire , Mettre au bec. 

NiCOD. 

En FaucoQnerie on dit , Ahécher l'oifeau •■, peux- 
dire. Lui donner une partie du p.àt ordinaire pour le 
tenir ou pour le mettre en appétit, dans le delfein de 
le faire voler un peu après. 
rp- ABEDDE. Ville d'Afrique, dans la Guinée, fur la 

iiiême rivière qu'Ackram , & deux lieues plus bas. 
ABÉE. 1. f. Ouverture par où on laille couler l'eau d'uii 
ruilfeau ou d'une rivière , fur la grande roue d'un mou- 
lin pour faire moydre.' Elle s'ouvre Se fe ferme avec 
des pales ou lançoirs. Il en eft lait mention dans la 
Coutume de Loris, Ch. X. Ce iliot peut venir dç 
baie j ouverture. Foramen. 

ABEE. Abea. Ville du Détroit Melfénien, ou Manfer- 
tin, près de Phares, dans le Péloponèfe. Elle fut dinlî 
appelée, dit Paufanias , d'Abdas , fils de Lyncée Se 
d'Hypermneftrc. Quelques Auteurs lacbnfohdentdvec 
Ira , l'une des lept villes qu'AgamèmnOn oflre à Achi- 
les. Iliad. IX. il y avoit un temple fameilx où Apol- 
lon rendoit des Oracles; les troupes de Xerxès le brû- 
lèrent. Il y eut aullî dans la Phocide une ville de ce 
nom bâtie par les Abantes. 

Il y avoit plulieurs autres villes de ce nom : une 
dans la Phocide nommée Aba^ ou Abs ; une autre 
dans la Locridc Epignomidienne , félon Paufanias -, 
& une troilîème dans la Carie, lelon Etienne le Géo- 
graphe. 

v^ ABEHER. Petite ville de Perfe , que les Géographes 
du pays mettent à 74 d. 32' de long. 6«: à 36 d. ij' de 
latitude. 

(cr ABEILLAGE. ^oye^ Aboilage. 

ABEILLE, f. f. Infecile volant , grolfe mouche qui a un 
aiguillon fort pi' ,uant , Se qui fait le miel & la cire. 
Apis. 

Swammefdam en falr la défcription , auili-bicn que 



ABE 

cicî bourdons appelles fuci. A l'égard des abeilles 
qui t-"oiir le miel, qu'il appelle, apes operariA ^. il 
dit qu'on ne peuc dccouvrir h elles four mâles ou 
fem.'Lîes ; mais dans le roi & les bourdons , les par- 
ties qui Ter vent à la génération, lont très-percepnbles. 
Jean de Horn , fameux Anaromifte, a tait voir les 
œufs des abeilles dans la femelle, que l'on nomme or- 
dinairement le roi. Elles ont un tilki donc elles lont 
enveloppées , qui ell ourdi de même que celui des 
vers à foie. Swammeidam montre auilî des rayons de 
miel où l'on voit les apparrcmens du roi & des autres 
abeilles. On découvre lenfiblement dans les abeilles les 
paumons compotes de deux petites veilles. Lcut gouvei- 
nementneconiiftequedaiis un amour mutuel, lans qu'el- 
les aient la moindre lupériorité les unes lut les autres. 
Les abeilles fervent d'aliment aux hirondelles, qui onr 
radielfe de les prendre en volanr. C'ell pourquoi lorl- 
qu'il va pleuvoir , & qu'il y a peu de ces petits ani- 
maux dans l'air , les hirondelles defcendent vers la 
terre pour y chercher leur aliment : d'où eft venue 
l'erreur de croire qu'elles prédilent la pluie. Il y a 
au;lî àes mouches d'eau , qui portent les aiguillons 
dans la bouche, aulH-bien que tous les autres infeclcs 
aquatiques. Aldrovandus les décrit fous le nom A'a- 
beïll es amphibies ; & Jonfton les appelle abeilles Jau- 
vasjes. Il y a une efpcce d'abeilles fauvages qu'on 
trouve dans les jardins & dans les bois. Swammer- 
dam en diftingue de fix fortes. Il y en a qui ont des 
cornes fort longues ; d'autres dont le corps eft velu. 
Mouflet les appelle abeilles foUtaires ^ dont le nid 
tft fait de gravier , de fable Ik d'argile. Il décrit 
auiîî fept loiTcs de guêpes, il y en a de bâtardes , qu'on 
îippcîie pfeudophecî. Hoeftlnagel en a dépeint vingt- 
quître fortes , entre lefquelles il y a une mouche à 
crois queues, en latin vefpa. Il y en a une que Goe- 
<l.art appelle gloutonne Se dévorante , que quelques- 
uns nomment mufcalupus , parce qu'elle dévore fa 
proie avec les dents. On voit dans l'AbilTînie une ef- 
pèce particulière d'abeilles. Elles font plus petites que 
ies autres, noires, 3c fans aiguillon; elles ont leurs 
ruelles cachées dans la terre, & font du miel & de la 
cire d'une blancheur extraordinaire. Mat y. Les abeilles 
des Antilles & de l'Amérique méridionale font plus 
petites que celles de l'Europe. Il y cnaqui font giiles, 
d'autres brunes , ou bleues. Ces dernières font plus 
de cire, & de meilleur miel. Elles le retirent toutes 
dans des fentes de rochers , & dans des creux d'arbres. 
Leur cire eft molle, & d'une couleur fi noire, que rien 
ii'cft capable de la blancliif, mais leur miel eft beau- 
coup plus blanc , plus doux & plus clair que celui 
d'Europe. Elles n'ont point d'aiguillon. Lonvillers. 
Le P. du Tertre ajoute, qu'il eft impollîble d'appri- 
voifer ces abeilles j qu'elles font toutes fauvages. Il 
convient du refte , à cela près, qu'il allure qu'il eft 
fiiux que leur miel l'oit plus blanc que celui d'Eu- 
Tope. Celles d'Etliiopie, auiîi plus petites que les nô- 
tres & tans aiguillon, font leur miel en terre: elles en- 
trent dans ces niches foucerraincs par un feultrou rrès- 
petif, quand un homme en approche , cinq ou lix le 
touchent de leurs petites têtes tî jufte , qu'on ne s'en 
appcrçoit point fans beaucoup d'attention. Elles font 
noires i mais leur cire eft très-blanche, & leur miel 
très-doux. LuDOLF.Z. /. C. 13. Foye^ Meurfuisdans 
fa Creta Liv. i. Chap. i ;. fur les abeilles qui obli- 
gèrent Icshabirans de Rochas d'aller s'établir ailleurs ; 
fur les abeilles de l'île de Crète, qui, quand elles 
veulent doubler un Cap , prennent de petites pierres 
dans leur mul'eau pour leur fervir de l'cft , & pour 
ti'ctre point emportées par les vens. La même L. 1 1 . 
C 7. & fur celles du Mont Ida qui nourrirent Ju- 
piter, 

Le roi des abeilles eft femelle , & jette environ fix 
mille œufs par an. Il eft deux fois plus gros que les 
autres abeilles. Il a les ailes courtes , les jambes droi- 
tes, & marche plus gravement que les autres. Il a une 
marque au front. Pline dit que_^le roi des abeilles 
n'a point d'aiguillon. C'eft ià-deJlus qu'eft fondée la 
réponfe qu'on fit au nom d'L^rbain Vlil après Ion exal- 
tation. Il portoit des abeilles daiis fes armes : ua Fian- 
ToTue I, 



ABE 19 

çois fit là-dcftus ce vers , en faveur de fa nation : 

Callis mella dabunt j Hifpanis fpicula figetif. 

On répondit au nom du Pape d'une manière fort 
ingénieute & fort convenable à la quahté de perc 
commun des Chrétiens : 

Cunclis mella dabunt j nullifua fpicula figent ^ 
Spicula Rex etenim figere nejcit apum. 

Quelques-uns prétendent qu'on remarque dans la 
république des abeilles une régularité & une f ubordi- 
nation admirables \ qu'on y voit une diftribution bien 
réglée des emplois j un ordre, &im concert aulfi par- 
fait qu'entre des efprits qui confpirent à l'exécution 
d'un même dellein. Ce que 'Virgile dit que les pi- 
qûres des abeilles leur coûtent la vie , parce qu'elles 
liillent leur aiguillon dans la plaie. Animas in vai- 
ncre ponunt , n'eft point véritable, & les Naturahftes 
n'en demeurent pas d'accord. C'efl le feul inleCte né 
pour l'utilité de 1 homme , à ce que dit Pline, Liv. 1 1. 
En quoi il te trompe , car il devoit du moins ajouter 
le ver à loie. Il raconte plulîeurs merveilles des abeilles, 
auflîbien que Matliiole, touchant leur économie. Les 
principaux des Anciens qui onr parlé des abeilles ^ font 
Ariftote, Hyginus, Virgile, Celle, Marc Vairon, &c. 
Et parmi les Modernes , outre ceux quel nous avons 
cités , un Anglois nommé Majow en a fait un Traité 
intitulé : Alonarchia fœminina j feu Apum Hifloria. 
M. Maraldi de l' Académie Royale des Sciences , donna 
en 1 7 1 i J un t'avant Mémoire fur les abeilles. En voici 
l'exrrair 

Il indique d'abord ceux qui ont traité des abeilles. 
Entre les anciens , Ariftomache les confidcra pendant 
f oixante ans. Hilhlcus fe retira dans les bois , pour avoir 
plus de facihté aies obferver. Ces deux philofophes, 
au rapport de Pline , avoient écrit de la nature des 
abeilles : tk ce font eux peut-être qui ont appris aux 
hommes à les cultiver, à leur donner des ruches, & 
à en retirer les grandes utilités qu'on en reçoit. Nous 
devons à Ariftote des obtcrvations utiles & curieutes 
fur cet infecte. Elles furent ornées de mites en vers 
latins par Virgile , dans ton quatrième hvre des Géor- 
giques. Dans la fuite , ces obfervaticns ont été con- 
firmées i?c augmentées par Pline & par plutieurs phi- 
lofophes de l'antiquité. Parmi les Modernes, le prince 
Frédéric Célî, inftituteur 6c chef de l'Académie Ro- 
maine des Sciences, vers le commencement du fiècle 
palle , avoit fait, au rapport de Fabius Columna , 
un traité l'ur les abeilles j qu'il prétenta au Pape Ur- 
bain VIII, & qu'il avoit fait elpérer au public, avec 
la defcription des parties de cet animal , reprétentées , 
à l'aide du microtcope, par Stelluti, de la même Aca- 
démie. Mais on ne lait point ce qu'eft devenu cet 
ouvrage, non plus que celui que Swammerdan avoit 
promis il y a plulîeurs années , fur l'anatomie de cet 
animal. Les remarques de M. Maraldi peuvent rem- 
placer ces ouvrages. Voici à-peu-près ce qu'elles con- 
tiennent. 

Le nombre des abeilles qui font dans une ruche, 
eft diftércnt, fuivant la grandeur diftcrcnte des ru- 
ches. Dans les petites on en a compté S ou icooo, 6c 
juiqu'à 18000 dans les grandes. Dans chaque ruche, 
grande ou petite , il y a trois fortes de mouches , les 
abeilles 3 qui lont lans comparaitonle plus grand nom- 
bre, les bourdons &: l'abeille qu'on appelle iîo/. Nous 
parlerons des bourdons en leur place, il ne s'agir ici 
que des abeilles ^ c'eft-à-dire, de la première & de la 
troihème etpèce. 

La première elpèce , ou les abeilles , compoferit 
pretque tout l'ellaini: ce font elles qui vont recueillir 
la cire lur les Heurs, qui la pctrilîent & en forment 
les rayons & les alvéoles -, ce font elles qui re- 
cueillent le miel , & en lempliircnt les rayons dans 
l'été, pour leur fervir de nourriture pendant l'hiver ; 
qui ont foin de fournir à leurs petits une nourriti'.re 
proportionnée à leur âge, ik. d'exciterune chaleur pro- 
pre à les faire arriver à leur perfection 5 ce (ont elles 

Cij 



zo ABE 

enfin qui ont foin de tenir k ruche propre , & d'en 
chalfer ce qui peut leur être nuitiblc. Toutes ces 
abêties ont un 'aiguillon , & il y en a parmi cette 
efpèce qui lont un peu plus grandes les unes que les 
autres. 

On peut diitingucr trois parties principales dans le 
corps de l'abeille. La tcte , qui eft attachée par une 
elpèce de cou au refte du corps ■■, le milieu du corps , 
qui eft la féconde partie , ell aulîî diftingué du ven- 
tre par une interciiion-, le ventre eit la troilième partie. 

tlle a à la tête deux eipèces de ferres ou mâchoires, 
qui s ouvrent & fe ferment de droite à gauche. Cet 
organe fert aux abeilles comme de main pour prendre 
la cire, la pétrir, en bkir-les alvéoles, & les polir. Elles 
s'en fervent pour tranfporter dedans ou dehors tout 
ce qui leiu' clt: nécellaire. 

A l'extrémité de la tcte , les abeilles ont une trompe , 
dont l'origine eft proche du cou. Elle va ordinairement 
depuis fa racine, où elle eft plus grofle , julqu'à fon 
extrémité, où elle fe termine en pointe. Cette trompe 
eft compolée de cinq branches , deux delquelles lont 
détachées des autres depuis Itur racine, l'une à droite , 
l'autre à gauche ; les trois autres ne le Icparent que 
vers la moitié de la trompe. Celle du milieu eft cy- 
lindrique, de la groifeur d'un cheveu; & vue avec le 
microlcope , la longueur paro'ir diftinguée en pluiieurs 
anneaux , chacun desquels eft garni d'une grande quan- 
tité de petits poils, plus longs vers l'extrémité de la 
trompe que vers fi racine. Cette partie que nous ap- 
pelons plus particulièrement Li trompe , eft un des 
principaux organes de \' abeille. C'eft avec cette trompe 
qu'elles recueillent le miel lur les fleurs , ik qu'elles 
prennent leur nouaiture. Les quatre autres branches 
lont plus larges vers leur origine , & vont en dimi- 
nuant julqu'à la pointe. Elles lont faites en manière 
de gouttières , étant concaves du côté qu'elles em- 
bralfent la trompe , & convexes de l'autre : elles ont 
une conllftance de corne. Les deux branches qui lont 
détachées plus près de la racine , lont les plus larges , 
& cnibraircnt les deux autres. Elles s'unillent ii bien 
enfemble , qu'elles ne paroiilent qu'un leul tuyau. 
Vers le milieu de chacune de ces quatre branches il 
y a une efpèce d'articulation , par le moyen de la- 
quelle elles s'alongent ou le plient tout à la fois à 
l'endroit de l'articulation. La moitié de la trompe , qui 
eft à l'extrémité , fe plie &i le couche le long de l'au- 
tre moitié, qui eft vers l'origine. Ces quatre branches , 
en fe pliant , emportent avec elle la trompe du mi- 
lieu , qui n'a aucune articulation. Lorlque ces bran- 
ches font phées, (jui eft la fituation la plus ordinaire, 
elles lont compriles entre le cou & les ferres , dont 
on a parlé -, mais lorfqu elles font alongées , ce qui ar- 
rive toutes les fois que \'abeillc\'t\xt fe nourrir ou ra- 
iTialîerle miel , l'autre moitié s'avance hors de la tcte; 
& outre cela, la branche moyenne des cinq peut s'a- 
longer encore un peu hors des quatre branches, & le 
mouvoir en tout iens pour fucer avec fon extrémité 
le miel qu'elles vont chercher dans le calice des Heurs. 

Nous nous lommes alsûrés par pluheurs expérien- 
ces , que les abeilles recueillent le miel par la feule 
trompe ; & il nous a paru que cette trompe eft un ca- 
nal par où peut palfer le miel. On l'a vu grolîîr dans 
Tinftant qu'elle luce le miel, & cette augmentation fe 
failoit luccelllvement depuis Ion extrémité jufqu'a fa 
raciçe ; ce qui nous taifoit juger que c'étoit ce lue qui 
caufoit ce gonflement, en paftant dans la capacité de 
ce tuyau. On pourroit aulîI fuppoler que la ttompe 
eft comme la langue , &que les branches font la fonc- 
tion du bec. La langue , après avoir recueilli le miel 
fur les fleurs , le tait monter par les branches jufqu'a 
leurs racines, où il entre dans le corps de l'abeille ^ 
par où elles ont coutume de le rejeter. 

Le milieu du corps de l'abeille eft d'une figure ap- 
prochante d'un Iphéro'ide un peu alongé , fur lequel font 
attachées deux ailes, une à droite, l'autre à gauche, un 
peu au-deffus de la ligne horizontale qui palfepar le mi- 
lieu du corps. Chacune de ces ailes eft accomnagnéc 
dune autre plus petite, qui lui eft comme adhérente, 
& qui eft un peu plus près de la tcte. C'eft avec ces 



ABÈ 

quatre ailes qu'elles font des fons pour s'avertir les 
unes les autres. C'eft aulîi vers le bas de cette paitie 
du corps, que font lix pattes , trois à droite ,& trois 
à gauche. Deux de ces pattes font fur le devant, (k. 
fort proche de la tête : ce lont les plu" petites des fix. 
Les quatre autres lont attachées furie derrière du côté 
du ventre, fort proche les unes des autres. Les deu.< 
du milieu lont un peu plus longues que les premières ^ 
& plus courtes que les poilérieures. Toutes ces partes 
lont diftinguces en pluiieurs articles , dont il y en a 
trois plus grands que les autres: ils font vers le milieu 
de la patte. Il y en a d'autres plus petits vers la racine 
& vers l'extrémité de la patte. L'article du milieu des 
deux pattes de derrière eft beaucoup plus large que les 
autres, & il a du côté extérieur une petite concavité 
en forme de cuiller, qui eft enviroiuiée d un granii 
nombre de poils. C'eft dans cet enfoncement que les 
abeilles ramallent la cire qu'elles recueillent iui les 
fleurs. Les jambes des bourdons qui ne recueillent point 
de cire , & celles du roi des abeilles, n'ont point cet en- 
foncement. Les extrémités des fix pattes le terminent 
en deux manières de crocs adolfés l'un à l'autre , avec 
lelquels les mouches s'attachent enfemble aux parois 
de la ruche , & forment diverfes ligures , tantôt de 
cône, tantôt de plan, tantôt de fefton. Pu milieu de 
ces deux crocs , il fort un petit appendice mince , 
qui fe phe en deux félon fa largeur. îl cil ordinai- 
rement plié , & lorfqu'il eft étendu , il paroit une 
fois plus large -, il eft fort mince & arrondi. Les 
abeilles fe fervent de cette partie pour s'attacher & 
marcher fur les matières polies , comme le verre. Il y 
a de l'apparence qu elles s'en fervent aulfi comme de 
main pour prendre la cire , & la porter fur leurs deux 
pattes de derrière. 

La dernière partie de l'abeille y qui eft le ventre ,' 
eft dillinguée en fix anneaux. Dans fon intérieur elle 
a deux parties remarquables; l'une eft une véficuleoii 
va fe ramaffer le miel , qui s'y rend en paifant par la 
trompe & par un canal fort étroit qui traverf'e la tcte 
& la poitrine de V abeille. Cette veflie, lorfqu'elle eft 
pleine, eft de la grofleur d'un petit pois. Elle eft tranf- 
parente, de forte qu'on voit à travers la couleur du 
miel qui y eft contenu. 

L'autre partie remarquable eft l'aiguillon placé à l'ex- 
trémité du ventre de l'abeille , & qui entre &: fort 
avec beaucoup de vîtefle , par le moyen des mufcles 
litucs tout près de cet aiguillon. Sa longueur eft d'en- 
viron deux lignes ; il fe termine en pointe fort aiguë , 
& eft un peu plus gTos vers fa racine. Il eft d'une con- 
llftance de corne , creux en dedans en forme de tuyaiz 
par où palïe la liqueur venimcufe , qui , renfermée 
dans une. veflîe, près de la racine de l'aiguillon, va 
lortir par fa pointe , & s'infmue dans la piqûre à Tinf- 
tant que l'abeille perce la peau. Vabeille laifte prcf- 
que toujours l'aiguillon dans la piqûre , & l'aiguillon 
entraîne avec lui la véficulc, & quelquefois une par- 
tie des boyaux de i'infeCle. Si l'on retire aulîî tôt l'ai- 
guillon , il ne le fait qu'une légère tumeur , parce 
qu'il ne paiîe dans la chair que peu deliqueiu vcni- 
meute ; mais fî l'on n'ell pas prompt à le retirer, tout 
le venin fort de la vefïîe , & pénètre en peu de temps 
dans la plaie; ce qui caufe une grofie tumeur, & beau- 
coup de douleur pendant pluiieurs jours. 

Nous expliquerons au mot Alvéole , la manière 
dont les abeilles forment les alvéoles de leurs ruches. 
Vabeille qu'on nomme le Roi^ & que l'on devroit 
plutôt nommer la Berne 3 eft la mère de toutes les 
autres. Elle eft- fî féconde, qu'autant Ciu'cn en peut ju- 
ger , elle peut produire en un an huit ou dix mille 
petits: car elle eft feule, pour l'ordinaire , dans une 
ruche , au moins pendant une partie de l'année , ôc à 
la fin de l'été la ruche eft auili pleine d'a./ci/Ztfj qu'au 
commencement du printemps ; cependantil fort cha(5ne 
année unelfaim, & quel' ^uetois deux ou trois, de dix 
à douze mille abeilles chacun. Il faut donc que l'a- 
beille produite une partie de ces diftérens elfaims: je 
dis une partie, parce qu'il te peut taire que le roi qui 
forr avec le nouvel eflaim, en produite auilî u!-c par- 
tie aviyit que defortir. Cette mère abeille rcftc le plus 



AB 



E 



ABE 



lî 



louvent cachée dans l'intérieur de la ruche, & elle 
n'cll vifible que lorlqu'elle veut faire les petits dans 
les rayons qui font expolés à la vue ; encore n'eft-elle 
pas alors toujours vilible-, car le plus louvent il s'y 
trouve dans ce temps-là un très grand nombre à' abeilles-, 
qui en s'attachant les unes aux autres , font une ef- 
pèce de voile depuis le haut julqu'au bas de la ru- 
che, empêchent qu'on ne voie, 6i ne le retirent que 
lorfque l'aheille y a dcpolé fes petits. 

Lorlqu'elle paroit à découvert , on la voit toujours 
accompagnée de dix ou douze des plus grandes iZ^d'i&j 
ordinaires : elles lui font une elpèce de cortège , & 
ia (uivent partout où elle va avec une dématche po- 
fée & fort grave. Avant que de mettre bas fes pe- 
tits , elle met pour un moment la tète dans l'alvéole 
où elle fe propofe de les poler. Si cet alvéole le trouve 
libre, & qu'il n'y ait ni miel ni cire, ni aucun em- 
bryon , Vaheilk le tourne lur le champ pour faire en- 
irer la partie poftérieure de fon corps dans le même 
alvéole, & s'y enfonce julqu'à ce qu'elle touche le 
fond. En même temps les abeilles qui l'accompagnent , 
& qui font difpolées en cercle au tour d'elle, avant 
toutes leur tcte tournée vers la henné , la carellcnt 
avec leur trompe & leurs pattes , & lui font comme 
une manière de fête, qui ne dure que fort peu de 
temps : après quoi l'aheille lorr de l'alvéole , dans le- 
quel, après fa lortie , on voit un petit œuf blanc , 
fort mince , long d'environ une demi-hgne , ou trois 
quarts de hgne au plus, & quatre ou cinq fois plus 
long que gros , un peu plus pointu par une extrémité 
que par l'autre , & planté par l'extrémité la moins 
grolTc lur la bafe, dans l'angle lolide de l'alvéole. Cet 
œuf eft formé par une membrane mince , blanche , 
unie & remplie d'une hqueur blanchâtre. 

Après que la grofle abeille a fait un œuf dans un 
alvéole , elle va avec les mêmes circonllances en laire 
un autre dans un alvéole voilui; & on lui en voit faire 
huit ou dix en différens alvéoles, immédiatement les 
«ns après les autres, & il le peut faire qu'elle en 
ponde un plus grand nombre. Après avoir fait la pon- 
te , elle fe retire , & va , accompagnée des mêmes 
avilies i dans l'intérieur de la ruche , où on h perd 
de vue. 

L'œuf qui refte fur la bafe de l'alvéole demeure qua- 
tre jours dans cet état , lans changer de figure ni de 
lîtuation; après les quatre jours, on le voit changé en 
manière de chenille , divilée en pluheurs anneaux , 
couchée & appliquée lur la même baie , entortillée en 
rond , de forte que les deux extrémités le touchent. 
Il eft alors environné d'un peu de liqueur , que les 
abeilles ont foin de mettre au bout des quatre joiu's 
dans l'angle folide de la baie. On ne lait quelle eft 
cette hqueur i 11 c'eft du miel pour la nourriture de 
l'embryon , ou quclqu'autre matière propre à fé- 
conder le geriiie : car elle paroit plus blanchâtre , 
moins liquide & moins tronlparente que le miel. 

De quelque nature que puilfe être cette première 
liqueur, dont le petit ver eft environné, il eft certain 
que dans la luite les abeilles lui apportent du miel 
pciir nourriture. A melure qu'il croit, elles lui four- 
nillent une plus grande guantité d'aliment , julqu'au 
huitième jour de fi naiffance , qu'il eft augmenté, de 
forte qu'il occupe toute la largeur de l'alvéole, &: une 
partie de (ù. longueur. Dans la fuite , les foins que les 
abeilles om de ces petits , finilfent j car elles bouchent 
avec la cire tous les alvéoles , où ces vers demeurent 
encore enfermés pendant douze jours. Durant ce temps 
il arrive aux embryons entérinés divers changemens , 
comme on le reconnoit en débouchant les alvéoles a 
des jours dilFcrens. D'abord les vers changent de lîtua- 
tion, & d'entortillés qu'ils étoient auparavant fur la 
bafe de l'alvéole , ils s'étendent fuivant fa longueur , 
àc fe placent la tcte du coté de l'ouverture i la tête du 
ver fe développe un peu , & l'on commence à voir 
quelques petits alongemens , qui font , à ce que l'on 
en peut juger, les premières orighies de la trompe. On 
voit aulïï lur l'origine delà tête un point noir , & à 
une petite diftance de ce point, une raie noire fur le 
dos, mais qui ne v?. pas julqu'à l'cxtrérùité du ver ■■, 



on voit auffi les premiers linéamens des pattes foré 
petits. 

Après que là tête eft formée, & la trompe prolon- 
gée , toutes les parties le développent , en forte que 
tout le ver le trouve converti enchrylahde ou nymphe, 
qui eft la mouche prelque parfaite , excepté qu'elle eft 
encore blanche & molle , & qu'elle n'a pas cette ef- 
pèce de croûte dont elle eft revêtue dans la fuite. Par 
cette transformation , le ver fe dépouille d'une peau 
blanche (Se très-fine , & qui s'attache lî parfaitement 
aux parois internes de l'alvéole, qu'elle prend même les 
contours des angles, tant de la baie que des cotés , 
& ne paroit former avec lui qu un même corps. \Ja- 
heille s'étant dépouillée de cette pelhcule , a les fix 
pattes rangées lur le ventre depuis la tête , où font les 
premières, julqu'à l'extrémité poftérieure du corps , 
ou lont les dernières. La trompe avec les gaines , eft 
lituee , dans toute la longueur, au milieu des iix pattes, 
depuis la tête julqu'à l'extrémité prelque de fon corps i 
les ailes lont couchées le long des deux pattes de der- 
rière , du coté du ventre. Elles ne font pas pour lors 
dans toute leur étendue , mais elles font pliées en di- 
vers plis. 

Y! abeille étant dans cet état , différentes parties de 
fon corps changent lucceftîvement de couleur. D'a- 
bord les yeux parodient d'un jaune un peu obfcurj 
qui devient enluite violet & après noir. Après ce 
jaune oblcur, on remarque trois points qui forment un 
triangle ilocèle fur le plus haut de la tête , lefqucls 
changent enluite comme les yeux, en pailant par di- 
verles couleurs, & deviennent noirs. Les bcuts des 
ailes lont teints d'une couleur obfcure fort légère. 
Une partie des cornes ou antennes , dont la longueur 
eft leparée en deux également par un article, chan- 
ge , la partie la plus éloignée de la tête , la pre- 
mière, enluite la plus prochaine. La trompe & les 
pattes le voient en même temps de couleur de châtaigne. 
Toute la tête change , aulîî-bien que la poitrine , dans 
une couleur de terre claire , & s'obfcurcit dans la 
fuite ; les ailes fe trouvent déployées & étendues dans 
leur état naturel. On voitaulîî les poils qui couvrent \a- 
heille j formés & rangés fur la tête , fur la poitrine & 
lur le refte ducorps 

Après tous ces changemens , \ abeille étant dans fi 
perfection , le vingtième jour après fa naillànce , 
elle cherche à fortir de l'alvéole : c'eft elle-même qui 
le fait l'ouverture , en coupant en rond , avec fes mâ- 
choires, le couvercle qui la bouchoit, & que les 
abeilles avoient fait pour l'enfermer. La nouvelle 
abeille j, en lortant de 1 alvéole, paroit irn peu endor- 
mie , mais elle prend bientôt fon agihté naturelle ; car 
on la voit le même jour fortir de la ruche , & revenir 
de la campagne chargée de cire comme les autres. On 
diftingue les jeunes abeilles par la couleur, qui eft un 
peu plus noirâtre, Se par les poils qui font plus blan- 
châtres. 

La jeune abeille étant fortie par l'ouverture qu'elle 
a faite à Ion alvéole, il en vient au!lîtc)t deux vieil- 
les , dont l'une retire le couvercle, & va pétrir & cm- 
plover ailleurs la cire dont il eft compofé ; l'autre tra- 
vaille à raccommoder cette ouverture •■, car de ronde 
ou inégale que la jeune abeille l'avoit lalifée en lor- 
tant , celle-ci la fiit hexagone , &: lui donne fa pre- 
mière figure; elle la forrific avec le rebord ordinaire. 
Se la nettoie enôtanrt de petites pelhcules de la jeune 
abeille qui y font reftées , & qui font peut-être les 
dépouilles des pattes : car pour ce qui eft d'une nou- 
velle pellicule , qui renferme tout fon corps un peu 
avant que de lortir , il y a de l'apparence qu'elle s'appli- 
que comme la première , dont on a parlé, aux parois 
de l'alvéole. Ces pelhcules qui s'attachent aux cellu- 
les , les font changer de couleur ; & c'eft par cette 
raiion, qu'on trouve dans une ruche des rayons de cou- 
leur différente, ceux où il n'y a eu que du miel étant 
d'un jaune clair, & ceuxd'où lontfortis les abeilles étant 
d'un jaune obfcur. Nous avons détaché quelquefois 
d'un alvéole , qui avoit été le berceau de plufieurs 
abeilles :, julqu'à huit de CCS pelhcules collées Içs uncs 
lur les auties» 



V 



2Z 



ABE 



L'alvéole étant réduit à fa première perfeélicn, 
les abeilles y font quelquefois le jour mcme de nou- 
veaux œufs , quelquefois elles y mettent aupara- 
vant du miel : nous avons vu les abeilles faire cinq 
fois différentes leurspetits dans les mêmes alvéoles dans 
l'elpace de trois mois. 

Les abeilles recueillent deux fortes de cire fort dif- 
férentes. La première, qui elf brune & gluante, leur 
fert pour boucher toutes les ouvertures de la ruche , 
ik quelquefois d'appui pour y attacher les rayons. La 
féconde cft la cire ordinaire , qu'elles emploient dans 
la conflruèfion des alvéoles. Les abeilles recueillent la 
cire ordinaire fur les feuilles d'un grand nombre d'ar- 
bres & de plantes , & fur la plupart des Heurs qui ont 
des étamines. Elles en ramaffent une grande quanti- 
té fur les fleurs de roquettes , & principalement fur 
celles des pavots fîmplcs , qui ont une grande quan- 
tité de ces étamines, (Se elles prennent fouvcnt toute 
leur charge fur une de ces fleurs. Mais elles travaillent 
avec une fi grande vitefle, que quelqu'attention qu'on 
y prête, les yeux ont bien de la peine à les fuivre , 
& à s'afsûrer de quelle manière elles s'y prennent. Il 
eff certain qu'elles ramallent la cire avec les poils dont 
leur corps cil: garni , en fe roulant fur la Heur ; car on 
les voit retourner de la campagne ces poils chargés 
de petites particules de cire en manière de pouflière , 
ce qui arrive feulement lorfque les matinées font hu- 
mides, l'humidité qu'il y a fur les fleurs étant peut- 
être caufe que ces particules ne fe peuvent lier facile- 
ment cnfemble à l'endroit de leur corps, où elles ont 
coutume de les mettre ; mais lorfqu'elles font arrivées 
dans la rache , la chaleur faifant évaf>orer l'humidité, 
elles ramaiFent la cire plus flicilement avec leurs pat- 
tes, en les pafFant pluheurs fois fur leurs poils. Pour 
l'ordinaire , elles recueillent les particules de cire avec 
leurs ferres & leurs pattes de devant ^ de celles-ci eUes les 
font paffer aux pattes du milieu , qui les poitent en- 
fuite fur l'article du milieu des deux pattes de der- 
rière, où elle fe trouve à la fin ramailce de la grofleur 
&c de la figure de deux petites lentilles. Cet article eft 
plus large que les autres , & il a une petite concavité 
en forme de cuiller, deftinée à cet ufage ; de plus , 
cette concavité cft aivironnée de petits poils, qui fer- 
vent, pour ainll dire , de doigts pour retenir la cire 
dans cet endroit, afin qu'elle ne tombe point lorfque 
lesabeilles s'en retournent à la ruche. Outre ces moyens 
que la nature leur a fournis , elles prennent encore 
d'autres précautions pour ne pas perdre le fruit de 
leur travail. A mefure qu'elles foi;t pafler les parti- 
cules de cire fur les pattes poftérieures , cUes com- 
priment ces particules enfemble ; ce qu'elles font par 
le moyen des deux pattes du miheu , qu'elles portent 
en arrière , & qu'elles appliquent pluheurs fois & en 
différens fens fur la cire , de la manière que nous 
avons coutume de comprimer avec les deux mains 
des particules que nous voulons ramafîer enfemble. 
Elles ont principalement ces attentions , lorfqu'étant 
chargées d'une quantité fufHfante de miel , elles font 
prêtes de s'envoler , & de retourner à la ruche -, & 
iî les fleurs fur lefquelles elles font appuyées , n'ont 
pas aflez de confdfance , ou font agitées par le vent , 
elles cherchent quelque lieu plus fiable, & plus pro- 
pre à réfifter aux petites compreiïlons qu'elles font fur 
la cire. 

Les abeilles arrivées à la rache , fe déchargent de la cire 
ordinaire en deux manières ditfcrentes. Appuyées fur 
leurs deux pattes de devant, elles font pluiieurs mouve- 
mcns des ailes & du corps, a droite i!<>: à gauche ;& com- 
me fi ce mouvement & le bruit que font les ailes par 
ce mouvement, étoit pour avertir leurs compagnes qui 
font dans la ruche , il en vient trois ou quatre qui 
prennent chacune une portion de cire avec leurs ferres. 
A ces premières, il en fuccède pluheurs autres, qui 
prennent chacune leur part, jufqu'à ce qu'il ne refte 
plus de cire fur la patte des mouches : après quoi 
elles retournent à la campagne pour y faire une nou- 
velle récolte. C'eftaulîide cette manière qu'elles font 
déch.irgées de l'autre forte de cire, qui eft une efpèce 
de glu 3 qui tien: Il fort ù la patte de l'abeille qui ca 



ABE 

eft chargée , qu'il faut que les abeilles qui la déta- 
chent , & celles qui en font chargées , faffcnt des ef- 
forts , & f e cramponent poui" qu'eUe puilfe être tirée. 
Mais lorfqu'il y a dans la ruche un grand nombre 
d'alvéoles , pour fe décharger de la cire ordinaire , 
elles pratiquent une manière bien plus prompte &c 
qui n'a befoin d'aucune aide. L'abeille chargée cher- 
che un alvéole dans lequel il n'y ait ni miel , ni au- 
cun ver i l'ayant trouvé, elle s'attache par les deux 
pattes de devant fur fon bord fupérieur; enfuite elle 
plie le corps un peu en devant pout mettre les deux 
parties poftérieures dans l'alvéole : dans cette fitua- 
tion elle porte en arrière les pattes du milieu , une 
d'un côté , l'autre de l'autre , & les faifant glifler de 
haut en bas le long des deux pattes poftérieures oii 
font les deux corps lenticulaires de cire , elle les dé- 
tache en cette maniète,^ les fait entrer dans l'alvéole. 
Il y en a qui fe contentent de laifler la cire à l'en- 
droit de l'alvéole où elle tombe en la détachant des 
pattes ; mais la plupart , aptes s'en être déchargées , 
entrent dans l'alvéole , & rangent fort proprement au 
fond les deux petits corps de cire , l'un à côté de l'au- 
tre. Cela fait, ra/î'ei//e fe retire. 

Prefqu'aufîitôt il en vient une autre ; il y en a mê- 
me qui font à attendre que la première (oit fortie , 
pour y entrer & faire à leur tour leurs ouvrages. Si les 
deux morceaux de cire ne font pas rangés , elles les 
portent au fond de l'alvéole , & les dctrempent avec 
leurs deux mâchoires pendant un demi-quart-d'heure; 
de forte que quand la mouche fe retire , ces deux 
petits corps font réduits en manière de pâte qui prend 
la figure de l'alvéole comme dans un moule ; ce qui 
fait juger que l'abeille en détrempant la cire , y mle 
quelque hqueur, foit miel, foit limple humidité qui 
doit fortir de l'endroit d'où elles ont coutume de 
rejetet le miel , & dont la vefîîe eft peut-être rem- 
plie. 

Plufieurs autres mouches vieniient fe décharger 
de la même manière dans le même alvéole , Se y faire 
le même ouvrage , jufqu'à ce qu'il foit plein de cire, 
qui eft quelquefois par étages de diverfes couleurs, 
blanchâtre, jaune, rouge & brune, fuivant les feuil- 
les ou les rieurs fur lefquelles la cire a été recueillie 
par différentes abeilles. 

On trouve en plulîcurs endroits de la ruche une 
grande quantité d'alvéoles pleins de cire, qui font com- 
me autant de magafms auxquels elles ont recours dans 
les occahons, parce qu'elles en ont befoin, ime grande 
partie de l'année , pour couvrir les alvéoles où font en- 
fermés les petits , îk pour boucher ceux qui font pleins 
de miel. 

La cire qui fe trouve dans les alvéoles, n'eft pas en-< 
cote parfaite comme celle dont les rayons font formés ; 
car quoique la première foit détrempée avec de l'humi- 
dité , elle fe réduit en poullîère quand on la prefîb 
avec les doigts , au lieu que l'autre cire eft une ef- 
pèce de pâte liée. Il faut donc que les abeilles , avant 
que de l'employer dans la conftruélion des rayons, 
faflént a la cire quelque préparation. Ce qui le fait 
croire encore , c'eft que la cire enfermée dai^ les al- 
véoles , qui eft fouvent de différentes couleurs , cft 
toujours blanche immédiatement après que les rayons, 
font bâtis. 

Pour le miel, les a3i,'i//ej le recueillent fur les flcutS' 
dont le calice n'eft guère plus profond que la lon- 
gueur de leur trompe; mais il y a fî peu de miel dans 
chaque fleur, qu'elles en parcourent un grand ziom- 
bre avant que d'en avoir ramaflé une quantité 
futîifante pour remplir leur petite velfie. Dans î'inlimc 
que les aieilles fe pofent fur la ficur, elles étendent 
leur trompe, & la portent jutqu'au fond du calice, 
où elles vont fucer le miel. Quand la veille fe trouve 
pleine, les abeilles retournent à la ruche , & portent 
le miel dans un alvéole, en le rejetant par la partie 
de la tête, qui eft entre les deux mâchoires , qu'elles 
alongent plus qu'à l'ordinaire, & qu'elles ne tiennent 
guère ouvertes. Elles pofen.t le miel en remuant la 
tête tantôt d'un côté , tantôt de l'autre ; & lorfqu'il 
y a quelque goutte qui n'eft pas bien rangée , elles 



ABE 

alohgent la trompe pour la recueillir , & pour la placer 
enfuite dans le mcmc ordre que le rcftc , en la reje- 
tant comme aupara\'anr. Il haut le miel d'un grand 
nombre à'abedles pour remplir un alvéole. 

Quand le« alvéoles (ont pleins de miel , Il elles le 
veulent confcrver pour l'hiver , elles buuchent ces 
alvéoles en y faiiant un couvercle fort miîice de cire; 
mais ceux où eft le miel deftiné pour (ervir de nour- 
riture journalière , reftent ouverts & à la dilpolition 
de tout l'eilaim. Le miel qu'elles rclervent le dernier 
pour leur nourriture , ell toujours placé dans la pat- 
rie lupérieure de la ruche , il elle n'a point de cou- 
vercle qu'on puiile lever ; m.ais s'il y en a un, elles 
laiffent dans la même partie lupérieure des rayons vi- 
des , & pol'ent le miel vers le milieu de la ruche. 

Les abeilles aiment la propreté , & il n'y a rien 
qu'elles ne follent pour la conlerver. La glu qu'elles 
recueillent , leur lert à maftiquer les vitres aittour de 
la ruche , êc la ruche même autour du piedeital , 
de forte que par ce moyen elles empêchent l'entrée aux 
moindres inieétes. 

Il y a des abeilles qui reftent à l'ouverture de la 
ruche , pour s'oppofer aux inlecles qui veulent pai- 
fer par cette ouverture ; & loriqu'une abeille n'cft 
pas aifez forte , plulieurs autres viennent à fon le- 
cours. Malgré tout cela im limaçon ayant pénétré 
dans la ruche , après erre mort des piqûres de leurs 
aiguillons , fut couvert de toutes parts de ce mallic 
dont nous avons parlé , (oit pour empêcher la mau- 
vaile odeur que fa chair auroir pu cauler , loit pour 
éviter les vers que cette corruption auroit pu pro- 
duire. 

La nature a doué les abeilles d'un odorat très-fin ; 
elles tentent de fort loin le miel & la cire. 

Elles ont diverfes manières de le carelfer, auxquel- 
les elles paroilfent très-lenlibles. Elles lont aulh lu- 
3 êtes à fe battre & à fe tuer , non-leulement dans un 
combat Imgulier, mais auiîî dans des batailles géné- 
rales : ce qui n'arrive pourtant ordinairement que 
lorfqu'en automne la récoke du miel n'eft pas lufH- 
fante pour la nourriture de tout i'ellaim pendant l'hi- 
ver. .-. „• . -. 

Il femble qu'elles aient quelque preirentiment du 
beau & du mauvais temps ; car non-leulement elles ne 
{ortent pas lorfqu'il y a apparence de mauvais temps ; 
mais lorfqu'il doit arriver quelqu'orage, celles qui lont 
àlacampagne, le préviennent, quittant leurtravail, & 
arrivant à la ruche prelque toutes à la fois , & avec 
beaucoup de précipitation. Elles font la mcme chofe 
lorfqu'elîes font lurpriles à la campagne par quelques 
pluies , même légères. 

Rien ne convient mieux aux abeilles que la cha- 
leur ; plus elle elt: grande , plus elles (ont anim.ées (îs: 
aéèives au travail. Le froid au contraire leur eft li nui- 
fiblcj que quclqu'animées qu'elles foient dans la ru- 
che , lorfqu'elîes en fortent pendant l'hiver , elles en 
font failles „ & reftent prelqu'auffitôt fans m.ouve- 
ment. Si on les approche du leu , la chaleur leur 
rend leur première vigueur. Pour fe garantir du froid 
pendantl'hiver, elles feplacentvers lemùlieu de la ruche 
ierrées les unes contie les autres, dansl'efpace qui eft 
entre deux rayons. Là elles s'agitent de temps en temps 
fans changer de place 5 ce mouvement excite une cha- 
kur qui les préfenx du froid extérieur ; cette cha- 
leur eft telle , lorfqu'elîes font en agitation , qu'elle 
fe comunique aux vitres de la ruche qui en font 

f»roche, tk elle eft très-fenfible quand on y applique 
a main. 

Il y a apparence que dans le travail elles fe fuccè- 
dent les imes aux autres , parce qu'elles travaillcirt 
nuit & jour dans la ruche , Se qu'il y a une partie des 
abeilles qui fe repofent même pendant le jour. Ce 
repos ne lailfe pas d'être utile au pubHc -, car leur 
préfence dans la ruche caufe une chaleur avec laquelle 
le couvent les petits dans les alvéoles; ce que l'on a 
reconnu par l'expérience fuivante. On a quelquefois 
détaché des morceaux de rayons , où il y avoir des 
petits vers dans les alvéoles , & on les a laillés au bas 
de la ruelle. Une grande quantité d'abeilles alloient | 



ABE 23 

alors fe pofer fur ces rayons détachés , & y reftoient 
jufqu'a ce que tous les petits fullênt fortis en abeil-- 
les j après quoi elles abandonnoient entièrement ie 
rayon. Cette expérience fait encore voir le foin que 
les abeilles ordinaires prennent des petits. 

Les abeilles ont diverfes manières .^ divers mouve» 
mens , par le moyen defquels elles s'entendent les unes 
les autres ; par exemple , quand une abeille qui tra- 
vaille aux rayons , demande du miel a une autre qui ar- 
rive, celle qui demande du miel, alonge fa trompe, 
&;la porte entre les ferres de celle qui le doit donner; 
àmeiure que celle-ci rejette le miel par cet endroit, 
l'autre le reçoiravec la trompe, fans qu'il s'en répande 
une goutte. Elles s'entendent aulH , lorfque par un 
mouvement des ailes elles demandent a être déchargées 
de la cire qu'elles ont recueillie à la campagne : quand 
le matin elles s'excitent pour lortir du ttavail ; lorf- 
qu'enrin plulieurs abeilles veulent quitter un endroit, 
li une lait un mouvement des ailes, qui caufe un pe- 
tit Ion, toutes les auues, a l'exemple de la première, 
lont le même mouvement , lV le retirent. C'eft ap- 
paremment de la ipême manière qu'elles s'avertilfenc 
dans la ruche , lorlou'elles fe préparent à iorcir pour 
faire un nouvel eliaim. 

Il y a beaucoup d'apparence que les Bourdons font 
les maies des abeilles j comme le Roi eft la femelle. 
Mais nous en parlerons au mot Bourdon. 

On dit pour le moins aulll communément, Mo::- 
cheà miel 3 que l'on dit, Abeille. Foyc^ Mouche 

A MIEL. 

On a louvent fait, entrer les abeilles dans des de- 
viles. Une abeille avec ce mot d'Horace , Studwfa. 
floruin ^ eft la devife d'un homme appliqué a des ou- 
vrages d^lprit. Elle conviendroit encore mieux a une 
femme lavante. Une ruche , Hi Lahor omnibus unus^ 
convient a une fociété de gens qui travaillent de con- 
cert. Et avec ce ir.ot pris de Virgile, Ore legunt fobo- 
Icm, on l'a appliqué aux Prédicateurs. Et ceiix-ci à des 
Savans, Utile dulci ^, ou E pluribus unum. Ephèfe a 
une groire abeille, au revers de les médailles. Les abeil- 
les j li l'on en croit M. Reger , étoient le fymbols 
des Colonies , aulîi-bien que celui de la fagclle. Sic 
vos non vobis fut appliqué à Charles V, lorfqu'il fie 
la guerre pour rétabhr le Duc de Sforce , dans 'le Du- 
ché de Milan. Une abeille qui voltige fur les HeUrs , 
Ut profîm :, pour marquer un homme qui confacre 
toutes les veilles & les travaux à l'utilité du public. 
Louis Xil entrant clins Gènes , parut avec un habit 
blanc lemé d un eliaim à'abeilles d'or, au milieu du- 
quel étoit le Roi , avec ces mots •: Rex non utitut 
aculeo , le Roi n'a point d'aiguillon ^ pour faire 
connoitre aux Génois , qu'il leur pardonnôit leur ré- 
beUion. 

Abeille, eft l'une des douze conltellations auftrales, 
jqui ont été obfervées par les Modernes depuis les 
grandes navigations. Ozan. Elle eft compofée de qua- 
tre étoiles de la cinquième grandeur. 

Abeille , le dit quelquefois lîgurément de ceux qui par- 
lent, ou qui_ éciivent élégamment. Xenophon a été 
appelé la Mule & l'abeille Athénienne , à caufe de la 
douceur de fon ftyle. M. Scud. Mais ces fortes de 
métaphores , qui font fort bonnes en Grec , ne font 
point tolérables dans notre langue, ou du moins ont 
beloin de quelqu'adoucillêment. C'eft avec cet adou- 
ciirement que M'-* Scuderi s'en eft fervie : elle ne dit 
pas crûment que Xenophon étokl' abeille Athénienne y 
mais qu'il a été appelé la Mufe & l'abeille Athé- 
nienne , à. caufe de la douceur defonjlylt. Voilà trois 
adouciiremens. 1°. Il a été appelé ^ & non pas il étoit, 
2". La Mufe & l'abeille Athénienne : ces deux mots 
Icrvent à s'cxphquer l'un l'autre. 1,". A caufe de la 
douceur de fon ftyle. Cette raifon approche encore la 
métaphore , ik. la rend plus intelligible. C'eft à peu près 
de cette lorte qu'il faut fe fervir en François de la 
plupart des métaphores, & il eft bon de donner cet 
avis, fur-tout aux étrangers. Comme lesfens figurés & 
les expreliîcns métaphoriques frappent davantage lef- 
prir du Lctteur , que les exprellîons propres & fimples , 
il arrive louvent que ceux qui étudient notie l,inju« 



Z4 



ÀBE 



dans les Ijoiis Auteurs , remarquent avec attention 
ces f jites de mors , & en re'.npliirent leurs recueils. Ils 
icnt enluite portés a croire qu'on peur s'en lervir en 
t&utes jencontrcs , parce qu'ils les ont remarqués 
dans un bon Auteur ; mais cela demande bien de la 
précaution, & un difcememenr que lulage ieui peut 
donner. Une exprerùon métaphorique bien placée eft 
d'un grand agrément ; mais clic ne vaut rien hors de 
•fa place ; & fur-tout en 1-rançois , il ne faut poirit 
s'en fervir indifféremment, outre qu'on ne doit point 
tranfporter dans un ftylc grave ce qu'un Auteur n'aura 
dit que dans un dilcours enjoué, ni détacher une e\- 
■prelîlon hardie de tous les adoucilfemens qui l'accom- 
pagnent. Cette remarque peut krvir à toutes les pages 
de ce Diâionnaire. 

|K? ABElN. Source d'eau minérale en Auvergne , à quatre 
lieues de la Cuillie , fur le chemin d'Koire , dans les 
montagnes. Ce font des eaux chaudes , qui pallent , 
à ce qu'on croit , par des mines de ter. On les croit 
bonnes pour la lèpre îk autres maladies. 

ABEL. Ahel ^ ou Abcla. Petite ville des Ammonites, 
qu'Adrichomius met dans la Tribu de Gad , & Jo- 
fephe dans la demi-Tribu de Manaflé , au-delà du 
Jourdain, c'eft-à-dire , dans le petit pays qu'on nom- 
ma depuis la Trachonite -, elle étoit à Icpt milles de 
Philadelphie. Les Septante l'appellent t/SiAx^p^'V. 
Elle étoit dans un pays de vignes. Ce fut la que Jephté 
défit les Ammonites. Liv. des Jug. ch. XI. Son nom, 
qui ell Hébreu Vas lignifie pleureux , & non pas af- 
fliclïon , qui te dit en Hébreu Ehe/. Jeplité prit & 
ravagea vingt villes depitis Aroër jufqu'à Mennith, «Se 
jufqu'à Ahel i qui eft planté de vignes. Saci. M. 
Corneille dit auiîi Abda. 

Abel, f. m. eft aulll le nom du fécond fils d'Adam & 
d'Eve, qui tut tué par CaVn ton frère aîné. 

ABELE. Abcla. Ville de la Terre -Sainte , dont il etl fait 
mention au II. liv. des Rois, chap. 20. v. 14, Elle 
étoit de la Tribu de Nephthali, ou dans la Galilée tu- 
périeurc , & dans une plaine de la contrée qu'on appeloit 
Benm. Cette ville s'appeloit Abcl , ou Abéle , Abel- 
Maacha, ou Abel bcth Maacha, c'etf-à-dire , Abel qui 
appartient à Maacha, ou qui etf des dépendances de 
la maifon du Roi. On la met à 60 ftades , ou ày ou 
8 lieues du Jcurdain. J'^oye-^ Aeelmaïm. 

ABELICÉE. f. m. Grand arbre qui croit particulière- 
ment en Ciéte, Abclicea. On 1 appelle encore Santa- 
ius Adulterina 3 ou Pfeudofamalum. Son bois eft 
dur, rouge , un peu odorant, rellemblant un peu au 
fantal rouge. On s'en fert pour faire des poutres. 

ABELIENS, ou ABELOÏTES, ABÉLONIENS. f. m. 
plur. Abeliani j AheliotA j Ahclomi. Nom de pay- 
fans hérétiques cjui habitoient un bourg proche d'Hip- 
pone. Le dernier de ces noms vient de celui qu'on 
leur donnoit en langue Pimique ; les deux premiers 
font ceux que S. Auguftin leur donne en latin. Ces 
hérétiques fe marioient ; mais ils vivoient avec Icut 
femme dans la continence, & fans avoir de commerce 
enfemble. Ils adoptoient un jeune garçon & une jeune 
fille, à condition qu'ils fe mariroicnt, mais qu'ils vi- 
vroient aulfi en continence ; & ils ne ifianquoicnt 
point , dit S. Auguftin , de trouver dans le voifin.agc 
des pauvres qui leur fcurnidoient leurs enfans pour 
qu'ils les adoptalîcnt. Quelques Auteurs croient qu'ils 
fe fondoient tur cet endroit de S. Paul, i. Cor. VII. 
i.9. Que ceux qui ont des femmes fo'unt comme s'ils 
n'en avaient point. S. Auguftin n'en dit rien. Un Au- 
teur moderne , qui avoue que ce Père eft le teul qui 
ait parlé de cette Seéte , dit que ces gens-là régloicnt 
le mariage tur le pied du Paradis terreftre, prétendant 
qu'il n'y eût entre Adam & Eve qu'une union de 
cœur. Ils fe régloient auffi, pourfuit-il, liir l'exemple 
d'Abel ; car ils prétendoient qu'Abel avoit été marié, 
mais qu'il étoit mort fans avoir jamais connu fa fem- 
me. C'étoit de lui que leur Sede avoit pris fon nom... 
Voilà j d'u-il, ce que faint Auguftin nous en apprend. 
Il n'y a pas un mot de tout cela dans ce Père. /. de 
H&res, ad Ouodvuk. h&r. Sy. Il ne parle ni du Pa- 
radis, ni d'Adam & d'Eve, ni du mariage d'Abel, ni 
de fa continence. Il dit feulement , que quelques uns 



ABE 

de ces Scalaires tiroient leur nom d'Abel , fils d'Adam -, 
mais il ne le rapporte ptis de fon chef , ni comme fon 
opinion. Jios nonnulli dicunt ^ &ic. Il eft cependant 
ailez vraitemblable que c'eft en effet la l'origine de 
ce nom, Ofc qu'ils furent ainfi appelés , parce qu'ils 
n'avoient pas plus de pottérité qu'Abel , à qui l'E- 
criture n'en donne point, & qui par conféquent n'en 
eut point ; non pas qu'il eût vécu en continence dans 
le mariage , mais parce que vrai! emblablcment il fut 
tué avant que d'avoir été marié : on pourroit dire cer- 
tainement , puiique l'Ecriture n'en dit rien , & que 
peut-être Ca':n tcn aîné ne l'étoit point encore lui- 
même quand il le tua. Un autre Moderne dit , qu'il 
y avoit une fable répandue dans tout l'Orient , qui di- 
foit, qu'après la mort d'Abel , Adam fut cent trente 
ans fans avoir de commerce avec Eve ; que c'cfl un 
fcnrimcnt des Docteurs Juifs -, que ce conte avoit eu 
coui%, même parmi les Arabes; que c'cft peur cela, 
qu'au rapport de Gigejus hyi.V,thabala _, en Arabe li- 
gnifie s'abfrenir de ta femme ; & qu'il eftle plus trompé 
du monde, fi cette opinion n'avoit point pénétré juf- 
qu'en Afrique , & donné occafion à leur nom. Il eft 
vrai que les Rabbins difent qu'Adam, touché de la 
mort d'Abel , fut long-temps fans uf cr du mariage , & 
jufqu'à ce qu'il engendrât Seth. Si quelques-uns difent 
que ce temps fut de cent trente années , c'eft u/ie erreur 
manifefte, & contraire à leurs propres Chronologies, 
qui mettent la naillance de Seth à la cent trentième 
année du monde & de la vie d'Adam, comme on le 
peut voir dans les deux Seder Olam, & dans David 
Ganz. Car comment auroit il eu Seth à fa cent tren- 
tième année , fi Seth n'avoit été conçu que cent trente 
ans après la mort d'Abel? Aufîî Abarbancl dit, que ce 
fut cent trente ans depuis fon péché. Car il croit, ccm- 
me beaucoup d'autres Rabbins, que Ca'n & Abel fu- 
rent conçus immédiatement après le péché d'Adam. 
Mais foit que l'on prenne fa pénitence 6c fa conti- 
nence depuis fon péché, ou depuis la mort d'Abel, 
ce teroitla continence d'Adam, & non pas celle d'A- 
bel , que ces hérétiques auroient imitée ; & ti c'eût 
été de cette fable que leut nom leur fut venu , on les 
eût nommés Adamites ^ ou Adamiens^pkitoz quAbe- 
liens. Le thabala des Ar.abes ne prouve point que ceux 
qui à l'exemple d'Adam n'uf oient point du mariage, 
fuflent nommés du nom A! Abel. Car 1°. ce thabala 
ne vient point du nom àAbel , h^n i s'il en venoit, 
il s'écriroit par unn, & non par un S. Il ne faut point 
dire que ces lettres te changent aifément -, car les Ara- 
bes ne l'ont point fait. On peut voir tOHs nos Inter- 
prètes , aulfi-bien qu'Eutychius , & Abulfaragius , qui 
écrivent touslenomd'y^/'d/par un n, autlî-bien qu'en 
Hébreu. 2°. Thabala vient de ahala, qui comme \a- 
bal des Hébreux , lignifie être en deuil , en atllidlion , 
& s'abftcnir en général du plaitir à raiton du deuil j 
de forte qu'il vient de rai'<2/ des Hébreux , comme l'a 
très-bien remarqué Golius , & après lui Caftel. Aintî 
il eft plus croyable que les hérétiques dont nous parlons, 
s'appelèrent Abeliens ^ parce qu'ils ne laiffoient point 
de génération non plus qu'Abel. Cette hérétie fur toute 
renfermée dans un teul village, & ne dura point, 
comme S. Auguftin le remarque. Eft qu&dam h&refts 
rufticana in campo nojiro , id eft j Hipponenft _, vel 
potius fuit. Paulatim enim diminuta in una exipua 
villa remanferat : in quaquidem paucifjimi ,fedonmes 
hoc fuerunt. 
ABELISER. v. a. Vieux mot, qui veut dire. Charmer & 
ravir. Allicere ^ delinire. On difoit aulîi Abelir. 

Si m'abélifoit & féoit. 

Rom. de la Rose. 

ABELLE. Petite rivière de Pologne. Abella. Ellearrofc 

laSamogitie, & fe jette dans la Nieuvara, au bourg 

de Kieydani. 
ABELLINAS. Abellina valus, grande & belle vallée de 

Syrie , entre le Liban & l' Antiliban , dans laquelle eft 

Damas. 
ABELLION. f. m. Abellio. Ancien Dieu des Gaulois. 

On a trouvé vers Gominges, dans l'ancieime Novem- 

populanis 



ABE 

populanie trois infcriptions antiques qui font mention 
de lui. Scaliget les rapporte dans Ion L. i.fur Aufone ^ 
C. g. 6c Grutcr. p. jy. 

La première eft, 

D E O 
A B E L L I O- 

Nl 
MINUCIA 

JUSTA 

V.S.L.M. 

Les autres n'apprennent rien davantage de ce Dieu. 
Bouche en Ton Hifloire de Provence , T. i. p. Ci. 

' croit que c'étoit un Dieu qui ctoit adoré en quelque 
lieu anciennement nomme AhelLio. Vollms , de Ido- 
loL L. 11. C. /7. croit que c'eft le Soleil; qu'il a été 
ainll nommé du nom Bélus ; que les habitans deP.im- 
piiilie & ceux de Crète appeloient ainlî le Soleil, 
comme le dit Hcfychius ; que les anciens Piomains 
nommoient aulli le ioleil Apello , au lieu d'y^/W/o ; 
que ce nom pouvoit^ s'être formé du mot A't=A/« , 
qu'ils avoientpris de l'île de Crète; que c'eft ainli que 
pour kemo , on a dit komo , & peur bonus , benus , 
d'où eft refté bcr.k. Quoiqu'il en foit, le nom Apollo 
ne s'eft pas fait de i'A'fii'AMf des Cretois , mais de 
I'a'tu'aam. des Grecs. 

ABELMAÏÀL Ville de la Terre -Sainte. Abelmdim. Adri- 
chomius la diftingue d'Abela , ou Abel-Maacha, & 
prétend que c'étoic une ville diftérente. Le P. Lubin , 
au contraire, foutient qu'en comparant le 111^ livre 
des Rois, chap. XV , i'. 2 , & le ir. des Parai, chap. 
XVI,-j,'\ 4, on ttouve que c'eft la même. L'un & l'au- 
tre la placent dans la Tribu de Nephthali, contrée de 
la Galilée fupérieure. 

Ce mot fignifie Abel àss eaux, ou les eauxd'Abel, 
C31D , en Hébreu, aqus. 

ABELMELUCH. i. m. Efpèce de ricin ou de paLne de 
Chrift. Cet arbre croit aux environs de la Mecque. 
Ses femcnces font regardées comme un purgatif vio- 
lent. DicT. DE Med. 

ABEL-MEHULA, ABELMEULA , ABELMAULA. 
Ville de la Terre-Sainte. Abelmehula. Elle étoit dans 
la demi-Tribu de Manalîc , qui étoit au-delà ou à 
l'orient du Jourdain, Abel-mehuUi étoit la patrie du 
Prophète Elilée. 

ABEL-MOSC. 1. m. Qu'on nomm? en François , Âm- 
brcttc y ow. Graine de mufc. C'eft la femence dune 
plante qui croit en Egvpte , & dans les Iles Antilles , 
qui a des feuilles verdures & veloutées, alfcz (em- 
blables à celles de la Guimauve; ce qui lui a fait don- 
ner par nos- nouveaux Botaniftes le nom de Guimauve 
veloutée deslnics. Alîhaa Indica vi//o/?r. Cette graine 
n'eft guère plus grolle que la tête d'une très-grolFe épin- 
gle , de la forme d'un petit rognon , grisâtre & comme 
ch.agiince par-deiFus , «^' d'une odeur qui tient tout 
enlemble de l'ambre & du mufc. On s'en lert princi- 
palement dans la compolition de quelques parfums. 
Les Parfumeurs Italiens s'en fervent beaucoup. En 
France les Religieules & les Patenotriers en font des 
chapelets. On lit dans Blancard, que cette plante Eg'.p- 
tienne a l'odeur du mule, & que les Arabes lame- 
lent avec leur café , pour la lui communiquer. 

ABEN-EZER. Nom de lieu dans la Terre -Sainte , fitué 
entre \iafphat & Scn. C'eft là que les Ifra'clires fu- 
rent défaits par les Philiftins, ^queTArchî d'Alliance 
fut prile. Ce mot qui eft Hébreu lignine, la pierre du 
fecours ; venant de pS , aben , pierre , &1lj; , e^er 
iecours. L'armée campa près de la pierre du fecours. 
Sacy. Ifracl campa près d'Fben-hcJer. Trad, de 
Gen, et les Desmar. Il ne faut point hefer par un 
k^ mais efer. Il eft mieux. C'eft en Hébreu un ain. 

ABENOW. Ahnoba. Montagne de Souabe,en Allema- 
gne, dans la principauté de Furftemberg; elle commu- 
nique fon nom à la longue chaîne de montagnes qui 
s'étendent entre le Rhin & leNékre, depuis les vil- 
les foreftières jufqu'à celle de Phorsheim. Maty. 

ABHNSPERG. AbufinayAventicurrij Ahenfpers^a. Ville 



ABE 



ij 



de Bavière, près du confluent de la rivière d'Abeuft 
& du Danube , à quelques lieues au-deifus de Ratif- 
bonne. 

ABENST. Petite rivière de Bavière , qui fe décharge 
dans le Danube , près de la ville d'Abenfperg. Ampla. 

ABÉONE. f. f. Abc-ona. DéelFe du Paganifme, à la- 
quelle les Romains le recommandoient quand ils fc 
metcoient en chemin pour s'en aller. S. Au g. De Civ. 
L. IV. C. 22. Ce mot eft formé du verbe Abeo j jt 
m'en vais. 

ABERAVON. Bourg du Comté de Glamorgham, en An- 
gleterre. Il eft a l'occident' de Cardiife , proche de 
l'embouchure de la rivière d'Avon. Aberavonium. Ce 
mot peut être une preuve que la langue Celtique, 
que parloient les anciens habitans de l'Albion ou de 
l'Ile Brit<mnique, puifqu'ils étoient defcendans des 
Celtes, venoit de l'Hébreu. Car dans l'une & l'autre 
de ces langues , Aberavon fignifie , Pa(jage de l'Avon j 
ou au-delà de l'Avon. Il en eft de même des autres 
où le mot Ab entre. 

ABERCE. f. m. Nom d'homme. Avircius. S. Aberce ^ 
ou Avirce Marcel , Evêque d'Héraple en Plirygie , 
a été célèbre parmi les Grecs, vers l'an 250. Baill. 

IP=" ABERCOBAB. Ville de Perfe , dans la Province 
d'Aragian , entre les pays de Fars & d' Ahovaz , bitie 
par Kaicobab, premier Roi de Perle, d'où elle a pris 
Ion nom. 

ABERCONWEY, ou CONWEY. Bourg d'Angleterre. 
Abercovonium. Il ell: dans la principauté de Galles, & 
dans le Comté de Carnar\'an,a l'embouchure du Con- 
wey. 

^yr ABERCOUH ou ABERCOUEH, Ville del'Iraquc 
Perfienne, à vingt paralangues , ou quatre-vingt mille 
pas d'îfpahan. Elle commande une campagne la plus 
i-ertile éc la plus riche de toute la Perfe. 

ABERDÔNE ou ABERDÉEN , Ville d'ÉcolTe. Il y a 
Old-Aberdône ., la vieille Aberdone , vécus Abtrdona ; 
& Now-Abcrdônc i la nouvelle Aberdône.L^. vieille 
eft dans le Comté de Marr , à l'embouchure du Don,- 
Aberdône a une Univerlité. On la prend pour la Deva- 
nl, ou Denana des Anciens, 

La nouvelle Aberdône , Aberdona nova ^ eif aufli 
dans le Comté de Marr , à l'embouchure de la Dée, 
environ à une lieue de la vieille Aberdône. Elle a une 
Univerlité , comme la première. C'eft un bon poit qui 
lui attire beaucoup de commerce. 

ABERDOP.E. Aberdura. 11 v a deux villes en Ecoffe de 
ce nom. La première qu'on nomme A berdour ^, eft une 
petite ville ou bourg du Comté de Buquam , fur la 
côte, & plus au nord de la vieille Aberdône. 
♦La féconde Aherdour, eft dans le Comté de Fife , 
fur le golfe d'Edimbourg , au nord-oiieft de cette ca- 
pitale. 

ABERFRAW, ou ABERFAW. Bourg de la principauté 
de Galles, en Angleterre. Aberfraria , Gadiva. Il eft 
lur la côte occidentale de l'île d'Angleiey. Il étoit au- 
trefois la ville capitale de l'ile , & le heu de la rélî- 
dence des Rois de la Vénédotie, qu'on appeloit en- 
core rois à'AbcrfraWi 

ABERGEVENI, ou ABERGENY. Bourg de la province 
de Galles, en kn^cicïiz. Abergevemum, Abergeniumi 
Il eft dans le comté de Montmouth , fur la rivière 
d'Ufque , entre Brecknock tk Cae'rlion. Il étoit au- 
trefois habité par les Silures, & s'appeloit Gobaniurr.^ 
d'où Gebeni s'eil: formé. 

ABERFîAVRE. Embouchure de rivière ; c'eft de-là que 
vient le mot Havre , du mot Hébreu habar y félon 
Bochait. Oflia fliivïi. Ce mot n'eft plus en ufage. 

ABERISTAX-^ITH. Bourg d'Angleterre , dans la princi- 
pauté de Galles. Aberjlivium. Il eft dans le comté de 
Cardiiian, à l'embouchure de la rivière d'Invith. 

ABERNETHY, ou ABUBORN. Ville d'Ecoflc. y^,^£r- 
n.tthum, Abernathita , Abrinea. Elle eft: dans le comté 
de Stratcrne, fur la rivière du Tay , un peu au-delloiis 
du conHuent de l'Ernc^^er/rer/r,' ell: fore ancien. C'é- 
toit autrefois la capitale du royaume des Piiles. Il a 
eu un atchevcché que le roi Canut fit transférer à 
faine André. 



26 



ABE 



ABERRATION, f. f. Terme d'Aftronomie, qui fe die 
d'un mouvement en déclinailon, que l'on prétend de- 
puis quelques années avoir trouvé dans les étoiles fixes , 
différent de celui qui vient du mouvement des étoiles 
autour des pôles de l'écliptique. M. Bradlcy , Anglois, 
eft le premier qui l'ait découvert. Il prétend que cha- 
que étoile obfervée pendant le cours d'une année , 
iemble décrire dans les Cieux une petite eliiple , dont 
le grand axe eft d'environ 40". La caule de ce mouve- 
ment apparent, ou À'aherracion , s'il y en a, doit être 
le mouvement annuel delà terre dans Ion orbite. J'ai 
dit, s'il y en a -, car quoique M. Roëmer ait .aulli cru 
trouver ce mouvement par les oblervations qu'il a fai- 
tes à Stockholm , néanmoins les plus habiles & les plus 
cxaéts aftronômcs , ayant fait en France les mêmes ob- 
lervations fur les mêmes étoiles que Roëmer , ont à 
la vérité louvent trcitvé quelque choie qui lembloit 
favoriier cette opinion ; mais plus louvent encore , ou 
pour le moins aullî louvent , ils n'ont trouvé aucune dif- 
iérence dans la lltuationde ces étoilespendantle cours 
jd'une année. D'ailleurs , l'orbite annuelle apparente 
d'une étoile eft il petite , qu'il eft impolÏÏble de dé- 
terminer fi c'eft une eUiple , ou un cercle , ou quel- 
qu'autre courbe. Foye-^ Bradlev dans les Tranfaclions 
philofophiques , N". 406, M. Horrebow dans la Cla- 
vis AJlronoTnï& ^vdCopcrnïcus tnutnphans. Huwni^j 

M. Bradley ne prétend pas que ce mouvement ap- 
parent des étoiles vienne du mouvement feul de la 
terre dans Ion orbite , mais du mouvement de la terre 
■ &■ du mouvement de la lumière que l'étoile lance , 
combinés l'un avec l'autte. Ce fécond mouvement s'ap- 
pelle aberration de lumière. Ces deux mouvemens com- 
binés enlemble font ce qu'on appelle aberration des 
étoiles fixes. 

Ce terme fignifîe donc l'éloignement d'une étoile du 
lieu effectif où elle eft. Les étoiles paroiffent faire uft 
circuit en eliiple autour du point qu'elles occupent 
réellement ; c'eft ce qu'on appelle aberration. La pa- 
rallaxe nous tait voir les aftres, où ils ne lont pas, & 
tous les aftronômes y ont égard dans leurs oblerva- 
tions & leurs calculs -, mais en outre les étoiles' ont 
encore d'autres aberrations. M. Bradlcy , qui eft le pre- 
mier , je crois , qui fe foit apperçu de l'aberration des 
étoiles, après avoir conclu qu'elle te lailoit par lemcu- 
vement progrelîlf de la lumière , donna des règles pour 
trouver l'aberration en alcenlion droite. En l'année 
1757, M. Clairaut préfenta un Mémoire à l'Acadé- 
mie des Sciences iur l'aberration des étoiles , où il 
donne des méthodes plus sûres & plus exaétes pour 
calculer cette aberration , que tout ce qu'avoient dit 
MM. Bradlcy & Manfrédy , en comparant le moave- 
ment progrelîlf de la lumière avec le mouvement de 
la terre. Quoique M. Bradley prétende avoir oblcrvé 
X aberration ÀM\s le lieu des fixes, néanmoins parce 
que cette théorie n'eft pas encore adoptée de tout le 
monde, ncuî ne croyons pas qu'il faille trop (e hâter 
de recevoir une découverte qui n'eft encore attcftée 
que par un leul auteur, qui ne s'accorde point avec 
les oblervations faites par les aftronômes François, & 
qui eft fondée fur le mouvement (ucceilîf de la lumière , 
dont les plus habiles aftronômes doutent encore. Voici 
cependant la réllexion d'un célèbre aftronôme. Si la 
France a produit dans le dernier liècle les deux plus 
grandes découvertes de l'aftronomie phylique, favoir, 
l'accourciffement du Pendule lous l'Equateur, dont 
Richer s'apperçut en 1 672 , & la Propagation ou le 
mouvement fuccellif de la lumière , démontré dans 
l'Académie des Sciences par Ro'ema-, l'Angleterre peut 
bien fe flatter aujourd'hui d'avoir annoncé la plus 
grande découverte de ce dix-huitième fiècle. Infiitu- 
tions Aflronomiques de M. Le Monnicr, p. 94. 

ABERTIVL Voye-^ Taff. 

XfT ABESKOÛN , ABUSKOW, ou ABKOUN. île de 
la Mer Cafpienne , éloignée feulement de trois parafan- 
gues de la ville d'Efterabad. Il y a dans cette île une 
ville & une rivière du même nom. 

ABET. Foyei GozA, 

S\BÉTI, lE , part. & adj. Hebes. 



ABH 

ABETIR. V. a. Hebetem , ftupidum reddere. Rendre lUî 
homme ftupide & iemolable à une bête. Vous abéii- 
re:^ votre entant. L'excès du vin abêtit. Ce verbe eft 
quelquetbis neutre ,& lignifie devenir bête. Hebefcere. 
On dit , Cet entant abêtit tous les jours. Il n'eft guère 
d'ulage ni à l'aétit , ni au neutre. 

ABEX. Contrée de la haute Ethiopie , en Afrique. 
Abaxia ora. La côte d'Abex s'étend le long de la mer 
Rouge, qui la borne au levant. Elle a l'Abillinie & 
la Nubie au couchant, l'Egypte au nord ,& la côte 
d'Ajan au midi. On la divite en deux parties , la fu- 
périeure qui elt au nord , & régie par le Beglierbcy 
d'Habeleth ; les villes principales font Ercoco & Sua- 
quem. Celle-ci eft la capitale & le iîége du Gouver- 
neur. L'inférieure eft le royaume deDancaia, dont les 
villes principales font Dégibelcora & Dégibeldara. La 
première appartient aux Turcs , & la teconde aux Mo- 
res. La côte d'Abex eft une partie de l'ancienne Tro- 
glodyte. 

ABEYANCE. f. f. Abbeyantia^, abeyantia. Terme de 
Droit. Littleton le définit ainfi : Le droit de fée fim- 
ple elt en Abeyance , c'eft-à-dire , il eft tant leule- 
ment en la remembrance , entendement & confidéra- 
tion de la ley. Car moi femble que tiel chofe & tiel 
droit que elt en divers livres être çnAbeyance 3 eft à 
tant à dire en Latine : Talis res vel taie reclum _, qua 
vel quod non eft in hotnine ad tune fuperjlite , fed 
tantummodo ejl & coujîjîit in conjideratione & intelli- 
gentià legis 3 & quod a/ii dixeruntj talem rem j aut 
taie reclum fore in nubïbus. Edoiiard Cok dit que fé- 
lon les Juritcontultes , les choies lont en abeyance ^ 
Qu£ nondum funt définit £j aut fententià comproba- 
tA , fed funt adhuc in expeclatione ; c'eft, ajoute-t-il, 
en donnant l'étymologie du mot abeyance , que béer 
chez les François (ïc les Flamands , ii'£,nAc , Attendre 
avec einprejjement quelque chofe. Ce mot abeyance 
eft ancien. 

|Cr ABGARES. Les Abgares d'Edeffe, enMéfopotamie, 
étoient de petits Rois qu'on voit iouvent fur des Mé- 
dailles, avec des thiares d'une toime alFez femblable 
à celles que pcrtoient certains Rois Paruhes. Antiq. du 
Père Montjaucon, T. III. 

ABH AL. f. m. Fruit de couleur roulFe, tirant fur le noir, 
tiès-connu djiis l'Orient, qui elt a-peu-près de la grof- 
icur de celui du cyprès, &: que l'on recueille fur un 
arbre de l'elpèce de ce denier. On le regarde comme 
un puillant emménagogue ; l'on s'enfert aufli pour hâ- 
ter l'cxpulticn des fatus qui font morts dans la ma- 
trice. DicT. deMed. 

t;Cr ABHER ou ABFIERAH. Ville d'Afié, dans la Pro- 
vince de Gebal ou Iraque Perfiennc, fituée au qua- 
trième climat à 84 d. 30' de long. iSc à 36 d. de laq. 
lept. 

AB HOC ET AB HAC. Mots empruntés du Latin dont 
on fe fert dans le fty le famiher, pour dire , Confufément , 
fans ordre, fans raifon, à tort & à travers. Temerè ^ 
inconjidcratè , inconfultè. Ditcourir ab hoc & ab haa 

Ici git Monfieur de Clé\ac 
Quibaifoit ab hoc & ab hac. MÉn. 

ABHORREE. V. a. Avoir un fentimcnt d'averfion qui 
eft l'effet du goût naturel , ou du penchant du cœur; 
Abhorrere. On le dit également des perlonnes & des 
choies. Suivant la remarque de M. l'Abbé Girard , 
ce mot n'eft guère d'ulage qu'au préfent. On ne doit 
pas le confondre avec détefter ^ qui marque également 
un fentiment d'averfion ; mais ce dernier eft l'effet de 
la raiton ou du jugement. On i^/i/jorre ce qu'on ne peut 
fouftrir , tout ce qui eft l'objet de l'antipathie. Le ma- 
lade abhorre les remèdes; une ame h\<inpl:a.cé.<i abhorre 
tout ce qui eft bairelle& lâcheté. On détefte ce qu'on 
délapprouve , & tout ce que l'on condamne. Une per- 
fonne vertueufe détefte tout ce qui eft crime & in- 
juftice. On dit aullî, s' abhorrer Çoï-vncn\e. dans l'agita- 
tion & dans les remords d'un crime. 

Objet infortuné des veangeances célejlcs , 
Je m'ûi\iO'iKencQrplusquetunemedéteftes. 

Racinf. 



ARÎ 

ABHORRÉ , ÉE. part. Odiofus. Une chofe , une peifonne 
abhorrée de tous les honnêtes gens. 

A B I. 

ABIA, ou ALBIA. f. f. Petite livièie de la grande Tarta- 
ric. Ahia j Aibïa. Elle coule dans le Zagathay , & 
après avoir reCjU la rivière d'Amu, elle prend le nom 
A'Abiamu, qw Albïamu , ou plus communément Gïc- 
hun. /-^jyej GiEHUN. 

#3" ABIAb. Ville d'Afrique, fur la cûte d'Abex. 

ABIAGRASSO. Bourg du Miianez.cn It.alie. Albïatum , 
Albïatum craJTum. Il eft entre Milan & Vigévano, 
fur la petite rivière de Ticinello. 

ABIAMU, ou ALBIAMU. Foyei Abia, ou Giehun. 

g^ ABIANNEUR. l'oyei Acieni-ieur. 

ABIB. f. m. Nom que les Hébreux donnoient au premier 
mois de l'année lacrée , & qui répond à la hn de notre 
mois de Mars , & au commencement de celui d'Avril. 
Saint Jérôme a traduit le mot Abib par Fruits nou- 
veaux ; & c'eft ainlî qu'il ell: dans la Vukate. Le P. 
Calmct dit qu'il fignitîe des épis verts. On donna dans 
la fuite le nom de Nijan à ce même mois. 

ABIBES. Foyei Abaïbes. 

ABIBON. f. m. Abïbon. Nom d'homme. Abïhon 
ctoit le puîné des fîls de Gamaliel. Baill. Ce mot 
eft Hébreu , formé de as , ab , père, & p^ , bun , ou 
hon^ Comprendre, être intelligent, & fignitie. Père 
de l'intcUisence. M. Baillet l'appelle Abibas. Quoi- 
que ce mot puifle abf dûment f e dire , il paroit mieux de 
dire Abïbon , comme on le trouve dans le Martyrologe. 

.ABICUI^EN. f". m. Petite rivière de Perfe. Abicurenus. 
Elle arrof'e Ifpahan , capitale de Perfe , & la pro- 
vince dEiak-Atzem. 

ABIDOS. VoycT^ Avec & Abyde , Abydos. 

ABJECT , ECTE. adj. Bas, vil, méprifable, dont 
on ne fait aucune eflime. Abjeclus _, v'ilis , con- 
temptus. Un homme de néant , &c dont la perfonne 
lui paroilloit iî cbjecle. Bouh. On le dit aulîî de 
l'eipiit, du courage. C'efl un ef'prit vil & abjccl , 
une ame balfe & abjecle j qui n'a aucune éléva- 
tion , qui ne penfe à rien de grand. 

§3" ABJECTION, f. f. Etat de mépris où efl une per- 
fonne. Ahjeciio. L'abjeclionj dit Al. Girard , f e trouve 
dans l'obfcurité où nous nous enveloppons de notre 
propre mouvement, dans le peu d'effime qu'on a pour 
nous , dans le rebut qu'on en tait , & dans les f itua- 
tions humiliantes où l'on nous réduit. 

Ce mot n'efl: fynonyme avec bajfeffe , qu'autant 
qu'ils marquent l'un & l'autre l'état où l'on cil. La 
baffejfe fè trouve dans le peu de naiirance, de mé- 
rite , de fortune & de condition. On doit dire , état 
à'abjeclion , & baffejje d'état. 

On emploie fouvent ce mot dans les livres & dans 
les diicours de dévotion. La piété diminue les amertu- 
mes de l'état à'abjeclion. M. l'Abbé Girard. Le mé- 
rite des premiers Chrétiens, des premiers Religieux, a 
été de vivre dans X'abjeciion , dans l'humilité, dans le 
mépris du monde. As. d. l. Tr. 

ABIENHEUR, & ABIANNEUR. f. m. Terme de Cou- 
tume. Déj'ojitarius. Sequefter. Ce font en Bretagne 
les Dépolitaires , les Sequeftres ou Commiilaires d'un 
fonds faifi. Vo\c\ AL Hevin fur Frain. 

ABIENS. f. m. plur. Abu. Peuple de Scytliie , qu'Ho- 
mère appelle. Les plus jujles de tous les hommes^ 
AïKaiiraTis a.jfu'ïw.. Iliad. V. Quelqucs Auteurs les pla- 
cent dans la Thrace. Quoique les Abïens aimalt'enr 
leur hberté au dernier point, & qu'ils l'eullent tou- 
jours confeiTée depuis Cyrus , ils vinrent fe foumet- 
tre volontairement à Alexandre , lorfqu'il étoit à Mara- 
candc. 

On rapporte trois ou quatre étymologies de ce mot. 
1°. On dit qu'il vient du Heuve Abïen ^ Alïanus , fur 
les bords duquel ils habitoient. Si cela étoit, ils enf- 
lent été appelés Abianïens y Abïani , plutôt c^ Abïens, 
Abïï. i'\ On le fait venir de 1'^- privatif, & de C'", 
vie, comme qui diroit : Des gens qui ne vivent pas, 
quorum non ejl vitavïtalis , parce qu'ils vivoient dans 
k célibat, ne fe nourrifïant que de lait, & demeurant 
Tome. I. 



ABï 27 

toujours dans des chariots. Le célibat entier d'une na- 
tion paroit une fible j comment le fùt-elle perpétuée ? 
Bien d'autres chez les Scythes menoient une vie encore 
moins humaine , qu'on irappeloit point pour cela Abïi. 
3°. D'autres tirent ce nom de l'a privatif , & de /?/o« 
un arc , parce qu'ils ne s'en fervoient point. 4". Enfin , 
& c'eft ici ce cju'il y a de plus probable , d'autres veu- 
lent qu'ils fuflcnt ainli appelés de l'a privatif, & de 
/2ia j violence , force , parce qu'ils n'uloient point de 
force , ni de violence , & n'avoient jamais fait la guerre , 
à moins qu'on ne voulùr attenter à leur liberté. L'épi- 
thcte que leur donne Homère , confirme ce fenti- 
ment. 

ABIGEAT. f. m. Terme de Droit Roiuain. VAbïgeat efl 
une aârion qui conlifte à emmener les troupeaux des 
pâturages , ;pour fe les approprier. C'eft une et'pèce 
de vol , qui fe commet , non pas en enlevant &: 
en tranfportant d'un lieu à un autre la chofe dont 
on veur profiter , mais en la détournant , en la fai- 
fant aller devant foi. Abïgere , ante fe agerCé 
Celui qui n'enlève qu'un mouton, ne commet point le 
crime à'abigeat , mais un iimple vol. La dillinéliou 
de l'abigeat , tj: du vol fimple , n'eft pas connue en 
France. 

I/CF ABIGIRAS. Peuple peu connu de l'Amérique Mé- 
ridionale , à l'Orient de la rivière de Moyobamba, 
au-delius de fa jondtionavec la rivière des Amazones. 

ABIHAIL. f. m. ou f. Selon qu'il eft nom d'homme ou 
de femme. Car c'eÛ. le nom de plufieurs perfonnes 
dans l'Ecriture. Quand il eft écrit par un n , on l'in- 
terprète Pcrc de lumière ou de louange. Et quand il 
s'écrit par un n , Abïhkail , Père de force , ou Père 
de l'armée, ou de douleur, ou la force du Père. Leuc 
prince eft Suriel, fils à'Abihahïel. Sacy. Nomb. III, 
5 j. Il faut lire Abïhhaïl. 

ABIMALIC. La langue a Abimalic , c'eft la langue des 
Africains Berebéres , ou anciens & véritables Africains 
naturels du pays. On la nomme ainfi , à ce que l'on 
croit , de l'Auteur de leur Grammaire, nommé Ahi' 
malik , qui n'eft apparemment autre chofe qu'Abi- 
melech , c'eft-à-dirc , Perc de Roi j ou Mon pera 
Roi. 

ABIME, ABIMER. Foyei Abyme, Abymer. 

ABIMELECH. ù m. Abïmelech. Ce nom, qui eft Hé- 
breu , compofe de lis? , abi , père , ou mon père , &Ç 
de iVa , Roi , & qui fignifie par conféquent père de 
Roi, ou plutôt, mon père Roi , comme qui diroit 
mon père & mon Roi, efl: i". un nom propre d'hom- 
me dans l'Ecriture. 2°. C'eft un nom appellatif , ou 
comme appellatif , qui paroît commun à tous les Rois 
de Gérare, comme celui de Pharaon l'étoit à ceux d'E- 
gypte. Car le Roi de Gérare, qui reçut Abraham, s'ap- 
pelle Abimelech ; tk Achis, qui reçut David, eftaulH 
appelé Abimelech dans le titre du xxxiii. Pfcaume. 
C'eff un nom très-convenable aux Rois de ces pre- 
miers temps , qui furent les pères ou les chefs des fa- 
milles, en forte qu'on pourroit les appeler Pères 6!. 
Rois en même temps. Il eft croyable que ce fut là uu 
des premiers que les Reis portèrent. 

IpT ABIN. Château d'Arabie, à l'Orient de la ville d'A- 
den, à douze milles delà mer. 

ABINGTON. Bourg du comté de Bar en Angleterre. 
Abindonia , Abingtonia. Il eft au-deftous d'Oxford, 
au confluent de la Tamile & de l'Ock. 

AB-INTESTAT. Terme de Jurifprudence , qui fe dit de 
celui qui meurt fans avoir fait de teftamcnt , ou qui 
en a fiit un qui n'eft pas valable , qui a été caffé , & 
qui ne peut avoir ton exécution. On ne dit point d'un 
mineur, qu'il eft mon ab-intejlat ■ mais on dit d un 
fils , qu'il eft héritier de fon pcre ab-iiitejlat , lorfque 
le père eft mort fans avoir fait de teilament. Il y a ea 
un temps où l'on privoit de fépulture ceux qui étoicnt 
décédés ab-intcfldt : ce qui donna lieu à un Arrêt du 
19 Mars 1409, portant défcnfes à l'Evcque d'Amiens 
d'empêcher , comme il faifoit , la fépulture des décé- 
dés ab-inteftat. 

CXr ABIOURD, ou ABIURD. Ville d'Afie , dans le Co- 
rafan. Province de Perfe. Elle a donné naiflance à plu- 
fieurs grands hommes- 

D ij 



28 



ABL 



CCr ABIPONES. Peuple de l'Améiique Méridionale, 
dans le Paraguai , encre les Frontoncs au midi, ik les 
Guanalcas au nord, 

ABISC A. f. f. Province de l'Amérique méridionale, Abif- 
ca. On la place dans le pays des Amazones, vers la 
fource du Tipy, a l'orienc de Cufco. 

ce? ABISSINIB. C'eft ainil qu'on écrit conununémcnt. 
F'oye^ Abyssinie. 

ABISÙS. roye^ Atellaro. 

tp- ABIVERD, ou BAVERD. Ville d'Afie , dans la 
Tarcarie, au nord du Coralfan, près de Tous. 

|p° ABJURATION, f. f. ade par lequel on renonce 
folennellement à une erreur dans laquelle on s'éroit 
engagé, ou dont onfaifoit profelîion publique. Errons 
confejjîo ac detejîado. Il fit fon abjuration entre les 
mains de i'Evcque. C'eft aulli l'acte en forme, par le- 
quel on juftifie que l'on a abjuré. Son abjuration eil 
lignée de l'Evéque. 

Chez les Romains le mot à' abjuration fignifioit déné- 
gation avec faux lerment dune dette, d'un gage, d'un 
dépôt , ou autre choie femblable, auparavant confiée. En 
ce lens V abjuration eft la même chofe que le parjure. Elle 
diilere de i'éjuration qui luppofe le (erment jufte. 

Abjuration , fe dit auill dans l'Hiftoire & les Loix 
d'Angleterre, du lerment qu'un homme qui a com- 
mis un crime de félonie , & qui s'cil: réfugié dans un 
afyle , fait de lortir du Royaume pour toujours. C'eft 
S. Edouard le Confeileurqui en fit la Loi ; mais depuis 
elle a été changée. Harris. Selon Boyer, il fignifie , 
Exil perpétuel. F'oye^ au mot abjurer une autre ligni- 
fication de ce mot. Ce mot vient du Latin aljurare, 
qui dans Cicéron & dans les autres bons Ecrivains 
de ce temps-la, lignifie, iVier quelque chofe avec ferment. 

ABJURER. V. a. Renoncer iolennellement à quelque 
mauvai'e doctrine , a des maximes erronées. Errorem 
damnarc , dctefiari. Cet homme a abjuré les erreurs 
de Socin. On dit limplement & abfolument. Il a ab- 
juré ; pour dire. Il a changé de Rehgion, il s'eft con- 
^yerti. Abjurer j, dit M. l'Abbé Girard, fc dit toujours 
en bonne parc. En quoi il ditîere de renier qui s'em- 
ploie toujours en mauvaife part. L'Kérécique abjure 
quand il rentre dans le lein de l'Eglife. Le Chrétien 
renie quand il fe fait Mahométan. On renie le maî- 
tre qu'on fert , ou la religion qu'on avoit erabralfée. 
On abjure l'erreur dans laquelle on étoit. 

Onadit autrefois , rt/y are;- la patrie-, pour dire, quitter 
la province pour n'y plus retourner, comme font les ban- 
nis, les profcrits. Abnegare. Voyez Abjuration. 

Dans les Loix d'Angleterre , abjurer une perfonne , 
c'eft renoncer à l'autorité ou au domaine d'une telle 
perlonne. Far le ferment A' abjuration on s'oblige à ne 
reconnoître aucune autorité royale dans la perfonne ap- 
pelée le Prétendant ,8c de ne lui rendre jamais l'o- 
béilfance eue doit rendre un fujet à fon Prince. 

Ce mot pris dans un lens figuré , fc dit encore pour 
fignificr qu'on renonce pour toujours à certaines cho- 
ies, & qu'on les abandonne. Il a abjuré la Pocfic. 
ScAR. Elle a abjuré tout fentiment de pudeur & de 
vertu. Pas c. 

ABJURE, ÉE. paît. Damnatus, abjeclus , repudiatus. 

ABIXÎNIE. f. f. Voye-;^ Abyssinie. Ce mot s'eft formé 
à:Abex. 

ABL. 

ABLAB. 1. m. Aibrilfcau de la hauteur d'un fep de vi- 
gne, dont les raineaux s'étendent de même. Il croit 
en Egypte , & fubfifte un ficcle , également vert en 
hiver & en été. Ses feuilles relfemblent à celles de 
nos fèves de Turquie ; & les fleurs qu'il porte deux 
fois l'an , au printemps & en automne , font prefque 
fcmblab!e<-. Cette planteproduit des févesqui fervent de 
remède contre la toux & contre la rétcnricn d'urine. 
Les Ecvptiens s'en nourriirenc. Voyer Hablab. 

C'O; ABLACTATÎON. f. f. ^.V^<:7,7rro. Terme de Méde- 
cine , qui fignifie l'adion ou la manière de fevrer les 
enfar,":. 

fr3=- ABL AL Voyc:^ Ablay. 

ABLAIS. i. m. Terinc de Praciquc en quelques Provin- 
ces. Dépouille de blcj. La Coucume d'Amiens dé- 



ABL 

fend d'enlever les fruits, ècablais , quand ils fontfai- 
lis, lans donner caution au Seigneur de fes droits. 
Ahlais 3 dans les Coutumes d Amiens & de Ponthicu, 
lont les blés coupés qui lent encore lur le champ. 
Scgetes defecïiZ in agro jacentcs. 

ABLAQUE. adj. f. Nom que les François ont donné à 
la foie Ardalîine, que l'on tire de Perle par la voie de 
Smyrne. T-^oye^i Ardassine. 

ABLATIF, f. m. Terme de Grammaire. Sixi'-me cas de 
la déchnailon du nom & du paiticipe, Cjui exprime 
un rapport de léparation , de divilion , ou de privation. 
Ablativus cafus , aujercndi cafus. On l'appelle alla- 
tij abfolu, quand il eft lans régime. On 1 a ncmmi 
autretois ablatif égaré. On dit populairement abiativo 
tout en un tas ; c'eft-à-dire , tout enfemble , avec çon- 
fufion. Le mot à' ablatif Latin a été lait ab aufercn^ 
do. Prifcien l'appelle auiïï comparatif , parce qu'il ne 
lert pas m'oins a comparer qu'a ôter, parmi les La- 
tins. Les Grammairiens prétendent que les Grecs n'ont 
point d'ablatif. L'ablatif eft oppofé au datif, parce 
qu'on le Icrt de l'ablatij pour exprimer l'aéticn par 
laquelle onôce, comme on le ierrdu datif pour expri- 
mer l'aétion par laquelle on donne. Il n'y a pas en Fran- 
çois de marque fixe & certaine dansla Grammaire qui 
diftinguel'iî/^ATfi/detous les autres cas: & nous difons 
qu'un mot eft a I'i2^/i2rz/par analogie avec la langue La- 
tine. Ainli dans ces deux phrales, La grandeur de la 
ville 3 & je viens de la ville ^ nous difons que de la 
ville dans la première eft au génitif, & dans la (c- 
condeil'ablatif; parce que cela feroit ainli en Latin, 
Il les deux phrales étoient exprimées en cette langue. 

ABLAY. 1. m. Nom d'une principauté de la grande Tar- 
tarie. Ablafus principatus. Vitien le met au midi de 
la Sibérie, entre le 92 & 97^ degré de longitude, & 
entre le 60 & le 61* degré de latitude, & il appelle 
Boehhaërs les Tartares qui l'habitent. 

ABLE. C'eft la terminaifon des adjectifs formés des ver- 
bes-, comme detcfiable yrecouvrable ^ exprimable ; qui 
viennent de détejîer, recouvrer, exprim.er. Cette ter- 
minailon hnalc ne trouveici la place, que pour avertir 
que la langue Françoite hait la plupart de ces adjedliis i 
c'eft-à-dire , ceux qui font nouvellement faits , & ne 
permet point d'en halarder de nouveaux, 

ABLE, ou ABLETTE, f m. Petit poilfon plat & mince» 
qui a le dos vert & le ventre blanc. Albumus. Il fe 
trouve dans les rivières. Il lemble que ce mot vient 
à'clbus , ik. qu'on dit able pour albe _, à caulê de la 
blancheur , par une fimple tranfpofition de lettres 
allez ordinaire dans les Langues. On tire de l'able la 
matière avec laquelle on colore les faulfes perles. 
C'eft cette matière préparée que l'on appelle ejj'ence 
d'Orient. 

ABLEGAT. f m. Sa Sainteté nomma M. Alfemani Ablé- 
gat Apoftohque en ces quartiers , ( chez les Maronites , y 
ik le chargea d une lettre pour le Parriarche. Le fou- 
verain Poncite enjoignoit au Patriarche d'alFembler un 
concile de concert avec l'Ablégat, &c. Legati vica- 
rius. MÉM. DE TrÉv. C'eft un Officier commis pat 
le Pape pour laire les fonctions de Légat dans quel- 
que circonftance particulière. 

ABLERET , ou ABLERAT. Terme de pêche. C'eft une 
elpèce de filet carré attaché au bouc d'une perche, 
avec lequel on pêche les ables , ou autres petits poii- 
lons 5 ce qui eft permis par plulieurs Coutumes. On 
l'appelle en quelques pays , Carré. Bete quadratum^ 

0C? ABLÉGATION. Voye^ Exil, Bannissement. 

f^ ABLIS. Petite ville de France, dans la Beauce, à l'o- 
rient d'été de Chartres. 

ABLON. f. m. Ablonium. Bourg de l'île de France. En- 
tre Paris & Corbeil. 

ABLOQUIÉ. adj. Terme de Coutume, qui fignifie la 
même chofe que fitué. C'eft dans ce lens , qu'il eft pris 
dans celle d'Amiens , qui défend aux Tenanciers de 
démolir aucuns édifices abloquiés & folivés j dans 
l'héritage qu'ils tiennent en roture, fans le coitfente- 
ment de leur Seigneur. Suivant la remarque de Fer- 
rière, il faudroit dire obloquic:^. On entend, dit il, 
par oblo^s , des parpains ou murs de pierre ou de bri- 
que, élevés de deux pieds ou environ, fur lefqueis 



ABN 

on drefTc des Tolives , pour bâtir des nLiifons de hois, 
Les cditîces ainii condruits iont appelés ohloquic^ , 
& du mot (olive, yô/i;'f~. 

ABLUER, V. a. Terme de Maître d'écriture. On ap- 
pelle Abluer un parchemin, un papier ou de l'écri- 
ture , lorfqu'en palFant légèrement d une certaine li- 
queur fur un parchemin dont i écriture elt eftacée & 
altérée, on la rellufcite, & on la met en état dctrc 
lue. L'ahlution des écritures etîacées par le temps eft 
quelquefois d'un grand fecours. Cela ie i-ait avec de 
la noix de galle broyée dans du vin blanc & dil- 
tillée au feu , dont on frotte légèrement le papier. 
Voye-^ le traité des Inlcriprions en faux, & des recon- 
noilfances d'écritures & lîgnatures de Raguencau. 

fCT ABLUTION, f. f. Jblutio. Cérémonie Réligieufe, 
pratiquée chez les Romains , comme une forte de pu- 
rification pour laver le corps avant que d'aller au la- 
crifice. C'ell pour cela qu'à l'entrée des temples il y 
avoir des vales de marbre remplis d'eau. Ils avoient 
{ans doute pris cette coutume des Juih. Salomon, 
à l'entrée du temple qu'il fit bâtir , plaça un grand vate, 
que l'écriture appelle la mer d'Airain , où les Prêtres 
fe lavoient avant que d'offrir le facrifice , après avoir 
fandfilié l'eau , ea y jetant les cendres de la viâiime 
immolée. 

Ce mot d'Ablution cft particulièrement uiitc dans 
l'Egliie Romaine, pouriignifierunpeu de vin & d'eau 
queles communians prenoient autrefois après l'hoftie, 
pour la conlumer plus facilement, ou qui (ert encore 
aujourd'hui à laver les doigts du Prêtre qui a con- 
lacré. 

Ablution. Se dit aulîî des bains religieux , ou pla- 
rôt luperftitieux des Turcs. Jamais les Turcs ne prient 
Dieu dans les motquées, ni ailleurs, qu'ils n'aient fait 
la grande ou petite ablution. La uremièrc ie nomme 
Çhoujl^ qui eft un lavement général de tout le corps. 
Cette ablution leur eif commandée quand ils ont cou- 
ché avec leurs femmes , quand ils ont eu quelque pol- 
lution endormant, ou qu'en urinant, une feule goutte 
d'eau eft tombée fur leur chair. D'où vient qu'ils évi- 
tent cet accident en s'accroupiffant avec un loin ridi- 
cule. Et afin que rien ne toit à couvert de l'eau qui 
les purifie, ils le rognent les ongles, & ils le font tom- 
ber , ou rafent tout le poil , excepté celui de la barbe 
aux hommes , & celui de la tête aux femmes. La fé- 
conde ablution fe nomme Abdefljëc efl celle qu'ils font 
toujours immédiatement avant l'oraifon, quand ils font 
en un lieu commode. Auprès déroutes les motquées, 
on pratique , autant qu'il eft pollible , des bains 
pejur le Ghoujl , & des fontaines pour VAbde/l. 
Par la petite ablution j ils croient fe purifier les cinq 
Cens du corps ; ils fe lavent les mains & les bras juf- 
qu'au coude, & puis le nez , les yeux, les oreilles, le 
delTus de la tête , & les pieds. Ils prétendent que cette 
eau a le même effet que l'eau bénite parmi nous, &ils 
la jugent fi nécelfaire au repos de leur confcience , 
que quand elle leur manque , après avoir déchargé 
leur ventre , ils font fuppléer la terre à l'eau , & ils 
nomment cette cérémonie Tehyemmum. Duloir. 
Voyage du Lcv. p. i^o. i^r. 

Les Médecins & les Apothicaires appellent ablu- 
tion 3 une préparation du médicament dans quel- 
que liqueur, pour le purger de les immondices , ou 
de quelque mauvaife qualité. 

Ablution, fe dit auilî chez lei Rehgieux qui portent des 
habits blancs , de l'acftion de les blanchir & de les net- 
toyer. Lotio j lûtura. Il y a aufll des écriteaux qu'on 
met dans les cloîtres pour marquer les jours à'ablu- 
tion. 

ABN. 

ABNAQUIS, ISE. f. m. & f. Abnaquii. Peuple de l'A- 
mérique leptcntrionale , entre la mer du Nord, le lac 
de Champlain, & la rivière de S. Laurent. Mat y. 
Au refte, je ne lais pourquoi Mary & M. Corneille 
écrivent Abnaquiois. J'ai toujours oui dire Abnaquis 
par les François qui ont été en Canada i & un Auteur 
de Didionnaire, qui les appelle Abnaquiois j, avoue 
néanmoins qu'on les appelle aujîi fouvcnt Abnaquis. 



ABC 29 

ABNÉGATION, f. f. Terme de dévotion. Renonciation 
à (es paiîions, à (es plaiiirs, à fes intérêts. Abne^atio^ 
L'abnégation de foi-méme eft néccllaire pour la pcr- 
fcCcion Chrétienne. Il n'elf guère en uiage que dans 
cette phraie, ik pour lignifier un renoncement à foi- 
même, & un détachement de tout ce qui n'a point 
de rapport à Dieu. L'abnégation & la haine de foi^ 
même recommandées dans l'Evangile , ne (ont pas une 
haine ablolue de nous-mêmes, mais de notre corrup- 
tion. Fenel. Ce terme vient du Latin abncgare 3 qui 
lignifie Déiavouer, ne vouloir point reconnoître une 
choie comme (icnnc. 

ABNOUS. (. m. Poiilon vorace qui fait la guerre à \'A' 
quador, 8i qui le dévore quand il le peut attraper. 
Voye^ Aquador. Les Portugais appellent l'Abnousj 
Poiirondoré , parce que (on écaille eft d'un beau jauiiQ 
doré. 

A B O. 

ABO. Ville de Suéde. Aboa. Elle eft capitale de la Fin- 
lande. Ellea un Evêché &une Univerliré. Cette ville eft 
(iruée (ur le golfe de Finlande , à l'embouchure de la 
rivière d'Aurajoki. 

ABODRITE. f. m. & f. Nom de peuple. Abodritus, a. 
Les Abodrites au VIII'-' & IX^ fiècle occupoJent en Al- 
lemagne un pays voilin de la mer Baltique. On crc)it 
que c'efl: le duché de Meckelbourg , ou la Poracranie 
ci té ri cure. 

tfJ" ABOERA. Ville d'Afrique , fur la côte d'or de Gui- 
née. 

ABOI. f. m. On difoit autrefois iz/'ijy. Le cri d'un chien. 
Latratus. Ce mot efl fadfice «SvT formé (ur le (on des 
chiens qui crient, ou aboient. L'aboi des chiens lait 
connoître le lieu où eft le gibier. 

Tenir les abois. Terme de chaile. C'eft quand la 
bête s'arrête , tient devant les chiens par laliimde, (Ni 
n'en peut plus. 

On dit proverbialement , Tenir quelqu'un en aboi, 
pour dire , Repaître de vaines efpérances. 

Aboi , fe dit auiîi de l'extrémité où eft réduit le cerf fur 
(es fins ; car alors on dit , qu'il eff aux abois , qu'il 
ne peut plus courir , qu'il manque de force & de cou- 
rage. Ultima cervi deficientis necejjttas. On ne s'ea 
fert dans ce fens qu'au pluriel. 

Aboi , fe dit figurément de 1 homme, & lignifie l'Agonie , 
ou la dernière extrémité. Il eft réduit aux abois ; c'eft- 
à-dire' , Il (e meurt. Animam agcrc j expirare. On dit 
aufli qu'une pLice eft aux abois , lorfqu'ellc ne peut 
plus tenir , & qu'elle eft fur le point de fe rendre ; 
qu'une fidélité eft aux abois , lorlqu'elle eft prelque 
vaincue, & qu'elle eft prête à fuccomber. Extrcma , 
fumma angujiu. On y voit tous les jours l'innocence 
aux abois. Boil. 

Corneille dans la tragédie de Sertorius , a dit fiuver 
des abois. C'eft une faute, abois , fignifie les derniers 
foupirs. On ne fauve point d'un foupir, on fauve du 
péril, & on tire d'une extrémité; on rappelle des por- 
tes de la mort , mais on ne fauve point des abois. 
Volt. 

Ce mot abois eft pris des cris des chiens qui aboient 
autour d'un cerf forcé , avant que de fe jeter fur 
lui. 

Dans la Tragédie de Nicomede M. Corneille dit 
encore approcher des abois. Cette exprefTion , qui par 
elle-même n'eft pas noble, dit M. de Voltaire , n'cft 
plus d'ufage aujourd'hui. 

ABOIEMENT, f. m. Le cri du chien. Z^irraraj. Les longs 
& affreux aboiemcns des chiens ont troublé monloin- 



mei 



1. 



ABOILAGE ou ABEILLAGE. f. m. Vieux mot qui fç 
trouve encore dans quelques Coutumes, & qui figiù- 
fie un Droit des Seigneurs fur les abeilles qui fe trou- 
vent dans les forêts de leurs chàtellehies. il a été for-^ 
mé d'aboilles , qu'on difoit autrefois pour abeilles. 

IVlÉN. 

|J3"Aboilage ou ABEiLLAGE,fe prend auffi quelque- 
fois pour un droit en vertu duquel les abeilles épaves, 
& non pourfuivics, appartiament aux Seigneurs jafi 
ticiers. Voye^ Épaves. 



20 



ABO 



ABOILE.l.F. Vieu mot qui veut àiic mit Aheille. Apis. 

>\BOKELLE. f. f. Terme <de Négociant en Egypte & 
de Relation. C'efl: le nom que les Arabes donnent à 
«ne monnoie de Hollande. Elle vaut moins que la 
piaftre, (k les Arabes la nomment ainli , a caule d'une 
figure de lion qu'elle porte. Cependant au lieu de lui 
donner le nom de lion , ils lui donnent celui de helb j 
qui fignifie ckien , loit par mépris pour les Clirétiens, 
/oit pour marquer fon bas alloi. Herb. Ce nom vient 
de 3S, ah , Père , & hdb ^ qui eft la même choie que 
l'Hébreu aVnOiî/t'^ , qui veut dire chien. C'eft un 
Arabifme. Les Arabes dit'ent aha j Père, au régime de 
lout ce qui a , qui pcirccie quelque choie , dans le 
même fens que les Hébreux difent p fils. A'mii aluiu- 
kelh eft une monnoie , qui a un chien gravé , qui elè 
imarquée d'un chien. Car proprement il faudroit dire 
ahoukdb , mais on dit vulgairement en Egypte aiokclle. 

Abolir., v. a. Mettre quelque chofe hors d'ulage , la 
détruire , l'anéantir , l'abroger. Abolerc , ahrogare , 
refigere. Le Magiftrat a aboli cette méchante cou- 
tume. Le Roi a aboli une telle loi , il a entièrement 
aboli les duels. Le temps a aboli les plus beaux mo- 
numens de l'antiquité. On. dit aulîî abolir, ou eifacer 
la mémoire ou le louvenir des choies palîces. Obhcte- 
rarc memoriam. Abolir, ou bannir la luperftition. j'z^- 
fcrjlidoncm tollcrc. Abolir ou révoquer les impôts. 
Le temps qui conlume tout, abolit tous les jours les 
noms & les titres qui lent gravés lur ces magnifiques 
anonumens. Bouh. Ce mot vient du Latin abolere , 
ita extinguere & delere,ut ne oleatquidem. Ainli abo- 
lir une loi , une coutume , c'eft la révoquer , l'étein- 
dre de façon qu'elle n'ait plus lieu à l'avenir. Il n'ap- 
partient qu'à ceux qui tout les loix,de les abolir. 

M. l'Abbé Girard prétend qu'ir^o//'/' le dit plutôt à 
l'égard des coutumes , & abroger à l'égard des loix. Le 
Jion utage luftit pour l'abolition , mais il faut un aéle 
politif,pcur l'abrogation. On a aboli en France les jou- 
tes , les tournois & les autres divertiliemens brillans. Les 
nouvelles pratiques ront que les anciennes s'abolijjent. 

15^ Abolir un crime, ie dit lorlque le prince, par des 
lettres qu'il donne , remet d'autorité ablolue , la peine 
d'un crime qui, par les ordonnances, n'eft pas remif- 
fible. f^oye^ Abc lition , terme de Chancellerie. 

Abolir, Te dit aulîî avec le pronom perlonnel. les 
Man_dats Apoftoliques fe tout abolis par un non ulage. Il 
neiaut pas iouftlir que les bannes courûmes s'abolijjent. 
On dit que tout crime s'abolit par vingt ans , pour 
dire, que le droit d'en pourfuivre la punition ceflc 
après vingt ans. Acad. Fr. 

ABOLI , IE part, abolitus , abrogatus. Loi abolie. 
Crime aboli. 

ifT ABOL1SSEMENT. f. m. Abrogation , extinclion. 
Il n'eft plus d'uliige qu'en parlant des loix &c des cou- 
tumes. f-^oYe-:; Abolition. 

f-3° ABOLITION, f. f. En général , eft l'acliqn par la- 
quelle on détruit ou l'on anéantit une choie. Aboli- 
tio. Voye-;^ la note de M. l'Abbé Girard au mot hv,o- 
i.ii>^. L'Abolition d'une Religion coûte toujours dii 
lang, & la vicl;oire peut n'être pas attachée, en cette 
occafion, à celui qui le répand : le periécuté y triom- 
phant quelquefois du perfécuteur. M. l'Abbé Girard, 
C'eft ainii que le Chriftianilme a triomphé du Paga- 
nilme par le martyre des premiers fidèles. Abolition 
d'un cuite fupeiftitieux. L'entière abolition de l'Ordre 
des Templiers. 

Abolition. Terme de Chancellerie. Abolitio criminis. 
Lettres de pardon du Priiice , par lesquelles il abolit 
entièrement un crime qui n'eft pas rémilîîble par les 
Ordonnaiices , lans même qu'on (oit tenu d'en expli- 
quer les circonftances , & de les rendre conformes 
aux inlormations , ainfi qu'il eft requis aux Lettres de 
grâce , qui ne s'accordent que pour les cas rémilîî- 
bles. Abfolutori& littcnt. Les Lettres A' abolition doi- 
vent contenir cette claute : En quelque forte it ma- 
nière que le cas puifte être arrivé. Celui qui obtient 
l'abolition de fon crime fe met au nombre des inno- 
cens, tk reprend fon premier rang , Liv. III, S.dcac- 
Ciifat. De roch. Quoique la parole d'un Roi foit un 
fondement inébranlable , néanmoins en matière de j 



ABO 

crime de Lcie-Majefté, il faut toujours faire entéri- 
ner les Lettres à' abolition au Parlement. Matthieu , 
en la vie de Henri IV. Llv. V. De Roch. L'amniftie 
eft une abolition générale de tout ce qui s'eft commis 
dans la guerre civile. LesLettresd'iî/'o/if^ow pour les Gen- 
tilshommes, font adreifées aux Parlemens; & pour les 
roturiers, aux Baillits , Sénéchaux , ou à leur déhuit 
aux autres Juges rellurtillansnuement auxParlemens, 
pourvu, luivantla Déclaration de 1681 , que les cri- 
mes aient été conunis dans leur rellort. Le Roi n'ac- 
corde point de Lettres d'abolition pour les duels , les 
ailallînats prémcdités , le crime de rapt commis par 
violence. Ordonnamce de 1670. Tit. XVI. 
ABOMASUS. C'eft l'un des eftomacs des animaux qui 
ruminent. On en compte quatre. Venter, Reticulum , 
Omafus &c Abomafus. Ceft ce qu'on -nomme, pro- 
prement la caillette. Ce mot eft latin, & vient à'Q~ 
mal us , ou Omaf::m , qui fe trouve dans Pline. 
ABOÀIINABLE. adj. m. & f. Horrible, dcteirable, exé- 
crable. Abomlnandus , detefiandus. Le repas d'Arrée 
(Se de Thyefte lut un repas abominable. Néron étoit 
un monftre abominable -, L'hérélie d'Arius étoit abo- 
minable. Le parricide eft un crime abominable. Il (e 
dit par exagération de tout ce qui eft très-mauvais. 
Une phrafe abominable , une mufique abominable. 
Ce mot , ainh que détejlable ëc exécrable , di- 
figne quelque chule de trè; odieux , de mauvais au(u- 
prême degré. Abominable paroit avoir un rapport plus 
particulier aux ina'urs. Il marque une laie corruption. 
Détejlable a plus de rapport au goût. Il marque de 
la dépravation. Exécrable a plus de rapport a la con- 
formation. Il marque une extrême difformité, une fi- 
gure liideufe. Comme le mot abominable déiigne une 
choie odieiife au luprême degré , il eft évident qu'on 
ne peut pas l'employé^' au luperlatif , ou qu'on ne peut 
pas diïc iics-alominable. Mais on peut s'en (ervir peur 
comparer un crime abominable à un autre crime plus 
abominable encore. 
ABOMINABLEMENT, adv. Exécrablement , horrible- 
ment. Abominandum , dctefcandum m modum. Il en 
a ufé avec Im abominablement ■ c'eft à dire , dune 
manière dcteftable : & par exagération, il écrit abo~ 
fninabUment. 
ABOMINATION, f. f. Horreur , exécration. Ahomi- 
nanda , detefianda res. L'Eghfe a cette opinion en abo- 
mination. Le Seigneur a en abomination les laiigui- 
naires. Saln. Ce Icélérat eft en abomination à tous 
les gens de bien. Ce mot iîgnifie aulîI la chofe , ou 
la perfonne même abominable. Ce brigand commet 
tous les jours mille abominations, il eft \ abomina- 
tion de tous les gens de bien. 

On dit les abominations des Gentils , pour dire 
leur culte idolâtre. Acad. Fr, 
03° Abomination de la désolation. Phrafe tirée de 
l'Ecriture-Sainte , qui exprime les plus grands excès 
de l'impiété ; la profanation portée au luprême degré. 
ABOMINER, v. a. Vieux mot qui n'eft plus en ufage. 
Avoir en horreur. Abominari , execrari. 

Ces mots viennent dî abominari , comme qui di- 
tok, abomine rejicere, rejicere tamquam malum y 
Rejeter une chofe comme fi elle étoit de mauvais augure. 
ABONDAMMENT. adv. En abondance. Alundjntcr, 
abundè , copiosè , cumulatr\ Cette foui ce donne de 
l'eau abondamment. Ce champ me fournit abondam- 
ment de quoi vivre. Le Paralite ne ieme ni ne moif- 
lonne , & trouve tout abondamment. 
ifF ABONDANCE, f. f. Grande quantité , affluence 
de plulieurs choies en un mane lieu. Abundantia y 
copia. Les Etymologiftes dérivent ce mot à'ab & un- 
da , eau, vague, parce que dans l'abondance les bieui 
viennent en aftluence, & pour ainii dire, comme des 
flots. La commodité des rivières amené l'abondance 
à Paris. L'abondance n'eft pas toujours la marque de 
laperfeélion des langues. Bouh, On le lalfedes plaifirs , 
& l'abondance engendre le dégoût. Ablanc. Il étoit 
dansuneheuvcufc abondance de toutes chofes. Patr. 
On appelle la corne de la chèvre /malthée , la Corne 
d'abondance. Copia cornu. EnSculptuie & en Peinture , 
c'eft une figure de corne d'où il fort des fruits. L'Ar- 



ABO 

cliitcâ:ure de ce Palais eft ornée pair-rout de cornes 
à'aho/idance. A l'égard des A[cdailles,onobrcrve qu'elle 
le donne à toures les Divinités , aux Génies , aux Hé- 
ros, puur marquer les richcires & X'abonJand: , pro- 
curées par la bonré des Dieux, & par la valeur des 
Héros. Quelquefois l'on en met deux, pour marquer 
une abondance extraordinaire. 

V abondance eft quelquetois repréfentée fur les Mé- 
dailles, fous la forme d'une Divinité. Elle tient à la 
main des cpis , & elle a a fes pi^'d* un pavot entre 
des épis lortant d'un boilîeau. 

On dit proverbialement , de l'abondance du cœur 
la bouche parle-, pour due, qu'on ne peut retenir cer- 
taines choies , Se qu'on eft prellé de s'en expliquer. 
Ce proverbe, lî c'en eft un, ou plutôt cette phrale eft 
prife derEvangile,MATTH. XII. 54, Luc, Vl,4j, où 
Jesus-Christ dit:C'eitde l'abondance du cœur que 
la bouche parle, pour marquer que quand on eft plein 
de quelque choie , quand on l'afteclionne beaucoup , 
on en parle fouvent. Le Roi parloir de la lorte, & il 
ctoit ailé de juger par la véhémence de Ion aétion , 
qu'il parloir de l'abondance du cœur. BouH. Xav. L. V. 
Le P. Bourdaloue, Exhort. t. i,p. 149 ,adit : Si 
l'abondance du propre fcns , ou l'ennui de la dépen- 
dance l'avoir porté à quelques lenrimens contre lio- 
béillance Se fou aveugle limplicité , vous allez tout 
régler iSc rour réformer. On dit. Abonder en Ion pro- 
pre lens. f'oyex Abonder, Mais je n'ai point vu ail- 
leurs l'abondance 4^ propre fcns. 

Ce mot fe dit dans les Collèges , du vin mêlé de 
beaucoup d'eau , que l'on lert a table aux penfion- 
naires-, & on l'appelle ainli, ou parce qu'on en donne 
abondamment ,& tant que l'on veut, ou parce qu'il y 
a abondance d'eau. Vinum aquâ temperatum. 

Abondance, f. m. Nom d'homme. Abundantïus. Il y 
a plulieurs Saints de ce nom. 

^fT Abondance. Petite ville de Savoie , dans le Du^ 
ché de Chablais, au pied d'une chaîne de montagnes , 
à trois milles géométriques du lac de Genève. 

Dans le voilînage de cette ville , il y a une Abbaye 
appelée Notre-Dame de l' Abondance , qui eft au- 
jourd'hui de la Congrégation des Feuillans. 

ABONDANT , ANTE. adj. Abundans , affluens , cïr- 
cumfluens , qui abonde , qui procure l'abondance. Un 
jardin abondant en fruits. La langue Grecque eft fort 
abondante en mors. Cette maifon eft abondante en 
biens. Ce Prédicateur eft abondant en parolev ik en 
comparaifons. La Perle étoit alors pailiblc Se abon- 
. dante en toutes choies. Vaug. 

Abondant , lignifie encore, Grand (Se ample. Une pluie 
abondante. Une abondante nourriture. La proiuhon 
des louanges eft aujourd'hui li abondante , qu'il eft 
lurprenant que tant de gens en loient li avides. Port- 
Royal. Un nombre abondant , en terme d'Arithmé- 
tique , eft celui dont les parties jointes enkmbie 
par addition , fonr un autre nombre plus grand que 
celui dont elles font parties. Ainlî 12 , eft un nombre 
abondant , parce que les parties qui font 1,2, 3 3 4 > 
& 6 , font feize. Harris. Mais 10 n'eft pas un nom 
bre abondant j*p'ârce que i , 2 & j , qui (ont les par- 
ties, ne font que S. 

d'Abondant, adv. Injuper ^ prMereà. Il lui a dit cela 
d'abondant. Ce mot vieillit ,& ne fe dit guère qu'au 
Palais pour marquer la lurabondance de droit. A tou- 

. tes ces railons, j'ajouterai a abondant. 

ABONDE, f. m. Nom d'homme. Abundlus. 

ABONDER. V. n; Avoir beaucoup de quelque chnfe, avoir 
une grande quantité , & par extenfion , être en grande 
quantité. Abundare j, affluere ■, cïrcumfluere. Ce pays 
abonde en froment, en vin, en fourrages. Cet homme 
abonde en richeftes , en efprit. Toutes lortes de dé- 
lices abondent en ce lieu. Voit. Cette famille abonde 
en honnêtes gens. Toutes choies abondent dans cette 
maifon. Tout abonde chez un financier. 
. On dit figurément , qu'un homme abonde en fon 
fens \ pour dire , qu'il eft arraché avec opiniâtreté à 
fes ientimens, & qu'il ne veiit jamais s'en rapporter 
au fcntiment des autres. Pertinax. Cette expreflîon 
eft prile de l'Epître aux Romains , XIV , 5. Il y a 



ABO 



5I 

pourtant cette remarque à faire , que faint Paul l'a dit 
en bonne part , au heu que dans nctre langue l'ufage 
eft de la dire en mauvailc part. Cn parleioit mal en 
difant , Abonder enjon fenf.ment , quciqueyc/2j Scjen- 
tïmcnt loient ici la ra.?me chofc. Vaug. 

On dit au Palais , ce t)ui abonde ne vicie pas ; pour 
dire qu'une railon, qu'un moyen de plus ne peut nuire 
dans une affaire. 

ABONNEMENT, ou ABOURNEMENT , ABONNA- 
GE , ou ABOURNAGE. f. m. Traité ou convention , 
par lequel on abonne j c'jçP;-à-dire , on vend eu on 
rachere a un prix certain une redevance inccrraine. 
CUentelaris juris venditio , vel r^dernptio. Ce mot 
vient de ce qu'on met de certaines bornes & limites 
aux droits incertains qu'on pourroit prétendre. Paq, 
On diloit même autrefois bonnes pour bornes , ou 
limites. C'eft pourquoi on difoit. Abonner un héri- 
tage; pour dire, y mettre dei bornes. Îv^énag. Il eft 
abonné a tant par an pour tc>us droits Seigneuriaux. 
Ce Marchand eft abonne à cent ccus par an avec le 
Douanier, pour les droits d'entrée de toutes fes mar- 
chandées. Il ledit avec le pronom perfonnel: Jem'û- 
bonnaij je luis abonné. Dans piuiieurs Ccucumcs , les 
rouilins de lervice lent abonnés a un écu. Les abonne- 
mens avec les Sous-Fermiers des Aides font obliga^ 
toires, pourvu qu'ils foient rédigés par écrit , & il eft 
défendu d'en recevoir la preuve par témoins. Or- 
DONN. de 16S0 lur le l.iit des Aides. 

ABONNER, ou ABOUUNER. v. a. Terme de Palais, 
Eftimer & réduire à une certaine lomme d argent un 
droit qu'on recevoir ou qu'on payoit en efpcces , & 
dont le prix étoit incertain. Ciieiitelarïajura vendere^ 
vel redimere. Dans l'ulage ordinaire on dir abonner , 
& non pas abourner. On a abonné cette Province à 
telle fomme. 

Abonner, eft aullî quelquefois neutre paiîîf,& l'on dit : 
Je fuis abonné h. tant avec le Fermier des Aides; c eft- 
à dire, je luis convenu avec lui qu'au heu de lui paver 
à chaque ronneau de vin que je ferai entrer , ou que 
je vendrai, la lomme qui lui revient, je lui donne- 
rai par an ou par mois , une telle fomme pour tcuj 
ceux que je pourrai faire entrer, ou vendre. En cette 
forme on le joint quelquefois au pronom peiior.nel. 
Je me Ims abonné. Il s'etoir abonné. Vous vous feriez 
abonne. 

Abonner, lignifie aulîl. Aliéner, changer: c'eft quand 
un valTlrl aliène les rentes, ou change Ion hommage en 
qrlelque autre devoir. Abalïenare .ycommutare. I o\er 
les Coutumes d'Anjou & du Maine. L'ancienne Coir- 
tume de Tours portoit aliéner, au lieu d'abonner j qui 
elt en la nouvelle. 

ABONNÉ, E£. parr. P^cnditus j\el redemptus. Cham- 
part abonné ou abourné. Les Coutumes font aulIl 
fouvent mention d'hommes & de femmes ferfs abon- 
nés , de quête abonnée ^ d'aides abonnées ; c'eft -à - 
dire , fixées. 

Oii dit auili , Des Meuniers abonnés au Seigneur , 
pour avoir permilîion de chalfcr, &: de chercher les 
mounées dans fa Seigneurie. 

On dit aullI , Taille abonnée en la Coutume de 
Nevers , & abournée en la Coutume de Troyes. 

ABONNI , lE; part. Melior redditus , effeàus. En 
falant les viandes, elles en (ont abonnLes.i.A Quint. 
Ce mot le dir peu. 

ABONNIR. V. a. & pron. Rendre meilleur, ou devenir' 
meilleur. Renimelioremfacere ^ meUoremfier:. Les Ca- 
baretiers trouvent moyen d'Abonnir leur vin par des 
drogues qu'ils y mêlent. On le dit auiïi avecleproncm 
perionnel. Cet homme s'abonnit tous les jours depuis 
qu'il hante les gens de bien. Les fruits s'atonnijj'cnt 
cnmûrillant. Ce mot le tire du Latin bonus 3 bon. il 
n'eft en ufage que dans la cojiverfation. 

Abonnir eft auffi neutre , & lignifie Devenir meil- 
leur. C'eft un vieux pécheur , il n'abonnit point eii 
vieilliiranr. Il eft fimiher. Acad. Fr. 

Abonnir. Terme de Porier , qui lignifie Fairefécher le car- 
reau , Se le mertre enérat de rebattre. Sïccare , durare. 

(X? ABONOÉ. Petit pav;. d'Afrique , au dedans de celui 
des Nègres , confinant à l'occident à Aguemboe , au 



31 ABO 

midi à Algwana , au feptentrion à Aboera , à l'oiient 
au grand Acara. 

ABORAAS. Foye-:^ Abaraas , Abaraus. 

ABORD, r. m. Entiée , accès , approche. Aditus. On le 
dit proprement des ports , des endioit5 où les yailleaux 
peuvent mouiller. Les abords àc cette place lont dan- 
gereux. Toutes les côtes d'Angleterre & de Hollande 
font de difficile abord. Le commerce Heurit d'ordi- 
naire dans les ports qui font de f-icile abord. Ce mot 
eft compote de tz & de bord, lignifiant Rivat^e.^ 

On le dit par extenlion de l'aftluence des pertonncs 
qui arrivent , ou des marchandifes qu'on apporte dans 
un même lieu. Appulfus. Il y a un grand abord de 
monde , de marchandifes dans cette ville. L'abord des 
Marchands étrangers le fait en la mailou des Confuk 
établis dans les échelles du Levant. 

En termes de guerre , on le dit d'une attaque foit 
par mer , foit par terre. L'abord des François efl à 
craindre-, on ne peut foutenir leur premier iî/'ora'. L'a- 
bord fut rude quand on eut accroché le vailfeau. Im- 
petus , û[fidius. On le dit aufïï des approches d'une 



ville alFiégce. 



0CF Abord , Synonyme d'arrivée. A notre abord dans 
rîle nous fûmes attaqués. 

§Cr Abord, fe dit figurément en parlant des pcrfonnes 
dont on approche. On aborde les pcrfonnes à qui l'on 
veut parler. Les Princes, dit l'Abbé Girard, donnent 
accès: ils fe laiirent aborder & permettent qu'on les 
approche. L'abord eft rude ou gracieux : l'accès efl: fa- 
cile ou diflicile: L'approche efl utile ou dangereufc. 
Le Prince a l'abord doux , gracieux. Sa bonté infpire 
de la confiance à ceux auxquels l'impreilion de la 
grandeur peut faire appréhender fon abord. Il lied 
bien aux Magiftrats & à toute perlonne placée en di- 
gnité d'avoir l'abord grave , pourvu qu'il n'y ait point 
de fierté mcléc. 

On ditdans ce fens, qu'un homme a paru froid,gravc, 
férieux du premier abord j & dans le ilyle tamiher, 
de prime abord. 

d'xAbord, Tout d'abord j, De prime abord, à la pre- 
mière vue , font des phrafcs adverbiales. Primo af- 
peclu, prima front e. Du commencement. Principio , 
initia. Aux tables de Pcrfe on fert d'abord le fruit & 
& les confitures. Tout d'abord a. une fignificationplus 
forte. Quoique je n'eulle point vu cet homme il y a 
longtemps, je le reconnus tout d'abord. Cette nouvelle 
me furprit d'abord. 

ABORDABLE, a. m. & f. Acceirible, Ad quem facilis 
ejl aditus. Cette côte n'efi: pas abordable à caufe des 
ccueils. Cet homme eft fi glorieux, ciu'il clt aborda- 
ble à peu de pcrfonnes. 

ifT ABORDAGE, f. m. Terme de marine , lignifie 
l'approche & le choc de vailfeaux ennemis qui fe joi- 
gnent & s'accrochent par des grapins & par des ama- 
res pour s'enlever l'un l'autre. Allant de deux vail- 
feaux qui s'accrochent l'un à l'autre par des grapins. 
Appulfus , infultus. 

Aller à l'abordage, fauter à l'abordage , fe dit de 
l'aélion ou de la manœuvre d'un vaifleau qui en joint 
un autre pour l'enlever, auiri-bicn que de celle des 
équipages qui fautent de leur borda celui de l'emiemi. 
Faire l' abordage en belle ou de bout au corps , c'eft- 
à-dire , l'éperon dans le flanc. L'abordage de franc 
ctable, eft celui qui fe fait par le devant & en droi- 
ture , pour s'enlerrcr par les éperons. 

^ Abord AGE, fe dit encore du heurt de deux ou plu- 
fieurs vaifleaux que la force du vent fait dériver les 
uns fur les autres. Dans les tempêtes, il n'y a rien de 
plus à crainder que l'abordage. Les vaiffeaux portent 
des feux la nuit pour éviter les abordages. Ac. Fr. 

ABORDÉE, d'ABORDÉ E , pour abord ,d' abord , qu'on 
rroUve dans Cotgrave-, de première abordée , pour 
DE premier ABORD,font des mots furannés. Un grand 
vieil homme fort maigre & pâle me demanda d'abor- 
dJe , Il c'eftoit pas moi qui avois imprimé le Catho- 
licon.../7. 220. On zd']0\\{\:i de première aborde'e qua- 
torze (Ligueurs ) au confcil des Quarante.. . p. 376. 

ABORDER, v. n. Arriver en quelque lieu , fpécialemcnt 
par mer, aller à bord , prendre terre. J'aborde , J'a- 



ABO 

bordai j Je fuis aborde'. Appellere navem _, clajfemap- 
pellere. Dans ce fens on le joint avec les prépofi- 
tions à ^ au , aux. Aborder au rivage , à la côte. Il 
n'eft pas sûr d'aborder à cette côte , parce que la mer 
fe retirant , les vaillaux y demeurent à lec. Il ne put 
aborder j, à caufe que la rive étoit efcarpée. Ablan. 
Nous avons abordé, nous fommes abordés. 

On l'emploie aufli à-peu-près dans la même lignifi- 
cation qu'approcher , accedere. Ad. Nous ne pûmes 
aborder de la place , parce que toutes les avenues 
étoient gardées. Il fut impoilible d'aborder du Palais , 
à caule de la foule du peuple. 

M. D'Ablancourt s'en efi fervi, pour dire, arriver e/î 
foule. Les prétens abordent chez moi de toutes parts. 

^fT Aborder, v. a. En parlant des vaifleaux qui fe com- 
battent, faire les manœuvres néceilaires pour l'abor- 
dage. Foye^ ce mot. Aborder un vailleau, c'ell en 
approcher, le joindre. Dans un combat les vaifleaux 
tachent toujours d'empêcher qu'on ne les aborde. 

|Cr Aborder, ie dit dans le même fens, des hommes 
qui fe battent , Si fignifie , non l'aélion d'attaquer 
l'ennemi , comme le prétendent les Auteurs du Nou- 
veau Vocabulaire , mais l'acrion de l'approcher har- 
diment , pour l'attaquer. Ce bataillon aborda l'ennemi 
«vec une contenance terme. 

^fF Aborder, fe dit aulîi figurément, à-peu-près 
dans le même fens ; pour dire, accofter quelqu'un à qui 
l'on veut parler, s'en approcher. Ce terme, aeeojler , 
n'eft que du dilcours familier ; mais il eft ici bien à fa 
place. Adiré aliquem. Il y a des gens qu'il eft diffi- 
cile d'aborder. Les Grands doivent foulager le rci- 
peét & la timidité de ceux qui n'ofent les aborder. 
Lorfqu'on veut être connu des gens , on cherche les 
moyens d'avoir accès auprès d'eux: quand on a quel- 
que choie à leur dire , on tâche de les aborder , & 
lorfqu'on a delfein de s'inlinuer dans leurs bonnes 
grâces, on cllaie de les approcher. Foye^ Accâs»,. 
Approcher , Abord. 

Aborder la renûfe. Terme de Fauconnerie, quife 
dit lorfque la perdrix , pouflée par l'oileau , a gagné 
quelque buiflon: alors on aborde la remife lous le 
vent , afin que les chiens Icntent mieux la perdrix ca- 
chée dans le buiflon. 

ABORDÉE , ÉE, part, vaifleaux abords. 

ABORENER. v. a. Ce mot le trouve dans le Romande 
la Rofe , pour dire , Abhorrer : il vient d' abhorrerez 

BOREL. 

ABORIGINES, eu ABORIGÈNES, f. m. pi. Il y a 
quatre principales opinions fur l'origine de ce peuple, 
qui feront connoître en m.ême temps celle du nom. 
i". Aurelius Viétor les appelle y^/'-or/çc/zcjj comme Ci 
l'on diloit Abeorigenes j vagabonds , de ab Se erro. 
J'erre ca £' là : Se il prétend que ce font des Scythes , 
qui vinrent demeurer dans cette partie de l'Italie : 
Feftus eft aullî de ce (entimcnt. S. Jérôme dit qu'ils 
ont été appelés Aborigènes , parce qu'ils n'avoient 
point d'origine, de ab Se origo , origine; c'eft-à-dire, 
parce qu'ils étoient originaires du pays , & non point 
d'une Colonie venue de nouveau , ou , comme dit De- 
nis d'Elalicarnaffe qui rapporte ce fentiment , mais 
fans l'embrafler, ■f'o- Tj'^sïîVftos toTs^ît' a'vxss àf.^ai , parce 
qu'ils fuient les chefs de la poftérité qui habita ce pays. 
Vireile femble eue de ce fentiment. ^dE/zdo'.Lib. VIII. 



\ 



v. 177. 



Satumusque Senex Janlque Bifrontis Imago , 
Vefiibulo adjlabant , aliique ab origine Reges. 

Car Servius remarque , que ab origine Reges j eft 
mis pour Ab originum Reges. Se Phne, Ziv. IF^ dit 
qu'en appelle les Tyriens Aborigines Gadium , les 
Aborigines de Cadix, parce qu'ils en étoient les fon- 
dateurs, î". Denis d'FIalicarnalle croit qu'ils font ap- 
pelés Aborioines ; a Copier t; de ce qu'ils habitoient 
les montagnes , comme qui diroit aot» J'ptn à Monti- 
bus. Virc;ile femble favorifcr ce fentiment. jSneid. 
Lit). VIIÏ. V. 521. 

Is genus indocile ac difpcrfum , Montihus altîs 
Ccmpofuit J le^efque dédit. 

D'autres, 



ABO 

D'autres , du Danet , en fuivaiit la mcme opinion , 
le dérivent de ab , pcrc , & de orï , caverne ^ ou lieu 
creux. L'origine eft HebniVque , mais il falloir dire , 
har , ou hor , Montaigne , pcrc des montagnes : fils 
des montagnes, C3iin oa fcroit plus dans le génie 
de la Langue llcbraïque. 

Quelques Auteurs prétcndentqueChar-n, qui éroit 
le Saturne des Egyptiens , ayant ramailé divers peu- 
ples errans , les conduiiir en Iralie. Tice-Lr.e & De- 
nis d'Halicarnafle alsrircKt que \t% Aborigines vinrent 
d'Arcadie lous la conduite d'CEnotrus, fils de Lycaon : 
Gcnebrard prétend que ce font des Phéniciens, ou. 
Cliananécns chaires par Jolué. Outre les Auteurs que 
je viens de cirer , l'oye^ SuiriAs , & les Notes de Por- 
Tus. Jean Picard dans la Celcopœdiej Liv. V , pré- 
tend que les Aborïi^ïncs étoient une Colonie Gau- 
loile. Il le fonde non-ieulcmcnt fur Caton & Sclin , 
mais encore lur Timagène , fameux hiftorien Grec , 
dont Suidas nous a conlervé le témoignage , & lur 
Ammien Marcellin, qui dit, que les Ahorïgïnes pa- 
rurent d'abord dans les Gaules. Danet & Maty écri- 
vent Aborigènes , mais M. Corneille écrit Abori- 
gines. 

On appelle Aborigènes les preir.iers habitans , les 
naturels d'un pays, par oppolîtionàceux qui font ve- 
nus s'y étabhr. Acad. Fr. 
|p° ABORNEMENT. f. m. Aétion de mertre des bor- 
nes à un terrain , ou l'.eftet qui réfulte de cette adion. 
Voye\ Borne. 

AbORKEMENT , ABOURNEMENT, ABONNEMENT, ABON- 

NAGE. Termes lynonymes , fe prennent auiîl pour une 
convention qui le fait dans quelques coutumes , entre 
le Seigneur & les valfaux, par laquelle les droits féo- 
daux font fixés iJc arrêtés à une certaine lomme. 
ABORNER.v. a. Mettre, planter des bornes. Zi.vriMn., Li- 
mites ponere 3 (iatuere. Aborner un champ, un terrain. 
ifT ABORNÉ , EE. part. Terrain aborné , où l'on a 

mis des bornes. Campagne abornée. Limitatus. 
ABORTIF. IVE. adj. Qui eft venu avant terme , qui 
n'a pas acquis la perfecl;ion, ni la maturité, ^i^orri- 
vus. Fruit abortif. Enfant abortif, avorté , venu avant 
terme. Il eft de peu d'ulage , même comme terme de 
Médecine. Les Nouveaux Vocabuliftes auroient dû 
nous en avertir , plutôt que de s'amuler à nous dire 
qu'on ne dit point un abortif animal , mais un ani- 
mal a^orri/". Ce mot vient du \-:Xïx). aboriri ■, qui ligni- 
fie. Venir avant le temps. 
Abortif , Se dit quelquefois adivcment de ce qui 
a la vertu de produire l'avortement. Abortum facicns , 
jtroducens. DçsïQn\hàtsabortijs. Les remèdes les plus 
abortif s de leur nature. Il eft aulîî peu ulité dans cette 
acception que dans l'autre. 
ÀBOSi. Ville de l'île de Niphon , au Japon. Abofia , 
ou Abcfium. Elle eft dans la principauté de Farima , 
fur la côte, vis-a-vis hle Awad. Abofi eft une ville 
défendue par quatre forts. Elle a un grand magafin 
Impérial, & eft gouvernée au nom de l'Empereur du 
Japon , par un Bugio qui y réiîde ; un Intendant de 
l'empereur s'y tient aulTi , pour recevoir les revenus 
de ce Monarque iSc en avoir foin. Kœmpfer. L. V. 
p. 183. La carte de Kœmpfer la met environ au 165*^ 
•degré de longitude, & au 55^ de latitude Icptentrio- 
nale. 
ABOUCHEMENT, f. f. Entretien de bouche, de vive 
voix , Conférence , que deux'ou plulîeurs perfonnes 
ont enfemblc. CoUocutio. V abouchement des deux 
princes n'eut pas le fuccès qu'on en attendoit. Ména- 
ger un abouchement entre deux perfonnes. 
A.EoucHEMENT. Terme d'Anatomie. La rencontre (ScTu- 
nion des orifices de deux vailleaux, des veines & des 
artères. Venarum y arterarium concurfus. 
ABOUCHER, v. a. Faire trouver deux ou plufieUrs per- 
fonnes en un même lieu, pour conférer enfemble. Je 
les ai abouchés , $<: ils ont terminé leurs affaires. On 
le dit plus ordinairement avec le pronom perfonnel. il 
faut que ces chefs de parti %' abouchent enfemble. Les 
Rois de France îk. d'Éfpagne fe font abouchés pour 
la Paix des Pvrénées en 16^9. 
Aboucher ,fc dit aullî dans les Arts , des tuyaux qui en- 
Tome L 



ABO 



?3 



tfcnt l'un dans l'autre , qui fe touchent , qui fe com- 
muniquent. Tubum cum tuho jungere. On le dit par- 
ticulièrement en Médecine des veines & des artères , 
& autre ) vailïeaux qui ont communication , dont les 
orifices fe touchent. Confiuere , conjuncri. 
ABOUCHOUCHOU. f. m. Sorte de drap de l'efpècc 
de ceux nui s'envoient au Levant par la voie de Mar- 
feille. C'cft un diap de laine qui fe fabrique en Lan- 
guedoc , en Dc-.uphiné & en Provence. 
ABOUEMENT. 1. m. Terme de menuilerie, fynonyme 
àarralement. On le dit des joints des traverfes avec les 
montans , & même des joints de tout autre ailemblage , 
lorlquc ces joints lontaftleuies, ou aftleurcnr ,& qu'une 
des pièces n'excède point l'autre; eniorte que h l'on 
palloit l'ongle lur leur union , il ne ieroit point .arrêté. 
V abouement Aç. caioiYïts eft imperceptible. 
ABpUGRI, ou plutôt RABOUGRI. Terme dont on le 
lert dans les forêts , pour lignifier des bois de mau- 
vaile venue, dont le tronc eft couit, raboteux, plein 
de nœuds , & qui ne poulfent guère de branches. Ar- 
hûr retorrida , perufta j fcabra. Le bois abougri n'eft 
point propre pour les ouvrages, & eft fujet au recé- 
page. 
ABOUNA. f. m. Nom que l'on donne à l'Evêque d'E- 
thiopie. L'Abouna Jacobite lut rappelé. Mém. des 
Miss. DU Lev. t. IV. p. 284. 
ABOUQUEMENT. f. m. En fait de falines , c'eft une 
addition de nouveau fcl fur un meulon , ou monceau 
de vieux fel, qu'on appelle vache. Recentis falis ad 
veteris cumulum accejjlo. L'Ordonnance défend \'a- 
bouquement y fi ce n'eft en préicnce des Officiers 
Royaux. 
ABOUQUER. V. a. Faire un abouquemcnt de nouveau 

fel fur du vieux fel. Veterifali recentem addere. 
f^::r ABOUQUÉ , ÉE. part. Sel abouqué. Nouveau fcl 

ajouté à des monceaux de vieux fel. 
(ÇT ABOUT. f. m. Terme de Charpenterie & de 

Mcnuiferie. f^oye-^ Abouts. 
ABOUTÉ, adj. Terme deBlafon, qui fe dit des différen- 
tes pièces d'armoiries , dont les bouts fe répondent 
& fe joignent en croix. Veilera velleribus in cruccni 
obverfa. 
|C? ABOUTIGE, Aboutiche ou Abutich. Ville d'E- 
gypte, dans la Théba'i'de, h. deux lieues Fiançoifes de 
Siouth. Il y croit quantité de pavots noirs dont on fait 
le meilleiir opium. 
ABOUTIR, v. n. Se rendre, fe terminera un certain en- 
droit , en toucher un bout. Terminari. Cette maifon 
aboutit au grand chemin. Tous les rayons d'un cercle 
abcutijfent '3. ùm centre. Cette pyramide aboutir en 
pointe. Vaug. 
Aboutir, fe dit figurémcnt en Morale, de la fin que les 
chofes peuvent avoin Speclare , pertinere. Ce procès 
a abouti enfin à une tranfaélion. On ne fait où abouti- 
ront tous ces grands defteins. Les murmures alloienc 
aboutir à une fédition. Vaug. 
Aboutir, fe dit auiîi en Chirurgie , d'une plaie qui 
vient à fuppuration. Suppurare. On met des emplâ- 
tres , des cataplafmes, pour faire aboutir des bubons , 
des abcès , des iioncles , des tumeurs. 
Aboutir, en termes de Plombier , lignifie, Revêtir de 
tables minces de plomb blanchi, une corniche, un or- 
nement , ou toute autre failhe d'Architeéture & de 
Sculpture de bois. Plumbeas lamellas operi fculpto 
fuper addere. On fe fert pour cela de coins, & autres 
outils, mais en forte que l'épaiffeur du métal n'em- 
pêche pas que le profil ne le conferve. Quelques-uns 
difent amboutir. 
gCT A.eoutir, en hydraulique, c'eft raccorder un gros 

tuyau fur un petit. 
A..30utir,v. n. & n. p* Avec le pronom perfonnel, fe 
dit en termes de Jardinage, pourfignifier. Que les ar- 
bres font boutonnes. Ainfi nos Jardiniers difent: Nos 
arbres s'aboutifjent fort bien cette année. Les poirieis 
s'aboutirent tiès-bien l'année pairée. Nos pêchers font 
bien aboutis.Lcs Jardiniers ont tiré ce mot de bouton ^ 
plutôt que d'aboutir, terme de Médecine; & l'on dit 
aboutir , au lieu de boutonner. 
^ ABOUTIjlE. part, ^oyeç les lignifications d'a^o«/r. 



54 



ABO 



ABOUTISSANT, ANTE. adj. Qui couche pai;^un bout. 
Ternimatus. Cette pièce de pré cft aboutijjante à la 
ïivièie par un bout , & par l'autre à la garemie. 

On dit au fubftantif , Ce champ a la torct & deux 
grands chemins pour fes tcnans & ahoutiffans ; ce font 
les bouts, & les côtés par où il tient à d'autres. 

On dit au Palais , Donner une déclaration d'héri- 
tage par tenans & aboutijjans , quand on déiîgne les 
bornes Se les limites de tous les côtés : ce qu'on ap- 
pelle autrement les bouts & joutes. Fines laterum 
& capitutn agri. Une faille réelle des biens roturiers 
doit contenir tous les tenans & about'ijfans. 

On dit figurément , Savoir tous les tenans & abou- 
tlfflins d'une affaire j d'une entrcprife 5 pour dire , En 
connoître parfaitement le fecret, en favoir le fort & 
& le foible, toutes les circonftanccs <Sc les dépen- 
dances. Sin^ula Ciiufacapita., arda rei& ferles. 
ABOUTISSEMENT, f. m.Ilnefe dit guère que d'un 
abcès qui vient à aboutir. Uahoutijfemenc d'un abcès. 
AcAD. Franc. 
Aboutissement , terme de couture. C'efl: une pièce d'é- 
toffe que l'on coud avec une autre qui n'efi; pas allez 
longue pour aller jufqu'où \'on\em.Troducîio.Ctzzt 
pièce eft trop courte, il y faut mettre un abouriffc- 
ment pour l'alonger. 
ABOUTS, au lieu de BOUTS, f. m. Terme de Char- 
penterie , qui fe dit des extrémités de toutes les piè- 
ces de Charpenterie & de Menuifeiie miles en au- 
vrc. C'eil dans raffemblage de la Charpenterie , la 
partie du bout d'une pièce de bois , depuis une en- 
taille , ou une mortoife. Alatcriarim jtructurx. extrema. 
Les Couvreurs difcnt auffi. Remanier ahout. Voyez 
REMANiiiR. Tous ces mots viennent de bout. 
ABO Y , ou ATHABY. Bourg d'Irlande. Aboya , Athoya. 
Ce bourg eiî: dans le comté d'EaffMéath, en Lagénie, 
entre les villes de Drogéda & de Molingax. 
ABOYANT, ANTE. adj. Qui ^hove.D es chiens aboyant . 
ABOYÉ , ÉE. part. Il neft guère en ufage qu'au figuré. Un 

débiteur aboyé de fes créanciers. 
ABOYER, v. n. Qui fe dit .au propre pour exprimer le 
cri des chiens. Latrare. Les chiens aboient quand ils 
fenrent des larrons. Il fe met quelquefois activement : 
Ce chien aboie les palîans. On dit mieux aboyer con- 
tre ou après quelqu'un. 

Ce mot vient du hmn adbaudare. MÉnag. ou de 
hoare j Latin qui vient de i?«fï Grec: ou eft un mot 
fadicc , qui imite le fon que lait le chieii en aboyant. 

NiCOD. 

Aeoyer , fe dit tîgurément des hommes , lorfqu'ils s'at- 
tendent à quelque choie, qu'ils la défirent & la pour- 
fuivcnt avec avidité. Inhlare. Cet avare , cet ambi- 
tieux, abolé après cette fuccefîîon, après cette charge. 
Ce chicaneur aboie toujours après le bien d'autrui. 

On dit aulîl figurément aboyer après quelqu un , 
crier après lui , le preffcravec importunité. Cet homme 
eft fi méchant, que tout le monde izioie après lui. Un 
fatyiique aboie après les vices. 

Je fuis par-tout un fat , comme un chien fuit fa proie j 
Et ne le fens jamais j <iu avffitôt j e «^Tboie. Bon. 

Quelques-uns l'ont employé aélivement. Un Avo- 
cat demandant à quelqu'un qui lui difoit des injures. 
Pourquoi m'aboies-tu ? Cet aiitre lépon dit , parce que 
je vois un voleur. Ablanc. C'eft un médifant qui 
aboie tout le monde. Id. 

Ce ferme efl: du ftyle familier , dans le fens figuré. 

Je tiens qu'originairement aboyer & cbayer font 
deux mots différens -, q^m' aboyer s'eft dit feulement au 
propre, du cri des chiens, ou de ce qui lui reflem- 
ble : & f\VLahayer s'cfi dit au fécond fens figuré , & 
eft comr.ofc de bayer ik.beer , qui fignifie , regarder 
attentivement, ou attendre impatiemment ; ce qu'on 
Lut ordinairement avec une bouche béante: mais que 
par abus l'aiîinité de ces mots les a fait confondre , 
& prendre l'un pour l'autre. 

On dit proverbialement , Aboyer a. la lune ; peur 
dire. Crier inutilement contre un plus puiffant eue 
foi. Or) dix aulîl , tour chien qui aboie ne mord pas ; 



ABR 

pour dire , Que ceux qui menacent fouvent ne font 
pas grand mal. Jamais bon chien n'aboie à faux ■■, pour 
dire , qu'un homme f âge ne menace pas fans raifon , 
cV qu'un habile homme ne manque pas fon coup. 
ifT ABOYEUR. f. m. Latrator. Qui .aboie. On ap- 
pelle Akoyeurs , une forte de chiens pour le fan- 
glicr, qui aboient devant lui fans l'.ipprocher. 

On le dit aufîl figurément, dans le même fens qu'a- 
boyer, de ceux qui crient , qui preffent avec impor- 
tunité, & de ceux qui délirent & pourfuivent ardem- 
ment une chofe. Voila bien des aboyeurs. Il y a des 
cboyeursz. fes côtés. Ablanc. Un aboyeur de béné- 
fices. Il n'eft que du ftyle faiulher^ 

ABR. 

ABRA. f. m. Monnoie d'argent de Pologne , qui vaut 
treize fous fix deniers de France. UAhra a cours à 
Conftantinople & dans tous les Etats du Grand Sei- 
gneur, & y eft reçu furie pied du quart d'un allelani , 
eu daller de Hollande. Foye^ Asselani. 

fC? ABRA. f. f. Terme générique qui fignifie , fille 
d'honneur, demoifelle fuivante. L'Ecriture donne ce 
nom aux filles de la fuite de Rebecca, à celles de la 
fille de Pharaon, à celles de la Reine Efther, &c. On 
dit qii' Abra fignifie proprement une Colffeufe j une 
fille d'atours. 

ABRACADABRA. Terme Barbare , qui fe trouve dans 
les Lettres de Voiture. C'eft dans la 192'^ Lettre à 
M. Coftar , qu'il lui propcfe, en riant, cette recette 
pour la fièvre. 

Infcrlbas chartA quod dicitur Abracadabra. 
Séiplus & fubter répétas, mlrablle dlcluj 
Donec In anguflum redigatur littera. conum>, 

"C'eft-à-dire , en écrivant ainfi : 

Abracadabra 
Ahracadabr 
Alracadab 
Abracûda 
Ahrrxad 
Alraca 
Atrac 
Abra 
Abr 
Ab 
A 

La fuperftition avoit attaché à ce met écrit de Li 
forte , de grands my ftères , & la propriété de guérir de la 
fièvre. M. Voiture a raifon de fe moquer de cette re- 
cette , & on auroit de la peine à croire que perfonne 
y eût jamais ajouté foi, fl l'on ne fivoit d'ailleurs de 
quels excès l'efprit humain eft capable , lorfqu'il s'a- 
bandonne à la fuperftition &; à l'amour des nouveautés 
en tait de Religion. 
Abracadabra, étoit une infcription qui fervoit de ca- 
radère pour guérir plulieurs maladies , & chafTer les 
Déinons. L'Auteur de ce caraftère fuperfticieux vi- 
voit fous l'Empereur Adrien. Il reconnoiftoit pour 
Dieu fouverain Abrîicax 3 ou Abraxas , duquel dé- 
pendoient plufieurs autres Dieux, & fcpt Anges qui- 
préfidcient aux fcpt Cicux. Il Icurattribuoit 565 ver- 
tus, autant que de jours en l'an, & débiroit je ne fais com- 
bien d'autres rêveries. S. Jérôme, dans fon Commentaire 
fur le chap. -; du Prophète Amas , écrit que le Dieu 
ABPASAS eft le même que les païens adoroient fous le 
nom Mitra ; & l'on trouve aullî des pierres gra- 
vées , où la figure d'un Lion couronné de rayons a 
pour infcription miqpak ou MI©pa5. On trouve chez 
les curieux plufieurs pierreries , fur lefauelles eft inf- 
crit ce nom Abracax. C'étoient les Gnoftiques , les 
Bafihdiens, & les Carpocratiens qui faifoient graver 
ces pierres, qui avoient des figures fort fuigulières , 
& qui repréfentoient quelquefois des Anubis , des 



ABR 

tètes délions , des dragons, é-a Les Anciens qui en ont 
parlé, font S. hénée, Liv. /. Ch. 24, de la dernière 
édition. TertuUicn, û'ePr^c/cri/'r. C/j. 46 S. Epiphane, 
hs.r. 24, num. 7 & 8. S. Jérôme à 1 endroit que jai 
cité, Tliéodorer , /^i;r. & fahul. Liv i. Ch. 4. S. Àu- 
Sull:in, ^.«r^yr 4. S. Jean Damalcène , A^r. 24. Tous 
ces Pères n'attribuent la fable du Dieu A'/?/a^aç qu'à 
Baiîlidcs, &aux Bahlidicns. Parmi les Modernes, Ma- 
carius &: Chiftlet ont fait des traités lur cet A'fifaaà?, 
Baronius , Gallendi , du Gange , le Pcre Hardouin 
dans une Dill'ertation particulière ; le P. Mouttaucon , 
PaUogr. L. IL Ch. H. Feuardcnt , & le P. Mafiuet 
dans leurs Notes fur S. Irénée , en font auilî mention. 
Le mot qu'on écrit ici ,Ahracax j doit être écrit en 
car.rdère Grecs, abpakah ; parce qu'outre que ccu\' qui 
l'ont autrefois invente , parioient la Langue Grecque , 
on n'y trouvera pas le nombre de 365 li on l'écrit en 
Latin: cette faute, qui ell dans la plupart des livres , 
vient de ce que la lettre grecque Sifjma , a la figure 
d'un C latin dans les anciennes infcriptions. Si donc 
on veut l'exprimer en Latin, il faut écrire Abrafax , <Sc 
en lettres grecques courantes, ou ordinaires, à&!>a.ia.\. 
Au refte, Baronius a eu raiion de foutcnir dans l'Ap- 
pendix de fon fécond tome àcs Annales EcdéfijjTi- 
çaejj qu'il falloit lue abpa2a2, & non pas abpasas. 
Car dans tous les Pères Grecs qui en parlent , c'efVâ- 
dire,S. Epiphane, Théodorct,S. Jean Damafcéne , 
on lit A'/Sarciç. Ilii'y a que dans le: Latins qu'on trouve 
Ahr.-.xas :,?<., Ahraxan , à l'accutatif. Il eiT; vrai que 
dans S. Lrénée on lit A'jSjjaJaV; mais nous n'avons qu'en 
Latin le chapitre où il en parle, <?v:fi A'(?pa^»j y eft écrit 
en Grec, c'eft aux Copiftes Latins , ou aux Editeurs 
qu'il rau: 1 attribuer. Or il eft très-facile qu'un ait daiit- 
porté le 2 & le s. U paro;t même , fur-tout par S. Jé- 
rôme , que c'efl l'utage qui avoir fait la tranfpolition. 
Pour les pierres , je n'en aipointvuquieufîent A'^^K^aV, 
S'il en eit , comme on le dit, je ne doute point que 
ce ne foit ou un mauvais uiage que 1 ignorance avoir 
introduit, ou une faute de Graveur. C'efl aiiiii que 
l'on trouve Mi>'jm; au lieu de Mi>.y3aK. 

ABRACALAN. C'eft un terme Cabahftiquc, auquel les 
Juifs attribiient la même vertu qu'a Ahracad.ibni. Sel- 
den nous apprend , en parlant de Dus Synis j que ces 
deux mats font des noms d'une Dceflc Syrienne. Ainfl 
le charme fuppof'e apparemment une invocation de 
cette ancienne divinité. Dict. de James. 

ABRACONIS. Ville de la grande Arménie. Abraconïum- 
Elle fe trouve fur la rivière d'Almgeac. 

ABRAHAM, f. m. Abraham j Abrahamus. Nom propre 
d'un faint Patriarchejîkde Tharé , ou comme l'on pro- 
nonce en Hébreu, Tharahh, &pere d'Ifaac, aïeul de 
Jacob, & par lui perc de tous les Hébreux , qui font 
fouvent appelés les entans,c'efl-à-dire, les def'cendans 
à' Abraham. Dieu tira Abraham de la Chaldée , & le 
conduilit dans la terre de Chanaan, où il entra à l'âge 
de 75 ans. Ce Patriarche s'appeloit d'abord Abram , 
qui figi-iifie Pater excelfus. Après les promcfFcs que 
Dieu lui fît d'une poftérité nombreufe , il lui changea 
fon nom en ajoutant un n hé ^ au milieu , le nom- 
mant Abraham. Les Rabbins trouvent de grands myf- 
ftères dans ce hé y n, ajouté. Nos Literprètes expliquent 
ce mot en plutleurs manières. Les uns ditént que 
Omas, Abraham , efl la même chofe que pan 3i? , Père 
de multitude ; c'eiVà-dire d'une nation grande & nom- 
breufe. D'autres difént que c'efl \^0n "lOS, Multitude 
forte , puiffante. D'autres croient qu'il eil compofc de 
de trois motsaiaK&pc^.ce qui fîgnitie Pcre d'une 
grande multitude. D'autres enfin , que c'efl une con- 
traélion du premiernom de ce Patriarche D13i? , Abram j 
<î^'pDn,a/7zo;i j d'où l'onaditOm^S c'efl-à-dire , Pater 
excelfus multitudinis ; Père Haut, c'eft à-dire, glorieux 
d'une multitude , ou d'une nation nombreufe. La foi 
^Abraham efl célèbre dans l'Ecriture. Dans le même 
llyle un entant d'.^Ara/^^w efl quelquefois un homme 
fidèle , plein de foi, qui imite la foi à' Abraham. Les 
Arabes difent Ebrahim,&c les Turcs Ibrahim. 
CG- ABRAHAM. ( Rivière d' ) Petite rivière de fourie , 
qui a fa fousce dans le mont-Liban , & va f c déchar- 
Tomc I. 



ABR 






ger dans la mer mcditcrrànée , eji coulant d'Orient 
en Occident. 

ABR AHAMIEN , ENNE , ou ABRAHAMITE. f. m. & f. 
Abrahamianus , Abrahamita. Nom de SeClc. Les 
Abrahamites nommes par les Arabes Ibrahimiah , du 
nom de leur Auieui: Ibrahim ou Abraham , parurent 
fur la fin du fécond fiècle de l'hégire , & au commen- 
cement du neuvième de JE s u s-C h ri s T,fous l'Empire de 
Nicéphore en (Prient, & de Charlem.agne en Occi- 
dent : ce fut dans Anfioche , fa patrie , qu'Ibrahim 
renouvclla la Sede des Paulianifles. Cyriaque , alors Pa- 
triarche d'Antioche , lui réfifta puiflamment. D'Herb, 

ABRAHAMITES, font aulhdes Afoines Catholiques du 
IX*^ fiècle,qui fouilrirent le martyre pour le culte des 
images fous Théophile, ainii qu'on le peut voir dans 
le ContinuateurdeContlantin Porphyrogénére,Z. nu 
C. II. ôc dans Cedrenus. 

J-Cr ABRA!V1B(E ou ABRAMBOU. Rovaume , ou plu- 
tôt petit état d'Afrique, au dedans du pays des Nègres, 
faifant partie de la côte d'or. La plupart des habitans 
s'appliquent à l'Agriculture. 

ABRÀME. 1. m. Nom d'homme. Abramius. Sozoni. 
L. IL C. 16. M. Chappel. 4. Fév. 

ABRAMEZ. f. m. Nom d'homme. Abraames, Chapp. 

14. rév. 

ABRAN. Ville ancienne delà Tribu d'Afer, dans la Ga- 
lilée f upérieure , aux confins de la Tribu de Nephtali. 
Jos. XIX. 18. C'efl la même qu'Helba t, on l'appelle 
au!Îi Acran & Achran. Samfon la confond fans rai^ 
fon avec Elmélech. 
ABRANTES. Ville de Portugal. Abrantus. Elle efl 
dans l'Eftramadure de Portugal, fur le Tage , entre 
Portalègre & Leiria. 
ABRAsîON. f. f. Terme de Médecine. ^Z^n^/o. CafteUi 
rend ce mot par Ulcération fuperticielle des parties 
membraneuf es , avec déperdition de tubflance par pe- 
tits fragmens. Ainîi l'on dit , qu'il y a abrafion dans 
les inteftins, lorfque la membrane interne ell erculcé* 
rée , & qu'il s'en détache de petites parcelles qui font 
cxpultées avec les cxcrémens. Dict. de James, 
ABRAXAS. f. m. Pierres précieufes , fur lefquelles on 
giavoit des caraélères hiéroglyphiques , <k qu'on por- 
x.ç>\x.tniixQo\\èîamulètcsicàt charmes. Certains Chré- 
tiens hérétiques, &: natifs d'Egypte, qui avoientmclé 
un grand nombre de fuperflitions païennes avec le 
Chrillianifme , font les premiers qui aient fait uni- 
verfellement connoitre ces fortes de pierres. Aux 
Abraxas owx. fuccédé,dans lesderniers temps, les Ta- 
lifmans j efpèce de charmes , auxquels on attribue 
la même efhcace, & qui font aujourdhui en grand 
crédit dans les pays Mahométans , à caufe qu'on y a. 
mêlé, comme aux Abraxas, les rêveries de l'Aftrolo- 
gie judiciaire. EJfai fur les Hiéroglyph. 
Abraxas. Divinité qui fut imaginée par des Seélaires 
au commencement du fécond ficcle de l'Eglife : c'é- 
toit, félon eux, un Dieu fouverain , duquel dèpen- 
doient pluiieurs autres Dieux , qui préfldoienr aux 
ci eux, (Se auxquels ils attribuoient 565 vertus, une, 
pour chaque jour de l'année. On le repréfentoit quel- 
quefois fous la figure d'Anubis ou d'un lion. On 
croit que cet Abraxas ell le Mithra des Perfes. 

Les lettres du nom de ce Dieu,prifes arithmétiquc- 
ment , égalent le nombre des jours qui compofenc 
l'année. De-là vient que faint Jérôme croyoit qu'.-^- 
braxas étoit le même que le Mithra des Pertes-, c'eft^ 
à-dire, le fcleil. Voici les lettres de ce mot rangées en 
forme d'Addition, /''oje^ S. IrÉnée, L. I. C.23. 



«. 


l. 


&. 


1. 


f- 


ico. 


u. 


I. 


?. 


60. 


et. 


I. 


f. 


200. 



56;. 

§CT ABRÉGÉ, f. m. Quelques-uns écrivent affez mal >;c 

Ei.i 



3^ ABR 

mot avec deux BB. Comme on n'en fait fcnrir qu'un 
tlans la prononciation , le fécond eft ablolument oiilf. 
Epïtomi. Raccourci , écrit dans lequel on réduit en peu 
de paroles ce qui efl ailleurs plus au long & plus en 
détail. C'eft une courte expoiition d'un long ouvrage. 
Mezerai a fait \'Abrégé6iÇ. fa grande Hiftoire, en trois 
volumes. M. le Préfident Henault nous a donné un 
^i^rdVtf Chronologique de l'Hilloire de France. Voyci 
aux mots i^reaj & bonimaïrc ,1^^% nuances qui dillin- 
guent ces trois mots. 

Quand on veut louer txceirivement l'excellence d'une 
perfonne ou d'une choie, on dit que c'eft un Abrégé 
des Merveilles du monde. Orbïs miraculum. Les An- 
glois dilent que Londres eft l'épitome, ou l'abrégé du 
monde. L'homme eft appelé microcofme ^ pour dire , 
qu'il eft un abrégé des merveilles de l'univers. L'a- 
mour eft la plénitude & l'abrégé de toute la Loi. 
P0R.T-R. 

Abrégé, lignifie aulTi abréviation, retranchement de 
quelques lettres dans un mot, pour écrire plus promp- 
tement, & en moins d'elpacc. Compendium fcribendi. 
Il eft malaifé de déchiftier les abrégés qui lont dans les 
Bulles &z les iîgnatures de la Cour de Rome. Fslis. 

Abrégé, en termes d'Organifte, fe dit d'une certaine 
rédudbion des touches du clavier de l'orgue , qui a été 
inventée , afin que chaque touche , qui n'a que deux 
pieds de long , fe rapporte à chaque loupape des lom- 
mieis , qui (ont longs de 4 , 5 , ou 6 , pieds ; ce qui 
fe fait par plufieurs rouleaux , pointes ik chevilles : 
d'où vient qu'une marche du clavier lait fouvent par- 
ler un tuyau fort éloigné. En examinant un orgue, on 
connaît que les abrégés font bien faits , lorfque le 
clavier n'eft point tardif à donner le vent aux tuyaux , 
lorfqu'il fe ferme aifément , & qu'il n'eft pas befoin 
d'enfoncer beaucoup les touches. 

En Abrégé, Adv. Sommairement, En raccourci. Summa- 
tïm. Pour profiter de la ledure , il taut recueillir en 
abrégé ce qu'on trouve de plus curieux dans les livres. 
Contez-nous la chofe en abrégé ^ fans tant de circuits 
& de détours. 

ABREGEMENT, f, m. Accouiciirdllaent. Contraclïo. Ce 
mot a été renouvelé , parce qu'il eft très-commode. Le 
P. Bouhours le condamne pourtant dans cette phrafe : 
Ceux qui ont voulu introduire l'utage des tables , fem- 
■blent avoir été trompés par ^abrègement des paroles 
& du papier. Port-R. On a trouvé que le P. Bou- 
hours avoir raifon. Ce mot n'a pas léuiîî. 

ABRÉGER, v. a. Rendre plus court , ou renfermer dans 
un plus petit efpace -, rendre en petit ce qui eft en grand ; 
Rellerrer ce qui éft diffus. Contrahere. Abrégerion dif- 
cours , dire fuccinclement. On a abrégé le temps de 
fon exil. Cette traverfe ij/'/v^-'c le chemin. Vu compen- 
dium. Les jours de l'homme ont été abrégés ^ & ré- 
duits à lio ans depuis le déluge. Les excès abrègent la 
vie. Ablanc. Ce mctvient de abbreviare. Nicod. On 
le dit quelquefois ablolument. Vous ères trop long , 
abrège-:^ j il faut abréger. 

Abréger un fief:, en jurifprudence féodale , fignifie , le 
diminuer , en éteindre & amortir une partie. On peut 
abréger un fief en le démembrant de quelque ma- 
nière que cefoir. Or, comme les mutations produifent 
des droits & profits féodaux , il eft certain qu'un Sei- 
gneur diminue fon fief, loiiqu'il admet des gens de 
main-morte à des héritages qui en relèvent. Perrière. 
ABRÉGÉ , ÉE. part. & adj. Raccourci , le plus court. 
Contraclus. Chemin abrégé pour alkr à la gloire. 

Pour abréger. Façon de parler adverbiale. Quid mul- 
ta y Ne longum Jît. Ow le dit quelquefois abfolument. 
Vous êtes -trop long, Ahrége-^^ Contrahc. Il faut abré- 
ger. 
ABRÉNER. Foyei Abaraner. 

ABRENONCIO. Mot Latin , qui fignifie , Renoncer. Le 
peuple s'enfert en François, lorfqu'un homme nie de 
mauvaife foi quelque dette , oii autre choie qu'on lui 
demande. Un tel avoit promis de payer cent écus , 
mais quand on les lui a demandés , il eft allé à abre- 
noncio. Ce mot eft tiré des cxorcifmes qui fe font en 
baptifanr, ou en faifant l'eau bénite, où l'on dit fou- 



ABR 

vent , ahrcnonclo. Le peuple s'en fert encore quand on 
lui dit ou qu'on lui hut quelque choie qui lui déplaît, 
à quoi il ne veut point participer; & ce mot a de l'é- 
nergie, <Sc marque quelque horreur, & comme Har- 
ris l'a remarqué du mot abrenonciation ^ un renonce- 
ment j un abandonnement entier \ tel en un mot que 
celui par lequel on renonce au Démon, d'où ce mot 
eft pris. 

ABREOJOS. Nom d'un .amas d'écueils qui fe trouvent 
lur la côte de l'Ile Elpagnole , au nord de la ville de 
Sant-ïago. Les Eipagnols leur ont donné le nom à'A- 
bréojosj c'eft-à-dire , Ouvre les yeux , pour marquer 
que les vaillcaux duivent bien prendre garde a éviter 
ces rochers, qui font très dangereux ; on les nomme 
aulli Bancs de Babuaca, ou BajJ'es de Babuoca. 

ABREUVER, v. a. Adaquare. Donner à boire aux che- 
vaux &c au bétail. On abreuve les chevaux deux fois 
par jour. Anciennement on diloit abeuvrer , & par 
tranipolîtion de letties l'on a dit abreuver. Dan.s une 
vieille chartre de lan 1343 , il eft parle de léponge 
dont J. C. fut abcuvré. L'Auteur de Flandria illuf- 
trata rapporte une lettre très- ancienne, où l'on trouve 
baver les chevaux. 

f;'CF Abreuver, fe dit par extenfion de plulîeurs autres 
choies. 

Il eft quelquefois fynonyme d'humeder , imbiber 
d'eau. Eumeclare _, imbuere. On abreuve des tonneaux, 
une cuve , avant que d'y mettre la vendange. 

En termes de marine , on dit de mcme abreuver un 
vailleau , le remplir d'eau , entre le hanc-bord & le 
ferrage, quand il eft conftruir, pour éprouver s'il eft 
bien étanché , & s'il n'y a pas de voie d'eau. 

On le dit généralement de l'eftet de l'eau ou de 
quelque liqueur l'orfqu'elle pénétre une choie. On dit 
que la pluie a bien abreuvé les terres, que la terre eft 
bien abreuvée j quand il a bien plu. Dans cette ac- 
ception , il eft employé en AgricuLure , comme fyno- 
nyme à'arrofer. On le dit particulièrement des prairies 
où l'on fait venir de l'eau par le moyen des faignées. 
Nos prés ont beloin qu'on les abreuve. C'tft encore 
un terme de Vtfrnilleurs qui dittnt que la première 
couche de vernis ne le met que pour abreuver le bois , 
C'eft-a-dire, en pénétrer les pores; que le bois s'en 
abreuve. 

Les Peintres le difent dans le même fens de la pre- 
mière couche de couldir très-liquide , qu'ils appli- 
quent fur le bois ou lur les autres matières peur le 
difpofer à recevoir la couleur qui doit frapper la vue. 

$3^ Abreuver eft quelquefois employé dans un Icns 
figuré. Alors il fignifie r/evt-wirquclqu un par quelque 
choie, lui en donner la piemig:e impreftion , & l'en 
remplir. Imbuere. Il l'a abreuve'^t cette opinion. Sou- 
venez-vous de ces lources immortelles où vous vous' 
êtes .tbrcuvés des faintes eaux de la lagefle. Patrv. 
En parlant d'une nouvelle qui eft déjà répandue 
par-tout, que tout le monde lait , on dit figiuémenc 
& fuuilièremement, que tout le monde en eft abreuvée 

Abreuvé, Ée. part. Imbutus. 

Sitôt que du Nectar la troupe ejl abreuvée. 

ABREUVOIR, f. m. Lieu où on abreuve les chevaux. 
Aquarium. Mener les chevaux à l'abreuvoir. Il le dit 
plus précilément d'un glacis le plus fouvent pavé de 
grai.s , (^ bordé de pierres , qui conduit à un ballm , ou 
à une rivière , pour abreuver les chevaux. Dav. Il fe 
dit auftî de l'endroit d'un ruilfeau où les oifeaux vont 
boire. On prend descifeaux.l'i:^;'tr«vo/r, en y mettant 
grand nombre de petits gluaux. L'heure la plus conve- 
nable de tendre à l'abreâvoir^îi depuis dix heures juf- 
qu'àonze, & depuis deux heures juiqu'à trois après 
midi , &c enfin, une heure &: demie avant le coucher 
du loleil, que les oifeaux viennent en foule à l'abreu- 
voir. Chomel. 

Abreuvoir, en terme de Maçonnerie, fe dit des inter- 
valles que les Maçons lailfent entre les joints des pier- 
res , pour y faire entrer du mortier. En ce lens l'on fe 
fort plus fouvent du mot oodet. Bima. Les Anglois fe 
lcr\'cnt du mot abreuvoir dans ce mêigc lens. 



ABR 

l^ Abreuvoir. Défaut des arbres. C'eftlamême chofe 
que la gclivure. /^oye:j' ce mot. 

On dit pro\ erbialcmcnt d'une plaie large Se (an- 
glante , que c'cft un abreuvoir à mouches. Il lui a porte 
un coup à la tcte , Ôc lui a fait un grand abreuvoir à 
mouches. Ablanc. On dit aulîl , qu'un bon cheval va 
bien tout ieul à l'abreuvoir , quand on le levé de table 
pour prendre loi-même à boire au buflet. Ces phrates 
ion du ftvle burlcfque. 

ABRÉVIATËUR. 1. m. Celui qui abrège l'ouvrage d'un 
autre , Auteur d'un abrège. Qui epicome conjîdt. Ivl. 
de Sponde Evcque de Pamicrs , clt ï'abre'viateur de 
Baronius. M. Dernier a rendu im grand Icrvice au 
public ; il efr l'abre'viaceur de Gallendi. Les abrévia- 
teurs font caufe qu'on Te peut palier des origi- 
naux. \f faut du goiit & de l'intelligence pour être 
un excellent abrcviateur. 

Aeréviateur , le dit encore de deux fortes d'Officiers 
de la Chancellerie Romaine. Les abreviateurs j qu'on 
appelle de pdrco majori , font des Prélats à qui le Ré- 
gent de la Chancellerie , diftribue les luppliques , & 
qui ont des lubll:ituts pour dreiler la minute des Bul- 
les. Et les abreviateurs de parco minori ont le loin de 
dreflcr les dilpenles de mariage. 

Ils font nommés Officiers de Parco , parce qu'ils 
s'airemblent au Parquet de la Chancellerie, & Abré- 
viateur . parce qu'ils drellcnt les minutes &: les brévia- 
tures des lettres apcftoîîques. 

ABRL'VIATION. f. f. Retranchement de quelques let- 
tres dans un mot, quand on veut écrire vite , ou en 
moins d'elpace. C'eft ainll que nous écrivons , M. 
Monjîeur ; Cklet. pour Ckàtelet. Il y a ordinairement 
quelques marques ou traits de plume lur les m^Âs 
Abrégés. Scribendï comvcndium. Les fignatures de la 
Cour de Rome font pleines ^abréviations. L'écriture 
Gothique ctoit incommode à caule defes abréviations. 
On ne lauroit lire les Ecrits des Rabbins, qu'on n'ait 
une exphcation des abréviations Hébra'i'ques. Les Co- 
pifteSjOu les Ecrivains Juifs ne fe contentent pas de 
faire des abréviations ^ comme les Grecs & les Latins, 
en retranchant quelques letres ouivllabes dans un mot. 
Us ne mettent d'un mot que la première lettre ■■, n li- 
gnifie Rabbi: S lîgnihe'7>?, iJnt: , ou IDS , &c. félon 
l'endroit où il le trouve. Souvent même ils prennent 
ces premières lettres de pluheurs mots de luite , les 
joignent enlemble ; ik en y ajoutant des voyelles , ils 
font un nom barbare qu'ils donnent à la pcrionne qui 
"porte les noms qu'ils ont abrégés de lalorte. Ainfi Rab- 
bi Schelomoh Jarhhi , en jargon d'abréviations Mé- 
bra'iques s'appelle' ii^?/'^ ; Rabbi Moyte ben-Maïcmon, 
Rambam ; & de même en d'autres dicl:ions que les 
nomspropres. !::?''::?3, par exemple, ell: mis pour r]i?r;i;Di 
1£:D3 \ti'ù , Donum in abdito avertit iram. Mercerus , 
David de Pcmis , Schindler, Buxtorf , & d'autres , 
ont fait des explications de ces efpèces de chiffres , 
fans lelquelles on ne peut aborder les Rabbins , fur- 
tout en commençant. Les abréviations de l'écriture 
s'appeloient Notes dans l'Antiquité. On les appelle 
encore ainfi dans les anciennes infcriptions Latines. 
Plufieurs ont fait des collections & des explications 
des abréviations Romaines. Une des plus ampUs 
eft celle de Scrtorius Urlatus , qui fe trouve à la fin 
des Marbres d Oxford. Sertorii ÙrfatiEquitis ^ de no- 
us Romanorum Commentarius. Tous ces mots vien- 
nent du Latin Abbrcviare , dont l'origine eif brevis , 
bref, court, qui vient du Grec ^paxi^!. 
f'C? Aberéviations , chez les Négocians , Banquiers 
& teneurs de livres, font des lettres initiales ou des 
carailcres dont ils fe lervcnt pour abréger certains ter- 
mes de .Négoce, & rendre leius écritures plus cour- 
tes. 
ABREVIATURE. f. f.Cemoteftla même chofe qu'.;- 
bréviation , mais il eft moins ufité. M. le Clerc fe fcrt 
ordinairement d'abréviature au lieu d'abréviation- 
M. Gale , dans 1 édition de quelques auteurs Grecs 
^ qu'il a procurée, en a baïuii toutes les abreviaturcs. 

Le Clerc. 
ABRI. f. m. Lieu à couvert du foleil , du vent & du froid , 
Locus ab aéris injuria dcfenfus. Ces elpaliers for.t à 



ABË in 

X'abri du mauvais vent. Ce lieu eft à ['abri du foieii. 
On le met à l'abri quand il pleut» Ce mot vient de 
apr'icus j quoiqu'il lignifie tout le contraire. Ménage 
veut qu'il vienne A'opcricus ^ inufité, qu'on a fait d'o^ 
perio y je couvre. 

Je veux une coéffure , en dépit de la niodr , 
Sous qui toute ma tête ait un abti commode. Mol> 

On le dit fort louvent en terme de Marine. Mouil- 
lage, ou encrage à couvert du xenr. Cette rade eft à 
l'abn des vens du nord. Ces montagnes mettent ce 
port, ce mouillage, à l'abri. C'cft un bon abri. 

Abri, le dit figurément en Morale d'un heu où l'on eft 
en surete , de tout ce qui nous met hors de danger. Per- 
jugium tutum à , Sec. L'étude des cas de confciencen'eft 
point un art de s'aveugler, pourpécherà l'i/^ri des Loix. 
La Plac.Oii s'en fcrt particulièrement pour exprimer 
lin heu de refuge & de sûreté centre les inconftances du 
fort , & contre les revers. La folitude eft un bon abri con- 
tre les coups de la fortune. Il eft entré au fervice du 
premier Mmiftre ■■, c'eft un bon abri contre les enne- 
mis. Son amitié me doit fervir A' abri Se de confolation 
dans mes dilgraces. 

i^ A l'abri. Façon de parler adverbiale , qui fignifie 
à couvert. Se mettre à l'abri du vent , de la pluie , du 
mauvais temps. 

On le dit aulîî de ce qui met à couvert. On fe met 
à l'abri d'un mur , d'un arbre, contre un mur, contre 
un arbre. Un vailleau eft à l'abri dune île. On le dit 
au figuré dans ces deux acceptions. On eft à l'abri de 
la pcrfécution : on eft à l'abri de la faveur. Dans ce 
dernier fcns de équivaut à par le moyen de. Si , dans 
la pauvreté , on clt à l'abri des inquiétudes des ri- 
chclles , l'on n'y eft pas exempt des foins rongeans de 
La misère. S. Evr. Sa vertu eft maintenant fans tache 
à l'abri de fon peu de mérite. 

A /'abri d'une longue & sure indifférence 



Je jouis d'une paix plus douce qu'on ne penfc. 

Deshoul^ 

On dit auffi adverbialement, fe mettre à \abri de 
l'orage. Etre Wabri des coups. Ce criminel ayant eu. 
avis qu'on le vouloit prendre , s'eft mis a l'abri j &s'eft 
fauve en quelque alyle. On dit aufiî d'un prifonnier , 
qu'on l'a mis à \abri., qu'on s'en eft allure, qu'on Ite 
mis en prifon. 

On dit proverbialement: Un homme fans a^ri, c'eft' 
un oifeau fans nid. 

ABRIC. f. m. Quelques Chimiftes Anglois nomment 
ainfi le foufre. Harris , Boyer. 

ABRICON. Vieux f. m. plus communément Bricon, 
Charlatan, trompeyr , fédudteur. 

ABRICORNER. v. a. Inducere. Eorel dit que ce mot 
vouloit dire autrefois Charlater ; c'eft-à-dire , En- 
gager comme font les Charlatans ; gagner , obtenir ce 
qu'on veut. Il cite une vieille traduction d'Ovide j où 
il eft parlé de ce que ht Ulylîe pour obtenir qu'Iphi" 
génie fût facrifiée. 

Bientôt la mère abiicorner^ 

ABRICOT, f. m. Prunum, ou Malum armeniacum. FruiC 
participant de la pêche & de la prune. Il eft doux &C 
agréable au goût.Jl eft un peu rouge & jaune en mû- 
rilFaiit, & peur cela on l'a' appelé à Rome Chryfo- 
mèUj comme qui diroit j Pomme d'or. Il mûrit en 
Juin avant les autres fruits. Se pour cela on a appelé 
chez les Médecins ces fruits , Mala prscoqua ; c'eft- 
a-dire, hâtifs, il y a trois fortes d'abricots. Les abri- 
cots ofdinaires , qui ne mûriirent qu'à la mi- Juillet j 
les abricots hâtifs ^ qui fe mangent dès le comment 
cernent du même mois;& ceux qu'on nomme le pe- 
tit abricot j qui vient à la mi-Juillet. Chomel» Mé- 
nage fait dériver ce mot de mala pr.icoqua, ci\ pn- 
cocia ; d'autres du grec aê^o» qui lignifie Mou Se dé- 
licat , ou du latin aperitiumj parce qu'il s'ouvre fats* 



jS 



ABR 



îemenr. Mais Matliioje dit qae les abricots retiennent 
le nom que les Grecs leur ont donné , qui les appel- 
lent Bericocla. On dit que les abricots en Perle lent 
un poifon , ik même qu'ils (ont iî dangereux en Pié- 
mont ,■ qu'un (eul a quelquefois doiinc la fièvre : & 
néanmoins la rramboihcre loutient qu'ils valent mieux 
<5ue les pêches ; car ils ne fe corrompent ni ne s'ai- 
grillcnt dans l'eftomac : & d'Iiabiles gens prétendent 
que les abricots ne (ont pas plus pernicieux en Pic- 
-mont qu'en France, &c qu'ils ne lont fiévreux que lorl- 
qu'ils lont verts , de même que la plupart des autres 
fruits. Il y a une efpèce d'abricot qui eft tout blanc 
dehors Se dedans, qui s'ouvre net, & qui ell de bon 
goût. Il y en a un autre qui eft jaune , &plus rouge que 
les autres , dont le noyau tient à la chair , dont le goût 
eft exquis , mufqué & extraordinaire ; Ion amande cil 
-douce comme celle de l'amandier. Les abricots verts 
font les premiers fruits qui fe confîfent. On les prend 
tendres, avant que le bois du noyau commence à le 
<lurcir. On les palFe dans l'eau claire, avec un peu de 
bon tartre pour détacher la bourre qui eft delfus; puis 
on les elfuie chacun à part , pour ôter cette bourre , & 
on les confit , mettant une livre de lucre pour cha- 
que livre de fruit : li ce'à pour manger en compote , il 
lufiit de demi-livre de fucrelurune hvre de fruit. Les 
abricots, en leur parfaite grolleur , fe confifent pelés 
ik lans peler, f^oye'^ dans Chomel la manière de hiire 
les compotes , les marmelades , les pâtes , & les confi- 
tures à! abricots. On dit non-lculement , Une marme- 
lade A'dbricots j Une compote d'abricots ; mais en- 
core , Des abricots en compote , Une allictte d'abri- 
cots en marmelade , Des abricots confits. 

Blanchir ou laire blanchir des abricots. Terme de 
Ccnfileur. C'eft la première façon qu'on leur donne 
pour les confire. Elle confifte a les jeter dans l'eau 
bouillante', après leur avoir ôté le noyau. Il faut pren- 
dre garde qu'ils ne le lâchent trop dar^s l'eau. Enliiite 
on les tire proprement avee une écumoire , Se on les 
met égoutter lur un tamis. 

Peler des abricots verts. Terme de Confifeur. C'ell: 
leur ôter la bourre ,ou la première peau, pour les met- 
tre en confiture ou en compote. Cela le peut faire en 
deux manières. La première eft de mettre les abricots 
verts dans une lervictte , de luivant la quantité que 
l'on en a , broyer du lel à proportion le plus menu 
que l'on pourra , & le jeter lur les abricots , que 
l'on arrole eniuite avec une cuillerée d'eau & de vi- 
naigre. On peut les lailFer ainli dans la lerviette , ou 
les iailer bien d'un bout à l'autre de la lerviette , jui- 
qu'à ce que la bourre loit tombée. Il laut enluite laire 
tomber le lel , les jeter dans l'eau fraîche, & les bien 
laver. L'autre manière eft de faire une lelîîve avec de 
la cendre de bois neuf , & lorfque la cendre aura 
bouilli , jeter les abricots cians cette lelîîve parmi la 
cendre, & la faire bouillir , juiqu'a ce qu'ils le dé- 
boutent & quittent la première peau , en les frot- 
tant doucement avec les mains. Si l'on n'a point de 
bonnes cendres, on peut faire une leillve de cendres 
gravelées. Enfin, on les lave comme dans l'autre pré- 
paration. 
Abricot hÂtif. Petite efpèce d'abricot. La chair en 
ell; fort blanche , Se la feuille plus ronde , & plus 
verte qu'aux autres i mais pour cela il n'ell pas meil- 
leur. Id. 

Les abricots ordinaires font bien plus gros , & ont 
la chair jaune, & ne mûrillent que vers la mi-Juillet. 
Il en faut mettre aux quatre expolitions pour en lau- 
ver , quand il vient des gelées pendant la fleur. Id. 

En Angoumois il y a un petit abricot à amande C\ 
douce , qu'on la prendroit prefque pour des avelines. 
on laille f ouvent les noyaux pour la manger. Cet abri- 
cot a la chair blanclie , Se eft très-bon en ce pays-lâ. 
Abricot, f. m. Eft aulîi un fruit de l'Amérique , Se prin- 
cipalement de S. Domingue , que les Efpagnols ap- 
pellent JMamet, & que les François nomment abri- 
cot ^ quoique ce nom ne lui convienne que par la cou- 
leur de fa chair. Il eft prefque rond , & quelquefois 
de la figure d'un cœur, dont la pointe eft émoullce. 
Il a depuis trois jufqu'à fept pouces de diamètre : il 



ABR 

eft couvert d'une écorce grisâtre, de l'épaifleur de plus 
d'un écu , forte Se louple comme du cuir. Sous cette 
écorce on trouve une féconde peau jaunâtre, mince, 
mais forte Se adhérente à fa chair. Après qu'on l'a en- 
levée, on trouve la chair du fruit, qui eft jaune Se 
ferme comme celle d'une citrouille , Se d'une odeur 
aromatique. Quand on le mange cru, il lailfe une 
bonne odeur dans la bouche , mais un peu amère Se 
gommeufe. La manière ordinaire de le manger, eft de 
le mettre par tranches dans un j lat avec du vin (^ du 
lucre : cela lui cte fon amertume & la gemme. On 
en fait auill des marmelades & des pâtes qui font af- 
tringentes, peétoralcs Se de bon goût. Foye:^ le P, 
Labat, tome I. de J'cs f^oyages. On trouve dans fon 
milieu un , deux ou trois noyaux fort du^s. P'oyc^ 
Abricotier. 
ABRICOTÉ. f. m. Dragée faite d'un petit morceau du 
fruit de l'abricot entouré de fucre. Prunum arvienia- 
curn fùccharo conditum. 

ABRICOTIER.!", m. Armeniaca Malus y ou Prunusar- 
meniaca. Arbre d une moyenne grandeur , dont les 
feuilles font pofées le long des branches alternative- 
ment , Icmblables à celles du tilleul , mais plus arron- 
dies. Ses rieurs font compofées de cinq piftils difpofés 
en rofes dans les échancrures du calice, qui eft un go- 
det découpé en cinq parties. Le piftil devient un fiuit 
charnu , prelc;ue Iphérique y d un côté fillcnné de la 
baie à fa pointe , Se qui renferme dans fa chair un 
noyau ollcux, un peu aplati. Se ne contenant qu'une 
amande , douce en quelques elpèccs , amère en d au- 
tres. Les cfpèces d'abricotiers le diftinguent fur-tcut 
par la variété de leurs fruits. 

La place la plus convenable aux abricotiers , eft le 
plain-vent. Le fruit eft d'un goût bienplusrelevé. Tou- 
tes les expolitions en efpalier leur font bonnes. Les 
fruits de ceux-ci font plus gros , mais inférieurs aux 
autres pour le goût. Ils munirent dès le commence- 
ment de Juillet, fur-tout la petite efpèce qu'on ap- 
pelle abricot hâtif. » 

Les abricotiers aiment mieux une terre légère & fâ-- 
blonneule qu'une terre graile. 

On grcrte l'abricotier fur prunier & fur amandier. 
Il faut oblervcr de ne pas prendre les écullons fur une 
branche qui ne vient que d'être coupée. Il eft impor- 
tant de ne grcfterquele lendemain. Les greftes cnréuf- 
luont plus sûrement. 

Les abricotiers ouï n'ont qu'un an de greffe, pourvu 
que le jet f oit beau , valent mieux pour planter que 
ceux qui en ont deux ou davantage. 
Abricotier, f. m. Arbre del'ile de S. Dominique. Il eft 
grand , & un des plus beaux arbres qui fe puiftenc 
voir. Son bois eft blanchâtre, fcs fibres affez grofles ; 
fon écorce eft grile& allez unie^ fes feuilles font lon- 
gues de fix à fept pouces , en manière d'elhple , un 
peu pointues par un bout , d un très-beau vert , Se 
un peu plus épaiffes qu'une pièce de douze fous. Ses 
branches font grandes Se fort garnies de feuilles-, de 
manière qu'il fait un ombrage charmant. Cet arbre efl 
mâle Se femelle ; le mâle ne porte que des fleurs , 
^e femelle rapporte beaucoup. Quand on ne trouve 
qu'un noyau dans un fruit, on eft sûr qu'en le plan- 
tant il produira un arbre femelle. 

ABRIER. V. a. Vieux mot qui fîgnifioit. Protéger , dé- 
fendre , mettre à l'abri , couvrir. Defendere , operirc 
Mézerai l'a employé. Je dis au Comte qu'il n'oubliâc 
de rejeter ma robe fur fon lit, en manière qu'elle les 
abriât tous deux. Montagne. Il leroit à fouhaiter 
que ce mot pût revivre. Les Jardiniers s'en fervent , 
pour dire Mettre une couche , une fleur à l'abri du 
vent. Abri eft encore en ufage. Pourquoi perdre 
Abrier _, qui en vient naturellement , Se dont le fon 
eft très-agréable ? M. Coste , note i o , fur le pre- 
mier liv. des Effais de Montaigne. On emploie plus 
communément le mot abriter. 

^3" ABRIÉ. Terme de marine , qui eft à l'abri du vent. 
Ainfi on dit. Que le petit hunier eft^^n't par le grand 
hunier , parce que celui-ci empêche le vent de palier 
jufqu'à lui. 



ABR 

ABniEVEPv. V, n. Ce mor n'eit plus en ufage. Dans le 
Roman de PeLceval il veut dire afrivcr. Advenire. 

|C? ABRITER. V. a. Terme de jardinage. Mettre à l'a- 
bri du vent , de la pluie , du loleil. On ahricc un et- 
palier,des plantes délicates, &c. C'eftla même choie 
<\\i' ahrier C]Vi'i cft moins en u{<xge. 

^C? ABRITE, part. Qui eft à l'abri. Les fruits gèlent fou- 
vent, parce qu'ils ne (ont pas bien abrites. 

ABRIVENT. f. m. C'eft tout ce qui nous garantit du 
vent. Quod à vento défendit. On fut oblige de pren- 
dre la paille des paillalTes, pour faire des abrlventsaax 
foldats qui n'étoient jamais relevés du chemin couvert. 
M. DE Feuquieres. 

fCF ABRWER. v. n. Terme de rivière, quifignifîe abor- 
der au rivage. 

1^3- ABROGATION. Cf. Aftionpar laquelle une chofe 
eft annullée. Abrogatio. Il ne le dit guère qu'en par- 
lant d'une loi. Il n'appartient qu'à celui qui a le pou- 
voir d'en faire , d'en abroger. /^())'t;:j Abolition. î-'ah- 
rogatio?! de la pragmatique (anition, s'cft faite par le 
concordat entre François I , & Léon X , en i y 1 6. 

§CF Abrogation diffère de dérogation, en ce que la 
loi dérogeante ne donne atteinte qu'indiretlement à la 
loi antérieure , & dans les points feulement où l'une 
& l'autre leroient incompatibles : au lieu que l'abro- 
gation eft une loi taire exprellément pour en annuUer 
une précédente. 

lO" ABR.OGER.V. a. Se dit particulièrement des loix. 
Annuller. Abro^are, La Puilîance delpotique abroge 
fouvent ce que l'équité avoit établi. Ce Prince entre- 
prit d'abroger les privilèges de la nation. Foye^^ Abo- 
lir , Casser, Révoquer. 

ABROGÉ , ÉE. part. Abrogatus. Les Loix abrogées 
n'ont plus de force. 

'ABROHANI. f. m. ou Malle-molle, f. f Sorte de co- 
ton qu'on apporte de Bengale, aullî-bien que de plu- 
fleurs autres parties des Indes orientales. C'eft une cl- 
pèce de moulleline blanche , dont la pièce a leize au- 
nes de long, fur fept ou huit de large. 

ABROLHOS. Petite île & rochers qui fc trouvent veis 
les côtes du Bréiil. Ce mot, en Portugais , fignifie la 
même choie que Abréojos en Efpagnol , Ouvre les 
yeux. Ces écueils s'étendent plus de cinquante lieues 
entre l'île de Fernando-Noronha , & la Capitanie de 
Rio-Grande. Ces rochers font très-dangereux. Nos 
François les appellent Abrollés. Leur nom eft coni% 
pofé des mots Portugais arbrar , ouvrir , & olhos ,les 
yeux. 

fCF ABRON. Rivière de France qui a fa fource dans le 
Bourbonnois , coule dans le Nivernois , arrofe Dorne , 
Thoury , Lurcy -, & après de longs circuits , va le je- 
ter dans la Loire entre Avril & la Motte. 

ÀBROTANOÏ JE. f. f. Fiante pierreufe , maritime , haute 
prefque d'un pied , belle , tort rameufe j refïemblante 
à l'Aurone femelle, d'où efl venu fon nom d'Abrota- 
noïde , quaji fimilis abrotano. Elle croît fur les ro- 
cheis. 

ABRCTONE» f. f. Abrotonum. Lucain, L. IX. v. 910, a 
dit auaî Abrotonus ■, m. Herbe, ou plante fibreufe & 
odoritérantc. Elle ne peur fupporter le froid , & vient 
mieux dans une terre maigre & sèche. U yen a de deux 
• fortes , m;;le & femelle. La femelle fe dit en Latin , 
Abrotonum fœmina y ou Santolina ; félon quelques 
Auteurs , Cuprejfus , Cyprès. Elle eft toujours ver- 
doyante , f elonThéophrafte. Elle étoit d'un grand ufage 
dans la Médecine ; ce qui a fait dire à Elorace , Abro- 
tonum it^ro non audet , nifi oui diiicit ^ dare , bic. 
On dit aufîî par corruption, Brotanne pour Abrotone ; 
hiais ces detix termes font peu ulîtés dans la Bota- 
nique , & ne fe trouvent que dans d'ancicmies &mau- 
vaifes tradiiftions de Livres de plantes. U faut dire 
Auronc. Voyez ce moti 

ABROUTI, lE. adj. Terme d'eaux & forêts. Bois abrou- 
tis j rabougris ; Ce font des bois malfaits , parce 
que les bourgeons ont été mangés ou broutes par les 
beftiaux. Noel. Mémorial Alphabétique. 

ABRUCKBANIA, Apragbani^. Ville de Tranfylvanic 



ABS 



59 



Autariarum. Elle eft fur la rivière d'Ompay , au-def- 
fus de la ville d'Albe-Julie. 

ABKUS. Voyc\ Pois de Bede.a_u. 

ABRUTIR. V. a. rendre hho. ^^w-ç^idz-Stupidum acbrutl 
fimilem facere. Le vin l'a tellement abruti j qu'il eft 
infupportable. On le dit aullî avec le proi^om perfon- 
nel. Les efprits foibles s'abrutijjent dans la folitude, 
Vaug. 

ABRUTISSAIENT, f. m. Stupidité gi-ofrièrc,Etat de ce- 
lui qui vit en bête. Stupor. Cet homme efl; tombé dans 
un grand abrutijj'ement. La débauche l'a plongé dans 
l'abruci[j'ement, 

ABRUZZE. f. f. Aprutium. C'ell; une des quatre parties 
générales du Royaume de Naplcs. Elle a au nord le 
golfe de Venife , au levant la Cipitanate , avec la 
principauté ultérieure ; la terre de labour au midi , 
avec 1 Etat Eccléiiaflique qui la borne auiii au cou- 
chant. \JAbru\-^e fe divife en citérieurc , ultérieure , 
& Comté de Mohifc. Elle occupe une partie du pays 
des anciens Samnites. Le mot François s'eft formé de 
l'Italien Abrux^o j & celui-ci du Latin Aprutium. 

ABS. 

f/CT ABSCEDERjOu AbcÉder. v. n. L'Académie fuit 
cette dernière orthographe. Abirc in abfce{jum. Terme 
de Chirurgie. Se changer, fe tourn.er en abfcès. On 
dit qu'une jambe abfcède , qu'elle eft abfcédée. Lorf- 
que des parties, qui font unies à d'auties dans l'état 
de fanté , s'en f épatent dans 1 état de maladie , en con- 
féquence de la corruption , on dit que ces parties 
font abfcédées. 

On en fait aufîî un verbe pronominal. La tumeur 
s'iitoit abfcédée. S. Yves. Mon bras s' abfcède. Dans 
ce fens il n'eft pas d'ufage. 

CO° ABSCEDEE,ou AecÉdé , i e. part.Tourné en abfcès, 
Putrefaclus , in vomie am verfus. Tout le lobe gauche 
du cerveau étoit abfcédé. Acad. des S. an. 1700. 

fpj ABSCES, plus ordinairement Abcès, f. m. Terme 
de Chirurgie, qui fignitie une tumeur comK nature , 
occafionnée par un amas d'humeurs qui fe fixent & fe 
corrompent dans quelque partie du covps. A/ fce [jus j 
vomica. C'eft la même chofe qii'apofème , parmi le 
peuple apojlum.e. toute intlainmation fc termine par 
rcfolution, ou parfuppuration, ou par fcuirre ou par 
gangrène. l'inHammarion qui fe termine par fuppùia- 
tion, forme ce qu'on appelle abfcès. Un abfcès qui 
perce en dehors ou qui flippure, peut être guéri. Quand 
le mal ne paroit pas à l'extérieur, il eft très-dangereux , 
ordinairement mortel. 

^ ADSCHARON , ou APCHERON. Ville d'Afie , 
furie bord occidental de la mer Cafpienne , fiivniné 
montagne. 

ABSCISSE, f. f. Terme de Géométrie & d'Analyfe. 
^^'fii(f'^' C'eit dans les fedions coniques , & dans 
toute autre courbe quelconque , une partie de l'axe 
comprif'e entre le point où commence la coiirbe, ap- 
pelée verrexj, ou tout autre point fixe que l'on vou- 
dra , & une Ordonnée. Quelques Géomètres l'ap- 
pellent Flèche ,fagitta ; & d autres. Axe intercepté, 
ou Diamètre intercepté. Aujourd'hui nos Géomètres 
en France dilent toujours abfcijjè. Comme un diamè- 
tre peut avoir une infinité d'Ordonnées , chaque Or- 
donnée a fon abfcijjè correfpondantc , qui fe prend 
depuis elle jufqu'a l'extrémité du diamètre. Ordon- 
née & abfciffe font deux termes néceffaircment rela- 
tifs. Alftfjè vient d'à bfciffa j coupée. 
ABSCONS, SE. adj. Vieux mot. Caché. Ahfconditus i 
a, uwi. 

Le chant du coq la nuicl point ne prononce ^, 
Ains le retour de la /«wière abfconfc. Marot. 
AESCONSER. v. n. Se cacher. Abfcondere , Ahderc 
f. ^'icux mot qui n'eft plus en ufage. On dit encore 
en Picardie , Efconfer, Le folcil s'eft efconfs. Efconfe- 
ment du foleil. Occafus folis. Nicot. On trouve eri 
Latin barbare abfconfa, abfconfe; pour fignifier , une 
lanterne fourde i dont la lumière fe cache, abfcon- 
ditur. 



40 



ABS 



^ ABSENCE, f. f. C'eft:cng!.'nciall'cloignemcntcl'ixiic 
perfonne qui n'cft point dans le lieu de La réildencc 
ordinaire. Ahfenda. On le dit également de la dil- 
tance qui nous fepare des autres, & de la diftance qui 
lepare les autres de nous. Longue Ahfcncc. Courte 
Ahfence. Les peines de XAhfence. h'Ahfence nous 
fait connoître le prix des chofes que nous perdons. Fix 
bona noftra aliter quàm perdcndo cognofcimus. Petrarq. 
De Roch. Les iouveiius dans Vahjcnce Ibnt plus vits 
en amour, qu'en amitié. M. Scud. Les longues abfin- 
c£s éteignent l'amour, mais une co\xxx.e. ahfence le rani- 
me. S. EvR. 

L'ingrat j de mon départ confolé par avance ,^ 
Daignera-t-il compter les jours de mon ablenceî 

Racin. 

On travaillera à cette affaire tant en prcfcnce qu'j3- 
fence : phiafe de Pratique, dont on fe iert contre ceux 
qui ne comparoillent point aux jours d'aiîignation. 
Pour marquer en dcvile les douleurs de \' ahfence, on 
a peint une tulipe lous les rayons du ioleil, ou ious 
un Ioleil caché d'épailles nuées, ou au Ioleil couchant, 
avec ce mot elpagnol: Sin fus rayos ^ mis defmayos : 
Sans fcs rayons, je tombe en déïaillaiice. 

On dit figurément Ahfence d'efprit , pour fignifier 
Dijiraclion, quand on fonge à une autre chofe qu'a celle 
dont on parle. Mentis aherratioj avocatio.On s'en fert 
aulîî pout exprimer, ou pour excufer une faute , ou 
une bévue, ou dans la conduite, ou dans la converla- 
tion. On l'attribue à un défaut d'application. Cet homme 
a des alfences d'elprit que (es amis ont de la peine à 
jultifier. On dit quelquefois abfolument. Il a louvent 
des ahfences. 

En philofophie on dit , ahfence de Cnppot 6c ahfence 
de vertu. V ahfence de fuppôt, eft quand deux iub- 
ftances ne fe touchent point phyfiquement , & lont 
éloignées l'une de l'autre. V ahfence de vertu j eft quand 
l'une n'agit point fur l'autre par quelque vertu qui 
fort d'elle pour aller affefter l'autre. A parler exade- 
ment, {'ahfence de vertu eft une ahfence de fuppôt ou 
de fubftance ; car ces vertus par lelquclles une lub- 
ft;ancc agit fur l'autre , ne font autre choie qu'une fub- 
ftance, des corpuicules émanés de l'une & poulies vers 
l'autre ; telles (ont la lumière , la matière magnétique, 
les odeurs, &c. /'oy-f^ Présence. 



ABSENT , ENTE. adf. & f. Qui eft éloigné de l'a démeure 
ordinaire, Ahfcns. Les Ahfens pour la RépubUque font 
réputés préfens. Méprifer les dangers ahfens. Ablanc. 
Tant qu'un amant eft ahfent , il eft où il aime , & non 
pas où il vit. M. Scud. Les ahfens malheureux (ont en 
peu de te mps effacés du (ouvenirdu monde. M.Esp. 
§3° Absent, en matière civile. Celui qui manque de (e 
trouver à une alîîgnation donnée. C'cft la même choie 
. que défaillant , qui eft le ternie de Pratique. 
Absent , en matière criminelle, eft celui que l'on ne 
trouve point, & de qui on (ait le procès par contu- 
mace. 
Absent, en cas de prefcription , eft celui dont le domi- 
cile elî (îtué hors du reilort de la jurididion où font 
les héritages. 

Celui qui eft ahfent du Royaume, avec intention 
de n'y plus retourner, eft réputé étranger-, mais il n'eft 
pas pour cela réputé mort : (es héritiers ne laiftent pas 
quclquc(ois de partager (es biens, par provilion (cule 
ment-, mais (a femme ne (auroit convoler à de fécon- 
des noces, qu'elle n'ait des certificats authentiques de 
fa mort. Voyez les Décrétais de Greg. IX. Liv. 4. 
& M. Louet, lettre C. n. 22. 

On dit proverbialement , Que les os font pour les 
ahfens , lor(qu'on dîne (ans eux , loiiqu'on ne leur 
laiffe que les reftes des autres. 
ABSENTER, v. n. qui ne fe dit qu'avec le pronom per- 
fonnel. Se retirer , s'éloigner de la préfcnce des au- 
tres. Ahejfe. Ce Vnnce s' cik. ahfenté Ae la Cour. Il s'ah- 
fente de les amis avec peine. 

Ou fois long-temps ahfent , ou ne ^'abfentes point : 
Une courte 'ahfence efl à craindre : 



ABS 

Souvent l'amour s'en fert pour nous mieux enfiatn-' 
mer. Corn. 

s'Absenter, fignifie encore , S'enfuir, fe cacher, fe met-' 
tre à couvert. Ahire ^ evadere , difcedere , aufugerc , 
proripcre fe , ahderefe. En ce (ens il marque iinecaule 
fâcheufe de s'éloigner. Il s'eft ahfenté de la ville , à 
cau(c qu'on avoir décrété contre lui. Ce Marchand 
s'eft; ahfenté , a fait banqueroute. 
ABSÈS ou ABCÈS. Voye-^ k^%Q.U. 
ABSIDE, f. f. Alfis & Ahfida. Terme d'Architeélure & 
de Liturgie. C'eft une voûte ^ cara4i'<cn Grec, d'oùl'on 
a fait ahfide , veut dire arcus j fornix , arc , voûte. On 
appelle auili Ahfde, le Sanâuaire , ou la partie de 
l'Eglife qui eft (éparée du refte , & dans laquelle eft 
l'Autel ; on l'a appelée du nom. Abf de 3 parce qu'elle 
eft en voûte. Du Cange. 
Abside, eft aulii le nom que l'on donnoit autrefois à la 
bière où l'on mettoit les reliques des Saints : on l'ap- 
pelle aujourd hui châjj'e. On appeloit ahjides ces for- 
tes de bières , parce qu'elles étoient élevées , <^ di(- 
po(écs en voûte. Du Cange. 

Il fc dit .aufti quelquefois pour des Oratoires fecrets 
qu'on a autrement appelés Doxologia j Doxalia j 
noms Grecs qui viennent àc^"',», louange j parce qu'on 
y chante les louanges de Dieu. Ces mots (ont encore en 
u(age dans les Pays-Bas , 8< fignifient ce que nous ap- 
pelons en François Chœur, un lieu au-delà de l'Au- 
tel , où les Religieux chantent l'OfKce , (cparés du 
peuple, & (ans en être vus. Voyez Acl. SS. April. 
Tom. I. pag. 6Ç4. 

Il y avoit quelquefois plulieurs ahfides dans une 
même Eglife : ainli l'Auteur de la vie de (aint Her- 
meniand , qui écrivoit au huitième fiècle , dit que ce 
Saint (ut enterré dans \ahfide méridionale de la Bafi- 
lique de (aint Paul à Nantes. Ahfides alors ne peut, 
ce (emblc , (ignifier que deux chofes ; ou ce que nous 
appelons Chapelles , qui étant voûtées étoient chacune 
une petite ahfde féparée 5 ou dans les Eglife bâties en 
forme de croix, on appeloit ahfde méridionale le côté 
droit de la croifée qui regardoit le midi , l'Autel étant 
toujours à l'orient. Ce (econd fensparoit d'autant plus 
probable, qu'au même endroit le même Auteur dif- 
tiuguc ahfde d'Oratoire, qui n'eft autre choie que 
Chapelle. M. Chapelain écrit apfide , conformément 
à l'origine de ce met. 
Abside. Terme d'Alhonomie. Ce font deux points de 
l'orbite d une planète , dont le plus haut e(t nom- 
mé apogée j & le plus bas périgée , ou le plus près 
de la terre. Apfides , apfsjumma j apfis infima. Le 
diamètre qui les joint , s'appelle la ligne des ahfides , 
qui palle par le centre de l'orbite de la planète , & 
par le centre du monde. La ligne des ahfides eft une 
ligne tirée dans une elliple. L'excentricité fe prend dans 
la ligne des ahfides ; car l'excentricité eft la diltance 
entre le centre de l'orbite de la planète , & le centre 
de la terre. Voyc^ quelle eft la différence de ce mot 
avec celui A'A'hfciffe. Guinée. Application de l'Algè- 
hre à la Géométrie. 
Absie. Nom propre d'un village & d'une Abb.aye de 
France. Ahfia. li eft dans les enclaves de la Gaftine, 
petit pays du liaut-Poitou. L'Abbaye A'Ahfie 3 Ordre 
de faint Benoît, lut (ondée en izio. Alfie eft entre 
Thoiiars tk Fontenay-le-Comte. L'Abbaye eft unie au 
Chapitre de la Rochelle. 
ABSINTE. /-ojc-z Absynthe. 

ABSIRTIDES, ou plutôt ABSYRTIDES. f. f. p.Ahfyr- 
tides. îles de l'ancienne Liburnic, ou de la D.almatie, 



vers l'entrée du golfe de Venile. On les nomme Ahfyr- 
tides du nom à'Alfyrte, frère de Médée , qu'elle y 
tua , & dont elle fcma les membres fur fa route pour 
arrêter , à les ramalFcr , fou perç Aëtes , qu'elle fuyoit 
avec Jafon. Quelques Auteurs ont cependant appelé 
u^gialque ce frère de Médée. Lucain femble n'en 
icconnoître qu'une, qu'il appelle Abfyrtos j & Bré- 
beuf Ahfyrte. 

Au golfe d'Adria /'Àbfyrte tributaire 
Ace commun devoir n'ofe pas fe foufiraire. 

ABSOLU^ 



ABS 

^BSOLUjUE. adj. Souvciain,indépendanti CujuspoteJiiZs 
fumma. Prince abjolit. Summus rcrum Dom'inus. Com- 
mandement tzA/o/;/. li a obrenucela d'autorité a^yôZ/^c. 
Illlgnifie zuiï)., fans réfervc i fans rcjlnclion. Les 
Ambailadcurs ont quelquefois un plein pouvoir, un 
pouvoir ahfolu. On dit qu'un homme cft ahfolu , im- 
périeux; pour faire entendre qu'il veut être obéi, qu'il 
ne peut louffrir qu'on lui rélifte, qu'il veut f"ortemciit 
ce qu'il ordonne. Imperiofus. On dit qu'un homme 
eft ahfolu dans fil compagnie , pour dire , qu'il y 
fait tout ce qu'il veut , que perlonne ne lui réfifte. 
AcAD. Fa. On dit encore , parler d'un ton ahfolu ■ 
pour dire, parler d'un ton impérieux, commander avec 
hauteur. Une conduite ouverte & familière gagne 
mieux les coeurs, qu'une autorité sèche Se ahfolue. 

On appelle Jeudi ahfolu , le Jeudi-Saint, à caufe 
de la cérémonie de l'abioute qui le fiiloit ce jour-là 
dans l'ancienne Egliie , jour auquel on abfolvoit les 
pénitens publics. De-là vient que ce jour s'appelle dans 
les vieux titres, Abfoludonis dies , jour de l'Abloute. 
/^oj-e:^' Absoute. Le Père Morin prérend néanmoins 
que ceci ne doit s'entendre que des Fglifes d'Occideiit, 
& que dans les Eghies d'Orient, & même dans celles 
d'Efpagne & de Milan, X'ahfolutïon nefe donnoit que 
le Vendredi-Sanit, ou même le Samedi-Saint. M. Co- 
deau a dit la même choie ; m,ais d habiles Théolo- 
giens prétendent qu'ils le trompent. 

En termes de Grammaire , un terme ahfolu , eO: 
un terme qui ne fe rapporte à rien autre chofe. il eft 
oppolé à relatif. Un ablatif 17^/0//^ j eft une locution 
détachée & indépendante , qui ne régit rien , ^' qui 
n'elt régie de rien. Diclio ah alla minime pendens. 
C'eft à l'imitation des Latins: ZJe/ero exercitu : V ar- 
mée ayant été taillée en pièces. Tout bien confidé- 
r/j en matière de Religion , le plus sûr cft de s'en 
tenir aux déciiîons de l'Eghfe. Port-R. En latin cette 
locution donne de la rapidité au ftyle. En François , 
elle eft rarement du ftyle noble. Ahfolu , en termes 
de Piiilofophie lignifie , ce qui ne porte ou ne renfcmie 
point l'idée d'une relation , ni de rapport à autre chofe ; 
& il eft oppolé à relatif. Homme eft un terme ahfolu ; 
. au contraire. Créature, Père, font des termes relatifs , 
parce que l'un emporte un rapport au Créateur, & 
l'autre à des enfaiis. 

En termes de Théologie , quelques Ecrivains , ou 
Catholiques ou Proteftans , le prennent encore dans 
un autre fens , & l'oppofcnt à déclaratoire. Ainfi 
dans la doélrine Catholique l'abfolution du Prêtre eft 
ahfolue ; il remet ahfolumentlts pèches ;mais dans la 
doctrine des Luthériens & des Anglicans , l'ablolution 
du Prêtre n'eft que déclaratoire & miniftérielle. Alfolu 
lignifie encore , ce qui eft lans condition. Une pro- 
mcircjUne propohtion izA/o/ùe, eftoppoféeà unepro- 
mcife , ou à une propoliticn conditionelle. 

Nombre ahfolu. Terme d'Algèbre en matière d'é- 
quation. C'eft ce que Viéte appelle Homogeneum com- 
parationis , & qui lait toujours un côté ou une partie 
entière de l'équation, & eft toujours une quantité 
connue. C'eft encore le rcclangle, ou le iohde dont 
on cherche la facine inconnue. Ainli dans cette équa- 
tion a a —h 16 a = 56. Le nombre ahfolu eft 36 , 
lequel eft égal au produit des deux racines ou valeurs 
de l'a ; c'eft-à-dire , à a multiplié par lui-même, plus 
a pris Icize fois. Equation iz/^tf^Cj en termes d'Aftro- 
nomie, eft la lomme de deux équations, de l'excen- 
trique, & de l'opriciue. Harriî. ,^ove:{ Equation. 
ABSOLUMENT, adv. Souverainement , avec une au- 
torité ablolue. Summo jure. Il commande ahfolument 
dans la Provincc.il fignifie auihimpérieulcment & dé- 
ciiivement. Superbe. Cet homme parle a/^/wflzewr j & 
en maître. Ce mot vient du Larin alfolvere ^ en tant 
qu'il fignifie, achever , parce que cclu-i qui comman- 
de ahfolument , veut que la chote s'exécute lans trou- 
ver d'oppofition. 

Il fignifie quelquefois , tout-à-fait , enti 'rement , 
fans rélervc, & lans leftrisîlion. Prorfus 3 omnino. Il 
le nie ahfolument. 

Il lignifie encore , néceirairement , de néceilité ah- 
folue. Il laut pamr ahfolument j & fans répliquer. On 

Tome I. 



ABS 



4ï 



dit , vouloir ahfolument ; pour dire , Vouloir déter- 
minément, & à quelque prix que ce loit. Je n'en ferai 
ahfolument ncn, & toutes vos remontrances ne m'y 
feront point conlentir. La nature ne le laiiie pas con- 
duire au hafard, & n'eft pas ahfolument ennemie de 
l'art & des règles. Boil. 

On du aulli en Grammaire , qu'un mot le dit ah- 
folument ^ quand il eft lans régime. Par exemple : Il 
faut prier fans ceire: le verbe /^ncr eft mis la ahfolu- 
ment j parce qu'il ne régir rien. En Philofophie & en 
Théologie, ahfolument , outre les ligniiicariuns déjà 
rapportées, lignifie encore : i". De loi-mcmc, parlci- 
mcme, fans rapport a aucun autre, indépendamment 
de tout autre ,& il eftoppotearc'/arive/Tzewr. L'homme 
pris ou confidéré ahfolument , cft un animal railoitna- 
ble. 2". Sans addition, fans reftriclion, fans modifi- 
cation. Cela eft bjn ahfolument. En ce fens on y joint 
fouvent Jïmplcmcnt. Cela elt limplement & ahfolu- 
ment bon. Simpliciter& abfolutè bonum. Ahfolument 
& limplement univcrfel. 3". Par une puilîànce , une 
vertu cxtraordij-.airc , au-dellus ou hurs du cours ordi- 
naire de la nature. Les accidens le peuvent ahfolument 
fcparcr de leur fujet. 4°. Quelquefois ahfolument en 
Morale veut dire. Souverainement. Dieu, la dernière 
fin de rhommc, eft ahfolument bon. 5°. Alfolument 
lignifie, fans condition. Dieu ne promet point a^/o- 
lumcnt le pardon , mais à condition qu'on lera véri- 
tablement repentant de les péchés. 

En Géométrie, ahfoluw.ent fe prend encore pour en- 
tièrement , parfaitement. Ainfi on appelle alfolument 
rond, ce qui l'cft entièrement, parfaitement-, poul- 
ie diftinguer de ce qui n'eif que prelque rond, comme 
la cycloïde & le lphéro':de. 
Absolument , fe dit encore d'une chofe dont on parle en 
général , & lans entrer dans le détail . Univcrsè , ou 
generaliter & abfolutè. Cet ouvrage a quelques dé- 
fauts, mais il cft bon ahfolum.ent parlanti 
ABSOLUTION, f. f. Jugement juridique, par lequel un 
homme eft- ablous & déclaré innocent du crime dont 
il étoit acculé. Abfolutio. Les Juges balancent quelque- 
fois entre riîiyt)/i/rio/?& la condamnatioa; quand les opi- 
nions font partagées entre la condamnation & Yabfolu- 
tion j on renvoie l'acculé ablous -, cette Jurilj. rudcnce cft 
fondée fur les Loix de la nature îk lur le Droit Civil: 
c'eft le lentiment de Faber fur la Loi 115. De div. rcg. 
/ur. de Cïceion pro Cluentio^ de Qumtilien c/ff/aOT. 
2x4. de Strabon Liv. 9. On dit auftî , Ahfolution 
d'une demande civile, quand en en eft déchargé. 

On le dit de même des Jugemens prononcés par les 
Juges Eccléfiaftiqucs. 

liy adeux fortes à' ahfolu tions ; ahfolution des cen-^ 
fûtes , Se ahfolution des péchés. 
Absolution des cenfaes. C'eft un aéte judiciaire par 
lequel un Juge eccléfiaftiqueou Ion délégué remet dans 
la poireiiion de certains biens fpirituels, dont on avoit 
été privé par l'excommunication , la fufpenfe , ou 
l'interdit. L'abfolution des cenlures le donne au for in- 
térieur , c'eft-à-dire , au tribunal de la pénitence , ou 
au for extérieur. Quand les cenfures lont fecrètes,& 
qu'elles n'ont pas été déduites aux tribunaux de juf^ 
tice , {'ahfolution s'en donne au for de la pénitence 
par un Prêtre ; autrement elle le donne dans le for 
extérieur par un Ecclcfiaftique qui a la jurididion 
ordinaire ou déléguée, pourvu qu'ilne loit pas excom- 
munié ou fufpens dénoncé. Quant aux cenlures à 
jure j dont \ ahfolution n'ell pas réfervée, tout Prêtre 
approuvé pour entendre les confelîîons , peut en ab- 
foudre dans le tribunal de la pénitence. La formule 
dont il doit fe fervir eft celle-ci : Ego te ahfolvo ah 
omni vinculo excommunicationis j fufpenfonis & in- 
terdicli in quantum pojfum , & tu indiges. Si l'ab- 
folution de laceiilure eftrélervée à certain Supérieur, 
il n'y a que celui à qui la rélcrve en eft faite , ou Ion 
Supérieur , ou celui à qui il en auroit domié un pou- 
voir fpécial, qui en puifte abfoudre. Pour les cenfu- 
res ab hotnine, comme elles font toutes réfervées, il 
n'y a que celui à qui elles lont réfervées, ou Ion Su- 
périeur, en cas d'appel, ( il en faut excepter le temps 
de la vilîte de l'Archevêque dans les diocèfes de les 



A^ 



ABS 



furfragans' ) ou celui à qui il en a donne un pou- 
voir Ipécial qui puilïe en donner \'ahJolunon. Pour 
recevoir \ahjolution des cenhu-es , il n'cil: pas nécet- 
faire d'être prélent, ni même de la vouloir. Vabjo- 
lutïon des cenùues doit toujours précéder l'ahfolution 
des péchés. On peut recevoir Yabfûlution d'une cen- 
lurc, & demeurer lié par une autre. Tout Prêtre, en 
péril de mort, peut donner Yabjoliuionàz Boutes lot- 
tes de cenlures & de cas rékrvés. On ne peut être 
délié des cenlures que par \ ahfoluùon. 

Il y a une ahfolutïon des cenlures qu'on nomme à 
cautcle, ou à caution , ad cautelam ; & une autre 
qu'on appelle Ahfolution cum reincidentiâ. 

L'absolution à cautèle on par prccaution , icdonnc 
dans l'ordre judiciaire, &dans le lor de la pénitence. 
Dans l'ordre judiciaire , c'cltune lentence du Jugefu- 
périeur ecclélîaltique, au tribunal duquel on appelle 
de la lentence d'cxccmmunication, qu'un Juge ecclé- 
lîaltique inléricur a portée contre quelqu'un , qui rend 
capable de le défendre en juftice ou d'efter à droit. 
Le lioi Louis XIV l'a ainli déclaré fur la demande de 
l'alfemblée générale du Clergé , dans la déclaration 
du mois d'Avril de l'an 1666 ,&: dans l'article 4*^ de 
l'cdit de 1695 , concernant la juridiélioneccléliaftu.uc. 
Aujourdhui Vatfolution à cautile n'a point d'autre 
effet; & elle ne lufpend point , comme autrefois, la 
fentence d'excommunication. 

Dans le laciementdepénitence,c'efl: un ade judiciaire 
du prêtre qui délie des cenlures dont on pouvoit être lié 
fans le lavoir , afin qu'on Ibit en état de profiter de Yabfo- 
lutïon facramcnteile. Les Papes ont aulH coutume de 
A.o\\nzx.\ abfolutwn ad cautelam y^owïKwd'iz un impé- 

• tfant capable de jouir de la grâce que le Saint-Siège lui 
accorde par un relcrit. Dans cette vue on a fcin, à 
Rome, d'inférer dans la proviiîon des bénéfices cette 
claule : Cum abfolutïone à cenfuris ad cjfecium j &c. 

Absolution, en matière de religion, efl; un aéte juri- 
dique, par lequel un prêtre approuvé , comme juge, 
& en vertu du pouvoir qu'il a reçu deJ. C. remetles pé- 
chés au pénitent , qui eftdans lesdifpofitions néceiraires. 
Ménageprétend qu'illaut dire abfolutio/ijacramentcllcj 
plutôt que facrûmentale. L'ufage paroit aatorikr l'un é^;; 
l'aune. Ceux qui , par Yabfolution lacramenteile euiient 
été enlagiâcc de Dieu. God. Les Luthériens ont retenu 
\\ibfolutlon facramentale. Boss. Vabfolution qu'Hinc- 
mar envoya par lettre à Hildcbold,Evêque de Soillons , 
n'étoit qu'une elpcce d'indulgence & de benediâion , & 
nonune^M}/ar;o«lacramen[elle,puiiqu'ilfuppolcd'ail 
leurs que l'on doit le conreller au prêtre en détail; & que 
non- feulement il le luppofc,mais qu'il avertit Hildcbold 
de le faire. Fleury. De plus,^ir-i/j je vous avertis par 
précaution, ne doutant point que vous ne l'ayez déjà 
fait, qu'outre cette contellion générale , vous ayez foin 
de confelîer en détail à Dieu , & à un prêtre , tout ce que 
vous reconnoillcz avoir commis depuis le commen- 
cement de votre vie jufqu'à prélcnt. 

Le Père Amelcte de l'Oratoire, au liv. p , ck. ^ de 
~fon Abrép^é de Théologie , dit en parlant du lacre- 
ment de la pénitence : La principale force du lacre- 
mcnt , ce qui en ell comme l'ame, & où rélîde princi- 
palement l'inHucnce d'ia vertu de Jesus-Christ jugé 
pour nous , c'cft dans le lacrcment à'abfolution que le 
prêtre prononce par ces paroles : Je t'abfous de tes 
péchés, h'abfolution , ou les paroles de l'abfolution , 
lontla forme du facremcnt de pénitence , ainli que 
l'cnieignent le Concile de Florence dans le Décret ,71^ 
Armenos j & le Concile de Trente Suff. xiv , c. j. 
Cette forme efl: ablolue dans l'Eglile Latine , «Se dé- 
précatoire dans l'Eglile Grecque, ainh que l'on peut 
voir dans l'Eucoloee des Grecs, imprimé à Venilc en 
1638 ;dans la cenlure de laConfeiîiond'Aulbourf;, 
faite par Jérémie , Patri.arche de Conftantinople ; év' 
dans l'Inftrirélion de Clément VIII , fur les Rits des 
Grecs, imprimée en 1 59 j. Arcudius prétend néanmoins 
que la forme de ce facrement eft ablolue chez les Grecs, 
aufll-bien que chez les Latins , & que ce font ces mots : 
Mea mediocritas habet te veniâ donatum. Mais les 
exemples qu'il en apporte , ou ne lonr point des for- 
mules à'abfolution ^ ou lont des formules d'abjolu- 



ABS 

tion d'une excommunication; mais non pas de l'abfà- 
lutïon lacramenteile. D'ailleurs , Arcudius avoue lui- 
même que piufieurs prêtres ne ditent point la formule 
qu'il rapporte. Enfin , il faut juger du Kit Grec plutôt 
par les Hucologes , que par les pallages de Gabriel de 
Philadelphie , & des autres particuliers que cite Arcu- 
dius. L'abfolution lacramenteile n'eft pas déclaratoire 
feulement; elle remet véritablement les péchés. Le P. 
Seguenot de l'Oratoire ayant dit dans les Remarques 
fur le Uvre de lafainte F'irginite de S. Auguftin : Qui 
diroit que l'abfolution n'eft autre choie qu un ade ju- 
diciaire, par lequel le prêtre déclare , non limplement, 
mais avec autorité, (N: de la part de j£Sus-CHRisT,que 
les pèches font remis , & en prononce l'arrêt juridi- 
quement, celui-là n'avanceroit rien , à mon avis, ni 
contre le Concile de Trente, qui lemble même avoir 
donné heu à cette interprétation , Iciiqu'il s'eft expli- 
qué fur cela plus nettement , ni centre les anciens 
Théologiens , je dis mcme Scholaftiques , que la plu- 
part des nouveaux ont quitté en cette matière , com- 
coir.me on les quitte maintenant eux-mêmes ; Dieu 
veuille qu ils nous le pardonnent, comme on leur par- 
donne: 'Toute cette remarque lut jultement cenluréc 
parles Théologiens de la Faculté de Paris. Cette doc- 
trine eft Luthérienne , contraire aux paroles préciles 
de Jesus-Christ en S.Jean Ch. xx, v. 23. Ceux dont 
vous aure'^ remis les pèches , leurs péchés leur feront 
remis ■ condamnée par le laint Concile de Trente Sejf. 
XJV. Ch. VI jik Can. g , & contraire à la Tradition. 
Voye:^ Tertull. de Fudic. S. Cyprien de Lapf. & la 
troifième lettre de Pacien. Foye^ le mot de Contri- 
tion. 

Le Jéfuite Dandini traite fort mal les Grecs fur L 
manière dont ils donnent l'abfolution aux pénitens. 
Un homme, dit-il^ au chap. 7 de icnvoyage du Mont 
Liban, s'étant confeilé d'un péché commun & ordi- 
naire , lut renvoyé par le Ccnlelfeur, qui lui refulade 
l'abloudre, à moins qu'il n'appellât lept autres Prêtres. 
Ceux-ci ayant été attirés par quelqu'argent, firent éten- 
dre à terre le pénitent , comme s'il eût été mort , &c 
ils lui donnèrent enfin \ ahfolution, en récitant de 
certaines prières. Ils ont accoutumé de demander de 
l'argent pour \ ahfolution , (ïi' de la retuler quand on 
ne leur en donne point. Car ils prétendent qu'il leur 
eft dû quatre ou cinq écris & davantage pour les pé- 
chés communs cv' ordir.aircs. La pénitence qu'ils don- 
nent pour les gros péchés, c'eft de défendre la Com- 
munion pour quatre ou cinq ans. Peut-être font-ils cela 
par mépris, & par l'averlicn qu'ils ont pour l'Eglile 
Latine , qui l'ordonne tous les ans. 

M. Simon, êizns (es Remarques fur le voyage du 
Mont Liban , imprimé à Paris , juftifie la pratique des 
Grecs dans le Sacrement de Pénitence. Si les Grecs , 
t/ir-i/ jditferent de àcwnçïl'abfolution aux pénitens , 
ils luivent en cela lulage de leur Eglife , qui eft très- 
ancien: ils ont leurs livres pénitentiaux qui les règlent, 
& ce n'eft point leur caprice qui leur fiit impoler une 
pénitence plutôt qu'une autre : mais ils luivent les Ca- 
nons j & ils appellent/îjire le Canon , ce que nous ap- 
pelons ordinaircment/ijire la pénitence. Ils éloignent 
louvent leurs Pénitens de la Communion pour un an, 
pour deux ans, & même pour davantage, fuivant en 
cela les anciens Canons. Si les Grecs ne palFent point 
leur Canon , eu leurs anciens livres pénitentiaux , 
M. Simon a railoii ; mais il eft certain qu'ils y ajoutent 
louvent beaucoup , & qu'il le glille parmi eux bien 
des abus dans l'adminiftration de ce lacrcment. 

On ne doit pas auili traiter les Grecs d'ignorans & 
de fuperrtitieux , parce qu'un Conlelfeur refufe de 
donner l'abfolution à un pécheur, s'il n'a auparavant 
fait venir fept Prêtres qui donnent tous enfemble l'ab- 
folution. Cette façon paroît étrange à ceux qui ne con- 
fultent que l'ulage préfent: mais lî l'on remonte jul^ 
qu'aux anciens temps , on trouvera que cela s'obfer- 
voit même dans Rome. Le Pape Corneille alfembla 
les Prêtres & les Evêques qui étoient alors dans Rome,/ 
pour délibérer de la Pénitence qu'on devoir donner 
à quelques Schilmatiques qui rcntroient dans l'Eglife. 
Il n'eft donc pas lurprenant qu'un Papas ou Prêtr^ 



ABS 

Gïec , délibère avec pliifieurs de fcs Confiàes, tcii- 
ckanr l.i Pénitence qu'il doit dcmner à un homme , 
qui étant engagé au fcrvice d'un Latin , étoit tous les 

• jours dans des occ.ifions prochaines de pécher contre 
les cérémonies de ù. Religion, 

On ne doit point auilî tourner en ridicule les Prê- 
tres Grecs, lous prétexte qu'ils font coucher parterre 
le pénitent, & qu'en cet état ils récitent fur lui des 
prières en forme à\ihfolu[wri ■ car les Grecs fe con- 
fellcnt d'ordinaire allis. Ils (e contentent de le prof- 
rerner deux fois , (avoir, au commencement , quand 
ils demandent la bénédidion du Prêtre, qui invoque 
lut eux la grâce du S. Elprit; & à la fin , c]uand ce 
même Prêtre prie Dieu qu'ils puident accomplir la 
pénitence qu'il leur impole. En un mot , il ne faut 
point condamner tout ce qui eft conforme à leurs an- 
ciens livres pénitentiaux , & ce que Clément Vîlî 
n'a point biimc dans Ion Inilrudion fur les Rits des 
Grecs. 

'C'efl une erreur de dire que dans l'ancienne Eglife, 
on n'accoidoit Vahfolution aux p'énitcns qu'après une 
fatisfaélion publique. Il n'y avoit qu'un petit nombre 
de crimes énormes & publics que l'Eglife ioumit a la 
pénitence publique, comme l'idolâtrie, l'homicirle, 
& l'adukère. C'ell; encore une erreur de dire que jui- 
qu'au VI iikle de l'Eglite on n'a accordé ï'ahfolution 
qu'une fois. C'ell" la pénitence publique qu'on n'ac- 
Cordciit qu'une fois, & non pas \ ahfolucion en géné- 
ral. Il n'y a jamais eu que Novat qui ait porté les cho- 
fes à cet excès. Les Novatiens & les Montaniftes n'al- 
loient point julque-là. Ils accordoient la pénitence à 
tous les péchés légers i!s: médiocres. Il n'y avoit que 
les grands péchés que Tertullien appelle des monjlres, 
auxquels ils prétendoient que l'Eghie ne^pouvoit, ou 
nedevoit point accorder l'^/^''ô//^rio/2 après le Baptême. 
Cela eft évident par Tertullien/. de Pudic. & parOri- 
gène , /. de Onzt. qui tous deux étoient infectés de 
i'erreurdes Montanillcs , & par ceux qui ont combattu 
les Novatiens , comme S. Ambroife , /. de Fœnit. & 
S. Pacien de Barcelonne , ep. j , &c. Quelquefois 
même, dans la pénitence publique, on accordoit \'ab- 
folution S<. l'Euchariftie avant que la pénitence fêit ac- 
complie. Pour les péchés qui n'étoient point fournis 
à la pénitence publique , M. Godeau , qui ctoit que 
Yutfolunon fe domioit régulièrement quand lafatisfic- 
tion étoit achevée , avoue pourtant que (ouvent, & 
pt-ur des railons alfez légères , elle (e donnoit immé- 
diatement après la conteilion. 

L'Absolution cum reincidenciâ , ou avec rechute , 
cfl: une ahfolutïon qu'on ddnne à un homme lié des 
cenfures avec modification ou limitation; ce qui peut 
ie faire en deux manières. i°. En fulpendant l'effet de 
la cenfure pour un certain temps, durant lequel celui 
qui en avoit été frappé , peut recevoir les facremens , 
alîifter aux offices divins, (^ communiquer avec les fi- 
dèles. Mais ce temps-là expiré , il retombe dans l'excom- 
munication fans autre fentencc. z". En donnarit cccre 
ahfolucion 3. certaines charges ou conditions qui, n'é- 
tantpas accomplies, font renaître la cenfure ;/'ù're.v^/«- 
plc , à la charge qu'on (atistera la partie otFenfée , 
qu'on fera quelque bonne œuvre d-ansun certain temps , 
après lequel , h la chofe n'eft pas exécutée , on re- 
tombe dans la cenfure. Il n'y a que les Evcques , leurs 
grands Vicaires, leurs Ofticiaux, ou ceux à qui ils en 
donnent un pouvoir ipécial,qui puilFent donner l'aô- 
folution ad ràncidentïam , parce que pour donner cette 
forte à'ahfolution, il faut avoir jurididion au for ex- 
térieur; ainfi les Curés cS: lesfimples Prêtres n'ont pas 
ce pouvoir , même dans le temps du Jubile. Ils ne 
peuvent donner que \'u.hfoluC!on lîmple , tout le pou- 
voir étant renfermé dans le for du lacrcment de la pé- 
nitence. En France on croit communément, que .celui 
qui en péril de mort a été abfous par un fimple Prê- 
tre d'une ceniure rélervée , ne ret(jnibe pasdans la cen- 
fure, quoiqu'après être revenu en faute , il ne fe pré- 
lente pas devant celui à qui elle étoit réfervée. 

En Chancellerie Apoflolique, en appelle ahfolutïon 
a fdvis , une grâce accordée par u;ie iignature particu- 
lière, à celui quia allîflé à quelque jugcmentde mort , 
Tome I. 



ABS 



Al 



eu qui a commi; quelque cas qui rend irrégulier m 
incapable de poliéder un bénéfice. 

C'eil: une maxinie que l'excommunié par lentence 
demeure en état d'excommunication, nono'L>fl:ant (on 
appel : ainfi , pour éviter les inconveniens qui pour- 
roient arriver , l'on demande au Juge l'ahfolucion que 
lesDoéleurs appellent ad cautelanij, laquelle n'a d'ef- 
fet que pendant l'appel , & ne fe doit accorder qu'a- 
vec beaucoup de circonfpcCiion. Cette ah/olùcloii ne 
fe doiine qu'après que le condamné afHrnie par fer- 
ment qu'il exécutera lejugement qui fera rendu. P'oyer 
EvEiLLON, Traite des exconimuûcations. Quelques- 
uns croient que \ahfolution ad cautelam ne fe donne 
que par provihon à celui qui a été excommunié , dans 
la crainte qu'il ne meure (ubitement , ou par quelque 
accident, avant qu'il ait pu fe faire abfoudre. Mais ce 
n'ell point par cette rai(on; car elle fe donne moins en 
en faveur de celui qui a été excommunié , qu'en fa- 
veur de ceux qui , par une confcience timorée , fcroienf 
fcrupule de hvquentcr l'excommunié: or cette ahfo- 
lution leur fert de précaution , pour les ailurer qu'ils 
ne participent point à l'excommunication. Bouchel, 
On dit aulii, Alfolutioa à'caut'iony Ssi tous ces mots 
fe trouvent dans les bons Livres. La première fois que 
l'on trouve qu'il eiF fait mention de {'ahfolutïon à 
cautch , ad cautelam -, c'ell dans une lettre du Pape 
Célellin écrite en 119^, à l'Evêque de Lincoln , 
où il lui ordonne de publier une fufpenfe par tout le 
le Diocèfe d'Yorck, & à Geotlloy qui en étoit Ar- 
chevêque , en l'averthFmt cependant d'.ab(oudre ces 
per(onnes ad majorem cautelam. 

Absolution , en termes 'de Bréviaire , e(F une courte 
prière que dit celui qui officie à chaque nodurne des 
Matines avant les bénédidions i:<e les leçons. On ap- 
pelle aulli ahfolution ^ les encenfemens ^*^- afperfions 
d'eau-benite qu'on (ait fur les corps des Princes & des 
Prélats qu'on enterre avec grande cérémonie. 

%fT Aesolutio^i , pardon ,ren!llfion , ne font point fy- 
nonymes. \Jalfolution (e donne à un accufé. Voye-' 
les autres mots. 

Ce mot vient du latin ahfolutïo, qui fîgnifie la même 
chofe, & vient du latin yô/vtTt? j délier. 

ABSOLUTOIRE. adj. de t. g. Qui porte abfolution. Ah- 
folutorius. Sentence abfolutoirc. Bref abfolutoïre. 

ABSORBANT, f. m. terme de Médecine , qui eft 
tantôt adjedif , tantêjt lubfi:antif. àiedicamina ad 
ahfumendum nata. On appelle ahforhans , des mé- 
dicamens^ terreftres tk poreux , qui s'imbibent aifé- 
ment de fels acides & alkalis , & qui boivent les (ub- 
ftances aqucufes ou fulfureufes. Les os calcinés , la 
corne de cerf préparée ,_ l'ivoire brûlé, le corail , les 
yeux d'écrevilFe , &c. font des véritables ahforhans^ 
On a confondu quelque temps les ahforhans avec les 
fels alkalis , fms doute à caufe de leurs elFets & de 
leurs propriétés ; les alkalis abforbant les acides en 
amorcillent l'adivité. Le quinquina e(Fune forte è^ah- 
forhant qui guérir les fièvres intermittentes. 

ABSORBANT, tE. adj. On emploie des poudres ahfor- 
hantes , quand il règne fur les (uperficies une fluidité 
oui les feroit s'attacher. M. l'Abbe Nollet , Fh\f. ex- 
pér. t. I ,P' 1 7' Pores ahforhans. Koye:^ Pore, Vaif- 
(eaux ahforhans. J^oye^ Vaisseau. 

ABSO'RRE, ÉE. pa'^t. On dit d'un homme profondément 
apphqué à quelque cho(e,qu'ily elFtz/;/ùr/'e. Acad. Fr. 
On dit d'un h -mme continuellement occupé de l'i- 
dée de Dieu , qu'il cfl: ahforhc en Dïcu. 

ABSORBER, v. a. Engloutir. Alfumere. Confumer en 
détail, & par une adion fucccllive , les différentes 
parties d'un tout. Engloutir marque un effet plus ra- 
pide, qui fait diiparoître tout d'im coup. Le feu ah- 
forhe^^X'exix engloutit. Les terres arides ahforhentXeiM. 
qui tombe. Le Rhin, à la fin de (on cours, fc perd 
dans les (abies qui Yahforhent. 

On le dir par cxtcnhon, des couleurs , des fons , 
des odeurs , des faveur?. Le noir alforhe toutes les autres 
couleurs. Les inftrumens ahforhent une voix foible. La 
voix ei\: abforhée dans les voûtes , elle s'y perd. Une 
odeur forte ahforhc les autres. 

En Chimie, on dit que les alkalis «A/tir^f/^r les acides; 

F ij 



44 A B S 

pour cl ire , qu ils en émoufTent la pointe , qu'ils en Tem- 
pèrent l'afliivité. Foye^AciD-E, alkali & Fermen- 
tation, 

-Absorber, fe dit en jardinage , des branches gouripan- 
^des qui nai lient fur les arbres Fruitiers , & qui ôtcnt 
:ïiux autres branches la plus grande partie de la nourri- 
ture dont ciies ont betoin. Il faut avoir ioin de re- 
-trancher les branches gourmandes , de peur qu'elles 
Yiahforhcnt la fubilance nécelîaire pour nourrir le refire 
•du corps de l'arbre. Cependant fi ces branches font 
ucceirairespcur la figure de l'arbre , comme il arrive 
iouver.t à ceux qui lont en efpalier, il ne fout point les 
couper ; mais employer les moyens les plus propres 
pour les empêcher de tirer tant de fucs. Voye-[ au mot 
Gourmand. 

^C? Aesorber, eft également employé dans le fcnsfiguré, 
où il prélente la même idée que dans le iens propre. 
On ne le dit que des biens , des richelles , très-fou- 
A^ent en mauvaife part. Ce dillîpateur a ahforhé tout 
ion patrimoine. Les procès ahjorbait tout le bien des 
plaideurs. Les frais du Icellé ont abforbé une partie 
de k (ucceifion. Le jeu ahforbe les plus grandes for- 
tunes. 

%CT Absorber, fc dit auffi avec le pronom perfonnel. 
Les plnies s'abforhent dans les fable?. Comme tout 
paiie (?c s ahforbe pour jamais dans l'éternité de Dieu , 
les chofes périllables ne valent pas la peine d'être con- 
fidérées. 

ABSORPTION, f. f. Aaiond'abforber,engloutiircmcnt. 
Jvi. Delcarres ne nous faic-il pas appréhender que no- 
tre toiubillon, infiniment plus grand que la fphère du 
feu, ne (oit i2.^-);'i5'/ quelque jour ,lor(qu'on y penfera 
le moins? Et quand par cette ahforptlon le loleil fera 
devenu terre, & qi/e peut-être en même temps la ma- 
tière fubtile , qui eft enfermée dans le centre de notre 
terre , ayant forcé & rompt; les croûtes qui la cou- 
vrent, laura foit devenir loleil; fi les hvres de M. Def- 
cartes lubfiftoicnt dans quelque autre tourbillon , où 
il y eût des hommes, ne regarderoient-ils pas comme 
des fables tout ce qu'il dit de notre monde ? Voyage du 
'TTiondc de Defcams. Ce mot eft rude , & ne peut s'em- 
ployer que dans le ftvle dogmatique, où tous les ter- 
■■mes exprellits loirt bons. 

DCF Absorption , dans l'économie animale , eft une 
adtion par laquelle les orifices ouverts des vailleau?; 
pompent les liqueurs qui le trouvent dans les cavités 
du corps. 

Tous ces mots viennent du latin ahforheo , qui fi- 
gnifie la même choie. 

i^BSOUDRE. V. a. Décharger d'iuie accufation , décla- 
rer par irn jugement juridique , un homme innocent 
du crime dont il étoit acculé. J'ai fous , tu ahfous j 
il abfoiit j nous ahfdvons ,_vcus abfo'.ve'^ j ils alfol- 
vent. Imparh 3'abfolvois.WQ.x.. J'ai abfous. Fut. J'affou- 
drai. Subj. que j'abfolve. Part. act. ahfolvant. Part, 
paf. abfous. Ahfolvcre. Dans le doure , il eft plus expé- 
dient éCabfoudre un criminel , que «te condamner ^n 
innocent. Court. On l'a abfous à pur &c à plein. 

tfj Absoudre, en droit Eccleliaftique, c'eft en vertu 
du pouvoir accorïjé par J. C. remettre les péchés 
dans le tribunal de la pénitence. Tout prêtre a le 
pouvoir d'ij/z/oat/re en cas de' mort. Tous les Prêtres 
ne peuvent pas ahfoudre des cas réfervés. Voyc-:^^ tou- 
tes les acceptions de ce mot , au mot Absolution. 

Ce mot vient à'abfolvere ^ d'où l'on a iak abfoulrcj 
ahfouldre 3 abfoudrc. 

ABSOUS , OUTE. part. Il a les fignifications de ton 
verbe. 

Absous , fe ditaulfien matière civile. Undélendeur con- 
clut toujours à être renvoyé quitte & abfous de la de- 
mande qu'on lui a foite. 

§3" Le Juge abfout un acculé. L'oftenfé pardonne une 
offenle. Le Souverain fait grâce au coupable. 

ABSOUTE, f. f. Abfolution publique & folennelle qui 
fe domie au peuple. Abfoluùo. L'Evêque en fait la 
cérémonie le Jeudi-Saint, ou le Mercredi au loir dans 
les Cathédrales. \J abfout e fe fait aulll par les Curés 
dans les P.-iroiires le jour de Pâques. 



ABS 

On donne aaiTi ce nom au dilcours qui fe foit pour 
préparer le peuple à l'ablolution générale, qui fenom- 
nie Al foute. 

ABSTÉME. 1. m. Terme dogmatique. Qui ne boit point 
de vin. Abflemius. Pline dit , Vinl abftemius fL.-s.ym., 
Et Apulée a i-x\X.Ir.vLnïus. On s'en Icrt en Théologie, 
pour parler de ceux qui dans la Communion ne pour- 
roient prendre les elpèces du vin , à cauie de laver- 
lion naturelle qu'ils ont pour cette liqueur. îvi. deMcaux 
s'eft lervi de l'exemple àç.'i alfièmes , pour défendre le 
retranchement de la Coupe. Les Dames Romaines 
dans les prem.iers temps étoient abflémes; & afin qu'on 
pût s'appercevoir li elles-buvoient du vin, les Lcixde 
la Civilité R.omaine étoient qu'elles donnallent le bai- 
1er à leurs parens, quand elles les abordoient. Plin./. 
22. c. 24. Aulu-Gele. /. 10. c. 22. On a vu un cé- 
lèbre abficme dans les commencemens du Chriftia- 
nilme: ce fut AppoUonius de Thyaiie- Eméric, fils de 
laint Etienne , roi de Fi!ongrie, fut abjKme; mais peut- 
être plutôt par mortification que par averhon pour le 
vin. Nous avons vu dans le dernier iiècle le lameux 
junlconfuke Tiraqusau & le célèbre 'Voiture , qui ont 
été de véritables fl/j/?t/wej. 

Ce iuot eft fonné de la prépofition abs ^ Se temen- 
tum J ancien met, qui lignihoit du vin. Cependant à 
l'endroit de Pline, que nous avons cité, & dans Ho- 
race, L. 1. Ep. 12. Abflemius lemblc cttre prispout 
un homme qui s'abftient de quelque boillon , ou mê- 
me de quelque mets que ce loit. 

AiBSTENlR. v. n. qui ne le dit qu'avec le pronom per- 
lonnel. Se défendre l'ulage, fe contenir à l'égard de 
quelque chofc, fe priver de quelque plaifir. Aîflinere y 
tcmperarc. Conjuguez: Je n\' abfciens ;-]Z m'abfenois ; 
je n\'abfli;7s ; ]c me Cuis aljîenu • je va'ahfiiendrai ; 
je la'abficndroisj Sec. Ils lentent , à chaque péché 
qu'ils commettent, un avertilFement intérieur de s'en 
abftenir. Pasc. Il faut fe garder, & s'alflenir de fe 
mettre en colère. Ils difoient qu'Auguftes'étoit abflenu 
de la qualité de Diétateur. Ablanc. Il hnz s'alflenir 
du vin pendant la fièvre. Les Chrétiens ne s'u/^'?^/?oic«r 
de viande pendant leurs jeûnes, que pour mortifier les 
fens. Du Pin. Les Juifs étoient obligés de sabflenir 
de leurs femmes pendant certains temps. On le dit 
quelquefois ablolument. Il eft plus ailé de s' abftenir ^ 
que de le contenir. 

Abstenir, fe dit aullî en m.atière de rcçufation de Ju- 
ges j & quand la Cour la trouve bien iondéc, cUe 
dit , pour adoucir l'expreftîon , que le Juge ^'abflicn- 
dra , c'eft-a-dire , de rapporter le procès , ou d'y 
opiner. 

f3" Abstenir, fe dit aulïî d'un juge qui fe défifte de 
la connoiliance & du jugement d'une aftaire , à caufe 
de la parenté ou de l'alliance au degré prohibé , qui 
eft entre l'une des parties & lui. 

^fT Abstenir , en matière de luccelîion, le dit d'un héri- 
tier en collatérale qui s'ûiy?ie/2r &ne fait point acie d'hé- 
'ritierdu défunt. Au heu que le prélomptil héritier en 
• ligne directe, pourn'être point lu.iiticr de celui dont la 
fucccllionluieft déférée, eft obhgé de faire un aéleau- 
thentique, par lequel il renonce à cette luccelîion. 
L'oppolé de s'abflenir yC'c^ s'imm'ifcer. 

|Cr ABSTENSION , étoit chez les Romains , un béné- 
fice que les enfoais obtenoient du prêteur , en vertu 
duquel ils abandonnoient les biens de leur père, dont 
ils étoient réputés propriétaires par le droit civil ; de 
forte que par le moyen de l'abflenflon , ils n'étoient 
nullement cenfés héritiers, du moins par le droit Pré- 
torien. 

Parmi nous , on entend par abflenfon, l'omillîoii 
que fait un héritier en collatérale. Ainfi la luccelîion 
en direcle doit le répudier par une renonciation ex- 
preife ; mais la feule alflenfion luiHt pour la iuccef- 
lion en collatérale. 

ABSTERGENT. f. m. Terme de Médecine, qui fe dit 
comme abfoibant , éiuollient , &c. Abfterfif , propre 
à nettoyer. Al{îers;ens. Les abflergens font les remè- 
des dont C;i fe lert pour nettoyer la peau, ou les 
parties fuperficielles d'un corps, des ordures qui s'y 
iont amaifées, & qui bouchent les pores. Harris. 



ABS 

fCT ABSTERGER. V. a. Terme de MtVtccinc &:dc Chi- 
rurgie , fynonyme de nettoyer , en pariant: des plaies , 
des ulcères. Akjîcrgere. 

(Cr ABSTERSir, IVE. adj. qui convii^nt aux remèdes 
propres à nettoyer. Smcciicus. Smcc^matkus. 

ABSTERSîON. L i. Terme de Médecine, qui exprime l'ac- 
tion des abllergensfift les corps. Abfiajio. L'acliond'a- 
bfterger. En ce>i'ens il le prend aitivejnent. Il le prend 
auilî pallivementi & alors c'eft, die M. Marris , l'ei- 
tet produit par les abicergens , oc en gênerai tout net- 
toyement , li l'en peut parler ainfi. 

ABSTINENCE, f. f. Vertu morale par laquelle on s'abf- 
tient de certaines choies , en vertu d'un précepte mo- 
ral, ou d'une in!l:itution cérémonicllc. Abjtïnenna. 
C'eft une clpèce de la tempérance, & elle ie confond 
quelquefois avec la lobriété. Le grand jeûne , dît S. 
Augiifiin , eft {'ahfcinence des vices. Les Athlètes , pour 
fe rendre plus robuftes , vivoient dans une abjlinence 
générale de tous les plailirs. Dac. L'Egliic a enjoint 
aux Eccléliaftiquesl'a/^/«e«ce des femmes: elle a mar- 
qué aufÏÏ certains jours de jeûne & A'ahjtinence. Il Te 
dit auùî de la modération dans i'ulagc desaiimens. On 
fait des ahftincnces par un pur régime comme de vin, 
de falines. La diète & \ abftïncnce font nécefl'aires , 
pour rétablir l'eftomac affoibli par la débauche. 

Abstinence , llgnihe quelquefois une innplc privation de 
manger de la chair. Ahjlinciuia à carnibus. Vabffinence 
des viandes, aiîailonnée de dévotion, & accompagnée 
de la prièî.e, eft un des moyens les plus cliicaces pour 
avancer notre lancfificarion. Boss. L'Eglifc ordonne 
limplement i'abftincnce le jour de S. Marc, &non pas 
le jeûne. Les mercredis (ont des jours A'ahjlinencc chez 
pludeurs Religieux. Les dévots font auiîides abfunen- 
ces y'^ des macérations volontaires. 

ABSTINENT, ENTE , adj. Modéré dansle boire & le 
manger. Sohrïus. Les peuples du Midi font plus abf- 
tinens que ceux du Septentrion. 

ABTINENT. f. m. Nom qu'on donna à certains Héréti- 
ques , qui s'élevèrent dans les Gaules & en Elpagne 
au ^^ iiècle , pendant la periécution de Dioclétien 
& deMaximien, parce qu'ils blàmoient le mariage. 
Les abflincns étoient les mêmes que les Hiéraclites ,' 
félon Baronius \ de lelon d'autres , c'étoient des Encra- 
tites, nom Grec qui lignifie la mcm.e chofe à peu-près 
qa'AbJ}ir:cnt. Quoiqu'il en (oit , tout le moixie con- 
vient que \es Abji'uiens étoient une branche des Gnol- 
tiques &c des Manichéens. Ilsfaifoient aulfi profeiuon 
de ne point manger de viande , comme étant de foi 
mauvaile, l'c ayant été créée par Satan, f^oy e^VuiL \?.- 
TRius, Imr. S ^. C,es Hérétiques furent nonimés Al-f- 
tïnens y à caufe qu'ils s'abircnoient de l'ufage du vin 
& de plufieurs viandes. God. 

ABSTR ACT , A.CTE. Terme de Philofophie , barbare 
en François. Voye:^^ Abstrait & Abstraction. 

CCr ABSTRACTION, f. f. Terme didaftique. adion 
dcl'cfprit, par laquelle on lépare les choies réellement 
inléparables , pour les conlldérer à part indépendam- 
ment les unes des autres. En quoi \ahfLraa:ion diticre 
de la préciiion qui fépare les choies véritablement dil- 
tincfes , pour empêcher la confuhon qui naît du mé- 
lange des idées. 

Il me femble , dît M. V Ahhc Gluird , que la pré- 
cifi jn a plus de rapport aux chofes qu'on peut non- 
fcidemcnt conllderer à part , mais qu'on peut aulîi con- 
cevoir être l'une fans l'autre , telles que fcroient , par 
exemple, l'aumône & l'elprit «de charité. Il me paraît 
que Vahftiaction regarde plus particuhèrement les cho- 
fes qu'on peut à la vérité conllderer à part, mais qu'on 
ne fauroit concevoir être l'une fans l'autre ; telles que 
font , par exemple , le corps & l'étendue. Ainfi le but 
de laprécifion eft de ne point iortir du fujet, en éloi- 
gnant tout ce qui lui eft étranger ■■, & celui de Valf- 
tracilon eft de ne pas entrer dans toute l'étendue du 
fujet , en n'en prenant qu'une pairtie , fans aucun 
égard à l'autre. P'oye-:; Précision. 

^'ctblhacllon eft l'action ou l'exercice d'une faculté , 
eu puillancc propre ik. particuhèrc à l'elprit de Hiom- 
me , & qui diftingue entièrement & silcntiellemeut 



A h S 4 ) 

Ion ame de celles des bêtes ; ficulté qui confifte en 
ce que 1 homme peut , en élevant fes idées au-delfus 
des Etres particuliers , en faire des repréfentations gé- 
nérales dii tout de la même efpèce , auquel tous les 
Lhilofophes donnent le nom A'Univcrfel. Aclioanïmi 
Ipeciem aiiquam aljtrahentls. On conlidère par abf- 
traclioriy lorlque dans un mobile, par exemple , on contî- 
clht le mouvement , lans faire attention au corps mû. Si 
mon œil me repréicnte de la blancheur fur une muraille, 
je puis par abflractlon conllderer cette quahté de 
blancheur en elle-même , & en faire un attribut 



gé- 



néral de piuficuiS autres choies difterentes, comme de 
la neige , du lait , &c. Cette qualité , quelle qu'elle 
foit, confidéréc ainii à part & lans le concret, ou le 
fujet auquel elle cil inhérente, eft une qualité conh- 
dérée par abjîraction. Harris. Ce font les Mathé- 
maticiens qui , conlîdérant la quantité fans matière , 
fuppolent dans leur empire à'abjlrucîion des indi- 
viiîbles lans parties: maisiln'eft pas permis aux Phy- 
liciens de taire ces lortes â-'alfiraciLons y ni de fortir 
des bornes de la matière. Bern. La Métaphyfique con- 
fidère aulïï les Êtres par ahflraclion, ôc c'eft propre- 
ment ion objet. 

i-CF Abstraction. Dans une acception moins ftricte, 
mais allez ordinaire, fe prend pour u:ie opération de 
l'elprit, par laquelle dh conlidère une choie lous un cer- 
tain rapport que l'on exprime , fans faire attention à 
d'autres qualités dont l'éniimération n'elf pas nécelîaire 
pour le jugement qu'on pcrte.TJn tel, ahfir^Mion faite 
de telle &: telle choie , eft un gtand homme. 

Ce mot eft louvent employé .au pluriel, pour mar- 
quer la dilpolîtion d'cfprit d'une peri'onne tellement 
occupée de les propres idées , qu'elle ne prête aucune 
attention aux chofes dont on lui parle, ou qu'on lui 
prélente. On dit qu'un homme eft dans des abjlrac- 
tlons continuelles , pour dire , qu'il rêve continuelle- 
ment, qu'il eft appliqué à toute autre chofe qu'à celle 
dont on parle , ou qu'il a fous les yeux. Voyc^i Aes,- 
trait. 

IP; ABSTRACTIVEMENT.adv.pcuufité.Par abftrac- 
tion , d'une manière abftraite. Conllderer abjlraclive- 
mcnt les propriétés de la matière. 

ABSTRAIRE , v. a. frire une abftr.acfion. Détacher par 
la penlee une qualité , une propriété , de toutes les 
au'res, pour la coniîdérer léparément, en particuher. 
Ahfiraherc. J'abjirais , tu abftrais y i! abfiraic ; nous 
ahjlraycns y vous abjlraye\ y ils abfiraient. Quand on 
railonne en Algèbre , on abjh\ùt la quantité, le nom- 
bre de toutes fortes de matières & de fujers. Il y a 
pluiieurs temps de ce verbe qui ne font point ulîtés , 
comme l'imparfait, le prétérit indéfini, &c. D'aunes 
font fort durs à koreilie. Alors on dit m.ie.n\, faire 
ahflracîicn. 

ip- ABSTR AIT, AITE. part. & adj. Ak/traRus y hom- 
me qui ne pcnle à aucun objet prélent, ni àrieirde 
de ce qu'on dit : qui eft fi fortement occupé de fes 
propres idées intérieures, qu'elles l'empêchent d'être 
attentif à autre choie qu'à ce qu'elles lui repréfenten.t. 
En quoi l'homme abJiraità'Aî'cc àcï'h.Oïï\v:ic dijîrait , 
qui n'eft tel que parce qu'un nouvel objet extérieur 
attire Ion attention ; de façon qu'il l'a détcurne de ce- 
lui à qui il la doit. Les perfcnnes qui font de pro- 
fondes études, & celles qui ont de grandes affaires, 
ou de fortes pallions, lont plus lujètes que les au- 
tres à avoir des abf'raciions. Les Difiracl'wns font le 
partage ordinaire des jeunes gen.s. La rêverie produit 
des abjl raclions y & la curiofité caule des difiraclions. 
Voyey^ Distrait. 

03" Abstrait. Terme didaâiquc. Terme Abjlraity qui 
fe dit d'une qualité confidérée toute feule & détachée 
du lujet. Air.iî la rondeur, la blancheur., la bonté, 
font des Termes Abfiraits. Concret eft le terme op- 
polé. Il exprin'ie la fubftance revêtue de fa quahté. 

^fF Abstrait, eftaullî fubft. L'Ab/trait&ch Concret j 
termes de l'Ecole. La rondeur eft un abfirait, le rond 
eif un Concret. 

En matière de Iciences, abftrait Ce dit des chofes 
diftrciles à concevoir, éloignées des idées communes, 
trop métaphyfiques , trop recherchées. 



4^ 



ABS 



A 



BS 



On dit , cîes raifonnemcns ahjlrahs ; pour expri- 
mer qu'ils lunt trop iabtils. Argumenta tenui filo dï- 
diicla. Ces idées lonr abCtraïtcs , Se ne tombent point 
Ions rimagination. Malb. C'eft une Philolophic abf- 
traite ik chimérique. Pok.t-R. pour dire, une Philo- 
fopliie trop dégagée des choies lenliblcs , trop méta- 
phyiique & trop dirHcile à pénétrer. On ne doit pas 
confondre la définition d'une idée ahjlraite de arbi- 
traire, avec la déhnitiondes choies qui exiftent réel- 
lement. Le Ci. 

^Zf' Ajîstrait , fe ditaulÏÏ en Mathématiques. Les nom- 
bres dbjiraïîs iont ceux que l'on conlidère précilc- 
ment comme nombres , ians les .appliquer à aucun fu- 
jet. 3 eft un nombre abftrah , tant qu'il n'eltpas ap- 
phqué à quelque choie. Si on dit 5 pieds , par exem- 
ple, 3 devient un nombre concret. 

Les Mathématiques ahjîraitcs ou pures '^ font cel- 
les qui conlîdèrent la grandeur ou la quantité abiolu- 
ment ik en général, Ians le borner à aucune clpèce 
particulière, comme la Géométrie & l'Arit'nmétique. 
Dans ce lens elles font oppofees aux ivlarhémariques 
mixtes. 
ABSTRUS, USE. adj. qui eft caché & inconnu au com- 
mun du monde , qui deuîande une extrême applica- 
tion pour être entendu. ^r/f/7.'/ij. L'Algèbre, les Sec- 
tions Coniques , font des Icitnces , des matières fort 
abjirufes , où peu de perlonnes peuvent pénétrer. Afin 
que le peuple Juil, qui étoit encore aux rudimens,ne 
pom'ant bien entendre les lens abjlras & cachés des 
écrits, le contentât de les admirer. Goep^Ée. On ne le 
die qu'en matière de Iciences. 

ABSURDE, adj. m. Se f. Ce qui choque le fens com- 
mun, qui eft évidemment contraire à larailon. Alfur- 
dus. Propolition abfurde. Quand on luppole une choie 
abfurde 3 on en tire mille conléquenccs abfurdcs. Il 
.prouve une chofe abfurde j par une chofe plus ab- 
furde. 

ÀBSURDEMENT. adv. d'une manière abfurde. Ab- 
furde. C'eft conclure abfurdemcnt ^ que de di're,&c. 

|p= ABSURDITE, f f. vice , défiut de ce qui eft ab- 
furde. Chofe qui choque le bon fens, la raifon. \Jab- 
furdue d'un dilcours. On le dit aullî de la chofe ab- 
lurde. Il s'enluis'roir de grandes abfurdités d'une telle 
fuppofition. Abfurdïtas. Abfurde diclum aut faclum. 

ABSUS. 1. m. Herbe qui croit en Egvpte, à la hauteur 
de quelques doigts. Ses feuilles relfemblent à celles du 
triolet; & les Heurs blanches, <?c d'un jaune p'de, pro- 
duilcnt une lemence noire, renfermée dans de petites 
cellules. Cette deicription eft tirée de P. Alpin. On 
-doit ranger cette plante parmi les Call'es , & la nom- 
mer , Cafjïa fylveftrls j ^gyptiaca j tetraphyllos. 
Bauhin l'appelle loto affinïs Aigyvtiaea. Pin. 3"3 2. 

'ABSYNTHE , ou ABSINTE. f m. cV' i. Selon Malherbe ; 
&: félon Vaugelas, toujours mafculin,aujourdhui tou- 
jours féminin. Ménage veut qu'on écrive apfynthc^ix. 
un p j Ians doute à caule de l'étymologie. Abf ntliium 
cuiz/yfwf/zi/^OT.Plantemédécinale. LesBotaniftesanciens 
ne railoient menti on que de quatre elpèces à'abfnthe ; 
lavoir, la vulgaire ouromainejlamenueoupontique , la 
marine, & la lantonique ; mais les Modernes en diftin- 
guent plus de trente eipèces. /'p)(.':jBauhin,Plukenet 
& Barrelier. L'abjynthc- vulgïne , grande abfntke j 
ou ^^/jrAt' romaine, a les racines branchues,chevelues, 
& éparpillées. De fes racines s'élèvent ordinairement 
plulicurs tiges , hautes de trois à quatre pieds , blan- 
<hes_& garnies de feuilles fcmblables à celles de l'ar- 
moilc, branchues des deux côtés. Ses Heurs naiifent 
à l'extrémité des branches & des tiges , ôi font difpo- 
fées en épi allez long, blanchâtre, & garni de petites 
feuilles qui tuutienncnt les Heurs. Chaque fleur eft un 
bouton compole de plulicurs fleurons dorés, cV ren- 
fermés dans un calice tcai lieux. Ces fleiuons font 
portés fur des embryons, qui deviennent des femcnces 
menues, oblongues & nues. Cette ab/y r.the xul'^aiïc 
eft la plus en ulage dans la Médecine. Pluficuis croient 
que c'eft la barbotir.e qu'on appclley^/wcv/ fanctum ; 
mais Mathiole dit que c'eft une plante bien uiiférente. 

. Quelques-uns prétendent que \ahfynthe. eft l'aurone 
femelle. Vahfy, nthû menue , petite ahf\ nthe _, eu cb- 



fyntlie ponrique, eft beaucoup plus bafle ; fes tiges 
font plus menues; les feuilles plus petites , plus fine- 
ment découpées & moins blanches. Ses Heurs ont la 
même ftructure &: le même arrangement que celles 
de la vulgaire; mais elles lonr un peu plus petites. 
Son amertume & ion odeur ne font pas h iniupporta- 
bles que celles de la vulgaircT La marine le diftingue 
de la ponrique par les feuilles plus épailfes , moins 
découpées, & par longoiit lalin. A l'égard de la lan- 
toniquc , on a confondu lous ce nom divcrlcs plan- 
tes, f'oye^ Bardotine. 

h'alfyntheti'i ftomacale, apéritive , fébrifuge , bonne 
contre les vers ti? pour les vapeurs , les coliques , la 
jaunille &lcs pâles couleurs. On la prend en infulîon 
dans du vin; c'eft ce qu'on appelle vi/ium abjyntlii- 
tssj en extrait, extraàum abfynthïï ; en iviis^, fy ru- 
pus de abfynthio. On l'emploie dans les fomentations 
év dans les cataplalmes , pour arrêter les progrès de la 
gangrèr.c. On ne le lert que des feuilles & des fommi- 
t^s de cette plante. Et de l'eau d'abfynthe, aqua ab- 

fyntkïtes. On a aullî donné à l'abjynthe le nom à'al~ 
vtne 3 on alvyne. f^oye'^ ce mot, 
Aes yhthe , figurément , lignifie douleur , amertume , dé- 
plailir. T)olor anïmi. Mais je ne vondrois pas l'em- 
pl'j)er au pluriel comme Malherbe, quia dit, adou- 
cir toutes nos alfymhes. Il n'eft pas même d'ulage 
au lingulier. 

Ce mot vient d'à ^ particule privative en Grec , & 
■!ri'ï6io. ; c'eft- a-dire, impotabile , non potable ; & les 
Comiques Grecs la nomment en efte: «^('vS»», parce 
que c'eft une plante 11 amère , qu'on a de la peine à 
boire une liqueur dans laquelle elle aura trempé. Quel- 
ques-uns le font venir du Grec«^'^"j toucher^ <é4'r?..fj 
«4f«-?-a/j & veulent que ce nom ait été doH*é à cette 
plante par antiphrale, pa.rce que nul animal n'en peut 
goîiter, ni la toucher, à caufe de fon amertume. Cette 
étymologie n'cftpas vrailemblable, & il eftétonnantque 
d'habiles gens aientpu la halarder; «t^m eftalpiré, & ah- 

fyntkïum nel'eftpas; on dita-lo^-fOj&non â'-4,ri»; l'una 
un?', &rautreun t, & le premier n'a pu fe former du 
fécond, ni dea4s''5>«i. D'autres le font venir d'«4'''5--"», qui 
veut dire défigréable, indeleclablle , & qui s'eft formé 
de l'a privatif, & de 4'»5^^'f, plailir, delcSlatio , à caufe 
de l'amertume qui rend cette plante dclagréable. Cette 
étymologie paroit plus jufte, & juftifie en même temps 
l'orthographe d'abfnthe ^ Ians y. 
ABSYRTIDES. Foyei ABSIRTIDES. 

ABU. 

ABUCCO, ABOCCO ou ABOCCHI. f m. Poids doue 
en le lert dans le royaume de Pégu. Un abucco eft 
de douze Tcccalis & demi. Deux abuccos font l'A- 
giro , qu'on nomme aulîl Giro. Deux Giri font une 
dcmi-Biza, &la Biza pcfe ccntTeccalis, c'clt-à-dire , 
deux livres cinq onces poids fort , ou trois livres neuf 
onces poids léger de Venife. 

ABUDIACOM. Ancienne ville de laVindélicie.^^z/^ia- 
cum. Selon quelques Aineuvs , Abudiacom eft le vil- 
lage d'Apping, en Bavière; & lelon d'autres , celui d'A- 
bach, dans le même Duché. 

ABUHINAN. Petit village ck château du Bilédulgérid, 
en Afrique. Abuhinanum.l} eft fur la rivière de Géhir. 

ABUIA. Nom de deux Iles Philippines. Abuya , 
Abaca. L'une eft près de l'île de Cébu , entre celles de 
Luçon & de Mindanas : l'autre n'en ell pas loiji, entre 
15;^hcl & Cubarao. 

ABUKESB. f m. C'eft la valeur du Daalder, ou éeu de 
Hollande; il le nomme ainfi par les Arabes &< les 
Turcs du Caire, lV parmi tous les négocians des \ilics 
maritimes d'Egypte. Mais à Smyrne i!^' à Conftanrino- 
ple , on n'appelle point le daalder de HoJlande de ce 
nom ; on l'appelle Aflan'i. C'eft le nom dont on lefert 
aullî dans les Echelles du Levant. La raiton de cette 
diverle dénomination vient de deux noms ; du nom 
i7/Zc'/;/ j qui j en langue Tiu^que , lignifie lïon , parce 
que l'on voit l'empreinte d'un lion fur chaque coti de 
ces pièces d'argent , que les Arabes ont pris pour ug. 
chien 3 qui, en leur langue cif ncmmé chukesb. 



ABU 

ABUNA, ou ABOUNA. f. m. Terme Arabe , qui fe 
neuve dans WRclations, & qui lignifie proprement. 
Notre Pcn. L'on s'en ferc en parlant des Religieux 
Chrétiens Arabes. Ainli ils difent ,^dhouna Ephrem ; 
c'eft-à- dire , Notre Père Ephrem j qui eft la même 
choie que il nous dilions , Le Père Ephrem j en par- 
lant d'un Religieux de ce nom, eu Père Ephrem j, en 
parlant à lui mcme. Selon Portel, il b.ut dire ^/'a«<Zj 
r^Jïîas-';, &: 1 interprète Aiabe l'ccritainlî, Matth VI. ç. 
On dit cependant , Abonna^ JS^I-Tt* 

ABURiiA. Vallée du nouveau royaume de Grenade , 
dans l'Amérique méridionale. Ahurra. 

ABUS. f. m. Ce mot , dans l'acception la plus étendue , h- 
gnihe Tufageirrégulier d'une ciiole ; l'introduilicn d'une 
choie contraire a l'intention que l'on avoir eue en l'ad- 
mettant: tout ce qui eft contre l'ordre établi ou contre 
l'ulûge. Ahufus. Il y avoit des abus dans tous les or- 
dres de l'état , qui ont été rétorméspar Louis le Grand. 
C'eft le grand Conftanrin , qui , en introduiiant les 
richelFes dans l'Egiife, y a introduit en même temps 
Icsu^Zij j &z le rèiàciiement de la dilcipline. Port-R. 
Ce Miniftre a rétormé les abus des Finances; ce Pré- 
fident,lcs abus de la Jullice. 

Abus , ligmlîe aufîî, mauvais uiage d'une chofe. On com- 
met bien des ah'us dans la diitribiition des aumônes. 
Les abus qu'on fait de l'Ecriture , ne naiilent pas delà 
ledure in.nocente du peuple. Gomeer. Le Concile de 
Trente a défendu les abusc^ow rait de l'Ecriture, c'eft- 
à-dire , les mauvais uiages , les applications qu'on en 
pourroit faire à des choies profanes, mauvailes , cri- 
minelles. 

Abus f lignifie aulTl, erreur , mécompte , tromperie. Er- 
ror. Si vous croyez que cela foit, c'eft W-wabus ; c'cft- 
à-dire , c'eft une erreur , un mécompte ; vous voui 
trempez. C'eft un abus que d'exhorter un jeune hber- 
tin à longer à la mort-, pour dire , cela eft inutile, on 
n'y gagne rien. C'eft dans ce dernier Iens,que AL de 
la Fontaine a dit fort élégamment dans (es labiés: 

Alléguer i'impojfihle aux Rois ^ c'eft un abus. 

c'eft-à-dire, que quand un Roi veut quelque chcfe , 
ii faut lui obéir, quand même la choie leroit très-dif- 
ficile , & paroîtroit impolilble. Les Mahométans vi- 
vent dans \'abus ; ils fuivcnt les abus de leur faux pro- 
phète. Dans ce dernier exemple , il lignifie tromperie ^ 
Se fe prend a>:;bivement. Il te dit plus ordinairement 
dans l'autre- lens , qui eft pafili. En Arithmétique , 
quand la preuve ne fe trouve pas bonne, on connoit 

. qu'il y a de \'abus dans le calcul. 

%fT Ce motfe dit quelquefois ablolument, pour reje- 
ter ce qu'un autre a dit. Vous croyez reullir par-la , 
abus ; vous n'en viendrez jamais à bout. 

Abus , s'e'cria-t-il j hc ! devene:^ dévote. 

I0C? Abus d'un mot en grammaire; le prendre dans un 
fens abufif, c'eft en taire une mauvaile application , en 
pervertir le fens, 

;(CF Abus, dans un fens plus particulier , eft toute con- 
travention commifc par les Juges & Supérieurs Eccie- 
fiaftiques en m.aticre de droit. 

Appel comme à'abus. In abufu dicendi /urisadRe- 
giumfuperius Tribunal provocation C'eft' un appel qu'on 
interjette au Parlement , des fentences des Juges ccclé- 
fiaftiques, quand ils entreprennent lut la PuilKuice fé- 
culière-, quand ils jugent des choies qui ne lont point 
de leur juridicttion , ou quand ïh jugent contre les 
faints Canons & la Dilcipline de i'Egliie. Les appels 
comme d'abus ont été introduits , autant pour s'oppo- 
ler aux cntrepiiles de la Juridiction eccléhaftique fur 
la Jurididrion temporelle , que pour mettre ordre aux 
attentats de la Cour de Rome fur les libertés de i'E- 

. glife Gallicane. Il eft certain en ettet que l'entreprife 
des Evêques alla li loin, qu'ils le rendirent les maî- 
tres de toutes les affaires civiles lous des prétextes de 
giété , & qu'ils dépouillèrent prefqu'entièrement la 
Jurididion ieculière. On ne peut point déterminer 
tous les cas où l'on peut appeler comme à'abus j 



ABU 



47 



parce qu'on ne peut pas limiter toutes les contraven- 
tions dont les Eccléilaftiques font capables pom- rele- 
ver leur autorité. Bouchel. Vabus ne fe couvre point 
par quelque lentence , par quelque potrcftlon, ou pref- 
cription que ce foit. Quand l'Official juge du poilef- 
loirc des dixmes inféodées,du poftclî'oire des bénéfices, 
il y nabus. On appelle comme d'abus -, des unions dés 
bénéfices, des Relcrits de Cour de Rome , des fulmi- 
narlons des Bulles d'excommunication , quand elles 
lont contte les loix de l'Eghle reçues en France. Alors 
la Cour prononce qu'il y a abus. Quelquefois l'on 
convertit l'appel comme d'abus en appel comme de 
grier. L'appel comme d'abus a commencé d'être eia 
ulage du temps de Philippe de Valois , Icrfque Pierre 
de Cugméres, Ion Avocat-Général, le plaignit des en- 
trepriles que faifoient les Eccléilaftiques fur les per- 
mîmes &; la Juftice fécuhères. Au lieu d appeler des 
ufurpations , des entreprifes du Juge épifcopal , on 
on le fervit du terme d'abus ^ comme le moins dur , 
pour exprimer qu il abufoit de fon autorité. Pour fe 
venger de Pierre de Cugnières, les Chanoines de No- 
tre-Dame firent mettre au côté du chœur un petit 
marmot , que par derilion ils appelèrent Pierre de 
Cugnct. Le Clergé étoit alors 11 redoutable , que les 
laïques n'eurent pas tout d'un coup la hardielfc de re- 
prendre leurs droits. Enfin , François I par fon or- 
donnance de 1539, fapades fondemens de la Jurif- 
dief ion eccléhaftique ; & le remède des appels comme 
d'abus a été li fréquemment mis en ulage , que la 
puillance royale ie trouva rétablie dans tout fon luf- 
tre , & remife en poirelFion de toute fon autorité. 
^oye^PASQUiER dans toutes Jes Recherches y Liv. ^ j 
C. ^j. Févret, Avocat de Dijon, a fait un fort beau 
volume de l'appel comme d'abus. Les appellations 
comme d'abus ne fe relèvent qu'au Parlement , ik ne 
(e plaident qu'à la Grand'Chambre , fuivant Pédit de 
1606 & 1610 : les appels comme d'iz/'i(j devroient être 
fcellés au grand Sceau ; mais en conféquence d'un ren- 
voi de M. le Chancelier le Teliier en 1678 , on les 
prend au petit Sceau, en y attachant une conlultation 
de trois Avocats. On appelle comme d'abus de l'e'xé- 
cution du Relcrit du Pape, &non du Refcrit même , 
pour ne bl.imer que l'impétrant ; mais on appelle 
comme d'abus de l'octroi d'un Evêque, ou de là fen- k 
tence d'un Officiai. Quanfl on dit , Le Parlem.ent a 
jugé qu'il y avoir abus ; cela fignifie que le Parlement 
a jugé que l'appel comme d'abus a été bien interjeté , 
& que le juge a excédé Ion pouvoir Acad, Fr; . î 

ABUSAÏD. Montagne d'Afrique , dans la province àè 
Tenez, & de la dépendance de la ville de cç-iichi. 

ABUSÉ , EE. part. Falfus 3 déceptus j corruppJh ^'\'i~ 
tiatus j compreQ'us. 

ABUSER. V. n. Faire un mauvais ulage de quelque cho^e. 
Abuti. Il ne faut pas abufer dç.% lacremens ; abufer de 
la bonté de Dieu. Il n'y a rien de 11 laint , dont la n^a- 
lice des hommes ne puilfe abufer. Port-R; Ce Ma- 
giftrat abufe de la charge, de fon pouvoir , de fon Au- 
torité , quand il en ufe pour fes intérêts particuliers. 

Abuser, lignifie encore , Interpréter mal la penfée de 
quelqu'un , & y donner un mauvais izws. Vous abu- 
fe-:; de quelques paroles ambiguës qui lont dans fes 
lettres. Pasc. Les hérétiques abufent de l'Ecriture, ils 
en corrompent le fens* C'eft aulîî en taire de mauvàifes 
applications. 

Abuser, v. a. Signifie aulll , tromper, féduire. Fallerç, 
decipere. Les fiux prophètes, les charlatans , abufent 
les peuples. Notre amour propre nous abufe j ndus 
fait lui vie nos paillons, qui nous abufent j qui nous 
trompent. 

// conçoit le néant des objets qui /'abufent : 
// gémit fous fa chaîne y & n'ofe la brifer. Breb. 

Q^uand l'amour efl ardent j aifément il j'abufe. ' 
lierait ce qu il fcuhaite ^ & prend tout pour excufe. 

Corn. 

Af-USEr , a. fignifieplus particulièrement, fubornerunc 

femme, corrompre, iéduire une fille, lui arracher les 

dernières faveurs, Vitiare , comprimere. Il faut être 



,8 



ABY 



bien malhonnête homme pour ahu/erde la femme de 
fon ami , peur abufer de la fille de fon hôte. Etoit-il 
juûc d'emprunter mon nom & ma reiremblance , pour 
abufer de ma maitrelfc. Ablanc. On s'en lert audi 
dans un cas encore plus odieux. On dit que Néron 
avoir atufe plufieurs fois de Britannicus. Ablanc. 

fC? Abuser ,avec le pronom pertonnel. Sakufcr, fc 
tromper. Dccipi : il s'eft abufe. 

i\BUSEUR. f. m. Qui abufe, qui féduit , qui trempe , 
Trompeur. Deceptor j vcteracor. Mahomet a été un 
%ïz\\à atufcur de peuples. Ce terme ne peut être em- 
ployé que dans le dilcours famiher. 

ABUSIF, IVE. adj. Où il y a de Vahiis. Abufivus ,Errori 
obnoxius. On le dit particulièrement d^s entrepriles^ pro- 
cédures & juj^emens àss Ecléliailiques où ily a abus j 
c'eft-à-dirc , injrûciion des Canons ou des ordonnances. 
Une union de bénéfice fans cauf e véritable >.\" importante 
eft abufivc. Un jugement d'OlHcial contre im laïque, & 
pour caule profane, tk Libujif. En termes de Gram- 
maire, prendre un mot dans un fens abufif , c'cft le 
placer mal ; c'eft en faire une mauvaile apphcation j 
c'elHe prendre improprement , ïmvroprie , contra ufum 
& loqucndi confuetudinem 3 abu/ivc. 

ABUSION. f. f. Vieux mot. Abus , erreur , faulfe dé- 
marche , m.auvaife conduite. Abufus j trror j alluci- 
natio. 

ABUSIVEMENT, r.dv. d'uue manière abufive.^if-zi/rve , 
perabujum. La Cour , en infirmant les fentences des ju- 
ges de lEglile , prononce : Mal, nullement, & abiijive- 
;77c/;r jugé, ily aplufieurs mots de la langue qu'on prend 
quclquel-ûis ahuftvement ^qu'on dit improprement, 

ABUTÉR. V. n. Terme de joueur de quilles. C'eft tirer 
à qui jouera le premier, en jetant chacun une quille 
vers la boule , en forte que celui dont la quille ell la 
plus proche de la boule , ait l'avantage.de jouer le pre- 
mier. Sonïrï J e.xperiri qids prior ludat. On abute 
avant que de jouer aux quilles. On a abuté, & je luis 
le premier. On abute de même au jeu de palets & au- 
tres. 

Ce mot eft formé de la prépofition Françoife à j 
qui ,dans la compolîticn, fe met fouvent pourlapré- 
polition Latine (jÔ'j & a la fignifiation , <Sc du mot Fran- 
çois but., tirer au but. 

ABuTILLON , f. m. ou guimauve de Théophrafte , f. f, 
Abutilon. Flaiite aimuelle cjui s'élève dc^-uis deux pieds 
julqu'à cinq. Ses tiges lont droites, rondes , revêtues 
de duvet , branchues & garnies de feuilles drapées , 
blanchâtres, taillées en forme decœur,femblables,par 
leur figure, à celle du tilleul ^ mais bien plus grandes, 
& portées fur des pédicules qui ont quelquefois plus 
de demi-pied de longueur. Ses Heurs lont lemblables 
à celles de la guimauve ordinaire, mais elles lont jau- 
nes. Son fruit elf une tête aplatie ordinairement par- 
delTus, cannelée & compcfée de plulîeurs graines mem- 
braneufes, ail cmblécs autour d'un poinçon. Chaque 
graine, en s'entr 'ouvrant, laiile tomber des kmences 
taillées en forme de rein. Ces femences lont adcucif- 
fantes , & recommandées pour la gravelle. L'écorce 
des tiges tert aux Iles de l'Amérique pour faire des cor- 
dages. 

A B Y. 

ABYDE, ou h^YïiOS. Ahydus Se Ahydon. Ville ma- 
ritime de Flirygie, vis-à-vis de Selles, dont elle n'eft 
ébignée que de fept ftades; c'eft-à dire d environ une 
bonne demi-heue. Si l'on en croit Virgile , on y pc- 
choit des huîtres. /. Gcorg. V. 20, j. C'étoitla patrie 
de Léandre. Les habitans d' Abydos étoient mous & 
efféminés. On difoit ■çi^yç.ùilAtnvzviX.: Ne touche^ pas 
fans précaution à Abydos ^ pour fignifier , qu'il faut 
éviter la compagnie des gens dcbauchés. 

On diioit encore en proverbe, un banquet d' A by de ; 
pour marquer un feftin fâcheux; parce que c'étoit une 
coutume parmi les habitans à' Abydos^ de porter leurs 
enfans autour de la table, quand ils faifoient un fcf- 
tin , afin qu'on les baisât. Abydos a eu un Evêque 
fuffragant de l'Archevêque de Lampfaque. Abydos & 
Seftos font aujourd'hui ce que nous appelons les Dar- 
danelles dairs le détroit de Gaiiipoli. On l'appiille en- 



ABY 

cote aujourd'hui Avido Se Avec. Mais M. Wéler 
allure qu'on ne voit point de marque d'antiquité près 
de ce château , & que les ruines dAbyde fc trouvent 
à uneheue de-ladu côté du nord , où eft eftectivement 
l'endroit le plus rtllerré du détroit; Se il juge, avec 
quelques Auteurs , que le vieux château de Natclie eft 
bat! fur les ruines de l ancien U ardanum , ou Dar- 
dana ^ d'où eft venu le nom de Dardanelles que porte 
ce château, conjointement avec celui de Remanie , 
qui lui répend. IVIaty Se M. Corneille, diient^7:v- 
dos Se Abyde ; d autres difent feulement Abydos. 
Xerxès fit im pont f ur l'Hellefpont qui joignoit Aby- 
dos Se Seftos. 

Autrefois du Perfan l'étonnant appareil j 

Sur les eaux d'Iiellefpont ft un chemin pareil j 

Joignit Abyde à Scfl 3 & l'Europe à l'Afîe. 

Breb. 

Il y avoit encore une ville de ce nom en Egypte. 
Aujourd hui Abydos eft un des châteaux des Dar- 
danelles, dont l'entrée eft toujours interdite aux Chré- 
tiens & a toutes fortes de perlonnes, une heure avant 
que le foleil le couche, & durant la nuit. La porte de 
ce château eft entre le levant & leieptentrion. Son plan 
cil: carré : il y a dans le milieu une grcCe tour faite 
en manière de donjon. Les folfes qui l'environnent, 
lont tellement ccnablés en certains endroits , qu'on peut 
dire qu'il n'y en a plus vers le couchant -, le marais 
que fait le fleuve Simoïs à fon embouchure, pourroit 
■ lui en fervir , s'il y avoit plus d'eau , mais nous y 
étions à pied-fec. Duloir. Voyag. de Lev. J^. 20c. 
210. Abydos eft plus f-ort que Seftos , étant bâti au 
bord dune plaine dune grande étendue, qui rend fa 
fituatien bien plus avantageufe & plus forte; les grands 
vaillcaux y peuvent aborder des deux cotés, & y de- 
meuier a 1 ancre, ce i;,u ils ne peuvent pas. faire à Sef- 
tos. Le paylage en eft aulîl bien plus beau ; mais le 
féjour y eft mal lain. Id. p. 2 r i. 

AHYLA.Abyla^ a. Nom de montagne & de ville. Abyla 
ctoit dans le détroit de Gibialtar fur la côte de Mau- 
ritanie. C'étoit une des colonnes d'Hercule, & Calpe 
l'autre , fur la côte d Elpagne. Quelques-uns ont cru 
quAbyla ville, étoizAlcudia^ & qu' Abyla montagne, 
étoitcelle que les Elpagnols nomment aujourd hui Sier- 
ra de la Ximera. D'autres plus vrailcmblablcment 
veulent qw'Al^Li ville, foit Ceuta , Sep ta , évêchc 
dépendant de l'Archevêque d'Evora , & que la Mon- 
tagne de même nom foit une haute montagne pro- 
che de Ceuta , que nos François appellent \tmont des 
fnges. Se les Hollandois Sckeminckelberg. 

AE\'LA,eft aullî le nom d'une ville de la Caléfyrie, qui 
donnoit Ion nom à une petite contrée dont elle étoit 
capitale. Cette ville étoit au pied du mont Li- • 
ban , du côté du feptentrion. Elle s'appeloit auilî Aby- 
la - de Lyf anias. La contrée àAbyla étoit enfoimée de 
l'Antihban au couchant (!i: au midi, du Heuve Abana di* 
côté de 1 orient, & elle avoit au nord la Chalcide.C être 
contrée s'appeloit Abylène j ou Abiline, ou Abilène. 
Il en eft parlé en S. Luc , c. •?. v. i . où il eft dit que 
Lylanias étoit Tetrarque de la contrée d! Abyla, ainlL 
qu'a traduit le P. Bcuhcurs. Monlkur Simon a mis le 
pays d'Alylû. Le Port-Royal a mis Abyiene. Le 1^. 
Lubin prétend que la ville dé Abyla étoit celle qui 
s'appelle aujcurdhui Bctincs eu 'Eellines. 

ABYLi.NI:. Contrée de Syrie, Abylina, Abylena. Elle 
étoit près de la Trachoritide & de la Pérée. Vers 
l'an quinzièm.e Ae l'empire de Tibère , trentième de 
JxSmsCHRisT , elle avoit titre deTétrarchie. Lylanias 
en étoit Tetrarque. Luc. IIÎ. i. Joseph. Antia. Jud. 
L. XX. c. /S. Après la mort de Lyfanias, elle fut 
attribuée à la Syrie. L'an yi. de J. C. l'empereur 
Claude la donna à Agrippa II. ôc Néron la lui con- 
firma. Joseph. Bcllo Jud. IL c. XIL §. S. XIII. §. 
2. Elle tiroir ton nom d'y^<^y/iï, ville de fon territoire. 
Quelques-uns l'appelleuî la contrée dé Abyla. J^oye':^ 
Abyla. , • 

UAbyltne étoit une région de la Caléfyrie , & 
gyoit l'Antilibau au midi & au couchai:t , la Chai- 

cide 



ABY 

clde au feptenmon , iSc la rivière Abana à l'orienr. 

P. LUBIN. 

ABYME ou ABÎME, mieux qu'ABYSME. f. m. Gouf- 
fre profond où l'on fc perd , d'où l'on ne peutlorcir. Cur- 
ges , vorago. Ce mot, dit M. l'Abhé Girard , em- 
porte avec lui l'idée d'une protondeur immente , jut- 
qu'où l'on ne fiuroit parvenir, &: où l'on perd égale- 
ment de vue le point d'où l'on eft parti , & celui où 
l'on vouloit aller. f^oye~ aux articles Précipice & 
Gouffre, la lignification propre de ces mots, & les 
nuances qui les diilinguent. On eft endâuri par le 

fouffrc. On tombe dans le précipice. OaHpsfd dans 
Abyme. Il y a d'horribles abymes dan||pEs monta- 
gnes , dans ces mers. 



ABY 



49 



Le ciel fuf pend f es coups ; la terre, tes enfers , 
N'offrent point à mes pas leurs abymes ouverts. 

Ce mot vient du Grec ^ê-y^'^f , qui lignifie la même 
chofc , & qui eft formé de l'a privatif, &: de ^yu, , en- 
trer, pénétrer , en changeant le ^ en /3 ; ou plutôt 

de Ê-ùu, /SmVm, ^sÊvxa,SfSv:ry.a.i, /5=€f?ai, d'oÙ eft VenU S\J7ti. 

De iorte qu'â'/Si/7.rof lignifie ce que l'on ne peut pénétrer, 
ce qui n'a point de fond. Dans l'Ecriture il (e prend 
pour les eaux que Dieu créa au commencement avec l.i 
terre , & qui l'environnoient de toutes parts , dont il 
eft dit, Gen. /. 2. Les ténèbres étoient lur la furhacc 
de \abyme. Il fe prend encore pour les cavernes im- 
menfes de la terre , où Dieu raifembla toutes ces eaux 
le troihème jour , &r que Moyie appelle le grand aby~ 
me. Gen. vu. ii. C'eft encore en ce fens que ce mot 
eft pris en beaucoup d'autres endroits, comme Job. 
XVIII. 14. XXXVIII. I ô.Pfalm.XXXiil. 7. &c. 
Le Dodeur Woodward , favant Anglois , dans ion 
Hijloire naturelle de la terre, prétend qu'une partie 
des eaux eft enfermée dans les entrailles de la terre , 
&C qu'elles forment un grand globe dans Ion centre ; 
que fur la furface de l'es eaux eft étendue une couche de 
la terre-, que c'eft là ce que Moylc a appelé le grand 
abyme. Et il prouve ce fyftcme par un grand nombre 
d'obfervations. Il dit que ces eaux de \' abyme , ont 
communication avec celles de l'Océan, par des ca- 
naux qui aboutllFent au lond de la mer. Il luppote que 
ces eaux de \' abyme ,tk celles de l'Océan, ont un cen- 
tre commun, autour duquel ellei (ont placées -, que 
cependant la (urface de ï'abyme ireft point de niveau 
avec celle de l'Océean, ni en égale diftance de leur cen- 
tre commun , parce que celles de \\ibyrne lont la plu- 
part prellees par la terre , qui les arrête 6: qui pefe dclms ; 
mais que partout où cette couche de terre qui les en- 
veloppe , eft percée , ou poreufe , ces eaux y pénétrent , y 
montent Se rcmphlfent toutes ces fentes, qui leur don- 
nent illue, tous les vides, tous les pores de la terre , 
de la pierre, & de toutes les autres matières qui font 
autour du glcbe delà terre, jufqu'à ce qu'elles ioient 
arrivées au niveau de l'Océan. 

Dans le langage de l'écriture, abyme (t dit pour li- 
gnifier l'enfer. Dieu précipita les Anges rébelles dans 
l'abyme. P^oye\ aulîl l'art, précédent. 

£<ir Abyme, ie dit aulll figurément des chofes impéné- 
trables à l'efi^rit humain , oui! le perd à force de raifoiv 
ner. Les jugemens de Dieu, lesmvftéres de la religion 
font des abymes dont oïl ne peut fonder la profon- 
deur. Le pailé eft un abyme qui engloutit toutes cho- 
ies, & l'avenir eft un autre a/'vwe impénétrable. Nicol. 
On le dit de même des fciences très-diftlciles , & 
qui demandent une extrême application. La Phyllque 
eft un abyme. L'Algèbre eft un abyme où l'on fe perd. 
Souvent la raifon du Philolophe , à force de chercher 
de l'évidence en tout, ne fait que fe crcufer un abyme 
de ténèbres. 

Abyme, fe diraulîi des chofes qui demandent, & qui con- 
fument des lommes excelîîves, dont on ne peut juger 
avec certitude. On ne iauroit fixer, déterminer la dé- 
penfe de la marine , c'eft un abyme. La dépenfe de 
cette maifon eft excelHve , c'eft un abyme. On dit en 
proverbe , qu'un abyme attire l'autre , quand d'un mal 
on tombe dans un plus grand. 
On dit figurément un abyme de malheur , un abyme 
Terne I. 



de misère ; pour fignificr un extrême m.cïkeur , une 
extrême misère. Il eft tcmbe dans un c/'_)';«e de misère* 
On dit d'un homme très-lavanr, que c'c^ un abyme 
de Icience. 
Abyme, terme de Blafon. C'eft le centre, ou le milieu 
de l'écu , en forte que la pièce qu'on y met, ne touche 
év ne charge aucune autre pièce. S cuti centrmn , fcuti 
pars média, ou partlum aliquot fcuti m.edium. Ainli 
on dit d'un petit écu, qui eft au mihcu d'un grand, 
qu'il eft mis en abym.e. Et tout autant de fois qu'en 
commence par toute autre figure que par celle du mi- 
lieu , on dit que celle qui eft au milieu eft en ahym.e^ 
comme 11 on vouloit dire , que les autres grandes piè- 
ces étant relevées en rehef , celle-là paroit petite , Hc 
comme cachée & abyméc. il porte trois bcfins d'or, 
avec une Heur de lis en abyme. Ainii ce terme ne li- 
gnifie pas limplement le milieu de l'écu : car il eft re- 
latif, & luppofe d'autres pièces, au miheu defquelles 
une plus petite eft abymée. • 
Abyme. 1. m. Terme de Chandehers. C'eft levailfeau dd 
bois dans lequel ils mettent le luit fondu , où ils trem- 
pent leur mèche pour fabriquer leur chandelle. Ce 
vaiiîeau eft de forme triangulaire , & polé fur un des 
angles; enlorte qu'il va une ouverture de près d'un pied 
par en haut, ce qui fait une elpèce de prilme rcnverlé* 
ÇC? ABYMER. v. a. Dans le fens propre , jeter , pré- 
cipiter dans un abyme. Voyez ce mot. Mergere , de- 
mergere. Les ouragans abyment les vallFeaux. Les cinq 
villes que Dieu abyma. Les tremblcmens de terres aby- 
ment des villes entières. Dans ce lens il prclentc l'idée 
de deftruclion, ruine. 
'^3° ABYMER,dans un lens figuré, fignifie ruiner entière- 
ment. Evertere , peffumdare. Les gros intérêts ont aby- 
me ce March.md. Ce chicaneur a abymé la partie, il 
l'a ruinée de fond en comble. Cet homme eft puilfanE 
& vindicatif , il vous abymera. Les dépenles excelîi^ 
ves ont abymé cet homme. 

On dit en matière de difpute & de raifonnement ," 
qu'un homme a été abymé par Ion adverfaire , qu'il i 
été réduit à ne rien répondre. 
tfT Abymer. V. n. Tomber dans un abyme. Hauriri^ 
abforberi. Cette ville abymera un jour à caufe des abo- 
minations qui s'y commettent. Lisbonne ahym.a dans lyi 
tremblement de terre. 

Au figure , il fignifie la même chofe que périr. Ce 
méchant abymera avec tout fon bien. 
'îfT Abymer, fe dit au figuré avec le pronom perfonnel 

dans des acceptions différentes. 
s'Abymer dans l'étude des Mathématiques , dans la 
contemplation des merveilles de Dieu , dans fa dou- 
leur , dans les penfées , &c. c'eft s'y livrer , s'y aban- 
donner entièrement, fans aucune rélerve, en forte qu'on 
ne loit plus occupé d'aucune autre choie. C'eft un vo- 
luptueux qui sab\me dans les plailirs. 
6'Abymer, eft quelquefois fynonyme avec fe ruiner^ 
Bonis everti. Ce jeune homme s'eftti/^j772e parlcluxe, 
par le jeu, par la débauche. 

On dit , s' abymer devant Dieu ; pour dire , s'hu- 
milier profondement , recoimoître lûn néant devant 
lui. deprimerefe , minuere. 
fi^" AB"YMÉ, ÉE. Au propre, une ville abymée pai' 
un trembleaient de terre. Un homme abymé dans 
la mer. Demerfus. Au figuré, un joueur, un plaideur, 
un Marchand abymé de dettes. Bonis everfus. On dit- 
un homme abymé , un homme qui a perdu fon cré- 
dit, la réputation, les biens , &c. Une femme aby-- 
mée dans la douleur. 

On dit abymé dans la douleur , dans la triftelFe , 
&c. parce qu'on y peut ajouter l'épithète àe prof onde. 
Mais onncpeut pas dire, comme Corneille, dans Scr- 
torius , 

Tandis quen efclavage un autre hymen l'abyrtié , 

parce qu'un efclavage n'eft point profond : on ne 
iauroit y être abymé. Il y a , dit Voltaire , une infi- 
nité d'expreifions louches , qui font peine au Lec- 
teur ; on en lent rarement la raiion , on ne la cher- 
che pas mêrte-, mais il y en a toujours une; & ceux 



s° 



ABY 



qui veulent Te former le ftyle , ûoiveiit la. chercher. 
ABYSO. Rivière de la vallée de Noto, en Sicile. Jby- 
fus. Eîle a fa fource à Cérétaiio , & fe décharge dans 
la mer d'Ioiiie , au lieu où était autrefois la ville d'E- 
lorus, d'où vient qu'on l'appelle en latin AbyfusElo- 
rum. Elle porte aujourd'hui le nom à'Acellaro ou Atel- 
laro. 
ABYSSIN , ou ABISSIN, ou plutôt Jhajfm^ ou HhahaJJin, 
comme prononcent les Arabes,qui appellent un ^^>^« 
«/•an ^Ehabafchj ou Vijyn , Hhabr.fchijy &lepays qu'Us 
habitent nu/an , Hhabajchath. Ainh ce nom ne vient 
point de la côte d'Aben, qui eft la côte occidentale 
de la mer Rouge, le long de laqelle ils habitent; ou 
il c'-eft le même nom , ce lont ces peuples qui ont donné 
ce nom à cette côte, au lieu de l'avoir pris d'elle. 

Les principaux auteurs fur les AbyJJîns (ont Jean 
de Léon & Marmol , Defcripdon de l'Afrique. Franc. 
Alvarez, Balthafar Tellez, d'Alméida Jéfuit. Hiji. de 
la haute-Eth. Ludolh L'Hift. de laComp. de Jef. T. 
I. L. I j. T. 1 1. L. :. T. IV. L. j. T.v. L. 22. Louis 
de Urreta Dominicain, Hïfl. de l'Ethiopie en Efpa- 
gnol. Marmol. L. xc. 25. Joan. Nicol. Pechlinafait 
un Livre De habita & colore ^thiopum , imprimé à 
Francfort en 1684. Le P. Urreta , Dominicain , rap- 
porte d'autres étymologies dans Ion Hijloirc d'Ethio- 
pie, p. 3. Strabon dit , L. xvii. qu' AbaJ/ie figniHe en 
Egyptien , un pays inhabitable entouré de déferts & 
de montagnes impraticables , de l'a privatif, & de /S^Tot , 
qui vient de /S^'vw , je vais, comme quidiroit, un pays 
où l'on ne peut aller ni pénétrer. D'autres difent qu'^^- 
l>affïe lignifie une terre puillante , abondante en hom- 
mes , en fruits de la terre, en mines & en richelles. 
Mais cet auteur rejette avec railon ces opinions, & 
s'en tient à celle que nous avons rapportée d'abord. 
Ce lont les peuples de l'Ethiopie, qui eft aujourdhui 
nommée A bajjîe. Ce font les Arabes qui leur ont donné 
ce nom , que les Ab-yJJins ont rejeté long-temps comme 
injurieux , & qu'ils ne prennent point encore dans 
leurs Livres , parce qu'en Arabe il lignine un mélange j 
un ajfemblage de plulieurs Nations. Ils s'appellent 
Ethiopiens , Itiopiavian j & leur pays Mangejla-Itio- 
pia , Royaume d'Ethiopie , ou d'un nom plus parti- 
% culier encore, Gee'^, ou Béera Aga'^i j Pays de li- 
berté' j ou medera Aga^ian, la terre des Libres , ou 
des Francs ; car ils fe donnent le nom de Agaji, Li- 
bre , Franc , Ik. au pluriel Agafian j Libres , Francs , 
ou bien Gens qui ont d.écampé, qui lont venus d un 
endroit éloigné, de forte qu'ils s'appellent ainli, ou 
pour fe vanter d'être libres, ou pour marquer qu'ils 
ont palTé de l'Arabie heureufe , où eft l'ancienne Ethio- 
pie , dans le pays qu'ils occupent , & dans lequel ils 
palferent pendant la lervitude des Ilrachtcs en Egypte , 
fi l'on en croit Eusèbe , ou vers le temps de Joluc ik 
des Juges, félon Syncellus, p. lyj. Ludolf croit que 
ce font des Homérites, ou S.àbéens , appelles autre- 
ment par les Grecs Axumites , ou pour le moins une 
colonie de ces peuples qui paila lamerRougc, ik. vint 
s'établir dans l'Afrique. Etienne le Géographe appelle 
Abejlns j h^inmt^ un peuple de l'Arabie •■, &i Ion Com- 
mentateur croit que c'eft le peuple qui a palle en 
Ahique. Si cela eft, ce nom eft très ancien , & ne 
leur a pas été donné à caufe de leut pallage. Les Abyf- 
fins font Mores , Olivâtres , ou noirs félon les diverlcs 
provinces qu'ils habitent. Maty. 

Les Abyjfins qui dominent aujourd'hui dans l'E- 
thiopie , ne s'en emparèrent que plulieurs liècles après 
l'invalion des Ethiopiens. On ignore le temps précis 
de leur conquête : on fait feulement qu'elle a pré- 
cédé la fin de l'empire de Conftantin. Ils font origi- 
nairement de l'Arabie heureufe , du Royaume d'"Yé- 
men, c'eft-à-dire, du midi, dont Saba étoit la capi- 
tale. Le peuple portoit le nom 6! Homérites. La Reine 
qui vint voir Salomon , régnoit fur eux -, & fi l'on en 
croit la tradition ancienne, l<c conftantcdece peuple , 
elle eut de Salomon un fils nommé Mevilehec. La 
Reine & le peuple embraftcrent la religion Juive. Les 
Empereurs d'Ethiopie prétendent defcendre de ce fils 
de Salomon. 
Les AbyJJlns , pour le temporel, font gouvernés par 



ABY 

un Prince qu'ils appellent Négus ; titre qui répond à 
celui de Roi, & qui peut paroitrc, avec probabihté , 
très-ancien , puilque nous trouvons dans l'Ecriture un 
Roi d'Egypte nommé Pharaon Nécao j & dans Héro- 
dote NïKV! Necus. Linlchot dit qu'il le nomme aulîi 
Belgian, que Bel ii^nide très-haut ik très-parfait; 
Gian, Prince ou Seigneur; que le nom de David e A 
un lurnom, tel que celui de Céfar, que les Empe- 
reurs Romains portent; & que les Ethiopiens le nom- 
ment Talac-, ou AviaNégous.li le dit être de la Tribu 
de JujÊÊt^ôc s'appellc^/i de David ik de Salomon , 
dont niWtétcndcnt que la Reine de Saba eut un fils 
duquel ils defcendent , li l'on veut en croire leurs ta- 
bles. Ils prétendent encore avoir été convertis à la foi 
Chrétienne par l'Eunuque de la Reine Candace, bap- 
tifé par S. Philippe , A cl. LIL 27. Pour le Ipiriruel ils 
font gouvernés par un Evêque , ou Métropolitain , 
que leur envoie le Patriarche Cophte d'Alexandrie , 
qui réfide au Caire ; de forte qu'ils fuivent en tou- 
tes choies la Religion des Cophtes , à la rélerve de 
quelques cérémonies qui leur lont particulières. Le 
Canon 42. du Concile de Nicée , dans la CoUcdtion 
Arabe (^' Ethiopienne , dit en termes formels, qu'il 
ejl défendu aux AbyJJîns de fe jaire un Métropolitain 
de leurs Savans ou Docteurs , à leur façon & félon 
leur bon plaiftr j parce que leur Métropolitain dépend 
du Patriarche d'Alexandrie j auquel il appartient de 
leur donner un Catholique j ou Métropolitain. Le P. 
Vanllèbe qui a rapporté ce Canon d.tns Ion Hifloire 
de l'EgUfe d'Alexandrie , Chap. p. a remarqué en 
même temps qu'en 1 670 , les Abyffins comptoient cent 
fêizc Métropolitains, qu'ils ont reçus des Patriarches 
d'Alexandrie , depuis Frumentius leur premier Evê- 
que, qui leur fut envoyé par S. Athanale. 

Ces Peuples ont témoigné en plulieurs rencontres, 
vouloir le réunir avec l'Eglile Romaine. David , qui 
prend la qualité d'Empereur de la grande S<. haute Ethio- 
pie, & de quelques autres Royaumes, écrivit à Clé- 
ment VII une lettre pleine de luumillîon; mais il eft 
conftant que les Ethiopiens , ou abyffins j n'ont eu 
recours à Rome ik aux Portugais , que lorlque leurs 
affaires ont été en défordre, comme on le voit dans 
les Hiftoircs des Portugais. Jean Bermudes fut fait 
Patriarche d'Ethiopie , & confacré à Rome à la foUi- 
citation des Abiffins. Ils feignirent même de ne vou- 
loir plus avoir d autres Métropolitains à l'avenir, que 
ceuxqui leur Icroient envoyés de Rome. Mais aullitôt 
que leurs aftaires furent en meilleur état, ils rejetèrent 
ces fortes de Patriarches, & envoyèrent au Caire pour 
avoir un Métropolitain de la main du Patriarche des 
Cophtes. 

Alexis Mcncsès, de l'Ordre de S. Auguftin, ayant 
été fait Archevêque de Goa , prit la qualité de Primat 
de l'Orient; & en cette qualité de Primat des Indes, il 
prétendit étendre la jurididlion jufque dans l'Ethio- 
pie : il y envoya des Millionnaires avec des lettres pour 
les Portugais qui étoient en ce pays-là , & il écrivit en 
même temps au Métropolitain des Abyffins. L'Hif- 
toire de ce que Menesès a lait dans les Indes pour la 
Religion, a été imprimée à Bruxelles en 1605), et elle 
mérite d'être lue. 

Cet Archevêque & plufieurs autres Millionnaires le 
font trompés , quand ils ont accufé les Ethiopiens de 
judaVler , parce qu'il y en a plulieurs parmi eux qui 
fe font circoncire. La circoncilion des Ethiopiens eft 
fort différente de celle des Juifs qui la regardent com- 
me un précepte , au lieu que les premiers ne la con- 
fiderent que comme une coutume qui n'appartient 
point à la Religion, comme le témoigne Claude, Roi 
d'Ethiopie dans la confellion. L'on circoncit même 
parmi eux les filles , en coupant une certaine luper- 
fluité qu'ils croient nuire à la conception. Foye:^ Ur- 
reta Dominicain, Hifloire d' Ethiopie j Liv. 11. Ch. 
6. Les Cophtes obfervent la même choie. Il y a bien 
de l'apparence que cet ulage de la circoncilion , qui 
eft fort ancien chez ces peuples, n'y a été introduit 
que pouf rendre les parties qu'on circoncit plus pro- 
pres à la génération. Marmol allure néanmoins qu'ils 
obfervent la circoncilion comme un facreoient. Si. 



ACA 

qu'elle fe fait le huhicme jour dans le logis, ^ par un 
prctre: ce qui a bien plus l'air dune cérémonie de 
Religion, que d'une fimple opérati m de Chirurgie. 
Leur canon des l'aintes Ecrirui.es eft rour icmblable 
au uôrre, & l'on y voir Tobie, Judirh , Efther , le 
Livre de la Sagcfle , l'EccléliaftitiUe , Baruch , &■ les 
deux Livres des Machabées. Ils honorenr & prienr les 
Sainrs ; ils prienr pour les morrs. Ludolf lui-mcrne 
l'a remarque , Liv. III. Ch. 6. Us croien: la préfence 
réelle, &c. 

Les Erhiopiens onr une langue parriculicre, qu'ils 
nomment Chaldéenne , parce qu'ils croient qu'elle 
tire Ion origine de la Chaldée. Quoiqu'elle loir dil- 
férentedu Chaldécn ordinaire, elle a cependant beau- 
coup de rapporr à cette Langue, aulîi-bien qu'à la 
Langue Arabique , & il (emble qu'elle en loit formée. 
On l'appelé Lanme Ethiopienne ; mais elle n'eft pas 
la même que l'Etliiopien d'aujourd'hui. Leurs Litur- 
gies &: leurs aurres Offices divins (ont écrits en cet 
ancien Ethiopien, que le peuple n'entend plus. Cette 
Langue a des caracT:èrcs particuliers, îk elle n'a pas de 
points voyelles léparés des confonnes , comme il y en a 
dans l'Hébreu & dans les autres Langues orienrales ; 
mais elles lont attachées aux contonnes mêmes, en- 
lorte que dans l'Ethiopien il n'y a point de confonne 
qui ne porte avec elle la voyelle , >k ne faile une fyllabc. 
Voyez de Moni , Hifloire de lu Créance & des cou- 
tumes des nations du Levant j chap. IX. On peut voir 
aullî r .¥z/?ciire Ethiopienne fliite en Latin par M. Job 
Ludolf, dont nous avons aulli la Grammaire , le Dic- 
tionnaire &: le pleautier Ethiopique. Jamais Européen 
n'a 11 bien entendu cette langue que lui , & n'a eu plus 
de zèle pour la faire connoitre en Europe. 

Les AhxJJins fervenr toujours parmi leurs mets 
trois plats, dans lun delquels il y a des poires coupées 
en forme de croix, dans l'aurre des cendres, es: dans 
le troificme du feu. Ce lont des mets pour l'efprit , 3c 
deftinés à les faire fouvenir de la Paillon du Sauveur, 
de la morr , & de l'enfer. Leurs prêtres porcenr ton ■ 
jours une croix à la main. Maty. Les Abijfins ne for- 
tifient point de place. Ils ne mettent , difent-ils _, la force 
d'un pays que dans les bras & les armes des combat- 
tans, «Sj non pas dans des pierres & des murailles. 
Voyeï Ablancoort , traduction de Marmol y L. i. de 
l'Afrique, C. 20 & L. X. C. 2^. Les AbyJJlns ne mix\- 
gcnt point de cochon, ni de lang, ni d'aninlaux fuf- 
foqués, ni le nerf du jarret, que les Juifs appellent le 
nerf défendu. Ludolf, L. 1 1 1 ,C. i. 
ABYSSIN , INE. adj. Ahyjinus. L'EgUfe Romaine , la 

Grecque , ou \'Ah\Jpne, Peliss. 
ABYSSINIE , ou ABISSINIE. f. f. Ahajfia , Ah(p.nia, 
j^thiopiafuperior, ou interior. Grand pays dans la par- 
tie méridionale de l'Afrique , au delfous de l'Egypre , 
connu des Anciens lous le nom à' Ethiopie ; Se dans des 
fiècles plus voillns du nôtre, tous le nom d'Inde moyenne. 
On le renlerme aujourd'hui entre le 6i* degré jo mi- 
nutes , & le 75^ d. 40 min. de longitude , & entre le 
7^ & i6"-' degré 9 min. de laritude lepcentrionale. On 
comptoitautrefois dans l'Empire d'Ab\Jfinie 5 6 Royau- 
mes & 14 provinces principales. Mais en 1J57 les 
Galles, peuple fitué au midi ànYAhyffmie , en con- 
quirent pluileurs provinces. Ce pays eft arrcféde rrois 
grandes rivières principales \ le Nil , qui y prend la 
fource, le Tagaze , ou Thékaze, & le Malcg. Ces 
fleuves le rendent très-fertile dans les endroits où ils 
coulent: ailleurs ce ne font fouvent que des rochers & 
des cavernes affreufcs. Il y paroît fouvenrdesfauterclles 
en fi grand nombre , qu'elles obfcurcilfent l'air , & ra- 
vagenr toures les campagnes où elles s'arrêtent. Il n'y 
a poiiit de villes confidérables dans \Ahyffwie ; mais 
les provinces ferriles font remplies de villages fort 
près les uns des autres. Foye^ Ablancourt , tr.i- 
duclion de Marmol , L. 1. C. 20, 

ACA. 

ACA. Habitation d'Aflique, fur les confins de laLybie 
& des Sénéques. Elle confifte en trois ou quatre villes 
alfez proches l'une de l'autre. Ce font des Hidétcs, 
Tome L 



ACA 



yi 



race d'Arabes, qui s'y font établis, & dont plufieurs 
fe font alhés avec les naturels du pays. Aca. 'Voyez 
Mar.mol. 
AiCABIT. 1. m. Bonne ou mauvaife qualité d'une chofe. 
Ncturay genus. Les rôtillcurs s'en fervenr en parlant 
de leurs viandes. On ne le dit guère que des fruirs & des 
légumes. Des poires d'un bon acabit. Quelques-uns le 
dilent auiîî des viandes & des éroffes. I-.fénagc dit eue 
le peuple a dit , d un bon acabit ; pour dire, d un bon 
achat. Bouriaut a dit acabie. On le dit quelquefois des 
pcrfunnes par métaphore. Aurefte ce terme n'eft que 
du ftyle familier. 

On s'en promet en vain quelque chofe de mieux , 
Il ejl d'un acabit malfaifant , vicieux : 
Sur ce noir fauvageon c ejl en vain que l' on gref- 
fe , &c, 

ACABLEMENT, ACABLER. Foye^ Accablement, 

Accabler. 
ACACALIS. f. m. C'cft le fruit d'un arbriffeau qui croie 
en Eg\'pte. Les Auteurs en ont parlé trop vaguement 
pour qu'on puille regarder fon furt ccmme bien dé- 
cidé. 
AC ACALLîS. f. f. Nom d'une Nymphe dont parle Fau- 
fanias, qui tut aimée d'Apollon, & djnt il tut deux 
fils dans lile de Crète , nommés Plnlachis Se Phuan- 
dre j qui furent allaités par une chèvre. 
ACACE. f. m. Acacius. 'Hom d homme qui eftoriginai- 
remenrGrec, & vient de 1 a privatif, & de Ka^tia , nui' 
lice, comme qui dkoït fans malice, i luliturs perfon- 
nages fameux ont porré ce nonij paimi leL.uels il en 
eft qui ont bienfait du mal a l'Eghfe. Jcace de Cé- 
firée , iuniommé le Borgne , dilciple & luccclï'euC 
d'Eusèbe, le rendit fameux auIV^ lîccle par feS inconl- 
tances en fait de dodtrine. Acace , Patriarche de ConC- 
rantinople, & lucceircur de S. Gennade, eft le premier 
qui ait voulu 1 emporter fur les Patriarches d Aie :.an- 
drie, d'Ancioche & de Jéiufalem. Acaceàç. Béroéeii 
Paleftine, Evêque iavant, vcruicus, zèle, & qui n'a- 
bandonna jamais dans l'épifcopat les prati ,ues de la vie 
Monaftique dans laquelle il avoit été élevé dès 1 en- 
fance , fut cependant un des plus grands perfjcuteurs 
de S. Jean Chryl^lfôme, x^c^ict',, Evc.jUe d Amidjeii 
Méfopotamie au V^ liècle, homme d une pitié rare , 
& d une charité extraordinaire, vendit les valcs facrés 
pour ncurrir les etclaves Peifans que Thécd' fêle jeu- 
ne fit dans la guerre c )ntre Varanes. Le Patriaiche 
d'Ancioche, (uccefleur de Balîle en 458, eft le moins 
recommandable des Acaces. Acace Alexaiidàn, Ca- 
pitai:-.e dans les troupes de l'Empereur Adrien , fut 
pendu pour la Foi. Nous avons quelques ouvrages 
d^ Acace de Mélitène. Quand on parle de tous cfi Aca- 
ces, il ne faut point èi\x.z Acacius. Au contraire, quand 
on parle du Rhéteur Acacias, fameux fous l'Empire 
de Julien , on ne dit point y^caire. Ce font nos Livres fur 
la Religion i^' nos Aureurs de l'Hiftoire Eccléliaftique 
qui onr fait donner une forme Françoife à ce nom , 
dans le premier cas , auUeuque dans l'autre il eft refté 
Latin , parce qu'on parle peu de ce Rhéreur. 
ACACIA, f. m. Terme de Boranique. Nom qu'on donne 
à divers arbres, quoique fort ditlérens entr'eux.^Ci^t/iz, 
Il y a un acacia, qu'on appelle aullî Caffie , ou, félon 
M. d'Herbelcc , Gagie , en Latin Spina ^gyptia , 
qui croît en Egypte , & qui eft un grand arbre épineux, 
dont la fleur eft jaune en quelques-uns , Se blanche 
en d'autres : fon ii uit , qui eft contenu dans des goulles , 
elf Icmblable au lupin. C et arbre nous fournit la gomme 
Arabique , & un iuc qu'on appelle, le vrai acacia. Les 
Arabes appellent czi acacia d'Egypte Om Gailan, la 
mère des Satyres , ou des Démons des forets. D'Herb. 
Il y aune forte d'arbre qui croira Malabar, & àCran- 
ganor , qu'on appelle auiîi acacia. En Méfopotamie 
près du Tygre , Se dans les déferts d'Arabie près de l'Eu- 
phrate , on donne ce même nom à d'autres arbres, qui 
fonr pourtant ditférens. Il y a encore un acacia A\.\ Bré- 
fil, & un de Virginie. Il y en a un autre dift.rent des 
>récédens , qu'on appelle Acacia de l'Amérique , ou 
4cacia Amerlcana Robini. Cet arbre étranger n'eft 

Gij 



pr 

Ac 



yi 



ACA 



devenu commun en France que depuis i5/o. Les pre- 
miers pieds qui ont paru, ont été élevés au Jardin Royal 
des plantes de Paris par Vcfpalien Robin , qui en a reçu 
Je premier la femence. M. Tournefort l'a nommé PJcu- 
do-Acacia vulgarïs , pour le diftinguer à.c\ acacia àiZ'i 
Anciens, ou cajfie , arbre d'un autre caradère. 'L'aca- 
cia d'Amérique s'élevc fort haut ■-, Ion tronc eft alfez 
gros : (on bois eft très-dur, jaunâtre, callant, <Sc cou- 
vert d'une écorce brune. Les jeunes branches de cet 
arbre font moL'lleules, garnies de quelques épines cour- 
tes , & d'un rouge oblcur. Ses feuilles lent comme 
rangées par paire fur une côte terminée par une leule 
feuille : elles ont un pouce environ de longueur iur 
itn tiers moins de largeur. Ses fleurs font légumineu- 
izi, blanches, d'une bonne odeur, & nailTent en épi. 
A ces iîcurs lucccdent des goulles,àdeux colles cour- 
tes & aplaties , entre leiquelles font renfermées des 
fem.ences brunes aplaties, & de la figure d'un rein. 
Cet arbre donne de l'ombre , & n'eft pas difficile à 
élever. Il fleurit en Juillet & Août. Ses racines on.t un 
goût de régliife. Ses Heurs diltillées font bonnes pour 
les vapeurs. Son bois eft callant & fe fend trop aifé- 
inenr pour erre employé aux gros ouvrages de menui- 
lerie. Le nom Acacia eft indéclinable. Deux acaciazw 
pluriel. MÉNAGE. 

Acacia. /^oyt?:j; Cassie. 

Acacia.. Terme de pharmacie. C'eft le nom d'un fuc 
cpailîî qu'on apporte du Levant dans des vellies. Il 
paroit noir extérieurement ; mais étant calFé il eft haut 
en couleur & d'un rouge foncé. On le nomme Aca- 
cia du Levant, Acacia vera en Latin , pour le diftin- 
guer du faux acacia^ antre fuc épailli &: extrait des 
prunelles. C'eft un excellent aftringent , d'un grand 
ufage en Egypte pour arrêter les dévoyemens , les dyl- 
fenteries , les pertes , & pour fe préferver de la goutte. 

Acacia ( Germanica ) d'Allemagne , eft le lue tiré par 
expreiîion du fruit de prunier fauvagc , qu'on cuit en 
conlîftance d'éleétuaire , & qu'on lublîitue à la place 
du vrai acacia. On appelle aulîi Acacia d'Allemagne , 
l'arbre même. 

Acacia, f. m. Nom qu'on donne à une efpèce de fâ- 
cher , ou de rouleau long & étroit , qui le voit dans 
les Médailles, à la main des Confuls , & des Empe- 
reurs, depuis Anaftafe. On ne fait pas trop de quoi 
ctoit compofé ce rouleau , & il n'cft pas ailé d'en de- 
viner le myftère. Les unsdilent que c'étoit un mou- 
choir plié , que jetoit celui qui prélîdoit aux jeux , 
peur les faire commencer. D'autres diient que c'étoit 
un rouleau de mémoires que l'on prélentoit à l'Emoe- 
reur ou aux Conluls. \L Du Cange , dans fa Difler- 
xation fur les Médailles des Empereurs de Conftanti- 
Tiople , qui eft à la fin de fon Gloiraire Latin , a traité 
de \ acacia pris en ce dernier 1 ens. Koye-[ fur-tout le 
rt. XIII. 

ACACIEN, ENNE. f. m. Acadanus. Sefte d'Ariens , 
ainfi nommés d'Acace de Célaréc leur chef. 

AC ADÉ MIC lEN. f. m. Seftateur de Platon , qui eft le fon- 
dateur de \ Académie. Les Académiciens (outenoient 
qu'il ne faut rien affirmer, & que nous ne lavons qu'une 
chofe,qui eft que nous ne favons rien, Unumfcio , quod 
nihilfcio. Ils prétcndoient que l'efprit doit demeurer 
en fufpens , parce qu'il ne peut fe déterminer que fur 
des vraifemblances, & fur des apparences qui le peu- 
vent tromper. Platon avoit pris de Socr.ate le fond 
&Ja fubftance de fa Doétrine. Au rcfte , en apprenant 
à (es dilciples à douter de tout , c'étoit moins pour les 
laiirer toujours flottans , & fufpendus entre l'erreur & 
la vérité , que pour s'oppofer aux déciflons précipitées 
des jeunes cfprits, & pour les mettre dans une difpo- 
fition plus propre à fe garantir de l'erreur, en exami- 
nant (Irns préjugé. AL De(cartes, entre les Modernes , 
a adopté ce principe des Académiciens : mais il y a 
bien de la différence dans l'ulage qu'il en fiit. Lç.^ Aca- 
démiciens doutoient de tout , & vouloient toujours 
' douter. M. Defcartes commence par douter de tout ; 
mais il déclare qu'il ne veut pas douter toujours, 5c 
qu'il ne doute d'abord , qu'afin d'être cnfîiite plus 
ferme dans fes connoifTances. Je ne prétends pas déci- 
der ici s'il y a bien réuftl, & s'il s'y eft pris comme il 



ACA 

faut: je dis feulement que c'eft-là fon hitention , bien 
diftérente de celle des Académiciens. C'eit à ce pro- 
pos que les partifans de Defcartes lui appliquent ce 
que Horace a dit d'Homère : 

Non fumum ex fulgore ^ fed ex fumo dare lucem 
Cogitât ^ ut fpeciofa dehinc miracula prodat. 
Antiphatem j Scyllamquc & cum Cyclope Cha- 
rybdim. 

Dans la Philofophie d'Ariftote , difent ces Mef- 
fieurs, on ne doute de rien , on promet de donner rai- 
fonde tout, & cependant on n'expUque rien, que par 
des termes barbares «S: des idées confufes& oblcurcsi 
au lieu que Defcartes commence par vous faire ou- 
blier même ce que vous (aviez auparavant, & eniuite 
vous mène comme pied à pied dans mille belles con- 
noidances , qu il vous fait découvrir , & qx'.'il vous 
rend fi claires & iî évidentes , que vous n'en pouvez 
plus douter. 'Voila ce que difent les partilans deDe( 
cartes ; mais avant eux Ariltote avoit dit que pour bien 
(avoir une chofe , il falloir en avoir bien douté, &: que 
c'étoit par le doute que toutes nos comioiftances dé- 
voient commencer. 

ACADÉMICIEN , ENNE. f. m. qui eftreçu dans une Aca- 
démie , celui qui eft membre d une compagnie de 
gens de lettres, étaljhe par autorité publique. Acade- 
micus. On a ajouté un féminin en faveur de Madame 
des Houlières. L'Académie d'Arles lui a envoyé des 
Lettres d'^criza'c'/;z/cJe/;/2t'. C'eft la première de (on (exe 
à qui l'on ait déféré cet honneur en France -, car en 
Italie la chofe n'eft ni nouvelle ni extraordinaire. Il y 
a des femmes dans l'Académie, ou Bagunan'^a d'Ar- 
cadie , à Rome , & la Reine Chrill:ine en eft coivime la 
Fondatrice. Voye^ l'Hiftaire de cette Acadcmie pu- 
bhée depuis quelques années en Italie par M. Cref- 
cembeni, qui en étoit pour lors le Cufcode j ou Pré- 
(îdent, Voyc\ auifi l'Hiftoire des Femmes favanres 
dans M. Ménage & autres Auteurs. 

ACADÉMIE, t. f-. Lieu délicieux , ou maifon de plai- 
lance, fituée dans un fauxbcurg d'Athènes à un mille 
de la ville. Ceux qui ont fait venir ce noiude Cad- 
/w«j , parce qu'il fut le premier Inftaurateur des Lettres 
chez les Grecs, fe font trompés. D'autres difent que 
ce mot eft compofé de deux mots Grecs , ««'« , qui 
(ignifie remède^ ôc J'y^fitt ^ qui veut dire Peuple ^ com- 
me (i les Académies étoient le remède du peuple. Sa 
véritable origine vient à'Academus j ou Ecademus j 
nom d'un Bourgeois d'Athènes , dont la maifon fervic 
à enfeigncr la Philofophie. Il vivoit du temps de Thé- 
(ee. C'efl: dans fa mailon iîtiiée dans le fauxbourg d'A- 
thènes , que Platon enfeigna la Philolophie. Cimon 
l'orna , & l'embellit de fontaines & d'allées d'arbres , 
pour la commodité des Philofophes qui s'y aflem- 
bloient. On y enterroit les grands hommes qui avoient 
rendu de (Ignalés fervices à la Patrie. Depuis Platon; 
tous les lieux où fe font aftemblés les gens de Lettres, 
ont été nommés Académie. Sylla lacrifia aux loix delà 
guerre les délicieux bocages, & les belles allées que 
Cimon avoit fait dreffcr dans l'Académie d'Athènes , 
Se employa ces arbres à faire des machines pour bat- 
tre la ville. Cicéron avoit une maifon près de Pouz- 
zol , à qui il donna le même nom : c'eft-là qu'il écri- 
vit fes QuefHons académiques &;. fes livres de Naturâ 
Deorum , de Amicitiâ ^ ik de Officiis , dit M. Harris. 

Académie, fe prend aufîî pour la Seâe des Philofophes. 
On compte trois Académies , trois Sed;es académi' 
ciennes. Quelques-uns en comptent même jufqu'à 
cinq. Platon fut le chef de l'ancienne. Arcéfilas , l'un 
de (es fucceflcursj apporta quelques changemens dans 
fa Philofophie , Se fonda , par cette reforme , ce qu'on 
appelle la féconde Académie. On attribue à Lacides , 
ou à Carnéades , l'établifrement de la troifième ou 
nouvelle Académie. Quelques Auteurs ajoutent deux 
Académies. Une quatrième fondée par Philon&Car'- 
mides , & une cinquième fondée par Antiochus , Se 
nommée Antiochienne , qui aUioit l'ancienne Aca- 
démie :i\ ce le Stoi'cifme. f^oye:^ (ur tout cela les Quef- 
ûons académiques de Ckéron j perlonne n'a mieux 



ACA 

xïcbrouillé les difFcrens fcntimcns , ou plutôt les difFc- 
reiites méthodes de traiter la Philoloplue , dont le Ict- 
Yoient ceux qu'on appelait de Ion temps les parafais 
de la nouvelle, êi de rancicnne Académie. Lancieniie 
Académie doutoit abiolument de tout , ik alloit mcme 
jufqu'à douter sii falloir douter, le Faifant une clpèce 
de principe de ne jamais ricnalFurer, & de ne jamais 
rien nier^ de ne tenir rien ni pour vrai, ni pour taux. 
La nouvelle Académie ctoiz un peu plus railonnablc: 
elle reconnoilloit pluiieurs veritcs, mais lans s'y atta- 
cher avec arturancc. Ces Fhilolophes s'appercevoient 
bien que le commerce même de la vie &: de la locieté 
eft incompatible avec ce doute ablolu & général de 
l'ancienne Académie ; mais cependant ils regardoient 
les choies comme probables , plutôt que comme vraies 
&z certaines; & parce tempcramment ils croy oient le 
tirer des abturdités dans lelquelles tomboit l'ancienne 
Académie. Voyez encore Vossius, de Secl. Ph'dof. c. 
12, IS3 143 ijj & Georges HoRNius , Zfi/?.PAi- 
lof. L. 3. C. zo. 
Académie, f. f. Airemblée de gens de Lettres, où l'on 
cultive les Sciences & les beaux Arts. Academia. Le 
premier Inftituteur des Académies , &i qui le premier 
leur a donné des règlemens , eft Antonio Panormita , 
lous le règne d'Alphonle L d'Arragon roi de Naplcs , 
qui favorila beaucoup cette infliturion. Voye-;^ Ber- 
NARDiNO Tafuri, Dell' invcnr^Loni ufcite dal rciino 
di Napoli :, à^m le Race. d'Opufc. XH. p. 380 cV' 
lliiv. 

Jovianus Pontanus (uccéda au zèle & au foin qu'a- 
voit eu Panormita de cette Académie. Une partie des 
Académiciens qui s'y firent recevoir, turent André-Mat- 
thieu Acquaviva Duc d'Acri , Alphonle Janvier , Al- 
phonfe Gianuaçiyo, Alexander ab Alexandre, Antoine 
de Ferrariis , Antoine Giarlone Seigneur d'Alité, An- 
toine Tebaldo, Belilaire Acquaviva Duc de Naido , 
Ehe Marchéie , Ferdinand d'Avalos Marquis de Pcf- 
cara , François Puderico , Jean de Sangro , le (.^"ardi- 
nal Jérôme Séripando Archevêque de Salerno , Jé- 
rôme Carbone , Jitnianus Maggius Maître de Sanna- 
zaro , jJean Anito , Jérôme Angeriano , Jérôme Borgia , 
Gabi-Altilio, Jean Elilco d'Antratta, dans l'ApouiUe, 
Jacques Sannazareo, Luc Grallo , Maxime Cruino, 
Pierre-Jacques Gianuario , Pierre Compare , Pierre 
Summonte , Rutilio Zenone , Trojano Cabaniglia 
Comte de Troja &; de Montella, Triflan Carraciolo 
Thomas Fufco, &c. Les étrangers furent M. Anton. 
Flaminius de Sicile, M. Ant. Michèle V''enitien, Bar- 
thélemi Scala de Florence, Bahle Zanchide Lucques, 
Cariteo Efpagnol, le Cardinal Gilles de Viterbe, de 
l'ordre des Ermites de laint Auguftin, Jean Cctta de 
Vérone, Pierre Valérien François , Jacques Latomusde 
Flandre, Jean Pardo Ariagonois, le Cardinal Jacques 
Sadoleri de Modène, Louis Montaltc de Syracuic, 
Klatthicu Albino de Venife , Michel Marulle de Conl- 
lantinople, Nicolas Grudius, Pierre Gravina de Ca- 
tane , le Cardinal Pierre Bembe & autres : tous gens 
célèbres par leur capacité & leurs ouvrages. Cette Aca- 
<//OTittutétabhe en 1470. La féconde qui fut étabheen 
Italie, fut celle de Florence, que la libéralité de Lau- 
rent de Médicis fit naître. La troilîcme fur érigée par 
le Duc d'Urbin. Le Cardinal Bembe ^SiCaftiglione'cn 
parlent avec éloge. La quatrième eft celle de Sienne. 
Foye^ M. Tafuri. Race. d'Opufc. XIL pag. jSo. 
420. 

L'Abbé Piazza a donné le catalogue de toutes les 
Âcadcmùes èi!\x.?X\ii , avec leurs noms bilarres , après 
enavoir taitune recherche exade.P.FlELYOT T. VIII. 
p. 444. 

En France il a toutes fortes è.' Académies établies 
par Lettres Patentes dans Paris : \ Académie Royale des 
Sciences, pour cultiver la Phyfique , la Chimie, & 
\z% Mathématiques: \ Académie Françoilc pour la pu- 
reté de la Langue : \ Académie des Aiédailles & des 
Inlcriptions: \ Académie d'Architedure, poiu les bà- 
timens. \J Académie de Peinture eft une école de 
Peintres & de Sculpteurs ; & \ Académie de Mufi- 
que eft établie pour les Opéra. Il y en a même d'éta- 
blies dans les villes particulières , comme \ Arles, à 



ACA 



n 



ScifTons, à Nifmes, (Se. Il y âà Touloufe \ Académie. 
des Lanterniftes. 
Académie Françoise. Compagnie de gens de lettres, 
dr;nt l'objet eft de travailler à la perfection de la Lan- 
gue f rançoite. Academia Galiica. L'Acadcmie Fran- 
çoiien'aété établie par édit du Roi qu'en l'année i6jjj 
mais on peut dire que Ion origine eft de quatre ou cinq 
ans plus ancienne, & qu'elle doit en quelque lotte fon 
inltitution au halard. Environ 1615), quelques parti- 
culiers logés en divers endroits de Paris , ne trouvant 
rien de plus incommode dans cette grande ville , que 
d'aller fort fouvent le chercher les uns les autres fans 
le trouver, rctolurent de ie voir un jour de la femaine 
chez l'un d'eux. Ils étoient tous gens de lettres, & 
d'un mérite fort au-dellus du commun: M. Godeau, 
depuis Evêque de Grade , qui n'étoit pas encore Ec- 
clchaftique , M. de Gombault , M. Chapelain , M. 
Conrart,M. Giry, M. Flabert commillaire de l'Ar- 
tillerie, M. l'Abbé de Ceriiy ton frerc, M. de Serizay 
iSc M. de Mallcville. Ils s'alîembloient chez M, Coii- 
rarc. Là ils s'entretenoient famihèrcment de toutes 
turtcs de choies, d'atfaires, de nouvelles, de belles 
lettres. Si quelqu'un de la compagnie avoit tait quel- 
que ouvrage , il le communiquoit volontiers à tous 
les autres, qui lui en diloient hbrement leur avis;& 
dans la luice, quand ils parloient de ce temps-là , & de 
ce premier âge de Y Académie j ils en parloient comme 
d'un âge d'or. 

Ils avoient arrêté de ne parler à perfonne de leurs 
alîemblées, & cela fut obicrvé exactement pendant 
ce temps-là : mais enfin vers le commencement de 
l'année 1634, le cardinal de Richelieu en eut con- 
noilLance , &: leur fit propoter de taire un Corps , de 
s'alîembler réguhèrement , & tous l'autorité publi- 
que. Ils 1 acceptèrent, malgré les oppofitions de deux 
d'entre eux ; &: pour donner quelque forme & quel- 
que ordre à leurs alfemblées, ils réfolurent de créer 
d'abord trois Ofticiers : un Directeur & un Chance- 
her, qui leroient changés de temps en temps, & un 
Secrétaire qui Icroit perpétuel. Outre ces trois Otiîcicrs 
on créa un Libraire de V Académie , lequel devoir aulîî 
lui lervir comme d'Huillier. On donna à la Compa- 
gnie le nom à' Académie Françoife j qui avoit été ap- 
prouvé par le Cardinal. Quelques-ims l'ont nommée 
depuis ['Académie des beaux cfprits. D'autres l'Aca- 
démie de l'éloquence. Plutieurs ont cru qu'elle s'ap- 
peloit l'Académie éminente , par allulion à la qualité 
du Cardinal ton protecteur ; mais elle ne s'eft jamais 
.appelée elle-même que l'Académie Francoifc. 

Par une lettre du 22 Mars 1634, elle fuppha le Car- 
dinal d'ctre ton protedcur. Les lettres patentes de l'é- 
tabliirement turent expédiées .au mois de Janvier 163J, 
& elles turent apportées à la compagnie le 29 Janvier 
de la même année. Les ftatuts qu'on avoit faits , furent 
approuves par le Cardinal ; mais les lettres patentes ne 
turent enregiftrées au Parlement , qu'après bien des 
diiîicultés, & le furent enfin le 10 Juillet 1637, avec 
cette reftriction: A la charge que ceux de ladite ajjem- 
blée & Académie ne connoîtront que de l'ornement > 
emheHi[]em.ent & augmentation de la Langue Fran- 
coifc j & des livres qui feront par eux faits , & paf 
autres perfonnes qui le défireront & voudront. 

L'Académie prit un contre-fceau, où doit être re- 
préfentée une couronne de laurier , avec ces mots : A 
l'Immortalité. 

Le nombre des Académiciens eft de quarante, d'où 
vient qu'on les a touvent appelés les Quarante de l'A- 
cadémie Francoifc. Pour élire ou dettituer un Acadé- 
micien , il faut que les Académiciens loient alfem- 
blés au nombre de vingt au moins. Ces cleétions &: 
deftitutions fe font par ballotes blanches (k noires. 
Pour élire , il faut que le nombre des blanches patTe 
de quatre celui des noires. Pour deftituer, il faut que 
celui des noires paife de quatre celui des blanches. 
V Académie ne s'eft alîemblée d'abord qu'une tois par' 
femaine. Ce fut d'abord le lundi; puis le mardi, en- 
fuite le famedi , après quoi l'on revint au mardi. 
Enfin , à railon de fon travail poUr Un Dictionnaire , 
elle s'allemlila deux fois chaque femaine , le mer- 



j4 ACA 

credi & le famedi. Aujourd'hui elle s'^iflcmble trois 
fois par tcmaiiie , le lundi , le jeudi ik le lamedi. Les 
réceptions, des Académiciens le font le jeudi dans des 
allemblées publiques. Ces allemblées le lent tenues 
pendant dix ans chez diflérens membres de l'Acadé- 
mie. Enfin en 1643 , le 16 Février , M. le Chanceher 
Séguier , devenu prorcdeur après la mort du Cardinal, 
les fit tenir chez lui. Depuis, le feu Roi Louis le Grand 
s'étant fait protecteur de l'Académie , lui donna un 
appartement au Louvre , pour tenir fes affemblées. Ce 
fut le 28 Janvier 1642, que Louis XIV eut la bonté 
de praidre le titre de protecteur de l'Académie Fran- 
coije, qui a palfé à ion fucceiîeur. 

Dèslescommencemens, l'Académie projeta de taire 
un DiClioiuiaire de notre langue , une Grammaire 6c 
un Traité de la Poclie Françoiie. Son Dictionnaire pa- 
rut peur la première fois en 1684, en deux volumes 
in-folio. Les termes des arts & des Iciencés y man- 
quoient, M. De C. de l'Académie Francoife , y lup- 
pléa par un Dictionnaire des arts 8c des Iciences , pu- 
blié la même année , en deux volumes auiîî in-folio. 
M, Peliiïon a écrit l'Hiftoire de l'Académie Fran- 
coifij depuis Ion origine julqu'à Ion temps. M. l'Abbé 
d'Olivet en a donné la luite. 
t'AcADÉMiE DES SciENCES. Rc^id ScientiaTum Acade- 
mia. Elle tut étabhe en 1666, par les ordres du Roi, 
mais fans aucun aéte émané de l'autorité royale. En 
165)1) le Roi lui donna une nouvelle naifiance, en lui 
donnant une nouvelle forme. Le règlement et!: du 26 
Janvier 1699. En vertu de ce règlement, l'Académie 
eft compoiée de quatre fortes d'Académiciens, les 
Honoraires, les Penfionnaires, les Allbciès & les Elè- 
ves ; la premièrç claiîe compofèe de dix perlonnes , 
Se Its trois autres chacune de vingt. Les Honoraires 
doivent être tous regnicoles; les Peniionnaires doivent 
être tous établis à Paris ; des Atfocies huit peuvent 
être étrangers ; les Elèves doivent être tous établis à 
Pans. Les OtHciers de l'Académie font, unPrètîdent, 
qui elt nommé tous les ans par le Roi, un Secrétaire 
éc unTréforiei". Les Académiciens tiennent leurs allem- 
blées deux fois la temaine dans une des lalles du vieux 
Louvre. Les jours de ces allemblées lont le Mercredi 
&le Samedi : deux de ces allemblées {ont publiques , la 
première après la S. Martin, & la (econde après le 
Dimanche de Quajimodo. A chaque aifemblée le Roi 
fait diftribuer quarante jetons d'argent aux Académi- 
ciens peniionnaires qui s'y trouvent préfens. La fin de 
cette Académie eft de perteètionner la Fhyllque , les 
Mathématiques, la Géométrie, la Médecine, la Chi- 
mie, rAnatomic, la Chirurgie. 

H y a à Montpellier une Académie fous le nom de 
Société Royale des Sciences. Elle fut étabhe en 1706 
par lettres patentes du Roi, qui la mit lous fa protec- 
tion. Il a voulu qu'elle ne fît qu'un feul & même 
corps avec l'Académie Royale des Sciences de Paris. 
Elle eft compofèe detix Honoraires-, & quinze autres 
Académiciens, lavoir, trois Afi:ronê)mes , trois Ma- 
thématiciens, trois Chimiftes, trois Botaniftes & trois 
rhyficiens. Chacun de ces Académiciens peut avoir fon 
élève eu fon adjoint. Elle s'allemble une fois la fe- 
maine , & tous les ans après la S. Marrin elle tient 
une aifemblée pubhque. 

Il y en a aulll une établie à Bordeaux depuis 

1715- 
Académie Royale des Inscriptions et Belles- 
Lettres. Elle fut établie en 1663 , par le Roi, fous 
le miniftère de M. Colbert ; mais c'elt proprement 
en 1701 qu'elle a reçu fa forme par les foins de M, 
l'Abbé Bignon. Les Académiciens qui la corapofent, 
font au nombre de quarante, divifés en trois clalfes, 
qui font les Honoraires , les Peniionnaires & les Alfo- 
ciés. Leurs conférences te tiennent dans une l'aile du 
vieux Louvre, le mardi &c le vendredi de chaque fe- 
maine. Deux fois l'année il y a une allémblée publi- 
que , l'une après la S. Martin , & l'antre après le Di- 
manche de Ouafimodo. Elle tut nommée d'abord Aca- 
démie des Médailles & des Infcriptions ; elle a pris 
depuis le nom à' Académie des Infcnptions & Belles- 
Lettres. <« 



ACA 

Les Académies des villes de province , comme de 
Lyon, de Marteille , de Cacn, &c les autres tiennent 
plus de l'Académie des Belles-Lettres, que d'aucune 
autre , ou plutcit lont des Académies de Belles-Let- 
tres. 
Académie d'Architecture. Elle fur étaWie le 50 No- 
vembre 1671 , par les foins de M. Colbert, qui la 
forma de tous les Archiiecces renommés du Royau- 
me. Le Roi ■ la mit tous la direéticn du Surintendant 
des Bàtimens , qui étoit alors M. Colbert. Les Acadé- 
miciens lont diftribués en deux clalfes ; leur nombre 
n'cft pas déterminé. Ils s'aliemblent tous les lundis au 
Louvre. Le Roi entretient un Profelfeur public d'Ar- 
chiteéture, qui donne dans le même lieu fes leçons 
deux fois la temaine , le lundi & le jeudi. M. Blon- 
dcl eft le premier qui l'ait tait. M. de la Hire l'a fait 
aulli bien des années. 
Académie de Peinture et de Sculpture. C'eft une 
Académie établie par le feu Roi Louis le Grand de 
glorieule mémoire , & dont le Roi Louis XV , fon 
arrière-petit -fils, s'eft déclaré le proteifeur en 1748. Le 
Cardinal Mazarin en fut le premier protecteur, & M. le 
Chancelier Séguier vice-proteéteur. Elle eft compotée 
des meilleurs Peintres ik Sculpteurs de France. Pour 
y entrer, il faut donner des preuves de la capacité 
par quelque morceau que l'on fournit. Elle a un Di- 
reèfeur qui prélide aux alfemblées , porte la parole 
dans les occafions qui le préfentent , & a une infpec- 
tion générale tur tout ce qui te paile dans l' Académie. 
Il peut être changé tous les ans ; mais la coutume eft 
de le continuer trois ans. Elle a un Chancelier pour 
viter & tceller du fceau de l'Académie ^ les lettres de 
réception , & autres aétes qui en tont émanés. Il eft 
perpétucL Elle a quatre Reèleurs,fpour préfider par 
quartier aux allemblées en l'abfencê du Diiecl:eur, & 
pour te trouver à l'Académie pendant les trois mois de 
leur exercice, pour veiller avec le Profelleurde mois à 
l'ordre qui te doit obferver dans l'école du modèle , & 
juger entemble des ouvrages des étudians, & des rc- 
compenles qu'ils méritent. Ils tont à vie, à la réferve 
du dernier , qui peut être changé tous les .ans. Les 
Reéteurs ont deux adjoints pour tlippléer à leur ab- 
tence. Il y a douze Profclfeurs qui font en fonclion 
pendant un mois chacun. Ils doivent lé trouver tous 
les jours à l'Académie à l'heure que fe tient l'école du 
modèle, pour tenir les élèves allidus & en règle, les 
corriger, & avoir loin des aftairc; particuhères. On en 
peut changer au tort jufqu'à deux tous les ans. Il y a 
huit Adjoints aux Profelfeurs , qui en font les fonc- 
tions quand ils tont abtens ou empêchés. Deux Profel- 
tcurs , l'un en Anatomic , l'autre en Géométrie Ik Pert^ 
peétivc. Un Trétorier qui frit la recette & la diftribu- 
tion des peniions du Roi &c des autres deniers de 
l' Académie ^ il a la garde des ouvrages de Peinture, 
de Sculpture & des meubles: il peut être changé tous 
les trois ans. Il y a des conteillers divilés en deux claf- 
fes : dans la première font des petionnes de contîdé- 
ration, qui font admîtes par honneur, comme Ama- 
teurs des artii, du delfein, & connoilleurs. Ils ont voix 
délibérativc avec les Officiers, & rang dans la lifte 
après les Reé''eurs & Adjoints des Recteurs. La féconde 
eft compofécide fix Académiciens renommés par leurs 
talens. Le Secrétaire Hiftoriographe tient les legiftres 
des délibérations & des expéditions ; il a la garde des 
titres & papiers , tait l'ouverture des propofitions & 
des affaires dont on doit traiter en chaque aifemblée , 
recueille ce qui fe dit dans les conférences pour le 
mettre au net : il a la garde des tceaux en cas de ma- 
ladie ou d'abfence du Chancelier, pour fceller en pré- 
fence de la Compagnie. Il eft perpétuel. 

On eft reçu dans cette Académie , ou comme Pein- 
tre, ou comme Sculpteur. Les Peintres y font reçus fé- 
lon leurs talens, & avec diftindtion de ceux qui tra- 
vaillent à l'hiftoire, & de ceux qui ne font que des 
portraits, ou des batailles, ou des payfages, ou des 
animaux, ou des fruits, ou des fleurs , ou qui ne 
peignent que de miniature , ou qui s'appliquent à 
la gravure , ou à quelque autre partie qiii regarde le 
delfein. 



ACA 

Pour fervice, \ Académieiie Peinture a deux Huif- 
fiers pour ouvrir & fermer les portes , & tenir l'appar- 
tement propre: le premier fait la tondtiondc concierge. 
Elle a encore deux hommes entretenus pour icrvir de 
iTiodèle dans l'école. 

Louis le Grand a donné à cette Acadcmic j com- 
me aux autres , un appartement au Louvre , com- 
posé d'un grand nombre de pièces ornées d'une 
grande quantité d'ouvrages excellens de Iculpture & 
de peinture. 

U Académie de Peinture & de Sculpture doit (on 
établiilemcnt à Martin Charmois. 

Il y a deux modèles \ c'eil-à-dire , deux hommes 
bien laits de corps, que l'on cxpole nus tous les jours 
à hx heures du loir, & que l'on tait mettre en ditîé- 
rentes poilures ou attitudes , pour donner lieu de le 
perfedionner aux jeunes gens qui ont du génie pour 
le dellein, ë-z pour apprendre de la nature même l'art 
de delliner correctement. Le jour de la fête de S. Louis 
on diftribue des prix à ceux qui ont le mieux réulîî. 
Cette Académie tient les allemblées au Louvre , le 
dernier lamgdi de chaque mois. Une de (es princi- 
pales conltitutions , elt que tous ceux qui la compo- 
lent, font obhgés d'expoler au pubhc de leurs ouvra- 
ges à la S. Louis. Ils s'expolent dans les galeries du 
Louvre, & reftent expotés pendant quinze jours. 

Outre cette Académie de Peinture & de Sculpture 
établie au Louvre , il y en a encore deux autres a Pa- 
ris, dont l'une eft à l'Hôtel royal des Gobelins, fous 
les ordres de \' Académie Royale du Louvre ; & l'autre 
cft dirigée parles Maiti es Peintres & Sculpteurs, & 
leur bureau eft rue des Hauts-Moulins près de faint 
Denis de la Chartre. 
Académie Royale de Musique. Regia Mufics. Acade- 

mia. Voyez Opéra. 
^fF Académie Royale de Chplurgie, étabhe pour 
la perfeûion de l'art de guérir les maladies qui exi- 
gent la main du Chirurgien. Voye-^ Chirurgie. 

Il y aullî dans la plupart des villes d'Italie des Aca- 
démies dont les noms (ont curieux à caule de leur 
bifarrerie. A Sienne on appelle les Académiciens , In- 
tronati : à Florence, Délia Crufca ; à Rome, Humo- 
rifiiy Lyncei 3 Fantafiici; à Bologne, Otiofi ; à Gè- 
nes, Âddormentati ; à Padoiie , Ricovratij Se Orditi ; 
àVicence, Olympia ; à Parme, Innominati ; à Mi- 
lan, NafcoJU j à Naples , Ardenti ; a Mantoiie, In- 
vaghiti ; à Pavie, Affidati ; à Céiene , Offufcati ; à 
Fabriano, Difuniti ; a Fayence, Filoponi ; à Ancone, 
. Caliginofi; à Rïmim , Adagiati ; à Cita del Callello , 
A[forditi ; à Péroulc , Infenfati ; à Ferme , Rafron- 
tati ; à Macerata, Catenati ; à Viterbe, OJlinati ; à 
Alexandrie, Immohili ; à Brelle, Occulti ; à Trévîfe, 
Perfeveranti ; à Vérone , Filarmonici ; à Cortone , 
Humorojî ; à Lucques, Ofcurri. M. Péliiron a donné 
ce catalogue dans fon Hiftoire de \' Académie. Mafcu- 
rat ajoute les Sileni à Ferrare-, les Agitati ^ à Cita di 
Caftello, mettant les Ajfforditi à Urbin. 

Il y a encore à Florence une Académie de Phvfi- 
que nommée dcl Cimenta ^ où l'on lait plulleurs expé- 
riences phyfiques & aftronomiques. Elle a été établie 
par Laurent de Médicis, & elf fouvent citée par Fran- 
cHco Redi , Médecin. Au refte , l'Académie délia 
Crufca à Florence eft différente de l'Académie de Flo- 
rence , laquelle eft plus ancienne que celle délia Crufca. 
On les a (ouvcnt confondues, & le Talle même s'y 
méprit d'abord. U attribua à l'Académie de Florence 
. la critique que quelques Académiciens délia Crufca 
filent de fes ouvrages dans les premiers temps del'éta- 
blilfemcnt de cette Académie. Foyei tout cela fort 
bien détaillé dans l'Aminta diffefa du (avant M. 
Fontanini. Il falloit auflî ajouter \ Académie des Arca- 
diens à la lilte des autres. Car quoique ces Meilleurs 
ne (e donnent point le titre A' Académiciens ,8c qu'ils 
affeélenr de ne fe iervir que de termes conformes à la 
qualité qu'ils prennent de Bergers d'Arcadie ; cepen- 
dant on appelle Académie -, ce qu'ils ne veulent appe- 
ler que Ragunan^a, ou A[feml>lée , parce qu'eftedi- 
vement on fe propole à-peu près le même but dans 
leurs allemblées que dans les autres Académies , qui 



ACA 



rs 



font établies poUr entretenir Une noble émulation par- 
mi les (avans, & (ur-tout parmi ceux qui cultivent 11 
l'ûëlie, &: ce qu'on appelle plus particulièrement /ej 
Belles-Lettres. On a depuis peu établi à Venii'e une 
Académie de Savans -, une autre à Dublin ; une autre 
à Oxford , qui travaillent à l'avancement des Sciencesi. 
Il y a une Académie en Allemagne, établie fous le 
titre 6! Académie des Curieux des lecrcts de la Nature 
dans le Saint Empire Romain. L'Empereur lui donna 
(a protection en 1670. Elle tut établie dès 1652 par 
le (leur Bauch Médecin. L'une des plus fiimeufes de 
toutes les Académies , cd celle qui eft établie à Lon- 
dres, tous le nom de Société Royale d'Angleterre ^ 
qui cil: compolee de plulleurs Savans de qualité , qui 
nous ont donné pludeurs beaux ouvrages , & dont 
on a vu aullî d'excellens Journaux , tous le titre de 
Philofophical Tranficlion. Au relfe , quoique ces 
Académies (oient dans l'approbation commune , elles 
ne (ont pas toutetois dans celle de ce grand Chance- 
lier d'Angleterre , François Bacon , ni , pour le dire 
vrai, dans la mienne. Car je vois que du temps de 
Léon X , que l'on doit comparer à celui de l'Empe- 
reur Augufte , ces façons d'exercer la jeunelle avec 
tant de montre, de pompe & d'éclat, n'étoient point 
en utage ; de (orte que l'on pourroit dire avec Pé- 
trone à tous ces ALM. les Académiciens, Pace vejlrâ 
liceat dixiÇfe, Primiomnnim eloquentiam perdidifiis , 
Sec. Mascur. Charlemagne établit par le conteil d'Al- 
cuin , une elpèce à' Académie , dont il voulut être 
lui même. Se qui étoit compolee des plus beaux ef- 
prits , & des plus Savans de la cour. Dans ces confé- 
rences académiques, chacun rendoit compte des An- 
ciens Auteurs qu il avoir lus ■■, & même ceux qui en 
étoient, prirent chacun un nom de quelque Auteur an- 
cien qui étoit le plus à ton goiit , ou de quelque homme 
fameux dans l'antiquité. Alcuin, dont les Lettres nous 
apprennent ces particularités, prit celui de Flaccus , 
qui étoit le (urnom à' Horace; un jeune Seigneur, 
nommé Angilhert , prit celui à' Homère ; Adelard , 
Abbé de Coû>ic, s'xY>ptllx A uguflin; Riculfe, Evêque 
de Mayence y te nomma Dametas ; le Roi lui-même 
prit le nom de David. P. Dan. Il paroit par-là que 
M. Bailler n'étoit pas aftez inftruit , quand il a dit , 
que c'eft en fuivant le génie des gens de Lettres dd 
fon temps , amateurs des noms Romains , qu'Alcuin 
s'etf appelé Flaccus Alhinus. 

l'Académie Espagnole. C'ett une Académie établie à 
Madrid tur le modèlp de l'Académie Françoite à Pa- 
ris , pour perfectionner la langue Etpagnole. Acade- 
mia Hifpanica. Dom Manuel Fernandez Pachéco , 
Marquis de Villéna, Duc d'Etcalone , Chevalier de 
la Toitbn d'or , &c. en doit être regardé comme le 
Fondateur. Elle s'alfembla pour la première fois , foUs 
le bon plaifir & une permiïlîon verbale du Roi Phi- 
lippe V , dans le palais de ton Fondateur , qui tut nom- 
mé Directeur. Elle demanda au Roi (a proteétion & 
une approbation authentique : le Prince la donna le 14 
Odobre 171 4, & accorda aux AAdémiciens tous 
les privilèges , grâces , prérogatives , immunités l"!^ 
exemptions dont jouiifent les officiers - domeftiqucs , 
qui font aduellement au fcrvice dans le Palais Royal, 
La Compagnie ainfi autorifée, nomma de nouveau 
pour fon Directeur le Marquis de Villéna , Duc d'E(- 
calone , pour l'être toute ta vie. Après lui les Direc- 
teurs doivcnr^changer tous les ans. Sa devite eft: un 
creufet dans le feu, avec ces mots efpagnols: Lempia 
FijA, Y DA ESPLENDOR. Elle fit dcs ftatuts, qui le 
24 Janvier 171 j furent en état. La fin de cette Aca- 
démie elf de purifier & de perfedionnerla langue Cal- 
tillane. Les ouvrages de l'Académie (ont un Diétion- 
naire , une Grammaire , une Poétique & une Hiftoire 

• de la langue Etpagnole. Il n'y eut d'abord que huit 
Académiciens : enfuite on en ajouta quatorze. Ou- 
tre le Directeur , elle a un Secrétaire* ^a fondation 
& les ftatuts de cette Académie , d'où ceci eft tiré , ciu 
été imprimés à Madrid à l'Imprimerie Royale en 1 7 1 j , 

On dit auftl Académie , en parlant des Ecoles des 
Juifs, & des endroits où ils ont des Rabbins & des 



î'î 



ACA 



Dodcius pour enfcigner aux jeunes gens de leur na- 
tion la langue hébraïque, leur expliquer le Talniud, 
leur apprendre la Cabale, &c. Les Juifs n'ont eu de 
ces fortes à' Académies que^^epuis le retour de la cap- 
tivité de Babylone. Les Académies de Tibériade , de 
Babylone ont été fameufes. 

Quelques Auteurs ont employé ce terme pour lî- 
gnier auffi ce que nous appelons Univerjïté. Il me 
vient quelquefois en penfée de parcourir les Acadé- 
mies de l'Europe, principalement celles de Paris, &c. 
BouHOURS , Fie de Xav. L. IIL \J Académie d'Ox- 
ford eft 11 illuftre, que Ion Chancelier eft toujours un 
des premiers Seigneurs du Royaume. Larrey. Ce 
n'elt pas parler aifez jufte. Il cit vrai que M. Harris, 
dans Ion lavant Diiftionnaire des Arts, définit le mot 
Académie , une efpèce de hautes Ecoles , ou Univer- 
jïté ^ dans laquelle les jeunes gens font injlruits dans 
les Arts Libéraux & dans les Sciences ; mais il parle 
Anglois , & explique ce que fignifie ce mot en Anglois. 
De même en Latin on appelle ^cai/e'mie j ce que nous 
appelons Univerjïté ^ Si tout le viii livre de Lym- 
n;TOs de Academiis , regarde les Univerfités. Mais 
quand on écrit en François, il faut diil:inguer ces deux 
chofes, qui dans notre Langue lont fort différentes. 
Académie eft une alfemblée de gens doâ:es , qui tien- 
nent entre eux des conférences lur des matières d'éru- 
dition. Univerfité eft un Corps compofé de Docteurs , 
de Bacheliers, qui afpirent au Doctorat; de Régens 
qui enfeignent dans les Collèges, & de jeunes gens, 
ou écoliers qui étudient lous ces Régens. On peut ce- 
pendant appeler Académies , les lieux où les jeunes 
gens étoient inftruits >Sc élevés. Ainli l'on dit que pen- 
dant que les Romains étoient les maîtres de la Gaule, 

■ '^l y avoit des Académies à Autun , à Bordeaux , à 
Marfeille , à Narbonne , à Tours & à Trêves. Le 
Gendre. Mais en parlant de nos temps, cela fait une 
équivoque qu'il fiut éviter , en diftinguant ces_ deux 
chofes , Académie ôc Univerjîte , comme en eftct l'u- 
fage les diftingue. 

Académie, fe die aullî des maifons, logemens & ma- 
nèges des Ecuyers , où la noblefte apprend à monter à 
cheval, & les autres exercices qui lui conviennent. 
Epkeborum Gymnajîum. C'eft ce que Vitruve appelle 
Ephebeum. Au fortir du collège on a mis ce gentil- 
homme à l'Académie. Newcaftle dit que l'art de 
monter à cheval prit nailLuice en Italie ; que ce fut 
à Naples que la première Académie pour monter à 
cheval fut écabhe, & que Frédéric Griton, Napoli- 
tain , fut le premier qui en écrivit ", ce qu'il fit en vrai 
cavalier & en grand maître. Henri VÎII fit venir en An- 
gleterre deux Italiens , écoliers de Grilon , qui rcm- 
phrent le Royaume d'écuyers. Gui Allard dit que Plu- 
vinel eft le premier qui a établi en France des Acadé- 
mies pour apprendre à monter à cheval. Il étoit du 
Dauphiné. Newcaltle dit aullI que le plus célèbre 
écuyer qui fut jamais en Italie, étoit à Naples C'c Na- 
politain , nomnié Pignatel ; que la Broue monta cinq 
ans fous lui, rluvinel neuf, & S. Antoine plulîeurs 
^ années; que ces trois François , qui firent leur appren- 
tillage fous Pignatel , remplirent la France d'Ecuyers 
François , qui étoit auparavant pleine d'Ecuyers Ita- 
liens. Il croit que la Broue a été le premier qui a écrit 
en François de l'art de monter à cheval. 

ifJ' Académie, fe dit non-leulement du lieu où l'on 
fait les exercices , mais des écoliers mêmes. Ce jour- 
là un tel Ecuyer fit monter toute Ion Académie. 

ijZF' Académie. Terme de Peinture. C'eft une figure 
entière , deftînée d'après le modèle , qui eft un homme 
nu, ou la copie d'un pareil dclFein. Cette Académie 
ne m'a coûté qu'une heure de travail. 

Académie, ledit abulivement du Brelan, ou des lieux 
publics où l'on reçoit toutes lottes de perfonnes à 
jouer aux dez & aux cartes, ou à d'autres jeux défen- 
dus. Les Juges de Pohce font obligés de veiller à ce 
qu'on ne tienne point des Académies de jeu. Voulons 
que les ordonnances de Police pour chalfer ceux chez 
Icfquels fe prend & conlommele tabac, qui tiennent 
Académie , brelans, jeux de halard , iv' autres lieux 
défendus, foient exécutées. Ordonnance de 1666. 



ACA 

Ces lieux que l'on appelle fort improprement Acaié' 
mies j mais beaucoup mieux du nom infime de Bre- 
lan , tout homme d'honneur doit les éviter , tk les 
loix les condamnent. De la Mare. Cet Auteur mon- 
tre dans Ion Traité de la Police j L. III. Th. iv. 
C. 2 8c j, que non-leulement les Pères & les Loix 
cccléfiaftiques , mais les Loix civiles chez les Païens , 
ont défendu ces lottes d'Académies. Les maîtres de 
ces Académies étoient fi infâmes & fi odieux , que 
s'ils étoient volés ou maltraités dans le temps du jeu, 
ils n'avoient aucune adion en juftice pour en deman- 
der réparation. L. i. PrAt. ait. ff. de aléa. & ihi glojf. 
Ulpian. 
ACADÉMIQUE, adj. m. & f. Qui appartient à l'Aca- 
démie des Sciences , des Arts , des Belles-Lettres ; à 
des Académiciens , à des Gens de lettres. Academicus. 
Dilcours académique. Exercices Académiques. Quef- 
tions Académiques. 

On le dit quelquefois des perfonnes. Sujet Acadé- 
mique^ homme qui convient à \' Académie. 
ACADÉMIQUEMENT. adv. D'une manière académi- 
que. Academicè. Cette queftion a él^traitée acadé- 
miquement , pour dire , luivant la mémode des Aca- 
démiciens. 
ACADÉMISTE. 1. m. Ecolier qui fiit fes exercices chez^ 
un Ecuyer, qui apprend à monter à cheval , à faire des 
armes , à danler, &c. Equcjlris difcipHn£ tyro. Les 
exercices du corps lont pour l'AcadémiJle. L'exercice 
d'elprit pour l'Académicien. 
ACADIE. Acadia. Grande province de l'Amérique fcp- 
tentrionale , entre le Heuve de S. Laurent & la nou- 
velle Angleterre. Elle a environ cent lieues d'éten- 
due. Ce pays appartient aujourd'hui aux Anglois. Nul 
pays , dilcnt élégamment les grands Vocabuliftes, n'cft 
plus abondant en gibiers 8&en poillons de toutes ef- 
pèces que l'Acaaie. Quel ftyle , pour des réforma- 
teurs ! 
ACADINE. r. f. Fontaine de Sicile proche de deux lacs 
de foufre & de feu, nommés Délies. Elle étoit con- 
facrée avec les deux lacs aux deux frères Paliques, fils 
de Jupiter & de la nymphe Thalie ou Aâua , ôc fa- 
meule par les preuves des fermens qu'on y failoit. On 
ne doutoit point de la vérité du lerment, loilquc les 
planches de bois lur lefquelles on avoit écrit le fer- 
ment , alloient à fond : le ferment étoit réputé faux 
(Is: lut le champ le parjure étoit aveuglé, ou mêmr 
brûlé parles Hammes des lacs,loiic[u'elles furnageoient. 
Ariftote, Etienne i:le Bylance, Diodore de Sicile, Le 
Clerc & Moréri parlent de cette Fontaine. 
AÇAFRAN. 1. m. Rivière d'Afrique, qu'on nommoic 
autrerois Quinalaf, & que quelques-uns appellent au- 
jourd'hui Vetxilef. Acajramis fluvius. Il eft dans le 
royaume de Tremecen. La ville de Col des Mode- 
chaves eft lur le bord de Acafran. 
iCr ACAGNARDER. Fojtr/ Accagnarder. 
ACAJA , autrement IBAMETARA.^ C'eft un des plus 
grands arbres du Brélil, dont Pilon parle, 1. iv. c. 
16. & qu'il diftingue de l'Acajou dont il avoit parlé, 
c. 6. Il paroît cependant que ce n'eft qu'une elpèce 
de l'Acajou ; car il appelle auill cet arbre Acaja iba ^ 
comme celui-ci. 
ACAJOU, f. m. Arbre de l'Amérique de la hauteur de 
nos pommiers , branchu i:<f chargé de beaucoup de 
feuilles. L'écorce de Ion tronc eft ridée & cendrée. 
Son bois eft rougeâtrc , les feuilles lont sèches, fer- 
mes, luifantes, arrondies, & ont cinq pouces de lon- 
gueur fur trois de largeur. Les extrémités de les bran- 
ches fe terminent pat un bouquet de Heurs panachées 
de rouge & de vert, d'une Icule pièce taillée en en- 
tonnoir. De plus de cent fleurs qu'il y a quelquefois 
lur un bouquet , il n'y en a que trois à quatre qui 
nouent ; c'eft le piftil de la fleur qui devient un fioiit 
de la figure d'une poire groire comme un œuf d'oie , 
qui, en mûrillant, eft tantôt rouge, tantôt jaune, & 
tantôt également teint de ces deux couleurs, & dont 
la grande âcreté diminue à melure qu'ilmûrit. De l'ex- 
trémité de ce fruit pend une lemence ou amande botine 
à manger , revêtue de deux écorces , dont la première 
eft gris de fourjsj 6c l'autre biune , entre lefc]uelles eft 

contenue 



ACA 

'contenue Une liqueur huileufe , très-cauftique, & dont 
on le Icit en Amcijque pour empoiter les daines (Se 
faire tomber les cors des pieds. Le fucde cette poire 
qui foutienc la (enience, quand il ell nouvellement 
exprime , cil blanc , laiteux , & d'une âcreté il grande , 
qu'il prend à la gorge , & qu'on ne peut le boire qu'a- 
près qu'il a fermenté & qu'il s'eft éclairci 5 pour lors 
il ell agréable , & a le goiit vineux. Il coule du tronc 
de VAclijou une gomme femblable à celle qu'on nous 
apporte du Sénégal ; mais elle eil en plus gros morceaux ; 
elle (e tond dans l'eau comme la gomme Arabique. 
Thevet, Pilon , & la plupart des Voyageurs nous ont 
parlé de cet arbre. 

Il y a d'auties arbres qu'on nomme dans les Iles 
d'Amérique Acajou rouge. Acajou blanc. Acajou à 
planches , Acajou à canot ; mais le caradère de ceux- 
ci ne nous eli pas fî connu. M. Louvillers de Poinci , 
dans ion Hijloirc naturelle des Antilles j bit de \' A ca- 
jou une delcription plus détaillée & dificrente de celle- 
ci. Il y a , dit-il , trois fortes d'arbres qui portent le nom 
à' Acajou. Mais il n'y en a qu un qui-donne du fruit. 
C'efl: un arbre de moyenne hauteur , qui penche les 
branches jufqu'à terre. Ses feuilles lont belles & lar- 
ges, arrondies pardevant, & rayées de plulieurs vei- 
nes. Il porte des Heurs qui lont blanches , lorfqu'elles 
s'épanouiifent ; puis elle deviennent incarnates , Se 
d'un allez beau pourpre. Elles crolifent par bouquets, 
& elles exhalent une odeur agréable. Ces Heurs ne 
tombent point julqu'à ce qu'elles foient pouilces par 
une elpcce de châtaigne faite en forme d'oreille , 
ou de rognon de lièvre. Quand cette châtaigne a pris 
fon accroilîement , il le forme au-dellous une belle 
pomme lunguette , qui ell couronnée de cette crête , qui 
devient en mûrrirant d'une couleur d'ohve , pendant 
que la pomme fe revêt d'une peau déhcate & ver- 
meille. Elle ert remplie de certains tilamens Ipongieux , 
qui font imbus d'un lue doux, aigre , qui delaltère , 
& que l'on croit très-bon pour la poitrine & pour les 
défaillances, lorfqu'il ell tempéré avec un peu de fucre. 
Mais s'il tombe fur quelque linge, il y imprime une 
tache roulle qui ne s'eflace, dit-on j que loiique l'ar- 
bre lleurit de nouveau. Les Indiens font un breuvage 
excellent de ce fruit , lequel étant gardé quelques jours, 
enivre aufll promptement que le meilleur vin de 
France. La noix qui cil au-deilus étant brûlée, rend 
une huile caullique de laquelle on le lert pour amollir, 
& même pour extirper les cors des pieds. Si on la calle, 
on trouve dedans , un pignon d'un très-bon gcùr , & 
propre à échauffer & fortifier l'eftomac quand il efl 
dépouillé de la pellicule qui l'enveloppe. Cet arbre ne 
porte du fruit qu'une fois l'an , d'où vient que les Bré- 
(diens comptent leur âge avec les noix qu'il produit. Ils 
en réfeiA'ent chaque année , qu'ils conlervent avec grand 
foin dans un petit panier qui n'ell delliné qu'à cet 
ufage. Si on lait une incifion au pied de cet arbre , il 
en découle une gomme claire & tranlparente , que plu- 
fieurs ont prile pour celle qui vient d'Arabie. Lafemence 
de l'arbre eft dans la noix. 

Les autres Acajous font des arbres propres à bâtir. 
On en fait cas à caufe de leur bois. Ils font fi hauts & 
fi gros, que les Caraïbes tirent fouvent d'un feul tronc 
ces grandes chaloupes , qu'ils appellent Pyrangues , 
qui peuvent porter 50 hommes. Ils poulfent plufîcurs 
branches fort touffues , 8c qui font un ombiaË,e fort 
agréable. Il y a deux fortes à'Acajousj qui ne diffé- 
rent que par la hauteur de leur tronc & la couleur 
de leur bois. Le plus cftimé eft le rouge , qui , ou- 
tre ce qui en a été dit ci-delîus , eft fort facile à 
mettre en œuvre. Il ne fe pourrit point dans l'eau. 
Les armoires qui en font faites, donnent une bonne 
odeur aux habits , & les prélervent des vermines qui 
s'engendrent, ou fe ghifent dans les coffres d'une au- 
tre matière. Ces propriérés font caufe que quelques- 
uns onr cru que cet arbre étoit une efpcce de Cèdre. 
On en fait de petites planches pour couvrir les maiîbns. 
L'Acajou blanc eft femblable par fa forme à l'Acajou 
rouge ; mais il n'eft pas tout-à-fait fi haut. Il eft ficile 
a mettre en œuvre, quand il eft nouvellement coupé ; 
mais fi on le lailfe à l'air , il devient il dur , qu'on a 
Tome I. 



ACA 



SI 



bien de la peine à s'en fervir. Il eft fujet ailx vers , & 
le pourrit en peu de temps. Si on fait une incifion au 
pied de ces arbres, ils jettent une grande abondance 
de gon:me. Fojei aulli l'HiJloire des Antilles du P. 
Du Tertre, Tr. IIL C. ^. §. 4. & C. f. §. 6. & Pifon , 
Liv.iv. C.ô. Il l'appelle du nom que lui donnent 
i(is lauvages . Acaja Iba. 

ACALIFOURCHONNÉ, ÉE. adj. Qui eft à cahfour- 
chon: rerme bas cS: peu en ulage. Le ruftre s'étoit aca-'- 
àjourchonne fur mon cheval , & déjà comme lien le 
talonnoit de bonne grâce. Cyrano. 

tCF ACALIPSE. Nicander&Golhus font mention, l'un 
d'un poilîon , l'autre d'un oiiéau de ce nom. Athé- 
née parle aulli de ce poilfon. Attendons de nouvelles 
Jumières de l'Hifioire Naturelle pour prononcer fur 
leur cxiftence. 

ACALUS. p'oyeii Calus, 

ACAMANTIDE. f. f. C'ctoit ime des dix Tribus des; 
Athéniens , ainfi nommée d'Acamas , fils de Théfée. 
Acamantis. 

ACAMARCHIS. f. f Terme de Mythologie. C'eft le 
nom d'une nymphe de la mer , fille de l'Océan , donc 
parle Dicdore de Sicile, Liv. VL 

ACAMAS. f. m. Eils de Théfée & de Phèdre , ou 
d'Antiope, lut un des princes Grecs qui allèrent aU 
iiége de Troye. 

|Cr ACAMBOU ou AQUAMBOE. Royaume d'Afri- 
que lur la côte de Guinée, vers le 19' d. de long. & 
le 7^ de lat. fept. 

§3" AC ANANÉ , ÉE. Les Auteurs du grand Vocabulaire 
nous donnent ce mot pour un terme de Botanique , 
lynonymc d'Acanthacé. Le même mot fe trouve dans 
le Dietionnaire de l'Académie Françoife , pour défi- 
gner des plantes épineufes. Je trouve dans tous les Bo- 
tanilles Plantes Acantkacées, Voye^ ce mot. 

AC ANES. Nom de deux villes d'Afrique. Acana. Elles 
lont dans la Guinée. Acanes la grande eft fur la ri- 
vière de la Voira , vers fa fource : Acanes la petite eft 
aulîi fur la Volta, au midi A' Acanes la grande. 

ACANGE. 1: m. Excuifor, Prxdator^, Vélo. Efpècede 
loldat Turc, qui ne lait qu'aller en courfe pour buti- 
ner. Les Turcs les appellent Akingi, wom. qui vient du 
mot Turc Akan j ou plutôt Akin ^ c^- figmfie , Proie y 
butin, courfe. Meninski. Les Acanges font des vo- 
lontaires Turcs, qui ne reçoivent point de folde, î<> 
ne font la guerre que dans î'efpérance du butin. Gra- 
TiANi. Eiftoire de Chypre. 

ACANIE. Nom d'un royaume des Nègres, Acania. 
Il ell dans le pays des Nègres. \ Acanic eft bornée par 
Cuitoro & Bonoéàl'oueft, par Daroé , Ari & Abram- 
boé au fud ; par Inta au nord , & Ahim à l'eft. 

ACANIEN, ENNE. f. m. & adj. Nom du peuple qui 
habite l'Acanie. Acanianus^a, uni. Les Acaniens font 
tous adonnés au commerce , riches en efclaves & en 
or , & braves. La langue Acanienne eft la même que 
celle de Fétu, d'Ati, & de Cibou , deCommendo& 
d'Abramboé , mais elle eft plus douce^ Voye7 La 
Croix-, Relat. d'Afrique. 

ACANTHABOLE. f.'m. Inftrument de Chirurgie, fait 
en lorme de pincettes , dont on trouve la defcription 
dans Paul Eginète. On s'en fcrt pour enlever les ef- 
quilles d'os cariés, les épines, les tentes , & tout au- 
tre corps étranger qui le trouve dans une plaie , ou 
pour arracher les poils des paupières qui incommodent 
& irritent les yeuxj ceux des narines ou des fourcils. 
A''x«»ea , épine: BaAAu, jeter dehors, chaifer. 

$CrACANTHACÉ,ÉE. adj. Terme de Botanique. Plan- 
tes act7«f/z<zcV(.'5, qui tiennent de la nature du chardon, 
& font armées de pointes. Quelques Botaniftes ont 
donné le nom A'Acanthium à plulieurs ch.irdons ou 
plantes épineules, à caule du rapport que les feuilles 
de ces plantes ont avec celles de l'acanthe. 

ACANTHE, ou ACANTE. f. f. Acantkus. Les Bota- 
niftes modernes reconnollfent , avec Diofcoride & 
Pline, deux efpèces A' Acanthe 3 àont l'une eft fans 
épines , & l'autre en ell armée. Celle qu'on nomme 
ordinairement .^fû/î^Ae molle, afcs racinesrougeâtres, 
longues j aifez tendres & vifqucufes. Ses feuilles four 

H 



î 



ACÂ 



g-iandes, larges, liires, découplés alfez profondément \ 
en plulîeurs lcgmcns,qui lonc encore recoupés en de \ 
plus peîits lobes , charnues , «l'un vert oblcur & lui- 
flinten delFus , ôc plus pâle en delFous. Entre les Veuilles 
s'élève une tige haute de trois à quatre pieds , de la 
.groileur du doigt , garnie vers la partie moyenne de 
quelques petites Feuilles , audcllus delquellcs le iorme 
-un bel épi de Heurs , luais très-piquant •, chaque fleur ! 
efl; d'une feule pièce -aplatie & découpée par le haut j 

. en trois, retrécie & terminée par le bas en un tuyau 
court ëc en forme d'anneau. Quatre étaraiines chargées 
■de leius fommets tiennent lieu de la lèvre lupérieure 
de la fleur. Le calice eil lormé par quelques feuilles , 
dont la lupérieure eft voûtée, & Icmble iuppléer au 
■défaut de la lèvre lupérieure de la fleur, loitparlali- 
tuation , foit par une teinte de pourpre dont elle efl 
colorée , & que les autres n'ont point. Le piftil qui s'é- 
lève du fond du calice & de la fleur, devient un fruit 
de figure d'un gland , & partagé en deux cellules , qui 
contiennent chacune quelques lementes .iplaties & 
jaunâtres. 

L'Acanthe épineufe fe diftingue de la molle par fcs 
feuilles plus finement découpées , & dont chaque Icg- 
ment le termine par un piquant aflcz roide & tort ai- 
gu; le vert ell; aulîi plus oblcur. Ces deux elpèces ne 
changent point par la culture , & l'une ne dégénère 
jamais en l'aittre. 0\\ doit donc être très-afluré que ces 
deux elpèces lont très-diftincces & très-conltantes. 

On appelle VAcanchc , Branca urjindj branche ou 
branque urfinc , à caule de la prétendue rclîemblance 
de fes feuilles avec la patte d'un ours , & Branca hir- 
cina ■, à caule que ce-j mcmes feuilles fe contournent 
en quelque façon comme les cornes d rni boire; inais 
CCS dénominations lont allez mal tondées. Le rapport 
qu'ont les feuilles de certaines plantes à celles de \'A- 
ca/zrAe 3 a auflî donné lieu à quelques Botanilles d'at- 
tribuer le nom à'Acanthlum à pluiieurs chardons, ou 
plantes épincuies , & celui de Branca urjina Germa- 
nlca à la Berce , en latin Sphondylïum , Plantes lou- 
vent de dlfKérens genres. On dit que plus \ Acanthe 
cft prejfé': j mieux elle poulie. C'clf ce qui a donné 
lieu d'en faire une devile , qui a pour mot : Depreffa 
refurgit j pour exprimer que la vertu tire des forces 
de l'aftlidlrion. L'Abbé Ficinelli en lait aulîi le fym- 
bole de la pénitence , avec ce mot : Tatida curât : 
Elb guérit la corruption. 

Acanthe. Terme d'Architei51:urc. Ornement dont on em- 
bellit les chapiteaux des colonnes. Acanthina folla. 
Un chapiteau taillé à feuilles 61 Acanthe. Felibien. La 
feuille èi Acanthe ,c^i:\. été le fujet de l'invention du 
chapiteau Corinthien , a aullî donné le nom à cet ou- 
vrage d'Architedure. Il y en a de deux elpèces : la cul- 
tivée ^ & \' épineufe on fa uv âge. C'ell: de cette der- 
nière , qui eft la moins belle , que le font fetvis les 
Sculpteurs Gothiques , qui l'ont mal imitée. Pour 
■l'Acanthe cultivée qui eftplus retendue, &: plus décou- 
pée, & alFez Icmblable au perhl, elle eîl; la plus par- 
faite. C'eft ainli qu'elle a été taillée aux chapiteaux 
Compoiîtes des arcs de Titus & de Septime Sévère à 
Rome, & au Corinthien de la cour du Louvre. 

Acanthe, f. f. Acantha. C'elt , Iclon quelques Anaco- 
milles, l'avance de derrière des vertèbres , appelée au- 
trement Epine du dos, Spina dorfi. Marris. Ce 
nom eft Grec, & fignifie épine. 

Acanthe. 1. f. Terme de Mythologie. Nom dune 
Nymphe, qui fut aimée d'Apollon. Acanthe, ce Dieu 
en récompcnle la cliangea en la plante nommée 
Acanthe. 

ACAPATHL f. m. Plante de la nouvelle Efpagne, qui 
porte le p<;ivre long. Elle a l'on tronc contourné à la 
façon des larmens; & le tronc a des feuilles qui ref- 
Icmblcnt à celles du poivre blanc, mais plus longues 
& aiguës- Son fruit eft rond & long ; fa graine' n'ac- 
quiert jamais une parfaite maturité fur la plante : c'eft 
pourquoi on la cueille dès qu'elle commence à rougir. 
Cn la met lécher au loleil, où elle achève de mvuir , 
ik. on la feme. On la mange féche , & verte ; ti- elle 
-donnç un bon goût aux viandes. J'oyci Poivre. Ou 



' ACA 

lit Acapaltl dans le Diélionnaire de Corneille •, mais 
Acapathl eft meilleur. 

§CF ACAPTE. 1. m. Terme de Coutume , tiré du latin 
ftz/^wre, lignifie un droit d'entrée qui eft dû en quel- 
ques endroits au Seigneur à la mort du tenancier à 
rente , cens, ou autre charge, par fon héritier, à caule 
de l'inveftiture emphitéotique que le Seigneur lui tait. 

ACAPULCO. 'Ville de l'Amérique feptentricnale. Aca- 
pulcum. Elle eft dans l'Audience de Mexique, à cent 
lieues environ l<c au midi de la ville de Mexique , 
dont elle eft comme le port. 

La ditrérence du méridien à'Acapulco à celui de 
Paris , eft, félon M. Harris , 7". 1 4'. 1 1". occid. ou 8 j**. 
3 5'. 1 5". Sa latitude 1 7°. 3 o'. ;"• D'autres le mettent à 
18". 4"'. Lar. mcnd. ' 

ACARAJDI. Province de la Nigritie , en Afrique. Aca~ 
radia. Elle a au couchant Caunnanah, à l'occident 
Quahoé , au midi Ningo &: Latabi : elle eft abondante 
en fort bon or. 

0CF ACARAGA. Rivière de l'Amérique méridionale , 
dans le Paraguai. Elle a la lource dans la province de 
Parana , & après trente lieues de chemin, elle le jette 
dans l'Urvaig. La ville de TAflomption eft au con- 
fluent de ces rivières. 

ACARAÏG , ACARAI ou ACARA. Ville de l'Amérique 
méridionale. Acaraga. Elle eft dans le Paraguai, lur 
la rivière de Parana. On la nomme autrement la ville 
de la Nativité. Elle fut bâtie par les Jéluites, en 1624. 
long. 26". j/. lat. raérid. 26. 

ACARE. f. m. Mot dérivé du Grec "fff» , couper , & 
de a privatif , comme qui dircit Animal c\i!onne^t\xt 
couper à caufe de la pctitefle , Cirgn. C'eft un petit 
animal qui a huit pieds, cs: qui cft engendré de l'œuf 
d'une moirche ordinaire , en laquelle il le change en- 
fuite, conlervant toujours une petitefle qui eft telle 
qu'on ne peut l'appercevoir , ou du moins que très- 
diflïcilement , tans le fecoiirs du microlcope. 'Voye:^ 
le Dicîionnalre de James. 

ACARER. P'oyei Accarer. 

ACARIÂTRE, adj. m. &c f. Qui eft d'une humeur fa- 
cheufe , aigre & criarde. Morofus j acerbus , pertinax. 
Je ne puis traiter avec cet homme-là, c'eft un elprit, 
une humeur acariâtre. C'eft une femme acariâtre, c^ni 
crie jour tk nuit contre Ion mari & les donicftiques. Il 
a aulll autrefois fignifié/o;/. 

Sylvius dérive ce mot àz faim Acalre, parce qu'il 
guérir les acariâtres. Ménage veut qu'il vienne du mot 
Latin acariaff'er, & Nicod du mot GrecKa'fi , lignihant 
caput y comme h on diloit acaris , un homme fans 
tête & écervelé ; ou plutôt un homme têtu & opiniâ- 
tre. Caplto j ou , comme dit Prudence , capitofus. 
D'autres le tirent du Grec âxaflin^is , qui lignifie, Oyii 
nlutre , ennemi de la complailance , dont les mœurs 
& les paroles font délagréables , &c tirent vers la fo- 
lie. Borel le dérive de cara^ vieux mot François venu. 
d'Efpagne , qui fignifioit un vifage rcfrogné. 

ACARIÇOBA. Plante du Japon , que les Portugais ap- 
pellent i'n'fl do Capitaon, herbe duCapitau. Elle vient 
dans les lieux humides, & le long des ruifleaux & des fon- 
taines. Sa feuille eft ronde, lille & aflez épailfe ; fa 
fleur eft d'un gris blanchâtre. Elle a beaucoup de ra- 
cines qui lont blanches, &.Tcrpcntent à terre. Elles font 
longues , diftinguées par des nœuds , bulbeufes , & 
pleines de lue. Elle eft chaude & aromatique, & très- 
agréable au goût. Ses principales qualités font dans les 
racines. Elles font apcritives , & guériircnt les obf- 
truCfions du foie &c des reins. Pison, L. iv. C. 50. 

ACARNA, ou ACORNA. f. m. Chardon à fleur large 
& jaune : les têtes font oblongues , garnies d'épines ; 
fa femence reiremble à celle du Carthame. L'étymo- 
logie eft aKOfva, plante épineulc. 

ACARNAN,ou ACARNE. f. m.Acarnus ^ Acarna- 
nus. Poiiron de mer qui , par fi figure & par la taille 
reiremble au rouget, mais il cft blanc & couvert d'écaillés 
argentines : la tcte eft grolfe; Ion muleaueft aquilin, 
fa gueule petite , les dents menues. Sa chair eft fort 
blanche, bonne à manger & de tacile digeftion. Il con- 
tient beaucoup d'huile & de Ici vol.itjl, & lesMcde- 



ACA 



«ins le croient propre à purifier le fang Se a. exciter 
l'tirijie. 

ACARNANIE. Acarnanla. Province de l'Epire e:i 
Grèce, qui avoir à l'orient l'^tolie, dont elle étoit 
réparée par le fleuve Achéloiis ■■, a l'occident le golte 
d'Ambracie , que nous nommyns aujourd hui goljc 
de Lan a y & au midi la mer Ionienne, & les îles d'I- 
thaque & de Céfalonie. Cn l'appelle aujcuid hui Def- 
potat , ou Petite Grèce , ou Carme ;' mais quand 
on parle de l'Antiquité, il faut dire Acarnanie. Les 
chevaux à'Acarnanie etoicnt cftimés chez les Ai\- 
ciens. 

AcARNANiE eft auffi le nom d'une ville de Sicile célè- 
bre par un temple dcdié à Jupiter. 

ACARNANIHN, ENNE. f. m. & f. Qui eft à'Acar- 
nanle. Les Acarnaniens ne faitoient , dit-on j leur an- 
née que de fix mois. Les A carnaniens fe faifoient cou- 
per les cheveux pardevant, appareniment pour ne don- 
ner point par- la de prile a leurs ennemis dans les com- 
bats. Ils pairoient anciennement pour un peuple invin- 
cible. 

ACARNAR. Terme d'Aftronomie. Nom de la dernière 
étoile à l'extrémité auftrale de la conftellation appelée 
Eridan. 

ACARNE. Foyei Acarnan. 

ACASTE. f. f. Terme de Mythologie. Nom d'une nym- 
phe, ou naïade, fille de l'Océan & de Thetis. Foyc^ 
HÉSIODE, dans fa Theoponle j ou Génération ùcs 
Dieux. 

AcASTE. f. m. Fils de Pélias, Roi de Thclf^e , & pa- 
rent de Jalon , fut un des Argonautes. "Ime veut 
quAcj/Ie (oit le premier qui ait fait célébrer des 
Jeux funèbres : ce qu'il fit en l'honneur de ion père. 

ACAT. f. m. Vieux mot, au lieu duquel on dit aiyour- 
d'hui Achat j comme acheter, au lieu d'acacer; Se 
acheteur j au heu à' acateur ou acatour. 

ACATALECTE, ou ACATALECTIQUE. adj. Terme 
de Poëlie, qui le dit des vers qui font exaclement 
parfaits , qui n'ont pas une leule i)llabe de trop ou 
de trop peu. Ainli le définit M. liarris. Pour parler 
jufte, & ieljn la force du mor , il faut dire que ce 
font les vers auxquels il ne manque point de fyllabe à 
la fin, a la différence des vers catalcclïques , auxquels il 
man ,ue a la fin cuel^ue lyllabe. Car ces mots (ont 
Grecs j & viennent de a^jm , ce£o , dejino. De -la 
xaTaABXTtt, & v.^-::\-fyiv.i%. a cjuï H manque quelque 
chofe à la fin; & avec l'" privatif aKaTaAf,xTixi(, à qui 
il ne marque rien à la fin. Par exemple , dans la 
V^ Ode du 1 Livre d'Horace, cha ue Ifrophe eft de 
trQis*er , dont les deux premiers font tzcarû/ecZiçaejj 
iic le troii.ème catakcîique. 

Suivit ur acris hyems grata vice 

léns & Fcxoni , 
Trahuntque ficcas machins- carinas. 

Dans la Poëfie Françoife on peut appeler flcaw/ec- 
tiques , les vers de fept (yllabes, tels eue (ont ceux-ci 
compofés (ur la mort de M. le Dauphin & de Ma- 
dame la Dauphine, morts à quelques jours l'un de 
l'autre. 

En vain la mort & l'amour 
D' une fun.'fi e victoire 
Se députent-ils la gloire _, 
J.sfiont vainqueurs tour à tour. 
Sitôt que la mort jaloifie 
A l'époux ravit l'épouje _, 
AiiJJitôt l'amour jaloux 
A l'époufie rend l'époux. 

Et de même les vers de trois fyllabcs : 

La cigale ayant chanté 
Tout tété 3 &c. 

Ou bien ceux-ci de Marot : 
Tome I. 



ACC 59 

Damoifielle de Torcy , 

Cet an cy 
Tel étrènc vous défire j " 
Qu'un bon coup vous pui/Jie^ dire .* 

Grand'mercy. 

$3- AC ATALEPSIE. f. F. împofllbilité de favoir , de con« 
noitre une choie. Lesï yrrhonien? admertoient une Aca- 
telepfiLe univerlclle & ablolue; pirtend^icnt qu'on ne 
peut avoir aucune connpKfance certaine. Aqyd:jlemot 
(uivant , &r Scepticisme, Pyrrhonisme. 
ACATALEITIQUE. f. m. & f. Nom d'une feéte 
d'anciens Pliiklophes. Acatalepticus , a. Les Acata- 
leptiques étoient une branche de l'ancienne Acadé- 
mie. Ils douroient abfolument de tout: ncn-leulement 
ils dilcient qu'on ne (ait rien certainement , mais mê- 
me ils prétendoicnt qu il étuit impofiible d'avoir au- 
cune connciilance certaine. C'eft ce qui les diifin£,uoit 
des Sceptiques & des l'yrrhoniens. Car quoique ceux- 
ci dcutailent de tout, ils avouoicnt néanmoins quon 
pouvoit acquérir quelque ccnnoifiance certaine. 
(Ô* ACATEK. v. a.VieuA mot Acheter. Emere. Vovez 
dans ce Dictionnaire au mut Apostolat , un pailage 
de Philippe Mouskes. 
ACATISTE. f. f. Nom d'une fête que les Grecs célè- 
broient à Conftantinople, le famedi de la quatrième 
(eir.aine de Carcme, en (honneur de la (ainte Vierge, 
qui avcit préiervè trois fois cette mUc de 1 incurfion 
des Barbares. L'hymne que le Clergé chantoit pendant 
l'ofhce , s'appeloit audl Acatifi;e. Ce mot vient du 
Grec, A'xa'Êisif , parce qu'on fe tenoit debout pendant 
tout l'odice de la r.uit. Voyez les jetés mobiles d'A- 
drien Baillet. 
A CAUSE. Prépofition qui gouverne le génitif: & a 
CAUSE QUE , conjonction, qui veut après foi, 1 in- 
dicatif. Foye^ au in ,t Cause. 
ACAXI, eu AKAS. Ville du Royaume de Farima, dans 
» l'île de Niphon, au Japon. Acaxiun:. ^jllc e('t fur la 
côte au (ud-oueft de Méaco. 

ACAXUTLA. Petite ville & Port de l'Amérique méri- 
dionale. Acaxutla. Elle eff dans la Pro\ iiice de Gua- 
timala, entre la ville de S. ïago de Guatiniala, & celle 
de Léon de Nicaragua, (ur la côte de la mer du fud, 
ou mer pacifique. 

ACAZER. V. a. Terme de Coutume. C'eft proprement 
donner en fiej , inféoder. Injeodare. Voyez Ca(eneu vC , 
dans f.n iraité du franc-alleu. L. i, Ch. ii. Du 
Cange (ous le mot Cafiare. De Lauri: re. 
Acazer , dans la Coutume de Bordeaux, Art. loi , 
fignifie aulli , Bailler à rente. Id. 

ifT ACAZE, EE. part. Inféodé , ou donné à rente. 
ACAZEMENT. (. m. Terme de Coutume. Il aies figni- 

fications de (on verbe , &: fignifie infiéodation ou bail 

à rente. 

ACC. 

ifT ACCABLANT, ANTE. adj. qui accable, qui fait 
(uccombcrious le faix. Opprimens. On dit du fardeau , 
qu'il e(f lourd; &C du faix, qu'il accable. Syn. Fr. un 
poids Accablant. 

Il fe dit plus ordinairement , dans un fens figuré , 
des choies qui font confidérées comme un poids dif- 
ficile à porter , qui mettent l'efprit daiiMMn état de 
langueur & d'abattement. Nouvelle Acc^ante. Une 
triftefte accablante. Un revers accablant. Acerbus. 

Quelquefois ce mot défigne fimplement l'ennui 
occafiomié par des chofes défagréables , qui nous im- 
portunent, ou qui nous gênent. Pour exprimer I impor- 
tunité de quelqu'un , on dit c'eft lur homme accablant. 
Vilites accablantes. Moleftus , importunus. 

IfT ACCABLEMENT, f. m. Qpprejio. Ce mot n'eft 
point en ufage dans le fens propre, pour défigner l'crac 
d'un homme qui fuccombe (ous le faix. On l'emploie 
particulièrement pour exprimer l'état où l'on tombe par 
maladie, ou par excès de douleur & d'affliéficn. Cp- 
prcfiîo , Mœror. Sa maladie l'a mis dans un (I grand 
accablement , qu'il a peine à fe (curenir. Acad. Fr, 
Je n'ai pas de ces heures de chagrin HcàAccablement , 

Hi; 



éo 



ACC 



<jui vont jufqu'.! l'ame. Voit. Accablement d'erprit. 
On le dit aulîi d'une furchatge d'afFaiies. Il eft dans 
un fi grand accablement d'affaires , qu'il n'a pas le 
temps de lefpirer. 

Accablement de pouls. Terme de Médecine. Dérègle- 
ment de pouls , lorlque l'accès commence , ou redouble. 
Venin, ïnordïnats.. Doc. 

gCF ACCABLER, v. a. Dans le fens propre. Faire fuc- 
comber fous le iaix, ious un poids capable d'abattre, 
-d'écraler. Opprimere. Ils furent tous accables fous les 
ruines de cette maiion. Ce mur eft tombé, & a acca- 
blé tous ceux qui étoient auprès. 

On le dit par exagération, comme fynonyme de fur- 
cliarger. Il porte un fardeau dont il eft accablé. 

On dit à peu-près dans le même fens , mais qui 
tient du figuré , être accable par le nombre , par la 
multitude. Obrui numéro. Leur multinide pouvoit ac- 
cablernozvc valeur. Sarras. 

IJC? Accabler , fe dit dans un fens figuré, d'une fur- 
charge d'aftaires, de dettes, d'impôts, de malheurs, 
d'infirmités, & généralement de tout ce qui met l'ef- 
prit dans un état de contention, de chagrin, de dou- 
leur, ôc que l'on confidère comme un poids difKcilea 
porter. Obruere cuns , negotUs -, dolorïbus , &c. Acca- 
hlé de vieillelfe , de chagrin , de dettes , de misère. Le 
travail, les vifites, les importuns \ accablent. Il y eut 
à Rome bien des gens accablés fous les ruines de la 
république. L'Empire Romain courant à fa ruine , en- 
traîna avec lui les belles-lettres , qui fe trouvèrent ac- 
cablées fous le poids de fa chute. Bail. Ici il préfente 
l'idée de ruine, de deflruction. Si un ouvrage eft trop 
chargé de penfées, leur nombre accable j & laffe l'cf- 
prit, NicoL. 

A vaincre tant de fois , les Etats s'affoiblijfent j 
Et la gloire du Trône accable lesfujets. Corn. 

On dit ûcca^/tfr quelqu'un de reproches, d'injures, 
lui faire de grands reproches, lui dire beaucoup d'in- 
jures. Il eff même employé en bonne part, comme 
fyucnyme de combler. Accabler c\\xç\(\u:un de préfens, 
de bienfaits. Cumulare muneribus j beneficiis. Ne 
vous venoit-il jamais aucun fcrupule fur tous les élo- 
ges dont on vous accabloitî Font. On eft fouvent 
trahi par ceux que l'on accable de biens. Je croirois 
pourtant que dans cette dernière acception le mot ac- 
cabler dénote un excès. Accabler quelqu'un de louan- 
ges, c'eft le louer plus qu'il ne le mérite, en forte que 
cela fuppofe un défaut de difcernement , ou un peu 
de flatterie dans celui qui loue. C'eft ainfi qu'on dit 
d'un homme excelîîvement civil & poh , qu il accable 
tout le monde de fes complimens. 

|f3° Accabler , fe dit aullî avec le pronom perfonncl. il 
y a des gens qui s'accablent de travail, d'affaires. Ces 
deux perfonnes s'accablent de politelles, de compli- 
mens. 

ifT ACCABLÉ , ÉE. pair. Oppreffus , obrutus. Il a les 
lignifications du verbe au propre & au figuré. 

ÇCr ACCAGNARDER. v. a. (Il vaudroit mieux écrire 
Acagnarder.) Accoutumer quelqu'un à une vie obf- 
cure, fainéante ou hbcrtinc. Ignaviii.j inertie aliquem 
tradere. La mauvaife compagnie l'a accagnardé. Ce 
met ne peut être employé que dans le ftyle très-fa- 
milier &; populaire. 

fO" S'a^agnarder, mener une vie fainéante, foit en 
s'attachant au jeu, au vin, aux femmes \ foit en gar- 
dant la maifon. Ignavin tradere f t. Un tels'accagnarde 
auprès de fa femme. 

// i-'accagnarde au cabaret 
Entre le blanc & le clairet. 
Je w'accagnarde dans Paris ^ 
Parmi les amours & les ris. BoiSR, 

Nicod dérive ce mot de cagnard , qui eft un lieu 
à l'abri du venr, ou expofé au folcil , où les gueux 
s'affemblent pour fainéanter, qu'on appelle pour cela 
cagnardins j & cagnardiers. 
ACCAGNARDÉ , ÉE. part. 



ACC 

ACCAIN. Ville de la Terre Sainte. Accàin. Elle étoit 
dans la Tribu de Juda, vers le défert de Thérué , près 
du lieu où la Lame de faint Sabas fut bâtie dans la 
fuitei Jos. XV. fy. 

ACCAPAREMENT, f m. Achat de Marchandifes , dé- 
fendu par les Ordonnances. Emptio vctita. Monopole 
fur les denrées ou marchandifes. P'oye^ le mot fuivanf. 

ACCAPARER, v. a. Amaffcr, faire de grands amas de 
quelque chofe , les mettre en rcierve. Cclligere ^ coa- 
cervare. N. célèbre partifan, accaparait des blés dans 
un temps de difette. Ch. De Rior. Ce motfe prend 
prcfque Toujours en mauvaife part , & figni lie ordinai- 
rement, enlever des foires & des marchés, toute une 
certaine forte de marchandife, pour la vendre plus 
cher en la rendant plus rare, & fe faifaiit feul le maî- 
tre de la vente. 

ACCARA. Royaume d'Afrique. Accara. Il eft dans la 
Guinée fur la côte d'Or. Voye:^ La Croix , Relat. 
d'Afrique. La Capitale de ce royaume porte le même 
nom , aullî-bien qu'une autre petite ville de Guinée. 
C'eft la grande Accara & la petite Accara. 

ACCAREMENT , ou ACAREMENT. f m. & ACCA- 
RIATION. f. f. Confrontation. Voye\ Accarer & 
Confrontation. 

ACCARER. V. a. Terme de Palais, ulitédans quelques- 
unes de nos provinces méridionales les plus voilines 
d'Efpagne. Confronter les témoins & les criminels. 
Tefles cum rco componere. Ce mot vient de cara y 
qui en Efpagnol fignine la tète ou le vif âge de l'homme. 
Ainfi accarer les accufés , c'eft les mettre tête a tête. 
Il envoya prier la Reine de ne iaire mourir ce malheu- 
reux, (m'il ne fût premièrement irccYrr:; à lui. Brant. 

ACCARON. Accaron. Ville delà Palciline, & l'une des 
cinq Satrapies ou gouvernemens des Phihfliins , où ils 
gardèrent quelque temps l'Arche d'Alliance , .après l'a- 
v«»ir prife. Ce n'eft aujourd'hui qu'un village. Poftel 
prétend que c'eft le P ortus ] amnetorum , • ^fivsTuy , de 
Prolomée. On y adoroit l'Idole de Béelzébuth, qui eft 
appelé le Dieu èî Accaron au ^ Liv. des Rois , C. i. 
i/. 6. Elle eft: à 3 heues de la mer , & à 5 de JafFa. 
Ceux de Geth envoyèrent l'Arche de Dieu à Acca- 
ron. Sa CI. 

Je ne fais dans quel Pline l'Auteur d'un de nos Dic- 
tionnaires a pris que Accaron ^Achoron , ôcAcharon^ 
font les Dieux des mouches, félon Phne, Z. x. C. 2S. 
Ce Chap. n'a que trois lignes que voici : Invocant 
& jî,gyptH Ibes fuas centra ferpentium adventum : 
&• Elei Mylagron Dcum, Mufcarum multitudine pef- 
tilentiam afférente , quA protinùs intereunt quâ lita- 
tum efl illi die. Il eft vrai que quelques Mff. au lieu 
àe. Mylagron j ont mis Mviacoren ■ mais c'eft maiii- 
feftement une faute. «• 

ACCASTILLAGE, f m. Terme de Marine , qui fe dit 
en parlant des châteaux qui font fur l'avant & fur l'ar- 
rière d'un vaifleau. 

§cr ACCASTILLER. v. a. Terme de Marine. Etablir 
un château fur l'avant ik fur l'arrière d'un vaiffeau. 

On appelle un vaifleau accafiillé , quand il eft ac- 
compagné de ces deux châteaux. 

ACCEDER. V. n. Terme de négociation & de droit pu- 
bhc. entrer dans un traité fait par' des Puiifances étran- 
gères, figner ce traité, fe joindre aux Puiflances con- 
traéfantes. Acccedere ad fœdus aliquod , illifubfcri- 
bere. Une des conditions de ce traité, eft que lesPuif- 
fances qui voudroient accéder dans fix mois , y feront 
reçues. Il fut ftipulé que la guerre contre les Suédois 
ne fe feroit point en Pcméranie , ni ians aucune des 
provinces de l'Allemagne ; & que les ennemis de 
Charles XII pourroient l'attaquer par-tout ailleurs. Le 
Roi de Pologne & le Czarûccea'trre/7r eux-mêmes à ce 
traité. Voltaire. 

On dit aufti, en termes de pratique, accéder à un 
aéte , à un contrat de vente : contentir à un aéf:e , le 
figner en fe joignant aux autres perfonnes qui y ont 
intérêt. 

ACCÉLÉRATEUR, f m. Terme d'Anatomie , qui fe 
dit de quelques mufcles. Qui accélère. Accelerator. 
L'urètre eft rellcrrée par les deux mufcles accéléra- 
teurs ^ dont une partie naît du fphinéler de l'anus, & 



ACC 

l'autre qui cft bciucoup plus confidcrable , mît de la 
p.-utic intérieure & poftcrieure de l'urètre , & s'inle- 
rcnî chacuii à la. partie latérale inférieure du corps ca- 
\emeux, de {"on côté vers la racine de la verge. Let- 
tre ^4. d.f. \-!Qo: Mém. p. 510. Il le détache de la 
partie antérieure de chaque mulcle accélérateur quel- 
ques fibres charnues , qui , après avoir rampé fur les 
côtes de la verge, fe terminent au prépuce. Id. 

M. Couper dit que les Auteurs le (ont bien trompés, 
quand Us ont rapporté lorigmc de ces mulcles au 
fphincler , ou compreileur de Vanus, ou aux tubéro- 
iités de l'os pubis ; car ils s'élèvent de la partie (upé- 
rieure de 1 urètre , pallent lous les os du pubis, en- 
veloppant la partie extérieure de la bulbe de leurs corps 
creux. Us s'uniiîcnttcus deux lur la partie intérieure, 
& vont enfemble le long de la peau du périnée , d'où 
ils fe féparent chacun de Icn côté. 

Ce mot vient du latin ccce/d/Oj j'accélère. Ces muf- 
cles fout ainli nommés , parce qu'ils accélèrent la lortie 
de l'urine , & l'éjacularicn delà lemencc. 
ACCÉLÉRATION, f. f. Action par laquelle on a/ajice 
une affaire , promote expédition. Accelcr^ztio. Il a omis 
plulieurs demandes qu'il avoir à faire pour l'accéléra- 
tion du jugement de Ion procès. Ce terme eft peu 
ulité en ce feus. 
Accélération , fe dit principalement en Fhyfi"uc , de 
raccroifîement de vitelfe dans le mouvement des corps, 
lorfqu'ils tombent hbrement, ou qu'ib lont pouifcs 
vers le centre de la terre. On ^recherche avec foin la 
cauie de l'accélération du mouvement des corps qui 
tombent , & pourquoi ce mouvement , ét.ant fort lent 
dans Ion ccmmenceméft , augmente & devient très-ra- 
pide vers la hn. Bern. Galilée efl le premier qui a 
trouvé la proportion de l'accélération du mouvement. 
Ce n'eft point la pefanteur qui fait l'accélération du 
mouvement des corps dans leiu" chiite, car on a re- 
marqué qu'un poids d'une livre tombe ôc dcicendavcc 
la même vitelîe qu'un poids de cent livres. Bern. Sup- 
pofant qu'à la même di(Lance du centre de la terre la 
gravité agit uniformément lur tous les corps , & que 
le temps qu'un corps met a delcendrc f oit divifé en par- 
ties routes égales; ii après que le grave par Ion poids 
eft tombé vers le centre de la terre pendant la première 
d.e ces parties de temps , fa gravité celle dagir. Ce 
corps tombera également, avec une vitelle égale à la 
force de la pr mière impuihon, c'eft-à-dire, que pen- 
dant chacune de ces parties de temps, il ne parcourra 
qu'autant d'elpace qu'il en a parcouru pendant la 
première : fa gravité donc ne cellant point , mais 
agiilant toujours , il s'enluit qu'au fécond moment 
ce corps recevra une nouvelle impuihon pour dc(- 
cendre ; la vitelFe lera donc double de ce qu'elle 
étoitau premier moivient , elle lera triple au troiiicme , 
quadruple au quatrième , ôc ainli des autres. Par con- 
léquent les vitelles dans l'accélération font comme le 
temps. De plus , parce que l'elpace que décrit un mo- 
bile dans un temps donné avec une vitciledonnée, eft 
le rectangle fait du temps & de la viteile , un corps 
grave étant également & uniformément accéléré , lei- 
pace qu'il décrit au commeiiccment du temps de (on 
mouvement, ell: juitement la moitié de celui qu'il au- 
roit décrit , (1 dans le même temps il s'éioir mû avec 
une vitelFe égale à celle qu'il a en lînidant. De-là il 
s'enluit, i". Que l'elpace parcouru avec la vitelfe de 
la fin dans la moitié d'un certain temps , eft égale à 
l'elpace décrit par un corps accéléré dans ce temps-là 
tout entier. 1". Que (î un corps en de(cendant décrit 
un eipace dans un certain temps , dans le double de 
ce temps-là il en parcourra quatre fois autant , dans 
le triple neuf fois autant, (Se. Ouâutrcmentii les temps 
font en progrelîîon arithmétique, i , 2 , 3 , 4, j, les 
elpaces (eront i , 4, 9 , 16 , 2; , e-c. 5°. Puifque Icf- 
pace décrit dans la première partie du temps eft i , 
dans la (econde 4 , dans la troifième 9 , &c. fi vous 
confidérez (éparément l'efpace parcouru dans la fé- 
conde partie , ce fera ;; . Et (1 de 9 , qui eit lefpace dé- 
crit dans la 5^ partie du temps, vous en ôtez 4, qui 
eft l'eipace décrit auparavant dans le fécond moment , 
il rcftera 5. Puis donc que les parties du temps lont 



ACC 



6i 



toutes fuppofées égales , lesefpaces décrits par un corps 
grave dans fa deiccnte , (eront commel es nombre* im- 
pairs dans leur ordre naturel 1,5,^,7,9,11,15, 
I j, 17, &c. 4*^. PuHque les viteiles acquifes dans la 
chiite (ont comme les temps , les efpaces parcourus 

» doivent être comme les carrés des vitefles ; & les 
temps & les vîtelfes pris en(cmble feront en rail'on 
(eus doublée des efpaces décrits par un corps qui icmbe. 

Accélération des étoiles fixes. Terme de l'ancienne 
Allronom.ie. Cette accélération eft la ditfcience 
qui (e trouve entre la révolution du premier mobile , 
<x la révolution (olaire : cette diftérence eft de trois 
minutes & environ cinquante-dx (econdes. 

ACCÉLÉRATRICE, {force) adj. Terme de Phyfique- 
Cni appelle ainfi la force ou la cau(e qui accélère le 
me uvement d'un corps. Tous les corps pris a une égale 
dirtance de la terre, ont une égale force accélératrice. 

ACCÉLÉRER, v. a. Hâter , preder une aftaiie, une en- 
trepriie. accelerare. La (uccellitu échue a ce jeune 
h^ nuire fera accélérer (o\\ mariage. Accélérer nw tra- 
vail. Ce terme eft principalement d'ufage dans les 
matières de ph)fique. Les corps graves en tombant ac- 
célèrent leur mouvement , (elon des loix conftantes 
qu'on expo(e dans la Statique. 

ACCÉLÉRÉ , ÉE. part. Cn le dit principalement en 
Phyfique. Mouvement accéléré, eft un mouveirient 
qui reçoit contiimellement de nouveaux accroide- 
mens de vitefte. En aftronomie , une planèce eic accé- 
lérée dans Ion mouvement , lorfque fon mouv ement 
diurne réel excède (on moyen mouvement. Elle eft re- 
tardée dans (on mouvement , lorfque fon mouvement 
réel eft moindre que fon mcuvement moyen. 

ACCENSE. (. \\\. Accenfus. Terme d'hiftoire ancienne , 
qui (îgnihe//w_///'tTj c.\: cyitl-AXzîi^K foldat fumumé- 
raire. Car il y avoitchez lesRcmains deux fortes de gens 
qu'on appeloitactt'/?/"; les uns étuient des Cftcicrs, 

desMagiftiats(ubalternes,quiavcrti(roientlepeuplede 
s'ademblcr, introdudoient a laudience diirf-'rcteur & 
marchoient devant le Conful, lorfqu'il n'avoit point 
de fadceaux. Accenfiforenfes. Leur*fonâ:ions repon- 
doient à celles de nos Huidîers. Les autres étoient à 
l'armée, des (oldats furnuméraires, pour remplir la place 
des morts ou des blcifes. Les premiers fe nommoienc 
Accenfi^ ah acciendo., dit Vairon , parce que leur em- 
ploi principal étoit de convoquer le peuple. Les au- 
tres, parce qu'ils étoient ajoutés au nombre compé- 
tant ; quia adcenfebantur ^ ou acccnfehantur ; c'eft-à- 
dire, ad cenfum adjiciekantur ^ ainfi que l'explique 
Alconius Pedianus. 

AccENSE. f. f. Terme de Coutume. On écrit audî ad- 
cenfe. Voye"; Acense. 

ACCENSEMÉNT,ou ADCENSEMENT. Voy. Acen- 

SEMENT. 

ACCENSER. Toyc^AcENSER, 

ACCENSEUR cS: ADCENSEUR. Voye-^ Acenseur. 

ACCENT, f. m. Modulation dans le difcours particu- 
lière a chaque pays: manière difiérenre dans l'articula- 
tion & prononciation des mots. C'eft proprement la 
modification de la voix , la manière de prononcer cer- 
taines (yllabcs plus ou moins élevées , plus ou moins 
longues ou brèves. Sonus rocis. Il faut éviter foi- 
gneu(ement un certain accent populaire , qui rend les 
plus belles choies dé(agréables.M. Scud. On dit com- 
munément que pour bien parler, il ne faut point avoir 
d'accent J, c'eft à-dire, qu'il ne laut point avoir d'ac- 
cent provincial , qui s'écarte de l'accent de la Cour & 
de la capitale. 

Prefque toutes les provinces ont leurs accens par- 
ticuliers. Deux des plus marqués font l'accent Gaf- 
con & \ accent Normand. L'accent Ga("con eft un ac- 
cent aigu, qui fe fait trop fentir. L'accent Normand 
eft un accent émoulfé, grolîîer & pefant, qui alTomme 
les oreilles. Les Gafcons aiment leur accent jufqu'a la 
fohe-, c'eft-à-dire, jufqu'àle garder à la Cour même, 
L'acccent Normand eft trop grodier pour favoriier la va- 
nité de l'e(prit:ri7cce«rGa(conla(avori(epar je ne ("ais 
quelle élévation qui ne déplairpas.ViGN. M AR. Il falloit 
dire plutôt, parce qu'il marque de l'e("prit ôc de la vivacité. 



6% 



ACC 



W. de Scgrais, qui étoit de l'Académie Françoife, & 
qui avoit paÙe la jeunelle a la Cour, a toujours parle 
Bas-Normaad , c^ conlervé Ion accent ; ce qui domia 
lieu à Mademoilelle de Montpenlier de duc a un gen- 
tilhomme qui alloit fauele voyage de Normandie avec 
M. de Segrais : vous ave-{ un Jon bon guide j ïl fait 
parjaiceinent la langue du pays. Vign. Mar. 
Accent , lignifie en Grammaire , certaine marque qu'on 
met l'ur les lyllabes , pour les laire prononcer d'un ton 
plus fort, ou plus foible, & pour marquer les diverles 
iniiexions de la voix. Accentus^ voculano. Les Sa- 
vans ont oblervé que l'ulage des accens étoit inconnu 
aux anciens Grecs. Ils ont été inventés par les Gram- 
mairiens , pour fixer la prononciation de la Langue 
grecque. Le Cardinal du Perron dit que les Hébreux 
appelloient les accens C=;pu , taham j c'eft-a-dirc , 
gujtus , parce que c'elt comme le goiit i?c lereliet de 
la prononciation. 

Il y a trois Icrtes à' accens. L'aigu , qui relevé un 
peu la fyllabe , bonté. Acutus. Le grave , qui la ra- 
bailic, lu. Gravis. Et le circonflexe , qui eft compolé 
des deux autres, &qui étend le ion, extrême. Circum- 
flexus. On le met fur la plupart des fyllabes longues 
dont on retranche un S ^ comme tront , pâle , àr. 
Les Hébreux ont V accent de Grammaire, de Rhé- 
torique , & de Mufique, ou plutôt, l'accent de Gram- 
maire S< de Rhétorique ; car l'accent de Mufique n'ell 
point différent de l'accent de Grammaire qu'on ap- 
pelle auiîi accent Tonique , parce qu'il'donne le ton à 
la fyllabe ; ëc l'accent de Rhétorique le nomme Eu- 
phonique^, parce qu'il fert à rendre la prononciation 
plus douce & plus agréable. Il y a quatre accens de 
Rhétorique , ou Euphoniques j & 25 Toniques^ ou de 
Grammaire , dont les uns le placent fur la^ (yllabe, 
les autres dellous. Les Grammairiens Juifs, fuivis des 
autres qui ont écrit des Grammaires Hébraïques , les 
diftinguent en accens Rois j & en accens Minifires , 
eu fervimurs. Les premiers font ceux qui font une 
diftinclion grande ou petite. On les appelle B.ois, parce 
que les autrc^fe rapportent à eux, leur fervent , & 
qu'ils font dans leur Empire i c'eft-à-dire , dans la 
pluafe que ceux-là gouvernent, & qu'ils terminent. 
Les féconds font ceux qui ne font point de diftindtion , 
mais qui montrent que la phrale n'cft pas finie , qu'il 
faut rapporter le mot ou le membre lur lequel ils 
dominent à ce qui luit. Parmi ceux qui font diftinc- 
tion, &: qu'on appelle généralement iîtiijj on diftin- 
gue encore un Empereur, des Rois, des Ducs, ou 
Chefs. Tous ces noms font métaphoriques pour mar- 
quer une diftindion plus ou moins grande. Celui qui 
domine fur toute une phrafe complère , qui termine 
un fens entier , s'appelle Empereur : cela revient à ce 
que nous appelons un point. Celui qui domine_ lur 
un grand membre de la phrafe , qui termine un lens , 
qui n'eft pas cependant tout- à-fait complet, s'appelle 
Roi : Se c'eft à-peu-près comme nos deux points , ou 
notre point avec une virgule. Enfin, celui qui dans un 
grand membre en gouverne & en coupe un plus petit, 
qui fait aulli un lens , mais imparlait, le nomme Duc : 
c'eft, fi l'on veut, notre virgule. Au refte, l'accent 
Roi devient quelquefois Miniftre, & le Miniftre Roi , 
félon que les phrafes font plus ou moins longues. 
De plus , l'art & la combinailon des accens eft autre 
dans la poëfie hébraïque, que dans la proie. On dil- 
pute beaucoup fur l'ulage de tous ces accens Toni- 
ques j ou de Grammaire. Un grand nombre de Pro- 
teftans, fur-tout parmi les Luthériens , loutiennent qu'ils 
fervent à diftinguer le lens. Le commun des Catholi- 
ques , & les plus habiles Proteftans , croient au con- 
traire qu'ils ne lervent que pour le chant, ou la Mu- 
fique ; car les Juifs chantent l'Ecriture-Sainte dans leurs 
Synagogues plutôt qu'ils ne la lifcnt. Je crois qu'ils 
lont faits pour marquer ce chant ; mais qu'on a ré- 
glé ce chant lur le lens des paroles , & fiu" l'attention 
qu'on a voulu qu'on fit à certains mots ; qu'ainfi 
les accens Hébreux , en-<narquant le chant, mar- 
quent aulli quelque diftinélion, mais que cesdiftinc- 
tions en li grand nombre lont fouvent inutiles ou trop 
fubtiles. Ainfi parmi nos Ecrivains Latins & François , 



ACC 

& parmi ceux qui nous donnent des éditions des an- 
ciens Auteurs j il .y en a qui mettent une fois plus de 
diftindions de points, de virgules, &c. que les au- 
tres. Quoiqu'il en loit , il eft certain que les anciens 
Hébreux n'avoient pas ces accens j qu'ils n'ont été in- 
ventés que vers le 'Vi^ fiècle par les Docteurs Juifs qu'on 
nomme Majjorettes , Se qu'amfi ils n'ont point une au- 
torité divine , quoiqu'en dilent quelques Proteftans. 
Les plus judicieux mcme parmi eux conviennent de 
ce qu'on vient de dire. 'Voila en peu de mots ce que 
l'on peut dire de plus clair Se de plus railonnable lur 
une matière fort embrouillée & lur laquelle on accrit , 
Se l'on écrit encore tous les jours bien des volumes. 
Il y a de grandes dilputes parmi les Savans lur les 
accens qu'on trouve depuis plulieurs liècles dans les 
Livres Grecs , foit imprimés loit manufcrits. Ilaac Voi- 
lais, qui a ccmpolc un dilcours à ce lujet , prétend 
que ces accens ne lont point anciens , Se qu'autrefois 
il n'y en avoir point d'autres que de certaines notes qui 
fervent à la Poëlîe. C'étoient proprement des notes de 
Muficiens pour chanter les Poèmes , Se non pas des 
notes de Grammairiens , telles que font celles qui ont 
été inventées trcs-Iong-temps après. Anftophane le 
Grammairien, qui vivoit vers le tem.ps de Ftolomée 
Philopator, fut l'Auteur de ces notes mulicalcs. Aril- 
tarque londiiciplc enchérit dans cet Artpar-deilus lui : 
Se tout cela ne lervoit que pour apprendre plus faci- 
lement aux jeunes gens l'art de faire des vers. Le même 
Volîius montre par plulieurs anciens Grammairiens , 
qu'on marquoit en ces ttmps-la les accens Grecs lur 
les mots , tout autrement qu'ils ne font prclentement 
dans les Livres, ce qu'il jn|lifie auiîi par des exem- 
ples. Voye-[ la dilîertation De acceniibus GrAcani- 
cis. 

Hei)ri Chriftian Hennin, dans une Dilfertation qu'il 
a publiée pour montrer qu'on ne doit point pronon- 
cer la Langue Grecque félon les accens ^ a embralfé le 
fenriment d'Uaac Volîîus , qu'il a pouffé encore plus 
loin. Il croit que ce font les Arabes qui ont été les in- 
venteurs de ces notes, ou pointes , acuminum ^ qu'on 
voit fur les mots, & qu'on nomme accens ; Se qu'ils 
ne s'en font iervis que dans la Poëlie. Il appuie ce len~ 
timent lur le traité de Samuel Glarck de Profodiu 
arabica, imprimé à Oxford en 1661 ; mais il ne pa- 
roît pas avoir entendu la penfée de cet Auteur. 

Hennin prétend que ces anciens accens , inventés 
par Ariftophane , s'accordoient parlaitement avec la 
prononciation de la Langue Grecque, au lieu que ceux 
d'aujourd'hui la detruiicnt. Il ajoute que les nouveaux 
Grammairiens Grecs ne les ont inventés, que dans des 
temps où la Langue Grecque commcnçoit à tomber, 
voulant empêcher par-là la mauvaile prononciation que 
les Barbares y introduiloient; Se il ne leur donne que 
neui^ cens ans d'antiquité, ce qu'il prouve , parce qu'il 
ne le trouve point de plus anciens Livres manufcrits , 
où ces accens loient marqués. Lifez fa Dilfertation 
imprimée à Utrechten 1684, fous le titre de Di(J'er- 
tatio paradoxa j avec celle d'Ifaac Vcftius qui y eft 
jointe. " ' 

Wetftcin , Profeireur àBâle,en Langue Grecque, 
a oppofé aux paradoxes de Hennin une favante Dif- 
fertation , où il tait voir que les accens qui font dans 
les Livres Grecs, foit imprimes , loit manulcrits, ont 
une bien plus grande antiquité. Il avoue que ces ac- 
cens n'ont pas toujours été marqués de la même ma- 
nière que les Anciens, &il en apporte en rricme temps 
la raifon. Comme la prononciation de la Langue 
Grecque n'a pas été la même chez tous les peuples , il 
n'eft pas étonnant que les Doriens les aient marqués 
d'une.manière , Se les /Eoliens d'une autre. De même, 
ajoute-t-il y un même peuple a prononcé différemment 
fa Langue en différens temps. Tout ceci fe peur con- 
firmer par l'exemple de notre Langue. Il rapporte deux 
raifons qu'on eut dès ces temps-là de marquer les ac- 
cens. L'une eft qu'on écrivoit alors tout en lettres ma- 
julcules , toujours également éloignées les unes des 
autres, fins diftindion de mots, ni de phrafes. L'au- 
tre eft de diftinguer les mots ambigus, & qui peuvent 
avoir deux fens. Il prouve ceci par une difpute fur 



ACC 

on endroit d'Homère , rapportée par Ariftcte dans fa 
Poétique , Ch. Jj. C'eft aniù que les Syriens, qui ne 
marquent point les acce/is tomques, quoiqu'ils aient 
des tzcc(;rt5 diftindifs, ont encore mvcnti ccicams points, 
qui fe mettent au-dell us cuau-àeùousuumotjpour en 
taire connoîue le mœuf , le temps , la pçiionne , ou le 
fcns, csrqui croient très-utiles loriqu'on écrivoit le Sy- 
riac (ans voyelles. Cette Dillertation , qui cil pleine d'c- 
rudition, a été imprimée à Baie en 1686 , ious le ti- 
rre de Dijjcnatio cpïfiolica de accentuum Grecorum 
antiquïtati & uju ^ a la lin de les DilcoUrs apologé- 
tiques pour la véritable prononciation de la Langue 
Grecque. 

H n eft pas polfible de fixer exaârcmcnt le temps au- 
quel les Grecs ont marqué les accens dans leurs Li- 
vres. Mais on peut airurer que Hennin & liaac Voi- 
fius ont un peu outré cette matière. Werftein a aufu 
trop étendu quelques-unes de les preuves. De plus , 
on doit demeurer d'accord que les accens ne lont point 
marqués dans les Livres Grecs qui ont mille ans d'an- 
tiquité. Mais il ne s'enluit pas delà que ces accens r\Q 
funent point encore dans ce temps-la en ufage chez 
les Grecs. Cela prouve leulement, que la plupart des 
Copiiles les ont négligés ; & c'ell ce qui fait qu'il eft 
très-rare de troirver d'anciens Manulcritsoùils Toierit 
marqués. C'ell: la remarque que M. Simon , qui a lu 
un grand nombre de Manulcrits Grecs , a faite dans 
fon Hijloirc critique du Nouveau Teflament j où il 
dit: l'Exemplaire Grec tic Latin de Cambridge , qui 
contient les quatre Evangélijïes & les Acles des Apô- 
tres ^ & qui ellau moins ancien de mille ans, n'a au- 
cuns accens. L'Exemplaire Grec & Latin des Epicres 
de S. Paul qui eft dans la Bibliothèque du Roi , & 
qui n'eft pas moins ancien que celui de Cambridge , 
a à la vérité des accens; mais il paroit qu'ils y ont été 
ajoutes après coup, parce qu'ils ne lont point de la 
même main que l'écriture de tout le Livre. Georges 
SynczWc, ajoute M. Simon ^ fait mention d'un Exem- 
plaire Grec de la Bible, qui étoit écrit avec une grande 
exactitude, où l'on avoit mis les points & les accens. 
Syncelle dit que cet Exemplaire lui étoit venu de la 
Bibliothèque de Céfirée en Cappadoce , &' qu'on 
voyoit par l'inlcription qui étoit au-devant du Livre , 
qu'il avoit été copié fur un Exemplaire qui avoit été 
corrigé par le grand S. Ealile. 

Hennin ne paroit pas cxaLl, quand il afsûrc que 
les accens ^oni une invention des Arabes , qui fut per- 
fectionnée par Alchalil vers le temps de la mort de 
Mahomet; que lesMalîorettcsdeTiberiade, au milieu 
du lîxième hècle adoptèrent cette invention , & que 
celui qui perfectionna les accens, lut le Rabbin Juda bcn 
David Chiug, natif de Fez, dans l'onzième (îècle. Il le 
peut faire à la vérité , que les Juifs aient emprunté leurs 
points voyelles des Arabes ■■, mais comment auroient- 
ils pris de ces mêmes Arabes leurs accens, puifque la 
Langue arabe n'a aucuns accens , ni dans la proie, ni 
dans les vers î La poëiie eft très-ancienne chez les 
Arabes, & long-temps avant Alchalil Eben Ahmed, 
qui l'a leulement réduite en art, marquant les mcfu- 
res des vers que nous appelons en Latin pedes j les 
pieds. C'eft- ce que Samuel Clarck a fort bien exph- 
qué dans fon Livre intitulé. De Profodiâ arabica. 

A l'égard des Juifs, on peut croire que les Malfo- 
rettes de Tibéiiade ont ajouté les accens au texte Hé- 
breu de toute la Bible. Ceux qui difent que le Rabb. 
Juda de Fez perfectionna les accens , n'ont avancé 
cela que parce qu'ils ont crû que ce Rabbin a 
été le premier Grammairien des Juifs. Mais ils le trom- 
pent; car Rabb. Saadias Gaon, qui vivoit long-temps 
avant Juda Chiug, a compofé une Grammaire hébraï- 
que. On trou\'e dans l'HiJïoire Critique de l'Ancien 
Tejlament , Chap. ^0 , un Catalogue des Grammai- 
riens Juifs, à la tcte defquelseft ce Rabb. Saadias. M. 
mon dit en ce heu-là : Après que les Juifs de Tihe- 
riade eurent ajouté les points voyelles & les accens 
au texte de la Bible _, les Docleurs des autres Ecoles 
commencèrent à les imiter. Ils mirent ces points & 
ces accens dans leurs exemplaires j que les particuliers 
décrivirent enfuite. 



ACC 6^ 

Les accens des Elébreux ont quelque chofe de com- 
mun avec les accens des Grecs i!^ des Latins,& ils ont en 
mcine temps quelque choie de parriculier, & qui ne 
le trouve que dans la Langue hébraïque. Ce qu'Us ont 
de commun, c'eft qu'ils marquent les tons, quand il 
faut élever, ou abaifter la voix fur certaines lyilabes. 
Quand un Juif habile ht le texte Hébreu de la Bible, 
il chante plutôt qu'il ne lit , parce qu'il le prononce 
lelon les tons qui font marqués par les accens. Ce que 
les accens ont de particulier dan^ cette Langue , c'eft 
qu'ils y font la même choie que les points & les vir- 
gules dans le Latin , dans le Grec & dans le Fran- 
çois : ils diftmguent les lections , les périodes , &; les 
membres des périodes. Le mot accent vient à'accen- 
tus ; tk. ce dernier mot , félon Covarruvias, vient 
À'acccnto , verbe fréquentatif dérivé à'accino. 
Accent, enMulîque, eft une inftexion , ou modihca- ' 
tion de la voix, ou de la parole, pour exprimer les 
pallions ik les afteclions , foit naturellement , ("oit par 
artii'îce. V^xcem oratoire fe dit de même du ton qui 
accompagne les mots avec lelquels on exprime telle 
ou tche aftecfion de l'ame. Chacue palTion ,, chaque 
fentiment a un ton qui lui eft propre. 

Les Poètes le fervent quelquefois du mot A' accens 
au pluriel pour lignifier la voix , ou les cris. Les ac- 
cens plaintifs. Les dcrniefs accens. Il expliqua fa pai- 
llon par ces triples accens. 

Loin d'ici, profane vulgaire ^ 
Apollon m'infpire & m'éclaire : 
C'eft lui , je Le vois , je le fens : 
Mon cœur cède à fa violence. 
Mortels i refpecte^fa préfence j 
Préte:^ l'oreille à mes accens. R. 

Rien n'empêche même de s'en fervir en profe , 8c 
M. Pelillon a dit fort élégamment aux Réfugiés : Pen- 
dant que toute la terre pleine de fon nom( du Roi) Se 
des charmes de votre Patrie , apprend à parler Fran- 
çois, vous tacherez devons former avec peine aux ce- 
cens de quelque Langue étrangère, qui ne lailfera pas 
de vous faire entendre à toute heure ce que vous 
avez perdu. 

ACCENTUER, v. a. Marquer les fyllabes avec des ac- 
cens , pour avertir comment il les faut prononcer. 
Syllahs. accentum apponere. Les P^omains n'accen- 
tuoient point leurs fyllabes en écrivant. 

ACCENTUE, ÉE. part. Cet é eft accentué, il le faut 
prononcer plus fortement. Accentu notatus. 

ACCEl-TABLE. adj. m. tk f. Ce qu'on ne peut raifon- 
nablcment rcluler. Accipiendus , qucd potejl accipi. 
On le dit au palais , des offres , des propolitions qui 
font railonnables, & concilient, autant qu'il eft pollî- 
ble , les droits tk prétentions refpeéfives des parties. 

ACCEPTANT, ANTE. adj. Terme de Pratique. Celui 
qui accepte, qui agrée ce qu'on fait en fa faveur. Dans 
tous les Contrats on dit, qu'un acquéreur, ou dona- 
taire , eft préfent & acceptant. Dans les ceilions à un 
abtent, le Notaire prend quahté d'acceptant pour le 
celîionnaire. 

ACCEPTATION, f. f Confcntement de celui qui ac- 
cepte, ad:ion par laquelle on reçoit volontairement, 
on agrée ce qui eftpropofé , offert. Acceptio. L'accep- 
tation d'une donnation eft neceffaire pour fa validité : 
c'eft une formalité ellentielle. L'acceptation eft le 
concours de la volonté du donataire, qui donne la per- 
fection à l'acte ; lans quoi le donateur peut révoquer 
fon don. 

§Cr Acceptation d'une fuccejfion, eft un a6te par le- 
quel un préfomptif héritier d'un défunt, manifefte qu'il 
prend la qualité d'héritier, à l'effet d'être fubrogé en 
tous fes noms, droits tk aétions, comme le répréfcn- 
tant, & étant en Ion lieu tk place, du jour du décès. 

§3° Acceptation de Communauté , eft l'aéte par le- 
quel une veuve , après le décès de fon mari , accepte 
la communauté de biens qui étoit entre eux. 

En matière bénéficiale , l'acceptation doit être faite 
au temps même de la rélignation, & non ex inter- 
vallo. L'acceptation eft réputée faite par un Gradué, 



<5'4 



ACC 



nommé, qixand il a demandé à l'ordinaire qu'il lui 
confère le Bénchce. Bouchel. 

Acceptation 5 en termes de Théologie, le dit de la 
manière de recevoir les Conftitutions des Papes , ou 
de l'ade par lequel on les reçoit. Il y a deux lortcs 
d'acceptations 3 l'une folennelle , & l'autre tacite : 
V acceptation (olznntWc eft l'acle par lequel on reçoit, 
& on accepte une Conftitution, en condamnant ce 
que le Pape condamne. L'aceptation folennelle fe pra- 
tique plus ordinairement dans les lieux où les erreurs 
condamnées fe font élevées , dans ceux où elles fe 
font répandues, où elles ont caulé dufcandaie, où les 
Livres condamnés ont été imprimés i dans les p.ays où 
font ceux à qui la Conftitution eft adrelïée en parti- 
culier, quand elle ne l'eft pas à tous les Fidèles. Quand 
une Conftitution a été acceptée exprclfément par ceux 

' qu'elle regarde d'une manière particulière , elle eil 
cenfée acceptée tacitement par les autres Prélats du 
inonde Chrétien qui en ont connoilfance i Se cet ac- 
quielcement eft ce qu'on appelle acceptation tacite. 
Âind la France , la Pologne , &c. ont accepté tacite- 
ment la Conftitution contre la Doétrine de Molinos; 
Se l'Allemagne , la Pologne , &c. ont accepté tacite- 
ment les Conftitutions contre la Doéfrine de Janlé- 
nius, Evêque d'Ypres. Enfin, quand la plus grande 
partie des Êvcques a accepté une Conftitution exprcl- 
lément, ou tacitement , les autres font obligés de l'accep- 
ter & d'y adhérer , en ce qui regarde la foi Se les mœurs ; 
& il n'eft point néceflaire que l'acceptation du Corps 
des Pafteurs loit folennelle , pour que les Conftitu- 
tions du Saint-Siège (oieiit des règles du fentiment des 
Fidèles. Procès verbal de l'Assemelée du Cler- 
gé en 170;. 

Acceptation d'une lettre de change ^ eft la promelle 
par écrit de l'acquitter dans le temps de fon échéance. 
Si le porteur d'une lettre de change n'en fait point 
faire l'acceptation dans un certain temps , il n'a plus 
de garantie fur le tireur. Savary. 

ACCEPTER, v. a. Agréer ce qui eft offeiT. Jccipere. Il 
a accepte une charge difficile à remplir. La loi eft cen- 
fée accepter pour les mineurs , & elle lupplée à 
leur intention dans les choies favorables. Courtin. 
Accepter un combat fur un défi. Accepter h paix , les 
conditions d'un traité. Il faut remarquer que ce mot 
diftére de recevoir ; il eft moins étendu. Nous rece- 
vons ce qu'on nous donne, ou ce qu'on nous envoie. 
Nous acceptons ce qu'on nous offre. On reçoit les 
grâces. On accepte les fervices. Recevoir exclut fim- 
plement le refus. Accepter marque un conlentement 
ou ime approbation plus expreffe. 

EHe venoit j Seigneur ^ fuyant votre courroux j 
A la face des Dieux /'accepter pour époux. 

Ragin. 

On dit , j'en accepte l'augure ; pour dire, je fou- 
liaite que cela arrive comme on le fait elpérer. 
Accepter le dit des Conftitutions, Bulles , ou Brefs des 
Papes , comme on l'a expliqué au mot acceptation. 
Un arrêt du Conleil du cinquième Juillet 171 4, le 
Roi y étant, déclare un Mandement d'un Evêque com- 
me non fait , & non advenu , parce qu'il introduit une 
nouvelle manière d!accepter\z% Conftitutions du Pape. 
Il y a cette différence entre accepter & acceptation 
pris en ce lens, que l'on dit également bien accepter 
ou recevoir une Bulle, ou Conftitution , au lieu qu'on 
ne dit point réception ^ mais toujours izcceprizriow d'une 
Bulle ou Conftitution. 

On dit aulli, accepter wnç. lettre de change, pour 
en empcchct le protêt, lorfqu'on la loulcrit, & qu'on 
promet delà payer. Acccepter un legs, une donation, 
une luccclllon, communauté, f^oye':^ Acceptation. 

On dit aufti au Palais, Accepter les offres de la 
partie. 
ACCEPTÉ , EE. part. Qui a les mêmes fens que fon 
verbe. Les offres qui ne lont point acceptées font fu- 
jètes à révocation. En matière de Bulles i\: de Conl- 
tirutions du Saint-Siège, quoiqu'on dife accepta- 
tion j & non pas réception , on dit cependant recu^y 
& non pas accepté. Cette Conftitution eft reçue en 



ACC 

France. On n'encourt point en France rcxccmmimica- 
tiôn, & les autres peines portées dans cette Bulle, 
parce qu'elle n'y a point été reçue j & non pas ac- 
ceptée , au moins dans l'ulagc ordinaire. 

ACCEPTEUR, f. m. Terme de commerce. Acceptor, 
L'Accepteur eft celui qui a accepté une lettre de 
change. L'Accepteur devient débiteur perfonnel après 
l'acceptation j eft obligé de payer, quand jnéme le 
tireur viendroit à manquer. 

ACCEPTILATION. f. f. Acceptilatio. Terme de Jurif- 
prudence Romaine. Remife verbale qu'on donne à un 
débiteur lans aucun payement de la part; déclaration 
qu'on lait en laveur de Ion débiteur, qu'on ne lui 
veut plus rien demander , qu'on a été latisfait d'une 
dette, ou qu'on la lui remet. On trouve dans le droit 
une certaine forme prefcrite pour l'acceptilation. Ul- 
pien a cependant décidé que l'acceptilation n'eft point 
aux paroles ; & qu'étant de droit naturel que chacun 
remette ce qui lui eft dû , en la manière qu'il lui plaît, 
elle ne dépend point des formalités. 

ACCEPTION. 1. f. Conlidèration , forte de préférence 
qu'on a pour quelqu'un plutôt que pour un autre. 
Refpeclus , difcrimen _, delecîus. Les bons Juges ne 
font aucune acception des perfomies. Cette exprelTîoa 
nous eft venue de l'écriture, où le Traduéteur Latin 
rend par accipere perfonam j & perfonarum accep- 
tio, ce que l'Hébreu exprime par DU.Snpj connoitrcj 
ou confidérer le vifage , y faire attention j ou par 
D1JS iiWO , affumptio jacierum , ce qui fignifie faire 
diftinction des perlonnes, avoir des égards , des confi- 
dérations pour les unes , qu'on n'a pas pour les autres. 
On s'eft fervi autrefois auflî en ce lens du mot d'ac- 
ceptation ; mais acceptation eft plus propre pour les 
affaires , & acception pour les perlonnes. 

Acception. Terme de Grammaire. Sens dans lequel on 
prend un mot. Signijicatio j notio , intelleclus. Ce 
mot a plulîeurs acceptions-. Dans la première & plus 
naturelle acception ^ il lignifie, 6'c. 

^C? Acception, en Médecine, fe dit de tout ce qui eft 
reçu dans le corps, foit par la peau , foit par le canal 
alimentaire. Encyc. Je ne crois pas ce terme d'un 
grand ufage. 

fC? ACCÈS. 1. m. Acceffus y d'acccdere 3 qui fîgnific 
aborder 3 apjprocher. Ce mot dans fon acception la plus 
étendue , lignifie la même choie c!^ abord , approche. 
L'Accès de cette côte eft difficile à caufe des rochers. 
Place de facile Accès. 

fCJ" Accâs, Aditus^ en parlant des petlonnes, défigne 
la fxcilité. qu'on a d'approcher de quelqu'un, de 1 en- 
tretenir. On dit dans ce lens , avoir accès auprès de 
quelqu'un. On zaccès où l'on entre. Les princes don- 
nent accès. L'accès en eft facile ou difficile. Cet hom- 
me cherche quelque accès dans cette maifon , quel- 
que connoillancc qui lui en facilite l'entrée. Quia beau- 
coup de connoilfances , peut avoir accès en beaucoup 
d'endroits. C'eft un homme dans l'efprit duquel il eft 
impoffible de trouver aucun accès. Voyez encore Abor- 
der & Approcher. 

Accès. 1. m. Se dit dans les Conclaves, à l'éleélion des 
Papes , lorfque les voix fe trouvant toujours trop par- 
tagées pour que l'èleition fe puilfe faire , des Cardi- 
naux fe déiiftent de leur premier fuffragc, &: joignent 
leurs voix à celles qui ont été données à un autre Car- 
dinal. Corradini eut trente voix au fcrutin , mais à 
l'accès il n'en eut que vingt-huit. Les billets du fcru- 
tin, les billets de l'accès. Après le Icrutin, on alla à 
l'accès. Il fut fait Pape à l'accès. On dit aufti Accejjit. 
Voyez ce mot. Accès vient du hitin accejjus^ d'acce- 
do J, j'accède, je me joins. 

Accès. Terme du Droit Canon , qui fignifie la fa- 
culté qu'on accordoit à quelqu'un pour polTèder un 
bénéfice après la mort du titulaire, ou parce que ce- 
lui à qui on accordoit cette faculté , n'avoit pas encore 
l'âge compétent. En attendant, on donnoit le bénéfice 
à un autre; &Inrf:ju'il avoit atteint l'âge requis, il cn- 
troitdans fon bénéfice fans nouvelle provifion. Le Con- 
cile de Trente, par le chapitre Icptième de la vingt - 
cinquième feftion, a abrogé les accès. H réferve feu- 
lement au Pape la faculté de nommer des Coadjuteurs 

aux 



■ ACC 

aux Archevêques Se Evcques , pourvu qu'il y ait né- 
cellitc prcllanrc, & que ce foit en connoillance de 
caulc. La diifcrcnce que les Canoniftes mettent entre 
l'accès Se le regrès j c'eft que les régies habenc cau- 
fam de prteterito j parce qu'il faut avoir eu droit au 
bénéfice; Se l'accès ^ habcc caufam de futuro. Ras- 

SICOT. 

Accès , ie dit auffi en Médecine des retours périodiques 
de certaines maladies, qui lailïent quelques bons in- 
tervalles. Acccjjio 3 acceffus. lia eu un accèsAz fièvre ^ 
de goutte. Il lui prend quelquefois un accès de folie. 
En ce (ens il {e dit auflî leul , & lans ajouter le nom 
de la maladie. \! accès a été long & violent. 

Accès, le dit aulîî au figuré & dans les choies morales. 
Il lignifie alors , mouvement intérieur & pallager , en- 
conléquence duquel on agit. Il a des accès de dévo- 
tion , des accès de libérahté. 

ACCESSIBLE, adj. m. & f. Ce qui peut être approché. 
Ad qiiem facilis eji aduu's. On le dit des lieux & des 
perfonnes. L'humeur farouche de ce Juge fait qu'il 
n'eft accejjiùle qu'à peu de gens. Il étoir accejjible à 
toute heure & à tout le monde. Le Gend. Cette place 
n'eft acccjjibh que par un icul eudroit. 

ACCESSION, i. i. Terme de pratique. L'adion d'aller 
dans un lieu. Acccjfw. Le Juge a ordoîiné une accef- 
Jîon de lieu, pour drelîer procès verbal de l'état des 
chclcs. dans ce icns accejjïùn eft la mciue choie que 
defcence Se vïjite d'un lieu. 

|CF Accession, en droit , lignifie auih l'union d'une 
choie à une autre que l'on polfédoit déjà ; en ce cas 
c'eftla même chofe qu'accroiirement: s'approprier un 
fonds par droit à'accejjion. Le droit explique diverfes 
lortes à'acceffions , en vertu deiquelles une chofe 
jointe à une autre accroît au profit du propriétaire de 
la chofe à laquelle l'autre a été unie. La pourpre par 
voie A'acceJJton appartient au maître du drap avec le- 
quel elle a été conlondue par la teinture. Inst. P. i , 
T. I. 

Accession. Terme de droit pubhc , fignitie l'action d'r.e- 
céder à un traité. Il lera permis aux autres Puiir.vnces 
d'entrer dans ce traité : le Kvm£.à' accejjlon fera d'une 
année. Acfe d'acceffion de la parc, des Puiiraiices belli- 
gérantes. 

On peut aulÏÏ le dire du confenrement que l'on 
donne à un ade , à un traivé entre particuliers. L'ac- 
cejjlon du père au contrat de mariage du fils. 

ACCESSIT, f. m. Terme de Collège , emprunté du Larin 
pour déligner la récciv;penfe qu'on donne à l'écolier qui 
aapproché du prix. Un tel a eu le premier accejjit , 
c'cft-à-dire , il p [q plus approché du prix. Le lecund 
accejffù. Il ac'^i zmisaccejjltj c'cll:-à-dire, il aapproché du 
prix en tr-'jis diftérens genres de compofitiGn. 

Ceir^ot eft latin, & vient de ce qu'après avoir donné 
les ^lir, , on nomme ceux qui en ont approché le plus 
P''-C.s, en difant: Ad hos proximè accejjerum. 

■nCCESSYTjfeditdansleConclave, d'im Icrutindans le- 
quel des Cardinaux quittent le parti qu'ils avoient 
luivi jufque-là , &: joignent leurs voix à celles d'un au- 
tre parti peur le fortifier. Le Cardinal Polus n'eut que 
vingt-fix voix, tant au Icrurin qu'a l'accejjit. Dupin. 
Le Cardinal eut dix-huit voix au fcrutin, & vingt- lîx 
à l'accejfit. Id. On dit aulTi Accès. f^oye\ ce mot. 

*ACCESSOlRE. f. m. Dépendance du principal, ce qui 
n'eft regardé que comme la luite ou l'accompagne- 
ment de quelque chofe de principal. Accejjlo. Les dé- 
pens, qui ne lont qu'un acceJJ'oire ^ montent fouvent 
plus haut que le principal. L'acceJJoire .doit céder 
au principal. La caution dans le contrat eft un accef- 
foire qui fortifie le contrat , Se par cette raifon il eft 
condamné comme le principal obhgé , parce que l'ac- 
cejfoire tient de la nature du principal. Ce mot eft gé- 
néral, & comprend les intérêts , le; riuits, les dépen- 
dances & les luires des choies principales: ainlî les 
fruits d'un fonds pcndans par les racines apparriennent 
à celui qui a obtenu gain de caulc en adion réelle , 
comme étant les acceffoires du fonds. 

M. l'Abbé Fleury dans le ditcours qui eft à la tctc 
du treizième tome de fon Hijî. Ecclef. dit , en par- 
lant des Pèlerinages , que fur la fin de l'onzième liè- 
Toms I, 



ACC 6$ 

cle , on préféra ce périt accejfoire à l'eirentiel de la 
Religion. 
Accessoire, fe prend figurément pourim état fâcheux. 
Status acerhus. Il étoit dans un étrange accejfoire^ 
On ne s'en iert plus en ce fens. 

AccEssoiR.E, pris pour adjedif, le dit de ce qui n'eft 
point de relience d'une chofe , mais que l'on y joint 
comme un accompagnement, comme une dépendance 
ou uiie iuite. Adfcïtus , adventitius. Une dette ac- 
cejfoire, une idée accejfoire. 

Accessoire, en matière de Pharmacie , veut dire un 
changement qui arrive au médicament par des caufes 
extérieures, & qui augmente , ou diminue là valeur , 
Ion adion. 

^CF Accessoire, en peinture , font des chofcs quel'on 
fait entrer dans la compofirion d'un tableau , qui, fms 
y être ablolument néceftaircs , fervent beaucoup à 
l'embellir, lotique le Peintre fait les placer, fans cho- 
quer les convenances. 

l'Accessoire du long extenjeur des orteils , en termes 
d'Anatomie, eft une malle charnue, longuette &: plate, 
lltuée obhquemcnt fous la plante du pied. Ce mufcle 
a ère autrefois appelé la chair carrée de la plante da 
pied , à caufe de làlîtuarion & de lafigure. 'Winslow. 

Accessoire de Willis; Accejforius WlWfil, eft , en 
termes d'Anatomie , un nerf, que nous appelons le 
Spinal. Voye\ ce mot. Les nerfs acceffoires appar- 
riennent à la huirième paire, Se nai lient par pluheurs 
filets des deux côtés de la moelle de l'épine du cou , 
quelquefois plus haut , quelquefois plus bas. Ils mon- 
tent chacun entre les plans nerveux qui fortent latéra- 
ralemcnt de la moelle de l'épine pour former les nerfs 
vertébraux; & a mefure qu'ils montent, ilsgroifillent par 
les filcis qu'ils reçoivent des plans nerveux poftérieurs. 

ACC/:iO. Accko. Ville de Phénicie. Elle fut donnée à 
1?. Tribu d'Afer; mais cette Tribu n'en dialla point les 
Chananéens , ou Phéniciens , non plus que de quel- 
ques autres lieux dont il eft parlé au Ch. i du Liv. des- 
juges f. 3 1. Quelques-uns veulent que ce foit la mcuîc 
qu'Acé, ou Ptolémaïs. Bêchait, Chanaan ^ C. i , dit 
que c'cft Acon, qiic Jacques de Vitry, dans fou Bijloire. 
d'Orient:, C. %$ écrit Accon. Vûye\ fur cet endroit 
les notes d'André Hojux,;-. ^6l , del'édiriondeDouai 
i;c)7, & Fuller. Mijccll. Liv. iv ^ C. ij. 

Etienne a tort de chercher dans la langue grecque 
l'étymologie de ce nom ; encore plus Joicphe de le 
faire venir d'apx" j prlnciplum. C'cft un mot purement 
Hébreu, ou Phénicien, l^y, que quelques-uns inter- 
prètent comprejfusj ou conjracîus ; mais dont nous ne 
lavons pas la vraie lignification. 

ACCIA. Ville de Corfc , autrefois épifcopale. Accla. 
Elle eft au nord de l'Ile , entre la rivière de Golo , SC 
celle de Tavignano. Accla ayant été ruinée, ion évê- 
ché a été uni à celui de Mariana. 

fCr ACCIDENT. 1. m. Cas fortuit; ce qui arrive par 
halard. cajus. Il y a des gens à qui la faveur arrive comme 
un accident ; ils en lont lurpris les premiers. La Bruy. 
Quand ce mot eft mis icul, Se fans adjecl:if qui en 
détermine le Icns, il le prend prelcjue toujours en mau- 
;aile part. Il arrive quelquefois des accldens , d'où il 
'aut être un peu fou pour le bien .tirer. Rochef. C'eft 
dans les Hôpitaux que le rairemblent toutes les infir- 
mités Se tous les accldens de la vie humaine. Flech. 
? Accident, dit M. l'Abbé Girard j le dit de ce 
qui arrive de fâcheux , loit à un feul , foit à plufieurs 
particuliers ; Se il s'applique également aux faits qui 
ne lont pas peiionnels,commeà ceux qui le lont. Il me 
Icmblc, dit-ll:, que le halard a moins de part dans l'idée 
d'événement, que dans celle A' accident Se d'aventure. 
Dans l'ufage ordinaire , accident fe prend fouvent 
comme lynonyme de malheur ^ comme annonçant Se 
délignant un fâcheux événement. Cafus advcrfus. La 
différence qui fe trouve alors entre ces deux mots , 
confifte en ce que le mot malheur s'applique particu- 
lièrement aux événemens de fortune Se de choies étran- 
gères à laperfonne; au lieu que V accident ïs^Aïàe. pro 
prement ce q-ui arrive dans la pcrionne nic-me. On dit 
un grand wza/Aei/r, un cruel accident. C'cft un acci- 
dent de tomber ou d'être blellé. 

l 



fa 



66 



ACC 



Accident. Terme de Philofopliic. Propnctc acciden- 
telle, ce qui t'iuvient à la iubllancc, & qui ne lui cil 
pas eircntiel j qui peut y êtie , ou n'y être pas , fans 
qu'elle pcriiïe. Accidens. Un accident , ou xxnmode, 
c'cil ce que nous concevons nécelïiiirement dépen- 
dant de quelque (ubftance. Ron. La blancheur ell un 
accident dans une muraille , parce que cette muraille 
peut fubiuler fans la blancheur: au lieu que la blan- 
cheur ne peut naturellement fubfiftcr fans qu'elle foit 
foutenue par quelque fubilancc. 

On diftingue en Philofophic des accidens logiques, 
des accidens phy Tiques , des accidens métaphyfiques. 
L'accident logique ell tout ce qui peut être conçu être 
ou n'être pas dans le fujet , fans qu'il ceffe d'être ce 
qu'il eft. La blancheur , par exemple , eft: un accident 
logique d'une muraille, ou de quelque autre corps que 
ce foit qui eft blanc , parce qu'elle peut être dans la 
muraille j ou n'y être pas, lans que la muraille celle 
d'être muraille. IS Accident mctaphyfiquc eft tout ce 
qui neft point l'elfencc première d'une chcfc \ & en ce 
fens les propriétés font des accidens. L'Accident phy- 
fique eft oppofé à la fubftance, & on en diftingue de 
deux fortes , l'Accident phyfique abfolu, & l'accident 
modal. Par accident phyfique abfolu , ou fimplement 
accident abfolu , accidens abfolutum , on entend ce- 
lui qui fubllfte , ou qui peut au moins furnaturellement 
8c par miracle fubfifter lans fujet. Tels font les acci- 
dens du pain & du vin dans le Sacrement de l'Eucha- 
riftje, fuivant le grand nombre des Théologiens. Par<.;c- 
cident çlr-ihqMS modal , on entend toute modification 
réelle, infcparable abfolument de fon fujet, quoique le 
fujet puifte être fins elle, ou en avoir jinedilïerente. 
Ainfi la rondeur, la carrure, 6'c. font des ai-fidens phy- 
fiques modaux /^ovf^MoDE. C'eftla même choie. 
^CJ" Accident. Terme de Grammaire. Il eft Ku-tout 
en ufage dans les anciens Grammairiens qui et;ten- 
dent par-là une propriété qui , à la vérité , eft atû:- 
chce au mot , mais qui n'entre point dans la défini- 
tion elfen-tielle du mot. 
Ç3" Accident. Terme de peinture. On appelle accidens 
de lumière jles rayons qui viennent par une porte, par 
une lucarne, ou dun Hambeau, lorfque cependant ils 
ne font pas la lumièie principale d'un tableau. On dit 
encore des accidens de lurrJère, lorfque les nuages in- 
terpofés entre le foleil & la terre , produirent lur la 
terre des ombres qui l'oblcurci^leiit par efpace; l'eifet 
que produit le foleil fur ces efpaces qui en reftent 
éclairés, s'appellent accidens de lumière. Ces accidens 
produifent des eftets merveilleux dans un tableau. 
Accident , en Médecine, eft la même chcle que ivmp- 
tc>me, & le dit de tout ce qui arrive de nouveau à un 
malade, foit en bien, loit en mal. Symptoma. Le re- 
mède travailla de telle lorte, que les ^cci^f^/zj qui s'en- 
fuivirent, fortifièrent l'accuiation. Vaug. Cette plaie 
le pourra guérir, s'il ne furvient point à' accident ■ 
c'eft-à-dire , de fièvre , dinftammation , ou d'autre 
fymptôme. 
C|^" Accident , feditaulîi en fauconnerie. Les oifeaux de 
proie lontlujetsà piuiieurs accidens,ce(\.-à.-d'n:e , ma- 
ladies, blellures. 
^fT Accident , lignifie auffi les circonftances &' les inci- 
dens d'une adion. Quand Sapho veut exprimer les fu- 
reurs de l'amour, elle ramalîe de tous côtés les acci- 
densquï lai\eut&qui accompagnent cette paflion:&: 
remarquez que de tous ces accidens , elle choifit ceux 
qui marquent davantage l'excès ik la violence de l'a- 
mour. BoiL. 
Par accident, manière de parler adverbiale. Fortuito. 
£lle marque vne choie arrivée par malheur , ou par un 
événement qu'on ne devoir pas naturellement atten- 
dre. Le Prince a l'humeur bienfailante , & s'il fait 
du mal , ce n'eft <\\xepar accident. En termes de Phi- 
lolopliie, par accident jy pcr accidens j fignifie ce qui 
ne fuit pas de la nature d'une choie , mais de quelque 
quahté accidentelle quelle a, & il eft oppofé à de foi , 
perfej,:i\iice manière de parler qui marque ce qui fuit de 
l'efience &zde la nature d'une choie. Ainfi le feu brûle 
de (oi, pcrjl- , &c en tant qu'il eft feu, (l<i'non ^zs par ac- 
cident^ mais un fer, même chaud, ne brûle oyie par 



ACC 

accident , par une qualité accidentelle qui lui eft ajou- 
tée , ^c-non pas de foi & en tant qu'il eft fer. 

ACCIDENTEL , ELLE. adj. Qui n'eft pas de l'ef- 
ience d'une choie , ce qui eft indiftérent à un fujet. 
Adventitius. La blancheur eft tzcci^e«re//e au marbre , 
la chaleur au fer. 

ÇCF Accidentel, le dit encore en phyiique d'un effet 
qui arrive , ou d'une caufe qui agit par accident , 
pour ainfi dire , lans être , ou du moins ians paroîtte 
lujetre à des loix, ni à des retours réglés. Les vents , 
les pluies , &c. iont les cauies accidentelles du chaud 
& du hoid. 

Point Accidentel. TerraedePerfped:ive,c'eftun point 
dans la ligne horizontale, ou les projefticns des lignes 
parallèles entr'elles , mais non perpendiculaires à la 
Peinture , le rencontrent. Accidentalc puncium. Har- 
kis. 

ACCIDENTELLEMENT, adv. Par accident. Ce n'eft 
<\\i' accidentellement qu'un homme eft blanc ou noir, 
grand ou petit. On ne s'en iert guère qu'en termes de 
Philoiophie. Accidentaliter , per accidens. 
ÇCFACCINS&PRÉCLOTURES. Termes de droit, fi- 
gnifient les environs &, prochaines clôtures de quelque 
lieu Seigneurial , qui appartiennent à l'ainé , & font 
partie de ion préciput. 
ACCISE. 1. h Terme de Pvelation. C'eft une ceiTaine 
taxe , eu impôt qu'on levé dans les Provinces-Unies 
fur le vin , la bière, & lur la plupart des chofes qui 
fe coniument. On condamne à de grclfes amendes 
ceux qui fraudent les accifes. Ce mot vient du Latin, 
difentlesjéluites d' Anvers, ^cZtz. Sancl. April. T. nu 
p. 738, de accidere, tailler, parce que c'eft une taille, 
un retrancliement. On trcu\'e en Latin moderne Ac- 
cifia , pour la taille. 
ACCISME. i.iii. Terme proverbial , qui fignifie le re- 
fus diliîmulé des chofes dont on a le plus d'envie. Les 
filles répondent ordinairement par un accifme , lorf- 
qu'on leu;' parle de mariage. Ce mot vient d'une 
femme nomi^iée Acco^ qui avcit accoutumé de rcfu- 
icT les choies dont elle avoitle plus d'envie. Moreri, 
au rnot Acco. 
ACCLAMATION. /• f Cri de joie ou d'applaudlife- 
ment p.ir lequel le pk."blic témoigne ion eftime ou fon 
approbation. AcclanwL'io. Le Roi entra dans la ville 
parmi If s applaudiiremei."s& les acclamations du peu- 
ple. Ablanc. Les ioldats \ le purent retenir les pleurs, 
ni les acclamations par lefc u -Hcs une multitude exprime 
fesmouvemens. Vaug. Aux.?v'/ncmensdes Princes, & 
à leurs premières entrées dans les >;''lcs, les peuples ont 
accoutumé de faire des acclamation^' ^ ^^^ réjouif- 
fmces publiques. Dans le Code ThécQ^'ficn, L. vu, 
il eft fait mcnûon des acclamations duçeiip}^^^'^™^^^ y 
aux entrées des Empereurs Angufte Se ConftA;:tin. De 
RocH. Voici quelques formules de ces acclar,rat.'Cns , 
que l'Antiquité nous a confei-vées: Que les Dieu;^ v"OUS 
conlêrvent pour nous, votre ialut, notre falut : iSJi 
te , nobis fervent j vejlra falus , noflra falus. En vous , 
ô Antonin, &par vous , nous avons tout. In te omnia, 
per te omnia hahentur , Antonine, Lamprid. Lorf- 
qu'Agripprine entra dans Rome , les peuples crioient 
qu'elle étoit l'honneur de la patrie , le iêul iang d'Au- 
gui1:e,le feul modèle de l'antiquité, & faifoient des 
vcfux pour l'es enlans. Tacit. Annal. L. m. C. 4. Lam- 
piidius dit qu'à l'entrée d'Alexandre Sévère les peuples 
envient Salve jfRoma :, quia falvus Alexander! O 
Rome , loyez iauve , puifqu'Alexandre eft iauf. Les 




L. I i.C. S' Anciennement on le fei-voit d'acclama- 
tion Se d'applaudiffement dans les églifes , comme 
dans les théâtres: les Magiftiats , les Evéques, étoienc 
élus autrefois par les futïlagcs , & les acclamations 
pubhques. Dans les Conciles on s'en eft auffi fouvcnt 
lervi , foit pour fouhaiter de longues années aux Em- 
pcurcurs, foit pour opiner 
0^ Acclamation, ielon les Auteurs du grand Voca- 
bulaiue , fe dit quelquefois de l'élévation d'un fujet à 
qutlque dignité importante. Non, l'açclamationn'cO: 



ACC 

point l'élévation d'un fujet à une clignitJ imporû-inte. 
Il leroit ridicule de dire X'acciamation du Pape, de 
1 Empereur , &c. fe fît tel jour. Le mot à' acclama- 
tion fignifie teulcment la manière de donner l'on fuf- 
frage, ulitcc autrefois dans quelques occahons, <k les 
applaudidcmens qui accornpagnoient U'ieéîiondu l'u- 
jec. Plulieurs Empereurs ont été élws'^CL): acclamation. 
On dit , Elire par acclamation ^ quand les voix le 
réunifient tout d'un coup pour l'élcclion d'un Sujet. 
AcAD. Fr. Un avis, une loipallent ^aï acclamation .y 
quand l'avis ou la loi lont reçus i!Jc approuvés dès qu'ils 
font propolés. 

ACCLAMPER. v. a. Terme de Marine. C eft fortifier 
un mât par desclamps, qui lont des pièces de bois 
qu'on y lie, qu'on y attache pour oppoier plus de réiil- 
tance au vent. 

ifT ACCLAMPE, ÉE. part. Un m?.t ace lampe .amciwcI 
on a attaché des pièces de bois par les côtés, peur le 
fortifier. 

ACCOIL, ou ACCUEL. f. m. Vieux mot qui fignifioit 
accueil. 

ACCOILLIR. Vieux v. a. Accueillir quelqu'un. 

ACCOINTABLE, adj. Vieux mot. Gracieux, accolla- 
ble. 

A luife tint ung Jouvencel 
Accointable, très-gent & kcl. 

Gloss. du Roman de la Rosz. 

ACCOINTANCE. f. f. Vieux mot. Habitude , com- 
merce , ou tamiliarité qu'on a avec une perlonnc. Coni- 
mercium -fConfuctudo. Il ne laut avoir aucune accointance 
avec des gens de mauvaite vie. 

Le bel ejprit au fiècle de Marot , 
Des grands Seigneurs vous donnoit /'accoin- 
tance. Des t^ouL. 

Ce mot déligne fouvent un commerce illicite entre des 
perfonnes de différent fexe , principalement au Palais. 

ACCOINTER. V. a. Vieux mot, & hors dufage, qui 
fignifioit, A£Z«rer quelqu'un, taire lociété avec lui. Ha- 
here commcrcium ^ inire confuetudinem. On le ditaufli 
avec le pronom perf onnel. Il s'eft accointé de cette 
fille , pour dire > il la voit un peu trop lamilière- 
ment. 

ACCOISEMENT. f. m. Calme. Terme de Médecine. 
Il n'ell: d'ufage que dans cette pliial'e , VAccoifcmcnt 
des humeurs , & fignifie alors la cell'ation d'un mou- 
vement excellif, excité en cil -s par quelque caufe que 
ce (oit. 

ACCOISER, V. a. Vieux mot , qui fignifioit , calmer, 
appaiter, rendre coi. Placare, mulcere. La tempête 
après avoir duré fix heures , s'accoifa un peu. La fé- 
dition fut ûtct'i/t-'tf par l'adrelle d'un tel Magiflrat. Ce 
terme eft uiité en Médecine , où l'on dit accoifer les 
humeurs. On le dit aufîi avec le pronom pcrfonnel. 
Les humeurs s'accoifent. 

ACCOISÉ, ÉE.part. 

ACCOLADE, l. t. Embralfement , carelfe qu'on fait en 
fautant au cou de quelqu'un en l'embraflant. Am- 
plexus j complexus. Les amis qui ont été long-temps 
fans fe voir, fe font mille cmbralfades !kaccollades. 

^CT Accolade. Terme d'ancienne Chevalerie. Cérémo- 
nie qui fepraciquoit anciennement en conférant un or- 
dre de Chevalerie, dans le temps où les Chevaliers 
croient reçus en cette quahté par les Princes Chrétiens. 
Elle confilloit en ce que le Prince armant le nouveau 
Chevalier, l'embraifoit en ligne d'amitié , i.\: lui don- 
noit fur l'épaule trois petits coups du plat d'une épée. 
Grégoire de Tours rapporte que les Rois de la pre- 
mière race donnoient le baudrier Se la ceinture dorée 
aux Chevaliers, Hc les baifoient à la joue gauche. Le 
Chevalier qui recevoir l'iTccoAîo't.'jétoit nommé Cheva- 
lier d'armes, miles ^ parce qu'il entroit par-là en pof- 
felîion de faire la guerre , dont l'épée, le heaume , &c. 
étoient les fymboles. On y ajoutoit le collier , comme 
la marque la plus brillante de la Chevalerie. Ceux 
qui avoient été ainfi reçus Chevaliers , avoient feuls 
le droit de porter l'épée hi de chauffer des éperons do- 
Tome I. I 



ACC 



<?7 



res. C'eft pourquoi on les nommoit e'quites aurati , au 
lieu c]ue les Ecuycrs ne pouvoient porter que des épe- 
rons argentés. Donner , recevoir l'accolade. 

Accolade, dans un compte, c'eft un trait de plume 
qui joint pluflcurs articles pour n'en faire qu'un. 

^fT Accolade, en Mufique , trait tiré à la marge 4e 
haut en bas , par lequel on joint enfcmble dans une 
partition les portées de toutes les différentes parties. 

Accolade, fe dit auflide dcuxlapreaux qu'on l'ert , qu'on 
préfente joints cnfbmhle. 

On du en plaitantant : Donner \ accolade à une bou- 
teille, à un flacon. 

CO" ACCOLAGE. f m. mieux qu'ACCOLLAGE , Ter- 
me de Vigncrcn. Travail qui confifle à attacher les 
larmcns aux échalas. 

ALCOLEi-'. V. a. EmbraiFcr quelqu'un en lui mettant 
les bras fur le cou pour le baiier,le careller. Amplec- 
ti i complecli. Ce mot c!l compote de col , & vient 
de ad , ik de collnm. Il fe dit le plus louvent en riant. 
Ces deux .amis s'accolent toutes les fois qu'ils fe ren- 
contrcnr. 

AccoLEa, Embraffer le cou. 

Pfycharpax fur fon dos légèrement s'élance 3 
/'accole, & de fcs bras le ferre étroitement. 

AccoLErv. la cuijje, accoler la botte à quelqu'un , lui 
embraffer la botte ou la cuiffe : ce qui efl une mar^ 
que de foumiflîon & d'infériorité. 
Accoler, en termes de Pratique, fignifie fiire un trait 
de plume en marge d'un compte, d'un mémoire, d'une 
diclaraticn de dépens, qui marque qu'il tant compren- 
dre plulicurs articles lous un même jugement, & les 
comprendre dans une même fupputation pour n'en 
faire qu'un feul. Multa in unum redigere. 

On dit en Charpenterie, ^cco/cr une pièce de bois , 
pour la guinder. Accoler deux ou plufieurs pièces de 
charpente, les unir enfemble , fans aucun atlemblage, 
pour les fortifier les unes parles autres, & leur donner 
la force nécetlairc pour le fervice qu'on en veut. 
ifT Accoler. Terme de Jardinage & d'Agriculture, 
attacher quelque chofc avec de la paille , de l'ofier , ou 
du jonc à quelque corps f'olide. Il faut accoler les 
branches des plantes farmenteufes , parce qu'elles font 
trop loibles pour fe loutenir d'elles mêmes. On accole 
la vigne, ou les branches d'arbres à un échalas, ou 
fur un treillage , afin que, par ce travail , donnant pliis 
d'air aux f-iuits & aux raifins , ils puiffent parvenir à 
une maturité parfaite. 
Accoler, tignihe en termes de cuifine, joindre deux la- 
preaux enlemble pour en lervir une accolade. Coni- 
ponere. 
ACCOLE , ÉE. part Se adj. En termes de Blafon , fe 
prend en quatre fens difrérens. On le dit des animaux 
qui ont des colliers ou des couronnes palfces au cou. 
Torquatus. Ainli on dit , un lion de fable armé, lam- 
paffé, & accolé è^oi. On s'en fert aufll en blafonnant 
les armes de Navarre , qui font de gueules aux rais d'et 
carboucle accolés Se pommetés d'or. 
Accolé , te dit aullî des choies entortillées à d'autres , 
comme d'un ferpent à un arbre ,- ou à une colonne , 
ou de toute autre chofe qui etl entourée de lierre ; d'un 
fep de vigne à un échalas-, d'une givre, Alligatus. 
Accolé , te dit encore de deux écus qui font joints en- 
lemble , Si attachés par les cotés. Scutumfcuto an- 
nexum , adjunclum. Aintî les écus de Fiance Se de Po- 
logne étoient accolés tous une même Couronne du 
temps de Henri III, ceux de France & de Navarre de- 
puis Henri IV. Les écus de Léon X & de François I. 
font en tête du Concordat en deux Ecuffons accolés: 
ils le font pareillement dans le fceau dont il eft fcellé. 
Les femmes accolent aulTi leurs écus à ceux de leurs 
maris. 

On dit auffi que des fufées, des lofmgcs & des ma- 
cles font accolées , quand elles le touchent de leurs 
flancs , ou de leurs pointes fans remplir tout l'écu. On 
fe fert aufîi de ces termes pour les clefs , bâtons, maf- 
fes, épées , bannières. Se autres chofes femblables 
qu'on pafle en fautoir derrière l'écu. 



■<Î8 



ACC 



ACCOLURE. (. f. Terme de jardinage. Lien de paille, 
ou -d'autre choie , donc les vignerons fe fervent pour 
accoler les vignes. Vaccolure n'eft pas une marchaa- 
dile bien chère. 

Ce mot lignifie auih l'adion à' accoler. 
^3- ACCOLLiRE. Terme de rivière. Pièce de bois fer- 

vant dans la corapolitiond'un train. 

ACCOîSxBA. Ville du Peloponcic.ou de laMorée. Hy- 

parûa. Elle eft dans le Belvédère, au quartier que l'on 

nommoit autrefois l'E/idcj prè.5__de la rivière deDia- 

■ gon , qui , quelques lieues au- de ficus , fe déclvarge dans 

l'Alphec. 
ACCÙMMODABLE , adj. m. Se f. fe dit en matière de 
diifcrent ; qui fe peut terminer , ajulter , pacifier. Quod 
componi j concilian facile potejl. Cette querelle eft 
venue de rien, elle cil accommodable. Les diflcrens 
en matière de Religion ne font guère accommoda- 
hles. 
ACCOMMODAGE, f m. Travail ou falaire de ceux 
qui .apprêtent , qui accommodent les viandes. Gper&^ 
laborïs merces. Quand on porte des viandes au caba- 
ret, il en faut p.ayer Raccommodage j les lauces , l'ap- 
prêt. 

On le dit aulîi chez les Perruquiers Se les coifFeufes : 
c'eftl'aftion d'arranger les boucles d'une tête, ou d'une 
perruque. Payer l'accommodage de la perruque. 
ACCOMMODANT , ANTE, adj. Qui eft facile, com- 
plaifant, qui veut bien ce que les autres veulent , avec 
qui l'on peut traiter ailément. Commodus. Vous au- 
rez bientôt conclu votre marché avec cet homme-là , 
il eft fort accommodant. Votre humeur iî égale, (ocia- 
ble, & Il accommodante me charme. Cost. 
ACCOMMODATION, f f. Terme de P.alais. Accord 
qui fe fait à l'amiable. Compojîtlo. Ceprocèi eft il em- 
brouillé , qu'il n'y a pas moyen d'en lortir que par 
voie A: accommodation. On ne s'en fert plus. Il faut 
dire, accommodement. 

On le dit aulîi figurément de la conciliation des 
Loix, des pallages des Auteurs qui femblent être con- 
traires. Conciliatio. Le plus gr.ind foin des Commen- 
tateurs eft de trouver l'accommodation des textes de 
leurs Auteurs qui fe contrarient. Conciliation eft meil- 
leur, ik feul en ufrge. 
AccomjModation. Terme de Philofophie. Accommoda- 
tio. Connoître par accommodation 3 c'eft connoîtreune 
chofe par l'idée d'une autre. Terme barbare de l'école. 
ACCOMMODEMENT, f. m. Ajull:ement,ce qui rend 
une chofe plus commode, ou qui la met en meilleur 
ordre. Conveniens rerum dijpojitio j collocatio.^ Je ne 
louerai point votre mailon , que vous n'y ayiez tait tels 
& tels accommodemens. 
AccoMiMODEMENT, lignifie aullï, accord, traité pour fi- 
nir un procès, ou un difterent à l'amiable. Accord qu'on 
fait avec fa partie fur U!i procès pour le terminer , ou 
fur quelque conteftaticn qui n'eft pas encore portée 
en Juftice , pour prévenir tout procès qui en pouroit 
naître. Compojïtio ^ reconciliatio. Ces parties font en 
voie , en termes à' accommodement. Cet homme n'elf 
point chicaneur, il eft homme d'accommodement. llcCi 
porté naturellement?, \'accomi7:odcn:cnt ; il entre vo- 
lontiers en accommodement ; il écoute tous les moyens 
à' accommodement. Dans les accommodemens l'on cher- 
che d'ordinaire des termes foibles , pour l'honneur de 
celui qui fait fatisfrclion. Bouh. Cet ade d hoftihté a 
rompu l'accommodement qu'on avoit ménagé. Ils ont 
fait un accommodement plâtré. Acad. Fr. Il le prend 
encore pour tempérament , moyens de conciliation , 
expédiens qu'on trouve pour concilier les elprits , & 
terminer les affaires. Il y auroitun accommod.ement à 
prcpolcr , Il les intérellés y vouloient conientir; c'eft- 
à-dire , un moyen, & un adouciftement pour les con- 
cilier. 

Le ciel défend de vrai certains contentemens. 
Mais on trouve avec lui des accommodemens. 

Molière. 

Un ncgcciateur qui a fes ordres de la Cour , feint 
cependant quelquefois de fc rcLkhcr de lui- même , 



ACC ■ 

& comme par un efprit d'accommodement. La Bruy. 
On dit proverbialement, que le meilleur procès ne 
vaut pas le plus mauvais accommodement. 
ACCOMMODEU. v. a. Rendre une chofe facile, com- 
mode , la réparer. Aptare j repararc , reficere. On a 
donné ordre pour accommoder les chemins. IlrauCtic- 
commoder cette l'elle , la rembcurer , la rendre moins 
dure, &plus commode. 
Accommoder, lignifie aullî, arranger, mettre en ordre , 
en bon état. Componerc , concinnare. Il a pris grand 
foin d'accommoder la chambre , Ion cabinet ; d'orner , 
d'accommoder ion jardin , fa maifon. 

On le dit aullî des chofes qui regardent l'ornement 
de la perfonne. Comere. Cette femme eft toujours 
deux heures à s'accommoder ; c'cft-à-dire , à s'ajuftcr 
& à fe parer. Ce Barbier accommodch'iQn la perruque, 
les cheveux. 
Accommoder, fignifieauiri, préparer, apprêter, aflai- 
fonner. Parare ^ apparare y injlruere j condire. 'Ce 
Cuihnier accommode fort bien à manger. On eft fort 
bien accommode d^ns cette hôtellerie-, c'eft-à-dire , on 
y eft bien traité , & bien (ervi. A quelle fauce voulez- 
vous qu'on accommode ce pollfon. 
AccoMModer,fe dit aullî en parlant de ce qui eft à la 
bienféance , au voifinage de quelqu'un. Convenire. 
Cette terre accommoderoit bien cette Seigneurie, par- 
ce que l'une relevé de l'autre. Vous ferez ailément 
marché avec ce curieux , tout l'accommode. 
Accommoder , lîgiîifie , prelqu'en mêmefens , traiter^ 
acheter J prêter j permuter. Si vous voulez YCi accom- 
moder de cette terre , je l'achèterai. Si vous voulez 
m'iJccoOT/TzoJdr de quelque argent,vous me ferez plailîr. 
Accommoder, fignifie aulfi débrouiller les affaires, les ré- 
tablir, faire fortune, gagner du bien, repararc , rcfd- 
tuere y rem facere. Cet homme s'cft bien accommodé 
dans cette charge: il étoit gueux , il a bien accommodé 
fes affaires. Il eft du ftyle famiher. 
Accom.\:oder, fignifie aullî terminer un procès à l'amia- 
blcj(is: mettre les perfonnes d'accord. Controverjtam di- 
rimere y componere. Accommoder une artaire, une que- 
relle. Ilsétoient prêts à fe battïe,onlcs a accommodés. 
On le dit aulîîdes Loix, des pallages des Auteurs 
& autres choies qui Icmblent le contrarier, & que l'on 
cherche à concilier. Conciliare. Comment accommo- 
dez-vous .cette Loi du Digefte avec cet autre du CodeJ 
Comment accommode^-vows la dévotion avec la co- 
quetterie ? Il y a des dévots qui accommodent la Re- 
ligion à leur intérêt. 
Accommoder , fe dit auftîavec le pronom perfonncl,& 
lignifie être facile, commode dans la négociation, dans 
la manière de wïviC. Fini; ère , accommodare fe advo- 
luntatem y &c. Il y a plailir de traiter avec cet homme- 
là; c'eft un homme d'un efprit ailé, & d'une humeur 
agréable, qui •iaccomm.ode à tout. En ce iens on dit 
aullî , qu'un homme lage doit s'accommoder a.u temps. 
Servire tempori y &c. C'eft-à-dirc, fe conformera l'u- 
lage , aux lieux , aux humeurs , à la volonté , à la ca- 
pacité des perfonnes à qui il a aftaire , pour vivre en 
repos , & dans l'eftime publique. La fcience d'un 
homme lage eft de s'accommoder au temps. Le Gend. 
Il faut que la laiCons'accommode h la lenhbilité de la 
nature, & que dans les extrêmes déplailirs clic lui laill'e 
verler des pleurs. C ail. Pour être heureux par les paf- 
fîons , il faut que toutes celles que l'on a s'accommo- 
dent les unes avec les autres. Font en. Les loupirs & 
les langueurs ne s'accommodent point à la fierté d'un 
Héros. Cail. C'cft-à-dirc , qu'ils ne compatiilentpoint 
cnfemble. Saint Ignace difoit qu'il ne faut pas accom- 
moder les aftaires à loi , mais qu'il faut s'accommoder 
aux affaires. Bouh. Quand on n'a pas de quoi s'accom- 
moder y il faut s'accommoder de ce qu'on a. R. 
S'accommoder, avec la particule de y lignifie trouver 
une choie bonne, commode , ou du moins ne la trou- 
ver pas mauvaile , s'en iervir , en uler volontiers. Con- 
venire y uti y adh'ibere. Je ne laurois m accommoder de 
ce valet, pour fignifier, je ne puis m'en Iervir. On dit 
qu'iui homme ne s'accommode pas de toutes fortes de 
perlonncs , peur dire, que toutes perfonnes ne lui plai- 
Icnt pas; qu'il s'accommode dans un lieu , pour expri- 



ACC 

mer qu'il s'y trouve bien. Je iie va accommode point de 
la folicude , ce genre de vie cit trop ennuyeux. Le P. 
Malebr.inche penfoit trop fubcilement pour s'accom- 
moder de penlees qui font natuiciles. La Bruy. So- 
ciate , donc la vertu n'écoit point tarouclie, s'accommo- 
a'olr de 1 innocente joie des Icllins. AL Scud. 
Accommoder j avec le nom perfonnel , ilgnific encore 
prendre fans façon , s'approprier les choies un peu liar- 
diment, U/urpr^re , vïnd'icare. Cet homme %' accom- 
mode de tout ce qu'il trouve; c'eft-à-dire^ il s'enLriiît, 
il s'en empare. Q)\\ dit auilî, voyez comme il s'accom- 
mode ; pour exprimer, qu'il prend les commodités avec 
beaucoup de hbertc. 
Accommoder, fe prend quelquefois à contrclens , Si en 
mauvaile part , Se iîgnihc maltraiter , ou de paroles , 
ou de coups; ^âter , mettre en déiordre & en mauvais 
état. Malè hahere. Il eft tombé entre les mains de vo- 
leurs , d'alFallins , qui l'ont accommodé d'une étrange 
manière. Il elt tout couvert de boue, le voilà mal ac- 
commodé. Bon Dieu ! comme il s'eft accommodé. En 
quel état il s'eft mis. Exptelîions familières. On dit po- 
pulairement , je vais l'accommoder de toutes pièces. 
Ablanc. Dans le jugement de ce procès ila été mal ac- 
commodé j il y a eu de (évères condamnations contre lui. 
On dit aulîl par raillerie , dun homme qui s'cft 
enivré, qu'il s'en eft donné, qu'il s'eft accommodé de 
la belle manière; pour dire, qu'il en a pris avec excès. 
Accommoder, le dit proverbialement dans ces phrales. 
On l'a accommodé tout de rôti , pour dire , on l'a fort 
maltraité. On dit auilî, accommodez-vous , le pays eft 
large ; pour fe moquer d'un homme qui fe mec à Ion 
aife , qui prend les commodités lans beaucoup de cé- 
rémonie. 
ACCOMMODE, EÉ. part. Compojîtus. Un procès ac- 
commodé: Un homme allez accommode des biens de 
la foicune. Dives. Masc. 
|CF ACCOMPAGNAGE. f. m. Terme de foierie. Trame 
fine, de même couleur que la dorure, dont l'étoffe eft 
broch-'e , lcr\ant à garnir le fond lous lequel elle palle , 
pour em lécher qu'il ne paroifte au travers de cette 
même dorure , ce qui en diminueroit l'éclat ëc le 
brillairt. 
ACCOMPAGNATEUR, f. m. Terme de Mufique. Ce- 
lui qui dans un concert joue de quelque inftrument 
de Mulique , en accompagnant la voix des chanteurs 
ou des chanteufes. A l'aide de cette nouvelle méthode 
on peut devenir favantCcmpolitcur & habile accom- 
pagnateur, mcme lans lavoir lire la I\iu(ique. AL Ra- 
meau. Me rf. Fév. 17^2. 
ACCOMPAGNEMENT, f. m. Aélion par laquelle on 
accompagne. Comitatus. \J accompagnement du Saint 
Sacrement , quand on le porte aux malades , eft une 
action pieule , & qui édine. Dans ce Icns l'on ne %'^\- 
lert guère que pour des cérémonies. Le Prince de C. 
fut chargé de \ accompagnement de la Princelle. Ac. 
Accompagnement , fe dit aulîl de choies qui en accom- 
pagnent une .autre, &qui en font regardées comme une 
luice nécelfaire , ou pour l'ornement , ou pour l'agré- 
ment, ou pour la lymctrie. Adjuncla. Il ne manque 
à cette maifon qu'un bois de haute futaie pour fon ac- 
compagnement. Cette chambre eft belle, mais elle n'a 
pas iç.% accompagncmens. S. EvR. 
^fT Accompagnement , fe dit en Peinture, à pai-prcs 
dans le même fens, des objets qui font ajoutés ju pour 
l'ornement, ou pour la vraifemblance. 
ifT Accompagnement en Mufique , fe dit de. accords 
dont on accompagne la voix qui chante le lUjer , ou 
i'inftrument qui le joue. L'accompagnement in clave- 
cin , de la viole, h' accompagnement fcutieit la voix , 
6c fert à la faire paroître. Apprendre , (zvoul' accompa- 
gnement. 
Accompagnement , en termes d'Organifts, fe dit de 
divers jeux qu'on touche pour accompagier le delFus . 
comme le bourdon, la montre, la flûte, 1; preftant,&c 
Concentus. 
Accompagnement, eftaulîî un terme à Blafon, & fe 
dit de tout ce qui eft autour de l'Ecu .pour lui fer\ir 
d'ornement, le pavillon, le cimier , iei fupports , (Se. 
Stipatïo, 



ACC (^9 

ACCOMPAGNER, v. a. Marcher de compagnie avec 
un .autre. Ccmïtarl. Un Religieux doit être toujours ac- 
compagné d'un Frère. Cecce femme jaloufe accompa- 
gne par-tout ion mari. 

Ce verbe eft employé dans plufieurs acceptions, qui 
ne font diftinguées que par des nu.ances très-légères. 
^fJ" Accompagner. Suivre par honneur. La Noblelfc 
accompagnoit le Gûu-'erucur de La Province. On ac- 
compagne le Saint Sacrement. 
.'.'-^ Accompagner. Conduire en cérc-monie. Deducere, 
C'eft un Prince qui accompagnel'Amhii'î^d.àcuiA'Au.- 
dience. 
ÇCT Accompagner. Reconduire une perfonnc donc on 
a reçu vilite : ce Prélident a accompagné cette Dame 
jufqu'à Ion carrolfe. 
Accompagner, le dit généralement de la fuite, du cor- 
tège, de l'efcorte qu'on donne à quelqu'un , ou pour 
l'oblerver, eu pour lui faire honneur, ou pour l'aliurer 
en la marche. C'eft en ce fens qu'on dit acconpa ,aer 
le Saint Sacrement , quand on le porte aux malades. 
Rodolphe , Comte de Habsbourg, rencontrant à la cam- 
pagne U!i Curé, qui portoit le Saint Viatique à uri ma- 
lade par des chemins très-mauvais, lui donna l'on che- 
val, (^' accompagna le Saint Sacrement à pied. C'eft à 
cette action de piété qu'on .attriuue fon élévation, &c 
celle de la M.iifoa d'Autriche , dont il eft le chef. On 
a remarqu; que le Roi fit quelque chofe de fcmblable 
peu de temps ayant que le Duc d'Anjou parvint à la 
Couronne d'Elpagne. Ce Seigneur marche toujours 
accompagné àz fix Gentilshommes, &c. Les .vlaréchaux 
de France envoient un garde à ceux qui ont querelle, 
pour les accompagner par-tout. Quand le Roi alla à la 
conquête de Flandre , il étoit bien accompagné , il avoir 
une nomoreule armée. On envoya un corps de Cava- 
\al_erie pjui: accompagner ce convoi, c'eft-à-dire, pour 
l'elcorte;. 
Accompasner, le dit auilî de ce qui orne ou décore 
quelque choie, & qui eft bien alforti. Dans ce fens , 
on le jdnt avec hien. Condecorare. Ces deux pavillons 
accompagnent bien ce b.itiment , ils font une belle 
lym être. Cette garniture accompagne bien fon habir, 
cela et bien afforti. Lorfqu'elle joue, le thuorbe ac- 
compa^ne parfaitement fon chant ; mais fa perfonne 
acconvagne encore mieux le thuorbe. Le Ch. -d'H. 

Ondit dans ce fens, que les che\'cux accompagnent 
bien b vilage. 
Accom'Agner, fe dit figuréinent en choies morales, de 
ce qii eft joint enfcmble. Corfioclarc , conjun.'erc. Il 
acconpagne tout ce qu'il dit de tant de grâces & de tant 
d'homctetés, que cela gagne les cœurs. La colère & 
leiTportement accompagnent d'ordinaire le jeu. S. 
Evi. L'admiration qu'on a pour les actions glorieufes, 
eft ouvent accompagnée d'un fecret dépit de n'en pou- 
voir laite autant. Cost. Il a accompagné le comph- 
iiTUt qu'il lui a tait faire d'un préfeni confidérable. La 
^icilleHe,par les mfiïmité^qxxA' accompagnent ^ rcifem- 
Jie plus à la mort qu'a la vie. Ablanc 
A:compagner, en termes de Muiîque , fe dit de celui 
qui joue du clavecin dans un concert ^ ou de celui qui 
joue de la Hiite , ou du violon , ou de quelque autre 
inftrument, pendant que quelqu'un chante , ou que 
quelque inftrument joue le lujct. C'eft une icience par- 
ticulièie , de bien accompagner une voix. Un habile 
Muficien accompagne de génie , & lur le champ , tou- 
tes fortes d'airs. 
03" Accompagner en Peinture. Ce Peintre accompa- 
gne bien les tableaux, f^oye:^ Accompagnement en 
Pcintute. 
ffT Accompagner. Terme de Soierie , fignific l'aclion 

de palFer V accompagnage. Voyez ce mot. 
s'Accompagner, v. récip. Mener quelques gens a^■ec foi 
pour quelque deflein. Il fe prend le plus fcuvent en 
mauvaile part. Il s'accompagna de gens de main pour 
faire ce coup-là. Il le dit peu. 
ACCOMPAGNÉ , ÉE. part. 

Accompagné , en termes de Blafon , fe dit , lorfqu'autour 
d'une pièce principale, comme le lautoir, la bande, la 
falce , le chevron, le croiftant , le lion, l'aigle, &c. il y 
a pluiîeurs autres pièces qui lont auprès en léairtes par- 



70 ACC 

ririons. De Neufviîle Villeroi porte d'azur an clievron 
d'cr, accompar-'né de trois croix ancrées de même. On 
le dit particulièrement des croix, fautoirs , chevrons , 
.perles j 6'c. quand ces choies lont également dilpolées 
dans les quatre cantons de l'écu qu'elles laillent vides. 

ACCOMPLIR. V. a. Achever entièrement , mettre une 
chofc en un état où il n'y ait plus rien à délirer. Per- 
ficert. Ce (oldat a accompli le temps de fun lei'vicc. 
Ce Religieux a accompli le temps de Ion noviciat. Il 
reviendra quand il aura accompli le temps de Ion ban- 
nllFemenr. 

IJCr Accomplir , fynonyme d'efFedruer. accomplir (i 
promelfe, ton vœu. Exécuter (es promcfles, les obli- 
gations qu'on avoit contradlées. PromiJJ'a exfolverc. 
Accomplir un mariage. Accomplir un traité. Notre 
Seigneur a accompli routes les Prophéties. Dieu lui 
<lonna des enfans pour tTCCoWjp/ir (es défirs , &lui ôta 
pour éprouver la relîgnation. Felib. Accomplir la loi , 
faire ce qu'elle exige. Accomplir (es obligarions, faire 
ce que le devoir exige de nous. 

ÇCJ" Accomplir , eft auilî réciproque dans le fens d'ef- 
feduer. Ce mariage n'a pu s'accomplir-Tovues les Pro- 
phéties s'accomplirent dans la perlonne du Sauveur. 

ACCOMPLI, lE. part. d<: adj. Achevé, parfait. Pe^/ecZz/j^ 
dhjolutus. Le temps eft accompli. Il a fait un ouvrage 
accompli. Ce Seigneur efl: accompli , pour dire, il 
a toutes forres de perfedrions & de bonnes qualités. 
Il faut avoir 25 ans accomplis pour erre en majorité. 

ACCOMPLISSEMENT, f m. Ce qui rend la chofe ac- 
complie ; exécution , fuccè; d'une choie qu'on le pro- 
pcloir de faire eu c^u'on avoit entrcprife. Perfeclio ^ 
dbfchtio. Nous avons \' accompUQ'cm.cnt d; nos vœux -, 
c'eft-à-dire , tout ce que nous avons fouhaité. Les inf- 
truftions de l'Eglile tendent à porter les fidèles à \ac- 
complifj'ement de la Loi de Dieu. Port-R. Lycrur.ue 
ordonna que les nouveaux mariés ne le vilTent qu'a la 
dérobée, afin d'empêcher le dégoiît qui fuit l'entier ^rc- 
compliffcment de nos défus. Ablanc. Voyez un heu- 
reux , Se qu'elle fénérité l'accompliffemcnt ie fes def- 
ieins répand iur fon viîage. La Bruv. Ce mot vient 
du Latin, ad ik complcrc j r(^mv\h. 

ACCON. Terme de Marine. Petit bateau à fond plat, 
dont on f e lert pour aller fur les vales , Icrlqie la mer 
eft retirée. P'oye:[ Acon. 

ACCONDUIRÊ. V. a. Amener. Adduccrc. Il le fe dit 
plus. 

ACCOQUINANT, ANTE. adj. verbal. Qui acoqui- 
ne, qui attire. Le feu efl; accoquinanc. Une vc acco- 
quinante. 

{p- ACCOQUINER, & mieux ACOQUINEL v. a. 
Amuler, attacher trop à quelque choie, accoitumer 
à une vie libertine , fainéante. On le dit aullî arec le 
pronom perfonncl. Traders, fc ludo ^ voluptati ^incr- 
ti<i. La letfure des Romans <?toç/-'i/2t' re(prit,pouidive, 
elle l'amufe , elle l'attache. Le feu acoquine j il £nd 
les gens parclfeux , fainéans. Cet homme s'eû acoqùne 
au jeu , avec cette femme. Il n'eft que du dilcoirs 
funilicr, & fe dit toujours en mauvaife part. On le 
dit auiîl de quelques animaux domeftiques. Il ne fait 
pas qu'un clrien de chalfe s'acoquine à la cuifine. Ce 
mot , quand il eft joint avec le pronom perfonnc , 
régit le verbe à l'infinitif avec la particule à. Quand 01 
s'elt une fois acoquine' à faire des vers , l'on ne peit 
plus s'appliquer à autre choie. S. Evr. Ce mot vieni 
de coquus, parce que les frinéans fe plaifent fort à 
la cuidne , eu plutôt de coquin j dont nous donne- 
rons l'étymologic en (on lieu, & iigniiie proprement 
devenir coquin j (oit en général , foit à l'égard de quel- 
que chofc en particulier. 
ACCOQUINÉ , ÉE. part. 

I^CT ACCORD. 1. m. En Jurilprudencc, fynonyme éCac- 
commodement. Convention faite entre les parties pour 
terminer un différent à l'amiable. Paciio , conventum. 
Ces parties ont fait, pallé, ligné un accord. Il y a eu 
accord entre les parties. 

|C? Accord, en ce lens le dit des affaires légères &: par- 
ticulières : dans les grandes on le fert du mot de tran- 
faclion ou de traité. Accommodement eft le terme gé- 



ACC 

nériqne qui fe dit de tout eux. L'accord diffère de la 
tranlaction , en ce que les tranlaCtions fe font moyen- 
nant une choie donnée, prcmile ou retenue; &c\' accord 
qu'on appelle en droit nudum paclum j le fait fans fe 
rien demander l'un à l'autre. 

ifT Accord, fynonyme de réconciliation. Accommo- 
dement qui fe fait entre des pcrtonnes qui étoient mal 
enlemble. Reconciliat'io. Un accord doit fe" faire fans 
tant d'exaifitude &: de précaution. On le rend plus 
ailure. Bellum finire cupicnti , dit ini ancien, opus 
erat decipi. îlfaut fouvent fe lailler tromper pour for- 
tir d'attaire. De Roch. Les accords qui le font par 
néceiîité , ne durent pas ; le repentir les fuir , & fait 
renouveller les querelles en peu de temps. 

^fT Accord, Ivnonyme de bonne intelligence, confor- 
mité d'efprit & de volonté, qui fe trouve entre ceux 
qui vivent enfcmblc. Confcnjio. On dit de deux amis, 
qu'ils vivent dans un parhiit accord. Ce mari & cette 
femme vivent dans un accord admirable. 

{CT Accord, dans un fens àpcu-près femblablc, con- 
formité de (entimens. Confcnjus. Tous les Phiiofophcs 
ne font pas è^ accord lut cette matière, ne font pas du 
même avis. Tout le monde demeure d'accorc/j tombe 
d'tzccort/ , eft d'iîrrtirûf de cette vérité. Ils en font tous 
convenus d'un commun accord ^ communi omnium con- 
fcnfu J unanimi confenfu. 

Iris ^ dans notre querelle 
Je n'examine point qui de nous deux a ton : 
De tout ce qui vous plan je demeure d'zccoïA, 
Et vous avc:^ raifon , puifque vous êtes belle. 

On dit abfolument , à' accord • pour dire , j'y con- 
fens. Cela eft vrai; je l'avoue. 

On dit d'un homme qui confent à tdlit ce qu'on 
veut , qu'il eft de tous les bons accords. Cela eft du 
ftyle familier. 

Corneille a dit dans le menteur : mon affaire ejl 
d'accord. Mauyaile exprelîion. Les hommes (ont d'ac- 
ccrd; les affaires font accordées , accommodées , ter- 
minées. 

Tomber à'accord eft une exprelîion aufli régulière 
& auili uluée que demeurer à' accord j Se erre A' ac- 
cord. Nous tombons d'i?ccor^ de ce qu'on nous dit,- en 
l'avouant Se en l'approuvant. Son oppofé eft contejler. 
On contefte les choies dent on ne veut pas tomber d'^rc- 
cord. Tomber d'cîctort/, dit M. l'Abbé Girard, marque 
un peu d'averlion pour la dilpute. Les bonnes gens 
tombent d'iîfaW de tout. F'oye:^ consentir , adhé- 
rer & acquiescer. 

C^J" Accord , fynonyme de proportion. Confenfus ôc 
CQnvenientia. Convenance, jufte rapport qu'il y a en- 
tre toutes les partits du même tout. Il y a un merveil- 
leux accord entre toutes les parties de l'Univers, en- 
tre les parties du corps humain, d'un bâtiment. 

^3" Accord , en muiique , confonnance ou union de 
deux fons agréables à l'oreille : union de deux ou plu- 
fieurs fens entendus à la fois, & formant enfemble une 
harmonie régulière. Concentus ^ confonantia. Accord 
d'inftrumens , de voix. Accords harmonieux , confon- 
nans, diifonans. L'odave, la quinte font de bons ac- 
cords. L'Organifte joue le plain-chant du petit doigt ; 
& des autres il frit des accords. 

On dit qu'un inftrumenr n'eft pas A'accord., quand 
il ne lait pas les confonnances juftes qu'on défue, & 
que le; cordes ne font pas montées jufte au ton où 
elles ddvent ètie. On dit aulli que des cordes ne tien- 
nent pa; à' accord j pour dire, qu'elles ne demeurent 
pas au tdn où on les a mifcs. 

fCF AccoiD d' orgue j,C\gn\^£ auili la même chofe que 
partition ,,?c l'ijcaW relpeclif de tous les jeux. 

g:Cr AccoRi, ledit auili de la poè'lie Se des vers. De 
charmans cccords ; d'agréables accords; de triftes ac- 
cords. Les iccords de la lyre , en délignant l'ode. 

;C? Accord -n peinture j fignifie l'harmonie qui re^.ne 
dans la lumiee & les couleurs d'un tableau. On dit'un 
tableau d'un ici accord. 

0T Accords, m plur. fignifie la même chofe qu'ac- 
lordailles. f'^ae^ ce mot. 



ACC 

^CF Accords ou Et aies , en termes de marine, font de 
grandes piîces de bois dont on ie lert pour foutenirle 
navire que l'on conftruit , tant qu'il eft lur le chan- 
tier. Tigmi. 
§Cr Accord. Tirez à'accord , ou halez d'accord , ter- 
mes de marine. Commandement aux matelots de roi- 
dir tous enfemble fur une manœuvre. On dit dans un 
autre (cns, qu'une terre c'ik accord, quand elle s'e!e\c 
perpendiculairement, & qu'on peut mouiller toutprès. 
Le Manœuvrier. 

ACCORDA BLE. adj. Qui doit ou qui peut s'accorder. 
Concedendus. Celte grâce n'eAp:isacco?'da/>/e. Ce terme 
ne le trouve point dans le D-'ét. de l'Acad. au'ïï eit-il 
peu ufité. Les Vocabuliftesauroientdûnous en avertir. 
A la façon dontils l'expliquent , on le prendroitpourun 
terme d'un ulage ordinaire. 

ACCORDAÎLLES. f. f. Il n'a point de fingulicr. Ccrc- 
monie qui (e fait pour ligner les articles , ou le contrat 
de mariage en préfence des parens, quand les parties 
font d'accord. Sponfalia, Ce mot eft vieux , & ne fe 
dit qu'au Palais. Hors de-Ià ,onà'n accords, Leçeii- 
ple dit aulli accordallles. 

^ACCORDANT.ANTE.Co/zcorj.Termedemufique, 
qui s'appliqueaux tons qui s'accordent bien. Adconccn- 
tum aptus. Il y a des tons accordans , & des tons dif- 
cordans , &c. ut &yà/ (ont des tons accordans. La Mu- 
fiqucconfifteàbienchoifirlestons accordans j'k les dif- 
tinguer des ditcordans. Il y a des voix accordantes & 
difcordantes. 

ACCORDEMENT. f. m. Terme de Coutume. C'eiWac- 
cord, la compofirion, le traité que hiit un acquéreur 
avec le Seigneur ccnluel pour les droits cenluels des 
lods & ventes qui font dûs audit Seigneur. Paclum, 
conventio. Ragueau. 

?Cr ACCORDER, v. a. Mettre d'iZccrra'.Rétablir la bonne 
intelligence entre des perfonnes qui ont des procès, des 
contcrtations. Controverjiasdïrbnere y componere. 

fCT Accorder , dans ce fens, a beaucoup d'analogie 
avec concilier; mais le premier luppofe conteftation 
& contrariété ; & concilier ne luppofe que de l'éloi- 
gnement ou de la diveriîté. On accorde les diftérents 
on concilie les efprits. Syn. f r. Il 'paroît impolîîble 
d'accorder les libertés de l'Eglife Gallicane avec les 
prétentions de la Cour de Rome. Il fera toujours très- 
difficile de concilier]^ maximes de nos Parlemens avec 
les préjugés du Confiftoirc. 

tr^ Accorder, fe dit aullî en parlant des opinions. 
il lignifie lever les contradidions app.arenccs qui peu- 
vent fe trouver entre deux ou pludcurs opinions. Con- 
c'diare. Rien n'eft fi aifé que d'iîcco/ï/t'r l'écriture avec 
l'écriture, lorfque Ion croit avec l'Eglife Ciuetienne, 
&c. PELisSi Les Théologiens ont travaillé à accorder 
S. Matthieu & S. Luc fur la Généalogie de J. C. 

Le mot accorder, dans ce Icns , a encore beaucoup 
d'analogie avec concilier ; mais on emploie le mot 
d'accorder pour les opinions qui fe contrr.rient , & ce- 
lui de concilier pour les pallages qui femblent (e con- 
tredire. Le défaut de jullclle dans l'efprit eft, pour 
l'ordinaire, ce qui empêche les Docteurs dn l'Ecole de 
s'accorder dans leurs dilputes. La connoillance exacte 
delà valeur de chaque mot, dans toutes les différen- 
tes circonftances où il peut être employé , lert beau- 
coup à concilier les Auteurs. 

^CFAccoRDER , ic dit en Grammaire en parlantdu régime 
& de l'accord que les parties d'oraifon doivent avoir en- 
femble. C'eft mettre les mots comme ils doivent être 
les uns à l'égard des autres , fuivant les règles. P^oye-^ 
Concordance. Il taut accorder l'adjedtif avec le 
fubftantif , le verbe av^c Ion nominatif. 

§Cr Accorder, en Mufique, feditdansplufieurs accep- 
tions relatives à l'harmonie. Accorder les inftrumens , 
c'eft les mettre en état de faire des confonnancc;, des 
accords ; les mettre tous au ton où ils doivent ctre les 
uns à l'égard des autres pour former un concert agréa- 
ble. Accorder les violons , les violes , &Ci au ton du 
clavecin. Concentum inter in(lrumer,ta mufica efficere. 

^fT Accorder un ir.jirumcm enparticulier^ C'eft mon- 
ter un inftrument, en mettre les cordes au ton où elles 
doivent être entr'clles. Accorder fon luth , fou violon. 



ACC -I 

15" AccoRDERyà voix avec un infirument. Vocem ma- 
ritare. Cantare ad chordarum fonum. Char.rcr de ma- 
nière que la voix & l'inftrument lalfent des accords 
réguliers. 

0\\ dit proverbialement accorder fes flûtes , conve- 
nir de ce qu'on veut faire. Accorde^ vos flûtes , con- 
venez de ce que vous voulez faire, & des moyen; de 
mire réufnr votre dellein. 
#Cr Accorder, fe dit encore généralement de toutes les 
choies qui ont du rapport, de la convenance. On ac- 
corde la couleur d'un lambris avec l'ameublement. 
On dit qu'un Vemuc accorde fes tableaux, pour mar- 
quer l'harmonie qui doit régner entre les diiférens ob- 
jets qu'ils repréfentent. On dxt 2.\x&. accorder les tons, 
f^oye-^ Harmonie en peinture. 
^ AccoKT>^Kfynonyvaed'oÔ:toye'C.Concedere. Accor- 
der une grâce, une faveur. Le Cardinal Ximénès n'ac- 
cor^o/> jamais ce qu'on lui dcmandoit, pour n'être pas 
troublé dans l'ordre du bien qu'il vouloir faire. Flech, 
On lui a enfin accordé l'emploi qu'il dem.rndoit. Le 
Pape a accordé cent ans d'indulgence, 
ffT Accorder, fyncnym.e avec demcmei d'accord, re- 
connoitre pour vrai. Je vous accorde telle propofuion, 
C'elt une vérité de fait que vous devez m' accorder, 
|CF Accorder, iynonyme de confentir. Accorder une 
fille en mariage. C'eft la promettre à celui qui la de- 
mande. Defpondere. 
(fJ' Accorder, fe dit aulïï avec le pronom perfonnel. 
S'accorder, être d'accord. Confentire , convenir e. Ce 
que vous me dites ne s'accorde pas avec ce que vous 
m'avez dit autrefois. Nous tâcherons de nous accor- 
der. Calvin VGudroit bien «cco/t/<?r Luther &Zuingle; 
mais il ne peut s'accorder avec lui-même. 

Quelquefois s'accorder fignifie être d'intelligence j 
agir de concert. Tous ceux qui m'entourent, s'accor- 
dent à me tromper. Souvent ce mot exprime la con- 
formité de caractère, d'cfprit, d'humeur qui fc trou- 
ve entre les perfonnes qui vivent enfemble. Les jeu- 
Jies gens n'ont pas de peine à s'accorder : leurs plai- 
firs communs les unifreut. 

On dit proverbialement de gens dont les humeurs 
font incompatibles, qui ne fauroient vivre enfemble , 
qu'ils s'accordent comme chiens &■ chats, Diffentira 
0CF s'Accorder, fe dit généralement de toutes les cho- 
ies qui vont b-cn enfemble, qui ont un rapport de con- 
venance , de relfemblance. Concinere , congruere. On. 
dit de deux voix , qu'elles s' accordem\i\ex\. La couleur 
du lambris doit s'accorder avec l'ameublement. Cette 
garniture s'accorde bien avec l'habit. Le chaud & le 
froid ne s'accordent pas. Non henè conveniunt, nec 
in unâfcde morantur majejlas & amor. 
Accorder, v. n.Ondit en termes de Manne. , Accorde, & 
c'eft un commandement qu'on fait quand on veut obliger 
lequip;'.gc de la chaloupe à nager ou voguer enfemble. 
ACCORDÉ , ÉE. part. Il a les fignifications de fon verbe. 
Un luth accordé ; une propohtion accordée ; un pro- 
cès accordé. 
Accordé , ée. f Celui & celloqui fontengagés l'unàl'au- 
tre par la promefl e de mariage ou par la lignarure du con- 
tint. Defponfus , defponfatus ,defponJata C'eft unac 
cordé ; c'eft (on accordée. L'accordé qui refufe d'accom- 
plir le mariage , eft toii;;ours condamné aux dommages & 
intérêts, proportionnés à la qualité de l'accordée , pai- 
ce qu'elle eft otfenfee , & mépriiée par le changement. 
Ces mors d'accord & à^ accorder , félon quelques- 
uns, &' entr'autres Nicod , viennent du latin ad cor ; 
comme ii on diloit, que deux perfonnes 'ont amenées 
à un même cœur , à une même volonté. Mais il y a 
plus d'apparence qu'ils viennent de corde , & que le 
premier fens d'accorder vient de ce que deux cordes 
de même diamètre, également tendues , fon: à l'unilTon , 
fi on les pince de lamême manière. D'où vient qu'il y a 
desconionnances en mufique qui s'appellent tétracorde 
ô< hexacorde ,(\uiiont la quarte & la lixte;ce qui a été 
étendu aux conventions, qui font agir les parties de 
concert. Le mot accord eft afTez ancien. Le P. Pape- 
broch, Acl. Sancl. Mai , T, I. p. 64. cite un vieux mé- 
moire dans lequel on lit ; Fit traElatus & accordum 
clan quodam auri-Fabro ijiius urbisi 



l^ 



ACC 



ACCORDOIR. f. m. Petit inftmment qui feit à accorder 
les inftruraens de mulîque. Vaccordoir d'une orgue eft 
fait en forme d'un petit cône , dont on affuble les 
tuyaux en les prelfant , jufqu'à ce qu'ils (oient allez 
étroits pour les foire defcendre aux tons qu'on défue ; 
ou en poullant la pointe du cône dans le tuyau lorl- 
qu'on le veut élargir & le faire monter. Vaccordoir 
d'un clavecin ell fait comme un petit marteau. 

ACCORER. Terme de Marine , qui fignifie appuyer ou 
foutenir quelque choie. Sujlcntare j fulcirc. 

ACCORÉ , ÉE. part. Ce qui eft appuyé. Une vergue ac~ 
Corée. 

ACCORNÉ, ÉE. adj. Terme de Blaron,qui fe dit d'un 
animal quielhuarqué dans un écu avec fes cornes. Cor- 
nutus. On le dit leulemcnt quand elles font d'une au- 
tre couleur ou métal que le refte du corps de l'animal. 
Têtes de vaches de lable , accornées d'argent. 

AccornÉ , ÉE. adj. Terme de Fortifications. Défendu , 
couvert par un ouvrage à corne en tenailles. Cornuto 
propugnaculo munitus 3 proteclus y a , um. Des demi- 
lunes tenaillées , ou accornées. Les demi-lunes accor- 
nées ou tenaillées , ( ce dernier terme eft plus ufité ) 
font des demi-lunes couvertes par des ouvrages à corne 
en tenailles, dont le front eft couvert de chaque côté, 
depuis l'etcarpe juiqu'à la contrefcarpe du folfé de la 
demi-lune; de iorte qu'un côté de la tenaille n'a point 
de communication avec l'autre , Se que fes faces qui 
font formées par le prolongement de celles de la demi- 
lune, font flanquées du corps de la place. Non. Mém. 
de Fort. 

ACCORT, ORTE. adj.Complaifant, qui fait s'accom- 
moder à l'humeur des perlonnes avec qui il a affaire , 
pourréuilîr dans fes delîenis. Comis , obfequens •, com- 
modus. Les Grecs fappellcnt»»Ai/'Tj=»»i>.Cemot vient de 
l'Italien accorto , qui fignifie la même choie. Suivant 
Voltaire , il vient d'accorder , & fignifie conciliant. Il 
n'eft plus d'ufage , dit-il ^ d.ans le ffyle noble , & on 
doit regietter qu'il n'y foit plus. 

AccoRT, fignifie encore ^ofroir , habile à trouver promp- 
tement divers expédiens. Verfutus , callulus. 

ACCORTEMENT. f. m. Complailance , l'Art de s'ac- 
commoder à l'humeur des perfonnes à qui on a artaire. 
Obfequium, obfcquentia. il ne fe dit plus. 

ACCORTISE. f f II fignifie la même choie QyCaccorte- 
ment , & n'eit plus d'ufage. 

ACCOSTABLE. adj. m. & f Qui fe lai <fe aborder faci- 
lement. Facilis , comis. Ce font des perfonnes peu ac- 
cofiables. Voit. Ce Confciller eft- fort accojlable , il 
écoute paifiblement les parties. Ce mo: eft de peu d'u- 
fage , & ne peut trouver place que dans le ftyle frmi- 
lier. 

ACCOSTER. V. a. Approcher de quelqu'un pour lui 
parler, pour lui apprendre , ou t'avcir de lui quelque 
chofe, ou pour nouer amitié avec lui. Accedere. On 
conjugue, je m'accofle ; je in'accojlai; je me fuis ac- 
cofté. Ces mots viennent de ad ^ tk de cojla , côté •■, 
comme fi l'onvouloit dire, te mettre à côté, ou aux 
côtés de quelqu'un-, c'eft-à-dire , fe joindre à lui. il eft 
allé hardiment accofhr cette femme. Ce mot n'entre 
que dans le difcours familier. 

Accoster, avec le pronom perfonnel , fignifie hanter j 
avoir familiarité avec quelqu'un. Frequcntare. Il ne 
faut s'accofier que d'honnêtes gens. Ils fe déficient tel- 
lement les uns des autres, qu'on n'eût o!é s'accojler de 
perfonne. Vaug. Terme du difcours familier qui fe dit 
ordinairement en mauvaife part * 

t^ Accoster une manœuvre. Terme de Marine, f^oy. 
Accoter. 

(fT ACCOSTE- ABORD. Terme de Marine. Foy. Ac- 
coter. 

f5cr ACCOSTÉ. Terme de Blafon. / oy. Accoté. 

ACCOSTÉ. ÉE. part. En ces motsl'^' fe prononce. 

ACCOTAR. f m. Tcrmedc Marine. C'eftune pièce de 
bordage que l'on endcnte entre les membres du \'aiircau, 
pour empêcher l'eau de tomber entre les membres , ou 
entre les pièces qui le compofent. 

ACCOTEPOT. f. m. Petite piéet de fer,courbée en demi- 
cercle J qu'on met au pied d'un pot , ou d'un coque- 



ACC 

mar , pour l'empêcher de tomber. Fulcrum. D'autres 
difent Appuiepot. 

ACCOTER , ACOTTER ou ACCOSTER. Terme de 
Marine. C'eft approcher une chofe d'une autre. Admo- 
vere. On le dit des huniers & des perroquets , quand 
on fait toucher les coins ou pointes des uns ou des au- 
tres aux pouhcsdcftinéesàcet ufage,&:qui fontmifes 
exprès au bout des vergues. Accctte , ou uccofîe, eft le 
commandement pour faire approcher une chofe de fau- 
tre. Ainfi on dit à un petit vaiffeau pour le faire appro- 
cher d'un plus grand , accotte, accojle à bord. 
Ces mots viennent aullî du Latin Cojla, Côte. 

ACCOTER, ou ACCOTTER. v. a. Appuyer en met- 
tant quelque chofe à côté d'une autre qui la foutienne. 
Fulcirc ,fuftinere. Il faut accoterez coquemar, de peut 
qu'il ne tombe. Il eft aufll réciproque. Il faut s'accoter 
contre la muraille quand on n'a point de lîége. Ce 
mot a la même origine &: le même fens primitif que 
accojler, qui vient de cofta. Il eft familier. 

ACCOTÉ, ÉE. part. A-<p^\xy c.Fultus, nixus. 

Accoté , ou Accotté. Terme de Blafon, fe dit des 
pièces qui font polees à côté d'une autre pièce de l'écu, 
Adpicius , appofitus. Le Prêtre-Jean d'Ethiopie porte 
d'argent, à une croix hauilée de gueules, chargée d'un 
Crucifix , accotée de deux fouets de cordes emman- 
chés d'azur. H fe dit particulièrement de toutes les piè- 
ces de longueur miles en pal, ou en bande, quand el- 
les en ont d'autres à leurs côtés. Ainfi le pal peut être 
accoté de quatre ou de iix annelets , quand il y en a 
deux ou trois de chaque côté. On dit la même chofe 
de la bande, quand les pièces qui font à fes côtés, font 
couchées dans le même fens, & qu'il y en a le même 
nombre de part & d'autre. Quand elles font droites, on 
nomme alors la bande accompagnée de deux ou de 
quatre Heurs de lys , ou autres chofes dont il faut énon- 
cer la i'cuation. Quand ce font des pièces rondes , com- 
me des tourteaux, des befans, on peut dire indifférem- 
ment accoté, ou accompagné. Le P. Menestrier. 

ACCOTOIR, ou ACCOTTOIR. f.m. Ce qui fert d'ap- 
pui , de foutien à quelque choie. Fultura yjulmentum. 
j'e fuis fî las, que je cherche un accotoir. Il eft bas, 
hors de la converfatic^i. En particulier , c'eft un mor- 
ceau de bois pkt, attaché dans les confelîîonnaux , ou 
dans les chaif es à porteurs , pour fervir d'appui. U ac- 
cotoir fert pour s'appuyer de côté , & l'accoudoir pour 
s'appuyer en avant. 

ACCOIJ C HEîvlENT. f f Enfantement , délivrance d'une 
femme grofle. Partus j puerperium , partio. Les travaux 
de l'accouckem,ent font une des peines du péché ori- 
ginel. Foye^ Mauriceau fur cette matière. Il y a un 
traité latin du terme de l'accouchement des femmes , 
par Pcyfonncl, à Lyon, in-2>°. Il entreprend de con- 
cilier routes les contraddéfions apparentes d'Hippo- 
crare fur ce fujet. Il prétend que le terme le plus court 
de \'acconchementmi\xïc\, fuivant le fentiment d'Hi- 
pocrate, eft de 182 jo'ars, ou de fix mois entiers Se 
complets, & le plus long de 280 jours , ou de neuf 
mois entiers & 10 jours , Se que les enfans qui viennent 
avant ou après ce terme , ne vivent point, ou ne font 
pas légitimes. Cette opinion eft contraire à la Loi, qui 
déclare qu'un enfant peut naître onze mois après la 
mort de fon père. Peylonnel répond que cette Loi doit 
s'entendre d'onze mois , en comptant la fin du premier 
mois & le commencement de l'onzième , & non pas 
d'onze mois entiers & accomplis. Bartholin a fait un 
Livre des conduits extraordinaires par où fort le fœtus j 
il rapporte diftérens exemples à'accouchemens fort ex- 
traordinaires. Il y en a où le fœtus eft forti par la bou- 
che ; il y en a où il eft foifi par l'ânus. Foye^ Sal- 
MUTHus , obf. 94. cent. 3. Le Journal des Savans d'Al- 
lemagne , fur l'obfervation loS. de l'année 1670. De- 
gori , D'ici, médical. 

ACCOUCHER. V. n. Enfanter , mettre un enfant au 
monde. Parère j eniti. Il régit l'ablatif. Cette femme 
eft accouchée d'un beau garçon. Elle eft accouchée d'un 
faux germe, ou aviurt terme. Cette femme étoit accou- 
chée quand la fage -femme arriva. On ne dit point elle 
a, elle avoit accouché. La Fable raconte que Jupiter 
accoucha de Minerve. La même nuit qu'Olympias 

accoucha 



ACC 

accoucha d'Alcxnnive , le Temple d'Ephèfe fut réduit 
en cendres. Cet homme, à cela près qu'il n accouche- 
pas, eft la femme _,'& elle le mari. La Bruy. U eft 
quelquefois actif, & fignifie, aider à une femme à fe 
délivrer de fon cnhrnt. Adcjj'c parturicmi , ohfietn- 
care ^ ohfletncan. Il fe dit de la Sage femme, ou de l'Ac- 
coucheur. Les Chirurgiens lavent mieu>t accoucher les 
femmes que les Matrones. Mais, Iha Bonne, qui vous 
accouchera ^ Il vous accouche^ à Grignan ? M*^ de Sev. 
On le ditaulli avec le pronom perlonnel. Cette femme 
s'accoucha elle-même. 
Accoucher , fe dit figurément des productions de l'ef- 
prit. Edere. C'eit un bel e(prit , qui conçoit, qui in- 
vente facilement ; mais qui accouche , ou entante avec 
peine. Socrate diloit qu'il tailoit l'oflice deSagetemme, 
qu'il faifoit accoucher les efprits. 

Le fort de ce fonnet a droit de vous toucher 3 
Car c'ejl dans votre cour que j'en viens d'accoM- 
cher. Mol. 

ACCOUCHÉ, ÉE. part. 

ACCOUCHÉE. 1. f. Femme en couche, qui vient de 
mettre un entant au monde. Puerpera. On tait des 
vilitcs en cérémonie aux femmes accouchées. Vous 
êtes parée comme une accouchée. Dans l'Amérique il 
y a des peuples où les maris font les accouchées à la 
place. de leurs femmes. Herrera. Lorfque les fem- 
mes accouchoient dans le Béarn, les maris le mettoient 
au Ut , & les envoyoient à la charrue. Scalig. in verbo 
Bearn. fol. ^p , & Scaligerian. De Roch. 

U y en a aulll dans les Antilles , & même dans les 
Indes orientales, & à la Chine vers l'île de Formofi, 
qui font la même chofe , comme on le voit dans le Re- 
cueil de Thévenot. 

Au Pérou les femmes accouchées ne gardent point 
le lit; mais après s'être lavées, elles le remettent à faire 
leur mcnage -, & fi quelque femme les aiîiftoit en leur 
accouchement , elle palleroit plutôt pour forcicre que 
pour Sage-femme, f'^oye^ VHiJloiredes Incas. Varron, 
/. 1 1. deKe huJL raconte que les femmes d'Illyrie por- 
toient leiu's entans par-tout, après être accouchées , & 
ne demeuroient pas un moment au lit pour cela, de 
Roch. 

On appelle proverbialement, les caquets de {'ac- 
couchée , les dilcours frivoles & de peu d'importance 
des femmes qui vilitent celles qui font en couche. On 
dit aulîi , tant d'un homme que d'une femme , qu'ils 
io\\t\ accouchée, quand ils fe tiennent au ht par molelfe, 
&lans nécellîté. 
ACCOUCHEUR, f. m. Chirurgien dont le talent prin- 
cipal elt d'accoucher les femmes. Adjutorpartùs. Main- 
tenant les Chirurgiens accoucheurs lont tort en vogue. 
Autretois on ne le fervoit que de Sage-temmes ou 
de Matrones pour accoucheufes. 

Vers accoucheurs. Ce lont de petits vers rougeâ- 
tres dont les huîtres font remplies dans une fiiion où 
elles lont laiteules & mal-laines , & où elles font des 
œufs. Ces vers ficihtent , félon quelques-uns , la nail- 
lance des petites huîtres-, & les œuts , au microfcope , 
ne lont autre choie que de petites huitres dans leur 
coquille. 
ACCOUCHEUSE, f. f. Femme qui aide à accoucher. 
Obfietrix. Habile accoucheufe. On dit plutôt Sage- 
femme. AcAD. Fr. 

Ces mots viennent du Latin accubare. 
ACCOUDER. V. n. i'appuyer fur le coude, Inniti cu- 
bito. Triftement accoudé qoxï\.x.ç. une cheminée. S. Am. 
Il fe dit plus fouvent avec le pronom perfonnel. On 
met au rang des incivilités de s'accouder fur la table ; 
de s'accouder devant fes fupérieurs. On ne s'en fert guère 
que dans le dilcours tamilier. On conjugue , je m'izc- 
coude ; je m'accoudai ; je m'accouderai. 
ACCOUDÉ, ÉE. part. 

ACCOUDOIR. 1. m. Chofe deftinée pour s'accouder; 
ce que l'on met tous les coudes pour s'appuyer en 
avant. Cubici julmentum. En termes d'Architedure, 
c'cft la même chofe qu'appui. C'elt le petit nmr qui 
eft élevé entre les deux pieds-droits d'une cioifée. On 
appelle accoudoir j l'endroit inférieur de l'ouverture 
Tome I. 



ACC 



-^? 



/ 



d'une fenêtre , fur lequel on s'appuie , on s'accoude. 
L'accoudoir d'une fenêtre doit aller feulement à la hau- 
teur de la ceinture. Vitruvc appelle un accoudoir^ Plu- 
teus, qui lignifie un appui ou parapet. Il le fertaullidu 
mot Podium j qui elt un balcon , ou failhe. On dit 
populairement & ironiquement à une perfonne qui 
en incommode une autre en s'appuyant fur elle , allez 
chercher plus loin des accoudoirs. 

Ces mots viennent du François coude 3 qui s'eft for- 
mé du Latin cubitus. 

ACCOUER. V. a. C'eftquand le Veneur court un cerf qui 
eft tur les fins , & le joint pour lui donner le coup 
d'épée au défaut de l'épaule , ou lui couper le jarret j 
& pour lors on dit, le Veneur vient à'accouer le cerfi 
le cerf eft accoué. Dicx, Économique. 

§3" ACCOUÉ, ÉE. part. Cerf accoué. Bête accouée. 

ACCOUPL AGE. f. m. Ne fe dit que par le peuple. Voyei^ 
Accouplement. « 

ACCOUPLE, f. f. Liens dont on attache les chiens en- 
Icmble. Copula. 

ACCOUPLEMENT, f. m. Jondion du mâle >!' de la 
temelle pour la génération. Copulatio. On ne le dit 
dans ce fens que des animaux. Le mulet vient de V ac- 
couplement d'un âne & d'une cavale. On croit que la 
caufe des monfties d'Afrique vient de {'accouplement 
qui s'y fait des animaux de diftércntes elpèces. On ne 
le dit en parlant des hommes , qu'en l'adoucilfant par 
une épithète qui lertde correCliif. Alors il eft lynonyme 
avec mariage. C'eftun heureux accouplement. Il eft plus 
propre pour la poëlîe. 

Tu menais le blond Hy menée ^ 
Qui devait Jolennellemcnt 3 
De ce fatal accouplement 
Célébrer l'heureufe journée. Malh. 

Accouplement , fe dit auffi des bœufs qu'on attache 
enfcmble fous le même joug. Jugum , cojugatio. 

^C? Accouplement. Terme à' Aidntcô.mc. Accouple- 
ment de colonnes. Arrangement de plulieurs colonnes 
jointes enfemble, & qui forment groupe. V accouple- 
ment de ces colonnes eft admirable. 

ACCOUPLER, v. a. Alfocier , joindre deux chofes en- 
lemble. Copulare. Ces perfonnes font mal accouplées ^ 
leurs humeurs ne fympathifcnt point enfemble. On 
s'en fert dans un m; avais fens , & d'un ton railleur : 
c'eft un Mercure de profellion , qui fait accoupler les 
amans avec leurs belles qui ne lont pas inhumaines. 

COMB. 

CCJ" Accoupler des colonnes. Terme d'Archite6ture. 
f^oyc-^ Accouplement & Accouplé. 

IJC? Accoupler. Terme de Rivière. Lier plufieurs ba- 
teaux enfemble. 

En termes d'Agriculture , c'eft appareiller deux 
bœuts.deux chevaux, pour les employer au labourage, 
ou à d'autres ouvrages de la campagne. Jugare, con- 
jugare. Il étoit défendu par la Loi de Moyfe à'accou- 
pler un bœuf & un âne pour labourer. 

§3° Accoupler des dames , .au trictrac , c'eft les diC- 
poler deux à deux fur une flèche. 

On le dit aulîi du menuhnge qu'on attacheenfem- 
ble avec du fil, pour en faire des paquets. 

fO* Accoupler, en parlant de quelques animaux qui 
le joignent , mâle & femelle , pour la génération. 
C'eft apparier enfcmble le mâle & la femelle. Accou- 
pler les pigeons, les lerins, les tourterelles. On ac- 
couple ordinairement les ferins à la fin de Mars. Foyer^ 
Apparier. 

On dit que ces animaux s'accouplent ou font accou- 
plés y lorfqu'ils fe joignent pour la génération. Copu- 
lari , coirc. Les animaux ^accouplent de différentes fa- 
çons. Il y en a qui ne ^'accouplent point du tout. 
Voye\ M. DE Buffon. 

ACCOUPLÉ , ÉE. part. Il a les fignifications de Ion 
verbe. 

On diten termes d'Architeéture : colonnes accouplées. 
Ce lont plulieurs colonnes jointes enlemble , & qui 
font grouppe. 

ACCOURGIE. f. f. Terme de Marine. PalTag que l'on 

K 



74 A o v> 

ménage dans le fond de cale & des deux côtés , pour 
aller de la poupe à la proue le long du vaiileau. Fori. 
ACCOURCIR. V. a. Rendre plus court , retrancher de 
la longueur. Curtare _, rejecare. On conjugue , Rac- 
courcis. Il faut accourcir ce manteau, en rogner un 
doigt. Il faut accourcir les étriers d'un point , reiferrer 
l'étrivière. On dit aullî accourcir, en parlant d'un dif- 
cours ; c'eft l'abréger. Contrahere , coarclarc. Il taut 
accourcir ce traité qui eft trop long. 

On dit aulîi , accourcirXc chemin, quand on prend 
que que chemin de traverfe qui abrège le chemin , 
qui 1 le rend plus court. Ud via compendiariâ. 
ffS" s'AccouRciR. V. récip. Dcvenirplus court. Les jours 
s' accourcijjcnt , quand le folcil a palle le (olllice d'été. 
Decrefcunt dics. 
Accourcir le trait. Terme de Chalfc. C'eft le ployer 

à demi, ou tout-à-fait pour tenir le Hmier. Saln. 
fC?«AccouRCiR /a hridc dans fa main. Terme de ma- 
nège. C'eft une adlion par laquelle le Cavaher , après 
avoir tiré vers lui les renés de la bride , en les prenant 
par le bout où cft le bouton , avec la main droite , les 
reprend enfuite avec la gauche , qu'il avoit ouverte 
tant foit peu , pour laifler couler les rênes pendant 
qu'il les tiroir à lui. 
ACCOURCl , lE. part. Contraclus j dccurtatus , comme 

fon verbe. 
ACCOURCISSEMENT. f. m. Ce qui accourcir, ce qui 
abrège. Contraclio. Le pallage qu'on a ouvert par ce 
parc , fert beaucoup à l' accoure ijjement du chemin. 
l^iie compendium. Il ne fe dit guère qu'en parlant des 
chemins & des jours. 
ACCOURIR, V. n. Aller fort vire en quelque endroit où 
quelque choie nous appelle, nous attire. Accurrere , 
advolare. On Conjugue, ]'accours ^ j'accourois ^ j'ac- 
courus. J'ai accouru j & je fuis accouru j j'accourrai ^ 
&c. L'armée eft accourue en dihgence au fecours de 
cette place. Toute la noblelîe accourut z\x bruit du ca- 
non , pour fe trouver a la bataille. Ses amis font ac- 
courus en foule , ou ont accouru pour le féliciter de 
fa nouvelle dignité , pour honorer Ion entrée. Il le dit 
fîgurément des perfonnes qui le portent à quelque ac- 
tion avec beaucoup d'ardeur. Accourir à la vengeance. 
Ablanc. Il faut dh-e courir à la vengeance. 
ACCOURU, UE. part. 

ACCOURS, f. m. Vieux mot que Nicod explique par 
fubvention , aftluence d'advenants. Accurfus. Il s'em- 
ploie encore en termes de Chalfe. Ainfi l'on dit : la chalfe 
de langlier fe fait à force , aux accours j aux chiens 
courans , lévriers, & avec limiers & abboyeurs. 
ACCOUSINER. V. a. Confanguineum appcllare. Appe- 
ler coulîn, traiter de couiîn. Accoujlner (quelqu'un. Il 
fe dit avec le pronom perlonnel. Ces deux Meilleurs 
font parensi car ils s'accoujînent. Ce mot eft popu- 
laire , & a vieilh. 
ACCOUSTIQUE. f. f. Foyei Acoustique. 
ACCOUTREMENT, f. m. Ajuftement, parure. Orna- 
tus. Il ne fe dit que parmi le peuple , ou dans le bur- 
lefquc. Quand cet artilan a marié la fille , elle lui a 
coûté cent ècus pour tous les accoutremens. Il iîgni- 
fioit aulli l'équipage militaire d'un Soldat, d'un Che- 
vaher, d'un Gentilhomme. 
Accoutrement. Il fe peut dire fîgurément des orne- 
mens de l'éloquence. Un Orateur me choqueroit infi- 
niment moins lous V accoutrement le plus grollier , que 
fous le fard & l'ajuftement d'une courtilane. Mora- 
p.iN.p. ICI. Une vautpasmieuxau figuré qu'au propre. 
ACCOUTRER, v. a. Vieux mot, qui fignifioit autre- 
fois , habiller , orner, parer. Ornare. Il y avoit des lin- 
ges qu'on avoit accoutrés en charlatans. Aelanc. 
Charles VIII. accorde à la Duchelfe Anne par un traité 
de 1491 , qu'il lui lera donné 60000 livres à ce qu'elle 
puifte tant mieux accoujlrer aucuns fes affaires. Il n'eft 
plus en ufage qu'en cette phrafe figurée & familière. Cet 
homme en une telle occalion,aètèmal accoutré ;]po\.u 
dire en raillant , qu'il a été maltrairé , ou bien blellé. On 
dirojt plus propremcnt,rfcco//r/e;j& préparer des peaux. 
Ces mots viennent du Gaulois, ou de l'Allemand. On 
appelle en quelques Cathédrales, comme à Baycux, 
Coutre 3 le Sacriftain ou Officier qui a foin de parer 



ACC 

l'Eghfe ou l'Autel, &en Allemand iT^fr^ Sacriftain, 
NewKO/Jî. Du Traité de Charles VIII , dont nous ve- 
nons de parler, le P. Lobineau juge c^' accoujlrer çowc- 
roit bien venir de 1 ancien mot Breton cojt ^ dépens, 
d'où a encore été formé celui de cujlus j coufts ■■, mais 
il fe trompe, il vient de Kujler, comme nous l'avons 
dit. f' oye\ Coustre. 
ffT Aujourdhui quand on fe fert de ces mots, il pa- 
roit qu'on y attache 1 idée d'un habillement extraor- 
dinaire. Voila un accoutrement bien ritlicule. Un 
homme llngulièrement accoutré. 
ACCOUTUMANCE, f. f. Habitude que l'on contraèfe 
en réitérant plulieurs fois la même aCliicn , en la fai- 
faut tourner en coutume. Confuetudo , ajjueiudo. On 
eft f'ouvent emporté par la force des mauvaifer. accou- 
tumances qu'on a contractées dans la jeunelfe- h' ac- 
coutumance de prendre du tabac eft difhcile à fur- 
monter. Ce mot qui connnençoit à vieillir du temps 
de Vaugelas , s'eft rétabli peu a peu , àt plulieurs bons 
Ecrivains s'en fervent. Bouh. Habitude i^ik \j\vl^ doux, 
&je dirois plutôt , il a fait celapar une mauvaife Aiî- 
bitude , que par une mauvaife accoutumance. Corn. 
On lui a fubftituè coutume, quoique ce foit un mot 
équivoque , & c^ accoutumance exprime bien mieux 
& uniquement ce qu'il lignifie. Mais il n'y a point de 
raifon contre l'ufage. Cependant comme les meilleurs 
Ecrivains fe fervent du mot accoutumance , il ne faut 
point abfolument le condamner. Un efprit abattu & 
comme dampte par ^accoutumance au joug, n'oferoit 
plus s'enhardir a rien. Boil. La jeunelïe change fes 
goûts par l'ardeur du fang, & la vieillelfe conferve les 
fiens par l'accoutumance. La Rochef. 
ACCOUTUMER, v. a. Faire contrad'ter une habitude. 
AJfuefacere. Il ne faut pas accoutumer les peuples à 
prendre les armes , & à murmurer. On accoutume les 
bœufs au joug. Les enlans qu'on accoutume à être ap- 
plaudis, confervcnt 1 habitude déjuger avec précipita- 
tion. Fenel. C'étoit la coutume des Sénateurs, de me- 
ner leurs enfans au Sénat , pour les former de bonne 
heure aux affaires, & les accoutumer au fecret. Bouh. 
Il frut accoutumer les enfans à faire le bien, plutôt 
par leurpropre inclination, que par la crainte. Port-R. 
L'étude de la critique accoutume l'efprit à chicaner. 
S. EvR. 
^fT Quand il eft joint avec le pronom perfonnel, il 
fignifie pratiquer fouvent une même chofe, contraéfer 
une habitude par la fréquente réitération du même 
acte. On s'accoutume à tout, au travail, à la peine, 
aux douleurs. Le peuple eft accoutumé à la f ervitude. 
Nous fommes fi accoutumés à nous déguifer aux au- 
tres , qu'enfin nous nous dèguifons à nous-mêmes. La 
Rochef. 
0CF Accoutumer , eft aulîî v. n. & fîgnifie alors avoir 
coutume. On l'emploie avec le verbe avoir. J'ai accou- 
tumé de frire telle chofe. Dans ce fèns on le dit quel- 
quefois des chofes inanimées. Il y a des terres qui ont 
accoutumé de rapporter deux fois l'an. L'automne n'a 
pas accoutumé d'être fi pluvieufe. 

Quand le verbe accoutumer eft joint au verbe auxi- 
liaire avoir, il demande que la particule de précède 
l'infinitif qui le fuit: J'ai accoutumé Ac faire, &c. 
Quand il eft avec être , il demande la particule a : je 
fuis accoutumé à fouffrir. Mais accoutumer leul gou- 
verne toujours à .■ je m'accoutume à prendre les cho- 
fes fans m'affliger : accoutumez-vous à haïr le vice. 
Corn. Il faut modérer la légèreté de fa langue , pour 
l'accoutumer à ne fc point précipiter dans les chofes 
obfcures &c douteufes. Port-R. 
§3" Les Auteurs du grand Vocabulaire trouvent à redire à 
cette remarque, toute vraie qu'elle eft. Laiffons ces 
grands critiques s'expliquer eux-mêmes. " On a accou- 
tumé les laquais à être infolens. " Nous donnons cet 
" exemple , difcnt-ils 3 pour être le correéfit d'une er- 
» reur du Diclionnaire de Trévoux ,c{\.n ditquelorf- 
» que le verbe accoutumer eft coniugué avec l'auxi- 
» liaire avoir, il demande que la particule t/e précède 
" l'infinitif qui fuit. Cutre que cet exemple que nous 
» venons de donner, efl d'un ufage alfez connu, pour 
» prouver évidemment l'erreur de ce Diclionnaire , 



ACC 

» ceux qui voudront s'en convaincre plus particulic- 
->> rement j n'auront qu'à conlulter \zDicL de l'Acad. 
» F;-." A ce ton décidé, ne croiroit-on pas que notre 
remarque efl: faulFe , & contraire à l'ufage \ Cepen- 
dant toute l'erreur eft dans le prétendu corredif, & 
n'eft que là. 
^fT Accoutumer, v. a. Faire contraéter une habitude, 
^accoutumer conjugué avec l'auxiliaire être , deman- 
de que la particule à précédé l'infinitif qui luit. 
|S" Accoutumer, joint au verbe auxiliaire avoir ^ qui 
eft alors verbe neutre, & lignifie avoir coutume ^ de- 
mande la particule de devant l'infinitif qui fuit. 

Voilà ce que nous dilons avec le Diél. de l'Acad. 
Fr. auquel on nous renvoie, avec tout le monde, avec 
les Vocabuliftes eux-mêmes. D'où peut donc venir une 
critique auill déplacée î Ils n'aïuoient pas fait cette 
étrange bévue , s'ils avoient pris la peine de diftinguer 
les ditférentes acceptions du vexhc accoutumer. 

On diroit que ces Meilleurs ont accoutumé de cri- 
tiquer beaucoup ; 8c qu'ils /ont accoutumés à criti- 
quer avec peu de dilcernement & peut-être avec peu 
•de bonne foi. On accoutume les laquais à êtreinfolens , 
& les laquais ont accoutumé d'être inlolens. 

On dit proverbialement , qu'un homme eft accou- 
tumé a. une certaine choie , comme un chien à aller 
nue tête , comme un chien à aller à pied , coinmc ics 
poules à gratter. 
§3° Accoutumer un cheval. Terme de manège , c'eft 
le ftyler , le faire à quelque exercice , ou à quelque bruit 
que ce loit, pour qu'il n'en ait point peur. 
ACCOUTUMÉ, É^. ç:in. Jfuefaaus y Affuetus. 
Accoutumé , fignifie quelquefois , ordinaire j ce qu'on a 
coutume de taire. Solitus. On a tenu l'audience à 
l'heure accoutumée. On lui a fait fon procès en la forme 
& manière accoutumée. Style du Palais. 
A l'accoutumée, adv. De lamanièrequ'onavoitaccro/^- 
tumé. Utfoletj de more. On a raccommodé ces amis 
qui étoient brouillés : ils vivent maintenant à l'accou- 
tumée. Ce mot n'eft en ufage que dans le flyle fami- 
lier. 
ACCOUVERjV. n. qui s'emploie avec le pronom per- 
fonnel. On dit à la campagne , que les poules & les ca- 
nes s'^cccz^ve/zr, quand elles conuxiencent à couverlcurs 
œufs. ^ 

ACCOUVÉ , EE. part. & adj. Qui fe tient au coin de 
fon feu en fainéant, enpareileux, lans vouloir en lor- 
tir pour travailler. v4//?o/à.< j iners. Cet artilan palfe 
tout l'hiver :.ccouvé ?a\ coin de Ion feu. îl ell: bas & 
vieux. Ce r^o: vient de incubitare. NrcoD. 
ACCRAVANTER. v. a. Ecrafer, accabler fous un poids 
excelîif. Onere obruer-iy mole opprimere. Si vous lui 
faites porter c-e fardeau , c'eft le moyen de X'accra- 
vantcr. Cet homme a été accravanté loiis les ruines 
de fa maifon. Ce mot eft vieux, & vient du latin i?^- 
gravare. Autrefois on diloit même en François Ag- 
gravanter^ Ôc c'eft de-là que s'eft formé accravanter j 
en changeant g en c. 
ACCRAVANTÉ., ÉE. part. C'eft ce qu^ nous di- 
fons Aggravé. Coiibé & accablé de fatigue. Cl. Ma- 
ROT. Ce ?oëte dit dans fon Cantique à la Déelfe Santé: 

Soit à ton lo^ mon Cantique chanté ^ 
Car par toy ejl laifc doux enfanté , 
Par toy la. vie en corps accravanté 
EJi rejiauréc. 

ACCRÉDITER. V. a. Donner du crédit & de l'autorité; 
mettre en réputation & en eftime dans le public. 
Commendare y aucloritatem dare. Il s'emploie fou- 
vent avec le pronom perfonnel. Il n'y a rien qui accré- 
dite davantage une perfonne que la bonne foi. Un 
chef de parti eft obligé à careller un fcélérat , qui s'eft 
accrédité parmi le peuple. M. Es p. Eft-ce un pro- 
dige qu'un fot riche & accrédité ? La Bruy. Ce Pré- 
ndent s'eft accrédité dans fa Compagnie par fa capa- 
cité & par Ion intégrité. Ceminiftre s'eft (oa accrédité 
à la Cour par fon zèle & par la prudence. Les mar- 
chands s'accréditent en vendant fidellemcnt. 

Il fe dit aulli figurémeut pour autorifer , donner 
Tome L 



A (_> C_> n !^ 

cours- , renàre plus vraifemblable. Accréditer la calora- 
r.!c. Accréditer k mérite. Ce mot vient d'accreditns y 
qui a été bit à'accredere y dont on s'eft fervi dans la 
balle Latinité , peur fignificr. Prêter. Du Cange. 
ACCREDITE ÉE. part. Aucioricate pollens. « 

ACCRETION. f. f Terme de Médecine dansM.Har- 
ris.Ce mot eft Latin , accrctio y accroillement. Et dans 
le fens que l'exphque M. Karris , nous difons en Fran- 
çois excroijfance. Voyez ce mot. 
AccRÉTioN , dans le même fens d'accroilfement , eft 

auiîi un terme de coutume, f'oxe-^ ce mot. 
ACCROC, f. m. Décliirure qui fe fait quand on eft ar- 
rêté par quelque chofe de crochu , & de pointu. Scif- 
Jura.lï el\ difficile de palier à travers des ronces 8i 
des haies, fans qu'on fe fafle quelque accroc. Il fedit 
aulli de ce qui accroche, de ce qui déchire. J'ai ren- 
contré un accroc qui a déchiré mon habit. 
Accroc, fe dit figurément des embarras, des difficultés, 
de tout ce qui arrête , & qui retarde une affaire. Mo- 
ra y impedimentum. La mort d une des parties eft un 
accroc qui empêche l'iuftiuclion de ce procès. L'ac- 
culation qu'on a faite contre cet homme, eft un fâ- 
cheux accroc qui peut ruiner fa fortune. Dans ce (q\-^ 
il eft du ftyle familier. 
ACCROCHE, f. f. Embarras, retardement qui arrive en 
quelque aftaire , à cauf e de quelque difficulté qui fur- 
vient. Impedimentum y mora. Les oppofitionsà ce dé- 
cret font des accroches qui retarderont long-temps iio- 
tre payement. Il eft populaire. 
ACCROCI4EMENT. f. m. Adion d'accrocher. Unci 
immijjio. Il ne fe dit point au propre. Quelques-uns 
s'en fervent au figuré. Il y a des gens qui fe font def- 
cendrc des plus nobles familles fur des rcflcmblances 
de noms , ou par d'autres accrochemens vifionnaires. 
Cail. Il ne vaut pas mieux au figuré qu'au propre. 
CG" Accrochment en horlogerie , lignifie un vice de 
V échappement qui fait arrêter l'horloge \ ce qui arrive 
lorfqu'une dent de la roue de rencontre s'appuie fur 
une palette avant que fon oppofée ait échappé de def- 
fus l'autre palette. 
ACCROCHER, v. a. Attacher quelque chofe à un cro- 
chet, à une cheville, à un clou, à une agraffe. Unco 
fufpendere. Il faut accrocher ce fac à fa cheville. Ac- 
crocher fa montre à fa ce.\ni\ir:Q. Accrocher un tableau. 
Ce mot vient du Grec ^^p'X^^p qui lignifie le bout de la. 
main, parce qu'il fert à accrocher. 
Accrocher, fignifie aulli attacher à quelque chofe de 
ferme. Unco ajlringere. Accroche"^ ce bateau avec la 
chame à l'anneau de ce pont. Avec le pronom perfon- 
nel il fignifie fe prendre à quelque chofe. Nos braves 
s\zccrochant fe prennent aux cheveux. Eoil. Gn dit 
qu'un homme qui fe noie , s'accroche à tout. 
Accrocher , en termes de Marine, fignine , arrêtcrun 
navire , le joindre , ou s'y .attacher en jetant le grapin 
pour venir à l'abordage. Harpagonem in navim inji' 
ccrcy harpagarc. Ces deux navires étoient accrothésy 
il y eut entr'eux un rude combat. 
Accrocher, fe dit figurément en chofes morales, &• 
dans le flyle commun des difficultés , des circonftan- 
ces qui retardent la conclufion d'une alfaire. Il a trouve 
moyen d'accrocher fon affaire au Confeil, en l'y fai- 
fant retenir pour la juger. Ce procès étoit fur le point 
d'être jugé; la partie l'a accroché par une chicane ; 
c'eft-à-dire , qu'elle y a apporté du retardement par 
quelque incident. Liti moram injicere. Ce prifonnier 
alloit fortir, mais il a été accroché ^2.ï une nouvelle 
recommandation. Il fignifie encore attraper j empor- 
ter par finelle. 

Dans l'ame elle ejl du monde y &fes foins tentent 

tout y 

Pour aecrocher quelqu'un , fans en venir à bout. 

Mol. 

s'Accrocher, à un Prince , à un grand Seigneur, fe dit 
de ceux que le mauvais état de leurs affaires oblige de 
s'attacher à la fortune d'un Prince , d'un grand Seigneur. 
Acad. Fr. 

Acccrocher, fe dit proverbialement en cette phraîe : 

Kij 



-]6 A ce 

Belle fille & mécluiue robe , trouvent toujours qui les 
accroche. 

ACCROCHE, ÉE. part. Inuncatus. 

ACCROIRE. V. n. Il n'eft en ufage qu'à l'infinitif, & fe 
met toujours avec le verbe faire. Faire croire à quel- 
qu'un, ce qui n'eil: pas. Imponere , verha dare , ludi- 
ficari. Le peuple elt il (bt , qu'on lui hiir accroire tout 
ce qu'on veut. Vous faites accroire à une infinité de 
gens que ces points ne font pas eirentiels à la foi. Pas c. 
D'autres prétendent que faire accroire n'emporte pas 
que la chofe qu'on veut peduader loir faulfe \ mais 
feulement que celui qui Ta dit , a dcUcin de tromper. 
Vaug. Ce mot vient de Accredere, qui a été dit en 
balfe Latinité, pour iignifier Prêter. 

|0° S'en faire accroire^ hgnifie préfumer trop de foi- 
même , tirer vanité d'un mérite qu'on n'a pas pour en 
impofer aux autres. Multumfihi arrogare. Les Favoris 
des Princes font iujets à s'en faire accroire. Cette fem- 
me eft belle , mais elle s'en tait trop accroire; la beauté 
La rend trop vaine. Je ne hais rien tant que certains 
eiprits qui s'en font extrêmement accroire. 

ACCROISSEMENT, f. m. Augmentation d'un corps. In- 
cremcntum ,accretio.\JAccroi[fement le tnit par l'addi- 
tion de quelques parties qui lont propres à la nature de 
■ce corps; & c'eil en cela que l'accroijfcmcnt diftcre de la 
raréfaclion, dans laquelle les parties qui augmentent le 
corps, ne lont pas de la nature du corps qui le raréfie. 
On juge de la fertilité de l'Egypte par Vaccroijfement 
du Nil , lelon les degrés de hauteur qu'il marque dans 
la colonne qui ell: elcvce pour cela dans le Calis. Les 
chênes reçoivent de Yaccroijfement jufqu'à cent ans. 

fCF l'Accrois s EMENTjdifentplulîeurs Phylîciens, fe fait 
de deux façons , par juxta-pofition , c'eft-à-dire , par 
une limple polition extérieure de nouvelle matière ; & 
c'eft ainlî que croilfent, dilent-ils, les pierres, les co- 
quilles , &c. ou bien , par intus-fufception , lor|qu'un 
fluide reçu dans les vailleaux s'attache à leurs parois : 
& c'efl; aind que croilTent les animaux , les plantes. 
Voyez plante :, animal, végétation. 

Accroissement. Terme d'Agriculture, fe dit de la ma 
nière dont pouffent ou croilfent les végétaux. Ces ar- 
bres en peu de temps ont pris un bel accroiffement. Le 
tuf eft caule que nos arbres n'ont pris qu'un petit ac- 
croiffement. Liger. Comme il y a des moyens d'avan- 
cer Vaccroijfement des plantes, ainlî qu'on le peut voir 
au mot Avancer, il y en a aulîi de le retarder. On le 
fair premièrement en coupant les lommirés des bran- 
ches , lorfqu'elles commencent à pouiler: i". Far une 
tranfplantation fréquente : 5°. En leur donnant de l'om- 
brage. Chom. 

Accroissement , fignifie auflî agrandilTenicnt. Uac- 
croi(fement de fon parc j de famaifon, lui a beaucoup 
coûté. De la Mare, dans Ion Trai:é de la Police, L. 1. 
Tit. VI. C. ^. & fuiv. a marqué tous les accroijfemens 
3c embelliiremens de Paris depuis les Romains jufqu'à 
nos remps. 

Accroissement , le dit auflî figurément en chcfes mo- 
rales, & lignifie l'augmentation, \x profpérité. Les paf- 
iîons ont leurs accroijfemens , &z leurs relàchemens. Sa 
fortune fiit tous les jours de nouveaux accroiffcmens. 
AccroiJJement d'honneurs &: de dignités. Honoris am- 
plificatio. Les envieux s'affligent de \' accroijfement Acs 
richellcs, ou de la gloire d'autrui. AL Esp. 

Accroissement , terme de Jurilprudence. C'eft un 
droit par lequel une portion vacante eft jointe & réu- 
nie à la portion qui eft occupée & pollédée par un au- 
tre. Cela arrive entre collègues , ou entre membres d'une 
compagnie , entre légataires, ou par la mort ou l'ab- 
fence d'un alLocié , ou d'un confrère. Une choie léguée 
conjointement, tam re , quani verhis, à deux légatai- 
res, appartient pour le total à celui qui lurvit le tefta- 
teur , par droit d'uccroijfement. L'alluvion eft une autre 
efpèce à'accroiffcment. Les terres que l'attérillement 
ajoute à un rivage , à une île , &c. appartiennent au 
propriétaire par droit A'accroiffcment , lî cet accroife- 
ment s'eft faitinlenliblement. 'Voyez alluvion.Accroif- 
femcnt à la Tontine. Ce mot vient A'accrementum , qui 
iîgnifie la même chofe, à'accrefcere , accrefco , ac- 
troître. Le droit à'accro'ffcmcnt n'a p.as lieu dans les 



ACC 

contrats entre vifs , tels que font les donations , à caufc 
que les donataires étant laiiis de ce qui leur a été don- 
ne , c'eft-à-dire, de leurs portions perlonnelles & viri- 
les dans les chofes données , ils n'ont par conléquent 
aucun droit aux portions des autres. 

5^Cr Accroissement légal en faveur de l' aîné ,^(\.vi\\ ac- 
croiffement qui a lieu en Bretagne en hiveur de l'aîné , ik. 
qui le fait de la portion de la fille înariée à moindre 
part, ou de la portion de celui qui fe fait Religieux , 
pourvu que le mariage ait été célébré , ou la profellîon 
faite du vivant du père : car l'incapacité des héritiers 
le conlidère au moment de la délation de l'hérédité. 

IJCF ACCROÎTRE, v. a. Rendre plus grand , plus éten- 
du. Augere , amplificarc. Accroître un parc , un jar- 
din, en y joignant les terres voilmes. Voye-[ Agran- 
dir & Augmenter. 

^fT Accroître, v. n. Devenir plus grand , aller en aug- 
mentant. Son revenu accroît tous les jours. Crefcere j 
augefcere. 

§C? Accroître , fe dit de même en chofes morales. Les 
richelles ne font (^'accroître la loif. Vaug. On ac- 
croît la puillance, fa gloire, fa réputation, ion auto- 
rité. Dans le monde les vertus font atfoiblies par les 
mauvais exemples , & les vices accrus par le libertina- 
ge & l'impénitence. Flech. 

Tes difcours fuperjîus accroiffetit mes ennuis. 

Mol. 

On dit de même avec le pronom perfonnel , fon 
amour, {3.colère s'accroijfent au lieu de diminuer. S?, 
gloire, fon crédit, fon pouvoir s'accroiffent tous les 
jours. Sa terre étoit fort bornée , il s'eft accru. 
Ce mot vient d'adcrefcere , ou accrefcere. 

Accroître, v. n. En termes de Droit, fe dit de ce qui 
tourne au profit de quelque aifocié , ou confrère , par 
la mort ou par l'abfence d'un autre. La part de celui 
qui renonce à une fuccelîlon , accroît à (us cohéritiers. 
En toutes les compagnies où il y a bourte commune 
d'epices, de droits, &:c. la part des ablens accroît aux 
prélens. Si un teftateur allocie dans un même ufufruit 
plufieurs perfonnes , celles qui meurent , celles qui 
abandonnent , celles qui n'acceptent pas, le lallfent en- 
tier aux autres. C'eft tantôt un droit d'^ccro/r/^ , tantôt 
un droit de retenir, & de non décroître. Peliss. 

ACCROUPIR, S'ACCROUPIR, v. récip.Qui fcrtà ex- 
primer la pofture d'un homme dont le corps eft cour- 
bé, de façon que la plante des pieds touchant à terre» 
le derrière touche prefque aux talons. Sidère , in 
dunes refidere. La plupart des Orientaux s'accrouplf- 
fent au lieu de s'alFeoir. Une vieille qui étoit cachée 
(?: accroupie derrière un buillon , entendit tout leur 
en.treticn. 

ACCROUPI,IE. part. C'eft auftî un terme de Blafon, qui 
fe dit d'un lion & de même des autres animaux quand 
ils font ailîs. In dunes refidens. On le dit des lièvres , &• 
des lapins qui font ramalfés : ce qui eft leur pofture 
ordinaire quand ils ne courent pas. D'azur au lion ac- 
croupi d'argent , (Sec. 

ACCROUPISSEMENT. f. m. Siruation de ce qui efl: 
accroupi. Incubitus, h'accroupiff'ement d'un Uèvre en 
forme. Ce mot eft peu en ufage, ik eft compofé de 
croupe. 

ACCRU, UE. part, d'accroître. lia les lignifications de 
fon verbe. 

ACCRUE, f. f. Terme des Eaux & Forêts. Additamen- 
tum , adcretio , augmentum. Accrue de bois, eft une 
augmentation de l'étendue d'un bois qui fe fait natu- 
rellement , & lans être planté ni iemé. Ce mot a la 
même origine c\\s! accroître , ik accroifTement. 

IfCF Accrues, eft auftî un terme dont fe fervent quel- 
ques-unes de nos Coutumes, pour fignifier les îles & 
attérilLcmens qui fe font dans les rivières. Vo^ e\ Al- 

LUVION. 

§Cir Accrues , jeter des accrues , chez les Marchands 
de filets , faire des boucles au lieu de mailles pour ac- 
crocher les filets. 

ACCUBE. Vieux mot qui vient à'accumho , & qui veut 
dire. Repaire 3 lit. Lecîus , ftratum. Borel. Ils tendi- 



ACC 

renî pavillons Se accuhes. Ro^f. d'Artus de Bre. 

ACCUBITEUH. î. m. Accub'nor. C'eltlc nom d'un Of- 
ficier des Empereurs de Conllantinople. U Accuhïtcur 
cruir celui qui couchoir près de l'Empereur. Chas t. 
Ce mot vicn: du Latin Accub'nor , qui couche proche 
d unautre. Il vient du verbe tîctv/Wi^o, je couche proche. 

ACCUEIL. 1. m. Traitement , réception qu'on fait à une 
perfonne qui arrive , ou qui nous aborde. Acceptïo , 
excepno. Je me luis laillé tromper par l'^ccaei/ hypo- 
crite que m'a fiitceruic courtilan. ^.'i. Scud. Les grands 
gagnent l'amitié des peuples en faiiant un bon accueil 
aux perlunnes qui les approchent. H ma fait un accueil 
froid, & déiobhgeant: j'en attendois un accueil ç\\xs 
favorable. 

Accueil, ieul & fans épithète, fe prend d'ordinaire en 
bonne part. Il lignifie la manière civile & honnête 
dont on reçoit une perlonne. Faire accueil à tourne 
monde. L'accueil qu'a fait ce Seigneur à cet infortuné 
gentilhomme , en le retirant dans la mailon, lui a fauve 
la vie & l'honneur. Son accueil charme tous ceux qui 
l'abordent. Il fait accueil à tout le monde. 

Bel-Accueil, f. m. ^craei/ honnête , poli , agréable. î.fa- 
rot a perfonnifié bel-accueil > ik. en fait le portier du 
temple de Cupidon. 

Si vins de pen/ee joyeufe 
Vers Bel-accueil le bien appris j 
'Qui de fa main dcxne m'a pris ^ 
Et par un fort étroit f entier 
Me fait entrer au beau pourpris 
Dont il étoit premier portier. 

^3" ACC UEILLIR. v. a. qui fe conjugue comme cueillir, 
lignine proprement recevoir ceux qui ontaftaire à nous, 
ou qui nous rendent vilîte. Accipere , excipere. îl ell 
déterminé à lignifier une bonne ou une mauvaile ré- 
ception par les termes qui l'accompagnent. Il l'accueil- 
lit avec des témoignages d une grande tendreire , de la 
manièic du monde la plus honnête. Il m'accueillit 
iîcidemei.t. 

Cemot vientdu latin adccUigo. Ménage. S'iln'ell 
pas furanné,au moins eft-il certain que nos bons Auteurs 
s'en fervent peu aujourd'hui. J'aimerois mieux l'éviter, 
& au lieu de dire , il m'a bien accueilli , je dirois , il 
m'a lait un bon accueil, il m'a reçu favorablement. 

IJCF Accueillir , fynonyme avec lecourir. Pmfdium 
ferre. On ne doit pas méconnoitre dans la prolpérité, 
ceux qui nous oivc accueillis , qui nous ont Icccurus 
dans notre misère. 

1^ Accueillir, le dit dans un fens figuré des accidens 
fâcheux qui nous arrivent ou qui nous lurprennent. Qc- 
cupare , adoriri. Nous n'étions pas loin du port , lorf- 
que nous fûmes accueillis par la tempête, c'eft-à-dire , 
furpris & battus par la tempête. Tous les inalheurs 
l'ont accueilli. 

L'AcAD. Fr. ne fait aucune difficulté fur ce mot. 
Le P. Bouhours le condamne dans cette lignification. 
Son ufage paroit au moins douteux. Il vaut mieux cher- 
cher un autre tow. 

Les nouveaux Vocabulilles nous préfentent ce mot 
comme uhté dans toutes fes acceptions. Ils auroient dû 
nous avertir que fon ufage ell au moins douteux , & 
que dans la première lignification , il vieiUif. 

^CT Accueillir, fe dit plus particuUèrement pour rece- 
voir dans Mn bateau , dans une chaloupe des gens en 
danger. Le Patron voyant notre vailFeau brifé , déta- 
cha une chaloupe pour nous accueillir. 

ACCUEILLI, lE. ^zvi. Acceptus 3 exceptas. 

Cette beauté de vertu accuillie 

Se pajfera comme une fleur cueillie. MaRot, 

C'cft-à-dire, remplie , douée de vertu. Il ne fe dit plus. 

ACCUL 1. m. l'Lle prononce. Lieu d'où on ne peut lor- 
tir, faute d'ilfue. Angufliéi. Poulfer dans un accul. Quand 
on eft dans un accul , on ne peut lorrir que par où 
l'on eft entré. L'Acad. ne nous dit rien fur l'ufage de 
ce mot. Je ne le crois pas d'un fervice bien fréquent. 
On le dit particulièrement à la chalfe , des lieux où 
l'on réduit le gibier. 

AecuLSjfont aulli les lieux les plus enfoncés des ter- 



ACC 



77 



licrs y où les renards eu blaireaux ont toute leur fa- 
mille. Fundula. On appelle Cinrefours y les princi- 
paux conduits ou creux qui mènent à leurs acculs.Qw 
appelle encore Acculs,cn termes de challe , les bouts 
des forêts & des grands bois. Il le dit aullI des piquets 
qu'on enfonce en terre au bout d'une platte-forme 
pour retenir le canon, quand il recule après avoir tiré. 

i^ AccuLS, fe dit aulH parmi les navigateurs de l'A- 
mérique , pour diftinguer lenfoncement d'une baie. 
Il a parmi eux la même fignification que cul-de-fac. 

ACCULEMENT. f. m. Terme de Marine , qui le dit 
de la concavité & rondeur de quelques membres qui 
le placent à l'avant, & à l'arrière fur la quille du vaif- 
leau. 'Varangues acculées , font celles qui font rondes 
en dedans. Ozanan dit qu'on appelle acculement , la 
proportion avec laquelle chaque gabarit s'élève fur la 
quille plus que le premier gabarit. 

ACCULER. V. a. Pculfcr quelqu'un , &: le réduire en 
un endroit où il ne puilîe plus reculer. In anguflias 
redigere y conipellere. On a. acculé les ennemis dans ce 
détroit de montagnes, où on les fera mourir de faim. 
On le dit aulîi des langliers , des renards , &c. Les 
Chiens ont acculé le loup. 

s'AccuLER, lignifie au contraire, fe placer dans un coin, 
fe retirer dans un heu étroit où on ne puilfe être atta- 
qué par derrière , pour fe mieux défendre contre plu- 
lieurs ennemis de front. Locis poftico impervùs uti 
ad dcfenfionern. Ce brave s'eft acculé conue. une mu- 
raille, pour n'être point enveloppé par les ennemis. 
Le taureau s'accule y quand il ell prelîé avec trop de 
vigueur par des dogues. S'acculer contre un arbre. 

Acculer , en termes de manège , fe dit lorfque le che- 
val qui manie fur les voltes, ne va pas alfez en avant 
à chacun de les mouvcmensi ce qui fait que les épau- 
les n'cmbralFenc pas alfcz de terrain, & que fa croupe 
s'approche trop près du centre de la volte. On dit en- 
core vulgairement , qu'un cheval s'accule y ou qu'il 
s'clt acculé y lorlqu'il s'abandonne fur la croupe , lorf- 
qu'on l'arrête, ou qu'on le veut faire reculer. 

Acculer, v. n. Teime de Marine. Je jugeai que je l'avois 
fort incommodé en lui donnant une bordée, puifqu'ilmit 
toutes les voiles à acculer. M. le Chev. de Caylus. 

ACCULÉ, ÉE. part. In angufias loci redaclus. 

Entérines de Blafon, on appelle un c\vç.\ A acculé , 
quand il eft cabré en .arrière & fur le cul. In dunes 
refidens. Ce mot convient à quelques autres animaux. 
Un hon acculé. On le dit aulîi de deux canons fur 
leurs affûts , dont les culalles font oppofées l'une à l'au- 
tre ; comme ceux que le Grand Maître de l'Artillerie 
met aubas de (zs armoiries, peur marques delà dignité. 
Ce mot fe tire du Latin culum. On dit un cul-de-fac. 

ACCUM , AUXUM, ou CHAXUMO. Ville de l'A- 
biflînie en Afrique. Auxima. Elle eft dans le Royaume 
de Tigre , fur la rivière de Marabo. Elle a été capitale 
de l'Abilîînie ; ce n'eft plus qu'un petit village , où 
l'on couronne cependant encore les Rois. Une luircfte. 
de Icn ancienne fplendeur , que les ruines de quel- 
ques édifices, celles d'une Eghfe magnifique, & de 
quelques pyramides & obcîifques qui fetvoient d'or- 
nement aux tombeaux des Rois. 

ACCUMULATION, f. f. Entallement , amas de plu- 
lîeurs chofcs les unes fur les autres. Accumulatio , 
coacervatio: Accumulation de richelles. Il n'y a rien 
de plus ruineux que de laifler faire une accumulation 
d'arrérages. Ce mot n'eft pas ufité. 

On dita.uVdhis , une accumulation de dïoïts , ou eu- 
mulationyqu.md quelqu'un prétend un héritage , un bé- 
néfice, en vertu de plufieurs droits de différente na- 
ture, comme par mort, par rélîgnation, &c. &c qu'un 
Icul de ces titres pourroit lui acquérir. 

ACCUMULER, v. a. Entalfer , airembler , .amaller plu- 
fieurs chofes eniemble. Accum.ulare y coaceryare y con- 
gererc. Les avares ne fongent qu'à accumuler tréfurs 
iurtrélors.Onditfisurément,t?c:cz//Ki^/i;/crime fur crime. 
On le dit quelquefois ablolumcnt. Les avares ne 
fongent qu'à accumuler. On fous-entend du bien, des 
richelles. 

AccuMULER,eftauirirécip.Etdans cette acception on dit, 
que des arrérages s'aaumuknt tous les jours j pour 



AC 



78 r.^^ 

dire, qu'ils augmentent tous les jouis. Acad. Fr. 

ACCUMULÉ, ÉE. part. Accumulatus , Congefius. 
Ce mot vient A' accumulatio j accumulare. Ad & cu- 
mulus , monceau. 

ACCURBITAIRE. adj. m. qui le dit d'un ver du corps 
humain. Le ver qu'on appelle le T&nla j ou le loli- 
taire , ou ver plat, quelques-uns le nomment Ver ac- 
curbitaire. M. Valiliiiéri prétend que les vers accur- 
bitaires font un amas de plulîeurs petits vers joints en- 
fembie , & qui le tiennent les uns aux autres pour éviter 
plus furement quelques dangers, tels que leroient cer- 
tains lues dangereux contenus dans les inteftins. Rien 
n'eft plus iîngulier que les preuves qu'il apporte de 
cette étrange luppoùtion. Nous parlerons du Tania , 
ou Solitaire en la place. 

ACCURSE. f. m. Accurfius. Nom propre de trois fa- 
vans Italiens. Les deux premiers , père & fils , célè- 
bres Jurilconfultes du xi^ liècle, & le troilième, fa- 
vant Critique duxvi^ liècle. 

ACCUSABLE. adj. Qui peut être accufé. Danet. Le 
même Auteur n'a pas été lî hardi dans fon Didiion- 
naire Latin & François, où il s'eft contenté de ren- 
dre accufabUls j par digne d'être blâmé ou repris \ 
repréhenhble ou blâmable. On trouve accufabïlis , 
Acculable dans le petit Diclionnaire de Boudot. On 
le trouve aulîî dans le Dict. de l'Acad. Fr. Notre Lan- 
gue a bien des mots qui ne valent pas celui-là. Tout 
ce qu'on peut faire , c'efl: de lui louhaiter une bonne 
fortune. 

ACCUSATEUR , ACCUSATRICE, f m. & f. Celui 
ou celle qui accule , qui impute un crime à quelqu'un , 
& en pourluit la réparation en Juftice. Accufator , ac- 
cuf Citrix. Par le Droit civil il n'y avoir point àcaccu- 
fatcur public. Chaque particulier , loir qu'il eût inté- 
rêt au crime public, ou non, pouvoir acculer, & con- 
clure au châtiment de l'acculé. En France il n'y a que 
le Procureur-Général, ou les Subftituts prépolés dans 
chaque Siège, qui le puilTent conftituer accufateurs ; 
c'cft à eux leuls qu'appartient la vengeance publique. 
La partie civile ne peut conclure qu'à la réparation , 
& aux intérêts , & non pas à la punition du crimi- 
nel. Mais il requiert la jonélion des gens du Roi qui 
ont leuls droit de conclure à la punition corporelle. 
C'ètoit autrefois une choie odieule , que de palfer 
pour accufateur. Quintilien l'a dit avant moi, & a mis 
en proverbe , Accufatorïam vïtam agerc. Et parce 
qu'il y eut un Brutus qui fit à Rome cet inlàmc 
métier , & qui fut appelle \' Accufateur , Cicéron 
l'appelle pour cela le déshonneur de la famille des 
Juniens. Balz. 

fCF Se rendre Accufateur, être reçu A ccufateur.^nl ne 
peut être reçu Accufateur en France , à moins qu'il 
n'ait un intérêt perlonnel dans la pourfuite du crime. 
U Accufateur défère un crime à la juftice, en le dé- 
clarant partie civile. Le dénonciateur révèle aulîî un 
crime , mais dont la réparation ne l'intéreire point 
perfonnellement, &fans le rendre partie civile, ^oye:^ 
ces mots. 

§3' Ce mot s'emploie au figuré. Au dernier jour nos 
peines le préfenteront comme autant de cruels Accu- 
fateurs. NicoL. En quelque endroit que le trouve 
un parricide, il rencontre un Accufateur ^ un Juge & 
un Bourreau. Le Maître. 

ACCUSATIF, f. m. Terme de Grammaire. C'eft le qua- 
trième cas des noms qui le déchnent. Accufandï ca~ 
fus y accufatïvus. Il marque & déligne le terme d'une 
aètion, ou d'un rapport, le fujet où palle l'atLion 
du verbe , ou de la prèpofition. Un verbe aâ:if régit 
\ accufatïf. Il y a des prepoiicions qui demandent après 
elles un accufatïf. En François l'^ccif/îzri/" eft lemb la- 
bié au nominatif. 

ACCUSATION, f. f En Jurifprudence , c'eft en général 
la délation d'un crime ou d'un délit fiitc en Juftice, ou 
par une partie privée , ou par la partie publique. Accu- 
fat'io. C'eft une aètion en juftice par laquelle on im- 
pute un crime à quelqu'un, dont on pourfuitla répa- 
ration. Dans cette aèiion, la partie civile demande^ ré- 
paration des torts que lui a occafionnès le crime ou 
délit, ou des dommages & intérêts •■, ôc la partie publique 



ACC 

conclut à des peines corporelles. 'Vous ferez bien de pré- 
venir une accufation li redourable , uu de la repouilèr vi- 
goureufcment , h elle eft déjà formée. Ablanc. Sufciter 
une accufation capitale. Il y a vingt chefs à'accufa- 
tion contre ce cnvnmû.U accufation des crimes privés 
n'étoit recevable par le Droit Romain qu'en la bou- 
che de ceux qui y avoient intérêt: pour les crimes pu- 
blics, V accufation pouvoir être hitentée par quicon- 
que la vculoit entreprendre. La pouriuite d'un délit 
particuher s'appeloitlimplcment action. Autrefois en 
France ii {'accufation étoit grave, il en falloit venir à 
un combat ; fi elle ne l'étoit pas, tout accufé étoit tenu 
de fe purger du moins par lerment. U n'y étoit reçu 
qu'en failant jurer avec lui des gens de fa profeflîon, 
de fon fexe , de fa parenté , ou du moins de fon voi- 
lînage, gens (ans reproche, domiciliés, & connus de 
• l'accufateur. Le Juge en fixoit le nombre : il pouvoir 
les nommer d'oflice; on les tiroir quelquefois au fort. 
C'ètoit ordinairemenr l'accufé qui les prèlenrcit ; & 
rarement en lailïoit-on le choix à l'accufateur. Le 
Gendre. 

ifF Accus ATioN,fe dit par extenfion,de toute impu- 
tation qu'on peut faire à quelqu'un pour quelque faute 
que ce loit. Vous m'acculez de "pareife , de peu 
d'exactirude : cette accufation eft lans fondement. 

§C? Accusation , fynonyme de confelîîon. Déclara- 
tion fincère de les péchés , faite au Prêtre dans le 
tribunal de la pénitence. Confcjfio. Il faut faire une 
Imcère accufation de fes péchés au Prêtre. 

ACCUSER. V. a. Intenter une aèlion criminelle con- 
tre quelqu'un , foit en fon nom , foit fous le nom 
de la partie publique , qui eft toujours le Procureur- 
Général, ou Ion Subftitut. Accufare. Il n'appartient 
qu'au mari à' accufer idi femme d'adulrère. On a ac- 
c£{/s' de ccncullîon un tel Officier. Caton, l'homme 
le plus jufte de fon fiècle, avoit été accufé 42 fois, 
& abtous 41 fois. Dans l'efprit de la plupart des gens , 
c'eft allez d'être <2cc«/t' pour être coupable. Voir. \jn 
homme de bien accufé injuftcmenr, été à la prifon 
même ce qu'elle a d'ignominieux. Bouh. 

Accuser, fignifie quelquefois fimplement , reprocher. 
Imputer à quelqu'un une fiute , grave ou légère, un 
dèfaur, un ridicule. Tous les amis ï'accufcnt de pa- 
reife à faire réponfe aux lettres. On accufé les Fran- 
çois de légéreré & d'imprudence. 

On accufé fouvent de beaux yeux, dont toute la 
force eft dans la foiblclle du cœur qu'ils onr bleflè. 
S. EvR. Je ne m' accufé que de trop de déhcatefic 
pour mes amis , bien loin de les négliger. Id. 

Ma jufte impatience 
Vous acculoit déjà de quelque négligence. Rac. 

Accuser, fignifie aullî , impugner un ade , conteiler 
fa validité à caufe de quelque défaut elfentiel. Im- 
pugnare. Accufer un a6te de faux. Accufer un tefta- 
ment de luggeftion. 

Accuser, fignifie aulîî, confelfer fa faure, ounommer, 
déclarer les complices. Confiteri. Il faut accufer fes 
péchés. Il faut qu'un pénitent s'accufe franchement 
de fes péchés , les déclare au pierre dans le tribunal 
de la confelîîon. Ce criminel a tout avoué , il a ac- 
cufé tous les complices. Il a accufé bien des gens dans 
fon teftament de mort. 

ifT On dit d'un criminel qui avoue fon crime, qu'il 
s'accufe lui-même. Le remords a quelquefois obligé 
les criminels à s'accufer eux-mêmes. Les perfècuteurs 
femblent s'accufer eux-mêmes de n'être pas bien con- 
vaincus de l'évidence Se de la force de leurs raifons, 
puifqu'ils emploienr la violence. 

Accus ER , fignifie aulîî fimplement , déclarer. Enunciare. 
On dit à certains jeux de cartes , accufer fon jeu , 
accufer fon point; &en ftyle de Marchands , accufer 
la réception d'une lettre; pour dire, déclarer ce que 
les règles veulent qu'on déclare. Déclarer combien on 
a de point ; déclarer qu'on a reçu une lettre. 

le? Accus ER. Terme de Peinrure , donner une idée jufte 
de ce qui eft couverr , par les furlaces de ce qui cou- 
vre. Accufer les os, les mufcles fous la peau. Accufer 
Iç nu par les plis des draperies. Acad. Fr. 



ACE 

ACCUSE, ÉE. part. /^cc^yiwj. Socrate aca/fc; répondit: 
ce que j'ai fait ne mérite rien , linon qu'on me nour- 
riire aux frais de l'Etat dans le Prytanée. 

Accusé j Te prend quelquetois lubftantivement , Reus. 
Celui qui eft prévenu de quelque crime capital , ou 
non. Il n'y a que le décret d'ajournement perlonnel, 
qui falfe l'accufé , & non point la plainte. On doit 
entendre Vaccufé , à peine de nullité du jugement. 
L'ûccuJ'é ne peut point réligncr quand le crime em- 
porte la privation de (on Bénéfice. Bouch. Par les du- 
res Loix de l'inquilition, l'on contraint l'tzccw/t- à s'ac- 
culer lui-même du crime qu'on lui fuppole. Inq. de 
GoA. h'accufé n'eft point reçu à acculer Ion accula- 
teur j ni à uler de récrimination, avant qu'il le loit 
purgé. De Laun. 

ACE. 

ACE. Ace. Ville de Phénicie , dans Strabon & dans 
Etienne. Ce fut depuis Ptolémai's. Koye^ ce mot. 

ACÉE. 1. f. Ce mot le difoit autrefois pour hécajfe : il 
vient d'^cceitZj qui vient à'acus j à caule du long bec de 
la bécajfe. 

ACÈEMENT. f. m. Vieux mot. Grand équipage , ajuf- 
tement. Parcevax elgarde la Demoilelle , Se la voit 
tant belle, & fi li plot tant étabeli {éblouit ^ charma) 
par le grant acécment qu'il voit en li. Graal. Acée- 
mcnt fe trouve dans les Poëlies de Tlùbaut , Roi de 
Navare. 

ACELLARO. Fbye:^ Abyso. 

ifT ACEMÈTE, Fove-^ AcœmÈte. 

tfT ACENSEMENf . f. m. Autrefois ACENSE. f. f. 
Ternie de ccutumes. Aétion de donner à cens. Datlo 
adcenfurriy locatïo accenfiva. Acenjcmcm d'une mai- 
fon, d'un héritage. Voyei^ Cens. 
^ 1^3" On appelle auiîl^ceny^ ou i^crtf/T/èj un héritage, une 
ferme qu'on tient à certain cens &c rente,ou à prix d'ar- 
gent. Cette métairie cil une accenfc d'une telle Abbaye. 
Tenirun héritage, une mailon en acenje ou en accenfc. 

^ ACENSER , ACCENSER , & ADCENSER. v. a. 
Donner à cens une mailon , une terre , un héritage , 
à condition d'en payer un cens , ou une rente Sei- 
gneuriale. Ad cenfum dare. 

ÇCT II y a encore des provinces où l'on dit accnfcr une 
mailon pour louer une mailon. Locare,. 

^ ACENSEUR , ACCENSEUR & ADCENSEUR. 
f. m. Dans la Coutume de Berri , c'eft celui qui donne 
à louage quelque choCe. Accenfator^ qui dat ad cen- 
fum. 

?fT ACENSIR. v. ?i. Vieux terme de coutumes. Donner 
ou prendre à c.ns ou à ferme. 

ACEPHALE, f. m. Acephalus. Proprement , qui n'a 
point de chef, de l'aprivatif , & de x€i?aÀ,i' tête, chef. 
On a donné ce nom , i° à ceux qui, dans l'affaire du 
Concile d'Ephcle ne voulurent luivre ni S. Cyrille, ni 
S. Jean d'Antioche : i° à des hérétiques du V^ liècle , 
qui fuivirent d'abord Pierre Mongus , ou Moggus : 
puis l'abandonnèrent , parce qu'il foulcrivit au Concile 
de Chaicédoine. Ils fuivoient les erreurs d'Eutichès. 
Et lous l'empire de Julfin, les Seclateurs de Sévère 
dAntioche , & généralement tous ceux qui ne vou- 
lurent pas recevoir le Concile de Chaicédoine , furent 
appelles Acéphales. Quelques-uns prétendent que ce 
nom lignifie héftant ; (k que parce qu'ils tenoient la 
neutralité pour les décrets du Concile de Chaicédoine, 
qu'ils ne fe déteiminoient à rien , qu'ils héhtoient 
quand on les preiroit , ils furent appelés Acéphales ; 
C'cft-à-dire , héfitans. Mais l'autre opinion eft plus 
vraie, ik Acéphale n':i pointée lens. T^oyei Bolland, 
T. I. Anaftale le Bibliothécaire appelle l'exemption de 
la juridiction du Patriarche, Autocéphahe , Autoce- 
phalia. 5° On a appelé Acéphales , les clercs qui ne 
vivoient pas fous la dilciplineecclélîaftiqued'un Evê- 
que. Ifidore j de Ecclef off. Lih. III. Les Conciles de 
Mayence,Ca«. 22 de Paris, Can. lO de Pavie en 
S (0, Can. iS j ôcc. ont fait différens réglemens con- 
tre ces clercs Acéphales. On en trouve encore dans 
les Capitulaires de Charles le Chauve , l. Vf C. 57 , 
«lans Burchaid , L.JI , C. 226, dans Réginon à l'an 



ACE 



79 



de J. C. 8(5 r. Baronius à l'année 1090. Hucbert , frère 
de Thierberge concubine de Lothaire , fut appelé 
Acéphale J parce que , comme difent les Annales de 
Metz à l'an 864. de J. C. il étoit Clerc marié, & par- 
là non loumis aux régies de la clcricature ; eu comme 
d'autres écrivent,parceque Ion Monalfére étoit exempt 
de la jurididion de l'Evêque. Cependant les Moines 
exempts de la juridiction de l'Evcque, ne font ooint 
Acéphales ; cai" Godefroy , Abbé de Vendôme , dit 
dans la 27^ Lettre du livre lecond; Nous ne fommes 
point ^ce^/^a/ej- J puilque nous avons pour chef jesus- 
Christ, & après lui lelouverain Pontife. 4° Dans les 
Loix de Henri I , Roi d'Angleterre , on appelle Acé- 
phales les pauvres qui n'ayant rien , ne tiennent point 
de biens en fief, ni du Roi , ni des Evêques , ni des 
Barons , ou Seigneurs féodaux ; &: ainll font en quel- 
que forte fans chef. Voye^ le Glcll". de Du Freine. 
royei Nicéphore, L. XV III. y 4. Evagr. L. III. 
C. }i. Baron, aux années 452,481,492, 513,^56 , 
J38, 546, ;53. Hornius , ////?. Ecclef Nov. Teft. 
Per. I , An. ;? , §. 48 & 49. Les Acéphales font ap- 
pelés Acéphalkes dans Ilîdore , L. VIII , C. XV, & 
dans la Chronique d'Adon de Vienne. Voye-^ encore 
les Notes du P. Sirmond fur Facund-us Hermlanenfi: . 

ACÉPHALES, l. m. pi. Hommes fans tête. La fable dit 
qu'il y avoir au nord des Hyperboréens, ( c'eft-à dire , 
vers la Rulîie & la grande Tartarie d'aujourd'hui) un 
peuple à! Acéphales. Ce qui doit fe prendre au figuré 
d'un peuple de barbares , qui vivoient alors fans chef, 
fans lubordination, fans fociété. 

ACÉPHALITE. f. m. Acephalïta. Hérétique. Vo\e:ç_ 
Acéphale; c'eft la même choie. Le Chanoine Régu- 
lier de Léon, quia écrit la vie de S. Ilîdore de Sé- 
* ville, dit Acephalïta ,tk. marque que cette Seâe étoic 
fort étendue en Elpagne & en France , au temps de ce 
Saint. Peut-être que dans ces pays-là on les nommoit 
alors Acéphalkes j & non pas Acéphales. 

ACERBE, adj. Saveur mixte qui conlifte dans un goût 
sûr avec une pointe piquante & aftiingente. Acerhus. 
Les Médecins tiennent que ce goût eft mitoyen entre 
l'aigre , l'acide , & l'amer. Ils appellent du vin acerbe j 
du vin fait de railms qui ne lont pas encore mûrs. 
Tous les fruits avant leur maturité ont un ^ouzacerhe. 
Ce mot vient du latin acerhus. C'eft un terme de Mé- 
decine. Hors delà on dit âpre. 

ce? ACERENZA. Ville archiépifcopale du Royaume 
de Naplcs , capitale de la Baidicatc. 

ACÉRER. v. a. Terme de Taillandier. Garnir d'acier un 
outil de fer; y joindre ou appliquer de l'acier , foit à 
la pointe, comme aux burins ; loir au tranchant , comme 
aux couteaux &: cimeterres-, loit lur la face entière des 
outils , comme aux enclumes , &c. Durare ferri aciem 
chah'be. On a dit acérer pour acïérer. 

ACERE, ÉE. part. & adj. Qui eft d'acier, ou ce à quoi 
on a joint & appliqué de l'acier. Ferrum chalybe du- 
ratum. On le dit des inftrumens de fer deftinjsa cou- 
per, à limer, à trancher, à forger. Un cimeterre acéré 
& bien tranchant. Les enclumes , les bigornes , & au- 
tres outils femblables ioni .uii'a acérés , parce qu'on les 
couvre d'acier. 

On le dit en termes de Médecine & de Pharmacie, 
pour lignifier une laveur auftère & aftringente. 

Acéré , s'emploie par quelques-uns au figuré , peur figni- 
fier , mordant , perçant , tranch.int. C'eft une plume 
bien acérée. La pauvreté eft un glaive bien acéré. 
Mau. Il faut pourtant s'en lervir avec difcrétion. 

ACERIDES. f. m. Terme de Pharmacie. C'eft un em- 
plâtre fait fans cire , tel qu'eft celui qu'on nomme 
emplâtre de Nuremberg. Emplcftrum Norimhergenfe. 
Harr. 

ACERNO. Ville épifcopale de la principauté citérieure , 
au royaume de Naples. Acernum. Elle eft entre Salerne 
& Couza. 

ACERRA. Ville épifcopale du royaume de Naplcs dans 
la terre de Labour. Acerra. Elle eft lur la rivière de 
Patria , entre Naples & Capoue. 

^ ACERRE. f. f. Du latin Acerra. C'étoit chez les 
Romains une efpèce d'ayitel drelfé près du lit d'un 
mort, fur lequel les parens & les amis du défunt biû- 



8o 



ACE 



lojent perpétuellement de l'encens iufqu'au moment 

des funérailles, 
%Cr ACERSOCOME. adj. & fubftantif qui fignifie à 

lons;ue chevelure: nom donné a Apollon. 
ACERTAINER. v,a. Vieuxraot-Alluier, certifier. Af- 

feverare j ceniorcm facere. 

Quant au travail . bien je vous acertaine 
Quincejfamment y ferai expoféc. Marot. 

\CT ACÉRURE. Terme de Serrurier _"& Taillandier. 

Morceaux d'acier préparés pour être loudés aux outils 

qu'on veut acérer. 
ACÉSIEN. f. m. Acejlus. Surnom que les Eléens don- 

noient à Apollon. Paulanias, L. VI. Triftan, T. I , 

p. 600.^ 
ACÉSINÉ, ÉE. adj. Vieux mot. Qui eft en embon- 
point. Belle , gente & accfinée. 
ACESMEMENT. f. m. Vieux mot, qui veut dire,ajuf- 

tement. Ornât us , Cultus. 
ACESMER. V. a. Orner, ajufter. Ornarc. Ce mot n'eft 

plus en ulage. 
ACESMÉ, ÉE. adj. Vieux mot. Embelli, orné. 

De grtvit beauté ejî certes acefmée. 
Celle pour cui mes cuers ejl Ji fopris. 

Gasse-Brules. 

ACESMES , ACHESMES. f. pi. Vieux mot , qui veut 
dire, hahillemens , atours de femme. Mundus mulie- 
hris. Quand la Décile a mis bas les habits & ac}:ef- 
mes 3 qu'elle eut defteublé coifte , guimple , atour , 
& autre accoutrement de tête , termaillets , chaînes , 
anneaux, buUetes , & tilFus , jufqu'aux galoches do- 
rées. Jean le Maire. * 
ACESO. f. f. Fille d'Efculape , à qui la fable attribue 
une connoiirance profonde de la Médecine. Le Clerc 
prétend que les Anciens , (ous l'allégorie à'Acéfo, ont 
voulu délîgner un air épuré par les r.ayons du foleil , 
& rendu par-là {;ilubre & propre à réparer les for- 
ces de ceux qui le refpirent. 
ACESTE. f. m. Roi de Sicile , étoit fils du fleuve Cri- 
nifus &: d'Egefte, fille d'Hippotas : c'eft-a-dire , que ce 
Crinifus étoit le Roi ou le Seigneur d'un canton de 
Sicile 011 couloit ce fleuve , ou bien qu'il portoit le 
même nom. 
ffT ACESCENCE en Médecine. Difpolîtion à l'acide. 

Voye^ Acide. 
Ipj" On dit auflî Acefcent adj. Accefcens. Qui approche 

de l'acidité. Alimens acefcens. 
^3" ACESTIDES. Nom donné par les anciens aux che- 
minées des fourneaux à tondre le cuivre. Encyc. 
ACETABULE. f. m. Terme d'Anatomie. Acetabulum. 
Il a différentes lignifications. Il fe dit des cavités profon- 
des de quelques os , dans Iclquels font reçues de grolFes 
têtes d'autres os , pour faire les mouvemens. La ca- 
vité de l'os ifchium , qui reçoit la tête de l'os de la 
cuille, eft appelée Acétahule , Cotyle ou Cotvloïde. 
Il fe dit d'une autre chofe dont les Anatomiftes ne 
conviennent point \ les uns appellent Acétabules les 
orifices des vailfeaux répandus dans la furface interne 
de la matrice; Harvée croit que ce font de petites cel- 
lules du placenta , ou de ce qui tient lieu de placenta 
dans les femelles de plulieurs animaux. Le lentiment 
le plus probable eft celui dans lequel on dit que les ^ce- 
tabules font ces glandes qui s'élèvent dans la matrice des 
brebis & des chèvres, lorlqu'elles font pleines, & qui 
font ainli appelées, parce qu'elles font faites en forme 
de coupe ou de godet : ce qu'on ne remarque pas dans 
les femelles des autres animaux , non plus que dans 
la femme. 
AcÉTABULE,fedit encore dcsvafes ou mamelons creux 
qui font lelong des pieds des polypes & des nautil- 
les , par Iclquels il fucent l'air & l'eau, & les rejet- 
tent enfuite. 
AcÉtabule, fignifie encore une cenaine mefure dont 
les Apothicaires fe fervent pour les chofes liquides. 
T'oye-^ Cotyle , Cotylédon. C'eft une mefure des k\\- 
<;icns qui contenoit un cyathe & demi, cpmrae Agri- 



ACE 

cola le prouve dans fon Z. I. des mefures Rom, 
par ces deux vers de Fannius , qui , en parlant du 

cyathus , dit qu'il pefe dix drachmes , & que l'oxyba- 

phe , ou acétabulc en contient i j. 

Bis guinque hune faciunt drachmx , Ji appenderc 

tentes j 
Oxybaphus fiet JI quinquc addantur ad illas. 

Du Pinet , dans un Traité des poids & des mefures 
qu'il a mis au commencement de fa traduétion de 
Pline , dit que Vacétabule d'huile pefe deux onces Se 
deux fcrupules -, l'acétabule de vin deux onces deux 
drachmes & demie , un grain & le tiers d'un grain i 
l'acétabule de miel trois onces , trois drachmes , un Icru- 
pule & deux filiques. 
AcÉTABULE, étoit cncorc un petit vafe, dans lequel on 
mettoit des chofes propres à aflaifonner , & que l'on 
fei"voit fur la table, comme on fert aujourd'hui une 
falière, un vinaigrier, &c. 

Agricola, dans fon Traité des mefures Rom. L. L 
croit que c'eft delà que ce nom s'eft formé 5 que ce 
vafe étant dcftiné principalement àfervirdu vinaigre, 
A'acetum _, vinaigre , on a fait acetabulum , & qu'en- 
fuite, à caufe de la reflemblance, on l'a tranfporté à 
la mefure. C'eft pour la même raifon que les Grecs 
l'appeloient «iv'/îaçot. 

ACETABULUM. f. m. Sorte de Plante , appelée autre- 
ment Umbilicus veneris. Il y en a de deux fortes il'uii 
dont les feuilles font creufes , & tournées comme un 
acétabule, ou une coupe. L'autre jette une tige me- 
nue , & produit des fleurs f'emblablcs à celles de mille- 
pertuis. Cette plante a les feuilles larges & fort 
épailles. Sa graine , qui eft un peu grofle, a les mê- 
mes propriétés que la joubarbe. 

Acetabulum. f. m. Plante qui croît au fond de la mer. 
Se qui a alFez la figure d'un champignon , puifqu'elle 
eft compofée d'un pédicule mince & terminé par un 
chapiteau formé en bailln de balance. Cette plante 
eft diurétique , & fe trouve dans la mer Méditerra- 
née , & dans les étangs falés , qui font près de Mont- 
peUier. Quoique Cotylédon & Acetabulum ^ foient 
deux noms qui ont la même fignification , ils ne fe 
donnent pas néanmoins à la même efpèce de plantes. 
Celle qu'on appelle Cotylédon ^ eft même une plante 
terreftre. 

^fT Depuis les découvertes de M. Peyfronnel , on a 
reconnu que l'acétabule, que l'on regardoit comme 
une plante marine , appartient au règne animal , 
& qu'il eft produit pair des infedes de mer. Encyc. 

ACETÈS. f . m. Etoit un des compagnons de Bacchus , 

c'eft-à-dire , un des partifans de fon culte. 
ACETEUSE. f. f. Oxalis. C'eft un nom que l'on a 
donné quelquefois à l'ofeille, à caufe de fon goût ai- 
gret. Se qui eft pris du nom L^'m A cctum ^ qui figni- 
fie Vinaigre. C'eft proprement le féminin de l'adjec- 
tif Accteux qui tient du goût du vinaigre. Plante ace- 
teufe. 
ACETUM. Mot Latin, qui fignifie Vinaigre , Se qui 
vient d'aceo, je fuis aigre. Tout Latin qu'il eft , on 
l'emploie quelquefois dans la Chimie. 
AcETUM AlcalisÉ, Alcalifatum. Terme de Chimie. 
C'eft du vinaigre diftillé , auquel on a mêlé quelquefel 
volatil , ou alkali. Harris. 
AcETUM Radicatum. Terme de Chimie. Ce font les 
parties les plus fines Se les plus aiguës du vinaigre , 
quand le flegme en a été tiré. Harr. 
AcETUM Philosophorum , ou Vinaigre des Philofo- 
phes : terme de Chimie. Quelques Chimiftes don- 
nent ce nom à une liqueur aigre qui fe fait en fai- 
fant dilfoudre un peu de beurre , ou liqueur glaciale 
d'antimoine, dans beaucoup d'eau. F^arr. 

rCF ACGIAH KERMEN. Ville d'Afie, fujette auxpc- 
tits Tartares , à cinq journées d'Acgia-Saraï. 

§Cr ACGIA-SARAÏ. Très-belle ville , au nord de la 
mer Cafpiennc, entre le pays de Bulgar Se le Tui- 
keftan. 

A C H. 



ACH 



ACH 



8i 



A C M. 

ACH, dans la termiliaifon des noms Gcographiques Al- 
lemands, vient du mot Aqua, (Se fignifîc que les lieux 
ïiont le nom a cette fyllabe finale , font au bord de 
l'eau j comme y? c/îj ou Achcn , Aquif^ranum. Ru- 
£ich, Aqun: rube£.^ihQïs.d\, Crentzcnach , Rotach, 
ik. quantité d'autres. 

ACHA , ou ACHZA. Rivière dAllcmagnc. Acha^Ach^a. 
Elle a (a louice dans le Comté de Tirol , d'où elle paife 
en Bavière , rraverle le lac de Chicmlcc , & ie jette 
dans l'in, un peu au-dellus de l'embouclaue de la ri- 
vière de Saltz. Après la lortie du Lac, elle ie nomme 
Ah:(a. 

AcH-A. Petite rivière du Duché de Bavière. Acha. Elle 
coule à l'orient du Lech, &i le décharge dans le Da- 
nube , prelque vis-à-vis de Neubourg. 

Il y a une rroiiième Acha à l'orient de la féconde , 
& qui le mêle au Danube au-delTus d'Ingolftad. 

lACHACHICA. Petite ville de l'Amérique leptentrionale. 
Achj.chïca. Elle cft dans la province de Mexique, vers 
les confins de Tlalcola & de Panuco. Les mines è^A- 
chacluca font des mines d'argent, qui rendent cette 
ville conùdérable. 

ACHAD. Une des villes que Nemrod bâtit. Ackad. On 
n'en lait point la fituation , & c'eft fans fondement 
que quelques Géographes la placent au confinent de 
l'Euphrate & du Trgre. G en. X. lo. 

ACHAIE. l.f. Achaia, Hcllas. Ancienne province de 
Grèce, entre l'Epire, laThellalie, la mer /Egée, & le 
Péloponcle. Onl appelle aujourd'hui Livadie. Onpré- 
tend que Ion nom lui vier.t d'aii'Tvsa'xvf qui lignifie 
douleur 3 parce qu'elle étoit lujètc , d'u-on , à de gran- 
des inondations. Si cela cft, ne fcroit-ilpas plus natu- 
rel de tirer fon nom de ^^\^!^,achou , quiligniheun lieu 
humide, marécageux, plein de rofeaux î Cadmus &: 
fes Phéniciens lui avoient donné ce nom. Mais d'au- 
tres prétendent que ce pays a été ainh nommé à'A- 
ch'éus , fils de Xuihus , fils d'Hellen , &: petit-fils de 
Deucalion, qui chailc de Thellalie s'empara du Pclo- 
ponèfe, Hc eut de Creiile fille dEretlée, Roi d'Athè- 
nes, Achéuî & Ion, dont l'un fut chef des Achéens , 
& l'autre des lon.iens. On a encore appelé Achaïe 
proprement dite , une pro^'ince du Péloponcle , qu'on 
nomme aujourd'hui Duché de Clarence. On donne 
aulîi quelquefois ce nom à tout le Péloponcle, 

ACHAÏENS , ou ACHÉENS, c\' ACHÉES,Ainfi qu'é- 
crit M. Corneille. Ach&i. Peuples de l'Acha'i'e, & gé- 
néralement les Grecs, qui lont louvent ainli nommés 
dans les Poètes. M. Tourreil écrit & ait Achaicns è^TiXis 
fa Table, & Achéens dans fa Préface lur fa traduction 
des Oraifons de Démofthène. Les habitans du Pélo- 
ponèfe, julqu'aux Hérachdes , le divifoient propre- 
ment en Achéens 8c en Ioniens. Les premiers pof- 
fédoient les terres que les Héraclides allignerent aux 
Doriens , Se aux autres peuples qui les avoient accom- 
pagnés. Ceux des ^cAeenj qui delcendoient d'/Eolus, 
& que l'on challa de Lacédémone , le retirèrent d'a- 
bord en Thrace ious le commandement de Penthile, 
& après la mort allèrent s'établir dans le canton de 
TAfie mineure , qu'ils appelèrent Solide. Quant aux 
Achéens de Mycènes, comme ils fe voyoient con- 
traints par les Eiéraclides d'abandonner leur pays , ils 
s'emparèrent de celui des Ioniens. Tourr. Polybe 
a écrit allez amplement de la République des Achéens ., 
dans le prélude de fon Hilloire. Un Hollandois , nom- 
mé Man'inSchocklus , a fait un Traité Latin de la 
République des Achéens & des VeVens, dans lequel, 
parce que le gouvernement des Achéens a toujours 
été un des plus eftimés de la Grèce , il affede de lui 
coiTifiarcr celui des Provinces-Unies. 

ACHAfQUE. adj. m. & f. Achaicus , a. Qui appartient, 
qui a rapport à l' Achaïe. L. Mummius , qui dérruifit 
Corinthe, l'an de Rome 607, fut furnommé \'A- 
chaïpue , parce qu'il loumit l'AchaVe. 
ACHAÏSONNER. v. a. Vieux mot qui fignifioit, pren- 
dre occafion d'exiger injuftement de quelqu'un la 
chofe qui lui appartient , le vexer , l'inquiéter, Rag. 
Tome I. 



rexarè , inïquam exiecndi occajlonem captare* 

ACHALANDER. v. a. Attirer les chalands, accrédi- 
ter, mettre une boutique , ou une mailon, en répu- 
tation d'avoir de bonne marchandife , & à bon prix. 
Ewptores allicere. Toute la fortune d'un marchand 
conlille à bien achaiander la boutique. Ce terme ne 
peut trouver place que dans la converlation. 

AcnALANDER,e(l: quelquefois réciproque. Cette bouti- 
que s'eft bien achalandée. Cet homme commence à s'a- 
chalander. On le dit auilî en badinant, d'une per- 
fonne qui a beaucoup d'intrigues : cette fille eft fort 
achalandée. 

ACHALANDÉ, ÉE. part. Qui a des chalands. U le 
dit égalemejit du marchand , & de la boutique. Un 
marchand achalandé , celui qui fait un grand dé- 
bit. Une boutique achalandée , celle où il vient 
quantité de marchands pour acheter des marchan- 
difes. 

ffT ACHAMECH ou ACAMECH , félon quelques 
Chimiftes , lignifie X'écume , ou la iuharge d'ar- 
gent. 

ACHANACA. Plante des Indes , dont la feuille ref- 
lemble au chou; mais elle eft plus mince, &: les cô- 
tes en lont plus tendres. Son fruit eft gros comme un 
œuf, & de couleur jaune \ on le nomme Alfard : il 
croit au royaume de Mély \ on emploie la décoction 
dans les maladies vénériennes. Voye^ Thevet. 

ACHANAMASI. f m. Terme de Relation. Nom de U 
quatrième prière que les Turcs font tous les jours , Se 
qui le fait quand le Icleil elt ccuche. Quana Turca- 
rum precatio. Mahomet a ordonné cinq prières en 
vingt-quatre heures : \ Achanamafi eft la quatrième , 
ou la prière du foir. A. D. S. M. 

ifF ACHANE. 1. f Ancienne mefure de blé dont on fe 
lervoit en Perle , qui contenoit quarante-cinq rtiédim- 
nes A triques. 

ACHAOVAN, ou ACHAOVA. f m. Quelques perfon- 
nes donnent ce nom à une plante Icmblableàla camo- 
mille, qu'ils appellent ^■^fAiZvejy^c/iovtj Achoavan, Se 
quelquefois Alacuan. Cette plante eft fort abondante 
en Egypte, lur-tout au Caire, dans un lieu appelé 
Shéchie. DicT. de James. 

(CT ACHARNAR. P''ove^ Acherner. • 

^3- ACHARNEMENT, f. m. Dans le fens propre, adtion 
d'un animal qui s'attache opiniâtrement à fa proie* 
Penïnax prddA ïnhajîo. "L' acharnement d'un loup. 

On le dit auilî de la fureur opiniâtre avec laquelle 
les hommes lîv' les animaux fe battent les uns contre 
les autres. Ces deux hommes , ces deux dogues le font 
battus avec acharnement. 

§C? Dans le fens figuré, forte pallion, attachement opi- 
niâtre à quelque chofe. Libido , propenfio. On le dit 
en mauvaife part. Il a un furieux acharnement pour 
le jeu, pour la débauche, 

0Cr On le dit encore de l'animofité opiniâtre avec la- 
quelle on perlécute quelqu'un. InfeÊlatio vehemens j 
accrbai V acharnement de deux plaideurs , qui cher- 
chent à s'écrafer. Ces deux auteurs fe déchirent avec 
acharnement. 

Tous les dévots de cœur font aifés à connaître. 
Jamais contre un pécheur ils n'ont c/'acharnement; 
Ils attachent leur haine au péché feulement. MoL. 

Arracher ce levain des fureurs parricides ^ 
Qu'enfantent les cfprits de nouveautés avides , 
Dont les coups inhumains font d'autant plus mor- 
tels j 
Que /e«r acharnement croit feryir les autels. 

La Bastide, 

ACH AR NER. v. a. Terme de Vénerie. Donner aux bêres îc 
goût , l'appétit de la chair. Garnis famem _, ou appetitum^ 
excitare y irritare ^ ciere. On acharne les chiens, les 
oifeaux de proie à la curée. Onditaulîi en Fauconnerie, 
tif /^ci/Tîerl'oifeaulur le tiroir, loit au poing avec le tiroir, 
qui eft une aile de chapon ou de coq-d'inde ; foie 
en attachant le tiroir au leurre. Accipitres oblatâ efcâ 
fafccrct II y a des oifeaux farouches qui ne s'achar^ 



8z 



ACH 



tient jamais , &: qui felaiirent plutôt Mourir de faim. 
On dit auffi en Fauconnerie, acharner le lièvre, 

mettre un morceau de chair dellus. 
Acharner. Animer. Irr'uare. On les a acharnés les uns 

contre le autres. 
^CF Acharner. Avec le pronom perfonnel, s'attacher 

av€c fureur. Le lion ^'acharne fur (a proie. 

Dans un lens figuré, il lignifie s'attacher avec fu- 

-reur , avec opiniâtreté à perlécutcr quelqu'un , a le 

blâmer. Acriter'infeclarï. Ces deux plaideurs lont fu- 

rieulement acharnés l'un contre l'autre. 



Il déchire l'Eglïfe 



i/ j'acharne contre elle; 
ranchirdes droits qu elle a fur nous . 



Et voulants'. 

Ilfe les attribue 6' les prodigue à tcnis 

La Bastide. 

Il fignifie quelquefois s'attacher avec excès. Ferri 
immoderatiàs. H eft dangereux de s' acharner ^n jeu. 
Ce Dodeureft lîfort acharné 3i l'étude , qu'il le del- 
feche lur les Livres. S. EvR. Ce mot eft compofé, 
&c dérive de chair. 

ACHARNÉ, ÉE. part. & adj. Animal acharné fur fa 
proie. Combat acharné. Homme acharné sxiian. 

ACHART. 1. m. Nom propre d'homme. Aicadrus. Saint 
Aicadres , que nous appelons plus communément Saint 
Achart , & que d'autres nomment encore S. Acaire , 
croit illu d'une des meilleures mailons de Poitou, & 
fut Iccond Abbé de Jumièges. 

ACHASSES. Rivière de Languedoc , en France, Achaf- 
Jia j AchaJJius. Elle a fa lource dans les montagnes , 
près de Viviers. Elle arroié le Vivarais, & au-delfous 
de Teil elle fe jette dans le Rhône. 

ACHAT, i. m. Acquifition d'une chofe moyeiuiant le 
payement de la valeur. Contrat par lequel le vendeur 
pronaet ic s'oblige de livrer quelque choie à l'ache- 
teur, pour un certain prix dont ils font convenus. Trois 
choies font la lubftance d'un contrat , le conlentement 
du vendeur & de l'acheteur, la choie vendue & le 
prix. Emptio. Il a fait aujourd'hui l'achat d'une terre 
à fa bienféance. Il a fait un mauvais achat. Il le prend 
auffi pour la chofe achetée. Je veux vous monrrer mon 
achat. Achat palle louage , eft un proverbe tiré des 
Coutumes de Namur , c'eft-à dire , que celui qui a ache- 
té un héritage, peut jouir malgré le bail fair à un tiers, 
ôc dépolîéder le locataire , fauf à celui-ci à fe pourvoir 
pour les dommages Se intérêts. Ce mot vient du La- 
tin adcaptare j ou adceptare. L'achat dirlere de l'é- 
change , en œ que dans l'achat on livre, ou l'on pro- 
met de livrer une choie pour un certain prix 5 & dans 
l'échange on donne une chofe pour une autre , qui n'cft 
pas de l'argent i^ûr exemple , du blé pour du vin , du 
bois pour du 1er, Vente eft le contraire è! achat. 

ACHATE.f. m. (prononcez Akate.)Achates. Nom d'un 
des compagnons d'Enée , fon ami & fon confident , qui , 
dans Virgile , ne le quitte prefque jamais. C'eftde-làque 
ce mot a pailé dans notre Langue pour lignifier un ami 
conltant, un compagnon fidèle, lui homme avec lequel 
on eft toujours. 

Sans ce fidèle Achatei/ n'eût su faire un pas ; 
L'un étoit le David ^ l'autre le Jonathas. 

AC HATES, f m. Ancien nom de la rivière du Drillo en 
Sicile. A chat es. 

ACHATGU. Village de l'ile de Chipre. Aphrodifium. 
Il eft fur la côte feptentrionale. C'étoit autrefois une 
ville célèbre confacrée à Venus , que les Grecs appel- 
lent Aphrodite. Elle étoit à neuf milles de Salamine , 
entre Carpafium & Ceraunia. 

ACHAZIB," ACZIBA. AncienneviUe de la Terre-Sainte, 
dans la tribu d'Afer. S. Jérôme dit que dans la fuite 
elle fut nommée Ecdippe ^ &illa place dans la Fhé- 
nicie. Elle étoit près du lieu qui s'appelle aujoiu- 
d'hui Sadderia, entre Ptoléma'ide , & Tyr. 

ACHBAATS. f m. Terme de Relation. Officier dans les 
villes de Perfe. C'eft le Commandant du guet , qui 
a foin des priions, & qui fait la ronde toutes les nuits. 

• Dux Vigilum. 

■^ ACFiBALUC-MANGI. Ville fituée fur les confins 



ACH 

de la Chine, ce qui eft exprimé par Ion nom , qui veUt 
dire la Ville Blanche des confins de Mangi, ou de la 
Chine. 
ACHE. f. fou bien API. f. m. Plante ombellifére dont 
les racines lont chevelues , fibreules &: blanchâtres -, 
les feuilles approchent de celles du perîil ordinaire , 
mais font plus amples, plus épailfes, & d'un autre 
vert; les tiges lont branchues , médiocrement hautes, 
& portent à leurs extrémités des bouquets de fleurs 
dilpolées enparatcl. Ses lemencesfont menues, arron- 
dies, & cannelées lur le dos. Cette plante croit dans les 
marais & le long des ruilVeaux •■, tranfportée dans les 
jardins, d'acre Se d'amère qu'elle étoit, elle devient 
douce , Se d'un acre aromatique lort agréable. Le pcrt 
de toute la plante change aullî par la culture-, c'eft ce 
qui 1 trompé ceux qui ont cru que l'ache de marais 
Se l'ache cultivée, étoient deux plantes difterentcs.On 
nomme en Latin l'ache de marais , ou ache limple- 
ment , Apium paluftre ; Se l'ache cultivée , ou api j 
Se plus ordinairement céleri j Apium dukcj Céleri Ita- 
lorum. L'ache eftapéritive, diurétique, & bonne pouc 
le Icorbut. Ses deux efpèces, la blanche & la jaune , 
dans l'extrémité de leur tige , forment un grand pana- 
che rempli de fleurs iemblables à celles du hlas. Elles 
fleuriflent dans le printemps , & fentent -fort bon. La 
jaune a les racines rougcatres , Se en forme de glands^ 
La blanche les a toutes blanches. Elle le plante de la 
profondeur de trois doigts à un demi-pied de diftance. 
On la lève tous les trois ans pour en ôter le peuple. 
L'ache demande méchocrement le foleil , avec une 
terre grafle Se humide. Quelques-uns diftinguent qua- 
tre lortes â'achc. D'autres en comptent lîx, 1" L'ache 
de Macédoine , Apium Macedonicum, t° L'ache de 
jardin , Apium hortenfe , qui eft le perlil ordinaire. 
3° L'ache de montagne , Apium montanum. 4° L'ache 
de vi\-\i-x\%, Apium paluftre. D'autres ajoutent, 5" l'u- 
che de Smyrne , Apium Smyrnicum , 6" celui qu'ils ap- 
pellenr Hipvofclinum. Les Grecs en certains jeux don- 
noient une couronne à' ache au vainqueur. De-là vient 
que fur les médailles de Néron on trouve Isthmia 
dans une courone è^ache. Voye\ Patin, Vaillant dans 
fes Colonies, & M. Spanheim,^. s ^4, de l'édit. de 
Londres. 

Néanmoins cette plante étoit de celles que les An- 
ciens regardoient comme funèbres ou fatales. Ils en 
répandoient dans les lépulcres. De-là eft venu le pro- 
verbe : Une lui lui faut plus que de /'ache, Apio egety 
lorfque l'on parloir d'un malade délelpéré. Dans les Jeux 
Néméens inftitués en mémoire de la mort- d'Achemo- 
rus , c'étoit l'ache qui couronnoit les vainqueurs, pour 
conlerver l'origine de cette fête lugubre. Plin. Hifti 
Kat. l. 1 ç. c. b'. 
OCTACHECAMBEY. île de l'Amérique , l'une des Lu- 

cayes, près de celle d'Abacoa. 
ACHÉE. 1. f. On donne ce nom Se celui de Laiche à 
certains vers qui fervent à nourrir des oifeaux ,^ ou 
pour amorcer les hameçons des pêcheurs. Dict. Éco- 
nomique. 
ACHÉENNE. f. f. Ach^a. C'eft-à-dire, la trifte, la dé- 
lolée. C'eft un lurnom qu'on a donné , 1°. à Cérès, à 
caule de la douleur que lui caula l'enlèvement de Pro- 
ferpine la fille. Plutarque , dans fon Livre lur Ifis Se 
Oliris , dit que les Bœoticns avoient un Temple de 
Cérès Achéenne. 2°. Ariftote , L. de mirahil. dit que 
les Dauniens, ancien peuple d'Itahe,avoient un Tem- 
ple dédié à Pallas Achéenne^ 

Ce mot a deux origines diftérentes. Quand il le don- 
ne à Cérès , il vient du mot Grec '^x" > qui lignifie dou- 
leur. Mais quand il a été donné à Pallas par les Dau- 
niens, je crois qu'il fignifie, qui eft venu à'Achaie, 6c 
que ce n'eft que le féminin d'Achée/i. En effet, ce Tem- 
ple des Dauniens étoit vrailcmblablcmcnt bâti parDio- 
méde Se les Achéens ; c'eft-à-dire, les Grecs qui vin- 
rent avec lui en Italie, puilqu'Ariftote dit qu'on y con- 
fervoit les armes de ce Capitaine & de fes compagnons. 
Ils y dépoferent apparemment une ftatue de Pallas 
qu'ils avoient apportée , & qui , ou parce qu'ils l'ap- 
poitoicnt d'Achaie , ou parce qu'elle fut mite là par 
des Achéens J fut furnommée Achéenne, 



ACH 

ACHEÎROPOËTE. adj. Pris fubfundvcmenr. Nom 
Grecjformé de 1 = privacif, de x-'f» l^ niaiii , t<t de^'/nrn, 
f.iir de -•"^', faire , ùgiiihc , qui n'eft pas tait avec la main. 
On dclîgne par ce mot lui portrait de Kotre-Seigneur 
qui fe voit à Rome dans legliic de S. Jean de Latran , 
^ qui, à ce que Tondit, ayant été ébauché par S. Luc, 
fut achevé par les Anges, & ne fut pomt fait demain 
d'homme. 

ACHÉLOÉ. 1, f. Cxfllcnom d'une des Harpies^ à qui 
ou donne pour fœurs Alope (k Ocypéte. 

ACHÉLOUS. f. m. Fleuve célèbre dans l'Antiquité, 
Achéloils. Il a la lource dans le mont Pinde , enlhel- 
lalic. Il iéparoit l'Acarnanie de l'Etolie, & dechargeoit 
fes eaux dans le Sinus Maitacus yMijowîà'huï goite de 
Ziton. VAchéloiis j félon les Poëtes , étoit fils de l'O- 
céan & de la Terre ^ ou de Thétis ; & félon d'autres , 
du Soleil &: de la Terre. Il eut un démcle avec Her- 
cule au lujct de Déianire, fille d'Œnéus, Roi de Ca- 
lydonie. Hercule vainquit ^c/îc/o/^'j-, qui fut obligé de 
fe cacher dans les eaux. Dans ce combat Achéloils 
fentaut qu'il n'ctoit pas de la force d'Hercule, fe chan- 
gea en ferpent, puis en taureau. Hercule lui rompit ou 
lui coupa une corne ; &:^i:AÊ/oii'.î dans la luite, pour re- 
tirer fir corne des mains du vainqueur , lui donna en 
échange celle d'Amalthée. 

Etienne de B) lance dit que ce fleuve s'appeli -it d'a- 
bord Thoas , & qu'enluite il lut nommé Achéloils , 
du nom àAchéloiis j à Ion retour de Thelfahe avec 
Alcmaon. La fable confond ce fleuve avec Achéloiis ., 
<?i: dit qu'il avoit, comme Prothée, le don de prendre 
telle forme qu'il vouloir. 

ACHEI\I ou ACHIM. Achemum , Accmum. I^om d'une 
ville & d'un royaume qui occupe la partie feptentrio- 
nale de Tile de Sumatra. Achem eil le plus grand royau- 
me dé l'île de Sumatra ,'éloigiiée d'environ douze lieues 
de la terre ferme où eft Malaca. Bouh. M. Corneille 
écrit dans un endroit Achen, Se dans un autre Acfiin , 
& le P. Bouhours Achen. J'ai vu des relations qui ecri- 
voient toujours de même. 

ACHÉMENIDE. f. m. tV'plus fouvent au pi. Achceme- 
nides. Achœmenides _, Achamcnidd. C'cil un nom Pa- 
tronimique, qui lignifie, un homme delcendu d'Achœ- 
menes, père de Cambyle , & grand père d'un Cyrus , 
différent du grand Cyrus , homme de la frmille royale 
de ces anciens Perles. Phnc & Sohn ont prétendu que 
c'étoit un nom de peuple. Ils le font trompés -, c'ell uïu 
nom de famille. Xerxcs dit dans Hérodote, Livre vu. 
Chap. II. qu'il eft fils de Darius , fils d'Hyftafpe , fils 
d'Arfames , fils d'Ariamnes , fils de Theifpcs Cyrus , 
fils de Cambyle, fils d'Achœmenes. C'eft de la qu'on 
appelle les Piois Perfcs Achœmenidas , ainfi que le dit 
Hérodote, Liv. i. Ch. cxxv. Les Po'ctes étendent en- 
core la lignification de ce nom •, & comme ils appellent 
j£nead£., & RomuUd£ , les Romains en général, ils 
appellent de même les Perfcs Achœmenides j ëc ils 
dilent Achccmenien ■, pour dire Perlan. 

ffT ACHEÎviENIS. f. f. Plante dont Phnefait mention, 
à laquelle la fable attribuoit la vertu de jeter la terreur 
dans les armées. 

AcHEMENS.f. m. pi. Terme de Blafon , ledit des lambre- 
quins découpés ou chaperoiis,qui enveloppent le calque 
& l'écu. Fluentes circafcutum £■ galeam lacini£. Ils font 
découpés d'étoffe & ornés de perles , & de broderie ; 
parce qu'en vieux François on appel-.-ir ach-lmes toutes 
ioites d'ornemens , & particulicrem.ent ceux des fem- 
mes i comme coiffes , guimpes , atours , chaînes , an- 
neaux , &c. 

ACHEMINEMENT, f. m. Il ne fe dit point dans le pro- 
pre. Difpofition à une choie , préparation qui en fait 
efpérer le lucccs. Gradus j via. Le mépris des gran- 
deurs de ce monde eft un acheminement à la perfec- 
tion. Le gain de la bataille fait un acheminement à la 
paix. Sar. Un premier pas h heureux fut un achemi- 
nement à une plus grande fortune. M. Scud. 
ACHEMINER, v. a. Ondifoit autrefois acheminer quel- 
qu'un, le mettre dans Ion àitmm. A liquem in viam de- 
ducere. Aujourd'hui on ne le dit au propre qu'avec le pro- 
nom perfonnel. Se mettre en chemin. In viam fc dare , 
iontendere , tendcre j, pergere. Iter inftituere j intcn- 
Tome I. 



ACH 



85 



dere. Ces voyageurs le font enfin acheminés. li i'ache-- 
/72i«avcrslaC"appadcce. VAUG.Us'^c/ifOTi/îapar les dé- 
lcrts,pourlurprendrel'eraremià l'improvifte. Ablanc. 
Lcs^ Crcilés s achemuioicnt gais & gaillards à l'entre- 
pnle de la guerre iainte , comme allures d'acquérir le 
paradis. Pasq. 

Acheminer. V. a. fe dit figurément en parlant des affiiires , 
des entreprifes , pour lignifier les avancer , les mettre 
en bon train , en état de pouvoir reulilr. Le gain d'une 
bataille peut acheminer la paix. Mon Avocat a bien 
acheminé mon affaire, il l'a mile en bon train. Perdu- 
ccre , procurarc j adminiftrare. 

i^ Je trouve dans le grand "Vocabulaire acheminer fou 
entreprife jufqu'à la fin. Les termes d'acheminer & de 
Jinnc paroiflcntpas faits pour aller enfemble. On ache- 
mine une affaire, une entreprile-, c'ell-à-dire, qu'on la 
met en bon train; on en préparc Icluccèsi tk onlacon- 
dmt julqu'à la fin , on la finit , onla termine , mais ache- 
miner julqu'à la fin prélente des idées non-feulement 
in-cohérentes, mais même qui s'excluent l'une & l'autre. 

10* Au refte, quoique le DicT. de l'Acad. ne diferien 
de l'uiage de ce mot, je ne crois pas qu'il puifle en- 
trer dans le ftyle noble. 

C^^Acheminer unckeval.Terme de Manège. Accoutu- 
mer un poulain .à aller droit devant lui. / wry. Achemin e. 

ACHEMINÉ, EE. part. 

On appelle en termes de Manège , un cheval ache^ 
miné j celui qui eft accoutumé à aller droit devant lui, 
qui connoit la bride , èc répond aux éperons ■■, qui eft 
dégourdi , & rompu. Aptus y idoneus. Ces mots fe ti- 
rent du ^vimiiii chemin. 

ACHENOlS , ou ACHEMOIS,OISE. f. m. & f. Çui eft 
d'Achem ou Achen. M. Corneille, dans l'endroit où il 
ccikAchinj dit^t^i«oij,- mais le P. Bouhours , dans la 
f^ie de S. François Xavier ^ dit Achénois. Le P. Premare 
Jeluite , dans une relation fort ingénicufe & fort bien 
écrite, qui parut en 1701 , dit auflî Achénois. On 
n'eut point d'autres nouvelles à Malaca de l'armée des 
Achénois j que celles qu'elle y apporta elle-même. 
EouH. Les Achénois font fort lupcrftjcicux à l'égard de 
le laver & de fc purifier pour leurs feuillures, ce qui 
fait qu'ils aiment à demeurer auprès de quelque ruif-- 
fcau. T. Corn. 

ACHEPiNER. Terme d'Aftronomie. C'eft le nom d'une 
étoile fixe de la première grandeur dans Eridanus , &c 
dont la longitude eft de lo d. 31. min. Se la latitude 
de j6. d. 

ACHÉRON. f. m. Acheron, Acheros. C'éft le nom de 
plulicurs fleuves. On en met un dans l'Epire , n.ommé 
aujourd'hui l-^crlichi nigro 3 ou Vanas , que Ptolomée 
.appelle Achcron _, &: Tite-Live Acheros. Strabon en 
met un dans l'Epire , contrée du Peloponèfe , & un 
autre dans le pays des Brutiens en Italie ; c'eft-à-dire , 
dans.laCalabre, que Barrius, dans la Calabre, prétend 
ctre celui qu'on nomme aujourd'hui Campaniano. Il 
le dechargeoit dans la mer à Burrinto dans le Sinus 
Amhracius, Augufte ayant conduit une Colonie à Bu- 
trinto , fit un pont de mille pieds de long lur l'embou- 
chure de VAchéron. Tout le monde admiroit cet ou- 
vrage, dit Pline , Liv. iv. C. i. Nous en avons une 
médaille. August. Butr. La tête d'Augufte nue : au 
revers P. Pompon. Un pont, /^oye^ M. "Vaillant, Méd. 
des Emper. T. I. p. 19. Strabon met un autre fleuve 
Achéronen Bithynie, proche d'Héraclée, Sec. Mais le 
plus fameux de ce nom eft celui que les Poëtes comp- 
tent p.armi les fleuves de Tenter : fi cependant il eft 
différent de l'Achéron de TEpire , car on prétend que 
les anciens ont mis l'enfer en Epire , parce que les pre- 
miers Epirotes travailloient aux mines qu'ils trouvèrent 
dans leur pays , & y failoient périr beaucoup d'efclàves. 

AcHÉRON, eft aufll quelquefois un Dieu qui naquit de 
Cércs dans Tile de Crece, & qui ne pouvant foutcnir 
la lumière du jour, le retira aux enfers, & y devint 
un fleuve infernal, /^oye:^ Bocage, L. 5. de la Génèal. 
des Dieux, C. 4. Rudbecks, qui dans Ion Atlantique, 
attribue à la Suéde tout ce que les anciens ont dit de 
quelque pays que ce foit , prétend que l'Achéron , 
l'enfer, les champs élifées , font la Suéde, & loutient 
que la manière dont on lendoit anciennement la juftice 

Lij 



§4 ACH 

parmi les peuples du leptcnrrion, efl: l'original d'apix-s 
lequel les Poètes ont tiré toutes les delcriptions qu'ils 
ont données de la juftice infernale ou des procédures 
de Minos , d'/Eaque, &: de Rhadamantc. Hofman dé- 
rive ce mot Achéron de l'Hébreu pini? , qui lîgnihe 
■dernier 3 ce qui eft après , ce qui eil éloigné. D'autres 
le tirent du Grec , c'eft- à-dire , de l'^' privatif , Se de 
^«••'f" . fe téjouir, ou bien de «x'S douleur, triftelle, & 
ffM , je coule; comme qui diroit, un fleuve qui roule 
des larmes & des pleurs. Les Poètes prennent riguré- 
ment VAchércn pour tout l'enfer. 

Et r avare Achéron ne lâche point fa proie. 

CCr ACHtRONTIQUE. adj. qui a rapport à r^cAmv;- 
L'art de deviner avoir plulleurs branches, ik les Etrul- 
qires excelloient en toutes. Tagès palfoit pour l'inven- 
teur de cet art. Il avoit compolc quinze volumes qu'on 
nomma Achérontiques , parce qu'ils étoient capables 
d'épouvanter les Leéieurs. Onconlervoitchez lesEtrul- 
qucs ces volumes avec autant de loin que les Romains 
ccnlervoient les livres Sybillins. MÉiM. de l'Acad. 
Etrusque. 

ACHÉRUSE. 1. m. Etoit un lac d'Egypte près de Mcm- 
phis , aux environs duquel il y avoit de belles campa- 
gnes , où les anciens Egyptiens venoient dépoier leirrs 
morts dans des tombeaux creulés exprès. Dans ces cam- 
pagnes il y avoit un Temple conlacré à Hécate la té- 
nébreule , & deux marais appelés le Cocyte &c le Lé- 
thé. Et voilà ce qui a donné aux Poètes l'idée de leur 
enter, & de leurs champs élilées. 

ACHETER, v. Ceux qui prononcent ajetter ^ pronon- 
cent très -mal. Acquérir quelque chote à prix d'ar- 
gent dont on convient. Emere. P'oye^ Achat. Il a 
acheté nwz terre, & l'a bien payée liU'aac/^erd'e à beaux 
■deniers comptans. Il a acheté les droits de cette luc- 
ccllîon.Il a ac/^ere beaucoup d'étoftes à crédit, i' achè- 
terais cela au poids de l'or, pour dire, chèrement. Il 
«ft permis par le Droit civil, d'^cAcrtr? l'elpérance. De 
RocH. P\yei ESPÉRANCE. Celui qui acheté des 
charges pubhques , fe met dans une nécefîité de vendre 
en détail ce qu'il a acquis en gros. C'ell: ce que difoit 
autrefois l'Empereur Sévère. De Roch. 

Dès que riinprcffîon fait éclore un Foéte j 
Il cft efclave-né de quiconque /'acheté. Boil. 
On dit aulli , acheter des bans ; pour dire , obtenir 
la dilpenle de les publier. Quelques-uns dérivent ce 
mot de acceptare , parce que le confenrement de l'a- 
cheteur eft ce qui rend parfait le contrat de vente. Mé- 
nage & du Cange veulent qu'il vienne de accaptare j 
qui fe trouve dans les Capitulaircs, & iigmhs pet ère 
Se acquircre. D'autres le dérivent de l'Italien cattarc ik 
accattare. Les Picards dilcnt encore acater. 

'Acheter comptant. C'ell payer lut le champ en mon 
noie réelle les marchandiles qu'on vient à'achctcr. 

Acheter au comptant ou pour comptant. Ccft 
une manière de parler des Négocians , qui fcmblc il- 
gnifier qu'on devroit payer comptant 5 cependant elle 
fignihe que quand on acheté de cette façon , on a 
quelquefois julqu'à trois mois de terme pour payer. 

Acheter a crédit ou a terme. C'ell-à-dire , acheter 
à condition de payer dans un certain temps dont on 
convient. 

Acheter , partie comptant, & partie à temps, ou à cré- 
dit. C'eft payer une parde lur le champ , èx: prendre 
du temps pour l'autre. 

Acheter à crédit pour un temps, à charge d'elcompte, 
ou de dilcompte , ou à tant pour cent par mois pour 
Je prompt payement. C'ell une convention pir laquelle 



le vendeur s'oblige de laire une diminution ou 



rabais 



furie payement des marchandiles qu'il a vendues, iiip- 
polé que l'acheteur veuille les lui payer avant le temps, 
& cela à proporrion de ce qu'il en reliera à expirer, à 
compter du jour du payement. 

Acheter a profit. C'eft acheter îwivàwx. le livre jour- 
nal d'achat du vendeur , à tant pour cent de bénéfice. 

Acheter pour payer d'une foire à l'autre , ou pour payer 
de loirc en foire, C'eft proprement acheter à crédit 
pour un temps. 

Acheter pour fou compte: c'eft acheter pour foi-même. 



ACH 

AcHETEk par commillion. Qc'A. acheter ^om le compte 
d'autrui , moyennant un droit que l'on appelle de com~ 
mtjjion. 

On dit proverbialement : q\ii acheté ce qu'il ne 
peut , vend après ce qu'il ne veut; pour dire, qu'on ne 
doit rien (2c/;tYer au-dellus de les forces. Et en parlanr 
du vin : qui bon l'acheté, bon le boit. 

On dit f-amilièrement, acheter tête & queue ; pour 
dire, acheterhiiiii cher. 

Acheter, le dit figurément en inorale , pour marquer 
lesdifriculrés qu il a fallu lever , les obllaclcs qu'il 
a fallu lurmcnter , les peines qu'il a fallu clfuyer 
pour obtenir une choie. Redimere carè. Il m'a frit ache- 
ter bien cher la grâce que je demandois. Carè vendi- 
dit. Prenez garde à'acketer un bien imaginaire , aux 
dépens d'un vrai bien. Je n'a-chete point lî cher des ef- 
perahces. Dac. Les hommes font tellement amoureux 
de la hberté, qu'ils l'achètent au prix de la vie. Dur. 
Ce partifan enrichi par les concuilions, a acheté de la 
naillance, & un nom. La Bruv. 

ACHETÉ, ÉE. part. Emptus , a. 

ACHETEUR, f. m. Celui qui acheté. Emptor. ( On dit 
acquéreur quand il ell queftion d un immeuble ; ac- 
quéreur d'un fonds, d'une maifon j. C'eft une efpèce 
de revenu, que de n'être pas granxl acheteur. Dur. On 
dit en proverbe , qu'il y a plus de fous acheteurs que 
de tous vendeurs. Acheteur & vendeur font termes 
corrélatifs. 

0^ ACHETEUSE. 1. f. Femme qui acheté. Emptrix. 
Cette femme eft une grande acheteufe : elle a envie 
d'achctçr tout ce qu'elle voit. 

ACHETII^ER. v. 'Vieux mot , qui veut dire, captiver. 
Captivum facere, 

ACHÈVEMENT, f m. Fin d'un ouvrage; la perfeaion 
qu'on donne à une chofe. Conduite d'une choie jul- 
qu'à fon dernier période. Perfeclio , confummatio. Nous 
ne verrons pas \' achév ement du Louvre, 

Achèvement. Terme de Teinture. Il fe dit particuliè- 
rement des étoffés teintes en noir, qui font commen- 
cées par les Teinturiers du grand teint , & achevée* 
par ceux du périt teint. On fut des débouilhs pouf 
bien juger du bon achèvement des noirs. Perfeclio. 

ffT Achèvement, au figuré, fynonyme de perfedlion. 
On àiil' achèvement à'mi tableau, d'un ouvrage; pour 
marquer toute la perfection dont il eft fufceprible. 
Dans les ouvrages de l'an , c'eft le travail Se l'achève- 
ment que l'on confidère. Boil. 

Achèvement. Terme de Poërique. C'eft dans le poëmc 
épique le dernier pallàge de l'agitarion & du trouble , 
au repos &à la tranquillité; le point qui termine le dé- 
ncrremcnt. Il y a de la différence entre le dénouement 
tx' l'achèvement. L'achèvement eft un point & un inf- 
tantlans étendue & fans durée, au lieu que le dénoue- 
ment n'eft pas fans longueur. L'achèvement eft donc la 
hn du dernier dénouement. Dans lEneïde, la mort de 
Turnus fait l'achèvement, parce qu'elle fait cclïer l'ac- 
tioiïd'Enée. Le Bossu. On difputelî l'achèvement don 
laifter le héros dans une tranquillité heurcufe , ou s'il 
eft libre de le lailfcr iTialheurcux. A peine vo'ir-on de 
poclîe qui finifté par le malheur de fon héros. Id. 

ACHEVER, V, Au propre, c'eft finir ce que l'on a com- 
mencé : conduire une chofe julqu'à fon dernier pé- 
riode. Perficere ,ahfo'.vere ,confummare.V)\cL\x acheva 
l'ouvrage delà création en lix joins, & confiera le fep- 
rième au repos. Achever comme on a commencé. Ra- 
rement on achevé bien ce que l'on a mal commencé. 

fÇ^^ On le dit auffi avec le pronom perfonnel. Ce livré 
^achevé. 

On achevé, ^\t M. l'Abbé Girard , ce qui cft com- 
mencé eii conrinuant à y travailler. On fnit ce qui 
cft avancé en y mettant la dernière main. On termine 
ce qui ne doit p.is durer en le failant difconrinuer. Ainll 
l'idce caraélérillique d^achever eft la conduire de la 
choie julqu'à Ion dernier période ; celle de finir ell 
l'arrivée de ce période; & celle t/e terminer eft la cef- 
lation de la choïe. 

§Cr Achever, n'a proprement rapport qu'à l'ouvrage 
permanent , toit de la main , foit de l'efprit. Finir, fc 
place particulièrement à l'égard de l'occupauon palfa,- 



ACH 

gJtc. Terminer, ncfe dit guère que pour les difcu liions, 
les dittlrens & les coudes. 

1^ Achever , au figuré , lynonyme de perfettionncr , 
donner à une choie roures les perfecliions , toutes les 
bonnes qualités de iow genre. Pcrficere. Souvent les 
auteurs ne fe doraient pas la peine ^'achever leurs ou- 
vrages. L'étude commence mi honnête homme , & le 
commerce du monde l'achevé. S. Evr. Dans ce lens 
il efl plus fouvenc employé comme adjectif. P^oye:^ 
Achevé. 

^CF On dit, achever les jours, achèveras, carrière, pour 
dire mourir. J~itam finïre , fupremum diem ohirc. 

^pT AcHLVEK quelqu'un , fignifie quelquefois le tuer, 
lui domier le dernier coup. Conficere. Le Commandaiit 
Te jeta des Tours en bas, où le Général le fit achever 
en lapréfcnce. >.iÉM. de M. de la Rochef. Il trouva 
fon ennemi blell'é à mort, ik: il eut la cruauté de \'a- 
chever. 

Quelquefois il eft fynonyme de ruiner. Il ne falloir 
plus que ce malheur pour m achever , ou pour m'a- 
chever de peindre. 

Bientôt pour m'Acheven, un homme a mine auf- 
ière. 

Un exploit à la main , entre en mon Presbytère. 

^f? Quelquefois encore on l'emploie comme fynonyme 
d'enivrer entièrement. Il ne falloit plus que cette lanté 
pour ^achever. 

§'Cr Dans ces acceptions il eft du ftyle familier, & s'em- 
ploie également avec le pronom peiionnel. 

fer On dit qu'un homme s'eft achevé ; qu'il s'eft achevé 
de peindre ; pour dire, qu'il s'ell: enivré , ou qu'il s'eft 
ruiné. 

^fZT II eft inutile d'avertir <\\xz s'achever de peindre, & 
achever de fe peindre, fignifientdes choies tout-à-tait 
diftérentes. 

Ç3" Achever un cheval ( terme de Manège }. Foyei 
AcHEvé. 

ilfT Achever, terme de Potier d'étain , fe dit de ce qui 
refte à faire depuis que l'ouvrage eft tourné, jufqu'à 
ce qu'il loit fini. 

IfcT ACHEVÉ , ÉE. part. & adj. Dans le fens propre 
fini , conduit à fon dernier période. Finitus , ahfolu- 
tus. Cet ouvrage , ce bâtiment n'eft pas encore achevé. 

Çcy Achevé , dans le fens figuré , fynonyme de partait , 
perfeclus i numerls omnihus atfolutus jS'.\pp\iquc a ce 
qui a toutes les bonnes qualités de fon genre , làns au- 
cun défaut. Une choie eft achevée , quand elle ne peut 
pas être mieux. C'eft une pièce achevée. Une beauté 
achevée. Il arrive fouvent que les chofes ie préfentcnt 
plus achevées à notre efprit, qu'il ne les pourroit taire 
avec beaucoup d'art. La Rochef. 

ÇC? Ce terme appliqué aux chofes , nefe prend jamais en 
mauvaife paît. Appliqué aux pciionnes, il fe prend or- 
dinairement en bonne part. C'eft un Prince ach.cve j 
qui a toutes les perfedions rcquites , auquel Une man- 
que aucune des bonnes qualités qu'il doit avoir. 

ÇCF Aiais quelquefois aulli on s'«n icrt pour dcligner ce 
qui eft extrêmement mauvais dans Ion elpèce. C'eil: 
un fou achevé j un fot achevé, c'eft-à-dire , auquel il 
ne manque rien pour être ce qu'il eft. 

Les Auteurs du grand 'Vocabulaire préttndent qu'^z- 
chevé au figuré déligne ce qui eft parfait , accompli , 
& qui a toutes les qualités requifes pour itrejuperieur 
dans fon efpéce. Ces dernières paroles renferment une 
erreur évidente. Cela ne le dit que de ce qui excelle , 
parce c^ exceller fuppofe une comparailon ,' & met au- 
«Icllus de tout ce qui eft de la même elpèce : mais être 
«c^c'Vf'j fuppofe & défigne feulement le degré de pcr- 
feclicn qui convient à la choie, lans faire de compa- 
railon, &■ n'exclut point les égaux. L'Athalie de Racine 
eft une Tragédie ccAeveejfansdouteimais on pourroit 
dire la même chofe d'une autre Tragédie fur le même 
fujet. La Delcentc de croix de Rubcus eft Un tableau 
achevé : mais on pourroit dire la même choie du ta- 
bleau d'un grand Peintre qui aurcit traité le même 
fujet, & l'on diroit de ces deux tableaux qu'ils lont 
achevés. Ainfi achevé ne fuppofe point de comparai- 



ACH 



8j 



(cW , ne met point une chofe au-delFus de celles de fcn 
elpèce, eu nela rend point fupérieure dans fon efpèce-. 
Lorfqu'on fe monte fur le ton critique , & qu'on s'érige 
en réformateurs, il faut avoir l'elpiit de juftelîe & de 
diftinclion. On ne trouve pas dans cet exemple , ainlî 
que dans bien d'autres, cette gradation philolophique 
dont fe vantent ces auteurs , qui fait :ippcrcev«ir d'un 
coup-d'œil l'origine, la filiation, les fens différens , la 
vraie valeur, & le meilleur emploi d'un mot prisfépa- 
rement ou réuni avec d'autres. 

En termes de Manège, on appelle un cX\e\3\achevé, 
celui qui eft bien dreifé , <?>: qui ne manque point à faire 
un certain manège. On dit , un cheval commencé , 
acheminé, ê'c achevé ; pour exprimer lesdiverles dif- 
polirions & états d'un cheval qui a de l'école. 

Ces mots viennent de chef, comme qui diroir, met- 
tre à chef, mettre à perfection. 

ACHEV'OIR. 1. m. Terme de manufaclure. En certains 
hcux , en parlant d'une toile ou d'une étoftc , on dit 
qu'elle çÇikï'achev air, qw^nàil n'en refte que peu d'au- 
nes à faire. Finitio. 

ACHIA. 1. h Sorte de canne qui croît dans les Indes orien- 
tales, que l'on confit en vert dans le pays avec de fort 
vinaigre, du poivre , quelques épiées , & autres in- 
grédi ens. 

ACHIER. t*. m. Vieux mot. C'étoit le heu où l'on met- 
toit les ruches des abeilles. On trouve dans uik an- 
cienne Coutume: l'cilain d'Aviettes eft mien, & levy 
partir de monachicr. Il \icnt à'apiar'ium ,\\.c\\ où l'on 
entretient des abeilles, en le prononçant de quatre lyl- 
labes , apiarium , au lieu de cinq. De cette manière on 
a dit d'abord apchier , & par corruption achier. C'eft 
ainfi que l'on dit ^S'. Poange , de Sanclus Potamius. 
Ces etymologies & d'autres Icmblables , font voir que 
nos anciens Gaulois prononçoient i devant une voyelle, 
de la manière que nous prononçons ge , gi , ëc ju.!h- 
fient en même temps plulieurs etymologies qui paroif 
fent ridicules aUx ignorans. 

ACHILLE. 1. m. Achilles, Nom propre d'un Prince Grec, 
fils de Pckc i?c de Thétis , & que la mère , en le plon- 
geant dans le Styx , rendit iii\ ulncrable , excepté par 
le talon, par lequel elle le tenoit, & par où il fut tue 
d'un coup de flèche que lui tira Paris. Un ancien Poëte, 
nommé E9phorien, &cité par l'Etymologifte, dit que 
ce nom lui fut donné par les Myrmidons, parce qu'il 
n'avoir point été nourri comme les autres de pain, qu'il 
appelle en Grec x'A»'. Euftalius, au contraire, veut qu'il 
foit formé d'«V.'S triftclle, douleur , parce qu'il en 
cauloit beaucoup aux ennemis qu'il attaquoit. E)'autres 
le tirent de «X'S douleur, & At/w , je réfous , je dillous , 
parce qu'il ê)toit la douleur, étant habile en Médecine, 
qu'il avoit apprife du Centaure Chiron , qui eut foiii 
de Ion éducation. D'autres enfin dilent qu'il vient de 
l'a privatif, & x"Ac(,/cvrej parce qu'il avoit une lèvre 
brûlée. Tout cela n'a pas grande apparence. 

JDes héros de Roman fuye:^ les petitejfes j 
Toutefois aux grands cœurs donne-^ quelques foi- 

hlejfes. 
Achille déplairoit , moins bouillant & moins prompt : 
J'aime à lui voir verfer des pleurs pour un affront-» 

Boa. 

La Theffalie entière ou vaincue , ou calmée , 
Lesbos même conquijc en attendant l'armée , 
De toute autre valeur éternels monumens , 
Ne font ^'Achille oiff que les amufcmens. Rac. 

AcHitLE , eft encore le nom de quelques autres perfon- 
nages connus dans l'Hiftoire. S. Irénée envoya un Achille 
à Valence en Efpagne , pour y prêcher l'Evangile. Un 

■ Achille Statius, ou Statio , Portugais. Un Achille Ta- 
tius, ou Tatii , qui avoit écrit une hiftoire mêlée , un 
traité de la Sphère , Un roman des amours de Leucippe 
«Se de Chtophon , & un ouvrage fur les phénomènes^ 
d'Aratus , dont il nous refte un fragment , que Victorius 
a imprimé le premier fur un manuicrit de la Biblio- 
thèque de Florence , & que le P. Petau a traduit Si 
téJmprimé. Photius parle de cet Auteur dans ù Biblict. 



6 



ACH 



C. 87. aulTi bien que Voffius, </<; Hijl. Gr. L. III. & 
de Scient. Mathem. C. 33. §. 29. ^ 

Achille , fe dir hgui-cmait de ceux qui reilemblcnt à 
Achille. C'ell un Achille ; c'elt-à-dJre, un grand hom- 
me de guérie , un hcmme brave comme Achille. 

Déjeunes conquérans que la gloire a charmes ^ 
Savent l'art de ranger des bataillons armes j 
Et de forcer les murs des plus fuperbes villes ; 
Mais il faut des Nejlors à ces jeunes Achilles. 

Flech. 

L'empereur Maximin fut appelé un Hercule , un 
Achille j un Ajax , dit Capitolni dans la vie des deux 
Maximins. Albert , Eledeur de Brandebourg , fils de 
Pruderie I , fut lurnommé pour les belles actions, l'A- 
chille d'Allemagne. 
Achille. Terme d'Anatomie. Le tendon d'Achille efl: la 
corde dans laquelle le confondent les tendons des qua- 
tre mufclcs du pied, appelés extenfeurs ; c'eft-à-due , 
des deux gémeaux, du lolaire, & du plantaire. On la 
nomme Tendon d'Achille y parce que l'on dit qu'il 
mourut d'une bleiliire qu'il y avoir reçue. Les plaies 
de cette partie font fort dangereufes, & caufent de fâ- 
cheux accidens. Dionis. 
Achille. Nom qu'on donnoit dans les écoles à l'argu- 
ment principal de chaque Sedte. Achilles. Voila Ion 
Achille ; c'eft-à-dire , une raifon invincible, un argu- 
ment auquel on ne peut rien oppolcr. En particuUcr 
on appelait Achille , le fameux argument de Zenon 
d'Elée contre le mouvement. Ce Philotophe mettolt en 
comparaifon la lenteur d une tortue avec la vitelle d'A- 
chille , pour montrer qu'un mobile lent, qui précède 
tant (oit peu un mobile vite, n'en peut jamais être de- 
vancé. 
ACHILL/EA. f. f. Nom que les anciens Botaniftes ont 
donné à plufieurs plantes de différens genres. On pré- 
tend que l'Achilka de Dicfcoride & de Pline , n'cft 
autre chofe que notre Millefeuille ; conjecture dont on 
pourroit faire voir le foible, en montrant que les del- 
criptions que nous en ont laillées Dioicoride & Pline, 
conviennent tout auiîi bienà d'autres plantes, auxquel- 
les on n'a jamais attribué aucune qualité exccllemmer.t 
vulnéraire. On croit qu'elle a pris Ion nom d'Achille . 
difcipls de Chiron Centaure, qu'on dit cfte le premier 
qui l'a mis en ufage pour guérir les plaies & les ulcè- 
res. La plante qu'on nomme Achill.ta , en latin , Achil- 
Ua montana, àprclent eil: une efpèce de Jacobée, ap- 
pelée Jacobaa foliis ferulaceis ,&c. InJL R. Eerh. Ses 
racines font fibreufes & noirâtres , & donnent beau- 
coup de feuilles découpées menu comme celles de l'au- 
rone ; mais elles font plus amples , d'un vert gai , & 
d'une odeur qui n'eft pas défagréable lorfqu'on les 
ccrale; leur goût eft amer & défagréable. Les tiges qui 
s'élèvent d'entre ces feuilles, ont un ou deux pieds en- 
viron de hauteur : elles font quelquefois branchues , 
toujours garnies de feuilles femblables à celles du bas 
de la tige, mais un peu plus courtes. Ses Heurs naiilcnt 
à l'extrémité des tiges en manière de bouquet : elles lont 
jaunes , radiées , un peu plus petites que celles de la 
matricaire. Ses fcmences font oblongues , grêles & 
chargées d'une aigrette. On ordonne aux afthmatiqucs, 
& à ceux qui ont des durillons dans le poumon , d'uler 
de cette plante en fumée , comme du tabac. 
IJCr ACKILLÉES. adj. pi. Pris fubflantiyemcnt. C'eil le 
nom Gu'on donnoit aux fêtes inftituécs en l'honneur 
d'Achille. AchilUa. 
ACHILLÉIDE. f. f. Achillàs. C'eft le nom d'un Pocme 
de Stace , dans lequel il devoit décrire toute la vie 
d'Achille. Il n'a décrit que fon enfance. La mort l'em- 
pêcha de continuer. 
Cicr ACHIM & ACHIN. Foyc^hcmiyi. 
ACHIOTE. f. f. Fruit fort eftimé par les Indiens, qui 
vient de la nouvelle Efpagne, qui croît à un arbre nom- 
mé Achiote , ou Pamaqua , qui eft alfez femblable à 
l'oranger. Le tronc eft roux & les branches aullî. Ses 
feuilles font comme celles de l'orme pour la couleur & 
l'aprcté , (es fleurs blanches >Sc purpurines diftinguécs en 
cinq feuilles , taillées en étoile. Son fruit eft gros comme 



ACH 

une petite amande verte, quadr.ingulaire , avec une 
écorcê lemblable à la première écorce de la châtaigne, 
contenant plulieurs grains rouges, comme des raifins, 
mais plus ronds. Il eil \'ert toute l'année , & porte fon 
fruit au printemps, ^' alors on le taille. On tire du feu 
de Ion bois comme d'un caillou. De fon écorce on fait 
des cordes plus fortes que celles de chanvre. De la fe- 
mcnce on fait de la teinture pour colorer en rouge 
cramoifi , & on la mêle avec fuccès dans toutes les 
potions réfrigérantes. On en fait une pâte à mefurc 
qu'elle feche. On en fait des boules , des tourteaux, 
t^v: on les vend en forme de brique. Ceci eft tiré de 
François de Ximénez , de Laed , <?c d'Eufébe de 
Nuremberg , qui en ont fait la defcription. yoye^ 
Rocou. 

ACHIOTI. {. m. Nom que les Bréfiliens donnent à la 
drogue des Teinturiers , qu'on appelle plus communé- 
ment Rocou. 'Voyez ce mot. 

ACHIR. Ville de la baife Volhinie , en Pologne. Achi- 
rum. Elle eftiur le Voraklo, fur les confins du duché 
de Worotin. 

ACFIIT, ou ACHITH. f. m. Efpèce de vigne qui croît 
à Madagakar , & dont le railin eft de la groifeur de 
notre verjus. Cette vigne donne beaucoup de grappes 
vers les mois de Décembre, Janvier & Février. Ses lar- 
mens lont toujours verts ; les feuilles font arrondies , 
entières êc temblables à celles du herre. Les Sauvages 
appellent Ion huit F'oachis. Flacourt , Hiit. Madag. 
138. ' _ . 

ACHLYS. f. m. C'eft le nom du premier Etre, qui exif- 
toit,fuivant quelques Auteurs Grecs, jvant le mon- 
de, même avant le cahos ; le leul qui fut éternel , & du- 
quel tous les autres Dieux avoient été produits. 

^ ACHOAVAN. Foyei Achaovan. 

ACHOISON. f. f. Vieux mot. Occaiîon heureufe ou 
malheurcufe , aventure , accident. Cccafio , Fortuna. 
S'il en a Yachoifon. Marot. C'eft-à-dire, s'ilenal'oc- 
cafion. Ce mot \\cnr.d'Occafio. FIuet. On difoit aulîî, 
achaijoi: y acoifon 3 aquoifon. 

ACHONRI. Petite ville de la Connacie , en Irlande. 
Achonrita^ Ackada. Elle eft lur la rivière du Shennon, 
dans le comté de Letrim. 

ACHOPPEMENT. Occafion de fe tromper ; fujer de 
(candalc. Ojfenfaculuni, Offendiculum. Il ne fe dit qu'au 
figuré, & prefque toujours dans cette phrate : Pierre d'^z- 
choppement. Cet Auteur raifonne lur un fiux principe; 
c'eft une pierre d'achoppement qui le fait broncher par- 
tout. Quelques-uns emploient ce mot leul. C'eft \'a- 
choppemciu de l'antiquité , pour dire, l'écueil. On ne 
doit pas les imiter. On diloit autrefois achopper ^ pour 
arrêter. 

ACHOR. Vallée de la Terre-Sainte. Fallis Achor. Elle 
étoit de la tribu de Benjamin, & avoit au midi la plai7 
ne de Jéricho, & au nord la ville de Galgala , peu loin 
du Jourdain. 

ACKORES. f. m. C'eft la troifième efpèce de teigne. Les 
achores lont des ulcères de la tête qui s'étendent tou- 
jours, perçant la peau de pluhcurspctits trous , dont il 
fort une ordure vilqueufe. La caule prochaine des i7c/^o- 
res eft une humeur acre , léreule , nitreule & piquante , 
jointe à une humeur groiîîère. Degori. Achores , um. 
Ce mot fignifie, croûte, lait. Il vient del'» privatif, & de 
x«y»« , lieu, clpace ; parce que chaque ulcère en particu- 
lier n'occupe qu'un très-petit elpace : mais ils le joi- 
gnent pluiieurs cnfemble. 

ACHOR US , ou ACHOR. f. m. Dieu du Paganifme, que 
ceux de Cyrènc avoient coutume d'invoquer, afin qu'il 
f itmourirles mouches, qui, par leur nombre prodigieux 
infeéloicnt l'air, & caufoient la pcfte dans leur pays. 
Pline le nomme Achorus ; mais S. Grégoire de Na- 
zianze le nomme Acharon. 

ACHOUROU. f. m. Elpèce de laurier qui croît en Amé- 
rique , que l'on appelle Bois d'Inde. Il s'élève beau- m 
coup •, fon bois eft très-dur , de couleur rouge , &: on 
l'emploie dans les ouvrages auxquels on veut donner la 
plus grande folidité. Ses feuilles & ion huit, qui lont 
aromatiques , entrent dans les ragoûts, qu'ils rendent 
plus agréables au goût. Les feuilles , qui font très-fuc- 



AGI 

tuleiiteJ , (ont employées en décodion pour fortifier les 
nerfs, & guérir Ihydropific. Dict. de James. 

ACHRC^NIQUE. acij. Terme d'Aftronomie , qui fe dii 
d'un aftre eu d'un poinr du ciel qui eft oppoié au lo- 
leil dans fon lever, ou dans Ion coucher ; c'eft-à-dirc , 
que l'un fe levé , quand l'aurre le couche , & que l'é- 
toile érant en oppolition au loleil, le fait voir toute la 
nuit. Achronicus. Le lever achronlque de Mars , lequel 
fe trouve alors plus près de la terre que le loleil, a hait 
abandonner l'ancien iyftème de Ptolomée , qui place la 
terre dans le centre du monde,&:Mars au-delà du (oleil. 
Ce mot vient de l'«privatif ^ & de x/"'",''fw//i'j', temps. 

ACHSAPH. Les Grecs ont dit AXAPH.Nom d'une vjlle 
royale des Chananéens. Après que les Ilraélites les eu- 
rent challés , elle fut donnée à la tribu d'Aler. Elle étoit 
au pied des montagnes de Tyr, du côté du midi. S. 
Jérôme la nomme Acïfap. 

ACHSIKET, ou ACHSICASH. Ville du Zagatay, dans 
la grande Tartarie. Achjichetum. Cette ville eft fur la 
rivière d'Ashash, dans la province de Fargana, entre les 
villes de Fargana & d'Ashash. 

ACHSTÉEDE. Petite ville du duché de Brème, en balle 
Saxe. Acjlede: Elle eft: lur la rivière de Lim, à l'occi- 
dent de Brcmerforde. 

ACKTELING. f m. Mclure des liqueurs dont on le fert 
en Allemagne. Il faut trente-deux Acktdïngs pour un 
Hécmer. Quatre Sciltems font un Achtelïng. Voyez 

FÉODER, 

ACHTENDÉELEN , ou ACTHELING. f. m. Mcfurc 
des grains dont on le fert en quelques endroits de la 
Hollande. Deux Hoëds de Gormiheng font chiq Ach- 
tendéelens, 

A C L 

ACIAPONDA. Ville de la Péninfule de l'hidc au-delà du 
Gange. Aclaponda. Elle eft dans le royaume & au midi 
de la ville d'Airacan , fur le golfe de Bengale , où elle 
a un bon port. 

ACICOCA. 1". f Herbe qui croît dans le Pérou , & que 
l'on fubftitue quelquefois à l'herbe du Paraguay , dont 
elle a, dit-on, toutes les propriétés. 

ACIDALIENNE , adj. f Acïdalïa. Surnom de Vénus , que 
les Grecs lui donnèrent , ou parce qu'elle caule des cha- 
grins & des foins, en Grec '''x'''^", ou d'une fontaine 
de Béotie qui lui étoit dédiée, & qui le nommoit ^ci- 
dalc, & étoit dans la ville d'Orchomcne. 

ACIDE, adj. m. & f. Epithète qui s'applique à ce qui pi- 
que la langue, & lui caule en même-temps un lenti- 
ment d'aigreur \ tels lont les citrons , les grenades , & 
les fruits qui ne lont pas mûrs. Acidus. Les liqueurs 
acides fontrafraîchllfantes. Toutes les choies aigres lont 
maigrir , parce que leurs parties acides lent comme au- 
tant depetits couteaux tranchons, qui brilent& fubrili- 
fcnt trop les patries du chyle propres à la nourriture, <?c 
les entraînent dehors avec elles. Parla même raifon , les 
liqueurs mêlées d'efprits acides tempèrent l'ardeur de 
la fièvre, parce que ces particules acides rompent & 
atténuent les parties du fang qui fermentent avec trop 
de violence. 

Suc Acide. Terme de Médecine , eft un fuc féparé par 
le pancréas. Succus acidus. L'ufage du pancréas eft de 
féparer & de filtrer , par le moyen des glandes dont il 
eft compolé, un lue acide , qui eft porté enfuite par 
fon canal dans le duodénum, où ce fuc fert de dil- 
fclvant, conjointement avec la bile, pour y donner 
au chyle la dernière perfedion. On l'appelle aulîi Suc 
pancréatique. 
Acide, l. m. Terme de Chimie. Acidum. Sel piquant, & 
diflolvant. Il eft en ce lens oppofe à l'alkali: & fur ces 
deux principes , quelques Chimiftcs , & quelques Mé- 
decins modernes ont fondé une nouvelle exphcation de 
toutes les caules phyfiques. Ils défini ifcnt las acides, des 
corps roides , jongs , pointus , tranchans , & tout-à-frit 
propres à s'infinuer dans des efpèces de games ou de 
corps poreux & fpongieux qu'ils nomment alhalis. 
Pour donner une idée icnfible des uns & des autres , 
ils ont coutume de comparer un acide enfermé dans fon 
alkali à une épéeque l'on fait entrer dans fon fourreau. 
A cette occafion ils remarquent que tels corps font ad- 



AGI 



87 



des par rapport aux uns, & alkalis par rapport aux au- 
tres. Foyei au mot fermentation Ae: quel fecours font 
dans la nature les acides & les alkalis , & quelle eft 
la caufephyfique qui poulie les uns dans lesautres. L'eau 
pnle immodérément émouile les acides de l'eilomdc, 
ëc lui ôte la force de cuire les alimcns. On le fait venir 
du Giecaxù, pointe , parce que les acides piquent la 
langue. Les acides ont les parties longues , flexibles , 
pénétrantes, & atténuantes qui ont des poinres aiguës 
& perçantes. Il y a des acides naturels , & des acides 
artificiels. Les acides naturels lont ceux qui ont l'aci- 
dité de leur propre nature, comme le jus de citron, 
^'c. Les acides artificiels lont ceux qui le font par le 
moyen du feu dans les opérations de Chimie. Ainfi les 
elprits acides , ou liqueurs infernales , comme les Chi- 
miftes les appellcnj, à caufe de la force qu'elles ont de 
dctruire ou de diftoudrc les corps; ces hqueurs, dis-je , 
ne font autre choie qu'un Ici acide dillous , & mis dans 
un violent mouvement par le moyen du feu. Harris; 
Le vitriol eft le plus giand des acides , enfuite le fel 
marin , & puis le falpetre, le foufre, le vinaigre, & 
enfin l'alun. Cet acide diifere de ce qu'on appelle au 
propre aigre; parce que l'aigre ne fe dit proprement 
que de la laveur, au heu que l'ad^edesPhilolophes 
le dit de tout ce qui eft corrofif, & qui pénètre, dif- 
lout, ou corrompt la fubftance des choies. Il eft com- 
polé de petites parties aiguës qui s'infmuent dans les 
pores des corps qu'elles rencbntrent , & en font la dé- 
lunion , & la féparatioiu Les liqueurs acides rougil- 
lent la teinture de tournefol. Pour connoitre iî une 
liqueur contient quelque acide, il ne faut qu'en var- 
ier un peu fur du firop de violettes étendu fur du 
papier , ou fur une dillolution de Heurs de bluet ; 
car alors le bleu le changera tout d'un coup en rouge, 
oti en couleur de pourpre -, & s'il le change en vert, 
c'eft un ligne que la liqueur abonde en feïs urineux, 
ou hxiviels. Harris. roye^ l'effet des acides, pour 
le changement des couleurs & des faveurs , dans les 
Mémoires de l'Acadcmie des Sciences , écrits pat M. 
Dodart, ou dans le traité de M. Boyle , de la nature 
des couleurs. 

Les t^aaV^ tempèrent l'ardeur des fièvres i à caufe 
qu'en épaillillant la malle du fang, ils en ralentillent 
les mouvemens impéteux. Les acides verlés fur les 
matières huilcufes y caulént des changement qui va- 
rient, luivant la nature diftcrente des acides & des 
matières gralfes qu'on veut mêler. Là plupart des aci- 
des coagulent , & figent le lait. Le mélange d'efprit 
de nitre Se d'efprit de vin , donne une eftervefcence 
conhdcrable , accompagnée d'une grande chaleur & 
d'une rarctadion très-fenfible. L'efprit de nitre bien 
dcriegmé & verlé lur l'huile de gay ac , ou fur celles 
de girofle & d'ambre, enflamme tout auilîtôt ces ma- 
tières huileules* 

Ce mot eft pris du Latin acidus , qui fignifie la 
même choie que aigre ; quoiqu'il y ait cette différence , 
que aigre n'eft que pour la laveur , au lieu qu'une 
choie eft quelquefois appelée acide , quoiqu'elle n'ait 
aucune laveur manifcfte, & feulement parce qu'elle 
fait les autres effets qui le rencontrent dans celles qui 
font aigres au goût , comme de pénétrer, de dilFoudrc, 
de rougir le tournefol. On le fert du mot acide dans 
les Iciences, plutôt que du mot ai^rej peut-être parce 
qu'aigre a des fignifications figurées , qui le rendent 
équivoque : car on le prend quelquefois pour ce qu'il 
y a dépiquant dans l'efptit, dans l'humeur, dam les 
paroles. Perrault. 
ACIDITE, f. f. Qualité aigre & piquante qu'on trouve 
dans tous les acides. Sentiment d'aigreur qu'excitenr 
les acides en piquant la langue. Acor. Un peu de vitriol 
lailfe dans l'eau une acidité agréable. Le vinaigre & 
le verjus ont des acidités différentes. L'aci-dité des câ- 
pres réveille l'appétit. On corrige l'acidité des lijnons 
par le lucre. Les aiimens, qui par hm acidité, prodùi- 
lent une fermentation, caufent la fièvre. 
|t3" ACIDULE, adj. de tout genre. Terme de Médecine, 
Qui eft, qui tient de la nature des acides. Onappelle 
eaux acidulés , aquA aciduU , des eaux minérales qui 
ne font point chaudes. Hofman dit qu'on les appelle 



88 



AGI 



■ainiî , parce qu'elles font un peu acides. Cependant on 
délîgne par ce nom des eaux minérales froides, qui ne 
contiennent point de ici acide, apparemment pour les 
diftinguer des eaux minérales chaudes , que l'on nom- 
me eaux Thermales. C'ft ainll que l'on dit que les eaux 
de Pally font acidulés. Mais il faut convenu- que dans 
ce fens ce terme eft trcs-impropre. L'ulage ne s'accorde 
pas toujours avec la railcn. 
ACIDULER. V. a. Terme de Médecine. Ce mot n'eft 
guère en ufage : il lignifie , mettre des fucs acides 
dans quelque chofe. Jus acidumjnfundere , fucco aci- 
do perjundete. AcïduUr une titane, une boilfon. 
ACIDULÉ , ÉE. part. Il eft plus en ufage que fon veibe. 
On dit, il faut donner à ce malade des bouillons mé- 
diocrement ^cic//^/É;.j ,- c'eft-àrdire, dans lelquels on 
aura mis un peu de verjus, ou un peu de jus de ci- 
tron, Acidofucco perjufus i cinclus , mïfius. 
ACIER, f. m. Fer rafinc , purifié par l'art, & conduit à 
une plus parfaite mixtion, parla coclion du feu, & 
par l'attraétion d'une humidité convenable qui en- 
graille fa iechereire naturelle , & le rend plus blanc 
& plus folide , avec un grain plus petit & plus fin. 
Acïes , Chalybs. C'eft celui de tous les métaux qui 
eft fufceptible d'une plus grande dureté, quand il eft 
bien préparé. On le fait en le tenant dans un grand 
feu parmi des cornes de bœuf , & des charbons de 
faule , ou de hctre , & en le plongeant dans des eaux 
ou décodions aftringentes & fort froides, après^ l'a- 
voir coupé en plufieurs parties, & fait fondre plulleurs 
fois. On fait \ acier de deux façons , par la fonte , ou 
par la cémentation. Voye^^ ces mots. M. Felibien en 
compte de cinq fortes. Il y a un acier naturel, & qui 
en a toutes les qualités en fortant de la mine. On peut 
voir dans le Mercure de Septembre 1756 , la delcrip- 
lion d'une mine à^ acier trouvée près de Strasbourg en 
AUace. 

Le petit^fi^rcommun, qu'on .appelle J'o;vfj C/i^me- 
cy, ou LimoJin,^\!i le moindre de tous, & le moins cher. 
On le vend par carreaux , ou billes. Le meilleur eft ce- 
lui qui eft fans pailles, ni furchauftures , & qui paroit 
net , Se d'un grain blanc & délié , quand on le calfe. 
Mais s'il eft plein de veines noires, ou de pailles , que 
l'on apperçoit aifément en le rompant-, ou s'il eft lur- 
chauffé, c'eft-à-dire , s'il a eu trop chaud, enforte qu'il 
paroilfe comme grillé & en petits grumeaux, il ne vaut 
rien. 

L'Acier de Piémont eft aulîî en carreaux , plus gros 
que le clamecy. Pour le bien choifir , il faut prendre 
garde fi les carreaux font nets, fans pailles & fuis 
furchauffures. S'il a des taches jaunâtres , c'eft une 
marque qu'il eft difficile à fonder & à aUier avec le 
fer. Il vient de Piémont deux fortes ô^ acier. L'un arti- 
ficiel , & l'autre naturel. L'artificiel eft le moins bon. 
Pouf/u cependant qu'il loit bien trempé & affiné deux 
fois, il fert à acérer des marteaux , & autres outils pro- 
pres à un travail de force & de violence. 

L'acier qui vient A' Allemagne, t^ en petites ban- 
des. On l'emploie à faire des épées , des relforts , &c. 

U Acier de Carme , ou à la Rofc , vient auili d'Al- 
magne & de Hongrie. U eft bon à taire des cifeaux , 
des lafoirs, des inftrumens de Chirargie , &c. Ces deux 
fortes A' Acier d'Allemagne font les meilleures dont on 
fe ferve en France. 

L'Acier de grain , ou \' Acier de Motte , ou de 

^ Mondragon j elf apporté d'Efpagne par grclfes matTes. 

Quand il eft bien choifi & bien affiné , il eft propre 

à acérer des outils qui doivent être durs , & avec lef- 

quels on travaille à des ouvrages pénibles , comme à 

- couper le marbre. 

L'acier de Damas , eft celui qui vient de Damas 
en Syrie, qui a un grain tî Ç\n, qu'il coupe le fer fans 
ctre trempé. On dit qu'un Cavalier qui le tient à la 
main , & qui fait le moulinet en courant , lui donne la 
trempe par la teule impreilion de l'air. On le trempe 
.aulli tur un chamois mouillé, en pallant le trancliant 
delFus , comme fi on vouloit couper le chamois. 
Acier tiré. Terme d'Morlogerie. C'ctf une verge A'acier 
pafTée par une filière cannelée, qui la rend propre à faire 
îles pignons de diffcrens membres , fuivam la filière par 



ACK 

où il a palTé. Traité de l'Horlogerie par Thiouti 

Une bille d'acier ^ eft une pièce d'acier qui a qua- 
tre ou cinq pouces de long , & deux ou trois lignes 
d'épailkur. On envoie aulîî de l'acier en barre , ik 
d'autre en pains larges & plats , de différentes gran- 
deurs & épaitleurs. Il n'y a point d'acier en Barbarie -, 
celui qu'ils emploient , eft frit de fer qu'ils étendent 
en de longues verges, 8c qu'ils mettent dans des ti- 
nettes de terre , où ils lui donnent la trempe avec de 
l'eau , du fable & des herbes -, puis le font recuire , 
afin qu'il toit dur ccnime de l'acier : mais il n'eft pas li 
bon que celui qu'on leur porte d'Europe. Marmol. 
Acier, te dit poétiquement d'une épéc. Un fin acier lui 
fit voler la tcte de detfus les épaules. On l'a dit de 
même d'une lancette , dans une belle Ode fur le quin- 
quina. 

Le monjlre , difoit-onj ne fauroit s'appaif^ , 
Qu'en recevant toujours de fanglans facrifices> 

Sous /'acier fubtil & tranchant , 

Lefang à grand flots s' épanchant ^ 
Ne laijfoit plus d'efprits dans ces canaux arides» 
Il fallait s'immoler afin de fe guérir j 

Et par des confeils homicides ^ 

Pour vivre fe faire mourir. 

On le dira de même de tout intlrument d'acier^, 
fur-tout de ceux qui font propres à couper & à tran- 
cher ; mais en ce fens il ne s'emploie qu'en pocfie. 

J'ai vu des têtes couronnées , 
Par leurs propres Sujets à la mort condamnées 3 
Tomber fous /-"acier d'un bourreau, 

ReGN. DESiMAR. 

Ce mot, félon Ménage, vient de aciarium j dont 
les Italiens ont fait acciaro, & les Efpagnols a-^cro , 
qui viennent tous du Latin acies j dont Phne s'efî 
fervi pour le mot de chalybs. D'autres ditent qu'il a 
été auilî nommé ex iterata uflulatione y tanquam as^ 
SARiuM , ou AssATUM. Papias dit que le mot aciare 
a fignifié acier dans la batfe Latinité. Les Latins l'ap- 
peloient chalybs , à caufe de la trempe qu'ils lui don- 
noient dans un fleuve d'Efpagne, appelé Chalybs; oit 
à caute des Chalybes , peuples de Capp.adoce, dont 
Virgile a d\x.: At Chalybes nudi ferrum , Sec. Feftus 
dit que les haches d'airain , dont on f e f ervoit dans les 
f acrifices , s'appeloient Aciers. Acieris ^fecuris area^ 
&c. 

îfT ACIERIE, f. f. C'eft ainfi qu'on appelle l'ufine où 
l'acier reçoit ta première façon après la fonte. 

ÇC? ACINÏFORME. adj. Terme d'Anatomie. Acincfa 
tunica. Nom d'une membrane de l'œil, appelée aulIi 
Uvée. Voyez ce mot. 

ACIS. f. m. Terme de Mythologie. C'eft le nom d'un 
fils de Faune & de la Nymphe Simctthis. Son extrême 
beauté lui attira la bienveillance de la Nymphe Gala- 
tée, qui étoit aimée de Polyphême. Ce Cyclope en 
devint fi jaloux , qu'il écrata ton rival d'un morceau 
dérocher, dans le temps qu'il étoit avec Galatée. La 
Nymphe pénétrée de douleur , métamorphofa fon 
amant en une fontaine , ou rivière qui fut nommée 
de ton nom, &: qui coule dans la mer de Sicile. Ovide, 
Métamor. L. r ^. Quelques Mythologitfes ditent que 
ce qui engagea le Géant Polyphême à tuer le Berger 
Acis J c'eft parce qu'il refufoit de répondre à fon 
amour. 

ACK. 

03-ACKEMIN, AKMIN, AQUEMIN, ou ECHE- 
MIN. Ville de la haute Egypte , tur une petite hauteur, 
à un mille du Nil , & a trois ou quatre journées de 
Taata. 

(i^J" ACKFN. Petite ville d'Allemagne, dans le cercle 
de la batTe Saxe , dans le Duché de Magdebourg. 

fer ACKRAM. Ville d'Afrique en Guinée, fur le bord 
d'une rivière peu éloignée de Bregu, où les François 
vont fouvent faire le commerce. 

A C L. 



A C M 

A C L. 

ACLE. Village de l'AngleteiTe feptentiionale. Jcica. Il 
eft fur la livicre de Skern , dans le diocèle de Dur- 
ham. Le Concile d'Jc/e^ tenu fous le Pape Adrien I, 
a tliit cunnoïtre ce lieu. 

A C M. 

fjf^ ACME. Terme de Médecine , du Grec , ««W 
pointe, lignifie particulièrement le plus haut point , 
ou le fort d'une maladie. Quelques-uns diviicnt les 
maladies , f ur-tcut les maladies aiguës , en quatre états 
ou périodes, i °. L'arche , qui cil; le commencement 
ou la première attaque. 2°. L'anabafis , qui cft l'aug- 
mentation du mal. 5°. VAcme , qui eft le plus haut 
point. 4°. Le paracme qui en ell le déclin. 

Ip- ACMELLA. Plante de l'Ile de Ceylan, à laquelle 
on attribue la propriété de guérir la pierre , en la diifol- 
vant. Sa racine eft fibreufe & blanche , la tige carrée 
& haute d'environ un pied ; elle le divile en plu- 
fieurs branches ; fes feuilles font longues , poinaics , 
raboteules ; Se un peu découpées. Ses Heurs nailfenr 
aux extrémités des branches. 

ACMON. f m. Eroit chef d'une Colonie de Scythes , 
qui s'établit en Phénicie &: en Syrie: il mourut pour 
s'être trop échauffé à la chalFe , & fut mis au rang des 
Dieux fous le nom de Très-Haut ^, r'-\iri!. Ses enfans 
furent Uranus & Titée , dont les noms fignifient le 
Ciel & la Terre , & donaierent lieu à la Fable des Phé- 
niciens , qui font Acmon père du Ciel & de la Terre. 
Hclvchius dit qu'il étoit père d'Oiuanos ou du Ciel, 
«Scil ajoure auilîtôt que c'eftle Ciel même, ou Sa. urne. 
Euftathe donne ce nom tout à la fois au Ciel & à 
l'Océan , ( in II. i S y 41 0.) En quoi il eft démenti , 
aulîî-bien qu'Hefychius , par Simmias de Rhodes, qui 
dans fon petit Pôëme des Ailes , doime le lurnom d'Ac- 
monide , c'eft-à-dire , de 61s à'AcTnon^ à l'Amour , qu'il 
fuppofe auilî ancien que le-mojide. On peut voir par- 
là que le nom à'Acmon eft lui de ceux dont les An- 
ciens ont fait tout ce qu'ils ont voulu, & dont on 
ne doit faire l'application à rien. Il y en avoir, dirStra- 
bon, f /. 10.) qui donnoient ce nom à l'un des Dac- 
tyles Idéens, & il en témoigne (on mécontentement, 
parce qu'ils ne failoient qu'ajouter des choies incer- 
taines à d'autres qui l'étoient déjà alfez. Ce mot 
ay.jj.a^ fignific Une enclume ; mais quand on en a fait 
un nom propre , on a voulu qu'il fignifidt infatigable , 
de l'a privatif & de xa/4v« , je fuis abattu .-A'^ft»), ^quafl 
ay.«ja»y, indcfejfus. Ce nom convient fort au Ciel, 
à caule de Ion mouvement , que la fuite des fiècles 
ne peut ni ralentir, ni accélérer. 

A C O. 

(k? ACOCATS. f. m. pL Terme de Soierie. Ce font 
des linteaux de deux pieds de longueur environ, & 
d'un pcuce d'épailîeur, taillés en dents, faites en V, 
à leur partie fupéricure. Quand on travaille du ve- 
lours cilelé , ils lervcnt à porter uji baron rond, au- 
quel le battant eft fufpendu, & au moyen des entail- 
les qui font dans leur longueur, on peut avancer, ou 
reculer le battant , félonie befoin. Encyc. 

ACŒMÈTE, ou ACEAlETE.f. m. &adj. Acœmetus. 
Qui ne ie couche ni jour, ni nuit. Ce mot eft Grec , 
a\«i>aT55, formé de l'a privatif, & dex./ftau,/^ fuis 
couche'^ je dors dans un in. Ce nom fut donné par 
les Grecs à cerrains Moines, non pas qu'ils ne dor- 
millcnt jamais , mais parce que jour & nuit, fans in- 
terruption, ils chantoient l'office divin dans leurs égli- 
fes ,fe partageant pour cela en trois bandes ou parties, 
dont l'une venoit relever l'autre, & commencer le mê- 
me oriice quand la première l'avoic fini. Ainlî , par 
exemple, quand les premiers avoienr fini Matines, 
les leconds venoient les commencer ; ils croient en- 
fuite relevés par les troifièmes , qui chantoient aullî 
^ïatines à leur tour. Quand ils ay oient fini, les pre- 
miers revenoient chanter Prime , &: ainiî du refte ; 
cr,lorte que jour & nuit, les exercices pieux ne difconti- 
nuoient point dans leurs éghfes. Ainfi ce qui cft dit dans 
la vie de S. Jean Calybite , imprimée par Lipoman , 
qu;ilsjturent |appelés AcKmètcs , paice qu'ils ne le 
1 orne L 



ACO 



89 



couchoicnt jamais , ou qu'ils ne prencient que très- 
peu de lommeil, chantant toujours les louanges de 
Dieu, comme l'ont cru Canilius & Ferrariiis dans le 
catalogue des Saiys d'Italie , n'eft pas vrai. L'inftimteur 
des Acœmctes fut , lî l'on en croit Nicéphore , 1. i , 
V. c. 23, un Marcellus, que quelques Auteurs mo- 
dernes appellent MarccUus d'Apamée, quoique Nicé- 
phore ne lui donne point ce lurnom en cet endroit- 
là , qu'il n'en dile rien au Liv. XIL Ch. 17 , où il parle 
de Marcellus d' Apamée,& que Marcel d'Apamée vécût 
$0 ans ou plus, avant qu'il y eût des Acœmètes. On 
trouve dans Bollandus au 1 5 de Janvier la vie de S. 
Alexandre, fondateur Acs Acœmètes ^ inconnus avant 
lui, dit l'Auteur qui étoit difciple de ce Saint, & té- 
moin oculaire de ce qu'il écrit. Ce Saint vivoit, félon 
Bollandus , vers l'an 430. Le premier Monaftàe d'y^- 
cœmètes fut bâti par ce Saint fur les bords de l'Eu- 
phrate.Pendant fa vie , les difciples en érigèrent plu- 
lîeurs lemblables en diftcrens lieux : lui-même en alla 
établir un à Conftantincple, qui après la mort du Saint 
fut transféré à Bithynie , par Jean fon fucceflèur. A 
Jean luccéda Marcellus, que Nicéphore a cru être 
l'Infticuteiu- des Acœmètes. Sous ce Marcellus ce pieux 
inftitut s'étendit beaucoup, dit Bollandus; & c'eft là 
apparemment ce qui a fait que Nicéphore l'en a cru 
fondateur. Ce fat de Icn tem.ps que Srudius vint de 
Rome à Conftant-nople, y bâtir un Monaftère, & y 
mit des Moines , qu'il tira des Monaftères Acœmètes. 
Ce fut là l'origine des Studites , qui conféquemment 
A^ienneniji^des Acœmètes. Saint Jean Calybite fe rerira 
dans un Monaftère à' Acœmètes , & non pas à'Aro- 
mètes , comme le dit la Sauflaye dans le Marty- 
rologe de France. Quoique les Acœmètes aient fleuri 
fur-tout eu Orient, il y en a cependant eu quelques- 
uns en Occident. Le P. le Ceinte prétend , à l'endroic 
que je citerai , qu'il n'y a eu que le Monaftère de 
Luxeuil , Luxovienfe , celui de Remiremont , Haben- 
denfej, Se celui de S. S.ilaberge à Laon , où l'on aie 
dit perpétuellement l'Office de la manière que nous 
l'avons expliqué. Le P. Mabillon fouticnt qu'il y faut 
ajouter celui de S. Maurice, Agaunenfe , fondé par 
Sigilmond, Roi de Bourgogne, celui de S. Marcel de 
Chàlons, & celui de S. Denys en France. D'autres ajou- 
tent encore celui de S. Paquier , &c. Il n'eft pas vrai 
que S. Eucher Evcque d'Orléans fe fit Aloine Acœ- 
mète j comme l'a dit Canifius. Ce fur dans un Mo- 
naftère de Bénédidins, à cinq lieues de Rouen, qu'il 
le retira , comme l'a remarqué Bollandus. T. i. dejanv. 
p. lOig. 

On a auffi appelé Acœmètes les Stylites , & quel- 
ques autres Moines de la ^leftiné, mais dont l'iiilli- 
tut étoit fort dirférent de celui des Acœmètes. On pour- 
roit aujourd'hui appeler Acœmètes les Religieufes du 
S. Sacremenr, qui ont l'adoration perpécueïle. Si le 
relèvent jour & nuit, enfoite qu'il y en ait toujours de- 
vant le Saint Sacrement à prier. 

Outre Nicéphore Se Bollandus , dont j'ai parlé , 
Théodore Lecteur, Z. /, Evagrius, L. 11 1. Ckap. 
iS & 21. Théophane, Cédrenus, l'Auteur de lavie 
de S. Alexandre. Dans Bolland. / / Janv. Sz Jacobus 
Canifius ATin'ilt Ribadeneira latin au 20 Février ^Ba.- 
ronius à l'an ^çç , M. du Freine dans fon GlolErire, 
le Cointe Annal. T. I. an. S36 , n. 224 & fuiv. Le P. 
Mabillon, ^5. SanB. Bened. fkc. IV :, p. 2. Pr&f. 
ont écrit des Acœmètes. 

ACOINT , TE. adj. mot furanné , qui veut dire familier , 
lelon Nicod. Am'icus familiaris. 

ACOINT ABLE. adj. m. cS: f. Fove^ Accointable. 

ACOINTIER. 'Vieux v. a. Accueillir, fréquenter. Poèf. 
de Thibaut 3 Roi de Navarre. 

AcoiNTiER. Vieux adv, A la rencontre, à la première 
vue. 

ACOLALAN. f. m. Infccle de l'île de Madagafcar. Il 
relîemble à une punaife. Il cft plus gros. Il prend des ailes 
en grofullant. Les cales des Nègres font infectées de ces- 
animaux qui rongent touf ce qu'ils trouvent , principale- 
ment les étoffes. Quelques-uns donnent le ncm d'aco- 
lalou à cet infecfe. 

IfJl ACOLASTRE. Petite rivière de France dans le Ni- 

U 



90 



ACO 



vernois, qui fe jette dans la Loite,pi£^cle Jaugenai. 
fCF ACOLIN. Rivière de France , qui vient du Bour- 
bomiois dans le Nivernois, palIe à Cocaye, à Bor- 
ne , à Thoury, à Luray, & le reni dans la Loire après 
s'être jointe à l'Abroii, 
ACOLYTAT. f. m. Acolytatus. Ordre , rarrg d'Acolyte : 
c'eft le premier des quatre Ordres mineurs ,& non pas 
des quatre moindres Ordres , comme dilent les Vo- 
cabuliftes i c'efbà-dire , celui qui précède immédiate- 
ment le (ous-diaconat. 
ACOLYTE , mieux qu'ACOLYTHE. f. m. Terme Ec- 
clélîaftique. Acolytus. Les Grecs donnoient ce nom à 
ceux qui étoient inébranlables dans leurs rélolutions. 
C'eft par cette raiCon que les Stoïciens furent appelés 
Acolytes ; parce qu'i Is perliftoient dans l'opinion qu'ils 
avoicnt une fois cmbralîée , fans que rien ne pût les en 
détacher. Ils trouvoient même qu'il y avoit de la lâcheté 
à en changer Depuis, l'Eglile chrétienne a conlacré 
ce nom , en l'appliquant à ceux qui le dévouent au 
fervice de Dieu. Anciennement les jeunes gens qui af- 
piroient au miniftère eccléliaftique , accompagnoient 
ik fuivoient les Evêques par-tout, loit pour leslervir, 
foit pour être les témoins de leur conduite. Cette alîi- 
duité à luivre les Evcques les fit appeler Acolytes. 
Saint Cyprien dit lui-même, qu'il avoit des Acoly- 
tes. Aujourd'hui les fonctions des Acolytes lont 
bien ditlérentes de la première inftitution. Un Acoly- 
te eft celui qui a leuîement reçu le premier & le plus 
confidérable des quatre Ordres Mineurs dans l'éghfe ; 
dont l'emploi eft d'allumer les cierges , dt porter les 
chandeliers, la navette où eft l'encens, de préparer le 
vin & l'eau pour le facrifice, & détendre d'autres fer- 
vices à l'autel. 'Autrefois les Acolytes ramalfoient dans 
iinfac ce que les fidèles avoient oftert , & ce qui avoit 
été béni pendant la melfe; & après qu'elle étoit finie, 
ils le donnoient aux Prêtres qui dévoient le divifer. 
Le devoir des Acolytes eft d'accompagner l'Evêque, 
ou le Prêtre , & de leur rendre fervice dans les fonc- 
tions eccléfiaftiques. f^oy e-^cnzott lecteur, exorcifte &c 
portier. Il y avoit à Rome trois fortes â! Acolytes 
y.iis Acolytes du Palais , Palatïni _, qui letvoient 
le Pape ; les Acolytes Stationaires , Statïonarïi j qui fer- 
voient dans les Egliles, où il y avoit Station ; les Aco- 
lytes Régionaires , Reg'ionariï , qui fervoient avec les 
DiacreSjdanslesdifférens quartiers de la ville. On trouve 
aullîdes Acolytes parmi les Officiers Auliques de Conf- 
tantinople;& Curopalates dit que le Capitaine,ou Chef 
de la cohorte impériale de Byzance , étoit nommé Aco- 
lyte. 

Dans l'Eucologe des Grecs on trouve les leçons 
qu'on litlorfqu'on ordoi-«ie des Ledeurs ; mais il n'y eft 
point parlé des auties petits Ordres ou mineurs,qui font , 
l'Ordre de Portier , d'Exorcifte , & d'Acolyte ; ce qui 
pourroit faire croire que les Grecs ne confèrent point 
ces Ordres-là aujourd'hui. Le Père Goar dans fes notes 
fur l'Eucologe , répond qu'on ne peut pas douter que ces 
trois moindres Ordres n'aient été connus de l'ancienne 
Eglife Grecque, & qu'elle n'ait eu des Miniftres qui 
les avoient, puifqu'il en eft fait mention dans Saint 
Denys, Saint Ignace Martyr, Saint Epiphane, dans les 
Conciles deLaodicée&d'Antioche , dans les Novelles 
de Juftinien , dans Photius , &c. Il ajoute , qu'il lem- 
blc que les Grecs d'aujourd'hui ont des Acolytes 
fous le nom de Députés ôc de Céroféraires. Les Mil- 
lionnaires Latins , qui lont en Grèce , difent que les 
Grecs ont aujourd'hui des Acolytes , & les autres 
Ordres mineurs ; & on doit plus les en croire que 
le Père Martène , qui allure que l'Ordre des Acoly- 
tes a été tout -à- lait inconnu à l'Eglife d'Orient. 
Voye':^ le Père Goar fur l'Eucologe , le Père Mar- 
tène , le Pontifical , l'Ordre Rom.rin , S^c. 

Ce mot vient du Grec àK.A^;?,^;', , qui lignifie ,Suïvre , 
&: Acolyte , un fuivant. C'eft ainfi que l'expliquent le 
Glolfaire grec & latin , & Macer ; mais Dominique 
fon frère le tire de l'a pri'^tif, Ik Ac-^u\^:<t, ^empêcher. 
ACOMA. San-Eftevan à'J.coma^ S. Etienne ^Acomaj 
Ville du Nouveau-Mexique , à cinquante lieues au 
nord-oueft de Sanra-Fé. 
ACOMAS. f. m. Arbre qui croît dans les îles Antilles 



ACO 

& dont le bois s'emploie aux ouvrages de menuiferie. 
Cet arbre eft à-peu-près de la hauteur de nos pom- 
miers ; les feuilles (ont aifez longues & liffcs , Ion 
fruit eft de la grolleurd une ptune,qui devient jaune 
dans la maturité ^ Ion amertume empêche qu on ne 
le mange: il n'y a que les pigeons ramiers qui puilTent 
s'accommoder de ce truit -, mais leur chair en retient 
fi fort le goût, qu'on ne peut les manger dans le temps 
qu'ils s'en nourriirent. L'écorce de cet arbre eft la- 
boteufe, cendrée, & elle donne un lue laiteux lorf- 
qu'on l'incife. Son bois eft pefant , de couleur rouge , 
tirant lur le jaunâtre ; le cœur eft d'un rouge tirant 
fur le violet. Ces couleurs varient luivant Ion âge ; &c 
tout le bois prend fort bien le poh. Roche fort. Le 
Père du Tertre rapporte qu'uu N ègre l'avoir guéri d'un 
grand mal de dents, en lui frottant les tempes & le 
derrière des oreilles avec le lait qui le tire de l'écorce 
de l'Acomas franc. Car ce Père, Hljloire des Antil- 
les ^ Traité 3. C. 4. §. 5. diftingue trois fortes à'Aco- 
mas ; X'Acofnas franc , qui eft un des plus gros , & 
des plus hauts arbres des Antilles, (Se le meilleur de 
tous pour les batimens; VAcomas bâtard, oui croît à 
la Capfterre de la Guadeloupe, qui n'eft ni fi beau, 
ni 11 bon à bâtir que le précédenr -, & le troifième 
qui croît aux enviions de la grande Ance, ferablable 
au premier , finon que le cœur en eft rouge. 
ACOIVIMICHER. V. a. Vieux mot François, qui vou- 
loit dire Communier 3 donner la Communion. Et fit le 
Roi dire grand planté de Mclfes , pour acommicher 
ceux qui dévotion en avoient. Froissard. 
ACOMPARAGER. V. a. Ce mot, félon Nicod , veut 

dire , Comparer. Conferrcj comparare. 
ACOMPTE, f. m. /^oyeç Compte. 
ACON , ou ACCON. f. m. Cymha. Terme de Marine. Pe- 
tit bateau plat, (ans quille, ni mât, ni voile, ni gouver- 
nail , qu'un homme feul frit couler lur la vafe , quand la 
mer eft retirée , ayant un pied dedans & l'autre de^ 
hors , pour aller chercher le poifton qui fe trouve 
arrêté dans les filets & engins qui font tendus à l'ou- 
verture des bouchots, & prendre les moules qui fe 
nourrilTent & fe multiplient lur les pieux & clayon- 
nages de ces bouchots. Les bouchots lont des parcs 
ou pêcheries établies fur les côtes. 
ACONA. Lieu deTolcane, en Italie. Acona. Le B, To- 
lome'i, à qui ce lieu appartenoit, y fonda l'Ordre de 
Notre-Dame du Mont d'Ohvet , dont il fut Inftitu- 
teur. Celieu eft à quinze milles de Sienne. P. Helyot. 
T. VI. p. i ()2. 
ACONIT. 1. m. Aconitum. Plante vénéneufe. Les an- 
ciens Botaniftes ont attribué ce nom à pluiieurs plan- 
tes de différens genres. Celles dont il s'agit ici , ont 
leurs fleurs irréguiières , compolées de pluiieurs péta- 
les, dont l'allemhlage reprélente alfez bien un calque 
ouvert j c'eft-à-dire, que la pétale lupéricure frit le 
cafque du heaume , les deux latérales tiennent la place 
des deux oreillettes, & les deux inlérieures reprélen- 
tent la mentonnière. Les efpèces qu'on nomme tue- 
loup , Ly c oclonum jAvMK^iM ^ ont leur calque allongé 
en manière de toque , eu de bonnet à la Polonoife. 
Les fruits qui fuccèdent aux fleurs , lont compolés de 
pluiieurs graines , qui s'ouvrent lelon leur longueur , 
& renferment des femences anguleufes , év' chagrinées. 
Ses feuilles font arrondies & découpées plus ou moins 
profondément. Ce genre d'aconit comprend pluiieurs 
efpèces , qu'on peut ranger fous trois principales claf- 
fes. La première eft de celle dont toute la Heurt le bleue, 
ou violette , & la pétale lupérieure de la fleur forme un 
cafque. On la nomme Napel, Napellus j à Napo ^ à 
cauie que fes racines font en navets. Le Napel eft très- 
dangéreux ■■, mais on a trop exagéré la qualité véné- 
neufe. La féconde eft de celle qui a fes fleurs tout-a- 
fait femblables à celles du Napel , hormis qu'elles font 
jaunes. EUe s'appelle Anthora. Anth.i-Thora , c'cft-à- 
dire , plante fouveraine contre les mauvais effets du 
Thora. Elle eft auilî vénéneule que le Napel. Il, eft 
faux que l' Anthora croide toujours auprès du Tliera, 
ou du Napel. U aconit de la troilième clafTe le diftin- 
gue des deux précédentes par la figure allongée 
de fon cafque. Ses fleurs font pâles ou jaunâtres. 



ACO 

On l'a appelée tue-loup, étrangle- loup , tue- chien, à 
caufc de fes effets. Aconïtum LycoFionum. Ai/xoKlj'»o» , 
Kv.xio'.o.. La pien«ère & la dernière de ces trois for- 
tes èi aconit (awi rrcs-caulHques , très-âcres , & caulcnt 
des convulfions mortelles, ou iizs inflammations fui- 
vies d'une gangrène prochaine. Ces cflets, qui dépen- 
dent de leur âcreté, ont tellement furpris nos anciens, 
que la plupart craignoient de toucher ces Plantes, 
& ont donné par-là occafion à tant de fuperftitions , Ik 
à des précautions ridicules pour les cueillir , ou pour 
les faire accompagner de leurs contrepoifons. La fé- 
conde n'efl pas moins acre que les deux autres -, fes 
racines cependant font employées* dans les fièvres ma- 
lignes. On doit ufer de la poudre mêlée avec d'autres 
cordiaux \ même la dofe en doit être médiocre , de 
crainte qu'elle n'irrite trop. Ses racines entrent auili dans 
des orviétans , & autres compofitions alexipharmaques. 
On dit que fon nqm vient èîaconç ^ ville de Bithy- 
nie , aux environs de laquelle il croît en •:ibondance, 
quoique pourtant il croille par-tout ailleurs , & fur- 
tout dans les montagnes de Trente. D'autres difent 
que ce nom vient d'«K»vii,qui fîgnifie chez les Grecs 
un rocher dénué de terre où \ aconit croît volontiers. 
Ou l'appelle aullî f-i/iKlovot, parce qu'il tue les rats par 
fa feule odeur, comme dit Pline. Les l^oëtcs feignent que 
cette herbe a été engendrée de l'écume que le chien 
Cerbère jeta , lorfque Hercule le tira des enfers par 
force : ce qui fait qu'on en trouve quantité auprès 
d'Héraclée de Pont , où efl la caverne par où Hercule 
defcendit. Les Anciens n'ont pas laiflé de le faire fer- 
vir de médecine contre la piqûre du fcorpicn , lequel 
s'amortit dès-lors qu'il touche \ aconit ; ik qui au con- 
traire en touchant l'ellébore reprend fa première vi- 
gueur, h' Aconit ne, fait pas mourir, quand il trouve 
quelque autre poifon dans le corps , parce qu'alors il 
le combat. La marque de ce poifon efl de faire venir 
les larmes aux yeux , de caufer une grande pefanteur 
d'eflomac, & de faire enfler le corps. Théophrafle 
dit qu'on le prépare , enforte qu'il fait mourir feule- 
ment au bout d'un an ou de deux. Les flèches trem- 
pées dans fon jus font des plaies mortelles. Les Li- 
ciiens emploient avec fuccès contre les fièvres l'aconit 
corrigé dans l'urine de vache. Lettr. éd. 

ACONSUIVRE. v. a. Il veut dire, Atteindre, félon 
Niccd. Peningsrc , pervenire , attingere. 

ifT ACONSUWL part, qui a été pourfuivi. Il ne faut 
pas lire Acomfiet dans Perceval , comme a fait Borel 
& M. Berthelin Editeur de ce Didiionnaire. 

ACONTIAS. f. m. Efpèce de ferpent , qui a un peu 

• plus d'un pouce de groffeur. Il eft long de trois pieds. 
Sa tête efl fort groffe & cendrée. Le reite du corps efl 
d une couleur tort obfcure , excepté le ventre qui ne 
l'efl pas tout-à-fait tant. Quelques-uns l'appellent Cf^- 
chrias j à caufe qu'il tire fur la couleur du millet. 
Il y en a beaucoup en Calabre & en Sicile , où on 
l'appelle i'aerronej parce. qu'il s'élance fur un homme 
comme un trait. C'eft pourquoi on l'appellt aullî Ja- 
velot : & c'efl la même raiton qui l'a fait nommer 
par les Grecs Acontias j du mot àM/im , qui lignifie 
flèche y trait , javelot. Lucain, ai parlant de cette forte 
de ferpcns , les appelle volucrcs jaculos. 

Acontias , efl encore une efpèce de comète dont la tête 
efl quelquefois ronde , & quelquefois oblongue & 
grofl'e, & dont la queue efl déhée, mais fort longue. 
Harr. 

ACOPENDE, Ville nommée autrefois Olbia. Elle eil 
dans l'Anatohc, furie golfe de Satalie, & au nord- 
ouefl de la ville de Satalie. 

?Cr ACOPiS. f. f. Pierre pré cicufe, tranfparente comme le 
verre, avec des taches de couleur d'cr. On l'appelle 
Acopis j parce que l'huile dans laquelle on la fait 
bou'illir, paffe pour un remède contre les laiîîtudes. 

IfT ACOPOS. f. m. Plante dont Pline fait mention , & que 
l'on prétend être l'Anagyris de Diofcôride. 

ACOPUM. f. m. Terme de Pharmacie. Selon quelques Au- 
teurs , c'efl une fomentation compoféc de drogues 
cnaudes & émollientes , propre à diminuer le fenti- 
ment de la lalîitude contraélée par un travail excef- 
fif , ou par un exercice violent. Harr. Ce mot vient 
Tome I. 



ACO 



91 



de l'a priv.atif, & àe^^-"! ^labor , peine, travail. 

|p= ACOQUINANT & ACOQUINER. C'efl ainfi 

qu'il faudroit écrire. Pour l'explication, Foye\ Ac- 

COQUINER. 

ACORDE. Foyc:^ Accorde. 

AÇORES,^ou AZORES. Acores, ou Adores, Caffi- 
teridcs. Iles de l'Océan atlantique , qu'on nomme 
aullî Tercères , ou Flamandes. Elles font entre les côtes 
d'Efpagne & celles de Canada, & appartiennent aux 
Portugais. Elles ne font habitées , félon Roterus , que 
depuis lan 1-1.59. Il n'y en avoir que fept d'abord 
comprifes fous ce nom : aujourd'hui on en compte 
neuf, qui font, Tercère^ S. Michel, Ste. Marie, S. 
Georges , Pico , Payais , Gratiofa, avec Floreo & Corvo, 
qui ont été découvertes les dernières. On les appelle 
Acores ^ du nom Efpagnol & Portugais acor , qui 
lignifie un faucon , ou un épervier , ou un autour , 
parce qu'on y en trouve beaucoup ; Tercères , du nom 
de la plus confidérable ; Flamandes ■, parce que ce fut 
un Flamand qui les découvrir le premier; Caffitérides ^ 
ou Cattitéridcs , parce qu'on fuppofe que ce font 
celles auxquelles Ptolomée & Pline ont donné ce nom. 
C'efl dans Tercère la principale des Acores , qu'Al- 
phonfe Henri Roi de Portugal, fut envoyé en 1669, 
lorfqu'il fut déclaré incapable de gouverner. Voye-^ 
la dcfcription qu'en onr fait Louis de Tercera, Linf- 
chot , Se l'Auteur anonyme de VHiJlor. Orb. Terr. 
Gcogr. & Civil. Se l'Hift. de la Comp. de Jef. T. v. L. 
21. En 1720, entre l'île Tercère «Se l'île de Saint-Mi- 
chel, deux des îles Acores y il s'éleva deux rochers 
très-confîdérables. 
^CT ACORI. Nom qu'on donne au Corail blanc. 
IfT ACORNA , ou ACORNUA. f f Efpèce de chardon 
dont il efl parlé dans Théophralle. Selon Pline, c'efl 
une efpèce de chêne vert, lemblable au houx, ou au 
genévrier. 
ACORUS. f. m. Plante médicinale. Plufieurs anciens Mé- 
dechis ont confondu l'^coraj avec le Calamus aromati- 
cus , quoique ce f oient deux plantes d'un caraélère 
difiérent. Il y a deux Acorus , l'un vrai , dont il s'agit ici; 
& l'autre faux , qu'on nomme Flambe de marais. Le 
caraélère particulier qui diflingue \' Acorus vrai de la 
Flambe & du Calamus , c'efl qu'il fort du milieu 
environ de quelques-unes de fes feuilles une malle 
longue & grofle comme le petit doigt , femblablc au 
Macropiper, ou poivre long. Cette maffe cil compo- 
f ée d'une inhnité de petites fleurs , dont le pillil devient 
un fruit à quatre ou à cinq faces. Ces Heurs & ces 
fiuits font h étroitement unis , & rangés avec tant 
d'ordre , qu'on diroit que c'efc un ouvrage à la Mofaï- 
que. Ses feuilles , quoique femblables à celles de la 
Flambe de marais , font beaucoup plus étroites , ik. 
donnent ime odeur agréable, lorfqu'elliJs font frciflées. 
Ses racines ont auflî une bonne odeur, font de cou- 
leur rougeâtre , genouillées , tracent & fe replient 
comme celles de la Flambe. On emploie fes racines 
en Pharmacie ; elles entrent dans la compofition de la 
Thériaque ■■, les parfumeurs s'en fervent dans leurs 
parfums. Cette plante vient au bord des ruifleaux &c 
des chauflées en Flandre. * 

ACOTER. Foye:ç Accoter. 
ACOTÉ. Foyei Accoté. 
ACOTEPOT. Fbyf^ Accotepot. 
ACOTOIR. Foye^ Accotoir. 
ACOUPI. Vieux f. m.Cocu. 

ACOUPIE. Vieux f f. Femme dont le mari efl infidèle. 
Nous n'avons pas de terme propre poifl^es femmes , 
qui néanmoins ne font pas moins expofees à cet acci- 
dent que les maris. GloJJ'aire du Rom. de la Bofe. 
|p= ACCOUPIR. Vieux v. a. Débaucher la femme d'au- 

trui. f 

ACOUS. Bourg de Béarn. Afpaluca. Il efl fiir le Gave 
d'Afpe, dans la vallée d'Afpe , à quelques lieues au- 
deflous d'Oléron. 
ACOUSMATE, ou AKOUSMATE. f. m. Terme ftou- 
vellement inventé , pour exprimer le phénomène d'un 
grand bruit femblable à celui de plufieurs voix humai- 
nes. Se de différensinilrumens, que des gens dont l'i- 
magination efl frappée, croient entendre dans l'air, 

Mij 



92. 



ACO 



-ce que l'on alTureéti-e anivé au village d'AnHicq, près 
Clermom en Bc.uivoilis en 1730. On en trouvera la 
■dercnption dans les Mcrcurcs de Décembre 1750, 
Février, Juillet , Août, & Décembre 1-3 1. 

Çcr ACOUSMATIQUES. adj. pris llibft. ou ACOUS- 
TIQUES. C'eftainll qu'on appeloitceux des difciplcs 
de Pythagore , qui reftoient derrière le voile, ôc qui ne 
s'étoient pas encore tus allez long-temps pour mériter 
d'entrer dans le tanduaire, <Sc de voir leur Maître tacc 
à face. Ils recevoient les leçons derrière un voile ; & il 
falloit acheter par un fdence de cinq ans , le privilège de 
palier de l'autre côté du voile. 

ACOUSTIQUE, adj. Ternie de Médecine qui fe dit des 
mcdicamens propres pour remédier aux incommodités 
de l'ouie. A'xen', eft un mot Grec , qui lignifie , owif. 
Il le dit encore des inftrumens , dont ceux qui lonr 
incommodés de la difficulté d'entendre , le iervent 

f)our y luppléer. On le dit généralement de tous 
es inlh'umens qui fervent à augmenter le Ion. Cornet 
Acoufiique. M. Moock Anglois , dit dans la Prérace 
de fa Micrographie , qu'il n'elT: point impollîble d'en- 
tendre d'une ilade -, c'eft-à-dire la huitième partie d'un 
mille , un petit murmure qu'une perfonne teroit entre 
ies dents ■■, qu'il lait un moyen par lequel il eft ailé 
d'entendre quelqu'un, parler au travers d'une muraille 
de trois pieds d'épailfeur , & que par le lecours d'un 
fil d'archal bandé, le fon peut être porté à une dil- 
rance très-conlidérable prelque dans un inftant. Le 
Ch. 5. du I. 'Vol. des Tranfactions Pliilolophiques 
parle lur la fin , des fons , &: de quelques inftrumens 
Acoujtïques. Voyez p. J93 & luiv. 
Acoustique, fe dit auiîî du nerf qui va s'inférer dans 
l'oreille , qu'on appelle nerf Acoujiïque ■ & du con- 
duit externe de l'oreille, qui fe nomme, le conduit 
acoufiique. 
Acoustique, f. f. Science qui traite de l'ouie & des 
fons. Acujlicc. C'eft M. Sauveur , de l'Académie des 
Sciences, qui a appelé cette Icience AcouJllque. Un 
grand nombre de découvertes curieules & intcTelTIintes 
a depuis accrédité cette nouvelle exprelîion pour dé- 
figner la théorie des Ions. 
^CFL'AcousTiQUE,eftproprementlaThéoric des fons en 
général , & de leurs propriétés, au lieu que la luufiquea 
pour objet le fon en tant qu'il eft agréable à l'ouie. 
ACOUTER. v. a. Vieux mut, encore en uiage en 
quelques Provinces , pou. écouter. Ponius de Tyard , 
pag. 18 de Ion hivue De rcci a nominumimpojitione , 
a reconnu c\a'acou[cr étoit l'exprcilîon alors vulgaire 
en Bourgogne, où il éciivoit en 1603 , à Châlons-liv:- 
Saône : Ecoutez, dit-il , vuh^o^ acoutez. Ce mot 
avoit auOî cours ailleurs. Il eft dans Nicot , mort à 
Paris l'-an 1600, & dans Monet , qui fit imprimer à 
Lyon les Dictionnaires plus de trente 'ans après. Acou- 
ter fait mieux ientir l'origine tirée du Latin aufcultarc, 
c^l' écouter. Glossaire Bourguignon. Voyez écouter 
dans l'étymologique de M. Ménage , d'où il paroit que 
M. de la Monnoye a pris le commencement de la re- 
marque. Au refte, le verbe acoutern'c9i pas moins en 
ufage en Champagne qu'en Bourgogne : mais ce n'cft 
que parmi la populace. Tous les honnêtes gens dilent 
écouter. 
ACOUTI. f. m. Petit animal des iles de l'Amérique. 
Son poil eft roux, & allez rude. Les habitans drellent 
des chiens pour chairer ces animaux , qui fe retirent 
dans le creux des arbres. On les apprivoife, & on les 
accoutume à marcher fur les pattes de derrière, & à 
manger a^ celles de devant à la manière des linges. 
Il a le cor^, l'agilité, &: les dents d'un lièvre ; mais il 
a la tcte approchante de celle d'un rat, & les oreilles 
courtes .& arrondies. Les jambes de derrière n'ont 
point de poil , & ont lix ongles, celles de devant n'en 
ont que quatre. La fcirielle perte deux ou trois fois 
l'année. Quand elle eft près de mettre bas , elle fait 
un petit lit d'herbe, ou demoulTe, fous un biùlfon, 
& y fait les Petits , qui ne font jamais plus de deux. 
Là elle les alaite deux ou trois jours , puis elle les 
tranfporte, comme les chattes font leurs ]:ctits, dans 
des creux d'arbres , où elles les nourrit , jufqu'à ce 
qu'ils foient eu état de fe pourvoir d'eux-mçmes. Le 



A C Q 

Père du Tertre écrit Acouty ; M. de Poinci Agou'y. 
A C Q. 

CCr ACOUTREUR. f. m. Chez les Tireurs d'or, c'eft 
l'ouvrier qui rclîerre & polit le trou du fer ou de la 
filière dans laquelle palïe le trait, lo'rlqu'il s'agit de le 
tirer fin. 

ACQS. AquA Augufld. j Aquit Tarhellics., Tajla , Tar- 
hellio, Vihio 3 ville épilcopale de Gafcogne. Voye':^ 
Dax. C'eft ainfi qu'on l'appelle communément. 

AQUACHE FAVELLA. C'eft-à-dire, \'eau qui parle. 
Nom d'une Fontaine de la Calabre citérieure , au 
royaume de Naples. Thuria. Cette Fontaine eft près 
de l'embouchure du Crate & des ruines qu'on appelle 
Sibari ruinata j c'eft-à-dirc , les ruines de l'ancienne 
Sybaris, cette ville voluptueufc , & renommée lUr- 
tout pour l'appareil de les feftins, & qui hu détruite 
par les Crotoniatcs. Le nom de cette Fontaine vient 
peut-être de ce que l'on ctut que ce lut de cette fon- 
taine que fortit l'Oracle , qui prédit la deftruétion 
des Sybarites , & qu'Etienne de Bylance a rapporté. 

ACQUA-PENDENTE. Ville de l'Etat Eccléfiaftiquc , 
en Italie. Aqus, Tarin&. Elle eft dans l'Orviétan, lur 
la riviève de Paglia, à l'occident d'Orviète. La multi- 
tude des eaux qui delcendent de fon territoire lui a 
fait donner ce nom. 

ACQUARIA. Ville du duché de Modène , en Italie. 
Aquarium. Elle eft à quelques heues au midi de Mo- 
dène, & eft célèbre par les eaux minérales. 

ACQUA SPART A. Ville de l'Ombrie , province de 
l'Etat Eccléhaftique, Aqua Sparta. elle eft à une heue 
ou deux au nord d'Ameha. 

ACQUA VIVA. Ville autrefois , maintenant village du 
royaume de Naples. Aqua Viv'a. Il eft dans le comté 
de Molile , aux confins de l'Abruzze & de la terre de 
Labour. 

ACQUERAUX. 1. m. pi. Liftrumens dont on fe fervoit 
autrefois pour jeter des pierres. 

ACQUEREUR. 1. m. Emptor, partor. Il ne fe dit que 
de celui qui acquiert des biens immeubles. C'eft ce- 
lui qui a acheté , échangé , pref crit ou reçu en paye- 
ment un immeuble , ou bien à qui quelque chofe eft 
échu à quelque titre que ce foit , comme de dona- 
tion, de legs, ou autrement. C'eft celui qui a acquis 
une chofe par un titre tranllatif de piopriété. V acqué- 
reur évincé a recours contre Ion vendeur pour la refti- 
tution du prix de la choie. Quand l'acquéreur paye de 
les deniers les créanciers de Ion vendeur , il n'eft pas 
nécellaire de ftipuler la lubrogation , elle le Elit de 
plein droit. \S acquéreur ne peut ôter les armes de l'E- 
glile dont le vendeur eft fondateur. Un acquéreur de 
bonne foi( celui qui a acquis quelque choie de celui 
qui n'en étoit pas le propriétaire , mais qu'il croyoic 
tel ) prelcrit par la polleïîion de 10 ans entre prélens , 
& de 20 ans entre ablens. \J acquéreur de mauvaife 
foi ne peut preicrire que par trente ans. Ow appelle 
ainli celui qui a acquis de quelqu'un qu'il lavoir n'être 
pas propriétaire. On dit au Palais, un tiers acquéreur y 
en parlant de celui .qui a acquis un héritage hypothé- 
qué à des créanciers privilégiés , ou qui prétendent 
avoir droit de le dépolféder , quoiqu'il ne foit pas leur 
débiteur perlonnel. 

ACQUERIR, v. a. Se procurer un titre qui donne droit 
de jouir d'une choie, ou en propriété ou en ulufluir. 
Acquirere^ ccnfequi^ comparare. On conjugue, ]'ac~. 
quiers , tu acquiers j il acquiert j,ncus acquérons ^ vous 
acquére^ jih acquièrent ; ]'acquerois • j'acquis^ j'aiac- 
quis , au futur , ]' acquerrai j tu acquerras j il acquerra : 
au lubjonélif, (\\x'\\ acquière ^ j'acquerrais ^ que j'ac- 
quijje. Corn. Le moyen d'acquérir le plus commun , 
de le plus naturel, c'eft la ceilion , & le tranfport delà 
choie , par la perlonne à qui elle appartient. Il y a dans 
le Droit plufieurs titres qui expliquent les divers 
moyens légitimes d'acquérir. Lçs uns font de Droit na- . 
turel, qu'on appelle Droit des gens, tels que lontroc- 
cupation, la celllon, la perception des fruits, & la 
tradition. Les autres font de Droit civil, comme la 
donation , la prelcription , le legs , les fidei-coauiiis , 



ACQ 

les Tuccefnons tcftamcntaiics & légitimes, ^cye-^ les 
InJ. de Jullir.icn,& Thcopliilc. 

0;i mer aulii la guerre au nombre des moyens légi- 
times A'^cqucrir ielon le droit des gens. 

Acquérir, ledit aulH en cliofcs morales, & de tout 
ce qui le peut mettre au nombre des biens , des a\an- 
rages. li vaut mieux acquérir le ciel que desricheOes. 
La gloire ou la Icience ne s'acquiert qu'avec bien des 
peines. On s'acquiert difficilement des amis , & on les 
perd facilement. L'nc habitude ne s'acquiert que par 
une longue expérience. Nous n'acquérons jamais la 
l'agelle ^ nous n'acquérons que l'art de la feindre. Vill. 
La vertu qui n'eft point loutenue par la gravité , n'ac- 
quiert point d'autorité parmi les hommes. S. Evr. La 
gloire des grands hommes le doit melurcr aux moyens 
dont ils fe font fcrvis pour l'acquérir. Rochef. On le 
dit quelquefois ablolument. Cet homme amaile de 
grands biens, il acquiert tous les jours. On dit auiîî , 
Acquérir Vint fluxion. Le P. Bouh. louticnt pourtant, 
&z avec railon que ce terme ne doit point être em- 
ployé dans un fcns délavantageux. 

i^3' On dit proverbialement : qui bien acquiert , \on- 
guemcnt poirede; pour dire qu'il faut trc^iieVir légiti- 
mement. Un troilième héritier ne jouit point des biens 
mal acquis. On dit aulîi par compliment , je vous luis 
tout acquis ; c'eft-à-dire , je vous rendrai ier-. icc en 
toutes occaficns. 

ACQUIS , ISE. part. Partus , comparatus. Ce fage Mi- 
niftre avoit une prudence acquifc par l'expérience, 
par la méditation. Balz. 

Au Palais on dit, preuve acquife. 

Acquis, cft auiîi lubftantif. Fbve^ plus bas. 

ACQUET. 1. m. Terme de Palais. Bien inuneuble qu'on 
ne tient point par luccellion, qu'on a acquis , ou par 
achat ou par donation & généralement , autrement que 
par fucceiiion. B^es parta , acquiflta. Le Droit Civil 
ne fait point de diftinclion entre les propres & les ac- 
quêts. Il appelle àfuccéder le plus proche héritier in- 
diftinccement à tous les biens; mais les Coutumes dil- 
tinguent les biens en propres , 6l en acquêts, ^ns la 
Coutume de paris tout homme peut dilpoler de tous 
{ts acquêts ', mais il ne peut difpofer par tefta^nt 
que du quint de les propres. Entre perlonnes DJdriées 
les biens acquis avant la communauté, par' l'un des 
conjoints , lont appelés Ipécialement acquêts ; ceux 
qui font acquis pendant la communauté , conquéts. Ce 
qui cft acquêt au père, ou à la mère, ell propre nail- 
fint au fils. En ligne collatérale , toutes dhpolitions en- 
tre vifs, ou teifamentaires, lont réputées acquêts. Les 
biens confilqués & doiuiés par le Roi aux héritiers 
prélomptitsjde propres qu'ils étoient, deviennent ac- 
quêts. Les acquêts n'entrent point dans la communauté. 
\]n héritage eft: prélumc acquêt , ik non propre , s'il 
n'appert du contraire. 

Nouveaux acquêts. Tenne de Finances, qui fe joint 
d'ordinaire avec Francs-fiefs. C'ellundroitdu au Roi , 
ik au Seigneur par les Roturiers qui ont acquis nou- 
vellement des Fiefs; en payant ce droit ils ont le privi- 
lège de jouir du fief qu'ils ont acquis (k qu'ils ne pou- 
voient polléder (ans cela , parce que dans la rigueur les 
fiefs ne doivent être tenus que par des gens de condition. 
noble.On en fait la recherche tous les 20 ans. Il elt dû de 
trois années l'une ; mais il ne le paye qu'une fois parla 
même perlonne , pour le même Fief 

On dit proverbialement , il n'y a point de plus bel 
acquêt que de don; pour figniher qu'il n'y a point de 
bien fi agréablement acquis , que celui qui eif donné. 

Acquêt , lignifie aulîl, avantage , profit , ménage qu'on 
trouve à faire quelque choie. Comme dum ^frucl us. \\ 
n'v a point d'acquêt h. acheter de mauvaifes marchan- 
dites. Il n'y a point d'acquêt à plaider; on fe ruine de 
part & d'autre. On ne s'en fert que dans le langage 
commun. 

ACQUETER. Vieux mot, qui fe dit encore au Palais; 
pour dire , acquérir de quelque manière que ce foit , 
except.- pourtant par fuccelfion. Jcquirere^ compar.ire. 

ACQUI. Ville du Montferrat-Mantouan en Italie'. Aqun. 
StatyelU^ ou StatelU ., ou StatelFu. Elle eif fur la 
rivière de Bormida, entre Alexandrie de la Paille & 



Acr 



9? 



Savonne. Acqui a un cvcché & des bains chauds & 
lulfurcux fort fréquentés. Aqu^a BormiA , ou Sta- 
teliiA. 

ACQUIESCEMENT, f. m. Terme de Jurifprudence* 
Conlentemqit que l'on donne à un acle , ou à une 
choie jugée. A(jenfus , ajjenfio. On ne peut revenir 
contre une fcntence après un acquiefcement fait en 
cauie d appel. Une délertion d'appel elf un tacite ac^ 
quie/cement. L'eyiécuziun d'un jugement, d'un contrat, 
elf un vrai acquiefcementi 

IfT Acquiescement , dans l'ufage ordinaire, fe dit de 
l'aéiion de conformer Ion ientiment à la volonté dun 
autre : c'elt l'ac!:ion par laquelle nous nous foumettons 
à ce qu'on n#us propoie, en l'acceptant & en nous y 
contormant. Cette temme a regagné l'clprit de fon 
mari , par un acquiefcement ablolu à £ts volontés^ 
S. Evr. Acquiefcement '2i la volonté de Dieu. La béa- 
titude de Ihommc conlifte dans un acquiefcem.ent 
doux &paihble a la condition où l'on fe trouve. S. Evr* 
On le dit de même duconlentement que l'on donne 
à Une propolition certaine ou évidente. On ne peut ré- 
futer (on acquiefcement à une propchtion (i bien dé- 
montrée. Les demonihations mathématiques font II 
évidentes , que les plus opiniâtres ne peuvent refufer 
leur acquiefcement. Voyez Acquiescer. 

U^ ACQUIESCER, v. n. Confentir,fe foumettreàce 
qu'on nous propcfe , en l'acceptant & en nous y con- 
formant. Afentiri. C'eft un homme facile &' accom- 
modant , qui acquiefce à ^it ce cu'on lui propclci 
acquiefcer aux fcntimcns, SR volontés d'auciui. 

On dit aullI au Palais, qi^un homme acquiefce à 
un jugement , ou à une fcntence , lorfqu'il lexécute , 
eu qu'il renonce à l'appel qu'il en avoit interjetéi 
Gn acquiefce exprellcment par écrit en confcntant à 
l'exécmion d'un jugement , en renonçant à l'appel^ 
ou en le délilf ant. (J/n acquiefce aulli tacitement , quand 
on exécute en tout, ou en partie , la fentence. On peut 
néanmoins l'exécuter fans acquiefcer, pourvu que 
dans l'ade qui contient l'acquielcement tacite , on 
proteffe d'appeler des chefs qui font' préjudice. On 
ne revient point contre un acquicl'cemcnr. 

Il (cmble , dit A4 l'Abbé Girard , que le mot A' ac- 
quiefcer emporte M peu de foumillion. Les parties ac' 
quiefcent au jugement d un arbitre. 

Son oppofé cft rebuter. On rebute les chofes aux- 
quelles on ne stwx.'g^s acquiefcer. Ons'oppolc à celles 
auxquelles on ne veut pas confcntir. Foye^ encore 
Adhérer &: Consentir. 

ACQUIS. (. m. Connoifiance , habileté, qui cft le finie 
de l'application , de l'induftrie , & du travail. Doclri- 
na -y folcrtid j cxpcrientia parta j comparata. Cet 
homme a bien de l'acquis ; cela s'entend de lafcience, 
de la capacité , de l'expérience. Il n'a pas moins d'ac- 
quis que de naturel &: d'agrément. S. Evr. 

ACQUISITION, f. f. Achat, adion par laquelle on ac- 
quiert la propriété d'une- chofe. Emptio , adcptio ^ 
comparatio. J'ai fait aujourd'hui une bonne acqui-' 
ftion. Les Financiers font tous les jours de grandes 
acquifitions. Je n'ai point eu de plus (eydble plailîr 
dans cette nouvelle acquifition , que de voir combien 
mes amis s'y font intérelfés. Flechier. 

Acquisition , fe dit aulîi de la cho(e acquife. Res com- 
parata. Voilà mon acquifition d'aujourd'hui. Une ac- 
quifition de hafard. Je vais payer les lods & ventes de 
mon acquifition. 

Acquisition , ("e dit auiîi figurément. Je me tins hier au 
lerein , j'ai fait acquifition d'un grand rhume. Cela ne 
peut fe dire qu'en plaifantant. 

ACQUIT, f. m. Billet de décharge, quittance, ade par 
lequel il paroi t qu'on a payé. Solutio confiignatafcripto. 
On doit attacher la lialfe des acquits -m. compte qu'on 
veut reîidrc. Quand on ne rapporte pas un acquit , il 
faut laifiTer la partie en fouffrance , ou la rayer. Il tant 
(e faire délivrer & expédier des acquits aux portes , 
aux Douanes, pour montrer qu'onapayé les droits. 

On dit , qu'une caution paye à l'acquit d'un débi- 
teur, qu'un payement va à fon (zr^air; pour dire qu'cH 
paye pour lui , & à fix décharge. 



94 



ACQ 



ACR 



JJC? Dans ce fenî l'on, dit au figiue , fliire une chofe pour 
['acquit, ou à.ï'dcquu delà, conlcience, c'e/?-à-dz;Vjatîn 
de n'en avoir point la conlcience chatgcc. On dit de 
mcme/aire une chofe pour {'acquit delà charge, de Ion 
devoir. Il eft iinpoilîble dctre Chrétigi, li l'on n'elt 
préparé de cœur à toutes les injures , puitqu'il y a 
mille occalîons dans la vie, où,{ous peine de damna- 
tion , l'on eft obligé de s'y expoler pour l'acquit de (a 
confciencc, & la f'ùreté de fon lalut. Boukdaloue. 
Exh. I. 

Acquit , eft aullî un terme de billard. C'cft le pre- 
mier coup que l'on joue pour fc mettre en palle. Ce- 
lui qui a le devant , ou qui fait iauter une bille, ou 
qui l'a fait , ou fur lequel ons'eft perd», fait, doiuie Ion 
acquit ■ c'elf-à-dire , qu'il joue (a bille, & la place où 
il veut , pour que fa partie joue dcilus. Au jeu l'on dit, 
jouer à ['acquit ; c'cft-à-dire , lorlque pluiieurs pcr- 
fonnes ont joué , les perdans jouent entr'eux à qui 
payera le tour. 

On dit proverbialement, faire les choies par ma- 
nière d'acquit; c'eft-à-dire , négligemment, & leule- 
ment parce qu'on ne peut pas s'en dilpenler. Ofcitan- 
ter y negligcnter. 

AcQuiT-A-cAUTioN. C'cft uu billet quc Ics Commis aux 
Bureaux des entrées dans le royaume délivrent à un 
particulier qui le rend caution qu'une balle de mar- 
chandife fera vue & vilîtée au bureau de la Douanne 
du lieu pour lequel elle eft deftinée ; & pour cet effet 
ils plombent la balle, afin qu'elle ne puille être ou- 
verte ni changée en-ijgliemin. Et lorlqu'elle eft arri- 
vée j vue & vilirée , les Commis de la Douanne en 
donnent leur certifie* air dos de ri7cç«ir( ce qui s'ap- 
pelle déckargcr l' acquit-à-caution ) qui enluite eft 
renvoyé au particulier qui s'eft porté caution , & qui 
en fe repréfentant fe fait décharger de Ion cautiomic- 
menr. 

V acquit -à- caution de Tranjlt j regarde certaines 
marchannifcs , ou choies lervant aux ouvrages & fa- 
brication d'icelies, qui lont exemptes des droits d'en- 
trée <Sc de fortie du royaume , même des péages , oc- 
trois & autres droits. 

L'Acquit , ou Certificat de franchifc, concerne l'exemp- 
tion des droits de fortie des itj^rchandifes deftinées 
pour envoyer hors du royaume, lefquc! les lont ache- 
tées & enlevées pendant le temps des Iranchiles des 
Poires. 

Acquit de payement. Terme ufité dans les Bureaux des 
cinq greffes fermes. Quand on paye les droits d'en- 
trée ou de fortie , le Receveur du Bureau fournit un 
acauit fur du papier timbré , qu'on nomme Acquit de 
payement j & qui lert de quittance & de décharge. 
On dit, expédier un acquit-, donner un acquit , ren- 
dre un acquit au Bureau. Voilà mon acquit de paye- 
ment. DicT. DES Fin. 

Acquits de comptant , font des Lettres-Patentes ex- 
pédiées à la décharge du Garde du Tréfor royal, pour 
certaines fommes remifes comptant entre les mains du 
Roi. On dit : C'cft un acquit de comptant. Les ac- 
quits de comptant ne lont point libelles ; mais ce font 
des lettres de vahdation, qui regardent certaines lom- 
mes données manuellement au Roi , & que Sa Ma- 
jefté veut que l'on laflepaffer en dépenle a la Cham- 
bre des Comptes, lans qu'il foit fait aucune mention 
des emplois auxquels elles ont été deftinées , impo- 
fant fur cela filence a les Procureurs-Généraux. Dict. 
des Fin. 

Acquit-patent , eft un ordre ou mandement du Roi 
pour faire payer comptant par les Tréloriers une cer- 
taine lomme. L'Ordonnance de 1557 défend aux Tré- 
foriers &: Receveurs de payer aucunes fommes en vertu 
d'acquits-patens : toutefois ils ont encore lieu, quand 
ils font en bonne forme , comme quand ils lont lignés 
& conrre-fignés, vérifiés à la Chambre, contrôlés, &c. 
Les payemens doivent être endollcs au dos des Lettres 
de \' acquit-patent. On le lert aullI figurément de ce 
mot dans la converfation. A combien d'acquits-patens 
il a mis votre? liberté, Bussi. 

ACQUITTER, v. ad. Payer une dette. Solvere. J'ai ac- 
<7Ki^ie cette piomeffe , cecte obligation. On ditj acquit- 



ter des lettres &: billets de change , des promeffes , des 
obhgations; pour dire, les payer. 
Acquitter, fignifie aulîi , libérer, décharger d'une hypo- 
thèque. Liberare â.re aliéna. J'3.ï acquitté ce fonds, je 
l'ai déchargé de toutes les dettes auxquelles il étoit hy- 
pothéqué. }':i'i acquitté tome la fuccellion de mon père, 
elle eft franche is: quitte ; je me luis acquitté envers tous 
les créanciers. 
Acquitter, fignifie auffi, payer des droits pour des mar- 
chandifes aux entrées & lorries du Royaume , aux en- 
trées des Villes, & dans les Bureaux du Roi. Ce Mar- 
chand fait un gros commerce , il a acquitté, il a payé 
cette année pour plus de loooo. liv.de droits au Roi. 

On le dit aullî avec le pronom perlonnel. S'acquitter 
d'une dette. On dit en proverbe , qui s'acquitte s'enri- 
chit. 

On dit figurément, s'^c^airrer envers quelqu'un 5 pour 
dire, reconnoitre par les fervices les obhgations qu'on 
lui a. Referre gratïam. Le trop grand empreftement 
qu'on a de %' acquitter d'une obhgation eft une elpèce 
d'ingratitude. Rochef. Rarement aime-t-on les gens à 
qui fon eft trop obhgéi& l'im[jatience de s'acquitter , 
fi louable en apparence, n'eft louvent qu'un dépit le- 
cret d'être trop long-temps redevable. Le Gend. La 
France entière a joui du truit de les travaux , &: de (es 
exploits , ( de ^i. le Maréchal de Luxembourg ) mais 
la Normandie les a, pour aiiili dire, récompenlés; elle 
a été jugée digne d'acquitterh. France envers ce Héros , 
& envers ua fils qui lui a aidé à cueillir ces lauriers. 
M. Brunel. 
Acquitter, fe ditaullî en chofes morales, en parlant des 
devoirs & des obligations de la vie; c'eft-à dire , y fatis- 
faire, & les bien remplir. Officio^ munere jungi. C'eft 
un homme qui s' acquit te\:)\e\-\ de tous les devoirs d'un 
chrétien , d un ami. Il s'acquitte bien de Ion emploi , de 
fa charge. Chargez-le de cette harangue , de cette affaire^ 
de cette négociation; il s'en acquittera fort bien. En vé- 
rité on ne fait ici-bas que charger les comptes , & au 
lieiuÀ'acejuitter les dettes pallées , l'on en contraéle in- 
cellmiment de nouvelles. Ab. de la Tr. 

On dit aullî figurément , acquitter un autre de ce qu'il 
dek ; pour dire , faire pour lui ce qu'il devj."oir faire 
lui-même. 

On'dit encore , s'acquitter de fa promcffe , s'acquitter 
d'un vGcu; pour dire, accomplir la promelle , accom- 
plir un vœu. Il faut être régulier à s'acquitter de {apro- 
meffe. Il vaut mieux ne point taire de vœu, que de s'en 
acquitter mz\. 

On dit figurément , acquit ter (a conCcience; pour dire, 
faire Ce qu on croit être obligé de faire en conlcience. 

Onditau Jeu de Billard, s'acquitter, ponv dire, jouer 
le premier coup pour le mettre en pafte. 

On dir par raillerie d'un homme qui a acheté une 
charge à crédit , qu'il s'acquitte bien de la charge, quand 
il prend de l'argent pour rendre la juftice. On dir en- 
core , il le ruine à promettre , mais il s'acquitte à ne rien 
tenir. Ces façons de parler lont extrêmement populaires. 

ACR. 

ACRABATANE. Ancienne ville de la Terre-Sainte. j4cra- 
batane. Cette ville étoit dans la partie méridionale de 
la Tribu de Juda , proche des montagnes de l'Idumée. 
Elle étoit fifuée lur une montagne. Ce mot fignifie , la 
montée du Scorpion. En effet J"1pJ7 Acrab en Hébreu 
fignifie un Icorpion : delà vient que les LXX. appellent 
quelquclois Acrabins , les fcorpions. 

ACRA SPANDONA. Cap de Thraceou de laRomanie. 
Metopon. Il s'avance dans le Bofphore de Thrace, Son 
nom latin-, & originairemenr grec , fignifie Front. 

ItF" ACRATISME. f, m. Le prcmierdes quatre repas des 
Grecs. Le déjeiàner qu'ils appeloient Acratifma, 

tÇT ACRATUS. Génie de la fuite de Pacchus. 

ACRATOPHORE. adj. m. Surnom de Bacchus ,* fous le- 
quel il étoit principalement honoré , félon Varron , à 
Phigahe, ville de l'Arcadie : il lignifie celui qui donne 
le vin pur: «xysctlit, ^ pur, fans mélange. 

ACRE. adj. m. ov: 1. La première lyllabe eft longue. Pi- 
quant, mordicantj qui fait une imprellion défagréablc. 



ÀCR 

comme les pommes, les poires, & les fruits faiivages, 
fur-tout quand ils ne font pas mûrs. Acer. Les Médecins 
appellent acre , tout ce qui brûle , ou écorche la langue. 
Cela arrive parce que les corps acres (ont compolés 
de parties qui ont une lurf-ace âpre & rabotcufe , ou 
qui ont des angles & des inégalités qui blelfent , & qui 
écorchent les corps auxquels elles s'appliquent. La fa- 
veur acre eft la troilicme des fept faveurs principales. 
Elle a pour caule phylique des molécules falines , ttès- 
fubtiles & très aiguës. P'oye^ Saveurs. 

Acre , s'emploie quelquefois figurément en parlant d'un 
homme dont les manières lont rudes & choquantes ; 
qui efl: aigre «Se mordicant dans les exprefllons. Jfper^ 
acerhiis. 

ACRE. (. m. La première fyllabe eft brève. Mefure de 
terre en ulage particulièrement en Normandie , qui con- 
tient i6o perches. Acra. L'acre du bois eft de 4 ver- 
gées, la vergée de 40 perches, la perche de 24 pieds, 
le picd.de 24 pouces , le pouce de 12 lignes : mais tout 
cela diffère félon les lieux. Voyez ['Ecole des Arpen- 
teurs. C'eft un Livre ïn-i 2. imprimé par les loins de 
M. de la Kire. 

Dans un regiftre de la Chambre des Comptes il eft 
dit que \acre contient 4 vergées, dont il en faut deux 
pour \ arpent ; qu'une vergée contient 40 perches de 
terre, & chaque perche contient 24 (emelles de pied. 
Chez les Anglois un acre contient quatre roods car- 
rés, ou 160 perches carrées, ou 4840 verges carrées, 
qui font 43)"6o pieds carrés. H>.rris. 

Ce mot, félon Spelmannus, vient du Saxon acher ^ 
qui lignihe aoer ^ ou champ. Les Bollandiftes font df 
même lentiment. Acl. Sancl. Jun. T. IV. p. S7-i- F eh. 
Saumaile tient qu'il vient du mot acra j qui a été dit 
pour ahena , qui , félon Héroii , étoit ujie meiure de 
terre des anciens de dix pieds. 

ACRE, ou S. Jean d'être. Aca^ Ace , Accon , Ptole- 
mais. Ville de Syrie, fur les confins de la Phénicie & 
de la Faleftine , fur un petit golfe de la Méditerranée , 
où elle a un allez bon port. L'Empereur Claude y en- 
voya une Colonie -, c'eft pour cela qu'elle fut nommée 
Colonie de Claude. Colonia Claud'ia. Sa iituation avan- 
tageufe la rendit célèbre lous le règne des Princes croi- 
fés. Baudouin la prit fur les Sarrafms en i ici. Saladin 
la reprit fur les Chrétiens. Philippe Augufte & Richard 
I, Roi d'Angleterre , la reprirent en 1191. Tant de Prin- 
ces eurent paît à cette conquête, qu'elle fut divilée en- 
tre eux en dix-neuf quartiers , ce qui cauia bien des 
diifentions. Enfin , elle retomba au pouvoir des Sarra- 
fins , qui la ruinèrent entièrement , de lorte qu'elle ne 
s'en eft point relevée. On prétend que ce nom elt une 
corruption de celui que lui donna Hercule \ c'eft- à- 
dire , à' Ace , ou Acon. Ptolomée Philadelphe dans la 
fuite la fit appeler Ptolémaide. 

ACRE. f. m. Monnoie de compte de quelques endroits 
des Indes orientales. On le nomme plus communément 
Lacre. Voyez ce dernier mot. 

Acre, que l'on appelle plus communément Rotte , eft 
aulîi un poids dont on fe fertdans plu fieurs Echelles du 
Levant. Foyei ROTTE. 

ACREMENS. i. m. pi. On nomme ainfi à Conilantino- 
ple une forte de peaux de bœufs & de' vaches qui y font 
apportées de la JVler Noire. Les Acremens approchent 
allez des peaux qu'on appelle Premiers Couteaux j & 
ne fe vendent qu'environ un quart de piaftre moins. 

^ /^ovcr^COÛTEAUX. 

ACRETE.f f. Quahtédece qui eft acre, qui pique la lan- 
gue. y^triOTO/zia. Quand les arbres (ont greffes, les fruits 
qu'ils portent perdent beaucoup de leur «crer/. Les fruits 
que produi(ent les terres fortes & un peu gralfes , font 
plus long-temps à perdre la dureté, fiicrerdiScrinlipidité ; 
défauts dent deux ou trois mois de lerre achèvent de 
les^ guérir. La Quint. 

fC? Acreté. & AcRii«iONiE, ne font fynonymesque par 
l'idée générale que ces mots préfentent dune qualité 
adive & mordicante. Le mot d'^crf^e a un uiage beau- 
coup plus étendu que celui d'acrimonie. Il s'apphque 
non-feulement aux humeurs qui circulent dans le corps 
animal, mais encore à la qualité mordicante de certai- 
nes chofes , que l'on diftingue au goût. Ou dit l'âcrcté 



ACR 



9J 



du fang, de la bile , de l'humeur , comme on dit l'J- 
creté d'un fmit,\'âcrecéàu fel; au heu que le mot d'a- 
crimonie ne s'applique guère qu'aux humeurs qui cir- 
culent dans l'animal. L'acrimonie des humeur:.. Mais on 
ne diroit pas l'acrimonie d'un Iruit. Enfin àcrecéîz prend 
dans un lens figure ; an heu qu'acrimonie ne fe prend 
que dans le fens propre. 

§3" AcretÉ , dans le fens moral , déf gnc le caracfcrc 
d'un homme qui a quelque choie de rebutant dans les 
manières , de piquant dans l'expreliîon. il a de l'ùcreté 
dans l'humeur , dans le propos. 

1^ ACRL Rivière du Royaume de Naples. P^oy. A cri, 

■ify ACRL Ville du Royaume de Naples, dans la Calabre 
citérieure, à la fource de la rivière de Tronto. 

ACRIDOPHAGE. f m. & f. Acridophagus. Ce nom 
vient du Grec àx.fU Sauterelle ^ & <?«>» , je mange ■ 8c 
fignifie, qui vit de fauterelles. C'eft le nom d'un peu- 
ple d'Ethiopie , voifin des déferts. Au printemps les 
Acridcphages tout proviiion d'une elpèce de groiles 
lauterelles , qu'ils lalent pour toute l'année , n'ayant 
point d'autre nourriture , parce qu'ils lont éloignés de 
la mer , & qu'ils ne nourrilîent point de bétail. Les 
Acridophages j dit on, ne palpent guère quarante ans, 
& meurent conlumés d'une vermine ailée qui s'engen- 
dre de leur corps, f^oye'^ S. Jérôme contre Jovinien , 
L. 2. &: fur S. Jean, C. 4. Diodore de Sicile, L. 3. C. 
3 & 29 , & Strabon, L. 16. Pline met aulii des Acri- 
dcphages dans la Parthie, & S. Jérôme dans laLybie. 
Quand ce qu'on dit d' ailleurs de ces peuples leroit fa- 
buleux , Vacridophagie pourroit être vr.iie ; & encore 
aujourd'hui on mange des lauterelles en bien des en- 
droits de rOrient. 

To-'t cela rend plus probable, &prefque certain, le 
fentiment de ceux qui croient que ce font des fau cerel-. 
j les dont S. Jean vivoit dans le défert, & que c'eft-là ce 
qu'il faut entendre par à.Y.pUii ,en S. Matth. C. 3, v. 4. 
Au Levit. C. XI. v. 22, un des animaux qu'il eft per- 
mis de manger aux liraéhtes , eft appelé par les Septante 
ax/x'J'a, & par S. Jéïômclocujla. Il s'agit là d'animaux, 
& les Septante n'ont alfurémcnt pu entendre par ài^flia. 
une efpèce de légume , ou la pointe des branches des 
arbres. Et c^'toit lans doute une pénitence bien auftère, 
que de ne manger , comme le S. Précurfeur , que des 
fauterelles & du miel fauvage. Licophron, ancien Poëte, 
& Ariftophane , parlent des fauterelles comme de la 
nourriture la plus vile, & Théophilaéte en parle com- 
me de celle des payfans. Enfin, ^lien, dellijl. Animal. 
dit que l'on mangeoit des cigales , qui lont une efpèce 
de Sauterelles. On ajoute encore, que ^^ v J h ne font pas 
les pointes des branches tendres des arbres,c'eftax^!<f fi/a. 
C'eft ainli que S. Epiphanelcsappelle.il faut cepend.int 
convenir qu'Ilidore de Péluie , qui écrivoit proche de 
la Paleftine, parlant dans fa 132'^ Lettre de cette nour- 
riture de S. Jean , dit que ce ne lont point des animaux ; 
& qu'il taxe même d'ignorance ceux qui le difcnt, « fuâ 
wn» , â riits oJOHai a/ta^ùs ; mais que cc font les pointes 
des herbes (Se des plantes. Mais il s'eft trompé ; ce que 
nous avons dit ne lailîe aucun lieu d'en douter , îk S, 
Auguftin , Bédé , & beaucoup d'autres , font du fenti- 
ment contraire. Ainfi c'eft avec raifon que les Jéfuites 
d'Anvers rejettent avec mépris lelen.timent desEbioni- 
tes, qui, au heu d'àxaj"'fii,mcttoicnt t''x/>/<fif , qui fi- 
gnifie une elpèce de mets délicat tait avec de l'huile & 
du miel ; celui de quelques Novateurs qui veulent qu'on 
hiea'xoaifEî, ou x^/>"^" , des cancres marins ; Se celui 
de Béze , qui lit uKfts, des poires fauvages. Ludolf 
croit aulli que ce font des fauterelles que mangeoit S. 
Jean , Bi/l. d'Ethiop. T. II. p. 24, 
ACRIMONIE, f î. Aigreur piquante. Les fels ont beau- 
coup d'acrimonie. L' acrimonie de la bile eft caufe de 
beaucoup de maladies. }viodé):Qxy acrimonie , eu l'âcreté 
des humeurs. Voye-:^ au mot AcretÉ les diftérences 
qui fe trouvent entte AcretÉ & Acrimonie. 
ifT ACRLMONIEUX , EUSE. adj. Terme de Médeci- 
ne.. Qui a de \ acrimonie. Sels acrimonieux. Ce mot fe 
dir peu. 
ACRISE. {. m. Roi d'Argos,pere deDanaé. Ayant été détrô- 
né par ion frère Proétus ,41 fut rét.ibli par fon petit- fils 
Perlée, qui le tua enfuite par un malheureux accidenc. 



^6 ACR 

ACRO. Ce mot qui ell: Grec, & vient cl'«'v»S haut, ce 
qui cil au haut, au fommet dune montagne, quand il 
eft joint au nom d'une ville , ligniFie louveiit la citadelle 
de cette ville ; parce que les citadelles le conftruifent 
fur les lieux élevés qui commandent les villes. Ainli 
Acrocorinthc eft la citadelle de Corinthe-, ^cTo/^o/ij j 
la citadelle d'Arhùies , qu'on no-mmoit en Grèce du 
nom général h'ak , ville par excellence , comme Rome 
étoit appelée Urbs. Acrocorinthe eft repréléntée lur 
quelques Médailles qui peuvent donner du jour à ce 
que nous venons dédire. Une Médaille dAugufte porte 
d'un côté la tête de cet Empereur couronné de laurier. 
Imp. C^sar Augustus. Au revers. Octaviano iter 
iiYiR. Un rocher ou montagne elcarpée de laquelle le 
haut eft occupé d'un temple , ou d'un bâtiment , dont 
il ne paroît que le frontilpice qui eft à fix colonnes , 
trois de chaque côté , & dans l'exergue. Cor. c'eft-à- 
dire , Corlnthus. 
'ACROATIQUE. adj.m. Cetadjeftiffignifie lecret, par- 
ticulier , réfervé. Aulu-Gclle dit qu'Ariftoque donna 
deux fortes de livres à les Dilciples , les uns exoceri- 
auesjSc les autres acroanqins. Il donnoit & expliquoit 
les premiers indifleremment atout le monde, & cette 
explication le ftiloit le loir : mais pour les livres acroa- 
tiques qui traitoient de la contemplation de la Na- 
ture , & des recherches de la dialeétique , il les expli- 
quoit le matin dans le Lycée , & n'y admettoit pas in- 
diftéremment toutes fortes de petfomies. Loiiqu'A- 
lexandre fe plaignit à ce Philolophe , de ce qu'il avoit 
publié les livres acroadques j & que tout le monde 
pourroit par-là devenir aulîl habile que Jui qui étoit 
Ion dilciple, il lui répondit qu'ils ne pouvoient être 
compris que de ceux qui avoient pris les leçons , & 
entendu fes explications. 
ACROBATES. 1. m. pi. Elpèce de Danfeurs de corde. 
Il y en avoit de quatre fortes : les premiers voltigeoient 
autour d'une corde, comme une roue tourne autoiu' 
de Ion ellieu , & ils le fulpendoient par le cou , par 
le pied , 6'c. Les féconds voloient du haut en bas lur 
une corde , appuyés lur l'eftomac , les bras & les jam- 
bes éter.dues. Les autres couroieqt liu une corde ten- 
due obliquement de bas en haut. Les derniers enfin 
danloient, tautoient, faifoient toutes fortes d'exercices 
fur une corde tendue horizontalement à neuf ou dix 
pieds de terre. Moreri. 
ACROCERAXJNES. Acroceraunia , Acroceron'd mon- 
tes. Selon Servius, c'eft le nom de plulîeurs monta- 
gnes de diftcrens pays , ainli appelées de S^pti ^ le fom- 
met d'une montagne } & '^ifo.^''-- , foudre , parce que 
les hautes montagnes font louvent frappées de la fou- 
dre. Il y en a dansl'Epire qui donnent aulli leur nom 
à un Promontoire qui s'avance dans la Mer Adria- 
tique. Acroceraunium. Le Cap Acrocéraunlen y au- 
jourd'hui Cafo délia Chimera , ou délia Languetta. 
ACROCÉRAUNIE. Acroceraunia. Ville épifcopale de 
l'Epire, au pied des monts Acrocérauniens , aujour- 
d'hui appelée CAi/wèrt' , nom qui vient d'un château 
nommé Chimère, que Pline dit avoir été fur le fom- 
met de ces montagnes. 
ACROCÉRAUNIEN , ENNE. f m. Acroceraunius. 
Ptolomée appelle ainll lesHabitans des montagnes de 
l'Epire dont on vient de parler ,^ea;;/e agrefte & bar- 
bare ■, qu'on nomme aujourd'hui CÂi/Tzerzo^j du nom 
de ces mêmes montagnes , qui (ont appellées Monta- 
gnes de la Chimère y ou plutôt du nom de la ville dont 
on vient aulfi de parler. Les monts Acrocérauniens 
lont des bras du Pinde que quelques-uns difent être ap- 
pelés Monts du Diable. Id. Je ne fais par quelle dé- 
licatelfe M. Dacier n'a pas voulu fe fervir de ce mot 
dans frTraduétion d'Horace. Il l'a cependant mis à la 
marge ; & daiis fes Notes il ôte la première partie du 
nom , & les appelle Monts- Céraunicns ^ évitant, ce 
femble , de dire Acrocérauniens. 
Acrocérauniens. f m. & pi. Eft auflîlenom des mon- 
tagnes de l'Epire dont on vient de parler. Il paroît 
même que c 'eft ainfi qu'il faut dire , iSc non pas Acro- 
céraunesj, que je ne trouve que dans le Dictionnaire 
Géographique de M. Conjpille. Quel genre de mort 
eût pu épouvanter un hoinmc aifez intrépide pour 



ACR 

voir d'un œil tranquille les monftres de la mer , fes 
flots en furie , & les Acrocérauniens , ces écueils fa- 
meux par tant de naufrages; Le P. Tart. 
ACROCEiORDON. f m. Efpèce de verrue,ainfi appe- 
lée de «!x/>o>, lommet , extrémité , & de x»f ■'^" , cotde , 
parce qu'elle rellemble,par fon extrémité à une corde 
coupée , ou parce qu'étant attachée à la peau par un 
pédicule fort mince, elle pend comme une corde, ce 
qui fait qu'on l'appelle en Latin , f^erruca penflis , 
verrue pendante. 

ACROCOME. f m. & f. Qui alescheveuxlongs,quine 
les coupe point. Ce mot eft Grée , compolé d'ax/ios , 
fummus, 6c Mf/.ti c&farics. 

ACROCORINTHIE. Foye^ CORINTHE. 

ACROIRE. V. a. Vieux mot françois, qui vouloir dire, 
prêter: ce mot vient de crcdere. Borel. 

ACROMION. f m. Terme d Anatomie. C'eft l'extré- 
mité & l'épine de l'omoplate. Ce mot vient de à'xf»* 
fummus y & de S/j-ts ^humérus , c'eft a-dire , l'extrémité 
de l'épaule. C'eft donc précifément a caufe delalitua- 
tion & de fi place, qu'on l'a ainli nommée, & non à 
caule qu'elle rellemble à un ancre , comme l'écrit 
M. Dionis; car il n'y a rien dans acromion qvà puille 
lignifier ancre ; Se c'eft la relfemblance d'acre ■, & d' an- 
cre j qui a trompé cer Auteur ; il a confondu le-mot 
acromion avec celui d'ancyroïdes. Quelques-uns ont 
prétendu que \ acromion étoit un os diltirigué des au- 
tres , parce que ce n'eft durant l'enfance qu'un cartilage, 
qui s'ollîfie peu-à-peu, &qui, après l'âge de vingt ans, 
eft tellement dur , & uni au reftc de cette épine , qu'il 
ne paroit qu'un même os. DioNis. 

§3" ACPiON. petit royaume d'Afrique , en Guinée , 
fur la Côte d or. Il confine au royaume de Pantin. 

ACRONYQUE. adj. Terme d'Aftroncmie. Il fignifie , 
qui fe fait , qui arrive au moment que la nuit com- 
mence , que le loleil le couche. Ainfi on dit que le 
lever ou le coucher d un aftre eft acronyque ^ lorf- 
qu'il fe levé ou le couche précifément au coucher du 
foleil. Ce mot vient de àlxf^tyvyjf , vefpertinus ^ qui £R.à. 
l'entrée de la nuit. De à'^pts extremus j & w%,nox. A 
acronyque on oppole cofmique j qui le fait au lever 
du foleil , de Kot/ioî , monde , parce qu'il lemble que le 
lever du loleil eft le renouvellement du monde. Il eft 
néceifaire qu'un aftre qui a un lever acronyque j ait 
un coucher colmique, & que celui qui a un lever cet 
mique , ait un coucher acronyque. 

^ ACROPORE , (. m. Terme de Liihologie. C'eft 
une madrépore ou corps élevé, plein de trous faits en 
étoiles. 

ACROSTICHE. Ménage le faitmafculin , après S. Amant. 
Quelques-uns le font féminin : l'Académie Fr.incoife 
a décidé pour le malculin. Sorte depocfie difpcléede 
façon , que chacun des vers commence par une lettre 
qui fait partie du nom qu'on éait de tr.avers à la marge , 
afin que chaque lettre du nom réponde à chaque vers. 
Acrofiichis. On en fait aulîi où le même nom fe trouve 
au milieu , ou aux autres endroits des vers. On a vU 
même des Sonnets pentacroftiches, où il y avoit cinq 
acrofiiches. Cette forte de poche eft aujourd'hui fort 
méprifée , «Se un faileur à: acrofiiches eft un Pocte ridi- 
cule. C'eftl'eftort & l'apphcation d'un petit cfprit. Ce 
mot vient du Grec «xyj.s , fummus j ce qui eft à mie 
des extrémités , & <"'x'< , vers. Voici un exemple d'à ■ 
crofiiche toutpropie à faire fentir combien ces loitesde 
pièces gênent l'efprit , parce qu'outre \ acroflichc du 
nom du Roi au commencement des vers , il y a encore 
des échos à la fin. Il fut fait après la bataille de laMar- 
faillc. . 

Sonnet. 

^Le bruit de ta grandeur ^dont n approche perfonne,(onnz 
O On fait le trlfe état eu font les cnnemùs mis 

d Foudroient-ils s' élever,bien qu'ils foicnt téraffes alfez 
•-1 Ils connaîtront toujours ta vicloire immortelle telle. 

^ Superbes Alliés j vousfuivre^ les exemples amples 
Q D'Alger 6' des Génois implorant d'un pardon don 
rn En vain toute l'Europe oppofefcs efforts ^ forts 

CJ3 Bataillons font forcés & villes entreprifes. prilés. 

Ohl 



ACR 

C Oh ! que panant d'exploits vous fere^ embellis li? 
C Votre oloiic en to'us lieux du combat de Marfaïlle aille 
î» Rendant la. Ligue entière après mille combats bas. 

ts Bel<*e j tu marcheras pareille à la Savvye voye 

C On te voit tout tremblant fous un tel Souverain Rhin 
2 J^^ous te verrons aujji fous un Roi Jl célèbre Ebrc. 

Quelquefois les acrojliches commencent à rebours ; 
c'eft-à dire, par la première lettre du dernier vers , en 
xemontant de-la julqu'au premier. Telle cft celle que 
Guillaume de S. Andréa fait de Ion nom aux 21 der- 
niers vers de fonPoL-me fur Jean IV , Duc de Bretagne. 
Ce Poifnie fe trouve dans le fécond Tome de la nou- 
velle Hiftoire de Bretagne, ;!. ôpi. Prenez un homme 
tout-à-fait ignorant , il mettra tous les Poètes du 
monde en même rang, depuis Virgile julqu'aux fii- 
feurs A' acrojliches. PÉlisson. Difcoursfur les Ouvra- 
ges de Sarrasin. 

Quelques Auteurs appellent aUlîî Acrojliches les 
deux épigrammes du premier Livre de l'Anthologie , 
C. 38 , faites à l'honneur, l'une de Bacchus , & l'au- 
tre d'Apollon, & compolées de 1 f vers, dont le pre- 
mier cft la propoiîtion , ou le dellein de l'épigramme , 
les 24 luivans font compoiés chacun de quatre épi- 
thètes commençant tous quatre par la même lettre , 
& difpofcs ainli félon l'ordre alphabétique des 24 let- 
tres des Gtecs, enforte que le premier de ces 24 vers 
comprend quatre épithètes qui commencent toutes par 
« le fécond quatre épithètes qui commencent par /? 
le troihème quatre épithètes qui commencent par y 
ik ainfî des autres jufqu'a j » Ce qui fait 96 épithètes 
pour chacun de ces Dieux. 
Acrostiche , eil encore un vieux mot qui figa-fioit aii- 
trefois cens. Le Traité fait avec le Clergé de Rema- 
nie le I 5 de Décembre 1 2 1 9 par Conon de Béthune , 
Bail de l'Empire , portoit que toutes les Eghfes Ca- 
thrédrales jouiroient librement des immeubles dont 
elles étoient en polleilion dès le temps de l'Empe- 
reur Alexis; Bambacorax , ( c'eft Alexis Cornnène qui 
rcgnoit fîx vir.grsans auparavant, ainfi nommé à cauie 
de fa voix défagréable , ) & que f es biens f croient 
exempts de toute Jiuidicfion laïque & de route exac- 
tion excepté X'acrofiche , c'ell;-à-dire,lecens. Fleury. 
AcHROSTicHE,eft aulîI adi. des vers iîcro/Z/cAej; c'elf-à- 
dire, des vers dans lefquels il fe trouve un acrofliche , 
ou plufîeurs acrojliches. Sonnet acrojiiche. Lettres 
acrofliches ,\mnçs initiales oif finales d'un acrofliche.. 
fer ACROSTOLION. f^ m. C'étoit l'extrémité de la 
proue des vailleaux anciens. Le rojlrum étoit plus bas 
& à fleur d'eau. 
ACROTÈKES. f m. Terme d'Architedure , qui fe dit 
des petits piédeftaux qui font au milieu , & aux deux 
extrémités d'un frontifpice, & fur lefquels on pofe 
des figures. Acroteria. Les acrotères des côtés doivent 
avoir de hauteur la moitié de celle du fronton, & ce- 
lui du milieu une huitième partie de plus , félon Vi- 
truve. Dans l'ArchitedureFrançoife, ce terme exprime 
les petits murs ou dollerets que l'on place à côté des 
piédefLaux, entre le (ocle & la tablette des balufftades. 
Ces acrotères font deftinés à foutenir la tablette conti- 
nue d'un piédeflal à l'autre, & font l'office de demi- 
baluflrrcs , que quelques Architectes atFedent dans 
leurs décorations ; ce qu'il faut éviter, dit AI. Blonde l. 
^ Le Did. de l'Encyc. d'où cette obfervation efl ti- 
rée , fait Acrotères féminin. Le did. de l'Acad. Fr. le 
fait mafculin. 
Acrotères, flgnifie quelquefois , les extrémités ou les 

faîtes des bâtimens. Extrema j Fajligia. 
Acrotères , font encore certains promontoires, ou heux 

élevés qu'on voit de loin fur la mer. 
ACROTERIA f m. Terme purement Grec-, axpi1,'p,o,: 
On ne s'en fert qu'en parlant de médailles. C'eft un 
ornement de vailfcau recourbé , &: il marque une vic- 
toire navale , ou une ville maritime. 
ACROUPETONS. adv. Borel ne fait qu'un mot de ces 
quatre fyllabes ; il dit que ce mot veut dire , en un 
monceau, acervatim , ik qu'il vient d'accroupir, qui 
vient de croupion. Dans quelques Provinces , le peu- 
Tome I. 



ACT 



97 



pic dit encore acroupetons , pour exprimer là poflure 
de ceux qui font alhs fur leurs talons, ou qui étant 
appuyés fur les pieds , ont le corps tellement plié , qu'ils 
font prefque allîs à terre , & qui font ainli ramaflés , 
comme en un monceau. 

A C S. 

ACSARAY , ou AINZARBA. Axara , Ana^arbus. 
Ville ancienne de la féconde Cilicie , nommée Ana- 
:[arlie , du nom d'une montagne voifine, ou de celui 
de Ion Fondateur. Dans la fuite elle fut archiépifco- 
pale. Elle porte les noms de Diocéfarée, de C<tj\irau- 
gufia, & de Jujîinopolis. Les tremblemens de terre 
l'ont réduite à n'être plus qu'un bourg de Caramanie 
dans l'Afic mineure , fitué fur la rivière de Marmifl:ra. 
Ses noms modernes font ime corruption de l'ancien 
nom d'Ana-^arbe. 

ÇCr ACSICATH , ou ACSIKET , ou ACSIC AT, Ville 
d'Afie , dans la Tranfoxiane, au nord du Sihun, à ici 
d. 10' de long. (Se à 42 d. 20' de lat. félon les Arabes, 
& à 94 de long. & 40 d. 20' de lat. félon M. de L'ifle. 

ÇCF ACSOR. Ville de la Thébaïde fupérieure, fur le 
bord du nil, à une journée de la ville de CoulF. 

ACSU. Nom d'un lac & d'une rivière de l'Anato- 
lic. Le lac A'AcJu, Palus Afcania , eftprès de la ville 
de Nicée ou d'ifnic , d'où vient qu'on l'appelle auili 
lac d'ifnic ou de Nicée. La rivière A'AcJ'u , Afcanius 
Fluvius , traverle le lac d'Acfu, baigne la ville de Ni- 
cée , ik va cnfuite fe jeter dans la mer de Marmara. 
Voye:[ encore Aczu. 

fCr ACSU, ou ACHE. Ville, la même qU'Aczu. royei 
ce mot. 

ACT. 

ACTAMAR. f. m. Lac de laTurcomanie. Arcijfa Pa- 
lus. Il eff dans le pays des Cardes, ik s'appelle encore 
Abaunas oir Lac de Vajlan j ou Lac de Van , parce 
que ces deux licitx font fur fes bords. Il reçoit plu- 
fîeurs rivières, & ne fe décharge par aucune. 
SfT ACTE. f. m. Signifie en général l'adion d'un agent, 
une opération quelconque , un eflet produit par quel- 
que puiilance. Aclus , aclio. 
^fT L'acle efl l'exécution de la chofe , & efl oppofé à la 
puiflance, qui efl la capacité d'agir ou de foutfrir. On 
dit réduire la puiilance à l'acle. 
03° Acte , en logique, fe dit des opérations, des adions 
de l'entendement. Ces ^c?ej font l'appréhenfion fim- 
plc &: complexe , le jugement & le raiionncment. Dif- 
ccrn.er, examiner, efi un acle de l'entendeir.ent. 
|K? Acte, en morale, fe dit 1° dans le même f eus qu'en 
logique, des adions & des opérations de la volonté. 
Tout choix cfl un acle de la volonté. Préférer uue 
chofe à une autre eff un acle de la volonté. 
0CF 2" On le dit de toutes les adions d'un agent , rai- 
fonnables , bonnes ou mauvaifes. Les mêmes acles 
répétés plulieurs fois , forment l'habitude. C'cft lui 
acle de prudence de favoir fe taire. C'efl un acie de 
fcelérat de trahir fon ami. Quand Dieu châtie le» 
hommes , c'eft un acle de juftice: quand il lesrécom- 
penfe , c'eft un acle de miféricorde. 
00" Acte, fe dit plus particulièrement encore dans la 
morale Chrétienne , de certains mouvemens vertueux 
que l'ame produit au dedans d'elle-même, pour s'ex- 
citer à l'amour de Dieu ou du'prochain, généralement 
à l'amour du bien. C'cft dans ce fens quon dit acle 
de foi, de contrition, de charité, d'humilité, &c. 
iÇT On diftingue en Théologie & en morale les acles 
humains & les acles de l'homme. Aclus humani , ac- 
tus hominis. Voye^ au mot humain la différence que 
l'on met entre ces fortes à'acles. 
Acte , en Phyfique & en Métaphyfique , c'eft ce qui 
aclue y c'eft-à-dire, ce qui donne la perfedion à une 
chofe, ce qui eft en elle la confommation de fon être 
dans fon efpèce , le principe de fes qualités , proprié- 
tés & adions. Ainfi en Phyfique c'eft la forme, & il 
cft oppofé à la matière. En Métaphyfiqne c'eft la dit- 
férence. En ce fens acle eft ou refpedif , ou abfolu. 
\Jacle eft refpedif quand il aclue , qu'il informe une 
autre chofe , comme l'ame qui inferme le corps. Il efl: 

N 



9B ACT 

-iibfola quand il efl: tout acle j fans avoir rien àe po- 
tcnriel , comme l'on parle dans l'Ecole. En ce lens on 
-dit que Dieu eft tout i?c?d j que tout eft aclccn Dieu. 
Foye\ Suarez , MetaphyJ. T. I. Difp. XIII. Secl. V. 
En ce lens ce mot eii barbare en notre- langue , & fe 
dit peu. 

%fF Acte & Action , confidérés comme fynonymes. 
Action le dit inditfcremment de tout ce qu'on fait , 
commun eu extraordinaire. Voye\ Action. Acle le 
dit feulement de ce qu'on fait è,z remarquable. C'eit 
•un acle héroïque de pardonner à fes ennemis , lorl- 
qu'on eft en état de i"e venger. Les pirinces doivent 
marquer les diverles époques de leur vie par des aclcs 
de vertu & de grandeur. Acle de vertu , de bonté , 
-de cruauté. C eft un acle de politique indilpenlable. 
On fait une bonne aclïon en cachant les dérauts du 
prochain ; c'elt \ad.e de charité le plus rare parmi les 
hommes. Voye\ au mot Action l'autre différence 
qui fe trouve entre ces deux mots. 

Acte, en termes de Palais, & de Jurifprudence, le dit 
de toutes les choies qui regardent la Juftice , & les 
procédures de la Pratique, qui iont rédigées par écrit. 
On les appelle judiciaires, lorfqu'ils Iont laits en Jul- 
tice. Res tejlata ac cvnjîgnata , vcl tcjlium , vel ta- 
bulafd j vel judicis fcripto. Tabula , Scriptum. Le 
Jug-e lui a donné acle de la plainte , de ix comparu- 
tion, de fa déclaration. Il a juftifié la demande par 
plufieurs fentences , arrêts , &: autres acles authen- 
tiques. On appelle aulll acle tout ce qui te fait par le 
miniftèce des Officiers de la Juftice. Palier un acle 
pardevant Notaires. Palier un acle de foumilîion au 
Greffe. Un acle de célébration de mariage , c'eft le 
certificat qu'en donne le Curé. La plupart des fignifi- 
cationsde pièces, & les lommations, hnillcnt patces 
mots : Dont acle. Un Rapporteur met au bas des Re- 
quêtes d'emploi : Ait acle j & foit fignifié. Faire acle 
d'héritier, c'eft en prendre la quahté , ou en exercer 
les droits. 

Tous acles dans le Droit font pubhcs, eu privés. 
Les acles pubhcs font de juridiction volontaire, ou de 
jurididtion contentieufe. Ceux de juridiétion volon- 
taire , & que l'on appelle aulîi authentiques , font tous 
les contrats, obligations , tranlactions &c décharges pal- 
fées devant Notaires. Ceuxde juridiétion contentieule 
font toutes les pourfuites qui le font en Juftice pour 
intenter l'adion , & depuis l'action intentée julqu'à 
la fin du procès. Les acles privés , Iont ceux qui le 
palfent par les particuhers entre les particuhers , lans 
le miniftère d'aucune perfonne pubhque; comme font 
les lîmples promelfcs, les billets de change, ou quel- 
que convention faite lous lignature privée. En géné- 
ral , aclcj eft tout ce qui eft écrit , & qui fert à juf- 
tificr quelque chofe. Tous acles iont préfumés véri- 
tables , à moins que ceux qui entreprennent de les 
contefter,ne juftifient le contraire. 

Acte de notoriété, eft celui par lequel les Officiers 
d'un Siège, confultés fur quelque matière, rendent 
railon de leur ulage. 

Acte d'héritier, eft tout ce qui paroît avoir été fait 
par quelqu'un dans l'intention de fuccéder à un dé- 
funt, «Se qui ne pou voit être fiit lans le nom, la qua- 
lité ik le cara'flère d'héritier. 

Acte d'appel, eft celui par lequel une des parties qui 
fe plaint d'un jugem«it, déclare qu'il en eft appelant. 

Acte d'occuper, eft celui par lequel un Procureur dé- 
clare qu'il eft Procureur, «Se a charge d'occuper pour 
un tel, fur l'affignation à lui donnée. 

Acte de produit , eft celui par lequel un Procureur dé- 
clare à celui de la partie adverle, qu'il amis la pro- 
du£tion au Greffe, ou entre les mains du Rapporteur, 
avec fommation à la partie adverfe d'en faire autant , 
même de fournir des contredits, dans le temps de l'or- 
donnance , à peine d'être forclos. 

Acte de baillé copie, eft celui par lequel unProcureur 
fait fignifier l*^' baillercopie à celui de la partie adverfe , 
des pièces dont il veut le iervir dans une inftance. 

Acte d'affirmation de voyage, eft celui par lequel 
la partie affiliée de fon Procureur, affirme être venue 
pour apporter l'exploit, pour produire, ou pour faire 



ÀCT 

jûgcr, à l'effet d'obtenir, en cas de gain de caufe, fes 
journées, félon la qualité &lelon la diftance des lieuxt 

Acte de délais , eft celui par lequel le débiteur aban- 
donne le tout pour la perte <k le nauhage. 

Acte capitulaire , eft une DéUbération canonique 
prife dans un Chapitre de Chanoines, ou de Religieux. 
Acad. Fr. 

Au pluriel il fignifie les délihe'rations & les réfolu- 
tions publiques 3 qui font couchées dans les Regiftres, 
qu'on appelle en ce cas les acles publics ; comme les 
acles des Conciles , les ailes du Sénat. Acla. On a 
extrait ce titre des acles publics. On le dit aulli de 
ce qui a été conlervé à la poftérité dans certains Li- 
vres & Mémoires authentiques. Les Acles des Apô- 
tres, les^c7fj desMartyrs. Foye-[ fur ces ^cZej Bailler, 
Difcours fur l'Uift. de la Vie des SS. p. Il n. vu 
Les Aclcs de Pilate concernant Jésus -Christ. C'é- 
tûit Une faulle procédure de Pilate contre ^otre- 
Seigneur , ou le procès de Notre Seigneur de\'ant 
Pilate, pièce impie & luppofee par les ennemis du 
Chriftiamfme , pleine de toutes fortes de blafphè- 
mes. L'Empereur Maximin fit un Edit par lequel il or- 
donna qu'on les envoyât dans toutes les Provinces de 
l'Empire, que les Maîtres les expliquaffent à leurs éco- 
liers, & les leur fiffent apprendre par cœur. C'étoit 
une pièce faite avec tant d'ignorance, qu'on y plaçoir 
la mort de Jesus-Christ fous le quatrième confulat 
de Tibère ; c'eft-à-dire , la leptième année de fon Em- 
pire, onze ans avant la Paftîon de Notre Seigneur, & 
cinq ans avant que Pilate eût le Gouvernement de la 
Judée. Foye:^ Eusèbe,Z. IX. C.4, & (/.Ruffin, Z. /. 
C. f. &fuiv. Baron , & Spond. ad an. i j^jn, 63 y & 
ad an. i 1 1 ;, n. 6. Bclland. Tom. i , p. j6j. Les 
Quartodécimans avoient aulli de faux Acles de Pilate. 
Baron, ad an. 134, n. âj. Les wxïs Acles de Pilate 
furent envoyés par ce Préiident à Tibère : Tibère en 
fit [on rapport au Sénat, qui les rejeta , parce qu'ils 
ne lui avoient point été adreffcs. C'cfl ce que témoi- 
gnent Tertullien dans fon Apolog. C. / 6' 21. Eufeb. 
Hijl. L. 2. C. 2. Orolms, L. vu. C. 4. Grégoire de 
Tours, L. I. C. 243 & avant eux tous. Saint Juftin 
Martyr dans fon Apologie à Antonin Pie. 

Il y a auffi de fiux Acles des Apê)tres faits , difoit- 
on, en Hébreu , par je ne fais quel Abdias , traduits en 
Grec par fon dif ciple Eutrope , & du Grec en Latin par 
Jule Africain. Vclffgang Lazius les publia en i jji fur 
un manufcrit de près de 700 ans , comme iî c'eût été 
une pièce authentiquç. Un dif ciple de Manès, nommé 
Leucius , ou Selcucus , compofi auiîl de faux Acles des 
Apcitres fur la fin du IIF fiècle. On a vu encore autre- 
fois les Acles de S. Thomas , les Acles de S. André , les 
Acles deS.Paul&deThécle,deS. Philippe; les ^cZt'j de 
S. Matthieu, deS. Pierre & de S. Jean: mais ce font des 
Livres qui ont été déclarés apocryphes ; les derniers ont 
été fabriqués par l hérétique Peucius. Ceux de S. Thécle 
étoient l'ouvrage d'un Prêtre d'Afie, que S. Jean dé- 
grada, en pun.ition de la fuppofition de cet ouvrage. Ce 
que nous en .avons iouslenom de S, Brjile de Séleucie, 
femble n'en être que l'extrait ou l'imitation. Pautin 
donna cette pièce en Latin & en François l'an 1608. 

ifs" Les Acles <\u Conlilloire , acla Corif.fi orii , étoient 
autrefois les édits & déclarations du Confeil des Em- 
pereurs Romains. Le Sénat & les Soldats juroicnt fou- 
vent , par flatterie ou par force , fur les Acles des Em- 
pereurs. 

Actes des Apôtres. C'étoit une pièce de Théâtre a!i- 
cienne , que les Confrères de la Pallicn ont repréfentée 
long -temps autrefois à l'Hôtel de Bourgogne. Le 
Gendre. 

0CT Actes , fe dit de même , en matière de Sciences, de,s 
Mémoires ou Journaux laits par une Société de Gens 
de Lettres. 

0Cr Actes, de la Société Royale de Londres, rra^/iSio/zj. 
Ceux de la Société Royale des Sciences de Paris, mé- 
moires. Ceux de Léiplic, limplement Acles 3 acla eru- 
ditorum. 

Acte , en Pocfie , fe dit de certaines divifîons ou parties 

Sirincipales du Pocme Dramatique , pour laifler repof er 
es acteurs & les fpectatcius. Acîus, C'etl: la partie du 



ACT 

Pûëme Dramatique fcparée d'une autic par un inter- 
mcde. Ainli dans rinrcrvallc des Acïcs j le Théâtre de- 
meure vide & lans aclioii , qui le palle aux yeux des 
fpeétateurs ; car on luppofe toujours qu'il s'en palle une 
hors de leur vue. Ce n'ell pas leulemcnt pour les dé- 
laller qu'on pratique ces intervalles ; c'ell encore pour 
ménager la vrailemblance , & rendre par-là lintrigue 
plus intérellante : car le Ipedateur qui a vu préparer 
l'adlion qui fe doit palfer dans l'intervalle , s'elïorce de 
jouer dans Ion elprit le rôle des adeurs ablens; delorte 
qu'il cil lurpris plus agréablement , quand un nouvel 
Acie venant à commencer, il voit les ellets de cette ac- 
tion qu'il n'a fait que 4cviner , &■ dont il n'a pu prévoir 
les luites que confulement ; ainii Ion attention & la cii- 
riolité lont réveillées par la fulpenlion &: l'incertitude , 
d'une toute autre manière, que, ii voyant toutes choies 
arriver , il concevoir l'intrigue trop ailément. 

Les Aclcs lont partagés en plulieurs Icènes , qui doi- 
vent être liées les unes aux autres. Les anciens Poètes 
Grecs n'ont point connu ce partage des pièces Drama- 
tiques en aclcs. Leurs épilodes , ou les chants du Chœur, 
croient pre(que la même chofe. Les Latins ont les pre- 
miers inventé cette divilion que les Modernes ont imi- 
tée. C'efi: la pratique confiante de tous les Anciens , qui 
ont divilé leurs pièces en cinq acîes j pour leur donner 
une Julie grandeur. A'^cvc mïnor , ncu fit quinco fw- 
duciior aclu. HoR. Le partage en trois acies n'eft lup- 
portable que dans les larces j mais la lègle des cinq actes 
e(l inviolable pour taire un Pocme Dramatique parfait 
& achevé. Dac. Ce jugement de M. Dacier, fondé lut 
le témoignage d'Horace , tout décirit: qu'il paroit, n'ell 
pas ians appel-, & il ne feroit pas impolîible de montrer 
parles principes d'Arillotem.cme, qui nous a doiuiéles 
règles du Théâtre , qu'une pièce Dramatique de trois 
aclcs eft fort fupportable. ^fT M. de Voltaire a franchi 
le préjugé , en nous donnant la mort de Céfar, en trois 
aS^es. Un Pocte ne feroit-il pas mieux en eftet de mettre 
fa pièce en trois , quatre ou lix acles , que de filer des 
acles inutiles ou trop longs , embarralles d'épilodes , 
furchargés d'incidens, pours'airujettir à une règle arbi- 
traire î 

Au Collège on appelle auiÏÏ aclcs , les Thèfes qu'on 
foutienr en public , pour acquérir quelque degré dans 
les Facultés , ou pour faire paroitre la capacité d'un 
écolier. Je luis prié d'aller à \Acle d'un tel écolier , il 
m'a apporté une Thèle. Ce Bachelier a fait tous fes 
Acles en Sorbonnc. \JAcle des herbes \ c'eft ainiî que 
l'on appelle dans les Statuts des Apothicaires de Paris le 
fécond examen que lubillent les Alpirans Apothicaires. 

Acte de Foi. Jour de cérémonie de l'Inquilition pour la 
punition des Hérétiques , ou pour l'ablolution des ac- 
culés. ZDiej iamnandis aut ahfùlvendis hétreticis diclusj, 
deftinatus. On choifit d'ordinaire pour l'exécution un 
jour lolenncl, afin que la choie le paire avec plus d'é- 
clat. On conduit tous les coupables à l'Eglife. Là on lit 
leur Sentence d'ablolution, ou de condamnation. Les 
condamnés à mort lont livrés au Juge fécuUer par l'Li- 
quifition-, & elle prie que tout le palFe fans etnifion de 
fang. S'ils perléverent dans leurs erreurs, ils font brûles 
vifs. Cette lolènnité s'appelle Acle de Foi. Auto da Fé. 

ffT Acte ou Acta.Cc mot,ditMoreri, eft proprement 
un nom Grec appellatif, qui lignifie rivage ; mais ilfe 
prend par excellence pour un pavs délicieux fur le bord 
de la mer Egée , près du Mont Athos, où l'on alloit fou- 
vent ie divertir. La même raifon qui fit donner à ce 
rivage le nom commun ^aclé par excellence , fit aulli 
que ce beau pays de la Grèce , fut appelé Acîa ou 
Aclé :, parce qu'il s'ctend fort le long de la mer, jus- 
qu'au çmmoniokç funium. Du mot Acte ^ on fit celui 
à' attique. 

fC? ACTEA. Herbe dont Pline fait mention, 5< que Ray 
prend pour X'nconitum raccrr.ofum. 

(CF ACTEE ouACTElUS , l'un des fix démons envieux 
&: mahns, que les Grecs appellent Telchines, qui en- 
forcelent les hommes de leurs regards , & qui , félon 
la Erbuleufe antiquité , ont coutume d'arrofer la terre 
de l'eau infernale du ftyx: & de-la nailfent la pelle, la 
famine , & les autres calamités publiques. Moreri qui 
cite Straboui 
Tome II 



ACT 



99 



ACTÉON. f. m. C'ell le nom d'un grand Challcur, 
petit -fils de Cadmus , & fils d'Arillée <Sc d'Auto- 
noé. Etant à la challe dans le territoire de A'icgare, il 
furprit Diane dans le bain, &rayalit comtemplee pen- 
dant qu'elle étoit toute nue , il en devint épris , & Iclon 
Hygin, il la voulut violer. LaDetllele metamerphofà 
en Cerf, & fes chiens l'ayant méconnu feus ce dégui- 
lemerit , le dcxhirerent en morceaux , & le dévorèrent; 
Les Orchoniens lui failôient tous les ans des facrifices 
par ordre d'Apollon. 

Actéon. 1. m. (^ ellle nom d'un des chevaux qui condui- 
loient le char du Soleil dans la chute dePhaëton , félon 
Fulgence le Mythologue. Actéon lignifie lumineux : 
d'axT.'y ,i'vo(, rayon du Soleil. Ovide le nomme AEton. 

icy ACTEUR , ACTRICE, f. m. cS: f. Ce mot fignifie 
proprement celui ou celle qui agit : mais dans ce fens 
il n'ell point uhté. 

Ces termes lont ordinairement employés chez nous 
comme lynonymes de Comédien & Comédienne, ôc 
défignent celui ou celle qui leprélente fur le Théâtre 
quelque perlonnage d'une pièce Dramatique. Aàor ^ 
Femina perfonam agens infcena. Comme la Tragédie 
dans Ion origine ne conlilloit qu'en un lunple Chœur i 
qui chantoit des Hymnes à 1 honneur de Ba.cchus , Thef- 
pis penla le premier à introduire un perlonnage qui, 
pour délaller le Chœur , récitoit les aventures de quel- 
que homme illuftre. Efchyle trouvant que ce feul per- 
lonnage étoit ennuyeux, comprit qu'un fécond AÈleur 
qui s'entretiendroit avec le premier , occuperoit plus 
agréablement l'auditeur par le moyen du dialogue. Il 
habilla plus honnêtement les Acteurs , qui avant lui , 
étoient baibuuillés de lie, & leur chaulfa le cothurne. 
Sophocle , qui s'apperçut que les deux Acteurs d'EI- 
chyle ne luftiloient pas pour la variété des incidens , 
ajouta un rroilîème interlocuteur. Les Grecs en demeu- 
rèrent la ; au moins dans les Tragédies Grecques il n'y 
a prefque jamais que trois y^t7e/-'rj qui parlent enfcmble 
dans une mcme Icènc. Dans les Comédies on fe donnoic 
plus de hberré. Les Modernes ont fait m' nter fur la 
îcène un plus grand nombre à' Acteurs. Cela augmente 
le trouble qui y doit régner, &: fait Une diveilîté plus 
intérellante. Dac. Un bon Acteur doit exprimer par fa 
contenance , v*^ par (es gefles , le caradière qu'il veut re- 
prélenter. Il ne luffit pas de réciter les paroles , il faut 
que \Aclcur paroille animé de toutes les pallîoiis du 
perlonnage qu'il joue, autrement il eft un froid & en- 
nuyeux Acteur. Horace parle d'un ^cZe^^rqui jcuoitle 
lecond rôle , en imitant le premier Acteur, Se qui fe ra- 
bailloit exprès pour lervir de luftre à l'.-^c7ez^ /-principal. On 
ne fait pas trop aujourd'hui de quelle manière jouoienc 
ces leconds Acteurs. Ce mot ne le prend pas en mau- 
vaife part , comme Comédien j à moins que l'épithètc 
qu'on y ajoute, ne détermine autrement le fens. 

Quoi ! toujours miférahle Auteur j 
Et toujours ridicule Acteur, 
D'une méchante Comédie 
Tu divertiras les pajjans ? 

Acteur, fe prend alilîî figurément, peur déligner celui 
qui a part à quelque entreprile , dans l'exécution ou 
dans la conduite de quelque aftaire. On dit, tn parlant 
d'un homme qui a conduit une intrigue : il a été le 
principal Acteur en cette aftaire. On le dit aulli dans des 
parties de jeu ou de plaifir. Il notis manque un Acteur; 
Dans ce dernier exemple il n'eft que du ftyle famiher. 

ACTIAQUE. ad). Actiacus. On appeloit ainli certains 
Jeux qu'on célcbroit à Rome en l'honneur d'Apollon , 
furnommé Actien. Ils revenoient de cinq ans en cinq 
ans , comme les Jeux Olympiques \ ainli que l'a remar- 
qué Strabon , & non pas de trois ans en trois ans , com- 
me dit Etienne de Byfance , & quelques autres après 
lui. Strabon ell d'autant plus croyable, qu'il vivoit du 
temps d'Augufte qui rétablit les Jeux Acîiaques , ainfi 
que le Temple d'Apollon Actien , qu'il rendit plus ma- 
gnifique qu'il n'étcit. On les nomma Acîiaques , parce 
qu'ils le célébroient près de la ville & du promontoire 
kAciium. Quelques Auteurs ont cru , & 'Virgile fembls 
l'infinuer, qu'Augufte ell le fondateur de ces Jeux, ea 

Nij 



loo ACT 

mémoire de la fameufe bataille A'Aclium, qu'il gagna 
contre Marc-Antoine i mais il elt fur qu'il ne tit que les 
rétablir , ainlî que l'Empereur Julien le fit encore dans 
la fuite. Au relte , c'eit un mécompte grolîîer de dire 
que Virgile femble iniinuer qu'bnee les avoir tondes , 
parce qu'il dit, ^n. III. v. 2S0. 

Acliaque Iliacis celebramus Uttora ludis. 

Il eft vrai qu'il fait allufion aux jeux Acliaques , 
mais ce n'eft que pour faire honneur à Auguftc , qu'il 
attribue au Héros dont il tiroir (on origine , ce que cet 
Empereur avoir inlHtué , félon la remarque de Servius. 
Voyez fur ces jeux,Meurfius de Grxc.fer. au motVxTia, 
p. 12. 
AcTiAQUE, eflaulîl un terme de chronologie. On compte 
les années Acliaques , anni acliacï j du jour de la bataille 
d'^'cZii/TOjque l'armée d'Augufî:c,commandée par Agrip- 
pi, gagna centre Marc Antoine, l'an 71 5 de la Fondation 
de Rome, le z Septembre , quatorze jours après une 
cclipfe de foleil; ce qui fait dans l'Hiftoire une époque 
qui fert beaucoup à la Chronologie. 
ACTIEN , ENNE. adj. Qui eft è^Aclïum. Le Temple d'A- 
pollon^cZicw étoit trés-riche & très-bien bâti. T. Corn. 
Le nom' Actium vient du Grec â'x.T» , qui lignifie, ri 
vage, d'où fe forme Sxnes^qui efifur le bord de la mer. 
ACTIF, IVE. adj. Ce mor, dans le fens propre, fignifie 
ce qui agir ou a la puillance d'agir ; ce qui communi- 
que aducllement, ou a la puillance de communiquer 
le mouvement & 1 adlion a un autre. Il le dit par oppo- 
fition à paiVif. Acllvijs j aciLiofus. Le feu eft le plus aclif 
de tous les élémens; Les principes acllfsj lelon les Chi 
miftes , font l'cfprit , l'huile , & le fel ; parce que ces 
parties étant dans un grand mouvement , elles caufent 
de l'aûlon dans les autres corps. Harrxs. 
^fT Ce terme s'applique aulÏÏ à un homme laborieux & 
expéditif , qui travaille avec adivité , & expédie l'ou 
vrage en peu de temps. V^ous avez belcin d'un homme 
aclifpoin avancer cette affaire. 
Actif , en matière de dévotion. Aclivus. La vie aaïve -, 
qui confifte dans les actions extérieures de piété , eft 
oppofée à la contemplative , qui confiile dans les pen- 
fécs , dans les affccUons de l'ame. 
Actif, fe dit figurément d'un efprit prompt , vif, péné- 
trant , plein de feu : l'cfprit d'une lemme de la Cour 
eft plus vif, & plus acl'ij , que celui d'une paylannc. 
Le Chev. de Mer. I/CJ" En matière d'élection, avoir 
voix acîive , c'eft avoir droit de donner fou luifrage , ta 
voix pour i'éleélion ; & voix pallîve , c'eft avoir droit 
d'être élu. Avoir voix active Se palîive , c'eft avoir droit 
d'élire i^' d'être élu. 
(jCTOn appelle dettes aclives ^Ics fiommes dont on eft 
créancier j dettes pajfives , les fommes dont on eft dé- 
biteur. 
Actif , ive. adj. Terme de Grammaire , mot qui exprime 
une ad'ion. Il eft oppolc à pallif. U actif lait l'adtion; 
le palîîf la reçoit. Le maître enleigne; l'écoHer eft en- 
feigne. Le veibe actif eiï celui qui marque que le lajet 
de la prepolîrioii fait l'adtion. Je bats. Le verbe pallit 
eft celui qui marque que le lujct de la propolition re- 
çoit l'ac'tion ; je fuis battu. Il y a auilî des participes 
actifs & des palllfs. Je ne fuis point battant , de peur 
d'être battu, f-^oye^ 'Verbe. Il y a des mots qui ont 
deux lignifications j l'une active , l'autre paftîve , comme 
union , diminution , &c. Il le dit auili de certains ad- 
■ jeétits verbaux. Secourable eft un adjectif verbal actif, 
parce qu'il a une fignificaticn active ; au heu que ai- 
mable eft un adjectif verbal pallif, parce qu'il a une 
iignification pallîve. 
Actif, eit aullî 1. m. &• fignifie un verbe actif , ou la 
conjugailon active d'un verbe. Il y a des verbes qui 
n'ont point d'actif. 
0C? Actif , eft aulîî employé comme fubltantif au Palais. 
On dit Vactij & le p a ffif d'une luccclîion pour en deli- 
gner l'utile & l'onéreux. 
Ç:r ACTION, f. f. Terme de Phyfique & de Méca- 
nique. Aciio. C'eft le mouvement qu'un corps pro- 
duir réellement, ou qu'il tend à produire dans un au- 
tre , c'eji-à-dire , qu'il y produiroit , fi rien ne l'em- 



ACT 

pêchoit. On peut dire aulîl que le mot action, dans 
ce fens , eft l'eftori que tait un corps ou une puilfance 
contre un autre corps ou une autre puiffance , quel- 
quefois l'ettet même qui rélulte de cet eftort. 
(C Ce mot , confidéré grammaticalement , le dit in- 
diftéremment de tout ce qu'on tait, commun ou ex- 
traordinaire,a la ditfcrence du mot aclecfii le ditlcule- 
ment de ce qu'on fait de remarquable. Le lage le pro- 
pofe dans toutes les actions une fin honnête. Les Prin- 
ces doivent marquer les diverfes époques de leur vie 
par des actes de vertu Ik. de grandeur. On dit une 
action vertueufe , ik. une bonne ou mauvaiie action ; 
mais on dit un acte de verti^, & un acte de bonté. 
0C? Un petit accelfoire , de fens Phyfique & hiftorique, 
diftingue encore ces deux mots. Celui d'action a plus 
de rapport à la puift'ance qui agit, ci: celui d'acte en a 
davantage à l'ertet produit : ce qui rend l'un prople à 
devenir attribut de l'autre. Ainfi on parleroit avec juf- 
telfe , en difant que nous devons ccnlerver dans nos 
actions la prcfence defprir , & faire en forte qu'elles 
foient toutes des actes de bonté ou d'équité. M. l'Ab- 
bé Girard , Syn. 
|CF Action , le dit aullï par rapport à la morale. Les 
Actions morales ne font autres choies que les actions vo- 
lontaires de l'homme conhderées par rapport a l'impu- 
tation de leurs eftets dans la vie commune. Ainfi on dit 
une bonne action. Mauvaiie action. Vilaine action. Ac- 
tion w6\ie. Action généreufe. /^^oj-.MoRALjMoRALiTÉi 
On appelle action i/enrJcw, un témoignage de re- 
conijoiftance , c<v: un remerciment pour un bienfait reçu. 
Gratiarum aclio. Rendre mille actions de grâces. On 
le dir auili de la prière qu'on fait après le repas , oU 
après avoir dit la Melfe, ou après la Communion. 
fC? Action , dans l'art militaire, eft un combat qui fe 
donne entre deux armées , ou entre diftérens corps 
de troupes qui en dépendent. Le mot action^ dans ce 
fens, peut être regardé comme le genre par rapport à 
bataille & combat ^c^i lemblent n'être que des elpèces. 
Car on peut dire que la bataille de Phariale & le 
combat des Horaces & des Curiaces font des actions 
bien connues. Ce mot s'emploie auili pour fignifier 
quelque tait mémorable d'un Officier, d'un Com- 
mandant de corps de troupes , ou même d'un foldat^ 
0CF Action , fe dit pour marquer, la véhémence, la 
chaleur à dire ou à faire quelque chofe. Parler avec 
action. Parler di action. Ce qu'il tait , il le fait avec 
aaion. 

On dit être en action , pour dire, être en mouve- 
menr, le remuer, s'agiter louvent. On dit aullî d'un 
cheval, qu'il eft toujours en action ■ poui dire , qu'il eft 
toujours en mouvement , qu'il s'agite continuelle- 
ment. Ac. Fr. 
1/3" Action , fe dit aulîî des geftes , de la contenance 
& du maintien d'un homme. Il étendoit la main en 
action d'écrire. Bourd. C'eft Ion action ordinaire de 
hauller les épaules, & de pencher la tète. 
Action , le prend plus parricuhèremcnt encore pour 
cette partie exrérieure de l'Orateur qui comprend le 
mouvement du corps Se les geftes. Cet Avocat a l'ac- 
tion belle. Il n'y a rien de plus nécelfaire à un Orateur 
que l'action : elle fait une partie de l'éloquence; & li 
elle n'en fait pas toute la force , elle en tait tout l'a- 
grémenr. 

Cicéron l'appelle l'Eloquence du corps. Quintilier» 
s'eft fort étendu fur l'action de l'Orateur ■■, mais ces pré- 
cepres ne regardent que le Barreau. Le meilleur ou- 
vrage que nous ayons fur cette matière, eft celui du 
miniftre Michel le Faucheur, intitulé de /■'Action de 
l'Orateur j ou de la Prononciation & du Gejte , im- 
primée fous le nom de Falcntin Conrard j célèbre 
A.cadémicien , in-/ 2. Paris, 1657. Le Poëme du P. 
Sanlecque qui a pour titre , Poème fur les mauvais 
gefîes de ceux qui parlent en public ■, & fur- tout des 
Prédicateurs y eft furie même fujet, aullî bien que le 
Poëme de M. Bcver de l'Académie Françoifc , Carac- 
tère des Prédicateurs, Deux ouvrages encore excel- 
lens lur cette matière font le Traité du Bécltatif 3 
par M. de Grimaretz , in-r 2 , 1707 , & les Penfées 
furlçi Récitation , par M. Riccoboni. Le P. Lucas, Je- 



ACT 

fuite, a fait un Pcëme en Latin, De Gcjlu & Voce ; 
du Gcfte & de la Voix; c'ejl-à-dire , de I'a'JF/o/;. C'eft 
du concert de la voix , de la prononciation , des yeux 
& des bras , que réfulte l'aciion parfaite de l'Orateur. 

RiCCOEONI. 

^Cf' Action , en Poëfie, fe dit en général de ce qui fait 
la matière ou le lujet d'un pocmc , mais plus paiti- 
culièrcment du principal évenenient qui lait le iujet 
d'unepiècede théâtre ou d'unpocme épique. Fabula. 
Ilfautdcnner de la chaleur à l'ijcZ^o/z théâtrale. Corn. 
L'unité à' action eil l'une des principales règles du pol-me 
épique -, & les épilodes ajoutés à V action principale , 
ne doivent point corrompre cette unité. Le Bos. La 
durée de \aciion pour le poëme épique n'ell: point 
fixe , ni déterminée ; mais l'aPuon tragique doit être 
renfermée dans le temps qu'il faut au loleil pour four- 
nir la carrière. Id. Le pocmc théâtral cil: d'autant plus 
parfait, que l'dâion qui en compole le (ujet, comprend 
moins de temps , pourvu que d'ailleurs elle loit d'une 
jufte grandeur. Ménag. Les anciens Tragiques n'ont 
pas toujours contraint ou renfermé l'aciion dans l'ef- 
pacc de douze heures. Id. Racine, exacf imitateur des 
Anciens, aiuivi {crupuleulement la netteté, & lafun- 
plicité de l'aciion. La Bruy. 

IJiCr Action, le dit encore par oppofition à récit. On dit 
qu'il y a beaucoup à'aâion dans une pièce de théâtre, 
dans unpoëmc dramatique , quand la plupart des choies 
s'y pailent en action, & non en récit, & que lesévé- 
nemens , qui donnent de la chaleur à l'aciion théâ- 
trale, y naiflcnt les uns des autres. 

5c? Action , le difoit autrefois d'un dilcours public , 
comme eftunfennon, une harangue , un plaidoyer. 
Oratiû. Ce Prédicateur, cet Avocat a fait une belle 
action. Il vieillit en ce fens. Ac. Fr. En parlant de 
quelques anciens Conciles, on appelle aciion^ce que, 
dans les derniers , on a appelé fefflon. Ainli quand on 
parle des Conciles d'Ephèi'e ou de Conftantinople , 
on dit dans la première aclion du Concile II fut dé- 
libéré , Sec. 

Action lignifie quelquefois, vertu, force d'agir. Virtus , 
vis. L'aimant perd ion aclion, quand on le lailîc long- 
temps {ans Cire armé. 

Action, le ditaulîi de ces effets momentanés qui détrui- 
fent toute la force d'agir de Quelque chofc. Ce pé- 
tard a frit fon aclion ou Ion cftcrt en l'air. Une mine 
évcnti:c n'a plus à'aclion. 

Action. Ce nom le donne quelquefois au Canon de la 
Melfe, Vo\ci Canon. 

Action , le dit aulll en Peinture , de la pollure <Sc de 
la difpohtion du corps, ou du vilage , quand ils mar- 
quent quelque pallion de lame. Habitas , ftatus. Il 
étoità genoux en aclion de luppliant. Il a peint Jupiter 
avec une aclion menaçante. 

|CF Action. Terme de Manège, Cheval toujours en 
aclion, ell: celui qui mâche Ion mord, qui jette beau 
coup d'écume , & qui par-là le tient la bouche tou 
jours fraîche. 

AcTioNjfe dit auilî de toutes fortes de procès qu'on intente, 
loit en matière civile , loit en matière criminclic. En gé- 
néral il n'y a que deux lortes d'aciions ; l'une fur la 
choie , & l'autre contre la perfonne , d'où rélulte une 
troifième forte , qui eft l'aciion mixte , laquelle a pour 
objet la perfonne & la chofe. Une atZio/z perfonnelle , 
ell: celle qui attaque leulement la perionne : aclion 
réelle, celle qui l'attaque à l'égard des fonds qu'elle 
pofsède -, comme eft l'aciion hypothécaire , ou en dé- 
claration d'hypothèque : aclion iTiixte , celle qui eft 
réelle & perfonnelle. Les perfonnellcs fe divifent en 
avions civiles , & en aciions criminelles , lelon qu'un 
procès eft civil ou criminel. Il y a des aciions mobi- 
]iaires& immobiliaires. Les aciions réelles font de deux 
fortes ; l'une eft l'aciion polfeiroire , ou de réintégrande , 
qui eft celle où il s'agit leulement de lapolîeftion: l'au- 
tre eft l'aciion pétiroire, qui eft intentée pour la pro- 
priété d'Un héritage contre le polleireur ou le déten- 
teur, pour le contraindre à lareftitution. Les Jurifcon- 
I ultes marquent d'ordinaire trois lortcsd'acZ/o/zj mixtes: 
l'aciion de partage entre cohéritiers ; l'aciion de par- 
rage entre alfociés qui pofsèdent quelque choie encora- 



ACT loi 

mun; & l'aciion de bornage entre voifins, pour plan- 
ter des bornes entre leurs héritages. Mais dans la pra- 
tique commune la plupart des aciions réelles font mixtes 
en même temps, à caule de la reftirution des fruits & 
des intérêts auxquels le détenteur eft perfornellement 
obligé. Ainli une aclion ir'eft purement réelle que 
quand elle s'attache uniquement â la chofe, & que le 
détenteur eft quitte en l'abandonnant. Quand il s'agit 
delervitudes , on diftingue deux fortes d'izcZio/zj ^ con- 
felloires Se négatoires. L'aciion confefloire, eft celle 
par laquelle un voifin prétend un droit de fervitude 
lut Ion voilin: & l'aciion négatoire, celle par laquelle 
le voilin loutient Ion héritage franc & libre de toute 
lervitude. Il y a auftî entre l'acheteur & le vendeur 
une elpèce d' aclion particulière : c'eft l'aciion redhibi- 
toire, par laquelle l'acheteur peut contraindre le ven- 
deur à reprendre une marchandife dcfeclueufe : par 
exemple , un cheval vicieux. On appelle action en 
complainte, celle qui eft intentée en cas de faifine & 
de nouvelleté en matière profane , ou fimplement com- 
plainte en matière bénéficialc. y^tïitw de garantie , ^■^c- 
tion de rapt,deftellionnat. On dit auiri,une aclion d'in- 
jures. On ne donne point d'tzc?/ti« de larcin contre une 
femme, mais leulement l'aciion pour les chofes fouf- 
traires. Il ne faut pas fe mettre en pollelîîon par vio- 
lence & voies de fait, mais venir par aclion. Le titre 
6 du quatrième Livre des Injlitutes de Jujîinien, con- 
tient les plus célèbres aciions introduites par le Droit 
Romain , qui font en grand nombre. On trouve là 
dans un grand ordre toutes les divifions & fubdivi- 
lions des aciions , &z les diverfes formules dont le ler- 
voient les Romains , dans lelquelles il falloit être lî pru- 
dent, &le renfermer fi précilement, que celui qui y 
manquoit, étoit déchu de fa prétention au fond. C'eil 
pourquoi la matière des aciions eft propolée dans les 
écoles comme un monftre invincible , à caufe des obf- 
curités & des difticultés qui s'y rencontrent. En France 
on ne fuit point les formules, ni l'ordre judiciaire des 
Romains : il n'eft pas befoin de qualifier pofitivemenc 
l'aciion que l'on intente ; il fuffit de former la de- 
mande , ik d'en expoler le fujct. Un défaut dequali- 
Iification,oii dans la manière, n'aimulle pas le droite: 
l'aciion du demandeur. 
§C? Action, en Jurilprudence fignifie aulîî Un droit 
qu'on a de pouriuivre quelque demande ou préten- 
tion en juftice. Jus. Il lui a cédé une aclion fur un 
tel ; il l'a lubrogé en les droits , noms , raifons & ac- 
tions. 
03" Ce mot au pluriel fignifie auflî quelquefois les dettes 
aéfives d'un homme. Ceft ainli qu'on dit que les créan- 
ciers d'un marchand le font lailis de toutes fes aciions ; 
pourdire, qu'ils le lont laifis de toutes fes dettes aétives. 
tjO" Action , fignifie alilli une part ou un intérêt que 
l'on a dans quelque lociété de commerce , ou dans 
quelqu'entreprile , pour en partager les profits à pro- 
portion de la lommc qu'on y a mile. C'eft une dette 
active fur une Compagnie. Telles font les aciions de 
la Compagnie des Indes. Les aciions haulfent & baif- 
lent luivant les circonftanccs. 

Les aciions Françoilcs tout prélentement de trois 
fortes, favoir ; des aciions limples, des aciions ren- 
tières : & des aciions intéreflées. 

Les aciions fimples , font celles qui ont part à tous 
les profits de la Compagnie , mais qui en doivent aulll 
fupportertoutes les pertes, n'ayant d'autre caution que 
le fcul fonds de la Compagnie des Indes même. 

Les aciions rentières , font celles qui ont un profit 
fiir de deux pour cent , dont la Majefté s'eft rendue 
garante, ainfi qu'elle l'étoit autrefois des rentes fur la 
Ville; mais qui n'ont point de part aux répartitions ou 
dividendes; 

Les Aciions intérelfées tiennent, pour ainfi dire, le 
milieu entre les deux ; elles ont deux pour cent de 
revenu fixe lous la garantie du Roi, comme les Ac- 
tions rentières , & oiltre cela elles doivent partager 
l'excédant du dividende avec les Aciions limples. Ces 
dernières Aciions ont été créées en fiveur des Com- 
munautés Eccléfiaftiques , qui pcuvoient avoir des 
<emplacemens de deniers à faire; 



loi ACT 

On dit , Nourrir une Aclion. C'eft payer exaébe- 
ment à leur échéance , les diveilcs lommes pour lel- 
quelles on a fait fa foumilKon à la calife de la Com- 
pagnie , luivant qu'il a été réglé par les Arrêts du Con- 
leil, donnés pour la création des nouvelles Actions. 

Une Aclion nourrie, eil celle dont tous les paye- 
mens font faits , & qui efl: en droit d'avoir part aux 
dividendes ou répartions des proHts de la Compagnie. 
Jufqu'à cet entier & parfait payement , ce n'efl: pas 
proprement une y^ffion,, mais Innplement untfoumij- 
Jion. Voyez Soumission. 

Fondre des Actions. C'efl: les vendre & s'en défaire, 
fuivant les bcfoins que l'on a de fonds. 

§C? ACTIONNAIRE, f. m. Celui qui a une ou plu- 
lîeurs aélions dans une Compagnie de commerce j 
dans une entreprik. y^f?or_, créditer, hcs Actionnaires 
fefont allemblés. 

Les Kollandois emploient communément le mot 
êi'Actionifte, Celui éî Actionnaire ell adopté chez 
nous. 

ACTIONNER, v. a. Ne fe dit qu'en termes de Palais, 
encore efl-il vieux, & fignifie, intenter un procès à 
quelqu'un en matière purement civile. Litem incen- 
dcre. S'il refufe de me payer, je le ferai Actionner. 

ACTIONNÉ , ÉE. part. Il a la fignification de fon 
verbe» 

ACTIVEMENT, adv. D'Une manière aélive. Il ne fe die 
qu'en Grammaire. In agendi fignificatione. Ce verbe 
fe prend activement : c'eft-à-dire, dans unfens atlif, 
& marqtie une aétion; 

ift ACTIVITÉ, f f Dans le fens propre & phyfique, 
c'eil lapuilfance d'agir, la faculté Active. Vis agen- 
di, aclivitas. Cn dit dans ce lens , que le ku eft l'agent 
qui aie plus d' tjc?ivire dans la nature. L'affivift;' d'un 
poifon. On appelle fphère à! activité , l'efpace qui 
environne un corps, un agent naturel, &dans lequel 
fon activité' efï renfermée. Cette fphère s'étend julqu'à 
l'endroit où il peut produire quelque effet fcniiblc. 
Au-di'là de ce point , Ion adtion ne le fait plus lentir. 
La. fphèïc d'activité' d'un aimant, /^jf^ Aimant. 
Activité, fe dit figurément du feu de l'efprit, de la 
• diligence dans le travail, de la promptitude dans l'ac- 
tion. In açendo celeritas. L'activité de fon elprit s'é- 
tendoit Ij loin , qu'il y avoit peu de fcienccs où il 
n'eût pénétré. Les geiis du monde n'ont point d'autre 
vie que celles des paflîons qui les animent & qui font 
itoute leur activité. Port-R. La piété a bien moins 
d'activité & de feu que les pa'.lions. La Plac. Le 
même tempéramment qui donne de la diligence, 
donne une certaine activité à ceux qui en font capa- 
bles , qui les oblige à fe faire à eux-mêmes mille af- 
faires dil^iciles. M. Scud. La modération eft la lan- 
gueur de l'ame , comme l'ambition en ell l'activité. 
RocHEF. Dans un jour de bataille fon activité le mul- 
tiploit , pour ainii dire , parce qu'il fe trouvoit par- 
tout. EOURD. 
ACTIUM. Promontoire de l'Epire , devenu fmieux 
par la vidoire qu'Augufte remporta fur Antoine & 
Cléopatre à la hauteur de ce Promontoire , & qui 
décida de l'Empire entre eux. La bataille d^Actiumi'e 
donna, klon Dion Cailîus , le 6 d'Août -, Se félon 
d'autres, le kcond du même mois , l'année du 4*^ Con- 
fulat d'Augufte, la 30*^ avant 1 Ere Chrétienne, l'an de 
Rome 715 ou 71.1. Il y avoit aufîî une ville au même 
endroit nommée Aclium , qu'Augufte fit agrandir & 
embellir , & qu'il nomma Nicopolis ; c'eft- à-dire , 
yaie de la Victoire , pour être un monument de celle 
qui lui alîùra l'Empire. Servius néanmoins dit que ce 
fut Amlracia , &il appelle Leucate , &i non pasyî/f- 
tium, le Promontoire de l'Fpire, vis-à-vis duquel elle 
étoit fituée. Une médaille de T',r, frappée pour Marc- 
Aurelle porte au revers. Sept. Tvrus métro colo- 
NiA ACTiA. Et dans l'exergue eracl. M. Vaillant en 
a inféré que l'on avoit célébré les jeux Actiaqucs à 
Tyr en l'honneur d'Apollon. Colon. T. II. p. yi. Une 
autre Médaille de Tyr, frappée pour Fhihppelc père, 
a au revers dans une couronne Actia Kaicapia. Les 
Aâiaques Céfariens, ou joués à l'honneur de Cééir. 



ACU 

Probablement cela ne lîgniiîe autre chofe que deux 
jeux faits lur le rivage , ou au bord de la mer. Il y 
avoit dans cette ville un temple d'Apollon , qu'Au- 
gufte rétablit , tk rendit plus magnifique. Aulfi voit- 
on fouvent lur le revers des Médailles de ce Prince, 
un Apollon , avec Act. dans l'exergue. Ser\ius , au 
même endroit, c'eft-a-dire, lur le v. Z74 du IIP Liv. 
de l'Enéide, dit encore, qu'Augufte bàtk ce Temple, 
& non pas feulement qu'il le rétabht. 
ACTON. Ville d'Angleterre , fituée à cinq milles de 
Londres, fameufe par les eaux minérales purgatives. 
ijZr ACTORES fcrvi. On appeloit ainh chez les Ro- 
mains les Eklaves qui étoient les Intendans Se les Eco- 
nomes des familles. 
ACTORIDES. f m. pi. C'étoicnt deux frères, qui s'ap- 
peloient aink du nom de leur pcre Actor. Ils étoient 
fort habiles à conduire des chars: l'un renoitles rênes, 
& l'autre le fouet. Il en eft parlé dans Pindare , Se dans 
Phérécydes. 
ACTRICE. FoyeikcTïvv.. 

^ ACTUEL, ELLE. adj. Ce terme dans l'ufage ordi- 
naire , ainh que dans le ftyle didactique , (e prend 
dans diftérentes acceptions, & par oppofition à diver- 
les choies. 

Il eft quelquefois fynonyme de réel , effeftif. Quod 
ejlj aut exijlit reipfà. Payement actuel, payement 
réel , eftedfif. 
ffT Quelquefois fyhonyme de prefent. LiM actuel , ma- 
ladie actuelle. Monnoie actuelle, qui a préfenteraenc 
cours. 
èC? En Phyfiqite, on dit, chaleur actuelle, p.ar oppo- 
fition à la chaleur virtuelle , & airill de toutes les au- 
tres qualités Fhyfiques. Une force actuelle , qui eft- 
réellement en aélion. Une force virtuelle, qui n'agit 
pas dans le moment , mais qui a la faculté d'agir. Voye':ç_ 
Virtuel. 
f;Z? En Théologie , grâce actuelle par oppofition à grâce 
habituelle^ /^oyf:jGRACEi Véc\\è actuel, quel'hommd 
adulte commet par la propre volonté , par oppufition 
au péché originel, que nous contractons par origine, 
comme enfans d'Adam. ^oye:j Originel & Péché. 
0C? En Chirurgie , cautère actuel par oppohtion à po- 
tentiel. Voye-{ Cautère. 
ACTUELLEMENT, adv. Préfentement , effcdivement^ 
Reipfâ , re^^psè. Il l'a payé actuellc/nent en deniers 
comptans. Il a toujours été à Paris, & il y eft encore 
actuellement. Ces Cafuiftesindulgens ont déchargé les 
hommes de l'obligation d'aimer Dieu acluellementi 
Pasc. Selon quelques-uns , actuellement dans la pre- 
mière & plus ordinaire notion , lignifie prcientement. 
Il femble que dans tous les cas où il eft employé , 
c'eft la première idée qu'il frit naître, & s'il préiente 
celle de réahté , c'eft parce que ces deux idées vont 
néceftairement enlemble. Au rcfte, je ne voudroispas 
dire avec les nouveaux Vccabuliftes : je viens de le 
ça.ysx: actuellement ; &, quand ce ne kroit que pour 
éviter le louche de cette exprellion , je ne joindrois 
pas ce mot aux temps d'un verbe qui expriment une 
adion palfée. 

ACU. 

ACUANITE. {. m. & f Nom de feue. Acuanita.^ Quel- 
ques-uns des premiers îvlanichéens furent ainli nom- 
més d'un certain Acua, dilciple de Manès. ^oye:^ S. 
Epiphane , Haref. 66 , & M. Fleury. 

ACUDIA. f m. Petit animal des Indes occidentales ; il 
eft fait comme un efcaigot, un peu plus petit qu'un 
moineau. Il lert à éclairer pour écrire , peindre & faire 
d'autres ouvrages pendant la nuit. Il a deux étoiles ou 
taches lumineules proche des yeux , & deux autres fous 
les ailes, qui rendent une grande clarté. Si cuelqu un le 
frotte la main ou le viiage avec quelque humiditéqu'il 
a dans ces étoiles, il paroitra tout, brillant tant que cette 
humidité durera. Les Indiens s'en feivoient pour s'éclai- 
rer ; car avant l'arrivée des Caftillans, ils ignoioient l'u- 
lage des chandelles & des boucles. Herrera. 

ACUITZE-HUARIACUA. f m.>lante conhdérabledes 
Indes occidentales. Ses feuilles font lemblables à la 



ÀDÀ 

poVellc, cV foitcnt de la mcinc nicmc. Ses tiges ronc 
romies & tcndics, de la hauteur de 4 à j- pouces. Au 
Commet de (es rameaux iiaillent des petites Heurs d'uii 
blanc tirant fur le rouge , allembLes en rond. Sa racine 
eft ronde, blanche en dedans, jaunâtre en dehors. Cette 
plante croit dans les climats tempérés , ou peu chauds , 
&dans les lieux plaiS & humides. On le iert , principa- 
lement en Médecine , de (a racine , qui eft d une 
nature tempérée, ou un peu plus froide & plus hu- 
mide que chaude & lèche, & qui ell d'un goût doux 
& agréable. Son lue, ou la liqueur qui en découle, 
appaile l'ardeur de la fièvre & fortifie le cœur. C'ell 
un contrepoilon très-prélent & très-U'ir. Il rélifte aux 
piqûres venimeules , principalement à celles du Icor- 
pion. Sa racine, lur tout, broyée & appliquée en em- 
plâtres, a beaucoup de force. Outre cela, cette plante 
appaile les douleurs des reins, tempère l'acrimonie des 
urines, modère les douleurs de poitrine , donne de 
l'appétit , guérit les tumeurs qui naiffent à la gorge ; 
c'eft même un remède contre tontes fortes de mala- 
dies , de quelque manière que l'on en ule , li l'on en 
croit Hernandez dans Ion Hiftoiredes Plantes du Mexi- 
que , L. vil. C. J3. d'où ceci eft tiré. Cet Auteur dit 
que cette plante croît chez les Michuacanoix -, qu'on 
lui donne encore d'autres noms : que quelques uns 
l'appellent OijPtZ huacai'^tic , à caule de les qualités 
froides , ik de la blancheur de (a racine; que d'autres 
la nomment Buichocataqua. Il ajoute qu'il a encore 
oui parler d'une aijtre efpèce à' Acuif^e-huariacua , 
que les gens du pays nomment Uqulro , & d'autres 
Scorfonere ; mais qu'il ne l'a pas vue. 

ACUMULO. Bourg du royaume de Naples. Acumulum. 
Il eft dans l'Abruzze Ultérieure , aux confins de la 
Marche d'Ancone & de l'Ombrie, fur la rivière de 
Trente , entre la ville d'Alcoli & celle de Riéti. 

AC UT. 1. m. & adj. Terme d'Imprimerie , qui le dit d'un 
caractère marqué d'un accent aigu. Littcra accentu acu- 
tonotata. Un e iîc«^ eft l'e fermé ou mafculin, comme 
dans le mot probité ^ qu'on eft obligé de marquer 
ainfî , pour le diftinguer de 1'^ féminin ou de \'c ou- 
vert, qui doit être marque d'un accent grave , ou 
d'un circontlexe dans les mots bète j tête^ prêt. Les e 
font marqués d'un circonflexe , pour avertir que l'c' 
eft ouvert, & que la lyllabe doit êtrealongéc, parce 
qu'il y avoir autrefois un s après cet e , qu'on a 
lupprimé i & dans les mots , Procès ,fucccs , après j 
on doit mettre un accent grave, pour marquer que 
\'e eft encore ouvert , &z que ces mots le doivent pro- 
noncer comme s'ils cioiQwi cents, Procais ^fuccais^ 
aprais. 

ACUTS. 1. m. pi. Ce font les bouts des forets év des 
grands pays de bois. Dict. Econom. 

ACUTANGLE, adj. Terme de Géométrie. Il fe dit des 
triangles, dont les trois angles lont aigus. Quand un 
triangle a les trois angles aigus , il s'appelle acittan- 
gk 3 ou Oxygone. Le P. Pardies. 

^ACUTANGULAIRE.adj.^CMW/j^tt/^m.Nomque 
l'on donne à une figure de Géométrie , dont les angles 
font aigus. 

ACZIR. Ancienne ville de la Tribu de Juda* Ac^ibi Elle 
étoit près de Céila & de Maréfa. 

ACZIBA. Foyei Achazib. 

ACZU. Ville de la grande Tartarie , fitu.ée dans le 
royaume de Tanguth , près du Chlamay , ou Chi- 
mol. Quelques Auteurs croient que c'eft l'ancienne. 
Au'^acia. 

ACZUD. Petite ville de la Valaquie. Aciudia. Elle eft 
fur la rivière de Miflowo , au midi delà ville de Braif- 
low , & entre celle de Targovilcou & de Torgorod. 
L'Atlas de Samlon nomme cette Ville Ac^ab^ 8c n'en 
fait qu'un village. Celui de M. Delifle n'en parle point 
du tout. 

ADA. 

$3" ADA. Ville de-la Turquie Afiaftiquc , fur la route 
de Conftantinople , à Hifpanan. 

•ADAD , ou ADOD. f m. Adadus. Divinité des Alfy- 
riens. Macrobe, qui en a parlé au Ch. 18 de Ion pre- 
mier Livre , dit que ce nom lîsjnifioit , un: Il s'cft 



À D A . T o ^ 

trompé : un en Aft yrien fe difoit t<"in bhada , & non pas 
TlR bhadad jquï fignifioit plutôt aigu. Quelques uns 
croient que c'étoit un Dieu , &: qu'on lui donnoit 
peur femme Adargatis, ou Athergaris. Seldcn, de Diis 
Syr.fynt. t. i. prétend qn' A dad étoit le foleil-, que 
ce nom ne marque mal pas les cris , ou les exhorta- 
tions , les excitations de gens qui exhortent, celcufma 
hortantium ; &; qu'il poiu'roit bien avoir du rapport 
avec les cris des enfans , dans les lacrifices du Moloch. Il 
dit encore qu'il eft dittérent de Ada, qui eft du fémi- 
nin , & qui pourroit bien être la même Décile qu'A- 
thergaris , out Derceto. Quelques- uns on dit que ce 
Dieu Adad étoit Adad Roi de Syrie , dont Jofephe 
parle dans le ix. Livre de les Antiquités, C. 2. où il dit 
qu'^i/a'i^û'&^^iîè/quiluiluccéda, après l'avoir étouffe ^ 
font honorés comme des Dieux par les Syriens , fur- 
tout à Damas. 

ADADA. Ancienne ville de la Terre-Sainte. Adada. Elle 
étoit dans la partie méridionale de la Tribu de Juda, 
près des montagnes de Seïr. 

ADADREMMON. Ville de la Terre-Sainte. Adadrem- 
vion. Elle étoit dans la plaine de Mageddon, entre les 
villes deJelrael & de Mageddon. Elleappartenoità la 
deiBi-Tribu de Manalfé en deçà du Jourdain. Adri- 
comius prétend que c'eft la même qui fut appelée 
Maximianopolis. Les LXX traduilent Adadrcmmon 
par Grenade -, en cftct pDI Remmon en Hébreu, li- 
gnifie une grenade, !k fiint Jérôme dit que la campa- 
gne où cette ville étoit lituéc, étoit plantée de gre- 
nadiers. 

ÇCr AD/EQUAT, ou ADEQUAT, ATE. adj. Addqua- 
tus. Terme de Logique , lynonyme avec total. L'objet 
adéquat d'une fcicnce eft celui qui comprend les deux 
objets, le matériel & le formel. T^oye-:^ ces mots. En Mc- 
taphyliqueon le dit aullî des idées. Idée adéquate , où 
totale, eft la vue de lelprit occupé d'un objet tout entier, 
par oppolition a partielle ou inadéquate , qui eft une vue 
de l'elpritoccupé dune partie leulemenr d'un objet. 

ADAGE. L m. Proverbe , lentence populaire, & com- 
mune. Adagium. Il n'eft' en uiage qu'en ces phrafes. 
Les Adages d'Eralme. C'eft un vieil Adage. Autre- 
ment on ne le dit qu'en badinant , ou pour méprifer 
un ouvrage chargé de vieux proverbes. Ce mot vient 
de ad &c agor^ dit Scahger; quod agatur ad aliud fi^ 
gnandum , parce qu'on en ufe pour fignificr autre chofe; 

%fJ' ADAGIO. Adverbe Itahen , qui lignifie à \aife y 
pofément. En Mulique ce mot écrit à la tête d'un air 
délîgne le plus lent de quatre principaux degrés de 
mouvement établis dans la mulique Italienne. 

§Cr On le dit comme f m. du morceau de mulîque, dont 
il détermine le mouvement, /oiier un Adagio. 

ADAL. 1. m. C'eft , (elon Paracelle, la partie des plan- 
tes qui conftitue leurs propriétés médicinales, ou, ce qui 
revient au même , la partie pure &: adtivc des plantes; 
leparée de la partie impure <ïv: tcrreftre. 

ADALBAULD. f m. Nom ]pr:o^ïc,Adalbaldus. S. Adal- 
bauld étoit de la race de Dagobert. Chast. 1. Fe'v. 

ADALBERT , ou ADELBERT. (. m. T-^oye^ Albert. 

ADALIDE. f. m. Adalis. Les Adalides font en Elpagne 
des Ofticiers de Juftice pour les troupes. Rodrigue de 
Tolède, lesLoixduRoi Alphonle, & Grégoire Lopcz 
en parlent. Suivant les Loix d'Alphonfe, les Adalides 
lont des Officiers qui lont chargés de conduire les trou- 
pes dans leurs marches en temps de guerre, Lopez dit 
que les Adalides jugent les diftérens qui arrivent au 
fujet des courfes qu'on fait dans le pays ennemi , du par- 
tage du butin , (^' de la reftitution des chofes qui fe 
perdent: c'eft encore aux Adalides a mettre pendant 
le jour des fentinelles qui les avertillent de tout. 

ADAM. f. m. Adam, a ; Adamus. Ce nom eft pure- 
ment Hébreu. Dieu lui-même femble en marquer l'o- 
rigine , Gen. III 19 , lorfqu'il dit au premier homme: 
l'ous mangere"^ votre pain à lafueur de votre corps y 
jufqu'ci ce que vous retournie:^ à la terre , en Hébrcâ 
el haadama ; car c'eft d'elle que vous ave:[ été' pris: 
Cependant on varie fur l'étymologie & le fens de ce 
nom. La plus commune opinion eft que ce nom vient 
de ^Ù^i?, Adama , terre , & qu'il fignifie tcrreftre ■ 
delà vient que les Feres Grecs llnterprctcnt 'ii'uss-f àii 



Î04. AD A 

:x"xif. D'autres veulent qu'il lignifie rouge , du vt rW 
Hébreu ^I^^S , Adam, être rouge, parce que la couleur 
<le l'homme & de fa chair eu roii^eâtre. D'autres joi- 
.gnent ces deux opinions , & dilenr qu'Adam lignifie , 
celui qui eft pris d'une terre rouge , &. qui pour cela 
cliappelé rowe, aulli bienquela terre dontil eftlormé. : 
ludolf. Hift. d'Etiop. L. i. C. i f, croit qu'il fignifie 
beau , parfait ; parce 'qu'en Ethiopien il a cette ligni- 
fication, lin Protellant d'Allemagne, nommé Neuman, 
prétend que la véritable racine de ce nom eft CTil , 
dam y verbe primitif, qui lignifie acquicfcer , ctre^ 
content, &,répond aux mots Allemands, ruhen , geruen, 
behuren ■ qu'ainli CUIS? , Adam , nom dérivé de ce ver- 
be , fignifie une choie a laquelle on acquielce, qui 
fait plailîr, qui donne du contentement, qui eft agréa- 
ide ; que c'eft pour cela qu'on a appelé le rouge , 
Adam, en Hébreu , comme la couleur qui plailoit le 
plus-, & qu'au contraire les Arabes appellent le blanc, 
lAdam , parce que le blanc eft la couleur qui leur 
plait davantage ; que c'eft encore pour cela que dans 
l'Ethiopien , Adam fignifie , beau , agréable. Ainfi 
Emi? , Adam,[e\on cetAuteur, fignifie repos, acquief- 
ccment ; &la terre a été appelée adama ,'^xicç. qu'elle 
«ft en repos , & que dans la divilion des élémens elle 
^Uée eft à l'endroit le plus bas, où elle perlifte en repos : 
XJtpote quA nïhïl aiiud cji niji quiefcens femper ath- 
mofphdrdi. hujus , totiufque univerji fedimentum, quod 
in prima rerum divijione ima petiit , & cui hodie om- 
nia modo debito confirmata acquiefcunt. Pour le pre- 
mier homme, il a été appelé Adam, c'eft à-dire , 
beau , agréable aux yeux de Dieu , conforme à Dieu, 
qui acquielça à cet ouvrage de les mains, & en fut 
content; & parce qu'après l'avoir fait. Dieu fe repofa. 
Alais tout cela n'eft qu'une lubtilité outrée. L'écriture 
marque le fens & l'étymologie de ce mot, comme je 
l'ai dit , G en. III , 1 9 & encore II. 7 , où elle dit que Dieu 
fomia Adam d'argile , & de Vhaadama , c'eft à dire , 
de la terre. Car c'eft ainfi mot à mot que l'Hébreu s'ex- 
prime ; Se ce jeu de mots, cette alluiion de adam & 
adama , lemble n'être faite que pour nous marquer le 
fens du nom Adam, & la railon pour laquelle il fut 
donné au premier homme, f'^oye^ encore S. Paul. Cor. 
Les Grecs célèbrent le 4 de février , par une efpèce 
de deuil , & de cérémonies triftes , le bannilfement 
d'Adam & d'Eve du Paradis terreftre; apparemment 
parce que c'eft le premier jour auquel lEglile lalîc 
iouvenir les fidèles de la fentence portée contre Adam , 
en leur mettant de la cendre fur la tête , & leur di- 
fiint : Souvenez-vous , ô homme ! que vous êtes pouf- 
Jière , & que vous retounere-^ en pouJJIère. Car le 4^ 
de Février eft le jour des Cendres quand Paque eft le 
zi Mars. Les mêmes Grecs célèbrent la mémoire d'^- 
dam & d'Eve, & des autres Juftes, le Dimanche qui 
précède la Nativité de N. S. F'oyez leurs Ménologes , 
& BoUandus , Fév. T. i . p. 440. 
Adam, dans l'Ecriture, eft aulîî le nom de l'elpèce, & 
fignifie en général 7fo/72;;zt?. Gen. V, 2. Dieu les créa 
mâle & femelle, & appela leur nom Homme. Genev. 
& LovAN. En Hébreu Adam. Créons l'homme à no- 
tre image. Sacy. 

Le fécond Adam , ou le fécond homme , dans S. Paul , 
c'eftJÉsus-CnRisT. i. Cor. xv, 45. Adam lepremicr 
homme a été créé avec une ame vivante, & le lecond 
^cfa/naétéremph d'unefprit vivifiant,v.47.Lc premier 
homme eft le terreftre formé de la terre , «Se le fécond 
homme eft le célefte delcendu du Ciel. Port-P.. 

Quelques Grecs interprètent cabaliftiqucment le 
nom Adam, &dilent que A, lignifie à.^a.^tA■!l ^{'orient ; 
Y) ,fyci! , le couchant : A , «■ py-Tf , \c Jeptentr.'on : M. 
fi.i7ti/j.fip'a.^ le /nidi ; parce qu'il étoit Roi des quatre 
parties du monde, où qu'il devoit les peupler, &les 
remplir, ou qu'il éroit un petit monde, f^i^fî^icjut!. 
On dit d'un homme d'un naturel heureux , de d une 
grande innocence de vie , que c'eft un homme en qui 
Adam n'a point péché , ou qui n'a point péché en 
^(/rfOTj comme s'il n'avoit point participé au péché ori- 
ginel & à les fuites , & qu'il lut dans l'état d'innocence , 
où étoit Adam avant fon péché , i^c où nous ferions 
s'il ne l'avoir point commis. 



A D A . 

On dit proverbialement, qu'un homme h eft pas de 
la côte à' Adam, pour marquer qu'il eft d'une condi- 
tion médiocre. On dit d'une perlonne que l'on ne 
comioit pas, qu'on ne la conno'it ni d'Eve, ni à' Adam. 

Adam. Le pied A' Adam. Montagne de l'Ile de Ceylan. 
Mons adami. Elle eft dans le royaume de Cande. Les 
habitans qui prétendent que leur ile eft le Paradis 
terreftre , dilent qu'il y a lur le haut de cette monta- 
gne le veftige du pied d'un homme ; & o^zz'zSiAdam 
qui l'y imprima en montant au Ciel. C'eft de-là qu'on 
lui a donné Ion nom. 

ADAMA. Adama. Les tradudeurs de Genève , & les 
Delmarets prononcent Adma , gardant les voyelles & 
la prononciation hébraïques. C'eft une ville de laPen- 
tapole , pro'chc de Sodome & de Gomorrhe , & qui fut I 
conlumée avec elles par le feu que Dieu fit pleuvoir " 
fur ces villes infâmes. Les limites de Chanaan lurent 
depuis le pays qui eft en venant de Sidon à Gerara , 
jiilqu'à Gaza, & julqu'à ce qu'on entre dans Sodome, 
dans Gomorrhe, dans Adama , & de Séboin julqu'à 
Léla. Sacy. 

ADAMANTÉE. f. f. ^i/iiman/^^. Nourrice de Jupiter, 
qui pendant qu'Ops, mère de ce Dieu , falloir dévo- 
rer par Saturne une pierre en la place , lulpendit le 
berceau de ce petit enfant à un arbre , afin qu'il ne -■ 
fut trouvé ni fur terre, ni fur mer; & qui pour em- " 
pécher que les cris ne fullent entendus , rallembla lous 
l'arbre une troupe d'entans , à qui elle donna de pe- 
tits boucliers, lur lelquels elle les laifoit frapper avec 
de petites lances. Hygin. Fah. 13c- 

ADAMANTIS. f. f. Nom d'une plante qui croît , félon 
Pline , dans la Cappadoce& dans l'Arménie. Il lui don- 
ne la vertu de tcrraller les hons , & de leur ôter leur 
férocité. Ub. XXI r, ch. ij. 

ADAMI. Ancienne ville de la Terre Sainte. Adami. Elle 
étoit dans la partie orientale de la Tribu de Nephthali, 
à l'occident du Jourdain, peu éloignée du lac appelé 
les Eaux de Merom. J 

ADAMIENS. f. m. pL /^qyeij- Adamites. * 

ADAMÎQUE. adj. m. & f. Il fe dit dune efpèce de 
terre. V'oyeiTïKKE k-oAuiavE. Adamicus, a, um. 

ADAMITES. f. m. Ce lont d'anciens hérétiques , qui ont 
voulu imiter la nudité à' Adam, comme 11 l'homme 
avoit été rétabli dans l'état de l'innocence originelle. 
AdamitA. Ils alîlftoient tout nus dans les temples, (SvT 
fe joignoient publiquemenr avec les femmes. S. Epi- 
phane,S. Auguftin &<. Illdore en font mention. Pro- 
dicus fut auteur de la lede des Adamites , au rapport 
de Théodoret. C'étoit une branche des Bafilidiens & 
des Carpocratiens. Ils enleignoient les mêmes erreurs. 
Cette ledte le renouvella vers le commencement du 
XV fiècle. Leur chef s'appeloit Picard. Il pafta de 
Flandre en Allemagne. H prétendoit rétablir la loi de 1 
la nature, qui, lelon lui ,conliftoit en deux points ; la 
communauté des femmes, & la nudité. Ces derniers 
marchoient nus dans les places publiques , au lieu 
que ceux dont parle S. Epiphane , ik qui ne fubfif- 
toient plus de fon temps , ne fe dépouilloient de leurs 
habits que dans leurs alFcmblées. Il y a des Adamites , 
en Angleterre, qui font leurs alfcmblées de nuit, <Sc 
qui ont pour devife ce vers latin : 

Jura , pcrjura, fecretum prodere noli. 

Jure, parjure, & ne découvre point lefecrec. Jovet. 
Il y en a aulH en Allemagne qui vont nus , & refu- 
lent les habits qu'on leur prefente , affectant l'inno- 
cence & la fiinteté d'Adam, Ils vont errant dans les 
bois , rapportent le comniencemcnt de leur Ie<5te à 
Adam Se a Eve, failant gloire d'être appelés leurs enfuis. 
Quelques-uns difent Adamiens ; Adamites eft plus en 
ulage. 

IC? ADANE. f. m. En italien Adello , ou Adeno , en 
latin Attilus. Voyez Attilur. 

At)ANT, ANTE. adj. Vieux mot. Profterné. C'eft peut- 
être une corruption du mot Adorant. Il y en avoit plu- 
licurs devant le corps de Notre Seignfur, qui étoit en 
la nef, tous adans &c crians pardon à Dieu. Join- 

VILLE. 

ÇfT ADAOUS ' 



ADA 

|C? ADAOUS , ADOWS , ou QUAQUA. Peuple 
d'Ahique, dans k Guinée propre , à l'orient de l.i 
rivière de Suero de Cofta , qui le fcparc de la cote 
d'or. 

ADAPTATION. C f. Action par laquelle on applique 
une chote à une autre. Accommodaùo. VAd.iptiztion 
d'un récipient au chapiteau d'une cornue. On ne le 
dit guère que dans le dogmatique. 

ADAPTER. V. a. Appliquer, ajuiter, accommoder une 
chofe à une autre. Accommodare. On s'en lert princi- 
palement en Chimie. Adapter un récipient au chapi- 
teau. Appliquer & ajufter leroient tout auili bons. 

ÇCJ" Adapter, le dit encore pour apphquer un mot, un 
pairage à une perlomie, à imiujet. Ce vers de Virgile 
lui a été bien adapté. Cette comparailon cft ingé- 
nieufe, mais elle efl: n\Aadaptéc. Ce mot vient du La- 
tin , & eîl: compote de ad & aptarc. 

Adapter , en Architedlure , c'ell ajiifter une faillie , 
ou un ornement à quelque corps d'ouvrage de maçon- 
nerie , de menuiferie , &c. On adapte un panier de 
fleurs à un chapiteau. 

ADAPTE , ÉE. part. Accommodatus. 

AD AR. f. m. Adar. Dernier mois, ou dernière lunaifon 
de l'année hébra'i'que, ou juive, comme il eftdit dans 
Efther xvi. 20, Ce nom ne fe trouve point avant oz 
temps-là dans les Livres de l'Ecàture i les Juifs l'a- 
voient pris des Babyloniens. Les Hébreux d'abord ne 
donnèrent point de noms à leurs mois : ils difoicnt , 
le pteiTiier , le fécond, le troilième mois, &c. comme 
on le voit dans les Livres de Moyfe , & dans^beau- 
coup d'autres endroits. Dans la fuite , quand ils eu- 
rent plus de commerce avec leurs voifins , ils emprun- 
tèrent d'eux les noms des mois. C'eft dans l'hiitoire de 
Salomon , IIÎ. Reg. vi. i. 38 , que nous trouvons pour 
la première fois des noms propres de mois. Ce Prince 
introduifit bien des coutumes étrangères ; ilparoîtméme 
que 1 ufage ne s'en établit pas encore trop bien -, car nous 
n'en trouvons qu'en ce leul endroit , & deux feule- 
ment, Zlo 3 & Bul. Mais pendant la captivité de Ba- 
bylone, les Juifs prirent des Chaldéens les noms des 
mois, &nous en trouvons plus communément depuis 
ce temps-là. C'eft de laque vint celui à' Adar. Comme 
les Juifs avoient le cycle de 1 9 ans , & un mois inter- 
calaire de temps en temps , il y avoit ces années -là 
deux m'ois Adar. Le premier Adarétoh de 30 jouis; 
le fécond n'en avoit que 29. Les années communes, 
ou non intercalaires , Adar n'avoir encore que 29 
jours. Les années du cycle de 19 ans, qui avoierit deux 
Adar, étoient la 3^ la 6^, la 8^, la ii^, la i-"^, & 
la i9^/''bve^ le Calendrier hébra'ique de Munfter ,& 
celui qu'a donné Bartholocci dans la Biblioth. Rab- 
bin. T. IL p. s 02 & fuiv. 

Adar, étoit aulli une ville de la tribu de Juda, dans le 
midi de cette tribu , en tirant vers l'Idumée. On trouve 
auiîi Addar. C'eft la même chofe. 

AD ARC E. f. f. Ecume falée qui s'amaiî'e dans les ma- 
rais pendant la fécherelle. Adarca & Adarce. Cette 
drogue eft féche , & tellement chaude , qu'elle a une 
vertu cauftique. \J Adarce eft acre : on le fert de 
\ adarce pour les dartres -, on mcle l' Adarce avec de 
la graiffe. 

ADARE. Ville d'Irlande. Adara. Elle eft fur la rivière du 
Mage, dans le Comté de Limérick, qui fait partie de 
la Momonie. 

ADARGATIS,ouADERGATîS,ou ATERCATIS.ff. 
Divinité des Syriens, dont ils faiioient la femme du 
Dieu Adad, & que Selden ,de Dus Svriis Syntagm. 
II. C. 2 , croit avoir été le même que le Dieu Dagon, 
dont les Européens , par corruption , ont i^iAdlrdaga , 
Atergatis , Adergatis , Dcrcéto ; Se mcme Argatis , 
qui fe trouve dans Tertullien , adv. Nation. L. II. 
C. S. Dans cefentimentil fautdire cyiÇ. Adargatïs s' z'ix. 
formé de Adar , grand, magnifique, & de Da^-on. 

ADARIGE. Quelques Chimiftes donnent ce nom au fel 
Ammoniac. Harris. 

ADARME. f. m. Poids qui eft environ la feizième par- 
tie de l'once parifienne. Cet Adarmc cft le même que 
le demi-gros. C'eft un peut poids d'Efpagne dont on 
Tome L 



A. D D 1 o 7 

fe fert aufiî à Buenos- Aires , & dans toute l'Américué 
Elpagncle. L'once de Madrid eft moins forte eue ceik 
de France en cette proportion, que cent onces deNla- 
dvid n'en f-ont que <)G de Paris. Enfin, l'once d'Ef;, agné 
cft d'un feptième pour cent moins forte que celle de 
Paris. 
ADARSA. Ville ancienne de la Tribu d'Ephra'i'm, dans 
la Terre-Sainte. Adarfa. Le premier Livre des Aiaciui- 
bées, qui au ch. VII. v. 40, la nomme Adarfa , 1 ap- 
pelle Ada:^er au v. 41. 

rcJ- ADASTAN. Ville d'AIÎc , fur les frontières de la Bi- 

thynie , luivant Davity & Thcvet. 
Af) ATAIS , ou ADATIS. f. m. Toile de coton , ou mcul^ 

Icline, venant des Indes orientales. Les plus beaux Ada- 

r/jT le font a Bengale. Ils font trèsfins & très- clairs ; 

chaque pièce a dix aunes de longueur , Se trois quarts 

d aune de large. 
ADAZER. Foyei ADARSA. 

A D D. 

ADDA. Rivière d'Italie. Ah duo , Addua. Elle prend fà 
iource au mont Braulio, iur les confins du Tirol, Se 
du pavs des Grifons, cc^uledans la Valtcline , traverle 
le lac deCumes, baigne Bormio, Lodi, c\' fejette dans 
le Pô, au-delîus de Crémone. 

ADDAD. f. nii Nom que les Arabes donnent à une ra- 
cine d herbe fort amère, qui le trouve en Kuuudie, 
& par toute l'Afrique , «Se qui eii (î vénéneule , que 
30 ou 40 gouttes d'eau dift. liées de cette raciie , font 
capables de iaire mourir une perfunne en une heure. 
Ablanc. Trad. de Marmot:,!. J'II , C. n 

ADDAR. Foyei Adar. 

IfT ADDITION, f f. Accejfio, Adjeclio. Ce mot qui 
vient du latin Addere , ajouter, lignifie ce qui eil: ajouté 
à une choie. Par V Addition 3 on joint des choies dif- 
férentes , ou fi elles lont de la même elpèce , en les 
joint de façon qu'elles ne lont pas confondues enftm- 
ble , & qii'on les diftingue encore l'une de l'autre après 
qu'elles lont jointes. U'T Faire des Additions -, de lon- 
gues Additions a un livre. La plupart des Auteurs qui 
font réimprimer leurs livres, y font faire àzs Additions 
& des Supplémens* Us font fouvcnt des Additions 
luperHucs, au lieu de retrancher l'inutile. 

|G° Faire des Additions à Un livre , dile:it les Vocabuliftes, 
c'eft augmenter ce livre , c'eft y aji^uter de nouvelles 
idées , de nouveaux faits , eu c'eft limplcment don- 
ner plus d'étendue , plus de dévcloppemeut aux 
chofes contenues dans ce livre. Cela n'cft ni exaJt, 
ni vrai. Augmenter une choie , dit }A. l'Abbé Gi- 
rard , c'eft la rendre plus grande & plus abondante , 
par une Addition faite de façon que ce qu'on y joint , 
f e confonde , & ne falfe plus avec elle qu'une feule 
Se même chofe ; ou que du moins le tout enfcmble 
ne (oit conluiéré après la jonction que fous une idée 
identique. Amfi augmenter un livre , c'eft y fondre 
de nouvelles idées qui développent ou étendent les 
premières , enforte que les rares <3c les auties fc trou- 
vent confondues, iScne fallcnt plus enlemble quUne 
même chofe. L'Addition au contraire eftccmpolee de 
parties connues & déterminées, très-louvent diftérentes 
des chofes auxquelles on les joint , & qu'on peut 
toujours difting'icraprès leur jontbion, fi elles lont de 
même nature. 

^fT Les Imprimeurs appellent auffî Additions , les peti- 
tes notes, les explications qui fe mettent a la marge, ou 
au bas d'une page imprimée. 

Addition, en termes d'Arithmétique & d'Algèbre, eft 
la première des quatre règles fondamentales de ces Icien- 
ces : elle fait trouver la fomme totale que compolent 
plufieurs nombres , ou quantités particulièrement ajou- 
tées enlemble. Additio. On arrange ces ncmbres les 
uns fous les autres ; enforte que les nombres fimples 
foient fous les nombres fimples , les dixaines fous les 
dixaines; ce qui forme plufieurs colonnes. On com- 
mence à compter par la dernière colonne , de haut eii 
bas. Si les nombre de cette colonne étant alLemblés 
n'excèdent point le nombre de 9, il faut marquer iottsi 

O 



jo6 



ADD 



xette licnie, dans le rang de la même colonne , le nom- 
bie que vous avez trouvé. S'ils excèdent le nombre de 
5», il faut marquer Tous la même colonne le nombre 
qui excède , ôc retenir l'autre pour tranlporter à la co- 
lonne luivante , & le joindre avec ceux de cette co 
îonne , comme étant de même valeur. Roh. Le nom- 
bre qui réfulte de l'addition , de l'airemblage de ces 
nombres, s'appelle la lomme. 

Exemples A' additions Arithmétiques, 



î6 


Î4 


756 


5789 


95256 


71 


68 


382 


345i 


13700 


•88 


102 


568 


789S 


78250 






■1706 


iilZ 
20396 


97662 

15628 

298496 



Si les nombres font de différentes dénominations, /'«;■ 
exemple , de livres, de fous & de deniers , il faut ajou- 
ter enfemble tous ceux d'une même dénomination, en 
commençant par la plus balfe; & fi après l'addition il 
y en a aiîez pour faiae un nombre d'une dénomina- 
tion plus haute ^jar exemple _, alfez de deniers pour 
faire un, ouplulieurs lous5il faut les ajouter aux chif- 
fres de cette dénomination-, c'ejl-à-dire, aux fous, & 
ne retenir pour les deniers que les nombres qui ne mon- 
tent pas jufqu'à douze, & ne peuvent par conféquent 
faire un fou; & ainiî des fous par rapport aux livres. 
Exemple. 

9 , 2 , & 8 , font 1 9 : deniers 
dans 1 9il y a luie fois douze , 
qui tait i fou ,_plus 7 deniers. 
Il faut marquer 7 d. & retenir 
I f. pour le joindre à la colon- 
ne fuivante , qui font des fous. Ainfi i &5 & i &7 font 
14. Je metsiîf & retiens i pour la colonne des dixaines 
1 & I & I font trois dixaines de fous, ou 30 f". Dans 
30 f. il y a une fois 20 f. qui font une livre , plus lof. 
J'écris I dans la colonne des dixaines de fous, &je re- 
tiens I pour la colonne des livres ; &: je continue l'ad- 
dition des livres, félon les règles précédentes. 

En Algèbre, l'addition fe tait, en joignant enfem- 
ble les quantités propofées , & confervant leurs pro- 
pres marques. La marque de l'addition en Algèbre eft 
-+-, que l'on luppofe toujours appartenir à la quan- 
tité qui fuit. Ainiî il vous voulez ajouter 2 a àtroisiZj 
la fommelera 2 a -h- 3 a ; c'efl-à-dire , 2 alpins 3 a j, 
ou 5 a. Ou Cl vous ajoutez a -+- 2 b 

a. c-^bb 

La fomme fera a -+- 2 b — !— c -+- bb 



^15' 


12^ 


8^ 


95 


11 


2 


3 


; 


9 


^54 


14 


7 



Pour faire plus .aifément l'addition en Algèbre , voici 
les règles qu'il faut obfervcr. 

1° Quand on veut additionner des quantités entiè- 
res fimples & femblableSjilfaut joindre en une fomme 
tous les nombres, & joindre à cette fomme les lettres 
par lefquelles une de ces quantités eft exprimée. Par 
exemple. 

b 

ib 



fait 



3^ 



Et 

b cd 
ibcd 
à, bcd 



fait jh c d 
Et 

5 6 d'c 

4 ^ f 



La fomme efl 40 <f c 



2° Quand deux quantités fimples & femblables ont 
deux nombres égaux devant elles , mais des fignes ou 
des marques diflérentes ; c'ejl-d-dire , que l'une a la 



ADD" 

marque de l'addition -t- &c l'autre la^ marque de la 
f ouflraôtion , alors la lomme eft o. 



Ainfi -i- 5 a 


bb 

-H bb . 


fait 00 


fait 00 


Et 

-^ydcc 
■ 7 dcc 



fait 



La raifon en eft manifeile , parce qu'une quantité qui 
a devant foi un fîgne négatif, eft directement contraire 
à une égale quantité, qui aura devant foi un iigne af- 
fîrmatif. Ainfi elle la détruit entièrement. Si un homme 
a 10 1. dans la caifette , & qu'il vienne à s'endetter de 
10 livres; c'eft-à dire, fi vous ajoutez à ce qui effdans la 

caflette ici. moins dix livres , ilnerefte rien. Ainfi 

c'cft une règle générale en Algèbre , que ajouter ■ 

c'eft la même chofe qu'ôter -*— •■, & ôter c'cft la 

même chofe qu'ajouter -4— ; ôc ôter -4- c'eft la même 

chofe qu'ajouter . 

3 " Si l'on propofe des quantités fimples & fembla- 
bles , mais qui aient des fignes ditïérens, & des nom- 
bres inégaux, citez le plus petit nombre du plus grand ; 
& ajoutez au nombre qui refte la lettre , ou les let- 
tres qui avoient ces deux nombres , & mettez devant 
ce même refte la marque du plus , d'où vous avez 
fai^la loultraclion. Ainiî 



3'^ 
a 



Et 



■ib 



-\- i a . b 

Oii en voit la raifon parce qui a été dit dans la règle 
précédente 

4° Quand il faut additionner plufieurs quantités 
fimples & femblables , mais qui ont des fignes difFé- 
rens , faites une addition des quantités aflirmatives , 
& une autre des quantités négatives -, faites enfuitel'i?^- 
dition de ces deux fommes , félon la troifième régie 
que nous venons de donner. La lomme de cette Aqï- 
mcie addition fera celle que vpus cherchez. Par exem- 
ple. 

7a ~\ 

' 3 ^ C ^°'^ 

-4- 9a } H- 14^ 
fomme -+- ^a 

Avec un peu de réflexion fur ces régies , on peut aifé- 
ment faire l'addition des quantités compofées. Ainfi 

H- 3 ee -h 7 M ) 

ee ibby -]- ^ ee -\- j bb -\- ^ff" 

H- ff^iff)— ee — ibb 

La fomme -+- 2 ee -+- $ bb -{- j^f, Harrcs, 

La preuve de l'addition eft la fouftraction -, c'eft-à- 
dire, quepours'ailurer que l'addition a été bien faite, 
il faut fouftrairede la fomme qu'on a trouvée par l'ad- 
dition-, tous les nombres qu'on a additionnés , les fou(- 
traire , dis-je, les uns après les autres. Ainfi pour prou- 
ver que 756. 832, & 568 additionnés enfemble font 
1706. 

De i70<î 

Il faut fouftraire 5^'^ 

Ilrefte "3^ 

De , • . 1138 

Je fouftrais 5?^ 

Ilrefte 75'^ 

De 7;6 

Je fouftrais 75*^ 

U refte 000 



A D E 

Vaddhion a donc été bien hiite. 

De tncme ea Algèbre. De . . a ^ h -\- c 

Je fouftrais • c_ 

Il refte a -\- b 

D'où je fcuftrais • ^ 

Il refte a 

Je fouftrais ^ 

Il refte o 

Addition d'aunAGE. On xçi^^zWz Addition d'aunagc 3 
celle qui fe fait du nombre d'aunes que contiennent 
plulîeurs pièces de marchandiles d'une même efpècej 
pour en conno'itre le rotai, f'oye:;^ Bordereau. 

On dit en ternies de Palais , Additions premières, 
fécondes, troiiîèmes : ce lunt les nouvelles écritures 
qu'on donne après avoir fourni de détciiles & de ré- 
pliques, hcs additions i'jnt défendues par l'ordonnance 
de 166-. On dit auin, informer par addition, quand 
on informe après qu'une première information eft clole 
& décrétée. '.fT A l'etfet de conftater davantage un frit 
dont la preuve n'étoit pas complète par l'enquête ou 
information précédemment faite. 

ADDITIONNER, v. a. Terme d'Arithmétique. Addere. 
^f3' Mettre plulieuis nombres enlemble , les ajouter 
pour en lavoir le total ; pour n'en taire qu'un nom- 
bre. 

Ip" ADDITIONNÉ, ÉE. part. Additus.l>lomhïc^ ad- 
ditionnes. Sommes additionnées. 

ADDOMESTIQUER. F'oyei Adomlstiquer. 

ADDONNER , s'eif dit autrefois pour Diriger , tourner 
vers un côté. Convertere. Addonner fes pas d'un côté 
plutôt que d'un autre. 

Mais Dieu ce bien ne m'ha donné ^ 

Que votre chemin addonné 

Se fait ici. Marot. 

ADDUCTEUR, adj. Souvent employé fubftantivement. 
Eft ime épithètc que les Médecins donnent au troi- 
fième mufcle des yeux, qui les fait mouvoir du côté du 
nez, comme les menant de ce côté-là. Onl'appelle auHi 
^z^j'tv^oparcequec'cftunmouvemeiit qu'on tait d'ordi- 
naire en buvant, (^n le diraulfi des mufcles qui (ont dans 
le poucc,& dans les autres parties du corps,qui [ont mou^ 
voir en dedans les parties auxquelles ils (ont attachés. 
Ce mot vientdu Latin adducere , amener. Le fécond 
mufcle de l'index clt ï'adducleur. Il prend Ion origine à la 
partie antérieure du premier os du pouce , & te va 
inlérer au premier os du doigt indice, qu'il approche 
du pouce. DioNis. Il y a aulîi des adducteurs , des 
jambes , & des orteils des pieds, h'adducleur du le- 
cond orteil du pied eft fon troilîèmc mulcle , qui 
s'appelle encore Tenard. Id. I;X? Les fonétions des 
Adducteurs font oppotées à celles des Abducteurs. 

ADDUCTION, f f Adduaio. Terme d'Anatomie, qui 
exprime l'adion par laquelle certains mutcles qu'on 
nomme Adducteurs font mouvoir en dedans les par- 
ties auxquelles ils tout attachés. P^oye:^ l'article pré- 
cédent. 

ADDULAM. rçyei Odollam, 

ADDUS. 'Ville de la Terre-Sainte , que les Septante & 
Jofephe api-.ellcnt Adida. Elle étoit tur une montagne, 
au milieu de la tribu d'Ephraïm. On la nomme aulîI 
Adtada, î. Machab. II. 58. 

A D E. 

§C?' ADÉA. Nom d'un rovaumc imaginaire de la côte 
d'Ajan, dariS l'Ethiopie lupérieure. 

ADEL. Ville, rovaume & rivière de l'Ethiopie, en Afri- 
que. Leroyauined'^^c/e/eft lurla côte d'Ajan. Adelium , 
ou Adelanum regnum. La ville A'Adel eft fa capitale. 
Adelum 3 ou A delà. La rivière d'^rfe/arrofc ce royau- 
me , &' baigne la ville à'Adel. Adelius fluvius. 

ADÉLAÏDE, f f Adelais. Nom propre. On a dit auifi 

Adéla'is , &: par contraéfion , ou par corruption , Alix , 

car Alix eft la même chofe qu'Adéla'is; ce qui paroit, 

parce que quelques femmes qui ont porté ce nom, tout 

Tome. I. 



ADE 107 

appelées Adélaïs, ou Alix; comme Adéla'is, ou Alix, 
femme d'Hugues Capef, Adelais, ou Alix , femme de 
Raoul, Roi de Bourgogne au X*^ tiècle-, Adéla'is, ou 
Alix , fille du Roi Robert , à\: femme de Richard II. 
Duc de Normandie, dans l'onzième tiècle. Dans le 
n\!:m<i [Ûc\q Alix , ou Adèle, Comtelje de Crépi, 
ou de 'Valois, mère d'Ahx,qui porta les terres à Hu- 
gues le grand, tîls d'Henri I, &c. On trouve quelque- 
fois Adelheis ik Adelis. Dc-là s'eft fait Adlis, puis 
Alis , que l'on, trouve en etîet pour Alix. & M. Chafté- 
lain dit dans fes notes fur le Martyrologe , 5 Février, qu'à 
Cologne le petit peuple au lieu de lainte Adélaïs lanom- 
me lainte Ale^. ' 

ADELARD. Foye^ ALLARD. 

^ ADELBERG. Adelherga , ou Mons Nobilis. Petite 
ville d'Allemagne dans le Duché deWirttmberg,dans 
une preiqu'ile que forment les deux fources d'une pe- 
tite rivière. 

ADELBER.T. f m. Adelbcrtus. Nom propre. f'''oye^ 
Albert. 

ADÉLITES. f. m. & plur. Adelitx. Les Elpagnols appel- 
lent ainli certains peuples qui font profeilion de de- 
viner les chofes futures , par le vol ou le chant des 
oiteaux, par la rencontre des bêtes fauvages , &' autres 
moyens lemblables. Ils les appellent encore Almoga- 
nens. Les A délit es confervent parmi eux des livres 
de cette prétendue fciencc. C'etf ce qu'en rapporte 
Valla, l. I. Hijlor. 

ADEMAR, ADIMAR , on KDHhUXR. Adcmarus y 
Adimarus , Adhemarus. Noms propres d'hommes & 
de familles , qui font tous trois la même choie. 

ADEMPTION. f f Termci de Jurifprudencc. Révoca- 
tion d'un privilège, d'une donation ou autre chofe 
femblable. Ademptio. Vademption d'un legs peut être 
ou expreile , ou tacite. Elle eft exprelle , li le tefta- 
teur déclare formellement qu'il révoque ce qu'il avoit 
légué; & tacite, lortque le telfueur ne révoque qu'in- 
direèlcmcnc le legs. 

ADEN. Adcn, Adena , Adcniunu Ville de l'Arabie heu- 
rcufe, ik non pas de la haute Ethiopie. Cornélius l'a 
dit dans le Marmol François. Adcn eft un port de mer 
célèbre, depuis fur-tout que les Portugais ont détruit 
Adcl, dont tout le commerce a palfé à Aden. Mar- 
mol. Aden eft dans une prcfqu'ile de la côte méri- 
dionale , vis-à-vis du cap de Guadarfui. Les Portu- 
gais allîégerent inutilement Aden en 151 5. Les Turcs- 
la prirent en 1538. Mat y. Ce nom eft Arabe, le mê- 
me Q^ix'Fden en Hébreu, donr il vient originairement. 
Il lignifie un lieu délicieux. On 1 a donné dans l'Orient 
à plulîeurs lieux ditfcrcns , à caute de leur beauté , de 
même que le nom de Baulieu en notre langue ; ^nj 
La montagne d'y^^t'« qui a des mines d'.argent, eft dans 
le royaume de Fez. La ville d'^i/en _, capitale du royau- 
me d'^d'tvij eft dans l'Arabie heureufe, & appartient 
au Prince de la Mecque. Elle porte ce nom a juile ti- 
tre ; car on dit qu'elle eft une des plus belles & des 
plus délicicufcs du pays. Tel eft ce port célèbre nommé 
Adana, ou Adcn, tl fréquenté depuis plulieurs fiè- 
cles , qui pour avoir été le lieu le plus délicieux d'une 
région très-délicieufe , je veux dire de l'Arabie heu- 
reufe , a été nommé lui-même \ Arabie heureufe , 
comme renfermant en foi toutes les beautés de cette 
contrée ; quoiqu'outre cet Adana il y en eut encore 
une autre méditerranée dans le même pays , portant 
le même nom que la première , iSc pour la même rai- 
fon. HuET. 

ADENA, ou ADANA.. Aujourd'hui Malmiftrc. Ville 
archiépifcopale de Cilicie, dans l'Anatolie. Un ficuve 
nommé Géhon, c'eft le Pyramus des Anciens, palTe 
par la ville à' Adana. Huet. Le nom Adana eft le 
même que celui d'Eden. Id, & que celui à' Aden. 

ADÉNÉREK. v. a. Vieux terme de Pratique & de Cou- 
tume, dont on fe fervoit dans les h citations , peut 
dire , mettre à prix. Pretium (latuere. 

TO' ADÉNOGRAPHIE. f. f Delcription des Glaiîdes. 
î^o\e-{ fon étymologie au mot Adenologu-. 

gCr ADÉNOÏDES, adj. plur. Glanduleux , Glandifot- 
mes. Epithètc que l'on donne aux Proftates. ^ 

ADÉNOIS, OISE, f m. & f Qui eft d'Aden, Adencn- 

Oij 



loB 



ADE 



fis, e. Adeii, l'Une des plus fortes villes de l'Arabie 
heureule, eft fituée au pied d'une haute montagne qui 
aboutit à la mer par une longue & étroite pointe de 
terre. Ce pofte eft fort propre pour fermer le palFage 
des Indes aux Turcs & aux Sarrahns , qui y vont par 
la mer rouge, & de-là vient qu'Albuquerque le Grand 
voulut l'occuper l'an 151 5 ; mais la réliftance vigou- 
reufe des Adénols le contraignit de lever le liége. Bouh. 
Xav. L. IF. 
ADÉNOLOGiE. f. f. C'eft une partie de l'Anatomie , 
qui traite des g /andes. Ce mot eft Grec, compolé de 
«V>i'., t'ïot, glande j & de ac)oî, dlfcours. 
3" AOÉNOPHARYNGIEN. adj.'pris fubft. En Ana-- 
tomie. Nom d'une paire de mufclcs formes par un 
paquet de fibres qui le détache de la glande Thyroïde , 
& s'unit de chaque côté avec le Thyropharyngien. 

ViNSLOW. 

ADÉNOS. f. m. Coton qui vient d'Alep. Dict. de 

l'Ort. 
ADENT. f. m. Terme de charpenterie <Sc de menuife- 
rie, qui fe dit de certaines entailles ou emboltures 
qui le font en forme de dents, pour mieux lier & 
adembler des pièces de bois, ou des tenons dans des 
mortoiies. Affemblage en adcnt. 
ADENTER. v. a. Adenter un vailfeau , c'eft mettre 
fon orifice en bas &le fond en haut. Ce terme eft po- 
pulaire. On adente les vailfeaux, de peur qu'il n'y tombe 
quelque chofe de malpropre. 
ADÉODAT. f. m. Adeodatus. Nom , ou furnom qu'on 
a donné à pluiieurs hommes, & qui eft formé du La- 
tin, & hgnifie. Donné de Dieu , ou, comme on a 
dit en François , Dieu-dosné , ou de Dieu-donne. Le 
Pape Adeodat fut élu en 671 , après Vitalien. Philip- 
pe-Auguftc & Louis XIV ont été imnommés Adeodat. 
ADÉONE. f. f. Adeona. Déefte à laquelle les -Romains 
fe recommandoient quand ils alloient quelque part , 
comme témoigne S. Auguftin dans la Cité de Dieu , L. 
IV. C.ii. Ils fe recommandoient à la Déelfe Abcone , 
quand ils fe mcttoient en voyage pour s'en aller. On 
voit pàr-là que les Vocabuliftes ont tort de due qu'^- 
déone & Abeone font la même choie. 

Ce mot a été formé du verbe Adco , je vais ; 
j'entre. 
ADÉPHAGE.f. f. Dceiïe de la gourmandife, à laquelle 
les Siciliens rendirent un culte religieux.lls lui avoient 
élevé un temple , dans lequel la ftatue le trouvoit au- 
près de celle de Cérès. A"rf«pour n.fv, volupté ^ &<pait"'v, 
manger. 
fer A'DEPHAGUS. adj. Surnom d'Hercule ; c'eft-à- 

dire , Flercule le vorace. 
ADEPTE, f. m. Adeptus. Les Adeptes. Nom de cer- 
tains Alchimiftes, qui prétendent avoir trouve le le- 
Cret de la tranfmutation des métaux , ou la pierre phi- 
lofophale. Harr. 

Ce nom vient du participe adeptus , du verbe l^z- 
tin iJt/ZjPi/c-or j qui fignifie , trouver , acquérir , parce 
qu'ils prétendent avoir trouvé le grand lecrct de_ la 
transformation des métaux. Ces Alchimiftes difent 
qu'il y a toujours douze Adeptes, qui font rempla- 
cés par d'autres , lorfqu'il plait à quelqu'un de la fra- 
ternité de mourir, ou de le tranlporter lui-même quel- 
que part où il puille faire ulage de fon or; car dans ce 
mauvais monde-ci, difent -ils , il ne leur procurepas une 
chemife. Harr. La folie des Alchimiftes eft, dit on, 
de trouver le grand-œuvre dans les Livres Saints. 
M. M. de la Monnerie n'a pas manqué de prêter leur 
langage au Prophète-Roi , dans les endroits de les 
Odes facrées qu'il a jugées favorables à l'Alchimie , 
& d'y joindre une glofe fort étrange. Je ne lais ii quel- 
que Adepte a porté la lingularité plus loin. Qhjervat. 
fur les Ecrits mod. tom. 21 , p. ///.Dans la re- 
cherche du grand-œuvre on a un langage tout parti- 
culier pour les adeptes & les enfans de l'art , ik un 
autre pour les prophanes. Bayle. 

M. Pioufteau , dans la huitième Epître , nomme 
Adeptes , les Auteurs du Théâtre qui veulent le hn- 
gularifer en s'écartant des règles ordinaires. 

A nos Auteurs , ce ri e(l point entre nous , 
■L'efprit qui manque , ils en ontprefque tous ; 



AD H 

Mais je voudrais , dans ces nouveaux Adeptes , 
Foir une hum.eur moins rétive aux préceptes. 

1/3° On peut appeler ^i/t'/'/^ej quiconque eft initié dans 
les myftères d'une letfc , d une Icience , quoique ce 
nom convienne particuHèremcnt aux Alchimiftes. 

Cc3^ ADEQUAT. /^o>e? Adéquat. 

ADER. Foye^h Tour d'Ader ■ car c'eft une erreur de 
prendre Ader leul pour tout le nom de ce lieu , Se de 
dire qu'il hgnihe la Tour du troupeau ; car ./^^cT ligni- 
fie leulcmcnt Troupeau. 

ADEHBORGH. Ville de laPoméranie Royale , en Alle- 
magne. Aderborna. Elle eft lur l'Oder au-dellous de 
Stctin. 

ADERBOURG. Ville d'Allemagne. Aderburgum. Elle eft 
lur l'Oder, dans la moyenne Marche de Brandebourgi 
Zeiler nomme indiftindcement ces deux villes Adcr- 
berg. 

ffT ADERSLEBEN. Ville de la principauté de Halber- 
ftadt, lur la rivière deSalke. 

ADÉS , ou ADEZ. Vieux mot, qui veut dire , ïelon Paf- 
quier , incontinent , maintenant , alors. Dans les poc- 
lies du Roi deNavarre,illîgnifie,fe//c'/;7e/2rj entièrement^ 

Et tout adés en regardant. RoM. De la Rose. 

Adés fera précédé à la requête du diligente Boutil- 

LER. 

ADESER. Vieux V. a. Il vient du Latin izû'e/7è , aller au le- 
cours de quelqu'un, l'aider, le panfer. . 

ADESSÉN AIRES, f. m. & f. J'û!'t-//è«^ni. Hérétiques qui 
croient que Jésus-Christ eft dans l'Euchariftie, mais 
dans unlens diftérentde celui desCatholiquesRomainSi 
Les A dejfénaires font de quatre diftérentes opinions 
lur cela. Les uns foutiennent qu'il haut dire que le corps 
de Jésus-Christ eft au pain-, les autres qu'il eft à 
à l'entour du pain ; les autres qu'il eft avec le pain-, & 
les autres enfin, qu'il eft lous le pain. Les Adeffenai- » 
res , comme il paroît par-là , font ceux qu'on appelle I 
autrement Impanateurs. Adejfénaire j eft un nom forgé 
par Pratécle. Il vient du verbe latin ade[fe, adfum. 
Je luis préfent. Aiais il n'a jamais été dans Tufage or- 
dinaire , & nulle fede ne l'a porté. Quelques-uns de 
nos Auteurs s'en fervent néanmoins, comme Jovet & 
le Dicl:ionnaire.Hiftorique. 
ADEXTRE, ÉE, adj. Terme de blafon, qui fe dit des 
pièces qui le mettent a^u coté dextrc de l'Ecu ; comn^e 
au contraire, ce qui le mer au ccré féncftre fe dit_/ê- 
Ticfiré. liabens ad dexteram, adfnijlram. On le dit 
aulli , lorlque l'on blalonne la partie droite de l'Ecu , 
& qu'elle eft d'un émail différent de la gauche. 

On dit encore d'un pal, ou autre pièce, qui a, par 
exemple, un lion à fa droite, qu'il cHadextré de ce 
lion. 
ADEXTRE. adj. m. & f. Vieux mot. Adroit. Dexter , 
a J um. Callidus. Marot a dit dajis l'épitaphc d'un 
joueur de farces. 

Il fut en fon jeu f adextïe , , 

Qu'à le voir on le penfoit être 
Yvrogne quand il s'y prenait , 
Ou badin, s'il V entrepfenoit. 
Il fe prend auili pour agréable , bien compolé. 
Dexter, jucundus , benè compofitus. 

Serait- ce point yotre port tant adcxtre t Marot. 

ADGIAMI-OGLAN. Voye:^ A2AMOGLAN. 

A D H. 

ADHASTA. Bourg du Eergamafque , autrefois ville de 
Lombardie , appelée Juvenatium. 

ADHATODA. f. m. Noyer de Malabar. Ses feuilles 
croifl'ent oppolées les unes aux autres. Le calice de la 
fleur eft oblong, & compofé d'une feule pièce oblon-, 
gue : larieureftdiviléeen deux lèvres. L'ovaire fe change 
en un huit d'une écorce ligneule partagée en deux cel- 
lules , qui contiennent chacune une Icmence aplatie en 
forme de cœur. Dict. de James. 

CCr ADHÉRENCE, f. f. Vient du Latin adhArere qui 
lignifie être attaché à quelque chofe. Ainli dans lefens 
propre & littéral, ce mot prélente l'idée d'union, de 
jouélion. Adharentia , adkafo. 



AD H 



En Phyfique en s'en fcit pour défigner l'état de 
deux corps qui tiennent enlenible , de laçon que ces 
deux corps puroillent n'en faire plus qu'un ; ou bien 
l'état des parties d'un corps entre elles , qui Ibntconti- 
guës ou engagées les unes avec les autres ; d'où il ré- 
iulte que ce corps s'attache facilement à ceux qu'il 
touche. 
■§C? Mulîchenbroek & beaucoup d'autres Phy(icien-S at- 
tribuent l'adhérence des parties des corps principale- 
ment à leur attraction mutuelle. Foye^ AdkÉî!.ent. 
tfJ'Qn dit à peu-près dans le même fens, en Médecine 
& en Anatomie , {'adhérence de la ]pQ?M\\' adhérence des 
poumons aux ccx.i.s;\' adhérence de la picrrcà la vefîic. 
Les poumons font quelquefois attachés à la plèvre & au 
diaphragme , par des ligamens fibreux. La cauie de 
ccitc adhérence cmbarrafle les Anatomiltes. Dionis. 
IJCT Adhérence, aufijL'ré. Adh^jio , déligne l'attache- 
ment a un parti , à un lentiment , qu'un peu de com- 
plailance nous fait approuver. Son adhérence au parti 
des rebelles l'a rendu coupable. \J adhérence d'un amant 
aux caprices de ia maîtrclle ,1e rend ridicule. Les nou- 
veaux Vocabuliftcs ne donnent qu'un (eus odieux à 
ce mot , en le déhniilant d'après le Dicl. de l'Acad. 
Fr. Attachement à un mauvais parti. Quoique cela 
toit généralement vrai , ce fens odieux n'entre peint 
d;ins l'idée du mot adhérence ^ qui déligne feulement 
un attachement à une chofe bonne ou mauvaile , 
mais qui provient de la complailancc. Au rcll:c es mot 
n'eft pas d'un uf":\ge bien fréqucr.t. 
ADHÉRENCE , e« Pdfi/zfa/v. Voyez Adhérent. 
|p=- ADHÉRENT, ENTE. adj. AdLtrens. Dans le fens 
propre & httéral lîgnifie , ce qui eft uni, attaché à 
une chofe , ce qui y tient de quelque manière que ce 
foit. Les dents font adhérentes aux gencives , la pierre 
à la velîie , les branches aU tronc. 
§Cr Dans le grand Vocabulaire, on nous donne encore 
ce mot comme fvnonyme de contigu. Cette mailonclf 
adhérente à la mienne. Je ne voudrois pas m'en fei-vir 
fur la parole de ces Auteurs. 
tfT Adhérent, fc dit en phyfique de deux corps qui 
font tellement attachés l'un à l'autre , qu'il eif difficile 
<de les feparei'. Deux f urfaces bien polies , après un lé- 
ger frottement, font tellement adhérentes , qu'il faut 
fouvent les plus grands efforts pour les féparer. 
î^ On le dit aullî des corps qui s'attachent & ticnricnt 
à ceux qu'ils touchent. Les parties de l'air, de l'eau ^ 
&c. font adhérentes aux autres corps. 
?fT On le dit auill des parties des corps qui font unics,en- 
gagées ,embari"allées les unes dansles autres. C'eftainh 
que l'on dit que les parties de l'air , de l'eau , &c. font 
adhérentes entre elles. On dit que les parties des corps 
iont adhérentes entre elles, fi fortement unies, qu'clicî 
réfiftent à leur divifîon. Plufîeurs Phvticiens cherchent 
la cauf'e de cette adhérence dans l'attradion mutuelle 
des parties. 
< ff^ Adhérent , attaché, annexé. Adharens, inh^rcns. 
une chofe eft adhérente à une autre par l'union que la 
nature a produite , ou par celle que le tifïu & la con- 
tinuité ont mife entre elles. Elle cÇ^ attachée par des 
liens arbitraires , mais qui la fixent dans la place où 
l'on veut qu'elle demeiue. E\\tc{\. annexée par un eftet 
de la volonté , & une loi d'inftitution, & cette forte 
de réunion eft morale. 
^yT Les branches font adhérentes au tronc , & la ftatue 
l'eft à fon piédcllal , lorfque le tout eft fondu d'un 
feul jet: mais les voiles font attachées au mât, les ta- 
pifleries aux murs. Certains béntrfices & emplois font 
annexés d. d'autres. M. Diderot. 
ç)CF Adhérent , en Peinture, fe dit des parties d'un ta- 
bleau qui ne font pas alfez faillantes, qui ne paroillent 
pas allez détachées de la toile. Les plis de ces drape- 
ries font trop adhérens , trop collés a. la toile. 
ïfT ADHÉRENT, f. m. Terme de Jurifprudence , fe 
dit au figuré de ceux qui f uivent un même parti , qui 
font du même fentiment, de la même opinion. Stu- 
diofus. Tous les adhérens d'Antoine furent déclarés 
ennemis du Sénat. Ablanc. On a excommunié cet hé- 
rétique avec fes fauteurs & adhérens. Ce mot ne fe 
prend point nécelfairement en n-.auvajfe part, comme 



AD H Î09 

complice; il a d'ailleurs une lignification moins éten- 
due, &: ne s'emploie guère que dans les cas de crime 
d'état, rébeUion, trahifon &c. Foye:^ Complice & 
Fauteur. 

Quelques Auteurs écrivent adhérant ^ ante j comme 
étant participe du verbe adhérer. La-peau eft plus adhé- 
rante à l'homme qu'à certains animaux , ce qui fait 
qu'ils la meuvent plus aifément. Dionis. La chaux ne 
vaut rien quand elle eft éteinte en certaines eaux ; au 
lieu que d autres la rendent beaucoup pluj liée, plus 
tcrte & plus adhérante. Le P. le Comte. 

{;3° ADHERER, v. n. Être joint, attaché à quelquechofe 
Adh^rere. Il eft peu ufité au propre. On dit que le 
poumon adhère aux côtes, la pierre à la veille. Encore 
dit-on plus fouvent être adhèrent. 

fjZT Adhérer, au figuré, fîgnifie être attaché au parti , 
au fentiment de quelqu'un , autorilcr ce qui eft fait 
& conclu par d'aunes, en s'y joignant. Studere , ftu- 
dlofuni ejje. Il adhère à tout ce que vous dites. Pour- 
quoi pcuffez-vous la complaifance jufqu'à adhérer à 
toutes fes fantaiiies î On ne prend point de part aux 
chofes auxquelles on ne veut pas adhérer. 

I/-I? M. l'Abbé Girard caraélérife ainfi les mots confen- 
tir , acquïefcer ^ adhérer , tomber d'accord y que l'on 
confond fouvent. Nous confentons à ce que les au- 
tres veulent, en l'agréant & en le permettant. Nous 
acqulcfcons à ce qu'on nous propofe , en l'acceptant 
& en nous y conformant. Nous adhérons à ce qui eft 
frit & conclu par les autres, en l'autorifant&ennous 
y joignant. Nous tombons d'accord de ce qu'on nous 
dit , en l'avouant & en l'approuvant. 

ifT Les parens confentcnt à l'établilfcment de leurs en- 
fans. Les lorries acquiefcent au jugement d'un arbitra. 
Les amans adhérent aux caprices de leurs maîtreiles. 
Les bonnes-gens tombent d'accord de tout. 

{CF Confentir, paroit emporter u!"i peu de fupériorité •■, 
acqidefcer j un peu de foumillion; adhérer j un peu 
de complaifance; tomber d'accord , un peu d'.avcriîon 
pour la difpute. 

Adhérer, fe ditaulTi en termes de Pratique, & fîgnifie , 
confirmer vin premier aélc par un fubfcquent. Interje- 
ter une appellation nouvelle , en adhérant à la pre- 
mière. La Com adhérant aux conclufions du Procu- 
reur-Général. 

0CF ADHliSION. f. i.AdhâJîo. En Phyfique eft la même 
chofe qu'adlîércnce. P'oyc':^ ce mot. 

Adhésion, en Logique. Adh&fio. Les ScholaftiqUes , & 
nommément S. Bcnaventurc, diftinguent deux certi- 
tudes: l'une de fpéculaticn, qui naît de l'évidence de 
la chofe ; & l'autre à'adkéfio/i , qui nait , non pas de l'é- 
vidence, mais de l'importance de la chofe , & de l'in- 
térêt qu'on y a. Ainfi la volonté adhère fortemeirt à la 
vérité, à caule de l'intérêt qu'elle a à la croire. C'eft 
là ce que les Scholaftiques appellent certitude à'adhé- 
fion. Voyez Certitude. 

^fS Adhésion , fe prend encore au figuré fimplcment 
pour le confentement qu'on donne à une chofe, & 
dans lequel on perfifte. Dans ce fens , il f e dit princi- 
palement d'un acle par lequel une puiflance adhère à 
un traité qui lui eft propofe. Par fon adhefion au traité. 
Ade à'adhéfion. Acad. 

fcC? On le dit dans le même fens de l'aéle par lequel 
on autorife ce qui a été frit & conclu par d'autres , 
en fe joignant à eux. C'eft ainlî qu'on dit que les Evo- 
ques ont donné, & que plufîeurs ont refulc leuï adhé- 
Jion aux actes de la dernière alicmblée du Clergé. 

^;3' On nous donne encore dans le grand Vocabulaire 
ce mot comme fynonyme à' attachement. Uadhcfion 
de Cicéron au parti de Pompée manqua de lui être 
funefte. Pourquoi ne pas dire tout uniment l'attache- 
ment de Cicéron? Il paroîtau refte qu'tzc/;^e/?o;2 dit quel- 
que ch-ole de plus que ce qu'on lui fait direici, & pré- 
fentc l'idée d'un attachement conftant , pcrfévérant. 

AD H(}NOR£S. Cette exprellîon latine , adoptée dans 
notre langue , fe dit de ceux qui iont décorés d'un ti- 
tre fans en faire les fonctions , ou fans en avoir les 
appointemens. Il fignifie encore pour ^'arder le déco- 
rum ■, pourobfcrver les loix de la bicnféancc. Madame 
Deihoulières , eu faifaut fentir dans une balade les 



lîo ADl 

inconvcniens qu'il y a d'cpcufer une belle femme qui 
n'elt pas riche, dit avec clpnc: 

Teridrejfe alors ejl en bref terminée , 
S'il en paraît, ce neftqus.à\\onoïts. 
Par maints grands clercs l'affaire examinée , 
L'amour languit fans Bacchus & Céres. 

Etant dmis le canoire de M, le Cardinal de Retz , & 
pallant fur le pont-neuf, je mis la tête hors de la por- 
tière , cc^mme pour regarder quelle heure il étoit, M. le 
Cardinal me dit, c'clï ad honores : il avoit railon,car 
je ne vois que de près. Menagiana. Dans la Comé- 
die du bal de Regnard , Sotancour ayant appris l'at- 
tachement de Léonorc pour Valère , déclare nettement 
qu'il ne veut point être époux ad honores. 

ADL 

ADIABÈNE. Adiabene. Contrée d'Afie toute entière à 
l'orient du Tigre, & non entre le Tigre & l'Euphrate, 
comme l'a prétendu Etienne le Géographe , & après 
lui Suidas qui difent qu'elle s'appelle auiîi Mefsene, 
Mfi^Bïd , parce qu'elle étoit entre ces deux Heuves, 
Voye^ Messene, Pline met l'^û'ia^è/ze au-delà de l'Ar- 
ménie,- cVdit au Liv. VI , Chap. p , qu'elle eft en- 
tourée de montagnes d'un côté , & du Tigre de l'autre. 
Pinet, fon tradudeur , au lieu à'Adiahhie, dit la ré- 
gion du Diarbeck, ou Moful. Pline ne dit point que 
\' Adiabene fut une partie deTAlIyrie-, mais rAll)iie 
elle-même, qui avoit change de nom. Foyc~ L. V. C. 
II. Ammien MarceUin en dit autant, L. XXIII. C. 
VI. Ainii les Didionnaires , qui difent ^ue c'efl une 
contrée de l'ancienne Alfyrie, le trompent. Et quoique 
Phne , L. VI :, C. r 3 , dïCe , Adiabene Affyriorum ini- 
tium j cela ne lignifie pas que ce n'elt qu'une par- 
tie de l'Allyrie -, mais que ce n'elt qu'une partie de 
l'empire des Airyriens qui commença par -là ; & 
à quoi ils ajoutèrent enfuite bien d'autres pro^in- 
ces; & par conféquent que c'eif là proprement l'Al- 
fyrie. Dans le fens étroit , l'Allyrie étoit une province 
allez bornée, dont Ninive étoit la capitale -, tk. c'eil 
cette province qui a depuis été nommée Adiabene. 
HuET. Les Grecs ont dérivé ce nom de aVia'faltj, 
qui lignifie inacC'ffible ; Se ils ont cru qu'elle avoit ce 
nom à caufe des Heuves dont elle ell: toute entrecou- 
pée. Ammien Marcellin prétend avec plus d'apparence , 
que ce nom vient duHeuve Diava, qiti eft celui que 
les Grecs appellent Lycus ; car Deva ou Diava, eft la 
même chofe en Chaldéen que Lycus en Grec , & veut 
dire Loup, de Diava , en y ajoutant l'article ha ., on 
fait Hadiaba j & enfuite Hadiabène. les Juifs l'ap- 
pellent Hadiab ■ ainfi ce nom hgnifie la même choie 
que Lycie , ou région des Loups. 
ADIABÉNIEN , ENNE. Aduibcnus.^ Homme d' Adia- 
bene j habitant de l' Adiabene , ainfi appelle dans des 
temps poftérieurs. Tigrane étant forti de l'Arménie , 
étoit entré dans les terres des Adiabéniens , qui eft une 
nation limitrophe. De Harlay. 
ADJACENT, ENTE. adj. Contigu, fitué auprès, ou 
très-proche. Adjacens 3 continens atc]ue adjunclum. Il 
a le gouvernement d'une telle province , & des îles 
adjacentes. Ce mot vient du Lmn ad ëcjacere. On 
ne s'en fert guère que dans la Pratique. 

En Géométrie, on dit qu'un an.gle eft adjacent h. un 
autre angle, quand l'un eft immédiatement contigu à 
l'autre , de forte que les deux angles ont un côté com- 
mun , &:on le dit plus particulièrement encore . lorlque 
les deux autres côtés forment une même ligne droite. 
ADIANTE. f. m. Adiantum. Plante, qui eft une cfpècedes 
cinq capillaires. Elle croit ordinairement autour des 
puits-, les Elpagnols l'appellent Sargaffo ; ils donnent le 
même nom à une herbe,dont totue la mer eft couverte 
au Cap Vert , & aux îles de Cuba & d'Hifpaniola. Ce 
moteft compofé de la particule privative « ^ & du verbe 
/,«;.«, humefco , Je devienshumide,ou, je luis mouil- 
lé. Ain.fion la nomme Adiantum , parce ouc lorfqu'on 
vcrfe de l'eau fur les feuilles, elles pavoiffcnt toujours 
sèches, &ne fe mouillent point. Voye:; Capiliaire. 



ÀDÎ 

ADL\PKORE. f. m. Adtaphorus. C'-eft-à-dire , indiifé- 
rcnt. C'eft le nom que AI. Boyle donne à une efbèce 
d'efprit qu'il tiroit du tartre par diftillation, & de quel- 
ques autres corps végétaux , & qui n'etoii ni acide, ni 
vineux , ni urineux. Voici comment il le fait. Premiè- 
rement on diftille dans une retorte des copeaux de buis , 
de gayac , ou de quelqu'autre bois pelant : enfuite on 
lectihe la liqueur aigre en la léparant du flegme ; après 
cela on jette une quantité de poudre de corail, &c. dans 
l'efprit aigre , qui le dilîout incontinent , & les parties 
acides du menftrue s'uniftent de telle manière avec 
le corail , qu'il refte une partie de la hqueur , qui n'eft 
nullement de la nature des acides -, mais qui , lorfqu'on 
en a doucement tiré le corail, a une odeur forte , & 
quelque acidité, qui eft en toute manière différente de 
prelque tous les autres elprits ordinaires. 
ADIAPHORISTE. f. m. & L Adiaphorifta. Ce nom eft 
originairement Grec, & a été formé d'àSià^cpci , indif- 
férent. On l'a doniré dans le XVP. liècle aux Liuhériens 
mitigés, qui luivoientleslentimensdeMélanchthon,&: 
enluice à ceux qui loutcrivirent à l'Intérim de Charles 
V. On pourroit encore appeler Adiaphorijles ceux 
qu'on nomme encore aujourd'hui en Allemagne Indif- 
férentiftes. IndiJferentiJliC. Voyez ce mot. M. Jovetécrit 
Adiaphorite. Les Adiaphorites j ou InditFérens , reçoi- 
vent tantôt une lotte de cérémonie, tantôt une autre , 
Iclon le cours du monde. Jovet. 
IfF ADIAZZO, ADIAZZE, eu AJAZZO. Ville de l'île 
de Corle , lur la côte occidentale , au midi du Golfe 
de même nom. 
ADJECTIF, adj. Souvent employé fubftantivement. 
Terme de Grammaire. C'eft un nom qui eft toujours 
joint avec un fubftantit exprimé , ou lous entendu , pour 
en marquer la manière d'être -, c'eft-à-dire , les accidens 
ou les qualités ; eu , fuivant les principes généraux & 
raifonnés de la Grammaire Francoife j c'eft un nom 
qui exprime un objet vague, conlidéré comme revêtu 
de quelque c^iralité. Ainli quand on prononce le mot 
grand, on veut parler d'une choie , quelle qu'elle puilfe 
être, qui a la qualité de grandeur. Adjeclivum nomen. 
Le P. Buftier , dans la Grammaire Francoife , définit 
autrement \adjeclif , Se prend les chofes d'une manière 
nouvelle ik. différente du commun des Grammairiens. 
Les noms, lelon lui,lont fubftantifs, quand les objets 
qu'ils delignent, font conlideréshmplement en eux-mê- 
mes , & ians rapport à leurs quahtés. Ils lont dits au 
contraire noms adjectifs -, quand ils délignent la qua- 
lité d'un objet. Ainfi quand je dis llmplementle cceur^ 
ce mot cœur, eft dit nom lubftantif , parce qu'on n'ex- 
prime aucune de les qualités : mais lî je dis , le cœur 
généreux, ou le cœur perfide , ces noms généreux , ik. 
perfide , lont dits adjeclifs , parce qu'ils ajoutent une 
qualité à l'objet. Ainfi, félon cet Auteur, les adjeclifs 
ne lont que des modificatifs ; & les Grammairiens au- 
roient mieux tait coimoitre la nature de ces noms , s'ils 
les avoient confidérés fous cette qualité. En effet , dit 
le P. Buftier dans les principes , la nature du nom ad- 
jecïif éta.nt d'exprimer la qualité d'un objet fi cette 
qualité eft l'objet même dont on parle, alors ceferauii 
nom lubftantit. Si je dis , un principe vrai, ce mot vrai, 
eft ici adjectif j mais h je dis , le vrai efi: toujours agréa- 
ble , il eft évident que vrai eft ici le lujet dont je parle , 
autant que li je dilois, la vérité eft toujours agréable ; 
iSc par conkquent vrai eft, dans cet endroit, nom fub- 
ftantit. Souvent aulîI , lelon le P. Buflier, le nom qu'on 
nomme fu'tflantij devient adjectif. Par exemple , on 
demande li le nom Eoi eft fubftantif ou adjectif II eft 
l'un & lautre , félon l'emploi qu'on en fait. Dans cette 
phraic: Ze P^oi ejl un modèle pour fes Sujets , le mot 
Iloi eft fubftantif. Dans cette autre phrafe : Un Prince 
vainqueur, & Roi, comme Alexandre , le mot Roi eft 
adjectif , auffi-bien que le mot vainqueur. Au refte , 
dans ce nouveau plan de Grammaire , tous les noms , 
qui d'eux-mêmes lont adjectijs , ne lont pas cenfes tels 
dans l'ulage commun de la Grammaire, qui dépend en 
^ce point, comme en une infinité d'autres, d'un ufage 
arbitraire ; car elle n'appelle ordinairement adjectifs que 
ceux qui Ians changer , ou prelque changer, le joignent 
iniiiffcremment à des noms lubftantifs de divers genres. 



ADI , 

Amtiy^dèlej grand j &c. font adjectifs , & ccnfcs tels 
dans la Giamniaire. Au contraire , les mots Roi , Vain- 
queur ^ Magijhat, &c. ne (ont jamais cenics adjecîiis 
dans l'ufage de la Grammaire , quoiqu'ils le foient en 
cftct très-iouvent. Souvent il le tourne en lubftantif , 
comme blanc , fage , vertueux. Nous avons trois ad- 
jectifs qui ont deux terminailons pour le mafculin : 
vieux Se vieil , beau &C bel ^ nouveau & nouvel. 

Ce terme de Grammaire vient du Latin adjicio j ajou- 
ter, parce qu'on le joint au (ubftantit , lans lequel il ne 
peut fan-e unlcns iixc & podrit. C'eil pourquoi , à pro- 
prement parler, les adjectifs n'ont poir.t de genre: ils 
ont feulement une propriété & une terminailon difté- 
rente pourfe joindre avec les divers genres. Il n'eft pas 
aife de décider en quel genre doit être mis l'adjectif, lorl- 
qu'il eft mis a;3rès deux lubllantifs qui lont de différent 
genre. Par exemple , frut-ildire , il avoir les pieds & la 
tcte nue , ou nus ? Selon la Grammaire Latine , le dernier 
doit l'emporter , parce que le malculin prédomine tou- 
jours , lorlqu'il le rencontre avec le féminin. Cependant 
l'ufage s'eit déclaré pour le féminin , lorlqu'il touche 
immédiatement le f ubftantif féminin : il a le nez & la 
vue courte. Mais lorfqu'ils font féparés par un verbe, 
& qu'ils régilfent un pluriel , il faut mettre l'adjectif ini 
mafcidin, quoiqu'il loit plus proche du lubftantif fcmi- 
nin. Lemari».'>cla ievamc font importuns. Vaug. Cor.;n'. 
Obfervez qu'en matière d'outrages , les adjectifs lont 
beaucoup plus ottenlans que les lubftantifs. Par exem'ole, 
c'eft un fourbe, eft: plus injuL'ieuxqiie ii l'ondifGiL,iia f.ii: 
une fourberie. La railon eft que l' adj ectifmzïc[Me une ha- 
bitude ; & le lubftantif feulement un acle. Cependant il 
eft bon de remarquer que fouvent le lubftantif eft plus 
fort , & plus ligniticatir que l'izt//'t'f?i/j&: prefque tou- 
jours on y ajoutent me. Ce n'eft point un fourbe , c'eft la 
fourberie même, C'eft la parelle même que cethjmmc- 
lài pour direjC'eflun parefteux achevé, c'eft la négligence 
même, c'eft-à-dire,un homme très-négligent. Alors on 
peifonnifieen quelque forte ces fubftantifs, & ils ont 
bien plus d'énergie que l'adjectif. Il en eft de même en 
Grec &:en Latin. Appeler un homme fcelus jjlagitiunij 
perjurium-, c'eft plus que de l'appeler /c-e/drare jj?j- 
gitiofe, perjure. La railon eft qu'un fourbe , un fcélé- 
rat, un parelfeux, &c. peut changer & devenir homme 
de bonne foi , homme de bien , diligent , d'c. mais la 
fourberie, le crime, la pareile , ne peut pas ne pas être 
fourberie , crime , parelfe , il lui ell" cftentiel d'être telle ; 
<Sc de même dans le bien. M. de Balzac n'a ofé décider 
la queftion , fi l'adjeriifàoit tuivre ou précéder le lub- 
ftantif En effet, il n'y a point de règle hxe ; il faut s'at- 
tacher à l'ufage , pour donner la préféance à l'un ou à 
l'autre: tfJ" Il y a des adjectifs qui ne vont qu'après 
leurs fubftantifs. Habit rouge. Accent gafcon. Air in- 
dolent. Beauté Romaine. Coutume abuiive, &c. 

1/3" Il y en a d'autres qui précèdent toujours les fubftan- 
tifs qu'ils qualifient. Grand GénéraL Brave Soldat. Pro- 
fond rcfpecf. Dernière misère , &c. 

^3" D'autres enhn fe placent également bien devant ou 
après leurs fubftantifs. C'eft un lavant homme, c'eft un 
homme lavant. Ami véritable, véritable ami. Regards 
tendres , tendres regards. 

fS" Quelquefois même la pofîtion de l'adjectif avant ou 
après le fubltantif , change entijremcnt la vaieih du 
lubftantif Honnête homme , homme honnête , gentil- 
homme, homme gentil. Sage-femme, femme (âge, Ga- 

■ lant homme , homme galant. Homme plaifant , plaif ant 
homme. 

|Cr Nous n'avons fur ce point de la pofîtion de l'adjec- 
tif, foit avant, foit après l'on fubftantif, d'autre règle 
que le feul bon ufage , c'eft-à-dire, le commerce des per- 
•fomies qui font le bon ufage/ C'eft une règle générale , 
<:<c très-commune, que l'adjectif don s'accorder avec le 
fubftantif en nombre , en genre , & en cas. On dit ce- 
pendant des Lettres-Royaux. Voye:[ au mot Lettre, 
Quand certains noms font fuivis du génitif, on fait ac- 
corder l'adjectif pom le genre avec ce fécond nom qui 
eft au génitif, ik non pas avec le nom colleéfif Une 
troupe de gens étourdis. Un grand nombre de foldats 
y furent tués. 

ADJECTION, f, f Terme dogmatique. Jondlion de quel- 



ADI iiî 

q'iie corps à un autre-. Adjectio , Copulatio. L'accroilfe- 
ment des corps naturels le fait par adjection de parties-. 

ADJECTIVEMENT, adv. D'une manière adjeétive. Ad- 
jeclivo more 3 modo. La plupart des noms^'emploient 
tantôt adjectivement, tantôt fubftantivement. 

ADliiU. adv. Terme de compHment, dont un le f'ert quand 
on prend congé les uns des autres , quand on fe féparCi 
Vale. Il y eut bien des larmes répandues quand ils te 
dirent adieu. Il eft parti fans nous dire adieu. U ne dit 
jamais adieu à fes amis. 

Iris , lorfquil me faut retirer de che-^ vous. 
Plus de vingt fois en un quart-d'tieure , 
Je dis adïcu, puis je demeure. La Sabl. 

Adieu , eft quelquefois un f m. Un tendre adieu déchire 
le cœur d'un amant bien touché. S. Evr. H s'emploie 
élégamment au pluriel. Rien n'étoit plus touchant que 
leurs triftes adieux. Portez-lui mes adieux , & recevez 
les lîens. Racine, Il n'eut pas la force de recevoir des 
adieux fi tendres, fans être attendri lui-même. BouH. 

Xav. I. m. 

On dit familièrement , adieu jufqu'au revoir : fans 
adieu , pour marquer qu'on fe reverra bien-tôt. Je ne 
lui veux dire que bon jour & adieu ; pour dirc^ je ne 
lui veux dire qu'un mot. 

3^ Adieu, le dit figurément , mais en ftyle de converfa- 
tion feulement , d'une pertonne en danger, ou d'une 
chofe qui court grand rif'que. Si la fièvre redouble, adieu 
le malade. Actum ejt. Si vous laiffez approcher cet 
étourdi, adi^u mes porcelaines. 

Adieu , fe dit aulfi des chofes qui palfenr, qui nous 
échappent , «Se que nous regrettons. Valedicere. Dès 
que la S. Martin eft venue , adieu les beaux jourSi 
Quand on a palfé 60 ans, il faut dire , adieu la joie tk. 
les plailirs. 

On dit aullî, dire adieu au vin, au jeu , aux femmes^ 
à la débauche , au commerce , & au monde; pour dire , 
y renoncer , fe retirer des choies pour Icfqueiles on avoir 
de l'attachement. Benuntiare , nuntium remittere. En 
ce cas il marque de la tendrelfe & du regret. Se dire 
adieu pour jamais : fe dire un éternel adieu : fe dire le 
dernier adieu : cela marque une longue féparation, & 
une réfolution , ou une néceftité , de ne f e revoir jamaisi 

Adieu, je vais , le cœur trop plein de votre image , 
Attendre , en vous aimant, la mort pour mon partag ei 

Rac. 

Adieu , eft aullî im terme de commandement , de chagrin^ 
ou de refus , lorf qu'on chalfe , ou congédie quelcfu'uni 
Adieu, vous m'importunez trop. Apage te. Adieu, en 
voilà alfez; j'entends votre affaire. 

On dit proverbialement , adieu la voiture, adieu vous 
dis , c'eft fait de lur, pour dire, qu'un homme fe meurt , 
qu'il eft perdu. Adieu paniers , vendanges font faites ; 
pour dire, qu'on n'a plus befoin de certaines chofes , 
quand la lailon où l'on s'en fert eft palfée. Adieu mon 
argent, adieu mes efpérances-, pour dire, qu'on a perdu 
(on argent, (es prétentions. 

On dit en termes de Marine , adieu va , ou parez à 
virer, pour avertir l'équipage, afin qu'il manœuvre de 
concert , lorfqu'on veut fiire virer le vaiffeau pour chan- 
ger de route, 

ifT Adieu-tout. Manière de parler dont fe fervent les 
Tireurs d'or, pour avertir ceux qui tournent le mouli- 
net que la main eft placée furement, & qu'ils n'ont plus 
qu'à marcher. Encyc. 

Adieu command. Vieille façon de parler, qui fe difoit 
du temps de Marot; pour dire , ^d'ica vous dis, owpha- 
tct c'eft : ^ Dieu je recommande. Adieu command votre 
amitié , je renonce à votre amitié, je l'abandonne & la 
recommande à Dieu, ne m'en embarralîant plus. 

Le Cap d'ADiEu eft le mêiTie que le Cap Farwci , 
nom qui lignifîe la même choie. Il eft vis-à-vis la pointe! 
la plus orientale de lEftotilande, 

ADIGE. f £ Atkefis. Rivière d'ItaUe, qui prend (a fcurcé 
au mont Brennet , dans le Tirol , & après avoir paifc le 
Trentin iSc le Véronnois , (e jette dans la mer Adriatiquc^^ 



HZ A Dî 

au midi de h. côte de Venife, & au noi'd del'embou- 
chuie du Pô. 

^fT ADIMA. Ville de la Tartarie Mofcovirc , à roricntdc 
Ja l■i^•iè^e de Mokfcha qui la baigne, & va eniuice le 
jeter dans l'Occa. 

ADIiMANTE. f. m. Nom propre d'homme. Adimantus. 
Un fameux Manichéen & dilciple de Manès , (e nom- 
moit Adin2ante. 

ADLMION. r. m. Terme de Fleurifte. C'eft une tulipe 
amaranthe, avec un peu de rouge & de blanc de Liir. 

ADIMAIN. 1. m. Animal prive , qui ne le trouve que dans 
les dckrts delaLybie. Ilrcllembleau mouton. Il porte 
une laine courte èc très-fine. Il n'y a que la femelle qui 
ait des cornes. lia les oreilles fort longues & pendantes. 
C'eil tout le bétail de Lybie , qui fournit aux habitans 
-quantité de lait & de Iromage. C'ell un animal t"ort 
paiiible , qui le lailFe monter aux enfans , & les porte (ur 
ion dos plus d'une lieue ■■, il eft auill grand qu'un moyen 
veau. Ablanc. Traducl. de Marmo /.Voyez cncoic Jcclu 
Léoii l'Africain, Z?e/c ri/'?, de l'Afrique. P. IX. 

ADiNÉRER.v.a.Qui vient duLann Adieneum ^auc àtris 
vretïum conftituerc. Ce terme étoit autrefois uhté dans 
les licitations, pour dire, mettre à prix. 

ADJOINDRE. V. a. Donner un collègue, alfocier quel- 
qu'un pour fervir d'aide & de conleil , & quelquefois 
de coiitiôleur dans une affaire , ou dans une négocia- 
tion importante. Adjungere. On dit , adjoindre à un 
rapporteur deux évangéhftes , lorlqu'il rapporte un pro- 
cès , pour examiner l'inventaire &: les pièces. Il ne le dit 
que des perlonnes. 

ADJOINT, OINTE, part. 

Adjoint, i. m. Celui qui eft joint avec un autre pour lui 
aider dans fon miniftère, ou pour en partager les fonc- 
tions, ou pour prendre garde aies actions. Socius y Col- 
lega. Ce Syndic ne fauroit rien conclure feul; il faut 
négocier avec fon Adjoint. On a créé en titre d'office 
des Adjoints aux enquêtes , pour être préfens à la con- 
fection des enquêtes avec le Juge commis pour la faire. 
Le Syndic des Imprimeurs & Libraires a aulil les Ad- 
joints. 

On donne dans l'Académie des Sciences cette qua- 
lité à quelques Académiciens. Ce font ceux qu'on ap- 
}5eloit autrefois Elèves. Ce terme ayant déplu à plu- 
iieurs habiles gens , qui ne vouloient point entrer dans 
l'Académie fous la qualité d'Elèves y on a changé ce 
nom en celui d'Adjoints y tk. on les a ainlî appelés , 
parce qu'ils font Adjoints à un ancien Académicien , 
dont ils ont embralle le genre d'étude ; par exem- 
ple, à un Géomètre, à un Botanifte, à un Aftronome , 
à un Anatomifte , à un Chimifte , &c. au lieu qu'autre- 
fois on les appeloit Elèves de cet Académicien. Les Ad- 
joints y au nombre de douze, compofent la troihème 
clalTe des Académiciens. Les Adjoints ont fuccédé à la 
clalfe des Elèves par un règlement que le Roi Ht en 
171 6. T^oye:^ l'Hifloire de cette Académie pour cette 
année-là. Adj-unclus. 

Adjoints , en termes de Rhétorique & de Grammaire , 
fe die des mots , ou des chofes qu'on joint à d'autres 
pour en augmenter la force , ou pour ampli hcr le dif- 
cours : comme les mots adjeétifs , ou les épithètes font 
adjoints aux fubltantifs, pour marquer leur nature & 
'leurs qualités. Adjuncla. EnRhétorique on appelle par- 
ticulièrement adjoints, adjuncla y les lieux communs 
où l'on peut puiler les argumens : toutes les circonl- 
tanccs d'où nailfent les preuves du fait. Quis , uH y 
quitus auxiliisy cur y quoir.odo , quando. Le lieu , le 
temps , le pourquoi , le comment , &c. 
ifT ADJONCTION, f. f. Addition , liaifon , jondion. 

Adjunclio. Ch. Etienne Dict. 
Ç^ Adjonction. Terme de Palais. Jonétion d'une pcr- 
fonne avec une autre. En France aucun particulier n'a 
droit de pourluivrc la vengeance des crimes : c'clt pour- 
quoi on conclut toutes les requêtes de plaintes en ma- 
tière criminelle, en demandant l'intervention, & en re- 
quérant Vadjonclion de M. le Procureur-Général , du 
Procureur du Roi, ou du Procureur Fifcal. Suhfcriptio 
ADJOURNEMENT. Foyc:;^ Ajournement. 
ADJOURNER. T\i\e^ Ajourner. 

ADJOUSTER,ou ADJOUTER. P'oyei Ajouter. 



ADÎ '' 

ADJOUSTÉE , ou ADJOUTÉE. Fcye^ Ajoutée. 

ADJOJjTAGE. f. m. Foye-^ Ajout âge. 

ADIPEUX, EUSE. adj. Terme d'Anatomie , qui lignifie 
gras. Pinguis y Obefus. H le dit particulièrement d'un 
rameau qui fort d'un tronc de la veine cave , qui eft im 
des cinq rameaux iliaques , qui va à la tunique exté- 
rieure des reins, parce qu'il eft environné de gradle. La 
membrane :i^-ç<àkcpannicule y eit adipeufe dans l'hom- 
me, & charnue dans les bêtes. Cette membrane eft la 
baie des cellules adipeufes. CelluU adipofi. Elle eft 
double, & peut le diviier en deux parties ; l'une inté- 
rieure , dans laquelle font plulieurs petites cellules plei- 
nes de graille ; l'autre extérieure, que les Anatomiftes 
ont confondue avec la membrane charneufe , parce 
qu'elle a un grand nombre de vallFeaux languins. Har- 
Ris. C'eft dans les elpaces des libres de la membrane 
adipeufe y ou grailleute , & dans les petites cellules 
qu'elle forme, que la graille s'embarraire & fe fige. Les 
membranes adipeufes lont le troihème des tégumciis 
qui couvrent &: environnent le corps. Dionis. Le même 
auteur appelle aulli la membrane des reins, adipeufe. 
Les conduits adipeux. Adipofi duclus. C'eft ainli qu'on 
nomme les lacs , ou vélicules adipeufes y qui portent 
l'adeps , ou la grailfe dans les interftices des mulcles , 
ou dans les parties entre chair èc cuir. Id. Ce mot vien.t 
du Latin adeps y graille. 

ADIPSOS. 1. m. Palmier d'Egypte. a"/i4»<, C'eft un grand 
arbre qui ne vient pas droit , vert , ayant l'odeur du 
coignaliier , la feuille du myrthe, le fruit du câprier. Ce 
fruit a une odeur agréable ■■, mais il n'eft pas bon à man- 
ger , & n'eft point renfermé dans une coquille. Ce 
fruit cueiUi avant qu'il loit mur, a la propriété d'étan- 
cher la loif. 

ADIRBEITZAN. f. m. Province de Perle , que l'on nom- 
me auffi Adilbésian,Aderbeigian,Ls: Adzerbaijan. Pro- ■ 
vincia' Aderbe:ç^ana. Elle ell: entre celle d'Erivan au 
nord , les Cardes & une partie du Diarbek au cou- 
chant, le Hicrac-Agemi au midi , & le Kilan avec la 
mer Cafpienne au levant. VAdirbeif^an eft l'ancienne 
Médie Trapatène. 

ADIRER. V. a. Ancien terme de Palais. Egarer quelque 
titre ou papier. Amittere. Cette pièce étoit le fondement 
de mon procès, le malheur a voulu qu'elle ait été adi- 
rée. Adirer les pièces d'un procès. Il vaut mieux fe fer- 
vir d'égarer. Dans une ancienne inlcription de l'EgUfc 
du Saint Sépulcre de Rouen , le mot adirer lignifie 
laijj'er tomber. Ici adira le Preflre le Cors Nojlre Sel 
gnor. Voyez la Dejcrip. Geogr. & Hijl. de la haute 
Novm. tom. II. p. 1 2j. 

Quelques uns dérivent ce mot de aderrare y qui a li- 
gnifié autrefois aberrare à via. Il y a plus d'apparence ,J 
dilent quelques autres, qu'il vient de, trouver à dire jj 
qui li2,\-i'Ae manquer. Mais peut-èlïc trouver à dire vient- 
il lui-même d'adirer. 

ADIREE, ÉE. part. Querelles des chofes adirées. Coût, 
Ancien, de Normand. 

De la cuillé qu'il a trouvée 

Qu'ils ont au manger adirée. Roman de Rou. 

Adiré, ée. Perdu, égaré. Amiffus. Ce même participe ii-A 
gnitie encore, rayé y effacé. Son nom eft ^c/irf' de l'Etat] 
des Officiers. [ 

ADIRES. Les petits animaux que l'on appelle en Efpagncj 
Adirés y font une efpèce de chiens de Barbarie. Ces ani- 
maux font fins iSvT rulés naturellement , enlorte qu'il fe- 
roit bien difHcile de les attraper, s'ils n'étoient voracesj 
& goulus , ou pour mieux dire, li étant poulies par la 
fiim , ils n'cntroient dans les mailons qu'ils trouvent] 
ouvertes: quand ils y rencontrent quelque chofe àmaivj 
ger, ils font des cris pour appeler les autres, & ne fon-l 
géant point à fe cacher avec la même rule dont ils fa-j 
vent li bien fe fervir dans toutes les autres occafions ,j 
fe trahilTcnt eux-mêmes, & fe font prendre. Les adirés] 
( de Perte ) font plus grands que ceux de la même ef- 
pèce que nous avons vus à Goa, car ils font aulli forts! 
qu'un grand chien couchant. Mais ceux du pays ( c'étoitl 
à Schiras ) nous alfuroient que ceux qui fe retirent dans [ 
les jaidins ëc dans les buillons plus éloignes de la ville,! 

foncl 



ADI 

font beaucoup plus grands. Les chiens n'ofoicnt atta- 
quer ces adirés ; & ces adirés ne manquoient jamais 
d'éviter la rencontre d un gros dogue qu'on lachoit con- 
tr'eux. Us font la plupart de même couleur que ceux 
de Goa, & il y en a qui font à demi-blancs, la couleur 
fe rapportant a celle des chiens, avec lelqucls, ilslcmè- 
lent, dit-on, naturellement-, ce que néanmoins j'ai de la 
peine à me perluader, parce que c'ell: toute une autre 
efpèce , quoiqu'il y au quelque rapport pour la cou- 
leur(?c pour la taille. Vicqfort. Ambajf.de Figueroa 
en Perfe. 
ADITHAÏM. Ville ancienne de la tribu de Juda,aunord- 
eft de cette tribu , lur les confins de Dan. Adïthaim. 
Jof XV. 36. 
ADITION. L f. Terme de Jurifprudence, qui le joint tou- 
jours avec le mot iX hérédité. Adition d'hércdicé. C'eil 
l'acceptation d'une hérédité, ou la déclaration que fait 
l'héritier , qu il veut jouir du droit que la nature & la loi 
lui donnent. Acceptio. L'adinon d'hérédité obHge foli- 
dairement a toutes les dettes de la luccellîon. Dans le 
Droitcivilon ne fe lervoit du terme iZû'^fiOj quequand 
un étranger ctoit appelé à luccédcr par le teftament. A 
l'égard des héritiers par la loi du lang, & abïntefiat^ 
on diloit ïmmlxtïo. 
ADJUDANT. L m. ro>T^ AJUDANT. 
ADjuDlC AT AIRh. f m c\: f ( La plupart ne prononcent 
plus le D. ) Le plus oftrant & dernier enchérifl'eur a qui 
ona.idjugéle bail, ou la propriété d'un héritage^u'on af- 
ferme, ou qu'on vend en i\!S!(\cz. Manceps.W ad^judï- 
fcftrirc; d'un héritage cil: tenu de configner leprix de f'on 
adjudication dans fiuit jours; autremerit il y peut être 
contiaintpar corps. \J adjudicataire d'une terme eft tenu 
des frais du bail. 

On le dit auili de ceux à qui on adjuge en Juftice 
des ouvrages, ou des rcpaiations au rabais. 
Adjudicaiaire, le dit aofolument des Fermiers des 
droits du Roi. \J adjudicataire général des Gabelles , 
des rtides, eft un Commis fous le nom duquel en fait 
toutes les pcuriuites Hc contraintes pour le recouvre- 
ment des deniers des GatJelles & des Aides. 
>ADjbDiCATir , iVE. acij. Qui adjuge ou qui a adjugé. 
Qui adjudicat. il a un arrêt adjudicatif de (a de- 
mande, i-a lenrence du premier Juge étoit adjudicative 
des dépens. l'CJ' Un le dit dans le même Icns d'un arnt 
ou d une lentence qui porte adjudication au profit du 
plus ottiaiit, d'mi bien vendu par autorité de Jullice , 
eu qui défère au moins demandant une entreprile de 
travaux ordonnés judiciairement. 
ADJUDICATION. 1. f. ( La pliipart ne prononcent plus 
le D. ) Acfe par lequel on adjuge au dernier enchenl- 
feur une choie qui le vend en Juftice, loir un meuble 
dans un encan , loit un bail d'une ferme , foit la pro- 
priété d'un héritage qu'on décrète, loit un ouvrage ou 
une entreprile au rabais. Adjudicatio. L'cftet d'une ad- 
judication par décret eft de purger les dettes , & les hy- 
pothèques du vendeur. Pourluivre une adjudication. 
On appelle adjudication la lentence même par laquelle 
on a adjugé 1 héritage décrété. 
ADIVE. 1. m. Animalqui naît en Afrique. Il eft un peu plus 
grand qu un renard, & du même poil. Il en a toutes 
les finelfes & toutes les rufes. Il hurle comme un chien. 
ADJUGER, v. a. ( On ne prononce plus le D. ) Déclarer 
en jugement qu une choie conteftec appartient à l'une 
des parties. Adjudicare. On lui a adjugé des dépens , 
dommages &: intérêts. Cette fuccelîîon lui a été adju- 
gée comme au plus prochain héritier. On lui a adjugé 
le prix de l'éloquence , & la préféance parmi les Ora- 
teurs. 
Adjuger, fignifie auffi, vendre S<. délivrer en Juftice au 
plus offrant & dernier enchérifleur un meuble à l'encan, 
un bail, un héritage par décret, & un ouvrage ou des 
réparations au rabais. 
ADJUGÉ, EE. part. Adjudicatus. 

ADJURATION, f £ Chfecratio , ohtejlatio , impenum. 
Terme eccléfiaftique.InjonCfion, commandement qu'on 
fait au Démon, de la fsart de Dieu , de forrir du corps 
d'un polfédé , ou de déclarer quelque choie. 
ADJURER. V. a. Faire des adjurarions , des exorcifmes. 
adjurare ^ obtejlari , imperare. Je t'adjure pa.i: le Dieu 
Tome I. 



A D M î î 5 

vivant, &c. c'eft à-dire, je t'exhorte, je te conjure, jerr 
commande. Ce mot vient du Latin adjurare. Quoiqu'il 
ne lignitie pas la même chule, on ne laille pas néan- 
moins de s'en lervir dans les exorcifmes. 

ADJURÉ ÉE. part. 

ADJUTEUR. f. m. nom propre, roye^ AJOUTRE. 

ADJUTOIRE. f m. Vieux mot. Aide, fecours. Adjutù- 
rium j auxdium. 

Dents qu'à la langue êtes mur £' renfort j 
Et de vieilleffe a.d'jUtoiï:c & confort. Marot. 

Ce nom a été fait du Latm adj utorium ^ & peut-être 
cft-ce Marot qui l'a fait pour Ion vers. 
fier ADJUTORIUM. Nom qu'on donne en Anatomic 
à l'os du bras ou à V humérus. 

A D M. 

ADMETE. f m. Roi de Phères en ThelTalie, fut un des 
Argonautes , & un des Chalfeurs de Calydon : il étoit 
couhn de Jalon. Apollon ayant été challé du ciel, paC 
Jupiter , fut contraint de le mettre au fervice de ce 
Prince , pour avoir loin de les troupeaux , &c. 
Admete. f. f. Fille d'Euryfthée, infpira à Ion père l'ordre 
qu'il donna à Hercule de lui apporter la ceinture de la 
Reine des Amazones, parce que cette tameule ceinture 
avoir tenté Admete. 
ADMETTRE, v. a. Recevoir, donner entrée, rendre par- 
ticipant de quelque avantage. Admittere. Admettre 
quelqu'un au:: charges. Admettre un Ambalfadcur à 
l'audience. Ce Prêtre a été jugé capable , il a été ad- 
mis aux Ordres facrés. Un honnête homme eft admis 
&c bien reçu dans toutes les bonnes compagnies. Ad- 
mettre à la Communion , à la Sainte-Table. 
ïfT Admettre. Reconnoitre pour vrai , quelquefois ap- 
prouver , trouver bon. Admettre une propolîtion. 
Admettre les excules de quelqu'un , c'eft-à-dire , les 
recevoir pour bonnes , pour valables. C'eft un prin- 
cipe admis par tous les Fliilolophes. Je ne puis ad- 
mettre les railons que vous alléguez. 
ÇC? Admettre quelqu'un à le juftifîer, à fes faits juf- 
tificatifs, à les preuves juftificatives ; terme de Jurif- 
prudence, lui permettre de fournir les preuves juridi- 
ques de Ion innocence. 
3CT Admettre, recevoir, dans une lignification fyno- 
nyme. Pour être admis j il luffit d'avoir une entrée 
hbre. Il faut pour être reçu 3 du cérmonial. Le pre- 
mier annonce une grâce accordée. Par le fécond en 
met en polleilion d'une place qu'on doit occuper, on 
iriftalle. On eft admis dans une fociété. On eft reca 
à une charge, dans une Académie. Encyc. 
^G" Ces deux mots ont encore une autre nuance qui 
les diftingue. Admettre lemble fuppofer lui objet plus 
intime & plus de choix ; & recevoir quelque chofe 
de plus extérieur &: de moins libre. On Admet dans 
fa confidence ceux qu'on en juge dignes. On reçoit: 
dans les cercles ceux qu'on y prélente. Recevoir àans ce 
fcns, n'emporte pas une idée de précaution qui eft at- 
tachée à Admettre. 
AdjMEttre. Terme de Finances. C'eft recevoir une pai- 
rie, ou un chapitre, ou arricle, en recette dans un 
compte, en vertu des pièces juftificatives qui lont rap- 
portées. Ce Commis en rendant fes comptes n'a jamais 
Mtjfaire Admettre trois ou quatre articles aux Fer- 
miers Généraux; mais ils lui ont pajfé tous les autres. 
On dit auftî pajfer dans le même fens. 
ADMIS, ISE. part. Admijfus. 

ADMINICULE. l. m. Terme de Jurifprudence. Com- 
mencement de preuve, ou preuve imparfaite ;circonf- 
tance ou conjecture , qui contribue à former, à forri- 
fier une preuve. Adminiculiim. Il y a tant de préfomp- 
tions et d'adminicules contvc cet acculé, qu'on pour- 
roit lui donner la queftion. Un puiftant adminicule. 
En termes de MédaïUiftes , on appelle adminicidcs 
les ornemcns avec lelquels Junon eft repréfentce fur 
les médailles. Il fe ditauili, en termes de Médecine, de 
tout ce qui peut lervir à faciliter le bon effet d'uu 
remède. 
ADMINISTRATEUR , ADMINISTRATRICE, f m, 

V 



IT4 A DM 

Si f. Celui qui régit les biens de quelqu'un, qui eft 
charge du loin de les adminiitrer. Jdminijlracorj Cura- 
cor,procuratnx. Un père eft le légitime tuteur & Admi- 
nijlrateur àcicsznixas.On l'applique a ceux qui pren- 
nent foin du lalut& de la conlcience -de ceux qui leur 
font commis. Dieu a établi les Anges pour des elpnts Ad- 
miniftratcurs. Boss. On l'étend encore à ceux qui dil- 
tribucnt la Jullice, & qui exercent la puillance pu- 
blique. 

Administrateur , fe dit altflî de celui qui eft un des 
Direâieuis d'un Hôpital, ou de quelque mailon rcli- 
gieufe -, qui a foin d'en recevoir les revenus , de les 
diftribuer, & dcn ordonner. Il y a plulicurs Admïmf 
trateurs de l'Hôtcl-Dieu , de l'Hôpital géi^éral. Ces 
Adminifuauurs font les tuteurs des pauvres. Les Ad- 
mïniftnueurs de l'Hôtel-Dieu de Paris alîîftent aux 
Aflemblées générales de police. De la Marre. Les 
Admirûjlrateurs des revenus publics doivent être vigi- 
lans , & défîntérelfés. Les Adminïftrateurs des Lépro- 
(cries jouillôicnt autrefois de leur revenu. 

Administrateur, en parlant des Etats pcffédés par 
divers Princes d'Allemagne , le dit de celui qui pen- 
dant la minorité du Prince a le gouvernement de l'Etat. 
Le Prince Admïmftratcur.VAdmïnïjlrateuràz Wirtem- 
berg. Il ie dit auiîi de quelques Princes d'Allemagne 
qui tiennent des évcchés Luthériens, réunis à leur 
Souveraineté. V Adminifiratcur de Magdcbourg. L'E- 
vêque Admïnïftrateur. 

ADMINISTRATION, f. f. Conduite , gouvernement 
des Affaires , exercice de la Juftice diftributive. Ad- 
miniJïrario.i.esRoïs(améa.ns fe icpoloient dcYAdmi- 
nljîration de leur Etat fur leurs Minilhes. Les guerres 
civiles pendant les minorités ont d'ordinaire pour pré- 
texte la mauvaife Adminijlradon des afFaires , ou les 
abus qui fe commettent dans V adminijlradon de la 
Juftice. 

Administration, fe dit auflî delà régie , du manie 
ment , ik de la diredion des biens d'un mineur , d un 
furieux, d'un interdit. Il faut qu'un tuteur rende 
compte de Y Adminifiration qu'il a eue des biens de 
fon pupille. On le dit aulfi de la régie des Hôpitaux , 
tant pour le temporel , que pour le Ipirifuel. L'adini- 
mftranon de cet Hôpital eft en bonne main. 

fCF M. l'Abbé Girard cxpofe ainfi la ditlérence délicate 
des mats Régie ^ Direclion j Adminifiration , Con- 
duite, Gouvernement j qui ne fe reliemblent que par 
une idée commune. La Ré^ie regarde uniquement 
des biens temporels , confiés aux loins de quelqu'un , 
pour les frire valoir au profit d'un autre à qui ils ap- 
partiennent, defquck on doit rendre compte de clerc 
à maître. La Direction eft pour certaines affaires où il 
y a diftriburion, foit de finances, foit d'occupations, 
&: auxquelles on eft commis pour y maintenir l'ordre 
convenable. L'AdminiJfration à des objets d'une plus 
grande conféquence , tels que la juftice ou les finances 
d'un Etat. Elle fuppofe une prééminence d'emploi qui 
donne du pouvoir , du crédit , & une iorre de liberté 
dans le département dont on eft chargé. La Conduite dé- 
figne quelque figeife &: quelque habileté à l'ég.ard des 
chofes, & une fubordination à. l'égard des pertonnes. 
Le Gouvernement réfulte de l'autorité &: de la dépen- 
dance , il indique une lupériorité de place (ur des in- 
férieurs , & a un rapport particuher à la poHtiquc. 

Administration, fc dit encore des f-onClions eccléiial - 
tiquïs. C'eftun tel Prêtre qui eft chargé dcl'Adminif- 
tration des Sacremcns dans une telle Paroille. On in- 
terdit \'adminiJlration des facrcmens à un Prêtre irré- 
gulier; c'eft-àdirc, on lui défend de les conférer. En 
matière bénéficiale on diftingue deux (ortes d'ad/ni- 
nijlration : l'une au temporel, Se l'autre au fpiritucl. 
L'admmiflration au temporel conhlle dans le droit 
d'adminiftrer la Juftice , de recevoir les redevances, 
de donner à ferme , &c. UAdminiflration au ipiriruel 
confifte dans le pouvoir d'excommunier, de corriger, 
de conférer les Sacremens , (Src. Le mot A'adminijlration 
fc dit louvent du maniement & de la régie des deniers 
publics. On ne doit confier VadminiJI ration des de- 
niers publics qu'à des gens dont la probité ne foit pas 
équivoque. 



AD M 

Administration , fe dit aulfi au Palais, des titres, 
preuves , ou témoins qu'on fournit a quelqu'un en 
Juftice. Suppeditatio.XJn dénonciateur doit faire Yad- 
minijiratwndes témoins au Procureur Général. 
Administration. 1. f. On donnoit autrefois ce nom à 
une mailon Rehgieufe , où il n'y avoir qu'un très-pe- 
tit nombre de Religieux ; c'eft à peu près ce que nous 
nommons Hofficc. Le vingt-teptième Canon du Con- 
cile de Sens, de l'an 1528, porte, que dans les Ad- 
minijlrations ou Prieures où il n'y a qu'un Religieux, 
parce que le revenu n'eft pas lumlant pour en entre- 
tenir plulleurs, l'Evêque unira les Adminijliations 3 
ou Prieurés , au plus prochain Monaftère. Dupin. 

Administ ration. Les Efpagnols du Pérounommentainfi 
le magafin d'entrepôt étabh à Colao , petite ville fituéc 
fur la mer du îjud , qui fert de port à Lima , capitale 
de cette partie de l'Amérique méridionale. 

ifT ADMINISTRATRICE, f. f. Foyei Administra- 
teur. 

ADMINISTRER, v. a. Gouverner , régir. Adminifirare. 
Il eil difficile d'adminiftrer les affaires publiques au gré 
de tout le monde. Adminijlrer les affaires, les revenus 
pubhcs, les finances. 

I^CT On le dit de même de la conduite des affaires par- 
ticulières. Un tuteur adminijîre les biens de Ion pu- 
pille. Les Hôpitaux font bien ou mal adminijlrés. 

tfT Administrer , rel.irivement a l'exercice de la juf- 
tice avec autorité publique. Les Parlemens adminif- 
rrdwr'k juftice. Ce Magiftrat a fort \)\^\\ adminiftré \:x 
juftice pendant qu'il a vécu. 

Administrer, fe dit auin en matière eccléfiaftique,pour 
conférer. Ce Curé a adminijîre les Sacremens à cet 
agonilant. 

Adiviinistrer, fignifie auifi au Palais , Fournir des preu- 
ves, des titres t<c des témoignages. Suppeditare. \\a.ad- 
minijlré dus témoins luftilans au Procureur général, pour 
vérifier la dénonciation. Un pourluivant criées lomme 
tous les oppolans de lui adminijlrer & fournir titres 
& moyen', pour faire débouter un nouveau créancier 
de la demande. 

ADMINISTRÉ , ÉE. part. Admhûjlratus. 

ADMINISTRERESSE. f. f. Dans le Parlement de Bor- 
deaux les Avocats àiitniAdnunJlrereJfej aulieud'^t/- 
minijlratrice , pour défigner une mère qui a l'admi- 
niftration des biens de les entans pupilles ou mineurs. 

ADMIRABLE, adj. m. & f. Digne d'admiration , oui at- 
tire l'admiration. Admirabilis 3 mirandus j mirificus. 
Pétrone eft admirable dans la pureté de fon ftyle , 
& la délicatefle de les Icntimens. S. Evr. Ce Pein- 
tre eft admirable pour Ion coloris. Cet homme eft iz</- 
mirahle dans la conduite. Jean Bacon a été nommé par 
excellence , le Dotteur admirable. 

Admirable, dans le dilcours familier, fignifie charmant, 
excellent, beau. Ce vin eft admirable. Ce ragoût eft 
admirable. Faire une chère admirable. Voici unelailcii 
admirable. 

On s'en Icrt dans le ftiyle familier , pour dire , qu'on 
eft lurpris, qu'on eft Icandalilé de ce qu'un hom- 
me dit eu fait. Vous êtes un homme admirable , de 
vous lailler perluader li ailément ces bagatelles! Je 
vous trouve admirable d'oler me plailanrer ! Le dé- 
tour eft fort bon, & l'exailc admirable ! Mol. 

Admirable. (. f. Elpècc de Pêche. Malum Perjlcum 
diclum admiralnle. La Pêche admirable a prcfque 
toutes les bonnes qualités qu'on peut louhaiter . & 
n'en a point de inauvaifcs. Elle eft des plus grolfes & 
des plus rondes ; elle a le coloris beau , la chair fer- 
me, fine &: bien fondante , l'eau douce es: lucrée, le 
goût vineux & relevé ; elle a le noyau petit , & n'eft 
point fu jette à être pâteufe ; elle mûrit vers la mi- 
Septembre. Les Pêches admirables qui mûriffent les 
dernières fur l'arbre, font d'ordinaire les meilleurcSà 
Ce ne font pas des fruits à mûrir hors de l'arbre , 
quoique, après les en avoir détachées, on les puifle 
garder trois ou quatre jours lan^le gâter. A moins que 
l'arbre ne foit très - vigoureux , cette Pêche eft lujète 
à tomber demi-mûre , verdâtrc & velue; & pour lors 
ce qu'elle devroit avoir de goût vineux & relevé , fe 
tourne en amertume & en âcreté : cette chair qui doit 



A D M 

être fi fine & C\ fondante, (e trouve giolTicre iS: ptcr- 
quc sèche ; enfin , le noyau en eft pIu; gros cn'û ne 
dcvioit être , s'ouvre même quclquciois. Id. 

Admirable-jaune. Autre clpcce de Pcchc. Malian Per- 
Jlcum admirahïk flavum. \J adniïrahU-j aune tardive 
cfl: aullî nommée la Pêche à' abricot Se Sandalui. C'cft 
un mirlicoton , de même que la Pavie jaune : elle 
relfcmble entièrement par fa figure, & paria grolfcur, 
à la pêche admirable ; m.iis elle en elî difercnte par 
le coloris jaune qui cii dans la peau & dans ta chair , 
qui lui a fait donner ce nom. La Quint. L'une & 
l'autre admirable colorent afiez au loleil ; & ce 
rouge pénètre même un peu davantage auprès du 
noyau de la jaune, qu'auprès du noyau de la blanche. 
VadmirahU-jaune cft de très-bon goût , mais Injèce a 
devenir pateule. Id. 

ADMIRABLEMENT, adv. D'une manière admirable, 
pai'faitement bien. Admirabilïtcr , mirificè. Il parle 
admirablement bien fur la Phyfique. Cela ^'ous hcd 
admirablement > 

ADMiRAL. /^ov^?- Amiral. 

ADMIRATEUR, ATRICE. adj. prefque toujours em- 
ployé fubftantivement. Celui qui admire. Admïrator. 
Miratrix. C'cft un admirateur de tous les beaux ef- 
prits. Il eftpailîonné a-^;;2irare«r des Anciens. BoiL.Sans 
l'amour nous ferions de tranquilles adwÀrateurs des 
beautés les plus parfaites. S. Evr. On cft bien iouvent 
fon premier & Ion unique admirateur, M. Scud Les 
grands admirateurs (ont la plupart de lottes gens. S. E v r. 
Notre fiècle cft fertile en lots admirateurs. Boil. 

Defes triflcs écrits admirateur unique j 
Plaint en les rciifant l'ignorance publique. Boit. 

ifT ADMIR ATIF , IVE. adjî II n eft guère en ufage que 
dans cesçhïCiCcs, point admiratifiparticule admirative. 
On appelle Point admâratif^, une ponctuation qui le 
marvate ainfi /3 & qui fert à frire connoiue qu il y a 
exclamation & admiration dans le dilcours. On appelle 
Particuleadmirative,VLnc^^incn\e: qu'on emploie pour 
marquer de l'admiration. Acad. Fr. 

|!Cr Les Imprimeurs dilent fimplemcnt Admiratif, &: 
alors ce mot eft fubftantif malculin, ou adjectif pris 
fubftantivement en fous-entendant point. 

fCF Le ton admiratïf. Le gefte admiratifcO: un jargon du 
grand Vocabulaire. 

CCT ADMIRATION, f. f. Sentiment qu'excite en nous 
la préfence d'un objet , quciqu'il Luiz , auquel nous 
attachons de grandes perfcttions ; par lequel nous re- 
gardons avec une haute eftime ou avec ctonnement 
quelque chofe de beau , de grand , de parfait. Admi- 
ratio. Les prodiges excitent ['admiration. Felib. Le 
Talle & l'Ariofte \'oul?.nt repréfcnter un homme dans 
l'admiration 3 le font paro'irre comme immobile. 
Idem. L'admiration qu'on a pour les actions glorieu- 
fes, eft Ibuvent accompagnée d'un lecret déplaifir de 
n'en pouvoir faire autant. Ces t. Rien n'attire plus 
l'admiration de toiule monde qiiela vertu. Dur. Vous 
ne plairez jamais à un homme il fier , i moins que vous, 
ne foyez dans une admiration continuelle pour tout 
ce qu'il fait. Rochef. L'admiration gâte & corrompt 
le cœur. Maleb. Ce qui fait l'admiration du peuple , 
ne divertit pas toujours les gens d'etprit. S. Evr. Ce 
qui rend la iohtude iniupportable à la plupart des 
gens , c'eil qu'elle les éloigne de V admùration JiyRT-R. 
Quand l'homme ne regarde Dieu que comme ion Juge, 
il celleroit de l'admirer, s'il pouvoir lui refuier fon 
admiration. Abad. 

Admiration , fe dit aulîî de la chofe qui le fait admirer. 
Ce Prince eft l'admiration de fon iîêcle. S. Chrylol- 
tôme a été l'honneur de fon ilècle , & l'admiration de 
la poftérité. Nicol. 

On dit ordinairement que l'admiration eft la fille 
de l'ignorance : c'eft dans ce fens que S. Evremont a 
dit, que l'admiration eft la marque d'un petit efprit. 

tfT Ce qui ne peut lé dire que àzl'admiratiori des choies 
communes. Mais plus un homme a de difccrncment , 
plus il pénètre les iecrets de la nature, plus il admire. 

ifT II ne faut pas confondre l'admiration avec la fur- 
prife. Une choie belle ou laide, pourvu qu'elle ne 
Tome L 



ADM ïi^ 

foîr pas ordinaire dans ion genre, caufc de la furprife* 
Il n eft donné qu'aux belles de cauler la furprife Si 
l'admiration. Ces deux lentimens peuvent aller en- 
iemble ou féparément. 

ÇfT Admiration. ( point d' ). J'\'>ye'^ Admiratïf. 

C'C^ ADMIRATRICE, l^oyc- Admirateur. 

ADMIRER. V. a. Conhdjrer avec furprite ; regardef 
avec étonnement une choie à laquelle nous attachons 
des perf-ecl:ions. Admirari , mirari. On n'admire rien. 
tant qu'un homme qui lait être malheureux avec 
courage. Racin. Les hommes vains ne fongent qu'à 
le faire regarder, & à le faire admirer, S. EvR. Nous 
aimons toujours ceux qui nous admirent; Si. nous n'ai- 
mons pas toujours ceux que nows admirons, Rochef. 
La leule choie qui puilîe rendre l'homme heureux , 
c'eft de n'admirer rien ; parce qu'alors on ne délire rien. 
Dac. Les hommes n'aiment point à vous admirer • 
ils ne cherchent qu'à être applaudis eux-mêmes. La 
Bru Y. Biens des gens admirent un faux merveil- 
leux enveloppé d'une obfcurité qu'ils refpedent. 
F ONT EN. Un lot trouve toujours un plus lot qui l'ad-' 
mire. Boil. Nous admirons iouvent ce qui eft au-def- 
ius de nos forces, ou de nos connoiilances. 

On dit aullî ironiquement & en mauvaiic part : Pouf 
moi je vous admire ; pour dire, je ne comprends pas 
à quel point va votre toibleire : j'en fuis iurpris. N'ad^ 
mire^-vcwi pas la tolie des hommes : J'admire l'ava- 
rice de cet homme qui a des richelles immenles. On 
le dit dans ce iens des choies dont on blâme l'excès. 
Il fe met aulîî avec le pronom perionnel. Un fot , 
content de ce qu'il fait, s'admire lui-même. Boil, 

ADMIRÉ, ÉE. part, 

ADMlSSiBLE. adj. m. & f. Valable, recevable , qu'on peue 
admettre. Légitimas , Prohabilisi. Il ne le dit guère 
qu'en cesphrales. Cette raifon n'eft pas admifflhle. Ces 
moyens de taux ont été déclarés pertinens & admijjibles. 

ADMIboION. 1. 1. Acl:ionpar laquelle on eft admis à une 
place ou dignité. AdmiJfio.Cc terme le dit Ipecialement 
de la réception aux ordres ou à quelque degré dans une 
faculté. J..a calomnie qu'on a débitée contre cet Ecclé- 
iialtique , a empêché ion admijjlon aux Ordres. 

C'CF Admission , fe dit aullî au Palais des preuves Se 
des moyens qui lont reçus comme concluans Si per- 
tinens. 

^CF On dit auflî en droit Canonique , l'adm/ffion d'une 
démiiîion , d'une relignation , en parlant du confcnte- 
tement que le collateur donne à cet acte qui cft fait 
entre les mains. Sans cet acte approbatit de la part du 
collareur , le bénéfice n'eft pas cenfé vacant. 

IP' ADMISSIONALES. On donnoit ce nom chez les 
Romains aux Elclaves qui introduiioient chez les 
Princes. 

ADMITTATUR. f. m. Billet que donnent les Exami- 
nateurs,portant certificat qu'un homme eft capable d'ob- 
tenir des degrés dans une Faculté , ou digne d'être 
promu aux Ordres. Ce Prêtre a reçu du grand-Vicaire 
Ion adniittatur, 

ADMODIATEUR. Voye^ Amodiât eur. 

ADMODIATION. Voye-^ Amodiation. 

ADMODIER, Voyei Amodier. 

ADMODIÉ, ÉE. /-oye^ Amodié. 

ADMONESTEMENT. f. m. Vieux mot. Avis, âvertif- 
fement. Monitum y admonitio. 

Mais de quoi fert tant c/^admoneftcmentî 

F ais feulement que fi bien te reçoive 3 

Que recevoir je puiffe promptement. Marot. 

IP" ADMONÉTER. v. a. Terme de Palais. Faire une 
légère correction verbale , en matière de délit. Ad- 
monere. C'eft une peine qui s'impofe en matière cri- 
minelle , lorfque le déht ne mérite pas une grande pu- 
nition. Le Juge mande le coupable, pour lui frire une 
remontrance a huis clos, avec detenfe de récidi\'er. 
Un tel a été admonété ; on l'a admonété. Cette peine 
n'emporte point l'infamie , comme le blâme, à moins 
qu'elle ne loit accompagnée de l'amende: ce qui arrive 
rarement. 

Ccr ADMONÉTÉ, ÉE. part. Admonitus 



ï i6 



ADN 



1/3°" Ce mot employé fubftantivement défigiie l'adion 
d-'admonéterj ou la correction verbale dont on vient 
de parler, Vadmonété n'emporte point l'interdiclion. 
ADiviONITEUR. f. m. Celui qui avertit, qui admo- 
ncte, qui donne mi a.vïs. Mon'uor^admonitor. Je vous 
flippiie de ne pas prendre ce dilcours comme la pré- 
diclion d'un malheur, où je louhaite que vous tom- 
biez ; mais comme un avertillement de ce que vous 
avez à appréhender, & comme le meilleur otrice que 
vous puilFe rendre un Admon'ueur prévoyant & zélé. 
P. LE Valois. Il n'eit pas d'ufage. Les Vocabuhftcs ne 
nous en difentrien, & le prcientent comme un terme 
d'un ulage ordinaire. 

En quelques Communautés religieufes on appelle 
Admonïteur :, le Novice à qui l'on domae le loin de 
marquer ce que les autres Novices ont à faire , & de les 
en avertir. 

C'eir auiîl le nom d'un Officier dans quelques Mai- 
fons religieutes. C'eft un religieux prépolé pour ad- 
monéter , pour avertir le Supérieur, pour lui donner 
les avis ntcç.'A.::i\iZ'i. Admonhor. 

C'eft aulîi le nom qu'on donne chez les Jéluites à 
une efpèce de contrôleur, que l'Ordre met auprès du 
Général, pour l'avertir en lecret de ce qu'il trouve 
d'irrégulier dans Ta conduite -, mais il lui elî enjoint de 
le faire avec beaucoup d'égards & de circonlpeétion , 
& même avec un profond relpeét. C'eft la Congréga- 
tion générale qui choifit & élit \ Admonïteur. 
ADMONITION, f. f. Aveitiirement, adtionpar laquelle 
on admonète. Admonuïo. f,Cr En termes de Palais 
c'eft une remontrance que frit le Juge en matière de 
dclit , au délinquant à qui il remontre la faute en l'a- 
vertillant d'être plus circonfpeét à l'avenir. 
ftC? Elle eft moindre que le bLime, & n'eft pas flétril- 

iante , à moins qu'elle ne (oit fuivie d'amende. 
ÇC? Admonition, fe dit aulli en matière Eccléliaftique-, 
& alors il lignifie la même choie que Monuïon. Il y 
a un arrêt & admonition & d'interdidion contre cet 
Officier. Un bénéficier fcandaleux doit être privé par 
le Juge de les bénéfices après trois admonitions. On a 
fait plulieurs admonitions au prône ; pour dire , plu- 
ficurs publications de cenfures. 
(ADMONITRÎCE. f. f. Celle qui avertit , qui donne des 
avis. Admonitrix. Les filles de la Congrégation de Saint 
Jofeph ont une Admonitria. C'eft le nom qu'elles 
donnent à une des Cfficières, ou Supérieures de leur 
Congrégation. VAdmonitrice a le même loin dans les 
monaftères de Filles. La Supérieure des Pieligicules de 
la Congrégation de Notre-Dame a quatre Conleilières, 
ou Ailiftantes, & une Admonitricc, quifc nomme au- 
trement iHere Dïfcrhe y laquelle reprélente à la Supé- 
rieure ce que les Confeillères, ou autres perfonnes la- 
geslui ont luggéré. P. HÉlyot. T. VI. p. 3S-f. 

A D N. 

ADNORN. Lieu près de Sarepta en Syrie. Adnornum. 
A trois quarts de lieue de Sarepta , il y a une allez lon- 
gue chaîne de rochers , dans lelquels on a creulé des 
enfoncemens en forme de croix , qui ont cinq ou fix 
pieds de profondeur , & dont l'entrée n'eft que d'un 
peu plus de deux pieds en carré. Il eft' allez difficile de 
dire à quels ulages ils ont été faits. Les gens du pavs 
prétendent que c'eft l'ouvrage des anciens Solitaires 
qui s'y retiroient, & qui s'étoient fait des lépulcres 
pour penfer jour & nuit à la mort. Je ferois plutôt de 
l'avis de ceux qui croient que ces enfoncemens étoient 
des lépulcres deftinés à la fépulture des perfonnes les 
plus confidérables de Sarepta. Quoiqu'il en loit , on 
appelle ces cellules , ou fepulcrcs, les Grottes d' Ad- 
norn. MÉm. des Miss, du Lev. T. V. p. p. &' r o. 

ADNOTATION. f. f. Terme de Chancellerie Romai- 
ne. Les Adnotations ou fignatures font des Requêtes 
ou Suppliques répondues par la feule fignature du 
Pape. Hiji. du Droit Can. 

ADO. 

ADOD. f. m. Terme de Mythologie. Nom que les Phéni- 
ciens donnoient au Roi , ou Maître des Dieux. 
ADOLER , & ADOLORER. v. n. Qui veut dire, félon 



■ ADO 

Perceval, être dolent. Mœrere , dolere. Ce verbe n'eft 
plus en ulage. 
ADOLESCENCE, f. f. La Heur de la jeuneire , l'agc 
qui luit l'entance, depuis 14 ans julqu'a ij. Adoicf- 
ccntia, aduita Atas. Cet homme dès Ion adolcfcence 
s'eft mis dans les voies de la fortune. La Bru y. Clé- 
ment Marot a fait un recueil des vers faits en la jeu- 
nefte , qu'il appelle ïadolefcence Clémentine. Il ne fe 
dit que des garçons. 
§3" Les Romains l'appliquoient indiftinétement aux gar- 
çons & aux filles, aux uns depuis 12 ans julquà ijj 
aux autres depuis 11 julqu'à 11. 
Adolescence, le dit figuremenr du premier âge du mon- 
de. On ne l'emploie que dans le ftyle élevé. On feroit 
encore mieux de ne l'employer nulle part. L'inno- 
cence & la vertu regnoient parmi les hommes, lorfque 
le monde croit encore dans Ion adolefcencc. 
ADOLESCENT. 1. m. Jeune homme depuis 14 ans 
julqu'à 2j ans. Adolejiens. Il ne le dit guère qu'en 
plailantant. C'eft un jeune adolefcent ; pour dire , c'eft 
un jeune homme étourdi , lans expérience. 

Ce n\ot\'ïz\Vià\idolefcOi mot latin qui lignifie croî- 
tre ; parce que le temps de \' adolcfcence dure tout 
autant que le corps croît & le fortifie , tant que les fi- 
bres continuent de croître & d'acquérir de la conlil- 
tance. Après l'âge de \ adolefcencc , le corps ne reçoit 
plus guère d'accroillement. 
D^C'eft par abus des termes,que quelques écrivains em- 
ploient indiftéremment ceux de juvenis ik. d'ado- 
lefcens j pour toutes lortes de peiionnes en deçà de 
45 ans. 
ADOM. Bourg de la balle Hongrie. Adoma, ancienne- 
ment Salina^ Salinum. Il eft au-deftous de Bude fur 
le Drnube. 
tfT Abom. Petit royaume en Guinée. T'oye^ Adon. 
ADOMESTIQUÉ. adj. Mot hors d'ufage , qui lignifie 
demeurant dans la maifon de quelqu'un, & vivant 
avec lui. Le Perroniana a été récueilli par Chriftophe 
du Puy, Procureur de la Chaitreule de Rome, lequel 
étoit dans ce temps-là Aumônier du Roi , & adomef- 
tiqué chez le Cardinal du Perron. Anti-Baillet. Ce 
mot fe trouve dans le Didionnaire François & An- 
glois de Cotgrave, où eft aulfi le verbe adomefliquer ^ 
écrit avec ^af dans Furetière , qui dit que c'eft un vieux 
mot hoi's d'ulage, qui fignifioit, le rendre familier, 
ou domeftique chez quelqu'un. 
ADOMESTIQUER. V. n. Vieux mot& hors d'ulage, qui 
iignifioit, fe rendre famiher chez quelqu'un , s'atta- 
chera lui. Injinuarefe infamiliaritatcm. Ce mot vient 
du Latin domefticus j de domus , mailon. 
ADOMMiM. La montagne A' Adommim eft un lieu de 
la tribu deTrefijamin, autrefois fort infefté de voleurs. 
On prétend que Ion nom, qui en Hébreu lignifie 
lloi'.ge , lui fut donné , parce que ce lieu étoit fou- 
vent enlanglanté par les meurtres que les voleurs y 
commcttoient. Il étoit fur le chemin de Jérufalem à 
Jéricho. 
ADONAÏ. 1. m. C'eft un des noms de Dieu, qui figni- 
lie proprement Seigneur; car quoiqu'en Hébreu il foit 
pluriel, il n'a cependant qu'une fignification lingulière, 
comme bien d'autres dans l'Hébreu & dans tou- 
tes les langues. Quelques Auteurs le tirent de ]^K 
edcn, hafe y & dilent qu'il convient à Dieu, p.irce 
qu'il eft le fondement , la baie, le foutien de toutes 
les créatures. Il eft plus naturel de le tirer de pi ju- 
ger ^ être Juge ou Magif rat , gouverner , dominer. 
Les Septante le traduifent par K^/'ls5 & la Vulgate par 
Do minus y Seigneur ; & les Juifs le mettent & le 
prononcent à la place du nom propre de Dieu Je- 
hovah , que le Grand Prêtre feul avoir droit de 
prononcer quand il entroit dans le fanéluaire. Ado- 
nai fe dit auiîî des créatures ; mais le plus fouvent 
quand il fe dit des hommes , il y a dans l'Hébreu 
Adoni au lingulier, ou Adonaï au pluriel par un a 
bref ■-, & quand il le dit de Dieu , jamais qu Adonaï 
au pluriel par un a long. Quelquefois il le dit au plu- 
riel pour un leul homme; comme d'Abraham, Ge- 
nel. XXIV. 9. de Putiphar, Genel. xxxix. 1. de Pha- 
raon, Gcnef. XL, I. de Jofeph, Genef. xm, 50, Sec, 



ADO 

Au refte , la forme ieule de ce nom ne prouve pas qu'il 
foie pluriel ; mais les autres endroits où 1 on trouve 
Adonan & Adone , qui font dits d'un ieul, ou bien 
avec d'autres pronoms, comme Aaonccha j, ne laillcnt 
aucun lieu de douter qu'il ne (e di(c au pluriel éga- 
lement bien d'un ou de plulieurs. Buxtort le fils, & 
beaucoup d'autres prétendent que quand il fe dit des 
Anges, c'efl: moins de ces Miniitres de Dieu qu il fe 
dit , que de Dieu agiflai^t lui-même par le miniftère 
des Anges. Cela ne doit s'entendre que d'y^c/o/z^j écrit 
par un Kamets . ou a long. 
ADONC.adv. Vieux mot, qui fignifioit, alors, ou donc. 
Tune 1 igitur. 

Adonc , répondit l'cpouféê y 

Je ne vous ai pas mors aujjî. Mar. 

ADONÉA. f f. Nom d'une Divité Païenne. Adonca, Elle 
prélîdoit aux voyages, comme Alcone. 

ADONÉE. f. m. Les Arabes appeloient ainii le Soleil, & 
l'adoroient fous ce nom , en lui oiïrant chaque jour 
de l'encens Se des patiums. Ils donnèrent le même 
nom à Bacchus , dit Autone. 

ADONIEN. adj. m. Terme de Poefie grecque & latine. 
Il fe dit d'un vers compolé de deux pieds feulement; 
un dactyle & un fpondée. Ce vers eft le quatrième de 
chaque llrophe dans les Odes Saphiques. On lui a 
donné le nom de Ion inventeur. On en peut voir des 
exemples en Grec dans le tragment qui nous refte de 
la belle Ode de Sapho. Horace en fournira plulieurs 
en Latin, par exemple, L. I. Od. iz. 

Integer vit£ fcelerïfque purus , 
Non eget Alauri jaculis , neque arcu , 
Née venenatls gravidà fagitcis , 
Fufce j pharetrâ. 

* • Née mori per vim metuamy tenente 
Citfare terras. Hor. 

Il eft à remarquer qu'on trouve quelquefois des vers 
Saphiques qui ne font point iuivis de \ç.i% Adoniens , 
Se des vers Adoniens détachés des vers Saphiques. 
On trouve des exemples de tout cela dans les Anciens. 
Claude Buret le premier, & après lui Ronlard, ont aulH 
fiit des vers Adoniens en notre Langue , dans les (3des 
Saphiques qu'ils ont tâché d'imiter des Grecs & des 
Latins. Foye-:^ Pafquicr dans fes Reekerekcs. L. IV. 

ADONIES", ou ADONIENNES. f f. plur. Adcnla. 
Fêtes inftituées à l'honneur àAdonis 3 dans lelquclles 
les femmes imitoient les lamentations de Vénus après 
la mort A'Adonis , enluite chantoient (es louanges, & 
le réjouilloient comme s'il eûtétérellulcifé-, ou plutôt, 
félon le fentiment de Meuriius, cela hiiioit deux fêtes 
en ditFcrens temps de l'année, à lix mois l'une de l'au- 
tre -, parce que l'on s'imaginoit c^n' Adonis pailoit lîx 
mois avec Proierpine &fix mois avec 'Vénus. Les Grecs, 
les Egyptiens .i>c les Babvloniens célébroienr cette k-te , 
Si. donnoient le lurnom de Sclambon à Vénus, ou à la 
fére même, comme Lampridius l'a fait, en dilantque 
Hélagabalc célébra Salambon à la manière des Syriens, 
avec de grands cris & de grandes lamentations. Saint 
Jérôme parle de cette fête dans (on Commentaire lur 
Ezéchiel viii. 14. La 3 1^ Idylle de Théocrite contient 
une ficlion jolie iur la mort àAdonis ; mais ce n'ell 
rien moins qu'une detcription de la fcte Adonienne , 
comme un nouveau Diclionnaire le dit. La première 
Idylle de Bion pourroit bien plutôt paifer , non pas pour 
une defcription de cette fête ■■, mais pour une lamenta- 
tion propre à être chantée dans cette F ête. Foye^ A îeurf. 
De Grxc. fer. p. 3 . Callellan Eortologion impiinie a 
Anvers i/z-iS°. iSi:Beger,r. I. p. 95 &200, jufqu'à zo-^. 

ADONIQUE. Voye^ ADONIEN. adj. Terme de Pccfic. 

ADONIS, f. m. Jeune homme d'une rare beauté, né de 
l'incefte de Cyniras , Roi de Chypre, & de Mvrrha fr 
fille. Il fut tué par un fanglier \ Se Vénus , qui l'avoir 
tendrement aimé, le changea en une fleur, qui furreinre 
de (on lang. C'eft l'.anemone -rouge. Quelques auteurs 



Ado 117 

ont fait Adonis hermaphrodite. Les Egyptiens le pren- 
nent pour Ofiris ; & F'Iutarque dir qu iVa fouvent été 
pris pour Bacchus. S. Jérôme, fur Ezech. viii. 14. le 
prend pour Thanimuz , dont parle Isîacrob , liv. premier, 
Saturn. C. 21. & Onomacrite pour le Soleil, fyj' M. 
Huer, Demonfl. Evang. Propof. 4. e. ^. prétend que 
lAdonis des Payens eft Mo'ae. 

(13° Les Anciens ont parlé des jardins dAdonis comme 
d'une merveille. Ces jardins ne (ont pas tout-a-fait un 
ouvrage de leur imagination. Ils n'ont fait que déguifce 
à leur manière un refte de tradirion du jardin délicieux 
d'Edcn. C'eft de-la que le nom d'Adonis a palfé aux 
Grecs qui doivent au mot Eden le mot >-/u».i' , duni. ils 
le lervoient pour exprimer le plaihr , la volupté. Les 
Poctes Grecs ont fait des vers fur la mort à' Adonis, X!. 
Ménage a iait fur le même fujet un petit Pocme en vers 
Grecs Adoniques , qui mérite d'être comparé aux An- 
ciens, dans leiquels il a pris les penfées les plus déh- 
cates (Se les expreffions les plus pohes. 

|C3° Adonis , en tetmes de Jardinage. Plante qui vient dans 
les blés. Elle .approche de la renoncule. Elle a la rcuille 
de la camomille, la Heur en rofe ; fes femences font ren- 
lermées dans des capluies oblongues. Il y en a de deux 
fortes. Adonis hortenjîs , flore minore ,ctro ^rul-cnte ; 
Adonis eUehori rad.ce ^ huphtkalmi fior.:. 

Adonis, f. m. Adonis. Fleuve de laPhénicie, ainfi ap- 
pelé àAdonis. Il le jette dans la mer de Syrie, proche 
Biblos, où Adonis étoit particulièrement honoré. 

yO'ADONis . f. m. Rivière d'Afrique. Elle a l'a fource dans les 
montagnes, au midi de Tetouan , & fe jette dans l'O- 
cé.an , entre Tanger Se Arzille, dans le Royaume de Fez. 

BOCHARD. 

Adonis , étoit aullî une danfe des anciens Grecs , feloil 
Meurfius ; il eft vrai qu'il y avoir chez les Anciens une 
danic dans laquelle un Comédien ou une Comédien- 
ne, imitoient Adonis. Cela paroit dans Arnobe , Liv. 
VII, Se par prudence»fp'.V!(p , hymne 10, mais il ne fuit 
pas de ces Auteurs -qu'elle s'appelât Adonis j quoique 
cela foit vrailemblable. 

Sallon d'Adonis. Anciennement on appeloir ainfi un 
Sallon de verdure Se de fleurs , dont la mode étoit 
venue de Syrie. (Eeus Adonidis. Appollonius trouva. 
Domitien dans un Sallon d'Adonis. Fleury. 

^fT ADONISER. v. a. Ce verbe, qui eft un terme de plai- 
fanrerie & de pure converlation , lignifie parer, ajuftcr 
quelqu'un , le rendre beau comme Adonis. Ornare. Il 
faut vous faire adonifer. L'envie que j'avois de paro'itre 
agréable à cette dame , me fit employer trois bonnes 
heures pour le moins à me faire adonifer. 

^;CT II s'emploie aulH avec le pronom perfonnel , pour 
marquer le trop grand loin que prend un homme de 
s'ajufter , pourparoître plus jeune ou plus beau. Grnare 
fc y bellulum agere. Il palfetout fon temps 3.s'adoniJer. 

Il s'e'coute y il fe plaît , il .f'adonife, il s'aime. 

Rousseau. 

ADCNISE, EE. part, paré, galamment .ajuftc. 

ADOI'JîSEUR. (. m. Celui qui adonile. Le Spcélafeuc 
Suilfe dit, en parlant d un petit Maître , qu'un Barbier 
vcnoit de frifer Se de poudrer : tout cela s'eft fait avec 
beaucoup de patience de part Se d'aune, je veux dire 
de celle de l'Adonis & de \ Adonifeur. Mcre. Dec. 1713. 
On \oir piar ce dernier terme , ajoute l'Auteur du Mer- 
cure, que notre prétendu Milantrope ( c'eft ainfi qu'il 
appelle le Speclareur Suille ) commence à s'humanifef 
avec le jargon du temps. 

ADONNER. V. qui ne s'emploie qu'avec le pronom per« 
fonnel, s'adonner ; fe livrer, s'appliquer, s'attacher à 
quelque chofe avec chaleur. Dederefe. Ce jeune hom- 
me s'eft adonné à l'étude de la Jurilprudence. Celui-là 
s'eft entièrement adonné aux Mathématiques. 

0Cr On dit aulh s'adonner aux femmes, au vin, au jeu. 
Fleureux celui qui s'adonne à la vertu. 

ifJ' On dit encore , s'adonner à un lieu y à une perfonne ' 
pour dire , fréquenter un lieu , une perfonne , voir fie-- 
quemment une perfonne. Dict. Acad. 

On dit quelquefois d'un chien , qu'il s'eft adonné à 
une maiton; pour dire, qu'il y eft venu de lui-même , 



ii8 



ADO 



qu'il s'y cft apprivoifé. On le dit auHî des hommes qui 
s'intris,uent & le familiaiireiit dans quelque mailon. Ad- 
nùfccre Je. 

On dit en rennes de Marine , que le vent adonne , 
•quand il change, & devient plus favorable qu'il n'ctoit. 
On dit auili s'adonner , en parlant de chemin : Je 
vous prie de paiFer chez moi , quand votre chemin s'a- 
donnera de ce côté-là. Cùm itcr fcrct. Dans ce iens il 
eft du i^yle rrès-hrmilier, 

ADONNÉ , ÉE. part. Ded'uus. Ce mot vient de ad&càc 
donare. 

ADONQUES. Vieux adv. Ainfi, donc. Itaque. 

Adonqucs Molinet 
Aux Vers choijîs ^ le grave Châtelain. Marot. 

ADOPTER. V. aift. Prendre un étranger pour le faire en- 
trer dans la famille , comme Ion propre fils , & lui don- 
ner droit à la lucceiîlon, en cette qualité. Adopcare. La 
coutume A' adopter était fort familière aux Romains, ils 
l'avoient prife des Grecs, qui l'appcloierit v/a)irif ; mais 
elle n'cll: point en ulagc en France. Elle a encore lieu 
en quelques aidroits de l'Empire. Celui qui étoïtadopté 
palîoit dans la funille , & entroit lous la puilîance pa- 
ternelle de celui qui l'adoptait ; mais il n'étoit point 
déhvré de celle de Ion père naturel, qui coniervoit les 
droits. 

Du Cange dit que ce mot vient du Latin adoptare , 
d'où on a fait dans la baile Latinité adobare , qui li- 
gnifie , faire Chevalier , ceindre l'épée : d'où efl: venu 
auilî le mot de miles adobatus , qui lignifioit un Che- 
valier nouvellement fait, parce que celui qui le falloir 
Chevalier, en falloir une cfpcce d'adoption. 

On dit aulli, parla Palîionde Jesus-Christ , nous 
fommes adoptés enfans de Dieu •■, nous avons part 3. 
l'héritage céleile. Les Religieux ont mis la réforme dans 
un tel Couvent, & l'ont adopté & uni à leur Congré- 
gation. 

fC Adopter , fe dit dans un