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Full text of "Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique;"

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DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL, 

HISTORIQUE, .CRITIQUE 

ET BIBLIOGRAPHIQUE; 



TOME III. 



BLAC. = CAOU. 



CET OUVRAGE SE TROUYE 

L. PRUDHOMME, Éditeur, rue des Marais, 

au bureau du LaAater; 
Chez. ^ PRUDHOMME fils, Imprimeur-Libraire, même ^ à Paris. 

rue , n" 17; 
GAPiNERY , Libraire , rue de Seine j 

Madame Buynand née Bruyset Lyon. 

Mademoiselle Leroy et Compagnie Caen. 

Blocquel et CastiAux Lille. 

Demat Bruxelles. 

Victor Mangin Nantes. 

BtssEUiL 4 Jbid. 

Lafite Bordeaux. 

DuRviLLE Montpellier. 

Fourier-Mame Angers. 

Catineau Poitiers. 

Desoer Liège. 

Gosse Bayonne. 

PerthÈs Hambourg. 

Immerzeel et Compagnie Amsterdam. 

TJmlang IjiBerlin. 

ArtariA Vienne. 

Alici, Libraire de la Cour S. Pétersbourg. 

Riss et Saucet Moscou. 

Brtimmer Copenhague. 

BoREL et Pichard Naples. 

Giegler et DuMOLARD IMilan. 

GRlEfeHAMMER Lcipsick. 

EssLiKGER Francfort. 

Et chez tous les principaux Libraires et Directeurs des postes. 



DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL, 

HISTORIQUE, CRITIQUE 

ET BIBLIOGRAPHIQUE, 

Ou Histoire abrégée et impartiale des hommes de toutes les nations qui se 
sont rendus célèbres, illustres ou fameux par des vertus, des talens, de grandes 
actions , des opinions singulières , des inventions , des découvertes , des 
monumens , ou par des erreurs , des crimes , des forfaits , etc. , depuis 
la plus haute antiquité jusqu'à nos jours j avec les dieux et les héros de toutes 
les mythologies j enrichie des notes et additions des abbés Brotier et Mercier 
DE Sainï-Léger , etc. , etc. 

D'après la huitième Edition publiée par M3Î. Chatjdon et Delandike. 

NEUVIÈME ÉDITION, 

REVUE, CORRIGÉE ET AUGMENTÉE DE 1 6,000 ARTICLES ENVIRON, 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE SAVANS FRANÇAIS ET ÉTRANGERS. 



Amïcus PJaio ^ aniicu^ ^ rifitoleles _, magis arnica veritas 



Suivie de Tables chronologiques, pour réduire en corps d'histoire les articles 
répandus dans ce Dicliounaire. >4S. /?> "'^ ,»â 



Ornée de 1,200 portraits en médaillons. "î:.. — 



TOME III. mkéxM 




mm 



PARIS, 

DE L'IMPRIMERIE DE MAME FRÈRES. 



1810. 



^»^»^^ %*%% >V%% .■»^,^^»^ '^ 



tâ^%t%^^/%^%,%/%,i%é^% 



PORTRAITS 



QUI SE TROUVENT 



A LA FIN DU TOME IIL 



PLA?fCHE XII. 



Jdochart (Samuel). 
BoDLEY ( Thomas ). 
BoECE (Anicius). 
BoERHAAVE (Hermaii). 
BoiLEAu (Despréaux). 
Bois ( le cardinal du ). 



BoLYNGBROKE. 

BoRGiA (César). 
BoRROMÉE (S. Charles). 
BoscovicH ( Joseph-Roger ). 
BossuEr ( J.-B. ). 
BoucHARDON ( Edme ). 



PLANCHE XIII. 



BouciCAULT ( J. Le Maigre). 
BorFLERS ( J.-L. duc de). 
BouLEN (Aline de). 
Bourbon (connétable de). 

BOURDALOUE (Louis). 

BouRDEiLLES (Pierre de). 



Bourdon (Sébastien). 
BouRDONNAYE (Bernard de La). 
BouRGELAT (Claude). 
Bourgogne ( Louis , duc de ). 
BoYLE (Robert). 
Bramante ( d'Urbin ). 



PLANCHE Xiy. 



Breughel (Jean). 

Brizard (Jean-Baptiste). 

Brun (Charles Le). 

Brunehaut. 

Bruno (S.) (né l'an io5i ). 

Brutus (Lucius Junius). 



Brutus ( Marcus Junius ). 
Bruyère ( J. de La ). 
Buchanan ( Georges ). 
BucKiNGHAM ( Georges ). 
BuFFON (G.-L. Leclerc de). 
BuRLEiG (Guillaume). 



T. m. 



2122656 



PLANCHE XV. 



Caffieri (J.-J. ) 
Caille ( de La ). 
Calepin ( Ambroise ). 
Caliari (Paul Véronèse). 
Caligula. 
Cajjxte (Georges). 



Callot ( Jacques ). 

Calmet (Augustin). 

Calvin. 

Cambden (Guillaume). 

Camerarius ( Joachim ). 

Camoens (Louis de). 



PLANCHE XVL 



Camus (Jean-Pierre). 
Candish ( Thomas ). 
Cange ( Charles du ). 
Caracalla. 
Carache ( Annihal ). 
Caravage (Michel-Ange). 



Cardan ( Jérôme )- 
Carlos (don). 
Carnéade. 
Caro (Annihal). 
Casaubon (Isaac). 
Cassini ( J.-Dominique ). 



a-, '.^v.v. Vj!. 



NOUVEAU 



DICTIONNAIRE 



HISTORIQUE. 



BLAC. 



BLAC. 



B 



LACAS, baron et troubadour de 
Provence, Kl l'amour et la guerre , 
aima la magaificence, la gloire , le 
chant et le plaisir. Personne n'eut ja- 
mais autant de joie à recevoir que 
lui à donner. Il éloit originaire d'A- 
ragon. Il nous reste de lui un petit 
nombre de pièces mutilées et assez 
obscènes. Sordel , son contemporain , 
lit eu vers son oraison funèbre. Sou 
fils, surnommé Blacasset, suivit ses 
traces, et fut un bon troubadour. Sa 
maîtresse se fit religieuse; Blacasset 
suivit alors Charles d'Anjou à la con- 
quête de Naples , et s'y distingua par 
son courage. Il mourut eu looo, 
après avoir composé un livre inti- 
tulé : Manière de bien guerroyer , 
doul il fit présent au duc de Calabre. 

* II. BLACK ( Joseph ), professeur 
de médecine et de chimie à Edim- 
bourg , a peu écrit ; mais il est re- 
gardé comme excellent chimiste, et 
le peu qu'il a publié en original pré- 
sente des découvertes qui ont intlué 
sur la science. Il éloit fils d'un Irlan- 
dais qui , établi à Bordeaux , en qua- 
lité de négociant, avoit, eu 1727 , 
épousé une Française. Cependant il 
paroil que le fils fut élevé en Ecosse, 
qu'il y professa la médecine , et qu'il 
6 appliqua de bonne heure, et avec 
T. m. 



beaucoup de zèle , à l'étude delà chi- 
mie. Il fut appelé à Glascow, pour y 
professer celle science; mais lorsque 
le célèbre Cullen quitta la chaire de 
médecine , à l'université d'Edim- 
bourg , pour occuper celle de chi- 
mie, Black fut appelé à la première. 
En 1754 , il avoit pris ses degrés de 
docteur en médecine , et ce fut pour 
son inauguration qu'il composa sa 
dissertation De humore acido à 
cibis orto , et magriesiâ albâ. Ce 
morceau, réimprimé dans le recueil 
des dissertations de l'université d'E- 
dimbourg , est regardé comme le 
germe de toutes les décou vertes qu'on 
a faites depuis sur la propriété de la 
magnésie , et d'autres alkalis. Il pu- 
blia dans cette disserlatiou les résul- 
tais de ses recherches , et il les con- 
tinua de manière à en donner en- 
core d'autres dans le livre intitulé 
Expérimentai upon magnesia alba, 
etc. , inséré dans le second volume 
des Essais philosophiques et lilté- 
raires de la société dEdimbourg. 
Ses travaux parvinrent à éclaircir la 
théorie de la chaux d'une manière 
tout-à-fait nouvelle. Comme tous 
ceux qui font des découvertes utiles 
à fhumanité, il éprouva des contra- 
dictions , mais elles ne furent pas ca- 
pables de le détourner de sou objet, 



o. BLAC 

et , vmgl ans plus lard , il publia 
dans les Transaclious philosophi- 
ques un mémoire inlilulé The sup- 
jiosed ejifevl of boiling upon water 
in disposiiig it fu frceze more rea- 
ilily asccrtained hy ec^per'uneiits. 
C'est tout ce qu'il a publié ; mais il 
contri))ua à répandre la science par 
Je nombre des élèves qu'il forma. 
Ses Leçons de clùniie ont clé pu- 
bliées en anglais par le docteur Ro- 
binson, qui a mis en tète un mé- 
moire delautMir, i8o5 , 2 vol. Il a 
laissé beaucoup de Manuscrits , et 
on espère qu'ils seront imprimés. 
Biack est mort à Edimbourg le 6 dé- 
cembre 1799. 

t BLACKALL (Offspring ) , théo- 
logien anglais et évêque d'Exeterau 
commencement du 18"^ siècle, na- 
quit à Londres en ]654, et fit ses 
études à Cambridge. En 1690, il fut 
mis en possession de la care de Sud- 
Okendon,dans le comté d"Essex,eteu 
169/1, ilfut fait recteur de Sle-l\Iarie- 
Aldermary àLondres: il devintaussi 
chapelain du roi Guillaume. En 
1700, il lit les sermons pour la Lec- 
ture de M. Boyle , dans la cathédrale 
de Saint-Paul. Dans le mois de fé- 
vrier 1707^ il fut sacré évèque d Exe- 
ler. Le 8 mars 1708, anniversaire 
de lavénement de la reine Anne au 
trône , il prononça devant celte prin- 
cesse'uusermonsurlepitreauxRom. 
ch. 1 5 , inli lulé L'établissementde la 
souveraineté , et le but avantageux 
de son établissement. Ce sermon fut 
impriméparordreexprèsde la reine. 
Les sermons de ce prélat ont été ras- 
iemblés et imprimés en 2 vol. iu- 
fol. , à Londres en 1723. Il mourut 
à Exeter le 29 novembre 1710, et y 
fut CiUerré dans la cathédnJe. Le 
chevalier Guillaume Davves, arche- 
^ èqne d Yorck , a mis à la tète de 
ces sermons une préface où il fait 
lin portrait très-avanlageux de l'au- 
teur; il dit qu'il sulht, pour faire 
l'éloge de ces serinons cl les fiiire 



BLAC 

estimer du public, d'assurer qu'ils 
sont véritablement de notre évêque. 
On a encore de ce prélat plusieurs 
ouvrages polémiques , relatifs à des 
matières de religion, et à des discus- 
sions su/dii'erspoinls de théologie ^ 
mais ces ouvrages, qui ne sont plus 
aujourd'hui d'aucun intérêt , sont 
entièrement oubliés. 

* BLACKBOUttN ( Guillaume ) , 
célèîjre architecte, né à Poulhwark 
en 1760. 11 fut d abord mis chez un 
arpenteur , puis reçu à l'académis 
royale. En 1773 , il gagna la mé- 
daille sur un dessin de l'intérieur de 
l'église de St-P^iienne à Walbrook. 
En I 782 il gagna le prix de cent gui- 
nées , proposé pour le meilleur plan 
d'une maison de correction, etdepuis 
il fut employé dans plusieurs villes 
du royaume , à la construction des 
prisons , et mourut en 1790, dans uu 
voyage qu'il faisoit pour cet objet. 

* BLACKBURNE ( François ) , 
théologien anglais , né à Riche- 
mond , dans le comté d'Yorck. En 
1722 il entra au collège de Calhe- 
riue à Cambridge, prit les ordres 
en 1732, et , en 1709 , obtint le rec- 
torat de Richeinond. Il fut pendant 
quelque temps chapelain du docteur 
Huston , archevêque d'Yorck , qui 
lui donna rarchicloyeuné de Cleve- 
land , et une prébende dans la calhé* 
drale. 11 paroil , par les écrits de I\ï. 
Blackburne , qu'il n'éloit pas fort at- 
taché aux principes et à la discipline, 
de l'Eglise anglicane. Le plus fameux 
de ses écrits fut le Cunjessionnal, ou 
Examen libre et complet des droits^ 
de rutilité , de l'établissement et 
des succès d'un système de confes- 
sion de foi et de doctrine à établir 
dans les églises prolestantes. Cet ou- 
vrage parut sans nom d'auteur en 
1766 , et bientôt il eut trois éditions. 
L'archidnycn étoil tellement porté 
pour les dissidens , que leur congré- 
gation , à la mort du docteur Chaa- 



BLAC 

dier voulut le prendre pour minis- 
tre, lîlatkburue a encore donné une 
Notice ablette et historique de la 
dispute sur l'état immédiat , etc. , 
où il soutient que l'anie reste dans le 
sommeil et l'inseubibilité dep\ns la 
mort jusqu'à la résurrection. Tous 
ses ouvrages ont été réunis en un re- 
cueil formant 6 vol. in-S". Elack- 
burnéest inort en 1787. 

* BLACKETT ( Marie-DaM'es ), 
à publié, en 1789 , \ui poënie inti- 
tulé Le Suicide. Ce poème a du 
mérite par quelques belles tirades. 
Madame Blakett a décrit les angois- 
ses afl'reuses qui ont précédé le meur- 
tre volontaire de quelques personnes 
de sa connoissance. 

*BLACKOCK (Thomas), théo- 
logien écossais , né en 17:21 , de pa- 
ïens pauvres, mort en i"9i. Il per- 
dit la vue dans son enfance , par 
suite de la petite vérole ; son père , 
qui a voit pris un soin particulier 
de son éducatiou , mourut en 1740. 
Le docteur Stephenlon , médecin à 
Edimbourg , devint son protecteur, 
et le plaça à l'université, où il fit 
de rapides progrès dans les sciences. 
En 1745 il se retira dans Ce pays, 
€t publia à Glascow un petit 7?e- 
cueil de poésies , dont une seconde 
édition parut à Edimbourg en 1764. 
Cetlememe année , sous les auspices 
de M. Spencer , il se lit connoilre 
par un Mémoire en tète de la qua- 
trième édition de ses poëines. Les 
profits de celle édition procurèrent 
à l'auteur un sort agréable à l'uni- 
versité. Vers 1760 il prit les ordres, 
et en 1766 le doctorat. Outre ses 
poèmes , on a encore de lui , L Pa- 
raclesis ou Consolations tirées de 
la religion, naturelle et révélée , 
in-8° , 1767. II. Deux discours 
sur l'esprit et les preuves du chris- 
tianisme, traduits du français, in-8°, 
1768. III. Graham, ou Ballade 
héroïque, eu quatre chants , iu-4° , 



BLAC 3 

1774. IV. Remarques sur Iç. li- 
berté civile , en réplique au doc- 
teur Priée, in-S", 1776, et quel- 
ques autres morceaux. 

* Î3LACKM0RE (Richard ), doc- 
teur en médecine , agrégé au col- 
lège royal de Londres , éloit fils 
d un procureur; il fut iait cheva- 
lier en_ 1669 par Guillaume III. 
îl est mort à Londres en 1729 , 
laissant un nom flétri dans la litlé- 
ralure , par les railleries et les sar- 
casmes de ses pliis illustres con- 
temporains , Dryden , Siècle, etc. 
Il faut cependant convenir qu'ils 
u'onl pas toujours été ju.stes à sou 
égard. Blackiiiore est , à la vérité, 
auteur de plusieurs poèmes presque 
tous morts-nés ; mais il débuta eu 
i69.T i)ar celui Au Prince Arthur , 
en dix chants , qui eut en deux ans 
trois éditions : il lui valut l'es- 
time de Locke , et Molyueux y 
admiroit sur -tout un morceau, 
\' Hymne sacré du barde Mopas ; 
mais celui de tous ses ouvrages qui 
se distingue des autres par une su- 
périorité marquée est son Poème 
de la Création. Addison en a fait 
un éloge llalteur dans le n° 339 de 
son Spectateur; et Dennis l'a com- 
paré du poème de Lucrèce , pour 
la beauté de la versihcation ^ au- 
quel il est très-supérieur d'ailleurs 
pour la solidité et la force du rai- 
sonnement: il (jaruteu 1712. Biack- 
more est encore auteur de plusieurs 
écrits sur la médecine , où il traite 
de la petite vérole ( en se déclarant 
l'adversairearharné de l'inoculation), 
de la goutte, du rhumatisme, du 
mal-caduc, de la jaunisse , de l'hy- 
dropisie , de la gravelle, etc. Il a 
écrit aussi sur la religion naturelle 
et i-évélée , sur l'éloquence de la 
chaire, contre l'arianisme, etc. [J'oy. 
Sam. Johnsonstrorks , tom. III , p. 
172 — 193.) On a publié à Londres, 
1717, I. Son Essai IJpon several 
subjects , 2 vol. iu-S". II. Disserta'- 



4 BLAC 

tioii on a dropsy a Ijmpany, the 
jauiniia , therslune and a diabè- 
tes , iu-8° , J7:27- Il iraile dune 
niuiiieie as>ez sali^t'aisante de Tliy- 
dropisie , de la lynipaiule , de la 
jaunis't, de la pierre el du di.ibeles. 
La difîrieiice qu'il y a entre ces 
deux ouvrages , c'est que dans le 
premier il parle en jdiiiosophe: qui 
s Vgiirti ea voulant trop raisonner , 
el que dans le second , il procetle 
en médecin qui se laisse conduire 
par robser\ alion. 

1 1. BLACKSTONE (Guillaumt), 
né à Londres eu 1720, et profes- 
seur en droit à Oxford , s'acquit 
une telle célébrité par ses leçons el 
ses ouvrages, qu'il fut créé cheva- 
lier, el ensuite juge et procureur- 
général de la reine , place d.uis la- 
quelle il mourut en 1780, avec une 
grande fortune, donl une partie ré- 
sultoit du débit de ses Commentai- 
res sur les lois anglaises , I7(î5 et 
années suivantes , 4 volumes in-4° 
traduits en français, sur la 4* édi- 
tion anglaise d'Oxford , Bruxelles , 
1774, 6 vol. in-8". Le slyle de ces 
comiuenlalres est considéré comme 
im des plus purs el des plus élégans 
de la lillérature anglaise. Us sonl 
composés des leçons qu'il avoil lues 
dans la chaire fondée par Viner , 
qu'il occupoit à Osford. Sou Code 
criminel a été traduit par Tahljé 
Coyer , £ vol. in-8°. Ou a encore de 
ce jurisconsulte : Rapport des cas 
jugés en différentes cours de JJ est- 
/ninster-Hallc , depuis i-j^ë Jus- 
qu'en 1779 , Londres , 1781 , 2 vol. 
in-l'ol. Us fuient publiés par son 
fils, qui a depuis rempli aussi la 
chaire véuérieuue. 

* II. BLACKSTONE ( Jean ) a 
écrit sur la botanique ; il étoit apo- 
thicaire de Londres , et mourut en 
1753 : il a donné les fascicules des 
plantes qui naissent spontanément 
près de Ilarefield , avec un Jppen- 



BLAC 

dix qui contieui ime notice sur ce 
pays , m-i 2 , i -737 , el le Speiimcii 
botanicum , y«o planlarum plu- 
rium rariorum Jngliœ indigena- 
runi loci natales illustrantur, m-^", 
1746. 

* BLACKWALL ( Antoine ), sa- 
vant théologien , né dans le comte 
de Derby, élevé du collège Etnauuel, 
à Cambridge. Après avoir pris les 
degrés de mailre-ès-arts , il fut 
maître de l'école de Uerby , d'où , en 
1722 , il passa à Market-Bosworth, 
au comté à\i Leicesler : il y fui nom- 
mé maître de l'école de grammaire. 
En 1726 il obtint le rectorat de 
Claphaiu , au coinlé deSurrey ; mais 
il le résigna en 1729. Il mourut 
lannée suivante à Market-Bosworth. 
On a de lui , I. nue Traduction de 
T/ieog/iis en latin. IL Une Intio- 
duclion à la lecture des auteurs 
classiques, in-i2: ouvrage excel- 
lent, lll. Deux Tolumes des clas- 
siques sacrés. IV. El une Gram- 
maire latine. 

*l. BLACK'WEL (George), né 
dansleconitéde!\liddlesex, vi voit an 
commencoment du 16"^ siècle. Il prit 
en 1367 le degré da maitre-ès-arts , 
mais son goût ])our la religion ro- 
maine le fit quitter sa place, et il se 
retira dans Glocesler-Hall, où il resta 
quelque temps. Le cardinal Henri Ca- 
jétan l'établit en 1698 protecteur de 
la nation anglaise à Rome, et supé- 
rieur du clergé anglais, sous le nom 
d'archiprètre d'Angleterre. Le pape 
Clément VllI le nomma en même 
temps notaire du siège apostolique. 
Le clergé calliolique romain anglais, 
méconlent de cette affaire, parce- 
qu'il pensoit que Blackwel étoit en- 
lii rement à la dévotion de Henri 
Garnel , provincial des jésuites d'An- 
gleterre , éleva une dispute fort vive 
à ce sujet. Les jésuites parlèrent et 
écrivirent contre les ])rètres sécu- 
liers d'une manière tellement viru- 



BLAG 

leuts que Blavkwtl perd il beoucoiip 
de sou iiiilonlé; mais à sou lour il 
leur ôla leurs pou\ous, et lorsqu'ils 
en appelèrent au \)ape, il les fil dé- 
clarer schisnia tiques et hérétiques 
dans uu ouvrage. Ils se défendirent 
contre celle acciisalion, et obtinrent 
de l'iiniversilé de Paris une censure 
en leur faveur. Blackwel y réj)OU(lit, 
mais d'une nianiei e peu salisl'aisanle. 
11 téuiOigua en i6o5 qu il déttslo t 
la conspiration dts poudres. l,e 2.| 
juin 160-7, il fut arreié à Londres , 
mis en prison , el par conséquent 
privé de la liberté nécessaire pour 
exercer -on emploi, li conserva donc 
la ipialiléd'archipreire jusqu'à celle 
époque , où il eut poi.r .successeur 
George BirkiH. Blackwel fut néan- 
moins élargi peu de lemps après , 
ayant prêté le serment de fidélité. Il 
parut a Londres , en 160- , un ou- 
vrage iu-4°, qui a pour litre : In- 
tenogalohe de George JHlacAwel , 
au sujet de sa réponse à une lettre 
du cardinal Bellarmin , dans la- 
quelle il le btâmoil d'avoir prête 
ce serment deJidéHté. Blackwel csl 
mort subitement a Londres en 161 5. 
On a a de lui , 1. Lettres au cardi- 
nal Cajètun , en faveur des jésuites 
anglais, i.'îge. IL Jléponses à di- 
vers interrvgatoires, pendant qu'il 
ètoit en prison , Londres, 1607 , 
in-4°. III. Lettres au cardinal Bel- 
larmin. W. Lettres aux catlio- 
liques romains d' J ngleterre , Lon- 
dres, 1609 » i"-4°> tic, etc. 

t II. BLACKWEL ( Thomas ) , 
savant Ecossais , mort à Edim- 
bourg en 1767, à 56 ans, étoil 
principal de l'universilé d'Aberdeen. 
Il changea enlieremenl le plan d'é- 
ducalion qu ou y suivoil , el secoua 
l'ancien joiig scolaslique. On ac- 
courut de toutes les provinces du 
royaume pour étudier dans celle 
université. A ces travaux académi- 
ques , il joignit ceux du cabinet. 
iNous avons de lui les Mémoires 



BLAG 5 

de la cour d'yluguslc , 3 vol. in-4°, 
traduits ou imités par Ftiitry , 5 
vol- in-12, 1781. Cet ouvrage dé- 
celé un vrai savant , qui joignoil à 
une conuoissance exacte de Ihis- 
loire romaine , les réflexions pro- 
fondes sur la consiiiulion de son 
gouvernement , el des sentimens 
vertueux. Ces stnlimeus élo:ent 
dans son cœur, el sa conduite éioit 
conforme à ses maximes. « Il esl in- 
fâme , écrivoit-il à son Iradiicteur, 
d'écrire bien et de vi\ re mal , com- 
me S.dhiste, Bo!\ngbrotke, et tant 
dautres. » On a encore de lui , 
'Uec/ienhes sur Homère^ ^1^1, 
lu-S", et des Lelti es sur la mytuo- 
logie , traduites en français par 
Edous , Le)de, 1779 5 2 volumes 
in-12 L'auteur écrivoit avec plus 
d'éiudilion que de grâce: el cest 
peut-elre la raison du peu de succès 
de ses ouvrages en France. 

ï III. BLACK'V\ EL (Alexandre), 
né à Aberdeen , d'un marchand, 
élr.dia la médecine à Leyde sous 
Boerhaave,el alla en i 7ijo exercer 
sou art en Sutde. Il ne se borna 
pas à l'exercice de sa profession : il 
dessécha des jnarais, ce qui lui va- 
lut une pension du gouvernemenl. 
Mais ayant trempé dans la conju- 
ration du comle de Tessin , il fut 
décapité en i747- On a de lui en 
iiug\aiSyVLlerbier curieux, ou Des- 
cription des plantes les plus usitées 
en médecine , gravées d'apre.-- le na- 
turel par Elisabeth Blackwel, Lon- 
dres, 1707 el 1759, 2 vol. in-fol. 
Il y a des exemplaires enluminés, 
que les curieux recherchent. Cet 
ouvrage a été traduit en latin , et 
imprimé à Nuremberg, 17.07, eu 
6 vol. in-fol., avec 600 pi. col. 

*IV. BLACK'VS^EL (Elisabeth), 
ftmme du précédent, étoit fille d'un 
maichaud dans le \oisinage d'Aber- 
deen. Pendant que sou u;ari éloit 
en prison à Londres, elle étudia les 
piaules sous la diiecuon de plusieurs 



6 



BLAC 



botanistes célèbres; elle dessina , 
grava et coloria elle-même mi grand 
nombre de pUuiles botaniques. Ce 
recueil est inlitiilé A curious her- 
l)al, Loudres, 1766, 5 volumes in- 
i'olio, Londres, 17^9, 2 volumes 
in-folio, en latin, Nuremberg, 1730 
et 1760, f> volumes iu-folio, avec 
une préface de Chrislopbe-Jacques 
Trew , qui a fait beaucoup d'addi- 
tions à cet ouvrage. Toutes les 
planches de Téditionanglaise ne sont 
pas de la même beauté, il a' en a 
inènie de fort uiédiocres. Celles de 
iédilion de Nuremberg sont de la 
mam de Nicolas - Frédéric Eiseu- 
berger. 

* BLACONS (le marquis de), 
député de la noblesse du Daupbiné 
aux étals-généraux de 1789. Il fut 
im des premiers de son ordre à se 
téunir à la chambre du tiers, et à 
demander que toutes les provinces 
tenonçassent à leurs privilèges. Le 
xh octobre 1789, il demanda l'a- 
bolition des costumes des ordres ; 
le 19 avril 1791 , il prit part à la 
discussion relative à l'empêchemenl 
apporté par le peuple an dépari de 
Louis XVI pour Saint-Cloud , et il 
dit que le roi avoit déclaré vouloir 
aller à Saint-Cloud pour avoir l'air 
d'être libre. Ces mots occasionnè- 
rent une grande agitation dans la 
partie gauche de l'assemblée que M. 
de Blacous avoit pour ainsi dire dé- 
sertée pour se réunir à l'opposiliou. 
D signa , en effet , les protesta lions 
des 12 et 1.5 septembre 1791, contre 
les innovations faites par l'assem- 
blée, quitta la France, resta lié an 
parti des constitutionnels de 1-91 , 
et fut rappelé en iSoi. Il avoit con- 
tracté des dettes , et s'est bridé la 
cervelle à Paris le 18 mars i8o5. 

*BLACVOLD (Henri) , né ii 
Paris, rec.ul le bonnet de docteur 
dans la faculté de médecine de cette 
■ville en 1610. Eu 1624 il obtint 



BLAE 

ime chaire au collège royal , qu'il 
abandonna en 1627 pour se rendra 
à Rome, 011 il fut fort suivi. La 
lalousie des médecins l'ayant oblige 
de quitter celle ville , il revint 
en France , se fixa à Pans , et mou- 
rut presque .subitement à Rouen, la 
17 septembre |65^, dans un voya- 
ge cpi'il y fit , relativement à ses 
affaires. Il a publié les Pronostics 
d'JIippocrate , avec une version la- 
tine de sa -façon , Paris , 162.5 , 
iu-24. 

t BLACWOOD ( Adam ) , né à 
Dumfermliiig , ville d'Ecosse , en 
I.0J9, mort en i6i5 , suivit en 
France l'infortunée Sluart, et de- 
vint conseiller au parlement. 11 est 
auteur de plusieurs ouvrages dont 
voici les principaux. I. Caroli IX. 
pompa funebris ( eu vers ) , Paris , 
i374 , in-8". II. De vinculo seu 
conjiinctione re/igionis et imperii, 
et de conjurat'wnum insldiis ie~ 
ligioiiis fuco adurnbratis , librl 
duo , Paris , 1570 , in-S", III. yld- 
versus Geo/g. Euchanani dialo- 
giitn de jure regni apud Scolospra 
rcgibus apulogia, Piclavii , i.t8i, 
in-4°. Ou croit qu'il y en a eu 
une première édition en i58o. IV. 
J.e lÙartyre de Marie Sluart , reine 
d'Ecosse , et douairière de Fran- 
ce, Anvers , i,588, in-S". V. Sanc- 
tœ prœcationes seu ejaculaliones 
ani/nce ad orandum se prœparan-^ 
lis , Poitiers , l 'yctS, in-i 2. VI. Inau- 
guralio Jacobi M. Brit. régis , 
160G, in-8°. VU. In psa/mum Da- 
vidis f)o medifatio ,Viv\a\i\ , 1609, 
in-i 2. Quolques-imes de ces pièces 
étant devenues fort rares , Gabriel 
Naudé les a rassemblées dans un re- 
cueil précédé d'un éloge de l'auteur, 
publié à Paris en i6.ii4 , in-q". Ca 
recueil renferme les n"^ II, III , IV 
et Vlî , rapportés ci-dessus. 

i-BLAEU ou Jansson (Guil- 
laume ) , disciple et ami mlinae de 



BLAG 

Tvciio-Brahé , s'est fyil un nom cé- 
lèbre par ses ouvrages géographiques 
et par ses impressions. Ileraployoil, 
pour la composition de ses atlas, les 
l)his savaus géographes et les meil- 
leurs ouvriers. Certaines desescitrtes 
ont une netteté qui na pas encore 
été surpassée. On a de lui un J//as 
ou Thécitre du monde , en 3 vol. 
in-fol , Amsterdam , r6.î8 ;un Traiié 
des globes , etc. Oet excellent im- 
priuieiir mourut à Amsterdam , sa 
j)alrie , en i658 , âgé de 67 ans. Ses 
deux fils, Jean et Corneille, don- 
nèrent en iG63 une nouvelle édi- 
tion de l'atlas de leur père, en 14 
vol. iu-fol. UAtlas céleste et le 
maritime , formant chacun 1 vol., 
y sont compris. Cette collection a 
du prix, sur-tout lorsque les cartes 
sont enlunnnées. Un incendie où 
ils perdirent presque tout leur 
fonds de librairie ne contriljua pas 
à laire donner ce livre à meilleur 
marché. Jean Blaeu est encore au- 
teur des dessins du Nouveau théâ- 
tre d" Italie , Amsterdam , j 704 , 4 
vol. in.,fol. , avec fig. , et du Nou- 
veau théâtre du Piémont et de la 
Savoie, La Haye, 1725, 2 vol. 
in-fol. 

t BLAGRAVE ( Jean ) , né dans 
le comté de Berg , vivoit au com- 
mencement du i7<= siècle , et fut un 
des plus grands mathématiciens de 
son temps. 11 est mort le 9 août 
1611 à Réading, où il s'éloit retiré 
depuis long-temps. On a de lui plu- 
sieurs ouvrages , entre autres , I. A 
mathematical Jewel , ou l'Art de 
faire un instrument ainsi nommé 
et de s'en servir^ instrument dont 
l'usage est si étendu qu'il peut ser- 
vir de guide dans V astronomie , la 
cosmographie, la géographie , etc., 
Londres, i.ô85 , in-fol. II. Astro- 
labium Uranicum générale , Lon- 
dres, 1596, in -4". in. L'Art de 
faire des cadrans en deux parties 
Londres, 1609, iu-^'', etc. 



BLAI ^ 7 

BLAINVILLE. /^oie::I\IoTTOKEi., 
* l. BLAIR (Jean), théologien 
écossais et poète , qui assista sir 
Guillaume Wallace quand ce grand 
houmie fut décapité à Londres eu 
i3o4 par ordre d'Edouard P'. Blair 
mourut sous le règne de Robert 
Bruce. On a de lui un excellent 
Po'cme en latin sur la mort de 
Wallace. ( T^'ojez Wallace. ) 

* II. BLAIR ( Patrice ) , botaniste 
et médecin, et auparavant chirur- 
gien à Duudée. Il eut dans cet en- 
droit une occasion de disséquer 
un éléphant qu'on y avoit amené. 
Son Mémoire sur cet animal a 
été inséré dans les Transactions 
philosophiques, et imprimé sépa- 
rément. Le docteur Blair, qui éloLt 
attaché à la famille des Stuarts ^ 
fut mis en prison eu 1715 ; mais ii 
fut bientôt élargi. Alors il alla à 
Londres , y fut reçu memhre de la 
société royale , et s'y distingua p?,r 
plusieurs discours estimables. Le 
principal fut sur la distinction du 
sexe dans les plautes. Il le publia 
ensuite sous le U\.TeA'Essai sur la 
botanique de Londi-es. Il passa à 
Boston dans le comté de Lincoln , 
où il se livra à la pratique de la 
médecine , et mit au jour uu livre 
intitulé Pharmacobotanologia , ou 
Dissertation classique par ordre 
alphabétique sur toutes %s plantes 
indigènes de l'Angleterre , et sur 
toutes les plantes de la nouvelle 
pharmacopée , in-4°. Il ne poussa 
cet ouvrage que jusqu'à la lettre H. 
On trouve encore quelques autres 
de ses ouvrages dans les Transactions 
philosophiques. 

* IIL BLAIR ( Jean ) , savant écos- 
sais , né à Edimbourg, membre de 
la société royale et cliapelaiu de la 
princesse douairière de Galles , mais 
ésabli à Londres où il fut d'aborct 
sous - maitre dans une petite école. 
Eu i5.S4 il publia ses Tables chro- 
tiologiuues, ui-fol. , depuis^lacréa- 



8 



BLAI 



tiou jusqu'en 1755 , avec des ex- 
plicationset des cartes géograjjhiques. 
Elles eurent beaucoup de succès , et 
forent réimprimées en 1768. Elles 
ont été traduites en français, in-4°. , 
1797 , par Chautreau, qui les a con- 
tinuées jusqu'en 1792. Le succès que 
ces taljjettes obtinrent engagea 
la princesse de Galles à le choisir 
pour mailre de mathématiques du 
duc d'Yorck. Il mourut en 1782. 
Après sa mort,on a publié ses Exhor- 
tations sur les commandemens de 
f ancien Testament. 

t IV. BLAIR ( Jacques ) , mi- 
nistre protestant , natif d'Ecosse , 
passa dau* la Virginie , où il devint 
curé de Williamsbourg et président 
de la colonie , place qu'il occupa 
pendant 5o ans. Il mourut très- 
vieux en 1745. Ses Sermons impri- 
més en 4 vol. in-8°, Londres, 1742, 
ont été traduits en français, Paris, 
178.'» et 1786, 3 vol. in-8'': ils n'ont 
pas été fort recherchés par les pré- 
dicateurs. 

* V. BLAIR ( Robert ) , poëte 
agréable, étudia à l'école et dans l'u- 
ïiiversilé de sa ville natale, et fut 
ensuite ministre d'Athelstanefort 
dans le Lolhiau oriental , où il passa 
le reste de sa vie. II connoissoil 
à fond la botanique et toutes les 
fleurs ; il poussa très-loin ses re- 
cherches dans l'optique et ses ob- 
servations microscopiques. Personne 
n'étoil plus assidu que lui à l'exer- 
cice des fonctions de son ministère. 
Ses discours éloient chauds et ouc- 
tueux. Il épousa la fille de RI. Law , 
professeur de philosophie morale à 
Edimbourg , et eut d'elle cinq fils et 
«ne fille. Il mouru,t en 1746, âgé de 
/|7 ans. Blair est connu par un poème 
intitulé le Tombeau. 

* VI. BLAIR : Hugues) , un des 
écrivains r'v iS- s-tcle , naquit à 
Edimbourg en 1718. Il se voua au 
ministère sacré , et parvint en i-.'SS 
à la première dignité de l'église d'E- 



BLAI 

dimhourg; en 1762, il fut créé, à 
l'université de la même ville, pro- 
fesseur d'éloquence et de belles-let- 
tres. Son premier ouvrage, fait pen- 
dant le cours de ses études, fut un 
Essai sur le beau; en 1765 il pu- 
blia une Dissertation critique sur 
les poésies d'Ossian , dans laquelle 
il essaya de prouver leur authenti- 
cité par beaucoup d'observations sa- 
vantes. En 1777 parut le i*"^ vo- 
lume de ses sermons, qui a été suivi 
de quatre autres. Jamais sermons 
n'eurent plus de succès; ils ont eu 
jj éditioas, furent traduits en plu- 
sieurs langues , et firent beaucoup 
d'honneur à leur auteur. Ce sont 
des modèles d'une instruction rai- 
sonnable , lumineuse et morale; peu 
ou point de mouvemens oratoires , 
mais de la persuasion , de l'édifica- 
tion , de l'onction par-tout. Nous 
devons encore à Blair un excellent 
Cours de rhétorique , traduit en 
français , eu allemand , en hollan- 
dais. Modèle de goût comme écri- 
vain , Blair létoil de tolérance 
comme ministre de la religion, et 
il honoroit ce ministère par son 
exemple. Les plus beaux esprits, les 
écrivains les plus distingués de son 
temps , Robertson eu particulier , 
aiinoient à lui soumettre leurs pro- 
ductions. Il est mort à Edimbourg, 
le 27 décembre 1800 , âgé de 82 
ans. M. Prévost a donné une traduc- 
tion française de quelques uns de ses 
Sermons, Lausanne, 1791, in- 12. 
De Tressan en a publié une beau- 
coup plus simple en 1807 , 5 vol. 
in-8°. Il en existe une belle édition 
anglaise, Londres, 1800 , 5 vol. in- 
8° ; les Leçons de rhétorique et de 
belles-lettres ont été traduites en 
français par RI. Cantwel , 1797 , 4 
vol. in- 8", et par M. Prévost, 1808, 
4 vol. iu-8'^. Cette dernière traduc- 
tion est plus estimée que celle de 
Cantwel. Fr. Soave a traduit cet ou- 
vrage en italien , Parme , Bodoni , 
iSoi , 5 vol. in - 8°. L'édition au- 



BLAK 

glaise de Londres , 1801 , 3 vol. in- 
8", est fort bon\ie ; celle de Baie 
lui est bien inférieure. Jean Blair , 
son parent , prëbendaire de West- 
minster , a imprimé le plan d'études 
qu'il s'éloit tracé dans ses Tables 
chronologiques. 

BLAISE (saint) fut, à ce qu'on 
croit , évêque deSébasle, où il fouf- 
frit le martyre vers l'an oiG. On 
ne sait rien de cerlaiii sur ce mar- 
tyr. L'opinion où éloieat les fidèles 
de l'Eglise grecque , qu'il guérissoit 
les maladies des enfaus et des bes- 
tiaux, répandit son culte dans tout 
l'Orient. Ce culte passa en Occident , 
où on lui éleva une mullilnde pro- 
digieuse de temples et d'autels. On 
se disputa ses reliques à un tel poiut, 
« qu'on s'est trouvé réduit, pour ne 
pas contrisler les peuples, dit Bail- 
let , de supposer plusieurs saints du 
nom de Biaise. » Celui qui est honoré 
comme évèque de Sébaste est pa- 
tron titulaire de la république de 
Raguse. 

t BLAKE (Robert) naquit à 
Bndgewaler , dans la province de 
Sommerset, en lôgg. Son père étoit 
marchand, quoiqu'il fut d uuf des 
meilleures familles de son pays. Il 
donna une excellente éducation à sou 
fils , dont les taleus furent long-temps 
ignorés. Enfin les difféicnls entre 
le roi et les deux chambres ayant 
allumé la guerre, il leva une compa- 
gnie de dragons pour le parlement. 
Il servit ensuite sur mer , et , de 
grade eu grade , parvint à la place 
d'amiral d'Angleterre pour les par- 
lementaires en 1649 , après le 
comte de Warwick , et se signala 
plusieurs fois contre les Hollan- 
dais. Il battit ensuite Tunis à coups 
de canon en i655 , brûla neuf vais- 
seaux turcs qui étoient en rade , et 
ayant débarqué avec douze cents 
hommes, il tailla en pièces trois raille 
Tunisiens. Il s'avança ensuite vers 
Alger et Tripoli , et fit donner la li- 



BLAK 



9 



berté à tous les esclaves anglais. De 
là il lit voile pour Malte, afin de de- 
mander aux chevaliers la restitution 
des ifTels que leurs armateurs avoient 
pris sur les Anglais. Il eut le même 
succès à Tripoli, à Alger et à Tunis. 
Tant d'avautages remportés dans la 
Méditerranée obligèri-nt les princes 
d'Italie à chercher l'alliance de Crom- 
wel. Les Vénitiens et le grand-duc 
de Toscane lui envoyèrent de ma- 
gnifiques ambassades , et firent avec 
i ides traités honorables pour l'An- 
gleterre. Grégoire Léti nous apprend, 
dans la Vie de Cromwel, que l'arri- 
vée de Blacke sur les côtes d'Italie 
jeta tellement l'épouvante , que le 
pape même trembloit au 'S/'atican. 
En 1667, il remporta une victoire 
signalée sur les Espagnols , devant 
Santa-Crux , et leur enleva les trésors 
avec lesquels ils pou voient soutenir 
la guerre. Mais il tomba malade eu 
retournant eu Angleterre , et mourut 
devant Plymoulh en 1667. Le comte 
de Clareudon dit « qu'il fut le pre- 
mier qui abandonna l'ancien usage, 
et fit voir que la science de la marine 
pouvoit êire acquise en moins de 
temps qu'on ne l'imaginoit. Il mé- 
prisoit les règles qui avoient été 
long-temps en pratique , pour pré- 
server ses navires et ses gens de tout 
danger, ce qui autrefois passoit pour 
le fruit d'une grandehabileté;comme 
si la principale science requise à un 
capitaine de vaisseau avoit été de 
trouver le moyen de revenir sain et 
sauf. » Se montrant le père de ses 
soldats et de ses matelots , et ne leur 
commandant rien qu'il ne fil lui- 
même, il donna le premier sur la mer 
l'exemple des e.xploits les plus har- 
dis et les moins e.spérés. Il blàmoif 
hautement ceux qui projeloieut de 
faire mourir Charles P'. 11 disoit 
souvent, pendant qu'on traitoit cette 
malheureu.se afi'aire, « qu'il risqueroit 
aussi hardiment sa vie pour sauver 
celle du roi , qu'il l'a voit exposée 
pour le service du parlement, m Mal- 



10 BLAÎN^ 

gré les occasions qu'il eut de s'enri- 
chir, il lie laissa pas eu mourant cinq 
cents livres sterling de plus qu'il n'a- 
voit hérité de son père, llavoit eu- 
levé aux euneuiis plusieurs millions; 
mais il remit tout le frnit de ses con- 
quêtes au trésor public. 

t BLAMONT ( François-Colin de), 
chevalier de l'ordre de Saint-Michel , 
surintendant de la musique du roi , 
et maitre de celle de sa chambre , 
mérita ces distinctions par ses taleus. 
Sa composition est élégante et agréa- 
ble. On distingue parmi ses ouvrages, 
Diane et Enciymion; les Caractè- 
res de V amour et les fêtes grecques 
et romaines. Il étoit né à Versailles 
le 2 2 novembre 1690, et y mourut 
le 14 février 1760. 

t BLA!>ÏPIN ( Thomas ) , né en 
iGjjo à Noyon en Picardie, bénédic- 
tin de Saint-Maur eu ifi65, visiteur 
de la province deBourgogneeni70fi, 
mourut à Saiiit-Benoit-sur-Loire en 
1710. C'est à lui qu'on doit la belle 
édition des (Euures de S. Augustin. 
( Voyez l'article de ce Père. ) Dora 
Blampin sut joindre à la pénétration 
d'esprit un jugement exquis , à l'ap- 
plication au travail beaucoup d'assi- 
duité aux prières communes, et à 
une érudition profonde une rare 
modestie. 

t I. BI.ANC (Jean), bourgeois 
noble de Perpignan , se troura pre- 
mier consul lorsque les Français en 
lirenl le siège en 147 i- Son fils uni- 
que ayant été pris dans une sortie, 
les généraux ennemis lui firent dire 
« que, s'il ne rendoit la place ,ils le 
feroieut massacrer à ses yeux. » 11 
leur fit répoudre « que sa fidélité 
pour son maître étoit supérieure à 
sa tendresse pour son fils. » Jean 
Blanc perdit, par celte générosité , 
son fils unique. Le roi d'Aragon , 
Jean II, lui ayant permis d'ouvrir 
les portes de la place, plutôt que de 
]'ex|)0ser aux dernières extrémités 
de la guerre, il ne se rendit pourtant 



BLAN 

que huit mois après. On souffrit dans 
ce siège tout ce que la faim a de plus 
cruel. Cette défense immortalisa Jean 
Blanc, et mérita à Perpignan le titre 
de très-fidèle. 

-;- II. BLANC ( François le ) , gen- 
tilhomme du Dauphiné , mort à 
Versailles en 1698, est connu par uu 
Traité des monnaies de France, 
Paris, 1690, in-4°, fig- , qui est re- 
cherché. Ou y joint ordinairement la 
Dissertation sur les monnoies de 
Charlemagne et de ses successeurs, 
frappées dans Rome sous Ckarle~ 
magne et ses successeurs, qu'il a voit 
fait paroître en 1689 , in-4'*. L'un et 
l'autre ont été réimprimés à Ams- 
terdam, en 1692, in-4''. Cette édi- 
tion est moins estimée que celle de 
Paris. Les counoissances de Le Blanc 
l'avoient fait choisir pour enseigner 
l'histoire aux enfaus de France ; mais 
il mourut subitement avant d'avoir 
rempli cet emploi. 

•;- IIÏ. BLANC ( Claude le ) , inten- 
dant de Bordeaux et de Dunkerque , 
secrétaire d'étal au département de 
la guerre en 1718, fut mib à la Bas- 
tille en i73.T,pour des sommes con- 
sidérables dont on a ouloit lui faire 
rendre 'compte , et laxé à une resl.i- 
Inlion de près de huit millions. 11 en 
fut déchargé en 17-2:1, rentra dans 
la place da secrétaire d'état sous Je 
cardinal de Fleury, et fut ministre 
de la manne. Il mourut en 1728. 
Son mérite, sou expérience, son 
affabilité, le firent regretter. Plu- 
sieursb.isloriens le justifient des accu- 
salious qui occasionnèrent sa dis- 
grâce et sa prison. ( f^ojez Prie. ) 
Ses frères, César et Denis-Alexandre 
Le Blanc , furent évèques d'Avran- 
ches et de Sarlat. 

IV. BLANC ( Tlioraas le ) , jésuit* 
de Vitri en Champagne , mort à 
Reims en 1669 , après avoir été pro- 
vincial, étoit pieux et savant. Nous 
avons de lui uu grand nombre d'ou- 
vrages, qui roiUeut surlss devoirs 



BLAN 

des différens états : le Bon valet; 
la Bonne servante; le Boii vi- 
gneron; le Bon laboureur; le Bon 
artisan ; le Bon riche ; le Bon 
pauvre ; le Bon écolier ; le Sol- 
dat généreux , elc. Mais le livre 
qui lui a fail le plus de réputation 
est un ample Commentaire sur les 
Psaumes , sous ce litre : Analysis 
psalmoruni Davidicurum , Lyon, 
i665 , iu-fûl. en 6 vol., et Cologne, 
1681, in -fol. L'auteur ne se borne 
pas à rapporter le sens littéral; il 
entre dans tous les sens mystiques 
des différens commentateurs, et des- 
lors on doit être étonné qu'il se soit 
réduit à 6 vol. in-fol. 

t V. BLANC ( Horace le ) , 
peintre de Lyon, embellit les églises 
et les édifices de sa patrie de plu- 
sieurs de ses ouvrages qui sont es- 
timés. Après avoir été élevé de 
Laufrauc , il embrassa le genre du 
chevalier d'Arpin. Son primipal ta- 
lent fut pour le portrait. 11 précéda 
Thomas Blauchel dans la place de 
peintre de la vdle de Lyou. Il y pei- 
gnit à fresque le Petit cloître des 
chartreux ; mais son chef-dœuvre 
liit une Sépulture de Jésus dans le- 
glise des carmélites. 

t Vr. BLANC (Jean-Bernard le), 
de l'académie de la Crusca , de celle 
des arcades de Rome, naquit à Di- 
jon en 1 707, de pareus peu fortunés. 
Il vint à Paris , où il se ht des amis 
et des protecteurs. Il voyagea à Lou- 
/dres et y obtint le même avantage. 
Eu 1746, Maupertujs lui offrit, de 
^a part du roi de Prusse, une place 
d'iiomme de lettres à la cour de Ber- 
lin ; mais, né avec de la philosophie 
et de la modération , il préféra la 
médiocrité dans sa patrie aux es- 
pérances tlalteuses par lesquelles on 
avoit voulu l'attirer. Sa tragédie 
d'^JbensaYd , dont le sujet est inté- 
ressant , fut bien accueillie d'abord , 
en 1755, malgré i'iiprelé de la ver- 
sification ; mais sou succvis ue se sou- 



BLAN II 

tint pas , lorsqu'elle fut remise au 
théâtre eu 1745. Ses Elégies et ses 
autres Poésies ont encore moins 
réussi ; sa muse est déj)ourvue de 
douceur et de grâce. Ce qui a le plus 
fait counoitie lubbé Le Blanc , est le 
recueil de ses Lettres sur les cin- 
glais , 1708 , 5 vol. in-i 2 , où il y a 
des choses bien vues , des jugemens 
sains, des pensées judicieuses ; mai» 
il est pesant , lourd , fécond en pen- 
,'ées communes , trivial daus sou 
érudition. Il se répète, se contredit 
quelquefois, et revient ti"op souvent 
sur lui-même. Les éloges qu'il donne 
aux grands ou aux littérateurs aux- 
quels il adresse ses lettres n'ont ni 
assez de légèreté , ni assez de pré- 
cision , ni assez de finesse. Les lettres 
de l'abbé Le Blanc ue peuvent sou- 
tenir la comparaison avec le Londres 
d.'^ Grosley, pu 4 ^©l- in-12 , qui a 
répandu dans cet ouvrage plus d'a- 
grément et plus de sel. On a encore 
de lui des Dialogues sur les mœurs 
des Jnglais , 1 7G5 , in-i 2 ; la tra- 
duction des Discours politiques de 
Hume , Dresde , 1755 , 2 vol. in-8°; 
et quelques autres traductions d'ou- 
vrages anglais. L'auteur s'étoit pré- 
senté plusieurs fois à facadémie 
française , sans y être reçu ; pour 
l'en dédommager , niJuKime dePom- 
padour , qu'il ne quittoit pas , le fil 
nommer historiographe des bàli- 
mens du roi , place remplie avant 
lui par Felibien et l'abbé Anselme , 
que le contrôleur général Oiry avoit 
supprimée, et qu'on rétablitpourlui. 
11 est mort à Paris en 1781 . 

t VIL BLANC (N. le), fille 
sauvage, trouvée, au mois de sep- 
tembre 1701 près du village de 
Sogny, à quatre lieues de Chalons , 
à 1 âge d'environ dix ans. On a cru 
qu'elle avoit été aljandonnée à la 
suite d'un naufrage sur les côtes de 
France , et que de forêt en forêt 
elle éloit parvenue au lieu où ou la 
trouva. Sa force, soa agilité à la 



12 BLAIS 

course, étoient étonnantes. «La ma- 
nière , suivant Racine le fils , dont 
elle coiiroit aprèsies lièvres , n'oSroit 
presque point de mouvement dans 
ses pieds ni dans sou corps ; c éioit 
moins courir que glisser. » Elle a 
passe la plus grande partie de sa 
vie dans uu couvent de Cliaillot, où 
les bienfaits du duc d Orléansavoient 
pourvu à son éducation , à sa pen- 
sion et à son entretien. Elle est 
morte vers Lan 1760, après s'être 
conformée avec facilité aux usages 
de l'état social. 

t VIII. BLANC (Antoine de 
GuiLLET le ) ,né à Marseille le 2 
mars 1750, mort à Paris en 1799, 
fil ses études à Aviguon , et entra 
dans la congrégation de l'oratoire , 
où il professa pendant dix ans la 
rhétorique. Il quitta ensuite l'ora- 
toire, et vint à Paris, où il n'acquit 
pas une grande fortune. Nommé 
professeur de langues anciennes dans 
l'une des écoles centrales de cette 
ville , et membre de l'institut , il 
commençoit à jouir d'un peu plus 
d'aisance, lorsqu'il succomba à une 
maladie de poitrine. Les écrits de 
Le Blanc sont, I. Manco-Capac , 
tragédie. La versification en est 
dure , et ressemble à celle ds Cha- 
pelain ; on peut eu juger par ce vers 
si plaisaul : 

Ciois-lu de ce forfait IStanco- Ct^pne c.pahle^ 

Cependant le sujet en est beau. « Il 
est , dit Condorcel , des rapports 
jçénéraux qui unissent l'homme à 
l'homme, indépendamment de toute 
inslitnlion ; il y a des vices cachés 
dans les meilleures sociétés sur les- 
quels les lois n'ont pas de prise ; il y 
a des erreurs destructives de l'hu- 
manité, et la tragédie peut, en atta- 
quant ces vices et ces erreurs , en 
mettant ces rapports en action , 
avoir dans tons les pays vn but 
moral qui lui donne une utilité pins 
(Kirable et plus générale que celle de 



BLAN 

la tragédie grecque. C'est sous cet 
aspect que Le Blanc a envisagé la 
tragédie dans Manco. Il a mis en 
opposition la liberté naturelle et la 
conlraiule des lois , pour faire sentir 
les dangers de l'une , et la nécessité 
des autres pour le bonheur du genre 
humain ; idée grande et peut-être la 
plus utile qu'on ait jamais présentée 
aux hommes.» Ma/ico-(apac , après 
vingt ans de disparition , fut repris 
en 1778 ; mais il n'eut encore aucun 
succès. II. Les Druides, tragédie, 
i'j'j2. Pièce bizarre, affranchie de 
loule règle, pli-ine de maximes har- 
dies et philosophiques ; le clergé , 
après quelques représentations , fit 
défendre delà jouer. Une singularité 
de cette pièce fut son approbation 
par l'abbé Btigier , l'apologiste du 
christianisme. 111. l.'/Jeu/ei/x Eve- 
nement , comédie en trois actes. 
IV. .Hbert 1 , drame héroïque en 
trois actes , i775,iii-8°. V. Virgi- 
nie, tragédie, 1786. Ces pièces of- 
frent la même rudesse dans les vers, 
les mêmes négligences dans les plans. 
VI. Traduction en vers du poème 
de Lucrèce sur la nature des cho- 
ses, 1788, 2 vol. in-8°. Si les vers 
ne peuvent se lire , les notes sont 
instructives et at lâchantes , et le 
discours préliminaire offre un mo- 
dèle d'analyse dans le développe- 
ment des sysièmes de l'ancienne phi- 
losophie. VII. jilcmoires du comte 
de Guine , roman -fait dans la jeu- 
nesse de l'auteur. Le Blanc a contri- 
bué au Conservateur , journal an- 
cien qui avoit de l'intérêt. INIahé- 
rault , professeur au Panthéon , a 
pulilié une notice biographique sur 
cet auteur. 

t IX. BLANC ( N. ) , artiste re- 
nommé pour la fabrication des armes 
à feu , devenu entrepreneur de la 
manufacture nationale d'armes à 
Rouane , est mort au commencement 
de l'an X. Ou lui doit le fusil connu 
sous le nom de Modèle de 1777- 



\ 



BLAN 

Le général Giibeauval , inspectenr- 
géiiéralderaililleiie, désiraul porter 
dans loiiles les parties de l'arme de 
guerre rnnii'orinilé qu'il avoil in- 
irodiiite dans la grosse artillerie , 
l'avoit charge de lexéciilion de ce 
projet. BlauL- parvint à fabriquer les 
platines avec nne précision et une 
uniformité telles que toutes les 
pièces, prises aa hasard , s'adaptent 
également à toutes les platines. Une 
expérience faite , il y a quelques an- 
nées , à Paris, aux Invalides, sur 
les pièces nécessaires à la confection 
de mille platines, eut le plus grand 
succès, et lui mérita les plus grands 
éloges des officiers d'artillerie et 
de l'académie des sciences. Cette 
épreuve fut répétée à Paris sur les 
pièces de cinq cents platines. Blanc 
est mort au moment où il s'occu- 
poit , d'après les ordres du ministre, 
à porter la même perfection dans 
toutes les autres parties de l'arme ; 
mais il a laissé après lui les types 
et les matrices nécessaires pour arri- 
ver à ce résultat. 

*X BLANC (Louis le), né à 
Pontoise en 1702, doyen, profes- 
seur de l'école royale de chirurgie 
et lilhotomiste de l'hôtel-dien d'Or- 
léans , membre de l'académie de chi- 
rurgie de Parii et de celles de Rouen 
et de Dijon, mourut à Orléans; il 
s'occupa beaucoup des progrès de 
son art, et l'enrichit des ouvrages 
suivans : L JJiscours sur VutiLité 
de ranatomie , Paris, 1764 , in-8°. 
II. Lettre à M. Lecat. III. Nou- 
velle méthude d'opérer les hernies , 
1767, in-8°. 11 a inventé un dila- 
latoire pour aider à la rentrée des 
parties déplacées. IV. Réfutation de 
quelques réflexions sur [opération 
de la hernie , Paris, 1768, dans 
le 4* vol des Mémoires de l'acadé- 
mie de chirurgie. V. Précis d'opé- 
rations de chirurgie ,'PeiT'is , 1773, 
2 vol. in-8°. On y trouve beaucoup 
de détails iuléressans sur les opéra- 



BLAN 



i3 



tions les plus importantes, et diffé- 
rentes pièces sur la méthode de l'au- 
teur au sujet des hernies. Vl. lEuvres 
chirurgicales , 1779 , 2 vol. in-8°. 

XI. BLANC (le). Voyez Beau- 
LTEU, n° 1. Cardax , Leblanc , et 
ValliÈre. 

" BLANCARD ( Nicolas ) , doc- 
leur eu philosophie et en médecine , 
naquit à Leyde le 1 1 décembre 1 624" 
Il n'avoit que 20 ans lorsqu'il fut 
nommé professeur d'histoire a Stein- 
furt en Westphalie. En i65o, il 
passa à Middel bourg où il enseigna 
l'histoire et la politique, et fut dé- 
coré du titre dhistoriograplie des 
états de Zélaude. Eu 1G69, il prit 
possession des chaires d'histoire et 
de la langue grecque à Franeker, 
qu'il remplit jusqu'à sa mon , arri- 
vée dans cette ville le i5 mai 1705. 
On n'a de lui que des traduc- 
tions d'auteurs qui ont paru sous 
ces titres : I. Arriani de expe- 
ditione Alexandrl magni historia- 
rum libri VII , grœcè et latine , 
Amstelodami, 1668, iu-8. II. Ar" 
riani ars tactica , grecè et latine , 
Amstelodami , i683 , in-8°. III. 
Haipocrationis lexicon decem ora- 
torum , Lugduni Batavorum, i683 , 
in-4° en grec et en latin. 

* II. BLANCARD (Etienne ) , fils 
du précédent , naquit à Middel- 
bourg. Comme son père , il em- 
brassa la médecine et reçut le bonnet 
de docteur à Franeker. Peu de temps 
après sa promotion , il alla à Ams- 
terdam , où il ne s'occupa plus que 
de la pratique de son art , et de la 
composition des nombreux ouvra- 
ges que nous avons de lui. Il a donné 
une Analomie réformée qui fut pu- 
bliée en Hollande en 1686 ^ in-S", 
et en latin , iGgS , in-8° , avec 84 
planches. Elle a aussi paru eu alle- 
mand ,à Leipsick , 1691 , in-^°. Il 
est encore auteur d'un ouvrage qui 
fut imprimé sous le titre d'Anato- 



'4 



BLAIN 



mia praclica , rationalis , sive 
variorum cadaverum morbis de- 
natorit/n anatoinica inspectio , 
Amslelodami, i688 , in-ii:eii al- 
lemand , Hanovre , 1692 , iu-8°. 
C'est le meilleur des livres ({ni soient 
sortis de sa plume. Il a composé beau- 
coup d'autres ouvrages très peu esti- 
rnés ; on eu a receuilli les principaux 
eu uu vol. iu-4° ,qiii a été imprimé 
à I,pydeen 1701 , sous le lilre d'^^- 
pe/'a medlcd , theoritica , praclica 
et chirurgica. 

* BLANCAS ( Jérôme de ) , his- 
toriographe d'Espugne , mourut à 
Saragosse en 1090. U conliuua l'his- 
toire d'Aragon que Jérôme Zurila, 
son prédécesseur avoit commencée. 
Il l'écrivit d'abord en espagnol , puis 
la traduisit en latin ; elle parut sous 
le titre: Aragonensium rcrurn com- 
mentarii ab anno 714 ^rf ann. 
i588, Caesar-Auguslae , i.'iSS, iu- 
fol. , très-rare et très-estinié. Il a 
encore composé Coronaciunes de 
los reyes de Aragon , cun dos tra- 
tados del modo de lener cortes en 
Aragon , en Zaragoça , 1641 -44 1 
iu-4'^, fort rare. Cet ouvrage a été 
publié par Jean-Fr.-And. de Us- 
tarroz , historiographe d'E-^pagne, 
qui en découvrit le manuscrit enri- 
chi des additions de Jean-Malhias 
Etienne ; il fut imprimé aux dépens 
du royaume. 

I. BLANCHARD ( François) , 
avocat parisien , versé dans 1 his- 
toire et les généalogies , donna au 
public les Eloges des p/emiersj'ré-' 
sidens à mortier , et des conseil- 
lers au parlement de Paris, de- 
puis i53i , i6i(5 , in-fol. Il publia 
aussi les Maîtres des requêtes en 
1647 , in-folio. Ce livre n'a pas 
été fini. L'auteur mourut après l'an 
i66o. 

TI. BLANCHARD ( Guillaume ) , 
fils du précédent , célèbre avocat 



au parlement de Paris , consacra ses 
premières années à la plaidoirie. 
Le barreau ne l'empêcha pas de se 
livrer à d'autres études. U donna 
2 vol. in-fol. intitulés Compila- 
tion chronologique , contenant un 
P.ecueil des ordonnances , édits , 
déclarations et lettres patentes 
des rois de France , qui concer- 
nent la justice , la police et les fi- 
nances , depuis l'an 897 jusquà 
présent, Paris, 171.5 , 2 \o\. in-f. Ce 
recueil utile lui coûta beaucoup de 
recherclies.il mourut en 1724 ,avec 
la répulationduu homme savant et 
laborieux. 

ITL BLANCHARD ( Elle ) , né à 
Langres le 8 juillet 1672. Les Mé- 
moires de l'académie des inscrip- 
tions dont il éloit membre renfer- 
men t (ilusieurs de ses Dissertations , 
qui font honneur à son savoir. Eu 
1711, Dacier le prit pour son élève. 
Il devint associé en 1714 j ^l en' 
1727 il succéda , dans le place de pen- 
sionnaire, àBoivin le cadet. Il mou- 
rut en 1755. 

;■ IV. BLANCHARD ( Jean-Bap- 
tiste ) , né à Tourteron dans les Ar- 
demies en l'j'Si , mort en 1797» 
professa d'abord la rhétorique au 
collège des jésuites de I\Ielz et de 
Verdun. Après l'expulsion des jé- 
suites, il passa sept ans dans une 
retraite près de Namur , d'où il sor- 
tit pour venir finir ses jours dans 
sa patrie. On a de lui , I. Le Temple 
des Muses , ou Pecueil des p lus- 
belles fables desfabi/ listes français. 
Ce choix est accompagné de remar- 
ques critiques et historiques. IL 
ij Ecole des mœurs , Lyon , Bruy- 
set , 3 vol. in-i 2. Ce sont des ré- 
flexions morales et des traits histo- 
riques propresà développer les maxi- 
mes delà sagesse. Cet ouvragea déjà 
eu au moins cinq éditions. 

t BLANCHART (Jacques ) , pcin- 



BLAK 

tre ,né à Paris eu 1600 , alla per- 
fectionner ses lalens à Rome et à 
Venise. L'élude assidue des chefs- 
d'œuvre de Titien, du Tintoret et 
de Paul Véronèse , formèrent son 
goût. De retour à Paris , il embellit 
celle ville de plusieurs de ses ta- 
bleaux. Les Bacchanales du salou 
de Morin , et sur-tout le tableau de 
la Descente du Saint-Esprit , qu'on 
voyoit à Notre-Dame , l'ont mis au 
rang des plus grands peintres. L'or- 
donnance de ce dernier tableau est 
admirable. La lumière y est vive et 
bien répandue. La belle manière de 
colorier de Blanchard l'a fait nom- 
mer, à juste litre , le Giorgion mo- 
derne ti\& Titien français. \\ mou- 
rut eu i658. 

-; I. BLANCHE Dx Castille, fille 
du roi Alfouse IX , fut mariée en 
ï 200 à Louis VIII , roi de France. 
Devenue mère de plusieurs princes, 
elle les éleva tous, et sur-tout 
l'ainé, qui depuis fut S. Louis, dans 
la plus exacte piété. Elle nourrit de 
son propre lait ce fils chéri. EUe 
sacquilla même de ce devoir avec 
une tendresse qu'elle portoit jusqu'à 
la jalousie. On raconte que , pen- 
dant une de ses maladies , une dame 
delà cour lui ayant donné à téter. 
Blanche mit le doigt dans la bou- 
che du petit prince , et lui fit ren- 
dre le lait qu'il avoit pris : procédé 
plus bizarre que louable. Un reli- 
gieux , ayant entendu dire que ce 
prince n'éloit pas chaste , en fit des 
reproches à la reine Blanche. Cette 
princesse lui répondit avec dou- 
ceur a que c'étoit une calomnie; et 
que , quoique sou fils fût ce qu'elle 
avoit de plus cher, s'il étoit ma- 
lade , et qu'il dût guérir en péchant 
une seule fois , elle aimeroit mieux 
le laisser mourir. » Blanche fut ré- 
gente du royauraeen 1226, pendant 
la minorité de son fils et la croi- 
sade de ce prince, à laquelle elle 
s'opposa de loul sou pouvoir , pré- 



r>LAN 



Ib 



voyant tous les niaux qu'elle devoit 
eulrainer. Elle fui la première reine 
de France qui réunit la qualité de 
lutriceel celle de régente. EUetrioin- 
pha des ligues formées contre elle, 
en divisant les rebelles; et des entre- 
prises des Anglais , en corrompant 
de Bourg , ministre d'Anglelerr». 
Les censeurs de la reine Blanche 
lui ont reproché des manières hau- 
taines avec les grands , de l'humeur 
avec sa belle-fille, trop d'art pour 
conserver son ascendant sur son fils ; 
mais ils n'ont pu lui refuser ni 
le courage ni la dextérité. C'est , 
sans conlredit, une de nos plus illus- 
tres reines. Toute sage qu'elle étoit , 
on attaqua sa réputation , parce 
qu'elle souffrit, par intérêt plutôt 
que par amour , lesassiduités du car- 
dinal Romain , homme poli , ga- 
lant et bien fait , et d'un si bon con- 
seil , qu'elle avoit une entière con- 
fiance en lui. — Paimi les diverses 
preuves de son courage , on peut 
citer celle qu'elle donna en 1226 au 
siège de Belesme au Perche , dont 
elle se rendit maîtresse malgré le 
duc de Bretagne , ligué contre elle 
avec le roi d'Angleterre. Cette place 
passoit alors pour imprenalile par 
1 épaisseur de ses murs et la tour qui 
défendoit le château. La saison étoit 
un autre obstacle ; on éloit au plus 
fort d'un hiver extrêmement rude. 
La rigueur du froid faisoit périr les 
hommes et les chevaux. Blanche ne 
serebutapoint.EUe étoit en personne 
au siège. Elle marchoit à côté de son 
fils, animoit le soldat, fiatlolt loRï- 
cier, et leur remonlroit de quelle 
honte ils se couvriroient , si , leur 
roi à leur tète , ils étoient ré- 
duits à lever le siège. Pour mieux 
mettre l'armée à couvert du froid , 
elle fit couper une quantité piodi- 
gieuse d'arbres, fruitiers ou non , et 
on fil dans le camp de ai grands feux, 
et en si grande quantité , que le sol- 
dat cessa de murmurer. «Ce n'éloit 
pas seulement par celte vigilance, 



i6 



BLAN 



dit GniUauine de Naugis, hislorien 
coiileinporaiu, que IJlauche de Cas- 
lille paroissoit être nue personne de 
grande condiiile; mais, en tout le 
reste de ses actions, c'étoit lu plus 
adroite et la pins habile femme de 
sou royaimie. » Des assauts violens 
se donnèrent au corps de la place , et 
avec deux pierriers , les loils du fort 
furent brisés , et les cailloux y pleu- 
voieut , par l'effori de ces deux nia- 
chmes , en si graïuie quantité, que 
les assiégés n'étoieut eu sûreté nulle 
part. Enfin la grosse tour fut abat- 
tue , et les Bretons qui défendoieut 
le fort le livrèrent au roi et à la 
reine-mère, à laquelle on peut très- 
justement attribuer l'honneur du 
siège. Quelques mois après , elle fit 
le siège d'Aucenis à six lieues de 
Nantes ; le roi d'Angleterre étoit 
alors dans celte capitale, il en dé- 
logea promptement, «aimant mieux, 
dit un historien , manquer de foi à 
son fidèle partisan le duc de Breta- 
gne , que de se mettre au hasard 
d'augmenter les trophées d'une fem- 
me de laquelle il n'osoit attendre les 
attaques. » Ce fut pendant ce siège 
que Blanche filcondamner,par un ar- 
rêt solennel des grands du royaume, 
Mauclerc duc de Bretagne, comme 
criminel de félonieelde lèse-majesté. 
Bientôt après elle s'empara du re- 
belle , et alloit l'envoyer à la mort , 
lorsqu'elle se laissa tléchir par la fa- 
mille du duc de Bretagne. La reine 
eut la générosité de lui rendre ses 
états, en prenant cependant contre 
lui les précautions utiles à la tran- 
quillité du royaume. Elle ne montra 
pas moins de prudence pour apai- 
ser la révolte furieuse des pastou- 
reaux , villageois grossiers et fa- 
rouches , qui, sous prétexte d'aller 
secourir Louis captif, se rassemblè- 
rent au nombre de plus de cent mille, 
se permirent tous les excès , et com- 
mirent euFrance d'affreux désordres; 
il fallut armer contre eux. Sa santé 
s'ûfToiblissanl , elle voulut respirer 



BLAN 

un air plus pur que celui de la ca- 
pitale, et se relira à Melun. Elle 
mourut le i"' décembre i25i , à 56 
ans, et fut eutcrrée à IMaubuisson, 
aljbaye qu'elleavoit fondée en 1242- 
\J\\ peu avant sa mort l'abbesse lui 
donna f habit monastique. F'oyez 
Louis , n"- XIU et XIV. — Jacob , 
n" II. — MARGUEKiTii , n° m. 

Y II. BLANCHE j)'Artoi.s , reine 
de Navarre, épousa Henri T"", roi de 

Navarre , et en secondes noces Ed- 
mond d'Angleterre , comte de Lan- 
castre. Elle fonda en France l'abbaye 
d'Argcnsoles , d»- l'ordre de Citeaux, 
et mourut vers l'an i3oo. Blanche, 
héritière de la Navarre après la mort 
de Charles III sou père , épousa Mar- 
tin d Aragon roi de Sicile , et mourut 
eu i44i- Plusieurs autres princesses 
de ce nom régnèrent sur la Flaudre, 
la Sicile et l' Aragon. 

I III. BL.\NCHE DE Bourbon , 
épousa Pierre roi de Castille, sur- 
nommé le Cruel. Sou mariage en 
i552 fut pour elle uue source de 
malheur. Blanche n'a voit alors que 
14 ans , et possédoit toutes les grâces 
de son sexe. Le roi, amoureux de Ma- 
rie dePadilla , traita son épouse avec 
le dernier mépris , et ne voulut plus 
la voir au bout de trois jours ; bien- 
tôt après il la fit enfermer à Médma 
Sidonia , où elle fut empoisonnée en 
i56i , à 23 ans. Les Français s'em- 
pressèrent de courir en Espagne sous 
les drapeaux de Duguescliu , pour 
venger sa mort. 

IV. BLANCHE. Voy. Capello. 

V. BLANCHE, comtesse de la 
Marche. iToy. Margui:rite , u° IV. 

■\ VI. BLANCHE, roy. Bianca. 

t BLANCHELANDE (Philibert- 
François de ) , fils naturel du ma- 
réchal de Médary, servit dans l'ar- 
tillerie, dans les grenadiers deFrau- 



BLAN 

ce, dont il 'devint major, et passa en 
la iiituie qualité dans le régiment 
d'Auxerrois ; il s'embarqua avec ce 
corps pour la Marùnique, cl y fiU 
promu au grade de lieiilenaul. Char- 
gé de s'emparer de i'ile de Tabago 
pendant la guerre d'Ain.^rique , il 
y réussit, el fut t'ait brigadier de3 
armées du roi à son retour eu 
France, puis colonel en second du 
régiment de colond-général iul'an- 
tene. Nommé ensuite commaadanl 
à Saint-Domingue , à la place de M. 
Peynier, an moment de la révolu- 
tion , il employa tous les moyens 
possibles pour déierminer les pro-» 
priétaires et les afl'iauchis à se réu- 
nir contre les révoltés de l'île. Eu 
J791 , lors de linsnrrection du ré- 
fiimeut d'Artois, au Port-au-Prince, 
blaticlielande prit la fuite pour se 
soustraire à la fureur des insurgés. 
Peu de temps après il écrivit à l'as- 
semblée nationale que les décrets des 
1 3 et 1 5 , adinetta 11 t les gens de cou- 
leur à l'exercice des dro.ts politiques, 
étoieat inexéculables. Brissot l'ac- 
cusa d'èire l ennemi delà révolution, 
et proposa de le décréter d'accusa- 
tion, ce qai fut ajourné; mais, en 
1790 , à son retour de Saint-Do- 
mingue , il fut arrêté, traduit an 
tribnnal révolutionaire, et condam- 
né à mort le i5 avril 1793. 11 éloit 
alors âgé de 58 ans: son his, qni a voit 
été fon aide -de-camp , fui aussi vic- 
time de la révolution. 11 fut con- 
damné à mort par le même tribunal 
le 38 juillet 1794. 

I. BI.ANCHET (Pierre), prêtre 
de Poitiers sa patrie, né en 1402, 
et mort dans cette ville en lôig , 
avoii suivi le barreau dans sa jeu- 
nesse. Il fsi auteur de l'agréable 
Farce de Patelin, qui parut vers 
l'an 1480 , et que l'abbé Brnéys 
remit au tbéàtre, en i-'io , avec le 
plus grand succès. Celui-ci conserva 
le fonds de la pièce , et une grande 
partie des plaisanteries de raacieu au- 

T. IXI. 



BLAN 



i7 



teur. On a fait un grand nornbje 
d'éditions de l'original ancien. Ou 
peut eu voir le détail dans le tome 
l"'' de la Bibliothèque du théâtre 
français. 

t 11. BI.ANCHET ( Thomas ) , 
peintre, né à Paris en 1617, dis- 
ciple et ami du Poussin et de l'Al- 
baiie. Contre l'usage ordinaire, quoi- 
qu'abseut , il fut nommé profes- 
seur de peinture par l'académie de 
Paris; niiis Blanchet inériloit qu'où 
sécartàt des ngles établies. Le Bruu 
présenta son tableau de réception , 
représentant Cadmus qui lue un 
Dragon. Il passa une partie de sa 
vie à Lyon , et y mourut en 1689. 
Une partie du P/a/o//f/ de l'hôtel de 
cette ville , dans lequel Blanchet 
avoit déployé tous ses lalens , fut 
consumée par un incendie. Ce pein- 
tre excella d^ins 1 histoire et le por- 
trait. Sa louche est hardie , agréable 
et facile ; son dessin correct , son 
coloris excellent. On voit de ses 
tableaux à Pans el à Lyon , où la 
plus gi'ande partie de ses ouvrages 
existoit avant les évéuemens de 
1791. Le muséum de Lyon possède de 
ce maitre une ylpothéose de i'ésar , 
et une Esquisse des peintures du 
grand escalier de l HûLcl-de-vilh. 

i- III. BLANCHET ( l'ahbé Fran- 
çois ) , né à Angerville , près de 
Chartres, le 26 janvier 1707 , d'une 
fcimiUe honnèle, mais peu riche, vint 
tinirsesétiidesàParis, dans leLo]lé"e 
de Louis- le - Grand. J\uilgré sou 
aversion pour toute sorie de gè;::e, 
il se livra d'abord à l'insirnclion 
publique , el proi'essa la rhétorique 
et les humanités dans deux col'égts 
de province. Nommé ensuite cba-, 
noine de Boi'iogne , il se dégoiita da 
cet état , et douuu sa démission. Il 
revint à Paris , où il fut nonnné 
censeur royal , interprète à la bi- 
bliothèque royale, etgarde des livres 
du cabinet du roi. Il quiua cette 
place t.our aller vivre dans i'oUcu.- 



i8 BLAP^ 

rite à Saiat-Germaiu-eu-Laye. C'est 
là qu'il mourut le 29 janvier 1784. 
Il n'a ouere l'ié connu du public 
qu'après sa mort. On a de lui des 
Variétés morales 'et amusantes, 
178.4 , iu-8° ; et des Apologues et 
Contes orientaux , 178.Î , "^-'^''• 
Dans l'un et l'autre recueil, ou voit de 
riusliuclioa,dulalent,delespnt,du 
goût et de kl philoaophie. Ou a eu- 
core de lui plusieurs pe'.its morceaux 
de poésie d'un genre délicat et agréa- 
ble , dont la plupart furent attribués 
aux meille.iis poètes du temps , 
qui ne se déteudoient pas trop d en 
être les auteurs. L'abbé Blauchet 
disoit à ce su)el : « Je suis charmé 
que les riches adoptent mes enfans. « 
Ce u'ëtoil point sans beaucoup 
d'étude qu'il éloit parvenu a se 
former aiusi dans lart d'écrire. Les 
meilleurs écrivains de lantiquite 
étoieul conliuucUcinent entre ses 
inaius. TUe-Live et Tacite faisoieul 
les ainuse:nens de sa solitude. Il 
s'essaya sur ces deux historiens. 11 
traduisit X Histoire de la JamiUe 
rfi/ieVowparTite-Live, et la Con- 
juration de Vison contre iHeron, 
par Tacite. 

BLA.NCHETT1 ( Jeanne de ) , sa- 
vante bolouoise, dans le 14'' siècle , 
parloitle latin , l'allemand et le bo- 
hémien : elle a publié divers Ou- 
i>rages. Léandre Alberli a fait son 
éloge. 

* BLANCHON ( Joachim ) , poète 
du lô'^ siècle ; ses <S.uvres furent 
publiées eu i585 , et sont divisées 
eu trois livres ; les deux premiers 
contiennent des sonnets , des odes , 
des élégies , des stances , des com- 
plaintes adressées à Dionée et à Pa- 
sithée : le troisième renferme des 
vers pieux , Discours au roi , à 
Monsieur , à la reine mère y le 
Trophée des dames , en 58 son- 
nets • des Stances sur le mariage ; 
V Hymen de la fille; la palinodie 
intitulée AiUilhèse ds l'hymen 



BLAN 

de la veuve , et ï Adieu aux Musei. 



* BLANCKENBURG ( Chrétien- 
Frédéric de ) , auteur connu par 
beaucoup d'ouvrages dans diEférens 
genres de liliéiature. Après avoir 
servi en qualité de lieutenant soua 
Frédéric dans la guerre de sept ans, 
il quitta le service , et s'établit à 
I.eipsick , où il mourut le 4 mai 
1796 , âgé de 5o ans. On a de lui , 
eu allemand, un Essai sur le ro- 
man , où il établit les principes 
d'après lesquels ces sortes d'ouvrage» 
doivent être composés. On estime 
sur-tout son Supplément à la théo- 
rie des beaux - arts de Sulzer , 
ouvrage qui se trouve aussi im- 
primé séparément avec une table , 
Leipsick , 179^ . m-8° , eu 3 vo- 
lumes. 

BLANXME3NIL. rb/e- Potier, 
n°L 

BLANCOURT. Voyez H.vudi- 

QUER. 

* BLAND ( Elisabeth ) , dame an- 
glaise , célèbre par ses profondes 
èonnoissances dans la langue hé- 
braïque , née à Londres vers l'an 
1660. Son nom de famille éloit 
Fisher. Eu 1681 , elle épousa Natha- 
niel Bland , de Boston , au comté 
d'Yorck. Les morceaux qu'elle com- 
posa en hébreu étoieul écrits avec 
tant d'élégance , que la société royale 
en a conser vé un par rai ses curiosi tés. 
Elle vivoit encore en 1712. 

t BLANDINE ( sainte ) , célèbre 
martyre de Lyon , fut , dit-on , atta- 
chée à un poteau et exposée aux 
bètes féroces , qui ne lui firent aucun 
mal. Quelques jours après, elle fut 
de nouveau conduite dans l'arène , 
mise sur une chaise de fer rouge , 
enfermée dans un filet , et exposée 
ainsi à un taureau indompté qui la 
jeta plusieurs fois en l'air avec ses 
cornes. Au milieu des tourmeus , 
Blaudine ue cessa d'exhorter le 



BLAN 

jeune Ponlique , âgé de i5 ans, à 
ne poiul reiioiict'i" au culte du vrai 
Dieu. Le corps de Blaudine fut in- 
hu nié dans une cryple souterraine, 
placée sous l'église d'Ainay de 
Lyon. 

*hLANDlNlÈRE ( Jacques-Pierre 
CoTELLE de la ) , curé de Soulaines , 
en Anjou, de l'académie d'Angers, 
né à Laval, a publit,' les ouvrages 
suivans : 1. JJiscuurs prononcé à 
l' académie cV Angers, 1749? i'^~4'*- 
IL ('unjérences ecclési antiques du 
iliocèse (f Angers , rédigées et pu- 
bliées par Babin, 14 vol. , depuis ont 
j)aru le vol. i5, 1769 ; les tomes 17, 
} 8, 1 776. 111. Conférences ecclésias- 
liques sur la /lierai chie pour servir 
de suite et d'appui aux Confé- 
rences d'Angers , i78r>, 3 vol. iu- 
3 2. ( Voyez BAJiiN. ) 

t BLANDRÂTA ( George ) , l'un 
de ces Italiens qui, dans le 16'^ siècle, 
ressuscitèrent les opinions d'Arius , 
ëloil médecin , et né dans le mar- 
quisat de SaUices. L'inquisition de 
Pavie l'ayant poursuivi comme lié- 
rétique, il chercha w\\ asile à Ge- 
nève , où Calvin ne le traita pas 
mieux que les inquisiteurs. Il fut 
obligé de se sauver en Pologne l'an 
i558 , puis cinq ans après en Tran- 
sylvanie. C'est sur -tout dans ces 
])ays-là qu'il répandit ses dogmes. 
Il admettoit trois personnes et trois 
essences dans la Trinité, et ajoutoit 
t[u'il n'y avoir que le Père qui fût 
vraiment Dieu. 11 voulut inspirer ses 
seutimeus à Etienne Batlori, roi de 
Pologne, dont il étoil le médecin, 
et qui l'admit dans son conseil privé. 
L'ardeur du prosélytisme se ralentit 
en lui, à mesure que la vieillesse et 
la faveur du roi lui donnèrent l'en- 
vie et le moyeu de thésauriser. La 
crainte de refroidir la générosité de 
ce prince lui lit abandonner les in- 
térêts des unitaires, pour favoriser 
les jésuites que ce roi aimoit beau- 
coup. Son avarice causa sa perle ; il 



BLAR 



19 



fut élnntfé dans son lit par \\\\ de ses 
neveux, qu'il a\oillailson héritier. 
Blaudrala vivoit encore en i.t85 , 
lorsque iiellarminécrivoilson Traité 
de Chrislo i mais il n'exisloit plus 
en 1692. VariUas peint Biandrata , 
dans son livre XVl" de lilisloire 
des hérésies, comme un homme qui 
avoit choisi parmi les erreurs an- 
ciennes celles qui lui conveuoient 
le mieux, et qui s'étoit entiu arrêté 
aux dogmes des ariens. 

t BLANES ( Henri -Barlhélerai 
de ), nieslre de camp de cavalerie, 
mort en février l'jbq , à 47 ans, 
est connu par son roman de Né/aïr 
et Mel/ioé , 2. vol. in- 12 , sans 
date , sans nom de ville , ni d'im- 
primeur ; et d'un autre , intitulé 
Roman oriental, Paris, 17.') 5, 2 
parties , 1 vol. iu-12. Il éloit d'Au- 
vergne. 

BLANKHOF (Antoine) , peintre 
hollandais , mort à Hambourg en 
1670, alla trois fois à Rome , et s'em- 
barqua sur la Hotte destinée pour 
Candie. La vue de la nier, des Ilots 
irrités, des cieux orageux, des vais- 
seaux , des rivages , le rendit le 
plus habile peintre de marine. Lei 
effets de ses tableaux sont si vrais, 
qu'on croit y entendre gronder les 
vents et si.fîler la foudre. Les meil- 
leurs soûl ceux qu'il a le moins 
perfectionnés ; quelquefois , à force 
de les retoucher, il eu éteignoit tout 
le lèu. 

T BLARU ( Pierre de ) , Pelrus 
de Blarrorivo, chanoine de Saint- 
Diez , savant canoniste et poète 
médiocre, naquit en 1427 , et mou- 
rut en i.')o5. Nous avons de lui un 
Puëme sur la guerre de Nanci et 
la mort du duc de Bourgogne , eu 
six livres , composé sur les mé- 
moires de René , duc de Lorraine. 
Il est intitulé Nanceidos opus , in 
pagu S. Nicolaï de porlu , i5i8 , 
iu-fol. , figures eu bois. Il est com- 



20 BLAS 

posé d'envirou ciuq mille vers. Le 
ïnerveilleux n'y entre pour rien , 
aussi l'invocation du poète est sim- 
plement à la Musc de l'histoire. 
Ses récils sont quelquefois lialjile- 
ment coupés par des comparaisons, 
des discours et des descriptions. 
Ce poëme est rare ; il est imprimé 
sur peau vélin ; il en existe un 
exemplaire dans le cabinet de M. 
Bruant , à Besançon ; on peut le 
regarder comme unique ; les figures 
y sont enluminées. L'ouvrage a été 
imprimé par maitre Pierre Jac- 
ques , curé du bourg Saint-Nicolas. 
Une partie de ce poème a été tra- 
duite eu vers français , par N. C. 
Romain , docteur es - droits , et 
Grenier , à Ponl-'t-Mousson ; et dé- 
dié à François, comte de Vaudéniont, 
père du duc Charles TV. On a en- 
core de Blaru une Elégie eu vers 
latins , sur la criasse à la pipée , 
que l'auteur aimoit beaucoup. 

-;- BLASCO-NUNNÈS , seigneur 
espagnol , qui , ayant plusieurs fois 
reconnu les côtes des pays de Faria 
et de Daria dans l'Amérique méri- 
dionale , découvrit, proche le golié 
d'Uraba , un isthme long de dix 
lieues, qui sépare les deux grandes 
mers. Pour profiter de la commodité 
de ce passage , il lit bâtir quatre 
forteresses , après avoir g?gué par 
des présens quelques uns des princes 
de ce pays , et vaincu les autres par 
la force des armes. Ce succès aug- 
menta son ambition. Il lut accusé 
et convaincu d'avoir voulu usurper 
la souveraineté dans les terres qu'il 
Hvoit conquises. On lui fit son pro- 
cès , et il eut la tète irancliée par 
ordre du roi d'Espagne. Sou nom 
est immortel , pour avoir fir^yé le 
rhemiu du Pérou à François Pi/arre, 
el à Diego d'Almagro , qui y entrè- 
rent en 1025. 

BL.^SÎ , avocat à Palerme , can- 
vai^cit d être le chef d'un complot 
i^ui de voit éclater à Naples , le yen- 



BLAS 

dredi-saint 1796 , contre le roi et 
le gouvernement napolitain , fut 
condamné à avoir la tète tranchée , 
el subit son supplice le 24 mai de 
la même année, avec sept de ses 
complices. 

* I. BLASIUS ou Blaes (Gé- 
rard) , né vers le commencement 
du dernier siècle , dans un village 
de l'ile de Cadsand , près de Bruges, 
commença son cours de médecine 
à Copenhague , et vint ensuite l'a- 
chever à Leyde , où il reçut les 
honneurs du doctorat vers 16 jG. 
Il exerça sou art à Amsterdam, où 
il obtint une chaire de médecine 
dans les écoles de cette ville eu 
1660. 11 y mourut en 1682. Outre 
les ouvrages de quelques habiles 
médecins de son siècle qu'il met au 
jour , il est auteur de beaucoup 
d'autres qui lui appartiennent en 
entier , et sur lesquels on peut 
consulter N. F. J. Eloy , dans j.ou 
Dictionnaire historique de la mé- 
decine , Mous , 177B. 

*Il. BLASIUS (Abraham), fils 
du précédent, naquit à Amsterdam 
vers l'an iG.So, et s'appliqua à la 
médecine , qu'il pratiqua avec succès 
dans .sa pairie. Il a traduit du Ha- 
maud en latin les Obserfalloiin 
/nctlico- chirurgicales de Job Van 
Meeckren , qu'il publia à Amster- 
dam en 1682 , iu-8°. Il les avoit 
iléja mises en allemand , et elles 
avoient paru en cette langue à Nu- 
remberg , en 167.^) , in-S". 

* BLASSET (Nuolasi , d'Amien.si 
architecte et sculpteur du roi, Ho-' 
rissoLt au 17* siècle, i Son portrait 
par J. Lenfant est de iGiiS. ) Le 
chef-d'œuvre de cet artiste esi 
connu sous le nom de l Enfant 
pleureur. Il dérore l'intérieur ds' 
la catliédtale d'Amiens. « Tout est , 
dit-on, adniuihle dans cette char- 
mante créature ; çxuresjion ^ie la 
phy8i»i»«mie ^ aUitud<f ei pr<;p.>r- 



BLAV 

tioiis. Jniïiais la douleur n'a parlé nn 
laugage plus expressif; oal.i partage, 
saus chercher à s'en défendre. » Peu- 
daul la révolution, un coup de sa- 
bre en a mutilé le nez. 

t BLASTARES (Matlhieu),moine 
grec , de l'ordre de Saint- Basile , 
au i4^ siècle, est auteur, I. D'uu 
Recueil de constitutions ecclé- 
siastiques , qui peut servir pour 
couuoîlre la discipline de son temps, 
et dans lequel il rapporte plutôt le 
sens que les paroles des canons et 
d"es lois ; il se contente même quel- 
quefois de marquer les recueils on 
ils se trouvent en entier. Sa collec- 
tion fut imprimée à Oxford , dans 
le Synodicon de Guillaume Beve- 
ridge , 1672, en grec et en latin, 
iu-i'olio. II. Quœstiones matrimn- 
yiiales , qui se trouvent dans le Jus 
grœco - romanum de Leunclavius. 
Blaslares est auteiu" de différens au- 
tres ouvrages , dont plusieurs sont 
restés manuscrits , entre autres ses 
Libri K adveisùs Jiidœos , dont 
la bibliothèque impériale possède 
trois manuscrits grecs. 

* BLASTCS , hérétique du 2'' 
siècle, professoit en partie les opi- 
nions des gnostiques. Il semble en- 
core avoir en pour objet de rétablir 
la religion judaïque, et célébroit la 
Pàque le quatorzième jour. ( T'oyez 
Mosheim , Histoire ecclésiastique , 
lom. I , pag. 2 ^o , n. z. ) 

i- BIAVET ( N. ) , célèbre mu- 
sicien , né à Besançon en 1700, ex- 
celloit à louer de la flûte iraversière. 
L'embouchure la mieux nourrie et 
la plus nette, les sons les mieux 
filés , et un égal succès dans le tendre 
et dans le voluptueux; voilà ce que 
les connoisseurs admirèrent en lui, 
lorsque le duc de Lévis l'amena à 
Paris eu lyaô. 11 entra à l'opéra, 
où il fit les délices des amateurs. 
Le prince de Carignan fut le pre- 
mier qui se l'attacha , en lui accor- 
dant un logement et une pension. 



BLEG 21 

Il passa ensuite au service du comte 
de Ciermont , et fut , jusqu'à sa 
mort arrivée en 1768, surintendant 
de la musique de ce prince. Cet il- 
lustre musicien réuuissoit la pra- 
tique et la théorie de son art. Ou 
a de lui plusieurs morceaux de mu- 
sique vocale et instrumentale , très- 
bien accueillis des connoisseurs. Il 
mit en musique les Jeux olympi- 
ques , ballet charmant du comte de 
Senneterre : et la Fête de Cythère , 
petit opéra du chevalier de Laurès. 
Il a été, pendant plus de 5o ans, 
ordinaire de la musique du roi. On 
a cité l'anecdote d'un chien qui 
eutroit en fureur toutes les fois qu'il 
entendoit wn autre jouer de la flûte, 
mais qui s'apaisoit et venoil lécher 
les pieds de Blavet , lorsqu'il en- 
tendoit les sons flatteurs qu'il en 
tiroit. Blavet jouoit aussi avec su- 
périorité du basson. 11 étoit père de 
l'abbé Blavet , bibliothécaire du 
prince de Couti , qui a été connu 
par quelques Traductions de l'an- 
glais. 

tBLAURER (Ambroise), né à 
Constance en 1492 , embrassa la 
doctrine de Luther, et la prêcha 
dans sa ville natale. Il travailla en- 
suite à lintroduire dans la ville 
d'Ulm et dans le duché de Wir- 
temberg. Il mourut eu ]567. On a 
de lui des Ouvrages de Fiété , peu 
lus, même par ceux de son parti. 

* BLÉAî\lIRE* ( "William ) , mort 

à Londres le 7 septembre iSof) , 
est auteur d'uu ou\rage intitulé /?<■- 
marks un ihe poor JLaws and the 
maintenance of the poor, 1800. 

* BLEC ( Pierre Van ) , très-bon 
peintre qui mourut à Londres en 
lyGij' Il 3 f'iit entre autres tableaux 
les deux célèbres port rai ts de Jo//«507z 
et de GriJJin , deux fameux comé- 
diens qu'il a représentés dans les 
rôles d'Ananias et de Tribulation 
de l'jllchimiste. 



32 BLEG 

* BLEDDYN, Laide anglais qni 
fut célèbre dans !• i3'' siècle. On 
"trouve beaucoup de pièces de lui 
dans l'Art liéologie Welche. 

* BLEDRÏ, évêque de Lnntlaff. 11 
protégea beaucoup les savaus dans 
sou diocèse. 

* BLEEK ( Pieter Van ) a gravé, 
en niauiere noire , plusieurs mor- 
ceaux de sa composilion et daprès 
difFérens muiires. il a gra\é aussi le 
portrait de 2 rançu.us 1 lamand , 
sculpteur ,d"après Van Dyck, et celui 
de Rembrant, daprès Rembrant 
lui-mèrae. Il est mort à Londres. 

t BLEFKEN (Dithman ) , liisio- 
rien danois, qui est mort dans le 
17^ siècle, llapubliéunpetil ouvrage 
intitulé Islanclia , seu pupulorum 
et mirabilium quœ in ed liisuod re- 
pfiriunlur descriptlo , eue de Gron- 
landid quœdam adjecta, Lugduni 
Bat., 1607, in-8'^ de 71 pag. Quoique 
Lenglet du Fresnoy ait loué cet ou- 
vrage, et qu'on l'ait traité de bon 
dans la dernière édition du Diction- 
nair*? , il n'est pas moins vrai qu'il 
*;st plus que médiocre , et, pour s'en 
convaincre, il suffit de lire la criti- 
que qui en a été faite par l'Islandais 
Arngrim Jonas , intitulée yliiatome 
jBle/Aeniana, qud JJithmari BleJ- 
kcnil viscera magis prœclpua in 
Jibello de Islaudià, a//«o 1607 edito 
convulsa per matiifeslam exente- 
ralionem retexuntw , 1612 , in-8°. 
Quoiqu'il y ait beaucoup de fiel dans 
cette critique, il y est à peu près 
démontré que Blefken ne savoit ni 
la géographie, ni l'histoire civile, 
ni l'histoire naturelle de l'Islande. 

* BEEGXY (Nicolas} , chirurgien 
du dernier siècle , né à Paris , se mit 
à la tête d'une académie de nouvelles 
découvertes eu mod-cine. Celte so- 
ciété publia ses mémoires par cahier 
de chaque mois, f.es trois premières 
années parurent sous son nom , mais 
aux trois suivantes il n'est plus fait 



BLEG 

mention de lui. Plus intrigant qnè 
savant, ce médecin Ht afficher des 
cours de chirurgie et de pharmacie, 
et parvint à se faire nommer chi- 
rurgien ordinaire de la reine en 
1678 , et chirurgien ordinaire de 
Philippe duc d'Orléans en i683. Il 
vint même à bout, par ses intri- 
gues, d'obtenir, en 1687, la charge 
de médecin ordinaire du roi. !\lais 
il ne jouit pas long-temps de son 
triomphe ; le roi , informé des 
débauches et des malversations de 
cet aventurier, le fit emprisonner le 
4 juin 169,1. Ou l'enferma d'al)ord 
au fort l'Eveque , ensuite au château 
d'Angers, d'où il sortit au bout de 
8 ans ,et se rendit à Avignon. Il y 
exerça la médecine avec une sorte de 
réputation jusqu'à l'époque de sa 
mort arrivée eu 1723. 11 a composé 
les ouvrages suivans : I. Uart de 
guérir /es maladies vénériennes , 
expliqué par les principes de la 
nature et de la mécanique , Paris , 

1675, in-12; LaHaye, 168 5, in-8°; 
L^'on, 1692, in-12; Amsterdam, 
1(196, in-12; en anglais, Londres, 

1676, in-8°. Il y loue beaucoup la 
décoction de gayac, et il en met les 
vertus en parallèle avec celle du 
mercure. II. L'art de guérir les 
hernies de toutes les espèces dans 
les deux sexes , atec le remède du 
roi, Paris, 1676: 169S, in-12. 111. 
Histoire anatotiiique d'un enfant 
qui a demeuré if» ans dans le ven- 
tre de sa mère, Paris, 1679, in-12 ; 
l'enfant étoit pétrifié, et à peine y 
trouvoit-on la figure humaine. IV. 
Le remède anglais pour la guéri- 
son des fièvres , Paris, 1681 , i68.i, 
in-12; Bruxelles, 1682, in-12. Cet 
écrit fut publié par ordre du roi, à 
qui Talbot avoit vendu la méthode 
de donner le quinquina. V. La Doc- 
trine des rapports fondée sur les 
maximes d'usage et sur la dispo- 
sition des nnui'elles ordonnances , 
L3on, 1C84, in-j2. VL Le bon 
usage du thé , du café et du cho~ 



BLEM 

tolat pour la piéseivation et la 
guérison des maladies , Lyon , 1 687, 
iu-12; Paris, 1687, iii-12. Vil. ^S'e- 
crels concernant la beauté et la 
santé, Paris, 1688, ir)89, 2 vol. 
in-8°. 

*BLEISWYCK (Pierre Van), du- 
rant i5 ans grand-pensionnaire de 
Hollande, élevé à celte dignité en 
1772 , étoit né à Délit en 172^ , et il 
avoit été d'abord conseiller pension- 
naire de cette ville. On a de lui une 
excellente dissertation sur un des 
sujets les plus inléressans pour sa 
patrie, les digues , De aggeribus. Il 
la publia en i7.|r) , quand il l'ut créé 
docteur en philosophie à l'université 
de Leyde. Il en a paru une traduc- 
tion hollandaise à Leyde, en 1778, 
par Eïdré. Cétoit un homme fort 
instruit et d'un vrai mérite, mais 
qui ne montra pas un caractère 
assez prononcé dans les circons- 
tances difficiles où il ndministra les 
intérêts de son pays. 11 est mort à 
La Haye en 1790- 

* BLEKER , peintre el graveur 
flamand , a laissé quelques tableaux 
el plusieurs sujets de sa composi- 
tion, gravés à l'eaulorte. Ou estime 
sur-tout un Christ , aux pieds du- 
quel sont représentés une Vierge , 
Saint- Jean el les saintes femmes , 
d'après Corneille Poelembourg. Il 
étoil né eu 1608. 

* BLÉKERS ( N. ) , né à Harlem 
vers i655, est regardé comme un 
bon peintre d'histoire. Le poète 
Vandel a célébré en vers son tableau 
de JDa/iaé ; mais son plus bel ou- 
vrage est le Triomphe de F'énus , 
qu'il lit pour le prince d'Orange. 
On y trouve du feu , du génie et 
nn dessin très-correct , ainsi que 
dans tous ses autres ouvrages. 

BLE!\LMIDAS. Trayez NicÉpho- 
HE, n" VIII. 

BLÉMUR. f-'oyez Bouette. 



BLET 



23 



* BLES ( Henri de ) , peintre , na- 
quit à Bovines , près Dmant , sur la 
hn du if)"' siècle. Sans autre maitre 
que la nature , il devint un excellent 
peintre de payscge. En gém rai ses 
compositions sont riches et souvent 
ingénieuses, ses paysages variés el 
naturels , et sa toucluj spirituelle et 
hardie. Les oii% rages dt ce peintre 
sont très-rec'ierchés en Italie , sous 
le nom d« tableaux à la chouette , 
parcequ'il en peignoit une diais cha- 
que tableau. La ville d Amsierdam 
en possède deux de ce peintre : l'un 
est un beau paysage dans lequel on 
voit un porte-balle endormi sous 
un arbre , tandis qu une troupe de 
singes s'emparent de sa boutique , et 
en étalent les différens bijoux aux 
branches des arbres ; l'autre est un 
petit tableau très précieux, repré- 
sentant le château d'Emniaù's ; les 
deux pèlerins à table occupent la 
premier plan, el dans le fond on 
voit toute la passion de J. C. , la 
ville de Jérusalem , le Calvaire , 
avec une multitude de peuple. Ou 
voit aussi dans le cabinet de l'em- 
pereur, à Vienne, plusieurs bons 
tal)leaux de Henri de Blés. Ce peintre 
mourut très-àgé en i55o. 

BLESSEBOIS. roy. Cokneii.le- 

BiESSEBOIS. 

t BLETTERIE ( Jean-Philippe- 
René de la ), né à Reunes le 2 5 
février 1696, entra de bonne heure 
dans la congrégation de l'oratoire, 
el y professa avec distinction. Le 
règlement contre les perruques fut 
l'occasion qu il prit pour en sortir ; 
mais il conserva l'amitié et l'estime 
de ses anciens confrères. Il vint à 
Paris , et ses talens lui procurèrent 
une chaire d'éloquence au collège 
royal , et une place à l'académie des 
belles-lettres. L'académie française 
lui destinoit aussi un de ses fauteuils; 
mais la cour, qui le croyoit jansé- 
uisle , lui donna l'exclusion. Il pu- 



l^4 BLET 

\Aia (livers ouvrages bien accueillis 
du public ; 1. Histoire île Julien 
l'Jposiat ,VAxis , 1 7 55-i 746, lu- 1 2, 
ouvrage curieux , bieu écrit, et où 
tègîie A la fois rwnparlialité , la pré- 
cision , l'élégance el le jngtineul. 
\\. Hisloiie de l'empereur Joi'ien , 
et Traduction de quelques ouvra- 
ges de l'empereur Julien, 1748, 
Paris, iu-12, 2 vol., livre non 
moins estimable que le précédent , 
par Tari qu'a eu l'aultur c!e choisir, 
d'arrangir el de fondre les (ails , el 
par la tournure libre el variée du 
traducteur. Cependant la J^ie de 
Jouien parut très-inférieure à celle 
de Julien. 111. Traduction de quel- 
ques ouvrages de Tacite , Paris , 
\']h^, 5 vol. in-12. Les ^lœurs des 
Germains , et la T-^ie d'Jgricola , 
sont les deux morceaux que com- 
prend cette version , aussi élégante 
que iidèle. Ils sont précédés duiu- 
vie de Tacite, digne de cet écri\ain, 
par la force df s pi^nsées el la fernicté 
du style. L'abbé de La Bbniene avoil 
pour cel bistorieu un goiil de jirt'di- 
îeclion : il en parloil .sans ce.sse à 'es 
amisi (t Je dois tout à Tarite , d ^Olt- 
il , il est bien juste que je consacre à 
Sa gloire le reste de mes jours. « 
IV. Tihère, ou les six premiers lit ves 
des annales de Tacite , traduits en 
français, Paris, 1768, S volumes 
in-i 2. Cet ouvrage a essuyé dés cri- 
tiques méritées. 11 est écrit d'un style 
iriîtnieré, et l'on n'y reconnoit que 
fort rarement l'élégant historien de 
Julien. On fit dans le temps contre 
lui ces deux vers : 

Des Ho.;;mf"i àa Ouesncl un triste prosélyte , 
Kii hoiii-jcois ihi M.irais a fait pailer Ta<ile. 

Cette traduclioli est d'aillnirs asse?. 
Exacte. V^ .(.ettres au sujet de ta 
Velàtiùn dit qiiiétismè de M. Vhe- 
typeàiix , I733, in-i:2. Cette bro- 
diute i qui est rare el assez bien 
JTaitP, renferme line justiftcalion des 
itniBiîrâ de madameGiiyon.Vl. Qiiel- 
f(UfeS IjiMerhilwns très - estimées 



BLîN 

dans Ità ?vlémoires de l'académie de« 
belles-lettres. VII. Très - humbles 
remontrances de M. de Monlem- 
puis , ouvrage obscur, en faveur 
d'un pédant qui s'éioil rendu ridi- 
cule par une aventure bizarre et 
mailuiireuse. L'abbé de La Bletterie 
mourut en 1772 , à 77 ans. 11 avoit 
des conuoissances solides el variées. 
Céloil un bon esprit, plutôt que bel 
esprit, doué de plus de jugement 
que d'imagination. 

BLÉVILLE ( Jean-Baplisle-Tho- 
mas de), né à Abbeville eu 1692, 
mort le 9 juillet 1788 , est connu , 
I. Par le Banquier , ou Négociant 
universel, 1760, 2 vol. in-4". II. 
J'raitès des changes, i754, in-S''^ 
\\\. Traité du toisé , 1758, in-12- 
Tous ces ouvrages furent bien reçus, 
et sont encore utiles. 

* BLEULAND (Jean), médecin 
hollandais, enlevé à la Heur de sou 
.'ge , a laissé des observations, 7^e 
sanâ et mofbosâ œsophagi struc- 
tura , I,eyde, itS.t, in-4°; et un 
Traité JJe difficili aut impedito 
alimentorum ex ventrivulo in duo- 
dénum progressu , 1 787 , ia-4°' 

* BLIN PE S.viXMOBE ( Adrien- 
Micbel-Hyacinthe ), né à Paris, et 
mort dans la même ville, le a6 no- 
vembre 1807 , âgé de r> i ans, étoil, 
avatit la révoltitiou , historiographe 
de l'ordre du Saint-Esprit. 11 a pu- 
blié beaucoup douvi âges de poésie, 
dans la plupart desquels, malgré 
une verîtification aisée, on découvre 
de la foi])lesse et un défaut de colo- 
ris, qui rend monotones les tableaux 
qu'il a voulu esquisser. I! a travaillé 
pour le théâtre , et sa tragédie à'Or- 
phanis lui a assigné une place dis- 
tinguée parmi les auteurs diama- 
tiques. Il a démenli l'opinion qui 
s'étoil accréditéf' , qu'il ne pouvoit 
;<'élever au-dessus de la poésie légère. 
La marche de celte pièce est simple 
et naturelle ; les principaux carac- 



BLÎT 

tèves paroissent bien descines et h\m 
soulemis ; le slyU en est facile et cor- 
rect. Ses Htrdides , qui enreul ciii 
succès dans le temps où elles parti- 
rent ( parce qu'alors c'ëtoit I;i modt 
de se passionner pour de loiigiir^ 
épîtres amoureuses , aussi froid^'s 
qu'ennuyeuses ), ne respirent point 
celle du.leur , ces emolions tour a 
tour forles et douces , vives el ten- 
dres, ces élans sublimes qui caracté- 
risent une passion impétueuse , doiii 
les effets sont presque toujours la 
somxe des plus giands crimes , ou 
des plus nobles dévoueniens. Dans 
la foule des ouvrages de ce lilléry- 
teur , on di'-lingue , I. Epitre à 
Bac/ ne ,Fi'.rh, 177 j , ia-8°. il. Or- 
p//.ai7/s, tragédie, Paris, i 773, in-S". 
m. Eloge historique de G. L. Ph. 
d'F^erbault , évcque et patriarche 
de Liège, Paris, 1788, in - 8°. 
IV. Histoire de Fussie , représen- 
tée enjigures, 2 voi. in-4'' , 1799 ; 
et beaucoup de Poésies fugitives, 
insérées dans les almauachs et joiir- 
naux. Sur la fin de ses jours , il fat 
nommé par l'empereur second con- 
servateur de la bibliollièque de l'Ar- 
senal. II a encore publié, avec Lu- 
neau de Bois;ermain , Elites de 
Poésies fugitives , Londres ( Paris ) 
1769, 5 vol. iu-j 2. 

* BLIOUT (Jean du), cordelier 
de Besançon , exisloit dans le i G"" 
eiècle. Il a fait le voyage de Jérusa- 
lem vers la lin de ce siècle , et l'a 
publié à Besançon, en 1611 , sous 
ce titre : Le J^oyage de Jérusalem, 
et le Pèlerinage des saints lieux de 
la Palestine, par Jean du Bliout, 
cordelier , reclus à Besançon. 

BLITILDE , reine de France , 
femme de Childéric II , ne nous est 
connue que par la catastrophe qui 
termina ses jours. Son époux ayant 
été assassiné par Bodillon , qu'il 
«voit fait battre de verges, ce der- 
nier ne borna pas sa vengeance à 
ce meurtre; il courut au palais, et 



T3L0C 



2!) 



y perça de son épée Blililde el son 
iils. 

tBLIZON( Thibaut de), iron- 
badonr du i5'' siècle, est auteur de 
deux riièces inintelligibles, qui , sui- 
vant Millot, ne méritent aucune 
itltenlion , el d'une pasiourelle un 
pe\i moins mauvaise, dont le même 
historien donne un court extrait 
qui est encore trop long. Les ma- 
nuscrits de la bibliothèque impé- 
riale conlieunenl les trois pièces de 
ce Thibaut de Bhzon , qu'on a mal à 
propos nommé Biinon. Il ne faut 
pas le confondre avec me:;sireThié- 
bauil de Bj.izoN , célèbre chaiîson- 
ni;r , qui éloit allaché à la cour de 
Thibnud roi de Navarre et comte 
palatin de Chan)pngne et de Brie. 

* I. BLOCH ( I\Iarc-Eléazar ), mé- 
decin ;uif , établi à Berlin , élolt né 
à Anspach , en Franconie , de pa- 
reils fort pauvres. A l'âge de 1 9 ans 
il ne savoit pas encore lire l'alle- 
mand et ne savoit j)as un mot de 
latin. Il n'avoit lu que quelques 
liires des rabbins Un chirurgien de 
sa nalion élabli à Hambourg le 
prit pour instituteur de ses fils. Il 
apprit le bon allemand et lelatm, 
et vint ensuite à Berlin pour étu- 
dier lanatomie, il continua son 
cours , et se fit recevoir docteur à 
Francfort, il donna successivement, 
I. Histoire de la murène , poisson 
qu'on ne pèche que dans les lacs de 
la Poméranie. Elle fut insérée dans 
les mémoires de la société des amis 
et des curieux de la nature , dont 
il éloit membre. II. Quatre cahiers 
à'Histoire naturelle économique 
des poissons , sur-tout dans les 
états de Prusse , décrits et fgurés 
d'après les originaux , Berlin, 1781 
et 1782 , gr. in-4°. III. Histoire 
naturelle économique des poissons 
d' Allemagne , en 3 vol. composé 
de ic8 planches , dans lesquels ij 
inséra les quatre cahiers dont on a 



î>.6 BLOC 

parle ci-dessus. IV. Histoire natu- 
relle des poissons êl rangers, 9 vol. 
1/oiivrageeulier consiste en 12 vol. 
composé (le 452 iilanches. Le dernier 
parut en 1 795. Il lit encore faire à ses 
frais, pnrM. Laveaux, alors à Berlin, 
une Iradnclion françaisede son ouvra- 
ge , qu'il publia sous le litre d'His- 
toire générale et partic/tlicre des 
jwissons , Berlin , 17S5-1788 , 6 t. 
m-fol. avec 216 planches. La nou- 
velle édition de cette traduction pa- 
rut eu 1795. Les dépenses dune 
lel'.eenlreprise dévoient être considé- 
lables. Malheureusement le nombre 
des souscripteurs et des acheteurs ne 
fui pas si;lîisant pour tant de frais. 
Il ne discontinua cependant pas de 
travailler à son histoire , et réussit 
même à la terminer. Outre cet ou- 
vrage de longue haleine , Bloch a 
encore publié dans les recueils de 
différentes sociélés , des Mémoires 
sur r/iisloire naturelle; dans ce- 
lui des amis de la nature, il fil in- 
.sérer des Obserratiotis sur l'origine 
des enfuncemens réguliers dans les 
pierres vitriformes. — Sur les vers 
intestinaux et les poumons des 
oiseaux. — Essai sur l'histoire na- 
turelle des ters qui vivent dans 
les autres animaux. — Sur les 
vers de la vessie. — Description 
de l'outarde et de quelques oiseaux 
de marais. — Sur l'huile de ha- 
rengs. — Sur r opinion vulgaire que 
V organe de la génération de la J'aie 
et du requin est double. — Sur la 
myxlne glutlnosa , etc. Ce .savant 
mourut le 6 août 1799 , pendant 
un séjour qu'il fit à Carlsbad en 
Bohème. 

■\ I. BLOCK ( Benjamin ^ . peintre 
flamand , fut élève de son père , qui 
avoit perdu tonte sa fortune dans un 
incendie. Le jeune Block étant allé 
à Borne, y lit le portrait du cé- 
lèbre jésuite Kircher , qui le fil con- 
uoitre. Ce peintre s'établit ensuite 
à iSuremberg , où il épousa une 



BLOC 

femme aimable, qui peignoil habi- 
lement les fleurs, et dont les ou- 
vrages sont aussi recherchés que 
ceux de son mari. 

* IT. Br.OCK (Jacques Rengers),né 
à Gouda , environ l'an 1.Î80. Il fut 
se perfectionner de bonne heure en 
Ilalie, où il étudia la peinture el les 
niathéuia tiques icetledi-rnière science 
lui donna les moyens de peindre 
avec perfection rurchileclure el des 
perspectives. Puibens, en voyageant, 
lui rendit plusieurs visites, el dit 
qu'il n'avoit jamais connu parmi les 
tlamauds de ptintre ;nissi savant 
que Biock. Cet artiste avoit encore 
de grandes connoissances dans l'ar- 
chitecture militaire ; ce qui engagea 
le roi de Pologne à lui donner une 
direction dans les fo.-lificalious : mais 
son crédit auprès du roi éveilla la 
jalousie des courtisans, qui médi- 
tèrent sa perte. 11 en fut averti et 
demanda son congé. A son retour 
chez lui , le général Percival le choi- 
sit pour son niaitre de matliéma- 
liqucs,mais l'archiduc Léopold, ap- 
préciant son mérite , lui iil tant 
d'instances qu'il entra à son service: 
il l'emmena avec lui dans toutes ses 
campagnes, et lui doujia une pension 
considérable. Block ne quiltoil pas 
ce prince, qui l'honoroit de son ami- 
tié, el en visitant avec lui lesfortifi- 
calions de Berg-S.-Vinox en Flan- 
dre, el passant sur tme planche , il 
tomba de son cheval qui avoit failun 
faux pas. Les soins et les regrets de 
l'archidiicnepiirenf lui sauver la vie. 
Son iils le remplaça ; mais il mou- 
rut peu de temps après. 

111. BLOCK (Jeanne), née à 
Amsterdam en 16,10, morte dans la 
même ville , acquit de la célébrité 
dans i:n genre très-singulier ,' par 
le fini el la délicatesse de ses dé- 
coupures. Toutes les cours el tous 
les artistes les recherchèrent. Elle 
exécutoit des paysages , des marine'; , 
des Heurs , des animaux el des por- 



BLOE 

Iraits trè'i-reseinlilans. Elle se sor- 
voil ordinairement de papier blanc, 
et , eu pla(,aiU sur du papier noir 
ses d('conpiires , elles rtsseiubloienl 
ea quelque sorie aux gravures de 
Mellau. Elle peij^noit aussi à gouache, 
en iinissaul arlislement de la soie 
découpée aux couleurs. 

t I. BL0E.AIAERT( Abraham), 
né à Gorcuin eu 1067, réussit dans 
tous les genres de peinture , mais 
sur-tout dans le paysage. Son génie 
éloit facile , sa louclie libre , ses 
compositions riches, on lui reproche 
seulement de sèlre éloigné quelque- 
fois de la nauire. Il mourut à 
Utrecht , en iG^j?, à 80 ans. Le 
Musée Napoléon possède un tableau 
de lui , représenlant les Noces de 
Thélis et de Fêlée. 

* II. BLOEMAERT ( Adrien } , 
fils d'Abraham Bloemaerl , lit le 
voyage d'Italie , où il s'acquit une 
grande réputation. On trouve chez 
les bénédictins deSaltzbouigde très- 
beaux tableaux de lui. Il fut tué eu 
dueldaus cette villedansie 17*^ siècle. 

* III. BLOEMAERT ( Cornélius ) , 
frère d'Adrien , ué à Utrecht en 
1606, mort à Rome en 1680. 11 
se destina d'abord à l'art de la pein- 
ture , mais la quitta bientôt pour la 
gravure, lient pour maître Crispin 
de Paas, qu'il surpassa eu peu de 
temps. Eu i65o il se rendit à Pa- 
ris où il travailla conjoiutemeut avec 
J. Théodore Alalhan aux gravures 
pour le temple des Muses de Faver- 
reau. De là il partit pour Rome , 
où il passa le reste de ses jours; il 
y vivoit encore en 1686. Sou buriu 
est net et correct , et représente avec 
beaucoup de vérité et de précision la 
manière des dillérens maitres. Cor- 
nélius Bloemaerl fui fondateur d'une 
école de gravure, d'où sont sortis 
entre autres arlistes , Charles Au- 
Hran ; Etienne Baudot ; François 
Poilly; Guillaume Cbasteau ; Frau- 



BLOE 27 

çois Spcier ; Jean - Louis Roullet. 

* IV. BLOEMAERT ( Frédéric ) , 
frère des précédens, s'est égale- 
ment appliqué à la gravure , mais 
avec moius de succès. On a de lui 
im livre de dessins fort bien faits. 11 
a gravé , d'après Ahraham son père, 
quelques ligures , pay.sages , et ani- 
maux. 

* V. BLOEMAERT ( Hcinri } , 

l'ainé de ses frères, et le plus foible 
dans l'art de la gravure. 

t I. BLOEMEN (Jean -François 
Van), peiutreilamand, connu sous 
le nom de Horisou , naquit à Anvers 
en 1636 , et a fini ses jours à Rome 
en 1740. Il s'attacha d'abord à la ma- 
nière de Van der Kabel , il suivit 
ensuite celle de la nature. Les sujets 
de ses tableaux éloieut des vues de 
Tivoli et des environs. H excelloit, 
comme paysagiste , à peindre les 
chutes deau, et cette vapeur légère 
qui s'élève de la terre au coucher du 
soleil, l'arc-en-ciel qui s'aperçoit au 
travers des brouillards el de la pluie, 
parce qu'il avoit l'art de bien dégra- 
der les plans de ses tableaux. Les 
étrangers et principalement les An- 
glais enlèvent ses ouvrages. 

* II. BLOEMEN ( Norbert Van ) , 
frère du précédent, naquit à Anvers 
en 1672: il commença comme lui 
à étudier la peinture dans sa pa- 
trie , puis alla se perfectionner à 
Rome ; ne pouvant y rester à étudier 
aussi long-temps cju'il l'auroit dé- 
siré , il revint à Anvers ; mais ac- 
coutumé à vivre au milieu des ar- 
listes, il ne put soutenir la solitude 
dfc cette ville dont ie commerce étoit 
anéanti , et alla se hxer à Amster- 
dam , où il est mort. Ses portiail& 
ont du mérite et ses conversations 
^'a/antes auro'ienl eu plus de succès , 
SI sa coiileur eût été plus vraie et 
inoins crue. 

* III. BLOEMEN ( Pierre Van ) , 



28 BLO]N 

connu aussi sous le nom de Stan- 
daert , éloit iïère des précc'dt-us, cl 
comme eux fut lui peintre eslimé. 
Ses tableaux sont rechef elles des 
curieux, tant pour leurs sujets que 
pour la couleur et la correction du 
dessin. Ils représentent des marches 
militaires, des batailles, des tètes, 
des caravanes. On peut reprocher 
sur-loLit à ceux-ci des couleurs trop 
éclatantes dans les costumes de ses 
figures, mais l'usage des Orientaux 
semble exiger celle espèce d'enlu- 
minure de tout peintre qui veut être 
vrai. Revenu à Anvers , après avoir 
habile long-temps l'ilalie , il a été 
nommé directeur de l'académie des 
pemlres de cette ville en 1G69. 

BLOETLING. Voy. Blotlino. 

BLOIS. /^oj. Blosius, c/Pierre, 
11' XVIII. 

t I. BLOND ( Jehan le ), seigneur 
de Branville , natif d'Evreux, lit de 
la poésie son aaïusemenl. Il en pu- 
blia un recueil sons ce lilrc : I^e 
printemps de i humble espérant , 
Paris , ) 533 , in -16. Les règles de la 
décence et de Ihounèteté n'y sont 
pas rigourMisement observées. La 
célébrité de Marot , dont il étoii 
contemporain , excita sa bile. 11 se 
déclara un de ses adversaires ; mais 
la postérité a su mettre une grande 
difïéreiice entre ces deux poètes. 11 
a aussi tradiiil du latin de Thomas 
Aloriis , /y« desrr/p/ion de i ile 
d'Utopie, où est compris Le 3ii- 
roir des républiques du monde, Pa- 
ns , iô5o, in-S**. 

i IL BLOND ( Jacques - Chris- 
to{)he le ), peintre en miniature , 
né il Francfort sur le Meiu , en 1G70, 
inorl en 1741 , ^ excellé à peindre 
le portrait pour les bijoux. 11 voya- 
gea en Italie, en France, en Hol- 
lande où il ^'enrichit , et en Angle- 
terre où il se ruina en perfection- 
nant la manière de graver en cou- 
leur , dont il a donné un Traité 



blo:n 

in-S" , pt rjue l'on croit être de son 
invention. Il grava de c;plte manier;' 
les portraits de Louis XV , du car- 
dinal de Fleury et de Van Dick. Ln 
Blond ibrma en France un élevé 
nommé Boberl. 

m. BLOND ( Jean - Baptiste- 
Alexandre le ), architecte, né à Paris 
en 1679 , mort en Russie en 1719 , 
est auteur des Dessins de la théo- 
rie et pratique du jardinage , re- 
lativement a la décoration de De- 
zallier d'Argen ville , Paris, 17.(7 > 
in-4°. Il a aiibsi fourni des augmtu- 
lalions pour le Cours et le Diction- 
naire d'Architecture de Daviler. Le 
czar Pierre-le-Grand , dont il étoit 
premier arcliitecte , lui fit faire des 
funérailles magnifiques , auxquelles 
il assista. On dit que ce prince , dans 
un de ses accès d'humeur , lui avoit 
donné un soutilet , et que l'artiste 
en éloil mon de chagrin. Lholel de 
Vendôme, rue d'En,fer à Paris, fut 
bâti sur les dessins de cet archi- 
tecte dans sa jeunesse. 

Y IV. BLOND ( Guillaume le ) , 
né à Paris en 1704 , mort en 1781 , 
obtint en 1706 la place de profes- 
seur des pages de la grande écurie , 
et eu 1751 , celle de niaitre de ma- 
thématiques des enfans de France. 
Il se rendit utile par un grand nom- 
bre d'ouvrages que les ingénieurs et 
les militaires lisent avec fruit. Les 
principaux sont , \.U Arithmétique 
et la géométrie de l'officier , 3 
vol. in-8° , qu'il abrégea en 1 vol. 
iu-12. II. Elémciis de la guerre des 
sièges , 5 vol. in-8°. III. Plusieurs 
autresou\"rageseuunseul vol. in-B", 
tels que V Algèbre de [officier ; 
Elé/nens des fortifications , dont 
il donna un Abrégé , in-12 ; Ar- 
tillerie raisonnée ; V Attaque des 
places ; la Défense des places ; 
Elémens de tactique ; Essai de 
castramétalion. 

* V. BLOND ( Gaspard-Michel 
le ),né à Cacnle 24 novembre 173b. 



BLON 

Il eloitbihliothéciiire du collège Ma- 
zaria, adjoimà lalibé de Vermont, 
membre de l'académie des sciences 
elbelles-lellres ; et depuis il fui ap- 
pelé au corps législatif et à liaslitut. 
Nommé à la commission des arts, ins- 
tituée par l'assemblée constituante, 
il fut chargé du dépouillement des 
diverses bibliothèques supprimées , 
ainsi que des archives nationales. On 
a de cet écrivain phdosophe , I. Ob- 
seivatioiis sur quelques médailles 
du cabinet de M. Pellerin , La 
Haye 1771 , iu-4°. II. Description 
despierres gravées du cabinet du duc 
d'Orléans , avec l'abbé de La Chau , 
Paris, 1780, 1785, 2 vol. in-fol. , 
iig. III. Plusieurs Mémoires dans 
ceux de l'académie des inscriptions 
et belles-lettres , parmi lesquels il 
y en a quelques-uns pour servir à 
l'histoire de la révolution de la mu- 
sique , Naples et Paris, i78i,in-8°. 
Frappé d'une maladie grave, il brûla, 
dans uu moment de délire , une 
grande quantité d'observations ma- 
nuscrites sur les monumens de l'an- 
tiquité et les médailles grecques , 
el mourut à l'Aigle le 17 juin 
1809, où il résidoil depuis 1801. 
MM. Goleron père et fils , et 
M. Dubos lui ont élevé un mau- 
solée dans le cimeli^re de Laigle , 
avec ime inscription composée par 
M. Dupuis, membre de l'institut, 
qui atteste tout à la fois ses talens , 
ses conuoissances et sa philosophie. 

* I. BLONDEAU ( Claude ) , prê- 
tre , protouotaire apostolique , et 
chanoine du chapitre métropolitain 
de Jjesançou , existoit dans le 17- 
siècle. Il a publié Le Triomphe de 
la charité , ou l'Abrégé des gran- 
deurs de la confrérie de la très- 
sainte Trinité ^ de la Rédemption 
des captifs , et de l^otre-Vame-du- 
Bemède , Besançon , 1664 , in-i 2 
de 172 pag. On trouve d'abord dans 
cet ouvrage la vie de saml Jean de 
Matla et de saiut Félix da Valois , 



ELON 



29 



premier religieux et fondateur de 
l'ordre de la Trinilé de la Piédemp- 
tioa ; viennent ensuite l'inslitiuion 
de cette confrérie, puis les indulgen- 
ces , les privilèges , les prières et 
les oraisons : le volume finit par le 
Miracle de JSotre-Dame-du-Re- 
mtde , dont voici la substance : 
(c Un seigneur de Rome envoyoit en 
Espagne , à un de ses amis , une 
stalue de Notre-Dame , qu'il a voit 
fait sculpter en marbre. Le vaisseau 
est pris par les Algériens ; les Iri- 
nilaires veulent racheter la Notre- 
Dame , et en offrent un prix rai- 
sonnable. Les Algériens eu deman- 
dent son pesant d'argent ; les tri- 
uitaires y consentent. On procède à 
la pesée, et, par un miracle , la 
Notre-Dame de marbre ne pèse que 
la première somme offerte par les 
religieux. Elle leur est délivrée sans 
difficulté, et apportée à INIadrid , où 
le roi, suivi de toute sa cour , alla 
la recevoir , et voulut aider à la 
porter. )) De pareils contes étoient- 
ils nécessaires pour entretenir la foi 
de nos pères ? 

* II. BLONDEAU ( Jacques ) , né 
à Langres en 1649. Il a gravé au 
burin une partie des peintures de 
Piètre de Cortone , dans le palais 
Filti à Florence. Il a gravé aussi 
d'autres Estampes d'après différeus 
mai 1res. 

t m. BLONDEAU ( Claude ) , 
avocat au parlement de Paris , com- 
mença, en 1672, avec Guéret sou 
confrère , le Journal du palais , 
qui va jusqi'.'en 1700 , 1 2 vol. iu-.'i", 
et dont la dernière édition est de 
17Ô5, en 2 vol. in-fol. Basnage de 
Beauval parle ainsi des deux auteurs 
dans son Hisioire des ouvrages des 
savans , du mois de septembre 1 690 : 
« lis étoient nés l'un et l'autre avec 
un génie heureux et solide , et ils 
avoienl jonit l'élude de la politesse 
avec Celle Je la jurispr'.'aleucç , eu 



3o 



BLON 



sorle que les questions les ])lns épi- 
neuses sorloieiiL de leurs mains , 
déi)Oiiillées de ce qu'elles ont de sec 
el de barbare. Ces deux amis, par 
nu commerce très-étroit, s'éloienl 
lellemeul aciou lûmes à penser el 
à raisonner de lu luènie manière , 
que l'on voyoil régner le même 
esprit dans l'ouvrage qu ds taisoient 
en commun. Quelques-uns j)rélen- 
doieut remarquer quelque chose de 
])lus vit' et de plus égayé dans ce 
qui partoit de la plume de Guéret , 
tl quelque chose de plus ferme et 
de plus noble dans le slyle de Blon- 
deau ; mais cette diflérence n'éloit 
]Kts sensible à la plujjart. w II avoit 
donné, en i68g, sous le nom de 
Bibllot/ièque canonique, la Somme 
bénéjicialc de Bouchet , enrichie de 
beaucoup de notes et d'arrêts. 11 
mourut au commencement du i^"' 
siècle. Il ne faut pas le conlbudre 
avec Claude ou Charles Blonuk.vu , 
avocat au présidial du INlans , mort 
en 1680 , auteur des Portraits des 
hommes illustres de la province du 
Maine , imprinuis an Mans chez 
Yzambart , en 1666, in-4°. Cetou- 
vrage est rare. 

ilV.BLONDEAU nECHARNMGE 
(Claude-François), ancien lieutenant 
d'infanterie, né à Chàtelblanc eu 
Franche-Comté, mort en 1777, a 
beaucoup écrit , el a laissé peu d'ou- 
vrages qu'on puisse louer. Son La 
Bruyère moderne , ou Œuvres du 
chevalier Blondeau , i745, 2 vol. 
in-i 2 , est à une très-grande dis- 
tance de l'ancien. Sou Philosophe 
babillard , 1748 , in-12 , auroit 
fait plus sagement de se taire. Ses 
antres brochures sur le Point 
d'honneur , l'Usage des richesses, 
ne renferment guère que des Iri- 
vialités. Le seul livre un peu utde 
du chevalier Blondeau est &o\\ Dic- 
tionnaire des titres originaux , 
1764 , in- 12 , encore iaisse-t-il 
l»eaucoup à désirer. 



BLON 

* BLONUEC L ( Lansloot ) na- 
quit à Bruges en 1.^00 environ. Ce 
peiutre avoit d'abord été maçon. Ou 
reconnoil même ses ouvrages à wna 
truelle qu'il y meltoit pom- marque. 
Il a voit du talent pour peindre les 
ruines et d'autres sujets darchilec- 
tiire. 11 se plaisoit aussi à représenter 
des lucendies. Sa iillu épousa l'orbus , 
célèbre peintre. 

* I. BI.ONDEL ( Pierre-Marin ) , 
natif de Poitiers, où il e\istoit en- 
core en i,')8.(. 11 a laissé quelques 
Poésies , parmi lesquelles on re- 
marque une Ode à Jean de la 
Pèruse. Une slrophe de cette ode , 
où il dit que a la muse comique ne 
le dédaignoit pas » , pourroit faire 
conjecturer qu'il a aussi travaillé 
pour lé théâtre. Il n'est ce])endanl 
cité nulle part comme auteur dra- 
matique. 

* II. BLONDEI/Jacquesde), baron 
deCuiuchy jiiaîil de Uouay, et mort 
dans les premières années du 17* 
siècle. On ne connoit de lui que 
les Vers qu'il a faits en l'hoimeur 
de Jean Loys , son compalriote , et 
qui se trouvent dans le Fecueil des 
Qluvres poétiques de celui-ci , im- 
primé en 161 -2. Il paroit cependant, 
par les éloges (jue ce dernier lui 
donne à son tour dans un sonnet 
f:ut sur ses poésies, qu'il en avoit 
composé plusieurs qui n'ont proba- 
blement jamais vu le jour. 

* III. BLONDEL ( Jacques ), chi- 
rurgien de Lille , a nus eu français 
un Traité que Nicolas Godm , mé- 
decin ordinaire d'Arras, avoit pu- 
blié vers le commencement du l'a' 
siècle , sous le titre de Chirurgia 
militaris. La traduction de Blondel 
est intitulée La Chirurgie mili- 
taire , très-utile à tous ceux gui 
feulent suivre un camp en temps 
de guerre , pareillement à tous au- 
ties en condition pestilente ou 
djssejitériquc , escrite en latin par 



BLON 

Nicolas Godin , Anvers, 1558, 

* IV. BLONDEL ( Pierre-Marin ) , 
médecin, né à Calais, et praticien 
à Loudun , a donné un Com/iien- 
taire sur les p'ronusiics d'/Iippo- 
crale , qui fut nnprimé à Pans en 
1075 , in-4° , sous ce titre : Divl 
Hippucratis cul prognosticorum 
latina Lcphrasïs. Scév oie de Sainle- 
Marlhe parle de ce médecin avec 
éloge. 

V. BLONDEL. Voyez Richard , 
n° I. 

I VI. BLOXDEL (David) , né à 
Chalons-sur-Marue , ministre pro- 
testant en 1614 , {"ut professeur d'his- 
toire à Amsterdam en i65o. L'air 
de cette ville , joint à son appli- 
cation , lui ht perdre la vue. Il 
mourut en i655 , à 64 ans. Peu 
de savans ont été ]>lns profonds 
dans la connoissance fies langues , 
de la théologie , de l'hisloire civile 
et ecclésiastique. Sa mémoire étoit 
mi prodige. Ce fut un excellent cri- 
tique, mais un écrivain très-plat et 
Ires-lourd. On peut lui appliquer 
ce que Fonlenelle dit de Vandale , 
« qu'il ne fait aucune difficulté d'in- 
terrompre le hl de son discours , 
pour y faire entrer quelque autre 
chose qui se présente; et dans cette 
parenthèse-là, il y enchâsse une au- 
tre parenthèse , qui même n'est 
peut-être pas la dernière. « Les prin- 
cipaux ouvrages de Blondel sont , 

I. Pseudo-Isidoius et Turrianus 
vapulaïUes , à Genève, in-4'^. Il y 
démontre la supposition des décré- 
tales atlrihuéesaux papes des quatre 
premiers siècles de l'Eglise , et adop- 
tées long -temps, quoique fabri- 
quées par Isidore Le Marchand. 

II. .Issertio genealogice 1 rancicœ , 
i565 , in-fol. , contre les déclama- 
tions de Chilîlet , qui faisoit des- 
cendre nos rois des 2" et 3" races , 
d'Ambert, lequel s'éloit ma^ié, se- 



BLON 3t 

loa lui , à Blitilde, lille de Clotaire I. 
On s'imaginoit trouver dans cette 
fable le renversement de la loi sa- 
lique , qui exclut les femmes de la 
couronne. 111. jJpologia pro sen- 
te 11 lia Sti. J/iero/iv/ni de presbv- 
leris et episcopis , in-4". IV. J)e 
la primauté de l'FgUse , Genève , 
16)1 , in-fol. V. Un Traité sur les 
sibj/les, Charenton , i649! iii-.4". 
VI. Un autre contre la fable de la 
papesse Jeanne , Anisterdani, 1647 , 
in-S*". VII. J)es écrits de contro- 
verse. En 1626, Blondel avoit été 
c4iargé par les Eglises réformées de 
France de la réfutation des An- 
nales de Baronius. Il n'acheva point 
cetle tâche; mais la ville d'Ams- 
terdam ayant acheté après sa mort 
son exêLuplaire de Baronius , rempli 
de notes marginales , le confia à 
un ministre réfugié du Béarn en 
Hollande , et nommé Magendie. 
Voyez, sur l'usage qu'il en lit, le 
Dictionnaire de Bayle , art. Blondel^ 
note E. 

t VII. BLONDEL ( François ) , 
professeur royal de mathématiques 
et d'architecture , membre de l'aca- 
démie des sciences , directeur de celle 
d'architecture , maréchol-de-camp et 
conseiller d'état , mourut à Paris 
en 1668 , à 68 ans. Il avoit d'abord 
été précepteur du comte de Loménie 
de Brienne , qu'il accompagna dans 
tous ses voyages. La connoissance 
qu'il y acquit des intérêts des prin- 
ces le fil employer dans quelques 
négociations. On a de lui plusieurs 
ouvrages sur l'architecture et les 
mathématiques, qui ont été utiles. 
Les principaux sont , I. Notes sur 
l'architecture de Sai-'ot. II. Un 
Cours d'architecture , en trois par- 
ties , 1698 , 2 vol. in-fol. III. 1^'Art 
de jeter les bombes , 1690 , in-i 2. 
IV. Résolution des quatre princi- 
paux problèmes d'architecture , 
ai! Louvre, 1670, in-fol. V. Ma- 
nière de /brti/ier lej places, iG83^ 



3?. 



BLON 



iii-4**. Iiouis XIV ne voiiliU pas que 
cal ouvrage fïil mis au )Our avant 
c|iie les t'orlitications faites à plu- 
sieurs places , selon celte méthode , 
fussent achevées. Les portes Saint- 
Denys , Saint-Bernard et Saint-An- 
loiue ont été élevées sur les des- 
sins de ce célèbre architecie. Les 
deux dernières ont été démolies. 
Blondel éloit presque aussi bon lit- 
térateur que bon mathématicien. 
On connoit sa Comparaison de 
Pindare et d'Horace. 

VIII. BLONDEL(Plerre-Jacques) , 
Parisien, auteur d'un livre qui a 
pour titre : Les t'hérites de la re- 
ligion i/irélienne, enseignées par 
principes, Paris, et d'un Mémoire 
iu-folio, contre les imprimeurs et 
leurs gai /is excessifs. 11 mourut en 
J730. 

IX. BLONDE!, (Laurent) , parent 
du précédent, naquit à Paris , et fut 
lié de bonne ]ieure avec les soli- 
taires du Po rt- Royal , qui lui inspi- 
rèrent le goiil des lettres et de 
la piété. Après avoir élevé quel- 
ques jeunes gens , il se cliavgea de 
la direrU^-nde l'imprimerie de Des- 
prés, chez lequel il alla demeurer 
eu 1 7 J .6. Il 7ie se contenta pas de re- 
voir les maïuiscritsarlie tés par cet im- 
primeur, il travailla à um; nouvelle 
Vie des saints , qui parut en 1732, 
à Paris, iu-fol. 11 mourut eu \.'']t\c> , 
après avoir publié divers ouvrages 
de piété. 

'^ X. BLONDEL. ( François ) , né 
à Paris, docteur de la faculté de 
médcine de cette ville, fut choisi 
pour être l'éditeur des trois derniers 
A'olumes des Commentaires deChar- 
Her sur Hippocrate. Elu doyen de sa 
faculté en 1658, il remplit cette so- 
ciété de troubles et de divisions par 
son eutètemenl contre la chimie et 
l'aiitimoine. 11 a p'.il)lié un ouvrage 
contre l'usage de la levure de hièie 
dans le pain, <jui liù suscita de ucu- 



BLON 

veaux enueuiis. On a encore de lui , 
Lpistola ad J'IUoium dccurdcarcl- 
nomatis aljsque J'erru et igné , Pa- 
ri.siis, 1G66 , in--j°. Blondel mourut 
le .5 septembre iG8j. 

* XI. BLONDhL ( Franc. ) , né à 
Liège en j 61 .î , lit son cours de mé- 
decine à Colo,;jne , et fut premier 
médecin de l'électeur de Trêves. 
Ai)res la mort de ce prince i! s'éta- 
blit à Aix-la-Chapeile, où il mou- 
rut le 9 mai 1705. On a de lui 
les ouvrages su i vans : 1. Lettre de 
l'rançois JJ lande l à Jacques Di- 
dier , touchant les eaux minérales 
chaudes d ylix et de Forset ; et à 
Jean Gaen , sur les prémices de la 
boisson pu i)H que des mêmes eaux , 
et les cures qui se sont /dites par 
son u.'Oge, Bruxelles , i6bi2 , in-i 2. 
II. Tliermarum .dquisgranensium 
et Porcetanaruni descrijJtio, cun- 
gruorum quoque ac salubriutn 
usuum bahieaiionis et polationis 
elucidatio. Aqu'sgraiii , ib7i, i'.i- 
16. Cet ouvrage, qiu fut traduit en 
allemand, a eu i)lus;eurs éditions. 

t XII . BLONDF.L a^aa-Fiançois) 
naquit à Rouen , en i^ciG, ^^wm fa- 
mille distinguée dans l'a rchileei lire, 
neveu de François Blonde!, 11° Vil. Il 
se disposa à courir la même carnet e, 
parla connoisiance des belles-lei très, 
des mathématiques et à\\ dessin. 
Instruit dans ki pralique de cet art 
par son oncle, il fut en étal de donner 
des leçons dès lage de a.'i ans, et il 
est le premier qui en ait ouveit une 
école publique a Pans. Associé , l'an 
i7,').T, à l'acadériiie d'a'chiteclurc , 
il fut choisi ensuite pour professer 
à Paris. Il mourut en j-?/]. On a 
de lui , I. Cours d'architecture ,o\i 
Traité de la décoration , distri- 
bution et construction des bâti— 
mens y 9 vol. in-8° , 1771, 1773. 
Une mit au jour que les quatre pre- 
miers volumes de discours , avec 
doux de figures. Patte a donné , eu 
1777 » les cinquième et sixième vol. 



BLON 

d« discours, avec uu vol. de figures, 
d'après les mamiscrils de Blondel. 
11. JJe la décoration des édifices , 
1708, deux vol. m-4°- Hl. Dis- 
coiirs$ur l'architectuie , iu-12. Cesl 
lui qui a fourni lous les articles re- 
latifs à cet art qu'eu trouve dans 
ri.ucyclopedie. Les ouvrages de 
Blouclel en architecture sont , le 
Palais épistopal de Cambrai , la 
Calhèdrate , les Casernes etVIIo- 
iel-de-ville de IMeiz. 11 a décoré 
le chœur de la cathédrale de Cha- 
pons. 

t XIII.BLOXDEL (N.), médecin 
àPithiviers , et iuteudant des eaux 
minéralesde Ségrai , près de Plu- 
vier, dans la Beauce, mourut en 
17.59 , avec la réputation d'un 
homme habile dans sou art. On a 
de lui deux Disserlalions ; l'une sur 
la nature et les qualités des eaux 
minérales de son département , 
1749, iu-12; l'autre, sur la ma- 
ladie épidémique des bestiaux , 
1748 , in-12. 

* XIV. BLONDEL ( Jac(jues ) , 
docteur eu médecine, et membre 
du collège royal de Londres, eut 
quelques démêlés littéraires avec 
Daniel Turner, au sujet de la force 
de l'imagiualion des femmes en- 
ceintes. 11 a publié un Trailé eu 
anglais sur cette matière , Londres , 
i':-27, in-S^jdout on a une traduc- 
tion française sous ce titre : Disser- 
tation physique sur la force de l'i- 
magination des femmes enceintes 
sur le fœtus. L'auteur combat l'o- 
pinion qui attribue les marques et 
, les difi'ormités avec lesquelles les e\\- 
fans naissent à la fantaisie et à fi- 
\ magination de leur iKère. Il fait voir 
qu'on ne peut donner aucune preu- 
' ve de ce système , et il aime mieux 
I allribi^er les vices de naissance à 
I mi défaut de l'organisa tiou de l'œuf 
j ou des parties de l'embryon, qu'à 
l'imagination de la mère. La criti- 
que que Turner publia de cet ou- 
T. ni. 



BLO]N 



33 



vrage fut suivie d'une réponse, que 
IJIoiidtl fit imprimer en anglais , 
a Loudies,en 1729,01-8°. 

* XV BLONDEL de Néele, 
ou Bi.oxDiNus DE Nesle , chan- 
sonnier du lâ*-' siècle , né en Picar- 
die ; il fut attaché au roi d'Auols- 
lerre. Les manuscrits de la biblio- 
thèque impériale renferment vingt- 
neuf Chansons de ce poète. Suivant 
une Chronique d'Angleterre , com- 
posée eu i^iiï.5, ce fut eu chaulant 
une romance que cet auteur avoil 
composée avec Richard 1"^' , sur- 
nommé Cœur-de-Lion, qu'il décou- 
vrit la prison où ce prince fut enfer- 
mé eu 1192, par ordre de Léopoid 
duc d'Autriche. Ou croit que Blon- 
del , graudtmeut récompensé j>ar 
Richard, termina ses jours en An- 
gleterre. 

BLONDE VILLE, r. BRiGGs,n° I. 

-\ BLONDLN (Pierre), Picard , né 
eu i68j, dans le Vimeu en Picardie, 
mourut a Paris en 1715. Ilavoit été 
reçu de l'académie des sciences un au 
auparavant. Touruefort , démons- 
trateurde botanique au jardin royal, 
connut les talens de Bioudin. Il se 
repesoit sur lui du soin de remplir 
sa place lorsqu'il étoit malade. Blou- 
din ht beaucoup de découvertes sur 
la botanique , et laissa à ses héri- 
tiers des herbiers fort exacts et des 
mémoires curieux. 

il. ELONDUS (Flavius), dont 
le véritable nom estEioNDo, natif 
de Forli , secrétaire d'Eugène IV, 
et de quelques autres papes , mourut 
à Rome en i^65, à ^b ans. Quoi- 
qu il eût éié à portée de faire une 
fortune considérable , il n'amassa 
pas de grands biens , et vécut tou- 
jours en philosophe. On a de lui , 
\. Italia illuslraia , Rome, 1474, 
iu-fol. II. IJisLoriarum ab incîi- 
natione B.omani imperii ad an- 
num 144°^ décades III , à Venise, 
1485 , iu fol. Cei deux ouvrages se 



34 



BLOO 



trouvent aussi dans le Recueil de 
ses œuvres, Bàle i45i , in-fol. «Il 
ne faut pas, dil le Père Nicëroii , 
S' lier trop à ce qnil dil. Il a sou- 
vent SUIVI des guides trompeurs, 
et il avoil pins eu vue de ramas- 
ser beaucoup de choses que d'exa- 
miner si ell»'S éloieut véritables. » 
Son style pourroil être plus pur et 
plus clair. Ses travaux n'ont pas 
cependant été inutiles à la ré|iul)li- 
que des lettres, piirce qu'il a été le 
premier qui ait répandu la lumière 
sur les antiquités romaines. Sigo- 
nius, qui traita les mêmes matières 
que lui , d'un style moins embar- 
rassé , et avec plus de méthode, 
l'a pillé fort souvent. Son Traité 
de Romd triuinp/iante , en dix li- 
vres, a été beaucoup consulté au- 
trefois ; on le trouve dans le recueil 
de Sf-s Qïuvies, ainsi que sa Huma 
instaurata, en trois livres. 

t II BLONDUS ou BiovDi 

( Michel-Ange ) , né à 'Venise le 4 
mai 1497 > médecin d'Italie, des- 
cendoil du précédent. Gessuer, dans 
sa Bibl'iolheque , et Van der Lan- 
déu, dans son Catalogue des mé- 
decins, ontdouué la notice de ses ou- 
virages. Ils furent recueillis à Rome , 
en iria^, in-4''. IJeux ans aptes, 
il p-blla à Veniï'e un Traité de 
Vcntis et Navigatione. On lui do;l 
encore un Eloge de la patie//ce , 
et un petit Traité sur ta peinture. 

* BLONOY, célèbre danseur et 
f.omposileur de ballets , a fait pen- 
dant long-temps les délices du pu- 
blic à l'opéra de Pans. Neveu et 
élève de Beaur.hanips , compo^Ueur 
distingué des b illeis de Louis XIV , 
il remplaça Pécourt à l'opéra. Les 
fatigues de son talent ne l'empè- 
clièrenl pas de fournir une assez 
longue carri:rf , car il est mort eu 
1747 , à l'âge (If 70 ans. 

* BLOOD ( Thomas ) , homme 
plein d'audace, et qui a joué un rôle 



BLOT 

extraordinaire en Angleterre, où il 
s'est vraiment rendu célèbre. Un 
de ses exploits fut d'enlever le duc 
d'Osmond , qu'il vouloit pendre à 
Tyburn , et qui fut délivré par ses 
gens. Un autre , fut de voler la cou- 
ronne et les joyaux gardés à la Tour. 
Il fut arrêté déguisé en ecclésiasti- 
que , pendant qu'il tra\ ailloit à l'exé- 
cution de cette entreprise. Charles 
II le fit comparoître devant lui, et 
il avoua qu'il avoit formé le dessein 
d'attenter à sa vie. Le roi lui fit 
grâce , et lui accorda même une pen- 
sion en Iiiaude , où il mourut en 
1680. 

* BLOSIUS ou DE Blois (Louis), 
de la maison de Blois et de ChaliUou, 
né eu i5o6 à Uouslienne, château 
du Hainaut , fut élevé auprès du 
prince Charles , depuis Charles- 
Quint. Il quitta le monde pour le 
cioilre de Si-Benoit , et obtint l'ab- 
baye de Liesse, dans le diocèse de 
Liège, qu'il réforma. Il mourut eu 
i566,aiuès avoir refusé l'archevè- 
clié de Cambrai. La bonne édition 
des (Eupies de Blosius fut donnée 
par Antoine de Wingts, son succes- 
seur dans l'abbaye de Liesse , eu 
iC32, in-fol. Elle est fort belle et 
très rech'-rchée : il en a paru une 
nouvelle édition à Ingolstadt , en 
)7;26 , in-fol. Sou Spéculum mona- 
c/torum p.irui d'abord sous le nom 
de Bacryauus ( le pleureur ) , parce 
qu'il y pleure pieusement sur les 
abus €t les désordres des cloîtres. 
Louis Monbroux de La Nauze a tra- 
duit en français le Directeur des 
âmes religieuses^ Pans, 1726, 
in-18. 

t I. BLOT (N. Chauvigny, barou 
de ) , poëte agréable , mort à Paris 
vers la tin du 17* siècle, développa 
de bonne heure sou talent pour la 
poésie. Etaut encore au collège , il fit 
en 1645 ses premières Chansons. 
Il devint page de IMonsieur , frère 
du roi. Ses saillie» et la vivacité de 



BLOU 

sou esprit le Tirent surnommer , 
dans sa jeunesse , B luL-l' Esprit . 
L'ahhé La Rivière le prëseula à Gas- 
ton , duc d'Orléans , qui l'attacha , 
par une cluirge, à sa personne. Son 
esprit satirique le porta a railler la 
cour, et sur-tout le cardinal Maza- 
rin, qu'il désola par ses couplets , et 
qui ne crut pouvoir le faire taire 
qu'en lui donnant une forte pension. 
C'est de ses couplets que madame de 
Sévignéjdans sa lettre du i*^*^ mai 
1671 , disoit à sa fille qu'ils avoient 
le diable au corps. Le fameux Lan- 
celot , de l'académie des inscriptions 
et belles-lettres , possédoit uu re- 
cueil manuscrit des Rébus , Contes, 
Facéties et Chansons de ce Blot. 

* H. BLOT ( IMaurice ), élève de 
St-Aubin , a gravé plusieurs sujets 
du cabinet de Le Brun. Le Verrou , 
d'après Fragonard , et la Promesse 
de mariage , qui en fait le pendant , 
sont deux estampes bien connues , 
de lui. Il étoit né à Paris en 1754. 

t BLOTELING ou Bloettling, 
Hollandais, se distingua dans la gra- 
vure au burin et eu manière noire. 
Dans le nombre des estampes gra- 
vées par lui , on doit distinguer le 
portrait de l'anglais Moelman , à che- 
val, connu sous le nom du Cavalier, 
par Bloteliiig , dont la figure a été 
peinte par Netscher , et le cheval par 
Wouvermans. Il étoitné à Amster- 
dam en 1654. 

I. BLOUNT ( Charles ) , d'une 
illustre famille d'Angleterre , origi- 
naire de Normandie, comte de De- 
voiishire, gouverneur de Porlsmouth 
et vice-roi d'Irlande. Il avoit été 
créé chevalier en i58r>, et honoré de 
l'ordre de la jarretière en 1597. C'é- 
toit un des principaux favoris de la 
reine Elisabeth : et , en ] 6o5 , le roi 
Jacques le nomma pour ètredans son 
conseil privé. Charles Blount mou- 
rut en 1606 , à 43 ans , comblé de 
biens et d'honueura. 



BLOU 



35 



n. BLOUNT ( Thomas ) , habile 
jurisconsulte, né dans le comté de 
Worcester en 1619 , mourut à 
Orleton en 1679. On ^ ^^ 1"' plu- 
sieurs ouvrages. Les principaux sont, 
I. Académie iV éloquente , contenant 
une rhétorique anglaise complète. II. 
Glossographia , ou Dictionnaire 
des mots difficiles , hébreux , grecs , 
la tins , italiens , etc. , à présent en. 
usage dans la langue anglaise.Wl, 
Dictionnairejuridique , où l'on ex- 
plique les termes obscurs et difficiles 
qu'on trouve dans nos lois ancien- 
nes et modernes : la meilleure édi- 
tion est de 1691 , iu-fol. 

t m. BLOUNT ( Henri ), cheva- 
lier , né à Tittenhanger , dans le 
comté de Herford, eu Angleterre , 
l'an 1602 , se distingua par sa vertu 
et par ses lalens , et eut diverses 
commissions importantes. Il hérita 
d'un bien considérable par la mort 
de sou frère aine , Thomas - Pope 
Blount, éciijer, et fut grand-shérif 
du comte de Herford. Il mourut eu 
i68:2. On a de lui une Relation de 
son voyage au Levant , en anglais, 
i656 , in-4'' , et quelques autres ou- 
vrages. Deux de ses fils sont connus 
dans la république des lettres : nous 
allons en parler, 

t IV. BLOUNT ( Thomas- 
Pope ) , fils aîné de Henri , naquit 
en 1649 à Upper -Halloway , dans 
la province de Middiesex. Il fut 
créé baronnet , du vivant de soa 
père, et fut plusieurs fois député au 
parlement. Pendant les trois der- 
nières années de sa vie , la chambre 
des communes le nomma commis- 
saire des comptes. Il mourut à Titten- 
hanger le 5o juin 1697, laissant une 
noml)reuse postérité. Ses ou\'rageç 
ne sont que d s recueils de passages 
mal liés. Le principal est , Censura 
celebriorum auclorum , sive Trac~ 
iatits , in quo varia virurum doc~ 
torum de clarissimis cujusque saS" 



36 



BLOU 



culi scriploribusjiidicia redduntiir, 1 
L')n(lres, 1690 , iu-fol. Dans les édi- 
tions de Venise ,on a Iraduileii lalin 
les passaj^es des anteurs modernes 
que le clievalier Blonut avoil cités. 
On a encore de Thomas-Pope Blo\int 
une Histoire jiaturelle , Londres , 
1 692 , in-4'' , e t des Essais sur dif- 
férens sujets , in-S". 

t V.' BLOUNT ( Charles ) , frère 
du précédcul, fameux déisle, ne à 
Upper-Halloway e)i 1 654, s'annonça 
par la iraduction des deux, premiers 
livres de la 'f"ic d' Apollonius de 
Tyanes , par Philoslrale, imprimés 
en 1600 , m-folio. Les notes ne ten- 
dent qu'à tourner la religion en ri- 
dicule, et à rendre IBcrilure sainte 
méprisable. Il les prit, pour la plu- 
part , dans les manuscrits demyiord 
Edouard-Herbert de Cherb.iry, qui 
pensoil comme lui. Son li\re ( tra- 
duit depuis en français ) , Berlin , 
ï 77/1 , /( vol. in-i 3 , par J. de Cas- 
liliuu , uit condamné en Anj^letene 
même en 169.0. Celle même année , 
Blounl , étant devenu amoureux de 
la veuve de son frère , et n'espérant 
pas de pouvoir ot)lenir une dispense 
pour l'épouser, lâcha du moins de 
s'en faire aimer. Sa belle-sœur , fati- 
guée de ses empressemens, prit la 
résolution de qui lier Londres. Blounl 
alla cliez elle un jour du mois d'août 
el ï\\. les dernières lenlalives pour la 
retenir. Nayanl pu la toucher , il se 
tirauncoupde pistolet, dont il imm- 
rut peu de jours après, pendant les- 
quels il ne voulut rien prendre que 
des mains desa maîtresse. On trouve 
dans les Oracles de la raiso/i une 
dissertation pour prouver qu'il est 
permis d épouser successivement les 
deux sœurs : on voit que cette thè-se 
n'étoit pas pour lui un bujet indiffé- 
rent. On a encore de Blouut les ou- 
vrages suivans , où la liberté de 
penser est poussée aussi loin que 
dans ses noies sur Philoslrale. I. 
Anima mundi , ou IJisloire des 



BLOW 

opinions des anciens , touchant 
l'état des aines après la mort , 
Londres, 1677, in-S". II. hagtande 
Diane des Ephésiens , ou Origine 
de l'idolâtrie , arec l'institution 
politique des sacrifices du paga- 
nisme , 1680 , in- 8°. m. Janua 
scientiarum, o\x Introduction abré- 
gée à la géographie , la chronolo- 
gie, la politique, l'histoire, la 
philosophie , et toutes sortes de 
belles - lettres , Londres , 1684, 
in-8". iV". Il est le principal auteur 
du livre intitulé Les Oracles de la 
raison , Londres , 169S , in - y** , 
réimprimé en 1695, avec plusieurs 
autres pièces, sous le litre d'ûS'w- 
vres diverses de Charles H Ion ni , 
écuyer. Charles Gildon fui l'éditeur 
de ces différenles ])ieces : il s'éleva 
depuis contre les opinions pyrrho- "1 
niennes quelle» renferment , par 
un livre qu'il })ublia à Londres 
en 1705 , sous ce litre : Manuel 
des déistes , ou Recherches rai- 
sonnables sur la religion chré- 
tienne. V. Religio laïci , Londres, 
i685 , in-i 3. 

* BLO'W ( D. John ), célèbre 
musicien anglais , né l'an 1648 à 
CoUingham , dans le Notlingham- 
shire , a été suce ssivement maître 
des enfans de chœur de la chapelle 
royale , compositeur du roi , et mai- 
Ire des chœurs de la cathédrale de 
St.-Paul. L'archevêque Sancroft lui 
donna le titre de docteur en musi- 
que. Après la mort de Purcell , il 
ol)tint la place d'organiste à l'abbaye 
de Westminster. Il mourut le i"^' 
oclolue 1 708 , el fui enterré dans la 
même église. 

* BLO'WER ( Elisabeth ). On a 
de celle dame trois romans estimés. 
1. Maria , Mémoires originaux 
d'une dame de qualité, et de quel- 
ques-uns de ses amis , 2 vol., 1763. 
il. George Bateman , 3 vol. , 1782. 
111. Tableaux d'après nature , 011 



BLUM 

J-'hiie iVètè , '2 vol., 1788 , trad. 
par M. La Montagne. 

*BLUM ( Joachim - Chrétien ) , 
poêle allcniaiitl , né à Kulhenan eu 
nog, cludia à Brandebourg et à 
Berlin, el s'appliqua sur-lo'.it aux 
belles-ieUres. Il passa cnsuileà Franc- 
for l-sur-l' Oder , où il étudia sous 
Ijaumgarleu. Bhun mena une vie 
toute plîilosophique et consacrée aux 
inuses, et mourut en 1790. On a de 
lui cjuelcjues Foëines lyriques , et des 
Idylles s enfin un drame uituulé 
Ka/Z/e/mu ciéliurée. Il a aussi donne 
des Oraisons et une collection de 
Vroverhes allemands. 

* BLTOIAUER ( Aloys ) , poète 
distingué, né Je 21 décembre l'jbb 
a Steyer , dans la haute Autriche , 
fut d abord jésuite , et , après la sup- 
pression de cet ordre, censeur des 
livres à Vienne , sons la direction 
du baron Van Swieleu. Tl s;^ fil enfin 
libraire, et niourulle 21 mars 1 ■'98, 
des suites d'une pidmonie, âgé d' 
44 sns. Blumauer avcit le talent de 
la satire et de la l'acilité. Il sai&is- 
.soit facilement les ridicules , et les 
peignoit avec une originalité pi- 
quante. Il est auteur d'une Tinéide 
travestie , en 5 vol. , qui est un chef- 
d'œuvre dans ce genre. Sa muse co- 
mique s'attache sur-tout à ridiculi- 
ser la cour de Rome , et à censurer 
les abus qui déskonor oient les insti- 
tutions religieuses. Ou conçoit qu'un 
tel poème n'a pu être i)iiblié à Vien- 
ne que sons le règne de Joseplill. 11 
a aussi publié des Poésies franc-ma- 
çonnes. La collection de ses ouvrages 
forme 8 volumes, imprimés à Leip- 
sick, 1801. 11 est encore auteur 
à'Erwine de Sfernheim , tragédie 
qui n'est pas sans mérite. 

t BLU.MENSTEIN ( François de ), 
né à Strasbovirg en 3678, mort en 
i7i>9 , vit chez l'apothicaire Bokluc , 
à Paris, un échanlilion des minpi du 
Forez, et jugeant à cette vue qu'elles 



BOAT 3; 

rendroienl plus qu'on ne l'espéroil , 
si elles étoient bien exploitées , il en 
obtint la permission en 1717. Dès- 
lors il appela des mineurs alb:^ 
mands , employa de nouveaux pro- 
cédés d'extraction , et rendit ces mi- 
nes, jusqu'alors presque inconnues , 
utiles à l'élat et à lui-nume. Il eu 
porta le produit de cent quintaux de 
minéral ])ar an à trois mille. Louis 
XV accorda des lettres de noblesse à 
Blumenstein. Son fi.ls a suivi la 
même carrière. 

B LUT EAU ( Dom Eaphaéi ) , 
ihéatiu , né à I,oudres, de parens 
Irançais, en i638 , passa eu France, 
et se distingua à Pans comme sa- 
vant et comme prédicateur. 11 se 
rendit ensuite à Lisbonne , on il 
mourut eu 1704 , a 96 ans. On a de 
lui un JJictionnaire porli/gais et 
latin, estimé, en 8 vol. iu- folio, 
Coïmbre , 1712 à 17^1; avec un 
Supplément , Lisbonne , 17^7 et 
1728, 2 vol. in-fol. La conuoissauce 
du portugais, supérieure à celle qu'eu 
avoieul les savans nationaux, parut 
très-éloDuante dans un éti'auger ; 
et deux docteurs de l'académie des 
appliqués firent chacun un discours 
pour discuter ce problème : « S'il 
étoil plus glorieux à l'Angleterre d'a- 
voir donné uaissance à ce savant ,011 
au Portugal de l'avoir possédé ?» 

-;- BOAISTUAU ( Pi rre ) , sur- 
nommé Launaj , natif d-e Nantes , 
mort H Paris en i.')G6. Ou a de lui , 
Histoire des amours fortunés , 
Paris, 15.08, iiWj". Il a traduit, 
avec Franc-de-Bellefort , les Nuu- 
velles de Bandello , Paris, i58o, 
17 vol. iu-16 , qui se relient eu i4 
ou 21 vol. Il a encore traduit le pre- 
mier volume des Histoires prodi- 
gieuses extraites de dijférens au- 
teurs, Paris, 1098, 6 vol. in-ib. 
Ces livi-es ne sont pas communs. 

BOATE ( Richard ) , médecin et 
bcUa-.iste d'Irlande , publia , en 



38 



BOBR 



1646, ïliis.'olre jiaturelh de ce 
royaume, Iraduile de l'auglais en 
français. Il paroîl , par son ouvrage , 
qu'il avoil aiitanl étudié la nature 
que les livres. Il parle de son pays et 
des haliitans eu panégyriste. 

BOBADILLA. Voyez Bova- 

DILLA. 

» BOBART ( Jacob ) , né à Bruns- 
wick , et mort le 4 lévrier 167g, à 
Oxford , fut le premier jardinier du 
jardin botanique que Henri, comte 
de Denby , établit à l'université 
d'Oxford , et pour rétablissement 
duquel il donna cinq acres de terre , 
fit construire des serres, ainsi qu'une 
maison pour loger le jardinier. Il 
dota cet établissement et y plaça 
Bobart ; ce fui lui qui dressa le 
catalogue des plantes , qui parut 
sous le litre de Catalogua planta- 
luin /toril medici Oxoniensis , la- 
tino-anglicus et aiiglico-latirius , 
alpliabelico oïdine , Oxonii, 1668, 
in-12 : ce jardin contenoil 1600 
espèces lanl en plantes indigènes 
qu'exotiqiies , en y comprenant les 
variétés de chacune. Son iils lui suc- 
céda dans cet étidjlissemenl, et pu- 
blia à Oxford , eu iGqc) , in-fol. , la 
troisième pariie de l'Histoire des 
piaules de Robert ]\Iorissou , que cel 
auteur avoit laissée imparfaite à sa 
mort ; c'est à ses soins qu'on doit les 
corrections elles dugmenlatious dont 
elle est enrichie. 

* BOBRUN ( Henri et Charles ) , 
peintres, nés à Ambuise ; leurs por- 
traits sont remarquables par une 
rare similitude de caractères, d'i- 
dées, de goûlsetde talens. lisétoienl 
cousins germains ; ils furent long- 
temps à la mode à la cour de 
Louis XIV, et il n'y avoil pas une 
femme de qualité qui ne voulût 
avoir sou portrait fait par les Bo- 
brun. Ces deux Sosies éloientiusépa- 
rables et travailloieut l'un el l'autre 
au même tableau, saus qu'on pût y 



BOCC 

remarquer une touclie différente. De 
l'esprit naturel , joint à des connois- 
sauces acquises , leur donuoit une 
réputation d'amabilité qui iimenoit 
à leur atelier les plus jolies femmes 
de la cour. Ils avaient d'ailleurs, 
daus leur talent , une puissante re- 
commandation auprès du beau sexe; 
ils possédoient l'art inappréciable de 
flatter leurs portraits, tout eu con- 
servant la ressemblance ; ils savoient 
aussi leur donner de la grâce el du 
mouvement , soit par l'altitude, soit 
par quehjues jolis accessoires de leur 
luveution. Tant d'avantages réunis 
méritoient bien la vogue qu'ils ont 
eue. Leur imagination vive s'exerça 
encore sur l'art des rimes , ils tirent 
eu commun des couplets et même 
quelques comédies qu'ils jouèreut eu 
société. Le premier est mort eu 
1677, âgé de 74 ans, el Charles 
Bobrun eu 1692 , âgé de 88 ans. 

BOCACE. Voyez Boccace. 

* BOCAGE. Voyez Du bocage. 
BOCAGER. Voyez Boscager. 

* BOCAUD ( Jean ) , ne aux en- 
virons de Montpellier , prit le bou- 
uel de docteur en médecine dans 
celte ville eu i54o. Ce médecin n'a 
laissé qu'un ouvrage très-peu connu 
aujourd'hui, et qui fut imprimé à 
Lyon en \hb^, in-fol. , sous le titre 
de Tahulœ curationum el indica- 
tioniim , ex piolixâ Galeni rne- 
ihodo in sumrna rerum capila 
conlractœ. 

* BOCCACCINI ( Antoine ) , chi- 
rurgien de Comachio , petite ville 
d'Iialie dans le Ferrarais , fîorissoit 
vers l'an 1720. Il s'acquit quelque 
célébrité par ses ouvrages , dont 
voici les titres : I. Clnqiie desin- 
ganni chirurgici per la cura délie 
ferke, 'Venise, 171 5, in-8°. If. Cin- 
que desiriganni c/ururglci per la 
cura délie ulcère , Venise, 1714. 
in-8°. III. Cinque desinganni per 
la cura de &eni , Veuise , 1715 , 



BOCG 

in-8°. IV. --'// signor Giovan Bat- 
tista Jgnesi , primo chirurgtco di 
J'ermo , Jntoido Boccaccini , chl- 
ruigo di Comachio , Modene , 
1721, in - 8". Il s'agit dans celte 
lettre du traitement des plaies, sui- 
vant la niétliode adoptée et recom- 
mandée par le savant Magati. 

t BOCCACE ou BOCAGE 
(Jean) naquit à Cerlaldo en Tos- 
cane l'an i5i5 , d'un ])aysan , qui le 
plaça cliez un marchand ilorentin. 
Le jeune homme , peu propre an 
négoce, passa à l'étude du droit, et 
de celle-ci à la poésie , peur laquelle 
il avoit nn goût particulier. Il fut 
envoyé à Paris pour étudier à l'uni- 
versité, qui jouissoit alors dans toute 
l'Europe d'une réputation justement 
méritée. C'est en étudiant les con- 
teurs et les Tabliers français qu'il 
prit ce goiit pour les contes qu'il a si 
bien développé dans son iJécame- 
Jon. Il emprunta à ces poêles la 
plupart des sujets qu'il a traités, 
en thau géant les noms de la scène 
el des personnages. De retour dans 
sa patrie , il se lia avec Pétrarque , 
qui devint son maître ; et le disciple 
eut souvent besoin de recourir à sa 
géuérosUé. I^a république de Flo- 
rence lui donna le droit de bour- 
geoisie , et le députa vers Pétrar- 
que , pour l'engager à venir à Flo- 
rence. Pétrarque , instruit des fac- 
tions qui divisoienl cette ville , 
persuada à Boccace de la quitter. Il 
se mit alors à parcourir lltalie , 
s'arrêta à la cour de Naples , y fut 
Lien accueilli du roi Robert, et de- 
vint amoureux d'une bâtarde de ce 
prince. Il se rendit de là eu Sicile , 
où la reine Jeanne le goûta beau- 
coup. Boccace , de retour de ses 
courses , et pénétré vivement des 
conseils et des exhortations tou- 
chantes que lui adressoit sans cesse 
Pétrarque, pour le faire revenir de 
ses égaremens , et de la vie licen- 
cieuse qu'il nieuoit , changea de 



BOCC 



3'J 



conduite , et se convertit ; mais un 
esprit ardent qui embrasse tout avec 
furtur sait rarement garder uue 
mesure dans le repentir ; Bocciice 
abandonna l'excès dans la débauche 
pour donner dans l'excès contraire : 
il ne devint pas seulement pieux 
connue Pétrarque , mais bigot , et 
confbudaul toutes les actions de sa 
vie dans la même horreur , il détesta 
ses travaux littéraires , el résolut de 
les brûler tous. Pétrarqne mit autant 
d empressement à sauver ces nia- 
nuscnis d'une aveugle fureur, qu'il 
eu avoit mis à ramener son ami de 
ses erreurs, et sauva tout, excepté 
le Z?r(;owe/o« que Boccace voulut ab- 
solument anéantir ; mais il en avoit 
distribué des copies, qui déjàcircu- 
loieut en Allemagne el eu France, 
el il ne lit que satisfaire son humeur 
farouche eu brûlant son propre ma- 
nuscrit. Retiré à Cerlaldo, d;ms un 
de ses accès de mélancolie et de dé- 
votion, il y mourut eu 1075 d'un 
excès de travail. Cet écrivain fut un 
des premiers qui donnèrent à la 
laugue i'alienue les grâces, la dou- 
ceur et l'élégance qui la distinguent. 
Sa prose est le modèle que se pro- 
posent les auteurs de sou pays. Ses 
vers valent beaucoup moins. Boc- 
cace ne peut jamais égaler les poé- 
sies de Pétrarque , et celui-ci à son 
tour ne put égaler su prose , lita- 
lieiiue du moins : car pour sa prose 
latiue il l'a surpassée. On a beaucoup 
d'ouvrages de Boccace. I. Genealo- 
gia deoriim , mythologie pleine^ 
d'érudition et de fautes , dans la- 
quelle Boccace cite beaucoup de li- 
vres que nous n'avons plus. L'édi- 
tion la plus rare de ce livre est celle 
de Venise, i472, in-fol. ; elle a été 
traduite en français et imprimée à 
Paris en 149S et i55i , in-fol. Cet 
auteur.., que les gens du monde ne 
regardent ordinairement que comme 
un agréable conteur, étoil i un des 
hommes les plus savons de son 
temps , comme il est démontré é&. 



4o 



BOCG 



partie par sa (jénéalug'e des dieux. 
il avoit iutroduit en Italie l'étude de 
lit langue grecque , el c'est même à 
lui qu'on doit les écrits d'Homère. 
Cette élude fut négligée après sa 
mort, mais pour reilenrir bientôt 
avec plus d'éclat, quand, à la iluUe 
de l'empire d'Orient , les savaas 
Grecs se réfugièrent eu Italie. II. Un 
Traité des Jlevves , des montagnes 
et des lacs, Venise, K(7Ô , in-fol. 
111. Un abrégé de L'histoire de 
Rome y en latin, jusqu'à l'an 724 'le 
.sa fondation , iu-8". Nicéron s;:ml)le 
douter que cet ouvrage, d'ailleurs 
médiocre , soit de Boccace. IV. Co- 
mincia il pkHocoIo , sans nom «le 
ville, 1472, iu-fol. V. Xa Fiam- 
metie. VI. J.e Labyrinthe d'amour. 
Vil. Opéra jucundissJnia cioe l' Ur- 
hano. VILI. La Théséide. Les plus 
auc!ennes éditions de ces romans 
sont les plus recherchées, unique- 
ment pour leur ancienneté ; celles 
qui ont été données dans le 16" siè- 
cle sont aussi amples. IX. La vie 
du JJanle , en italien , Rome 1.^44) 
m-S" , réimprimée à Florence en 
J376, in-8°. X. De claiis homini- 
hiis , Ulm , 1475 , in-fol. XI. Décti- 
méron. C'est uu recueil de cent 
Nouvelles galantes, tirées la plupart 
des anciens poêles français , pleines 
d'aventures et d'images plaisantes, 
et moins estimées pour les charmes 
du récit que pour l'exactitude et 
la pureté du langage. Ces contes ont 
élé traduits en fiançais, la première 
fois par Laurent de Premierfaict , 
et imprimés on r.'i4i , ensuite par 
Le Mii(,on en i54.'J ; on estime l'édi- 
tion d'Amsterdam, 1697, en 2 vol. 
iu-8", avec les ligures de Romain 
Hooge. 11 eu a paru mie traducliou 
libre, ouvrage posthume de iNîira- 
l)eau , qui s'étoit distrait et^nsoié 
en prison par ce léger travail, à Pa- 
ris, 1802, avec des figures gravées 
sous la direction de Ponce, d après 
l'js dessins de Marillier. La Fon- 
taijie en a imité plusieurs , el leur 



BOCG 

a prêté beaucoup de grâces. L'édi- 
tion de Florence des Juntes , i 537 j 
in-S", de grandeur iu-4° , est ex- 
cessivement chère. Ou fait cas de 
l'édition de Londres, 1727, in-4" , 
en a vol. in-i 2 , el de celle d'EIze- 
vir, itiGii , in-i2 ; el de celle de 
Paris, 1768, 5 vol. in-] 2. Il y en a 
une autre de Paris sous le litre de 
Londres, 1707, en ô vol. in-8°, avec 
tig. On donna la même année, avec 
les mêmes figures el sous le même 
rorn]at , eu 5 vol. in-S", les Contes 
de Boccace traduits en français. 
Ou en a publié à Paris, en 1 780, une 
mauvaise Iraducîion nouvelle en jo 
v. in-S" el in-i 2 , avec fig. Ou avoit 
commencé à Naples , sous le titre de 
Florence, en 1720 et 1724 , une 
collection des (IJ.uvres de Hoccace , 
en 6 vol. iu-S", suivant Nicéron, 
in-4°, suivant Ladvocai., qui n'a pas 
élé achevée. 

;- BOCCADÏFERRO ( Louis ) , 
professeur de i)hiloso|)liie à Bolo;;ne 
sa patrie, mort. le 5 iiuus en i5ii.'», 
a publié divers Traités sur les cu- 
riosités naturelles , les météores , 
la génération et la corruption , 
la métaphysique , etc. — On a im- 
primé , en 1G45 , à Bologne, uii 
volume in-fol. Ae. Consultations 
par Jérôme BoccAniriiBKO , sa- 
vant jurisconsulte de la même fa- 
mille. 

t BOCCALINI (Trajan), Ro- 
main , singe de l'Aréiin pour la .sa- 
tire. Il ne fut pas dégoûté du métier 
de médire , par le supplice d un cer- 
tain Franco , mauvais rimeuv , pendn 
à Rome pour ses vers mordans. Les 
cardiiiaux Bor-hèse el Gaétan le pro- 
tégèrent. Boccalini , se liant sur le 
crédit de se.", protecteurs, publia ses 
Pnggriogli di L'amassa , Amster- 
dam , 1 669 , 2 vol. iu-i 2 ; et la Se- 
cretaria di Âpollo , Amsterdam , 
1655, in-12, ouvrage dans lequel 
l'auCeur feiuf qu'Apollon , leuaut 



BOGG 

sa cour sur le Parnasse, enlend les 
plaintes de tout runivers , et reud 
à chacun justice selon l'exigence des 
cas.{P'ojcz GuiciiARDiN, u° l,et 
Cai'ric , u" 1.) II fit imprimer en- 
suite sa Fictra del Pananganepo- 
litico , contre l'Espagne. Il a été 
traduit en français par Louis Giry, 
Pans, i6a6 , iu-4°, sous le titre de 
Pierre de louche po]itic]ue , tirée 
du iMonl-Parnasse , où il est traité 
du gouvernement des principales 
monarchies de l'Europe. Ernest Ceutz 
en fit imprimer une traduction la- 
tine sous ce titre : Lapis J.jdiiis 
potituus. l/aiiteur y loue la France, 

. mais il attaque à chaque page la 
monarchie espagnole à laquelle il' 
ini})ute des desseins contre la liberté 
de l'Italie et celle de toute l'Europe. 
Les traits de sa plaisanterie et une 
ironie presque continuelle n'empê- 
chent pas de le trouver très-mstruit 
des intérêts des puissances. On doit 
encore à Horcalini des Discours pu- 
iitiqiies sur TArZ/e , publiés à Ge- 

•néve par Léti. Anulol de LaHous- 
saye traite cet ouvrage avec mépris, 
«'l'acile, dil-il, dit beaucoup de choses 
eu peu de paroles ; Boccaimi au con- 
lia-re dit peu de ci.oses eu beaucoup 
de mots. » Ce dernier mourut à Ve- 
nise. Ce satiriqîie, craignant le res- 
sentiment de l'Espagne, s'étoit re- 
tiré, en i6i5 , dans cette ville , où 
il se croyoit plus en sûreté qu'ail- 
leurs. On prétend tjne sa mort ne 
fut pas naturelle , et que quatre 
hommes armés s'élant un jour in- 
troduits en sa maison , dans un mo- 
ment où il se irouvoit seul , le firent 
périra coups de savh^Ms remplis de 
sable. Il y a néanrnions quelques 
raisons de douter de la vérité de 
celte anecdote. On a encore de lui , 
La Hilancia pulltica rli lutte le 
opère di Tacito , Castellana, 1678, 
2 vol. in-4°. 

i L BOCC.^NER A ( Guillaume ) , 
io;;a un Ires-graud raie à Gènes, sa 



BOCG 



4i 



patrie. Lorsque "le peuple de cetln 
ville secoua le joug en jafia, et 
s'empara du gouvernement, il prit 
pour chef BoccaneW , ué dans mit- 
famille obsciu'e , mais que son cou- 
rage a\' oit fait distinguer. Son orgueil 
l'ayant rendu odieux, il fut dépossédé 
trois ans après son élection. Il n'en 
devint pas moins la tige de la famille 
illustre à laquelle Gènes obéit sou- 
vent. — Simon Ijocc'anera , son 
petit-fils, fut le premier doge, élu. 
enioôg. Il se défendit long-temps 
d'iu-.cepter celte dignité; mais lors- 
qu'on l'eut forcé d'en exercer le pou- 
voir, il le lit avec autant de sévérité 
que de despotisme. Les nobles trou- 
vèrent en lui un ennemi furieux et 
implacable. Il les exclut de tous les 
emplois, et bannit de Gènes ceux 
dont il crut l'influence dangereuse. 
Il délit les troupes du marquis de 
Final, et le contraignit à venir seul 
dans la ville demander pardon. Si- 
mon laccabia de reproches , et le fit 
enfermer dans une cage de bois dont 
il ne sortit qu'après avoir cédé à la 
république la plus grande partie de 
ses domaines. Cette barbarie souleva 
contre lui une ligue formidable qui 
vint mettre le siège devant Gènes 
en 1347. Le doge, forcé de céder à 
l'orage, se démit de sa dignité, et se 
relira quelque temps à Pise, d'où il 
i"evint ensuite pour armer son ])arli 
et rètal)lir sa jiuissauce. Il fut em- 
poisonné en j563. Sous son autorité, 
les Génois tirent la conquèlc de l'île 
de Chio, el délirent les Tartares qui 
avoient mis le siège devant Cafl'a , 
colonie génoise dans le Ponl-Euxin. 
— Son IVere Egide BoccANi^UA fut 
envoyé par lui au secours d'Alfon- 
se II, roi de Caslille , el il rendit de 
si grands services à ce prince contre 
les Maures , qu'il le fil son amiral, 
el lui donna le comié dePalma. Sou 
fils Baptiste, ayant cherché à soulever 
se.s compatriotes contre les Français, 
fut décapité par l'ordre du maréchal 
deBoucicavit en 1401. 



h 



BOCG 



v II. BOCCANERA (Marin) , ar- 
chitccle génois dans le 14'' siècle, fil 
construire des acjiieducs à Gènes , en 
augmenta le porl,el acheva 1 arsenal 
des galères. Il commença le grand 
môle, où il plaça pour fondation 
des blocs énormes qnil trouva 
moyen d'arracher des montagnes 
voisines , el de faire rouler dans la 
luer. 

* BOCCANGÉr.lNO { Nicolas ) , 
médecin du 17*^ siècle, ne à !\ladrid, 
fût médecin de Philippe lil , roi 
d'Espagne. Il a publié eu 1600 un 
ouvrage \\\-i\° , en langue espagnole , 
qui fut traduit en latin sous ce litre: 
l>e febiibus , morhisque malignis 
et pestllentiâ , earurnque caiisis , 
P'-œservatione et curatione liber, 
JVIalrili, 1G04, in-4°. 

* BOCCAPAnULl (Antoine), 
natif de Rome , vivoil sur la fin 
du 16^ siècle , sous le pontificat de 
Grégoire XllT, qui le choisit en qua- 
litéde secrétaire pour écrire les brefs 
apostoliques. Sixte V lui ôta celle 
charge , qui lui fut rendue par Gré- 
goire XIV , et qu'il exerça jusqu'à 
sa mort. LafauiilleBoccapadiili éloit 
illr.stre dnns Rome dès le comni-n- 
cemeul du 1 ï* siècle. En i4o5 le 
peuple romain créa Jacques Hocca- 
PADt'Ll général de ses troupes , cou- 
Ire Ladislas, roi de Naples. On voit 
dans l'église d'Ara Cœli plusieurs 
e'pitaphes de personnes de ce nom , 
qui ont eu différens emplois , entre 
autres de Paul Boccapadili , 
homme de talent el de mérite , 
mort en i458, dont le petit-fils 
Antoine Boccapadlli fut gouver- 
neur de Tivoli en iôi6. Dans le 
17* siècle , il y a eu François Boc- 
CArADiLl , évèque de Celia-di- 
Castello , puis de Sulmone , nonce 
apostolique en Suisse. 

* BOCCHIUS (Achille), gentil- 
homme bolonais, surnommé P/ti- 
lérot, savant Uuérateur dm 6" siècle, 



BOCG 

est principalement connu par un mi- 
.rnge intitulé Sjmbolicari/mquœs- 
tiu/ium libii quiiiqiie, Bonomae , 
i5i)5, in-4°. C'est un recueil d'em- 
blèmes, imprimé avec beaucoup de 
.«oin , et orné à chaque page d'une 
très-belle gravure du célèbre Bona- 
sone, dont les ouvrages sont fort 
rares. Ou remarque parmi les es- 
tampes la représentation d'un sup- 
plice , où est employé un instrument 
parfaitement analogue à celui que le 
docteur Guillotin a prétendu inven- 
ter. Ce livre a été imp» mé de nou- 
vear. dans la même ville en irv74; 
mais cette dernière édition est beau- 
coup moins estimée à cause de la 
foiblesse des tirages. 

t BOCCHUS, roi de IMauritanie, 
ligué avec Jugurlha , son gendre , 
contre les Romains, fut vaincu deux 
lois par Marins. Il rechercha ensuit^ 
laïuitié de ses vainqueurs, et livra 
le malheureux Jugurlha à Sylla. Ce 
traître eut une partie du royaume de 
ce prince inforluné, vers l'an 100 
avant J. C. Salluste a peint Bocchus 
de main de maître. « Toutes les iu- 
cerliludes, a dit un homme de lettres 
distingué, toutes les variations , la 
mobilité, linconslance el l'iniidélilé 
du caractère africain se développent 
dans celui du beau-pere de Jugurlha. 
Il ne sait s'il doit livrer son gendre à 
Sylla, ou Sylla à son gendre: on le 
voit lomber dans les plus inquié- 
tantes perplexités, dans les plus 
profondes réflexions ; il promet à 
Sylla, il promet à Jugurlha. l/agi- 
tation de son esprit se peint dans 
tout son extérieur; il change de vi- 
.-^age et de coiil ur à chaque instant. 
Il marche, il s'assied; son regard 
est trouble, éi;ui\oque. Il a des con- 
vulsions; il n est décidé qu'à trahir, 
sans savoir quel est celui qu'il tra- 
hira; et il ne retrouve le calme que 
lorsque le moment di'cisif arrivé 
le force à faire un choix entre les 
deux perfides. » 



BOCC 

T BOCCLER. Voyez Boecleh. j 

t BOCCOLD , BocKiioLD ou 
BocKALsoN. ^ojez JEANdeLeide, 
11" LXXVU. 

t BOCCONE ( Silvio-Paul ) , né à 
Païenne, le '2.\ avril iG53, d'une 
famille noble. Son goût ciécidé pour 
l'hisloire naUirelle le porta à par- 
courir pendanl pliisi#'urs années les 
principales parliesde l'Europe, pour 
observer par lui-iuéme la scène va- 
riée de la nature. Ce n'est point dans 
la solitude du cabinet qu'on se per- 
feclionae dans la science de la bo- 
tanique ; ce nest que par les courses 
et les voyages qu'on y peut acqué- 
rir de nouvelles connoissances. 11 
publia successivement divers ouvra- 
ges (particulièrement sur la botani- 
que ) , qui lui acquirent beaucoup de 
réputation. Après avoir été quelque 
temps botaniste de Ferdinand II, 
grand-duc de Toscane, il quitta le 
monde , et prit à Florence, en 1682, 
l'habit de l'ordre de Citeaux , où sou 
nom de baptême Paul fut changé en 
celui de Silvio ; et c'est par celte rai- 
son qu'une partie de ses ouvrages se 
trouvent publiés sous le premier 
nom , et d'autres sous celui de Silvio. 
Quelques écrivains l'ont taxé de pla- 
giat, et entre autres Jussieu : mais 
cette accusation n'est pas bien prou- 
vée. Outre plusieurs ouvrages impri- 
més , devenus rares, il en a laissé 
quelques-uns eu manuscrit, du nom- 
lire desquels est une Histoire na- 
turelle (le l'île de Corse, Ce savnnl 
naturaliste mourut dans uu monas- 
tère près de Païenne le 21 décembre 
1704. Ses livres imprimés sont,!. 
Recherches et observations natu- 
relles touchant le corail , la pierre 
étoilée , V embrasement du Ilonl- 
Etna. Paris, 1672, in-12: Ams- 
terdam 1674, in-8°, avec des aug- 
mentations. C'est un recueil de let- 
tres sur les observations faites dans 
sas voyages. II. Museo di Fisica , 
Venise, 1697 ,111-4°, fig. 111. ïco- 



BOCC 



43 



nés planfanim variarum , Oxford , 
167.1, in-4" , fig. IV. 3Iiiseo di 
Fiante, rare délia S ici lia, ]\jalta, 
Corsica , Italia , Pienionte e Ger^ 
monta , con Jigure 1 53 in rame. 
Venise, 1697, in-4° , et plusieurs 
autres ouvrages estimés. V. Mani- 
J'tstum botanicnm^ de plantis sicu- 
iis, Catanœ, 1668 , in-fol. VI. Ele- 
^'anli.^simarujn plantarum semina 
botanicis honesio pretio oblata, 
per Pau/um Bocconuni,ïh\(\. 1668, 
in-fol. VllI. Délia pietra belzuar 
minérale Siciliana , letlera j'ami^ 
liare, IMonteleone, i669,in-4°. VIII. 
Une Lettre sur la botanique qui 
se trouve dans le recueil de Nicolas 
Gervais, imprimé àlSaplesen 1670, 
iti-4° , sous le titre de Bizzarie 
hotaniche de alcunl simplicisti di 
S ici lia. 

BOCCORIS, roi d'Egypte, succéda 
à Guéfacte. Il fut le législateur de 
son pays , et en favorisa le commer- 
ce ; mais ayant voulu faire revenir 
son peuple de l'excès des supersti- 
tions où il éloit plougé , il devint la 
victime de son zèle trop philoso- 
phique. Boccoris avoit insulté le 
taureau sacré ]\Iuévis ; des- lors les 
Egyptiens oublièrent ses bienfaits , 
pour ne voir en lui qu'un sacrilège. 
Saljacer fut appelé de l'Ethiopie pour 
être le vengeur du dieu; il donna 
bataille à Boccoris, qui y fut fait pri- 
sonnier et livré aussi tôt aux flammes. 
Trogue-Pompée et Tacite racontent 
que ce prince ayant consulté l'oracle 
d'Hainmon sur la ladrerie qui infec- 
toit l'Egypte , il chassa , par l'avis 
de cet oracle, les juifs de son pays, 
comme une multitude inutile et 
odieuse à la divinité. IMo'i'se nous 
apprend, d'une manière plus cer- 
taine , pourquoi et comment les juifs 
sortirent de l'Egypte. Ce qu'on peut 
inférer des témoignages des histo- 
riens proAmes, c'est que Boccoris est 
le Pharaon dont il est parlé dans le 
Pentaleuque. 



44 BOCîi 

t BOCH ou Eocuirs ( Jeaa ) 
naquit à Bruxelles en ifiSS , et se 
distinj^ua de bonne heure par ses 
Poésies latines , injpriniées à Colo- 
gne eu 161 5. Il parcourut l'Italie , la 
Pologne et la Russie. En aUaut à 
M08CO \v, il eu l les pieds geiûs de t roid, 
et on délib'.iroit si çn lui leroit l'aui- 
pulalion. Le quartier des Livonieus, 
où demeuroit Bocli , ayant été sur- 
pris, la peur lui rendit ses pieds. 11 
mourut en 1609. Il a laissé aussi 
quelques ouvrages eu prose. 

Y BOCHARD (Samuel), mi- 
nistre prolestant, naquit à Rouen , 
lan i5ç)C), d'une faimlle distinguée. 
11 lit paroitre beaucoup de disposi- 
tions pour les langues, et apprit avec 
uue égale facilité l'hébreu, le syria- 
que , le chaldéen, l'aralje , l'élhiopien , 
etc. Il composa , à l'âge de quatorze 
ans, qi'.arante-qriatre vers grecs en 
Ihonneur de Deinpsler, qui les plaça 
en tète de ses Antiquités romaines. 
Christine, reine de Suède, qui sou - 
hailoil de le voir , l'engagea , en 
ilSôi, à faire le voyage de Stock- 
holm. Bocliard y reçut tous les té- 
iuoiguages d'estime que méritoit son 
érudition. De retour à Caen , dont il 
eloit ministre , il y mourut subite- 
ment eu disputant conlre liuet dans 
l'académie d.-i celte ville, en 1CG7, 
avec la répulalton d'un savant con- 
somuid dans tous les genres d'érudi- 
tion. Ses principaux ouvrages sont, 
I. Son F/ia/eg et son Chanaan , 
livre dans lequel il jeUe de grandes 
lumières sur la géographie sacrée, 
mais plein d'étymologics chiméri- 
ques et d'origiues imaginaires. On 
eu a une éd!liouiu-4°, à Francfort, 
en 169/). 11. Sou Hierozo'fcon ou 
lîisloiredes animaux de i Ecriture, 
réimpnniéde 17901196,3 Leipzick, 
5 vol. in-4*'. C'est une collection de 
tout ce que les sayaus pou voient dire 
sur cette matière. III. Un Traité des 
minéraux , des plantes , des pier- 
reries , dont la Bible J'ai t mention. 



BOCH 

On y trouve le même fonds d'érn- 
ditioii que dans les [U-écédens. IV. Un 
Traité du paradis terrestre, etc. 
Ces deux derniers écrits sont perdus , 
à quelques t'iagmens près, dont ou 
a enrichi l'édiliou de ses Czui-res. 
On a encore de ce savant une Dis- 
sertation , à la tète de la Traduc- 
tion de l .Enéide de S([^rais , dans 
laquelle il soutient qu'Enée ne vint 
jamais eu Italie. En 1807 , M. Gos- 
seaume a lu à l'académie de Rouen 
un rapport sur trois manuscrits de 
Bochard, non imprimés. Le premier, 
très - considérable , est relatif à la 
situation du paradis terrestre ; le 
second est une critique de VOrigé- 
nia/ia de lluet ; le troisième, formé 
de trois lellri'S, examine quel cloit 
le îMerodach dont il est question une 
seule fois dans fEcriture, et traite 
du vase de marbre de IMalnoé. Les 
ouvrages de Bochard ont été réim- 
primés à Leyde en 1712, eu 3 vol. 
iu-fol. Sa vie a été donnée par Moriu, 
miuisîre à Caen. 

t BOCHART DE Sarrox ( Jeau- 
Baptisle-Gaspard ) , premier prési- 
dent du ci-devant parlement de 
Paris , éloit uu des membres les plus 
estimes ne cette cour suprême de ju- 
dirature; il péril à lage de (îo ans, 
le 1^' iloréalderan 2 (20 avril 1794), 
victime , ainsi qu'un grand nombre 
de ses collègues, de ce tribunal de 
sang qui ne respectoit ni la science 
ni la vertu. Le président de Sarrou 
les réunissoit éminemment : il avoit 
élé reçu à l'académie des sciences eu 
1779 , et s'étoit spécialement occu- 
pé du calcul des comètes. II avoit 
acquis une facilité élonuante dans ce 
genre : il faisoit venir des instrumens 
à grands frais , et les prèloit aux as- 
tronomes avec une générosité exem- 
plaire. ( Extrait d'un mémoire de 
l'académie, intitulé Histoire de l'as- 
tronoiuie en 1794- ) 

* BOCHIUS (Jean) , né à Bruxel- 
l.s eu i553 , se distingua par se» 



BOCK 

Poésies latines, el fut surnommé 
le Virgilii des Pays-Bas. U t&l mo»-l 
le i5 janvier 1609. 

EOCHEL ou RorcHEO (Laurent) , 
avocat au pariemeul de Paris, mort 
dans im âge avancé en 1639, étoit 
de Crépy en Valois. Ou a de lui 
plusieurs ouvrages pleins d'érudi- 
tion. I. Les Décrets de l'Fglisegal- 
licane , à Paris, 1609, in-folio. II. 
Bibliothèque du droit français , 
Paris, 1671 , en .t \o\. iu-fol. III. 
Bibliothèque canonique , 1689, à 
Paris, 2 vol. in fol. IV. Coutume 
de Seuils, 1700 , in-4°. V. Curio- 
sités où sont contenues les résolu- 
tions de plusieurs belles questions 
touchait la création du monde, 
jusqu'au jugement, ui-12. Ce n'est 
})as le meilleur de ses livres. Eocliel 
auroit dû se borner à compiler de 
la jurisprudence. 

* BOCK [ Jean ou Jérôme ) , pein- 
tre , vivoit à Bàle vers l'an lôSo ; 
quelques-uns prétendent que c'est 
lui qui a peint la fameuse Danse 
des morts que Ion voit à Baie , et 
que l'on attribue ordinairement à 
Holben. Cette danse a été gravée en 
i544 par Joas Denuecker , et en 
1521 par Matthieu Mérian. 

*BOCKEMBERG (Pierre), 
natif de Gouda en i.'i/jS , mort à 
Leyde en 1617 , a laissé en latin 
quelques opuscules curieux sur lan- 
cienne histoire de la Hollande, tels 
que F ri mi Bataviœ reges , eorum- 
que affines et consangulnel , cum 
Claudil Cipills hlstorid , Leyde , 
1589, in- 12. II. Catalogus , ge- 
nealogia et hrevis historia regu- 
lorum Hollandiœ , Zelandiœ et 
T'risiœ , etc., ibid. , i583 , in - i 2. 
III. Historia et genealogia Brede- 
rodlorum, 1 588. IV. Egmondano- 
rum , 1089. V. îf assenarorum , 
1689 , in-12. VI. Catalogus et bre- 
pls historia pontljicurn Ultrajec- 



BOCK 45 

lenflum.Yll. Jntistltum. Egmon- 
danorum. Janus Dousa faisoit peu 
de cas de ses productions , qui 
ne brillent pas, selon lui, du cûlé 
du jugement. VIII. Jd nonnulla 
Jani Dousœ aspera scripta extem- 
poralis respo/isio , à Délit, iGoi. 
Bockembeig étoit historiographe d. s 
états de Hollande et de W^estlVisc. 
On lit ces vers sur sa tombe dans' 
l'église de Saint-Pierre à Leyde : 

Ou'ul fati inu'uham qiiernr , 
y^ut muHis moror Jwipitrm ? 
Noinen nohlle si toqiiar , 
Piiucis omnia dixfro : 
Sochenliergiu'! tiîr /,/cet, 

* I. BOCKHORST( Jean), peintre, 
né à Dentekolm en 1661. Il passa 
fort jeune en Angleterre , où il 
suivit les leçons de Kneller ; ses ou- 
vrages ayant du succès , milord 
Pembrokemployacet artiste à pein- 
dre des portraits , des batailles et 
des tableaux d'histoire. Kneller, lui- 
même , surpris de ses talens dans 
ces deux grands genres, qu'il n'a- 
voit pas eu occasion d'exercer , lui 
conseilla de continuer. Bockorst 
voyagea ensuite en Allemagne , à 
la cour de Brandebours , à Cleves. 
Le nombre de tableaux et de por- 
traits qu'il a peint est prodigieux. 
Il mourut en 1724. 

Y II. BOCKHORST (Jean Van ), 
dit Langjahn , peiutre , né a 
îMunsîer en 1610, fut disciple de 
Jacques Jordaens. Il peignit beau- 
coup de devants d'au tel dans les 
églises d'Anvers, de Lille , de Gand, 
etc. Ses compositions sont réguliè- 
res , ses dessins corrects ; ses tètes 
de femmes ont de la grâce , et celles 
des hommes du caractère et de l'im- 
pression. Le coloris de cet artiste 
approche de celui de Rubens , et 
plus souvent de celui de Van Dvck. 
Il fondit ses couleurs: comme ce cler- 
I nier. Ses ouvrages ont de Ihaniio- 
1 me , el prouvent qu'il avoit une 



46 



BOCQ 



connoissance profonde du clair- 
obscur. Ses portraits , dont il existe 
un grand nombre, peuvent être mis 
à côtt'de ceux de Van Dyck. Vienne 
Xiîuferme un de ses tableaux rt;- 
présentaiil (/es Nyinpttes surprises 
par (les satyres. Ce peintre vivoit 
encore en 1664. 

* BOCKSBERGER (Jean), pei- 
gnit avec distinction des batailles et 
des s\ijets de chasse. Il vivoit à 
Sallzboiirg vers iô6o. Cet artiste 
excella aussi dans le talent de gra- 
"ver sur du bois, et lit cent vmgt- 
deux de ces gravures d après les iles- 
sii'.s de J. Amuun,ponr une Bible 
imprimée à Francfort en lôfig , et 
dautres pour un Tile-Live allemand, 
d'après T. Stunraen. 

tBOCQUET DE Chanteiiennes 
(Jean-Joseph) , avocat au conseil , 
rnort en 1773 ,a publié un Traite 
des lois sur la chasse , sous le titre, 
Plaisirs, Varenties et Capitaine- 
ries , 1744» i 11-12. 

t BOCQUILLOT (Lazare -An- 
dré ) , né à Avalon , de parens pau- 
vres, suivit en 1670, Nointel am- 
bassadeur a Constanlinople. Revenu 
en France , il se fil recevoir avocat 
à Dijon , et se livra avec une égale 
ardeur au plaisir et à l'étude, il 
finit par embrasser l'élat ecclésias- 
tique , et fui curé de Chatelux , et 
ensuite ch.uioine d'Avalou , où il 
mourut en 1728, âgé de 80 ans. 
Il avoit vécu quelque temps à Port- 
Royal. On a de lui , I. Plusieurs 
volumes cl homélies , Paris, 1692, 
in-l2 , et d'autres ouvrages de piété. 
BocquiUot en fit présent aux impri- 
meurs, et fixa lui-même le prix de 
chaque exemplaire , afin que les pau- 
vres pus^eu' se les procurer. (Â"oj'. 
Paris, n° 111., II. Un 'Iraitè his'to- 
rique de la liturgie sacrée, ou de 
la messe , Paris, 1701, in-8° ; livre 
«ivaut, cuiiens et intéressant pour 



BOD 

les amateurs des antiquité.^ ecclé- 
siastiques. III. Nouvelle histoire 
(lu chevalier Bayard , Paris, 1702 , 
in-i 2 , sous le nom de Lonval. Celle 
histoire n'est autre chose <|ue celle 
du Loyal serviteur , publiée eu 
1616, iu-4° , par Théodore Gode- 
froi , mais mise en langage mo- 
derne. IV. Des Lettres , in-i 2 , des 
Dissertations. ( F'oyez sa Vie , par 
Le Tors , lieutenant civil et criminel 
d'Avalon. Elle parut sous ce litre : 
Vie et om rages de M. Lazare Boc- 
quillot , sans nom de ville, 174», 
gr. in-ij. Ce livre contient des 
morceaux très-curieux. ) 

* BOCTONER ou Butoner , 
chevalier, né àSommersel en An- 
gleterre , se distingua par la variété 
de ses talens et de ses couuoissau- 
ces. Il étoit tout à la fois médecin, 
historien et mathémaiicieu. On a 
de lui plusieurs ouvrages qu'il écri- 
vit vers l'an 1490? et qui consis- 
tent en un livre des Antiquités 
d' Angleterre, en quelques traités 
(/'astrologie , et d'autres de méde- 
cine, comme : Cullectiones médi- 
cales; de astrologiœ valore, abrS' 
viationes doclorum , etc. , etc. . 

I. BOD (Mythol.), divinité des 
Indes , invoqué;- par les femmes 
l)0ur obtenir la fécondité. Celle qui, 
après un vœu fait à Bod , devenoit 
mère dune fille , éloil obligée de Ia 
consacrer à cette déesse jusqu'à 
l'âge nubile. 

* II. BOD (Pierre) , ministre pro- 
testant dans Li Pensylvame , est 
auteur d'un ouvrage inédit, mais 
dont le manuscrit se trouve à la 
bibliothèque de Leyde , iulilulé 
Historia Hungariœ et Transyl- 
vaniœ ecclesiastica ]\icolai Bar— 
klay. On en a publié une partie qui 
fait désirer que le reste le soit éga- 
lement. Ella se trouve dans sa Hi- 
bliotheoa Hagana , Classis VP , 



BODE 

fascic. II et III , sous le titre de 
Jlistoria unilarioruin in Tran- 
syh'anid, c.v monumenùs autheii- 
ticis concinnata , per P. Bod. 



BODI 



47 



t BODDAo«BuDDOu (Mylhol.), 
divinité des Siamois, qu'ils croit-nl 
avoir été le fondaleiir des Gyraiio- 
sophistes. Ses prèlres gardeul le cé- 
libat , tant qu'ils desservent sou 
temple ; mais ils peuvent le quit- 
ter. Us ne tuent jamais d animaux , 
cependant ils en mangent la chair. 
Le culle de Bodda a passé dans lile 
de Ceylau, dont les habitaus conn)- 
tent leur ère de l'année de sa mort ; 
il correspond à la quarantième an- 
née du notre. Us croient que Bodda 
soutient le courage de l'homme à ses 
derniers momens,etque le monde 
ne peut être détruit tant que son 
temple subsistera. Chaque insulaire 
place dans ?a maison wn^ corbeille 
de tleurs consacrées au Dieu. Il est 
représenté sous les traits d'un géant, 
les jésuites ont prétendu que Bodda 
ëloil le même que saint Thomas. 

* BODE ( Jean-Joachim-Christo- 
phe), savant distingué du 18"^ siè- 
cle, né à Brunswick le 16 jan- 
vier 1730, mourut le i3 décem- 
bre 1790. Ses traductions alleman- 
des sont estimées , entre autres celles 
des ouvrages suivaus : I. le Tom 
Jones de Fielding. II. Le Voyage 
sen/i/nental de Sterne. 111. Le Tr/s- 
iram Shandi. IV. Le Vicaire de 
a akefield. V. Les Incas de Mar- 
montel. VI. Les Pensées de Mon- 
taigne. Ce dernier ouvrage est im- 
primé en six \ olumes in-8° , Ber- 
lin , 1795. Bodeéloit d'un caractère 
bon , sensible , et capable des plus 
grands sacrifices pour ses amis et la 
patrie. Il est connu par plusieurs 
ouvrages polémiques contre les 
francs-maçoQs. 

* BODEKKER , peintre , naquit 
en 1660 dans le pays de Cleves. 
Çou père «toit musiciea à la, cour 



de Berlin, et il le fï.t lui-mîme; 
mais il s'occupa spécial ment delà 
peiniiire dans la bonne école de 
Jean de Baeii. Apres a\oir bL-aiicoup 
voyagé en l^lollaude, où il acquit 
de la cousidéialiou et de la f/rtune 
par ses portraits , il se lixa dans la 
ville d'Amsterdam , où il mourut 
âgé en 1727 , avec la répulatiou 
d un bon peintre de portraits. 

* BODEL ou BoDiAUS ( Jehan), 
trouverre et fablier, qui tlorissoit 
dans le i3^ sic-cle, fut surnommé 
d' serras , parce qu'il avoit pris 
naissance eu cette \ ille. On counoit 
de lui , I. des Chansons . II. Sou 
Congé., ou ses ji dieux à la ville 
d'yirras , imprimé dans la nouvelle 
édition de Boulogne. III. Le Jeu , 
ou Comédie de sai/it. A icolas , ma- 
nuscrit, fonds de LaValliere,n''2756, 
et dont Le Grand d Aussy a donné 
la traduction dans ses fabliaux , 
lora. I , p. 539, in-S". Ou trouve 
dans cette pièce deux vers qui rap- 
pellent ceux du Cid de Corneille : 

Seignor, si je sui< jones ne m'aies en despit. 
On a v'eu souvent granl cucr en petit. 

BODENSTEIN (André-Rodolphe). 

Voyez C.IRLOSTAD. 

BODEREAU. Voyez Bodreau. 

BODERIE. Voyez Fèvke (le}, 
n°' IV et V. 

tBODESTIN (Adam),médecia 
allemand , natif de Carlosîad , fils 
d'André Bodeslin , mort à Baie en 
i.')77 , tut grand partisan de la doc- 
trine de Paracelse , qu il traduisit , 
et sur laquelle il ht des Commen- 
taires. Ils ont été estimés des mé- 
decins de sa secte ; mais comme 
elle est très-peu nombreuse à pré- 
sent , cet ouvrage a beaucoup perdv\ 
de sa réputation. 



t BODICÉE , reine des Toéniens , 
peuple d' Albion , ou ancieune Au- 



43 



BODl 



gleterre , épousa Prasuiague, qui 
jnoinul |e\nie , et qui , voiiluul met- 
tre fa nalion à l'aLiii des iiiciirtioii-; 
des Romains , iusliliia , par sou Us- 
tament, l'empereur Méron son hé- 
ritier ; les Romains u'eu devinrent 
à sou égard que plus lyranniques. 
Bodicée , fatiguée de leurs excès , 
souleva les habilans de sou pays , 
se mit à leur lele , comballil les 
Romains, et remporta sur eux une 
grande victoire. Paulin Suéloile , 
lieutenant de l'empereur , rassem- 
bla nu grand nombre de légions , 
et vint arrêter les progrès de Bo- 
dicée. Cette relue liit délaile à son 
tour : plus de quatre-vingt mille 
hommes restèrent sur le champ de 
bataille , et Uodicée , ne pouvant 
plus supporter le malheur de sa 
patrie, lernnna ses jours parle poi- 
son Tau (3i de J. C. 

t BODIN ( Jean ) , Angevju , né 
l'an ]53o , avocat an parlement de 
Paris, acquit les bonnes grâces du 
roi Henri lll, par sis ouvrages, et 
l'agrénienl de sa cor.versation. Dé- 
puté du tiers-état de Vermaudois 
aux états de Blois , il y soutint qu'eu 
France le domaine royal apparle- 
noit au peuple , et que le souverain 
n'eu pouvoit avoir que le simple 
usufruit. Ce discours fut dénoncé à 
Henri III , qui répondit simple- 
ment: « C'est l'opinion d'un houi- 
me de biru.» Ce prince fit mettre en 
prison Michel de La Serre, gentil- 
homme provençal , pour une Re- 
montrance qu'il lui avoit adressée 
contre la République de Bodin , 
Remontrance imprimée à Paris en 
j579 , in-8°. J. Bodin , ayant perdu 
£0U crédit auprès de Henri, suivit 
le duc d'Aleuçon eu yVngleterrc , 
cette même année ir)79 et en 1.082. 
On enseignoit alors publiquement 
dans l'université de Cambridge, ses 
livres De la République , impri- 
més à Paris eu 1576 , in-fol. La 
niedleui« édition est de 1378, parce 



BODl 

que l'auteur y proiita des observa- 
tions de Cujas. Cet ouvrage f.it tra- 
duit en latin par Bodin lui-mê- 
me ; il le fut aussi en anglais , et 
lll diverses autres langues: il coûta , 
dit-on , tnnte ans de travail à son 
auteur. Il appuie ses principes par 
des exemples tirés des hislouts de 
tous les peuples: mais ces exemples 
ne sont pas toujours l>ieu choisis, 
ni dans l'exacte vérité. L'érudition 
y est amenée avec beaucoup moins 
d'art dans cet ouvrage un peu pro- 
lixe que dans l'Esprit des lois, 
auquel ou la comparé , et elle fait 
quelquefois tort au jugement. Ou 
voit bien que Bodin uavoil pas 
tant médité son sujet que le célèbre 
Montesquieu. 11 soutient, i ommelui, 
la tolérance eu matière de religion. 
Témoin des fureurs des calholicjues 
et des prolestans , il cuoyoit qu'elle 
seule pouvoit amener la paix. Ce 
lurisconsulle est le premier qui se 
soit appliqué à la connoissauce du 
gouveruemenl , et qui ail fait sur 
la législation un Traité de quel- 
que étendue ; mais son savoir est 
diffus ; il a peu de justesse dans l'es- 
prit , et nul art de raisonner. Il se 
plaitaux opinions singulières. 11 sou- 
tient que l'un des meilleurs moyens 
de régénérer les états , est de resti- 
tuer aux pères le droit de vie et 
de mort qu'ils avoient autrefois siir 
leurs eufans. Le président de Lavia 
a douné un abrégé de cet ou vrageen 
1755 , in-i2.Il reproduisit le même 
ouvrage sous le titre : des Corps po- 
litiques et de leur Gouvernement , 
1 767 , 2 vol. in-i 2 , et avec beau- 
coup d'auginenlatiou , en 1767,2 
vol. in-^° et 3 vol. in-12. Il croyoit 
à l'astrologie judiciaire , et il réunit 
an scepticisme le plus prononcé eu 
fait de religion la plus grande cré- 
dulité. On a encore de iiodiii d'au- 
tres ouvrages. I. Methodus ad fa- 
iilem /listoriarum cognitionem , 
Paris, ir>G6 , iu-^"- Celte Méthode 
n'est rien moins que niélkodique, 



BODI 

suivant le l'avant La Moiinoye. A 
travers rériicliliou dont il l'a sur- 
charj^ée , érmlilioii souvoiU emprnu- 
lée daiUturs , oa trouve des igno- 
raiices grossières, des jugemens faux, 
des faits altères. On y voit le ger- 
me des principes exposés dans sa 
Jiépttblique. Le système des cli- 
mats du président de IMoulesquieu 
a été pris dans cc livre ; mais ce 
système, (Miiaiuibue àlintiiience du 
climat le principe du gouvernement 
des peuples, de leur religion et de 
leurs arts , est exagéré. Des nations 
^ui éloient aiilrelois lil)r>;s sont 
aujourdhui esclaves , sans que l'at- 
mosphère ait chaugé ; des peuples 
barbares sont deveims éclairé» , et 
des peuples jadis illustres par les 
arts et par les sciences sont livrés 
à présent à l'ignorance et à la bar- 
barie. IL ïleptaplorneres de ab~ 
dilis renim Giibllmium arcauis , 
nommé autrement Le Naturalis- 
me de Bodi/i , livre manuscrit 
dans lequel il fait plaider la reli- 
gion naturelle et le judaïsme contre 
lechristianisme. Sou incrédulitéà l'é- 
gard des dogmes de cette dernière re- 
ligion ne l'enipèclioil pas dadopler 
inie Ibule d'erreurs superstitieuses ; 
sou Nal lira lis/ne en e&l rempli. LU. 
La Dèrnononian'ie ou Traité des 
Sorciers , Paris , lôSy , in-4'^. Ou- 
vrage marqué au même coin que le 
précédent ; plein de singularités et 
de bizarreries. Il y parle, livre F' , 
chapitre 2 , d'un personnage en- 
core en vie, qui avoit un démon 
familier comme Socrale; esprit qui 
se lit connoilre à ce personnage 
I lorsqu'il avoil 07 ans, et qui depuis 
I dirigeoit tous ses pas et toutes ses ac- 
I lions. Ce génie le toachoit à l'oreille 
; droite , s'il faisoit une bonne action ; 
: et à l'oreille gauche, s'ilenconnuet- 
i loitnne mauvaise. QuoiqueBodiune 
I nonune pas celui qui avoit pour 
; guide cet esprit, il estévidenl qu'il 
parle de lui-même. IV. Theatruni 
nnliirœ , à Lyon, i5gO; iu-S" , 
T. Ml. 



BODL 



4y 



qui nit supprimé, et qui n'est pas 
commun. Il a été réimprimé à Franc- 
fort en 1097 et 1606 , ensuite tra- 
duit par de Fougerolles , Lyon , 
1097, in-S". V. Une Traduction 
en vers latins du Cyuégitecou, ou 
Traité de la chasse d'Oppien : 
Celle traduction fut imprinjée par 
le célèbre ÎVlichel V'ascosan en 
1 555 , in-4''. Eaillot di t que Eodin fut 
accnsé d'avoir volé cette traduction 
à Turnèbe , mais ce dernier a vécu 
long-temps api es la publication ds 
c«He traduction , et s'est plaint seu- 
lement de ce que Eodin lui avoit 
pris quelques-unes de ses correclion* 
sur Oppien , comme Scaliger dit 
aussi que Bodiu s'éloit approprié 
quelques pages de son Varron. Bo- 
din , à la fois incrédule et supers- 
titieux. , se persuada qu'on ne pou- 
volt ressentir les atteintes de la 
peste après la Go*" année. 11 négli- 
gea de prendre les précautions né- 
cessaires pour s'en garantir, et mou- 
rut de cette maladie à Laoa , où 
il éloit procureur du roi eu iSgS , 
âgé de 67 ans. C'étoit un homme 
vif, entrepreuanl, et que rien nere- 
l'Utoit. 11 avoit l'esprit républicain. 
Groliiis dit qu'il éloit plus abon- 
dant eu paroles qu'en clioses , et 
que son laliun'étoit pas net. Quoi- 
qu'il eût été calvinijte , et qu'il eût 
toujours pour celte secte un pen- 
chant secret , il persuada aux habi- 
tans de Laon de se déclarer pour le 
duc de IMayenne : celte démarclie 
lui fu,l moius inspirée par sou atta- 
chement à la religion catholique 
que par sa haine contre l'autorité 
royale. Le président de Thon pré- 
tend qu'il avoil été carme dans sa 
jeunesse ; mais ce fait a été démenti 
par la famille de Bodiu. ( Voyez 
sur cet écrivain nue lettre de 
Mercier , abbé de Saitil-Léger , dans 
le Journal encyclopédique , i"'' no- 
vembre 1783.) 

L BODLEY ( Thomas ) , genlil- 

4 



5o 



BODM 



homme anglais, fut chargé par la 
reiue Elisabeth de plusieurs négo- 
cialioiis iiuportanles auprès dds 
princes d'Allemagne et des états 
de Hollande. Il se déroba ensuite au 
tumulte des affaires , pour s'adon- 
ner uniquement aux arls et aux 
sciences. Il mourut en i6ii2, à 68 
ans , après avoir légué àruuiversité 
d'0:iford sa bibliolliL'que c^ue l'on 
noiume encore Bodléienne. Hyde 
en a publié le catalogue en 1674 , 
in- fol. 

* II. EODLEY ( Jean) , médecin , 
exerçoit sa profession vers le mi- 
lieu du iS*^ siècle. Il a publié en an- 
glais un essai critique sur les ou- 
vrasesde difierens auteurs. Cet essai, 
qui parut a Londres en 17^1 , con- 
siste eu deux lettres. Dans la pre- 
mière , il s'occupe des principes sur 
lesquels on doit juger des écrits des 
médecins. Il examine quelles sont 
les preuves des connoissances en gé- 
néral ; il en fait l'application aux 
médecins, et il prétend que leur ré- 
putation n'est pas toujours un gage 
assuré de leur mérite. Dans la se- 
conde lettre, il considère ks éloges 
qu'on a donnés à divers écrivuius , 
et lait voir qu'ils ont été souvent 
infirmés par la postérité ; enfin il 
place la médecine elle-même dans 
wn jour assez désavantageux. Il y a 
de bonnes choses dans cetessai ; mais 
l'esprit de pyrrhonismequi l'a dicté 
fait rendre à Bodley des jugeraeus 
souvent faux. 

* BOD'MER ( Jean-Jacques ■) , né à 
Greifenbergprès de Zurich en Suisse, 
fut nommé en 1725 professeur de 
l'histoire suisse au collège de Zurich, 
et membre du grand conseil de la- 
dite ville. Il estestimé comme poète, 
traducteur , critique, et comme phi- 
lologue allemand. Il répandit les 
premières lueurs du bon goiil en 
Suisse et dans rAllemagiie méri- 
dionale , et chercha à hxer les diffé- 
reuies parliesdesbïlles-kltres eldes 



B(3DR 

beaux-arts d'après des principes phi- 
losophiques. En voulant s'opposer 
an goût fade et au genre énervé de 
fécole de Golsched , il tomba 
lui-même dans les défauts opposés, 
c'est-à-dire l'erillure et le gigantes- 
que ; genre qui pendant quelque 
temps trouva des imitateurs , et re- 
tarda l'époque du bon goût , dont le» 
véritables principes sont la simpli- 
cité et la nature. Ses épopées dont le 
sujet tiré est delà Bible, et ses au très 
poésies en vers hexamètres , four- 
nissent la preuve de ce que nous 
avançons. Ilavoit des connoissances 
profondes concernant l'origine et 
l'histoire de la langue allemande. 11 
mourut le 2 janvier 1785. Parmi ses 
ouvrages , nous remarquerons les 
suivans en langue allemande : 1. Noé, 
poème épique en 1 2 chants , Zurich , 
1752, 1765, 1772. II. Le Paradis 
perdu Aq Millon, 170.^, 1742, 1769. 
III. Bibliothèque helvétique , 17 55, 
1 74 1 , 6 cahiers. IV. Lettres criti- 
qucs,\']i\%, l'j 65. V. Fables du temps 
des Minnesanger , i7.'>7. VII. Col- 
lections des Minnesanger (chantres 
d'amour ) , 1 764 , in - 4° 5 "" ^^s 
ouvrages qui lui ht le plus d'hon- 
neur. VII. Principes de la langue 
allemande , 1768. VIII. Premier 
essai d'une grammaire allemande, 
composée sur un plan raisonnable. 

* BOIXEUS A Stapel ( Jean ) , 
docteur en médecine , né à Ams- 
terdam , et mort dans cette ville en 
i636. Egebert , son parent , célè- 
bre médecin d'Amsterdam , publia 
l'histoire des plantes de Théophraste 
que Bodœusétoit sur le point de faire 
imprimer , et à laquelle il a voit mis 
la dernière main. Cet ouvrage a paru 
sous ce titre : J vannes Bodœus à 
Stapel in Tàeophrasti historiam 
plantai-um , Arastelodami , 1 644 » 
m-fol. 

BODORI. VoyezBkvnoKi. 

BODREAU. Koyez Brodeau. 



BOEG 

i I. BOECE (Auicius Manlius 
Torquatus Severimis Boetiis ) , 
de la failli lie des Auices et des Toi- 
qualus , deux des plus illustres de 
de Rome , naquit en 4^5. Il fut con- 
sul eu 487 , et pour la seconde fois 
en 49') > pt^Li de temps après ministre 
de Théodoric , roi des Oslrogoths , 
dont il avoit prononcé le panégyri- 
que à son entrée dans Rome. Il s'at- 
tira la haine des méchans , eu re- 
poussant les délations, eu défendant 
la province de Ciimpauie , qu'on op- 
primoit, en garantissant Théodoric 
du poisonde la tlatlerie. Sur un soup- 
çon que le sénat de cette ville eulre- 
tenoil des intelligences secrètes avec 
l'empereur Justin, le roi goth til 
mettre en prison Boëce et Symmaque 
son beau-pere , les plus distingués 
de ce corps. On le conduisit à Pavie, 
où , après avoir euduré six mois de 
prison , et divers genres de sup- 
plices , on lui serra tellement la 
tête avec une corde , que les yeux 
en sortirent : ou ache\ a de le tuer 
à coups de bàlou le 20 octobre 
527. On voit encore aujourdliui 
son tableau dans l'église de Saint- 
Pierre , à Pavie. Boëce fut marié 
deux fois; sa seconde femme étoit 
Rusticienne, fille de Symmaque , 
laquelle lui donna deux fils , qui 
obtinrent le consulat , en mémoire 
de leur père ; elle partagea tous ses 
malheurs, et, n'ayant pu partager sa 
mort, distribua tous ses biens aux 
pauvres, et vécut dans l'indigence. 
Totila , sollicité de lui ôler la vie , 
respecta toujours ses vertus. C'est 
dans sa prison que Boëce composa 
son beau livre De la consolation 
de /fi philosophie. 11 y parle de la 
Providence, de la prescience de Dieu, 
d'une manière digne de lui. On a 
encore de cet auteur un Traité des 
deux natures en Jésus-Christ , et 
un de la Trinité, dans lequel il 
emploie beaucoup de termes tirés 
de la philosophie d'Aristote. Ou pré- 
tend qu'il est le premier des Latins 



BOEC 



51 



qui ait appliqué à la théologie la doc- 
trine de ce philosophe grec. Il com- 
menta aussi le Traité grammatical 
de ce dernier , intitulé Ve l' Inter- 
prétation , c'est-à-dire de l'expres- 
sion de la pensée et des diverses 
espèces de propositions. Les vers de 
Boëce sont seiitentieux et élégans, 
autant qu'ils pouvoieul l'être dans 
un siècle où la barbarie comraen- 
çoit à se répandre sur tous les arts. 
Les éditions de Boëce les plus recher- 
chées sont , la première à Nurem- 
berg , 1476 , in-fol. ; celle de Baie, 
1670 j in-fol. ; celle de Leyde cum 
notis variorum , 1671, in- 8°; 
celle de Paris , ad usum delphini , 
1680 , in-8° : cette dernière est rare, 
et elle ne contient que le Traité de 
la consolation. Il a été traduit en 
français d'abord par Johande Meuug, 
ensuite par Dufresue de Franche- 
ville, La Haye, i744. en 2 vol. 
iu-12 ; et par un nouveau traduc- 
teur eu 1771 , iu-12. Ce Traité de 
la consolation a été traduit en ita- 
lien par Albert de Florence, 1705, 
in-4'' , Anselme Tauzo de Milau , 
Thomas Tamburiui, de Sicile , et en 
vers et en prose par Benoit Varchi, 
sur la demande de Charles- Quint , 
en i55i. Benoît Titi a ajouté des 
Notes à cette dernière traduction. 
— Barouius a mal à propos attri- 
bué à Boëce l'ouvrage intitulé De 
disciplina scholarum ; le père Labbe 
a prouvé évidemment que c'étoit 
l'ouvrage d'un chartreux , nommé 
Rikel , mort eu 1471. Outre les ou- 
vrages de Boëce que l'on a cités , il 
a écrit fort au long sur \Aiithme- 
tique et la Musique. On a une 'Vie 
de Boëce , par Murmel de Rure- 
monde , par l'Italieu Jules-Martien 
Rota , par Pierre Berlius , dans la 
préface qu'il mit en tète d'une édi- 
tion qu'il publia à Leyde , du livre 
de la Consolation; et enfin par l'abbé 
Gervaise , in-12. On trouve aussi la 
Vie de Boëce dans l'édition latine 
des ciuq livres de la Consolation 



52 BOEC 

qu'a domiéP J. Th. B. Helfreuht eu 
1797 , iu-8°. 

* II. BOECE ( Christian-Frédéric ) 
a gravé pUisieiirs sujets dapres Te- 
niers, Wouvermans el autres ; mais 
on dislingue sur-loiU sou Estampe 
représenuml une femme qui lieut 
MU pot dans lequel soul des cliai bons 
«fue souffle un gardon , et dimt la 
ilainme éclaire seule le sujet; elle 
esl d'après Rubens. Né à Leip^uk 
en 1706, il est mort à Dresde eu 
1778. 

* B(KCKELIUS ( Jean ) , docteur 
en médecine , né à Anvers le 1*=' no- 
vembre lôo.T , el mort à Hambourg, 
où il occupoit la place de premier 
médecin, le 21 mars i6o,ô , est au- 
teur des ouvrages suivans : I. De 
peste qtiœ lîambiirgum dvitatem , 
anno i565, grauisslmè afjiixit , 
HeuricopoU , i577 , in-8". II. .*♦/- 
nopsis nui'i moibl , quem plerique 
.catarrhum fcbrile.m , vel fehrern 
catarrhosam vacant , qui non so- 
lùm Germaniam , sed pêne uni- 
versam Europam , gravlssimè af- 
jiixit , Helmstadii , i58o , in- S*'. 
III. Anatomc vel Descriptiuparlium 
corporis humani , ut eâ in acacle- 
miâ Juliâ , quœ est Helmstadii , 
singulis annis publiée prœlegi ac 
administrari solet , Helmstadii , 
i585 , i588 , in-8°. Cet ouvrage esl 
rempli de fautes ; l'auteur est tombé 
dans des erreurs qu'on ne pardon- 
aieroit pas à un anatomiste d'un mé- 
diocre savoir. IV. De p/iiltris ; 
utrùni animi hominum lus com- 
moveanlur , necne ? Hamburgi , 
1699, 1614 , iû-4*^- 

t ï. BOECLER ( Jean - Henri ) , 
conseiller de l'empereur, et del'élec- 
teur de Mayeuce , historiographe de 
Suède, et professeur en histoire à 
Strasbourg , naquit dans la Franco- 
nie en 1611 , el mourut l'an 1692. 
Plusieurs princes le pensionnèrent, 
entre autres , Louis XIV , et la rcjiue 



BOEC 

Christine qui l'avoit appelé enSuèd?. 
Ses principaux ouvrages sont, l. Com- 
inenlaiiones Eliuianœ. II. Tirnur , 
vutgo Tamerlanus , 16,07, in-Zi". 
III.iVo///''a sanrii Romani imperii, 
1681 , in-8''. C'est plutôt \n\t table 
des matières et des auteurs , qu'un 
traité rloomalique sur le droit pu- 
blic. IV. Historia , schola princi- 
pum ; ouvrage plein d'excellentes 
rétlexious, mais trop abrégé. V. Bi- 
bliograp/na cri/ica , 17^31 iir-8°. 
VI. Des Disse/ta/ions , en 3 vol. 
111-4°, Rostoch, '71"- ^'^^- ^om- 
mentatio in Grolii librum de jure 
belli et pacis , Strasbourg, 1712, 
iu-4'^. 11 prodigue à sou auteur tous 
les éloges que les traducteurs ont 
coutume de donner à leurs origi- 
naux. On appeloilgrotiens à Stras- 
bourg ceux à qai il avoit commu- 
niqué sou enthousiasme pour Gro- 
tius. 11 jure, dans uue lettre pul)liée 
après sa mort , uc[ue personne n'ap- 
procheroit jamais de sou ouvrage, 
et que quiconque voudroit l'égaler 
feroit rire , à coup sîir , la postérité.» 
Boeder avoit un neveu qui portoit 
ses prénoms , et qui est auteur de 
quelques Traités de jurisprudence ; 
il étoit jurisconsulte à Strasbourg , 
où il mourut dans le 1 S" siècle. Sou 
éloge historique se trouve dans les 
Nova acta erudilorum de Leipsick, 
année i733 , page 332. 

* II. BOECLER ( Philippe-Henri ) , 
né àStrasbourg le 1 .t décembre 1718, 
fut reçu docteur en médecine dans 
l'université de cette ville le igavril 
1742. Revêtu de ce titre , il alla à 
Paris , de là à Aix , et ensuite à 
IMoulpeUier , où il suivit les levons» 
des professeurs de médecine et d'aua- 
tomie de ces universités; en 1744 
il revint dans sa patrie , où il se dis- 
tingua , tant par la pratique de la 
médecine et de la chirurgie que par 
celle de l'art des accouchemens. Il 
mourut dans sa ville natale le 7 
juin 1 7.19. Lés ouvragi-s de ce mtJc- 



BOEH 

citi consisleut eu Dissertations aca- 
démiques. 

* 111. BOECLER , professeur de 
médecine en rimiversilé de Stras- 
bourg, a publié, eu 1721 , le Re- 
cueil des a!^se/i'ntio/is qui ont été 
faites sur la maladie de Marseille, 
Strasbourg , in-8*. C'est le princi- 
pal de ses ouvrages; les autres sont 
des Dissertations scolastiques ; il 
faut cependant eu excepter la Cyno- 
sura inateriœ medicœ de Paul 
Herman , qu'il fit imprimer à Stras- 
bourg eu 1726 , 17-28 , 1731 , 
Yo!. lu-ij" , avec des augmentations. 

;• BOEI^M ( Jacob ) a «lonné son 
nom à la secte des boehmistes. Il 
naquit eu ifvyS , dans \\\\ bourg de 
la baule Lnsace , d'un paysan qui le 
fit cordoiiniprf 11 mourut eu 1624 , 
après avoir eu de [réquentes extases 
jiendaiit le cours de sa vie, genre de 
fièvre qui prenoit souvent à ce fana- 
tique. Ou a de lui plusieurs ouvra- 
ges , qu'on peut placer avec les rêves 
des autres entiiousiastes , entre au- 
tres ,^ le livre intitulé V Aurore^ 
qu'il composa en 161 o; elle u'est rien 
moins que lumineuse. Saint -Mar- 
tin , disciple de Eoehm , a traduit cet 
ouvrage de l'allemand en français , 
sans le rendre plus intelligible. 
I,es ouvrages de Boehm furent im- 
primés à Amsterdam , 1682 , in- 12. 
Sa vie a été donnée par Frankeu- 
berg. 

* BOEHME ( Jean-Gottlob ) , né 
à Wur:^en le 20 mars 1717 , fut 
nommé professeur d'iiisîoire à Leip- 
sick en 1758 , et conseilltr de cour 
et hisloriograplie de l'électeur de 
Saxe. Ses ouvrages sont pour la 
plupart des Dissertations et des 
Discours , qui contiennent des re- 
dierclies profondes principalement 
sur ÏHistuirede la Saxe ; elles sont 
écrites dans le latin le plus pur et 
le plus élégant. 

t I. BOEffiVIER (Justin) naquit 



BOEH 5:S 

à Hanovre eu 1674 ; il fut chance- 
lier de l'université de Hall, et, quoi- 
que proteslaut , il dé«lia pUisievirîv 
de ses écrits au papç Beuoit XlV. Ils 
sont savaus et modérés. C'est l.Jus 
ecclesiasticam protestantium , 4 
vol. in-4°. 11. Douze Dissertations 
sur r ancien droit ecclésiastique. 111. 
Corps de droit canonique , *1747. 
Ce jurisconsulte est mort le 11 août 
17^19- 

* II. BOEIIMER ( Jean-Samuei- 
Frédéric de ) , tils du précédent , 
né à Hall le 29 octobre 1704, ju- 
risconsulte célèbre, conseiller in- 
time du roi de Prusse , et directeur 
de l'université de Francfort- sur- 
l'Oder. Frédéric , pour récompenser 
sou mérite , lui donna des lettres 
de noblesse. Il mourut le 20 mai 
1772. C'est un des sa vans d'Alie- 
magna qui a le plus approfondi, 
le droit criminel. Ses principaux 
ouvrages sont , 1. Observationes in 
Benj. Carpzopii practicam no- 
vain rerltm criminalium , Fran- 
co f. ad Mein , 1769 , in-fol. II. 3Ie~ 
ditationes in con^itilutiouem cri- 
miualem Caroliiiam , HaJœ , 1770, 
in-4'' , ouvrage important dana cetta 
partie de la jurispnidence. 

* III. BOEHMER (George-Louis), 
célèbre jurisconsulte du 18^ siècle, 
fils de Justin , né le 18 février à 
Hall. Il étoit professeur de droit, 
et conseiller de justice à Gœttin- 
gue. llperfectiouna l'élude du droit 
canonique et civil , et publia des 
ouvrages lumineux et profonds sur 
ces deux branches de la jurispru- 
dence ; mort le 17 août 1797. 

* IV. EOEHMER (Philippe-Adol- 
phe) , prori'esseur de médecine et d'a- 
natomie en l'université de Hall eu 
Saxe, est auteur de plusieurs ou- 
vrages qui l'ont fait connoitre avan- 
tageusement des savans du 18® siècle. 
Comme ce médecin s'occupoit de 
l'art des accoucheraens , il débuta 



54 BOEL 

par cleiix Dissertations , dont la 
première fut imprimée à Hall en 
1706 , in -4", sous ce litre : Situs 
iileri gravidi ac fœtus , ac sedes 
placenlœ in utero. Dans la seconde 
on trouve l'éloge du forceps an- 
glais. La plupart des autres ouvrages 
de ce médecin cousistenl en Disser- 
tations académiques. Ou ne relatera 
ici que les pièces suivantes : I. De 
polipàago et allotriophago IJ'it- 
tcmbergensi , Villembergae , 1707. 
Il s'agit d'un homme qui mangeoit 
toutes sortes de substanc»s. II. Ins- 
titutioiies osteologicœ , Halae Mag- 
deburgicae , J75i, iiî-8°, avec Hg. 
III. Observatinnuni analomicarum 
rariorum fascicuhis primits , ibid. , 
1753, in - fol. IV. Observatiunum 
anatornicarum fasciculus alter , 
ibid. , 1766 , in-fol. 

* V. BOEHMER (Jean-Benjamin), 
né à Lignilz en Silésie le 14 mai 
1719 , re(,ut à Leipsick les honneurs 
du doctorat en 174-^, et eu 1750 
il fut nommé à la chaire d'anato- 
mie et de chirurgie de cette ville , 
qu'il remplit avec distinction jus- 
qu'à sa mort arrivée le 1 1 mai 
175,1. On a de lui quelques Disser- 
tations insérées dans le Recueil de 
Ihèses du célèbre Haller. On a en- 
core «ne F'ersion allemande de 
la chirurgie de Platner , qui est 
due en partie aux soins de Boeh- 
rner. 

tl.BOEL (Pierre), peintre d'An- 
vers, né en i6i25 , voyagea en Italie, 
et y acquit le goût et le coloris bril- 
lant qui distinguent ses produc- 
tions. Il ainioit à représenter les 
animaux , les fruits , les plantes et 
les Heurs. Il peignoiten grand et tout 
d'après nature. Ses phis beaux ou- 
vrages sont les Quatre élémens ; 
chaque tableau représente les ani- 
maux, les fruits, les llenrs, etc., 
servant à représenter chaque slé- 
ment : ils sout rares à Paris. 



BOEPt 

* II. BOEL ( Coryn ) , né à An- 
vers eu 1634, parent du précédent, 
a gravé les Batailles de Charles- 
Quint d'après Tempeste, ainsi que 
différens sujets d'après Michel-Ange 
et autres grands maîtres. 

* BOEM (Antoine -Guillaume), 
théologien , né en 1675 à Destorf 
en Allemagne , où son père étoit 
ministre. Il étudia à Hall sous le 
professeur Frank , ensuite il passa 
en Angleterre , où il fut chapelain 
du prince George de Danemarck , 
et ministre de la chapelle allemande 
à Sainl-Jamcs. Il mounit eu 17.^^. 
Il a publié un volume de Sermons, 
et traduit en anglais Arndt, sur la 
Vérité du christianisme. 

BOEMOND. Voyez Ai^exis , 
n° IV. 

t BOERHAAVE (Herman). Ce 
grand homme étoit né à Worrhout , 
près de Leyde, en 1668. Sou père, 
jvisteur de cette ville, fut son pre- 
mier mailre. A l'âge de i.5 ans, U 
se trouva sans protection, livré à 
lui-même , et privé de fortune. Il 
s'attacha d'abord à la théologie , 
et sou intention étoit de se faire 
prêtre ; mais l'étude de la nature 
avoit pour lui un attrait plus puis- 
sant , et le temps de ses études 
religieuses se trouvoit souvent ab- 
sorbé par la contemplation de ses 
beautés. A cette époque, il pouvoit 
à peine exister par son travail , et 
il enseigna les Uiathémaliques , pour 
se procurer les choses de première 
nécessité. On se le persuade à peine, 
car on sait que son héritage a été 
de plus de deux cent mille livres 
de rente. Cependant à cet àgs , il 
possédoit toutes les langues orien- 
tales , il avoit lu tous les auteurs 
ecclésiastiques , les commentateurs 
modernes , et n'avoit pas négligé 
la médecine. Il fut reçu docteur 
dans cette science en 1693. Son 



BOER 

génie perça roljsciirilé dans laquelle 
il ëtoit enveloppé ; ses amis l'en- 
tourèrent , et lui procurèrent la 
place de professeur de médecine , 
de chimie et de botanique dans 
1 université de Leyde , avec les ap- 
poiutemens attachés à ces trois 
chaires. L'académie des sciences de 
Paris , et la société royale de Lon- 
dres, à chacune desquelles il com- 
muniquoit ses observations et ses 
découvertes, l'invitèrent à prendre 
place dans leur sein. Taudis qu'il 
])rofessa les sciences dont nous par- 
lons , l'université de Leyde fut con- 
sidérée comme l'école de toute 
l'Europe. En 1715 , lorsque Pierre- 
le-Graud vint en Hollande, il ne 
manqua iamais d'assister aux leçons 
de Boërhaave , et sa réputation 
étoit si étendue , qu'un mandarin 
lui écrivit un jour : A rUlusLre 
Boërhaave , en Europe , et la 
lettre parvint à sou adresse. Les 
étrangers accouroient en foule au- 
près de lui. Toute l'Europe lui en- 
voyoit des disciples , et son grand 
talent étoit de se les attacher en 
les instruisant avec douceur , les 
consolant dans leurs peines, en les 
soignant comme ses enfans en sauté 
et eu maladie. A l'époque où il 
devint membre de la société royale 
de Londres et de l'académie des 
sciences , la plupart de ses ouvrages 
étoient répandus dans toute l'Eu- 
rope. Les principaux, sont , I. 1ns- 
tiludones medicœ , Leyde , 1713 , 
in^8°. Elles ont été traduites dans 
toutes les langues , même eu arabe. 
II. ylphorismi de cognoscemlis et 
curandis morbis , in-12, Leyde, 
1715. La Métherie les a traduits 
eu français , avec des notes , 10 vol. 
iu-12. Van Swieteu les a commen- 
tés, lo vol. in-12. III. P/c.r/\s 
medica , swe Comrnentarius in 
aphorismos , 5 vol. in- 12. IV. 31e- 
thodus discendi medicinam , Lon- 
dres, 1726, in-8°. V. De viribus 
medicàtnentorum , 1 740 , iu - 1 3. 



traduit nii {raiiçr.is. par Dcvanx , 
in-12. Vî. Etemenla ch'nniœ , 
Paris , 1700 , 2 vol. in-4*' , traduits 
en français par Allemand , et aug- 
mentés par Turin , Paris , 17:14 , 
6 vol. in-J2. VU. De mot bis ner- 
%'oruin , Leyde , 1761 , 2 vol. in-S". 
VIII. De morbis oculorum , Pa- 
ris , 1748 , iii-i 2. IX. De Lue ve- 
nereâ , 17.^1 , in-i2. X. Historia 
plantarum horti Lvgduni Bala- 
vorum , 1727, in-12. Tous ces 
ouvrages out été imprimés à La 
Haye, i758, et à Venise, 17C6, 
in-^". Ce grand homme ne s'enor- 
gueillissoil point de ses rares lalens. 
Sa forlnne , en s'accroissant , ne 
l'avoit point changé. Sa condescen- 
dance envers ceux qui l'appro- 
choient, son extrême patience , el sa 
complaisance excessi\ e étoient pouf 
tous un sujet d'étonnement et clad- 
niiration. 11 étoit toujours gai , 
toujours prêt à suivre uu objet de 
conversation utile ; il eut toujour.^ 
des ennemis, mais il méprisoit la 
calomnie. « Ses traits , disoit - il , 
sont des étincelles , et si vous ne 
vous eu laissez point atteindre , 
elles meurent d'elles - mêmes. Il 
faut prier Dieu pour les cer- 
vaux malades qui nous injurient , 
et les faire taire par la persévérance 
à bien vivre. » Vers le milieu de 
l'année 1707, il sentit les appro- 
ches dune maladie qui devoit le 
conduire au tombeau. Ces symptô- 
mes dégénérèrent en une incurable 
hj'dropisie. Au milieu des douleurs 
qu'il éprouvoit , il conserva tou- 
jours la douceur de son caractère 
et la liberté d'esprit. Trois semaines 
avant sa mort , le docteur Schul- 
tens , son ami , vint le voir : le 
malade lui adressa un discours sur 
l'immortalité de l'ame et l'itifiuence 
des infirmités du corps sur les fa- 
cultés de 1 esprit. Ou auroit crn 
entendre Platon s'entretenont pai- 
siblement avec ses disciples. Sds 
souffrances ue purent lui arracher 



5G 



BOER 



une plainte , et il y «nccomba 
enfin le 25 septembre 1708, clans 
sa Ga" aiinéf. M Si-hullens pro- 
nonça son oraison funèbre à l"n- 
niversité de Leyde devant un nom- 
breux aiu'iiloire. Souvent il fnl in- 
lerroiupa par les sanglots et les 
gémissemens de ses amis , de ses 
élèves et des malheureux qui dé- 
voient la vie à ses bienfaits. Eloge 
plus éloquent que les plirases Ips 
pins pompeuses, et qui reste gravé 
dans la mémoire de la postérité. 
La ville de Leyde lui a élevé un 
monument dans Ivglise de Saint- 
Pierre, avec, celle inscription : .Sa- 
Ititifero Eoërhaavl Geuio sacrum. 
Le tombeau cousisie eu un pié- 
destal de marbre noir , sur lequel 
est posée une urne , avec \\\\ groupe 
qui représente les quatre âges de 
la vie , et les deux sciences dans 
lesquelles Eoërhaave exceiloit. Sur 
le piédestal est le mcdaillon du 
grand homme, et de la bordure 
il s'échappe un rnbau sur lequel 
est écrit son mot favori : Simplex 
vigilum \'en. Boërhaave étoit un 
peu au-dessus de la stature nioyen- 
ne , bien proportionné , et d'une 
bonne con3tituti(ni. On dit que 
quand l'âge eut blanchi ses che- 
veux, sa figure deviut véuérable, 
Irès-expressive , et ressemblante à 
celle de Socrate , mais plus douce 
et plus engageante. 11 fut orateur 
éloquent , il parloit avec grâce et 
dignité; ses pensées éloieut justes, 
son discours précis, et il avoit l'ait 
de captiver tellement ses auditeurs, 
qu'ils craignolant la fin de ses le- 
çons , toujours animées par un 
brillant esprit de critique si fin et 
si iP.géaieux , que nul ne ponvoil 
s'en offenser. Ne voulant jamais 
perdre une heure de sa vie , il 
n'avoit pas plutôt atteint à une 
science qu'il aspiroit à une autre : 
ainsi il associa la médecine à la 
théologie, la chimie aux mallicma- 
trques , et l'anatomie à la botanique. 



BOET 

Sin sitcîe n'a pas produit un plus 
gr.-ind homme , imlsque ses ouvrages 
sont, et seront long-temps , en mé- 
decine , des livres classiques pour 
tous les médecins. 

* BOERNER (Frédéric) , docteur 
en médecine , professeur cxtraor- 
diiîaire dans l'université de 'V^'il- 
lemberg , naquit à Leipsick le 17 
juin 1723, et mourut dans celte 
ville le 3o du même mois 1761. 
Ou a de lui quelques ouvrages re- 
latifs à l'histoire de la médecine , 
entre antres celui intitulé Isovies 
Gi/elphicœ , swe Opuscula rnedi- 
co-litteraria , Rostocbii , 1755 , 
in-8^ 

ROÉSÉEE et OOI-IAB , sculpteurs 
et gravrur» hébreux, exécuteront le 
tabernacle du trinple de Jéruyalein , 
et y appliquèrent habilement l'or , 
rargenl, le bronze, le marl)re, les 
pierres précieuses et les bois les plus 
rares. 

* BOÉTHIUS ( Chrétien-Frédé- 
ric ) , peintre , né à Leipsick en 
1 70ti , élève de î'ink et de Warl- 
maun à Cassel. Il peignit agréable- 
ment, des sujets d'histoire. 11 fut 
membre de l'académie de Dresde. 
Ses meilleurs ouvrages se trouvent 
dans la galerie de cette ville. 

BOETIE (Etienne de la), de 
Sarlat en Périgord , conseiller au 
parlement de Bordeaux , cultiva la 
poésie latine et française avec suc- 
cès. Il fut auteur dès lage de seize 
ans, et mourut à 02 , en i.oGo , à 
Germignan, à deux lieues de Bor- 
deaux. .Montaigne , sou ami , auquel 
il laissa .sa bibliothèque, recueillit 
ses (Suires , iri-8° , en 1571. On 
y trouve des Traductions de di- 
vers ouvrages de Xénophon et de 
Plutarque , des Discours politi- 
ques , des Poésies , etc. Son Ju- 
theiioticori , ou l'Esclavage voloa- 



BOEX 

taire , fut pnLlié en iSyS , dans le 
temps des guerres de religion eu 
France. 

I. BOÉTIUS-KPO, célèbre juris- 
consulte des Pays-Bas, naquit à 
Koorda eu 1529, et mourut à Douay 
eu 1099. On a de lui plusieurs ou- 
vrages sur le druil et sur d'autrea 
matières. 

II. EOÉTIUS (Hector), Ecossais, 
né à Dnudée, d'une famille nol)îe , 
an 16 siècle , se lit aimer et estimer 
des savans de son temps. Evasine 
en parle avec éloge. On a de lui 
des ouvrages hi.4onqnes. Les prin- 
ci'()aiix sont , Ilist-oria Sculonim , 
Paris, 1^10, in-fol. , et Histuiia 
cpiscoporurn Aberdoncnsium , Pa- 
ris , i.Tia , in -4°. ( J^'oyez Boece, 
u° I , e/ BooDT. ) 

* BvETON fut employé , avec 
D:o^ç;)iete , comme arpenteur à la 
mesure des marches de l'armée 
d'Alexandre , et des contrées qu'elle 
parcourut. H en écrivit ïltuiéraife, 
qui malbeureusement ne nous est 
poin; parvenu ; il anroit pu ré- 
pandre un grand jour , non seule- 
ment sur i histoire d'Alexandre , 
mais encore sur la géograj;hie de 
l'Orient. ( frayez Saiule-Croix, des 
histoires. d'Al. , pag. 4^- ) 

BOETTE, royez BotEXTE. 

* I. EOETTCHEPi (Eruest-Chris- 
lophe ), né le 18 juin 1^97 dans 
le pajs Ai Hildesheim , apprit le 
commerce , et s'établit ; mais des 
spéculations malheureuses et d'au- 
tres circonslatices-Ie privèrent de s.t 
fortune , lorsqu'un négociant an- 
glais , connoissaut sa probité , lui 
oli'ril des marchandises à crédit, et 
s'engagea à reprendre toutes celles 
qu'il ne pourroit pas vendre. Boelt- 
cher amassa en peu de temps de 
grandes richesses. 11 conçut alors le 



BOET 5; 

noble dessein d'être utile à son pays. 
ConvauuHi qu'on ne pouvoit rendr» 
les hommes heureux ([u'en leur hn- 
maut de bonne heure l'esprit et le 
caur,et les instituteurs étant pour la 
plupart ou nuil payés ou inhr.bib's 
aux nobles fondions dont ils sont 
chargés, il établit a Hanovre un sémi- 
naire d'instilulenrs, et y joignit une 
école gratuite pour les enfans de pa- 
rens pauvres , etllit lui-même direc- 
teur del'élablissenienl. Il ass.gnauii 
capital de 10,000 écus pourangmeu- 
ter les trailemens trop modiques Aei 
autres instituteurs, li consacra la 
]iUis grande partie de son immense 
fortuiie à de scmblaljles entreprises.. 
Eorsque son grand âge ne lui permit 
plus de surveiller son établissemint, 
il en conlia la direction au consis- 
toire royal, ce qui le changea e» 
institution publique. 

* II. BOETTCIIER (Jean -Fré- 
déric ) , inventeur de la porcelaine 
de Saxe , est né vers la hn du 17'' 
siècle , suivant les uns à Magde- 
bourg, et suivant d'anlresà Schleilz, 
dans le Voigtiaud. Après avoir été 
eu apprentissage à Berlin chez un 
apolliicuire , il s'occupa d'alchimie. 
S'étant un jour vanté de posséder 
une poudre avec laquelle il pouvoit 
changer les métaux en or, il fut 
obligé de quitter Berlin en 1701 , et 
se réfugia en Saxe. L'électeur de 
Saxe, alors roi de Pologne, le lit 
arrêter et conduire à Dresde, où il 
lui demanda s'il savoit faire de l'or. 
Boettcher répondit négativement, 
et assura que tous ses efforts leudoient 
à faire de la porcelaine. Soit que le 
roi n'ait pas ajouté foi à ce qu'il di- 
soit, soit qu'il ait voulu hâter fiu- 
veution de la porcelaine, il fit en- 
fermer l'alchimiste dans la forte- 
resse de Konigsteiu , lui ordonna de 
travailler à la poudre pour la Irau.s- 
rnutation des métaux , et lui fit 
douner tout ce qui lui étoit néces- 
saire pour ses opérations, Boettcher 



58 



BOFF 



J'ut doue obligé de renouveler ses 
essais pour faire de l'or. Avaul tout, 
il s'occupa à trouver une bonne ma- 
tière pour ses creusets ; et en mé- 
langeant plusieurs sortes de terres et 
eu les cuisant, il eut pour résultat 
de la porcelaine. Celle qu'il obtint 
d'abord étoil d'argile brune des en- 
virons de Meisseu. Cette invention , 
qui date de 1704, est devenue pour 
la Saxe une véritable mine d'or. 
Boettcher mourut le i/( mars 1719 : 
il avoit été élevé à la dignité de ba- 
ron. Son invention a beaucoup été 
perfectionnée depuis sa mort. 

* BŒEUF. T'oyez Le BmuF. 

BOFFRAND (Germain) , ardii- 
tecle, iils d'un sculpteur et d'une 
sœur du célèbre Quinault , né à 
Nantes en Bretagne l'an 1667 , 
mourut à Paris en i''.îr», à 88 ans. 
C'étoit un élève de Hardouiu Man- 
sard, qui lui coulioit la conduite de 
>es plus grands ouvrages. Ses taleus 
le firent recevoir de l'académie d'ar- 
chitecture en 170g. Plusieurs sou- 
verains d'Allemagne le choisirent 
pour leur architecte , et firent éle- 
■ver beaucoup d'édifices considéra- 
bles sur SCS plans. Sa manière de 
bâtir approche de celle de Palladio. 
Il meltoit beaucoup de noblesse dans 
ses productions. Ingénieur et inspec- 
teur-général des ponts et chaussées , 
il fit construire un grand nombre de 
canaux, d'écluses, de ponts , et une 
infinité d'ouvrages mécaniques On a 
de cet illustre architecte un ouvrage 
curieux et utile, intitulé Livre 
f/'arc/iitecti/re , Paris, 1745, iu-fol., 
avec figures. L'auteur expose les 
principes de son art , et donne les 
plans , profils et élévations de la 
plupart des principaux bàiimens 
civils, hydrauliques et mécaniques, 
qu'il a fait exécuter en France et 
dans les pays étrangers. On peut 
citer avec éloge les PalaJs de Nanci, 
de Lunéville, de la Malgrange en 
Lorraine ; les Hoielx de ("raon , de 



BOGA 

!\Ion{morency , d'Argensoi» : les Dé- 
coralioits intérieures de l'hôtel de 
Soubise , à Paris ; les Parles du petit 
Luxembourg et de l'hôtel de Villars; 
le Portail de la Mercy ; le Puils de 
Bicètre ; les Ponts de Sens et de 
Montereau ; le grand Bâtiment des 
Enfaiis-Trouvés , rue neuve Notre- 
Dame, etc. On trouve dans le même 
livre un Mémoire estimé, qui con- 
tient la Description de ce qui a été 
pratiqué pour foudre d'un seul jet 
ta statue équestre de Louis Xlf"'. 
Cet écrit avoiî été imprimé séparé- 
ment eu 1745. BoEFrand avoit mie 
manière de penser noble et désinté- 
ressée. Il étoit agréable dans la con- 
versation , d'un caractère doux et 
facile. Il est mort doyen de l'acadé- 
mie d'archileclure, pensionnaire de.s 
bàtimensdu roi, premier ingénieur 
et inspecteur-gcuéral des pouls et 
chaussées, archilecle et administra- 
teur de l'hôpital général. 

BOG (Mylhol.), fieuve de Russie, 
adoré comme un Dieu. Ou u'appro- 
clioit de ses bords qu'avec respect ; 
ou ne puisoil ses eaux qu'avec re- 
cueillement. Quiconque leseût souil- 
lées eut été puni de mort. 

* I. BOGAERT ( Jacques ) , doc- 
teur en médecine, né à Louvam 
vers l'an i44o, et mort dans cette 
ville le 17 juillet 1.S20, a écrit 5 vol. 
de commentaires sur Avicenne , 
qu'on trouve eu manuscrit dau.<; la 
bibliothèque de la ville d'Anvers , 
sous le titre de Collectorium in 
Avicennœ practicam. 

* II. BOGAERT ( Adam ) , troi- 
sième fils du précédent , docteur en 
médecine , né à Louvaiu vers l'au 
1486 , après avoir professé et prati- 
qué son art avec distinction , entra 
dans l'ordre de Saint-François , dont 
il prit l'habit au grand couvent des 
récoliets de Louvam. Il devint dans 
la suite gardien de oellc maison , où 
il mourui le 20 mars iS-^o. On a 



BOGD 

fie Ini , Fptsto/a ad Pet ru m. Bni- 
hesiurn ; elle roule sur la guérisou 
de la goutle. Henri GaretTa insérée 
dans ses Concilia variovum de ar- 
thritidis piœservatlone et cura- 
lione , Francoliirli , i5y2,in-8°. 

m. BOGAERT. royez Desjar- 
niNs. 

* BOGAN (Zacharie), théologien 
anglais , né an petit Hempstoue , 
dans le Uévonshire. Il étudia d'abord 
à Sainl-Albans,et ensuite au collège 
de Gorpus-Christi à Oxford. Il est 
devenu célèbre par sa profonde con- 
uoissance des langues. Ses ouvrages 
sont , Des additions à X Archéologie 
atiiqiie de Roiis ; un Essai sur les 
c/idtimens dont l'Ecriture sainte 
menace les pécheurs , in-8°. ; le Mé- 
rite de la pie chrétienne , in - 8° ; 
Comparaison entre les expressions 
d'Homère et les écrivains sacrés , 
in-8° ; Secours pour la prière , 
in-12. Bogan est mort en lôôg. 



BOGU 



59 



* BOGDANUS ( Martin ) , dis- 
ciple de Thomas Bartholin , et doc- 
teur en médecine , étoit de Uriesen , 
dans la Nouvelle IMarche de Bran- 
debourg. 11 fixa sa résidence à 
Berne, où il remplissoit la charge 
de médecin de la ville. Il a publié: 
I. Budbekii insidiœ structœ vasis 
lympliaticis Thomœ Bartkolini , 
Francofurli et Hafnias . i654 , iii-4°. 
II se répand en invectives contre 
Rudbek, qui s'attribuoit l'honneur 
de la découverte des vaisseaux lym- 
phatiques. IL Jpologia pro vasis 
lympliaticis Bartholini adversùs 
insidias secundo structas ab Olao 
Rudbek , Hafniœ , i654 , 'in-12. 

III. SimeonisSethi volumen de ali- 
mentorum f'acullatibus , grœcè et 
latine , Pavisiis , i658, in-8°. Il 
fit cette traduction sur deux ma- 
nuscrits de la bibliothèque de Mente!. 

IV. Tractatus de récidiva mor- 
borum ex Uippocrate , ad Hippo- 



8°. V. Observationes medicœ ad 
Thomani Bartholinum.C&s, obser- 
vations , qui sont an nombre de 
douze , et toutes chirurgicales , se 
trouvent dans l'ouvrage de Michel 
Lyser, intitulé Vulter analomicus , 
et publié à Copenhague en i665 et 
eu 1679, in-S". 

BOGÈS. T'oyez Butes , u° II. 

BOGOMILES (les). Voyez Ba- 
sile , u° VU , chef de la secte. 

t BOGORIS , premier roi chrétien 
des Bulgares , déclara la guerre à 
Théodora par ses ambassadeurs en 
841 . Cette prmcesse gouvernoit alors 
l'empire grec pour Michel son fils. 
Elle leur fit une réponse digue d'une 
éternelle mémoire. <c Voire roi , leur 
dil-elle, se trompe, s'il s'imagine 
que l'enfance de l'empereur , et la 
régence d'une femme , lui fournissent 
une occasion favorable d'augmenter 
ses états et sa gloire. Je me mettrai 
moi-même à la tête des troupes ; et, 
s'il est vainqueur , quelle gloire re- 
retirera-t-il de son triomphe sur 
une femme? mais quelle honte ne 
sera-ce pas pour lui , s'il est vaincu? » 
Bogoris sentit toute la force de cette 
réponse , et renouvela son traité de 
paix avec l'impératrice. Théodora 
lui renvoya sa sœur, prise sur les 
fronlières. Cette princesse lui donna 
du goût pour le christianisme : Bo- 
goris l'embrassa en 8ô5 , et l'année 
d'après , il envoya sou fils à Rome 
demander des évèques et des prêtres 
an souverain pontife. 

* BOGUET ( Henri ) , né dans le 
16® siècle à Pierre-Court , bailliage 
de Gray en Franche- Comté , éloit 
grand-juge de la ville de St.-Claude. 
li a publié trois ouvrages : le pre- 
mier est une Vie de Saint-Claude 
et un Recueil de ses miracles , im- 
primés en 1591, réimprimés a Lyon, 
1609, in-S"; et 1607 , in-12. On y 
voit que l'auteur n'aroit pas la 



cratis mentem jBa&ûtai , 1660, in- \ moindre notion de la chronologie 



r>o 



BOHA 



Le second est i,u Commenlairc 
lalin sur la Coutume du comté de 
Bourgogne, in-.,^. Le troisième est 
inti tu lé Discours des sorciers , avec 
SIX aduis en fait de sorcellerie , 
et une Instruction pour un juge en 
semblable matière , 5<= édition 
l^you, ifijo, iii-8° de pins de -700 
pages. C'est un recueil absurde dans 
lequel on trouve des remarques ri- 
dicules sur les signes de sorcelle- 
rie ; par exemple : Ne ponu répan- 
ore de larmes devant les juges ; 
Itmr les yeux iixés en terre eu'leur 
présence, sans oser les regarder; 
avoir la croix de son chapelet un 
peu cas>ee; être accusé par des en- 
tans de 8 à 10 ans d'aller au sal.l)at ; 
avon- un regard farouche. Telles 
eloient les preuves snirisanles jiour 
être condamné au feu. Ce qu'il y a 
de plus absurde encore, cest que le 
parlement de Dôle , qui avoit dans 
son sein des gens de mérite , con- 
hrmoit presque tous les jugemens 
atroces rendus en matière de sorcel 
lerie sur de pareils motifs. 

* BOC-UPHALUS, évêque de Po- 
»eu en 1242; c'est 1 historien le plus 
aucien , après Kadlubko , dont les 
ouvrages .soientimprimés.Son6'///o- 
niconPoloniœ coiiunence à l'origine 
de la nation, et s'(:iend jusqu'à !'an 
la'ôi ; il fut continué par Parzko 
)u.<!qu'en 1271. 

*B0HAD1N, fils de Sjeddad, cé- 
lèbre historien arabe, exerça, sous 

^•dadm, sultan d'Egypte, la dignité 
dekadi ou muphti. 11 écrivit, comm--^ 
temom oculaire, la vie de Saladi» 
et donna siir-iout les pU,s grands 
détails de l'histoire de la guerre de 
ce sultan contre les chrétip'ss , guerre 
qm mil iin au royaume de JéruRa- 
Jem. Son ouvrage éclaircit plusieurs 
points des hiMorieus chrétien-; .nu 
ont parlé de cette guerre, et rempli! 
iSs lacunes qu'ils ont laissées. Boha- 
dui termine son livre par la mort du 
-i'ilan, arnvéi en ijg.-,. Cet oii- 



BOIA 



vragp a été pu^^lié à Leyde, avec 
une traduction latine, par Alberlu» 
ochuttens, in-folio. 

* BOHEMONI) r, prince d'A„- 
tioche, accompagna son père, Ro- 
bert Guiscard, duc d'Apuiie , dans 
son entreprise contre l'empire d'O- 
neiit en loSi. Robert, à son retour 
en Italie, laissa le commandement à 
son fils , qui déht Jen.pereur Alexis 
cans deux batailles. Le jeune con- 
quérant , après la mort de son père ■ 
devint prince de Tarente , et se dis- 
tingua dans la première croisade. En 
iO(i8, s'étant rendu maitre d'An- 
tioche , 1] prit le nom de cette prin- 
cipauté. Kienlôt après Laodicée tom- 
ba en son pouvoir : mais il fut fait 
prisonnier. Il recouvra ensuite Ja 
i'berié,etépouîa la fille de Philippe 
roi de France. Alors il marciia de 
nouveau contre les Grecs, à la tête 
d une nombreii.'^p armée ; mais il eut 
peu de succfcs. Il est mort eu un. 
bix ])rmc,'s de ce nom lui succé- 
dèrent dans Ja principauté d'An- 
tiothe. 

BOHN [ Jean ) , Rohnius , né à 
Leipsick le 20 juillet iG^o, mort 
dans cette villele lydécembre .718 
professeur de médecine à Leipsick 
en 1779, cultiva aussi la chimie 11 
est connu par un Traité de acido ' 
et alkah , bien raisonné; l'auteur 
répand beaucoup de lumières surs6n 
sujet. On a encore de lui un Corps 
de p/,ysiolngie , dans lequel il a 
donné un tableau assez précis des 
nimious et des découvertes de son 
siècle. 

i- BOIARUO ( Matteo - Maria ) 
comte de Scandiauo, f.ef relevant 
du duché de Ferrare, gouverneur de 
la Ville et citadelle de Kegg\), s'ap- 
pliqua à la poésie italienne et latine 
Son ouvrage le plus connu , et qui lui 
a iait un grand nom parmi les poètes 
italiens, est Je poème ^Orlando 
uinamorato , Veni.se, 15/14, in--° • 
le fonds est lire de la Chi onim.e V 



BOIA 

bilieuse de l'archevèriue '['urpin. Il 
ïe composa à l'iinilation de rUiude. 
L'aoïoiir lie Fiolaud pour Aug^'l'ine 
esi le sujet de ce poëme : le siège cK- 
Paris y tient la place du siéj^e de 
Troye , Angélique celle d'Hélène : 
dus négroniaiicieus y jouent le rôle 
des divinités. Les noms des héros 
qui remplacent ceux de la fable, 
Agranuiule, Sacripaute, Gradassô , 
Mandricaudo , etc. , sont pour la 
plupart ceux que portoient alors des 
paysans de ses terres , et dont quel- 
q.ics-iius se conservent encore dans 
le pays. De nièaie, les sites ({ni se 
trouvent décrits dans ron poème 
sont ceux des environs deStandiauo, 
ou d'autres lieux voisins qui lui ap- 
parteiioient. h'Or/a/zdo J'urioso de 
l'Arioslenest, eu quelque sorte, que 
la continuation de VOrlando inna- 
moratu, que son auteur laissa im- 
parfait. Mêmes liéros dans les deux 
poèmes , leurs aventures , commen- 
cées par Eoïardo , sont terminées 
par l'Ariosle • eu sorte que la lecture 
de l'un est absolument nécessaire 
pour la parfaite intelligence de l'au- 
tre. On ne peut refuser à Bo'iardo 
l'imaginatiou la plus vive et la plus 
brillante ; et , à ce titre , il doit être 
regardé comme uu des plus grands 
poètes que l'Italie ait produits. Si 
l'Arioste lui est iuBuimeut supérieur 
du côté du style et du coloris, il ne 
le cède peut-être pas à ce poëte pour 
l'invention et la variété des épisodes. 
Ce dernier lui doit beaucoup , et 
s'est souvent paré de ses di'pouilles. 
Boïardo n'eut pas le ternjjs dacliever 
son poëme. Nicolas Agostini , qui 
faisoit avec la plus grande facilité 
des vers médiocres , le conîlnua. 
Mais s'il avoit quelque cliose de la 
facilité de son modèle , il n'en avoit 
ni l'esprit , ni l'imagination , ni l'art 
d'intéresser. Son travail n eut aucun 
succès , et s'il a été itnprimé plu- 
sieurs fois , c'est parce qu'on l'a 
toujours mis à la suite de Boïardo. 
Ce poëte romaiicier est encore au- 



BOIL 



Gi 



teiir à'Lglogues latines estimées , 
et ini primées, à Tieggio , i noo , in-4'', 
et de Soiuicls qui ue le sont pas 
moins, Venise, i^oi, iQ-4° ; d'une 
comédie en 5 actes et en vers, inti- 
tulée Timon , 'Venise, i5i8, in-S", 
très-rave, et la première pièce en ce 
genre qui ait été , dit-on , composée 
eu vers italiens; de quelques autres 
poésies italiennes, et de plusieurs 
Traaactiorts d'auteurs grecs et la- 
tins en italien , tels qu'Hérodote et 
Apulée , sous le tiire d'yJpu/egio 
viilgare , Venise, iSig, in-8°, et 
1544, in- 8". Il mourut à Reggio 
en 149 i- La meilleure édition du 
texte original de VOrlando in/ia- 
moralo est celle cle \^enise , par 
les frères Nicoliui de Sabio, eu 1 ,')44 , 
in-z|° ; je dis le texte original, 
parce que ce pocme a été ensuite 
refait par Le Berui. — forez l'ar- 
ticle Bkrnia. 

*BOICEAU ( Jean) , seigneur de 
la Barderie. Cet auteur peu connu 
paroil avoir exercé avec distinction 
la profession d'avocat à Poitiers , sa 
patrie. 11 a laissé un Traité de la 
preuve par témoins en matière ci- 
vile , qui eut de la réputation à 
l'époque où il parut. Une Eglogue 
pastorale sur le vol de l'aigle en 
France par le moyen de paix oh 
sont introduites des bergères , paix 
et France , imprimée à Lyon eu 
i3.5g, in- 16. Du verdier cite encore 
de lui le monologue de /^o^///ecz/, 
qu'il dit traduit eu langage poitevin, 
quelques Sonnets et autres composi- 
tions. Ou trouve une Ode de sa 
façon adressée à Jean de La Péruse , 
l)arm! ies(Euvres de ce dernier. Jean 
Boiceau est mort le 14 avril 1589. 

BOIER. fojez Eoyer 

EOILE. Voyez Boyle. 

I. EOILEAU. Voyez Eoylesvk. 

^ II. BOILEAU ( Gilles ) , frère 
aine de Despréaux , étoit fils ds 
Gilles Boileau, greffier de la graud'- 



6i 



BOIL 



diamhre du parlemeni de Finis. Il 
se brouilla avec son frère cadet, dès 
que celiii-ii enl commencé à faire 
des vers. On connoil celte épigram- 
lue de Liniêre , rapportée dans le 
Bolœana : 

Veiil-on savoir poiir qmllc aflairc 
Boilcau le lontiui aujounl'lini 
En vcul l'i Despréaiix .son fiJre? 
Qu'csl-ce que Cesprijux a frtit poui lui dc- 
plaire ? 
11 a Tait (les vers mieux (\ne lui. 

L'ainé se vengea du mérite naissant 
de son cadet par de mauvais pro- 
cédés. Quelcpies écrivains , entre 
autres Giiérel , ont rejeté la faute 
de cette division su rDespréaux. Mais 
il y a plus d'apparence que Gilles 
Boileau excita réellement la haine 
de son cadet par des manières dures : 
voici une épigramme qui semble le 
prouver. 

De mou frfre, il en vrai , les tcrils sont vantés ; 

Il a cent belles qualités; 
Mais il n'a pas pour moi d'alTccllon sincère : 

En lui je Irouvc un r.M-ellenl aiileur. 
Un pot'le agréalile , un lii-.s-lion nialcur; 

IWais je n'y trouve point de Tit-ie. 

Ce qu'il y a de sûr , c'est que Des- 
préaux , né avec une ame fiere et 
indépendante , ne pouvoit souffrir 
que son frère fit la cour à Chapelain. 
Lorsque ce poêle fut nommé par 
Colbert pour dresser la liste des 
gens de mérite à qui Loius XIV 
vouloit accorder des gratifications , 
Gilles Boileau , pour avoir part aux 
bienfaits du roi , s'abaissa jusqu'à 
louer le poème de la Pucelle ; c'est à 
quoi Despréaux Ht allusion dans ces 
vers de sa première satire : 

J'nlin je ne saurois , jjour faire un juste gain , 
Aller, bas et rampant , Tècliir sou^ Cliapt^lain 
Cependant, ptuir flatter ce rimeur tutélaire , 
ï.e frère, en un besoin, va renier sou frrie. 

Les vers de Gilles Boileau étoient , 
pour la plupart , foibles et négligés. 
Sa Traduction du quatrième livre 
de l'Enéide en vers en offre cepen- 
dant quelques-uns de passables. Les 
meilleurs ouvrages de Boileau sont 
en prose. Les principaux sont, I. 



BOIL 

La Vie et la Traduction d'Epictète 
et de Cébès , i657, in-i2. 11. Celle 
de Diogène-Laerce , 1G68, 2 vol. 
in - 1 2. III. Deux Dissertations 
contre jMéuage , i6.56 , in-4°; et 
contre Coslar , iGSg , in -4°. W. 
(/£ui'respos(/u//nes,i6jo,\n-i :>,elc., 
etc. Il éloitde l'académie française. 
11 mourut en iGHc), âgé de 58 ans, 
contrôleur de l'argenterie du roi. 
Boileau avoit de la littérature et de 
l'esprit : il écrivoit facilement en 
vers et en prose ; mais il ne se déiioit 
pas assez de sa facilité. 

t III. BOILEAU ( Jacques ) , frère 
du précédent , docteur de Sorbonne , 
doyen , et grand-vicaire de Sens sous 
Gondnn , ensuite chanoine de la 
Sainte -Chapelle de Pans , naquit 
dans cette ville eu 1 655 , et y mouru t 
en 1716,3 82 ans, doyen de la fa- 
culté de théologie. Il avoit , comme, 
son frère , l'esprit porté à la satire et 
à la plaisanterie. Despréaux disoil de 
lui que , « s'il u'avoit été docteur de 
Sorbonne, il auroit été docliur de 
la comédie italienne. » Ses ouvrages 
roulent sur des matières singulières, 
qu'il rend encore plus piquantes par 
un style dur et mordant , et pir raille 
Uails curieux. Il les écrivoit toujours 
eu lutin , « de crainte , disoil-il , que 
leséveqiies ne le censurassent. « Les 
principaux sont , T. De anliqiw jure 
presbjtuorurn in rcgimine eccle- 
siastico, 1678, in-S", pour prouver 
que, cfu temps de la primitive église, 
les prêtres avoient part au gouver- 
nement avec les évêques. II. De an- 
tiquis et majoribus episcoporum 
causis , 1678 in-4". III. Le Traité 
de Katramne , De corpore et san- 
guine Domini , avec des Notes , 
1712, in-i 2. Il en avoit donné une 
version française en 1686, in- 12. 
\S . De sanguine corporis Christi 
post rcsurrectionem , 1681 , in-8''. 
Il y prouve, conlrele ministre Alix, 
que saint Augustin n'a jamais douté 
que le corps de Jésus-Clirist eût du 



BOIL 

*.aug. V. Hiatoria confessionls au- 
riculariœ , ilJ83, 111-8", iiiauvais 
ouvrage , selon l'abbé de Louguerue , 
dont le jiigemenl peut êlre suspect , 
parce qu'il n'étoLt pas favorable à 
ï'antiquilé de l'usage de la confes- 
sion auriculaire. ( Koyez son ar- 
ticle. ) VI. Maicelli Ancyraiii dis- 
quisitiones de lesidentiâ canoni- 
corum , avec im traite De tactihus 
impudicis prokibendis , Paris , 
1693, iu-8°. VU. Histoiia fla- 
gellantium , contre l'usage des dis- 
ciplines volontaires. Dans ce traité 
historique , imprimé à Paris , in- j 2 , 
en 1700 , il y a des détails qu'on 
eût souffert à peine dans un livre 
de chirurgie. Du Cerceau et Thiers 
le critiquèrent. On en publia en 1 701 
une traduction encore plus indécente 
que l'original ; mais l'abbé Granet 
la réformée en la donnant eu 1752. 
VIII. Uisqiiisitio historica de re 
vestiarU hominis ■ sacii , vitain 
communem more civili traducentis, 
1704, in-12. Ce traité fut fait pour 
prouver qu'il n'est pas moins dé- 
fendu aux ecclésiastiques de porter 
des liabits trop longs que trop courts. 
On a vu cet abbé, dans ses derniers 
jours , aller dans Paris avec un habit 
qui tenoit le milieu entre la soutane 
et l'habit court. Ou lui passoit ces 
singularités , parce qu'il s'étoit an- 
noncé d'al)ord comme une espèce de 
cynique, qui, sans avoir le ton et 
la décence de son état , avoit plu- 
sieurs des vertus qu'il exige. IX. De 
re beneficiariâ , 1710, in- 8". X. 
Traité des empêchemens de ma- 
riage , à Sens, sous le titre de Co- 
logne , 1691, in-12 : ouvrage rare, 
solide et curieux. XI. De Librorum 
circa res theologicas appioba- 
tione , 1708, in-16. XII. Colto- 
'quium criticum de sphalmalis vi- 
roriim in re litterariâ illustrium , 
169.5. On a recueilli ses bons rac^ts et 
ses singularités. Dans le temps des 
disputes excitées au sujet des céré- 
nrjnies chinoises , il prononça un 



BOIL 



G3 



Discours en Sorboune , dans lequel 
il dit que « l'éloge des Chinois avoit 
âbraiilé sou cerveau chrétien.» Ce 
doclciu" , ainsi que Despréaux, n'ai- 
nioit pas les jésuites; il les déhnis- 
soit « des gens qui alougent le 
Symbole et accourcissont le Déca- 
logue. Un jour , argumentant en 
Sorbonue contre le président d'une 
thèse , sous le nom duquel on venoit 
de publier un livre dont il n'étoit 
pas l'auteur, il lui dit publiquement- 
« Si vous aviez lu votre dernier ou- 
vrage , vous ne soutiendriez pas te 
sentiment que j'atlacpie. » Quand ou 
lui reprochoit la mauvaise compa- 
gnie qu'il voyoit quelquefois, il se 
juslifioit en disant que , u s'il falloil 
rompre avec tous les réprouvés, on 
courroit risque de vivre seul. » Le 
grand Condé ayant passé par Sens , 
l'abbé Boileau fut chargé de le com- 
plimenter. Le prince affecta de li^ 
regarder en face pour le troubler; 
le docteur feignit d'être interdit : 
« IMonseigneur , dit-il au prince , 
votre altesse ne doit pas être sur- 
prise de me voir troublé à la tête 
d'une compagnie d'ecclésiastiques , 
je tremblerois bien davantage à la 
tète dune armée de trente mille 
hommes. » Le prince charmé em- 
brassa l'orateur et l'invita à diner. 
— Voyez BoYER , n° III , et Lam- 
bert, n° X. 

t IV. BOILEAU ( Nicolas ) , sieur 
Despréaux , frère des précédens , 
naquit à Paris en i656. Son enfance 
fut fort malheureuse ; un coq-d'inde , 
dit-on, le mutila , lorsqu'il étoit en- 
core au berceau. A l'âge de 8 ans , il 
fallut le tailler. Sa mère étant morte, 
et son père absorbé dans ses affaires, 
il fut abandonné à une vieille ser- 
vante, qui le traitoit avec dureté. Son 
frère Gilles lui fit donner pour loge- 
ment, dans la maison paternelle, une 
guérite au-dessus du grenier, et , quel- 
que temps après, on l'en fit des- 
ceodre pour Je loger daus le greuiev 



64 



BOIL 



même. Ce qui lui faisoit dire « q;i il 
avoii comineiict; sa torluue pur des- 
cendre an grenier. » llajoulofil qny, 
si ouluioUroildereiiailre atix coudi- 
tions onéreuses de sa première jeu- 
nesse , il n'accepleroit pas la condi- 
tion. Le lien commun si rebulln , 
ipie « l'enfance esl le temps le pins 
heureux de Ja vie » , ne lui parois- 
soil qu'une vieille erreur. « Peul-on , 
disoil ce poète , ami de 1 ind;'pen- 
dance , ne pas regarder coninie un 
grand obstacle au bonheur le cha- 
grin conlimiel et particulier à cet 
âge de ne jamais faire .sa volonté?» 
l^es chaînes dont ou le charge Tem- 
pèchenl , à la vérité, de faire des 
sottises. « !\lais si l'on sent , dlscit- 
il , le i)rix de ce.s ciiaines , quand 
ou les a secouées , elles ne sont pas 
moins pesantes quand on les porte. •>> 
— (c 11 seroit dililcile , ajouloit-il, 
de savoir quel esl le plus heureux 
temps de la vie? On peut dire seu- 
lement que ce n'est presque jamais 
celui qui sécoule an moment qu'on 
fait celte question. « Ou rapporte 
que son père , qui u'avoit pas pé- 
nétré ce qu'il seioil un jour , di^oit 
de ses enfans , en examinant leur 
caractère : « Gilles esl un glorieux ; 
Jacquot , nn dél.iaiiché; Colin, un 
boa garçon ; il n'a point d'esprit , il 
ne dira du mal de personne. » I/lni- 
nieiir taciturne de Nicolas (il porter 
ce jugemenl, dont on reconnut bien- 
tôt Terreur. 11 n'éloil encore qu'en 
quatrième lorsque son goût pour 
la poésie se développa. Une lecture 
assidue , que le temps des repas iii- 
terrompoit à peine , annonçoit son 
goiît pour l'instruction. Dès qu'il eut 
iini sou cours de philosophie , il se 
fit recevoir avocat. La sécheresi^e du 
code et du digeste, le dégoûta bien- 
tôt de celte carrière ; et ce fut, dit 
d'Alembert , une perte pour le bar- 
reau. Plein des lumières du bou 
ooût , il eût été législateur sur ce 
grand théâtre, comme il Ta été sur 
le Parnasse. Il eût introduit la Té- 



BOIL 

r;lal;le éloquence dans un pays on , 
de nos jours , elle n'est que trop 
souvent ij^uorée , et où elle l'éloil 
bien plus il y a cent ans. 11 eût fait 
main ba.sse sur celte rhétorique tri- 
viale, qui consiste à noyer un las 
de sophismes dans une mer de pa- 
roles oiseuses et de ligures ridicules. 
Despréaux ne dissimuloit pas , dans 
1 occasion , ce qu'il pensoil des dé- 
clamalicnjs du palais. Défeiidanl un 
jour la cause du bou goùl di'v aut un 
grave magistral, qui se croyoit un 
aussi grand juge en littéralme qu'en 
afIaires,nolre poiéte louoil Virgile de 
ne rien dire jamais de trop. — « Je 
ne me serois pas douté , dit solte- 
ment le magistrat , que ce lût là nu 
si grand mérite. ■» — <' Si grand , 
répondit Desprcaux, que c'est celui 
qui manque à toutes vos haran- 
gues. M 1/anecdole suivante peut 
taire juger de son goût pour la pro- 
fession qu'on luidestinoit. Hlfciîgcois, 
sou beau-IVire , grelner uu parle- 
ment , l'avoil pris chez lui pour le 
former au style de la procédure. 
Un jour que le greffier avoil un ar- 
rêt à dresser dans une affaire impor- 
laute , il le coniposoil avec enlhou- 
siusme eu le dictant à Despréaux. 
Quand il eut fini , il dit à son scribe 
de lui en faire la lecture : et comme 
le scribe ne répondoit pas , Dongeois 
s'ai)er(,ul qu'il s'étoit endormi , et 
avoit à peine écrit cpielques mots de 
ce chef-d'œuvre. Outre d'indigna- 
tion , il renvoya Despréaux à son 
père , eu i)laiguaul ce père d'avoir 
un fils imbécille , et eu l'assurant 
que ce jeune homme ne seroil jamai.s 
qu'un sol. Du droit il passa à la 
théologie scolaslique , pour laquells 
il prit aussi peu de goût. Rebuté 
par la chicane du barreau et par 
celle des écoles , il se livra tout en- 
tier à son indinalion. Ses première» 
Satijrts parurent en i666. Elles fu- 
rent recherchées avecempresssraent 
par le public , et déchirées par les 
auteurs que le jeune poêle avoit cri- 



BOIL 

liqués. Boileau répoiulil à Ions leurs 
reproches dans sa IX*-" Satire à svn 
esprit. C'esl son chef-d'œuvre. L'au- 
teur cache la satire sous le masque 
(le l'ironie , et enfonce le poignard 
eu feignant de hadiiier. Celte pièce 
a éle mise au-des!>us de toutes celles 
cjui lavoienl précédée : la plaisan- 
terie y est plus Une , plus légère et 
])lus soutenue. Quoiqu'il y ait de 
1res - belles tirades dans les pre- 
mières , et qu'on adiuire , en plu- 
sieurs endroits, l'oactilude, l'élé- 
gance, la justesse et l'énergie des 
dernières, elles ofl'reul des u)orceaux 
foibles. En attaquant les défauts tles 
écrivains, il n'épargna pas toujours 
leurs personnes. Ou est fâché d'y 
trouver que « CoUetet, crotté jusqu'à 
l'échiné , alloit mendier son pain de 
cuisine en cuisine ; (pie S. -Arnaud 
n'eut pour tout héritage que l'halùt 
qu'il avoit sur lui , elc. » Aussi , 
quand on lui ciloit ces vers de sa 
1X'= Satire : 

T-.a salire, ilil-on, eat un lîiéllcr fiincsle , 
Qui pliiîlà c|Uflcincsgensct clioque tout le r<- le 
Lï siiilc er. esi à craiiidie. Kn ce hardi niétici-, 
La i>eur plus d'nne Toi-i rilrejKrtilirKi'gniur. 

El moi aussi, disoit-il franchement. 
— Le sévère duc de Moutausier , 
peu favorable an satirique , disoil 
qu il falloit l'envoyer aux galères , 
couronné de lauriers ; mais Boileau 
adoucit ce courtisan stoïcien , en 
tlattaut son amour-propre. Son jîj-t 
Poétique auWw de près les Satires. 
Ce poème renferme les principes 
foiuiamenlaux de tous les gr'ures de 
poésies, resserrés dans des vers éner- 
giques et pleins de clioses. Boileau 
avoit montré des exemples à éviter 
dans ses satires , et il donne des 
préceptes à suivre dans sa poétique. 
Celle d'Horace n'est qu'une épitre 
légère, sans ordre et sans art , en 
coniparaisou de celle de Boileau , 
(pli est le code dn bon sensetdu goùl. 
Le rc: , qui ne coanoissoit encore 
Boileau que par ses vers , fut sol- 

T. III. 



BOIT. 



r,;> 



licite de révoquer le [jrivilége qu'il 
avoit accordé pour cet ouvrage; mais 
Colbert , h qui ce monarque en re- 
mit l'examen , ne voulut i^i^.s priver 
ia Fiance de ce chef-d'cjuvre. — 
I,e Jdilviii fut publié eu )fi74, à 
l'occasion d'un différent entre le 
trésorier et le chantre de la Sainle- 
Chapelie. Ce fut le premier prési- 
dent de Lamoignou qui pco])osa à 
Despréaux de le mettre en vers. Uu 
sujet si petit eu appfirence acquit 
de la grandeur et de la fécondité 
sous la plume du poèie. C'est un des 
l)adinages les plus ingénieux de notre 
langue -, mais , au milieu des plai- 
santeries , on y voit ce qui cousli— 
lue la vraie poésie. Il anime , il per- 
sonniRe les vertus elles vices. Tout 
prend une ame et un visage. Ou 
admire sur-tout r;:rt avec lequel il 
amène dans ce poème héroi -comique 
les éloges les plus cléiicals. Voyez 
BoNNECOBSE. Tant de belles produc- 
tions l'avoient annoncé à la cour, 
lient l'honneur de réciter quelques 
chcm'.sdeson Lutriuà f.ouisXlV. Ce 
prince lui lit même répéter quelques 
morceaux de ses premiers ouvrage:. 
Lorsqu'il en fui à la comparaison 
de Titus , si bien rendue dans son 
épitre , le monarque se leva avec 
enthousiasme, en lui disant : « Voilà 
qui esi très-beau ! Cela esl admirable! 
Je vous louerois davantage , si vous 
ne m'aviez pas Ir.nt loué. Je vous 
donne une pension de :>ooo livres, et 
|e \'ous accorde le privilège pour l'im- 
pressiou de tous vos ouvrages. » Ou 
mit , par son ordre , dans le pri- 
vilège , «qu'il vouloit procurer au 
public , par la lecture de ces ou- 
vrages, la même satisfaction qu'il eu 
avoit reçue. Ce prince ajouta à ces 
bienfaits celui de le choisir pour 
écrire son histoire conjoinlement 
avecRacine. I/académie frauçaiselui 
oiivril bientôt ses portes. Il fut aussi 
uu des raeml)res de 1 académie nais- 
sante des inscriplions et belles-lel- 
ties : sa traduction du Traité du 



6G 



BOÎL 



Sublime de [.ongiii tiloil un litre 
;i cette place. Uoileau, que sa qualité 
trhistorii.-gr;n)lie appuloit souvent à 
1a cour, y parut avec tonte la fran- 
chise de loa caractère ; franchise qui 
tenoit uu peu de la brusquerie. Le 
roi lui demandant un jour quels au- 
teurs avoieiil le mieux, réussi pour la 
comédie \' <c Je n'en counois qu'un , 
reprit le .'latirique, et c'est IMolière : 
tous les aîiitres n'ont fait que des far- 
ces comiuï Scau'on. » Une autre fois, 
déclaînaul contre la poésie burlesque 
devant le roi et n-iadauie de Mainte- 
non : « Heureusement , dit-il , ce 
goût est passé , et on ne lit plus 
Scarron, mèuie en province.» Aussi 
madame de ÎMaintcnou, en compa- 
rant Racine elBoileau , disoildu pre- 
mier : (( J'aime à le voir , il a dans le 
commerce tonte la simplicité d'un 
enfant; tout ce que je puis faire, 
c'est de lire BoUeau ; il est trop 
poëte. » Louis XIV^ lui raontroit un 
jour des vers qu'il sétoil avisé de 
faire, et lui en demandoil son avis. 
<t Sire , lui ré])ondit le poêle , rien 
n'est impossii)le à votre Majesté ; 
elle a voulu faire de mauvais vers , 
et elle y a réussi. » Après la mort de 
son ami Racine, lîodeau ne parut 
plus qu'une seule fois à la cour, jwur 
prendre les ordres du roi snr son 
liistoire. <c Souvenez-vous , !ui dil 
ce grand prince, que j'ai toniours 
une heure par semaine à vous donner 
quand vous voudrez venir. » 11 passa 
Is* reste de ses jours dans la retraite , 
tantôt à la ville, tantôt à la campa- 
gne. Il gémissoit dans sa vieillesse 
sur la nation ruinée par ses anciens 
triomphes, et qui se consoloit d<^ ses 
derniers revers, par des cliausons et 
des amusemens frivoles, llécrivoiià 
Rrossette « qne l'académie de Lyoi:,nu 
lieu de faire des dissertations sur les 
f.inéraillesdesanciens,auroitdû faire 
IfS funérailles de la félicité publique , 
Hiorle en France depuis long- temps.') 
DogoiUé du monde , il ne faisoit plus 
de visites, et n'eu recevoit que da 



BOIL 

ses amis. Il dédaignoit les flatteries: 
c< Il aimoit mieux, disoit-il, être In 
que loué. » Quand on lui annonçoit 
qu'une de ses nouvelles productions 
essuyoil beaucoup de critiques : 
«Tant mieux , répondoit-il ; les mau- 
vais ouvrages sont ceux dont on ne 
dit ni bien ni mal. » Il mourut en 
mars 1711. Son corps, transporté 
pendant la révolution au Musée des 
iMonumens français , et placé dans 
une urne sépulcrale, a été déposé 
dans le jardin élysée de cet établis- 
sement. Boileau étoit d'une probités! 
rigide et si religieuse, qu'ayant joui 
pendant 8 ou 9 ans d'un prieuré 
simple, il le remit au coUaleur pour 
y nommer un autre , et restitua aux 
pauvres tout ce qu'il en avoit relire. 
La générosité lut encore une de ses 
\ crlus : le célèbre Patrn se voyant 
obligé de vendre sa bibliothèque, 
Uespréaux la lui acheta un tiers de 
plus qu'on ne lui en offroit, et lui eu 
laissa la jouissance jusqu'à sa mort. 
&( bourse fut ouverte à bien des gens 
de lettres, entre autres à Cassandre. 
Les philosophes du i8* siècle ont re- 
proché à Moileau un manque de sen- 
sibilité. La sensibilité étoilalorsà la 
mode et couvroit tous les vices : elle 
servoit sur-loul à déguiser l'égoïsme 
très-réel , qui éloil la base de In mo- 
derne pjiilosophie. Mais voiiloit-on 
que lîoilean eût soupiré son ^rt 
Poélique et ses Epilres , qu'il eût 
répandu un vernis de palhétique sur 
les Satires et le hulriii? Il savoit 
irop bien conserver à chaque geurt 
la couleur qui lui est propre. 

Descriplas scrvare vices operu/nque colorsm. 

S'il n'est point parti des vers du 
cœur de Boileau , il en est parti des 
traitsd'humanité. — Parmi uugrand 
nombre d'éditions qu'on a publiées 
des ouvrages de Boileau, on distin- 
gue celle en 2 vol. in-fol., avec d-s 
notes et des éclaircissemens histori- 
que» par Brossette , de l'académie 
de Lyon . IcK ilj^uie» de Picaft , en 



# 



BOIL 

1718, et 17^2 , /\ vol. in-12 , avec 
des ligures du mcine graveur. La 
mèuie, revue et corrigée par J. B. 
SoMclKiy, eu 2 vol. \n-/° , 1 7 |0 , 
avec des Hgures de Cocliiu. Celle de 
Durand, i745 , 5 vol. hi-S" avec 
hgures, et des éclaircisseniens par 
de SainL - Marc. Ou y trouve , I. 
Douze Satires. Les meilleures sout 
ia 2" , la 7*" , la 8" , la 9" , la 10* , cl 
la nioius bonne est la 12^ sur l'équi- 
voque 11. î3ouze J pitres, pleines de 
vers bien frappés , de peintures 
vraies , de maximes de morale itien 
rendues. Cha])elle , son aun , à qui il 
a\oil demandé ce qu'il peusoit de 
sou style , et qui lui répondit : « Tu 
es un bœuf qui fait bien sou sillon », 
lie pensoil pas asseî; avantageuse 
meut de lui. Boiieau a l'ait parfaite- 
ment tout ce qu'il voiiloil faire. III. 
l.'yfri Poétique , poëme didactique 
eu quatre cluuits. IV. Le Lutrin, 
poëme héro'i-comique eu six chants. 
i'oyez ci -devant page G.'î. V. Deux 
Odes , l'une contre l<^s Anglais^ faite 
dans sa jeunesse ; l'autre sur la prise 
de Namur, ouvrage d'un âge plus 
avancé , mais qui n'en vaut pas 
mieux: deux Sonnets; des Stances 
à ?'Tolière, unpeufoibles .-cinquante- 
ciuq Fpigram'mes , inférieures à cel- 
les de Racine et de Rou.'^seau : un 
]}ialcgue de la poésie et de la musi- 
que ; une Parodie ; trois petites 
Pièces latines ; un Dialogue sur les 
héros de romans ; la Traduction du 
Traité du Sublime de Lougiu ; des 
Réflexions critiques sur cet auteur, 
etc. , etc. Mais l'édition en 5 vol. m- 
8° , ou .3 vol. iu-i2, Paris., 1809, 
de l'imprimerie stéréotype de Marne 
îrèrî-s , avec les notes et les commen- 
taires de M. Daunou , membre de 
l'instiUil , surpasse toutes les autres, 
par la sagesse des jugemens et par le 
savoir et If goût de l'éditeur. La tra- 
duction et If s réflexions, quoiqu'elles 
soient trop critiques , et que quel- 
ques-unes ue soient pas assez ajipro- 
fondies , oui le suffrage du public. Sa 



BOiL 



G7 



prose , malgré la iougueur de ses 
phrases , malgré les pronoms relatifs 
et les particules indéclinables qui 
servent à les alonger , est toujours 
claire et iulelligible. Le plus grand 
t;;lent de Despréuux, coiimie poêle , 
est de rendre ses idées d'une manière 
serrée, vive, énergique ; de se servir 
presque toujours du mol propre. U 
est grand versificateur, quelquefois 
grand poêle : par exeujple, dans son 
J pitre sur le passage duFJdn, dans 
quelques descriptions de sou hutrin, 
el dans d'autres endroits de ses ou- 
vrages. Ou convient qu'il a .surpassé 
Juvénal^ et quelquefois Horace, no- 
tamment dans l'art poétique ; qu'il a 
paru créateur en copiaiil. Un gra- 
veur lui ayant den ancié des vers 
pour son portrait, il les reftisa eu 
disant : « Je ne suis ni assez f;it pour 
dire du bien de moi, ni assez sot 
pour eu dire du mal. » Cependant il 
a dit de lui, dans un quatrain qu'il Ht 
pour son portrait , tout le bien qu'un 
aulre en eût pu dire. Il est vrai qu'il 
attribue ce quatrain à son ami Le 
Vernier. On a mis, à la tète de l'édi- 
tion de ses œuvres de 17^0 , uu 
Bolœana, ou entretiens de Mou t- 
chesnay avec l'auteur. Boiieau y pa- 
roit souvent dur et trauchan!. Fon- 
tenelle a relevé quelques articles , 
daus lesquels on trouve des décisions 
un peu hardies. 11 Hnil eu disant 
« que ce seroit une chose curieuse 
que de bien rechercher quel carac- 
tère résulte de tous les traits rap])or- 
tés daus le Bolœana, qui estpour- 
tautuu monument élevé à sa gloire.» 
Ou peut appliquer cette réHexion 
aux lettres de Boiieau , adressées 
pour la jdupart à son commentateur 
Brossetie , et publiées à Lyon eu 
1770. Comme ce grand poëte s'y 
montre en négligé , ou peut aisémt iit 
deviner quelle éloit son humeur dfj- 
minaule. f'ofez les articles Bo;- 

LEAU , \\° II; BOUESALLT ; BoC- 

IIOUKS ; Arnaulc , u° ! V ; G odeaf , 
ii" u ; Chai^elle ; CbÉbillon , n" I : 



68 BOIL 

Saint-Aul.mre ; les Perrault ; 
Saint-Pavin , etc. , etc. 

Y V. BOILEAU ( Cliarles ) , abbé 
de Buaulieu , luembie de l'académie 
française , éloit né à iîeavnais. Il 
s'adonna de bonne heure à la chaire, 
et prêcha devant Louis XIV , qui ré- 
pandit sur lui ses bienfaits. Cet ora- 
teur mourut en 170 i , dans un âge 
assez avancé. C'éloit un aaii officieux, 
attentif à ménager les occasions de 
l'aire plaisir , ingénieux à les trou- 
ver , droit dans toutes ses vues , d'un 
caractère doux , et d'une verlu pure. 
Tl est connu par des Homélies et des 
Sermons sur les Evangiles du ca- 
rême , qui ont été donnés an public 
après sa mort, par Richard, en 2 
vol. in-12, à Paris, 17x2; et par 
des PanégY'i'lii'^s j i^-^" ^^ in- 12 , 
qu'on entendit avec plaisir dans le 
tempÂ^ niais qu'on ne lit plus guère. 
11 fait , comme Fléchier, uu usage 
quelquefois heureux , mais presque 
toujours lropfréqueut,de l'antithèse; 
et il na ni la pureté, ni l'élégance , 
iii l'harmonie de son style. On a en- 
core de lui des Pe/«ees,dout que[- 
ques-uues méritent d'être retenues, 
et qui prouvent beaucoup d'esprit. 
Kourdaloue disoit de lui a qn'il en 
a\oit deux fols plus qu'il ne falloit 
pour bien prêcher. » 

t VI. BOILEAU ( Jean- Jacques ), 
chanoine de l'église de Saint-flonoré 
à Paris, étoit ttu diocèse d'Agen , 
dans lequel il posséda une cure. La 
délicatesse de sa complexion l'ayant 
obligé de la quitter , il se rendit à 
Paris. Il mor.rut en i735, à 8fi ans. 
On a de lui , 1. Des Lettres sur clijfé- 
re/is sujets de morale et de pieté, 
Paris, 1707 , 2 vol. iu-12. C'est 
dans cet ouvrage , lettre 29*" , qu'il 
parle du vertige ou de l'hypocondrie 
du célèbre Pascal , qui croyoit tou- 
jours avoir uu ahiine ouvert à son 
côté gauche, fait qui a ensuite été 
répété par Voltaire , dans sa lettre 



BOIIS 

sur Pascal du i"'' juin 17/(1. II. 
La f^ie de madame la duckcsse de 
Liancourt , et celle de Mad. Coinhé, 
institutrice de la maison du Bon- 
Pasttur. Tous ces ouvrages annon- 
cent uu fonds d'esprit et de bonne 
morale ; mais il est trop orateur 
dans les uns et dans les autres. 

* Vil. BOILEAU ( Jacques ), juge 
de paix d'Avalon, député à la con- 
vention nationale. Dans la séance 
du août 1791 il ht hommage des 
appointemens de sa place , voulant 
sur-tout qu'il fût prélevé annuelle- 
ment sur cette somme celle de 3oo 
fr. pour payer l'abonnemeutdes jour- 
naux patriotiques, propres à éclai- 
rer le peuple des campagnes voisines 
d'Avalon. Il fut envoyé ensuite à 
l'année du Nord , et dénonça à son 
retour la comiinine de Paris , et par- 
ticulièrement xMarat, qu'il traita de 
monstre. Peu de jours après, il de- 
manda que la tribune nationale lïit 
puriliée <piaud ce monstre y auroit 
paru , et réclama une garde départe- 
mentale pour assurer la lil^erté de la 
convention. Il éloit de la commis- 
sion des douze qui servit de prétexte 
à l'insurrection du 5i mai 179.5. Il 
fut mis hors la loi avec le parti de la 
Gironde , et , n'ayant pu se sous- 
traire au décret d'accusation , il fut 
condamné à mort , le 01 octobre 
1793, par le fatal tribunal révolu^ 
tiounaire. 11 éloit âgé de 41 ans. 

BOILET. Voyez Coletc. 

t BOINDIN ( Nicolas ) , né à Paris 
eu 1676 , d'un j)rocurenr du roi au 
bureau des Rnances , entra dans les 
mousquetaires en 169G. La foiblesse 
de son tempérament ne pouvant ré- 
sister à la fatigue du service , il 
quitta les armes pour goûter le repos 
du cabinet. Il fut reçu en 170(1 à l'a- 
cadémie des inscriptions et belles- 
lettres , et l'auroil été de l'acatlémie 
fauiçaise, si la profession publique 



BOIN 

qu'il faisoit cl'alhëisme ne lui eûl 
fait dcmniT l'excliisiou. 11 mourut eu 
1751. Ou lui relïisa les houueurs pu- 
blics de la sepulUH-e. Il fut eutcrre 
secrètement à trois heures du maliu. 
Parlait , l'aine , héritier des ouvrages 
de Boiudin , les donna au public eu 
1753, en 2 vol. in-12. On trouve 
dans le premier quatre comédies en 
prose. 1. T. es Trois Gascons , com- 
postée de concert avec La r»Iothe ; ils 
se disputèrent ensuite à qui elle ap- 
partenoil le plus : IMolièie ne l'eût 
pas revendiquée , quoiqu'il s'y trouve 
quelques traits hns et agréables. IT. 
îe J'ai d'-'hiletiil , dont le sujet 
est riant et l'intrigue piquante. Elle 
est dans le genre de Daucourt , et 
l'auteur imite jusqu'à sa manière de 
dialoguer. III. Le Port de mer, avec 
I,aî\lothe, et plus digne de faire naî- 
tre une dis])ute entre eux. Elle fut 
applaudie. IV. he Petil-Itiaitre de 
robe , trop simple , quoiqu'assez 
bien dialoguée. A la tète de ce pre- 
mier volume est un Mé/noire sur sa 
fie efses ouvrages, composé par lui- 
même. Cet homme , qui se piquoit 
d'être philosophe , s'y donne , sans 
hésiter , tous les éloges qu'un lade 
panégyriste auroil eu quelque peine 
à lui accorder. On a encore de lai un 
Jllé/noire très-circonslancié, dans le- 
quel il accuse LalMothe, Saurin et 
ÎMalaffaire, négociant, d'avoir com- 
ploté la manœuvre qui fit condam- 
ner le célèljre et malheureux Rous- 
seau. Il est sous ce titre : Mémoi/e 
j)our servir à l' histoire des cou- 
ji/efs de 1710, attribués j'aussemenl 
à J. B. Rousseau , Bruxelles , 1 70 j, 
iii-12. — Voici comme on peint 
Boiudin dans le Temple du Goût . 

Un raisoimeiir , avec un ftinssct aîgre , 
Ciioit : «Messieurs, je suis ce juge intègre 
Qui loujouT» parle , argue et contredit , 
Je vicus siffler tout ce qu'on applaudit, )) 
Xiors la critique apparut , et lui dit : 
— — «.\miHardou , vous ôles un grand maîlrc ; 
Atals n'entrerez en cet aimable lieu : 
X ous y venez pour fronder notre dieu, 
Cunteulei!-vou5 de ne pas ]c conuuUre.i) 



BOIR 



G9 



I-es mœurs deBoindin étoient pures» 
son cœtir étoit généraux , voyez 
PiTas : niais il joignit à ses vertus la 
présomption et l'opiniâtreté qui en 
soutla suite, une humeur bizarre , cl 
un caractère insociable. C'étoit un 
beau parleur et uumédiocre»ëcrivain. 
Il échappa à la persécution et au châ- 
timent, malgré son athéisme, parce 
que, dans les disputes entre les jé- 
suites et leurs adversaires , il pérora 
sousent dans les cafés contre ceux- 
ci. La Place rapporte qu'il disoit 
à un homme qui pensoit comme lui 
et qu'on vouloit inquiéter : « On 
vous tourmente parce que vous êtes 
un athée janséniste ; mais ou me 
laisse en paix parce que je suis un 

athée moliniste « Ce u'est pas 

qu'un athée ne dût être neutre 
entre Molina et Jausénius ; mais il 
sentoit qu'il gagneroit plus à se tour- 
ner du côté de ceux qui étoient alors 
en faveur. 

-^BOINEBURG (J. Chr.baronde), 
ministre de l'éhcteur de Blayeuce, 
an milieu du 17'' siècle. Quoi- 
qu'on ne trouve pas son nom dans 
les dictionnaires des savaus, il mé- 
rite bien d'y figurer, tant pour ses 
grandes couuoissances que pour 
l'assistance qu'il prêta ans hommes 
éclairés de sou temps. Ses Lettres 
sont imprimées dans le Commer- 
cium epistoUcum Leipnizianum. 

* I. BOIREL ( Antoine ), chirur- 
gien , né vers l'an ifi^S ou l62Ï^ , a 
publié un Traité des plaies de tête, 
imprimé à Alençon eu 1677, iu-S**, 
dans lequel il se montre partisan de 
la (loctrme d'Hippocrate , de Galien 
et d'Ambroise Paré. Il y a joint plu- 
sieurs observations qui ue sont pas 
saus mérite. 

* II. BOIREL ( Nicolas ) , frère du 
précédent , et médecin de la ville 
d' A rgeiUau , a donné un petit ouvrage 
intitulé Nouvelles observations sur 
les maladies péiiéi'ieniies , Paris ^ 



^o BOIS 

1702, 1711, m-12 : mais il ne con- 
tieiil rien ,de ueuf ui de remar- 
quable. 

I. BOIS ( du ). rojez RRiîTr£- 

\ILLE , ChALINIÈRE , CkKTIX , 

Sylvius , 11° 1. 

II. BOIS (Jean dû), Joannes à 
Bosro, né à Paris, fut d'abord cé- 
Itslin , mais ayant obtenu la permis- 
sion i-Ih 80iur du cloître, il prit le 
parti des armes, et s'y dis\ingua lel- 
lemeiîl, que Henri 111 ne i';ipp;;Ioit 
que ÏEmjK'rei/r des moines. Apre.> 
l'exlincl'.on de la Ligue , il rentra 
dans son ordre, devait prédicateur 
ordinaire de H"nii IV, et méi ila la 
bienveillance du cardinal Olivier, 
«jui lui j)ei"inil de porter son nom et 
ses armes, et lui procura iabuaye de 
JBcanlieu en .Vrgoiie. Apiès la mort 
de Henri IV, il se déchaîna dans ses 
sermons contre les jésuites, qu'il en 
croyoït les auteurs, et qui surent 
bien l'en pnuir ; car étant allé à Rome 
en i6i2, il y fut enfermé dans le 
château Saint-Angt^,où il mourut eu 
1626. Il Ht imprimer Bibliut/ieca 
Floriaceiisis, Lyon, iGof), in-S''. 
Ce sont de petits traités d'anciens 
auteurs ecclésia'^tiques, lires des ma- 
nuscrits de la bibliotht-qne du mo- 
nastère de Fieury-sur-Loire. La troi- 
sième partie seulement contient quel- 
ques opuscules de laulcur : [q For- 
trait rujal (le Henri ÎV i c'est son 
oraison Lniebre , iGio, in- 8° ; celle 
du cardinal Olivier , son bienfai- 
teur, Rome, i6io, in-/)", et des 
Lettres. 

-;- m. !',OIS(Pi'iIil>pc Goi.sbai-d, 
sieur du ) , né à Poitiers, membre de 
l'académie française, maître à dan- 
6<-r, eni^uite gouverneur Je Louis- 
Joseph de Lorraine , duc de Guisé , 
a traduit beai'.coup d'ouvrages de 
saint Augu.-<liu et deCic.éron, deux 
génies fort dilférens , auxquels il 
prête à peu près le même style. Il 
ïuoiu'ujt à P^ris 6U i6j j , âgé de 6vi 



BOIS 

ans. Ses traductions sont enrichies 
de notes savantes et curieuses. Celles 
qui accompagnent les lettres de saint 
Augustin lui furent fournies par 
Tillemont. La longue Frc/hce qu'il 
mit à la tète des sermons du même 
sriini a été vivement critiquée par 
le docteur Antoine Arnauld. 

t IV. BOIS (Gérard du ). orato- 
rien , natif d'Orléans, mort le 1.7 
juillet 169B , à 67 aas, succéda au P. 
Le Cointe , son ami , dans la place de 
bibliothécaire de la maison de Sainl- 
Honoré, et hérita de ses papiers. Us 
ne furent pas luutiles entre ses 
mains. Il revit le huitième volume 
des Annales evclésiastiqufis de 
France , et le publia en i685. Ce 
travail lui salut \u\q pension du 
clergé. 11 entreprit ensuite, à la 
prière de Harlay , archevêque de 
Paris , V Histoire de cette Fglise , 
1690, 2 vol. in-foi. , en latin élégant 
et pur. Il a souvent mêlé l'histoire 
civile avec Ihistoire ecclésiastique. 
Ces digressions répandent sur son 
ouvrage une agréable variété. Les 
dissertations dont il l'a accompagnée 
honorent son jugement. 

t V. BOIS d'Anvemets ( Daniel 
du ), geiitilhomme normand, pre- 
mier niaréc!ial-des-Iogis de Gaston 
de France, fut tué en duel à V^enise 
par Juvigni , autre gentilhomme 
français, en 1627. On a de lui des 
Mémoires d' un favori du duc d'Or- 
léans , Leyde , i6bfi , in- 12 , où 
l'on trouve quelques particularités 
curieuses. 

VI. BOIS ( N. du ), capitaine dans 
le régiment (le Beanvoisis, se signala 
en 170.S par une action hardie. Les 
alliés assiégeoient Lille, • défendue 
paî Routiers. Le duc de Bourgogne, 
qui commaudoil l'armée desiim'e à 
troubler le siège, ne .savoit comment 
s'v pri-ndre pour faire passer dans la 
piace un avis de la dernière impor- 
tance. Du Bois s'offre pour ce service, 



BOIS 

aussi rlilTicile qn'essciuiel. Coniine 
il étoil excellent nageur, il espéra 
en venir à boni par sept cananx qu'il 
lailoil traverser. Arrivé au premier, 
il se désbabilla , cacha ses habits , et 
franchit successivement Ions les ca- 
naux en nageant entre deux eaux, 
sans être ni vu , ni entendu parles 
gardes postées de ce côté-là. Dès que 
cet hoaiine intrépide se fut acquitté 
de sa commission, il prit les ordres 
du maréchal de Bouliers , et regagna 
le camp de la même manière, et 
avec autant de bonheur qu'il en 
avoit eu pour pénétrer dans la 
ville. 

-;- VII. ROIS ( Philippe du) , né au 
village deChonaix, près de Caen , 
bibliothécaire de LeTellier, arche- 
vêque de Reims , ensuite docteur de 
la faculté de tl)éologie de Paris , 
chanoine de St.-Etienne-des-Giés , 
derc de la chapelle du roi, mourut 
eu 1700. On a de lui, I. Un Cafa- 
logiie de la hibliolkèqiie conliée 
à ses soins, 1690, au Louvre, iu-fol. 
11. Une édition de Tibulle , Ca- 
îu//eci Properce, eu 2 vol. in-8° , 
ad usi/m delp/iini, i685. III. Une 
édition des (i£ui>res t/iéologiques de 
3Taldiff!at, in -fol., Paris, ifiyy. 
I.'i'lpilre dédicatoire et la Préface, 
dans lesquelles il a fait une apologie 
des mœurs et de la doctrine de ce 
jésuite, manquent dans plusieurs 
exemplaires. 

t VIII. BOIS ( Guillaume du ) , ou 
p/utôfDvBOis, cardinal , archevêque 
de Cambrai, principal et premier 
ministre d"état, naquit d'un apothi- 
caire à lirive- la -Gaillarde dans 
le bas Limousin. Etant venu de 
lînnne licure à Paris, il fut d'abord 
moitié secrétaire , moitié valet du 
curé deSainl-Eustache, puis lecteur 
et ensuite précepteur du duc de 
Chartres.' Il obtint sa confiance en 
servant ses plaisirs. Ce n'étoit que 
par ce moyen qu'il pou voit d'abord 
l^arveuir. Indépendamment de la 



BOÎS 

disf'vace personnelle d^une fipure 
laide et ignoble , d'un bégui.u^cnt 
naturel, cpi'une habitude de fausseté 
et de servitude primitive avoit en- 
core augmentée, ses manières n'é- 
toient jamais plus gauches et plus 
désagréables que lorsqu'il cherclioit 
à plaire. 11 mauq\!oil d'un extérieur 
d éducation, qui ne se prend presque 
jamais, lorsqu'on n'y a pas été plié 
de bonne heure ; de sorte que ne 
pouvant atteindre à la politesse lors- 
qu'il en avoit besoin , il i>aroissoit 
alors bas et rampant. Madame, mère 
du duc de Chartres, ne put janiaisle 
sorifl'rir, et ne rapi)eloil, en parlant 
de lui , que ce coquin de du Bois. 
Cependant, malgré to'.:s ces obstacles, 
il obtint l'abbaye de Saint-Juste eu 
1G95, pour recompense de ce qu'il 
avoit engagé sou élève à épouser ma- 
demoiselle de Blois. — L'auteur des 
Mémoires de Mamtenon dit que 
Louis XIV l'ayant proposé au P. de 
LaCb.aise, ce jésuite lui représenta 
que du Bois éloit adonné aux lem me*", 
au vin et au jeu : « Cela peut être , 
répondit le roi ; mais il ne s'rttache , 
il ne s'enivre , et il ne perd jamais.» 
Ces paroles peuvent caractériser 
l'abbé du Bois; mais on n'y recon- 
uoit certainement pas Louis XIV, et 
on peut assurer qu'il ne les a ja- 
mais proférées. Le même auteur fait 
dire à du Bois : a Le jour où je serai 
prêtre sera le jour de ma première 
comunuiion.)A oici cequipeut avoir 
donné lieu à ce bruit. Pendant l'ab- 
sence que l'abbé du Bois avoit faite 
pour son ordination, en 1720, ou 
demanda à un plaisant de la conr 
où il étoit allé? Il répondit a qu'il 
éloitalJé faire sa première commu- 
nion à Chanteloup , proche Triel. » 
— Quoi qu'il en soit , l'abbé du 
Bois parvint aux postes les plus 
imporians. Il fut conseiller d'état, 
ambassadeur ordinaire et plénipo- 
tentiaire du roi en Angleterre l'an 
171.^ , archevêque de Cambrai en 
1720 , cardinal eu 17 21 , et premier 



72 BOIS 

minislve djjlaf en 1722. I-a même 
année il lut reçu de l'acadéniie 
française , honoraire fie celle des 
sciences el de celle des Ijelles-letlrcs. 
Fonteneile, qui lui avoit déjà dit, 
au sujet de sa nomination au car- 
dinalat , sollicitée par diflérens prin- 
ces, « qu'il avoil paru ttre le prélat 
de tous les états catholiques, cl le 
ministre de toutes les cours », lui 
dit eu le recevant à lacadéniie : 
«Vous vous s<niveuez que mes vœux 
A'ouçappeloienlici long- eraps avant 
que vous y pussiez porter tant de 
litres. Personne ne savoit mieux 
que moi que \ ous y auriez apporté 
ceux que nous préférons à tous les au- 
tres. M Voltaire, La JMolhe el dautres 
poètes ne le louèrent pas moins ; et 
i>'il fut déchiré après sa mort , il fut , 
suivant 1 usage, encensé pendant sa 
vie. 11 eut beaucoup de parla toutes 
les révolutions de la régence. Ce fui 
lui qui porta le duc d Orléans à ne 
point se soumettre à un conseil de 
rëgeuce. Il mourut le 10 août 17-25, 
à 67 ans , des suites de ses débau- 
ches. 11 possédoit, cuire larchevècl'.é 
de Cambrai , sept abbayes coiisidé- 
lables, el , quand il alloit quitter ce 
inonde pour toujours , il cherchoil à 
s'emparer de celles de Cileaux , de 
Prémontré et de quelques autres 
non moins considérables. Il jouis- 
soit de plus de deux millions de 
revenu, et ne rougissoil pas de re- 
cevoir de 1 Angleierre une pension 
d'environ un million , laquelle é'.oil 
nécessairement la récompense de ses 
perfidies. Plus avide qu'avare , il 
avoit mi mobilier immense, tl eu- 
Irenoit une maison f;tslueuse. En se 
faisant rendre tout ce qui étoit dû 
à ses places el à ses litres , il n'en 
gardoit pas plus de dignité. On n'é- 
prouvoit de sa part aucune hauteur, 
îuais beaucoup de duretés grossières. 
La moindre contradiction le rnet- 
loil en fureur ; el , dans la fougue, 

-, . ... n ' 

il semporloil el juroil comme le 
dernier homme du peuple. Plub 



BOIS 

propre à finlrigue qu'a fadrainis- 
tralion , il siiivoil un objet avec 
activité; inai.s n'ayant poinl celte 
étendue d'es])rit qui embrasse tous 
les rapports , il .se trompoil quelque- 
fois dans ses mesures. Connue il ne 
pouvoil sullire à tout, il jeloil sou- 
vent au feu des lettres tontes cache- 
tées pour se remettre, disoit-ii , 
au courant. Ce qui nui.soit le plus à 
son adminislralion cétoit l'opinion 
qu'on avoit de son caractère. Cepen- 
dant à sa mort , on lui rendit les 
honneurs accoutumés ; l'assemblée 
du clergé, dont il étoit président, lui 
iil un service solennel. Il fui enterré 
dans l'église de Saint- Honoré à Pa- 
ris , où se vovoit son mausolée , 
ouvrage du célèbre Coustou ; ses 
héritiers eurent le bon esprit de 
n'insérer dansTépitaphe aucun éloge 
du défunt ; après l'énuméralion de 
ses dignités se irouvoil seulement 
une moralité sur les vanités el les 
grandeurs de ce monde. Ce mauso- 
lée et cette épitai)(ie sont au I\lusée 
des Monument) français. On frappa 
après sa mort une médaille eu son 
honneur -. d'un côlé étoil son clfigie ; 
(le l'autre un arbre renversé par la 
tempête, avec ces mots à l'entour : 
f'isa est , dùm stetil , rninor : mais 
la satire lui composa une épilaphe 
bien différente; el qu'il inériloit eu 
partie. Cette élévation si prodigieuse 
eut des causes que les historiens 
philosophes ont cherdié à develop- 
])er. «Beaucoup de gens , dit l'abbé 
de Saint-Pierre , dans ses Annales 
politiques , furent surpris de la gran- 
deur el de la vitesse de sa fortune, 
sur-tout quand ils se somenoient de 
sa naissance et de ses vices. Mais ils 
ne faisoient pas réflexion qu'il avoit 
beaucoup d'esprit pour connoilre le 
foible des hommes , et beaucoup 
d'habileté pour les prendre par cet 
endroit -là. Ils ne faisoient pas ré- 
llexiou qu'il ne dormoit presque 
poinl, qu'il lisoit très -peu, qu'il 
u'aimoit ui la table ni la c-ouversa- 



BOIS 

liou , et par couséquenl , qu'il avoit 
quatre fois plus de temps que les 
iiUlres pour penser perpéluelk-meul 
à augiueuler sa lortune , pour pré- 
venir les obstacles qu'il avoilàcraiu- 
tlre , et pour chercher les moyens 
dillérens de les surmonter. Us ne 
peusoient pas qu'un esprit ardent 
qui a plus de loisir qu'un autre , 
qui ii'u qu'un but en vue, trouve 
vingt fois plus d'expédleus pour y 
arriver. Us ne songsoient pas que , 
qui n'a m amitié, m gratitude, ni 
probité , n'est point arrêté dans ses 
projets, comme un homme juste. 
Us u'obs^rvoient pas qu'un ambi- 
tieux, dont la lortune dépend d'un 
seul homme, qu'il entoure et qu'il 
fait entourer ])ar des espions, peut 
arriver bientôt a sou but , lorsqu'il 
ne se rebute jamais de rien , qu'il 
souffre tout avec patience , qu'il 
veut fortement, et sur- tout lors- 
qu'il peut détruire dans l'esprit de 
son maître, ou par des ridicules , ou 
par des calomnies , tous ceux qui 
peuvent l'approcher. Si ceux qui ont 
été surpris de sa fortune avoienl 
fait ces rétlexions , ils auroient vu 
qu'il éloit impossible que l'abbé du 
liois ne disposât de toule l'autorité 
du régent. l\Iais après tout, fut-il 
plus heureux qu'un au're ? Non ; 
car il disoit souvent à Fontenelle , 
fjui tachoil de le consoler de sou 
élévation: «Je voudrois être à Pa- 
ris dans un cinquième étage , avec 
une gouvernaiile et cinq cents écus 
de renie ! » Voilà ce qu'éloit cet 
liomme agité d'une lièvre conti- 
nuelle d'ambition , incapable de 
goûter les aniusemens et les plaisirs 
ordinaires, odieux ou ridicule aux 
yeux de soii^niailre , qui se jouoil 
«^le son premier ministre en 1 em- 
ployant. Que les petits, envoyant 
«le tels exemples, sachent jouir tran- 
quillement de leur médiocrité ! — 
Ajoutons , avec labbé de Sainl- 
Pierre, que ce cardinal lit Ijeaucoup 
de mal au royaume, en persuadant 



BOIS 



73 



à son maître « qu'il n'y avoit ni 
probité chez les hommes , ni vertu 
chez les I cm mes ; et que dans le mi- 
nistère il falloit préférer les esprits 
adroits et féconds en ressources aux 
hommes droits et justes. » Duclos 
prétend que le régent ne fut pas 
fâché de la mort du ministre qui 
lui avoit donné de tels prin- 
cipes. Le jour , dit - il , qu'on 
lui fit une opéraliou dangereu- 
se , l'air extrêmemeiit chaud tour- 
noit à l'orage ; ce prince ne put 
s'empêcher de dire -. « J'espère que ce 
temps -là fera partir mon diùle. » 
Duclos ajoute qu'il s'étoit marié 
jeune , dans un village du Limousin, 
avec une jolie paysanne : que la mi- 
sère les sépara , et que la femme sur- 
vécut au mari. Celle anecdote nous 
paroit con trouvée. Uu Bois prit la 
lonsure de très-bonne heure ; il fut 
élevé par le secours d'une Imurse , 
et vint jeune à Paris. En quel temps 
auroil - il contraclé ce mariage ? 
Comment l'évèque diocésain , qui 
en auroit été instruit , auroit - il 
permis qu'il entrât dans l'état ec- 
clésiastique? On a saus doute con- 
fondu quelque intrigue passagère 
avec;ipne union légitime. C est ainsi 
que les anciens éditeurs de ce Dic- 
tionnaire ont cherché à disculper 
l'abbé du Bois , à élever des doutes 
sur son mariage ; mais ils n'ont eu 
connoissance que des iMémoires de 
Duclos, qui attestent ce fait. Plu- 
sieurs autres Mémoires publiés de- 
puis le confirment, et notamment 
ceux de Saint-Simon, qui contien- 
nent sur ce point des détails très- 
circonstiiuciés. Voici la substance de 
ce qu'ils racontent : « ])u Bois éloit 
marié dans un village auprès de 
Brive. 11 quitta sa femme pour ve- 
nir à Paris tenter la fortune. Ses 
premiers succès lui oll'rant l'espoir 
de posséder des béuéiices , il prit 
aussitôt la livrée ecclésiastique, et 
eut soin de cachsr son état d'homme 
marié. Devenu riche des biens de 



74 



BOIS 



l'Eglise , il paya bien pour obtenir 
1:; silence de sa funime ; mais lors- 
qu'il fut parvenu au comble des 
grandeurs , et nom me arcbevêque 
(le Cambrai , il craignit plus que 
jamais l'in<liscrt'tion de son épouse. 
Il contia ses inquiéludes à Breleuil , 
et le chargea d'enlever lui-même 
tous les titres qui pouvoienl cons- 
tater cet embarrassant mariage. 
Jirelcuil vit les deux omcrts s'il 
féus.iissoit , dit Saint-Simon. // 
ai'oit (le t esprit. Il part , suivi de 
deux ou trois l'alets , et sous pré- 
texte d'une légère tournée pour af- 
faires subites , il arrive prorrqilc- 
ment à I/iinoges. De là il se rend 
dans le village où le mariage avoil 
été célébré , descend chez le curé , 
lui demande l'bnspitalité, en pré- 
textant le défaut dauberge , soupe 
avec lui , le fait boire , le ques- 
tionne sur les registres et sur le 
lieu où ils se tenoieut, et pendant 
le sr>mmeil profond du pasteur , il 
s'empare du registre qui contenoit 
l'acte de mariage de du Bois , en 
déchire promptement le feuillet où 
il éloit inscrit , replace le registre 
et va se coucher. Le lendcmam il 
.se lève de bonne heure , laissmquel- 
quespistoles à la servante du ciir(''. 
Cehii-ci dormoit encore lorsque lire- 
teuil quitta le presbytère pour se 
rendre à Brive. Il va chez le no- 
taire possesseur de la minute du 
contrat, lui demande une entrevue 
secrète. Quand il est seul avec lui , 
il emploie tour à tour la menace 
et la séduction, lui offrant le choix 
d'un coup de pistolet ou dune bourse 
pleine d'or. Le notaire ne balance 
pas : il prend la bourse et donne 
la minute. Brcteuil sc; rend aussi- 
tôt chez la femme de l'archevêque, 
la menace ik-s cachots si elle parle , 
lui promet des monts d'or si elle 
8e lait , et lui annonce qu'il s'est 
emparé des principales pièces qu'elle 
ponrroit faire valoir contre son 
mari. La femme promet de se taire. 



BOIS 

Rreleuil revient à Paris , fier du 
succès de son expédition , et avide 
d'eu recevoir la récompense. » Les 
mêmes Mémoires ajoutent « qu'a- 
près la mort de du Bois , sa femme 
recueillit une grande partie de sa 
succession , et vécut aisément , 
quoique dans l'obscurité. Elle mou- 
rut à Paris vingt ans après son 
mari. Le frère du cardinal, qui 
étoit secrétaire du cabinet, fut tou- 
jours eu bonne intelligence avec 
elle , et ne cessa jamais de la traiter 
comme sa belle-sœLir. » Des satiri- 
ques l'irent au cardinal du Boislé- 
pitaplie suivante : 

Tïoine ronf^it d'avrir rougi 
Ijc cardinal qui gît ici. 

Voici deux anecdotes peu connues 
qui peuvent contribuer à donner 
une idée du caractère et de l'esprit 
de du Bois. Ses domestiques se dis- 
putoient un jour avec ceux de l'ar- 
chevêque de Reims sur les p:éé- 
mineuces de leurs maîtres. Les uns 
dirent que ce dernier jouissoit de 
la prérogative honorable de sacrer 
les rois de France. «Notre maître 
vaut bien mieux, dit un des gens 
du cardinal du Bois , puisqu'il sacre 
Dieu tous les jours. » Chaque an- 
née, an premier jour de l'an, les 
domestiques du cardinal du Bois 
se pré^enloieut pour lui faire la 
révérence et en recevoir des étren- 
ues. Quand l'intendant de sa maison 
paroissoit à sou tour , le cardinal 
lui disoit : « Monsieur , je vous 
donne ce que vous m'avez volé. » 
Voyez D£STOucii£s , Ma.ssili.on, 

^lOKGAULT, NOAILLES , u'^ Vi , et 

PiiiLiPi'E , n" XXII. 

VIll.BOIS DE La H|RRE (Louise- 
Marie du ) , née eu 1 665 au château 
de Courteilles en Normandie , niorle 
en 1700, avoit du talent pour la 
poésie. Son style en prose est élé- 
gant etdignedesbons écrivains. LHe 
a composé YHistoire du monastère 
de la Ckaise-Dieu , et celle de la 



BOIS 

Maison de l'r.i^le. Elle a nussi 
recueilli des Mérnoires i>oui' servir 
à l'hisloire de Normandie. 

IX. BOIS. VGjez Sylvils. 

* X. BOIS ( du.), l'oyez Ciietin. 

BOISARI). Fojez Boizard. 

t BOIS-BÉRENGER ( C. H. Tai - 
dieu Malessy, marquise de) , iie'e à 
Paris , donna iVxemple de la piélé 
filiale dans la prison du Luxem- 
bourg , où elle fui renfermée en 
1795. Son père, sa mère et une 
jeune sœur parlngeoieut sa déten- 
tion , et jamais ou ne la vil s'oc- 
cuper que du soin d'adoucir leur 
sort. Les o races d;; la jeuuesse , des 
traits inlt-ressans allachoieiil à sa 
destinée tous les prisonniers. I,a 
mère ayant été mise au secret pen- 
dant quelque temps , elle se priva 
d'une pariie de ses alimens pour 
les lui porter. L'acte d'accusaliou 
contre sa famille parvint dans la 
prison , et elle ne s'y vit point com- 
prise. Son désespoir alors fut ex- 
trême , et elle s écrioit sans cesse : 
« Quoi ! nous ne mourrons point 
ensemble ? » Pendant qu'elle s'aban- 
donnoit à tout l'excès de sa douleur, 
son acte d'accusation lui fut ap- 
porté. Dès cet instant elle ne forma 
plus de regrets. Elle vole dans les 
bras de ses parens , en leur disant 
avec ivresse : « Pour le coup nous 
mourrons ensemble. » Le jour de 
l'exéculion , elle coupa elle-même 
les tresses de ses cheveux , et se 
para comme pour un jour de fêle. 
En allant à la mort , madame de 
Bois-Bérenger soutint sa mère, el 
lui dit: « Cousolez-vous , et n'em- 
portez pas le moindre regret dans 
-le tombeau ; toute votre famille 
vous accompagne ; elle se serre con- 
tre vous, et vos A'ertus vont re- 
cevoir ta récompense qu'elles méri- 
leiit dans le séjour de l'innocence 
€t de la paix, w Elle fut immolée eu 



B()i5 



ÎQ 



75 



BOÎSDAUPHIN. ruyez L.vval , 

n° m. 

BOISGARNIER. rojez Chau- 

MONT, 11° U. 

* I. BOISGELIN DE CicÉ ( Jean- 
de-Uieu-Raimond de ) , ué à Rennes 
eu 1752, évtque de Lavaur eu 1763, 
et archevêque d'Aix en 1770. Il fut 
membre de l'assemblée des uoiables 
en 1787, puis député da cierge de 
la sénéchaussée d'Aix aux étals-gé- 
néraux , où il vola la séparation des 
ordres, et justifia le clergé dissident. 
Il fut cependaul un des premiers à se 
réunir a l'assemblée nationale , où il 
demanda que les décisions fussent 
prises à la biuiple majorité des voix. 
Il y fut aussi distingué parmi ceux 
qui demandèrent i'aboiilion des pri- 
vilèges pécuniers des deux premiers 
ordres , motivé sur les maux qn'a- 
voit produits la féodalité. Lor.s de 
la discussiou sur les biens du clergé, 
il établit 1» droit de propriété du 
clergé, et i'iutérct de la nation de 
lui conserver ses biens , et la néces- 
sité d'en former la distribulion. Eu 
1790 , il combattit de nouveau la 
motion leudanle à mettre à la dis- 
position de la nation tous les biens 
du clergé , afin d'en faire une hy- 
pothèque des assignais ; il parla aussi 
contre le projet de supprimer les dî- 
mes , et ofirit , au nom du clergé , 
nu tmin-uut de 400 millions. Peu 
de temps après, il parla contre ItiS 
assignats , et vola ensuite pour <{o«V- 
ner au roi le droit de paix el de 
guerre , circonscrit dans de justes 
bornes. .Dans la discussion sur le 
plan de consltlulion civile du clergé, 
il proposa de convoquer un concile 
national , el renou^ eia peu de temps 
après. celte proposition. 11 fut éiu 
président de l'assemblée , quoiqu'il 
se fut montré, dans plusieurs oc- 
casions , favorable à la cause du 
roi. U fut dépossédé de son arche- 
vêché en 1790, par la nomination 
d'un évéque coustiaitiounel. Aprts 



76 



BOIS 



la cession de rassembler ecnisli- 
tuaiile , il se retira en Aiiglelcrrc , 
où il publia le Psa/miste , ou /////- 
talion en. vers français des Psau- 
mes de David. Après le rélablis- 
semeiil du clergci en France , et la 
signature du concordai, il devint 
archevêque de Tours en i8oa, puis 
fut nommé cardinal , et candidat 
au sénat conservateur. L'astronome 
La Lande le place dans son Dic- 
tionnaire des alhée's , sur le té- 
moignage général , et prétend qu'il 
n'en éloit pas moins Iwn évèque. 
Il mourut à Angervilliers , près Pa- 
ris , le 22 aoîa liSof). Il a paru 
une Notice sur M. de Boisgelin , 
par l'un de ses grands-vicaires , où 
il dit : « Ce fut par la sagesse , unie 
à la générosité , quau commence- 
ment de la révolution il sauva la 
A'illed'Aixdes plus grands malheurs. 
Miraljeau y avoit paru au moment 
de l'élecliondesdéputéspour l'assem- 
blée constituante. Le peuple, égaré 
par lui , s'échauITe et se soulè\e ; 
les greniers pillés , de grands excès 
commis , et , au milieu de !a fureur 
populaire , par une suite de ces mê- 
mes excès, le pain alloit manquer 
à la ville. L'archevêque rassemble 
les négocians effrayés, les ranime , 
les rassure, obtient d'eux la pro- 
messe qu'ils lui fourniront dans la 
.semaine tout le blé dont ils peuvent 
di.<ipo»er. Si les' fonds vous man- 
'(juent , ajoule-l-il ,/e m'engagepour 
èenl mille francs. Le résultat de 
celte as.semljlée se répand dans la 
ville , et le calme se rétablit. Mais 
M. de Hoisgelin, dit l'auteur de sa 
Vie , ne crut pas devoir se borner à 
prévenir de nouveaux niolheurs ; 
il voulut réparer le mal déjà com- 
mis , il appelle la religion à son se- 
cours : on n'a voit pas encore appris 
au peuple à secouer le joug de la re- 
ligion ; il convoque dès le lendemain 
tous les curés de la ville à l'arche- 
vêché, et leur dit : J'ai , aulant. 
que la pruàenee humaine le pcr- 



BOIS 

met , assuré la quantité de blé né' 
cessa ire pour les besoins du mo- 
ment ; mais il seroil nécessaire de 
rendre aux greniers publics les 
grains qu'on en a enlevés. Ces/ à la 
religion seule à faire ce miracle, et 
cestàvousàfaireparlerla religion, 
aillez remplir cette noble mission. 
Ils obéissent à la voix de leur évè- 
que , et quelques ecclésiastiques , 
avec les seules paroles de la piété 
et de la vertu, réparent en un jour 
tous les désordres que la force u'a- 
voit pu ni prévenir ni arriter. Les 
grains sont rapportés , et l'arche- 
vêque voit le peuple alleudri envi- 
ronner sa voiture , et le reconduire 
presque en triomphe à l'archevê- 
ché. Sollicité par tous les habitans 
d'Aix , qui accourent en foule le 
remercier , de sceller ee retour à 
la paix par un acte solennel de re- 
ligion , il annonce qu'il se rendra le 
jour même à la métropole ; et là , 
dans un discours préparé en quel- 
ques heures , // j/a/ut, d'il son his- 
torien , au-dessus de lui-même. 
Lorsque , du haut de sa chaire pas- 
torale , il déplora les crimes , et 
peignit le repentir du peuple qui 
l'écoutoit , la sainteté du lien ne 
put retenir les transports de dou- 
leur , de respect cl d admiration qui 
se firent entendre de toutes les par- 
ties du temple et dn sanctuaire. Cet 
esprit Gonciliateur qui clistinguoit 
M. de Boisgelin avoit trouvé à 
s'exercer dès le moment de sa iio- 
minalion à l'archevêché d'Aix. Il y 
éloit arrivé au milieu des divisions 
occasionnées dans les parlemens par 
les édils du chancelier Maupeou. 
Telle fut la sagesse de M. de Bois- 
gelin , qu'il sut accorder un intérêt 
noble et généreux à ceux que l'au- 
torité avoit proscrits, sans allliger 
aucun de ceux que des motifs de 
sou mission et des considérations d'or- 
dre public avoient invités à ne i>as 
laisser le peuple sans justice et les 
tribunaux, àans^macislrals. » Ou a 



BOIS 

«le M. de lioisgeliu les ouvrages 
siiivaiis : I. l'exposition des prin- 
cipes sur la constitution du clergé 
jiar les éuéques députés à l'assem- 
blée nationale , sans date ni nom 
de lien , Paris , 1 791 , iu-S". II. Hé- 
roïdes de Virgile , Iraduites en vers 
français , avec le texte , Philadel- 
phie , Paris , 1786 , in-S". III. 3Ié- 
moircs pour le clergé de France , 
au sujet de la prestation de foi 
et hommage , Paris, i7^i>, in-8°. 

* II. BOlSGELlJiî ( l'abbé de ) , 
neveu du précédent , fut massacré 
à TAbbaye le 22 septembre 1792. 
Il avoit été agent général du clergé 
avant l'abbé deMoulesquiou. On lui 
reprochoit quelques dissipations et 
une vie licencieuse ; et Dieu voulut , 
dit un ecclésiastique, lui faire ex- 
pier ses erieurs au prix de son sang. 
L'affreuse situation dans laquelle il 
se trouva, jointe aux exhortations 
évangéliques de l'abbé l'Enfant , le 
pénétrèrent de repentir et de sen- 
timens religieux à l'heure de sa 
mort. 

* m. BOISGELIN( Gilles-Domi- 
nique de ) , né à la Ville-Balaiu , de 
la famille des précédens. Après avoir 
parcouru avec lionneur la carrière 
des armes , il obtint le grade de ma- 
réchal-de-camp , et fixa son domi- 
cile an Havre. Arrêté comme sus- 
pect en 1790 , il fut conduit à 
Paris , incarcéré au Luxembourg , 
et bientôt compris dans la liste des 
conspirateurs des prisons. Traduit 
au tribunal révolutionuaire , il fut 
condamné à mort le 4 juillet 1794, 
âgé de 4o ans. Boisoelin ( Louis- 
Bnmo de ) , né à Piennes en 1755 , 
oncle du précédent , détenu comme 
lui dans la maison d'arrêt du Liixem- 
bourg , fut aussi inscrit sur la fa- 
tale liste , et condamné * mort le 8 
juillet 1794. 

* BOÎSGÉRAKD , général fran- 
çais. Lorsque la révolution éclaïa , 
ce général s'empressa d'offrir à sa 



BOIS 



77 



patrie les coimoissances qu'une étude 
profonde lui avoit données dans 
l'tirt des fortifications et du génie. 
Il servit avec distinction parmi ks 
oUiciers de celle arme à l'alfaire de 
Si)ii"e , à la prise et à la défense de 
Mayence ; tit les sièges de Cluu-- 
leroi , Landrecies , Valencicunes , 
Maëstrichl et du Quesuoy. 11 reçut 
un coup de feu devant cette der- 
nière place. En l'an .ô ( 1797 ) , il 
dirigea le passage du Rhin , eSectué 
en présence des Autrichiens. Le gé- 
néral Championuet l'attacha ensuite 
à son armée. Au combat sanglant 
qui fut livré dans les rues de Na- 
ples , et qui dura soixante heures , 
lioisgérard y fut blessé daugereu- 
sement à la tète des troupes , et 
mourut quelques jours après des 
suites de sa blessure. 

BÔIS-GUILBERT. Voyez Pe- 
sant ( le ) . 

t BOISMONT (Nicolas THiRELde), 
l'un des quarante de l'académie fran- 
çaise, prédicateur ordinaire du roi , 
docteur en théologie de la maison de 
Navarre , mourut à Pans en 1786 , 
à 71 ans. Ses talens pour l'éloquence 
de la chaire sont connus du public 
par l'impression d'un Panégyrique 
de saint Louis , de quatre Oraisons 
J'unèhres , l'une du dauphin , l'au- 
tre de la reine Marie Leskinzy , 
femme de Louis XV , la troisième 
de ce dernier prince , la quatrième 
de l'impératrice ftlarie-Théièse. La 
fécondité des idées , les mouvemens 
et la rapidité du style, la noblesse 
et la vivacité des images, la phi- 
losophie et le sentiment distinguent 
ces quatre discours. Dans ceux dont 
le sujet lui fournit peu ,' l'orateur y 
supplée à force d'art ; mais ces ef- 
forts se font un peu trop sentir , 
et les gens de goût lui ont repro- 
ché trop d'a))prêt , de tours emph.a- 
liqnes, d'antithèses, trop de bel es- 
prit; ce qui donne àdifférens mor- 
ceaux de ses Oraisons funèbres un 



r8 BOIS 

air iiiauicré cl niouotoue qui en dé- 
pare-les beautés. Il lit imprimer, 
eu 178^ , sou Diacours prêché daus 
l'église de la Chanlé, pour engager 
les riches de la capitale à consacrer 
nue légère porlion de leur supt rthi à la 
l'ondaliou d'un iiùpital ecclésiastique 
et militaire dont M. de La Roche- 
foucauld a voit conçu l'idée. Le suc- 
ces lui complet. L'orateur développa 
une éloquence plus siiupie et plus 
])alhélique que daus tous ses autres 
«liscours. La quête rapporta cent 
cinquante mille l'r. , et l'hôpital fut 
doté et construit à IMoutrouge. Les 
défauts qu'on lui reproche , avec 
raison, daus les autres morceaux, 
avoieat disparu de celui-ci , et l'on 
y remarque un abandon touchant , 
qui faisoit uailre dans tous les cœurs 
le besoin de la l)ieufaisauce. C'est un 
des m.iUeurs de 1 auteur , parce qu'il 
est écrit avec plus de naturel , 
et avec cet abandon touchant qui 
émeut l'ame et lui fait un besoin 
de la bienfaisance. 

t BOISMOR.\KD (Claude-Joseph 
CHÉRONde),hl3d'un avocat deQim- 
per-Coreiiliu , né à Quimper vers 
1680, fut loug-leani)s jésuite^ et 
mourut à Paris en 1740, sous la 
haire et le cilice,î»près avoir été un 
des plus grands jureurs et un des 
plus déteriuinés joueurs de France. 
On le désignoit sous le nom de V l'b- 
bé Sacred... , d'après i'iiabitude fré- 
quente qu'il aVoit de se servir de ce 
jurement. Lorsqu'il avoit épuisé sa 
bourse au jeu , une de ses ressources 
étoit de lâcher contre les jésuites, 
ses anciens confrères , des brochures 
très-piquaules, qu'il jiublioit sous le 
voile de l'anonyme. 11 alloil cfirir 
en même temps à ceux qu'il avoit 
outragés de réfuter les injures qu'on 
veuoit ne leur prodiguer, et les ré- 
fuloit effectivement , moyennant de 
bons honoraires. Ce petit manège, 
qui peut-être n'est qu'un coule l'idl 
à plaisir , fut découvert par les ié- 



BOIS 

[ suites , qui crurent devoir dissimu- 
ler avec un homme dont la plume 
éloii redoutable. Labbe de lîoisii.o- 
rand avoit en effet beaucoup d'esprit 
et 1 imagination vive, forte e| fé- 
conde. INous avons de lui plusieurs 
Mémoires pour d s affaires épineuses 
et célèbres; tels que les actama'^our 
lesjésuitesdansraffairedeLaCadière 
et du P. Girard. 11 y en a trois ou 
quatre que l'on compare à ce qu'on a 
fait de plus éloquent en ce genre. 
11 en avoit inveiHé plusieurs ; mais , 
dans ce genre, il reconnoissoit un 
supérieur dans un nommé Passa- 
vant , mauvais sujet et gros joueur. 
Un jour que Boismorand , en per- 
dant beaucoup d'argent , aroit 
épuisé tous ses juremens, n'eu ])0u- 
vant plus inventer de nouveaux, 
il regarda le ciel avec fureur et dit : 
« ]Mon Dieu ! mon IJieu ! je ne te 
dis rien, je ne te dis rien, mais je 
te recommande à Passavant. » Lu 
matin il axoit prêché avec succès ^ 
le soir il jouoil malheureusement. 
A la lin il s'écria: «Eh! oui, mon 
Dieu ! oui ! oui ! je t'enverrai des 
aines ! » Un autre jour qu'il avoil en- 
core perdu , par un mélange bieix 
singulier dimpiétéelde superstition, 
il mit son crucitix sur sa fenêtre 
par une forte gelée , et l'y laissa pas- 
ser la nuit, pour le punir de ses 
mauvais procédés. Une autre fois , 
ne se possédant ])lus : Je réuèlerai 
le secret (le l'Eglise , répétoil-ii en 
frappant sur la table , je réi'èlerai 
le secret île l'Fglise. 11 aclieva de 
jierdre tout son argent : L/i bien! 
l'abbé, lui dit-oii, révélez- nous 
donc le secret de l'Eglise. — // n'y 
a point de purgatoire ^ s'écria-t-il ; 
et il s'enfuit. Plusieurs écrivains lui 
attribuent les Mémoires de la cour 
de P hilippe-Juguste , 17 53, 1738, 
6 vol. in-i 2, connus sous le nom 
de mademoiselle de Lussau. Il est au- 
teur de \' Histoire amoureuse et tra- 
gique des princesses de Bourgogne , 
La Haje, I7 2p,in-i2 En iSoô, ou a 



BOIS 

recueilli à Paris, en un vol. 111-8" , 
ks Oraisous iiinèbres , les Dis- 
roiirs et Sennoiis île cet oratmir. 
Ce Recueil est précède d'une Notice 
historique et et littéraire par M. Aii- 
ger , et suivi de son Eloge , par M. de 
lihulhière , qui le remplaça à l'aca- 
démie. Madame Necker dit que c'est 
Boismorand qui a l'ait une traduc- 
tion de Milton , sous le nom de I)u- 
pré-deSaiut -Maur. 

t BOISMORTIER (N. Bodin de), 
né a Perpignan en 1691, lui attaché 
à lu musique de l'opéra de Paris , et 
composa celle de divers dnmies \yn- 
>.\nki<,Mh(\ae les J'oy âges de l'amour, 
jJun Quichotte chez la duchesse , 
JJaphnis et i'hloè. 11 est mort en 
1 700. — Sa fille , SusANNNE Bois- 
Mor.^^iER , a publié quelques romans 
médiocres. 1. Mémoires de la com- 
tesse de Marienberg y^Aïa&\.tïà-àm, 
Paris, 1731, 2 vol. in-12.ll. His- 
toire de Jacques I éru et d'Jgathe 
Mignard, La Haye et Pans , 176(3, 
in- 1 2. 

* BOISOT (Jean-Baptiste), sa- 
vant distingué , né à Besaaçou eu 
i658, et mort en 1694. 11 avoit 
fini sa philosophie à 1.^ ans, etsé- 
toit ensuite gradué à Dôle en droit 
civil et en droit canon. L'assemblée 
des états du comté de Bourgogne 
l'envoya, en 1660, auprès du gou- 
verneur du duché de Alilau , et il 
s'acquitta , quoique très-jeune , de 
sa commission avec toute la dexté- 
rité et la prudence d'un homme 
consommé dans lesafTaires. En 1675, 
il se relira à Chambéry , et l'année 
suivante à Turin _, pendant que 
Louis XIV achevoit la conquête de 
la Frauche-Comlé. Quelques iuslan- 
ces qu'on lui fil de revenir dans sa 
patrie , et quoiqu'on l'assurât que 
sa famille étoit entrée en faveur 
auprès du mcniarque français, il tint 
ferme jusqu'à la cession faite du 
comté de Bourgogne au roi de 



BOIS 



79 



l'rance par le Irailé de p;'ix de 
Niuiègiie. A sou retour , Loui.-. XIV 
luidouua l'abbaye de Saint-Vincent 
de Besançon. L'abbé Boisot acliela 
du comte de Suint-Amour la biblio- 
thèque du cardinal de Grand velle; 
il raugnieiita cousidérablemiiit , et 
la lais.'-a après sa morl à son abbaye , 
avec ses bustes en marbre, en bronze , 
oes tableaux, ses médailles, et ini 
fonds de 2000 écus pour son entre- 
lien , à condition qu'elle seroit ou- 
\erle au public deux fois jiar se- 
maine. Ce savant possédoit le grec , 
lilalien, l'espagnol ; sa correspon- 
dance considérable avec les pre- 
miers savans de l'Europe ne lui a 
pas permis de laisser un grand 
nombre d'ouvrages. On a de lui 
des Dissertations marcjuées an coin 
de l'érudilion , et plusieurs Lettres 
sur des objets d'histoire naturelle , 
insérées dans le Journal des savans. 
11 a aussi un Projet de l'histoiie du 
cardinalde Grauuelle, qui se li*ouve 
dans la conlinualion des Mémoires 
du P. Desmolels. Boisot joigiioit 
aux qualités de l'esprit la pratique 
de toutes les vérins chrétiennes et 
morales. Dans une disette extraor- 
dinaire qui eut lieu eu 1694, il ue 
consulta que son excessive charité, 
etconsacra inie somme de 12500 liv. 
à secourir les malheureux. Cela le 
gêna au point «pi'il fut obligé d'em- 
prunter vingt écus pour subvenir à 
ses besoins les plus pressans. 11 ne 
survécut pas à cet acte de généro- 
sité , et mourut la même année , gé- 
néralement estimé et regretté. Quel- 
ques ecclésiaslicpies comtois voii- 
toient, par un zèle indiscret, faire 
reconuoilre poursaiiite une certaine 
Caesonia Donata ; l'abbé Boisot prou - 
va qu'elle éloit payenne. Scudén 
a fait son éloge en vers français , et 
La Moniioie eu vers latins. 

t EOISROBERT ( François Lk 
?tlETEL de), de l'académie frcuiçaise, à 
l'élablisseiHenl de laijueiie ii couir:- 



8o 



BOIS 



biia beaucoup , alibe de Chàtilloii- 
sur-Siine , naquit ;; Caen ran 1 092 , 
et uiourul en 1662. Sa couversaliuu 
eloit enjouée. 11 «avoil par cœur beau- 
cou j) de coules de Boccace , de Ijer- 
valde , et sur-tout le Moyeu de par- 
venir de ce dernier. Son iinagiua- 
tiou , nourrie de bonne heure de tous 
les auteurs facétieux, lui fournissoil 
le moyen d'amuser et de iaire rire. 
Citois , premier n)édecin du cardi- 
nal de Richelieu , avoit coutume 
de dire à ce ministre: « Monsei- 
gneur , toutes nos drogues sont inu- 
tiles , si vous n'y mêlez une dragme 
de Eoisrobert. » I.e cardinal nepou- 
voit se passer de ses plaiL^auteries. 
C'étoit son bel esprit et son bouffon. 
Eoisrobert, ayant été disgracié, eut 
recours à Citois , qui mit au bas 
du mémoire , comme par ordon- 
nance de médecine : Reclpe Bois- 
robert. Celte turlupinade le lit rap- 
peler. — Le goiit de la plaisante- 
rie raccompagna jusqu'au toinl)eau. 
Dans sa dernière maladie, comme 
ou le pressoil de faire venir un con- 
fesseur : « Oui , je le veux bien , 
dit-il, qu'on m'en aille quérir un ; 
mais sur-tout qu'on ne m'amène 
point de janséniste, m — IMais doit- 
on croire ce que rapporte Nicéron ? 
qu'ayant trouvé un homme blessé 
à mort dans une rue, il lui dit pour 
toute exhortation : «iNlonami , pen- 
sez à Dieu , dites votre Eenedicitc.-» 
On a de Hoisroberl , I. Dwcrses 
Poésies ; la première partie , J 6^7 , 
iii-.j", et la seconde, iGDg, iu-8°. 
II. Des Lettres dans le Recueil de 
Faret, in-8°. 111. Des Tfagédies , 
des Comédies et des Contes, qui 
portent le nom de son frère An- 
toine Le Melel, sieur OuviUe. Les 
contes de Boisrobert , si agréal)Ies 
dans sa bouche, peuvent à peine se 
lire dans Ouville ; ce qui prouve 
que madame Cornuel avoit raison, 
en comparimt ses contés à ces ma- 
telotes dont la sausse fait maucer le 
poisson, f^ojez Outille. XS^llis- 



BOIS 

toire indienne d'Jnaxandie et 
d'Orasie , 1 6.29 , in-S°. V. ISou- 
i'c/li's héroïques , 16:^7 jin-S". Ses 
!'iè<cs de tàedlre , ai'.plaudies par 
le cardinal de Richelieu et par quel- 
ques-uns de ses tlatteurs , sont en- 
sevelies dans la poussière. Boisro- 
berl, qiioiqu'anii des ft-miues, de 
la table et du)eu, triple goût qui 
épuise la bourse, trou voit encore les 
moyens d'exercer des actes de bien- 
faisance. Son plus grand plaisir étoit 
de rendre service aux gens de let- 
tres. Furelièrel'a nommé le premier 
chansonnier de sou siècle. 

i" BOISSARD ( Jean-Jacques ) ,ué 
à Besançon en L^aS , mourut à 
Metz en 1602 , à 74 ans. Il parcou- 
rut l'Italie, la Grèce, l'Allemagne , 
pour Vécu illir les anciens inonn- 
mens, dont il levoit le dessin, et 
sur lesquels il^ prenoit des notes. 
Etant allé un jour avec un ami vi- 
siter le jardin du cardinal Carpi à 
Rome, et le voyant rempli d an- 
ciens inarbres , il s écarta de sa com- 
pagnie , et se caclia dans un bos- 
quet , jusqu'à ce que tout le monde 
fût sorti. Lorsque les portes furent 
fermées , il employa le restedu jour 
à copier des inscriptions et à des- 
siner des nionumens; exercice qu'il 
reprit lorsque le jour reparut. Le 
lendemain le propriétaire du jardin 
y étant descendu avant qu'il fi!it 
ouvert aux étrangers, le troiua oc- 
cupé à ce travail, et fut curieux de 
savoir connneut il y éloit venu : 
Boissard lui conla naïvement la 
chose. Le cardmal lui permit de co- 
pier et de dessiner loulce qu'il trou- 
veroil de rare dans son ])alais. Bois- 
sard avoit ramasse avec beaucoup de 
peine un grand nombre de monu- 
mens antique* qu'il avoit laissés à 
Montbelliaid chez sa sœur; mais il 
les perdit presque tous lorsque les 
Lorrains ravagèrent la Franche- 
Coinlé.Scs principaux ou vrages sont, 
L Theatrum vitœ àumanœ , iSga- 



BOIS 

1698 , 4 parties en a vol. iii-4*'. H 
a rassemblé sous ce litre singulier 
les Vies de cent quatre-vingt-dix- 
huil personnes ilhislres , ou qu'il 
croyoit telles, avec leurs portraits 
en tailjy douce. II. J?e divinatione 
et magicis prœsiigUa , in- fol., Op- 
penheiui ; ouvrage ])Osi]iurae. 111. 
Embhmata , ^ Fniacl'uJt, 1693, 
in-4" , avec des ligures , pa.r TbiJo- 
dore de Bry. IV. 'l'upugraphia urbis 
JHomx. Les trois premières parties 
1697, la if- en 1698,13 b' en 1600, et 
la 6' eu ifio2 , in-fol. : ouvrage en- 
richi desîiunpes , gravées par T!iéo- 
dore de Bry , et p;'.r yes deux fils. 11 
y a dans ce» écrits des choses qu'on 
ne trouve pas ailleurs. V.Des Poé- 
sies latines , in - 8°. VI. J^ama-s- 
sus biceps , Francfort, 1G27 , iu-fol. 
avec figures; très-rare. Wl.Habitus 
variarum orbis §entium , i58,i , 
in-fol. obloug avec 70 figures. Ce 
sont les costumes de différentes 
nations. 

t B0IS3AT (Pierre de ), cheva- 
lier et comie palatin, un des pre- 
miers niemln'es de l'académie fran- 
çaise , appelé dans son pays Baissât 
l'Esprit, naquit à Vienne en Dau- 
phiné en i6o3. Il prit successive- 
ment le collet et J'épée, puis quitta 
l'un et Tautre. Des coups de bâton 
quil reçut , pour avoir temi des pro- 
pos libres à la comtesse de Saulx , le 
firent rentrer en lui-mêmf. Il négli- 
gea ses cheveux , laissa croître sa 
barbe, s'habilla grossièrement, ca- 
téchisa dans les carrefours , et fît des 
pèlerinages. S'étant préî^enté dansun 
pareil accoutrement à la reine Chris- 
tine de Suède , lorsqu'elle passa à 
Vienne en 1 656 , et lui ayant fait au 
lieu de harangue un sermon sur le 
jugement de Dieu, Christine dit: 
«Ce n'est point là ce Boissat que 
je connois , c'est un prêcheur qui 
emprunte son nom : et elle ne vou- 
lut plus le voir. Boissat mourut 
en 1662 âgé de 69 ans. On a de 

T. III. 



BOÎS 



81 



lui YHistoire négrépontique , ou 
les amours d' Alexandre Castriot , 
Paris, i6ôi,iu-8°, roman traduit 
de l'italien de Finelli , que quel- 
ques littérateurs estiment pour les 
aventures , les situations et les seii- 
limens ; mais qu'on ne lit plus. On 
a encore de lui des Pièces enprt.se 
et en vers , imprimées sur des feuil- 
les volantes, dont on a réuni quel- 
ques exemplaires en un vol. iu-fol. 
Leur rareté fait heur seul mérite. On 
cite entre autres une pièce à la 
Louange île la sainte Vierge , qu'il 
a lui-même traduite en quatre lan- 
gues , grecque , latine , espagnole et 
Italienne. L'abbé d'Artiguy vaule 
beaucoup ces productions. L'auteur 
en avflit fait tirer 1200 exemplai- 
res , qu'il ne voulut ix)int faire pa- 
roilre. Il les légua , par son testa- 
ment , à riloicl-Dieu de Vienne. 
Mademoiselle de Boissat , sa fille, 
les fit mutiler. Eu 1720, on en ven- 
dit quelques exemplaires , elle reste 
fut livré aux épiciers, pour lesquels 
Boissat a\oit quelquefois travaillé. 
Il a donné XPUstoire de Malte , 
faite par son père , dont la meilleure 
éditioneslde i6ô6, in-fol. 

I. BOISSIÈRE ( Jacques de L.i 
Fontaine de la ) , prêtre de l'ora- 
toire , né à Dieppe en 1649 , et 
mort à Paris en 17X2, est connu 
par des Sermons où l'on trouv e une 
éloquence agréable , et quelquefois 
trop fleurie. Ils parurent à Paris en 
1720 et i75i , en six vol. in-12. 
Ployez Maj.ezipu , vers la fin. 

II. BOISSlÈPiE (Simon Her vieux 
de la), mort le 22 août 1777, 
suivit l'étal ecclésiastique dans le 
diocèse d'Evreux. Il fit aimer la re- 
ligion par ses vertus ; il la défen- 
dit par ses ouvrages. Les principaux 
sont , I. Préservatij's contre les 
faux principes de Montgeron,, 
' 1760, in-12. II. Traité des mira- 
cles, 1763, 2 vol. in-iij. III. T)e 
6 



82 



BOIS 



l' Esprit prophétique , 1 766, in-i 2. 
IV. Conlradiclioiis du livre inti- 
tulé, (le la Philosophie de la na- 
ture , 1770 , iii-13. 

I.B0ISSlEU(Deny8DESALVAiXG 
de) , premier président delà chain- 
hre des comptes de Daiiphiué , 
orateur de LouisXlII , dansi aiiibas- 
»«le du maréchal deCréqni à Rome, 
en i655, mourut eu i6b5 , âgé de 
85 ans. Ou a de*hu,I. Un Traité 
lie l'usagj des fiefs , et autres 
droits seigneuriaux dans le JJau- 
jjhiné, Grenoble, 1701, in-folio. 
11. Divers ouvrages en vers et en 
prose , recueillis à I^you , iGai , 
in-S", sous b titre de Miscellanea. 
L'écrit le plus étendu de cesMiiélan- 
ges est un conimeutaire sur ùu poè- 
me d'Ovide. Il offre des observa- 
tions judicieuses , et des anecdotes 
piquantes. 111. Sylvœ septem de mi- 
racutis Delphinalus , Lyon , 1 66 1 , 
in -8°. Ces préteudues merveilles 
n'ont paru que des choses ordinai- 
res à ceux qui les ont examinées 
avec soin. 

I II. BOISSIEU ( Bnrlhélemi- 
Camille de ) , ne à Lyon eu i7 5_i, 
mort dans la même ville à la iin 
de i''70, perdit à Tàge de 6 ans 
son père qui éloit médecin, et suivit 
la même prolessiou avec succès; il 
fut reçu docteur eu médecine à Mont- 
pellier en 1755 , et y contracta la 
plus étroite amitié avec le célèbre 
des Sauvages. De retour dans sa 
Aille natale, il y fut agrégé au col- 
lège de médecine. En 1762 , le gou- 
vernement l'envoya àMàcon, puis 
en Forez, pour y arrêter les rava- 
ges d'une épidémie meurtrière. La 
méthode qu'ilsuivit fut avantageuse. 
De Boissieu , toujours levé à qua- 
tre heures du matin , consacroit à 
l'élude tous les momeiis qu'il pou- 
voit dérober à ses devoirs; aussi, 
quoiqu'il soit mort à ."îôans, il n'a 
pas moins loisst divexs ouvrages es- 



BOIS 

limés; les principaux sont , I. Dis- 
sertation sur les antiseptiques , 
i767,iu-8°. Elle obtint le prix de 
l'académie de Dijon , et fui impri- 
mée dans cette ville. II. Mémoire 
sur la méthode rafraîchissante , 
et la méthode échauffante en mé- 
decine. Cet ouvrage très-étendn , 
fut couronné par la même acadé- 
mie. Dans lun et l'autre ou recon- 
noit une grande pénétration réunie 
à un esprit juste et méthodique. 
m. Moyens de purifier l'air des 
prisons et des hôpitaux. Ce der- 
nier mémoire est resté manuscrit, 
l/auteur y propose un moyeu dont 
la découverte lui est propre. C'est 
l'inHammatiou du nilre ; procédé 
qu'il regarde comme l'un des plus 
efficaces et des moins coi'ileux. 11 a 
laissé deux frères distingués à Lyon 
dans la carrière des arts. 

* m. BOISSIEU ( J.-J. de ) , né 
à Lyon en 1725, a peint, comme 
amateur, différens sujets dans lé 
genre de Van Ostade , et plusieurs 
portraits. Il a aussi dessiné et gravé 
avec beaucoup de goi^it et d'intelli- 
gence un grand nombre de paysages 
et de vues, dont quelques-uns sont 
très pittoresques. On distingue sur- 
tout sou morceau, le Charlatan, 
fait d'après un tableau capital de 
Carie Dujardiu. Son œuvre se com- 
pose de 5o pièces 1res -curieuses. 

BOISSIN DE Gallardon (Jean), 
poète dramatique du dernier siècle, 
a donné au théâtre quelques mauvai- 
ses pièces dont ou ne connoit plus 
que les noms : Saint - Vincent , 
Sainte • Catherine , les Urnes vi- 
vantes , Andromède, et la Con- 
quête du sanglier de Calydon." 

I. BOISSY ( Artus de ) , Voyez 

GOUFFIER. 

t II. BOISSY ( Louis de ) m- 
quit à Vie en Auvergne eu 1694 
Après avoir porté quelque temps ie 



i 



BOTS 

peut collnl , il vint à Paris et fit 
jouer d";iljor(l mie liagéilie à' Admèle 
et yllcesie qui fut siltlée. Thalle le 
consola dus rigueurs de Melpomèiie. 
L'académie française se l'associa en 
1701 ; et quatre ans après il eut le 
privilège du Mercure de France. Il 
mourut en i-58. Celoit un homme 
iialiirellenient timide , et d'un ex- 
térieur peu agréable , qui augmen- 
toil encore sa limidilé; il paroissoit 
dans la société fort inférieur à 
ses ouvrages. La for»ime lui fut 
long-lemjjs contraire. \}\\ mari;ige 
d'inclination qu'il coutracla sans 
consulter ses intérêts ne servit pas 
à l'enricliir. Comme ii connoissoit 
le mépris qui suit la fmuvreté , il 
évitoit de paroitre dans le monde 
avec l'extérieur de la misère. Sa 
parure étoit brillante , tandis que 
dans l'intérieur de son domestique, 
sa femme et lui se virent quelque- 
fois exposés à manquer du néces- 
saire, et furent, dil-on , au mo- 
ment de se laisser mourir ensem- 
ble de faim. Parvenu à l'aisance 
par le privilège du Mercure , il 
poussa le luxe jusqu'au faste. 11 
se plaignoit, assnre-t-on, en mou- 
i"aut , que sa vie n'eût pas été ou 
])lus longue , pour jouir de sa tar- 
dive fortune, ou plus courte, pour 
qu'il eût pu échapper aux peines de 
son temps de détresse. Le besoin 
l'obligea non seulement décrire 
trop, mais encore de sacrifier son 
travail à d'autres écrivains. Plus 
d'un auteur comique, qui n'ocoil ris- 
quer des pièces médiocres en prose , 
trou voit dans Boissy lui secours 
prompt pour les mettre en vers. On 
jirétend rnème qu'il réussit quelque- 
fois mieux i)0ur d'autres que pour 
lui-même. Il avoit débuté par des 
satires. Son théâtre est en 9 volu- 
mes in-8" , Paris, J766. S-^s meil- 
leures pièces sont , 1. \Impalient, 
en cinq actes, en vers; il y a du 
bon comique. II. Le Irançais à 
Londres , en un acte el en prose , 



BOIS 



83 



est une de ces petites y)iè(es qui ont 
des d(.'faiils et des agrénu-ns , mais 
que le parterre voit avec plaisir. 
L'auteur navoil connu les Anglais 
que dans le Spectateur. Cest une 
espèce de caricature , mais on y rit. 

III. ijC.s De/iùrs trompeurs ^ en cinq 
actes , en vers : la versification en 
est facile et quelquei'ois brillante. 
C'est le chef-d'œuvre de son auteur. 

IV. Le Babillard ^ en un acte , en 
vers. C'est une dt s meilleures piè- 
ces de Boissy; elle est bien écrite, 
el offre des situations vraiment co- 
miques. Le rôle principal est rendu 
avec précision, et s'y aoutient d'un 
bout à l'autre. V. La Surprise de 
la haine , en trois actes, en vers , 
où l'on trouve quelques scènes bien 
faites, et quelques bonnes tirades. 
VI. Le Comte de Neuilli, eA cinq 
actes, en vers coulans el aisés; c'est 
une pièce dans le genre comique lar- 
moyant. VII. ha*** Fièce sans litre^ 
en trois actes , en vers. Il y a dans 
cette p;èce quelques scènes agréables, 
de l'esprit , du bon comi.jue; mais 
le plan en est bizarre el le style 
négligé. VIII. Le Ilival favorable , 
qui réi!53il autrefois el n'est plus 
jOué. IX. l.'l^.poux par superc/ieiie 
et le Sage étourdi ; deux comé- 
dies as.-<ez bien intriguées , et qu'on 
a reprises quelquefois, etc. , etc. Le 
princijial mérite de Boissy étoit de 
mettre au théâtre les ridicules nou- 
veaux : ses pièces sont la gazette 
des modes. Parmi un trop grand 
nombre de portraits qu'il a tracés, 
quelques-uns sont bien frappés; il 
y a quelques traits singuliers , quel- 
ques vers ingénieux et bien tournés ; 
mais il pécboit souvent par le plan 
et l'intrigue. Son esprit éloit plus 
épigrainuiatique que comique. On a 
encore de lui trois petits Romans 
eatiriques et obscènes, qui ne mé- 
ritent pas d'être tirés de l'oubli. Le 
7>:ercure de France fut assez re- 
cherché dans le temps qu'il le diri- 
gea. Quoique porté uaturellemeul à 



84 BOiT 

la salire, il loua tout sans disiiuc- 
tion. 

* m. lîOtSSY ( Jean - Baplisle 
TniAiiDii;iiE tie) ,néa Paris ie 20 
octobre ibô6 , a^>rès avoir fait d'ex- 
celleiites étud'-s aux jcsiiiles , fut 
chargé de léducaliou du priuie de 
tioaljise , dont il s'acquiUa avec aii- 
tanl de laleiis ([ue d'iioiiiieur. Au 
mois de féviier 17 10, labl)é de 
Boissy fut re(.ii à l'aradéniie des 
luscrijUious el. bi.lles-ieUres , à la- 
quelle il a i'ouriii deux ouvrages 
iniportaiis el pleins ûv recherv'lies 
curieuses el profondes , et qui onl 
été insères dans les Mémoires de 
cette académie; le premier est iu- 
tilulé J'-xplaltotis en usaga chez 
les anciens ; le second traite des 
Sacrifices où les anciens immo- 
laient des pictimes humaines. Ce 
savant est mort le 27 juin 1729. 

* IV. BOISSY ( Charles DespkÉs 
de ) , avocat , homme de lettres , 
membre de plusieurs académies. Il 
est connu dans la Kltéralure par 
ime Histoire des ouvrag^'s pour et 
contre les spectacles , Paris, 1771, 
augmenié en 1775 , et 1777 , iu-i 2 ; 
7'^ édition, 1782, 2 vol. in-i2. Cette 
})rodiiclion n'est qu'une pure com- 
pilation et irùs-médiocre pour le fond 
et le style, qui a eu le pliss grand 
succès parmi les dévots. De Boissy 
se disposoit à en doniier une hui- 
tième édition, lorsqu'il mourut su- 
bitement à Paris le 29 mars 1787. 
C'e qui reudoil de Boissy vraiment 
recommaudable , c'étoit de s'être 
placé avec son fri re à la tète d'une 
espèce d'administratioil perpétuelle 
de cliarité pour les infortunt'.s ; ce (|iii 
l'avoit fait admettre dans la société 
philantropique. 

* BOIT ( Charles ) , Suédois , 
peintre sur émail , travailla à Vienne 
vers 1700. Il peignit en email les 
Portraits de la J'aniille impériale , 
vivante alors , sur un plalt^iu d'or, 



BOIV 

ayant 18 pouces de haut et la de 
large ; ouvrage qui lui fut i)ayé 
20,000 florins. Cette pièce rare est 
conservée dans le garde-meuble im- 
périal. Le même arliste a aussi tra- 
vaillé à Londres à une époque pos- 
térieure. 

t BOITE T ( Claude) , avocat au 
pariemwil de Pans, lit imprimer, 
en i6.T2, ini ouvrage intitulé /^e 
Prince des Princes , ou l'y.'rt de 
régner , in-it. Cest un Traité dé- 
diualion , diffus, emphatique, qui 
n'a ni plan , ni utilité 11 est dé- 
dié au surintendant des finances 
d'EHiat. ^^ 
t* 

I.BOl VIN (François de ). barond- 
Villars , fut secrétaire du maréchal 
de Brissac , et l'accompagna dans 
le Piémont sous Henri II. Noiis 
avons de \w\V Histoire des guerres 
de Piémont, depuis ihbo jus- 
qu'en i56i_, Paris, 2 vol. in -8°. 
Cet historien n'est ni poli , ni exact 
( foyez Chakiii) ; mais il est bon 
à consulter sur les exploits dont 
il a été témoin. BoiA in mourut en 
i6i8,forl âgé. Sou ///aVc/'/ï?, con- 
tinuée par Cl. Malingre, parut en 
i63o. 

•;■ II. BOIVIN l'aîné ( Louis) naqui t 
le 20 mars 1 Gî-ia à Montreuil-l'Argilé, 
petite ville de la haute Normandie, 
d'ime famille peu avantag(V du cvlé 
de la fortime, mais qui s'étoitdistin- 
gucedajîs le barreau et même dans la 
littérature. Son père lui donna les 
premiers élémeus de rinslruclion, 
et l'envoya à Kouen faire sa se- 
conde et sa rhétoricpie. Boivin , qui 
n'a voit alors que i.T ans, surpassa 
tousses condisciples. Le regret d'a- 
voir perdu sa mère lui inspira le 
vœu d(; composer , tous les ans le 
jour de son anniversaire , une pièce 
de prose on de vers. Il vint alors 
à Paris , il s'y livra avec une obs- 
tirinliou extraordinaire à l'étude de 
plusieurs sciences. Il avoil envie dé- 



Eoiy 

tre savtiul ck piol'essioji. Ln philo- 
sophie , la jurispriideiue , la iiit'dc- 
cine , la théologie deviureul les ol)-- 
jets de ses travaux ; raais ce fui dans 
l'élude des belles-lellies qu'il Hl le 
plus de progrès. Il iil des vers , cl 
consulta Chapelain sur leur niérile. 
Celui|pi déclara qu'il feroit hien de 
renoncer pour jamais à celle luanie, 
et nul le jeuse poêle au désespoir. 
Il composa une pièce eu prose, in- 
titulée T'hix de mélancolie , où il 
exhaloit le chagrin excessif que lui 
avoienl causé les conseils de Ciiape- 
lain, qui passoit alors pour l'orai^lf de 
la littérature. Sa mcnioire étoit si 
heureuse, que, lorsqu'il avoit lu un 
livre , il en retenoil loules les parli- 
cularités, et même le style; son 
érudition éloit variée et fort éten- 
due. Il éloil consulté par les savans 
de son tem>ps , rechei'ché par les 
hommes en place, tels que MAI. Le- 
pelletier él Bignon, et l'ut reçu mem- 
bre de l'académie des inscriplions et 
helles-lellres. Boivin éloit d'un ca- 
ractère atra])ilaiïe et peu social. 
Lorsque Sanleuil lisoit ses poésies 
latines chez M. Lepeletier, Boivin 
l'airèloit inipiloyablement presqu'à 
chaque vers pour relever les fautes 
de grammaire ou de quantité qui lui 
avoient échappé ; ce qui faisoit entrer 
le poêle latin dans des fureurs plus 
que poétiques. Voici comme Boivin 
s'est peint lui-même à l'âge de 2/( 
ans : « Mon humeur est sauvage et 
retirée , fort approchante de l'oiseau 
de Minerve , franche jusqu'à la 
rusticité , liere jusqu'à l'indépen- 
(iauce , tlottanie et inceriaiue jus- 
qu'à ne me déterminer à quoi que ce 
soit, entreprenante jusqu'à vouloir 
tout savoir , tout pratiquer , pré- 
somptueuse jusqu'à l'aire vertu d'am- 
bition, cach.anl si ])eu mes défauts 
que souvent j'en fais vanité.» Il de- 
uiandoit avec instances des conseils, 
des objections pour les ouvrages 
qu'il a'ioit entrepris de traiter , et 
quaud il eurecevoh ils'irriloitelré- 



130 IV 



8: 



pondojt avec aigreur. Boivin a beau- 
coup écrit et n'a rien publié. Quel- 
ques AIcmoires , insérés dans le 
Recueil de l'acatîémie des inscrip- 
lions , ne sont qtie des extraits qu'il 
a fallu lui enlever, et ceux qui eut 
été iu;primés en entier n'ont pu 
être revisés par lui , à cause (les 
changemens qu'il n'aiiioil cessé d'y 
faire. Il avoit composé en français 
trois petits Foë/ites ohronolv^i- 
ques en vers acrostiches. L'impres- 
sion n\\\. a été que commencée. Il 
avoit mis en vers français presque 
tout l'Evangile. Il travailloil depuis 
trente ans à une édition de Vllis- 
loire deJosephe. Il avoit comiiosé 
le texte avec Ions les monumens qui 
s'y rapportoient , restitué les en- 
droits corrompus , et y avoit ajouté 
des notes très-nombreuses et Irès- 
savaiites. Cet ouvrage n'a pas vu le 
jour. Boivin mourut le 22 avril 
1724, dans sa 76® année. Il avoit 
attiré auprès de lui son jeune frère , 
soigné son étîucaliou , et lui avoit 
communiqué son goût pour l'élude 
et l'ériidition. 

t III. BOIVIN m: ViLLExr.uvi: 
(Jean), frère puiné du précédent, 
naquit le 2d> mars iGçp à Montreuil- 
i'Argilé. Il avoit deux ans lorsqu'il 
perdit sa mère, et neuf ans lorsque 
sou père mourut. Son frère aine fut 
san tuteur, l'attira auprès de lui à 
Paris, devint son maître; mais ce 
Uaiitre bizarre , ennemi des mé- 
thodes ordinaires , ne donnoit à ?ou 
disciple ni thèmes à composer , 
ni leçon à apprendre ; il l'enfer- 
moitdansun galetas avec un Momèie 
tout grec , un dictionnaire et une 
grammaire , et ne lui rendoit la 
liberté que lorsqu'il se tronvoit eu 
état d'expliquer , en français et eu 
lalin, le nombre de vers qu'il avoit 
prescrit. Ses récréalions éloienl des 
promenades désertes , pendant les- 
quelles son frère lisoit quelque^; an- 
leurs classiques. Daas leg soirées les 



Sf) 



BOIV 



deux frères joiioienl avix echees : 
trois années se passèrent ainsi lors- 
que l'un et laulrc lurent appelés 
chez Lepellelier ; l'ainé étoit pro- 
fesseur, le jeune, condisciple des tils 
et des 'neveux de ce magistral, 
Louvois lui lit obtenir un appar- 
tement à la bibliothèque du roi, et 
bienlôt, en 1692 , il fut nommé un 
des gardes de cette bibliolhecpie. Ce 
fut dans celte place qu'il lit une 
découverte qui fit du bruit parmi 
îes savans. Parcourant un jour le 
îTiannscrit des lioinçlies de saïut 
Ephreni , il aperçut sous l'écriture 
du texte , q'.ii éloitdu i.|'- siècle , une 
antre étriture bien \>\us ancienne 
qui avoit été effacée exprès, et dont 
les caractères ressuscites éloient des 
lettres iniiiaks et anuou( oient un 
manuscrit ds treize cents ans d'an- 
tiquité : ce manuscrit n'étoit point 
im de ces ouvrages dont les savans 
regrettent la perte, c'étoit l'ancien 
et le nouveau Testament. Ce ma- 
nuscrit mis au net servit cependant 
d'objet de comparaison à plusieurs 
savans. Boivin publia, en 1690, 
lediliou des anciens mathémati- 
ciens , Matliematici veteres , in- 
fol. , Pans , de l'imprimerie royale , 
que Théveaot avoit laissée impar- 
faite ; il en conféra de nouveau les 
manuscrits, et recueillitles variantes 
de ceux de Jules Africain , dont il 
éclaircit le texte par des notes. En 
J702 , il donna une édition, en 3 
volumes in-folio , de Y Histoire By- 
zantine de Nicéphore Grégoras. On 
ne coiinoissoit alors que les XI li- 
vres que Jérôme WoUius avoit tra- 
duit* du grec. Boivin eu rétablit le 
texte, qui étoit fort corrompu ; il 
en retoucha la version latine, qui 
n'étoit pas toujours exacte , et y 
joignit Xlll livres qu'il eut le bon- 
heur de découvrir et de rassemliler; 
il les accompagna d'une traduction 
élégante et fidèle, de notes savantes et 
variées, d'une préface curieuse sur les 
autres ouvraî^es du même Gréaoras , 



BOIZ 

et d'une vie de ce même auteur » 
presque toute tirée de ses propres 
écrits. Il composa plusieurs Mé- 
moires , qui se trouvent imprimés 
dans le Recueil de l'académie des 
inscriptions et belles-lettres. Il fut 
admis au noml)re des membres as- 
sociés de cette académie , ei peu 
de temps après , nommé professeur 
eu langue grecque au collège royal. 
Eif 17 15 , il fil imprimer une apo- 
logie (l Tlomère et un Mémoire sur 
le bouclier d'ytchille , in-12; une 
rie (le Pierre Fethère eu latin , 
et une autre de M. Le Pelletier , 
\)rolecteur que la mort venoit de lui 
enlever. Plusieurs ouvrages fran- 
çais, el quelques traductions telles 
qii_e celles de la Batracitomyoma- 
chie d'Homère , ou le Combat des 
rats et des grenouilles , en vers 
l'rançais , sous son nom latinisé eu 
lïiherius Mero , de {'''!> dipe d- So- 
phocle , des Oiseaux d'Arislophaiie , 
et des Poésies grecques, i 7-!^o, iu-S", 
lui valurent , en 17:21, une place à 
l'académie française. Il avoit épousé 
en 1716 une nièce de la célèl)re 
madame Le Haq , ^ilus conuue sous 
le nom de mademoiselle Chérou , 
dont il eut six enfaus. Les mouve- 
inens irréguliers d'une Hevre lente 
afl'oiblirent ses forces , mais ne ra- 
lentirent pas ses travaux oïdiuaires, 
desquels les conseils de ses amis 
ne purent l'arracher. 11 mourut 
victime de sa passion pour Les let- 
tres le 29 octobre 17 if. Il eut les 
laleus de sou frère sans eu avoir 
les défauts , et conserva poiu" lui 
les égards , la tendresse et la re- 
counoissance qu'un fils doit à sou 
père. 

i-BOIZARD (Jean), conseiller eu 
la cour des monnoies de Paris, fut 
clut.'jjé en i6fi5 et en 1664 de ju- 
ger des monnoies. Il comjjosa un 
bon Traité sur celte matière, en 
■2 vol. in-ia, dont la réimpression 
a été défendue, parce qu'il contient 



BOIZ 

vm Traité de l'ulliage, par Iliiulret 
de Beaiilieu , inspecleur-géuéral des 
nionnoies de France , dont on a 
voulu soustraire la connoissance au 
public. Ce livre, imprimé à Paris en 
1711 , n'est pas commun. 11 y en 
a des exemplaires avec la date de 
1714, mais cesl la uîème édition. 
L'auteur mourut à la fin du siècle 
dernier. 

* BOIZOT ( Louis - Simon ) na- 
quit à Paris eu I7q5. Son père , 
peintre d'histoire et meml)re de l'a- 
cadémie, Tc-marqua dans son fils de 
grandes dispositions pour la sculp- 
ture , le mit sous la direction de 
]Micliel-Auge Slolz , et dès l'âge de 
19 ans il remporta le prix de sculp- 
ture. Revenu d'Italie en 1770, il 
fut présenté à l'académie ; agréé et 
reçu académicien en 1778, et pro- 
fesseur adjoint en 1785. La statue 
de Racine, placée à l'institut^ el 
celle de Sainl-Jean- Baptiste , à 
Saint-Sulpice , sont au nombre de 
ses ouvrages. Il a fait aussi le JiJau- 
solée du général Hoche , terminé 
en iSoi , et qui n'a point été placé 
dans le lieu de sa destination ; le 
modèle en plâtre dune statue de 
Miltiade , qui décore une des salles 
du sénat; vingt-cinq morceaux du 
bas-relief de la colonne dAuster- 
iilz ; enfin les sculptuies de la 
fontaine du Châtelet. On a aussi 
de lui plusieurs Bustes et des pro- 
ductions légères , consacrées à des 
objets de décora tio:i. Sa vie fut 
troublée par des chagrins domes- 
tiques ; mais ces fâcheuses circons- 
tances ont rendu ses derniers 6u- 
ATages plus parfaits que ceux qu'il 
avoit entrepris dans la force de 
l'âge. Les souvenirs du passé s'é- 
toieut aft'oilîlis avec le temps, et 
son génie, quelque temps abattu, 
avoit repris son activité. Il s'oc- 
cupoit agréablement dans sa der- 
nière maladie de l'espoir de con- 
server nue place dans la mémoire 



BOL 



<S' 



de ses amis. «Voyez, disoit-il, 
combien la fin de aia vie es', heu- 
reuse : je meurs au mdieu de mes 
plus chers amis, et je ne crois pas 
me séparer d'eux , puisque je vi- 
vrai dans leur souvenir. » 11 est 
mort le 11 mars 1809 , âgé de G5 
ans. 

* BOKHARI , célèbre docteur 
musulman , qui soutenyit la pré- 
destination aljsolue, mourut à Bok- 
hara dans la aS'' année de l'hégire. 
11 a donné un recueil de traditions , 
intitulé Tektircli ou le Sincère, 
et. quelques autres ouvrages. 

t BOL ou BoLL ( Jean ) , Hans , 
di\\. peintre flamand , né à Malines 
en 1324, mort à Amsterdam eu 
1690, et non pas en 1682 comme 
le dit Descamps dans sa Vie des 
Peintres. Les divers biographes , en 
ne s'accordant point pour les dates 
de sa naissance et de son décès , 
se réunissent pour louer le talent 
de'cet artiste ; ils vantent ses petits 
ouvrages à gouache , ses paysages 
agréables el la grande union de sa 
touche el de ses couleurs. Les tapis- 
siers de Bruxelles l'employoient 
souvent pour les dessins qu'ils exé- 
cutoient. L'électeur palatin le fit 
tra\ailler près de lui à Heidelberg. 
Jean Bol passa ensuite les dernières 
années de sa vie à Ainsterdain , où 
il continua de travailler avec le plus 
grand succès. François de France, 
duc d'Aleuçon el d'i^-njou , cin- 
quième fils de Henri 11 et de Ca- 
therine de j\Iédicis , ayant été cou- 
ronné duc de Brabant dans la ville 
d'Anvers le 19 février 1682, char- 
gea Jean Bol d'orner de peintures 
a gouache un livre d'heures. Cet 
ouvrage, l'un des meilleurs de cet 
artiste, faisoit partie de la riche et 
précieuse collection du baron de 
Heiss , el est à présent à la l)iblio- 
thèque impériale. Il est de format 
in-16, il renferme vingt miniatures 
de trois pouces deux lignes de haut, 



88 



BOLA 



sur deux pouces trois lignes de lar- 
ge ; en outre, Bol a peint sur toutes 
les pagf's des lettres capital-.s , de 
petits oniemetis , des oiseaux , des 
insectes et des ileurs d'un fini ad- 
mirable. La galerie impériale de 
Vienne possède uu de ses tableaux 
de 1089. 

* ir. BOL ( Ferdinand ) , né à 
Dordrecht Vers 1611 , mort à Ams- 
terdam eu 168!). Il entra fort jeune 
à l'école de Rembrant. Ce fameux 
peintre le prit en amitié , et Uol 
suivit de si p.os sa manière , que 
le maître est (jneUpiefois confondu 
avec l'élevé. Il fil beaucoup de ta- 
bleaux d'histoire, et un grand nom- 
bre de portraits, dont la plupart 
passèreul pour èlre de Rembrant. 
Il y en avoit deux entre antres à 
Bruges , chez le baron Van Mole , 
il y a environ 60 ans , qui éloient 
aussi beaux pour la force et pour 
la couleur, que ceux de son maitre. 
Le poète Vondel vante dans ses 
vers un tableau peint par Bol pour 
l'amirauté d'Amsterdam. Il y en a 
cinq au musée Napoléon : le Por- 
trait d'un géomètre ; des En/ans 
traînés dans un char par une chè- 
vre ; ils viennent du cabinet du 
roi. Les trois autres , exposés au 
salou en 1807 , par suite des vic- 
toires de la grande armée , repré- 
sentent une Visitation , une .'nnon- 
cialion , et un Portrait d'homme. 
I-a galerie de Dresde possède aussi 
cinq grands tableaux de ce maitre; 
savoir, Moïse enfant , présenté à 
lajille de Pharaon; mx Repos en 
Pgvpte ; David remettant entre 
les mains d'Uric la lettre qui doit 
le perdre ; Joseph présentant son 
père Jacob à Pharaon ; \n\ Ange 
apparaissant à un homme gui 
dort au pied d'un arbre. 

BOLANA ( Laurent ) , médecin 
de Catane , vivoil m iS.'iS, et a 
publié une Logique , une Rhéio- 



BOLE 

rique , et une Dissertation sur lei 
éruptions du mont Gibel. 

t BOLDETTI ( I\Iarc- Antoine ) , 
né à Rome en itibô, mort dans la 
même ville en 1749, connut très- 
bien les langues anciennes , et sur- 
tout l'hébreu. On lui doit des Oh- 
servations sur les cimetières des 
martyrs et des anciens chrétiens 
inhumés à Rome. Cet ouvrage , 
vol. in-folio , fut composé par l'ordre 
du souverain pontife , et imprimé 
en J720. 11 se joint à celui d'A- 
ringhi. 

i BOLDONI (Sigismond), doc- 
teur en médecine de la facidlé de 
Padoue , éloit de Mdan. Un voyage 
qu'il fil à Rome lui mérita une 
place dans l'académie des humo- 
ristes de cette ville; et , en ih^.î, 
le collège des médecins de Milan 
le reçut au nombre de ses mem- 
bres. Il passa en uite à Pavie , où 
il enseigna la philosophie. Il mou- 
rut dans cette ville , le 16 juillet 
]fi3o, âgé seulement de 53 ans. 
On a de lui plusieurs pièces de 
Poésies , des Oraisons et des Xe/- 
tres , tant en italien qu'en latin. 

* BOLDU ( Jean ) , peintre et 
graveur en médailles, né à Ury eu 
Suisse. Il fut un des premiers qui 
ont gravé sur l'acier. Giulianelli 
le prend pour un Vénitien, et le 
met an nombre des graveurs qui 
ilorissoient vers l'an 1470. 

BOLÉE ( iMylholog. ) géant for- 
midable, qui , suivant l'opinion in- 
dienne , a conquis le ciel , la terre 
et les enfers. 

BOLEN eu BoLEiN. Voyez 

B0LL£N. 

I. BOLESLAS Y' , pr mier roi de 
Pologne, succéda en c)99 a son père 
Micislas. L'empereur Olh'm III lui 
donna le titre de roi , et .iffrafichit , 
eu looi y sou pays de la dépendance 



BOLL 

de l'enipire. Boleslas avoit de giai)- 
des qualités. 11 xainquil les peuples 
de Moravie, et les rendit Irilnilai- 
rcs. Il mourut eu io23. 

H. BOLESLAS II. Foyez Sta- 
nislas ( St. ) , w" I. 

IIL BOLESLAS III. Voyez Ja- 

EOPOL. 

* BOLEYN C George ) , frère 
d'Anne de Boulen, avoit étudié à 
Oxford, et setoit adonné à la poésie. 
Ln sortant de l'université, il brilla 
à la cour par ses belles qualités. Eu 
].'»29 il devint vicomte de Roche- 
fort ; au mariage de Henri \'1TI avec 
sa sœur , il fut chargé de plusieurs 
ambassades , et fait connétable du 
ciiâteau de Douvres , tt garde des 
Cinq-Ports : mais quand le tyran 
voulut se défaire de la reine, le lord 
Boleyn fut accusé d'i'icesteavec elle, 
et eut la tète tranihée à la tour de 
HiU en 1.^.56. Boleyn a écrit quel- 
ques Poésies , des Chansons et de-s 
Sonnefs. 

BOLINA ( Mythologie ), jeune 
nymphe, belWtet chaste, qui, pour 
éditer les poumiites d'Apollon, se 
précipita dans la mer. Les dieux, 
touchés de sa vertu, lui rendueut 
la vie , et lui accordèrent l'immor- 
talité. 

t BOLLANDUS ( Jean ) naquit 
à Tirlemout, dans les Pays-Bas, en 
i.">6g. La compagnie de Jésus , dans 
laquelle il avoit pris l'habit, le choi- 
sit pour exécuter le dessein que Ros- 
^vclde avoit eu de recueillir les uio- 
niimeus qui pouvoieut conslaler les 
vies des saints, sous le titre à'^lcta 
sanctojum. Bollandus avoit la 'iaga- 
tilé, l'érudition et le zele qu'il falloit 
pour cette entreprise Eu 1643 , on 
vil paroître les iSc////s (tu mois de 
janvier, en deux vol. in-fol ; en 
iG58, ceux du mois de lévrier, en 
3 vcl. Il avoit déjà commence I3 



BOLL 



89 



mois de mars lorsqu'il mourut eu 
i6b5. Le ])ere Henschénius, son as- 
socié, devint son contimialeur, et 
fut encore moins disposé que lui à 
accréditer les traditions populaires. 
On lui donna pour second le père 
Paptbrock, im des plus dignes suc- 
cesseurs de Bollandus. Cet ouvrage 
immense contient actuellement b'i 
\ ol. in fol. On a comparé ce recueil à 
un lilet qui iî*"end toutes sortes de 
poissons. Ou y trouve toutes les lé- 
gendes , vraies , douteuses et fausses. 
Les savaus collecteurs discutent la 
plupart des faits, et dégageûl l'his- 
toire dessa nlsd( s fables dont l'igno- 
rance , el quek|Uffois la cupidité 
l'av oient chargée. Bollandus, le père 
de celle compilation, éloit moins 
bon critique que ses continuateurs. 
La collée ion des bollandistes , in- 
terrompue par la suppression des 
jésuites, a été reprist.' en 17^9 par 
l'ordre de feue l'impératrice-reine. 
Le /['^ volume doclobre a paru en 
1781. 

BOLLANI (Caudian), littérateur, 

né à Venise en i4i3 , devint magis- 
trat dans sa patrie , et honora sa 
dignité par son savoir. Il est auteur 
d'un Commentaire sur la rhétori- 
que de Cicéro/i , d'un Ii,loge de 
J rançois Sj'orce , duc de Milan ,■ 
d'un Viscouis sur l'envie, d'uu 
Traité sur les signes célestes, et 
A'Obserpations sur le livre des mé- 
téores d'Aristote. 

t BOLLIOUU-MERMET (Louis), 
né à Lyon , le i5 février 1709, d'une 
famille distinguée dans la magislrii- 
ture, mort dans la même ville en 
1795. On a de cet auteur estimable, 
I. De la corruption du goiit dans 
la musiijue française , 1745, in-j2. 
IL De la. biblionianie , 1 761, in-8°, 
III. Discours sur l émulation , 176^, 
in-8°. IV". Essai sur la lecture, 
1763, in-8°. V. Il a laifsé en ma- 
nuscrit une Histoire de l'académie 
de Lyon, dont il lut long-leînjis 



90 



BOLO 



secrétaire. Après cinquante ans d'as- 
siduité aux séances de celle compa- 
guie , il y prononça mi discours 
plein de sensilvilité, mlilulé Rèno- 
vaiion des rœ/jx II tté/ aires i ce dis- 
cours a élé i ni primé. 

B0L!\IA ( Abraham ), né à Lecce, 
dans le royaume de iNaples , au i 6" 
siècle, se livra à l'étude de la méde- 
cine, et y réunit celle de la langue 
hébraïque. Il publia une Grammaire 
de celle langue , qui a été traduite eu 
laliu. 

I. BOLOGNA( Antoine), genlil- 
honune napolitain, fut envoyé en 
143 1 en qualité d ambassadeur d'Al- 
fonse près de la république de 
Venise , pour demander à la ville 
de Paûoue un bras de l'historien 
Tite-Iiive, et il l'obtinl. Bologna fut 
couronné i)oëte lauréat , et a laissé 
cinq livres à^Epitres, deux ]Jis- 
cour,"; , et des Poésies qui oui été 
imprimées à Venise eu 1 55 5 . 

n. BOLOGNA ( Antoine ) , de 
Païenne , mort en i633 , fut vicaire- 
général d.' Sicile, el publia un Traité 
des immunités ccc/ésiasliques^ et un 
autre sur la diiisiuii du royaume de 
Sicile. — Balthazar Bo!,ogj»ia, au- 
tre Sicilien, mort en 1620, a laissé 
divers Ecrits sur le cérémonial du 
sénat de Païenne; sur l'Histoire 
(le Sicile , elc. — D'autres écrivains 
de la même famille se.r.ont distin- 
gués par leurs Poésies , ou leur éru- 
tion dans les matières ihéologiques. 
L'un d'eux fut évéque de Syracuse, 
et assista en qualité d'ambassadeur 
de Charles -Quint au concile de 
Trente. 

* BOLOGNANO ( Basile), né dans 
l'Abrnzze ultérieure, vécut dans le 
ly*^ siècle. Il laissa les ouvrages sui- 
vans : In metaphysicam „ seu de 
ente universali secundùm Ray- 
munduni Lulium ,- Commcntaria 
in urlem llaxmundi Lulli. 



BOLO 

■;- I. BOLOGNE ( Jean de ). miif 
de Doiiay, disciple de Michel- Ange, 
orna la place de Florence d'un beau 
groupe représentant XEnlèiemenl 
d' une Sabine. On a encore de lui 
le Centaure terrassé par Hercule ; 
la belle Fontaine de Neptune, à 
Bologne ; les Dessins des esclaves 
du port de Livourne ; le Groupe 
(h Mercure et de Psyché que l'on 
voit à iMarly, et la Statue d'Escu- 
lape , à Aleiidon. 11 mourut à Flo- 
rence vers 1 606. 

II. BOLOGNE ( Saiut-Martlu de). 
Voyez Primai ic£. 

* 111. BOLOGNE ( La urentiu de) 
se distingua dans l'art de la peinture 
et celui de la gravure. \j\\>i grande 
correction de dessin , beaucoup d'ai- 
sance dans les altitudes de ses hgures, 
des airs de tète gracieux , une netteté 
recherchée dans lexéculioii ; tels 
sont les caractères qui distinguent 
ses ouvrages. Nous avons de lui plu- 
sieurs estampes gravées, parmi les- 
quelles on estime sur-tout celle du 
Tableau de saint Michel, qui étoit 
dans l'église des augustins de Bolo- 
gne. Son burin est uA^ans èlre sec ; 
la tliair et le linge sont exécutés 
avec beaucoup de véi'ité. Nommé 
surintendant de la peinUire par le 
pape Grégoire XIU , et peintre de sa 
cour, il y déposa plusieurs nionu- 
mens de son talent. Jeune encoïe , il 
fut enlevé par une mort prématurée 
en 1677. 

BOLOGNÈSE f le ). T'oyez Gri- 
MALUi, et Jean, n" LXX. 

I. BOLOGNETTI (*François ), 
sénateur bolonais , se distingua dans 
le il)*^ siècle par les grâces de son 
esprit, et sa facilité à faire des vers. 
On lui doit sur-tout les seize pre- 
miers chants d'un poème iulilulé 
H Costante. 

* II. BOLOGNETTI (Pompée), 
né à Bologne d'une famille noble. 



BOLO 

Vers le commencement du 17* siè- 
cle, il se consacra à la philosophie et 
à la médecine, et prit le bonnet de 
docteur dans l'une et dans l'autre. 
On a de ce médecin deux ouvrages , 

I. Consilium de prxcaiitlunc , oc- 
casion e merci um , ab i/isiiltibus 
imminentis coritagii , ad senatoics 
Bononiœ sariitatis pjwsides, Bouo- 
nisB , i65o, in-fol. II. Rémora se- 
Tiectulis , ibid. i65o, in-.:|°. 

* BOLOGNI ( Jérôme ) , en latin 
Bononiiis , présidoil à l'édition 
des livres à Trévise dans le ib" 
siècle , et y metloit des lettres et des 
vers de sa façon; comme à ceux de 
Torlélius , d'Eusèbe , de César. On 
trouve aussi quelques pièces de vers 
latins de Bologni disséminées parmi 
les auteurs contemporains. Le père 
Mittarelli , dans son catalogue des 
manuscrits de la bibliothèque de 
Saml-Michel de Muriano à Venise , 
rend compte d'un manuscrit in-fol. 
des (B'in'res de Jérôme Bolcgiii , et 
il en donne des extraits. La bibiio- 
ihèque du séminaire de Padoue pos- 
sède ou possédoit aussi un manuscrit 
de ses Foésies. Le P. ^Mittarelli pré- 
sente encore un extrait àcs Poésies 
latines de Bernardin Bologni , frère 
de Jérôme. 

1 1. BOLOGNINI ( Louis) , juri^ 
consulte de Bologne , publia vers l'an 
1470, divers écrits , 1. Lectures sur 
le corps de droit civil et canonique. 

II. Consultations. III. Traité des 
indulgences. IV. Histoire des sou- 
verains pontifes. Son fils, Barthé- 
lemi Eologuini , est auteur d'un 
Précis on vers élégiaques des l\lé- 
tamorphoses d'Ovide, imprimé à 
Bologne en 1492, in-^j", et à Bùle en 
i5j8, in-S*^, et dédié à Ange Po- 
litien. 

* II. BOLOGNINI (Ange), né 
daus le voisinage de Padoue , médecin 
et chirurgien , tlorissoil vers l'an 
i3o*!. Il enseigna la chirurgie à Bo- 



BOLT 



91 



logne, et fut un des plus zéle's par- 
tisans de la doctrine d'Avicenne; ce 
fut principalement sur elle qu'il ap- 
j)uya les leçons qu'il donnoit à ses 
écoliers , et qu'il dirigea la cure des 
maladies qu'il avoità traiter, il con- 
nut l'importaury d"s frictions mer- 
curielles dans Ir- traitement des ma- 
ladies vénériennes, et il en ^ut tirer 
un parti avantageux. Il a publi' lU 
ouvrage intitulé JJe cura ukcrurn 
exteriorum et de unguentis com- 
munibus in solulione continui li- 
bri duo, Bononise , i.'''i4j iii"4° ? 
Papiae, i5i6, in-fol. , avec d'autres 
pièces; Biisileae, i556, in-4'';Tiguri, 
1 5.5 5 , in-fol. 

* III. BOLOGNINI ( Jean-Bap- 
tiste ) , peintre de Bologne, se dis- 
tingua parmi les élèves du Guide , 
et fut celui qui travailla le mieux 
dans sa manière. 11 a gravé plusieurs 
morceaux d'après ce maitre , dans 
lesquels ou distingue le Tûassacre 
des iiinocens; Bacchus et Ariadne , 
etc. Né en 1611 , il est mort eu 
1688. 

t BOLSEC ( Jérôme -Hermès ), 
médecin à Lyon , étoit né à Paris. 
Calvin lui inspira ses opinions , et il 
le suivit à Genève ; mais s'étant 
brouillé avec lui , il rentra dans le 
sein de l'Eglise. Nous avons de lui la 
Vie de Calvin, Paris, 1677, in-S*^, 
qui a été traduite en latin, et impri- 
méevi Cologne en i6"i2, in-8°; etcelle 
de Bèze , Paris, i,582, in-S". Les 
protestans l'ont accusé de partialité 
et de passion. Colsec prenoit les titres 
de lliéologien et de médecin ; il n'étoit 
ni l'un ni l'autre dans un degré supé- 
rieur. Il vivoit encore eu i5So. 

* I. BOLTON ( Edmond ) , anti- 
quaire anglais , qui vivoit au com- 
mencement du 17* siècle. Ses ouvra- 
ges sont , I. Néron César , ou laMo- 
narchie déprauée , in-folio, \b2/\. 
II. Elemens des armoiries ,m.~/\° , 



92 



BOLS 



1610. m. Hypertritlca , ou Règles 
pour lire et écrire l'histoire. 

* II. BOLTON; Rober l ),lhéologien 
anglais, de la secle des purilaiiis, né 
e\i lâyi , mort en i()5i , étoit pro- 
fesseur d'histoire naturelle à Ox- 
ford , quand Jacques 1 vint visiter 
l'uni versi lé. Il a donné un Traité 
du houlieur , et un Traité des qua- 
tre dernières choses. Ces deux on- 
vages eurent beaucoup de succès. 

* m. BOLTON ( Robert ) théolo- 
gieu anglais , élève d'Oxford , né 
dans le comté de Northampton , d";i- 
bord doyen de Carlisle. Eu 1708 il 
fut nomtné vicaire de Saiule-Marie- 
de-Reading, où on trouve un monu- 
ment élevé a sa mémoire. Le docteur 
Bolton a donné quelijues traités sur 
les Folies du jour , et un excellent 
ouvrage sur ÏEmploi du temps. 

1 1. BOLSWERD (Boéce), célèbre 
graveur au burin , originaire de Bols- 
werd en P"rise, dont il porte le nom. 
11 étoit fd.s d'Adam A. Bolswerd,el 
toateinporain de Rubeus. 11 a gravé 
vni grand nombre de pièces. 1. Une 
Natiuiti' , d'après Abraham Bloé- 
maert. 11. Plusieurs Paysages avec 
des animaux.WX. Jésus-Christ chez 
Marie et Marthe , d'après J. Goie- 
inan. IV. La Résurrection du La- 
zare, d'après Rubens. V. Le Juge- 
ment de Salomon , d'après le même. 
La plus belle pièce de ce maiire, re- 
gardée comme un chef-d'œuvre de 
gravure , est le Reniement de Saint- 
Pierre, qu'il a gravé d'après Gérard 
Ségbéro , etc. 

t II. BOLSWERU fScheldt ) , né 
en Frise, frère puiné du précédent, 
habile graveur au burin, ilorissoit en 
même temps que Ponlien. Quoiqu'il 
maniât le burin avec beaucoup d'as- 
surance , il ne s'occupoit jamais à 
faire de belles suites de tailles bril- 
lantes, et ne clierciioit qu'à imiter le 
ragoùl elle pittoresque de i'eau-forle. 



BOLY 

On a un grand nombre d'estampes 
fort estimées , d'après divers maures 
et de Rubens. On distingue le Ser- 
pent d'airain , le Mariage de la 
Kierge , la Isativité du Sauveur , 
V/tdorafion des Rois , le Festin 
dFJérode, ou la Fille d' /îé/vdias , 
un Christ, \dL Résurrection du Sau- 
veur , ainsi qu'une quantité tl'aulres 
d'après Rubens , et d'après Gérard 
Schégern , Jordaens , "Ihéodore Rom- 
boulz, Coster , Van IJyck , Erasme 
Guillinus et Diépeubeck. 

t BOLYNGBROCKE ( Henri-S.- 
John, lord) , secrétaire d'état sous la 
reine Anne, naquit en 1673 d'une 
maison illustre , tant par son al- 
liance avec celle de Henri VII , 
que par l'antiquité de son origine. 
Âpres avoir fait d'excellentes études 
à Oxford , il parut avec distinction 
dans le monde. Il avoit tous les 
agrémens extérieurs , une vivacité 
singulière et une mémoire prodi- 
gieuse. Il fut élu membre du par- 
lement sur la fui du règne de Guil- 
laume m. Bolyngbrocke s'y distin- 
gua dans le parti des toris , alors 
opposé à la cour. Le dernier parle- 
ment tenu sous Guillaume , et le 
premier sous la reine Anne , \ irent 
quel crédit il aequéroit dans la 
chambre des communes ; et ce crédit 
lui en donna bientôt dans le palais 
de Saint-James. 11 contribua en effet 
beaucoup , en 170.J , à la prépon* 
dérance que son parti oljlint dans 
le ministère: et lorsque Harley lut 
fait secrétaire d'état , il fut nommé 
au secrélariat de la guerre et de la 
marine. Initié aux secrets de l'ad- 
ministration militaire , il devint 
pour le général ÎMarlboroug un sur- 
veillant redoutable, et fut la pre- 
mière victime des wighs , lorsqu en 
1708 ils se furent emparés du gou- 
vernement. Mais les toris repre- 
nant encore le dessus , il fut élevé 
an poste important de secrétaire 
d'étal, et nommé membre du par- 



BOLY 

lempni. Roa ministère Fut coiironm' , 
ea 1712, par les lionneiirs de la 
pairie, sous le tilre de vicomte de 
Bolyiigbrocke. Personne ne contri- 
bua plus que lui à pacilifr l'Angle-, 
terre et la France. Il lut envoyé à 
Paris pour consommer la négocia- 
tion de celte paix ; et ses talens y 
furent autant applaudis cju'ils l'a- 
voient été à Londres. Lorsqu'il vint 
à l'opéra , tout le monde se leva 
pour lui faire honneur. Après la 
monde laroineAime, Boîvngbrocke, 
poursuivi parles eimemis de l'ancieii 
ministère ( T''ovez Georg-e, i\° VII), 
se retira de la cour , partageant son 
temps entre l'étude et les plaisirs. 
Cependant, comme il craignoit de 
succomber aux persécutions de ses 
ennemis , qui î'avoient lait exclure 
du parlement , il passa en France , 
où il se choisit une habitation char- 
mante à une lieue d'Orléans. Il se 
remaria avec madame de Vilielte , 
nièce de madame de ÎVIaintenoii. Eu- 
lin il repassa en Angleterre, et fut 
bien accueilli. Son caractère étoit 
emporté; mais sa conversation étoit 
intéressante et assaisonnée de bons 
mois. Il parloit mieux qu'il n'écri- 
voit. Il mourut sans enfiins à Bat- 
terséa , patrimoine de ses ancêtres , 
€u 1751. Oq a de lui un grand 
nombre A'Ouuragss de politique , 
des Mémoires , des J^eftres , etc. 
Ou y admire sa profonde connois- 
sance de l'histoire , ses idées vastes, 
sa mâle éloquence ; mais on lui re- 
proche de l'obscurité,, du verbiage 
tit des pensées mal rendues. 11 n'a 
pas craint de dit;^ , dans ses Lettres 
sur l' histoire , « que le gouverne- 
ment de son pays est composé d'un 
roi sans éclat , de nobles sans in- 
dépendance , et de communes sans 
liberté. » Mallet donna , en 1754 , 
une édition magnifique de ses dif- 
féreus Ourragcs , en .5 vol. in-/|° 
et en 9 vol. in-8°. Ses Lettres , 2 
vol in-H" , et w^ Mémoires , in-S", 
ont été traduits en frant^ais. « Je 



BOMB 



03 



ne trouve , dans ce dernier ou- 
vrage, dit Voltaire , qu'obscurités 
dans le style comme dans la cou'- 
duite. On a rendu nu mauvais ser- 
vice à sa mémoire en les impri- 
mant. )) Voltaire a publié sous son 
nom \\\\ Examen important de la 
re/lgion chrétienne , fn-8" ; éirit 
violent contre le christianisme. 
Quoique mylord Bolyngbrocke fût 
incrédule , c'est à tort qu'on lui a 
attribué mi pareil livre. Dans les 
ouvrages qui sont réellement de 
lui , il parle de l'Evangile comme 
du système de religion naturelle 
le pins simple , le jilus clair , le 
pins par fai t ; comme de /a doctrine 
lapins propre à éteindre les prin- 
cipes d'aiarice , d'ambition , d'in- 
justiceet deviolence. » Le lord Ches- 
terfield assure « que les passions de 
Bolyngbrocke , toujours impétueu- 
ses , étoienl souvent poussées jus- 
qu'à l'extravagance ; que son ima- 
gination , comme ses sens, s'exal- 
loit et s'épuisoil souvent avec les 
idoles de ses plaisirs nocturnes, et 
que .SCS débauches de table pon- 
voient être comparées à la frénésie 
des bacchanales, m Avec tous ces 
plaisirs il n'étoit point heureux. 
« J'ai vu, dit un de ses plus grands 
partisans , Bolyngbrocke , qui enga- 
gea Pope à mettre en vers le lout 
est bien ; je l'ai vu rongé de cha- 
grin et de rage. » II a paru à Paris , 
en 1 808 , des Lettres philosophi- 
ques et particulières de Bolynj;- 
brocke , depuis i7iojusqu'en 1756, 
contenant le secret des négociations 
d'Utrecht , et précédées cT'uu Essai 
historique de sa vie , et du Cata- 
logue raisonné de ses ouvrages , 5 
vol. in-8^ 

BOLZANI. royez Pieruts-Va- 

LERIANUS. 

-;- BOMBARDINI ( Antoine ) , no- 
ble de Padoue , né en 1666 , fut 
professeur de droit civil dans l'u- 
niversité de sa patrie. Son Traité 



04 



noMB 



lo jilus rpinavqiialile a pour objet la 
ti(;scrii)tion des pri.'.ons auciennes , 
de cancre et a/i/iquo ejus usa , 
Padoue, 1712, iu-8". Poleni la in- 
séré dans le toni. 111 de sou Sup- 
plémeiil au Trésor des antiquités 
grecques et romaines. Bouibardini 
est mort en 1726. 

BO.^IBARIO ( Gabriel ) , né ù Reg- 
gio dans le 16" siècle, fut parent 
de lAriosle, et suivit sa carrière, 
lia laissé diverses Fuésies, et deux 
tragédies, y 7/f/o/", eiLucriie. L-e duc 
OctaveFariièse lui couiia l'éducation 
de son iils. 

BOMBART (l'abbé de), mort à 
Paris en 1777 > •''<^sl lait conuoilre 
dans la littérature par ses JJ/vges 
de i:ilaiiislas , roi de Pologne , de 
Charles /' , et de l'avchevèquc de 
Paris de JUarca. Ce de. nier , im- 
primé en 1762, obtint le prix de 
l'académie de Pau. 

B OMBELLES. Fojez Bon- 
belles. 

* BOMBELLI ( S bastien ) , pein- 
tre d'bistoire el de i)Oilrails , naquit 
à Bologue en 1 G35. 11 lut un des plus 
célèbres élèves du Guerchiu , et 
mourut en 1680. Ses tableaux sont 
dans la manière de ton maître , et 
très-eslimés. EoMijELLi, soiipareni, 
célèbre graveur, est mort à Fiome 
en l'an 1809. 

Y EOMBERG ( Daniel ) , célèbre 
imprimeur , né à Anvers et éia!)li 
à Venise, mort en i5 .9, se fit un 
nom par ses éditions iiébraïques île 
la Bible et des Ral.bins. 11 dépensa 
toute sa fortune pour ces grands 
ouvrages. On du qu'il enlrelenoil 
près cl une centaine de Jtiiis, pour 
les corriger ou les traduire. C'est a 
lui qu'on doit le 'J a/murten J 1 vol. 
in-folio. On assure qu'il imprima de* 
livres pour quatre millions d'or. On 
lj.at beaucoup de cas de sa Bible hé- 



BOMI 

i/'û/'ç'wc, imprimée à Venise en jS/jq, 
\ vol. m-folio. Honî])erg fut le pre- 
mier chrétien qui imprima de Ihé- 
breu ; mais la lypograpbie en langue 
bébraïque ne s'en rapproche pas 
moins du temjis même de l'inven- 
tion de l'imprimerie. Dès ïi\ib,o\i 
avoil commencé à imprimer de l'hé- 
breu : mais ce ne fut qu'en 1.(80 que 
des juifs de Soucino , petite ville du 
duché de Milan, se livrèrent à cet 
art. Le rabbin Josué et le rabbin 
Mosès, Iils du rabl)iu Israël ISatban , 
lie Soncino , lirent imprimer plu- 
sieurs livres hébreux ; d'autres juifs 
imitèrent leur exemple dans plu- 
sieurs villes d'Italie. 

BOMBINO (Bernardin), de Co- 
seuze , célèbre jurisconsulte, a ^^w- 
blié des f 'oz/ic/A, un Coinnieittaire 
sur le titre du droit civil De ver- 
baruin signlficatlone. — Son parent 
Paul BoMBiNO , jésuite, professeur 
de philosophie à Rome en 1612 , est 
auteur d'une fie de S. Ignace de 
Luyola , eu italien ; d'un abrégé 
de l'histoire d'r.spagiie ; d'une 
Oraisun de Priilippe III. Ces deux 
derniers ouvrages sont en latin. 

BOMBOURG (Louis de), hor- 
loger de Lyon, publia en 1679 un 
é<-ril intitulé Jiecherchca curieuses, 
sur la vie de Jiaphaël d'Urhin ; il 
y a réuni une JSutice des monumens 
de Ijjon , des tableaux et statues 
qui s'y voyoienl de sou temps. 

BOMILCAR, général carihagi- 
nois, et premier mi'gistrat de la ré- 
publique , croyant aNoir troméroc- 
I asion fa\orable de s'emparer de la 
souveraine autorité, entra dans la 
villee! massacra lousieux qu'il ti ou- 
va sur son ])cissyge. La jeunesse de Car- 
ih; ge ayant marché contre les ré- 
voltés , ils se rendirent , et leur chef 
fut attaché à une croix vers l'an 5o8 
avant J. C. Bomikar , du haut de la 
potence, reprocba à ses roii'itoyens 
le uieurlrede tant de généraux qu'ils 



BOjN 

avoient fait périr; mais il aiiroit dw 
taire alteulion que ces géiuMany. 
éloient de grands hommes , et quil 
uëloit, lui, qu'un brigand et un 
traître. 

* tiO!\OIEr. (Henri), moine à 
Utrechl , Gueldrois de naissance , 
a écrit en latin {'Ilislulre de la 
guerre entre Charl£s, duc de Guel- 
dre , et Henri de Bat-ière , éwéqae 
d'Ulrecht , imprimée à Marpurg , 
1542 , in-b". 11 mourut celte même 
année. 

* BOMPART ( Marcel ) , médecin 
du 17^ siècle , lit sa prolession à 
Clermout - Ferrand , en qualité de 
conseiller médecin du roi. Il a publié 
une Dissertation daus laquelle il 
trace assez succmctement le tableau 
des maladies qui alRigent l'homme ; 
elle lut imprimée à Paris eu i6^8, 
in-4'' , sous le titre de Miser honio. 
Ou a encore de lui Nont-eau 
c/iasse-pesfe , Paris, i63o, in-8° ; 
et Lettres d'Hippocrate , traduites 
et commentées , Paris , 16Ô2 , in-8°. 

t BOMPIANI ( Ignace), jésuite 
italien , né à Frossinone le 29 
juillet 1612, raortàRomeen 1670, 
avoit une éloquence douce et per- 
suasive, et de grandes connoissancps 
en histoire. On les trouve répandues 
dans lesouvragessuivans écritsen la- 
tin : 1. Eloges sacrés et moraux, 1 65 1 . 
II. Histoire du pontificat de Gré- 
goire XIII, Rome, i653. III. Sénè- 
que chrétien, Rome, 1608. IV. Dis- 
cours de rhétoricjue , 1662. y. Ma- 
nières diverses de parler élégam-^ 
ment la langue latine , 1662. 

* I. BON (Jean-Philippe), doc- 
teur en philosophie et en médecine, 
enseigna publiquement dans l'uni- 
versité de Padoue vers l'an 157 S. 
Il étolt savant, et, au mérite de 
l'être , il a]outa celui d'égaler les 
plus célèlires poètes de son temps, 
il publia à Venise, en 167 5, iii-4°; 



BON 



9S 

un ouvrage intitulé De concor- 
dantiis philcsopàiœ et medicinœ. 
On a encore de lui plusieurs ou- 
vrages de poésie. 

* n. BON (Jean le) , natif d'Au- 
treville, eu Champagne, fut méde- 
cin du roi. 11 a composé un Traité 
intitulé Therapeia puerperarum, 
Parisiis, 1071, in-16, qui fut réim- 
primé à Paris en l'^i" , avec le 
Thésaurus sanitatis de ce médecin. 
Le même ouvrage a paru à Raie , 
eu lâSg , dans la Collection dls- 
racl Spachiiis ; à Francfort, en t586, 
in-16; à Genève , en iGô.") ; et à 
Paris, en 1664, 111-4", à la lin des 
(lEuvres de Jacques HouUier. Jean 
I.e Bon a aussi écrit sur les eaux de 
Plombières. C'est lui-même qui lit 
l'extrait de ses propres livres latins 
sur cette matière , et qu'il publia 
sous le titre ^Jbrégé des propriétés 
des eaux de Plombières en Lor- 
raine , Paris, 157b, 1616, 111-16. 

111. BON DE Saint -HiLAiiîE 
(François-Xavier), premier prési- 
dent honoraire de la chambre des 
comptes de Montpellier, joigniLaux 
connoi?sa::ces d'un magistrat celles 
d'un homme de lettres. L'académie 
des inscriptions , et les sociéie's 
royales de Londres et de Monlnelfer, 
instruites de son mérite, lui accor- 
dèrent une place dans leurs corps. 
Ce savant mourut en 1761, après 
avoir publié quelques ouvrages : 
I. Mémoire sur les marrons d'Inde, 
in-12. il. Dissertations sur l'uti- 
lité de la soie dés araignées. Vcy. 
BoxD. 

* IV. BON , général français , 
né à Valence, département de la 
Urôme. Il fil ses premières arniîis 
à l'armée des Pyrénées , sous le»; 
ordres du général Dugommier. En 
I7q3, il fut nommé chef de brigade : 
en i"94 il se signala dans plusieurs 
combats contre les Espagnols. Parmi 
les gaerriers qui suivirent Bona- 



0^> 



BOINA 



parte dans ses pivtnitics campagnes, 
le général Bon occupe un rang dis- 
liugiié ; il se couvrit de gloire dans 
les cam()agues ne l'an 4 et de l'an 5 
( l'O-T, 1796), et fut blfssé au vil- 
lage d'Arcole. Sa blessure priva quii- 
qne temps larmée de ses services : 
on lui confia le coramanù'^ment de 
la 8* division militaire. Le hniil de 
r<xpéditioii d'EgyjKe ranima son 
amour pour la gloire ; lionaparte 
l'acciieiliitavec intérêt, et lui donna 
le cominaiulemeut d'une division. 
Dans la campagne d'Egypte , chaque 
pas que ce général Ht fut marqué 
par des succès éclatans ; employé 
au siège de Saint- Jean-d" Acre, où il 
fit des prodiges de valeur , il fut 
blessé mortellement à la tête des 
grenadiers, le 20 lloréal au 8 ( lo 
mai 1 800 ). 

BON (Joseph le ). Voy. Lebon. 

ï I. BONA ( Jean), né à Mondovi , 
en Piémont, le 10 octobre 1609, 
entra chez les feuillaus , et en de- 
vint général en i65i. S'étaul démis 
de cette dignité, il vint à Rome où 
Alexandre VII l'avoit appelé. Il y 
remplit divers emplois , et fut ho- 
noré de la pourpre, en 1667 , par 
Clément IX. Après la mort de ce 
pontife , tous les gens de bien le dé- 
signèrent pour son successeur ; ce 
qui donna lieu à cette mauvaise 
pasquinade : Papa Bona sarebbc 
un solecisnio. I.e père Daugières n;- 
poudit à Pasquin par lépigramme 
suivante : 

Xirtwmntir.'p Irg'raplcruni^tvè licrUsiii sfisrriil : 
J'\>rti erit ut liceal direr.' jtapa Knrn 

fana ^olarclumi ne te coiitin-hil imago i 
Esset papa bonus , si lionu papa forel. 

Ce calembourg deviendra sensible 
en notre langue en le rimant aiusi : 

I>a grnmuidire » l'Eglise oliéit sans retour; 
Vape et Bpnne pourront s'allier quelque jour. 
Qu'un solécisme vaiu aujourd'lmi ne vous 

frappe: 
tii^ Y'\"' 'eroif liiin , »! de Bnntie iloit pnjic. 



BOINA 

Bona, digne de la tiare, ne l'eut 
pourianl pas. Il mourut en 1674. 
Il joignoit, à une profonde érudilion 
el à une tonnoissauce vaste de l'an- 
tiquité ecclés.as'.ique et sacrée, une 
piélé douce, l/éclat de la pourpre ne 
l'empêcha pas de cultiver les lel- 
tivs. On a de lui plusieurs ouvrages 
recueillis a Turin , 174? , in-lol. 
Les principau3||sont , I. De rébus 
liLurgivis , plein de recherches cu- 
rieuses el intéressantes sur les rites, 
les prières et les cérémonies de la 
messe. Tout, jusqu'à la forme des 
autels, leurs ornemous , ceux des 
ministres, est r;ippelé à son origine, 
suivi dans ses cbangemens, el pré- 
senté au lecteur d'une manière in- 
téressante. Il soutient que,]>endant 
les huit premiers siècles , 1 Eglise 
grecque et latine se servirent de 
pain levé dans la consécration. Le 
P. MabiUou combattit ce sentiment 
avec politesse; mais le fougueux cor- 
delier Macédo le réfnla comme uue 
opinion qui lenoit de l'hérésie. Bona, 
aussi modéré que savant , ne répon- 
dit à ses injures que par le silence. 
II. Maiiudtictlo ad ixelum , traduit 
en français par Lomliert. lll. llo~ 
rolugium. asceticum. IV. De pria- 
ciplis t'iiœ c/iristiaiiœ , traduit en 
français par le président Cousin et 
par labljé Goujat. V. l'salientLi 
Kcclesue harmonia. VI. De sacra 
psalmodia , traité qui contient tout 
ce qui concerne l'oiTice divin; et 
plusieurs autres ouvrages de piété. 
Le cardinal Bona éloil en commerce 
de lettres avec la plupart des savans 
de l'Europe, sur-tout avec ceux de 
France. Il étoit de la maison de 
lionne , originaire du Dauphiné ; 
il lit part de sa promotion , comme 
parent, an dwc de Lesdiguièves et 
au comte de Saulx son fils, par uue 
lettre de compliment, cachetée aux 
armes de Bonne. Le duc y répondit 
d'autant plus obligeamment , qu'il 
regardoit ce non veau cardinal comme 
nu sujet digue de parvenir au pou- 



BONA 

lificat.Ille prioit, à laiinde sa lettre, 
(le vouloir bien ajouter à rhonueur 
qu'il lui avoit fait de le prévenir , la 
grâce de lui envoyer sou portrait , 
«pour le.placer, disoit-il , avec ce- 
iiii du connétable (mort eu iRaG ) , 
ïiolre comnuui parent. » Son éloge 
se trouve dans les Piemo/i/osi ///us- 
tii, toiu. I, pag. 65-70. Turin, 
i78i,iu-8°. 

* II. BONA ( Jean de ) , de Vé- 
rone , docteur eu pliilosopliie et eu 
médecine , enseigna cette dernière 
science daus les écoles de l'univer- 
sité de Padoue , et publia quelques 
ouvrages dont voici les titres : I. 
Ilisloriœ aliquol curalionum mer- 
curio sublimato corrodcnle perfcv- 
iarum , Verona? , i738 , iu-^". Il 
s'agit des cures opérées par le siiblimé 
corrosif, suivant la méthode indi- 
quée par Van Swieteu. II. Tracta- 
tiis (le scorbulu , Veronas , i7()i , 
iu-4°. III. Deli'uso e dell'abuso dcl 
caffc , disser/az/onc storico-p/iy- 
sico-medica, Vem*e , 1761. IV. Ob- 
se/vationes ineditœ ad priai em in 
/losucomio ostendeiidam / anuo 
1765, Patavii , 1766. 

t RONAC (Teau-Louis d'Ussox, 
marquis de ) , d'une aucienne famille 
du pays de Douueiau, fut d'abord 
capitaine de dragons. Louis XIV, lui 
ayaut connu beaucoup detaleat pour 
les négociations, le nomma eu 1701 
son envoyé extraordinaire auprès de 
Charles Xli , roi de Suède, et ensuite 
auprès de Stanislas , roi de Pologne. 
De retour eu France eu 17 10, il fut 
envoyé en 1711 eu Espagne, pour 
engager Philippe V à enUer dans la 
négociation de la paix entamée alors 
avec l'Angleterre. Il réussitdans cette 
commission , difficile par le mé- 
contentement que lEspague avoit 
des conférences de Gerlruidemberg. 
Nommé eu 1716 ambassadeur à 
Coustantinople , il y jouit pendant 
neuf ans de la plus grande; cousi- 
T. III. 



BOTS A 



97 



déraliou. Ce fut lui qui détermina 
le grand- seigneur à envoyer une 
ambassade solennelle au roi de 
France ,et ce fut la première que nos 
rois reçurent des empereurs otlo- 
mans. Celle ambassade fut le sujet 
d'une médaille frappée en 1722. Le 
séjour du marquis de Bonac à \x 
Porte fut marqué par un autre évé- 
nement. Le grand -seigneur et le 
czar de Moscovie le choisirent pour 
médiateur , à l'occasion des trouldea 
de Perse, et de l'invasion que Pierre- 
le-Graud avoit faite daus quehjues 
provinces de cet empire. Il tern)ina 
ce différent à la satisfaction des deux 
partis , qui le comldèrent de mar- 
ques d honneur. Le czar lui donna 
le collier de son ordre de Saint-An- 
dré. Le marquis de lionac, nommé 
ensuite ambassadeur en Suisse, n'y 
demeura que peu de temps à cause tle 
sa mauvaise santé. Il mourut à Pans 
eu 1708 , à 66 ans, avec le titre da 
conseiller d'élat d'épée. «Il joignoit 
aux counois-ances du négociateur les 
lumières de l'homme de lettres , et 
beaucoup desprit naturel à toutes les 
vertus du citoyen. 

* t. BONACCIOLI ( Louis) , noble 
de Ferrare, enseigna la philosophie 
et la médecine dans l'uuiversité de 
cette ville ; il fut heureux dans des 
cures difficiles , et s'acquit une bril- 
lante réputation et une grande for- 
tune. Il cultiva aussi la poésie grec- 
que et latine, et se distingua dan.s 
cette dernière langue par les ép.- 
grammes qu'il iraprovisoil même 
très-facilemeut. Ilalaissé. IDeuteri, 
partiumque ejus confec/ione , etc. 
De conceptionis indiclis, etc..y/7/?o- 
tationesin lib. Galeni de methodo, 
in-fol. , sans indication de lieu et 
d'année. Il est probable que l'édition 
est de i5o5. 

* II. BONACCIOLI (Alfonse) , 
né à Ferrare , traduisit la Descrip- 
lion de la Grèce de Pausauias , 

7 



9» 



BO]NA 



el clii laiin , les noces de Mercure , 
el la Vhllologie de Martiaiio Ca- 
pe lia. 

BONACINA ( Martin) , canoniste 
de Milan, étoil docteur eu théolo- 
gie cl eu droit-cauou. Uvbaiu Vlll 
l'envoya commenonce eu Allemagne, 
et siiflVagant de rarchevèché de 
Prague ; mais il mourut avant d'ar- 
river à Vienne, en i63i , à l'âge 
de 46 ans. Il est auteur d'une Théo- 
logie morale , dun Traité de l'é- 
lection des papes , d'un autre , des 
bénéfices. Ces différens ouvrages ont 
été imprimés à Venise en 1754, ^ 
vol. iu-t'ol. Ce recueil a eu peu de 
succès eu France , parce qu'on y 
connoissoil d'autres éditions desCEu- 
"vres de Bonaciua, et snr-tout de sa 
Théologie morale , imprimée à 
Lyou en 1624, 1629, 1657, 1678, 
1741 ; et à Paris eu i645. 

* BONACORSA ( Hippolyte ) , de 
Ferrare, jurisconsulte, vécut dans 
le 16* siècle , el composa le Keper- 
torium alphaheticum de prœsump- 
tioiie et plusieurs Traités de juris- 
prudence. 

* BONACORSI ( Barthélemi ) , 
médecin de Bologne , sa patrie, où 
il reçut le bounet de docteur en 
j6i8, enseigna la logique dans les 
écoles de cette ville , et ensuite la 
médecine théorique , en qualité de 
professeur extraordinaire. On a de 
lui ,1. De huniano sera , seu de iiri- 
jiis liber, Bononias , i65o , iu-^". II. 
De malis c.r ternis opusculum, ibid. 
ïG5fi, iu-i"- 

* BONACOSSUS ou Buona- 
COSSA ( Hercule ) , médecin , natif de 
Ferrare, vivoil vers le, milieu du 
16^ siècle. 11 fut appelé à Bologne 
pour y remplir une chaire de mé- 
decine , qu'il occupa jusqu'à sa mort 
arrivée le 2i^ janvier 1078. Ses ou- 
vrages sont, I. Deaffectuqiiem latini 
iQrmina appellant , ce de ejusdem 



BOINA 

curandi ratione juxta Grœcorum 

r/o^/z/a/a , Bononias , i552, iu^". II. 

De humorum exuperanlium signis 

ac serapiis , medicamentisque pur- 

gatoriis opportunis , liber : accesse- 

runt quoque varia au.xilia experi- 

mento comprobata ad varias œgri- 

tudines projligendas : de compost- 

tione thcriacœ cum ejus substitutis 

nuper Bonuniœ imentis : de modo 

prœparandi aquam llgni sancti : de 

curatione catarrhi , sive distilla- 

tionis ,Bonon\^, i555, in-^". 111. 

De curatione pleuritidis , ab lUp~ 

pocratis , Galeni, yl'étii , Jlexan- 

dri Tralliani , Pauli ^Tginetœ , 

Philothei monumenlis deprompta, 

ibid , i555, in-4°. 

* BONACURCI ( Jean ), religieux 
franciscain , né à Lucques, étudiant 
à Paris an commencement du 1.^® 
siècle , sous le règne de Louis Xll , 
osa émettre cette proposition , que le 
pape étoit au-dessus du roi dans les 
affaires temporelles, etsoulenir celte 
thèse avec lant d'obslinalion, que le 
parlement le coudamna à elre dé- 
pouillé des habits religieux , et cou- 
vert d'un vêtement jaune et vert , 
à être conduit devant l'image de la 
Vierge de la Sainte-Chapelle ; et là, 
tenant dans sa main une torche des 
mêmes couleurs , à confesser que sa 
proposition étoit contraire aux dog- 
mes de la religion catholique , et 
d'en demander pardon au roi , à la 
justice, et au peuple. Après celte cé^ 
rémonie, il fut ,aux termes du même 
arrêt , conduitàunecertaine dislance 
de Paris ; on lui rendit ses habits , 
on lui donna une somme sufilsante 
pour se rendre où il voudroil aller , 
avec défense expresse de revenir 
jamais dans le royaume, sous peine 
de prison perpétuelle. 

t BONAFOND d'Albrkt ( Mag- 
deleine), née à Veisailles en 1717» 
morte à la iin du 1 8" siècle, a publié , 
dans les journaux, des Poésies 



BONA 

diversfes , el le Cunle allégorique de 
Tananlès. 

* BONAGRx\TIA. royez Bon- 

C.ORTKSE. 

BONAMICI. J^oyez Bionamici. 

t BONAiNlY (Pierre -Nicolas), 
né à Louvres en Parisis , soiis-bi- 
bliothécaire de Saint -Victor , puis 
liisloriographe et bibliothécaire dt; 
la ville de Paris , nioiiriil dans celte 
capitale en 1770, à 76 ans. L'aca- 
démie des inscriptions le coinptoit 
au nom])re de ses membres : il a 
enrichi les Mémoires de cette com- 
pagnie de plusieurs JJ/ssc/taiiofis, 
tjui ont principalement poiir objet 
la topographie ancienne , el les mo- 
numensdeParis.{Vvy. Cœur.) Une 
érudition variée, mais choisie; une 
diction simple, mais correcte ; une 
critique solide et judicieuse, carac- 
térisent les morceaux sortis de sa 
plume. Chargé depuis 17/(9 ''^ l'i 
rédaction du Journal de Verdun , 
il y mit de la décence et de la 
modération. 

I. BONANNI ou BuoNANi ( Jac- 
<]ues), noble de Syracuse eu Sicile , 
et duc de Montalbano , mort en 
iG36 , publia en 1624, iii-4° , les 
Antiquités de sa patrie, sous le titre 
de Sjracusa illustrala, que D. Fran- 
çois BoNANNi, duc de Montalbano , 
irl réimprimer magnifiquement à 
Païenne en 1717, en 2 vol. in- 
fol. Cet ouvrage est recherché par 
les amateurs d'antiquités. 

t II. BONANNI (Philippe) , sa- 
vant jésulu?, mort à Rome en 172.5, 
à 87 ans , après avoir rempli avec 
distinction différens emplois dans 
^on ordre. 11 a laissé plusieurs ou- 
vrages, dont la plupart roulent sur 
l'histoire naturelle , pour laquelle il 
^voit im goîit dominant. Il fut char- 
gé en 1698 de mettre en ordre le 
^clàbre cabiue.t du Père J^if cher, dé- 



BONA 



90 



pendant du collège romain, et con- 
tinua d'y donner ses soius jusqu i 
sa mort , uniquement occupé à l'em- 
bellir et à l'augmenter. Ses priuci-' 
paux ouvrages sont , I. Recrcalio 
mentis et uculi in ohservationc 
a ni malin m testaceorum , Rom.ae, 
1684 , iu-.i" , avec prés de cinq 
cents figures. Il avoit d'abord com- 
posé ce livre en itaheu , et il fut 
imprimé en celle langue en 1681 , 
in-4° ; il le traduisit en lutin , eu. 
faveur des étrangers. II. Histoire, 
de V Eglise du Vatican, avec les 
plans anciens et nouveaux , Rome, 
1696 , iu-fol. , en latin. III. Becueil 
des médailles des papes depuis 
Martin V jusqu'à Innocent XII , 
Rome , 1699 , 2 vol. iu-fol. , ea 
latin. IV. Catalogue des ordres 
tant religieux que militaires et de 
chevaïerie , avec des Jigures qui 
représentent leurs habillemens , en 
latm et en italien, Rome, 1706 , 
1707, 1710 et 1711, 4 vol. iii-4°. 
Les figures sur-tout rendent ce der- 
nier ouvrage très -intéressant. V. 
Observationescirca viventia in non 
viventibus, Rome, 1691, in -4", 
VI. Musœum collegii Romani Kir- 
cherianum, Rome, 1709, in- fol. 
VU. Un Traité des vernis , tra- 
duit de l'italien, à Paris, I7i3 , 
iu-i2. VIII. Gabinettp armonico , 
1776, in-4° , avec les traductions 
eu regard. 

t BONARDI (Jean - Baptiste ) , 
savant docteur de Sorboune , né 
à Aix , et mort à Paris en 1756 , se 
distingua par sou érudition biblio- 
graphique. On a de lui en manus- 
crit , I. U Histoire des écrivains 
de la faculté de théologie de Pa- 
ns. IL La Bibliothèque des écri- 
vains de Provence, ill. Un Dic- 
tionnaire des écrivains anonymes, 
et pseudonymes, savant et curieiLi. 
L'auteur promettoit de pubber ce 
dernier ouvrage , qui 4uroit été bien 
accueilli des iiUe'raxeurs. L'abbe 



BouarcU , lié avec beaucoup cle 8«- > 
vans et cle geus despril , possédoit 
leur ainilié et leur estime. Il a aidé 
)e Père Dcsmoieis dans la couti- 
uualiou de ses jilémuirts de iitté- 
ralure. 

V EONAREIJLT ( Guido-Ubaklo ), 
comte italien , nav-juit à Urbin en 
j565. Il perfeclionna ses talrns eu 
Italie et en France. Le duc de Fer- 
Tare le chargea de plusieurs ncgo- 
tialious, dans lesquelles il til écla- 
ter sou génie pour la politique. Ses 
dispositions pour la poésie ne se 
déclarèrent que lard. Mais son pre- 
mier essai , sa FUis de l-lcin: , dont 
la plu» jolie édition est celle d Elzc- 
vir, ibTS, in-2 ! , avec des figures de 
l,e Cierc , et celle de Londres. Celle 
-de Glaecow, 1763, in-8% 1800, 
aussi in-8°, fut comparée au Fas- 
tor fido et à ÏAiiiinte. Cependant, 
à dire vrai, ses bergers sont des 
courtisans, ses bergères quelnuefois 
des précieuses , et leurs enlrv^iens 
-des discours de ruelle. On blâma 
l'auteur de n'avoir fait de Célie , 
qui a tant de part à la pièce , qu'un 
personnage épisodique. On lui re- 
proc'na encore plus de lui avoir 
donné un amour également vif pour 
deux bergers à la fois. 11 voulut 
excuser ce défaut dans un Traité 
particulier ; mais celle juslification 
lit plus admirer son esprit et son 
érudition que sou goût et son ju- 
geuient. Celle Pastorale fut d'abord 
traduite en vers français par l'abbé 
oe Torclie , Paris , 16G9 , in-12 ; 
ensuite en prose , as^ec la double dis- 
seriaiion sur le double amour de 
Cé'.ie , avec le texte eu regard , par 
Dubois de Saint-Gelais, Paris, 1707, 
2 vol. in-12. On a encore de lui 
des Discours académiq^ues. Il mou- 
rut en 1608. 

•fBONAROTA ou EroxAnoxi , 
surnommé Michel- Jnge , vil le 
jour en 1 4?'} , à Chiusi en Toscane , 
-dune famille aiicicuue. il paquit 



BOINA 

peintre. Ses pareus furent obligés 
de hii donner unmaitre, qui fut 
bieulot surpassé par son disciple. A 
l'âge de 16 ans , il faisoit des ou- 
vrages que l'on comparoit à ceux 
de i'..nliquilé. Jules 11 , Léon X , 
Clément Vil, Paul III, Jules 111 , 
Paul IV , François 1" , Charles- 
Quint , Côme de Médicis , la ré- 
publique de Venise , Soliman même, 
empereur des Turcs, lirent usage 
de ses lalens. Ce fui Jules II qui 
l'appela à Rome , où il peignit la 
chapelle de Sixte. Son dessein éloit 
de travailler à cet ouvrage avec le 
plus grand soin ; mais fhumeur im- 
pétueuse et impalienle du pontife 
troubloit trop souvent fartisle. Ce 
pape lui dit un jour , dans un trans- 
port de colère : « Si vous ne finissez 
promptemeul , je vous ferai jeler 
du haut eu bas de vos échafauds. » 
ftlicliel-Ange se pressa de finir , et 
négligea même , pour avoir plus tôt 
fait , d'enrichir d'or les draperies 
de s>(s figures, et de les orner de 
couleurs éclatantes. Lorsque Jules II 
vint les voir , il prétendit qu'elles 
u'étoieut point aussi riches que les 
autns tableaux du même artiste. 
Michel-Ange , sensible à ce repro- 
che , lui répondit fièrement : «Les 
personnages que j'ai représentés ne 
portoicut ni or ni parure ; c'éloient 
de vrais chrétiens qui méprisoient 
les richesses. » Le pontife , sentant le 
besoin qu'il avoit d'un tel peintre, 
le caressoit après lavoir maltraité. 
Un jour qu'il lui avoit refusé la 
permission d'aller à Florence , et 
qu'il s'étoit emporté jusqu'à le frap- 
per de son bàlon , il lui envoya 
cinq cents écus pour l'apaiser , et 
lui fit faire des excuses. L'artiste , 
voyant le résultat de l'humeur fou- 
gueuse du pape, ne s'en fâcha plus 
et ne fit qu'eu rire. Pendant le sé- 
jour de Jules à Bologne, où il avoit 
été pour réprimer une sédition , il 
Fil faire sa statue en bronze , de 
forme coioBsale. Celle figure élevoil 



ira bras avec tant de lierlé que le 
poiilil'e, en voyant le modèle , de- 
manda à .Alidiel-Ange ce s'ii don- 
iioil la briifcdicliou où la malédic- 
lioii. — Elle avertit les Bolonais , 
lui répondit riIicliel-Ange , d'être 
plus s;iges à raveuir.w J.eon X se 
])lai,soit à s'entretenir avec lui. 11 
voulut l'engager à effacer de son 
tableau de l'enfer la Hgnre d'un 
damné qui ressetnbloit Irait pour 
Irait à un cardinal dont le peintre 
avoit voulu se venger. Mais Mi- 
chel-Ange refusa de satisfaire le pon- 
tife , en lui disant : In inj'erno nulla 
redemplio. Rome fut illustrée par 
les fruits de sou génie. Il réferma 
le dessin de l'église Saint-Pierre , 
tracé et exécuté en partie par Bra- 
jnante, et lit continuer ce superbe 
«idifice. Il n'y manquoit plus que la 
coupole (^uand il iiuiurut à Bome 
en i5C4; et elle fut faite sur le 
modèle qu'il avoit formé. Corne de 
Mtdicis lit enlever sou corps la nuit 
pour le portera Flor.nice. Les beaux 
esprits , les savans et artistes de cette 
ville s'occupèrent à l'envi de lui 
faire des obsèques magnifiques. L'a- 
cadémie de peinture arrêta le ma- 
tin que, quiconque manqueroit le 
soir de venir honorer le corps de 
Michel- Ange , seroit exclu de la 
société. On lui éleva un catafalque 
superbe , décoré de statues , d'em- 
lilèmes et de peintures. Les épo- 
ques les plus intéressantes de sa 
■vie y éloient l'epréseutées. On ac- 
courut de toutes paris à celte céré- 
luoiiie. Le Varchi prononça l'oraison 
funèbre , et Léonard Salviali un 
discours en son lioiiucur. Ces deux 
productions de la reconnoissance fu- 
rent publiées avec une foule d'ins- 
criptions et d éloges eu vers. Bien- 
tôt après cette décoration passagère , 
on éle\a à Micliel-Auge mi mau- 
solée plus durable , et dont les inar- 
bres furent cftnnés ])ar b' grand- 
(lui-. Ce mausolée suijsiste encore ; 
-^lisks vrais monunicusdc !a gloire 



BOINA ICI 

de Michel -Ange sont fes ouvrages. 
Les plus beaux sont , 1. J^e Jugc- 
me ni uniiC? sel ,rii:ivÀ à fresque a w-c 
une énergie qui iail frissonner, il. i /» 
Ci/jnn'on en marbre , grand connus 
nature, dilféieut de celui à qui il 
cassa un bras et qu'il enterra dauM 
une vigne , pour faire illusion aux 
amateurs de l'anliquilé. lll. Aa 
iStaiiie de JJacc/tus , qui tromna 
Raphaël paj; soir extrême beauté , 
et qu'il attribua sans hésiter à Phi- 
dias ou à Piaxilelle. Son pinceau 
éloit lier , terrible et sublime, il rend 
la nature dans tout son éclat. 11 ua 
lui manqua que d'avoir sacrilié aux 
grâces. Il y a trop de lierlé dans 
ses airs de tête , trop de tristesse 
dans son coloris , et quelquefois 
trop de bizarrerie dans ses compo- 
sitions. Sou tableau du JugeinerU 
universel n'en est pas exempt. Wi 
lie réfute plus le conte « qu'il avoit 
attaché un homme en croix pour 
mieux représenter les traits du 
Christ mourant.)) Michel-Ange n'a- 
voil pas besoin de celte ressource : 
elle est dailleurs enlièreinenl op- 
posée à ce qu'on rapporte de sou ca- 
ractère et de ses mœurs. La plu."» 
grande partie de ses chefs-d'œuvre 
de sculpture et de peinture est u 
Rome ; le reste est répandu à Flo- 
rence , dont il fonda l'école ; a 
Bologne , à Venise et ailleur'?. Le 
Musée Napoléon possède quelques- 
uns de ses tabkaux. On. en Lrouvoit 
aussi plusieurs au Palais -Royal. 
Ascauio Condivi , sou élève , a 
donné sa vie en italien , dont la 
dernière édition est de Florence , 
1746 , in-fol. , figures. On en trouve 
les principaux traits dans celle que 
l'abljé da Hauchecorue a publiée à 
Paris, 1785. Ce qu'on a gra/i^é d'a- 
près cet artiste est fort recherclii'. 
On dit q(ie Michel -Auge deviut 
amoureux de la célèbre marquise de' 
Pescaire , dont l'espril.le charmoit; 
mais il témoigna constamment v:iie 
répugnance luvimibie pu' r !e uia-» 



\ 



01 



BONA 



tiaoe. Un prêtre de ses amis lui cli- 
soil un jour : « C'est ini criinr que 
vous ne soyez pas marié ; vous au- 
riez eu des enfans à qui vous auriez 
laissé tous vos chefs-frœiivre. « — 
«J'ai, répondit-il, une femme qui 
m'a loujours perst'cuté : c'est mon 
art , et mes enfans sont mes ouvra- 
ges» — Il lie connut jamais le repos. 
Jamais on ne montra plus de désin- 
téressement : il ne voulut, dit-on. 
Tien accepter pour les travaux de 
Saint-Pierre. 11 travailloil bien plus 
souvent par amitié et par amour de 
la gloire que paf l'espoir des ré- 
compenses. Un de ses domestiques 
paroissant iilqmct de ce qu'il devien- 
drait après la mort de son maître, 
Alichel-Ange lui donna deux mille 
ëcus. Cet illustre artiste aima et culti- 
va toujours lesletlres. Sespoés/csoni 
été imprimées, après sa. mort, à Flo- 
rence , en i6i5j {0-4°. Sa lecture 
favorite étoit Le Dante. 11 adopta , 
dans ses compositions, l'obscure pro- 
fondeur de ce poète, comme Ra- 
phaël imita dans les siennes la 
noblesse du pinceau poétique de Pé- 
traraue. — 11 y a eu deux autres Bro- 
• KAROTi de là même famille, qui se 
sont fait uA nom : l'un , Michel- 
Ange, surnommé /e Jeune, mort 
en 16/46, par ses poésies; et l'antre, 
Philippe, sénateur tlorentin , mort 
en 1733, par ses ouvrages sur les 
antiquités. Comnie ils sont fort esti- 
més et rares , même en Italie , nous 
avons cru devoir en donner les 
litres : I. Osserpazione istoriche 
supra alcuni medaglioni , sans nom 
d'auteur, à Rome, 1698, in-^"- 
II. Osservazione sopra ûlciini fi'a- 
menti di i--asi aritic/ti di vefro , à 
Florence, 1716, in-^". On trouve , 
dans ce second ouvrage , des obser- 
vations curieuses sur trois dypti- 
ques antiques. Il avoit déjà fa:t nue 
savante dissertation sur le dyplique 
du consul Boéce , insérée clans le 
.Giornaledelitteraii d'italia , tome 
'XXVIlî. Cet antiquaire célèbre , 



BONÂ 

dont Gori a été le disciple, a àoriHé 
encore des explications et ses con-- 
jectures sur des monumeus étrus- 
ques, imprimés à la fin du livre de 
Uempster, de Etnxrid regali, Flo- 
rence , 1 7 24- 

* BONART (Jean), inaitre bar- 
bier et chirurgien de Pans , fut 
prévôt de l'ancien collège de chi- 
rurgie de celte ville, où il monritt 
le 16 décembre 1608. L'ouvrage 
qu'il a écrit donne une idée de la 
sphère des connoissanccs nécessaires 
à l'acquisition de la maîtrise dans 
l'ancienne communauté de Saint- 
Côiue. 11 est divisé par semaines, et 
il contient trois traités a l'usage des 
aspirans , dont le premier roule sur 
lustéologie, le second sur la sai- 
gnée, les eau tires, les vé.vcatoiresy 
les ventouses; elle troisitrmes«/7es 
méduamens simples et composés. 
C'est ainsi que Devaux parle de la 
division de cet ouvrage dans son 
Index funereus. M. Portai ne cite 
que la Semaine des médicamens 
dans son Histoire de l'anatomie et 
de la chirurgie. 11 en marque l'édi- 
tion à Paris, 16.29, in-8°. Dans le 
supplément de celle histoire , il parle 
de la méthode pour bien saigner. 
Paris, i6i8, in-8°, 

BOÎSASIO (Barlhélemi), sculp- 
teur inodénois , travailloil sur boià 
et en marqueterie avec une grande 
délicatesse. On admire sur-tout les 
stales du chrcur des augustins de 
IModcnc , où il a sculpté des animaux 
et des arabesques avec beaucoup de 
légèreté. 

* BONASONE ( Jules ) , appelé 
aussi quelquefois Jutes Bolognese, 
parce qu'il éfoit de Bologne , grava 
au burin dans la manière de Marc- 
Antoine. En général, sou travail est 
fait avec beaucoup de soin, de goût 
et d'intelligence. Il ti'a gravé que 
d'après les grands maitres , Raphaël , 
Michel'Ange, Le Titien, etc. Le 



BO^'A 

frappement du rocher, d'après Le 
Parmesan , est du nombre de ses 
pièces estimées, ainsi que les ani- 
maux sortant de l'arche , d'après 
Rapliaël. 

-;- I. BONAVENTURE (saint), 
né l'an 1221 à Bagnaréa en Tos- 
cime , s'appeloit Jean Fidenza de son 
nom de famille; mais une maladie, 
qu'il eut à Tàge de quatre ans , 
guérie, dit-on, par les prières de 
saint François , engagea sa mère à 
changer son nom en celui de Bona- 
venlure. Il entra en i^f^a dans l'or- 
dre des trères mineurs, et fut dis- 
ciple d'Alexandre de Halès. Son 
ordre le fit successivement profes- 
seur de philosophie, de théologie, 
et endu général en 1256. Le re- 
lâchement étoit dès -lors consi- 
dérable chez les frères mineurs , et 
il s'exprime ainsi dans une lettre 
rapportée par Fleury : « Cherchant 
les causes de ce que la splendeur de 
notre ordre s'obscurcit, je trouve 
une multitude d'affaires pour les- 
quelles on demande de l'argent ; et 
<Sn le reçoit sans précaution, quoi- 
que ce soit le plus grand ennemi de 
notre pauvreté. Je trouve l'oisiveté 
de quelques-uns de nos frères, qui 
s'endorment dans un étatmonstrueux 
entre la contemplation et l'action. Je 
trouve la vie vagal)onde de plusieurs , 
qui, pour donner du soulagement à 
leurs corps , sont à charge à leurs 
hôtes , et scandalisent au lieu d'édi- 
fier. Je trouve les demandes impor- 
tunes, qui font craindre aux passans 
la rencontre de nos frères, conune 
celle des voleurs; la grandeur et la 
curiosité desbàtimens, qui troublent 
notre paix, inconmiodent nos amis, 
et nous exposent aux mauvais juge- 
mens des hommes. )) Le général 
tâcha de remédier à tous ces abus, 
et y réussit en partie. En 1260, 
Clément IV lui offrit l'archevêché 
d'Yorck, qu'il refusa. Après la mort 
de ce pontife , les cardinaux s'enga- 



gèrent d'élire celui que Bonaventure 
nommeroit ; ilchoisilGrégoire X.Ce 
pape Ihonoraen 1 270 de la pourpre 
romaine , et lui donna l'évèché 
d'Albano. On le trouva lavant la 
vaisselle lorsqu'on lui porta le cha- 
peau. Il reçut ce nouvel honneur 
en témoignant la peine qu'on lui 
faisoit de le détourner des fonctions 
paisibles du cloitre. Le nouveau 
cardinal suivit Grégoire an concile 
de Ljon , en 1274, et y mourut 
celte année. On prétend que ce fut 
d'un excès de travail relatif à cette 
assemblée. Le cardinal Pierre d« 
Tarentaise, depuis pape sous le nom 
d'Innocent V, prononça son oraison 
funèbre ; et le pape Sixte IV le c£t- 
nonisa en 1482. Ou a recueilli ses 
Ouvrages à Rome en i588 , 7 tomes 
en 6 vol. in-fol.; et réimprimés à 
Venise, 1751 à 1756, i/jvol. in-4°. 
Les deux premiers renferment des 
Commentaires sur l'Ecriture.!^ 5'^, 
ses Sermons. Les 4" et 5'", ses Com- 
mentaires sur te maître des sen- 
tences. Les 6" et 7*^, des Opuscules 
moiau.v. Le 8*^, les 0])uscules qui 
regardent les religieu.r ; ses 3Tédi- 
tations sur la vie de Jésus-Christ 
offrent des circonstances qu'on ne 
trouve point dans l'Evangile. I* 
Psautier de la Vierge*, qu'on lui 
attribue peut-être faussement , est 
plein d'idées outrées et d'allusions 
forcées. ]\Ialgré ces défiants, qui sen- 
tent le docteur du 1 s^ siècle , on y 
remarque une piété affectueuse. Ou 
lui a donné le surnom de Docteur 
séraphique. Il avoit , comme nous 
l'avons dit , réformé son ordre en 
1 260. Il est au rang des docteurs de 
l'Eglise. L'abbé Boule a donné sa 
vie iu-8''. Elle est bien écrite. 

II. BONAVENTURE ( Frédéric ) , 
gentilhomme du duché d'Urbin, 
devint très -savant en médecine, 
quoiqu'il ne l'exerçât pas. On lui 
doit un livre de Partu , et un autre 
sur le Jlu.x et le reflux de la mer. 



io4 BOINC 

Il est mort à la fui du 1 7* siècle. 

III. BONAVEN rURE ( le Père ). 
Vojez GiKACi).\iJ. 

* IV. HONAVKNTURE, de Pa- 
doiie , cardinal et général dis au- 
giistin-s , a compose une Oraison j'ii- 
'rièbre de Pétrarque dont ii éloit 
l'aiiii , qui a été prononcée après la 
mort de l'auteur, arrivée en 1074. 
Il a fait aussi beaucoup d ouvrages 
religieux. 

BONxWENTURI. Voyez Ca- 

1'£IjX>0. 

BONBELLÏÏS ( Henri - François 
comte de ) , corn inissaire des guerres , 
ensu lie lieu leuant-généra Ides années 
_dn roi, commandant sur la fron- 
tière d.; la Lorrame allemande , 
mort en ]7fio, à 80 ans, étoit re- 
gardé coniine \m\ olficier plein de cou- 
rage et un homme intelligent. On a 
de lui deux ouvrages estimés : I. 
3Ièmuirespoiir le sen'icejour/ialler 
(le l'infanterie , 1719, :j vol. in- 12. 
II. l'railé (les évolutions mili- 
taires, lu- 8°. 

^ V BONCERF ( Pierrc-Framois ) , 
membre de la société d'agriculture 
d.T Paris, et secrétaire du duc d'Or- 
léans , s'otcupa long - temps avec 
succès dans la vallée d'Ange du des- 
sèchement des marais , et publia 
«juelques ou vragcssur cetobicl. Celui 
fjui ht le plus de bruit fut celui qui 
a pour titre : (nconvéniens des droits 
féodaux , ainsi qu'im antre inti- 
tulé lyioyens pour éteindre et Mé- 
thodes pour li(iuider les droits 
féodaux , Paris, 1790. Ils ont été 
traduits A Londres, en 1776 , et 
eurent trenle-denx éditions; toutes 
les idées de Boucerf ont été adoptées 
dans la révolution française. Il fut 
nommé, en 1789, officier muni- 
cipal, et, en cette qualité, il eut le 
plaisir d'aller installer le tribunal 
judiciaire dans le local même où le 
parleaieut avoit condamné sou ou- 



BOINC 

vrage sur les Inconuéniens des droits 
féodaux. Boccerf fit imprimer à 
cette époque un Mémoire sur la né- 
cessité et les moyens d'oeouper 
avantageusement les ouvriers ; et 
malgré tout son zèle pour la révo- 
lution, il fut traduit au tribunal ré- 
volutionnaire, comme étant de la 
faction d'Orléans : il ne dut la vie 
q;i'à la majorité d'mie voix : mais 
par une suite de sa fraj eur il mourut 
bieutôl après. 

* BONCÏARI ( Marc - Antoine ) , 
né en i.to.') à Antria , village éloi- 
gné de six milles de Pérouse ; il 
avouoit frauchement qu'il n'avoit 
aucune obligation à la fortune , et 
que ses parens étoient d'un état très- 
médiocre ; son aieul étoit corroyeur, 
et son père cordonnier , et il devoit 
tout à lui-meine. Miiréto fut son 
maître, et ce fut de lui qu'il reçut 
cette manière délicate et facile de 
s'exprimer qui fait le principal ca- 
ractère de ses (Jîuvres. Ou a de lui 
nn volume iVép/'tres et différens 
poëmes. Le Triomphe d' Jugasle y 
>eraphidos ,e{.<z. 11 mourut eu 1616, 
et fut honoré d une oraison funèbre 
[)rononcée par Jean- Baptiste Arté- 
luius de la cathédrale de Pérouse. 

* BONCO.MPAGNY ( Ignace ) , 
descendant d'un bat:H-d de Grégoire 
XIII, et fils d'un prince de Piom- 
bino, respecté à cause de sa piélé 
et de sa générosité. Il se signala au 
co!)l'"aire par son avarice et sa phi- 
losophie. Il parcourut rapidement 
les divers rangs de l'état ecclésias- 
tique, et fut bienti";t cardinal. Elevé 
par les jésuites , il h s persécuta après 
leur chute. 11 fut envoyé , jeune en- 
core , en qualité de vice-légat , à 
Bologne , dont sa tamille étoit ori- 
ginaire , et ce fut là qu'il commença 
à faire apercevoir son esprit phi- 
h)*ophique. Aya.at projeté des inuo- 
valions dans Bologne , après y avoir 
pris le litre de légat , il y opéra luie 



BONC 

infinité de réformes , et détruisit 
tous les privilèges. Lorsqxie Joseph II 
passa a Bologne, il lui i roii va un ( bpril 
n'forniateur assez conforme au sien, 
et , arrivé à Rome , il en lit un grand 
élnoe à Pie VI, qui , ayant à noiiujier 
lin secrétaire détat, choisit le légat 
qui lui étoit présenté comme un- 
liomine si extraordinaire. Boncom- 
p.'ignj déploya dans ce nouvel em- 
jiioi un caractère dominateur, cher- 
cha à abaisser les grands , et tenta 
<!"opérer brusquement les innova- 
tions qu'on auroit pn attribuer à 
des idées libérales , mais qui ii'é- 
toient réellement qu'une tendance 
an despotisme. Il donna ensuite à 
quelques galanteries une publicité si 
scandaleuse , qu'il tomba clans un 
très-grand discrédit; ets'étant trouvé 
eu opposition avec le cardinal Buffo , 
au moment ou le pape conimençoit 
à ne plus le voir aussi favorable- 
ment , il donna prudemment sa dé- 
mission , sous prétexte de mauvaise 
santé. Il se rendit aux bains de Luc- 
ques , où il mourut en août 1790, 
de la suite de ses excès , à l'âge de ^7 
ans. Sa mort fut célébrée à Bologne 
par les démonstrations de la joie pu- 
idique les moins éqnivoques , et sa 
( onduite dans celte ville n'a pas peu 
contribué à préparer les luilntans 
aux innovations qu'ils ont éprou\ ées 
depuis. 

* BONCOPiE [ Thomas ) , docteur 
en philosophie , en médecine et eu 
droit, vécut dans le 17*^ siècle, et 
Alt agrégé à l'une et à l'autre de ces 
facultés cUms l'université de Naples. 
On connoit de ce médecin le Trailé 
suivant: Depopulari , JiorribUl ac 
pesti/enti giitturls , aimexarurrque 
]>aiiiu7ii affectlone , nobilissimarn 
inbeni Neapolini ac tohim j'erè re- 
giium (Scilicet anno iGaa) vexante, 
foi'.sUium , Neapoli, 1622, in-^''. 

*RONCORTESE , plus ordinaire- 

/lîch: >.'ppelé Euncigralia ; quelques 



BOrs^D io5 

sa vans ont cru que c'étoientles noms 
de deux personnes diUérentes. Frèr» 
Bonagratia, franciscain de Bergame, 
joua nu grand rôle dans le 14*^ siècle , 
dans une dispute qui s'éleva sur la 
question : <c Si Jésus-Christ et ses 
apôtres avoicnl rien possédé en pro- 
pre ou en commun. I,e pape Jean 
XXII foudroya, par un décret du 
mois de novembre 1022, l'opinion 
des franciscains qui lenoient pour la 
négative. Ceux-ci , ayant protesté , 
s'attirèrent, en i523 et 1024, de 
nouveaux anathèmes. ( P'oycz le dé- 
tail e|; les suites de celte dispute 
dans l'Histoire ecclésiastique de 
Mosheim, liv. 111, p. 5j2 etsuiv.) 

il. BOND (Jean), critique H, 
commentateur, naquit dans le comté 
de Sonmiersel en i55o, fut maitre 
d'école pendant plusieurs années , et 
exerça la médecine à la lin cie sa \ if. 
H mourut en 1612. Sou ouvrage le 
plus connu est un Commentaire 
sur Horace , fort estimé. I^a plus 
belle édition est celle d Eizevir , 
1676, in-12 ; on en a donné une 
autre depuis à Orléans, qui n'est 
pas sans mérite. 

* II. BOND ( Olivier ), irlandais , 
accusé d'avoir conspiré contre la vi; 
du roi d'Angleterre , et d'avoir iii- 
vité le gouvernement français à e^i- 
valiir la Grande - Brelisgne , fut 
condamné à mort. Une partie des 
habilans de Dublin lit une pétition 
en sa faveur, et une négociation fut 
entamée à ce sujet ; elle n'eut d'autre 
résultat que d'amener plusieurs de 
ses amis à offrir de s'expatrier vo- 
lontaiTement. M. Currau , déi'ense\-.r 
d'Olivier Bond , prononça pour lui 
lui discours éloquent. Lors de l'expé- 
dition du général Humbert en Ir- 
lande , Bond mourut subitemesit 
dans sa prison. On dressa procès- 
verbal de l'ouverture de son ca- 
davre, sans que rien ait été publi- 
quement consta-té. 



lof) BOINE 

BONDELMONr. royez Buon- 

DELMOVTE. 

-;-BONECORSE (M. de), natif 
de IMarse.Ue , où il est mort en 1 706 , 
hprès avoir exercé les fonctions de 
consul de la nation française au j;rand 
Caire et à Séide , eu Phénicie. Il est 
plus connu par les critiques de Des- 
préaux , qui laccole à Pradou dans le 
Lutrin, que par ses propres ouvrages, 
dont on a fait cependant une foit 
belle édition, à Eeyde, en 1720. Elle 
contient la Montre d'amour; des 
Maximes d'amour; des Eirenhes; 
diverses poésies , et enfin Lutrigol, 
poëme liéroï-comique en dix chants , 
Amsterdam, 1686, in-8'', et Mar- 
seille, 1686 , in-12, que railleur fit 
pour se venger de l'ilUislre satiri- 
que dont il avoit à se plaindre , et à 
l'imitation de son Lutrin. Cette imi- 
tation rappelle 1 ane de la fable (pu 
x;ontrelail la voix du rossignol. 

* BONEFACIO (Vénitien), pein- 
tre italien, de lieaucoup de talent. 
Il étoil élève de Palma, et il a très- 
bien imité la manière de son maître. 
Il mourut en i65o , âgé de 62 
ans. 

* BONEIL ( Jacques ) , homme cé- 
lèbre par sa vertu , fils d'un mar- 
chand anglais qui s'établit à Gènes 
où il étoil né en i6r)3 ; deux ans 
après on l'emmena à Londres. En 
165.0 , comme la fortune de ses 
parens avoit considérablement souf- 
fert de leur attachement à la cause 
du roi , J. Boneil , à la restauration , 
fut mis à la lête de la commission 
des comptes généraux de l'irlaufle , 
et celle place lui fut assurée pour 
sa vie et celle de son fils. Le jeune 
Boneil étudia d'abord à Dublin , et 
ensuite à Cambridge , où il fut reçu 
maitre-ès-arts ; il fut ensuite pré- 
cepteur chez des geus de qualité. 
À la mort de sou père il lui succéda 
dans sa place uniquement pour le 
bieu de sa famille, car il eût pré- 



BOINE 

féfé jjar goût le parti de VEgliséfj 
Sous le règne de Jacques II il con^ 
serva son poste , où il se distingua 
par une fermeté et une intégrité re-» 
inarquables. Son caractère éloit ai- 
mable , sa religion sans enthousias- 
me ; il étoit savant sans préten- 
tion. Il mourut à Dublin eu 1699. 
L'évèque Weltenhall a fait son pa- 
négyrique. On trouve quelques mé- 
dilalious de lui dans sa vie écrite 
par l'archidoyen Hamillon, in - 1 3 , 
1703. 

* BONELLl ( George ) , profes- 
seur de médecine en l'université de 
Rome , fil une étude particulière de 
la botanique. Il publia dans cette 
ville , eu 1772, in-fol. , un ouvragé 
intitulé Jlortus Jîomatuis juxta 
systema Tournefortianiun • on y 
trouve cent planches bien gravées 
et enluminées de couleurs assez na- 
turelles. 

* I. BOXELLO ( André ) , de Bar- 
letta , vécut sous Frédéric II et 
Charles I'"' d'Anjou ; il fut le pro- 
fesseur de jurisprudence le plus es-^ 
limé de son temps dans la ville de 
Naples , et conseiller du roi. Il a 
laissé un Commentaire sur les 
lois lombardes , et un autre sur 
les trois derniers livres du Cdde. 

* II. BONELLO (Michel) na- 
quit en i.i-ii à Bosco , villag;' près 
d'Alexandrie dans la Fouille. 11 étoit 
neveu du pape Pie V , qui le nom- 
ma cardinal ; il étoit religieux de 
l'ordre de Saint-Dominique. Le pape 
son oncle lui donna beaucoup de 
marques de sa faveur, et entre au- 
tres celle de le nommer légat en 
Portugal , en Espagne et en France , 
pour eugager les princes chrétiens 
à une nouvelle croisade. Le roi d'Es- 
pagne lui accorda une pension de 
six mille écus , et la terre de Bosco , 
avec le litre de marquisat ; et Char- 
les IX , roi de France , un diamant 
de grand prix richement raonlé, 



BOISE 

avec ces mots gravés , non minus 
h(pc solita est pietas. JSe pielus 
pusse t mea sanguine sotvi. 11 iiiou- 
vul évèque d'Albe en 1098. 

* BONERIUS , fabuliste allemand 
du lo" siècle. Ou ue connoil poiul 
«le détails sur sa vie. Il existe de lui 
\m recueil de fables riinées , dont 
les sujets sont empruntés en grande 
partie des. fabulistes latins. Son 
style â de l'énergie , de riiarmonie , 
elestricaeen expressions et tour- 
luires propres à enrichir la langue. 
Ijne des premières éditions est celle 
de Bàmberg ,14^1, pdi^ in-fol. L'ë- 
"dilion la plus moderne et la plus 
complète a pour litre : Bonerii 
gemma, sire Boner's Edelste/n fa- 
ùulas ex Thonascorum œvo com- 
plexa ex inclyta hihl. ordinis S. 
Joh. Hierosolymitani. Aigentor. 
supplementum ad J. G. Sc/terzh 
philosophiœ mor.germ. mediiœvi 
spedmiiia XI , edidit J. J.Oher- 
lin , Argentorati , tig. 1782. 

* I. BONET (Jean ) , docteur en 
médecine à Genève, né en î6^3, 
reçu docteur en médecine eh i65i'( , 
ri mort en celle ville en 1688, s'ac- 
■r|uil une grande réputation par son 
mérite , ses talens et ses connois- 
sances. On lui attribue un Traité 
de la circulation des esprits ani- 
maux , itnprimé à Paris , en 1682 , 
in-12 ; niais les auteurs d\i Journal 
des savans le donnent à un reli- 
gieux de la congrégation de 'Saint- 
ÎMaur. 

I II. BONET (Théophile ), frère 
du précédent., naquit à Genève le 5 
mars 1620. Reçu docteur en méde- 
cine en 1643 , il se dévoua aux tra- 
vaux de la pratique , où ses succès 
lui acquirent une grande réputation. 
Il ne se mit à écrire que sur la fin 
de ses jours, après quarante années 
de pratique, po.ir laisser à l'expé- 
rience le temps de mûrir ses obser- 
vations. On a de lui , I. Sepukhre- 



BO^'F 



107 



tum , sev Jnatomia practica , Ge- 
nevœ, 1^79, 2 vol. in-fol. M^m- 
gel en a publié une autre éditim , 
avec des additions considérables , 
Genève , 1700, o vol. in-fol. II. 
JJercurius compilatitius , seu In- 
dex medico-practicns , Geneva* i 
iGSd, in-fol. 11 y donne les signes 
et la description de toutes les ma- 
ladies. 111. Medici/ia scptentriona- 
lis cullatilia, Genevae , i685 , 2 
vol. lu-fol. C'est un recueil d'ob- 
servations auatomiqnes, toutes re- 
latives à la pratique , qu'il a tirées 
des Mémoires de différentes acadé- 
mies. IV. Folyalhes , sive T/ie- 
saun/s mcdico-practicus ex qui- 
bus libet rei medicœ scriploribus 
collée tus, ibid. , 1690, 1691 , 1690, 
o vol. in-fol. "V. Theodori Tur- 
queli de Mayerne tractatus de 
Artheritide, unàcnm ejusdem ali- 
qnot consiliis , Genevae, 1671, 
1674, in-12 ;Londini, 1674, in-8°. 
Il n'a d'autre part à cet ouvrage , 
ainsi qu'an suivant , que celle d'a- 
voir traduit lun et l'autre du fran- 
çais en latin. VI. Jacobi Rohaullii 
tractatus physicus , Gène v* , 1674, 
in-8°. Ce célèbre médecin est mort 
le 29 mars 1689. 

* III. BONET DE t.ATES , mé- 
decin juif du \'^' siècle, inventa 
un anneau astronomique , par le 
moyen duquel il pouvoit toujours 
découvrir la hauteur du soleil et 
des étoiles , et dire de jour, ainsi 
que de nuit , quelle heure il éloit. 
11 expliqua l'usage et l'utilité de cet 
anneau dans un traité latin qu'il 
dt^dia an pape Alexandre VI ; il est 
intiudé Ve anniili astronomici 
utilitale. — T'oyez Bonnet. 

BONFADIO (Jacques), né à Salo 
près du lac de Garde, secrétaire de 
quelques cardinaux , donna des le- 
çons de politique et de rhétorique 
à Gènes avec succès. La république 
le nomma pour écrire sou liisl-^iré-. 



io8 



BOISF 



L'iiislorien révolta plusieurs famil- 
les par sa véridicité, qui avoit des 
formes Irop satiriques. On chercha 
à s en venger ;on l'accusa d'un crime 
qui méritoilla peiue du feu. 11 al- 
loit être hrùlé vif, lorsque ses amis 
obtinrent qu'on se conleuteroit de 
lui couper la tète ; ce qui fut exé- 
cuté en i56i. On a de Ijoufadio , 
I. \] lUsIoire de Gènes , dans laquelle 
il raconte l'état de celle république 
fort exactement, depuis loaS jus- 
tiu'en \bho , en un vol. in-/)'' ; Pa- 
piœ , i.')86. Elle est eu latin: mais 
Barthélemi Pascliéti la traduisit en 
Italien : cette version , imprimée à 
Genève eu i.'j86 , in-q" , n'est pas 
commune. II. Des JLettreu et des 
Puést'e.s ifallennes, publiïies les pre- 
mières en 1746 à Brescia avec sa 
vie, les autres en ly/'i?, iu-^". 

* BONFANTE ( Ange-Matthieu ) , 
né à Palerme , mais originaire de 
Gènes, pliilosophe, légiste, bota- 
niste et très-instruit dans l'histoire 
naluvelle , mourut subitement en 
167(3, et laissa imprimés les ou- 
vrages suivaus : 1° ha Fortune de 
Ctéopâtre , poë/ne héroïque , Pa- 
lerme, i644'; 2" l' Amour fid lie de 
Blanche de fJassano , pal'me ly ri- 
tragique , Païenne, itxio : ô" /Re- 
cueil de vers ; l\ Epitre sur la bo- 
tanique , Naples , 1675. Ses usanus- 
crits sont , Foliticoruni cirilium, 
et œcononiicorum axiomala epo- 
cha; De morte amplectandd et de 
vilœ conteinptu carmen ; l^ocabu- 
larium bolanivum ; De Lythiasi 
nephrillde , ac renum , et vesicœ 
vitlis quaestiones;/\oo Discorsi aca- 
t/emici ,• Les synonjmes de la lan- 
gue italienne. 

*BONFIDIUS. rojez Box- 

KOOY. 

BONFILIUS. J'^oyez Acmncus. 

t BONFINIUS ( Antoine) . natif 
d'Ascoli , fut appelé en Hongrie 



BOJNG 

pr;r Mathlas Corvin. 11 écrivit l'His- 
toire de ce royaume , en quarante- 
cinq livres, et la poussa jusquen 
i44-'- Sambilc, qui l'a continuée , 
eu publia une éditiou exacte en 
iâ68. Il y en a une autre , de 1606 , 
in-fol. Bonliuiiis aime le vrai ; mais 
il le couioud quelquefois avec la ma- 
lignité. 

i LONFRÉRIUS ( Jacques ), jé- 
suite , naquit à Uinan dans la prin- 
cipauté de l.iigt: f u ih']h , et mou- 
rut à Touruay en io43. C'éloil un 
savant plein de piété , qui a beau- 
coup travaillé sur l'Ecriture sainte, 
qu'il avoil professée avec distinc- 
tion à Douay. 0:i a de lui, I. Piœ- 
loquia in. totuni Scriptura/n sa- 
cratn , Anvers , 162.) , in-folio , 
très-estimés. IL Onomaslicon des 
lieux et des villes de [Ecriture 
sainte ; livre d'une profonde érudi- 
tion, imprimé à Paris en iGâi , in- 
folio. Les deux ouvrages précédons 
se trouvent dans le IMenochius du 
P. deTournemine. 111. Un Commen- 
taire sur le J''entateuque , Anvers , 
162,5, in-fol. IV-Ucs Commentaires 
sur presque tous les livres de l'é- 
criture. Dupiu en loue la clarté et la 
précision. 

t BONGAUS (Jacques ) , calvi- 
niste, né à Orléans, conseiller de 
Henri IV, s'acquitta hou^rablemeuL 
des négociations importantes que ce 
prince lui coulia. Sixte V ayant 
fulminé , en lôS:") , nue bulle contre 
le roi de Navarre et le prince de 
Coudé , Bongars , qui étoit alors 
ambassadeur à Rome , y fit une ré- 
])0use pleine de hardiesse, et l'aHi- 
cha lui-même au champ de Fifuv. 
U mourut à Paris en 1612, à 58 
ans. Sos ouvrages sont , I. Une édi- 
tion de .iuslin , avec de savimles 
notes, Paris, 1681 , iu-S". II. fJii 
Jîecùeil de [.eitres latines écrit, s 
a\cc goût. Elles ont clé traduites eu 
français par l'i'bbs de Briaiivilk, 



BONH 

paris, 1681, 2 vol. in-iij , mais 
elles n'apprennent qne peu de chose 
des aCinres de sou teuips. I\IM. de 
Port-lloyal eu publièrent une tra- 
diicliou , sous le nom de liriauville, 
eu 1695, in-12. III. Le Recueil 
des historiens des croisades , sous 
le litre de Gesla Deiper } ia?icos , 
iu-fol. 1611. IV. Reiii/n Hungari- 
carum scriptoies varii , Fnuico- 
furti , 1600 , iu-lol. 

* BONGIOVANNI;( Antoine), 
lié eu 171 2, d'une houorable famille, 
sur le territoire de Vérone , étudia 
dans celte ville les belles-lettres et 
la langue grecque, la théologie et la 
jurisprudence. Il passa ensuite à 
Venise où il fut chargé avec Za- 
netli du catalogue des manuscrits 
de la bibliothèque Saint-Marc , et 
tous deux ^eu récompense de leurs 
travaux , reçurent du sénat une ri- 
che médaille d'oi". Outre cet ouvrage 
en i vol. in-fol. , Bongiovanni iU 
paroitre les ouvrages suivans : Giœ- 
ca scholia in Homeri lliad. V,. I ; 
Quelques morceaux de Leonzio 
Monaco ; XFIII Discours de Li- 
bario Sojîsia ; Due opusculi di 
Teodoretto , etc. Uavoit travaillé à 
d autres traductions grecques , et il 
en méditoit d'autres; mais la mort 
le surprit à Venise, et vint inter- 
rompre le cours de ses travaux. 

t RONHOiAIO (Jean-François), 
île à Verceil, ami de saint Charles 
îîorromée , qui l'envoya en looo 
pour obtenir du pape la confirnia- 
tion du concile de I\Iilan. Cet en- 
voyé , plein de zèle et de lumières , 
devint évêque de sa patrie en i522. 
Grégoire XllI le nomma son nonce 
en Suisse et à Cologne ; et ce l'ut 
le premier nonce, permanent en Al- 
lemagne, où il- lit publier les dé- 
crets du concile de Trente. Bonlinmo 
est mort en lôSy. On lui doit , Re- 
fonnationis ecclesiasticrs décréta 
^snerulia, iSSô, iu - S" ; ouvrage 



BO?sI 109 

que le pape Benoit XIV a souvent 
cité avec éloge. 

BONICHON (François), prêtre 
de l'oratoire, ensuite curé à Angers, 
mort en 1662, est auteur d'un ou- 
vrage iutiuilé Fompa episcopa- 
Ils. Ce livre curieux et recherché 
fut composé lorsque Henri Arnauld 
fut nommé évèque d'Angers. On a 
encore de lui un gros iu-q° sous ce 
litre : Uyiutorllé éplsvapalc dé- 
fendue contre les nouvelles entre- 
prises de quelques réguliers nien- 
dians, à Angers, i658. 

I. BONIFACE, comte de l'Em- 
jiire , plns^conuu par son amitié 
pour saint Augustin que par sfs 
actions , fut chassé d'Afrique par 
les Vandales, et mourut, en /;o2 , 
d'une blessure qu il reçut dans \\n 
combat contre Aétius. 

t II. BONIFACE ( saint), apô;re 
de r.Ulemagne , naquit en Angle- 
terre vers l'an 680 ; il s'appela d'a- 
bord JVinfrid. Grégoire II l'envoya 
en 719 travailler à la cou version 
des infidèles du nord. Il i-empUt 
sa mission dans la Turii'ge,l8pays 
de Hesse, la Frise et ht Saxe, et 
y convertit un grand nombre d'ido- 
lâtres. Le pape, ayant appris ses suc- 
cès , l'appela à Rome , le sacra évê- 
que, et le renvoya en Allemagne. 
Les \;rogrès de la foi furent plus ra^- 
pides à sou retour. Il convertit les 
peuples de Bavière , et remplit Je 
nord du bruit de son uoin et de ses 
travaux apostoliques. Grégoire 111 
lui accorda le pallium et le titre 
d'arclievèfjue , avec permission d't- 
riger des évècliés dans les pays nou- 
vellement conquis à la religion. Un 
jour qu'il étoit en chemin pour don- 
ner la coniirmalion à quelques chré- 
tiens , il lut percé d'une épée par les 
payeiisde la Frise en 7511. Il s étoit 
démis de l'arclievêché de IVIayence 
en faveur de Lulle sou disciple. 
Ou a de cet apôtre des Lettres re- 



no BOISI 

cueillies par Serrarius, 1616, in-4" ; 
et des Sci/nuns , dans la collection 
de 1). .Marteniie ; le style n'eu est ni 
pur ni délicat. 

■;• III. BONIFACF. I" ( saint ) , 
successeur du pape Zozime en /\iH , 
fut mainteiui dans la chaire pontih- 
caie par lenipereur Honorius , con- 
tre l'archidiacre Eulalius, qui s'c- 
loii emparé de l'église de Latran. 
C'est à ce pontife <|ue saint Augus- 
tin dédia ses quatre livres contre 
les erreurs des pélagiens. 11 mourut 
en 422. 

t IV. BONIFACE II succéda à 
Félix IV le j8 septemlJre 53o. C'é- 
loit le fils d'un Golh. Ilavoitforcé 
les évèques , assemblés en concile 
dans la basilique de Saint- Pierre, à 
l'autoriser dans le choix d'un suc- 
cesseur. Il désigna le diacre Vigile ; 
mais ces prélats cassèrent , peu de 
temps après , dans \\n autre concile, 
ce qui s'étoit fait dans le premier, 
contre les canons et les usages. On 
a de lui une Leifre à saint Césaire 
d'.lrles, dans les Epistolœ Ro/na- 
nurum puritijicu/n de I). Constant. 
Il mourut le 8 novembre f).Ï2. 

V. BONIFACE III, Romain, 
monta sur le saiut-siége au com- 
mencement de l'aimée 606 , après la 
mort du pape Sabinien. Il convo- 
qua un concile de soixante-douze 
évèques , dans lequel on anathéma- 
tisa ceux qui parleroienl de désigner 
des successeurs aux papes et aux 
évèques pendant leur vie. H mou- 
rut le 12 novembre de la même an- 
née. On dit qu'il oljtiut de l'empe- 
reur Phocas que le patriarche de 
Coustantiuople ne prendroit plus le 
titre d'évèque universel. On ajoute 
qu'il lui accorda le second rang par- 
mi les patriarches. 

VI. BONIFACE IV , fils d'un mé- 
decin de Valéria, au pays des l\Iar- 
4,es, suc.cé.da au précédeul eu 607. 



BOINI 

I/empereur Phocas lui céda le Pan- 
théon , temple bâti par Agrippa à 
l'hoimeur de Jupiter vengeur, et 
des autres divinités du paganisme. 
Le pontife le cliangea en une église 
dédiée à la sainte Vierge et à tous 
les martyrs. C'est là l'époque de la 
fête de tous les saints, le premier 
jour de novembre. Celte église sul)- 
siste encore sous le nom de Notre- 
Dame de la Rotonde. Il mourut eu 
614. On lui attribue quelques ou- 
vrages qui ne sont pas de lui. 

VU. BONIFACE V, NapoUtain, 
successeur de Dieudonué en Ci 7, 
mourut en Gjô. Il défendit aux ju- 
ges de poursuivre ceux qui auroient 
recours aux asiles des églises. 

VIII. BONIFACE VI, Romain, 

pape après Formose, le 1 1 avril 896, 
ne tint le saint -siège que quinze 
jours. Comme il fut élu par une fac- 
tion populaire, et qu'il avoit été 
déposé de la prèlrise avant que d'a- 
voir la tiare, il fut regardé comme 
antipape. 

t IX. BONIFACE VII, surnommé 
Francun , antipai)e ^ meurtrier de 
Benoit VI et de Jean XIV , se fit 
reconnoitre poiilifeeij gS.j , le ;o 
août , et mourut subitement au mois 
de décembre suivant. On perça sou 
cadavre à coups de lances ; on le 
traîna par les pieds , et on le laissa 
nu dans la place devant lu statue 
de Constaiilin. 

t X. BONIFACE VIII ( Benoit 
C.VJETAN ) , étoit né de parens Cata- 
lans. Ses aïeux avoient pris le nom 
de Cajelans , parce qu'ils avoient 
demeuré à Caiete avant de s'établir 
à An;igiii , lieu de la naissance de 
Boniface Vlll. Il fut d'abord avocat 
consii^torial , protonotaire apostoli- 
que, chanoine de Lyon tt de Paris; 
ensuite créé cardinal par Martin II, 
en 1281 ; enfin, élevé sur le trôna 
pontiticol le 34 dcxenibre 120^^ 



BONI 

après l'abdicalion de sainl Célestin. 
On dit qu'il le menaça de l'enfer , 
s'il lie se dëmetloil de Ja papauté ; 
et l'on ajoute que cette terreur , 
jointe à la simplicité du pénitent 
octogénaire, et à son peu d'aptitude 
jiour les affaires , l'obligea de quit- 
ter la tiare. Le premier acte du poii- 
lilicat de Bonil'ace lut l'emprison- 
iiement de sou prédécesseur, et lin- 
lerdil du royaume de Uanemarck. 
I.a famille des Colonnes fut traitée 
bientôt après avec encore plus de 
sévérité. Cette maison éloit du parti 
des gibelins ( pujez Buondel- 
MONT£ ) , attachés aux empereurs , 
et ennemis des papes. Boniface , qui 
avoit été, dit-on, de cette faction 
quand il n'étoit que particulier , la 
persécuta dès qu'il fut souverain 
pontife. On raconte que le jour des 
cendres, l'archevêque de Gênes s'é- 
lant présenté devant lui , Boniface 
lui jeta les cendres aux yeux en lui 
disant : ce Souviens toi que tu es 
gibelin, et qu'un jour tu seras en 
jioussière avec les gibelins. » Les 
Colonnes , craignant cet homme im- 
pétueux, affichèrent un écrit , dans 
lequel ils protestoieut contre sou 
élection, et appeloieut au concile 
général , des procédures qu'on pour- 
roit faire contre eux. Boniface les 
excommunia comme hérétiques , 
leva des troupes pour soutenir son 
excommunication , et prêcha con- 
tre eux nue croisade. Les violences 
de ce pape frappoient tellement les 
esprits, que Sciarra Colonne, pris sur 
mer par des pirates et mis à la rame, 
ditqu'il préféroit l'esclavage à cequ"il 
avoit à a'aiiidre de sa vengeance. 
La croisade produisit un accomrao- 
/dement entre le pontife et les Colon- 
nes; mais Boniface n'enfui pas plus 
tranquille. D'un côté , il excite les 
princes d'Allemagne contre Albert, 
défend qu'on le reconnoisse pour 
X'oi des Romains , fait informer 
contre lui, et ne le recoiinoit em- 
feraxT ^u'à condiliou qu'ij dûcla- 



Bom 



II I 



rera la guerre à Plii!ippe-le-Bel , roi 
de France; d'un autre, il soulève 
contre ce dernier prince son frère 
Charles de Valois, fait don du 
royaume de France à Albert , et 
Lmce une bulle dans laquelle il dit 
que «Dieu l'a établi sur les rois 
et sur les royaumes, m. Philippe- 
le-Bel la lit brûler à Paris ; Boni- 
face s'en vengea par la constitution 
Unam sancla/n , dans laquelle il 
soumet la puissance temporelle à la 
puissance spirituelle. Ces grandes 
prétentions étoieut appuyées sur dea 
preuves singulières, a Jésus-Clirist , 
près de sa passion , demande à ses 
disciples deux épées ; or , ces deux 
épées sont manifestement les deux 
puissances par lesquelles le monde 
est gouverné , le sacerdoce et l'em- 
pire, car ces deux glaives sont dans 
les mains des apôtres, puisque Jé- 
sus-Christ dit à saint Pierre : 3Iets 
ton cpce dans le fourreau , comme 
s'il disoit : Elle est à tut. — Dieu, 
au commencement du monde , créa 
deux luminaires ; le grand luminaire 
est le sacerdoce, qui , comme le so- 
leil, éclaire par sa propre lumière; 
le moindre est l'empire , qui , comme 
la lune , n'a qu'une lumière d'em- 
prunt. » La plupart des docteurs, 
1"S princes mêmes , et ceux qui les 
défendoienl contre les papes , ne re- 
jetoient pas ces argumens ; ils se 
conteutoient d'en restreindre les 
conséquences. Boniface finit par lan- 
cer une bulle foudroyante , qui met- 
toit la France en interdit. Philippe 
fait arrêter dans l'assemblée des trois 
étals du royaume, qu'on en appel- 
lera au futur concile. Nogarel passe 
en Italie , sous le prétexte de sioni- 
tier l'appel , mais réellement pour 
enlever le pape. On surprit Boni- 
face dans Auagni , ville de son do-r 
maine, où il étoit né. Nogaret s'é- 
toit joint à Sciarra Colonne, qui eut, 
dit-on , la brutalité de donner uu 
soufflet au pape avec son gantelet, 
î^ogarel lui.doiuia des garder You-? 



112 BOINl 

lant remmener à Lyon , où devolt 
se louir le coneilc. boiiiface , pendant 
ce LumviUe , se revêtit de ses habits 
ponlilicaux, mit sa tiare, prit ses 
clelV d'une inainella croix de l'autre, 
tiuaul (iirii étoit pape , et qu'il 
vouloit maa/ir pape. Il mourut un 
mois après de chagrin , le i 2 octo- 
bre i3o5 , à Rome , où il étoit aile 
après que les liabitans d'Anagui 
l'eurent déUvré des mains des Fran- 
çais. La veille du jour qu'il fut pris, 
il prcparoit v.ue bulle qu'il devoil 
publier le lendemain , jour de la 
Nativité de la vierge. 11 y disoil en- 
tre autres choses « qu'il a voit eu 
k pouvoir de gouverner les rois 
avec la verge de i'er, et de les bri- 
.ser connut des vases de terre. » Ce 
fut lui qui canonisa saint Louis eu 
ii!97 ; qui institua eu lôoo le ju- 
bilé pour chaque centième année; 
qui ceignit la tiare dune seconde 
couronne; et qui recueillit en 1208 
le cinquième livre des Décrélales , 
appelé le Sexte , dont l'édition la 
plus rare est celle de Mayence, 
1/(6.5 , in-fol. , imprimé pas J. Fust 
et P. Schoyffer, de Gernsheym. 
( Voyez Dixrs. ) Ou a encore de lui 
ruelques ouvrages. Il étoit savant 
pour son siècle. 

t XI. BONIFACE IX , Napoli- 
tain, d'une famille noble, mais ré- 
duite à la dernière misère, fut fait 
cardincl en lôSi , et pape le 2 no- 
vemlne 1 3S6 , après la mort dUr- 
bain VI pendant le schisme d'Occi- 
dent. La plupart des historiens lui 
reprochenllavarice, l'usure et le né- 
potisme. Il mourut Je i/^"^ octobre 
1404. Ce pontife institua les annates 
perpétuelles. 

XIL BONIFACE (Hyacinthe), 
célèbre avocat au parlemeul d'Aix , 
z;c à Forcalquier eu Proveuce l'an 
161 2 , mort en 1696 , est connu par 
une Compilai! on recherchée des ju- 
iiscoiistUlts ; elle est intitulée Arrêts 



bojni 

iiotahles du parlement deVrovence, 
Lyon, 170?; , 8 vol. in-fol. T'uyez 
UjiiJiizirux. 

I. BONIFACIO ( Balthazar ) , 
savant véuilieu, archiprêlre de Ro- 
vigo, archidiacre de'l'révise, enfin 
éveqiie de Capo-d Istria , a voit d'a- 
boid professé le droit ù Padone avec 
distinction. On lui est redevable de 
l'instilntiou des académies établies à 
Padoue et à Trévise pour la jeune 
noblesse. Ce prélat , mort en 16Ô3, 
à 70 ans , a laissé plusi(>urs ouvra- 
ges en vers et eu prose. 1. Des Poé- 
sies latines, 1619,111-16. II. JI/s- 
toria Trevigiana, iu-4°. lll. Jlis- 
toria ludicra , 1656, iu-4°. Ou 
trouve dans ces histoires une éru- 
dition variée et intéressante. 

* U. BONIFACIO ( Jean ) , de Ro- 
vigo , dans létal de Venise , célébra 
jurisconsulte , poète , historien , fut 
célèbre dans les lettres et les scien- 
ces. U se maria à Trévise avec la 
hUe et funique héritière de iMarc- 
Aiitoiue , et s'établit dans cette ville , 
dont il écrivit Thisloire. li publia , 
outre \ Histoire duTréinsan, Trêves, 
lôgi , iu-4'^ ) divers autres ouvra- 
ges; savoir. De l'uriis, et de 
componendis épitap hiis; U Ji rte de' 
Cenni ; Metodu délie leggi délia sc- 
renissima republica P'eneîa ; Li 
discorsi academici ; ( omme/itario 
sopra la Feiidal Icgge Vencta. La 
ville de Feltri lui lit don , pour 
XJ-iistnire du Trévisan , d'une coupe 
d'argful aux armes de la ville , et 
Alfonse II, duc do Ferrare , d'un 
très-beau diamant , p-our avoir parlé 
de sa maison. Ou le met au nombre 
de ceux qui se sont occupés de fiiis- 
tilulion des sourds et muets , et ou 
cite son /Jrtede Cenni con la qi/nle 
formandosiJavolla\'isihile si traita 
muta eloquenza , imprimé à Vi- 
crnce en 1616, iu-4°- 

* BONISAZID ( François) , né à 
Vilerbe en 1607, apprit la peiu- 



BOINIS 

ture de Pielre de Cortoiie. Ses ta- 
fjleaux, d'ime belle couleur, sont 
bien ordonnés, et tout-à-fail dans 
le style de son niaiire. On voit de 
lui un tableau dans la galerie de 
Dresde. 

* BONIZONE , évéque de Fuiri , 
et ensuite de Plaisance, fut assas- 
siné pour avoir soutenu les intérêts 
du saint -siège. II laissa un Extrait 
abrégé de L' histoire des papes. 

BONJOUR (Guillaume) , reli- 
gieux augustiu , né à Toulouse en 
167c), fut appelé à Rome, par son 
confrère le cardinal Noris , eu iGgô ; 
Clément XI l'honora de son estime, 
et l'en) ploya dans plusieurs occasions. 
Ce papa a voit i'ornié une congréga- 
tion , pour soumettre à u!v examen 
sévère le calendrier grégorien. Le P. 
Bonjour fournit d'excellens I,ïé- 
inoires à celle société. Ce savant re- 
ligieux mourut eu 1 7 14 , à la Chine, 
où son zèle pour la propagation de 
la foi l'avoit conduit. Il étoit profon- 
dément versé dans les langues orien- 
tales , et sur- tout dans celle des 
Copiâtes. On a de lui , I. Des Dis- 
sertations sur l'Eiiiture sainte. 
II. — Sur les monumens cophtes de 
la bibliothèque paticane , etc. 

t BONNARD ( Bernard de ) , poète 
erotique , né à Sémur en Auxois , 
et mort eu 1784, orna long-temps 
VAlmanach des Muses de ses poé- 
sies. Elles sont élégantes. 11 fut gou- 
verneur des princes de la maison 
d'Orléans. Sou Epître à un ami re- 
venant de l'année mérite sur-tout 
d'être distinguée. Une autre au che- 
valier de Boufflers, insérée dans les 
(Euvres de ce dernier , est un petit 
chef-d'œuvre de grâces et de facilité. 
Bonuard parloit peu ; aussi loue-t-il 
le silence dans ces quatre vers : 

Ne parler jamais qu'à propos 
ISsl lin rare et grand avantage ; 
Le silence esl l'esprit des sots., 
Jit l'une des vertui dn sajc. 
ï. lU, 



BONN 



ii5 



Ses poésies ont été recueillies en 
J791 , in-8° , avec son portrait et 
une notice historique sur sa vie , 
rédigée par M. Sautreau de Marsy, 
Ami des plaisirs, il esl mort à peine 
âgé de 40 ans. 

*BONNATFRRE (l'abbé de), 
membre de plusieurs sociétés , et 
auteur de plusieurs volumes d'O/- 
nithologic , de Célholvgie , etc. , 
faisant partie de l'Encyclopcdie mé- 
thodique , est niort à Saint-Geuiez, 
à l'âge de 52 ans. 11 a laissé beau- 
coup de manuscrits précieux, par- 
mi lesquels se trouvent une ï lore 
de son département ., et divers ]\lé~ 
moires de botanique et d'agiicul- 
ture. 

* BONNAVERA ( Dominique ) , 
graveur de Bologne , nous a laissé 
plusieurs Estampes de sa composi- 
tion, etd'autres d'après différeus maî- 
tres. — On estime ;issez un Baptems 
de Jésus - Christ , qu'il a gravé 
d'après l'Albane. Il vivoit au coai- 
meuceraent du 17"^ siècle. 

1 1. BONNE, paysanne de la Val- 
leline , menoil paître ses brebis , 
lorsqu'elle fut rencontrée par Pierre 
Brunoro , illustre guerrier parme- 
san. Cet officier, ayant remarqué de 
la vivacité et de la tierlé dans cette 
jeune tille, la prit, l'emmena avec 
lui et en lit sa maîtresse. Il pre- 
noit plaisir à la faire habiller en 
homme , pour monter à cheval et 
l'accompagner à la chasse; et Bonne 
le secondoit très - bien dans cet 
exercice. Elle étoit avec Brunoro , 
lorsqu'il prit le parti du comte 
Fi"ançois Sforce , contre Alf'onse roi 
de Naples , et elle le suivit, quand 
il rentra au service du roi Alfonse , 
son premier maître. Bonne sut mé- 
nager ensuite pour son amant , au- 
près du sénat de Venise , la con- 
duite des troupes de cette répu- 
blique , avec 20,000 ducats d'ap- 
pointexTieiit. Brunoro , touclié da 
S 



ii4 Bor^N 

taut de services , épousa sa bieu- 
iaitric.'. boime, après sou mariage, 
til de plus en plus paroilre la gran- 
deur de son courage. Celle héroïne 
se signala sur-toul dans la guerre 
des Vénitiens contre François Sforce, 
duc de iMilan. Elle força les ennemis 
de rendre le cliàleau de Pavano, 
près de Brescia , après y avoir fait 
donner im assaut, dans lequel elle 
parut à la tète des assiégeans, les 
armes à la main. Le sénat de Ve- 
nise , plein de contiance dans les 
qualités guerrières des deux illus- 
tres époux , les envoya à la dé- 
fense de Négrepont contre les 
Turcs. Ils défendirent si bien cette 
ile , que , pendant tout le temps 
qu'ils y demeurèrent, les Turcs n'o- 
sèrent rien entreprendre. Brunoro 
mourut à Négrepont, où il fut en- 
terré honorablement. L'illustre Bon- 
ne voulut revenir à Venise ; mais 
elle mourut en chemin, l'an i^^G, 
dans une ville de la Morée , lais- 
sant deux eufans de sou mariage, 
et une réputation distinguée. 

t IL BONNE HE BoTTREON, com- 
tesse de Savoie, épousa eu i55.') , 
à Paris , Amé VI, dit le Vert. Elle 
fit le bonheur de ses sujets et de 
son époux. L'histoire a célébré sou 
géuie, sa liljéralité et sa grandeur 
d'ame. Après la mort d'Ame VI, 
elle tint les rênes du gouvernement 
pendant la minorité de son pelit- 
fils , qui la paya d'ingratitude , et 
refusa pendant long-temps de lui 
rendre les terres qui formoient son 
douaire. Bonne mourut a Màcou 
le 19 janvier \!^02. — Une autre 
ronite>se de Savoie , morte eu i4ô/|, 
fut l'épouse d'Ame VIII, dit le 
Ruiige. 

III. BONNE - SFORCE, reine de 
Pologne , fut mariée en i5i8 à 
Sigismond I'^' , roi de Pologne, avec 
lequel elle vécut pendant trente ans 
dans la plus parfaite intelligence. 



BOINN 

Après La mort de ce dernier, elle 
épousa secrètement un Lithuanien 
de basse extraction , nommé Pap- 
pacoda. Sou lils, Sigismond-Auguste, 
recouuu roi par les Polonais, épou- 
sa de .son coté Barbe Radziwill , 
veuve d'un simple gentilhomme da 
Lithuanie. La mère et le fils, s'élant 
mutuellement leproché leur mésal- 
liance , se brouillèrent ouvertement, 
et l'empereur Charles-Quint , ainsi 
que Ferdinand , roi des Romains, 
cherchèrent à entretenir cette désu- 
nion , pour semer des troubles en 
Pologne, Bonne quitta ce royaume 
sur la fiu de ses jours , et se re- 
tira dans ses terres de la Ponille , 
à l'extrémité de Tllalie. Elle vint 
mourir à Venise en i.'i58. Quelques 
historiens ont prétendu qu'elle avoit 
laissé tous ses biens , par testament, 
à Pappacoda , et d autres disent à 
Philippe II , roi d'Espagne ; mais 
on n'a jamais vu ce testament. 

BONNE DÉESSE. C'est la même 
que Fauna. T'uyez ce mot. 

BONNEAU. Voyez Miramion. 

*BONT^EAU (Jean-Yves-Alexan- 
dre ) , né à Montpellier en lyôg. Il 
parvint, jeune encore , à l'emploi 
de consul général en Pologne , qui 
lui fut conféré par la protection de 
M. de Castries. Il fut téjuoin des 
dernières révolutions de ce pays, 
et finit par en être la victime. Resté 
seul dépositaire des archives de la 
légation de France après le départ 
de l'ambassadeur , et soupçonné d'a- 
voir servi les Polonais , il fut ar- 
rêté par l'ordre de Catherine II , 
aussitôt après l'entrée des Russes 
à Varsovie , et conduit dans les pri- 
sons de Pétersbourg. Il y resta quatre 
ans, et n'en fut tiré qu'à l'avéue- 
meut de Paul Y^ . Ce funeste sort 
causa la mort de sa femme et de 
sa fille , et contribua à accélérer sa 
fin : il revint en France accablé 
de cette double perle , et mourut 



BOINN 

à Paris le 1 7 ventôse an 1 3 (8 
mars i8o5) , âgé de 66 ans. 

F.ONNECOKSE. Voyez Bone- 
coRsi:. 

-l-I. BONNEFOI ( Jean-Bapliste ), 
chirurgien de [.von, né eu lyôG, 
aiiuonçoit les plus grands talens 
pour la tlirtorie et la pratique de 
soii art , lorsqnune mort prénia- 
tui'ée l'enleva en 1790. 11 a puljlié 
divers ouvrages qui obtinrent les 
prix de l'académie de chirurgie , i>ur 
\ Influence des passions de lame 
dans les maladies chirurgicales , 
et i application de l'électricité à 
l'art de guérir , 1785, Lyon, iu- 
8°. Bonneloi a publié aursi quel- 
ques écrits sur le Magnétisme , et 
entre autres une Analyse raison- 
née des rapports faits par les com- 
missaires de l'académie des sciences 
et de la société dj médecine sur 
cet agent. 

* 'II. BONNEFOI DE BouiON 

( l'abbé de ) , chanoine député aux 
états généraux , l'un des plus beaux 
hommes de France , âgé de oo ans. 
Avant la révolution, il passoitpour 
le plus adroit pamphlétaire, et a voit 
même fait quelques pièces de tliéà- 
tre remarquables par des traits mor- 
dans et satiriques. Il passoit pour 
mener une vie très-licencieuse : elle 
fut terminée par une mort cruelle, 
maiscourageuse.Tronvédans une pa- 
trouille de royalistes le 10 août, il 
fut poursuivi, se sauva avecSulleau 
dans une maison voisine de la place 
I-ouisXV, et se précipita du premier 
élage sur les baïonnettes des assail- 
lans , qui lui coupèrent la tète et la 
promenèrent au bout d'une pique. 
L'intrigante Thérouenne qui , ser- 
vant tour à tour tous les partis, éloit 
dans cet inslant avec une patrouille 
de patriotes , eut l'inhumanité de 
lui tenir les jambes pendant qu'on 
lui coupoit la tète. 

*L BONNEFONS (Jean), poète 



BONIS ii5 

latin, naquit à Clermont en Auver- 
gne en \b')^. Ses parens renvoyè- 
rent à Bourges pour étudier en 
droit , sous le célèbre Cujas, qui, 
doué des mêmes goûts , devint bien- 
tôt sou ami. Le maître et le disciple 
se communiquoient réciproquement 
les vers galaus cju'ils composoient 
pour leurs maîtresses. Bonuefons vint 
a Paris et y exerça la jn-ofession d'a- 
vocat. Son goût pour les lettres, et 
sur-tout pour la poésie erotique dans 
laquelle il a excellé, lui procurèrent 
des amis distingués. Jacques de La 
Guesle, qui devint prociueur-géné- 
ral au parlement de Paris, Achille du 
Harlay, président de cette cour, etc. 
l'aimèrent et lui facilitèrent les 
moyens d"acquérir,en 1 584, la charge 
de lieuteoant-géuéral à Bar-sur-Seine, 
qu'il garda tout le reste de sa vie. 11 
s'y maria et renonça alors à son 
commerce avec les muses. Ses amis 
s'en aperçurent. Gilles Durand, son 
compatriote , et le traducteur en 
vers français de ses poésies latines , 
exprime ainsi son changement de 
goût : 

Xoire Bonnrfiins, po'»le. 
Des vieux lalins envié. 
Eut soudain l'ame muelte 
Quand il se vil marié, 
l'our le vil soin d'un ménage 
II quitla le voisinage 
Qu'il avoit avec les dieux. 
Et nonchalant de sa gloire. 
Des nei.fs filles de mémoire 
Cessa d'êlre soucieux. 

Il fit cependant encore quelques vers 
jusqu'en 1614, époque de sa mort, 
mais ce ne fut plus des vers amou- 
reux. Quoique Jean Pinon ait com- 
posé son épitaphe, Bonuefons, quel- 
que temps avant de mourir, ht celle 
que l'on voyoit gravée sur sou tom- 
beau dans l'église de Saint-Elienne 
de Bar-sur-Seine. 11 mourut dans la 
60"^ année de son âge , et la 3o^ de 
l'exercice de sa charge. Les pha- 
leuques ou hendécasyllabes ont été 
ses vers favoris; il a excellé dans 



iiG 



BONN 



ceux qu'il composa dans sa jeunesse 
pour sa maitresse qu'il nomma sa 
Pancharis , mot grec qui signifie 
pleine de gj-ace ou très-gracieuse. 
La Bergerie a traduit la Pancharis 
en vers français bien inférieurs aux 
vers latins; elle a été mieux traduite 
par Edouard Simon de Troyes, Paris, 
1786 , 2 vol. iu-18. Bonnefous laissa 
cinq enfaus : de ce nombre fut Jean 
BoNNErONS , qui hérita de la charge 
de sou père et de son goût pour la 
poésie latine. Ses ouv rages a'oiil pas 
été recueillis. On ue counoit qu'une 
paraphrase d'une de ses pièces la- 
tines , sur la mort du maréchal 
d'Uune, intitulée en français l'Eva- 
iioi/isse/nent lie Conchi/ie. Les(Su- 
vres de Jean Bonnefons le père con- 
sistent dans sa Pancharis, qui con- 
tient 32 pièces de poésie erotiques 
ou baisers ; ou y a joint jdusieurs 
autres pièces sur des sujets différeus. 
Sou ami Gilles Durand, sieur de La 
Bergerie , a fait une traduction en 
vers français , ou plutôt une imi- 
tation de toutes les poésies de Bon- 
nefous , ce qui forme un volume. 
Cet ouvrage a eu plusieurs édi- 
tions ; les plus connues sont celle 
de Paris in-S", 1787 ; celles de Hol- 
lande , en 1716; de Londres, en 
1720 et 1737, in-12; ou trouve 
aussi les œuvres de Bounefons à la 
suite des poésies de Bèze , dans l'é- 
dition in-12 que Barbou a donnée 
de cet auteur en 1767 ; elles ont 
été traduites sous le titre , Imitations 
tirées du latin de Jean Bonnefons , 
par Gilles IJurand , Tours , iSga, 
in-i 2. La plus ample de ces éditions 
porte ce titre : Joannis Bonefonii 
patris Arverni opéra omnia , avec 
/es Imitations françaises de Gilles 
Durand , corrigées et augmentées 
de plusieurs fragniens qui n' avaient 
point encore paru , Amsterdam , 
1767, in-12. La Monnaie a reproché 
aux vers de Bounefons plusieurs 
fautes de latinité et de mesure, et 
l'ainploi d'expresàious qvii ne se 



BOISN 

trouvent dans aucun auteur de l'an- 
tiquité; mais on s'accorde à y re- 
connoitre de la grâce, un aimable 
et voluptueux abandon, et de l'ori- 
ginalité dans ses couceptious ; qua- 
lités qui l'ont fait comparer à Ca- 
tulle. 

IL BONNEFONS (Amablc), jé- 
suite , natif de Riom, est auteur de 
plusieurs livres de piété, qui eurent 
cours dans leur temps. Les prin- 
cipaux sont, I. Année chrétienne, 
en 2 vol. in-12. II. La vie des 
saints , 2 vol. in-8°, etc. Son style 
est lâche et incorrect. 11 mourut à 
Paris en i653. 

* BOXNEFOUX (Pierre), prê- 
tre , ex -sui>eneur- général de la 
congrégation des prêtres de la doc- 
trine chrétienne, administrateur des 
établissemens de bienfaisance de la 
ville de Paris, est mort le 28 juin 
i8o5 dans la maison de l'institut 
des sourds-et-rauets. Cet ecclésias- 
tique respectable , entré de bonne 
heure dans une congrégation vouée 
à l'instruction publique , s'y éloit 
long-temps distingué par de rares 
talens pour renseignement. Peu d» 
professeurs ont possédé comme lui 
l'art d'exciter l'émulation parmi les 
élèves. Il avoit fait pour leur usage 
un ouvrage de mathématiques es- 
timé. Appelé au généralat de sou. 
ordre , il rendit sou adminislratiou 
remarquable par l'ardeur avec la- 
quelle il travailla aux progrès et à 
la gloire de sa congrégation. 11 aug- 
menta considérablement le nombre 
de ses établissemens , et leur donna 
un éclat dont ils u'avoient pas joui 
jusqu'à lui. Eu tre autres exemples, 
on peut citer la maison de la Flèche 
qu'il éleva , au moins , au même 
degré de célébrité qu'elle avoit eu 
sous l'administration des jésuites. 
Celui qui avoit été long-temps à la 
tète de la doctrine chrétienne avec 
hoaneur dut chercher ua refuge 



BOINN 

tlaus l'oLsairité, et courut risque de 
manquer de l'absolu nécessaire. Mais 
il trouva dans le dévouenieut filial 
d'un des membres de l'ordre dont il 
avoit clé le chef les soins les plus 
tendres et les secours les plus géné- 
reux. M. l'abbé Sicard, qui a appar- 
tenu à cet ordre utile , 1 associa à 
ses travaux. Alors les rangs avoient 
changé en réalité et le supérieur 
u cloit plus qu'en seconde ligne ; 
mais le général , qui av^oit conservé 
l'habitude et les formes de la supé- 
riorité , retrouva dans la déférence 
délicate de l'ancien doctrinaire 
toutes les illusions de sa dis^nilé 
éclipsée et de ses honneurs éva- 
uouis. 

* BONNEFOY ou Eonfidiu.s 
(Edmond), né à Chabenil en i556, 
enseigna le droit avec distinction à 
l'université de Valence. Echappé au 
massacre de la Saiut-Bartliélemi , il 
se réfugia à Genève , et y mourut en 
1574. Il a publié Jiirls orientalis 
libri très , lo'jo , in-8°. 

* BONNER (Edmond ), prélat 
anglais , fils d'un paysan du comté 
de Worcester , élève d'Oxford. Il 
s'atttacha à la maison du cardinal 
Wolsey, qui lui donna plusieurs bé- 
néfices. Henri 'VIII, dont il fut cha- 
pelain , l'envoya à Rome solliciter 
le pape pour son divorce avec Ca- 
therine d'Aragon. Il se comporta 
d'une manière si arrogante dans 
cette mission, que le pape le mena^ça 
de le faire jeter dans une chaudière 
de plomb fondu. En i538 il fut 
nommé évèque d'Héréford, et am- 
bassadeur eu France ; avant sa con- 
sécration il avoit déjà obtenu l'é- 
vèché de Londres. A l'avènement 
d'Edouard VI il fit difficulté de prê- 
ter le serment de suprématie, et fut 
mis en prison; mais en promettant 
d'obéir il obtint son élargissement. 
Cependant son peu d'empressement 
et sa récalcitrance générale lui faent 



BONN 



117 



ôter son évêche', et il fut mis une se- 
conde fois en prison. La reine Marie, 
à son avènement , lui rendit sa place , 
et pendant tout son règne ce prélat 
sanguinaire fit égorger beaucoup de 
piolestans. La reine Elisabeth ne fut 
pas plutôt sur le trône qu'elle le fit 
enfermer à Marshalséa. 11 mourut 
dans sa prison en i^Gg, et fut en- 
terré au cimetière de Saint -George 
de Soiithwark. Bonner étoit un des 
hommes les plus instruits dans le 
droit canon. 

* I. BONNET ( Honoré ) , prieur 
de Salon, dans le comlat Venais- 
sin, florissoit dans le i4*^ siècle. U 
est l'auteur d'un ouvrage intitulé 
V Arbre des batailles, qui eut un 
succès prodigieux lorsqu'il parut. 
La bibliothèque impériale possède 
dix-liuit manuscrits de cet ouvrage 
sous les u"'" 7125 et suivans , ainsi 
qu'une traduction en patois proven- 
çal. On estime les éditions de Paris, 
Vérard, i49^, in-fol. goth. , et de 
Lyon , 01. AruouUet , in-4'», S. D. 
Nous observerons que c'est à tort 
que plusieurs bibliographes ont 
changé le nom de Bonnet en celui 
de Bonuûr, qu'on trouve , il est vrai , 
en léte de quelques éditions go- 
thiques. 

* IL B0NN1ET ( Guillaume) , né à 
la Baroche , doyen du Passais, tréso- 
rier d'Angers en 1290, évêque de 
Bayeux en i3o6 , fonda en i3o8 le 
collège de Bayeux à Paris, pour douze 
écoliers. Philippe-le-Bel employa ses 
services en 1207 , pour obliger le 
comte de Hainaut àlui rendre hom- 
mage. Clément V le choisit pour as- 
sister au procès des templiers. Il est 
mort à Angers le 3 avril 1012. 

* m. BOMVET (Jean-Paul) a 
pubUé à Madrid, en 1620, in-4'', un 
ouvrage devenu très-i'are sur l'ins- 
titution des sourds-et-muets. Le 
titre de ce livre , dédié au roi , est , 
RéducUon de las lettres , y art-e 



ii8 BO^s'N 

para ensennar a ablar los mudos. 
Dès le i;i* biècle un bénédictin es- 
pa<;nol , noiiuiié Pierre Ponce , i)ar 
charilé pour un de ses confrères , 
Gaspard de Buroos , lequel à cause 
de ce défaut naturel n'avoitpu en- 
trer eu religion qu'en qualité de 
convers, imagina de l'instruire pour 
qu'il pîit se confesser , et il réussit au 
point que Gaspard devint habile et 
écrivit même quelques ouvrages. La 
méthode de Ponce ne nous est con- 
nue que par ce que Bonnet en rap- 
porte. ( F'oyez Morhos. Pol^h. , t. 1, 

1. 3, C. 3, § 21., s.) 

t IV. BONNET ( Jean de Saint- ) , 
né à Lyon, et mort dans celte ville 
à 63 ans, en i7o5 , se ht jésuite, 
s'appliqua aux mathématiques , et 
se distingua dans la partie de cette 
science qui a rapport à la physique 
et aux arts. Ami intime de Domi- 
nique Cassini , celui-ci lui conseilla 
défaire balir l'observatoire de Lyon. 
Le consulat de cette ville Ini ac- 
corda une somme à cet effet. Saint- 
Bomiet y réunit la pension annuelle 
qu'il retiroit de sa famille : ainsi 
s'éleva un édiiice utile , renversé à 
la tiii du dernier siècle par les 
bombes lancées pendant le siège de 
Lyon , et qui coûta la vie à sou au- 
teur. Saint-Bonnet ayant suivi les 
ouvriers sur un échafaud , la corde 
d'une grue, eu se détachant, lui 
cassa la cuisse , et il en mourut. Il a 
laissé quelques écrits sur les mathé- 
matiques , et part culièrement dans 
les porte-feuilles de l'académie de 
Lyon, dont il étoit membre. 

* V. BONNLT (Louis-Marin), 
graveur paiisien , nous a laissé 
plusieurs estampes gravées dans la 
manière du crayon , d'après Bou- 
cher , Lagrenée et autres maîtres. 
11 a gravé aussi le Fort tait rlu 
Czar p ndant un séjour de quel- 
ques années qu'il lit en Russie, où 
il avoil été sollicité de se rendre 
par un ami. 11 éloil né en 17 55. 



BOIS IN 

VI. BONNET ( l'abbé N.) , mort 
à Pans vers l'an ii.ïi, a donné 
au théâtre français la comédie de 
r Etranger , jouée eu iv^.'i, et un 
J'ssai poétique sur quelques pièces 
du théâtre italien. 

t VII. BONNET (Charles) , avo- 
cat, né à Genève en 1720 , membre 
de pres.jue loutes les académies de 
1 Europe. Sa famille, originaire de 
Frame , en éloit sort e en 1.Ô72 , 
époque des guerres de religion el 
de la Saint-Bartlîélemi. La lecture 
du Speciacle de la nature par 
Pluche, et de l'Histoire des insec- 
tes par Réaumnr, décida les goûts 
du jeune Bonnet. 11 abandonna l'é- 
lude de la jurisprudence pour celle 
de l'histoire naturelle, et il ne tarda 
pas à y obtenir des succès. Un 
premier Mémoire sur les pucerons, 
où il prouva qu'ils multiplioieut 
sans accouplement , lui mérita , à 
l'âge de jo ans , le titre de corres- 
pondant à l'académie des sciences. 
Bientôt il prit part aux travaux et 
aux découvertes de Tremblay sur 
les polypes , et fit d'intéressantes 
observations sur la respiration des 
chenilles et des papillons , et sur 
la structure du ténia. Une corres- 
pondance active avec Réaumur , 
Zanelti , le Foulenelle de l'Italie , 
Bernard de Jussieu , Spallanzani , 
Haller , Méquin , Géer , Duhamel el 
Lambert ; une application trop cons- 
tante au travail , enttammèreut ses 
yeux , el le forcèrent à rester plus 
de deux ans sans écrire. Son esprit, 
toujours actif, profila de ce repos 
pour méditer sur la source des 
idées , la nature de lame et les 
mystères de la métapbysique. Eu 
1752 , il devint membre du grand 
conseil de Genève , et y siégea jus- 
qu'en 1768. 11 y développa une 
modération judicieuse , de la fer- 
meté et de bonnes vues. Après 
avoir payé à son pays le tribut de 
ses soins dans l'adjuinislralLon pu- 



BOININ 

b!iq»ie , il se relira à la campagne, 
où il repril ses occupalious lavo- 
riles. Il y vëcul considéré et lieii- 
reiix ; jouissaul d'une (ioiice aisance, 
sans préjugé, sans humeur, lou- 
jours prêt à obliger , il vil arriver 
Iranquillemeut la lin de sa vie, en 
J793. «L'amour de létude de la 
nalure , dit Buffon , suppose dans 
l'esprit deux qualités bien oppo- 
sées : les grandes vues d'un esprit 
qui embrasse tout dim coup-d'œil, 
et les petites atlenlions d'un iuslinct 
laborieux , qui ne s'atlache qu'à un 
«eul point. » C'étoit le caractère 
desprit de Bonnet , homme plein 
de sagacité , de patience ; bon ob- 
servateur , philosophe méthodique 
et modeste ; écrivain quelquefois 
éloquent , mais qui , en physique et 
sur-tout en métaphysique , se livra 
un peu trop à l'esprit de système. 
Ayant attaqué dans quelques-uns 
de ses écrits les idées de Buffon , les 
amis de celui-ci lempèchèreut long- 
temps d'être reçu au nombre des 
associés étrangers de l'académie des 
sciences de Paris ; cependant à la 
mort du docteur Pringle , en 1780, 
il fut élu à sa place, et reçu quelque 
temps après à l'académie de Berlin. 
Ses principaux ouvrages sont , I. 
Traité d'iiisectulogie , renfermant 
des observations sur les pucerons et 
sur d'autres insectes. 11 parut en 
1744 , et obtint les suffrages des sa- 
vans. II. Recherches sur l'usage des 
feuilles dans les plantes, 1747- 
Il renferme des vues très-neuves , 
qui oui tixé l'altenlion des natu- 
ralistes. UI. Considérations sur les 
corps organisés , imprimées sépa- 
rément en 2 vol. iu-8°. Cet ou- 
vrage parut en 176^. Il eût obtenu 
le pris de l'académie de Berlin , si 
l'auteur eût soumis sou travail aux 
lois ordinaires des concours. Ce 
dernier eut en vue trois objets : 
i'^ de rassembler en abrégé ce que 
l'histoire naturelle offroit de plus 
certain sur l'origine et la répro- 



BONIS 



i'9 



duction des corps organisés ; 2° de 
réfuter les divers systèmes fondés 
sur l'épigéuésie ; 3" de développer 
le système des genres. Un cen.seur 
ignorant avoil empêché l'introduc- 
tion de l'ouvrage en France comme 
dangereux , mais M. de ]\Ialesht-rbes 
fil lever l'inlerdiclion. IV. Contem- 
plation de la nature , imprimée 
aussi séparément eu 2 vol. in-h", 
1764. C'est un beau tableau de Dieu 
et de ses attributs , de l'homme et 
de ses facultés , des ])lanles et de 
l^r économie , des insectes et de 
l'industrie des animaux. Destiné à 
un plus grand nombre de lecteurs , 
il est agréable et orné. V. Un grand 
nombre de Mémoires et de Lettres 
sur divers sujets d'histoire natu- 
relle. YI. Essai analytique sur les 
Jhcultés de l'ame, publié pour la 
première fois en 1760, iu-4°- Com- 
me l'ablié de Condillac , Bonnet 
emploie l'idée dune statue organisée 
comme le corps humain et qui s'a- 
nime par degrés , à mesure que ses 
organes et ses idées se développent. 
Il mit cinq ans à la composition 
de cet ouvrage ; le roi de Dane- 
marck , Frédéric V^ , le ht imprimer 
à ses frais , et la piemière édition 
est de Copenhague. VII. Palingé- 
nésie philosophique , imprimée sé- 
parément à Genève, 1769, 2 vol. 
iu-8° : ouvrage plein de recherches 
curieuses , et d'idées quelquefois 
extraordinaires. L'auteur y recher- 
che l'état passé et l'état futur des 
êtres vivans. \'\\\. Recherches sur le 
christianisme , avec des réflexions 
sur l'existence de Dieu , publiées 
pour la première fois à Genève , 
1770 , in-8°. IX. Essai de psy- 
chologie , imprimé d'abord a Lon- 
dres, 17:15, in-8°. Il resta quelque 
temps anonyme. Bonnet y consi- 
dère l'homme dès le premier mo- 
ment de son existence , et le suit 
dans le développement de toutes 
ses facultés. Les idées en sont pro- 
fondes et font naître celles du lec- 



120 BONJS 

teiir. Le coloris eu est brillant. 
X. Divers Mémoires d'/iisloire 
naîureUe sur les amours des plan- 
tes, le pipa ou crapaud de Surinam, 
les abeilles, la reproduction de la 
têle des limaçous , et les moyens 
de conserver dans les cabinets plu- 
sieurs sortes d'insectes et de pois- 
sons. Charles Bonnet a publié en 
177g la collection de ses ouvrages 
sous le titre (Euvrea à'/iistoire na- 
liirelle et de philosophie , 9 vol. 
in-4°,ii£;. Neulchàtel. — Idem. iS 
vol. iu-8° , hg. Bonnet ne répondit 
jamais à aucun critique , mais il re- 
€Ounoissoit a vec modestie ses erreu rs, 
et disoit souvent que le moi j'ai tort 
devoitêtre sans cesse dans la bouche 
de l'homme. C'est ainsi que M. Ga- 
rât l'a jugé ; (( Le nom de Charles 
Bonnet n'appartient pas encore à 
l'histoire de l'esprit humain , comme 
celui de Bacon et de Locke : il est 
à présumer qu'il n'occupera jamais le 
même rang ; cependant L'Analyse 
des facultés de V aine , par Charles 
Bonnet, est un grand livre , s'il n'est 
pas un excellent ouvrage. Beaucoup 
de défauts le gâtent, mais ces dé- 
fauts sont , en quelque sorte , des 
abus de la force de l'iuiteur et de 
la puissance de sa métliode ; il veut 
aller où l'analyse ne j)eul conduire: 
il commence à la spiritualité de 
l'homme , et finit par sa résurrec- 
tion ; cest con^mencer et finir par 
les ténèbres. Mais entre ces deux 
abîmes où il veut pénétrer , et où 
il se perd , il sème sa route de 
longs traits d'une lumière forte et 
abondante. Nul n'a connn mieux 
que lui le mécanisme de la pensée , 
et ne se sert plus des facultés de 
l'entendement , comme des ressorts 
dont on dispose. Où Locke est dif- 
fus , il est serré ; il affecte même 
trop de l'être, et on croit entendre 
quelquefois le bruit que font en se 
touchant les anneaux de la chaine 

étroite de ses idées Charles 

Bonnet depuis long - temps ëtoit 



BONN 

aveugle, et toute sa vie il avoit en 
la vue très-mauvaise ; cependant 
cette vue , si mauvaise et prête 
à s'éteindre , dirigée sur tous les 
objets de la nature , par sa mé- 
thode , en avoit pris les images les 
plus lidèles , et son pinceau eu 
trace les tableaux les plus animés. 
Sa C'oatemplativn de la Nature 
n'est guère qu'une suite de descrip- 
tions ; mais il décrit les formes et 
les couleurs de tous les objets avec 
tant de vérité , qu'on croiroit voir 
ces mêmes objets qu'à peine il 
avoit vus lui-même. Dans .ses con- 
sidéra lions sur les corps organi- 
sés , le système des emboitemens 
à riufnii , qu'il combat , et celui 
qu'il embrasse , il les expose et les 
discute avec cette analyse qui donne 
aux idées des formes aussi distinc- 
tes , aussi séparées que celles des 
corps et des objets physiques. Il ne 
crée rien , mais il apprécie tout ce 
qui a été imagnié par les autres , 
avec cette supériorité et cette sûreté 
de jugement qui caractérisent peut- 
être autant Ihommo de génie que 
des inventions qui ont besoin d'être 
vérifiées par les siècles. Les êtres 
qui semblent se dérober le plus à 
la vue la plus pénéirante, les in- 
sectes , sont ce qu'il choisit de pré- 
féreuci' pour ses observations ; et 
ses vues sur les insectes et sur les 
feuilles sont estimées et même cé- 
lèbres panni les naturalistes.» Bon- 
net fut un de ces hommes auxquels 
leur siècle n'a pas rendu assez de 
justice. La simplicité , la modestie 
de ce philosophe, les sarcasmes in- 
décens de Voltaire, les cabales des 
faux savaus ,ont nui à sa célébrité. 
Ou peut dire hardiment de lui que 
c'est un des plus ingénieux obser- 
vateurs , des plus consolans mora- 
listes et des meilleurs écrivains qui 
aient existé. 11 est le seul de sou 
temps qui ait porté la conteraplaliou 
religieuse dans l'étude de la nature, 
et (jui eu ail tire des résultats avan- 



BOIS IN 

lageux ponr la conduite de la vie. 
C'est à la fois Pluie el Féuélon. 

VIII. BONNET. T'oyez Bon£t et 

TOIRAS. 

t I. BONNEVAL ( Claude-Ale- 
xandre, comte de), d'une ancienne 
famiUe du Liniousiu, porta les armes 
de bonne heure, el servit avec dis- 
tinction en Italie sous Caliuat et 
Vendôme. H seroit parvenu avtx 
premiers grades n)ilitaires, si quel- 
ques mt'coiilenleineus ne l'avoieiU 
engagé à rjniUer sa patrie en i -of), 
pour se mettre au service de l'em- 
pereur. Le annistre Chamillard ,qui 
ne l'airaoit point, et qui craiguoit 
son esprit d'indépendance , le fit 
condamner à avoir la tète tranchée 
le 2.'4 janvier 1707. L'empereur 
ayant déclaré, en 1716, la guerre 
au grand - seigneur , le comte de 
Bonneval partagea les succès qu'eut 
le prince Eugène contre les Turcs. 
Il donna des preuves de la valeur 
la plus signalée à la bataille de Pé- 
tervvaradin. Il étoit alors major- 
général de l'armée. N'ayant autour 
de lui qu'environ 200 hommes de 
son régiment, il se trouva enveloppé 
par im coqjs nombreux de janissai- 
res , contre lequel il se battit avec la 
plus étonnante intrépidité. Enfin , 
renversé de son cheval , et blessé 
d'un coup de lance , il est foulé aux 
pieds des chevaux. Ses soldats à l'ins- 
tant lui fout un rempart de leurs 
corps , écartent les plus audacieux , 
et font fuir les autres. Presque tous 
y périssent. Dix seulement échappés 
a la mort enlèvent leur général , 
et le portent en triomphe à l'armée 
victorieuse. Il fut fiùl lieutenant- 
feld-maréclial. En 17 20, ayant tenu 
des discours peu mesurés sur le 
prince Eugène , et sur la marquise 
de Prié , épouse du commandant 
général des Pays-Bas, il perdit tous 
ses emplois , et fut condamné à un 
an de prison. Son désespoir le con- 



BOINN 19.1 

duisil en Turquie. Il se fit musul- 
man, et fut créé hacha à trois queues 
de Romélie , général d'arlillerie , et 
enfin topigi - bachi. Il mourut en 
1747 , à 73 ans , avec le regret do 
n'avoir jamais pu parvenir , dans 
la guerre de 17.Ï7, à obtenir un 
conmiandenient. H laissa , d'une de 
ses femmes turques , un fils, appelé 
d'abord le comte de La Tour , et 
depuis Soliman, qui lui succéda dans 
la place de topigi-bachi. Le comte 
de Eonncval avoit de l'intelligence, 
du génie et du courage : mais il étoil 
satirique dans ses propos , bizarre 
dans sa conduite, et singulier dan» 
ses goûts. Sa vie fut un enchaîne- 
ment de circonstances extraordinai- 
res. Proscrit en France, ce noiiveau 
paladin ne laissa pas de venir se 
marier publiquement à Paris. Quoi- 
qu'il se fût fait musulman , il ne 
tenoit pas plus au raahométisme 
qu'au christianisme ; il disoit «qu il 
n'avoit fait que troquer son chapeau 
contre un bonnet de nuit. » C'est 
ainsi qu'il appeloit le turban. On 
assure en effet qu'il n'avoit été réel- 
lement turc que par cet ornement, 
et qu'il ne fut jamais circoncis. Il 
disoit aussi : «Dans toutes les per- 
sécutions qu'on m'a faites , je n'ai 
perdu ni mon bou appétit, ni ma 
bwnue humeur. Heureux sont ceux 
qui ont la philosophie dans le sang!» 
Il faisoit assez bien une chanson de 
table et un vaudeville ; et ce goût 
l'avoit lié avec le célèbre Rousseau. 
Sa femme , de la maison de Biron , 
est morte en France , eu 1 74^ , sans 
enfans. Ses Mémoires iéri tables , 
et ses nouveaux Mémoires roma- 
nesques , ont été imprimés à Lon- 
dres en i7ri5, 5 vol. in-12. 

1 11. BONNEVAL ( René de ) , né 
au Mans , mort au mois de janvier 
1760 , est dans la liste des écrivains 
subalternes et des poètes médiocres. 
On a de lui plusieurs ouvrages en 
vers e! en prose. 1. Momus au cer~ 



122 BOINN 

de des dieux , Paris , 1 7 1 7 > in-i 2. 
II. Réponse aux paradoxes de 
l'abbé des Fonlai ries , Paris, 17120, 
iii-8". m. Critique du poëme de la 
Henrlade. IV. Critique des Le/fres 
philosupkiques.'V. Elémensde l'é- 
ducalion, 17,43, in- 12. Micliel de 
BoNNEVAL , ancien uitendant des 
menus, mort en 1766, versifioit 
aussi , et u'ëloit pas moins médiocre 
qne René. Ce dernier a donné à 
l'opéra divers ballets de caractère , 
Jupiter vainqueur des Titans , l'o- 
péra des Génies , et celui des Ro- 
mans , qui fut représenté trois fois , 
*t dont Cambini lit la musique. 

t BONNim d'Alco ( N. ) , d'a- 
bord président à la chambre des 
comptes de Montpellier, fut nommé 
par le département de l'Hérault dé- 
puté à l'assemblée législalise et à 
la convention. Il y embrassa avec 
chaleur le parti des républicains , 
et fut envoyé à Lille comme mmis- 
tre plénipotentiaire, avec ordre d'y 
jrompre les négociations pour la paix, 
entamées avec lord Malmesbury. U 
passa en la même qualité au congrès 
de Rasladt. En quittant celte ville, 
au moment de la reprise des hosti- 
lités , il fut assassiné , le 28 avril 
1799, par des inconnus revêtus 
de l'uniforme des hussards autri- 
chiens. Le député Roberjol partagea 
son sort. Le conseil législatif or- 
donna que leurs places seroient oc- 
cupées par des mannequins couverts 
d'un crêpe noir, et qu'à l'appel no- 
minal, le président répondroit pour 
eux, Kengeance. 

* BONNIERES (Alexandre- 
Jules B£NoiT de ) , avocat , né en 
i7.')0 à Grancey , département du 
Cher , connu par le grand nom- 
bre de causes importantes qu'il a 
défendues au barreau à Paris. Sou 
éloculiou facile rappeloit la ma- 
nière de l'avocat Gaillard , qui , 
cemme lui, plaidoil avec méthode 



BOJNN 

et clarté. Jamais Bonnières ne se- 
cartoit de sa cause , comm^ beau- 
coup d'avocats , par des lieux com- 
muns ou des sottises. Il éloit très- 
désinléressé , et ne se faisoit jamais 
payer d'avance. Dans une affaire de 
la \)lus grande importance, après six 
plaidoyers , il gagna la cause ; le» 
parties lui demandèrent combien il 
lui étoit dû : Cinquante louis , ré- 
pondit-il. On eut beaucoup de 
peine à lui faire accepter mille écus. 
Bonnières avoit étudié eu droit 
sous le célèbre Polhier , professeur 
de droit français à Orléans. Il fut 
reçu avocat à Paris en 1769. Il 
étoit avocat de la ville d'Orléans , 
qui lui fit présent de la statue en pied 
de Jeanne d'Arc , dite la Pucelte 
d'Orléans. 11 étoit avocat plaidaat 
du comte d'Artois, ensuite maître 
des requêtes et intendant de sa mai- 
son. Il fut décoré du cordon de Saint- 
Michel. Après le départ du comte 
d'Artois , en 1790, il Ht en 1791 un 
voyage à Turin pour se concerter 
avec ce prince sur les moyens de 
satisfaire les créanciers de sa mai- 
son. Bonnières a failli être victime 
des horribles journées des 2 et 3 
septembre 179 a. 11 ne dut son salut 

qu'au courage et à l'amitié de IM 

Il fut nommé membre du corps élec- 
toral en l'an h (1797), lors de la 
réélection forcée des membres de la 
convention pour le corps législatif 
qui remplaça l'assemblée conven- 
tionnelle. Nommé membre du corps 
législatif, il fut éconduit comme 
beaucoup d'autres par la mesure im- 
politique du 18 fructidor delà même 
année. Dans toutes les circonstances 
difficiles où s'est trouvé Bonnières 
pendant le cours de la révolution , 
il a, par son courage et sa prudence, 
mérité la confiance et les éloges des 
différens partis; sa moralité, sa dou- 
ceur lui ont concilié l'estime et l'a- 
mitié de tout le barreau. U mou- 
rut le 9 nivôse au 9 (5o aécembre 
i8oi). 



BOJSO 

BONNIVET. royez Goufibr et 
CoNciNi , vers la hn. 

* I. BONO (Bartolomëo), sculp- 
teur vénilieit , travailla au inagniti- 
<\ue palais ducal de Venise, en 1429 , 
lorsqu'il fut agrandi : la statue éri- 
gée au doge François Foscari , qui Kt 
restaurer et embellir ce somptueux 
édifice , est de ia main de Bono. 

*1I. BONO (Marcel), juriscon- 
sulte napolitain du 16*^ siècle, pu- 
blia un traité , intitulé Glossa au- 
rea excellenliss. 1). Barikolornœi 
(le Capiia V. J. IJ. militis lo^o- 
thetœ , et prutunota?ii regil Sici- 
liœsub regihus Carolo et Hoberto, 
et aliorum prœclarissimoium jii- 
j-iscoiisultorum super sacns consti- 
iitttunibus, capitidis et pragmaticls 
regni Sijiliœ , et super ritibus M. 
C Vicacke, et singularia 1 5 1 super 
ff. et C. collecta. His accessit D. 
Jacobi de Jyello, etc. dejure ^ido- 
hœ , Helevii. , atque subsidii irac- 
talus. Lugduni, etc. i556 , in-fol. 
11 composa aussi uuTraité dcs/iejs. 

*m. BONO ou BiTONi (Marcel), 
qu'il ne faut pas confondre avec le 
précédent, naquit aussi à Naples , fut 
médecin et jurisconsulte; il vécut au 
commencement du ij" siècle , et lit 
imprimer un ouvrage intitulé J?e 
Catarticis me icamentis , deque 
reclâ purgaiidi methudo disserta- 
tiones IJ. Napolis , i584. 

* BONOCORE ( Thomas) , mé- 
decin e( jurisconsulte napolitain , 
vivoit dans le commencement du 
18^ siècle, et fil imprimer un ou- 
vrage intitulé De populari , hor- 
ribill , ac pestilenti gntturis aii- 
nexarumque partium affectione , 
etc. 

* BONOIMI ou BoNOMiNUs , mé- 
decin de Bergame , vécut vers Tan 
i3oi,et, selon d'autres, vers ]33o, 
sous le pontificat de Cléraeut VI. il 



BOPsO 



123 



a écrit divers ouvrages, et en par- 
ticulier un livre sur les poisons, 
dont Trilhème, historien du 14* 
siècle, parle avec éloge. 

t BONOSE (Quintus Bonosius ) , 
fils d'un rhéteur , naquit en Espa- 
gne. Ayant perdu son père , il s'en- 
rôla, et parvint à la place de lieu- 
tenant de l'empereur Probus,dans 
les Gaules. Il se fit proclamer César 
dans son déi)arlement l'an 280, 
taudis que Procule preuoit le même 
litre en Germanie. Le premier fut 
pris et pendu ci 281. Probus , qui 
disoit de cet usurpateur adonné au 
vin qu'il étoit né pour boire plutôt 
que pour vivre , dit , en voyant ce 
cadavre : Ce n'est point un homme 
pendu , c'est une bouteille. Procule 
essuya la même peine. Il avoit au- 
tant de passion pour les femmes 
que Bonose pour le vin. 

II. BONOSE, capitaine romain , 
fut condamné à être décapité par 
ordre de l'empereur Julien , sous 
prétexte de rébellion ; mais en efl'et, 
pour n'avoir pas voulu ôter du la- 
barutn la croix que Constantin y 
avoit fait peindre. 

m. BONOSE , évêque de Naisse 
en j\Iysie, attaquoit , comme Jovi- 
nien , la \ irginité perpétuelle de la 
Vierge. 11 prétendoit qu'elle avoit eu 
d'autres enfans après J. C. , dont il 
nioit même la divinité, comme Pho- 
tin ; en sorte que les pholiuieus fu- 
rent nommés depuis bonosiaques. 
Leur chef fut condamné dans le con- 
cile de Capoue, assemblé en 09 1 pour 
éteindre le schisme d'Anlioche. 

IV. BONOSE. foyez Bexoit , 
11° IV. 

* BONOURS (Christophe), né à 
Vesoul dans le 1 6'' siècle , a composé 
un ouvrage intitulé Eugcniaréli- 
logie ou Discours de la vraie no- 
blesse^ Liège, 1616, in-8°. L'auteur 



1^4 



BOiST 



dit dans la prcfiice de cet ouvrage 
qu'il s'est plus occupé de la tactique 
militaire que de l'art d'écrire ; il 
étoit capitaine au service de l'Espa- 
gne. Ou a encore de lui un autre ou- 
vrage intitulé le Siège d'Oslende ^ 
Bruxelles, i6;28 ou i633,in-4''. 

t BONRECyEU.(Joseph Durant: 
de), prêtre de l'oratoire, fils d'un 
conseiller au parieineiit d'Aix , sa 
patrie , mort à Paris en 1756, à 
90 ans , a traduit en frauyais , I. Les 
lettres de saint Jean-C //rysvstôme , 
Paris, i73p, 2 vol iu-b"; et celles 
de sai/H yimhroise , 3 vol. in-j 2. 
II. Les Psaumes expliqués par 
Théodoret , saint Basile et saint 
Jean-Chrysoslôme , eu 7 vol. in-i 2 , 
1741- 111- Les Panégyriques des 
martyrs, de saint Jcan-Chrysos- 
/d/ne, Paris, i735, in-8'. Ses ver- 
sions sont exactes , et sou style assez 
pur. 

BONREPOS. rayez Biqiet. 

* BONS (François de) ou Eo- 
NŒUS professa à Genève le droit et 
la philosophie , et y mourut eu 
1614. H a p;!l<lié , V. Tractalus de 
ratione disccndi et docendi, Stras- 
bourg , 1 6 1 5 , iu-S". II. De nalurd 
et jure honurum eccfesiasticorum , 
in-i 2. l'oyez Sexxeeier , hist. lit. 
de Genève, lom. II, pag. 143. 

* BONSI (Lelio), gentilhomme 
floreutia , chevalier de l'ordre de 
Saiut-Etieuue , naquit en i532. 11 
s'appliqua aux belles-lettres et à la 
philosophie , ensuite à celle des lois 
à Pise. Il l'ut, dans la suite, agrégé 
à l'académie de Florence , et y pro- 
nonça cinq discours qui Turenl ini- 
priniés depuis. Il composa aussi des 
vers qui sont é])ars en difiérens re- 
cueils. Henri IV, roi de France , lui 
donna l'évêché de Béziers ; il fut 
ensuite cardinal , et mourut à Rome 
«Ji 1621. 

* BONTALENTI (Bernard ), eut 



BOjNT 

des Girandoles , parcequ'il en fut 
l'inventeur. Cet artisu» pratiqua pres- 
que tous les arts du dessin, et fut 
peintre d'histoire , de miniature , 
sculpteur et architecte dans le civil 
et dans le militaire. Il naquit à Flo- 
rence en i536. 11 n'éloit âgé que de 
douze ans , lorsque la rivière d Arno 
ayant renversé sa maison, toute sa 
famille demeura ensevelie sous les 
ruin. s : lui seul fut ()réservé de ce 
terrible accide,nL , par une voûle qui 
résista ; mais encore dans 1 enfance 
il se irouvoit sans aucune ressource. 
Le grand -duc Cosme de xMédicis 
lu; seivit d'appui et devint son pro- 
leilenr ; sous ses auspi'es il apprit 
la peinture de Salviali ^-l de Bron- 
zin , la scKipture de Michel-Auge et 
l'architecture de N a^ri : dans ce 
dernier art , il a éj^alé les plus grands 
maîtres. Les Joi lijicalions , les 
Jhntaines , les thédlres , les ma- 
chines , etc. qu il a fait construire, 
ne le cèdent à an; un autre dans leur 
genre. Son étoie étoit fréquentée 
des princes et de'< grands , qui le 
recherchoienl pour son talent. Il 
mourut à l âge de 70 ans, univer- 
sellement regretté. 

i BONTEKOE ( Corneille ) , Hol- 
landais, ué dans le 17^ siècle, mé- 
decin de l'électeur de Brandebourg , 
et professeur à Francfort-sur-l'Oder, 
mort à la Heur de son âge, laissa un 
Traité sur le thé , un autre sur 
l'année climatérique ; et un troi- 
sième sur les Jièures , traduit en 
français, Utrecht, 1682 , iii-8°. On 
traduisit également les deux autres 
eu iCgc) , 2 vol. in-12. Ses (Euvres 
furent puliliées à Amsterdam, en 
1689, in- 4". 

* BONTE!\IPI ( George-André- 
Angeliui ) , musicien de Péronse , 
qui a écrit sur son art, et qui est 
devenu maître de la chapelle de 
l'élecleur de Saxe. Il a fait en 166a 
lui Traité de musique, intiluié^û*'« 



BOÎnT 

quatuor l'ocilnis contponendl me- 
thociiis. !\Iais son principal ouvrage 
est VJIl&toire de la musique en 
Italie , imprimée à Pérouse ea 1 6g5 , 
in-i'ol. 

* I. BONTEMPS ( Pierre ), célèbre 
sculpteur parisien , ilorissoit eu 
i54o. Il est seulement connu par les 
mémoires de la chambre ries comp- 
tes, clans lesquels on lit : que Pierre 
Bouteraps , sculpteur imagier , bour- 
geois (le Paris , a fait les bas-reliefs 
du tonibeau du feu roi François 1*''^, 
ainsi que les figures et effigies en 
forme de prians dudit l'en roi , 
«elles de messieurs les feu dauphin 
et Charlotte de France ses enfans , 
placées au-dessus du mausolée. I es 
bas-reliefs de ce beau monument , 
dans lesquels onadmii^e le talent de 
Pieri'e Boutemps , représentent la 
bataille de CénsoUes, ainsi que les 
personnages qui se distinguèrent à 
celle fauieuse journée, comme le 
disent les mémoires de la chambre 
des comptes : a Pierre Boutemps 
représentera au slylobastre les his- 
toères de deffaite de la journée de 
Cérisolles , selon la lape de Thistoère 
des annales et chroniques de France ; 
ce slylobastre faisant le tour dudit 
tombeau , auquel pourtour seront 
faits , scidpiez eu taille et élevez 
lesdiles hisloeres en basse taille de 
i3 ponces de hauteur on environ , 
les remplir et garnir de chevalerie, 
gens de pied , artillerie , enseignes , 
estandards , trompettes , clérons , 
tambour s, hfres, munitions, camps , 
pavillon , bagages , villes, châteaux ; 
le tout suivaul la vérité historiale 
de ladite chronique , et pour ce faire, 
fournir et livrer par ledit Pierre 
Boutemps les modèles de terre de la 
proportion des personnages dpcrils 
et portraits. Ce marché fait moyen- 
nant le prix et somme de 1609 liv. 
tournois, qui lui sera payé par le 
présent trésorier. Fait et passé et 
HiuUiplé entre Pierre Boutemps cl 



BONT 125 

M. Philibert de Lorme, abbé d'îvry, 
conseiller ordinaire, arcliitccle du 
roi , commissaire ordonné exdéputé 
par ledit seigneur roi , sur le fait de 
i'efligie et tombeau du feu roi Fran- 
çois i"' que Dieu absolve ; à Paris le 
jeudi 6 octobre de l'an i552. Ainsi 
signé : Payen et Trouve. » Les 
t)as-reliefs de ce magnirique monu- 
ment, au nombre de 54 , sont autant 
de chefs -d'iBuvre , tant pour la 
composition , la précision des ex- 
pressions et la vérité des attitudes et 
des costumes, que pour leur belle 
exécution. Ou ignore l'époque de la 
naissance et celle de la mort de ce 
grand artiste , que l'on croit être 
l'élève de Paul Ponce , sculpteur , 
célèbre auteur du tombeau de Louis 
XII. On voit le beau mausolée de 
François r'"^ au Musée des Monuraens 
français. 

i- II. B0NTE:\IPS ( Madame) ,née 
à Paris en 1718 , morte dans la même 
ville en 1768, avoit reçu de la na- 
ture un esprit plelude grâces. Une 
excellente éducation eu développa 
le germe. Elle possédoit les langues 
étrangères , et connoissoit toutes les 
finesses de la sienne. C'est à elle que 
nous devons la traduction du poème 
anglais des Saiso/is , Paris, i7.'Î9 , 
réimprimé à Londres , eu 1788 , 
ui-12. Cette version est aussi exacte 
qu'élégante. 

* BONTEVILLE ( Marie-Anne- 
Ilippolyte Hay de ) , ancien évèque 
de Grenoble. Il traita fort mal le 
cardinal de Loménie , dans une ha- 
rangue qu'il prononça eu 1788 , de- 
vant les éiats provinciaux du Uail- 
phiné. Celui-ci le menaça de faire 
imprimer sa correspondance avec 
lui , l'évèque craignaiit alors pour 
lui-même, demanda que sou dis- 
cours ne fût point inséré au procès- 
verbal des étals; on le lui refusa, 
et cette circonstance a^ant achevé 
de mettre le trouble dans sou cer- 



126 



Borsu 



veau , il se retira à sa maison de cam- 
pagne, mil ordre à ses papiers, et 
se tua d'un coup de iusil. 

1 1. BONTIUS ( Gérard ) , profes- 
feur en médecine dans l'université 
de Leyde , sur la tin du 16*^ siècle, 
eloit nu homme d'une profonde éru- 
dition, et très-versé dans la langue 
grecque. U vit le jour à Ryswick, 
petit village dans le pays de Guel- 
dres , et mourut à Leyde en 1099 , 
âgé de 65 ans. Bontins est auteur 
d'une composition de pilules , qui de 
son nom sont appelées Pllulœ tar- 
tareœ Bontii. Les Hollandais nous 
en ont long-temps caché la recelte ; 
ils s'éloieul même l'ait une loi de ne 
pas la rendre publique , mais elle a 
été découverte. 

*n. BONTIUS ( Jacques ) , né à 
Leyde, quitta sa patrie pour voya- 
ger dans les Indes orientales et dans 
la Perse. Il s'arrêta à Batavia , où il 
exerça la médecine pendant quelques 
années avec beaucoup de succès, et 
travailla à la composition desdivers 
ouvrages que nous avons de lui. Ils 
se réduisent à ceux-ci -. I De Me- 
decinâ Indorum libri quatuor , 
Lugduni-Balavorum , iG/^a , in-i a ; 
Auistelodami, i658,in-i2; Parisiis, 
1646, iu-ii^javecle traité de Prosper 
Alpini, qui est intitulé De Jiîedi- 
cinu A'gjptiorum , Lugduni-Bata- 
vorum, 1718, m-l\° , en hollandais ; 
Amsterdam, 1694, iu-S". II. ///«- 
toria naluralis et medica Indice 
oiienlalis , Amstelodami , i658, 
in-f'ol. Guillaume Pison , à qui Bou- 
lins avait laissé en mourant son 
Traité des plantes du Brésil ^ qu'il 
n'avoit pu achever , a divisé cet 
ouvrage eu six livres , et eu a formé 
son recueil De utriusque Indiœ ré- 
bus. 

l-I. BONUS EVENTUS (Mylhol.), 
divinité romaine , dont le nom si- 
gnihoit Xheureux succès. Les Ro- 
mains l'avoienl représentée sous la 



BOON 

figure d'un jeune homme qui tient 
des pavots et des épis de blé d une 
main, et une coupe de 1 autre. Sa 
statue éloit placée à côlé de celle de 
la Bonne J ortune , dans le Capitole. 

*n. BONUS (Jacques), de Ra- 
guse, tlorissoit au commencement 
du iG*" siècle. Ucullivoit avec succès 
la poésie latine, et a laissé un poème 
en trois chants et en vers héroïques, 
dont le sujet est l'enlèvement de 
Cerbère par Hercule {de Raplie 
Ccrberi ). Il se trouve imprimé à la 
suite de l'abrégé des .Métamorphoses 
d'Ovide, par Barihelemi Holognini, 
Baie , i'i.58 , iu-8°. Nous avons en- 
core de lui un poème héroïque en 
seize livres, de vit a et gestis C /iristi, 
etc. , imprimé à Rome en lôaG , lu- 
fol. 

ïBOODT (Anselme Boeled de), 
né à Bruges , médecin de l'em- 
pereur 7îo</o/y)//e, mort vers i634, 
s'est fait nu nom par un traité peu 
commun , de gemmis et lapidibi/s, 
Leyde, 16^7, in 8° , traduit par J. 
Bachou , sous ce litre : he parj'ait 
joaillier., o\i Histoire des pierre- 
ries, composée en latin parBoodt, 
et de nouveau enrichi de belles an- 
notations et ligures , par André 
ToU, Lyon, 1644, in-8". André 
ToU lit encore réimprimer l'original 
avec des notes, à Leyde, i6^6 et 
i6_,7. 

tBOON ( Gertrnde ), célèbre 
danseuse de corde à Paris, aussi in- 
téressante par sa beauté que par ses 
lalens. Elle épousa Ger\ais, qui 
avoii fait une fortune immense au 
jeu. Celui-ci voulut quelque temps 
après faire dissoudre sou mariage, 
mais il fut validé par un arrêt de la 
graud'chambre du parlement de 
Paris. «On la surnomma la Belle 
Tourneuse , dit Bonnet dans son 
Histoire de la danse , parce qu'elle 
tournoit plus d'un quart d heure sur 
la corde , avecuuerapitilé si graude, 



BOOjS 

qu'on eu étoit ébloui. Pendant ce 
temps, elle supporloit , au coin de 
chaque œil, lu pointe de trois épées. 
Ensuite elle s'arrèloit lout court, 
et reliroit ces épées lune après laulre 
du coin de ses yeux , avec autant de 
tranquillité que si elle les eût tirées 
du l'ourreau. Néanmoins , quand elle 
me rendit la mienue, dont la garde 
étoit fort pesante , je remarquai que 
la pointe en étoit ensanglantée. » 
Gertrude Boon est morte au com- 
mencement du 18" siècle. 

i- BOONAERTS ( Olivier ) , ou 
BoNAERTiLS , Jésuite , né à Ypres 
en 1670, mort dans la même vUle 
en i655. Nous avons de lui en latin 
assez pur , 1. Ue Vlnslitutiun 
des lieures canoniques , Douaj , 
1625 et 16Ô4, in-8". II. Accord de 
la science et de la foi , La Haye , 
i665, in-4''. in. Commentaire sur 
l'Ecclésiastique , Anvers , 16,54 > 
iu-fol. IV. Commentaire surEst/ier, 
Cologne, 1647 , iu-fol. Ces livres 
sont estimés. 

* I. BOONEN ( Arnold )' naquit 
à Dort le 16 décembre 1699 ; après 
avoir lini ses éludes à i3ans, il se 
décida pour la peinture et eut pour 
maître Verbuis , peintre d'histoire 
et de portraits , qu'il quitta pour 
Godefroy Schalken , où il se perfec- 
tionna tellement qu'à 25 ans sa répu- 
tation étoit déjà fiiite. Il lit succes- 
sivement les portraits des plus grands 
princes de iWllemagne , entre au- 
tres des électeurs de Mayence et de 
Cologne , du landgrave de Hesse- 
Darmstadt, des princes d'Orange, de 
Zolms, de Bade , etc. , la plupart en 
pied. Eu 1710, le roi de Prusse 
se fit peindre ; c'est l'un des plus 
beaux portraits de Boonen ; il est 
gravé. En 1710, il peignit en pied 
le duc de IVIarlboroug, le czar Pierre- 
le-Grand , l'impératrice de Piussie , 
etc. En 1727 , il représenta dans un 
même cadre la princesse douairière 



BOOT 127 

d Hollande , avec son fils , le sta- 
thouder et la princesse sa fille ; ce 
tabl'.au fut envoyé au roi de Suéde. 
Il lit encore le portrait du célèbre 
Van Huysuni , qui le paya d'un de 
ses plus précieux tableaux de fleurs , 
surdiargé de ])ortraits. Boonen ne 
pouvoit s'occuper autant qu'il l'ai- 
luoit à ses charinans tableaux de 
chevalets, et ce travail trop assidu , 
en le comblant de gloire et de for- 
tune , avança ses jours. Il mourut 
n'ayant pas 3o ans , le 2 octobre 
17^9. Tous les portraits peints par 
cet artiste sont ressemblans ; il 
avoit le talent de les bien disposer ; 
sa couleur harmonieuse et vraie , sa 
belle entente du clair obscur , . sont 
dignes des éloges que les plus grands 
artistes lui ont donnés Ses petits 
tableaux de che\ alets sont des effets 
de lumière dans le goi^it de son maî- 
tre. 11 seroit impossible de citer tous 
ses ouvrages ; il y en a de très- 
beanx dans les salles de compagnies 
d'Amsterdam , daus la galerie Pa- 
latine : et le Musée Napoléon en 
possède un par suite des victoires 
sur la Prusse : ce petit chef-d'œuvre 
représente un philosophe lisant à 
la clarté d'un tlambean. 

* TI. BOONEN ( Gaspard ), né à 
Dordreclit en 1677 , frère du précé- 
dent, et son élève; il marcha sur 
ses traces et peignit le portrait avec 
beaucoup de mérite, quoiqu'il n'eu 
eût pas un aussi grand que son frère. 
11 eut le talent de les bien disposer 
et de faire ressembler , ce qui lui 
procura beaucoup d'ouvrages à Rot- 
terdam et dans sa ville natale, où 
il est mort en 1729. 

* I EOOT ( Gérard ) , d'une fa- 
mille noble , naquit à Gorcum en 
1(104. Il s'appliqua à la médecine, 
et obtint les honneurs dn doctorat. 
Quelque temps après il passa en An- 
gleterre , et pratiqua la médecine 
avec tant de succès à Londres qu'il 



128 



BOOT 



parvint à la place de medeciu de 
Charles l*''. Après la mort f'unesle 
de cet infortuné monarque , il se 
vendit eu Irlande eu 16 |9 , et mou- 
rut à Dublin en i65o. On a de lui 
tles Heures de récréation , en tla- 
mand , qui parurent en i65o, in- 
4° ; Pàilosophia naturalis rejbr- 
maia , Dublinii , i64i, in-4'^. 

t II. BOOT ( Arnould ) , frère 
puiné du précédent, naquit à Go r- 
cum vers l'an 1606. Apres avoir 
étudié et appris tout à la fois les 
langues latine , grecque , liébraïque , 
syriaque elclialdaïque, il s'appliqua 
ù la médecine , et se lit recevoir doc- 
teur en celte science. En i65o, il 
passa en Angleterre , et pratiqua 
quelque temps la médecine à Lon- 
dres. Il alla ensuite se fixer à Du- 
blin, où il séjourna jusqu'en iG/i")- 
Mais les troubles , les gutn^es et 
les pertes considérables qu'il avoi! 
essuyées , le dégoùlcrent tellement 
de l'Irlande qu'il prit la résolution 
de passer en France. Il se relira à 
Paris , où , plus occupé du travail 
du cabinet que de la pratique de 
la médecine , il publia quelques ou- 
vrages sur l'intégrité du texte hébreu 
du vieux Testament. Ce fut dans 
celte ville qu'il mourut eu iGSô. 
On a encore de cet auteur un 
Traité concernant la médecine ; il 
est intitulé Observationes me- 
dicœ de affectibus à veteribus 
omissis , Londini , 1649, in- 12 ; 
Hclmstadii , 1664, in -4°, avec 
une prél'ace de Henri IMeibomius , 
Francofurli et I.ipsiae , 1696 , in- 
8°, avec liistorianem et observa- 
tioniim medico-physkaruiii cen- 
turiœ quatuor , de Pierre Borel. 

* I. BOOTH (Henri ) , comte de 
Warington , né au comté de Ches- 
ter , dont il fut représentant dans 
plusieurs parlemens, sous le règne 
de Charles II. Il f>it zélé conire les 
papistes et contre le duc d'Yorck , 



BOOZ 

ce qui le rendit odieux à la cour. 
En 1684 il hérila du titre de lord 
D'ilamare , mais il fut mis à la 
tour où il fut détenu quelque t^'Uips. 
A l'avénemenl de Jacques II , il fut 
accusé du crime de haute trahi.son, 
mais il fut acquitté. Il prit parti 
dans la révolution ; et le roi Guil- 
laume le fit conseiller privé , et 
chancelier de l'échiquier. Il perdit 
ensuite la faveur de ce prince pour 
s'être opposé à quelques-unes de ses 
volontés. Cependant il fut encore 
créé duc de Warington , avec une 
pension. Il mourut eu 1694- On a 
de lui des Discours prononcés au 
parlement, un vol. iu-8°. Sou fils 
George , comte de Warington , 
qui mourut en 1758, a laissé un 
liailé intitulé Considérations sur 
l'institution du contrat de mariage, 
1709: il y examine les ca-s où le 
divorce peut êlre accordé ou re- 
fusé. 

*II. BOOTH (Barton), comé- 
dien anglais , né au Landcashire , 
et élève de l'école de Westminster , 
où il se distingua dès sa jeunesse 
par la supériorité de son jeu dans 
les pièces qu'on y représentoit à 
certaines occasions d'éclat. A 17 an» 
il fut reçu dans une troupe ambu- 
lante qui alloit jouer en Irlande, et 
il s'y lit une si grande réputation , 
que Betterton l'engagea pour le 
lliéàtre de Londres ; il y fut très- 
goùlé ; lorsque Caton fut représenté, 
il fut chargé du principal rôle , 
qu'il remplit d'une manière si par- 
faite , qu'à une représentation , des 
spectateurs firent dans les loges une 
souscription de 5o guinées pour 
lui êlre envoyée. Il fut ensuite 
directeur de ce même ihéàlre; mais 
il continua de jouer presque toute 
sa vie. Il mourut eu i735, âgé de 
5 2 ans. 

* BOOZ , fils de Salmon et de 
Raab, épousa Rulh vers l'an i2.'>4 



BORB 

fivnnt J. C. : il en eul Obed , aïeul 
de Uavid. Booz signifie force : ce 
Jiofn fuL donné à lune des colonnes 
de bronze que Salomou lit mettre 
au vestibule du leJiiple. Celle-ci 
ëtoit au coté gauche de l'entrée , et 
l'autre ,' appelée Jachin , éloit à 
droite. 

*BOPADEV'A, grammairien de 
rinde, est auteur du Mougdabàd/ta, 
grammaire samskrite , particulière 
à la province du Bengale , et qui y 
jouit d'une grande réputation. Elle 
est accompagnée d'un Commentaire 
par Ramanaua Alcharia, copié eu 
1694 du Snkàbda. ( 177:2 de J. Ch. ) 

* BOR ( Pierre ) , né à Utrecht en 
iSSg, mérite d'être distingué par- 
mi les historiens hollaudais. Quoi- 
que les états d'Hollande l'eussent gra- 
tifié en 16^2 d'une pension de Goo 
florins, il ne fut point historiogra- 
phe de la répuljlique, comme l'a dit 
Valère André. Il a écrit dans sa 
langue maternelle l'Origine , le 
cojumencement et les progrès des 
troubles des Pays-Bas , dont la 
meilleure édition est d'Amsterdam , 
1679, ^ ^'oi. in-foi. Il en avoit pu- 
blié les 5 premiers livres dès i.ogft. 
Histoire de Bois~le-Duc et de son 
siège, La Haye, i65o, iu-4''. Des 
1617 il avoit publié une Histoire 
rimée , ou plutôt chantante ( elle 
est toute en chansons) des guerres 
de la Belgique , in-zi". L'exactitude 
et l'impartialité caractérisent sur- 
tout cet écrivain recommaudable. 

* BOR A. F'oyez Boré. 

* BORBETZY (Nersès) naquit 
près de Bitlis en Arménie vers le 
milieu du 12* siècle, et s'appliqua 
avec ardeur aux études de la logi- 
que et de la théologie. Il entra dans 
im moiîastère ^filles vœux religieux, 
reçut tous les ordres, et devint bien- 
tôt évèque de Bitlis. Après 2.5 an- 
nées d'épiscopat U mourut l'an iSiy, 
et laissa les ouvrages suiyaus , qui 

T. m. 



BÔRC 



129 



sont cités dans les manuscrits ar- 
méniens de la bil;liolhèque impé- 
riale, n'^ 17. I. Une logique divisée 
en trois li\>res. L'auteur y suit avec 
discernement les systèmes de Pla- 
ton , d'Aristote, de Porphyre , de 
David le philosophe, et autres. II. 
L'Explication des cinq livres de 
Moïse , en abrégé. III. Un recueil 
d'une cinquantain-e de sermons , 
ou d'homélies sur différens sujets 
de la religion. 

* BORBONIUS. rojez Bour- 
bon. 

t BORCHOLTEN (Jean), juris- 
consulte allemand, mort à 67 ans, 
en 1094, professa le droit à Roslock 
et à Helmstadt. Ses Traités sont 
estimés , et sur-tout son Commen- 
taire sur les Institutes de Justinien. 

* I. BORCHT ( Henri Van der ) , 
de Bruxelles , peinti'e d'histoire, et 
graveur à l'eau -forte, apprit les 
élémeus de son art à 1 école de Gilles 
Van Valckenburg. On a de lui quel- 
ques tableaux assez estimés. Au 
nombre des sujets qu'il a gravés, est 
un Christ mort , soutenu par Jo- 
seph d'Jrimathie , d'après Ra- 
phaël, sur le dessin du Parmesan. 
Il étoit né en i583. 

* II. BORCHT (Pieter Van der) , 
graveur du 17" siècle, a imité la 
manière d Hiuis Bol dans un grand 
nombre de petits paysages de sa 
composition qu'il nous a laiiîés. 

;- BORCK ( Gaspard- Guillaume 
de), ué à Gersdorff en 1704, fut 
employé avec i^ucces par le roi 
de Prusse , en diverses négociations 
importantes, à Dresde, à Bruns- 
wick , en Angleterre et à Vienne. 
De retour à Berlin, il fut fait mi- 
nistre des affaires étrangères. Une 
parfaite connoissance des intérêts de 
toutes les puissances , et la facilité 
de trouver des ressources dans tous 
les cas, le dislifig^ierent, il fut l'un 
9 



i5o BORD 

des quatre premiers curateurs de 
l'académie de Berlin , et mourut 
daus celle ville en 174?- L'Alle- 
magne doit à ce ministre une Tra- 
duction de !a Fharsale de Lucain, 
et celle de quelques pièces du théâtre 
anglais. 

* BORCULOO ( Herman ), pro- 
bablement natif d'Utrecht, voyagea 
dans la terre sainte, et, de retour 
dans sa patrie , publia eu latin une 
Description et des dessins de la 
ville de Jérusalem , et de toute la 
Palestine^ i558. 

t BORDA ( Jean-Charles ) , né à 
Dax, département des Landes, le 
4 mai 1733 , d'abord ingénieur , 
paiis lieti tenant de vaisseau, se dis- 
tingua par ses découvertes en ma- 
thématiques. Elles lui méritèrent 
une place à l'académie des sciences, 
ensuite à l'institut. Eu 1771, il ht 
le voyage d'Amérique, avec Verdun 
et Pingre, pour déterminer la lon- 
gitude et la latitude de plusieurs 
côtes , iles et écueils , el vérilier 
l'utilité de divers inslrumens astro- 
nomiques. En 1774 il parcourut, 
pour le même objet, les Açores, les 
iles du cap Vert et la côte d'Afri- 
que. Il fit la guerre d'Amérique 
sous le comte d'Estaing , et lui fut 
utile par ses connoissauces mariti- 
mes. Les résultats qui en parurent 
étoient dus en partie à ses travaux. 
Quelque temps après, il fit un second 
voyage aux Açores , aux iles du 
cap Vert et à la côte d'i\frique , 
dont les observations n'ont pas été 
publiées. Borda fut le fondateur des 
écoles de construction navale ; il 
inventa un instrument d'un très- 
petit rayon, qui donne la mesure 
des angles avec la plus grande pré- 
cision , et dont on s'est servi pour 
celle de la méridienne ; il introdui- 
sit en astronomie les cercles multi- 
plicateurs imaginés parTobieî\Iayro, 
dont on n'avoit fait que peu d'usa- 
f;-; , et (jui peuvent être d'un si 



BORD 

grand secours dans la navigation. 
Ou lui doit de savantes /Jet/te/r/zes 
sur ta résistance des fluides ; une 
nouvelle méthode pour observer la 
longueur du pendule ; une autre 
pour jauger les vaisseaux auec des 
tables ; le nouveau système des 
poids et mesures , adopté par les 
élals-généraux de 1789. Descrip- 
tion et l'usage du cercle de ré- 
flexion. Son principal ouvrage im- 
primé est son Voyage par ordre du 
gouvernement , en 1771 et 1772 , 
eu diverses parties de l'Europe et 
de l' Amérique , 1778, 2 vol. in-4°, 
ainsi que las Tables trigonométri- 
ques décimales , publiées par M. J. 
B. Delambre , son confrère à l'ins- 
titut , Paris, an 9 (1801), in-4**. 
Ce savant brllioil dans la conver- 
sation, où ilavoit l'art de surpren- 
dre par ses saillies. On lui racou- 
toit un jour que le fameux Struenzé, 
avocat, avoit avoué dans son in- 
terrogatoire ses liaisons avec la 
r.;ine de Danemarck : « Un Français, 
dit Borda , l'auroit dit à tout le 
monde, et ue l'auroit avoué à per- 
sonne «. 11 est mort à Paris en 1799. 

* L BORDE , dit Perforatus 
( André ) , abandonna l'ordre des 
chartreux , pour aller étudier la 
médecine à Montpellier , où il fut 
reçu docteur en i542. 11 passa en- 
suite eu Angleterre; et, après s'être 
fait agréger à l'université d'Oxford , 
il s'établit à Londres , cl devint 
membre du collège de cette ville. 
Borde a donné le Bréi-iaire de 
santé et plusieurs ouvrages, en an- 
glais , sur la santé , le régime , les 
pronostics et les urines. Il fut d'ail- 
leurs bon poète; mais le mauvais 
usage qu il lit de ce talent l'exposa 
aux reclierclios de la justice . qui le 
condamna à la prison , dans laquelle 
il mourut, au mois d'avril i.'i49- 

t II. BORDE (Vivien la), prê- 
tre de Icraloire , né à Toulouse en 
iGiio, supérieur de la maison ds: 



BORD 

Saint -Magloire à Poris , nioiirut 
dans celle ville en imH. Il avoit ele 
envoyé ;i Rome avec l'abbé Cheva- 
li r , par le cardinal de Noailles , 
))onr les affaires de la conslilution. 
On a de lui plusieurs écrits forl 
estimés par les aalicouslitulion- 
naires : 1. Témoignage de la vé- 
rité dans L'Eglise, 1714^ in-i 2. 
L'auteur Hl , dit-on, en trois jours 
cet ouvrage, où il y a beaucoup 
d'imaginaiion , et qui fut critiqué 
par 1 abbé i.oua.l. Il le désavoua 
depuis, en adhérant à la constitu- 
lion. 11. Principes sur la disti/ic- 
tioii des deux puissances , lyôô, 
ia-12. III. Belraile de dix jours , 
ly.Sô , in-12. IV. Conférence sur la 
pénitence, in-12, petit format: 
cet ouvrage est dune morale exacte. 
V. Mémoires sur rassemblée pio- 
chai ne de lacongi'égatiun de l'ora- 
toire , 1 70.0 , in-4° , écrits avec no- 
blesse et avec vérité : la cougrégation 
y est pemle d'une inain amie , mais 
tidèle. 

t m. BORDE (Jean -Benjamin 
de la), né à Paris, eu 1754, au 
sein de l'opulence, y con,.racta le 
goût des plaiSirs et des Idéaux arts. 
Premier valei de chambre de Louis 
XV , il en devint le favori. A la 
mort du monarque , il obtint une 
place de fermier-général, et se dis- 
tmgua dès-lors par son assiduité à 
un travail mgrat , dont il ne se de- 
lassoit que par la musique et la cul- 
ture des lettres. Il devint un des 
compositeurs les plus renommés 
dans le genre de la chanson ; et son 
PLecueil d'airs , en 4 vol. in -8°, 
orné de gravures magnifiques, est 
recherché II fit la musique A' Adèle 
de Font/lieu , opéra de Saint-Marc, 
joué avec succès. Ayant lu dans la 
B\l)liographie de Debure qu'on u"a- 
voil tiré qu'à trente exemiilaires le 
Rec',!eil des peintures antiques de 
Rome, coloriées d'après les dessins 
de Barloli , il eu chercha avec soin les 



BORD 



i3i 



planches, les fit réparer, et publia 
la seconde édition de l'ouvrage. On 
a de lui , I. j^ssais sur la inusiquç 
ancienne et moderne , 17^0, 4 vol. 
in-^°. Cet ouvrage , enrichi d'es- 
tamj)es et de vignettes qui repré- 
sentent les lustruijieiis de diverses 
nations anciennes el modernes, au- 
roit pu devenir d'une grande utdité, 
s'il eut été entrepris pyr des mains 
plus habiles. Quelques parties y sont 
assez bien traitées ; mais le re.^le est 
inexact , i'aïUil , el plus prc.pi e à éga- 
rer qu'a instruire ; au total, c'est 
une mauvaise compilation qui ne 
peut être d'aucun secours à celui 
qui veut se procurer des rensei- 
guemeus certains sur l'hisloire de 
la musique. II. Essai sur l'hisloire 
chronologique de plus de quatre- 
vingts peuples de l' antiquité, 178S, 
iu-8°. m Mémoires historiques de 
Coucr , 2 vol. iu-S". IV. Pièces 
intéressantes pour seivir à l'àis-' 
toire dts règnes de Louis XIII et 
de Louis XIV, in- 12. V. Lettres 
!sur la Suisse , i -781 , 2 vol. in- 8". 
VI. abrégé chronologique des prin- 
c paux faits arrivés depuis Hénocà 
jusqu'à Jésus-Christ , J789, iu-S". 
VU. Recueil de vers dédiés à Adé- 
laïde par le plus heureux des 
épouX , in-16. L'auteur rendit ici 
hommage à l'union conjug-de, si 
décriée par d'autres poètes. On doit 
encore à La Borde une Traduction, 
du V^oyage de Henri Swinburne en' 
Espagne et dans les deux Siciles, en 
ô vol. in -8°; la belle édition des 
liomans historiques des i5^ et ifi* 
siècles , imprimée cliez Didot , eu 
11 vol. in-12: les Tableaux to- 
pographyques et pittoresques de la. 
Suisse, où les belles gravures de 
Dobert rappellent les sauvages beau- 
tés, les sites élonnans , les glaciers 
Uiaiestueux , el les traits historiques 
de celle contrée. Enfin , il publia, 
en 1792, l'Histoire abrégée de la 
mer du Sud , 5 vol. in-8°. On y 
îro.ive l'analyse de presque tous les 



152 BORD 

voyages qui ont été fails dans celle 
mer, depuis Goueville, qui échoua 
dans les terres auslralts, au i5* 
siècle , jusqu'au capitaine Riou , An- 
glais , qui a échoué dans les glaces 
méridionales eu 1789. L'auteur eu- 
gage l'orlpment les Espagnols daus 
cet ouvrage à élargir le trajet de 
Nicaragua , qui n'est que de trois 
lieues, pour le rendre navigable, et 
en faire un point de coiiununica- 
tion entre la mer du Nord et celle 
du Sud. Cette voie til)régeroii de 
plus de six mois les voyages d'Eu- 
rope à la Ciiine, duninueroit les 
frais d'armement , ménageroit les 
vaisseaux , et les hommes qui pé- 
rissent par les maladies et la fa- 
tigue des longs trajets. Cet ouvrage 
est enrichi de caries exactes. Pendant 
la convention , La Borde s'étoit ré- 
fugié à Rouen , où il espéroit vivre 
inconnu; mais les satellites de la 
tyrannie l'y découvrireut, et le fi- 
rent conduire à Pans. Il périt sur 
l'échafaud le 22 juillet 1794- — Ma- 
dame La Borde , son épouse , est 
auteur de plusieurs Poèmes imités 
de l'anglais, Didot, 1785, in-18. 

BORDEAUX ( N. ) , «n tendant 
des fuiances , mort en 16G0, Ht 
hanqueroule trois fois , selon Gui 
Patin. Il se croyoit cependant un 
grand administrateur. Les Mémoi- 
res publits sous sonnomparGi'atien 
deCourlils, en 4 vol. in-i2, sont 
un assez mauvais livre. 

t BORDELON (Laurent ) , né à 
Bourges en iG.'Jô, mourut à Paris 
en 1700 chez le président de Lu- 
bert,dontil avoit été précepteur. 
Docteur en théologie de la fa- 
culté de Bourges, il n'en travailla 
pas moins pour le théâtre de Paris. 
On a de lui plusieurs pièces enliere- 
jnent -oubliées : Misugine , ou la 
Comédie sans femme; scène du 
l'iàm et du Coràm ; M. de Monl- 
en-tioiisse , etc., etc. , etc. Le théâ- 
tre convenant peu à son élat , il se 



BORD 

jeta daus la morale, et 11 écrivit que 
des choses bizarres , et du style le 
plus plat. De tous ses ouvrages^ ou 
ne connoit plus ni son Mitai , ni son 
Voyage forcé de Becafort Jiypo- 
condriaque ; ni son Gongam , ou 
l'Homme prodigieux transporté en 
l'air, sur la terre et sur les eaux ; 
ni son Tite tutefnosy ; ni le Supplé- 
ment de Tasse -Roussi-I riou- Titaue, 
etc. Il ne reste que son Histoire des 
imaginations extrai'agantes de M. 
OulHe, servant de préservatif con- 
tre la lecture des Hures qui traitent 
de la magie , des démoniaques , des 
sorciers , elc. On la réimprimée eu 
1754- Cet Outtle est un homme à 
qui la lecture des démonographes 
a fait perdre la tète. Bordelon ne 
raconte pas ses extravagances avec 
le même espril que Cervantes a mis 
dans le récit de celles de Don Qui- 
chotte ; son style est d'une assom- 
mante prolixité. Borùéion disoit 
«qu'il écrivoil pour son plaisir»; 
mais il ne travaiiloit guère pour 
celui de ses lecteurs. Ayant dit un 
jour «que ses ouvrages éloient ses 
péchés mortels » ; — un plaisant lui 
répliqua « que le public en laisoit 
pénitence....» Cependant leurs titres 
singuliers les faisoieut acheter, et 
même avec assez dempresseinent. 
Ses Dialogues des vivans , Paris , 
17 17, in-12, sont recherchés par 
quelques curieux , tout insipides 
qu'ils sont, parce qu'ils furent sup- 
primés daus le temps , sur les plain- 
tes de quelques personnes qu'on y 
faisoit parler. Il y donne le catalo- 
gue des ouvrages qu'il avoit faits 
jusqu'à cette époque. 

t BORDENAVE ( Toussaint ) , 
professeur et directeur de l'académie 
royale de chiriugie , associé %été- 
rau de l'académie des sciences , mem- 
bre de celle de Florence , Lomlres , 
Berlin, etc., naquit à Paris le 10 
avril 1728, et y mournt en 1782. 
Sou père j chirurgien à Paris, le 



BORD 

deslhia à sa profession. Borclenave 
tu les campagnes de Flancfre en 17.(6 ; 
à sou retour, il entra en licence, el 
fut reçu mailre eu chirurgie. Ses 
Elèniens de physiologie , 2 vol. 
iii-i 2 , sont estimables. II. Remar- 
<]ues sur l'insensibilité de quelques 
pariies, m-12 , l'j^f. IH. Disser- 
tation sur les antiseptiques , in- 
8°, Dijon et Paris , 1769. IV. Mé- 
moire sur les dangers des causti- 
ques pour la cure radicale des 
hernies, in-12, 1774. Son admis- 
sion à l'académie des sciences fut 
fiiite par ordre supérieur. C'est Je 
premier chirurgien qui soit par- 
venu , à Paris , à la place d'échevin. 
Bordenave a publié encore quelques 
ouvrages et plusieurs dissertations. 

t I. BORDES ( Louis ) , né à Lyon 
en 1700, mort en 1747. Fils d'un 
trésorier de France, il préféra la 
carrière des arts à celle des huances, 
et obtint de grands succès dans la 
mécanique. Il a perfectionné le cabes- 
tan. On lui doit d'ingénieux supports 
pour les grandes lunettes astronomi- 
ques ; un diviseur mécanique, utile 
dans l'horlogerie, et propre à diviser 
tous Ibs instrumens de mathémati- 
ques ; une machine pour le perfec- 
tionnement des verres et miroirs ; 
l'exécution des moulins à hélice ou 
à queue sur le Rhône , qui prévien- 
nent les dangers de la navigation. 
Il a fait diverses observations inté- 
ressantes sur l'inclinaison de l'ai- 
guille aimantée. Membre de l'aca- 
démie de Lyon , il mourut avec 
la réputation bien méritée d'un cé- 
lèbre mécanicien. Des modèles de 
ses machines ont été donnés à la 
société royale des beaux -arts de 
Lyon. II avoit épousé dans cette 
ville Marie Sabot , femme instruite , 
qui l'aidoit dans ses travaux, et qui 
légua à l'académie une somme de 
deux mille livres. 

■; II. BORDES ( Cliarles ) , fils du 



BORD 



i33 



précédent, né à Lyon en 17Ô1, de 
l'académie de cette ville, sa pa- 
trie, mort en 1781 , étoil poëta et 
philosophe , il a bien écrit en vers et 
en prose. Il réfuta dans deux dis- 
cours , justement applaudis, celui 
que Jean- Jacques Rousseau avoit pu- 
blié contre les sciences. Nous avons 
encore de lui de petites Epîtres en 
vers , dont le ton étoit si agréable , 
qu'on en attribua quelques-unes à 
Voltaire. Mais ces bagatelles légères 
sont inférieures à une belle Ode sur 
la guerre , imprimée da*is presque 
tous les recueils de poésie. Il a paru 
un recueil de ses (Euvres en 4 vol. 
in-8° , Lyon, 1780. Ou y trouve, I. 
Une tragédie intitulée Blanche de 
Bourbon , pièce sans intérêt ; c'est 
le même sujet que Pierre-le-Cruel, 
trai té par du Belloy. II. DesComéflies 
et des Proverbes qui offrent quel- 
ques détails ingénieux, .mais point 
assez de force comicjue. III. La tra- 
duction d'un morceau d'.zi'/^a/o// sur 
l'opéra , rempli d'observations judi- 
cieuses. On en a banni le Cathé- 
cumène , Lyon, 1768, réimprimé 
la même année à Londres , in-i2 , 
sous le titre de Voyageur cathécu- 
jnène , et ensuite , en 179.^ , sous ce- 
lui du Secret de l'Eglise trahi. 
Cette dernière édition est suivie du 
Songe de Platon , par le même au- 
teur. Cet opuscule lit beaucoup de 
bruit lorsqu'il parut. On en a encore 
banni le poème de Parapilla , Flo- 
rence ( Lyon ) , 1 784 , in - 1 8 : écrit 
licencieux, que l'auteur fit paroître 
sous le voile de l'anonyme. Ce qui 
fait le principal mérite de celte col- 
leclii'vn, ce sont les pièces fugitives. 
La fable de Chloé et le papillon , 
imitée d'Homère, est très-connue; 
le Voyage en Italie offre de beaux 
vers ; quelques épigrammes ont du 
sel. Eu général , l'éditeur de ces œu- 
vres auroit dû en retrancher au 
moins la moitié. On peut lui appli- 
quer le juste reproche que Rabelais 
adressoit à presque tous les éditetirs 



i34 BORD 

d'œiivres posUninus : a Ce soitt , dî- 
soit-il , les fossoyeurs de la iitiéra- 
tiue , qui , eu déterranl les ouvrages 
des ailleurs morts , enterrent leur 
réputation. » Bordes imiiotl assez 
bien le style de Voltaire. Il étojt lié 
d'amitié nu e7i correspondance avec 
tous les littérateurs célèbres du 16' 
siècle. Dans .ses poésies li.-gtres , on 
trouve quelquefois des tableair^ Ins- 
tructifs, tels que celui de l'âge de 
nos pères dans le Retour île Paris. 

Oncroyoit anT vérins , Anx lois , \ la pnirie, 
A l'amilié i|iii sen)« emliellit noire vie. 
Et l'on a'ccrivoit pai» sans rai ^mi , sans propos 
Pour faire un peu de bruit^ pour subjuguer les 

On n? parcouroit point chaqne art, cliaquo 
srii-nce ^ 

Pouif eli 'avoirles niofs et jouer l'imporlnncc. 

Nçs ancêtre^ n^toH^ut ni i.avans , ni subtils ; 

i^'esprit Iporûé , mais sain : peul-élre igno- 
roicul-ils 

Ce mot ti'hutiuiitït^. Jonl I*aLus nons impose; 

On .'îc p.Tssiill (lu'Ieime , ell'onavoit I.i ch.ise ; 

Les sottises puiir evcx avoient bien moins d'ap- 
pas. 

Et si i'oii tii falsoit, on n'en iiuprimoit pas. 

* I. BORDEU ( Antoine de ) , né 
en i6g5, au vilKigc de la \^dlée 
d'Ossan , dans le hJearii, étudia la 
luédecirie à Montpellier , où il fut 
reçu d< cteur en 1719. 11 étoit mé- 
decin du roi à Barrege, et distingué 
dans son an. Fiordeu a publié une 
dissertation sur la Coniioissance et 
l'qffîcacné des caff.r nilnèraks c/u 
Béarn , qui fut imprimée à Pans en 
1750, in-12. 

t II. BOB.ryEU (Théophile de ), 
fils du prérédent. n.quii. en 1722, 
à ïselle, daii« la v..llc'e d'Oosan m 
Viiaxn. T.c- \\h fu ; d ignc d u ptre. A l'à.^c 
de 20 ans, pour parvenir au gradt-ilo 
Itacheiier dans l'uuiversiié de Mout- 
peliier, oi\ il étndioii alors , il sou- 
tint une thèse dcSen&ii ^xnenrècu/i- 
sidsralo , qui reiifcrme ie germe de 
tous les Oii VI âges qu"d [liliîi'a depuis. 
Des connoissanccs si préLOccs d^ter- 
miucrcul ses professeurs a le dispeu- 



BORD 



ser de plusi^irs actes par lesquels oM 
parvient à la licence. Après avoir 
passé qiî'Jque temps à Pau , il re- 
totirua en i'ji\^ à LMontpeUier , oti 
il prote.ssa. L annét/d'a|)res , le jeune 
médecui se rendit à Paris, où il s'ac-' 
qiullaph.sgrande réputation. Ayant 
pris ses licences dans cette ville en 
1755, il fui nommé inédeiin de 
l'hôpital de la Charité. On le trouva 
mort d:uio son lit le 2.'i novembre 
1776. Un de ses confrères , qui ne 
l'aimoit point , et qui avoit travaillé 
à le perdre en lui suscitant un pro- 
cès déshonorant dit : « Je n'atirois 
pas cru qu'il ffit mort horizoulale- 
ment. » Uns femme qui admiroitses 
talens dit «que la mort le craignoit 
au point de n'avoir osé l'attaquer 
que pendant son sommeil. » La fa- 
cilité avec laquelle il exerçoit sa pro- 
fession , son éloignement pour les 
remèdes, et sa conliame dans la na- 
ture , lui ont quelquelois attiré le 
reproche de ne pas croire beaucoup 
à la médecine : mais ses doutes 
éioient d'autant moins blâmables , 
qu'il s'occupa sans cesse à rendre les 
ressources de son art pins certaines. 
Il ne dispiitoil plus du tout sur la fin 
de sa vie, parce qu'apparemment il 
avoit beaiuoup et inutilement dis- 
pu;é dans sa jeunesse. Personne ne 
savoil douter comme lui et pronon- 
cer ce mot que l'ignorance ne pro- 
nonce jamciis,ye //esa/s. lia voit peu 
de confiance en son propre savoir , 
f t croyoit atissi difficilement à celui 
des autres. En voyant ce grand nom- 
bre de cours dans tous les genres , 
qu'on propose tous les jours, il avoit 
coalumede dire : «Ne fera-t-ou ja- 
mais de cours de bon sens ?» Comme 
il s'exptiquoil quelquefois trop dure.- 
meiit sur le rnériie des autres, quel- 
ques-uns de ses confrères lui dispu- 
tèrent le sien. On ne peut cependant 
le révoquer en doute , lorsqu'on a lu 
■^es ouvrages. Les principaux sont, 
I. Lettres sur les eaux minérales 
(le Béarn i 1746 et 1748, in-ia. IL 



BORD 

Recherches analojfilques sur la po- 
sition des glandes , i73i , in- 12. 
III. Dissertation sur les eaux de 
J^arrcge , par rapport aux ccrouel- 
ies, 1767,111-12. IV. Dissertation 
sur les crises ,i755,iu-i2. V. Re- 
c/ierc/ies sur le pouls, par rapport 
aux crises , 1 7 7 2 , 4 vol. in - 1 2 . Cet 
ouvrage , qui montre beaucoup de 
«agacité , a été traduit en anglais. 
L'auteur détermine les différentes es- 
pèces de pouls critiques, leurs ca- 
ractères distiuctifs et les modifica- 
tions qu'ils éprouvent par l'organe 
qui doit produire la crise. VI. Re- 
cherches sur qutlques points de 
P/tisloire de la médecine, 1764, 
2 vol. in-12. VIL Recherches sur le 
tissu muqueux ou l'organe cel- 
lulaire , et sur .quelques maladies 
de poitrine , 176b, in- 12. Vill. 
Traité des maladies chroniques , 5 
vol. in-8°, 1776. IX. Chilijicatiunis 
historia, 17.51 , lu- 1 2. Eu gi'uéral , 
Bordeu est toujours modeste dans sa 
doctrine, intéressant par le fond des 
choses, et agréable par la iaciUlé de 
son style. ( Voyez son Eloge par 
Gardane , docteur en nv'decine de 
Paris , 1777 , in-S", et par Roussel, 
1778.) 

* III. BORDEU ( Franc, dt) , frère 
du précédent , ué a Pau , en 1757 , et 
reçu docteur en médecine à Mont- 
pellier , fut nommé inspecteur des 
eaux, de la province du 13éarn et de 
Bigorre , et médecin de l'hôpital mi- 
litaire de Barrège. On a de lui un 
Précis d'obsen-'âiions sur les eaux 
de Barrège et autres du Bigorre 
et du Béarn , ou Ext/ait de divers 
ouvrages périodiques au sujet de ces 
efli/.T , Paris , i76o,in-i2. 

* IV. BORDEU (Menan-Franç.), 
frère du précédent, médecin à Pau 
en 17 54. On a de lui de Sensibilitate 
et con tractabilitate partium in cor- 

jJGic sano thèses , Montpellier , 
1/57, iu-4°. Précis d'obsercaiions 



BORD 



i3.> 



su/' les eaux miné/aies de Bar- 
rège , 1760 , in-12. 

1 1. BORDIER (N.), s'est fait con- 
iioitre par ses talens sur Je théâtre 
des variétés amusantes à Pans, et 
sur-tout par sa fin tragique. De 
l'abandon, un naturel agréa1)iè et 
plein de gaieté, distinguoient son 
jeu. Enthousiaste des principes de 
la révolution, qui appeloit les co- 
médiens à partager les droits civils 
des autres citoyens, il s'en fit l'a- 
pôtre , etvouhu les propager. Venu 
à Pvouen, chargé d'une missiou j)oiif 
des subsistances, mais accusé d'avoir 
voulu y fomenter une insurrection, 
le parlement de cetle ville le fit ar- 
rêter, juger et pendre dans les vingt- 
quatre heures , au mois d'août 1789. 
Bordier conserva sou caractère jus- 
qu'au dernier instant , et moula eu 
plaisantant sur l'échelle. Peu de 
jours avant sa mort, il jouoit un 
rôle dans lequel se irouvoil ce lu- 
gubie proncstic. «Vous verrez que 
je serai pendu pour arranger cetle 
affaire - li. » La société des ]aco])ins 
de Paris l'accusa de dévouement pour 
le duc d'Orléans, La mémoire de 
Bordier a été rt-habililée à Rouen , 
dans une fête puijJique, eu 1790. 

IL BORDIER. Foj:ez Petitot. 

* BORDKG (Jacques) aiaquit à 
Anvers le 11 juillet l'ni. Après 
avoir appris les langues grecque , 
latine et hébra'ique , il s'appliqua a 
la médecine, et se ht recevoir doc- 
teur en celte science à Bologne 
en 1.540. Après avoir professé et 
pratiqué celle science avec distinc- 
tion dans plusieurs villes, il passa 
à Copenhague, où il mourut le 5 
septembre lôGo. On a de lui les 
ouvrages suivans , qui n'ont paru 
que long - temps après sa mort. 
I. Phjsiologia , hygiena ,patholo~ 
gia , pro ut has medicinœ portes 
in academiâ Rostocàiensi et Haf- 



i36 



BORD 



niensi publiée enarravit , Roslochii , 
iSgi , in-8°. II. Knarrationes in 
sex libros Gale/ù de tuendd vale- 
tudine. Accesseie auctoris coasHia 
quceda/n illustrissimis principibus 
prœscripla , ibid. , i&gô, ia-4''. 

BORDINGIUS ( Audré ) , fameux 
poëte danois. Ses Poésies ont été 
imprimées à Copenliague en i73iS ; 
et elles sont d'aulaut plus estimées 
en Dauemarck, que les versiîicaleurs 
y sont fort rares. 

i I. BORDONE ( Paris ) , peintre , 
lié à Trévise en Italie , d'une fa- 
mille noble , disciple du Titien , 
•vint en Franceeu i5o8. 11 y peignit 
François V^ et plusieurs dames de 
sa cour. Les récompenses furent 
proportionnées à ses lalens. Il se 
relira à Venise , où ses richesses 
et son goût pour tous les beaux arts 
lui procurèrent la vie la plus agréa- 
ble. Il y avoit dans la galerie du 
Palais-Royal une Sainte-T'amiUe 
de Bordone. Ce tableau est au 1\Ili- 
sée Napoléon , avec un autre de ce 
peintre. Son tableau le plus estimé 
est celui de Y Aventure du pecheut\ 
<]u'il peignit pour ses confrères de 
l'école de Saint-jMarc. On voit de lui 
dans la galerie de Dresde une Sainte- 
Famille !i\eç, Saint-Jérome , et le 
Jugement de Marsjas ; six tableaux 
dans celle de Vienne , dont Vénus 
et Adonis , et deux Allégories très 
ingénieuses. 

* II. BORDONE ( Benoit ) , né à 
Padoue, vécut'dans le 16^ siècle. C'é- 
toit un bon peintre en miniature , 
qui exerça son art à Padoue, et 
ensuite à Venise ; il professa aussi 
la littérature. Il publia quelques 
Dialogues de Lucien en 149^ , et 
Visolario en i.'')2fi. Fonlauini a 
prétendu que Bordone étoit pare de 
Jules César, et grand-père de Joseph 
Scaliger ; mais il s'est trompé , car 
le véritable père des deux Scaliger 



BORE 

étoit né à Ferrare. On en peut voir 
la preuve dans les notes de Zéuo sur 
la bibliollieque de Fontanini , et 
dans la f^eronade MaB'ei. 

* BORDONI ( Joseph - Antoi- 
ne ), né à Turin le 22 février 
1682, entra dans l'ordre des jésuite» 
en 1696. Après ses deux années 
de noviciat il alla professer le» 
belles-lettres à Gênes et à Turin , 
et se distingua par desavans Trai- 
tes , de la splitre , de géographie, de 
v/ironolugie et. d' histoire. Eu 1 708 , 
il fut choisi pour diriger les études 
du marquis de Suze, et ileuieur* 
près de lui jusqu'en 1712. Il pasja 
ensuite en Angleterre , à la suite 
de l'ambassadeur de Savoie , en qua- 
lité de son aumônier. Enfin il fut 
nommé professeur de théologie à 
Turin , où il demeura jusqu'en 1719, 
qu'il fut employé à fonder, dans 
l'église des jésuites, la compagnie 
délia huona morte , et y demeura 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1742. 
Se% Discours sur cet olijet, en 5 
vol. in- 4" , sont ses œuvres les plus 
estimées , et donnent de grandes 
idées de sa piété. On a aussi de lui 
■quelques Poésies profanes et sa- 
crées. 

t BORE ( Catherine de ) , fille 
d'un simple gentilhomme, étoit 
religieuse du couvent de Nimptschen 
en Allemagne, à deux lieues de 
Wittemberg , lorsqu'elle quitta le 
voile, avec huit autres, pendant 
les troubles suscités dans l'Eglise 
par Luther. On prétend que ce fut 
Léonard Cope , sénateur de Torgaw, 
qui les porta à prendre celle réso- 
lution. Elles exécutèrent ce projet 
un jour de vendredi -saint. Lutlier 
prit la défense de ces religieuses et 
de Léonard Cope, et publia une 
apologie pour justifier leur démar- 
che. Catherine Bore, retirée à Wit- 
temberg , y vécut, dit-on, assez 
librement avec des étiidians de l'u- 



BORE 

niversilé de celle ville. Lulher , 
passioimëment amoureux de cette 
religieuse , l'épousa deux ans après , 
eu ib-26. Le bruit courut r[ue Ca- 
therine avoil accouché peu de temps 
après ses noces. Erasnif ajouta foi à 
celle calomnie , et en plaisanta dans 
ses lettres; mais par la suite il en 
reconnut la fausseté. Elle joignoit 
aux agrémens de la jeunesse le pi- 
quant de la coquetterie. Le réforma- 
teur, beaucoup plus vieux qu'elle, 
en fut aimé comme s'il eût été dans 
son printemps. Il eu eut bienlôt un 
lils , et il écrivit « qu'il ne change- 
roit pas sou sort contre celui de 
Crésus. » Elle mouruten i552 , âgée 
d'environ 53 ans. Frédéric I\Ieyer a 
donné sa vie, en uu vol. iu-S". 

BORE (Mylhol. ), le père des 
dieux chez les Celtes. Les prêtres de 
celle nation prétendoient eu des- 
cendre, et lui rendoient de grands 
honneurs. 

L BORÉE ( Mytbol. ) , fils d'As- 
irée et d'Eribée^ l'un des quatre prin- 
cipaux veuls , enleva Orylhie, fille 
d'Erecthé. Il eu eut deux fils , Ca- 
lais et Zéthès. S'étant transformé en 
cheval , il procura à Dardanus, par 
cette métamorphose, douze poulains 
d'une telle légèreté , qu'ils couroient 
sur les épis sans les rompre , et sur 
la surface de la mer sans enfoncer. 
Les poètes le peignent en enfant ailé, 
avec des brodequins , et le visage 
couvert d'un manteau. C'étoit le 
vent du septentrion. Voyez Pit- 
Tis et PhinÉe. — Lorsque Xerxès 
traversa l'Hellespont pour venir 
conquérir la Grèce, les Athéniens 
invoquèrent Borée , qui dispersa 
la Hotte des Perses. En recouuois- 
sance , on lui éleva \\n temple sur les 
bords de l'ilyssus. Denys le tyran 
lui offrit aussi des sacrifices , et as- 
signa des revenus à son culte. Sper- 
lingius a publié un Traité sur ce 
dieu , où il a décrit ses bienfaits et 
les honneurs qu'on lui a rendus. 



BORE i37 

II. BORÈÈ ( N. ) , auteur dra- 
matique du 17^ siècle, a donné au 
théâtre diverses tragédies, Rhodes 
subjuguée , T/iurnlre , Jchille , etc. 
Elles ont été recueillies en un vo- 
lume in-8" , Lyon , 1627. 

* BOREKENS ^lalthieu ) , gra- 
veur au burin , a fait quelques mor- 
ceaux , d après Rubens et autres 
maîtres, mais sur-tout beaucoup 
de copies pour des marchands d'es- 
tampes d'Anvers, où il résidoil. 

[- I. BOREL ( Pierre ) , né à Cas- 
tres en i6i20 , médecin ordinaire du 
roi , associé de l'académie des scien- 
ces pour la chimie , mourut en 1 6S9, 
à 69 ans. Ou a de lui , I. Z>e vcro 
telescopii inventore , La Haye , 
i65i, in-4''. W. Les antiquités de 
Castres , imprimées dans celte ville 
eu 1649, iii-8°. Ce livre est très- 
rare. III. Trésor des recheixkes et 
des antiquités gauloises , Paris , 
i655 , in-4''. Ce répertoire des vieux 
mots et des vieilles phrases de la 
langue française étoit estiméet con- 
sulté lorsqu'on n'avoit rieii de meil- 
leur. On le trouve à la fin de la 
dernière édition du Dictionnaire éty- 
mologique de Ménage. Ou peut voir 
dans ce Trésor des antiquités qu'il 
prometloituu bien plus grand uom- 
hxQ d'autres ouvrages , dont plu- 
sieurs infiniment utiles et curieux. 
Il est peut-être à regretter que lu 
mauvaise fortune de Borel l'ait em- 
pêché de publier ces écrits. IV. His- 
toriarum et ohscrvationum medi- 
co-physicaivm centuriœ quinquœ , 
Paris, 1676, in-8''. V.Bibliot/ieca 
c/iimica, Paris , i6.')4, in - 12. — 
Voyez BoRREL. 

* II. BOREL , commandant de la 
garde nationale deMeiide, dévoué 
aux intérêts de la maison de Bour- 
bon. Il prit pari aux troubles dit 
département de la Lozère , à la 
fomeu talion du camp de Jalès, et fui 



1S> 



noRG 



d'krété H'accusalioii le 28 mars 
I7q3. Il parvint d'abord à s'y soiis- 
irairo ; mais ayant été arrêté , il fut 
•Iraduil devant le tribunal crimi- 
nel de .«on département , qui le 
roiidamna à mort le 17 avril 1791, 
comme séditieux. Son. jugement 
porte qu'il avoit été abbé. Deux 
individus du même nom et du même 
pays ayant été impliqués en 1801 
dans la découverte d'une agence de 
partisans de la maison de Bourl)on , 
à Lyon, et accusés de coirespon- 
daiîce pour cet objet avec M. de 
Précy , l'ur 'lit arrêtés , et ensuite 
transférés à file d'Elbe , où ils sont 
morts. 

t BORELLI ( Jean-Alfonse ) , 
Napolitain, né en 160S, professeur 
de pbiiosophie et de mathéma'.iques 
à Florence et à Pise , mort à Rome 
en 1679, à 71 ans, est avanla- 
geusemenl connu. Nous avons de 
lui un bon^ Trailé de motii ani- 
jnaliinn, à Rome, 1680 et 1681, 
2 vol. iu-4° ; et nu autre : de vi 
percussJonis , Leyde , 17^6, in- 
/|° , où l'on trouve des observations 
curieuses et des vues neuves. U fut 
peut-être le premier qui tenta de 
réduire aune démonstration exacte 
les tliéorèmes de la pliysiologie , sur 
la-|uelle est fondée la médecine. 
Quoique honoré des bienfaits de la 
reine Christine , qui l'avoit appeb' 
à Rome , il mourut assnz pauvre. 
C'est à lui qu'on est redevable des 
quatre derniers livres des Sections 
coniques d'Apollonius de Perge , 
qu'il trouva en iGoS dans la biblio- 
thèque de Jlédicis , et qu'il traduisit 
et conimenla. (/-^ofe;: ÈccilELENSls 
et Malpigiii. ) 

* BORGARUCCl ( Prosper ) , mé- 
decin italien, vivoit dans le jG"^ 
siècle. Il publia quelques ouvrages , 
dont le premier est un Traité dana- 
tomie qu'il ht paroi tre à Venise en 
1 oG/j , in-b''. , sous ce litre : 1. Délia 



BORG 

conteiiiplazione anatonilca snp?-a 
tutte le parte del corpo umami. II 
le traduisit ensuite en latin, et y 
ajouta en même temps les observa- 
tiens qu'il avoit recueillies pendant 
qu'il euseignoil publiquement l'ana- 
lomieà Padoue. W.Tratlato di peste, 
Venise, iô65 , in-S". lll. De tnorbo 
gallico methodvs. Il écrivit cet ou- 
vrage à Padoue en i566 , et il y re- 
garde la vérole comme une malarlie 
nouvelle, pour laquelle il conseille 
l'usage des frictions. Ce médecin ht 
un voyage en France en ir)67, et 
vint à Paris, où il trouva le ma- 
nuscrit de la grande chirurgie de 
Vésale , dont il avoit été disciple. Il 
l'acheta et le ht imprimer à Venise 
en i56g , in-S". 

* I. RORGESIUS ou BorpoEois 
(Jean) , né le i5 juin i(3i8 , dans 
un village à trois lieues de Gro- 
ningue , apprit , sous la direction 
de son père , les langues latine et 
grecque , et ht de grands progrès 
dans l'éloquence et la poésie; il «ap- 
pliqua ensuite à la philosophie , à 
la médecine, aux mathématiques et 
sur-tout à l'astronomie , dans l'uni- 
versité de Groningue ; il fut reçu 
docteur en médecine à Angers eu 
1645. De retour à Groningue, il y 
'professa les mathématiques et y pra- 
tiqua la médecine jusqu'à sa mort 
arrivée le 21 novembre 1602. On n'a 
de lui qu'une Thèse J)e catarrho , 
et une Oraison Ue Meicuiio. 

* II. BORGESIUS ou Bourgeois 

( Jean) , né le 8 novembre 1.^6:2 , 
à Houpelines , village de la Flandre, 
sur la Lys , s'appliqua à la médecine , 
science qu'il pratiijua à Ypres où il 
éloit encore eu 1618. Il fit une étude 
sérieuse de l'astrologie , et donna 
tète baissée dans toutes les rêveries 
d'un art qui est le patrimoine des, 
imposteurs, et un piège pour le» 
oens crédule.^. Les écrits de ce mé- 
decin se réduisent à ceux-ci. P/œ- 



BORG 

cepla et senfenllœ iiis;gniores de 
imperandi ratione , ex operibus 
J ranci se i G i/i ce lard lui collecta , 
Anlverpiae, 1087, in-12. lia traduit 
du français eu laliu , avec des notes , 
le livit des Erreurs populaires sur 
la médecine , composé par Laurent 
Joiiberl, premier médecin de Hen- 
ri m, roi de France, et le fit im- 
primer à Anvers eu 1600, iu-12. 
Il a aussi mis en latin un ouvrage 
que Frédéric Janiot , docteur en mé- 
decine , avoil traduit du grec en 
français. Sa version est intitulée JJe- 
melrius Pepagojnenus rcdii'lrus , 
sive tractatus de arihritide. Audo- 
mari , 1619 , iii-12. 

* 1. BORGHESE (Louis) , né à 
Blois , premier médecin de Fran- 
çois I''', contribua beaucoup à la li- 
berté de ce prinie, lorsqu'il étoit 
prisonnier à Madrid. Il sut persua- 
der à Charles-Quint que le roi ne 
pouvoit guérir de sa maladie, parce 
que l'air du pays luiétoit contraire , 
et Charles crut alors devoir traiter 
de la paix à des conditions moins 
dures. Il revint eu France avec le 
roi, eu fut dignement récompensé, 
et devint ensuite premier médecin 
de Henri II. 

-;- 11. BORGHESE ( Paul Gui- 
dotto) , peintre et poète italien, né à 
Lucques , avoit quatorze lalens ou 
métiers : il n'en mourut pas moins 
dans une extrême misère , eu i6j6, 
à 60 ans. l/envie le lourmeutoil au- 
tant que riudigence..lalouxduTasse^ 
il crut faire tomber sa Jérusalem dé- 
livrée , eu composant un autre 
poème, où il prenoif le genre, la 
niesme , le nombre des vers , euHu 
les rimes mêmes de son rival. Il ne 
lui nianquoii que son génie. Il in- 
titula son ouvrage , qui est, dit-on, 
resté manuscrit : La Jérusalem rui- 
née. 

* I . BORGHESI ( Diomède ) , de 



BORG 



i3() 



Sienne , vécut dans le 16" siècle , et 
Ferdinand I"^ , grand-duc de Tos- 
cane , lui contia une chaire de langue 
italienne , dans le dialecte toscan , 
qu'on sait être le plus pur de toute 
rilalie. 11 a laissé quelques lettres 
graves et d'autres familières, etqiiel- 
ques notes dans le Dictionnaire 
délia Crusca. 

* IL BORGHESI ( Ambroise ) , 
ué à Pal -nue , dont il est fait men- 
tion dans la Bil)liothèque de Coro- 
nelli , étoit savant et bon poète. 
Malheureusement il ne nous reste 
qu'une comédie in tituléer,'//«Zi/-o,s/a, 
Palerme , i65o et ir56. Il mourut 
dans celte ville en 1669 , âgé seu- 
lement de 26 ans. 

t BORGHLNI ( Vincent-Marie ) , 
né à Florence en i5i5 , d'une fa- 
mille noble , se lit bénédictin eu 
lôôi. Il fut un des hommes de let- 
tres choisis pour la correction du 
Décaméronde Boccace, ordonnée par 
le concile de Trente, et exécutée 
dans l'édition de Florence. iSyô , 
iu-8°. Mais sou ouvrage le plus 
connu , et qui lui a fait le plus d'hon- 
neur , est celui qui a pour titre : 
/Jiscnrsi di M T^incenzo Borghini, 
imprimé à Florence , 1 684 et 1 ô85 , 
en 2 vol. in-4° , et réimprimé dans 
la même vMle en i7lîii, avec des 
remarques. Il y traite de l'origine 
de Florence , et de plusieurs points 
iuléressan&del'histoire de celte ville, 
lie ses familles, de ses mounoies , etc. 
Borghini mourut en i58o, après 
avoir refusé par humilité l'archevê- 
ché de Pise , qui lui fut offert quel- 
nue temps av:;ut sa mort. — 11 ne 
faut pas le confondre avec un autre 
écrivain de même nom , et proba- 
blement de la même famille , Ra- 
iaello BoiiGHiN'I, auteur deplusieurs 
Comédies , et d'un Traité sur la 
peinture et la sculpture, assez esti- 
mé , sous le titre de Riposn délia 
piliura c délia scullura , Flo- 



i4o 



BORG 



rence, lyôS , 111-4°, avec les notes 
dAuloiue-Marie Biscizni, 

t I. BORGIA (César), second 
fils naturel d'Alexandre VI et de la 
belle et iiilrigante Vanozia, fut élevé 
par son père à la dignité d'arclie- 
vèque de Pampelune , puis de Va- 
lence , et à celle de cardinal. Il se 
montra digne de lui par sa passion 
pour Lucrèce sa sœur , et par le 
meurtre de son frère aine Jean Bor- 
gia , devenu son rival , qu'on trouva 
dans le Tibre, en i497» percé de 
neuf coups dépée. Louis XII , qui 
s'étoit ligué avec ce scélérat pour la 
conquête du 3Iilanès, le fit duc de 
Valentinois, et lui donna en mariage 
Charlotte d'Alhret , qu'il épousa 
malgré sa qualité de diacre , sur la 
dispense que lui en donna son père. 
Borgia , soutenu par les troupes du 
roi de France, se rendit maitre des 
meilleures places de la Roniandiole, 
prit Iniola , Forli , Faenza , Pézaro et 
Rimini , s'empara du duclié d'Urbin 
et de la principauté de Camerino. Les 
chefs de ces états, qui se rendirent à 
discrétion, furent ensuite empoison- 
nés ou jetés dans le Tibre par ordre de 
César. On regretta sur-tout Cériglia- 
110 , Agrelli , ViUeltozzoe , Varanue , 
Caëtan , le jeune et beau Manfrédi, 
qui avoit vaillammenldéfeuduFaën- 
za. Borgia ne respecta ni les liens 
de l'amitié, ni ceuxdu sang. Le car- 
dinal Borgia , son cousin , péril par 
le poison qu'il lui ht donner ; Al- 
fonse d'Aragon, son beau-irère, 
fut étranglé par ses émissaires. Les 
principaux seigneurs italiens s'uni- 
rent contre cet usurpateur. César, ne 
pouvant les réduire par la force , 
emploie la perfidie. Il feint de faire 
la paix avec eux, les attire à Si- 
nigaglia,les enferme dans celte place, 
et se saisit de leurs personnes. Vi- 
telli Olivérolto da Fermo , J. des 
Ursins , et le duc de Graviua , sont 
étranglés. Le cardinal des Ursins , 
partisan de ces iufoilnnés , est cou- 



BORG 

duit Au château Saint- Ange. On l'y 
oblige de signer un ordre pour faire 
livrer au duc de Valentinois toutes 
les places de la maison des Ursins ; 
il n'en mourul pas moins par le 
poison. Un autre cardinal qu'A- 
lexandre avoit fait passer par 
toutes les charges les pUis lucra- 
tives de la cour de Rome , fut 
trouvé mort dans son lit ; et Borgia 
recueillit sa succession , qui éloit 
opulente, (/^'o/f:; CoRNETO.)Il s'em- 
para de même de celles des cardi- 
naux de La Rovère, de Capoue,Zéno 
et de plusieurs autres. Après la mort 
de son père, il perdit la plupart des 
places qu'il avoit conquises i^ar sa 
valeur et par sa perfidie. Ses ennemis 
manquèrent de le massacrer sous 
Pie III ; la protection du iroi de 
France lui sauva la vie : par recon— 
noissance^l quitta son parti. Jules IL, 
successeur de Pie , le fil ineltre eu 
prison au château Saint-Ange , jus- 
qu'à ce qu'il ei!it rendu les places qui 
lui restoient encore. Il consentit à 
les remettre, et par un ordre se- 
cret fit pendre les officiers que ce 
pontife envoyoil prendre possession, 
en son nom, de Cézène, et d'une 
autre ville. Jules II , indigné, le fit 
enfermer de nouveau à Ostie , jus- 
qu'à ce qu'il eût efftclué sa promesse. 
11 lui permit ensuite de se rendre 
auprès de Gonzalès de Cordoue, qui 
l'envoya en Espagne, où il fut ar- 
rêté. César, s'étant évadé de sa pri- 
son , se réfugia près de Jean d'Albret, 
roi de Navarre, son beau-frère. Il 
se mit à la tète de son armée contre 
le connétable de Caslille , alla mettre 
le siège devant le château de Viane , 
et y fut tué en 1.^07. Le luxe de Bor- 
gia étoit extrême. A sou entrée eu 
France , tous les chevaux de sa suite 
étoienl ferrés en or. Thomasi , son 
historien , dit qu'il avoil sur le 
visage des taches sanguinolentes , 
comme si la nature eût voulu aver- 
tir ceux qui l'approchoient de se 
j garantir de sa cruaulé. Plusdébau- 



BORG 

elle que vohipliieiix , il se porta en 
ce genre aux excès les plus mons- 
trueux. Faux et dissimulé, il pré- 
fëroil la trahison à loiil autre moyen 
de réussir. Son couryge et sa har- 
diesse éblouirent quelques beaux es- 
prits de son temps. Ce scélérat avoit 
en effet de la bravoure , de la sou- 
})lesse , un esprit vaste , une ima- 
gination vive , un coup d œil sûr 
pour les opérations militaires. Il ne 
laissa qu'une lille ; mais il avoit plu- 
sieurs frères , bâtards comme lui 
d'Alexandre VI, qui ont continué 
la famille Borgia. /^o/es Alexa?.'- 

DBE VI , U° XVIII. 

* II. BORGIA ( Jérôme ) , neveu 
du précédent, né à Naples d'un père 
espagnol , vivoit au coininencement 
du lê*^ siècle; il fut créé ésèque de 
Massa eu iô4-i, et mourut en iS^g. 
Il cultiva avec succès la poésie latine. 
Une des Elégies de Pontanus est 
adressée ad Hierou. Borgiam, po't- 
tam eiegantissiminn. On a de Jé- 
rôme Borgia un Recueil de poésies 
imprimé à Rome en i52.î , in-4°. 

III. BORGIA ( saint François ). 
T'oyez Fkançois, n° IV. 

* IV. BORGIA ( Alexandre), ar- 
chevêque de Feraio , et l'un des 
hommes les plus célèbres de son 
temps , étoit originaire d'Espagne , 
et naquit à Vellétri le 6 novembre 
1682. 11 remplit une grande quan- 
tité de places et de charges érainen- 
tes , et se fit beaucoup d'honneur en 
secondant le désir qu'iwoit Benoit 
XIV de supprimer beaucoup de fêtes 
qui surchargeoieut l'industrie. 11 pu- 
blia d'abord un ouvrage sur cet 
objet, ensuite plusieurs /.e«/e5qu'on 
trouve recueillies par IMuratori. Il a 
composé plusieurs Homélies , parmi 
lesquelles on remarque celles qui 
concerueut Védz/calion chrétienne 
des garçons, Naples, 1766. H a 
«cril , entre autres ouvrages . la Vie 



BORG 



i4i 



du pape Benoit XIII, Rome ,17/(1 ; 
l'Hisloire de l'église et de la ville 
de f'ellelri , Nocéra , 1720. Il a 
laissé beaucoup d'œuvres inédites, 
f On trouve dans Mazzucchelli , v. II , 
part. III , pag. 17;)5, une mention 
d'un recueil dOîiivre scientifique; 
vol. XII , Histoire littéraire d'Italie ; 
vol. X, pag. 598, on lit les Mé- 
moires du chevalier Canonico, Mi- 
chel Catalaui , palrice de Fermo , 
dans son œuvre intitulée i>e ecclesid. 
Fermand , etc. Fermo, 1782, pag. 
297, où l'on trouve l'esprit de tous 
les ouvrages de Borgia.) Il mourut 
le 14 février 1764, âgé de 82 ans. 

* V. BORGIA ( Etienne ) , neveu 
d'Alexandre, connu dans la réjjubli- 
que des lettres par différentes 6Ç'«c/e5 
sacrées et projànes , desquelles, 
parle avec éloge Mazzucchelli et 
d'autres sa vans écrivains , et par son 
Histoire des droits temporels du 
saint-siége sur le royaume des 
Deux-Siciles , Rome, 1789, in-4''. 

* VI. BORGIA ( Etienne ), cardi- 
nal ; il naquit à Vellétri le 3 dé- 
cembre i73i. A la sortie de l'aca- 
démie, il fut chargé du gouverne- 
ment de Béuéveut, et ensuite nom- 
mé par le pape Pie VI secrétaire de 
la propagation de la foi, emploi qu'il 
conserva dix-neuf ans. Elevé enfin 
à la pourpre romaine , il devint 
membre de différentes congréga- 
tions ; uiais il resta toujours attaché 
à celle de la propagation , et lui 
consacra presque toutes ses veilles 
et une partie de ses revenus. Choisi 
par le pape Pie VII pour l'accompa- 
gner en France, en 1804, il mourut 
à Lyon le 23 novembre de la même 
année , âgé de 75 ans environ. 

* BORGIANI ( Horace ), habile 
dessinateur et peintre d'histoire , 
apprit de son frère , connu sous le 
nom de Scalzo , les premiers élé- 
mens de sou art, qu'il perfectionna 



1^2 BORG 

bieiilôl par l'étude de l'aatique et des 
grands modèles. Nous avons de lui 
j)lusieurs Tableaux et aassi quelques 
JF.stampes à l'eau - forte , traitées 
îivec beaucoup de finesse et de légè- 
reté. Né à Rome eni.'»77 , il y est 
mort en i6i5. 

* I. BORGO ( Tobie del ) , orateur 
et poète au commencement du iS" 
siècle. Il éloit ami du Guarino, de 
Barbaro, et d'autres litlérateurs de 
sou temps. H a laissé des Discours , 
des Lettres ft\. des Vers latins , et la 
L'ontiauatiun de la. chronique de 
Marc Ballaglia de Ritnino sur les 
princes Malalesta. 

* II. BORGO ( Louis del ) , secré- 
taire du conseil des dix à Venise, 
vivoit dans le 16* siècle. 11 fut chargé 
par son gouvernement d'écrire VHis- 
toire de Venise ; il fit aussi un ou- 
vrage contre Cardan, intitulé Sub- 
tilités , et quelques autres ou- 
vrages. 

* EORGONDIO ( Horace), savant 
dans les lettres grecques et latines , 
cxcelleut mathématicien , étoit né ù 
Brescia, de pareus illustres , le 7 oc- 
tobi^e it)79. 11 professa les mathéma- 
tiques à Rome depuis l'au 1710, fut 
ensuite bibliothécaire du musée de 
Kirker, et mourut recteur du col- 
lège de Rome le 1"''' mars 1741. Ses 
ouvrages sont, T. Motus telluris in 
orbe annuo ex novis obsert-'atio- 
iiibus impugnutus , Roma , 171-}, 
in-4°. II. Iridis explicatio mathe- 
mat/iica , 1715. III. Nova liydro- 
metri idea , 1717. IV. ]\Iopparuui 
constructio in planis sp/iœram 
tangentibus, Roma, 1718. V. Cons- 
tructio eclipsiuni in disco terrœ 
demonstrata , 1719. VI. ^Uialyseos 
eiementa analjticè demonstrata , 
1720. VII. De œdiuni luniinibus , 
1-21. VIlï. JJntliarum Icges , 1722. 
iX. Decomputo ecclesiastico, i 720. 
X. Constructiorum cstronomica- 



BORG 

rum theoria et praxis , 1 7 a4. 
XI. J)e situ telluris , 1725. Xlï. De 
circuli dirnensione , 1 t 26. XIII. 
Usus normœ in constructione œ- 
quationuinplanarunietsolidarum, 
i^-ii. XIV. 'J'elescvpium gœodcti- 
cuni , 1728. XV. De gcnesi motus 
circula' is ex recto, 1729. XVI. 
Constructio calendarii grtgoria- 
ni , 11 '1'^. XVII. J.xercitatio ana- 
lytica decasu irreducibili , l'-jo. 
XVIII. De maris œstu , j 7 jj . XIX. 
Hypotiiesis pianetarum eitiplica , 
17 02. XX. De cycloide et motu 
graiium cyclo'idati cxercitatio me- 
chanica , 1755. XXI. De cohe- 
rentia calcuti astronomici ciini 
œquationibus, gtegorianis, 170^^ , 
in-^". On a eueore de lui six roëmes 
latins; les quatre premiers furent 
imprimés à Rome en 1721. (Dans 
les Mémoires de Trévoux en 1727 , 
à l'art. 9 du mois de janvier, on 
trouve l'observai ion dune éclipse de 
soleil du 2.5 septembre 1726, et celle 
d'une éclipse de lune du 7 au 8 août 
1729 se trouve dans ceux de la 
même année, art. 100, du mois 
d"octobre.)l,eP.BoscowKh, son élevé, 
l'a beaucoup loué dans une de ses 
Eglogues latines. 

*I. BORGT ( Henri Van der). pein- 
tre, né à Bruxelles en 1 585. Le jeune 
Van derBorgt montrade bonne heure 
son goût pour le dessin. Son père le 
plaça chez ^'au Vaikenborg ; il y 
fit des progrès très- rapides , et fut 
bientôt eu état de voyager avec fruit, 
Borgt resta plusieurs années à 
Rome pour y étudier les ouvrages 
des grands mailres. Eu quittant l'iîa- 
lie, il voyagea dans toute l'Alleuia- 
gne et s'établit d abord à Fraukendal , 
puis eu 1627 il vint se fixer à Franc- 
fort sur le Mein. Outre la réputation 
de bon peintre. Van dev Bnrgt a voit 
encore celle d'un des plus savans an- 
tiquaires de son temps. On le consul- 
toit sur toutes les difticullés , et sou- 
vent il a donné son jugement sur 



Bora 

des autiquites grecques et romaines 
qui ^ibarrassoieiit les savans d'alors. 
Le comte d'Aiiindel avoit ])oiir lui 
une estime particulière, ainsi que les 
autres savaus anglais. 

* II. BORGT ( Pierre Van der ) , 
peintre de Bruxelles. Il seloit d'a- 
bord adonné à peindre l'iiisloire ; 
mais les éludes longues et difficiles 
que ce genre demande le détermi- 
nèrent à le quitter pour s'appliquer 
au paysage, plus prompt et plus fa- 
cile ; il y réussit pleinement , et a 
laissé en Flandre beaucoup de ta- 
bleaux estimés. 

i BORIS -GUDENOU , grand- 
écuyer de Moscovie, et beau-frère 
du graud-duc , fut régent de l'élat 
pendant le règne de Fredor. Vou- 
laTit s'emparer de \la couronne , il 
fit tuer Uémétrius , frère de Foedor , 
à Uglilz, où on l'élevoit. Pour ca- 
ciier son meurtre, il fit perdre la 
vie au gentilhomme à qui il avoil 
contié le soin de l'exéculer. Il en- 
voya des soldats pour raser le châ- 
teau d'Uglitz, et chasser les habi- 
tans , comme s'ils eussent favorisé 
l'assassinat. On croit qu'ensuite il 
empoisonna le roiFœdor, pour se 
rendre mailre absolu de l'empire. 
Il feignit de refuser la dignité royale; 
mai;. 1 employa secrètement toutes 
sortes de moyens pour la tenir de 
l'élection des grands. Après avoir 
obtenu ce qu'il souhaitoil, sou bon- 
heur fut traversé par l'iiaposlure de 
Gri.ska , qui parut sous le nom de 
Démétrius , et qui obtint la pro- 
tection du vaivodedeSandoniir. Ce- 
lui-ci persuada à Démétrius que l'as- 
sassin envoyé par Boris avoit tué 
un jeune garçon qui lui ressera- 
bloit , et que ses amis l'avoient fait 
évader. Ce vaivode leva une armée , 
entra en IMoscovia , et déclara la 
guerre au graud-duc. 11 prit d'abord 
plusieurs villes , et attira à sou parti 
plusieurs olFicicrs de Boris , qui en 



BORN 



\l\. 



mourut de chagrin en i6o5. Les 
boyards couronnèrent Fœdor-Bo- 
risowitz , ou fils de Bons , quii 
étoit fort jeune ; mais la prospérité 
des armes du faux Démétrius les 
engagea ensuite à le reconnoilre 
pour leur prince. Le peuple , gagné 
par eux, courut prompieuient au 
château , et arrêta prisonnier !« 
jeune grand-duc avec sa mère. En 
mèn)e temps on envoya supplier 
Démétrius de venir prendre pos- 
session de son royaume. Le nouveau 
roi fit tuer la mère et le fils le 
lo juin 160 5 ; c'est ainsi que ss 
termina cette tragédie. 

i-BORL ACE (Edmond) , médecin 
anglais, mort eu 1682 , s'occupa 
aussi d'histoire , il a publié , 1. His- 
loire de la réunion de l'Irlande à 
l' Angleterre , Londres, 1670, iu-S". 
II. Histoire de la rébellion de l'Ir- 
lande en 1641 , 1680 , in-fol. 

BORLASE (Guillaume) , de la 
société royale de Londres , né à 
Fendéen eu Cornwal eu 1696 , 
mort en 177-2, fut pendant quel- 
que temps curé de Ludgvan. Ou 
a de lui les ylntiquilés de Cor- 
nouailles , Londres , 1769 , in-fol. ; 
ï Histoire naturelle de la même 
province , 1708, in-fol. , Oxford , 
et des observations sur l'état an- 
cien et présent des îles de Scillj , 
Oxford , 1756 , in-4'^. 

* I. BORN ( Ignace de ) , savant 
distingué, à qui la minéralogie a 
de grandes obligations , né à Carls^ 
bourg en Transylvanie le 2 dé- 
cembre 174^. 11 ht ses éludes à 
Vienne chez les jésuites , qui , ayant 
reconnu en lui du talent , l'enga- 
gèrent à entrer dans leur oi:dr^. 
[\Iais il en sortit au bout de seize 
mois , et se mil à étudier les sciences 
uaUirelles. Il parcourut ensuite l'Al- 
lemagne , la France et la Hollande. 
Ses grandes connoissauces le hrcut 



i44 



BORN 



nommer assesseur à la direclion des 
miues cl des nionuoies à Prague. Il 
fit ensuite uu voyage miuéraloglque 
en Hongrie et eu TrausyUanie. Il 
consigna le rësullat de ce voyage 
dans des Lettres adressées à son 
ami Ferber , qui les publia en 1774. 
Jiienlôl il attira l'attention de tons 
les niinéralogues ])ar son hxthopliy- 
lacium Bornianurn, J. index fus- 
aillum , quos collegit et in liasses 
ac orclines dispusuit , etc. , part. I , 
II, Pragae, 1772, in-S". Il établit 
à Prague une société savante , qui 
publia ses travaux en langue al- 
lemande , sous le titre : JHémoires 
de la société d'histoire naturelle 
de Prague , 6 vol. in -8°, Prague, 
1775-1784. Il se rendit sur-tout 
célèbre par l'emploi qu'il fit de la 
méthode des amalgames dans la 
métallurgie. Son procédé est dé- 
taillé dans l'ouvrage allemand : Sur 
les amalgames des minéraux qui 
contiennent de l'or et de l'argent, etc. 
Vienne,. 1786 , in-4. Ce livre a été 
traduit en anglais et en français. 
L'empereur Joseph II le chargea 
d'introduire celle mélliode dans tous 
ses états , et hii accorda pendant dix 
ans le tiers des sommes qu'on épar- 
gneroilpar ce nouveau procédé , et , 
pour les dix années sui\ anles , les 
intérêts de ce tiers. 11 a aussi publié 
l'ouvrage intitulé Lettres sur des 
objets de minéralogie , écrites pen- 
dant un voyage en Hongrie , Franc- 
fort et Leipsick, 1774, in-S". 11 a 
éié traduit en français parTonnet, 
et en anglais par Roope. Boru mou- 
rut le 23 août 1791. 

t n. BORN ( Bertrant del ) , vi- 
comte de Hauteforl, près de Péri- 
gueux , se distingua dans le 12" 
siècle par son amour pour la gloire , 
sa galanterie et ses vers. 11 suscita 
une violente ligue contre Richard , 
comte de Poitou ; mais celui-ci s'en 
vengea en ravageant la terre de 
Hautçfgrt Les guerres de Richard , 



BORN 

roi d'Angleterre , avec Pliilip]ie- 
Auguste , ouvrirent à del Borrî un 
nouveau champ pour exercer sa va- 
leur. 11 parut avec éclat dans les 
combats qui se livrèrent. î,a prin- 
cesse Hélène , sœur de Richard , re- 
çut ses hommages , et se uiontra 
sensible au plaisir d'être célébrée par 
ce poète. Lorsqu'elle eut épousé l'em- 
pereur Othon , Rlaenz de Monla- 
gnac , fille du vicomte de Turenue , 
devint la dame de ses peusées. 
L'abbé Millol rapporte que del Boru 
finit sa carrière sous Ihabit de 
moine de Citeaux ; ce qui n'a })as 
empêché Le Dante de le placer dans 
son Enler , où il le coudaïune à 
porter, eu guise de lanterne , sa 
tête séparée de son coips. Les ma- 
nuscrits de la bibliothèque impé- 
riale contiennent douze puces de 
Bertrant del Boru. Ils soûl précédés 
de sa vie. U avoit un frère que l'on 
com])le aussi au nombre des anciens 
troubadours. 

Y BORNE (Giraulde), né à 
Sidueil , près de Limoges , se dis- 
tingua par son savoir et son esprit. 
Il surpassa dans ses poésies ceux qui 
l'avoieut précédé , et fut surnomuié 
le 3ïaîfre des Troubadours. L'abbé 
Millot dit que cet éloge est lertai- 
nement exagéré ; car les pièces de 
Giraut de Borne sont en géueral 
fort obscures; et le même historien 
ajoute que ce poète fut entrainé par 
les préjugés de son siècle , qui at- 
tachoieut du mérite à une affecta- 
tion d'obscurité. Jehan de Nostre- 
Uame rapporte qu'il ne fut jamais 
amoureux , et qu'il n'adressa point 
de chansons à une maîtresse. Les 
manuscrits de la bibliothèque im- 
périale contiennent cinquante-sept 
pièces de Borne , qui consistent en 
chansons , sir\entes et lensons : 
elles sont précédées de sa Vie. 
Borne voyagea en Espagne , et y fut 
'.rès-bien accueilli par les rois de 
Cas tille et de Léon. L'hiver, il fré- 



BORR 

q\ieiiloit les écoles , et se livroit 
tout eulitr à l'étude ; Télé , il al- 
loil dans les cours , menant avec 
lui, dil-ou, oeux chanteurs pour 
faire valoir ses vers. Il ne voulut 
jamais se marier : ce qu'il gagna 
par son travail , il le donna à ses 
parens pauvres. Il mourut en l'an 
IJ78. 

* BORNER ( Pierre-Paul ) , ci- 
toyen de Lucerne , et très-habile 
graveur en médailles. 11 a gravé 
les portraits des papes Innocent XI, 
yUexandre VllI et Innocent XII , 
sur de grandes et petites médailles 
très-bien exécutées. Il s'étoit établi 
i\ Rome, où il est mort sur la hn 
du 17* siècle. 

EORNIER ( Philippe de ) , lieu- 
tenant particulier au présidial de 
Montpellier, naquit dans cette ville 
en 1 6 34 , et y mourut en 1711. On 
l'employa dans différentes affaires 
importantes. On a de lui , 1. Con- 
jérences des nouvelles ordonnan- 
ces de Louis XI F avec celles de 
ses prédécesseurs , ijbft , 2 vol. 
in-4°. II. Commentaires sur les 
conclusions de Ranchin. Ces deux 
ouvrages , et sur-tout le premier , 
sont des sources dans lesquelles les 
jurisconsultes français ne cessent de 
puiser. 

* BORNO { Baptiste ) , peintre 
d'Arezzo, élève et imitateur de Guil- 
laume de Marseille , dans l'art de 
peindre sur verre. Il a travaillé pour 
les plus belles églises des étals de 
Florence, et tlorissoit au commen- 
ment du 16® siècle. 

BOROMÉE. Voy^z Borkomée. 

BORREL ( Jean ) , connu sous le 
nom de Buleo , chanoine régulier 
de Saint-Antoine , naquit à Char- 
pey en Dauphiné l'an 1492 , et 
mourut à Cénar , bourg voisin die 

T. III. 



EORR 145 

Romans , en 1672. 11 se distingua de 
;on temps dans lessciences absiraites, 
et donna, en i554, à Lyon, in-.^", 
le Recueil de ses ouvrages géomé- 
triques , qui ne sont aujourd hui 
d'aucun usage. — /^ojez Borel. 

■* BORRELLO ( Charles ) , Napo- 
litain, de l'ordre des clercs réguliers 
mineurs , fut célèbre par ses conuois- 
sances dans les lettres et les anti- 
quités. Il Ht imprimer les ouvrage» 
suivans • Vindex Napolitanœ no- 
bilitatis; Animadversio in Iran- 
cisci yl.lii Marckesii librum de 
Neapolitanisfamiliis. On conser%-e, 
daus la bibliothèque de son ordre , 
un grand nombre de manuscrits ras- 
semblés par lui à beaucoup de frais 
et avec beaucoup de peine. 

* BORRHAUS (Alartin}. roje?, 
Cellarius. 

t BORRI ( Joseph-François ) , ou 
BrRRHUS , enthousiaste, chimiste, 
hérésiarque et prophète, naquit à Mi- 
lan daus le 1 7^ siècle. U s'attacha d'a- 
bord à la cour de Rome, mais ayant 
ensuite déclamé contre elle, il rem- 
pli la ville du bruit de ses révélations, 
et fut obligé de la quitter. Retiré a 
iMilan , sa pairie , il contrefit l'ins- 
piré , dans la vue , dit-on , de s'en 
rendre le maitre par les mains de 
ceux auxquels il commuuiquoit son 
enthousiasme. Il commençoit par 
exiger d'eux le vœu de pauvreté', 
et , pour le leur mieux faire exé- 
cuter , il leur enlevoit leur argent; 
il leur faisoit jurer ensuite de con- 
tribuer, autant qu'il seroit en eux, 
à la propagation du règne de Dieu , 
qui devoit bientôt s'étendre par tout 
j le monde , réduit à une seule ber- 
gerie , par les armes d'une milice 
dont il devoil être le général et l'a- 
pôtre. Ses desseins ayant été décovi- 1|k 
verts , il prit la fuite ; l'inquisition 
lui fit son procès , et le condamna 
comme hérétique à perdre la vie ; 



i4G 



DORR 



son effigie fut brûlée avec ses écrits 
à Rome eu 1660. Il se réfugia à 
Strasbourg , et de là à Air.slsrdam , 
où il prit le titre de Médecin uni- 
versel. Une banqueroute layaiu 
cliassâ de la Hollande , il passa à 
Hambourg , où la reine Ciirisline 
perdit bdai'coup d'argent à lui faire 
chercher la pierre plulosophale. Le 
roi de Danemarck imita Christine. 
Borri se sauva en Hongrie. Le nonce 
du pape, qui étoit alors à la cour 
de Vienne, le roclaina. L'empereur 
le rendit, mais sur parole du pape 
lie ne point le faire mourir. Con- 
duit à Rome . il y fiU condamné à 
faire amende liouorable et à une 
prison perpétuelle. Il mourut en 
i6q:3, ;\ 79 ans, au cliàteau Saint- 
Ange, dans lequel il a voit été trans- 
féré à la prière du duc il'Esirées , 
qu'il avoil guéri d'une maladie dé- 
sespérée. Ou a de lui de mauvais 
ouvrages sur l'alcliimie. Son livre 
inliluléZ/a Chiave del Gabinetlo , 
Cologne, 1681 ,in-i 2, se trouve très 
difficilement. Voyez Villaks , u" 
IV. 

•;- BORRICHIUS (Olaiis), pro- 
fesseur de médecine à Copenliague, 
naquit le 7 avril 1G26 , et mourut 
en 1690. Il laissa une somme consi- 
dérable pour l'entretien des pauvres 
éludions. Il ne voulut jamais se ma- 
rier, de p"ur qu'une Femme ne dé- 
rangeât ses plans philosophiques. Ou 
a de lui beaucoup d'ouvrages : I. De 
Poetis grxcis et lat/nis. II. yln- 
tiqiiœ Roin-s imago. III. De Romno 
et somnifcris , lobo , \\\-/°. IV. De 
itsii plantdij-um indigenaiurn, 1688, 
in - 8° , etc. V. De caiisis diversi- 
tatis linguarum , léna , 1704 , iu-4°. 

t BORRO (Jérôme ) , né à Arez- 
zo en Toscane , est auteur d'un 
^ ouvrage sur le mouvement , De 
W rnotu levium et gravi iim , Florence, 
J576, et d'un autre sur la 3Té- 
thode d'enseigner des néripatéti- 
ciens, publié à Florence eu i584. 



BORR 

Borro avoit dicté ces deux Traile's 
à ses écoliers dans l'iuiiversilé de 
Pise , où il proftssoit la pliilosnphie. 
S'étant fait des alfai?-es avec l'inqui- 
sition , il fut obligé de prendre la 
fuite , et mourut peu de temps 
après. 

i- I. BORROMÉE (saint Charles^, 
naquit en i5j8 , dans le château 
d'Aronc , d'un père illustre el pieux. 
Charles s'adonna de bonne heure à 
la retraite el aux lettres. Son oncle 
maternel. Pie IV, l'appela près de 
lui , le lit cardinal en i5'oo , et eu- 
suite archevêque de Milan. Quoiqu'il 
n'eût îtlors que 22 ans , il conduisit 
les affaires de l'Eglise comme ut\ 
homme qui l'auroil gouvernée pen- 
dant long-temps. Les Romains crou- 
pissoient dans l'ignorance et l'oisi- 
veté ; pour les en tirer , il forma 
une académie , composée d'eccié- 
siasliqucs et de séculiers , que son 
exemple et ses libéralités animoient 
ù i élude et à la vertu. Le jeune car- 
diual , au milieu d'une cour fas- 
tueuse, se laissa entraîner au tor- 
rent , eut des appartemens , des 
meubles et des équipages nuignih- 
ques. Sa table étoit servie souiptueu- 
semenl; sa maison ne désemplissoit 
point de gentilshommes et de gens 
de lettres. Son oncle , charmé de 
cette magnihcence , lui donna de 
quoi la soutenir. On le vit dans peu 
de temps grand - pénitencier de 
Rome, archipretre di Suinte-Marie- 
Majeure , protecteur de plusieurs 
couronnes et de divers ordres reli- 
gieux et militaires , légat de Bo- 
logne , de la Romagne , et de la 
MarJîe - d'Ancône. C'étoit dans ce 
temps-là que se lenoil le concile de 
Trente. On parloil beaucoup de la 
réformation du clergé : Charles , 
après l'avoir conseillée aux autres, 
l'exécuta sur lui-même. Il réforma 
tout d'un coup jusqu'à quatre-vingts 
domestiques de marque , quitta la 
soit dans ses babils, s'imposa chaque 



BORR 

semaine un jeûueau pain et à l'eau. 
Il se prescrivit bientôt des choses 
beaucoup plus importantes. Il tint 
des conciles, pour conlirmer les dé- 
crets de celui de Trente, terminé en 
partie par ses soins ; fil de sa maison 
un séminaire d'évèques; établit des 
oratoires , des collèges , des commu- 
nautés; renouvela son clergé et les 
monastères , et créa des établisse- 
meus pour les pauvres et les orphe- 
lins , pour les filles exposées à se 
perdre, ou qui vouioient revenir à 
Dieu après s'être égarées. Sou zèle 
enchanta les gens de bien , et irrita 
les médians. L'ordre des humiliés, 
qu'il voulut rétormer, excita contre 
lui un frère Farina, meinbre de celte 
société. Ce malheureux lira un coup 
d "arquebuse au saijît homme, pen- 
dant qu'il faisoit la prière du soir 
avp? ses domestiqués. La balle ne 
l'ayant fait queiïleurer , Charles de- 
manda la grâce de son meurtrier , 
qui fut puni de mort malgré ses sol- 
licitations, cl dont l'ordre fut sup- 
primé. Ces contradictions n'affoibli- 
rent point l'archevêque. Il visita les 
extrémités abandonnées de son dio- 
cèse, abolit les excès du carnaval , 
distribua le pain de la parole à son 
peuple , et s'en montra le pasteur et 
le père. Dans les ravages que fit une 
peste cruelle, il assista les pauvres 
par ses ecclésiastiques et par liii- 
inème , vendit ses meubles pour sou- 
lager les malades , et fiî des proces- 
sions , auxquelles il assista pieds nus 
et la corde au cou. Sa charité fut 
payée d'ingratitude , parce qu'elle ne 
fut pas toujours éclairée. Le gouver- 
neur de Milan , Roquesens, eu vertu 
d'une ordonnance du roi d'Espagne , 
défendit le port d'armes , comme le 
seul moyeu d'empêcher les querelles 
et les meurtres trop communs alors. 
Saint Charles refusa d'obéir à cette 
défense , et voulut que son bar- 
rigel eût toujours son épée à son 
coté. Le gouverneur, piqué de cette 
contradiction et de quelques autres , 



BORPi i47 

engagea les magistrats de la ville à 
porter leurs plaintes contre Charles , 
qu'ils peignirent des couleurs les plus 
noires. «On laccusoit, dit Baillet , 
d'avoir passé les bornes de son pou- 
voir pendant la peste , d'uv-oir in- 
Irodiut des nouveautés dangereuses; 
d'avoir aboli les jeux publics , les 
danses , les spectacles ; d'avoir ré- 
tabli i"al)i5tiuence du premier di- 
manche de carême , contre le pri- 
vilège -qu'avoit la ville de renfer- 
mer ce jour dans le carnaval. » On 
publia contre lui un manifeste in- 
jurieux et outrageant : mais con- 
tent du témoignage de sa conscience, 
il abandonna à Dieu le soin de sa 
justification. Enfin , consumé de 
bonne heure par ses travaux , il 
finit sa carrière le 3 novembre 1 594 : 
na fête se célèbre le lendemain 4- 
Paul V le canonisa en 1610. «L'abbé 
de Longuerue dit que saint Char- 
les étoit grand adorateur du pape 
et des cardinaux , et qu'il parioit 
du sacît; collège comme il eût fait 
des neuf chœurs des anges. » On 
voit cependant, par quelques traits 
de sa vie , qu'il ne se dissimuloit 
pas les abus qui s'étoient glissés 
dans la cour romain», et même qu'il 
travailla à les faire réformer. On a 
de lui un très-grand nombre d'ou- 
vrages sur des matières dogmati- 
ques et morales. On les a imprimés 
en 5 vol. in-fol. , en 1747, à Mi- 
lan. La bibliothèque du Saint-Sé- 
pulcre de cette ville conserve pré- 
cieusement 5i vol. manuscrits de 
Lettres du saint pré-lai. ( Voyez Bo- 
TRO.) Le clergé de France a fait réim- 
primer, à ses dépens, les Iiistitu~ 
tioiis qu'il avoit dressées pour les 
confesseurs. Ses Jlcta Ecclesiœ Me- 
riiulajiensis , Alilan , iSgq, in-fol., 
sont recherchés. Le père Touron a 
écrit sa vfe en 3 vol. iu-12 , Paris , 
1761. 

t II. BORRO:\lÉE (Frédéric ). 
cai'dinal et archevêque de Milan , 



i4« 



BORR 



héritier de la science et de la piété 
de Charles son cousin germain , 
mourut eu i653 , après avoir fou- 
dé la célèbre bibliothèque aiubro- 
»ienne ( le collège ambrosieri dont 
plusieurs inenibies ont donné des 
ouvrages recherchés et justeinenl 
estimés), et avoir tenu le septième 
concile de Milan. Ou a de lui , 
Sacra colloquia ,• Sennottes sy- 
nodales i MeJitamenta littéral ia; 
Ragionamenti sy-'iodali , à>!\Iilau, 
1602 , 3 vol. in-fol. /^"bj es Ferra- 
ri , n° H. 

I-BORROMINI (François), ar- 
chitecte italien , né à Bissone dans 
le diocèse de Côme en 1099 , fut 
élève de Maderno , et lui succéda 
dans le titre d'architecte de Saint- 
Pierre de Rome. Il avoit reçu de la 
nature les plus belles dispositions 
pour son art ; mais il abusa de son 
talent , et gala l'architecture comme 
le cavalier .Marin avoit gâté la poésie. 
Dans tout ce qu'il a fait , on voit 
un talent supérieur , beaucoup d'in- 
vention et de hardiesse , mais trop 
de raffinement et de compilation 
dans les détails , et trop d'orne- 
mens qui surchargent l'ensemble. 
La jalousie qu'il conçut contre Le 
Bernin lui tourna la tète ; et , dans 
un des accès de sa l'olie , il se perça 
de sou épée , et mourut de sa bles- 
sure en 1G67. Ou a de lui la Des- 
cription de l'église de la VaUiçéta 
qu'il avoit fait bâtir, Rome, 1720 , 
eu itahen et eu latin , avec les plaus 
et les dessins. Ou y a joint le plan 
de l'église de la Sapience de Rome, 
autre superbe bâtiment de Borro- 
miui. Ou cite encore le Portrait 
de sainte Agnès ■ c'est son plus 
bel ouvrage. « Le Borromini , dit 
Félibieu , a été !'un des plus grands 
hommes de son siècle, your la fé- 
condité de son génie et l'élévaliou 
de ses idées ; mais il a été en même 
temps le dernier par les abus qu'il 
eu a faits. Il eut le» plus grauds 



BORT 

succès lorsqu'il se borna à im ter 
les farauds maîtres. L'envie q'i'il 
ev.t de surpasser le chevalier Ber- 
nin l'engagea à ne suivre que 
liinpulsion de sou génie, qui ne 
larda guère à l'égarer. l<e Borro- 
mini crut marcher à la gloire eu 
introduisant des nouveautés dans 
l'archileclnre. Il méconnut dès-lors 
iasimj)licitédesforme8,et n'employa 
plus que des contours bizarres et ridi' 
cules , des cartouches , de^ colonnes 
trop engagées , des frontons brisés , 
et autres extravagances. Ou re- 
marque cependant , dans les grandes 
compositions de cet artiste , une sorte 
de majesté qui aunoiice un talent 
supérieur. Il est aisé de voir que si 
Le Borromini eût médité davantage 
ses productions , et qu'il eut taché 
d'éviter tous les défauts dans les- 
quels sont tombés les phis grands 
hommes, eu marchant sur la même 
ligue, il se seroit fait un nom cé- 
lèbre. C'est alors qu'il auroil sur- 
passé nou seulement le Bernin , 
mais tous les autres grauds archi- 
tectes , qui ont eu vain tenté cette 
découverte. Le Borromini s'écarta 
de la bonne voie, et entraîna avec 
lui les architectes médiocres , qui 
se laissèrent séduire par le brillant 
de ses productions. Leurs erreurs 
ont été d'autant moins supporta- 
bles, qu'ils avoieut moins de génie. 
Tel a été le sort de la secte de 
cet artiste. » 

* BORTOLI ou Bartoli , né à 

Veulse le 21 juillet 169.5. Savant 
sur-tout dans le droit canou , et 
dans l'histoire ecclésiastique , il de- 
vint ésêqiie de Naziauze , et fut-, 
entre autres ouvrages, auteur d'un 
écrit sur V Abolition de l'ordre des 
jésuites , imprimé à Florence en 
1769. Cet ouvrage fut imprimé à 
Rome. Il est fait mention très-ho- 
norable de Bortoli dans les Scrit- 
tori ital. de Mazzucchelli : dans les 
Fatii Gymn. PatavU de Fa«çiolaii, 



CORX 

«l dans Ylstoria litler. d'Ilalla, 
vol. 2. 

* BORUL ( Guillaume ) , magis- 
trat et iiégocialeur distingué de la 
république batave , né à Amsterdam 
en 1628, mort à Paris en 1668. 
Voyez Wagf.naau , Hist. d'Ams- 
lerdam , lom. 111 , pag. 212. 

t I. BORY (N. de), chevalier de 
Saint- Louis, gouverneur du châ- 
teau de Pierre - Cise à Lyon , et 
secrétaire de l'académie de la même 
ville, est mort en 1791. L'aménité 
de son caractère, l'agrément de sou 
entretien, la facilité de ses vers, 
le firent rechercher par la bonne so- 
ciété et par les compagnies littéraires. 
Il avoit traduit avec élégance la 
plupart des Odes d'Horace : mais 
cette traduction n'a pas été publiée. 
Ce poëte n'a donné à l'impression 
que deux pièces , dont l'une est 
une élégie intitulée La 31ort d'E~ 
glé , et l'atilre une Ode sur l'im- 
morlalité de l'ame. 

* II. BORY { Gabriel ) , membre 
de l'institut , ancien chef d'escadre 
et gouverneur des Iles -sous- le- 
Vent, publia en lyijo, des Mé- 
moires sur l'administration de la 
marine et des colonies. Il est mort 
eu 1801. 

* BORXA ou Abagon (François 
de ), prince d'Esquilache , comte de 
Siniari et deMagalde , gentilhomme 
de la chambre du roi Philippe IV , 
et vice-roi du Pérou , naquit à Ma- 
drid vers l'année 1 58o. Après avoir 
reçu une éducation digne de sa nais- 
sance , il se voua de bonne heure 
aux belles-lettres, et plus particu- 
lièrement à la poésie espagnole, où il 
excella en prenant pour modèl" et 
pour maitre son compatriote Bar- 
ihélemi -Léonard de Argensola. En 
i6i4 Borxa fut nommé vice -roi 
du Pérou , place émiueute , et qu'il 



BORZ 



'49 



sut illustrer encore par l'amétiité 
et la pureté de ses mœurs. Ce fut 
sous son gouvernement que dom 
Diego Baca de La Véga fit la con- 
quête des Magnas dans le Maragnon 
en 1618. Il y fit bâtir une ville 
qu'il nomma San - I rancisco de 
Borxa , en l'honneur du vice-roi 
ainsi ajipelé. Apres avoir reçu la 
nouvelle de la mort de Philippe 01, 
Borxa donna sa démission et revint 
en Espagne , où il vécut dans la 
retraite jusqu'en octobre i6.58 , épo- 
que de sa mort. Les ouvrages qu'il 
a laisses sont , 1. Naples recon- 
quise par yilfonse V , poëme his- 
torique écrit en espagnol, et im- 
primé à Saragosse en 1661 , 
in-4° , et à Anvers en 1 GS.'i , in- 
4°. n. Ouvrages en vers, imprimés 
à Madrid en 1639 , et réimprimés 
à Anvers en 16.54 , "et en i663. 
ni. La Traduction des O/a/iorà et 
méditations de la vie de Jésus— 
C/irist , par B. Thomas à Kempis, 
avec les deux Traités des Trois ta- 
bernacles et des méditations , ou- 
vrage posthume , imprimé par Fop- 
péus à Bruxelles, en 1661 , in-4". 
On lui attribue en outre la li-a- 
duclion d'un ouvrage manuscrit, 
intitulé Instructions de SénèquQ 
à Néron : Plirtarque à Trajan , 
etc. ; des Sentences p/iilosophiques 
du docteur Jean de Olarte. Borxa est 
placé au rang des premiers poêles 
espagnols. 

i- BORZIUS ( François ) , de la 
congrégation de l'oratoire , se mon- 
tra l'un des pkis ardens partisans 
de la cour de Rome , dans un ou- 
vrage publié à Rome en 1661 , sous 
ce litre : De temporal i Ecclesiœ 
monarchiâ. L'auteur y assure que 
la négligence des souverains à dé- 
fendre les droits du clergé a causé 
I0U8 leurs malheurs; que le pape dort 
avoir un pouvoir dire» t el coactif 
sur le temporel des états, eu disposer 
et les transférer. 



i5o BOS 

I. BORZONI (Luciaao),peiutre, 
naquit à Gènes en 1690. Des sou 
enfance, il montra de l'inclinalion 
pour la peinture ; il réunissoil dans 
un degré éminenl le double mérite 
de traiter le portrait et les sujets his- 
toriques. Ses principaux ouvrages , 
qu'on voyoit à Gènes et à Milan , 
prouvent que cet artiste avoit un 
génie vil et fécond, sou dessin pré- 
cis , son pinceau moelleux. Ses com- 
positions sont d'une grande manière, 
et il savoit donner de l'ame £i ses 
figures. 

* II. BORZONI (Jean-Baptiste et 
Carlo) , fils du précédent, nés à 
Gènes et morts dans la même ville 
vers l'an 1657 ,annonçoient des dis- 
positions assez heureuses pour faire 
espérer qu'un jour ils soutiendroieul 
la réputation que leur père s'étoit 
acquise parmi les peintres de son 
temps; mais enlevés l'un et l'autre 
par une mort prématurée , ils n'ont 
laissé que des regrets à leurs contem- 
porains. 

* HT. BORZONI ( François-Marie), 
né à Gènes en 162,5 , mort dans la 
même ville en 1679 , peignit avec 
beaucoup de goût et de talent le pay- 
sage, les marines et les tempêtes. Ne 
voulant prendre ses modèles que dans 
la nature même, on le voyoit sou- 
vent braver les injures du temps et 
s'exposer aux fureurs delà mer pour 
pouvoir mieux observer les sujets 
qu'il vouloit représenter. Cet artiste 
vint à Paris et eut l'occasion d'orner 
le château de Vincemies de quelques 
Paysages et V^ues de mer qu'on 
A'oyoit dans les lambris. Il a laissé 
aussi des dessins lavés au bistre et à 
l'encre de la Chine qui sont estimés. 
On voit encore plusieurs estampes 
gravées par Jacques Coëlmans , d'a- 
près te mai Ire. 

*I. BOS (Jean-Louis), de Bois-le- 
Duc, se distingua comme pei^ilre de 



BOS 

Iruits et de fleurs. Ses ouvrages sont 
iinis ; ils ont du naturel. 11 est im- 
possible d'avoir un coloris plus pur 
et plus vif. Il peignit sur ses tleuis 
des insectes si petits, qu'on ne ptut 
les distinguer qu'à l'aide d'un mi- 
croscope. 11 vivoit vers la fin du i5* 
siècle. 

t II. BOS (Jérôme), né à Bois- 
le-Duc vers iq^o, mort en i5oo. 
Quoiqu'il ait été un des premiers 
qui ont peint à l'huile, sa manière 
est moins sèche et .ses draperies de 
meilleur goût que celles de ses coti- 
temporams. 11 avoit une imagination 
très - singulière , et ne se plaisoit 
qu'à peindre des sujets terribles , 
tels que l'enfer , les diables et les 
spectres , en sorte que ses tableaux , 
pleins de vérité et d'une exécution 
admirable, inspiroient la terreur et 
lellroi. Parmi ces compositions ex- 
traordinaires , on cite un Enfer où 
J. C. délivre les patriarches tandis 
que les diables prennent Judas par 
le cou, le retirent de l'enfer et le 
vont pendre en l'air. Dans une Fuite 
en Egypte , saint Joseph demande le 
chemin à un paysan; le fond est un 
paysage où l'on voit dans le loin- 
tain une grande quantité de peuple 
qui regarde dauser un ours. La ma- 
nière de Jérôme Bos est facile et 
prompte , et comme il peignoil tout 
au premier coup, sur des panneaux 
blancs , ses tal)l<;aux n'ont pas cliati- 
gé ; ils paroissent faits de rien , on y 
aperçoit même l'impression des pan- 
neaux , sous des tons de couleurs 
glacés, et ils sont heurtés avec es- 
prit. Ses ouvrages sont fort chers; 
ils sont dispersés dans les églises et 
dans les cabinets. On en voit plu- 
sieurs à Bois-ie-Duc, à Harlem , et 
en Espagne, à l'Esciirial, où ils sont 
conservés avec le plus grand soin. 

t III. BOS ( Lambert ) , profes.seur 
en grec daus runiversilé de Frane- 
ker, né à Workum dans les Pays- 



BOS 

Kas en 1670, éioil un savaul iini- 
qiiemenl occupé de l'élude. U se 
maria cependant à 4^ «•ns , et il eut 
deux lilles. Le mariage ne diminua 
pas son ardeur pour le travail , et on 
a de lui divers ouvrages, estimés 
par leur profonde érudition. 1. Une 
édition de la T'^eisiun grccyi/c 
fies teptanle , Franeker , 1709 , 
en 2 vol. in-4'*, avec des variantes 
et des prolégomènes. 11. Obseita- 
ttones in novum Testameiiium , 
1707, in-S"; — in quosdam auc- 
tores gtœcos , 171 5, iii-8°. \\\. Une 
nouvelle édition de la Grammaire 
grecque de Vellerus , avec d.'s addi- 
tions. IV. Les Âihiiquilés de la 
Grcce, Leyde, 174", in-8°, traduites 
en l'rançais , avec les Conwneiilaires 
de Frédéric Leisner, par La Grange, 
Paris, 1769, iu-12. V. Ellipses 
grœcœ , ouvrage classique dans son 
genre, dont la 1"-' édition, euri- 
cliie par d'autres sa\ ans , a paru à 
Leyde . chez Hauk, eu i75o, iii-12. 
— M. F. H. Schœfer en a donné une 
sorte de Variuritm à Leipsick eu 
iSog. Ce savaul mourut à Franeker 
en 1717. 

V IV. BOS (Charles-François du ), 
grand-archidiacre, grand-vicaire et 
doyen du chapitre de Luçou , mort 
en celte ville l'an 1724 , étoil né au 
chaltau du Bos dans le diocèse de 
Sainl-Flour. On a de lui la coiitiniia- 
tion des Conférences de Luçon , 
dont lalibé Louis avoil donné 5 vol. 
en i(5b5. Les conunandemens for- 
ment 2 volumes; le Bap ènse et la 
Coniirraalion , 1 vol. , et rEncha- 
ristie , 2 \ ol. Dix ans après du Bos 
donna la Pénitence, 2 vol. — lEx.- 
Iréme-onction, ''Ordre et le Ma- 
riage, 2 vol ; le Symbole, 2 vol. ; 
la Prière , 2 vol. ; les Evangiles , 
2 vol. ; saint Paul aux Romains , 
2 vol. ; aux Corinthiens , première 
épitre , 2 vol. ; seconde épitre , 
a vol. ; aux Gala les , 1 vol. ; aux 
Hébreux, i volj àTileelà Timo- 



BOSC i5i 

thée , ï vol. Sur le sacrifice de la 
Uesse , 1 vol.; et le Catéchisme de 
Luvou, 1 vol. ; en tout ii6 vol. in-12. 
Ou a ei.core de lui la f-^ie de Baril- 
Ion , évèque de Lnçon , 1700, in-i 2 , 
dont il avoit imité les vertus , et 
nui avoit employé ses talens au gou- 
vernement de sou diocèse. 

V. BOS. rojez DuEos. 

t L BOSC ( Jacques du ) , Nor- 
mand , auteur de Vllonncle femme 
et de la Femme héroïque. Pans, 
i6;i5 , in-4°, étoil cordelier. D'A- 
blancourl, ami de du Bosc, honora 
ï Honnête l'emnie d'une préface cu- 
rieuse, dans laquelle il s'élève contre 
les critiques ignorans. Le second ou- 
vrage n'eut pas la même vogue. 
Jacques du Bcsc, apr^s avoir exercé 
sa plunre sur les fennnes , se mêla 
de controverse. Il écrivit contre les 
solitaires dePort-î\oyal; mais voyant 
qu'il n'éloil pas de leur force , il 
abandonna le combat. 

t II. BOSC ( Pierre -Thomines 
du ) , né à Bayeux en iGa.T , devint 
miuistre de l'église de Caen , puis 
de celle de P«oterdam , après la ré- 
vocation de l'édit de Nantes. Il avoit 
été député en 1698, pour faire des 
remontrances à Louis XIV sur une 
déclaration donnée deux ans aupa- 
ravant contre les calvinistes. Ce 
prince dit «qu'il venoil d'entendre 
le plus beau purleur de son rcyaume.» 
Du Bosc mourut en 1792. On a de 
lui 7 vol. de Sermons, qui tiroient 
leur principal mérite de son acticir 
et de sa bonne mine. Il eut de la 
réputation dan» son parti. P'ojcz sa 
vie par Le Gendre, 1716, in-8". 

* IIL BOSC ou A Bosco (Olivier 
du), de sou temps un des plus elo- 
queiis orateurs de Rouie, fui jeîe 
dans la prison du château Saiul- 
Ange , pour avoir parlé trop libre- 
. meut eu chaire contre les ordïts- 



l52 



BOSC 



religieux. Après une longue (léleii- 
lion , rendu à la liberté , il se ruina 
dans l'alchimie. Paul V i'avoit 
noniraë abbé de Beaulieu. 

t IV. BOSC d'Antic ( Paul ) , 
docteur en médecine , médecin du 
roi par quartier , correspondant de 
l'académie , et de plusieurs sociétés 
savantes de l'Europe, uacjuit à Pé- 
reységilde, dans le haut Languedoc, 
eu 1726. Après avoir étudié la mé- 
decine à Castres et à Montpellier, il 
fut reçu docteur en cette science à 
Hardewick en Hollande, les lois sur 
les proteslaus ne perm<«ttant i)as 
mie les sectateurs de la religion ré- 
fLirmée , qu'il sui voit , le fussent en 
France. C'est de cette vilie qu'il 
passa à Paris, où il parvint à gagner 
)'amitié de Réaumur et de Nollel, 
à l'école desquels il lit des progrès 
rapides dans la physique, la chimie 
et dans l'application de ces sciences 
aux arts utiles, principalement aux 
manufactures à feu ; ces études l'é- 
cartèrent im peu de celle de la mé- 
decine qu'il ne négligea pas telle- 
ment qu'il ne pût suivre les prati- 
ciens les plus exercés de son temps. 
En Ijb^, la manufacture des glaces 
de Saint-Gobin, par une suite de 
procédés vicieux , ayant perdu le fil 
de sa routine , se vit dans l'impos- 
sibilité de faire des glaces marchan- 
des ; elle demanda à l'académie des 
sciences de lui indiquer \m homme 
capable de recounoître la source du 
mal et d'y remédier ; Bosc d'Antic 
fut envoyé et remplit son attente. 
Deux ans après il revint à Paris , où 
il s'occupa de rédiger les observa- 
tions et de publier les expériences 
qu'il avoitfaites pendant son séjour à 
Saiul-Gobin. Il déî>uta par un Mé- 
moire sur lea causes des bulles qui 
se trouvent dans le verre ; celui sur 
celles des soufflures de métaux le 
suivit de près ; l'un et l'autre sont 
remplis de vues lumineuses et nou- 
velles, Eu 1758, rétablissement de 



BOSC 

deux manufactures de verrerie , dan» 
lesquelles il étoit intéressé , n'ayant 
pas répondu aux résultats qu'il en 
allendoit, par la faute des sociétai- 
res , Bosc d'Antic n'en continua pas 
moins ses études littéraires , et ce 
fut même dans cet intervalle qu'il 
remporta le prix que l'académiti 
des sciences avoit proposé sur les 
moyens de perfectionner la verrerie, 
et qu'il publia son mémoire sur la 
nature de la matière électrique , et 
sur la cause de la graisse du verre. 
Quelque temps après il donna uu 
autre Mémoire sur la faïencerie ; 
où les nouveaux aperçus qu'il déve- 
loppa ont contribué au perfection- 
nement des manufactures de fa'ience. 
Bosc d'Antic, toujours malheureux 
dans ses entreprises, par l'intidélilé 
de ses sociétaires, en fut encore vic- 
time dans une maiiufacture de ver- 
rerie en Auvergne. I\lalgré ces re- 
vers , cet esprit d'observalion qui le 
suivoit par- lont donna lieu à un 
Mémoire sur la fause émeraude ou 
spat/i fusible , à une Analyse des 
eaux thermales de Chaudes- J igues, 
et à un travail 5///- remploi du ba- 
salte dans la verrerie. Envoyé en 
Angleterre par le gouvernement 
pour objet relatif aux arts, il donna 
son mémoire , intitulé Essai des 
mines à feu , celui sur le commerce 
de la potasse , et celui sur \a fabri- 
cation du verre en table. A son 
retour d'Angleterre, il s'occupa plus 
particulièrement de la médecine , 
dans laquelle il obtint de nouveaux 
succès par les cr.res des maladies 
chroniques et des laits répandus , sur 
lesquelles il manifesta des idées neu- 
ves qui , malheureusement, n'ont pas 
été suivies par ses successeurs. Après 
une carrière laborieuse consacrée 
au.x progrès des arts et à l'utilité de 
ses concitoyens , Bosc d'Antic mou- 
rut en 1784, regretté des amis des 
arts et de tons ceux qui eurent l'a- 
vantage de le connoitre. Le recueil 
de ses nvJmoires a été publié chez 



BOSC 

Cncbel, 2 vol. in-i a. lia laissédeiix 
tils qui inarchenl sur ses traces, et 
dontlun est membre de l'instilut. 

7 ROSCAGER ( Jean) , juriscon- 
sulle de Bézifrs, né en cette ville le 
20 août i6oi , et mort le 10 sep- 
tembre 1687, âgé de 86 ans, euseigua 
le droit à Paris avec succès. îl laitsa 
UU8 Inslilution au droit français 
et au droit romain , avec des noies , 
Paris , 1686 , iu-4''. Uu triste acci- 
dent causa la mort de Boscager ; il 
se promenoit seul à la campagne , à 
six. lieues de Paris ; il tomba dans un 
Ibssé , et n'en fut relire mourant que 
le lendemain. 

* BOSCAMP (de), conseiller privé 
du i^i de Pologne. 11 avoit joui long- 
temps de la confiance de ce prince ; il 
fut un des prisonniers condamnés à 
mort et exécutés par ordr;-, du peu- 
ple de Varsovie, le 27 juin 1794 , à 
la suite du soulèvement contre les 
Russes. 

t BOSCAN Almogaver 

( Mosen Juan), naquit à Barcelonne 
vers la fin du i5* siècle , d'une fa- 
mille noble et ancienne. Il embrassa 
de bonne heure la carrière des 
armes ^ et fit plusieurs voyages, dont 
quelques-uns à la suite de l'empe- 
reur Cbarlis V. Ses qualités morales 
et ses conuoissauces lui méritèrent 
la place de précepteur du grand-duc 
d'Âlbe , don Ferdinand. Ce poêle 
s'est rendu célèbre comme réforma- 
teur de la poésie espagnole. On lui 
doil de l'avoir enrichie de la rime 
qu il emprunta des Italiens , et d'a- 
Toir introduit dans son pays, avec 
le bon goiU dont ils étoient alors 
dépositaires , leurs différens genres 
de composition. Boscan dut l'idée de 
cette révolution littéraire, favorisée 
par le célèbre Garcilasso de La Véga, 
à André Navagéro, alors ambassa- 
deur de Venise auprès de Charles V. 

T. III. 



BOSC 



IDv 



Au reste , ce genre de versificalioa 
n'étoit que tombé eu désuétude chez 
les Espagnols ; le marquis de San- 
tiUane et fnigo Lopez de Mendoza 
favoienl déjà fait connoître. Ce der- 
nier fut devancé bien long-temps 
auparavant par finfant don Juan 
Manuel , qui dut lui-même l'origine 
de ces sortes de poésies à nos anciens 
troubadours. Il mourut vers Tau 
1543. Les ouvrages qu'il a laissés 
sont , 1° quatre livres de poésies 
dii^erses , dont le premier renferme 
des pièces de vers composées à l'an- 
cienne manière espagnole. Les livres 
•2" et 5^ renferment des sonnets , 
des stances , des épitres , et autres 
poésies dans le goût italien. On y 
trouve aussi la fable de Léandre et 
Héro , traduite du grec. Le 4* livre 
comprend lespoésies de Garcilasso de 
La Véga son ami intime. Ces ou vraies 
ont été imprimés en espagnol à Mé- 
diua-del-Campo en i.t^^, à Lyon 
en 1549 > ^t à Venise en i553. Bos- 
can a -traduit en ouUe une tragédie 
d'Euripide, maison ignore laquelle; 
et /e Courtisan , ouvrage écrit en 
italien par le comte Ballliasar Cas- 
teliou. 

* I. BOSCH ( Jacob ) , peintre 
hollandais , né à Amsterdam eu 
i656 , et mort en 1676 , peignoit 
les fruits , et il a excellé dans ce 
genre. 

* II. BOSCH (Balthasar Van der), 
peintre, né à Anvers en 1675 , eut 
pour maitre Thomas, qui peignoit 
des figures dans le genre de Téniers. 
Il rendoit ses fonds (ntéressans eu 
les enrichissant de curiosités , de 
bustes, de vases, etc., comme les 
cabinets des curieux. Van der Bosch 
étudia la înème manière, mais on. 
lui conseilla de donner plus de no- 
blesse à ses figures; on trouvoit ri- 
dicule que des appartemens riches 
ne fussent occupés que par le bas 

10* 



i54 BOSC 

peuple : le seul Téniers les a rendues 
séduisantes par sa louche spiriluelle 
el la variété , mais ne les déplaçoil 
point; ses paysans sont daus les 
campagnes ou dans leurs chaumières, 
on ne les trouve point dans des pa- 
lais ni dans des galeries. Van der 
Bosch protila de ces avis ; son pin- 
ceau acquit plus de noblesse ; et il 
vit acheter ses tableaux très-cher. 1! 
fit aussi des portraits qui réussirent. 
Le duc de Marlboroigh , enchanté de 
ses productions , lui fit faire son por- 
trait à cheval. Il eut beaucoup de 
succès. Enfin on payoit ses tableaux 
plus cher que ceux de Téniers et 
d'Ostade. En général , ses sujets sont 
hieu pensés : ce sont assez souvent 
des peintres ou des sculpteurs daus 
leurs ateliers , avec des modèles., et 
leurs élèves, entourés de bustes de 
marbre , de bronze , etc. Sans une 
extrême finesse de dessin , on y 
trouve de bonnes formes et toujours 
une couleur séduisante; sa touchées! 
spirituelle, son pinceau précieux, 
ses figui-es galantes et habillées sui- 
vant la mode, ses étoffes fort bien 
imitées : avec tout cela , ses tableaux 
n'ont pas la valeur que ses compa- 
triotes leur donnèrent dans le temps. 
Us sont très-rares en France. 11 y en 
avoit deux de ses plus beaux à Gaud, 
et son chef-d'œnvre éloil à Anvers , 
dans la salle de la confrérie de l'ar- 
balète : on y voyoit tous les chefs de 
celte compagnie, peints en pied d'a- 
près nature. Van der Bosch mourut 
en 1716; il éloit alors directeur de 
l'académie d'Anvers. 

t BOSCHAERTS ( Thomas 'Wil- 
LEBORTs), peintre llaïuand, naquit à 
Berg-Op-Zoom en 161 5. Le crayon 
et le pinceau turent les amusemens 
de son enfance. A douze ans il fit son 
portrait. Le prince d'Orange, admi- 
rateur de ses tableaux , les enleva 
tous , et appela l'artiste à La Haye, où 
il l'occupa à embellir son palais. Ce 



BOSC 

peintre se distingua dans l'allégorie 
et par le coloris. 

* BOSCHINI (Marc), Vénitien, 
peintre eu miniature el à l'huil'', , 
dessinateur , graveur^u burin el à 
l'eau-forte, et poète, vécut vers le 
milieu du ib'^ siècle. Il a laissé les 
ouvrages suivans : Le Royaume de 
Candie dessiné et gravé en dijjé- 
reiiles planches ; l'Archipel ; la 
Carie d'un voyage pittoresque par 
mer; les Bijoux pittoresques. Ses 
travaux lui valurent une grande 
quantité de très-beaux préscus , en- 
tre autres, dans le mois d'août 1661 , 
trois chaines d'or; lune de l'empe- 
reur , une de l'archiduc d'Autriciie , 
l'autre d"AlfonselV,duc de Modène. 

* BOSCH ILS ( Jean ) , né dans 
l'é'. tché de I-iège , vers le coinmen- 
ceiuenl du ib^ siècle, fut appelé eu 
i.T.'iS à l'iiuiversilé il lugohtadt , où 
il enseigna pubiiquemeut la méde- 
cine , el se fil considérer par ses 
connoissances dans les langues et 
It'S belles- lettres. Il commença les 
premières séances de sou cours par 
la lecture d'un excellent discours 
sur les qualités d'un bon médecin , 
et sur les différens auteurs qui ont 
écrit sur cette science. On le trouve 
dans Je premier volume des Dis- 
cours de celle université. Il est sous 
ce litre : Oiatio de optinto mcdico 
et medicinœ aucloribus. Boschins 
aimoit beaucoup la lecture : il en 
profita pour faire des extraits qu il 
a rassemblés dans les ouvrages sui- 
vans : I. De peste liber, Ingolslariii, 
iSG^jin-Zi". II. Concordia philo- 
sophorum et medicorutn de hu~ 
mano conspectu , atque fœtus cor- 
poraturâ, iticremento, animatione, 
morâ in utero , ac iiativif.a'c. , In- 
golstadii , 1.Ô76 et 1.588, in-4*'. 11 
a fait encore quelques petits traités. 

BOSCHIUS ou BOSCH, royez 
Dubois [ Jérôme. ) 



BOSC 

* BOSCIIUS ( Hippolyte ) , de 
Ferrare , où il enseigna la médecine 
vers Ui fin du i6^ siècle, est auteur 
des ouvrages stiivanf : I. Devidne- 
libus à bellico fulmine i/./alis. 
Ferrariae, lôgf), i6o5, \\i-^° .\[. De 
faciiLtate analomicd per b/ei'es lec- 
t lunes , cum quibusdam obaenjatio- 
nibus, Feiraris , 1600, in-zj". 111. 
JJe lœsione molûs digitorum , et 
macie brachii sinlslri consilium. 
On le trouve dans le rec\ieil que 
Joseph LauterLach fit imprimer à 
Fiaucfort en i6o5, in-4". IV. De 
curandis vi/lneribus capltis brevis 
?nct/iGdus. Ferrariae, 1609, iu-4''. 

BOSCO ( Joanues à Bosco ) , 
Voyez Bois , n" Il , et Sacroeosco. 

EOSCOVICH ( Joseph-Royer), né 

à Raguse le 18 mai 1711, y lit ses 
premières études sous les jésuites. Il 
entra dans leur noviciat à Rome en 
1725. Un penchant décidé pour les 
niathénia'iicpies l'en (it nommer 
professeur, et il commença ses le- 
vons publiques au collège romain en 
17^40. Déjà antérieurement il avoit 
donné beaucoiip de levons particu- 
lières et publié des dissertations. Ses 
exercices au collège romain lui don- 
nèrent occasion d'en publier d'au- 
tres sur la roiationdu soleil , pro- 
blème qu'il résolut le premier sur 
la lumitre, le f'.ux et le rellux de 
la mer. En itôo, il obtint du car- 
dinal Vaienti des oidres pour la me- 
sure des degrés de la terre eu Italie. 
11 s'en occupa avec le P. Chaire , et 
le résultat de ce grand travail a pro- 
duit un vol. in-4", qui a élé traduit 
en français sous le même format 
par le P. Htigon, jésuite, sous le 
nom de Châtelain. Paris, chez Til- 
liard, 1770. Les mesures du de"ré 

T'A 1 r.- " 

laites en Autriche, en Piémont, et 
même celle d Amérique , exécutées 
pur des Anglais , furent entreprises 
à sa sollicitation et par le crédit 
t^uil avoit aup;è3 de» souverains et 



BOSC i55 

des gens en place. Ce fut lui qui ob- 
tint égaleuuut la restauration de la 
grande méridienne de Florence , qui 
a 277 pieds do hauteur , et dont le 
P. Xuuenez a [jublié la description. 
Un des meilleur.-, ouvrages de Bos- 
co vicb a pour objet les difi'éreutes 
lois de la nature el celifî de l'attrac- 
tion , coiisidérée counne ime suite 
dune loi universelle , à laquelle il 
remonte avec au taal d_' sagacité que 
de profondeur dans les malhémati- 
ques et la métaphysique. Personne 
n'a fait une réunion plus rare el 
plus utile de ces deux sciences. Ce 
livre aélé imprimé en i758et 1768. 
En celle dernière année , le P. Bos- 
covich fut demandé par l'université 
de Paris qu'on venoit de rétablir, 
et il y prnlessa pendant six ans. D« 
là il passa à I\lilan , et y fut pendant 
trois ans professeur d'astronomie el 
d'optique aux écoles palatines. En 
1770 , lors de la suppression des jé- 
suites eu Italie , il fut invité à venir 
à Paris , et il obtint le tiire de di- 
recteur de l'optique de la marine 
avec une pension de 8uoo fr. sur la 
marine el les affaires étrangères , 
qui devoit être remplacée par un 
béiiéfiGe. Son nouveau titre fut une 
occasion pour lui d'étendre ses re- 

I lurches vers la partie de l'opti.jue 
la plus (lifhcile et la plus neuve , la 
théorie des lunettes acromaliquc,-. 
Elle occupe un tiers des cinq vol. 
in- 4° qu'il a publiés en 1785. {f'oy. 
Journal des Savans , mai 1786. j Sa 
uiélhodepour calculer les coniele;-, 
est une des plus élégantes et des 
plus ingénieuses qu'on ait imaginées. 
Son esprit ne fut point desséché par 
les calculs : la poésie l'occupa beau- 
coup , el &on puënie latin sur les 
Eclipses la rendu le rival de Lu- 
crèce. 11 ne fut pas non plus étran- 
ger à la politique. La république de 
Lucques le chargea de ses affaires 
dans des circonstances importantes , 
et il lui rendit des services essentiels. 

II avoit voyagé dans toutes les par- 



i5r, BOSI 

lies tic l'Emope , el même en Tur- 
quie, el la relation de ce voyage a 
été imprimée. Son mérite et l'ama- 
bilité de son caractère neinpèchè- 
renl pas qu'il n'éprouvât c!e la pari 
de quelques savans des désagrémens 
aux<iuels il fut trop sensible, el qui 
le déterminèrent à quitter Paris en 
1 783 , pour aller faire imprimer ses 
ouvrages eu Italie. De là il se retira 
à Milan ,011 l'empt^reur lui conlia de 
nouveaux travaux. 11 préparoil l'im- 
pression de ses Comaieiitaires sur 
les deux derniers volumes du poëme 
astronomique de 'SI. Stay , quand une 
attaque d'apo])lexie termina sa car- 
rière le 12 février 1787. 

*BOSE (George-]\Iathias), docteur 
de la faculté de médecine de Leip- 
sick , el professeur de physique à 
"W^iltemberg , fui nommé correspon- 
danl de l'académie des sciences de 
Paris en i74.). Ses principaux ou- 
vrages sont , I. Oit a Tf ittebe/^en- 
sia, Wiltebergae , lySg, in-4°. II. 
Te/ilami/ia e/eclr/ca tandem ali- 
quando h.ydraulicœ , chymiœ et 
vegetalibus «^///a,ibid. i747,in-4°. 

t I. BOSIO (Jacques ) , Bosius , 
natif de Milan , selon La Casanate, 
ou de Malte, fut frère servant de 
l'ordre de Malte. Ce religieux étant 
retenu à Rome auprès du cardiual 
Péirochmi, son patron, pour les af- 
faires de son ordre, dont il éloit 
agent ou procureur général, profita 
de ce séjour pour y composer l'His- 
toire qui porte son nom , sous ce 
titre : Dcli Istorla délia sacra Re- 
Ugione , deli illiistiissuna militia 
di sau Gioano GierosollmUano. 
Cet ouvrage , qui contient quarante 
livres , est partagé en 5 vol. in-folio, 
imprimés à Rome en 1621 , 1629 el 
i684- Cette histoire a été traduite 
en français par de Boissat , sieur de 
I.icien , sous le titre d'Histoire de 
Malte. Paris, i6f)4 , in-folio. Les 
envieux de la gloiredeBosio ont pu- 



BOSO 

Wié qu'il avoil remis ses Mémoires 
à deux cordeliers de la grand'man- 
che , appelés en Italie les Grands 
J'rères , el que ces deux religieux 
ont mis son livre dans la forme 
qu'il a aujourd'hui. Cet ouvrage est 
moins recherché pour le style que 
pour la multitude et la rareté des 
fait» dont il est rempli. La plupart 
des historiens nationaux, qui d«- 
p .is Hosio ont voulu donner l'His- 
toire de Malte en leur langue , n'ont 
été qne ses copistes ou ses abrévia- 
teurs. 

Y II. BOSIO (Antoine) , agent de 
l'ordre de Malte , et neveu du pré- 
cédent , naquit à Malte. Son recueil 
inlilulé 7?ci//7rt Sotteranea , Rome 
i632 , in-folio , renferme la des- 
cription des tomheanx et épitaplies 
des premiers chrétiens , qu'on trouve 
dans les catacombes de cette capitale 
de la catholicité. Il passoit, dans les 
souterrains quelquefois cinq ou six 
jours de suite. Bosio mourut en 
1629. Un prêtre de l'oratoire de 
Rome , le père Aringhi , traduisit 
son livre d'Italien en latin, en deux 
volumes in-folio , i65i. Les ama- 
teurs des antiquités ecclésiastiques 
font grand cas de cette version, plu» 
•impie que l'ouvrage. 

BOSIUS ( Jean-André), né à Lei^)- 
sick en 1626, et mort en 1676 à 
lène, où il éloit professeur d'his- 
toire , a publié une introduction à 
la politique , sous ce litre : JJe com- 
parandâ prudentiâ civili curn no- 
titiâscriptorum politicorurn, 1698, 
in-4°. Cet écrit est savant et judi- 
cieux. 

BOSON , comte d'Arles , beau- 
frère de Charles-le-Chauveet gendrfe 
de l'empereur Louis II, obtint en 
879 le litre de roi de Provence, en 
partie par son courage ( ^ojezEN- 
Gi:LBEF.GE), en partie parla poli- 
tique. Le concile de Mante, dans le 



BOSQ 

territoire de Vienne, leint et le cou- 
ronna. Bosou , au comble de ses 
vœux , affecta de se reconnoitre in- 
digne du sceptre ; « mais je u'ose , 
répondit-il, résister à vos ordres, 
persuadé qu'il faut obéir a\jx évè- 
ques inspirés fie Dieu. » Voyez 
BÉRENGER , n° I. 

* BOSQUET (George ), avocat à 
Toulouse, est auteur de Hugoneo- 
rum hœreticorum Tolosca conju- 
ra forum p/q^igalio, '\mT^r\mékToi\- 
louse en i5fî3 , et tlétri par un arrèl 
du conseil de la même année. T'oyez 
Peignot , liv. br. 1. 1 , pag. 44- 

t II. BOSQUET (François), évê- 
que de Lodeve , puis de IMoutpel- 
]ier, naquit à Narbonne en iGof) , et 
mourut en 1676. Il avoit été d'abord 
juge royal de sa patrie, ensuite de 
Guieune, puis du Languedoc. Ce fut 
undesplussavaus et un des plus illus- 
tres prélats du 17* siècle. Il se fit sur- 
tout remarquer par la comioissaiice 
qu'il avoit acquise des antiquités 
ecclésiastiques et du droit français. 
Dans un voyage qu'il fit à Rome , 
au commencement du pontifical 
d'Alexandre VU, le sacré collège lui 
rendit des honneurs singuliers , et 
le pape même lui donna de grancks 
marques d'estime. On a de lui : I. I,es 
Epîtres d'Inuocent m, avec des re- 
marques curieuses. II. Les Vies des 
papes d' Avignon, iu-S", 1 652, dont 
Baluze a donné une nouvelle édition, 
1693, 2 vol. in-4°. 111. Historia 
Ecclesics gallicanœ , in - 4" , 1 636. 
On lit dans sou épitaphe : Gregem 
verho et exemplo sediilà panit , 
largus e/gapauperes , sibi parcis- 
sirnus, omnibus benignus , etc. 

* BOSQUIER (Philippe), récollel, 
né à Mons en i56i , professeur de 
théologie à Ath , s'appliqua à la pré- 
dication , à traduire quelques ou- 
vrages latins , et à les enrichir de 
uoles. La plupart de ses ouvrages , 



BOSS 



] j 



.T'î 



d'abord imprimés séi):'r^'ment , ont 
éié réunis en trois volumes in-folio , 
à Cologne, 1621. On trouve dan.«! 
ces sermons , comme dans presque 
tous ceux de son temps , des pas- 
sages de lEcriture sainte , des Pères, 
des raJjbins , des controversistcs , 
des poêles , et de presque tous les 
auteurs grecs et latins. Il fit impri- 
mer à Mous , en 1 ;')&(.) , une pièce de 
théâtre , sous le litre singulier du 
petit rasoir des orncmeiis mon- 
dains. 

• BOSQUILLON(Cliarles-Pierre), 

avocat au parlement de Paris, élec- 
teur de celle ville en 179061 1792. 
Il s'opposa, à cette dernière époque, 
à la noininalion de Manuel à la 
place de procureur de la commune. 
En qualité de juge de paix , il avoil 
instruit une procédure contre les 
instigateurs delajouruèedu 20 juin, 
où une midlilude des faubourgs pé- 
nétra dans le château des Tuiler.es. 
Le 3o août , faisant une proclama- 
tion à l'Estrapade, où demeurol 
Bosquillon , Manuel affecta de 5e 
tourner vers sa maison , en disant : 
«Le jour des vengeances est arrivé, 
les traîtres vont périr. » Le lende.- 
inain Bosquillon fut arrêté parorcLra 
du couiilé de surveillance et con- 
duit à l'AbÎjaye , où il fut massacc 
deux jours après. Il étoit à celle 
époque juge de paix de la sectiOn 
de l'Observatoire , et âgé de 4o ans. 

* BOSSCHAERT (N.), peintre 
de Heurs, né à Anvers l'an 1696, 
est le meilleur élève de Crépu. Il 
avoit un pinceau délicat , et douuoil 
une grande légèreté à ses fleurs ; s.'S 
tableaux ont élé recherchés, tt il 
fut quelquefois employé par d'autres 
artistes pour peindre des fleurs dans 
leurs tableaux , comme étant un 
des plus hal)iles en ce genre. 

* BOSSCHE(Guillaurae Van dei), 
de Liège, fui laédecin et écheviu 



i38 BOSS 

de la ville de Dtudeimoncle. Il est 
connu par un ouvrage intitulé Hls- 
toria rnedica , in qi/d li.bris qua- 
tuor animalium nalura et eontin 
médita utililas exacte et luculen 
ter tractaniur. Bruxellae , iGSg , 
iu-4° avec ligures. L'anteur rap- 
porte, dans celle histoire, tout ce 
que les naluralisles et les médecins 
ont dit sur les remèdes tirés du rtgne 
animal ; mais, comme il manque de 
critique , il reçoit toutes les opi- 
nions , et les avance avec la con- 
fiance qu'on donneroit aux choses 
les plus démontrées. 

t BOSSE ( Abraham ) , graveur, 
né à Tours en 161 1 , donna les pre- 
mières leçons de p. rspeclive d;ins 
J'académie de peinlure de Pari". Il 
coimoissoit lrès-l)ien celle partie , 
ainsi que larchitecture. Ou a de lui , 
I. trois bons Traités sur la manié- 
re de dessiner les ordres d'archi- 
tecture , iP'S4, in-fol. ; sur la gra- 
vure, i6-q5 , in-8°: sur la perspec- 
tii^e, i652, ia-b°. II. Bepréscnta- 
tiofi de dii'erses figures humaines, 
avec leurs mesures prises sur des 
antiques qui sont de présent à 
Rome, Paris, iG-SG, petit format 
tout eu gravures. Ses esUunpes , 
gravées à l'eau-forte , mais d'une 
manière partie ulière , sont agrén- 
bles. L'ouvrage de Bosse sur la gra- 
vure a élé redonné an public en 
1758 , grand ui-b" , avec les remar- 
ques et lesaugmentatioiisde Cocbin 
fils. in. Le peintre converti aux 
pieuses et universelles rigles de 
son art, Paris, 1667, in-S". Cet 
artiste , suivanl Joml>ert, étoit d'un 
caractère exlrèmemtnt vif" et turbu- 
lent : il s'attira plusieurs ennemis 
redoutables , au sujet des divers 
traités de perspective de Desargues, 
tju'il mit au jour. Il avoit adoplé 
k-.s idées de ce dernier , contre le 
seutinîeiit de Le Brun et des plus 
habiles académiciens. Cette contes- 
laUou di^vint si violente, par la 



BOSS 

chaleur et la vivacité avec laquelle 
Bosse soutenoit son sentiment, qu'on 
fut obligé de l'exclure des assem- 
blées , et même de le bannir entiè- 
rement de l'académie, parce qu'il 
avoit publié quelques écrits inju- 
rieux conire ses principaux mem- 
bres. Bosse mourut dans sa patrie 
vers 1660. 

* EOSSI f Benigno ) , ué en 1727, 
dans le duché de Milan, montra 
de bonne heure tant de goût et de 
dispositions pour le dessin , que ses 
;,>arens se délcrmiuèrent à l'envoyer 
des l'âge de 10 ans à Nuremberg , 
où il prit des leçons d'un niailre 
pendant quelques années. Envoyé 
ensuite à Dresde pour se forlilier , 
il s'exerça à la peinture et à la 
sculpture , et paroissoit vouloir se 
livrer exclusivement au premier de 
ces deux arts; il éloit même sur 
le pomt de se rendre à Rome pour 
y perfeclionner son talent sous Pom- 
péo Battoni , lorsque la mort de 
son père vint détruire ce projet. On 
lui conseilla alors de graver à l'eau- 
forte , et il s'y livra jusqu'à la 60* 
aimée de sa vie. On a de lui plu- 
sieurs suites de te tes , des petits 
sujets , des vases , et beaucoup de 
vignettes. 

* BOSSlNflAC ( Peire de) , trou- 
badour, appelé mal à propos Buci- 
gnac , Busignac , on /îos'gnac par 
Millol et ses copistes , éloil un clerc, 
genlilbomme d'H.iutefort , qui tlo- 
ri.ssoil vers la hn du i5^ siècle; il 
composa des Sinentes contre les 
femmes de mauvaise vie. La seule 
pièce que nous ayons de lui atta- 
que les femmes en général. Elle se 
trouve- dans le manuscrit de la bi- 
bliothèque impériale, fonds de I-a 
Vallière , 11° 2701 , in-fol. 

BOSSIO. rayez BosHVs. 

* BOSSO (Donato) , né à Milan 



BOSS 

en i45f5, avocat célèbre , écrivit 
une chroiiiriue rlepiiis le commence- 
ment du monde jusqu'à l'an j4q- , 
Sons le titre : Chronica Bossia/ia ; 
Caet. , 1492 , à Milan. L'ouvragt; a 
été imprimé aux frais de l'auteur. 

t BOSSU (René le), religieux gé- 
novéf;\in , naquit à Paris en i63i , 
d'nn avocat-général à la cour des 
aides. Il mourut sous-prieur de l'ab- 
baye de Saint-Jean de Chartres en 
1680. Il contribua beaucoup n for- 
mer la bibliothèque de Sainte-Ge- 
neviève de Paris. On a de lui , I. \J,n 
Farallcle de la p/tilosopkie de 
JJ esc a/tes et rl'Jristote , Paris , 
1674 , in-i 3 , qu'il vouloil concilier. 
« Il ne savoit pas , dit un bel esprit, 
qu'il falloit les abandonner l'une et 
l'antre. )> Non, il ne le savoit pas : 
Newton n'avoit pas paru , et Le 
Bossu éloil plus capable de raison- 
ner sur les chimères anciennes que 
de les détruire. 11. Un Traité du 
poëme épique , dont la 6*" édit. a 
été imprimée à La Haj'e , 1714, 
in-8", dans lequel on trouve des 
règles utiles. Un poëte qui s'est exer- 
cé dans ce genre, Voltaire, assure 
que ces règles ne sont ni dans l'I- 
liade , ni dans l'Odyssée ; et (jue, ces 
deux poèmes étant d'une nature to- 
talement différente , les critiques 
seroienl fort en peine de mettre 
Homère d'accord avec lui-même. 
L'embarras n'auroil pas été moindre 
à l'égard de Virgile , qui réunit dans 
son Enéide le i)lan de l'Iliade et 
celui de l'Odyssée. 

1 1. BOSSUET( Jacques-Bénigne), 
naquit à Dijon en 1627 , d'une fa- 
mille de robe , noble et ancienne. 
Il laissa voir dès son enfance tout 
ce qui devoit lui attirer dans la 
suite l'admiration publique. I^e plai- 
sir de s'instruire lui faisoil oublier 
les amusemens de son àgc. Ses jeu- 
nes camarades de collège, ne pouvant 
lui faire partager leurs jeux , s'en 



BOSS 



1^9 



vengeoieolpar un mauvais quolibet, 
en l'appelant Bussuetus aralro. An- 
noncé comme \\\\ prc lige aux Ijeanx 
esprits de l'hôtel de Rambouillet, 
il y lit, devant une assemblée nom- 
breuse et choisie , un sermon sur 
un sujet qu'on lui donna: il parla 
comme s'il se fût préparé. Le pré- 
dicateur n'avoit que 16 ans, et il 
étoit onze heures du soir ; ce qui fit 
dire à V^oitnre, si fécond en jeux 
de mots, te qu'il n'avoit jamais en- 
tendu prêcher ni si tôt ni si tard. » 
Ses païens le destinèrent d'abord , 
dit-on , au barreau. On a écrit qu'il 
y avoit en un contrat de mariage 
entre lui et mademoiselle Des">ieux, 
plus connue depuis sous le nom de 
mademoiselle de Mauiéon, iille d'es- 
prit et de mérite, et son amie dans 
tous les temps. Bossuel , après ses 
premières études, vint à Paris en 
1642 , et reçut le bonnet de doc- 
teur de Sorbonne en 16Ô2. De retour 
à Metz , où il étoit chanoine , il 
s'appliqua à la conversion des pro- 
testans, et en ramena plusieurs à la 
religion catholique. Ses succès eu- 
rent de l'éclat. On l'appela à Paris 
pour remplir les chaires les plus 
brillantes. La reine mère , Anne 
d'Autriche , lui fit donner , à l'âge 
de 54 ans , l'avent de la cour en 
]66i, et le carême eu 1662. Le 
roi lut si enchanté du jeune pré- 
dicateur , qu'il iii écrire eu son nom 
à son père, intendant de Soissou> , 
pour le féliciter d'avoir un lils qui 
l'immortaliseroit. « Eossuet, disoil 
madame de Sévigné , se bat à ou- 
trance avec son auditoire; tous ses 
se'rmons sont des combats à mort.» 
Un incrédule ayant voulu l'enten- 
dre ; «Voilà, dit-il en sortant de 
l'église, le premier des prédicateurs 
pour moi ; car c'est celui par lequel 
je sens que je serois converti , si 
j'avois à l'être. » Son carême de 
1666, son a vent de 1668 , prêches 
pour confirmer dans sa croyance le 
maréchal de Turenne , nouvelle- 



\6o 



BOSS 



ment cou verli à la foi catholique, lui 
valurenl IVvèché de Coadom. [,«; 
roi lui confia bieiilôl rédiuation du 
dauphin, en 1670. Un an après il 
se démit de lévèché de Coiidom , 
ne croyant ])oinl pouvoir garder un 
diocèse qu'il lui éloil iiniJOtsib'e 
d'administrer. Ce fut vers ce temps 
quil \)rono\v;& l' Oraison funèbre de 
Madame, morte subitement, au mi- 
lieu dune cour dont elle étoit la 
gloire et les délices. Personne ne 
posséda mieux que lui le talent de 
faire passer avec rapidité dans l'ame 
de ses auditeurs le senliineiit pro- 
fond dont il étoit pénétré. A ces pa- 
roles : ccO iiuil désastreuse! nuit 
effroyable! où retentit lontà coup, 
comme un éclat de tonnerre , celte 
nouvelle : Madame se meurt ! Ma- 
dame est morte ! » Toute la cour fut 
■vivem.'ul émue. Le pathétique et le 
sublime se partagent à te discours. 
On trouve une sensibilité plus 
douce dans les dernières paroles de 
l'Oraison funèbre du grand Condé, 
laquelle termina la carrière oratoire 
de Bossuet. « 11 Huit par son chef- 
d'œuvre , ainsi quauroienl dû faire, 
dit d'Alemberl , beaucoup de grands 
hommes , moins sages ou moins 
heureux, cjue lui.» «Prince, dit-il, 
en s'adressanl au héros que la France 
venoit de perdre, vous mettrez lin 
à tous ces discours. Au lieu de 
déplorer la mort des autres , je 
veux désormais apprendre de vous 
à rendre la mienne sainte ; heureux 
si , averti par ces cheveux blancs 
du compte que )'■ dois rendre de 
mou administration , je réserve au 
troupeau que je dois nourrir de la 
parole da vie le reste d'une voix 
qui tombe , et d'une ardeur qui 
s'éteint. » Il porta toute la vigueur 
qui caraciérise ses oraisons funèbres 
dans son Discours sur l'Jîisloire 
iiniuerselle, composé pour son élève. 
Ou ne peut se lasser d'admirer la 
rapidité avec laquelle il décrit lélé- 
vaiiou et la çLiule ds* empires ; les 



BOSS 

causes de leurs progrès et de leur 
décadence. On a observé judicieu- 
sement que c'étoil Ihistoire de la 
providence et de la nation juive ; 
cju'il donuoit pour cause aux gran- 
des révolutions des empires les dé- 
crets mystérieux de Dieu sur les 
juifs , comme l'astronome Ptolomée 
faisoil de la terre , qui est une des 
plus petites planètes , le centre 
unique de tous les mouvemens cé- 
lesies. K On a accusé Bossuet , dit 
d'Alembert, d avoir été, dans ce chef- 
d'œuvre , plus orateur qu'histo- 
rien , et plus théologien que philo- 
sophe ; d'y avoir parlé trop des juifs, 
trop peu des peuples qui rendent si 
intéressante l'histoire ancienne , et 
d'avoir, en quelque sorte, sacrifié 
l'univers à une nation que toutes 
les autres affectent de mépriser.» — 
11 répondoit à ce reproche que , b'il 
a voit paru , dans un si grand ta- 
bleau , négliger le reste de la terre 
pour le seul peuple à qui le vrai 
Dieu fût connu, c'est qu'il avoit cru 
devoir , non seulement à ce Dieu, 
dont il éloil le ministre, mais en- 
core à la France , dont le sort étoit 
conlié à ses leçons , de montrer par- 
tout au jeune prince , dans cette 
vaste peiniure, l'objet le plus propre 
h forcer les rois à être justes. I\I. de 
Sainte-Croix , dans son excel. cril. 
des hist. d'Al. , pag. 1 24 , juge vrai- 
semblable que l'ouvrage de Paul 
Orose a fourni à Bossuet l'idée d,e 
son immortel Discours sur l'his- 
toire universelle. Paul Orose ra- 
mène, comme lui, tous les événe- 
mens aux vues de la providence 
sur l'établissement de la religion 
chrétienne , mais c'est d'une ma- 
nière moins directe , et son plan 
n'est pas dessiné avec la même exac- 
titude. Les soins que Bossuet s'éloit 
donnés pour l'éducation du dan- 
j>hin furent récompensés par la 
charge de premier aumônier de la 
dauphine en 1680, et par l'évèché 
deMeaux en 1681. Ou prétend (jne 



BOSS 

Louis XIV aiiroil demandé pour 
lui le chapeau de cardinal , s'il u'a- 
voit cru que celte diguilé , que Bos- 
suel auroil honorée , ne devoit ap- 
partenir qu'aux prélats d'un grand 
jioni. On assure même queBo^suet 
ayant demandé levtché ds Beau- 
vais, Louis XlV , toujours suhju- 
gué par les mêmes préjuoés , le lui 
refusa, ne voulant pas donner une 
pairie à une homme dune noblesse 
nouvelle. On peut douter de ce fait. 
Quoi qu'il en soit , Bossuel obtint en 
1697 une cliarge de conseiller d'é- 
tat , et l'année d'après , celle de pre- 
mier aumônier de la duchesse de 
Bourgogne. Une affaire d'éclat , à la- 
quelle il eut beaucoup de part , 
iixoit alors les yeux: tiu public sur 
lui. Fénélon , archevêque de Cam- 
brai , venoit de publier son livre de 
l'Explication des maximes des saints, 
sur la vie intérieure. Bossuet, qui 
voyoit dans cet ouvrage des restes 
de molinisme , s'éleva contre lui 
dans des écrits réitérés. Ses enviemis 
attribuèrent ces productions à la ja- 
lousie que lui inspiroit Fénélon ; et 
ses amis à son zèle contre les nou- 
veautés. Au reste , il ne faut pas 
citer cette attaque contre Fénélon. 
Ou p.ut juger de l'irascibilité 'que 
Bossuet déploya dans cette querelle , 
par ce trait : « Qu'auriez-vous fait, 
si j'avois protégé M. de Cambrai , 
lui demanda un jour Louis XIV?» 
— «Sire , répondit Bossuet, j'au- 
roiscrié vingt fois plus haut : quand 
on défend la vérité , on est assuré de 
triompher toi ou tard. Réponse plus 
digne d'un fanatique que d un hom- 
me sensé. — 11 répondit au même 
prince , qui lui demandoifson sen- 
timent sur les spectacles : « 11 y a 
de grands exemples pour , et des 
raisonnemeus invincibles contre. » 
( F'orez Gexest. ) Il fut aussi zélé 
pour rexactiinrîe delà morale que 
pour celle de la foi. Le grand Ar- 
naukl ayant fait l'apologie de la Sa- 
tire de Despréaujji, svtr les femmes , 

T. III. 



BOSS 



iGi 



son ami et son panégyriste , l'évê- 
que de P.îeaux décida, sans hésiter, 
que le docteur avoit été trop indul- 
gent. 11 condamna la satire en gé- 
néral , comme incompatible avec la 
religion chrétienne , et en particu- 
lier celle qui est dirigée contre les 
femmes. Il déclara ueltement que 
celle-ci étoit contraire aux bonnes 
mœurs , et tendoit à détourner du 
mariage , par les peintures qu'on y 
fait de la corruption de cet état. — 
Ses mœurs étoient aussi sévères 
que sa morale. Tout son lempsétoit 
absorbé par l'étude , ou par les tra- 
vaux de son ministère. Résolu de 
linir ses jours dans son diocèse , 
dégoûté du monde et de la gloire , il 
n'aspiroit plus , disoit-il , « qu'à être 
enterré aux pieds de ses prédéces- 
seurs. )) Apres avoir dans sa jeu- 
nesse effrayé, par sa morale élo- 
quente , les souverains et les grands 
de la terre , il consola par celte mê- 
me éloquence les foibles et les in- 
digens confiés à son zèle. 11 ne dé- 
daignoil pas même de faire le ca- 
téchisme aux enfans , et sur-tout 
aux pauvres. « C'étoit un spectacle 
rare et toncliant , dit toujours le 
même écrivain, de voir le grand 
Bossuet transporté de la chapelle 
de Versailles dans une église de vil- 
lage , apprenant aux paysans à sup^ 
porter leurs maux a\ec patience, 
rassemblant avec tendresse leurs jeu- 
nes familles autour de lui , aimant 
l'innocence des enfans , la simpli- 
cité des pères , et trouvant dans leur 
uaivelé , dans leurs mouveinens , 
dans leurs affections , cette vérité 
précieuse qu'il avoit cherchée vai- 
nement à la cour. » — Il ne .ie per- 
meltoit que des délassemens fort 
courts , et ne se promenoit que ra- 
rement, même dans son jardin. Son 
jardinier lui dit un jour « Si jepiau- 
tois des saint Augustin et des saint 
Clirysostôme , vous les viendriez 
voir ; mais pour vos arbres , vous 
ne vous eu souciez guèi'e. ». — On l'a 
u 



IU2 BOSS 

accusé de n'avoir poiul eu assez 
d'an dans les controverses pour 
cacher sa supériorité aux autres. 11 
éloil impétueux dans la dispute , 
^ais il n etoil point blessé qu'où y 
mil la même chaleur que lui. Ce 
grand homme mourut le 12 avril 
1704. On commença à pnblier 
à Paris, en 1745, uue Collection 
des ouirages de Bossuet , en 20 
volumes in-4° , y compris les œu- 
vres posthumes. Les bénédictins de 
Saint-Maur en donnèrent ensuite 
une nouvelle édition , en 1768 , plus 
exacte et plus complète, en ai vol. 
in-4° , qui n'a pas été achevée. Voici 
ce qu'on trouve dans celle de 17^3, 
donnée sur les manuscrits recueillis 
par Jacques-Bénigne Bossuet , son 
neveu , évèque de Troyes. Lesdeux 
premiers volumes sont consacrésà ce 
qu'il a écrit sur V Ecriture sain te; on 
y trouve aussi le Catéchisme àe &o\\ 
diocèse, des Prières , etc. Le y ren- 
ferme \' Exposition de la doctrine 
catholique , ouvrage qui opéra , 
dit-on , la conversion du grand Tu- 
renne et de l'abbé Bruéis , avec l'a- 
vertissement et lesapprobat ions don- 
nées à ce livre; et ï Histoire des 
variations des Eglises protestan- 
tes. Q^i écx\\. à& controverse fut uq 
nouvel aliment qui prolongea les 
querelles religieuses. Les prolestansy 
répondirent avec solidité , etRemont 
composa l'Histoire des variations 
de l'Eclise gallicane. Cette Histoire 
a ele réimprimée en 1791, laris , 
5 vol. in-ii2. Le 4^ contient \!x Dé- 
fense de l'histoire des variations; 
et six apertissemens au.x protes- 
tons ; la Conférence avec le minis- 
tre Claude , etc. Le 5" offre le 
Traité de la communion sous les 
deux espèces; la Réfutation du ca- 
téchisme de Paul Eerri ; les Sta- 
tuts et ordonnances synodales ; 
les Instructions pastorales , etc. 
Le 6* et le 7"^ sont presque entière- 
ment remplis par les Ecrits sur le 
qui^tisme. Le 8*, par le Discours 



BOSS 

sur l'Histoire uniperselle , et les 
Oraisons funèbres. Malgré les élo- 
ges que nous avons faits de ces chefs- 
d'œuvre , il s'y trouve quelques en- 
droits négligés et inexacts , quelques 
images peu agréables , quelques tra- 
ces de mauvais goût .comme quancf 
il dit dans l'Oraison funèbre de Ma- 
dame : « Elle fut douce envers la 
mort, comme elle l'avoit été envers 
tout le monde. » Mais quelques traits 
pareils , semés çà et là, n'empêchent 
point que ces discours ne partent 
d'un génie supérieur. Le 9* et le 
10* présentent diflérens Ouvrages 
de piété. On trouve dans le 11* 
des écrits dans le même genre, et 
le commencement de son Abrégé de 
l'histoire de France , dont la suite 
est renfermée dans le tome la*. 
Les autres volumes contiennent la 
Défense de la déclaration du 
clergé de France sur la puissance 
ecclésiastique , avec une traduction 
française , par l'abbé Le Roi , ci-de- 
vant de l'oratoire. ( f^oyez Buff.vlu 
et Fayuit. ) L'ex-oratorien a publié, 
en 1753, trois volumes d'CEuvres 
posthumes. Le i^*^ renferme le J"/"©- 
jet de réunion des Eglises luthé- 
riennes de la confession dJus- 
bourg avec l'Eglise catholique.Bos- 
suet y promettoit , de la part de l'E- 
glise, que, sur les articles de disci- 
pline, elle useroit , envers les protes- 
tans réunis , de toutes les condescen- 
dances que des enfans infirmes , mais 
soumis, peuvent espérerd'une mère 
tendre. Il eut sur ce sujet important 
un commerce de lettres avec le célèbre 
Leibnitz. Mais ce philosophe, plus to- 
lérant que controversile , traita cette 
grande affaire de religion comme 
nue négociation entre des souve- 
rains. Il demandoit que les catholi- 
ques cédassent un point, s'ils vou- 
loient en obtenir un autre des luthé- 
riens. Bossuet, inébranlable dans sa 
croyance, exigeoit, pour prélimi- 
naire, que les protestans se soumis- 
sent à tous les articles de foi , recon- 



BOSS 

nus tels par le concile de Trente. On 
croira sans peine que le négociateur 
théologien ne put s'accorder avec le 
négociateur philosophe. Eu vain , un 
minisire réioriné exhorta Bossuet, 
dans un écrit public , à plus de con- 
descendance. « C'est en bon français , 
disoil Bayle, l'exhorleràse faire pro- 
testant; on peut assurer, sans être 
prophète, qu'il n'en fera rien. » On 
trouve dans le second volume des 
(Eitures posthumes , les Traités con- 
tre Simon , Dupin et autres ; et dans 
le troisième , diuers Ecrits de con- 
troverse , de morale et de théolo- 
gie mystique. On a rassemblé diffé- 
rens autres Opuscules de Bossuet , 
en 5 vol. in-12, lyôi. Le style de ce 
grand écrivain, sans être toujours 
châtié , est plein d'énergie. 11 ne 
marche point sur des Heurs, mais il 
va rapidement au sublime dans les 
sujets qui l'exigent. Les ouvrages la- 
tins de cet auteur sont écrits d'un 
style assez dur ; ceux qu'il a compo- 
sés en français le placent au premier 
rang des écrivains , non seulement 
de sa nation , mais de toutes les au- 
tres et de tous les siècles. L'académie 
française le compte parmi les mem- 
bres qui l'ont le plus illustrée. Buri- 
gny , de l'académie des belles-let- 
tres , a publié en 1761 la vie de 
Bossuet , in - 1 2. Dom de Foris , sa- 
vant bénédictin des Blancs-i\Ian- 
teaux, qui a eu la principale part à 
l'édition iu-4'' des ouvrages du mo- 
derne Père de l'Eglise , dont il a pu- 
blié douze volumes , en préparoi t 
une autre plus exacte et plus détail- 
lée. On a donné en 9 vol. in- 1 2 une 
édition de ses Sermons. «Ces dis- 
cours , restes dune multitude im- 
mense , car jamais il ne prêcha le 
même, sont, dit d'Alembert, plutôt 
les esquisses d'iui grand mailre que 
des tableaux terminés. Ils n'eu sont 
que plus précieux pour ceux qui ai- 
ment à voir dans ces dessins heurtés 
et rapides les traits hardis dune 
touche libre et fière, et la première 



BOSS 



i63 



sèvede l'enthousiasmecréateur. » Ou 
a publié en 1802 une nouvelle édi- 
tion (les Oraisons funèbres , en 2 
vol. in-12 , et l'éditeur y a inséré 
divers écrits qui ne se trouvent 
point dausla collection de ses œuvres. 
1. Deux nouvelles Oraisons funè- 
bres. 11. Le Sermon pour la profes- 
sion religieuse de madame de La 
f'allière. 111. Un morceau de Tho- 
mas sur Bossuet. L'abbé de Vau- 
xelles, dans son commentaire pos- 
lluinie sur les Oraisons funèbres de 
Bossuet , i8o5 , rapporte que « ce 
prélat, sur la fin de ses jours, se dé- 
vouoit tout entier à l'instruction de 
ses diocésains , et prêchoil fréquem- 
ment dans la cathédrale , où j'ai été 
étonné dapprendre, dit-il , que son 
peuple iinit par négliger de l'enten- 
dre, soit que son admirable talent 
eût dominé , ou que l'habitude trop 
répétée eu eûlaffoibii l'expression; 
soit , ce qui est plus probable , que 
Bossuet, ayant acquis celle des consi- 
dérations les plus élevées, et trai- 
tant des matières au-dessus de la 
portée du vulgaire , ses auditei^^s 
fussent dans le cas de lui adresser le 
reproche que faisoit à S. Chrysos- 
tôme une bonne femme d'Antioche : 
Fère , noui, t'admirons , mais nous 
ne te comprenons j^as. C'est à i\I. le 
cardinal de Luynes que l'on a en- 
tendu plusieurs lois raconter ce fait. 
Il lavoit appris à Meaux des con- 
temporains de ce grand homme , 
tandis qu'il étoit graud-vicaire de 
son successeur. » Didot l'aine a donné 
une belle édition du Discours sur 
l'Histoire universelle , 1784, iu,- 
4°, 2 vol. iu-8° , et4 vol. in-18. Il 
y a quelques aunées qu'on annonça 
dans les journaux la découverte im- 
portante de quelques morceaux d'his- 
toire de Bossuet posthumes et iné- 
dits. Celui qui prétendoit en être le 
possesseur étoit sans doute de bonne 
loi, mais iléloilsi aveuglé par la joie 
que lui inspiroit mi semblable tré- 
sor , qu'il en donna des morceaux 



iG.\ BOSS 

dans plusieurs écrits périodiques , 
prétendant que chacun y reconiioi- 
troil le sl3-!a du grand hoiiiine au-» 
quel ils éioieut alevibiios. !\lais ce 
style éloit si pevi resseiublanlà celui 
des Oraisons t'inièbres et du Discours 
sur riiisloire universelle , que le pu- 
blic ne vil dans ces extraits que l'ou- 
vrage d'un écrivain subalterne. Ce 
sont les Por/raits de Louis XI , de 
Catherine de Médicis , etc. , et il 
fut prouve que l'auteur étoit Varil- 
las , qui certes ne supporte pas la 
coniparaisou. Ce portrait de I,ouis 
XI se trouve inséré dans le T'ariUa- 
5/a/2a,iiTipriniéilya plus d'un siècle, 
p. 65 , et dans la Nouvelle hibliu- 
thèque de Ultéralure , d' histoire , 
etc. , Lille, 1765. Il estcopié dans ce 
dernier recueil sans la plus légère 
allératiou ; ou peut l'y consulter, 
de même q\ie dans le P'arillasiana 
de Boscliirou , Amsterdam , 170^. 
Les portraits de 'Varillas avoient été 
retranchés par ordre supérieur. Sans 
doute il s'en lit des copiet manuscri- 
lesgBossuel prit la peine de les traus- 
crm!. Sa copie aura piissé dans quel- 
ques maias étrangères à sa famille, 
et la personne qui s'en est crue pos- 
sesseur a cédé au premier moment 
d'enthousiasme, et son imagination 
aura transformé à ses yeux un style 
comnnin en celui de Bossuet. Voy. 
F1.ÉCII1 EU, Ab£LLY et S.4.INT-HYA- 

-CIKTUE. 

* II. BOSSUET ( Jacques -Béni- 
gne ) , neveu de l'évèque de Meaux , 
fut al)l)é de Saint-Lucien de Beau- 
vais, et évèque de Troies en 1716. 
Il se trou voit à Rome avec son pré- 
cepteur , ral)bé Phelipeaux, dans le 
temps que la fameuse affaire du livre 
des lilaximes des saints étoit sou- 
mise à la décision du saint -siège, et 
il s'y occupa désintérêts de son oncle 
d'une manière assez peuévangéli- 
que. Sa correspondance existe et en 
jouruil la preuve. (Voy. l'Histoire 
iie l'énélon par M. de Baussst,toin8 



BOTA 

I'^'^, page .007. ) Il se démll de son 
évèché en 1742, et mourut l'année 
suivante. 

B03SU.M ( Mylhol. ) , divinité 
principale des uegres de la Côte- 
d'Or, qu'ds regardent comme le bon 
principe. Ils le représentent avec la 
face blanche. 

t BOSSUS ou Bosso ( Matthieu )', 
chanoine régulier de Saint-Jean de 
Lalran , al)bé de Fiésoli eu Toscane, 
né à Vérone, s'acquit une grande ré- 
putation par sa science et sa vertu. 
Le pape Sixte IV, et Laurent de Mé- 
dicis, le chargèrent de plusieurs com- 
missions dont il s'acquitta avec hon- 
neur. Il mourut à Padoiie en 1.002 , à 
7Ô ans. Il publia plusieurs ouvrage» 
qui roulent tous sur des points de 
morale : I. Recuperationes J^esi/- 
lanœ, Bologne, i/'igô , in-folio. II. 
Epislolœ , Mantoue, i49^'i in-folio. 
III. Epistolœ , différentes des piécé- 
denles , avec six Discours , Venise , 
i5o2, in-4°. IV. (Ruvres diverses , 
iu-4'' , Strasbourg , iSoq ; Bologne , 
1627, in-folio. V. De immoderato 
mulierum cultu, in-4°. VI. De veris 
animi gaudiis , à Florence , i48i , 
iu-12. 

* BOSTON ( Thomas ) , presbyté- 
rien écossais, né à Dunse en iG'^G, 
et mort en 17^2, élève du collège 
d'Edimbourg, où il i^utreçu maitre- 
ès-arts. En 1 706 , il fut reçu ministre 
d'Etlérick. On a de lui plusieurs ou- 
vrages, dont le principal est inti- 
tulé De la nature humaine dans 
ses quatre états. Ce livre a eu plu- 
sieurs éditions. 

-;- BOT AL ( Léonard ) , né à Asti 
dans le 16'' siècle, fut médecin de 
Henri III. Il introduisit à Paris la 
méthode de la fréquente saignée , 
pratique qui fut condamnée par la 
facilité de médecine. On a une assez 
bomieéditiondeses (Eufres , Leyde, 
iu-8% i6f.o. 



BOTH 

* BOTARI. Voyez Bottafi.. 

BOTEREIUS. Voyez Bou- 
tura y s. 

•',- BOTEFiO ( JeaD ) , surnommé 
JJéiiisius , parce qu'il éloil né à 
Bfeue eu Piémont , lui secrétaire de 
saint Charles Borroniée , et eusuite 
précepteurdesenlansdeCliarli.'S-Em- 
mamiel ^ duc de Savoie. 11 mourut 
l'an ifio8,abbé deSaint-Michcl-de- 
l'Aiguille, entre Suze cl Turui. Il a 
publié un recueil de Lettres qu'il 
a voit écrites au nom de saint Char- 
les , Paris , 1 586 , in-i 2. On a en- 
core de lui quelques écrits de politi- 
que , dont les principaux sont , I. 
l)el/a raglorie di stato , libri de- 
cern. Cet ouvrage , qui a eu un grand 
nombre d'éditions, a été traduit en 
allemand , en latin et en espagnol. 
Nous en avons deux traductions 
françaises ; la première , par Ga- 
briel Chapuis , 159g, in-i 2 ; la se- 
conde , par Pierre Deymier , sous le 
Il tre de Maximes d'état , /ni /i ta ires 
et politiques. II. Relation! unii'er- 
sali , 1601 , m-4°- L'imteur y traite 
de la situation, des forces de chaque 
état d'Europe, des causes de leur 
grandeur et de leur puissance. Guil- 
laume Dubrecy et Reysemberg ont 
traduit cet ouvrage eu latin. La tra- 
duction du dernier a paru à fftlm- 
stadt en i65o, in -4°. Le président 
da Thou l'accuse d'infidélité dans les 
citations, et d'inexactitude dans les 
laits. 

Y BOTH ( Jean et André ), jieiu- 
tres flamands , tous deux morts eu 
i65o, l'un à Anvers leur ])atrie , 
et l'autre à Venise , eurent pour 
maître Bloémaert. L'union de ces 
deux frères fut si étroite , qu'ils 
firent, non seulement leurs études 
et leurs voyages ensemble , mais 
même leurs tableaux. Jean faisit la 
manière du Lorrain , et André celle 
du lîiimbocl'.e. Le premier peignoit 
le paysage, et le secoud les figures et 



BOTT 



1 65 



les animatix ; mais leurs ouvrages , 
quoique laits ])ar des mains diffé- 
rentes , paroissoienl sortir de la 
même. Ceux - ci étoient fort re- 
cherchés , et ou les payoit chère- 
mont. Ces artistes se dislinguèn-nt 
principalement par une touche fa- 
cile, un pinceau moelleux, et un 
coloris plein de fraicheur. On voit 
deux tableaux de ces peintres au 
Musée; l'un est une V//e d'Italie, 
au soleil levant ; et l'autre un Dé- 
Jllé. La galerie de Dresde possède 
aussi deux paysages de ces excellens 
artistes. 

BOTflWEL. T'oyez Hesburn. 

i- BOTICELLI ( Alexandre ou 
Sandro ) , ué à Florence en 1457. 
Il fut élève de Philippe Lippi , pei- 
gnit plusieurs tableaux pour la ville 
de Florence et pour Sixte IV; ce qui 
lui valut de grosses sommes : mais 
son inconduile le plongea dans lu 
misère. Il exceMoit dans le dessin. 
On estime aussi les gravures de cet 
artiste, et sur-tout ses Prophètes , 
ses Sibylles , et les Estampes d'une 
édition du Dante, publiée a Florence 
eu i/j88, in-lol. 11 mourut eu i5]5. 

BO TON ( Abraham ) , rabbin , né 
dans le 17^ siècle, a commenté les 
ouvrages de ftluimouide, et a publié 
des Képoiisês aux questions qui hu 
avoienl été faites sur divers cas d» 
la loi bi'braique. 

BOTONIATE. Voyez Krcrruo- 

RE,U°VI. 

* BOTSCHILD. Voyez BoïTt,- 
cnii.D. 

L BOTT ( Jean de ) , architecte , 
né en Frauce , l'an 1670 , de parens 
réformés , quitta sa patrie de bonne 
heure, et passa au service de Guil- 
laume d'Orange, depuis roi d'An- 
gleterre. Apres la mort de ce prince,, 
il s'attacha à l'électeur de Brande- 
bourg, qui lui donna ime place de 
capitame dans se? gardes. Il ne te4Si£ 



i66 



BOTT 



pas pourtant de faire les fonctions 
d'architecte. Son premier édifice fut 
V Arsenal de Berlin. Il se signala 
ensuite par divers monnmens de 
son art. Frédéric I étant mort , 
Bott se concilia la bienveillance de 
Frédéric-Guillaume , qui Télevaau 
rang de major-général. Les forti- 
fications de Wésel , dont il étoit 
commandant, sont un de ses ou- 
vrages. En 1728, il passa an ser- 
vice du roi de Pologne , électeur 
de Saxe , en qualité de lieutenant- 
général et de chef des ingénieurs. 
Il y a divers édihces de lui à 
Dresde , où il mourut eu 1743 , 
avec une grande réputation de pro- 
bité, d intelligence et de valeur. 

* II. BOTT ( Thomas ) , théolo- 
gien anglais, né à Uerby en 1688. 
Il fut d'abord dissident ; mais il 
quitta ce parti pour rentrer dans 
l'église anglicane. Il y reçut les or- 
dres , et obtint les rectorats de Win- 
burg et d Edgefield , au comté de 
Norfolk. Thomas Bott mourut en 
3754. Il a publié quelques iSermons 
et des Traités de religion. 

* I. BOTTA Adorno (Antonio), 
marquis, patrice de Milan , maréchal 
des armées de l'empire, ministre et 
commissaire impérial en Italie, étoit 
né d'une illustre famille de Pavie. 
Epris dès sa jeunesse de la gloire 
des armes, élevé à l'école du prince 
Eugène , il mérita de bonne heure 
les éloges de ce général. Il se dis- 
tingua plus d'une fois à la tète des 
armées autriihiennes en Flandre, 
en Hongrie et en Italie ; il rendit 
d'imporlans services à son prince , 
non seulement par sa vaillance , 
mais encore par sa prudence et sa 
modération. La maison d'Autriche 
lui confia plusieurs ambassades dont 
il s'acquitta très-habilement. Aussi 
reçut-il de la cour de Vienne les 
témoignages de la plus grande sa- 
tisfaction comme homme de guerre 
et comme homme d'état. Il mourut 



BOTT 

à "Pavie , le 3o décimbre 1774 , âgé 
de 86 ans. Après sa mort il fut loué 
dans les Componlmenli degli aca- 
demici affidati délia regia citta 
dl Favia , qui furent précédés d'un 
éloge très brillant prononcé par Mi- 
chel-Angélo Vecchioti ,Navarrais, 
et le tout fut imprimé magnifique- 
ment à l'imprimerie royale de Parme, 
1776 , in-fol. 

* II. BOTTA Adorno (Alexan- 
dre) vécut au commeucemenl du 
iS" siècle. Il s'amusoit à composer 
des poésies légères, dont plusieurs 
ont été imprimées en différens re- 
cueils, surtout dans la première par- 
tie des Rime scelle di poëti ilhts- 
tri de' nostri tempi, Lucques 1719. 
Muratori les appelle Pf//è//rt/7oe,9m , 
vol. I, pag. 2, ô, 298, et vol. II, 
pag. 1 , 179. Quelques autres mor- 
ceaux de ce littérateur , dont parle 
Mazzucclielli , Scritt. d'Ital. tom. Il, 
part. m, pag. 1877, sont conservés 
inédits dans la bibliothèque rare et 
considérable de la famille. 

* BOTTANI (Jean), directeur 
de l'académie des beaux - arts de 
Mantoue ,et mort dans cette ville en 
iSoi , s'est particulièrement fait con- 
noitre par la restauration des ta- 
bleat^x précieux de Jules-Romain. 

* BOTTANY ( Joseph ) , naquit 
à Crémone en 1617, et étoit en même 
temps bon peintre , géomètre et 
astronome savant. Il se forma d'après 
l'antique, et les grands mai très d'Ita- 
lie; mais il s'appliqua particulière- 
ment à copier les ouvr;iges d'André 
del Sarte. Bientôt il comi)osa lui- 
même des tableaux précieux dans 
tous les genres; car il peignoit égale- 
mentbien l'histoire sacrée et profane, 
les sujets de la fable, les paysages, les 
marines, des fêtes populaires et des 
portraits. Ses compositions étoient 
ingénieuses, son dessin élégant et ses 
personnages ajustés avec goût 11 se— 
roit impossible de citer les ouvrages 



BOTT 

de ce peintre qui a beaucoup travail- 
le'. Les principaux consistent en 
Tableaux de dévotion que l'on voit 
dans plusieurs églises d'Italie, et en 
dilférens Tableaux d'histoire ré- 
pandus en Angleterre, en Irlande, 
en Uaneniarck, en Norwège et en 
Pologne, parmi lesquels on distingue 
deux tableaux qui ëtoient aux domi- 
nicains de Casai , un sai/it Fian- 
çolset une sainte Trinité à Léopold 
en Pologne, et une Circé à Copen- 
hague. 

t BOTTARl f Jean), l'un des plus 
doctes prélats de la cour de Rome, 
naquit à Florence le i 5 janvier 1 689. 
Il se rendit célèbre particulièrement 
par la tiuesse et la pureté de son 
langage , et la counoissance parfaite 
qu'il avoit acquise du dialecte toscan. 
Il étudia l'éloquence el la langiie la- 
tine sous Antonio-Maria Biscioni , 
qui fut depuis directeur de la biblio- 
thèque Medicéo-Laurenziana. Il fut 
toujours l'ami de son maître, et 
l'aida dans les notes qu'il mit au 
Malmantile del Lippi. Il s'appliqua 
ensuite à l'étude de la philosophie et 
de la théologie, à celle des mathé- 
matiques et de la langue grecque, 
qu il apprit avec le savant Antonio 
Salviui. Sou génie et l'étendue de ses 
conuoissances agrandirent sa répu- 
tation. Il fut chargé par l'académie 
délia Crusca de faire réimprimer 
sou Dictionnaire. Il s'associa dans 
celte pénible entreprise le marquis 
Andréa Alamaomi , et Rosso Marti- 
ni. Ce travail dura plusieurs années, 
et parut enlin au grand avantage 
de la langue italienne. Il eut ensuite 
la direction de l'imprimerie du 
grand - duc , de laquelle sortirent 
plusieurs ouvrages de lui. Clément 
XII lui confia la bibliothèque du 
Vatican , dans laquelle il fit disposer 
lin cabinet des médailles , le pape 
voulant qu'elles fissent constamment 
partie de la bibliothèque. Le pontife 
étant mort, Boltari entra dans le 



BOTT 



167 



conclave le 6 février 1740, avec \t 
cardinal Néri Corsini. Il y termina 
l'édition du Klrgile du 'S'atican, à 
laquelle il joignit une préface, les 
différentes versions , et des notes 
savantes. Benoit XIV fut élu, et 
comme depuis long-temps il éloit 
l'ami de Bottari, il lui donna le 
canonicat de Saiute-Marie-Trausté- 
véraine, et voulut absolument l'a- 
voir près de lui dans son palais , en 
qualité d'aumônier particulier. 11 fut 
membre des principales ac;idémies 
d Italie ; et les écrivains qui ont fait 
son éloge sont en grand nombre. Ou 
peut citer entre autres Fontaniui , 
Apostolo Zéno, Gori et l'auteur de 
l'Histoire littéraire dltalie. Quel- 
ques uns d'entre eux avoient enriclii 
leurs propres ouvrages de notes et de 
morceaux qu'il leur communiquoit 
avec une extrême facilité. H termina 
sa longue et studieuse carrière le 3 
juin 1775, âgé de 86 ans. On peut 
voir dans ÎNIazzucchelli la liste des 
ouvrages dont il fut l'auteur ou l'é- 
diteur , tom. II, part. III, pag. 188 
et suiv. Tsoiis en citerons seulement 
quelques uns, I. T'ita diYrancesco 
Sacchetti , Vicencae, c'est - à - dire 
Naples , ] 7 25. II. L' Ercolano , dia- 
logue de Bénédetto Varchi , Florence, 
1780. III. Lezioni tre sopra il trt- 
moto, Rome, 1 7 55 et 1 748, in-4°. IV. 
Sculpture è pitture sacj'e estretta 
da cimeteri di Borna , puhlicate 
già dagli autori délia lioma sot- 
terranea colle spiegaziotii , etc. , 
3 vol. in-fol. , Roma, 1757, 1747, 
1 7 5 5 . V. T 'ocabularia délia Crusca , 
Florence, 1758, 6 vol. VI. Jnti- 
quissimi Virgialini codicis ,/rag-- 
menta , et picturœ ex Katicana 
bibliot/iecd , etc., Rome, 17^1. 
VII. Del museo Capitoliiio , 5 vol. 
iu-fol., Rome, 1700. \^Xi. Raccolta 
di: letlere sulla pitlura , scultura è 
arc/titeltura scritle da' più celebri 
projèssori , etc., 3 vol., Rome, 
1769, 1770; et Naples, avec des 
augmentations, 1772. IX. Dialoghi 



iG8 



BOTT 



sopra le tre arte ciel disegno , Liic- 
ques, 17Ô4. X. La vile de' Pittori 
scritle da Georgio f^asari , Roma, 
1 790. XL J^ite d'e pittori , scultori, 
t: architetti , e/c. , di Gian-Bap- 
tistaPassori , Home, 177^. Il seroit 
trop long de donner lu uoineuclaUire 
de tous les aiilres ouvrages de cet 
aulenr infatigable. Ou se borne à 
renvoyer ans. auteurs qui ont fait 
son éloge, et qui etoient, par leur 
propre mérite, juges souverains eu 
pareille matière. 

* BOTTEFANGO ( Jules-Cësar ), 
d'Orviéto, ville de Toscane, homme 
Irès-pavant, mort en 1626, a laissé 
plusieurs ouvrages, au nombre des- 
quels le plus utile est l'jlrt de re- 
counoître tes écii/i/ies par la com- 
paraison. Les autres sont des ou- 
vrages de droit et de théologie qui 
n'ont rien de tris-remarquable. 

* BOTTER ( Henri ) , né à Amers- 
fort dans le 16*^ siècle, fut successi- 
vement médecin de rarchevèf|ue de 
Cologne, du duc de Juliers et du 
landgrave de Hesse. 11 obtint encore 
une chaire dans l'université de 31ar- 
purg, qu il abandonna bientôt pour 
retourner dans sa ville natale. Ou a 
de lui une lettre , De expingaliv/ie 
empyeniatis, parmi les observa- 
lions recueillies par George liorstius, 
et impriméesà Ulai , en it)2i, iu-zj"; 
et un Traité, J)e scorbuto, qui parut 
à Lubec.ken iti^B , 111-4°. 

* BOTTI ( François ), né à Flo- 
renca en lôqo, lui élève de Simon 
Piguoui , qnil copia avec tant d'in- 
telligence et d application qu'eu peu 
de temps on ne pou%oit distinguer 
fies copiL-s. Livré à lui-même, son 
talent ei sa rcuutationanginentèrenl 
lelleineiit qu'il ne pouvoit suffire h 
peindre tous les liibkaux d'église 
qui lui étoieiit couimamlés , el aux 
demandes des aiualeurs. Ce que l'on 
admire particulièrement dans ce 
peintre «st la noblesse de rinveiition 



BOTT 

jointe au cliarrae et au vaghëse des 
coloris; il dessinoit également bien, 
counoissanlparfaitementranalomie. 
Parmi ses différens oi'.v rages répan- 
dus dcius les églises d'Italie , on dis- 
tingue un .sa///.' Stanislas, et le 
Marijre de sainte Lucie. Le grand- 
duc de Toicane , Ferdinand, lit 
l'acquisiliou de tons ses dessins pour 
les joindre à la collection de ceux, de 
plusieurs autres grands arlisles de la 
galerie de Florence. 

* BOTTIGLÏÉRO ( Charles- 
Antoine) vécut dans le 18"^ siècle. 
Nous avons de lui un Traité , JJe 
siicccssiunibus ab inlestato ; et im 
autre, intitulé Dissertationes vuin 
decisionibus supremorum tribuna- 
lium regnl Neapoliîani , Naples , 
1670. 

* BOTTINÏ (Prosper ) , palrice de 
Lucques, el prélat savant, naquit 
dans le 17'' siècle. Alexandre IV le 
nomma avocat du consistoire, en- 
suite chaijoiue de la basilique du 
Vatican. Clément X le lit son audi- 
teur, et avocat du lise, elpromoieur, 
de la foi. H eut encore à remplir 
d'autres charges dans l'état ecclésias- 
liquc sous 1er. poiitilicats d'Innocent 
xi et de Clément XI. Il mourut en 
1712. Il a laissé plusieurs ouvrages 
lliéologiques. Muzzucchelli et Buou- 
amici en parlent avec éloge. 

* I. BOTTONI ( Albertino), .:ië- 
decin, né à P..Klt>ue au commince- 
meut du iG* .siècle, obtint en iô.to 
IViiipiot de profe>se'ir de médecine 
dans Cette ville, où il se fit considé- 
rer par isc-s talens et sou mérite. Il 
mourut en iJ-gO , et laissa de grantles 
richesses, un^; iii.^i-.on maguiiique et 
les ouvrages suivuris: I. De t'itd 
cunseii andâ, Paiavii, itiS^, in-ia. 
11. De morbis jniiliehribv% , ibi^d., 
i3{55 , ia-Zi" ; Basilcai, i.'JSG, in-4° ; 
Veneiiis, il><J8, 111-4", avec figiires. 
llî. Consilia niedica, Francofurîi, 
iCo3 , in-^", ciaii> le Recueil dï J. 



BOTT 

Lautertach. IV. De modo diseur- ] 
rendl circa morbos easdeinque cii- 
randi tractatus , Fraucofu! li , 1 607 , 
111-12, avec les Pandecles tle Jean- 
Ctorge Sclienck.. Il y a nue autre 
eûilion de Fiaucfort , iCgô, i»i-8'', 
sous le tilre de Methodi mcdicina- 
les duœ, in quitus légitima me- 
àeiidi ratio traditur : ou la doit aux 
soins de Lazare Suseubeck, qui a 
(.•siiità rouvraoedtiBoUoui uu ])areil 
traité de la lâçou d'Emile Canipo- 
Ifingo, et uu livre de Questious de 
médecine , par Earlhélemi Hiéro- 

ViUS. 

* II. BOTTONl ( Dominique ) , 
célèbre raédeciu, ué à l>éouliui eu 
Sicde le 6 octobre 1641 , pratiqua 
sou art avec autant de distiuctiou 
que de taleus , tant à Messine qu'à 
Naples. Le marquis de Villa-Frauca , 
vice-roi de Sicile, le choisit pour 
sou médecin et le nomma suriuîeu- 
daut de ceux du territoire de .Mes- 
siue. Le marquis de Castel-Rodrigo, 
qui succéda à ce seigneur, continua 
lioltoni dans les mêmes emplci- , et 
lui rehaussa sa pension de jo é.u.s 
par mois. Il fut reçu dans la soc.elé 
royale de Londres eu 1697- H est le 
premier médecin sicilienàqui elle ait 
fait cet houneur , il en fit lui-mciue 
a cette savante société par ses ou- 
vrages. Bottoni mourut en 1755. 
Ou lui doit les ouvrages suxvaas : I. 
Pj?-ologia topcgraphica , id est de 
igné dissertatio juxta loca , cum eo- 
rum descriptioiie, Napoli, J092, iu- 
L°. II. Fihris rheumaticœ malignes 
hisloria medica, Messanœ , 171:2, 
\\i.-V)'' .Wl.Preseri'e salutari ouriiro il 
iontagioso malure , !\Iessiue , 1721 , 
in-4°. IV. Idea historico-pliysica 
de magno Triuacriœ terrœ motu. U 
envoya ce mémoire à la société royale 
d Angleterre. 

* I. BOTTRIGARI (Jacob ) , Ro- 
louais qui vivoil à peu près eu 1' 10, 
avoit , dit -on, de la réputation 
*«cu3ine jurisconsult£. Il mcuriiî eu 



BOTT 



1C9 



1 347 , et laissa q^ielques Traités sur 
le droit, qui depuis ont été iii.jni-» 
mes. U comjjosa un livre iniitulé II 
Doiji , qui iul cité par le pape pour 
cause d'état eu 1 338. 

* 11, BOrrRIGARI ( Hercule ) , 
cavtdier bolonais , grand amalfur et 
bon coniioissci:r , a écrit sur les 
lipaux-aris. Ajjosloio Zé;io poïsédoit 
nue médaille qii'ou avoil frappée en 
son honneur. D lui côté on voyoit sa 
tète avec le collier de Saint-Jt;an-de- 
Latran, et celle inscription : Hercu' 
les Buttrigarius. sacr. Later. au. 
rail, aur., et au revers, une sphère , 
uu melon, instrument qu'il avoit 
in\enté, un compas et une palette, 
avec ces mots : Nec has quœsisse 
satis. D étoit né à Bologne ^n i55i, 
et mourut dans la même ville en 
1606. Ses ouvrages sont , I. Jldesi- 
derio overo de' co/icerli di varii 
stromenli musicali , dialogo di 
musica , Bologne, 1 690 , iu- 1". II. // 
patrizio owero de tctracordi ar- 
luoniii di aristosseno , Bologne , 
1.Ô95. III. // Melune , discorso ar- 
monicij e il Melune secundo , con- 
siderationi musicali del med'jsinio 
sopra ///,' discorso di M. Coiidol/o 
sigojiiu iiitorao a' madrigali e a' 
libri dedl' aittica musica ridutia 
alla modr rua prattica di D . Nicola 
Fincentiiio , et nel fini esso dis- 
corso dcl sigonio , Ferrare, 1602. 

* BOTTSCHILD ( Samuel ), pein- 
tre d'hisLoire , né à Sangerhauscn eu 
Thuriiige, fut premier peintre de la 
cour de l'élecltur de Saxe, inspec- 
teur de la galerie de peinture et di- 
recteur de l'aciidémiede Dresde. Par 
amour pour sou art , il établit une 
petite académie chez lui , pour le 
cultiver à son aise , et pour l'ins-^^ 
tructiou de ses élèves. Entin il en- 
treprit uu voyage en Italie, où rt 
enseigna la peinture à son cousio, 
Fehliug , qui lavoit accompagné. 
Les compositions de Botlschild ont; 
de réiévaliou et sont d'un styla 



lyo BOVA 

noble. Daus le pakis du Jardin à 1 
Dresde , ou a de lui plusieurs pein- 
tures de plafond. Il existe de cet 
arlisle, près de soixanle-dix plan- 
ches, très- bien gravées à l'eau- 
forte, qui furent publiées sous le 
litre : Opéra varia , hislorica,poë- 
tica et iconologica, i6go. Il est mort 
en 1707. 

* BOVA (IVIasiano), disciple de 
Barlolozzi , a gravé plusieurs sujets 
d'après difiérens maîtres, entre au- 
tres \tPortrait de Couwaj, ))eiiilre 
anglais , d'après le dessin de cet ar- 
tiste. Il est mort à Najiles en 1758. 

I. BOVADILLA ou Bobadilla 
( don François de ) , commandeur 
de l'ordre de Calatrava , fut nommé, 
eni.5oo, gouverneur-général dans 
les Indes , par Ferdinand , roi d'Es- 
pagne. Ce prince eut à se repentir 
de son choix. BovadiUa, élevé tout 
à coup du sein de la misère au faite 
des honneurs , oublia bientôt son 
premier état. A peine fut-il arrivé 
à Saint-Domingue, qu'il traita tout 
le monde avec une hauteur révol- 
tante. Il somma Don Diegue Co- 
lomb , frère de Christophe, de lui 
céder la citadelle de Saint-Domin- 
gue , dont il avoit la garde. Celui- 
ci l'ayniil refusée, il s'en empara à 
force ouverte. Christophe Colomb 
accourut, à cette nouvelle, au se- 
cours de son frère. Bovadilla , sans 
égard pour sa qualité et ses services, 
lui ht mettre les fers aux pieds, de 
même ipi'à don Diègue et à don 
Barthélenii Colomb, frères de Chris- 
tophe. Il les renvoya en Espagne 
avec les pièces de leur procès. Fer- 
dinand et Isabelle, indignés de ce 
procédé , donnèrent des ordres sûrs 
pour mettre ces illustres prisonniers 
eu liberté. Ils leur firent tenir mille 
écus pour se rendre à Grenade , où 
étoit la cour ; ils les accueillirent 
avec des marques de distinction 
extraordinaire, annulèrent tout ce 
qui avoit été fait contre eux , et 



BOVA 

promirent de les dédommager et 
de les venger. Bovadilla fut révo- 
qué , et don Nicolas Ovando , com^ 
mandeur de l'ordre d'Alcantara , fut 
en vQyé à sa place. Bovadilla se trouva 
tout à coup absolument abandonné. 
On le traita néanmoins avec hon- 
neur jusqu'à son départ , qui arriva 
peu aj)res , et qui fut la dernière ac- 
tion de sa vie. La flotte sur laquelle 
il étoit monté ayant fait naufrage , 
il y périt avec plusieurs autres. 
C étoit en i5o2. Vingt-un navires, 
tous chargés d'or , coulèrent à fond 
dans cette occasion. 

* II. BOVADILLA ( Jérôme de ) , 
peintre , né à Antequerra , dans le 
royaume de Grenade, en 1620. Il 
étoit de l'école de Zurbaran, et ex- 
celloit à peindre de petits sujets d'his- 
toire et des perspectives. Il régnoit 
un bon goût dans ses ouvrages et 
une belle invention , et il entendoit 
bien la perspective et la magie des 
couleurs ; si cet artiste eût eu plus 
de correction et meilleur style clans 
son dessin , il eût été un des meil- 
leurs peintres de son siècle. Le Mu- 
rillos, qui connoissoit bien sa supé- 
riorité dans la composition et le co- 
loris , l'employa souvent. La maison 
de Bovadilla ressembloil plutôt à 
une académie qu'à celle d'un parti- 
culier. Il l'avoit remplie de modèles 
exquis, de figures académiques, de 
dessins , de tableaux des plus grands 
maitres, de morceaux d'anatomie, 
et de tout ce qu'il avoit cru capable 
de former un habile homme dans la 
peinture. 11 mourut à Antequerra 
l'an 1680. 

* BOVARINI (Léandre), né à 
Pérouse , vivoit à la fui du i6* 
siècle et au commencement du 17''. 
Il fut très-aimé du duc de Savoie, 
à la suite duquel il alla en Espagne, 
lors de son mariage avec Catherine 
d'Autriche. Il étoit membre de plu- 
sieurs académies, et fut élu prince 
de celle des insensali de Pérouse. 



BOUC 

Il lit imprimer des Poésies , im 
Dialogue inlitulë les Fruits de l'au- 
tomne , et une tragédie appelée Ca- 
aimii: Il mourut à Rome. 

1 1. BOUCHARD ( Alain ), avocat 
au parlement de Paris da)is le 16® 
siècle , n'ayant pas de grands succès 
au barreau , publia les Grandes 
chroniques et annales d'Angle- 
terre et de Bretagne , depuis Jiru- 
tus jusqu'à l'an 1 55i , Paris , 1 552 , 
in-fol. goth., ouvrage lourd et plein 
de fables. 

t II. BOUCHARD ( David ) , 
vicomte d'Aubelerre , d'une illustre 
famdle de France , naquit à Genève , 
où son père et sa mère s eloient reti- 
rés , après avoir embrassé la religion 
réformée. Leurs fonds de terre fu- 
rent confisqués , et on en fit présent 
au maréchal de Saint- André. Mais 
la mère de David d'Aubelerre en 
obtint la restitution. Son fils, étant 
revenu en France , fit profession de 
la religion catholique , et obtint du 
roi Henri IV le gouvernement du 
Périgord. En i.^gS , il fut inquiété 
dans sou gouvernement par IMonl- 
pezat , un des généraux de la Ligue, 
qui avoit quelques «roupes dans le 
Quercy et dans l'Agénois. D'Aube- 
terre l'attaqua dans le bourg de 
Cournil , le battit complètement , 
et traita généreusement les prison- 
niers qu'il fit eu cette occasion. Peu 
de temps après , au mois de juillet 
dfi la même année , il fut blessé d'un 
coup de mousquet , en assiégeant 
une petite place du Périgord, nom- 
mée Lisle. Il en mourut le 9" jour , 
avec la réputation duu grand capi- 
taine. 

* m. BOUCHARD (Alexis-Da- 
niel ) , né à Besançon , dans le 1 8*^ 
siècle , étoit prêtre, docteur en théo- 
logie , eu droit civil , en droit canon, 
et protonotaire apostolique. Il a 
composé plusieurs ouvrages relatifs 
à son état. Le premier est \me Sum- 



BOUC 



171 



mula conciliorum genercilium S. 
Rom. cat/ivl. Lcclesiœ , Parisiis , 
1717, in-12. Le second est une 
édition des Institules de Justinien , 
avec des notes, 2 vol. in- 16. On 
trouve à la fin de la Summula une 
liste de treize autres écrits du même 
auteur, prêts à être mis sous presse , 
sur la théologie , sur le droit et sur 
des matières spirituelles. Les Insti- 
tules , qui ont été imprimées , font 
partie de ces treize ouvrages. 

-\ BOUCHARDON (Edme), sculp- 
teur du roi , naquit eu itJgS , à 
Chaumojjt en Bassigny, d'un père 
qui professoit la sculpture et l'archi- 
tecture. 11 fut entraîné par un pen- 
chant invincible vers ces deux arts ; 
mais il se borna , dans la suite , au 
premier. Après avoir travaillé quel- 
que temps à Paris sous Coustou le 
cadet , et remporté un prix à l'aca- 
démie en 1722,, il fut envoyé à 
Rome comme élève payé par le roi. 
A son retour d'Italie, où ses talens 
avoient acquis un nouveau degré de 
perfection , il orna Paris de ses ou- 
vrages. Une place à l'académie en 
i74'i , et une autre de professeur en 
1745 , furent le prix de ses travaux. 
La mort les termina le 17 juillet 
1 762 , à 64 ans , et ce fut une véri- 
table perte pour les arts et pour 
l'humanité. Modeste dans ses habits 
et dans son domestique, Bouchardon 
conserva toujours desmceurs simples, 
et l'esprit, non de ce siècle frivole , 
mais celui des siècles passés. Il ne 
connut jamais l'intrigue. Les grands 
ouvrages vinrent , pour ainsi dire , 
le chercher. Son jugement étoit ex- 
cellent , et il avoit le sens juste , ainsi 
que le coup-d'œil. Il s'éuonçoit avec 
clarté et s'exprimoit avec chaleur. 
La musique étoit sa récréation ; 
elle auroit été son talent , s'il s'y 
étoit livré. Il jouoit parfaitement 
(lu violon. 11 se nourrissoit de la 
lecture des bons poètes de l'anti- 
quité, parmi lesquels Homère teuoit 
le premier rang. «Quand je lis i'I- 



172 BOUC 

liade, disoit-il , je crois avoir viugl 
pieds de haut. » Ou distingue, parmi 
ses uoiubreux ouvrages , 1. Les 
busten des cardinaux de liohaii et. 
de Polignac , à Rome. II. Le 
groupe d'un homme domptant un 
ours , douné par le roi au garde des 
sceaux Chauvelin. 111. L^s Jigurcs du 
Christ , de la Vierge et de six 
apôtres , dans l'église de Saiul-Sul- 
pice , à Pans. IV. La fontaine de la 
rue de Grenelle , à Paris. V. L'J- 
inour adolescent , faisant un arc 
fie la massue d'Hercule. Cette sta- 
tue est celle que l'artiste semble 
avoir traitée avec plus de prédilec- 
tion et de soins , aussi passe-t-elle 
pour son chef-d'œuvre. "VI. La sta- 
tue équestre de Louis XF", qui 
ornoit autrefois la place de ce nom , 
à Paris , et dont le cheval passoit 
pour uu chef-d'œuvre de correction , 
d'élégance et de beauté. Ou peut 
voir la liste de ses autres produc- 
tions dans V Abrégé de sa vie, publié 
à Paris en 1762, in- 12 , par le 
comte de Caylus. On voit, par les 
grands ouvrages de cet artiste , qu'il 
a cherché à lutter contre le mauvais 
goût de son temps, et qn il éloil 
plein des souvenirs de l'Italie. Il y 
a de la fierté dans sa manière , quoi- 
qu'elle ne soit pas toujours pure, et 
de l'expression dans ses figures ; 
mais les drap;'ries en sont lourdes 
et mal ajustées; et, si on peut lui 
reprocher quelques défiiuts dans la 
composition de la fontaine de Ore- 
îielle , le plus sensible est celui de 
u'a\oir pas le caractère propre à sa 
destination , ni celui d'un monument 
public; cependant on y remarque uu 
meilleur style que celui du temps, 
et une grande pureté d'exécution ; 
peul-ètre q.u 'aucun arcliitecte, alors 
ea réputation , n'auroit rien fait 
d'aussi bien. Bouchardon a exécuté 
lai-mème tontes les figures , bas- 
jeliefs , et même quelques oniemens 
^ê celte foiitain.; avec beaucoup de 
«ci us et de talent. 



BOUC 

* BOUCIiAUD ( IVIatlhieu -An- 
toine ) naquit à Paris , le 16 avril 
1719, d'une famille honorable. Sou 
père , qui étoit avocat aux couseils , 
ne néghgea rien pour sou éducation. 
Oèsl'agfc de seize ans il se livra avec 
tant d'ardeur à l'élude de la juris- 
prudence , qu'il lut reçu docleui* 
agrégé de la faculté des droits eu 
1747. Chargé de la composition des 
articles relatifs à la jurisprudence et 
au droit canonique potu' 1 Encyclo- 
pédie , il fil ceux de Concile, Dé~ 
crtt de Gratien , Décrélale , et 
l'ausses décrélales. Ce travail sou- 
leva contre lui la secte des encyclo- 
pédistes, et l'exclut, pour le mo- 
ment , des places de professeur , qui 
étoient l'objet de l'auibitiou et de 
tous les vœux des docteurs agrégés. 
Bouchaud , victime des préventions 
et des injustices de ses confrères, se 
consola dans le seiu des muses des 
contrariétés qn'on lui faisoit éjjrou- 
ver. Il traduisit plusieurs drames 
du célèbre Aposlolo Zéuo , dont il 
composa 2 vol. in-i 2, qui parurent 
en 1738; en 1764, il donna la tra- 
duction d'un roman anglais, intitulé 
Histoire de Julie Maiulei'ille.Mans 
l'intervalle de ces deux ouvrages , il 
publia en 1763 un Essai sur la 
poésie rhyfhmiquc ,qmeuluns\\{:ces 
mérité. Cet essai fut bientôt suivi 
d'un Traité de l'impôt du vingtième 
sur les successions , et de l'impôt 
sur les marchandises chez les Ro- 
mains , ouvrage plein de savoir, et 
qui suppose des recherch-^s profon- 
des sur les taxes de tout genre, sous 
lesquelles les empereurs faisoient 
géiuir les peuples soumis à leur 
puissance. La mort de M. Hardion , 
arrivée en 1 766, lui ouvrit les portes 
de l'académie royale des inscriptions 
et belles-lettres , malgré l'euvieet la 
malveillance qui s'efforcèrent de l'en 
faire repousser. Lhie chaire de droit 
vaqua presqu'au même moment; il 
l'olitiul; quelques années après, il 
accepta cdlft du droit de la nature el 



BOUC 

des gens an collège royal de France, 
en 177 4, à laquelle il lut nomme par 
le roi , au moment de la création. 11 
ne fut point effrayé de la double 
tache qu'il s'imposoit , et publia un 
Mé/noii'e sur les sociétés que J'or- 
nièrent les publicains pour la 
lei'éc des impôts chez tes Romains. 
Ce mémoire fut suivi de plusieurs 
autres relatifs à la jurisprudence ro- 
maine. En 1777, il donna sa Théorie 
des traités entre les natiotis , théo- 
rie sage dans laquelle il démontre 
que ces sortes de traités, dictés or- 
dinairement par l'ambition aveugle 
et la cupidité mercantile, devroient, 
au contraire , pour les véritaliles 
intérêts et le bonheur des peuples, 
être fondés sur la justice et sur des 
avantages balancés et réciproques. 11 
fit aussi paroilre en 1784, sous le 
titre modeste de Recherches histo- 
riques sur la police des Romains, 
concernant les grands chemins , les 
rues et les marchés, un ouvrage 
intéressant dans lequel il indique un 
grand nombre de lois romaines , 
dont plusieurs articles pourroient 
encore être établis avec succès pour 
maintenir la tranquillité et le bon 
ordre chez les peuples modernes. 
Son Commentaire sur les lois des 
douze tables parut pour la pre- 
miérefois en 1767, etfut réimprimé 
en ] 8o5 aux frais et par la muniti- 
cence du gouvernement, avec d°s 
atldilions considérables et des chan- 
gemens iraporlans. 11 s'occupoit de 
quelques mémoires qu'il se propo- 
soit d'offrir à l'institut, lorsqu'il 
mourut le 1"^'^ février i8o4, laissant 
jr[)res lui la réputation d'un légiste 
éclairé et d'un juriscousnlte pro- 
foiid. 

Y I. BOUCHE (Honoré), docleur 
en théologie, prévôt de Saint-Jac- 
ques-lès-Barème, au diocèse de S^nez, 
uaquit à Aixeu iSqS , et mourut en 
1571. On a de lui la Choro^jraphie 
♦u Description de la Provence , et 



BOUC 



i-S 



l'Histoire chronologique du même 
pays, 2 vol. in-fol, 1664. On fait 
cas de la chorographie , mais très- 
peu de l'histoire. C'est une compila- 
tion mal digi'rée de Fhisloire ro- 
maine et de celle des rois de France , 
écrite dans xm style moitié îalin , 
moitié français. Elle est recherchée , 
néanmoins, pour les chartes dont 
elle est semée. Voyez GAtritini. 

i- II. BOUCHE (N.), avocat à 
Aix, fut nommé, en 17S9, député 
du tiers-état de la sénéchaussée 
d'Aix aux états-généraux. Il s'y dis- 
tingua par ses opinions contre le 
clergé ; il a demandé que les séances 
de l'assemblée fussent quolidienut-s. 
Comme avocat , il connoissoit le 
danger des longs discours , car il 
proposa, le 5 aoîit, de ne pas enten- 
dre de discours qui s'étendit à plu? 
d£ cinq minutes; le 22 il se prononça 
en faveur de la liberté des cultes , et 
opiua pour que la France restât mo- 
narchie ; le 28 , il lit rejeter la propo- 
siliou de reconuoilre la religion ca- 
tholique pour celle de l'état; le ^ 
mai , il lit accorder au peuple l'élec- 
liou des juges , appuya la proposition 
de placer le buste du roi sur l:ulel 
de la fédération , ajoutant que , 
« quoique l'image de Louis XVl fur. 
dans tous les cœurs des Français, il 
n'était pas inutile de l'offrir aux 
regards des assistans», U demanda 
la réunion du comtat d'Avignon à la 
France. Il s'étoit fait cotinoitre , 
avant la révolution française , par 
deux ouvrages d'érudition. Le pre- 
mier est un Essai sur l'histoire de 
Fro^'e/ice et des Provençaux célè~ 
bres , IMarseJlIe , 1785, 4 tomes en 
2 vol. in-4°, rem;)lie de bonnes vues 
sur l'administration de cette pro- 
vince. Le second a pour titre : Droit 
public de la Provence , sur la co?i- 
Iribution aux impositions , 1788, 
in-8°. Sur la fin de sa carrière poli- 
tique, il quitta le club des jacobins, 
dont il étoit président^ et pu Jî vit 



174 BOUC 

se réunir à l'assemblée dite des feiiil- 
laus , qui auuouçoit des piinuipes 
plus modérés el plus favorables a la 
mouarchie. Bouclie est mort , quel- 
que temps après, membre du tribu- 
nal de cassation. 

BOUCHEL. Voyez Eocuel. 

1 1. BOUCHER ( Jean ) , Parisien , 
naquit vers l'an i5;>i . Il fut succes- 
sivement recleur de luniversité de 
Paris , prieur de Sorbonne , docteur , 
el curé de Saiut-Beuoit. Cet homme 
<jui, par son état, de voit prèclier la 
paix , fui une des trompettes de la 
discordeau temps de la Ligue. Ce fut 
dans sa chambre, au collège du For- 
tet , que se tint la première assemblée 
de cette association, en i.t85. Deux 
ans après, il (il sonner le tocsin dans 
son église , et déclama en chaire 
contre son souverain, et ne le mé- 
nagea pas plus dans le cabinet. Sou 
Traité, dejustd Tlenrici III abdica- 
tione è l'rancoi uni régna , Parisiis, 
iJSg, in-8°,etLugduui, lâgi, beau- 
coup plus ample , est plein d'impos- 
tures atroces. Il pousse la calomnie 
jusqu'à dire « que la haine de 
Henri III pour le cardinal Louis de 
Guise venoit des refus qu'il en avoit 
essuyés dans sa jeunesse. » Il se dis- 
tingua parmi tous les prédicateurs 
qui louèrent le meurtrier de ce 
prince , el continua d'exhaler sa bile 
contre sou successeur , traitant le 
meilleur de nos rois comme le der- 
nier des hommes. Ses sermons , prê- 
ches contre ce prince dans 1 "église de 
Saint -Merri, sont intitulés Ser- 
mons de la simulée conversion , et 
nullité de la prétendue absolution 
de Henri de Bourbon , prince de 
Béarn , en 1594 > iu-^"- Us furent 
brûlés. Quand Henri IV se fut rendu 
maître de Paris, Boucher s'évada le 
même jour, et se retira en Flandre, 
où il mourut chanoine et doyen de 
Tournay, eu 1646. Il aima sa patrie 
lorsqu'il fut loin d'elle. Ayant ob- 
tenu, dans la suite, ua pusse-port 



BOUC 

pour revenir en France, il fut pour- 
suivi par le procureur-général, qui 
le Ht emprisonner. Mais le roi ne 
voulut pas qu'on instruisit son pro- 
cès , et ordonna de le mettre en 
liberté , nonobstant tout ce qu'on 
put lui dire, a II n'y auroit pas assez 
de l'orèts dans mou royaume , dit-il , 
pour dresser des gibets, s'il falloit 
pendre tous ceux qui ont écrit contre 
moi- je serois misérable , s'il faiioit 
que je lisse punir tous ceux qui l'ont 
mérité en ces dernières guerres. » 
Toutefois , lorsqu'on lui lU lire les 
calomnies contre la feue reine sa 
mère , il haussa les épaules , et dit : 
« O le méchant ! il est revenu en 
France sous la foi de mon passe- 
port ; je ne veux point qu'il ail du 
mal. El puis ne savez-vous pas que 
je vous ai dit que la fureur de la 
Ligue étoitune rage que Uieu avoit 
envoyée pour nous punir de nos 
fautes? Je veux tout oublier , je 
veux tout pardonner , et ne leur 
savoir pas non plus mauvais gré de 
ce qu'ils ont fait , qu'à un furieux 
quand il frappe, ou qu'à un insensé 
quaud il se promène toutnu.(CAYET, 
Chronologie novennaire.) » On dit 
que Boucher se repentit de ses excès 
sur la hn de ses jours. On a encore 
de lui , sous le nom de François de 
Vérone, Wlpologie de Jean C/idiel , 
in-8°, 109.5 et iGiso, el quelques 
autres mauvais livres, tels que la 
Vie de Henri de Valois , avec le 
Martyre de saint Clément , Troyes, 
sans date, in-8°. Lettre de l'évéque 
du Mans , avec la réponse à icelle , 
Paris, 1589, in-8°. 

* II. BOUCHER ( Jean ) , né à 
Besançon dans le 16*^ siècle , corde- 
lier observantin , avoit fait le voyage 
de Jérusalem el de la Terre-Sainte. 
Il ht imprimer au Mans l'ouvrage 
suivant ; Bouquet sacré , composé 
des roses du calvaire, 1616 , iu-8°. 

t m. BOUCHER ( François), 



BOUC 

premier peintre du roi , et directeur 
de l'académie du peinture , naquit à 
Pari» eu 1704, mort en 1770. Elève 
de l'illustre Le Moine , il remporta 
le premier prix de l'académie à dix- 
neuf ans. Après avoir étudié à Rome 
les grands modèles, il vint à Paris , 
et fut appelé par le public le Peintre 
des grâces , titre que ne justifient 
point ses tableaux. Il eût pu aller 
au grand sans le mauvais goût du 
siècle ; car il réunissoit la facilité 
du travail , la légèreté dune touche 
spirituelle et fine , ime comi)osilion 
brillante et riche , ainsi que des 
airs de tète d'un goût fin. Il avoit 
acquis une si grande facilité, que. 
dans les derniers temps de sa vie , 
il ne se donnoit plus la peine de 
copier la nature. Il devint tellement 
incorrect dans sou dessin , qu'à peine 
relrouve-l-on les formes dans ses fi- 
gures. Ses couleurs tiroienl trop 
vers le pourpre , et ses carnations 
paroissoient comme si elles eussent 
éprouvé le reflet d'un rideau rouge. 
Malheureusement la manière de Bou- 
cher étoil encore au-dessous de sa 
couleur ; son dessin est du plus 
mauvais style , et il avoit "àlé l'é- 
cole française. Ses tableaux ae fem- 
mes et d'enfans ne seroient pas sans 
mérite , s'il y avoit plus de vérité. Il 
y a un certain faire qui plaît d'a- 
bord ; mais tout en est factice , cou- 
leur, dessin et costumes. Lorsqu'il 
voulut peindre des sujets d'histoire , 
il ne fut pas plus supportable. Après 
la mort du célèbre Carie Vanioo , 
Boucher obtint la place de premier 
peintre du roi. Ses tableaux sont 
si nombreux qu'il seroit trop lojig 
d'en donner la liste. Il ne connut ni 
l'envie ni l'avarice ; il encourageoit 
les jeunes artistes , et abandonnoit à 
ses amis ceux de ses ouvrages qu'ils 
paroissoient désirer. Un curieux 
ayant voulu lui faire retoucher un 
tableau d'un des plus grands pein- 
tres d'Italie, il refusa modestement, 
en disant : « De tels ouvrages sont 



BOUC 175 

pour moi des vases sacrés. » Lors- 
(|u"il s'agissoit d'éclairer \\n élève , 
il ai rnoil mieux l'instruire par l'exem- 
ple que par l'éialage des règles. « Je 
ne sais conseiller, disoit-il , que le 
pinceau à la main » ; et alors., pre- 
nant le tableau soumis à sa cri- 
tique , il le corrigeoit en quatre 
coups. L'Albane choisit une com- 
pagne qui pût sans cesse lui re- 
tracer fidée des grâces; Boucher eut 
le même bonheur , et en fit le même 
usage pour son art. Il laissa deux 
lilles mariées à Deshayes et à Bau- 
douin , peintres estimés. Son (Eii- 
vre , gravé par différens maîtres, 
contient 261 pièces in-fol. 

* IV. BOUCHER (François), 
fils du précédent , étudia l'architec- 
ture , et n'y montra pas ce génie qui 
distinguoit son père dans l'art de la 
peinture. Il a gravé à l'eau-forte des 
arabesques , des P'ases , et quelques 
morceaux à'Arckiteclure. II est mort 
en 1781. 

* V. BOUCHER ( Pierre-Joseph ), 
médecin, né à Lille le 2.Ô mars 17 15, 
a publié , en 17.51 , iu-4'' , un écrit 
intitulé Méc/tode abrégée pour 
traiter de la dyssenterie régnante 
à Lille en 1750. C'est lui qui four- 
nissoit au Journal de médecine les 
Obsenations météorologiques fa i tes 
àLille. Il a aussi enrichi ce recueil de 
plusieurs Mémoires intéressans. 

* VI. BOUCHER ( Jonatlian ) , cé- 
lèbre théologien , né à Blencogo 
dans le Cumberland , élève de l'école 
de grammaire de Wigton. Quand il 
eut pris les ordres , il alla en mission 
au nord de l'Amérique, où il con- 
tinua les fonctions de son ministère 
jusqu'au commencement de la révo- 
lution américaine. Alors il retourna 
en Angleterre , où il obtint le vi- 
cariat d'Epsom eu Surrey. Boucher 
est mort dans cette place en 180.4 » 
âgé de 67 ans. Il étoit membre de 
la société des antiquaires. Il a publié , 



i-G BOUC 

en 1797, treize /^«co;//-^ qu'il avoit 
prêchas an noril de l'Amérique , 
entre les années 1760 el 1776, si^/- 
les causes et les conséquences de 
la ré\jolution en Jmèrique. Il a 
aussi donné deux Sermons prêches 
en 1778: plusieurs articles de bio- 
graphie dans THisloire du Cuin- 
Ijcriand par Hutchiuson : une Lettre 
aux lial)i(aus de celle province pour 
leur proposer plusieurs objets d'a- 
niéliprntiou. Quand la mort le sur- 
prit, il éloit occupé d'un Glossaire 
des mots archéologiques , et \isilés 
dans les provinces, qu'il vouloit 
donner pour supplément au Dic- 
tionnaire de Johnson. 11 a uiènie pu- 
blié un Prospectus de cet ouvrage, 
el un échaulillon du travail , qui 
fait regretter de ue le pas voir 
achevé. 

VIL BOUCHER n'Ar.Gis (An- 
toine-Gaspard ) , né à Paris en 1 70;^ , 
fut rrçu avocat eu 1727, et cou- 
seillier au conseil souverain deDom- 
bes eu 1753. Il a fait des Notes sur 
tous les ouvrages de i'.n-isprudeuce 
dont il a élé l'éditeur , et entre au- 
tres sur ceux d'Argou, de Br^-tonnier, 
de Ferrière , de Bounol et de Fleury. 
Il a donné , 1. Un Traité des gains 
nuptiaux, I.yon , 1708 , in - 4°. 
11. Trjilé de la criée des meubles, 
1741 , in-12. UI. Règles pour for- 
m^r un avocat , 170 3 , in- ii^. 

IV. T>e l'origine du parchemin et 
du papier timbré , i~'5'j , m-4°. 

V. Code rural, 1774^ 5 vol. in- 12. 
On a dit que cotoii le Manuel de la 
tyrannie. On y trouve en crret tous 
lesréglemeus en laveur des corvées, 
des l)ànalilés, contre la chasse, etc. , 
et presque ricivpour assurer la paix 
et le bonheur d^s cultivateurs. 
Vï. Principes sur la nuUitédu ma- 
riage pour cause d'impuissance , 
j_^p in-S". C'est lui qui composa 
les articles de jurisprudence pour 
rF.ncyclopcdie , à comineiyer au 
5 ■ vol. ( Voyez f i.EcKY , u° I. ) 



BOUC 

Il ne faut pas le confondre avec uu 
docteur de Sorbonne mort en 17.") i , 
Elie-Marcoul BorcriER, qui travailla 
aux Nouvelles ecclésiastiques , de- 
puis 1713 jusqu'en 1735 , et qui 
donna les cinq derniers volumes de 
la Belation des assemblées de lu 
Sorbonne , dont Wi liasse a voit pu- 
blié les deux premiers. 

* VllI. BOUCHER d'Argis (A. .T.}, 
fils du précédent, lieutenant particu- 
lier du ehntelel de Paris. En janvier 
1790 , il dénonçaau chàteiet la feuille 
deMarat. Nommé par le roi pour rem- 
placer Talon , lieutenantcivil au chà- 
teiet , il refusa cet emploi , et vint, le 
7 août, en qualité de rapporteur de 
la conspirnlion des 5 et 6 octobre , 
dont le duc d'Orléans éloit accusé , 
remellre les_ pièces de rassemblée 
consliluante , et dit à la barre : 
« Nous venons , après dix mois de 
rec'nerches , déchirer le voile qui 
couvroitles attentats commis dans 
le palais des rois» : et il ajouta à 
son rapport ce vers de Zaïre : 

^lt• vnilJ donc connu ce secrel plein d'l]orrciii ! 

Il annonça de plus que deux dé- 
putés se trouvoient fortement in- 
culpés. Quelques jours après , il 
transmit à l'assemblée une adresse 
pour jiistificr la conduite du clià- 
lelet. En l'^gi , il réclama contre 
l'insertion de son nom dans la liste 
des membres du club monarchique. 
Détenu aux carmes en 1794 , il fut 
condamné à mort par le fatal tri- 
bunal révolulionnnire le 5 ther- 
midor an 2 ( 23 juillet 1791 ) , 
comme complice de la conspiration 
des prisons. Il avoit publié un Traité 
sur l'éducation des souverains ou 
d"s princes destinés à l'être ; des 
Observations sur les lois crimi- 
nelles de France , et un Recueil 
manuel d'ordonnances , etc. 

;- BOUCHERAI' ( Lonis) , ué à 
Paris eu i6i6 , de Jean Boucherai , 
mon doyeu de la chambre des 



BOUC 

camptcs en 1671 , à 94 ans. Après 
fivoir été conseiller au parlemt^nt , 
et inlendanl de diverses provinces , 
il devint chancelier de France , et 
garde des sceaux eu i685 , places 
dans lesquelles il succéda à Michel Le 
Tellier. 11 mourut eu 1699. Sa de- 
vise étoit un coq sous un soleil , 
pi.' allusion à celle de Louis XIV. 
Les paroles étoient : Sol reperit ui- 
gileiii. 11 avoit été du nombre des 
maîtres des requêtes que le roi 
avoit appelés au conseil formé pour 
la réformation de la justice. 11 se 
distingua dans tous ses emplois peu" 
san intégrité et sa vigilance. Sa 
famille étoit originaire de Troyes. 
Quoique marié deux fois , il ne 
laissa pas. de postérité masculine. 

-;■ I. BOUCHET ( Jean ), procureur 
à la sénéchauséede Poitiers, sa patrie, 
lié eu 1476 , et mort dans cette ville 
en i5.5o, s'est fait counoitre par les 
jinnales d'jîquitalne , Poitiers , 
1 644 j in-fol. 11 composa aussi un 
grand nombre de poésies morales , 
qui lui firent une assez grande répu- 
tation de son temps. En voici les 
titres : L Les Regiiards traversant 
lespoiespérilleuses des folles Jiances 
de ce monde , traduits dn latin de 
S. Brandt , i5ô8, in-4° , avec fig. 
IL Le Triomphe de la noble et 
amoureuse dame , et l'art d'aimer 
honestement , en vers et en prose , 
ihlii , in-fol. UL Les Opuscules du 
traverseur des voies périlleuses , 
i52.T, in-4°, sous lequel surnom il 
publia la plus grande partie de ses 
ouvrages. IV. Les ancienne et mo- 
dernes généalogies des rois de Fran- 
ce , et mesmement du roi Phara- 
mond , avec leurs épigraphes et 
ejfigies , Vaiis , i6.36, m-16, avec 
fig. , joli vol. , rare et recherché. 
V. Le Panégyrique du chevalier 
sans reproche , sieur de La Tré- 
moilte , 1627, in-^". ( f^ojez Tre- 
MoiLLE , n° L ) VL La Déploration 
(le l'Eglise niilitcmte en sespersécu- 
%. III. 



BOUC 



177 



tions , Paris, i5i3, in-8° , goih, 
-VU. Le Labjririthe de fortune e£ 
le séjour des trois nobles dames , 
Paris , sans date , in-/(° , goth. Vlll. 
Les angoisses , remèdes d'amour, 
Poitiers, i.t56, 'm-i^°.\X. Le Temple 
de la bonne renommée , Paris, 1 5 1 8, 
in-4°. X. Jugement poétic du sexe 
féminin , Poitiers , iTjSS , in-8°. 
XI. Rondeaux et Ballades, Paris, 
i5o6, in-16. XII. Epures morales 
et familières , Poitiers, 1.04.5 , in- 
fol. Tous ces ouvrages sont impri- 
més eij caractères gothiques -, di- 
gnes des vers qu'ils contien-nent. Le 
seul qui mérite l'attention et qu'on 
lit encore , est intitulé jJnnales 
d'Aquitaine , qui traitent des faits 
et gestes des r-uis de France et d'A- 
quitaine , avec les antiquités du. 
Poitou. Bouchet publia la première 
édition de cet ouvrage en ibib , 1 
vol. in -fol. La quatrième a paru 
à Poitiers, 16^4 > in-fol : c'est la 
plus estimée ; elle a été continué© 
jusqu'en i574. H y a beaucoup de 
travail , assez d'exactitude , mais 
uulle critique. Ces annales offrent 
une suite de recherches historiques , 
dont la plupart sont curieuses : mais 
le style peu soigné en rend la lecture 
pénible: c'est néanmoins l'histoire la 
plus coniplete d'un pays qui n'est 
pas fertile en bons historien^. Bou- 
chet eut huit eufans, dont quelques- 
uns furent placés, à la recommanda- 
tion de François I , et d'autres per- 
sonnes puissantes de la cour. 

II. BOUCHET ( Henri du ) , con- 
seiller au parlement de Paris , laissa 
sa bibliothèque aux chanoines régu- 
liers de Saint-Viclor , avec un re- 
venu considérable pour l'entretenir , 
à condition qu'elle seroit rendue pu- 
blique ; ce qui a été exécuté. Il mou- 
rut en 16 54 , à 1 âge de 61 ans , avec 
la réputation d'un magistrat équi- 
table et éclairé. 

tni. BOUCHET (Guillaume du), 

1;2 



i:8 



B(3UG 



sieur de Brocouri, né en i5:2G,e'loil 
libraire , lorsqu'il Fut élu juge-consul 
à Puiliers , eu i584 ; ce qui lui 
donna occasion de dédier aux mar- 
chands de cette ville son premier 
lonic des Sérées , discours remplis 
d'obscénités , d6 plaisanteries , de 
pointes , et qu'il suppose tenus par 
des personnes qui passoient la soiiée 
ensemble. C'est une imaee assez 
naïve des conversations de son 
temps. Bien des auteurs ont puisé 
dans son recueil , et n'en ont rien 
dit. On y trouve beaucoup d érudi- 
tion ; mais la plupart des faits tirés 
des anciens auteurs y sont estropiés 
et rapportés d'une manière inlidèle. 
Les questions de physique n'y sont 
pas mieux traitées que les sujets 
d'histoire. Le troisième tome des 
Sérées parut eu 1607 , après la 
mort de l'auteur. Elles ont été ré- 
imprimées à Paris , 1608 , à Lyon , 
l6i5 , et à Rouen, i655,en 5 vol. 
iu-12. 

i- IV. BOUCOET ( Jean du ) , 
maître d'hcitel du roi de France , 
mort en i G84 , à l^ge de 85 ans , a 
publié diverses Généalogies , pleines 
de recherches arides , mais érudites. 
L Véritable origine de la seconde 
et troisième lignée de la maison de 
France , Paris , 16,(6, in-fol. Cet 
ouvrage a été combattu par Chau- 
tereau LeFèvre. II. Histoire généa- 
logique de la maison de Coi/rtenay, 
Paris, 16G0, iu-fol. III. Table gé- 
néalogique des comtes cV Auvergne , 
i665 , in-l'ol. IV. Table généalo- 
gique des comtes de la Marche , 
en 1682 , iii-f'ol. Il a donné une nou- 
velle édition de la Vie de Inouïs de 
Bourbon, surnommé le Bon (par 
Nicolas Coustureau , sieur de la 
Jaille , mort en ifjgG), avec un 
grand nombre d'additions , etc. , 
Rouen, 16.62, in- 4°, et 1645, 
in-8". 

* V. BOUCHET -LA - GÉTIÈRE 



BOLC 

(Antoine-François), né à Niort, 
inspecteur des haras sous Louis XV. 
En l'an 2 (1790), les comités de 
de la guerre et de .salut public le 
mirent en réquisition pour la même 
partie, et ce lut d'après ses conseils 
qu'on créa sept dépôts. Il est l'auteur 
de plusieurs pians présentés aux co- 
mités miliiaire , de salut public et 
d'agriculture , qui lurent adoptés, à 
l'etfet de régénérer lesharas détruits. 
Ses Observations sur les différentes 
qualités du solde la France , rela- 
tivement à la.propagation des meil- 
leures races de chevaux , imprimées 
d'après un décret de l'an 6 (1798 ) , 
sont un monument d'expérience et 
d'utilité publique. 11 est mort à Paris 
le 1 1 avril 1801. 

BOUCHEUL ( Jean - Josej)h ) , 
avocat du Dorât dans la basse Mar- 
che, mort vers 17 .20, est auteur d'un 
bon Commentaire sur la coutume 
de Poitou , 17:27 , 2 vol. in-fol. , et 
d'un Traité des conventions de suc- 
céder , in-4°. 

t BOUCHIER ( Thomas ) , arche- 
vêque de Canlorbéry , frère de Henri, 
comte d'Essex. U couronna Edeiiaul 
IV , Richard III , et Henri VHI , rois 
d'Angleterre. II est mort en i486. Ce 
fut lui qui, en i484, introduisit l'im- 
primerie en Angleterre. U avoit en- 
voyé à Harlem un homme qu'il y 
eiUretenoit à ses frais pour s ins- 
truire dans cet art. 

•;• BOUCICAUT ( Jean Le Metn- 
GRE de}, maréclial de France, hls 
d'un maréchal de France de même 
nom, mort à Dijon en 1067, éioit 
comte deBeauforl et vicomte deTu- 
renne , par son mariage avec Antoi- 
nette, fille unique et héritière de 
Raimond de Beaufort, vicomte de 
Turer.ne. U prit le parti des armes à 
l'âge de 10 ans, et combattît à côté 
de Charles VI, dont il éloit enfant 
d'honrteur, à la bataille deRosbec, 



BOUC 

en 1 382. Ce priuce le fil chevalier la 
veille de celte journée. Les Génois 
ayant \oiilii se soustraire à la tyran- 
nie de Jean Galéas Visconti , seigneur 
de IMilnn, le roi Charles VI, dont 
ils implorèrent le secours, leur en- 
voya Ûoucicaut pour les gou\erner. 
Ce général punit les lailieux , fit 
couper la tète à Boccanegre , l'un 
de leurs chefs, rétablit Tordre, et 
pourvut à la sûreté de la ville, en 
bàtissftut deux châteaux qui se com- 
muniquoient. La sévérité du gouver- 
nement occasionna des troubles. Le 
marquis d^'Monlferrat ayant été mis 
à la tète de la république, Boucicaut 
fut obligé de repasser en France, et 
jicrdit Gènes par su retraite. Il se si- 
gnala ensuite contre les Turcs, les 
Vénitiens et les Anglais. 11 fut fait 
prisonnier à la bataille d'Azincourt 
ïan i4i-') ; mené en Angleterre , il y 
moiiruten 1421. Il aima les poètes , 
et cultiva la poésie. 11 étoit très-civil 
envers les dames. Lorsqu'il com- 
ruandoit à Gènes, il fut salué par 
deux femmes auxquelles il rendit le 
salut. « Savez -vous bien, lui dit 
ini seigneur qui l'accompagnoit , 
que vous venez de saluer deux cour- 
tisanes? — Qu'importe, dit le vieux 
guerrier, j'aime mieux avoir fait la 
révérence à dix catins , que d'avoir 
manqué à saluer une femme de 
bien, m Son corps fut porté à Tours 
et enseveli dans la chapelle de sa 
famille. On lui donne , dans son 
épitaphe, le titre degrand-connéla- 
l)le de l'empereur et de l'empire de 
Constantinople. JeandeBoucicArx, 
.son père, avoit l'ame d'un héros 
et les senlimens d'un honnêlehora- 
rne. Un de ses amis le pressant, en 
travaillant pour la gloire, de ne pas 
oublier la fortune, du moins pour 
ses enfans, il répondit : «Je n'ai rien 
vendu de l'héritage de mes pères. 11 
suffira à mes enfans, s'ils sont ver- 
tueux; et il seroit trop considérable, 
s'ils ne le sont pas. » Sa postérité s'é- 
teignit vers 1485. 



BOUD 179 

I. BOUCQULT (Pierre), avo- 
cat, mort le 2 avril 1781. Profon- 
dément instruit de notre histoire, il 
en publia divers morceaux où l'éru- 
dition domine. \.J)ruit public de la 
i lance , éclaire/ par les rnonumens 
de l'antiquité , 17.06 , in-/|°. 11. Ao- 
tice des titres constatant' la posses- 
sion de nos rois de nommer aux 
évéchés de leurs étals, i'^64, in- 
4°. 111. Examen de l'origine de 
la constitution et des révolutions 
delà monarc/iie françoise , 1772, 
in-8°. IV. jyiémoire historique sur 
la topographie de Paris , 1772 , 
in-4''. 

* n. BOUCQUET (Victor), 
peintre, né à Furnes en 1619. Il 
etoit fils et élève de i\larc Boucquet , 
peintre médiocre. Victor, après avoir 
beaucoup voyagé , se maria dans sa 
vilie natale et s'y fixa. Il mourut en 
1677. Il peignoit bien l'histoire en 
grand , et disposoit habilement ses 
groupes ; ses fonds sopt enrichis 
d'architecture et bien soignés ; mais 
son dessin est incorrect et ses figures 
courtes ; cependant ses draperies sont 
l)!en ajustées , sou coloris est assez 
bon, quoiqu'un peu froid. Ses prin- 
cipaux ouvrages sont à Loo , à Nieu- 
port , et dans l'hôtel-de-ville d'Os- 
ieude , où ce peintre a représenté le 
jugement de Cambyse dans un grand 
tableau qui occupe toute la profon- 
deur de la salle d'audience. C'est le 
chef-d'œuvre de cet artiste, qui le 
fil en 1675. 

BOUDA (Mylhol.) , génie indien, 
qui préside au mercredi , et à la di- 
rection de la planète de Mercure. 
Lorsque celle-ci s'éloigne du soleil , 
ils croient quelle leur annonce lu 
famine. 

t BOUD ET ( Antoine) , né à 
Lyon , se fit imprimeur et libraire à 
l'iuis , où il mourut en 1789, après 
avoir été l'un des collaborateurs du 
Journal Fc.onomiquc et des ajfichtn 



i8o 



BOUD 



de Paris , qu'il commença et con- 
tinua pendant plus de six ans. Il 
publia un recueil des Sceaux du 
moyen âge , avec des éclaircisse- 
mens , 1779 , iu-4'^. 

1 1. BOUDEWINS ( Micliel ) , doc- 
teur eu médecine , nalii' d'Anvers , 
mort le 29 octobre 1681, s'acquit 
beaucoup de répulation dans sa pa- 
trie. Il fut médecin pensioutiaire de 
la ville et de l'hôpital , président du 
collège des médecins, et lecteur en 
chirurgie et en analomie. Il est au- 
teur d'une production à l'usage des 
théologiens , des confesseurs et des 
médecins , intilulée Venùlabvum 
medico-theologicum , à Anvers, 
1666 , iu-4°. Elle traite des cas de 
médecine qui ont rapport à la con- 
science. 

* II. BOUDEWINS ( Antoine - 
François ) , né à Bruxelles vers 
1660 , mort dans la même ville au 
commencement du siècle dernier. 
Elèvede Vander Meulen,il travailla 
à Paris sous ce célèbre peintre , dont 
il grava un grand nombred'ouvragcs 
à l'eau-forle. Les pnysages de Boude- 
wius excellent sur-tout par le coloris, 
la diversité des objets et un fini pré- 
cieux. Il dessinoit très-bien les ar- 
bres , et ornoit le devant de ses 
tableaux d'une multitude de petites 
plantes qui ajoutoient à leur brillant. 
Presque tous sont enrichis de jolies 
petites figures de Bout , ce qui 
leur donne beaucoup de valeur. 
Ses principaux tableaux sont deux 
jolis Paysages , avec des ligures 
de Bout ; dans l'un on voit des chas- 
seurs , et dans l'antre beaucoup de 
figures avec une Bohémienne. On les 
voyoit à Ror.en chez un juge con- 
sul , ainsi qtie deux autres Paysages 
chez un négociant de cette ville. 
Dans le cabinet de Bruxelles , il y 
avoit seize Paysages de Boudewins, 
avec des ligures de Bout , représen- 
tant des chasses , des fêtes galantes , 



BOUD 

des assemblées , etc. Dans la galerie 
de Dresde on en voit neuf, la plu- 
part avec des figures de Bout : un 
paysage avec un château ; la vue 
d'un ancien fort sur le bord de la 
mer , au bas des hommes chargent 
une barque ; l'entrée d'un port de 
mer, on aperçoit deux Turcs; na 
paysage avec une église , à la porte 
de laquelle des pauvres attendent 
l'amnône ; un paysage et des ruines, 
avec des Egyptiennes ; paysage avec 
marché aux fruits , et des animaux ; 
vue d'un village avec une procession; 
un marché aux fruits ; un crieur 
de nouvelles ; deux forts séparés par 
une rivière ; perspective d une ri- 
vière , le devant est orné d'archi- 
tecture , avec des fonlainf^s , trois 
cavaliers , etc. Le Musée Napoliîon 
ne possède qu'im tableau de ce pein- 
tre , représentant un marché au 
poisson dans une ville de Flandre, 
située sur un canal ; ce tableau est 
très - beau , les figures , peintes 
par de Bout, y sont en grand nom- 
bre, et touchées avec beaucoup d'es- 
prit. 

* BOUDHA , philosophe athée 
de l'Inde , ou du moins décrié 
comme tel par les brahmines ortho- 
doxes, nie (si toutefois on peut s en 
rapporter à eux ) l'existence des 
purs esprits , et n'admet lexisteuce 
réelle et absolue que de la matière. 
Il blàmoit les sacrifices .sanglans pres- 
crits parle Véda , etc. fuyez Jones, 
Asiat. res. , 1. IV", art. Arch. litt. de 
l'Eur. , n° VI , p. 022 , s. 

t BOUDIER DE La Jousselt- 
XIÈRE ( René ) , né à Treilly près 
de Coutances en i634- H y vécut 
en philosophe voluptueux , et ne 
voulut jamais se marier. Il mourut 
à Mantes-su r-Seiue en 1725 , âgé 
d'environ 90 ans. Ce fut un de ces 
génies prématurés qui ne tiennent 
pas tout ce qu'ils promettent. A i5 
ans , il savoil le latin , le grec , 



BOUD 

l'espagnol , el faisoit des vers fran- 
çais. On eu trouve quelques-uns dans 
diffërens recueils. 11 acquit peu à 
peu des connoissances superficielles 
de tout. 11 tonchoit du luth, dessi- 
noit , peiguoit , cnltivoit l'histoire, 
la grammaire , la géographie , el 
ëcrivoit sur les médailles. On a de lui 
une Histoire romaine; uu Traité 
sur les médailles, qui est estimé; un 
Abrégé de l'histoire de J rance , 
etc. Il n'y a que ^on Histoire ro- 
maine qui soit imprimée. Il fit lui- 
même cette épilaphe : 

J'/'tois genlilhomir.e norinancl , 
U'uiic antique et p^vre noblesse, 
A'ivant de peu tranquilîenienl 
lîaiïs une Lonorablc paresse. 
Sans cesse le livre à la main, 
J'étois plus sérieux que triste : 
Moins français, que grec et romain, 
Antiqnsirc , archimédaiiliste ; 

J'élois poète, historien, 

Kt maintenant je ne suis r]£N. 

tBOUDON (Henri-Marie), grand- 
archidiacre d'Evreux , naquit en 
1624 à la Fère ,et mourut en 1702. 
C'étoit un homme vertueux qui se 
fit un nom par plusieurs ouvrages 
de piété. Les principaux sont , I. 
Dieu présent par - tout , iu-24. 
II. De la profanation et du res- 
pect qu'on doit avoir aux églises, 
in-24. m. La sainteté de l'état 
ecclésiastique , in- 12. IV. La dé- 
votion à la très -sainte Trinité , 
in-24- V- La gloire de Dieu dans 
les âmes du purgatoire , in - 24. 
VI. Dieu seul , ou le saint escla- 
vage de la mère de Dieu, in -12. 
Vil. Le chrétien inconnu , ou Idée 
de la grandeur du chrétien , in-i 2. 
Collet a publié sa Vie en 1754 , 
en deux volumes in-12. Cet auteur 
lui fait faire beaucoup de miracles, 
qui prouvent la crédulité de son 
historien. Il a écrit encore quel- 
ques Vies particulières , telles que 
celle du P. Surin, 1 vol. iu-8° , 
i683 , réimprimée en iGSq ; celle 
du P. Jean Chrysostôme , picpus, 



BOYE 



18] 



16S4 , iu- f'" ; celle de saint Ta- 
min , apôtre d Evreux , et de 
deux ou trois religieuses. Ces Vies , 
où les faits sont noyés dans une 
foule de maximes mystiques, sont 
d"une lecture eimuyeuse et fati- 
gante. 

Y I. BOUDOT ( Jean ) , libraire 
célèbre de Paris , et imprimeur 
éclairé , mort en décembre 1706 , 
s'est fait connoitre par son petit 
Dictionnaire latin , iu-S" , le plus 
u.sité dans les collèges -. cet ouvrage 
est tiré duu grand dictionnaire 
manuscrit, eu 14 volumes in-4° , 
dont il éloit auteur. Il éloit impri- 
meur de l'académie des sciences , et 
la partie des mémoires de cette 
compagnie, imprimée par lui, est 
plus recherchée que les réimpres- 
sions. — Son fils , Jean Boidot , 
libraire-imprimeur à Paris , ué eu 
1685 , mort en i7.'ï4 > soutint sa 
réputation. 11 a laissé d'excellens 
matériaux pour une Bibliothèque 
choisie. 

II. BOUDOT (l'abbé Pierre- Jean), 
second fils du précédent, mort à Paris 
en 1 7 7 1 , é toi t al taché à la bibliothèque 
du roi. Il aida le président Héuault 
dans ses recherches historiques , et 
publia en 1 76,1 , in-8° , uu Examen 
de quelques objections faites à 
r Abrégé chronologique. C'étoit un 
homme instruit , officieux et en- 
joué. On a encore de lui , Essai 
historique sur l'Aquitaine , 174-^, 
in-i 2 , et les Catalogues de la bi- 
bliothèque du grand conseil et de 
celle du roi, avec Sablier. 

BOVERICK , célèbre horloger 
d'Angleterre dans le dernier siècle, 
se distingua par des chefs-d'œuvre 
de mécanique. Il fit une chaise d'i- 
voire à quatre roues, avec toutes 
ses appartenances , dans laquelle 
un homme étoil assis : elle étoit si 
petite et si légère , qu'une mouche 
la iraïuoil aiséineul. La chaise et la 



l82 



BOVE 



mouche ne pesoient qu'un grain. Le 
même ouvrier construisit une table 
à quadrille avec sou tiroir, une lajjle 
^ manger, uu buffet, un miroir, 
douze ihaises à dossier , six plats , 
une douzaine de couteaux , autant 
de fourchettes et de cuilliers , deux 
salières, avec un cavalier, une dame 
et ua laquais ; et tout cela étoit si 
petit , qu'il eulroit dans nn noyau 
de cerise. ( foyez le Microscope à 
la porti^e de tout le monde , par 
Baker, savant respectable, qui rap- 
porte ces faits d'après le témoignage 
de ses yeux.) 

BOVERIUS (Zacharie) , capucin 
défiuiteur , général de son ordre , né 
à Saluées , et mort à Gênes en 1 658 , 
à 70 ans , est auteur de quelques 
ouvrages de controverse, où il mon- 
tra plus de zèle que de sagacité. Mais 
il est sur-tout connu par ï Histoire 
des capucins , en latin, i652 et 
1609 , 2 volumes in-folio , traduite 
en français par le P. Antoine Caluze, 
1676 , in-fol. Il y en a un troisième 
volume par le P. Marcellin de Pise, 
1666 , in-folio. Celte histoire est un 
tissu de contes et de prodiges ridi- 
cules. ( T'oyez OcHiN. ) I,e crédule 
auteur adopte toutes les iables dé- 
bitées avant lui sur sou ordre ; et 
c'est lui faire grâce que de ne pas 
croire qu'il en ail inventé plusieurs. 
Cependant le P. Antoine-Marie Ca- 
lilius trouva qii'il n'avoit pas encore 
été assez absurde , et il fit son apo- 
logie sous le titre de Dilucidalio , 
Anvers, itî63 , in-^". On a encore 
de Bovérius Demonstrationes XI 
de i^erâ liabitih fonnd à Serapliico 
pâtre Francisco institi'tâ , Colo- 
gne, 1605. Uy prouveqiie l'habit des 
capucins est celui de saint François. 

*BOVES (Jean de) , ancien poète 
français, dont il nous reste quelques 
J'ab/iau.v. Dans le préambule de 
cehii des deux chevaux , il nomme 
tous ceux qu'il a faits. Legraud 



BOUF 

d'Aussy lésa retrouvés tous , à v.n 
près, il en a inséré six dans son 
Recueil de Fabliaux et Contes des 
12'' et i.î*^ siècles. ( Voyez lom. I, 
préf. , pag. 1 08 ; tom. 111 , pag. 1 5 1 .) 

t BOUETTE DE Blemur ( la 
mère Jacqueline de), née en ifiiS 
d'une famille noble, prit l'habit de 
bénédictine, à l'âge de 1 1 ans , dans 
l'abbaye de laSainte-TrinitédeCaen. 
La duchesse de Mecklembourg ayant 
projeté de faire à Chatillon un éta- 
blissement de bénédictines du St-Sa- 
creraent , demanda la mère Boueite. 
Cette sainte religieuse , de prieure 
qu'elle étoit à la Trinité, se réduisit 
à èlre novice à Chatillon. Elle avoit 
alors 60 ans. Les abbayes qu'on lui 
offrit ne purent lui faire quitter sa 
nouvelle demeure. Elle y mourut 
en i6g6 , à 78 ans. On a d'elle , 1. 
\J Année bénédictine , ou les Vies 
des saints de Vordre de Saint- 
Benoit , Paris, 1667, 7 volumes 
in-/)". 11. Eloges de plusieurs per- 
sonnes illustres en piété de l'ordre 
de Saint-Benoit , Paris, 1769, 2 
vol. in-4°. m. Vie de fourrier de 
Matincourt. IV. Exercices de la 
mort. V. Vies des saints , in-fol., 
2 volumes. VI. Tdonologue histo- 
rique de la mère de Dieu , Pans, 
1682, in-4°. Il y a dans ces ou- 
vrages quelques fables pieuses; mais 
IN sont écrits d'ailleurs avec plus 
d'élégance qu'on n'auroit dû en at- 
tendre d'iuip fille qui avoit passé 
toute sa vie dans des exercices de 
dévotion. 

-;- I. BOUFI.ERS ( Louis de ) , 
d'une famille des plus anciennes de 
Picardie , naquit en i,55.|. Il fut 
surnommé le Robuste , parce qu'il 
égala Kl forte de Milon de Crotone. 
Il rompoii avec les doigts i;u fer de 
cheval. Lorsqu'il se tenoil ferme sur 
ses pieds , l'homme le plus fort ne 
pouvoit le faire avancer d'un seul 
pas. Il enle.oit un cheval sur sis 



BOUF 

bras,' et le porloil à une grande 
distauce. Mais ce qu'il y avoit de 
plus mei'veilleux dans cet Hercule 
îuodfrne, c'est qu'il navoit pas 
moins d'adresse que de force. Il ter- 
rassoit les lutteurs bretons les plus 
vigoureux et les plus agiles. Lors- 
qu'il alloit à la chasse de l'oi- 
seau, il francliissoit tout botté, d'un 
saut agile , des ruisseaux très-larges. 
Il tuoit le gibier d'un coup de pierre, 
soit à la course, soit au vol. Ordi- 
iiairemeul il sautoit, armé de toutes 
pièces, sur son cheval , sans mettre 
le pied vi l'étrier. Dans un espace de 
deux cents pas , il devançoil un che- 
val d Espagne. Ces choses seroient 
incroyal)les , si elles n'éloienl attes- 
tées par I.oisel , dans ses Mémoires 
du Beauvoisis ; et par La .Morlière , 
dans ses Maisons illustres. On espé- 
roit beaucoup de ce nouveau Milon 
français, lorsqu'il fut tué au siège de 
Pont-sur-Yonne , où il servoit en 
qualité de guidon de la compagnie 
du duc d'Enguieu. Il n'avoit pas été 
marié. 

* II. BOUFLERS ( Adnan , sei- 
gneur de) vécut sous Henri III et 
sous Henri W , et fut nommé en 
1.082 bailli de Beauvais, quoique at- 
taché à l'état militaire. Il aimoit les 
lettres , et a laissé , I. Choix de 
p/asieiirs histoires et autres choses 
mémorables, Paris, i6o8 , in-S". 
II. Traité sur les œui-res admira- 
bles de Dieu , Beauvais , 1621 , in- 
8°. Il mourut le 28 octobre 1622, 

âgé de 90 ans. 

« 

i- m. BOUFLERS ( Louis-Fran- 
çois, duc de ) , pair et maréchal de 
France, de la même famille que le 
préc-édent , naquit en i644- Ses dis- 
positions pour la guerre s'élarit dé- 
veloppées de bonne heure , il eut 
en 1669 un régiment de dragons. 
A la tète de ce corps , il se distingua 
.«otis les maréchaux de Créqui et de 
Turenne. Il reçut une blessure dau- 



BOLF 



i83 



gcreusc au combat de Voërdcn , j-t 
une seconde à la bataille d'Eulshein- , 
au gain de laquelle il contribua beau- 
coup , de l'aveu de Turenne. Après 
plusieurs belles actions, il s'immor- 
talisa par la défense de Lille et» 
1 708. ( f^oyez Bois , n° VI.) Le siège 
dura près de quatre mois. Bouliers 
disoit à ses officiers : « Messieurs , 
je me lie à vous ; mais je réponds 
de moi. » Le prince Eugène, après 
l'avoir contraint de capituler , lui 
dit: «Je suis fort glorieux d'avoir 
pris Lille; mars j'aimerois mieux en- 
core lavoir défendu comme vous.» 
Le roi le récompensa, comme s'il 
eût gagné une bataille. Il fut fait 
pair de France, eut les grandes en- 
trées de premier gentilhomme , et 
la survivance du gouvernement de 
Flandre pour son fds aine. Lorsqu'il 
vint au parlement pour s'y faire 
recevoir, il dit, eu se tournant vers 
une foule d'officiers qui avoieut dé- 
fendu Lille avec lui : « C'est à vous 
que je dois toutes les grâces dont on 
me comble ; c est à vous que je le.; 
renvoie ; et je ne puis me louer que 
d'avoir été à la tête de tant de braves 
gens.» Pendant le siège, un partisan 
lui ayant fait sentir qu'il pourroit 
tuer facilement le prince Eugène : 
a V^olre fortune est sûre , lui répon- 
dit Bouliers , si vous pouvez la 
prendre prisonnier ; mais vous se- 
rez puni avec la plus grande sévé- 
rité , si vous attentez à ses jours ; 
et si je soupçonnois que vous en 
eussiez eu la pensée , je vous ferois 
enfermer pour le reste de votre 
vie.» Cette générosité qui le'carac 
lérisoit lui fit demander d'aller 
servir sous les ordres du maréchal 
de Viliars, quoiqu'il fût son ancien. 
A la bataille de Malplaquet,en 1709, 
il fit la retraite en si bon ordre , 
qu'il ne laissa ni canon ni prison- 
niers. Le marquis de Bouliers joi- 
gnoit à l'activité d'un général laine 
; d'un bon citoyen ; servant son raai- 
I tre comme les anciens Romains 



m 



BOUG 



sérvoient leur république; ne comp- 
tant sa vie pour rien , dés qu'il éloit 
queslioii du salul de la pairie. Le 
loi lui avant ordonné d'aller secourir 
Lille , et lavant laissé maitre du 
choix de ses lieutenans , il partit à 
ï'inslant, sans régler ses affaires, sans 
dire adieu à sa famille, et choisit 
pour ses officiers un bouime disgra- 
cié , et un prisonnier de la Bastille. 
Sa niaguiiicence égaloit son amour 
pour son pays et pour son prince. 
Lorsque Louis XIV forma le camp 
de Compiegne pour servir de leçon 
à son petit-hls le duc de Bourgogne, 
et de spectacle à loute la cour , 
Bouflers y vécut si splendidement, 
que le roi dit à Livri , son maître 
d'hôlel : « 11 ne faut pas que le duc 
de Bourgogne tienne cSe table , nous 
ne saurions miei'.x faire que le ma- 
réchal ; leduc di' Bourgogne ira durer 
avec lui. Cet habile général mourut 
à Fontainebleau en 1711. «En lui, 
ecrivoit madame de Maintenon , le 
cœur est mort le dernier. » On lit 
dans la Continuation de l'histoire 
d'Angleterre , par Ptapin de Thoiras, 
« que le roi Guillaume , ayant pris 
Namur en 169,5 , arrêta Bouliers 
prisonnier , contre la foi des con- 
ventions. Surpris de ce manque de 
foi , le maréchal en deaiauda la 
cause. On lui répondit qu'on en 
agissoit ainsi par représailles de la 
garnison de Dixunide et de Demse , 
que les Français avoient retenue 
malgré les capitulations. — Si cela 
est , dit Bouliers , on doit arrêter 
ma garnison , et non pas moi. — 
Monsieur , lui Dépendit - on , on 
vous estuiie plus «que dix mille 
hommes. » 

t IV. ROUFf.ERS ( Joseph - Ma- 
rie , duc de ) , hls du précédent, hé- 
ritier de la valeur et des vertus de 
son père, servit avec distinction, 
et fut envoyé à Gènes en 174? j 
avecla dignité de maréchal de France. 
Cette ville éloit bloquée par les Au- 



BOUG 

Irichiehj. Elle manquoit de toufs 
espèce de provision , de poudro 
même , et la mésintelligence régnoit 
dans le sénat. Bouliers pourvut à 
tout, rétablit l'ordre et la paix, et 
encouragea si bien les Génois , qu'il 
força leurs ennemis à lever le blo- 
cus. î\Iais il ne jouit pas longtemps 
de sa gloire ; il mourut de la petite- 
vérole le jour même que les Au- 
trichiens se retiroient. 11 fut égale- 
ment regretté des Génois , des Fran- 
çais et des Espagnols. Un anonyme 
lui fit cette épitaphe ; 

\n sein «le la victoire, 4 la fleiîrilc son fig« t 
D'un ]ienple de liéros lîonflcrs e5l icgreltè; 
Il leur laisse en mourant le plus noble héri- 
lag- : 
Son exemple, cl la liberté. 

C'est en considération des services 
de san père, qu'il lui succéda dans 
le gouvernement deFlandre , n'ayant 
encore que cinq ans. — La marquise 
de BouvLERS, amie intime de Vol- 
taire, s'est distinguée par ses idées 
philosophiques et la loi'.rnure pi-^ 
quante de ses vers. Ces deux petites 
pièces feront conuoitre les grâces de 
son esprit : 

Voyez quel malheur est le raien, 
Disoil une certaine dame; 
J ai tâché d'amasser du liit-n , 
D'être toujours bonnfli- femme : 
Je M'ai pu réussir à rien. 

Le ton de l'autre est différent , 

De plaire un jour sans aimer j'tu; l'envie ; 
Je ne cherchois (|n'un simple amusement : 
L'aiiuisemenl devint nn sentiment , 
Le aeniimeul, le honluur de ma vie. 

Madame de Bouliers faisoit les dé- 
lices de la cour du roi de Pologne 
Stanislas à Lunéville. Sou fils , 
connu par ses vers , son T'oyage en 
Suisse^ et le conte d'Aline , a hé- 
rité de ses talens. 

BOUG (N. de), premier prési- 
dent du conseil souverain d'Alsace, 
mort à Colinar en 177') , a laissé 
\\x\. Recueil t\\ 2 vol. ia-fol. , impri- 



ËOtfi 



J301TG 



i85 



iysés en 1777, des EiUls et Ordon- 
nances conceruaul lAlsace. 

t Ï50UGAINVILLE ( Jean-Pierre 

de ) , né à Paris en décemlire 1722, 
eul de lionne heure un nom , des 
distinctions littéraires et des emplois 
honorables : il devint pensionnaire 
et secrétaire de l'académie royale 
des inscriptions , membre lie l'aca- 
démie française, et de quelques an- 
tres compagnies étrangères , cen- 
seur royal , garde de la salle des 
antiques du Louvre , et Vv,ù des se- 
crétaires ordinairesdn duc JOiléaiis. 
I/e travail altéra sa santé , et il fui 
vieux avant le temps. Il mounU an 
château de Loches le 1 2 juin en itRS.- 
A l'âge de 25 ans il avoit composé 
une Tragédie sur la mort de Phi- 
lippe , père d'Alexandre. De beaux 
vers qui eu ont été publiés prou- 
vent son talent pour la poésie et 
font regretter que iout l'ouvrage 
n'ait pas paru. Ou a encore conservé 
de lui une Traduction en vers de 
IHymne de Cléanthe , qui semble 
«voir servi de modèle à la Prière 
universelle de Pope. Elle a été in- 
sérée dans le IMagasin encyclopé- 
dique, n" 7 , t. II , p. 4i 1 et sniv. 
J-.orsqu'il veulnl être de l'académie 
française, il sollicita vivement Dn- 
clos , qui en étoit le secrétaire. Il 
îni lit senûr qu'étant atteint d'une 
maladie 'qiir le minoit, il laisseroit 
bientôt la place vacante. Le secré- 
tair-e eut la dureté de lui répondre : 
'( que ce n étoit point à l'académie 
française adonner l'extrême -ouc- 
liou. » — Bon gain ville se consola de 
ce refus en philosophe. On a de lui , 
I. Une Traduction de i Anti-Lu- 
crèce du cardinal de Polignac , en 
2 vol. in-12, ou 1 in-8° , précédée 
d'un Discours pj-éliminaire , plein 
d'esprit et de raison. Sa version res- 
pire 1 élégance ; mais elle n'est pas 
assez poétique ; il est vrai que son 
original ne l'est pas toujours. 11. 
Parallèle de L'expédition de Tha- 



mas Koulikan dans les Indes , avec 
celle d' Alexandre , rempli de sa- 
voir , d'idées, d'imagination et d'é- 
loquence , mais aussi quelquefois 
boursoullée. 

t BOUGEANT ( Guillanme-Hya- 
cinthe ) , né à Qniniper en 1690 , 
jésuite en 1706, mourut en ii l\'h. 
Après avoir professé les humanités 
à Caen et à Nevers , il vint au col- 
lège de Louis-le-Grand , à Paris , et 
n'eu sortit que dans son court exil 
à la Flèche , occasionné par soû 
Amusemeni philosophique sur le 
langage des hètes. Ce livre , dans 
lequel il soutient que les démous 
animent les brutes , est adressé à 
une femme , et semé de madrigaux , 
qui scandalisèrent les dévots, et qui 
ne parurent pas assez légers aux gens 
du inonde- Cependant, si l'on en 
croit un auteur janséniste, le jé- 
suite avoit autant étudié le langage 
de la galanterie que celui des bêles. 
Personne ne connoissoit plus parfai- 
tement la carte , les mœurs et la 
langue du pays de Romancie, dont 
il publia le Voyage , sous le nom 
de Fanférédin , Paris , 1 705 , in-i 2. 
I-es travaux et les chagrins qu'il 
essuya hâtèrent sa mort. On a de 
lui plusieurs ouvrages qui ont rendu 
sa mémoire illustre. I. Histoire des 
guerres et des négociations qui pré- 
cédèrent le traité de Jf-'estphalie 
sous les ministères de Richelieu et 
de Mazarin , en 2 vol. iu-i 2. Cet 
ouvrage, rempli de fiiits curieux , 
est écrit avec élégance et avec no- 
blesse. Il paroit que l'auteur étoit né 
avec des taleus pour la politique , du 
discernement , de la pénétration et 
du goût. II. Histoire du Traité de 
T/'estphatie , Paris, 1744» 3 vol. 
in- 4". La sagesse des réflexions, les 
recherches curieuses et intéressantes, 
le développement des caractères et 
des ruses des négociateurs , l'agré- 
ment du style, lui ont donné \\\\ 
rang parmi nos meilleurs historiens. 



iSG 



BOLG 



Cfl ouviaoe eL le \)i"éct'tleiit ont ëlé 
réunis et imprimés en 6 vol. iu-i 2 , 
173 1. ( Voyez DuBos. III. ) Expo- 
sition de la doctrine chrétienne 
par demandes et par réponses , di- 
x'isée en trois catéchismes , V his- 
torique , le dogmatique et le pra- 
tique , in-4°, et eu 4 vol. in-i2: 
ouvrage digne de son auteur pour le 
style. On eu a donné une traduction 
en 1780 , en .tllemand. IV'^. Amu- 
sement philosophique sur le lan- 
gage des bétes , Paris , 1 7. "19 , 1 vol. 
iu-12, dont nous avons parié. C'est 
une débauche d'imagination , qui lui 
causa bien des chagrins. L'auteur se 
irtracla dans une lettre à l'abbé Sa- 
valette. V. Oôsercations curieuses 
sur toutes les parties de la phy- 
sique , tirées des meilleurs écri- 
vains , 1719 et 1771 , 4 vol. in-12; 
d'autres les attribuent au père Gro- 
zelier, prêtre de l'oratoire. VI. Trois 
Comédies en prose : la Temme doc- 
teur, ou la Théologie en quenouille , 
1750, in - 12 ; le Saint déniché. 
Cil la Banqueroute des miracles , 
La Haye , 1732, in-12. Les Qua- 
Àers français , on les nouveaux 
Trembhnns , Utreclit, 1702 , in-12. 
Il y a du sel dans quelques scènes; 
mais on essuie bien de l'ennui dans 
d'autres. Ce furent en partie ces co- 
médies qui animèrent les jansénistes 
contre lui ; et ils saisirent la première 
occasion de se venger de ses plai- 
santeries , dont quelques-unes éloient 
très-piquantes. Voyez Brun, u° III, 
et Burette. 

-;- BOUGEREL ( Joseph ) , prêtre 
de l'oratoire d'Aix , mort à Paris 
eu 1753 , à 73 ans, s'est fait con- 
iioitre par sa Vie de Gassendi, 
1787 , in-12 , curieuse , mais trop 
prolixe, et par àes Mémoires pour 
servir à l'histoire des hommes il- 
lustres de Provence , où Ion trouve 
une érudition recherchée , et un style 
lourd. Il n'a publié en 1762 qu'un 
voliune in-12 de cet ouvrage, qui 



BOLG 

devoil former 4 vol. iu-i". On a en- 
core de lui Idée géographique et 
historique de la Irance, 1748 , a 
vol. in-12. 

t BOUGOUING ( Simon ) , poêle 
français , et valet de chambre de 
Louis Xll, est auteur de la Mora- 
lité de r homme juste et de C hom- 
me mondain , Paris , i.5o8 , in- (" ; 
de VEspinette du jeune prince , Pa- 
ris, i5o8 et i5i4 , iu-fol. 

tBOUGUER (Pierre) naquit au 
Croisic, en 1698, d'un professeur 
royal d'hydrographie, qui perfec- 
tionna ses dispositions naissantes 
pour les malhématicjues. L'académie 
des sciences de Paris couronna , en 
1717, son Mémoire sur la mâture 
des vaisseaux , et se l'associa en 
1701. Il fut choisi en 173G, avec 
Godiu et de La Condainine , pour 
aller au Pérou déterminer la figure 
delà terre. Ce voyage acquit de iioii- 
velies lumières aux silences , aux 
arts et à la navigation. Bouguer par- 
tagea les fatigues et la gloire de ses 
confrères. Ayant remarqué qu'un 
pendule de même longueur a des 
durées d'oscillations moins grandes 
sur le bord de la mer qu'au sommet 
des hautes montagnes, tels que celui 
duPichaiiclia, dans le Pérou, il en con- 
clut avec raison que lugteanleur des 
corps diminuoil à proportion qu'on 
les éloignoit du centre de la terre. A 
sou r, tour, il travailla jjendant trois 
ans au Journal des savans , On a ds 
lui un grand nombre d'ouvrages que 
leur profondeur , leur exactitude et 
leur utilité ont fait rechercher de 
tous les géomètres. La Relation de 
son voyage au Pérou se trouve 
dans les Mémoires de l'académie des 
sciences de l'année 1744- Elle est 
écrite avec moins d'élégance (|ue 
d'exactitude. Bouguer travailloit 
beaucoup et avec peine : aussi ses 
ouvrages lui étoient si chers, cpie 
leur réputation forraoil presque son 



BOL H 

existence. Cette sensibilité extrême 
de son jjmour-propre lui' causa une 
foule de uiaux, auxquels il succomba 
en I 758. Cetacadéiiiicieu, ayant passé 
une partie de sa vie en proviuce , 
avoit coutracté dans la solitude une 
iiillexibililé , une rudesse de carac- 
rère , que la société ne put point 
adoucir. Le peu de connoissaucc qu'il 
avoit deshourmes le rendoit inquiet 
et détiaut. 11 éloit porté à regarder 
ceux qui soccupoient des mêmes ob- 
jets que lui comme des ennemis qui 
vouloient lui enlever une partie de sa 
gloire. 11 eut des disputes avec La 
Condamiue qui répandirent de l'a- 
mertume sur sa vie, parce que cet m- 
géuieux académicien sut mettre le 
pu blic de son côté. Nous avons de Bou- 
guer plusieurs ouvrages. Les princi- 
paux sont , 1. La Construction du 
navire , 1746, iu-4''. IL La Fi- 
gure fie la terre , i749,in-4°. IH. 
Traité d'optique , 1760, in-4°:IV. 
La manœuvre des vaisseaux , 
17Ô7 , in-4°- V. Traité de la navi- 
gation , 1753, in-4° , donné depuis 
par La Caille et Lalaude , 1761, 
1792, in-8°, et estimé comme les 
précédens. Il y a , dans les deux der- 
niers, des vues nouvelles. 

. t BOUHIER ( Jean), président à 
mortier au parlement de Dijon, na- 
quit dans cette ville en 1673. Ses ta- 
)ens pour les lettres, les langues et 
la jurisprudence, se développèrent 
de bonne heure. L'académie fran- 
çaise lui ouvrit ses portes en 1727. Il 
mourut à Dijon en 1746, eiitre les 
bras du père Oudin, jésuite. Un de 
ses amis, s étant approclié de lui à sa 
dernière heure , lut trouva l'air d'un 
homme ijui méditoit profondément. 
Le moribond lui ht signe de ne le 
point troubler ; a J'épie la mort», 
dit il en faisant un effort pour pro- 
noncer ce peu de paroles. Il laissa une 
riche bibliothèque , qu'il ouvroit à 
tous les savans de Dijon , et à l'eu- 
Irée de laquelle il auroit pu mettre : 



BOtilî 



187 



Mi/ii et arnicis. Son caractère olli- 
cieux et communicatif lui attira dif- 
férens hommages. Les libraires qui 
publièrent , à Paris , en 1725 , l'édi- 
tion de Montaigne, la lui dédièrent. 
La dédicacée ne consistoit que dans 
cette inscription : A M. le président 
Bouhier , avec ces trois mots latins : 
Sapienti sat est. €e magistrat s'é- 
toit adonné à la poésie des sa jeu- 
nesse. Ce fut d'abord pour égayer les 
occupations de sou état , ensuite pour 
■d\ oir un soulagement contre les dou- 
leurs de la goutte. On a de lui , I. La 
Traduction en vers du poëme de 
Pétrone sur la guerre civile entre 
César et Pompée , avec deux épiîres 
d Ovide, des remarques et des con- 
jectures sur le poème intitulé Pe/- 
vigilium J^eneris , Amster. , 1707 , 
in-4'*. Ses vers ne manquent pas 
d'une certaine élégance j mais ils 
sont quelquefois négligés. — Mad. 
la présidente BouiiiER , aussi ingé- 
nieuse que son époux étoit savant , 
lui disoit quelquefois : « Chargez- 
vous de penser , et laissez - moi 
écrire. « Les remarques dont il a ac- 
compagné ses versions sont du sa- 
vant le plus profond. IL Remarques 
sur les Tusculanes de Cicéron, avec 
une dissertation sur Sardanapale , 
dernier rqi d'Assyrie , Paris, 1707 , 
in-12. Ouvrage plein d'érudition. 
IlL Des lettres sur les Thérapeu- 
tes , 1712 , in-12. ÏV. Des disser- 
tations sur Hérodote , avec des mé- 
moires sur la vie du président 
Bouhier, Dijon , 1746, iu-4''- V. 
Dissertation stir le grand pontifi- 
cat des empereurs romains , 17^12 , 
m -4°. VI. Explication de quelques 
mcrhres antiques , dont les origi- 
naux sont dans le cabinet de; ]\L Le 
Bret, Aix, 1733, in-4''. VIL Dés 
Ouvrages de jurisprudence , etc. , 
etc. Sa Coutume de Bourgogne , 
Dijon, 1746, en 2 vol. in-fol. , est 
le plus recherché. On fait cas aussi 
cle sa Dissolution du mariage pour 
cause d' impuissance , Luxembourg, 



!S8 



BOUil 



1735, elParis , 17S9, in-i s. Ce der- 
nier ouvrage fut critiqué dans une 
brochure ayant pour litre : Consul- 
tation de M. l'abbé ** , sur le traité 
de la dissolution du mariage , im- 
primé à Luxembourgen 1 755. Cette 
brochure, sans date, est pleine de 
méprises et d'injures. Bouhier la fit 
réimprimer en 1759, et l'accompa- 
gna de remarques qui recèlent toutes 
les bévues de son critique. ( Voyez 
le Pour et le Contre, tome XVIll.) 
Ou trouve à la tin de la Paléogra- 
phie de dom Montiaucon une lettre 
du président Bouhier sur l'origine 
des Lettres grecques. Il y a épuisé 
le sujet qu'il traite. Tous les écrits de 
Bouhier respirent l'érudition. Joly 
de Bevy a publié une édition com- 
plète des œuvres dejurisprudencede 
ce irragistrat, eu un vol. in-folio, 
Paris, 1787. 

* BOUHIN ( Pierre ) , médecin , 
né à Saint-Seine , bourg à 5 lieues de 
Dijon. 11 a fait une traduction en- 
tière de Paracelse , qui n'a point vu 
îe jour ; il a aussi traduit tout Van 
//i?//;20«/ , dans l'espérance d'y trou- 
ver le dissolvant universel ; mais 
n'ayant pu y réussir , il jota sa ver- 
sion au fou. Son Abrégé de Descar- 
tes , et un Recueil d'expériences , 
sont encore en manuscrits. Le seul 
ouvrage de sa composition qui ait 
été imprimé a paru en 1710, in-z(°, 
sous le titre de Lettres à M. Plan- 
tade. Elles contiennent des expé- 
riences sur la chaux et le salpêtre. 

t BOUHOURS ( Dominique ) , né 
à Paris en 16 j8, jésuite à l'iige de 
seize ans, fut chargé , après avoir 
professé les humanités , de veiller à 
l'éducation des deux jeunes princes 
de Longueville , et ensuite à celle du 
marquis de Seignelai, fils du grand 
CoU)erl. Il mourut à Paris en xnoi. 
On a écrit qu'étant à l'extrémité, il 
dil aux assistans : « Je m'en vas, ou 
je m'en vais; car lun et l'autre se 



BOUH 

dit. » C'est probablement une mau* 
vaise plaisanterie qu'on a prétendu 
faire sur son exactitude grammati- 
cale. Ses principaux ouvrages sont , 
I. Les Entretiens d'Ariste et d'Eu- 
gène , in-12 , 1671. Celui-ci eut 
beaucoup de cours dans sa naissance , 
parce qu'on fit plus d'attention à la 
variété des choses agréables qui s'y 
trouvoient, qu'au style qui y est 
d'une élégance un peu affectée. On 
y voit un bel esprit , mais qui veut 
trop le paroitre. La nation alle- 
mande fut fort choquée de ce qu'il 
avoit osé mettre en question dans ce 
livre , Si un Allemanil peut être un 
bel esprit? [V. Cramek , 11° I.) 11 est 
sûr que cette question dut paroitre 
fort injurieuse. Mais si l'on fait at- 
tention que les Allemands ne soccu- 
poient guère alors que d'ouvrages 
laborieux et pénibles , où ils étoient 
loin "de prodiguer l'esprit , ou sera 
moins étonné que Bouhours ait fait 
entendre , d'après le cardinal du 
Perron , que les Allemands ne pré- 
lendoieiit pas à l'esprit. Barbier d'Au- 
conr eu publia dans le . temps une 
critique, dans laquelle il répandit 
également les plaisanteries et les ré- 
flexions. On convint avec l'ingé- 
nieux censeur que le jésuite avoit 
eu beaucoup plus de soin des paroles 
que des choses, et même qu'il éloil 
beaucoup moins capable de celles-ci. 
Quelqu'un dit « qu'il ne manquoil 
au P. Bouhours , pour écrire parfai- 
tement , que de savoir penser » : ce 
qui est exagéré. Il ne faut pas con- 
fondre ce livre avec un autre dont le 
litre ressemble assez à celui-ci ; nous 
voulons parler des Entretiens d'A- 
riste et d'Eugène sur les affaires 
de la religion , par M*** ( Cruenois, 
curé de Mulsans , au diocèse de 
Blois ) , élève de l'abbé Dugué , 1744> 
in-12. IL Remarques et doutes sur 
la langue française , 3 vol. in-12. 
Il y en a quelques-unes de justes, et 
d'autresqui sont puériles. On a placé 
l'auteur dans le Temple du Goût, 



BOUH 

derrière les grands liommes , mar- 
quant sur des tablettes toutes les né- 
gligences qui échappent au génie. 
lil. La Manière de Lien penser sur 
les ouvrages (f esprit , Pans, 169:2, 
in - 1 2. On publia contre ce livre les 
Sentimens de Cléarque , (or l\.\ié- 
rieurs à ceux de Clèantlie , par Bar- 
bier d'Aucour. Cette critique n'em- 
pêcha poiut que l'ouvrage ne fiit es- 
timé comme un des meilleurs gui- 
des pour conduire les jeunes gens 
dans la littérature. 11 pèse ordinai- 
rement avec équité les écrivains an- 
ciens et modernes. I^es cometti du 
Tasse et de quelques auteurs italiens, 
sout jugés sévèrement à ce tribunal. 
Le style eu est aussi élégant que celui 
des Entretiens d'ylriste,m3i\s moins 
xecherché et plus pur. IV. Pensées 
ingénieuses des anciens et des mo- 
dernes , Paris , 1 691 , in-i 2. Ce sont 
les débris des matériaux qu'il avoit 
amassés pour l'ouvrage précédent. 
Le jésuite y cite souvent Boileau , 
qu'il avoit un peu oublié dans la Ma- 
niè/e de bien penser. li s'attendoit 
à des remercimensde la part du sa- 
tirique , qui se contenta de lui dire : 
« Il est vrai que vous m'avez mis 
dans votre nouveau livre, mais en 
assez mauvaise compagnie. » Cest 
que Bouhours cite des poètes italiens 
et des versihcateuBs français , que 
Boileau u'estimoit pas beaucoup. 
V. Pensées ingénieuses des Pères 
de l'Eglise , Paris , 1700. L'auteur 
entreprit cet ouvrage pour faire 
tomber ce que disoieut ses adver- 
saires. Ils l'accusoient de ue lire que 
Voilure , Sarrasin , IMolière , etc : de 
courir les ruelles , et de rechercher 
les dames, pour recueillir les pointes 
qui leur échappoient , et en orner 
ses livres. Le peu de succès qu'eu- 
rent les Pensées des Pères de l'Eglise 
contirma ces idées , au lieu de les 
détruire. On pensa que l'auteur ne 
devoit pas les avoir beaucoup lus , 
puisqu'il avoit trouvé chez eux si 
peu de pensées ingénieuses. VI. 



BOUH 



189 



L'Histoire du grand-maître d'Au- 
bust^on ^ in-4° , 1676, écrite pure- 
ment , 1 &79 , in-4° , réimprimée ea 
1 781). ( P'ojez AuBLs.soN,n° Il . ) Vif. 
Les F'ies de S. Ignace , Paris , 1 7 5t\ 
iii-12, et de .S'. François- Xai'ier , 
1682, iu-4°, ou -2 vol. in-12. 11 
compare le premier à César, et le 
secoud à Alexandre. 11 y a des idées 
aussi fines et aussi justes dans le 
cours de ces histoires. 11 y raconte 
gravement que , quand Ignace éloit 
au collège, son esprit s'envoloit au 
ciel, et que c'éloit la raison pour la- 
quelle il n'apprenoit rien. 11 faut 
avouer pourtant que, quoiqu'il rap- 
porte beaucoup de visions, d'ex- 
tases, de visites célestes, de prédic- 
tions et d'autres prodiges du saint, 
il est plus circonspect que Ribade- 
neira et les autres historiens d'I- 
gnace , etc. , etc. VIII. Le nouveau 
Testament , traduit en français se- 
lon la pulgate , 2 tomes in-12 ; le 
premier en 1697 , le second en 1700, 
réimprimé en 1734» in-12. Les PP. 
Lelellier et Besuier l'avoient beau- 
coup aidé dans cette traduction. Le 
P. Lallemand adopta cette version 
dans ses Eéjlexions sur le nouveau 
Testament. Uautres , au contraire , 
l'attaquèrent à cause de quelques ex- 
pressions recherchées ou mal son- 
nantes. Le P. Bouhours vouloit se 
venger des censeurs de son livre. 
« Gardez-vous-en bien , lui dit Boi- 
leau , ce seroit alors qu'ils auroient 
raison de dire que vous n'avez pas 
entendu le sens de vôtre original. » 
Il est certain que Bouhours, voulant 
écrire sa traduction avec plus d'élé- 
gance et de pureté que de simpli- 
cité , adopta quelques termes sin- 
guliers ou précieux. L'abbé de La 
Cliaml)re appeloil Bouhours Vem-- 
peseur des muses, parcequ'il Irou- 
voit peu de naturel dans le style , 
et même dans les pensées de ce jé- 
suite bel-esprit. Voyez Molière , 
son épitaphe , — et l'article CoBBi- 
NEiLI, n'^ II. 



Kjo BOUT 

t BOï 'ILLARD ( Dom Jacques), 
bénédictin de la cougréj^alion de 
Saint-Maur, né en iGlig a Meulan , 
au diocèse de Chartres, mort à Saiut- 
Gennain- des- Prés eu 17^6. On a 
de cet auteur une savante édition 
du Martyrologe d'Usuard, copié 
sur l'original même de l'auteur, 
Paris , 1718, iu-4° , et \ Histoire de 
Sainl-Gennain-des-Prés , Paris , 
17^4 , iu-fol. , ouvrage plein de re- 
cherches. 

t BOUILLAU ( Ismaël ) , géo- 
mètre , astronome , iuriscousuite , 
théologien, littérateur, membre de 
la société royale de Londres , naquit 
à Louduu en i6o5 , dans le protes- 
tantisme. Il quitta cette religion , et 
se fit prêtre. Les belles - lettres , 
l'histoire , les mathématiques , le 
droit et la théologie, l'occupereul 
alternativement. 11 se relira dans 
ses derniers jours à l'abbaye de Saint- 
'Victor , et y mourut en 1694. On a 
de lui , I. Opus novum ad arithme- 
ticam infiiiitoruin , en six livres, 
1682,1 vol.in-fol. II. Discours sur la 
rèformaiion des quatre ordres /e- 
ligieux et la réduction de leurs 
couvens à un nombre déterminé ; 
ouvrage intéressant et rare, com- 
posé par ordredu nlinislrede Lionne. 
III. Une édition de ^Histoire de 
Ducas , eu grec, avec une version 
latine et des notes savantes , au 
Louvre , 1 649 , in - fol. IV. Une 
édition de T/iéon de Smjrne, Pa- 
ris, 1644, in-4°. Mercier , abbé de 
Syint-Léger , étant allé dans la pro- 
vince, découvrit dans une biblio- 
thèque particulière 5 vol. in-^" de 
h tires originales de Desnoyers , 
homme très - savant , et secrétaire 
des commandemens de Marie de 
Gonzague , reine de Pologne, adres- 
• sées à Bouillau , et écrites de 1660 
à 1675 ; il en fit l'acquisition et les 
communiqua eu 1776 au marquis 
dt; Condorcet , secrétaire de l'acadé- 
mie des sciences, pour en tirer tout 



BOUI 

ce qui coucernoit les mathématiques, 
l'astronomie, l'optique, etc. I/abbé 
de Saint-l^éger lit présent de ce re- 
cueil précieux à Louis XVI , qui le 
lit placer au dépôt des affaires étran- 
gères à Versailles. Il esl à présent au 
cabinet des manuscrits de la biblio- 
thèque impériale. 

iBOUlLLE (Théodose), religieux 
carme, mort à Liège en i74'5, a 
publié une Histoire de la pille et 
du pays de Liège, 1702, 3 vol. 
in-l'ol. , et une Histoire de jY. D. 
de Bonne - Espérance , Valencien- 
ues , i63o , in-12. Le style en est 
très-négligé , mais la candeur de 
l'historien le l'ait lire avec intérêt. 

* BOUILLE ( le marquis de 1 , 
gentilhomme auvergnat, et parent 
de M. de La Fayette. Apres avoir 
servi dans les dragons, il devmt 
colonel du régiment deVexin, in- 
fanterie. Parvenu au grade de ma- 
réchal-de-camp , le roi le nomma 
commissaire général des Isles-dii- 
Vent. 11 s'empara en 1778 de la 
Dominique , de Saiul-Euslacbe , et 
bientôt après de Saint-Christophe , 
de Novis et Monlferrat. A son re- 
tour il fut fait beulenaut-géuéral. Se 
trouvant commander en 178g dans 
lesTrois-Évèchés, il Ht rentrer dans 
le devoir la garnison de Metz qui 
se toit révoltée, et sauva, dans celle 
occasion , la vie à M. de Pont , inten- 
dant de la province. Il fit aussi mettre 
en liberté !\I. François (de Neuf- 
château), et deux autres électeurs , 
arrêtés par ordre du procureur du 
roi. Le 5 septembre de la même 
année, on se plaignit à l'assemblée 
de ce que M. de Bouille n'avoil pas 
prêté individuellement le s'arment 
civique : il fut décrété qu'il sercrtt 
tenu de le faire. Chargé, en 1790, de 
soumellre la garnison de Nanci , 
soulevée contre ses chefs, il s avança 
sur cette ville avec 4000 hommes, 
et réussit dans cette entreprise, où 
il montra beaucoup de bravoure ; ce 



BOUI 

([11! lui valut ilabon] ilegraiuls t'iogcs 
de rasswnlilt'e nationale , el ensiiile 
non moins de reproches. Choisi par 
le roi pour faciliter son évasion de 
Paris, en juin 1791 , il marcha à la 
tète d'un corps de troupes pour 
protéger le passage de la famille 
royale ; mais par de faux avis , on 
des ordres mal exécutés, celte en- 
treprise échoua, et Bouille eut beau- 
coup de peiiae à sortir de France. 11 
écrivit de Luxembourg , à l'assem- 
blée , une lettre pleine de menaces , 
et généralement regardée comme 
inlempeslive. Il terminoit en disant 
que «si on tonchoit à un cheveu de 
l,ouisXVI, il nelaisseroit pas pierre 
sur pierre dans Paris. » L'assemblée 
décréta , le i3 juillet, qu'on lui i'eroit 
son procès par contumace , et que 
les pièces relatives à l'évasion du 
roi seroient envoyées par devant la 
haute cour nationale. De Vienne , 
où il s'étoit d'abord rendu, il passa 
à la cour de Suède, qui lui donna 
de l'emploi , et au nom de laquelle 
il promit de puissans secours aus. 
princes français. Gustave III avoit 
ponr lui beaucoup deslime , el la 
correspondance qu'il ent avec ce 
souverain, sur la cour de France, 
contient des renseignemeus pré- 
cienx. Il eut avec lui, en 1791 , une 
entrevue pour le même objet à 
Aix-la-Chapelle. Après la mort de 
Gustave, Bouille se rendit en An- 
gleterre , où il pnWi^(/e5 mémoires 
sur la résolution , qui ont été tra- 
duits en anglais , et réimprimés à 
Paris. Bouille est mort à Londres 
en i8o5. 

V BOLÏÏLLEROT ( Roland -Tho- 
mas ") , né à Paris , et mort en 1 7184 , 
dans la même ville , curé de Saint- 
Gervais. Il composa , I. Discours 
contre le duel , 1 -^6.5 , in-8". II. \'n 
a^^\.re pour la premiers communion , 
1783, iu-8". 

t BOUILLET ( Jean ) , médecin , 
né aServiaa, près de Bézièrs, eu 



LOLI 



191 



1690, mort en 1777 , exerça sa pro- 
fession avec succès, el remplit ses 
loisirs par la publication d'iui grand 
nombre d'ouvrages sur la cause de 
la multiplication des fermens, celle 
de la pesanteur, sur la peste, la 
rhubarbe, la petite vérole , les coups 
de vent , l'huile de pétrole, el en 
particulier celle de Gabian. Les 
principaux sont , I. Elémens de 
médecine pra tique , tirés des écrits 
d' Hippocrate , 17/(6, 2 vol. 111-/4". 
H. Oôserrations sur l'anasarque el 
les hydropisies de poitrine et du 
péricarde , 1766, in-4°. III. Ji'u'- 
moires pour servir à l' histoire de 
l'académie des sciences de Béziers , 
1756 , in-4"> 

I. BOUILLON ( Godefroi de ) , 
Ployez GoDEFBOi. n° I. 

II. BOUILLON, royez M.vrck , 
nMI,III,IVe^ V. 

m. BOUILLON (Frédéric-Mau- 
rice de La Tour. T^oyez Touii , 
n° III. 

* IV. BOUILLON (M. de). Tout' 
ce que l'on sait de cet auteur, c'est 
qu'il fut attaché à la maison de Gas- 
ton de France , duc d'Orléans ; qu'il 
eut des relations avec Chapelain , 
Ménage , Pélisson , et autres hom- 
mes de letiresde son temps, et qu'il 
est mort eu 16G2. Il a laissé quelques 
poésies, dans lesquelles la décence 
n'est pas toujours respectée. Elles 
out'éié imprimées à Paris, eu iG63, 
iu-i 2 , sous le litre A'Oiuvres de Jeu 
M. de Jiouillon , contenant l'hiy- 
toire de Joconde , le mari com- 
mode , l'oiseau de passage , la 
mort de Daphnis , l'amour dé- 
guisé , Portraits , Mascarades et 
plusieurs autres pièces galantes 
Il paroit s'être proposé Benserade 
pour modèle dans ses airs de cour 
el mascarades", et il a quelquefois 
approché de .sa manière. C'est à l'oc- 
casion de sa Joconde et de celle de 



Ï92 BOVI 

La Fontaine, que Uespvéaiix a fait 
la dissertaliou qui se trouve daus ses 
oeuvres. 

t V. BOUILLON. (Emmanuel- 
Théodose de La Tour, c;irdinal de) 
naquit en i643 du précèdent. Sa 
naissance et ses talens lui friivèrenl 
la roule des dignités. Le maréchal 
de Turenne , son oncle, demanda 
}Kinr lui au roi le chapeau de car- 
dinal , et le roi h- lui fit avoir eu 
1669. Il s'appeloit alors l'abbé duc 
d'Albret , et avoit à peine ^in an**. 
La nomination à cette place émi- 
nente, dans un âge si peu avancé , 
le fit appeler par les courtisans 
\ enfant rouge. Il obtint ensuite les 
abbayes de Cheni, de Saint-Ouen 
de Rouen, de Saint- Vaast d'Arras , 
et la place de grand-aumônier de 
France ; il avoit mérite ces bienfaits 
par des services. Il éloit ambassa- 
deur de France à Rome en ibcjS, 
et ce poste fut la première cause 
d'une longue disgrâce. Louis XIV 
crut qu'il navoit pas agi avec assez 
de chaleur daus l'affaire de la con- 
damnation du livre des Maximes des 
saints, et dans la sollicitation d'un 
bref d'éligibilité à l'évêché de Stras- 
bourg pour l'abbé de Soubise. A son 
retour en France , eu 1700, il fut 
exilé à son abbaye de Tournus. 
Ayant vainement sollicité son rap- 
pel , il se retira, en 1706, dans 
les Pays-Bas, et de là à Rome , où 
il vécut content, quoique privé, par 
arrêt du parlement, de tous lee re- 
venus qu'il avoit en France. Il mou- 
rut en 1715, après avoir eu beau- 
coup de part à l'exaltation de Clé- 
ment XI. Des seutimens nobles et 
élevés , du zèle dans l'amitié , de 
la constance dans l'infortune , telles 
furent les qualités du cardinal de 
Bouillon. En quittant la France, 
il avoit écrit au roi « qu'en remet- 
tant la charge de grand-aumônier 
et celle de commandeur des ordres, il 
reprenoitla liberté ^ueluidounoient 



BOUL 

sa naissance et sa qualité de princ© 
étranger, m Cette déclaration le lit 
juger au parlement comme coupa- 
ble de désol)éissance ; mais dans sci 
dernière maladie il écrivit à Louis. 
XIV une lettre de soumission. 

* BOVIO ( Jean-Charles ) , né 3, 
Brindes , vécut dans le 16' siècle ^ 
et devint archevêque de celte ville. 
Ce fut un de ceux qui firent ])arlie 
du concile de Trente. Il traduisit du 
grec en latin Grégoire de Aa- 
zianze , et ht quelques ouvrages. 
On a retrouvé de lui , en Calalne , 
un manuscrit intitulé De slatulacia 
urbts prœscriptiotie , in -8°, im- 
primé en 17(35. Il éloit jurisconsulte 
et avocat à Home. Il ne faut pas 
le confondre avec un nommé Jean- 
Baptiste Bovio , né à Vérone , et 
qui fut aussi jurisconsulte en 1640. 
Il y eut beaucoup d'hommes illus- 
tres du même nom , à Bologne , h 
Reggio, à Feltvi, à Asti en Piémont, 
à Vérone. On peut consulter, à 
l'égard de leurs ouvrages, Mazzuc- 
chelli , dans son Histoire des écri- 
vains d'Italie. 

; BOULAINVILLIERS ( Henri 
de), comte de Saint -Saire, etc., 
naquit à Saint -Saire, en i658 , 
d'une famille très-ancienne. Il prit 
d'abord le parti des armes, et le 
quitta bientôt pour régler les affaires 
de sa famille<|lf se livra des-lors 
entièrement à l'histoire de son pays. 
Quelques-uns de ses écrits , sur des 
matières plus délicates, donnèrent 
lieu de croire qu'il poussoit loin la 
liberté de penser. Malgré son grand 
savoir et sa philosophie, il avoit Is 
foible de l'astrologie judiciaire. Le 
cardinal de Fleury disoit de lui 
« qu'il ne connoissoit ni l'avenir, 
ni le passé , ni le présent.)) 11 au- 
roit dû dire seulement, ce semble, 
que ses systèmes fégaroient quel- 
quefois daus la connoissance du 
passé, el sou imagiualiou daus celle 



BOLL 

du présent. Il mourut en 1722. Ou 
a de lui , I. Une Histoire de France 
jusqu'à Charles f III , n vol. in-12. 
II. Mémoires historiques sur l'an- 
cien gnm'erneinent de France , jus- 
qu'à Hugues Capet , 5 vol. in-12. 
Il y a;)i){'lle le gouvernenienl léodal 
le chej-d' œuvre de l'esprit humain. 
Le président Hénault et le célèbre 
Montesquieu ont rejeté entièrement 
ce qu'il a écrit sur les commenee- 
inens de notre monarchie. « Le comte 
de Boulaiuvilliers , dit le dernier , 
a fait un système qui semble être 
une conjuration contre le tiers-étal, 
llavoitplus d'esprit que de lumières, 
plus de iHniières que de savoir. Son 
ouvrage est sans aucun art ; il y 
parle avec celte simplicité , avec 
cette franchise de l'ancienne no- 
blesse dont il étoit sorti. » 111. His- 
toire de la pairie de France , 
in-12. IV. Essai sur la noblesse 
de France , Amsterdam , 17.^2 , 
in-~i2. V. Fllat de la France, dans 
lequel on voit tout ce qui regarde le 
gouvernement ecclésiaslique, poli- 
tique, etc., Loiidres, 1727, 5 vol. 
in-S". 11 y u de bonnes choses , et 
quelques inexaclitndes. Y\. Histoire 
des ylrabes , et la T'ie de Mahomet, 
Londres, 1700, in-8° , ouvrage que 
la mort l'empêcha de finir. Celte 
histoire est écrite dans le slyle orien- 
tal , et avec très -peu d'e<xactitude. 
L'auteur essaye de faire passer cet 
imposteur pour un grand homme 
susciié par la provideiice pour pu- 
nir les chrétiens et pour changer la 
face du monde. "Vil. Mémoire sur 
, l'administration des Jinances , 2 
vol. in-12 : on y trouve de bonnes 
vues, la plupart impraticables. On 
a attribué à cet historien systéma- 
tique beaucoup d'autres ouvrages , 
qui ne sont pas de lui. Tons les 
écrits du comte de Boulainvilliers 
sur l'histoire de J'rance ont élé re- 
cueillis en 5 vol. in-fol. Ils offrent 
plusieurs idées profondes , parmi 
grand nombre de singulières. Le 
T. m 



BOUL 193 

comte de Boulainvilliers a voit été 
marié deux, fois , et n'a laissé que 
des liUus. Il avoit légué ses manus- 
crits à la bibliothèque des Pères du 
l'oratoire, rue St. -Honoré, à Paris; 
ils sont à présent à la bibliotlièque 
impériale. On a encore de Boulain- 
villiers Fssai de métaphysique 
dans les principes de B. de Sp. 
(Benoit de Spinosa) ; Lettre d'Hip- 
pocrate à JJamaget , prétendue tra- 
duction , imprimée à Cologne en 
1700, in-12, dont le but est de 
renverser les fondemeus de toute 
révélation. 

l. BOULANGER (Jules-César), 
né à Loudun , y apprit sous son 
père , qui étoit professeur de lan- 
gues anciennes , les anliquités grec- 
ques et romaines. Bayle elFabricius 
ont fait réloge de ses connoissances. 
Il entra chez les jésuites à lage de 
24 ans , et en sortit 12 ans après 
pour être le tuteur de ses neveux. 
Devenu aumônier du roi , il se dé- 
goûta de cette place , et rentra dans 
la société jésuitique dix -huit ans 
après lavoir quittée. Ses Ecrits ont 
été recueillis et publiés à Lyon eu 
1621 , in-fol. Clément, dans sa Bi- 
bliothèque curieuse , dit que ce livre 
est rare. Boulanger mov.rut à Ca- 
hors en 1628 , âgé de plus de 
70 ans. 

t II. BOULANGER ou Boulen- 
GKR , plus connu sous le nom de 
Fetit-Fèie Jndré, augustin réfor- 
mé , né à Paris en i582 , d'un 
président au parlement , mort dans 
celte ville en 1667 , se fit un nom 
dans l'art de la chaire. Il mèloit 
ordinairement , pour réveiller ses 
auditeurs, la plaisanterie à la mo- 
rale , et les comparaisons les pli:s 
simples aux plus grandes vérités 
du christianisme. Il compara, dit- 
on , dans un de ses sermons , les 
qualité docteurs de l'Eglise latine 
aux t^iialre vois d'un jeu de cartes. 
i3 



Ï94 BOUL 

Saint Augustin étoit , selon lui , le 
roi de cœur , par sa grande charité • 
saint Ambroise, le roi de irètle, par 
les tleurs de son éloquence ; saint 
Jérôme, le roi de pique, par son 
style mordant ; et saint Grégoire , 
le roi de carreau , par son peu d'é- 
lévation. Il ne publia que l'Oraison 
funèbre de Marie - Henrielle de 
Bourbon , abbesse de Chelles : c'est 
une production très-médiocre. 

i-III. BOULANGER (Nicolas-An- 
toine), né à Paris en 1723, d'un 
marchand de papier , sortit du col- 
lège de Beau vais à peu près aussi 
ignorant qu il y étoit entré. Cepen- 
dant ayant lutlé op'miàtrément con- 
tre son inaptitude, il la surmonta. 
A 17 ans, il commença à étudier 
les mathématiques et l'archilecture. 
Trois ou quatre ans d'étude dans 
ces deux sciences lui suffirent pour 
devenir utile au baron de Tbiers , 
qu'il accompagna à l'armée en qua- 
lité d'mgénieur. Il entra ensuite dans 
les ponts et cliaussées , et exécuta, 
dans laC'iampague, la Bourgogne , 
la Lorraine, diÛérens ouvrages pu- 
l)lics. Ce fut , pour ainsi dire , sur 
les grands chemins confiés à ses 
«oins que se développa le germe 
d'un talent qu'il ne soupçounoit 
pas. Il y apprit à penser philoso- 
phiquement. En couj)aut des mon- 
tacnes , en conduisant des rivières , 
en creusant et retournant des ter- 
rains , il vit une multitude de subs- 
tances diverses que la terre recèle, 
et qui attestent son ancienneté et 
la .suite des révolulio'is quelle a 
éprouvées. Des bouleversetnens du 
globe , il passa aux changeraens 
arrivés dans les mœurs, les socié- 
tés , les gouveruemens cl la reli- 
gion. Il forma à cet égard diffé- 
rentes conjectures. Pour s'assurer 
lie leur solidité , il voulut savoir 
ce qu'on avoit dit là-dessus. Il apprit 
Je latin et ensuite le grec. iMéconlent 
Ans secours que ces deux langues 



BOUL 

lui avoient fournis , il crut que des 
langues plus anciennes lui seroient 
plus utiles. Il se précipita dans l'é- 
lude des langues hébraïque , syria- 
que, chaldaïque et arabe. Ces con- 
noissances, tant anciennes que mo- 
dernes , jointes à une élude et une 
lecture continuelles , lui donnèrent 
inie érudition immense, et s'il eût 
vécu, il eût été compté parmi les 
plas savans hommes de lEurope. 
Mais une )nort prématurée le ravit 
aux Litres , eu ly.'jg. On a de lui , 
l. Traité du despotisme oriental, 
in-12, Genève, 1761 , 1768, in- 
12. Ces deux éditions sont précé- 
dées d'une Lettre fort intéressante 
de l'auteur à ïlelvélius. En faisant 
réimprimer cet ouvrage en 1766, 
in-12, le baron d'ilnlhach néolirea 
de ly insérer; il mit à la place 
une Dissertation sur saint Pierre..^ 
par Boulanger , et un Examen cri- 
tique de la vie et des ouvrages de 
saint Paul , que l'éditeur composa 
exprès pour ce recueil. Quoique ce 
livre soit fort hardi , il l'est moins 
que celui qui suit, dont il ne fait 
que le dernier chapitre. II. LiyJnti- 
quité dévoilée , ouvrage posthume, 
ainsi que le suivant , Amsterdam, 
176G, iu-4° , on 1767, 3 vol. in- 
12. III. Le Christianisme dévoilé , 
2 vol. iu - 1 2. L'abbé Bergier l'a 
réfuté dans son j4pologie de la reli- 
gion chrétienne. Le comte d'Autrey 
en fit aussi une Réfutation, en 1766, 
in-i 2. IV. Dissertation sur Elle et 
Enoch , in - 1 2. V. Il a fourni à 
l'Encyclopédie les articles Déluge, 
Corvée, Société; mais les articles 
P'ingiicme , Population , qu'on a 
rais sous son nom , sont de Da- 
mila ville , mort en 1768. VI. Un 
Dictionnaire en manuscrit, qu'on 
pourroit regarder comme une con- 
cordance des langues anciennes et 
modernes , si im homme tel que 
Boulanger , qui s'altacboil aux ély- 
mologies les plus bizarres , avoit 
pu faire «ne telle concord;!uce. VIL 



BOUL 

Les Jnecdotes de la Nature , eu 
lïiamiscrit, dont on dit que lîiifFoii 
a profile pour ses Epoques de la 
Nature. — Quelques biographes pre- 
lendeul que ces écrits ne sont point 
de lui. On est certain à présent que 
le Chrislianisme dévoile est la pre- 
mière des produj;tions philosophi- 
ques mises au jour par Paul Tëry, 
î)aron d'Holbach , sous le voile de 
l'anonyme , et sous des noms em- 
pruntés. Le même écrivain a re- 
fait aussi Yuîritiquité dévoilée, que 
Boulanger avoit seulement esquissée. 
On doit encore à ce dernier un mé- 
moire sur une nouvelle Mappe- 
monde , Paris , 1755 , in-4''. 

t IV. BOULANGEPi ou plulôt 
RouLLEXG£R ( Claude - François- 
Félix ) , seigneur de Rivery , mem- 
bre de l'académie d'Amiens sa pa- 
trie, et lieutenant-civil au bailliage 
de celle ville, naquit en 17:24- ï^ 
exerça pendant quelque temps la 
profession d'avocat à Paris ; mais 
sa passion dominante étoit l'élude 
des belles -lettres et de la philoso- 
phie. Il ne put les cultiver long- 
temps ; la mort l'enleva en 1768. 
Ses principaux t)uvrages sont , I. 
Traité de la cause et des phéno- 
mènes de l'électricité , en 2 parties, 
in-8°. II. Recherches historiques 
et critiques sur quelques anciens 
spectacles , et parliculièrcme/it sur 
les mimes et les pantomimes , bro- 
chure in-i 2, curieuse, Paris, i^^îs. 
Ilï. Fables et contes en vers fran- 
çais , in-12. Quelques-uns de ces 
contes et de ces fables sont de son 
invention; et les autres sont em- 
pruntés de Phèdre, de Gay , et de 
Gellert. Ils se font lire avec plaisir. 

t V. BOULANGER (Jean) , gra- 
veur , né à Amiens eu 1607 , s'est 
distingué par le moelleux de ses 
figures, dont les chairs sont pres- 
que eiitièremeul poinlillées. Il a 
gravé d':iprc-s Raphaël ; Nicyld, et 



BOUL 



19^ 



Pierre Mignard , Le Guide , Léouard 
de Vinci , Noël Coypel, etc. 

1 1. BOULARD (N. ) , né à Lyon, 
s'appliqua à l'architecture , et rem- 
porta divers prix dans l'académie 
de sa patrie et de la Rochelle, par 
des mémoires clairs et précis sur des 
sujets utiles. Celui qu'il a composé 
sur la meilleure j'urine à donner 
aux jantes des roues des voitures, 
pour la conservation des chemins, 
fui publié en 1781. Celui sur les 
fjioyens de garantir les écluses et 
les canaux des attérissemens , et 
de les enlever lorsqu' ils interrom- 
pent la navigation , est inséré dans 
le Jourual de physique. Boulard a 
laissé divers manuscrits dans les 
porte-feuilles de l'académie de Lyon, 
dout il devint membre. A l'époqua 
du siège de cette ville, en I7g5, 
il travailla aux fortifications et aux 
redoutes des assiégés , et il paya de 
sa vie son dévouement pour ses 
compatriotes. La commission révo- 
lutionnaire le condamna a mort en 
1795. 

* II. BOULARD (Henri-Fran- 
çois ) , né à Paris vers 174^^, mort 
à la Rochelle vers l'an 3 ( 1794) , 
ancien chevalier de Saint-Louis , 
major du régiment de la Vieille- 
Marine, colouel du 60" régiment, et 
général de brigade. Il se distingua 
par ses talens dans la guerre de la 
Vendée , où il commanda malgré 
lui l'année des Sables. On peut voir 
à cet égard l'histoire des guerres de 
la Vendée par Beauchamp. 

i I. BOULAYokBoullay (Ed- 
mond du ) , héraut d'armes des 
ducs de Lorraine, vivoit au milieu 
du 16® siècle. C'étoit un écrivain 
fécond ; on ne sait pas eu quelle 
année il mourus. Nous avons de lui, 
I. U?ie moralité en vers et à per- 
sonnages , sous ce titra: Le combat 
de la chair et du l'esprit', Paris , 



196 BOLL 

i549 , in -8°. U. La généalogie des 
ducs de Luiraiiie, Paris, ir)49. Il 
les fail descendre des Troyens. 111. 
La vie et le trépas des ducs de 
Lorraine ( Antoine et François ) , 
Melz, iô47,in-4°. IV. I^e i>o\age 
du duc Antoine vers l'empereur 
Charles- Quint , en i545 , pour 
lrai\er de la paix avec François V , 
in-S". Ce livre est envers. V. Les 
dialogues des trois états de Lor- 
laine , i545, iu-fol. 

II. BOULAY. royez Favier 
du... 



-;- m. BOUr,AY ( César Egasse 
du) , ualif du Alaine , fut successi- 
vement professeur dhnmauitës au 
colk'ge de Navarre , grelïier , rec- 
teur et historiographe de l'univer- 
sitéde Paris. 11 mourut en 1678 , 
dans un âge assez avancé. On a de 
lui , 1. De palronis quatuor natio- 
nuniuniversitatis, iu-8". Ouvrage 
qui contient des laits curieux. If. 
IJ Histoire de r université deVaris, 
en latin, 6 vol. m-l'ol. La quantité 
de pifces importâmes dont elle est 
remplie n'empêcha point la faculté 
de théologie de la censurer : mais 
cette censure ne ht pas beaucoup 
de tort au livre. Ou crut avec rai- 
son que la jalousie et la passion l'a- 
voient dictée. Les docteurs auroient 
été plus applaudis s'ils avoient rele- 
vé les fables et les mensonges qui la 
défigurenl. III. Trésor des anti- 
ijuités romaines , où sont contenues 
et décrites par ordre toutes les cé- 
rémonies des Romains, Paris, in-f. 
i65o, avec lig. Ce livre, que quel- 
ques savaus ont déprisé , est fort 
bon; c'est une espèce de traduction 
des Antiquités romaines de Piosin : 
mais l'auteur n'ayant pas tout tra- 
duit, son livre est moins complet. 
UuBoulay faisoil aussi des vers la- 
tins. On a de lui ime Lh'gie contre 
rm de ses eavieiix , où il y a de la 
thideur. 



BOUL 

IV. BOULAY ( Michel du ) , né à 
Paris, devint secrétaire du grand- 
prieur de Vendôme, et finit ses jours 
à Rome. Il a donné les opéras d'O/- 
pàée , de Zéphyre et de Flore , dont 
Lulli iil la musique. 

t V. BOULAY ( Charles-Nicolas 
Maillet du), secrétaire de l'aca- 
démie de Fiouen , sa patrie , et con- 
seiller de la cour des comptes de 
cette ville, fut chargé par sa com- 
paguie de différeules remontrances 
au roi ; elles sont Ires-bien écrites. 
Du Boulay, né en 1729 , mourut eu 
1769, avec la réputation d'un zélé 
magistrat , et dun académicien 
éclairé. 

* BOULDUC (Gilles-François), 
né à Paris le 20 février 167:) , mort 
à Versailles le 17 janvier 1742. Pre- 
mier apothicaire du roi , démons- 
traleur en chimie au jardin royal, 
Boulduca donné plusieurs traités sur 
celte science , inséiés dans les mé- 
moires de l'académie des sciences : ils 
concernent Xliistoire des purga- 
tifs ; l'analyse du frai de grenouil- 
les ; le sel cat/iarctique d' Espagne ; 
le sel polycresfi de Seignetle ; le 
sel d'epsom ; l'analyse des nou- 
velles eaux de Passy ; celle des 
eaux de Bourbon-l' A rchambaud , 
et de la source minérale de Forges, 
appelée la Royale. 

t BOULE (André-Charles ) , ébé- 
nisle célèbre, né en 164^, mort il 
Paris dans Tuidigence en 173^, 
fut ruiné par un incendie. Ses ou- 
vrages en ébenisterie cl en marque- 
terie sont également estimés pour 
le dessin et l'exécution. Louis XIV 
lui a voit donné un logement au 
Louvre. 

* BOULÉE( Etienne-Louis ), ar- 
chitecte , naquit à Pans le ] 2 fé- 
vrier 17 28. Doué d"une imagination 
brillanle, il fit remarquer dans ses 
premières productions l'empTei^il» 



BOUL 

Aa génie ; dans un temps ou l'ar- 
chilecUire ëloil rolombee dans l'en- 
fance , il eut à lutter contre le mau- 
vais genre d'alors , et à purger son 
art des formes tourmentées et bi- 
zarres que la manie d'ijiuoveret l'i- 
gnorance avoieut mises en vogue au 
mépris des beautés de l'antique. Il 
consacra sa vie toute entière à l'é- 
tude de son art; c'est ce qu'attes- 
tent ses œuvres. On y trouve tous 
les nionumens qui peuvent illustrer 
un grand empire ; des villes , des 
temples , des palais , des théâtres , 
des muséum , des cirques, des arcs 
de triomphe , des portes de ville , 
des édifices consacrés à la mémoire 
des grands hommes, ou destinés à 
des fêtes publiques; un projet pour 
achever la Magdeleine, un autre pour 
la restauration du château de Ver- 
sailles , pour celui de Saint-Ger- 
main ; son tombeau de Newton , placé 
au centre dune sphère environnée 
de l'immensité, a réuni tous les suf- 
frages ; dans son beau projet de la 
bibliothèque impériale, il étoit par- 
venu à rassembler sous un seul as- 
pect toutes les richesses littéraires. 
11 exposa le modèle de ce monument 
en 1790. Sa célébrité le désignoit 
pour être l'architecte du palais Bour- 
bon. 11 fut consulté , présenta son 
plan ; mais on lui demanda un devis : 
cet artiste voulant mettre cette 
exactitude scrupuleuse, dont il s'é- 
toit fait ime loi , demanda trois 
mois ; un autre architecte produisit 
en quinze joursun plan et un devis 
montant à i ,.ioo,ooo francs, et obtint 
la préférence ; la dépense est mon- 
tée à 1 3 millions , le palais n'a pas 
été fini. Lun de ses plus beaux ti- 
tresà la gloire est d'avoir formé des 
élèves aussidislingués que I\îi\I.Chal- 
grin , Gisors , Brogniart , Bénard , 
Dureme et plusieurs autres dont la 
célébrité rejaillit sur la sienne. 
Parmi le peu de bàtimens que Bou- 
lée a pu faire construire, on a re- 
marqué dans le temps vm château 



BOUL 



f97 



sur la route de Paris à Versailles; 
celui de Chauvri , à deux lieues 
nord de ÎNlontmorency, et quelques 
jolies maisons de la Chaussée-d'An- 
tiu ; mais l'hôtel de madame de 
Brunoj , aux Champs-Elisées , est 
fcdilicequi lui a fait le plus d'hon- 
neur, tant par sa composition in- 
génieuse , sa richesse, son élégance, 
que par le bon goût des détails ; il 
lait époque dans lesiastesde l'ar- 
chitecture française comme le pre- 
mier morceau d'architecture qui at- 
teste la renaissance du beau style 
dans cet art. Boulée étoit membre 
de lacadémie d'architecture depuis 
long -temps , lorsque la révolution ar- 
riva; il fut un des premiers membres 
qui formèrent l'institut ; il lut aussi 
professeur des écoles centrales. Sans 
autre ambition que la gloire de sou 
art , avec des mœurs austères et une 
conscience pure , Boulée a parcouru 
paisiblement sa carrière qu'il a ter- 
minée dans un âge avancé ; il est 
mort au mois de mars 1799. Tous 
les projets de Boulée sont ingénieux ; 
ils ont la grandeur et cette noble 
simplicité que l'on admire dans les 
monumens antiques ; chacun de ses 
édifices a le caractère propre qtii 
convient à sa destiu.aùon ; le style 
eu est pur, les proportions majcs- 
lueuses, les profils harmonieux , et 
les ornemens d'un goût exquis y 
sont placés avec une sage économie ; 
non seulement il dessinoit bien tout 
ce qui lient à l'architecture , mais 
les ligures qu'il a introduites dans 
les monumens sont dessinées nvcc 
finesse ou croquées avec esprit; ses 
constructions prouvent qii'il con- 
noissoit aussi bien la pratique que 
la théorie de son art, et de plus 
il a laissé dans ses porte -feuille.^ 
des plans et des esquisses de mai- 
sons particulières , oi\ i'écttuomie 
se trouve jointe à l'élégance , et 
les distributions bièîi entendues , 
variées, connnodes, ménagées avec 
art, et où l'on retrouve toujours le 



i()8 



BOUL 



cachet d'un grand lalent. Bonlee a 
laissé des nianuscnls précie\ix , tiilre 
autres un Essai sur l' aichllecture 
rempli de counoissances prol'ondes , 
d'idées ingénieuses, et écrit avec 
cette chaleur, celte élévation qui 
caractérisent ses autres ouvrages ; 
M. Béuardjl'uii de ses plus dignes 
élèves , se propose de les publier 
pour honorer la mémoire de son 
maître. 

t BOULEN, BOLLEN ou BULLEN 
( Anne de ) , fille de Thomas de Bou- 
Jen, comte dOrmond etde Wdshire, 
n qui Erasme a dédié quelques-uns 
de ses ouvrages l'année même que 
sa fille monta sur le trône d'Angle- 
terre. Si l'on en croit Erasme , ce 
seigneur , qui aimoit plus le repos que 
les ricliesses et les honneurs, n'eut 
aucune part au divorce de Henri Vlll 
avec Catherine d'Aragon et passa 
en France avec I\Iarie, femme de 
Lo,uis XII. Anne de Bonleu fut fille 
d'honneur de la reine Claude , qui 
la donna à la duchesse d'Aleuçon , 
depuis reine de Navarre. Ue retour 
en Angleterre , elle y porta un goût 
A'if pour les plaisirs et la coquette- 
rie.; une conversation légère , son- 
tenue par beaucoup d'enjouement , 
et des manières libres qui cachoienl 
une dis.siraulation et ime ambition 
in-ofoudes. Ce n'éloit point une 
beauté parfaite; mais ses grâces fi- 
rent oublier les défauts de sa figure. 
Henri VlII la vit , et ne s'aperçut 
que 4e ses agrémens ; il le lui lit con- 
Boitre. Elle en parut d'abord plus 
offensée que tlattée. Cette réserve , 
à laquelle le prince ne s'attendoil 
pas , irrita sa passion. Il pensa dès- 
lors à répudier sa femme pour épou- 
ser sa maîtresse. ( /^'"oj e^ B.irton.) 
Clément VU ayant refusé une sen- 
tence de divorce , le mariage se fil 
secrélement le \:'\ novembre i553. 
Roland Inée, ]iommé à l'évèché de 
('ovenlry , à qui Henri irisinua que 
le pape lui avoit permis d'abau- 



BOUL 

donner Catherine d'Aragon, et de 
prendre une autre femme , pourvu 
que ce fût sans scandale, leur donna 
la bénédiction nuptiale , eu présence 
de quelques témoins att'idés. Anne , 
devenue enceinte , fut déclarée reine 
en i.'^j3. Cet air de coquetterie, 
qu'elle avoit puisé dans la cour de 
France , ne l'abandonna point sur 
le troue d'Angleterre. On l'accusa 
de commerce criminel avec plu- 
sieurs de ses domestiques , avec le 
lord Rochefort sou frère , et même 
avec un de ses musiciens. Henri 
\ III , qui aimoit alors Jeanne Sey- 
inour , n'eut pas de peine à la croire 
coupable. On l'interrogea : toutes 
ses réponses se bornèrent à dire 
quelle s'étoit échappée en paroles 
libres et en airs familiers , mais que 
sa conduite avoit toujours été in- 
nocente. Ceux qu'on lui donnoit 
pour amans firent les mêmes ré- 
ponses , à l'exception du musicien 
Sinéton , qui , frappé par la crainte, 
ou enlraiué par la force de la véri- 
té , avoua qu'il avoit souillé le lit 
de son souverain. Ils furent tous 
condamnés à la mort; Rochefort 
décapité , et le musicien pendu. 
Henri , voulant ôter à son épouse 
la consolation de mourir reine , lit 
prononcer une sentence de divorce , 
sous le vain prétexte qu'elle avoit 
épousé un milord Percy avant de 
lui avoir donné la main. Elle en 
convint, dans l'espérance que cet 
aveu la sauveroit du supplice du 
feu auquel on la destinoit , et qu'on 
se borneroit à lui trancher la tête. 
Henri lui fil grâce du biicher. Avant 
de monter sur l'échafaud , elle écri- 
vit une lettre à Henri pleine de sen- 
limensnobles. «Vous m'avez toujours 
élevée par degrés , lui disoit-elle , de 
simple demoiselle, vous me fi tes mar- 
quise de Pembrock; de marquise , 
reine, vous voulez aujourd'hui me 
faire sainte. » Elle avoit comblé de 
bienfaits une foule de courtisans , 
qui la payèrent d'ingratitude dans 



BOUL 

sa disgrâce. Elle recomniancla en 
niouiant sa liUe Elisabeth à Hen- 
ri VIII, coulimia jusquaii bouf ses 
prolestalions criniioceiice , et reçut 
le coup de la mort avec une fermeté 
intrépide. Ce lut le 19 mai i556. 
Rien n'est plus opposé que les ju- 
geniens portés pnr les dillérens écri- 
vains sur cette l'emnie célèbre. Ees 
lins prétendent que , quand Hen- 
ri VIU en Ht sa maîtresse , tlle avoit 
déjà été celle de François 1*"^ , et de 
plusieurs d'entre ses courtisans , et 
qu'on l'appeloit eu France , la mule 
du roi, et la haquenée d'Angle- 
terre. D'autres historiens , entre 
autres du Radier , qui la justitie 
dans le 4'' vol. de ses Anecdotes dt-s 
reines de France, ont mis la plupart 
de ces faits au nombre des contes 
satiriques. « Cette femme célèbre , 
dit encore Millet, est un monstre 
sous la plume des écrivains catholi- 
ques : elle est vertueuse et irrépro- 
chable ^us la plume des protestans : 
ainsi juge communément l'esprit de 
parti. Si l'on s'en tieiit à la vraisem- 
blance et aux preuves , si l'on rétlé- 
chit sur le caractère de son barbare 
mari , elle paroitra plutôt innocente 
que criminelle. Henri , selon la pen- 
sée de Hume, fit en quelque sorte 
sou apologie , eu épousant Jeanne 
Seyjnour le lendemain de l'exécu- 
tion. Rien ne coûtoit à ce prince 
pour satisfaire nue passion furieuse. » 
Il paroit cependant qu'Anne de Bou- 
leu avoit fourni à sou époux des 
moyens daccusation par ces ma- 
nières libres qui ne convenoient 
nullement au rang où il l'avoit éle- 
vce. Ses apologistes conviennent 
eux-mêmes que sa vanité n'éloit 
pas insensible au plaisir de recevoir 
des hommages. Sa gaieté indiscrète 
Jaissoit quelquefois échapper de dan- 
gereuses imprudences. ( J^'oyez l'ar- 
ticle de Henri VIII.) Elle etoit . sui- 
vant Sandérus , fille de Henri VIII : 
• car le roi, élnril dev^euu amoureux 
de madame de Boulen . relégua le 



BGUL 



199 



mari en France, en qualité d'aniba.s- 
sadeur, et Anne de lioulen naquit 
deux ans après le départ de Thomas. 
Ainsi elle ne pouvoit lui devoir le 
iour.!\Iais Sandérus paroit trop pas- 
sionné contre Henri VllI et Aune de 
Boulen pour mériter sur ce qui les 
concerne une entière croyance. 

BOULEN GER. Voyez Bou- 

L-iNGEU , n° II. 

BOULJANUS (Mylhol.), idole 
gauloise , honorée parliciiliiremeut 
dans l'Armorique. Une inscription 
trouvée à Nantes, en lâgi, annonce 
que les peuples voisins se rendoient 
trois fois par an dans le temple 
de ce dieu , pour lui ofi'rir des sa- 
crifices. 

BOULLAY( Edmond Clerjiont 
DU ). Voyez Boulay , n" 1. 

-; BOULLENOIS (Louis), avocat 
au parlement de Pans sa patrie , 
mort eu 1762 à S4 ans, est connu , 

I. Par des Questions sur les dé- 
missions de biens , 174?, in -8°. 

II. Des Dissertations sur des ques- 
tions qui naissent de la contrariété- 
des lois , 1 754 , in-4°- HL Un Traité 
de la personnalité et de la rivalité 
des lois , coutumes et statuts , Pa- 
ris , 1766, 2 vol. iu-4°. Ce dernier 
livre, qui est très-intéressant , fait 
bien sentir l'utilité d'un code de lois 
uniformes. La vie de l'auteur est à, 
la tète. 

-;- 1. EOULLIER ( David-Rouaud ) , 
ministre à Amsterdam , ensuite à 
Londres, originaire d'Auvergne, né 
à Utrecht le 24 mars 1699, mort 
eu 1759 , étolt aussi respectable \."v 
ses mœurs que par ses councisfancfs. 
Il signala son zèle et ses taltns poi r 
la cau.se de la religion , allatj'.'ée 
par les nouveaux philosophes. Ces* 
dommage que son style se ressente 
quelquefois du p?ys qu'il habitait. 



♦ 



200 BOUL 

Ce défaut n'empètlie pas que ses 
ouvrages ne soient estimés des per- 
sonnes qui sont attachées a» chris- 
tianisme. Les principaux sont , 
1. JJisseitatio de exislentiâ Del , 
1716. II. Tassai philosophique sur 
l'ame des bétes , 1728, in-12; et 
1737, 2 vol in-8°. III. Exposition 
de la doctrine orthodoxe de la 
Trinité, 1734, in-12, ÏV. Lettres 
sur les vrais principes de la reli- 
gion , où l'on examine le livre de 
la Religion essentielle à l'homme, 
1741 , 2 vol. iu-12. V. Recherches 
sur les vertus de l'eau de goudron , 
traduites de Berkley, 1743 , in-12. 
W. Sermons , i748^in-8°. VII. Dis- 
sertationum sacrarum sylloge , 
i7.'io, in-8~'. VIII. Court examen 
de la thèse de l'abbé de Prades , 
et observations sur son apologie, 
1753., in-12. IX. Lettres crffiques 
sur les lettres philosophiques de 
T^oltaire , 1764 , in-12. X. Le Pyr- 
rhonisme de l'Eglise romaine , ou 
Lettres du P. Hayer , avec les 
réponses, 1767, in-8°. XI. Obser- 
vatiuncs miscellaneœ in libruni 
Jobi , 1758, in-8°. XII. Pièces et 
pensées philosophiques et littérai- 
res , 17Ô9, 2 vol. in-12. 

* IL BOULLIEK, (ils du précé- 
dent , prédicateur en langue fran- 
çaise , et, en dernier lieu, pasteur à 
Amsterdam , où il a voit été appelé 
de Londres ; on lui attribue un i)elit 
Tolume di Réflexions sur l'élo- 
quence extérieure : Bonllier n'ayant 
pu se mettre diuis le sens des crises 
révolutionnaires, qui précédèrent la 
nouvelle organisation politique de la 
Hollande , éprouva quelques désa- 
grémens dans ses fonctions pasto- 
rales , et les abdiqua. Il est mort à 
La Haye eu 1 798. 

* L BOULLONGNE (Louis\pein- 
tre, originaire d'une faïuilit; de Pi- 
cirdie, naquit eu 1609, mourut à 
Parisen 1674- H excelloit particuliè- 
rement à copier les tableaux des an- 



BOUL 

ciens peintres. Il s'étudia si bleu â 
choisir \n\ fonds de bois ancien et pa- 
reil à celui de l'original , et à donner 
à ses couleurs des teintes qui eussent 
un air antique, qu'il étoit presque 
impossible d« distinguer l'original 
d'avec la copie; on remarfiue en- 
tre autres celui dans lequel Pa\in 
Delvagne a voit représenté un Par- 
nasse avec Apollon et les neuf !Ma- 
ses. Boullougne lai.'.sa deux tilles , 
Geneviève et Magdelaine : elles cul- 
tivèrent avec succès la peinture. 11 
laissa aussi deux filsdonl les articles 
suivent , et qui portèrent encore plus 
haut la gloire de leur nom. 

t II. BOULLONGNE (Bon), fils 
et élève du précédent , peintre du 
roi , naquit à Paris en 1649. Un ta- 
bleau q>ie son ])cre présenta à Col- 
bert le lit mettre sur la liste des 
pensionnaires du roi à Rome. Il y 
fut cinq ans en celle qualité , et s'y 
forma par l'étude des grands^nailres. 
On dit <iu'il saisissoit si habilement 
leur manière, que Monsieur, frère 
de Louis XIV, acheta un de ses ta- 
bleaux dans le goût duGuide, comme 
un ouvrage de cet artiste. Miguard , 
sou premier pemlre, y fut trompé; 
et lorsqu'on eut découvert l'aiileur, 
il dit : « Qu'il fasse toujours des 
Guides, et non des BouUougnes. » 
Ce jeune homme, de retour eu 
France, fut professeur de l'académie 
de peinture , eut une pension de 
Lotiis XIV, et fut employé i)ar ce 
prince dans 1 église des Invalides, 
au palais et à la chapelle de Ver- 
sailles , à Trianon , etc. Il mourut à 
Paris en 1717. 11 excelloit dans le 
dessin et dans le coloris; et réussis- 
soit également dans l'histoire et le 
portrait. Il peiguoit souvent à la 
lueur d'une jampc qu'il porloit at- 
tachée à son chapeau. Son Tableau 
du combat d'Hercule contre les 
centaures est au jMusée Napoléon. 
Il V en a deux en Prusse , Vénus , # 
Pan et Syr'uix. On voyoit encore 



BOUL 

de ses tableaux dans la basilique de 
Notre-Dame, aux Invalides , dans If 
diceurde l'église desci-devanl Char- 
treux, an couvent des religieuses de 
la Conceplion . à celui de l'Assomi)- 
lion,à legli les Petits pères de la 
])lace des Vie ioires , dans les salles 
de la ci-devant académie , etc. 

t III. BOULLONGNE (Louis), 
frèr^ cadet du ]irccéHent , naquit à 
Paris eu i6b!\. Il fut, comme lui , 
élevé par son père. Un prix rem- 
porté a lage de 18 ans lui valut la 
pension du roi. Il se forma à Rome 
sur les tableaux des grands niaitres, 
et sur-tout sur ceux de Raphaël. A 
son retour en Fi'ance , il entra à la- 
cadéniie de peinture , et en devint 
le directeur. Louis XIV le nomma 
son premier peintre , Un donna des 
lettre* de noblesse , le fit chevalier 
de Saiut-!\Iichel , et ajouta des pen- 
sions à ces honneurs. Il mourut en 
1755. Son pinceau est gracieux et 
noble. Ses tableaux sevendenl moins 
cher que ceux de son frère , dont il 
étoit l'ami et l'étnule. « Leurs sen- 
timens , dit Watelet , étoient les 
mêmes; leurs occupations, leur ar- 
deur pour le travail , leurs biens , et 
leurs ouvrages. » Louis laissa quatre 
enfans , deux tilles et deux fils , dont 
lamé a été contrôleur-géiiéral. 

BOULMIERS. rojez D£SEorL- 

MIERS. 

BOULOGNE, royez Priai a- 

TICE. 

* BOULTER (Hugues) , prélat an- 
glais , célèbre par ses vertus , né à 
Londres en 1671 , élève du collège 
du Christ à Oxford , ensuite bour- 
sier agrégé du collège de la .Mag- 
delaiue. En 1-00, il obtint la cure 
de Solave de Souihwart et l'archi- 
diaconat de Siury. Il fut ensuite 
chapelain de George I'"' et précep- 
teur du prmce Frédéric , qui lui 



BOUN aoi 

donna pour récompense le doyenué 
de l'église du Christ et l'archevêché 
de Brislol. Le roi le nomma ensiule 
éycque dArmagh en Irlande. 11 
n'accepla que malgré lui ; mais il 
s occupa du bonheur de ce pays avec 
un zèle et une charité sans bornes. 
Il trouva moyen, par son économie, 
de supj)léer à la rareté excessive des 
momioies, et soulagea Dublin dans 
les horreurs de la famine. Plusieurs 
eulansde pauvres ecclésiastiques fu- 
irent entretenus à ses frais a fimi- 
versilé. Il bâtit et dota des hôpitaux, 
et procura 1 autorisation royale à la 
société pour la propagation des écoles 
protestantes eu Irlande, dont il fit 
les fiais. 11 mourut a Londres en 
174:2 , et fut enterré à l'abbaye de 
Westminster. On a recueilli et im- 
primé à Oxford une collection de 
ses lettres, 2 vol. in-8° , 1769. 

* BOUNIEU, Marseillais, né en 
1744, peintre et graveur, fut élève 
de Pierre, premier peintre du roi. 
Son talent l'ayant fait distinguer, 
il fut agréé à l'académie de pein- 
ture en 1775. Parmi les morceaux 
de sa composition qu'il a gravés en 
manière noire , on estime assez /c 
Supplice d'une vestale, la na/s- 
sancti de Henri ir, et yldairi el 
Eue dans le paradis terrestre. 

Y BOUN^'N (Gabriel), lieute- 
nant-général de Chateauroux en 
Berri, sa patrie, où il naquit dans, 
le 16^ siècle , fut bailli de celle ville, 
et passa eubiiile au service du duc 
d'Alençon, dont il devint maitre des 
requêtes. 11 a laissé une pastorale 
à quatre personnages ,• la sul- 
tane , tragédie , Paris , 1 56 1 , in-4'' ; 
une ode sur la Médée de Jean de 
La Péruse , dans les œuvres de ce 
dernier ; une tragédie sur la dé- 
faite de la Piaffe et la Picquorée , 
el bannissement de Mars à l'in- 
Iroduction de paix et sainte jus- 
tice ,]?i.ix'ïs , iâ75 iu-Hi°. ; les Jvyes 



a02 BOUQ 

et allégresses pour le hienveigne- 
ineiit et entrée du très- illustre 
prince J'rançois ,fHs de France , 
et frère unique du roi en sa ville 
de Bourges , in-4°, Paris, 1676 ; 
enfin , une satire au roi contre 
les répuhliquains , avec Valectno- 
machie ou joutle des coqs. Paris , 
i586 , in-S°. Tous ers ouvrages fu- 
rent publiés dans l'intervalle des an- 
nées i56i à i586, el il pareil que 
l'auteur vivoit encore an commen- 
cement du ly*^ siècle, quoique plu- 
sieurs biographes placent sa mort 
beaucoup plus tôt. 11 lit représenter, 
en i56o, la sultane , pastorale. 

t BOUQUENANT, nègrede Saint- 
Domingue , chef des rebelles de cette 
île en 1790, se distingua par sa brus- 
que éloquence , son activité et son 
féroce couiage.Des connoissances un 
peu plus étendues que celles de ses 
camarades le firent passer parmi 
eux pour sorcier. Il proiita de celte 
opinion pour les faire marclicr aux 
combats et à la destruction de la co- 
lonie. 11 ])érit les armes à la main 
en novembre 1791. 

* BOUQUES (Charles de ) , sei- 
gneur de Vous , dans le diocèse de 
Montpellier. Cet auteur nest connu 
que par la première partie d'un 
Fci'mesvr les merveilles de J. C. , 
imprimée in-S" ,à Paris , en 1642. 
Celle première partie contient cinq 
divisions , 1° de la naissance de 
Saint-Jean , liéraut de Jésus , 2°. 
du ventre glorieux de la Sainte- 
Vierge ; 'h" de la naissance et du 
berceau de Jésus ; 4° du baptême 
de Jean , reçu par Jésus , el 5° des 
tentations de Jésus. Les autres par- 
ties n'en ont point été publiées. Ce 
qui prouve f|ue l'inileum'a pas com- 
plété son ouvrage. 

t I. BOUQUET (Dom Marlin ) , 
bénédictin de Saint-Maur , né en 
i685 à Amiens, mort à Paris en 
1754. L'académie de sa ville natale 



BOUQ 

l'avoit mis au nombre de ses nieni»- 
bres. Il eut pari aux recueils de Doni 
Montfaucon. On a de lui la Collec- 
tion des historiens de /'ronce, jus- 
qu'au huitième volume, à Paris, 
1708 et années suivantes , in-folio. 
Il en a paru sept nouveaux depuis 
sa mort. Le seizième volume est 
sous presse , et paroitra incessam- 
ment. Il exécuta cette entreprise 
que le ministère lui avoil confiée , 
et pour laquelle il avoit une pension 
sur le trésor roval, avec l'exactitude 
d'mi homme laborieux. 11 avoit plus 
d'amour pour le travail que des- 
pril et de discernement. 

t II. BOUQUET (Mad. ) , éublie 
dans une maison près de Bordeaux , 
paya de sa vie les soins qu'elle se 
donna pour soustraire à la mort 
les députés de la Gironde. Ceux-ci, 
proscrits el fugitifs , ne trouvoient 
d'asile nulle part. Le député Guadet , 
parent de iMad. Bouquet , conduisit 
chez elle son ami Salles. Quelques 
jours après , trois autres députés , 
et ensuite Buzol el Péthion , se réu- 
nirent aux premiers. Elle les logea 
dans un souterrain profond et inac- 
cessible. Mais ces députés , forcés de 
quitter leur retraite, périrent bien- 
tôt. Traduite elle-même devant le 
tribunal révolutionnaire de Bor- 
deaux , avec le père de Guadet , 
Mad. Bouquet , consola ce vieillard 
dans ses derniers inslans , el périt 
avec lui. 

* BOUQUIN ( Charles), de l'ordre 
de Saint-Dominique , né à Tarascon 
en 1622 , et préfet du ''ouvent de 
Buix , exerça pendant .'jo ans le mi- 
nistère de la prédication , et se fit 
remarquer principalement par ses 
conlroversps con'.re les calviniste^. 
Il mourut dans son couvent le 1 j fé- 
vrier ifiqH. On a de lui , 1. Solis 
jlqui/iatis splendores circ.a sacrr,- 
sanctum Euc//aristiœ ?nysterium , 
Lyon , 1677 . i/i-i'ol. II. Sermonea- 



BOUR 

apologelUl quibus sanclœ catho- 
licœ ac Romance Ecclesiœ Jides 
contra novatores defendilvr , etc. , 
ibid. 1689, in-ibl. 111. JJe l'origine, 
antiquité , excellence et utilité de 
Vétat religieux , ibid , in-8°. IV. 
Instructions chrétiennes et ortho- 
doxes , en forme de catéchisme , 
dressées par l'ordre de Vévéque de 
Saint-Paul-Trois-Châteaux, Car- 
peiitras, 1689 , iu-12. V. Annus 
apostolicus , sire sermoncs. L'au- 
teur mourut lorsqu'il alloit mettre 
cet ouvrage sous presse ; le manus- 
crit a resté dans les arcbives du 
couveut de Buix, avec un Commen- 
taire sur la pretnière épître de saint 
Jean , et quelques volumes de se/- 
mons en français. 

1 1. BOURBON (Robert de France, 
seigneur de ) , sixième fils de Saint- 
Louis et de Marguerite de Provence , 
ué eu 1256, épousa Béatrix de Eour- 



BOUR 



203 



gogne , fillo d'Agnès, héritière de 
Hoiirl)on. Il mourut eu ijiy. 11 est 
la tige de la famille de ce nom. La 
baronuie de Bourbon tut érigée eu 
ducbé-pairii^ en laveur de Louis son 
aîné l'an 1327. On trouve dans les 
lettres d'érection des termes dignes 
de remarque , et qui ont l'air , dit 
le président Héuault , d'une prédic- 
tion pour Henri IV. «J'espère , dit 
le roi Charles-le-Bel , que les descen- 
daus du nou\eau duc coulribueront 
par leur valeur à maintenir la di- 
guité de la couronne. 



N.B. La maison de Bourbon ayant 
joué un grand rôle dans l'hisloire , 
nous croyons devoir donner sa gé- 
néalogie depuis Arnoul , qui en est 
la tige. Cette généalogie servira d'ail- 
leurs à la recherche des articles des 
personnages de cette famille , ré- 
pandus dans ce Dictionnaire. 



GENEALOGIE DE LA MAISON DE BOURBON. 



Arnoul, maire du 
palais d'Austrasie, duc 
des Fiançais, puis évê- 
que de Metz l'an 611, 
mort eu 640. 

Ancbiseor/An=egi-e , 
son nis , né avant 1 an 
611, mcirt en 079. 

Pépin -le -Gros, son 
(ils , duc des Français en 
G86, gouverna la France 
27 ansetmourutea7i4. 

Childebrand , 5"^ fils 
de Pépin-le-Gros , mort 
avant 8ozj. 

Neblong , son fils , 
comte d'Autun et de 
Bourgogne , vivoit en 
796- 

Théodebert, son fils. 

Robert, son fils, maire 
du palais d'Aquitaine 



sous Pépin son beau- 
frère. 

Robert -le- Fort, son 
fils , comte d' Autun , du 
Vexin , d'Anjou , tué 
dans une bataille contre 
les Normands l'an 866 
ou 867. 

Ptobert , second fils de 
Ptobert-le- Fort, se lit 
élire roi l'an 922 : il fut 
tué l'an 9^3 , dans la ba- 
taille de Soissons , qu'il 
gagna contre Charles- 
le-SimpIe. 

Hugues - le - Grand , 
fils de Robert, comte 
d' Autun , de Sens, d'Or- 
léans^ de Poitiers et de 
Paris , mort en qSô. 

Hugues - Capet , son 
fils, roi de Franco , mort 
en 99^. 



Robert, son fils, roi 
de France, m. en loSi. 

Henri I, son fils, roi 
de France , m. en 1060. 

Philippe I, son fils, 
roi de France, mort en 
H08. 

Louis VI, ou le Gros, 
son fils, roi de France, 
mort en 1137. 

Louis VII , ou le Jeu- 
ne , son fils , roi de Fr. , 
mort en i [80. 

Pliilippe II, ou Au- 
guste, son fils, roi de 
France, mort en iiaS. 

Louis VIII, son fiis, 
roi de France, mort en 
1226. 

St. Louis IX , son fils , 
et de Filancbe de Cas- 
tille, fille d'Altonse ÏX, 
mort en 1270. 



204 



BOUR 



* Rohert de France , 
6"^ (ils de St. Louis et de 
Marguciite de Proveu- 
ce , comte de Clermont , 
né en 12Ô6, mort le 7 
février \Ziy. 

Louis I , duc de Bour- 
bon , son fils, mort en 
janvier i^^i. 

Pierre I , son fils, m. 
en i4io. 

Jean I , son fils , mort 
en 1435. 

Charles J, son fils, 
mort en \^56. 

Jean II, son fils , m. 
en i/|8S. 

Pierre II , son frère , 
mort en l'ioS. P'oy. 
Beaujku. C'est n lui que 
se termine la branclie 
aînée de Bourbon. 

* Charles I eut nn 
frère , nommé Louis , 
qui fut la tige d'une 
première branche de 
Montpensier , et qui 
niounit en 14^6. 

Gilbert, son fils, m. 
en 1496. 

Charles , son fils , fut 
connétable, et ne laissa 
pas de postérité, l'oy. 
Bourbon II , et Ga- 

ERIELLE. 

* Louis I eut un autre 
fils, nommé jACQUES,qni 
fut la tige de la branche 
de la Marche, et mou- 
rut en i36i. 

Son fils Jean , mourut 
en }/^ïi. 

Jacques II, son fils, 
mort sans postérité lé- 
git. ,1438. f^oy. Jean- 
KE , V. 

* Louis son frère , 



qui prit le nom de Ven- 
dôme , m. en 1446. 

Jean, son fils , mort 
en 1477. 

François , son fils , 
mort en i49^' 

Charles, son fils, m. 
en 1557. 

Antoine, son fils, m. 
en i56-2, fut roi de Na- 
varre , et père de Henri 
IV... J av. Antoine, 
n° IX... et François, 
n" VI. 

* Antoine ent nn frè- 
re, nommé Louis I, rpii 
fut la tige de la maison 
de Condé, et mourut en 
1069. Voy. CondÉ , 
n° il. 

Henri I , son fils , m. 
en i588. 

Henri II , son fils ,m. 
en 1646. Voy. CondÉ , 

n° in. 

Louis II, son fils, m. 
1686. Voyez CoNDÉ , 
n° IV. 

Henri-Jules , son fils , 
mort en 1709. Voy. 
CoNnÉ. n° V. 

Louis III, son fils , 
mort en 1710. Voyez 
ci-dessous , Bourbon , 
n°* IV et V. 

Louis-Henri, son fils, 
mort en 1740, père de 
Louis -Joseph , prince 
de Condé. 

Louis I eut un frère 
et un fils , cardinaux Fun 
et Tautre. Voy. Bour- 
bon , n" III. 

Henri II , prince de 
Condé , eut un second 
fils, Armand, qui fut 



BOUR 

la tige de la maison de 
Coriti , mort en 1666. 

Frani ois-Louis ^ son 
fils , mort en 1 709. 

Louis-Armand , son 
fils, mort en 1727. 

Louis-François , son 
fils, moi t en 1776. Voy. 
CoNïi,n°M,II et ir. 

Louis-Fmnçois , son 
fils , ci-devant comte de 
La Marche. 

* Louis P', prince de 
Condé, eut un second 
fils, Charles , comte de 
Soissons , mort en iGia. 

Louis II , son fils , m. 
sans postérité en 1G41. 
Voyez Soissons. 

**llyeutuneseconde 
branche de ÎNlonlpensier 
qui a commencé par 
Louis , fils de Jean , 
comte de Vendôme, m. 
vers 1020. 

Louis, son fils, mort 
en I 585, Voyez Mont- 
pensier, n°II. 

François, son fils, m. 
en 1598. V . François, 
11" VII. 

Henri, son fils, mort 
en i5g8. 

Sa fille Marie eut de 
Gaston , duc d'Orléans , 
Annepriucessede Mont- 
pensier. Voyez Mont- 
pensier , n° ÎII. 

Quant aux auteurs 
qui ont écrit sur la gé- 
néalogie de la maison <le 
Bourbon , consultez la 
Méthode pour éiudier 
l histoire , de l'abbé 
Lent^let du Fresnoy , 
t. XÏV, p. 238 et suiv. 



tn.BOURBON(Charles, duc de), 
fils de Gilbert , comte de !\Ionlpen- 
sier , et de Claire de Gonzague , na- 
quit eu 148g. Il fut fait couuélable 



en 1.5 1 5 , à 26 ans , par François I". 
Devenu vice-roi du iNIilauais , il s'y 
fit aimer de la noblesse et du i)eu- 
ple par sou alfabililé. Il s'étoit cou- 



BOUR 

vert de gloire dans toutes les af- 
faires d'éclal , et sur-tout à la ba- 
taille de Marignan. 11 auroit péri 
infailliblement dans celte journt'e 
meurtrière, sans dix. à douze ca- 
^■aliers qui se serrèrent autour de 
lui , et reçurent la plupart des coups 
qu'où lui portoit. La reine- mère, 
Louise df Savoie , dont il n'a voit pas 
voulu, dit-on, aperce%oir lessenti- 
mens, lui ayant suscité un proces])our 
lesdomaiues de Bourbon , Charles , 
mécontent de se voir injtistementdé- 
pouillëduue grande partie de son pa- 
trimoine , seliguaavec lempereur et 
le roi d'Angleterre. L'uilrigue ne 
fut pas si secrète qu'elle ne parvint 
à la connoissance de François V^. 
Ce roi, allant eu Italie , passa à 
Moulins , y lut visiter le connétable, 
qui feignoit d'être malade pour ne 
pas le suivre. Il lui déclara avec 
franchise qu'il éloit instruit des me- 
nées de l'empereur pour l'attirer 
dans sou parti. Le coimétable en 
fit l'aveu, et ajouta « que s il n'en 
a voit pas plus loi instruit sa majesté , 
c'est qu'il croyoit prudent de n'eu 
conlier le secret qu'à elle-même et 
de vive voix; qu'au reste il avoil 
rejeté les propositioas de l'empe- 
reur , et qu'il éloit déterminé à 
suivre le roi eu Italie aussitôt que 
sa santé seroit un peu rétablie. » Le 
roi, satisfait de ces éclaircissemens 
et de ces promesses , partit de IMou- 
lins pour se rendre à Lvou. Peu de 
jours après, lecounétable se mit en 
route pour aller l'y joindre. Soit que 
son départ fût une feinte , ou que la 
perte qu'il venoit d'éprouver se fit 
ressentir plus fortement alors , il 
suspendit son voyage , dépêcha à 
Lyon un de ses domestiques pour 
avertir le roi qu'il étoit parti de 
Moulins dans le dessein de se ren- 
dre auprès de lui ; mais qu'une ma- 
ladie l'avoit arrêté en route. Après 
cette dépèche , il revint sur ses pas , 
et fut se retirer dans son chateSu 
de Chaiitelle , qu:il lil fortifitr. Fran- 



BOUR ooj 

çois V^ , qui a voit refusé de faire 
saisir la jiersonne ilu connétable à 
Mouliu.s avoil eu la précaution de 
gagner un de ses domestiques , qui 
l'inslruisoil de la conduite de son 
maître. Averti de sa retraite à Clian- 
(elle, il charg. a le grand-mailre de 
sa maison d'aller assiéger le duc de 
Hourbou dans son cliateau. Celui-ci 
n'attendit pas les troui)ts du roi ; il 
prit sccrelenieiil la liiite, et, ac- 
compagné de quatre ou cinq per- 
sonnes , il parvint , à la faveur d uu 
déguisement, à traverser la France. 
Apres avoir évité plusieurs dan- 
gers , il arriva sain et sauf en Fran- 
che-Comté , qui appartenoit alors 
à l'empereur. Il éloit déjà dans le 
pays ennemi , lorsque François P*' 
lui envoya demander l'épée de con- 
nétable et son ordre. Bourbon ré- 
pondit : « Quant à l'épée , il me 
l'ota à Valenciennes , lorsqu'il coutia 
à M. d'Aleuçon l'avaut-garde qui 
m'apparteuoil. Pour ce qui est de 
l'ordre , je l'ai laissé derrière mon 
chevet à Chantelle. « Charles, de- 
venu général des armées de l'empe- 
reur , alla mettre le siège devant 
^Marseille en ia2q, et fut obligé de 
le lever. Il fut plus heureux aux ba- 
tailles de liiagras et de Pavie , au 
gain desquelles il contribua beau- 
coup. François 1^'' ayant été pris 
dans cette dernière journée , Bour- 
bon , touché du malheur de sou 
ancien so'Vivcrain , et honteux d'une 
félonie SI noire, voulut réparer eu 
quelque sorte son crime. Malgré 
Ihorreur qu'il inspiroil à ce roi 
malheureux , mais grand dans son 
malheur , il passa en Espagne à sa 
suite , pour veiller à ses intérêts 
pendant les négociations de l'empe- 
reur avec son prisonnier. Uu sei- 
gneur espagnol , le marquis de Vil- 
larono, à qui l'empereur demandoit 
sou hôtel pour y loger Bourbon , 
lui répondit : « Je ne saurois rien 
refuser à votre majesté ; mais si 
U duc loge dcins aia maison, j'y 



206 



BOUR 



mettrai le feu au moineut qu'il en 
sortira, comme à un lieu infecté 
par la perlidie, et par couséc]ue|jl 
indigue d'èlre habité par des gens 
d'honneur. » ( f-'oycz aussi les ar- 
ticles Bayaud et Gouffier. ) L'em- 
pereur, qui avoil promis sa sttur à 
Charles , lui manqua de parole. Le 
général ,de retour dans le [Milanais, 
lit quelques démarches équivoques , 
qui pouN oient faire douter s'il né- 
toit pas aussi infidèle à Charles- 
Quint qu'il l'avoit été à Fran(,ois F"^. 
Eu i527, Bourbon fut chargé de 
conduire en Allemagne une armée 
considérable , avec laquelle il s'étoit 
rendu rcdoulal)le à toutes les puis- 
sances d'Italie. Faute d'argent , ce 
général navoit pu faire distribuer 
la paye aux soldats ; ils étoient près 
de se débander , et de ruiner , par 
cette déroute , toutes ses espéran- 
ces. Dans cette extrémité , il prit le 
parti de conduire ses troupes à 
Rome , qui étoit entrée dans la 
ligue contre l'empereur. Il leur an- 
nonça qu'il les alloit mener dans 
un lien où ils senrichiroienl à ja- 
mais. Le ton dontillaisoit cette pro- 
messe , l'air d'assurance que l'on 
voyoit sur son visage , ranimèrent 
les soldats , qui s'écrièrent avec un 
enthousiasme guerrier : « Nous vous 
suivrons par-tout ; dussiez-vous nous 
mener eu enfer. » L'habitude qu'il 
avoit contractée de marcher à leur 
tète, de vivre avec eux et de les 
tiutrelenir familièrement , augmen- 
loit encore l'attachement qu'ils 
avoienl pour lui. « IMes enfans , leur 
disoit-il quelquefois , je suis un pau- 
vre cavalier; je n'ai pas un sou, 
non plus que vous; faisons fortune 
ensemble. « îîonrbon, ayant reconnu 
îa place, disposa tout pour l'as- 
saut. Un porte-euseigne romain , 
ù qui on avoil confié la garde d'une 
brèche, vit le duc s'avancer avec 
quelques soldats: l'effroi le saisit, il 
s'égare, il veut fuir ; il croit entrer 
dans la ville, il marche droit à 



BOUR 

Bourbon. Le duc ne doute pas que 
cet homme ne commande une sor- 
tie , et qu'il ne soit suivi d'une trou- 
pe nombreuse; il s'arrête pour l'ob- 
server , et pour donner à ses soldats 
la faculté de s'assembler autour de 
lui; en même temps il fait sonner 
la charge. Au bruit des trompettes 
une nouveau saisissement s'empare 
du porte-enseigne, qui, dirigeant 
mieux sa course , fuit vers la ville, 
où il rentre j^ar la brèche , à la vue 
de Bourbon. « Mes amis, s'écria ce 
général , suivons la route que le ciel 
prend soin de nous tracer lui-mê- 
me. M II court aussitôt vers la l^rè- 
che , une échelle à la main , et l'ap- 
plique le premier à la muraille ; 
mais au même instant il est atteint 
d'un coup mortel qui le renverse, 
le G mai 1627. Il s'étoit vêtu ce 
jour-là d'un habit blanc , « pour 
être , disoit-il , le premier but des 
assiégés , et la première enseigne 
des assiégeans. » Dans la crainte 
que son corps ne fût insulté par le 
peuple romain, ses soldats, qui 
lui étoient dévoués , l'emportèrent 
à Gacte, où ils lui dressèrent nn 
magnifique mausolée- Son tombeau 
a été détruit depuis le concile de 
Trente , et son corps , qui a été 
emljaumé, est devenu un objet de 
curiosité pour les voyageurs. Charles 
passa long- temps pour le plus hon- 
nête homme , le plus puissant sei- 
gneur et le plus grand capitaine 
de la France ; mais les tracasseries 
de la reine mère, en causant son 
évasion, ôtèrenl à ses vertus tout 
leur lustre. Long-temps avant sa 
défection, on l'avoit entendu re- 
fléter avec complaisance la réponse 
d'un gentilhomme gascon , à qui 
Charles VII avoit demandé : « Quel- 
quechose au monde pourroit-il vous 
détacher de mon service ? — Non , 
sire , pas même l'offre de trois 
royaumes comme le vôtre ; mais oui 
liien un afi'ront. « On peut lire 
1 Histoire secrète du coiuiétab e de 



BOUR 

BourLou , par Eaudol de Juilli , en 
observant que le romancier a tenu 
plus souvent la plume que l'histo- 
rien. 

t III. BOURBON ( Charles de ) , 
fils de Charles de Bourbon , duc de 
Vendôme , cardinal , archevêque 
de Rouen, et légat d'Avignon, lui 
enfermé à Tours , par l'ordre de 
Henri lU, avec l'archevêque de 
Lyon, à l'époque de l'assassinat du 
cardinal de Guise. Il fut mis sur le 
trône en ] ôSg par le duc de Mayenne, 
après la mort funeste de ce roi, sons 
le nom de Charles, X. Quelques 
écrivains ont dit qu'il avoit accepté 
la couronjie, pour la faire perdre à 
Henri IV, son neveu. C'est préci- 
sément tout le contraire. Vers le 
temps où il fut déclaré roi , il en- 
voya , de sa prison de Fonlenai en 
Poitou , son chambellan à Henri IV, 
qui l'avoit mis sous la garde de 
d'Aubigné , avec une lettre par la- 
quelle il le reconnoissoit pour son 
Toi légitime. « Je u'iguore point , 
disoit-ilà un de ses conhdens, que 
les ligueurs en veulent à la maison 
de Bourbon. Si je me «uis joint à 
eux , c'est toujours un Bourbon 
qu'ils reconnoissent , et je ne lai tait 
que pour la conservation des droits 
de mes neveux. » Ce lanlôme de 
la royauté mourut à Fonlenai-le- 
Comle en 1090 , âgé de 67 ans. On 
frappa des monnoies en son nom. 
Chopin lui dédia sou Traité, De 
sacra politkâ. Sa vie a été donnée 
par dom Dubreuil ,1612, in-4''. En 
i56ô , on avoit agité au concile de 
Trente, en traitant du célibat des 
prêtres , la question de savoir si le 
pape, dans une nécessité pressante 
€t publique, ne pouvoil pas dispen- 
ser un prêtre pour le marier? On 
vouloit , disoit-on, faire épouser au 
cardinal de Bourbon , quoique prê- 
tre , la veuve du duc de Guise, 
Doiir susciter au trône de France 



nue lignée , qvi'on n'altendoit guère 



BOUR 207 

du roi ni de ses deux frères. Mais le 
vrai motif étoil de relever la fa- 
mille des Guises par une alliance 
avec la maison de Bourbon. An 
reste l'affaire n'eut point lieu. En 
1694, il fut arrêté par le parle- 
ment de Tours et de Chulons , réin- 
tégré à Paris , que le nom de ce 
prétendu roi seroil rayé des actes 
publics où il avoit été mis. 

t IV. BOURBON ( Charles de ) , 
dit le Jeune , ou le cardinal de 
Vendôme , neveu du précédent , 
se lit chef du tiers -parti après la 
mort de Henri lll. S'invagiuant que 
la couronne lui seroit déférée si 
Henri IV , son cousin , en éloit 
exclu , il excita les catholiques à 
presser sa conversion. Le roi n'y 
étoit pas encore disposé. Charles 
pensa que ce prince , dès-lors re- 
gardé comme un hérétique obstiné , 
seroit abandonné d'une grande par- 
lie de ses sujets. Quoique celte fac- 
tion fût dangereuse, Henri IV la 
méprisoit ou feignoit de la mépri- 
ser , et la noinmoit par dérision 
/es Tiercelets. « Par ce tiers- parti , 
dit Pierre de l'Étoile, on devoit tuer 
le roi, le prince de Conti et delMont- 
pensier ; le cardinal de Bourbon de- 
voit être le roi; mais ou ne lui 
devoit que le baise-main , et par 
ce moyen n'eût joui de tant de re- 
venus qu'il en tiroit de ses béné- 
fices. L'entreprise découverte fut 
remise , mais non pas rompue , et 
le cardinal de Bourbon en demeura 
malade de regret; lequel le roi ne 
laissa d'aller voir , et le piquant au 
vif par ses gausseries accoutumées , 
lui dit : Mon cousin , prenez bon 
courage ; il est vrai que vous n'êtes 
pas encore roi , mais le serez possi- 
ble après moi. » 

V. BOLUBON - CONT)É ( Louis, 
duc de ) , fils de Henri-Jules , prince 
de Condé , et d'Anne de Bavière , 
grhud-maître de France , chevalier 
des ordres du roi , et gouverneur de 



208 



BOUR 



Bourgogne el de Bresse, marclia sur 
les Irucesde sonaïetillegraïul Coudé. 
Il se trouva au siège de Piiilisbourg 
sous les ordrtJS du grand dauiîliiu , 
suivit le roi en 1669 àcelui de Mous, 
et eu 1(192, à celui de Nnmur. Il 
se signala aux batailles de Sleinker- 
que et de Nerwinde ; til encore la 
campagne de Flandre en 1692 , 
et mourut subitement à Paris en 
1710 , dans sa quaranle-deuxicme 
année. 

V VI. BOURBON ( Louis-Henri 
duc de ) , et dEnguien , etc. lils du 
précédeiil , né à Versailles en 1692 , 
lut nommé chef du conseil royal 
de la régence sous la minorité de 
Louis X\^ , ensuite snrimeudanl de 
l'éducation de ce prince , et enlin 
premier ministre délat après la 
mort du duc d'Orléans régent , ar- 
rivée le 2 décembre 172?). (c lié toit 
jeune , disent les Mémoires de 
Noailles , aimoit les plaisirs, don- 
noit sa confiance à des personnes 
qui dévoient eu abuser. 11 fit des 
fautes ; et ses bonnes qualités ne 
sursoient pas pour qu'on pût se 
promettre un gouvernement heu- 
reux. Le mariage de Louis XV avec 
l'infante d'Espagne, qu'on avoil fait 
venir à Paris , fnt rompu d'al)ord 
sans consulter la cour d'Espagne , 
sans négocier une all'aire si déli- 
cate. » La plus grande faute du duc 
de Bourbon fut de se lais-^er gou- 
verner par la jeune marquise de 
Prie, fille de Pléneuf , entrepreneur 
des vivres. Cette jolie femme, in- 
trigante , spirituelle et avide , dis- 
posa de tout et vendit presque tout. 
Ce qu'il y eut de \)lus étrange, c'est 
qu'elle ravit à la maison du prince 
son amant l'honneur de donner 
une reine à la France. On cbenhoil 
parmi Its princesses île l'Europe une 
épouse pour le jeune roi Louis XV. 
Mademoiselle de Vermandois, sœur 
du duc de Bourbon , pleine d'esprit, 
4e grâces, dt; \ eilus , viyoil duus un 



BOtR 

couvenlàTours. Lamarqulsc do Prie 
part sous un nom emprunté pour 
pressentir la princesse sur le mariage 
projeté. Ses réponses franches etnai- 
ves prouvèreutà la marquise (pie ses 
mœurs trop counuesavoient inspiré 
à mademoiselle de Vermandois de 
l'éioignementpourune affaire traitée 
par une telle négociatrice. Elle se re- 
tira furieuse en laissant entendre ces 
mots : « Va , lu ne seras jamais reine 
de France. » Cependant la maïquise, 
plus puissante que jamais , continua 
de braver rindigualion publique. 
Elle lisoit avec dédain ks chansons 
laites contre elle, en disant : « Voilà 
comme sont les Français quand ils 
sont trop bien » , et jd^Wj^ au feu 
les remontrances des parleniens, 
notamment celles des cours de Ren- 
ues et de Toulouse , sous prétexta 
qu'elles sentoient le style de pro- 
vince. Madame de Prie éloit en par- 
tie l'instrument de Paris du Verney , 
qui, sans avoir le tilre de ministre , 
dirigeoil les affaires générales. Cet 
homme si nouveau , ci-devant en- 
trepreneur de vivres, (jeveiui sur- 
intendant du duc de Bourbon , sup- 
posa dans les finances un déficit 
chimérique pour avoir occasion de 
mettre de nouveaux impots. Il pro- 
posa le cinquantième en nature sur 
tous les fonds nobles, roturiers et 
ecclésiastiques , une taxe pour le 
joyeux avènement du roi , une 
antre appelée la cemlure de la 
reine, et divers autres édils bur- 
saux qui irritèrent la noblesse et 
le peuple. La nation murmuroit 
d'être pour ainsi dire gouvernée par 
ce financier , qui s'éloit emparé 
de 1 esprit du premier ministre ; 
presque toute la cour se réunit coii- 
tie le duc de Bourbon , et le car- 
dinal de Flcury , qm avoit un grand 
ascendant sur l'esprit de Louis XV , 
le fit esiler en 172(3 à Ciiantilli. 
C'est dans ce château qu'il mourut 
le 27 janvier 1740 , à 4^ ans. 11 
avoil servi dans la dernière guerre 



BOUR 

«le Louis XIV. Prince génôreux et 
ynii des lettres, il uiiroit pu faire 
du bien s il avoit été mieux coa- 
iiuit. U soutint sa disgrâce avec di- 
guilé. 

VII. BOURCON ( Autres princes 
du nom de ) , f-'ojez les articles 
Antoine, 11" IX, lj£fujEU, n° Il , 
Gabhielle, Longue vîLLE, Fran- 
çois , n°* X, XI, XII ; Jeanne , 
n" VII, vers le milieu. 

-;- Vlîï. BOURBON ( Nicolas ) , 
poète latin, né eu i.^od ù Vnndeu- 
vres près Langres , d'un riclie maî- 
tre de forges , vivoit encore .en 
i55o. Marguerite de Valois, soeur 
de François V^ , le chargea de veil- 
ler à l'éducation de Jeanne d'Albret 
sa fille , mère de Henri IV. Il se 
retira de la cour quelques années 
après, et alla trouver dans la ville 
de Caude , où il avoit ini petit 
bénéfice, les douceurs de la retraite. 
Ou a de lui huit livres à'Fpl- 
grammes , Paris, 155.5 , in- 8" ; il 
les appeioit I\'i/gœ {des bagatelles.) 
On trouve dans ce recueil sou Poë- 
me (le la Forge ( Fenaria) , com- 
posé à lage de i5 ans, et dont 
Erasme faisoit beaucoup de cas. Cet 
ouvrage offre des détails sur les tra- 
vaux de ce métier et sur les ou- 
vriers qui Texerceut. Les Nugœ de 
ce poète furent imprimées à Lyon , 
in-S" , en i.t58 , et à Baie en i b:\o. 
Joachim du Bellay fil à ce sujet cette 
épigramme : 

Paule , tnrtrtf .^crJhJ.t Nn^arnm nomine Vthritm ; 
In tolo lihro nil meliu.i titulo. 

On a encore de lui des Distiques mo- 
raux , de Puerorum. f/wribus , in- 
4°, Lyon, i536. /^cyezBucHj»NAN. 

;■ IX. BOURBON ( Nicolas ) , 
petit-neveu du précédent , de l'a- 
cadémie française, professeur d'élo- 
quence grecque au collège royal , 
et chanoine de Langres , mort en 
T. m. 



BOUR 



209 



1644 , à 70 ans , dans la n;ai£oii 
des pères de l'oratoire de Saint- 
liouoré , où il s'éioit retiré. La 
France le compte parmi ses meil-j 
leurs poètes lutins. Ces deux vers 
sur la ])orle de l'arsenal de Pan* 
sont attribués dans l'Aimée Lilté-^ 
raire , année 1784 , à Jean Pas- 
serai de Troyes , qui avoit été 
l'aucieii maître de Nicolas Bourbon. 

j^tna Aœr Ilfnrico vulcaniu tela ministral , 
Teîa gigavtosos liehellatura furores . 

Ses Puéslefs furent imprimées à. 
Paris en i65i , \n-12. Sou Impré- 
caliuii contre le parricide de Henri 
//^ passe, avec raison, pour sou 
chef-d'œuvre. 11 écrivoit aussi bien 
en prose qu'eu vers. On a de lui trois 
Lettres curieuses , sous le titre de 
jjpologeticœ commentaiiones ad 
Phyllarchum , i636 , iu-4°. Voici 
quelle en fut l'origine. ÎJaus le temps 
que le père Goulu , général des feuil- 
lans , caché sous le nom de Phyllar- 
que , attaqua si vivement Balzac , 
cet écrivain excitoit tous ses amis à 
le défendre. Eourl)on eut cette gé- 
nérosité ou cette complaisance, ail 
lui écrivit de Langres en 1628 , dit 
Niceron , une lettre latine fortUrn- 
gue et fort étudiée , où il lui don- 
uoit de grandes louauges aux dé- 
pens de Phyliarque ; mais en même 
temps il exigea que cette lettre ne 
seroit vue que d'un petit nombre d'a- 
mis communs , et qu'on nel'impri- 
meroit point. Cependant, lorsqu'en 
i65o Balzacdonua une nouvelle édi- 
tion de ses Lettres , celle de Bourbou 
y fut insérée. Le père Goulu étoit fils 
et frère de professeurs en langue 
grecque au collège royal ; Bourbon 
y remplissoitla même chaire: ainsi 
la publication d'une Lettre qui of- 
fensoit le frère de sou collègue lui 
fut sensible. D'ailleurs , les amis 
des feuillans l'accusoient d'indis- 
crétion , pour avoir écrit , lui qui 
étoit prêtre de l'oratoire , contre 
un général d'ordre , en faveur d'un 
14 



MO BOLR 

homme tUi monde. 11 se plaignit donc 
vivement de la peitidie que Balz;ic 
lui a\ oïl laile. Balzac , de son côlô , 
t;e plaignit de lui comme d'un lâche 
«Léseileur. U en résnlla une rupture 
ouverte entre eux , et c'est sur cela 
que roulent les trois Lettres citées 
plus haut. » Ce poète éloil un hom- 
me vit" et ardent. Il aimoit le vin , 
etdisoit ordinairement que , « lors- 
qu'il lisoit des vers l'raïKais , il lui 
seuihloit qu'il buvoil de l'eau. » 
Grand approl)aleur des ouvrages 
d'antrui en présence de leurs au- 
teurs , il les déchiroil quelquefois eu 
secret. On lui trouva , après sa 
mort , une quinzaine de mille livres 
dans un coftVe-fort ; il ciaignoil 
cependant de mowrir dans l'iudi- 
geuce. 

1 BOURCEL ( N. de ) , né en Dau- 
phiné , mort en 1780 à Greno- 
lile. U servit d'abord dans le corps 
du géiiie,et l'ut hieutut distingué par 
les généraux. C'est à lui qu'on alUi- 
bua les principales opérations des 
campagnes de 174 l , fl^i tirent la ré- 
putation du comte de Alaillebois. 11 
ne se distingua pas moins dans la 
gu«|[rede sept ans ; fut nommé lieu- 
tenant-général, et commandeur de 
l'ordre de Saint-Louis. On a publie , 
en 1792, ses Mémoires hisLoriques 
sur la guerre que les Français out 
soutenue eu Allemagne, depuis 1757 
)usqu'en 1762, 3 vol. iu-y^. Le der- 
nier est entièrement rempli par le 
récit de la campagne de 1761 , fait 
par un autre officier -général. Cet 
ouvrage est écrit sans prétention et 
avec un ton de vérité qui persuade. 

; BOURCHENU de 'V'albonais 

( Jean - Pierre ) , né à Grenoble en 
ib.'ii , d'un conseiller au parlement , 
voyagea en Italie , en Hollande et eu 
Angleterre. S'élant trouvé sur la 
Motte anglaise à la bataille de Sol- 
baye , il fut tellement frappé de ce 
spectacle, qu'il termina ses courses , 



BOLR 

et entra dans la magislralure. De 
conseiller au parlement , il devint 
premier président de la cliambre des 
comptes de Grenoble. 11 mourut en 
1730. Il éloit aveugle depuis long- 
temps. Cet accident le loucha beau- 
coup, mais il le lit tourner au proiit 
de l'élude : il se lit plus lire qu'il n'a- 
\ oit jamais lif lui-même. On a de lui 
\ Histoire du Dauphiné , eu 2 vol. 
in- fol. , 173-'. Cet ouvrage a eu deux 
éditions. La i*^'* est de Paris , 1711, 
sous le titre de Mémoires pour ser- 
vir à i'/iis/oire du JJauphiné , etc. 
La i^ , imprimée à Genève , en 2 
vol. in-fol.,est intitulée Histoire 
du IJauphiné , tl des princes qui 
ont porté le nom de Dauphin , etc. 
Elle est augmentée du tom. 2 qui 
contient lin recueil de litres en forme 
de preuves , et plusieurs Disserta- 
tions et Mémoires , répandus dans 
diflérens journaux ; ils prouvent 
une grande connoissance de l'his- 
toire et des antiquités. Il avoit fait 
de profondes recherches sur so!i 
pay^. De plus, en manuscrit, un 
Nobiliaire du Dauphiné. Son por- 
trait décore la salle de l'académie de 
Grenoble. 

1- l. BOURCHIER ( Tliomas ;. 
Voyez BoucniER. 

* II. BOURCHIER ( Jean ), lord 
Beuneks. 11 a été aussi fameux par 
sa valeur que par sa science. Ce sei- 
gneur éloit , par sa mère , proche al- 
lié des Plantagtinets. U voyagea , 
apiès avoir fait ses études, à (ox- 
ford , et rev inl tbus sou pays , pos- 
sédant parfaitement plusieurs lan- 
gues. Bourchier se fit d'abord con- 
uoitre dans le monde par le courage 
qu'il déploya pour soumettre les re- 
belles du Devoushire et de Cor- 
nouailles. Henri VlU le nomma 
chancelier de l'échiquier à vie , et 
lui donna le gouvernement de Ca- 
lais. Il est mon dans cette ville en 
i552. Mais il s'est fait estimer en- 
core pat plusieurs bou» ouvrag.;s, 



BOUR 

dont les principaux sont, I. Une 
Instruction aux liabitansde Calais 
sur leurs devoirs. II. Une pièce de 
tliëàlie intitulée Ile in viiieam 
rneam , jouée dans la grande église 
de Calais ; quelques Traductions de 
romans français , et la chronique 
de Froissard , eu anglais. 

BOURCIER DE MONTUREUX 
( Jean- [.ou is ) , procureur-général 
au conseil souverain de Lorraine , né 
à Luxembourg en 1687, mort à 
Nanci en 1751 , publia le Recueil 
des ordonnances du duc Léopold , 
1733, 4 vol. in-4°. 

t BOURDALOUE (Louis ) , né à 
Bourges le 20 août i63^ , prit l'ha- 
bit de jésuite en 1648. Les chaires de 
Paris retentirent de ses sermons. Son 
nom pénétra bientôt à la cour. Louis 
XIV ayant voulu l'entendre, il dé- 
buta par l'avent en 1670. 1! prêcha 
avec tant de succès , qu'on le rede- 
manda pour les carêmes de 1672, 
■ — 74) — 75, — 80, — 82, et pour 
les avents de 1684, — 86, — 89, 
— 91 et — 90. On l'appeloit le roi 
des , prédicateurs et le prédicateur 
des rois. Louis XIV voulut l'enten- 
dre tous les deux ans, aimant mieux 
ses redites que les choses nouvelles 
d'un autre. On lui a appliqué avec 
une heureuse justesse ce verset du 
psalniisle : (.<. Eloquebarde testimo- 
niis tuis , Deus , in conspectu re- 
gum , etnon confundebar.yi Ses suc- 
cès furent les mêmes en province 
qu'à Paris et à la cour. A Montpel- 
lier, où le roi l'envoya, en 1686, 
pour faire goûter la religion catho- 
lique par ses sermons et ses exem- 
ples, il eut les suffrages des catholi- 
ques et des nouveaux convertis. Sur 
la hn de ses jours, il abandonna la 
chaire , et se voua aux assemblées de 
charité , aux prisons ; se faisant pe- 
tit avec le peuple , autant qu'il étoit 
sublime avec les grands. 11 avoit un 

talent particulier pour assister et 



BOUR 



'i\ I 



consoler les malades. On le vit sou- 
vent passer de la chaire au lit d'un 
moribond. C'est dans ces pieux exer- 
cices qu'il passa toute sa vie. Il mou- 
rut le i5 mai 1704, admiré de son 
siècle , et respecté même des ennemis 
des jésuites, (t Sa conduite , dit ua 
auteur estimé , étoit la meilleure ré- 
l'ulalion des Lettres F?oviriciales.-» 
Il étoit très consulté , comme direc- 
teur et comme casuiste. On a rap- 
porté quelques-unes de ses décisions. 
On prétend qu'une dame de la cour 
lui ayant demandé si elle faisoit mal 
d'aller à la comédie ? « C'est à vous 
de me le dire , répondit le jésuite.» 
De cette anecdote douteuse , il ne 
faudroit pas conclure que le père 
Bourdaloue approuvoit les specta- 
cles ; mais seulement qu'il les trou- 
voi t moins dangereux pour certaines 
personnes que pour d'autres. Aa 
reste , nulle considération ne fut ja- 
mais capable d'altérer sa franchise. 
Il soutint toujours la liberté de son 
ministère, et n'en avilit jamais la 
dignité. Ses manières étoieut sim- 
ples , modestes et prévenantes ; mais 
son ame étoit pleine de vigueur. Le 
père Bretonneau , sgn confrère , 
donna deux éditions de ses ouvrages , 
commencées eu 1707 , par Rigaud , 
directeur de l'imprimerie royale. La 
première en 16 volumes in - 8'^ , 
1716 , est la meilleure et la plus re- 
cherchée des amateurs de la belle ty- 
pographie. La seconde est en 18 vol. 
in-12. C'est sur cette dernière que 
les imprimeurs de Lyon , Rouen , 
Toulouse et Amsterdam , ont im- 
primé Bourdaloue. Voici la distri- 
bution de celte édition: Avent , 1 
vol. Carême , 3 vol. Dorhinicales , 
1 vol. E.xhortations , 2 vol. 3Tys~' 
tères, 2 vol. Panégyriques , 2 vol. 
Retraite , 1 vol. Pensées , 3 vol. 
Dans l'édition in-8° , les E.xhorta- 
tions et la Retraite ne font que 2 
vol. , et les Pensées , 2 vol. Le grand 
art du père Bourdaloue est de dé- 
velopper et d'éclaircir chacune de s«s 



'2t2 BOUR 

idées , chacune de ses preuves, par 
des idées et des preuves nouvelles , 
aussi lumiueuses les unes que les au- 
tres. A la fois populaire cl éluvo , il 
ne nuit jamais , par la profoiidcur 
de ses raisounenieus, à la clarié de 
son style. Sa solidité est éloquente et 
animée. Il s'étoit nourri de la lecture 
des Pères ; mais on sent, à la manière 
dont il les euiploie , quil les avoit 
lus par devoir ou par goût plus que 
par besoin , et qu'absolument il au- 
roit pu s'en pa'^ser. On sent un 
lionime, qui , plein des Clirysostôme, 
des Augustin , des Basile , ne res- 
semble pourtant à aucun d'eux. Ou 
l'a souvent mis en parallèle avec 
i\Iassil!on. L'un et l'autre sent très- 
éioquens,mais lesoutd'une manière 
fUttérente. « Ce qui me plait , ce que 
i'adiuire principalement dans Bour- 
daloiie , dit labbé IMaury , dans ses 
rétlexions sur l'éloquence , c'est qu'il 
se fait oublier lui-même ; c'est que, 
dans un genre trop souvent livré à 
la déclamation, il n'exagère jamais 
les devoirs du christiaaisme , ne 
change point en préceptes les sim- 
ples conseils , et que sa morale peut 
toujours être réduite en pratique ; 
c'est la fécondité inépuisable de ses 
plans, qui nesc ressemblent jamais , 
et riieureux talent de disposer ses 
raisounenieus avec cet ordre dont 
parle Quinlilien, lorsqu'il compare 
le mérite d'un orateur à l'habileté 
d'un général qui commande une ar- 
mée , t'c/ut imperatoria virtus ; 
c'est cette logique exacte et pressante 
qui exclut les sophismes , les contra- 
dictions , les paradoxes ; c'est l'art 
avec lequel il fonde nos devoirs sur 
nos intérêts , et ce secret précieux , 
que je ne vois guère que dans ses ser- 
mons , de convertir les détails des 
mos'.irs en preuves de son sujet ; c'est 
celte abondance de génie qui ne laisse 
rien à imaginer au-delà de chacun 
de ses discours, quoiqu'il en ail com- 
posé au moins deux , souvent trois , 
ijuelquefois même quatre siir la " 



BOUR 

même matière , et qu'on ne saclie , 
ajjres les avoir lus , auquel de ces 
serinons donner la préférence : c'est 
la simplicité d'un style nerveux et 
touchant , naturel et noble , la con- 
noissauce la plus profonde de la reli- 
gion , l'usage admirable qu'il fait 
de 1 l'crilure et des Pères; enfin je 
ne pense jamais à ce grand homme , 
sans me dire à moi-même : voiKî 
donc jusqu'où le génie peut s'é- 
lever quand il est soutenu par le 
travail. » 

* BOURDAILLE (Michel) , doc- 
leur de Sorbonne, chanoine digui-' 
laire de la cathédrale de La Rochelle, 
et vicaire-général de cette ville , 
est auteur des ouvrages suivans : 
I. Théologie morale de saint yJu~ 
g//stiu , /Paris , 1G8G , in-i2. Ce 
livre , qui fil du bruit dans son 
temps, est aujourd liui enlierement 
oublié. II. Exposition du Cantique 
des Cantiques^ tirée des Pères et des 
auteurs ecclésiastiques , 1689, in- 
12. III. Théologie morale de l'E^ 
vangilc comprise dans les huit 
béatitudes , et dans les deux com- 
mandeniens d'aimer Dieu et le 
prochain, Paris, 1691, iii-if2. IV. 
De la part que JJieu a dans la 
conduite des hommes , parmi les 
écrits de Nicole , sur la grâce gé- 
nérale , tome II, page 597. Ce sa- 
vant théologien mourut au mots 
d'avril 1694- 

; l. BOURDEILLES ( Pierre de ) , 
connu sous le nom de. Brantôme , 
dont il étoit abbé, joignit à ce titre 
ceux de seigneur et de baron de Ri- 
chemout , de chevalier de l'ordre, 
de gentilhomme de la chambre des 
rois Charles IX et Henri lll , el de 
chambellan du duc d'Alençou. Il 
avoit eu dessein de se faire cheva- 
lier de Malte , dans un voyage qu'il 
fil en celte île au temps du siège 
l'an i565. Il revint en Fiance, où 
ou ï'amusi» pat de vaines espé 



spé- I 



BOLR 

rances : uiciis il ne reviU cVaiilre for-, 
tiiue , dit-il, que d'èlre Lien venu 
des rois ses maîtres , des grands 
seigneurs, des princes, des souve- 
liiiiis , des reines, des pi incesses , 
etc. , etc. Il mourut le 5 juillet i6jz|, 
;i 87 ans. Ses Jllémoires ont été im- 
primes eu 10 vol. iu-12 : 4 'Îps 
Capitaines français i 2 des Capi- 
taines élrangcrs ; 2 des Femntes 
galantes i \ des Femmes illustres; 
1 des Duels. Les dernières édi- 
tions sont celles de La Haye, 17^1 , 
en 10 vol. iu-12, à cause du Sup- 
plément , qui eu a .5 , et de Paris, 
1787, eu 8 volumes in - 8°. Ces 
Mémoires sout absolument néces- 
saires à ceux qui veulent savoir 

I histoire secrète de Charles IX , 
de Henri III et de Henri IV. Le 
])laisir de \oir ces rois dans lerr 
pariiculier et hors du théâtre , joint 
à la naïveté du style de Brantôme , 
en rend la lecture fort agréable. « 11 
est fort coinmnn , dit Anquelil , 
lie voir cet auteur joindre les idées 
les plus disparates eu fait de mœurs. 
Quelquefois il représente une femme 
comme adonnée aux raffinemeus 
les plus honteux du libertinage , 
et il finit par dire qu'elle étoit sage 
et bonne chrétienne. Ue même d'un 
ju'ètre , d'un moine , de tout autre 
ecclésiastique, il racontera des anec- 
dotes pins que gaillardes; et il dira 
à la tin très -sérieusement que cet 
homme vivoit régulièrement selon 
son état. Presque tous ses Mémoires 
sont pleins de pareilles contradic- 
tions qui fout épigramme. Quel- 
que jugement qu'on porte de cette 
bizarrerie , ou pourra toujours le 
blâmer de n'avoir pas respecté la 
bienséance dans ses écrits , et d'a- 
voir souvent fait rougir la pudeur. 

II peint bien ce qu'il a vu, raconte 
naïvement ce qu'il a entendu ; mais 
)1 n'est pas rare de le voir quitter 
sou objet principal, y revenir, le 
quitter encore , et iinir par n'y plus 
songer. Avec tout c6 désordre, il 



B013R 



2l3 



plaît , parce qu'il amuse. » IMais 
lilusieurs des ses anecdotes parois- 
seut hasardées. Telle est celle (ju il 
raconte sur Charles-Quint. « J'ai ouï 
dire , dit-il , que s'il avoit eu encore 
des forces du corps , comme de 
sou esjiiit , il fût allé à Piome avec 
\w\^. puissante armée jiour se faifu 
élire pape par amour ou par force. 
Quel trait et quel homme ambitieux 
que voilà, ajoule-l-ii ! aussi Dieu 
ne le permit. Ne pouvant donc étrr- 
pape, il se fit moine.» Ce dessein^ 
prêté à Charles - Quint par Bran- 
tôme , ne se IrouAc dans aucun 
historien. On lui a attribué , à la 
vérité , le désir de la domination 
universelle ; mais on ne voit nulle 
jKirt aucune trace de son ambition 
uontillcale. Si Ion examiiioit plu- 
sieurs autres faits racontés par Bran- 
tôme , et cent fois répétés après lui, 
on trouveroit que la plupart n'ont 
pas plus de foudenieiU que la pa- 
pauté de Charles-Quint. — J'oyci. 
AvAios , n" II , Poitiers , etc. 

t II. BOURDEILLES ( Claude 
de) , petit- neveu du précédent, 
comte de Montrésor , attaché à 
Gaston d'Orléans , dans sa faveur 
et dans ses disgrâces , perdit ])iu- 
sieurs fois sa liberté pour servir 
ce prince. Etmuyé du tumulte et 
des tracasseries de la cour , il prit 
le parti de goûter les douceurs d'une 
vie privée. Il mourut à Paris eu 
i6G5. Il a laissé des Mémoires con- 
nus sous le nom de Montrésor , 2 
vol. in-12, qui sont curieux. Il s')'' 
trouve plusieurs pièces sur l'bis- 
toire de son temps. I\Iontrésor ne 
craint point de racoulrer les pro- 
jets formés par lui contre la vie 
du cardinal de Richelieu. 

* I. BOURDELIN ( François ) , né 
à Seulis le i5 juillet 1668 , s'ap- 
pliqua Cl l'étude des langues étran- 
gères , et à celle des intérêts des 
princes , des mœurs et des usage* 



2i4 BOUR 

des difFérens peuples, Tl voyagea 
en Angleterre el en Hollande , et 
iuivil M. Bonrepos dans son am- 
bassade eu Daneinarck. Après dix- 
huil mois de séjour à Copenhague , 
Il revint dans sa patrie ; el peu de 
lemps après , sou ])ère lui acheta 
une cliarge de conseiller an rhà- 
telel. Il lut membre de l'académie 
des belles-lettres , lors de son re- 
nouvellement. 11 est mort le 24 mai 
1717. 11 n'a donné qu'une descrip- 
tion de quelques anciens monu- 
niens trouvés dans les pays étran- 
gers , particulièrement de la colonne 
d'Anlonin Pie , découverte à Rome 
en 1704. 

-; II.BOURDELIN (LouisClande), 
de l'académie des sciences , naquit 
à Paris le 18 octobre 1696. Son père 
et sou aïeul étoient aussi membres 
de celle académie , et l'aieul est le 
premier académicien dont Fonte- 
iielle ail fait l'éloge. Son oncle fut 
membre de l'académie des belles- 
lettres. Bourdeliu se livra loul en- 
tier à l'étude de la médecine el 
de la chimie, el fut reçu docteur 
en médecine en 1720. L'acadé- 
mie des sciences le reçut dans son 
corps en 1725; les Mémoires qu'il 
lui 9 donnés ont pour objet des 
matières de chimie. 11 éloit né avec 
ïin bien considérable ; cependant 
l'exercice de la médecine , qu'il 
avoil d'abord entrepris par bien- 
faisance , devint pour lui une res- 
source nécessaire. Sa mère , mariée 
en secondes noces , contracta des 
dettes qu'il voulut payer , quoiqu'il 
u'y fût pas tenu. Il lui assura de 
plus irae subsistance honorable. Ces 
sacrilices absorbèrent une grande 
parlie de sa fortune. En 1761 , il 
fut nommé premier médecin des 
daines de France ; mais il obtint 
d'elles d'exercer la médecine à Paris, 
el les pauvres éloienl toujours le 
premier objet de ses soins. Il mou- 
rut eu 1777. 



BOUR 

; m. BOURDELIN ( N. ) , né à 
Lyon , eu 1726 , d'une famille qui 
avoit déjà produit les savaus dont 
on a parlé , fut aveugle jusqu'à l'âge 
de ] 2 ans. 11 embrassa l'état ecclé- 
siastique , et ne crut jamais pou- 
voir assez réparer le temps qu'il 
avoit perdu dans son enfance. De- 
venu instituteur à Lyon , il sétoit 
fait de celte profession trop dédai- 
gnée l'idée noble qu'il devoit en 
concevoir, w Dans la carrière que 
je parcours, disoit-il , souvent il 
faut être trop bon pour l'être as- 
sez. » Aussi , nul de ses élèves ne 
l'a quitté sans regret. Cet, boinme 
utile possédoil le grec et l'hébreu, 
et toutes les richesses de l'érudition. 
Il s'éloit occupé d'une Traciiicl.ion 
d'Horace; mais celle de Le Balteux 
lui ayant paru bonne , il relira son 
manuscrit de l'impression. Ou lui 
doit un Cours de Tlitmes , eu 4 
vol. , qui a eu plusieurs éditions. 
Bourdtlin , laborieux et nindesle , 
aimoil à guider les lalens timides. 
En leur laissa\it la gloire , il se 
chargeoil du soin de la mériter. 
« Ainsi , dit uu poêle anglais , des 
sources inconnues coulent sans bruit 
dans des fleuves célèbres ; et ceux- 
ci doivent souvent la rapidité de 
leurs eaux à des urnes cachées et 
paisibles.» Bourdelin est mort à 
Lyon le 24 mars 1784. 

1 1. BOURDELOT ( Jean ) , mail re 
des requêtes de la reine Marie de 
Médicis , savant dans les langues 
el la jurisprudence , auteur de Ao/es 
sur Lucien , sur Héiiodore et sur 
Pétrone , Paris , 1677 , in- 12 , mou- 
rut eu i658.Ses Commentaires^onX. 
estimés des savans , mais assez peu 
consultés. Son frèrfe puîné , Ednie 
Bourdelot, médecin de I<ouis XIII 
en 1620 , éloit mort avant lui. 

ï IL BOURDELOT (l'abbé), 
dont le vrai nom éloit Pierre Mi- 
chon , neveu du précédent , et fiU 



BOUPv 

diui chirurgien de Si'iis relire à 
Genève , naquit dans celte ville en 
1610. U s'appliqua à la médecine, et 
l'ut médecin du grand Condé. Chris- 
tine, reine de Suède, l'appela, en 
16.Î1, auprès d'elle, et obtint ensuite 
pour lui l'abbaye de Massay. {Voyez 
Meibomius. ) il mourut a Paris en 
i685. On a de lui plusieurs traités : 
Ve la l'ipère , i65i, in- 12 ; Du 
inunt Etna , etc. Le pape lui avoil 
permis d'exercer la médecine gratui- 
tement. Il laissa en manuscrit, un 
Catalogue de tous les lix'tes de mé- 
decine imprimés, avec la f-^iedes au- 
teurs , et la critique de hurs ouvra- 
ges. On lui doitune sorte de bandage 
appelé yjo«/y// , dont on se sert pour 
la compression des tumeurs. 

BOURDIGNÉ ( Charles ) , prêtre , 
natif d'Angers, y vivoit en i55i. Il 
est auteur de la Légende de Pierre 
Faijén , en vers, Angers, i5o2 , 
in-4°, Paris , 1723 , in-12. C'est un 
récit de toutes les espiègleries que 
F.ùfeu , jeune débauché , m-t eu 
usage pour parvenir à ses tins. Cet 
ouvrage, divisé en quarante-neuf 
rhapi lies , est d'autant plus amusant , 
qu'il est fait avec esprit. Charles 
avoit \M\ frère, Jean BourdignÉ, 
channiae d'Angers, mort et i555, 
dont on a l'Histoire d'Anjou et du 
7-ïaine , Angers, 1 5 29, in-folio , dans 
laquelle il y a bien des fables. 

RDILLON. P'oyez Pla- 



BOI 

TIÈRE. 



*I. BOURDIN (Michel), habile 
sculpteur , né à Orléans. Il fit le tom- 
beau et la statue eu marbre de Louis 
XI, qui se voyoit daus l'église de 
Notre-Dame de Cléry. On dit que 
Bourdin , peu satisfait de son sa- 
laire , déroba une lampe d'argent 
suspendue dans l'église, et que peu 
de temps après il fut pendu , eu 
1C122. On voit aujourd'hui la statue 
et le tombeau au Musée cies moîui- 
niens fraudais. 



BOUR 9i;T 

n. BOURUIN (Maurice), antr 
pape en 1118, sous le nom de Gré- 
goire VllI étoit auparavant arche- 
vêque de Brague. Excommunié daus 
un concile , il se retira à Sutri. Ca- 
lixte II envoya une armée , com- 
mandée par un cardinal , former le 
siège de cette ville. Les habitans de 
Sutri, voyant battre les murailles 
pour un misérable antipape, le li- 
vrèrent aux soldats qui l'ampuerenl 
à Rome sur un chameau , à rebours, 
tenant eu main la queue au lim de 
bride , et couvert d'inie peau de 
mouton toute sanglante. Cette sol- 
datesque vouloit imiter l'entrée du 
pape , monté ordinairement sur un 
grand cheval , et vêtu de la chape 
décarlate. Bourdin mourut en pri- 
son la même année vers 1 1 2 1. 

BOURDOISE ( Adrien ) , prêii e , 
né dan> un village du Perche en 
1084, instituteur du séminaire de 
Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris , 
mourut en odeur de sainteté , en 
i6.î5, à 71 ans. Catéchisme, missions, 
conférences , son zèle se portoit à 
tout avec une égale vivacité et ridi- 
cule. On a sa /^/ein-4°, et une autre 
in-12 , I 784. 

t I. BOURDON ( Sébastien ) , 
peintre et graveur , naquit à JMonl- 
peîlier en t6i6. Son père, calvi- 
niste , peintre sur verre , fut sou 
premier maître. Après avoir servi 
quelque temps , il voyagea en Italie, 
et y saisit la manière de Cl.uule 
Giélé , dit le Lorrain, du Caravage 
et du Bamboche; prenant toutes les 
formes avec une facilité égale. De 
retour en France à l'âge de 27 ans , 
il se fit un nom céleiire par son ta- 
'bSeaii du .Martyre de saint Pierre , 
qui passe pour son chef-d'œuvre, 
qu'on voyoit à Notre-Dame de Pa- 
ris, et qui se trouve niainteuanl au 
MuséeNapoléon. Pendant le tempsdes 
guerres de la fronde, il entreprit le 
voyage de Suède. Il fut bien accueilli 
par Chrisliïie ; mais bieulôt après. 



aif) 



BOUR 



entraine en France par son inquié- 
tude cl son incouslanco , il y peignit 
plusieurs tableaux, dans lesquels on 
remarque une imagination fougueuse 
et bouillante , une touche légère , un 
coloris frais, un goût souvent bi- 
zarre. Souvent il se seutoit une ar- 
deur extraordinaire jtour le travail, 
et alors il s'enfermoil dans un gre- 
nier, oùétoit son atelier, et pendant 
des mois entiers ilnensortoit point. 
Son pinceau éloit peu correct , mais 
facile. Il paria qu'il peindroit dans 
nn jour douze têtes d après nature , 
de grandeur naturelle , et gagna son 
pari; ces têtes ne sont pas les moin- 
dres de ses ouvrages. 11 fuiissoit peu , 
mais le feu qu'il nielloit dans tous 
ses laljleaux fait ])lus recherciier ses 
productions les moins finies que 
les chef>-d'œuvre dun peintre mé- 
diocre. Il réussissoil dans tous les 
geiires , sur-tout dans le paysage. 11 
eM vrai que les sites eu sont peu 
communs et réguliers , et ne saccor- 
denl pas souvent dans leur plan. 
Ses tableaux ornoient piiisieurs 
églises de Paris , et différentes mai- 
sons particulières. Il Iravailioit pour 
Louis XIV dans lapparleineut bas 
des Tuibries, lorsque la mort l'en- 
leva en 1671. Il éloit directeur de 
l'académie de peinture. 11 peignit, 
pour l'église Saint-Gervais de Paris , 
le Supplice (h saint Geruais et de 
saint F/vtais , et il fut également 
chargé (le peindre \a. grande galerie 
de l hôtel Bretunuilliers. Un des 
trois principaux tableaux de Saint- 
Pierre de Rome est de Bourdon. 11 a 
composé et gravé les œiwj'esdc mi- 
séricorde , et une su 1 te de paysages , 
qui sont 1 un et l'autre fort estimés 
des artistes. 

' t II. BOURDON ( Amé ) , f\ls 
d'un ingénieur du roi d'Espagne , 
naquit à Cambrai en i6ô8 , et mou- 
nu daus celle ville eu J70H. A l'âge 
de ob ans, ei père de «icïuze enlans 
•vivans , il se délerraiaa à prendre 



BOUR 

ses degrés en médecine dans l'unt- 
versilé de Donay en 1670. Il fit jia- 
roitre en 1678, pour l'instruction 
d'un fils qu'il destinoit à cette pro- 
fession , ses Tables anatoiniques „ 
in-folio; avec sa Description aiia- 
tomique du corps humain , in-i 1 » 
qui a été souvent réimprimée , par- 
ce quec'éloit alors un des ouvrages 
les plus parfaits dans ce genre. 

;- m. BOURDON (Françoi- 
Louis ), procureur au parlement de 
Paris , dévoué à la monarchie pour la 
conservation de son étude ; après l'a- 
néantissenienl de cette même mo- 
narchie, par la journée du 10 août , 
il intrigua pour se faire nommer 
député du département de l'Oise à 
la convention nationale , y parut 
d'abord en républicain forcené. Le* 
massacres de la Veudée , où il avoit 
été envoyé en mission, adoucirent 
cependant son humeur farouche, et 
il y destitua le général Rossignol . 
qui avoit multiplié les maux de cette 
malheureuse contrée. Bourdon , de 
retour à l'assemblée , contribua à y 
renverser successivement les divers 
partis de la Gironde , de Danton , 
d'Hébert , et de Robespierre même , 
qui , quelques jours auparavant , 
lavoit fait trembler en le désignant 
indirectement à la coti% enlion , com- 
me un scélérat et un traître. !3our— 
don l'en punit en le conduisant à 
l'écliafitud , et en veillant à son exé- 
cution. Il proposa de faire fusiller 
sur-le-cliamp , et daus la salle même 
de l'assemblée , plusieurs de ses col- 
lègues révoltés contre les décrets. 
Après la chute de Robespierre , 
Bourdon, devenu membre du con- 
seil des cinq-cents , parla contre le 
régime révolutionnaire, contre les 
pères et mères d'émigrés , les prê- 
tres , les fugitifs d'Alsace. 11 pro- 
posa d'affecter 6:28 millions de bien* 
nationaux au rembourstment des 
assignats; en 3797, il accusa Sanlo- 
nax des malheurs de Saint-Domin- 



BOUR 

gue ; il se rang.a oiiverleinetit , à 
celle époque , dans le parti de Clicliy 
tonlre le diiccloire. 11 fil c«'T)endaiit 
rapporter la loi (pii baunissoit tous 
les nobles de Paris. Le 18 iViicl:dor 
au f) ( i\ septembre 1797 ) , le direc- 
toire condamna à la déportalioii un 
grand nombre de dëpulë^ , et entre 
fiulres les inspecteurs de la salle ; 
Bourdon nétoit pas compris dans la 
liste , mais il demanda lui-inètnc à 
partager le sort de ses collègues. 11 
subit sou exil avec fermeté , et mou- 
rut , peu de inoio après , à Svnaniary. 
Il a montré jusqu'au dernier mo- 
ment un courage qui tenoit de l'exa!- 
lalion. « Hébert , dit le père Du- 
cliesne , l'as cil déuoucé à la société 
des jacobins , et désigné sous le nom 
de Bourdon le rouge , à cause de la 
couleur de ses cheveux. Ues ce mo- 
ment , il ne p^irut plus à cette so- 
ciété , fut ensuite exclu de celle des 
cordeliers , déclaré par eux traître à 
la patrie , etc. 

t BOURDONNA YE (Bernard- 
François MahÉ de la ), né à Saint- 
Malo eu 1699 , fut à la fois négo- 
ciant et guerrier. Il commença à 
l'âge de lo ans à naviguer. 11 fit 
plusieurs voyages dans les mers de 
1 Inde. Chargé de bonue heure des 
aOaires de la compagnie des Indes, 
}1 lui fut utile dans plus d'un voyage , 
qu'il entreprit pour lavoriser les in- 
îtrets de cette compagnie , et aug- 
menter sa propre forluue. Le roi le 
nomma gouverneur général des iles 
de France et de Bourbon , et elles 
devinrent llorissantes sous son ad- 
ministration. C'fcloit dans le temps 
de la guerre malheureuse de irqi. 
Les Anglais dominoieut dans l'Inde. 
Une escadre anglaise croisoil dans les 
mers, et faisoit beaucoup de prises. 
La Bourdonnaye prend la résolulion 
d'armer une petite Hotte. H sort de 
1 ile de Bourbon avec neuf vaisseaux 
de guerre , attaque l'escadre enne- 
mie , la disperse, et va mettre le 



BOUR 217 

siège devant Madras. Cette ville ca- 
piiiila en septembre 1746 . et les 
vaincus se raclictèrenl pour environ 
neuf millions. Les ordres précis du 
ministère français éluient de v<^ g^ir- 
d^r aucune conquête eu terre-feimç. 
La Bourdouua)e , en acceptant la 
rançon , ne faisoit que lui obéir. Ou 
doit ajouter que dans cette exjH-di- 
tiou il se coudiiisit envers les ^ain- 
cus avec autant de douceur <;ue de 
niagnauimilé. jNcus ne parlons , dit 
\ oilaire , que d'après les Anojais re- 
venus de Madras , qui n'avoieut nul 
intérêt de nous déguiser la vérité. 
Quand les étrangers estiment mx 
ennemi , il semble qu'ils avertissent 
ses compatriotes de lui rendre jus- 
tice. C'est ce que ceux-ci ne tirent 
point. Les riches-ses que La Bcur- 
donnaye avoit acquises ayant ex- 
cité l'envie , on peignit le ^ ainqueur 
de Madras comme un prévaricateur, 
qui avoit exigé une rançon trop 
foible , et qui s'étoil laissé corrom- 
pre par des présens. Les directeurs 
de la compagnie des Indes, et plu- 
sieurs actionnaires, portèrent leurs 
plaintes au ministère; et La Bon r- 
donnaye , en arrivant en Francs, 
fut enlenné à la Bastille. Son procès 
dura trois aus et demi, et fit nailre 
des 3Témoires , 1 vol. in-4'^, ou n 
vol. in-12. Enhn , les commissaires 
du conseil qu'on lui donna pour 
juges le déclarèrent innocent. Il fut 
remis en liberté , et rétabli dans 
tous ses honneurs. Ilmourutbientoî: 
après , en 1754 , d'une maladie 
cruelle , que le chagrin et sa longue 
détention lui avoieut causée. C'é^oit 
un homme aussi intelligent dans le 
commerce qu'habile dans la marine. 
Il avûit d'ailleurs beaucoup desprit. 
Un des directeurs de la compagnie 
des Indes lui demandant un jour 
a comment il s'y étoit pris pour 
faire bien mieux ses eÇaires que 
celles delà compagnie? » — « C'est , 
répondit-il, parceque j'ai suivi vos 
instructions dans tout ce oui vous 



2l8 



BOUR 



regardoit, et n'ai coasuUë que moi- 
même dans ce qui conceruoit mes 
inlerèts. » Son activité étoit extrême. 
11 u'eut jamais d'heures fixes pour le 
sommeil. Sa veuve obtint une pen- 
siosde deux miUequatrecentslivres 
en mémoire de son époux , mort 
sans avoir reçu aucune récompense 
ni aucun dédonîviagement pour 
fa,nt de persécutions et pour tant de 
seri^ices. Ce sont les termes du bre- 
vet. Voyez DuPLEix , n° II. 

t BOURDOT DE RlCHEBOlIRO , 
( Charles-Antoine ) , avocat à Paris 
en 1689 , mourut dans cette ville en 
1755. lia donné le Nouveau coutu- 
mier général , avec des notes. Paris , 
1 724 , 4 vol. in-folio. 

t BOURET ( N. ) , célèbre finan- 
cier , mort en 1778 , offrit des 
exemples remarquables d'adulation 
et de prodigalité. Il fit bâtir le pavil- 
lon de Croix-Fontaine, pour rece- 
voir Louis XV dans un rendez-vous 
de chasse ; et ce pavillon lui coûta 
quatre millions. Amoureux d'une 
iemme de la cour , il lui offrit de 
partager sa fortune avec elle , si 
elle vouloit contenter ses désirs ; elle 
le refusa avec hauteur ; mais, quel- 
que temps après, ayant besoin de 
dix mille francs , elle lui écrivit pour 
les lui demander , en lui assignant 
un rendez-vous. Bouret lui répondit : 
« Ce que je deniandois étoit sans 
prix ; ce que vons m'offrez est trop 
cher. » Avec de l'esprit , de l'agré- 
ment, de la facilité à obliger, il 
anéantit une fortune de six cent 
nJllle livres de rente. Peu de jours 
avant sa mort, il avoit failli d'être 
arrêté pour une dette modique , à la 
poursuite d'un homme qui lui de- 
voit son opulence , et il avoit cher- 
ché à emprunter chez un notaire 
cinquante louis , qu'on lui refusa. 

r. BOÙRETTE ( N. ) , comédien , 
avoit une figure niaise , une Liille 
débanchéequi firent ses succès. Vadé 



BOUR 

venoit de (inirsa pièce de Nicai,<e , 
lorsque le [eune Bourelle entra f hez 
lui ; aussitôt le poète s'écria : « Voilà 
mon Nicaise tout trouvé. » En effet , 
il l'engagea à entrer dans la troupe 
de Monnet , et il fil long-temps les 
délices de l'opéra conuque de la 
foire. Il passa ensuite au théâtre 
français , où il remplissoit les rôles 
de grotesques. 11 est mort en Î78.S. 

t 11. BOURETTE ( Charlotte 
Ren'YER ) , plus connue sous le nom 
de Muse limonadière , née à Paris en 
1714 , morte dans cette ville en 
janvier 1784 , tenoit uncafé àParis. 
Ce fut le rendez-vous de plusieurs 
gens de lettres , et de quelques 
poètes , qui lui inspirèrent le goût 
des vers. La Muse limonadière wi fil 
dans toutes les occasions intéres- 
santes, mais elle se bornoil ordinai- 
rement à un petit nombre , et elle 
faisoit bien , car ils u'étoient pas 
bons. Comme elle célébra les beaux 
esprits , les beaux esprits le lui ren- 
dirent. Elle a lait la ('oquelte punie, 
comédie jouée en i 779. 

1 L BOURG ( Anne du ) , de 
Riom en Auvergne , reçu en \bb^ 
conseiller-clerc au parlement de 
Paris , étoit neveu d'Antoine dn 
Bourg, chancelier sous François l"^*^. 
Il se fit fl'aliord connoitre par sou 
savoir, ensuite par son attachement 
an calvinisme. Ayant parlé pour les 
partisans de cette doctrine , dans 
une assemblée du parlement , où 
l'on délibéroit sur l'édit donné par 
Henri 11, à Chàleau-Briant , contre 
les calvinistes , la cour le fil mettre 
en prison , et on lui fil son procès. 
Comme il étoit diacre, il fut d'abord 
jugé par l'évêque de Paris du Bellay , 
assisté de l'inquisiteur Mouche. Il 
appela , comme d'alius , de la sen- 
tence de l'évêque ; il réclama le droit 
d'être )ugé par ses pairs , c'est-à- 
dire par les chambres du parlement 
a?seniblées. Mais ses rcclamalious 



BOUR 

n'eurenl aucun effet. Il fui jugé suc- 
cessivement à l'oliîcialiié de Paris , à 
celle de Sens et à celle de Lyon. 
Condamné , dans ces trois tribu- 
naux , à être dégradé et livré au 
bras séculier comme hérétique , il 
fut mené d'abord à l'odicialité de 
Paris , où on lui arracha l'un après 
l'autre les habits de son ordre; en- 
suite ou passa légèrement un mor- 
ceau de verre sur sa tonsure et sur 
ses ongles ; après quoi il fut amené à 
la Bastille , et condamné par des 
conmiissaires du parlement à être 
étranglé et brûlé. L'assassinat du 
président Minard , un de ses juges , 
hâta l'exécution de son arrêt.( Voyez 
à ce sujet l'article Minard. ) Il fut 
pendu et brûlé en place de Grève, 
le 23 décembre iSSg, à 58 ans. 11 
montra , dans ses derniers moinens , 
un courage digne d'être admiré. Sou 
supplice et celui de quelques autres 
calvinistes firent de nouveaux hé- 
rétiques, au lieu d'intimider les 
anciens, et produisirent la conspi- 
ration d'Amboise , et les guerres qui 
la suivirent. Bon magistrat , ami 
lidele, homme austère, du Bourg 
persista dans ses opinions. Il étoit 
incapable de dire ce qu'il ne pensoit 
pas. Les calvinistes l'ont mis au 
nombre de leurs martyrs. Pendant la 
cérémonie de sa dégradation , il ne 
fit que déclamer contre les ordres 
sacrés et contre fEglise. Il dit « qu'il 
se félicitoit d'être dépouillé du ca- 
ractère de la bête , et que doréna- 
vant il n'auroit plus rien de commun 
avec l'antechrist » C'étoit ainsi qu'il 
appeloit le pape , suivant l-.s ridi- 
cules interprétations de Carvin et de 
ses partisans. 

II. BOURG ( Éléonor-Marie du 
Main£_, comte du), né en 1 6r)5, d'une 
famille noble et militaire , servit 
avec distinction sous Louis XW. Il 
commanda en chef l'armée du Rhin 
en 170g, et gagna une bataille à Pm- 
metsheim sur les Impériaux. ( Vo^ . 



BOUR 9.19 

Mf.RCY, n° II. ) Il fut cependant 
maréchal de France en 1724 , et 
mourut en 1709, laissant un tils 
dont la postérité subsiste. 

-;• III. BOURG ( Etienne de ) , 
avocat de Lyon , a publié , dans le 
16* siècle, sur l'ail lui i té du parle- 
ment de Paris , un livre qu'il dé- 
dia au chancelier Olivier. — Son fils 
Laurent UE Bourg fut auteur d'une 
Elégie assez bonne pour le temps , 
sur le misérable état de Lyon , an 
miheu des guerres civiles qui déso- 
loient alors la France. 

IV. BOURG. Voyez Barbeu et 

MONTMOREJL. 

t BOURGKLAT ( Claude ), né à 
Lyon, avoit été mousquetaire dans 
sa jeunesse , et s'étoit ensuite livré 
à l'élude du barreau , qu'il ne tarda 
pas à abandonner. Sa nomination à 
la place de chef de l'académie royale 
d'équitation à Lyon sembla décider 
l'emploi des talens dont l'avoit doué 
la nature. Il s'appliqua d'abord à 
fixer, à développer les principes les 
plus savans et les plus lins de l'art 
de l'équitation qu'il consigna dans 
son Nouveau New/castle ou Traité 
de cavalerie , Lausanne , 17/17 j 
iu-8°, réimprimé depuis à Paris, 
1747 , in-13 , et à Lyon. 11 se rendit 
plus utile encore en cherchant à tirer 
l'hippiatrique de l'espèce d'oubli et 
de mépris où l'avoit plongé un em- 
pirisme aveugle. 11 approfondit dans 
lotis ses détails l'aiialomic de l'ani- 
mal soumisàsonétude,etfitparoilre 
en 1750 , en ,i vol. in-S" imprimés à 
Lyon , ses Elémens d'hippiatrique 
ou Nouveaux pi iiicipes sur la con- 
rioissa/ice des chevaux. Il ne se bor- 
na pas à publier des connoissances 
qu'il avoit acquises au prix d'un 
travail immense ; il voulut qu'on lui 
fût redevable de leur application 
dans la pratique; il préparoit depuis 
long-temps l'établissement si utile 
des école.i vélériiiaires. A peine eut- 



^tîO 



BOUR 



il obtenu ragrémenl du gouverne- 
ment pour Ibiuler à Lyou l'école- 
mère, que sou activité, le talent 
précieux de choisir et d'employer 
les liomnies qui rculoviroient , mon- 
trèrent aux. regards du public cet 
établissement lormé aussitôt que 
coni,u , et déjà dans sa maturité au 
luoineut luenie de sa naissance. Les 
éirangers se monlrcrent jaloux de 
voir se former dans le sein de son 
école des élevés qui pusstnt rap- 
porter dans leur patrie les secours 
duu art essentiel et presque nou- 
veau. I,es épizooties les plus meur- 
trières furent guéiies ou soulagées 
])ar la pratique éclairée des élèves 
que l'école s'empressoit d'envoyer 
par-tout où leurs secours pouvoirnt 
être nécessaires. Ce fut à celte épo- 
que que Eourgelat publia sa JUaiière 
médicale raisounée à l'usage de 
l'école vétérinaire^ I'y<^n . Bruyset , 
176'), in-S°. Ce fut à son invilalion 
que Ka Tourelle , aidé dé l'abbé 
Kozier , donna au public les Dé- 
monstrations élémenlaires de bota- 
nique, à l'usage de la même école, 
ï-yon, 17G6 , a vol. in-8°. Les pro- 
grès ra]>ides de cet élablissemeut 
engagèrent le gouvernement à ap- 
peler son auteur à Paris , 011 il foiida 
hne seconde école à Alford , près de 
Charenlon. Bourgelat y p'ublia encore 
plusieurs traités élémentaires pour 
les élèves , tels que le Cours théo- 
rique et pratique des bandages ; le 
Traité de la Jcrrure , 1 776 , in-i 2 ; 
XAuaiomîe comparée de tous les 
animaux , dont s'occupe la mé- 
decine vétérinaire i Mémoire sur 
lis maladies contagieuses du bétail, 
1776 , in-4°. On doit enlin à Eour- 
gelat une Lettre insérée dans les 
journaux de 1776, adressée au cé- 
lèbre de Hallcr , où il prouve que , 
dans certaines épizooties , le meil- 
leur moyen d'en arrêter les progrès 
est de luer les animaux qui en sont 
atteints. « Ceux , dit-il , qui en con- 
ciuroient que les écoles vctériuaires 



BOUR 

sont inutiles, puisqu'on n'y apprrnçf 
pas à guérir de l<uites les maladies , 
abûliroient de même toutes les uui^ 
\ersilés de médecine, parce qu'elles 
n'ont point encore découvert les 
moyens de triompher de la peste , 
de!agoulle,de la plilliisiect du can- 
cer, w Ce fui dans ces travaux con- 
tinuels que Bourgelat Huit sa glo- 
rieuse carrière. Il uiournt âgé d'en- 
viron (57 ans, en 1779. ^ joignit au 
titre de directeur et d'inspecteur- 
général d£S écoles vétérinaires celui 
de commissaire-général des baras du 
royaume. 11 avoit su réunir à dc3 
éludes plus arides et plus sérieu.ses 
le goût , les connoissances el les la- 
lens du littérateur. 11 fut toute sa 
vie l'ami de d'Aleuibert , el enlre- 
lint })eudant long-temps une cor- 
re;pondancesui-. ie avec Frédéric II, 
fini s'empressa de l'associer aux tra- 
vaux de tou ac;:démie. On est encore 
redevable à Bourgelat de la plupart 
des articles do Manège et de Maré- 
cliakric iu-'-érés daus la première 
édition de l'Encyclopédie. 

L BOURGEOIS. Voyez Bup- 
oENsis. — Chevreau. — Louven'- 

COUIÎT. 

t II. 150URGE0IS ( Louis le) . 
abbé de Clumle-AIerle , né à lleau- 
ville, au diocèse de Coulances , mort 
doyen de l'église d'Avrancbes en 
1680, consacra .sa verve v>oélique , 
qui éloit fort peu animée, à des 
sujets chrétiens. Ou a de lui , I. Le 
Catéchisme en forme de cantiques , 
iG8_i : ouvrage entrepris pour l'ins- 
truction "du dauphin. II. IS Histoire 
des mystères de Jésus- Christ et de 
la Vierge. IIÏ. Les Psaumes péni- 
tenciaux. 

-;- III. BOURGEOIS (N.), musicien 
de l'opéra, avoit une haute-contre 
agréable. 11 éloit né dans le Hainaut 
vers l'un 167.Ô , et mourut à Pans en; 
1750, à 7.7 ans. On a de lui do.'v 
Cantates et la Musique de deuu 



BOUR 

bullcls ; les jlmours (légiùi^és , el 
les Plaisirs de la paix. Il fut sur- 
iateudaul de lu musique d'un prince 
du sang. 

t IV. BOURGEOIS DE CiiA- 
TEAVBLAVC ( Doniiniriue - Frau- 
Vois), né au village de CluUeaublanc 
dans la Franche - Coin lé , luorl à 
Paris en 1781 , âgé de 85 ans, éloit 
un mécanicien fort ingénieux ; mais 
dont la confiance se hiissoiL assez 
ordinairement enlever par l'intrigue 
le fruit et même la propriété de ses 
découvertes. On prétend que le canard 
automate , qui valut ù Vaucansou 
une place d'agrégé à l'académie des 
sciences, étoit de lui. En 1744 on 
vil pour la première fois des lampes 
à réverbère construites selon ses 
principes et d'après ses dessins. Eu 
1765, l'académie des sciences pro- 
posa un prix pour celui qui indique- 
roit la meilleure manière d'éclairer 
les rues d'une grande ville. Bourgeois 
éprouva le désagrément de voir deux 
de ses copistes , Bailli et Le Roi , 
partager le prix avec lui. Le premier 
réusMt à se faire adjuger l'entreprise 
de l'illumination de Paris; mais il y 
montra tant d'impéritie, qu'on fut 
obligé de revenir à Bourgeois, que 
Ton força cependant de prendre des 
associés ineptes. En 1773 il exécuta 
un fanal dont la lumière , toujours 
égale, ne souffroit ni des vents ni 
des orages. 11 mourut peu riche, 
ayant dépensé des sommes exorbi- 
tanles pour multiplier des essais 
utiles. 

* V. BOURGEOIS ( Louise ), dite 
Boursier, accoucheuse du 16'' siècle. 
C'est elle qui reyol tous les enfaus 
de Heur IV. Ou a plusieurs ouvrages 
de sa façon , dans lesquels on Irouve 
deboinies choses, mais qui .sont rap- 
portées sans aucun ordre ni métho- 
de. Sa principale production a paru 
sous le titre iVCJbseruatro/.'s ,s,vr la 
stérilité , perle de fruit , fécokdiîé , 



BOUR o.'jA 

accouchcmens , et maladies des 
femmes et enfaiis nouveaux-nés , 
Paris, J009, 16:26, in-j 2 ; Paris, 
i6.'(2, livre pfeiiiier et second; 
1644, livre troisième, in-8°; en 
allemand, Francfort , 1628 , iii-4°; 
en Hollandais, Uelft, i638. On a 
encore sous son nom , Jpolvgie 
contre les rapports des médecins , 
Paris, 1627, iu-S"; Secrets, 163.0 ,, 
in-8°. 

VI. BOURGEOIS, rovez Bor- 

GÉSIUS. 

t BOURGES ( Clémence de ), 
Lyonnaise célèbre par sa beauté et 
son esprit dans le i 5*' siècle, fut pré- 
sentée à deux monarques qui passè- 
rent à Lyon , comme 1 objet le plus 
intéressant de cette ville. Elle les 
amusa par ses vers , ses chaiisous et 
son talent pour la musique. Elle 
mourut quelque temps après , du 
chagrin d'avoir perdu Jean du Pey- 
rat , son amant , tué en i 56i , par les 
calvinistes , au siège deBeaurepaire. 
Duverdier la nomme la Perle des 
demoiselles. Ses oljsèques furent 
magnifiques. Ou la promeua le vi- 
sage découvert et la tète couroniiéâ 
de tleursdans toute la ville. 

* BOURGET ( dom Jean ) , anti- 
quaire français , né en 1724 dans le 
diocèse de Séez , mort en 1776. lia 
été sujjérieur de l'abbaye du Bec , et 
en 1760 reçu membre de la société 
des antiquaires de Londres. On a de 
lui un recueil très- considéra jjle de 
Vflistoire des antiquités des ab- 
bayes de Normandie ; mais il n"a 
pas été imprimé. 

BOLTRG - FONTAINE, rayez 

FlLLEAU. 

BOURGOGNE ( les ducs de j. 
r. AxTOiXE, u" XII. — Charles , 
11° XXVII. — Jean-saxs-peur , 
n° LX. — Loris , n° XXIII. — 
PHaitPÉ,n°XX, e^c. • 



222 BOUR 

* I. BOURGOING ( François ) , 
surnommé d'oignon , né dans le 
iSiveniais, après avoir élé chanoine 
de l'église de Nevers , fut ministre à 
Genève , où ilobtinl la bourgeoisie en 
i556. On a de lui une Traducfiun 
de rlai'e Josephe, el une Histoire 
ecclésiastique , extraite en partie 
des Cenlliories de ftlagdebourg : elle 
va jusqu'à Théodose - le - Grand , 
Genève, i v.in-iol. , i56oel i565, 
ime Paraphrase sur le catéchisme 
de Calvin. 

i II. BOURGOING (Edmond ) , 
prieur des jacobins de Paris pendant 
JîLigue, pris à l'assaut d'un des 
faubourgs de celte ville armé en sol- 
dat , fut conduit à Tours , où étoil le 
parlement en i 589. Il fut convaincu 
d'avoir étç , dans ses Sermons , le 
panégyriste de son confrère Jacques 
Clément , meurtrier de Henri 111 , 
d'avoir comparé ce parricide à l'ac- 
tion de Judith , el de l'avoir honoré 
du litre de Martyr de J. C. — Il fut 
ëcartelé en 1690. On a prétendu 
que ses déclamations pour la Ligue 
avoieul élé payées d'avance par les 
faveurs de la duchesse de Moutpeu- 
sier , sieur des Guises. 

i- III. BOURGOING ( François), 
troisième général de l'oratoire , suc- 
cesseur du P. Gondrin , naquit à 
Paris en i585 d'une famille de robe, 
el mourut en 1662. Il publia les ou- 
vrages du cardinal de BeruUe , dont 
il avoit élé un des coopéraleurs , 
avec un abrégé de sa vie. Nous avons 
de lui , I. Les Homélies des saints, 
iu-S" en 5 v. 11. Les Homélies chré- 
tiennes , in-8". Bossuel prononça 
sou oraison funèbre. 



* BOURGUEIL , né à Paris eu 
1 765 , a travaillé pour le théâtre du 
Vaudeville. On lui doit Pour et 
contre , à lui seul ; le Ulur mitoyen , 
avec M. Barré ; Se fâchera- t- il? 
Gessner ,• le Peintre français à 
Londres ; M. Guillaume , avec 



BOUR 

I\DI. Barré , Ra'del el Dcsfoni aines. 
Il étoil un des sociélaires des Dîners 
du J'audeuille, qu'il a enrichi de 
plusieurs Chansons charmantes. 
Doué d'un esprit pénétrant , d'uu 
jugement sain el dun goul pur, il 
évita toujours avec le plus grand 
soin , soil dans ses pièces de théâtre , 
soil dans ses chansons , les jeux de 
mots , les calembourgs el de ces 
mauvaises pointes d'esprit qui sont 
la ressource de ceux qui n'en ont 
point. Il est mort en 1802 , à l'âge 
de 59 ans. 

i BOURGUET ( Louis ) , né à 
Nimes en 1678, se fit un nom par 
ses connoissances dans l'histoire na- 
turelle. La révocation de ledit de 
Nantes força sa famille d'aller cher- 
cher une relraite eu Suisse. Zurich 
lui fut redevable de manufactures 
de bas , de mousselines , et de quel- 
ques élofies en soie. Le jeune Bonr- 
guet y fit ses études ; il se maria à 
Berne , et alla s'établir à Neuchalel , 
où il devint professeur de philoso- 
phie el de mathématiques. 11 mourut 
en 1742. On a de lui , I. Lettresur 
la formation des sels et des cris- 
taux , Amsterdam , 17^9, in - 12. 
II. La Bibliothèque italique , 16 
vol. in- 8°. Ce journal , commencé 
à Genève eu 1728, fut accueilli par 
les savans comme un livre solide et 
utile qu'on auroit du continuer. 
Bourguel le rédigea de société avec 
Ruchat de Boihalel du Lignon jus- 
qu'en 1758. On estime sou Traité 
despétrijicallons, Paris, 1742, iu-4°, 
el 1 778 , iu-S". U lut eu relation avec 
la plupart des savans de l'Europe. 
Le Mercure suisse contient plusieurs 
de ses Dissertations et de ses 3Ié- 
moires. Son éloge se trouve dans le 
Journal helvétique de i743. 



i B0URGUEV1LLE( Charles de), 
connu sous le nom de sieur de Bras , 
lieutenant-général à Caeu , mort en 
1533 , âgé de 84 ans , est auteur 



BOUR 

des Recherches e/ antiquités de la 
ville et université de Caenet lieux 
circotH'uisins des plus remarqua- 
bles de la Is eu strie , à Caeii , i5S8 . 
iii-4" et 111-8". « Ce livre , tout dt- 
teclueux qu'il est , dil l'abbé Leu- 
glel , est un trésor qui nous a con- 
servé une infinité de choses curieuses 
de ce pays , qui seroienl denSeurées 
dans l'oubli. Il auroil eu besoin d'un 
peu plus de sel pour corriger quel- 
ques naïvetés dans lesquelles l'auteur 
est tombé. Voyez !a Méthode pour 
étudier l'histoire , tom. XllI , p. 7 1 . 

BOURGUlGNOxM. Fojez Cour- 
tois et AXVILLE. 

t BOURTGNON ( Auiolnelle ) 
naquit à Lille en T'iaudre en 1616, 
avec une laideur si frappante, qu'on 
délibéra long-temps dans sa famille 
si ou ne l'étoufferoil pas comme un 
monstre. Sa difformité diminua en 
grandissant. Parvenue à lage de se 
marier , elle s'euliùt dans un dé- 
sert , habillée en ermite , et y 
courul de grands dangers. L'arche- 
vêque de Cambrai lui accorda une 
solitude où elle forma une petite com- 
munauté , sans autre vœu et sans 
autre règle que l'amour de Dieu et 
de l'Evangile. Celte singularité la fil 
renvoyer. Elle alla se renfermer 
alors dans une chambre à Lille , où 
elle vécut seule pendant quatre ans 
Elle courut ensuite dans diverses 
villes , à Gand , à Malines . à Ams- 
terdam , àFraiieker , où elle mourut 
l'an 1680 , à 64 ans : c'éloit une tîllp 
à révélations et à prophéties. Celle 
inspirée croyoit avoir reçu de Dieu 
la commission de réformer le chris- 
tianisme ; mais elle avoit besoin de se 
réformer elle-même. Quoiqu'elle fût 
riche , elle relusoit l'aumône aux 
pauvres , sous prétexte que Dieu le 
lui avoit défendu , ou lui avoit or- 
donné un autre usage de ses biens. 
Elle se servit des mêmes excuses 
pour colorer sa désobéissance en- 
vers ses parens , son amour pour 



BOUR 223 

la vengeance , et la dureté inouie 
avec laquelle elle tniiloil ses do- 
mestiques. On a d'elle 21 vol. in-S", 
pleins de faïutlisme , et imprimés à 
Amsterdam eu iG.Sli. Poiret , sou 
disciple , a orué ce recueil d'extra- 
vagances de la vit; de cette illuminée. 
Le plus renianir.able de ces écrits 
est inlilulé JJe la lumière du 
monde. Elle av»it une imprimerie 
pour la publication de ses ouvrages. 

; BOURLET de"Vat;xceli.f.s , 

( Simon-Jérôme ) , né à Versailles eu 
17Ô4 , mort à Paris en 1802. Apits 
de brillantes éludes à l'universilt , 
il prit l'habit ecclésiastique , et mo!i- 
tra dans la chaire une douce élo- 
quence. Nommé l'ua des prédica- 
teurs du roi , il débuta dans celle 
carrière par l'Oraison juuèhre du 
comte d'Eu , prince de Dorabes , 
écrite avec autant de goût que d é- 
légance , et obtint bientôt une abbaye 
et la place de bibliothécaire à l'Ar-' 
senal. Des-lors il consacra ses )0ursà 
la liltérature. 11 rapporta d'un voyage 
en Italie des connoissancts très- 
étendues sur les beaux-arts, et un 
goût exqiiis. Il en donna des preu- 
ves , 1" dans une foule d'articles pi- 
quans et variés, insérés dans le Jour- 
nal de Pans , les Opuscules philo- 
sophiques et littéraires , et autres 
journaux ; 2'^ dans ini Discours pré- 
liminaire qui se trouve en le le d'une 
nouvelle édilion des Lettres de ma- 
dame de Sévigné ; écrit où Ion 
trouve de la précision , des idées 
gracieuses et des rapprochemens 
heureux ; 5° dans la V réface de la 
nouvelle éditionduTraité de Fénéloii 
sur l'Education des tilles; 4" dans 
un grand nombre d'articles fournis 
à la nouvelle édition du Diction- 
naire de l'académie française. Il pvé- 
paroit un Discours sur Bossuet , 
pour être placé en tête de ses Orai- 
sons funèbres : il n'a pas eu le temps 
de l'achever. Son dernier écrit fit 
\ un Compte rendu , dan» le Mercui ^ 



■3134 



BOUR 



>i"4ade l'an lo, des (Eu^rcs de 
Thomas , tlonl il avoil élé l'ami. 

•;- BOURUK (Anioiue de Gris- 
cvKT), plus comiu sous le nom dabbé 
do la) naquit , en iHôS, dune an- 
cienne laïuilte de IVrigord. Ayant 
vainement lenlé de soulever les ual- 
vimslesdu Rouergue , dans le temps 
que ceux des Cévonnes séloient ré- 
vollés , il passa en Hollande , il eu- 
suite eu Angleterre, où il obtint 
de la reine Anne une pension de 
fioo liv. sterl. U trahit aussi sa bien- 
faitrice. OnTarrèla en 1711 ; on le 
conduisit devant le secrétaire d'état 
Saint-Jean , depuis vicomte de Uo- 
lingbrocke, en présence de quelques 
membres du conseil privé. On l'exa- 
mina sur une correspondance cri- 
minelle, qu'on Vaccusoit d'entre- 
t»nir avec ia France. Il nia tout; 
mais le grand-trésorier Hailai lui 
ayant montré ses lettres , La Bourlie 
prit un canif qui éloit sur la table , 
et lui en donna deux coups : il vou- 
loil en porter un troisième au duc 
de Buckingbam , ans ce seigneur 
para. On se saisit de sa personne ; 
on l'envoya dans les prisons de 
Newoate. Il échappa au supplice en 
se donnant lui-même la mort. 

* BOURLlF.Fi (François), peintre. 
Il naquit en 1 67-2 , fui élevé de Louis 
Bonllongne,de lëcole franvaise, qu'il 
chercba'à imiter. 11 a gravé quelques 
pièces daprès Jules Romain , Fran- 
çois Perrier et aulres. 

BOURLOTTE. T'oyez Laboxjr- 

LOTTE. 

*LBOURN (Samuel), ihéologien 
anglais dissident , né à Birmingham , 
élève de Glasgow, mort à Norwich 
en 1796. 11 a été pasteur de la con- 
grégation de Rivinglon , au comté 
de Lancaslre ; ensuite il fut adjoint 
du docteur Taylor à Norwich. Il eut 
une dispute avec le docteurChandlcr 
sur lu durée des peines de l'autre 



BOUR 

monde ; et il a laissé quelques vo- 
lumes de Serinons. 

-;- IL BOURNÈ { 'Vincent ) , pacte 
anglais, mort eu 1747 , -^ publié des 
jioesic^i agréa b /es, donl la uieilleurc 
édition est de i77 2,iu-ii°. 

* BOURNISSAC ( M. de ) , prévôt 
de ^NlarseiUe, signalé eu 1789 a l'as- 
send)lée consliluanle comme en- 
nemi do la révolution ; il y fut 
défendu par l'abbé Maury. Mirabeau 
l'accusa de désobéissance aux décrets 
de l'assemblée , et fit renvoyer à 
la sénéchaussée de Marseille les pro- 
cédures commencées par lui. Les 
plaintes de Mirabeau furent néan- 
moins désavouées }>ar le conseil de, 
la ville de xMarseiUe. Bournissac , 
ayant élé découvert à Lyou en 
179Ô, fut envoyé à Marseille pour 
y elle jugé , el y fut condamné à 
niorl le 00 décembre comme coutie- 
révolulionuaire. 

t BOUROTTE ( dom François- 
Nicolas ), bénédiclin de la congré- 
gation de Sainl-Maur, né à Paris 
en 1710, mort d^ns la même ville 
en 1784, fut chargé de la conti- 
nualion de ïHistoire du Langue- 
doc de dom "Vaisselle , dont il pré- 
paroit uu sixième volume quand il 
mourut. On a aussi de lui un Exa- 
men des nom'saiix écrits de _ la 
Provence surlaproprléié du Rh one, 
1768 , in-.i° , et quelques autres ou- 
's rages relatifs à la province de Lau- 
guedo'c. 

1- BOURRÉE ( Edme-Bernard ) , 
prêtre de la congrégation de 1 ora- 
toire , né en i65£! , se consacra a la 
pi-édication et à la théologi'^ . qu il 
professa à Langrcs el à Chalons- 
sur-Saône. Il mourut à Dijon sa 
nalrie en 172^- î^ous avons de lui, 
i. Conférences ecclésiastiques du 
diocèse de Langres , 2 vol. in- 12 , 
Lyon , jC84. IL l^Expl/calion 
des épîtres et éi-angiles de tous .es 



BOUR 

dimanches de roiiitée , à l'usage 
du diocèse de : Àa/ons, F> vol. in-b", 
Lyon, 1697. m. Des Sermo//s eu 
16 vol. in-12, soliclemenl é<ril» , 
muis peu éloquens. IV. '•■uj'efs de 
pié/c pour /t's cu/i/ere/ices ecclé- 
siastiques du diocèse de CMlons- 
sui-kaoïic , Lyou , 1682, in-12. 
V. Abrégé de la Vie de saintl'ran- 
çois de Clugin , prêtre de l'ora- 
toire , Lyou, i6()8, in-12. VI. J^Ja- 
iiuel des pécheurs , Dijon , 1686, 
iu-i2,el 3"édit. ,Lyon, 161 5 ,iu-i2. 

* BOURRELIER (Nicolas ) , prê- 
tre , qui exisloil vers le milieu du 
17" siècle. Il éloit citoyen de Besau- 
çou. Il se trouva au siège de Barce- 
lonne , et en composa une Eelation 
en prose , divisée en quatre parties , 
avec le plan de la ville et des forts. 
Peu après il composa un Poème in- 
titulé Barceloniie, assiégée par 
terre et par mer , gémissante , à 
Besançon , chez Jean Couché, iP.'j? , 
déd.é :; Ferdinand Jiislde-Ryc,dit(^/e 
La Fatud , marquis de Drambon. 

BOURBON ( Coignée de ) , auteur 
de la pasloriile d'Jris , en cinq 
actes , qui fut jouée avec succès eu 
1680. 

BOURRU ( Louis- Bénigne ) , 
mort à Pans eu i758, entra dans 
la congrégation de l'oratoire , et de- 
vmt curé de Grury en Bourgogne. H 
a laissé des Panégyriques , el quel- 
ques Discours de piété recueillis en 
1726, in-12. 

t BOURSAULT(Edme) naquit 
à Muci-l'Evêque en Bourgogne l'an 
i6,58. Il ne fil point d'études , el ne 
sut jamais le latin. Il ne parloit que 
le patois bourguignon lorsqu'il vint 
à Paris en iGji. La lecture des boys 
livres , el d'heureuses disposilions , 
le mirent bientôt en état de parler 
et d'écrire assez purement en fran- 
çais. Ayant fait , par ordre de Louis 
XIV , un livre assez médiocre, iu- 
'*. in. 



BOUR 



225 



tilulé De la véritable étude des 
souverains , 1671 , m-13 , le roi eu 
f.it SI content , qu'd l'auroil nommé 
sous - iirétepleur du dai.iilii'.i , si 
Boi rsault eût possédé la langue lu- 
tine. La diirh(t^e d'Angoultme , 
veuve d'un hlsuaUir^l du roi Char- 
les IX , l'ayant pris junir ton b^ecré- 
taire , on l'engagna à faire en vers, 
tous les htiit jours , une gazette , 
qui lui mérita une pension de denx 
mille livres. Louis XIV et sa cour 
s'enamusoienlbeaucou,) ; mais ayant 
lâché quelques traits de satire con- 
tre les fiauciscains en général et 
quelques capucins en particidier-, 
on lui imposa sdence. I.e confesseur 
de la reine , cordelier espagnol , ht 
supprimer la gazette et la pension, 
et lauroitfail mettre à la Bastille, 
sans le crédit de ses prolecteurs. 11 
obliut peu après un nouveau privi- 
lège , el il publia sa gazette sous le 
nom de Mi/se enjouée; mais elle 
lut encore supprimée. On avoit pu- 
blié en Angleterre une médaille , où 
l'on voyou Louis XIV d'in côté , 
ave ces mots : Ludovicus ^r'agnus ; 
el de laulre , Guillaume d'Orange , 
avec ceux-ci : Guillelmus maximus. 
Boursanlt dit à celle occasion : 

Et qti,nnd IjOUÎs est grand jjar de grandes 

verlus, 
Si Gui'.laniue est. tr^s-grand , c'est pard#tics- 

graiids crimes. 

Comme on pensoit alors à parler de 
paix , et que de tels sarcasmes pou- 
V oient occasionner des plaintes , 
Boursanlt eut défense de continuer 
une feuille qui amusoit la cour et la 
vilif. 11 fut ensuite receveur des tail- 
les a !\loniluçon , el c'est dans cette 
ville qu'il mourut le i5 septembre 
1701. On a de lui plusieurs pièces 
de théâtre et d'autres ouvrages. Les 
principales sont, I. Jisope à la ville, 
l'sope à la cour , conservées au 
théâtre , et applaudies encore. Ces 
deux pièces el la suivante sont une 
crititjue agréable du ridicule de tous 
les états, de tous les âges et de tous 
i5 



22G 



BOUR 



les temps. Sou slyle est quelquefois 
négligé , mais facile et aualogue au 
sujet. H. Le Mercure galant, ou 
/a comédie sans tiire. Cette pièce 
eu ciuq actes et eu vers fut repré- 
sentée eu i683 avec beaucoup de 
succès. Devise , auteur du Mercure , 
voulut empêcher qu'eu ne la jouât; 
mais La Reynie , lieutenaut de po- 
lice , la trouva si plaisaute , qu'il 
en peruiit lareprésentatiou , pourvu 
que le titre de Mercure galant fût 
remplacé par un autre ; et Bour- 
saull l'iuvitula Ai Comédie sans ti- 
tre. Ou l'a attribuée faussement à 
Poisson. 111. La Satire des Satires, 
eu un acte. Un trait que Dêspréaux 
lâcha contre Boursault, pour ven- 
ger Molière , avec lequel ce dernier 
avoit eu un démêlé , donna occasion 
à celte pièce , qUc le crédit de Boi- 
leau empêcha de jouer. Le satiri- 
que étant allé quelques années après 
aux eaux de Bourbon , Boursault , 
alors receveur des tailles à Mont- 
luçoa , s'y rendit pour lui offrir sa 
bourse et ses services. Cette géné- 
rosité toucha Boileau , et ils se pro- 
mirent une amitié mutuelle. Bour- 
sault la méritoit par la douceur de 
ses mœurs , et par les agrémeus de 
son caractère. Il fut moins endu- 
rant avec ses autres censeurs qu'avec 
Boileau , et il sut quelquefois les 
corriger. Une cabale ayant empêché 
le succès des premières représeu- 
tatious d'Esope à la ville , l'auteur 
y ajouta une l'aile du dogue et du 
bœuf ., avec cette moralité adressée 
au parterre : 

A tant d'Iiom.èles gi-ns qui snnt devant vos 

yeux 
IL.iissfZ la liberli d'applaudir sans mélanje , 
Kl ue ressembiea pas à ce dogue envieux 
Qui ne veut pas man|;cr ni souffrir que l'on 
mange. 

Cette leçon \\n peu hardie fit taire 
la cabale , et la pièce eut quarante- 
trois représentations. Thomas Cor- 
nr-ille aimoit Boursault, qu'il appe- 
loit son 61s j et il vouloit absolu- 



BOUR 

ment qu'il demandât à être de l'a- 
cadémie. Boursault s'excusoit sur 
son ignorance, et lui demandoil de 
bonne foi , « que feroit l'académie 
d'un sujet ignare et non lettré , qui 
ne sait ni latin ni grec? » « Il n'est 
pas question, lui répondit Corneil- 
le , d'une académie grecque ou lati- 
ne, mais d'une académie française ; 
et qui sait mieux le français que 
vous?» On a encore de lui , l. Quel- 
ques romans , le Marquis de Vha~ 
i^'ignj , le Prince de Condé [hovàs 
I , frère d'Antoine, roi de Navarre), 
qui ue manquent pas de chaleur. 
Didol l'ainé a })viblié , 1790, en 2 
vol. in-i 2 , une nouvelle édition de 
ce dernier ouvrage , enrichie de 
pièces justificatives, jlrthémise et 
Volianthe ; ne pas croire ce qu'on 
roi t. II. Des lettres de respect, 
d'obligation et d'amour, connues 
sous le nom de Lettres à Babet , 
lues encore par quelques provin- 
ciaux , et méprisées par quelques 
gens de goiit. 111. ^ea Lettres nou- 
velles , accompagnées de fables , 
de contes, d'épigrammes , de re~ 
marques , bons mots, en 5 vol. 
in-12 , réimprimées plusieurs fois , 
quoique le plupart soient écrites 
d'un slyle lâche et diQus. C'est uu 
mélange qui parut piquant dans sa 
naissance , mais qui l'est bien moins 
aujourd'hvii , parce que les contes et 
les bons mots que Boursault a 
ramassés, ou mis en vers, se trou- 
vent par -tout. Ces fables n'ont ni 
la naïveté de celles de La Fontaine, 
ni la précision élégante de Phèdre. 
On a une édition du Théâtre de 
Boursault , en 5 volumes in-12, 
1726 et 1748. 

t I. BOURSIER ( Laurent-Fran- 
çois), prêtre , docteur de la maison 
et société de Sorbonne , naquit à 
Ecouen , dans le diocèse de Paris, 
en 1679. I^ f"*^ obligé de sortir de 
Sorbonne en 1721 pour cause d'opi- 
nions religieuses. Il se retira dans 



BOUR 

&on pays , el y etoit en i755 , lors- 
qu'il lut obligé de s'enlbir , pour 
ëviler les poursuites du ministère. 
11 se cacha depuis , et ne se montra 
qu'à quelques amis sûrs. Il mourut 
à Paris eu 1749 , âgé de 70 aus. On 
a de lui , \ Action de Dieu sur les 
cj-éatures , Paris, 2 vol. in-4" ou 
6 vol. in-12. Ce traité , dans lequel 
il prouve la prémotion physique par 
le raisonnement , fut attaqué par le 
père Malebraiiche; l'auteur y paroit 
très-profond métaphysicien. U. Mé- 
moi?'e présenté à Vierre-le- Grand, 
en juin 1717, par les docteurs de 
Sorboune , pour la réunion de l'E- 
glise de Russie à l'Eglise latine. Lors- 
que le czar vint en Sorbonne , Bour- 
sier lui parlade ce qui fait l'objet de ce 
mémoire. Le prince lui dit d'abord 
«qu'il n'ëtoit qu'un soldat, w Bour- 
sier lui répondit qu'il étoit un hé- 
ros , et qu'en qualité de prince , il 
étoit protecteur de la religion. — 
Cette réunion n'est pas uue chose 
si aisée , reprit le czar ; il y a trois 
points qui nous divisent ; le pape , 
la procession du Saint-Esprit. . .» 
Comme iloublioille troisième point, 
qui est les azymes el la coupe , 
Boursier le lui rappela. «Pour cet 
article , dit l'empereur , nous n'au- 
rons pas de peine à être d'accord 
ensemble, d A la fin de la conver- 
sation, le monarque russe-demanda 
un mémoire , on le lui donna ; mais 
il ne servit de rien : il est imprimé 
dans le tome 3 de V analyse de l'ac- 
tion de Dieu , et autres opuscules 
de Boursier; dans le tome i.S de 
Vllistaire moderne des Chinois et 
ailleurs. L'abbé de La Coudrette a 
réuni en 5 vol. in-i-2 , Pans, 1760, 
ces différentes pièces. III. Une foule 
de brochures sur le jansénisme. 

t II. BOURSIER (Philippe),diacre 
de Paris, né dans cette ville en 1693, 
où il mourut en 1768,4 77 ans. 
Boursier fut le premier auteur , en 
1727 , des Nouvelles ecclésiasti- 



BOUR 237 

ques. Il eut divers coopérateurs , 
tels que d'Etemare, de Fernanville, 
Berger , de Russyé , de Troya, Fon- 
taines ; mais il composa seul la plu- 
part des Discours qui précèdent 
chaque année cet ouvrage périodi- 
que. On a de lui d'autres écrits. 

f'^UJ ez GODONNESCHE. 

*1IL BOURSIER (Louise). ^^cy'ÉZ 
Bourgeois, n" V. 

t BOUR VALAIS (Paul Pois.son , 
connu sous le nom de ) , fameux 
financier , étoit fils d'un paysan des 
environs de Renues en Bretagne. 
Son premier emploi fut de porter 
la livrée chez Téveniu , fermier gé- 
néral, n retourua d^ius sou village, 
où il devint sergent. Pontchartram, 
premier président au parlement de 
Rennes , le fit entrer dans sa mai- 
son , et l'employa dans les affaires 
lorsqu'il eut obtenu la charge d'in- 
tendant des finances. Bourvalais , 
avide et intelligent, fit ime fortune 
rapide, dont il jouit avec éclat de- 
puis 1700 jusqu'en 1716. Le duc 
d'Orléans , régent , érigea alors une 
chambre de justice. Bourvalais , ac- 
cusé d'avoir abusé des nécessités de 
l'état, daus la guerre de la succession 
d'Espagne , fut taxé par la chambre 
de justice à 4,4oo,ooo livres ; mais 
il abandonna tout ce qu'il possédoit , 
à l'exception de 4^0,000 livres , à 
la charge de payer ses créanciers. 
Des considérations particulières le 
firent rétablir dans tous ses biens, 
par uu arrêt du conseil du 5 sep- 
tembre 1718. Le chagrin du boule- 
versement de sa fortune avoit usé 
sa santé. Il mourut en 1719. Sa 
fierté égaloit ses richesses. Daus une 
diepute qu'il eut avec Tévenin , ce- 
lui-ci lui dit : « Souviens-toi que 
tu as été mon valet. — Cela est vrai , 
répondit Bourvalais; mais si tuavois 
été le mien , tu le serois encore. » 
C'est sa maison , place Veadôme , 
qui a été appelée l'hôtel de la dian- 
cellerie. 



39.8 



BOUS 



-;■ EOURZEIS (Ainable de) , abbé 
de Saiut-Marlin de Cores , et l'un 
des qiiaraule de lacadémie française, 
né à Volvic , près de Riom , en 1 606, 
se fil un nom sons le cardinal de 
Riclielieu par sou savoir. 11 possé- 
doil les langues , la politique , la 
controverse. Il coniribua à la con- 
version du prince palatin Edouard , 
et à celle de quelques ministres. Le 
ministère employa sa plume dans 
les affaires relatives aux droits de la 
reine. En 1666 , il fit le voyage de 
Portugal , sous prétexte de ramener 
à l'Eglise le comte de Schomherg , 
depuis maréchal de France ; mais , en 
effet , pour traiter des affaires d'état. 
Bonrzéis mourut à Paris en 1672. 11 
entra d'abord avec beaucoup de cha- 
leur dans les disputes du jansénisme; 
mais en 1661, il signa le formulaire. 
On a de lui, I. Plusieurs Om'iages 
sur les matières de la grâce , 2 vol. 
iii-8°. II. Des .S'e/v7zo/i5 , 2 vol. in-8", 
Paris , 1672 , fort médiocres du côlé 
dé l'éloquence ; mais l'auteur y a mis 
xme préface savantesurl'eslimequ'on 
faisoit autrefoisde la fonction de pré- 
dicateur. Le grand ministre Colbert 
l'avoil fait chef d'une assemblée de 
théologiens célèbres , qui se tenoit 
dans la bibliothèque du roi , pour ré- 
futer les incrédules. Il présidoit aussi 
à une assejnblée de gens de lettres , 
dans l'hùlel de ce surintendant , qu'on 
appeloit la petite académie. Vol- 
taire lui attribue , sans fondement , 
Je Testament du cardinal de Ri- 
chelieu. 

BOUSCAL (Guyon GumiNde), 
avocat et au leur dramatique, a donné 
plusieurs tragédies, ErutusctPor- 
cie , la Mort de César , Cléomène , 
j^^<.s,et quelques comédie«squi ne sont 
pas connues. 11 est mort au milieu du 
18' siècle. 

BOUSSARD (Geofroi-Matthieu) , 
docteur en théologie , doyen de la 
fticwlté de Paris, el chancelier de Tu- 



BOUS 

niversité, fit briller son éloquence et 
la solidité de ses raisonnemens dans 
plusieurs occasions d'éclat. Vers 
i5i8 , il permuta sa chancellerie 
pour un bénéfice dans le Maine ; il 
se relira alors au Mans, d'où il étoit 
originaire, et y mourut vers i520. 
On a de lui un Traité assez rare , de 
Continentiâ saceidolum , Paris , 
lôof) ; et Rouen , i5i5 , iu-4° ; et 
quelques ouvrages de théologie et de 
morale. 

t ROUSSEAU (Jacques ) , profes- 
seur de l'académie de peinture et de 
sculpture, sculpteur en chef de S. M. 
Catholique, naquit à Paris en 1681 , 
el mourut à Madrid en l7^o. Ou 
admire sur-tout sou Tombeau de 
d' Argenson^kXdi. Magdelainede Frê- 
nes ; un Bas-relief AoiXis la chapelle 
de la maison de Noailles à Noire- 
Uame ; Ulysse tendant son arc , qui 
est son morceau de réception à l'aca- 
démie ; el les Statues de St. Louis 
el de St. Maurice. 

1 1. BOUSSET (Jean-Baptiste du), 
natif de Dijon , mort en 172;) , âgé 
de 63 ans , maître de musique de la 
chapelle du Louvre, donna pendant 
l'espace de 54 ans , chaque année , un 
livre à\Jirs sérieu.r et à boire , à 
une , deux el trois voix. Il règne 
dans la plupart de la variété , des 
grâces et du naturel. 

II. BOUSSET (René Drouard 
du ) , fils du précédent, organiste de 
Saint-André-des-Arcs , né à Paris 
en 1705 , mort dans la même ville 
en 1760, marchoit immédiatement 
après les célèbres d'Aquin el Cal- 
vière. Cet habile compositeur don- 
noit tous les ans des preuves de son 
génie par un motet, qu'il faisoit exé- 
cuter à l'oratoire pour I\LM. de l'a- 
cadémie des sciences. 

BOUSSONNET. Voyez Stella , 
u" III. 

* B0USSLT:T (François) , méde- 



BOUT 

cin , ne en i52o, à Seiire en Bour- 
gogne, el mort à Toiiinus, dans la 
même province, le 26 juin 1672 , 
a grossi le nombre des poètes mé- 
decins , qui ont écrit en vers sur des 
matières qui sont du ressort de la 
médecine, en publiant les ouvrages 
suivans , I. De aile medendi Li- 
bri XII , et velerum , et recent'w- 
rum medicori/m sententiâ, Lugdu- 
ni, i557 , in-8°. II. De naturâ aqua- 
tilium Carmen , /// universam Giiil- 
lelmi Rondeletli , quam de piscibus 
marinis scripsit , hislo?iam , cum 
vivis eorum imaginibus , Lugduni, 
i558,2 vol. in-4''. 

*BOUSSUT (Nicolas de), méde- 
cin , né à deux lieues de Louvain , 
vivoit dans le 14* siècle ; on ne con- 
noit de lui cju'uu ouvrage intitulé 
Nicolai de Boussul , artiuni et me- 
dicinœ doctoris , trium quœstio- 
num quodlibetarum dejinitio pri- 
ma , Lovanii , 1628 , in-z'(°. Il s'agit 
de trois questions qu'il discute assez 
au long, mais qui ne méritent pas 
qu'on s'y arrête. 

BOUSSY (Pierre de) , né ù Tour- 
nay , donna en 1682 la tragédie de 
lîéléagre. 

* BOUT ou Bavt (Pierre) , né à 
Bruxelles vers 1660, peignoit la 
figure en petit dans le genre de 
Téniers et de Breugle de Velours. 
Doué d'une imagination fertile, il 
composoit avec l'acilité des fêles de 
village, des assemblées. Ses figures 
sont touchées avec esprit , une grand'^ 
finesse , coloriées agréablement , et 
dessinées avec beaucoup de correc- 
tion , quoique très- petites. On ne 
voit guère de tableau de Bout, que 
Boudewins n'ait embellis de char- 
mans paysages , ni de tableaux de 
Boudewins que Bout n'ait enrichis 
de ses jolies figures. Ces deux pein- 
tres , qui furent toujours amis . 
sembloient faits l'un pour l'autre. Ou 
voit dans la galerie de Dresde , au 



BOUT 2-^9 

Musée Napoléon , en Hollande , à 
Rouen , etc. , beaucoup de tableaux 
où leurs laleus se trouvent réunis. 
Voyez Boudj:\vins , n° 11. 

t BOUTARD ( François ) , né à 
Troyes en 1664, de l'académie de» 
belies-lellres, prieur de Chàteaure- 
nard et abbé du Boisgroland , se fit 
connoilre au grand Bossuet par une 
Ode . dont il acc<)mj)agna un pré- 
sent de pigeons choisis que made- 
moiselle Desvieux de Mauléon , amie 
de ce prélat , lui envoyoit ordinaire- 
ment le jour de sa fête. Bossuet obthit 
pour lui , de Louis XIV, une'pension 
de mille livres. Boutard s'appela de- 
puis le Foëte de la famille loyale. 
11 chargea de ses vers toutes les 
statues et les monumens érigés en 
l'honneur de Louis XIV. Il mourut 
eu 1729. On a de lui ime grande 
quantité de Poésies latines , dont 
quelques-unes ont été traduites en 
français. On y trouve de la facilité, 
mais trop de pensées ol)scures et 
d'expressions impropres. Boutard 
s'éloil imaginé qu'il feroit revivre 
Horace , parce qu'il « avoit , disoit- 
il, la figure , les yeux et les manières 
de ce poêle latin. » Il ne lui en 
manquoit que le génie. 

t BOUTARIC ( François de ) , 
professeur du droit français dans 
l'université de Toulouse , naquit à 
Figeac au Querci en 1672. Il mourut 
en 1753, à Toulouse, où il avoit 
élé capiloul et chef du consistoire. 
On a de lui plusieurs ouvrages , que 
leur netteté , leur précision et leur 
justesse ont failbeaucoup rechercher. 
I. Les Institules de Justinieii , con- 
férées avec le droit français , 
1 740 , 1 vol. in-4° , avec une ex- 
cellente préface. II. Traités des 
droits seigneuriaux et des matières 
féodales , in - 8° , et réimprimés 
in-4° en i75i , avec des augmen- 
tations et des coriectious. III. F.x- 
, plicatioii de l'ordonnance de B lois. 



23o 



BOUT 



du Concordat et institutiojis du 
droit canonique , in -4". IV. ^.r- 
plicationa des ordonnances sur les 
matières civiles , criminelles et de 
commerce, 2 vol. iii-4°. 

t BOUTAULD ou BouxArn 

(Michel), jesiiile parisien, né eu 
1607 , exerça pendant quinze ou 
seize ans le ministère de la prédi- 
cation , et mourut à Pontoise en 
1688. On a de lui plusieurs ouvrages 
estimés. Les principaux sont , 1. Les 
Conseils de la sagesse, Paris ^ 1727 
et 1749, en .: vol. iu-12. On attri- 
bue ( nous ignorons si c'est avec jus- 
tice ) la première partie de ce livre 
au célèbre Foucquel. II. Le théolo- 
gien dans les conversations auec 
les sages et les grands du monde ; 
à Paris et à Lyon , 1689, in-4° et 
in-i2. Henri IV ayant engagé le 
célèbre P. Cotlon à mettre par écrit 
les réponses qu'il avoil faites à di- 
vers incrédules de sa cour, c'est sur 
celte espèce de mémoire que le père 
Boutauld composa ce livre. III. Mé- 
tfiode pour converser avec Dieu, 
Paris, 1684, iu- 16. Ce petit ouvrage 
a de lonction. 

BOUTEMONT , graveur en bois , 
mort en 17.20, a laissé plusieurs car- 
touches et morceaux extrêmement 
finis , et chargés de contre-tailles 
hardiment coupées. Cet artiste, s'é- 
tant adomié à la chimie, trouva la 
composition d'une sorte de goudron 
propre à enduire les vaisseaux : il 
obtint un emploi dans la marine ; 
ce qui lui lit abnidonner la gra- 
vure , et ce qui a été une perte pour 
cet art. 

BOUTEROUE (Claude ) , savant 
antiquaire , né à Paris , a donné au 
public un livre rempli d'érudiiiou 
et fort estimé , sous ce titre : Re- 
chercJies curieuses des monnoies de 
Fiance , depuis le commencement 
de la monarchie , Paris , 16G6 , in- 
folio. L'auteur mourut eu 1690. — 



BOUT 

On la cru frère de BourtRorE , 
procureur à Paris , loué comme 
« homme d'honneur , de bonne loi , 
et ne favorisant jamais l'injustice» \ 
par l'auteur d'une épitre aux avocats 
du parlement de Pans , en tète de 
l'ouvrage intitulé La Découverte 
des mystères dupalais, Paris, j 690, 



ROUTE VILLE (François de 
i\IoNT.\roRENCY, cointede), gouver- 
neur de Seniis , Hls de Louis de 
Montmorency, hérita de la bravoure 
de son père: mais il la poussa si 
loin , qu'elle lui devint funeste. La 
fureur des duels éloit alors extrême, 
malgré les édits de Henri IV et de 
Louis XIII. Les premières nouvelles 
qn'onsedemandoit le malin éloient: 
«Qui est-ce qui se battit hier? » et 
1 après dîné : « Savez-vous qui s'est 
!)atiu ce matin?» Bouteville parti- 
cipa plus qu'un autre à celte manie. 
Si quelqu'un lui disoit : « Un tel est 
brave» , il alloit le trouver sur-le- 
champ, et la première proposition 
éloit : « On m'a dit , monsieur , que 
vous étiez brave; "il faut que nous 
nous battions ensemble. » Il s'acquit 
une grande réputation dans ces mal- 
heureux combats, et tua le comte de 
Thorigni en 1626. L'annéesui vante, 
François de Rosmadec , corn le de 
Chapelles , et lui , se battirent le 12 
mai contre le marquis de Eeuvron 
et Henri d'Amboise , marquis de 
Biissi , qui fut tué par le comte de 
Chapelles. Les deux vainqueurs vou- 
lurent chercher uuasile en Lorraine, 
mais Us furent pris à Vitri-le-Brûlé , 
et eurent la têle tranchée à Paris le 
21 juin 1627. Ils moururent l'un et 
laulre avec fermeté, et rel'iistrent 
qu'on leur bandât les yeux sur l'é- 
chal'aud. Le comte de Bouteville 
avoit épousé Elisabeth -Angélique 
de Vienne, morte en 1696 , à 89 ans. 
Il en eut le fameux maréchal de 
Luxembourg. Boutpviile , maigre 
son humeur querelleuse , avoit des 



BOIT 

amis qui lui ëtoient Irès-aftachës ; 
de ce nombre éloil le commaudeur 
de Valen(,ai , depuis cardinal , qui 
avoit alors une telle démangeaison 
de tirer 1 épée , qu'il voulut l'appeler 
en duel , quoiqu'il l'aimai leudi-e- 
nieut, parce qu'il ne l'avoit pas pris 
pour son second dans un duel arrivé 
deux ou trois jours avant. Cette 
querelle ne fut apaisée que par une 
autre que Bouleville prit , sans au- 
cun intérêt , contre le marquis de 
Portes , où V^alenyai servit de second 
contre Cavoie. 

* BOUTHEROVE ( îMicliel ) , mé- 
decin , natif de Chartres , vécut au 
commencement du 17* siècle. Il a 
composé un ouvrage si.r les lièvres, 
intiliiié Pyietulugia divisa in 
duos libres , quorum primas uni- 
versaliajcbrium signa prognostica 
continet : aller u/iiuscujusque fe- 
bris diagnosem et tlierapeiam com- 
plcclilar, Parisiis, 162Ô , in-8°. On 
y trouve un tableau des remèdes 
chimiques que l'auteur croit propres 
à chaque espèce de lièvre. 

BOUTHirXIER , maison origi- 
naire d Augoulème.où Denys Bou- 
thiliier étoit avocat au cou.mence- 
inent du règne de Louis XIll. il étoit 
intimement lié avec Barbin, procu- 
reur du roi de Meluu , qui , étant 
parvenu à la place de contrôleur- 
général , appeki à la cour le fils de 
son ami. Ce fut le premier échelon 
de la fortune du sunuteudaut des 
finances , Claude Boltiiii.lier , 
mort en i653, à 71 ans. Son fds 
Léon, comte de Chaviguy, secré- 
taire d'état , mourut a Paris en 
16.92, à 44 ans. Louis Xlll lavoit 
nommé par son testament ministre 
d'état et du couseil de régence, avec 
le prince de Coudé , le cardinal 
Mazariu , le chancelier , et Claude 
Bouthillier son père ; mais il fut 
quelque temps après éloigné des 
aflaires , ainsi que son père , qui se 



BOUT 



a3i 



retira dans sa maison de Pons-sur- 
Seine, où il mourut. Léon avoit un 
génie distingué et capabU' de tous 
les emplois. Ce fut lui qui le pre- 
mier lit imywser les tailles par leï 
intendaiis des finances. Ueiiys YtOV- 
THii-LiER avoit un autre fils nom- 
mé Denys conmie lui. Celui ci fut 
père du fciiueux abbé de Raucé et 
de Henri Bouthillier de Rancé , 
né en i6.'J4 , chevalier de Malte 
en 1681 , et lieutenant - général 
des galères en 1718, charge tréée 
por.r réconipeu.«eT ses longs sers ices, 
et dont il se déj'ui en 1720. 11 mou- 
rut en 1726 ,.à 93 ans. 

BOUTHRAIS (Roui), en lalia 
Bollieréius , né à Chàteaudun en 
i552, fut avocat au grand conseil, 
et mourut en i63o, à 78 ans. Ses 
ou \ rages sont, I. Recueil d'arrêts 
du grand conseil , en latin , Paris , 
1606 , in-8''. 11. De rébus in Gallid 
gestis ab anno 1094 ad iPio, 
2 vol. in-8°. III. Henrici magni 
vita, en vers, in-8°, 1611. IV. Lu- 
teliœ ^ 1 Gi 2 , in-S" , en vers. V. Pa- 
mgjrique de la ville d Orléans , 
i6i5, in-8° , aussi en vers latins,. 
"VI. 3Iusa pontificia , leiSjiu-^". 
etc. 

BOUTIÈRES { Guignes Gijif- 
FREY des), lieuleuant-général de là 
les Monts ])0ur François l*^^"^ , n'avoit 
que 16 ans lorsqu'il fit \\m action 
de bravoure 1res -supérieure à son 
âge : servant dans la coinpaguie 
d hommes d'armes de Bayard , il 
tut occasion de se mesurer corps à 
corps avec un officier albanais de la 
cavalerie légère des ennemis , redo u- 
lable par sa haute stature , et le fit 
son prisonnier. Le nouveau David 
présenta sou Goliath à lempereur , 
qui , frappé du contraste du vain- 
queur et du vaincu , dit à lAlba- 
uais « qu'il étoit surpris qu'un co- 
losse comme lui se fïil laissé saisir 
par un enfant ,.q^ui de quatre ans ne- 



232 



BOUT 



porleroit poil au menton. » L'Al- 
banais , plus honteux encore du re- 
proche que de sa défaite, voulut 
colorer sa lachelé , eu disant qu'il 
avoit cédé au grand nombre , et 
qu'il avoit été saisi ])nr quatre ca- 
valiers. Bayard , qui étoit présent , 
se tournant vers des Boulieres, lui 
dit : « Entendez-vous ce qn'il rap- 
porte? Il est contraire à votre récit : 
ceci touche votre honneur.» Anssi- 
tôt le leune homme se lésant sur 
ses pieds : «Vous mentez , lui dit-il 
avec hardiesse ! et pour montrer 
que je vous ai pris moi seul , remon- 
tons à cheval, et je vais vous tuer , 
ou vous faire crier une seconde fois 
quartier. » Mais l'Albanais , trop sa- 
tisfait du premier combat , n'étoit 
pas homme à accepter cette propo- 
sition. Cet acte dintrépidité pré- 
coce est de l'an i ."iog. Boutieres sou- 
tint un si beau commencement. Il 
se distingua dans toutes les guerres 
d'Italie, et obtint le gouvernement 
de Turin en lô.iy. Le roi ayant 
nommé à sa place le duc dEnguieu , 
Boutieres piqué se retira dans ses 
terres ; mais , à la nouvelle d'un 
combat prochain , il vola à l'armée , 
commanda l'a vaut-garde , et con- 
tribua beaucoup au gain de la ba- 
taille de Cérisolles en i5i4. Trois 
ans après , il eut un commande- 
ment sur la Hotte de l'amiral d'An- 
uebaut. L'histoire se lait sur le reste 
de sa vie et sur l'année de sa mort. 

fBOUTIGNY (Roland-le-Vayer 
de) , maître des requêtes , devint 
intendant de Soissous , et y mourui 
en i685. Les contestations que la 
régale excita entre la cour de Rome 
et celle de France , à la fin du 17^ 
siècle, tiri-nléclore divers ouvrages, 
parmi lesquels on distingua celui de 
Boutisny , ayant pour titre : Traire 
fie l'auturité des rois , touchant 
l'administration de l'Eglise , Ams- 
terdam , 1700, iii-12. Cet écrit, 
pleiji d'érudition , fut attribué à l'a- 



BOUV 

vocat-général Talon, ainsi que celui 
qui est intitulé De rautorité du 
roi touchant l'âge nécessaire à la 
profession religieuse , que l'on doit 
aussi à riatendanl de Soissous. 

t BOUTON ( François ) , jésuite , 
voyagea en Amérique, et a publié 
une (Relation estimée de l'établisse- 
ment des Français à la Martinique, 
ifizjo , in-8°. Il a laissé un Diction- 
naire , dans lequel tous les mots la- 
lins Ront traduits en mots hébreux 
tirés de la Vulgate, et où il a misune 
savante préface. Le manuscrit est 
dans la bibliothèque de Lyon. 

* BOUVARD (Charles), né à Mon- 
toire, dans le Vendômois , vers la hn 
de 107 2 , prit le bonnet de docteur 
dans la faculté de médecine de Paris 
en 1606. H fut professeur au collège 
royal en 162b, et premier médecin 
de Louis Xlll depuis 1628 jusqu'en 
16.4.^ , époque de la mort de ce 
priîice. On a, sous son nom, un 
volume m-^" de vers, publié en 
iGaj , dont. Description de la 
maladie , de la mort et de la vie 
de madame la duchesse de Mer- 
cœur, décédée le 6 septembre 162.5, 
Paris, 1624, in -4"; ^l beaucoup 
d autres pièces hérissées de termes 
Ic's plus baroques et les jilns bar- 
bares. Amelot de La Houssaye , qui 
naimoit pas les médecins , dit que 
Bouvard lit prendre à Louis Xlll, 
en un an , 21.5 médecines, aiala- 
vemens, et qu'il le fit saigner 4? fois. 
Si cela étoit vrai , il ieseroil encore 
que ce prince au roi t fait son cours 
de médecine dans toutes les formes. 
Bouvard mourut à Pans le 22 oc- 
tobre i658. 

t I. BOUVART ( François ) , 
originaire de I>von , se destina d'a- 
i)ord au théâtre de l'opéra. Sa voix 
étoit si étendue, que Ion avoua n'en 
avoir jamais oui de pareille. A seize 
aus , Bouvart la perdit , et se consa- 



130UV 

cra dès-lors Unit entier à composer 
la musique de plubieurs opéras. Ou 
lui doit , entre autres , celle de (.'as- 
sandre el de j!i'é,/i/s. 11 fut chevalier 
de l'ordre du Christ , el mourut vers 
1718.11 avoil épousé la veuve du 
célèbre peuitre Coypel. 

i- IL BOUVART (Michel -Phi- 
lippe ), docteur et professfuv en mé- 
decine de la l'acuité dt Paris, mem- 
bre de l'académie des sciences, naquit 
à Chartres , el mourut à Paris, en 
1787, dans uu âge assez avancé. 
Il ne se boi na pas à enseigner la 
médecine; il la pratiqua ave succès. 
C'étoit peul-èire le médecin de la 
capitale le plusconsulté; il ne devoit 
donc pas être jaloux de s"S au ti es con- 
frères : il le fut cependant de Trou- 
chia , de Bordeu et de cpielques au- 
tres , el parla d'eux avec une caus- 
ticité révoltante. Malgré ces intri- 
gues , il donna souvent des preuves 
d'obligeance et de bouté. On n'a de 
lui aucun ouvrage important sur la 
médecine. Sou Examen du livre de 
Tronchin , de co/icâ pictorum , 
1758, in-8° ; sa Consnltatiun si/r une 
naissance tar-dive , contre \ s ana- 
tomistes Petit et Berlin, 1765, iii-8°; 
son Mémoire au sujet de l'/ionoraire 
des médecins, 1768, in-4", sont des 
brochures éphémères et trop sati- 
riques. Bou\art combattit avec force 
la pratique de Su lion pour l'inocu- 
lation; el il introduisit eu France 
l'usage du polvgala de Virginie, 
contre la morsure des reptiles ve- 
nimeux. A des coiinoissauces tres- 
ëlendues , il réunissoil beaucoup 
desprit, une probi é intacte, et de 
la générosité dans l'exercice de son 
art. Appelé ch-z un banquier ma- 
lade du chagrin d'être bientôt forcé 
de suspendre ses paieineu.'. , il lui lit 
renitltre la somme ai vingt milic 
francs dont il avoi. besoin, el lui 
rendit ainsi l'honneur, le conten- 
tement et la san'.é. Bouvart dormoit 
peu, el ne faisoit qu'un seul repas. 



BOUV 



233 



Sur la fin de sa carrière , il refusa 
les rcincdes qu'on lui proposoil , et 
parut avoir peu de confiance à l'efii- 
cacilé de l'art qu'il avoit exercé, 
a Ma carrière est finie , dit-il à ses 
amis ; je n'ai plus rien à désirer que 
le courage de souffrir. Des remèdes 
que la nature n'a plus la force de 
seconder faligueroienl mon exis- 
tence , el ne la prolongeroienl plus 
quepour la douleur. Le passé n'existe 
plus pour moi ; le présent n'est qu'uu 
point ; l'avenir doit seul m'occuper. » 
Lhie fièvre de per. de durée termina 
son existence. Condovcet a publié 
l'Eloge de re médecin renommé. 
Dans les Mémoires secrets par Ba- 
chaumout , tora. XXXVI, pag. 99 , 
on lit le passage suivant : «Le tra- 
vail avoit lellemeiil usé les organes 
de Bouvart, qu'il étoil tombé en 
enfance ; il tàtoit machinalement les 
bras de ses iauleuils conune le pouls 
d'un malade , et il composoil des 
consultations en conséquence : de 
temps en temps il demandoit à ses 
gens pourquoi l'on ne venoit plus 
le chercher? Monsieur , il n'y a plus 
de malades ; vous avez guéri tout le 
monde, lui répondoii-on , et cela le 
satisfaisoit. )> Ce passage impliqi.e 
contradiction avec ce qui a été dit 
dans le cours de cet article. 

BOUVIER ( Gilles le ), dit Ferry, 
fut peut-être ainsi appelé du pays 
où il naqiiil en i58(î. li fut héraut 
d'armes de Charles VII , dont il nous 
a laissé la ( /ironique, ({vÙQotnïnewce. 
à l'an \i\Oi et finit^eu 1461: Gode- 
Iroi l'a publiée dans les Histoires de 
Charles VI et de Charles VII, eu 
160 5 elen 1661 , iu-fol. 

BOUVIÈRE, rayez Guyon , n" 
II. 

BOUVOT (Jean ) , avocat de Chà- 
'.ons-sur-Saône , sa patrie , mort eu 
i656, à 78 ans , étoit protestant. 
On a de lui \ci, ^-irréls du parlement 
de Bourgogne , 2 vol. in-q", à Ge- 



234 



BOWY 



nève , 1625 et i6i8; recueil peu 
commun. 

*EOWER(ArchibaIde),historien, 
né en 1686 à Dundee. Il fil ses pre- 
mières éludes à Douay, ensuite il 
alla à Rome, où il hl profession 
chez les jésuites , et fut après con- 
seiller de l'inquisition, à Macérata. 
De là il passa à Pérouse en 1726. 
Quelque temps après , à propos de 
certaine avealuie qui ne fut jamais 
bien prouvée, il prit la fuite et se 
retira en Angleterre , adopta la re- 
ligion de ce pays," se maria , et fut 
précepteur cliezle lord Ayl nier. 11 fut 
aussi employé par des libraires , par- 
ticulièremeul aux correctious de 
l'Histoire universelle. L'ouvrage in- 
titulé T,es vies des papeu , qu'il 
publia en 7 vol. in-.4° , donnés suc- 
cessivement, fut Ires-vivcment at- 
taqué par les catholiques vouiains. 
Rower se défendit vigoureuseiueut ; 
mais sa bonne foi lut suspecte égale- 
ment aux protestausetaux papistes, 
de sorte qu'il tomba dans le mépris. 
Cependant le lord Latlelon lut con- 
serva son amitié et sa protection 
jusqu'à la fia. 

* BOWLE ( Jean ) , théologien 
angbiis, né en 17:^5 , mort en 17S8 , 
éie\ e du collège d'Oriel , à Oxford , 
où il fut reçu mailre-ès-arts en 1760, 
fut un des premiers qui découvrireui 
les suppositions de Lauder. Ou a de 
lui nue Lettre à l'ét-'éque Fretj , 
une magnifique édition de JJom 
Qi/ixote en ci-pagnol , et une autre 
des Satires de Marsione, avec quel- 
ques anciennes poésies anglaises. 

i-EOWYER (Guillaume ) , cé- 
lèbre iinpriuicur anglais , mort en 
1 777 , se distingua par sa srience et 
les belles éditions qu'il publia; il les 
enrichissoit de préfaces sa\ antes. Son 
Uisluire de l'origine de l'impri- 
merie , 1774, lui mérita une place 
dans la société des antiquaires de 
Londres. Ses éditious les plus u- ] 



BOXH 

cherchées son t : un l^ouveau Testa- 
ment grec , 1765 , et les (Euvres de 
Seldeu, eu 3 vol. in-fol., 1726. 

BOUX ( Guillaume le ) , ué à 
SoHzé près de Saumur en 1621 , 
entra dans loratoire , se consacra à 
la prédication , et obtint de Louis 
XIV , devant qui il avoil prêché , 
levèché d'Acqs en iG58 , et dix ans 
après, celui dePérigueux. C'est dans 
cette dernière ville qu'il mourut en 
1695 , après avoir instruit ses curés 
et édifié ses diocésains. Ou a de lui , 

I. Des Sermons , Rouen, 1766, 'a 
vol. in- 12. Il y faut plus rechercher 
la solidité et l'instruction que les 
grands mouvemens de l'éloquence. 

II. Les ( unféreiucs de Périgueux , 
■S vol. in-12, estimées. 

* BOUYS ( Jean ) , peintre , né 
en 1692 , fiit élevé de François de 
Troy. Il a laissé quelques tableaux 
et a gravé plusieurs sujets en ma- 
nière noire. 

* I. BOXHORN (Henri), natif 
du Brabant hollandais , lit ses élmles 
à Lou\'am , et embras.-a l'état ecclé- 
siastique. Il oblinl le doyenné de 
'l'illemoat , et «on zèle pour la reli- 
gion romaine le fit nommer inqui- 
siteur. Quelque temps après , il 
changea de sentiment au point qu'il 
embrassa le protestantisme. Il lut 
ministre d'abord au pays de Clève, 
ensuite à Woerden et à Bréda. Henri 
Cuyek ( voyez son article ) , lui 
adressa sur ce changement une rjns- 
tu/a paiœnetica , à laquelle Boxhom 
répondit par un ^Inti-cnjcÂuin ,k 
Lcyde, lôga , 111-8°. Il est auteur 
de quelques autres livres de contro- 
verse. — Anne EoxiiORN , sa fille, 
épousa un ministre de Berg-op- 
Zoom , nommé Jacques Zuerx. De 
ce mariage naquit Marc - Zuérius 
BoxHORN. (/'oi e:; l'article suivant.) 
Il fut jumeau d'un frère nommé 
Henri Boxuorn , ministre , qui 
mouriUeu i6i(0, âgé de 2 5au8. Ilétoit 



BOY 

aussi fort savant et donnoittlcgrandes 
espérances. Ces deux jumeaux ayant 
perdu leur père à 1 âge de six ans , 
Henri l^oxhorn, leur aïeul inalernel, 
se chargea de leur éducation. 

t II. BOXHORN (Marc-Zuéruis), 
professeur d'éloquence à L'jyde , en- 
suite de politique et d'histoire, na- 
quit à Berg-op-Zoom en 161-2 , et 
mourut le 3 octobre i6.^3. On a de 
lui , I. Hlstoria unu'crsalis , Leip- 
sick, 1675, in-4°. L'abhé Lenglet 
dit que c'est peu de chose : Mencke , 
qui l'a continuée , assure que c'est 
un livre très-utile pour connoitre 
l'origine et les droits des nations. 
Boxhoru n'avoit poussé cette liis- 
toire que jusqu'en i6.')o. II. Obsiclio 
Breclana , 1640, in-fol. III. f^i- 
r or uni illuslrium elogla , 1608 , 
in-fol. IV. Chronologia sacfa , 
Bauzen , 1677 , in-foj. V. Poëmata , 
1620 , in- 12. VI. Thealrum itrbium 
Hollandiœ , in-4°. VII. Scr/jjiores 
latini minores historiée Augustœ , 
cum notis , Leyde , 1602 , 4 "Vol. 
in-i 2. VIII. Poëtœ saly rici minores , 
cum commeniis , i632, in-8°. IX. 
Des Notes sur Justin et sur Tacite. 

X. De RepubUcdLeodicnsi , i632. 

XI. Metamorphosis Angforum , 
16.55, in-12 : très-bon abrégé des 
révolutions d'Angleterre. XII. Quœs- 
tiones Uomanœ , 1607, in-4''. Dis- 
sertations érudites sur les antiquités 
romaines. XIII. Origines Gallicœ , 
ouvrage très-rare et estimé , rempli 
de recherches sur l'origine des lan- 
gues anciennes et modernes , et où 
l'auteur fait jouer un grand rôle à 
celle des Scythes, Amsterdam, i654, 
in-4°. Boxhorn y travailla beaucoup 
dans sa dernière maladie , et G. 
Hornius la publia après sa mort. 

* BOY ( Pierre ) , habile artiste 
en ouvrages d'orfèvrerie , peintre 
en miniature et sur émail , né à 
L\ibeck, mort en 1717, à Dus- 
seidorf , où il fut inspecteur de la 
i;ulerie de peinture. îl excelloil sur- 



BOYD 235 

tout à peindre, sur de petites pla- 
ques , (les portraits en miniature 
avec des couleurs de verre, et à les 
émailler en^^uile avec beaucoup de 
goût. Le saint-ciboire de la callié- 
drale de Trêves , ouvrage précieux 
et admirable , est de cet artiste. 

*BOYCE (Guillaume) , célèbre 
musicien anglais , né à Londres en 
1710, mort en 1799 , fut d'abord 
enfant de chœur à Saint-Paul; en- 
suite il approfondit l'étude de la 
musique sous le docteur Gréen , 
organiste de la cathédrale , qui , à 
sa morl, lui laissa tous ses manus- 
crits , et le chargea de publier ses 
motets. Boyce , dans sa jeunesse, 
fut surpris d'une surdité incurable, 
maladie qui paroil aussi incompa- 
tible avec la musique que la cécité 
avec la peinture , et ne continua 
pas moins l'exercice de sa profes- 
sion avec une constance incroyable. 
En 1749 j 1 université de Cambridge 
le reçut docteur en musique , et ,eu 
17^7 , il fut nommé chef de la mu- 
sique du roi d'Angleterre , et par 
suite organiste et compositeur de sa 
majesté. Boyce a été enterré dans la 
cathédrale de Saint -Paul. On n'a 
publié que peu de ses compositions. 
Son chant est vif et d'un goût dé- 
licat ; ses Motets , ses Sytnphonies , 
et ses Oratorio sont Irès-estimés. 

* I. BOYD ( Robert ) , lord écos- 
sais , fils de sir Thomas Boyd de 
Kilmarnock , qui fut tué en i4!^9 
par le vengeur de lord Damley , 
qu'il avoit lui-même tué eu duel. 
Boyd lils fut très-aimé du peuple et 
du roi , qui le créa pair , en lui don- 
nant le titre de lord Boyd de Kilmar- 
nock. A la mort de Jacques II , en 
1460, il fut nommé grand justicier 
du royaume, et l'un des lords de la 
régence , pendant la minorité de 
Jacques 111. Ce lord et sa famille ac- 
cumulèrent sur eux presque toute» 
les places, et enlin Boyd en vint au 
poiul d'emni'juer à Edimbourg 1* 



23(> 



BOYD 



jeune roi , qui ëtoit à Liulilligow, 
et de se faire déclarer sfiul régent. 11 
fit aussi épouser la sœur du roi à 
son lils , depuis comte d'Arran. Eu 
14G9 , le roi , à l'instigation de quel- 
ques seigneurs, assembla nu parle- 
ment pour examiner la conduite de 
Boyd , qui prit la fuite, et mourut 
à Aluwick eu 1/170. t,e divorce du 
comte d'Arran lui prononcé, et ce 
seigneur mourut à An\crseu i.J? i- 
L'nifortuné Kilmarnock , qui fut 
exécute en 1746, étoit un descen- 
dant de cette maison. 

II. BOYD ( Marc- Alexandre ) , 
pcëte écossais, né à Galloway, et 
mort en 1601 , quitta le barreau 
pour la poésie, et y réussit. Plusieurs 
de ses pièces sont imprimées dans 
les Delicue poëtarum Scotorum , 
Amsterdam, 16S7. 

* III. BOYD ( H. ) , mort au Ben- 
gale vers la fin du 18'^ siècle, est l'au- 
teur prétendu des Le ffres deJunius, 
si vantées par les Anglais , et qui 
furent attribuées à tant d'écrivains 
du premier ordre, entre autres à 
Sam. Uyer , à W. G. Halmilton , à 
Edmond Burk , au général Léo , à 
im ecclésiastique nommé Rosenha- 
gen , à lord Ashburlon ( John Dun- 
uing ). l,e dernier éditeur, IM. Héron, 
décide le problème en faveur d'Asb- 
burton. 11 n'avoit fait qu'éclaire ir la 
question dans sa première édition ; 
il a prononcé dans sa seconde. 

* BOYDELL (Jean), artiste in- 
génieux et uïagistrat deLondre.s , né 
eu 1719 à Dorington , dans le Shro- 
psliire. Son père étoit fermier , et il 
servit sous lui dans la ferme ; mais le 
hasard lui ayant mis dans les mains 
quelques estampe» de paysages , il se 
mit chez un graveur pour apprendre 
cet art. En 174^, il ^\\h\\a quelques 
petits pajsages à l'usage des élevés. 
Le succès qu'ils eurent l'encoura- 
gea à donner, des gravures ; il faci- 
lita aussi les études de plusieurs 



BOYE 

artistes anglais , pour qui il étoit 
v\\\ protecteur très-libéral. Mais Boy- 
dell ne se borna pas à la gravure ; 
il eut la gloire d'être le fondateur 
d'une école de peinture en Angle- 
terre ; nous voulons parler de Lv 
galerie de Shaksjjeare. Enfin , il a 
donné à la ville municipale de Lon- 
dres quelques beaux tableaux pour 
la salle de conseil à Guihdall. En 
1791 , il étoit lord mayor. La révo- 
lution de France , et la guerre qu'elle 
occasionna, firent éprouver à cet 
homme respectable des perles si 
considérables , qu'il fut forcé d'ob- 
tenir un acte du parlement pour 
mettre eu loterie la galerie deSliaks- 
peare , avec tous ses tableaux et ses 
planches. 11 est mort en 1S04. 

BOYENVAL ( Pierre - Joseph ) , 
scélérat obscur que Fouquier-Tain- 
^ ille employa dans la prison du Lu- 
xembourg pour dénoncer les vic- 
times qu'il vouloit immoler. 11 se 
vantoit hautement de cette mission, 
lîevenant un jour du tribunal , il 
annonça avoir parlé pendant deux 
heures avec tant d'éloquence, qu'il 
n'éloit pas échappé un seul des cin- 
quante-neuf accusés qu'il avoil fait 
mettre ce jour-là en jugement. 11 se 
plaignit une autre fois d'avoir été 
injurié daus une chambre , et assura 
que tous les prisonniers qu'elle ren- 
fermoit périroient bientôt; ce qui 
arriva en effet. Boy en val subit en- 
fin la peine de ses crimes, et lut 
condamné à mort comme complice 
de Fouquier-Tainville , eu 1790 , à 
l'âge de 2(3 ans. 

i I. BOYER (GniUelm), trou- 
badour , natif de Nice , dont on lui 
donne quelquefois le surnom , et 
mort dans une grande vieillesse vers 
l'an i555. Ses ouvrages étant per- 
dus , ce n'est que sur la foi de Nos- 
tradamus , le plus menteur de nos 
historiens , qui a écrit lu vie de plu- 
sieurs poètes provençaux , qu'on le 
cite ici comme auteur de plusieurs 



BOYE 

chansons galantes adressées pour la 
plupart à une demoiselle de la mai- 
son de Berr dont il etoil amoureux. 
Le même biographe ajoute qu'il lut 
attacha au service de Charles II, 
roi de Sicile et comte de Provence , 
et à celui de son fils Robert; qu'il 
dëdia un recueil de poésies à ce der- 
nier , ainsi qu'un Tiaité d'histoire 
naturelle que le temps n'a pas plus 
épargné. Millot , historien des trou- 
badours, ajoute à la fin de la notice 
de ce poète : « Pour apprécier le ré- 
cit et le jugement de Nostradamus , 
presque toujours suspect , nous au- 
rions besoin de preuves qui n'exis- 
tent point. » 

II. BOYER ( Nicolas ) , Boerius , 
d'abord avocat à Bordeaux , puis 
conseiller au grand-conseil , enlin 
président au parlement de la même 
ville , a laissé des Commentaire-^ 
sur les coutumes rie Tours , Berri 
et Orléans, à Francfort, lôgS, 
in-fol. Ses Décisions imprimées à 
Lyon aussi in-fol., i56o , furent de 
son temps fort répandues. L'auteur 
mourut en i5,39 , à 70 ans. 

t m. BOYER ( l'abbé Claude ) , 
de l'académie française , naquit à 
Alby en 1618. H vint assez jeune 
à Paris, où il cultiva l'éloquence. 
Mais , ayant prêché avec peu de 
succès , il quitta la chaire pour le 
théâtre. Il avoit déclamé contre la 
scène dramatique , et il s'en occupa 
toute sa vie, toujours content de 
lui-même , et rai-ement du public. 
Né avec une imagination peu réglée, 
il choisissoit des sujets bizarrement 
compliqués , et des personnages qui 
n'avoient aucun caractère. En cher- 
chant le sublime , il tomba dans un 
galimatias inintelligible peut - être 
à lui-même. Ou a de lui vingt-deux 
pièces dramatiques pleines d'en- 
îlure , et où l'on n'aperçoit aucune 
connoissance du théâtre. Sa Judith 
eut un succès passager. On connoit 



BOYE 



237 



l'épigramme qu'elle fournit àRacine. 
Celle pièce , applaudie pendant 
un carême entier , fut sifllée à la 
rentrée d'après Pâques. La Champ- 
meslée ayant demandé la raison de 
l'inconstance du parterre , Racine 
lui répondit : Les sifflets étoient à 
f-^ersailles aux ser//iuns de l'abhé 
Boileau. Boyer , fatigué de ses mau- 
vais succès , fil jouer en 1680 , sa 
tragédie à'/lgamemnon , sous le 
nom d'un de ses amis. Racine , sou 
plus grand tléau , applaudit à cette 
pièce. Boyer ne put s'empêcher de 
s'écrier en plein parterre : aElle est 
pourtant de Boyer , inalgré mous 
de Racine, m Ce mot lui coijta cher. 
Sa tragédie fut sifllée le surlende- 
main. Une de ses pièces n'ayant 
point eu de spectateurs , Boyer 
attribua cette disette à la pluie. 
Furetière lit à ce sujet celle épi- 
gramme : 

Quand les pièces représentées 
De lîoyer sont peu fréc|ueiitéej , 
Chagria d'avoir peu d'assistans , 
\ oici comme il tourne la chose : 
Vendredi la pluie en est cause, 
Et le dimanche le heau temps. 

Ce poëte mourut à Paris le 22 
juillet 1698. C'étoit un de ces hom- 
mes qui , ayant la facilité de parler 
avec abondance et avec feu dans la 
société , fout illusion à la multi- 
tude , et s'éblouissent an point de 
se faire croire supérieurs aux génies 
du premier ordre. Voyez Calpre- 

NÈDE. 

IV. BOYER ( Michel ) , peintre 
français, né au Puy , fut reçii membre 
de l'académie de peinture en 1701. 
Il peiguoit habilement Varchitec- 
ture et la perspective. On admire 
celle de la galerie de l'hôtel oii dt- 
meuroit autrefois le premier prési- 
dent du parlement de Paris , près 
du palais de justice , et qui est oc- 
cupé actuellement par la préfecture 
de police. 



238 



BOYÉ 



t V. BOYER (Abel) , né eu 
j664 à Castres, quLUa la France 
après la révocalion de ledit de 
Nantes , et se relira d'abord à Ge- 
nève , à Franeker , et ensuite en 
Angleterre l'an 1689. Il mourut à 
Chelsey en 1729. On a de lui plu- 
sieurs ouvrages : 1. \]\\ Dictionnaire 
anglais el français , en 2 vol. in-4", 
ou 2 vol. iu-8° , Lyon, 1808 , dont 
les éditions ont été très-mullipliées ; 
on distingue celle qui a été donnée 
à Lyon en 1792 par Bruyset aiué. 

II. Une Grammaire anglaise, iu-12. 
Si ces deux ouvrages , dit un écri- 
vain , n'avoient servi qu'à taire 
passer dans notre langue les sages 
maximes et les beautés des écrivains 
anglais , l'auteur auroil les plus 
grands droits aux éloges du public 
reconnoissant ; ruais la counoissaiice 
de la langue anglaise nous a attiré 
le débordement de tant d'extrava- 
gances , que les esprits sages sont 
peu tentés d'applaudir à ses travaux. 

III. L' Etat potilique ; ouvrage pé- 
riodique qui pml)rassoit tous les états 
de l'Europe, publié depuis 1710 jus- 
qu'en 1 729. Il fut très-bien reçu dans 
sa naissance , et on le recherche en- 
core à présent pour plusieurs pièces 
curieuses qui y sont insérées. YV. His- 
toire du roi Guillaume III , Lon- 
dres , 1702 , 3 vol. in-8°. V. Les 
Annales de la reine Anne , depuis 
l'année 1702 , eu 1 1 vol. in-8°. 
VI. L'Histoire du règne de la reine 
Anne , 1722 ,in-fol. 

t VI. BOYER ( Jean-François ) , 
ancien évèque de Mirepoix, avoit 
été d'abord tliéalin. Le toible succès 
de ses Sermons et sur-tout la direc- 
tion de quelques femmes firent sa 
fortune. L'académie des inscriptions, 
ryant perdu le cardinal de Polignac , 
donna sa place à lévèque de Mi- 
repoix eu i74i- Il avoit été reçu à 
l'académie française dès J756 , et 
deux ans aprts il le fut à l'académie 
«les sci(«ice5. Ses vertus , son amour 



BOYE 

pour la retraite , sou aversion pour 
les louanges , la simpliciié de ses 
mœurs, méritèrent encore plus que 
ses talens , qu'on lui conlia leduca- 
tion du dauphin , et ensuite le dé- 
tail des affaires qui conceruoient la 
nomination aux bénéfices. 11 auroit 
fait du bien dans cette place , si sou 
zèle avoit toujours été aussi éclairé 
qu'il étoit vif. Dnclos l'a jugé très- 
sévèrement. «Jamais aucun minis- 
tre , dit-il , n'a été si maitre dans 
son département que ce mince sujet 
sans naissance , d'une dévotion peu 
éclairée , et tiré du cloître pour 
l'épiscopat par quelques vieilles dé- 
\ otes de la cour. L'Eglise et l'état se 
rtissentent aujourd'hui des choix 
qu'il a laits. » Il mourut en 1755. 
f'oyez Mallet , n° II e^ Saint- 

PlEKRE , u"II. 

t VII. BOYER (Jean-Bap liste- 
Nicolas ) , chevalier de l'ordi'e de 
Saint-Michel , et médecin ordinaire 
du roi , naquit à Marseille en 1G95. 
H fit son cours d'éludé au collège des 
pères de l'oratoire de la même ville, 
et de là fut envoyé à Constautinopk 
pour y faire le commerce; mais ses 
inclinations et son goût le portant 
vers l'étude de la médecine , il re- 
vint en France. La peste qui désola 
Marseille en 1720, lui fournit une 
occasion de signaler son zèle et ses 
talens , et lui valut une pen'^ion sur 
le trésor royal. Ses succès le lirent 
appeler à Paris ; mais il en sortit 
plusieurs fois pour aller dans diffé- 
rentes provinces de France traiter 
des maladies contagieuses et déses- 
pérées. L'Epagne et l'Allemagne ré- 
clamèrent ses talens pour le même 
sujet. Il fut presque toujours heu- 
reux dans ses traitemens. La fa^ 
culte de médecine l'élut en 1706 , 
pour son doyen , et ce fut pen- 
dant le temps de sou décanat , 
qu'il doima une nouvelle édition du 
Codex medicamentarius seu Phar~ 
rnacopœa Parisiensis, in-4** '■ on- 



BOYE 

rrage utile, et bien fait. Cet estima- 
ble inédecui mourut àParis en 1768. 
Un autre médecin du même nom , 
né à Lyon dans le iS"" sitcle , y a 
publié un Traité de la pest^. 

Vlll. BOYER n'AcrUiLT.ES (Jean- 
Baptiste , marquis de) , procureur- 
général au parlement de Provence , 
seloit composé un cabinet précieux 
de tableaux. Son fils , héritier du 
goût et de la place de son père , 
et nommé aussi Jean-Baptiste , les 
fit graver par Jacques Coëlmans , 
d'Anvers. Cet ouvrage fut fiui en 
j 709 ; mais il n'a paru qu'en 1744 ^ 
in-fol. 2 vol., composés de 118 
planches. Le premier volume ren- 
ferme les écoles d'Italie et de Flan- 
dre ; le second , l'école française. 
BoYER fils gravoit lui-même avec 
goût ; les frontispices de ces deux 
volumes sont exécutés par lui. Le 
père et le fils unissoient aux con- 
iioissances propres à leur état , les 
lum\è!es que donnent l'étude des 
belles-lettres, et l'enthousiasme pour 
les beaux-arts. Le marquis d'Argens 
ëtoit fils du dernier. Voy. Argexs , 
n°L 

TX. BOYER (Pierre) prêtre de 
l'oratoire, né à Ariane en 1667 , 
déclama et écrivit contre la bulle et 
les jésuites : il fut enfermé au Mont- 
Sain l-Michel , et ensuite à Vincen- 
nes , où il mourut en 1751'). On a 
de lui , la Vie de M. Paris , in-i 2 ; 
le Parallèle de la doctrine des 
payens et des jésuites , in- 8°, el 
d'autres livres de ce genre , peu mo- 
dérés. 

* X. BOYER (Pascal) naquit à 
Tarascon en 1742- H rédigeoit sous 
la monarchie des bulletins manus- 
crits contenant des anecdotes contre 
la cour , el qu'il distribuoil clan- 
destinement. Il fut, pendant les pre- 
mières années de la révolution , l'un 
des rédacteurs de la Gazette uni- 
verselle , qui éloit en faveur de la 



BOYE 



239 



monarchie. Boyer , traduit au tri- 
bunal révolutionnaire , fut con- 
damné à mort le 19 messidor an 2 
(7 juillet 1794- ) 

* XI. BOYER (M. de) , né le i4 
août 1734 , entra au service eu 
1748, el devint bientôt lieutenant- 
colonel du régiment de Champagne. 
S'étanl distingué par sa feimeté et 
son attachement à la discipline , le 
roi le mil à la tête du régiment de 
la Fère , infanterie , alors en proie 
à des divisions. 11 y rétablit l'ordre , 
et passa avec ce corps en Amérique. 
Une bravoure étonnante el des con- 
noissances militaires le firent remar- 
quer dans celle guerre ; et à son re- 
tour , il fut nommé maréchal de * 
camp. Relire à la campagne , il ne 
prit aucune part aux orages de la ré- 
volution. Il mourut à Paris le 29 
mars i8o5 , âgé de 70 ans. 

* Xn. BOYER-BRUN ( J. M. ) , 

substitut du procureux de la com- 
mune de Nîmes. Il publia eu i 790 , 
en faveur des catholiques du Gard , 
et sur l'état politique de ce déjpar- 
tement, un ouvrage en opposition 
aux pr mcipes de la révolution. Forcé 
de fuir, il vint à Paris en 1791 , et 
y concourut à la rédaction de plu- 
sieurs journaux rédigés contre la 
révolution. Il fut accusé d'avoir ré- 
vélé au comité de sûreté générale 
l'asile de Kabaut de Saiul-Elienne , 
mis hors la loi : et comme convaincu 
d'être complice des conspirations qui 
avoient existé à Nîmes et à Arles, il 
fut condamné à mort par le tribunal 
révolutionnaire le \^^ prairial an 
2 ( 1793). 

i XIII. BOYER-FONFREDE 
( Jean-Baptiste ) , né à Bordeaux , 
fils d'un riche négociant , avoit d'a- 
bord été missionnaire , puis ayant 
quitté l'état ecclésiastique pour en- 
trer dans le commerce , il s'éloit 
marié et retiré en Hollande. Il re- 



24o 



BOYL 



viril à Bordeaux au commencement 
de la lévokuiou , s'y lit remarquer 
par ses principes républicains el par 
ses taleus oraloires ; il lut en\oyé 
en députai ion par le comnierte de 
celle ville à rassemblée législative , 
et ensuite nommé déjjuté de la Gi- 
ronde à la convention nationale. Il 
s'y montra partisan de la république 
el attaché au parti de la Gironde. 
I,e 2.5 décembre 1792, il accusa 
Maral d'as oir insinué qu'il falloit un 
dictateur. Le 3 février, il s'opposa à 
l'envoi de Maratà la prison de l'Ab- 
baye , opposition motivée sur le 
mépris qu on devoil avoir pour lui. 
Ce parti ayant été proscrit le ni 
mai 1793 , il Tut cependant effacé de 
la liste : mais cette exception ne lui 
ayant pas fait oublier ses collègues 
malheureux qu'il chercha tn vain à 
défendre, il fut arrêté lui-même el 
condamné à raorl le 2 juin 1793 , 
à l'âge de 27 ans , ainsi que vingt 
autres députés du même parti. 11 
éloit beau-frere de Ducos , autre 
député à la convention. Leur petite 
stature les avoit fait surnommer les 
Roquets de la Glronrie. Boyer-Fon- 
frède avoil beaucoup d'énergie ; il 
alla à la mort avec courage el in- 
trépidité, chantant; Plutôt la mort 
que l'esclavage. La convention dé- 
créta la célébration annuelle d'une 
pompe funèbre le jour de la mort 
de ces illustres victimes de la ré- 
volution. 

*XIV. BOYER ( J. ), médecin de 
Turin, accusé d'avoir voulu renver- 
ser le trône de Sardaigne pour ré- 
volutionner le Piémont. Il fui jugé 
militairement et fusillé à Turin dans 
le mois de sepleinl)re 1-97. Quoique 
jeune encore , il avoit déjà publié un 
Traité cranatomie en 4 vol. in-8°. 

*L BOYLE (Richard), né en i566, 
perdit ses parens dès son enfance ; 
n'ayant ni naissance ni fortune , il 
(ulra en qualité de secrétaire au ser- 



BOYL 

vice de sir CliarlesManwood, qu'en- 
suite il quitta pour vivre du métu-r 
de copis-te. Il épousa une fêmiiis 
tres-nche , qui , moi te en couchfs , 
lui lai.ssa .«a belle terre en Irlande, 
qu'il améliora beaucoup par son in- 
dustrie. Accusé clans 1 affaire du fa- 
meux comte d'Essf X , il se jusliha 
parfiaitement en pr^^sence de la reine 
Elisabeth , et il recouvra sa liberté. 
11 épousa en secondes noces l'héri- 
lieie d'iiue fortune considérable , et 
on le Ht chevalier. Par la suite , il 
fut créé lord el comte de Corke 
par Charles ^^ Il acquit des ri- 
chesses immenses , sans perdre la 
réputation de la plus parfaite in- 
tégrité. Il mourut en i(i43 , père 
de Roger et de Robert Boy le. 

t II. BOYLE ( Robert ) naquit 
le 2.T janvier 1626 à Lismore en 
Irlande. Après avoir appris le fran- 
çais et le latin dans sa patrie , il 
voyagea à Genève , en France et en 
Italie , pour se perfectionner dans 
la physique et les mathématiques. 
De retour eu Angleterre , il se fixa 
à Oxford , il y fil bâtir un bel ob- 
servatoire et y inventa sa Pompe 
pneumatique , perfectionnée par 
fiook, son associé dans les opéra- 
tions chimiques. Le roi Cliarles II , 
et ses successeurs Jacques II el Guil- 
laume III , l'honorèrenl successive- 
ment de leur intimité et de leur 
estime. C'est à lui principalement 
qu'on doit l'élablissemeut de la so- 
ciété royale de Londres , en i663. 
Ou l'eu nomma président en 1680 ; 
mais il voulut toujours se borner au 
titre de conseiller. Son zèle pour la 
religion chrétienne se signala dans 
toutes les occasions II donna du- 
rant sa vie 5oo livres sterling par 
an pour la propagaliou cîe la loi 
en Amérique, et cent pour les In- 
des. Il Ht traduire à ses Irais l'Evan- 
gile dans un grand nombre de lan- 
gues des pays étrangers. Il laissa, 
en mourant , un fouds considérable , 



BOYL 

pour mi cerlain iidmbre de Sermons 
tju'on doit prêcher chaque année , 
biirla vérilé delà religioiichrt'lieiine 
en gênerai . sans entrer dans les 
disputes parliciilières qui divisent 
les chrétiens. On a de lui plusieurs 
écrits sur la théologie , !a physique 
et les inaihématiques, recueillis en 
1744 , à Londres , en 5 vol. iu-fol., 
avec la Vie de l'auteur. Ils ont été 
réimprimés eu 6 vol. iu-4'' , Lon- 
dres , 1772. Les principaux sont , 
1. Nouvelles expéi ienies pJiysico- 
/nécariiques sur le ressort de l'air. 
Il y décrit sa machine du vide, et 
pousse la modestie jusqu'à recon- 
iioiîre qu'il en doit l'dée à Olhou 
Guericke. U. Considéraiionssur l'u- 
tilité lie la physique expérimen- 
tale. \\\. Histoire générale de l'air. 
IV. Expériences et observations sur 
le froid , les couleurs , les cijs- 
taux , la respiration , la salure de 
la mer, les ex/ialaisons , la flam- 
me , le vif-argent , dans difFérens 
Traités séparés. Histoire remarqua- 
ble , inlil. an expérimental dis- 
course ofquiek-silver growing liât 
wiih gold , et que dans un autre 
discours joint à celui-ci et qui en 
formoit la suite , il rendoit compte 
d'expériences si singulières, qu'elles 
tirent penser ù Newton qu'il avoit 
trouvé le secret de faire de l'or. 11 
existe une lettre de Newton , écrite 
à un savant , ami de Boyle , dans 
laquelle il lui dit formellement que 
Boyle a découvert ce grand secret. 
11 suppose que Boyle n'a pas tout 
dit , et il ajoute que cette décou- 
verte produiroit une telle révolu- 
lion et tant de maux , qu'il espère 
que le noble auteur ne s'expliquera 
jamais davantage. Les discours en 
question avoient été communiqués à 
la société royale , et n'ont peint été 
rendus publics. V. Le Chymiste 
sceptique. VI. Essai sur l'Ecriture 
sainte. VIL Le Chrétien natura- 
liste , ouvrage dans lequel il s'atta- 
che à prouver que la physique ex- 

T. III. 



BOYL 



241 



péri mentale mène au christianisme, 
loin de l'en éloigner. VIII. Consi- 
dcrations pour réconcilier la rai- 
son, et la religion. IX. Discours 
sur la profonde vénération que 
l'esprit humain doit ù Dieu : très- 
eslimé. On rapporte que ce grand 
])]iysitien avoit coutume de faire 
une inclinatiion toutes It^s fois qu'oa 
prononçoit devant lui le nom de 
Dieu. X. Tfccueil d'écrits sur l' ex- 
cellence de la théologie compa- 
rée avec la philosojihie naturelle. 
L'auteur ne prise celle-ci qu'autant 
qu'elle a du rapport à la religion. 
Il mourut à Londres eu 1691 , et fut 
enterré dans l'alibaye de West- 
jninster. Tout éloit simple chez lui, 
et conforme au caractère d'un vrai 
philosophe. Il étoit plein de fran- 
chise, de politesse et de douceur. Il 
ne savoit ni meutirni déguiser, mais 
il savoit se taire. Il jugeoit très- 
sainement des hommes et des affai- 
res ; aussi quilla-t-il la cour de bonne 
heure. 

t IIL EOYT.E (Roger), comte 
dOrréry , frè.'-e du précédent, na- 
quit à Lismore en 1621. Ayant pris 
le parti des armes , il servit sous 
Cromwel contre Charles I""^, et, après 
la mort de l'usurpateur, il embrassa 
la cause de Charles II. Dès que ce 
roi fut sur le trône , il lui donna une 
pince de conseiller dans son conseil 
privé d'Angleterre et d'Irlande. Il 
mouruten 1679. On adelui plusieurs 
ouvrages anglais , en prose, en vers 
et bien écrits. I. La Parthénice , 
roman en 5 vol. in-4° , et in-folio , 
qu'on a comparé à ceux de Scudéri 
et de La Calprenède. II. Histoire de 
Henri P'. lll. Le prince Noii ei 
Mustaplta Triphon , tragédies ap- 
plaudies dans le temps. îV. L'Jrt 
de la guerre , etc. 

t IV. BOYLE ( Charles ), petit- 
fils du précédent, et comte cl'Or- 
réry comme lui, élève du docteur 
Alterbury , accusé d'être entré dans 

16 



242 BOYL 

des complots contre letat, fut mis 
à la tour de Londres en 1722. On 
ne put jamais l'eu convaincre. Il 
mourut en lyâi , d'une maladie 
contractée dans sa prison. L'instru- 
ment astrouomiijue , appelé l'Or- 
réry , si i.tile pour comprendre le 
système solaire , est de son inven- 
tion. C'est un planétaire où l'on 
voit tous les mouveuiens célestes; 
inais on lui préfère celui de l'abbé 
Nollet , qui est plus simple. On a 
encore de lui une Traduction la- 
tine (les Epitres de P/ialaris , avec 
notes, in-8'^ , 1690; une Comédie , 
des Piècesde F'ers , et des Haran- 
gues. 

-;• V. EOYLE ( Jean ) , comte de 
Cork et d'Orréry , HIs du précédent , 
né eu 1707 , élève de lécole de 
Westminster et du collège du Christ 
à 0>dovd , épousa en 1728 la tille 
d\i comte dOrkuey , qui mourut eu 
1732. L'année suivante il retourna 
en Angleterre ; et en 1 738 il épousa 
une dame irlandaise. Un an après il 
publia les œuvres dramatiques de 
son grand-père , 2 vol. in-8°. Ses 
propres ouvrages sont , L Traduc- 
tion de Pline. II. Obserualionssur 
la vie de Swift. III. Histoire de 
Toscane , qu'il composa à Florence , 
mais qu'il n'acheva pas. La vie de 
Boyie a été écrite par Duncombe, 
qui l'a donnée au public en 1774- 
On y a joint ses lettres , et il y a 
encore d'autres pièces de ce seigneur 
qui ont été insérées dans le World 
et dans le Connoissenr. F'oj. SwiST. 

t BOYLESVE ou Boileau 
(Etienne), chevalier , prevot de 
Pans sous le règne de S. Louis , 
mit un ordre dans la police de cette 
ville. Les impôts sur les denrées 
étoieut exorbitaus ; les prévôts fer- 
miers avoient tout Aendu , sans eu 
excepter la liberté de commercer : 
il remédia "à ces deux abus. Il di- 
visa ensuite les marchands et les ar- 
tisans en différens corps de com- 



BOYS 

raunauté, leur donna des statuts et 
des régiemens , faits avec tant de 
sagesse , qu'on s'en est servi depuis 
pour régler les anciennes commu- 
nautés , ou pour en former denou- 
velle.s. Il ne fut pas moins attentif 
à veiller à la sûreté publique , et à 
punir ceux qui pouvoient la trou- 
bl r. Ce bon magistrat mourut vers 
1 269. Le manuscrit de ses oi'don- 
nances qui étoit à la sorbonne est 
maintenant à la bibliothèque im- 
périale. 

* BOYLSTONE(Zabdiel) , méde- 
cin , né eu 1684 , à Brokline , près 
de Boston eu Amérique , lit ses 
études sous le docteur Cutler, et se 
lit beaucoup d'honneur en exerçant 
son art chfz lui. Eu 1721 le doc- 
teur Boylsloue introduisit l'inocu- 
lation à Bostou , où il la pratiqua 
avec beaucoup de succès , malgré 
la faculté, de la part de qui il éprouva 
une grande opposition. Il est mort 
en 1766. 

* I BOYSE ou Bois (Jean ) théo- 
logien anglais, ué en i.^tSo à Nett- 
lesléad, au comté de SuEFolk, élève 
du collège de Saiut-Jeau à Cam- 
bridge , où il fut long-temps pro- 
fesseur de grec. Il fut un des tra- 
ducteurs de la Bible , et collabora- 
teur de sir Henri Saville , pour 
son édition de saint Chrysostôme. 
L'évèque Andrews lui donna «n 
canouicat à Elj'. Il y mourut en 
1645. 

* II. BOYSE ( Jean ) , théolo- 
gien anglais , ué eu i374 au comté 
de Kent , élève du collège de Benêt 
à Cambridge. En iSgg , il obtint 
le vicariat de Tilinansloue , et fut 
en même temps recteur de Bettis- 
hanger. Il fut nommé depuis à d'au- 
tres places , et enliu chanoine de 
Canlorbéry. Boyse mourut en 1626, 
laissant quelques ouvrages, qui 
oiit été publié* en ; vol. in-fol. 



BOYS 

t m. BOYSE ( Josepli) , théolo- 
gien dissident , né en ifi6o à 
Leeds , daiis le comté d'Yorck , 
élève de Keiulal dans le Weslniore- 
laiid. llëloil à Am.>.îerdani en 1682 , 
et il remplissoil les fonctions du 
miuislèie chez les Lrowuistes. A 
son retour il accepta une olace dans 
la congrégation à Dublin , où il 
est mort en 1728. Ses (Suvres en 
2 vol. in-f'ol. , contenant des Ser- 
mons , dont plu-ienrs sont estimés, 
ont été publiées la mèine anaée. 

IV. BOYSE ( Samuel ) , poète 
anglais , mourut en 1719, après 
avoir dissipé sa fortune et fait de 
beaux vers. Son Poème de /ti Divi- 
nité a été imprimé plusieurs fois. 
Son Ode , intitulée le iriomphe 
d'Albiun^ qu'il publia en 1745, 
après la bataille de IJetliugue , eut 
un grand succès. On lui doit en- 
core une Histoire des transactions 
de l'Europe , depuis ij3q Jusqu'à 
r insurrection de l'Ecosse, en X745 
2 vol. in-<S°. 

* BOYSEN ( Frédéric-Eberhard) , 
premier prédicateur du prince de 
Quedlinbourg , ué à Halberstadt 
le 7 avril 1720, et mort le 4 
juin 1800. Il est connu par son ex- 
cellente Traduction allemande de 
V Alcoran, 2* édition, Halle , 1775 , 
iu-8°. On a encore de lui un Ex- 
trait eu 10 vol. de IHistoire nni- 
verselle publiée en Auglelerre , et 
un Magasin historique , Halle , 
1767 , 1770. 

*BOYSSIÈRES, écuyer, sieur 
DE La BotssiÈke ( Jean de ), né 
d'une famille noble, à Montferrant 
en Auvergne , au mois de fé\ rier 
\b^b. On a de lui des Premières 
{^MP/'es , imprimées en 1678, Paris , 
in-] 2 ; des Secondes ex. Tr'oisièmes 
(Euvres , qui parurent l'année sui- 
vante , in-12 et in-4° ; les trois pre- 
miers ctiamts d'ua Poëme sur la 



BOYV 



2^3 



croi.sade , in-12, Paris, i584; et, 
selon Uuverdier , des Œuvres spiri^ 
titelles , partie en prose , partie 
en perss le tout marqué au coin 
de la plus grande médiocrilé. Ce 
qui ne l'empêcha pas d être , selon 
la coutume de son siècle , accablé 
déloges par ses co.itemporains. 
Parmi les vers faits à sa louange se 
trouve un soiutel de la composi- 
tion de Giiillaume de. BoissyÈhesou 
frère ; et cette pièce est la seule que 
l'on connoisse de lui. 

* BOY VIN ( Jean ) , né à Dole 
vers la lin du 16" siècle, fut un sa- 
vant juriscoiî-ulte ; son mérite l'é- 
leva ;\ la pl?ce d'avocat-général , 
ensuite à celle de conseiller au par- 
lement d? Dole; enlin , à la dig.nté 
de président unique au même »ar- 
lement. 11 remplit toutes ces places 
avec distinction. Lors du siège de 
Dole , fuit par le prince de Condé 
en i636, Boy vin se trouvant le ,;lus 
ancien du ptirleinent , après le vice- 
président , qui éioit octogénaire , 
se trouva à la ti.te des conijuia an 
gouvernement , et recueillit la gloire 
de la belle défense de celte » ille. 
11 en composa la relation, qui pa- 
rut sous ce titre : Siège de Dole , 
capitale de la Franche-Comté de 
Bourgogne , Dcle , 1637 , in-4° de 
.Sob pages, assez rare. Ctt ouvrage , 
écrit avec modestie et impartialité, 
fait honneur au cou: âge des Ccia- 
lois. Privés de l'espérance de tout 
secours , trop éloignés de leur mo- 
narque, gouvernés par un arche- 
vêque octogénaire et par une com- 
pagnie de jurisconsultes , ils i)rirent 
cppeudanl la résolution de se défen- 
dre, et de soutenir un siège contre 
lélite des troupes de France, com- 
mandées par un prince du sang. 
Ds s'en tirèrent avec honneur. Trois 
mois d'un siège poussé avec ac- 
tivité , et coutmuellement rafrai- 
chi , ne leur firent rien perdre 
de leur courage et de leur résolu- 



û44 BOZE 

lion : et le priuce de Condé , qui 
avoil investi Dôle le 26 mai 1606, 
*e vil Ibrcé , le 14 août suivant, 
d'eu lever le siège, avec perle de 
6000 soldais et de 600 officiers ; 
les assiégés n'ayant guère perdu 
<|ue 700 hoinuies. La religion dont 
ife peuple éioil animé, et la crainte 
cju'ou lui avoil suggérée qu'il poiir- 
roit élre lorcé d'en changer s'il 
tomboil sous la doniiuanou de la 
France , lui donuoieul une aversion 
extraordinaire pour celte puissance. 
Ou redoubla ces seuliiiiens par des 
processions générales du clergé en 
iiubes blanches et pieds nus. On 
donna la liberté auK prisonniers et 
ouïes arma. Lus capugius ser voient 
jour et nuit d'ingénieurs, contrô- 
leurs et chasse-avant dans les tra- 
vaux du siège. Les dames et de- 
rnoiseUes ne dédaignoient pas d'y 
bêcher et porter la terre avec une 
iiilégresse uom^areille , dit Boyvin. 
EuKn un des assiégés fait pri- 
sonnier ue voulut jamais dire : 
Vive le roi de France.' quel que 
fiit le supplice dont ou le mena- 
çai , el quelques faveurs qu'on lui 
promit. Boyvin mourut le i5 sep- 
tembre ibr>o, après avoir laissé 
plusieurs ouvrages, dont la plupart 
sont uiiiuuscrits, entre autres , La 
Ridelle relation de ce gui scpassa 
dans la translation de l'/ioatie mi- 
raculeuse de Favernuy à Dole. 
On y remarque ces deux, vers : 

Tmjiit , quid liiihitas hominemque JJeumque 

fateri ? 
Se prohtit tsse homimm sanj^uiiie et igné 
Jicum. 

On lui doit eneore un Traité des 
monnaies , des devoirs et offices 
du général des monnaies , que l'on 
croit manuscrit , et des Notes sur 
la coutume de Franche-Comté. 



\. BOZE ( François de ) , chirur- 
f,icn de Lyon, publia la traduction 
x.inçaise 



de \ Arsenal de clùrur- 



BOZE 

gie de Scultel , et y joignit la Des- 
cription d'un monstre né à Lyou , 
1672, 10-4". 

-;- H. BOZE ( Claude Gros de ) 
naquit à Lyou le ay janvier 1680. 
Il se livra d'ai>ord à la jurispru- 
dence , el l'ut reçu avocat au parle- 
ment ; mais les médailles et les an- 
tiquités rocciipèrenl bieutôl tout en- 
tier. l>e chancelier de Ponlcliarlrain, 
lablié Biguou, Vaillant, Hardouiu , 
le chérirent comme \\\\ savant pro- 
fond et aimable. Quelques Disserta- 
tions ingénieuses sur les médailles 
el d'autres monumens , lui ouvrirent 
la poile de, l'académie des inscrip- 
tions elbelles-letti-es.en i7o5.Ily fut 
reçu sous le litre délève , el l'année 
d'après il en devint le secrétaire per- 
pétuel. L'académie française se l'as- 
socia aussi en 171.5. La garde du ca- 
binet des médailles du roi lui fut 
confiée en 1 7 1 9. Il partit l'année d'a- 
près i)our la Hollande , dans le des- 
sein d augmenter les trésors qu'on 
avoit mis entre ses mains. De i^etour 
à Paris , il consacra tout son temps à 
l'académie des belles-lettres el au ca- 
binet des médiulles. Il eut l'inspec- 
tion do la librairie en \il\^ , pendant 
la maladie de IMaboul. Il s'éloit dé- 
mis trois au3 auparavant de la place 
de seci étaire de l'académie des bcUes- 
li-ttres. Celle compagnie le perditeu- 
tieremc'.u en 1753 : il mourut le 10 
septembre de celte année , âgé de 
74 ans. On a de lui plusieurs ouvra- 
ges. I. L'édition des quinze premiers 
volnjuLS des Mémoires de l'acadé- 
mie des inscriptions et délies -let- 
tres ; les Eloges historiques qui 
ornent ces mémoires, écrits avec 
autant desprit que d'agrément, ont 
été imprimés séparément , en a 
vol. iu-i^. C'est un panégyriste 
sans fadeur, et lui historien .fan.s 
verbiage. On y trouve moins de ces 
traits lins doi'.t les éloges de Fonte- 
nelle sont parsemés , mais peut-être 
plus d'élégance et de goût. Le» pie- 



BOZl 

niiers éloges soutbieu inférieurs awx 
derniers. C'est à ceux-ci principale- 
meul qu'il l'aul appliquer le juge- 
ment que nous en perlons. Il I,a se- 
conde édition de ï Histoire mé/alli- 
que de Louis XW , continuée jus- 
qu'à la mort de ce prince , 1725 , in- 
iol. Il donna les dessins et les devises 
de plusieurs. III. Traité historique 
sur le jubilé des Juifs, 1702 , iu-12. 
IV. Histoire de l'empereur Tetricus, 
écIaircieparlesmédailles.V.Plusicurs 
JJisserlatio/is sur les médailles an- 
tiques, Janus , Hygie , déesse de la 
santé, et le Taurobole découvert à 
Lyou en 1704. Cesdissertalions sont 
répandues pour la plupart dans les 
^lémoires de l'académie des belles- 
lettres. VI. Il publia le Catalogue 
<fe sa bibliothique , 174^ -, iu-fol. ; 
elle étoil bien choisie, et pleine de 
livres rares et curietix. Ce catalogue 
est rechercbé par les bibliograpbes , 
et se vend fort cher. Ou eu a donné 
ini autre après sa mort , Paris , 
1753, in-8°. On lui attribue le Li- 
vre jaune , contenant quelques 
co?u>e?-sations sur les logomachies, 
disputes de mots , abus de termes , 
etc. , Bàle, 1748 , in-B" , imprimé à 
trente exemplaires seulement, sur 
papier végétal. 

* BOZIO f Thomas ) , prêtre de 
l'oratoire de Piome , vécut an coni- 
mencemeut du 17^ siècle, sous le 
ponlitical de Clément VllI, et na- 
quit dans le duché d"Urbin. Il eut 
une profonde connoissance de tou- 
tes les sciences , et sur-tout de la 
théologie. Mais l'étude qui lui étoit 
la plus agréable étoit celle de l'his- 
toire. Il écrivit à peu près dix vol. 
sous ce titre : Jinnales anliquita- 
tuw^ , maLs la mort le surprit avant 
qu'ils fussent publiés. Ccpeunaut il 
avoit déjà publié beaucoup d autres 
ouvrages, eutr'autres , J)e signis 
eccl., i.'ig] ; De rui/tis gentium et 
regnorum i De antiquo et no\oIta- 
iirjE statu. I! écrivit contre JUichiar 



BRAB 



3/i5 



vel , De imper, virtutum ; et eutin 
il donna De robore bellico. 

* BOZZAVOTRA ( Antoine) , cé- 
lèbre professeur en médecine dans 
l'université de Naples , mort dans 
celte ville en 1 587 , a publié les ou- 
vrages suivans : 1, Quœsitum de ca- 
lido innato , Neapoli , i542 , in-4**- 
Il paroît que cet écrit n'est autre 
chose qu'une dissertation académi- 
que. II. Opus de venœ seclione in. 
uterum gerenti , aduersùs negantes 
hujusmodi auxilium pro cautiono 
aburtus , Romae , i54'î , iu-4''. 111. 
Operis de penœ seclione apologia, 
ibid. , 1545, in-4''. 

* BRA ( Henri de ) , connu sous 
le nom de Henricus à Bra, méde- 
cin , naquit à Uockom , ville de 
Frise , le 25 septembre i555; après 
avoir beaucoup voyagé , pour éten- 
dre ses connoissances , il retourna 
dans sa patrie , oii il pratiqua son 
art. Mais des considérations particu- 
lières l'ayant engagé à quitter sa 
ville natale , il alla s'établir à Zut- 
l)hen , où il éloit encore au mois de 
mars i6o4. Les auteurs de sa vie ne 
disent rien au-delà de cette époque ; 
ils se bornent à parler de ses ouvra- 
ges , dans lesquels on trouve peu lie 
raisonnement , et encore moins d'é- 
claircisscmens sur le fonds des ma- 
tières qui en font les sujets : on 
peut même dire qu'ils ne sont que de 
pures coiupilatious. 

* ERABUS-CHA^IICUS ( Jean ), 
médecin portugais, enseigna pul^li- 
queinenl l'anatomiedans l'université 
ne Coimbre, vers le commencement 
du 16" siècle. On a de lui un Traité 
latin, sur les plaies de la tcte , 
imprimé dans cette ville en i,'>i6 , 
in-i'ol.La théorie qu'il y propose pour 
expliquer la plupart des fractures, 
passe , à juste litre , pour ridicule , 
puisque les principes physiques sur. 
lesquels il l'appuie sont déduits ne 
îa philosophie d'Aris!.ole. 



2i6 BRAC 

* BRACCIO ( Alexandre ) , noble 
florentin , secrtlaire d ëlat de la ré- 
publique de Florence au j 3* siècle, 
et au commencement du suivant , 
traduisit en partie les trois livres 
d'Appien Alexandre. L,a Guerre 
des Cctrthaglnois fut imprimée à 
Rome , \hoî. Il les a fait précéder 
d'un poë/ne adressé à G'o Orsino, et 
dit avoir fait colle traduction sur 
le texte latin de Pierre Candide. Le 
P. Nigri rapporte cpj'elle fut faite en 
ï-igo. Les antres livres d'Appien , 
c'est-à-dire /ess^uerres cii'iles et les 
guerres extérieures , furent impri- 
més idnsienrs fois à Venise , à Flo- 
rence et ailleurs. 

L BRACCIOLINI. Voyez Pog- 
Gio , n° L 

t IL BRACCIOLINI delt." Api 
(François ) , poète italien , né à Pis- 
toye , d'une famille noble , ea i.^5.")6 , 
Evoil près de Z|0 ans lorsqu'il em- 
brassa l'élat ecclésiastique, pour pos- 
séder un canonicat dans sa patrie. 
Le cardinal iMafléo Barbérini , dont 
il avoit été secrétaire pendant sa 
nonciature eu France, étant parvenu 
à la tiare , sous le nom d'Urbain 
VIII , Bracciolini se rendit à Rome 
auprès du nouveau pontife , qui ai- 
moit les gens de lettres, et cpii l'af- 
feclionnoit particulièrement. Il le 
plaça , en qr.alilé de secrétaire , au- 
près de son frère le cardinal Antoine 
iBarljeriîi. Après la mort dUrbain 
VIII , il se relira dans sa p;ilrie , et y 
mourut en iG^j. Ce fut à l'occasioa 
dun/^o^'wecnvmgl-troischantsqn il 
avoit composé sur leleclion de ce 
pape, que cehii-ci , pour lui mar- 
quer su satisfaction , voulut qu'il 
ajoutai à son nom le surnom deW 
yfpi , et à ses armes trois abeilles , 
qui forment celles des Barljerins. Ce 
poète a composé beaucoup de poésies 
de divers genres. I. J.a croce riac- 
quistata , à Paris , i (io5 , iu-i 2 , 
poiime liéro-que en quinze clianis, 
qv:e les Italiens ne font point de dif- 



BRAC 

ficnUé de ydacer immédiatement 
après la Jérusalem du Tasse. 11. Lo 
Scherno degll JJel , poème héroï- 
comique , Rome , 1626 , iu-i 2 , où 
il tourne en ridicule les divinités du 
paganisme , et qu'on a mis à côté du 
Sceau enlevé. 111. Des Tragédies , 
des Comédies , des Fas.'urales. Brao 
ciolini s'exerça aussi dans la poésie 
lyrique, et dans le genre burlesque 
aiujiiel l/C Eerni a donné son nom; 
mais il n'y réussit pas. L'auteur, 
qui aimoil l'argent, Iravailloil fort 
a la Laie. 

* BRACELLO ( Jacob ) , né à Sar- 
zana , et chancelier de Gènes au 
i3** siècle. On imprima de lui à Pa- 
ris , en 1020, un ouvrage intitulé 
Jacoli BracelUi lucubraliones de 
bello Iliapaniensi , et declarisGe— 
/lueiisibus cum destriptione IJgu~ 
riœ , et dipUimalihus miras aiiti— 
quitatis. iVlaliillon , dans sou Jtin. 
italicuin , parle d'un anlre ouvrage 
de tiracelîo, inlilulé Oe prœcipuis 
(ienuensis urbis familiis. Voyez 
aussi les Disse/ lazione Vossiana 
de ZJno , t. 11. , p. 1%^. 

* BR ACH ( Pierre de ). Ce poète , 
natif de Bordeaux , tlorissoil à la fin 
du 16" siècle. Ses poèmes , divisés 
en trois livres , onl élé imprimés 
in-.|° à Bordeaux en 1676. On y 
trouve une Hymne sur sa patrie, 
un Eloge du serin , un Voyage en 
Gascogne , un C/iarit de paix , un 
Poëme sur l'amour des l'euues , 
ainsi que des Odes , Elégies , Stan- 
ces , et sur-iou t des Sonnets , comme 
dans les mélanges de tous les autres 
poêles du même siècle. Cet auteur a 
aussi l'ail imprimer . in-4° , à Bor- 
deaux, en 1084, V^minte , fable 
bocagère, prise de l'italien de Tor- 
qualo Tasso , et traduite en vers...., 
avec Olimpe , imitée de l'Ariosle. 

BRACHET DE La MiLLEnirxE. 

Voyez MlLLETIKEE. 



BRAC 

* BR ACHI ( Jacques), né à Venise, 
exerça dabord la prolession de méde- 
cin daus celle ville; il passa ensuite à 
Milan , où il niourul eu J707 , après 
avoir publié les ouvrages suivans : 
I. Pensieri Jinico-medlcl ciicagli 
animali cite muojono , nel reci- 
plenli vacui cl' aria , e nel lipieni 
d'arie fatùzie , Venise , i685 , in- 
8°. II. Saggio de osservazlonl circa 
alcuni fenomenl del baruscopio , 
Venise , 1 707 , iu-S". 

BRACmLlN (Mylhol. ), fon- 
dateur des brachmanes , philosophes 
indiens, emprunta, suivant Kircher, 
la plupart de ses dogmes des prêtres 
égyptiens, qui , chassés par Cam- 
bjse de leur patrie , se rél"ugiereut 
dans rinde. Brachman , après avoir 
animé différeiis corps , pasa daus 
celui d'un éléphant blanc ; ce qui , 
d'après la tradition du pays, est le 
comble du bonheur. Ses disciples de- 
vinrent très - nombreux , quoiqu'il 
leur fallût acheter ce titre par de 
grandes austérités, et un noviciat de 
S7 ans. Ils étoient forcés de garder le 
plus profond silence, sans tousser, 
cracher , ni éleruuer pendant que le 
inailre parloit. Leur foudateur éta- 
blit le dogme de la raélempsycose ; 
il soutint que l'eau étoil le plus no- 
ble des élémens , et enseigna que l'u- 
nivers étoitsujetà la corruption, et 
devoit un jour périr. 

* BRACHT ( Tieleman Van ) , né 
ù Dordrecht en i6i5, y exerça les 
fonctions du ministère évar.gélique 
dans la société des anabaptistes. Son 
principal ouvrageest intitulé : Théâ- 
tre sanglant des anal/a:; fis/es et 
des chrétiens sans défense , in-fol. 
1660. C'est un martyrologe de sa 
secte. Il est mort eu 1664. 

BRACTON , jurisconsulte anglais 
pt docteur en dioit d'Oxford , fut 
mis par Henri II, en 1 2_|4 , au nom- 
bre des juges ambalaus. il laissa un 
Traité r/e Consuetudinibus Jngliœ, 



BRAD 2/,7 

1269 , in-folio, très-utile pour l'his- 
toire de sou temps. 

* BRADBURY ( Thomas ), mi- 
nistre dissident , né à Londres en 
1672, étudia à Clapham , sons M. 
Row, et devint ensuite le prédica- 
teur le plus célèbre de la ville. 
Bradbury éloit très-zélé parmi les 
calvmistes,el parmi les v.higs: mais 
il n'en éloit pas moins un lioinm» 
très-savant et très-aimable. 11 a pu- 
blié deux volumes de sermons sous 
le titre de Mystères de la piété , et 
après sa mort on" en a encore im- 
primé trois autres volumes. Il mou- 
rut en i557 , âgé de .t5 ans. 

* I. BRADFORT ( Jean ) , poêle 
vvelsh. En i75o, il n'étoit qu'un en- 
fant , et fut admis comme disciple 
au collège des bardes du Glamorgan. 
Eu 1760 , il professoil dans la même 
cliaire , et mourut en 1780. On a de 
lui plusieurs écrits moraux tres-es- 
timés , dout plusieurs se trouvent 
dans TEver-greeu, magasin publié eu 
langue welshe. 

* II. BRADFORT ( Samuel ) , pré- 
lat anglais , né à Londres , élève du 
collège de Benêt à Cambridge. Aus- 
sitôt qu'il eut pris les ordres, il fut 
chapelain de l'évèque Comi)ion , et 
précepteur des enfaus de l'archevêque 
Tillostou. Il obtint ensuite le rectorat 
de Saiute-Marie-le-Eow , et un ca- 
nonicat de "Vv'estmiuster. En 1718 , 
il fut nommé évèque de Carlisle , 
d'où il passa, eu 17:^^, au siège de 
Rochsster. 11 mourut en i'-3i. C'est 
lui qui a publié les ouvrages de Til— 
lotson ; et il a lui-même donné quel- 
ques Sermons. 

* BRADICK ( Gauthier ) , mar- 
chand anglais , échappé au trem- 
blement de terre de Lisbonne , 
où il avoit perdu tout ce qu'il pos- 
sédoit , fut reçu à la chartreuse 
comme pensionnaire, et y composa 
un poème iutitulé Chohchih , cvi 



'2/iS 



BRAD 



le Prédicateur royal , iu-4°. Il es.1 
ïiiort en 1794- 

t I. BRADLEY ( James ) , astro- 
nome du roi d Angle teite , né à 
Shirebox , dans le comlë de Gloces- 
ter , en 1692, fui nommé en 17^1 
à la place de professeur d'astronomie 
à Oxford. Il se livra dès-lors à sou 
goût pour les observations, et dès 
l'année 1727 elles lut firent décou- 
vrir , ainsi qu'à IMolyneuz , l'aôer- 
ration des étoiles fixes; découverte 
des plus ingénieuses et des plus 
belles qu'on ait faites dans la science 
des astres. Ayant succédé à Halley , 
dans la place d'astronome royal à 
l'observatoire de GreeuAvicli , il ob- 
tint de nouveaux instruniens. Muni 
de ces secours, il commença une nou- 
•veWa suite d'observations sur toutes 
les pai lies de l'astronomie : observa- 
tions qui n ont pas peu servi à met- 
tre les labiés de la lune au dernier 
degré de perfection. Les Mémoires 
et les Obserualloiis de Bradiey ne 
sont pas les seules cboses dont 
il ait enrichi l'astronomie. Il éloit 
très-communicatif. Sa métbode pour 
calculer les élémens dune comète 
par trois observations , sa nouvelle 
règle ]M)ur le calcul des rélraclions , 
se sont répandues parmi les astro- 
jiomes, sans qu'il les eût publiées. 
Il faisoit très-peu imprimer, et ce- 
pendaut il étoit un de ceux qui ira- 
vailloieui le plus, et toujours avec 
l'exactitude d'mi astronome cou- 
somuié. Sa modestie nous a privés 
debeaucoup de mémoires inléres- 
sans. H avoit résigné deux béué- 
liccs , parce qu'occupé aux obser- 
vations astronomiques , il ne pou- 
voit j)as remplir les fonctions ecclé- 
siastiques. Peu de temps après son 
ëlî'ciionà la chaire de ijrofeîseur, on 
iuioffiii la riche cure de Greeuwich; 
mais, toujours modeste, et vrai- 
ment digne de posséder les pins 
graiules places , il refusa ce bénéfice. 
Le roi , instruit de sou refus , lui 



BRAD 

accorda une pension de deux cenï 
cinquante livres- sterling , « ea 
considération , est-il dit dans le bre- 
■set , de ses grandes connoissancea 
dans l'aitronomie et les mathéma- 
tiques , et pom" les avantages qu'il 
avoit j)rocuré par-la au commerce 
et à la navigation de la Grande- 
Bretagne.» Bradiey , peu de temps 
après , fut admis dans le conseil de 
la société ro^-ale. Eu 1748, il fut 
nommé membre de l'acaxlémie royale 
de Berlin; eu 1752, de l'académie 
de Pélersbourg ; et eu 1 75? , de celle 
de Bologne. Mais infatigable à me- 
sure qu'il se rendoit illustre , né 
avec un tempérament vif et ro- 
buste, il s'épuisoit , sans s'en aper- 
cevoir, à force de travail et d'ob- 
servations. 1! mourut fn 1762. Quoi- 
qu'il parlât bien , il éloit naturelle- 
ment ami du silence , et naimoit 
guère plus à écrire qu'à parler ,. 
parce qu'il se méfioit de ses lalens. 
Le résultat d'une partie de ses tra- 
vaux a été publié sous le litre sui- 
vant : jîslronoiiiical ohservatioTia 
inade al tke royal ohservaiory at 
Greenwich, Oxford , 1798, 3 part., 
un vol. iu-fol. 11 fut regretté de tou^ 
les astronomes de lEuiope. De 
PuisieuM a traduit de cet auteur les 
ouvrages suivans : I. Le Calendrier 
des jardiniers , avec une dcscrip- 
lion des seires , Paris , 1 75o , in-i 2. 
II. Noui-elles ubseruatiotis p/iysL~ 
ffues et pratiques sur le jardinage y 
Paris , 1706 , 5 vol. iu-12. 

* IL BR.ADLEY ( Richard) , mé- 
decin anglais , membre de la société 
royale de Londres, associé de laca- 
démie des sciences de Paris , et pro- 
fesseur de bolauique au collège de 
Cambridge , mourut à la lia de 
l'annéi; 17SJ. Les ouvrages qu il a 
publiés sont ; I. flantœ succulentœ 
décades /', Londiui, 1716,1717, 
1725 , 1727 , in -4" : ibid. , 1754 , 
in-^" , avec 5o fig. II. A p/tiloso- 
phical account of tke U'orks of 



BRAD 

nature, Londres, 17:21 , 111-4". UI. 
2^he plagiie ai 3Iarseilles co/isùie- 
jed , Londres , 1721 , iii-8°. 11 
s'efforce de prouver que toules les 
maladies pesUkiitielles depeudeiit 
des insectes veuimeiix qui sont 
irausporlés par l'air dans les diliV- 
reus pays. IV. The country Gent- 
leman and j'arme f s monthly di- 
rector , Londres, 1726. C'est un 
livre destiné à l'instruction des agri- 
culteurs. V. ^-i botanical Dictionarj, 
Londres, 17^8 , 2 vol. in-8". Il a 
aussi publié des Recherches sur le 
grand hiver de 1728 , c/ les mala- 
dies qui l'ont suivi ; un Traité phi- 
losuphique et pratique sur la cul- 
ture des jardins. Le premier de ces 
ouvrages a paru à Londres en 1729, 
et le second , dans la même ville, en 
1700. Ils sont écrits tous deux en 
anglais. 

* L BR ADSHAW ( Henri ), poêle 
anglais du i'{' siècle, éloit reli- 
gieux béuédiclin de Chesler. Ou a 
de lui La vie de saint Werburg, eu 

vers. 

* IL BRADSHAW ( Jean ) fa- 
meux avocat anglais , né au comté 
de Derby en i.'îSG. D étoit desliué, 
dans sa jeunesse, à être clerc de 
procureur ; mais étant entré à un 
des collèges de Ja cour , il monta an 
rang d'avocat. Ce ne sont ni ses ta- 
îens ni ses vertus qui lui ont donné 
place dans l'histoire ; mais il est cé- 
lèbre par riusolence qu'il eut de se 
constituer juge de son souverain 
Charles I. Sa récompense fut aussi 
extraordinaire que sou crime ; le 
parlement lui fit présent de Sum- 
mer-HiU , qui avoil appartenu au 
comte de Saint-Albans. Il mourut 
en 16.09 '■> ^^ ^' ^^ restauration sou 
corps fut déterré j et pendu à Ty- 
bnrn , avec ceux de Cromwel et 
diretou, puis il fut briîlé sous la 
potence. 

BRAIAYARDÎIs'CTliomas) , An- 



BRAG 



24î> 



glais , surnommé le Doctejir pro- 
Jond y confesseur du roi Edouard 
111 , archevêque de Cantorbéry , 
mourut l'an i548 , quarante jours 
après sa consétralion. 11 a laissé [Au- 
sieurs ouvruges de théologie et d« 
physique; mais celui i|ui ku a donné 
le plus de réputation , est intitulé 
De causa I)ei contra pelagianos, 
à Londres , 1618, in-folio, où il 
approche des sentimeus qu'ont eus 
depuis les prêtes tans. 

* I. BRADY ( Robert ) , méde- 
cin et historien anglais , né au comté 
de Norfolk, mort en 1700; élève 
du collège de Ca'ius à Cambridge , 
où il fut maître en 1660. En 1670 il 
fut garde des archives , tl quelque 
temps après proferseur royal de 
médecine à Cambridge. On a de lui 
une Lettre adressée au docteur ï^y- 
denham sur la médecine ; mais il 
est bien plus connu comme auteur 
d'une Histoire complète d'yingle- 
terre, 5 vol. iu-fol. , où il élevé la 
prérogative royale , et montre que 
les parlemeus actuels sont d'institu- 
tion moderne. Enfin , il est encore 
l'auteur d'un Traité du droit de 
bourgeoisie , in-fol. 

II. BRADY ( Nicolas ) , né à Ban- 
don, dans le comté de Corck eu 
1669, mort en 1726 , fut minisire 
de la religion anglicane en diîi'é- 
rentes villes. Ses fonctions pasto- 
rales ne l'emptchèrent point de cul- 
tiver la littérature. On a de lui une 
traduction de l'Enéide , et 5 vol. 
iu-8° de Sermons. 

' BRAEN ( Nicolas ), Hollandais, 
a gravé plusieurs pièces de sa com- 
position, et d'après différens niai- 
tres , entre autres une suite des 
images des dieux , d'après Charles 
\'au Mander. 

■;- 1 BRAGADIN (Marc-Antoine), 
noble Vénitien, gouverneur de Fa- 
magousle eu 1070, ue rendit telio 



aSo 



BRAG 



■ville à IMustapha, géui rai des Turcs, 
qui l'assiégeoil , qu'après s'èlre vu 
réduit à la dtrniere exiréaiilé. La 
capitulation fut honorable; mais le 
Musulman en viola les conditious. 
Après avoir fait rnassacrer devant 
lui plusieurs officiers et plusieurs 
chrétiens qui avoient détendu la 
place, il lui lit couper le nez et les 
oreilles, le fil traîner dans la place 
publique, lié par les pieds et par 
les mains, et écorclier tout vif, en 
J671. Le barbare lit remplir sa peau 
de foin, après l'avoir fait saler , et 
l'attacha au hasil de sa capitane , 
pour en faire parade le long des 
côtes d'Egypte et de Syrie. 

* IL BRAGADIN ( Marc ) , sur- 
nommé Mamug/ia , originaire de 
Candie , et de la même fauiille que 
le précédent , se fit d'abord capucin , 
et quitta ensuite le froc pour se li- 
vrer à la vie la plus licencieuse. I! 
donna dans l'alchimie , et voulut 
faire croire qu'il avoil lesecret de 
faire de l'or. Jacques Conlarini , no- 
ble Vénitien , lui Ht faire dans sou 
palais des épreuves de son secret , 
mais elles n'eurent pas un succès 
bien satisfaisant; elles ne donncreul 
qu'une très-petite quantité d'or con- 
tre une certaine dose de mercure qui 
excédoit par sa valeur primitive 
celle de l'or que l'on en reliroit. De 
Venise, Bragadin fut à Padoue , où 
il attira un concours prodigieux de 
monde par ses impostures et ses 
artifices ; obligé ensuite de prendre 
la fuite à cause de ses mœurs déré- 
glées et de ses fourberies , il se ré- 
l'ugia en Bavière : il y fut présenté 
à la cour du duc Guillaume ; mais 
voulant continuer à tromper les 
gens crédules ou avides qni lui ac- 
cordoienl qiielque confiance , il eut 
la lête trancliée à Munich en \^c)0. 
a C'est à tort que l'Art de vérifier les 
dates , tome III, page 4"8, en par- 
lant de l'trlecteur de Bavière , dit : 
On lui reproche un Irait de cruaa- 



BRAG 

lé qui fut l'effet de la soif de l'or 
dont il éloil altéré ; et il récite l'a- 
venture de Bragadin ; puis il ajoute 
que sur le refus que celui-ci fil de 
communiquer son secret au duc , il 
fut an été comme magicien , et bridé 
l'an 1691. M Nous nous empressons de 
r. lever une erreur qui , sur la foi 
d'un ouvrage aussi estimable, peul 
ternir la réputation d'un grand 
prince. Maximilien-Emmanuel n'eut 
aucune part au supplice de Bragadin, 
et ne mérite pas hs reproches que 
lui fait l'Arl de vérifier les dates. En 
voici la preuve. Bragadin fut exécuté 
en ir)9o , et Maximilien-Emmanuel 
ne vint au monde qu'en 1662, par 
conséquent 72 ans après le supplice 
qu'on lui impute d'avoir ordonné. 
Blanc , qui écrivit l'Histoire de 
Bavière, et dont l'édition date de 
j68o , s'exprime ainsi, lom. III, 
pag 449. « L'an mil cinq cent no- 
n>aite,fut remarquable en Bavière 
par la chute de la lour Saint-Michel, 
(jui ne fil qu'endommager la voîue 
de l'église, et sous laquelle personne 
ne se trouva engagé ; par le juste 
supplice de Marc Bragadin ( c'est 
eucore à tort que l'Art de vérifier 
les dales , le nomme Antoine ) , in- 
signe imposteur qui se vauloit de 
faire de l'or , etc. , etc. » Or donc , 
l'ouvrage de Blanc , imprimé eu 
1G80 , n'auroil pas pu parler d'un 
événement qui , selon l'Art de vé- 
rifier les dates , ne seroit arrivé 
qu'en 1691. M. de Thon , lom. XI , 
])ag. 27)8 , donne aussi noire date 
dj iSgo , qui est la véritable , et à 
laquelle seule il faut s'en rappor- 
ter. 

*BRACA1SCE (Don Juan de), 
duc de la Toéns , oncle de la reine 
régnante de Portugal , fondateur et 
président perpétuel de l'académie 
royale des sciences de Lisbonne. Il 
avoil fait toutes les campagnes de la 
guerre de sept ans , comme volou- 
{ taire au service de la maison d'Au- 



BRAH 

triche. Après la paix , il voyagea 
eu observateur et eu philosophe 
dans toutes les parties de i'Eiuopt^ , 
sans en excepter la Lapouie. En 
1773 , il visita la Grèce, l'Egypte 
et l'empire ottoman : Frédéric 11 , 
Catherine II, Clément XIV, et Jo- 
seph II, laimèrenl et l'estimèrent ; 
le dernier de ces souverains sur- 
tout entretint avec lui une cor- 
respondance intime jusqu'à sa mort. 
De retour eu Portugal , don Juan 
l'oiida l'académie royale des sciences, 
et à ses Irais en soutint l'existence et 
les progrès. Ne se bornant jioint à 
encourager les sciences et les lettres, 
il les cultiva lui-même. Son esprit 
éloit vif , son caractère loyal et gé- 
néreux. Les voyages avoieul ajouté 
à ses qualités naturelles beaucoup 
de goîil et de politesse. Ou peut dire 
de ce prince qu'il étoit au -dessus 
de sou siècle par rapport à son 
pays. Il est mort le 10 novembre 

I <So6 ; il éloit depuis 1804 l'un 
des grands cordons de la légion 
d'iiouneur. 

BRAHÉ. Voyez Tycho-Brahi;. 

* I. BRAHÏM - TCHAOUICH- 
KEKHIE le Grand gouverna pen- 
dant dix an.'* l'Egypte en maître 
absolu. 11 éloit Géorgien , et des 
marchands d'esclaves, cpii l'avoieut 
enlevé à sa famille, l'ayant vendu à 
Osman Bey, prince sonverain d'E- 
gypte, il le servit d'abord comme 
simple mamelouk, et l'ut élevé dans 
l'islamisme. Brahim dut à ses qua- 
lités personnelles et au courage qu'il 
montra dans plusieurs circonstances, 
son avancement rapide dans les ar- 
mes. Il avoit passé par tous les grades 
militaires , lorsque les principaux 
ofticiers , las de la tyrannie d'Osman 
Bey , et résolus de s'en défaire , le 
mirent à la tête de leur conspiration. 

II avoit la résolution , cet esprit am- 
bitieux , et tonte lliabileté néces- 
saires dansnn chef de conjurés. L'as- 
surance qu'il reçut d'être mis à la 



BRAH 9.5i 

tète du gouvernement , la soif de 
régner , lui fuLUt oublier qu'il tra- 
hissoil .son devoir ; il jura la perle 
de sou niaitre et de son bienfaiteur. 
Son adresse à conduire ce complot 
fut si grande que, lorsqu'Osniau se 
fut sauvé du Caire, il ignoroit en- 
core la part que Biahim avoit prise 
à la révolte, et , l'ayanl envoyé cher- 
cher en secret , lui remit des .sommes 
immenses pour gagner les chefs du 
tumulte , lui acheter des créatures 
et lui faire un parti puissant ; mais 
Brahim s'en servit pour lui-même 
contre le malheureux Osman , leva 
le masque , et , ne se donnant point 
de repos qu'il ne l'eût fait périr , 
se vil enhn , par sa mort, maitre 
absolu de l'Egypte en 1 760 , à l'âge 
de 07 ou 38 ans. Le premier acte (k; 
sa puissance fut de réprimer l'au- 
dace des Arabes errans. Avant lui , 
ces peuples nomades poussoienl leurs 
excuraions jusqu'aux portes du Caire. 
Il les battit en plusieurs rencontres , 
et les rejeta dans leurs déserts. Non 
seulement ils n'osèrent plus se li- 
vrer au brigandage sur les terres 
de son gouvernement , mais ils fu- 
rent contraints de respecter les ca- 
ravanes marchandes et les pèlerins. 
Dès que Brahim se v'it solidement 
étaljli dans .son gouvernement , il 
refusa le tribut que l'Egypte doit 
payer annuclloment à la Sublime 
Porte. Il ne voulut aucunement re- 
cevoir ses ordres, et lit périr l'un 
après l'autre , par le poison , qua- 
torze hachas envoyés par elle. C'est 
ainsi qu'il lutta, pendant sept ans , 
contre sa haine impuissante ; et il 
étoit sur le point de se faire recon- 
noilre souverain indépendant , lors- 
qu'il fut empoisonné lui-même en 
1760, à 4? ou 48 ans. Si Brahim 
s'étoit rendu puissant par im crime , 
ses vertus , son courage , son habi- 
leté en effcroient assez la n'étnoire. 
Son souvenir est encore cher à l'E- 
gypte. Il rendoit la justice à ses su- 
jets avec une dquilé presque sans 



aSa 



BRAII 



exemple , el , coiilre l'usage établi , 
n'eu accepta jamais as piéseus à 
cette occasiou. Il avoit couliiine de 
dire : « Je ne vends point la justice 
de Dieu pour de l'argent. )> Il avoit 
encore pour maxime «qu'un grand 
homme peut n'être que très-juste , 
très-brave , très-habile homme d'é- 
tat , mais qu'un grand prince doit 
réunir dans sa personne, au suprême 
degré , le génie du gouvernement , le 
courage et la justice. » Il étoit tolé- 
rant en matières religieuses. Un 
prêtre catholique lui ayant demandé 
d'établir en sa faveur un patriar- 
chat apostolique romain , ce que l'E- 
glise romaine défend à cause du 
patriarche sc'iismalique , Brahim 
se contenta de lui r; pondre « qu'il 
n'éloil point le pape des chrétiens. « 

* II. BRAHIM , Aerahiai o// 
Ibrahim Elgauhary , mort au 
grand Caire, sa patrie, en 1791. 
11 se rendit célèbre par son mérite 
et ses vertus. Il étoit intendant- 
général de la haute et basse Egypte 
lorsque Braliini et IMourad Beys , 
qui lui avoient conféré cette charge, 
se retirèrent momentanément dans 
la haute Egypte devant les forces 
de Haçàu , capilan -pacha que la 
Porte envoyoit contre eux. Biahim 
Elgauhary ne consulta que son de- 
voir dans celle circonstance , et , 
inunolant ses plus chers intérêts à 
son aliacheraent pour ses maîtres^ 
les accompagna dans leur fiiile. Il 
iouissoilde leurestune. Cette action 
généieuse lui concilia leur amitié , 
et le mit près d'eux dans le plus 
grand crédit. Une chose qui con- 
tril)ua beaucoup à rendre sa faveur 
durable, ce lut le bonheiir qui l'ac- 
compagnoit dans toutes ses entre- 
prises, joint à son habileté dans le 
maniement des affaires. La peste dé- 
sastreuse qui ravagea l'Egypte en 
i'jqo fit éJater dans tout son jour 
l'héroïsme de ce ministre. Tous les 
secours qu'il éloit eu sou pauvoir 



BRAH 

de porter aux pestiférés , il les leur 
prodigua, sans distinction de secte 
ni de rehgion , à ses dépens , et 
toujours au péril de sa vie. La seule 
inhumation des cadavres lui coûta 
des sommes incalculables. 11 mourut 
l'année suivante d'une lièvre ma- 
ligne , dont le germe avoit été pent- 
être im fruit de sa charité. Il éloit 
cafre , de la secte des jacobites, et 
laissa une mémoire précieuse à ses 
coreligionnaires. 11 fut généralement 
regretté , sur-tout des pauvres; Il ne 
pouvoit point sortir .sans en voir 
une multitude lui servir de cortège 
en le comblant de bénédictions. Il 
emporta dans la tombe le surnom 
mérité de Pc/e de luus. 

t BRAHMA , le père des hommes 
du second âge, fut créé après que 
les eaux eurent fait justice des en- 
fans de Pouros. Dieu , voulant re- 
nouveler l'espèce humaine , desceur- 
dit sur la montagne de IMéropur- 
bati , et dit : «Lève-loi, Brahma , la 
première des créatures du second 
âge M ; et aussitôt la terre pr(xluisit 
Brahma , qui adora son créateur : et 
Dieu lui donna la puissance de créer 
et de produire, alin qu'il peupl.it la 
terre. Alors Brahma , songeant à la 
manière dont il pourroit remplir sa 
mission , sentit l'alteinle de vives 
douleurs. Son venlre s'entla , et il 
éi)rouvoit des souffrances cruelles. 
Tout à coup ses lianes s'ouvrirent , 
et il en sortit deux jumeaux , l'un 
mâle et l'autre femelle , tous deux 
grands, et qui se niire\it à adorer 
le cré:Ueur. Ce fut ainsi que Brahma 
forma l'homme et la femme, qui 
couvrirent la terre de leurs enfans. 
Peu après , Dieu descendit encore 
sur la montagne , apj)ela Ih ahnia , 
et , du milieu d'un nuage sombre que 
sillonnoient les layons dfi sa gloire , 
lui dit qu'il avoit puni les premiers 
liommes parce qu'ils .n voient iran.s- 
gressé sa loi , que Brahma leur 
avoit enseignée ; et il lui eu re;ni:. 



BRAR 

uue nouvelle , en Je chargeant de 
l'enseigner aussi. Brahma obéit lidè- 
lement à l'ordre de son créateur. Ce 
second âge eut d'heureux coramen- 
ceniî^ns. On raspecloit la divinité ; 
les bords des rivicres voyoient de 
Iréquenlcs abkitions des hommes , et 
la venu étoit praliquée par eux ; 
mais le vice sut eniiu ia déraciner 
de leurs cœurs. Les brahmes devin- 
rent hypocrites , vainset ambitieux. 
Le commerce calcula ses lienelices sur 
la fraude ; les artisans se hreut paypr 
d'un travail qu'ils laisoient à penie.... 
Le Seigneur, provoqué par la mé- 
chanceté des hommes, se plaignit à 
Brahma. Brahma descendit , et leur 
apprit le chatinicnt qui les meua- 
çoit. La crainte arrêta pour quelques 
ioslans le débordement de leurs 
mœurs : mais iis retournèrent peu à 
peu à l'habitude de kurs anciens 
vices. Alors le Tout-Puissaut , fer- 
mant .son cœur à l'intercession de 
Bralmia , ne se laissa point apaiser 
par sa prière eu faveur du genre 
humain ; il lésohit de le détruire une 
seconde fois. Le temps du séjour de 
Eralmia sur la terre étoit expiré, 
Dieu le recueillit dans son sein pour 
qu'il ne vit point les maux qui al- 
loient fondre sur sa postérité. On re- 
présente Brahma avec quatre tètes, 
et quelquefois porté par des oiseaux! 

t BRAILLIER ( Pierre ) , apothi- 
caire de Lyon , dédia à Claude de 
Goufiier, comte de Maulevrier, 
grand écuyer de France, en lôij ,' 
un livre curieux :jye5 abus et igno- 
rance des médecins, contre l'auteur 
pseudonyme d'un Traité des abus et 
tromperies des apothicaires , dé- 
guisé sous le nom de Liset Benan- 
cio , imprimé à Lyon. Dans ces 
deux ouvrages , copiés depuis , ou 
voit que la vie de l'homme a été 
livrée trop souvent à des charla- 
tans et à des fripons. 

* BRAKAL (Guillaume), n° à 
Leenvarde eu ,655 , ministre du 



BRAK 



253 



s. Evangile à Rotterdam en 171 j. 
Son principal ouvrage est intiiulé 
De la Religion raisonnable, 2 \ ol 
in-/j°. 

*IBRAKEL(JeanVan),,mde3 
hommes de mer les plus ^aleHreux 
que la république des sep! Provinces- 
Unies ait eus à son service. Il s'éloit 
déjà signalé , eu 1666 , à l'entre nrise 
hardie des Hollandais sur Chaitain. 
En 1667 , Li fut en avant de la flotte 
avec la frégate la Paix , qu'il com- 
inaudoit. il passa à travers tout le 
feu des ennemis , sans tirer uu seul 
coup jusqu'à ce qu'il se fut appro- 
che à la portée du mousquetdu pre^ 
mier navire anglais. U lui lâcha sa 
pleine bordée et s'en empara. Son 
exemple décida peut-être le succès 
de cette glorieuse journée. En 1673 
il ne se distingua pas moins au com- 
bat de Southbay. Sou courage l'en- 
traina en infraction de ses ordres ; 
mais il se fit pardonner ce tort par 
sa bravoure. Il se montra non moins 
digne compagnon de Riiiter dans les 
trois combats de 1675. 11 fm tué 
(contre-amiral) dans la défaite des 
Hottes anglaises et lioliandaises par 
Tourville le 1 1 juillet 1G90. On voit 
sa tombe à Roterdam dans l'église de 
Samt-Laurent. Un antre capitaine 
de ce nom , Pierre de Brakejl, fut 
tué au service de sa patrie, en i66i 
devant la baie de Cadix. Il escor- 
loit , avec trois vaisseaux , un con- 
voi marchand venant de Smyrne 
La guerre entre l'Angleterre et la 
république u'étoit pas encore dé- 
clarée. Le Commodore anglais Tho- 
mas Allen , l'attaqua pai^" surprise 
avec sept vaisseaux, et Brakel de- 
vint une des premières victimes de 
cette perfidie. Les Hollandais su dé- 
lendirent si bien que leur perte se 
borna à deux bàt:meus de la flotte 
marchande. 

* II. ER AKEL ( Théodore Van ) 
theologieu ho]laudais,né à Eudiuizeu 
eu i6o8, mourut iiuuistre du s^nt 



2 74 BRAK 

Evangile à !\Iackmn en Frise en 
1669. Il a liiissë lin Traité sur la 
fie spirituelle , et quelques autres 
ouvrages. 

* BRAKEMBOURG ( Reluière ) , 
jieintre celcbre , ne à Harlenx eu 
1649 , mort dans la province de 
Frise. Il a\ oit l'esprit enjoué, et peut 
être compté parmi, les poêles de son 
pays. Ses tableaux représentent des 
Concerts , des Bals , des assem- 
blées de famille. H y a fidèlement 
représenté les usages et les modes de 
son temps : l'amour et le vin sont 
toujours de la partie ; mais ces plai- 
sirs n'y sont pas assez voilés. En gé- 
néral , ses sujets ressemVjJoient à ses 
mœurs ; mais ses compositions sont 
spirituelles et variées , à l'exception 
des personnages , qui se rcsseml)leut 
trop. Ses groupes , quoique nom- 
breux , sont liés avec art ; et, soit 
qu'il représente des appartemens ou 
des paysages , les détails y sont étu- 
diés avec autant de soin que les fi- 
gures , et tout y est peint d'après 
nature. Sa touche est légère et spi- 
rituelle, sou pinceau ilo\i , sa couleur 
\ igoureuse et pleine de vérité , et le 
ciair-obscur bien entendu : mais il 
peclie par le dessin. Ses tableaux les 
plus remarquables sont , à Paris , 
un Sauovard qui montre sa cu- 
riosité dans la rue : on y voit une 
foule de monde de tout âge. A 
Rouen , plusieurs tableaux repré- 
sentant des assemblées, entre les- 
quelles on en distingue une des deux 
sexes , arec des tables de jeu ; un 
tableau <fui représente un /tomme 
assis près d'une Jèmme qu'il ca- 
resse de près ; deux autres ouvra- 
ges capitaux : dans l'un de ces ta- 
bleaux , la Débauche sans fiein ; 
dans l'autre, les Plaisirs , déjà trop 
libres , y sont encore excités par 
les iustrumens. A La Haye , une 
yfs-^pmblée de paysans dans une 
cuisine ; i' Enfant prodigue gar- 
dant ses pourceaux ;• dans wa pay- 



BRAM 

sage , L'n Peintre devant son che- 
valet , près de lui des en/ans , et , 
dans la même chambre , une nou- 
velle accouchée. A Amsterdam , 
deu.x Kermesses ou Vêtes de vil- 
lage. A Bruges , deux jolis Ta- 
bleaux finis Et à Anvers , deux 
Conversations. 

t BRAI\L\NTE d'Urbik (Laz- 
zari ) , célèbre architecte , naquit à 
Castel-Duranli, au territoire d'Ur- 
bin , vers l'an \l\i\l\. Il s'appliqua 
d'abord à la peinture ; mais ses ta- 
lens et son goût étant plus inarqués 
pour l'architecture , il s'y adonna 
avec un succès étonnant. Le cou- 
vent délia Pace , qu'il fit bâtir à 
Naples , lui ayant acquis de la ré- 
pulalion, Alexandre VI le uonnna 
sou architecte. Jules 11 le fit en- 
suite intendant de ses bàtimens. Ce 
fut par l'ordre de ce pontife qu'il 
exécuta le magnifique projet de join- 
dre le belvédère au palais du 'Vatican , 
ouvrage digue d'admiration , s'il n'a- 
voit pas été gâté par divers change- 
meusqu'onyafailsdepuLs.Kramante 
détermina Jules à son tour à démolir 
l'église de Saint-Pierre , pour en 
bâtir une plus magnifique , et qui , 
n'eut point d'égale dans l'univers. 
Le plan de ce grand maître ayant 
été adopté, on commen(,a, l'an iôo6, 
à jeter les foudemens de cette nou- 
velle basilique qui fut élevée jusqu'à 
l'eiuablement avec une diligence in- 
croyable; mais il n'eut pas la saîis- 
faction de voir son ouvrage entière- 
ment exécuté, étont mort en î5i4. 
11 en laissa la continuation au cé- 
lèbre !\Iichel-Auge rlonarota. ( Voy. 
ce dernier nom.) Bramante, aussi es- 
timable par les qualités du cœur et 
do l'esprit (lue par ses talens , joi- 
guoit au génie de l'architecture le 
goût pour la musique et la poésie. 
Cet artiste avoit dessiné les plans 
des beaux édifices qu'il avoit vus, et 
toutes les parties du corps humain, 
11 fit encore uu autre ouvra îie sur 



BRAM 

tes Règles de l'ardiiteclure el de la 
perspective. Ses Uluvres, relronv^'es 
mamiscriles en 17^6, dans une bi- 
bliolbèqne de Milan , sont partie en 
vers , partie en prose ; elles ont été 
imprimées eu italien , aussi à Mil.'.n , 
en 1756. Ce fut lui qui amena à 
Rome, et qui y enlrelinl le fameux 
Raphaël d"Url)in , lequel lit le por- 
trait de son bienfaiteur, que l'on 
voit au Vatican. Bramante fut en- 
terré dans la basilique dont il avoit 
commencé la constiuclion. Le pape 
lui ilt faire des funérailles magni- 
fiques , el les honora de sa présence , 
au milieu de toute sa cour. 11 y a 
au Musée Napoléon un tableau de 
cet artiste, qui rejiréseute une Dc- 
jwsUlon de la croix. 

BRAMANTINO ( Barlhélemi ) , 
architecte et peintre milanais; il Uo- 
rissoit vers le milieu du i5*^ siècle , 
fut l'un de ceux qui introduisirent 
le goût de la bonne architecture en 
Italie. Il bàlil un grand nombre 
d'églises dans le Milanais. On ad- 
mire sur-tout l'église deSl.-Satyre, 
ornée de colonnes et d'une iril^une 
célèbre. Bramantino fit plusieurs ta- 
bleaux pour le pape Nicolas V. 11 
mesura et dessina tous les monu- 
mens antiques de la Lombardie, et 
en publia là description. 

1 1. BRAMER (Léonard), peintre, 
né à Uelft en iStjG, passa à l'âge de 
18 ans l\ Paris, où il resta quelque 
temps , puis à Rome. Appliqué pen- 
dant plusieurs années à copier et à 
étudier les cbefs-d'œuvre reTifennés 
dans cette ville, il acquit de la ré- 
putation par la vigueur et le natu- 
rel de sou pinceau. Il imita la ma- 
nière du Bassan et di> Corrége. On 
estime sur-tout ses petits Tableaux 
sur cuivre, où il a représenté de 
préférence des incendies , des nuits , 
des cavernes éclairées par des flam- 
beaux ; et deux grands tableaux 
faits en Italie , diOnt les sujets âoul 



BRAM 



255 



la Tiésurreclion du Lazare , et 
S. Pierre reniant Jésus , et Jésus- 
Christ à qui un pose la couronne 
(l'épi/ies ; celui-ci est dans la galerie 
de Dresde. 11 excelloit aussi à [teindre 
les vases d"or, de bronze ou de mar- 
bre. 11 y en a deux de ce genre à 
Vienne. Il composoit facilement ; 
on voit de lui un grand nombre 
de dessins sur différens sujets ; ses 
petites ligures sont spirituelles et 
touchées avec finesse ; sa couleur est 
belle et vigoureuse. — On ne doit 
pas confondre ce E ramer avec un 
assez bon peinli'e hollandais, nommé 
Bramer ou Pkamek , qui peignoit 
dps Conversations et qui ilorissoit 
vers le iG*^ siècle. 

* II. BRAMER (Benjamin ) , cé- 
lèbre architecte à Marpnrg , vivoit 
au milieu du i^^ siècle. 11 a publié 
différens ouvrages d'architecture. 

* BRA?\IES C Marie de ) , plus es- 
timable sous le rapport de sa piété 
filiale que sous celui de ses lalens 
poétiques. Celle demoiselle a consa- 
cré dans une longue Elégie , impri- 
mée iu-8° en 1.^97 , ses regrets sur 
la mort du sieur de Brames , sou 
père , assassiné par des séditieux 
aux environs de la ville de Cusset 
en Bourbonnais , dont il éloit com- 
rnandp.iil el gouverneur pour le roi 
ilturi m. Elle appartenoil , san> 
doute , à la famille de Eu-ancas , car 
c'est sous ce dernier nom que 
Fhilipon-la-Magdeleine , a parlé 
d'elle. 

fBRAMMAL (Jean) , archevêque 
d'Armach, primat d Irlande, naquit 
en 159.3 à Ponlefraci , d^ms le comlé 
d'Yorck. , d'une famille ancienne, et 
mourut en i663. Ses ennemis lui 
suscitèrent des traverses sous Oli- 
vier Cromwel : il s'expatria; mais, 
sous Charles II, il confondit leurs 
impostures , déconcerta leurs pro- 
jets, et obtint le siège d'Armach; 
Ce prélat étoit courageux, élo'^uenty 



ojg bran 

habile dans la controverse et dans 
la politique. Il se rendit célèbre par 
sa Distinction entre les articles de 
paix et les articles de foi. Ses Ou- 
i/agcs ont été imprimés in-folio : 
les Anglais les estiment. 

•;• BRAMMON ( personnage my- 
thologique des Brahmes) éloit l'amé 
des q\ialre ti!s de Pouros , le premier 
homme, et de Parcouti, sa femme. 
Si coiislituliou terrestre, sou natu- 
rel mélancolique , et l'esprit dont 
il étoit doiié , engagèrent le créa- 
teur à faire de lui l'organe des 
lois de sa sagesse ; et lui ayant or- 
donné de voyager , il l'envoya 
dans l'Orient , où il rencontra la 
ffjmme qui lui étoit destinée, et l'é- 
pousa. L'envie de revoir ses parens 
le ramena vers eux au bout de 
quelque temps , et il se réunit à ses 
irères qui étoient de retour dans le 
même dessein. Ils avoient tous leurs 
femmes avec eux , et donnèrent 
naissance à plusieurs générations 
qui formèrent quatre tribus séparées. 
Cependant la corruption commen- 
çant à pénétrer dans l'esprit des 
hommes , Brauimoii oublia les fie- 
voirs de la piété, et devint jaloux 
des attributs de ses frères , qui , de 
leur côté , manquèrent au respect 
du à son droit d'amesse. Le mau- 
vais exemple des parens pervertit 
à tel point toutes les générations , 
et les créatures de Dieu l'offensèrent 
tellement par les excès de leur cor- 
ruption et de Ifur impiété , que sou 
courroux er.tlammé sarma contre 
elles , et engloutit le genre humain 
.sous les eaux d'un déluge univer- 
sel qui termina le premier âge du 
monde. 

* BRAN, fils de Leyr, et père de 
Caradogon Caractacus , roi de la 
Grande - Bretagne. On le compte 
pour uu des trois princes qui ont 
consolidé la forme élective de la 
monarchie eu A'.ig'elcne. Prydam 



BRAN 

et Dynwall sont les deux autres'. 
Lorsque son fils fut livré aux Ro- 
mains , Bran et sa famille furent 
enmenés à Rome, y emi'rassèreut 
la religion chrétienne, et l'introdui- 
sirent dans leur ])ays quand ils y 
furent rentrés. Bran est mort v&rs 
l'an 80. 

1 1. BRANCACCI [ François-Marie 
de), d'une illustre maison, origi- 
naire de Naples , successivement 
évèque de Viterbe , de Porto, de 
Capaccio , ensuite cardinal sous Ur- 
bain Vlll en 1674, mourut en 1675, 
à 84 ans. Le meurtre du gouverneur 
de Capaccio l'ayant brouillé avec 
les Espagnols, il eut une exclusion 
de leur part , lorsqu'on le proposa 
pour successeur du pape Clément IX. 
On a de lui un Traité sur le cho- 
colat , à Rome, 1664, in-4'', dans 
lequel il soutient que celte boisson, 
prise à l'eau , ne rompt pas le jeûne. 
Brancacci ajouta, an mérite de cul- 
tiver les lettres , celui de les proté- 
ger. Il composa d'autres ouvrages , 
et le recueil en parut à Rome en 
ifi72 , aussi in-4''. 

-; II. BKANCACCI. r. Laukia. 

* BRANC ACCIO ( Lelio ) , Napo- 
litain , meslre-de-camp et mem- 
bre du conseil de la guerre en 
Flandre vers 169.5 , a publié huit 
hvres' sur la houvelle discipUne et 
h vi-rilable art militaiie , impri- 
més par les Aide , in-fol. Les Caridù 
militari, o I urina dcl Marte , 1 6/] 1 . 
Plusieurs hommes de cette famille 
se di.stinguèrenl dans l'Eglise , dans 
l'étal civil , et dans ks sciences. 

* BR ANCADORI-PERINNI (Jean- 
Baptiste ) , palrice de Sienne, né 
dans cette ville l'an 1674, s'appli- 
qua des sa jeunesse à l'élude des 
sciences et des belles - lettres , et 
s'acquit une grande réputation. Il 
fut lié avec les hommes les plus il- 
lustres de sou temps. Il mourut le 



BRAIN 

ig novembre 1711 , et fui enterré 
dans l'église de Saint - Lorenzo in 
DamasOjdont il étoit chanoine de- 
puis 1700. Il a donné, I. Cruno- 
lugia de'gran maeslri clello spéciale 
del santo sepolcro della sacra re- 
iigione militare di S. Giovanni Ge- 
rusoliniitano , oggi di nalla , coi 
rittralti de medesimi , intagliati 
in rame e colle vite descriple , etc. , 
Borne, 1709. II. Quelques ^joe^/Vs 
qu'on trouve dans les Raccolte d'Ai- 
cadia, et dans quelques autres re- 
cueils. Cresciniljéni , dans son His- 
toire de la poésie vulgaire , volume 
IV , el MazzucthelU , parlent de lui 
avec beaucoup d'estime. L'aLbé Co- 
simo Finetti a fait son éloge dans ses 
Notices sur les académiciens des Ar- 
cades , vol. I, p. 91. 

* BRANCÀLASSO ( Jules- An- 
toine ) , de Tursi dans la Lucanie , 
vécut dans le 1 4*^ siècle , et composa 
d'abord en latin un ouvrage intitulé 
Laberinto di Corle , qui fut traduit 
ensuite en espagnol. 

*BRANCALÉON (Jean -Fran- 
çois ) , natif de Naples , professa la 
médecine à Borne vers l'an 1.^)35. 
On a de lui un dialogue De bal- 
neorum utilitate , cum ad sanita- 
tem tuendam , tum ad morhos 
curandos , ex Hippocrale , Galeno , 
cœlerisq ue medicis , Romae , i5o4 , 
in-8*'; Parisiis, i5ô6, in-8°; Norim- 
bergae, 1 536 , in-S". 

I. BRANCAS DE ViLLAKs. roj. 

VlLLARS BraNCAS. 

II. BRANCAS (Louis de), mar- 
quis de Céreste , issu de l'illustre 
famille des Brancacio , originaire 
de Nai>les, et établie eu France de- 
puis 1378 , servit avec distinction 
par mer et par terre , sous Louis XIV 
et Louis XV, et fut employé dans 
plusieurs ambassades. Ce dernier 
roi riionora du bâton de maré- 
chal. Il monriU en 1750, âgé de 7(1 

T. III. 



^;RA]^f 2(37 

ans. Il étoit de la même famille, 
mais d'une autre branche que les 
Villars Brancas. 

■;- m. BRANCAS ViLLrîCEUVE 

( André-Fnuçois) , abbé dV\i;.iiay , 
né dans le comtal Venais^u; , mort 
en 17.58 , est connu par plusieurs 
ouvrage? sur la piiy^ique el l'aslro- 
iiomie. dont la forme a fait tort au 
four" , qui offre quelquefois de bonnes 
choses. Les princijjaux sont , I. 
hetires sur la cosmographie , 1744 > 
iu-4°. II. Système moderne de cos- 
mograpkie et de physique géné- 
rale , ij^i, in-4''. III. Explication 
du flux et du reflux de la mer , 
1759 , in-4'^. IV. Lphémérides cos- 
mographiques , 1750 , in - 1 2 V. 
Histoire ou police du royaume de 
Gala , que l'auteur dit être traduite 
de l'italien en anglais , et de l'anglais 
en français , Londres (Paris), 1754, 
in-8", 2 part. 

BRANCHUS (Mythol.) , f^lsd'A- 
poUou. Sa mère, étant enceinte, 
rêva qu'un rayon du soleil lui entroit 
dans la bouche et péuélroit jusque 
dans ses flancs. Brauchus obtint de 
son père le don de prophétie. On lui 
éleva un temple superbe à Didvme , 
où il rendoit des oracles, les plus 
renommés de la Grèce , après ceux 
de Delphes. 

* BRANCIFORTE ( François ) , 
noble sicilien qui vivoit dans le 1;")° 
siècle , laissa plusieurs ouvrages 
estimés. I. Trattato deU'amore 
onesto ; Due commedie , qui furent 
imprimés. En manuscrit, un Libro 
della ragione di stato. 

i-BRAND (Chrétien Helfgoit), 
peintre , né à Francfort-sur-l'Ouer 
en i6g5 , s'établit à Vienne , et y 
devint l'un des premiers paysagistes. 
Rien n'est plus calme que ses eaux, 
plus humide que sa rosée courbant 
les plantes sous son poids. Ri eu 
n'est pins riclio que les reilet>. de 



258 



BRAN 



l'astre du jour , qui disparoit sous 
les nuages. On voit quntre Paysages 
de ce peintre dans la galerie de 
Vienne. 

BRANDAMO. rojez Brito. 

BRANDEBOURG, rorez l'ar- 
ticle Prussf. dans la C/irono/rj^ie , 
et Frédéric, n°* Xlll , XIV et 
XV. 

* BR.\NDEL ( Pierre ) , ceîèljre 
peintre d'histoire et de portraits , 
iiéà Prague en 1660, niori eu i^.îg, 
élève de Sliroéler. Il mourut pauvre 
dans cette même ville , quoiqu'il 
ti\\. gagné des sommes considé- 
ral)les : mais il les avoit dépen- 
sées en extravagances. Ses taLîeaiis, 
qui décorent les principales églises 
de Prague et de Breslau , sont ad- 
mirés par la hardiesse du style , la 
correction du dessin et la heaulé du 
coloris ; il excella dans ce genre. 

* BRANDEXBERG ( Jean ) , né 
à Zug en Suisse dans l'année 1660. 
Il étoit élève de son père , Thomas 
Brandenbcrg , qui mourut en 1688. 
Lorsqu'il !e perdit il avoit déjà de 
la réputation , qu'il augmenta en- 
core par ses voyages en Italie ; il 
y acquit une grande et bonne ma- 
nière , en s'atlachanl à copier pres- 
que tous les ouvrages de Jules Ro- 
main. De relour dans sa ville na- 
tale , il fut occupé à peindre les 
«glises et les couvens , mais on 
u"y étoit pas assez riche pour payer 
la valeur de ses ouvrages , et il étoit 
fâché d'être obligé de peindre dans 
tous les genres. On eslimoil beau- 
coup les pastorales peintes par lui 
dans la salle de concert à Zurich. 
Ce peintre très-lal)orieux mourut le 
26 septembre 172g dans sa patrie , 
où l'estime publique consacra une 
épitaphe latiue à sa gloire. Bran- 
denberg avoit un beau génie pour 
l'histoire ; sou dessin assez correct 
est d'uu bon style , et «©n coloris 



BRAN 

vigoureux. Il a peint aussi des Ba~ 
tailles qui soutlrès-vantées. 

* BRANDER (George-Frédéric), 
un des plus liabiles et des plus cé- 
Icljrcs mécaniciens du 18^^ siècle, né 
en 1715 à Ratisbonne. Après avoir 
l)ris des leçons de mathématiques à 
Nuremberg et à Altdorf , il se rendit 
à Augsbourg où il lit des instrumens" 
de cliirurgie. Il construisit, en 1757, 
les premiers télescopes en Allema- 
gue. L'académie des sciences de Mu- 
nich le reçut parmi ses membres; 
plusieurs cours et académies le char- 
gèrent de leur consiriure des ma- 
chines qui lui l'ont le plus grand 
honneur. L'invention des micro- 
mètres sur verre lui appartient. Elle 
fut rendue ])ublique par le profes- 
seur Lambert , qui avoit demeuré 
plusieurs années chez lui. Il est mort 
le 1*'' avril 1785 , après avoir pu- 
blié la Description des instrumens 
c[u'il a inventés ou perfectionnés. 

* BRANDES ( Jean -Chrétien ) , 
né à Stettin le i3 novembre 1705, 
mort à Berlin le 10 novembre 1799, 
est connu comme acteur et auteur 
dramatique. Il reçut des leçons du 
célèbre Lessuig, et joua a\ec succès 
sur un grand nombre de théâtres. 
Ses ouvrages dramatiques sont im- 
primés en 8 volumes , Hambourg et 
Leipsick, 1791 , iu-S". Il étoit pour 
les Allemands ce que Goldoni étoit 
pour les Italiens. Le dialogue de ses 
pièces est facile et naturel , et l'in- 
trigue bien soutenue. Cependant 
aujourd'hui on y désireroit ])lus de 
chaleur et un slyle ])lns nourri. 
Parmi ses pièces on estime les sui- 
^ unies : Le J^Iarchajid anobli , 
drame en h actes , 1790. Le Comte 
(VOlsbach Olivie , tragédie en .t 
actes, ^'iriadne à Na.vos , duo- 
drame ;ce fut le premier essai heu- 
reux qu'on fit du mélodrame sur le 
théâtre allemand. Brandes a aussi 
publié sa f^ie en â vol., Berlin, 



BRAN 

1709, in - 8° ; elle est t'crite d'un 
slyle agréable , el se lit avec aulaut 
de plaisir que le meilleur roman. 

Y BRANDI (Hyaclulhe), peintre, 
naquit à Poli , aux environs de 
Rome , en i633. 11 se perfectionna 
dans l'école de Lanfrauc. La plupart 
des éolises et des palais de Rome 
furent embellis par son pinceau. 
Une imagination brillante , une 
grande facilité, un coloris foibîe , 
incorrect, caraciérisent ses ouvra- 
ges. Il travailloit avi'c beaucoup de 
rapidité , ])référant les ])!aisirs et 
l'argent à la gloire. Il mourut à 
Rome en ibgi , a ûo ans , prince de 
l'académie de Saint-Luc, et ciieva- 
lier de l'ordre du Christ. On voit 
de lui , dans la galerie de Dresde , 
deux tableaux : Dédale altacliant 
les ai/es à Icare, et un liloïse. 

* BRANDINO , né à Padone , 
poêle antérieur au Dante, qui en 
parle avec élog-' dans son livre De 
vulgari eloqueiitid ; il a été un 
des premiers qui ail cultivé la lan- 
gue vulgaire, c'est-à-dire qui ait 
cherché à former une langue des 
divers jargonsqu'on parloit en Italie. 
Le Dante dit aussi l'avoir connu 
personnellement. Ce fut sans doute 
lorsque de Florence, sa patrie, il se 
rendit à Padoue. Ailacci a publié 
deux sonnets de Brandino dans son 
Recueil de poésies. 

I. BRANDxMULLER Qeau) , par- 
tisan d'Gïcolampade , ministre el 
professeur d'hébreu à Baie, naquit 
à Eibcrac , et mourut en iSgG , à 
65 ans. On a de lui quatre cents 
Oraisons funèbres tirées de l'ancien 
Teslament, et qualre-vingts puisées 
dans le nouveau; des Sermons pour 
des mariages et des Dialogues en 
allemand. 

II. BRANDMULLER ( Jacques ) , 
iils du précédent, mort en 1629, se 
lit connoitre par trois volumes in- 
4" , intitulés .■^naljsis tjpiija II- 



hrorvm vetcrls et novi Tcslamenti , 
Baie , 1620 el 1621. 

t III. BRANDMULLER ( Jac- 
ques ) , petil-P.ls de Jean , professeur 
de jurisprudence àBàle, mort eu 
1677 , à [)o ans , estanlcur de plu- 
sieurs Ouvrages de droit assez esti- 
més, el de quelques Vièccs de j)oé~ 
sies médiocres. Quant à la juri^ipru- 
dence , il en avoit poussé (orl loin 
la théorie ; mais il avoii négligé la 
pratique , ne croyant pas (pi'un mê- 
me honnne put exceller dans l'un el 
dans l'autre. 

* IV. BRANDMULLER ( Gré- 
goire ) , ]ieintre , né à Baie en i66i. 
11 fui d'abord disciple de C. Meyer 
à Baie , et ensuite du cchine Le 
Brun , à Paris , qui l'employa à ache- 
ver ses grands ou \ rages. Ses com- 
positions ont de la cliaieur, de la 
correction, une expression soignée, 
un bon coloris , el des teintes bien 
fondues. Il passe pour un des ir.eil- 
leurs peintres d'Allemagne. Dans 
l'église des capucins , à Dornach , 
on voit une Descente de Croix de 
cet artiste, acec desjiguies de gran- 
deur naturelle. Il mourut en 1690. 

* BRANDOLINI ( Auréle ) , dit 
Lippo , parce qu'il avoil été presque 
aveugle dans sa jeunesse, enseigna 
d'abord les belles-letlres à Florence où 
il éloit né. Malhias V^ l'appela en 
Hongrie, où il professa également à 
Biideet ailleurs. Il mourut en i490, 
et composa plusieurs ouvrages dont 
on peut voir la liste dans les Dis- 
sertazionl Kossiane del Zeno , 
tome II , p. igo. 

BRANDON ( Charles ). ^oyez 
Maiue, n" XI. 

ï I. BRANDT ( Sébastien) , né à 
Strasbourg en i4r)8 , enseigna pu- 
bliquement la jurisprudence à Bàle 
el a Strasbourg, devmt conseiller et 
chancelier d^^ celle dernière ville, 
eluiouruten ib'2i. Il estautem"d'un 



2 Go 



BRAN 



Poème anemand , traduit en laliii 
par Jacques Locher, sous le titre de 
JS/'ai-'/s stultifera morlallum , 1488, 
iu-4°, cdilioii plus rare, mais moins 
belle que celle de Paris , 1498, in- 
4°. Il y eu a une Tiaduclion fran- 
çaise , par Jean Droyu ou Drouyn , 
Paris, i497 , et Lyon, 1498, in- 
folio. — Voyez Badius , pour la 
Nef des Folles. Sébastien Brandt a 
été l'éditeur du Refonnalurum 
vitœ morumquc lionestatis , lîale , 
1444 ( 1 ^94) > iii-8" , dont l'auteur 
est Jacq. Philippe , habitant de Baie. 
Ses Cannina uaria ont été impri- 
més dans la même ville en 1498 , 
in-^". Ou a encore de lui , de ori- 
gine et coiiseruatione bonorum 
regiim , Bàle , 149a, iu-4*'. 

t II. BRANDT ( Gérard ), théolo- 
gien protestant , né à Amsterdam en 
1626. 11 fut successivement ministre 
à Neukoop, à Hoorn et à Amsterdam , 
ministre dans la secte dite des re- 
montraus on arminiens. Il mourut à 
Roterdaraen i685,à Sg ans. Ses prin- 
cipaux ouvrages sont, I. Histoire 
delà réformation des Pays-Bas , 
en 4 vol. in-/,° , eu tlaraand ; abré- 
gée eu français, en 5 vol. iu-12, 
1700. Le grand-pensionnaire Fagel 
dit un jour à levèque Burnet « que 
celle Histoire méritoit qu'on apprit 
le ilamand » , mais peu de person- 
nes voudront profiter de ce couseil. 
11. /-a Fie de t amiral Buy ter , 
traduite eu français jwr Aubin , 
Amsterdam, 1698, in-fol. 11 a 
rendu des services essentiels à la lit- 
térature hollandaise par ses éditions 
correctes des œuvres de Hooft , de 
V'ondal. Il n'avoit pas moins de ta- 
lent que de goût pour la poésie. A 
1 âge de 17 ans , il fit imprimer une 
tragédie de sa composition. — Il 
ëtoit fils de Gérard Brandt , habile 
mécanicien, si estimé de son temps, 
que Descartes voulut le connoi- 
lre,et se lia d'amitié avec loi. Il 
eloit né à ."\Iiddelbourg en 1094, 



BRAN 

et mourut à Amsterdam en iB.ôq . 
Son goût éclairé pour les arts li- 
béraux, et sur-tout pour la poésie 
hollandaise l'avoit fait nommer l'a- 
gent du théâtre d Amsterdam. 

* III. BRANDT ( Gaspard ), fils 
du précédent, né à Neukoop eu 
;6ô3 , ne dégénéra point du mérite 
paternel. Il étudia la théologie sous 
le célèbre philosophe Van Limborch, 
et exerça successivement le ministère 
évangéliqueàSchoonhoven,àHoorn, 
à Alkmaar, à Roterdam et à Ams- 
terdam , où il est mort en 1(196. On 
a de lui deux volumes de Sermons , 
in-4° , 1698 et 1709. 11 y est inii- 
nimeut supérieur aux prédicateurs 
hollandais ses contemporains. Ses 
Poésies ont été imprimées avec cel- 
les de Jean , son frère , à Amster- 
dam, eu 1725, un vol.iu-4*. Ha 
écrit eu latin Fie de Jacques Ai~ 
minius , in -8°. 

* IV. BRANDT ( Gérard ) , le 
jeune , frère du précédent , courut la 
même carrière et mérita les mêmes 
éloges. Ou a de lui quelques Tra- 
ductions du latin , du français et de 
l'anglais, 3 volumes de Sermons , 
in-/," , i6.S5 et 1716. Une Histoire 
des années , 1672 et 1673 , à Ams- 
terdam , 1678 , un vol. in-4°. 11 
mourut ministre du saint Evangile 
à Roterdam en i685 , âgé seule- 
ment de 26 ans. 

* V. BRANDT ( Jean ) , digne de 
son père et de ses frères , né à 
Neukoop en 1 660 , mourut pas- 
teur à Amsterdam en 1708. Sou 
principal ouvrage est une Fie de S. 
Paul , un vol. iu-4° , 169,5. 

t VI. BRANDT ( Jeau ) , secré- 
taire de la ville d'Anvers , mort tu 
16.19, à 80 ans, étoit un savant 
plein de zèle pour le progrès des 
sciences et des arts. Il avoit mar- 
qué ses dispositions à cet égard par 
ces mots : Libenter , Ardenter^ 
Constantes: Il laissa un ouvrage in- 



BRAN 

tÏMilé Elogia Ciceroniana Ro- 
'manorum domi militiœque iUus- 
trium. Il y a ramassé lous les Iraits 
lus toriques répandus dans les dif- 
férens ouvrages de Cicéron sur la 
vie des hommes illustres dans le 
gouvernement et la guerre. Claro- 
rum viroium eplstotce centurn ine- 
tlitœ , de varia eruditionis génère , 
Amsterdam , 1702 , iu-8° 

* VII. BRANDT , alchimiste al- 
lemand , vécut dans le 17'' siècle. 11 
s'inKigina pouvoir trouver la pierre 
philosophale dans l'urine , sur la- 
quelle il exécuta une infinité de pro- 
cédés chimiques. La plus grande 
])artie de sa vie se passa à travailler 
sur cette liqueur ; mais il ne trouva 
rien de ce qu'il cherchoit. Cepen- 
dant, en 1669 , après une très-forte 
distillation durine, ildécouvritdans 
son récipient une matière luisante 
appelée depuis phosphore. Il fit 
voir cette matière à Kuutel , chi- 
miste de l'électeur de Saxe , et à 
plusieurs autres cliimistes , mais il 
en ciicha la préparation ; après sa 
mort ,Kunlel devina facilement la 
substance de la nature du phos- 
phore. 

VIII. BRANDT ( Enevold, comte 
de ), favori du roi de Danemarck, 
l'ut déclaré complice du comte 
Struensée , et condamné comme lui 
à être décapité. Il subit son juge- 
ment le 28 avril 1772. 

BRANKER ( Thomas ) , mathé- 
maticien anglais , mort à Macles- 
lield en 1^76 , a publié, I. Voctri- 
nœ sphericœ adumhraiio et usus 
globorum artificiainim , Oxford , 
1662, in-fol. II. La traduction en 
anglais de X Algèbre de Rhonius , 
1668, in-4''. 

* BRANQUIER et Ferdinand de 
MELIORI , artistes tlorenlins que 
Coibert lit venir en France pour y 
travailler à des ouvrages de rap- 



BRAS 2(^1 

port inconnus jusqu'alors en France. 
Leur travail ronsistoit dans l'assem- 
blage des pierres précieuses , d'a- 
gates différentes , de cornalines , 
de jades , de lapis lazulli , de jaspe 
et autres incrustéis , avec lesquelles 
ilsformoientdespay.sages , des Heurs 
et des fruits, qui ser\ oient à em- 
bellir des meubles et des dessus de 
table; travail que Le Tellier leur 
élevé a continué , et qui demande 
un temps et une patience infinie. 
On voit de ces tables précieuses au 
^Iiisée Napoléon et aux Tuileries. 
Quelques-unes sont plus anciennes 
et viennent de Florence. 

* BRANT. Voyez Bruele. 

BRANT03IE. Voyez Bourdeil- 
LES , n° I. 

BRANTILLE. Voyez Blond , 
n° I. 

BRAS ( de ). Voyez Bourgue- 

VILLE. 

t BRASAVOLA (Antoine-Musa ), 
célèbre médecin , né à Ferrare en 
i5oo, d'une famille noble de cette 
ville. Son savoir nesebornoil pas 
à la médecine. Ce fut après avoir 
soutenu à Paris , pendant trois jours 
consécutifs, des thèses De oinnii 
scibili , que le surnom de Musa lui 
fut donné par François L'. Il fut 
médecin con.-ultanl de ce prince , 
qui le lit chevalier de l'ordre d? 
Saiut-lMichel ; de lenipereur Char- 
les V , qui lui conféra le titre de 
comte palatin, etdelieuri VIII , roi 
d'Angleterre. Une fut pas en moin- 
dre considération dans sa patrie. 
Successivement premier médecin des 
papes Paul 111, Léon X, Clément 
VII et Jules III, chéri et favorisé de 
tous les autres princes d'Italie , et 
particulièrement des ducs de Fer- 
rare. Ulaissauu grand nombre d'ou- 
vrages , principalement sur cette 
science , et entre autres , I. Des 
Coniineiitaircs sur les aphorismes 



o.Gi 



BRAS 



d'Hijijjocra.'e et de Galien , im- 
primés Il Baie en iS.ja, in-fol. II. 
Index refit tissi mus in Galeni li- 
hrus , Venise , i32 3 , in-folio , que 
Castro , Bibliothèque I\led. , ap- 
pelle OpiJS indcfcasie elucubratio- 
itis el utilitatls iiiexpltcabilis. 111. 
Examen medicamentoruni , eu 5 
volumes. 

BFiASEY. roycz I\Ioreau, n° 
III. 

BRASIDAS , général lacédémo- 
nien , vers l'un /\2^\ avant Jesus- 
Cliiist, vaiucjuil les Athéniens sur 
mer et sur terre , leur prit plusieurs 
villes, et en til entrer plusieurs an- 
tres dans l'alhance de Sp;irle. S'é- 
taul enl'ermé dans i\uiphipolis à 
l'approche de Cléon, général i.lhé- 
nien , vain et impétueux, il prit un 
înoineut l'a\orable pour faire une 
sortie , Taltaqua , el. remporta une 
vicioire coaiplèle. Ce grand homme 
mourut qnclque temps après, d'une 
blessure qu'il a\oii reçue à un bras. 
Comme on louoit devant sa mère 
ses grandes actions , el qu'on le met- 
loil au-dessus de tous ses compa- 
triotes , «Vous vous trompez, dit 
celte femme vraiment Spartiate : 
jnoii iils avoit de la bravoure; mais 
Sparte a plusieurs citoyens qui en 
ont encore plus que lui. » Celte gran- 
deur d'ame dune femme, qui pré- 
féroit la gloire de l'étal à celle de 
son bis reconnu pour un héros , ne 
l'ut point sans récompense. Les La- 
cédémoniens rendirent des honneurs 
publics à la mère el au bis , el li- 
renl élever à leur libérateur un 
mausolée au milieu de la place pu- 
blique. On célébroil autour de ce 
monument des fctes nommées Bra- 
sidées. 11 fuUoit être Spartiate pour 
y être admis , el quiconque n'y 
assistoit pas étoit puni d'une forte 
amende. 

*BRASSANI ( Israël-Benjamin ), 
Tûbbiu de BeggiOj mort eu 1790, 



BRAU 

éloit un des meilleurs poêles de sa 
nation , et très-estimé pour la droi- 
ture de son caractère. (XoyezD/zio- 
nario sluricu delli autorl ebrei , 
par G. B. de Boni. ) 

* BRASSART ( Jean - Joseph ) , 
médecin, fui long- temps directeur 
des eaux minérales qui se trouvent 
dans le voisinage de Saint-Amaud. 
Les observations qu'il fut à même 
de faire sur leurs bons effets le dé— 
lenninerenl à publier les ouvrages 
suixans : I. Obsei\>alions sur la 
Jhnlahie minérale de St.-Amand , 
Tournay, 1698, in- 8". II. Traité 
(les eaux minérales de la fontaine 
de Bouillon - lès - Saint- jlmand , 
Lille, 1714, iu-S". 

BR.4ULIONO// Braule( saint), 
évèque deSaragosse, contribua , avec 
sainl Isidore de Séville, à réformer 
l'Eglise dEspagne. Il réunissoit la 
science à la piélé. On a de lui un 
Eloge de saint Isidore , sou ami ; 
la f-'ie de saint Emilien , avec une 
Hymne en son honneur, en ver.s 
ïambes. Ces divers écrits ont été 
recueillis à Madrid, iG.tj, in-4°. 
Sainl Brauliou est mort vers l'an 
6^6. 

fl. BRAUN (George), archidiacre 
de Uortmund , el doyen de Notre- 
Dame /// gradibus , à Cologne , flo- 
rissoil dans le ib*^ siècle. 11 est prin- 
cipalement connu par sou Theatrum 
urbium prxcipuurum mundi , en 
l)lusieurs vol. in-fol. On a encore de 
lui \\\\ Traité de controverse contre 
les luthériens ^ Cologne, i6o5, in- 
foiio , dans lequel il développe les 
ruses dont ils se sont servis pour 
répandre leur religion. Il les compare 
à « un coin dont la partie la plus 
déliée , iine fois entrée dans le 
bois , sert à introduire les parties 
plus épaisses. » 

* 11. BRAUN ( Salomon ) , méde- 
cin , né à Kiell dans le Holsleiu , 
viyoit dans le 17^ siècle. Il pratiqua 



BRAV 

8011 art clans la Soiiabe , d'abord à 
Nordliiigeu , puis à Bibevach , et , 
comme il eloiL membre de l'acadu- 
mie impériale des curieux de la 
ualiire , il corimuniiqna à celle so- 
ciété quelques observations dont elle 
a enrichi ses Mémoires. Il mourul 
à Biberach le lo novembre 1676 , 
et laissa un ouvrage écrit en alle- 
mand sur les bains de cette ville. 

t BRAUNEOM ( Frédéric ), pro- 
lestant d'Allemagne , publia , en 
i6i5, un livre in-^" sous ce litre : 
Tlorum Jlarnini'jrvm Romanen- 
siui/ipapaliurndecas; dans lequel il 
fixe chaque période du règne de l'An- 
téchrist , sa naissance, sa jeunesse, 
son adolescence, elc. 11 trouve l'An- 
teclirisl dans le pape, et prouve que 
le monde devoit liuir en 171 1 . 

t BRAUNIUS ( Jean ) , ministre 
orotestaîit, naquit à Keilrel dans le 
•as Palatinat en 16:28, et lut pro- 
fesseur de tliéclogie et de langue 
hébraïque àGroniugue, où il mouriit 
tii'àge de 80 ans. Sou savoir étoil 
étjndu , sa critique judicieuse. Ou 
la-tvisa de partager les opinions des 
coceïens. Sou principal ouvrage est 
lin raité très-approfondi sur les an- 
liqutés judaïques , intitulé Veslitiis 
saceidotum hebrœorum , Amsler- 
dara , 1701, 1 vol. in-4°. Ses autres 
écrits iont I^a véritable religion des 
Hollardais contre Sloiip , 1676, 
Jn-12. Un Commentaire sur l'épi- 
tre aux Hébreux , 1705, in - 4°. 
Selecta sacra, 1700, in-4''. JJoc- 
trinafuderum , Amsterdam, 1688, 
in-4''. Les principes de cet ouvrage 
furent attaqués par Jean deMarck. 

* I. BR;\VO ( Jean ) , né à Piedra- 
Hila dans la Caslille , enseigna la 
médecine à Salamanque vers la fin 
du 16^ si;cle,ets'j distingua tant 
par les succès de sa pratique que 
par les ouvrages qu'il publia, lis 
sont intitulés,!. De hjdruphobiœ 
uatuiâ, calais at(ii(e medeld , Siil- 



BRAW 



265 



manticae, 1571 , in-8°, 1576, i588, 
in-4". 11. In Libres prvgnosticurum 
Hippucratis commentaria , ibid. 
1Ô78, i.'ioô, \.\\-^" AW. De saporiim 
et odoriini dijj'erentiis , causis et 
affectioniùtis , ibid. lôSô, in - 8° ; 
Venetiis, i59a,in-8''. IV. In Galeni 
librnm , de dijj'erentiis Jebrinm , 
cojnmentarius , Salmunli(œ, i58ô, 
1 596 , iu-4°. V. De curanili ratione 
per med icamen ti pu rgan t i s exhibi- 
tionem, libri très, ibid. iô88,in-8''. 
VI. De simpliciuin medicamento- 
runi delectu , libri duo , ibid. 1592, 
iu-S°. 

* II. BRAVO-CHAMIZO ( Jean ) , 
médecin, enseigna l'analomie dans 
les écoles de Coimbre eu Portugal , 
el passa ensuite à la chaire de mé- 
decine pratique, lia écrit un ouvrage 
de chirurgie intitulé De medendis 
corporis malis pcr manualeni ope- 
rationem , Conimbriae, i6o5, 111- 
] 2. Celui De cajutis vulne/ibus est 
d'une plus grande éteudue ; il a paru 
en 1610 , in-fol. Cel auteur qui étoit 
de Serpa , vilL. de Portugal dans 
l'Alentejo , mourut vers 16 15. 

■;- BRAWER , Braur , Broor ou 
Bkom eiî ( Adrien ) , peiu tre tlum'and , 
naquit à Harlem en 1608. 11 com- 
menta dans son enfance à repri sen- 
ler sur de la toile des fleurs et des 
oiseaux , que sa mère veudoil aux 
femmes de la campagne, el iinit par 
des oui>ragesgi:otes(j ues et des figures 
enpetit(\ue l'on achetoil au poids de 
l'or. Son atelier éloil cdmaireuient 
dans quelque taverne. Il eniroitdans 
toutes les querelles des ivrognes , el 
s'enivroit lui-même. Arrètéa Anvers 
comme espion , il dninanda qu'on le 
laissât travailler : il se mil à peindre 
des Soldais espagnols occupés à 
jouer , et les représenta si liien que 
Rubens oflril six cents ilorins de ce 
tableau, el obtint sa liberté en se 
rendaiitsa caution. Sa conduitealléra 
sa sauté. Daus une de* courses fté- 



a64 



BRAW 



quenles qu'il faisoit, il fut euliùre- 
meul dépouillé par des voleurs. Se 
voyant presque uu , il se fil un habit 
de loile, sur lequel il peignit des 
fleurs dans le goftt des robes in- 
diennes. Les daines y furent trom- 
pées, et demandoienl une étoffe et 
des dessins pareils. Brawer les désa- 
busa en effaçant avec une éponge 
toutes les peintures de son hal)it. Ses 
parens le niéprisanl , parce qu'il étoit 
toujours mal vêtu, il acfiela un habit 
de velours. Alors on l'invita à une 
noce. Au milieu du repas, il répandit 
un plat rempli de sauce sur sa belle 
parure , en disant : « Il faut bien que 
mon habit fasse bonne chère, puisque 
lui seul est invité. » Réduit à la der- 
nière misère , il revint à Anvers , et 
alla mourir à Ihôpital , à l'âge de 02 
ans. Il fallut quêter pour le faire 
enterrer. 11 fut inhumé dans le ci- 
metière des painres; mais à peine 
Rubens eut-il appris sa mort, qu'il 
l'en f\t retirer et lui fit faire, dans 
l'église des carmes , des obsèques 
m<'ignirii|iies. Rrav.cr avoit été fort 
malheureux daus sa jeunesse, par 
l'avarice de liais, son maître, qui le 
faisoit travailler sans relâche , le 
laissant uu , et presque mourir de 
faim , malgré les gains énormes qu'il 
faisoit sur lui, eu sorte que je premier 
tableau qu'il composa pour son 
compte lui ayant été payé cent du- 
catous , et croyaut que ce fût un 
songe , il se roula dessus et puis s'en 
alla. Lorsqu'il revint quelques jours 
après , ou lui demanda où étoit sou 
argent? « Dieu soit loué , répondit- 
il , je m'en suis défait et m'eu trouve 
plus heureux. » 11 en a toujours agi 
de même. L'enjouemeut ne le quitta 
jamais au milieu de l'indigence. 
Tous ses tableaux représentent des 
scènes réjouissantes. On y v<}it des 
Qui'relles de cabaret , des Filous 
jouant aux cartes , des Fu/neurs , 
des Ivrognes , des Soldats , des 
Noces de village. La nature y est 
rendue avec une grande vérité. Sa 



BRAY 

touche est fori légère, ses couleurs 
très-bieu entendues, et ses iigiires 
ont beaucoup d'expression. Ses ou- 
vrages se vendent fort cher et sont 
très-rares. Il y en a trois au IMusée 
iNapoléon, V Intérieur d'une tabagie, 
la Musique bac/titjue et le Jeu de 
cartes. Ce dernier est un de se» 
chefs-d'œuvre. La galerie de Dre.sde 
en possède quatre qui représentent 
diverses scènes de paysans. 

* I. BRAY , sir Regiuald , grand 
homme d'état d'Angleterre , mort 
en i5oi , qui contribua beaucoup à 
placer sur le trône Henri VII d'An- 
gleterre, et qui jouit d'une grande 
faveur sous ce monarque. Sir Resi- 
nald n etoit pas moins bon architecte 
que grand politique. Il en a laissé 
une preuve sans réplique dans la 
cliapelle de "Westminster , qui fut 
bâtie sur ses dessins, et sous sa di- 
rection. 11 y a une autre chapelle à 
Windsor également bâtie par lui , e. 
cpii porte sou nom , dans laquelle i 
a été enterré. 

* II. BRAY ( Salomon de ) , néà 
Harlem eu 1^79. 11 étoit peintrede 
portraits et n'ctoit pas sans mé ile 
dans ce genre, cependant il est )lus 
connu pour avoir eu deux fils deve- 
nus habiles par ses leçons que pour 
ses autres ouvrages. Ou voit cb lui , 
daus la galerie de Uresde , deux 
bustes peints sur bois , l'ui- d'une 
Jeune femme avec un chapeau de 
paille, l'autre, à' m\ Jeune homme 
couronné de lierre. 

* III. BRAY ( Jacob), f^lsdu pré- 
cédent, nafiuit également àHarlem ; 
il excelloit à peindre l'histoire : on 
ignore le temps de sa mort , mais 
il vivoit encore en 1680. 

* IV. BRAY ( Jacques de ) , est 
regardé comme un des mciliei.rs 
])eintres d'Harlem, li peignoil égale- 
ment bien le portrait et l'iiisloire; 
on cite eulre autres tableaux de lui , 



BREB 

David pinçant de la harpe devant 
l'arche , avec une grande suite de 
prêtres et de lévites. 11 est bieu des- 
siné, d'un pinceau spirituel et d'une 
belle couleur. Ses dessins sont faits 
tantôt sur le papier et tantôt sur le 
vëlin; ils sont savans de contours 
et d'une belle touche; la plupart sont 
aux crayons rouges et noirs mêlés 
avec art. Jacques de Bray est mort 
âgé d'environ 60 ans, au mois d'avril 
J664. 

i V. BRAY ( Thomas ) , né à 
Marton en Shropshire en Jô.'îG, 
mort en 1700, fut docteur en théo- 
logie à l'université d'Oxford. Ce 
titre le distingua moins que sou zèle 
pour les prisonniers , auxquels il 
procura des adoucissemens. Il avoit 
fait, en qualité de missionnaire , un 
voyage dans le Maryland , et il a 
donné , I. Directorium missiona- 
riorum. II. Bibliotheca parochia- 
lis.lW.. Uu. Martyrologe, 1712, in- 
folio. 

* BRAZOLO ( Paul ), noble de 
Padoue , y naquit vers le commen- 
cement du \^^ siècle. Il étudia les 
belles -lettres sous le célèbre abbé 
Lazzariui. Il traduisit en vers ita- 
liens V Iliade d'Homère , et une 
partie de ÏOdyssée. Mais quoique 
ces ouvrages eussent été favorable- 
ment reçus du public, son propre 
jugement ne leur accorda point au- 
tant d'estime, et les condamna à 
l'oubli. Il publia une Traduction 
des œuvres et des jours d'Hésiode, 
avec des observations que beaucoup 
ne peuvent entendre aujourd'hui. 
11 fit aussi imprimer YEuropa 
idillia di Mosco , avec une Lettre 
qui en fait l'analyse, et quelques 
Traduction^ du grec. Il mourut 
en 1769, âgé de 60 ans, dans la ville 
deTribauo, où il est enterré. 

t T. ERÉBEUF ( Je: u de), jésuite, 
naquit à Bayeux en i ôgS, d'une fa- 
imlle noble. Après avoir professé 



BREB 



'iGS 



avec distinction dans plusieurs col- 
lèges de son ordre, il lut envoyé 
l'an 1625 aux missions du Canada. 
Etant chez les Hurons, ennemis des 
Iroquois , il fut pris par ces derniers 
qui lui jetèrent de l'eau bouillanle 
sur la tète en dérision du baptême , 
et le briguèrent ensuite à petit feu 
l'an 1649- Sa patience dans ce cruel 
supplice, qui dura quinze heures, 
toucha ces barbares , et plusieurs 
embrassèrent le clirisliauisme. Le 
P. de Brébeuf éloit oncle du sui- 
vant. 

1 11. BRÉBEUF ( George de ) , né 
à Thorigny dans la basse Nor- 
mandie l'an 1618, cultiva de bonne 
heure la poésie. Il débuta par une 
Traduction du septième livre de 
l'Enéide, en vers burlesques, et , 
quelque temps après , il publia 
une version dans le même genre du 
premier livre de Lucain.On trouve 
dans celle-ci une satire ingénieuse et 
enjouée de la vanité de ces grands 
seigneurs qui ne peuvent un moment 
oublier leurs titres , et de la bassesse 
de ces âmes foibles et viles qui les 
flattent dans l'espérance de parvenir 
à la fortune. On dit que Brébeuf, 
dans sa jeunesse , n'avoit du goût 
que pour Horace , et qu'un de ses 
amis, quin'aimoitqueLucain, le lui 
fit goûter et l'engagea à le -traduire. 
Sa Pharsale parut en i6.58, in-ia , 
et on l'admira malgré les hyperboles 
excessives, le style en lié, les anti- 
thèses multipliées , le faux brillant , 
les pensées gigantesques , les des- 
criptions pompeuses, mais peu na- 
turelles. Le clinquant de cet ou- 
vrage , et quelques étincelles de 
talent qu'on y trouve de loin en loin, 
éblouirent la cour et la ville. Mazariu 
ht de grandes promesses au traduc- 
teur; mais ce cardinal étant mort, 
et les autres protecteurs de Brébeuf 
se bornant à des caresses , il se retira 
à Venoix , près de Caen , et y mourut 
en 1 66 1 . Une fièvre opiniâtre le tour- 



o.m 



BREC 



nu-;iila plus de a iugt ans , et c'est 
dans ses cruels accès qu'il composa 
f=a Pharnale. Ou a encore de Jui , 
1. J.es enlrcticnx ^oUlaires, 'm-\2 , 
poi'sies chrétieuues , forl iiiléri ur.;s 
à sts produclious profanes. II. Un 
Rtcueil (l'œui'/cs diverses, }G()4, 
2 vol. iii-i2, (pii ofl'ie quelqiielois 
lie jolis vers. On y trouve les cent 
cinquante Epiera. m m es contre une 
femme fardée , qui lurent le IVuil 
d'une g;igeure; il y en a une dou- 
zaine au plus de piquantes. 111. Des 
Jl/uges pné/ique.^, etc., in- 12. IV. 
JJefcnse de P Fgli e romaine, in- 1 2, 
if)?!- V. I.vcain t.ravesll ou les 
Guerres civiles de César et de 
Pompée, eu vers enjoués, Paris, 
16Ô6, ia-12. T^ojeztxnMvs. 

13REBIETTE ( Pierre ) , graveur 
à reau-lorte, ué à Mantes , dans le 
17* siècle , a laissé des estampes 
pleines d'invention et d'intelligence, 
il peignoit au8si ; mais le peintre 
éloit inférieur au graveur. On a de 
lui des frises , des baccJtanales , des 
jeux d'enfans , des ^jets de dévo- 
tion. Il a gravé plusieurs tableaux 
de Paul Véronèse , de Raphaël , et 
d'André dei Sarte. 

* BRÈCHE ( raailre Jean ), avo- 
cat de Tours. Il fut contemporain 
de Jea» Bouchet auquel il adressa 
une épiire en -«ers. Il a traduit ou 
composé difTfirens ouvrages en pro.se, 
et ncn a laissé que deux de poésies, 
qui sont , Le II a nue l royal ou 
Opuscules de la doctrine et condi- 
tion du prince, partie en prose et 
partie en rime, etc. , et le livre P"^ 
de ÏJJoneste exercice du prince. 
Ils ont été imprimés tous deux à 
Tours , le premier in-zj", en ib.\i , 
et le second eu 1544. 

* ERECKLl^G ( Nicolas ) , qui 
nvoil été d'abord ministre dans le 
duché de Holslein , et qui le fut de- 
]>uis à JéroU , où il fut déposé , 
mérite \\m place parmi lesenllioii- 



BRED 

siastes du 17* siècle. Il a laissé phi- 
sieurs ouvrages qui respireul la piété 
et la vertu , mais qui prou% eut , en 
même temps, l'ii régularité de son 
imagiualioa et son défaut de juge- 
ujeut. 

t BRECOURT ( Guillaume Mar- 
TOUREAL, sieur de), poêle liauçais, 
comédien excf lient et mauvais au- 
teur. Il reiidolt tr<s-bien les rôles 
de roi et de héros dans les tragédies, 
et ceux à manteau dans les comédies. 
Son jeu éloit tellemeut animé , qu'il 
se rompit wne \eine en jouant sa 
comédie de Timon en un seul acte 
eu vers , qu'il vouloit faire valoir 
au moins par l'actinu. Il mourut de 
cet accident en iCSô. Ses pièces dra- 
matiques furent la plupart siUlées , 
et avec justice. UO/nbre de Ilolière, 
eu uu acte et en prose, est de lui , 
ainsi que la Hlort de Jodelet , la 
]Soce du village , eu un acte et 
en vers, Pans, 1666, in-12 ; le 
Jaloux invisible , eu trois actes , 
aussi en vers. Il y a quelques traits 
comiques dans ces pièces, mais clair 
semés. 

* BRÉDA ( Jean Von) , peintre , 
né à Anvers eu i683, lils d'A- 
lexandre Van BKKnA,qui a peint 
des vues d'Italie , des marchés, des 
foires , etc. , avec des figures et de.? 
animaux. Le jeune Bréda fut élève 
de son père , et prit son genre |us- 
qu'au moment où il vil la collec- 
tion de Jean de \Vit, la plus consi- 
dérable et la plus précieuse d'Anvers. 
Les beaux ouvrages de Breifghel de 
Velours et de "W'ouwermaus le ra- 
virent ; de Wit , lui ayant proposé 
d en faire des copies, Bréda , pen- 
dant neuf ans , s'attacha si bien à 
rendre ces deux mailres, qu'il étoit 
presqu'impossible de distinguer ses 
copies; on a eu la même peine à 
distingnerlesimitationsqu'il a faites 
depuis dans le genre de ces grands 
peintres. Les tableaux de Bréda eu- 



BRED 

ifiit la vogue et lirent sa forluue: 
il passa eu Angleierre fcl devint 
l'ami particulier du comte d'Har- 
lewaler qui péril sur réchafaiid , 
en jyif) , par son atlachement 
marque à la maison de Sluart. Van 
liréda n'avoil pas cessé de le visiter 
dans sa prison ; il en reçut un ])ré- 
sent honorable, counne marque de 
l'estime de cet inlorlunë seign-nir. 
11 fut long- temps inconsolable de 
celte perte. Rexenu a lui, Bréda 
ht plusieurs portraits pour le roi 
et la cour d'Angleterre, et revint 
a Anvers comblé de gloire et de 
richesses. Ses tableaux éloient si 
recherchés ,sur-loul des Allemands 
et des Hollandais , qu'où les eu- 
Rvoit , malgré les prix énormes 
qu'il y metloit. A sou arrivée il 
avoil été directeur de l'académie 
d'Anvers. Lorsque Louis XV fit son 
entrée dans cette ville en 17/16, 
il fit venir Vau Bréda , et lui acheta 
qiiaire tableaux ; deux représen- 
tant /. C. faisant des miracles; 
J. C. prêchant sur les bords de 
la mer, ti (.\eu-s. Paysages ; il y a 
dans ces tal)!eaux une multitude de 
figures , si bien dans la manière de 
Brenghel de Velours , qu'il est pres- 
qu'impossible de les distinguer. Le 
<:hoix du monarque engagea les 
princes de Cîermonl et de Soubise , 
le maréchal de Lowendael , le duc 
d'Havre et plusieurs autres à acheter 
et payer honorablement les tableaux 
de ce peintre. Le modeste Van Bré- 
da , qui ne s'attendoil pas à cet évé- 
nement glorieux , eu fut ému au 
])omt qu'il en manqua mourir. 11 se 
rétablit cependant, continua d'aug- 
menter ses jolis tableaux, et termina 
sa vie laborieuse eu 17.^0, à l'âge 
de 75 ans. Ce peintre est celui qui 
a le plus approché de Breughel de 
Velours et de Wouwermans ; ses 
paysages , avec une multitude de 
petites figures, représt-ntant quel- 
ques traits d'iiisloire sacrée ou pro- 
fane, sont dans le goût du premier; 



BRED D.Gj 

les batailles , les foires , etc. , .sont 
dans celui de Wouwermans ; comme 
(U'iis celui-ci , on y trouve une cou- 
leur brillante et claire , de beaux 
ciels , des lointains agréables , un 
bon dessin, du ï\:i\ et peut-être plus 
de génie; mais il lui mauquoil relie 
pale et ce largo unique dans le ^\ ou- 
werinans. Les tableaux de{3r('dasonl 
ré[)andus dans luule l'EuroiJC ; il y 
eu a quatre très beaux à Iiouen , 
représentant des ialailles dans la 
manière de Wouwermans , et une 
grande quantité dans les cabinets 
de Hollande , représentant des pay- 
sages avec beaucoup de figures, imi- 
tant les Breughel de Velours. 

* BREDAEL ( Pierre Van ) , né 
en i63o à Anvers , quitta celte 
ville }x»ur aller à la cour d'Espagne: 
ses paysages y furent recherches , 
mais rien ne put l'y retenir , et il 
revint à Anvers , où il fut directeur 
de l'académie eu 1 6S9. Ou vo.t , par 
les sujets de ses tableaux , qu'il a 
passé quelque temps en Italie , car 
ses paysages soûl ornés d'architec- 
ture et de ruines. Ses tableaux sont 
harmonieux et d'une belle couleur; 
de jolies ilgurcs , des animaux bien 
dessinés et ioi chés avec finesse , 
peuplent ses paysages. Quelque.s-uus 
sont dan- la manière de Jean Breu- 
ghel, et d un mérite égal à ceux de ce 
maître ; un des plus lîeaux se voyoit 
a Gand , et plusieurs à Anvers, dont 
quatre représentoienl /es élémens. 

-;- BREDl-NBACH ( Malhias ) , 
commenlateur et controversiste , 
nalif de Kerpen dans les Pays-Bas , 
fut priucipal du collège d'Emenck. 
11 mourut en iSôg à 70 ans, laissant 
deux fils , qui cultivèrent les lettres. 
Ou a du père des Traités de con- 
/rin-erses; des Commcnlairessurles 
soixante- nei/f premiers psaumes 
et sur saint Matthieu, \ 660, in-fol. , 
mieux écrits que ne le sont ordinai- 
rcmenl ces sortes d'ouvrages. — Til- 



r>r>8 



BRED 



leman Brf.denb vch , l'im de ses 
fils, mort eu iSgô, chauoine de 
Cologne, laissa une méthode pour 
détruire les hérésies ; huit liuies de 
conférences sacrées, à l'iniilation de 
celles de Cassien ; w/i Discours sur te 
purgatoire; une Histoire desguerres 
de Lii'onie , dont Pfi. Olméius lui 
avoit fourni les matériaux. — Un 
Bernard de Breuenbach , doyen de 
la métropole de Mayence,làt le voyage 
de Syrie et de Jérusalem , et publia 
en latin , dans le 1 5*^ siècle , la rela- 
tion de sonpélerinage. Cet ouvrage 
a été traduit eu français par Jean de 
Hersin , iu-fol. 

* BREDENBOURG (Jean), 
bourgeois de Rolerdam , a publié , 
en 1675, un ouvrage iu-4° de 100 
pages, intitulé Joannis Breden- 
burgii eneruatio tractatus theolo- 
gico poUtici , unà cum demonstra- 
tione ,geometrico ordine disposita, 
natuvam non esse Deum, cujus ef- 
fati contrario pnedictus tractatus 
tinice innititur , dans lequel il s'ef- 
force de réfuter et de renverser le 
système de Spinosa. Cet ouvrage se 
joint ordinairement aux œuvres de 
ce dernier. 

* BREDERO ou Brederoc, et 

non Braderode ( Gerbrand ) , fils 
d'Adrien, poète hollandais du 16' 
siècle, florissoit à Amsterdam, où il 
naquit en i385. Il a principalement 
travaillé pour le théâtre : son genre 
est celui de la farce ou du bas co- 
mique. Il aui'oit sans doute épuré 
son goût et fait des progrès dans 
sou art , si la mort ne l'eiit enlevé à 
la ileur de sou âge. Il est mort en 
j(ii8. Ou a de lui un Jiecueil de 
chansons et de pièces erotiques , 
imprimé à Amsterdam, en 1622 , 
in -4°. Ses (Euvres dramatiques 
formontun vol. in-4°, Amsterdam, 
jGj8. ( Cf. Wagenaar, Hist. d'Ams- 
terdam , t. III, p. 2i\'b et siuv. ) 

t BREDERODE ( Henri , comte 



BRED 

de ) , issu des anciens comtes de Hol- 
lande ,21' seigneur de ce nom ( Sico 
ou Sigfrid , fils du comte Arnold , 
passe pour avoir été le premier vers 
la fin du io''siècIe),uaquitàBruxeIles, 
de Renaud III, comte de Bréderode 
et de Philippine de La Marck, en 
décembre i.nôi. 11 fut , sinon le fon- 
dateur , du moins un des plus illus- 
tres chefs de la liberté belgique. Les 
vexations du cardinal de Granvellc 
ayautrendu la domination espagnole 
souverainement odieuse dans les 
Pays-Bap, Bréderode s'empressa de 
se joindre à Guillaume de Nassau 
et aux comtes d'Egmond et de 
Hoorn pour en arrêter les progrès. 
Au mois de novembre i5G.t , il 
apposa le premier sa signature au 
traité d'association, connu d'abord 
sous le nom de compromis , formé 
par une partie de la noblesse bel- 
gique pour le maintien de leurs li- 
bertés et des privilèges du pays, et 
pour s'opposer à la contrainte exer- 
cée sur les consciences. Le ,'> Svril 
de l'année suivante , Bréderode et le 
comte Louis de Nassau , à la tète 
d'environ 5oo nobles, présentèrent 
à Marguerite de Parme , gouver- 
nante des Pays-Bas , la fameuse re- 
quête , qui fut comme le signal de 
cette insurrection , terminée par 
l'abdication du gouvernement de 
Philippe II. Bréderode ne prolongea 
point sa carrière jusqu'à ce grand 
événement , arrivé en 1 :î8 1 . Les ser- 
vices qu'il rendit à la liberté nais- 
sante l'ayant rendu de plus en plus 
odieux au gouvernement espagnol , 
il crut de la prudence de s'expatrier, 
du moins momentanément , en i.'îGy. 
Le duc d'Albe profita de son absence 
pour l'aire prononcer contre lui ime 
sentence de baniiissement perpétuel 
et de confiscation de ses b eus. Bré- 
derode avoit déjà succombé à ses 
chagrins , avant de pouvoir appren- 
dre ce nouvel acte de despotisme. 
11 mourut d'une fièvre brûlante, le 
i5 février i568 , au château de 



BRED 

Hurnhof du Hambourg, dans la 
iol■lel■e^'se de Kekelinghuiren , à l'âge 
de 56 aus , el il fui enterré à Gein- 
meu dans le duclié de Cleves.ll a voit 
épousé Amélie , comlesse de Nieu- 
wenaar, dont il n'eut point d'enf'ans. 
11 avoit adopté , pour sa devise , ce 
mol simple , mais signiiknl : peul- 
être. A l'occasion de la seconde an- 
née séculaire de la liberté hollan- 
daise , en 1766, Pierre Barman le 
second récita à Amsterdam un beau 
poème latin , en vers élégiaques , 
intitulé Brederodius. Il se trouve 
dans ses Potwa/a , pag. 69 et 100. 
Nicolas Harlsen l'a traduit en vers 
hollandais. 11 seroit trop long de 
vouloir ici passer en revue toute la 
suite des hommes illustres sortis de 
cette maison. Brockenberg dans son 
Jlistoria et genealogia Bredero- 
dion , publiée à I.eyde eu i587 , 
1 vol. in-12, et d'autres peuvent 
être consultés à ce sujet. Au nom- 
bre de ceux qui se sont signalés par 
leur mente, il suffira de nommer 
encore Lancelot et Jean Wolfrad. 
Lancelot, frère naturel de Henri, 
servit sa patrie avec honneur. Il 
fut, en i567 , un des signataires 
du fameux compromis. — En 1669 
et 1570 , on le rencontre au nombre 
des patriotes , qui , d"après l'avis 
que Coligny avoit donné à Guil- 
laume de Nassau , tentèrent la for- 
tune par mer et furent nommés 
gueux marins. Il concourut, en celte 
qualité , à la prise importante de la 
Brille en 157-2. L'année suivante il 
paya de sa tète son généreux dé- 
vouement à la cause de la liberté. 
Don Frédéric , fils du duc d'Albe et 
non moins sanguinaire que son père, 
s'élant emparé de Harlem après une 
longue résistance, ie fit décapiter, 
lui et plusieurs autres défenseurs de 
cette ville. Jean Wolfrad , 2.1* sei- 
gneur de BrÉoebode , et aussi sei- 
gneur de Viane et d'Ameidî , etc. , 
né en 1 .199 , fui nommé gouverneur 
<k; Bols-Ie-Duc en i655, el veld- 



BREG 269 

maréchal en *6i. 11 obtint le com- 
mandement cTune petite armée des 
étals , campée sur les bords de 1 Is- 
sel , eu i6.)r); mais une indispo- 
sition l'obligea daller prendre les 
eaux à Spa , el il mourut à Péterf- 
hem près Mastricht le i5 septembie 
de celte année. ( Cf. Wagenaar , 
l. XU, p. 4i3elsuiv. ) 

t BRÉENBERG ( Bartholomé } , 
né à Ulrecht en 1620 , peintre tl 
graveur fameux, excelloii sur-toul 
dans les paysages et les animaux , 
qu'il a traités avec beaucoup d'art et 
de vérité. Ses compositions sont no- 
bles, ainsi que ses petites figures , sa 
touche finie. 11 est ires-précieux dans 
les petits ouvrages, qui sont plus 
estimés que les grands, llgravoit ses 
dessins à l'eau-forle. On voyoildans 
la collection du roi , dans la ga- 
lerie du duc d'Orléans, el chez quel- 
ques riches particuliers , dilférens 
tableaux de ce maître. Le Musée 
Napoléon en possède sept ou huit, 
entre lesquels on distingue un Re- 
pos en Egypte ; Mercure et Hersé ; 
deux Fuès de Rome; Atalante et 
Hippomène ; ce dernier vient de !a 
Prusse : on a encore de lui une suite 
de 24 petites Vues el Paysages 
ornés de ruines. Ce peintre mourut 
en i6iîo. 

* BRÉGEON (Angélique), élève 
de Tarditu , a gravé différentes pièces 
sous la conduite de son maître , entre 
autres l Elève dessinateur dapres 
Carie Vauloo. Elle avoil épousé le 
graveur TiUiard, el auroil acquis 
beaucoup de talent , si une mort pré- 
maturée ne l'avoil enlevée, eu 1782, 
à làge de 29 ans. 

t BRÉGY ( Charlotte Saumaisë 
DE CilAZAN , comtesse de) , nièce du 
savant Saumaise , fut une des dames 
d honneur de la reine Anne d'Au- 
triche. Elle se distingua dans cette 
cour par son esprit el sa beauté. Elle 
mourut à Paris en 1693 , à 74 âus. 



2-0 BREI 

On a d'elle un Ticcudl de lettres 
et de uers , j666 ei «668 , iii-i2 , 
dans lequel on trouve quelques pen- 
sées ingénieuses : ses vers roiilenl 
presque enùeremeiil sur un amour 
métapliysiqne , qui occupoil plus 
sou esprit que son cœur. Ou comioil 
d'elle celte épilaphe : 

Ci-des^îon- gîl nn içraïul spi;ïnrur, 
Qui (lo son vivniit nous apprit 
Qu'un liDinme pcul vivre sans cœur, 
Kt mourir sans rendre l'esprit. 

Madame de Brégy ne se permeltoil 
guère de pareilles épigrammes. I,e 
poêle Benserade lui adressa luie pièce 
de vers qui se trouve dans h- recueil 
de ses œuvres. I /épi la plie de ma- 
dame de iîrégy se lit à Paris , dans 
l'église de Sainl-Gervais. 

BREHAM. rojez Pi.elo. 

iEREITlNGER (Jean- Jacques ) , 
né à Zuridi en 1701, mort dans 
celte ville en 1776, professa Tlié- 
liren , el se distingua par des Traités 
sur Id poésie, la peinture et les anti- 
quités. On lui doilaussiuue édition 
de VyJncien Testament de la version 
des septante , en 4 ^ ol. in-^" , el des 
poésies de iMarlin Opitius. 

i- BREITKOPF (Jean-Goltlieb- 
Emmaniiel ) , imprimeur el habile 
fondeur de caracleres , né à Leipsick 
eu 17KJ. 11 éludla les langues savan- 
tes^et succéda ensuite à son père dans 
son commerce de li lirai rie el d'impri- 
merie. Le hasard lui lit tomljer dans 
les mains un livre d'Alberl Durer, 
où les tonnes des lettres de l'alpha- 
bel étoient déduites de principes 
malhémaliques. 11 en fut frappe"", et 
conçut le dessein d'améliorer la for- 
me des caractères dimpression , et 
il a parfaitement réussi dans celle 
entreprise. Ensuite il imagina un 
moyen d'imprimer les notes de mu- 
sique pour dispenser de les graver ; 
il fit des caries de géographie en 
caracleres dMmpression. Cet homme 
habile dans son art a écrit un Traité 



BREM 

de l'ori^'ine de l'imprimerie ; une 
Histoire des jeux de cartes ; un 
Traité de r invention du papitrfait 
avec du litige , el un de l'invention 
de la gravure sur bois en Europe. 
11 coni,ut aussi l'idée d'imprimer 
des portraits ; il en calcula la possi- 
bilité, el réalisa son projet; mais 
les estais de cette nouvelle inven- 
tion n'ont pas été publiés. 11 imagina 
aussi des moyens d'imprimer des 
caractères chinois, el y réussit. 11 
inventa un procédé \w\\r im])riiner 
des ligures malhémaliques avec des 
caractères mobiles , au lieu de les 
graver en cuivre ou sur du bois. 11 
ne s'agissoil plus qu'à conrectionner 
les poinçons , lorsque la mort le sur- 
prit et l'empêcha de terminer son 
ouvrage. 

* BREMBATI-GRUMELLT ( Isot- 
la ) , née à liergame, épouse de Jean- 
Jérôme Grmnello , vécut vers la 
moitié du i6'-' siècle. Elle éloil par- 
faitement instruite dans les langues 
grecque el latine ; savoil le fra:i- 
çais , l'espagnol , el sa langue mater- 
nelle , dans laquelle elle snrpassoil , 
dit-on , les meilleurs poètes de sou 
lemps. Elle lit usage de la langue 
latine dans le sénat de Milan , relati- 
vement à ses propres inl&réls qu'elle 
soulinl dans cet idiome avec autant 
d'avantage qu'une autre lauroit pu 
faire en italien. Elle mourut subile- 
ment I3 24 février i.t86. Jean-Bap- 
lisle Licini a recueilli toutes les poé- 
sies qui lui furent adressées après sa 
mort, en 1 vol. intitulé Rime fu- 
nerali di diversi illustri ingcgni 
composte in volgare et latina fa~ 
vella in morte délia molto illustre 
signora Isotta Brembati- Grumelli. 
Bergame, ir)87. 11 reste d'elle quel- 
ques /e///e5 insérées par Sansovino 
dans son Segretario. D'autres res- 
tent manuscrites dans plusieurs ca- 
binets d'Italie. Quelques poésies se 
trouvent imprimées dans plusieurs 
recueils. Rosceili, Sansovino, Dolce, 



BREM 

Caivi , Crescinibéiii , Tiiabosclii , 
parlent de celle feniiue avec beau- 
coup de respect et d'éloges. Mazzuc- 
chelli lient à sou égard le même 
langage. Scrili. d'Ilal. , toni. 11 , 
part. IV, pag. 2047. Voyez aussi 
Varini , scviV/. di Bergarno ,yo\. \, 
pag. 261. 

1 1. BRÉMONT ( Gabriel de) , lit- 
térateur français, réfugié eu Hol- 
lande, s'y lit mettre en prison pour 
ses opinions politiques, l/'i , il tra- 
duisit de l'espagnol le Guzmand' Jl.- 
JaracheAi Mathéo Alsman , Paris, 
1709, 3 vol. in-i2. Il a beaucouj) 
retranché de l'origmal, el y a ajouté 
des aventures nouvelles. Sa situation 
ue le rendant pas favorable aux gi^ns 
de justice, il n abandonne jamais un 
juge ou un greiii -r , sans en dire 
tout le mal possible. Ses autres ou- 
vrages sont , I. Histoire de duii 
Domingo de la Terra , Amster- 
dam ( Rouen ), 1709, ia-12. II. Hat- 
tegé , ou Les amours du roi de 
'fainaran , Cologne, 1676, iu-12. 
m. he galant escroc, ou le faux 
conile Brian , Paris ( Londres ) , 
.1677, iu-12. IV. Le double cocu, 
Jiisluire du temps, Pans, 1^178, 
in- 12. 

tu. BRÉMONT (François de) 
naquit à Paris en 171.5, d'un avo- 
cat, et y mourut en 1742 , dans sa 
vingt-neuvième année. L'académie 
des sciences se l'associa , et la société 
royale de Londres lui accorda le 
titre de secrétaire. Sa Traduction 
des transactions philosophiques de 
ce corps lui valut cet honneur. 
U en publia quatre volumes in-4'^, 
qui comprennent les années 1701 et 
suivantes, jusqu'à 1706 inclusive- 
ment. Brémonl accompaguason ou- 
vrage de notes ; le.s unes historiques , 
qui remontent à l'histoire des difl'é- 
rentes opinions ; les autres critiques, 
qui corrigent ce que ses originaux 
peuvent avoir de défectueux. U y 



BREN 371 

ajouta une Table des transactions, 
depuis i66.T jusqu'à ly^o, i vol. 
in-/f". Ou a encore de lui , \. Uu 
Jlerueil de tous les écrits publics en 
Angleterre sur le remède de made- 
moiselle Stéphens ,fc;«//É' la pierre , 
Paris, 1743, 2 voî.in-12. Ii.ljiie7'/-a- 
duction des expériences physiques 
de Halles , 5///' la manière de dessa- 
ler l'eau de la mer , et de la rendre 
potable , in-i 2. 111. Une Traduc- 
tion posthume des expériences 
physico-mécaniques d' Hauchsbé , 
2 vol. in-12, ornée d'une Histoire 
complète de celles de l'électricité. 

*I.BRENj)EL (Zacharie), docteur 
en médeciiip, né à lene dans la 'l'hu- 
ringe en 1.592 , et mort dans cette 
ville en i658 , a publié les ouvraoes 
su i vans : 1. Tructatus de indue !o~ 
rum purgantium viribus , dosi ,eic. 
Jeiiae , in-4°. II. Chymia in artis 
jhrmam redacta , ibid , iÇoo , 
!n-i2, ]6z|i , iii-S" ; Lugduni-B; - 
tavorum , 1671 , in-i2. 111. De me- 
dicind arte nobilissimd , ibid. , 
1655 , in-4". 

* II. BRENDEL ( Jean-Pliilippe ) , 
médecin allemand, vivoit au 17* 
siècle ; i! n'est guère connu que par 
uu recueil de consultations des plus 
célèbres médecins de son pays , qu'il 
a publiées en latin, à Francfort, 
i6i4, in-4°. Ce recueil ne donne 
aucun aperçu nonveaxi sur la mé- 
decine, et ue mérite pas d'être re- 
cherché. 

* m. BRENDEL ( Adam ), pro- 
fesseur d'anatomie et de botanique 
dans l'université de Witlerr:berg, a 
publié plusieurs Dissertations en 
forme de thèses , qui parurent dans 
cette ville, in-4°. U a fait imprimer, 
en 1700, De Homero medico ; en 
1705, De embryone in o\^'ulo ante 
couceptionem existente ; en i 706 , 
De curatione morborum per car- 
mina ; en 17 11, Liber de lapidi- 
cind jrÀQroscomicâ i en 171 2, Ds 



272 



BRE?Î 



balneis valetudiuis causa adhihi- 
tis ; en 1 7 1 5 , Commen/atio de 
fehre queiqueiâ ex antiquitate eru- 
tâ ; De usu et abusu vciiœ sectionis 
in curandis fehribus- En 1715 et 
171S, on a encore publie à Wil- 
temberg trois décades de ses Obser- 
vations astronomiques. 

* IV. BRENDEL (Jean-Gode- 
froid ) , professeur en médecine à 
Gotlingiie,a donné en 1708, in-4°, 
une nouvelle figure et bonne des- 
cription de la valvule d'Eustachi. 
Ou lui doit encore quelques Disser- 
tations académiques , dont le re- 
cueil a paru à Gottingue en 1740, 
in-4'' , sous le titre de Fasciculus 
observationum medicinalium. De- 
puis celle année jusqu'en 1765 , il a 
publié beaucoup d'autres disserta- 
tions intéressantes sur V anatomie , 
la chirurgie et la pratique. Cet au- 
teur est mort à Gottingue le 18 jan- 
vier 1758, âgé de 4? ans. 

BRENIUS ( Daniel ) , né à Har- 
lem en 1790 , mort en i6i4 , soci- 
nien et arminien , disciple dEpis- 
copius , a laissé des Commentaires 
sur l'Ecrituie , dans lesquels on 
trouve ses opinions religieuses. Il est 
encore auteur d'un traité De regno 
JLcclesiœ glorioso , per Christum 
in terris erigendo , pour prouver 
que Jésus-Christ régnera sur la terre 
de la manière que l'entendent les 
Juifs. Ses Oui'rages composent un 
volume de la bibliothèque des Frères 
Polonais. 

* BRENNER ( Henri ) , savant 
suédois , né en 1669 à Kronobie 
dans la Bothnie occidentale. En 
1697, il accompagna en Perse l'am- 
bassadeur Fabricius. A son retour, 
Pierre 1"", qui étoit en guerre avec 
la Suède, le fit arrêter à Moscou. Il 
Y resta prisonnier jusqu'à la paix. 
Pendant ce temps-là, il traduisit 
en latin V Histoire de VArjnénie 
par Moïse , Arméaius Chroneusis , 



BRE]N 

cette traduction fut imprimée à 
Stockholm en 1723. Brenner a écrit 
aussi des Observations sur la cause 
de l'expédition de Pierre I contre 
la Perse. On y trouve une carte 
exacte de la mer Caspienne et de la 
rivière de Daxia. Il eut la place de 
garde de la bibliothèque du roi à 
Slokholm , qu'il exerça jusqu'à sa 
mort, en 1752. 

* BRENNER (Elias), savant sué- 
dois et habile dessinateur. On a de 
lui, Nomenclalura tril/nguis ,ge- 
nuina specimina colorum simpti' 
ciuni exhihens, quibus artifices 
miniatœ picturœ utuntur , 1680, 
in-8°; Thésaurus nummorum Sue- 
co-Gothicorum , 1691, in-4", ï^** 
plupart des gravures de cet ouvrage 
sont de lui. 11 mourut en 1 700, âgé 
de 44 ''ïis. 

I. BRENNUS , général gaulois, 
passa dans l'Orient à la tète d'une 
armée considérable. Ayant péné- 
tré dans la Macédoine , il tua Sos- 
thène , général de cette nation , sac- 
cagea la Thessalie et la Grèce , et 
s'avançoit vers le temple de Del- 
phes pour eu enlever les trésors , 
lorsqu'il fut repoussé. Désespéré de 
voir son armée en déroute, il se 
donna la mort , après s'y être pré- 
paré par un excès de vin, vers Tau 
278 avant J. C. Les poètes grecs ne 
manquèrent pas d'attribuer à leurs 
dieux sa défaite. Apollon, suivant 
eux, défendit lui-même son temple 
contre les barbares , fit trembler la 
terre sous leurs pieds, et rouler des 
rochers sur leurs tèles. Enfin , le 
dieu Pan frappa les Gaulois dune 
terreur si subite , qu'ilss'entretuoient 
les uns les autres; c'est de là qu'est 
venu le uom de terreur panique. 

II. BRENNUS , autre général 
des Gaulois Sénouais , s'étaut ouvert 
un passage par les Alpes , avec une 
armée aguerrie , fondit sur la Lom- 
bard ie , assiégea Clusium eu Tos- 



BREIN 

cane , vainquit les Romains près tlt 
la rivière d'AUia , marcha vers 
Rome, s'en rendit maître, et livra 
la ville au pillage et aux flammes , 
l'au 587 avant J. C. Le tribun Sul- 
pitius,au lieu de le chasser avec le 
fer , promit de payer mille livres 
d'or s'il vouloit lever le blocus au 
Capilole, et sortir des terres de la 
république. Les Gaulois acceptèrent 
l'offre ; mais , dès qu'où eut apporté 
lor pour le peser, Breunus mit eu 
usage mille supercheries, pour que 
la somme fût plus considérable. 11 
jeta sou épée et sou baudrier dans 
le bassin de la balance opiwjsé à celui 
où étoit lor , ne , répondaut aux 
plaintes que par ces mots terribles : 
«Malheur aux vaiucus ! » Camille, 
survenu dans l'instant , annula le 
traité , livra bataille aux ennemis 
sur les ruines de sa patrie , et les 
contraignit de s'enfuir. Cest ainsi 
que Tite-Live , et après lui Plutar- 
que , ont rapporté cet évéuement , 
qui est tout entier à la gloire des 
Romains. Polybe le raconte bien dif- 
féremment. Il dit a que les Gau- 
lois , après avoir possédé Rome pen- 
dant sept mois, eu sortirent tran- 
quillement et sans violence , lors- 
qu'ils eurent reçu la somme de mille 
livres d'or qui étoit le prix de leur 
retraite. 

*BRENT (SirNalhaniel ) , célèbre 
docteur en droit, né au comté de 
Warwick en 1.675 , mort eu iG.'îiJ , 
élève d'Oxford. L'archevêque Abbot 
l'envoya à Venise , pour lui procurer 
lin exemplaire de l'Histoire du Con- 
cile de Trente de Fra Paolo. A son 
retour eu Angleterre, il la publia eu 
latin. Eu 1621 , il étoit vicaire gé- 
néral de l'archevêque; et eu i62q il 
fut fait chevalier. Au commence- 
ment des guerres civiles , Brent se 
rangea du côté des puritains, pour 
conserver sa place et son bien. 

* L BRENTANO (Dominique 
de ) , théologien catholique d'un 

T. III. 



BREJN 



273 



grand mérite, ué le G octobre 174» , 
à Rappersweil près de Zuric, mort 
le 2 juillet ng?. 11 est connu par sa 
TraduLiiuri allemande du nouveau. 
Testament, Francfort , i7y8,iu-8'', 
Y édition. Quant à la traduction de 
l'ancien Testament , la mort l'era- 
pècha de la finir ; elle a été continuée 
par Th. A. Dereser , et imprimée à 
Francfort, 1 796,1801, grand in-8*. Il 
a encore composé à' autres ouvrages 
édijians et des sermons. 

II. BRENTANO , général autri- 
chieu , fit la guerre contre les Turcs 
avec distuictiou , et commanda , 
dans le pays de Trêves eu 1792 , 
sous les ordres du prince d'Hoheu- 
lohe. Il contribua beaucoup à la vic- 
toire remportée sur Bournonville. Il 
est mort quelque temps après, avec 
la réputation d'un géuéral coura- 
geux et expérimenté. 

* III. BRENTANO ( Sophie). Les 
ouvrages de cette dame, connue au- 
trefois sous le nom de Sophie Ciie- 
REAU, sont un poème intitulé Sé- 
raphine j les heures de loisir ; Ka- 
latisAas ; Amanda et Edouard, 
roman très intéressant ; plusieurs 
Traductions àQ l'italien et du fran- 
çais , entre autres celle du Cid de 
Corneille , qui est encore inédite. 
Sophie Brentano est morte en 1807, 
à la fleur de son âge. 

* BPiENTEL( Frédéric), peintre 
célèbre eu miniature et à la gouache, 
né a Strasbourg eu i58o, selon Des- 
camps, ou eu i586 , suivant Méchel, 
et mort en Allemagne dans uu âge 
fort avancé. 11 fut élève de Guil- 
laume Bawr ou Baur , que d'Argeu- 
ville ^wmonime le } ameux, en nous 
apprenant que celui-ci seconda avec 
ardeur les heureuses dispositions de 
Brentel pour la peinture ; ce maître 
travailla à de petits ouvrages à goua- 
che et en miniature , d'unimi extrê- 
mement précieux. Son dessin e«t 
pur, sou coloris agréable et ses cou- 

18 



274 



BREIN 



leurs sont vives. Eu i638 , il peignit 
sur vélin, pour la galerie impériale 
de Vieune , une prédication de 
eaint Jean dans un bois, avec vne 
vi lie en perspective . Eu 1647, Guil- 
laume , marquis de Bade , chevalier 
de la Toison d'Or , et juge principal 
de Ja- chambre impériale de Spire, 
lui ordonna nii livre d'heures avec 
quarante miniatures , dans lesquelles 
Brentel a réduit eu petit , et avec 
vme entente admirable, les plus 
beaux tableaux de Kubens, de Van 
Dyck, de Wouwermaus , de D. Te- 
niers , de Breughel , etc. Après la 
mort de ce seigneur, ce superbe el 
unique manuscrit échut à la mar- 
grave Auguste- Sibylle de Bade- 
Bade, qui pos-édoit aussi un petit 
autel portatif éinaillé en or, et orné 
de peintures de Brentel. Ce luainis- 
crit fut vendu avec ses eli'els pré- 
cieux à Offcnbourg en 1775. Un 
chanoine de Strasbourg l'acheta et 
le vendit 6000 liv. au prince de 
Conti ; enfin, après avoir fait l'or- 
nement du cabinet du baron de 
Heiss , célèbre amateur , la biblio- 
thèque du roi en fit l'acquisition eu 
178.1. Ce manuscrit est d'une con- 
servation parfaite ; c'est un cabinet 
porlatit de tableaux peints en minia- 
ture , d'après les plus grands maîtres 
des écoles llamande et hollandaise. 

tBRENTIUS ou Brentzen 
( Jean ) , né en lijgg à Weil ou Wyl 
sur la Wirm , petite ville de la 
Souabe , enclavée dans le royaume 
de Wurtemberg, chanoine de Wur- 
temberg , embrassa le luthéranis- 
me , à la persuasion du chef de cette 
secte. De son disciple , il devint 
bientôt son apôtre , sans pourtant 
adopter en tout sa doctrine. 11 sou- 
tenoit (( que le corps de Jésus-Christ 
ëloit dans l'Eucharistie, non seule- 
ment avec le pain, mais par-tout, 
connue sa divinité , depuis l'ascen- 
sion, w Ceux qui le suivirent furent 
nommés ubiquitaUes ou ubiquistes. 



BREQ 

Après la mort de sou maître , Bren- 
luis lui succéda dans le gouverue- 
meut du parti luthérien, et dans la 
faveur du duc de Vurlemberg , qui 
l'admit en sou conseil le plus intime, 
et le combla de bienfaits. Il fut un 
des ])rincipau:i acteurs dans les af- 
faires de religion , qui intriguèrent 
de son temps toute l'Emope , et 
mourut en \?>']o à Tubinge, où il 
professoit la tliéologie. Il étoit tour- 
menté , depuis sa jeunesse , d'une 
insomuie qu'il devoit à sa trop 
grande application. Ou a de lui 8 
vol. in-folio d'Owivïi^es de contro- 
verse, dont la lecture seroil un re- 
mède assuré contre la maladie de 
1 auteur. Il contracta deux mariages , 
et laissa douze eufaus du second. 

t BRÉQUIGNY (Louis -George 
OujJARj) DE FiUDKix) , membre de 
lacadémie française et de celle des 
inscriptions, né dans le pays de 
Caux , mort eu 1795, à 80 ans. 
Livré des sa jeunesse à l'étude des 
langues savantes , il eu approfon- 
dit le génie, et vint à Paris jouir 
de la société des savaus. Envoyé 
eu AngleleiTe pour y rechercher 
tout ce que le dépôt de la tour de 
Londres offroit de curieux sur l'his- 
toire de France , il eu rapporta une 
ample moissou. Bréquiguy commu- 
niquoit avec plaisir ses livres, ses 
manuscrits , ses idées. 11 aimoit à 
aider les jeunes littérateurs et à leur 
indiquer les sources de la science. 
Son style est clair , pur , simple et 
sans beaucoup d'agrément ; sou éru- 
dition est bien ménagée. Il a voit ua 
talent particulier pour extraire avec 
concision , saus rien oublier d'essen- 
tiel ; et il eu a donné des preuves 
nombreuses dans ses Notices insé- 
rées dans le Journal des Savaus et 
dans le Fiecueil de l'académie des 
inscriptions. Ses principaux ouvra- 
ges sont , I. Histoire des révolu- 
tions de Gènes, Paris, J752, 3 
vol. iu-ij. Oa la Ut avec iolérèt. 



EPvER 

îî. Slraboriis gengraphia , in-4''. 
Cette nouvelle ëditioii fut l'aile sur 
vin manuscrit deSlrabon, apporte de 
Conslantinople. III. f'ies des an- 
ciens nraleiirs grecs , avec la Tra- 
duction de plusieurs de leurs dis- 
cours , iqî>'2 , 2 vol. iu-12. Cet ou- 
vrage a l'ail désirer sa continuation. 
On n'y trouve qw'Isocrafe et Dion 
C/iiysostôme. IV. Dlplomala , 
Chartœ ad res Franciscas spec- 
tantla , iu-4°. 'V. Table chronolo- 
gique des diplômes, chartes et titres 
reLatifsàV histoire deJ rance, 1 783, 
f) vol. in-fol. VI. Ordonnances des 
rois de France de la 3*^ race. Bré- 
quigny a publié les 6 derniers vo- 
lumes de cette grande et utile col- 
lection. Il lennchit de Noies sa- 
pantes, etde F) issertations curieuses 
sur notre ancienne législation. VII. 
Les Mémoires de l'académie des ins- 
criplions renferment un grand nom- 
bre d'écrits de ce savant estimable, 
qui a encore achevé la publication 
Aqs Mémoires sur les Chinois , dont 
l'abbé Balteux avoit rédigé une par- 
lie d'après les relations des mis- 
sionnaires. C'est encore Bréqui- 
guy qui a rédigé le Catalogue des 
manuscrits de la bibliothèque de 
Clermont , Paris, 1764, in-8°. 

i- BRERE"WOOD ( Edouard ) , 
professeur d'humanités à Londres, 
est auteur d'un ouvrage curieux et 
savant , traduit de l'anglais en fran- 
çais, sous ce titre : Recherches sur 
la diversité des langues et des 
religions dans les principales par- 
ties du monde , par Jean de La 
Montagne, Paris, 1640 et i663 , 
in-8°. On a encore de lui , De pon- 
derihus et pretiis nummorum , 
1614, in-4°, qui se trouve aussi 
dans la Poh^glotte de Londres, 1657, 
]6 vol. in-fol. 11 éloit né à Chester 
eu j665, et il mourut à Londres 
eu 161 3, à 48 ans. On le consul- 
toit de toutes parts comme un oracle 
»ur les mall\éraatinues , et il ne 



BRËS 275 

laissoit aucune lettre sans réponse : 
l'illustre Leibniiz avoit la même 
attention. Bréréwood ne voulut ja- 
mais laisser imprimer ses ouvrages 
de son vivant ; après sa mort son 
neveu les publia. 

*BBÈS(Gui de) fut le principal 
auteur de la Confession dej'oi des 
Fglises réformées des Pays-Bas , 
originairement écrite en langue wal- 
lonne , et imprimée pour l'usage de 
ces Eglises, en i56i ou 1.^62. {Voy. 
sur cette Confession , YHistoire 
abrégée de la réformation des 
Pays-Bas , traduite du hollandais 
de G. Braudt, tome Y^ , pag. lori , 
et la préface de la nouvelle édi- 
tion de cette Confession, à Leyde, 
chez Luzac , en 176g, iu-4°. ) De 
Brès exerça le ministère évangéli- 
que à Lille et à Valenciennes , et 
mourut martyr, dans cette der- 
nière ville, en 1667. 

* BRESCE (Jean-Marie de ) , reli- 
gieux de l'ordre des carmes, peionoit 
au commencement du 1 5'^ siècle. U 
a gravé aussi quelques sujets de dé- 
votion. 

* BRESCIANI (Antoine ) a gravé 
plusieurs pièces d'après lesCarache, 
Cignani et aulres. On distingue sur- 
tout les sujets du plafond de la ca- 
thédrale de Plaisance. Il éloit né à 
Parme eu 1710. 

* BRESMAL ( Jean -François ) , 
docteur en médecine, né à Tongres 
en 1660 , se fixa à Liège, où il 
exerça son art avec distinction. On 
a de lui les ouvrages suivans : 1. Fa 
circulation des eau.v , ou l'Hydro-' 
graphie des minérales d'Aix et ds 
Spa , Liège, 1699, et 1718, in-is. 
II. Descriptio ,seu analysis fontis 
sancti Agidii , mineralis , Jerru- 
ginei, propre Tungros,Leoâ'n,i'7C}o, 
in-16 : en français , Liège , 1701, 
in-12. ÏT y prouve que cette fon- 
taine a beaucoup de rapport av4fi 



'j.rCy 



BRES 



celle que Pline a décrite , liv. 5j , 
chap. 2 , lorscjuil dit : Tungii , 
ciuitas Galllœ , funlem habeiit iii- 
signern. lll. IJjdru - Analyse des 
eaux minérales chaudes et froides 
de la ville impériale d'ylix-la- 
C/tapelle , Liège, 170^, in- 12; 
Aix , 1741 ,in-i2. IV. Description 
des eaux acides ferrugineuses des 
fontaines de Ni^elet , Liège, 1701 , 
in-iJ. V. Parallèle des eaux mi- 
nérales chaudes et actuellement 
froides du diocèse et pays de Liège, 
avec un avis pour le public , pour 
le préserver de la peste , des fièvres 
pestilentielles et malignes , et d'au- 
tres maladies de pareille nature, 
Liège , 1721 , in-S"*. 

*L BRESSA.NI (Jean) naqnitàBer- 
ganie d'une noble et ancienne famille 
en 1490. Il lut dans les cenvres de 
poésie d une fécondité que nul au- 
teur n"a égalée. Lui -même, dans un 
petit opuscule inédit, intitulé De 
se ipso , et de suis script i s , raconte 
qu'il avoil composé plus de trente 
mille vers latins , italiens , ou dans 
le dialecte de sa patrie, dans lequel 
il fut le premier qui écrivit en vers. 
Il est facile de concevoir qu'une telle 
abondance, et une si dangereuse fa- 
cilité n'a pu que nuire à des œuvres 
qu'il ne s'est peut-être jamais donné 
le temps de relire. Il mourut le 22 
mars i56o, après avoir été lié avec 
tous les meilleurs écrivains de son 
temps. Ses vers se retrouvent dans 
plusieurs recueils. Mazzucchelli parle 
de lui avec éloge. ( F'oyez Scrittiro 
d'ilalia ,\o\. II, pari. III. Tira- 
boscJii, storia. dell. litt. Ital. , tome 
Vil , part. III ; Variui scritt. di 
Ber^'amo , vol. I , p. 267. ) On a 
conservé dans la bibliothèque de ses 
descsndans un volume de poésies 
qui. n'ont jamais été imprimées. 11 
cou.lieut quel<|ues nouvelles dans 
ie genre de Boccace , et d'autres 
po« mes latiu8 dans le langage ber- 
gai nasque. 



BRET 

*n. BRESSANl (Grégoire) , né 
à Trévise en i7or> , après avoir fait 
d'excellentes études , se livra tout 
entier à la métaphysique. 11 s'appli- 
qua d'abord aux auteurs modernes , 
puis fit connoissance avec Arislole 
et Platon. Celte occupation abstraite 
et sérieuse ne lempéchoit pas de 
se délasser par la lecture des meil- 
leurs poètes et prosateurs de sa 
langue , d'après lesquels il forma 
son style; il vécut estimé de tous 
les hommes de lettres de son temps , 
parmi lesquels il suffit de nommer 
Algarotli , au jugement duquel il 
soumettoit ses ouvrages , et qui 
le conduisit avec lui à Berlin eu 
1749- ï' mourut à Padoue le 12 
janvier 1771. Il a composé les ou- 
vrages suivans : Viscorso intorno 
la lingua italiana ; saggio di filoso- 
fia morale sopra l'educazione del 
fgluoli. Il modo di flosofare in- 
irodotto dal Galileo ragguagliato 
al saggio di Platon e d'yJristotile. 
Discoisi sopra le obbiezioni faite 
dal Galileo alla dottrina di Aris- 
totile. 

* BREST (Vincent), chirurgien 
français. Après avoir étudié sa pro- 
fession à Montpellier en 1710 et 
1711 , il passa a Londres en 1752, 
et se rendit en Russie , dans l'es- 
poir d'y faire meilleure fortune qu'en 
Angleterre ; mais comme il y fut 
mal reçu , il revint à Londres en 
1754 , et alla ensuite s'établir dans 
le Portugal. Avant de quitter la 
grande Bretagne , il publia une 
Dissertation sur l'usage du mer- 
cure dans les maladies vénériennes 
et autres , et sur ia manière de s'en 
servir avec succès , sans saliva- 
tion. 

t T. BRET ( Cardin le ) , seigneur 
de Flaccourt , avocat-général du par- 
lement de Paris , mort conseiller 
d'état eu i G^5 , à 97 ans , fut char- 
gé de plusieurs commissions irapor- 



BRET 

tailles. Il régla les limiles entre la 
France et la Lorraine , et installa le 
parlement de Metz, dont il fut pre- 
mier président. On a un Recueil (le 
ses OSuvres , in-fol. , 1643 , dans 
lequel on distingue son Traité de 
la soiiuerainelé du roi. Ses tlaran- 
gues et ses Plaidoyers , réduits en 
l'orme de décisions , sont d'un style 
peu agréable. Il écrivit , à la vérité , 
avant que la langue fut formée. 

-; II. BRET ( Alexandre-Jean le ) , 
né à Beaune , mort à Paris le 7 
janvier 1772 , est auteur de quel- 
ques Ecrits peu dignes d'être lus. 
Après avoir suivi pendant plusieurs 
années le lîarreau de Paris , comme 
avocat , il publia une Instruction 
sur la procédure du parlement , 
Paris, J725, in- 12 ; la Nouvelle 
école du monde , I>ille , 1764, 
2 vol. in -152; Elise, 1766 , in- 
12. Ce dernier ouvrage est une Tra- 
duction du second livre de YHon- 
ne te Femme par du Bosc. 

t m. BRET (Antoine), né à Dijon 
en 1717, mort à Pans en 1792 , est 
connu par des Poésies légères , des 
Comédies et plusieurs Ecrits litté- 
raires. Ses Poésies fugitives n'ont 
rien de fort remarquable. Ses Co- 
médies sont écrites avec pureté, le 
dic-ilogue en est facile , mais elles 
manqueut de verve. On ne les joue 
])lus. Leur réunion forme 2 vol. 
iu-S". Les autres ouvrages de cet 
écrivain sont , I. F'ie de Ninon 
Lenclos , 175 1 , iii-12. II. Les 
Quatre saisons, poëme , 1764, 
in-4°. III. Essais de contes mo~ 
rau.x , 1765, in-i 2. IV. Les jimans 
illustres , ou la Nouvelle Cléopntre, 
1769, 3 vol. in-12. C'est l'abrégé 
d'un roman volumineux de La Cal- 
prenède , qui ne se lisoit plus. \. 
J'ables orientales , 1772, in- 8°. 
VI. Mémoires de Bussy Kabutin , 
1774 , 2 vol. in-12. VII. Commen- 
taires sur les (Euvres de Molière , 
1791 , 6 vol. in- 8°. C'est le raeil- 



BRET 277 

leur ouvrage de Bret. La critique en 
est douce et juste, et les observa- 
tions pleines de goi"»!. 

* BRETEL ou Bretiaus ( Sire 
Jehan), poète français du i.î'^ siècle , 
né dans l'Artois , florissoit sous 
saint Louis. On a peu de détails 
i-ur ce qui le concerne ; on sait seu- 
lement qu'il lut lié d'ainitié avec 
Lambert Ferries et Cuveiiers , au- 
tres poètes contemporains qui ont 
eu de la réputation. Brelel , plus 
qu'aucun autre auteur de son temps, 
composa des Jeux-parties , sortes 
de questions suiililes sur des sujets 
d'amour , qu'entre confrères on s'en- 
voyoit réciproquement pour s'em- 
liarrasser. Faucbel en cite trente- 
sept. I-es manuscrits de la biblio- 
thèque impériale contiennent quatre 
chansons de Bretel. 

"^ BRETEUIL ( Louis Le Tonne- 
lier , baron de) , commença sa car- 
rière diplomatique par une mission 
à Cologne en 1758. L'alliance de la 
France avec l'Autriche étoit déjà 
odieuse aux princes germaniques. 
Ils disoient que l'union de ces deux 
grandes monarchies avoit pour 
but l'envahissement des puissances 
secondaires. Le baron s'occupa à 
détruire une opinion que le roi de 
Prusse répandoit avec succès. Un 
diplomate qui Iravailloit ainsi eu 
faveur de l'alliance contre le sys- 
tème politique de Henri IV et de 
Louis XIV, étoil peu digne de l'ini- 
tiation dans les mystères du mi- 
nistère secret du roi. Celte institu- 
tion professoit que la France éloit 
l'aiiiie naturelle et exclusive des 
princes germaniques , et que la cour 
de Vienne en étoit leuuemie. Le 
comte de Broglie proposa cependant 
à Louis XV d'admettre le baron à 
son secret, quand eu 1760 il le 
nomma son ambassadeur eu Russie. 
« Je vous recommande sous les plus 
grandes peines mou secret d'étal , 
lui dit le roi dans ses lettres d'iui- 



2-7^ 



BRET 



tialioii, et je l'exige euvei's tout le 
monde , excepté le comte de Kroglie 
et le sieur Tercler. » 11 lui ordonnoil 
en même temps de comiininiquer au 
comte de Broglie toutes les instruc- 
tions, même verbales , qu'il rece- 
vroit du duc de Choiseul , son mi- 
îiislrc des affaires étrangères. ( /^o/. 
Broglie, n° IV.) La conduite du 
baron de Breleuil, ambassadeur de 
France en Russie pendant la ré- 
volution qui précipita Pierre III et 
qui mil à sa place la célèbre Ca- 
therine II, ne fut point applaudie. 
Pierre av'oit abandonné la coalition 
de la France et de l'Autriche pen- 
dant la guerre de^sept ans , pour 
secourir Frédéric , ennemi de la 
France. Il étoit des intérêts de celle- 
ci ou de faire la paix ou «de con- 
server la coalition des trois grandes 
puissances , contre la Prusse et l'An- 
gleterre alors ses ennemies , et en 
cas de révolutions au ])réjudice de 
JPierre 111, il éloit urgent qu'elle 
s'attachât Catherine. Breleuil avoil 
déjà reconnu le grand caractère et 
l'habileté de cette princesse. Il étoit 
Ijien averti des approches de l'événe- 
ment; cependant il prononça de son 
chef sur la délicatesse de sa position 
el de ses devoirs , en séloignant du 
loyer de la révolution. Elle arriva 
le i4 juillet 1762 , et il étoit parti 
de Pétcrsbourg le '2h juin , le len- 
demain du jour que Catherine lui 
a\oit fait demander cent mille écus 
pour ses besoins pressans pendant 
la crise. Le baron répondit en par- 
tant : « Je fournirai la somme quand 
je serai arrivé à Varsovie. « Cathe- 
rine fut couronnée et sou époux fut 
étranglé avant ce jour-là. Celle con- 
duite évasive ayant créé un ennemi 
secret à Louis XV, l'ambassadeur se 
justifia à Versailles , en écrivant 
K que la révolution pouvoit ne pas 
réussir , et qu'il se seroit trouvé à 
Fétersbourg à la merci de Pierre 111, 
et avec des instructions de Louis XV, 
mii Uii défendoieul de se mêler des 



BRET 

révolutions de la cour de Russie.» 
Des craintes de cette nature jugent 
un ambassadeur. L'art de servir son 
pays dans ces circonstances difliciles 
indique Ihonmie délai. Malgré celte 
conduite, Catherine reçut avec bonté 
le baron de Breleuil lorsqu il repa- 
rut en qualit(' d'ambassadeur ; mais 
quoiqu'elle observât que sa mission 
éloit une marque de l'amitié de 
Louis XV , on est «nssuré qu'elle eut 
toujours le cicur ulcéré de ce que la 
France n'avoil pas eu les moyens ou 
la volonté de lui prêter les cent mille 
écus pour l'aider à sortir du péril. 
La diplomalie de Louis XV avoit 
tant de ressources pour cacher aux 
deux époux les secours qu'ils pou- 
voient l'un et l'autre attendre des 
Français à Pétersbourg dans ces cir- 
constances pénibles , si l'ambassa- 
deur eût été capable de celle llexi- 
bililé. Il y auroil bien des faits à 
conserver sur ses autres ambassades, 
après lesquelles Louis XV le nomma 
ministre de sa maison. Revêtu de 
celle dignité , le baron de Breteuil 
commença à travailler à l'embellis- 
sement de la capitale , trop négligée 
sous Louis XV. Ce fut par ses soins 
que les maisons bàlies sur les ponts 
commencèrent à èlre abattues. Il 
vida une fois les prisons délai , où 
il ne laissa que des criminels et quel- 
ques individus qui étoienl loin d'être 
irréprochables. Q)noique celte opé- 
ration lût convenable à l'esprit du 
temps , elle ne lui donna pas la ré- 
])utation d'un ami de la liberté. Il 
avoil acquis en Europe celle d'être 
l'ami secret de la maison d'Autri- 
che : il acquit dans sa place celle 
d'un ministre favori de Marie-An- 
loinelte , et on ne peut avoir oublié 
les effets de celle réputation. Peu de 
temps avant la révolution , il fut 
chargé de dniger l'affaire du collier. 
Ennemi du cardinal de Rohan , il 
ne sut point la conduire suivant 
les intérêts de l'état. Elle fut même 
si mallieureusemeat et si maladroi-- 



BRET 

temenl commencée, qu'elle tourna au 
préjudice de ceux qui s'en mêlèrent 
et de ceux qui s'y trouvèrent impli- 
qués. Emigré eu 1789, il professa une 
doctrine moyenne sur la constiUi- 
tiou. S'imagiiiaut qu'il réuniroil les 
factions opposées, il vouloitque le roi 
accordai l'inslitulion des deux cham- 
bres : opinion intermédiaire opposée 
aux systèmes des émigrés et des ré- 
volulionuaires qui ue se rappro- 
chèrent pas. Rentré en France à la 
fm de ses jours , il a joui de la paix 
intérieure de sa patrie sous le con- 
sulat et sous l'empire français , et il 
a terminé sa carrière, en laissant la 
réputation d'un homme tranchant 
sur les opinions , et hardi dans les 
mesures absolues de son adminis- 
tration. Tl mourut à Paris le 2 no- 
vembre 1808. 

II. BRETEUIL. r. Chastelet. 

* BRETHOUS, fils d'un chirurgien 
de Bordeaux , se distingua au com- 
meucement du 18*^ siècle à Lyon, 
tomme anatomiste et lithotomiste. 
Ou a de lui , Lettres sur dijfcrens 
points d'a/iatomie , hyon , 1720, 
in-12. Elles furent publiées pour 
répondre à deux anatomistes de 
Lyon, quiu'avoient pu résoudre les 
objections et les dilV.rultés queBre- 
ihous leur avoit proposées dans un 
cours public d'ana'omie qu'ils te- 
noienl dans cette ville. ^ 

* BRET IN (Philibert), né à 
Auxonne en Bourgogne, étudia la 
médecine dans l'université de Dole , 
où il fut reçu docteur en 1574. C'est 
à Dijon qu'il se fixa , et qu'il pra- 
tiqua son art jusqu'à sa mort, arri- 
vée le 29 juin lôgS. Ce médecin 
se mèloit aussi de poésie et de lit- 
térature. Il a revu et corrigé la chi- 
rurgie de Guy de Chauliac. On lui 
attribue d'autres ouvrages ; mais il 
est prouvé aujourd'hui qu'ils ne sont 
pas de lui. 

1 1. BRETON (Guillaume ou Ga- 



BRET 



^79 



l)riel le ) , seigneur de la Fond. Cet 
auteur naquit à Nevers, et suivit 
dans sa jeunesse le barreau à Paris 
dans le 16'' siècle. Il a composé cinq 
tragédies.: Jdoiiis ^ représentée en 
i.'i7S; Tullle , Charité, Didoti et 
DurvtJtèe. La première seulement a 
été imprimée. On prétend que c'éloil 
une allégorie sur la mort de Char- 
les IX. Le Breton a l'ait paroitre 
aussi u!i livre de Sonnets q\ à' Elé- 
i^ies pour une jeune personne qu'il 
aimoit. Beauchamp lut attribue 
encore une coiriédie du Rajno- 
neiir , et du Verdier cite an nombre 
de ses productions , rme pièce inti- 
tulée Paradoxe que les dames 
doivent marcher le sein découvert. 
La première pièce de ce poète est 
de 1669. Il vivoit encore en 1697. 

t II. BRETON (François le) , né 
à Poitiers , suivit la profession d'a- 
vocat dans sa patrie , et fut pendu 
le 22 novembre i586 , comme au- 
teur dune satire iulitulée le Salu- 
taire , dirigée contre Henri III. 

III. BRETON. P'oy. Guillaume, 
n° XIII, — et HaijTERoche. 

* BRETONxNAYAU ( René ) , ne 
à Veriianles en Anjou , étudia la 
médecine , et exerça sa profession à 
Loches en Tonraine. 11 est auteur 
d'un ouvrage eu vers français , qui 
a paru sous ce litre : La Génération 
de V homme et le temple de l'aine , 
avec autres œuvres poétiques ex- 
traites de l'Esculape de René Bre- 
tonnayau. Paris, i58o, in-4°. La 
Croix du Maiue , dans sa Biblio- 
thèque française , en parle avec 
éloge ; mais on sait aujourd'hui à 
quoi s'en tenir sur ces éloges pro- 
digués sans choix et sans discerne- 
ment. Il suffit de jeter les yeux sur 
ce poëme pour être convaincu que 
Bretonnayau étoit un poète très- 
niédiocre. 

I- BRETONNEAU ( François ) , 
né à Tours en 1660, jéswile eu 1673, 



28o 



BRET 



mourut à Paris en i74i- H f"^ ré- 
viseur et éditeur des Sermons de 
ses confrères Bourdaloue , Chemi- 
nais , GirouSt ; Bourdaloue , Paris , 
1716, 18 vol. in-8° et \1\-12 : les 
pensées qui ont été réimprimées en 
1755 forment 5 vol. in-12; Che- 
minais , Paris , 1736, in-12; Gi- 
roust , Paris, 1704,5 vol. in-12. 
Le P. La Rue lui appliquoil , à ce 
sujet , l'éloge qu'on a fait de S. Mar- 
tin : Triiini morluorum suscita lor 
magnljicus. On lui doit aussi lédi- 
tion des (Envres spirituelles du P. 
Le Vallois , avec une préface histo- 
ïique sur la vie et les ouvrages 
de l'auteur, lySg,».^ vol. in-i:>. 
Bretonneau étoit prédicateur lui- 
même. Ses Sermons en 5 volumes 
in-12 , publiés en 1764 par le fa- 
meux P. Berruyer , respirent une 
éloquence chrétienne. Les grâces de 
l'action lui mauquoient ; mais il 
avoit toutes les autres parties de 
l'orateur sacré. Ses vertus donaoïent 
du poids à ses sermons. On a encore 
de Bretonneau deè Tléflexioris chré- 
tiennes pour les jeunes gens qui 
entrent dans le monde, in-12 , et 
l'Abrégé de la vie de Jacques II , 
in-i-2 , tirée d'un écrit de son con- 
fesseur. C'est un panégyrique dan.s 
lequel les historiens ne puiseront 
pas beaucoup. 

BRETONNIER ( Barthélemi-Jo- 
seph), avocat au parlement de 
Paris , plaida et écrivit avec succès. 
Il naquit à IMontrotier , près de 
Lyon, en i6ô6, d'un médecin, et 
mourut à Paris en 1727. On a de 
lui : I. une Edition des (Euvres de 
Claude Henrys, deux vol. iu-fol. , 
1708, avec des Observations qui 
ent beaucoup perfectionné cet ou- 
vrage. II. Recueil, par oidre alp/ia-' 
hètique , des principales questions 
de droit qui se jugent diversement 
dans différens tribunaux du royau- 
me , 1 vol. in-12, réimprimé avec 
des additions en 1756, en 2 vol. , 



BREV 

«t en 1785, iu-4°, avec des addi- 
tions par Boucher d'Argis. Le 
chancelier d'Aguesseau , qui avoit 
toujours pensé à rendre la juris- 
prudence uniforme , l'avoit engagé 
à ce travail. Bretonnier l'exécuta 
d'une manière digne des vues de 
ce grand magistral. Tous les prin- 
cipes dudroitécrit et des coutumes 
y sont renfermés avec autant de 
netteté que de précision. La pré- 
face seule vaut un gros ouvrage. Ce 
jurisconsulte a laissé encore des 
Mémoires sur des affaires impor- 
tantes dont il avoit été chargé. Us 
sont moins estimés que ses autres 
productions. 

t BRETTEVILLE ( Etienne Du- 
bois du ), né en iGôo à Brelteviile- 
sur-Bordel , en Normandie , se fit 
jésuite en 1667. Il abandonna cet 
état en 1678 , et s'appliqua depuis 
à rinslructiou des jeunes ecclésias- 
tiques qui se deslinoient au mi- 
nistère de la prédication ; mais ses 
travaux ne furent pas longs, étant 
mort en 1G8S. Il avoit donné, 
quatre ans auparavant , des Essais 
de sermons , eu 4 ^ol- in-8'' , où 
il y a six différens desseins pour 
chaque jour, avec des sentences 
choisies de l'Ecriture sainte. Le ca- 
rême forme les trois premiers vo- 
lumes , et les dominicales le der- 
nier. Le style de ces écrits n'est ni 
pur ni élégant. L'abbé du Jarri en a 
donné une suite en b vol. in-8*. 
On trouve dans cette suite des Es- 
sais de panégyriques , 2 volumes ; 
les dominicales et mystères , 2 vol. ; 
l'avent, 1 vol. On a encore de l'abbé 
de Bretteville l'Eloquence de la 
chaire et du barreau , Paris , 1 689 , 
in-12 , plus estimée pour les exem- 
ples qu'il donne que pour les règles 
qu'il prescrit. 

* BREV'AL (J