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Full text of "Dictionnaire universel françois et latin : vulgairement appelé dictionnaire de Trévoux, contenant la signification & la définition des mots de l'une & de l'autre langue, avec leurs différens usages; les termes propres de chaque etat & de chaque profession : la description de toutes les choses naturelles & artificielles; leurs figures, leurs espèces, leurs propriétés: L'explication de tout ce que renferment les sciences & les arts, soit libéraux, soit méchaniques, &c. Avec des remarques d'érudition et de critique; Le tout tiré des plus excellens auteurs, des meilleurs lexicographes, etymologistes & glossaires, qui ont paru jusqu'ici en différentes langues"

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ICTIONNAIR 



UNIVERSEL 

FRANÇOIS ET LATIN, 

VULGAIRE ME MT APPELÉ 

DICTIONNAIRE DE TRÉVOUX. 



TOME SEPTIEME 



PRO=TE 



DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL 

FRANÇOIS ET LATIN, 

VULGAIREMENT APPELÉ 

DICTIONNAIRE DE TRÉVOUX, 

Contenant la Signification Se la Définition des mots de l'une & de l'autre I ano-ue "" 
avec leurs différens ufagesj les termes propres de chaque Etat & de chaque Profeffion î 
LaDefcriptiondc toutes les chofes naturelles & artificielles; leurs fio-ures, leurs efpèces 
leurs propriétés : L'Explication de tout ce que renferment les Sciences ôc les Arts foie 
Libéraux , foit Méchaniques , SCc, 

AVEC DES REMARQUES D'ÉRUDITION ET DE CRITIQUE; 

Le tout tire des plus excellens Auteurs y des meilleurs Lexicographes , Etymolopifles 
êC GloJJliires , qui ont paru jufquici en différentes Langues. 

NOUVELLE ÊblTION, 

Corrigée et coNsiDiRABLEMENT augmentée. 
TOME SEPTIEME, 




PAR LA COMPAGNIE DES LIBRAIRES ASSOCIÉS. 



M. DCC. LXXI. 

AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU ROL 





■AOAMS, 



■^ 









^IONNAIR 



UNIVERSEL, 

CONTENANT TOUS LES MOTS 

DELA 

LANGUE FRANÇOISE, 

DES SCIENCES ET DES ARTS, 

jévec les Termes Latins qui peuvent y convenir. 

jlîi*'!. J)iWa rfi"*. — Ip 

P 




ROFANATEUR. f. m. 
Celui qui profane les chofes 
iaintes , qui abule des chofes 
de la Religion, qui les traite 
avec irrévérence ou avec mé- 
pris, ou qui les emploie à 
des ulages protanes. Profa- 
nator. JÉsus-Christ chalfa 
Its Profanateurs du temple. 
§3" PkUF An hTIoN . f. f. Adion du Profanateur. Pro- 
fanatio. Profanation des choies (aintes, d'une églife, 
des vales facrés. Là profanation eft un abus ou un mé- 
pris des chofes faintes & facrées. C'eft une profana- 
tion de fe fervir des paroles de l'écriture dans lesopc- 
tions prétendues magiques. C'eft une profanation de 
faire fervir les vafes facrés à des uiages ordinaires. 
ÇCr Profanation , le dit par exagération d'un Simple 
abus des chofes précieufes. C'eft une efpèce de profa- 
nation d'employer l'or ôc l'argent à ces fortes d'ufages. 
HfJ' PROFANE, adj. de t. g. Profanas. Ce mot formé 
de proc!// ôc de fanum ; procul à fano, fignjfioit ori- 
ginairement celui qui n'eft point initié dans les myfté- 
res de la Divinité. C'eft pour cela nue les anciens Ro- 
mains , dans les facrificcs qu'ils faifoient à leurs Dieux, 



avoient coutume de cncï,pr6culeJieprofani, xeûtzz- 
\o\iSy profanes. Les Grecs en faifoient autant. Les myf- 
tères n'étoient révélés qu'aux initiés. Nous l'avons dit 
de même des Payens & de ceux qui n'étoient poinc 
initiés aux myftères de notre religion. Les premiers 
Chrétiens cachoient avec foin auy profanes les myftères 
facrés. Dans l'ancien teftamcnt le mot de proJane fi- 
gnifie ordinairement celui qui eft impur, ou qui viole 
les cérémonies de la loi. 

IP" Dans l'ufage ordinaire cette épithète s'applique à 
tout ce qui eft contre le refpeâ: qu'on doit aux chofes 
facrées. Adion profane. Difcours profane. 

|Cr Profane, fe dit encore fouvent des chofes féculiè- 
res, par oppofition à celles qui concernent la religion. 
Dans cette acceptation on dit , auteurs profanes , hif- 
toires profanes. Faire fervir les chofes facrées à des 
uCz^es profanes. 

§Cr Ce mot pris fubftantivement, fignifie celui qui mé- 
prife les chofes faintes, qui manque de relpecT: pour ce 
qui concerne la religion. Il parle des chofes faintes 
comme un profane. 

fpr On le dit encore par manière de plaifanterie des 
I ignoraiis. Il n'appartient pas à vm profane de parler de 

A 



3, P R O 

ces m.UK-ie5 là. C'cft dr.ns ce fcns qu'Horace dituit odl 
profanum vidgus. Vulsairc ignorant. 
'|Cr Enfin on li; dit envorc par plaiùnierie , & dans un 
lens figure, pour marquer une peii.:.n!ie qu'on ne veuc 
point admettre dans \xnc [<jcii:x.<:. txpelkndus , rcji- 
eiendns. Nous ne voulons point de vous, vous êtes un 
profane. 
^3" PROFANER, v. a. Manquer de reCped pour ks 
«hofes fainies, en abufer, les mettre à des ufagcs pro- 
fanes. Profanât e , profanum facere aliquld. Prof an :r 
une églil'e, les va ("es lacres.P/o/^vi cria parole de Dieu. 
C'clt un impie qa'i profane les chofes les plus laintes. 
"Une églifc eft profanée par un meurtre , par un allaf- 
fmat, par certaines atlions criminelles, 
fer Profaner , fignifie aulli remettre à un ulage pro- 
fane. Le premier coup de marteau profane un calice. 
AcAD. Fr. 
%f3' Profaner , fe dit par exagération pour faire un mau- 
vais ufage d'une chofc rare ou précicufe. Abuti. C'cft 
profaner les fciences , que d'en parler devant des gens 
qui n'y entendent rien. Donner de fi belles choies à 
des gens qui ne s'y connoilfent pas, c'eft les profaner. 
PROFANÉ, ÉE. part. 

PROFANEMENT. adv. D'une manière profane. Nicod. 
Celui-là parloir bien profanement encore que ce ne 
fût fans faire rire , qui difoit à quelques loldats qu'il 
voyoit dans fon prêche: Il elr de vous en toutes cho- 
fes, airifi que de Jhsus-Christ. Il fut pris : aulîi lerez- 
vous. Il fut liiî de cordes comme un larron: aulli lerez- 
vous. Il fut mené devant le Juge : aulli ferez-vous. 1! 
fut fouetté : aulli ferez-vous. Il lut mené au gibet : auflî 
ferez-vous. Il defcéndit aux enfers : aulli ierez-vous. 
Mais il en revint : vou i y demeurerez. Apol. pour Hé- 
rodote ^ ch. iô. T. III , p. 17 j. Profanement n'ell 
pas reçu dans rulage. 
PROFECTICE. adj. Terme de Droit canon , qui fe dit 
du pécule des Clercs, acquis a l'occalion de leur Bé- 
néfice , Prûfeclitius i a. 
PROFECTIF, ou auffi PROFECTICE. adj. Terme de 
Palais. Les biens profeclifs lont ceux qui viennent de 
la fuccelîîon direde du père , de la mère, & des autres 
alcendans. Profeciuia. 
PROFEC ri"ON. f. f. Terme d'AftroIogie judiciaire. C'eft 
un certain calcul par lequel les Aftrologues font l'aire 
un ligne tous les ans par ficliun a chaque planète & 
lieu du ciel. Les Anciens attiibuoient beaucoup de 
vertu zu\ profeclions ; mais Argolus regarde cette ob- 
fervation comme une choie illuloire. 
PROFÉRER. V. a. Ptononcer , articuler , faire entendre 
par le moyen de la voix. Ferba proferre , edere ,pro- 
Huntiarc. Chez les Hébreux le mot de Jehovah étoit 
le nom de Dieu intHable , qu'il n'étoit pas permis de 
proférer. On fe trouve quelquefois 11 confus, li inter- 
dit , qu'on ne peut pas proférer un mot. Le Prélîdent 
A proféré à haute voix fon arrêt, la condamnation d'un 
. tel. On ne profera pas la moindre parole de part & 

d'autre. Scaron. 
PROFÉRÉ, ÉE. part. 

PROFÉS, ESSE. adj. c^' fubft. Religieux, ou Religieufe 
qui ont fait leurs veux de Religion dans un Couvent. 
f^oto reiir;ionis objlriéius ^ prof e [fus rcUt^lonern. Il n'y 
a que les Religieux prof es qui aycnt voix en Chapitre. 
Un jeune projès , une jeune profe(fe. 
ProfÈs, fe dit aulfi dans quelques Ordres de Chevale- 
rie. Un C\\ev3.]ïev projès de l'Ordre de Chrift, en Por- 
tugal, de Malte, &c. 
ProfÈs. Ce mot s'emploie aulfi quelquefois figurémcnt 
<ïc comiquement , pour lignifier un homme qui fe con- 
noît en quelque choie. Expenus , cautus. Ainli Boi- 
leau a dit profès en l'ordre des coteaux , pour un hom- 
me qui connoilloit parfaitement de quel coteau étoit 
le vin qu'on lui prélentoit. 
PROFESSER, v. a. Ce mot fignifie proprement, faire un 
aveu public de quelque choie. Profiter}. Mais il reçoit 
ditférentes fignifications , lelon les ditfcrentes chofes 
dont on parle. On s'en fert ordinairement, pour déchi- 
rer & hiire connoltre'hautement qu'on eft d'une telle 
religion, d'une telle croyance. Les Martyrs ont haute- 
ment profejfé la Foi catholique. Les Proteftans profcf- 



PRO ■ 

fent la croyance de Luther. Théièle dont je porte l'ha- 
bit, dont je profejjé la régie , avoit-ellc une obligation 
particulière d'cmbralîe: !a Croix; Bourd. Exkcrt. T. 

I,p.322. 

Professer , en parlant d'un ar: , d'un niérier , fignifie 
l'exercer , en taire un exercice [.ubhc. Ce Docteur^ro- 
jcjje la Médecine. Profiteri. 
Professer, ligniiie encore enleigner, donner de;S leçons 
publiques, & fe dit particulièrement des Regens de 
Collège. li profejfe la iihétoriquc , la Fhilolonhie , 
&c. 
PROFESSEUR, f. m. Celui qui ent-.;igiie publiquement 
les arts & les Iciences dans les Lnivetlités , dans un 
Collège. Profejjor ., Doclor. Un Frojejj'eur en '1 héo- 
logie , en Droir canon , en Médecine. Profejfcur en 
Philolophie , en Rhétorique. Il y a des ProjeJJ'eurs 
/Joyazc.v dont les chaires ont été fondées par les Rois, Se 
dont le revenu eft alfigné lur le Trelor Royal. Le pre- 
mier qui inftitua les LcdltUiS & ProfeJJturs Royaux à 
Paris, fut le Roi François 1, à la lollicitation de Guil- 
laume Budèe principalement, de du Bcllai & de Jean 
Lalearis. Il luuda onze Chaires, ik. la douzième fut " 
fondée par Henri II , & donnée à Pierre Ramus , lequel 
Ramus , par ion teftamtnt du 8 Août 156S, fonda 
aulli une Chaire de Mathématiques. Il y a douze Pro- 
feiff'eurs à l'Académie de l^eunure , qui ont foin de 
poler le modèle chacun dans Ion mois. Louis XIV éta- 
blit dans toutes les Univerlités desProfeJJeurs de Droit 
François. Il Icroit à propos qu'il y en ci'ir deux dans les 
grandes Univerlités , l'un qui donneroit des lullitu- 
tions, l'autre qui donneroit des traites alternativement. 
Dicï. des Art's 3 1731. 
Professeur. Les Chrétiens généreux qui avoient com- 
paru devant les Juges, & profciié la foi, fans être ci- 
tés, étoient appelés /'ro/tf/j'o/c'j j projeteurs. 
PROFESSION, f. f. Déclaration pubhque 6i folennellc 
de la religion , de fa croyance. Profeffio , comprejjio. 
(fX Faire une projejfion de foi, c'eft fiifc une décla- 
raticxn publique de la foi, des fentimens qu'on tient 
pour orthodoxes. Faire projefjïon d'une religion , c'eft 
en faire publiquement l'exercicç. On dit dans le même 
lens , je fais profejjion d'être votre ami , vorre lervi- 
icur, je lais une profejfion publique , fclcnuelle. 
Profession , le dit aulîi dans les Monaftères de la pro- 
melle qu'on lait lolennellement d'oblerver les trois 
voeux de Religion, & les règles de l'Ordre. Solennis ^ 
Religioforum votorum nuncupatïo , vel emijjio. On 
peut dire que le Concile de Trente , en accordant à 
leize ans la liberté de faire profejfion , a fixe un âge 
prématuré. L'ordonnance d'Orlcans Icmbloit rrès-jufte, 
de n'admettre les perlonnes à hiieprojt.fiîcn qu'en ma- 
jorité. On n'eft point reçu à faire preuve de h projefi 
fiion de Religieux par témoins , il iaut un aèïe loiennel. 
Par les Capitulaires de Charlemagne , il' étoit détendu 
de changer d'état , & de faire projcfi'wn dans un Mo- 
naftère lans le conleniement du Prince. 
Profession , lignifie auiiî la condition qu'on a choific 
dans le monde , le métier auquel on s'apphque, en un 
mot les dilferens emplois de la vie civile. FitAgenus, 
vita infiittttum -, rel ratio. Les clprits inquiets ne lau- 
roient le déterminer à choifir une projejfion j ôc à roree 
d'en changer ils n'en ont aucune. S. EvR. Le halatd fe 
mêle de la conduite des hommes , & il a louvent la 
meilleure part à \a. profejfion qu'ils cmbrallcnt. Bouh. 
Dès que Von s'eft tourne du côté de la Pocfie , l'on de- 
vient Poëte de profejfiion , fans pouvoir prefque être 
autre chcfe. Idem. Si l'on examine toutes les profef- 
fions du monde , un trouvera que ce qui les rend agréa- 
bles , !k ce qui foulage les peines & les faiigues qui 
les accompagnent , eft qu'elles prélentent leiuvent à 
l'efprit l'idée d'eftime & de crainte , que les autres ont 
pour nous. Log. La projefiion d'Avocat, de Médecin. 
L'un choifit h profejfion "des lettres, l'autre la profefi- 
_/7<v/ des armes. Chacun envie d'ordinaire la profejfiion 
des arures, & fe dégoûte de celle qu'il a embrairee. 

Le Cardinal Bellarmin , dans Ion Livre De arte 
hene metiendï , compte de temps en temps de petites 
hiftoircs qui réveillent l'attention. En voici une de 
cette nature , p. 30 ^ &i 306. Étant , dit-il, allé voir 



PRO 

un malade qui avoir exerc-: une dangereufc/WKjT'o'ô 
tk qui n'avuic longé toute la vie qu'à anialler du bien; 
iL' commciii,aiit à 1 exhorter à une bonne mou , te ma- 
lade lui répondit tranquillement qu'il avoit (ouliaitc 
de lui palier, non pas pour lui, puiCque Ion iorretoit 
certain , & qu'il fe difpofoit à aller en enfer, mais pour 
ia femme & pour les eiiians. Cet endurcillcmeiir ht 
horreur au Cardinal: il tâcha, mais en vaindc dcinllcr 
les yeux à ce péeheur ob'finé, qui mourut clclave du 
dômon. L'Auteur auroic bien voulu ie dilpenler Je 
nous apprendre quelle était \i proji^JJion de ce miié- 
rable : mais le fruit qu'en pourront retirer ceux. i]ui ont 
embralle le même état , ne kn a pas permis de celer 
cette circonllaiice. Il nous déclare donc que c'étoit un 
Procureur. Ce fait, qui a trop de viaiicmblance pour 
le révoquer en doute , me renouvelle la mémoire de 
ce que j'ai lu dans Rabelais , liv. 4, ch. 46 , touchant 
les gens de cette profejjion , lefquels ayantappris qu'un 
diable le préparoit a les venir tenter , lui envoyèrent 
dire , par un tiuchement , qu'ils étoient tous à lui , 
pour lui épargner la peine d'un voyage exprès. Extrait 
de divers Ouvrages , petit in-J^". rmnufcrit ^p. 113, 

Profession , fe dit auOI par extenfion en plulicurs ren- 
contres , des choies dont on fe pique , auxquelles on 
s'attache, dont on fait Ion capital. Faire profejjion 
d'être honnête homme , de tenir ia parole. Ne laites 
Tpomt profejfion de bel elprit , c'eft un caratlèrc trop 
décrié. S. Eva. Bien des gens qui font projejjion de 
piété, pèchent plus par l'elprit, qu'ils ne pcchoient par 
les lens ; & quand les vices grolhers les quittent, il y 
en a d'autres plus fins qui leur luccèdent. Dis. d'El. 
Il y a des gens qui fentant bien qu'ils n'auroient pas 
la torce de loutenir leur opinion, s'ils en avoient une, 
cèdent à tout le monde , & prennent le parti d'être 
complailans as profejjion. M. Scud. Le caradtcre des 
démons de profejjion, ell lulpcd aux gens lages. 11 
ii'y a point d'animaux li farouches , que certains hom- 
mes qui font profejjion de mépris &C d'averfion pour 
tour le genre humain. S. Evr. I.es Savans de profejjion 
ont d'ordinaire, je ne lai quoi de lauvage & de grol- 
lier dans leurs manières. Bell. On dit d'un homme 
qui cR" dans 1 habitude du jeu, de l'ivrognerie, que 
c'eft un joueur, un ivrogne de projejjion. Ac ad. Fr. 

rROFESS.OIRE. f. m. Ce terme eft en ufage chez les 
Bernardins ; il lignifie le temps qui fuit immédiatement 
la profelîîon : ce temps dure une année, pendant la- 
quelle les nouveaux Profès vivent dans une plus grande 
retraite que les anciens, "v font occupés à peu-près aux 
mêmes exercices que dînant ie Noviciat. Un an de 
profejjolre , l'année de profejjoire. Il y a chez les Clia- 
noines Réguliers de Sainte Geneviève, & chez les Ca- 
pucins , quelque choie de lemblable , mais fous des 
noms ditferens. Les premiers donnent à cette aniiéc-là 
le nom de Juvénat. 

PROFESSORAL , ALE. adj. m. & f. Qui appartient , 
ou qui a rapport à la quaUté de PrcfelTeur. Il n'a point 
d'autre bien que la rétribution profe[]hrale. A-l. Bayle 
dk dans les nouvelles de Février 16S6 , que Jean Zuin- 
ger cli: àt izm\\\t prof ejforale , parce qu'il y en a eu 
cinq ou fix de ce nom fucceirivcnient ProfcU'eurs en 
Théologie à Baie. Etafrne nous apprend «lue Bomba- 
fius Ion bon ami, ayant le cœur noble Se bien placé , 
fe dégoûta de la vie profeJfora/e,a. caufe des querelles 
que la jalouiîe fordide de les rivaux lui attiroit. Dici. 
de Bayle, art. Bomhnflus , rem. A. 

PROFESSORAT, f. m. L'emploi, l'état Se la condition 
d'un homme qui prolelle quelque fcience. M. Bayle 
dit dans les nouvelles de la République des Lettres 
d'Odobrc 1685 , art. 4^ que l'Académie des curieux 
de la nature peiifa échouer , parce que lès membres 
furent promus au Profejjorat , à un âge où ils ne pou- 
voient plus vaquera cette forte d'étude. Plulicurs cru- 
rent qu'il s'étoit parfaitement juftifié , ( Vorltius ) & 
qu'on devoir le mettre en poUcllion du Profejforat. 
De la Roche. Wiclef fut pourtant obligé de quitter 
fon Profejforat, & de fe retirer dans fa Cure. Idem. 

PROFICIA T. f. m. Certain droit que les Evêqucs le- 
voient fur les Eccléfiaftiques , & qui faifoit partie de 
Tome Fil. 



P 11 3 

ce qu'on appcloii les louables coutumes. 'Voyez Pas- 

QUIER. 

Quand on fouhaitoit qu'une pcrfonnc obtint l'ac- 
complillemeiu de les délits, qu'elle réiilsit dans ioil 
entrcprilc, on lui diloit , je vous (ouhaire un bon Pro- 
Jic'iat, Ce mot en latin lignifie qu'il reujfijje. On r,e le 
dit plus en ce Icns. 

i'CT Les Apprentis' & Compagnons Imprimeurs don- 
noient autrefois le nom de Projicïat aux repas qu'ils 
le donnoient en diftérentcs occalions. Ces repas lurent 
détendus par un edit de Charles IX. 

FROFiL. f. m. On difoit autrefois porfd. Terme d'Ar- 
chitecture. C'eft la figuicd'un bâtiment, d'une tortifi- 
cation , ou d'une .uitre coniliui lion, où l'on a iliarqué 
les hauteurs , largeurs & épailïcurs , c'cft-à-dire , les 
lignes qui paroïtroient , li on avoir coupé à angles 
droits le bâtiment depuis le comble julqu'aux fonde- 
mcns; d'oèr vienc»qu'on appelle aulli en Architeélure 
& en Fortification cette tielcription , feclion , ou or- 
liiographie , ou coupe. Monogrammdi piclurx icon ,fcs- 
noi;r.!phia. C'eft la coupe verticale de quelque ou- 
vrage. On appelle aulli profil, le contour d'un mem- 
bre d'Architeéiure , comme d'une baie, &c. 

iJCF On fe lert aulli de ce mot en Peinture , mais dans un 
iens ditférent, pour exprimer la délinéation du vilage 
d'une perlonne ou par un de les côtés , ou qui eft tourné 
de laçon, qu'on n'en voit que la moitié , un œil, une 
joue, une narine, la moitié de la bouche. Imago obli- 
qua. Le projil du vifige. Une tête vue de profil. Il eft 
oppolé à /^7t-i:. Cette femme eft plus belle de jace que 
de projil. Peindre de face , peindre de profil. Dans 
preique toutes les médailles les vitages font de projil. 

Profil, le dit quelquefois de toute delcription qui ell 
oppolée au plan. Une Carte de Paris en projil. Sceno- 
graphia urbis Parlfienfis. Les vues en lointain font def- 
lînees en /'royf/. C eft la reprélentation d'un objet vu 
d'un de les côtés feulement. 

Profil , au figuré. 11 le trouve du vrai dans cette penfée, 
à la regarder de profil. Journal de Trévoux. 

ÇT PROFILER, v. a. Repréfenter en profil. En Archi- 
tecture , c'eft delîinex la coupe d'une corniche, d'un 
entablement , d'un membre d'Architcèlure. Delinearcy 
adiimhrare. 

IfJ" En Peinture , quoiqu'on dife profil du vifage , on ne 
dit point , du moins ordinairement, profier un vilage, 
mais delFiner, peindre de profil. 

ifT PROFILÉ , ÉE. part. 

((3" PROFIT, f. m. Avantage , utilité qu'on retire 
d'une choie. Utilitas , quuftus , comtr.odum. Tirer du 
projit d'une atfaire , en pairager" le projit avec quel- 
q^l^un. Songer à ion profit. Faire de grands profits dans 
le commerce, par l'achat, par la vente, par l'échange 
des marchandilcs dont on fait le commerce. 

On dit qu'une rente, une obligation lont pallées au 
proft d'un tel ; pour dire , à Ion avantage : qu une Sen- 
rcnce a été rendue à ion prof t , pour dire, en fa fa- 
veur. Les valets dilent qu'ils ont des profts en une 
mailon, pour dire , qu'outre leurs gages, ils retirent 
quelque chofe du cafuel. On dit, qu'un avare met roue 
à profit , lorfqu'il ne laille rien perdre, qu'il fait prof t 
de tour. On dit d'une chofe qu'on abandonne à quel- 
qu'un , faites-en votre profit. Cela ne fait point de pra- 
fit, c'eft-à-dire , ne diminue point la dépenfe. Cela eft 
tourné à fon proft , c'eft-â-dire, à Ion utilité. 

Profit. On dit qu'une chofe eft faite à proft , pour 
dire, qu'elle eft faite de manière à pouvoir long-temps 
fervir , à durer long-temps. Voila un habit fait à pro- 
ft. AcAD. Fr. 

Profit , fe dit aulîî des intérêts de l'argent qu'on met en 
rente ou fur la place. VJ'ura , quceflus , emolumenium. 
Le proft d'argent prêté par obligation eft ufuraire. 

Profit avantureux. C'eft l'intérêt de l'argent qu'on prête 
fur un vailleau marchand, loit pour un voyage , loit 
pour chaque mois qu'il eft en mer , moyennant quoi 
le Prêteur court les rifques de la mer & de la guerre. 
Les prof ts fur mer font fort grands : on a quelquefois 
des profits de cent pour cent. Les AlFureurs de Mer 
ont part au profit. 

Profit defef, eft un droit^jpi ?ll du au Seigneur domir 

« A ij 



4 



PK O 



nr.nî en plurieurs mutations. Frovcnrus cUenteU. Les 
quints & requints, les iods <S: ventes, les rachats, tout 
des projlts de fief , des revenus caluels. 
Profit jl'e dit auHi en termes de Pratique. Un défaut 
emportant /rq/ff j c'eft-à-dire, gain de caufe. Vadimo- 
nÏL adjud'icauo. Il faut faire juger \ç profit d'un défaut. 
On ordonne louvent qu'on en viendra au premier jour, 
à peine de l'exploit , dont le prof.c (cia jugé iur le 
champ. 
Profit , f.- dit figurément en Morale , pour progrès. Cet 
Ecolier ne fait pas grand profit en clallc. Progrefius. 
On fe doit bien étonner du peu as profit qu'on fait au 
fermon. On tire beaucoup de profit de la ledfure de 
ce livre. 

On dit proverbialement, c'cft un de ces niais de So- 
logne , qui fe trompent toujouis a leur profit. Omnia 
in rem Juam convertit. 
03" Le mot de profit , relatif au bien être que nous ti- 
rons des choies extérieures, peut être conhdéré com- 
me fynonynie de gain , lucre , émolument , bénéfice , 
ou comme fynonyme avec utilité, avantage. 
§CJ" D.ms la première acception , le jPrq^r paroît être plus 
sûr , & venir d'un rapport habituel , (oit du tonds, (oit 
d'induifrie: ainli l'on dit les profits du jeu, pour ceux 
qui donnent à jouer ou fournillent les cartes ; & le 
profiu d'une terre , pour exprimer ce qu'on en retire, 
outre les revenus fixés par les baux. On nomme lou- 
vent profit ce qui eft vol. 
fer Dans la féconde acception , \ç profit naît du gain que 
produifent les choies. V utilité naît du (ervice qu'on en 
tire. L'avantage naît de l'honneur ou de la commo- 
dité. qu'on y trouve. Un meuble a (on utilité. Une terre 
apporte Aw profit. Une grande mailon 3.ion avantage. 
Les profits font plus grands dans les finances , & plus 
ftéquens dans le commerce. Un bon livre fait le profit 
du Libraire. 

Ce mot vient de profeclus. 
PROFITABLE, adj. m. & f. & fubft. Qui eft utile, avan- 
tageux. Utilis , lucrqfus. Avis, emploi profitable. 
fC? PROFITER, v. n. qui (e prend dans les dirtérentes 
lignifications du fubftantif profit. Proficere. Il fignifie 
faire du gain. Quîjlum facerc. Profiter à un marché. 
Il a beaucoup profité avec les alfociés. Ce marchand a 
beaucoup profité fur les marchandifes qu'il a achetées 
& vendues. 
^Cr On dit en ce cens, faire profit erCon argent,furla place, 
à la bour(e_, dans lecommcrcejpardes voies injulles , 
comme les uluiicrsi c'e(t le faire valoir, en tirer intérêt. 
ifT Profiter , dans les choies morales, lignifie tuer de 
l'avantage, de l'utilité d'une chofe. Lucro apponere , 
fruclum , utiiitatem percipere. On profite du temps , àcs 
circonftances, d'une occalion favorable, des avis qu'on 
nous donne , des bons exemples , & même des fautes 
d'autrui. 
§Cr II fignifie auffi fiire du progrès dans les fciences, dans 
les études, dans la vertu, &c. Progrefium , progre[]us 
faccre , proficere. Profiter dans l'étude de la fagelle. 
Ael. Ce jeune homme a beaucoup profité àsçvns qu'on 
lui a donné un précepteur. Profiter en vertu, en fageffe, 
en (cience. 
$3" PRoriTER, dans la fignification d'être utile, fervir. 
Prodejfie. Les avis qu'on lui adonnés, lui ont bien pro- 
fité. Les biens mal acquis ne profitent point. De quoi ce- 
la vous profiter.a-t-il ? 
Profiter, fignifie .aulîî , prendre de l'accroiiretnent, fe 
fottifier. Creficerejaugeri. Les plantes des Indes ne /jmi- 
fiitent point en France , viennent mal. Un payfan qui 
voit que les beftiaux ne profitent point, qu'ihmaigiif- 
lent, croit qu'on les a enfotcelés. Ce garçon n'a point 
■ profité depuis fa maladie , il ne fçauroit reprendre d'em- 
bonpoint. 
PROFITEROLE, f. m. Ce mot fe difoit autrefois d'une 
p.\te cuite fous les cendres. Offafubcincricia. Mainte- 
nant les cuifinicrs font encore des potages àe profiterole 
avecde petits pains fans mie, féchés, mitonnes ,"& gar- 
nis de béatilles. 
ce? PROFOND, ONDE. adj. Épithètequi s'applique à 
tout ce qui a une caviEc'confidérable; .à toutes les cho- 
ies dont le fond eft élail^é de la fupcrficic, particulié- 



P R G 

rement à celles qui vont du haut en bas. Profundus , al- 
tus. Une nviète eu. proi onde . Ce puits elï profond. Un 
nbimc ed profond. Un iclié projond de \ine.z- dtv.^i 
pieds. Ael. 
{CF Quand on dit une- profonde révérence, une inclina- 
tion /ro/owti'i; , on entend celle qui (e fait en le pen- 
chant extrêmement. DiniiJJifiima fi.ilutatio. 
IJCT Profond, dans un fens hguié, ledit des chofes qu'il 
eft difficile d'approfondir. ï^oye-^ ce mot. Otftrufus , 
incelleélu difficilis. Les myftéies de la foi lont des abî- 
mes profonds où l'elprit humain ne laucoit pénétrer. 
Les jugemens de Dieu font profonds. L'algèbre cil une 
Icience^ro/o/î^edont peu d'elprits lont cap.ablcs. 

On le dit encore tant dans la phyficue que dans le 
moral des choies, pour faire entendre qu'elles lont ex- 
trêmes dans leur genre. Ainh l'on dit profond lommeil. 
Altus. Un projond filcnce. Toutétoic dans un calme 
profond. Un profond ze[pe&. Douleur profonde. Une 
profonde mélancolie. Une profonde triftell'e. Cela de- 
mande une prefonde méditation. Enfeveli dans Hnpro- 
fond oubli. 

Quand on dit qu'un homme eA profond, qu'il a l'efprit 
profond , nous ne voulons pas laite entendre qu'il eft 
habile , comme le dilent nos Diétionnaires. Ce font 
les connoillances qui fe réduilent en pratique qui ren- 
dent habile. Celles qui lont le tiuir de la méditation 
rendent profond. L'homme profond eft celui qui ne 
s'arrête point aux luperficies , mais qui pénètre dans 
l'intérieur des choies ; il les approfondit. Cet homme 
eft profond dans les mathématiques , dans la phylîque. 
Il tient du (avant ; (es connoillances ne dem.indent que 
de la Ipéculation «ÎSc de la méditation.- 

îfT Profond, le dit aullî par forme de fubftantif. Ce 
brillant n'empêche pas \e profond de la phylîque d'é- 
clater en bien des endroits de l'ouvrage. Mem. de 
Trév. 

PROFONDEMENT, adv. D'une manière profonde.bicn 
avant. On le dit au propre Se au figuré. Ahè. Il a fallu 
creuier foit profondément pour trouver l'eau , peur 
faire ce puits. Les chênes poulfent Icuts racines pro- 
fondément en terre. Méditer profond-:Tnent (ur quel- 
que chofe. Choie profondément gravée dans le cœur. 
■Vous avez le vice de vous jeter trop profondément 
dans l'amour, & de n'être plus qu'amoureux , quand 
vous l'êtes une fois. Le Ch. d'H. Les geiis<ie cabinet 
accoutumés h. lêver profondément, gardent unfllenee 
morne dans une converlation enjouée. Bouh. 

(CT PROFONDEUR. 1". f. Étendue d'une chofe depuis fa 
fupeificie julqu'au fond. La profondeur d'un puits, 
d'une rivière. C'eft une des trois dimcnllons du corps 
géométrique, favoir la dimenlion du corps coniidéié 
du haut en bas. Altitudo , profunditas. Toute la quan- 
tité conlîfte en longueur, hrgeurôc profondeur. Quand 
on la conlidère par ce qui eft au-dellus dn rcz-de- 
chaulFée, on l'appelle hauteur ; & quand on la regar- 
de au-delîcus, on la nomme profondeur. On fonde îa 
profondeur de la mer vers les certes. On ne peut palier 
le Tigre à caule de (a profondeur. Abl. Cette canne- 
lure a trop de profondeur. Perrault. Ce bonnet n'a 
pas allez de profondeur , la tête n'y entre pas allez 
avant. 

ICF Le mot de profondeur te dit auilî de l'éTcnduc en 

longueur. Ainli l'on dit qu'une cour a tant deprcfvn- 

■^eur, qu'une mailon a tant de profondeur & tant de 

largeur, qu'elle a plu.i deprofondeurque de largeur. 

Profondeur, ledit figurément en chofes mor.alcs. ^41- 
titudo , veljublimitas.ll faut adorer laprofondeuràn 
jugemens de Dieu , des (ecrets de (a Provio)."nce , des 
mylf ères de la Foi. On admire en ce Magiftiar la pro- 
fondeur de (a doélrine, de (a capacité. Tant eue rcr- 
Ipnne ne voit les bornes & la capacité d'un \'.iiiiiue, 
fa profondeur inconnue le (.\a rcIpccTet. Amelot. 
Crcmwel étoit un hypocrite rafiné, & d une profon- 
deur d'eCpmmcmyible. Flech. Il y a des gens qui n'ont 
pas, (i j'oie le dire, deux pouces de profondeu- : il 
vous les enfoncez, vous rencontrerez le tuf. T • • - - 
l-^oY. Profond. 

PROFONTIÉ. adj. m. On appelle fur rv 

fontié, un vailleau qui tire beaucoup .... .- 



PRO 

il faut beaucoup d'eau poui fiottcir. Dcmerjus ^ prà' 
fundus. 
ï'HO-rCJKMA. Wx forme. Ce mor ne fe dit que des Ict- 
ncs de change qu'un négociant, ou un banquicf eue 
furquelquun, à l'oidre d'un de les commis ou de 
quelque ami qui ne lui en paye pas la valeur. 
pRO-FORMA, (c dit aulli adverbialement dans l'ufage or- 
dinaire, en parlant d'une choie qu'on ne fait que par 
pure formalité. , 

PROFUSION, f. f. Libéralité exceflîve, prodigalitc. lu- 
xus. Il le prend louvent en bonne part, h ce n'ell des 
puilfanccs qui peuvent donner lans s'incommoder; ^<i 
alors c'elt magnificence Ik fouiptuolité. Alcxaiidre don- 
noit à les amis awcc profufwn. Dieu donne les grâces 
avec profujîon. Les profufions de Céfar étoient des 
corruptions Se àcs profufions politiques. M. Esp.Bré- 
bcuf fournit à Lucain des penlees magnifiques julqu'à 
la projijfïon. S. Evr. 

Mais ordinairement on le dit eu mauv.iile part, de 
il fignihe, prodigalité, dépcnle excellive. Projuflo, 
prodigalitas. Il dépenfe avec projufion Ion patrimoi- 
ne, if donne Avec prof ufion. A ce repas il y avoir une 
grande projt^on de viandes. Tel fait des profufions à 
la vue de tout le monde , qui s'épargne le néceiraiie 
chez lui. M. Esp. Ceux qui prennent avec violence, 
pour répandre iszcprofufwn , font beaucoup plusex- 
cufables que les avares. S. EvR. On le dit aulli au fi- 
guré. Cet Auteur écrit avec wwz prof ufion de paroles 
& de citations qui eft défagréable. Les jeunes gens 
font comme une profufion de leur être , quand ils 
croient avoir long temps à le polfcder. S. Ev R. 

liparoit certain que le mot de profufion dénote un 
excès de prodigalité ou de dépenfe : ainfi il ne peut 
jamais fe prendre qu'en mauvaile part, à moins que 
celui qui donne avec profujîon, ne prenne fur un fonds 
inépuifable. La profujlon ell relative aux facultés de 
celui qui donne, & au mérite de celui qui reçoit. On 
peut dire fans blâme , que Dieu a répandu (es bienfaits 
lur l'homme avec profufion , parce qu'il peut donner 
beaucoup, lïc qu'il donne toujours au delà de notre 
mérite. 
PROGENIE. f. f. 'Vieux mot. Rice , enfans. Marot. 
^-J- PROGENITURE, f. f. Vieux mot qui fe difoitdes 
enfans. Tout pè;e eft fou de la progéniture, Jorel. 
Maxime aulli vraie au propre qu'au figuré. 
PROGNOSTIC. Foy. Pronostic. 
PROGRAMME, f. m. Terme de Collège C'eft un billet, 
un placard , ou avertillemement qu'on affiche , ou 
qu'on dillribue pour inviter a quelque harangue ou 
autre cérémonie de Collège, & qui en contient a- 
peu-près le lujet, ou ce qui ell nécelfaire pour l'en- 
tendre. Progamma. Les gens de Collège envoient des 
programmes pour aflifter à leurs déclamations & à 
leurs tragédies. 
PROGRÈS, f. m. Il iisnifie, avancement, mouvement 
en avant. Progrefjus. Le progrès du loleil dans l'é- 
chptiquc. Le procures journaher du foleil. Arrêter le 
progrès du teu , de 1 incendie. 
Progrès. Ce mot le dit particulièrement d'une fuite de 
conquêtes, d'une fuite d'avantages remportés a la guer- 
re. Progrejfus , progreffio. Les armées du Roi ont fait 
de grands progrès cette année , on a entré bien avant 
dans le pays ennemi. 
Progrès , fe dit aulîi en général de toute forte d'avan- 
cement, d'accroillement , d'augmentation , foit en bien, 
foit en mal. Progrefjus ^ augmentum. Empêcher le 
progrès d'une maladie. Faire du progrès dans les étu- 
des , dans les fciences. Les arts ont eu leur commen- 
cement Se ïsm progrès. S. Evr. Cet homme ne fait 
pas de ^tmâs progrès à la Cour. N'en multùm prof cit. 
Dans ce dernier liècle on a fait de grands »roprf5 dans 
la phyfique. La réformation fit de grands progrès en 
peu de temps. Ceux qui n'ont que des penfées d'am- 
■bition-, ne cherchent à faire des progrès dans l'eflirae 
du Prince, que pour en faire dans la fortune. S^ Evr. 
Si la nailTance de l'amour eft tumultueufe , (es pro- 
grès ne le (ont pas moins. Id. L'amour eft obligé de 
décliner quand il a fait trop de progrès. Id* 



PRO 



Ff-ce donc là. Madame , 
Tout le progrès qu'Achille a fait defjus votre ame? 

Racine. 

Progrès. On dit dans l'école , qu'il n'y à point de /ro- 
grès à l'inhni ; pour dire , qu il n y a point de caulc 
dont l'aclion puillc s'étendre a 1 infini. Acad. Fr. 
Progrès , le dit aulli en termes de niuliqut , lorlque les 
notes procèdent par des intervalles défagiables &. dé- 
fendus. Cela s'appelle m3.\iS!iis progrès. Mala pro- 
grtfio , malus Incejjus. 
PROGRESSIF, adj. m. qui fe dit en cette phrafe: Mou- 
vement /^ro^^ri.;////, qui tranlportc d'un lieu à un autre; 
Motus progrejjivus j iocaiis. C'ed une queltion par- 
mi les naturaliftes, (avoir li tous les animaux à co- 
quille ont un muuv emcnz progrcjpj. Ils ont bien tous 
quelque mouvement intérieur, qui confifte , foit à 
étendre les parties de leurs corps & de leurs coquil- 
les , foit à s'ouvrir pour prendre de la nourriture j 
mais ce mouvement n'eft pas celui qu'on appelle />ro- 
grcfif, celui dont le propre eft de faire aller 1 animal 
en avant ou en arrière. Quantité d animaux à co- 
quilles font toujours adhérans Se collés cnlemble, oii 
attachés à des corps étrangers , & jamais ils ne fortent 
de la place où le halard qui a porté leur frai , les a 
fait naître. d'Argenville. 
PROGRESSION, f. f. Mouvement en avant. Inceffus , 
progreffio. Les animaux ont un mouvement de pro- 
grejfion , par lequel ils marchent , ils le portent a un 
lieu à un autre. 
§3° Progression , en termes de Mathématique , eft une 
fuite de termes qui gardent toujours entr'eUx le même < 
rapport, c'eft-à dire, dont chacun eft moyen entre ce- 
lui qui-le précède & celui qui le luit. La progreffon 
eft arithmétique ou géométrique , lelon que le rapport 
qui règne entre ces grandeurs eft arithmétique ou géo- 
métrique. Foye-^ Rapport & Proportion. 
îfT -^r- 1 , y.i Si 7 , 9,11, &Ci Voila une progreffon 
arithmétique, dans laquelle chaque terme eft un moyeii 
proportionnel entre celui qui précède & celui quiluir^ 
3 entre i & j , j entre ; & -•, 7 entre 5 & 9 , &'c. Se 
laditicrence z eft conllamment la même. Ainfi un terme 
quelconque de ctnc progrèffon eft la même chofe que 
le terme qui le précède, plus la ditrérence. 
îfT Si la proportion qui fe trouve entre les grandeurs efè 
géométrique, \z progreffion sa.p^e\\s géométrique^^, 
1,2,4, 8, i^ 32, &c. Voilà une progrefion géomé- 
trique , où 2 ell moyen géométrique entre i & 4, 4 
entre i & 8 , &c. enforte que de deux termes conlé- 
cutifs , le fécond n'cft que le premier multiplié pac 
l'expofant 2. , 

Ce mot vient du latin progreffio. ' : . 
Progression. Terme d'Aftronomie. Mois Ae progrejfo/i 
de la lune : c'eft la même chofe que mois de conlécu- 
tion. Foye^ Consècution , où ce qui concerne cd 
mois eft expliqué* 
PROHIBER. Vi ai Défendre. Prohihere ., vetare. Il n'a 
d'ufrge qu'en termes d'Eglife &■ de Pratique. C'eft une 
nulhté dans un m.iriage, quand il eft fait fans difpenfc, 
dans un de^ié prohlté par l'Eglife, c'eft a-dire, dans 
le degré de parenté où la Loi défend de fe matieri lî 
y avoir plnfieurs viandes que là Loi ancienne avoit 
étroitement jt7ro-^ii^e£5. Prohiber h traite d<s blés. Pro- 
hiherlz port d'armes. Cela eu. prohibe p3ï les Ordon- 
nances.- 
PROFilBITION.f. f; Défcnfe. Prohlbltlo finhlbitio. \Jti 
reft.ateur lègue fcuvent avec prohibition^ d'.iliéner. Un 
père fait une prohibition à fon fils de fe m.irier avec 
une telle pcrfonne. Ce mot n'efl guère en ufage que 
dans l'Eglife & au Palais.. ::o;i..': ; • 

PROIE, f. f. Ce que raviflenf & m.angent 1^ animaux 
carnaftîers. Prdtda. Un oifeau de. proie, qui fe jette fur 
(3. proie. Tous les .-inimaux farouches vivent de proie 
Se de rapine. Ce mouton a été la proie du loup. 

Je fuis par-tout un fat comme un chien fuit fa proie. 

Boa. 

Proie , à l'égard des hommes , fe dit par cxtenfion Aâ 
toute forte de butin. Ce Conquérant a lailfé une tefe 



6 PRO 

ville en proie à Ton armée , il l'a abandonnée au pilisge. 
■Un pays (ans foneielle cil en proie au prcniiifr occu- 
pant. Les ToMats , après la bataille , partagent leur proie j 
leur butin. Les archers s'en vont avec leur proie , le 
voleur qu'ils guectoienc. 
J'roie, le dit figurément, & aVec beaucoup d'élégance 
en choies Ipirituclles & morales. Pr-dda , fpolium. 
L'ame du pécheur ell \-3, proie du démon. Les gens vo- 
luptueux iont la proie de leurs pallions ; pour dire , 
qu'ils lonc abandcnnés à leurs pallions. Je luis la/'/();'t 
de ceux que j'avois haïs. Théoi'H. Les divihons les 
donnoient zw proie à l'avarice des Etrangers. Aelanc. 
Quand il ne nous rclîe nulle elpérance, nous demeu- 
rons comme ftupides, & nous nous livrons en proie à 
nos maux. Fel. Le Saint arracha des bras de la mort 
une proie qu'elle avoir déjà prelque enlevée. Fléch. 
Je vous lailfe en proie à votre caprice. S. EvR. On 
dit , être en proie à les pallions, à (a douleur; pour 
dire, être abandonné à les pallions, à la douleur. Acad. 
Fr. Etre en proie a la médilance, à la calomnie, être 
déchiré par la médilance, par la calomnie. 

Pourquoi toi-même en proie à tes vives douleurs , 
Chenhes-tu'fans raij'on à grojjlr tes malheurs ? 

BoiL. 

De tant de pcjjlons dont nous fommes la proie , 
J'ignorois prejque tout j hors l'amour & la /pie. 

Cerisy. 

Jefovffre tous les maux que j'ai faits devant Troye, 
De combien de remords m' ont-ils rendu la proie ; 

Racine. 

%cy- PROJECTILE, f. m. On défigne ainfi en Mécani- 
que tout corps pefant , jeté en l'air f uivant une direc- 
tion quelconque, &z abandonné enfuite à l'adtion de 
la pelantcur. Telle eft , par exemple , une pierre lancée 
avec la main ou avec une ironde , une flèche déc-ochée 
par un arc , ou un boulet qui p.rrt d'un canon ou une 
bombe d'un mortier. Les projecliles j abllraclicn hrirc 
de la réliflurncc de l'air, doivent décrire une parabole. 

|>Cr PROJECTION. (. f. Adion d'imprimer du mou- 
vement à un projettlile. Projeclio. 

(fT Projection , en termes de Géographie & de Perf- 
pecftive, eft une certaine vue Iclon la fituation des 
corps , dorit on trace la delcriptioifcfur un plan , tels 
qu'ils paroitroient , il l'œil étoit placé en un certain 
point. Projeclio. Ainh on appelle projeclion , la ma- 
nière de tracer (ur un plan les Mappemondes luivant 
ime certaine vue lic htuation des parallèles «Se des mé- 
ridiens. La projection ordinaire eft celle de la Iphère 
droite , où le premier méridien lert d horizon , où tous 
les autres méridiens coupent les pôles en lignes obli- 
ques. L'autre projcclion eft celle où l'équateur lert 
d'horizon , le pôle eft au centre , les méiidicns Iont dé- 
crits par les rayons du cercle, & les parallèles par des 
cercles concentviqucs.Ellereprélcntela Iphère parallèle. 

le? La projeclion de la Iphère eft orthographique ou lié 
reographique. La projcclion orthographique eft celle 
où la iurface de la Iphère eft reprelentée lur un plan 
qui la coupe par le milieu, l'œil étant placé veiticale- 
ment à une diftance infinie des deux hémilphères. 
Foye-:^ Orthographique. 

ifT La projeclion ftéréogiaphique, eft celle où la fur- 
face de la fphèrc eft repréfentée fur le plan d'un de 
les grands cercles , l'ail étant fuppofé au pôle de^ce 
cercle, /-'oyc^ StÉréographiq.u£. i.à .i-jq 

Toute figure plane qui fera perpendiculairénupJan 
de prcfecïwn, ne lauroit erre autrement projetée que 
lelon uRe ligne droite ; car toutes les perpendiculaires 
qu'on abaifteroit d«s différens points de cette figure , 
doivent de nécclliié tomber dans la fedion commune, 
qui , comme l'on lait , eft nécelfairement une ligne 
droite. Injiit. JJtron. p. 214. 

Projection, en termes d'Alchimie, fe dit d'une cer- 
taine poudre chimériciue , que des Charlatans difent 
avoir la propriété de changer une grande quantité de 
métal imparfait, comme le plomb & le cmvre, en ur^ 



PRO^ 

-plu; parfait , comme l'or & l'argent, pcair peu qu'on 
y en jette. Projeclio. C'tft ce cju on appelle poudre de 
projection , pierre philofophak. 

On appelle aulli projecaon en termes de Chimie , 
une préparation qui le tait de quelques lubftances , en 
jetant à djftérentes reprilcs dans un creufct pofé lur un 
feu violent, quelques drogues convenables au dellein 
del'Artirte. Projectio , projeclur.i. §0" On jette avec 
une cuilher dans le crtulet la matière en poudie qu'on 
veut calciner. î'es ulages knit bornés aux altérations 
loudair.es, qui le fo;;t par le moyen du reu dans des 
matieiei inflammables , & qui li^nt accompagncei de 
détonation. F'oye'^ Détonation. 
Projection. Terme de Mécanique & de Statique. La 
projection d'un poids, c'eft le mouvement d un poids 
jeté par une puilFance, ou la ligne que le poids déciic 
par Ion mouvement. La projeclion eft ou verticale, on 
hoiizontale , ou compofee de la verticale ou de l'hori- 
zontale. 
iCT Ce terme eft louvent employé dans la Phyfique 
Newtonienne. Les Newtonicns font honneur a leur 
maître d'avoir découvert les cauies du mouvem.ent des 
planète;s. Quelles cauies! Le vide, la ^ ro; erï/o/z j 1 at- 
traè-tion. Ditu a jeté les aftres aii halard dans le vide, 
t\' l'attraclion les a retirés du mouvement de projec- 
tion pour les alfujettir au centre. On dit auih mouve- 
ment de projection J lorcc de projcclion. Newton en- 
tend par-la l'eftott que fait un corps mu dans une 
courbe, ou ciiculairemcnt peur s'échapper par la tan- 
gente. Il faut trois forces combinées enlemble pour 
former l'élipticité des orbes planétaires. L'une eft ccn- 
tiipète , confondue par Newton avec la pelantcur; 
une de projeclion par la tangente , l'autre en hauteur 
par le mouvement des aplides. Or , ou la force centri- 
pète & la force de projection Iont égales, <l<i: 1 alhe dé- 
criia un cercle; ou elles Iont inégales, & l'aftre attein- 
dra le centre ou loyer de la courbe, ou s'en éloigner* 
à l'infini par une Ipirale alcendante eu delcendante, 
n'y ayant rien qui puille fufpendre l'eftet de lune ou 
del'autre, dès qu une lois elle eft lupérienre.CASTEL. 
Newton reconnut Inentùt que la pelantcur primitive 
ou tendanie des parties de la matière les unes vers les 
autres, combinée avec un mouvement de projection, 
produiroit le mouvement curviligne des planèrcs. 
PROJECTURE. f. f. Terme d'Architcdure, qui le dit 
des faillies & avances que Iont les corniches de autres 
membres des bâtimens. Projecîa, proidificata. 
PROIER. vieux v. a. Prier. JVlcrci proie ■, je demande 

merci. Glo[f'. des Poe/, du Roi de A"av. 
PROIÈHE. f t. "Vieux mot. Prière. Oratio , precatio. 

BoREi. Pocf. du Roi de Nar. 
'ïyT PROJET, f m. C'eft proprement un plan eu un ar- 
rangement de moyens peur l'exécution d un deftein : 
«Se le dellein eft ce qu'on veut exécuter. Conjilium. 
Syn. Fr. a nous voir faire de li longs /»ro/er5 de for^ 
tune , on diroit que nous nous croyons immortels. 
Flech. Combien de projets contraires forme l'homme 
pour établir les affaires & Ion repos. M. Esp. Un Gé- 
néral fait un projet de campagne , &: n'a pas moins 
d'attention à cacher les deJfeinSi qu à découvrir ceux 
de l'ennemi. 

On dit ordinairement des projets, qu'ils font beaux ; 
&c des dc[feins, qu'ils font grands. La beauté des projets 
dépend de l'ordre & de la magnificence qu'on y re- 
marque. La grandeur des de[]eins dépend de l'avantage 
év: de la gloire qu'ils peuvent procurer. Il ne faut pas 
toujours le lailfer éblouir par cette beauté ni par cette 
grandeur ; car fouvent la pratique ne s'accorde pas avec 
la fpécuL-ition; l'ordre admirable d'unfyftème,& lidée 
avaiirageufe. qu'on, s'en eft formée , n'empêchent pas 
quelquefois que les projets n'échouent, & qu'on ne le 
trciuve dans l'impollibilite de venir à bout de Ion 
dellein. 

Le mot de projet le prend aulïi quelquefois pour la 
choie même qu'on veut exécuter. Alors il devient prel- 
que lynonyme avec deftein ; mais il fe trouve encore 
enrr'eux une différence délicate que vous trouverez au 
juot dejj'ein. 
Projet , û diç aufli «i'un mémoire povir ce qu'il faur 



PRO 

pour fexéeiuion d'une affaiie, de la piemiàe penfcc 
d'une chofe mifc par éciif.Oii dielic un projet d'acte. 
On laie un projet dairiclcs pout un mau.ige. O» hiit 
le projet d un ouvrage qu'un veut donner au Public. 
^ En Archircchire, \c projet clt une cfquilL- de la dil- 
tribution d'un l)àtimcnt , cjnt'jrménK'nt a l'jnrcntion 
de celui qui veut faire baur. C'cft encore un mcuiuire 
eu gros de la djpenlc a laquelle peut niunicr la coat- 
rruction. 

On dit en Peinture d'une figure cro quce, que ce 
n'tft qu'un liniple /To/tY. Sunplcx dciuuatio ^ dcfi- 

gnatio. 

On appelle /TO/ec fur la côte de Barbarie, & fur- 
tout au balhon de France , où fe tait la pêche du co- 
rad, celui des Corailkurs qui jette l'elpèce de hiet ou 
de chevron avec lequel on lue le corail du tond delà 
mer. 

PROJETER. V. a. former quelque projet. Meditari , 
anima deJUnarc. Alexandre avoir projeté la conquête 
du monde. On avoir projeté depuis long- temps la 
jondion des mers ; ce qui n'a pu s'exécuter que de 
notre temps. Cet homme a projeté de marier la fille 
avec un tel. Il a /'ro/crt? d'acheter une tqlle terre. Ses 
ennemis avoicnt projeté de I alfailiner. On nexccure 
pas tout ce .[U'on projette. Us rélulurent d'exécuter le 
delfein quils 2.\'o\cni projeté. Vaug. 

ffT Projeter , lignifie aulli tracer tur un plan ou fur 
une furface quelconque la (phère , ou quelqu autre 
corps , fuivant cerrames rcglcs. Projeter les cercle 
horaires avec 1 c juinoxial , ôi les tropiques fur un ca 
dran. /'''ovf^ Projection , en termes de Géographie. 

Projeter. Terme de Chimie. C'cll hire la projection 
de quelque matière. Charas. Profieere. i^oye-^ Pro- 
jection. 

PROJETÉ , ÉE. part. 

PROIEZ. f f. Vieux mot. Butin. Borel. Proie. Pr&da. 

PROISIÉ , ÉE. Vieux adj. Prifé , preux. Borel. 

PROLABIA. Devant des lèvres. Terme d'Anatomie. Les 
parties avancées des lèvres s'appellent pro/iz/i/tz. Dio 
Nis. Ce mot eft latin. 

PROLATION. f. f. Terme de Mufique. Voyei Roule- 
ment. C'eft la même cho(e. 

ProlAtion. Parole. Marot. 

PROLÉGOMÈNES. I. m. pL Difcours, ou Traites pré- 
paratifs qui contiennent les choies dont il taut inf- 
truirc un Lecteur, afin qu il puillc mieux entendre 
quelque Hvrc, ou quelque fcience, pour en taiie bien 
(on profir. Prolegomena. La plupart des Iciences de- 
mandent quelque infuudion prelimaire, eu prolégo- 
mènes. 

PROLEPSE. f f. Figure de Rhétorique , par laquelle on 
prévient ce que les adverfaires pourroient objecter. 
/'ro/<?yr/?j. Par exemple, quelqu'un dira peut-être, (St. 

PROLEPflQUEMENT. adv. P,ir prokpfe , par antici- 
pation. Prolepticè , per prolcpflin- T'M\t\: proie ptique- 
ment. Chast. Martyr. T. ly p. 2^ j. Cer Auteur a 
fait ce mot , dont perfonnc ne s'efl: fervi après lui. 

§::?- PROLETAIRE, adj. & (. Terme d'Hiftoire Romai- 
ne. On donnoit ce nom à la fixième Se dernière claifc 
du peuple Romain , laquelle comprenoit les pauvres 
citoyens de la Républi ..ue. C'n les iiommoir proletai 
Tes, du latin proies , comme n'érnnt utiles a la Répu- 
bli ?,ue que par les enfans qu ils engcr.droicnt. La pro- 
létaires étoient exempts d'aller a la guerre. Froletarii. 
Proletarius , a, um. Qui eft de baffe condition. C'eft 
pour cela que Plaute a dit Proletarius fermo. Façon 
de parler populaire, balfe. 

IJCT PROLIFERE, adj. Terme, de Bot.-inique , du Latin 
Prof/fer. On appelle /c/.r prolifère , celle d'où il parc 
une tige qui porte un b.,u ]uer de feuilles: alors c'eft 
prolifer frond:us : ou celle d'où il part une tige qui 
porte une autre Heur. Prolifer flos. Il y a des poires 
prolifères , de l'oeil defquelles il fort ou des feuilles , 
ou des Heurs ou des fruits, /''byc'? Monstug-^ité 

PROLFIQUF. adj. f Terme de Médecine. Qui a les 
qualités propres pour engendrer. ^ro''Jicus. Les Mé- 
decins prétendent conno'itre quand la femence eft/^ro- 
lifiquf. Tous les hommes n'onr pas I.1 y enw prolifique. 
Aurefte,je vous affure qu'il 'pofsède en un degré 



PRO 



7 



louable la vertu prolifique y ôc qu'il eft du tempéra- 
ment qu'il faut pour engendrer ik procréer des cnians 
bien conditionnés. Mol. 

CO" On deligne aulli par cette épithète les remèdes qui 
aident a la généiation, en exeitant au plailir de l'a- 
mour. Hcmèdcs prolz/iques ^ plusurdinairemeiic aphro- 
dijiaques. 

PROLIXE, adj. m. &: f. Trop long , trop étendu. Lon- 
gior , proli.xus. Il le dit des difcours, des haiangucs, 
cv de ceux qui les f mt. Cer homme eft prolixe dans 
les diicuurs , dans les railonnemens. Le djlcours de 
Gallendi , c'eft d'avoir été trop dittus , prvlixe , d'a- 
voir traité les matières trop au long. Un tiaitc pro/ixe 
eii ennuyeux. 

PROLIXEMENT. adv. D'une manière prolixe , avec 
trop d étendue. Prolixe , jufuis. Il taut aftcCter un ftyle 
ferré, &c ne pas écrire prolixement. 

PROLIXlTt. 1. f. Longueur , trop grande étendue dans 
le drkours. ProUxitas.'^ns.nàon paile a\ te proùxité^ 
on ennuie, quelques bonnes choies qu'on dile. Ces 
harangues en forme à la tête d une armée , Ôc ces dé- 
libérations d'une ennuyeule prolixité qui fe font fur 
les affaires dont on parle , ne font plus d ulage dans les 
hiftoires bien ieniees. Le P. Rap. Calvus reprenoit 
dans Cicéron fa prolixité. Morabin. 

§3" Prolixe , eft 1 oppolc de iuccmct. L'orateur doit être 
fuccincl & d-^us , klon le lujet qu'il traite , & l'oc- 
calion où il parle; mais il n'dl jamais peiniis d'étte 
prolixe. La prolixité confifte dans des détails minu- 
tieux ou déj-laccs. 

PROLOGIti). 1. h pi. On donnoit ce nom aux fêtes que 
1 on cclébr. it chez les Grecs avant de luciIIh les huits, 
comme ion nom le porte. De Afjù', cueilLr. 

y3° PROLOGUE, f. m. Ce mot vient du grec ■^f'Aojof 
/iro/ûij^iii^/r;, préface, avant-propos, -s,' devant , ^'7" 
dijcours. DilcoUii 4U1 précède quelque chcfe. Prolo- 
gues de S. Jriêiine lui les livres de la Lible. On ne le 
dit en ce lens qu'en parlant de ces efpcces de Préfaces 
des anciens , auxquelles ils avoient donné le nom de 
Prologues. Prologus. 

l^T pRCLOGUE, fe dit plus ordinairement d'un difcours, 
d'un ouvrage qui iert de prélude a une pièce drama- 
tique. 

03" Les anciens introduiloient dans leurs ^ro/cijǫej quel- 
quefois un kul aifteur, quelquefojs pluiieurs interlo- 
cuteurs. L'objet de ces prologues , étoit d'apprendre 
aux Ipedateurs, ou aux leâcurs, le fujet de la pièce, 
& de leur en facihter lintelhgence, eu quelquefois de 
faire 1 apologie de l'Auteur. Prologus. On appeloic 
même Prologue,l'Adem qui le récitoit. Le Prologue 
etoit une partie de la pièce , mais partie accelIoire.'Les 
modernes ont banni 1 ul.ige 'des Prologues. 

On fait encore àes prologues dans quelques fpecta- 
cles; mais ils ne regardent guère le fujet de la pièce. 
Le prologue de l'Amphitrion de Molière , les prolo- 
gues des Opéra, font des ficlions qu'on fait pour par- 
ler à la louange du Roi , ou d'autres chofes agréables. 
Proloquia. 

Prologue , iignifie quelquefois dans le difcours ordi- 
naire , préambule. Proœmium j pr<efatio. Il m'a fait 
un long ^ro/o/z^^i/e. Je vous prie, parlons [ans prolo- 
gue j allons au fait. De fes rares vertus il te fait un 
prologue. BoiL. 

PROLONGATION, f. f. Augmentation de la durée fixe 
de quelque chofe. Prorogatio, produciio. On obtient 
ailément une prolongation de délai pour faire unç 
enquête. Prolongation d'une trêve. 

PROLONGE, f f Terme d'Artillerie. C'eft un cordage 
qui feit à tirer le canon en retraite , & quand une pièce 
eft embourbée. Il y en a de doubles & de limples. 

PROLONGER, v. a. Rendre plus long, .ajouter a la du- 
rée d'une chofe. Prorogare , producere , protendene y 
trahere. L'on a prolongé le temps de fon exil, on ne 
l'a point rappelé à la Cour. Les èi^OxieviK prolongent 
tant qu'ils peuvent la pourfuite d'un décret , pour 
jouir toujours de leur terre. Quelques Chirurgiens 
prolongent les maux qu'ils pourroient guérir promp- 
tement. Jésus-Christ /';o/o«:;et2 les jours du Lazare 
par un miracle. Prolonger (x vie. AsLAtic, Prolonger 



8 PRO 

{"es malheurs. Rac. On dit en Géométrie, prolonger 
une ligne; pour dire, la faire aller plus avant , la ren- 
dre plui longue , jul'qu'à ce qu'elle ait la longueur af- 
lignée. 
Prolonger, en rermes de Marine, c'eft avancer Ion na- 
vire contre un autre, &: le mettre côte à côte , flanc à 
flanc, ou vergue à vergue, cniorte que fî leurs vergues 
croient piolongécs, elles ne feroicnt qu'une ligne. Ziz- 
tus navis alterins navls Latcrï adjungere. Prolonser 
un vailleau. 
PROLONGÉ, ÉE. part. 

PROLUSION. r. f. Ce mot n'eft en ufagc que pour 
quelques ouvrages que l'on lait avant un autre, com- 
me des préludes , pour s'exculér. Prolufîo. Diomcdc 
appelle prolufwns , le CuUx de Virgile"^ & fes autres 
opuf cules , parce qu'il les fît avant fes grands ouvrages. 
Les prolujio/is de Strada font des ouvrages fort ingé- 
nieux. M. Hiiet favoit les prolufions de Strada par 
cœur. 
fC? Prolusion , fignifîc aufli l'annonce publique que 
font les Profeireurs de leurs exercices ^V des matières 
qu'ils doivent traiter. Les ProfefTeurs du Collège Royal 
publient àes prolufions ou annonces pour leurs exer- 
cices. GOUJET. 

PROM, ou PRON. Nom d'une ville de l'Inde, de là le 
Gange. Pronum. Elle eft fur la rivière de Ménan , au 
nord de la ville d'Ava , & elle ell capitale d'un petit 
Royaume qui porte fon nom, & qui dépend du Roi 
d Ava. Mat y. 

I^PROME. Terme de Coutume. Foyer Vkeu^sse. 

PROME-CONDE. f. m. Dépenfîer. Rabelais. Borel. 
Promus-condus. 

PROMENADE, f. f. Lieu où l'on fe promené. Jmbu- 
latio , deamhulatio. Le Cours de la Reine, les Tuile- 
ries font d'agréables jî'ro/Tzraaû'ej. Voyei Promenoir. 
On dit hyperboliquemenr , pour témoigner qu'un 
lieu n'ell pas fort éloigné, que ce n'efl qu'une oro/ne- 
nade.L.c Marchand va tous les ans enEfpagne, ce n'efl 
pour lui qu'une promenade. 

Promenade , ell: aufli l'aÛion de fe promener. Deam- 
bulaao. Allons faire un tour de promenade. Il cft allé 
faire une perite promenade jufqu'en Flandre. On dit 
\^ promenade ell belle aujourd hui ; pour dire , qu'il 
iait beau fe promener, que le remps y eft propre 
Acad.Fr. ^ ^ 

^C? PROMENER, SE PROMENER, v. récip. Marcher, 
aller a pied , à cheval , de quelque manière que ce foit' 
Imiplement pour faire de l'exercice, ou pour le diver- 
tir. On fe promené à pied, à cheval , en carroffe. On 
va fe promener aux Tuileries , au Cours , fur le Bou- 

^vard, dans les Champs. Ambulare , deambulare. 

ÇCT Promener , eft aullî aétif. Promener quelqu'un 
c'eft le faire aller çà &r là pour le divertir. On pro"- 
mcne un enfant pour l'empêcher de crier. On promène 
un Provincial pour lui faire voir les chofes rares &: 
curieufes. Un Héraut promenoït chaque athlète dans 
toute l'étendue du Stade. Circum agere , circum du- 
cere. 

ffT Promener un cheval, c'eft le faire aller doucement 
au pas en montant deflus, plus ordinairement en le 
tenant par la bride ; ce qu'on appelle promener en 
main. KJnpromene un cheval qui a les avives. 

On dit .au M:inèëe, promener un cheval fur le droit ; 
pour dire, le faire marcher fur une ligne droite. Equum 
agere, ducere ad dextram. U promener (m ks voltes 
entre deux talons, la tète &les hanches dedans; pour 
diie , le fane marcher de côté entre deux lignes. 

ir^ Un dit , au hguré, promener fon efprit fur divers ob- 
jets promener fes yeux , fes regards. Mente , ocuiïs 
perlujhare C eft porter fes penfées , tourner fa vue 
vers ces objets. Promener (es ledeurs à droite, à gau- 
che, tantôt d'un cote tantôt de lautie, leur préf enter 
d vers objets. Ocuhs fubjicere proponere. Quand un 
rhlo(x,phereve,il;,.„.f^ 
tion, fui tous les êtres de la narure. Le Pnnce vrome- 

nne Z F".' ''""^ " ^'l ^f^" '^' l'-"fcmblée. Quand 
une profonde paix règne fur la mer , n'y a t-il pas beau- 
coup de plaifu- a promener fes regards fur une étendue 
£ vafte & fi urne ï Bouh. PUtoij Hiic égayer 4s 



vr 
le* 



PRO 

Lecteurs en les promenant à droite & à gauche. 
Dac. 

On dit aulîl promener (on chagrin , fes inquiétudes, 
en parlant de ceux auxquels le chagrin ne laiil'e aucun 
repos. 

IP" Oii dit proverbialement à quelqu'un qu'on mépri.fb, 
ou dont on eft mécontent, allez vous promener. C'eft 
un ennuyeux perfonnage , qu'il s :,i\\t promener , je 
f enverrai promener. 

nDr^Srïï°^ '''"'^ '^" latin ^^ro^i/zarc. Ménage. 
PROMENE, EE. part. 

PROMENOIR, f. m. Lieu propre pour fe promener, où 
f on a accoutume d'aller a la promenade. Amhulacrum, 
vel ambulatonum. Tour étoit grand dans les édifices 
de S.alomon: les veftibules, \ts promenoirs. Boss. L'a- 
grément de cette ville , c'eft qu'il y a a lentour de 
beaux promenoirs. Proche des Théâtres , il y avoit des 
vromenoirs publics. Ab. de Vit. Elle voulut aller voir 
\es promenoirs , en attendant 1 heuj:e du fouper. Voit. 
Les ombrages des promenoirs font toujours rafraîchis 
par 1 aile du zcphir. Sar. 
r? Ce mot a vieifti, & n'eft prefque plus en uf:igc. On 
lui a fubftitue promenade. Cependant ces deux mots 
ne font pas fynonymes. Promenoir tient plus de l'art 
que promenade , qui fuppofe quelque chofe de plus 
naturel. Les Tmleries, le Cours, &c. font des prome- 
noirs. \Jne plaine, une prairie, &c. font àespromena- 
■ ^ej. Pourquoi ne jpas confervcr un mot qui a fon ca- 
radcre propre & finguher ? Je le répète encore , crai- 
gnons d'apauvrir la langue. 
ce? PROMESSE, f. f. Aflurance qu'on donne à qucl- 
qu un de dire ou de faire quelque chofe, engasemenc 
que nous contraaons de faire a quelqu'un un avantage 
dont nous lui donnons l'efpéiance. Pwmijjum, pro- 
mijjio , pollicitdtw. Un honnête homme ne manque 
point afa/7ro/72eire. Promijojlare. Dieu a voulu in- 
terefler l'amour propre par des promej] es ,zni]:i biea 
que par des menaces. Ablanc. Ne vous laiffez pas 
lediiireni éblouir p.ar les vaines c\' trompeufés oro- 
mejjes du monde. Boss. \]ne prome£'e injufte n em- 
porte point d'obligation. Le Ch. de M. UnCourtifan 
iiabile ne fe fie point aux promejes de la fortune , & 
ne veut point que fon bonheur dépende de festapri- 
ces. M. Esp. ^ ' 

rambitieux courbe fous le fardeau des ans. 
De la jonune encore écoute les promeffes. 

Des-Houl. 

EJl-il jufte après tout qu'un Conquérant s'abaiffe, 
ISous lajervile loi de garder fa promeffe? Rac 

^ Promesse , en Jurifprudence, fîgnifie plus exprelTé- 
meni une convention de donner quelque chofe à quel- 
qu un, ou de faire quelque chofe pour fon avanrage. 
Conventio , paclum. Il y a des promeges verbales , 
d autres rédigées par écrir. Ces dernières font fous 
lemg prive , ou paflées par-devant Notaires. Ces diffé- 
rentes promeffes produifent diftérens effets. On vend 
un héritage avec /,,o«t^è de garantir, fournir &faire 
valoir, quoiqu'on omette cette claufe , on eft toujours 
garant de fes faits &c promcfùs. On n'eft point rece- 
vabfe a faire preuve par témoins aune promcITe ver- 
bale de mariage. Il eft défendu à tous Notaires de re- 
cevoir, & a tous Ptêtres d'exiger des perfonnes qu'ils 
nancent , des promeges de mariage par paroles de 
prefent. '^ 

C^ La. promejfe de mariage eft un écrit, par lequel on 
s engage a epoufer quelqu'un. 

#3- On appelle abfblument;»ro/72f/r^,un billet fous fein- 
prive par lequel on s'engage de payer quelque fom- 
me. J M Li promejfe. Faire reconnoitre une promege. 

v/c^kTMLÎV^T' '^'"' "" '"' '^™P^' ^ volonté. 

P^^,^^E™EE f. m. Homme célèbre dans la Fable. 
C etoit 1 un des fîls de J.apet , qui , félon les Poètes , 
déroba le feu du ciel , pour en animer l'homme eu il 
avoir forme ; en pumtion de quoi Jupirer le fit 'en- 
chaîner fur le Caucafe , où un vautour lui dévore le 
tois qm croît pour de nouveau.^ liipplices. 

Prométhée, 



PRO 

PROMérHÉE. Teime d'Aftrononiie. I.c; anciens A(Iloiio- 
mes donnent ce nom à lune des ii coniltUarions iep- 
teiitrioiiales. Prometheus. Llle cil conipolJe de iS 
étoiles. Six de la troifîcme, 17 de la quatiiànc , a de 
la cinquième, & 3 de la fixième giandeur. On ]'a(/pclL" 
auiîî Hercule j ou Engoua fis. 

Prométhéc. (. F. Terme de Botanique. Ilirha Pioiv.c- 
thea. Plante tabuleut'e , mais fort célcbte che^ les An- 
ciens. Voici ce que l'on dit de l'es propriétés, du lieu 
où elle fc tiouvoit, de (a Heur & de (a racine. Apollo- 
nius de Rhodes, !.. in , il: l'expediùon des Argonau- 
tes , V. i'^? y & fuiv. dit qu'elle lendoit invulnérable, 
& prélcivoit de l'adion même du feu. 1 lut.irquc, eu 
l'Auteur du Livre «'f' ■arolf^M», qu'on lui attribue , 
rapporte d'après Cléanthes , que Nlédée s'en étoir fer- 
vie. Valerius Flaccus, au L. Vlll des Argonautes , v. 
j if, dit qu'elle s'en Icrvoit fouvent. Il ajoute que cet- 
te plante étoit toujours \cïte , immona/e virens , Si 
qu'elle loutcnoit les coups 6c les feux de la foudre , 
fans en être endommagée. 

Stat fulmina contra 
Sanguis, & inmedàs florcfcunt ignïbus herhi. 

Si l'on en croit Properce, elle guérilfoit de l'amour. 
Liv. ! , hUi;. XII, V. S & /?. Cette lieibe,au rapport 
des Auteurs rue j'ai cités, Cléanthes, Apollonius Rho- 
dius, V. S \o , &c Propercc, naiffoit dans les monta- 
gnes où Prométhée fut attaché, c'eft-à-dire, lur le 
mont Caucale; fa fleur, luivant la delcripiion qu'en 
fait Apollonius, v. S S3 > étoit longue d'une coudée, 
portée iur deux tiges, & relîembloit au crocus de 
Corcos, tort eftimédans l'antiquité. Pour i'a racine, le 
même Apollonius , v. S ss i rapporte qu'elle reifcm 
bloit à de la chair récemment coupée, & qu'elle étoit 
pleine d'un lue noir, tel que celui du hctre des mon 
tagnes. Enfin Séneque,v. /o/j&les Auteurs que j'ai 
cités, font entendre que cette herbe nailloit des gout- 
tes du iaiig qui dégoutoicnt des morceaux du foie de 
Prométhée, qite le corbeau emportoit. ♦ 

Les Grecs l'appeloient »(n,"-r?'"v, du nom de Pro- 
tttéthée , npt,"»'5.ivt. 

On ignore ce qui peut avoir donné lieu à toutes ces 
fictions po'c'tiques. 
PROMETTEUR , EUSE. f. m. & f. Qui promet beau- 
coup , &C légèrement : qui tient peu de chofe. Laro'i- 
ioquus , polikitor. On ne fe doit guère fier à ces grands 
prometteurs. Les Mufcs font de grandes promtticufes. 
Mol. Cela n'cft bon que dans le flyle familier. 
•PROMETTRE, v. a. Je promets , tu promets , il pro- 
met, nous promettons , je promettais , je promis , j'ai 
promis. Je promettrai. Quejepromiffe. S engager, af 
furer, faite elpérer quelque choie à quelqu un, s'obli- 
ger à donner , ou à faire quelque choie. Promittere , 
poUiceri. Il ne regaids que le futur, & l'on ne doit 
point dire , en affirmant une chofe paifée , je vous pro- 
mets que cela eft exécuté. HÉfl. Dieu a promis 
fon Paradis aux Jufles. Ce n'eft pas tout que de pro- 
mettre , il faut tenir. Les Charlatan s /J/oOTdf^t-wr beau- 
coup , & ne tiennent rien. Promette::; long temps , pour 
attacher les gens par 1 eipérance; car vous devez plus 
attendre dclle, que de la rcconnoilfance. S. Evr. Si 
la chofe n'eft pas jufte, difoit un Roi de Sparte, je ne 
l'ai pispromife. Le Ch. de M. Nous promettons fé- 
lon nos efpérances , & nous tenons félon nos craintes. 

ROCHEF. 

Avant que de promettre ^ H faut du jugement. 
Et quand on a promis , il faut de la mémoire. 

Daceilli. 

Les Notaires mettent à la fin de leurs aétes, cette 
formule, promettant , obligeant, renonçant, qu'ils 
étendent beaucoup, quand ils les grolFoyent. 
Promettre , fc dit aufli figurément des (ignés ou appa- 
rences fur Iclquclles on forme quelque conjecture. 
PoUiceri. Son cœur ne voui tiendra p.as tout ce que 
fes yeux voi\% promettent. Mol. Saturne dans la mai- 
fon de la mort promet une mort prompte , ou funefte. 
Tome I, 



PRO 9 

Cette difpofition du ciel nous promet duhecu temps, 
nous donne lieu de croire que le temps lera beau. Ce 
jeune Prince promet beaucoup, il donne de grandes 
elpérances. La campagne nom promet bien des liuits 
cette année. 
Promettre , s'emploie quelquefois avec le pronom pcr- 
(onnel, Ôc alors il ligp.ifie clpci-a , Jjcrare. l\ Ce pro- 
met bien d'avoir fa revanche de cet affront. Il (e pro- 
mettait de couvrir le deshonneur de fa fille. Pat, Je 
m ijtuis promis qu'à ma conhdération, vous voudriez 
lui accorder cette grâce. Je me promets tout de votre 
bonté. 
Promettre, fe dit proverbialement en ces phrafes. Il 
ne nous promet pas poires molles. Il nous a promis 
plus de beure que de pain. Qui promet s'oblige, pour 
dire, que fi l'on promettoit une chtsfe, on leroit obli- 
gé de la tenir. Il ne fera pas li méchant qu'il l'a pro- 
mis à fon Capitaine. Il nous a promis monts &: mer- 
veilles. 11 fe ruine à promettre. Se s'acquitte a ne rien 
tenir. Promettre Se tenir font deux , lorfque l'on n'a 
pas fait ce que l'on avoir promis. 
PROMIS, ISE. part. On appelle la Terre promife , la 
Terre deChanaan que Dieu avoir promife à fon [ -.uple. 
On dit proverbialement , chofe jT/o/nz/fj chofe dûej 
pour dire , que dès qu'on a promis quelque chofe, 
on eft obligé de faire ce qu'on a promis, de tenir fa 
parole. Acad. frani;. 
PROMINENCE. f. f. Avancement. ^f.C.An' dcsrp-ïx-A,. , 
prominer, avancer, La prominence de la lèvre. Dicl. 
de James. 
PROMISSiON. f, f. Terme de l'Ecriture, qui fe dit de 
la Terre que Dieu avoir promife à Abraham & à la 
poftérité. Terra promiffa,vel promijjlonis. De tous les 
Hébreux qui lortirent d'Egypte, il n'y eut que Jolua 
Se Caleb qui entrèrent en la Terre de promijjion. Le 
lait & le miel couloient dans la Terre de promijfion. 
Monconis dit qu'il n'y a plus de veftige de la Terre de 
promifjîon. Tout le pays eft (ec , affreux Se infertile. 
On appelle figurément un pays gras Se abondant, 
une terre où l'on trouve toutes les choies néceflaires 
à la vie, où les richefles abondent, un pays, une terre 
de promiffîon, un pays de Cocagne, Terra ferax, fer- 
tilis , jacunda, abundans. 
PROMONTOIRE, f m. Terme de Géographie ancien- 
ne. C'eft une pointe de terre, ou de rocher qui avan- 
ce dans la mer. Promontorium. En rermes de Marine 
on l'appelle Cap. Le Cap de Bonne-Efpérance eft le 
promontoire , la pointe de terre la plus avancée vers 
le midi. 
PROMONTORIUM ACUTVM. Terme d'Aftrono- 
mie purement latin, mais francifé par l'ufage. C'eft 
le nom de la 32' tache de la Lune, félon le catalo- 
gue du P. Riccioli , dans fii Sélénographie. 
PROMONTORIUM SOMNII. Tern.e d'Aftrono- 
mie, purement latin, mais francifé par l'ufage. Les 
Aftrcnomes ont donné le nom de promontorium fom- 
nii, à l'une des taches de la Lune, qui tient le trente- 
quatrième rang dans le catalogue que le P, Riccioli a 
dreiïé de ces taches, 
PROMOTEUR, f. m. Terme de Jurifprudence. Ecclé- 
fiaftique qui fait les fondions de Procureur d'office, 
de partie publique dans imc Cour Eccléiiaftique, dans 
une Chambre de Décimes, dans une OfHcialité. Pro- 
motor ,fyndicus , procurator.ll requiert poui l'intérêt 
public, comme le Procureur du Roi dans les Cours 
La'iques. Par exemple, il fait informer d'office contre 
les Eccléfiaftiques qui lont en faute, & pour mainte- 
nir les droits, les hbertés & les immunités de lEglife. 
Il a foin de faire maintenir la dilciplihe Eccléiiaftique, 
de faire punir & de ranger les delcbéiirans à leur de- 
voir. FÉvRET. Dans les premiers fiècles du Chriftia- 
nilme , le Promoteur étoit chargé particulièrement de 
dénoncer les hérétiques, ou les lulpeéts d'hérélie; ce 
qui étoit capable de cauler bien des troubles dans 
l'Eglife. 
§3" On donne aufli, mais improprement, le nom de 
Promoteur, à celui qui eft chargé de faire les réqui- 
fitoires dans les Alfembljcs du Clergé, 

Dans les Conciles, il y a des Officiers de ce nom. 



ïo PllO 

Ils Ibiit chargés de veiller (lir robfervance de la dif- 
cipline prelcure pour la célébration du Concile , & 
pouiiuivenc les tranlgrelleurs. Quelquefois le Promo- 
teur propofe des matières, & dans les matières crimi- 
nelles la caufe fe pourluit à la diligence du Promoteur. 
Dans quelques Coutumes, comme en celle de Sen- 
lis , on appelle aullî Promoteur j le Procureur de la 
Seigneurie temporelle. 

Le Promoteur des Maîtres d'École de Paris, eft ce- 
lui qui interroge, met en polleriion, & vifite les Maî- 
tres d'École, pour voir s'ils t'ont leur devoir, S<: en faire 
fon rapport au Chantre. Promotor , fyndïcus. 
Promoteur, fe dit aullî dans l'ulage ordinaire, de celui 
qui eft particulièrement chargé du foin, de la diretlion 
d'une affaire. Motor. Il n'ell pas l'auteur de cette en- 
trcprife, mais il en eft le promoteur. Il n'eut pas plu- 
tôt connoillance de cette entreprife , qu'il en fut un 
des plus zélés promoteurs. Kiftoire de l'Académie des 
Sciences, lyjfZ , pac;e ii. 
PROMOTION, f. f. Élévation à certains titres ou digni- 
tés. Promotio. Le Pape a fait nnc promotion de Cardi- 
naux. Le Roi a fait une promotion de Cordons-bleus. 
Depuis fa promotion aux Ordres, à l'Épilcopat. 
fCF On voit par ces exemples que le mot de promotion 
s'emploie adtivemcnt & pallivement. Adivement , il 
déligne l'adfion par laquelle un Prince élevé à quelque 
dignité i & alors il ne fe dit que de plulicurs. Promo- 
tion de Lieutenans Généraux, (Se. Le Roi a fait une 
promotion. Pallivement, il lignifie l'aftion par laquelle 
on eft élevé à une dignité , (Se alors il (e dit également 
•d'un feul &C de plufieurs. Depuis la promotion au Car- 
dinalat , il a fait telle chofe. Tels Cardinaux depuis 
leur promotion , &c. 
PR(3MOUVOIR. V. a. Il n'eft guère d'ufage qu'à l'infi- 
nitif, & dans les temps formés du participe. Elever à 
quelque dignité. Promovere , efferre. Il eft en âge 
d'être promu aux Ordres faciès. Il t.îchera de fe faire 
promouvoir aux premiers Quatre-Tcmps. Un tel Pré- 
lat s'attend d'être promu au Cardinalat à la première 
promotion. On dit auftî qu'un Prince a été promu à 
l'Empire, un Magiftrat à la dignité de Chancelier. 
Promouvoir, lignifie aullî, procurer l'avancement ou 
l'avantage de quelque choie. Promovere. Le Roi Fran- 
çois I employa tous les loins pour promouvoir &: cul- 
tiver les Lettres en France. Le Roi Louis XIV , pour 
avancer les études de Monfeigneur le Dauphin , &: 
promouvoir celles du public, employa plufieurs hom- 
mes doèles à une nouvelle illuftration des Auteurs de 
l'ancienne Rome. Huet , orig. de Caen , p. 41 1. Dans 
cette acception il eft; vieux. 
PROMU , UE. part. 

PROMPT, TE. adj. Dans les mots prompt , prompte- 
ment & promptitude , on ne prononce point le fécond 
p ,&t. l'on pourroit fe difpenfer de le mettre. ) Qui 
agit fans tarder , qui exécute lur le champ. Prompt us, 
celer. Ce Général voyant fes troupes promptes à bien 
faire, donna l'aftaut. Les fold.its doivent ctre prompts 
à obéir. Cet ami eft prompt à ietvk , prompt a. tout 

faire. 
U3" Prompt, fignifie aullî qui ne tarde pas long-tems. 

On dit un prompt retour. Avoir la repartie prompte. 
On dit aullî, que du vin c(\. prompt à boire , pour 

dire , qu'il fe boit d.ans la primeur. 
Prompt, fe dit aulPi de ce qui fe paflc vite S< foudai- 

ncment. Ce/er. Cela eft prompt comme un éclair, 
prompt comme la foudre , prompt comme le vent. 

Un prompt mouvement fe dit d'un mouvement lu- 
bit , & non prémédité. 
(fT Prompt, diligent, expéditif, confidérés dans une 

lignification lynonyme. Prompt eft i'oppolé de lent. 

Lorfqu'on eft prompt , on tr.availle avec activité, 

& l'on avance l'ouvrage. Syn. Fr. 
. ^fT L'homme diligent n'a pas de peine à fe mettre à 

l'ouvrage. L'homme expéditif ne le quitte point. 

L'homme prompt en vient bientôt à bout. 
Prompt , le dit en chofes morales. C'elt un efprit 

prompt tk vif, qui conçoit ailément les chofes , qui a 

la repartie prompte. Promptus , alacer , fuhitus. On 

dit qu'un homme eft prompt ^ qu'il prend feu ailé- 



P RO 

ment , qu'il fe met d'abord en colère. Voye'^ Prom- 
ptitude (j' Vivacité. On le dit auflî de celui qui 
interrompt, & qui veut toujours parler. On dit aullî 
qu'un homme a la main prompte , cjuand il frappe 
pour la moindre chofe qu'on lui dit. Elle tend une 
main prompte à me loulager. Rac. L'Écriture a dit, 
l'elprir eft prompt , mais la chair i-ft foible. 

PROMPTEMENT. adv. Avec diligence , en peu de 
temps. Prompte 3 ex tempore ^ celcricer. Il faut faire 
partir un Courier promptement. Il faut courir prom- 
ptement au remè(ie. j&jB,a expédié promptement ce 
criminel. 

|c3" Promptement, Vue de Tut font fouvent em- 
ployés comme iynonymes. Voici les nuances que M. 
l'Abbé Girard donne à ces mots. 

§3° Le mot de vite paroît plus propre pour exprimer 
le mouvement avec lequel on agit: ion oppofe eft len- 
tement. Le mot de tôt regarde le moment oà l'action 
fe fait : fon oppofé eft tard. Le mot promptement 
iemblc avoir plus de rapport au temps qu'on emploie 
à la choie : Ion oppofé eft long-temps. 

ÇCJ" On avance en allant vite ; mais on va furement en , 
allant lentement. Le crime eft toujours puni , fi ce n'eft 
tôt j c'eft t.ird. Il faut être long-temps à déhbérer; 
mais il laiit exécuteï promptement. 

ifT Qui commence tôt Se travaille yi^te , achevé prom- 
ptement. 

fer PROMPTITUDE, f. f. Qualité de l'homme prompt 
c'eft-à-dire, de celui qui travaille avec a(5Livité, qui 
emploie peu de temps à taire une choie. Cet homme 
exécute promptement ce qu'il a promis. Celeritas. 
Promptitude à le camper. Celeritas in capiendis caf- 
tris. Promptitude à parler. Celeritas dicendi j ad dï- 
cendum. Cette affaire demande de la promptitude. 

^^ Promptitude, lé dit dans le fens de vivacité, qua- 
lité d'un homme prompt, qui eft plus fujet à s'em- 
porter qu'un autre. Iracundia. Il dcvroit ic corriger 
de fa promptitude. On le dit aullî , &c fouvent au 
pluriel, d'un mouvement de colère lubit Se paftager. 
Quand ix promptitude eft palFée, on en fait tout ce 
qu'on veut. Ses promptitudes font infupportables. 

IJCT Promptitude f; Vivacité , fynonymes. La viva- 
cité, dit M. l'Abbé Girard, tient beaucoup de la fen- 
fibilité & de l'clptit. Les moindres chofes piquent un 
homme vif, il fcnt d'.abord ce qu'on lui dit , & réflé- 
chit moins qu'un autre dans fes répcnfes. \^a. prompti- 
tude tient davantage de 1 humeur ik de l'action. Un 
homme prompt eft plus fujet aux emporttmens qu'un 
autre: il a la m.ain légère. Se il eft expéditif au travail, 

|CF L'indolence eft l'oppofc de la vivacité- Se la len- 
teur l'cft de la promptitude. 

(fT On dit auffi la promptitude à croire une chofe, 
pour dire la facilité avec laquelle on la croit. La 
promptitude à croire le mal, lans l'avoir examiné, eft 
un eftet de la parcfie; on ne veut pas fe donner la 
peine d'axamincr. Rock. 

PROMPTUAIRE. f. m. Se dit en cette phrafe. Un 
promptuairc du Droit , un texte , un abrégé du Droit. 
Promptuarium , textus. 

^fJ' Les Encyclopédiftes ont adooté cette idée. Ne fe- 
roit-ce pas plutôt itn recueil, uji répertoire? Promp- 
tuarium lignifie un garde-manger, une cave, un cel- 
lier, un rélervoir. 

PROMULGATION, f. f. Publication des Lois, faite 
avec les formalités réquifes. Acad. Fr. Promulgation 
a les mêmes fignifications que fon verbe. François 
Sfondrate s'oppofa autant qu'il put à \a. promulgation 
de l'Intérim. 'V'oyez Promulguer. 

PROMULGUER, v. a. Publier une Loi avec les for- 
malités réquifes. On ne peut prétendre caufe d igno- 
rance d'une Loi qui a été promulguée. Acad. Fr. M. 
du Pin dit dans l'extrait des ouvrages de M. de Mar- 
ca, que les Lois Eccléliaftiques doivent être promul- 
guées , pour avoir force de Loi , (Se qu'il ne fuflit pas 
qu'elles loicnt publiées à Rome pour obliger. 
ifT PROMYLEA Se PROMILIUS. Ternies dcMvtho- 
logie. Divinités qu'on plaçoit au devant des moles , 
des ports, auxquelles on adrefloic des vœux poutuii 
heureux retour, 



PRO 

|Cr PRONAIA. Terme de Mythologie. Surnom de Mi- 
nci ve, qu'on avoit coutume de placer au devant des 
tcaipJes, dans leur porche. Pronaon ,o\\ pronaos dans 
l'ancienne Architedure , (ignifie porche, parvis. 

PRONATEUli. 1". m. Terme d'Anatomie, qui (e dit de 
deux nuilcles du radius qui font que la paume de la 
main regarde en-bas: l'un le nomme le rond,tk. l'au- 
tre le carre. 

Ce mot vient du latin pronus , cjui pane hc fur le 
devant. Le raduis a deux autres nuilcles qu'on appelle 
Jupmateurs , qui hu tout faire un mouvement oppolé. 

PKCJNATION. f. f. Mouvement par lequel on tourne 
la main , de manière que la main foit tournée vers 
la terre. Motus quo manus fit prona. Le rayon tait 
deux fortes de mouvemens, l'un que l'on nomme de 
pronation , ik 1 aune de fupination ; le premier ou la 
pronation fe fait, quand la paume de la main regaide 
en bas. Deux muicles l'ont la. pronation ^ qui (ont le 
rond & le carré. Dionis. 

Ç3" PRÔNE, f. m. Efpèce de Sermon, Inftrudion 
Chrétienne que le Curé ou le Vicaire fait tous les 
Dimanches en chaire à la Mciïe paroillîale , ordinai- 
rement (ur l'Epitre ou lur l'Evangile. Famd'ians de 
rébus adfidem pertïnentihus expofitio )Oratio ^fermo. 
Faire le prSne j alliller mx prône. ^ 

Le meilleur ejl toujours de fuivre 
Le prône de notre Curé. Racan. 

On publie aux prunes les bans des mariages , des 
monicoires, des enchères, des terres à vendre & à 
bailler: on annonce les jours de tête, de jeûne, &c. 
On fait des excommunications au prône : on recom- 
mande le Seigneur au prône. On dit proverbialement 
de celui à qui il arrive plufieurs chofes facheuLes à 
la lois , qu'il étoit bien recommandé au prône. 

Ce mot vient de prs.conium ,islon Nicod , Saumaife 
&: Ménage. D'autres le dérivent de proœmium. 

Prône , le dit au;lî d'un dilcours ennuyeux & d'une 
longue remontrance. Importuna narratio. Les vieillards 
font lujets à faire de longs prônes à la jeunelle. Il taut 
que cette fille s'en retourne vite, autrement (a mère 
lui feroit un beau prône. Exprellîon du ftyle très-fa- 
milier. 

PRONER, v. n. Faire le prône. Familiarem ad populum 
de rehus Fidel hahere conclonem. C'eft le Vicaire qui 
s'eft charge de prôner Dimanche: dans ce fens il eft 
populaire. 

PrÔner. V. a. lignifie, vanter , louer publiquement & 
avec exagération le mérite de quelqu'un. Pritdicare , 
extoUere , efferre. On a beau avoir du mérite, il taut 
pour réudîr avoir des amis qui le prônent. Ce Poète 
eft bienheureux d'avoir des gens qui le vont prôner 
par-tout. Horace prône fouvent les proueires amou- 
reufes. S. Evr. Défiez- vous de ces vertus délintéref- 
fées que vous voyez prôner à tafR de gens. Id. Les 
gens de bien ne vont pas tant prôner leurs bonnes 
œuvres. Id. 

Qui d'une Jalnte vie embrajfe l'innocence , 
iVe doit pas tant prôner _/ô/2 nom &fa naijjance. 

Molière. 

^CF On le dit aufll quelquefois dans le ftyle familier, 
pour dire , faire des récits ennuyeux , de longs difcouis. 
Que nous prône^-wows làî tk neutralement : c'eft un 
homme qui prône toujours. 

^ PRÔNEUR. f. m. ne fe dit point de celui qui fliit 
le prône dans une Eghfe. On le dit de celui qui loue 
avec excès. Laudator Immodlcus ,pr<tco. On dit prô 
neufe dans le même fens. Laudatrix.il a [es preneurs 
& les prôneufes. 

Quelle horrible peine à un homme qui fe trouve 
fans preneurs &: fans cabale, de fe faire jour à travers 
l'obfcurité où il fe trouve! La Bru y. La réputation 
de cet Auteur ne fe foutient que parce qu'il a par- 
tout des preneurs. 

fCF On le dit encore dans le difcours' familier d'un 
grand parleur qui aime à donner des leçons, à faire 
Tome FIL 



PRO TT 

des remontrances. Garrulofus , ïmportunus monitor, 
C eft un prôneur perpétuel. On dit provcrbialemcnc 
petit faifeur, &: grand prôneur. 

PRONOM, f. m. Terme de Grammaire. C'eft une par- 
tie d'oraifon , qui fe met au lieu du nom. Pronomcn. 
Il y a quatre fortes de pronoms , perfonnels , reiatijs, 
P'^'JI'-jff'J-^ ^ démonjlratijs. Les perfonnelsfont.ye,;^ j 
it,moj, toi, lui; .lu pluriel, nous, vous, eux. Les 
relatifs, (;i//j lequel, laquelle. Les p-JU-ilits, »70/2,^0«, 
fon , mien , tien ,fien, notre , votre , leur. Les démonf- 
tratiis, celui, ceux, àrc. Comme il eût été importun 
de répéter toujours les mêmes noms, on a iiivcrntc 
certains mots pour tenir la place de ces noms, & on 
les a appelés pronoms. 

|CF II eft vrai que la répétition produit ordinairement 
un mauvais crtet : mais c'eft te tromper lur la caufc 
de cet ctlet que de l'attribuer a la répétition du ifii 
plutôt qu'a celle de Ijdée. Si le même mot deplait, 
lorlqu'il reparcit , ce n'eft point [laice qu il a frappé 
l'oreille , mais parce qu'il a déjà frappé l'efprir qui 
s'ennuie Se Ce dégoûte de tout ce qui ne le prélente 
pas à lui avec les grâces de la nouveauté. Le la, dit 
M. l'Abbé Girard , l'établillcment de certains mots 
qu'on nomme pronoms , que 1 ulage fait répéter fans 
ennui, ne leur ayant donné pour' cet effet d autre 
fonction que de rappeler par un iimple rapport ce 
dont il eft queftioii , lans en repréfenter une féconde 
fois 1 idée par l'étalage de la dénomination. La même 
railon tait que les mots qu'on nomme articles tk pre' 
pofitlons (ont pareillement répétés avec grâce; parce 
que leur propre valeur ne conlifte que dans une déll- 
gnation ou indication , qui n'ayant par elle-même 
rien de décidé , paroit toujours nouvelle , quand le 
lujet indiqué eft nouveau. Ce qui eft une preuve bien 
claire que c'eft plus à la diverlité de valeur qu'à celle 
de l'articulation que le mot eft redevable de 1 agré- 
ment qu'il a dans le difcours. 

Il y a un pronom qu'on nomme réciproque , c'eft-i- 
dire, q^ui rentre dans lui-même. Caton/è? tua pour ne 
point iurvivre à la liberté de la République. Les pro- 
noms , me , te ,fe , ne fe mettent jamais qu'avant le 
verbe , ainfi quand le verbe eft à l'impératif il faut 
mettre moi, menez-moi. M. Vaugelas en cherchant 
la raifon pourquoi on dit mene-^ l'y , & non paSj 
mene\-m'y , n'en a point trouvé d'autre que la caco- 
phonie. Mais il n'a pas pris garde que mol ne le peut 
apoftropher. Dans le pronom , II, le génitif, le datif & 
l'ablatif ne fe doivent dire ordinairement que des per- 
fonncs. On ne dit point en parlant d une maifon , je 
lui ai ajouté un pavillon, il taut dire, j^y ai ajouté un 
pavillon. Vaug. Corn. 

ifS' Il faut répéter le pronom polFelHf, comme on répè- 
te l'article. On dit, par exemple, le père, la mcrej & 
non pas les père & mère. On dit de même (on père 
& fa mère : fes père <& mère., eft une très-mauvaife 
façon de parler, tolérable (eulement au ftyle de pra- 
tique. Il en eft de même des pronoms pollelîîfs delà 
première & de la leconde perlonne au lîngulier & au 
pluriel. 

fO" La fuppreflion des pronoms perfonnels devant les 
verbes a quelquefois bonne grâce, quand elle fe fait 
à propos. On dit très bien : nous avons palFé les riviè- 
res les plus rapides, & pris des places que l'on croyoic 
imprenables, & n'aurions pas fait tant de belles ac- 
tions, 11, Ê'c. mais cette (upprelîïon devient mauvai- 
fe lorfque la conftiuction change tout-àfait, ou lorA 
qu'elle eft inteironipue par une particule lépatative 
ou disjonétive, mais , ou, ôc autres (emblables. On 
ne dit point : nous le confelferons ou le nierons, mais 
nous le confederons ou nous le nierons. 

^CT Le ^rt);20OT relatif ne fe rapporte jamais au nom 
qui n'a qu'un article indifférent. On diroit mal , il a 
été blelIé d'un coup de flèche, qui étoit empoilonné, 
parce qu'il n'y a qu'un article indéfini devant flèche. 
Mais on diroit très bien il a été blejfé de la flèche , 
qui était empohfonnée , comme on dit d'une flèche 
qui étoit empoifonnée , parce que le pronom un , ce, 
certe , & autres femblables avec l'article indéfini , équir 
valent à l'article défini. 

Bij 



ïx PRO 

§CF A plus forte raiioii le pronom relatif ne peut pas 
fe rapporter à un nom qui n'a aucun article ni nen 
d'équivalent. Ainfi Ton ne «lira pas , il a falc cela par 
avarice;, qui ejl capable de tout ^ parce que le pro- 
nom relatif ne peut être appliqué ou rapporté a un 
norti qui n'a point d'article. 

'^CT Si l'on dit par apoilrophc, avarice qui caufe tant 
de maux , hommes qui viver en bêtes j où le relatif 
fe rapporte à des noms qui n'ont point d'article^ il cil 
évident qUe dans czs cas l'article du vocatif ô , ell 
fous entendu , au lieu qu'il ne l'eil: point dans les 
autres, f'oj. les Rem. fur la Lang. Fr. 

^CF Cette règle cfl fondée fur la namre même. Il faut 
que le nom ce le pronom foient de même nature, & 
ayent une corrcfpondance réciproque , qui falle que 
l'un puifle fe rapporter à l'autre, ce qui ne peut arri- 
ver entre deux termes, dont l'un eft toujours délîn' , 
comme le pronom relatif, & l'autre indéfini, comme 
ie nom fans article, ou fans article défini. Le pronom 
eff par fa nature une chofe fixe 6c appliquée à une 
autre. Le nom fans article , ou avec un article indé- 
fini, eft comme une chofe vague 6c en l'air, où rien 
ne fe peut attacher. 

PRONOMINAL, ALE. adj. m. &c f. De pronom. F 8c 
en font des ^■xtùc\x\z^ pronominales , qui lignifient la 
perfonne , le lieu ou la choie dont on parle. Le P. 
Buffier, n. ^21 . de fa Gram. Fr. in- 1 1 . 1 7 1 4. L'j final 
fe prononce en ^ dans les pronoms perfonnels con- 
joints, vous , nous, ils, fuivis des particules pronomi- 
nales en &cy ; vous en parlez; ils_y font. num. ^iS. 
Prononcez i-y font. 

^fy On appelle quelquefois vahe pronominal , celui 
que nijus appelions ordinairement verbe rcHéchi. Foy. 
Verbe. 

PRONONCÉ, f. ffi. Tenue de Palais c'eft le difpo- 
fitif d'im Arrêt ou d'une Sentence. Lifez-nous le pro- 
noncé de cette Sentence ; le prononcé de cet Arrêt , 
' c'eft-à-dire , ce qui a éié prononcé pzi le Juge. 

PRONONCER. V. a. Articuler, proférer diftinétement 
les lettres, les fyllabes, les mots, quelque chofe, en 
exprimer le fon. Pronuntiare , proferre difincïè. Les 
gens qui bégayent,, qui parleur gras, ne prononcent 
pas bien leurs mots. Il y a des lettres que certains 
peuples ne fauroient jamais bien prononcer. Il faut 
que les Prêtres prononcent les paroles facramentales. 
£n toutes les Langues il y a des mots qu'on écrit d'u- 
ne façon. Se qu'on prononce de l'autre. Les François, 
les Allemands, les An^hv, prononcent le Latin très- 
difléremment. Scaliger r^poorte qu'un Irlandois lui 
ayant fait un compliment .:n Latin, \e prononça d'u- 
ne manière que Scaliger ne l'entendant point,' répon- 
dit qu'il n'entendoit point l'Irlandois. 

Prononcer, fîgnifîe auflî déclarer avec autorité. Dd- 
cidere ipronumiare , decernere. Quand l'Eglife z pro- 
noncé Cm une queftion,il n'en faut plus douter, c'eft 
un article de Foi. On a oui les Avocats , il ne reftc 
qu'à prononcer. Le Préfldent a prononcé l'arrêt de fa 
mort. Comme il étoit le chef de la Juftice, il prélî- 
doit, &: on prononçoit en fon nom. Pat. Quand 
on a omis à prononcer fur un chef compris dans les 
règlemens d'un procès, c'eft un moyen de requête 
civile. 

^CT En parlant de celui qui préfide dans une Juridic- 
tion, c'eft déclarer publiquement ce qui a été jugé à 
la pluralité des voix. 

^fT On dit qu'un Prélîdent prononce bien , pour dire, 
qu'en prononçant il réfume avec beaucoup d'ordre 
& de netteté le réfultat des avis fur les différens chefs 
d'tm procès. 

§3" Un Greflier prononce l'Arrêt à un criminel, lorf- 
qu'il lui lit le jugement rendu contre lui. 

Prononcer^ lignifie aufli quelquefois hmplement, don- 
ner Ion avis. Opinari , vel conflium dare. Un hom- 
me prudent ne le hâte pas de prononcer fur les quef- 
tions qu'on lui fait. Prononce- hardiment^ dites votre 
opinion. 

Prononcer, fignifie auflî, réciter en public. Publiée 
dicere, cnuntLorc. Ce difcours a été /iro/zcrtce devant 



PRO 

le Roi. Harangue prononcée devant rAiïemblée dtt 
Clergé. C'eft un grand avantage que de favoir bien 
prononcer un difcours. La pk'ipart de ceux qui fe det- 
tinentàparlcren public, ne cultivent pomt afTez l'arc 
de prononcer. De cent Prédicateurs, a peine en trou- 
vet-on trois ou quatre qui prononcent les chofes com- 
me la namre voudroit qu'on les prononçât. 

Prononcer, entérines de Peinture fignifie, bien mar- 
quer Se diffinguer quelque partie d'un tableau. Se la 
faire connoître par le pinceau avec la même force, 
& la même netteté qu'on le feroit, en prononçant àe^ 
pzwles. Difribuere , diflinguere. Ainfi on dit, pro- 
noncerMW bras, une main, une épaule, un genou j 
pour dire, les fpécificr, débrouiller, les rendre très- 
lenlibles. 

PRONONCÉ, ÉE. part. 

On dit proverbialement Se ironiquement à celui 
qui a dit fon avis mal-à-propos fur quelque chofe j 
voilà Monfieur qui a prononce la fcntencc. 

PRONONCIATION. f:f. Articulation des mots & des 
lettres. Pronunciatio. La plus diflicile partie des lan- 
gues, c'eft d'apprendre Iz prononciation. On ne peut 
apprendre la vraie prononciation d'une langue , que 
dans le pays où on la parle. C'efl: une choie bizarre 
& particulière , fur-tout à la Langue Françoife , que 
la plupart des mots ont deux diftérentes prononcia- 
tions : l'une pour la profe commune, & pour le dif- 
cours ordinaire , Se l'autre pour les vers. Mais il efl 
imi-ioflible d'en marquer toutes les règles. Far exem- 
ple, la profe néglige la. prononciation des s finales du 
pluriel, & les t de la troifième perfonne du pluriel des 
verbes: Se plutieurs autres conlonnes finales, même 
devant les voyelles. Mais en vers on prononce tour. 
A quoi bon réveiller mes Mules endormies ? Boil. 
Il faut prononcer 1'^ finale de Mufes. Mille & mille 
douceurs y lemblent attachées. Corn. Il faut pro- 
noncer le t du moifemblent. Mais en profe on ne les 
prononceroit point. On adoucit encore la prononcia- 
tion de beaucoup de mots en profe : on prononce 
craire pour croire. Mais en poéfie l'on rétablit la yé- 
niable prononciation, 8c on prononce croire, pouc 
le faire rimer avec gloire. 

Remarquez encore que les conformes finales des arti- 
cles, des pronoms , des adjedtifs, & de quelques propo- 
litions,fe prononcent différemment devanr les voyelles 
félon l'arrangement de la phrafe. Par exemple : il a. 
été , on prononce 1'/ de il : vous irc:^ , on prononce 
l's de vous. Mais II l'on dit, ire:i-vous à Paris, l'on ne 
prononce plus l's de vous. Cette différence eft inutile 
pour la poéhe, où l'on prononce routes les lettres. Il 
faut feulement ajouter qu'en déclamant la profe , la 
prononciation doit être prefque toujours la même que ' 
celle dç la poéfie. M. L. T. On peut apporter quel- 
ques reflriétions. Se quelques exceptions au fentimenc 
de l'Aûfcur ; car ily a bien des cas où les s finales , 
Se les t de la troifième perfonne du pluriel des verbes, 
le doivent prononeer dans la proie comme dans les 
vers, même dans le difcours familier. Toute la diffé- 
rence qu'il doit y avoir , c'eft qu'on n'en doit pas mar- 
quer fi fortement la prononciation, que dans les vers 
& dans la profe que l'on déclame. Par exemple, quelle 
oreille pourroit fupporter ces prononciations : j'ai de 
hell' efpérances, au lieu de, j'ai de belles-efpéran- 
ces : vous m'avez donné de fort bon-avis , au liei? 
de , vous m'.avez donné de fort bon-s-avis , ils étoient 
environ deux mille hommes, au lieu de, ils étoien-t- 
environ deux mille hommes; ils fon à Pans , ils von 
à Paris , au lieu de, ils fon-t~à Paris , ils von-t-à 
Paris, Sec. Quoi qu'il en foit, on ne peur mal par- 
ler en prononçanr ces fortes de conlonnes devant les 
voyelles, «Se h prononciation contraire n'eft tout au 
plus qu'excuf'able, à caufe du m'auvais ufage qui s'eft 
établi infenliblement. 

Prononciation. Ce mot fe dit auflî de la cinquième 
partie de la Rhétorique , c'eft la manière de réciter. 
Enunciatio aclio. Elle conlîfte à régler fi bien la voix 
Se fon gefte, qu'ils fervent à perfuader l'elprit^ & à 
toucher le cœur de ceux qui nous entendent. La pro- 
nonciation eft fi utile, qu'on l'appelle ordinairement 



PRO 

la prcmicie, la féconde, la troifièmc partie de l'élo- 
quence. 

§3* Quintilien la définir, vocis & vu/a/s & corporis 
moderatio cum venufiacc. L'art de conduire d'une ma- 
nière agréable &c convenable, ia voix, Ion geftc , & 
l'adion de rout Ton corps. Cicéron l'appelle quadam 
corporis eloquenûa , fcrmo corporis. Le langage du 
corps. C'cft ce qu'on appelle ordinairement aclion. 

Prononciation , le dit encore des jtigemcns qu'on pro- 
nonce. Praïunciacio , edutio. Quand le Prévôt de 
Paris va préfider au Chàtelet, il prend les voix, c'cd: 
le Lieutenant -Civil qui taie la /'ro/io«<:/j;{o/; de la 
lentcnce. Il n'y p.is long -temps qu'on ne t-ailoit les 
prononciations à^ hxKK-xw Grcfte que le famedi. On 
paye un droit au Greffier pour h prononciation. 

^ir PRONOSTIC , ou PROGNOSTIC. f. m. & adj. 
Prognofiicon , ou prognojlica , orum , prddicHo. Ce 
mot vient du grec îi^m.o, /xit , prsfagiendi vim habens , 
qui dénote, qui piéiage l'avenir, du verbe wfOT-.sVKw , 
vritnofco, je prévois , -srptjïw^K, prxnotio , prelcience, 
prélage. C'eft proprement un jugement qu'on porte 
d'avance de l'événement d'une maladie , par les lignes 
qui l'ont précédé & qui l'accompagnent. Quelquefois 
aulH l'on s'en fert pour exprimer les fignes qui déno- 
tent & font conjedturer ce qui peut arriver de bon ou 
de mauvais dans une maladie , & même dans la lan- 
té. Alors on le joint au mot ligne. Signe pronojlic j 
fignes pronojlics , lignes diagnoftiques. Le pronojlic 
eft fans contredit la partie la plus brillante de la mé- 
decine ; mais où lont les Médecins qui ayent le pro- 
no(lic fur ? Ne leur en fiilons pas un crime. Il n'eft 
accorde à pertonne de prévoir les événemens, & de 
deviner la marche de la nature. On a beau la fuivrc 
CL la pijle, on ne la prend jamais fur le fait. 

^CF On le dit aulîi des jugemens que les Aftrologucs 
tirent de rinfpcdrion des corps célelles. Quand il pa- 
roit quelque phénomène extraordinaire au Cielj les 
Aftrologues ne manquent pas de faire de grands pro- 
noflics. 

Pronostic, fe prend auill quelquefois pour les fignes 
& les marques par où l'on conjecfture ce qui doit ar- 
river. Signa prognoftlca. Ce fut un pronojlic de ce 
qu'il devoit être un jour. Ce fut un pronojlic de fa 
mort. Ablanc. 

PRONOSTIC ATION. f. f. C'eft la même chofe que 
pronojlic , & il ne s'emploie que dans les titres des 
almanachs. Prd.diclio, prognnjlicatio. 

PRONOSTIQUER, v. a. Faire un pronoftic, des pro- 
no^ïcs. Conjicere , prttdicere, pmtendere , fignifica- 
re } portendere. Je lui ai pronojliqué fa mort long- 
temps avant qu'elle arrivât, parce que je connoillois 
fon tempérament. Tous ces iwowfç.mcns pronojliquent 
quelques troubles dans l'Etat. Voilà une vilaine phy- 
lionomie qui ne pronoftique rien de bon. Ce vent 
pronojliqué quelque orage. Vins pronq/lique quelque- 
fois la pluie. 

PRONOSTIQUEUR, f. m. Celui qui pronoftique. Pra- 
Jlgnificator. Prefque tous les Z'^znàs pronojliqueurs font 
des charlatans. 

PRONUBA. adj. f. Sutnom qu'on donnoit à Junon , 
comme Déeflc du mariage. Ceux qui fe marioient , 
oftroient à ivinonPronuha une victime dont ils ôtoient 
le fiel : limbole de la douceur qui devoit régner tou- 
te la vie entre les deux époux. _Pro/i/^èi/jj a j i//?z_, qui 
préfide au mariage, de nuhere, fe marier. 

PROODIQUE. fubrt. m. Terme de Poéfie qui fignifie 
un grand vers p.ar rapport à un plus petit. Dans un 
Diftique compofé d'un hexamètre & d'un pentamè- 
tre, le vers hexamètre cfl le proodique , & le penta- 
mètre eft l'epode. Dans les vers faphiqucs les trois 
premiers de chaque ihophe font proodiqucs par rap- 
port au petit qui eft e'pode. 

PROPAGANDE, f. f. On appelle ainfi en ftyle decon- 
verfation la Congrégation de propaganda Fide , 
établie à Rome pour les affaires qui regardent la pro- 
pagation de la Foi. La Propagande vient d'envoyer 
fix MilTionnaires à la Chine. Acad. Fr. 
PROPAGATEUR, f m. Celui qui étend, qui multi- 
plie , qui répand la foi , la gloire , la léputatiou de 



PRO 



î^ 



Quelqu'un, ou de quelque adlion. Car il ne fe dit qu'aa 
guré. Propagator. Si la Foi vous eft chère , la laille- 
rez-vous en proie a lerreu:; qui ia détruit, & au péché 
qui la corrompt ? Il lui faut des défenlturs, des pro- 
pagateurs, 3c c'eft ce qu'elle vuus demande. 

PROPAGATK^N. f f. Génération , nuiltiplicarion des 
animaux , continuation des efpèccs par la v<)ie de la 
génération. Propagatio , multiplicatio fpeciei. Il y a 
un inftinc n.aturel qui tend à la propagation de l'cf- 
pèce. La propagation du genre liumain après le dé- 
luge. Il a les qualités nécellaires pour la propagation. 
Mol. La nature tend à la propagation de Icfpcce. 
Bernier. L'amour des femmes eft nècellairc pour la 
propagation àw genre hrtmain. Aldanc. 

Propagation , fe dit aulli en Phyfique de la lumière Se 
du bruit. Propagatio luminis & Jragoris. Le tonnerre 
Se l'éclair ne le rendent lenfibles que par la propaga- 
tion de la lumière & du Ion julqu'à l'œil & à l'o- 
reillc. 

fC? Pour \2. propagation de la lumière, Voy. Lumière, 
Émission, Émanation. 

|fc? Le fon produit dans l'air par des vibrations de par- 
ticules imperceptibles, fe répand rrès4oin , très-vite, 
(.\: en ligne droite. C eft ce qu'on ^■o'^oWe propagation 
du Ion. On peut conlidérer les particules d air com- 
me autant de petits balons à reftort , burtés les uns 
contre les autres, dilpolés en ligne droite, /''oy. Son. 
La vibration qui fe communique au premier, doit 
palier très-promptement dans le lecond, du fécond, 
dans le troilième , Sic. Rangez fur la même ligne plu- 
lîeurs petites boules d'ivoire, qui fe touchent. Si vous 
remuez la première, quelque grand que foit le nom- 
bre des boules intermédiaires, l'imprellion palfe, com- 
me dans un inftant , aux plus éloignées. Voila préci* 
lément ce qui arrive dans la propagation du fon. 

«"j" Les petits balons d'air voilins du corps lonore, com- 
primés par les parties de ce corps, s'aplatillent , & en 
s'aplatilfant agilfent fur ceux qui font devant. Apla^ 
tis, ils s'étendent à droite, à gauche, en en-haut, en 
en-bas. Ils le dilatent, ils fe rétabiillent parleur rel- 
fort. Cette action alternative le fait en tout fcns. Le 
fon par conf équent fe lépand de toutes parts , & eu 
ligne droite. 

Propagation , fe dit figiuément en chofes fpirituelles,' 
& lignifie , étendue , progrès, accroillement , augmen- 
tation. Augmentum , augmentatio. Les Martyrs & les 
Apôtres ont travaillé à la propagation de la Foi. Il y 
a à Rome une Congrégation pour Xs. propagation de 
la Foi. Il faut e\-w^cc\iei\iL propagation clés erreurs &: 
des méchantes doilrines. 

PROPAGER, v. a. Terme dogmatique nouvellement 
inventé, mais d'unufagc fréquent parmi les Phyliciens, 

§Cr pour lignifier ere/zifrej répandre. Propagare.M.Le 
Catpenle que l'air qui propage le fon eft plus fin que 
l'air groiîîer qui fait le vent. Mém. de Trév. Ce qui 
propage la maladie, &c. id. 

Propager, fe dit plus communément avec le pronom 
perfonnel. Se propager ^ venir au monde par la voie 
de la génération. On le dit des animaux & des plan- 
tes. Saint Auguftin étoit tenté de croire que les ameS 
fe propageaient à la manière des corps. Les plantes 
loue capables de ic propager par la génération. 

f^ Se propacir , s'étendre , fe répandre. La pefte fe 
propage. Ce terme eft lur-touc ulîté en Phyhque en 
parlant de la lumière & du fon. Suivant les calculs 
modernes , la lumière étant luppolée le propager du 
foleil jufqu'à nous en fept à huit minutes, & le foleil 
étant à 50 milions de lieues d'ici, c'eft quatre milions 
de lieues par minute. La lumière va un milion de fois 
plus vite que le (on. Selon quelques Phyficiens , le 
fon fe propage en rond Se par des cercles qui s'a- 
grandilfcnt de plus en plus, comme ceux qu'on re- 
marque dans une eau ou ime pierre eft tombée. Selon 
Newton la lumière ne fe propage qu'en ligne direéte. 
Selon plufieurs Phyliciens elle ne le propage que par 
desvibrationsvives& promptes, mais unilrormes. /^oy» 
Lumière & son. 
ffr On trouve ce mot employé au figuré dans le mê- 
me fens. L'amour des petites chofes , des petits riens. 



14 PRO 

des colifichets fe propage de jour en jour. Béfia. fur I 

/a Peint. , , „,-,,. in 

PROPANCIER, 1ERE. f. m. & f. Vieux nom de Peu- 
ple. Hdnuyer, qui cft de Hainaut. Borel. Hauno- 
nius. 
^CT PROPEMPTICON. f. m. Propewpticum. Ce mot 
qui eft tout grec, fignifie pioprement un a dieu en 
vers , une pièce de vers à l'honneur de quelqu un qui 
part , qui s'en va. 
|:T propension, f. f. Ce mot qui eft purement la- 
tin, fignifie au propre la pente naturelle, la tendance 
des corps graves vers le centre de le terre. Dans le h- 
guré , c'efl: un pench.int de l'ame. Propenfo. Ions 
les corps graves ont une propenjïon naturelle à ten- 
dre en-bas. Notre nature corrompue a toujours quel- 
que propcnflon au mal. On a plus de propenjïon a 
croire ce que difent les amis que ce aue dilent les au- 
tres. On le deftinoit à l'état Eccléfiaftique, mais il n y 
a aucune propenfion. L'AcAD. 
§Cr II vaudroit mieux dire pente dans le lens propre , 

Se penchant dans le figuré. 
PROPET, ETTE, au lieu de PROPRET, ETTE.adj. 

Diminutif de propre. Propet eft feulen ufage. 
PROPÉTIDES. f. f. pi. C'étoient des femmes de l'île 
deChvpre, qui fe proftituoient dans le temple de Vé- 
nus. Cette Décile les avoit jetées dans la proftiru- 
tion, dit Ovide, pour le venger de leurs mépris, & 
il ajoute que dès qu'elles eurent ainfi foulé aux pieds 
les lois de la pudeur & de la niodeftie, elles devin- 
rent fi infcnfibles pour leur honneur , qu'il ne fallut 
qu'un changement léger pour les métamorphofer en 
rochers. 
PROPHÈTE, f. m. Homme Saint, fufcité extraordi- 
nairement de Dieu pour le falut du peuple , &c qui 
par l'inipitacion du Seigneur annonçoit avec force Tes 
Lois, fes Commandemens & Tes Myftères, connoif- 
foit les chofes fecrètes , prédifoit l'avenir ,& failoit 
iouvenr de grands miracles. Prophète. Dieu a par- 
lé aux Hébreux par la bouche des Prophètes. 
Tous les Prophètes ont annoncé le Mellie. David 
eft appelé le Prophète Royal, ou le Prophète Roi , 
ou le Roi Prophète. Le dernier eft le meilleur , & le 
premier ne fe dit prefque plus. Les Livres canoniques 
contiennent ceux des quatre grands Prophètes^ &des 
douze petits Prophètes. Les quatre grands Prophètes 
font Kaïe, Jérémie , avec Baruch , Ezéchiel & Daniel. 
On les appelle grands Prophètes ., parce que leurs 
écrits font plus étendus que ceux des autres Prophè- 
tes; à lavoir, C fée, Joël , Amos, Abdias, Jonas, Mi- 
chée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacha- 
rie & Malachie, lefquels font appelés petits Prophè- 
tes, parce que leurs écrits font plus courts. Les Juits 
ne comptent que trois grands Prophètes , prétendant 
que Daniel ne doit pas plus être mis au rang des Pro- 
phètes que David; non que l'un & l'autre nayent pré- 
dit plufieurs chofes importantes; mais parce qu'ils 
n'ont pas mené un genre de vie femblable à celui des 
autres Prophètes , David ayant été Roi , Se Daniel 
Satrape. L'ordre des grands Se des petits Prophètes 
n'eft pas le même chez les Grecs & chez les Latins. 
Chez les Grecs, ce font les petits Prophètes qui (ont 
mis les premiers, apparemment parce que plufieurs 
des petits Prophètes font plus anciens que les grands. 
Il y a encore cette différence entre les Giecs & les 
Latins, que les Grecs mettent Daniel au rang des pe- 
tits Pro/'Afffi. Ifaïe eft appelé au xlviii chapitre du 
Livre de YEcclèfiaJîique , le grand Prophète j 6c cela 
vraifemblablement, tant à caufe des grandes chofes 
qu'il a prédites, qu'à caufe de la manière dont il les 
a prédites. L'Ecriture fait mention auflî de plufieurs 
autres Prophètes, comme Natham, Abias, Elle, Eli- 
fée , Samuel, Hanani.is, Addo, Efdras, Sémeias.Gad, 
&c. De ces deux commandemens , c'eft .à favoir, d'ai- 
mer Dieu de tout fon cœur , & fon prochain comme 
foi-mcme, dépendent la Loi Si. les Prophètes. L'inf- 
piration dont les Prophètes étoient faihs, ne fouffre 
ni ordre, ni liaitbn. Huet. Un vrai Prophète ne doit 
parler ni en extafe , ni en fureur , ni parojtre hors du 



PRO 

bon fens. Du Pin. On a donné le nom de Poctes aux 
Prophètes , comme on a appelé les Po'ëtes des Pro~ 
phètes. Dac. 

Ce mot eft Grec , & vient de a^a-^", dît , d'où les 
Latins ont dérivé /jf^^j, Borel. 
Prophète, s'eft dit aulîi de pluheurs perfonnes moins 
célèbres qui ont parlé de la part de Dieu, & qui ont 
été diftinguées par quelque zèle , dévotion ou com- 
mandement , du refte du peuple. Prophète. Les foi- 
\ante & dix vieillards que choifit Moyle p- t" :'er,dre 
juftice au peuple , prophétiferent , comme il eit dit au 
Liv. des Nomb. ch. Xi. v. zq. 
Prophète , s'eft dit aufti des Prêtres Si Sacrificateurs qui 
étoient chez les ennemis des Hébreux. Samuel envoya 
Salll dans une ville des Philiftins , lui difant qu'il y 
auroit une troupe, un gros de Prophètes qui vien- 
diuieiit au devant de lui, qu'ils prophétif'eroient, & 
qu il prophetileroit avec eux; d'oii el1: venu le prover- 
be hébreu , SaLil entre les Prophètes. Turha vel grex 
Prophetarum. L'Ecriture appelle cette troupe, gr^Ar, 
cunevs. 
Prophète , s'eft dit auftl des Prêtres idolâtres, fCFdes De- 
vins attachés au culte des faux Dieux, qui , par uneper- 
milîion de Dieu prédiloient quelquefois la vérité , Se 
des impofteurs qui difoient venir de la part de Dieu , & 
qui abuloient les peuples. Le Prophète Baiaam alloic 
pour maudire le peuple de Dieu. Les Prophètes de 
Baal étoient au nombre de 450, Se 400 Prophètes des 
forêts qui étoient entretenus par Jéfabel, au IIl^ des 
Pois, ch. XI'///. Jésus-Christ recommande à fes 
Apc)tres de fe donner de garde des faux Prophètes. 
Pfeudo Propheta. En ce fens on dit que Mahomet efl 
un faux Prophète. Les Turcs & les Indiens ont aufti 
des gens chc;; eux qui paftcnt pour Prophètes. 
Prophète, fe dit aufli de ceux qui par prudence, par 
art , ou par halard , prédifentles chofes à venir. Omi- 
natores , fatidici vates. Le galimatias de Noftrada- 
l'a fait palfer peur Prophète. ifT Un homme qui a 
un jufte difceinement,une (âge prévoyance, de l'ex- 
périence Si de la létfexion , palfe facilement pour un 
Prophète. J'avois bien prévu que ce malheur vousar- 
riveroit : n'ai-je pas été Prophète? J'ai grand regrec 
d'avoir été (î bon Prophète. On appelle Prophète de 
malheur, celui qui ne prédit & n'annonce que des 
choies fâcheufes. Il ne falloir pas être grand Prophète 
pour deviner que cette affaire ne réuftîroit pas. 
Prophète, fe dit proverbialemenr en ces phrafes: nul 
n'eft Prophète en fon pays. Xemo Propheta in pa~ 
triâfuû. C'eft un proverbe (acre .qui veut dire , qu'ur» 
homme de mérite eft ordinairement moins confidéré 
dans fon pays qu'ailleurs. On dit de celui qui devine 
mal, il eft Prophète comme une vache, il eft Pro- 
phète du paffé , il devine les fêtes qu.and elles font 
venues. 
I/CT Prophète Si Devin , Synonymes. La prophétie 
n'a pour objet que l'avenir. Le Prophète prédit ce qui 
doit arriver. La divinarion regarde le prélent <Sc le paffé. 
Le devin découvre ce qui eft caché. 
PROPHÉTESSE. Femme quiprophétife, qui prédit l'a- 
venir par in(piration divine. Prophetijffa , vates, mu- 
Uer fatidica. Marie la ProphéteJJe (œur de Moyfe. 
Elle eft appelée ProphéteJJe dans l'Exode , ch. xv , 
V. 20. Debora eft appelée ProphéteJJe au Livre des 
Juges ; Holda ProphéteJJe , au IV^ des Rois. S. Luc , 
ch. II, fait aulfi mention d'Anne fille de Phanuel , 
ProphéteJJe. On le dit aulîî de celles qui fe mêloient 
de prophétiler. Les Sibylles ont paffé pour àtsProphé- 
teffes chez les- payens. Cicéron a fait remarquer com- 
bien étoit (u(pedfe cette fureur dont la ProphéteJJe 
étoit (aifie à l'approche du Dieu,&: combien il falloic 
' fe défier de l'enthoufiafine qui la faifilfoit. Font. Les 
violentes agitations de la ProphéteJJe , fes contor- 
iions , (es cheveux hériffés , Si toutes les m.irques ex- 
térieures d'une agitation divine, à point nommé, lorf^ 
qu'elle étoit confultée, relfentent trop la fourbe ; tour 
cela étoitpréparé pourimpoferparles apparences d'une 
iiifpiration divine. Id. 
PROPHÉTIE, f. f. Prédiélion des chofes futures par infl 
piration diyïnc. Prophetia jprxdicîio , vacicincuio.Les 



PU o 

propheiîes d'if^i^c , de Jcicniic , &c. Les prophJeies ont 
un Cens iktci-.il , un icns uiylHquc , & doivent être ac- 
complies dans ce double ieni.CL. 

ÇCT On le dit aullî des clioles prophctifccs. J. C. a ac^ 
compli les prophéties. L'accomplillenient li jiifte i5^ il 
ponctuel des prophéties cft la preuve la plus incon- 
teftable de la divniitédc l'Ecriture. 

PRoi'MiiTiE , efcaulli un don du S. Efpiit , fuivantSaint 
l'aul en la L aux Corinthiens , ch. xlJ. Donum pro- 
phétie. L'un a le don de lagclle .l'autre de la (cicnce , 
J'autic de la k)i , l'autre dcsmiiacles, l'autre de la/)ro- 
phctie, l'autre le don des langues. Julhn Martyr attelle 
que le don dc/TO/'/zfWtfubruloit encore de Ion temps. 
Il Fut éteint bientôt après lui. 

Prophétie, (ignifie aulli, divination par art , ou parlia- 
iaid. Divinatio , vel vaticinium. Je n'ai pas pu pré- 
voir cet inconvénient , je n'ai pas le don de prophétie. 
Les Prophéties de Nodradamus , de l'Abbe Joacliim , 
&c. (c l'ont miles en crédit par lalupeiltition & la lotte 
crédulité des Peuples. Une exafte oblcrvationdcs cho- 
(ts du monde l'-ivoit élevé à un tel point de lagacité , 
que fcs conjectures fur l'avenir pal! oient ptclque pour 
des prophéties. S. RÉ al. 

On appelle trivialement , prune de prophétie j une 
balle de moutquct. 

PROPHÉTIQUE, adj. m. & f. Qui contient quelque 
prophétie, qui tient du prophète. Propheticus j préidic- 
torius. Prelque tout l'Ancien Teftament s'explique de 
J. C. dans un fens prophétique. Il dit cela par un e(- 
prit prophétique. Style prophétique. 

TROPHÉTIQUEMENT. En Prophète, adv. Jdmorem 
propheticum j propheticè. Il en a parlé prophétique- 
ment. L'AcAD. 

PROPHÉTISER. V. a. Faire une prophétie , prédire l'a- 
venir parinfpiration divine. Prophetifare vel pranun- 
tiare , velpr&ciicere ^ vaticinari. Les Patriarches & les 
Prophètes anciens ont prophétiféle. MelIîe.Spinofa dit 
que les Prophètes prophétifoient félon leur humeur ; 
Jérémie , par exemple , trille & ennuyé des misères de 
la vie , ne prophétifa que des malheurs. 

L'Ecriture prend quelquefois ce mot en mauvaife 
part , & alors il fîgnifîe , fureur. Furor prophecicus. 
Quand le malin efprit fe lailifioit de Saiil, Aprophé- 
tifoit J Se David apaifoit fa fureur avec fa harpe , 
comme on voit au / des Rois , ch. XVI il & xix. 

rRCPHÉTisER,figniSe quelquefois ,prêcherou faircquel- 
que chofe au nom de Dieu. Pr£dicare,pr£dicere. Î3eau- 
coup diront au Jugement, Seigneur, n avons-nous pas 
prophétifé en ton nom , chalïé des démons , & fait plu- 
lieurs choies merveilleufesî en S. Matthieu ch. vi i , 
V. 22. S. Paul ayant baptifé plufieurs Difciples à Co- 
rinthe,ils parloient plulîeurs langues, Se prophétifoient; 
aux Aclcs , ch. XIX j v. 6. S. Paul dit que l'homme 
doit prophétifer nue tête. Se la femme prier Se pro- 
phétifer la tête voilée , / aux Corinth. ch. Xi ,v.j & j. 

^^ PrcphÉti'.er, fe dit familièrement pour prévoir & 
prédire ce qui doit arriver. Je vous z\o\s prophétifé 
tout cela. 

Prophétiser , fignilîe aullî , deviner. Les Juifs ayant 
bandé les yeux de J. C. lui frappant le vifage , lui di- 
io'icnt , prophétife-wons qui t'a frappe ! pour dire , de- 
vine. 

PROPHÉTISÉ, ÉE. part. 

PROPHYLACTIQUE, f. f & adj. Prophllamce , es. 
Prophylaclycus , a. Qui tend à prélerver. Indication 
prophylaclique. Pritfervatoria indicatio. La prophy- 
laclique elt la méthode de conferver la fanté , de pré- 
venir les maladies: elle eft une partie de l'hygiène qui 
préferve de maladie , conferve la fanté , en fortifiant 
les parties, tù défendant tout ce qui elt nuifible, en 
atténuant , incilant , calmant , adoucilfant , rafraichif- 
fiiit Si vidant les humeurs qui pourroient rendre ma- 
la.le. 

On appelle aufil rcméics prophylacliques ^ ou pré- 
fcrvatijs, C'.nr; qui entretiennent la fanté , & prévien- 
^ nent les maladies , & en particulier ceux qui réiîftenc 
aux venins, & qui corrigent Le mauvais air. Ces mors 
lont grecs , •^■ftipi/Aaxlixii' , -srpoCKAaji! , qui préferve , pré- 
iervativei «-fo^pi'Aa/iixi'tj ad pr(Sççiutionem& prsferva.- 



PRO 



ïT 



tlonem aptus , projîre à fc précautionncf , ou fc pré- 
fcrver , de irp»', devant , Se du verbe ipvAï'jru, ;c 
conferve , je garde, je défends , d'où l'on a forme Is 
verbe. ■«'foifi'AaVîu, Je garantis, je prcicrvc. Col. de. 

ViLLARS. 

PROPICE, adj. m. & f. Favorable. Propitius. Il régit 
le datif. Se fe dit principalement de Dieu. Dieu nous 
{oit propice. Propitius ft nohis Deus , vei adfit. Le 
Ciel cil propice a. nos vœux. Il faut que l'CJrattur le 
rende les Juges propices , favorables. 

Grand Dieu , tes jugemens font remplis d'équité ^ 
Toujours tu prends plaifir à nous être propice; 
Mais j'ai tant fait de mal que jamais ta bonté 
Ne me pardonnera fans blefjer tajufiice. 

Des Barreau*. 

(CT On le dit des génies, de la fortune , des chofesqui 
font notre bonheur ou notre malheur malgré nous , Se 
en parlant à des pcrfonnes fort élevées , pourvu que ce 
f oit (ur des matières importantes. Nous prions un Grand, 
un Juge de nous être propice , de jeter fur nous un 
regard propice, un a:'û propice. 

PROPict , le dit aulli en parlant du temps, de l'occafion. 
Se autre choie de cette nature. Avoir le temps pro- 
pice. Toutes choies lui ont m propices àw\s Ion en- 
treprife. Omnia faufè advenerunt. 

PROPICIATION, ou PROPITIATION. f. f. Sacrifice 
pour fe rendre Dieu propice , pour apaifcr la colère. 
Propitiatio , feu facrificium ad Deum placandum ^fa- 
crificium pro peccato. Il y avoir chez les Juitsdesfa- 
crifices publics qui étoient d'ordinaire pour les actions 
de gr.îces & des holocaulles ; à':MV:z^Aii proviciation ^ 
qui le failoient pour des particuliers qui avoier-t com- 
mis quelque faute. Si c'étoit pat ignorance , on offroic 
un agneau ou un chevreau -, li fciemment , on oftroit 
un mouton. Les pauvres otFroient une paire de tourte- 
relles. Le Sacrifice de la Melle cil un Sacrifice de pro- 
piciation. Ce mot n'a guère d'ufage que dans ces lot- 
tes de phrales. 

Propiciation. Fête folcnnclle des Juifs. Propitiationis 
dies fefîus. On la célébroit le lo du mois de Tilri , 
qui étoit leur feptième mois. Se qui répond au mois 
de Septembre. Elle fut inftituéc pour conlerver la mé- 
moire du pardon qui tut annoncé au peuple d'ifra'el 
par Moyfe de la part de Dieu , qui leur remit la peine 
qu'ils avoient méritée , pouravoir adoré le veau d'or, 

PROPICIATOIRE, ou PROPITIATOIRE, f. m. C'é- 
toit chez les Juifs la couverture de l'Arche revêtue de- 
dans Se dehors de lames d'or, enlorte qu'on ne voyoiî 
point le bois. Tahcrnaculifancliusadytum-, velpro- 
pitiatorium. Il y en a même qui croient que ce cou- 
vercle de l'Arche , ce propiciatoire étoit d une leule 
pièce d'or mallîf , couvert en partie des ailes de deux 
Chérubins qui étoient aux deux ccités de l'Arche. Ce 
propiciatoire étoit la figute de J. C. que S. Paul ap- 
pelle au 1 1 1 ch. de fon Épître aux Romains , \t propi- 
ciatoire ordonné de tout temps pour la rémilîîon des; 
péchés. 

Propiciatoire, cft aulli adjedif detout genre , Se li- 
gnifie, quia la vertu de rendre propice. Propitiato- 
rius. Le lacrifice que J. C. a offert lui-même lur la 
croix , a été véritablement propiciatoire^ 

PROPINE. f. m. Terme de Chancellerie Romaine. C'ell 
un certain droit qu'on paye au'Cardinal Proteéteur pouf 
tous les Bénéfices qui palfent par le Conliftoire , Se 
pour les Abbayes qui font taxées au-delïusde 66 ducats 
deux tiers , qu'on paye à proportion de leur valeur. 
Jus propinit , vel Cancellari<t Romand:. 

PROPOLIS, f. f. Cire vierge, de couleur lougeâtrc ou 
jaune , dont les abeilles bouchent les fentes <^- les trou'3 
de leurs ruches , comme pour empêcher l'air & le froid 
d'y entrer. Cxra nova, vel propclis. Cette matière cil 
friable. Se elle h. une odeur approchante de celle des 
bourgeons du peuplier. On s'en lert pour faire percer 
les abcès. On en fait auHi recevoir la vapeur, pen- 
dant qu'on la chauffe fur le feu pour la toux invétérée. 

|Cr Les abeilles ramalFent \cm propolis toute préparée 
fur les plantes , 6c le Dictiomiaire des firoples i'efl: 



î^ PRO 

trompé , lorfqu'i! a dit que c'cft une cire vierge , oU 
une el'picc Je- m.i.lic compofi par les abcillc. Hist. 
Nat. des uhcdks. Ls. ptopolis clt une elpèce de re- 
fine: les abeilles la rapportent enpelottes dans la ca- 
vité de leurs jambes comme la cire brute. Les arbres 
rélineu.'; foiunillent aux abeilles de la propolis toute 
préparée. Un limaçon s'étant introduit dans une ru- 
che, d'abord les abeilles s'en dé tirent à coup d'aiguil- 
lons, & ne pouvant pas tranlportcr ailleurs le cadavre, 
elles l'enfevelirent de tous côtés ious un enduit épais 
de propolis. Réaumur. 

PROPONTIDE. Foyei Marmora. 

ifT PROPORTION, f. f. Convenance , rapport que les 
parties ont entre elles & avec leur tout. Provorrio. Il 
faut qu'il y ait une certaine proportion de tous les 
membres avec la tête. Obfcrver , garder les propor- 
tions. 

§Cr Proportion, fe dit aulll du rapport qu'il y a entre 
des chofcs inégales de la nunic clpécc, rapport par le- 
quel leurs diHéienres parties correlpondent les unes 
aux autres par une augmentation ou diminution égale. 
Mutua proportio , convenienna. Ainfi lorlqu'on ré- 
duit une figure au petit pied , ou qu'on la veut avoir 
en grand , on prend garde d'y obferver en toutes fes 
parties une égale augmcnracion ou diminution; en telle 
forte que li une ligne cil; augmentée d'un pouce, une 
pareille ligne fera augmentée d'un pouce. Les Peintres 
ont fondé les règles de leur art lur certaines po/7or- 
tions naturelles qui font ordinairement dans les corps 
bien faits. Ils ont obfervé lur les parties du vifage , ou 
des ;iicmbres , certaines longucuts ou proportions 
qu'elles doivent avoir les unes à l'égard des autres , 
U!ie certaine augmentation eu diminution. 

^fT Dans tous les ouvrages de goût ce mot préfente la 
même idée,c'eft-à-dire, qu'il exprime une convenance 
du tout &:des paities entr'elles. 

§C? En Architedure, c'ell la juHcIfe des membres de 
chaque partie d'un bâtiment, & la relation des par- 
ties au tout. On a établi des règles pour déterminer 
les proportions des parties d'un édifice dans les cinq 
ordies d'Architeélure. Dans le Tofcan la hauteur de 
la colonne doit Contenir fept fois le diamètre de fa bafe ; 
dans le Corinthien huit , dans l'Ionique neuf, dans le 
Corinthien dix, & dans le compofue autant. Il faut 
que les colonnes ayent unrenHemcnt depuis leur naif 
fancc ;ulqu'au tiers du fût; que dans les deux autres 
tiers elles diminuent peu-à-pcu en fuyant vers le cha- 
piteau; que les entrecolcnnemens foienr au plus de 
huit modules. Si aumoinsde tiois;que la hauteurdes 
portiques , des arcades, des portes &des fenêtres foit 
double de leur largeur. Toutes ces règles fondées fur 
des obletvationsà l'œil , louvent peu certaines, ou lur 
des exemples fouvcnt équivoques , ne font pas tou- 
jours indilpenfables; & quelquefois les grands maîtres 
prennent la liberté de (émettre au-defl us d'elles. 11 n'en 
cil pas ainfi des règles ellenticUes fondées lur les prin- 
cipes invariables de la Géométrie. 

Proportion & Symétrie, font des chofes fort diffé- 
rentes. Je luppofe deux ftatucs, dont l'une a S pieds 
de haut , Se la tête d'un pied , & ^inli des autres par- 
ties a proportion , ôc dont l'autre a 8 pouces , & la 
tête d'un pouce , &c ainli du refte : on dira que ces 
ftatues font de même proportion , mais non pas de 
même fymétrie. Dict. de Peint. & d'arch. 

^Cr Proportion, le dit auflî du rapport des grandeurs 
entr'elles. Quand on compare deux grandeurs , il en 
réfulte un rapport eu une tailon. l'oyei ces mots. 
Quand on compare deux rapports , il en réfulte une 
proportion , lorfque les rapports comp.irés (ont égaux. 

fe? La. proportion cîï arithmétique ou géométrique. La 
proportion arithmétique , eft une égalité de différence 
entre pluheurs nombres, (oit en montant , foit en def- 
ccndant ; ou bien quatre nombres (ont en propor- 
tion arithmétique, lorfque la quantité par laquelle la 
première diffère ae la féconde, eft égale à la quantité 
parlaquelle la rroifième diffère delà quatrième, comme 
2:4: 6:8. qui (e (urpallent également l'un à l'autre 
de deux unités en montant, eft une proportion arith- 
métique. 2° : I j :: xo: j. qui fe diminuent également en 



PRO 

defcendant , en eft une autre ; & ainfi du refte des qua- 
tre nombres qui font arithmétiqueinent ;.r. ■portion- 
nels. ProgreJJio arithrnctica qu&favat x^ùinix^m rdtio- 
nem. Les deux premiers s'appellent \e premier antécé- 
dent , &: celui qui le (mtjcjécond antécédent :6c les 
deux detniçts ,\e premierconfequcnt , Scie fécond fub- 
fequcnt. Le premier & le quatrième s'appellent les deux 
extrêmes ; le (econd & le troidème font les moyens. 

La proportion géométrique, eft une égalité de deux 
rapports ou comparaifons, que deux nombres ou deux 
lignes ont les unes avec les autres , comme de nu me 
que 4CII: à 8 , ainh 8 eft à 16 , c'eft-à-dire , que comme 
8 contient deux fois 4; ainll 16 contient deux fois 8 , 
Se on appelle ces quatre termes proportionnels ; il y a 
la même proportion de 4 à 8 , que de 8 a 1 6 ; car comme 
4 eft la moitié de S, ainli 8 ell la moitié de 16. Pro- 
portio feometrica qu&fervat fimilem ratiomm. Mais 
quand les deux milieux font égaux, c'eft a due , le 
même , on dit que c'eft un moyen proportionnel. Il y 
a (euicmcnt cette différence entre la proportion ik la 
pro^rejflonj que la. proportion le renferme en trois ou 
quatre termes auplui\, & I2. prognjfion en plufieurs à 
1 infini : comme la proportion géométrique eft entre 
4 & 8 , & entre 8 & 16 ; mais la progr^Jfion eft entre 
tous ces nombres, 2,4,6,8, 10, 12 , 14, 16, &c, 
qui diffèrent également de deux. 

La règle de proqwrtion , qu'on appelle autrement 
règle de trois , ou régie d'or , eft celle qui enleigne à 
trouver un quatrième nombre proportionnel a trois au- 
tres qu'on a donnés: comme li trois degrés de l'équa- 
teur contiennent 72 lieues, combien 560 degrés, qui 
font le tour de la terre , en contiendront-ils'; Régula, 
proportionis direcla. ^fJ" Pour trouver ce terme , il 
faut multiplier le fécond terme par le troilième , & di- 
vifer le produit par le premier terme. Le quotient 
donne la proportion. 

Il y a.la. règle de proportion direcle jqaied celle de 
l'exemple ci-delfus. Il y en a une inverfe , ou fenver- 
jéc , qui rend le dernier terme moindre : comme fi 
cent ouvriers bâtilTent cette maifon en un an , en com- 
bien de temps deux cens ouvriers la batiront-ils ? P\.e- 
gula proportionis invcrfa. On trouvera , en fix mois. 
Ici le dernier terme diminue , au lieu qu'au premier 
exemple il augmente. 

Laproportion harmonique fe trouve en trois nom- 
bres, quand les diftércnces du premier & du fécond 
terme ont la mùmc proportion que le fécond terme au 
troilième. Prci^-'omo harmonica. Comme 60, ;o, 20, 
les 5 G difterent de 60 , de fa moitié , «Se de la diftérence 
de 2Q à 30, eft aullî de fa moitié, (avoir 10. 

Le compas de proportion eft un inftiumentde Ma- 
thématique compolé de deux branches plates & mo- 
biles dans une charnière , qui par le moyen de plulieurs 
divifions des lignes marquées fur fes branches fert à 
plufieurs opérations de Géométrie, & obf'ervations Af- 
tronomiques. Diabètes y circinus proportiotûs. Hen- 
rion & plufieurs autres ont écrit de (es uiages, comme 
aullî de la règle de proportion , qui eft une feule bran- 
che divilée de la même manière , qui tait prelque les 
mêmes eftets. 
^fT Pa.opoRTioN,fe dit enfin de la convenance que tou- 
tes fortes de chofes ont les unes avec les autres. On dit 
qu'il y a , qu'il n'y a point de proportion entre deux 
chofes, entre deux perfonnes. Il n'y a point àe propor- 
tion de fa dépenle avec fon revenu. Il n'y a nulle pro- 
portion du fini à l'inlini. Il n'y a nulle proportion entre 
les uns& les autres. Cet ouvrage a peu àe proportion 
avec la grandeur de vos lumières. Vaug. 

On dit adverbialement , à proportion ; pour dire i 
par rapport. Il dépenfe 3. proportion de fon revenu. Il 
letz payé k proportion de ("on travail. Nous relfentons 
nos biens & nos maux à proportion de notre amout 
propre. Rochef. 
(ty PROPORTION ALITF. f. f. Terme didadiquc. 
qualité de ce qui eft proportionnel. Proportionalitas. 
Ce qui marque inconteftablement une proportiona- 

lité de forces Mairan. 

PROPORTIONNEL, ELLE, Adj. quelquefois employé 
fubftantivenient. Quantité , foit en lignes, foit en 

nombres , 



PRO 

nombres , dont les parties ont rapport &: proportion 
entr'cJles. Proponionaiis. tuclidc au lixicmc Livre , 
montre le moyen de trouver quatre lignes proportion- 
nelles , Ik une moyenne proportionnelle. Il y a deux 
mille ans que les Géomètres cherchent inutilement le 
problème de deux moyennes proportionnelles que les 
Anciens n'ont pu trouver que mc-caniquemcnt par le 
mélolabc décrit dans les Commentaires d'Hutochius 
fur Archimède/ Il y a plufieursAutcurs qui en ont pré- 
tendu donner la démonftration; les uns par des lieux 
folides, comme Mcnechmus; les autres par des lieux 
linéaires , comme Nicomède , Diodes ; &• de notre 
temps Victe ; t^^: d'autres par des mouvemens impli- 
qués , comme Platon , Architas , Papus & Sporus ; ou 
par des defcriptions de cercles en tâtonnant , comme 
Héron & Apollonius, &c. C'ell une maxime re(,ue 
dans la Théorie des nombres, que lorfque trois nom- 
bres font continûment proportionnels j, le produit des 
deux extrêmes eft égal au carré de celui du milieu. Par 
exemple,! , 4, S ,iont continûment proportionnels : 
par conléquent le produit de 2. multiplié par 8 , qui eft 
16 , ell égal au carré de 4 , qui eft aulli 16. Roh. 
ifT On appelle cnrhyliqueparties/';o/io^r/t>«/2t'//t'j-jdes 
parties qui vont toujours en décroillant par moitié. 
Ceux qui difentquele continu eft divihble à l'infini , 
l'entendent du continu confidéré lelon fes parties pro- 
portionnelles : le tout , la moitié , la moitié de la moi- 
tié, la moitié de cette autre moitié, & aind en deken- 
dant julqu'à l'infini. Car ils foutiennent qu'on ne peut 
pas parvenir à une partie, à un point indivilible. 
ÇCF Un appelle taille proportionnelle , la taille repartie 
au prorata de ce qu un chacun polFcde de bien , au 
vil d'un arpentement &d'un abonnement. M. l'Abbé 
de S. Pierre a contribué par fes écrits à faire établir la 
taille proportionnelle. 
PROPORTIONNELLEMENT, adv. D'une manière pro- 
portionnelle. Pro ratdi proportionis régula. Tout trian- 
gle diviiéparune ligne parallèle à un de fes côtés , coupe 
les autres proportionnellement. Réduire proportionnel- 
lement un grand plan à un petit, 
^fT Proporiionnellement. Par parties proportion- 
nelles. Ce n'eft pas par parties égales que les corps dé- 
croillent, (e divifent, c'eft en parties qui décrollfent 
proportionnellement. Anti-Lucrece. f^oye^ ci-def- 
lus Parties proportionnelles. 
PROPORTIONNÉMENT. adv. Par proportion, avec 
proportion, d'une manière proportionnée. Proyà/j /72e- 
ritis. Servatâ proportione. Il n'a pas été récompenfé 
proportionnement à Ion mérite. 

Permettons aux Orfèvres , &c autres ouvriers dont la 
profellîon eft d'employer des matières d'or dans leurs 
ouvrages, d'en avoir chez en\ proportionnement zleuï 
travail. Déclaration du Roi ,duir Mars 1 720 , arti- 
cle ^. 
PROPORTIONNER, v. a .03" Garder la proportion nè- 
celTaire , établir un jufte rapport entre une chofe & une 
autre. Addquare , accommodare. Dieu proportionne les 
grâces à nos befoins, & les afflictions qu'il nous en- 
voie à nos forces. Les plus ridicules fottifes trouvent 
des efprits auxquels elles font proportionnées. Log. 
C'eft la marque d'un génie fubhme, defe proportion- 
ner tellement au génie & au caraèlère de ceux qu'il 
pratique, qu'ils croient être de niveau avec lui. Bell. 
Cette récompenfé eft ^ro/;omo/2we à fon mérite, à la 
condition. 
PROPORTIONNÉ , ÉE. part. 

PROPOS, f m. Difcours , entretien. Oratio , fermo , 
colloquium.V\\xtMQ^\xe. à écm plufieurs livres àe% pro- 
pos de table. Ils tinrent plufieurs propos. Il a tenu des 
propos lort inlolens. De propos en propos nous fom- 
nies tombés iur votre chapitre, ^otte propos a été in- 
terrompu: retournons à notre propos. Elleétoit outra- 
gée des propos injurieux qu'on tenoit d'elle. 

On d:t jouer aux propos rompus, quand on joue un 
jeu qui conhfte à joindre enfemble des difcours , qui 
fe difent tout basa l'oreille des uns & des antres, pour 
- voir s'ils produiront quelque (ens laifonnable ou non. 
Sententïts interruptis ludere. Et dans le figuré, on dit 
que des perfonues jouent s.viyi propos rompus, quand 
Toms FIL 



PRO 



17 



ils parlent fans fuite , Se fans s'entendre. 
Ce mot vient de propofitum. 
On le dit quelquefois pour propofition faite fur quel- 
que matière. On lui a jeté quelques propos de ma- 
riage, Ae% propos d'accommodement. 
(CJ Propos , le dit encore dans le lens de réfolution. 
Propofitum. On fc confefle avec un ferme /^ro/^oj' de 
s'amender , de ne plus retomber dans les péchés, je 
luis venu avec un terme propos de faire telle choie. 
Propos, fignifie aulli , convenance. Convenientia con- 
fcnfio. Cette gaité eft hors de propos en ce temps-ci : 
ce qu'on dit hors de/'ro/'Oi-, ne touche que bien peu, 
&c nelaille que des imprellîons confufes. Le Cii. de M. 
Vous nous interrompez par des hiftuiies hors de pro- 
pos. Pas. 
De PROPOS DÉLIBÉRÉ. Façon dc parler adverbiale. Avec 
dcllein , de dellein formé. Il n'a point fait cela parha- 
fard & fans y penfer, mais Ae propos délibéré. Acad. 
Fr. Il a fait cet alfallinat àe propos délibéré, dc def- 
lein prémédité. 
A PROPOS, adv. Il ne jugea pas à propos de rien entre- 
prendre. Ablanc. Non judicavit expedire , ejfe ad 
rem. C'eft-à-dire,ilnele jugea pas convenable. Le Roi 
à jugé à propos de faire cetrc Ordonnance. Cet homme 
eft venu mal à propos , à contre-temps. Il eft venu tout 
à propos y dans une occafion favorable. Opportune , 
commode. On dit au contraire , cet homme eft venu 
mal à propos , pour dire, il a tout gâté notre affaire. 
Intempefiivè. M.!iK à propos , c'eft-a-dire, puifquejc 
m'en louviens. ^fT On le fert encore de cette façon 
de parler adverbiale , quand on vient à dire quelque 
choie quia rapport à ce qu'on avoir dit précédemment. 
yiiàs à propos de cequejevousdilois — A propos àz 
nouvelles.. . . A quel /rcyoi^ me dites-vous cela? c'eft- 
à-dire, pour quel lujet. Il a fait venir cela à propos, 
Omnia loco & tempore egit. 

On dit proverbialement , à propos de bottes , ea 
parlant d'un difcours ou d'une action qui n'a aucun 
rapport avec ce qui a été dit ou fait. On dit aullî , chan- 
gement de propos réjouit l'homme. 
A TOUT PROPOS, adv. A tout moment, en toute occafion. 
Perpétua , occafionedatâ , quâlibet occafione data. Il 
parle de fa bravoure à tout propos. A tout propos vous 
faites le bigot. Voit. C'eft un indifcret qui rompt en 
vilière à tout propos. 
PROPOSABLE. adj. Qu'on peut propofer ^ Cetteaf- 
faire n'eft pas propofable. Un pareil indice eft-il cro- 
po fable .«' 
PROPOSANT, adj. Qzt&nApropofant. On appelle ainfi 
le Cardinal établi pour recevoir la profellîon de foi de 
ceux qui font nommés à des Evêchés, en pays d'obé- 
dience, & pour les propofer aux autres Cardinaux. 
Proposant, f m. Quia fait une offre, qui propofe un 
deifein. Offerens , proponens. On a fait voir au Con- 
feil le defTein de la jonèiion des mers : le propofant 
demande telles & telles conditions. On a écouté les^ro- 
pofans d'un tel parti , les enchériffeurs d'une telle ferme. 
Proposant , fe dit aulîî de ceux qu'on examine pour 
être reçus Miniftres dans la Religion Prétendue Refor- 
mée. Ils ne lont reçus propofans qu'après avoir 
(ubi un examen fur la Théologie dans une des clalTes 
du Synode, qualité qui leur donne le droit de prêcher; 
mais non pas celui d'adminiftrer les Sacremens qu'ils 
reconnoilTent. Lorfque le propofant eft appelé à une 
Eglife, ilfubit un nouvel examen, après lequel il eft 
reçuMiniftre. Quand on leur écrit, on met fur les let- 
tres : à Monfieur tel propofant en Théologie. 
PROPOSER, v. a. Mettre en avant quelque chofe, 
foit de vive voix, foit par écrit , pour l'examiner, pour 
en délibérer. Proponere y proferre in médium. Propo- 
fer une queftion , un argument , une difficulté. Onpro- 
pofe une affaire, un accommodement. On jpro/io/e fon 
avis. Ion opinion. Ion fentiment. Les Géomètres ^ro- 
pofent des problèmes aux Savans , afin qu'ils en trou- 
vent la folution. Les Bacheliers /^royo/è/zr des thèfes, 
des maximes , dont ils prétendent foutenir la vérité. 
On a propojé à ces Doéteurs une telle queftion pour 
l'examiner. Cet accufé a de bonnes défenfes à propo- 
fer ^ à alléguer. 



i8 PRO 

Proposer, {îgnifîe aulli prcfentef, offilr /promet- 
tre un prix, une rccompenleà celui qui auiarcullieu 
quelque choie. On a propofé plulieuis parris avanta- 
geux à cette fille. On apropo/c un prix à celui qui trou- 
A'era les longitudes. L'Acadcniic Françoilc propofe des 
prix d'éloquence, de poëlie. P/v^o/t;/' un lujet , une 
niatière, c'eil la donner a traiter. Le lujet quel'Acadc- 
mieavoitjiJrij^o/ipourleprixdel'clijquence, étoit, àx. 
Proposer quelqu'un pour modiU , c'eit le donner 
pour modèle. Proponere ad ïmïtandum. 

Proposer quelqu'un pour une place , pour un em- 
ploi , c'eft nommer quelqu'un comme c.ipable de le 
remplir. 
Proposer , (e dit encore pour , faire connoître au Con- 
fiftoire des Cardinaux à Rome, l'état de quelque Evê- 
ché ou Archevêché, pour voir les qualités de celui qui 
a été nommé par un Prince Souverain , & pour qui le 
Cardinal propofant demande des Bulles. Exponere. 

Se proposer de faire quelque ckofe , prendre la ré- 
foluti.jnde la t^iire. Decernere, conjluuere. Il fe pro 
vofc de partit dans peu. Un pénitent le propofe de re 
noncer à Tes habitudes. Se propojer une fin , c'cit y 
tendre. Foyci Fin. 

On dit proverbialement que \'\\ovnmc propofe , & 
que Dieu difpole ; pour dire , que nos projets ne réuf 
fîflent qu'autant qu'il plait à Dieu , ou que nos entre- 
prifes Tournent au contraire de nos elpérances. 
Proposer, eft au^îî un verbe neutre qui eft en ufage 
parmi les Prorcftans , & qui (e dit des Etudians en 
Théologie. C eft traiter un texte de l'Ecriture-faintea 
la manicre desMinirtrcs, lexpoler. Textum Scripju 
Tit proponere , exponere, hdretixorum more. Ainii ce 
qui s'appelle prêcher dans un Miniftre, s'appelle pro 
jyoferda.\is un Etudiant enThéologie. Cejeune homme 
a fort bien propofé. 
PROPOSÉ , Et. part. 

ip- PRC'POSITI 'N. f. f. En termes de Logique Se de 
Grammaire, c'eft un diicours qui affirme , ou qui nie 
quelque choie d une autre. C'eft l'énonciation , l'ex- 
prcllîon totale d'un jugement. L'efprit apperçoitleiap- 
pottde convenance qu'il y a entre ces deux idées Dieu 
ik/uj?e , il les joint enlemble en affirmant l'une de l'au- 
l'autre : voilà le jugement. Cette opération de l'efprit 
qui unit ainli deux idées, manifeftée, rendue Icnliblc 
par la parole , en dilant Dieu ejl juflc , eft ce qu'on 
appelle propofîcion. Ainli la propojlcion ejl affirma- 
tive ou négative de même que le jugement, foje^ 
JuGEMf.î?T. Le Syllogilme eft compolé de trois pro 
pqfitions , majeure , mineure & conclufion. L'Enthy- 
même n'a que deux propositions. Une propoficior 
doit, avoir deux termes. L'un de qui l'on affirme, ou 
de qui l'on nie , lequel s'appelleyi/irr .• l'autre qu'on 
affirme, ou que l'on nie, lequel s'appelle attribut , on 
prédicat- Enfuite il faut que l'elprit les lie , ou les le 
pare: comme. Dieu efî jujle. Dieu qui eft le lujet, ell 
lié :i\'cc juflc j, qui eft fon attribut, parle verbe lubl- 
tantit eji. Or comme les termes lont ou linguliers , ou 
communs & univerfels , lî le fujet d'une proportion 
eft un terme commun, pris dans toute Ion étendue , 
la propofi'ion s'appelle univcrfelle : tout Athée cfi 
vicieux. Si le terme commun n'eft pris que félon une 
partie indéterminée de fon étendue , parce qir'il eft rel- 
ferré par le mot indéterminé , quelque, h. propofîtion 
s'a.'p^eWs. particulière. Si le fujet d'une proportion eft 
fingulière , elle s'appelle T'"'',^^"'''!?''^- Pierre eft lavant. 
Les proportions qui n'ont qu'un feul fujet , ou un leul 
attribut , s'appellenty?m;'/e5 ; & celles qui ont plus 
d'un fujet, ou plus d'un attribut, s'appellent compo- 
jées. LoG. 
^PF On dit en ce fens , c'eft à-dire , en confidérant la 
propofîtion comme l'exprelh on d'un jugement, avan- 
cer, hafarder, foutcnir, condamner, cenfurer unc/^ro- 
pofition. Cette propofîtion eft vraie , claire, fauife , 
établie fur de faux principes. Propofîtion de foi , héré- 
tique , fcandaleufe , impie , &c. Les cinq fameufes/^ro- 
pofitions de .lanfenius. 
^STPropositio'-i, en termes de Mathématiques, de Géo- 
métrie. C'eft un difcours par lequel on énonce une vérité 
il démontier , ou une queftion à réloudre. Ainb l'on 



PRO 



dit démontrer, réfoudre une propofîtion. Si h propo' 

fîtion énonce une vérité à démontrer , elle s'appelle 
théorème. Si c'eft une queftion à rcloudte , prohième. 
Foye^ ces deux mots. La propofîtion eft donc pro- 
prcmenr l'énoncé d'un théorème ou d un problème. 
^CTl-ROPosiTioN, en termes d éloquence. C'tft une expo- 
litionlimple, courte & naturelle du fujet que l'on va 
traiter. La propofîtion ien dans le plaidoyer a annon- 
cer le point qui efta juger, ou ce qui détermine l'ctat 
de la queftion. Il y ades^ro^oj?no«5 fimples qui n'ont 
qu'un objet, & des compolées qui ont plulieurs par- 
ties. 

(fT Proposition, en termes de Poëfie. C'eft proprement 
le début, ou la première partie du pocme, dans la- 
quelle le poète expole en général ce qu'il doit dire 
dans le cours de Ion ouvrage. La propofîtion , dit le 
P. le Boffu, doit contenir la matièie du pucme , c'eft- 
à-dire, l'aclion, tàc les perlonnes qui doivent l'exécu- 
ter , c'cft-à-dire, les principaux perionr.ages. /- o_v^^ 
les débuts de l'Iliade, de K^dilfée, de l'Enéide , é'c. 

Proposition, le dit aufti de toutes lortes d'ofttes qu'on 
fait dans les affaires , & les négociations , pour les en- 
treprendre , ou pour les terminer. Conditio. On a fait 
à ce Prince des propofîtion^ de paix , d'accommode- 
ment, de mariage. Ce plaideur obftmc rejette tv utesles 
propofîtions qui ont été écoutées & approuvées par 
Ion Confcil. 

Proposition, eft aulîl un terme fort ufité parmi les Pré- 
tendus Rélormés. C'eft, à l'égard d'un étudiant en 
Théologie , une prédication , l'expofition d'un texte de 
l'Ecriture -Sainte. M. tel a rendu aujourd'hui la propo- 
fîtion. Il y avoir beaucoup d'ordre & de folidité dans 
la propofîtion. 

Proposition d'erreur, fe dit au Palais d'un remède ex- 
traordinaire de Droit, pour revenir contre un arrêt oi 
il y a une erreur en fait, ou une injufticc manifeftc. 
Relatio cauf& perperàm ex errore judicatdc. Il eft dif-! 
férenr de la requête civile , en ce que la requête civile. 
n'accule que le fait, ou le dol Si la lurprile de la p.ir- 
tie ; ëc dans la propofîtion d'erreur j il y a du fait des 
Juges qui le font trompés dans le fait, & non dans le 
droit. Les propofîtions d'erreur ont été .abrogées pat 
le dernier article de l'Ordonnance de 1667. 

En Théologie, on A^'peWe pains de propofîtion , les 
douze pains que les Juifs offroicnt à Dieu, & qui 
étoient rangés fix à lîx lut la table du Tabernacle. Pa~ 
nés propcfîtionis. 

Quelques uns croient que ces pains étoient rangés 
non en deux piles, mais en trois de quatre chacune. 

■ On les fervoittous chauds en préience du Seigneurie 
jour du Sabbat, Se on ôtoit en même temps ceux qui 
avoient été expolés pendant la femaine. On brûloit l'en- 
cens tous les lamedis lur la table d'or quand on y met- 
toit les pains de propofîtion. Il n'y avoit que les Prê- 
tres qui pulfent en manger. F'oyc'^i.'E. Dict. de la Bi- 
ble du P. Calmet. 

Mellieurs du Port Royal, dans leur tradudion du 
nouveau Teftament, onx. dî\i pains expofés , au lieu de 
pains de propofîtion. Quelque lefpeét que j'aye poui 
ces Meilleurs, dit le P. Bouhouis, je ne puis les ap- 
prouver en cela. En etTet il ne faut point , comme il 
ledit ailleurs, changer les termes de la Religion; & 
dans 'les tradudions des li\'res lacrés, il faut confer- 
ver, autant qu'on le peut, les anciennes cxprelîions. 

PROPOUS. f. m. Vieux mot. Propos. Borel. Sermo. 

gCT PROPRE, adj. de t. g. Souvent employé fubftanti- 
vement. Ce mot défigne une chofe qui appartient à 
quelqu'un à l'exclufion d'un autre. Proprius peculia- 
ris. En confidérant l'artribut clfentiel qui conftitue 
une elpèce, &la diftingue des autres, fi nous apper- 
cevons quelqu'autre attribut qui loit lié à celui-là ,qui 
en foit une fuite néceffairc , nous lui donnons le nom 
àe propriété , &c nous l'attribuons à toute l'elpèce par 
le terme adjecftif , propre. 

Les Philofophes diftinguent quatre fortes de pro- 
pres : le premier qui convient à une feule elpèce , 
mais non pas à tous le« individus, comme d'être Géo- 
mètre, Médecin , Philofophc ; c'eft le propre de l'hïJiTi- 
me, mais non pas de tous : le fécond , qui convient 



PRO 

àtoutc refpcce", mais qui convient .iiitTî à quclqu'au- 
tre , comme d'avoii- deux pieds , çiï propre à l'iiomme ; 
mais il dlpropre aullî iiloifeau : le tmilièmc, qui con- 
vient à une feule clpccc, mais non pas en tout temps , 
comme d'avoit des clievcux blancs , eft propre Icu- 
lement à l'homme ; mais au vieillard : le dciiaiei- , 
qui convient feulement à uiieefpcce,à tous les indi- 
vidus , Se en tout temps. Om/ii j'oH, i:'femper, com- 
me on dit dans les écoles, comme la faculté de rite 
cii propre ï l'homme, celle de hennir aux chevaux , 
&c , ik c'ert: celui la que Porphyre appelle vrai propre. 
Propre, ledit en Morale de ce qui le trouve ordinaire- 
ment dans les chofes,&de leurs yercusparticuhèrcs.Pro- 
prius. Dans cette acception il (econllruitavec de.C'eù. 
[c propre de Dieu, d'être bon & miléricordieux, de 
pardonner. C'eft le propre des efprits foibles , d'être 
lâches ik vindicatifs. C'efl: le propre des gueux enri- 
chis d'avoir de l'orgueil. C'elt le propre des jeunes 
gens d'être étourdis , emportés 3c débauchés. La ma- 
gnanimité efl: \j.vcmi propre des Héros. Ablanc. 
ÇC? On appelle amour /î/OjP/t'j l'amour qu'on a pour foi- 
même. /;« amor , phïlautïa. Il le prend ordinairement 
en mauvaife part, f'^oyc-^ au mot Amour, amour pro- 
pre. Nous ne faifons prefque rien que nous n'yloyons 
portés par \x\xiow:propre : c"eft-à dire, par l'amour que 
nous nous portons à nous-mêmes. L'amour de Dieu 
doit être pur , &■ dégagé de tout motif de propre in- 
térêt. l'ÉN. 
Propre , îfF fe dit aullî dece qui peut fetvir à certaines 
chofes. Alors il exprime dans l'homme les qualités , 
les talens nécellaires pour réuiîu" dans les choies dor.t 
on parle. Dans cette acception il le conftruit avec à 
ou pour. Propre à ou pourXz guerre: & quand il fuit 
un verbe a£tif employé dans une lignification pallrve , 
on met toujours à. Dubois propre à brûler. Aptus , 
idoneus. Il y a des gens qui ne ioni propres à rien. Les 
Romains furent moins propres à la guerre , quand ils 
furent devenus plus polis & plus favans. Val. Le bois 
de chêne eft propre à bâtir. Le moilon eft propre à 
faire des londemens. Cette pLante q& propre pour telle 
chofe , à telle chofe. 
^Cr Propre , fe dit auOl dans le fens de convenable. Ap- 
tus , conveniens. Manteau propre pour toutes les (ai- 
fons. Aptum pallïum ad omne annï tcmpus. Cela eft 
propre a tijutes lottes de gens. Cet habit n'eft propre 
que pour les jours decéiémonie. Chaque animal fait 
choiiir 1 aliment qui lui el\ propre. 
^CF Propre, en termes de Grammaire, fe dit desnoms 
&des mots. Le nom propre eft celui qui déligne une 
ch^fe particulière, pour la diftinguerdes autres. Il eft 
diftinguédunomappellatif. Chez IcsChrétiens lenom 
propre eft celui qui eft impofé au baptême. 
Propre, à l'égard des mots (e dit de leur lignification 
particulière, & qui leur eft directement afteélés, & 
cela par oppofition aux exprellîcns figurées & méta- 
phoriques. Verhorum Jîgiiijicado -, fenfus proprius. 
§3" Un mot eft pris dans le iens propre j lorfqu'il elt 
employé pour exciter dans l'elprit l'idée totale que l'u- 
lage primitif lui a fait fignifier : au lieu qu'il eft pris 
dans un i^nsfiguré , lorfqu'il prélente une autre idée 
votale à laquelle il n a rapport que par l'analogie de 
celle qui eft l'objet du fens propre. Le mot At feu eft 
pris dans le fens propre quand il eft employé pour fi- 
gnifier un des quatre clémens qui eft chaud &c fec. Il 
eft pris dans le^ (ms figuré quand on dit le feu de la 
colère , des pallions, de la fièvre, &c. 
fer Dans ce fens il eft aufti fubftantif. On prend un mot 
au propre ou ^nfiçuré. Le mélangé da propre 8c du fi- 
guré fait un agrément. Bouh. Le figuré adoucit ce que 
le propre a de rude. Id. 
Propre , fCF eft quelquefois employé dans la lignifica- 
tion de même. Voilà les propres paroles, les propres 
termes dont il s'eft fcrvi. Voilà la claufe en propres 
terfties. 
ifT Quelquefois aufll le moi propre eft employé par une 
efpèce de redondance, ou par énergie, pour marquer 
plus précifément quelque chofe. Foye^ Pléonasme. 
J. C. eft venu nous racheter en ;'ro/>re petfonne. Dieu 
avoit gravé les tables de la Loi de fa propre main. 
Tome FIL 



PRO 



19 



Nous avons vu fon Verbe de nos propres yeux. Cette 
lettre a été donnée en main propre. Le l'apc confère 
quekjuefois des Bénéfiees de (on propre mouvement, 
lia levé la main (ur ion propre pcre. 
Propre , le dit aulli de ce qui appartient fpécialcment 
à quelqu'un , de ce dont il peur difpofer. Proprium 
peculiare. Un Moine Profès n'a rien de propre , qui 
foit à lui cn/TO/jrt'. Il faut laire l'aumône de ion bien 
propre, & non pas de celui d'autrui. On peutufcr de 
fes amis comme du lien propre. 

On dit , le rendre propre > pour s'approprier. Sil>i 
ûfurpare yVel vindicare. Les traductions qu'un a faites 
en notre langue , nous rendent propres toutes les ri- 
chelles des Grecs & des Latins. Bouh. Les Pvois , 
fans avoir le détail de toutes les qualités des particu- 
liers, (e rendent ^ro/'re à eux tout ce que les particu- 
liers ont de bon. M. Scud. 
0Cr Propre , le dit aullî dans une fignification bien dif- 
férente , par oppofition afa/e , & comme lynonyme de 
net. Mundus. Cette t'emme cCi propre- Cet homme 
eft très ^/o/irt?. Et dans cette acception, il fignifie aullî la 
même choie qu'arrangé, .ajufté. Mundus , comptus , 
compofuus. Ces meubles , ces habits , ces équipages 
font nès-propres. Cet homme eft toujours propre ÔC 
bien mis. Il eft propre dans fes habits, dans fes meu- 
bles. Propre )uU]a' a. l'excès. Mundulus. 
Propre, f, m. Oftice propre pour quelque Eglife , ou 
quelque Communauté. Livre qui contient cet Office. 
Proprium alkujus EecUfit , aut Communuatis Offi- 
cium. Un Propre imprimé à Compiégne en 1680 
nomme barbarement faint Vaft , en françois S. Védaft. 
Le Propre de l'Eglife de Paris. Le Propre des Capu- 
cins , des Jéluites , &c. 
gcr On appelle Propre du temps, ce qui ne fe dît 
qu'en cettains temps de l'année. Propre des Saints , &c. 
ce qui ne fe dit qu'en certaines fctcs : &c propre de 
certaines Eglifcs , ce qui ne le dit que dans ces Eglilcs. 
Propre, f. m. En termes de Jurilprudence Françoile , 
eft oppofé à acquêt ou concjuct. Proprium , patrïmo' 
nlale. C'eft un héritage qui eft venu par luccellioii 
diredle, ou collatérale, & qu'on n'a point acquis par 
fon induftrie. Un Teftateur ne peut dilpoler que de 
fes meubles & acquêts , & du quint de fes propres. 
Les parens paternels héritent des propres paternels , 
tk les maternels des propres maternels. Ainli les pro- 
pres retournent toujours à la ligne d'où ils procèdent. 
On ne fait pas trop l'origine de cette loi qui a mis de 
la différence entre les propres Se les acquêts. Ni les 
Grecs ni les Romains n'ont fait cette diftinétion. Du 
moins elle eft fondée fur ce principe d'équité, que 
les hommes ont bien voulu conferver & aftcéler à 
leur famille les biens qu ils avoient reçus de leurs 
pères, & les tranfmcttie à ceux qui lont ilfus d'une 
même fouche. Plufieurs Coutumes appellent propres 
anciens ceux qui font provenus d'eftoc. Se qui ont 
fait louche par divers degrés de iucee([\on-i Se propres 
naiffansj ceux qui commencent à fiire louche. Se 
qui prennent nature de propres en la perlonne de ce- 
lui qui le premier les poflede à droit héréditaire. La 
Coutume de Normandie appelle indiftinétemcnt ^/o- 
pres les biens Se conquêts que l'on poflede à droit luc- 
celfif. Mais dans les Coutumes où cette diftinttion a 
lieu , on appelle un propre ancien , celui qui a fait 
louche dans la famille, qui vient de l'ayeul, bilayeul 
ou trilayeul ; & propre naijjant , celui qui n'a point 
fait louche. Un acquêt du père eft un propre naiffanc 
dans la perfonne de fon fils. Il y a aulFi des propres 
qui le font par ftipulatipn. On en fait entrer unepar- 
tie en communauté , Se le tefte tient lieu de propre à 
la femme & aux fiens. Ces propres fidifs font, des 
lommes de deniers ftipulés propres ; ce qui fe fait dans 
beaucoup de contrats de mariage. On ftipule aullî le 
remplacement des propres. 
PROPRÉFET, f. m. Ce mot fe dit dans l'Hiftoire de 
l'Empire Romain , pour Lieutenant du Préfet. Ofticiei' 
que le Préfet du Prétoire, ou le Préfet de Rome com- 
mettoit pour faire quelque fonéfion de fa Charge à 
la place. Proprufcclus. Voyez Henri de Valois , dans 
1 fes Notes fur Aramicn Marcellin. Dans G ruter,^. 57a 

Cij 



20 PRO 

la troifième infcription fait mention fous Gratien, des 
Fropréfets du Prétoire dans la ville de Rome, & dans 
les provinces voilmes. 

PROPREMENT, adv. employé dans plufieuis ac- 



ceptions tout-à-fait ditférentes. Il lignifie quelquefois 
lamêmechofeque/'r^i/tOTdwr.Cemor h^mfiepwpie- 
menc telle chofe, c'eft-àdirc, dans l'exadte vérité. 

fer En Grammaire, il lîgnitîe dans le fens propre, c'eft- 
à-dire,qui convient, qui appartient particulièrement 
au mot. Tel mot proprement pris fignifie telle choie. 
C'cll l'oppolé de figurémcnt. 

Quand un même terme s'étend à plulîeurs chofes, 
& convient particulièrement à une feule, on fe fcit 
du mot proprement, pour délîgner cette lignification 
particulière. Ainfi l'on dit , la Grèce proprement dite , 
pour délîgner l'Acha'ie, le Féloponèle, &c. à ladifté- 
rence des autres pays que l'on comprend aullî (ous le 
nom de Grèce , quand on le prend dans une lignifica- 
tion plus étendue. 

^3" Quaiîd on dit qu'un homme parle proprement ^, 
qu'il s'e:;prime /7rt)^'/<;TOd/zr j on veut dire qu'il parle 
avec juftelle, avec exaditudc & précihon , que les mots 
dont il le fert expriment bien ce qu'il veut dire. Fro- 
priè loqui. 

fe- Froprement parlant, à proprement parler. Façons 
de parler adverbiales, qui lignifient en termes précis, 
dans l'exade vérité. A proprement parler, cette vie 
n'eft qu'un exil. Vt verè iieam , quoi res ejl. A pro- 
prement parler, c'efl: une friponnerie. 

tf^ PropPvEment , avec propreté, netteté. Mundè ,mun- 
dïter. Accommoder proprement à manger. Donner 
proprement à manger. Proprement meublé , propre- 
ment mis, habillé, c'eft- à- dire, d'une manière agréable 
& convenable. 

*^ Quand on dit qu'une perfonne danfe, chante, joue 
d'un inftiumeut, travaille proprement , on veut iim- 
plement dire qu'elle fait tout cela, non pas dans la 
dernière perfeftiun, mais avec juftcllc, de bonne grâ- 
ce , d'une manière agréable & convenable. 

PROPliET, ETTE. adj. Ce mot fe dit en termes fami- 
liers de celui ou celle qui a une propreté afteétéc, étu- 
diée. Mundulus j elegantuius. Abbé propret. Elle eif 
proprette : Ôc lubltantivemcnt c'ell un propret. 

PROPRETÉ, f. f. Qiulité de ce qui ell propre, *-'- qui 
eft exempt de lalcté, d'ordure. Alunditia, mundïtles. 
Lz propreté' du corps contribue a la (antc. La. propreté 
d'un appartement. 

C eft aulli une certaine modeftie dans fon habille- 
ment , une manière convenable iSc décente dans les ha- 
bits, dans les meubles. Les lemmes ont fouvent une 
propreté affeétée Si ridicule. Vous ne vous croyez pas 
logés décemment, li vous ne joignez à la propreté, le 
luxe & la magnificence. FlÉch. Les gens de bon goût 
ont plus loin de h propreté qut de la parure. Le Ch. 
DE M. La propreté ôc la bienléance dans les habits re- 
lèvent la beauté d'une femme. 

Qui néglige la propreté 

Semble négliger fa maîtreffe. La Suze. 

Les Turcs font fobres dans leur manger , tant pour 
la quantité, que pour la qualité des viandes , & bien 
qu'ils n'ayent pas toute la propreté qm leroit à défirer, 
leur défaut ell: plus exculable que l'iiKcmpérance , & 
que l'excès déteftable de la plus grande partie des Chré- 
tiens, parce que la politelle eft plutôt de bienféance , 
que de nécellité, qui doit être la (eule railon du man- 
ger. Du Loir. /j. lûj. 
PRCPRh,TEUR. f. m. Magiftrat Romain. On appeloit 
d'ordinaire Fropréteurs , ceux qui , après avoir exercé 
rOflice de Préteur, étoient envoyés dans les provinces 
pour y commander , ou pour y rendre la Juftice. Fro- 
prtttor. On appela aullî Propréteurs , ceuxqui (ans avoir 
été Préteurs étoient envoyés extraordinairement dans 
les provinces pour les gouverner. Quelques-uns aftec- 
tent le nom de Fropréteurs à ceux qui étoient envoyés 
par les Empereurs dans les provinces qui étoient tom- 
bées dans leur partage j comme celui de Froconfuls à 
ceux du peuple. 



PR O 

PROPRIÉTAIRE, f. m. & f. Qui a le domaine d'une 
ehofe , qui a droit d'en jouir, d'en dilpoler, d'en faire 
ce que bon lui femble. Proprietarius , dominus. Un 
fermier ou locataire n'cft pas partie capable pour dé- 
fendre aux actions qu'on intente touchant le fonds 
dont il jouit , il faut les faire juger avec la propriétaire. 
On appelle propriétaire mcommutable , celui qui eft 
Seigneur d'un tonds lans crainte d'évidtion , & lans 
charge de rachat, ou faculté de réméré. La propriétaire 
eft allîgnée. Le Mait. Les Bénéficiers & les Evêques 
ne (ont ni les propriétaires ni les m.iitres , mais les 
dilpenlateurs des biens de l'Eglile. Thomass. 
03" Le propriétaire diffère de l'ulufruitier , en ce que 
ce dernier n'a que la jouillance pleine & entière de la 
choie , qui doit un jour être remile ?.u propriétaire. 
Ainli il ne peut changer l'état des lieux , ni les dété- 
riorer, ni rien faire qui puille y cauler le moindre 
dommage: au lieu que le propriétaire peut uti & ahu- 
ti re fuà quatenus juris ratio patitur, changer l'état 
des lieux, démolir, bâtir, couper du bois, &c. 
Propriétaire. Terme de Dévotion. Les Myftiques ap- 
pellent ame propriétaire , celle dont l'amour n'eft pas 
parfaitement delînterreiré , c'eft-à-dirc, qui rapportant 
les vertus à la gloire de Dieu, a aullî en vue le mérite 
^ la récompenle. Anima jervilis qu£ fpe mercedis 
agit. Au lieu qu'une ame parfaitement definferreirée 
les rapporte uniquement à la gloire de Dieu , fans au- 
cun motif de propre intérêt , & demeure là-delFus 
dans une fainte indifférence. Fenelon. Anima vero 
perfecla agit Jïmpliciter , & propter gioriam Dei. V. 
Propriété. 
ijZf~ PROPRIETE, f. f. On entend ordinairement par ce 
mot en Phihjlophie , non pas précilément l'ellence d u- 
ne choie, mais ce qui coulede l'ellence, ce qui en eft dé- 
duit, c'cft-à-dus, un attribut qui eft nécellaircment 
lié avec l'attribut cllentiel , qui en eft inicparable. Fro- 
prietas. La matière étant eilentiellement étendue, eft 
(u(ceptible de mouvement, de divifion, de figure, &c, 
La r.wbiiité , la divilibilité , la figurabilité , &c. font des 
att'rfbuts, des propriétés qui le dcduifcnt de l'étendue. 
Les propriétés font donc des qu.ilités qui appartiennent 
eflenticiiemcnt à une chofe , en tant qu'elles font des 
luites nécellaires de l'attribut qui les conftitue. L'im- 
pénécrabilité eft: une propriété de la matière. 
<^ On le dit dans un lens moins philolophique des 
qualités particulières d'une choie. Salomon connoiiroit 
toutes les propriétés des plantes depuis le cèdre jul- 
qu'à l'hy^iope. Les propriétés de \.'âïma.m, les proprié- 
tés des métaux , des minéraux. 
53* Propriété , en termes de Grammaire, fe dit de la 
fignification particulière d'un mot convenable à la cho- 
fe à laquelle on l'applique : c'eft la propre lignification. 
Il entend, il oblcrve la propriété des termes, dans 
tout ce qu'il dit, dans tout ce qu'il écrit. 
Propriété , en ternies de Droit, lignifie le domaine, la 
feigneurie de quelque chofe , dont on eft maître abfolu, 
qu'on peut vendre, engager, Ik dont on peut dilpoler 
à fon profit ; le droit de jouir de de difpoler à notre 
volonté de la choie qui nous appartient. Dominium^ 
mancipium. Les fiefs, les héritages, le polledcnt en 
pleine propriété. On n'a pas la propriété des Bénéfices, 
on n'en a que la jouilfance. On peut donner la pro- 
priété d'une terre , & s'en réferver l'ufufruit. Par la 
mort de l'ulufruitier, l'ulutiuit eft conlolide à la. pro- 
priété. Les Religieux de l'ordre de S. François , ont 
long-temps dilputé s'ils avoient la propriété du pain 
qu'ils mangcoient , eu feulement l'ulage. 
§3" La propriété diftêre de la poljejjlon , en ce que le 
poft'elTeur d'une chofe n'en eft pas toujours proprié- 
taire ; & louvçnt le propriétaire n'a pas la poll'ellion 
de la ciiole qui lui appartient. La propriété diffère 
aullî del'ufufruit. /^.Propriétaire è- Usufruitier. 
{fF La p-^opnété des biens eft un étabhiremtnt très im- 
portant, qui modifie le droit que tous les hommes 
avoient originairement fur les biens de la terre. Diftm- 
guant avec loin ce qui doit appartenir à chacun , elle 
alfure à tous une jouiirancc tranquille & pailible de ce 
qu'ils polsèdent:ce qui eft un moyen très-propre à 
entretenir la paix & la bonne harmonie entre eux. Mais 



P llO 



pulf^îiic tous les hommes avoicnt originairement le 
«ir<;jr d il fer en commun de tout ce tjue Ja ttrte pro- 
duit pour leurs bclwins; il c(t évident que lî ce pou- 
voir naturel fc trouve flituellemcnt leftrtint & Imiité 
à divers égards, ce ne peut être que par une luite de 
quelque laitlmm.iin. Ainiî l'état de /'ro/;r,:t?Ve' qui pro- 
duit ces limitations, doit être mis au rang des états 
accclloires. 
PropriÉiÉ. Terme de Dévotion. Les Myftiques diftin- 
guent deux (ottcs At yrcpnctss. La première jPro/jrztYc'' 
fil l'orv;ueiU c'cft un amour de L\ propre excellence, 
en tant que propre , ôc ians aucune lubordinarion à no- 
tre fin ellentielle qui eft la gloire de Dieu. Philautia. 
Cette propriété eft un péclic. La féconde propriété eft 
un amour de notre propre excellence , en tant qu'elle 
cil la nôtre, mais avec fubordination à notre fin tlîen- 
tielJe, qui eft la gl )ire d.eDieu. Amor proprlt excel- 
lente. C'eft vuul-.iir ptatiquer les vertus pour la gloire 
de Dieu; mais aulli pour en avoir la récompenle. 
C'eft une imperteétion, & non pas un péché. Les Myt- 
tiques l'appellent avarice Se ambition Ipirituclle. Fen. 
La propriété eft un amour interrciré , & une ("ouillurc 
de l'ame. 1d. 

tfT l'ROPlUO MOTU. Termes latins qui fignifîcnt 
de fan propre mouvement. Un s'cvi lert en paiiant des 
Bulles des Papes , & l'en en fait une elpèce de iubt- 
tantii. Le feul proprio motu dans une Bulle , choque 
les François , ik. fulîit pour la faire rejeter. 

PROPYLÉE, f. f. Propylea. Diane eut un temple à Elcu- 
Hs, fous ce nom qui veut dire, celle qui veille à la 
garde de la ville, qui fe tient devant la porte, de »f»' 
& ïii/Aii, devant la porte. 

PROQUESTEUR, f. m. Celui qui exerce la Charge du 
Quefteur à ta place. Lieutenant du Queftci'r. Proque.j- 
tor. On appcloit Proqncjicur chez les Romains , celui 
que le Gouverneur d'une Province nommoit pour 
exercer la Quefture à la place d'un Quefteur mort, 
julqu'à ce que le Sénat & le Peuple Romain y euilent 
pourvu, & en euilent envoyé un autre. 

§3" PRO RATA. f. m. Terme emprunté du larin, pour 
iignifier ceque nous entendons par proportion. Au pro~ 
ratj , à proportion. On le dit fou vent en (lylc de pra 
tique & de Commerce. Ainfî I on dit que chaque Af- 
focié partage le profit ou lupporte les pertes au pro- 
rata de fon intérêt; c'eft à dire, qu'il profite ou qu'il 
perd à proportion' du fonds qu'il a mis dans l'entie- 
prife. Les héritiers contribuent aux charges zupro-ruta 
de leurs parts 6i portions. Pro rata parte. 

PROROGATION, f f Aétion par laquelle on diffère 
quelque chofe. Continuation de délai. Prcrogaf.o , 
dilatio. Prorogation de délai. 

Prorogation. En parlant des. affaires d'Angleterre, on 
appelle /Ttira^izfio/: du Parlement, l'ordre que le Roi 
donne d interrompre les fiances du Parlement, pour 
ne recommencer qu'à un certain jour. AcAr. Fr. 

Prorogation de grâce , eft quand l'Acheteur qi;i a 
acheté (ous faculté de réméré julqu'à un certain tems, 
après ce tems fini , proroge ce délai , Se accorde la fa- 
culté de rachat au Vendeur jufqu'à un autre temps. 

Prorogation de compromis , eft l'exteniion du temps 
donné par compromis aux Arbritres , pour décider le 
d;fFérent, dont ils (ont nommés Arbitres. 

Prorogation de ]uridi3ion , eft l'attribution ou la re- 
connoiltance volontaire, que fait un particulier de la 
Juridiélion d'un Juge, qui n'a pas droit de cjnno.tre 
du différent des Parties, foit par rapport au domicile 
du Défendeur, foit par rapport à la matière dont eft 
quefti on. 

^CT Suivant le Droit Romain, les particuliers peuvent, 
non donner le droit de Juridiction à celui qui n'en a 
point , mnis proroger la Juridiûion d'un Juge qui 
n'cft pas le leur, ou qui n'cft pas compétent. En France 
oià les Juridictions font patrimoniales , nous ne pou- 
vons pas valablement nous foumettre à la Juridiélion 
d'un Juge qui n'eft pas celui qui doit connokre du dif- 
férent des parties. 

PROROGER. V. a. Terme de Palais. Donner un délai, 
accorder un terme plus long que celui qui éroit con- 
venu, ou qui étoit porté par un adle. PTOTogarc,dïf' 



PRO 2T 

ferre. Les r.-itties ont prorogé d'un mois , !e pruvoir- 
qu il, avoieut donné aux AThitie'. C n du aulh en An 
gktcire, que le Roi a prtro;;é Ln 1 arlement , peur 
due qu'il en a remis les iéances a une autre lailon. 

{O- Quel' ;ues Phyfiticns s'en fcnt fcrvis avec le j, roncm 
pcrfunncl dans le même ftns eue fe ccrrmuiuct.er ,fe 

■ propager. L'air tft le véhicule du fon, & le fon ne 
peut le proroger que par la compitHion du corps qui 
c aanfmet. JvIaixan. Le fon ii: ^roro^e au moyen de 
l.air qui le tranlmet. Nollet. 

PROR( GÊ , LE. p.art. 

PROSAÏQUE, adj. m. & f. Qui fent la profe. Profaùus, 
vel projam rcdolens. C'eft une épitl.ète qu'on' donne 
aux mcchans vers. Ces vers lont trop rro/j/<7;/rf , ne 
font pas allez pompeux & élevés; le fîyle en i,{i pro- 
faique, on dirok que c'eft de la piofc. . 

(fT PROSAÏSER. v. n. Ecrire en ptofe. Terme du ftyle 
badin, marotique. 

Maître Fine en t^ * ce grand f ai fcur de lettres 
Si bien que vous n'eut feu profa'lcr. 
Maître Clément, ■"* ce 'grand fcifeur de mètres 
Si tien que vous n'eut feu poctiftr. 



*■ Voiture. 



*■>' Maroc. 



ce? PROSATEUR, f. m. Qui écrit en prcfe. Qui fo- 
lutâ oraûone fcrihit. Ce mot eft nouveau*. Ménage a 
t.khé le premier de l'introduire , pour l'oppofer plus 
exactement a Poëte que celui d Orateur ; car il y a plu- 
fieurs bons Ecrivains en profe, qu'on ne peut pas 
mettre au rang des Orateurs. XLiis il a vieilli fans faire 
aucun progrès à la Cour. Le Public l'a rebut.;; <^' le 
delléin de M. Ménage qui en vouloit enrichir notre 
langue, n'a point été heureux. BouH. Cependant Da- 
net ne fait aucune difliculté de l'admettre dans le Dic- 
tionnaire qu'il a hiit pour l'ufage de Monfeigneur le 
Dauphin. Nos meilleurs Ecrivains l'empKyient. Je n'eu 
citerai qu'un exemple , qui fcul en vaut plulieurs. Il 
eft de M. le PréJidcnt iicuhier,/'. i j de la préface de 
fa belle rraduction en vers François, du Pocme de Pé- 
trone , fur la guerre civile entre Célar & Pompée, in- 
4°. Amft. 1757. Quoique feu M. de laMotte ttit, dit- 
il , grand Pocre , on fait qu'il étoit encore plus grand 
Profateur. 

J'ai bien encor quelques Ions Orateurs ; 
Chaffeurs rufés , & fur tout en grand nombre ^ 
Joueurs fubrils , & Cûutekurs à l'ombre -, 
Mais tout au plus ne font que Profateurs. 

M. Le Duc, 

V^ PROSCENIUM, f. m. Terme d'Antiquité. Ce 
mot lignifie proprement le devant de la fcène, l'avant- 
fcènc. C'étcit un efpace libre entre la fcène propremenc 
dire & r'^,'rcheftre. Cet eipace par le moyen des déco- 
rations placées au de-là iur la fcène même rcpréfentoit 
une place publique, ou un endroit ch.ampêtre, mais 
toujours un lieu à découvert. 

Chez les dccs , le Profcer^ium étoit plus élevé que 
chez les Romains. Le denièie du Théâtre s'appéloic 
p&rafcenium. 11 avoir deux parties; le profcenium pro- 
prement dit, où les Aéleurs jouoicnt, ik. le Logeum^ 
où étoit placé le Chœur, & ceux qui, n'.iyant pas de 
rôle dans la pièce, ne lailfoient pas de fervir à la re- 
pi'éfentation. C'étoit là qu'étoient les Pantomimes. 

PROSCRIPTEUR. f. m. Magiftrat de Rome. Profcrip- 
tor. L'Agent du Peuple Romain, le Notaire de la 
Chambre du Capirole , le Contrôleur , le Profcripteur , 
le Filcal, le Sous-Secrétaire du Peuple, & le Secrétaire 
du Sénat Romain. Ga-;^. 1711. />. Ô2}. 

ifr PROSCRIPTION, f. f.Termed'Hiftoirc Romaine. 
Profcriptio. Ce mot lignifie littéralement appofition. 
d'aiïiches, de placards, banniftement, confif cation de 
corps é\' de biens , mife de tête à prix. Particulièrement 
c'eft une publication faite par le Gouverncmenr ou 
par un Chef de parti , par laquelle on décerne une peine 
contre ceux quiy font défignés. Quelquefois oninterdi- 
foit feulement Je feu & l'eau au profcrit jufqu'à une cer- 



2Z PRO 

t.iine diftance de Rome, avec dcfenfe de lui donner 
reaaite dans cette diftance maïquée. C'étoit quelque- 
fois une condamnation à moit,lans aucune forme ju- 
diciaire , qui pouvoir être mile a exécution par quel- 
que particulier que ce fût auquel on donnoit une ré- 
compentc. Dans les deux cas , on aitichoit le Décret 
écrit iur des tables, pour être lu dans les places publi- 
ques; & dans IsL profcription des têtes, on trouvoit au 
bas L nom de ceux qui croient condamné.*; "à mort , 
ôc le prix décerné pour la tête de chaque profcrit. Les 
frofcrlptions du temps de Sylla & de Marius, ainfi 
que les profcriptions du temps du Triumvirat , font 
connues de tout le monde 

ffr PROSCRIRE. V. a. Chez les Romains, c'étoit con- 
damner' quelqu'un à quelque pt^ine emportant mort 
■naturelle ou civile ; & qu.îlquei-ois condamner à mort 
par autoriré ullirpée, & fans forme judiciaire, en pu- 
bliant limplement par un affiche le nom de ceux dorit 
la tête étoit mile cà prix. Projlribere. Sylla & Marius 
projcrivirau plus de trois inille ciroyens Romains. 
Les Triumvirs Lépide, 06tave Se Antoine profcrivi- 
rent tous leurs ennemis. 

§CT Les profcriptions n'ont pas été connues en France. 
Dans quelques Etats on profciit en mettant a prix la 
rete d'un criminel; mais alors ce mot n'exclut point 
la forme judiciaire. N'écrivez jamais contre ceux qui 
peuvent yirofcrire. Ablanc. 

Proscrire, s'eft <1it .lulîi figurément de quelques mots 
ou phrales de la langue , &. lignifie , challer , bannir. 
Rcjiarc, reprohare j expnngere. Les délicats o\\x.prof- 
crir une infinité de bons mors François. Vous .avez 
profcnc les meilleurs endroits de mon ouvrage. Eell. 

Proscrire, fignirie aufll , éloigner, chalfer. Cet hom- 
me eft d.ingereux; il faut le profcrire de nos a.Tem- 
blées. 

%Cr PROSCRIT , ITE. part. Du temps de Sylla &c des 
Triumvirs , il y eue bien des citoyens profcnts , des 
têtes profcr'ucs. 

MfT II eft aulîî (ubftantif , & chez les Romains on enten- 
doit ccmmuncmenr par là ceux qui étoient condam.- 
nés à quelque peine emportant mort naturelle ou ci- 
vile, quelqueiois ceux qui étoient condamnés à mort 
fans aucune forme judiciaire, ik dont la tête étoit mife 
à prix. Les profcrus ne fe fauvoient que par un exil 
volontaire. 

PRt)scRiT, fe dit au figuré de ceux qui n'ofent retour- 
ner en leur pays, à caule de quelque mauvaife aftai- 
re : ce (ont de malheureux profcrus. Acad. Fr. 

PROSE, ou PRORSE. f. f Déelfé favorable aux accou- 
chcmens des femmes. Profa , Prorfa. 

PROSE, f. f. Eft le langage ordinaire des hommes, qui 
n'eft point gêné par les mefures & les rimes que de- 
mande la Poëlic, qui eft le mot oppofé. Profa ^^folu- 
ta oraiio. Cet homme écrit bien en profe & en vers. 
Voilà des vers li plats, que ce n'eft que de la profe. 
Quoique la profe ait des liaifons qui la fouticnnent , 
& une fttrudure qui la rend nombreufe, elle doit 
paroitre fort libre , & n'avoir rien qui fente la gêne. 
P. BouHOURS. On a comparé les Ecrivains en pro- 
fe , aux gens de pied, qui marchent plus tranquille- 
ment, & avec moins de bruit. S. EvR. Les chofes pa- 
roilfent plus vives' en poëiie qu'en profe. Mont. Il 
y a des femmes qui fe gendarmeroient fi on leur ccri- 
voit tout uniment en profe , qu'on les aime , Se qui 
le fouff^tiroient plus volontiers en vers, la pcofe eft 
trop férieule. S. Evr. 

Souvent j'habille en vers une maligne profe. Boit. 

Ce mot vient de /^ro/Z? latin, que quelques-uns pré- 
tendent dérivé de l'fiébreu;ian;yi;Ajqui fignihe expen- 
dit : eft enim foluta & expenfa oratio. 

Prose, en termes d'Eglife,eft un chant rimé qu'on dit 
avant l'Evangile aux fêtes folennelles feulement. Pro- 
fa , cantus. La Profe de Pâques, de la Pentecôte, du 
S. Sacremenr. 

ifT Dans ces efpèces d'Hymnes on obferve feulement le 
nombre des (vllabes, fans avoir égard à la quantité. 

PROSÉCHO, PROSÉSIO. Nom d'un ancien Bourg de 



PRO 

la Carniole. Pucinum. Il eft fur le golfe de Triefte ; 
à deux lieues de la ville de ce nom , vers le couchant. 
Il na;t dans le terroir de Profecho des vins fort eftimés. 
Maty. 

le? PROSELYTE, f. m. Mot purement grec, qui figni- 
fie étranger. Profelytus. Mais dans l'écriture & chez 
les Écrivains Eccléliaftiques , il lignifie un homme qui 
a quitté le Paganifme pour embrafter le Judaïlme. 
Dans les aétesil eft fait mention des Juifs & des Pro- 
felytes. Malheur à vous Docteurs de la Loi, & Pha- 
riliêns hypocrites, qui courez la mer & la terre pour 
faire un Profélyte. Port-R. Parce que vous faites le 
tour de la mer Se de la terre , pour faire un Profélyte , 
& qu'après l'avoir fait , vous le rendez digne de l'en- 
fer deux fois plus que vous. Bouh. Les uns étoient 
Juifs de nailfance, & les autres Profélytes. Fleury. 

|fCr On le dit de même d'un nouveau converti à la foi 
Catholique , «Se ce terme étoit en ufage dès la primi- 
tive Eglile, 

|C? On le dit par extenfion de ceux qu'on détache d'un 
parti pour les faire entrer dans un autre , des partifans 
qu'on gagne à une fede , a une opinion. 

Prosélyte, eft auffiun Ltranger admis &: reçu aux Lois 
d'un Pays. Courtin. 

Ce mot eft purement Grec wfomAvloî , & lignifie 
en Latin advena ; Ôc en François, étranger , ou qui 
vient d'un autre pays. 

§:? PROSÉLYTISME, f m. Paffion, zèle de faire des 
Profélytes. C'eft cet efprir de Profélytifne que les 
Juifs onr pris des Egyptiens, & qui d'eux eft palfé 
connne une maladie épidémique aux Mahométans , 
àc. Lett. Pers. 

PROSER. Ecrire en profe. Solutà oratione fcrihere. Si 
nous avions profer ^ tout iroit mieux pour Profiteur^ 
ôc en vérité M. Ménage ne devoit pas faire les chofes 
à demi : il devoit faire hardiment le verbe profer , 
avanr le fuftantif P/-o/îue//r. L'un auroit frayé le che- 
min à l'autre ; & quand on auroit été accoutumé à 
dire, les Auteurs qui profent, il profe bien, on auroic 
dit fans peine les Profiteurs , c'eft un bon Profiteur. 
Mais profer , n'étant ni fait ni établi, je ne m'étonne 
pas que Profateur ait échoué. Remarq. nouv.fur la 
Langue Fr. pag. ^^ i ,& 4.J 2 de l'édition in-i 2. 

Quand le P. Bouhours fit cette remarque, il ne fa- 
voit pas que le Pccte Régnier s'étoit fervi du verbe 
profer dans la ix Satire ,v. dû. 

C'efl profer de la rime , & rimer de la profe. 

Mais on a l.ailTé ce mot , qu'on pourrcit bien rappe- 
ler dans la fuite : & Profateur , après avoir elluyé 
bien des railleries , s'cft mis inleniiblem.enr en vogue. 
PRO S ERP IN E. f. f. Nom propre d'une DéelTe des 
Anciens. Proferpina. Pcrfephone. Elle étoit fille de 
Jupiter & de Cérès , & femme de Pluton. Elle fut 
enlevée en Sicile, & pendant qu'elle le divertilfoit un 
jour à cueillir àzs fteurs dans les campagnes d'Enna ,. 
Pluton l'enleva &répouf a. Par-là elle devint la DeelFe 
des Enfers, la Junon des Enfers. Cérès courut tout le 
monde pour chercher la fille , & enfin ayant appris de 
la Nymphe Cyane, ce qu'elle étoit devenue , elle ob- 
tint de Jupiter de la tirer de l'Enfer, pourvu qu'elle 
n'y eiît encore rien mangé. Mais elle avoir pris quel- 
ques grains de grenade ; ainli il ne lui fut pas pollible 
de la retirer. On dit cependant que Cérès obtint qu'elle 
pafteroit lix mois de l'année dans le Ciel , &: lix mois 
dans l'Enfer avec Ion mari. Les Poètes dilent que Pro- 
fcrpine coupe un cheveu à ceux qui doivent mourir. 
Voye\ Euripide dans Alcefte, ic Virgile , Enéide , 
Liv. IV ,v. 6qS. Voyez S. Augustin, de Civit. Dci. 
L. Vil , c. XX vin. Eusèbe, Pmp. Evang. L. IIL 
Natalis Comes, L. III ^ c. xvi. Dempfter, Paralip. 
L. III y C. XI Volîius, De Idolat. L. II j c. xxviii , 

& LX. 

Ce mot, félon Cicéron, x'ient de fèrpo , prof rpo ^ 
fcrpenter, remper à terre, & il lui fut donné, parce 
que les blés dont Cérès fa mère étoit la Déelfe, ram- 
pent Se fortent de terre. Les Grecs l'appellent Perfé- 
phqnc i que i'Etymologifte tire dc?.fM, fapporti ^ 



PRO 

^r i'if,,,!^ Su Ficn, des rlchcjfas. D'autfcs \t tirent 
de l'hébreu i-^Si,PeriJ'ruU:,3c J1£J7, Tjaphoun, cou- 
vert. . 

Les Siciliens cclébroient tous les ans rcnlâvemcnt 
de Profcrpine , par une fctc qu'ils mettoicnt veis le 
Temps de la ix-coite, &c h recherche que hc Cût-s de 
ia Hlie dans, le temps des lemailles. Celle-ci duioic dix- 
jours entiers. Dans les lacriliccs qu'on ottroit à ccric 
DéelTè, on lui inimoloit toujours des vaches noires. 
Le pavot étoit Ion lymbole ordinaire. Les G.iuloisrc- 
gardoicnt Profcrpine comme leur mère, & lui avoient 
b.îti des Temples. Ci.iudien , l'occe Latin, qui vivoir 
fous l'Empire de Théodole, a donné un Poëmc (ur 
l'enlèvement de Projerpine. Nous avons en François 
deux Tr.agi-comédies fous ce titre , ik un Opéra donné 
en 1680. 

PaosERriNE. Terme de Fleurifte. Tuhpe qui efl: ronge , 
chamois &: jaune doré. Morin. 

PROSHUQUE,ouPROSEUCHE.r. f.Lieuoù les Juifs 
fiifoicnt leurs prières, & qui diftcroit des Synagogues, 
en ce que celles-ci étoient dans les villes, &:étoientdcs 
bâtimens complets & couverts, & que Xfi profeuques 
étoient dans les campagnes, ordinairement iur le Bord 
(des rivières, & (ans couverture, ou quand elles étoient 
couvertes, elles étoient ou\'ertes par les côtés comme 
font nos halles. Ce mot vient du grec ^poTiuxii', qui li- 
gnihcpnhc. Le P. Jouvenci dit que profciicha lignifie 
un lieu delliné à la prière. C'éroit apparemment une 
de CCS, profcuqucs , dont il cft parlé dans le 1 ^'^ v. du 
Chap. XVI des Aclics des Apôtres, f^oye-^ le Dicî. du 
P. Calmet. 

§Cr Les anciens HébreUx qui demeuroient trop loin du 
Temple , ne pouvant pas s'y rendre en tout temps , 
bâtirent des cours Iur le modèle de la cour des holo- 
cauftes pour y faire leurs prières. On donna dans la 
fuite à ces oratoires le nom de profeuques. C'eft ce que 
nous apprend Juvenal , Sat. III , où il le lert du mot 
profeijchût 

PROSE A VISA , I^ROST AVISA , CHIUSTENGE. Noms 
d'une ville de la Bulgarie. Prq/Zcn'ijij j anciennement 
JJÎropolis ) Iflros, IJlria. elle ell dans le pays des Tar- 
tares de Droburce, iur la branche méridionale du Da- 
nube , a deux lieues delà mer Noire , Se environ à neuf 
de Témilwar, vers le nord. Maty^ 

'Prosodie, f f. Partie de la Grammaire qui enfeigne 
la prononciation, qui marque les accens, les Syllabes 
longues & brèves : 03" c'eit la prononciation régu- 
lière des mots conformément à l'accent & à la quantité. 
Profodia , acccntus , moduLtio. La Profodie ne fe 
dit guère que dans les langues grecque 6c latine, où 
elle eft ablolument nécelfaire pour laite des vers, & 
pour en juger. 

^3" Ce mot efl; grec «rfofw/.'a , ■îpù , cd ,&(.' œJ"» , camus, 
inftkutio ad cantuw. Profodium^ Hymne qu'on chan- 
toitaux Dieux avant l'entrée du chœur. Ces Cantiques 
en ufagc chez les anciens Grecs s'adrelfoient à Apol- 
lon & à Diane conjointement. 

PROSODIQUE.adj.de t. g. Quia rapport à la profodie. 
Accent profodique. Caraftère profodique. 

ffT PROSONOMASIE. f. f. Profonomafia. Figure de 
Rhétorique. relTemblance de termes î<c de mots dans 
une ph;ale. Is verè Conful eft qui reipuhlkit falutï 
confullt. Elle efl: bien voilme du jeu de mots 

^ PUOSOPOGRAPHIE. f f. Pr {opographïa. Por- 
trait , defcription. ^qyc^ Hypotypose & ÉthopÉe. 

PROSOPOPÉE. f f. Figure de Rhétorique par laquelle 
on fait parler des perfonncs abfentes , ou mortes; ou 
des villes , & dc^ alleiTiblées , & même des chofes ina- 
nimées. Profopopuïa. Il y a deux fortes de prcfopo- 
pées : l'une direde ^ & l'autre indiredc. Les Poètes 
dans leurs fixions, ufent fouvent de profopopées, & 
les Orateurs dans la Peinture d'une paffion violente , 
qui (emble les tranfporter hors d'eux-mcme. Par exem- 
ple: iufl:es Dieux , Protefteurs des innocens ! permet- 
tez que l'ordre de la nature (oit interrompu pour un 
moment, & que ce cadavre déliant fa langue, reprenne 
l'ufige de 11 voix , &c. 

PROSPECTUS, f m- .'vlot latin nouvellement introduit 
dans lecommercede la Librairie j particulièrement dans 



PRO 



n 



celui des livres qui s'impriment par foufcription. il li- 
gnifie le projet ou piogiame de l'ouvrage qu'on pio- 
pofc à ("ou(crire,la matièiô qu'il traite, le format, & 
la quantité de volumes qu'il doit avoir , le caraûèic > 
le papier , (oit grand ou petit, qu'on veut employer 
dans l'édition; enfin les conditious fous lefqïicllcs fè 
fait la foule. iption : ce qui comprend principalement 
la remile qu'on fait aux Soufcriptcurs, & lerenips au- 
quel l'ouvrage foufcrit doit le délivrer. 

Les Libraires publient ttes profpeclus pour àvbhir 
qu'ils vont imprimer de certains livres. 

%r^ Ce mot (e dit à-peu-près dans le même fens poûir 
notice. Sptcïmcn. Le P. Mabillon donne dans fa di- 
plomatique une idée, un profpeclus , des notes deTy- 
ron. Mém. de Tre'v. 

PROSPER. f m. Nom d homme. Profpe'rus. S>Mni 
Profpcr Difciple de S. Auguftin tient la grâce géné- 
nlc donnée, ou offerte à tous les hommesi Fléch. 

Ip- PROSPÈRE.^ adj. de t. g. Heureux , favorable au 
fuccès d'une affaire , d'une entreprifc. Profper. ftcun- 
dus. Cet homme a eu toute la vie hï^nuuc profpère. 
Les vents projpères j les deiïms profpères. Ce mot 
plailoit à Ménage. Malherbe, Segrais 6'c. s'en font fer- 
vis, difoit-il, 8c je ne vois pas pourquoi nos puriftes 
font aujourd'hui difficulté de s'en lervir. Parce qu'il 
a vieilli, 6c que l'ulage , qi.ii cft le maître & le tyran 
des langues ,ne l'admet plus que dans le ftyle tamilier. 

CCT PROSPÉRER. V. n. Profptrd ,fecundc! uùforiunâ. 
Avoir un bonheur contiiui , qui cli le luccès de la con- 
duite. Les fous ont quelquefois du bonheur, & \ei 
fages ne profpèrent pas toujours. Dieu permet quel- 
quefois que les méchans proj'pèrc/u pendant quelque 
temps. 

En parlant des choies, ce mot lignifie réulHr, avoii: 
un heureux fuccès. tout profpcre entre les mains. Om- 
nià bcne evcnïunt,. 

■Je veux bien que le fort par un heureux caprice. 
Fafje de vos écrits prolpérer la rrialice. Boil. 

^ PROSPÉRITÉ, f f. Frofperitas, profperafortu- 
na , res. Suite d'événcmens heureux, bonheur continil 
qui eft le luccès de la conduite , &c qui vient par 
degrés. Il ne faut pas felailfer enfler pach profperite' , 
ni le laiflcr abattre par l'adverfité. La. projpérite' rend 
les hommes luperbes , Se l'adverfité les rend lâches & 
rampans. Le P. le B. La profpcrité qui devroit être 
le piivilège de la vertu, cft ordinairement le partage de 
l'injufticCi FlÉc. Un fidèle ami rend k profpcrité 
plus douce , 6c l'adverlué plus lupportable. S. Evr. 
Ce mot n'eft d'ulage qu'à l'égard du bien que les' 
foins prociirent : & le mot de honhcur (e dit également 
pour le mal qu'on évite , comme pour le bien qui fur- 
vienr. Le Capitule (aUvé de la (urprifc des Gatiloiy 
par le chant des oies (acres , & non parla vigilance des 
îentinelles, eft un trait d hiftoirc plus propre à mon- 
trer le bonheur des Romains qu'à lairc honneur à leur 
commandement militaire en cette occafion; quoique 
dans toutes les autres la (agelfe de la conduite ait au- 
tant contribué à leur jrro//'t>vrt; que la valeur du foldan 
Ce mot fe dit également pour déligner l'état Horif- 
fant des perfonnes & des alfaires , (oit générales foit 
particuliètes, & s'emploie avec grâce au pluriel; La 
profperité de l'Etat , des affaires ,_des armes. L'homme 
ne (auroir tenir ni contre radverdré , ni contre X-xjrof- 
périié ; & comme il y a des malheurs fous Ie(quels 
la patience fuccombe , il 'K a aulli des vrofpcrités qui 
(ont au-delTus de la modération. Flec; Les grandes 
profpérités nous aveuglent , nous tranlportent , & nous 
égarent. Boss. Les /7rr>//^fWreV militaires laiflcnt dans 
l'amejc nefai quel plaifir touchant qui la remplit. Se 
l'occupe teinte entière. Ftic; 

On dit d'un homme, qu'il a un vifage Ae profpé- 
r'né ; pour dire , qu'il a l'air gai & content, le teint 
frais & fleuri. 

PROSSIMEZ< f. m. Nom que les efclavons donnent aii 
premier mois de l'année. Januarius. 

PROSTAPHÉRÈSE. f f, Terme d'Aftionomie , qùî fë 



24 PHO 

dit de la manière de trouver le mouvement moyen des 
allres, en compenlant leur régularité apparente, qui 
nous les prelente tancôc marchant d un mouvement 
lent & tantôt avec vuclle. C'ell la même chule qu'E- 
quation , que les nouveaux Aftronomes ont intro- 
duit au lieu de projlapherèfe dont Ce lervoient tous 
nos Anciens. La projlapherèfe cft l'arc du zodiaque 
compris entre la ligne du mouvement d'une planète , 
Se la ligne du moyen. ÇCJ" C'cft la diftérence entre le 
lieu vrai d'une planète 6c Ton lieu moyen , entre Ion 
mouvement vrai & ion mouvement moyen. Comme 
le moyen eft quelquefois plus grand, quelquefois plus 
petit que le vrai, il faut quelquefois l'augmenter, & 
quelquefois le diminuer. Cette augmentation ou di- 
minution eft la projlapherèfe ou Equation , qui par 
conléquenc , eft tantôt additive , tantôt foujlraclive. 
Cemotvientde â^aifi^n , louftraétion, retranchement, 
& de rfi^^i, devant, louftradtion qui ell quelquefois 
une addition. Injtitution AJlronom. p. 47 s- 
PRO STASE, f. f. Hippocrate entend par proflafe 
d'une humeur, la fupériorité fur les autres •»!! iVa«! , de 
«TfoVa/iai, préfidcr , prédominer, exceller. Voye\\t 
DicT. DE James. 
PROSTATÈRE.f. m. Nom du troifièmc mois de l'an- 
née chez les Thébains & les Béotiens. Proftaterius. 
Il répondoit au mois de Novembre. Fahricius. 
PROSTATES, f. m. Terme d'Anatomie. Ce font deux 
corps blancs & glanduleux fitués à la racine de la verge 
lur le (phinfter de la veffie. Us féparent une humeur 
blanchâtre & glaircufe, qui le décharge dans la ca- 
vité de l'urètre, par pluficurs petits tuyaux qui s'y 
vont rendre. L'ulage de cette humeur elî d'humeéler 
& d'enduire l'urètre , afin qu'il ne foit point oftenlé par 
l'acrimonie de lurine qui y palle continuellement , & 
de (ervir de véhicule à la lemence dans le temps de 
l'éjaculation. 
^ PROSTATIQUE adj. Terme d'Anatomie,par lequel 
on déllgne les mutcles qui s'infèrent aux proftates. il y a 
quatre mulcles piojlatiqxxcs ■, deux qu'on appelleyà- 
peneurs Se deux injerieurs. 
PROSTERNATION.!: f. Salut plein de refped. Abaif- 
fement d'une perfonne julqu'aux genoux d'une autre 
qu'elle fupplie. y-^^yt-rZ/Oj demijjio. Un Souverain cft- 
il bien payé de (es loins, de (es inquiétudes par leplai- 
fîr que donne la puilfance ablolue , & par toutes les 
projlernadons des Courtifans. LaBruy. Ils marquè- 
rent lur le champ leurs très-humbles reconnoiflances à 
l'Empcreur( delà Chine ) par les proJlernaV-Onsa.ccou- 
tumccs. P. LE Comte. 
PROSTERNEMENT. f. m. kGtion de fe profterner. 
Autrefois le Prêtre faifoit des profiernemer-is au pied 
de l'Autel avant & après la Mcllc. Mémoires de Tré- 
voux. 
ifr PROSTERNEMENT , & PROSTERNATION. 
Mots de peu d'ufage qui paroilfent à-pcu-près fynony- 
mes. Le Dièt. de l'Acad. ne les diftingue qu'en dilant 
le dernier exprime l'état de celui qui eft profterné, &: 
le premier l'aètion de le profterner. 
fP" PROSTERNER. ( /i ) v. récip. Ad gemia alicujus 
procumbere ,procidere. Se baiftcr jufqu'aux genoux de 
quelqu'un, faite une protonde révérence , le jeter à 
terre en figne d'adoration ou de grand refpeèf. Un bon 
Chrétien le projlerne devant l'Autel , devant le Cru- 
cifix , devant le Confelfeur , pour demander pardon 
de fcs fautes. Un vaincu le projlerne devant le vifto- 
rieux pour lui demander grâce & la vie. A la Paftion 
on (c proflerne pourbaiferla terre. Les Moines ontplu- 
fieurs cérémonies où ils demeurent proflerne'sSc éten- 
dus contte terre. 

Corneille a dit dans Pompée , proJlernerQi couronne. 
Mais on ne proflerne point une couronne : on ieproj- 
terne , on dépôfe une couronne , on la dépofe aux pieds, 
& non julqu'aux pieds. Volt. 
PROSTERNÉ , LE. part. 

PROSTHÈSE. f. f. Opération de Chirurgie, par laquelle 
on ajoute (!<; l'on applique au corps humain quelques 
parties artificielles , en la place de celles qui manquent , 
pourexercercertainesfonûions.Pro/ZAf^j. Une jambe 
de bois, un bras artificiel , avec une main ôc des ref- 



P R O 

forts pour la faire agir, un nez d'argent , une plaque 
au palais rongé, t<i autres choies Icmblables dépendent 
de h projlhèj'e. C'eft un mot grec ^rfortwt, qui figni- 
fie addition j application ; du verbe •'f^ii'H-' , jepo/'e j 
j'applique. CoL. DE Villars. 

Prosthes e. Teime de Rhétorique , fynony me d'op- 
polition , addition. C'eft une figure par laquelle on 
ajoute une lettre au commencement d un mot lans en 
altérer le fens. Comme quand cndagnatus , fils, pour 
natus , gnavus , pour navus. 
PROSTIBULE. f. m. Lieu de débauche où les femmes fc 
proftituent à tous venans pout de 1 argent. C'eft ce 
qu'on appelle communément un lordel. Le mot de 
projlihule a quelque choie de plus doux & de moins 
grollier que celui de bordel. C'eft le mot latin avec 
une forme ftançoite. Projlihulum , lupanar. Il n'y a 
julqu'aux jeunes libertines qui ne fornllent les che- 
veux epars de leurs projlihules , & qui ne fillent des 
ades de pénitence. Misson. Trad. de Théodore Valle. 
Defcription du Véfuve en 1631. 

PRv^STITUER. V. a. Livrer, abandonner àl'impu- 
dicité d'autrui , obliger ou engager une temme ou une 
fille à s'abandonner. Projlituere ,promifçui venerd per- 
mittere. Cette mère a proftitué elle-même la propic 
fille. 

On le dit plus ordinairement avec le pronom pcr- 
fonnel. Cette femme le proftirue à tous venans. Frof- 
tat venalis. On dit dans le même fens proflicuer fon 
honneur. 

Dans le fens fi'^wK , proflicuer (on honneur , c'eft fe 
diffamer foi même par desadtions indignes d'un hom- 
me d honneur. Proflituer la Magiftiature , la Juftice. 
Se proflituer a la frveur, c'eft fe deshonorer par un lâ- 
che dévouement aux volontés des tavoris. Proflituer 
fa plume , le proflituer à la paftion d'autrui , le dit 
d'un Auteur mercenaire , indignement dévoué auxpaf- 
lions de ceux qui le font écrire. Un Auteur qui a la 
plume vénale , la projlitue à ceux qui lui donnent le 
plus. Un homme lans honneur le projlitue , s'aban- 
donne aux acl:ions les plus fervilcs , les plus balFes & 
les plus deshonnêtes. Il y a des Juges qui profjtuent 
leur digiiité , la juftice. Lelage qui ne va peint le/ro/^ 
tiater à la faveur & a la fortune, demeure dans l'obf- 
curité & dans l'indigence. S. Evr. Onprojlitue aujour- 
d'hui les louanges fans choix Se tans diftmction. Bell. 

A quoifert la valeur l'ejlime & le pouvoir , 

Qu'à proftituer-yù vie ^6' qu'àfefaire voir ? S. EvR. 

Le mot de proflituer étant de quatre fyllabes , ce 
dernier vers ne vaut rien. 
PROSTITUÉ, ÉE. part &: adj. gCT 11 a tous les fens du 
verbe. Femme prcjlituée. Plume proflituée. Homme 
proflituéï. la faveur. 'Lt%2xnç.s projïnuées'z l'ambition, 
ne le mettent pas à fort haut prix. Boss. 

Non , non j il n'ejl point d'ame un peu bien Jltuée ^ 
Qui voulût d'une ejlime ainji proftituée. Mol. 

^fT En parlant d'une femme abandonnée , on dit fubf- 
tantivement, c'eft une projlituéc. Projlibula, projli- 
hulum ,Jlortum. 

La Prostituée des PAi/o/cipAcj-. Terme de Phi lofophie 
hermétique. Les Alchimiftes entendent par ce terme 
la matière de laquelle l'Artifte a tiré leur mercure. 
DicT. Herm. 

Ip- PROSTITUTION, f . f. Abandonnement à l'impu- 
dicité. Mcretricium , ejfrxnata libido. On le dit en ce 
lens des femmes & des filles livrées à la débauche 
vénérienne. Cette femme vit dans une projlitution 
honteule. 

|f3" On appelle lieu de projlitution , un lieu public 
où l'on trouve des femmes qui le prol^ituent. Projli- 
hulum , lupanar , lupanarium. 

^fT Dans l'écriture , l'abandonnement à l'idolâtrie eft 
appelé projlitution. 

ifT D.ms un fens figuré , la projlitution des lois, de la 
juftice, delîgne l'abus qu'en fait un Juge corrompu , 
en les faitaiit lervir à fes intérêts. 



PRO 

(J:^ La pivjluudon de ceux qui facrificnt à la fortune 
jufqua leurs ainis, cil iiitaiiK. Corruptio j dcpravatio 
morum. 

rKOSTRATION. f. f. Adion de fc profterncr. C'eft l'.nc 
humble inclination Ae. corps , un Iaku très rtlpcdr.cux 
en forme d adoracioii , & qui efi: quclquci-ois l'adora- 
tion mim'^.'Proflracio. M. du Pin dit dans (a Biblio- 
thèque Ecclcliailiquc , à l'article de Théophile Kay- 
naud , que la prollration étoit commune dans l'ancien 
Tcftameiit. Les Chinois font quatre projlrathms de- 
vaut le tableau de Confucius. Pratique des Jcfultcs , 
Tom. VI, p. Ç4- C'cll la même choie que pROi ter- 
nation. Voyc^ ce mot. 

PROSTYLE, adj. Terme d'ancienne Architecture. Pro- 
Jlylus. Les Anciens appcloient Temp/e profty/e , celai 
qui n'avoit des colonnes qu'à la hice antérieure. C'ell 
un met grec t' "Aos.qui a des colonnes par-devant. 

PHOTADE. f. m; Nom d'homme. Protad'ws. A Belan- 
çon , S. Procddc Evèque. Chas tel. Martyr, i o Fevr. 
p. (pp. Sa vie ell: gardée aux Archives de S. Jean de 
Belaiiçon. Bollandus l'a htit imprimer, 3c à la lin il ell: 
marqué que S. Protadc avoit lait un livre qui co]i- 
tenoit ce que les Frères doivent traiter en leur Allem- 
blée, & tout ce qu'il falloit obfervcr dans l'Eglile_, le 
long de l'année. S. Protade mourut en 616. 

PROTAIS. f. m. Nom d'homme. Prononcez comme fi 
l'on ccrivok Proies. Protjjtus. S. Getvais & S. Pro- 
tais foulîrirent la mort pour la Foi à Milan , Se fclon 
ce que S. Ambroile en écrit à Marcelline la lœur . 
l'Eglile de Milan n'avoir point encore produir de Mar- 
tyrs avant eux; ce qui a tait juger qu'ils pouvoient 
avoir foutïcrt dans laperlécution de Néron. Voyer fur 
ces Saints le P. Papebroch , ^cl. Sancl. Jun. T. Ill :, 
p. Sij, àf fuiv. Et ci délias Gervais. 

PROTAPOSTOLAIRE. T. m. Nom d'un Office dans 
l'Eglile d'Orient. Protapoflolanus. C'étoit le Chef 
de ceux qui expliquoient au peuple les ouvrages des 
Apôtres , les Livres du Nouveau Tellament. C'étoit 
aulîî le premier de ceux qui iiloient l'Epitre à la Méf- 
ie, lelon les Macri. 

PROTASE. f. f. Terme dePoëlîe. C'eft la première par- 
tie d'un Poëme dramatique , qui explique au peuple 
le lujet ou l'argument de la pièce. 

tfT Cette expohtion ne doit pas être affez claire pour 
m;rtre pariaitement le Ipeclareur au fait de tout ce 
qui doit arriver dans le cours de la pièce, & lui faire 
pénétrer le dénouement. Ce leroit lui ôter le plaifîr de 
la lurprife: il luffit de le lui laiin^r entrevoir comme 
en perlpetflive , afin de lui ménager un pl.iifir tou- 
jours nouveau , par les diftérens incidcns qui piquent 
fa curioiité. 

Ce mot vient du grec •^f^ictan. 

PP.OTATIQUE. adj. 'Terme de Poëfie grecque ou la- 
tine. C'étoit un pcrionnage qui ne paroilloit fur le 
Thiàtrê qu'au commencement de la pièce , comme 
Sofie dans l'Andrienne de Terence. Protaticus. 

Ç3^ Ne faites pas comme les Anciens , qui pour faire 
entrer les Spettatcurs dans le lujet de la Comédie 
qu'on alloit reptélentcr, introduifoicnt allez fouvcnt 
un Aclcur qui leur racontoit boi-iuement ce qui avoir 
précède 1 action, comme s'il eût parlé à Ion confi- 
dent -, ou uii lebornnient, comme Térence, à un 
perfoiiiiage piot.atiquc , qui ne pauilTbit qu une fois 
au premier adle, pour écouter froidement &c lans in- 

- térét ce qu il écoit luccHaire de favoir avant que la 
pièce commençât. N'en déplaife aux partifans outrés 
des .uicieiis, nous leur iummes infiniment (upérieurs 
dans l'ait des expofiti.jns , & même dans celui d'ame- 
ner les événemcns. Uistcvches. 

^3" Protatique, fc dit aulîI des faits qui énoncent le 
fujet de la pièce. Il zn:"c (ouvent que les faits pure- 
ment protcti(ju£s font une plus vive imprelîîon. 

(fT PROTE. 1. f. Terme d'Imprimerie. C'eft le nom 
qu'on donne au premier dune Imprimerie, qui eft 
chargé de la conduite ôc de la dirertion de tous les 
ouvrages, & de lire & corriger fui la copie les pre- 
mières épreuves. Ce mot vient du grec «f«'i»! primus, 
premier. 

Tome III, 



PRO 



^T 



PROTECDÎQUE. f. f. Officier de l'Fgiife de Conftan- 
tmoplc. C'eft celui qui avec deux Ecdiques, conmut 
ik juge à la place du Patriarche, des caufcs mineures 

PROTECTEUR, f. m. PROTECTRICE, f. f. Qui 
prend en main la défcnfc des foiblcs, ou des aftli- 
ges. Protector j, dcjenjur , tutor , curator. Les Ala- 
giftrats lont les protccleurs de la veuve (k. de l'oij he- 
Im. Parmi les Payens Minerve étoir regardée comme 
la protectrice des beaux Arts. 

Protecteur, le dit auiii dun patron , de celui qui a 
loin des affaires ou de la fortune d'autrui. Patronus , 
defenfor. Cet homme a un puillant patron, un bon 
protecteur a. la Cour. Chaque Nation, chaque Ordre 
Religieux a un Cardinal Protecteur a Rome. Cn.m- 
Wel s'cft appelé My\oxA Protecteur en Angleterre. 

PROTECTION, f. f. Aélion de ptotégcr, de prendre la 
dLlcnfe,ou bien, fccours , appui. Tutela ^prfjidïum ^ 
tutamentum. On prend quelqu'un fous [a. p/oteâion^ 
on lui accorde la protection. On recherche la protec 
tion de quelqu'un , on a recours à la protectio/i.Tiou- 
vcv delà protection ., avoir de puilî.antes /T('rtT7/f/2j. 
La protection adtive (uppolc dans celui qui protège , 
de la puilîance, de l'aurouté , du crédit, de l'appui 8c 
de la laveur. Au contraire, la protection pallive fup- 
polc d.ins celui qui eft protégé, de la foiblclTe, du 
beloin, de la dépendance. Le peuple vit fous h pro- 
tection des Lois contre la violence des Puilfans. Cette 
ville neutre s'eft mife lous la protection du Roi. C^uand 
un h'imnie violent menace fa Partie adverfe, elle de- 
mande d'ctte mile en la protection &: fauve-garde dut 
Roi & de la Jurtice. Dans les lettres de garde gardien- 
ne & de commitcinius ~, le Roi déclare qu'il a mis 
l'impétrant en la protection de fauve-garde. Etre feus 
\x protection Se la foi de quelqu'un, c'eft relever de 
lui, &■ être fon vaftal. Courtin. 

Protection, fe dit aulli de l'emploi de protedcur à 
Rome. On a donné à un tel Cardinal la ^ror< <,'/«. /i de 
France. La protection d'Efpagne eft vacante par la 
mort d'un tel Catdinal. 

Ç3- PROTECTORAT, f. m. Terme relatif à l'Hiftoire 
modetne d'Angleterre. Cromwel , après avoir fait pé- 
rir lur un échafaud fon Roi , Charles I, régna en Ân- 
gletetre fous le titte de Protecteur du Royaume. De- 
là on appela Protectorat non-feulement (a qualité, fa 
dignité de Protedeur, mais encore ((^n règne , tout le 
temps qu'il gouverna en maître l'Angleterre. Jamais 
l'Angleterre n'eut une plus grande influence dans 1 Eu- 
rope que lous le protectorat de Cromwel : elle en 
étoit l'arbitre. Mém. de Trév. Richard Cromwel fuc- 
ccà:i&\x protectorat de fon pete, comme un Prince de 
Galles auroit luccédé à un Roi d'Angleterre. S'ctanc 
démis du protectorat, Richard voyagea en France. 

r? PROTECTORERIE. f. f. Terme de relation, char- 
ge, office de protefteur à la Cour de Rome. Secré- 
taire de la proteétoreric. 

§^ PROTÉE. f. m. Terme de Mythologie. C'étoit un 
Dieu de la metj fils de Neptune & de l'Océan. C'é- 
toit lui qui failoit paître fous les eauN les veaux ma- 
rins & les autres monfttes qui compofoient le trou- 
peau de Ion père. Il en avoir reçu pour récompenfe 
le don de conno'ure les chofes cachées , tk de prédire 
l'avenir : mais on ne pouvoir arracher de prédidtion 
de lui, que quand on s'en croit rendu maître, en le 
liant & le garrorant. Pour échapper à celui qui le con- 
lultoit, il le métamorphofoit de mille manières diffé- 
rentes : il prenoit la figure de bêtes féroces , il le cluiia 
geoit en eau, en feu, &c. 

Omnia transformat fefc in miracula rerum. 
Ignemque , tiorrihiteinquc feram , fluviumque liquententi 

ViRG. 

Si quelqu'un étoit alFez courageux pour n'être point 
effiayé par tous ces chaiigemens , & afTez adroir poui; 
le tenir f^ortement enchaîné, il reprenoir alors fa pre- 
mière forme, & on en tiroir tout ce qu'on vouloit 
favoir. 

De-là nous avons appelé Protée, un homme qui 

D 



26 



PRO 



change continuellement de forme. Ferjipellis. C'cft 
un Protée ^ un viai Protce. Cette fable vient de ce 
qu'un Roi d'Egypte nommé Proue j (elon la coutume 
du pays, portoit lut la tcte un ornement, & pour mar- 
que de fa dignité des figures de taureaux , de diagons, 
d'arbres, & d'autres chofes (emblables ; ce quiftit 
que les peuples ont tranfporté à la perlonne les figu- 
res de les hàbillemens de tête, comme dit Diodore 
de Sicile. On tient même que dc-la vient l'origine des 
calques 3c des cunicrs qu'on voit encore dans le Bla- 
lon. 
Le ProtÉe des Philosophes, qui change de forme 
tous les jours lans aide d'homme, en termes de Phi- 
lofophie hermétique, c'ell le mercure , ou c'eft l'el- 
prit univerl'el qui le corporific dans divers lujcts des 
trois règnes. Dict. Herm. 
Protée. 1". m. Proceus. Nom d'un collyre dont on trou- 
ve la defcription dans Paul Eginète. Lib. FIL cap. 1 6. 
PROTÉGER, v. a. Défendre , con'erver les intérêts de 
quelqu'un. Ptorcgcre, tuerl :,fuJîincre.D\t\i protci^ca 
l'innocence de Sufanne contre la calomnie des Vieil- 
lards. Protéger \ts foibles, les opprimés. Protéger la 
jullice , l'innocence, la religion, la bonne caule. Il eft 
dangereux de plaider contre de belles femmes , ou de 
belles filles, car elles font xi}\.\]o\.\K protégées. 
PROTÉGÉ , ÉE. part. On dit (ubftantivement , c'ell le 

protégé d'un tel Miniftre , c'eft un de (es protégés. 
PROTHKIATE, ou PROTERIATO. Rivieie d'ItaUe, 
air Royaume de Naples, dans la Calabre Ultérieure : 
elle a la fource au mont Apennin, & le jette dans 
la mer Ionienne. 
#0=- PROTEST. Fox. Protêt. 

PROTESTANT, ANTE. Adj. fouvent employé fubf- 
tantivement. C'eft un nom qu'on donne en Allemagne 
à ceux qui fuivent la doéhrine de Luther. Ils ont été 
ainlî nommés, à caule qu'ils proteftèrent en 15Z9, con- 
tre un Décret de l'Empereur &: de la Diète de Spire , 
& déclatèrent qu'ils appeloient à un Concile Général. 
Proteftantes. La Religion Protejïante. Les Princes 
Prot'ejlans fe lont rendus bien puillans en Allemagne 
& dans tout le Nord. Ce nom a été donné auiii dans 
la fuite à tous ceux qui fuivent les lentimens de CaL 
vin. La ville de Genève cft toute Protcftc.ntc. 
Protestant, en ce même Icns eft aulîl lubftantif. Les 
Proteflans d'Allemagne ne font pas tous également 
rigides. On a travaillé en vain à la réunion de tous les 
Proteftans Luthériens & Calviniftes. 
PROTESTANTISME, f. m. Terme Dogmatique. C'eft 
la Religion des Luthériens «Se Calviniftes , leur con- 
fellion de foi, leurs dogmes & leurs maximes; les 
dogmes des Eghfcs Proteftantes , dans tous les points 
où elles diftèient de l'Eglife Romaine. M. Bayle dit 
que la lettre que la Reine Chriftine écrivit de Rome 
au Chevalier Teilon le 2 Février 1686, eft un refte 
de Protejlantifrne. Le Roi ( Charles IX ) en entrant 
dans Paris , fie délarmct tous ceux qui étuient loup- 
çonnés de Proteftantifmc. Desfontaines. 
t}Cr PROTEST ATEURS. f. m. Terme de parti en 
i6jo. Pendant l'interrègne , les Anglois le divisèrent 
en deux faélions : les uns adhérèrent à la rélolution 
du Parlement, & prirent le nom de Réfolurionnaires. 
Les autres étoient connus lous le nom de Protefta- 
teurs, c'eft- à -dire, taileurs de proteftations , parce 
qu'ils étoient oppofés aux rélolutions du Parlement. 
Ahr. Chronol. de l'Hift. d'Angl. 
{(T PROTESTATION, f. f. Tetme de Jurifprudence. 
Déclaration que l'on fait, par un acte juridique^, con- 
tre la fraude , l'opprcllion , la violence , la nullité d'un 
acte, d'un jugement, d'une procédure, portant que 
ce qui a été tait ne peut nuire ni préjudicierà celui 
qui protefte, lequel le rélerve de fe pourvoir contre 
en temps & lieu. Contcftata denuntiatio. 
IJCF On fait des proteffatio-'s contre ce qui cft fait, & 
contre ce i-iui doit le faire. Un jeune homme qu'on a 
forcé de fe faire Religieux , peut protefter contre 
fes vœux , dès qu'il en a la liberté. Celui qui 
craint d'être forcé à le faire, peut protefter d'av.ance. 
^3" On fait aullî des proteftations qui demeurent fe- 
ciètcs chez les Notaiies ; mais elles méritent peu d at- 



PRO 

tention, à moins qu'elles ne foient appuyées de preu- 
ves qui juftifient du contenu auxditcs proteftations. 

■3-1 On n'a point d'égard aux pruteltations vcibuies , li 
elles ne lont laites en prclence de témoins. 

i^ Protestation , dans l'ùlage ordinaire, le dit d'une 
déclaration publique que l'on fait de la manière àuvX 
on eftdilpolé, d'un témoignage public de la volonté, de 
les lentimens. Faire une proteftation de fon zèle, de 
la fidélité au lervice du Roi, de tun attachement in- 
violable. Profit eri. 

%fJ' On le dit encore des promcircs, des alTurances po- 
litiveSjdes démonftrations d aminé, d'amour, de ler- 
vice, é'c.llm'afaitmille/'rof^jrionj d'amitié. Il luifit 
de nouvelles protefiations d'amour ; mais à force d'en 
vouloir faire de trop grandes & de trop belles, il en 
fit d impertinentes. Scaron. Il feroit bien lâche, s'il 
me trahilloit, après tant àç protefiations à' Aiu\ùi. qu'il 
m'a faites, hei protefiations de fervice & d'amitié que 
l'on le fait d'ordinaire , ne lignifient lien d'etiectit. 

Aloi i je ne hais rien tant que les contcfions 
De tous ces grands faifieurs de proteftations. 

Mol. 

ffT PROTESTER. Terme de Jurifprudence. Faire des 
proteftations, déclarer par un aite juridique. Contef- 
tando denuntiare , tefiifixjri. On protefte contre la 
fraude, concre la violence, contre des émillions de 
vœux, contre une dc:libération, contre un jugement, 
contre les acl:es dans lelquels on eft lélé. Pour que la 
prcteftation foit valable , il faut protefter aullî - tôt 
qu'on a la liberté de le faire , ou que la haude eft 
connue. 

03* Protester de la nullité d'un afte, d'un jugement, 
d'une procédure, &c. C'elt déclarer c-u'on prétend que 
l'aéle dont on fe plaint eft nul. On dit dans le même 
fens , protefier de l'incom.pecencc d'un Juge , déclarer 
qu'on prétend qu'il n'cft pas compétent. 

If3° Protester de tous dépens, dommages & intérêts, 
déclarer qu'on n'en lera point tenu , & qu'on tera en 
droit de les repérer contre la partie adverle. 
■ Protester i eft aulîi aétif & fignifie dans i'ufageor- 
dinaiie, déclarer hautement, promettre pofitiveinent, 
alîurcr fortement quelque choie. PoUiceri, jurare , 
afihmare. Il a /'/•of£/?tf hautement qu'il le vengeroit de 
cette injure. Il a.protefité qn'W vouloir vivre & mourir 
dans la Foi. Il a juré Se protefte qu'il n'avoir eu au- 
tuiie part en cette aétion. 

Fuye-^ ces vagabonds , dont l'amour trop fertile 
Kc vous protefte rien, qu'il ne protefte à iniHe. 

Corn 

■sso' Dans le commerce, en matière de lettres de change, 
protefier une lettre, un billet de change , c'eft en fai- 
re le protêt, c'eft- à-dire, déclarer a celui lur qui cette 
lettre eft tirée , que faute par lui de la payer à fon 
échéance, ou de l'accepter quand on la lui préfente, 
lui & Ion correfpondant feront tenus de tous les pré- 
judices qui pourront rélulter du défaut d acception 
ou de payement. On ia.\z protefter , on procefie une 
lettre de change , lorfque celui fur qui elle eft tirée, 
refuic de l'accepter quand on la lui prélente, ou de 
la paver quand elle eft échue. 

PROTESTÉ , ÉE. part. 

PROTET, f. m. Terme de Négocians. Co«ri?/7i;M denun- 
ciavo. C'eft un acte pat lequel , faute de payement 
d'une lettre de change à fon échéance, on déclare 
que celui fur qui elle eft tirée, & (on correfpondant, 
feront tenus de tous les préjudices qu'on en recevra , 
de toutes pertes , dépens, dommages & intérêts. C'eft 
ce qu'on appelle protêt faute de pavement. Un Né- 
gociant qui laifte venir à protêt des lettres de change, 
a bientôt perdu fon crédit. Lu protêt ne peut être lup- 
pléé par aucun : utre aéte public , foit demande, fom- 
mation ou allignation. 

^y 11 y a aulh des protêts faute d'acception. C'eft une 
fommation faite à un Banquier ou autre perfonne , 
d'accepter une lettre de change tirée lur lui par ua 



P II o 

C()ncrpo;u!-,i!U. Ces rrot.':s faute d'accepter d. vivent 
ie faire dans le mcnij-tcmps que l'on préfe.ne la let- 
tre, lorfqac celui kir lequel elle cil: tirée, retule de l'.ic- 
cepter. Ces adtcs s'appcllcnc prorct , parce qu il, con- 
tiennent les dcclaiationscuproteftations dont on vient 

PROTEVANGILE , ou PROTÉVANGÉLION. f. m. 
Nom d'un Livre apocryphe , attribué à Saint Jacques , 
premier Evêque de Jcrufakm. Protcvangelium.GiiW- 
laume Poltel cil le premier qui ait hic connoître ce 
Livre. Il le rapporta d'Orient , écrit en grec , & en 
donna une verlion Latine. Eulebe &c S. Jérôme ne par- 
lent point de cet ouvrage dans leurs Catalogues; & 
les Fables dont il ell rempli, prouvent alFcz qu'il n'efl: 
point de S. Jacques. ^ 
PROTHtSE. f. f. Terme d'Hiftoirc Eccléfiaftique. Petit 
Autel dans les Eglifes Grecques, fur lequel le fait la 
cérémonie que les Grecs appellent Pro^/.y/dj en Grec 
tufiUan. Le Prêtre Se les Mimilres préparent (ur cet 
Alltel tout ce qui ell iiécelFaire pour la célébration de 
la Mclle , (avoir, le pain, le vin, & tout le relie. 
Après cela, ils vont de ce petit Autel au grand Autel, 
pour y commencer la Melle, & ils portent les faints 
dons qui ont été préparés. Cette procellion te fait parmi 
les Grecs , & même chez les Orientaux avec un très- 
grand apparat. Voy. Autel. Meilleurs de Port-Royal 
le font fervis du mot de protkèfc dans leurs, Livres de 
la Perpétuité. Pror/^t^j-. Si on le vouloit expiimeren 
Latin, ondiroit pnspofuïo. 
PROTOCANONIQUE, adj. C'efl: le nom qu'on don- 
na aux Livres Sacrés, reconnus pour tels, avant mê- 
me qu'on eût fait des canons. W. du Pin dans (es Pro- 
légomènes fur la Bible, en divile les Livres en trois 
clalfes; les P/vfocarttinzjiiej^ les Deutéroca ioniques, 
& les Apocryphes. 
PROTOCOLE, f. m. Vieux mot. Livret, rôle ou hif- 
toire. BoREL. Liber , hlfloria. 

Lifei en ce/lui protocole. Villon. 

C'eft, félon Ménage, la première feuille d'un livre, 
& efcatocolla, la dernière : ce qui vient tout du Grec. 
Selon d'auttes, \c prococok a été fait du Latin ^proro- 
collum , &c (ignifioit originairement la première feuille 
d'un livre, où étoic la marque du papiet. Primum co- 
difis folium ; & même il iîgnitîoit quelquefois cette 
marque du papier, qui étoit tantôt au bord, tantôt à 
côté, Se tantôt au haut de la page. La Novelle XL!V 
de Julfinien, détend d'ôter Se de couper le protocole 
des Chartes , qui raifoit connoître l'année où le papier 
ou le parchemin avoient été faits, tk l'Oflicier à ce 
commis qui les avoir délivrés : ce qui fervoit à dé- 
couvrir piulieurs faulletés qu'on ne découvriroit pas 
aifément, fi cette marque étoit emportée : CV.tt fans 
doute poutquoi il a été défendu aux Notaires de ro- 
gner leurs Regiftres •, Tihullo , l. j. Protocolum ejl 
fajliaium charte. On a (uppléé à cette formalité par 
le paraphe des Juges , qu'on a fait appoter à tous les 
feuillets des Regiftres de certains Otiiciers publics , 
comme Banquiers, Geôliers, &c. D'autres difent que 
c'eft la première minute, note, livre, cahier, ou re- 
giftre, c'eft à-dire, le brouillon & fommaire d'un ade 
qu'on doit palfer , que les Notaires appeloient i'://?;^- 
tum. Ce font de petits livrets où ils mettoient en deux 
mots l'affaire pour laquelle en les envoyoit quérir, & 
après ils l'expliquoient plus au long à leur maifon ; tk 
j'eftime que c'étoit le protocole. Borel. 

^83- Nous entendons ordinairement par protocole ^ une 
efpèce de formulaire pour drelTcr des adles de prati- 
que. Ces fortes de livies contenant les ftyles Se modè- 
les des difFércns actes (ont bons pour les novices. 
Scriptum architypum. Il y a des livres imprimés , 
fous les titres àt protocoles des Notaires, protocoles 
des Sergens où (ont les formulaires des Aftes qui fe 
font en ces profellîons. 

Protocole, eft aulii un regiftre relié des Notaires , où 
ils doivent éctire toutes les minutes de leurs Aâes à 
la fuite les uns des autres , afin qu'elles ne foient point 
perdues , changées ui altérées. Notarii acluçrii prçto- 



PRO Z7 

r>/'/yw. Cet ULig-fcroit avantageux au Public; mais il lie 
s'oblcrvcpointu Pans ni dans plulîcuis autres endroits 
nonobllant la difpolitioii cxpreile de l'urdonnance 
d'Oi\c:ms, art. Xj. 
Protocole de Notaires, eft un droit que le Roi prend 
dans la Bourbonnois , Forez & Beaujolois fur les 
regiftres des Notaires décèdes, Iciqucis (ont vendus 
au plus ofti-.int & dernier cnchciillcur , de laquelle 
vente, le Roi en a les trois quarts, &: l'autre quart 
appartient aux veuves cV héritiers, pour la vcnfication 
duquel droit il fuit rapporter l'acljudication qui en a 
été faite par les Ofliciers des lieux en préfenccdu Prc-» 
curcur du Roi. 
Protocole, eftaulîî chez le» Secrétaires d'Etat, & chez 
les Secrétaires des grands Princes, un forn.ulaire con- 
tenant la manière dont ces Princes traitent dans leurs 
lettres ceux à qui il écrivent. Scriptum archet: pum. 
Protocole, eft aiilli en ufage chez les Amballadeurs 
Médiateurs , &■ lignitic le regiftre où ils couchent touÊ 
ce qui fe palfe. Se qui regarde leur médiation. Rcj-nf- 
trum diurium Ce terme fent un peu le flyle de Pra- 
tique. 
Protocole , s'eft dit autrefois de celui qu'on appelle 
maintenant ^;i^t.^vr, qui eft derrière celui qui parle 
en public , pour lui (uggérer ce qu'il doit due , en cas 
que la mémoire lui manque. Infufurrans. Cela vient 
de ce qu'on appeloit au(li Protocoles chez les Ro- 
mains certains Nomenclateurs qui favoient tous les 
noms des Citoyens, & quilesfuggéroient à Icursmaî- 
tres, atin qu'ils pullent faluer chacun par ion nom en 
l'abordant. 
PROTOCTISTE. f. m. & f. Sede d'hérétiques origé- 
niftes. Protoclijla. Après la mort du Moine Nunnus , 
vers le milieu du fixième (lècle , les Oiigéniftes (e fé 
parèrent en deux fedtes. Les Protoclijles Se les îfo- 
cliriftrs. Les Protocliftes s'appelèrent aulll Tetradites, 
Le chef des Protoclijles éio'it Kidore. 
PROTC ,'GENE. f. m. Peintre ancien qui naquit à Caune , 
ville de Carie, tributaire des Rhodiens. En conlidér.i- 
tionde ce Peintre, Démétrius épargna la ville de Rho- 
des , dans l'appréhenfion que (es ouvrages ne perident 
dans le fiic de fa patrie. 

Pline parle du tableau de Jalyfus, qui fut le chef- 
d'œuvre de Protogène, Jalylus étoit un héros connu 
feulement dans 11 fable, & que les Rhodiens refpec- 
toient comme leur fondateur. Il y avoii dans ce ta- 
bleau un chien que tout le monde admiroit , à caufe 
de ce qui étoit arrivé à Proto<^'ène j voulant rcpréfèn- 
ter l'écume qui fortoit de la gueule du chien. 
07 PROTOMARTYR, f. m. Terme d'hiftoire Ecclé- 
fiaftique. Ce mot iie,nifie preml^ martyr. On l'appli- 
que ordinairement à S. Etienne qui (oûiFrit lepremieï 
le martyre pour la religion. 
PROTONOTAIRE.C m. Officier de Cour de Rome . 
qui a un degré de prééminence fur les autres Notaires. 
Pontijicus Notarius. Il y a un Collège de douze Pro- 
tonotatres Participans , nom d'une prélature ccntîdé^ 
lablcàRome. P. Héliot. T. IF, p. 73. Ils partici- 
pent aux droits d'expéditions de la Chancellerie, font 
mis au rang des Prélats , portent le violet, le rocher, 
& le chapeau avec le cordon & bord violet ; Se fur 
leur Écu le chapeau, d'où pendent deux rangs de hou- 
pes de lînople i & 2. Ils précèdent tous k-s PiLlars 
non confacrés , ont féance devant les Abbés , al'ift:enc 
aux grandes cérémonies , Se ont rang Se féance en la 
Chapelle du Pape. Leur ch.arge eft d'expédier dans les 
grandes caufes les Aétes que les lunples Notaires Apot- 
toliques expédient dans les petites, comme les procès 
verbaux de prife de poffeflion du Pape. Ils alliffent à 
quelques Conliftoires & à laCanonilation des Saints. 
Ils peuvent créer àzs Dodeurs Se des Notaires Apo(- 
tohques pour exercer hors la ville. Ceux qui font hors 
de ce corps , ne jouiftent pas de ces privilèges , fi ce 
n'eft de l'habit. En France c'eft une (impie qualité fans 
fonction, qu'on obtient par un refcrit du Pape .à fort 
bon marché. Les Protnnotair-zsowx. été établis à Rcme 
par le Pape Clément I, pour écrire la vie des Mar- 
tyrs. Ils fervent aulfi à rédiger par écrit ce qui fe fait 
dans les Confiftoires publics. Protonotaire veut dire 

D ij 



3l8 



PRO 



PRO 



proprement premier Noraire-, & c'eftainfi qu'on appe- 
loir autrefois le premier des Notaires des Empereurs; 
Protonotaire. Vers le commencement de la leconde 
race de nos Rois , on donna ce nom au Rcfcrenaaitc. 
Protonotaire, eft aulîi un Officier de l'Egiife Cluj- 
tierare de Conftantinople. C'eft lui qui écrit les let- 
tres, & qui envoie les ordres du Patriarche de Conl- 
tantinople aux autres Patriarches, aux Archevêques & 
aux Evcques qui reconnoiilent la Suprématie. Aclo- 
runi Pontifias Co/'fiiinnnopo'itani Scriba. Dans le 
Catalogue des Officiers de l'Egiife de Conftantinople , 
publié pat le P, Goat , on attribue au Protonotaire d'ê- 
tre debout dans le Sandruaire, quand le Patriarche of- 
ficie , pour le fervir Sc lui donner à laver les mains 
quand il va élever la fainre holHe. Cet Officier a en- 
core droit de vifiter tous ceux qui font profeflîon des 
lois. Il a l'œil fur tous les contrats d'achat &c de vente , 
fur les teftamcns , fur la liberté qu'on donne aux el- 
clives , îk fait ton rapport de tout cela au Patriarche. 
J'ROTOPAPAS. f m. C'cft le nom du plus grand Prince 
■ de l'Egiife deConIfantinople après le Patriarche. C'eft 
lui qui donne la communion à ce dernier, & enluite 
qui la reçoit de l'Evcque. 
PROTOPÂSCHITE. f. m. &f.Nom de Sede. Proro- 
pafchita. Les Protopafchites font des Hérétiques du 
premier fiècle de l'Egiife. Ils faifoicnt la Pàque comme 
les Juifs en ne mangeant que des azymes. On les nom- 
moit auffi Sal'haticns , d'un certain Sabbatius qui fut 
auteur de cette Seéte. 
fCF PROTOPATHIQUE. adj. de t. g. Terme de Mé- 
decine, dérivé du grec, ■nf'^Tit , premier, &Ta5.ii(, ma- 
ladie. Ainfi ce mot lignifie littéralement maladie pre- 
mière, c'ell-à-dire, qui n'eft ni précédée ni produite 
par une autre , par oppolition à deuteropathique. 
PROTOScBASTE. f. m. Miniftre d'Etat. Principal Mi- 
nillre. Alexis Protoveftiaire & Protoféhafie gouver- 
noit l'Impératrice & le jeune Empereur Ion fils. Fleu- 
ri , Hijl. Eccl. in-i 2. T. XF ,p. 446. 
PROTOiiPAlHAlRE. f m. Nom d'un Officier de la 
maifon des Empereurs de Conftantinople. Protofpa- 
tharius. Le Protofpathaire étoit le Commandant , le 
Chef, le premier officier des Gardes de l'empereur , 
qu'on nommoit Spatharii :, Spathaires, à caufe du fa- 
'bre ou de l'épée large dont ils étoient armés, & qu on 
appeloit yj'arÀd. Bùllandus , Acl. SS. Febr. T. 1 , 
p. ssr. 
PROTOSTA7EUR. Premier Ecuyer. Fleury , Hijl. 
Eccl. in-i2. T.XFIII,p.2Û7. Ce mot, & quel- 
ques autres titres de la même Hiftoire , font plus 
grecs & latins que françois. Auffi M. Fleury , Hiftorien 
alfez exact, y joint. ordinairement l'explication. 
PROTOSYNCELLE. (. m. Nom de dignité & d'office 
dans la maifon du Patriarche de Conftantinople. Le 
chef des SynccUes , ou de ceux qui logeoient dansle pa- 
lais patriarchal. Protofyncellus , Patriarche Vicarius. 
C'éroit l'une des premières dignités cccléfiaftiques chez 
les Grecs. Le premier domeftique du Palais patriar- 
chal eft appelé Protofyncelle ; mais ordinairement 
c'eft le Vicaire du Patriarche, ou d'unEvcque de l'E- 
giife grecque. Acad. Fr. Chaque Eglife épilcopale 
avoir fon Protofyncelle j qui prenoit le titre de Pro- 
tofyncelle de la grande Eghfe, ce qui ne fignifioitpas 
un Officier de l'Egiife de Conftantinople, mais bien 
du lieu où rélidoit celui qui prenoit ce titre. 
PROTOTHRONE.f m. Terme de l'Hiftoire Eccléfiaf- 
tique. Evêque d'un premier Siège. Protothronus. By- 
fance n'étoit originairement qu'un Evêché fuffiagant 
d'Héraclée. C'cll pourquoi quand il fut devenu Siège 
Patriarchal , l'Archevêque d'Héraclée conferva fon 
droit d'ordination ; mais en cas que le Siège d'Héra- 
clée fut vacant, l'ordination du Patriarche de Conftan- 
tinople appartcnoit au Métropolitain de Célarée de 
Cappadoce, comme Protothrone ^ c'eft-à-dire , Evê- 
que du premier Siège. Fleury, Hif. Eccl. L. LV. 
Car ceux qui étoient Exarques avant l'éreéliondu Pa- 
triarchat de Conftantinople , ne furent depuis que 
Prvcothrones. Id. 
jPROTOTYPE. f. m. Original , modèle fur lequel on fe 
«^oic foituer. Frçtotypum j archedpum ^ excmplar. Il 



fe dit particulièrement des chofes qui fe gravent, qui 
fe moulent , ou qui le jettent en fonte. On a moulé ces 
figures imlc'i prototypes qui font à Rome. Ce carre 
de médaille eft le prototype fur lequel on a moulé 
toutes les autres. 

On le dit aulîi .au figuré : Homère eft \t prototype de 
la Poche héroïque. C'eft un prototype de fagelîe. Ex- 
prellîon du ftyle badin. 

PROTOVESTIAIRE. f. m. Nom d'office à la Cour des 
Empereurs de Conftantinople. Protovejliarius. C'é- 
toitce que nous appelerions aujourd'hui Grand-Maî- 
tre de la Garde-Robe. 

PROTRYGÉES. f f. pi. Fête qu'on célébroiten Ihon- 
neur de Neptune & de Bacchus avant le vin nouveau. 
De Tfvç, rpvjo's , vin nouveau, 

PROTUBÉRANCE, f. f. Terme d'Anatomic. Eminen- 
cc , avance ; ce qui avance , ce qui tait laillie au-delà 
de quelque partie. Tuber ,tuberculum,protuberantia ^ 
prominentia. Les protubérances orbiculaires du troi- 
fième ventricule du cerveau s'appellent nates j Se les 
apophyles , des protubérances orbiculaires , tejles. 

DluNIS. 

^3° On le dit auffi en Conchyhologie pour défigner l'a- 
longement d'une partie teftacée. 

PROTUTEUR, f. m. Terme de Palais. Celui qui a géré 
en la place du tuteur , ÇdT qui , n'ayanr point été 
nomm j tuteur, a pourtant adminiftré les biens d'un mi- 
neur; tel que fcroit celui qui épculeroit une tutrice. 
Pror^ifor. Par 1 Ordonnance de 1667, les tuteurs & 
protuteurs (ont obligés de rendre compte aullî-tôt que 
leur geftion eft finie. 

PROU. adv. Il ne le dit qu'en riant & dans le comique. 
Il fignifie beaucoup , fuffifimment. AIultLm ,fatis. Les 
hâbleurs ont prou de babil, mais peu d'exécution. Il 
f^ut diftribuer à chaque Paroiffien du pain bénit , lui 
en donner peu ou prou. Vieux mot. 

Pour Dieu ne prene^ point de vilaine figure , 
J'ai prou de ma frayeur en cette conyon'dure. Mol." 
PROVADA. Nom d'une ville de la Turquie , en Euro- 
pe. Provadia. Elle eft dans la Bulgarie, environ à dix 
lieues de Trémilwar, vers le couchant. Maty. 
PROUE, f. f. Terme de Marine. C'eft l'avant du vaif- 
feau foutenu par l'eftrade , au-devant duquel eft l'é- 
peron , qui (ert à fendre l'eau pour le palîage du bâ- 
timent. Prora. La. proue eft plus bafte que la poupe, 
&c n'a pas auffi tant d'étages. Elle a le gaillard de proue. 
Sa pointe s'appelle Ve'peron , lur lequel on met or- 
dinairement une figure qui donne quelquefois le 
nom au vailfeau. La p/o«e eft compoiée de plufieurs 
pièces, qui font aiguilles:, gorgères , herbes , jote- 
reaux , portevergues , 8c autres pièces qui lont atta- 
chées à l'eftrade & aux côtés de la proue. Les Anciens 
reprélentoient des becs d'oileau à la proue de leurs 
navires; ce qui les a lait appeler roftra. 

On dit, voir dt proue , c'eft-à-dire, voir devant foi. 
Fidere ante. Donner la proue , c'eft prelcrire la route 
que doivent tenir les galères. En parlant des vailfeaux, 
on dit donner la route. Quand lèvent donne par jPWtte, 
c'eft-à-dire, qu'il eft contraire. 

Les Médecins appellent l'os delà proue Se de lamé- 
moire , l'os du derrière de la tête. Os prora. L'os oc- 
cipital. 
PROVÉDITEUR. f. m. Officier qu'on nomme ainiî en 
Italie , Se particulièrement à Venife. Proveditor. Il y 
a diverfes fortes de Prove'diteurs à Venife. Les trois 
Prove'diteurs da Commun, &c. Le Prove'diteur gé- 
néral de mer n'eft que trois ans en charge. Le Pro- 
ve'diteur du commun eft un Magiftrat , qui eft 
à-peu-près la même chofe quel'Edile des Romains, les 
Confuls du Languedoc, 8c les Echevins dans les autres 
provinces de France. Les Prove'diteurs^ aile ragioni 
vecchie , aile hiade i alla Giujlitia vecchia,8cc. ont 
aufli 1 intendance fur la Police, le domaine de la Ré- 
publique, &c. Le Prove'diteur de mer eft un Officier 
dont l'autorité s'étend fur toute la flotte , loifque le 
capitaine général eft ablent. Il manie particulièrement 
l'argent. Se paye les loldats & les matelots. lien rend 
compte à fon retoiu" au Sénat. Le Capitaine général 



pro 

Se le Provédheur de mer fe fervent d'efpion l'un à 
l'autre. Quoique le Provcdiceur idxiuûiûcni au Gc- 
nL-ralilfime , la puillance cft pourtant partagée dételle 
forte , que le Provcdiccur a l'autorité (ans \.\ force , 
&: le Général a la force fans l'autorité. La réfidence or- 
dinaire du Provéiïtcur ell: à Corfou. Cette cliargc ne 
dure que deux ans. Il y a un Provéd'ucur général des 
îles de Corfou , de Zantc , de Céfalonie , du Irioul , 
i'c.Cefontdesefpèccsde Gouverneurs, /'oj" Amelot. 

PRovÉDiTtUR de la Douane. On nommme ainfi à Li- 
vouriie celui qui a l'intendance & le loin général de 
la Douane, & des droits d'entrée & de iortic de cette 
ville. 

PROUEIL. f. m. Terme d'Agriculture. Morceau de bois 
fourchu qui fert à attacher les boeufs à la charrette. 
DicT. DPs Arts. 173 1. 

PROVENANT , ANTE. adj. Qui vient, qui tire fon 
origine de quelque chofe. Provenïcns , vel ortum du- 
cens. Tous ces cUcisprovenjns delà lucceflion de (on 
père , de la vente de les Charges ont été partagés. Les 
cniaws provenans du pretiiier mariage font décédés. 

PROVENÇAL , ALE. f. m. & f. Qui ell de Proven- 
ce. Provincialis. Les Provençaux ont de l'efprit & 
beaucoup de vivacité. 

Provençale, f f. Terme de Joueur qui fe dit en cette 
phrafe : Faire la provençale. C'eft jeter toutes les car- 
res les unes après les autres fur le tapis &' en diltéten- 
les places , a(in qu'elles loienc mieux brxjuillées & 
mêlées. 

Provençale. Terme de Fleurifte. Anémone qui eft verte 
& Heur de pécher, allez belle. Morin. 

PROVENCE. Nom d'une province méridionale de 
France , qui s'avance le plus vers le midi. Provincia. 
Les Romains qui furent maîtres de ce pays , avant 
qu'ils conquillcnt le refte des Gaules^ l'appelèrent la 
petite Italie, &: la province des Romains, d'où elle a 
pris le nom de Provence. Elle s'étend depuis les Alpes 
jufqu'au Rhône; ce fleuve la fépare du Languedoc , 
qui e(l au couchant, & les Alpes la féparent des Etats 
de Savoie , qui font au levant. La mer Méditerranée 
Li baigne au midi, & le Dauphiné avec le Contât Vc- 
naiflîn , la conlînent au nord. On lui donne quarante- 
quatre lieues du couchant au levant, & trente-quatre 
du nord au fud. A la rélerve du Rhône , qui n'en bai- 
gne qu'une petite partie , il n'y a point de rivière con- 
lîdérable : la Durance dont le cours eft allez long, le 
Verdon & l' Argents ne font que de grands torrens , 
inutiles à la navigation , & nuilîbles aux campagnes 
par où ils palfent, 6c qu'ils gâtent beaucoup par leurs 
débordemens. L'air eft fort différent dans cette pro- 
vince; vers les Alpes & le Dauphiné, il eft froid: le 
long de la côte , il eft (î doux , qu'on n'y voit que ra- 
. xement de la neige & de la glace : le milieu eft un 
. peu plus froid, mais pourtant fort tempéré. Toute la 
Provence eft alfez fertile vers les Alpes , en grains & 
en pâturages; & ailleurs en grains, vins, olives, figues, 
amandes, prunes, grenades, & toutes ibrres d'autres 
petits fiuits. On y voit même le long de la côte, de- 
puis Toulon jufqu'à Nice , des forets d'orangers de 
de citronniers , qui croilfent en pleine terre , de même 
que les autres arbres. Ses villes principales font Aix 
Capitale, M.irfeille, Arles, Toulon, Hières, Fréjus, 
Antibe, Grâce, Vence, Draguignan, Brignole, Riez, 
Digne, Siftéron, Forcalquier, Manofque, Apt & Ta- 
rafcon. Cette province a eu autrefois titre de Royau- 
me, qui étoit le même que le Royaume d'Arles, dont 
nous avons parlé au mot Arles. Elle eut enfuite (es 
Comtes particuliers & fouverains, qui polfédoient le 
Comté de Nice, le Comtat Vénailfm , tk la ville d'A- 
vignon. Ces pays en ayant été détachés , elle fut don- 
née telle qu'elle eft aujourd'hui par Charles du Mai- 
ne, dernier Comte de Provence, 3i Louis XI , Roi de 
France, qui l'unit pour toujours à la Couronne, l'an 
1481. Elle avoir autrefois fes Etats compolés de tout 
le Haut-Clergé , de toute la Noblelfe, & des Députés 
des Viguerics & d'un certain nombre de villes ; mais 
depuis 1659 , on n'y a plus tenu que des aflemblées 
«îompofécs des Députés des villes , di des procureurs 
du Clergé & de la NoblelTc. 



PRO 



2p 



PROVÈNDE. f f. C'eft un boilfeau qui contient la me- 
(ure de grain qu'on d./iine à une bête de travail pour 
fa nourriture ordinaire. En ce (ens il n'eft en ufagc 
qu'à la campagne. A la ville on le dit de la provilion 
de vivres dans une mai(on , dans une Communauté. 
Quand un Rehgieux va à la quête, on dit qu'il va a 
la provcndc. 

Les biens aflîgncs aUx Clercs pour leurs vivres, s'c- 
tant d'abord appelés provendes, (elon Palquicr L.IIl, 
chap. XXXVI I , on en étendit la lignification a toutes 
fortes de providons de bouche. 

Un Villageois avait à l'écart fon lo<ns : 
Mef/er Loup attendoit chape-chute a la porte , 
Il avait vufortir gibier de toute forte ; 
Veaux de lait , agneaux & brebis , 
Régiment de dindons , enfin bonne provende. 

Fables de la Font, part i. liv. 4. fab. 16, 

Cet mot eft du ftyle familier, & vient, félon quel- 
ques-uns, du Latin pmhenda. 

PROVENDIER. f m. Vieux mot. C'eft un boilfeau con- 
tenant la provende, ou ce qu'on donne à la lois à un 
cheval , ou autre bête. 

PROVENIR. V. 11. Venir d'un certain lieu, en tirer fon 
origine. Provenire , procedere j cmanare , dimanare. 
Tous nos biens proviennent de la grâce de Dieu. S'il 
a du bien , cela provient de fon induftrie , ou de fa 
bonne fortune. Ces deux maifons ionx. provenues de 
la même tige , de la même race. 

Provenir , ligiiilîe auilî, être caufe. Procedit ex eo 
quod. L'éclipie de la lune provient de ce qu'elle eft 
dans l'ombre de la terre. La ftérilité provient de ce 
que l'année eft trop sèche. Cet abcès provient d'ua 
amas d'humeurs corrompues, d'une chute. 

Provenir, fe dit auiîl du fruit, du profit qui revient de 
quelque choie. Provenire. Tous ces fruits lont prove^ 
nus de cet arbre feul. Il me doit provenir tant de blé 
de cette ferme. 

PROVENU, UE. part. Ce mot eft aufTi employé fubf- 
tantivement', \t provenu; alors il fignifie le profit qui 
provient d'une affaire. Acad. Fr. Le provenu des biens 
confilqués des prifonniers de l'inquifition de Goa , 
étant porté au Tréfor Royal, les Inquifiteurs ont droit 
d'y envoyer des ordonnances quand ils veulent, & 
pour les femmes qu'il leur plaît, pour fubvenir aux 
dépcnfes &: aux nécefîités tecrètes du (aint Office; ce 
qui leur e(f d'abord payé comptant, (ans que perlonne 
o(e s'iuformer en quoi confiftent les bcfoins (ecrets» 
Voyages de Dellon. T. II. ch. jS. p. jj. 

ifT On dit dans le commerce, net provenu, ou prove- 
nu net , pour marquer ce qu'a rendu une marchan- 
dife, rares & frais déduits. Le net provenu du poivre 
que vous m'avez envoyé, monte à tant. 

PROVERBE, f. m. En termes de l'Ecriture, il fignifie 
Sentence. Provethium , fententia. Le Livre des Pro- 
verbes , eft un Livre de la Bible qui contient les 
Paraboles ou Sentences de Salomon. 

Proverbe, ne fignifie pas toujours un quolibet, ou une 
penlée triviale & vulgaire. Ceux de Salomon n'entrent 
point dans cette définition. Ce font des propos feii- 
tentieux, utiles à la fociété civile, & à la conduite des 
hommes. De Launoy. Sententix , effata. 

Proverbe , fe dit communément des façons de parler 
triviales & communes, qui (ont dans la bouche de tou- 
tes ("ortes de perfonnes. Triviales fententi.^ ,dicla corn- 
munia. Les proverbes qui failoient autrefois une par- 
tie des richeffes de notre langue , n'entrent point au- 
jourd'hui dans un dilcours férieux, & dans des com- 
pofitions relevées. Rien n'eft plus défagréable dans un 
ouvrage que des locutions proverbiales qu'on ne (up- 
porte que dans la converfation, & quand on a deiîein 
de badiner, ou tout au plus dans une pièce comique. 
Elles relfcmblent à ces habits antiques, qui ne fervent 
qu'à des mafcarades &C à des ballets. En un mot , il 
faut beaucoup d'art pour alfaifonner \cs proverbes , Se 
pour leur ôter ce qu'ils ont de bas & de popul.;irc. 
BouH. Les fentences font Xci proverbes des honnêtes 
\ gens, comme \zi proverbes font les fentences du pea- 



p'.e. Idem, Jufqu'au proverbe !e plus popiilaitc, tcuc 
peut leivir à un clpat adfoic. M. Scud. Voulez-vous 
nous .illalîiuer de vos proverbes? G. G. On joue aux 
proverbes , quand on tait quelque geltc , ou teptékn- 
tation qui déligne , ou qui explique quelque prover- 
be. Claris ne joue à rien li ce ii'eft aux proverbes. Sar. 
Il y a la Comédie des proverbes, où l'on ne parle que 
par proverbes. Oudin a tait un recueil allez ample 
des proverbesYïa.ncois , (bus le titre de Curiojités Fr.in 
ço!jis. Jofeph Scaliger a fait une verilon des prover- 
bes Arabes en 1614. André Schot Jéfuite, a tourné la 
plupart des proverbes Grecs, tirés de Zénobie, ou Zé- 
nodote , de Diogénien , de Suidas , &c. 

Les proverbes ne tiennent pas mal leur rang dans 
les épigrammes, ils y peuvent être icmés de bonne 
grâce, & même quelquefois en fiire la conclufion. 
Quoi qu'on dife contre les proverbes que certains 
€('prits, qui fe prétendent fupétieurs, veulent renvoyer 
au bas peuple, il elf hors de doute qu'ils contiennent 
la quinteirence de la raifon & du bon fens i que c'eft 
par un confentement univerfel de tous les âges &c de 
toutes les nations , qu'ils ont tranlmis le dépôt qui 
leur a été confié à tout ce qu'il y a eu de peuples 
les plus polis depuis le berceau du monde: que plu- 
fieurs grands hommes,rels que font Erahne,& Polydore 
Virgile , n'ont pas dédaigné de cornpoler d'amples 
Traités, pour nous développer les mylicies qu'ils ren- 
ferment, & que long-temps avant eux Salomon a bien 
^^oulu nous voiler fous leur écorce toute la philolo- 
pliie des mœurs. Senece. 

Je fuis de l'opinion de Cardan, lorfqu'il dit en fes 
Livres De Sapientiâ , que la fagelfe & la prudence 
de chaque nation confiftc en les proverbes ^ & Salo- 
mon nous recommande d'y prendre garde. Mascur. 
S. Paul s'cft fervi de proverbes dans l'Epïtre à Tire, 
Ch. I. Crecenfes. 

Un des meilleurs ouvrages que nous ayons fur les 
proverbes , efh celui qui a pour titre: Les illujîres Pro- 
verbes nouveaux & hifiorïques , à Paris, chez Pépin- 
gué, 2 vol. //2-12. 1665. Celui de Jacques Moifant de 
Brieux, intitulé: Les origines de quelques coutumes 
anciennes ^ & de quelques façons de parler triviales. 
Caen. 1672. 

PROVERBIAL, ALE. adj. Qui tient du proverbe. Pro- 
verbic'us. Cette façon de parler eft proverbiale. 

PROVERBIALEMENT, adj. D'une manière proverbia- 
le. More proverbiali, velmodo. Un tel mot le àix. pro- 
verbialement. 

PROUESSE. 1. f. Bravoure, adion de valeur & de har- 
diellc. Prxclarum facinus , faclum , gejlum. Les Ro- 
mans racontent mille proucffes de leurs Chevaliers 
errans. Les délicats du temps ne veulent plus qu'on 
ufe de ce mot, & difent qu'il elt vieux. L'Académie 
en parle de même, & dit qri'il ne peut plus palier 
qu'en l'employant par plailanterie, lorfque l'on veut 
parler des excès qui fe i^ont en certaines chofes. Il eft 
vrai qu'il ne s'emploie point dans le ftyie noble & 
& férieux; mais il eft très-propre pour le moquer de 
la vanité de ces jeunes fantarons qui vantent incel- 
famnient leurs exploits & leurs /'/•o//(;_//ej-.VAUG. Corn. 
Ne prônez point tant vos proueffes amoureules , de 
peur d'alarmer les maris foupçonneux. Vill. Quelque 
ardeur qui vous prelle, ne Liites pas tant de proue[/es. 
Voit. Les femmes font quelquefois plus de prouejjes 
avec leurs éventails, que les hommes avec leurs épées. 
Le Spectateur. 11 vient du vieux François , Pro// j 
multùm. 

PROUFACE. vieux adj. Eft: un falut qu'on faifoit au 
fortir de table aux conviés, en louhaitant que ce qu'ils 
ont mangé leur profire. Proficiat. La civilité puérile 
apprend aux enrans à dire à la fin des gûces: proufa- 
ce mon père, ma mère & toute la compagnie. On di- 
foit autîî à ceux à qui on donnoit quelque choie, ou 
à qui il arrivoit quelque aventure, prou vous jaffe , 
ou grand bien folle ou prou. Ces mors ne font en ufa- 
ge. Se ne le dilent que pat raillerie. Prou vienr de 
probe latin, ou de /to j vieux mot François qui lîgni- 
îioil profit. MÉn. Borel le dérive de proficio. 

PROVICAIRE. f. m. Qui tient la place d'un Vicaire, & 



PRO 

en fait les fondions. Les Provicaires d'un Evêque. P. 
Ll Comte. 
PRCWiDENCE. f. f. Terme de Théologie. Il ne fc dit 
que de Dieu , pour marquer la luprcme lagelle avec 
laquelle il conduit toutes choies. C'tll la lagelle & la 
puilfance que Dieu déploie dans la conlervation du 
monde, & dans l'adminiftration de toutes chofes. P/i)- 
vtdentia. Les foins de la Providence s'étendent à tout 
ce qui le palleici-bas. Dac. S'il n'y a point de Pro- 
vidence , vous détruilez la Divinité. Fléch. 11 atten- 
doit avec crainte les ordres de la Providence. Pat. La 
Providence nourrit les oileaux du ciel. L'Evangile nous 
conleiile de nous repolerlur la Providence , 8c den a- 
voir poinr de Icaici du lendemain. On confond fcu- 
vent la fortune avec la Providence : c'cft un langa'^e 
payen que les Chrétiens ont retenu. Le Ci.. Ce dé- 
rangement univcrlel & continuel des choies humaines, 
tout défordonné qu'il femble à nos yeux , eft couitai^.t 
dans l'ordre de la Providence. Flécu. Les chofes hu- 
maines ne roulent point à l'aventure, ni au gré de la 
Fortune; il y a une éternelle Providence (\m gouverne 
l'univers. Vaug. La conduite de la Providence eiï très- 
oblcure : quand Dieu afflige les hommes , on ne fai,ç 
s'il les châtie, ou s'il Icsépiouve. Boss. L^Providence 
de Dieu eft confulément adminiftrée en ce monde \ 
&c l'on ne peut juger qui lent ceux que Dieu aime , 
ou qu'il hait, par les adverfités , ou par fes afîlicfciuns 
qu'il envoie. Flecii. Les fautes des juftcs entrent dans 
l'ordre de la Providence , & fouvent Dieu s'en fcrc 
pour exécuter fes delFeins. Nie. Claudien a mis en 
balance fi le monde eft régi par une Providence fage, 
ou par l'aveugle fottune, en voyant la vertu oppti- 
mée , & les fcélérats dans la profpérité. S. Evr. 
Quelques-uns ont mieux aimé louftraire le monde 
à la conduite de la Providence , que de la faire enrrer 
dans le mal. Ju. C'eft le Philolophe Thaïes qui le pre- 
mier s'eft fervi du terme de Providence. Entre les 
Philofophes les uns ont nié que la Providence fe mê- 
lât des chofes d'ici bas , pour la lailfer jouir d'un pai- 
fible repos. Les autres en ont contefté 1 exiftence à cau- 
fe de la difttibution, injufte en apparence, des biens 
& des maux, qui femblent tomber indifféremment fur 
les bons & les mauvais. Cette conduite extérieure de 
la Providence leur a fait juger que tout roule à l'aven- 
ture. S. Evr. La Providence a lailfe des marques très- 
fenfibles qu'elle régit l'Univers, & qu'elle s'intérefTe 
à la conduite des hommes. Cl. Les hommes Apofto- 
liques n'ont point de plus riche trélor que leur pau- 
vreté, ni de fonds plus fur que celui de la Providence. 
P. BouH, 
A quoi fert de lutter contre l'arrêt des Dieux ? 
Souvent leur providence , &fes ordres fuprimes , 
Pour les venger de nous, nous livrent à nous-mêmes. 

BrÉp, 

fCTPROviDENCE,en Mythologie. Les Romains en avoient 
fiiit une Déeire. On la reprefentoit ious la figiite d'u- 
ne femme appuyée fur une colonne , tenant de la maia 
gauche une corne d'abondance renvetfée , & de la 
droite un bâton avec lequel elle montroit un globe , 
pour faire entendre qu'elle étendoit les foins à tout 
l'Univers. Elle étoit fouvent accompagnée de l'aigle 
ou de la foudre de Jupiter, parce qu'on artribuoit la 
providence à Jupiter, comme au Souverain des Dieux. 

Providence. Les Filles de la Providence. C'eft un nom 
que l'on donne en France à des<^ommunaiués difré- 
rentes de filles établies en plufieurs villes. Filit. Pro- 
videntiK. divine. La première maifon qui a , ditcn, 
fervi de modèle & d'exemple aux autres, fut établie à 
Paris par Madame Marie de Lumrgns , veuve de M. 
Polaillon , Confeiller du Roi , Ik fon Rélident à 
Ragufe. Louis XIII donna des Lettres Pcitentes en 
1645 , tk &z la Communauté fut commencé en 1647. 
En i6)i , Anne d'Autriche leur donna la maifon de 
Santé de la rue de l'Arbalète , fauxbourg S. Marcel. 
Elles font deux ans d'épteuve, &: à l'àee de 20 ans, des 
vœux fimples de chafteté, d"obéiirance,(-\'de fervir le 
prochain félon leurs conftitutions, & de ftahilité dans 
la maifon. 11 y a à Rouen une autre Maifon de filles 



PRO 

de la Providence j fondée en i666,ÔC qui cft icgar- 
dcc comme Chef d'Ordre. Voyez h Defcript.Ccorn. 
& Hifl. de Li Ihnae-Kofm. T. 11. p. 12S. 

Clerc de la Providenc:. Nom de Religieux. Pro- 
videnuA Ckricus. L'Ordre des Clercs de la Providen- 
ce fut établi l'an 1414, le 14 Septembre jour de lE- 
xaltation de Sainte Croix. 

PROVIGNEtl. V. a. Faire desprovinSj les coucher en 
terre pour leur faire prendre racine, ^' par ce moyen 
renouveler les fouclies d'une vigne. Propagare vi- 
tem. Proviijner une vigne pour la regarnir. 

0Cr Les farmens que l'on couche ainfi ,ic nomment pro- 
vins ou marcottes. ALiis le terme de provigncr s'tlt 
étendu à tous les arbres qu'on multiplie de cette 
façon. 

ÇdT pROViGNER, eft aulîî neutre, & fignifie la même 
chofc que multiplier. Ce plan a beaucoup ^rov?i,'/;c' 
cette année. 

Provigner, fe ditaulîî figurément en Morale, de ce qui 
le multiplie. L'hcrélie a bien provigne dans un telle 
Province. La Foi Catholique a bien jprovi^we dans la 
Chine. Les Millionnaires l'ont bien fait provigner. Les 
Chicaneurs provignent les procès autant qu'ils peu- 
vent. 

Ce mot vient du Latin provineare ^ ou de propagi- 
nare. Ménage. 

PROVIGNÉ , ÉE. part. 

PROVIN. f. m. Branche de vigne qu'on couche , !k qu'on 
couvre de terre, afin qu'elle prenne racine, es: îaile 
de nouvelles louches. Pro^.'^o. Il faut renouveler les 
vigneii de temps en temps, & y t.airc de nouveaux ^ro- 
vins. Ce mot vient de provinium. 

i^CT PROVINCE, f. f. Terme d'Hiftoire Romaine. Les 
Romains appcloient /jrov/fftej-j fous les Etats par eux 
conquis hors de l'I&'ie. Bello parta , provinci.is ap- 
fellabant. Provïncia , dit Feitus , propne dicitur ré- 
gie quam populus Romanus provicit , id efl,ante vicit. 
Une provmce étcit donc un gouvernement établi dans 
un pays conquis par les armes. Ces provinces étoient 
adminidiées par des Magiftrats qu'on y envoyoit de 
Rome avec un pouvoir abiolu. Cesgouvemctus étoient 
Confuls, Proconfuls , Préteurs ou Proprèteurs. Ce il 
pourquoi l'on dillingue les provinces coniulaiies des 
aunes. Réduire un Etat en province, c'étoit l'ailnjettii- 
aux Lois Romaines & à un Gouverneur Romain. 

$3" Quoique les gouvernemens dans lelquels on divife 
aujourd'hui les Etats {ouvcrains,ne foient pas de cette 

■ nature, on n'a pas lailîé de conlerver le nom de^ro- 
vince. 

fCr Nous entendons aujourd'hui par province j une cer- 
taine étendue de pays, qui fait partie d'un Royaume, 
d'une Monarchie , d'un Etat , dans laquelle font com- 
prifes plulîeurs villes , bourgs, villages, hameaux, <S'c. 
fous un même gouvernement , ik qui fe diftingue or- 
dinairement par l'étendue d'une Jurididion fpirituelle 
ou temporelle. Provincia. Les Etats d'une province. 
Les Députés A' m\c province. Le gouverneur de lupro- 
vince. 

Les Provinces étoient originairement des Duchés, 
Comtés, au autres Seigneuries conlidérables qui ont 
été réunies lous un même Chef. Maintenant ce font 
des Gouvernemens. 

On :ippe\\e Province Ecdéfiaftique, l'étendue de la 
Juridiction d'une Métropole. Il y a dix-huit Provin- 
ces Eccléliaftiqucs dans le Royaume. En ce fens on 
dit plus ordinairement Province-, abfolument. La Pro- 
vince de Lyon, de Sens, de Rheims, de Paris, 6'c. 
AcAD. Fr. 

(fT On le dit auffi parmi les Religieux d'un certain nom- 
bre de couvens fournis à la diredlion d'un Supérieur 
qu'on appelle Provincial. Cette divifion efl abfolu- 
ment arbjtraire , & n'a aucun rapport avec celle qui 
regarde l'Etat Politique ou l'Etat Eccléfiallique. Les 
Cordeliei': de la Province de France, &c. 

i^' On fe lert quelquefois du mot province , pour dé fi- 
gner un endroit éloigné de la Cour ou de la ville ca- 
pitale. Il eil allé demeurer en Province. C'efl: un hom- 
me de Province. Les Nobles de Province font de pe- 
tits tyrans. 



PRO 



Jl 



fl'y Dans ce fens il fe prend en mauvaife part par oppo» 
(ition à la Cour, a la capitale, l^uand on dit .,u un 
honnne a encore un air de Province , on entend .,u il 
n'a pas encore pris les aiis du grand monde , c,u il a 
encore les manières de (a Province. On dit en ce lens 
accent de Province , langage de Province, 
Grellct dit en badinant : 

L!le avoit de beaux yeux pour (les yeux de Province. 

Provinces Libres. Nom d'une contrée appelée Frey- 
Aernpeerparlcs Suillcs. Provinciit liberic.(^Xl\ un pe-» 
tit pays de la Suille qui cft le long du bord occidental 
dclarivière deRuH.On dit que Mc)cnberg,Hichcnlée 
(!<i Argow,qui en (ont les principaux villages, étoient 
autrefois des villes qui avoient de grandes hanchifes, 
& que c'eft de-la que le pays a pris le nom de Pro- 
vinces libres. Quoi qu'il en (oit, ce petit pays cft au- 
jourd'hui un Bailliage , qui appaiticnt en commun à 
pluheuis Cantons , dont le Bailli tait (a rélidencc à 
Murci , qui el^ une grande Abbaye, & bien bâtie. 
Mat Y. 

Provikces-Unies des Pays-Bas. Nom des Provinces , 
qu'on appelle allez (ouvent la République de Hollan- 
de, ou iimplement la Hollande; elles (ont la partie 
(eptentrionale des Pays-Bas. Belgium jœderatum, Prc 
vinciie fœderat£ Belgii. Elles font bornées au midi par 
la Flandre, le Brabant , la Gueldrc Efpagnole, &c le 
Duché deClèves; !k au levant par l'Eveché de Munf- 
ter, & par le Comté d'Embdc-, la mer d'Allemagne 
les baigne au nord & au couchant. On donne à ce 
pays quarante-fix lieues du nord au (ud, & quarante 
du couchant au levant; l'air y eft fain, les hivers un 
peu long, mais fort (upportablcs , & les étés très- agréa- 
bles. Il eft baigné par la Meufe, le Rhin, llll'elj le 
Vecht , & plulîeurs autres rivières ; & on y voir outre 
cela, un très grand nombre de beaux canaux. Le ter- 
roir eft très- abondant en pâturages, moins en grains^ 
& il ne produit point dt vin; cependant par le moyen 
de la mer & des rivières , on y voit une abondance 
fnrprenante de toutes chofes. il y a un grand nombre 
de villes, de bourgs , de villages , & dhabitans; le 
commerce y fleurit extrêmement. La religion rétor- 
nrèe y eft la dominante; les Prottftans & les Arminiens, 
fous le nom delquels on comprend aulli les Sociniens, 
y ont l'exercice public de leur Religion. Les Catho- 
liques & les Anabatiftes ont les lieux de leurs exerci- 
ces, moins expoiés à la vue que ceux des autres, mais 
qui ne font pas moins connus, ni plus inquiétés. Les 
Provinces-Unies (ont au nombre de (ept. LaGueldre, 
à laquelle eft uni le Comté du Zutphen, la Holl.ande, 
la Zélande, la Seigneurie d'Utrccht, lOveriflcl, l'île 
de Groningue, & la Fri(e. Chacune de ces Provinces 
eft une République particulière , qui ne reconnoît 
point d'autre Souverain que (es Etats particuliers. Ce- 
pendant elles forment par leur union un corps géné- 
ral de République, & elles ont pour la conlervation 
de leur union, des Dépurés de toutes les Provinces , 
qui compofent trois Collèges, les Etats généraux, le 
Confeil d'Etat, & la Chambre des Comptes, qui ré- 
fident à la Haye , & qui règlent toutes les affaires 
communes aux fept Provinces. Les cinq premières de 
ces Provinces, ont un Gouverneur général. Amiral de 
la mer, &' Capitaine général des armées de terre. La 
Frife, & la Seigneurie de Groningue, ont auiîî leur 
Gouverneur général, qui tft de la Maifon de Naf av,'_. 
Ces Provinces appartenoient autrefois aux Rois d'Ef- 
pagne, héritiers delà Maifon de Bourgogne: mais Ihé- 
ré(ïe s'y étant répar.due , & Philippe 11 ayant entre- 
pris d'y introduire l'Inqui(îtion , il (e fît dans la vill; 
d'Utrecht, l'an i C79, une union entre les Frirxes de 
Gucldre, de Hollande, de Zélande, d'Utrecht &: de 
Fiile, auxquelles fe joignirent en(uite les I^rovinces 
d'Overiffcl & de Groningue , (^' ces fept Provinces 
ayant à leur tête les Princes d'Orange, le (culcvèrcnt 
contre l'Efpagr.e, & alîîftées de laFraixe, foutinrent de- 
puis ce temps là une guerre, (qui ne fut interrompue 
que par une trêve de 12 ans, ) jufqu'cn l'an 16 j, 8 eue 
le Pioi d'Èlpayre les reconnut par la pais de Muiit- 



jz P R O 

tCL-, poui- des Provinces libres, & pour un Ecat foiive- 
lain. Cet Etat pofsède, outre tes iept Provinces, plu- 
jicuis pays de con.]uetcs, dans la Flandre, dans le lira- 
bant c\; dans le Duché de Linibourg , tur les côtes de 
la Guinée , au Cap de Bonne Elpciance , lur les côtes 
du Malabar & de Cororaandel, dans la pielqu'ile de 
MaL^i, dans 1 île de Ceylan , dans celle de Java, 
dans les Moluques, dont il ell pretque entièrement le 
Maître, de même que de Cuialcao, ik de quelques 
autres îles Antilles, ôc de Surinam fur la côte de la 
Catibane. 

PROVINCIAL , ALE. adj. Qui concerne la Province. 
Provinciahs. Les Baillifs, les Juges Provindciux. Les 
Tréloriers Provinciaux. Commiliaire Provincial. 

Provincial, (e dit fouvent en niauvaiie part, & ligni- 
fie, qui ell de Province, ou qui deincute dans la Pro- 
vince. Un Provincial, c'ell un homme qui n'a pas 
l'air, & les manières de la Cour, qui n'a point vu le 
monde. Il fe dit de ces gens nouvellement débarques 
à Paris, qui ont je ne fai quoi de contraint & d'em- 
batrallé dans leur air, & de peu bbre dans leurs ma- 
nières. In communi vit à radis, tiro. Les P ravin ci ai.. v 
lont toujours prêts à le fâcher, ik à croire qu'un le 
moque d'eux. La Bruy. Ainfi pour fauver le ridicule 
attaché au mot Provincial, il faut dire une Dame de 
Province , en parlant d'une perlonne dont on ne pré- 
tend pas le moquer. Les Provinciaux accablent les 
gens de lettres & de complimens. Une Provinciale le 
récrie niailement fur tout. Bell. Les Provinciaux iont 
la plus incomm ide nation du monde. Scar. 

Provincial, dans ce Icns cft aulli adj. Ils meprifent des 
vers qui font nés d une plume provinciale. Mai. On 
dit aulîî, 2lu provincial, manières provinciales. Lan- 
gage, accent, iï)'\t provincial. Modus at^endi , loquen- 
di provincialis. Le Père Bouhours s'efi: moqué du ti- 
tre de Lettres Provinciales , ou de Lettres à un Pro 
vincial, à cauie du mauvais feus qu'on joint à ce mot. 
C'eft, lelon lui, comme li on les avoit appelées, Ztr- 
tres Campagnardes , ou Lettres à un Campagnard. 

§3° Les Provinciales, ou Lettres Provinciales font de;. 
Lettres fuppotées écrites à un Provincial , à un homme 
de province , contre les Jéfuites. Ces Lettres font uii 
modèle d'éloquence ôc de plaiianterie. Les meilleures 
Comédies de Molière n'ont pas plus de fel que les 
premières, Ik Bofluet n'a rien de plus fublime que les 
dernières. Il cft vrai que tout le livre porte lur un fon- 
dement qui me paroît bien peu démontré. On attribue 
à toute la fociété des opinions extravagantes de quel- 
ques Jéfuites Efpagnols ou Flamands. On les auroit 
tout aullî bien déterrées chez les Cafuifles Domini- 
cains ou Francifcains. On t.âchoit de prouver dans ces 
lettres, que les Jéfuites avoient un deilein formé de 
corrompre les hommes; dellcin qu'aucune Société n'a 
jamais eu , ni ne peut avoir. Ces lettres n'en font pas 
moins un chef d'œuvre. Elles font l'ouvrage de tout 
Port-Royal , qui en rallembla les matériaux. Palchal les 
mit enordie. 

Provincial, f. f. Se ditauffi parmi quelques Religieux, 
de celui qui a la direction iS; l'autorité fur pluheuis 
Couvens d'une Province luivant la divilîon établie dans 
leur Ordre. Provincial pr.fpofttus , vulgo Provincia- 
lis. Le Général a fuus lui pluhcurs Provinciaux. Un 
Provincial ^ pluhcurs Prieurs fuus lui. 

Provincial. (. m. Se difoit autrefois des monnoics que 
les Comtes de Provence battoient. Provincialis. Les 
Provinciaux furent décriés & défendus par S. Louis. 

PROVINCIALAT. f. m. Dignité de celui qui eft Pro- 
vincial d'un Ordre Religieux. Provincialis dignitas , 
vel munus. C'efl: aulli le temps qu'un Religieux clf 
Provincial. Il a fait bien des chofes pendant (on pro- 
vincialat. Le Général de Montalte lui recommanda fur 
toutes choies le Père Antoine deTrevife, qui avoir 
grande part au Provincialat , ik qui outre la recom- 
mandation du Général avoir encore des lettres très- 
preffantes des Cardinaux Carpi &c Alexandrin. M. le 
Peleticr, Vie du Pape Sixte V. T. Lpag. r^^p. Ce 
n'eft point, dit le P. PoilFon, par légèreté, "par inconf- 
rance, qu'après avoir autrefois renoncé au Provincia- 
lat j lorfque la pluralité des Ele(aeurs vouloir m'y éle- 



PRO 



ver, qu'après l'avoir même abdiqué une autre fois, 
lorf qu'il me fut déféré par tous les futtrages, a la rc- 
ferve d un f'eul, je lai accepté pour la ttoilicnie fois. 
Ghfervations jur les Ecrits modernes, 2. II. page 

■217 , 21 iV. 

PROVINS. Nom d'une ville de France, fîtuée dans la 
Brie, fur la petite tivière de Vouzie, entre 1 ans «. 
Troies, à quatorze lieues de la prcmièie, & a dcuze 
ou treize de \3.àieu\\ae. Provonum ,PruvLnum. Maty. 
Long. 2 d. 56'. Lat. 48 d. 35'. 

Le territoire de Provins en Brie, dans les Capitu- 
laites de Charles le Chauve, ell nomme Pa^us Pro- 
vifinus 6c Provifinenfis. Dans les Auteurs, & dans les 
titres du commencement de la troïKème race , il eft 
fouvent fait mention des fous & des livres aie Pro- 
vins. Le Blanc Tr. Hijt. des Munn. de France. p> 
il 2. 

Les rofes de Provins font des rofes fott rouges, & 
dont on le ferc pour les cataplalmes & les tcmeiita- 
tions. 

g'CF PROVISEUR, f. m. Ce terme formé du latin pro* 
vifor , providere, pourvoir, avoir foin, veiller a la fu- 
reté , fe dit dans l'Univetfltc de Paris du picmier Su- 
périeur de quelque Société ou Collège. C'tfl ainfi 
qu'on die le Provijeur de Sorbonne. Le Provifeur du 
Collège d'Harcourt. C'cft ce qu'on appelle dans les 
autres Collèges, Principal. C^ mnajîurcha ^ou Gym- 
najlarchus. 

(fJ" Dans d autres Collèges, Pro^ ifeur & Procureur (ont 
termes fynonymes. Celui qui gère les affaires tempo- 
relles , & touche les revenus d une Maifon. Provifeur 
de la Maifon de Navarre. 

^CT C'efl pour cela que les Marguilliers font qualifiés 
dans les aâes, Provifeurs de l'Eglife ou de la Patoiile, 

\fT PROVISION, f. h Ce terme lignifie proprement un 
amas de chofes qui fe confommeut journellement. Col- 
lecïio, comparatio. On le dit généralement de tout ce qui 
ell néccflaire ou ucilepout lafubliflancedesperfonnes, 
d'une ville, d'une province, !k même de ce qui eft 
néceflaire pour la dcfenfe d'une ville de guerre. On 
fuit provi/ion de blc,de vin, de fel, de bois &: des autres 
objets deconfommation.P/oi'///'o«de vin pour une an- 
née. Annona vini. Donhle provijîon qu'ondonnoiràurf 
foldat pour l'armée. Annona dupla. ProviJion jour- 
nalière. Annona diurna. On fait provijîon de livres 
pour s'amufer à la campagne. Une place de guerre 
doit être munie de toutes fortes de provifions débou- 
che & de guerre. Dans ce dernier cas on dit mieux 
munitions de guerre & de bouche, que proyijionst 
Commeatus, 

i<T Faire des provijions , c'eft fe pourvoir des chofes 
néctilaires. lies ncceffarias corrpararc , providere ,o\t 
providere rébus nccejjariis. 

(O" On appelle provijions de carême , ce que l'on man- 
ge en ce temps- là , beurre, poilfon falé, légumes , 
fruits fecs, &c. 

f.CF Dans les chofes morales on dit figurément & fami- 
lièrement provijîon d'érudition, de lieux communs , 
de palîages. Provijîon de ridicules, pour (ike,teuu- 
coup. Ne cherchez pas a lui donner des ridicules, il 
en a fa bonne provijîon. Avec une légère provijîon 
d'érudition, on peut figurer avec les Antiquaires. Val. 
Cet homme a beaucoup lu, il a honne provijîon de 
lieux communs ik de palTages fur cette matièie. 

fer Provision, entérines de Juiilprudence, eflunafte 
par lequel on pourvoit à quelque chofe. 

ifT Provision, fe prend quelquefois pour poirefîion. 
C'efl un jugement interlocutoire par lequel on établit 
en poUellIon de quelque chofe, celui qui a le droit le 
plus apparent-, ptllellion qui n'efl pas irrévocable, 
mais feulement en attendant le jugement du fond. 

{CF C'eft quelquefois une exécution proviloire, comme 
quand on dit que \a. provijîon eft due au titre, c'eft- 
à-dire , qu'entre deux contendans, celui qui eft fondé 
en titre, doit être maintenu ps.ï provijîon , fauf à juger 
autrement en définitive, fi le titre eft m.auvais. 

IJC? L'Ordonnance veut que ceux qui font fondés en 
titre, foient maintenus par provijîon pendant le pro- 
cès, qu'Us jouiffenc nonobftant oppofition ou appel- 
lations ^ 



PRO 

lacions, en donnant caution. Ont n'obtient jamais de 
provijion coniïc le Roi; il plaide toujours main gat- 
nie. Les Piélidiaux jugent fouvciainement jufqu'à 
2J0 liv. en définitive, &c juCqu'à 500 liv. pat provi- 
Jîon. Tout ce qui cft adjuge picalabJemcnt à l'une des 
parties, en attendant le jugement définitif, &c lans 
préjudice des droits réciproques au principal, cil ap- 
pelé provijîon. 

^iJ' On adjuge une provifon à une veuve qui plaide 
pour fon douaire, a une femme qui plaide en fépara- 
tion contre fon mari , à un mineur a qui l'on n'a pas 
rendu compte, &c. Ces provifions(onx. plus ou moins 
fortes, fui vaut la qualité des pcrfonnes, fuivant que 
les biens font plus ou moins confidétables , & autres 
circonftanccs, , ■ 

gCT Si ccsvrov{/îons font accordées pour alimens , on 
les appelle alimentaires. Se elles le payent par pré- 
férence à toute autre choie. Sut un rapport de Chi- 
rurgie on adjuge à un blelïé une provi/iori pour ali- 
mens & médicamens. On donne une provijton pour 
vivre à un Bénéficier (ur les fruits de les Bénéfices 
faifis, à une veuve (ur les biens de fon mari , à un débi- 
teur pendant qu'on décrète les biens , &c. Dans ce (cas 
c'eft un jugement par lequel on accorde une ccrt.iine 
fommc aune peiionne, pour pourvoir aux beluins les 
plus prcllans. 

fCJ* On dit au Palais avoir provijîon de fa perfonne , 
faire quelque choie ^a.i provifion ; pour dire, préala- 
blement , en attendant. 

Provision, en termes de Négoce, fe dit du fond qu'a 
un Marchand pour acquitter une lettre de change tirée 
fur lui. Summa pecunU prdfins & ccvparaca. Ce 
Marchand n'a pas voulu accepter ma lettre de chan- 
ge , jufqu'à ce qu'il eût provifion , c'eil-a dire , que fon 
coirefpondant lui eût envoyé du tond pour 1 acquitter. 

Provision, lignifie aulFi le (alaire dun Commis, d'un 
Favileutj d'un Commuîîonnaire, qui ordinairement 
s'ellime à tant par cent, de l'achat ou de la vente des 
marchandiles qu'ils font pour le compte du Commet- 
tant. Je donne a mon Commilîlonnaire de Gènes, de- 
mi pour cent de provijîon. 

fCT Provision , en matière bénéficiaie , fe prend dans 
des acceptions différentes. C'eft qucf-uefois le droit 
de pourvoir à un Bénéfice. Jus Bencjicium confdren- 
di. C'eft dans ce fens qu'on dit que la nomination 
d'un Bénéfice appartient au Patron, Se la. provi/îon à 
l'ordinaire. 

ffJ" Les provijions font aulli des lettres, des patentes 
pat lefquelles un Bénéfice eft conféré ; le titre en vertu 
duquel on jouit du Bénéfice. C'eft dans ce fens qu'on 
dit obtenir des provijîons d'un Bénéfice ; attendre , re- 
cevoir les provijions de Rome, taire intinuer its pro- 
vijîons. 

^fT On dit aulTi au fingulier des lettres de provijîon. 
Il a prélenté (es lettres de provijîon. 

^^ On dit encore (\\\'vinz provijîon eft nulle & vicieu- 
fe. Provijio , cottano. Alors ce terme délîgne l'adte 
du Supérieur qui a donné le titre. Une provifion ac- 
cordée lut un faux expofé elt nulle. On obtient en 
Cour de Rome Xiprovijion d'un Bénéfice par réfigna- 
tion, par dévolut, par prévention. Un CoUateur or- 
dinaire en donne la provifion j en cas de vacance par 
mort , de démilTion pure tk. (impie , ou de permutation. 
Il faut la nomination du Patron Laïque pour rendre 
valable la provifon d'un Collateur. Les provifons de 
Rome en concours du même jour & date , font nulles. 
Les provifons en Cour de Rome pour les petits Bé- 
néfices , ne font que de (Impies figiiaturcs, qui font 
comme la minute des Bulles, parce que les Bulles ex- 
pédiées en parchemin, & (cellées en plomb, empoi- 
toient de trop grands frais. Cette fignature n'eft autre 
chofe que la fupplique de l'Impétrant, répondue par 
le Pape. La réponfe du Pape eft ces mots. Conceffum 
lui pecitur in pràfmtia D. N. Pûpx, &c écrite de la 
main du Prélat qui préfide à la (îgnatuie. Les grâces 
extraordinaires font fignées de la propre main du Pape, 
en ces mots, Fiat ar fefifur, avec la première Itttie de 
fon nom. On y ajoute d'ordinaire la claufe , que le 
Pape donne à l'Evêque Diocéfain , la commilïïon de 
Tome Fil. 



PRO ?^ 

faire exécuter la concclîîon , fi l'Impétrant en eft jug^ 
digne : c'eft ce qu'on appelle des proviJions j informa 
dignum. En ce cas, il tant obtenir un vifa de 1 Ordi- 
naire. Mais (i l'Impétrant a envoyé à Rome une attef- 
tation de vie &: de maurs de fon Evêque on lui ex- 
pédie Aesprovifons en forme gracieufe , c'eft- à-dire , 
pour être reçu (ans examen , excepté pour les Cures , 
à caufe de 1 examen rigoureux ordonné par le Concile 
de Trente. Comme la date de ces (oitt'i de provfons 
ou (ignatures, cft de grande importance, a cau(e que 
la plupart (ont tondées (ur le droit qu'a le Pape, de 
prévenir l'Ordinaire, les François ont le privilège qu'on 
les date , non pas du jour que la fignature tll expé- 
diée , mais du jour que la date a été retenue, c'tft- 
à-dire , du jour que le (Jouaier eft arrivé- a Rc;me. 
Ceci n'a point lieu peur les Bénéfices eoiilîftoiiaux. 
Les Bulles en (ont datées du jour du Conliftoire oui 
elles font expédiées. En France on peut prendie pot- 
fe/lion d'un Bénéfice fur un fimple certificat du Ban- 
quier, que les provifons font expédiées en Cour de 
Rome, lans attendre qu'elles foient arrivées. 

Provision colorée , cft une provifion en matièie bénéfi- 
ciaie, qui n'a que la couleur &c l'apparence d'un titre 
légitime, quoiqu'il y ait des nullités & des défauts 
couverts par une polfeilion paidble, qui eft crue lé- 
gitime , & n'a point été jugée invalide , pourvu qu'elle 
n'ait point été prile «Si retenue par force & pat violence, 

CCr Provision en commende , ed celle par laquelle ur» 
Bénéfice réguher eft conféré pour erre pollédé en com- 
mende. Foy. Commende. 

^fj" H n'y a que le Pape qui puifTe conférer un Bénéfice 
en commende , ou ceux à qui il a accordé le droit 
d'induit. Foyei Indult, 

|CT Provisions en Cour de Rome, font celles qui font 
expédiées parles Cfticiers de la Chancellerie Romaine 
pour les Bénéfices qui (ont à la collation du Pape. 

§Cr On n'appelle /7roi'{/z"o«^ de Cour de Rome que celles 
qui (ont expédiées pour les Bénéfices ordinaires : cel- 
les que le Pape accorde pour les Bénéfices Ccndfto- 
riaux , s'appellent Bulles. Foy. Bulle. 

Provisions , en fait de charges & ofKces, fignifient les 
Patentes, les Lettres de Chancellerie qu'on obtient du 
Roi pour pofféder une Charge de Judicature , de Fi- 
nances ou autres. Refriptum collati juris. On n t(t 
point reçu aux Charges fans Lettres de provifons. 

^CT Pour les offices de Juftices Seigneuriales , c'eft le 
Seigneur qui donne les provifons (ous fon fcel parti- 
culier. Ces provifons font des commillions révoca- 
bles ad nutum. 

PROVISIONNEL, ELLE. adj. Terme relatif à provi- 
fion, à ce qui a quelque choie de provifoire. Partage 
provifonneL Jugement provifonnel, rendu dans Une 
matière provifoire , c'eft-à-dire, qui requiert célérité, 
& qui doit être jugée par provifion , en attendant ce 
qui fera réglé définitivement. 

PROVISIONNELLEMENT. adj. Par provifion. Celaâ 
été ordonné provifonnellement, 

PROVISOIRE, adj. de t. g. Qui s'applique aux chofes 
qui requièrent célérité , & qui doivent être réglées par 
provifion. Les alimens , les réparations , &c. font des 
matières provifoires. 

On appelle main- levée provifoire, la main -levée 
qui a été ordonn-e en jugement , par provilîon. 

fO° On dit quelquefois unprovifoire. f. m. Pour dire, Une 
matière provifoire. 

PROVISOIREMENT, adv. Par provifion. Il n'a guère 
d'ufage qu'en terme de Pratique. Cela n'a été jugé 
que provifoirement. Acad. Fr. 

PROVISORERIE. f. f. Charge , fonction de Provifeur. 
M. l'Archevêque de Paris a été nommé à la provifoi- 
rerie de Sorbonne. Proviforis munus. 

PROVOCATIF, adj. Terme de Médecine qui s'applique 
aux remèdes chauds, acres, qui mettent le fang en 
mouvement, fynonyme d'aphrodidaque. 

PROVOCATION, f. f. Attion par laquelle on pro- 
voque, on défie, on excite à quelque chofe. Provocii- 
tio , irritatio. Provocation au fommeil , au vomilfe- 
ment. Voy. provoquer. 

PRO VOIRE, f. f. Vieux mot. Prière. Méhun^, au Ca- 



34 



PRO 



dicile. C'eft aulTi un Otatoiie. PirceVAl. BoRri. | 

Orado & Oratonum. 

PROVOQUER. V. a. Appeler au combat, défier. Tro- 
vôcare j /acefflre. Les ennemis nous ont provoqués au 
combat par leurs fréquentes ekatmouchcs. Celui que 
je luis venu chercher, m'a provoqui: \m mcmc au 
combat. Vaug. Provci/z/t';- quelqu'un par des injures 
par des mauvais traitemcus. 

pRcvoQuta. , lîgnihc aulii, exciter, porter à quelque 
chol'e. Excicari: ,provocciri. Celui c^yii a provoque :i\i 
péché, qui la conleillé, qui y porte les autres, pè- 
che autant que celui qui le commet. 

1^3" Dans cette acception il le met toujours avec à, foit 
avec un nom , iuit avec un verbe à lintinitif. Provo- 
quer au fomineil , provoquer à dormir. 

■pRovociUER, le dit aullî en Médecine. ConcUiare. L'o- 
pium provoque le fommeil. 11 faut provoquer le vo- 
millement à ceux qui ont pris du poilon. On provo- 
que les menftrues de plul^urs m.anières. Ici il figni- 
fîe facihter, taire venir. 

-PROVOQUÉ, EE. part. 

PROVOQUEUR. L m. Nom que l'on donnoit dans l'an- 
tiquité à des Gladiateurs d une elpèce particulière. 
Provocator. Les Proi'Oiyi^t'^/ri- étoicnt ceux qui le bat- 
toient avec les Hoplomaqucs ; ils étoient armés d'une 
cpée, d'un boucher, d'un cafque & de cuillarts de 
fer. Lipfe en parle. De Miiu. Rom. L. lîl. Dïal. 7. 
Saturn. Serm. L. II. C. li. 

TROUS, vieux adj. Vaillant. Borel. Viz\x\Ac probus. 

Un Chevalier prous & hardi. Perceval. 

TROUVER, v. a. Etablir la vérité de quelque fait, de 
quelque ptopolltion §3" par des preuves, parunrai- 
fonnement convaincant , par un témoignage incontefta- 
ble, par des pièces juftihcatives. Proburc. Voy. I'red- 
VE. Il a prouvé la propolition qu'on lui avoit niée. 
On prouve l'exiftcnce de Dieu par des argumens mé- 
taphyfiques, phyfiques & moraux, par des lailons , 
par des titres , par des pièces juftificatives . par des té- 
moins irréprochables. Il y a des chofes qu'on ne 
prouve point. Les ptemiers principes fe Tuppolent , & 
ne (e prouvent point. 

On dit communément, qui prouve trop ne prou- 
ve rien; pour dire, que fouvent à torce de vouloir 
trop perluader une choie , on la rend moins croyable. 
Ac.4D. Fr, 
TROUVÉ, LE. part. 
PROUVOIRE. I. m. Vieux mot. Pourvoyeur Borel. 

Provifor. 
PROUVER, f. m. Terme de Marine. Les prouy ers woni 
en courant de proue à poupe, d'abord qu'on Tonne la 
prière, de Bar. 
PROXÉNÈTE. 1. f. & m. Courtier, entremetteut d'un 
maiche. Proxeneta. Ce mot vient du Grec «f«;i«i'Tii!. 
Courtier. On donne ce nom aux honnêtes entremet- 
teufs qui font vendre des Offices, qui font des ma- 
riages , ou autres affaires. Le Droit Romain donne 
adlion aux Proxénètes pour leurs falaires.Titre XIV. 
du livre L. ff. De Proxeneticis , Se Titre XL du V. 
livre du Code. Les Grecs leur donnoicnt le nom plus 
honorable à' Interprètes. C'étoit une efpèce d'OfH- 
ce à Rome. Les pères s'adrelfoient à eux pour fonder, 
& pour preilencir l'elpnt des jeunes gens à qui ils 
deffinoient leurs filles. Un Commentateur du Digclfe 
remarque que c'efl; un défaut dans la Police de Fran- 
ce , qu'il n'y ait point de ces négociateurs , 6c de ces 
médiateurs établis pour alfortir les mariages. Il fem- 
ble, ajoute-t-il, que ce moyen de nous entre-avertir 
apporteroit une grande commodité au commerce pu- 
blic. GiLL. 
0C? On appeloit proxeneticum le droit, le (alaire de 
l'entremetteur. Celui qui avoit négocié un mariage à 
Rume , ne pouvoit pas recevoir pour ion falaire au- 
delà de la vingtième partie de la dot & de la dona- 
tion à caule de noce. 
§Cr Le terme àt proxénète fc prendroit chez nous en 

mauvaile part. 
ÇCr PROXIMIIÉ, f. f. Terme relatif à la diilauce. C'efl 



PRU 

l'oppoféd'éloigncment, fynonymc de voifinage, petite 
diftance qui le trouve entre deux chofes. On s'en 1ère 
de même pour matquet le degté de parenté qui fc 
trouve entre deux perfonnes. Vicinia , vicinitas, pro- 
pinquitas , confanguinitas , fanguinis conjunclio. Lia 
.acheté cette teiic qui efl à (a bienféance, a caufe de 
h proximité du heu. Ce Confeiller ne peut pas cnc 
Juge, attendu la proximité tk la parente qui efl entre 
lui & la Partie. On n'a pu avoir ditpenle pour ce ma- 
riage , attendu la proximité du degré. La bienféance, 
aullî-bien que les lois, détend le mariage dans un cer- 
tain degré de proximité. G. G. Cela marque la révé- 
rence que les nommes doivent à la proximité que le 
fang étabht entre eux. Fort -R. La proximité des 
dates de ces deux actes juffitie la collulion des Pat- fl 
ties. Ici ce mot fîgnitîe des dates rapprochées , prcC- *l 
que du même temps. 

PROYER. roy. Prayer. 

PROYME. f. m. Vieux mot. Le prochain. HiJI. Alb. 
Proïfme , profme 6c proèfme ; c'clt-à-dire, patent, de 
proximus. Coutume d'Anjou. Chofes immeubles ac- 
quiles delvn proef'me. Ragueau. Borel. 

PROZ. Vieux adj. m. Preux. Borel. Fortis ,J?renuus. 

PRU. 

PRUANT, ANTE adj. qui démange. Une me fouvient 
peint de m'ctre jamais vu galeux. La gratcerienéanmoins- 
elf des gratilîcaiions de nature les plus douces; & au- 
tant a main; mais elle a la pénitence trop impoituné- 
ineiit voifine. Je l'exerce aux oreilles, que j'ai au- de-» 
dans pruaiues par iecouiles. Montagn£,Z. ///, ch. 
1 3 ,p. /7 du 3*^ T. de l'édit. in-i 2. Paris, i6jg. C'efl 
un terme Galcon, trancife par Montagne, qui, dit il 
ici, fe gratte les oreilles, parce que de temps en temps 
il y lent de la démangeailon au dedans. Il y a un 
proverbe Gafconqui dit: 

Que fe gratto quand fe plus, 
Noun Ja mal à dcgus. 

Du mot prus j ou pn.fj vient pruant j qui démange' 
il/. Cojle ^note j [furie chapitre cité ; ou bien il vient 
du latin prurigo , pruritus , démangeailon. Prurire , 
Sentir des démangeaifons. Ce terme a été abandonné 
à Ion Inventeur. 

PRUCKANDER-AMBER. Nom d'un bourg du Du- 
ché de Bavière , litué fur l'Amber, a cinq lieues de 
Munick, vers le couchant. Ambra. Maty. 

PRUCK AN-DER-LEYTE. Nom dune petite ville de 
l'Autriche. Leitét, pons y Lutipons. Elle eit fur la Leyte , 
près des confins de la Mongrie , environ à huit lieues 
de Vienne, vers le levant. Maty. 

PRUCK AiNDER-MUEIÎ. Nom d'une petite ville da 
cercle d'Autriche. Pons Alanut ,pons ad Muram. Elie 
eft dans laStirie, lur le Muer, à huit lieues au-dellas 
de Gratz. Quelques Géographes prennent Prac A: , pour 
la petite ville de la Pannonie, nommée /^Ai/^id, que 
d'autres placent à Reckalpurg, petit bourg fitué en- 
tre le Muer & le Rab , à dix lieues de Gratz , vers le 
levant. Maty. 

gCT PRUDE. Du h.x'in prudcns , ou probus. adj. de t. g. 
Souvent employé iubllantivement. Qui afteclre unair 
fage, févère, réglé dans les mœurs, dans ta conduire- 
& dans fes difcours. Confldcratus j circonfpccîtis. 
Cette femme a toujours pallé pour prude. Lucrèce, 
cette prude ï?ao\\c}az ne peut fepardonnerle crime d'un 
atitte. S. EvR. Ce jeune homme a l'air prude. 

|C?On ne le dit guère que des femmes, 6c il fe prend 
ordinairement en mauvaife part, pour exprimer une 
femme qui affecte dans fes mœurs une févérité qu'elle 
n'a pas , qui paye uniquement de maintien es: de pa- 
roles , & cache fes foibles fous de plaulîbles dehors. 
C'efl: dans ce fens que la Fontaine dit: qui dit prude , 
dit fouvent laide ou mauvaife: il pouvoit ajouter , à 
coup fur, hypocrite. Deficz-vous de qz^ prudes oyxiiovx 
un horrible bruit fur les moindres libertés : quand v\\ 
fait le fecret de leur vie, rien n'ell plus ridicule qiii 
leurs mines & leurs grimaces. Blll. Quand 011 a'elf 



P R U 

toin<!m jeune, ni belle, il. faut cttc prude p^rpoMûqàs, 
Ci-LL. Il y a de ccKi:iincs prudes qui s'eftimcnt bcau- 
toup', rcuicmcnt parce qu'elles (ont: farouches. Cn. 
iDi; Mer. Les coquettes deviennent prudes quand elles 
inc peuvent plus être autre ehofe. Beli. 

La prude donne plus de gloire, 
La coquette plus de plaifir. B. Rab-. 

'Elle tâche J couvrir du faux voile de prude 
Ce que chcielleonvoit d'affreuJefolirMde.Mot. 

Je ne fuis point du tout pour ccspmàcsfauvaces , 
Dont l'honneur ejl armé de griffes & dedents.la. 

PRUDEMMENT, adv. Avec prudence. Prudenter j 
■i!è,fapienter. Se conduire, le comporter prudcm- 



?RU 



?? 



CiUl! 



ment. 



PRUDENCE. f. f. C'eftunc des vertus cardinales , qui 
enleigne à bien régler fa vie & fes mœurs , à diriger 
fes difcours &c fes adions fuivant la droite raifon : 
Ip" C'eft cette prévoyance qui éclairant l'homme 
fur tout ce qui s'eft palfé & fe pâlie adtuellement , 
lui fuggère les moyens les phts propres pour le luc- 
CKS de fon cntreprifc, & lui fait éviter les écucils où 
il pourroit échouer : c'eft en deux mots l'art de choi- 
(ir. On c^prudent, lorfqu'cntre plulieuts objets on 
fait dUcerner celui qui mérite la prétérence. La pru- 
dence éclaire l'intelligence & règle la volonté. Elle 
lioP.s décide fur les maximes de fpéculation , & lur 
celles de pratique. Prudent la. La principale tondion 
de h prudence, c'eft déjuger parce qui a été fait, ce 
qu'il faut faire & éviter. FlÉch. La prudence nous 
oblige à bien examiner les choies , à ne rien faire lé- 
gèrement & inconfidérément. La /jrut/c/zce ne fe trouve 
guère avec la jeuncfte. P. de Cl. La fondion de la 
prudence eft de veiller fans celle au dehors & au de- 
dans de nous. S. Evr. Parce qu'il avoir réulli conrre 
toutes les règles Àc\3. prudence , on crut qu'il avoir 
des vues au-dellus du refte des hommes. FlÉch. La 
crainte , qui eft une folblelfe , fait en mille occalions 
une partie àz\^ prudence. S. EvR.. Lz prudence re- 
tient les vertus dans leur ordre , les empêche de s'é- 
manciper , & de fortir hors de leurs limites. Fléch. 
Il n'y a guère de prudence à l'épreuve desadrelTes d'un 
fourbe. Bell. La jpraû'cwff doit accompagner toutes 
les vertus , ou plutôt elle doit leur donner l'être, puif- 
qu'il n'en eft point fans elle. S. EvR. On a rendu ridi- 
cule Une certaine gravité qui tient lieii de prudence. 
Id. Il eft mal aifé de diftinguer la fineife àt\a. pru- 
dence-. M. ScuD. 
ÇS' Penfée faufte , en prenant la prudence dans le fens 
qu'on vient d'expliquer, & la nnelfe pour une façon 
d'agir fecrcte & cachée ; chofes qui n'ont rien de com- 
mun. Mais l'Auteur entend fans doute par le mor de 
prudence , cette prudence faulfe & vicieufe , qui eft 
une voie déguifée pour aller à (es fins , alors elle n'cft 
pas diftinguée de la ru(e. 

H y a une prudence Ipéculative , & Une prudence 
pratique, h^ prudence fpéculative ou la fagelle éclaire 
l'entendement de l'homme, & lui fait connoître en 
cette rencontre les principes ou les règles générales de 
la juftice, de riionnêteté & du droit, ou, félon tin au- 
ti'e nom les maximes qui établilfent les Lois , fans les 
appliquer à aucun fait particulier. La prudence pra- 
tique eft celle qui conduit nos adions, laquelle Arif- 
tote met dans la volonté , parce que la volonté eft le 
principe de nos adions. Cette équité applique les rè- 
gles de la juftice , ou les maximes de la loi aux adions 
particulières , ou aux faits qui furvienncnt ; &: c'eft 
de-là qu'Ariftote dit, que l'équité corrige la loi , vou- 
lant dire qu'elle la reftreint lorfqu'elle s'étend trop loin. 
Par exemple , il eft par la loi , en général , défendu de 
tuer: s ilarrivequ'un homme en trie un autre fans y pen- 
fer , la juftice le condamne , l'équité l'abfouti Ainfi , 
parla juftice , l'entendement ne confidère le droit qu'en 
lui-même : par l'équité il le conddère par rapport aux 
faits , & le leur applique pour le rendre précifément 
jufte. Et c'eft d'où vient, pour dire ceci en paftant , 
Tome FIL 



cette façon ck parler, ou ce que l'on dit , qu'une chôlc 
cil (élon droit &C raifon. Elle eft félon le droit, parce 
qu'on l'a rapportée au:: principes *: aux règles du droit 
de la juftice ; elle eft,(clon la raifon , parce que la tai- 
(on , après un mùr lailonnemeni , la jugée dans le fait 
dont il s'agit conforme à ces règles. I-t c'eft la même 
chofe, quand on dit qu'une choie eft Iclonce qui cil 
équitable &c bon , ou (l'Ion ce qui eft jufte & honnête', 
bonne & honnête , parce qu'elle émane des principes 
de bonté , tk qu'elle eft (clon les règles de llionnêtctc 
qui vient de cette bonté; carunc chofe n'eft honnête 
que parce qu'elle eft bonne, jufte & équitable , parce 
qil'ellc eft fondée fur les règles de la juftice, 6c icèti- 
fiéc par celles de l'équité. Courttn. 

Qu'eft ce que la prudence félon t(;us les Maittcsde 
la morale? C'eft l'ordre des moyens à lafin; c'eft-àdr- 
re.que la prudence confifte à nous propoler une fiii 
digne de nous , & à chercher enfuite les moyens les 
plus propres pour y parvenir. Eourdal. Exhon.II i 
p. 4.0 (. L'extrême difficulté eft de favoir bien allier 
enfemble ces deux prudences , celle du (alut & celle 
du monde. Bourdal. Exhor. Il , p- 4' 7- Enmatièré 
de falut , c'eft une (omeiiimc prudence de ne fe point 
appuyer fur idi prudence. Id. p. 422. U y a une pru- 
dence humaine qui n'eft point contraire à la iagefte 
évangéhque, pourvu qu'elle lui foit fubordonnée. Id^ 
p. 4jS. Dans le ftyle de l'Ecriture-Sainte , on appelle 
prudence de la chair, 1 habileté dans la conduite, lorl- 
qu'ellc ne regarde que les chofes du monde, & qu'elle 
n'a point de rapport à celle de DieU; Acad. Fr. 
IfF Prudence CArfnfnwe, C'eft Une vertu qui nous fait 
difcenier ce qui conduit .à Dieii d'avec cequi en éloi- 
gne , <5cqUi nous fait regarder l'un comme aimable i 
& l'autre comme mauvais. Il y a une prudence chré- 
tienne qui fait choiiir un jufte milieu entre l'orgueil & 
la badeiVe, entre la témérité & la lâcheté. S. Evr. 
■SCr Ce o^uon3.ppd\t prudence chrétienne n'td bien fou- 
vent qu'un relâchement pohtique pour flatter les paf- 
fions des grands. PASct , ^ , . ^ , 

PRUDENCE, f. m. Noiii d'homme. Prudentius„ Lé 
Poëte Prudence étoit de Sarragofte en Efpagne , fort 
attaché à la Religion Chrétienne. IlfloriftoitlousThco" 

dofe le Grand , Si fes enfans. 
Prudence , Evêque de Troie qui écrivit contre Scot En- 
gène, vivoit au X^fiècle. 
^ PRUDENT, ENTE; adj. Qui a de la prudence, qUn 
connoît & pratique ce qui convient dans la conduite 
de la vici Prudens 3 prudentia pmditus. Homme pru- 
dent , kiWmt prudente. On le dit de même des chofes 
qui ont rapport à la conduite, qui annoncent de la 
prudence j qui ëii font les fuites ou les effets. Con- 
duite c.'i^ffenrc. Adion , Kpon^Q prudente. Conlcil/^ri- 
dent; Il faut èx\:& prudent commet le fcrpent, .Se (impie 
coltiine la colombe , dit l'Évangile. Ce futlà un pru- 
dent con(e\\. Il faut eue prudent (ans être hn. S EvR. 
Pour la conduite de la vie, il valit mieux être lage & 
prudent, (\VLt(a.va.nt.\v>. \J\\ot\-\mz prudent l'emporte 
furie courageux. Y-^icH. Meiior cji fapiens yirojortr, 
M.alb.cUreiifement on ne devient prudent qu'avec l'âge 
& l'expéiiencei Id. , , r ir tt 

83- PRUDERIE, f f. AfFedation de la fagefte. Un co- 
ttliquéi dit la Bruyère, oiure fur la Iccnc (es perfon- 
nages : Un Poète charge fes de(ciiprions : un Peintre 
qui fait d'après nature, force & exagère une paftion , 
un contrafte , des attitudes ; & celui qui copie, s'il ne 
mefure au compas les grandeurs & les proportions , 
groftit fes figures , donne à toutes les pièces qui entrent 
dans l'ordonnance de fon tableau , plus de volume que 
n'en ont celles de l'original: de même \i^ prudene tit 
une imitation de la fagelfe. SapientiA imitatio , imi-. 
tamentum;fucata,ementitafapientui. _ 
ecr II y aune faulfe modeftie qui eft vanité ; une fauftc 
gloire qui eft légèreté ; une faulfe grandeur qui eftpe- 
titellc -, une faulfe vertu.qui eft hypocrilie;une taufte 
fagelfe qui eft pruderie. On ne le dit qu'en parlant deS 
femmes. On voit en Hollande un certain ufage àtpru^ 
derie qusfi généralement établi, & je ne lais quelle 
vieille tradition de continence qui pafte de mère eri 
I fille, comme une cfpèce de Religion. B. Kab. Les 

t Ij 



^6 



PRU 



griiTiaces d'une pruderie (aapuleuCe ne tiennent pornt 
lieu de vertu. Bell. Les dévotes cioaveut bien le i'ecret 
d'accordeiramouiaveclcuifaftueufe/'rat/tT/^. S. EvR. 
Il avoit lallanblé en lui la divcifité des défauts fati- 
gans de toutes les autres fœurs , excepté les grimaces 
de la faulle dévotion , 3c de la pruderie bizarre. M'"-'. 
l'HÉKiTiHR. Sous Charles VIII & fous Louis XII la 
pruderie de la Reine Anne , qui fut femme de l'un &c 
de l'autte, entretuu à la Cour un airauftère & négli- 
gé. Le Gendre. 

Là votre pruderie & vos éclats de \èle , 

Ne furent pas cités comme un très-bon modèle. Mol. 

"PRUD'HOMME, f. m. Ce mot fignifioit autrefois , 
homme fage , prudent tk expérimenté. Homoperitus , 
expcrtus. 

Ce mot vient du latin probus, 

Prud'homme, en termes de Pratique , (e dit des Experts 
qu'on nomme en Jufttce pour viliter &: eftimer des 
chofes fur klquelles on eft en conteftation. Peritus , 
expertus. Les rachats de fief fe peuvent payer au dire 
de Prud'hommes , qui font l'eftmiation àz l'année du 
revenu. On a nommé des Experts & des Prud'hom- 
mes pour vilîter les réparations. Voilà le rapport des 
Prud'hommes. 

Prud'homme , (e dit aufll de certains Artifans jurés &: 
nommés pour viliter des marchandiles. Infpcclor,ttfli- 
mator. Le Roi a créé des Prud'hommes pour la viiite 
des cuirs. Les Savetiers élilent deux Prud'hommes 
pour faire la vihte au déhaut des Jurés. Ils font, en ce 
corps , la même choie que les Bacheliers dans les au 
très. 

Prud'homme. Terme en ufige dans la Marine. L'Ordon^ 
nance de la \4ariae , L. V. Th. VIII. Des P-jcheurs , 
art. 6 , dit : dans les heux oii il y a des Prud'hommes , 
les Pêcheurs s'allembleiont annuellement pour les élire 
pnrdevant les Ofliciers de l'Amirauté, qui recevront 
le ferment de ceux qui feront nommés, & entendront 
fans frais les comptes des deniers de leur Communauté. 
La note ajoute , ces Prud'hommes tiennentlieu de Gai- 
des-Jurés , Se en feront toutes les fonctions. Arbitri j 
& judices rei pifcarid. A Marleille on donne ce nom 
aux Juges des Pêcheurs. Ils connoillent de tout ce qui 
concerne la pêche. Ils peuvent condamner fans appel 
à deux fous d'amende. 

PRUD HOMMIE.f. f. Probité. ProbitasJntegritas.Ccû 
un homme d'une grande prud'hommie. J'ai toujours tu 
bonne opinion de ia. prud'hommie. L'Académie Fran- 
çois e. On ne le dit plus. 

PRUDOTERIE. f. f. Terme dérivé de prude & prude- 
rie. Maifon de la prudoterie. 

Chaque époux la prônait à Ja femme chérit j 
D'elle defcendent ceux de la prudoterie , 
Antique & célèbre Maifon. 
La Matrone d Ephèfe,/». ^(?f des Fab. de la 
■ Font.édit. de Paris , in-i 2. 1 71 j. 

Madame de Sotenville , dans la Comédie de Georges 
Dandin, Acl. I y Se. 4 , dit qu'elle al honneur dêtre 
iffiie de la Maifon de la. Prudoterie ^ où le ventre an- 

, noblit , Se que de cette maifon il y a plus de trois 
cens ans qu'on n'a point remarqué qu'il y .ait eu une 
femme. Dieu merci ,qui ait fait parler d'elle. 

PRUIM. Foyc^ Pruym. 

PRULLI. Nom d'un bourg avec Abbaye. Pruliacum. Il 
eft dans laTouraine,en France, fur la rivière de Caife, 
à lix Ueues de Châteleraud , vers le levant. Mat y. 

PRU M. Foye^ Pruym. 

PRUMIER ; 1ERE. adj. m. & f. Vieux nom ordinal. Pre- 
mier. BoREL. Primus. 

Ja Jî an quatre principal , 

L'un neore que es fach prumié. 

Et l'autr". çuand es blanc entié y 

Et te- s quand es incinfat y 

Et quart quand es rubijîcat. Jo. de St. Sa- 

i TURNIN. 



PRU 

PRUNE, f. f. Fruit d'été qui eft à noyau avec ur.c pulpe 
ou chair couverte d'une peau liflco; Hl-ulIc. Pruuum. 
Il y a des prunes de plulicurs fortes, d'impériales y de 
damas , de brignolcs y de mirabelles , de dates, il yen 
a de rouges , de jaunes , de blanches & de violettes ; 
des prunes pommes y prunes-noix y Sec. En latin ^ra- 
num. Matthiole dit qu'il y z des prunes vertes , rou- 
ges, decoukur d'ivoire, jaunes Se purpurines ; de 
grofles, petites , moyennes, de rondes, longuettes , en 
ovale , de dures Se de molles; de douces, d'aigres, de 
vincufes Se de pilku(es. 

Voici la 11 Ile des principales prunes qui font main- 
tenant dans les jardins des curieux. La plus hâtive des 
prunes eft la cérifettCy dont l'une eft rouge. Se 1 autre 
blanche , & s'ouvre net comme le damas. Elle eft bt luie 
quoique fauvage. La prune de Catalogne eft blanche , 
gtolîe Se três-hutive , Se ne quitte pas le noyau. La 
prune de Saint Cyr eft un damas noir, liacir Se fore 
fleuri, qui quitte le noyau. Le gros damas noir hâ- 
tif, dit de Tours y quitte le noyau tort fec , a la chaic 
jaunâtre , Se eft une des meilleures. Il y a aufli an petit 
damas noir. La prune de taureau , ou poioon , eft 
grolFe , longue , d un rouge brun , ne quitte pas le 
noyau. Se eft meilleure en confitures & matmelade ,à 
caufe de Ion peu d'aigrrur. L^. prune de damât d'Ita- 
lie y dïie bomlccoue y eflgroife, violette, h.kive, qui 
s'ouvre net , es: dont 1 eau eft excellente & luctée. Le 
perdrigon de Cern~i , dit double dami'S , ou pajfeve- 
lours y eft une trcs-belle & %ïi^'Se prune violette , fleu- 
rie , hâtive , Se qui n eft pas d'un goût relevé. Les pru- 
nes de damas rouges, bl.inches Se violettes, font ex- 
cellentes , quittent le noyau , Se font plus fucrées. La 
prune de brionolle cfl une cfpèce de perdrigon qui a 
la chair jaune, & eft bonne crue, sèche & en mar- 
melade. Prunum brinolium. La prune d abricot , ou 
abricotée , eft femblable à l'im:iéria!e , & a le goût 
d'abricot. Il y en a de jaunes, de rouges , de blanches. 
La-prune diaprée eft de fîx fortes. Il y en a de vii.iet- 
tcs, qui font la meilleure efpèce. Il y en a une rouge , 
dite de Poe hecorbon y d'an village près de Tours, qui 
ne quitte pas le novau, comme fait la précédente. La 
diaprée blanche eft grr.fle , veid.itie, toitfucrte. Se 
s'ouvre net , & a la chair verte. Il y a une diaprée 
violette bâtarde y longue Se fort rlcuiie; & la diaprée 
violette hâtive y qui eft à fleur double. La mirabelle 
eft une efpèce de petit damas blanc qui charge beau- 
coup, quitte des mieux fon petit noyau. Se eft alFcz 
fucrée. Se fort bonne en confiture , Se a un goût muf- 
qui. Il y a une grofjè Se petite mirabelle. Laprune de 
drap d'or eft un damas jaune tavelé de rouge , qui 
quitte le noyau, belle , bonne , iS; fort fucrée. L-aprune 
de perdrigon eft de quatre efpèces , la blanche, qui 
eft grolFe Se longue; la rouge &la violette, qui quitte 
rarement le noyau , a la chair ferme, & l'autre eft fu; 
crée. Le perdrigon /zo.reft plus petit , Se ne quitte point 
le noyau. Le petïz perdrigon violet tardif cil prefque 
rond , Se s'ouvre net Se eft de bon fuc La prune im- 
périale eft de trois fortes ; la rouge , qui eft groffe , 
longue, fort fleuiie Se excellente /r/i'/if. La blanche efl 
de moindre valeur. L'impériale noire eft plus en poin- 
te & en ccEur, Se eft excellente (?i tardive , Se s'ou- 
vre très-net. La prune royale eft une belle grolfe^ra/ze 
ronde d'un rouge clair , qui a la queue longue fort 
fleurie . Se de bon goût. Il y a encore fix efpèces de 
damas plus tardifs. 1-e damas mufqué , qui edh prune 
de Cypre y ou de Malte , eft noir Se fort fleuri. Le da- 
mas orangé yX.zye\c de rouge, que quelques-uns appel- 
lent mirabelle rouge. Le damas v-ert y qui l'eft tou- 
jours, quoique mûr, bon à confire. Le damas ju- 
melle y qui eft fort fleuri , alTez gros Se long , d'une 
eau très fucrée, dont les prunes font toutes jumelles ; 
& le damas blanc tardif, plus plat que rond, qui eft 
fort fucré , Se s'ouvre net. La prune de moyeu y qui eft 
de deux fottes , dont l'une eft le ntoveu de Bourgogne , 
dont le bois eft épineux, & vient de fauvageon, lon- 
guette en cœur, jaune dedans «.''i dehors, bonne àcon- 
fire , ayant un goût relevé approchant de l'abricot , 
ainfi nommée, à caufe que cette prune reffcmble au 
moyeu d'un œuf, ronde iic jaune de n^me , aigre, &: 



PRU 

stclie comme celle de Bourgogne. La prime iamafl't- 
quce ert lin gros damas lond, blanc , maïqiic de lou 
ge. LiL prune àflciu double , dont l'une cil longue , 
rouge, forcHeune &s'ouviencc; l'autre ell blanche, 
trèsgrollcj ronde, 6c ne s'ouvre pas. La. prune de Je- 
rufalcm , ou de Bordeaux , nommée œil de bœuf , ell 
extraordinairémcnt groife, d'un viole: brun, fort Heu 
rie, &: plus carrée que ronde. La. prune de Montini- 
rtV/fj autrement dit t.v/,)Ç j eli blanche , longue d' poin- 
tue, & ne s'ouvre pas , $c n'cll bonne qu'en pruneaux. 
La. pruned'Ikvene eil très longue l\: menue, qui de- 
meure toujours verte. Lllc eft fort cilimée. Le cœur 
de bxuf, ou h prune de >i. Lo , elt la plu» grolfe des 
prun'.s , qui quitte bien le noyau, qui a la chair fort 
jaune, & la peau rouge ,"eft de moitié plus groHeque 
rimpériale. La prune de Mauf^erou eft un gros damas 
violet, rond, iS: quiie tend des mitu.\. L:i prune /ans 
noyau ell petite, noire , faite ca cœur , s'ouvre bien , 
tV n'a qu'une amande. La prune datyle eft de deux 
fortes ; l'une de Gonore , & l'autre du Mans. Celle ci 
cil blanche, longue & menue ; l'autre plus petite & 
violette, & s'ouvrent bien toutes deux. Le cœ^ri/e^j- 
geon eft une prune faite en cœur, noire , grolfe , (c 
fend bien , &c eft très bonne lur l'ariicrc-failon. La 
prune de Rhodes eft belle & grolle, noire &: un peu 
longuette , eft bonne Se tardive. Le damas gris , ou 
prune de Monjieur , qu'on appelle aulli oros damas 
■ mufqui tardif, eft une prune violette , fort fleurie , 
alfcz groftè, qui a la chair jaune , quitte le noyau, 
&a un goût relevé. La prune tranfparente cit SiWile , 
blanche & longue , & s'ouvre net , ainfi nommée , 
parce que l'expolant au folcil , on voit clairement ton 
noyau. La. prune virginale eft uncelpècc de gros da- 
mas blanc. L3.mignone eft alfcz grolfe & longue, blan- 
che ôc tavelée de rouge, qui s'ouvre des mieux, eft 
délicate Se fucrée. Elle a été ainli nommée à caule de 
la bonté. La Reine Claude eft une elpèce de gros da- 
mas vert , qui eft rond , un peu plat , qui a la chair très* 
ferme Ôc épailfe, quitte le noyau, & eft des plus fu- 
crées. C'eft , lans contredit , la meilleure des prunes. 
La. prune de Pologne eft aftez femblable à l'impériale 
blanche , mais bien meilleure. La prune de Suijfe eft 
fort longue & menue , rouge & rardive , qui quitte (on 
noyau, 6c a bon goût. La prune date eft une elpece 
d'impériale tardive. Il y en a de blanches , 8c de rou- 
ge,;: elle eft bonne à faire des pruneaux. La. prune de 
Sainte Catherine eft blanche , groft'e , ne quitte point 
]e noyau , & eft des plus lucrées, & bonne a faire des 
pruneaux. Le damas d' Efpagne eft une prune tardive 
& noire, qui eft très-bonne. Le rognon de coq eft une 
petite prune blanche , tavelée de rouge, longuette. Se 
faite en rognons , qui eft très-tardive. La prune de 
Saint Julien eft d'un noir violet fort fleuri , ne s'ouvre 
pas , le fane fur l'arbre, & y demeure jufqu auxgclées : 
on en fait des pruneaux. La. prune noherte eft un pe- 
tit damas noii tardif, qui ne quitte pas le noyau, dont 
on a fait les meilleurs pruneaux d'un beau bleu azuré. 
Il y en a une diaprée noire tardive ; un gros da- 
mas violet tardif de Tours, & un autre rouge, <îc 
un autre noir, qui ne fe fend pas bien, & n'eft pas 
d'un goût fi relevé que les autres. 
^fT De toutes ces efpèces de prunes , il n'y en a que i j 
ou i6 qu'on cultive dans nos jardins, qui font alFez 
connues de tout le monde. 
03" Tous les Médecins s'accordent à dire que les prunes 
fraîches fonr un des fruits d'été les moins falutaires. 
On les accufe d'aftoiblir le ton de l'eftomac , &c de re- 
froidir ce vilcère-, & l'on met fur leur compte les fiè- 
vres, les dyirenteries, & toutes les autres maladies qui 
régnent ordinairement dans l'automne. Mais les jî)/-7/n<;j 
ont cela de commun avec tous les autres fruits. Les niau- 
vaifes efpèces font mal laines. L'excès des bonnes eft 
jiuihble, comme l'excès de tout autre aliment. Mais 
je doute qu'un ufage modéré des bonnes prunes, de 
la Reine-Claude, par exemple, puilFe incommoder. 

On dit proverbialement , il aime mieux deux œufs 
qu'une prune ; pour dire , il n'eft pas niais , il entend 
bien fes intérêts. Commodorumfuorum providus. Don- 
ner anc prune pour deux œufs : lotfqu'on fait un petit 



PRU ^7 

préknt pour en avoir un gros. Cet homme n'eft pas- 
là pour des /r^/^tj; c'eft a duc, il n'eft ^las-là pour 
rien, il a quelque fcciète aftaire. Si je luis aftligé, ce 
n'eft pas pour des prunes. Mol. Prunes de prophétie. 
f^'oye^ Prophétil. 
lO" Ce terme delîgnc particulièrement le fruit du pru- 
nier: les Botaniftes en ont tait une famille , qui com-^ 
prend tous les fruits à noyau, que Tournefortappelle 
jrucius mollis cum ojfficulo , d'autres drupa , Se quel- 
ques-uns , arbores prunifcn. 
PRUNRAU. f. m. l'iune léchée au foleil , ou dans le 
four. Prunum paQuin , infolatum ,Jïccatuni , prunel- 
lum. On eftime les pruneaux de Tours , qui font faits 
de grolîes primes de damas noir. Un jus de pruneaux 
eft laxatif. On dit ironiquement d'une perfonne noire, 
qu'elle eft blanche comme un pruneau relavé. 
PRUNELAIE. f. f. Lieu planté de Pruniers. Prune tum. 
Planter une prunelaie. La Quint. Li ne prunelaie de 
quatre-vingts ou cent pieds d arbres. Id. 
PRUNELLA. f. m. Terme de Médecine. Sécherclle de 
la langue & de la gorge , qui arrive dans les fièvre? 
continues , tur-tout dans les aiguës , accompafhées 
d'ardeur, & d'une rougeur cblcure , la langue eft aulli 
couverte d'une croûte tantôt blanchâtre Se tantôt noi- 
râtre. Prunella. Quehiues-uns donnent ce nom a l'cf- 
quinancie. 
PRUNhLLE. f. f. Prune fauvage qUi vient parmi les 
ronces & les haies lur un petit arbre qu'on appelle 
prunellier , ou prunier fauvage. Prunus filveftris > 
agreflis , prunella. Ce fruit eft aigrelet , Se horrible- 
ment ftyptique. Les pauvres gens en font de laboiiron; 
& quand on veut dire que du vin eft fort mauvais , 
on dit que c'eft cfu vin de prunelles. 'Voyez Pru- 
nellier. 
Prunelle, ou Brunelle , eft une plante qui eft fouve- 
raine pour guérir les plaies. Quelques-urs l'appellenE 
herbe au Charpentier. En latin Prunella y ou Bru- 
nella. 'Voyez Brunelle. 
Prunelle , lignifie ordinairement uns petite ouverture 
circulaire 'ffJ" qui le trouve au milieu de J'uvée , ou 
la féconde tunique de l'œil. Cette ouverture , par le 
moyen de quelques fibres , s'agrandit dans les endroits 
obfcurs, & le rétrécit dans les endroits éclairés. Com- 
me elle donne palfagc aux rayons de lumière qui vonc 
peindre l'objet fur la rétine , elle fe dilate dans un en- 
droit cbfcur , pour en recevoir un plus grand ncrabrer 
elle le rerrécit au contraire dans un endroit éclairé, 
parce qu'un trop grand nombre de rayons trop vifs 
blelferoir les yeux. Aulfi quand on palle d'un lieu très- 
éclairé dans un lieu obfcur, on ne voit pas bien d'a- 
bord les objets qu'on diftingue facilement un inftant 
après. La prunelle qui étoit retrécie dans un endroit 
très-éclairé , demeure encore un peu de temps retrécie 
quand on entre dans un endroit obfcur, & par confé- 
quei:t ne reçoit pas aflez de rayons toibles pour faire 
diftinguer les objets , julqu'.i ce que fe dilatant peu- 
à-peu , elle en reçoive un aiFez grand nombre pouc 
appercevoir ce qu'on ne voyoit pas. 

Par une raifon contraire , quand on palTe d'un lieu 
fombre dans un endroit éclairé , limprefiion de Ja lu- 
mière eft d'abord douloureufe. La prunelle qui s'étoic 
dilatée dans le lieu fombre , peur recevoir un plus 
grand nombre de rayonsfoit'c, demeure encore quel- 
que tcm-ps dilatée dans l'en'.l'-vit lumineux. Se par-là 
reçoit une trop grande quantité de rayon: vifs. Cet 
excès blefle l'organe. L'impreflîon trop forts eft dou- 
loureufe. Pupilla oculi, vel popula. L'Églife prie le 
Seigneur , qu'il nous conferve comme la prunelle de 
fon œil. 

On dit proverbialement, jouer de li. prunelle , jeter 
des œillades ; ce qui s'apphque ordinairement à un 
homme Se à une femme qui le font des lignes l'un à 
l'autre, quand ils font d'intelligence. 
PRUNELLIER, f. m. Prunier fauvage qui porte les pru- 
nelles. C'eft un petit arbre épineux dont l'écorce ell 
cendrée, tirant fur le purpurin. Sts feuilles font fem- 
blables à celles du prunier cultivé , mais beaucoup 
plus petites. Se d'un goût aftringent. Ses fleurs font 
blanches comme de la neige , odorautej , compofcej 



<Je cinq feuilles difporées en rofe: elles naillent avant 
les feuilles. Ses ftuirs (ont de petites prunes gioilcs 
comme un gros grain de railin , prelque rondes , de 
couleur noire cirant lur le bleu , d'un goût extrême- 
ment ftyptique. Sa racine ell: ligneule, noire. En latin 
Prunus Jîlvejlris. C. Bauh. Piunellus-. L'eau dillillée 
des fleurs-de prunellier ell un remède fingulier pour 
îaplenréfiej & pour les opprclîions de poitrine: les 
Jruits lont bons pour la dylîenterie. Le lue épailîi de 
ces fruits s'appelle acacia rccentiorum j ou Gcrmano- 
Tum j parce qu'on le lubftitue au véritable acacia des 
Anciens. 
PRUNIER, f. m. Arbre dont il y a deux cfpèces géné- 
rales , un cultivé , & l'autre fauvage. Prunus fativa , 
vel filvcjlris. Le prunier cultivé eft d'une hauteur & 
d'une grolfeur médiocre. Ses feuilles lont un peu lon- 
gues, crénelées tout autour. Ses fleurs lont blanches , 
coiv.pofées de cinq feuilles dilp;jlées en rôle. Ses fruits 
qu'oii nomme prunes , font charnus , couverts d'une 
peau mince; il y en a beaucoup d'efpèces qui différent 
par icur groircur , par leur figure, par leur couleur , 
par leur goût. En Iriim prunus faciva. C. Bauh. La 
décoélion des feuilles du prunier ell bonne pour ar- 
rêter les fluxions qui tombent lur la luette & fur les 
gencives, lî on s'en lave la bouche. Les prunes douces 
ramoIilTent & Lâchent le ventre. On dit proverbiale- 
ment , il ell lot comme un prunier j fans qu'on voie le 
fondement de ce proverbe. A l'égard du prunier fau- 
vage, voye:( Prunellier. 

La plupart des pruniers tracent beaucoup, c'efl-à- 
■diie , que leurs racines s'étendent entre deux terres , 
fans pénétrer bien avant, comme les racines de plu- 
fieurs autres arbres. Ces racines poulTent des jets ou 
drageons enracinés , qui (ont de même efpèce que la 
fùuche qui les a produits. Si l'on avoir donc les bon- 
nes efpèces franches du pied , on auroit tous les ans 
des drageons qui produiroient de bonnes prunes j fans 
le lecours de la gretfe. 

Le prunier s'accommode aifez bien de toutes les ex- 
pofitions &: de toutes fortes de terrains. Cependant il 
fc plaît moins dans une terre humide que dans une 
terre sèche, dans une terre cultivée que dans une terre 
inculte. Il fe plaît lur-tout dans un fable noir. Il lui 
faut moins de fond qu'aux autres arbres , parce que 
les racines, comme nous l'avons dit, tracent beaucoup, 
&C ne pivotent point. 

Le prunier lert de fujet pour greffer le pêcher, l'a- 
bricotier & l'amandier. Précaution nécelfaire dans cer- 
tains terrains où d'autres fujets ne réufliroient pas. 
Voye^ PÊCHER. 
§3° PRURIT, f m. Terme Didadique. Pruritus ^ pru- 
rigo. Ce mot fignifie proprement démangeaifon qu'on 
lent fur la fuperficie de la peau. Cette fenfation ell 
gracieufe ou doulourcufe , félon qu'elle eft plus ou 
moins vive , & que les humeurs qui la caufent font 
plus ou moins .acres Se mordicantes. 

On donne aullî le nom de prurit à la démangeaifon 
vive qu'éprouvent les galleux, & à celle que l'on fcnt 
à la circonférence des plaies & des ulcères. Cette dé- 
mangeaifon dans les plaies vient de la fuppreflîon de 
la tranlpiration occalîonnée par les pièces de l'appa- 
reil. Une légère lotion avec de l'eau &c un peu d'eau- 
de-vie nettoie , débouche les pores, & détruit la caufe 
du prurit. 
fCrPRUSE, ou BURSE. P;-i//i. Ville autrefois capitale 
de la Bithynie, aujourd'hui la plus belle de la Tur- 
quie, dans l'Anatolie, à 50 lieues de Conftantinople. 
Elle étoit la capitale des "Turcs avant la prife de Conf- 
tantinople. 
PRUSSE. Nom d'une grande contrée que l'on divife en 
deux parties , dont l'une qu'on appelle quelquefois 
Pruffe Ducale , eft érigée en Royaume ; & l'autre , 
qu'on appelle Prujfe Royale , ou Polonoife , fait par- 
tic du Royaume de Pologne. Prujffia , Borujfia. Elle 
cil bornée au couchant par la Poméranie ; au fud , p.ir 
la Cujavie & par la Mazovie; au levant, par la Li- 
thuanie ; & au nord , par la Samogitie &: par la mer 
Baltique. Elle peut avoir cent dix lieues de longueur , 
oc trente ou trente-cinq lieues dans fa largeur moyen- 



PRU 

ne. Elle eft baignée par la Viftule , par le Préjel , pàï 
îc Niémen , & par un grand nombre d'autres rivières 
qui le déchargent dans celles là. Le terroir en tll allez 
bon : mais il y a plufieurs quartiers qui ne font ni bien 
peuplés, ni bien cultivés. Ce pays a été plongé dans le 
Paganilme , & gouverné par fes Princes particuliers 
julqu'à la fin du XIIF fiècle, que les Chevaliers Teu- 
toniques attirés en ce pays pat les Ducs de Mazovie , 
en furent les maîtres, après avoir employé 56 ans à le 
conquérir; & ils y devinrent fi puifTans, ayant fubju- 
gué la Pomércllie & la Samogitie , qu'ils entreprirent 
de faire la guerre contre les Ducs de Lithuanic, & con- 
tre les R6is de Pologne. Mais comme ils vouloient 
gouverner la Pruffe d'une manière trop dclpotique , 
les principales Villes, entre lelquelles étoient Dantzic, 
Elbing Se Thorn, s'allièrent avec la Noblellc pour la 
conlervation de leurs privilèges l'an 1454 , & ces Al- 
liés ayant été condamnés avec trop de févérité , ils fc 
donnèrent au Roi de Pologne ; & après plufieurs guer- 
res entre les Rois de Pologne & les Chevaliers Teuto- 
niqucs,ces derniers cédèrent au Roi Calimir laP/-a//c 
Supérieure, qui eft aujourd'hui la Prujfe Royale, & 
ils lui firent hommage de l'Inférieure , qui eft aujour- 
d'hui la Ducale , dont ils rtftèrent les maîtres, Enfin, 
Albert de Brandebourg , Grand-Maître de l'Ordre , 
ayant embralTé l'héréfie de Luther, Se aboli les Com- 
mandeiies, fut fait Duc de la Prujfe Inférieure par le 
Roi de Pologne, auquel il en fit hommage à Cracovie 
en ijif. Son fils , qui lui fucccda , étant mort fans 
poftérité l'an 1618 , ce pays échut aux Lleéleurs de 
Brandebourg; ( Maty ) Se malgré les prétentions de 
la Pologne fur la fouvctaineté de ce Royaume, il fut 
cédé par le traité de Velau en 1657 , à Frédéric-Guil- 
laume, Éleéleur de Br.andebourg, à condition, que fi 
fa poftérité malculine en ligne direéle venoit à man- 
quer , les Princes collatéraux de fa Maifon , en héri- 
tant de la Pruffe^ relèveroient de la Couronne de Po- 
logne. La Prujfe a été érigée en Royaume par l'Empe- 
reur Léopold, au commencement duXVIIl' fiècle, en 
faveur de Frédéric III*^ , Éleéleur de Brandebourg, qui 
fut lacré à Konisberg au mois de Janvier 1701 , ÔC 
prit le nom de Frédéric I. 
Prusse Ducale, ou Inférieure. C'eft la partie occi- 
dentale de la Pruffe. Pruffia Ducaiis ou Inferior^ 
Elle a incomparablement plus d'étendue que la Pruffe 
Royale ; mais fes contrées qui confinent .avec la Li- 
thuanie Se avec la Samogitie , ne font prelque que des 
déferts pleins de forêts Se de lacs , & les peuples qui 
les habitent , Se qu'on prend pour les reftes des an- 
ciens Boruffieiis, lonr fort groilîers, & ont un langage 
tout particulier. Le refte du pays eft mieux peuplé Se 
mieux cultivé. Ce pays a cela de particulier , qu'orh 
recueille une grande quantité d'ambre jaune fur fes 
côtes; il renfermoit autrefois plufieurs petites provin- 
ces; aujourd hui on le divife en trois cercles , qui font 
ceux de Samlande , de Natangie Se d'Hockerlande. 
Ses villes principales font Konigsberg capitale, Memel, 
Pilavr , Brandebourg, &c. Ce pays appartient en fou- 
veraineté aux Éleéleurs de Brandebourg, comme on 
l'a marqué ci-dcftus lur la Prujfe en général. Id. 
Prusse Royale, ou Supérieure. C'eft la partie occi- 
dentale de la Pruffe. Pruffia Regia , ou Superïor. 
Elle appartient à la Pologne, comme nous l'avons die 
au mot Prusse , Se elle eft divilée en trois Palatinats, 
qui font ceux de Culm, de Marienbourg Se de Pomé- 
rellie. Dantzic, Maricmbourg, Elbing, Culm, Thorn 
Se Strasbourg en lont les lieux principaux. Id. 
PRUSSIEN, ENNE. f m. Se f. Se adj. Nom de peuple. 
Qui eft de Prull'e, qui appartient à la Prulfe. Pruffusy 
BorulTus. Les Prulîlens font delcendans des anciens 
Borulfes ou Borulîîens. Les Prujfiens , habitans des 
forêts Se des lacs , en confervent encore la langue. Les 
Prujftens étoient encore Idolâtres au XIIF fiècle , 5c 
exerçoient de grandes cruautés contre les Chrétiens. 
' §:? PRUSSIENNE, f. f. Terme de Manufaélure de 
foierie. Efpèce de gros de Tours ou tatfetas , dont la 
chaîne eft ourdie d'un fil double d'une couleur, & un 
fil de l'autre , de forte que quand la chaîne eft tendue 
pour la travailler, tous les fils qui font fur une verge 



PU Y 

doivent erre d'une couleur, & ceux qui font delfoUî 
d'une nutre : & la riame le trouvant d'une couleur dit 
1-ertnte des deux qui compofent la chanie, ce mclansc 
des trois couleurs cnlenible fait un ettcr agréable. 

PKUTH. Nom d'une grande rivière qui prend (a (ourcc 
dans les moiits Krapach , traveife une partie du Tala- 
tinat de Lembourg , en Kullie, enluite toute la Mol 
davic, le décliarge dans le Danube, un peu au dclLus 
d'Axiopoli. Frui/idj, Hicnifus, Ccm/us. Maiy. 

PRUYM , PRUM. Nom dune petite ville, avec une 
Abbaye de l'Ordre de Saint Benoit, fondée en 763. 
Prumu. Hijl. de l'Egl. de Meaux , T. 1 , p. 73- 
Elle cft fituee fur la rivière de Pru>,m , dans l'Eledo- 
rat ciel ùvcs , à dix lieues de la ville de ce nom. L'Ab- 
baye lie Pnim cft célèbre pour avoir été le lieu où 
l'Empereur Lothaire fe reriia après avoir renoncé à 
l'Liiipire. Son Abbé porte le titre de Prince, & (es Re- 
ligieux font preuve de noblcile. L'Lledeur de Trêves 
en a l'adminiftiation depuis l'an 1578. Maty. 

FRuy.M. Nom d'une petite rivière d'Alleniagne. Pruma. 
tlle baigne Pruym dans l'Élcitoiac de Trêves, entre 
«.laiis le Luxembourg , is; te déchaige dans le Sour , 
au dellous d'Echternach. Maty. 

P R Y. 
PRYLIDE. f. f. Efpèce de danfe militaire chez les an- 
ciens Grecs. Pr-jlïs. Voyez Voilius. L. De quatuor 
Arûb. Pop. 6' Meurchius Orchejlra. 
PRYMNO. f. f. Terme de Î.Iythologie. Nom d'une 
Nymphe. Pnmno. Elle ctou rille de l'Ucéan 6: de 
Thétis, &; l'une de celles qui prelidcnt à l'éducation 
des enfans avec Apollon o:les irleuves. Hsjîod. Thcog. 
V. jso. 
PRYTANAT. f. m. Dignité de Prytanc. Le Prycanat 
dura environ iio ans, c'eft-à dire, depuis Automénes 
qui fut dernier Roi de Corinthc, julqu'à Cyplele qui 
abolit les Prytancs, & s'empara de la Royauté qu'il 
lailFa à Pcriandre fon fils & ion luccelleur. 
PRYTANE. 1. m. Prytams. C'étoit dans la plupart des 
villes Grecques le nom du premier Magiftrat. NiÉM. 
DE Tr. Prycanis y Prytaiieus. Ce terme lignifie deux 
dignités dittérentes, l'une de Juge de Police chez les 
Athéniens On en prenoit cinquante de chaque Tribu, 
de laquelle on nommoit encore cinquante autres , pour 
iupplécr aux premiers , en cas de mort ou de malver- 
iation. Ces Prytanes étoient les Sénateurs qui com- 
poloient le Conleil des cinq cens. Ce Conl'cil gou- 
vernoit 1 Étar , comme ce que l'on appelle les ttacs 
dans les Provinces-Unies. Voyez ci-deirous Pryta- 
NÉE. Les Tribus rouloient pour le gouvernement, & 
le prenoieiit l'une aprèj 1 autre pendant ^ 5 ou j 6 jours, 
c'ell-à-dire, pendant cinq ftmaincs entières, mais par 
troupe de dix qui étoient tirés au (ort , pendant lept 
jours chaque troupe. Après quoi une autre Tribu v e- 
noit lur les rangs , & avoir auJli les cinq femaines à 
gouverner de la même manière. C'étoit un établllFc- 
ment de Solon, Scaliger s'elf trompé , quand il a dit 
que les Tribus rouloient par jour. Foyc-si Saumaile 
fur Solin , cû^. Soy. L'autre dignité etoit bien plus 
confidcrable, & le tire de l'Hiftoire de Corinthe,qui 
n'avoit qu'un Prytane qui y étoit ce qu'étoif à Athè- 
nes 1 Archiinte. C'n voit dans cette Hiiloire , qu'après 
les Rois, ils- établirent un Magilhat annuel, auquel ils 
donnèrent le nom de Prytanc. A la réfetsie qu il n'é- 
toit pas perpétuel , il avoit toute l'autorité des Rois. 
Il étoit Chef des Magiftrats, Prince du Sénat , & gou- 
vernoit à pcu-p:cs comme les Doges dans la Répu- 
blique de Cènes. 
PRYTANLE. f. m. Nom d'un lieu à Athènes oij étoit 
le fiège des Juges de Pohce, appelés Prytanes, & où 
l'on niunilloit aux dépens de la République ceux qui 
avoient rendu quelques fervices à l'État. Pry taneum. 
Ce? C'étoit aulll dans le Prytanée qu'on entretenoit le 
feu facré. La plupart des villes de la Grèce avoienr 
leur Prytanée. Si le feu facré que chaque ville con- 
fervoit avec loin dans fon Prytanée , s'éreignoit par 
quel ue accident en quelque Colonie, elle ne pouvoir 
le rallumer qu'au feu facré du Prytanée de la Mé- 
tropole. BOUGAINVIILE. 



PSA 



?9 



TRYTANiE. f. f. J'aimerois mieux dire Prytunlavcc M. 
de Tourieil. C ctcjit encore a Athènes le temps pen- 
dant lequel les Irytancs dune 1 tibu guu/cmoient. 
Ptytania. Ce temps étoit de jy ou 56 jours que l'on 
paitai,eoit en cinq lemaiiies, &: pendant cha,,uc Ic- 
mainc dix Sén.atcurs de cette iiibu gouvernc-ient ; 
ainli au bout de la Prytanée , toUs les 1 rytanesdune 
Tribu avoient gouverné pendant lept jcnirs , mais dix 
enlcmblc. Après quoi une antre Tribu pr. noit de même 
le gouverntmcnr, \- rcmpLlIuit Ion temps ou [3. Pry- 
tanée. Voyez Saumaile lur Soliii ,p. <1 Oj. 

PRYTANIDE. f. f. C'eft le nom qu'on donnoit à Athè- 
nes , Si en d'autres villes de la Grèce, aux veuves qui 
gardoient tk cntictenoient le Itu lacré de Vefta, com- 
me les Vcllales à Rome. Prytams. Voyez Voilius , 
De Idolol. L. IL C. y. 

P R Z. 

PRZEMYSL. roye:^ VBSMisiAyf. 

PRZU lEC, PRIPECZ, PRÉPICE. Noms d'une grand* 
rivière de la Lithuanie. Pripetus. Elle prend la tource 
aux confins de la Haute-Vi.lhinie , traveile la 1 olé- 
ile , elle y baigne finsk, 1 ctricowicz , dans le Pala- 
tinat de Nowogrodeck; Mozir , dans le territoire de 
Rzcczica; Czcrnobel , dans la Balle- Volhinie ; ik quel- 
ques lieues au-dcllous elle te décharge dans le Bo« 
nrthène. Maty. 

PSA. 

PSALLETTE. f. f. Maifon où le Ma'itre de Mufiquc 
loge Se enleigne les Enfans de Chœur. Un bon Maître 
de pfallette fait honneur à un Chœur. Dicl. desArts^ 
I jj I , i' Pomey. 

On appelle dans les Eglifcs Cathédrales /^j^dZ/e^fj 
au lieu de la Pfalette , le lieu où l'on inftruit les En- 
fans de Chœur. Ménage. Ohf. fur la L. br. T. I ^ 
p. 10 y. On a établi lîx Enfans de Chœur en pfallette 
avec un Ma'it.e de Mufique. Defcript. Geogr. & HiJl. 
de la Haute-Norm. T. Il, p. 337. De la Juridiction 
du Chancelier de l'Églife de Meaux lur la Pfallette , 
c'ell-à dire, fur la Maitrile & les Enfans de Chœur d» 
la Cathédrale. Hif. de l'Egl. de Meaux, T. I,pag. 
102. Ce mot vient du latin pfallere. 

PSALLIEN, ENNE. f. m. & f. Nom de fede. PfalRa' 
nus , a. Les Pfallicns étoient les mêmes que les Eu- 
chites , ou les Mallalicns. Voye:{ ces mots. 

PSALME. Voye\ Pseaume. 

PSALMISTE. f. m. Qui compofe des Pfcaumes. C'ell le 
titre qu'on donne à David , quand on veut le citer. 
Comme dit le Pfalmifte en tel endroit. Pfalmijia ^ 
Fates regius. 

PSALMODIE, f. f. Chant d'Églife dont on fe fert pour 
chanter les Ffeaumes. Pfalmodia , Pfalmorum cantusi 
On prétend que ce lont les Euftathicns qui inftituèrenc 
la pfalmodie alrernative à deux chœurs , vers l'an 
350. Voye^ EusTATHiEN. La pfilmodie continuelle 
appelée en latin Laus perennis , fut établie en Oricnc 
par Saint Alexandre , Fondateur des Aca-mètes : il y 
eut aulFi en France & en tl'autres lieux d'Occidenc 
plufieurs Monallères qui embralièrenr cette fainte 
pratique. Voyei Acoem^te. Ils s'excrçoient aux jcil- 
nes, à la prière & la pfalmodie. Pat. 

PSALMODIER, v. n. Chanter des Pfeaumes. Canere ^ 
pfallere. Les divers Ordres de Rchgieux pfalmcdienz 
diverlement. Les Minimes, les Chartreux ne pf aime 
dient pas comme dans les Cathédrales. 

PSALMCDtEa,fe dit plus particulièrement d'une manière 
de réciter le Bréviaire dans les Communautés , hors 
de l'Éghfe , qui eft oppolée au plain- chant ; réciter 
d'un ton de vt ix qui tient le milieu entre le chant & 
la limple réciation , (ans inflexion de voix , & tou- 
jours fur une même note. La pfalmod'c fe fait reelo 
tono. Eeckare alla voce. Les Seminariftes qui dilenC 
leur Bréviaire en commun, ne le chantent pas; ils ne 
font eue le pfi/modier. 

Psalmodier, lignifie par cxtcnfion, patkr tcujouis Cw 
le même ton. 



PSE 

On Ut peu ces Auteurs nés pour nous ennuyer y 
Qui toujours fur un ton femblent pfalmodier. Boil, 

' Notre langue eft peu capable d'un Poëme épique, à 
caule de l'unitoiniité de (on nonibie , qui ne peut fc 
varier : notre langue va toujours fur un même ton ; 
ce que Defpreaux appelle pfalmodier. 

ifT PiALMODIQUE. adj. Qui concerne kpfalmodie. 
Je chant des pfeaumes. L'Églifc Gallicane avoit fa mé- 
thode de chanter. On ignore cependant comment elle 
moduloit les répons; mais on juge par certains relies 
de pfalmodie , diftérens du fyitcme Grégorien , que 
ion chant pfalmodïque étoit autrement difpofé que 
celui de Rome. Le Bo£uf. Tous ces mots viennent 
At pfilmus , pfeaume. 

rSALTERION. f. m. Inftrument de mufique fort en 
ufage chez les Hébreux, qui l'appellent nchel. Pfal- 
terium. David louoitDieu fur le ciftre & \z pfalterïon. 
On ne fait pas la forme prccife du pfaherlon des An- 
ciens. Celui dont on ufe maintenant eft un inftrument 
plat, qui a la figure d'un trapèze ou triangle tronqué 
par en-haut. Il eft monté de treize rangs de cordes de 
fil de fer , ou de laiton accotdées à 1 uniftbn , ou à l'oc- 
tave, montées fur deux chevalets qui font furies deux 
cotes. On le touche avec une petite verge de fer , ou 
b.îton recourbé ; ce qui fait que quelques-uns le met- 
tent au rang des inftrumens de percullion. Son coft're 
eft comme celui de l'épinette. Il eft ainlî nommé à 
pfallendo. On l'a auflî appelé nablum _, ou nablïum. 
Papias ^"çi^zWç. pfalterïum , une efpèce d'orgue ou de 
flûte dont on fe fert à l'Eglife pour accompagner le 
chant. En \xin\ fambucus : c'eft une efpèce de cornet 
à bouquin ou de ferpcnt. 
PSAMATHE. 1. f. Terme de Mythologie. Nom d'une 
Nymphe. Pfamathe. Elle étoit fille ^de l'Océan, & 
femme d'/^Eaque , dont "elle eut Phocus. Eéfiode , 

Thcog. V. T J. 

PSAPHON. f. m. Terme de Mythologie. Un des Dieux 
qu'.-idoroient les Lybiens. Il dut fa divinité à un ftra- 
t.agème. Il avoit appris à quelques oifeaux à répéter 
cesmots: Pfaphon ejl un grand Dieu , &c il les lâcha 
enfuite dans les bois , où ils le répétèrent fi fouvent , 
qu'à la fin les Peuples crurent qu'ils étoient infpiiés 
des Dieux, & rendirent à Pfaphon les honneurs di- 
vins après fa mort : d'où eft venu le ptoverbe , les oi- 
feaux de Pfaphon. Ce conte , allez plailant , eft tiré 
des hiftoires diverfes d'Elien. 

PSARA. Nom d'îles. Pfyra. La grande Pfira. Pfyra 
Major. C'eil une ile de l'Archipel, lîtuéc à cinq lieues 
de celle de Scio, du côté du midi. Elle peut avoir fept 
lieues de circuit, & elle eft déferre, de même que la 
Pfara , Pfyra Minor , qui cil d'environ à demi-lieue 
de celle-ci, vers le couchant. M\ty. 

PSATYRIEN, ENNE. f. m. & f. Nom de feéle. Pfa- 
tyrianus, a. C'étoit une (tdct d'Ariens, qui foutinrent 
dans le Concile d'Amioche de l'an 360 , que le Fils 
n'étoit point lémblable au Père, quant à la volonté ; 
qu'il avoit été tiré du néant, ou fait de rien, comme 
Anus l'avoir dit d'abord ; & qu'enfin en Dieu la généra- 
tion ne difFéroit point de la création. Voy. Théodorct 
E.trct. Fah. Lib. IV. 

PSAUTIER. Voye^ Psïautier. 

PSE. 

PSEAUME. f. m. Quelques-uns ^lononctwr. Seaume , 
ou Saume. Cantique facré. Pfilmus , facer Hymnus. 
Ce mot eft maintenant réfervé aux CL Pfeaumes at- 
tribués à David , & le mot de Cantique eft demeuré 
a des pièces de même nature qu'ont fait les autres Pro- 
phètes & Patriarches. Les Anciens ont fait cette dif- 
férence entre un Pfeaume Se un Cantique , que le 
Canaque étoit fmiplemcnt chanté ; au lieu que dans 
le Pfeaume on accompagnoit le chant de quelque 
mftiument , comme témoigne S. Auguftin. Les Pfeau- 
mes ont été confidérés de tout temps comme une des 
principales parties de l'Écriture. Port-R. Les Pfeau- 
mes lont di^ liés eu cinq livres : ou uc uouye le uom 



PSE 

de David qu'à la tête de 75 , cependant quelques uns 
attribuent les i jo à David fans-exception. S. Auguftin 
Se S. Chryloflôme ont crû qu'ils étoient de lui. Les 
Juifs n'étoicnt pourtant pas perfiaadés que David en 
fut l'Auteur, &: conftammcnt il y en a quelques uns 
qui ne font pas de lui. S. Jérôme a remarqué qu'il y 
a divers Pfeaumes compofés long-temps après David. 
Il eft difhcile d'en connoîcre les Auteurs ; c'eft une 
colledion de Cantiques faite parEfdras. Du Pin. Les 
Pfeaumes qu'on récite aujourd'hui dans l'Eglife Ro- 
maine (ont les mêmes qu'on chantoit autrefois dans 
lEglife Latine, & qui faifoient partie de l'ancienne 
Vulgate. La tradudtion de S. Jétôme n'a point eu de 
cours dans l'ufage de l'Eglife. L'ancienne Vulgate, ou 
la vieille Verfion des Pfeaumes a été faite fur le Grec 
des Septante. On dit les fept Pfeaumes pénitentiaux , 
qui n'ont pas toujours été les mêmes que ceux qui ont 
à pré-fent ce nom. Les Pfeaumes graduels font ceux 
qui fe chantoient autrefois fur les degrés du Temple, 
& qui font maintenant diftribués dar.s l'Office de la 
Vierge. S. Jérôme appelle Pfeaumes d' Alléluia, ceux 
qui ont pour titre un Alléluia , ôc qui contiennent 
une particulière & joyeufe louange de Dieu, favoir le 
CIV, CV & CVI, depuis le CX jufqu'au CXVIU , 
& depuis le CXXXIV jufqu'au CL. 

P^E'^UTIER. f. m. ( Quelques-uns prononcent , contre 
l'ufage, Sautier, Se éctivent Pfautier. ) Le Livre des 
CL Pfeaumes attribués à David. Pfalmorum liber ^ 
pfalteriunu LeP/èaafidr cftdiftribué dans le Bréviaire 
pour l'Office de la femainc. Il y a une infinité de Com- 
mentaires & de Paraphrafes fur le Pfeautier. On ap- 
pelle auili Pfeautier , le Livre de l'Eglife qui contient 
les Pfeaumes. 

PsEAUTiER, chez les Religieufes , fe dit aufti d'un grand 
chapelet. Cette fille a un Pfeautier pendu à fa cein- 
tute. On l'appelle ainli, à caufe qu'il a ijo gr.iins, 
qui égalent le nombre des Pfeaumes de David. On 
tient que c'eft Saint Dominique qui en a été l'inven- 
teur. Rofarium. 

PsEAUTiER. f. m. Vêtement de Religieufes , voile dont 
elles le couvrent la tête Si les épaules. M. de la Fon- 
taine dans le conte qui porte ce titre, dit T. II , p, 
r^7, que le haut-de-chaulle de Meffire Jean reircm- 
bloit affez bien, 

A certain voile aux Nones familier, 
Nomw.é pour lors entr' elles leur ViezMÛtt. 

PsEAUTiER. Terme de Boucherie. C'eft le nom que les' 
Bouchers , & le peuple donnent à cette portion des 
tripes qui eft par feuillets, qui eft le troifième ventii- 
cule du bœuf , & qu'on appelle dans quelques en- 
droits le milet. Se dans d'autres les matines. 

r? PSEPHOPHORIE. f. f. Terme d'Antiquité. Ma- 
nière de compter chez les Grecs avec de petites pierres 
plates , polies , arrondies toutes de la même couleur , 
que l'on appeloit^'»''?» ,en latin pfephi. C'eft ce que les 
Romains appeloient calculi. Les pfephi ou petits cail- 
loux feivoient aufti pour donner "les futirages par la 
voie du fcrurin. Alors il y en a de blancs &"de noirs. 

PSETOVAN. f. m. Nom que quelques uns donnent au 
mois des Hébreux , appelé Sivan dans Efther , viij, 
9. Fabricius. 

PSEUDAMANTES. f. f. pi. On appelle ainfi les pierres 
factices ou fauffes ou de compojîtion , comme le ftras , 
Se celles que vendent les Lapidaires du Temple. Avec 
du fable blanc & graveleux, on fait toutes les faufl'es 
pierres, en y ajoutant des couleurs ; un peu de ver- 
millon, joint au verre mis en poudre, fait paroître unt- 
belle émeraude. 

PSEUDO-ACACIA, f. m. Plante. Elle a la fleur légu- 
mineufe , l'ovaire fort de Ion cahce : cet ovaire ell: 
enveloppé d'une membrane frangée , Se il devient une 
gouffe plate, s'entr'ouvrant en deux endroits. Se pleine 
de femences de la figure des haricots. Cette plante 
croit naturellement en Amérique. Quelques-uns re- 
commandent la décoélion de fes feuilles , comme cor- 
roborative Se rafraîchiffante. 

PSEUDOBUNIUM. f. m. Plante dont parle Diofcorid.-, 



PSO 

& qui , fuivant quelques-uns, efl: la mâne que celle 
qu'on nomme Hcrhc ds Sainti Barbe. M. Touinctuic 
met cctrc herbe parmi les efpcxcs ào. Jifymhryutn , iV 
iJ \A'ç^(AcJiJ\'mhryumcruai,joiiûglabro,jlorc lucco. 
Ce mot cft compofc de deux mots gtecs, 4""'«''> 
faux i & iïï>/o«, navet. 
PSEUDODlCT/VIvlNUS. f. m. Sorte de plante qui a 
été appelée ainli, parce qu'il y eu a une elpècc dont 
les feuilles ont quelque rapport aux feuilles du dic- 
tamnc de Crète. 

Ce mot cil fait de deux mots gtecs l^^yf" ,faux , Se 
fU-Tuixm, diclamne. Auiii appelle-t-on cette plante en 
François /jw.v dïclamne. 
ifT C'eft un genre de plante qui poufle de petites tiges 
menues , nouées , velues & blancliàtres. Ses feuilles 
font prefque rondes, couvertes d'une laine blanche. 
Ses Heurs font en gueule , vcrticillées , difpolées par 
anneaux autour des tiges. Chacune d'elles cil un tuyau 
découpé par le haut en deux lèvres quand elles (ont 
tombées, il leur luccède des lemences oblongues. On 
cultive cette plante dans les jardins. Elle Heurit au mois 
de Juillet. 
rSHUDODIPTÈRE. f. m. Efpèce de Temple des An- 
ciens, qui avoir des portiques tout autour, dont cha- 
cun étoit aulH large que le double portique qui étoit 
au diptère. Ce mot ell formé des deux mots grecs 
■^wtrii , faux , & J'Ai ^ff««, qui a deux ailes. Templum 
pfeudo-dipterum. 
ÇfT Pour parler plus clairement & plus exaétement , le 
pfcudoÀpthx ell un faux Diptère. Or , par Diptère , 
les anciens enrendoient un Temple qui étoient entouré 
de deux rangs de colonnes qui formoient deux porti- 
ques auxquels ils donnoicnc le nom à' aile. Le pfeudo- 
diptère au contraire n'avoir qu'un rang de colonnes. 
Il avoir 8 colonnes à la face de devant , autant à celle 
de derrière , & 1 5 à chaque côté en comptant celles des 
coins, l'^oyer^ Vitruve. Ce mot vient de -^t"^-^! ,faux^ 
<f«'s , deux fois, & iTi'poi , aile , parce qu'il n'avoit pas le 
fécond rang de colonnes en dedans; qui a une faulle 
aile. 
PSEUDO-NEUTONIEN. f. m. FauxDifciple deNew- 
con , célèbre Philofophe Anglois. M. l'Abbé des Fon- 
taines fe déclare père de ce mot. J'appelle , dit-il , 
Pfeudo-N eutoniens , ceux qui ont corrompu la doc- 
trine de leur Maître , & qui ont fait de fou principe 
judicieux un monflre de Métaphyfique, en regardant 
l'attradion comme une propriété delà matière, quoi- 
que la railon ik les fens fe révoltent également contre 
cette doélrine. Ohfcrv. fur les Ecrits modernes, T. 
XXIX, p. .? 4'; , ^46. 
PSEUDONYME, adj. Ell: un nom que les Critiques ont 
donné aux Auteurs, qui ont fait des livres fous de faux 
noms ; comme ils ont donné celui de Cr\ptonyme à 
ceux qui les avoient mis fous des noms cachés , ou 
déguifés. 
§3* On le dit de même des ouvrages qui ont paru fous 
un nom fuppofé. Les Conftitutions apoiloliques attri- 
buées à Saint Clément Pape, font regardées comme 
un ouvrage Pfeudonyme. 

Ce mot vient du grec -{'i^^ii , faux , Se »'>>,«.'', nom. 

P S L 

r/Cr PSICHÉ. 7-^oye^ Psyché. 

PSILOTHRc. f. m. Dépilatoire , ou qui efl propre à 

faire tomber le poil , comme font la lelllve forte , la 

chaux vive, les œufs de fourmi, la fandaraque, l'atfe- 

uic , l'orpiment. PJïlothrum. 

Ce mot vient de deux mots grecs, 4'^", deglabro , 

j'ôte l'écorce, de ^f!^,poil. 

PSO. 

PSOAS, i. m. Terme d'Anatomie. C'eft le nom d'un 
mufcle de la cuille, qui s'appelle autrement lombaire. 
Pfoas. Le premier mufcle de la cuille, efl le pfoas ou 
mufcle lombaire. Il prend fon origine des apophyfes 
tranfverfes des deux vertèbres inférieures du dos , & 
des fupéricures des lombes ; 6i porté par-defTus la face 
Tome FIL 



PS Y .d..T 

interne de l'os iléon: il va s'inférer par un tendon fort 
&C rond, au petit trochanter, c'eft le mufcle qui for- 
me cette pairie fi tendre des aloyaux, qu'on nomme 
le filet. DioNis. 

PSOKA. f. m. Efpèce de puftules qui viennent fur la 
peau , &c qui caufent ordinairement de la dcman- 
gcailon. 

Le mot de 4"r jc't grec, & (ignihe. gale , chez les 
Latins fcahies. 

§CrPSORIQUE. adj. Épithètc par laquelle on défigne 
les remèdes que l'en emploie contre la mnladic dont 
on vient de parler , & en général contre les dcmaii- 
geaifons. Remèdes pforiques. 

(fT On le dit aullî de ce qui tient de la nature du pfora, 
delà gale. Vnuspforique. Vnilulcs pforiques. Pforicus. 

PSOROPHTHALMIE. f. m. Efpèce de d'ophthalmie ac- 
compagnée de demangeaifon , avec de petites puftules 
femblables à celles de la gale. 

Ce mot eft formé de deux motsgrecSjt'çJ-aA/y.of , ceil , 
■ifiofCL, gale. Gale de l'œil. 

PSORUS. f. m. Poillon de mer excellent à manger, 
/^ojeç Lepras : c'eft la même chofe, 

P S Y. 

^ PSYCHAGOGES. f. m. pi. Cétoit chez les Grecs 
des Prêtres , ou plutôt de prétendus Magiciens qui fai- 
foient profeilîon d'évoquer les âmes des morts. Ils ha- 
bitoient dans des lieux fouterrains où ils exerçoient 
leur Art, nommé Pfychomance on Pfychomancie.CQ 
lieu s'appeloit Pfychomanteum ou Pfychomantium. 

PSYCHAGOGIQUE. f. m. & adj. Remèdes qui rap- 
pellent à la vie , dans la fyncope ou l'apoplexie. De 
■\\jyi ,vie , & i-)" , je conduis , j'amène. 

PSYCHÉ, f. f. Déelfe, époufedeCupidon. P/yche.Mo- 
lière a fait une Tragédie-Ballet de Pfyché. Bien des 
gens écrivent g fiché ; ce mot vient pourtant de {vAy^ , 
anima. 

PSYCHIQUE, adj. &: f. m. & f. Animal. Pfychicus , 
animalis. Nom odieux que Tcrtullien donne aux Ca- 
tholiques, depuis qu'il les eut abandonnés. Tertullien 
devenu Montanifte , ne nomme plus les Catholiques, 
que Pjy chiques , fuivant le ftyle des Hérétiques du 
temps. Fleory'. 

PSYCHOLOGIE, f. f. Difcours, traité de l'ame. Sermo, 
oratio, traclatio de anima. Pfychologia. L'Antropo- 
logie , ou la fcience qui nous fait connoitre &C nous 
exphque ce que c'eft que l'homme, a deux parties. La 
première traite de l'ame : on la nomme Pfychologie. 
La féconde fait connoître le corps & tout ce qui en 
dépend; c'eft ce qu'on appelle ^«aromie. Dionis. 

PSYCHOMANCE , ou PSYCOMANCIE. f. £ Nom 
d'une efpèce de divination & de magie. Pfychomati- 
tia. C'eft l'art d'évoquer les âmes des morts. 
Ce mot vient de i-^ai-zn^ devin, •j'^X''', ame. 

PSYCHROMÈTRE. f. m. Inftrument propre à mefurer 
les degrés d'humidité de l'air. Pfychrometrum. 'Voyez 
le Livre du Père Kiiker , intitulé , Collegii Romani 
Societatis Jefu Muf&um , dans lequel il y a des def- 
criptions de plufieurs Pfychromètres. C'eft la même 
chofe qyC Hygromètre. 

Ce mot vient de //.t'Tpo» , mefure , Se ■^•"Xf'' > humide, 

PSYLAS. Terme de Mvthologie. C'eft un fumom que 
les FLibitans d'Amiclée dans la Laconie, donnoient à 
Bacchus , par une railon aflez ingénieufe, dit Paufa- 
nias. Car Pfyla, en langage Dorien , fignifîe la pointe 
de l'aile d'un oiléau : or il femble que l'homme foit 
emporté ik foutenu par une pointe de vin, comme urj 
oifeau dans l'air par les ailes. 

PSYLLES. f m. pi. Anciens Peuples qui habitoient une 
partie de la Libye. Ces peuples palfoient pour avoir 
une. vertu naturelle coi.tre les ferpens. ^CT Habitant 
un p.iys rempli de ferpens , même de Céraftes , les 
plus dangereux & les plus redoutables de tous les fer- 
pens, ils vivoient fans crainte & même fans péril, foie 
que cette fécurité fût l'effet d'une connoiffance natu- 
relle ou un don de la Nature. Ces animaux même ne 
pouvoient foutenir leur pn^ence ; & dès qu'un PJylle 

F 



42- ri A 

paioifloic , ils tomtoient dans un afToupiflcment qui 
ne finiiroit que quand il s cloignoit. Ce pnvilège, dit- 
on , netoit accordé qu aux mâles , à Icxclulion des 
femmes. 

Les Modernes cfoient que tout leur art condftoit 
dans l'odeur forte qui fortou de leur corps qui taifoit 
fuir les terpens , ou dans la connoiirance des herbes 
propres à guérir leur moilure , & iurtout dans l'habi- 
tude qu'ils avoient de fucer les plaies iaites par la mor- 
fure des ferpens. Il faut lire lur cet article une favantc 
ik curieufc Dillertation de M. l'Abbé Souchct ; elle 
eft inférée dans le 7^ Tome des Além. de l' Acad. des 
Belles-Lettres y p. 2jj. Celle croit, Lih. XIX, cap. 
27 , que le lucement de qui que ce loit, peut pro- 
duire le même eftet, tans incommoder celui qui rend 
ce (ervice. 

ifF II y a probablement beaucoup à rabattre de tous les 
prodiges opérés par les Pfylles , détaillés dans tous les 
Auteurs anciens. L'amour du merveilleux fait tout 
recevoir fans examen. Il cfl: plus court de croire que 
de dilcuter : & c'ell le parti que nous prenons ordinai- 
rement. Ces Pfy lies n'auroient-ils point été des Char- 
latans adroits? T-Ious en a^•ons tant v{is, même parmi 
nous, dont les gens même les plus éclairés ont iouveiu 
érc les dupes. 

PSYLLIUM. f. m. Plante qu'on appelle autrement herbe 
aux puces. 

Ce mot vient du grec, 'V<!'\mii ,puce. Voyez Herbe 

AUX PUCES. 

P T A. 

PTARMIQUE. f. f. Plante qui poulFe une feule tige , 
grêle, ronde, filluleule, allez terme , garnie de feuilles 
longues comme celles de l'eftragon .crénelées tout au- 
tour de dents aiguës , rudes, de couleur verte brune , 
luil.mte , d'un goût brûlant. Ses fleurs font radiées , 
blanches, difpolées à la cime des branches en bou- 
quets fort ferrés, ainfi que celles de la mille-feuille , 
ni:iis plus grandes. Quand ces (leurs font paffées , il 
leur fuccède des femences affez menues. En latin 
Ptarmica vulgaris folio longo ferrato , flore albo. J. 
Bauh. Les feuilles de \3.ptarm'ique étant mifes dans le 
nez font éteinuer , d'oii vient qu'on lui a donné ce 
nom-, car iï1=tpf<.o! , eft un mot grec qui fignifîe éternuc- 
ment , fternutamtntum. Ces feuilles érant mâchées , 
excitent le crachement , & font bonnes pour la dou- 
leur des dents. Il y a d'autres efpèces Ae ptarmique. 
Tournctort en compte treize. 

L'ile de Sternofa dans l'Archipel , produit une cf- 
pece de ptarmique rare , & qu'on ne trouve point ail- 
leur?. Sa racine eft ligneufe , grisâtre vers le collet , 
épaifle de trois ou quatre lignes, accompagnée de fi- 
bres roufsâtres, longues d'environ dcmi-picd , tortues 
& chevelues: elle pouffe plufieurs têtes, d'où nailîent 
en foule des feuilles très-blanches , longues de deux 
pouces & demi , fur la ccite defquelles font rangées , 
tantc)t alternativement, &• tantôt par paires , d'autres 
feuilles de deux ou trois lignes de long, fur une ligne 
ik. demie de large, découpées en manière de crête de 
coq, cotonneufes, blanches, aromatiques, amères : 
de ces têtes naifTent des tiges hautes de neuf ou dix 
pouces, épaifles d'une ligne, cotonneufes aulli, blan- 
ches, garnies de quelques feuilles femblables aux in- 
férieures, mais plus petites: chacune de ces tiges eft 
terminée par un bouquet large d'un pouce, & plat en 
deflus , compofé de plufieurs Heurs fort ferrées les unes 
contre les autres , foutenues par des queues inégales : 
le calice de ces fleurs eft long de deux lignes, fur une 
ligne de large , a plufieur<! écailles blanches , velues , 
pointues, lef quelles embraffcnt des fleurons & des demi- 
Hcurons à la manière ordinaire; les fleurons font d'un 
jaune pâle , découpés à cinq pointes ; les demi-fleurons 
'oit: de même couleur, larges d'une ligne. Toutes ces 
pièces lonr portées fur des embryons , lefquels dans la 
fuite deviennent des graines plates , longues de demi- 
ligne , un peu plus étroites , brunes , avec une bordure 
blanchâtre , téparées entr'elles par de petites feuilles 
membraneufcs , pliées en gouttière. Tourne fort. 
Ptarmica incana pinnulis crijiatis. CoroU. Inftit. Kei 
;4erb. 37. 



PTI 

PTARMIQ.UE. Adj. fouvent employé fubftantivement. 
Sternutatoire , ou médicament propre pour faire éter- 
nuer. /^cjt^ Sternutatoire. 

P T E. 

PTEGOUADEBA. Rivièrede l'Amérique feptentrionale, 
au pays des Sioux : elle tombe dans la rivière de Sainte- 
Croix, à la bande du nord. 

PTELÉE. f. f. Une des Nymphes Hamadriades, fille d'O- 
xilns tk d'Amadryade. 

PTÉROPHORE. f. m. Terme d'Antiquité. Qui porte des 
plumes, ou des ailes. Pterophorus. On donne ce nom 
dans l'Antiquité à ceux des Couriers Romains qui ve- 
noient apporter la nouvelle de quelque déclaration de 
guerre, ou de quelque bataille perdue , de quelque 
échec qu'avcient eu les Armées Romaines. On les 
nommoit ainfî, parce qu'ils portoient des plumes a la 
pointe de leurs piques. 

Ce mot vient du grec -srlt'f »» , i/wê aile. Se çi'f", je 
porte. 

PTÉRYGlON.f. m, Terme de Chirurgie. Ongle de l'œil, 
excroiflânce membrancutc qui fe forme furla conjonc- 
tive. /'/trvn;//m. VoyezONGLE. C'eftauth, félon Celte, 
une excroillance charnue qui vient aux ongles des 
pieds & des mains, & qui les couvre en partie, ^'iif "'5"», 
lignifie petite aile. 

PTtRYGuïùE. f. f. Terme d'Anatomie. Nom de deux 
apophyfes de l'os tphenoïdc. Prerygoïdes. Les apo- 
phyfcs externes de cet os font deux , appef'ées ptery- 
goldes , p.arce qu'elles font faites cumnie des ailes.de 
chauve-fouris. Dionis. 

Ce nom &c les fuivans font formés de deux noms 
Grecs «It'pv?, aile, & tT^st, forme , de torte que 
ptérygoïde fignifie qui a la foimedune aile. 

PTÉPêYGC ÏDIEN. ad;. Terme d'Anatom.ie , qui fe prend 
lubflantivement. Ptérygotdes. Les Anatomiiles don- 
nent ce nom à deux mufcles de la mâchoire. L un eft 
le fécond des fermeurs , nommé le ptérygcidicn ex- 
térieur. Il prend ton origine de 1 apophyfe ptérygoïde, 
& s'insère dans l'efpace qui eft entre le condile & le 
coroné de la mâchoire intérieure i on l'appelle aufli le 
caché , parce qu'il eft difficile à faire voir, à moins 
que l'on ne calîe l'os de la mâchoire. Dionis. L'autre 
efl: le quatrième des fermeurs appelé le ptérygoidien 
interne : il nait de \'a.'pu\>\\y[s P rer^'goide , partie in- 
terne, & te vient inférer à la partie interne de l'angle 
de la iTiachoire intérieure. Il tert avec le crotaphite, 
le ptérygoïdten extérieur & le malïcter , a faire la ma(^ 
tication , en approchant la mâchoire inférieure de 1» 
fupéricure, & les terrant fortement l'une contre l'autre. 
Idem. 

PTÉRYGOPHARYNGIEN. f. m. Terme d'Anatomie, 
qui fe dit de deux mulcles du phar\ nx. Pterygopha- 
ryngius. Les deux pterygophary ngier.s tirent le pha- 
rynx en haut , aulli bien que les céphalopharyngiens. 
Ils prennent leur origine des apophyfes ptérygoïdes de 
l'os fphénoïde , & s'insèrent à la partie fupéiieure du 
pharynx, & non pas à ta partie latérale. Dionis. 

Ce nom eft pris de ceux des deux parties auxquel- 
les ces mufcles font attachés , les apophyfes ptéry- 
goïdes , & le pharynx. 

P T L 

PTILOSE. f. f. Terme de Médecine. Chute des cils. 
Paul Eginète dit, Lih. III , cap. 22 , que hptilo/e ôc 
le madarotis, font des maladies de l'extrémité exté- 
rieure des paupières, le madarofts ell une chute des 
cils produire par une h'uxion d'humeurs acres: outre 
cette chute , il y a callotité &: dureté des bords des 
paupières dans la ptilofc ; en torre que cette dernière 
maladie n'eft autre chofe que le madarcfis com- 
pliqué avec la lippitudc. Ptilcjîs. De TV^or , qui a per- 
du les cils. 

PTIRIGIUM. f. m. Terme d'.Anatomie. Membrane qui 
prend à l'angle de l'œil , & vient s'attacher à la pupille 
ou prunelle. 

PTISANE, A-qy^^ Tisane, 



PU 



P T O, 

PTOLÉMAÎS, ou pjutôc PTOLÉMAÏDE. Nom propre 
de ville, l-^oye^ Acre. 

PTOLÉMAÏTES. Anciens Seûaires Gnoftiques qui ont 
été aiiifi nommt;s de Ptolcmée leur Chch PtoUmaict. 
Cet homme qui avoir beaucoup d'érudition , ajoura 
plufîcurs rêveries aux (') ftèmcs des Guortiqucs , qui 
l'avoicnr précède, & cntr'autres à celui des Valenri- 
iiiens. Saint Epiphane a parlé fort au long de ces Pco- 
lémaïtes, h£r. s j j >-^' '' rapporte une lettre de Ptolé 
mée à Tlora , où cet hérétique expofe les vilions. 1! 
prétenduit que dans la Loi de Moile il talloit ç(illin 
gucr trois choies , n'étant pas toutes de la même main , 
mais une partie, dil'oit il, venoit de Dieu ; une autre 
partie venoit de Mo'iTe , <5>^ il y avoit une troihènic 
partie qui n'étoit ni de Diiru, ni d^Moïle, mais qui 
confiftoit en de pures traditions des anciens Dodeurs. 

PTOLÉMÉTA. Foyei Tolométa. 

|p*PTOLOMÉE. Ancien Philolophe, Auteur d'unSyf 
tèine du monde. Claude Ptolomée, natif de Peluie, 
propofa ce Syftèmedu Ciel environ l'an 130 depuis la 
naiffance de Jésus-Christ: il plaça la terre immo- 
bile au centre du monde: autour de la rerre il fît tour- 
ner d'occident en orient la Lune en un mois , Mercure 
en trois, Vénus en huit, le Soleil en un an , Mars en 
deux , Jupiter en douze , Saturne en trente , & les Étoi- 
les en vingt-cinq mille ans , environ. 

ftCF Outre ce mouvement périodique , Ptolomée donne 
à tous les Aflres un mouvement diurne autour de la 
terre d'orient en occident. 

HfJ" Ce lyftème eft tout-à-fait rifible : il a contre lui tou- 
tes les railons qui patoiflent établir l'hypcthèle de Co 
pcrnic, & les obfervations aftronomiques, qui démon- 
trent que Mercure & Vénus n'ont aucun mouvement 
périodique auteur de la terre. 

^fj" C'efl; ce même fyftème qu'un Roi de CalHlle , dans 
un temps où l'on n'avoit rien de mieux , trouvoit fi 
ridicule , qu'il difoit en homme plus phyficien que 
dévot, que il Dieu l'avoit appelé a ton Conleil quand 
il ctéa le monde , il lui auroit donné de bons avis. 
Foye^ Copernic , Monde de Deicartes, Syftème. 

P T Y. 

PTY ALAGOGUE. Adj. fouvenr employé fubftantive- 
ment. Médicament qui excite le ptyalifme ou la laliva 
non. Il y en a qui excitent uije lalivation univerlelle , 
ou un Hux de bouche , comme le mercure ; d'autres 
qui n'en provoquent qu'une particulière , comme les 
apophlegmatifmes ou malHcatoires , le tabac , la pi- 
rèthre , le gingembre , 6 c. Ce mot eft grec ir%«Aa>B>»(, 
qui vient àtMaMn , falive ou crachat ^ Se de à'jf", 
chaljiîr , pouffer, provOiiuer. 

CîG^PIYALISME. f. m. 'Terme de Médecine. Mot grec 
!r1vaA.K<.;'!, fynonyme de lalivation , crachement fré- 
quent, continuel; fuite des friilicns mercurielles qui 
agacent les nerfs qui vont aux glandes falivaires. 

PTY AS, ou PTYADE. f. m. C'eft le nom d'une forte 
d'afpic , qui jette fon venin en crachant &c non en mor- 
dant , d'où il tire fon nom. L'Auteur du Traité de la 
Thériaque, que quelques uns croient être Galien , 
dit que ce fut A'xmptyas dont Cléopatre fe fervit pour 
s'cmpoilonner ; que cette forte d'afpic qui (é trouve 
en Egypte alonge fon cou , à proportion de la dif- 
tance qui eft entre lui & les paffans , afin de leur lan- 
cer fon venin mortel au vifage. 

P U. 

PU. f. m. Tetme de Relation. Nom d'une mefure de 
longueut à la Chine. Pu. C'eft à-peu-près une lieue 
d'Elpagne. Car dix p;/ font le chemin d'une journée, 
qu'on appelle j-cAi^n. Le pu fe divife en dix /i , qui eft 
la longueur de chemin que peur porter la voix humai- 
ne , dans un pays plat , & pendant un beau temps. 
Maffée, Hifl. Indu. L. VI. 

PU. Ville de la Chine, dans la province de Chanfi , au 
Tome VU. 



PUB 



4? 



[ département de Pingyang , féconde Métropole de la 

I Province. 
0Cr II y a une ville & forterelTe de même nom , dans la 
même province, & au même département. Elle cil de 
7 d. 28' plus occidentale que l'ekiiig , fous les J(S d. 
i.-]' de lat. leptcnt. Atlas SiiJiNSis. 

PUA. 

PUAMMENT. adv. D'une manière puante. Putidè , 
face , fœtidè. 

'i^Zs' On dit figurément , mentir puamment ; pour dire, 
grollicremcnt & impudemment. E.xprelllon du ftyie 
familier, lelon l'Acad. Cela ne me paroit d aucun 
ftyle. 

PUANT, ANTE. adj. Qui a une odeur forte & défa- 
gréable, qui offenlc le nez 6c le cerveau. QLidus , pu- 
tidus j graveolens. Un égoût puant. Il a les pieds 
puans j l'haleine puante. Cette viande eft puante , 
c'eft-à-dire , garée, corrompue. Les rôles hrûlccs, & le 
vin jeté dans le ftu , donnent des vapeuii puantes. 

Puant , en termes de Challe , fe dit des renards , des blai- 
reaux, des fangliers, 6"c. qu'on appelle hèxzs puantes. 
Anhnalïa olida. 

Puant , eft aulli quelquefois fubftantif. C'eft un puant. 
L'Acad. Graveolens , Jœtcns. 

:Ï3" Puant, f. m. Animal quadrupède de l'Amérique 
leptentrionale, ainfi nommé, parce qu'il a une odeur 
infupportable. Il eft de la grandeur du putois. Il eft 
noir , &: il a fur le dos cinq bandes blanches. C'eft pour 
cela qu'on l'appelle putois raye'. 

Le lac des Puants , ou des Putéotamites. Lacus 
Putidorum, ou Puteotamitarum. C'eft un des grands 
lacs du Canada, dans l'Amérique feptentrionalf. Il elt 
entre le lac fupérieur & celui des Hurons , dans le- 
quel il fe décharge. U a pris fon nom des Puréotami- 
tes, z<ppt\cs puants , patce qu'ils habitoient des lieux 
marécageux & puants , avant qu'ils vinllént fe loger 
fur fes bords. Maty. 

PUANTEUR, f. f. 0Cr Mauvaife odeur qui s'exhale 
d'un corps. Fœtor ,putor , graveolentia. La. pujnteur 
d'un égoût, d'un maiais. Ls. puanteur de l'haleine vienc 
ordinairement du poumon attaqué, c'uanteur, exha- 
laifon puante qui s'élève des heux où il y a des mines 
de loutre. Meph'uis, 

PUB. 

PUBÈRE, adj. m. & f. Terme de Jurifprudence. Qui a 
atreint l'âge de puberté. Puher. Les filles , en droit , 
font réputées pubères à douze ans , & les garçons à 
quatorze. 

PUBERTÉ, f. f. État des filles qui ont atteint l'âge de 
douze ans , ou des garçons qui ont atteint celui de 
quatorze. iÇT C'eft l'âge défini par les lois , où les gar- 
çons ^ les filles font capables de contrafter mariage. 
Puhertas. L'âge de puberté eft une majorité naturelle 
pour contraiter mariage. 

^3" Ces mots viennent de puhes , poil follet. Pubère ^ 
commencer à avoir du poil. 

PUBIS, f. m. Terme d'Anatomie, qui fe dit d'un des os 
inncminés. Il eft fitué à la partie antérieure & lupé- 
rieure du baftîn. On l'appelle autrement \ûs du pénU„ 
ou \'os barré. Os pubis, yel peclims. 

PUBLIC, IQUE. Adj. fouventemployéfubftantivemenr. 
Terme relatif & ç.o\\zù:\V-à particulier. Pubiicus. Qui 
concerne le général. Le général des citoyens, ou des 
hommes, la fociété civile, tout lepeufle en général^, 
le gros de la multitude. La morale des Payens ne prê- 
choit autre choie que l'amour du bien public, ôc la 
confervation de la République. Sous Louis XI , il y 
eut en Fr.ance la guerre du bien ;)i//'/ic. C'eft ainfi qu'on 
appeloir la guerre civile. Ceux qui fe plaignent dapu- 
bllc, n'ont pas toujours raifon. Bell. Quelque décrié 
que foir le public , il n'y a pas de Juge plus incorrup- 
tible, & tôt ou tard il rendjuftice. Boa. Auguftc n'eut 
rien à fouhairer du/;^A/ic ^ ni \t public de lui. S. Evr. 
Le public veut qu'on le refpeéte , ëi fe foulcve contre 
ceux qui l'abordent avec trop de confiance. Bail. Le 



»« 



44 ï'UB 

'pul'lic j qui eîl le Jage fouveiatii, Ce laiïïe pix'vcnii- 
contre les particuliers. S. Evr. Si votre Ouvrage ell 
'bon, \e. public lui rendra juftice , (ans que vous ayez 
!a honte de l'en lollicuer. Boil. Les ambitieux briguent 
!a laveur du public ; les honnêtes gens cherchent Ton 
approbation; tout le monde craint la haine & Ion mé- 
pris. S. Evr. 11 eft dangereux de vouloir délabuler le 
public prévenu & entête. S. Evr. Le public cil un Juge 
inexorable, qu'il faudroit ménager plus qu'on ne fait. 
■Bell. Combien de méchans Auteurs perlécutent le 
public de leurs Ouvrages ; S. Evr. 

%^ 'Q\tn publie , micict public j, bien de la fociété , in- 
térêt de la lociété, termes lynonymes. Le bien général 
■devroit toujours avoir la prétérente fur le bien parti- 
culier. L'intérêt particulier ne railonne plus quand l'u- 
tilité^/^;^/içae eft contre lui. Deviclumfempcr ç/7jdiloit 
SoXiMÎïs , privatû gracia bonum publicuw. L'intérêt par- 
ticulier 1 emporte toujours fur le bien public II y a 
long-temps que cette ma!adie-la règne parmi les hom- 
mes. 

^CF Quand ce mot eft employé fubftantivement, il li- 
gnifie tout le peuple, toute la lociété en général. Koy. 
les exemples ci-dellus. 

0C? Public, le dit aulTî de ce qui a rapport un public. 
Chemin public i par où tout !c monde peut palfer. Lieu 
public , publicum , où tout le monde a droit d aller. 
Les promenades, les églifes, les marchés, &c. font des 
lieux publics. 

§3° Femme , i\\\izpubHque , qui le donne au premier venu. 
Proflibula., proftibulum. Senèque a d'à projlitutaj Se 
publica. 

-^3" Veûonnes publiques , revêtues de X'MXtoûzé publique, 
qui exercent quelque emploi , quelque magiftrature 
fous l'autorité du Prince. Miniftère public. Dans cer- 
taines aftaires il faut des conclulions du Miniftère /'/;- 
blic. Homme public j fe dit en général de ceux qui 
prêtent leur miniftère à ceux qui en ont beloin. Ch.ar: 
gcs publiques , impodtions que tout le monde eft obli- 
gé de payer pour les befoins de l'Etat. 

Public , le dit auiH en termes de Droit. Publicum, com- 
mune- Le Titre premier du XLVIII^ Livre du Digefte, 
eft des ]nu,tmtns publics , des cmnes publics , des cas 
où chacun du peuple pouvoit être acculateur , & qui 
intérellent la lociété. 

On dit aulli au P.ilais, qu'une '^\3.ïc\\!LnAe publique 
peut s'obliger (ans autorilation de (on mari, lotlqu'elle 
tient boutique ouverte, &c quelle s'oblige pourrailon 
des chofes dont elle lait commerce. Mercauix pu- 
blica J vel propalaria. Hors de-là le nom de publique 
à une femme eft injurieux, comme on vient de le 
dire. 

Public , fe dit aulfi de ce qui eft connu & manifefte à 
tout le monde. Notus , cognitus , pervulgatus. Dans la 
primitive Églile on faifoit des pénitences publiques. 
On affiche les Ordonnances de Juftice, on les cric , à 
fon de trompe , pour les tendtc publiques. On prétend 
que ce n'eft plus une médifance , quand on accule 
quelqu'un d'un crime qui eft public ôc notoire. On ap- 
pelle une nouvelle publique , celle qui fe débite par 
toute la ville , qui n'eft plus lectètc. 

^fT En l'UBLic. Exprellîon adverbiale. En préfence de 
tout le monde. Publiée , palàm, propalàm. Parler en 
public , ne point paroître en public , n'ofer fe mon- 
trer. Pubiico carere , abjlinere , in publico effe non au- 
dere. 

PUBLIC AIN. f. m. C'étoit chez les Romains un Fermier 
des Impôts & des revenus publics. Publicanus , Re- 
demptor. Ce nom étoit fort odieux chez les Juifs ; ils 
défignoient parla un grand pécheur, un homme de 
mauvaife vie, & un homme a Jétefter: d'où vientque 
J. C. dit à fes Difciples , que celui qui ne voudra pas 
écouter l'Eglife , doit être évité comme un payen &: un 
Publicain. Ce n'eft point avec l'orgueil du Pharifien , 
qui vantoit à Dieu la juftice de fes œuvres; mais avec 
la honte du Pubiicain , que nous devons demandei 
juftice. Le P. lA Rue. 
ffT Aujourd'hui le mot de Pub/ic-'in fe dit familière- 
ment, & dans un (eus toujours odieux, de ce qu'on 
appelle autrement craitans , parnfans, gens d'iiffai- 



PUB 

res . .. Voyez ces mots. Il eut l'honneur d'être agrégé 
à l'opulente quatantahie : il fut Publicain en chef. Pu- 
hiicanorum ordo. Le mal a bien augmenté depuis ce 
temps là. 
FU15L1CATI0N. f. f. Notification qu'on fait dans les 
alfembiees & lieux publics , d'une choie qu'on veut 
que tout le monde lâche. Publicacio , promulgaiio. 
On fait au Prône des proclamations &: publications de 
bans pour les mariages , pour les enchères des décrets, 
&c. On a fait la publication d'un moiiitoire La publi- 
cation des bans n'eft pas nécellaire au mariage, ik elle 
n'en touche point la validité. Le Mait. il fe lait des 
publications 2l cri public, à Ion de trompe, pardesaf- 
hclaes , &c. On failoit autrefois des publiduions d en- 
quêtes , lorsqu'on en failoit l'cuvcrture, & qu'on les 
tiroir d'un fac , dans lequel elles avoient été envoyées 
cloles &{cellées par le Commillaire Enquêreur ; & 
alors on n'étoipplus recevable a donner des reproches 
contre les témoins. 
Publication. En parlant de l'édition d'un livre, on dit, 
qu'on 'cn a défendu h. publication ; pour dire , qu'on 
en a défendu la vente. Il le dit ptel^ue toujours de 
ce qui le fait par l'autoricé publique. Acad. Franc. 
§CF Publication des Ordonnances , Edits & Déclara- 
tions. On entend par- la la lecture qui s'en fait dans les 
Cours , pour être connues au peuple , tic eiiluite exé- 
cutées. Ainhla publication dirtère de \' enrepif. rcn: er.t , 
en ce qu'elle (e fait par la lecture au\ jours de plai- 
doirie , pour les notifier ; au lien que 1 enregifirement 
eft la delcriprion qui s'en fait dans les rcgiftres publics'. 
Voye-:^ Enregistrement. 
C^rPUBLICISTE. f. m. C'eftainfi qu'on appellecclui 
qui écrit ou qui fait des leçons lur le droit public. 
C'eft un grand Pubiicific. Il y a de grands Publicijles 
en Allemagne. Acad. Fr. 
PUBLICITÉ, f. f. La qualité d'une chofc qui eft publi- 
que. Les déciets d'un Concile peuvent recevoir une 
plus grande j'iv/'/ici/tr pat les Edits des Princes, pour 
l'autorité extérieure, mais non pas pour l'antorité in- 
térieure de la foi & de la croyance. Mém. de Trév. 
La. publicité Si la fainteté d'un lieu empêchent bien les 
aéfions extérieures, mais non pas les mcuvemens le- 

CietS. COTOLENDI. 

Publicité. Notoriété. La publicité du crime le rend en- 
core plus punillable. 

PUBLIER, v. a. Rendre une chofe publique & notoire. 
Promulgare , publicare. On publie àes Édirs & des 
Déclarations , lorfqu'on les lit en pleine auJience , 
qu'on les enregiftre, qu'on les tait affichrt, imprimer 
& crier par les rues. On dit auftî , publier des enchè- 
res , des fermes , un rôle. On publie (cuvent de faulTes 
nouvelles. On dit aulli d'un indilcret, c^n'\\ publie le 
fecret de ion ami, lorlqu'il le découvre à quelqu'au- 
tre, qu'il publie les faveurs de fa maitrcire, lorfqu'i! 
s'en vante. La médilance publie que vous avez eu une 
mauvaile aventure. 

§CF L'élégant, le correct Racine a dit, publier des beau- 
tés dans Bérénice. 

Publier vos vertus , Seigneur, &fcs beautés. 

On ne publie point des beautés, cela n'eft pas exadr. 
On publie les bonnes & mauvailes qualités de quel- 
qu'un , des nouvelles, un fecret: on publie les faveurs 
qu'on a reçues d'»ine femme : on publie enfin une 
chofe qui étoit (ecrète, ignorée. On ne publie point 
ce que tout le monde voit. 

Publier , fignifie dans le même (cns, mettre au jour , 
faire imprimer. Prodcre in lucem , vel typis manda- 
te , divulgare , publicare. Olez-vow^ publier des vers 
Il infipidcs ; S. Evr. Le public lailFe aux Auteuts le 
foin d'examiner s'ils ont raifon de publier leurs ouvra- 
ges , (Se croit n'avoir intérêt qu'à juger de l'ouvrage. 
Nic.^ 

PUBLIE , ÉE. part. Ediclus , indiclus , denuntiatus , 
pronmlsatus . profcriptus. On met (urle dos des Édits 
& Patentes, lii, publié ik enregiftre fuivant l'Arrêt de 
ce jour. 

PUBLIQUEMENT, adv. En public, devant tout le mon- 



PUC 

de. 'Jpenè , palàm , publiée. C'cfl: un m.niage ccIj- 
hïé publiquanem , en face d'Emilie. Cette dothine 
a été pïcchée publiquement. 

PUC. 

rUCARA. Ville ou bourgade de l'Amiiique mciidio- 
nale, au Pérou, d.iiis la Province de LosCliarcas, à 
quatre lieuci d'Ayavirc. 

PUCE. Petit inkcte armé d'unexrompc aiguë, avec la- 
quelle il luce le langde l'homme & des ai^imaux. Pu- 
lex. La puce a lix jambes , qui ont chacune trois join- 
tiues divc.lcment articulées. Quand elle veut fauter , 
elle étend toutes fes jambes en même temps, Se ces 
diftéicns articles venant à le débander enlemble com- 
me autant de rell'orts , l'ont cauCe de ce laut, que quel- 
ques-uns ont attribué a des ailes imaginaires. ifJ' Les 
deux pofteiieures , plus longues que les autres, con- 
tribuent particulièrement à ce faut. C'eft une choie 
eurieufe de voir la figure de la puce dans le livre de 
la IWicrographie de M. Hook, où 1 on découvre un pe- 
tit reHort t.ès-dclié, (î merveilleux , qu'il lui fliit iau_ 
ter 200 fois la hauteur de fon corps , par la vertu elal- 
tique. 

On appelle lunette h puce j, un petit microfcope 
qu'on applique à 1 œil , qui augmente les objets. Mi- 
crofcopium. 

FucE , le dit proverbialement en ces phiafes. On menace 
les gens de leur fecouer leurs /;;/■(: c'j , c'eft à-dire , qu'on 
les étrillera bien, qu'on kur donnera bien de la peine. 
Excuccre , vcl mail- mulLL^rc. On dit qu'à la Sainte- 

■ Luce les jour*; croiirent du laut d'une/" //es; pourdire, 
de bien peu. Ce qui marque que ce proverbe a été 
fait avant la réforme du Calendrier , parce que la 
Sainte Luce dans l'ancien Calcndrier,eft au ij^de Dé- 
cembre, & leulement au 1 5^ dans le nouveau. On dit 
aullî , qu'une perfonne a \3.pucc à l'oreille i pour dire , 
qu'elle eft bien éveillée ou inquiète. Je ne fai ce qui 
vous met la puce a l'oreille. Racan. 

Toute la nuit j'ai la puce à l'oreille j 
Mon mari dort cependant que je veille, 

H y a une plante qu'on appelle herbe aux puces ^ ou 
pfyllium. Voyez Herbe aux puces. 
POOE AU. f. m. Jeune garçon qui a encore fa virginité , 
qui n'a jamais eu de commerce particulier avec une 
femme. Illibatus, integer , incorruptus. Il ne fe dit 
guère qu'en plaifanterie. C'eft un ']t\xnt puceau qui n'a 
jamais rien vu. 
§CF PUCELAGE, f. m. & virginité font fynonymes. 
Viroinitas. C'eft ordinairement à l'âge de puberté , dit 
M. de BufFon, que le corps achève de prendre fon ac- 
croiirement. Les jeunes gens grandiftcnt prefque tout- 
à-coup de plulieurs pouces : mais de toutes les parties 
du corps celles dont l'accroilFement eft le plus prompt 
& le plus fenlible , font les parties de la génération dans 
l'un & l'autre fexe , avec cette différence que cet ac- 
croiftement n'eft dans les mâles qu'un développement 
une augmentation de volume; au lieu quedans les fe- 
melles il produit fouvent unretréciilement auquel on 
a donné dirf"érensnoms lorfqu'on a parlé des lignes de 
la virginité. 
§0" Les hommes jaloux des primautés en tout genre , 
ont toujours fait grand cas de ce qu'ils ont cru pou- 
voir polféder exclufivemcnt & les premiers. C'eft cette 
efpèce de folie qui a fait un être réel de la virginité des 
filles. La virginité , qui eft un être moral , une vertu 
quineconhfte quedans la pureté du cœur, eft devenue 
un objet phyfique dont tous les hommes fe font occu- 
pés. Ils ont établi fur cela des opinions, des ufages, des 
cérémonies, des fuperftitions , & même des jugemens 
& des peines: les abus les plus illicites, les coutumes 
les plus deshonnêtes ont été autorifées : on a foumis à 
l'examen des Matrones ignorantes, & expofé aux yeux 
des Médecins prévenus , les parties les plus fecrètes 
de la nature , fans fonger qu'une pareille indécence eft 
un attentat contre la virginité ; que c'eft la violer que 
de chcicher à la connoîcrei que toute fituation hon- 



PUC 



4; 



tcufe, tout état indécent doiîtunc fîlleeft obligée Ac 
rougir intérieuienicnt , eft une vraie défloration. 

tfS" On avoit inféré dans les précédentes éditions de ce 
DièHonnairc des rapports de Matrones daiv, Icfcucls 
on détailloit les prétendus lignes de ce qu'on appelle 
pucelage , que nous avons ciu devoir fupprimer pat 
rcfpecl pour les mœurs. Si on eft curieux de les voir» 
on les trouvera dans les ouvrages de Laurent Joul)crt, 
Médecin de Montpellier , &c dans le i ableau de l'A- 
mour conjugal de Nicolas Vcnette,. Médecin de la Ro- 
chelle, ou dans l'Encyclopédie, au mot rapport. Y_ a- 
t il donc quelques lignes certains du /"/iCt'/iV^'^r'Erafme 
diloit qu'il n'étoit pas moins dillicile à connoitre qu'à 
gaider. Firginitalis piobatio non minus di_tficilis quàm 
cu/lodia : 'mais il eft dilHcile de dctiuhe un ancien 
préjugé & les choies qui font plaiiirà croire feront tou- 
jours crues , quelque vaines 8c quelque déiaifonna- 
bles qu'elles puilîent être. 

0Cr D'habiles Aiiatomiftes d'un côté prétendent que la 
membrane de 1 hymen eft une partie réellement exil- 
tante dans les femmes , & ils diLcnt que cette mem- 
brane eft charnue , mince dans les femmes, plus épaille 
dans les filles adultes ; quelle cftlltueeau dcft. us de 
l'orifice de l'urètre , qu'elle ferme en partie l'cntiécdu 
vagin, qu'elle eft percée d'une ouverture rende, quel- 
quefois longue, &c. D'un autre côté plulieurs Anato- 
miftes,non moins célèbres , & tout au moins au lll ac- 
crédités que les premiers , fouciennent au contraire que 
la membrane de l'hymen n'eft qu'une chimère ,& que 
cette partie n'eft: point naturelle aux filles. Us oppo- 
fcnt à ceux qui la regardent comme une partie réelle 
& conftante , une multitude d'expériences par lef- 
quelles ils fe font alTurés que cette membrane n'exifte 
pas ordinairement : ils rapportent les obiervations qu'ils 
ont faites fur un grand noir.bre de filles de différens 
âges qu'ils ont dilléquées , & dans lefquelles ils n'ont 
pu trouver cette membrane, eu s'ils en ont quelque- 
fois trouvé une , elle étoit contre l'ét ,t natuiel. 

I^C? Cette contrariété d'opinions fur un fait qui dépend 
d'une fimple Infpeclioiij prouve que les hommes ont 
voulu trouver dans la nature ce^ qui n'étoit que dans 
l'imagination. Puifqu'il y a plufieuts Anatomifles qui 
difent de bonne foi qu'ils n'ont Jamais trouvé d'hy- 
men ni de caroncules dans les filles qu'ils ont diflé- 
quécs , même avant l'âge de puberté ; puifque ceux 
qui foutiennent au contraire que cette membrane & 
ces caroncules exiftent, avouent en même temps que 
ces parties ne font pas toujours les mêmes , qu'elles 
varient de forme, de grandeur &: de confiftance dans 
les différens fujets ; que fouvent au lieu d'hymen il n'y 
a qu'une caroncule , que d'autre fois il en a deux ou 
plufieuts réunies par une membrane; que l'ouverture 
de cette membrane eft de différente forme , &c. Que 
peut-on conclure de toutes ces obfcrvations , finonque 
les caufes du prétendu retrécllfemcnt de_ l'entrée du 
vagin ne font pas conftantes, & que , lorfqu'elles exif- 
tent , elles n'ont tout au plus qu'un effet paftager,qui 
eft fufceptible de différentes modifications. 

IJCF L'Anatomie lailfantune incertitude entière furl'exif^ 
tence de cette membrane , elle permet de rejeter ce 
figne de la virginité , non-feulement comme incer- 
tain, mais même comme imaginaire. 

*:r II en eft de même du fang répandu, autre figneplus 
ordinaire encore, & tout aullî équivoque. 

<^- On remarquera en palfant, que le mot de /^ace/a^e- 
eft du ftyle familier ^ & un peu libre. 

i^o- L'hiftc-ire de tous les peuples préfente des ufages ri- 
dicules , des coutumes extravagantes. On. lit dans Pe- 
dro de Cieça , & dans 1 hiftoirc des Incas, que dans li 
province de Manta , au Pérou , on ne rnarioit les filles 
qu'à condition qu'elles feroient dépucelées par les plus 
proches parens du mari , ou par fes meilleurs amis. 

Pucelage. Terme d'Orfèvre. C'étoit un agrément qui 
pendcit au demi -ceint d'argent, & qui étoit fait en 
manière de petit vafe. On n'en porte plus aujourd'hui. 
C'eft encore le nom qu'on donne à une petite co- 
quille qu'on nomme en latin , concha vencrea. Se pu- 
celage en françois, àcaufede fafigure. Elle n'eftguère 
plus^gioffe qu'un pois; mais elle eft longuette &c faite. 



4<5 



PUC 



en forme d'une courte navette. Elle eft blanche 8c po- 
lie. Ces petites coquilles ou pucelages fervent demon- 
noie aux Indiens. On nous en apporte des Indes en- 
filées comme des patenôtres. On choillt les plus pe- 
tites & les plus blanches , pour les broyer & en faire 
du fard , qui cil d'un vrai blanc de perle. C'efl: ce qu'on 
appelle en Afrique Cauris. 
PUCELLE. f. f. Fille qui a encore fa virginité , qui n'a 
eu aucun commerce avec un homme. Virgo , incor- 
rupui puella , ïUïbata , intégra. Si la jeune époufe 
n'étoit pas pucclle j du moins elle en fit toutes les fa- 
çons. S. EvR. 

La jeune fille , agréable & gentille , 

Pucelle était ; mais à la vérité 

Moins par vertu que parfimplicité. La Font. 

Marguerite d'Autriche qui avoir été fiancée à Char- 
les Dauphin de France , qui l'avoir renvoyée pour épou- 
ler l'héritière Je Bretagne ; Marguerite, dis-je , palfirnt 
en Elpagne pour époufer l'Infant Don Juan , & étant 
prête à faire naufirage, fit ion épitaphe en ces deux 
vers : 

Cy gît Margot la gentil' Demoifelle 
Qu'a deux maris , & encore ejl pucelle. 

On appelle les Mufes, les neuf Pucelles. Mufavo- 
cantur novem puelU. Un Poëte a appelé les Nymphes 
de la Mer, les Pucelles de Nerée. 

ÇG'La P«C(;//e d'Orléans décriée chez les Anglois,cfl:imée 
parles François, eft également fameuie chez l'une Si 
l'autre nation. Ce (ut elle qui fauva la France fous 
Charles VII. Son vrai nom étoit Jeanne d'Atc. On 
croit comnfiunément qu'elle fut prife par les Anglois 
au fiège de Compiegne , & brûlée à Rouen. On voit 
faftatue dansle Marché aux veaux de cette Ville, re- 
préfentée à genoux devant le Roi Charles VII. 

^Cr- Chapelain a fait un très-long poëme fur cet événe- 
ment. Il eft en ii livres , chacun de tioo vers fort 
mauvais. Boileau, enaffeâant le ftylc dur de l'Auteur, 
a dit de lui. 

Maudit foit l'Auteur dur, dont l'âpre & dure verve , 
Son cerveau tenaillant j rima malgré Minerve , 
Et defon lourd marteau martelant le bon fens , 
A fait de méchans vers dou-^efois dou^e cens. 

V^ L'Auteur travailla long-temps à ce mauvais poëme : 
ce qui falloir dire de lui: 

Depuis vingt ans il eft fur la Pucelle, 
Et le pauvre homme , n'a rien fait. 

*^ Il a paru depuis quelques années une autre poëme 
intitulé la Pucclle , dans lequel on reconnoît la tou- 
che fine & légère de l'Auteur. C'eft dommage que 
les mœurs & la religion n'y foient pas allez refpedlées" 
Ce mot vient de pudkellus , èc de pudicella j ou 
puella. D'autres le dérivent depulcellus ôc pulcella ; 
& d'autres de pukhellula. 

Pucelle, eft aulH une efpèce de poilTon. Il refTemble à 
l'alofe; mais il eft moins grand & bien moins bon. 
On l'appelle encore Feinte. Pucella , pifcis fpecies. 

Pucelle. f. f. Efpèce de poire qu'on nomme autrement 
chat -brûlé. C'eft une poire d'Odtobre & de No- 
vembre: elle palfcroit quelquefois pour un Martin- 
fec y tant elle lui rellcmble par la grofleur & la figure ; 
mais le coloris un peu différent fait qu'on ne s'y trompe 
pas : il eft d'un côté fort roufsâtre , & de l'.iutre allez 
clair, fans avoir rien d'ifabelle :1a pc.iu en eft alfez 
unie& la chair tendre; mais c'eft un tendre fauvage 
tiranr au pâteux , ayant peu d'eau , Se approchant du 
goût du befi d'Héri. En général on en fait peu de cas, 
parce qu'elle eft pierreufe. 

Pucelle nichon. Terme de Fleurifte. Tulipe rouge d'é- 
carlate, colombin & blanc non d'entrée. Morin. 

La Pucelle Rhca , qui n'a point été mariée. Phrafe de 
la rhilofophic hermétique. C'eft le mercure des Sa- 



PUD 

ges, autrement la matière de leurplerre. Dict. Herm, 
PUCERON, f. m. Efpèce de petit moucheron qui s'atta- 
che aux jets nouveaux des pêchers , des pruniers , & du 
chèvre-f-euille. ^^j Aphis. Cet infeCte qui multiplie 
beaucoup, fait un tort confidérable aux arbres qu'il 
attaque. Les foins qu'on prend pour les détruire , font 
fouvent inutiles , parce qu'ils ont bientôt reproduit 
une nouvelle peuplade. Un mal plus grand encore , 
c'eft qu'ils attirent les fourmis , qui viennent fucer 
l'eau douce Si fucrée dont ils laiftent une trace après 
eux , principalement fur les feuilles du pécher, qui 
eft fujet aux pucerons blancs ou verdâtres. 

Pour dérruire ces infeCles , on frotte les branches 
qui en font attaquées , avec une mfulion de foufre dans 
de l'eau où Ion a fait bouillir des feuilles de tabac j 
avec du fel fondu dans de l'eau ; ou avec de leaudans 
laquelle on a éteint de la chaux vive. 
Puceron. Sorte dinfedte qui nage dans les eaux, <5v: qui 
multiplie beaucoup. Il eft rougeatre Si fautiUe dans 
l'eau. 

PUCHAMIAS. I. m. Arbre qui croît dans la Virginie , 
qui porte un fruit femblable a la netic , fort aftiin- 
gent lorlquil n'cft pas mûr, mais d'un goût dchcieus 
dans fa maturité. Kav, Hift. Plant. 

PUCHE, f. f. C'eft-à-dire|, nne. puce. Borel. C'eft une 
prononciation Picarde Si Normande. Pulex. 

PUCHIER. Vieux v. a. Puilér. Perceval. Borel. Hau- 
rire. 

PUCHING. Ville de la Chine dans la province deXenfi, 
au département deSigan, première Aiétropoic de la 
Province. 

Il y a une autre ville de même nom dans la Pro- 
vince de Fokien , département de Kienning, quatrième 
Métropole de la province. Atlas Sin 

iO- PUCHOR. Ville de Hongrie, fur la Drave , aux 
confins de la Tranlilvanie. 

ifT PUCHOT. t. m. Terme de iTiatelots , fynonyme 
de trombe qui eft le vrai mot. C'eft un tourbillon de 
vent qui fe forme dans un nuage échaufté par les rayons 
du (oleil. On voit fortirde ce nuage comme une trompe 
de même matière que la nuée, qui paroit porter une 
de lescxrrémirés jufque fur la furface de la mer, d'où 
elle alpire & élevé rrès-haut en l'air une prodigieufe 
quantité d'eau , capable de faire périr un vailleau fur 
lequel elle tomberoit. Les matelots appréhendent fort 
ces tourbillons. Foye^ Trombe. 

PUD. 

PUDEUR./, f. Honte naturelle qu'on a de faire quel- 
que chofe de deshonnête, ou de mauvais, & qui pa- 
roit par une rougeur qui monte au vifa(;e. Mouvement 
excite par la crainte de ce qui peut blelfer l'honnêteté 
& la moAi[\ie.Pudor,verecundia.A{Aoicàé^nnhpu- 
^<?i<r,crainre de l'ignominie. 1-:l pudeur ^(ianthome fage 
Si honnête , un lentiment d'averfion pour les chofes qui 
peuvent apporter quelqu'infunie. Fel. La pudeurficà 
bien aux jeunes gens, & le rouge qu'elle répand furie 
vilage a été appelé le vermillon de la vertu. Id. Une 
pudeur un peu farouche. Se un peu fauvage, fied bien 
aux femmes. Le Magiftrar doir empêcher rout ce qui 
eft contre h pudeur SilhonnktiéçuhWqne. Une fem- 
me qui n'a plus que le refte d'une/'/^^t-z/r ébranlée ne 
fait que de foibles eftorts pour fa défenfe. G. G.' La 
pudeur d'une fille doir aller jufqu'àij^norer tout ceoui 
regarde l'amour. Font. La;W«r a été donnée à l'hom- 
me pour conferver (on honneur , fa réputation , parce 
qu elle renferme une crainte fécrère de mépris & d'in- 
famie.S. Evr. Peut-on trouver de l'agrément dans une 
pièce qui tient la ;^i/<^tf:^/- toujours en alarme, & falit 
à tous momens l'imagination ? Mol. 

Nature défavoue 
Tout ce rouge acheté , quidejfus votre joue 
Fait l'office de la pudeur. Ben s. 

Quand on franchit les bornes de h pudeur , on s'a- 



P UD 

baiidonne à de grands dcfor.lrcs , parce qu'on n'a pins 
de frein qui rcrienne. Bell. Pudon nunaum rcmtturc. 
Dans Virgile tout garde bien Ton caractère ; la bicn- 
ll-ance & la /v/c/^wr n'y ior.t jamais bleilées. B. Kab. 

Bu moindre fcns impur !a libcrtc m'outrage , 

Si Li pudeur des mots n'en adoucit l'image. 15on.. 

Naturellement la;>/;a'c7/;- aime beaucoup les petites 
façons; & comment ne les aimeroit-elle pas ? On dit 
qu'allez fouvent elle leur doit ce qu elle cil. Ch. de 

MÉR. 

L'Hymen ne fait des Loix 
Que pour autorifer la pudeur à Je taire. Corn. 

gCT Nous fommes redevables du mot pudeuro. Despor 
tes, qui s'en eft lervi le premier, & à ceux qui l'ont 
mis' en vogue après lui. Ce mot, dit Vaugelas, ex- 
prime une 'choie pour laquelle nous n'en avions point 
encore qui hit fi propre cV iî lignifîcatif , parce que 
honte, quoiqu'à-peu-prcs t'ynonymc, eil pourtant un 
terme équivoque, qui dcligne la bonne & lamauvailc 
honte , au lieu que pudeur ne déligne que la bonne 

honte. , ! n- 

Pudeur , fc prend pour Modeftie. Modejtia. Je me 
contente de délîgner les_ perfonnes que je loue, &i 
quoiqu on les reconnoiile .à travers ce voile , il lert 
toujoursàroulagerleur/);yc/t;ar, & à rendre la louange 
moins fuCpede. Vaug. La vanité de ceux qui te louent 
ÏMK pudeur, rebute tout le monde. Bell. Il ne faut 
pas louer les gens en face, ni d'une manière qui ne 
ménage point leur D/^ti'(;;/r. BouH. 

gO" Ou le dit aulîi d'une certaine timidité qui tient un 
peu de la retenue, qu'on remarque en certaines per 
fonncs quand elles paroiirent cnpublic , ou des per- 
fonnes à qui elles doivent du relped. 

ruDEUR. eu Mythologie.!", f. Les Anciens avoient mis 
la Pudeur au nombre des Dieux, & Héfychius dit 
qu'elle avoit un temple à Athènes. Je voudrois l'ap- 
■ peler eu Latin j¥.do,à\x Grec aîJ'm's & non pas 
Pudor, parce que ce mot en Latin elt mafculin. La 
pudeur éio'n un des AirefTeurs de Jupiter. 

icr PUDIBOND, ONDE. adj. Terme du difcours fa- 
milier , qui fe dit par pkifinterie , pour déligner un 
homme qui a une cert.aine pudeur naturelle , qui rou- 
git de la moindre chofe. Pudens , pudihundus. C'eft 
un jeune \\om.m.e. pudibond : il a Xm'C pudibond. 

PUDICITÉ. f. f. Chaftetc , vertu qui fait qu'on s'abf- 
tient des plaifirs illicites. Pudicitia, cajlitas , cafii- 
monia. Les Tarquins furent challes de Rome pour 
avoir attenté à la pudicité de Lucrèce. La pudicité c^ 
le principal ornement d'une femme. Voy. Chasteté. 

Pudicité , en Mythologie. C'étoit le nom d'une Déelfe 
chez les Romains, qui avoient dcïlié cette vertu. Pu- 
dicitia. La pudicité avoit un temple à Rome, dans le 
marché aux bœufs , & c'ell à celle-là qu'on donnoit 
le nom de Pudicité Patricienne. Celle qu'on nommoit 
Pudicité Plébéienne , avoit fon temple dans la rue 
Longue. Voy. Tite-Live , L. II. c. iij ; Valère Ma- 
xime j L. II. c. j. au troifiéme exemple étranger. La 
pudicité ed fouvent repréfentée au revers des mé- 
' dailles des Impératrices avec ces mots : Pudicitia Auf. 
ou Augg. C'eft une femme vêtue de la robs^ appelée 
Stola, quelquefois debout & quelquefois alfife, mais 
toujours tirant de la main droite fon voile (ur (on vi- 
fage , pour s'en couvrir , & tenant de fa main gauche 
une hafte en travers, /'ûye^les Médailles de Livie, de 
Marcia, de Fauftine , d'EtrufclUa , de Salonine , de 
Magnia Urbica, &c. 

PUDIQUE, adj. m. & f. Chafte & modefte dans fes 
mœurs, dans fes aftions, dans fes dilcours. Pudicus. 
Il ne faut lâcher aucune parole qui pullfe bleller les 
oreilles chaftes & pudiques. Pénélope garda une H.am- 
mt pudique pour fon mari abfent. 

Begnier du fon hardi de fes rimes cyniques , 
Allarmoit tres-fouvent les oreilles pudiques. 

BOIL. 



PUE 



47 



Un temps viendra que le flambeau d'amour 
Ne hràUru les cœurs que de ^uà\c\\M:^Jîainmes. 

La Eont. 

gcr Pudique, n'eftpas du langage ordinaire. Il ccnvieiic 
mieux dans la poclîe tk. dans le Itylc foutenu. 

On appelle Plantes pudiques , ou vcr^cneufes ., 
ces plantes qui fe retirent des qu on les touche , tC 
qu'on appelle otdinaircment /è/7/?;ivej. 

PUDIQUEMENT, adv. Pudicé. D'une m.anière pudi- 
que. Les Chrétiens doivent vivre pudiquement , mê- 
me dans le mariage. 

PUE. 

PUÉ. f. f. Terme de Manufaélure de Lainage , qui efl 
particulièrement en utage dans celles de Poitcju. Il le 
dit de l'arrangement & de la difpolïtion des fils de di- 
verles matières , dans la chaîne des droguets & autres 
étoffes. 

PUEBLA. f. f. Mot Efpagnol , qui fignifie Peuplade , 
Colonia, & qui entre dans le nom propre de plulieurs 
lieux. 

Puebla de LOS Angeles , ou Angeles, ou los Angeles. 
La peuplade des Anges , ou les Anges. Angelopolis. 
C'eil une ville de l'Amérique leptentrionale , dans la 
province de Tlafcala, qu'on nomme aullî de los Ange- 
les , (ur le chemin de Mexique à laint Juan d'Ulva. 
Les Indiens l'appeloient Cuetlaxcoapan , c'eft à-dire, 
couleuvre dans l'eau , parce, que les eaux de l'une de 
fes deux fontaines étoicnt très mauvailes. LesElpagnols 
la prirent & la détruihrent en i J30. Dom Antoine de 
Mendoça la rétablit depuis , & lui donna le nom qu'elle 
porte maintenant. Elle eft fort peuplée, l'air y eft bon. 
On y fabrique de fort beaux draps , des ch.apeaux , de 
la monnoie & des verres. !1 y a lin Evêché. 

Puebla de Sanabria. Nom d'un bon bourg d'Efpagne, 
lltué dans le Royaume de Léon , à huit lieues d'Aftot- 
ga, vers le couchant, cîiz/ztîina. Maty. 

PUECH. f. m. Vieux nom qui iîgnilie montagne, com- 
me Pui, Podium, & qui eft refté dans quelques noms 
de lieux. /^ove:{ Pui. 

Puech d'Issoudun, ou d'UssoooUN. Nom d'un lieu 
du Querci, à trois lieues de Cadenac, vers le levant. 
Podium Uxelloduni. Il porte le nom de l'ancienne 
Uxellodunum , ville forte des Cadurciens, & on y en 
voit les ruines , dans lefquellcs on trouve quelquefois 
des médailles fort anciennes. 

PUEIL. Mouillez 1'/. Bois en pueil. Voyez Bois. 

PUELCHE. f. m. & f. Peuple de l'Amérique méridio- 
nale. Puelchus , a. Les Puclches fe coupent les che- 
veux à la longueur de l'oreille, & ont les yeux extrê- 
mement petits, ce qui rend les femmes hideules: ils 
n'ont tous, naturellement, point ou très-peu d'autre 
barbe que des mouftaches qu'ils s'arrachent aVec des 
pincettes de coquillages. FrÉzier, p. 64. Les Puel- 
chesionl d'adroits voleurs. Id. p. 66. Les Pue le hes 
font une nation d'Indiens jufqu'ici indomptés, qui 
habitent les montagnes de la Cordillière. Id. p. 6S. 

PUENTE DEL ARCOBISPO. Pont de l'Archevêque. 
Nom d'un bourg avec un pont fur le Tage. Pons Ar- 
chiepifcopi. Il eft dans la CalHlle NoiivcUe, en Elpa- 
gne, à feize lieues au-delfous de Tolède. Un Arche- 
vêque de cette ville le f-r b.'itir l'an 1395, Se c'eft de- 
là qu'il a pris fon nom. P/iaty. 

PuENTE de Neyra. Pont de la Neyra. Nom d'un vil- 
lage de la Galice , (itué fur la Neyra , à deux lieues de 
Lugo, vers le midi. Pons Ners. Quelques-uns pren- 
nent ce lieu pour l'ancienne petite vilk' des Callaïques, 
nommée Pons Nevius , ou Ncbius , que d'autres 
mettent à Puente de Nehoa , ville du même pays , 
fituée fur la rivière de Neboa. Matv. 

Puente de la ReinA. Pont de la Reine. Bon bourg du 
Royaume de Navarre , en Efpagne. Pons Begin.t. Il eft: 
fur la rivière d'Agra, à quatre lieues de Pampclune , 
vers le midi. Matv. 

Puente de Soao. Nom d'un village de ITftramadure 
de Pottugal. Sor£ pons. Il eft tur la rivière de S»ro, 



48 PUE 

à dix lieues de Poitalcgte, vers le couchant. On croit 
que c'efl; l.i petite ville nommée anciennement Matu- 
j'arum. Maty. 

rufiNTE VÉDRA. Nom d'uuc petite ville de la Galice, 
en Efpagne. Pons Fétus , anciennement Hel/enes. 
Elle ell (ur la rivière de Loris , à fept ou huit lieues de 
Tuy, vers le nord. Maty. 

PUER, ou PUIR. V. n. L'Académie ne parle que de 
pmr, & point du tout de puir. Grave-olere. Danet en 
parle comme l'Académie; mais Richelet, auffi-bicn 
que Furcticre, les admet tous deux, en difant que ce 
font deux verbes défectueux ; que puir ne fe dit point 
à l'inhnitif, mais (eulement putr^, & qu'ils emprun- 
tent l'un de l'autre quelques temps. Puir n'eli plus 
en ufage. Puer fe conjugue, /e /7«jj tu pus , nous 
puons ^ vous pue\, &c. Je puais. Je puerai. Que je 
pué. Je puerais. J'aurais pué. J'eujfe pué. Il fignifie , 
fentir mauvais , exhaler une odeur corrompue , qui 
otfenfe le nez & le cerveau. Tetrum odorem exhala- 
re , vcl maie oUrc. Cet homme put beaucoup. Ses 
çïeâs puent , l'on halcine/i«r. Cette viande far j/'^/fra 
bientôt. Ces perdreaux pueraient , iî on les gardoit 
plus long-temps. Il fe conftruit quelquefois à la ma- 
nière des verbes actifs. Vous pue^ le vin à pleine 
bouche. Mol. Ses habits puent la vieille grailfe. On 
dit qu'une chofe jp.w le mufc ; pour dire, qu'elle a 
ime odeur de mule excefllve & incommode. On dit 
d'un homme, dégoAté de viande, de vin , eue la 
viande lui put , que le vin lui put. On dit dans le 
même fens, que le jeu, la danle , la comédie lui^ ^r ; 
pour dire, qu'il eft rebuté, qu'il eft dégoûté des ces tor- 
tes de plaifirs. 

Ce mot vient du \3.ûn putire i^ovit putere. Ménage. 

Puer, fe dit proverbialement en ces phrafes. Les paroles 
ne puent point; c'efl: une excute dont on le fert, quand 
on cil: obligé de nommer quelque choie de puant , 
de fale. Plus on remue la merde, & plus elle put , fe 
dit de ceux qui veulent remuer une atlaire où il y a 
quelque chofe de fale, ou de deshonncte. On dit fi- 
gurément & proverbialement d'un homme qui lent 
fort mauvais, qu'il put comme un rat mort, comme 
un bouc, comme une charogne, comme la pelle. 
AcAD. Fr. On dit populairement à celui qui a mai 
rencontré dans les jeux où il faut deviner quelque 
chofe , il y put. 

^3" PUÉRIL , ILE. adj. par lequel on défigne ce qui 
convient à l'âge qui luit lentance , appelé en latin 
pueritia ,povit lequel nous n'avons point de mot Fran- 
çois. L'ufage de ce mot eft borné, au propre, à ces 
deux phrafes. Age puéril, qui fuit immédiatement 
l'enfance , le premier âge. Puerilis dit as , pueritia. 
Civilité puérile. C'eft le titre d'un vieux livre , origi- 
nairement defl:iné à apprendre aux enfans les devoirs 
de la civilité. C'eft en parlant de ce livre qu'on dit en 
badinant de quelqu'un qui manque aux devoirs les 
pluFbrdinaires de la vie civile , qu'il n'a pas lu la ci- 
vilité puérile. 

^fT Mais le mot de puéril eft employé par extenfion , 
pour qualifier les dilcours ou les adlions des pcrlon- 
nes , &: celui A' enfant s'applique aux pertonnes mê- 
mes. On dit d'un homme qu'il eft enfant , ëc que tout 
ce qu'il dit eft puéril. Le premier (uppofe un défaut 
de maturité. Le fécond un défaut d'élév.ation. 

Un difcours d'enfant eft un dilcours qui n'a point de 
raifon. Un dilcours /"//eW/ eft un difcours qui n'a point 
de noblefle. Conduite d'enfant , conduite fans réfle- 
xion, qui fait qu'on s'amuleà des bagatelles, faute de 
connoître le folide. Conduite puérile, conduite fans 
goût , qui fait qu'on donne dans le petit faute de 
lentimenr. Pcnfécs puériles j raifonnemens puérils , 
fans folidité , (ans élévation. Que diroit-on de la re- 
ligion , Il elle avoir befoin pour être prouvée , de prin- 
'cipcs aufli puérils que ceux de la philolophie qui ofe 
la combattie férieufement î Fenel. Platons'eiT; oublié 
jufqu'à laiifer échapper des chofes balles & puériles. 
BoiL. 

^3" Dans ce fens on ledit aulfi 1 ubftantivcment. Le faux, le 
puéril Se l'indécent parurent dallez bonne heure dans 
les difcours ôc les actions de plufieurs convulfionnai- 



P V E 

tes. Col. Evêq. de Mantp. Le puéril ne doit pas être 
cité , & l'abfurde ne doit pas être cru. 

PUERILEMENT, adv. D'une manière puérile. Puerili- 
ter , vel puerilem in madum. Un C.itéchifte peut par- 
ler puérilement pour s'accommoder a la capacité des 
tn^M-xs. k'^K puérilement. 

PUEI^ILITE. 1. f. Dilcours, ou action d'enfant-, ce qui 
tient de l'enfant, (oit dans le railonnement , foit dai: , 
les aétions, ce qui eft (ans élévation , fans noblefle , 
fans goût. Puerilitas , vel nug& infantiles. La fotilc 
des pères, eft d'entretenir une compagnie Ass puérili- 
tés de leilrs enfans. Lafi^tri/zVen'eft autre choie qu'une 
penlée, qui pour être trop recherchée, devient froide. 
BoiL. C'eft le vice où tombent ceux qui veulent tou- 
jours dire quelque choie de brillant, d'extraordinaire. 
Id. L'apparence des fables eft puérile -, mais ces pué- 
rilités lervent d'enveloppe à des vérités importantes. 
La Font. Le métier de conteur eft puérilité dans les 
jeunes gens , & fûibleife dans les vieillards. S. EvR. 
Le luxe des habits eft une vanité , & même une pué- 
rilité. M. Es p. On tombe dans de grandes puérilités , 
en voulant toujours produire des penfées nouvelles &c 
furprenantes. Eouh. 

Ce? PUERTO-REAL. Petite ville d'Efpagne, dans l'An- 
daloufie , fur le rivae;e de l'Océan. 

^ PUERTO-VEYO.Villc de l'Amérique méridionale, 
au Pérou, dans l'Audience de Quito. 

P U G. 

PUGAN. Nom d'une ville de la Chine. Puganum. Elle 
eft dans la province de Queicheu , aux confins de celle 
de Quangfi & de Junnan. Maty. 

PUGILAT. ('. f. Nom de l'un des combats des Athlètes. 
Pugilatus. Le Pugilat étoit le combat où deux Athlè- 
tes (e battoient à coups de poing. Us avoient les bras 
armés de ceftes , c'eft-à-dire , de braifarts de cuir. 
Chardin s'eft (ervi de ce terme , en diiant que les 
Orientaux combattent à la lutte & au pugilat. Com- 
me ce mot eft fort lignificatif , & qu'il manquoit à no- 
tre langue , il méritoit bien de faire fortune. Auili s'en 
eft-onletvi dans le Diâionnaire latin , aux mots Quin- 
quertium , Pancratiajîes &c Pancratium. Le pugilat 
des Perlans , répond au cefte des Romains ; mais le cefte 
tiroir Ion npm de cette courroie de cuir dont ils cnve- 
loppoient leur main : ce que ne font pas les Orientaux : 
ainfi le terme de pugilat convient mieux à cette el- 
pèce de combat à coups de poing dont ils. font ufage, 
qu'au cefte des Romains, ht pugilat étoit uflté parmi 
les Grecs. 

<S3" PUGILE. f. m. Terme d'FIiftoire ancienne. Pugil. 
On appeloit Pugiles ceux qui d'abord combattirent à 
coups de poing. Se enluiteàcoups de cefte dans les an- 
ciens Gymnalès. foy. Pugilat , Ceste , Gantelet. 

PUGILLE. f. m. Mefure de fleurs , de (emences & d'au- 
tres choies femblabks, qui eft ce qu'on en peut pren- 
dre avec trois doigts, le pouce & les deuxiuivans. 
Les Médecins défigneni le pugille dans leurs Ordon- 
nances par pug. 

Ce mot vient du Latin pugillus , petit poing. On 
l'appelle autrement pincée , qui eft le terme ordi- 
naire. 

PUGLIENZA, POLECA. Nom d'un .ancien bourg de 
l'île Majorque. Poleutia. Il eft fur la côte orientale, 
à deux lieues d'Alcudia , vers le nord. Maty. 

PUGNER. 'Vieux v. n. Combattre , batailler. Menus 
propos de Pierre Gringoire. Vu qu'il ne lait quand il 
bataille ou pugne. Borel. Il prend mal-à-propos ce 
mot pour un nom. Il vient de pugnare j comme ré- 
pugner, de repugnare. 

PUHO, petite ville de la Chine, dans le pays de Léao- 
tung , département de Tiehng. 

P U I. 

PUI. f. m. Vieux mot. Perfonne n'ignore , dit M. Huer, 
que le mot François Pui , eft fait du mot Grec_ lati- 
nifé. Podium y qui dans la baile latinité a lîgnifié un 
lieu élevé , une montagne. Podium , mons. On dit aulîî 
au lieu de Pui, pi j pic ,pech Scpuech. Nous voyons 
encore plufieurs montagnes qui ont retenu le nom de 

Pui i 



PUI 

Piiij comme Le Pui en Vêlai, Le Pul de Domme , 
Pi Nautier , ou Pui Nautici, Pui Normand, Pcck 
Alvaii , Pui de Sotrc , Pui Sec , Pui Chenin , Pui 
Viant, Pui Manfioi , Pui Guillaume , Pui Gnou en 
Auvergne, & abfolument le Fui. Tous ces lieux font 
au delà de la Loire & dans l'Aquitaine, & la province 
Narbonnoifc, c'cft-à-dnc, en Languedoc. Je ne (aclie 
en-deçà de la Loire que le Put en Anjou , ce qui 
montre que ce mot n'ctoit en uiage , ou n'étoit guère 
en ufage que dans nos Provinces du lud. 

Pui. f. m. Dans quelques villes de Trance, comme Rouen, 
Caën, Dieppe, (S-c on célèbre une fête Poétique qu'on 
appelle lu Pui de l'Immaculée Conception, ou ab- 
folument le Pui. Ce font des prix que l'on diftnbue 
à ceux qui ont mieux réulLi dans des Vers en 1 honneur 
de 1 Immaculée Conception de la Sainte Vierge. Ce 
mot de Pui vient du Podium des Romains, qui, lelon 
Vitruve , étoit un lieu élevé devant l'Orcheftre du 
Théàtre,où fc plaçoient lesConfuls & les Empereurs; & 
parce que dans la cérémonie delà Conception.on élève 
un Théâtre où font les Fondateurs des prix, les Juges 
de rUniverfité, les Ledeurs des pièces Se l'Agonothè- 
te, on a donné à ce Tiiéâtre le nom de pui , & par ex- 
teniion à toute la cérémonie. On dit, mettre des vers 
au Pui, remporter le prix du Pui , être couronné fur 
le Pui, la fête du Pui, &c. Les pièces de vers que l'un 
met au pui ou au palinod , car c'dl la même chofe , 
font la Ballade , le Chant Royal , le Sonnet, &c. 

Pui. Nom dune ville de fiance, capitale du Vêlai, & 
fîtuée près de la Loire, à quatre lieues de laintFlour, 
vers le couchant. Podium , Anicium , .'4 nicien/is urbs, 
Vellavi, Vdlaunorum urbs. Le Pui eft une ville con , 
fidérable par fa grandeur, par fes richelles , & par la 
fertilité de fon terroir. Elle a un Évêque (uffragant de 
Bourges , & qui porte le titre de Comte du Vêlai. Elle 
s'eft accrue des ruines de Kutjfium , qui étoit capitale 
des Vélauniens , & luuée à deux lieues du Pui, vers 
le nord , & au lieu où eft maintenant le village de faint 
Paulhan. Mat y. 

Pui eji Anjou. Nom d'un bourg de France , fitué dans 
l'Anjou , lur la rivière d'Argenton , environ à une lieue 
de Montreuil-Bellai, vers le couchant. Podium Ande- 
gavenfe. Maty. 

Pui de Domme. Nom d'une montagne de l'Auvergne. 
Dumum, Duma. Elle eft fort près de Clermont, du 
côté du couchant. VIaty. 

tJO" PUICELEY. Podium ce/fum. Petite ville de France, 
forte par fa fituation , dans le haut Languedoc , dio- 
cèfe d'Albi. 

PUICERDA. Nom d'une ville d'Efpagne. Podicerta , 
Jugum Ceretanorum. Elle eft capitale du Comté de 
Cerdagne, en Catalogne, & iituée aux confins du 
Roullillon, fur leSègre, à huit lieues au dellous d'Ur- 
gel. Puicerda étoit autrefois fortifié. Les François le 
prirent l'an 1678, démolirent les fortifications, & 
le rendirent par la paix de Nimègue. Maty. 

PUI GRIOU. Nom d'une montagne qu'on appelle le 
Pui de Gnou ; 8c en latin , Mons Greo , Podium 
Greo. Le Qui de Griou eft une très-haute montagne , 
environ à quatte lieues d Aurillac. Pui hgnifie monta- 
gne. Voyez de Valois , Not. G ail. p. 36 s , col. i , au 
mot Malcedonum. 

PUI-LAURENT. Nom d'une petite ville de France, 
fîtuée dans le Languedoc , à trois lieues de Caftres , 
vers le couchant. Podium- La urenûi. Pui-Laurent 
a eu titre de Comté ; il y avoir une École de Hugue- 
nots , qui a été abolie par la révocation de l'Édit de 
Nantes. 

PUINE, f. m. Sorte d'atbtiifeau , qui eft cenfé mort- 
bois. Le mort-bois font les (aulcs, épines ,putnes , au- 
nes , genêts , genièvres & ronces. Foyeij' Bois. 

OCr PUÎNÉ (quelques-unsécriventPUISNÉ ÉE. ) adj. 
Qui eft né depuis un de fes frères ou une de fes fœurs. 
Natu minor. C'eft mon trère puine' , ou fubftantivc- 
ment mon pu f né. On difoitautrefoisOTai/^e, né après , 
comme on difoit aifné , né auparavant. Le mot de 
cadet eft plus de l'ufage ordinaire. C'eft mon frère ca- 
det, mon cadet, ma cadette. 

^3" PUIS. adv. de temps , qui fignifie Ja même cbufe 
Tome FIL 



PUI 



49 



qu'enfuite. Deinde. Nous irons à Orléans , puis à 
Tours. 

0C/" (Jn dit quelquefois par interrogation en adrellant la 
parole à celui qui conte qui.-lquc cliofe, Ikpuisi'Q cft- 
a-due, qu'en arriva t il, ou qu'en arrivera t il? 

Je n'aime pas le mot puis en vers, il ell plus fup- 
portable après &: ôc puis qui ne fait point"; MiNACE. 
Puis. Vieux mot. Plus, depuis. Mchun. Pu: s \e%CienXy 
depuis le Ciel. Borel. Puis que li mons fu eftorez. 
Villehapd. 
PUISAGE. 1. m. Adion de puifcr. Fontainieh tk autres 
perlonnes prépolées au puifage des différentes eaux 
minérales. Merc. d' Avril 1 j j 1 , p. jûo. 
PUTSAIE. Nom d'une petite contrée du Gatinois , en 
France. PuÇitenfis traclus. Elle eft vers les confins du 
Berri & du Nivernois. Saint K\wM\à. enPuifaie , tk. 
faint Fargeau en (ont les lieux principaux. Maty. 

§3° PUISARD. C'eft en générai un puits pratiqué pour 
l'écoulement des eaux. (.în fait des puifnds a.\i deva.nz 
d'un bâtiment, dans une cour , dans une glacière, dans 
une citerne, dans les mine<:, &c: 
Puisard. En ArchiteJure. C'tft dans le corps d'un mur 
une efpcce de puits avec un tuyau de plomb , ou de • 
bronze , par où s'écoulent les e.iux des combles. Scil- 
iuidium plumheum. 

l]Cr Dans une cour le pui fard eft un puits bâti à pierres 
sèches, couvert d'une grande pierre trouée , où fe ren- 
dent les eaux qui f e perdent dans la terre. Aquarium , 
aquarum receptaculum. 

- Puisards de mines. Ce font des efpèces de réfer- 
voirs pratiqués pour recevoir les eaux qu'on trouve en 
fouillant , Se qu'on élève enluite par le moyen des 
pompes. 

Puisards de fources , font de certains puits qu'on fait 
d'efpace en cfpace pour la recherche des fources, & 
qui (e communiquent par des pierrées qui portent tou- 
tes les eaux dans un réceptacle , d'où elles entrenc 
dans un aqueduc. Putei fçaturiginum , vel fcate- 
hrarum. ■■'•■..■■- 

Je veux qu'au bas de chaque jardin on ménage une 
fortie pour la décharge des eaux, ou qu'au moins (\ le 
voihnage ne permet pas cette fortie, on falfe fui fon 
propre tonds un grand trou j c'cft-à-dire, un grandp//i- 
fari plein de pierres sèches , dans lequel toutes ces 
eaux puilfent venir fe perdre ; car autrement il n'eft 
guère de murs qui puillcnt long temps réi'.fter à de 
grandes avalailons. La Quint. P. II , c. 13. 

PUISEAUX. Puteolus. Ville de France , dans l'Orléa- 
nois, éledion de Pithiviers , aux confins du Dunois, 
& de la Beauce propre. 

*^ PUISER. V. a. C'elt proprement tirer de l'eau d'un 
puits, prendre de l'eau avec un vaifîeau qu'on plonge 
dans un puits. Aquam haurire ex puteo. Et en géné- 
ralilant cette expreilîon , on dit puifer de l'eau dans 
une rivière, dans une fource, dans une fontaine, dans 
un ballm, &c. 

Il s'employe d'ordinaire abfolument. Puifcr à la ri- 
vière. Puifer au balîîn de la fontaine. Ex fiumine , ex 
fonte haurire. Puifer à la fource , au courant de -l'eau. 

iCF On dit en ftyle vulgaire , que des fouliers puilent 
l'eau , pour dire , que l'eau pénètre le cuir. Aquam im- 
bihere. 

^fT On dit au figuré , puifer dans les anciens, dans les 
modernes, les confulter (ur les matières dont on traite. 
Puifer dM\s la fource, dans les fources. Confulter les 
auteurs originaux. 

§Cr On dit aullî qu'un Vomxrxzpuife de l'argent dans la, 
bourfe de les amis. 

PUISÉ , ÉE. pair. 

PUISET. Nom d'un bourg de la Beauce , en France. Pui- 
fetum. Il eft près de Janvillc , entre Orléans & Char- 
tres. Maty. 

PUISNÉ. Foyei PuÎnÉ. ■ 

PUISOIR. f m. Terme d'ArtiUeiie. VailTeau de cuivre 
dont fe fervent les Salpctiiers , pour tirer le falpètre 
de la chaudière où on le cuit après qu'il eft fermé, 
Ilauflrum. 

PUISQUE. Conjondion qui régit l'indicatif, S< qui f;rt 
à marquer la caufe, la raifon par laquelle onagir.Çùo- 



^o 



PUÎ 



FUI 



ntxm , quafido^uidem , quando , quia , chm. Pulf- 
qu'3.\ni\ eft-, puij'que vous le voulez ; puifquc la (ailun 
le permet. 
PUISSAMMENT, adv. D'une manière puifl'ance, avec 
force, avec pouvoir. Potcruer , validé, vchemenar. 
Toute l'Allemagne arme puiljamment. Ce Juge eft 
vuijj'umment loUicité contre vous , c'eft-à-dite , par dts 
gen; puillaas. Ce Minilhe a pu'ijjamment établi tous 
les iiens. Ce Banquier cil puijj'ammenc riche , c eft-a- 
due , extrêmement riche. 
^ÎO" PUISSANCE, r. 1-. Poteftas , potcntia. Terme du 
Droit naturel Hc politique , qui le prend en diftérens 
l'cns. 1°. Il exprime la hipénorité , le dioit de com- 
mander réiiJant dans un leul ou dans plulicurs. Alors 
il elt (ynonyme avec autorité & pouvoir , avec cette 
diiïerence, dit M, l'Abbé Girard, qu'il le trouve dans 
le mot À' autorité nne. énergie propre à faite fentir un 
droit d'adminiftration civile ou politique; dans le mot 
de pouvoi'- , un rapport particulier a l'exécution fu- 
baiterne des ordres (upciieurs : ôc celui de puijfanci; 
renferme dans la valeur un droit & une force de do- 
mination. Foye-^ Autorité & Pouvoir. 
fer Le mot de puiffance renferme dans fon idée quel- 
que choie de grand & d'élevé. Puiffance (ouveraine , 
ablolue, indépendante. Il n'y a de puffance ablolu 
«lent louveraine & indépendante que celle de Dieu. 
Dans le gouvernement politique il n'y a point àt puif- 
fancc légitime qui ne doive être foumileà celle-là, & 
tempérée par des conventions tacites ou foimelles en- 
tre le Prince & la Nation : c'eft pourquoi Saint Psui 
dit que toute puffance qui vient de Dieu cil réglée, 
ou comme d'autres ^ expliquent ce palFagc , eft réglée 
p.ar celle de Dieu. Les dépofitaires de la puiffance pu 
blique ne la doivent exercer que pour 1 utilité com- 
mune. Abad. La puifflince ablolue fait dilparo'me la 
dillance infinie qui eft entre les giands Ôc le peuple ; 
elle les rapproche , Se tous plient également lous elle. 
La Bruy. 
§3" De notre pleine puifflince. Formule dont fe fert le 
. rRoi en certaines Lettres- Patentes. De notre certaine 
fcienccy pleine puiffance & autorité Royale ^ avons 
ordonné , &c. 
§3° Il y a deux puiffances ; la temporelle ou féculière, 
&• la Ipirituelle ou eccléiiaftique. La première s étend 
'.lîir les pertonnes èv' les biens relativement à des inté- 
rêts temporels : la leconde , lut les pcrlonnes relative- 
ment aux choies fpirituellcs ou qui y ont rapport. Ces 
- deux puiffances ont leurs limites & leurs bornes qu'on 
travaille depuis long-temps à fixer. Deux puiffances 
d'un ordre auili différent que i'épifcopat & la royauté , 
ne s'unillent point: elles s'embarrairent quand on les 
confond enlemble. 
0Cr On appelle puijjance du glaive , le droit de con- 
damner à mort , qui rélide dans la perloniie du Sou- 
verain. Non enim fine causa gladium portât. Et puif 
fance des clefs , le pouvoir de lier <Sc de délier , donné 
par Jésus-Christ à ïon Eglife, en la perlonne de S. 
Pierre & en celle de les Apôtres. Daho tihi clai'es , 
Sec. 
^5" La. puiffance publique ou fouveraine réfulte de l'u- 
nion de l'autorité avec la force. C'eft elle qui a l'ad- 
miniftration civile ou politique d'un état. Elle (e di- 
vifc en ^£^;//rt;;ce Monarchique, Ariftocratique & Dé- 
mocratique. Foye-^ Etat , Royaumk , Monarchie, 
Aristocratie, Démocratie, République. 
^CJ" Celui qui eft dépofitaite de la puiffan'-e publique , 
ou ceux en qui elle réhde , ne pouvant tout faire par 
eux-mêmes, font obligés de fe décharger fur différentes 
perfonnesde certaines fondions attachées à cette ^i;i/ 
Jance , qui deviennent par-là dépofitaires de la puif- 
fance publique , dans les fondions qui leur font 
confiées. 
^fs" Puissance légifiative , puiffance exécutrice, Fbye-^ 

ces mots ôc Législation. 
^CT Puissance maritale , celle que le mari a fur la per- 
fonne & fur les biens de la femme. Une femme en 
puijjance de mari ne peut contrarier ni difpofer de 
rien fans être autorifée par lui. Cette dépendance de 
la femme eft fondée fur le droit divin. Sue viri potef- 



tate eris , & }pfe dominabitur tui. Elle cftaufTi fondée 
lut la dilpofition des Loix civiles qui exigent J'intcr- 
ventijn du mari dans les actes que les femmes con- 
tractent. Elle eft mcmc fondée lut la natu:e, c'eft-à- 
due , que le ditiércnc paaage que la naruic a tait de 
fes dons entre les deux lexcs , eft la cauie & le fon- 
dement de \i puijjance du mari lut la femme: car 
enfin les grâces & la beauté n'ont dr.>it que fur les 
cœurs; elles en méritent tans doute l'attachement : mais 
la pffff'ancc eft toujours l'ap.anagc de la force &c de 
la (agelle de l'efptit. 
9Cr Puissance paternelle. Autorité que le pcre avoir 
lur tan fils , dans le droit Romain. Elle étoit lî grande 
chez les Romains, que le pcre avoir droit de vie & de 
mort lur les enfans. Puiffance odieufe, qui a cré rel- 
treinte chez nous, loit par rapport a l'objet, foit par 
rapport à la durée. Je dituis l'autorité paternelle. La 
nature n'a établi d'autre a/irorif/parmi les hommes que 
celle des pères lur les enfans. Tcu"es les autres vien- 
nent du droit pofitif. Cn a auiii aboli la puijjance 
énorme que les Romains dcnnoicnt aux Maîtres lar 
leurs elclaves. 
S^' Puissance le prend pour la fomme des forces d'une 
lociété politique. La puijjance d'un Etat dépend de 
la population , du nombre des fujcts, de la nature de 
fes produciions , de linduftrie de fes habitans, & plus 
encore de la bonté & de la fagelle du gouverne- 
ment. 
\f3' Le mot de puiffance fe prend dans la fignificatiou 
d'empire , domination. Cyrus loumit à la puiffunce la 
plus ;;rande partie de l'Alie; il loumit à fon empire, 
rcduilit lous la dcminarion. In ditionem fuam rsdi-^e- 
re. Les Grecs furent loumis à la puiffance des Ro- 
mains. Ditioms alicujus fitri. Nicomède bravoit la 
puijjance oigueilleufe des Romains , lors même qu'il 
en etoit accablé. Copn. 
ifJ" Puissance le prend pour Etat fouverain. Principa- 
tus. On dit en ce lens les puiffances de l'Europe, les 
puiffances du Nord. Toutes les puijjanccs de l'Euro- 
pe font entrées dans ce traité. La République de Ve- 
nife eft une puiffance confidérable en Italie. 
jCr Les Etats généraux des Provinces-Unies prennent le 
titre de Hautes Puijjances ; & les Etats particuliers de 
chacune de ces provinces prennent le titre de Nobles 
puijjances. 
gCFlrelque tous lesSouverains leur accordent aujourd'hui 
le titre àz Hautes Puiffances. C^Y'^nàs.ntï'Lipa.e.necfii 
ne les traite que de Seigneuries ^le leur a conltamment 
refule , à caule des anciens droits qu'elle prétend .avoir 
fur eux. Le Roi de France , quand il traite avec les 
HcUandois.les qualifie aujourd'hui de J<?i^/ze;/rj Etats 
Généraux. 
l'C Puissances maritimes. On entend par là l'Angle- 
terre & la Hollande , parce que ces deux Etats ont 
leurs principales forces lur mer. P'oy. Maritime, 
Puissances, au pluriel, le prend pour ceux qui polsè- 
dent les premières dignités , les premiers emplois d un 
Etat. Primores , Primates. Il a beaucoup d'accès au- 
près des Puiffances. Il ne faut pas fe brouiller avec les 
Puiffances. 

En termes de Théologie, Puiffances fe dit de la 
féconde Hiérarchie des Anges. Potejlates. Ce font 
des efprits qui reftreignent la puijjance des démons , 
qui ont pouvoir & autorité lur eux, qui prefidentaux 
caufcs inférieures , & veillent à la coniervation du 
monde. On les nomme ainfi, à caufe que ce lont elles 
qui montrent la toute -puillance de Dieu. Foy. S.iint 
Grégoire, S. Bernard, Ifidore,6'c. les Trônes , fes Puif- 
fances, les Dominations, (St. 
gCF Puissance pris dans un fens phylique &■ littéral , 
fignifie une dilpofition dans le lujet , par le moyen 
de laquelle il eft capable d'agir ou de produire un 
effet. Alors il eft fynonyme de pouvoir &c de faculté : 
mais \ç pouvoir vient des fecours & de la liberté d'a- 
gir; \\ faculté vient des propriétés naturelles ( Foye-:^^ 
ce<: mots. ) & la puiffance vient des forces. La jeu- 
nedc manque de fagelTe pour délibérer , & la vieil- 
lelle manque depuiffance_ pour exécuter. Faut-il re- 
garder le pouyoirde mal faire comme un défaut daiw 



I 



PUI 

l'être raifonnablc, &r feroit il mieux que toute {3. pmf- 
fance fe bornât aii bien ! Un ell: rente de due oui \ 
Pope dit non. La jaculcé de dclirct (cit a icnJie 
l'homme habile & iabuiicux-, mais elle contribue aulli 
à le rcndie maltieuieux. L'âge n'atfoibiit que ïa. puij- 
fance , tk non le dclir de larist-'aire les pallions. 

^P" On dit alll-i baibaicnicnt qu un remède a Xs. pu'if- 
fance de produne tel ert'ec , que le quinquina a hpui/- 
fcince de guérir la hcvie , que l'aimant a la pin\jance 
d'attirer le 1er, que \..\ puïjjdncc des (impies elt mer- 
veilleufe , u't. On remarque dar.s le Dictionnaire de 
l'Acadimie l-rançoife, qu'on dit plus communément 
ver Ci 'k proprun. (Jela cil vrai : mais le mot àcvercu 
me paroit tout aulli mauvais que celui de puifjance. 
Il laut dire propncié , &l réicrver le mot de vtriu pour 
les choies auxquelles on pjutl'appliquer. Foy. Vertu. 

ÇCr Puissance le dit qucLiuclois en philolbphic par 
oppolicion a a-te, de ce qui peut erre réduit en ade. 
0.1 dit en ce inM réduire \a. pui[]ance en acte. Ln 
gland eft un chêne tn puijjance , parce quil peut de 
venir un chêne. 

Puissance, ("e dit en Morale des acuités de l'amc. ^«i- 
msJacuÙJtes , p'-opnctjres. La voLiitc elt i\ns put/- 
funcc libte. L'objet émeut la putlj'.ince. L'entende- 
ment, la mémoire, la volonté lont les puijjartcts d. 
l'ame. 

PuissANC-, en terme? de Miclunique, fe dit des forée- 
nuuvantes, de tout ce qui peut imprimer du mou- 
vement. Potenùii , vis. On red.juble \:i pui[jance de- 
niac'iines en redoublant les roues, les poulies, en al 
longeant les leviers. Il y a une proportion nécelTiuie 
entre le poids , la puijfjnce & la durée du mouve 
ment. \Jne puijjance de cent livres en peut élever une 
de cent mille. Toutes les pu'Jfances méchjni^ues le 
réduilent au levier & au coin. 

En ternies d'Cprique, on appelle la puijfdna du 
verre , la dilLmce de la convexité d'un verre à loi^ 
foyer Ijlaire , ou autrement la portée, Facultas v'uri 
opcici. 

Puissance de fief, en retmes de Jurifprudence féodale, 
eft un droit qu'a le Seigneur dominant de réunir a Ion 
fief le neflcrvanr, quand le vallal l'aliène, en rem- 
bourlant le prix de la vente, ik. les loyaux coûts. Po- 
ttJLis fiiuciana vit feoJalls. Le Seigneur doit cxer 
cer la puifflince de fief dans 1 année où il a eu con- 
noiirance de la vente. On le dit aulli du droit tkpuif- 
fance qu'il a de la.fir le fiet lervant, faute d hommes, 
droits , iSi." devoirs non laits 0<c non payés. 

IJCr Puissance, en termes d Arithmétique Si d'Algè 
bre , lignifie le produit d un nombre ou d'une autre 
quantité multipliée par elle même un certain nombre 
de fois; les diffcicns degrés auxquels on élève une 
grandeur en la multipliant toujours par elle-même. 
Première, féconde, troilième, quattième, éc. Puïf- 
fance. Prima, fjcundd , Scc.porcntia. Ces puijjances 
ou divers produits d un nombre luccellivenient mul- 
tiplié par lui-même, reçoivent diflérens noms. La le- 
conde puijfance (e nomme carré , la troilième cube , 
&c. Fov. la table fuivante. 

Lorfqu'on multiplie le nombre j par lui-même, le 
produit ij (e nomme fon carré , & le nombre 5, qui 
a été mu'tiplii eft appelé racine carrée de ce carré 2 f. 
Lorl ]U on multiplie un carré 2 j par fa racine 5 , le 
produit 12 j elt appelé cube de ce nombre 5 qui eft 
appelé racine ciibij|Ue de ce cube 125. On peut voir 
le nom & l'ordre de toutes ces puijffances dans la ta- 
ble fuivante, mais dans la Géométrie ordinaire on ne 
fe fett que d-s carrés iS; des cubes. 

j. racine eu riemicïe puijfance. ^ 
2J-. carré ou deuxième puifsance 3 
125. cube ou troifièmc pwfsance ^ 
625. carré-carré ou c^nxxntmt pwfstnce ^ 
^I2j carré cube oucin {uièine pu:fsancej 
1 5625 fur folide ou luicmc puifsance , 
78125. feptième p«//}</«cf. 
Et ainfi ju(t|u'à 1 infini. 

03" Le nombre qui indique combien de fois la racine 
eft multipliée par elle-même pour former la puifsance^ 
cftappelr le pofant de \3. puifsance. Aujourd'hui on 
Tome FIL 



PUI 



yï 



ne diftingile guère les puiffantes que par leurs expo- 
(ans. i)ec(;nde, troilième, i|Uati,èmc, ùc. fii./s uice j 
au lieu de dire carré, cube, cane cane, lutlolidc, 
carré-cube , &c. 

a^ On dit de même les puifsances de lignes ôi des ait- 
tics grandtu s, carrés, cubes, iyc La féconde pnif- 
Jance de la ligne a eft repréfente pir le carré a fait 
lur cette ligne ; la troilième par le cube a , &c. donc 
cette ligne eft un coté, IL'c. 

ij^ Deux quaiitités peuvent être incommcnfurabics en- 
tre elles, quoique leurs carrés (jU cuelqu autic jC.v.y^ 
/unce i-ic\c (oient point. Onditaloisqu elles (ont com- 
menluiables en puifsance. La diagonale d'un carré eft 
incomnienfurable avec le côté de ce carré ; mais ces 
deux lignes (ont commenkiiables en pufsance , paice 
que le carré de ladiaj;onale ou hypothenule eft d..u- 
ble du carré du côrc. Foy. CoMMENSuaABLE & 1:1- 

COMMENSURABLE. 

On appelle rélulution des puifsances , l'extraéliorï 
des racines carrées , cubiques & autres, Potentiarum 
rcfolutio. 

Puissance, en termes de jeu de Tridrac, prendre fon 
coin pzi puifsance. C'eft, lorlque I adveri.iire n'a pas 
encore pris le fien , diminuer un poii t lar chacun des 
dés, enlorte que pjur lors les deux nombres reftans 
doiii-icnt juftemenc dans le coin, ce qui autuiile a le 
prendre. 

PUISSANT, ANTE. adj. Qui a du pouvoir, de l'auto- 
rite , du crédit, Potens , prtpotins. 

',<3' On dit d un homme r.u il eft puiffant ^ qu'il a deg 
a.m\s puiff uns , de puijfar.s protecteurs. Un Koi eft 
pu (faut j, un Etat eft puLJj'anc. Une mailon ui,e fa- 
mille eft puijfante. 

Selon que vous fere\ pu'fTant ou mif'rahîe , 
Les jugemens de cour vous rendront blanc ou noir, 

La Font. 

i^ Haut & puijjant Seigneur, très haut Si uh-puiffant 
Seigneur, \\x\xtetk puijjante Dame. Titres qu'oi;d^nne 
dans les monumens publics & dans les adles aux 
grands Seigneurs. Ces titres lont louvent proftitués 
dans les actes* 

-■JCT On dit de même très- haut & nés puiffant Prince, 
&c. en parlant des Princes Se Princclles. 

Puissant, (ignifie aulli fort riche. Perquàm opulentus y 
pr£dives ) admodùm locuples. Cet homme eft le plus 
puiffant de toute la ville, de toute la province; il a 
du bien de tous côtés. 

>j On le dit quelquefois en ftyle bourgeois d'un hom- 
me robufte , gros Ik grand. Alors il eft déterminé à la 
taille & à la torce par les termes qji l'accompagnent. 
Cet homme eft devenu tort Si pui[fant. Cette femme 
eft aujourd'hui uo<p puiffinte, elle a trop d'embon- 
point. 

Puissant, fe dit figurémcnt en chofcs naturelles Si mo- 
rales, pour déligner ce qui eft capable de produire un 
efttt eonlidérabie. Le ligne de la croix ell nnpuijjant 
remède contre les tentations , pour challer les malins 
elprits. Signum crucis eji prdtfentiffimum remedium. 
contra tentationes. L'honneur eft un puiffant aiguil- 
lon pour fuivre la vertu. La beauté eft un puiffant 
charme pour ga?ner les cœurs. De puijjantes railbus. 
Une puiffante Hotte , une puffante armée. 

Puissant. Il s'emploie aulli nu lubftantif; mais il n'a 
guère d'ulage qu'en cette phrale du ftyle de la chaire. 
Les puffans du liècle, pour dire , les grands du fièclc. 

ACAD. pR. 

Tout -Puissant , ante. Qui a une puiffance infinie. 
Omnipotens. Dieu ie\i\ e^ tout puifant. 

Iczr On dit hyperboliquement d'un homme qu'il eft tout- 
puifi'ant auprès de quelqu'un, (ur l'efprit de quel- 
qu'un, pour faire entendre qu'il peut tout lur (on et- 
prit. 

cfL. Dans le ftyle oraroire , on dit fubftantivement , en 
parlant de Dieu , le Toutpuiffant , le bras du Tout- 
puifjant. 

PUn S. f. m. Ouverture qu'on fait en creufanr la terre, 
de figure cylindrique ou elliptique & petpendiculaiic. 

Gij 



yi PUI 

Fodina. Quand on veut percer ou fouiller une carriè- 
re, une marnière , on commence par fane \e. puas : 
c'e'ft ce qu'on appelle /u/ùi de carrière. Il y a quelque- 
fois trois ou quatre puits les uns fous les autres , pour 
tirer les métaux des mines de Hongrie , qui iont dé- 
crites par Agricola. 
Puits, dans l'art Militaire, dans la guerre des lièges. Un 
donne ce nom à des creux rrcs-profonds qu'on tait de- 
vant les lignes de circonvaJlation ou au devant de quel- | 
qu'autre retranchement , & qu'on couvre ordinaire- 
ment de branchages & de terre pour y hue tomber 
l'ennemi qui voudroit s'en approcher. 
^ Ou le dit aulll des creux très - profonds pratiques 
dans la terre pour découvrir & éventer les mines de 
l'ennemi , ou pour conftruire des mines qui fallent 
iauter quelque ouvrage. 
VviTS , fe dit plus ordinairement des creux qu'on fait 
en terre pour y trouver de l'eau. Ces ouvertures de 
figure cylindrique, fe fout en creulant dans la terre 
jufqu'à une couche d'argile qui fert de lit à l'eau. Pu- 
teus. Un /i//iM d'eau vive. Vinpmts mitoyen eft celui 
qui fert à deux mailons. \}\\puns commun au public. 
On met rafraîchir le vin dans le puits. Un puits per- 
du , ou put fard , eft un puas dont le fond ell de lable, 
où fe perdent toutes les eaux. Un Cureur de puits. 
On va voir en Egypte comme une merveille le puits 
de Joieph , on l'on defcend par degrés. Les Caravanes 
d'Orient s'arrêtent aux lieux où il y a des puits, où 
ils peuvent creufer des puits. 

On appelle aullî lur la mer puits , le lieu ou s'a- 
maftent les eaux du navire , qu'on appelle autrement 
archipompe : c'eft le lieu où l'on place les pompes. 
Sentma. On appelle aulll puits :, une grande profon- 
deur qui fe trouve à la mer dans un fond uni. 

Thévenot dit que comme nous avons en Europe des 
puits d'eau, il yad.ansune province de la Chine des 
puits de feu. Putei igmti , & que fur leur ouverture 
on met des vailTcaux où l'on fait cuire ce qu'on veut 
lans peine & lans dépenfe. 

On appelle tncoïe puits ,\xnt certaine machine, faite 
en eifet comme nn puits, qu'on garde à l'Arienal de Ve- 
nife , & qui ne fert que pour porter dedans , & fur un 
brancart ioutenu par environ 200 hommes , le Doge 
autour de la place de S. Marc, le jour qu'il a été élu. 
^PVe^MoRERi, au mot, Venise. 

Il y a dans l'Écriture un puits appelé le puits des 
eaux vivantes. Puteus aquarum viventium , Cant.IV , 
1 )-. Il paroit par le Texte que ce puits étoit près de 
Tyr. Et eu effet, les voyageurs parlent d'un puits litué 
à une lieue de cette ville. On dit qu'il tient au Liban, 
& on le nomme aulll \t puits de Salomon, comme fi 
ce Prince l'avoir fait bâtir , ou creufer. Les montagnes 
voifines de ce puits étoient autrefois une partie du Li- 
ban. Ainfi il pourroit tenir au Liban , comme on le 
dit. Il n'eft guère probable que Salomon foit auteur de 
ce bel ouvrage dans un pays qui ne lui appartenoitpas. 
Ce puits eft extrêmement profond , il n'eft pourtant 
pas fans fond, comme quelques-uns l'ont pcnlé. Au 
lieu que pour avoir de l'eau des auttes, on eft obligé 
de defcendre fort bas , il faut au contraire monter bien 
haut pour en avoir de celui-ci, & il eft pourtant dans 
l'endtoit le plus haut de la contrée. C'eft un rond 
d'eau élevé de terre de quinze coudées , ôc comme une 
grande tour qui eft carrée en dehors , dans laquelle 
l'eau eft prilonnière, & d'où elle ne peut fortir qu'é- 
tant montée en haut. Cai pour lors elle fe décharge 
d'un cc)té par un trou par où elle fait tourner un mou- 
lin à blé à cinq meules , & de l'autre côté elle coule 
dans le fond d'une prairie , où fe divifant en plulieurs 
ruifleaux , elle arrote une terre gralfe & fertile , où 
étoient autrefois les jardins de Tyr; & puis fe réunif- 
fant en un feul ruilTeau , Se coulant fur le rivage de 
la mer, elle s'y décharge à un quart de liêue de ce 
puits. Elle deicendoit encore autrefois en de beaux 
aqueducs , qui la conduiloient julqu'àTyt, & l'on 
en voit encore d'allez gtands reftes. Cetre eau eft la 
plus pure & la plus claire que l'on puillc voir , & elle 
(ort avec une abondance incroyable : mais quoique ia 
courfe foit foie rapide en fon ca;:al , la grandeur du 



PUI 

baflîn où elle eft , la fait paroîrre comme en repos , & 
comme dormante. Les pierres de la tour qui la ren- 
fermenr, &: qui l'ont obligée de monter alTcz haut pour 
pouvoir couler àTyr, (ont ti bien maçonnées, cimentées 
& maftiquées , qu'il n'y a rien de plus dur , & qu'elles 
font impénétrables à l'humidité. Vous diriez qu'elles 
ne (onr plus qu'une pierre, ce qui les lie les unes aux 
autres étant tout-à tait pétrifié. Ce rond d'eau a de 
tour 90 pas , Se chaque côté du carré de la tour , dans 
laquelle il eft, a 15 toifes de largeur-, 8c quoique cet 
édifice s'élève à la hauteur de 1 5 coudées , comme j'ai 
dit , on peut monter à cheval jufque defTus par une 
large Se facile monrée de pierre qui eft au côté qui re- 
garde la mer & la ville. 

Il y a encore deux autres puits auxquels on va de 
ce premier & principal, par un canal large d'environ 
trois pieds , qui efl fur une muraille encore plus 
épailfe , Se c'étoit , à mon avis , une décharge des eaux 
de ce premier puits. Ces autres puits font grands , Il 
mais ils ne le font pas comme celui là. 11 y en a même ' ' 
un dont l'eau eft baffe , Se ne paiolt pas couler , & 
elle eft couverte de moufle. Ils font tous deux dans 
un grand carré de pierre , qui eft en forme de teiralle. 
P. Nau, Jéfuite. Foyage de la Terre-Sainte, L. V^ 
c. 21. Foye-:ç aulll Sanuto, L. III , p. i4,c. 12. 

il y avoir autrefois des puus de birume dans la val- 
lée Foreftièrc qui eft l'endroit où eft la mer Morte. „ 
Gen.XIF,io. i 

Le puits de celui qui vit & me voit, Puteus viventis & 
vidcntis me. Gcn. T^/, c'étoit une fource qui fe trou- 
voit à l'entrée de l'Arabie Déferre, fur les confins de 
la Terre de Chanaan , entre Cadès Se Barad, au midi 
de la Tribu de Siméon. 

%fF Puits de Plougafiel. Puits fingulier, dans la Breta- 
gne , qu'on voit dans la cour d'une hôtellerie , entre 
Breft Se Landeinau. L'eau de ce puits monte quand la 
mer , qui en eft fort proche , defcend ; Se defcend au 
contraire quand la mer monte. M. Robelin , habile 
Mathématicien , envoya à l'Académie des Sciences, à 
Paris, une relation avec une exphcation fort fimple 
d'un phénomène aulli fingulier. Le fond du puits efl 
un peu plus haut que le niveau de la baffe mer, en 
quelque marée que ce foir. Il arrive delà que l'eau 
da puits qui peur s'écouler, s'écoule , & que le puits 
defcend tandis que la mer commence à monter, ce 
qui dure jufqu'à ce qu'elle foit arrivée au niveau du 
fond du puits : après cela tant que la mer continue à 
monter, le puits monte avec elle. Quand la mer fe 
retire , il y a encore un temps allez confidérable pen- 
dant lequel l'eau , qui eft entrée dans les terres , les 
pénètre lentement , Se tombe petit à petit dans le puits j 
qui monte encore, quoique la mer defccnde. Cette 
eau fe filtre fi bien dans les terres, qu'elle y perd fa 
falure. Quand elle eft épuif ée , le puits commence , 
Se la mer achevé de defcendre. Les eaux que ce puits 
reçoit d'une montagne voifine aptes des pluies abon- 
dantes, peuvent apporter quelques changemens à ce 
qui ne dépend que de la mer, Hist. de l'Acad. Roy. 
DES Se. an. 1717. 

On dit proverbialement, que la vérité eft cachée au 
fond d\x puits. Veritas delitefcit in puteo. Le puits de 
Démocrite. On dit proverbialement Se figurément qu'il 
faut puifer randis que la corde eff au puits , pour dire , 
qu'il faut profiter de l'occalîon ; Se d'un homme fort 
fecret, que ce qu'on lui dit tombe dans un puits: & 
en ce fens-là , on dit d'un homme, c'eft un puits, pour 
fignifier, qu'il eft impolfible de le faire parler fur les 
chofes qu'il doit cacher. Acad. Fr. 

Pénétrer dans le Puits de Démocrite. En retmes 
de Philofophie hermétique , c'eft pénétrer la vérité des 
natures. Dic. Herm. 

P U K. 

PUKIANG. Ville de la Chine dans la province de Chc- 
kiang, au département de Kingoa, cinquième Métro- 
pole de la province. 

0Cr II y a une cité de même nom, dans la province de 
Suchuen, département deKiung. Atlas Sin. 



PUL 



P U L. 

PUL. f. m. Les Perfes nomment ainfi en gênerai coures 
fortes d'elpèces de cuivie qui le fabriquent dans leurs 
monnoics, & qui ont cours dans leurtmpirc. Foyc^ 

LE DiCT. DE.COM. 

PULA. Cap & île. Foyci Pola. 

PULAON. île delà mer des Indes, vers l'Oueft des Phi- 
lippines , à neuf degrés Se demi de latitude Nord. 

PULCHERIA. Nom d'un œillet fort piqueté, médiocre- 
ment large, la plante peu féconde en niarcottcs ; la 
flcurefttardive,(5c quatre boutons lui fuftifcnt.MoRiN. 

PULEGIUM. f. m. Plante. Foye^ Pouliot. Pulegium 
vient du \nmpuUx ^ puce ; car on dit que la fumée 
du pouliot chalFc les puces. 

PULENTE, & PULLANTE. Vieux adj. f. Puante, ou 
apoftume. Borel. Putïda^ onapojlcnidj ukus. 

Les dents ot plenes de rqffoir , 

El de pulente pourriffhir. Ovide , M/, de Bord. 

Plein d'ordure & de vilenie^ 
Et de puUente félonie. Id. 

PULICL f. m. & plur. Nom Italien qui lignifie des 
puces. Terra degli Pulici. C'étoit anciennement une 

Ïietite ville de la Sicile; ce n'eft maintenant qu'un vil- 
age litué dans la vallée de Mazara,à l'embouchure 
du Belicc, du côté du couchant. Il y avoir autrefois à 
l'autre côté de cette rivière Ja ville de Pincia ou Ini- 
cum , qui eft maintenant ruinée. Mat y. 

PULIMALON. Voyei Heri. 

PULLAIN. Voyc-^ Polain. 

\fT PULLARIUS. 1". m. Terme d'Hiftoire ancienne. On 
appeloii ainfi chez les Romains celui qui avoir loin des 
poulets facrés , dont on le lervoit dans les aufpices , & 
qui tiroit des augures en les voyant manger. 

PULLULER. V. n. Multiplier beaucoup. Pullulare,ger- 
minare. La vermine, les mauvailes herbes nz pullulent 
que trop. (KT On le dit proprement des herbes, des 
plantes , plus rarement des inieCtes. 

Pulluler, ie dit plus figurément en morale des héré- 
fies,des opinions dangereufes qui fe répandent facile- 
ment parmi les peuples. Serpere , pullulare. Il faut 
empêcher que les héréfies , les mauvailes doctrines ne 
pullulent dans un Etat. 

PULMONAIRE, f. m. Plante qui poulTe une ou plu- 
fleurs tiges anguleules , tirant lur le purpurin , velue» , 
reflemblant à celles de la buglofe. Ses feuilles font 
oblongues , larges d'un pouce , pointues , couvertes 
d'un poil mollet & lanugineux , marbrées le plus fou- 
vent de taches blanches : les unes lortent de la racine 
couchée à terre , les autres embiallent la tige , fans 
queue. Ses Heurs font de petits tuyaux évales en bal- 
fin dans leur partie lupérieure, & découpées en cinq 
parties, de couleur tantôt purpurine, & tantôt vio 
lette. U (uccède à chaque fleur quatre lemences pref 
que rondes. Sa racine ell blanche & fibrcufe. En latin 
P ulmonaria Italorum adbuglojfum accedens. J. Bauh. 
Les feuilles de h pulmonaire font adouci ifantes, vul- 
néraires , propres pour les ulcères du poumon , &.'pour 
le crachement de lang : d'où vient qu'on lui a donné 
ce nom. Il y a quelques autres elpèces de pulmonaire. 

ÇCr On donne aulfi le nom de pulmonaire à une elpèce 
de moulfe eu de lichen qui vient lur les troncs des 
chênes, des hêtres, desfapins, &c. ôc quelquefois fur 
les pierres. La pulmonaire de chêne eft regardée com- 
me rafraichilTiinte , deilkarive , vulnéraire 2c aftrin- 
genre, bonne dans les affec1:ions du poumon. On en 
trouve dans les forêts de S. Germain & de Fontaine- 
bleau. Ses feuilles font entrelacées , & placées les unes 
fur les autres comme des écailles. Elle eft blanchâtre 
du côté qu'elle eft attachée à l'ecorce de l'arbre , &: 
verte de l'autre côté. Elle relfemble par fa figure à un 
poumon deftcché. 

Pulmonaire, adj. f. Terme d'Anatomie, qui fe dit de 
ce qui appartient aux poumons. Pulmonaris. L'artère 
pulmonaire , à qui les Auteurs donnent le nom de vei- 



PUL 



U 



ne arte'rieufc , c^ effedlivement une artère , étant com- 
polée de plulieurs tuniques ; elle fort du ventricule 
droit du cœur, (ii>: ledi\ilc en deux gros rameaux, 
qui le divifaiit en plulieurs petites branches , vont le 
répandre a droit & à gauche dans toute la fublbncc 
des poumons. DioNis. La \c\ni: pulmonaire , ou des 
poumons qui a été de tout temps connue fous le ncni 
d'artère veineufe y a quatre membranes comme lesau- 
tres veines. Elle commence dans les poumons par une 
infinité de petits rameaux, qui le réunilltnt en un feul 
tronc pour la former; elle fort de la lubftance des pou- 
mons , & vient le rendre au ventricule gauche du cœur, 
Id. Membrane pulmonaire. 

PULMONIE. f. f. Pulmonis morbus. Maladie du pou- 
mon, ha. pulmonie eft difticile à guéiir. Il y a des gens 
qui croient que la pulmonie fe communique : le plus 
grand nombre allure le contraire. 

PULMONIQUE. Adj. louvent employé fiibftantivc- 
ment. Qui eft affedfé du poumon , qui eft malade du 
poumon. Pulmonar'ius , peripneumonicus. Les pulmo- 
fiiques ne vivent pas longtemps. Les pulmoniques cra- 
chent toujours. Les Provinciaux dilent poumonique. 

PULO, (prononcez POULO.) Ce mot veut dite île. A'mÇi 
quand il eft jointavec un autre nom en Géographie, c'eft 
que ce licuavec le nom duquel il eft joint eft une île; ainfi. 
Pulo-W^ay y c'eft comme s'il y avoit , \'ile de ^ay, 

PULO-CONDOR. île de la Mer des Indes , environ à 
quinze lieues, au Midi, du Rovaume de Camboge. 

PULO-NERA. Nom d'une des îies Moluques. Infula. 
Nera. Elle eft fituée fur la côte leptentrionale de celle 
de Banda, &; elle appartient aux Hollandois , qui y 
ont conftruit le foit Nallaw, &c le Belgique. Mat y. 

PULORON, ou PULORIN. Nom de lune des îles de 
Banda , qu'on met entre les Moluques. Infula Ro- 
na. Elle eft au couchant de celle de Gumaiiapi, & 
elle dépend des Anglois. Maty.^ 

PULO-XSp'AY. Nom' de l'une des îles de Banda, fituée 
dans l'Archipel des Moluques, au midi de celle de Cé- 
ram. Infula Vaia. Les Hollandois font maîtres de 
Pulo-Way y 6c y ont bâti le fort Rerenge. Mat Y. 

PULPE, f K Foyei Poulpe. 

tfT PULPE. Terme de Botanique. Pulpa. Subftance mé- 
dullaire ou charnue des fruits, qui eft un tilfu cellu- 
laire , ou parenchimatcuxjou vélîculaire. 

0C? En Pharmacie on donne le nom de pulpe à des 
plantes cuites & réduites en une elpèce de bouillie 
pour en faire des catapl.-.lmes. 

PULPITRE. Foyei Pupitre. 

rULPO. f. m. Nom d'un poilfon de la mer du fud. Cet 
animal eftli linguiier, qu'à le voir fans mouvement, 
on le prend pour un morceau de branche d arbre cou- 
vert d'une écorce lemblable à celle du châtaignier; il 
eft de la grofleur du petit doigt , long de fix à lepr pou- 
ces, & divilé en quarre ou cinq nœuds, ou arricula- 
tions qui vont en dnninuant du côté de la queue, qui 
ne paioît, non plus que la tête, autrement que comme 
un bout de branche calîée. Lorlqu'il déploie fes (îx 
jambes , Se qu'il les tient ralfemblées vers la tcte, on 
les prendroit pour autant déracines, & la tête pour 
un pivot rompu. Les Chiliens l'appellent pulpo , Se 
difent qu'en le maniant avec la main nue, il l'engour- 
dit pour un moment fans faire d autre mal : ce qui me 
fiiir croire que c'eft une fauterelle de la même elpèce 
que celle que le P. du Terrre a delîînée S: décrite fous 
le nom de cocfigrue , dans fon Hiftoire des Antilles , 
avec cette dift'érence que je ne lui ai pas remarqué 
une queue à deux branches, ni les petites excruuran- 
ces en pointe d'épingle , qu'il met à fa coclîgrue. 
D'ailleurs il ne parle point d une petite velîîe , qu'on 
trouve dans le pulpo ^ pleine d'une liqueur noire, qui 
fait une très-belle encre à écrire. Quoi qu'il en foit , 
c'eft fans doute \'Arumafia Brafdia de Marcgrave , 
/,. m y p- 2 (r. FRif.iEK,pag. rri & ir2. 

PULSANO. Nom d'un lieu litué à uns lieue du mont 
Gargan dans la PouiUe , au Royaume de Naples , en 
Italie. Pulfanum. 

L'Ordre de Pnlfano. Ordre Religieux fondé par 
S. Jean de Matera" au XII' fièclc. Ordo Pufmerfs. 
L'ordre de Pulfano fetoic dans l'oubli li le P. Pape- 



y4 PUL 

brock ne l'en avoit tiié dans la vie de S Jean cle Ma- 
tera au lo*^ Juin. J^H. Suncl. Jun. T. If. Tous les 
Hiftoiiens de cette Congrégation font ce Saint difci- 
ple de lamt Guillaume de Verceil, fondateut de l'Or- 
dre du Mont-Vicrge. Le P. Papebrock montre que 
Taint Jean de Matera a été lui-même fondateur d'un 
Ordre qui n'a rien de commun avec celui du Mont- 
Vierge. Cet Ordre commença par l'Abbaye de Pul- 
fjno, a une lieue du Mont-Gargan. Saint Jean bâtit 
cniuite d'autres Monallèrcs en diftércns endroits. Cette 
Congrégation de Pulfano étoit compolée de Monaf- 
tères de l'un & de l'autre fexe. Saint Jean de Matera 
la gouverna jufqu'en 1 159 j qu'il mourut. L'Ahb.aye 
de P;///j/2o érant devenue commendataire, les Abbés 
y ont mis de temps en temps des Religieux de divers 
Ordres, &: quoiqu'elle ait plus de 16000 ducats de 
revenu , il n'y a maintenant que fort peu de Religieux. 
Ainli lf)rdre de Pulfano a été aboli. 

PULSATiF , IVE. adj. Terme de Médecine, qui fe dit 
de tout ce qui caufe une (enlation de battement ou 
pulfation, qui iurvient ordinairement aux inflamma- 

. rions. Ces battcmcns répondent aux pulfarions desar- 
tères. rf3' On dit une douleur pulfativc j qui caule le 
battement douloureux dont on vient de parler. 

PULSATILLE. f. f. Plante qui a été appelée ainlî, par- 
' ce que fes lemences ont des queues barbues comme 
une plume , Icfquelles font poulfées çà ëc là au moin- 
dre vent. On la nomme autrement coquelourde.Pul- 
fiitilla. foye\ Coquelourde. 

PULSATION, f. f. Terme de Médecine, qui fe dit du 
battement du pouls, ou des battemens caufés par quel- 
que inriammatiun. Pulfus , pu/ficlo. La pulfation des 
veines eft fans interruption. Fen. 

Pulsation, f. f. Terme d'Horlogerie. Il fignifîe l'avan- 
tage d'un levier pour en faire mouvoir un autre. Une 
roue qui engrenne près du centre .d'un pignon , a moins 
de pulfation que fi elle agill'oit fur un" pignon d'un 
plus grand diamètre. Thiout. 

PULSILOGE. 1. m. Puifiloi^'ium. Inftrument propre à 
mefurcr la vitellé du pouls. Sanèlorius paffe pour le 
premier inventeiir de cette machine. Floyer en a fait 
la matière d'un i raité. 

#Cr Ce mot vient du latin pulfus, pouls , & du grec 
-'ii'j»!, dctcription, repréfentation. 

^ PULSIMANTIE. L f. Partie de la Médecine qui 
traite des lignes 0<i des indications des maladies & de 
la ianté , qu'on appelle Séméiologie ou Semeiotique. 
On voit par (on étymologie , pulfus, pouls , & t^a.,T;,c^ 
prédièlion, que c'eH l'art de tirer des lignes des dif- 
férentes modifications du pouls , pour connoîrre les 
maladies préfentes , ou pour prévoir les changemens 
qui doivent arriver dans leur cours. On appelle Puljî- 
mantes les Médecins qui s'attachent à cette pratique. 
Ces mots lont peu u fîtes. 

PULTAUSK. Nom d'une petite ville ou bourg du Royau- 
me de Pologne. Puhufcia. Ce lieu appaitient en Ibu- 
veraincté à l'Evcque de Plocsko, qui y fait l'on fé- 
jour ordinaire , c\: il eft fitué dans le Palatinat de 
Czcrsko en Mazovie , à rrente lieues de Warfovie , 
du côté du nord. Maty. 

PULTAWA. Place fortifiée dans l'Ukraine fur la rive 
droite du Wortllo , où Charles XII , Roi de Suède , fut 
vaincu par le Czar Pierre I. 

PULVÉRAGE. f. m. C'eft un droit que les Hauts Juf- 
ticiers, fondes en titre , ou polTcllion immémoriale , 
ont accoutumé de prendre en Dauphiné , fur les trou- 
peaiix de moutons qui palfent dans leurs terres, à 
caule de la poullière qu'ils excitent ; en Provence ce 
droit s'appelle droit de pa[fape. 

PULVERIN. f. m. Poudre 'fine. On le dit particulière- 
ment de la poudre à canon qui eft propre à amorcer 
les armes à feu. Pixis pulvcraria , vel pulverarium. 
On le dit aufti de la poire ou fourniment où elle eft 
renfermée. 

PuLVERiN, ledit aulfi de ces gouttes d'eau fort menues 
& prelque imperceptibles qui s'écartent dans les chû- 
tes de jets d'eau, & aux calcades & fauts des rivières. 
Stïlld falientes. Il faut que le ballîn foit proportionné 
au jet d'eau , afin qu'il reçoive le pulverin de l'eau , 



PUN 

& que les allées ne foient point gâtées. Aux cataractes 
du Nil, le pulvenn eft porré fort loin par les vents. 

PULVERISATION, f f. En Pharmacie, c'eft une opé- 
ration par laquelle on réduit Une fubftance en poudre. 
Pulvetifatio. 

ce? PULVÉRISER, v. a. Réduire en poudre , en pouf- 
hère. Inpulverem redipere. On le fert du mortier, du 

^ porphyre pour /'/^/veW/èr les corps folides. 

(Cr Pulvériser, fe dit au figuré, pour détruire entiè- 
rement. \\ 3. pulvérifé cette objeétion, cet écrit. Vos 
amis le vantent que vous m'avez écralé & pulvérifé. 
Le P. Lamy. Leplailîreft d'entendre Cicécon , .Sf de 
voir avec quelle hauteur il pulvérifé tous les menus 
rctranchemens de fon frère. Morin. Acad. des InJ- 
cript. Tom. I. Mém. pag. 20 ^. 

PULVÉRISÉ , ÉE. Part. ' 

P U M. 
PUMICIN. f. m. C'eft ainfi qu'on nomme l'huile de 
palme, autrement l'huile de Sénégal. 

PUN. 

PUNA. Nom c^ue les Efpagnols donnent à une partie 
des montagnes de la Cordillière , dans l'Améri.,ue mé- 
ridionale. Les montagnes de la Puna font toutes plei- 
nes de mines. 

PUNAIS , AISE. adj. Qui a le nez puant. Fœtid. narls 
homo. Un punais eft prelque privé du fentiment de 
l'odorat par le défaut de l'organe. Cet homme eft: 
camus S<.punats. On demande fi c'eft une caufe légi- 
time de féparation , que d'avoir un mmpunais,o\i 
une kmmc punaife. On dit fubftantivement, c'eft un 
punais , une punaife. 

PUNAISE, f. f. Cimex. Petit infede fort plat, qui neft 
prefque que du faiig , qui tourmente fort durant l'été, 
tant par fa pu.anteur extraordinaire , que par des mor- 
lurcs qui laiflent une matque rougeXur la peau. Les 
punaifes fe mettent dans le bois du lit , & dans les 
vieilles mailbns. En latin dmices kclularii. Il y a aulS 
Atiputiaijesàe. jardin qui font vertes & auili puantes 
que les autres. iCT La punaife d'oranger eft une galle- 
inieéle qui le trouve fur les plantes que l'on conferve 
dans les lerres. Il y a aullî des punaifes de terre volan- 
tes , qu'on trouve dans les champs fur des arbres. Il 
y a des punaifes d'eau qui volent, & ont un aiguil- 
lon dont elles piquent ttès- fort. On les nomme en la- 
tin lipula aquatica. Hoefnagcl a dépeint cette forte de 
punaifes de terre volantes. 

lïCJ- La vapeur du foufre déttuit les punaifes : ^mCi en 
brûlant une aflez grande quantité de foufre dans un 
appartement , pour que la vapeur pénètre par-tout , 
on détruit ces infedes. Mais il faut réitérer cette opé- 
ration aptes l'éclofion des œufs , avant que les punai- 
fes aient fait leur ponte. 

Ce mot vient depunicea, qu'on a dit premièrement 
des punaifes rouges, ik enfuite de toutes les autres. 
Men. 

Il y a auftî une herbe aux punaifes, que les Bota- 
niftes appellent coniia. 

On dit proverbialement avoir le venrre plat comme 
une punaife ; pour dire , avoir le ventre vide. Jeiu- 
nus venter. 

PUNAISIE. f. f. Qualité qui rend un homme punais. 
C'eft une efpèce de maladie qui vient d'un ulcère pro- 
fond qui eft au dedans du nez , d'où fortent plufieurs 
croûtes de mauvaile odeur. Sa caufe provient , félon 
Gahen, d'une humeur acre Ik pourrie qui tombe du 
cerveau vers les apophyfes maxillaires La punaifie eft 
mife entre les caules de fcpararion entre conjoints. Na- 
rium fœtor. 

#3" PUNCH, f. m. Sorte de boiftbn forte, qui n'eft guère 
connue que des Anglois. Elle eft compofée d\au- 
de-vie, d'eau commune , de bière, de lucre , de jus 
de citron, &c. La dofedes ingrédiens qui entre dans 
cette liqueur eft allez arbittaiie, &: chacun y fait do- 
miner celui qui eft de Ion goût. 

PUNCHAO. f.m. Nom que leshabitans duPéroudon- 
nent au Grand-Dieu. Ce mot fignifie Seigneur du jour 
Auteur de la lumière. Hift. de la Camp, de Jefus, P. 
III, L. VII , n. 210. 



P U N 

■ r PUNCTUM. Ce mot s'efl dit poiiï (iiffLig-. On 
luaiquoit d'un point le nom d'un Cundidat auquel on 
djnnoit l"a voix. Uc-la l'cxprefiion d'Horace , puiicla 
fuij'rapiorum non tulït fepccm. Il n'eue pas fept voix 
pùai- lui. Et omnc tulu punclum . U a eu unis les points 
poui-lui,ilaétccluuna:iimen_v.'nt.Ctquiiii;nilieaulli, 

il x touche au but , il a rculli. 

rUNDAGE. Voyt\ Pouhdach, 

l UNDT. Voyci Ponde. 

pUNHALI. Nom d'une ville du Malabar , en l.i prcl- 
c,u'ile de l'Inde deçà ie Gange. Punhaium. Elle elt ca- 
pitale d'un petit Royaume oui porte fon nom , & l"i- 
tu:;c vers les montagnes de Gâte , au levant de Cou- 
lan. Mat y. 

FL'NING. Ville de la Chine dans la province de Quan- 
tung , au département de Chaocheu, cinquième r.ic- 
ri\)[;ole de la Province. 

PUN'IQUE. adj. Qui cft, ou qui vient de Carthage , qui 
concerne la vjlleou la République de Carthage. Pu- 
lûcus. Une médaille Punique. La %\iene. Punique. On 
diCoit en ^ïowzA-iCJides punica jnMHVMicioi. Les Car- 
thaginois palioient pour fourbes. 

^3" PUNIR, v. a. Pu/lire ■, panas exigere, Fairç fubir 
à quelqu'un une peine pour lui (aire expier un crime. 
On veut qu'il ierve d'exemple. Les pcrcs châtient leurs 
cnt'ans ; les Juges font punir les malbiteui-s. Le mot 
punir ne porte pas toujours avec lui une idée de lubor- 
dination qui marque l'autorité ou la lupériorité de ce- 
lui qm punit. On ii'eit pas x.o\x]ox\\:s puni par fcs lupé- 
rieurs; on l'eft quelquefois par les égaux, par foi-mê- 
nic , parles inléricurs, parleieul événement des cho- 
ies , par le haLiid ou par les fuites même de la faute 
qu'on a çommifc. Les parens que la tendrclFe empê- 
che de châtier leurs enfans , font fcuvent />//;2i5 de leur 
folle amitié par l'ingratitude (S: le mauvais naturel de 
CCS mêmes enfans. M, l'AbbÉ Girard. Voye^ Pufji- 

TION. 

IJC? On dit proverbialement Dieu le punira , pour dire , 
qu'un crime ne demeure point impuni , non impuni 
ferer. On dit aulli, le voila bien puni, pour dire , bien 
mortifié de n'avoir pas obtenu ce qu'il ptétendoit. 
f^oye'^ Châtier. 

ru NI , lE. part. 

PUNISSABLE, adj. m. & f. Qui mérite punition. Pu 
nicndus , pleclendus , pana dignus. Il le dit des per- 
lonnes & des chofes. Il faut avoir l'âge de la raifoii 
pour être pumJjaHe en Juftice. Le blalphême eft un 
çnme puni ffahle. Crime punijfai/e de mort. 

PUNISSEUR. (". m. Qui punit. Punitor. Ce mot qui eft 
dans Nicot & dans Cotgrave, n'a pas l'air lî furanné , 
qu'il faille déiclpérer de fon rctablifTeirient. Pomey 
l'a mis dans fou Diiitionnaire. Molière nous en four- 
nit un exemple dans le Don Garcie de Navarre , ou 
le Prince jaloux. ^5, /^ Se 1 1 , p. i ^. 

Tandis que la CaftilU armoit dix mille bras , 
Pour redonner ce Prince aux vaux defes Etats ; 
Il fait auparavant femer j a renommée , 
Et ne veut le montrer qu'en tète d'une armée. 
Que tout prêt à lancer le foudre puniffeur. 
Sous qui doit fuccomber un lâche raviffeur. , . . 

IJCFDansla 4' Se, du 4^ Acte de la Tragédie de Pom- 
pée où l'on trouve le foudre louhaité , Corneille avoir 
mis d'abord le foudre punifjeur. C'étoit un beau ter- 
me qui manquoit à notre langue. Puni doit fournir /^/z- 
nijfeur, comme_ vengé fournit vengeur. J'ofe fouhai- 
ter encore une fois , dit Voltaire , qu'on eût confervé 
la plupart de ces termes qui failoient un fi bel effet 
du temps de Corneille. Mais il a mis lui-même à la 
place le foudre fouhaité , épitkète qui eft bien plus 
foible. 

C3- PUNITION, f. f. Aûion de }?mir.Punitio ,animad- 
verjio. Voye-^ Punir. Le châtiment, dit M l'Abbé Gi- 
rard, dit une correction-, mais la punition ne dit pré- 
cifément qu'une mortification faite à celui qu'on pu- 
nit. U eft efTentiel, pour bien corriger , que le châti- 
ment ne foit ni ne paroilTe être l'effet de la mauvailc 



pur 



TT 



humeur. La Juftice demande que la punition fo'it n- 

goureuie lorkiue le crime <:l\ cnoinie. La conlciva- 

tion de la fociété étant le motif de la punition des cri-. 

mes, la juftice humaine ne doit puni/ que ceux quî 

la dérangent ou qui tendent à fa ruine. 
1^ On appelle punition exemplaire , celle qui emporte 

une peine févcre qui s'exécute en public, pour fçivir 

d'exemple. 
(tT On dit qu'un accident, un malheur {:{ï\ivc punition 

de Dieu, qu il eft ariivé pcii: punition de Dicu,poui; 

dire, que IJieu a envoyé cette dilgrace à quelqu'un 

pour le punir. 
PUNTA-DEL-GUIDA. Ville capitale de l'Ile de Saint 

Michel , une des Açores. 
PUNTAS DE MOSQUITO. Efpcces de 'lentcllcs qui 

font propres pour le commerce de l'Amérique Efna- 

gnole. Ce font Içs Hollandojs qui font cç négoce. 

P U O. 

PUOUR. f. f Vieux mot. Puanteur. Bore^, Craveolen- 
tia j fcEtor, 

P U P. 

PUPILLAIRE. adj. m. & f ( Dans ce mot & dans le fui^ 
vant , on appuie fur les deux //, tomme dans le latin , 
fans les mouiller. ) Terme de Droit. Qui concerne k 
pupille, ou le mineur de douze, ou de quatorze ans. 
Pupillaris. U elï encore en âge pupillaire. Le Titre 
VI' du XXVIII' Livre du Digefte, eft intitulé, de la. 
fuhflituiion vulgaire (S" pupillaire. 
PUPILLARITÉ. f. f Terme de Droit. Le temps qu'un 
enfant eft en pupille, & fous la conduite d'un Tuteur, 
c'cll-à-dire , jufqu'à 1 4 ans pour les garçons ,(?<.' i i ans 
pour les filks. Pupilli difpoJîtiO:,Jlatus ,pupillaruas. 
PUPILLE. f m. tk i. (On ne prononce qu'un /,) Filleau- 
deffous de douze , ou garçon au-delfous de quatorze 
ans ; impubère; qu. eft fous l'autorité d'un Tuteur. Im- 
puter. Parle Droit, on donpoit un Curateur aux mi- 
neurs; & on cefToit de les appeler /'//^'///e^. Une fille 
pupille ne fe peut marier fans l'autorité du Tuteur, 
Un Tuteur eft obligé en fon nom de p^yer les intérêts 
des deniers oififs de (on pupille. Les Tuteurs peuvent 
tout pour leurs pupilles , &c ne peuvent lien contre 
eux. Font. Dans les p-iys coutumiers on appelle les 
minems pupilles , jufqu'a leur majorité, 
{'■^: Dans le Droit Romain , pupille eft un fils de fa- 
mille qui n'a pas encore atteint l'âge de puberté . & 
qui à caufe de la foibleffe de fon âge , eft en tutelle : 
au lieu que par mineur on entend celui qui efl par- 
venu à fa puberté , mais qui n'eft pas encore majeur; 
deforte qu'il n'a plus de Tuteur ( la tutelle finiilanr 
par la puberté) mais feulement un curateur, peur ad- 
miniftrer fes biens. En pays coutumier, où la tutelle 
ne finit point par la puberté , on fe f ert indiftéremmcnt 
du mot de mineur pour fignifier tous ceux qui ne (ont 
pas parvenus à leur majorité, foit qu'ils ayent acquis 
1 âge de puberté ou non. 

On appelle par extenfion pupille , un élève , ou un 
jeune homme de l'éducation duquel on eft chargé, 
Alumnus. 
PUPILLE, f". f. Terme de Médecine , & de Chirurgie; 
hx pupille àt l'œil, c'eft la prunelle de l'œiL Pupilla 
oculi. Voye-{ Prunelle, 
PUPINIA. Adj. î. qui eft le nom d'une Tribu Romaine, 
Pupinia Tribus. Elle avoir pris ce nom d'une contrée 
.appelée Ager Pupinius, fituée le long du Tibrç, du 
c&té de la mer, dans le Latium. 
PUPITRE, f. m. Petit meuble de bois fgit d'un ais in- 
cliné fur un rebord qui l'arrête par le bas. Pluteus. Il 
eft propre à foutenir un livre , & commode aux étu- 
dians. U y a des pupitres portatifs qu'on peut mettre 
auprès du feu. Dans les grandes Bibhothèques il y a 
toujours quelques tablettes difpofées en pupiçre. Il y 
a des pupitres qui tournent fur des roues , iSc qui por- 
tent trente ou quarante volumes. Les Chantres dans 
quelques Eghfes, ont des pupitres devant eux pour 
mettre leurs livres. Les lutrins d'Eglife font de grands 
pupitres. 



S6 



PUR 



Ce mot vient àcpulphum, qu'on appelle aufïi am- 
ho, analogium. 

Pupitre, le diCoit chez les Grecs & les Romains, des 
lieux où l'on failoit des déclamations, ou des tepré- 
fentations théâcialcs : l'endioit du Théâtre où les Ac- 
teurs venoicnt reciter le profcenium. Suggeflus. 

PUPUE. f. i. Nicût écïk pupui. Oileau de pallage , ainfi 
nommé à caufe de Ton chant. Il eft plus connu lous le 
nom de Aupe, Foye\ ce mot. 

PURULER. V. n. C'eft le terme dont on fe fert pour ex- 
primer la manière de crier de la hupe. Ce mot vient 
dcpuputj qui étoit autrefois le nom de la hupe, & 
que quelques-uns lui donnent encore. J'ai entendu 
pupuUr la hupe. 

PUR. 

PUR , PURE. adj. Qui cft fimple ; qui n'efl: ni compofc , 

m v\ii.\in2,c. Parus jfimplex i merus ,fincerus. Il n'y 
a que Dieu qui loit un Etre pur & (ans compohtion. 
Dans la nature il n'y a rien de pur; les élémens même 
ne l'ont pas purs. De l'or pur eil celui qui ell bien af- 
finé , fcparé de tout autre métal. U\xpur homent, cft 
celui qui n'elt point mêlé dcfeigle, ou d'autre graine. 
Un an pur 3 eft celui qui eft fans nuage -, du vin pur , 
celui qu'on boit fans eau. Le change pur. Foye^ 
Change. 

^CF On le dit en ce fens pour marquer la vraie nature 
des chofes dont on parle; alors cet adjeftif précède or- 
dinairement le fubifantif. Les Anges font de purs el- 
prits. Defcartes prétend que les betes lont de pures ma- 
chines. 

®CT On le dit de même en chofes morales , en bien & en 
mal. C'eft la ;7«r6- vérité. C'eft /7«r entêtement. Pures 
bagatelles. Merx nugs: c'eft-àdire, véritables. Ce que 
vous dites la cft /'^re calomnie. Pura,puta calumma 
ejl. Pour voir la nature toute pure , il la but exami- 
ner dans les enfans & dans les animaux, pour la con- 
noitrc telle qu'elle eft en elle-même. Ce mot lert alors 
à exprimer , à allurer davantage la vérité des choies. 

$CJ" En pure perte , lîgniHe quelquefois inutilement. 
Vous travaillez en pure perte , vous l'exhortez en /"//re 
perte, il ne profitera pas de vos avis. Quelquefois il 
fignifie une perte qui n'eft compenléë par aucune uti- 
lité. Cela cft tombé en pure perte pour vous. 

Pur , fe dit en chofes fpirituelles & morales, de ce qui 
eft fans tache , fans louillure. Innoxius , infuns. Les 
Saints ont mené une vie pure , chafte , honnête , 
exempte de toute louillure. Une ame pure ôc nette. 
Les vidimcs qu'on olFre aux Dieux, doivent être pures ; 
à plus forte rai l'on le cœur, qui eft la plus noble qu'on 
leur puilfc ortrir. M. Scud. Le mérite le plus^a;- n'eft 
pas le plus d'ufage, dans unfiecle aulli corrompu que 
le nôtre. S. Real. Croyez-vous qu'une fille lorte bien 
pure des mains de quatre ravilleurs. G. G. 

Plus uneflame ejl pure, b plus elle eft durable. Corn. 

Le jour 71' ejl pas plus pur que le fond de mon cœur. 

Rac. 

tfT Pur, fe dit auftîde ladiélion, du ftyle , pour mar- 
quer la régularité de la conftruâion & la propriété 
des termes. Purus , putus. Dilcours d'un ftyle très- 
pur, PutiJJima oratio. Style pur , élocution^^^re. Lati- 
nité bien pure. 

Pur , en termes de Jurifprudence , fe dit de ce qui n'eft 
chargé d'aucune claulcr.i condition. Purus ,fimplex. 
Un billet, une obligatioiy^re & lunple. Un \i\\\pur 
8c fimple fans la claule de fix mois. Une donation 
pure & fimple, qui eft lans rétention d'ulufruit. Une 
adjudication part; & fimple, qui eft définitive & (ans 
charges. Un défaut pur & fimple , qui eft le dernier , 
& fans autre délai. Un élargilfement pur ic fimple , 
fans caution. Quittance /^art? Se fimple, fans rélerve, 
ni proteftation. Pure perte , fe dit de la laifie du fief 
du valfal faite par le Seigneur, laquelle tombe en pare 
perte fur le valtal, parce que le Seigneur failles fruits 
liens du fief, tant que dure la faific , julqu'à ce que 
Je vaflal ait fait & payé fcs devoirs & droits au Sei- 



PUR 

gneur faififfant , enforte que le Seigneur n'eft pas obligé 
de reftituer les fruits qu il a perçus pendaiit le temps 
qu'a duré la iaifie. 

Pur, en matière de fleurs eftoppoféà panaché, & mar- 
que par conléquenr une Heur L,ui n a aucune raie , loit 
blanche, loit jaune , qui y talle une diverlité riche Se 
agréable. Cn du , mes plus belles tulipes lunt devenues 
pures. Cet œillet eft pur. Simplex. Il y en a qui font 
a moitié purs & nuitié panachés. 

Pur. En termes de Blalon, on dit qu'un homme porte 
d argent pur ou de gueules /-«rj pour fignifier que fes 
Auuuiries conliftent dans \c pur cn-.Aii du champ de l'é- 
cu , (ans eu il Icit chargé d aucuns meubles ni pièces 
héraldiques. C'eft ce qu'on appelle auUi porter d'ar- 
gent ou de e,\ieu\es plein, &c. 

Purs. adj. pi. m. Dieux purs. A Pallantium , ville d'Ar- 
cadie , on voyoit (ur une h.iutcur un Temple bâti à 
desiMeux qu'on appeloit Purs, parlelquels on avoit 
coutume de jurer dans les plus importantes affaires. 
Du refte , ces peuples ignore ient quels étoicnt ces 
Dieux; ou, s'ils le lavoient, c'étoit un (ecret qu'ils ne 
réveluient point , dit Paulanias. 

On du proverbialement , il a été abfous à pur 8c à 
plein , pour dire entièrement Se définitivement. Plenè 
vel omninb abfolutus. 

PURAQUE. (. m. SottedepoKlonduBrefil, qu'on croit 
être la Torpile,à caule qu'en le touchant il caufe un 
engourdiftcment aux membres. Si quelqu un le tou- 
che avec un bâton, (un bras demeure engourdi. Ce 
poiftoneft bon à manger, & n'a nul venin. 

PLREAU. (. m. Terme de Maçon & de Couvreur. C'eft 
la partie de la tuile , ou de 1 ardoile, qui demeuic dé- 
couverte après qu'elle eft mile en œuvre. Pars exce- 
dens , patens. Une tuile ne doit avoir que trois ou 
quatre pouces de pureau ; le refte eft couvert par les 
(upérieutes & les latérales. L'ardoile qui a ij ou 16 
pouces de longueur, ne doit avoir que quatre ou cinq 
pouces de pureau. 

PURÉE, f. f. Jus ou fuc qu'on tire des pois cuits dans 
l'eau. Jus vel cremor piforum. La première purée le 
tire des pois, lorlqu'ils cuifent; la (econde , lorlqu'on 
les ccache. Se qu'on les paffe dans une paffoire. On 
fai! du potage de purée les jours maigres. Une purée 
de pois verts aux câpres. On fait aulli des purées de 
fèves, de lentilles & autres légumes. Les ivrognes ap- 
pellent qucl;;ueFois le vin, de la purée de Septembre. 
Lorlqu'ils re*u(ent du raifin , ils difcnt qu'ils aiment 
mieux la. purée que les pois. Exprclîion populaire. 

PUREMENT, adv. Sans mélange. Pure , fincerè. On 
peut raifonner tant qu'on veut lut Xesôxoies purement 
naturelles. Le motit de fa vocation étoit purement 



hur 



M. 



PuREMtNT , fignifieauftî d'une manière pure , fiir.s clau- 
le , condition , ni rélerve. Alfque ulla conditione. Il 
lui fait ce don purement Se (iinplcment. Il a réligné 
fon bénéfice purement Se fimplement , (ans réfcrve de 
penfion. 

Purement , en morale. 0Cr Vmc purement. Mener une 
vie pure & innocente. Purè,innoxiè. En parlant du ftyle, 
écrire purement, avec pureté de ftyle. il y a une grande 
difterence entre écrire purement & écrire nettement. 

PURETÉ. {. f. Qualité de ce qui eft pur , net , (ans mé- 
lange de corps étrangers. Puritas, munditia , integritas. 
Cette fontaine eft agréable par la pureté de fes eaux. 
L'or eft celui des métaux qu'on peut potter à la plus 
grande pureté ,qwï eft capable d'un plus grand afïine- 
ment. Lapuretéde l'air conrribue beaucoup à la fanté. 

^fT Pureté, en chofes morales, (ignifie innocence, droi- 
ture , intégrité. Integritas morum. La vraie parure du. 
Chrérien , c'eft la pureté des mœurs. Je connois lap«- 
reté de (es intentions, de fes fentimens. On dit aullî 
■ la pureté de la foi, de la doélrine , ér. Les hommes 
ont altéré Se corrompu la p^irer/ de la Religion. La pu- 
reté du culte que vantent les Proteftans , eft une pu- 
reté trop sèche Se trop nue. S. Evr. 

03° Quand ce mot eft employé abfolumcnt , il cft fyno- 
nyme de chafteté. C'eft ainfi qu'on dit , les péchés 
contre la pureté. La pureté da cœai: , de lame , del'ef- 
prit. Ne tien dire qui blelfe la pureté. 

(fT_ PuatTÉ 



PUR 

IP" PwREri de dïclion , exadtitudc dans le choix des 
termes & des phrafes propres ik. qui (oient de bon 
ufagc. Pureté du ftyle : exadlitudc dans rarrangcmcnt 
de (es mots & de fes phraCes. La pureté des (entimens 
& des penfées donne encore plus de grâce à l'élo- 
quence quc.la pureté des paroles. fLcs allégations 
de quelques Auteurs modernes qui ont tant déclamé 
contre le foin de la pureté, (ont toutes contre ceux 
qui ont beaucoup plus de foin des paroles que des 

. chofes , & qui pèchent par une trop grande atieda- 
tion : tk. perConnen'oCeroit avancer qu'il ne tant point 
fe foucier d'écrire purement. On a beau alléguer que 
cette occupation eft une indice de la badede de l'e(- 
prit , Cfc que ceux qui s'attachent à cet examen des 
paroles ou des fyllabes, ne font pas capables d'arriver 
jamais à la magni(îcence des peniées-, la /^ar^fe du lan- 
gage ne nous empêche point d'exprimer ce que nous 
pen(bns. Cicéron & DémolHiène n'ont ils laiflé à la 
poftérité que leurs plus mauvailes peniées, parce que 
cette fcrupuleule & ridicule pureté, à laquelle ilss'at- 
tachoient trop, les a obligés à les (upprimer •• Vaug. 
Il e(l à craindre qu'un trop grand attachement à \:l pu- 
reté ne produife enfin de la fécherelfe. S. Evr. 

Pureté , (îgnifie encore de l'exaélitude, de la netteté , 
du bon (eus & de la railon. Munditia , nitiditas , ju- 
dicium, ratio ,fenfus. Quelle /^/zrtYtf de railon dans cet 
Ouvrage ! S. Evr. 

PURETEE. f. f. Puretta. Poudre magnétique , plus pe- 
fante que le (able, noire , brillante , qu'on tr>-iUve au 
bord de la mer , dans un lieu nommé Mortuo , près 
de Gênes. Elle paroît mêlée avec le (able après quel- 
que grande tempête , ou une grande agitation des eaux. 
On la fépare facilement de l'autre fxble , quoique de 
la même couleur, par le moyen d'une lame de cou- 
teau aimantée , qu'on y applique , îk à laquelle elle 
s'attache. On s'en fert pour mettre (ur l'écriture, com- 
me de la poudre de buis, ou de la poudre dorée. Cette 
poudre au (ortir de la mer ne noucit pas les doigts ; 
mais étant écrafée & broyée entre deux lames d'acier 
bien poli , elle les noircit. Comme elle s'attache au 
fer aimanté, & qu'en prenant une pierre d'aimant , 
fous un carton léger où l'on en a mis, elle fe remue 
& trémouile comme (ait la limaille de fer , on a foup- 
çonné que c'étoit du ter en poudre ; mais comme elle ne 
fe rouille ni dans l'eau douce, ni dans l'eau talée , ni dans 
l'urine, ni dans les liqueurs acides, 3c que l'eau forte 
même qui ddfout le (er Se l'acier , ne produit aucun 
effet fur elle, & qu'elle ne pétille point en la jetant 
dans la (iamme d'une chandelle , comme fait la limaille 
de fer, on aprclumé que c'étoit de la poudre d'aimant 
même; mais qui ne s'attache point au fer comme fait 
l'aimant, à moins que ce fer ne (oit lui-même aiman- 
té , parce que les parties en (ont trop petites pour 
pouvoir avoir un tourbillon de matière cannelé & ma- 
gnétique ; ce qui produit l'effet de l'aimant. 

PUliGAflF, IVE. adj. & fubtl. (l'a eft bref) Médica- 
ment qui évacue les impuretés du corps par le bas. 
Purgat'ivus , purgans , cathartïcus. On divife les 
purgatifs par rapporta leur effet en bénins, en médio- 
cres de en violens. Les purgatifs bénins , font ceux 
qui purgent doucement ; comme les tamarins , lacaffe, 
la manne, la rhubarbe, le fené. Les médiocres, font 
ceux qui purgent un peu plus forcement ; comme le 
jalap , la (cammonée. Les violens, font ceux qui pur- 
gent avec violence; comme la coloquinte, l'ellébore , 
la lauréole. On divife aulfi les purgatifs par rapport à 
l'humeur qu'ils évacuent en phlegmagogues , chola- 
gogues , menciLigogues & hydragogues. Ces mots 
font expliqués chacun en leur lieu. Plulîeurs d'entre 
les Modernes re-ettent,& peut-être avec a(fez de fon- 
dement, cette leconde divifîon. \^e.s purgatifs nz^ii'Ccnz 
ou en picotant & irritant les fibres nerveufes de 1 c(lo- 
mac & des intellins, ou en excitant dans le (ang une 
fermentation particulière qui donne lieu à la fépara- 
tion des mauvailes humeurs. Il y a des, Auteurs qui 
prétendent avoir remarqué que certains purgatifs 
purgent par le haut èc par le bas , félon qu'on' les a 
cueillis de bas en haut , ou de hnit en bas. & ils af- 
fûtent cela des bourgeons de fureau, des feuilles de 
Tome FIL 



PUR y7 

cabaret, & des racines d'iris & d'année. Ils attribuent 
la caiife de ces ditfcrcns effets a 1 idée expred'e de 
l'imagination de celui qui cueille, laquelle pa(fe à la 
plante , par le moyen de quelques inHuences. Cette 
explication eftaulfi abfurde & ridicule , que la remar- 
que eft f-mOe 6c imaginaire. Les acides diminuent la 
force di:s purgatifs , d'où vient que les mélantholi- 
ques & les hypocondriaques qui ab()ndcnt en acidi- 
tés, (ont plus difficiles à purger. Un lavement purga- 
tif, une n{a.nne purgative. On a enfin chadc cette fiè- 
vre à force de purgatifs. 

Purgatif. Terme de dévotion myftique. Purrativus. 
OnzpçtWz vie purgative , un état dans lequel la ciainte 
de l'enfer , eft le principe dominant dans l'ame , cn- 
forte que cette crainte la purge , en tant qu'elle réprime 
les fureurs de la cupidité. La vie purgative n'cft point 
l'état des parfaits : dans cet état de vie /Ji^r^T^^^ve l'a- 
mour eft encore iiitéreffé. 

CCJ- PUliGATION. f. f. Du \Mm purgarc , purger, pu- 
rifier, nettoyer. Ainfi ce mot , dans fa propre valeur, 
(îgnifie une évacuation quelconque d'humeuis viciées: 
mais l'ufage a reftreint ce mot a l'évacuation des pre- 
mières voies. C'eft dans ce (ens qu'on dit puroation 
par en h.a.uz, perfuperiora. Voyez Vomissement ; & 
purgationpa.): en bas, per inferiora. C'eft cette dernière 
cfpèce d'évacuation qu'on appelle (pécialement/'^r^^-i^- 
tion. Purgatioalvi. Evacuationinteftinalepar le moyen 
d un médicament pugatif ou cathartique. Ce malade 
le porte bien depuis (a purgation. 

0CT Purgation , (e dit encore plus ordinairement du 
médicament purgatif, du remède qui procure cette 
évacuation. Medica potio , rtiedicamentum catharti- 
cum. C'eft ainli que l'on dit , purgation douce, vio- 
lente. Prendre une petite purgation. Les purgations 
ordinaires (e font avec la cafle , le fené , la rhubarbe, 
les tamarins. Les gens infirmes prennent fouvenc des 
purgations par précaution. Hippocratc défaprouve la 
purgation pendant la fièvre. M. Harris , Médecin de 
Londres , dans fon traité De morbis acutis infant um , 
prétend que c'eft parce que de fon temps, il n'y avoic 
que des purgatifs violens en ufage. Il die qu'elle paf- 
foit pour dangereufe dans les fièvres , même des gran- 
des perfonnes, jutqu à ce que M. Sidenham eût dé- 

■ montré combien elle eft utile. 

Purgation , fe dit audi de la préparation des médica- 
mens, qui fe fait lorfqu'on les monde & qu'on les 
purifie , pour en retrancher les fuperfiuités , comme le 
bois Se les pépins de la caffe , les noyaux des dattes , 
des tamarins, & d'autres fruits. Prdparatio, feleclio. 

On appelle par^afiowj, l'évacuation paiticulière , 
qui arrive tous les mois aux femmes. Menfes , menj^ 
trua. Le mot àt purgations pris feul en cefens, ne fe 
dit qu'au pluriel. Les purgations te nomment autre- 
ment menftrues , flux menflrual, ordinaires. Voyez 
Menstrues. 

Purgation , fe dit audi en Chymie de diverfes prépa- 
rations qu'on donne aux métaux & aux minéraux pour 
leur ôter leurs impuretés. Excretio , feparatio. La 
purgation du mercure fe fait en le padant par le cha- 
mois, d'où il fort par tes pores. La vraie purgation 
de l'or fe fait par le feu , par la coupelle , par l'inquart, 
par la cémentation. Les autres purgations des mé- 
taux fe font par des futîons réitérées. 

Purgation canonique. Terme de l'ancienne Jurifpru- 
dence Canonique. Aél:ion par laquelle un accufé f e juf- 
tifie devant le Juge EccléfiafHque , félon les formes 
prefcrires par les Canons. Foye':^ Epreuve, & les ar- 
ticles relatifs. Jugement de Dieu , &c. 

Purgation des paffions , dans la Tragédie. Expurga- 
tio animd. Ariftote dit que la Tragédie, par le moyea 
de la terreur & de la compadîon, achevé de purger en 
nous ces pallions & les autres femblables. Ariftore éta- 
blit une ccitaine purgation des paifions que perfcnne 
ju(qu'ici n'a bien entendue , & qu'il n'a pas biencom- 
prife lui-même. S. Evr. Bien (ouvent la Tragédie ré- 
veille en nous les palTions , au lieu de les éteindre : 
ainfi centpurgation des paftions pourrgit bien n'être 
qu'une belle idée.Con yi.Le^ purgations de l'ame ce font 
les dilcours de la Philolophie. Dac. Fovc^ Purger. 

"H 



5 



PUR 



3?URG/\TOîRF,. f. m. {l'a c!l bref.) Terme de l'Eglife 
Romaine. Purgauirium. Lieu où les JuHes ioutt-ienc 
-la peine due à ieurs péchés a laquelle ils n'ont pas fa- 
tisfait en ce monde. C'eft parla niifericorde de Dieu, 
par les indulgences de l'Eglife, & les prières des Fi- 
dèles , qu'on eft délivré des peines du Purgatoire. 
Dans un Règlement qu'Innocent IV^ fit çn 1154 pour 
les Grecs de Chypre, il dit, art. i^ Puilque les Grecs 
croient que les anies de ceux qui meurent (ans avoir 
accompli la pénitence qu'ils ont reçue , ou chargés de 
péchés véniels , font purgés après la mort, &C peuvent 
■être aidés par les fuftrages de l'Eglile : nous voulons 
qu'ils nomment Purgatoire comme nous , le lieu de 
cette purgation , quoiqu'ils difent que leurs Doéieurs 
ne lui ont point donné ce nom. f-'^oye-^ lut le Putga- 
toire CÉSAiRE d'Arles , Homel. VIII. 

Il y a dans i'ile d'Irlande un lieu qu'on appelle 
le Purgatoire de Saint Patrice , où par les prières de 
S. Patrice Evêque du lieu , le fit une reprélcnration 
vifible des peines que les impies foutfrent après leur 
mort, afin d'étonner les pécheurs , & de dillîper les 
erreurs des Gentils. Ce lieu eil: aulfi appelé /e trou de 
Saint Patrice, parce qu'cftedivement c'eft un grand 
trou. CAMBDEN&: Matthieu Paris dans les delcrip- 
tions de l'Hybernie ou Irlande. 

On dit d'une perfonne qui a foufïert beaucoup de 
douleurs , ou d'afflidions, qu'elle a fait Ion Purga- 
toire en ce monde. 

L'Ordre des Frères du Purgatoire. C'eft un Or- 
dre Religieux luppofé. Abraham Bruin l'a mis dans 
des figures qu'il a données en 1577 des Religieux de 
tous les Ordres , avec des Commentaires d'Adrien 
Damman. Bruina été copié par Michel Colin en ijSi, 
<!t en I j8; , par JolFe Amanus, dont les figures lont 
aulli accompagnées d'un dilcours en vers & en proie 
de François Modius , lur l'origine des Ordres. Schoo ■ 
nébek a aullî mis celui-ci avec d'autres lemblables 
dans la féconde édition de fon Hiftoire des Ordres 
Religieux avec les figures de leurs habits , laites en 
1700 //2-8°, à Amfterdam ; mais malgré tout cela les 
Frères du Purgatoire n'ont jamais cxifté. 
PURGE, f. f. Aétion de purifier & de définfeder les 
marchandifes infeétées de la pefte. Ce mot. le trouve 
dans une Diirertation de M. Astruc lur la pefte. 
PURGEOIRS. f. m. pi. On appelle purgeoirs des ballîns 
chargés de fable , par où les eaux des lources pallent , 
& où elles le purifient avant que d'entrer dans les ca- 
naux. Dans tous les aqueducs il doit y avoir dcs;^//r- 
geoirs placés à certaine dift.mce, & il l^rut avoir loin 
d'en renouveler le fable tous les ans. Dict. de Peint. 
ET d'Arch. 
%fT PURGER. V. a. Du Latin purgare , purifier , net- 
toyer , évacuer les lues viciés, impurs; débarraller le 
corps des humeurs grolîîères, impures, fup'erHues ou 
nuifibles par l'ufage des remèdes qu'on appelle purga- 
tifs. Foye^cc mot. On purge dans la plupart des ma- 
ladies. On purge avec le tené , la caffe , la manne , 
&c. Un médicament purge doucement, violemment. 
^fT En parlant de certains purgatifs que l'on croit agir 
fur quelque humeur particulière , on dit que telle dro- 
gue purge la bile , telle autre la pituite , &c. pour dire , 
que l'une chalfc la bile, l'autre la pituite. Depellcrc , 
expellere. 
§Cr On dit aulîi qu'un Médecin purge un malade, pour 
dire , qu'il lui ordonne , qu'il lui fait prendre une pur- 
gation : ik qu'un malade k purge , pour dire , qu'il en 
prend une. 
§CF Purger, terme de Chimie , fynonyme de purifier. 
Purgare i expurgare , mundare. Purger les métaux , 
c'eft en ôter toutes les impuretés , les féparer de tou- 
tes les matières étrangères. 
^CF Purger lefucre. Terme de Sucrerie. C'eft en ôter 
toutes les immondices, ou eji laire couler les l'irops qui 
ne peuvent pas fc grener. Le fucre bait fe purge dans 
' les bariques, les calTonnades Hc les lucres blancs dans 

les formes. Dict. de Comm. 
Purger, en termes de Philofophie hermétique. C'eft 
lorfque la noirceur paroit ; cela s'appelle mort & té- 
nèbres, qu'il taut purger julqu'à ce qu'on voie la 



PUR ' 

'couleur blanche-, ce qui fe fait par la continuation 
du feu , ians autre artifice. Diction. Herm. Pur'gef Jj 
Si nettoyer c'eft la même choie. 'i 

Purger, fe dit figurément en chofes morales, & li- 
gnifie, Chalfer, bannir, exclure. Depellere , fugare, 
dijftpare. Il eft bien difficile de purger la ville de 
filous, de charlatans, de gens inutiles. On ne fait 
point de tort à l'Etat de le purger d'un méchant 
homme. Pasc. Ce jeune homme aurcit bcloin d'être 
purgé A.a mauvais air & du langage de la bourgeoilie. 
Cail. Il ii.Mt purger notre langue des luperHuités qui aj 
en diminuent la yigueut. Id. L'Eglile a droit de 1 
purger les livres de tout ce qui pcurroit empoilonnec 
les âmes. Port-R. Tu fonges à mai cher lur les pas 
d'Flercule, en purgeant Is. terre de monftres, & tu 
ne longes pas à te purger des monftres qui font en 
toi. Dac. 
Purger les palFions. Emendare , in modum ponere,Jla~ 
tucre. Anftote prétend qne le but de la Tragédie eft 
de purger en nous les pallions par la terreur & la 
compaïlion. Il femble que purger en ce fens ne peut 
figni fier autre choie que chalfer, & déraciner les paC- 
lion.s de l'ame. Mais comme il eft faux que la Tra- 
gédie puille venir à bout de purger les pallions , dans 
ce (eus rigoureux, l'on prétend qu'il ne taut cnter.dre 
autre choie par-là j (mon qu'elle en réprime les ex- 
cès, îk. les réduit à une jufte modération. ^Wq purge 
la terreur & la compaiuon par elles-mêmes, en nous 
apprenant à en lupporter couragcufement tous les 
accidens; & tn purgeant la terreur & la compaïlion, 
elle purge en même temps toutes les autres pallions 
qui pourtoient nous précipiter dans la même mitère. 
Dac. 
Purger, fe dit aulTl en termes de Palais. On fait un 
décret pom purger les- hypothèques. Purgare, difcu- 
tere. Un décret ne purge point le douaire. 11 haut 
une comparution perlonelle pour purger un décret 
d'ajournement perlonnel; un écrou à la main peut 
purger un décret de prife de corps. On peur purger 
une contumace dans les cinq ans, en refondant les 
dépens. On i^ purge par ferment à l'Audience lur un 
fait dont il n'y a point de preuve. Cet accufé s'efi: 
enfin purgé de la calomnie , on l'a renvoyé abfous. 
On n purgé la mémoire de ce condamné. On ie pur- 
geait autrefois par l'attouchement du fer chaud, Se 
comme on diloit alors, par eau &: par ignife. Les 
cérémonies en font décrites dans les Notes lur les Ca^ 
pitulaircs de Charlemagne. Cujas, Hotoman , Poly- 
dore-Virgile, Sigonius, Pafquier, Se autres ont écrit 
fur cette matière. 
Purger, a aulîi fignifié autrefois, payer; & on difoit 
purger les arrérages d'une rente, purger les dépens, 
purger-la friline; pour dire, payer Si en acquicer les 
caules. Solvere , perfolvere. 
^fT PURGER, dans toutes ces acceptions lignifie ôtçr, 
éteindre. C'eft dans ce lens qu'on dit purger les hy- 
pothèques , les éteindre : on dit de même qu'un ds- 
cvct purge les hypothèques, pour dire que quand le 
décret eft (celle , les hypothèques qui n'y lont pas i 
compriles, lont de nulle valeur, mais qu'il ne purge ' 
pas le douaire. Purger la contumace , c'eft fe mettre 
en état dans les priions du juge qui a infbuit la con- 
tumace, à l'effet de juftifier qu'on eCc innocent du 
crime dont on a été acculé , & condamné par con- 
tumace , lur les charges & informations. Purger la. 
mémoire de quelqu'un ^ c'eft prouver qu'il n'étoit 
point coupable du crime dont i^l a été acculé, ou pour 
r.ailon duquel il a été condamne. Purger une dette, 
c'eft l'éteindre en l'aquittaut. 
*t7- PURGÉ, ÉE^ part. 

03-PURGERIE. f.f. Terme de raffinage de lucre. L'on 
nomme ainll à la Martinique Se dans les autres îles 
Françoiles de l'Amérique le lieu où Ion met les 
former de lucre pour les bla-ochir. 
rCT PURIFICATION, f. f. Action de purifier. On le 
dit particulièrement en Chimie, de l'opération par la- 
quelle on fépare d'un corps ce qu'il contient de 
grollier, d'impur & d'étranger. Purgatio, depurgatio. 
La. purification, deslelsj des métaux. Il y a pluheurs 



PUR 

cfpèces de Puiilîcations , la reclijîcatlon , \ijlkradûn , 
la defpumjtion, la clarification ,&c. On dit dans le 
mcme (cns \-x purification du fang. 
*j l'URIl'ICAl'IONS, dans la loi cjeMoyfe, purifi- 
cations légales. Ccrcmonics ordonnées par la Loi , par 
lesquelles où fc purifioir. 

La Loi de Moyle, au Ltvit. C. XII. ordonnoirqu'unc 
femme qui avoir mis au monde un entant (elun les 
voies ordinaires , demcutâr immonde pendant qua- 
rante jours, il c croit un enfant mâle, c'elt-à-dire, 
l'cpt jours avant la circoncifion , tk trente-trois après : 
& fi elle étoit accouchée d'une fille, deux (emaincs 
d'abord ou quatorze jours ^ & enluire ioixante Se iix 
jours; ce qui fait quatre-vingts jours. Pendant ce temps 
elle ne pouvoit toucher nen de laint , ni aller au 
temple. Elle fe tcnoit dans fa mailon fans fortir, i^c 
léparée du commerce & de la compagnie des autres. 
Quand ce tems étoit expire, la loi ordonnoit, au 
même endroit, v. 6. & (uiv. qu'elle allât le préfenter 
au temple, qu'elle offrît à la porte du tabernacle un 
agneau de l'année en holocaufte , & un pigeonneau, 
ou une tourterelle pour le péché ; qu'elle les donnât 
au Prêtre , qui les otlrirok au Seigneur , <5<: qui 
prieroit pour elle, & qu'elle feroit ainli purifiée de la 
fouillure qu'elle avoir contractée , & que l'Ecriture 
appelle péché, quoique ce ne foie qu'une fouillure 
extérieure é'-c une impureté légale. Cette cérémonie, 
qui, comme l'on voit, cojififtoit en deux facrifices, 
un holocaufte & un lacrifice d'expiation, s'appeloit 
Purification j -\r\'0 mna , Purificatio , Purgatio. La 
Sainte Vierge, que les termes de la loi, Iclon la re- 
marque des Pères, ne renfermoient point ou qu'ils 
cxcluoient même , obéit néanmoins ponéluellement 
à la loi, & fe trantporta au temple exaAement dans 
le temps marqué pour accomplir tout ce que Moyfe 
avoit prelcrir. C'eft-là la Purification de la Sainte 
Vierge. L'Églile en mémoire de cette Punfication de 
la Sainte Vierge, folennile tous les ans une fête le i. 
de Février, qui cft le 40^. jour après Noël, pour ho- 
norer ce myftère, &: les vertus que la Sainte Vierge y 
pratiqua. C'eft ce qui s'appelle Az fia, le jour de la 
Purification, ou fimplementj la Purification de la 
Sainte f'ierge, &c fouvent même la Purification tout 
court. Il partira à la Purification. Prêcher la Purifi- 
cation, c'eft prêcher ce jour là, & (ur ce myftère. Les 
Prédicateurs du Carême prêchent la Purification , 
comme ceux de l'Avent prêchent la ToulTaints. C'eft 

f>ar-là qu'ils commencent communément les uns & 
es autres. Une purification eft aulîî un tableau, ou 
une eftampe qui repréiente ce myftère. Il y a une belle 
Purification de Rubens. 

La fête de la Purification eft très-ancienne. On 
convient allez qu'elle tut inftituée au jour & à la ma- 
nière que nous la célébrons , (ous l'Empire de Juftinien 
l'an J42. & à ce que l'on croit , au (ujet d'une mor- 
talité, qui cette année-là, dépeupla prelque toute la 
ville de Conftantinople. Il y a cependant des raifons 
de croire, qu'avant ce temps-là on célébroit déjà ce 
myftère, quoiqu'on ne le fit point à la manière , ni au 
jour qu'on la plaça pour lors : mais enrre la Circon- 
cifion Se l'Epiphanie. Car 1°. dans la vie dcS.Théo- 
dole le Cénobiarque , il eft parlé d'une fête de la 
Sainte Vierge fort folennelle , en laquelle ce Saint 
nourrit miraculeufemcnt un grand nombre de perfon- 
nes qui étoient venu célébrer cette folennité à Jérufa- 
lem ; ce qui fait conjefturer, que c'étoit un myftère de 
la Sainte Vierge qui s'étoit palfé dans cette ville. Or, 
fa Purification eft prelque le fcul, ou du moins le 
plus célèbre, qui foit arrivé à Jérufalem. Cependant 
d'autres veulent que ce fut en général une fête in- 
ftituée en Ion honneur, lans qu'on y honorât aucun 
, de fes myftères en particulier.^ z". Saint Léon d.ans fa 
XVr. Lettre qu'il écrit aux Évéques de Sicile, tou- 
chant la diftinétion qu'on devoit mettre entre les 
fêtes, marque au chapitre fécond, h Purification 
parmi les autres. Cette fête , ou ce jour a encore 
d'autres noms. Les Grecs, la nomment Hypante, ou 
Hypapante, c'eft-à-dire, B.cncontre. Nous la nom- 
mons fouvciu Chandeleur. C'eft aulîî la Préfeutation 
Tome Fil. 



PUR 



T9 



de Notre Seigneur au Temple. Voyez CHAKDELtUR, 

HyPA1'ANTE,JSi: PRÉstNlATION. 

FuaiHcATioN. lerme d'Eglife. C'eft l'aâion que le 
Prêtre fait à la Mellè , lorfqu'après avoir pris le pré- 
cieux f^rng de Notre-Scigneur, immédiatement avant 
l'ablution, il prend du vm dnn le calice. La Mcfle 
étoit prcfque dite ; le Prêtre en étoit a la purifi'cacion. 
AcAD. Ek. 

Purification. Dans la vie Myftique. Les Myftiqucs 
.appellent purifications pajfivcs, les dernières épreuves 
par lefquellcs font obligés de palier ceux qui arrivenC 
à la parfaite contemplation. Purgatio pajjîva. 

CCr PURIFICATION des trompettes. Terme dhiftoire 
Romaine. Fête des Romains où l'on jctoit de l'eau 
luftrale fur les trompettes facrées , pour les purifier. 
Tubiluflrium yOU Tubilujlrum ; mot com\poîéAt tuba. 
trompette, & lufirum , facrificc, piuification , /^/rara 
purifier. 

PURIFICATOIRE, f m. Terme d'Éghfe. C'eft un petit 
linge qu'on met fur le calice pour l'cffuyer après la 
communion. Purificatorium linteum. 

tfJ" PUI^IFIER. v. a. Rendre pur ; féparer d'un corps 
tout ce qui s'y trouve mêlé d'impur , de gtodier, 
d'étranger. Purgare, mundare. On purifie les corps 
de plulîeuis manières. Foy. Purification. Le folcil 
en dillîpant les nuages ;?//;7;7e l'air. Le feu, un grand 
vtnl purifie auftî l'air. De bons alimcns , im bon régime 
purifient le fang. Purifier les métaux. 

0^ 11 eft aulli réciproque. Les eaux de la mer (t pu- 
rifient en traycrfant les terres pour aller former des 
fources. "Le, fang (s purifie par un bon régime. 

§3° Si; Purifier, dans la loi Juda'i'que, pratiquer ce qui 
étoit ordonné pour les purifications légales. Une 
femme qui étoit accouchée d'un enfant mâle, étoic 
cenfée impure pendant 40 jours; <!<<: fi c'étoit d'une 
fille , pendant So ; après lequel temps elle étoic 
obligée de fe préfenter au temple pour fe purfiicr y 
afin de pouvoir participer aux chofcs faintes. Voy^ 
Purification. 

Purifier, fe dit figurément en chofes fpirituelles. L'ame 
it purifie par la pénitence. Purgari, mundari. Mn. 
cœur conttit & purifiié , eft une agréable offrande à 
Dieu. Il eft bon que l'ame ait le temps de fe purifier 
de tout amour propre par la tribulation & la p.atience 
d'une maladie. Fléch. Le Saint travailloit à purifier 
fon cœur, & non pas à pohr fon efprit. Id. Quand 
nous ne pouvons pas empêcher l'action, nous pu- 
rifions au moins l'intention. Pasc, Les "Turcs S< les 
Indiens croyent qu'en fe lavant Se purifiant le corps, 
ï\s purifient auffi leurs âmes. ifT Purifier fon ame, 
fon cœur, fis intentions, c'eft en retrancher tout ce- 
qu'elles peuvent avoir de contraire à la vertu, à l'inno- 
cence, à la pureré. Les Orateurs Chrétiens difent 
quelquefois en s'addreiTant à Dieu , Seigneur, daigijea 
purifier mes lèvres, pour dire, faites en forte que 
mes difcours foient purs Se falutaires. Ac.Fr. 

Purifié, Ée. part. 

PURIM. f. m. Fête folennelle parmi les Juifs, qui fe cé- 
lèbre le 14. de Mars, à l'occafion de la délivrance des 
Juifs du temps d'Effher. Purim. "j-ZT Ils célèbrent 
cette fête en mémoire d'Efther, parce que cette reine 
empêcha que les Juifs qui étoient captifs àBabylone, 
ne fuffent entièrement exterminés par Aman. 

PURISME, f. m. Affedtation de pureté dans le langage. 
Purus & emendatus loqucndi modus. Ils ofent, die 
l'Abbé Desfontaines j en parlant de la Poe'fie Lyrique, 
pefer magiftralement, & foumettre à Icut purifime fec 
Se didaiftique, les nobles liardiefTes d'un langage qui 
doit être affranchi des règles communes Se de l'ulage 
vulgaire. Ohf.fiur les Ecrits Mod. T.XXF.p. r 12. 

PURISTE, f. m. Qui fe pique d'une grande pureté de 
langage, même avec affeélation. Qui pure & emen- 
date linfiuam loquitur. Purifia. Les Purifies font 
gens difïicilcs à contenter; ils ne trouvent rien à leur 
goiit. Ils ne hafardent pas le moindre mot, quand il 
devroit faire le plus bel effet du monde, rien d'heureux 
ne leur échappe, rien ne coule de fource Se avec li- 
berté. Ils parlent proprement Se ennuyeufement. La 
Bruv. 

Hij 



•^ 



6o 



PUR 



PURITAINS. Calviniftes de la Grande Bretagne qui 
font profellîon de fuivre la pure parole de Dieu. Pu- 
ritani. Ils font ennemis du gouvernement des Épif- 
copaux , condamnant la Lituigie Anglicane, comme 
étant une invention purement humau.e. 

Les Puritains furent ainli nommes, parce qu'ils 
affeifboient d'être plus purs que les autres Pioteftans, en 
îoui ce qui regardoit la Religion. C'efl: pour cela 
qu'ils refuioient de s'allemblcr dans les iïgliles qui 
avoient Servi aux Catholiques, Se qu'ils ne vouloicnt 
prariquer ni retenir aucun de leurs ufages ou céré- 
monies: de forte que dans leur commencement un de 
leurs Miniilres aima mieux perdre mille écus de pen- 
iîon qu'on lui donnoit, que de porter l'habit clérical, 
ou le bonnet carré leulement , comme faifoient les 
autres. Sandtrus, H<tr. 22 1 . Jovet. T. I. p. i 6. 

Les Puritains , au!H nommes Presbytériens, font 
grandsenncmis- des £vcqucs& de l'EgliIe Anglicane. On 
les appelle aullî conidtoriaux, dit Jovet , T. I. p. 370. 
parce qu'ils veulent que tout le rapporte aux Ré- 
glemens des conlrltoires. Ils (outiennent que la parole 
lie Dieu étant parfaire, Ik ayant été donnée par Notre- 
'leifneur Jefus-Chnft , pour unique fondement des 
choies qui regardent LiHeligion, tout ce qui s'y fait 
pour le regard du culte & de l'adminill.ation ^ eft 
illicite, s'il n'eit appuyé lut cette parole; li bien que 
c elt un mal de contraindre un Chrétien à aucun adl:e 
de Religion, dont on ne peut montrer la raifon dans 
l'Écriture ; que tout ce qui a été inllicué par les 
hommes, doit être rejeté; que c'eft une fuperllition 
qu'un homme, quel qu'il foit, inftitue aucune céié- 
monie de Religion , & la mêle avec les cérémonies & 
les myll-ies que Dieu a établis ; que la Congrégation 
des hommes-, s'allcmblant oïdinairement pour le vrai 
fervice de Ùieu, cil la véritable ;iglife vifible de Notre- 
Seigncur Jelus-Chiiil, & que l'on donne impro- 
preinent ce nom aux Synodes & aux Conciles; que 
toutes ces Eghfes ou AHémblées font égales &'de 
même autorité, qu'aucune de ces Églifes n'a été allu- 
jettie par Jeius-Chrift à aucune Ju.idiélion Ecclé- 
fi.'.ftique lupérieure; mais ell fcidement iujctte à celle 
qui s'ouvre en elle même, fans que les autres ayent 
pouvoir fur elle; que leurs âmes font lailfées au ju- 
gement immédiat de Notre Seigneur, de même que 
leurs corps au Magillrat civil, lequel feul peut or- 
donner fur la rerre des Églifes ou des Alfemblées; que 
chaqnc_ liglife établie doit avoir nécellàirement près 
d'elle les.Miniftres & fes Gouverneurs; que toute É- 
glife déllgnée a pouvoir de Notre -Seigneur Jefus- 
Chrift d'élire & d'appeler tous fes fupérieurs Ecclé- 
fiaftiques Si Spirituels, & .qu'il n'eft pas raifonnable 
qu'un (eul gouverne deuxÉglifes; que l'Églife n'a pas 
le pouvoir d'ordonner des cérémonies &: des chofes 
concernant le culte divin, autres que celles que Jefus- 
Chrill: a prefcrites dans l'Écriture. Ils veulenr qu'on 
joigne auMiniltre, quelques anciens, comme Cen- 
feursj même d'entre les Artifans, s'ils en font dignes. 
Ils enfeignent que Notre -Seigneur donne les clefs Ipi- 
rituelles de l'Eglife à ces Gouverneurs fpirituels, & non 
à d'autres, quant à l'exercice; mais non pas afin qu'ils 
le fervent de violence contte la liberté , ou qu'ils fe 
prévalent de quelques prérogatives, cela étant propre 
auPape & aux Prélats; mais qu'ils doivent ufer avec 
difcrétion de ces clefs contre ceux qui font quelque 
faute. Ils déteflent la confelîîon auriculaire, plus en- 
core que les autres Calviniftes. Ils difent que leMa- 
giftrat politique a droit de prendre garde que l'Églife 




a manquer. Foye^ le Livre \nûm\é Puritanifmus An- 
glicus, Ik Jovet, T. I. p. 570. & (uiv. 
PURMERFND, ou Pumerend. Nom d'une ville de la 
Nord Hollande. Purmerenda. Elle a entrée dans les 
États provinciaux de Hollande, & cllcefl: f ruée environ 
a une lieue d'Edam , vers le couchant, fur le Béemfter, 
qui etoit un grand marais, dont on a fait de belles 
prairies, Matï. 



PUR 

PURPURIN j TNE. adj. qui approche Je la couleur de 
pourpre. Les Botaniftes principalement, ont été obli^^és 
de le lervir de ce terme pour exprimer Lt couleur de 
plulieurs plantes ou fleurs , qui ne font point abfo- 
lument de couleur de pourpre , mais qui en ap- 
prochent. La Belladona, l'Érinaca, le Calceolus ou 
■Sabor, Hc quantité d'autres ont les Heurs purpurines ^ 
ou tirant fur le purpurin. La couleur de l'Amarante 
approche àa purpurin , & la fleur ell rouge comme de 
l'écarlate. Les feuilles de la petite ChéUdoine font 
quelquefoismarquéesd'une tache/iùr^i^n/z^. LÉMERY, 

PURPURINE, f. f. Bronze moulu qui s'applique à 
l'huile & au vernis. Dict.des arts. 175 i. 

PURULENT, ENTE. adj. Qui eft mêlé de pus. Purulen- ., 
tus. Les phthifiques jettent fouvent des crachats pu- 1 
rulens. Dans la dylïentetie les éjeif ions iom purulentes. 
Les urines font purulentes , lorl qu'il y a un ulcère aux 
reins, ou à la veflîe. Crachement ^j/ra/enr. Journ. 
DES ScAv. 1715. p. 529. 

PURUTU. f m. Sorte de légume du Pérou, fait comme 
une fève, mais plus petit. Purutus. Les Habiuns en 
font leur nourriture ordinaire. 

PUS. 

PUS. f. m. Terme de Chirurgie. ^CTMatièfe liquide, 
ép.iillé, blanchâtre, qui fe forme dans les abcès, ou 
qui f^ut des plaies & des ulcères par la fuppuraxion. 
Pus, lorfque lu fuppuration efl louable, c'eil à dire 
loifque le pus eft de bonne qualité , fans mauvaitc 
odeur: Sanies , lorfque la (uppuration eft putride. Le 
Pus ne paroîr pas erre une fccrétion nouvelle dans la 
partie, mais bien plutôt une excrétion , un écoulement 
des lues qui fortent des vaiOeaux qui font ouverts 
dans la futface de la plaie. Attirer , fair'e aboutir, faire 
foitir \ç pus. Pus, waturare, movere. 

Ce mot eft purement Latin, i?c vient du Grec, nv.s, qui 
fignifie la même chofe. 

PUSCHIAVO, PUSCHLAW. Nom d'un bourg da 
pays desGril'ons,lîtué fur les confins delà Valtcline,au 
pied du montBernina, à trois lieues deFirano, versle 
nord. Pufchlavium. Mat y. 

PUSIANO. Le lac de Pufiano , ou d'Orfilo. Pujlanus 
lacus, Euphilis. C'eft un périt lac du Duché de Milan. 
Il eft une des fources du Lambro, & il eft fitué dans 
le territoire de Côrae, à deux lieues de la ville de ce 
nom, vers le levant. Il prend l'on nom du village de 
Pufiano, qui eft fur f on bord feptentrional. Mat y. 

FUSSILLANIME. adj. m. & f Homme fans courage, qui 
n'eft capable d'aucune réfolution vigouteule; qui s'inti- 
mide ailément. Pujjilanimus/ignavus jimbelUs. \jx\ 
piijîllanimen'cii poii:t propre pour le gouvernement. IL 
ne faut donner ni trop de crainte à une ame pufilla- 
nime-, ni trop de confiance à une ame préfomptueufe. 
BouH. 

PUSILLANIMITÉ, f f. FoiblelFe d'efprit, manque de 
rage , qui fait craindre tour , & empêche toutes les 
bonnes réfolutions. Pujlllanimitas. L^puJJillanimité 
eft un vice oppolé à la magnanimité. Cassandre 
Rhét. d'Ar. V.3. pujlllanimité nt le peut pardonner J 
qu'aux femmes. On lui reprochoit de prendre trop de 1 
mefures, & on appeloit fa prévoyance pujill-animué, 1 

RÉFL. ' 

PUSIO, ouTOPIRO. Noms d'une petite ville Épifco- 
pale, fuftragante dePhilippopoli. Topiris :, Topjrium i 
Toprus. Elle eft dans laRonianie,-près des confins de j 
la Macédoine, à dix lieues deMaximianopoli. Maty. ' 

PUSSA. l.f Terme de Mythologie. Déellé des Chinois, ; 
que les Chrétiens nomment la Cybéle Chinoife. On la 
rcpréfénte aftile fur une fleur d'.iliiîer au haut de la 
tige de l'arbre. Elle eft couverte d'ornemens fort ri- ■ 
chcs, &c toute brillanre de diainans & autres pierre- ; 
ries. Elle joint les deux mains devant l'on fein. Mais ^ 
de plus elle a encore feize bras, qu'elle étend, huit 
à droire & autant à gauche. Chaque main eft armée 
de quelque chofe, comme d'une épée, d'un couteau, 
d'un livre, d'un vafe, d'une roue, t\; d'autres chofes 
myftérieufes &i fymboliques. 



PUS 

PUSSE Y. Bourg de France dans la Beauce, à quatre lieues 

ou environ d'Etampcs. 
PUSTEK. f. m. Terme de Mythologie. Nom propre d'un 
Dieu ou d'une Idole des anciens Germain'.. Pujlcrus. 
Divers Auteurs ont tait mention de cette Idole , encre 
autres Fabrice dans fon Traicé de rébus Mctallariis , 
Théodore Zwinger dans fon Theatrurn vlu humant, 
Mérian dans (x Defcription du Cercle dcr la Maute-Saxc, 
André Topp dans celle de Sonders-flaufen, Henri Er- 
ncft dans les Obfervations diverles, Gafpard Sagitr.uius 
dans les antiquités Payennes & Chrétiennes de Thu- 
ringe. Benjamin Scharft" dans fa Dekription de Ge- 
nièvre , Jacques Toll dans fes Epijiolx Inncrant. ., Pra:- 
torius dans fon Akclryomanda , & la Alagia divina- 
zrix& opemcrix , Sec. mais tout ce qu'ils nous en ap- 
prennent eft mêlé de beaucoup de fables, & raconté 
d'une manière fort différente. Jean-I-hilippe Chriftien 
Staubc a mieux débrouillé que perlonne, ce qui re- 
garde cet ancien monument de la fuperftition des Ger- 
mains Idolâtres, dans une Difl'ertation intitulée Pujîe- 
rus vécus Gennanorum Idolum, Sec. Se imprimée à 
Giellen en 171 6. /«-4°. 

Quelque variation qui fe trouve dans le nom de cette 
Idole, que les uns appellent Pu/Zer^ les aazces Pufle- 
rick, Beu/lurd , ou d'ane manière peu différente; il efl 
conftant que tous ces noms font dérivés du verbe Saxon 
pufien, qui fîgnifie/ôi#f'-; de-là vient que ces Peu- 
ples appellent pujler un fouHlet , joUis , Se défignent 
' un gros homme par le mot de piejler, à quoi revient 
celui dcbouftarin, qui le prend dans le même fens dans 
quelques provinces de France. Or, tous ces noms, 
quant a leur fii^nific.rtion naturelle , conviennent par- 
faitement al Idole dont nous parlons, comme on verra. 

De plus tous ces noms étant en ufage dans la Balfe- 
Saxe , il elt à croire que c'ell là qu'a pris naiflance le 
culte de Pujler , vu principalement qu'on a fait la pre- 
mière découverte de cette Idule dans un château de 
Thuringe nomme Rotembourg. C'eft une Idole de 
■ bronze, de deux pieds & un pouce de hauteur, &: deux 
pieds Se demi de grjfTeur ou de circonférence. Elle 
paroît s'appuyer fur le genou droit , & a la main droite 
fur la tête, qui eft percée d'un trou vers le (onimet, 
ik d'un autre à la bouche. Si l'on remplit en partie d'eau, 
en partie de différentes matières combuftibles, la cavité 
de cette Idole , & qu'aprcs avoir exa£tement bouché les 
deux trous avec des chevilles de bois.on la pofe fur le feu, 
on !a voit au bout de quelque temps cûuverted'une (ueur 
univerfelle ; après quoi li l'on augmente le feu, les deux 
boucho)rs font chaffes avec impétuofité des ouvertures 
qu'ils rempliffoient , Se il en fort des Hammes avec 
grand btuir. AinllPji/Fdrn'eft autre chofe qu'une efpèce 
d'Eolipile. A l'égard de la matière, ceff une forte de 
bronze dont 1 alliage eft inconnu jufqu'ici, quoiqu'on 
l'ait misa différences épreuves chymiques, >.N:quepour 
cela il en ait coûté a l'Idole une partie du bras gauche. 
M. Staube croit qu'elle n'eft que de fer. Se ia raifon 
eft qu'elle en a précifément le poids ■■, mais il ne nous 
apprend point par quel moyen il a pu s'en inftruire. Il 
avance après quelques aurres Écrivains , que cette Idole 
fur déterrée par les Seigneurs deTutgérode, dans une 
efpèce de Chapelle fouterraine du château de Rotem- 
bourg, abandonné aujourd'hui, Se que Gonrhier Comte 
de Schwartzbourg la tranfporta en i 546 de ce Château 
dans la Fortereffe de Sondershaufen , où elle eft depuis 
ce. temps la. 

M. Staube foutient que les Germains ont regardé cette 
figure de Pujler, comme un objet de leur culte , & que 
les Prêtres Idolâtres s'en fervoient utilement pour inti- 
mider les peu -les fupeiftitieux. Se pour tirer d'eux des 
off.andes Se des facrifices, fuivant que cette Idole pa- 
roilfoit aux alliftans plus ou moins irritée ; ce qui dé- 
pendoit uniquement des divers degrés de chaleur que 
ces tourbes favoient lui communiquer. D'abord P///?er 
marquoit par la fueur, qui lui couloit de tour le corps, 
une médiocre colère ; mais fi les Speâateurs n'en pa- 
roilfoient que médiocrement touchés, c'étoit alors qu'à 
l'ii Je du feu, que les Prêtres avoient foin de redoubler, 
1 Id lie étoit en fureur, faifoit entenlre des mugiffe- 
tnens, &c pouiloit des Hammes par la bouche &e pai 



PUT 



6ï 



le fommet de la tête ; ce qui ne manquoit pas de pro- 
duite l'eftct qu'on en attendoit, c'cft-àdirc, de mul- 
tiplier les offrandes que les Prêtres de cetteldule tour- 
nt.icnc a leur profit. 
(CT PUSTULE, f f Petite tumeur qui fe forme fur la 
peau, élevurepkinc d'une humeur acre (Se corrompue, 
qui tend a liippuration. PuJIula , pufula. On le dit 
particulièrement des boutons qui viennent des deux 
cfpcces de vérole , la grande >!<: la petite. 

PUT. 

PUTA. f. f. Terme de Mythologie. Dcefte Romaine qui 

étoit invoquée par ceux qui émondoieut les arbres. Son 

nom vient àt putare , émonder. 
PUTAGE. f. m. Vieux mot. Vie déréglée, débordée, 

mauvais commerce avec les hommes. Meretrlcïum ^ 

meretr'uia fconatio. 

Et tout ejl leur ententions. 
Et le dejir de leur corage , 
En lécherïe & en putagc, 
Aux âmes de couivre & lober. 
En Dieu trahir & enherber 
La Mefon Dieu , c'ejl feinte Eglife , 
Qu'ils avoient enleur gatdepnfe. Ovide Mf. 

d£ Borel- 
VÛK putage. Scortarij mœchari. 

Molt cjl mes cuers fox & haïs. 

Quand un home d'autre pais 

Veil avier & faire putage: 

Non fais ; Quand donc, par mariage? Id. 

^CTPUTAI. Ville de la Chine, dans la province de 
Chautung, département deCinan. 

PUTAIN, f. f. Femme publique Se proftituée. Proflibu ■ 
lum ,fcortum , meretrix j lupa. La haine qu'on a contre 
ce nom, l'a décrédité chez les honnêtes gens, & il n'eft 
plus en ufage que chez le peuple, quand il veut dire 
une injure atroce. 

Ce mot vient de puta Italien , qui veut dire petite 
fille : auflî difoit-on autrefois pute, comme on voit 
par ce quarrain fameux de Jean de Mehun dans le 
Roman de la Rofe: 

Toutes ejles ,ferei, oufujles 
Défait , ou de volonté paies. 
Et qui très-bien vous chercheroit 
Putes toutes vous trouverait. 

Il a été un temps qu'il n'étoit point odieux, non plus 
que celui de garce. Pute lignitîoit une fîlle. Se puis une 
fille débauchée. On a ditaulfi/'i/f/^5,pour dire unpetie- 
garcon , Se en Italien puto Se puta , pour dire un petit- 
gar'con ou une petite-fille , comme témoigne Scaliger, 
d'où eft venu auliî le nom de petite. D'autres font venir 
ce mot par fyncope, àt puante. 

PET DE PUTAIN. Foyei Pet. 

PUTANISME. f.m. Vie ou condition de putain, ou de 
ribaud. C^^Cemotfignifie également le délordredans 
lequel vit une femme proftituéé>& le commerce qu'ont 
les hommes avec des femmes proftituées. Meretricium. 
Il n'y a point de perfonnes plus malheureufes que celles 
qui vivent dans \cputanifme. Le put.inifne régna fort 
du temps de Louis XL Brant. Cet homme a long- 
tems donné dans \t putanifme. Acad. Fr. C'eft un 
ferme malhonnête. 

PUTASSER. Vieux V. n. Fréquenter les femmes de mau- 
vaife vie. Scortari , mœchari. Il eft vieux Se mal- 
honnête. 

PUTASSIER. f. m. Homme qui aime, qui cherche les 
putains, qui fréquente les mauvais lieux. Scortator, 
rci venerex. deditus. Sous François I. n'étoit galant qui 
ne fnt/'/^^?_/7?er indifféremment. Brant. Ct ^putajjer 
s'eft retiré de la débauche, & s'eft enfin marié; ce mot 
eft profcrit parmi les honnêtes gens. 
PUTATIF, adj. m. Qui eft réputé être ce qu'il n'eft pas. 
Hubitus, credicus. Il ne fe dit guère qu'avec le mot de 



€z 



PUT 



pcrc. S. Jofcph ctoit lepeteputanf de J.C. 

PUTBUS. Nom. d'un bourg ou petite ville de IciPomé- 
lanie. Puthufium. Ce iicu eft dans l'île deRugen, à 
deux lieues de Bergen, vers le fud. Mat y. 

PUTCHAMIN. r. m. Fiuirde la Virginie qui relFemble 
à une nèfle. Putchamïnus. Il cft d'abord vert , cnfuite 
jaunâtre , & rouge quand il eit mûr. Avant la ma- 
rurité il eft fort âpre; lorfqu'il eft mûr, il a un goût 
très-agréable. L'arbre qui porte le putchamïn croit à 
la hauteur du palmier. 

PUTE. 1. f. Vieux mot. Putain. Borel. Mereuïxjconum. 

Toutes eftes ,fere-^ , ou fuftes. 

•De jaic ou de volonté çatts. R. de la Rose. 

Autrefois, pute, vouloit dire fille. Se fe prenoit en 

bonne part ^ comme garce. Ménage. Borel. 
PUTEFI. f. m. Vieux mot. Aller en putefi, c'eft-à-direj 

en perdition, faire la fin d'une pute ou putain. Borel. 

Ire perditum. 
PUTEFOI. f. f. Vieux mot; c'ell-a-dire, mauvaiie foi. 

BoR,EL. Comme qui diroit la foi d'une femme de mau 

vaile vie. 

Tant cruel & de putefoi. Perceval. 

PUTERÎE. f. f. Vieux mot. Vie débordée, impudique, 
commerce avec des femmes perdues. Scortatio , vita 
ad libidïnes profluens. 



D'ivrognerie , de puterie. 
Scandale & bruit. Blas.des eau 

Et de fang quelle effufion 
Sont venus de l'occajlon 
De cette vile puterie. Id. 



SS. AM. 



au Royaume de 



PUTIGLIANO. Petite ville d'Italie, 

Naples, dans la terre de Barri. 
PUTINE. {.Ç. Mot burlefque, pour dire, putain. Mère 

tricula ^fcortulum. 



Taife^-vous petite putine. 
Autrefois on difoit putain j 
Au lieu de tine mettant tain. Scar. 

PUTING. Nom d'une ville de la Chine. Putinga. Elle 
e(l petite, mais fortifiée, & fituée dans la province de 
Queiciieu, aux confins de celle deSuchuen. Mat y. 

PUTIWLE, POTIVOL. Nom d'une petite ville de la 
Mofcovie. Potivolium. Elle eft fur la rivière de Sem , 
dans le Duché de Worotin. aux confins de celui de 

_^ NovogrodSéwierski, & delà baifeVolhynie. Maty. 

%fT PUTOIS, f. m. Animal Sauv.ige, à quatre pieds, poil 
noir, tirant fur le brun, ainfi nommé à caufe de fa 
puanteur. Il rellemble allez à la fouine: fa peau fert 
à faire des fourrures communes. Les Latins l'ont ap- 
pelle vefo. Se dans la balle Latinité vutotius. 

PUTOMAYO,PUTMAYE. Nom d'une rivière de l'A- 
mérique méridionale. Putumaïus fluvius. Elle a fes 
lources aux montagnes des Paftol, dans le Popayan, 
traverfe une grande partie de cette Province, & plu- 
ficurs contrées qui (ont au nord du fleuve des Ama- 
zones, & s'y décharge vis-à-vis des îles Homagues 
Maty. 

PUTRÉDINAIRE. L m. Philofophe qui foutient que 
bien des animaux fe forment de pourriture & de cor- 
ruption. Les Putrédinaires ont eu beau tenir ferme, 
leur fedc n'a pas aujourd'hui grand nombre de par- 
tifans. 

Ce? PUTRÉFACTION, f. f. Pourriture; fermentation 
par laquelle un corps le pourrit; ou l'état du corps qui 
je putréfie. C'eft le dernier degré de la fermentation ; 
l'extrême dilfolution des mixtes qui Ce corrompent. 
Putrefaclio. C'eft un mouvement inteftiii qui ét.ant 
imprimé aux mixtes par le jeu du fluide .aqueux, dé- 
range la combinaifon de leurs patries (alines , gralFes^ 
terrcftres, les divife, les atténue, les tranfpofe, &les 
combine de nouveau. Il y a plufieurs réfoli^tions , dé- 



PYA 

comportions qui fe font par la putréfa^ion. La pu- 
/re/^c?/o;2 d'une plaie. L^iputreja^ion ÀniMVi. 
La PUTRÉFACTION desSages, en termes de Lhilofophie 
■ hermétique , c'eft la mortification des deux corps, 
c'eft-à-dire, du fixe & du volatil: car les vertus ne fe 
corrompent jamais, mais feulement les matières grof- 
iieres & corporelles : après laquelle corruption les 
vertus élémentaires s'unilfent fi parfaitement enfemble 
dans cette matière, qu'elles ne participent plus ni du 
^eu m de lair, m de l'eau, ni de la terre, mais c'eft 
leulement-leur unique vertu & fubftance. Elle fe fait 
lorfqiie la couleur noire paroît , Ik que la matière fc 
pourrit, èc le corrompt; ce qui eft le principe d'une 
génération prochaine. Elle dure cinquante jours au- 
quel temps il faut faire un feu qui digère la matière 
que le Comte Trévilair appelle feu digérant : qu'un 
autre Philofophe appelle feu doux & de génération, 
dans ceneputréfaaion confilfent toutes les difficultés & 
toute la vérité de l'article: car fans hputréfaaion rien 
nefe peut faire; & elle feule fuftit, d autant que c'eft 
entrée de l'opération. Ne t'ennuye donc pas de la 
longueur du temps, & apprends que fi le corps n'eft 
putréfie, il ne porte point de fiuit. La putréfaclion eft 
nommée folution. Dict.Herm. /^e^j- encoie Solu- 
tion èc Sublimation. Laputrefaciion desChimiftcs, 
c eft la corruption d'une forme tendante à une autre 
P^^ "'l?„c^'^'eur accidentaire , au défaut de la naturelle. 

CG-PUTREFAIT.AITE. Adj. particulièrement dufage 
en médecine. Corrompu , infed. Foy. ces mots. Corps 
putrefait. Sang putréfait. 

PUTREFIER, v. acl. Corrompre, gâter, rendre puant. 
rutrefacere , vel putredinem inducere , creare, ingtne- 
rare. \Jh.nm:\ài:iié putréfie à la fin tous les corps. Il faut 
faire bien pourrir, bien putréfier le fumier. Un corps 
mort ie putréfie en peu d'heures, fe corrompt & dc- 
vient puant. Putrefcere , putrcfieri. 

1 utrÉfié, ou Putréfait. part. & adj. Corrompu,gâté. 
puant. Putrejachis, corruptus. 

PUTRIDE, adj. Terme de Médecine, relatif à la cor- 
ruption des humeurs & des chairs, accompagnée de 
pourriture. Putridus. Il y a des Cvhte-i putrides . hu- 
meurs putrides. 

PUTRIFIER. Le Diâionnaire hermétique écrit ainfi, au 
iicu de putréfier, f'oy. ce luct. 

PUTKIZ. Nom qu'on donne a la première femme du 
Roi des Moluques. Ses enfans luccèdcnt à la Cou- 

nri^'^^^.t^n préférence aux enfans des autres femmes. 

PUTTANS. f. f. pi. Peuples des Indes , qu'on appelle 
sxxih Bottantes. Leur pays eft (itué piès du Royaume 

„,e£i:f «"is. 1-^ ville capitale de ce pays cftCandahara. 

1 U 1 i E. Beau village des Pays-Bas dans le Biabant El» 
pagnol. 

PUTTEN. île des Bays-Bas dans la partie méridionale de 
la Hollande , entre les iles de Beyerland , & de 
w oorn. 

PUY. Foy. Pui. 

PYA. 

PY. f. m. Mot corrompu de celui de peu , Se qui figni- 
fie comme lui poitrine. Quand un Laique prête fer- 
ment en Juftice, on lui fait lever la main; mais quand 
c'eft un Prêtre , on lui fait mettre la main au pccl ou 
au py. Dans l'hiftoire du Procès du P. Gcrberon, qui 
eft rapporté danS l'Efipnt^ des nouveaux Difctples de 
S.Augufiin, il eft dit pluheurs fois qu'on lui fit mettre 
la main au py. R. P. en Dieu, Dom Juan Jouaud , 
Abbc de Prières, lequel après avoir mis la main au 
py , promis Se juré de dire la vérité, dit, &c. Infor- 
mation contre l'Abhcde S. Cyran. Mcffire Alexandre 
de Pormorant. . . . lequel après avoir mis la main au 
py, promis & Juré, £■<:. Ibid. Ce mot eft vieux. 

PYANEPSIES. f. f. pi. Nom d'une fcte que les Athé- 
niens célébroient autrefois dans le feptième jour du 
moisPyanepfion.Pyjw;-/^, d!,ou P\anepfia,orum. 
Les Grecs varient fur la fignificarion & l'origine de ce 
nom. Harpocration l'appelle /'œ^no/T/T?. Il ajoute que 
d'autres dilent Panopfie ,p^Tce. qu'alors tous les fruits» 
paroillcnt aux yeux, on les voit tous en maturité. Hé- 
fychiiis écrit Pyanepfies, & dit que ce root vient dç 



PYG 

■jTVtt/it» OU «"'«.it" , fève j è<r1u , /V CUIS j p.irce 
qu'en cette fête les Athéniens cuifoknt des fcves, en 
faif'oient une efpcce de bouillie , Se en mangcoicnt. 
Suidas veut que Pyancpjics , ait été dit pout Kiancp- 
Jîes , de w-m:(, /tve.J'lutaïqiie dit que ce tut Thtléc 
qui inititua cette fcte, paice qu aiiivaiit de Crète, il 
_ fit une efpèce de laciihcc a Apollon de tout ce qm 
" leftoit de provilions dans Ion vailleau, &C qu'il les 
mit toutes dans une matmite , les fit cuire toutes en- 
semble , Oi: les mangea ainjî avec fes compagnons , 
coutume qui fut depuis obfervée en mémoire de fon 
heureux retour. Le Sclioliaite d'Ariltophane , fur la 
Comédie des Cavaliers , dit que ce fut pour s'acquit- 
ter d'un voeu qu'il avoir tait à Apollon pendant une 
tempête. 

M. Boudelot écrit Puancpjîes , & croit que c'eft la 
fêtes des Puanepjles , inftituée pour célébrer l'heu- 
reux retour de Théfée après avoir tué le Minotaure , 
qui e(t rcpréfenté (ur la cornaline du cabinet du Roi , 
qu'on appelle le Cachet de Michel-Ange. 
PYANEPSION. f. m. Terme de calendrier. Nom d'un 
mois des Athéniens. Pyanepfion. Selon Gaza & le P. 
Pétau , c'étoit le cinquième mois des Athéniens; le- 
Ion un ancien marbre cité par M. Spon, félon We- 
1er & Van-Dale , Diffen. VIJI. Antiq. p. s 9 S ,^ & 
félon les manufcrits qu'ont luivis Henri Etienne à la 
fin de fon Thefaurus , 6c Selden, c'étoit le quatrième', 
& il répondoit au mois de Septembre. C'eft aulli le 
fentiment de Scaliger & de Fabricius. DodWel fuit le 
P. Pétau, dans fon ouvrage De Cyclis , p-7 g , S j j 
100 , joa^joi , joy, aulîi-bien que Frideric Spaii- 
heim, dans fa Chronologie, Jean Philippe Pfeiffer , 
dans fes Antiquités grecques , p. çjj. & fu'iv. Jean Por- 
ter dans (on Archéologie grecque, L. Il , C. 24, &c 
beaucoup d'autres. Théodore de Gaze , Harpocration 
& d'autres , difent Pœanepjîon au lieu de Pyanepjion. 
Mais Pyanepfion eftle véritable nom de ce mois. 

P Y C. 

PYCNOCOMUM. f. m. Plante, qui, fuivant Diofco- 
lide , a les feuilles femblables à celles de la roquette , 
naais .âpres , épailles , tk plus .acres. Sa tige ell carrée. 
Sa fleur rellemble à celle du balilic , & fa femence , 
à celle du matrube. Sa racine eft noire , ronde , faite 
comme une petite pomme , «n/xïoVjfio». Quelques-uns 
croyent quec'efl: une efpècedemorelleque C.Bauhin 
zppeWe Jo/iinum tuberofum efculentum ^ & d'autres la 
fuccifa olahra , du même. 

P'i'CNOSTYLE.f. m. Edifice où les colonnes font 
fl prelîces , que les entrecoUonnemcns n'ont qu'un dia- 
mètre & demi de la colonne. Pycnojlylum. Du grec 
«ri/Kvf;', ferrer i Se o-.-vAot , colonne. 

fer II eft ajln adj. Edifice pycnoflyle , c'eft-à-dire, en- 
touré de colonnes telles qu'on vient de le dire. Pyc- 
nojlylus , a j um. 

PYCNOTIQUE. adj. &f. On donne ce nom aux mé- 
dicamens qui ont lapropriétc de condenferles humeurs, 
&: de rafraîchir en les épaidlfant. Ils ne diffèrent guère 
des incrallans. Pycnockus. Ce mot eft grec-nvx/tolixK, 
denfundi vim hahens , qui a la propriété d'épaillîr, 
de condenfer-, du Verbe ■sri/xm, denfo ,fpi(fo , je con- 
dence, j'épaiiris. Le pourpier, le nénuphar font des 
vaiàïcTLmfins pycnociques , ou des pycnodques. 

PYG. 

§Cr PYGMEE , f. m. Petit homme que l'antiquité a 
feint n'avoir qu'une coudée de haut. Il y avoit, félon 
la fable , une nation de Pigmées qui habitoient dans 
la Thrace. Leurs femmes accouchoient à trois ans , & 
'étoient vieilles à huit. Les anciens les faifoient com- 
battre les grues , leurs ennemis mortels , & leur don- 
noicnt des armes proportionnées à leur 'taille. Une ar- 
mée entière de Pygme'es ayant aflîègé Hercule en- 
dormi, ce héros enveloppa les afTiiillans dans fa peau 
de lion, & les porta à Euriftée. Les Modernes ont ré- 
fufcité cette fable dans celle des habitans de Lillipuf. 
L'idée des Céans fit fans doute naître celle des Pyî;- 
mées. Ltfur nom vient du grecn»^«i.' , qui fignifie cou- 



PYR 



6t 



dce. Nous appelons aufti PyfrmeCj \in Nain, vsn fort 
petit homme. C'eft un Pygmee. 

P Y L. 

PYLA, ou SCHNEIDEMUHI. Nom d'un bourg de Po- 
logne. Pyla. Il tlt fur le Nérec , dans le Palatinat de 
Pofnanie, à douze lieues de la ville de ce nom, vers 
le nord. M.4ty. 

PYLAGORE. f. f. Terme de Mythologie. Nom que les 
Grecs donnoient à Cércs. Pylagora. La raif.in de ce 
nonr cil que les députés que chaque ville cnvoyoic 
aux Etats de toute la Grèce, appelés le confeil des 
Amphiclyons , oflioicnt auparavant un facrifice à Cc- 
rès aux portes de la ville, appelées en grec -srt/Aai, 

Pylagore. f. m. On donnoit aullî ce nom aux Am- 
phiâyons , parce que leurs airemblées fe tenoient aux 
portes du Temple de Delphes. Pylagoras. Voyez. 
Amphicthyon. 

PYLAKENS. f. m. pi. Drap d'Angleterre dont l'aunage 
eft depuis 14 jufqu'à 16 aunes. Il y en a aulli depuis 
15 julqu'à 20. 

PYLEMÉNIE. Nom qu'a eu autrefois la G.alatic, du 
nom de fes anciens Rois, qui communément s'appe- 
loient Pylemhies. 

PYLORE, f. m. Terme d'An.atomie, qui fe dit de l'o- 
rifice inférieur de l'cftomac qui eft à fon côté droit, 
ft^- C'eft l'ouverture par laquelle les alimens digérés 
palFent de l'eftomac dans le duodénum. 

Ce mot eft grec 'av\'ifii , Se fignifie portier ^ jani-' 
tor. 

§C? PVLORIQUE. adj. Terme d'Anatomie, Qui a rap- 
port, qui appartient au pylore. "Veines, artères ^pj/o- 
riques. 

PYLOS. Nom d'une petite ville du Belvédère, dans la Mo- 
lée. Pylus Eliaca. Elle eft lur la petite rivière de Pc- 
née , a deux lieues de la mer , & environ autant de 
Caftel-Torncle, vers le nord. Mat y, 

P Y O. 

PYOSE. f. f. Suppuration , ca hypopium , maladie de 
l'œil; Tv>. 71'. 

CCr PIOULQUE. f. m. Nom d'un inftrument de Chi- 
rurgie tait en forme de feringue, qu'on avoit imagine 
pour tirer de différentes cavités du corps des matières 
fanieufes qu'il eût été difficile de faire fortir autre- 
ment. 

PYR. 

PYRACANTHE. f. f. Pyracantha. Efpèce d'épine tou- 
jours verte. Sa feuille reffemble à celle du phillyrea r 
elle pouffe quantité de bouquets de fleurs blanches 
Se de graines d'un beau rouge , dont l'éclat l'a fait nom- 
mmer huiffon ardent. Voyez ce mot. Les merles en font 
fort friands. Dicx. des Arts. 175 i. 

PYRACMON. f. m. Nom d'un des compagnons de Vul- 
cain , qui travailloit dans fa boutique avec Brontès 
Se Steropès. Pyracmon. 

PYRAMIDAL, ALE, adj. Qui eft en forme de pyramide. 
$3" Pyramldalis , ou plmôî pyramidatus. Figure ny- 
ramidale. Voyez Pyramide. 

§C? En Anatomie, ce renne s'applique à quelques par- 
ties qui ont quelque reiremblance avec une pyramide. 
Les mufcles pyramidaux on triangulaires, font deux 
mufcles propres du nez. Us viennent de la future du 
front, & s'insèrent par une fin large aux ailes du nez. 
DioNis. La figure pyramidale qu'ont les deux der- 
niers mufcles du ventre,, les a fait appeler ^yraw/- 
daux. Us font couchés fur les tendons inférieurs de 
ceux qu'on appelle droits ; c'eft ce qui a fiiit croire à 
quelques Anatomiftes qu'ils en faifoienr partie ; mais 
ce font deux mufcles diftinéts & féparés des autres ; 
on ne trouve quelquefois ni l'un ni l'autre , & plus 
rarement encore le gauche que le droit. Ïd. 

|Cr On donne aullî le nom de pyramidal m mufclede 

■ la cuiffe , autrement appelé piriforme. Les corps py- 
ramidaux font deux protubérances voifines des coroj 
olivaires. 



^4 P Y R 

§3" M^mthn^ pyramidaux .pipïWes pyramidales. Voy. 
Mamelon & Papille. 

Pyramidale, i. i. i*lante qui s'élève très haut , Se qui 
porte des Heurs bleues depuis la bafe julqu'àla poin- 
te. Acad. Fr. 

PyRAiVllL)£. 1. f. Corps folideà pluficurs côtés , qui s'é- 
lève en diminuant toujours , & qui le termine en poin 
te. Euclide la définit, Corps lolide compolé de plu- 
lîeurs pl.ms, ou triangles , dont les baies font dans le 
mcme plan, 6c qui ont un lommet commun. 

IJC? Wolt la définit un lolide borné par autant de trian- 
gles aboutillans au même point, que la baie a de co- 
tés. Une f\ramide ell triangulaire , carrée , penta- 
gonale , ùc. l'uivant que la bâte eft un triangle , 
nn caré , un pentagone , &c. Celle dont la baie eft 
un cercle , s'appelle cône. Le cône eft une pyra- 
mide ronde. Une pyramide pentagone eft coiiipolee 
de cinq triangles lut une baie de cinq côtés. Quand 
elles font fort étroites par le bas , on les appelle iii- 
guilLs Sk. obclifques. Les Pyramides d'Egypte lont 
carrées dans leur bafe, & lont les plus lupcrbes mo- 
numens de l'Antiquité, f'oyei la delcription & la 
melure des ^v^^OTzôft-j d'Egypte dans le premier tome 
des Recueils de Thévenot. Celle de Ceftius qu'on voit 
à Rome , eft un monument fort finguiier pour les pein- 
tures en détrempe, mais qui paroilfent a peine aujcur- 
d'Iiui. Cette P\rumidj tut érigée pour feivir de mau- 
folée à C. Cellius , l'un des lept Officiers qu'on nom- 
moit Epulons , ou traiteurs des Dieux. 

Quelques-uns dérivent ce mot de ^^f''>tri[ieum , 
& d I »'», cûUioo; ils prétendent que leP.itriarche Jo- 
feph fit bâtir plufieurs greniers en pointe pcuryamal- 
fer le blé d Egypte , & que delà vint l'invention des 
pyramides. Mais avec plus de raifon ViUalpandus dé- 
rive ce mot aiiii.'7«<i.i-p! , ijxod in formam ignis af- 
cendant. 

La pyramide chez les Egyptiens étoit un fymbole 
de la Vie humaine, dont le commencement étoit te- 
prétenté par la baie , & la ^\\ ou la mort par la poin- 
te, & c'eft pour cela qu'ils les élevoient lut des lépul- 
cres. Hérodote, chez les Anciens, a écrit des pyrami- 
des d'Egypte -, & chez les Modernes, Bellon, Grima 
nus , Pietro délia Vallc , Monconis , Se autres Voya- 
geurs. 
pYRA'/tiDE, Ce ditautTî des bûchers des Anciens, furlcf- 
quels ils brûloient les corps morts, parce qu'ils etoient 
compofés de plulieurs pièces de bois empilées les unes 
fur les autres. Pyramis j rogus. C'eft d'où eft venu 
leur nom, & c'eft là cautc quelles lerventd'orncmens 
à des tombeaux , ou de tombeaux même , telles que 
font celles d'Egypte, dont il y a un très-grand nom- 
bre vers le Caire. 
Pyramide, fe dit aulli d'un bâtiment élevé en pointe 
pour conlerver la mémoire de quelque action écla- 
tante, par plufieurs tables tk inlcriptions qu'on met 
delTus. ^dificium pyramidale. On a élevé des pyra- 
mides en plulicurs occations en France 8< à Rome. 

Pyramide, le dit aulli de plufieurs choies qu'on entalle 
les unes tur les autres qui vont en diminuant. Ainti 
on dit, lervir en £yrj/77/i/<?j, Aes pyramides àe vian- 
des, de huits, de confitures, quand les viandes ou 
les fruits lont atrangés dans les plats , les uns lur les 
autres , en forme de pyramide. Strues efcarum acu 
minata. Rien n'eft plus miférable pour un homme cu- 
rieux, que de vouloir avoir des fruits leulcment pour 
en faire parade dans la bigarrure de certaines pyrami- 
des. La Quint. 

Pyramide, le dit aulli des ornemens de plomb qu'on 
met lur les papillons des maifons qui font faits en py- 
ramide ; & qui d'ordinaire fouriennent des girouet- 
tes , & qui lervent d'amortitrement pour terminer 
quelque décoration. Pyramis plumheaornatoria. 

Pyramide d'amortijjemem, eft une petite ;7yri2/77/c/e , 
qui termine quelque décoration d'Architeé-iure, com- 
me il y en a furies piliers boutans de l'Eglife de Saint 
Nicolas du Chaidonnet , .i Paris , israu Portail de Sainte 
Marie dcl Horto , à Rome. Il y a aulli de ces pyra- 
mides , qui lervent d'enfaitement, coaime il s'en voit 
fur le dôme des Invalides. 



PYR 



ffj" Les BoMiilftes ont adopte ce terme pour délîgnercc 
quia la forme Aune pyramide. Ainfi l'on dit qu'un 
fruit eft en pyramide , qu une plante forme une pyra- 
mide. De la aulli le nom de pyramidale donné a cer- 
taines campanules., 

f3" En hydraulique on appeWe pyramide ,nne tige com- 
mune a plulicurs coupes de marbre, de pierre ou de 
plomb, qui vont toujours en diminuant , & le ter- 
minent par un bouillon qui tombe fur la coupe du 
fommct, d'où il le répand fur les coupes inféiieures, 
en tormant des nappes à chacune , julque dans le baf- 
lin d'en bas. 

Pyramide, eft aufliun terme de Gantier, quifignifie un 
morceau de bois tourné en pommettes , gros comme 
le bras, & haut d un pied, dont on le lert pour élargir 
les gansa laide des bâtons a gans. Pyramis chirothe- 
carui. 

PYRAMISTE. f. m. Pyramijîa. Infedfe fort fujet à fe 
précipiter dans le feu, ou dans la Hamme de la chan- 
delle. C'elVune etpèce de papillon auquel les Poètes 
ont coutume de comparer les amans. 

PYRENhES. Nom de l'une des plus célèbres montagnes 
de l'Europe. Pyrendi montes, Py rendus mons. Elle 
fepaie la France de l'Elpagne , s'étendant du couchant 
feptentrional à l'orient méridional , depuis S. Sébaf- 
tien, qui eft fur la mer de Bilcaye, julqu'au port de 
Vendres , qui eft tur la Méditerranée. Elle le divile eu 
deux branches vers le Roullîllon, dont la leptenrrio- 
iiale , qui lépare ce Comté du Languedoc , porte le 
nom d Antypirenées. Au refte, les Anciens ont quel- 
quefois compris tous les Pyrénées toutes les monta- 
gnes d'Elpagne, qui en font eftedivement des rameaux. 

Et les Troupes Ba':^anées 

Allaient des hauts Pyrénées 

Tomber comme des torrens. Sarazin. 

Les Pyrénées font des montagnes qui féparent la Fran- 
ce de 1 Etpagne , & qui ont été appelées Pyrénées j 
du feu qui s'y alluma, ou plutôt qui tut allumé par 
des bergers & qui brûla les forets qui ctuvroient ces 
montagnes. Voyez Mariana , Hiji. d' hfpat'ne , l. I. 
D'autres croient plus probablement que les Pyrénées 
ont tté nommées ainli du mot Phénicien pura , qui 
fignifie /'n7«cAe ou /loij. Voyez BocharTj Colonie des 
Phéniciens. 

PYHLNC ÏDE. f. f. Nom que l'on donne à l'apophyfc 
odontoïde de la féconde vertèbre du cou ^vfi-.e./i,! , , 
de ■'■^(w , noyau y Se i'^", figure. On l'appelle odon- " 1 
to'.'de, parce qu'elle a la figure d'une dent. 

FYREH. Vieux verbe n. Suppurer, jeter du jus. Borel, 
Suppurare j pus ejicere. 

PYKhTHRE. 1". f. liante dont les feuilles font décou- 
pées à peu près comme celles du fenouil, mais plus 
petites, temblables à celles de la carotte. Pyrcthrum. 
Il s'eleve d'entre elles de petites tiges qui foutienncnt 
en leuis lommcts des fleurs' amples, larges, temblables 
à celles du bellis ou pâquerette, jaunes au milieu, en- 
vironnées de petites feuilles étroites , oblongues, blan- J 
châtres par-dcllus, tirant fur le purpurin par-dellous. \ 
Ses lemences font menues , oblongues. Sa racine ell 
longue , droite , groffe prefque comme le doigt, d un 
goiit fort acre Se brûlant. En \-2Xm pyrethrum fiore 
bellidis. C. Bauh. La racine de pyréthre étant mâ- 
chée fait beaucoup cracher; elle foulage le mal des 
dents. 

Ce mot vient du Grec, '^^^^feu, à caufe que la 
racine de cette plante eft d'un goût brûlant. 

PYRÉTIQUE. adj. Terme de Médecine. On appelle 
médicamens pyrétiques ceux qui font bons contre la 
fièvre. Du Grec mx/fiVs ^ fièvre, ■'if , feu. 

PYRÉTOLOGIE. f. f. Traité des Fièvres. Pyretologîa. 
Ce mot eft compofé de -srfftlot , fièvre, 6c de \<!y" , 
difcours. 

PYRIFORME. Foye^ Piriforme. 

PYRIPHLÉGÉTON. f m. Fleuve de la Thefprotie , 
qui fe jette avec le Cocyte dans le marais Acherus , Se 
dont le nom fignifie brûlant, ce qui en a fait faire un 
Heuve d'enfer. 

^ pyrjQUE. 



PYR 

1(3" PYRIQUE. adj. Qui concerne le feU. SpeAaclc 
pyriquc. Terme nouveau par lequel on déllgnc un 
nouveau genre de l'pedaclc de feux d'artifice qu'on 
fait jouer dans un lieu enferme & couvert. On n'y 
emploie que desattiriccs fixes ou mobiles autour d'un 
centre, & c'clt en variant &: en combinant ces deux 
fortes d'artifices , qu'on cil venu à bout de former un 
fpeCtacle pyriquc régulier. 

PYRITE, f. f. Terme de Minéralogie. C'ell: une efpècc 
de pierre à feu, ou un fikx très-dur. Pyrites. 

Pyrite. Terme de Chymie. C'eft la marcalfite du cui- 
vre, la matrice où fe forme le métal parmi la pierre. 
Pyrites. 

Ce mot vient du Greci^p. qui fignifie/e^j parce 
que cette matière conçoit le feu plus ailément que toute 
autre pierre, >?>: on en fait la pierre des couets d'arque- 
bufe. Elle eft dorée ou argentée en fes pailles.^ 

Pyrite, fe dit plus généralement de la marcalfite de 
tous les métaux , dont le nom eft diftérent félon le 
métal dont elle participe, comme Chry fîtes , celle de 
J'or; Ariiyrites ,cQ.\\iàz. l'argent; Sidefites, celle du 
fer; Chaleytes , celle du cuivre ; Molibdites , celle 
du plomb, &c. 

Les Pyrites, félon M. Morton dans fon Hiftoire 
naturelle du Northampton, font de vrais minéraux. 
On en trouve de différentes couleurs, lelon la diffé- 
rence des métaux dont elles participent. Il y en a qui 
reiremblent au iet,pyrit£Jerrei. D'autres font blanches, 
pyrit£ argentei. D'autres jaunes , qui rellemblent à 
J'or ou au cuivre, pyrita aurei. 

Voyez les Epliémérides des Curieux de la Nature, 
Dec. IL An. 11 , p. ûp. où il eft parlé des pyrites de 
l'île de Sumatra, Dec. I. An. il. p. i ^Q. ^\x\\ pyrite 
au-dedans duquel il y avoir de l'argent. Dec. II. An. 
I. p. j6. où l'on dit que les habitans de l'île de Javan 
portent Ats pyrites à cinq faces , cnchallées dans leurs 
bagues. Et Dec. II. An. 1 1 1. où l'on parle des plus 
raies efpèces de pyrites. 

^fT Ce qu'on appelle Pyrite eft un minéral qui contient 
eirentielleinent du fer & du toufre, & accidentellement 
du cuivre & de l'arlénic. Lapyrite d'un jaune d'or eft un 
compofé de fer, de loufre, & dyne portion de cui- 
vre plus ou moins conlidérable. C'eft la mine de cui- 
vre la plus commune. On l'appelle pyrite cuivreufe , 
ou mine jaune de cuivre. La pyrite d'un j'aune pâle 
contient du fer & du loufre, peu ou point de cuivre. 
C'eft ce qu'on appelle /j/r/re minérale. La.pyrite blaiv 
che , outre le fer Se le loufre , contient de l'arfénic , & 
on l'appelle arfénicale. Il y a encore des /'^nV^j qu'on 
nomme vitrioliques , parce qu'elles donnent du vi- 
triol. 

|CT Pour ce qui concerne les prérendues pyrites d'or 
ou aurifères 3 c'eft une rêverie des Alcnimiftes. S'il 
s'eft quelquefois trouvé de l'or ou de l'argent dans 
Ats pyrites , c'étoit accidentellement. Toute /ryrire ne 
contient cilentiellement que du fer & du foufrc , & 
accidentellement du cuivre !k. de l'arfénic. f^oye\ la 
Pyrotologie de m. Henckel. 

PYRMONT. Nom d'un bourg célèbre par fes eaux mi- 
nérales. Pyrmontium. Il eft dans le Cercle de Wcft- 
phalie , à fix lieues de Lemgow , vers le levant. Pyr- 
mont eft chef du Comté qui porte fon nom , fitue au 
levant de celui de Lemgow. Il appartient aux Com- 
tes de Waldeck , à la réferve de la petite ville de 
Lugde, dont les Evcques de Paderborn font les maî- 
tres. Maty. 

PYRMONT. Bourg, montagne & château d'Allemagne, 
dans la Weftphalie , à deux lieues d'Hamelem, ville 
du Duché de Brunfwick. 

PYRN. Ville d'Allemagne, au Marquifat deMifuic, dans 
le cercle de ce nom. 

PYROBOLISTE. f. m. Eft un nom que prennent les In- 
génieurs à feu , qui enfcignent la compofition de tous 
les feux d'attifîce, tant pour la guerre que pour le di- 
vertiffement. Ce mot vient de»vp , ignls, ècàt /SaAAa, 
jacio. Voyez Casimir Polonois. 

«cr- PYROBOLOGIE. f. f. Formé des mots-.^p,^/,, & 
f,tihKiu , lancer. Quelques-uns nomment ainfi la partie 
de la Pyrotechnie qui traite des feux d'artifice. 
Tome III. 



PYR 



<?? 



PYROCARE. f. f. On donna ce nom vers l'an 1247 , à 
certaines femmes veuves, qui le confacroient à Dieu, 
en Italie, à peu-près comme les liéguines en I taiice ÔC 
dans les Pays-Bas. Voyez te Pénitencier d'un Docteur 
de Boulogne , imprimé par Jacques Petit , L. XI, c. 1 3. 
Pj rocara. 

PYROLE. f. f. Plante qui poufle de fa racine cinq ou lix 
ttiiillcs prefque rondes , iemblables a celles du poi- 
rier, épailles, d'un vert brun, liflcs,C()U(-hces par terre. 
Il s'élève d'entr'elles une tige a la hauteur d'environ ua 
pied, anguleule , garnie de quelques petites Icuilles 
pointues, ik. portant en fa fommité de belles Hcuis à 
cinq feuilles dilpofées en rôle, de couleur blaïahe. 
Le calice poufte un piftil terminé par une trompe km- 
blable en quelque façon a celle d un éléphant- Ce piftil 
devient enfuite un fruit ou bouton a cinq pans arron- 
dis, divife en cinq loges remplies de femences rrès- 
mcnues. Ses racines font déliées , fibreules. En Latin 
pyrola rotundi-jolia major. C. Bauh. Cette plante a 
un goût amer & fort aftnngent; elle eft propre a con- 
folider les plaies : il y a quelques autres efj.èces de 
pyrole. 

Ce mot, félon quelques-uns, vient du \mn pirus , 
poirier. On a dunné ce nom à ces fortes de plantes, 
parce que l'efpèce dont on fe fert en Médecine a les 
feuilles à peu-près feniblables à celles du poirier. 

PYROLOGIE. f. f. Quelques-uns fe fervent de ce mot 
au lieu de Pyrotechnie. Cours de Mathematiq. de 
W'olf 

PYKOMANCE, ou PYROMANCIE. f. f. Divination 
qui fe fait par le feu. Pyromancia , Ignifpicium. Les 
Anciens croyoient pouvoir ccnnoître l'avenir pai 1 inf- 
ped:ion de la flamme. Ils confidéroient de quel ccté 
elle tournoit. Quelquefois ils ajoutoient quel ue ch. fe 
au feu, par exemple , ils y jetoient une vetîie pkine 
d'urine & liée par le cou avec de la lainr , &: ils re- 
marquoient de quel côté elle crevoit, ik en tncient 
un augure. Quelquefois ils y mettoient de la poix , & 
fi elle prenoit feu tout d'un coup, c'étoit un bon au- 
gure. Voye\ Rofin dans fes Antiquités Romaines , 
Z. III, c. II. 

PYROMÈTRE, f. m. C'eft un terme nouveau que M. 
Muftenbroëk a inventé, & dont il a nommé un inftru- 
ment auiîî de fon invention. Le pyromètre fert à me- 
furer les divers degrés du feu & de fes effets. Ce mot 
vient de ■'^f , feu , 8c i^irfiw , je mefurc. 

PYRONIE. (. f. Terme de Mythologie. Diane avoit un 
temple en Arcadie , fur le mont Crathis , où les Ar- 
giens venoient en grande cérémonie chercher du feu 
pour les fêtes de Lerna, d'où elle a pris fon nom. Py- 
ronia. De "^Pj feu. 

PYRONOMIE. f. f. Science qui enfeigne à régler le feu 
dans les opérations de Chimie. Pyronomia. De TtTf , 
feu , SL-i'i^'i , loi, règle, 

■4r-r' PYROPHORE. l. m. On donne ce nom à plufieurs 
compofés de l'Art , qui ont la commodité de s'embra- 
fer quand ils font expofés à un air chargé de vapeuitl 
diftingués en cela des phofphorcs qui brûlent fans avoir 
bcl'oin de l'humidité de l'air. Il y a plufieurs ^yrop/ici- 
res afFez connus. Telle eft la poudre faite avec 1 alun 
& de la farine. 

^o PYROTECHNIE. Subf. f. forme des mots grecs, ^y, 
feu, & Tt'x'" , art. L'art du feu , l'an de fe fervir du feu. 
On a donné ce nom à la Chimie en général, & à iart 
de faire des feux d'artifice en particulier. 

Il y a une pyrotechnie militaire, qui enfeigne l'art 
de faire toutes fortes d armes à feu, comme canons, 
bombes , grenades , carcaftes , mines , ballots , &c. qui 
comprend même les feux d'artifice , comme fufées , 
pétards , pots & lances à feu , comme eft la pyrotech~ 
nie de Hanzeict Lorrain, de Malthus Anglois, deCa- 
lîmirSimieirowiez Polonois, & de M. Frézier. 

i^p- Il y a aulîî un Ouvrage de M. de Saint Reiny fur la 
Pyrotechnie militaire, inùwAc Mémoires d'Artillerie. 

*3- Quelques-uns donnent à la Pyrotechnie militaire le 
nom A' Artillerie , terme qui paroît confacré aux armes 
dertinées aux ufages de la guerre. Celui de Pyroholo- 
gie lui convicndroit mieux , la fcience des feux mii- 
files. 



66 P Y R 

Il y a vint tiVitiz pyrotechnie chimique, qui enfcigne 
l'art de ménager le feu pour les cuiiïons , calcinations, 
dilblLitions, & autrcj opérations chniiiqnes, comme 
eft la pyrotechnie de DavilFon. Il y en a une troilième 
qui elt pour la fonte , affinement i!t préparation des 
métaux , comme cft celle dont a écrit Vanochio Bi- 
ringuccio Italien. 

PYROTECHNIQUE, adj. Qui appartient à la Pyro- 
technie. Pyrotechnicus. Les Ingénieurs a feu appellent 
graine pyrotechnique , tous les cailloux , balles de 
plomb, ou carreaux de fer qu'on envoie lur les enne- 
mis avec des pièces de canon fort courtes , & qui ont 
le calibre fort grand , cemme font les pieriiers des An- 
ciens , nos mortiers modernes, nos demi courtaux , 
«S'c. Le ma.mç\At pyrotechnique , la tctc de mort py- 
rotechnique , &c. La manière de les faire eit enleignée 
par Cadmir dans Ion livre de l'Artillerie. 

PYROTIQUE, adj. Terme de Médecine. Caufticus y 
adurcns.. Voyez Caustique, Escarotique. 

PYRRA, ou P'YRRHA. f. f. Nom de femme. Pyrrha. 
Elle étoit fille d'Epimétliée , & femme de Deucalion. 
Elle échappa leule au déluge avec ion mari , & ils re- 
peuplèrent enfemblek terre, en jetant derrière eux, 
lelon la parole de l'oracle , les os de la grand'mete , 
c'efl: à-diie , des pierres, qui font les os de la terre. 

Pyrrha vit épouvantée 
Tout le troupeau de Prothée 
Gagnant la cime des monts , 
Le Daim fuyant à la nage. 
Et fous un même feuillage 
Les oifeaux & les poijffons. 

Selon les Alchimiftes , ou Maîtres du grand Art , par 
cette fable les anciens Philolophcs ont enleigné le 
moyen d'engendrer mâles Se femelles parla projedrion 
de l'élixir blanc & rouge. Cet ouvrage ayant été aug- 
menté par la multiplication réitérée , eft leur Gorgone, 
laquelle convertit les métaux imparfaits en vraies pier- 
res. Hermès dit que cela fe fait par adaprion : enfin 
c'efl en ce temps que les métaux imparfaits partici- 
pent à la gloire de leur Roi. Dictionnaire Hermé- 
tique. Grand galimathias ! 

PYRRHIQUE. f. f. Sorte de danfe des Grecs : on tient 
qu'elle fut inventée par Pyrrhus fils d'Achille. On 
danloit en frappant fur des boucliers avec les armes , 
au fbn des inffrumens. Pyrrhicha. 

Pyrrhique. f. m. Terme de Poëfîe grecque & Latine ; 
Pyrrhicuspes. Mcfure qui entre dans la compohtion 
des vers. C'eft on pied de deux lyllabes brèves, com- 
me mea. 

Pyrrhyql'e. f. f. Pyrrhycha j étoit encore un exercice 
& une elpèce de combat de cavaliers , combat lîmu- 
lé , & non véritable , 'qui fe faifoit pour exercer la ca- 
valerie. Les Grecs l'appeloient encore Troie. Aulu- 
Gelle l'appelle û'<;cz/r/i/jj&: c'eft apparemment cet exer- 

p cice qui eft marqué fur les médailles pat deux cava- 
liers de front , courant la lance baft'e , avec le mot 
Decursio dans l'exergue. Quelquefois c'eft un cava- 
lier & un homme de pied. Foye^ les médailles de Né- 
ron en grand bronze. On nommoit cet exercice la 
pyrrhique , parce qu'il avoir été inventé par Pyrrhi- 
chus , ou Pyrrhus de Cydon , ou Cydonie, aujour- 
d'hui la Canée , qui avoir le premier inftruit les Cre- 
tois à aller par mef'ure & en cadence, quand ils mar- 
choient en bataille , & à y garder la mefurc du pied 
pyrrhique. D'autres dil'ent que ce nom vient de Pyr- 
rhus fils d'Achille, qui inftitua cet exercice aux obsè- 
ques de fon père. Mais Aiiftote dit que ce fut Achille 
lui même qui l'inventa. 

PYRRHONIEN, ENNE. Adj. fouvenr employé fubf- 
tantiveracnt. Nom de fcète, dont Pyrrhon a été le 
chef. Pyrrhonianusj Pyrrhonius. Ce Philofophc fai- 
foit profellion de douter de tout , prétendant que les 
hommes ne jugeoient detoutes choies que par les ap- 
parences du vrai Se du faux. C'eft pourquoi il le te- 
noit dans une fufpenlîon perpétuelle d'efprit , fans fe 
déterminer, pour ne point juger témérairement. Or 
Von a étendu ce nom à tous ceux qui paioiirent dans 



PYT 

la même fituation d'efprit, & qui mettent tout enquef- 
tion. Philofophe Pyrrhonien. Ces gens-la , fous pré- 
texte qu'il y a quantité de chofes obicuic- & incer- 
taines, ëc pour fe taire un honneur de ne fe lailîcr 
pas aller à la crédulité populaire , mettent leur gloire 
à foutenir qu'il n'y a rien de certain. Ce mauvais prin- 
cipe de pyrrhonilme les préoccupe d'autant plus, qu'il 
cft oppolé à la témérité de ceux qui décident de tout. 
La moindre lueur 6c la moindre difticulté fufhfent 
pour les faire douter des vérités les plus confiantes ; 
&c ce n'cft bien fouvent que pour fe décharger de la 
peine de les examiner, & de les envifager avec le foin 
néceiïaire , pour en appercevoir l'évidence. Les Aca- 
démiciens étoient différens des Pyrhoniens , en ce 
qu'ils avouoient qu'il y a des chofes plus vraifembla- 
bles les unes que les autres; ce que les Pyrrhoniens ne 
veulent pas reconnoitrc. Cependant le pyrrhonifmc 
que-Momagnea voulu renouveler , n'eftpas une fedc 
de gens peiiu.adés de ce qu'ils penfliu : c'eft une fede 
de menteurs. Leur cœur ne peut s'accorder avec leur 
langue. Ils ne lauroient rejeter de bonne foi ni détruire 
l'allurance raifoniiable que l'on a de certaines chofes , 
dont ils ne peuvent douter férieufemenr. Log. Les 
Pyrrhoniens en affirmant qu'il n'y a rien de certain , 
étoient les plus décilîfs de tous les Philofophes : car 
pour cela il falloir avoir bien examiné toutes chofes 
afin de déterminer précifément que tout eft incertain. 
Le Cl. 

§C? Ce nom s'applique quelquefois à celui qui affede 
de douter des choies que les autres regardent comme 
les plus certaines. C'eft un Pyrrhonien. 

PYRRHONISME. f. m. Dodiine & ientiment du Phi- 
lofophe Pyrihcn. Habitude ou aftcdation de douter , 
de tout. Pyrrhonifme hiftorique. Pyrrhonifme fur la | 
Religion. Je ne puis diilîmuler que la doétrine répan- I 
due dans les écrits de ce lavant homme ( La Moihele 
Vayer) paroit tendre au Pyrrhonifme. L'Abeé d'Oli- i 
VET. Si le pyrrhonifme étend les droits jufque fur la I 
Morale , il ne fauroit être que l'auteur de tous les 
maux , & le deftiudtcur de toute fociété. Idem. Pyr- 
rhon ne fut pas le premier auteur du f epticilme , mais 
parce qu'il rraita cette dodrine plus exadement que 
ceux qui l'avoient précédé , on lui en fît honneur, & 
on donna fon nom à la fede qu'on nomma Pyrrho- 
nienne. Je veux croire que ces Savans n'ont pas eu def- 
fein d'établir un funefte/iyrrÀo«///77<". Desfontaines. 
L'Hexaméron ruftique & les Entretiens d'Horatius Tu- 
bero , font écrits avec une liberté plus que cynique ; 
mais où \e pyrrhonifme fe produit avec une franchifc 
tout-à-fait extraordinaire. Rousseau. Je fais douter , 
& faire valoir les droits que le pyrrhonifme exerce fur 
les vérités les mieux étabhes. 'i our. 

PYRRHUS, f. m. Nom d'homme. Pyrrhusétoït dis d'A- 
chille &c de Déidamie. Il lut tiié par Orefte. Il y a eu 
un Pyrrhus toi d'Epire, defcendu de celui-là. a 

P Y S. ■ J 

PYSEK. Ville royale du royaume de Bohême dans le 
Cercle de Prachin , fur les confins de l'Evêché de Paf- 
faw ,'à. 20 lieues de Prague. 

PYT. I 

PYTAHAIA. f. m. Arbre des Indes qui croît parmi les 
rochers, porte un fruit rouge gros comme une orange, 
& a le même goût que la grenade. 

PYTHAGORE. Nom d'homme. Ses préceptes font une 
efpèce bilarre de peintures hiéroglyphiques , réduites 
en proportions exprimées à l'aide des lettres , & ont 
fans doute été par cette raifon appelées Jymho/es. Ef- 
f ai fur les Hiéroglyphes , p. 224. Foyei l'art, fui- 
vant. 

PYTHAGORICIEN , ENNE. f. &:adj. Nom d'une fede 
d'anciens Philofophes qui f uivoient la dodrine de Py- 
thagore de Samos , fils d'un Lapidaire qui mourut âgé 
de 90 ans , l'année 4' de la 70' Olympiade , c'eft-à- 
dire, environ cinq cens ans avant JÉsus Christ. Py- 
thagoricus^Pychagomus. On àppeloitiulVi celle iec\e. 



PYT 

hfecle hiiUque , parce que Pithagore , après avoir 
voyagé en Egypte , dans la Chaldee, 6c julqu'aux In- 
des pour s'inrtiuire, & étant revenu dans fa patrie , 
mais ne pouvant lourtiir la tyrannie de Polycrate , ou 
de Solil'on, lé retira daus la partie orientale de l'Italie , 
qu'on appelait la Grande Grèce, ccit-la qu'il enfci- 
gtia; & quil t'ornia l'a Icctc. Habile en tout, il t'icel- 
loïc principalement dans les Mathématiques. 11 donna 
de n^juvelles règles d'Aiithmétiquc, & perfcdionna la 
Géométrie. Il le f'ondoit beaucoup lurlalcience myf- 
téiieufe des nombres. Il enléigna le premier la Mé- 
templycolé. Il le lit (î fort cilimer par Cx Icicnce , (on 
habileté tk. fa vertu , qu'on le regarda comme un 
Dieu. Les Métapontins lui érigèrent un temple & des 
autels. Cétoit le héros, ou plutôt l'idole de Porphyre 
& de Jamblique ; ils l'oppofent à Jésus - Christ. 
Ils en font un Dieu defcendu tout exprès du ciel pour 
fauvcrles mortels, l'oye^ le P. Baltus Jéluite, Dé- 
fenfe des Pères j Z. III j p. 270 ,& fuiv. Apollonius 
de Tyane éroit Pythagoruien. 

Ç^-PYTHAGORICISME. f. m. Doârine dePythago- 
re, des Pythagoriciens. Plan 1 heologique du Pyiha- 
goricifme. C'ell le titre d'un ouvrage du P. de Mour- 
gues. 

PYTHIA. Lieu de Bithynie , où il y avoir des fources 
d'eau chaude. 

|Cr PYTHIADE. f. f. Terme d'ancienne Chronologie. 
Cétoit un efpace de cinq ans chez les Grecs, qui 
leur fervoit à coimpter leurs années. Cette (upputa- 
tion vcnoit des jeux pythiqucs qu'on célébroit tous les 
cinq ans. Depuis que les jeux Pythiqucs furent réta- 
bhs, les Grecs comptoicnt quelquefois ço.t pythiades , 
comme ils comptoient par olympiades. Tourreil. 

PYTHIE, ou PYTHIENNE. f. f. Prctreae d'Apollon, 
ainfi nommée , parce qu'on appeloit Apollon , Py- 
thien, Pythia. La Pychie étoit vierge ; on croyoit 
qu'Apollon l'infpiroit , & qu'elle rendoit des oracles. 
La Pythie s'alfeloit fur la cortine , c'eft-à-dirc , lur le 
couvercle d'un vailleau de cuivre qui étoit fur le tré- 
pied , & de - là elle rendoit fes oracles , ou plu- 
tôt elle cxpliquoit ceux d' Apollon, c'eft-à-dire, qu'elle 
récitoit quelques vers ambigus & obfcurs , qu'on pre- 
noicpour desoracles. Toutes les Pyr^iej n'avaient pas 
le mêrne talent de la poche , ou afTez de mémoire pour 
retenir leur leçon. On gageoit donc des Poètes qui 
ctoient les Interprètes de Jupiter , <?<: dont Strabon &c 
Plutarque parlent. 

PYTHIEN,ENNE.' adj. Pytkius, a. Cétoit, i". une 
épithète & unfurnom d'Apollon qu'on appeloit ainfî, 
parce qu'il avoit tué le ferpent Python, ou, lelon d'au- 
tres , "'"•' -r? T-vâTiSa/ , parce que le loleil eft la caufe 
de la pourriture , &; lelon d'autres encore, «"o t~ 
»i/vSa;«,«ai, parce que l'on alloit écouter &confulter fes 
oracles. Il y en a qui difent que ce nom vient de ce 
que la ville de Delphes s'éroit appelée Pycho. Py- 
thius. 2° Il fe difoir de certains jeux appelés jeux Py- 
thiens , en latin Pythia , inftitués en l'honneur d'À- 



PYX <^7 

polloii .1' en mémoire de fa vidoirc fur le ferpent Py- 
thon. Ils le célcbroient en Macédoine , dans un lieu 
nomme Pythium. Ils étoicnt les plus célèbres après 
les jeux 01ympi(iucs , Us croient même plus anciens ; 
car on prétend qu'ils furent inllitués immédiarcmenc 
après la défaite du ferpent Python. Ils le célcbroient 
de deux en deux ans , vers le mois Hlaphébolion , qui 
répondoit au mois de Février. (n\ cèlcbroit aufli des 
jeux Pythiensi Delphes, & c'étoient les plus fameux. 
Il y avoit le chant Pythien.SAca.Axs fut le premier qui 
joua à Delphes le cFiant Pythien avec tant de grâces, 
qu il réconcilia les joueurs de Hûte avec Apollon Se 
qu'on lui érigea un monument dans l'endroit où fe cc- 
lébroienc les jeux Olympiques. Paufanias , Baude- 

LOT. 

PYTHIQUES. adj. m. & f. Les /eux pythiqucs étoienc 
des jeux qui fecélébroient en Grèce. Ilsavoient été inf- 
titués en l'honneur d'Apollon , pour avoir tué le fer- 
pent Python à coups de Héche. Ludi pythlci. 

PYTHON. 1. m. Nom d'un ferpent fabuleux , qu'Apol- 
lon tua à coups de Hèches. Python. Ce. nom vient de 
wi/jrsâa/, qui Çigni'âc pourriture , &: fut donné à ce fer- 
pent , parce qu'il fut formé de la pourriture & des 
eaux croupies du déluge. Homère dit que ce fut parce 
qu'.-iprès avoir été tué , le foleil le pourrit. Il étoit 
d'une prodigicufe grandeur. Junon s'en fervit pour 
tourmenter Latone , & l'empêcher de mettre au monde 
Apollon & Diane qu'elle avoit eus de Jupiter. C'ell 
pour cela , & pour venger la mère, qu'Apollon dans 
la fuite l'attaqua & le tua. /^oye:?- l'hymne d'Homère 
fur Apollon. Ovide , Metam.'Liv. I , v. 441. Stra- 
bon dit que c'étoit un Icélérat nommé Draco ; dont 
Apollon délivra le monde. Dickinlon , dans une Dif- 
fertation intitulée Delphi Phenici^ocutes , Se impri- 
mée par Crénius dans fon Fafciculus primus , prétend 
que le Python des Grecs, eft le Typhon des Phéni- 
ciens, & que le Typhon des Phéniciens, eft l'Og de 
l'Ecriture , Roi des Amorihéens orientaux ; que l'A- 
pollon vainqueur de Python ^ ou Typhon , eft Jofué. 
f^oye'^ aufll le mot fuivant. 

PYTHONISSE. i; f. Femme foicièré Se devinerelTe qui 
prédit les choies par la fuggeftion de l'efprit mahn. 
Pythoiiica mulier. La Pythoiiiffe de l'Ecriture fit pa- 
roitre l'ombre de Samuel à Saiil , qui lui prédit la 
mort. Les Grecs appeloient Pythons , les efprits qui 
aidoient à prédire les chofes futures , Se même les per- 
fonnes qui en étoient poflcdées. 

PYX, 

PYXACANTHA. f. m. ArbrilTeau épineux qu'on ap- 
pelle autrement lycium. 

Ce mot vient de deux mots grecs ""ç" , buis , Se 
âxatix, épine y comme qui diroit huis e'pineux,k 
caule que les feuilles de cet arbriffeau reftemblent à 
celles du buis, f^oyei Lycium. 




Tome Fil. 



ly 



QUA 



QUA 



i 



<»e2ç^^^i^je==j!Kj5iei5=fis^jS;j5e^jes^~^ 



:^^ 3 | WtinT- ^: 



3?^™^^^"=^*' 



Q 




Q. 



f. m. Lettre confonne , qui eft la 
dix - feptième de iiotie alphabet. 
On ne Técrit jamais qu on ne 
mette un u après, fi ce n'tftdans 
quelques mots cù il eft final, com- 
me dans coq , cinq , &c. Cette 
lettre luivie d'un u fe prononce 
allez louvent devant les jj à peu 

Piès comme fi on écrivoic coa , 

oacoua; mais devant les o &les u, elle tient le ion du 
<rou du k. C'eft une lettre double, au lu bien que le 
h, 3c \'x , qui n'eft autre chofe que CU; car l'a figu- 
re eft compolée d'un C, & d'un /^rcnverles, jomts 
enlemble, qui font le même (on. On s'en pourroic 
aulli-bien palier que du k. 
Q. étoit chez les Anciens une lettre numérale qui figni- 
noit joo. luivant ce vers : 

Q. velut A cum D qulngentos vult numerare. 

Quand on met un titre au-delfus Q^ il lîgnifie cinq 
cens mille. ^ 

Q, eft le caraûère dont on diftingue la nionnoie fabri- 
quée à Perpignan. 

Q. ou ^, dans lc5 ordonnances de Médecins figiiifie i 
quantité. 

QUA. j 

QUACHEOR. f. m. Vieux mot. Cheval de bataille. 
t'erceval. Borel. Equus bellator. 

QUAD. Vieux moi, qui fignifioir. Il A\x. , Ait \ dicit 

QUADERNA DISTRUTTA. Nom de lîel!ll éft l'ta- 
lien, &fign,fie Quaderne détruite. C'étoit ancienne- 
ment une petite viUe d'Emilie, en Italie. Clatcrna , 
Lluema. Ce n'eft maintenant qu'un village du Bou- 
lenois , firue fur la rivière de Quadema, à deux lieues 
de la ville de Boulogne, vers le levant. Mat y. 

QUADERNES. f. m. pi. Terme du jeu de Tndrac , 
dont on le lert quand on amène deux quatre du mê- 
me coup de des. Çluaterni numeri. On dit plus ordi- 
nairement Carmes. 

QUAUES f. m. pi. Anciens peuples de la Germanie , 
dont parle Tacite dans Ion Traité des mœurs des Ger- 
mains , chap. 41. 

QUAl^IM. Grand village de la Haute-Egypte fur la rive 
occidentae du N,l, entre Ellenai & Dandre II eft 
remarquable par quanùté d'anciens monumens qu'on 
y voit. ^ 

QUADRAGÉNAIRE, adj. m. & £ Qui contient qua- 
rante unîtes. Q..^^r^^.,„^,,,,,. Le nombre quadraoé- 

fuTs f '"> V"^"- '^'°'^ S. Auguftin en 'un Tni'i é 
fuiS.Jean.Unhomme9^,;<^r^^.,W,>-,, „„, ^ 

quadragénaire, ou qui a quarante ans. Annos qua- 
drasmta natus. " 

QUADRAGÉSIMAL , ALE. adj. Terme de Bréviaire. 
Quadragejlmus. Qu, appartient au Carême. Q^^^ra- 
gejimahs Jeune quadragéfzmal , abftinence quadra^. 
Jlmale ku,,qu.dragéftmales. Hors de ces phrafes 
11 n elt point d ulage. ^ 

|C? QUADRAGÉSIME. f. f Prononcez coua , comm» 
dans quadragénaire & quad.agéfimal. Terme de B é- 
Viaiœ. Efpace de quarante jours. Il ne fe dit que du 
Caicme. Ouadragefma. Le Dimanche de la Quadra- 
.çe/zT;., eft le premier Dimanche du carême Z»o;^1 
nua prima oLdragcfm. ; ainfi nommé pa c^qu i 
eft environ !e quarantième jour avant Pâoue. 

QUADMAGINTAIRE. C f. Nom de Reliés ou d» 
quelque. C.mmumutés de femmes picufes, abolie; 
.ly a long-temps. Quudragmtaria. Il eft dic da Lu ne , 



QUA. 



Chaite de Philippe I, Roi de France, que les Çuadra- 
gintaires ne vivoient pas trop bien. C'eft apparem- 
ment ce qui a donné lieu 'a leur deftrudion 

' QUADRIN. roy. Quatrain 

■ QUADRAN. Foy. Cadran. 
QUADRANGLE. f. m. Vieux terme de Géométrie. Fi- 

• gure de quatœ côtés , ou qui a quatre angles. Qua- 
I drangulum Un carré eft un quadranglc régulier. Un 
j trapèze eft un quadrangU incgulier 

' QUADRANGULAIRE. adj. m. & f. Qui a quatre an- 

• gics ou quatre cotes, {luadrangularis. Les figures 
i quadrangulairesn^ font guère propres à la fort.hca- 
j ion ; les Hancs & les angles Hanqucs (ont trop petits. 

Les figures quadrangulaues ^'^V^dX^niparalleloPram- 

mes trapèzes , rhombes , rhomboïdes. 
\ QUADRANT. 1. m. Terme Latin. <& d'antiquités Ro- 
j marnes , qui a p.ille dans notre langue. Le quadrans 
5 etoit le quart de l'as. Foy. ce mot 
; Q^.^^^^i^NTAL. f. m Nom d un vafe & mefure des 
j choies liquides chez les Romains. Quadrantal. Am- 
I pkora. Le quadrantal, que l'on nomma depuis am- 
I phora , coiitenoit 80 livres d'eau , qui faifoient 48 fen- 
' tiers. ^ t^ 

QUADRAT. f m Terme d'Aftrologie. C'eft un afpedb 
des aftres , quand ils (ont éloignés 1 un de 1 autie de 00 
degrés ou d un quart de cercle. Quadratum. L^qL- 
dratcA un malin af|,ea, félon les Aftrologues. On 
appelle ainii lafpeél de la Lune, loriqu elle paroît en 
quartier :_mais on dit plus communément que la Lune 
elt dans (es quadratures. Lun^ quadratus afpcUus 

QuADRAT, le dit auili dans Mmprimerie , des perits 
morceaux de plomb eu de fonte , a.nh appelés de leur 
figure canee , dont les Compofiteurs le iervent poux 
fane un blanc en imprimant, c'eft à-dire, pour rem- 
pirles endroits de leurs formes qui doivent refter 
blancs comme la fin des lignes , les intervalles des 
itres, &c. Typi informes. Et on appelle quadratins 
les .petits quadrats de diifcrcntes aroireuis 

QUADRATEUR. i; .,. Quel,aes-lns appdlent amfi 
les Géomètres qui ont tache de léfoudre le problème 
de la quadrature du cercle. 

Ce? QUADRA TIN. L m. Terme d'Imprimerie. Pièce 
de ionte de caractère d'Imprimerie. Chaque corps de 
ça.-adtereafesî«^,ira.;„^.Les quadratins io.Mà^ la 
largeur de deux chilFres. Il y a auffi des demi-qutdrl 
tins qui lont de la largeur d'un chiffre. 

QUADRATRICE. ad,. &, f. f. Terme de Géométrie 
pratique. On dit une ligne quadratnce ou fimpl^ 
\y^tm m-xt quadratnce. Linea quadratrix. C'eft une 
ligne mechanique. qui eft propre à trouver des hgnes 
droites égales a la circonférence d'un cercle & aux 
difterentes parties de cette circonférence. Quadratrice 
mechanique. \L^uaiairue 

La quadratrice de iHyperbole eft une nouvelle 
courbe inventée depuis peu par M. Perks Anglais de 
Great Swinford, dans le Comté de Worchefter, pour 
a quadrature de 1 hyperbole. Les TranfadVions Philo- 
lophiques en parlent, n. 506. 
QUADRATURE (" f. Terme de Géométrie, (pronon- 
cez co^^. )Reduclion géométrique d'une figure au 
carre; manière de faire un carré égal à une IZ 
propolee; une figure carrée qu. contient au jufte\u- 
tant de (uperncie qu'un cercle, un triangle, ou une 
autre figure Quadratura. Archimède a donné une 
quadrature du cercle, c^^ c'eft lui qui en a approché 
le p.us près parmi les anciens. tfT Quelques-uns dès 
modernes ont employé difiïrentes méthodes pour ré! 
foudre ce problème. Peut-être a-t-on raifon de re 



QUA 

^.iider la chofc comme impolTible. Mais il eft bon 
•que chaque fticiicc ait fa chimère. Pour le détail iut 
la quadraiurc du ccicle, \oye\ l'Hiltoire des Recher- 
ches fur \x quadrature du cercle, par M. de Mon- 

TUCLA. 

Quadrature, en Aftroiiomie, fe dit du piemicr.l' du 
uoifième quartier de la luuc , foit dans le cioillant, 
foit dans le décours, loiiqu'ellc eft dans une dilbnce 
de 90 degrés du foleil. Pnmus & tcrcius Lurm qua- 
drans. Voyez Quadrat. 

Quadrature, en termes d'Horlogerie. ( prononcez ka) 
On appelle quadrature, la différente manière de conl- 
iruélioii dont les Ouvriers (e fervent pour les horlo- 
ges , les pendules & les montres. Allembiage des 
pièces qui fervent à faire marcher les aiguilles du ca- 
dran, & à faire aller la répétition. La quadrature d'une 
horloge à lonnerie d'heure, de demi-heure, <k. de 
quart. La quadrature d'une pendule à répétition, qui 
fonne les iieures, les quarts 6: les minutes de cinq 
en cinq. La quadrature d'une pendule qui marque 
l'âge de la lune , les jours de la (eraaine , le lieu du 
foleil. Se cent autres curiolltés. Les Ouvriers écrivent 
ordinairement cadrature. C'ed: ainfi qu'en a ulé M. 
Thiout dans (on ftmeux Traité d'Horlogerie. 

QUADRE. Foy. Cadre. 

<2UADREA. Nom d'un village duFerrarois, fitué fur 
le Pô , à deux lieues de Ferrare. Quadrea. Quelque; 
Géographes le prennent pf)ur le lieu nommé ancien- 
nement Caput Padi , que les autres mettent au villa- 
ge de Codegero, luué lur le Fô de Volana, à neuf 
lieues au deffous de ferrare. Maty. 

§3" QUA13RER. v. n. L'Académie fuit cette orthogra- 
phe. ' bv. Cadrer. 

QUADRICOLOR. Terme de Fleurifte. Anémone qui a 
quatre couleurs, dite à Paris Amaranthe-R égale. Il y en 
a de quatre elpèces. La première porte (es grandes 
feuilles rouges mêlées de blanc ; (a peluche d'une ama- 
ranthe brune, 6c une houpe ou Hjquette rouge au mi- 
lieu. La féconde porte (es grandes feuilles toutes rou- 
ges, (a peluche amaranthe brune, fa houpe d'incarnat 
bordé de blanc. La troifième dite Belle-Françoi(e, a 
les grandes feuilles blanches mêlées d'un peu de rou- 
ge, fa peluche c(l d'amaranthe brune comme les pré- 
cédentes , (a houpe incarnadine. La quatrième a les 
grandes feuilles rouges mêlées de blanc, (a peluche 
amaranthe brune, excepté le milieu qui efl; incarnat , 
celle-ci efl: la plus rare des quatre, f^oy. encore Qua- 

TRICOLOR. 

Quadrlcolor &c Qulncolor d'Amiens. Nom de deux 

. œillets qui feroient beaux , s'ils étoient détachés & 
gros, mais ils font confus & peu larges, & (ujets à 
dégénérer, ne (e maintenant pas plus de deux aasdans 
la même Heur. Morin. 

QUADRIENNAL. Foy. Quatriennal. 

QUADRIFOLIUM. f. m- Plante qui a quelque rapport 
au trèfle des prés , mjis qui en diffère en ce qu'elle 
porte quatre feuilles fur une même queue. Ses feuil- 
les font en partie purpurines noirâtres. Ses fleurs font 
blanches. Cette plante croit dans les lieux ombrageux. 
On la cultive dans les jardins. Elle eft déterlîve, hu- 
meétante & rafraîchiilante. On l'emploie intérieure- 
ment en décodtion pour les fièvres maUgnes & pout- 
preufes des cnfans. Son nom vient des quatre feuilles 
qu'elle porte (ur une même queue. 

QUADRIGA. f. m. Terme de Chirurgie, Efpèce de ban- 
dage. Foye^ Cataphracta. 

§3" QUADRIGE. Terme d'antiquité, (prononcez coua- 
dri^e. ) Ce mot eft ma(culin ou féminin, plus nom- 
mément mafculin. Efpèce de char en coquille monté 
fur deux roues, & attelé de quatre chevaux de front. 
Quadriga. On difputoit le prix dans les jeux Olympi- 
ques avec le quadrige , Se cet u(age paffa des jeux 
olympiques aux autres jeux folennels de la Grèce & 
de l'Italie. Cette cour(e étoit la plus noble de toutes. 
.On voitfouvent au revers des médailles la Viètoire, 
ou l'Empereur dans un quadrige , tenant les rênes des 
chevaux. Ces monnoies s'appeloient quadrigati ou 
vicloriati. he quadrige étoit, félon Cicéron, une in- 
vention de Minerve. Hygen l'attribue à Erichthonius , 



QUA ^9 

quatrième roi des Athéniens, & Virgile a fulviccfct>- 
timcnt dans (es Géoigiques , L. lll , v. Iij. Ef- 
chyle en fait honneur à Proinéthée. Tertullien, de 
Spcciac. c. Q y dit que chez les Aigiens Trochilus l'in- 
venta à l'honneur de Junon, Se a Rome Romulus, à 
l'honneur de Aiais ou Quirir.. Adon de Vienne , Chro- 
nic. aci. j , prétend que ce fut un ccirain Procidus , 
qui vivoit vers l'établifleniciit du royaume d'Athènes. 
Laziardels, IIiJI. Univerf. Epitom. c. 14, dit la même 
choie de Triptclcme: enfin Hérodote , L.IF, écrit 
que les Grecs le tenoient des Libyens. L'anneau ou le 
cachet de Pline étoit un quadrige. Pline, L. XFI Lp. i o. 
Il y a fur un médaillon de Marc-Aurele un quu' 
drige avec un Jupiter foudroyant , Se aux pieds 
des chevaux une figure d homme à demi renvcilé. 
M. Vaillant, célèbre Antiquaire, dit que c'eft le Roi 
des Quades,dont l'armée fut défaite par une grande 
grêle accompagnée de tonnere , qui tomba pendant 
que les Romains étoient occupés à boire après avoir 
fouffert une extrême foif. Dans L. Verus , il y a au 
revers un quadrige qui tire un char où (ont trois fi- 
gures. 

03" QUADRIJUMEAUX. f. f. Terme d'Anatomie. Af- 
fcniblage de quatre nudcles qui fervent à tourner la 
cuitlc en dehors. 

QUADRILATLRE.f. m. Terme de Géométrie. Il fe dit 
de toute figure qui a quatre côtés Se quatre angles. 
C'eft pourquoi on l'appelle aullî figure quadrangu- 
laire. Prononcez coua. Quand les lignes oppofces font 
parallèles , le quadrilatère s'appelle paraUélogranime , 
Sec- Il y a cinq efpèces de quadrilatères , le trapèze, 
le rectangle ou carré , le rhombe & le rhomboïde» 
Foye^ ces mors. 

QUADRILLE, f f. (Prononcez C^t/W//?, & mouillez 
les deux //.) Petite compagnie de cavalerie fupeibe- 
ment montée Se habillée pour faire des carroulels , 
des joutes , des tournois, des courics de bagues. Se 
autres fêtes galantes. Equiturn turma. Quand il n'y a 
qu'une quadrille , c'eft proprement un tournois, ou 
courfe. Les joutes demandent au moins deux partis 
oppofés. Le carroufcl en doit avoir du moins quatre , 
Se au plus douze. NJhaque quadrille eft compofée au 
moins de trois cavaliers. Se au plus de douze. Les 
quadrilles fe diftinguent par la forme des habits , oU 
par la diverfité des couleurs. 

Ce mot vient des Italiens, & eft un diiTiinutif de 
fquadra , qui eft une compagnie de (oldats rangée & 
dreffée en forme carrée : cii fquadrare eft proprement 
drejfer une chofe à téquerre , d'où ils ont fait fqua- 
driglia. Se nous quadrille. Il n'y a pas fort long-temps 
que l'on difoit fquadrille Se efquadrUle. 

Quadrille, f m. Jeu de cartes entre quatteperfonnes, 
imité du jeu de l'hombre , dont oii obfcrve la plupart 
des règles , mais qui en a quelques-unes qui lui (ont 
particulières , & qui (e trouvent imprimées dans l'A- 
cadémie des Jeux , in-12 , 1725. Le quadrille (ejouc 
avec les quarante cartes du jeud'hombre. Les cartes y 
ont le même nom, & l'on s'y fert des même termes. Il 
fe joue à quatre perfonnes : ce qui lui a fait donner 
(on nom, à la différence de l'hombre qui ne fe jous 
qu'à trois. Le P. Du Cerceau,/'. joS du Recueil de 
fes Pocfies i/z-8°, 1726. a donné une jolie pièce, inti- 
tulée : dépit contre le jeu de quadrille. Ce qui n'a pas 
empêché M. de Sénecé de fe déclarer pour le qua- 
drille contre l'hombre , dans le premier volume du 
Mercure de Dec. 1717 ,p- 2yjç , 2jSo. 

(C? QUADRILLON. f. m. Terme d'Arithmétique. 
Nombre qui contient mille fois mille millions. 

QUADRIN. f. m. Vieux mot. Nom d'une menue rnon- 
noie, liatd. Teruncius. Nicod. Borel. Le quadrin 
eft proprement le denier Romain moderne. Il faut cin- 
quante quadrins POUt le jule. 

QUADRINÔME./". m. (prononcez couadrinôme.)Teï' 
me d'Algèbre. Grandeur formée de l'addition de qua- 
tre termes. {KF C'eft aind qu'on dit binôme , trinôme , 
compofé de deux , de trois termes: <?<: généralement, 
polynômes, ou multinômes , grandeurs compo(ées de 
plufieurs termes. Foye\ ces mots. 

QUADRIPARTIT. adj. Partagé en quatre. C'eft un ce. 



70 QUA ^ 

lèbre ouvrage de Ptolomée , commente par Cardan 
qui a Lcrit de l'Aftiologie Judiciaire. In quatuor par- 
tes divlfus , quadripannus. 

^ QUADRII^AHTITION. f. f. Terme de Machcma- 
riques. Partage d'une choie en quatre. Quadnpartitïo, 

•QUADKISACKAMENTAUX. 1". m. Hérétiques qui 
n'adnietcoient & ne reconnoilloient que quatre Sacre- 
mens qui étoient le Baptême , l'Eucharillie,l'Ablolu- 
tion & l'Ordre de la Prénife. Ces Hérétiques paru- 
rent dans le leizième iiède. Quadrifacramcncaks. 

<2UADRUP£DE. îfT {Prononcez couadrupède.) Adj. 
iouvent employé fubltantivement. Terme d'Hiftoiie 
Naturelle par lequel on dillingue les animaux qui ont 
quatie pieds, de ceux qui n'en ont que deux, com- 
me les oileaux , ou qui n'en ont point , comme les 
poiil'ons & les reptiles. Quadrupcs. Parmi les ani- 
maux quadrupèdes , il y en a de téroccs & de domel- 
îiques. On divile les animaux en oileaux , poillons , 
quadrupèdes j reptiles 6c mlcctes. Les quadrupèdes 
font les moins nombreux. Les quadrupèdes lont des 
animaux couverts de poil, qui mettent leurs petits vih 
au monde &c qui ont quatre pieds. M. Hay , dans fon 
Synopjis AniniaiLum , divile les quadrupèdes en qua 
drupèdes qui ont de la corne aux pied'.;- Se quadru 
pèdes qui ont des ongles ou des doigts. Il divile ces 
deux efpèces générales en plulieurs autres particulière 
ou (ubalternes. f oye^ Ion Livre , ou le Didionnaiic 
des Arts de M. Harris, T. II , au mot Qu/.drupÈde. 

fO" QUADRUPLATOR. f. m. Terme latin que nous 
ne pouvons rendre que parunepériphrale. Cicerons'en 
fert pour déligner un dénonciateur, celui qui accufoit 
quel ^u un pour avoir la quatrième parrie des bieir 
confilqués lur l'acculé. Quadruplari , dans Plaute , 
faire le métier de délateur , pour avoir la quatrième 
partie des biens confilqués. 

QUADRUPLE. I. m. ( Prononcez couadruple.) Le mê 
me nombre compté quatre fois ou multiplié par qua 
tre. Q^uadruplum. L'Ordonnance veut que la peine di. 
l'omillion de recette par les Comptables foit le qua 
druple. Condemndri quadrupli , ou in quadruplum. 
être condamné au quadruple. 

QuADK.uPLE, adj. lignifie cequiefl: quatre fois plus grand 
en étendue, & en toute forte de quantité. Quadru- 
plus , quadruple major. Le jardin que j'ai acquis eft 
quadruple de celui que j'avois auparavant; il y a qua 
tre fois autant de terre. Vm^t tÙ. quadruple de cinq. 

Quadruple , eft aulll une monnoie d'or valant deux 
louis , ou deux piftoles , ou quatre demi - piftoles. 
Quadruplus. Elle a valu 2.0 , zi ou li liv. &c. Elle 
pèle dix deniers li gr.xiiis. Le double quadruple vaiit 
quatre piftoles. 

Ce mot vient de quadruplum j & partant il faut 
dire quadruple , Se non pas quacruplc , comme veu- 
lent quelques-uns. 

Au Quadruple, adv. Quatre fois autant. In quadru- 
plum , quadrupliciter. On lui a vendu cette terre au 
quadruple, parce qu'elle étoit à fa bienféance. 

§3" Quadruple alliance C'eft un traité 011 quatre 
Souverains interviennent , <!<<• forment une ligue ofFen 
five ou défenfive. Le traité de la quadruple alliance 
fut conclue a la Haye en 17 17, & ligné à Londres en 
1718, lez Août. Les parties contraâ:anres turent la 
France , l'Angleterre & la Cour de 'Vienne. Cela ne 
formoit qu'une triple alliance ; on la nomma cepen- 
dant çz/ac/^/j/e j parce qu'on fuppofoit que la Hol- 
lande y accédcroit , ce qui arriva en effet. La quadru- 
ple alliance fut un effet de la politique du Régent , 
pour prévenir tout ce que 1 Efpagne pnuiroit entre 
prendre. Se pour alfurer fon droit a la luccellîon de la 
Couronne de France , en cas que le jeune Roi vînt à 
mourir. 

0C? Quadruple croche. Terme de Mutîque. Note qui 
ne vaut que le quart d'une croche, ou la moitié d'une 
double croche. 

QUADRUPLER, v. a. Ajouter trois fois autant à un 
premier nombre. Quadruplicare. Il faut quadrupler 
cette fbmme. Il n'avoit que 1 000 liv. de rente , il a qua- 
druplé fon revenu , il en a à préftnt 4000. 

(Quadrupler , eft quelquefois neutre , & fignifie être 



QUA 



augmenté au quadruple. Son bien a quaàruplé depuis 
qu'il s'eft mis dans le commerce. Acad. Fr. Quadru- 
plicari. 

ec? QUADRUPLÉ, ÉE. part. 

QUAHOÉ. Petit pays d'Afrique dans la Guinée fur la 
Côte d'Or , dans le royaume d'Acanibou. 

QUAI. 1. m. Conftrudfion de pierre qu'on fait le long 
des bords d'une rivière , pour la commodité du che- 
min , pour empêcher cu'elle n'inonde quelque ter- 
rain, Se pour la conferver dans fon lir. C'eff un gros 
mur en talus fondé fur pilotis, Se élevé au bord d une 
rivière, pour retenir les rcrrcs des berges trop hautes , 
Se empêcher les d.rbordcmens. Crepido faxea. Davi- 
LER. Lapideus adfluvii ripam ag^er , vel crepido la- 
pidea. Le quai de la Tournelle , le quai de la Mégif- 
ferie. Le peuple fe promène fur les quais. Ils fe font 
logés fur le quai pour avoir plus belle vue. Quelques- 
uns étendent la lignification de ce mot aux digues & 
aux moles. 

Ce mot , félon Scaliger, eft très- ancien, & vient de 
cayarc qui lignifie contraindre y rejjerrer , en vieux 
latin. Borel le dérive de cadere , ou àtcair, qui en 
vieux françois lignifioit la même choie. Du Cange dit 
que le quai étoit autrefois une place fur le rivage , qui 
étoit couveite de quelques pouttes Se de planches en 
forme d'une mail on ; que dans la baffe latinité on ap- 
pelle c.n'^îj ovL cayum yiiVi chaya ,Se en franc; .i se Ai? j, 
ce qui fervoit à mettre à couvert les marchandifesdi;nt 
on déchargeoit les navires. Boxhornius le dérive de 
l'anglois caéy qui fignifîe une haie on clôture ; ou de 
caed y qui lignifie couverture, d'où il dit qu'eft venu 
le mot de cayagium , en françois cayage y qui eft un 
droit qu'on prend fur les ports des rivières, qu'on ap- 
pelle caijfe Se havre dans la Coutume de Normandie. 

Qu/.i , en termes de Marine , eft un efpace fur le ri- 
vage du port pour la charge Se décharge des marchan- 
difes. Agger ad ripam. Il y a un Otiicier ou Commis 
fur les ports , qu'on appelle Maître de quai y qui eft 
reçu à l'Amirauté, lequel a foin de faire ranger les vaif- 
feaux, Se de la police des quais y de marquer le lieu 
pour radouber, lefter Se délefter les vaiffeaux, Se de 
prendre garde aux bouées , balifes Se tonnes. Il doit 
coucher toutes les nuits à bord de l'Amiral , quand il 
y a des vaiffeaux du Roi dans le port, fuivant le Ti- 
tre II , Livre IV de l'Ordonnance de la Marine. 

^fT QUAIAGE. f. m. Terme de Coutume. Droit qui 
fe levé fur les marchandifes qu'on décharge fur les 
quais. 

QUAICHE. f f. Terme de Marine. Eft un kîtiment 
ponté qui porte une corne , Se qui eft maté en four- 
che , comme l'yacht , ou le heu. Gaulus vcclorius. 

QLM.ÏR. Vieille conjonètion. Car. Borel. Nam y enim. 

QUAISSE, QUAISSIER , QUAISSON. Foy e^CAisst, 
Caissier, Caisson. 

QUAKENRRUGGE. Nom d'une petite ville du Cer- 
cle de WeftphaUe. Quakemhruga. Elle eft dans l'E- 
vcché d'Of'nabrug, aux confins de celui de Munfter , 
fur la rivière de Haff, à neuf lieues de la ville d'Of- 
nabrug , vers le nord. Mat y. 

QUAKER , QUAKRE , Se QUACRE. On prononce 
Kouacre. f. m. & f. Nom de quelques Seélaires fana- 
tiques d'Angleterre. Quaherus y Tremulus. La Secfe 
des Quakers font des fanatiques que nous nommons 
en françois TremUeurs , parce qu'ils tremblent de tout 
leur corps en faifant leurs prières. Il n'y a guère de 
Quakers qu'en Angleterre ; on dit cependant qu'il y 
en a aullî dans les Pays-Bas. Les Quakers s'élevèrent 
pendant les guerres civiles du règne malheureux de 
Charles I. George Fox , du village de Dréron dans le 
Comté de Leyceftre , en fut le chef. C'étoit le fils d'un 
Artifan: & il étoit Cordonnier lui-même, ignorant , 
grollîer , fans éducation , fombre & mélancohque. En 
travaillant de fon métier il méditoit l'Ecrirure, &r s'en 
remplit fi bien , que les difcours n'étoient qu'un tiffu 
confus des palfages des Livres faints: fes méditations 
& fa vie folitairc augmentèrent la mélancolie. Il fe fi- 
gura qu'il avoir des vifions & des révélations , Se s'é- 
rigea en Prédicateur. Il feignit des miracles pour accré- 
diter fes prédications, auxquelles la nouveauté, & je 



QUA 



ne fais quel air de dcvorion, ne donnoir déjà cjuctiop 
de vogue. Fox propola peu d'atticlesdc foi. llie boi- 
noic à )a Morale. Il prêchoit la charité mutuelle , l'a- 
mour de Dieu , une attention (oigneule à oblervcr tous 
les mouvemcns intérieurs ik (ecteis dcrcipric. Il vou- 
loit un culte llmplc , & une Religion lans cérémonies. 
Ilréduiloit tout a attendre dans un trille & morne (î- 
leucCj linlpiration du Saint-tlpnr , qui faifoit parler. 
Les Quakers aft'ettcrent une droiture ik une probité 
fmguliéres, un vifage grave ^ l'évcre , un entretien 
froid Se lent, pour avoir le temps de bien peler tout 
ce qu'ils diloient, beaucoup dehiigalite dans leurs re- 

Ïias, & de niodcliicdansleurshabus. Us condamnèrent 
es vues intérellecs des Minillres Anglicans. Ils blâmè- 
rent la guerre comme une fureur, & le (erment com 
me un outrage tait a Dieu, en quelque rencontre cS: 
pour quelque jLu;ct que ce loit. Fox lut cmpnioiiné 
plus d'une fois, parce qu'il encroit dans les Temples, 
interrompoit le Minithe , & cxcitoit le peuple à la ré- 
volte. La pitié qu'on eut de Ion extravagance , lui 
épargna de plus grands lupplices. Les Quakers nclail- 
ferenr pourtant pas de fc multiplier. Us s'enhardirent, 
& s'élevèrent contre les Magiftrats , dont ils attaquè- 
rent la puillance. Il y en eut un, nommé Taylor, qui 
eut l'impiété de louftrir que les dilciples l'appelallent 
Fils unique de Dieu , Soleil de juflice , & Roi d'if- 
rael , & qu'ci ion entrée dans Briftol ils crialfent, Ho- 
fanna fils de David. Crom-Wel fat arrêter Fox & Mar- 
guerite Scll (a femme , célèbre dans ia Seéle par les 
prédications. OnnepunilToit pourtant pas les Quakers: 
pourvu qu'ils promillent de le contenir, on les met 
toit en liberté. Tavlor feul fut fuftigc comme blai- 
phémateur. On les joua, on les rendit ridicules (urles 
thé.itres. Ils le moquèrent également Si des prifons &: 
des latyres. Ils formèrent leur Seéfe malgré tout cela. 
Ils établirent, i°. un grand recueillement. i°. Des Pal 
teurs fans ordination, mais par le conlentement leul 
de l'alleinblée, & dont les gages teroient arbitraires. 
j°. Ils rejetèrent les prières publiques & les bacre- 
mens. 4". Ils embrallercnt l'opinion des Anabatiftes 
touchant le Baptême. 5°. Que 1 ame cil: une partie 
de la (ubltance de Dieu. 6°. Que jésus-Christ n'a 
point d'autre corps que fon FgLle. 7". Que tous les 
hommes ont une lumière (uffilante pour le lalur. 8". 
Que nous fommes juHifiés par notre propre juftice. 
9°. Qu'il n'y a point d'autre vie ni de gloire a atten- 
dre hors de ce monde. 10°. Que tout doit être com- 
mun; que perfonne ne peut avoir de fupériorité fur 
lesautres; qu'ilnedoity avoir ni Maîtres ni Seigneurs. 
Ils prétendent qu'ils ont l'efprit de Dieu; de-là quel- 
ques-uns infèrent qu'ils font Dieu, d'autres au moins 
qu'ils font femblables à Dieu , & d'autres feulement 
qu'ils (ont le Chiift. Tels font les principaux dogmes 
des Quakers. Barclay les a compris en quinze articles 
ou thèfes imprimées à Amftcrdam en 1674 , & a fait 
leur apologie. Gérard Croëte imprima en 1695 i'hif- 
toire des Quakers à Amftetdam. 

Ce mot eft Anglois , & frgnifîe Tremhleur.W vient 
de (]uake trembler, & nous nous en fervons dans no- 
tre langue. 

QUAKEKISME. f. m. Rehgion , fcde , doûrine des 
Quakers ou Trembleurs. Quakenfmus. 

QUALIFICATEUR, f. m. Théologien prcpofé pour 
qualifier, ou déclarer la quahté des propofitions , qui 
font déférées à un Tribunal Eccléfiaftique. |Cr On le 
dit particulièrement en Efpagne & en Italie des mem- 
bres du Saint Office , c'eft-à-dire, de l'Inquifition , 
chargés de déterminer la nature , la qualité & le genre 
d'un crime quelconque , déféré à ce Tribunal, de mê- 
me que la qualité des propofitions dénoncées. Qua- 
Hficator, Cenfor. Un Qualificateur du Saint Office. 
Les Qualificateurs ne font point Juges, ils ne font que 
dire leur fentiment fur les propofitions qu'on leur pré- 
fente. Ce font les Inquifiteurs qui jugent.. 

QUALIFICATION, f. f. Défignation dune quahté qu'on 
attribue à quelque chofe. Qualificatio. On a qualifié 
un tel de faufllrire, cette qualification eft injurieufe. 
La plupart des chofes ne font eftimces que fuivant la 
qualification qu'on leur donne. 



QUA 71 

QuAtiFicATioK. Déclaration des qualités d'une propo- 
lltion erronée. Il en clt d'hérétiques , de mal foiran- 
tes , d'oftcnfives des oreilles pieufes, &c. 

QUALIFIER, v. n. i'^" Déclarer par une épithtte qu'elle 
eft la qualité d'une chufe. Ow qualifie une propolition 
d'erronée, de Icandalcufe, d'impie. Cet ouvrage a été 
ç«a/(/?e d'hérétique. Ce duel a été qualifie A' i^'z^i- 
nat. Declarare. 

^j- On le dit dans le même fens des perfonnes, Un hom- 
me eft qualifiié àz fourbe, d'impofteur , éc. 

Qualifier, en parlant des perlonnes, lignifie aullî attri- 
buer une qualité , un titre à quelqu'un. Alors il eft em- 
ployé (ans de. L'Arrêt \c qualifiie Ecuyer, Chevalier. 
Dans les Lettres du Roi il eft qualifiie Duc. Se quali- 
fiier, prendre le titre, la qualité. Il (e qualifie C[\e.\z- 
lier , Bourgeois de Paris. 

iÇT Dans le ftyle de converfation on l'emploie quelque- 
fois avec de. Ses domeftiques le qualifient de Duc , 
de Monleigneur. On voit bien des gens qui (e quali- 
fient de Marquis. 

QUALIFI£, ÉE. part. pzfT 3ca.dj. ^ppellatus j nuncu- 
patus. 

On appelle un crime qualifié , un grand crime & 
capital. Crimen capitale , énorme , vel ficelus. Une per- 
ionnc qualifiée, eft une perfonne d'une noblelTe, ou 
d'une quahté diftinguée. Vifiter les plus qualifiés de 
la ville. Optimates convenire. 

■4^ QUALIi E. f. f. C'ell: en général ce qui fait qu'une 
choie eft telle ou telle , bonne ou mauvaile , grande 
ou petite , chaude ou froide , &c. rout ce c;ui fert à 
nous faire diftinguer une chofe d'une autre, (oit de 
même , (oit de différente nature. Qualitas. Beauté , 
laideur, grandeur, petitclle , 6 c. font des qualités. 
Ces qualités font primitives ou dérivatives ; & ces 
dernières font nécellaires eu contingentes. Les quali- 
tés dérivatives nécetlaires, c'elf à dire, qui découlent 
des primitives, s'appellent attributs , ik les contin- 
gentes , s'appellent modes. 

tfy Ce mot conferve la même lignification dans plu- 
fieurs phrafes où il eft employé. La qualité des-ali- 
mens nuit moins que la quantité. La qualité du venin 
nous fait connoître la nature de la vipère. Cet ouvrage 
n'eft pas de la qualité requKe, n'a pas toutes les per- 
feélions que naturellement il devroit avoir. On dit 
qu'un vin a de la qualité ; pour dire , qu'il a une sève 
qui le diftingue des vins communs. Les Maîtres du 
grand Art dilent que les qualités ne font que les inf- 
trumens des formes. 

§C? Dans la vieille Philofoplye on appeloit les quatre 
premières qualités , la chaleur , la froideur , la (éche- 
re(re & l'humidité. 

{Cr En Médecine on dit, que le fang pèche en qualité , 
quand il eft cotrompu ; en quantité, C[aM\A il eft trop 
abondant. 

IJCT Qualités occultes. Termes de l'ancienne Fhilofo- 
phie. f^oye-^ Occulte. 

Qualité, le ditaulîi figurément en chofes fpirituelles 8c 
morales , des dons , des dilpoiitions bonnes ou mau- 
vaifes du corps & de l'efprit. Corporis , vel animi do- 
tes , qualitates. On ne pardonne guère à un homme 
les belles qualités qui lui attirent une eftime générale. 
Bell. Souvent les grandes qualités font accompagnées 
de grands défauts. Le Cl. Non-feulement on temar- 
que des qualités qui paroiflent oppofées dans une 
même pcilonne; mais encore il y a des différences dé- 
licates entre des qualités qui femblent les mêmes. 
S. EvR. Les qualités qui font le plus de bruit , ne 
font pas toujours lesplus eftimables. S. EvR. Les bon- 
nes qualités nuifent prefque aullî (ouvent à la Cour , 
qu'elles fervent. S. RÉal. Un air biufque & grollier 
gâte les meilleures qualités. S. Evr. Céfar avoir des 
qualités, que (es envieux faifoient palfer pour des qua- 
lités dangereufes à la liberté de la Répubhque. S. Evr. 
C'eft une adreffe que de favoir quelquefois déguifer 
les bonnes qualités que l'on a. Bell. Souvent il fuffic 
d'avoir quelques qualités extraordinaires pour être 
l'obier de la médifance. Cii. de M. Il eft a(le^ diffi- 
cile d'avoir de bonnes qualités , fans les connoître , 
& fans s'eftimcr un peu foi-même. ^L Scud. Il y a 



qt QUA 

cent qualités agréables , qui ne font louables que quand 
elles font à la fuite des vertus néceflaires à la protel- 
fion qu'on a cmbraflée. Idem. Combien voyez-vous 
de gens qui ont de grandes qualités j, ik. qui n'ont pas 
relies qui font propres à la fociété? Bouh. Les hom- 
mes font Il accoutumés à l'agitation & au mouvement, 
que les qualités paifibles \k tranquilles ne les touchent 
plus. Mont. 
fer Qualité , talent. Les tf«a//rtrj forment le caractère 
de la pcrfonne ; les talens en font l'ornement. Les pre- 
mières rendent bon ou mauvaisj & inHucnt fortement 
fur l'habitude des mœurs. Les leconds rendent utile 
ou amufant , de ont grande part au cas qu'on tait des 
gens. 
^Cr On peut fe fervir du mot de qualité en bien ou en 
mal; mais on ne prend qu'en bonne part celui derj- 
lent. L'homme eft un mélange de bonnes & de mau- 
vaifes qualités , quelquefois bizarre julqu'à rallem- 
bler en lui les extrêmes. Il y a des gens à talens fujets 
à fe faire valoir & dont il faut louffrir pour en jouir : 
mais , à cet égard, je crois qu'il vaut encore mieux 
elluyer le caprice du renchéri que la fatigue de l'en- 
nuyeux. 
<*3- Les (jualités du cœur lontles plus effentielles: celles 
de l'elprit font les plus brillances. Les talens qui 1er- 
vent au beloin fjnt les plus nécelfaires: ceux qui (er- 
vent au plailir (ont les mieux récompenfés. On le fait 
aimer ou hair par les qualités : on ie fait rechercher 
par les talens. Des qualités excellences jointes à de 
rares talens font le parfait mérite. Syn. Fr. 
Qualité, lignifie aulli un titre qu'on donne aux per- 
fonnes, ou qu'elles prennent pour marquer leurs Sei- 
gneuries, leurs prétentions. Titulus , nuncupatio , rp- 
pellationes , nomma. Le Roi de Pologne prend la qua- 
lité de Roi de Suéde ; le Duc de Savoie celle de Roi 
de Chypre & de Jerulalem. Le Duc de xVloicovie, & 
le Kui d'Eipagne ontune \n'^e. Ac qualités , pour com- 
prendre toutes leurs Seigneuries. Le Roi de la Chine 
prend \a qualité de Lils du Soleil. Les Seigneurs d'O- 
rient lont ridicules dans les qualités qu'ils prennent. 
Voici celles du Gouverneur de Schiras. ; Sultan de 
Laar & de Jarron, Seigneur d'Ormus , Kerman , Ka- 
Jijlan j Prince du Colphe de Perfe , Grand Beglier- 
heg , Commandeur de dou^e Sultans , & de (Oooo 
chevaux j Efclave de Schach Abas j Protecteur des 
Mujulmans y Fleur de courtoifie , Second en gloire ^ 
Mujlade de confolation , & liofe de plaifir. |K? On 
le dit aulfi du titre que prenne les particuliers à caule 
de leurnailTance,de leurs charges. La ç^a/^re de Bour- 
geois, de Secrétaire du Roi , ôc. 
Qualité , le dit aulli pour marquer le rang, la condi- 
tion dts pcrlonnes. Conditio , gênas. Quand on dit 
abfolument un homme de qualité , c'elt un homme 
d'nne noblelTc dillinguéc. Etre de naillancc &■ Ae qua- 
lité , lelon les hommes, c'eftêtre né de perlonncs con- 
lidérables dans l'ordre du monde. Nie. On tire cet 
avantage de la qualité , c'eft qu'à io ans l'on eft connu 
&c r^fpeélé comme un autre mériteroit de l'être à cin- 
quante ; ce font 50 ans gagnés. Pasc. On élevé le pri- 
vilège d'être homme Aequaiité , au-delTus de l'efprit, 
& même au-delliis de la vertu. Nie. Célar parloir plus 
en homme de qualité que Cicéron. S. Evr. 

Tous les jours i à la Cour , unfot de qualité, 
Peut juger de travers avec impunité. Boil. 

^^ De Qualité, de condition. La première de ces 
expreiîions, dit M. l'Abbé Gir.ard, a beaucoup gagné 
fur l'autre; mais quoique fouvent fynonymes dans la 
bouche de ceux qui s'en (ervent, elles retiennent tou- 
jours dans leur piopre lignification le caractère qui 
les diitingue , auquel on eft obligé d'avoir égard en 
certaines occalions pour s'exprimerd'une manière con- 
venable. De qualité tnc\\mt fur de condition ; car on 
fe (ert de cette dernière e.xprelTion d.ans l'ordre de la 
bourgeoifie , tk l'on ne peut fe fervir de l'autre que 
d;>iis l'ordre de la Noblelle. Un homme né roturier ne 
fut jamais un homme de qualité ; un homme né delà 
robe, quoique roturier , fe dit homme de condition. 

*;/• Il femble que de tous les citoyens partagés en deux 



QUA 



portions , les gens de condition en fafTenrune Se le peu- 
ple l'autre , diftinguées entre elles par la nature des oc- 
cuparions civiles, les uns s'attachant aux emplois no- 
bles , les autres aux emplois lucratifs; & que parmi 
Icsperlonnesqui compolent la première portion celles 
qui compolent la première portion, loient les gens de 
qualité. 
Qualité , fe dit aufll pout marquer les emplois qu'on a 
dan<; une mailon. Conditio , minijlerium. Il eft entré 
en cette mailon en qualité d'Intendant , de Secrétai- 
re , de Commis , de Valer-de Chambre, de Laquais. 
En Qualité de. Ces mots lignifient , Comme étant , 
In quantum , quâ taie , quia. Il avoit droit à l'empire 
en qualité de petit-fils d'.^.ugufte. Ablanc. Il a fait 
cela en qualité ^'Echevin. Il jouit de tes privilèges en 
qualité de Secrétaire du Roi. 
1^ Qualité d' une propofition : Terme de Logique , fe 
dit de l'aitirmation 6c de la négation. Quand en dit 
que dcuA propohtions tout oppofces en qualité, on 
entend que lune eft affirmative & l'autre négative. 
Les Logiciens au contrarie appellent quantité des pto- 
poiiticnskur univerfahté , particularité ou lingularité. 
f'oy. Quantité. 
Qualité, enfermes de Palais, fe dit des titres qu'on 
prend pour plaider, pour agir, pour établir fcn droit 
en quelque chofe. C'eft un titre pcrlonnel en vertu 
duquel on exerce quelque droit. Jus , qualitcs. Cette 
maifon m'appartient en qualité à' 3.c\\tX(.\ix par dccret. 
On lui dilpurc la qualité d'er.fint , de icinme légiti- 
me. On a 40 jours après l'inventaue clos pour dcli- 
bérer & prendre qualité d'héritier ou de créancier, 
de commun en biens. Il a fait cela en qualité de Tu- 
teur, de Procureur, d'Avocat. On oblige une veuve, 
un héritier, de prendre qualité. Il faut l'aire lignifier 
les noms & qualités des témoins ou;s aux enquêtes , 
afin qu'on y fournilfe de reproches. 
Qualité , fe dit aulîi dans les procès des demandes qui 
(ont formées, & en quels noms elles lont faites. Qua- 
litas , fundamenta , rationcs. Tous les jugemens por- 
tent , entre un tel demandeur en telle requête, d'un 
tel jour, d'une part; Se tel défendeur, ou tel interve- 
nant, ô'f. d'autre. Ainli on dit. Le Rapporteur a mis 
les qualités de ce procès; pour dire, il a rappoité 
les demandes contenues aux règlemens, lur lelquelles 
il faut prononcer. On dit aulli , fans que les qualités 
puillent nuire ni préjudicier, à caule que chacun les 
peut prendre à fon avantage. 
§Cr On appelle aulli qualités d'une Sentence ou d'un 
Arrêt , les noms de ceux qui loit en demandant, foit 
en défendant, ont été parties dans une caule d'au- 
dience, avec l'énonciation des qualités qu'ils y ont 
priles. 
{CT Quand une aft.iire eft jugée à l'Audience, celui qui 
veut lever le jugement, fait lignifier des qualités. Se 
les donne enluite au Greftier, qui met le prononcé 
de la Sentence ou Arrêt au bas de ces qualités j Se 
fur le tout s'expédie le jugement. Notificare ,fignifi- 
care , intimare qualitates. On s'oppole fouvent aux 
qualités , on fait réformer les qualités. 
*j Dans un jugement rendu lur appointement , cela 

s'appelle , le vu. 
QUAM , que. Vieux mot. Ce que. Boéce. 
QUAMOCLIJ. f m. Plante dont patient Tournefort, 
Ray, Clulius , Gérard, Johnlon & aunes. Elle a été 
apportée d'.Amérique en Europe, où on la culrive 
dans les jardins. Elle monte & fe foutient comme le 
lizeron autour des perches eu des plant'.s vcifines. Ses 
r.ameaux lont d un rouge noiwtic. Ses feuilles font 
oblongues, allez larges, découpée menu comme cel- 
les de la millefeuillc, dilpolées en aile. Sa Heur eft un 
tuyau éva(é en entonnoir , à pavillon déccu jé en cinq 
quartiers rabattus en étoile d lui très -beau rouge. Il 
lui (uccède un fruit oblong qui renferme quatre (e- 
mcnces oblongues , dures , noires. Le goût de cette 
planre eft douceâtre Si un peu nitreux; mais celui de 
Ion fruit & de fes (emences approche de celui du poi- 
vre. Cette plante rend du lait. Elle fert d'ornement 
dans nos jardins. 
QUANCE. Mot Bourguignon (ScCliampenois. Il fi^nifie 

fcmblaiic , 



QUA 



fembkiit , mine. Faire quance , c'ert: faire mine, fiiirc 
(cmbl.inc. On dit d'un honiuie qui (ait bien diiliniu- 
1er, qn'ai fai hé U quance. C'cit une corruption du 
mot caicncc , cadance j cucince , caiice , qu on a de- 
puis, quoique moins rcguiic-rcmcnt, écrit quance. Le 
mot chance de mcme, origiiiaiicment chéunce vient 
de cadcncia. M., de la Monnoye, ClojJ'aireJurfes 
Noels. 
QUANCHEU ou Quanccheu (on prononce qunnt- 
chcou.) QuANTUNc, ou Canton, Nom d'une des 
principales villes de la Chine. Quanchcum , Quan- 
tunia, Cantonia. Elle clt Capitale de la province de 
Quancung, ou Quanton , &c lituée lur la rivière de 
Ta, un peu au-dcllus de Ion embouchure, où elle a 
un bon port, fort Fréquenté par les Européens. Quan- 
cheu a quatorze autres villes dans (on territoire; on 
lui donne de circuit quatre lieues d'Allemagne, qui 
en font plus de hx d'une heure de chemin ; elle cit 
fortifiée & détendue par deux bonnes citadelles. Elle 
a foutenu un liège d'un an contre les ïartares, qui la 
prirent enfin par ftratagème l'an 1650. Maty. 
QUAND, adv. de temps. Lorique , dans le temps que , 
en quel tcBips. Cùm , quando j dum. Jesus-Christ 
n'a pas voulu dire à Tes Apôtres, quand \q monde 11 
niroit. Quand je fonge à la misère de l'homme. Quand 
viendra le temps que je louhaite r Quand lera-ce ? à 
quelle heure ? Quand je penfc que l'av.irice cfl: une 
paflîon générale. 
{iCT Quand, lorfque , fynonymes. Ce font deux mots , 
dit M. l'Abbé Girard , de l'ordre de ceux que la Gram- 
maire nomme conjonctions, établis pour marquer de 
certaines dépendances & circondances dans les évé- 
nemens qu'ils joignent ; mais quand paroïc plus pro- 
pre pou." marquer la circonftancc du temps; & lorf- 
que femble mieux convenir pour marquer celle de 
foccafion. Ainiî je dirois , Il tant travailler quand on 
eft jeuiie; il faut être docile lorfquon nous reprend .\ 
propos : on r.e laïc jamais tant de folies que quand on 
aime; on fe fait aimer lorfquon aime : le Chanoine 
va à l'Eglile quand la cloche l'avertit d'y aller; &: il 
iaic Ion devoir lorfqu'il aflilte aux Offices. 

Cette différence , quoique délicate , n'en elt pas 
moins réelle, & fi l'on veut fe la rendre plus fenlî- 
ble, il n'y a qu'à lubllituer, dans les exemples qu'on 
vient de donner, d'autres termes à la place de quand 
& de lorfque; & l'on verra que des exprelîîons qui 
ne marquent précifément que la circonftance du temps, 
telles que font celles-ci , dans le temps que , aux heu- 
res que ^ conviennent parfaitement à la place du mot 
quand j & qu'elles n'y changeroient rien au fens ; 
mais qu'elles ne conviendroient point à la place du 
vciQi lorfque y&c qu'elles y altéréroicni le fens. Au lieu que 
des exprelîîons qui marquent d'autres circonftances 
que celles du temps, y conviendroient bien à la pla- 
ce du mot lorfque :, 3c n'y conviendroient point à la 
place du mot quand. Car enfin dire qu'il faut travailler 
quand on eft jeune, c'eft dire qu'il faut travailler dans 
le temps, & non dans l'occafion de la jeunelle; mais 
dire qu'il faut être dociles lorfquon nous reprend à 
propos , c'eft dire qu'il faut l'être dans les occafions , 
6c non dans le temps où l'on nous reprend. De même 
en dilant qu'on ne fait jamais tant de folies que quand 
on aime , on veut dire que le temps où l'on eft amou- 
reux eft le temps où l'on fait le plus de folies , Si 
non pas que ce foit faire des folies que d'aimer ; 
mais en dilant qu'on fe fait aimer lorfqu'on aime, on 
veut diie qu'on fe fait aimer en aimant; il n'eft point 
alors queftion du temps où l'on fe fait aimer, mais 
de ce qui eft propre à faire aimer. Il eft auftî rrcs-clair 
dans le troilième exemple que quand lignifie que le 
Chanoine va à l'Eglife aux heures que la cloche l'v 
appelle ; & (\ut lorfque marque uniquement qu'il fait 
fon devoir en alîîftant aux offices, &non qu'il le rem- 
plit dans le temps qu'il y alfiftc ; car peut-être man- 
que-t il alors en n'y alfiftant pas comme il faut. 
^>~j Quand eft encore une elpèce de conjondtion qui 
fe met pour quoique, bien que. Quamvis , ctfî. 
Quand même, quandWitn même vous le voudriez, 
vous ne le pourriez pas. Quand cda. feroit ainfî » 
Tome Fil. 



QUA 7Î 

^J' Quelquefois quand a la même force qncfl. Quand 
voui auriez conlulté quelqu'un fur votre ouvrage, vous 
n'en auriez que mieux fait. 

I^CT Quand & Quand. Exprellîon triviale qui fignifie la 
même chofc qu'avec. Simul , unà. Il eft venu quand Se 
quand nous. Nohïfcum. 

QOaNDKOS. 1. m. Nom d'une pierre précicufe,de 
couleur blanche, qui le trouve, a ce qu'on prétend, 
dans le cerveau d'un Vautour. Elle palfe pour aug- 
m.-nter le lait : mais cette propriété patoit aufti fabu- 
Eulc que ion cxiftencc. 

QUANGCHING. Petite ville de la Chine dans la pro- 
vince de Xantun , au département de Tungthang , 
troifièmc Métropole de la province. 

QUANGCHANG. Ville de la Chine. Quangnanum. 
Elle eft dans la province dlunnan, aux confins du 
Royaume deTunquin, dont elle dépend depuis plu- 
fieurs années. Maty. 

QUANG PING, Ville de la Chine dans le Pekéli, dont 
elle eft la fixième Métropole. 

(C?" Il y a une autre ville de même nom, auflî dans le 
Pékéii, & dans le rellort de la ville de Quang-ping. 

QUANGSI. Nom d'une ville de la Chine, fituce dans 
la province dlunnan. Quangfia. Cette ville avec fon 
territoire, qui en renferme trois autres , appartient 
au Roi de Tunquin. Maty. 

QuANGsi, eft aufti le nom d'une province de la Chine ,' 
fituée encre celles de Quantung, d'Huquan, de Quei- 
cheu , dlunnan, & le Royaume de Tunquin. Quang- 
fia. Il y a dans cette province dix villes capitales d'au- 
tant de contrées, & foixante dix huit moindres. Quei- 
lin eft la capitale de toute la province ; les autres font 
Kingyvin, Pinglo, Guchcu , Sincheu, Nanning, Tai- 
ping, Suming, Chingan de, Tincheu. Ces cinq der- 
nières, avec les contrées qui en dépendent , apparrien- 
ncnt au Roi de Tunquin. Le Quaiiff eft la province 
où fe fait la belle porcelaine. La matière en eft une 
pierre molle &c blanche qu'on réduit en une pouffière 
extrêmement fine, & qu'on pétrit avec une eau fin- 
gulière, qui eft très-claire & très-nette. On fait les va- 
(es (ur la roue ; après qu'ils (ont féchés , on y applique 
les couleurs : cnluite on palle fur tout l'ouvrage deux 
ou trois couches d'une bouillie tics -fine, faite de la 
même matière que la porcelaine ; &c qui fervant de 
vernis , augmente la blancheur & l'éclat des vafes , 
qu'on bit enluite cuire à un feu très-lent , comme 
nos layances. Au refte, outre la porcelaine blanche, 
on en fait encore de jaune , dont perfonne n'a la 
liberté de fe lervir dans la Chine que l'Empereur feul ; 
delà grife, qui eft fouvent hachée d'une infinité de 
petites hgnes itrégulièrcs, qui fe croifentj comme fi 
le vale étoit par- tout fêlé. Eirfin on en fait dans la 
province de Fokien de noire, qui eft groflière , & 
qui ne vaut pas notre fayance. P. le Comte , Nouv. 
Mém. de la Chine. Voyer^ la lettre du P. d'Entrc- 
coUes. Dans les Lettres édifiances & curieufes. Rec, 
XII, p. 2s 3 & fuiv. On écrie aufli Kïajigfi le nom 
de cette province. 

QUANGSIN. /^qy. QuANSiNG. 

QUANGTE. Nom propre d'une cité de la Chine. 
Quangtum. Elle eft: allez grande , & aifez bien peuplée, 
& fituée dans la province de Nanking, environ à 27 
lieues de la ville de ce nom , vers le midi. 

QUANGTUNG, CANTON. Ce dernier eft le feul 
dont nous nous fervons en François. C'eft la dixième 
en ordre des provinces de la Chine , ic la plus conli- 
dérable de celles qui (ont vers le midi. Quantunia , 
Quantonica , Cantonia. Elle eft entre celles de Fo- 
kien , de Kiangfi , d'Huquang , de Quangfi, & le 
Royaume de Tunquin. Elle eft fort fertile & fort peu- 
plée , divilée en dix contrées, qui portent les noms 
de leurs Capitales , & qui ont fous leur juridiction 
foixantc-treize autres villes. Quangcheu ou Canton 
eft la Capitale de toute la province dans laquelle on 
renferme la petite ile &c la ville de Macao ou Ama- 
cao. Maty. 

QUANIE. f. f. Vieux mot. Deshabillé, chemife, habic 
de chambre. Borel. 



74 



QUA 



'?. 



Femme ejl plus coince , & plus mlgnoti 

En fa qnanie qu'en fa cotte ; 

La qnanie qui ejl blanche 

Senefie que douce & franche 

EJloit celle qui la vejloit. R. de ia Rose. 

QUANPING. Nom d'une ville de la Chine. Quanpin- 
ga. Elle ell dans la paitie méridionale de la piovmce 
de Ptking. Elle y tient le fixième rang, ik elle a huit 
autres villes dans fon territoire. Mat y. 
QUANQUAM. f. m. Terme de Collège, emprunté du 
Latin, & qui conferve la prononciation Latme, pour 
(îgnificr une harangue Latine faite en public, & pro- 
noncée d'ordinaire par un jeune écolier, à l'ouverture 
de certaines thèles de Théologie. Oratio. Cet enfant 
a bien prononcé Ion quanquam. On fait aulli des quan- 
quam à la rentrée des ClalTes. Le Régent de Troifième 
a fait un beau quanquam. Ce mot vient de la ptépo- 
fition Quanquam, qui lignifie. Quoique, parce que 
ces fortes de dilcours commencent fouveut par Quan- 
quam. 
QUANQUAN. f. m. ( prononcez Cancan ) Il n'a guère 
d'ufage que dans cette façon de parler proverbiale , 
faire un quanquan , un grand quanquan de quelque 
choie , pour dire , faire beaucoup de bruit, beaucoup 
d'éclat d'une choie qui n'en vaut pas la peine. Il lem- 
ble que ce mot ait été fait par allulion au quanquam, 
terme du Collège. Voy. Cancan. 
QUANQUE. Vieux mot. Tout ce que. Borel. Quid- 

quid. On difoit aulll , Quant que. 
QuANQUE. Vieux mot qui ilgnifioit autrefois. Autant 

que. BoREL. Quantum , tantum quantum. 
QUANQUEST. Vieux mot. Tout ce que. Borel. Quid 

quid. 
QUANSING.ouQUANGSIN. VilledelaChine. 
Quanjinga. Elle eft entre des montagnes fort hautes , 
à la lource de la rivière de Xangiao , dans la province 
de Kiangfî, dont elle efl: la troifième. On y fait le 
meilleur papier de la Chine , & elle a fcpt autres villes 
dans Ion territoire. Mat y. i 

QUANT. Prépofition. Quantum ad. Il fc met avec la 
particule à , & lignifie pour ce qui eft de. Quant à 
un tel article, je n'en dis rien. Quant à moi je fuis 
étonné. Quant au rcfte : efpèce de tranfition. L'Aca- 
démie admet cette prépofition fans rien prononcer 
deffus. On croit pourtant qu'elle n'eft plus du bel 
u(age,& que fi Malherbe vivoit aujourd'hui, il ne 
diroitpas. Quant à moi, je confulte avant que je 
m'engage. M. de Vaugelas permet, quant à nous , 
quant à vous, & condamne feulement, quant à moi : 
je luis plus lévère. Toutes ces façons de parler ont 
vieilli , &c ne font plus du bel ufage. On dit. Pour 
moi de qui le chant n'a rien de gracieux. Mén. 
•QUANT, pour, lynonymes. M. l'Abbé Girard regarde 
ces deux mots comme très- lynonymes : pour lui pa- 
roît cependant avoir meilleure grâce dans ledifcours, 
lorfqu'il s'agit de la perfonne ou de la chofe qui ré- 
git le verbe luivant ; &c quant lui paroît y mieux figu- 
rer lorfqu'il s'agit de ce qui eft régi par le verbe. D'a- 
près cette décifion, il faut dire, pour moi je ne me 
mcle d'aucune affaire étrangère ; quant à moi tout 
m'eft indifférent. 
§3" Quant, pour avec. Voye\ Quand -, c'eft ainfi qu'il 
faut écrire. Il eft venu quand ik quand nous, & non 
pas quant. 

On dit proverbialement, fe mettre fur le quant à 
moi; pour dire , faire l'entendu , faire le fier , le fuf- 
fifant. Sihi arrogare , fe fe jaclare. 
QUANTAL. /:"by. Cantal. 

QUANTES. adj. f. Ce mot ne fe dit qu'en cette phrafe. 
Toutes fois & quantes ; pour dire , toutes les fois que, 
autant de fois que. Toties quoties , quandocumque. 
Un Gardien établi par Juftice eft obligé de repréfen- 
ter le dépôt toutes fois & quantes qu'il lui eftordonné. 
Un Oliicier doit venir toutes fois &: quantes qu'un fu- 
périeur le mande. Il eft furanné, & admis feulement 
en ftyle de pratique. 
JOUANTES-FOIS. adv. Vieux mot qui fisnifioic corn- 



QUA 

h'ien de fois. Quoties. Il a néanmoins encore été em- 
ployé par Malherbe. 

QUANIIÈME. Adj. m. & f. fouvent employé fubf- 
tantivement. Il fe dit lorfqu'on interroge pour la- 
voir en quel ordre eft placée la choie dont on eft en 
peine. Quotus. La plupart des gens ne favent jamais 
le quantième du mois; on foulentend jour. Le quan- 
tième elt-il dans la clalle ; Quel quantième de la lune 
avons nous ? L'ulage a prévalu, pom quel quantième , 
en demandant le jour du mois, quoique M. IVlénage 
l'ait condamné. Corn. Au refte, il eft du dilcours fa- 
milier. 

|0° QUANTITÉ, f. f. Terme relatif à tout ce qui peut 
être mcluré ou nombre : ainfi c'eft en général tout ce qui 
peut être augmenté ou diminué ; tout ce qui , étant 
comparé avec une choie de même efpèce , peut être 
dit plus grand ou plus petit, égal ou inégal. Quan- 
titas. 

La quantité s'appelle difcrète , quand les parties 
n'en font point liées; comme le nombre : Se continue, 
quand elles font liées. Alors elle eft ou fuccejfive 
comme le temps; on permanente , qui eft l'étendue 
en longueur, largeur & profondeur. La longueur feule 
fait des lignes ; la longueur & la largeur font les fur- 
faces ou la fuperficie; la longueur, la largeur & la 
profondeur, font le folide. La quantité continue eft 
divifiblc à l'infini. La quantité continue eft l'objet de 
la Géométrie. L'Arithmétique a pour objet la quantité 
difcrète. 

La quantité comraenfurable & incommenfurable 
eft expliquée dans le^ixième Livre d'Euclide, & ci- 
defliis au mot Ligne. Quantitas commenfurahilis èf 
incommenfurahilis. Voye\ Commensurable & In- 
commensurable. 

Quantité, fignifie aulîî, abondance, multitude , grand 
nombre. Afjluentia , ahundantia , multitudo. Il faut 
faigner cet homme-là , fon fang ne pèche pas en qua- 
lité , mais en quantité. La quantité des viandes eft 
nuifible à l'eftomac. Il y aura quantité de vin cette 
année; pour dire, beaucoup. Il n'en faut prendre que 
jufqu'aune zzïlM\t quantité. Avoir une quantité à'o^ 
& d'argent monnoyé. Ablanc. Il ne faut pas toujours 
conhdérer la quantité , mais la qualité des choies. 

Quantité. Terme de Grammaire, eftlamefure desfyl- 
labes longues &: brèves qu'il faut obferver dans la 
prononciation ; ou la mefure de la durée du fon dans 
chaque lyllabe de ch.aque mot. Quantitas , fpatium 
temporis , velfyllabd. Defpautère a fait un Traité de 
la Profodie, ou de la quantité. Smèce a fait un Dic- 
tionnaire où eft marquée la quantité de chaque fyl- 
labe. Ce vers pèche contre la quantité. On a ellayé 
dans le fiècle palfé de fixer la quantité des mots fran- 
çois, pour faire des vers compofés de fyllabes longues 
& brèves , félon la méthode des Grecs & des Latins. Jo- 
delle en fit un effai , & Palquier après lui; mais fans 
fuccès. Palïerat & M. Rapin voulurent tenter la même 
choie , (Se ils échouèrent de même. Leurs vers hexa- 
mètres &c faphiques ne furent ni imités , ni approu- 
vés. La cadence des rimes a été préférée à celle des 
fyllabes longues , ou brèves. Pasq. Defportes a aulîî 
produit quelques elFais de vers conftruits de fyllabes 
longues & brèves: mais cette épreuve ne fervit qu'à 
faire l'entir que cette forte de mefure ne compatit point 
avec le génie de la langue trançoife. Pour la facilité de 
ces fortes de vers , il faut avoir la liberté de tranfpor- 
ter les mots dans l'arrangement le plus commode pour 
le Po'cte, & pouvoir faire précéder, ou fuivre le fubf- 
tnntiflelon le befoin du vers. Or la langue françoife 
ne permet point cette fituation aibitraire des mots. 
Le Cl. 

^fT Quantité d'une vropojltion. Terme de Logique- 
C'eft Ion uiiiverfalite, fa particularité & fa fingularité. 
Deux propcjfitions font oppolées en quantité , quand 
l'une eft univerfelle , & l'autre particulière. 

ifT En Phyhquc on appelle quantité de mouvement la. 
force du corps , c'eft- à-dire , le produit de fa mafTe par 
la vîtelle. Ainfi un corps deux fois aufîi grand qu'un 
autre , mu avec la même vîtefTe , aura une fois plus 
1 de mouvement que le plus petit ; & li la vîtefîe eft 



QUA 



QUA 



7? 



double comme la mafiTc , la quantité de mouvement 

fera quadiop'^- 

^fj Quelques Philorophcs prctendent que la (juarititc 
de mouvement eft toujours la même dans l'Univers ; 
que le mouvement que Ditu a créé au commence- 
ment du monde cil toujours le même, (ans au;^men- 
tanoniii dmimucicn,& qu'il ne tait que palier d'un 
corps dans un autre. Il huidroit pour cela qu'il n'y 
eût point de mouvement perdu dans la collilion des 
corps: ce qui elt évidemment contrane à toutes les 
règles du mouvement , & aux principes de la laine Phi- 
lofophic, qui nous apprend que des forces contraires 
le dctiuilcnt. 

gCr La quantité de matière dans un corps cille produit 
de la denlitc par l'on vjlume. Foyci Densité & Vo- 
lume. Si un corps eft une fois plus dente qu'un au- 
tre & occupe une fois plus d'elpace, la quantité ào: 
matière fera quatre fois plus gr.mdc. F'oye-^ encore 
Masse cS: Poids. 

||CJ" On appelle quantités algébriques, des nombres in- 
déterminés, le fujet de l'Algèbre qui roule lur leur 
cakul. Ces quantités font marquées par les lettres de 
l'alphabet : les quantités connues pat les premières let- 
tres, & les inconnues par les dernières. 

ÇCT On appelle quantités pofitives , celles qui lont au- 
delfus du zéro , qui lont précédées ou que l'on fup- 
polc précédées du figne plus, figuré ainlî , -h : & quan- 
tités négatives , celles qui lont regardées comme moin- 
dres que rien, & qui lont précédées du ligne moins, 

figuré ainli a -f- h. voilà deux quantiti:s politi- 

ves. a b, voilà une quantité •poiiûvc &: une né- 
gative. 

QUANTO. f. m. Nom d'une des cinq grandes contrées 
de l'île de Niplion. Quantoa. Elle ell bornée au cou- 
chant par Jetlegen ; &r au levant par l'Ochio -, la mer 
la baigne au nord & au fud. On y met neuf Royau- 
mes , qui apparemment n'ont pas une fort grande éten- 
due. M AT Y. 

QUANTUNG. f. m. Nom d'une rivière de la grande 
Tartarie. Quantung^us fluvius. Elle coule du couchant 
au levant dans le Royaume de Niuche,au nord de la 
grande muraille de la Chine , & le décharge dans l'o- 
céan oriental, aux confins de l'Iupi. M. 'V^itfen donne 
encore à cette rivière le nom àz Schingal ; & il y met 
la ville deSchingal vers fa lource, qu'il met au nord 
du délert de Xamo. Au relie , quelques Géographes 
prement cette rivière pour celle que les Anciens ap- 
peloient Bantijus ou BautiJJus ; mais cela n'eft pas 
fort certain. Maty. 

QUAOQUE. f. m. Sorte d'arbre des Indes occidentales, 
qui le trouve dans le nouveau Royaume de Grenade. 
Quaoqua arl-or. Il porte un Irruit tort bon à manger , 
de la grolfeur d'un œuf d'oie. 

QU'A QU'IL. Vieille phrafe. Tout ce qu'il. Borhl. 
Quidiiuid. 

QUAPATLL f m. Arbre de la nouvelle Efpagne qui a 
cela de particulier, qu'on y trouve une efpèce de vers 
velus & rudes , de couleur rouge , longs de deux pou- 
ces, & gros commeun tuyau d'orge. QujpatUcana ar- 
bor. Les S.auvages les font cuire dans de l'eau jufqu'à 
ce qu'ils loientconfumés, & que toute la grailfenage 
delfus. Ils la recueillent , & s'en fervent a plufieurs 
ulages. Elle appaife toutes les douleurs , en quelque 
partie que ce foit du corps, relâche les nerfs retirés , 
réfoud les humeiirs , & étant mêlée avec de la téré- 
benthine & du fuc de tabac , elle eft fort bonne con- 
tre les hernies. 

QUAQUA. Ç. m. pi. Les HoUandois ont donné ce nom 
à quelques peuples d'Afrique en Guinée. Ils habitent 
le pays d'Adow , & font fournis au Roi de Sacoo. 

QUAQUERISME. Foy. Quakerisme. 

QUAR. Vieille conjonClion. Car. FiUehard. Bouillus , 
Phillippes Mousk. 

Quar il ejioit Marefcaux , 

•£'■ iufa^e:, preux ^ & loyaux. Borel. 

QUAR. Vieux f m. qui fe difoit .autrefois pour char , 
chariot. Perce val. Borel. Currus. 
. QUARANTAINE, f f. Nombre de quarante. Quadra- 
Totnc FIL 



draglnta. Il veut avoir une quarantaine d'éci'.S pourfon 
pot de vin. Cette femme a bien une quaran'aim: d'an- 
nées , elle a atteint la quarantaine. Style fa.-.iilier. Dans 
lesaftichesdes deciets,il faut quarantaine. Quadraj^in- 
ta dierumfpatium. Et l'intervalle de celui quinzaine. 

^CJ" L'opulente quarantaine. Cent mille écus répandus 
à propos lui procurèrent l'honneur d'ècre agrégé à l'o- 
pulente quarantaine. Les mŒurs. L'Auteur dclîgne 
les fermiers Généraux qui n'étoient alors que 40. Le 
ma! a bien augmenté depuis ce temps la. 

On appelle particulièrement la ^«tfn.-«/-a//zc j le Ca- 
rême compolé de quarante jours , pendant lefqucls lE- 
glile commande de jeûner. Quadraginta. dicrum jeju- 
nium. Il a eu bien de la peine à frire la quarantaine , 
à jeûner julqu'à Pâques. Pour de certains péchés on 
impofoit autrefois le jeûne de trois quarantaines. 

La quarantaine-\c-Ko\ lont les trêves de quarante 
jours oidonnées par S. Louis , pendant lefquelles il 
étoit défendu de le venger des parcns Garnis de ceux 
qui s'étoient entrebattus , blellés ou utfcnlés de fait 
ou de paroles. Dé Lauriere. 

Quarantaine, fc ditaulll du féjourde quarante jourî 
cu't n fait taire aux gens qui viennent des lieux pclli- 
féréSjOU foupçonnéî de contagion, avant que d'être 
re^'usdans d'autres villes, pour favcir s'ils n'apportent 
point avec eux quelque mauvais air. Per dies quadru- 
ginta ab urbeftvaratio. 

00° Autrefois les vailleaux demeuroient pendant 40 
jours dans cet arrêt. Il retient encore le même nom , 
quoique ce terme foit plus court. l'État a ordonné une 
quarantaine de 21 jours pour tous les batimens qui 
viendront delà Méditerranée, &c. Style de Gazettes. 

Quarantaine , en termes de Marine , cil une petite 
corde qui lert à racommoder les autres. Elle eft de la 
grolîeur du petit doigt. On l'appelle aullî quarante- 
nicr. Punis quadragenarius. Ce menu cordage eft for- 
mé de lix,neuf , tic jufqu'à 18 fils. 

QUARANTAINS. Teime de Manufiûure de Drape- 
rie qui fc dit particulièrement en Languedoc , en 
Dauphiné &c en Provence, des draps de laine dont la 
chaîne eft compoiée de quarante fois cent fils , qui 
font en tout quatre mille fils. 

Q'UARANTE. adj. Terme numéral , compofé de qu.a- 
tre dixaines. Q^aadragenarius numerus. Moyfe , Elie& 
J.Ésus-Christ ont fait des jeûnes de quarante jours. 
Les Evêques qui officient , donnent quarante jours 
d'indulgences. Dans le Jubilé , dans les calamités pu- 
bliques on fait des prières de quarante heures devant 
le laint Sacrement. S. Paul dit avoir reçu des Juifs par 
cinq fois quarante coups moins un. ffT Moyfe avoir 
ordonné que dans la punition des crimes le nombre des 
coups de fouet ne palferoit jamais celui de quarante. 
Pour le conformer à cette loi , les Juifs ordonnoient 
trente-neuf coups de fouet pour les fautes les plus gra- 
ves. 

Les Prières de quarante heures. Le fervice fut an- 
noncé dès quatre heures du matin à la Cathédrale de 
Meaux , où il continua julqu'au lendemain lundi , 
huit heures du foir lans interruption. A pareille heure 
du même jour les prières commencèrent dans l'Eghle 
Abbatiale de Chage, & durèrent julqu'au mercredi 
midi. Alors les Cordeliers reprirent , & laclc)ture le fit 
dans leur Egliie le vendredi à quatre heures du matin. 
Telles étoient alors les Prières de quarante heures , 
dont on a depuis abrégé le fervice Se la fatigue. Hijl. 
del'Egl. de Meaux. T. I,p. }Si. 

tÇI" Quarante-cinq. Terme de jeu de paume , qui li- 
gnifie les trois quarts d un jeu. 

*j Avoir quarante-cinq fur la partie, donner, pou- 
voir donnet quarante-cinq Se bi/'quek quelqu'un, mé- 
taphores tirées du jeu de paume , employées dans le 
difcouis familier, pour marquer qu'on a de grands 
avantages dans une affaire , oii l'on eft prefque allure 
de réullir, ou lur quelqu'un que l'on lurpalle en ha- 
bileté. 

ri^ Il y a aulîl un jeu de cartes aftez connu qu'on ap- 
pelle le trente & quarante. 

(cr QUARANTENIER. Terme de Marine. Foy.QvM 

RANTA1NE. 

Kij 



n^ 



QUA 



QUA 



QUARANTÎE. f. f. Ce mot fe dit en parlant de la Ré- 
publique de Vemfe, &: iignifîe Coût compolé.dc qua- 
rante jours, Cxtus , caiTLira , curïa quadragima Judi- 
cum. Il y a la Quarantu Civile-vieille, la Quaraatie 
'Civile nouvelle , i^ la Quarande Criminelle. La Qua- 
rancu Ciiniinelle juge de tous Jes crimes, excepté les 
crimes d Etat , qui lont de la compétence du Conicil 
^es Dix. La Quarancie Civile- nouvelle, connolt des 
appels , des Sentences tendues par les Juges de dehors. 
La Quarande Civile -vieile connoît des appellations 
des Sentences rendues par les Subalternes de la ville. 
Idem. 

fiCT A Venifelc grand Confeil a lalégiflation, le préga- 
dis, l'exécution , Se les Quarandcs le pouvoir de ju- 
ger. 'MoNTESQ. 

QUARANTIiiME.adj.de t. g.Nombie A'oïÀ^e.Quadra- 
gejlmus. La place oii le trouveroit la dernière des qua- 
rante unités, il elles écoicnt arrangées pat ordre. On 
ne juge desblerturesdangerculesqu'ona reçues, qu'a- 
près le quarandéme jour. 

UCT Ce mot le dit aulli de la partie aliquote d'un tout 
qui a quarante parties égales. La quarandéme partie 
d'un tout. Pars quadragefima. 

§Cr D.ins ce lens on ledit fubftantivcment. J'ai un qua- 
rantième dans cette entreprile , j'y luis intérelfé pour 
une quarandéme portion. En Arithmétique un <;/wrij«- 
ûeme s'écrit ainfi ^ , deux & trois quarandèmesdcc. 
XS>^. Un quarante-unième , un quarante-deuxième j 

Quarantième, f. m. Droits de fermes. C'elT; un devoir 
ou droit qui Te levé à Nantes & dans toute ia Prévô- 
té , fur les marchanJiles qui palFent devant S. Na- 
zaire, & en montant de la mer à Nantes, ou en del- 
cendant de Nantes à la mer. Ce droit revient à lix de- 
niers par livres du prix de la marchandile. Il eft au 
choix du Fermier de la prendre en marchandile ou en 
argent. 

QUARDERONNER.v.a.TeimedeCharpenterie.C'eft 
rabattre les arrêtes d'une poutte, d'une folive , d'une 
porte , &c. en y poullant un quart-de-rond entre deux 
filets. Davil. 

^ QUARDERONNÉ, ÉE. part. Poutre Quarderon- 
ne'e, c'eft une poutre lut les arrêtes de laquelle on a 
pouffé quelque moulure entre deux filets; ce qui fe 
fait moins pour l'ornement, que pour citer leflâfhe. 

QUAREÏ TE. f. m. Vieux mot. Charette. Perceval. Bo- 
REL. Plaujîrum. 

QUARÈME. /^'(lytr^CARÊME.On écritainfi depuis long- 
temps. Quadrageflma. 

QUAROLE. f. f. Vieux mot. Danfe. Perceval. Borel. 
Sahatio. 

QUAllRE. Foyei Garre. 

QUAiRRÉ. Voye:{ Carré. Orthographe que fuit l'Aca- 
démie. 

QUARREAU. Foyci Carreau. 

QUARREFOUR. /'oje:^ Carrefour. 

QUARREL. Vieux f. m. Carreau ou liège. Roman de 
LA Rose. 

Neis quand fe vouldra foer , 
Aprcjlei il quarel oufclle. Borel. 

QUARREL. Pierre, pierre de taille. Vieux mot. 

Et clofe erout de haut mur y 
Dont II quarel ejloient dur. 

D'où vient un cairou. Borel. Voye\ Carreau. 

QuARREL. Quarrellus. C'étoit une pierre ou boulet , 
que les Anciens lançoient avec la balifte. Quarfel li- 
gnifie carreau , coup de foudre. GtossAiKEdes Poèf es 
de Thibault. 

QUARRELET, QUARELLURE, &c. Foye^ Carre- 
let , Carrelure, &c. 

QUARRÉMENT. adv. Fo\e^ Carrément. 

QUARRER. Foyei Carrer. 

QU ARRETE. Vieux mot. Charette. En Languedocien, 
un mafque. Borel. 

QUARRURE. Foye^ Carrure. 



QUARS. Vieux nom de nombre. Quatrième. De-là on a 
du quarçon pour garçon. Et de même on difoit gars , 
çom quar s y c\m a. 14 ans. Borel. 
QUART. 1. m. La quatrième partie d'un tout. Qua- 
drans, vel quartapars. Un ç^<jrr d'heure. Cette hor- 
loge lonne les quarts. Trois aunes & un quart. Quart 
de louis. Cette luccellîon s'ell partagée par quart ; il 
en a ie quart. Il a Ion quart en cette atFaire. Leur dif- 
férent n'eft plus que du tiers au quart. Ils font leur 
contrat d'allociation , tous y entreiit chacun pour fon 
quart. Pat. 
ifj" Dans les ftaftions un quart fe marque par \, tiois 

quarts par \ 
Quart, le dit aulli d'une mefure qui contient le quart 
d une plus grande, àla.]uclleil ell relatif. Quadransj 
qi.artanus. \Jn quart de navets, ell: juilemcnt leçz/arr 
du boilleau. La rneline du quart , par la dernière Or- 
donnance de 1669, doit être haute de 4 poUc:cs 9 lig- 
nes, & de diamètre de 6 pouces 9 lignes. Il a fait 
mettre tout fon vin en quart, c'e/l-à-dire, en petites 
futailles qui contiennent le quart d'un tonneau, ou 
à-peu-près un demi muid. On l'appelle aullî un quar- 
taut. 

En termes de Finances, on appelle quart en fus y 
une augmentation d'une lomme de fon quart , une 
augmentation du quart de la lomme qui le paye avec 
d<. outre la fomme même. Quarto pars fupra totum, 
La Paulette fe payoit autrefois lur l'ancienne évalua- 
tion des Offices , à railon du foixanticme denier, & 
du quart en fus. Les luus ont augmenté parleui mar- 
que du quart en fus , ont valu quinze deniers, au liea 
de douze. C'eft la même chofe que ce qu'on dit en 
Ptatique , le parifis ou la crue. 
Quart d'Écu, terme de monnoie. Efl: une monnoie 
d'argent du poids de 7 deniers, 13 grains au titre de 
1 1 deniers , qu'on a commencé à battre lous Henri III. 
en ij8o. Quarta pars nummi. lia valu d'abord ly 
fous , &c puis 1 6 & alors on appeloit e'cus-quarts, ceux 
qui étoient payés en ces quatre pièces valant 64 fous. 
On paye encore les épices en écus-quarts ., quoiqu'il 
n'y ait plus de cette monnoie; c'eft-â-dire, de valeur 
de 64 tous. 
Quarts , dans le commerce, fe dit de certaines caifTes 
de fapin plus longues que larges, dans lelquelles 01» 
envoie de Provence des railms en grappes, que l'or» 
nomme Railins aux Jubis. 
^CTQLIART, entérines de mâtine. C'eftle temps qu'ttno 
partie de l'équipage d'un vailleau doit veiller pour 
faire le fcrvice , tandis que le refte dort. On dit aulTi 
le ^z/^rr pendant le jour. C'eft: toujoursle temps qu'une 
partie de l'équipage ell à faire une certaine- foncflioii 
que tous doivent faire tour à tour , chacim dans fort 
emploi , foit pour la dcfenle du vaiireau , loit pour 1© 
matelotage. Excuhias agere. On dit qu'on fait bon 
quart, quand on fait bonne lentinelle. Le quart en 
France eft de trois heures & demie , en Angleterre de 
quatte, ôc en Turquie de cinq. 
Quart de vent, ou Quart de ruaib. Terme de Mer. 
Fenti quadrans. C'ell une aire de vent léparée d'une 
autre aire pat un arc de 1 1 degrés i 5 minutes ; ou c'eft 
la quatrième partie de la diflance qui eft entre deux des 
huit vents principaux. 
Quart de rond. Sorte de membte d'Architeélure. To- 
reuma hemicycllcum. M. Perrault dit qu'on l'appelle 
aullî ceufy ou échiné , qui en Grec lignifie hérillon, parce 
que ce membre taillé en iculptuie relFemble à la châ- 
taigne à demi renfermée dans fon écorce piquante, 
dont la figure approche du hérilTon. Les Ouvriers 
appellent généralement ainli toute moulure, dont le 
contour eft un cercle parfait ou approchant de cette fi- 
gure, & que les Aichiteéles nomment Ove. Daviler. 
En termes de Guerre, on appelle un quart de rang, ou 
quart de converlîon , un mouvement qu'on fait faire 
aux foldats pendant l'exercice pour changer la face 
d'un bataillon , à qui on a tait faire un quart de cercle. 
Motus converfonis. Dé filet par quarts de rangs. 
IJC? Comme la troupe décrit un quart de cercle autour 
du chef de file de la gauche ou de la droite qui lui lert 
de centre, il eft évident que , fi elle faifoit face à l'orieni 



QUA 

avant l'éxecution de ce mouvement, elle doit faite 
face au nord ou au midi , après l'avoir exécuté. 

I:ntcrnici de manège , on dit, travailler de quart en 
quart, quand un conduit un cheval trois fois de (uite 
fur chaque hyne du carré qu'on fe figure autour du 
pilier, & qu'un en fait autant (ur les autres litjnci. 
A"crc per quadrantem j vcl circum a.^cre. 

\\-\ Géométrie,on appelle un quart de noninte.ou un 
quart de cercle, un inlhument qui ferr à prendre les an- 
gles (Si les élévations , tant fur terre que fur mer , qui 
ne; confillc qu'en un quart de ceicle divité eu 90 de- 
grés, & garni de fcs pmnulcs & dejbn alidade. Quart a 
pars circuit dijlributa in dccadcs feu gradus, quadrans 
nonaginta graduum. C'eit la quatrième partie de la 
circonférence d'un cercle qui contient 90 degrés qui 
font l'ouverture de l'angle droit. On appelle propre- 
ment quart de cercle, ou quart de nonante, l'inf- 
trument fur lequel l'ont divifés ces 90 degrés, & par 
le moyen duquel on peur rapporter fur le papier, tout 
angle plus ferré que le droit. Daviler. 

En termes de Généalogie , ou dit quart-ayeul, pour 
délîgner celui qui eft quatre foisgrand-pere. C'eftfon 
^«art-^j du/ paternel, maternel. Quart av us. 
Quart de papier. Terme de gens qui marquent le pa- 
pier. C'eflla moitié d'une demi-feuille. Quadrans. On 
paye fix deniers pour chaque quart de petit papier. 

En termes deChairc,on appelle levraut de trois quarts, 
ou levraut tcois-quarts , un levraut qui eftprefque par- 
venu à la grandeur d'un lièvre. Lepujculus tertiarius. 
Quart de Bailliage. Terme de Coutume. C'ell: un 
droic dû au Seigneur deChazeron en la terre de Pauzac 
en Auvergne par ceux qui font feu S<. réiidence en la 
Seigneurie. Galland. 
Quart de denier. C'eft le quart du quart, c'eft-à-dire, 
la huitième partie du prix d'un Office. Il le paye aux 
Parties cafuelles, comme un droit de mutation, dans 
lequel le Pioi eft le Seigneur, & celui qui fucccde à 
l'Office, le Vairal. Dict. de Droit. 
fCF Quart de Soupir , en Mulique. C'eft une "Valeur 
de lilence , qui lignifie la quatrième partie d'un fou- 
pir, l'équivalent d'une double croche. 
Quart, le dit proverbialement en ces phrafes. Il n'a 
pas un quart d'écu. Ne ajfem quidcm habet , ne terun- 
CLum quidem. Ou il a bien des quarts d'écus ; Habet 
multos nummos ; pour dire, il eft bien pauvre, ou il 
eft bien riche, il donne au tiers & au quart ; pour dire, 
à tout le monde-, à toutes fortes de perlonncs. Médire 
du tiers & da quart. 
Quart d'heure, f. m. C'eft la quatrième partie 
d'une heure. On dit qu on a pallé un mauvais quart 
d'heure-, lorfqu'on a éprouvé quelque choie de fâcheux. 
QuAs.T d'heure de Rabelais: C'eft-à-dire, mauvais 
m jmens à paiFer, femblablesà ceux où le trouvoit Ra- 
belais, quand il falloit compter dans les hôtelleries, 
& qu'il n'avoir pas de quoi payer ta dépenfe. f^oyez à 
la fin des particularités de la vie , au-devant de les 
Œuvres , le plaifant ftratagême dont il s'avifa un jour 
àLyon, pour fe faire conduire de-là à Paris, fans qu'il 
lui en coûtât rien, n'ayant plus du tout d'argent pour 
achever fou voyage. Aptes avoir payé certaine fomme 
une fois pout tout, on eft exempt de ce defagréable 
quart d'heure de Rabelais, & on a le plaifir de fortir 
du cabaret fans compter avec l'hôte. Lettres de Ma- 
dame du Noyer, T.II.p.226. L'idée de la mort nous 
annonce un quart d'heure, qui eft pour tout le monde, 
le quart d'heure de Rabelais. Le Petit Père André de 
retour de l'autre monde, \-j\6.pag. 12. 
DEMI- QUART. La moitié d'un quart. Lever douze 
aunes demi-quart d'étoffe , douze aunes d'étoffes & de- 
mi-quart. AcAD. Fr. 
QUART, TE. adj. Quatrième. Il n'a guère d'ufage qu'en 
ces phrafes de Finance, quart denier; Quarta pars de- 
narii. Et de Chaffe : Ce finglicr eft à fon quart d'an. 

On appelle fièvre quarte, une fièvre qu'on a tous les 
quatre jours, qui ne lailTc que deux jours francs; double 
quarte , qui revient deux fois dans ces quatre jours , 
qui n'en lailTe qu'un de franc. Febris quartana. 'Voyez 

FlÉVRE. 

QUARTAINE.adj.f.Epithète de la fièvre quarte. Quar- 



QUA 



77 



taria. On ne s'en fcrt guère qu'en ces phrafes populaires,: 
Vos fièvres quart ai nés, quand on fait quelque impré- 
catiori contre quelqu'un. Quand on ne joucroit que 
des fièvres quartaincs, chacun veut gagner. 
QUARTAIRE. f. m. Nom d'une ancienne monnoie des 
Romains. Quartarius. Le quart, dre étoit le quart du 
denier d'or. Voye^ Lampridius dans Sévère , C. 3 9. 
Quart AiRi./'^oyc^r Quarte. 

QUARTAL. 1. m. Sorte de mcfure de grains en ufage en 
quelques lieux de Ftance, particulièrement dans le pays 
de Brcllc, ik. àBcaurcpairc en Dauphiné. 
QUARTAN. f m. Terme de Vénerie. On dit langliet 
dins Ion quartan: c'eft lorfqu'il a quatre ans. Qua- 
drimus. 
QUARTANIER. f. m. C'eft ainfi qu'on appelle en ter- 
mes de Challe unfanglier dequatie ans. La même chofc 
que quartan. 
QUART AS. 1. m. Petite monnoie de cuivre dont on fe 
krt en Elpagne dans les payemens de peu de confé- 
quence. 
Cp-QUARTATION. f. f Terme de Métallurgie. C'eft 

la même choie qu'inquatt. Foy. ce mot. 
QU ARTAUT. 1. m. ( Prononcez Canot. ) Petite pièce de 
vin qui contient le quart d un tonneau , ou prelque un 
demi-muid. Quarta pars dolii , vel quartarius dolû. 
Us lont de diftércntes capacités, félon la diverlité des 
lieux. Chez les Allemands, le niuid n'a que quatre 
quartauts , îk chez les Angloisilena 32. 

C'eftaullîla melure de continence dont onfe fertcn 
Bretagne, particulièrement à Nantes pour mefurer les 
fels. Cinquante-deux quartauts Nantois font le muid 
de fel à Nantes. 
QUARTE, l.f. Mefure de chofes liquides , qu'on appelle 
en beaucoup d'endroits unpot. Se qui tient deux pintes. 
Quartarius. L'héminc tenoit deux quartes ik deux de 
ces petites melures que l'on nommoiiacetabula. Voyez 
Gregorius de Séipihus Muf. Colleg. Rom. Soc. Jefu, 
p. 22. En 1536. le Parlement d'Angleterre fixa le prix 
des vins de France & d'Elpagne, les premiers à deux 
lous \ii quarte, &c les autres a trois. Larrev. 

C'eft aulliune forte de melure de grains, particuliè- 
rement en ufage à Briare; elle approche alfez du boiffeau 
de Paris; car les onze quartes de Briare font un letiec 
de Paris qui eft compulé de douze boilfcaux. 
Quarte, en termes de MuliquCj eft un intervalle de 
deux tons & demi,foit en montant, loit en defcendant. 
Elle eft compolée de trois degrés diatoniques , ou de 
quatre ions, d'où lui vient fon nom. Diatejfaron. 
L'oâave eft coinpofée d'une quinte & d'une quarte. 
La quarte confifte dans le mélange de deux fons, donc 
la railon eft de 4 à 3. La quarte lupcrHue eft un faux 
accord ou dilfonancej qui eft compolée de la laifon 
de 27 à 20, & de 4 à 5. Toute l'antiquité a parlé de la 
quarte , comme de la première des conlonances, & ce- 
pendant on la tient maintenant pour la plus imparfaite. 
La quarte eft fi ftérile, qu'elle n'engendre rien de bon, 
ni par la multiplication, ni par la divilion : mais elle 
tient le quatrième rang entre les fimples conlonances. 
Quarte Canonique^, ou funéraire, eft en termes ds 
Jurifprudcnce, ce qui eft dû au Curé, quand fon Pa- 
roilllen meurt fur fa Parollfe , Ik fe fait enterrer ailleurs. 
Dict. de Droit. Quarta Canonica. 
Quarte Falcidie, en termes de Jurilprudence, eft paf 
une Loi Romaine le quart des biens que l'héritier pou- 
voir retenir, nonobftant les dilpofitions teftamentaires. 
C'eft une efpèce de légitime pour les préiomptits hé- 
ritiers. Dict. de Droit. On dit aulli Quarte Falcf- 
dienne. Voyez l'article luivant. 
Quarte TrÉeellienne, plus communément. Quarte 
Trébellianique ; en termes de Jurifprudcnce, c'eIt la 
quatrième partie d'une fuccelîîon qu'un héritier inftituc 
retenoit pardevers lui , quand il étoit chargé d'un fidéi- 
commis, qui l'obligeoit à remettre l'hérédité entre les 
mains d'un autre. Quarta Trebelliana. La Quarte 
Falcidie , ou Falcidienne falloir le même retranche- 
ment à l'égard des legs, par lelquels le Tcftateur avoir 
cpuifé la fuccertion. C'eft pourquoi on les confond 
l'une dans l'autre dans les Loix. Le fidéicommis & Icy 



78 QU^ 

legs étant prefque la même cliofe à l'égard de l'héntler. 
f'oye^ Falcidie, ik Trébellianique. 

Quarte, f.f. Carre. C'eftaiiifi qu'on écrit maintenant. 
f'oye:( ce mor. 

iÇT Q U ARTE , rerme dajeu de piquet. C'eft ainfi qu'on 
■appeloit autrefois quatre cartes de mcme couleur qu! 
fe fuivent. Quarte major. As, Roi, Dame & Valet. 
Quartes AM Roi, Roi, Dame, valet & dix. Sec. Quartes 
balle, dix, neuf, huit & fept. On dit aujoiirdhui qua- 
trième. Quatrième major, quatrième au Roi , à la 
Dame, au Valet, quatrième Balle. 

Quarte. Terme de Géographie & d'Aftronomie. C'eft 
la quatrième partie de l'hémifphère divilé par le mé- 
ridien. Quatuor hemlfpherli partes dlvlfji. La quarte 
feptentrionale orientale, c'eft la partie qui eft entre le 
leptentrion & l'orient; la quarte méridionale orientale^ 
eft celle qui eft entre l'orient & le midi, &c. 

■Quarte, en termes d'efcrime, fe dit d'une manière de 
ié mettre en garde, d'alonger ou de porter les bottes, 
en tournant le poignet en dehors. Manùs Interlorjle- 
xio. Porter de tierce en quarte. Voyez Gar.de. 

On appelle aullî t\\^A{ox\,quartc-feulUe, une fleur 
qui a quatre feuilles. Tetrafolium. On appelle quelque- 
fois, quatrefeudle douhle , celle qui a huit feuilles. 

QUARTELAGE. f.m. Nom d'un droit injulle, en veitu 
duquel les Seigneurs voloient ou ulurpoicnt la qua- 
trième paitie des blés ou des vins recueillis par leurs 
habitans. Quartclagium. Voyez Du Cange à ce mot, 
&M. deLAURiÉRE, GloJ]. 

QUARTEMENT. adv. Vieux mot. Quatrièmement, en 
quatric-me lieu. 

QUAKThN. Nom propre d'un Bourg avec Bailliage. 
Quartena. Il eft dans la Suiire, près du lac de Vallenftat, 
à deux lieues de Glatis, vers le levant. Le Bailliage de 
Ç^ucrten n'eft pas fort grand, iSc il appartient en com- 
mun aux Cantons de Claris &: deSuitz. Matv. 

QU ARTENIER, ou Qu artinier. f. m. Ofticiet de ville, 
qui a un cettain quartier de la ville alîîgné , où il fait 
exécuter les ordonnances <:<c les mandemens de la Ville. 
11 a fous lui deiixCinquanteniers, & 4 Dixainiers. Ur- 
bicx re^lonls Trihunus, ficarlus^Prsfeclus. L'Office 
de Quartenier e&ivae. voie sûre pour parvenir àl'Eche- 
vinage. 

fer Ce nom vient de quartier, parcequ'anciennement la 
ville de Patis étoit divifée en quatte parties ou quartiers : 
& quoique le nombre des quartieis ait été augmenté 
tlepuisj on a confervé le nom de quartinier au quar- 
lemer à chaque OfHcier prépoté pour avoir loin de 
chaque quartier. 

A chacun le fien c'eft jujiice .* 

A Paris fei^e Quaiteniers : 

A Montfaucûnfeqe piliers j 

C'ejl à chacun fon bénéfice. Sat.MÉnippÉe. 

On appelle fur la mz'i Quart enlers , ou Maîtres de 
quartiet,uuCompagnons de quartier,les quatreCfticiers 
qui commaiident tour à tout à ceux qui font le quatt, 
comme les Caporaux dans un corps de garde. Quater- 
narÏL magifiri^ vel quaterniones. 

Quarter, enfermes d'efcrime, c'eft ôteifon corps hors 
de la ligne; ce qui fe fait en pirouettant ou tournant le 
corps comme fur un pivot , pour fe défendre des pâlies. 
Corpus fleclere. 

QUARTERON. 1. m. Compte qui fait le quart d'un cent. 
flginti quinque, vel centenarïi quadrans. Quanarlum. 
Un quarteron d'abiicots, de poires, eft compofé de 16, 
lavoir, de 1| qui eft le quatt d'un cent, &c d'un qu'on 
donne par-deifus. Demi-quarteron, c'eft tteize,dont 
le treizième eft compté poui le pardeilus. Un quar- 
teron d'épingles. 

QuARTrRON, (e dit aulll des poids, & lignifie le quart 
d'une livre. Quarta pars. Un quarteron d'épices, de ce- 
riles, de homage. Chez les Batteurs d'or on appelle 
aullî quarteron d'or un livret qui contient 15 feuilles 
d'or ou d'argent battu. Vicenâ, auri hracleoU. Voyez le 
Dii^. de Commerce. 

Du Cange dérive ce mot de quartaronum , ou cartaro- 
num , qu'on .a dit dans le mcmç fens dans la balfe La- 
tinité. 



QUA 



1 



dz mot fe dit encore d'une mefure qui tient le quart du 
boilFcau. Dans quelques endroits on nomme cette me- 
liue le quart, mais dans d'autres on Ait quarteron. Il y 
a des endroits en Noimandie où le boilLeau de blé pelc 
julqu'à cent vingt livics, \zquarteron en pcfe trente. Les 
pauvres gens y achettent le blé au quarteron, 6c non au - 
boilleau, ni à la lomme. ■ 

On dit proverbialement d'une chofe qu'on eftimc, 
qu'on ménage , qu'il n'y en a pas trois douzaines au 
quarteron. Surit magnipretû. 

Quarteron. Dans la Couru.me de Poitou, c'eft la 
gagncried'un bœuf. /^qy.BESLY, Hifi. des Comtes de 
Poitou, p. i'. & p. I yo. 

Demi-quarteron, f. m. La moitié du poids d'un quar- 
teron. Il lignifie aullî la moitié d'un quarteron dans les 
choies qui le vendent au poids ou pat compte. Acad. 
Franc. 

QU A RTERONÉ. f m. & f. Terme de Relation. 
C'eft le nom que l'on donne au Pérou a un enfant né 
d'un Elpagnol & d'une Metice ou Mulâtre. Les Quar- 
teronés (ont petit- fils d'un Elpagnol & d une Indienne 
du Pérou , ou d'une NégrelFe. - 

QUARTIER, f. m. Une partie d'un tout divifé en quatre, m 
Quarta pars. Un quartier d'agneau , de bœuf, de mou- 1 
ton. Le quartier de devant, le quartier de derrière. ■ 

Quartier, en termes de marchandifes de bois, le dit 
quelquefois par oppohtion à du bois qui n'eft point 
Icié ou fendu; ainli l'on dit du bois de quartier ou du 
bois de pied. 

Quartier, fe dit plus patticuliètement à l'égard des me- 
lures. Un quartier de tetre, de pré , de vigne: c'eft le 
quart d'un arpent. Jugerl, pratl ^vitis quadrans. Un 
quartier de toile, de lerge, de ruban, c'eft le quart 
d'une aune. On dit aullî, \t quartier A'\inz vente ,A'\in 
terme, d une jenlion; pour dire, cequiefttchu pen- 
dant trois mois , ou le quart de l'année. Il a mangé Ion 
quartier avant qu'il l'ait reçu. 

Quartier, eft aullî une mefure de grains en ufage à 
Motlaix en Bafte-Bretagne. Les 18. quartiers font le 
tonneau de Morlaix, qui eft de dix pour cent plus fort 
que le tonneau de Nantes. 

Quartier, chez le Roi & les Princes, eft le fervice 
qu'on leur rend durant trois mois , ch.7cun lelon la 
charge. Trlmeflre munus. Il y a des Gentilshommes, 
des Aumôniers ordinaires & d'autres de quartier. Il fe 
dit aullî par extenfion de tous ceux qui font allîdus 
auprès des gens à qui ils plaifcnr. Le Chevalier. ... eft 
prélentement de quartier chez la Marquile. ... La Br. 

Quartier, fe dit aullî de plufieurs parties de choies qui 
ne iont pas divilées juftement en quatre. Frufiu'um. 
Un quartier de pain. Un quartier de poire, d'orange 
de Portugal. On a fendu cette grolFc bûche en huit ou 
dix quartiers. In diverfas partes dlfcerpta. 

On dit figurément fe mettie en quartiers, pour dire, 
faire des eftorts extraordinaires. Je penfe que pour moi, 
s il étoit néceiraire, elle fe mettroit en quartiers. Bens. 

Quartier, feditaulîî dans ce lens,des parties du foulier 
qui couvrent les talons. Cakel poflerior pars. 

çC? QUARTIER, en tetme de Matéchcllarie , fignifie 
les côtés du fabot d'un cheval compris entre la pince 
& le talon de patt & d'autre. Equlni cornu latera. Il 
y a des quartiers de dedans & Ae% quartiers àe dehors. 
On dit qu'un cheval a fait quartier neuf , quand il a 
renouvelé un de fes quartiers qu'on avoir été obligé 
de couper, à caufe de quelque mal qui y éroit lurvenu. 

itTLes Selliers appellent quartiers d'une Selle, les pièces 
de cuir on d'étofte qui Iont attachées aux dsux côtes 
de la Selle, & fut leiquelles portent lescuilFes du ca- 
valier. Pars ephippii. 

^CFEn rennes de corroycurs, drelFer un cuir de quatre 
quartiers , c'eft le plier des quatre côtés de patte en 
patte. Le drelFer des quatre faux quartiers , c'eft le 
plier des quatre coins, un peu en biaifanr. 

§^Chez les tailleurs on appelle quartiers <Xha!o\t ou de 
vefte les quatre morceaux principaux qui en forment 
le corps, les deux devans &.Tes deux derrières. 

Quartier, lignifie aullî de gros morceaux de pierre. 
On a fair une jetée dans la mer avec de gros quartiers 
de roche. Les Vitelliens rouloicnt de gros quartiers de 



QUA 

pierre. Abianc. Ou le dit audl des pierres de taille 
diJiu il y en a certain nuiiibrc a la voie. 

Qu.4RriERj en terme de Guerre, cft Iclieii allîgné à cer- 
taines Troupes pour vivre , loger & camper. Locus de- 
fignatus. Le quartier du Roi cft celui où le Roi loge & 
campe en perlonne; ou en fon ablence celui duCîc- 
néral. On fait des lignes de communication pour 
joindre les quartiers de l'aruiée. Les quartiers d'un 
iiLge lont les principaux campemens qui fervent à 
boucher les principales avenues d'une place. 

QuAn.TitR, Te dit aulli des logeniens qui Ce font à la cam- 
pagne, & hors les lièges. Mun'uioncs (Iruere. Ce Gé- 
néral a étendu l'es quartiers bien loin. L'ennemi eft 
vcriU qui lui a bien fait reirerrer Tes quartiers. 

Quartier, (e dit aullï des foldatsqui gardent ces cam- 
pemens. Cajlrorum mctationis cujlodes. On a enlevé 
Ac\i\ quartiers des ennemis. 

Quartier d'hiver, ellie lieu qu'on aflîgnc aux Troupes 
pour palier l'hiver, & aulîl le temps qu'on demeure en 
ces logemens, &c les avant.iges qu'en tirent les Capi 
laines. Hiberna, vel hibernacula. On a mi« ce Régi- 
ment en quartier d' hiver dans cette petite ville. Le 
quartier d'hiver ne durera que quatre mois. Chaque 
Capitaine tirera du moins mille écus de ion quartier 
d'hiver. En Eipagne on donne aulIî des quartiers d'été 

QuA:i.riuR DE rafraîchissement, ell: un pays gra^, 
abondant en vivres ik en fourrages où l'on envoie des 
Troupes fatiguées, même pendant que la campagne 
dure, pour fe rétablir Se le mettre en état de l'achever. 
P'iriuni rejlaurationis locus , vel fati^ati exercitûs re- 
feciio. On a envoyé- la cavalerie en quartier de rafrai- 
chillement. 

Quartier d'assemblée , eft le lieu ou aendez-vous 
qu on donne aux Troupes pour s'allembler, & poui le 
mettre en marche. Editus ad conveniendum locus. On 
donne aulli des quartiers pour le logement des Ve- 
neurs , des chiens & de l'équipage de la Vénerie. 

Quartier, lignifie au îi le bon traitement qu'on promet 
à des Troupes qui le rendent, qui mettent les arme-. 
h^s. Conditio , compqfino. Les ennemis ont demandé 
quartier. On n'a point voulu donner de quartier à ces 
rebelles, on a tout pallé au fil de l'épée. Cette façon 
déparier vient de ce que lesHollandois Se les Efpagnoli 
étoient autrefois convenus que la rançon d'un foldat 
fe paieroit dun ç^arfzcrde fa paie: de forte que quand 
on ne vouloir point les recevoir à rançon, c'étoit qu'on 
refuloit les orfres d'un quartier de leurs gages. 

Quartier, (e dit en ce lens par extenlion de toutes les 
autres affines. Les uluriers ne donnent point de quartier 
à leurs débiteurs, ils les font payer a jour nommé. Un 
plaideur ne donne ni délai, m quartier à f'es parties, il 
pourluit à la rigueur. Je ne iaurois boire davantage, 
donnez-moi quartier. Les abfens y font alTallincs a 
coups de langue, &l'on n'y donne quartiers perfonne. 
ScAR. Demander quartier. Tout cela eft du Style fami- 
lier. 

Quartier-Maître , en termes de Marine, efc unOfîicier 
marinier de Manœuvre qui aideaumaitre & au con 
tiemaitrei qui a foin de faire monter les gens de l'éqni 
page pour faire le quart, de faire prendre & krguer les 
jis des voiles , de veiller fur la propreté du vaiïleau & 
fur la conduite des matelors. Navarchi vicarius. On 
l'appelle Schieman enHolLmdois. 

Quartier-Mestre. C'eft aufù le Maréchal des Logis 
d'un Régiment de Troupes étrangères Allemandes, 
Angloifes ou Hollandoifes. Contubernd militaris mc~ 
tator. Le Quartier-meftre Général , efî le Maréchal de; 
logis de l'Armée. 

Vent de quartier, efl le vent qui ne fouiîle pas en 
poupe, mais un peu à coté. Fentus laterilis. C'eft le 
meilleur de tous les vents, parce qu'il donne dans toutes 
les voiles; au lieu que celui qui donne en poUpc eft 
empêché d'y donner par les voiles de l'artimon. 

Quartier, en termes de Blafon, fignifîe unÉcud'Armoi- 
ries. Scutum , fcutulum. Il faut feize quartiers pour 
prouver la Nobleffe de quarte races dans les Com- 
pagnies où l'on n; reçoit que des Nobles. Ce mot de 
quartiers qu'on demande pourles preuves de Noblelle, 
vient de ce qu'autrefois on mcttoit fur les quatre coins 



QUA 



-79 



d'un tombeau les Écus du perc & de la mere,de l'ayeule 
du défunt. On voit en i landre & en Allemagne des 
tombeaux, où il y a 8. 16. & 51. quartiers, '^ua. tiers 
en ce t'ens font les dirférens chefs defquels ondefcend^ 
foit du côté du père, foit du coté de la mcre. 

Quartier, le dit aulli des parties de la première divifioni 
qui fe fait d'un hcuécartelé. Arcâ. jcutarut pars. Au 
première quatrième quartiersWfxnunt de France; au 
fécond Se iroiiième quartiers deJérufalem (:<cc. On die 
aiilli un quartier tiercé en faice ou en pal. Un franc 
quartier, eft un quartier qui elt feul, & qui fiit une 
des parties honorables de l'Ecu. 

Quartier, en Afhonomie , fe dit de.la quatrième ^mûc 
du cours de la lune. C'eff le ciiangement qui fe fait 
dans la lune au bout de fept à huit jours. Ou.'dr,.ns. 
Nous fomnies au premier, au fécond quartier de la 
lune. Cette gelée durera tout le quartier. 

Cf3°QUARTlER Anglois, ^m quartier de Davis, nom 
d'un inftrument qui fert fur mer pour prendre la hau- 
teur du foleil, ainfi app.'lé du nom deZJjvi^ Anglois, 
qui l'inventa. 

rCT QUARTIER de réduction. Nom d'un inftrunienc 
dont on fe fert pour réduire pkilieurs problèmes du 
pilotage parles triangles Icmblables. C'eft une efDcee 
de carte marine qui repréfente le quart de l'horifon, 
un carré dans lequel eft iiifcrit un quart de cercle, 
avec plufieurs transverfales qui le coupent à Angles 
droits, 6c qui en /apportent les degrés & les divifions 
aux côtés de ce carré. 

(Quartier, fignifie auffi un certain canton ou divifîou 
d'une ville. Urbis regio. C'eft un des principaux bour- 
geois de notre quartier. Nous fommes logés dans des 
quartiers fort éloignés. Le Commiilaire du quartier e.(k. 
rOfïicier de police qui a foin de la faire obibrver dans 
fon voilinage. Nous fommes de même quartier. Ils 
demeurent dans deux quartiers bien éloignés l'un de 
l'autre , 1 un au quartier de S. Roch , 6c l'autre au quar- 
tier du iVlarais. Cette ville efl divifée en tant de quar- 
tiers. Chaque (^i/itjrrier a fon Capitaine qu'on appelle 
Capitaine du quartier. LePiieur des Capotions fe die 
le Chef & Colonel des quatorze Rions eu quartiers 
de Rome. Mafcur.p. i j ^. Qi^ijm^r fe dit de plufieurs 
îles enfemble léparées d un autre quartier par une ri- 
vière ou par une grande rue, comme les vingt quartiers 
de la ville de Paris. La ville de Rome a été plufieurs fois 
divifée difFjiemment en quartiers, appelés régions, 
fui vaut fon accroiflement, comme on le peut remarquer 
dans les Topographies d'Aurelius Victor , d';"'nuphre 
Panvinius, de Marillan, dePyrro Ligorio,de Boiflard, 
& autres Antiquaires. Daviler. 

tfT Quartier^ fe dit auiîi pour une certaine étendue 
de voifinage, & de ceux qui habitent dans ce quartier; 
j'ai bonne compagnie dans mon quartier, dans mon 
voifinage. Cette nouvelle fît mettre tout le quartier 
fous les annes. 

On dit lîgurément. Mettre l'alarme au quartier, don- 
ner l'alarme au quartier; pour dire , débiter quelque 
nouvelle qui donne de l'inquiétude à ctux qui y ont 
intérêt. Et l'on dit, l'alarme efl au ^//<7rr.!fr, pour dire, 
on efl fort inquiet dans cette maifon, dans cette famill; , 
dans cette fociété. Il eft du flyle familier. Acad. Fr. 
On dit aulli familièrement qu'une femme efl la ga- 
zette du quartier , nunciorum puhiicorum pr&co ; pour 
dire qu'elle eft curicufe d'.apprendre, & de débiter 
toutes les nouvelles de fon quartier. 

Quartier, fe dit aùllî des lieux éloignés, des provinces, 
des royaumes. Ret;io , provLncia , plaga. Cet homme 
a voyagé en plufieurs quartiers , il a vu plufieurs royau- 
mes. Mandez-nous des nouvelles de vos quartiers. J'irai 
peut-être faire un voyage en ces quartiers-la. 

Quartier tournant , terme d'Arciiitcdure. C'eftdans 
un efcalier un nombre de marches d'angle, qui parleur 
colet tiennent à un noyau. C'eft ce qu'on peut entendre 
dans Viîiuve parle mot inverfura. Daviler. 

Quartier de vis suspendu; c'eft dans une cage ron- 
de une portion d'efcalier à vis fufpendue, pour raccor- 
der deux appartemens qui ne font pas de plain pied. 
Daviler, 

Quartier DE voie. On appelle ainfî les groffespieircs. 



So 



QUA 



QUA 



dont une on deux /ont la charge d'une charrette attelée 
de quatre chevaux. Daviler. 

fC? A QUARTIER. Faconde parler adverbiale, qui 
fignihe à paie , à l'écart. Seorsùm , fcparatim. Tirer 
quelqu'un à quartier ^oxii. lui donner un avis. Prelien- 
■dere aliquem folum. Mettre de l'argentà quartier "pont 
des beloins particuliers. 

QUARTIEliE. r. f. Melurc pour les grains dont on fc 
iert dans quelques heux d'Angleterre, particulièrement 
à Nev/calile. Il faut dix quartures pour faire le laft. 
§Cr Dix gallons pour faire la quartiere. Le gallon pèle 
depuis 56 jufqu'à 61. livres. 

ICTQUARTILE, Adj. Terme d'Aftronomie ou plutôt 
d'Aftrologie , qui n'eft guère d'ulage que dans cette 
phiafe, quartïle afpccl , pour dire, l'alpcd: de deux 
planètes éloignées l'une de lautie de trois lignes, ou 
90 degrés. On dit plus communément quadrature. 

^QUARTINIER. f. m- C'cft .amii qu'écrit l'Acad. 
Voy. Quart fcNiER. 

Îk-QUARTO. Mot tiré du Latin que l'ufage a rendu 
François. Il (e dit des livres dont les feuilles îont pliées 
en quarte. Il a imprimé tous les ouvrages in-quarto. 
C'eft un grand in-quarto^ un petit in-quarto. 
QUAKTOÙECIMANS. f". m. Nom d'anciens Héré- 
tiques, ou plutôt Schématiques, qui célébroient tou- 
jours la Pâque le 14. delalune.avec les Juifs,en quelque 
férié que ce jour tombât, au lieu que le plus grand 
nombre des autres Égliles la célébroient le dimanche qui 
fuivoit le quatorzième jour de cette lune. TejJ'arefcai- 
decaticA. Quartodecimani. Les Ahatiques furent fort 
attachés à cette opinion, prétendant être appuyés fur 
J'autorité de S. Jean qui avoit été leur Apôtre. Ils ne 
voulurent jamais obéir au P.ipe Vidror qui fut fur le 

Ï)oint de les excommunier j parce qu'ils refufoient de 
ui obéir. Quelques-uns croient même qu'il les excom- 
munia véritablement : mais il ell plus vrailemblable 
qu'il fe contenta de les en menacer. Polycrate Evcque 
d'Ephèfe écrivit une lettre tics-forte au Pape Viftor & 
à l'Eglile de Rome au nom de tous les Evêques d'Afie, 
où il explique au long l'uf.îge de ces Egliles à l'égaid de 
la célébration de la Pâque ; & il alfuroit qu'ils fui voient 
en cela une tradition conilante , à laquelle ils n'avoient 
rien ajouté, étant toujours demeurée la même chez eux 
depuis Saint Jean quiétoit mort à Ephèle. Le Pape Vic- 
tor, qui ne fur point content de cette réponfe de Po- 
lycrate, le mir en étar de les excommunier comme des 
gens contraires aux fentimens reçus dans toute l'Eglife; 
mais plulieurs grands Evêques écrivirent à ce Pape 
d'une manière forte, l'avertilfant de ne pas rompre la 
paix de l'Eglile, &: de ne pas excommunier les Afia- 
tiques, qui croyoient garder en cela leurs anciennes 
traditions. S. Irénée Evêque de Lyon, fut un de ceux 
qui écrivirent àViclor, ik. qui lui donnèrent des avis 
fages & modérés fur ce lujet. foy. Eus ebe, Hift. Eccl. 
l. J^. C.24. S. Ephiphane, hdLrél. fO. & les notes 
duP. PÉtau fur cette hérélie des Quartodecimans. 

Quelques uns dilent Quartodécimain. Nonobftant 
la dccilîon du Concile de Nicée il relia des Quartodc- 
cimains attachés opiniâtrement à célébrer la Pâque le 
quatorzième de la lune, entre auttes les anciens Schif- 
matiques en Méfopotamie. Fleury. 

QUAR'TONAT. f. m. Mefuie d'arpentage, dont on fe 
fert en quelques endroits de la Guyenne. Elle eftplus 
ou moins grande (uivant les lieux. 

QUARTOT. 1. m. Mefure qui contient deux pintes. 
C'eft la même chofe que quarte. Men. Quartarius 
modulus. On écrit Quartaut. Voye\ ce mot. 

QUARTOYÉ, ÉE. Vi'cux adj. Terme de Coutume. De- 
voirs quartoyés &quintoyés dans la Coutume d'Anjou, 
fe dit j lorf qu'étant baillés en allîette, trois font eilimés 
en valoir quatre, 6i quatre en valoir cinq. 

fer QUARTZ, f. m. Terme de Minéralogie, emprunté 
de l'Allemand & adopté par nos naturaliftes françois 
pour défigner une pierre dure de la nature du caillou 
ou du criftal , qui le trouve fouvent dans les mines. 
Cette pierre fait feu quand on la frappe avec de l'acier, 
&febrife en morceaux. 

QUASERETE. f. f. Vieux mot qui fignifioit autrefois 
pannier d'ofier. Borel. Calathus vimineus. 



QUASL adv. (Prononcez Ca/?. ) Peu s'en faut, prefque. 
Quaji , ferè , fermé , penèj propè , propemoduin. 11 ell 
quaji jour. Nous lommes qaafî arrivés. Je l'ai quaji 
deviné. (CTM.Patru apprcuvoit alfez ce mot, tk. 
trouvoit qu'on ne devoit faire aucune difficulté de s'en 
fervir; lurtout dans les difcours de longue haleine. Mé- 
nage «ïc Corneille penloient avec Vaugelas que quaji 
n'ellplusdu belulagc; & que cependant il fe peut dire 
en certains endroirs, même avec quelque grâce, comme, 
ij n'arrive quaji ']Mwtà^ ^prefque^ difent ils , ne feroirpas 
li bien là. Le P. Bouhours trouvoit que ce mot avoir 
encore vieilli dépuis Vaugelas , 6t. qu'il ne voudroic 
pourtant pas le prolcrire tout-a-fait. Malgré toutes ces 
critiques, de bons Auteurs ne font point difficulté de 
s'en lervir. Je ne me laille pas emporter aux haines 
publiques, que je lai erre qui^f. toujours injuftes. Voit. 
L'amour n'a quafi jamais bien établi fon pouvoir, 
qu'.après avoir ruiné celui de notre raifon. S. Evr. 
Nous femmes à la campagne, où nous menons quaji 
une vie paftorale. Font. Ni la valeur de ce Prince, ni 
les qualirés héroïques ne Iont qu.ifi pas des exemples 
pour nous, ranr elles font élevées au-dellus de nous. 
Le p. Bour. Ce n'cft quaji }^a.s la peine de vous le dis- 
puter. Pasc. 
Qv A^i-cot^TRAT , ou Pre/que-contrat. Terme de Jurif- 
prudence. i/CTCellun laitpar lequel deux ou plufieurs 
perfonnes fe trouveiu obligées lune envers l'autre, 
quoiqu'elle n'y aient point donné leur conlentement. 
Qtiajî contraclus. Il faut dans un contrat, le confen- 
tement mutuel des Contraélans; au lieu que par un 
Q^uaji-contrat , l'un peur être obligé à l'autre , lans 
avoir donné Ion conlentement au /ait par lequel il fe 
trouve cbligé. Par exemple. J'ai fait vos affaires en 
votre ablence, & fans votre procuration; elles onrfuc- 
cédé à votre avanrage. J'ai aâion courre vous pour ré- 
péter ce que j'ai débouric , & vous avez aétion contre 
moi , pour me faire rendre compte de mon adminiftra- 
tion. Cette Jurilprudcnce a éré introduire pour la con- 
lervation des biens des abfens. Dict. de Droit. Les 
aélions civiles fonr celles qui naillent d'un conrrar ou 
d'un Quaji -contrat. Injluut. au Droit. Fr. T. II. 
p. 426. 
QUASI-CRIME , ou QUASI-DELIT. M. Ccurtin die 
le premier , & le Dictionnaire de Droit le lecond, qui 
cft le plus en ulage. Terme de Juritprudence. Adior» 
de celui qui caule du dommage, ou fair du mal , fans 
en avoir la volonté. Quaji-crimen. Quafi-delicium. 
La réparation du quaji-delit conlifte dans le payement 
des dommages & intérêts. 
4cr QUASI-MILITAIRE. Adj. Pécule quafi-miHtalre,pe- 
culium quaji-cajirenfe. Terme de droir civil par lequel 
on exprimoir chez les Romains le pécule qu'un fîls de 
famille avoit acquis au barreau qu'ils appeloient mi- 
iuia togata. Il avoit été introduit ad injlar du pécule 
militaire. 
QUASIMODO. Terme de Bréviaire. C'eft le dimanche 
de l'odtave de Pâques, ainll marqué dans le Bréviaire. 
Ce nom lui vient du ptemier mot de l'Inrroïr de la 
MelFe qu'on dirce jour-là. Quaji modo genitiinfantes. 
On l'appelle nviffi Pâque clos, à claudendo. Au refte, 
ce terme eft aurant de l'ulage ordinaire, que reiiTiede 
Bréviaire. On dit tous les jouts la Quajimodo , ou à 
la Quajimodo. 

On dit proverbialement de ceux qui demandent uii 
long terme , qu'ils renvoyenr les gens à la Quajimodo. 
On recommence à plaider, à fe marier, le lendem.iia 
de la Quafimodo, 
(p-QUASI-PUPILLAIRE. adj. Terme de Jurifprudenca 
qui fe dit de ce qui approche de la nature des choies ré- 
tives à un pupille. SnhUiiinùon quaji-pupillaire. De- 
niers quaji-pupillaires. 
QUASSER. Vieux Verbe aûif. Chaffer. De-là viens 
caÇfa en Languedoc. Borel. C'eft encore une pronon- 
ciation Picarde. 

Et cil dedans Ji ne cuidajfent^ , 

Que cil defors ne les quaffallent. R. de la Rosé. 

Ce:rQUASSIA , ou bois de QUASSI. Arbre commun 

dans 



QUA 

ilans les forets de Sunnam,& tianfportc en Eiuopc. Son 
bois, qui a une tiès-giaiidc amcirume , a les qnalucs 
de tous les amers. On prétend qu'on l'emploie avec 
Tuccès dans les fièvres. On le prend en poudre, en pi- 
lules ou en élettuaire. 
QUASTELLE. l'.f. Gauvin appelle ainfi la Caftille pro- 
vince d'Elpagne. Gifl'dia. Un cheval de Quajiclk. 

Le cheval fus quoi ïelfcoit. 

Etoït un baucmtde yuaitcUe. Gauvin. 

QUATAS. f. m. Petite mefure de Portugal pour l'es li- 
quides. C'eft le quart du cavadas, environ un demi- 
fcpticr. 

QUATERNAIRE, adj. Le nombre quaternaire eft un 
nombre qui a plulieurs propriétés. Quatetnarius nu- 
merus. Nombre de quatre. 

QUATERNITÉ. f.m. Terme dogmatique, go^" qui fi- 
gnifie l'unité de quatre. C'eft dans le même fens que 
l'on dit Trinité. Pierre Lombard avoir avancé cette 
propolition : qu'il y avoir en Uicu une choie qui n'en- 
gendroit ni n'étoit engendrée, ni neprocédoit; & qui 
n'éroit ni Perc , ni Fils , ni St. Efprir. L'Abbé Joachim 
prétendit que cette propolition alloit à établir en Dieu 
une quaternité, au lieu d'une Trinité. 

QUATORZAINE. f. f. Terme de Jurifprudence. Ef 
pace ou durée de 14 jours. Quatuordecim d'ierum 
tempus , fpat'ium. Les criées ou publications de biens 
(aifis réellement, (e iontAt quator-{ainezn quator^aine, 
par quatre Dimanches dans les Paroiffes où ils lonr li- 
tués. C'eft-à-dire, qu'entre deux publications on doit 
laiirer palfer un JL)imanche. Ce terme (e dit donc au 
Palais de l'intervalle dans lequel on fait les criées des 
biens qu'on décrète; & on les appelle même en pays 
de Droit Ecrit , les quatre quator^aines. Quatuorde- 
cim dierum intervallum. 

QUATORZE, adj. numéral. Quatre unités ajoutées à la 
dixaine. Quatuordecim. Sept & lept font quatorze. La 
mefure du muid de Paris , eft de quatorie-\'ins,is pin- 
tes. Les Rois de France font majeurs à quatorze ans. 

§C? Ce motelt quelquefois employé pour quatorzième. 
Le quatorze du mois , le quatorze de la lune , d'une 
maladie. Louis le Grand eft Louis quatorze. 

On appelle , rente au denier quator-^e , une confti- 
tution de rente en vertu de laquelle on retire tous les 
ans , pour les intérêts de l'argent qu'on a placé , autant 
que vaut la qo-itorzième partie du capital. Quatorze 
mille francs au denier quatorze j portent mille francs 
d'intérêrs. Acad. Fr. 

Quatorze, f. m. Au jeu de cartes, c'eft quatre cartes 
hautes de même figure, qui valent au piquet quatorze 
points. Quatuor charte luforid majores ejufdemfigu- 
rx,. Un quator-^e d'as, de rois, font les quatre as, les 
quatre rois. Ce dix me fait une quinte & quatorze. 

Quatorze, (e dit proverbialement en ces phrales. Faire 
en quinze jours quatorze lieues; c'eft à-dire, faire peu 
debelogne chaque jour. Parùm in die operari. On dit 
aulfi, chercher midi à ^uuror^-e heures, lorlqu'on cher- 
che une chofe où elle n'eft pas , qu'on veut rafincr mal- 
à-propos , & chercher des difficultés où il n'y en a 
point. Nodum in fcirpo quttrere. 
QUATORZIÈME, adj. de r. g. Nombre ordinal, qui 
iîgnifie la place qu'occuperoit la dernière de quatorze 
unités , fi elles étoient arrangées dé fuite. Decimus- 
quartus. C'CT La quatorzième année. Le quatorzième 
jour. Il étoit le quatorzième du nom. Et fubftantive- 
ment, le quatorzième ^'çow.à^nt , le quatorzième jour. 
On dit d'un malade, qu'il pourra aller jufqu'au qua- 
torzième ^ à caufe qu'on tient que c'eft' un jour criti- 
que. Le quatorzième de la lune , eft le jour où elle va 
entrer en fon plein. 
fer Comme lubftantif, il défigne encore une partie d'un 
tout divifé en quatorze partie égales. 11 eft pour un 
quatorzième dans cette affaire. Dans les frattions , un 
quatorzième s'écrit aiiili ^, deux quatorzièmes,-^ , 

r^y&C. 

fj;3' QUATRAIN , mieux queQuADRAiN. f. m. Petite 

Ïiièce de pocfie, ftance , couplet de quatre vers , dont 
es rimes font prefquc toujours croifecs. Geininum dif- 
Tome FIL 



QUA 



81 



tichum. Le caraâicre des cjuatrains eft fimple & grave. 
On les compole d'ordinaire en grands vcis , &c ils onC 
un (ens détaché les uns dLS.uitres. Pibrac eft plus con- 
nu par les quatrains de morale qu'il a laits , que par 
les AnrbalLides, tï<: par- les grandes aft-ures qu'il a né- 
gociées fous le Roi llemi 111. 

Ce mot , en parlant d un lonnct , veut dire ilmple- 
ment quatre vers. Rythmus tetrajVuus. Le lonnet eft 
compofé de deux quatrains Se de deux tercets. Les 
deux quatrains d'un fonnet font ordinairement fur 
deux rimes lemblables. 

// veut qu'en deux quatrains de mefure pareille , 
La rime i avec deux fons , frappe hua fois l'oreille. 

13oiL. 

Quatrain , fe dit auftî d'une ancienne monnoie qui 
valoir un li.ard. Teruntius. On dit encore , à l'imita- 
tion des Italiens , je n'ai pas un quatrain ; pour dire , 
je n'ai point d'argent. 

^CFQUADRALVOS. Terme de relation. Les Efpagnols 
donnent ce nom dans les Indes à ceux qui font nés 
d'un Efpagnol & d'une Métiire,ou d'un Métis & 
d'une Efpagnole , comme ayant les trois quarts d'un 
Efpagnol & le quatrième d'un Indien. C'eft la même 
choie que quarteroné. 

QUATRE, adj. Nombre qui ajoute une unité à celui de 
trois; c'eft deux fois deux. Quatuor. Lc^ quatre élémens, 
les quatre points cardinaux de l'horilon , les quatre 
mendians , les quatre humeurs, les quatre laifons. Ti- 
rer à quatre chevaux, c'eft à-dire , écarteler. 

En terme de Manège, on dit travailler (ur les qua- 
tre coins , ou faire les quatre coins ; c'eft- à dire , taire 

, faire au cheval un rond , ou deux , au tror ou galop , 
fur les quatre angles du carré qu'on fe figure autour 
du pilier , au lieu de la voire circulaire. Equum cir- 
cum agere per quatuor angulos. 

On dit proverbialement , quatre à quatre j & le refte 
en gros. Quaterni , citteri conglobatim. On dit auftî 
d'un homme furieux & emporté, tant dans fa colère, 
que dans la pourfuite de quelque chofe, qu'il fait le 
diable à quatre. On dit aulli qu'un homme fe iTict 
en quatre pour fcrvir fes amis, quand il emploie tout 
Ion pouvoir pour les obliger. 

On dit aulli, qu'un homme fe fait tenir à quatre , 
quand on a de la peine aie contenir. Onditaufli, qu'on 
a couru les quatre coins Se le milieu de la ville: pour 
dire , qu'on a bien fait du chemin pour quelque af- 
faire. On dit auiîî , marcher à quatre pattes, quand 
on marche avec les mains Se les pieds. On dit aulli , 
marcher quatre de fronr. On dit d'une femme qui af- 
feâe d'être toujours fort ajuftée, qu'elle eft toujours 
tirée à quatre épingles. On dit aulîi, crier comme qua- 
tre. Faire du bruit comme quatre :, pour dire, beau- 
coup. 

Faut-il vous le rebattre 
Aux oreilles cent fois , & crier comme quatre; 

Mol. 

Quatre, fe dit aulîî avec l'adjondlion d autres nom- 
bres. Quatre-v'm^is. Ocloginta. Quatre cens , quatre 
mille, &c. Quatuor millia. On ^mMS\,quatre-y m%x- 
dix, au lieu de nouante. f]CF Sur quoi il faut remar- 
quer que quatre-\'m%\.'i s'écrit Toujours avec un j- , 
quand il n'eft pas fuivi d'un autre nombre, quatre- 
vingt'^ hommes, ^-.varre-vingts ccus; & fans j .quand 
il eft fuivi d'un autre nombre auquel il eft joint: qua- 
r/s-vingt-deux , çaarre-vingt- trois , quatre-^m%x.-àin. 
hommes, (Se. 

Quatre, fe met aulîî pour quatrième. Henri quatre. 
En parlant des Chambres du Parlement , on appelle 
la quatrième des Enquêtes , la quatre. Il eft Confeil- 
1er de la quatre. Acad. Fr. 

Qu^.TRE Nations. Collège fondé à Paris en 16^1 ,par 
le Cardinal Mazarin , poui l'éducation & l'entretien 
de foixante enfans originaires des pays conquis par le 
Roi: lavoir, quinze de Pignerol & delltalie, qnin7e 
d'Alface , vingt de Flandres, £c. Se dix du RoulLl- 



Sz QUA 

>.îon. ColUgium auatuor Natlonum. On l'apiielle auflî 
ie Collégi MLi\îirin. 
Quatre Offices , appelés par les Flaiiians J^kr Am- 
hachan , ce qui ilgnilie la même chofe. Quatuor Of- 
Jicïa. C'eit la pâme orientale de la Fiandie Hollan- 
doife. Elle eft: entre le pays de Waes , & l'embou- 
chure occidentale de l'Efcaut ; & elle comprend qua- 
tre Territoires ou Offices, qui (ont Boclioute , AlFe- 
nène , Axel & HullL Ses lieux principaux (ont le Sas 
de Gand, Hul(t, Axel, Tcncule, &: le Fort Philippi- 
nes. Mat Y. 

Quatre QUINTS , eil une efpcce de légitime couru- 
mière des biens propres, dont il n'eft pas permis en 
paysCoutumier de difpofer au préjudice de fes héri- 
>tiets. M. le Brun en (on Traité des luccelllons , L\v. II, 
ch. 4, fait voie que ce qu'on appelle communément 
légitime coutumihe iVeii pas une véritable légitime. 
-QuATHE-TEMPs. Terme de Bréviaire. Jejumum quatuor 
temporum. Ce font <des jeûnes commandés par l'E- 
gliie, aux quatre laifons de l'année , où il (auc jeûner le 
Mercredi, Vendredi, & Samedi de lalemaine. Quatre- 
teinps , Vigiles, jeûneras. On donne les Ordres (acres 
aux Ouatre-tcmps. Le Pape S. G claie fait mention des 
Quatre- temps, 8c rapporte des prières des Quatre- 
temps dans (on Sacramentaire. 

Quatre Villes Forestières. Les quatre villes aux- 
quelles on donne ce nom , parce qu'elles font dans la 
Forêt noire, font Rhinfeld, Scckingue, Laufembouig 
& Waldfchut. Quatuor urhes filvatïc&. On les trouve 
le long du Rhin , entre B.île l\: Zurzack. Ces villes 
avec leurs territoires , que l'on renferme dans le Bri(- 
gav/, (ont de l'ancien Domaine de la mailoii d'Au- 
triche. 

^fT Quatre, eft aullî fubftantif. Un quatre en chiffre , 
ou un quatre de chitite , eft le caractère qui marque 
en chiffre le nombre quatre. Il (e marque aullî en chif- 
fre Romain, IV, & en Arabe , 4. 4 eft le premiernom- 
bre carré fait de la multiplication par 2 par lui-même. 

^fJ Au jeu de cartes le quatre eft la carte qui eft mar- 
quée de quatre cœurs , de quatre carreaux , é-c. un qua- 
tre de trèrte , de pique , &c. 

ÇCF Au trictrac le quatre eft la face du dé qui eft mar- 
quée de quatre points. Amener un quatre. 

ÇCr Au même jeu les deux çz/arre s'appellent ^«tZf/tT/ie^ , 
plus communément carmes. 

§3" On appelle aullî quatre de chifre , une petite ma- 
chine dont on te (ert pour prendre des rats 6c des lou- 
• ris. 

{JCT QuATRE-BANDE. f. m. Terme du jeu de billard. 
Efpèce de doublet dans lequel on bloule la bille de 
fon adverfairc , après l'avoir fait toucher aux quatre- 
handes. Faire un quatre-bande. 

QUATRICOLOR. Terme de Flcurifte. Tulipe à ^z^^- 
tre couleurs , qui (ont couleur de feu , colombin cnar- 
gé, chamois & blanc (aie, ou jaunillaiit. Morin. 

QUATPJÈME. adj. numéral d'ordre. Quartus. Ce mot 
eft de quatre (yllabcs. Qui vient en rang après trois au- 
tres. Voilà la quatrième année que j'ai Ihonneur de 
vous voir. C'eft la quatrième clalle , la quatrième 
chambre des Enquêtes. 

§Cr Quatrième , eft aullî fubftantif. Ainfi l'on dit le 
quatrième du mois, de la lune, &c. pour dire , le 
quatrième jour. 

(fT Au jeu, on dit nous voilà trois, nous attendons un 
quatrième , pour dire, un quatrième joueur. 

ÇCF Au Collège on appelle un quatrième , un écolier qui 
étudie dans la quatrième claffe , qu'on appelle aullî 
fimplement la quatrième. 

^fZf On dit audî la quatrième des Enquêtes , pour dire , 
la quatrième Chambre. 

§3° Au Piquet on appelle quatrième , quatre cartes de 
même couleur qui (e fuivent, quatrième major. As , 
roi , dame & valet. Quatrième au roi , à la dame, au 
valet. Quatrième hajje. 

Quatrième, f. m. (îgnifie une partie d'un tout divifc 
en quatre parties égales. Quarta pars. J'ai mon qua- 
trième dans cet héritage , dans cette (uccedion. 

C'eft aulTi le nom d'un droit que le Roi levé dans 
la Province de Normandie fur le vin, le cidre & |es 



QUA . 

autres liqueurs qu'on y boit. Dans les autres Provin- ™ 
ces on ne paye que le huitième-, mais en Normandie 
on paye le quatrième. 

Pour la taxe du huitième y 
Je la paîrai fans chagrin j 
Pourvu que le quatrième 
Sou ùte fur le vin. 

QUATRIEMEMENT, adv. En quatrième lieu. Quarto^ 
quart ùm, vel quarto loco.icàis quatrièmement que... 
QUATRIÉMEUR. f. m. C'eft le nom qu'on donne en 
Normandie , aux Commis dans les Aides , à caulc 
qi'.e dans cette Province on paye le quatrièiTie du vin 
(5c des autres liqueurs qu'on y boit , à la ditîérence 
des autres Provinces où l'on ne paye que le huitième. 
Les Quatriémeurs ont pris ce Cabaretier en fraude , 
(Scen ont drclfé leur procès-verbal. Les Quatriémeurs 
exercent les Cabareticrs & autres Débitans, du moins 
une fois par jour , peur éviter les remphllages, & au- jM 
très fraudes qui fe ccmmettent. ~ 

QU ATRIENN AL , mieux que QUADRIENNAL. Qui 
revient a chaque quatrième année. Quatriennalis. Un 
Officier quatriennal , eft celui qui n'eft en exercice 
que de quatre ans en quatre ans. Fondion quatrien- 
nale. 

{CJ* L'office quatriennale , eft celui qui eft divifé 
entie plulieurs titulaires, dont chacun n exerce c;ue 
de quatre ans en quatre ans. 

fcCF On le dit aullî lubftantivement de la charge & de 
l'Ofticier. On a (urpris les Quatriennaux. 

QUATRINOME. f. m. Terme d'Algèbre. Les gr.andeui3 
complexes (ont appelées quatrlnomes fifi.M\à elles (ont 
compo(ées de quatre termes, a -^ b -\- c -\- d z9i wxi 
quadrinome qu'on prononce, û plus b, plus c , plus*/. 

QUATROUILLE. ('. m. Terme de Vénerie. C'eft un 
poil mêlé qu'ont les chiens parmi leur principale cou- 
leur. 

QUATRUPLE. Voye\ Quadruple. Quadruplum. 

QUATUMO. Foye^ Quehatumo. 

ÇCr QUATUOR, f. m. Terme de Mulîque. C'eft aiiiTi 
qu'on appelle un morceau de mulique qui a quatre 
parties récitantes. 

QU ATUORVIR. f. m. Magiftrat Romain, qui avoir trois 
Collègues dertinés avec lui aux mêmes fonûions, ou 
à la même adminiftration. IIIIVIR , ou Quatuorvir. 
C'étoit à des Quatuorvirs qu'on donnoit la charge de 
conduire , & d'aller établir les Colonies que l'on en- 
voyait dans les Provinces. Quand il arrivoit quelque 
accident , ou quelque affaire dangereufe, on créoit des 
Quatuorvirs , avec commillîon de veiller à ce que la 
République ne fouffîît point de dommage. Il y avoir 
des Quatuon'irs qui avoient foin de l'entretien 5c ré- 
parations des chemins; c'étoient les Voyers de l'Em- 
pire. Quatuorviri viarum curandarum , Quatuorviri 
curât ores viarum. Ils furent établis par un Sénatus- 
confulte ; parce que les Cenfeurs , qui auparavant 
étoient chargés de ce loin , n'y pouvoient vaquer , à 
caufe de la multitude des affaires dont ils étoient ac- 
cablés. Il y eut des Quatuorvirs Officiers Monétaires du 
temps de Jules Célar. 

QUAUHCONEX. f. m. Quauhconex. AïhxeàeXWe. de 
S. Jean de Portorico, d'une bonne odeur. Si qui a le 
tronc gros, & d'une matière dure &folide. Ses feuilles 
font femblables à celles du grenadier. Sa (leur eft blan- 
châtre; & (on fruit reffemble aux grains de laurier. 
On coupe l'écorce de cet arbre en parties forr me- 
nues , &: on la laiffe tremper quatre jours dans l'eau , 
après quoi on l'expole au foleil ; on la prelFe quand 
elle eft échauffée , & on en tire une liqueu;- fortfem- 
blableau baume , <!?c qui eft utile à beaucoup décho- 
ies. 

QUAYAGE. f. m. Terme de Marine 8c de commerce 
de mer. C'eft un droit que les Marchands payent pour 
avoir la liberté de (e fervir du quai, Ôc d'en occuper 
un efpace.pour la décharge de leurs marchandifes. Por- 
torium. 

iCt QuA^'ApE , fe dit non-feulement de l'efpace que les 



QUE 



marchandifes occupent fur le quai , mais encore tlu 
temps qu'elles y reftcnr. 
QUAYEK.r. m. Vieux mot qui s'eft écrit ainfi , pour 
cahier. Borel. Codex. 

•QUE. 

QUE. Pronom relatif qui fert de régime au verbe qui le 
fuit. Qui ^^u.tyçuod. P.-ir exemple , c'elt un méchant 
^uc le ciel châtie. Arn. Qa<: elhnis , pour /(;</«t;/. Ce 
n'cft pas a toi ,;(«(,' je voudroisdéguiler la vérité. Abl ANC. 
Que ell mis là pour duquel ou à cjuL Les médians 
font lemblables à ces petites pailles que le vent em- 
porte. l^ORT-K. Que ell mis la pour le/quelles^ 

§Ô" Ce pronom perd fon e devant une voyelle. Le li- 
vre ^i/'ilalu. Les hommes ^a'elle a fréquentés. 

Que, eft auiii fouvent interrogatih. Que dites-vous de 
nouveau î Quid novi refers ? Qz/'entende^-voUspar la? 
Qî/i vous plaît il? Qu'cA ce donc? Q;/avez-vous? Pour 
ànc, quelle c\\uie. Il ne faut point dite, qucfccc que 
voui demandez-, mais que demandez-vous? Ils ajou- 
tent fièrement qu a la vérité il étoit Roi ; mais qu'i.-. 
toit un Roi,<///'un homme profane? Bouhours. Xav. 
L.V. 

Que , eft auQ! une particule indéclinable qui fe joint à 
beaucoup de mots. Quia ^ cùm , dum , quamvis , quan- 
doquidem. Parce que j d'autant que j vu que , pource 
que y de ce que , bien que , attendu que , cnforte que , 
quoi que J tellement que , Il bien que ^ pendant que 
fl faut-il que, entant que j pour peu que , afin que , 
plutôt que d: faire cela. Je crois que cela eft ainli. 
Faites que j'aye cela demain. Je n'ai que faire de lui. 
Ma requête tend à ce que. Sec. Que j'aime à voir la 
décadence de ces vieux ch.ueauv ruinés! Il tient plus 
de la bctc que de 1 hora.ne. Il n'a rien ^z^'une chan- 
fon. Que li peftj foie de vous. Oa''il y a de belles cho- 
fes dans ce livre ! Je gage que cela eft ainfi , tout ainli 
que je vous le dis. Q;^'ainh ne toit. Tant d; m.nis que 
de blelf^-'s. Tant plein que vide. Si une infinité d au- 
tres temblables. Je fuppofe que vous avez tort. Le 
que eft la & dans quelques exemples ^«'on a déjà ci- 
tés , tellemen: dépouillé de la nature de pronom , ^a'il 
n'y fait oftice que de haifon. C'cft le qubd des Latins. 
Malherbe a dit , que de la même ardeur que je brûle 
pour elle; pour dire, donc je brûle. Il y auroit une 
infinité d'autres obfervations à faire fur l'ufage de 
cette particule que : mais outre ^^'il teroit trop long 
de les rapporter, il leroit encore fort difficile de les 
réduire fous certaines régies. Il eft fl habile , que je 
ne crois pas que perfonne en Europe lui puille difpu- 
ler la gloire de , &c. 

Situ n'as tanti^aejl Jacques cueun Villon. 

C'eft-à-dire , 17« 'eut , quantum habuit. 

Quelquefois ^i^e s'employe leul à la place de quel- 
ques adverbes, &• de quelques propofirions , avec lef- 
queîles on a accoutumé de le joindre. Ainfi on dit , 
approchez que je vous parle, pour dire , afin que je 
vous i arle. U ne fait point de voyage , ^u'il ne lui ar- 
rive quel \\it chofe, pour dire , fans qu'il lui arrive 
quelque chofe. Je lui parlai qu'A étoit encore au lit , 
pour dire, lorfquil étoit encote au lit. On le tégala 
que rien n'y manquoit , pour dire, on le régala y? /îizdrt 
que rien n'y manquoit -, & ainfi de plulieurs autres 
de même nature. U ne s'employe guère ainfi que dans 
le ftyle familier. 

On dit aulli l'hivet «^^'il fit fi froid , pendant le- 
quel il fit fl froid. C'eft-là ça'il demeure , pour dire, 
c'eft là où il demeure. 
IJCF Que, s'emploie par ellipfe dans divetfes façons de 
parler. Qz^'il faffe la moindre faute , il fera puni , 
port dire, s'il lui arrive de faire la moindre faute. Il 
ne fait que boire & manger. Il ne fait autre chofe, &c. 
U s'emploie encore par ellipfe, & abfolument dans 
le titre des Chapitres & des Sedtions d'un livre, pour 
indiquer de quelle matière on y traite. Que la vertu 
ell le plus gtand de tous les biens. Q«eles Cieux font 
d'une matière fluide. 
Tom< FIL 



QUE 8^ 

ïl s'emploie cucorepar énergie , ôc pour donner plus 
de force à ce qu'on dk. C'cft une belle chofe que de 
garder le fecret. C'cft une qualité néccirairc pour ré- 
gner, que la dillimulation. Acad. Fr. 

03" Quelquefois on l'emploie par redondance. Que f» 
vous m'objeétez , pour dire , fi vous m'objeâcz. 

Que, fe dit aulli tout f'cul en langage populaire & fa- 
milier, pour, parce que, de ce que, en ce que. Qubd, 
quia , quoniam. Le P. Bouhours s'en eft heurcufemenC 
et habilement fervi dans fa Traduélion du Nouveau 
Teftament, pour y conferver la fimplicité admirable 
& la popularité du ftyle de l'Ecriture. Ne fe tuera-t-ii 
point lui iiicmc, qu'A a dit: vous ne fautiez venir où 
je m'en vais. 13ouh. Je.tn. FUI , 22. 

On dit aulîi , que fi , que non, & que bien, que 
mal, ifT pour dire, en partie bien, en partie ma!. 
11 s'acquitte de fon emploi quebiei\,que mal. Partim 
bene , partim rnalè. Il n'eft que du difcours familier. 

Que si Que non , eft aulli un flibftantif mafculin qui 
ne s'emploie que dans le ftyle burlefque. Qubd fi ^ 
qubd non. 

On l'a reçu (ladifcorde) à bras ouverts , 
Elle , & que h que non fon frère. 
Avecque tien 6' mien fion père. La Font. 

QUEATUMO. F(?ye7 Quehatumo.^ 

QUEISiiE. Rivière de Silélie ; elle a fa fource au Duché 

de Javer, & fe perd dans le Bober. 
QUÉBEC. Nom d'une ville de l'Amérique feptentrio- 
nale. Kebacum , Kekecum. C'eft la capitale de la nou- 
velle France , & elle eft ficuée en partie fur le fleuve 
S. Laurent, & en partie fur une colline voifine. Celle-j 
ci beaucoup plus confidérable que l'autre, a plufieurs 
couvens de Religieux , un Collège de Jéfuites , un Evê- 
que qui n'eft fuitiagant d'aucun Archevêque , Si. une 
citadelle , où le Gouverneur de la nouvelle France fait 
fa réfidence ordinaire. 
if3' Cette ville , futprife par les Anglois eu 1759. Long. 

iopi. 58', 30" , lac. 46 J. jj', félon M. Caflini. 
QUÉBLE. Foye^ KéblÉ. Du-Loit écrit Qz^e'^/e dans fon 

Voyage du Levant, p. i ^6. 
QUECf-lE. f. f. Petit vaiifeau à un pont , & maté eri 

fourche. 
QUECHERI , ou KÉCHERL f m. Sorte de mets qu'on 
fait en Orient , & qui eft compofé de riz Si de mâ- 
che. Foyej MÂCHE. 
QUECHUCABI. Nom d'une montagne qui vomit des 
flammes. Mons Quechucabus. Elle eft parmi les An- 
des, dans le Chili, au levant de l'Archipel d'Ancud, 
QUEDA. Nom d'une ville des Indes , fituée fiir la cc)tc 
occidentale de la prefqu'ile de Malaca, vis-à-vis de la 
pointe leptentrionalede l'île de Sumatra. Queda^ Que- 
da eft la capitale d'un petit Royaume qui porte fon 
nom , Si elle a un port fort fréquenté par les Euro- 
péens. M AT Y. " 
QUEDELINBOURG. Ville de la Haute-Saxe, fituée fur 
la Seeke , à trois lieues d'Alberftat , vers le midi. Que- 
delinburgum , Quintinlehurgum. Il y a dans cette ville 
une célèbre Abbaye, quiembralT;i la ConfefTion d'Aul- 
bourg l'an i j'5 9. Les Religieufes de cette Abbaye doi- 
vent faire preuve de Noblclfc de huit quartiers , & 
leur Abbelfe a rang parmi les Prélats du Rhin , dans 
les Diètes de l'Empire. Elle étoit autrefois fouveraine 
de la ville Si de fon territoire , mais elle n'y a plus que 
la Baffe- Juftice , la Souveraineté appartenant à l'Elec- 
teur de Saxe. Maty. Long. 29'. 6', Lit. $ii. 10'. 
QUEDÉU. Vieux mot abrégé & fait par corruption. H 

fignifioic , ils diront. Borel. 
QUEDENTI, ou QUEDENDE. Vieux mot qui figni- 

fioit difant. 
QUEÉNES. Le Comté de Queénes , ou de la Reine. Co- 
mltatus Régine. Contrée de la Lagénie ou Province 
de Leinfter en Irlande. File eft entre les Comtés de 
Kings, de Kildare , de Wicklo & de Kilkenni. Elle 
peut avoir neuf lieues de long , &r autant de large ; 
Queeneftowne en eft le feul lieu un peu confidéra- 
ble. Maty. 
1 QUEENESTONSf'NE, ou MARIBOROUG. Ville capU 

L ij 



§4 



QUE 



talc du Comté de Queénes, en Irlande, Ueginspolis, 
MarUburgum. Elle ellà lîx ou lepc lieues de Kildare, 
vers l'occident méridional, & elle a entrée dans le Par- 
lement d'Irlande. Maty. 

QUEHATUMO, ou QUEATUMO. Nom du cap de 
Thellalie en Grèce. Quehatumum promontorium , an- 
ciennement , Sepias extrema. Il eft iur le golfe d'Ar- 
miro , au levant de la ville de Démétriade. Il y a fur 
ce cap la petite ville de Quehatumo , que l'on prend 
pour l'ancienne Sepius :,ou pour l'ancienne Mantium , 
qui étoient deux lieux voifins l'un de l'autre. Maty. 

QUEL (. m. Nom de la fleur d'un arbre qui croît à la 
Chine. Il croit Iur un arbre fort haut; il eft petit, jau- 
nâtre ; il vient en grapes; il a Une odeur fort agréable. 
Il s'ouvre fur l'arbre , &c y demeure fort long-temps 
fans (e (écher ; un mois après qu'il eft tombé , l'arbre 
reproduit de nouvelles fleurs. Il croit fur- tout dans la 
province de Quangli, où il vient abondamment; c'eft 
pourquoi on donne à la capitale de cette province le 
nom de QueiUin. Les Chinois en font différentes for- 
tes de confitures. Les Turcs, en le mêlant avec du fuc 
de limon , s'en fervent pour teindre la queue de leurs 
chevaux. 

QUEICHEU. (On prononce Quitcheou.) Nom d'une 
Ville de la Chine. Quekheium. Elle eft fituée fur le 
Kiang,dans le Suchen, dont elle eftlafixième. Elle a 
douze autres villes fous fa juiidicl:ion. Maty. 

QuEicHEu. Province de la Chine ^ lituée entre celles de 
Huquang, de Suchen, de Junan & de Quangli. Quà- 
chza. Cette Province eft fort montagneufe , ce qui 
n'empêche pas qu'elle ne foit allez peuplée. Elle ren- 
ferme huit contrées, qui ont leurs capitales, Hc foixan- 
te-quinze autres villes. Celle de Queyang eft capitale 
de toute la province. Maty. 

^ Vu ^"Î^;-^P'". ''■""' ^'''" ^^ '-^ Chine. QueUïnum. 
Elle eft Iur la iivicre de Quei dans le Quangfl , dont 
elle eft capitale. Queiiin eft une grande ville , & elle 
en a huit autres lous la juridicfion. Maty. 

QUEISSE. Vieux verbe a 1 imparfait du fubj'ondif. Je 
pufle. PercevaL Borel. Il venoit du latin queo , je 
puis. ^ 

QUEITE. Nom dune ville de la Chine. Queha. Elle 
eft la leconde de la province d'Homan, & elle a huit 
autres villes fous ia juridiction. 

QUEIYANG. Nom d'une ville de la Chine. Queiyanoa. 
Elle eft lituee entre les montagnes , dans la province 
de Queicheu, dont elle eft la capitale. Elle a fous fa 
jurididion particuhère dix- huit autres villes. Maty. 

Ik? quel , QUELLE. Pronom dont on fe fert pour 
demander ce que c'eft qu'une chofe ou une perfonne, 
fon nom, les propriétés. Quel livre lifez-vous ? Quem 
lïbrum legïs f Quelle femme avez-vous r En quelle 
monnoie vous a t il payé î En argent blanc. 

<e=J- On s'en fert aufli pour marquer l'incertitude ôc le 
doute. Je ne fais quel parti prendre. 

lO" On le dit aufli paradmiration.Qas/ malheur ! quelle 
pitié ! quelle douceur ! quelle vertu ! 

«^ On dit encore, ^/^d/qu'il foit, quelque (oit, quelle 
qu'elle loit.c^: au pluriel quels c[Mc(o\cm , quelsquih 
foient, pour dire , de quelque lorte que ce foit , qui 
que ce (oit. Je n'en excepte perfonne, <7ae/ qu'il foit 
^i/f/ qu'il puille être. ' 

UCr Tel quel. Expreftîon du ftyle familier qui fert à 

faire connoitre qu'une chofe eft médiocre dans fon ef- 

pece. Il nous a donné un dîner tel quel. Ilparoir qu'on 

s en (ert pour déhgner une chofe plutôt mauvaife que 
bonne. ^ 

QUELCONQUE. Pronom qui fe met toujours à la néga- 
tive, & après le fubftantif, & lignifie nul, aucun, quel 
qire ce loit, quel qu'il loit , quelle qu'elle foit. Qm- 
cumque, qus.cumque,quoicumque. 11 n'a voulu écou- 
tei-^de recommandation de perfonne quelconque. Il n'eft 
refte a ce Marchand chofe quelconque de fon nau- 
frage. On dit au Palais, nonobftant oppolitions ou ap- 
pellations quelconques. Nonohflanûbus quihuscumque 
oppojuiomhus vel appellatiomhus. 

Quelconque, fe dit fans négative ;, dansleftyledogma- 



QUE 

tique. Donnez-moi un point quelconque , une ligne 
quelconque. Acad. Fr. Alors il a un pluriel. Deux 
points quelconques étant donnés. 

QUELHAT , ou CALAJATE. Ville de l'Arabie heu- 
reule. Calajata. 

QULLIER. f m. Vieux mot qui fe difoit & s'écrivoit 
auflr Chêlier & Cayelier , faifeur de chaifes pour s'af- 
leoir. Borel. Sedtum ,fedUiumfaber , artifex 

QUELLEMENT. adv. Il s'eft acquitté telkment^^e//.- 
mentÀt fon devoir. Quoquomodo , quoris modo , qua- 
liiercumque , perjunclone. W ne fe dit qu'en cette 
phrale famihère , pour dire ni bien ni mal , plutôt mal 
que bien. 

QUELONGNE. f f. Vieux mot qui s'eft ditautrefois pour 

r^iIcTn!;', -^--c^x?'^ '" Rc-bours de .\iathiolus. Borel. 

QUELPAKTS. Nom d'une île de l'Océan oriental. Quel- 
parna. Elle eft a douze lieues de la pointe de la Co- 
rée vers le midi; Ion circuit eft de quinze lieues; fa 
ville capitale Moggan , ou Mocxo : fon maître , le Roi 
de Corée. Maty. 

QUELQUE. Pronom m. cV f. qui fert à défigner un in- 

. dividu , une perfonne , une chofe particulière , &: qui 
s cent avec un s au plurier. Un ou une entre plufieurs. 
Ahquis , quidam. Quelques avantages qu'il pofsède 
Il faut qu'il ait du bonheur. Corn. Il faut :L\'on quel- 
que protecteur à la Cour pour y faire quelque chofe. 
Il_y a quelque temps que cet homme pourfuk cette 
aftjiire. Le reniords luit le criminel, quelque part qu'il 
aille. Connoillez vous quelque perfonne qui ait en- 
tendu parler de cela î 

Notre cœur jufqu' au dernier foupir. 
Toujours vers quelque objet pouffe quelque de^r. 

Cork. 
Souvent d.ins le difcours ordinaire on ne prononce 
point 1 / , & on dit quéque temps, quéque chofe , que- 
que part quilloit. ^ 
IP" On s^n fert quelquefois pour marquer diminution , 
adoucillement de la choie dont on parle. 11 a çuel.ue 
railon de fe plaindre. 11 lui a donné quelque fujet de 
mécontentement. Il y a quelque apparence, &c. 
.^ Onle jomtaufli avec peu ; quelquepca d'argent, pour 
dire un peu. ^ 

Quelque, fe met quelquefois adverbialement. Ily a 
quelque trois cens pas d'ici la; pour dire, à-peu-prèsou 
environ. Ferejerme. Alexandre perdit quelque trois 
cens hommes , lorfqu'il deht Porus. Ablanc. On ne 
le diroitpas dans le ftyle noble. Il lignifie aufli, A quel- 
que pomt que, a quelque degré que, & s'emploie tou- 
jours devant un adjedif. Quelque fage que vous foyez. 
Quelque^ preocupcs qu'ils foient. Quelque riches qu'ils 
aient ete Par-tout la quelque s écm fans ^ , parce qu'il 
elt adverbe. ^ 

Quelque chose. Mot qui s'emploie ordinairement .avec 
artirmation. ^nquid, quidquam , quippiam. Il y a là 
quelque chofe de beau. Ai je fait quelque chofe que 
vous n'ayez pas lait. Vaug. Rem. 

#Cr Vaugelas demande fi quelque chofe eft un adjedif 
leminin , (elon le genre de chofe, ou bien un adjeftif 
malculin, qui répond à Valiquidàts Latins, ik à ce 
qu il hgnihe : s'il faut dire, par exemple , il v a quel- 
que chofe dans ce livre, qui eft alFez plaifante, ou qui 
eft aflez pLiilant; quelque chef qui eft alFez bonne 
ou qui eft a fez bon. Les uns, dit-il . croient que lun & 
1 autre (ont bons; les autres qu'il le faut toujours faire 
Itminin ; les autres toujours mafculin. Quelaues-uns 
prétendent qu'iltaut éluder la diftîculté.en difant il y a 
dansée livre quelque chofe d'alFez plailant, d'afl^ezbon. 

A "r" '^'" "°'^"^ 'î"^ ^°"^ ^^^"^ 'o"f bons, fe fon- 
dent lut ce qu'on peut le faire féminin par la règle 
générale qui veut que l'adjedif fou du même genre 
que Ion fubftantif; .S: qu'on peut le faire mafcuhn , 

^Tvr '"?", P"" ^" '"°^' "'^"^ ^ <^e q»'jl ''g"ifie, qui 
cltlalujutd des Latins, & un neutre que nous n'a- 
vons pas en François mais que nous exprimons par 
le malculin qui fait l'oftice du neutre. Ceux qui le 
lonr toujours féminin, ne peuvent comprendre que 
choJeqmeH le féminin puille jam.iis être joint avec 
un adjedif malculin. Ceux enfin qui le font toujours 



QUE 



mafciilin , difcnt que ce n'efl: pas chofe fimplemcnt 
qu'ils confîdàcnt ; mais ces deux mots enlembic , 
quelque chofc , qui font tout un autre eftct , étant 
joints, que li choje ctoit ("cul ou accompagne d un 
autre mot , comme une. Dans ce cas quelque choJe le 
prend ncurrak'ment, de même que \uliquid des La- 
tins. Quelques-uns même prétendent que quclqw:^ 
chofe doit être regardé comme un (eul mot ^ compolé 
de deux , & doit être orthographié quclque-chofe, avec 
une marque de conipolinon , & qu'alors quelque-choje 
n'ell plus héiuinin, mais un neutre lelon les Latnis, 
& un maleulin (tlon nous. 

iey Ceux qui cherchent a éluder la difficulté avec la 
prépolition ou la particule ^tfj devant Tadjeétit, ont 
railon : mais cet expédient ne Icrt pas toujours : car 
i\ je dis, il y a quelque chofe dans ce livre qui n'eji 
pas Ion, ou hoîine, qui mérite d'être lu , ou lue j on 
ne (autoit éviter ce doute avec la particule de. 

ÇCr VaugcLis décide qu'il y a des cas où il faut mettre 
Je ma(i.iilin : il iaut dire, par exemple; il y a quelque 
chofe !.|ui mérite d'être lu, quelque chofe qiu mérite 
d'être ceuluré, & non pas lue , ou cenlurée. D'autres, 
oùil faut mettre le féminin ; qu'il iaut dire, par exem- 
ple , il y a quelque chofe dans ce livre, qui n'efl: pas 
telle que vous dites. Se non pas tel que vous dites. 
Pou, difceriier ces endroits là, il n'y a point de règle, 
ou du moins d autre r^gle que l'oreille. Mais on peut 
dire en général qu'il eft plus François i^: plus élégant 
de donner un adjcvlif malculin à quelque chofe , qu'un 
féminii'i. 

§^7" On lait qu'en vers auiTi bien qu'en profe on règle 
quelquefois la confliruuion , non pas félon les mot' 
qui fignifif nt , mais felcn les chjles qui font figni 
fiées. Ainh c^Wuic^we perfonnes f.jit du genre lémin.in, 
néanmoins, parce qu'il lignifie hommes & femmes , 
quand on a A\x pefonr,es dans ur. membre de période, 
on peut dire ils rai mafculin dans un autre membre 
de la même période à caufe que cet ils fe rapporte 
non pas au mot figiiifiant, qui tù: perfonnes , mais au 
mot (ignifié , qui cft komi^es. Voila peur le genre, 
voici pour le nombre. Il faut dire, j'en ai vu uve in- 
finité qui meurent, & non pas qui ir.eu ^, cuoiqu'in- 
finité loit iingulier , parce que meurent le lapporte , 
non pas au mot figniliani , qui eft infinité , mais a la 
chufe fignifiée, qui cft quantité de perfonnes eu d'a- 
nimaux , qui comme terme colledif équivaut au plu- 
riel : c'eff adiré , qu'on n'a pas égard au mot , mais à 
la ch fe lignifiée. 

QUELQUEFOIS, adv. Far fois. Aliquando. Il zfi quel- 
quefois bon , quelquefois mauvais de fe hiter. Dans 
l'ulage ordinaire on prononce quéquefois. 

QUEL QUEL. 1. m. Nom que l'on donnoit autrefois 
chez les Romains aux derniers & aux plus niilcrables 
des elclaves. Qualis quulis. Les quels quels étoient 
les efclaves que l'on envoyoit chargés de chaînes à la 
campagne, /^'oyfij' Cicéron dans les Paradoxes Aril- 
tote , Politic. L. I. 6c Ulpieuj leg. i j , §. 44. ff. de 
injur. 

QUELQU'UN, UNE, pronom, lignifie au fingulier , 
un entre plufieurs, & au pluriel, plufieurs dans un 
plus grand nombre. Aliquis, quidam, &c. Il faut 
heurter à la porte pour parler à quelqu'un des domef- 
tiqucs. Quelques-uns rapportent cette hiftoire d'une 
autre manière. Quelqu'un des Anciens a dit ce beau 
mot. 

QUÉNÎANDER. QUÉMANDEUR. Foyei Caiman- 

DER. CaiMANDEUR. 

QUEMIN. I. m. Vieux mot, ou vieille prononciation 
qui fe conlerve encore en Picardie & en Normandie. 
Chemin , defemita , félon Bouillus. Borel. 

QULNA. f. f. Vieux mot qui s'eft dit il y a long-temps 
peu; femme. Eorel. Mulier , femina. 

QUF.NAîSE. Droit de quenaife. C'eft lorfque la terre 
& le fief roturier retournent au Seigneur après la mort 
du détenteur décédé lans hoirs de fon corps. 11 en eft 
parlé au Recueil des Arrêts de Bretagne, Z. /. Z. IL 
I . JU. T''o\er encore Ouevaise. 

QU'EN DIRA-T ON. AlFcmblage de mots dont nous 

^ avons fait un lubftantif. Je me moque, je me ris du 



QUE 87 

qu'en dlra-t-on. Je m'embarrafTe fort peu du qu'en 
dira-t-on. Il faut le mettre au ddlusdu ^«'^/i dira ton, 
XJin elpiit lupéiieur comme le vôtre doit faire peu de 
cas du qu'en dira- 1 on. Qui voudioit écouter le quen 
dirat-on y demcureroit dans l'inaction. 

QUENEC, ou QUEQUENA. Contrée d'Afrique dans 
la Bai bâtie , le long de la rivière de Zis , près du mont 
Atlas. 

QUENELISTE. f. m. Défcnfeur des fentimens du P. 
Quefnel. Anti conllitutionaire. 

QUENNE. 1. f. Melure ou vafc à contenir des liqueurs. 
Amphora. 

De S. Martin bon vin d'Efpaione , 

Je lui donnai plein une quenne. Landes Sept Dam, 

QUENNE. Rivière de France dans le Nivernois. 

QUENOL Nom de ville qui ne le dit qu'avec l'article. 
Le Quenoi, du Quenoi , au Que'noi. Petite ville for- 
tifi.-e il' défendue par une citadelle. Quercetum. Elle 
eft dans le Hainaut François, entre Landreci &c Va- 
lencieup.es, a deux heucs de celle-ci, ôc à crois de 
1 autre. Long. 21 d. 19'. Lat. jo d. i/'. 

QUENOT TE. Terme populaire , qui fignifie les dents de 
lait. Dentés laclei. Les Nourrices appellent les dents 
des petits enfans, des quenottes, de johes quenottes. 

QUENOUILLE, f. f. Eât< n, canne ourofeau auquel on 
attache de la filalFe, du Im, de la laine pour filer. Co- 
lus. On pcinr les Parques avec une quenouille, un fu- 
feau ik des cifeaux. 

Ce mot vient de colucula , diminutif de Colus.. 
Ménage. Ou Iclon quel ,ucs ujis de ^ueifuel, qui en 
langage Celtique ou Bas -Breton lignifie la même 
chofe. 

Quenouille , eft aulfi le lin, la laine, le coton ou la 
loie dont la quenouille eft chargée \ on l'appelle aufli 
quenouillée. Colus lino injlruàus, amiclus , ou amicla^ 
inflrucla. 

Quenouille , fignifie aufll les colonnes eu les piliers 
d'un lit. 

Quenouille, fe dit encore des bâtons ou piliers qui 
foutiennent l'impériale d un carrolle, ou des bâtons 
qui lervcnt à porter un dais. Fulcrum. 

Quenouille, fe dit figurémcnt en termes de Généalogie 
pour fignifier la ligne féminine. Genus femineum.. Les 
Royaumes d'Efpagne & d'Angleterre tombent en que- 
nouille ; c'eft - à - dire , les femmes y fuccèdent à la 
Couronne. Celui de France ne tombe point en que- 
nouille. On le dit par extenfion, lorfque les femmes 
font maîtrelfes dans un ménage , ou les plus habiles. 
L'empire des Mufes eft tombé en quenouille. 

On dit figurément & familièrement, que l'efpiit eft 
lomhî en quenouille dans quelque famille , pourdire, 
que les filles ont plus d'efprit que les garçons. Acad. 
Franc. 

Quenouille sauvage. Plante qui eft une efpcce de 
Cmcus , 3c dont les fueilles font rudes & piquantes. 
Ses Heurs font des bouquets à fleurons découpés en 
lanières, de couleur jaune, fourenus par un calice 
écailleux , entouré de quelques feuilles. Lorfque ces 
fleurs font pallécs, il leur luccède des lemences car- 
rées , noires , luilantes , garnies d'une aigrette. C.Bau- 
hin l'appelle attraclilis lutea , & M. Tournefort Cni- 
cus attraclilis lutea diclus. H. L. Bat. Quelques-uns 
l'appellentyi/rt7/2 bâtard fvuvage. On diftille à Paris 
cette plante, & l'on en lubftitue l'eau à celle de char- 
don bénit. Les femmes fe lervoicnt autrefois de leurs 
tiges au lieu de quenouilles. 

On dit proverbialement , aile r. filer votre quenouille, 
à une femme oui fe veut mêler des affaires du mari, 
de choies qu'elle n'entend pa^. Vcdc éuFtim perfum. 

Quenouille, ou Fileuse. f. f. Terme de Cordciie. Per- 
che de Icpt a huit pieds, au bout de laquelle les fi- 
leurs attachent une queue de chanvre & l'ajuftent 
fur leur côté à peu près comme les femmes font leurs 
quenouilles. 

QUENOUILLÉE. f. f. Terme de Manufadure de laine» 
Une quenouillée font deu'C traits unis , formant en- 
femble ce qui fuffit pour le travail d'une quenouille. 



26 



QUE 



Le trait efl: cette quantité de laine attachée à chaque 
fil. 
QUENOUILLETTE. f. f. Ce mot Ce dit en riant. Se 
dans le Ityle familier, comme dans les chanfons; Se 
/îgnitie , petite quenouille. Pur va colus. Quand la Ber- 
gère vient des champs, la qutnouïUettc va filant. 

La Bergère Nanette 
Sur le bord d'un ruijfeau ^ 
Filou fa quenouillette , 
En gardant fon troupeau. 

-Quenouillette, terme de Fondeur, eft une verge de 
fer qui efl terminée à une extrémicé par un bouton 
aulli de fer, dont les Fondeurs le fervent pour boucher 
les trous ou godets par où le métal coule dans leurs 
moules. Colus ferrea glohulo injlrucla. 

QUENS. f. m. Vieux mot qui fignifioit Comte. Cornes. 
On écrivoit aulli Cuens. Nom de dignité. Voye\ 

CUENS. 

Mena fon ofl fans point d'aloine j 

Que mort ejl ii Quens de Boloïne j 

Dont II François orent fait chiefj 

Qui remés font à grand mefchief. Huon de MÉry. 

Philippe Moufck, en fon hiOoire de France, dit : 

Tculoufe ont autrefois ajfife , 
Li Quens de Montfort à divije 
Cil dedans iaent à reviel , 
Si gitierent d'un mangoniel. 
Et H Quens premier à fes engiens^ 
f^il faifoit traire mairiens ^ àcc. 

Voyei aulTi Villehardouin, iS<:lcRomandcSiPi- 

RIS DE VlNEAUX. 

Sire Quens j dijles-moi j pour Dieu je vous en prie. 

Et le Roman de la Chas se. 

La [u li Quens de Tancarvdlc. 

Ce mot vient de Quens, en Anglois, la fille du Roi. 
BoREL. Percerai. 

Et avec elli Quens de Naples. Borel. 

QUENTIN, f. m. Nom d'homme. Quintinus. On dit 
que iS. Quentin étoit Romain de nailîance,& de fa- 
mille Sénatoriale. Il i"ut martyrifé par ordre de Ridio- 
vare, l'an 187 , dans le Vcrmaiulois. 

Saint Quentin. Nom d'une ville de Picardie , en Fran- 
ce. Quintinopolis j Fanum Sancli Quintini. Elle cil 
capitale du Vermandois, fortifiée &: fituéefur laSom 
me , à hx lieues au-delfus de Péroné. Cette ville ell 
célèbre par la bataille de S. Quentin , dans laquelle le 
Duc de Savoie, Gouverneur des Pays-Bas, défit entiè- 
rement le Connétable de Montmorenci, le fit prifon- 
nier avec plulieurs Officiers diftingués, & un grand 
nombre de Gentilshommes, continua fans obllacles le 
liège de S. Quentin, l'emporta d'alfaut , & y fit pri- 
fonnier l'Amiral de Coiigni , & fon frère Dandelot , qui 
la defendoient. Elle fut enfuite rendue à la France par 
la paix de Câteau-Cambréiis. Maty. Long. zod. ^7', 
lat. 49 d. jo', 51". 

QUEii. f. m. Vieux mot. Du cuir , félon un ancien ré- 
ceptaire. Borel. Corium. 

QuER. Vieux V. n. Tomber , venant de chcoir. Bouillus, 
de vitiis lingus. vulgaris. Borel. Cadere. 

QuER. Vieille Conjonftion. Car , nam , enim. 

QUERA-IBA. f m. Arbre qui croit dans le Bréfil. Son 
écorce étant pilée & appliquée, efl efficace pour gué- 
rir les plaies ou les ulcères des jambes & des autres 
parties du corps. 

QUER AGE. 1. m. Vieux mot. Cuifinier. Ragueau. Bor el. 
Coquus. 

QUÉRASQUE , ou CHÉRALCO , CHIÉRAS & 



QUE 

QUIERAS. Ville de Piémont. Clarafcum j ancienne- 
ment , Carcia Potentia. 

QUÉRAT. f. m. Terme de Marine. Partie du bordagc 
compiife depuis la quille jufqu'a la plus proche des 
préceintes. Ozanam. Pars carinn. 

QUERCERELLE, CRESSERELLE , ou CRECELLE, 
f. f. Nom d'un oileau. Cenchris , Tinnunculus. Quoi- 
que la quercerelle loit un oifeau de rapine, il a néan- 
moins beaucoup de (ympathic avec les pigeons. U les 
défend des autres oilcaux deproie, lefquels appréhen- 
dent (on regard & Ion cri. La Icmclle fait ordinaire- 
ment quatre œufs. Ses œufs font rougekres. Elles fait 
Ion ni«l dans les hautes tours , dans les clochers , & 
dans les lieux les plus élevés. 

Le mâle qui efl plus petit que la femelle , a le bec 
prelque long du travers du pouce. Il n'ctl: pas droit au 
commencement comme celui de l'épervier; mais il fe 
courbe infenfiblement , &: eft beaucoup plus long & 
plus ciochu que celui de l'épervier. La première par- 
tie , qui efl environnée d'une membrane contiguc a la 
tête , eft jaunâtre 6^ à demi de couleur cendrée ; & a 
par les côtés un certain tour fait en demi cercle , qui 
ie va terminer à la cavité de la lèvre inférieure , & c'cft 
delà que le bec le recourbe. Sa pointe eft ti ute noire j 
la partie de dcilus eft: plus longue que celle de déf- 
ions; la prunelle de l'œil eft extrêmement noire; le refte 
eft jaune. Les paupières &: les plumes qui environnent 
les yeux, (ont aulli jaunes, & il a le fommet de la tête 
un peu applati & abaillc. Toute la tête jufqu'au com- 
mencement du dos, eft d'une couleur cendrée; (a gor- 
ge, fa poitrine & (on ventre font jaunâtres, & femés 
de taches noires, qui ne vont pas en traverfant, mais 
qui delcendent en long à la partie du ventre où elles 
(ont plus larges qu'à la gorge. Ses manteaux &c fon dos 
font revêtus de pennes de couleur de rouille, qui font 
marquées de taches noires aftez larges. Le dedans de 
les manteaux eft d'un cendré blanchâtre. Les grandes 
pennes & les dernières qui apprc>chent du ventre , font 
d'un tanné roufsâtre, tirant (ur le noir. Les pennes de 
fa queue font en plus grande partie cendrées , & fem- 
blent être divilées en deux à caufe de leiu' ruyau qui 
eft: noir. Celles qui font prelque aux extrémités , font 
traverfées d'une tache noire large de deux doigts. L'ex- 
trémité de la queue eft terminée par une tache blan- 
che. Elle eft extrêmement longue , l<c par la longueur 
elle égale le refte du corps. Son col eft très-Jong , & 
bien afilé , & lui defcend au-deflous du croupion de 
cinq grands doigts. Ses jambes (ont jaunes , & fes pieds 
font garnis de grands doigts & d'ongles robuftes , aigus 
&: noirs, qui font aulli jaunes. 

La femelle a la taille plus grande que le mâle. Elle 
a le bec un peu plus court que lui ; & ce qui en eft 
courbé, n'cft pas (1 long; mais il eft plus crochu. Il efl 
entièrement de couleur cendrée ou de corne , blan- 
chillant un peu , & principalement à la partie fupc- 
rieure: car à l'endroit où il eft joint à la tête , on y 
voit une pellicule rouffe. Ses yeux font de la même 
couleur que ceux du mâle; à leur coin extérieur elle 
a une rache cendrée blanchâtre. Tout le dos & le delfus 
des manteaux font d'une couleur de rouille claire, ap- 
prochant du roux; tout fon pennage eft: châtain à la 
racine, qui eft un peu obfcure , & tirant fur le noir. 
Le haut des grandes pennes efl: d'un tanné oblcur ; & 
vers le bas à la partie qui penche en avant , elles blan- 
Ghilfcnt un peu> & font diverfîfiées de taches brunes 
obliques. Les pennes de l'extrémité du dos qui cou- 
vrent le croupion , font de couleur cendrée, traverfées 
démarques brunes, qui finilfent en angle, approchant 
du tuyau. Les pennes de la queue font très-longues j 
& les plus grandes , ainfi que les principales , font rouf^ 
sâtres, & traverfées de hgnes ni ires; & le tuyau qui 
les coupe en longueur , eft f emhiablement noir : vers 
leur extrémité elles font couvertes de taches noires 
grandes & larges; mais par le bout elles font touffes. 
Son col & fa poitrine font femés de taches étroites & 
longues , qui delcendent en bas. Ses jambes & (es pieds 
font jaunes. Elle a les ongles moins crochus que le 
mâle; ils font néanmoins un peu courbés & tics-noirs. 
Les quercerelles fe nourrifFent de iauçeçeiles, de pa-«, 



QO A 



pillons, de rouris, de petits oifeaiix . de ferpcns 5c au- 
tres Cuite; dini'cAes. La plupaiT des 1 liiloiiciis allurciu 
que la qucncrciU ne boit point. Anitotc ioutient le; 
contraire, encore qu'elle ait le bec iS; les ongles cro- 
chus. 

Anftotc &. Pline l'appellent trcs-fccondc ^ à calife 
qu'elle produit quatre petits, contre l'ordinaire de tous 
les autres oileaux de proie. Elle fait aulii quelquefois 
fon nid dans le creux des arbres, aulîi bien que dans 
les tours. 

Lorlque la femelle s'cloigne & s'abicu'c du mile , 
il en conçoit une douleur li grande , qu'il hiit des tri^ 
& des plaintes continuelles. 

Turntrus rapporte que la qucrccrdlc nourrit (es pe- 
tits jufqu'a ce qu'ils puillent vivre de leur clialfe. 

Quelques perloniies on drellc des qucrcerelles au 
vol du nielle & du moineau : mais cette challe ii'cft pas 
enufagc dans la lauconnerie. 
QUERCl. Nom d'une Province de France, Caduran/is 
Tracîus. Hlle elt bornée au nord par le Limoufin ; au 
levant par l'Auvergne 6: par le Kouergue; .au midi par 
le Languedoc; & au couclianc par l'Agénois & par le 
i'érigoid. Cette Province cîi tertile en bled, en vin & 
en fruits. On la divife en haut & bas Querci; le premier 
cft au nord du Lot, & le dernier au midi. Cahors en 
cit la ville capitale. Les autres (ont Montauban, Lau- 
zerte, Figeac, Gordon &Marte!. Maty. 
QUEKÉIVA. f. m. Sorte d'oifeau du Brefil , qui a toiuc 
la poitrine d'un fort beau rouge, des ailes noires , & le 
relie du corps bleu. Les Sauvages l'elliment fort, à caufe 
de la beauté de fon plumage. 
QUERELLE, f.f Démêlé, contcfl:ation,difpute, ■xy dé- 
bat, nous dit-on dans l'encyclopédie: mais tous ces 
mots ont leur nuance particulière qui les carattérile. 
La^aerff/Zî^eftune difpute dans laquelle il entre de l'ai- 
greur. Rixa^i urgium. Koy. Contestation. L'aigreur 
des efprits, dit M. L'Abbé Girard, eft la fource des 
querelles. Il y a dans la plupart des querelles plus d'hu- 
meur que de haine. Avoir querelle, être Q.n querelle 
avec quelqu'un. Faire querelle, (ulciter querelle à 
quelqu'un. Accorder, appaifer, alloupir une ça^/v//,? . 

Iris, dans notre querelle j 
Je n'examine point qui de nous deux a tort , 
Et vousave^ raifon puifque vous êtes belle. La Sabl. 

Ménage dérive ce mot de querellare , Latin. 
Entrer dans une querelle , c'eft y prendre parti. 
Prendre, époufer, embrailer la querelle de quelqu'un, 
c'eft prendre Ion parti contre ceux avec qui il ell en 
querelle. Partes, dcjenjîonem fufcipere. Prendre ^ae- 
relle pour quelqu'un , c'eli prendre ion parti avec cha- 
leur , déclarer qu'on entreprend de le venger de ceux 
qui l'ont ofteulé. Les amisioutiennent par-tout la^i^f- 
relle de leurs amis. Cet Ecrivain a fait l'apologie d'un 
tel Ouvrage; il a pris fur loi la querelle de l'Auteur. 
§Cr Qu'ils envilagealfent J. C. crucifié , dont ils lou- 
tenoientlaçi/tr<;//e. BouHouRS. 

Querelle, en termes deCoi!itume, fignifie une plainte 
rendue en Juftice. Querelle criminelle de dicl , dans la 
Coutume de Normandie, c. 86. c'eli: une plainte rendue 
en Jullice, d'injures atroces, & qui feroient perdre la 
vie à celui à qui elles ont été dites, fi elles étoient 
vraies. Querelle criminelle (ff /air, dans la Coutume de 
Normandie, c. 67. c'eft une plainte lendue en Juftice, 
cîe mcuitrcs,d'homicides, de trêves enfr.aintes, d'allàut 
de maifon , & d'autres crimes femblables. Simple que- 
relle perfonnelle de didt , c'eft une plainte qui nait d'in- 
jures, ou de laidanges que les uns difent aux autres; & 
elle eft appéllée lîmple, parce qu'elle fe termine par 
fimple , parce qu'elle fe termine p.ar fimple loi. Voye:^ 
la Coutume de Normandie , c. 86. Simple querelle per- 
fonelie de meft'ait, c'eft un contcnds qui eft mû entre 
les plaideurs, pardevant la Juftice, du meffait qui fut 
fait à celui qui le plaint en cette manière : Je me plains 
de Jean , qui m'a féru de fa paume en la joe. Ce font 
les termes de l'ancienne Coikum.e de Normandie, c. 8 s- 
Elle eftappelléeyî/77/7/c,luivant le c. 67. parce qu'elle 
doit être terminée par fimple loi , ou par defrènc. 

C/3"En Jurilprudencç, querelle d'inofticiofité , c'eft la 



QUA 87 

même cliofe que plainte. AVy. iMOFFitibsiTÉ. 

Oii du prov'crbialcment.î'airf une querelle d'Aile* 
maïKla quelqu'un; pour dire, l'attaquei fans fujct 6é 
de gaieté de cœur, pour lien, ou pour une b.igatellc. 
De rnhilo contumuUam dicerc. 
QtiERtLLU, s'eft aullidirpourgréle, ainfi que ditUorcl. 
iCTQUEHELLEH. v.a. Faire ç;/trW/c à quelqu'un, jùr- 
gare^jurgaritrixarL Ne querellci; pcrlonne. iJesgcns 
qui le querellenl , font des gens qui ont difpute l'un 
contre l'autre avec des paroles aigics. 
i;3' QUERELLER, lignifie aUlli réprimander, dire des 
paroles aigres & fâcheulés. rcrhis afpenoribus oljur- 
gare. Son père la querellé. Il y a des maîtres qui aiment 
a quereller leurs Valets» 

isrr Un le dit aulîî abfc>lunient.Il y a des gens qUi aiment 
à quereller, ne querellons point. 

~i-' Corneille a dit dans le menteur, ce n'efipas ici au il 
h faut quereller. Ce inot fignifie aujourdhui repreiidrej 
rcprimimdcr, taire des reproches, llfignifioit alors in- 
lulter, délier, & même fe battre. Volt. 

i'^'Dans nos Provinces méridionales, les tribunaux fe 
fervent du mot quereller ^out ?:ccuict un homme, at- 
taquer un teftament, une convention. C'eft un abus 
des mots : le langage du barreau eft partout Barbare. 

M^ QUERELLEUR, quelquefois querelleux, eusei 
Ad). Quelquetois employé (ubftaiicivenient. Qui fait 
louvcnt querelle, c^\.\\\-ue. à quereller, Rixofus^jur- 
giofus , rixator, rixatrix. On dit d'un homme qu'il 
eft fort querelleur , qu'il eft foible & querelleur. C'eft 
un grand querelleur, une grande qucrelleufe. Si les gens 
querellcux lavoient combien ils font inconmiodes & 
inlupportables, peut-être s'appliqueroicnt ils à fe cor- 
riger d'un vice qui gêne tout le monde. Bell. 

icr QUERELLEUR, en Jurilptudence. C'eft celui qui 
intente la querelle d'inofHciolîté , qui attaque un teft.a- 
meiit, un jugement ou autre aéte. Foy. quereller. 

Ï'-J' En Vénerie, un chien querelleur e& an chien 'pïWs.tii. 

QUÉRIMONIE. f. f. Terme d'oftîcialité. Plainte qu'on 
fait, requête qu'on prélente aux Juges d'Églife pour 
obtenir la permifion de publier des monitoires. 
Ce mot vient du Latin querimonia , plainte. 

f'CFQUERIR. V. a. Qui ne s'emploie qu'à l'infinitif avec 
les verbes aller^ venir j envoyer. C'eft chercher avec 
charge d'amener celui qu'on envoie chercher, ou d'ap- 
porter la choie qu'on demande. Accerfere , acclrcy 
afferre. AWei quérir le médecin. Il eft allé quérir de 
l'eau. Il eft peu en ulage. 

Ce mot vient du Latin qusrere. 
On dit proverbialement d'un valet malhabile; fi on 
l'envoyoit </ //trzr de l'eau à la rivicre,iln'en rrouveroit 
point. On dit aulîi de celui qui eft lent à revenir, il 
leroit bon à aller quenrla. mort. On dit encore prover- 
bialement ; Il vaut mieux tenir que quérir. 

QUERNEAU. f. m. Vieux mot qui fe difoitpour Cré- 
neau. Borel. Mûri pinna. 

QUERNFURT. Nom d'un bourg du Comté de Mans- 
feld en Thuringe. Quernjurtum. Il eft entre la ville de 
Mansfeld & celle de Naumbourg^ à cinq liencs ds 
chacune. Quernfurt a eu autrel-ois des Comtes, dont 
ceux de Mansfeld font defceiidus. Maty. 

QUERNUj UE. Vieux adj. Charnu. Borel. Camofus^ 
Corpulentus , a, 

QUEROL. (la vallée de) Queroli vallis. Canton de la 
Catalogne dans la Cerdagne, à l'extrémité feptentrio- 
nale , ik. à l'entrée des dcfilés par où l'on palfe en 
France. 

QUEROLLER, ou CAROLER. Danfer. Roman de la 
Rofe. Mf. Borel. Saltare. 

QUERONIQUE. Vieux f. f. Chronique. Borel. Chro- 
nicon. 

QUERONS. Terme de Philofophie hermétique, v.a. A 
la première perl.du plur. de l'impératif. Cherchons; du- 
\.ztin qu.-tro. Trévifan. Dict.Herm. 

QUERQUENEZ. Cercina. Ile de la mer Méditerranée 
lurla côte de Tripoli, en Barbarie. 

QUERRE, ouQUIERRE. Vieux v. a. Chercher, re- 
chercher; de quxrere. Borel. 

Qui la voudrait chercher & qucrte. 

Et puis trouvée mettre en terre. Font, des Amours. 



88 QUE 

En mercure ejl ce que qucions , 
De lui efprit & corps tirons , 
Ecfoufre aujfi ; d' où fort teinture , 
Sur toutes chofes nette & pure. 1d. 

On difoit à l'imparfait du Subjondif, queiJfe,)C cher- 
ch.ille, BoREL. 

Qu amour me dit que ne queilTe. 

Un Compagnon cui je deijje , • 

Mùn confeil tout entièrement. R. de la Rose. 

QUERS. Cap. de Quers , ou Cadagues. Bourg de Cata- 
logne en Elpagne. Cadaquerium promontorium. Aqua- 
rum caput. 

IJO" QUERSONNESE. Quelques écrivains fuivent cette 
orthographe. Voy. Chersonnese. 

QUESAC , ou QUEZAC. Ville de France en Languedoc, 
dans le Gévaudan , auDiocèle de Mende. 

QUESLIER. f. m. Vieux mot. Faifeur de chaifes. On a 
dit aulïi Choler, ik Cayeler. 

CCF-QUESNOY. Foy. quenoy. 

-QUESSE, ou QUAISSE.f. f. Une caifle ou cofFre.BoREi,. 
Cap fa. 

QUESTABLE,ou QUESTAL, AIE. adj.m. & f. Terme 
de Coutume, quile dit des lujetsd'unSeigneur,qui ne 
peuvent lailler la terre pour aller demeurer ailleurs , 
fans la volonté. Condition queflale & lerve, eft la con- 
dition de ces lortes de gens. La Coutume de Niveniois 
dit queflahle. Tit. Vill. art. 7. Les Seigneurs jouiront 
fur les quefleaux de tels droits qu'ils ont accoutumé , 
& qu'elt contenu en leurs Inlhumens. Autonne, fur 
la Coutume de Bordeaux , art. Qy. 

Ce mot eft aulli (ubftantif, &: a queflaux au pluriel. 
Les queflaux ne peuvent difpoler de leurs perfonnes 
& biens (ans le confentcment de leur Seigneur. Dans 
le For de Bcarn , c'eft quefleaux. 

Ce mot vient de quête. Qucfiaux font ceux fur 
lerquel-; IcSeigneur faifc)it la qutte. f^oye^ ce mot. 

■QUESTALITE. l.f. llgnifîc, Servitude. Nous trouvons 
par les anciens titres du pays de Médoc, qu'il étoit 
tenu en queflaluc. Autonne ,fur la Coutume de Bor- 
deaux , art. Dj. 

QUESTEUR, l.m. Etoit unOfficier de l'ancieiineRome 
qui avoit foin du Tréfor public. Quxftor. Ce Magiftrat 
étoit 1 un des plus anciens, &i avoit été établi fous les 
Rois. Pendant la République, le Sénat envoyoit des 
Quefleurs dans chaque Province, «Se ils étoient comme 
lesTréloriers, & lesLieutenansduPioconfuldansl'ad- 
miniftration des Finances. Mais ious les Empereurs, 
comme il n'y eut plus qu'un Qat-yZeur, ou Tréforier gé- 
néral pour tout l'Empire, on appela cesTréfoiiers par- 
ticuliers, les Commis]du Quefleur, onAdjutoresquA- 
Jloris. La première fonétion des Quefleurs neregardoit 
que les armées. Ils payoient les foldats : ils recevoient 
les deniers provenans des dépouilles &c du butin qu'on 
failoit fur les ennemis. On en créa de nouveaux pour 
rcfider dans la ville, & recevoir les deniers publics j 
& les tributs qui le levoient fur le peuple. Syllaen aug- 
nienta le nombre jufqu'à vingt. On les multiplia à me- 
fure que l'Empire s'agrandit. Cette charge lépondoit à 
celle de Tréforier , ou d'Intendant ik de Surintendant 
des Finances. Prcfque les mêmes fondions y étoient 
attachées. On le dit aulli dans le Pays-Latin , ôc dans les 
Collèges, des Receveurs des revenus d'une Univerfité. 
Questeur du Sacré Palais. L'une des premières di- 
gnités tous les Empereurs deConllantinople. SacriPa- 
lat'ii Qudflor. C'étoit le Quefleur, qui foufcrivoit les 
icicrits de l'Empereur, & les réponfes aux requêtes & 
aux fuppliques qu'on lui préfentoit. C'étoit auffi le 
Quefleur, qui drellbit les loix, ^: les conftitutions que 
l'Empcrîur trouvoit à propos de publier , & elles n'a- 
voient de force, quelorfquele Quefleur du Sacré Pa- 
lais les avoit fignées: il avoit fom de l'adminiftration 
de la Jullice. Quelques-uns en comparent les fondions 
à celles duCluncelier. C'étoit ordinairemcut un Jurif- 
confulte qu'on honoroit de cette charge, parce qu'il 
devoir connoître les loix de l'Empirc.^les didler, les 
faire exécuter, ik juger des caufes, qu'on porroit par 



QUE f 

appel devant l'Empereur. Conftantin eft le premier qui 
ait fait des Quefleurs du Sacré Palais. 

QUESTION. 1. f. Demande qu'on fait à quelqu'un pour 
apprendre quelque chofe de lui. Qu«flio,interroodtio, 
pcnontatio. Les Nouvelliftes qui vo)cnt un Courrier, 
lui font ccntqueflions. Un Voyageur qui arrive eftim- 
portunc de mille queflions qu'on lui fait. 

Question, en termes dogmatiques, fe dit de l'examen 
d'un doute, d'une difficulté dont on traite, dont on dif- 
pute pour en éclaircir la vérité. Quxflio , difficultas , 
argumencum. En toutes les Sciences , il y a bien des 
queflions à examiner. Cet homme ne lait pas réfoudre 
la qucflion, ne voit pas le nœud de la queflion, ne prend 
pas le poinrde la queflion. Dans les queflions ohîcmes 
&: duuteules, la modeftie lied bien mieux qu'un ton 
décilif. S. EvR. 

IfT QUESTION, en Jurifprudencc, eft un point fur 
lequel on n'eft pas d'accord, &qui eft foumis à la .dé- 
cilion du juge. 

Toutes les conteftations qui forment les procès, 
font ou queftions de droit, ou queflions de fait, ou • 
queflions de fait Se de droit. 

ÇCTLa Question de droit eft celle qui roule fur un 
point de droit, comme quand il s'agit d'expliquer le 
lens d'une loi dont on fait l'application à la caufe : celle 
qui le décide par une loi. 

^CF La Question de fait eft celle qui fe décide par la 
preuve d'un fait dont les parties ne font pas d'accord j 
celle dont la décifion dépend uniquement de la dif- 
cullion d'un fait. 

^fT Les Questions de droit .Se de fait font celles qui fe 
doivent décider par les règles & les principes de droit, 
&: par la preuve d'un fair controverlé. Par exemple 
un Seigneur veur confifquer le fièf de Ion valîal pour 
félonie. Le vafTal nie le tait , & (outient de plus que 
quand même il feroit véritable, l'injure qui en léful- 
tcroit feroit trop légère pour donner lieu à la commife. 
La queftion d'état, eft celle qui regarde la perfonne, II 
tel , par exemple, eft libre ou (erf, noble ou roturier, 
légitime ou bâtard. Queflion douteufe eft celle que le 
Droit ne décide pas clairement, & où il y a diverfité 
de jugemens, qui n'établillent pas une Jurifprudence 
certaine. Id. 

Question préjudicielle. Voyez Préjudiciel. 

Question , (e dit auffi des traités qu'on fait fur des ma- 
tières dogmatiques. Propofitio. Les queflions Tufcu- 
lanes de Cicéron. Les queflions Académiques. 

Question, eft aulli une divilion que font quelques Au- 
teurs de leurs livres : comme S. Thomas a divifé fa 
lomme en pluheurs queflions & articles , quoique 
chaque article (oit celui qui traite une queftion par- 
ticulière. Diviflo , partitio. Le Droit Canon eft auffi 
diftingué par caules & queftions. 

Question, ie dit aulli d'une Thtfe qu'on foutient dans 
les Collèges, qui encore qu'elle aboutilîe aune feule 
queflion, néanmoins en contient plufieurs autres, fur 
lefquelles on difpute en même temps. Thrfls, pofltio. 
Les Médecins appellent queftions quodiibétaires', 
certaines Thèfes qu'ils foutiennent dans leurs Ecoles. 
f^oy. Quodlibetaire. 

Question _, le dit auffi de tour ce dont il s'agit, lorfqu'on 
eft en différend j ou qu'on a befoin de quelque chofe. 
Il eft queftion de diner, & non pas de dilputei. Agitur 
de prandioj non dedifputatione. Notre repas , notre vin 
fera-til bon, c'eft la queftion. Si nous nous divertirons 
bien; belle queflion ! Voilà ce dont il eft queflion. 

Question, (ignifie auffi la torture qu'on donne aux cri- 
minels pour favoir la vérité de quelque crime (fT qui 
mérite peine de mort, foit pour leur faire avouer le 
crime j lorlque les preuves ne font pas complètes , foit 
pour les obliger à déclarer leurs complices, dans le cas 
où ik en (ont pleinement convaincus. Qi^i:/?io,^eAe/ï /2 (7, 
tortura. Perlonne ne peut être appliqué à la queflion en 
matière civile. Par l'Ordonnance de 1670. tit. 19. art. 
I. fi l'acculé eft prévenu d'un crime capital &c qui mé- 
rite la mort, & (î le crime eft conftant, il peut être 
condamné à la queflion, s'il y a preuve conlidérable 
contre luij & que cependant la preuve ne foit paslur- 
filante pour le convaincre & pour le condamnci à 

mort 



QUE 



mort. Tous Juges , tant Royaux que Subalternes , peu- 
vent cond.imiier ïVxqueJîion, &: mcmc le Juge Ecclc- 
fiaftiquc. On appelle qucjlMn préparatolrt , celle qui 
ell oaionnéc avant le jugement déhnitit- ; Hc ijuejhon 
dcfiiuûvi, celle qui c(l portée pailejugement de mort. 
La cjuejlion piépatatoiie ell ordonnée mancnûbus ïndï- 
ciis; dcforte que lî l'accufc n'avoue rien, il ne peut 
plus être condamné amorti mais (culcment adomnia 
circa morcem. La auejl'ion définitive ell celle qu'on 
donne aux criminels condamnés pour avoir révélation 
de leurs complices. L'arrêt ou la fcntence porte ; un tel 
condamnéàmort;maispréalablementappliquéàlaç;/c'- 
flïon ordinaire & extraordinaire. Il haut qu'il y ait de 
puidans indices, & violens, ou demi-preuves , pour 
appliquer un homme à la quejlion préparatoire. La 
queflion ordinaire à Paris le donne avec lixpots d'eau, 
& le petit tréteau : l'extraordinaire avec fix autres pots 
&le grand ciereau, qui ierre& étend davantage le cri- 
minel qui ell (ulpcndu. On la donne ailleurs avec des 
coins iSj des brodequins, & en chauffanc les pieds. Il a 
été appliqué à la queftion ordinaire & extraordinaire, 
& n'a rien confciré. Il faut qu'un homme perliile , étant 
hors de la qtujlion , à ce qu'il a confellé. On dit aulîî , 
prélenterà la queflion, quand on fait peur feulement à 
un acculé de lui donner la queflion , c'efl-à-dire , que 
l'accufé efl conduit à la chambre de la queflion, dé- 
pouillé ,lié, & attaché, i?cmis en eratdcfouiltirlaijJi/ir- 
flïon. S'il ne confefle rien , il ell détaché & remené en 
prifon. Mais ces feintes nefont permiles qu'aux feules 
Coûts fouveraines. étant expielTément défendu à tous 
autres Juges (Ordonnance de 1670. tit. 19. art. 5.) d'or- 
donner qu'un accufé fera préfenté à la queflion, fans y 
être appliqué. En Angleterre l'ufage de la queflion Se 
des tourmens pour faire confeller les criminels, même 
en crime d'État, ell inconnu. La queflion ell une inven- 
tion inerveilleufe Se tout-à ftit fûre pour perdre un in- 
nocent quia la complexion foible, &c fauver un cou 
cable qui ell né robulle. La Bruy. Ceux qui peuvent 
lupporter la queflion, & ceux qui n'ont pas allez de 
force pour la loutenit, mentent également. Mén. Le 
tourment qu'on fait fouffrir dans la quejlion , ell certain, 
& le crime de l'homme qui fouffre ne l'ell pas. Tour. 
Ce malheureux que vous appliquez à la queflion , fonge 
bien moins à dire ce qu'il lait, qu'à fe délivrer de ce 
qu'il fent. Idem. Il y a dans les Nouvelles littéraires de 
la mer Baltique 1702. Janv. p. 11. & luivantes , un 
abrégé d'une difpute fort détaillée (ut la queflion. 

On dit proverbialement d'un indifcret qui parle trop, 
qu'il ne lui faut point donner la queflion pourfavoirfes 
fecrets. 
QUESTIONNAIRE, f.m. Ip-C'ellainfi qu'on appelle, 
celui qui donne la (7ae/?it)/z aux criminels. Tortor. C'ell 
aulli lui qui fullige ceux qui font condamnés à avoir le 
fouet tous lacullode. Dans les endroits où il n'y a point 
de queflionnaire en titre , c'eftle bourreau qui donne la 
queflion. 
^QUESTIONNER, v. a. Demander pour favoir, 
adrelîcr le difcours à quelqu'un fur une chofe que l'on 
veut favoir. Perconcarij fcifcitari ex aiiquo. Je l'ai 
queflionné fur plulleurs chofes. 

On le prend fouvent en mauvaife part , pour faire des 
queflions importunes. 
fO- QUESTIONNER, dit M. l'Abbé Girard , fait fentir 
unefprit de curiofité. L'efpion quellionne les gens. In- 
terroger luppole de l'autorité. Demander a quelque 
chofe de plus civil Se de plus refpeélueux. Queflionner 
6c demander (ont feuls un fens. On dit cet homme-là 
ne fait que queflionner. Mais il faut ajouter un cas à 
demander, c'ell-à-dire, que pour faire un fensparfaitj 
il faut marquer la chofe qu'on demande. 

Ménage dit que ce mot vient de quuftionarl. 
QUESTIONNÉ , ÉE. part. 

QUESTURE, f. f. Charge , dignité de Quefteur-, ou le 
temps qu'elle dure. Qudftura ,vel quxfdorïummunus. 
Célar brigua d'abord la quefiure. Il demeura a Rome 
pendant fa quefture. Exercer la quejture, 
ffT Cette chatge étoit annuelle. Elle étoit fort recher- 
chée à Rome, parce que c'étoit le premier degré qui 
conduifoit aux grandes magiftratures. Voy. Questeur. 
Tome VU. 



QUE 8r? 

QUÊTE, f. f. Adion par laquelle on cherche. Indagatïa^ 
conquiluio. Il y along-tcmps riucjc fuis cwqucteôîuw 
tel, d'une telle chofe. 
QuErK, ledit en termes dcCliallc, d'un chien propre à 
démêler la voie de la bête qu'on vtuc détouuict. Ce 
limier ell bon pour la quctc. 
ÇCT On le dit aulli en paiiant de la chailc- du gibier. Cet 
épagncul ell merveilleux pour la quctc, il a la quête 
brillante , une belle ijucte. 
QuBTE, lignifie encore, la demande &Ja cueillette qu'on 
t-ait desaumcines pour quelque oeuvre piculc. Collixlio. 
On ne peut faire àc quctc publiquCj même fous pré- 
texte des bctoins de l'Eglife , lans la permillion j de la 
police, de l'archevêque. Les Religieux Mendians f^nt 
la quctc pat les maifons. Stipis exaciio. On choifit les 
Dames les plus diflinguées pour faire la quête du Pré- 
dicateur, des pauvres de l'GËuvre, afin qu'elles rallcm- 
blent une plus grollc lomme. 
Quête, s'ell dit autrefois pour acquêt. A^oye:;^. Beauma- 

noir, dans (es Coutumes de Beauvaifis, c. 2. 
Quête, s'ell dit autrefois pour conquête, Borel. Vicloriat 

occupatio loci alïcujus j aut provinciét. 
Quête, entérines de Coutumes, c'ell une colleéle que 
des habitans font lur eux-mêmes. 

Dans pludcurs Coutumes on appelle terre: de quctCy 
celles qui doivent une rente qui (c levé par une colleiSte 
que les habitans font lur eux mêmes; & droit de quùe, 
celui que le Seigneur peut faire demander; mais qu'on 
n'efl pas tenu de lui apporter che^ lui. Jus collecle. 
Dans ce niêmi. fens en appelle'cens à^z/erejcelui que 1* ' 
vallal n'ell pas obligé de porter à la mailon du Seigneur, 
qu il peut attendre qu'on lui vienne demander. La 
quête courante, c'efl celle que le Seigneur impofe paC 
chacun an (ur fes (ujcts taiUables. 1.^ quête abonnée, 
dont parle la Coutume de Bourbonnois, efl lorfque 
quelques lujets ou lerfs , ou francs , (ont abonnés à cer- 
taine (ommc, par contrat ou autrement; au lieu que 
les autres (ont impofés au rôle de la fianchife & bour- 
geoifie, & de la taille ferve à la volonté du Seigneur, 
& à fon plailîr ou félon leurs facultés, par fes Cfiiciers, 
Jufliciers ou autres peilonnes à ce commifeSj félon 
l'ulage des lieux. De Lauriere. 
Que TE j ell aulli le droit de tailler fes hommes par chacun 

an foit francs, ou (erfs. De Lauriere. 
Quête, fe dit aulli des tailles que les anciens Seigneurs 
failoient payer par leurs vaflaux & fujets aux quatre 
cas portés par les Coutumes. Jus colleclionis. 

On appeloit aulîl hommes & femmes quêtables, des 
gens defervile condition, que les Seigneurs pouvoienc 
quêter, chercher &: revendiquer, quand ils étoientfijj^ 
ris de leursSeigneuries pour s'aller établir ailleurs. LeS 
perfonnes fujettesàla taille^étoient auflî appelés quê- 
tables ou quêtcux. Les quêtables feront ïmpofcs à. la 
taille par le Seigneur du lieu. Voyez Questable, 
QuÊte , en termes de Marine, c'efl l'élancement ou la 
faillie que fait l'étrave & l'étambordhors de la quille & 
corps du navire. Prominentia. La quête de l'étambotd 
efl de la vingtième pa'tie de la quille ; celle de l'étrave 
ell de la cinquième, ou environ. 
Quête, fe dit aitffi(ur les rivières de l'avance que font les 
bateaux, tant du cc)té du chef que de la quille, lorfqu'elle 
s'élève & ne touche plus fur le chantier. Prominentia. 
La quête du chef d'un foncet e(l de la feptième partie 
de la longueur du fond ; & celle de la quille efl de la 
fixicme partie de celle du chef. 

On dit proverbialemenr, qu'une perfonne vit de 
quête , quand elle efl réduite à l'aumône. Ade.xtremam 
inopiam redaclus. On dit que ce n'efl pas tout de prê- 
cher, il faut faire la quête ; pour dire, qu'il faut que 
nos études nous foient utiles. 
03* QUETER. V. a. Terme de chalTe. Chercher le gibier. 
Inveftig'are. Quêter un cerf, un fanglier. Quêter des 
perdrix. Foy. Quête. 
5^ On dit figurémenr, quêter des louanges, chercher 
adroitement à fe faire donner des louanges. Aucupari. 
{fT Comme terme de chaire, on le dit ablolumeni. Ce 
chien quête\iie:n. Nous avons quêté lonit la journée 
fans rien trouver. 
Quêter, fignifîe aulIi demander des charités pour lespau- 

M 



po QU Ë 

vres, ou pour autres caufes pieufes, Colllgere. Celle j 
qui rend le pain béni eft obligée de quêter, oa de faiie 
quêter. On quête dans lesParoilTes pour les Hôpitaux 
& les Confréries, pour l'Œuvre, pourles pauvres. Les 
religieux mcndians ont permilïon de quêter dans la 
ville. 

QUETEUR , EUSE. f. m.& f. Qui quête. Stlpis coaclor, 
exaclor. frère quêteur. Belle quêteufe. 

Depui le XU^. lîccle jufqu'auXV^. inclufivement, il 
y a eu des quêteurs établis en titre d'office dans lesEgli- 
ies. Il s'elV trouve de ces quêteurs qui failoient trafic 
des faintes Reliques. Ces abus, 8c d'autres encore, les 
firent abolir. 

QUÉTIF, Vieux adj. Chétif. Il vient de l'Italien Cat- 



QUE 



tivo. 



QUEVAGE. f. m. Cliefvage, à caufe qu'on confond en 
quelques endroits le Q avec le CH; car on dit, ckatôc 
quat j &Z queval pour cheval, &C quien pour chien. Ce 
qui le pratique fur tout enPicardie. Or quevagecd un 
droit furchacun, c'ell à-dire, fur cLaque tête, & vient 
de Capitagiurn. Borel. Cavagium, Quevdgium., Capi- 
tagium. Le quevage, félon la Fons, dans fes Notes lur la 
Coutume de Vcrmandois, p.ijj.t9i\t chef des cens. 
Au lieu de chefs, les Picards dilent^ie/i ou quiefs : d'où 
ils ont fait quevage, au lieu de chevage. Brodeau fur 
la Coutume de Paris, T. //,/'. j_rJ',&Galland dans 
fon Traite du Franc-aleu,/". S^ , S^ & 8s- 
QUEVAISE, ou QUEVÈSE. Terme de Coutume. Dans 
rUfement de Cornouaille, article 52 , c'eftune tenure 
qui oblige le détenteur à la réfidencc aâuelle, à peine 
de commife après l'an & jour. M. Du Fail écrit que- 
na'tfe 6c non quevaifc. Selon quelques-uns ce mot 
vient de quenais , qui en Breton fîgnifie va dehors ; 
parce qu'en vertu de ce droit, le plus jeune des en- 
fans chalfe les autres. Mais le mieux eft de dire qu'il 
vient A& capîtagium , cavagium, quevagium , que- 
vage. 

K2UÉVAISE. roy. Kévrod, 

<2UEUE. f. f. La partie qui termine le corps de l'animal 
par derrière. Cauda. On le dit de routes fortes d'ani- 
maux. Dans les quadrupèdes, c'eft cette partie, ordi- 
nairement couverte de poil, qui eft au bout de l'épi- 
ne du dos. Ils s'en fervent pour s'émoucher. D.ansles 
oifeaux , ce font les longues plumes qui leur fortent 
du croupion; en termes de Fauconnerie, on l'appelle 
Balai. Cette queue fert auîT oifeaux comme de gou- 
vernail , pour fe conduire dans l'air. Dans les poiflons, 
\e.s fcrpens, les infedles, c'eft la pauie qui s'étend du 
ventre jufqu'à l'extrémité oppofée à la tête. Le lion le 

^l^at les flancs de fa queue pour s'irriter. Les chiens re- 

^HEiuent la queue en figne de carelîe , en voyant leur 
maîrrc. Ainfi l'Ecrirare dit que le chien de Tobie vint 
au-devant de fon maître en branlant la queue. Le Icor- 
pion pique de fa queue. Les belles fourrures fe font de 
queues de fouines, de martres, ou fourisde Mofcovie, 
d'hermines, &c. La queue du paon eft chargée des yeux 
d'Argus, à ce que dit la fable. Les Chalfeuis tirent en 
volant les oiieaux en queue. On dit auih quand on 
déligne un cheval, foit lorfqu'on le fallu, ou qu'on le 
vend, qu'il a crins, queue ôc oreilles. Cruiitus ^ cau- 
datus & auritus. 

Ce mot vient du Latin cauda. 
Queue, fe prend aufllpour quelque partie de l'animal 
coupée fur le train de derrière. A la boucherie on 
appelle queue Ac mouton. Cauda vervecina. Une queue 
de morue, de laumon, c'eft toute la partie de derrière 
de ces poilfons. On dit aulîi , que IcsSyiènes, les 
Tritons, ont le corps de figure humaine, & linillcnt 
en une queue de poilïon. Dejinit in pifcem mulier for- 
mofa fupernè. 

En Anatomie on appelle la queue d'un mufcle , le 
tendon qui eft attaché à la partie mobile. Tendo. 
L'autre rendon qui eft attaché a la partie immobile 
vers laquelle fe frit le mouvement, s'appelle la tête 
du mufcle. Voy. Muscle. 
Queue, fignific aulli dans les végétaux, cette partie ou 
ce lien qui attache les feuilles , les Beurs ou les fruits 
à leurs branches, ou leurs tiges. Pediculus , petiolus. 
Les Heurs fe conlcrvem long-temps cueiljics, quand 



on laiiïe tremper les queues dans l'eau. Le moyen de 
conlerver les fruits d'hiver , c'eft de fceller leur queue 
avec de la cire. Les cerifes à ccuite queue font les 
meilleures. Les Bocaniftes appellent la queue des Heurs, 
pédicule. En parlant de cercaincs flcuts, comme tuli- 
pes, hs, narcilles, on appelle quiue , quand elles font 
cueillies , ce qu'on appelle tige dans ces mêmes Heurs, 
lorfqu'elles font encore lur pied. 

Queue , le dit aulîi des manches de plufieurs inftrumens 
& uftencilcs. h^. queue d'une viole, d'un violon, c'eft 
la partie où font attachées les cordes. Cauda fidis. La 
queue d'une poêle, d'un gril,6f. font les manches par 
où on les tient lorfqu'ils lont lur le feu, ou qu'on les 
en approche. On dit aulfi des boutons à queue ,<\\xxnà. 
ils font attachés à quelque bout depalfement, ou au- 
tre ornement. 

Queue , en tetœcs d(? Charpentcrie , eft une pièce de 
bois longue de cinq à fix toiles , qui fert à faire tour- 
ner les moulins pour les cxpoler au vent. Cauda lignea. 
moletrins.. 

Queue , fignifie encore cette partie des habits longsqui 
traîne à terre , qui eft une marque de qualité , & qu'on 
étend beaucoup dans les gtandcs cérémonies. Syrma. 
Cette femme eft de qualité, on lui porte la queue. Les 
Cardinaux ont des Ofhcicrs pour leur porter la queuta 
qu'on appelle Crtttt/awircj. Ce font dcsPrinceH'esqui 
portent la queue à la Reine lors de fon mariage. Aux 
pompes fimèbtes , les Princes ont des queues de douze 
ou quiuze aunes de long. Elle n'arrive à l'Eglife que 
dans un char, on lui porte une lourlc queue «Scc.La. 
Bruy. ■ 

§3" Parmi les Marchands de draps, de toiles , on dit * 
qu'une étotFeacap &c queue ,\oïi(\\i'c\\.t n'eft point en- 
tamée. Panni textumfolidum , integrum. La queue eft 
le dernier bout de la pièce , qui eft entière , par oppo- 
lîtionau premier bout qu'on appelle te te ^ chef om 
cap^ 

Queue, fe dit auflî des caradèics qui finiftent par une 
pointe tirée en bas. La queue de cet y grec n'eft pas 
bien formée, c'eft- à-dire , le trait qui excède par en 
bas le corps de la lettre. 

$3" En Mulique on appelle queue , virgula j le trait qui 
monte ou qui delcend à travers la portée , Se qui tient 
à la tête , c'cft-à-dire , au corps de la note. Dans le 
plain-tliant les notes n'ont point dequeue. Dans la mu- 
fique , la ronde n'en a poinr. 

§3" Queue , fignifie aulTi le bout, la fin de quelque 
chofc. La queue d'un étang, d'une foret. La queue de 
l'hiver , de l'été. 

Queue. Terme de jeu. C'eft au piquet à écrire, lorfquc 
pour compter les tours dont on eftconvenu, les joueurs, 
à chaque coup qu'ils (ont marqués , mettent un jeton 
dans la bourle commune, laquelle, à la fin du jeu j, 
appartient totalement à celui qui gagne le plus, &s'ii 
y en a deux qui gagnent autant l'un que l'autre, Iz 
queue fe partage également entr'eux. C'eft à celui qui 
a la queue à payer les cartes. On la joue aulïîauqua- 
dtille, Se à tel jeu qu'on veut. Payer le vingt-huit, 
la conlolation, la queue j ôc les as , c'eft donner poi.r 
rout cela le nombre de jetons qu'on a réglé au com- 
mencement de la partie. j 

Queue , en termes de Chancellerie, (e dit de la manière • 
de fceller les lettres. Une lettre eft fcellée à fimple 
queue , cauda JlmpUci , quand le fceau eft attaché à 
un coin du parchemin de la lettre, qu'on a fendu ex- 
près ; & à double queue , caudâ duplici , quand le fceau- 
eft pendant à une oandc en double de parchemin paf- 
fée au travers de la lettre , comme, on fait dans toutes 
les expéditions importantes. 

^(fT En Aftronomic on appelle queue de comète , cette 
longue traînée de lumière qui luit la comète. Cauda. 
Comète à queue. Caudatus. Cette comète avolt la! 
queue tournée vers l'orient. Lorfqu'une comète darde 
les rayons vers l'endroit du ciel où Ion mouvement 
propre femble la porter , fes rayons s'appellent harl-<:. 
Au contraire , lorfqu'ils s'étendent vers la partie du 
ciel d'où fonmouvement propre femble l'éloigner, iiî 
fe nomment queue : & lorfqu'ils fe répandent ég.Je- 
meut à la ronde, on les appelle chevelure. RoH.T.ur. 



QUE 



§3" Dans le temps où l'on doiuoit fi comète étoit du 
genre mafculin ou féminin, on dit par plailantcric ,que 
pours't'ii adurer, il falloit lui icijaidcr fous la queue. 

Queue , t:n ttrimc de guerre, fe dit de la partie de la tnn- 
chcc qui tft la plus éloignée a l'égard des ennemis : 
c'eft le lieu. où on commence à ouvrir la terre pour 
faire des approches, (S:où on laiiFe une garde de cava- 
lerie pour courir à la djtinfe de ceux qui travaillent 
à la tête de la tranchée , en cas de fortie. OhfidLona- 
lis acccfiùs pars rcmoclor. 

Queue d'un b^tMIon, c'ell le rang du ferre-file. Quand 
on fait la contre marche par file, les hommes de la 
tête du h.itailLn palfcnt a la queue. Agminis pars 
«A-rr-Wif. On appelle auJiî la queue de l'armée, l'arrière 
garde: ainfi on dit qu'on la prile en queue, qu'on la 
chargée en queue , qu'on a d;(ait la queue de l'armée. 

^^ Queue, {e dit aulli de la dern.cre partie , des der- 
niers rangs d un corps , d une compagnie. La queue 
dune procelfion , d'une compagnie. On a vu les pro- 
ccllîons du Redcur autrefois (1 longues, que la croix 
ctoit a S. Denis, quand la queue étoit encore aux Ma- 
thurins. Ulnmi. 11 cil a la queue du Parlement. 

$^ A LA QUEUE, EN QUEUE, ligiiihc 3 l'extrémité, im- 
mrdiatement après, Il Jut tué a la queueàe la tranchée. 
Le bagage eft à la queue. Ce régiment eft à la queue 
des chariots. Ce chalFeur eft toujours à la queue des 
chiens, pour dire, qu'il les fuit de près. 

fer '. n dit encore en queue & a la queue , pour dire , 
au.\' trouires, a la poUrluite de quelqu un. Ce Génc 
lai a toujours eu une armée en queue , qui l'a iuivi 
dans la retraite. Les Exempts (ont à la queue de ce vo- 
leur, il a le Prévôt en queue. Ces deux dernières phra- 
fes ne peuvent palFer que dans le difcours familier. 

Queue, fe ditfigurcment en ce fensde la fuite des af 
f.îires: failons (i bien notre tranlaclion , que nous ne 
lardions point de queue à notre procès. T'e fuperfic U- 
tls locus. Cet arrêt eft ambigu , il laille encore une 
queue a 1 affaire. C'elt un mauvais payeur, il fait tou 
jours quelque queue, il laifî'e quelque chofe en rcfte a 
payer. 

Queue, fc dit aulîî des étendards qui aboutifTent en 
pointes. Autrefois les Ecuyers porroient des pennons 
ou étendards pointus , comme font maintenant les 
guidons; &C quand ils devenoicnt bannetets, on cou 
poit la queue de ce pennon pour faite un étendard 
carié. Les pavillons des Chefs d Efcadres fur mer ont 
audi une queue , & font fendus des deux tiers de leur 
hauteur. 

Queue. Terme de Relieur. C'eft la partie du livre qui 
regarde la fin des pages. Rogner par la tête & par la 
queue. 

Queue. Terme de Luthier. C'eft un morceau de bois au 
bout de la table de certains inftrumcns où les cordes 
font actachccb. Cauda fidis. Queue de viole, queue de 
vi;^lon , queue de poche. 

Queue a-'NuÉj;. Vieux nom d'uneforte devers anciens, 
félon ) art de Rhétoiique ancien. Borel. 

QuE'-T. d'aronde, eft un terme de Charpenterie, qui fe 
•1 - du plus fort des afremblages, quand on fourre une 
pièce de bois qui va en sélargilfant par le bout, dans 
une autre pièce de bois,enfoite qu'elle n'cnpuilîe 
plus fortir, parce que l'entrée eft plus étroite que le 
fend , comme on voit en la figure d'une queue d'hi- 
rondelle. Securiculata fibula , fecurïculata fui feus. 
On appelle en terme de fortification , des ouvrages 
à queue d' aronie y quand ils font de cette figure, & 
plus étroites par la gorge que par la face. Securiculata 
jigula. ; & au contraire à contre-queue d'aronde ^ 
quand les faces font plus petites que la gorge. 

Queue ;>'Aronde. Terme d'Horlogerie. C'c-ft une petite 
coulilfe plate d'un côté ,& ronde de l'autre. On em- 
plois des queues d'aronde en plulieurs occafions dans 
î Horlogerie. On en met une au nez de la potence d'une 
moiitie , pour faire l'échappement. 

QuEUEEiANCHE. Allncïlla. Non d unoifeau, quieftunc 
elpècc de Fyrarcus. Tout le champ de fon pennage 
c(i d une couleur qui tire entre le blanc S< le cendré. 
Les extrémités de fon vol font noires , fon ventre , fon 
croupion &: le dcdus de fa queue font entièrement 
Jomc FIL 



QUE pi 

blancs fans aucune tache ; quand il vole, il a de l'air 
du héron par le battement de fcsmahutcs, & lorf- 
quil le cède, il vole en planant, &c non pas a la ma- 
nière des oifeaux de proie qui clèvcnt leur tctc en vo- 
lant: car celui-ci au contraiic regarde la terre. '- n l>p- 
per(,oit plus fouvcnt au lever , tk au cou>.her du fo- 
Icil: il vole les poules , les peidrix, les lapms & les 
lièvres , tk fréquciitc l'orée des bois. 

Rellon fait mention d une autre eipèce nommée pa- 
reillement queue Hanche , qui eft d un vol très- léger, 
& qui a le champ du pennage de même que celui da 
milan royal, duquel nous pa:lcrons ci-après. / oye:ç_ 
encore Jean le Blanc. 

Queue de cheval, eft chez les Tartares & Chinois l'en- 
feignc ou drapeau fous lequel ili vont a la guerre. 
Cauda equina , vexïUum fuh quo miht.jnt. Chez les 
Turcs , c'eft un fignal de bataille, quand il eft lur la 
tente d'un Général C'eft l'ctend.art qu'on porte devant 
le Grand- Vifir, devant les Bâchas & les Sangiacs. J'oy. 
au mot TouG. M. de Tournefort dans fon Voyage , 
/ . II , p. 27 ,3. déçut ces queues de ckcval , <k en 
a donné la figure. Il y a des Villrs a une , & d autres à 
truis queues de chev.'l. De la paillon des Turcs pour 
les chevaux, eft venu leur ufagc de prendre une queue 
de cAevij/ pour leur premier étendait. C'eft un ouvrage 
a la main , qu'ils font de pluficurs queues ]6k\x.zs en- 
ferable. Si. teintes en rouge , qui eft furmcnté entête 
de quelque tidu de crin , & d une gr< fïe boule de cui- 
vre doré. Les Bcgs font porter une de ces queues , les 
Bâchas deux , les Grands Beglerbcgs trois , le Grand- 
Vilircinq, & le Grand Seigneur en campagne fept. 

Queue de cheval , en termes de Botani-ue , eft une 
plante qu'on appelle autrement prtVe , en latin equfe- 
tum. Voyez Prêle. 

Queue de dragon. En termes d Aftronomie, la tète eu 
la queue du Dragon , font les iiauds , < u niteriec:!'- ns 
del écliptique par les ccri.ies , ou orbites des autres 
planètes qui ont quelque latitude à 1 égard du fi icil , 
& ce font les points où fc font toutes les écli^fes. Le 
nœud afctndant s'appelle la tète du dragon , «a le 
nœud defcendant, la queue A\X àïTi^ow. Cauda di.. co- 
nis. On figure ainfi la queue du dragon V . Les Af- 
trologues la mettent dans tt.us leurs horofcopes, quoi- 
qu'elle n'ait en cftet aucune veitu. 

Queue de dragon. Terme de I hilofophie hermétique. 
C'eft, félon Hermès, le ineicure philofophal qui dé- 
vore la queue. DicT. Herm. 

Queue blanche de dragon. En terme de Philofophie 
hermétique. C'eft l'huile de mercure, ou la liquéfac- 
tion & huméfaèfion philofophiques : autrement c'cftle 
mercure fermenté pour les imbibitions de la pierre 
blanche: c'eft la teinture lunaire. L'ict. Hlrm. 

Queue rouge de dragon. Terme de Philofophie Iver- 
métique , c'eft le mercure rubifié ou couronné par 
les imbibitions de la pierre. Autreiiient , c'eft la tein- 
ture rouge, ou la teinture de l'or. Dict. Herm. 

Grosse- QUEUE. Nom d'une ç.içtctàç^ov.z. Cauda craf 
fa. Pyrum crafà caudà. La Qiiintinie met la grof'e- 
queue dans le tioilièmc rang des bonnes poires , c'tft- 
a dire, de celles qui ont un grand parfum -, mais 
qui f'onr lujettcs à l'avoir renfermé dans une chair 
extrêmement dure , pierreufe, pleine de marc. P. lïl y 
p. 2ij. Ailleurs,^. ^22. Il dit que la groffe-queue , 
eft de celles qui ont quelque bonté , & même quel- 
que réputation en de certains endroits: mais qui doi^ 
vent pourtant le cédera beaucoup d autres. 

Queue de paon. Ti r.ne de Charpenterie & de N'îcniii- 
ferie, fe dit de tous les compartimens de diverfes for- 
mes ou grandeurs , qui dans les figures circulaires voiîC 
en s'élargidant depuisle centre julqu'à la circonféren- 
ce; ik imitent en quelque forte les plumes àt\ixqueu& 
d'un paon, lorfqu'il l'ouvre eu forme de roue. Cauda, 
pavonïs variegata. 

Queue de pierre, en terme de Maçonnerie , eft le bout 
brut des grofTes pierres qui fervent a faire des liaifons 
en dedans des murs, qu'on appelle autrement hou- 
tïffis. La queue eft oppofée au paremenr. C'eft le 
bout brut ou équarri d'une pierre eu bouciflé , qui eft. 

Mij 



pz QUE 

oppofce à la tcte ou paiement , Se qui entre d.ms !c 
mur (ans faire p.-irpain, Daviler. 
Queue de pourceau. Plante qui poulfe une tige à la 
hauteur d'environ deux pieds, rameufe, cannelée. Ses 
feuilles (ont plus grandes que celles du fenouil , di- 
vilïcs en trois parties dont chacune le (iihdivilc en 
trois autres, Icmblables aux feuilles du chendent; car 
elles font étroites, longues & plates. Au plus haut des 
tiges croillént des ombelles fort larges, garnies de pe- 
tites fleurs jaunes , à cinq feuilles dilposées en rôle. 
Ces Heurs font luivies de fruits compolés chacun de 
deux femcnces prelquc ovales , rayées lur le dos, avec 
les bords éguilés en feuillet, d'un goût acre & un peu 
amer. Sa racine elt grolfe, longue, noire pnr dehors , 
%'erdàrre par dedans , rendant , lorfqu'on y tait des in- 
cilions, un lue jaune, d'une odeur de poix. En \a.- 
xmpeuccdanum majus Itahcum. C. Bauh. La racine 
de la queue de pourceau. Se fon lue, font propres pour 
l'althme , pour la toux , la rétention d'urine , pour pro- 
voquer les mois aux femmes. 
Queue de rat. En termes de Maquignon, on appelle 
un cheval queue de rat , celui qui a la queue dégarnie 
de poil. 
Queue de rat, ou arrête, fedit auffi des calus ou du- 
retés, qui viennent plus bas que le jarret à la jambe 
du train de derrière. Calus , durities. 
Queue de rat. Terme d'Horloger. Sorte de lime qui 
n'a pas bcfoin de manche, parce qu'elle a une grande 
queue. 
Queue de rat. Terme de Marine. Cordages qui font 
plus gros par le bout où ils (ont attachés, & qui di 
minuent depuis les deux tiers julqu'à l'autre bout qui 
le trouve dans la main des Matelots. 
^CF Queue de rekard. Petite plante qui vient ordinai- 
rement dans les terres humides , & qui reiremble à 
une queue de renard. 
Queue rouge. Nom d'un oifeau. Cauda ruhra. Coda 
rojj a en Italien. Cet oifeau eu. Appelé queue rouge j îi 
caule que cette partie paroît d'un rouge très-éclatant. 
11 h'équcnte pour l'ordinaire les montagnes efcarpées 
de rochers, de précipices & d'écucils. Il fe plait à 
faire là (on nid. Cet oifeau chante parfaitement bien, 
& fon pcnnage eft très- agréable à voir. Sa viande or- 
dinaire ert de la pâte, du cœur haché, comme pour 
les rollîgnols. Nous ne voyons pas de ces oKcaux en 
Fiance. En Italie dans les pays des montagnes , il s'en 
rencontre. Il y en a de trois (ortes; mais celui dont j'ai 
parlé a le chant le plus agréable. Le mâle a la poitrine 
rouge. Ces lortes d'oifeaux vivent jufqu'à huit ans. 
Queue de souris. 1. f. Cauda /n/z/ij. Petite plante baife , 
qui pouire de ("a racine des feuilles fort étroites , à-peu 
près comme celle du gramen, épailles , s'élargillantun 
peu vers leur extrémité. Il s'élève d'entre elles de pe- 
tites tiges grcles , tcwidcs ou cylindriques^ nues, por- 
tant à leurs lomniirés de petites fleurs à cinq feuilles , 
de couleur herbeufc. Il leur fuccedc un épi oblong , 
grêle, approchant de celui du plantain, pointu , doux 
au toucher , Se ayant la figure de la queue d'une fou- 
ris , d'oii elle a pris (on nom, contenant des (emetices 
très-mer.ues. Sa racine eft coinpolée de fibres déliées 
comme des cheveux. Cette plante a un goût acre. Elle 
croit dans les champs entre les blés, dans les prés Se 
dans les jardins. Les grenouilles en font friandes. Elle 
efl un peu aftiingentc Se dellkatis'c. 
Queue. Terme de Conchyliologie. C'eft la partie inté- 
rieure d'une coquille , laquelle eft plus ou moins lon- 
gue. Il eft clfentiel de la diflinguer d'avec le bec, qui 
eft toujours fort coiut & recourbe. 
Queue de chanvre. Terme de corderie. Paquet de 
filalfc brute, dont les brins font arrangés de façon que 
toutes les pattes ou l'écorce des racines font du iTiême 
côré. CoJJipu rudis fafcia. 
Queue de lion. f. f. Cauda /ennis. Terme d'Aftrono- 
mie. C'eft le nom d'une étoile de la première gran- 
deur qui s'appelle amtcmem Denehale-^et. 
*cr Queue. Terme de billard. Inifvumentdont on ("e fert 
pour pouffer les billes. C'eft un bâton frit au tour, 
gros par un bout , Se qui va en dimnuant julqu'a l'au- 
tre bout. On appuie le petit bout fur la main gauche , 



QUE 



Se en pouflaut avec la main droite , on chaffe la biilc 
en lui donnant un coup fec. 
ifT On appelle aulîi queue la partie de l'inftru ment qu'on 
appelle Inllard, Se qui eft oppotée à la malle. C'eft le 
petit bout qu'on tient à la main quand on thafle la 
bille avec la mailc du billard. 

0Cr Queue. Terme de Perruquier. Mettre des cheveux 
en queue , c'eft les attacher pardemèic avec un cor- 
don , & les couvrir d'un ruban qu'on roule tout au- 
tour. 

Ce? Queue. Sorte de pierre à aiguifer. L'Acad. écrit ainfi. 
ï^oye:^ Queux. 

Queue de rames. On appelle ainfi dans les métiers à fa- 
briquer de la gaze brochée ,ce qui tient les fourches, 
c'elt-à-dire, les ficelles qui paflcnt fur les poulies du 
caiLn. 

Queue , lignifie aufii un vaiffeau qui contient un peu 
plus d'un muid , ou 54 fetiers, à huit pintes le (etier, 
melurc de Paris, Se le muid eft de 5 6 (etiers. Ce mot 
en ce fens vient du latin cupa. Cette mefure change 
(uivant les provinces. On fe fert de cette mciure à Or- 
léans Se en Champagne. Selon Borcl,la queue eii une 
nii-iure de vin contenant 48 (etiers, qui valent 575 
pintes. Ce mot elf ufité en Normandie Se en Picar- 
die, Se eft corrompu de cuve. 

Demi-queue, f. f. Futaille contenant la moitié de ce que 
contient une queue. Acad. Fr. 

QuEUE-A-(iu£UE, eft une phrafe adverbiale, fignifiantce 
qui vient à la file & à la (uite l'un de l'autre. Conti- 
nent i ferle , perpétua ferie } continente duclu. Ce Ma- 
quignon a amené douze chevaux attachés queue-à-^ 
queue. Les enfansontun jeu qu'ils appellent à /jç^e/^e 
leu leu y quand ils (e tiennent l'un l'autre par la robe en 
marchant. Leu eft un vieux mot qui (ignifioit autre- 
fois loup j comme s'ils imitoient les loups qui mar- 
chent ainli à la queue l'un de l'autre. 

Sans queue, fignifie auilî quelquefois , ablolumcnt& 
fans (uite, fans ajouter de qualité, ou autre déligna- 
tion particulière. Abfolutè. Quand on dit Mondeur , 
(ans queue , on entend le Maitte de la maifon. Herus 
fine addito. On le dit aullï du frère unique du Roi. 
Monheurlc Prince , (ans queue , c'eft le premier Prince 
du (ang. MonfieurrÉvêque, c'eft l'Evêquc du lieu où 
l'on eft demeurant. 

QuEUE, (e dit proverbialement en ces phrafes. Il vien- 
dra un temps où les renards auront beloin de leur 
queue; pour dire, qu'il y a telles petfonnes qu'on mé- 
pri(e, & qu'on choque en un temps, dont on aura be- 
loin en un autre. On le dit aufti des chiens Se des 
vaches. On dit aulîl , qu'il faut que chacun garde 
(a queue ; pour dire , qu'il faut que chacun con- 
(erve fon bien ^ par allulicn à la table d'un renard, qui 
ayant perdu (a queue j vouloir perluader aux autres de 
le couper la leur. On dit aufti, petit chien , belle queue. 
Et on dit de ceux qui font confus de ce que quelque 
chofc ne leur a pas réu(Ti , qu'ils s'en (ont retoutnés 
honteufement la queue entre les jambes ; car c'eft une 
marque de peur , de honte ou de lâcheté. Ce pro- 
verbe eft tiré des loups &: des chiens, dont les Latins 
ont dit, dégénères canes caudamjuh ventre refleclunt. 
On dit audi , qu'on écotche l'anguille par la queue , 
quand on commence les affaires par où on les doit fi- 
nir. On dit aulli, que c'eft brider fon cheval par la 
queue, dans le même fens. On dit aulTi , qu'il faut fe 
défier de cesanimauxqui ont deux trous (ous la ^i/cz/e; 
pour dire, des femelles. On ditaulli, que le mal porte 
le repentir en queue ; pour dire, que les crimes ont 
de fâcheufes fuites. On dit aulli, quand on parle du 
loup on en voit la queue ; quand quelqu'un arive dans 
une compagnie où l'on parloir de lui. Ce proverbe ré- 
pond au latin , lupus in fabula ; parce que la préfence 
de celui qui arrive interrompt le dilcouts qu'on tenait 
de lui; Se qu'on dit que celui-là (e tait qui a vu le 
loup. On dit auffi , que le venin eft à la queue, en 
parlant des afïirires qui onr belle apparence , Se dont 
la fuite eft (âcheufe. On dit d'un homme (upetbe &: 
glorieux , que c'eft un paon qui femire d^nsli queue. 
Au contraire , on dit d'un miférable qui a peine à vi- 
vre , qu'il faut qu'il tire le diable par la queue. On dit 



Q 



u !■: 



aufTi de dcuxthofa qui n'ont point de rapport, cette 
(jueue nVlt pas de ce veau-là. On dit des choCcs qui 
l'ont perdues ^ abymécs, vous n'en verrez plus ni 
aueuc niurciiics. On dit auili dunechofc entièrement 
défaite ou confumée , il n'en ed pas relié la c^ueuc 
d'un. On dit aulli-de ceux qui vivent délicatement , cV' 
qui Tout fcmblant de (e nv.ntiiîerqu'ils le fouettentavcc 
une ijueue de renard. On dit aulli d'une perfonne qui 
manque de quelque cliole, qu'il en ellpourvu comme 
un linge de queue. On 4it aullî, qu il n'y en a point 
de plus empêché que celui qui tient la queue de la 
poêle ; poin dire , qu'il ell: plus dilli'jile de gouverner, 
que de railonner llir le gouvernement. On dit auffi , 
qu'on a pris un homme, une affa;ic par la tetc ëc par 
la queue ; pour dire, qu'on l'a tournée Se examinée 
de tous côtés. On dit aullî , commencer le Roman 
\x\thqucue, quand on ne dit pas les choies dans leur 
lliite naturelle. Les Africains difent , il eft vaillant 
comme les lions d'Agla , à qui les veaux mangent li 
queue. Oji dit auliî , U y va de tête & de queue ..com- 
me une corneille qui ahat des noix; pour dire, il s'y 
employé de toutes fes forces. Un dit encore , quand 
il penle courir, la queue lui_ choit; pour dire, qu'il 
trouve toujours quelque chofe qui arrête les entrepri- 
(cs. On dit ; c'ell la queue à'écorcher, pour dire, que 
c'eft-là l'article le plus difficile. 

QUEUiSlQUEUMI. Exprellion payfane, qui fignifie, 
tout de même, fans aucune différence, l'un comme 
1 autre. SimUitcr. " Par ma fi, Monfieu , ceti-ci fera 
" juftement ce qu'ont fait les autres. Je penfe que ce 
» fera queujjl queumi ; 8c la meilleure médecine que 
"l'on pourroit bailler à votre fille, ce leroit , félon 
» moi , un biau & bon mari , pour qui elle eût de l'a- 
» miquié. Le Médecin malgré lu} , Acl. Il , Se. I. >■> 

QLEUX. f. m. Vieux mot qui fignifioit autrefois cuijl- 
nïer. Coquus. Il n'eft plus en ulage que dans la Mai- 
fon du Roi, où il y a (uc l'état des Maîtres Queux , 
dont l.v fonAion particulière efl: de faire des ragoûts , 
entrées & entremets , de même qu'il appartient aux 
Potagers de foire des potages, aux H.âteurs de fournir 
le rôt, aux Pàtillîers la pâtifferie, &c. Il y a un corps 
de maîtrife à Paris , dont les Lettres portent qualité de 
Maures Queux , Cuilîniers Se Portechappes de la ville , 
fauxbourgs & bavdieue de Paiis. 

Ce mot vient de coquus, cuijînier. Voy. ci-delTous. 
D'autres le dérivent de Cuen.r, qui fignifioit autrefois 
Comte , parce que c'étoit un Office à vie très confidé- 
rable , qu'on tenoit à foi & hommage du Roi. On 
trouve dans les Regiftres de la Chambre des Comp- 
tes, que les Officiers de la Cuifine du Roi, étoient 
les Queux , Aideurs, Hàteurs j Pages, Souffleurs, 
Enfans SauJJiers du commun , Saujfiers devers le 
Roi , Sommiers j Poulicrs j Huijjiers , &c. Et en 
d'autres endroits, il eft fait mention d'un Ecuyer , d'un 
Maignan _, Clerc-Saujfier , Clerc de Cuifine, &c. 

■Grand-Queux de France. Nom d'un ancien Officier 
de la Maifon de nos Rois , qui commandoit tous les 
Officiers de la cuifine & d^ la bouche. C'étoient des 
gens de qualité qui étoient pourvus de l'Office de 
Grand-Queux , comme on le peut voir dans l'hiftoirc 
des grands Officiers de la Couronne, par le P. Anfel- 
me, Auguftin DéchaulTé. Culina Rcg'u, ou bien Co- 
quorum Regiorum, Prdfeclus. Le Grand- Queux de 
France étoit autrefois l'Intendant de la cuifine du 
Roi. Ce mot vient de coquus, comme heu, de locus , 
jeu iejocus. Ménage. Borel. 

X^ÙfcUX. f. f. Pierre à éguifer. Cos. Il faut pafTer ce 
couteaiî, ce raloir lur la queux. Il y a des queux pour 
les cou-eaux , d'autres pour les faulx. Celles pour les 
raloirs (ont plus douces, & on les pafle delTus avec 
de l'huile. Ce mot efl vieux. Il vient du Latin Cos. 
L'Académie éctit queue. 
Queux. Vieux pronom , qui s'efl dit pour quels , les 
queux pour lefquels. Qui, quinam. Borel. Le bas 
peuple le dit encore en quelques provinces. 
Queux. Vieux mot que l'on écrivoit .luffi , Ceue , dit Bo- 
rel, & qui fignifioit queue , de àw^da. 
QuEx , à Vieille phrafe. C'cfl-à-dire, qui lésa. R. d'A- 

■ lEXANDRE. 



QUI {)î 

Ec le franc Conejlable qucx J jujlïficr. BoRÈt. 

ce QUEYRANE. Petite ville de France', dans le Dau^ 
phiné , à trois lieues de Vailon. 

QUI 

QUI. Pronom perfonnel, relatif & intertogant, de touf 

genre &C de tout nombre, lignifiant, lequel, laquelle, 
lefquels, letquclles. Qui, qu£,quod. Il a toujours du 
rapport à un nom qu'on appelle ancécédent. On ne 
fait à qui fe fier. On ne fait qui meurt, ni qui vit A 
qui parlez-vous ? Qui efl-cc ? Qui demandez-vout^ 
Qui va là r Qui vive î Qui plus ell. Qui pis efl; pour 
due, ce qui efl encore plus fâcheux, ce qui ell enco- 
re pis. On dit , je ne lai qui , pour marquer qu'on ne 
fait quL ell celui qui a dit, ou qui a fait une chofê. 
Je ne fai qui m'a dit cela; je ne me fouviensplus t/wi 
c'efl : & on dit par mépris, & pour marquer une per 
(onne de néant, c'efl un je ne fai qui; ou une je ne 
lai qui; lorfqu'on ne veut pas prononcer une injure 
tout-à tait. 

Dans les cas obliques on ne fe fert guère de qui , 
fi ce n'eft en parlant des perfonnes. C'efl un cheval 
donc j'ai recôianu les défauts : iSe non point de qui. Il 
en eft de même quand on parle des choies inanimées. 
La table donc , èi non pas de qui, je vous ai donné 
la mcfure ; à laquelle , & non pas à qui je me fuis 
bleflé. On fuit la même règle dans les chofes morales. 
La magnificence , la bonté dont , &. non pas de la- 
quelle je vous ai parlé. De même au pluriel. Il y a 
pourtant quelques exceptions : on dit la gloire à qui 
je me fuis dévoué. Vaug. Si l'on parle de même de 
vertu, viéloire , renommée , & autres choies de cette 
nature que l'on perfonnifie, fur-tout en poëfie, le qui 
n'y fera pas mal placé, puilqu'il convient aux perfon- 
nes, foit vraies, foit feintes. Qui, enPocfie, fe met 
indifféremment en tous les cas. L'acad. Ce n'eft p.is 
une faute de répéter qui , deux fois dans une période. 
L'ufage en eft ii fréquent qu'il en ôte la rudelfe : & 
l'oreille n'en eft pas offenfée. Il feroit plus rude de 
mettre lequel , excepté lovfqu'il eft néceflaire pour 
marquer le genre & ôter l'équivoque. Par exemple ; 
C'cft la raifon fecrète de ce fuccès Ci funefte , duquel 
je vous inftruirai. Farce que le relatif dont pourroit 
le rapporter à raifon, ou ï fuccès ; il a été nécelfaire 
d'employer le relatif lequel, pour déterminer à quoi fe 
rapporte, je vous inftruirai. Vaug. 

Qur, pour fignifier les uns & les autres, n'eft plus en 
ufage chez les bons Auteurs. Jlii , alii vero. On trouve 
dans les vieux Ecrivains : Qui croyoit , qui fuyoit fur 
les toits; ilsfuivoient qui cà, qui là. Hue , illuc. 

Qui , fe met quelquefois pour quiconque, quelque per- 
fonne que ce foit. Quifquis , quicumque. 

Quiyè laiffe outrager mérite qu'on l'outrage. 

Corn. 

Plufieurs font en doute s'il faut dire , c'eft moi qui 
ai fait , ou c'cft moi qui a fait cela. C'eft une règle 
de Logique très - véritable , que dans les propofitionS 
affirmatives, le fujet attire à foi l'attribut, c'eft-à-di- 
re , le détermine. D'où vient que ces raifonnemcns font 
faux : l'homme eft animal, le finge eft animal, donc 
le finge eft homme. Parce qu'animal étant l'attribue 
dans les prûpofltions,_les deux divers fujets fe dérer- 
minent à deux diverfes fortes d'animal. C'cft pour- 
quoi il n'eft pas contre la règle de dite, je fuis hom- 
me qui parle franchement, parce que homme eft dé- 
terminé par je : ce qui efl fi vrai , que le verbe qui 
fuit le qui , eft mieux à la première perfonne qu'à la 
troifième. Je fuis homme qui ai bien vu des chofes , 
plutôt que je fuis homme qui a bien vu des chofes. 
Gram. Rais. 
Qui que ce soit, pour dire, quiconque. Quivis ,qui' 
lihet, quifquis, quicumque. Qui que ce foit qui ait 
fait cela , c'eft un habile homme. Et quand il eft mis 
avec une négative, il fignifie, nul, aucune perfonne, 
Je n'y ai trouvé qui que ce foit. Ce Juge ne coi> 



94 



QUI 



nùic 'gui que ce fou , perfonne ne le peut gagner. 
'Qui Q.U IL SOIT. Un de nos Poctes a dit, qui qu'il foie, 
pour, Quel qu'il Ibit, Qui que ce loir. 

Qui qu'il foit , il nous connoit peu , 
Ni vous, ni moi j Tifons j nous ne nous mêlons guèrcs 
De vouloir au hafard , fans guide &fans aveu j 
Pénétrer desfcciets j qui pour nous font myjlères. 

P. DU Cerceau. 

<2UI PRO QUO. f. m. TermeLatin qui fignifie une mé- 
prile d'un Apothicaire , qui donne à une perlonne une 
médecine préparée pour une autre , ou qui y met une 

4|kautre drogue que celle qui eft ordonnée. Pharmaco- 
poU lapfus , error. C'eft proprement la faute d'un 
Médecin qui écrit dans une ordonnance quid au lieu 
de quo, une chofc au lieu d'une autre, ou d'un Apo- 
thicaire qui lit mal l'ordonnance du Médecin ; & qui 
prenant qui pour quo , donne au malade un remède 
différent de celui que le Médecin a ordonné. On l'a 
étendu généralement à toutes les fautes que l'on com- 
met dans la Médecine , ou dans l'application des re- 
mèdes aux maladies. Ce mot eft indéclinable. N'allez 
pas faire un qui pro quo en me donnant une médeci- 
ne. Ce Médecin eft, ou t>ienignorant,ouliiendiftrait, 
il fait tous les jours des qui pro quo. 11 recouvra la 
îanté par un qui pro quo miraculeux. Du Loir, pag. 

Ce nom eft Latin, formé du pronom qui, de la pté- 
pofition /j/Oj qui veut dire au lieu, pour. Se de l'a- 
olatif :}uo, c'eft-à-dire , un qui pris pour un quo. 

Un Médecin du Nord, dans une Thèfe fur les 
^^^'/r" ^"''^ avoue d'abord ingénument qu'ils font 
très fréquens. 11 en diftinguc de plulieurs fortes : les 
uns par rapport à l'action; d'autres par rapport au fu- 
jet; &c d'autres par rapport à leur terme, ou à leurs 
«ftc-ts. Dans la première efpcce font ceux d'un Méde- 
cin qui fait quelque chofe qu'il n'avoit pas intention 
de faire , ou qui donne un remède contraire au mal 
<le fon malade, qui ne donne pas les remèdes à temps, 
qui ne les donne pas dans l'ordre convenable, qui ne 
remarque pas les temps des maladies, qui hafarde des 
remèdes extraordinaires. Les qui prc quo par rapport 
au lujet, ou les qui pro quo des maladies, font, dit- 
il , de ne point appeler de Médecin par avance , d'en 
appeler un mauvais, de recourir à des remèdes im- 
pies & fupeftirieux, de ne pas exécuter ponétuelle- 
ment les ordonnances du Médecin. Les qui pro quo 
de ceux qui fervent le malade font pour les Apothi- 
caires, lorfqu'ils le mêlent d'autre chofe que de leur 
métier, quand ils empiètent fur les droits des Méde- 
cins , quand ils changent leurs ordonnances, quand 
ils altèrent les remèdes. Les qui pro quo des Chirur- 
giens font de s'ingérer dans l'office des Médecins , 
d'apphqueraux plaies une emplàtrepour une autre, de 
mettre des tentes trop longues dans les plaies. C'eft 
un qui pro quo pour le cuifinier du malade, de chan- 
ger la diète prefcrite par le Médecin. Le qui pro quo 
des gardes, tft de ne pas obferver les ordres du Mé- 
decin pour tenir le malade chaudement , & chofes 
lemblables. Enfin par rapport .au terme, il dit qu'il y 
a des qui pro quo falutaires, des qui pro quo dange- 
reux, & des qui pro quo indifférens. Dieu nous pré- 
lerve des qui pro quo. 
Qui PRO QUO , fè dit métaphoriquement en d'autres ma- 
tières , & généralement de toutes fortes de méprifes , 
de bévues, ou de fautes, fur tout quand elles ont quel- 
que chofe de ridicule. Ah ! le plaifant qui pro quo. 
Voila un que pro quo ridicule, j'ai pris un tel pour 
Ion valet. Hatlucinatio , aberratio. Toute cette intri- 
gue ell venue d'un mal-entendu , d'un qui pro quo , 
d une lettre donnée pour une autre. 

On dit proverbialement , Dieu nous garde d'un 
aui pro quo d'Apothicaire , & d'un & cœtera d'un No- 
taire. 

^V^'^'n ^™^ Larin, qui ne s'emploie qu'en cette phrafe 
familière. Il eft à quia; pour dire, il demeure court, 
il ne (ait repondre, ou plutôt, il ne fait plus que dire, 
ni que faire. Jd ultïmas anguftïas redigi^ ad mecam 



QUI 



nonloquLJele perdrai, ou je le réduirai à ^a/tr. Ablanc. ' 

On l'a mis à quia. 
QUIANSI. Foj. KiANSi. 
QUIBEI. f. m. Herbe fort nuifible qui fe trouve dans 

l'île S. Jean de Pottorico. Quiheia. Ses feuilles font 

piquantes , & fa fleur reffemble à la violette : m. ,, 

elle eft un peu plus longue. Cette herbe fait mourir 

incontinent les bêtes fauvages qui en mangent. 
QUIBO. Ile de la mer du Sud, fur la côte de la province 

de Veragua, daris la nouvelle Efpagnc. 
QUIBRON. Petite prefqu'ilc de France en Bretagne , 

dans révêché de Vannes, au Nord de Belle île. 
QUIBUS. f. m. Terme populaire. Argent monnoyé , 

ecus, piftoles, bien, richeffes. Dia. Corn. Avoir du 

quitus ; être riche. Nummi. 

iUadame Des-Houlieres , p. 95, du L tom. de fes 

Poëlies de l'édit de 1707, dit à M. le Duc de St 

Aignan. 

Tu fais l'art d'employer noblement ton quibus, ij 

QuiBus. Efpèce de Myrobolans, qu'on appelle autrement 
Chebule. 

QUICONQUE. Pronom relatif & général, qui n'a point 
de pluriel, qui ne fe dit que des perfonnes, & qui ne 
veut point d'i/ après foi. Quicunque, quijquis. Il eft 
en ufag^ particulièrement dans les Loix & tdits. Qui- 
conque aura commis homicide , fera puni de mort ; 
pour dire, qui que ce foit. Quiconque eft riche , eft 
tout. BoiL. Dans ces deux exemples il n'y a point 
d il; car on ne dit pas : quiconque aura commis un ho- 
micide, il fera puni de more; mais, fera puni de mort: 
ni quiconque eft riche , il eft tout. Mais s'il fuie un 
verbe qui faffe comme un autre membre de période, 
il f.aut pour la clarté du difcours ajouter il. 

Quiconque eft riche, eft tout ; fans figefe , ilefl fage; 
Il a, fans rien f avoir , lafcience en partage. I3oil. 

Quiconque, eft aufîi quelquefois féminin, comme en 
cette phrafe en parlant à des femmes , quiconque de 
vous fera affez hardie, &c. L'Acad. Quicumque. 

QUIDAM, f m. Ménage dit quidan. Certain homme 
qu'on défigne pat quelques marques, tV dont on ne 
fait pas le nom. Quidam, aliquis. Il eft venu un cer- 
tain quidam me donner avis. Ce mot eft un peu vieux, 
&: ne peut plus être employé que dans la converfa- 
tion. 

Ce mot eft venu tout pur du Latin. 

Quidam. ( L'Académie dit au féminin quidane , ce qui 
fuppofe qu'il faudroit dire quidan. Il eft vrai qu'on le 
prononce ainfi. ) Quidam , ^u&dam. Il fe dit feulement 
dans les monitoires,à caufe qu'il eft défendu d'y mar- 
quer les noms, quoiqu'on les fâche. Tous ceux qui 
fauront que certains quidams, ou quidanes ont fait 
telle chofe, font averris d'en venir à révélation 

S^ QUlDDlTÉ.f. f. Terme de Philofophie fcolafiiquc. 
du latin quid , (juid fit , ce qu'eft la chofe en elle-mê- 
me. Bacon faifoit tout c^ qui dépendoit de lui , afir» 
que les Univerfités, inftituées pour la perfedion'de la 
raifon humaine , ne continuaflèiu pas de la gâter par 
leurs quiddités , leur horreur du vide , que l'i^i orance 
rendoit refpeétables. Volt. Les Scolaftiques" n'appe- 
loientleurs (\\\2X\ii.s ,quaHtésoccultes , que parce qu'ils 
en ignoroient la nature , la çwcic/ire intrinleque & les 
caufès mécaniques. Mém. de Trév. 

QUIDER. Vieux mot. Cuider, eftimer, penfer. Perce- 
val. BoREL. On a dit encore quidier. Id. 

QUIDIER , CUIDIER. v. n. Vieux mot. Du latin cre^ 
dere. Cependant ^aiû'-ri'r nefignifîoit pas autant que le 
mot croire, comme on le peut voir dans les deux vers 
que voici : 

Dames , certes ne deve\pas quidier. 
Mais bien favoir que trop vous ai aimée. 

De forte que quidier q& foupçonner , penfer , avoir 

doute , préfumer. Gross. des'Poef. du Roi de Xav. 

QUIEBON. Bourg de France en Normandie, GcnéraUtî 



QUI 



<lc Cacn , EleAion de S. Lo. 

QUIENNES avoine:;. Terme de Coutume. C'eftune 
redevance due en avoine pour lanoiiniturc des chiens 
des Seigneurs. Avena vccligalis aLndis Domïnï ca- 
nihus. Les Picards dilcnt encore quien^owc chien. 

QUIHK. Vieuxmot qui llgnifioit pou'rrois. R. D£ la Rose. 

De for en bel accueuil garder y 
Jamais ne m'en quier recarder. 

QuiER, fignifioit aulïï , chercher, de jKrfro. Renautde 

^ASKEIL. 

Jà de chanter en ma vie ne quier, 
Mais avoir courage. Uorel. 

QUIERRE.f. Vieux mot, quarré, ou anglet. Romande 
LA Rose, 

Sus toutes précieufes pierres ., 
Trejlout reons à quatre quierres. 

De-là viennent les mots de Languedoc, quairé,cai- 
rou & cfcaire ; c'ell-à-dirc , quarré , pierre quarrce , 
Se équcrre. Borel. 
QUIERS. C/^tfr/;/OT. Grande ville d'It.iHe dans le Piémont, 
capitale du territoire de même nom , fur les confins 
du Montfcrrat, à quatre lieues de Turin. 
QUIET, ETE. adj. Paifible, qui eft en repos, qui n'eft 
point agité. Tranquillus , quietus. On ne le dit gucre 
qu'en ces phr-ifes : il a l'ame quiète, pour dire , qu'elle 
D'eft point troublée de pallions. Ce malade a palfc une 
nuit fort quiète ; ou plutôt on ne le dit plus du tout, 
fi ce n'eft en badinant. 

Ce mot vient du latin quietus. 
<QUIÉTISME. f. m. C'elt le fentiment d'une Sefte qui 
a fait lur la fin du dernier iiècle beaucoup de bruit. 
Mohnos , Prêtre Elpagnol , mort à Rome dans les pri- 
fons de l'Inquifition , palFe pour auteur du Quie'tifme. 
Les illuminés d'Efpagne avoicnt pourtant avant lui en- 
feigné quelque choie de lemblable. Ce nom eft em- 
prunté du repos ou de l'inaétion entière où l'ame fe 
rrouve loiiqu'elle eft dans la vie unitive. Pour y par- 
venir, il faut auparavant palTer par la vie purgative ; 
c'eft à dire , par cette obéiffance qu'infpire la crainte 
de l'enfer. Il faut entrer dans la vie illuminative avant 
que d'arriver à le perfeélion. OnelTuiede cruels com- 
bats & de violentes douleurs. Ce ne font pas feule- 
ment des iécherelfes ordinaires à l'ame ôc des priva- 
tions de grâce, mais des peines infernales ; on fe croit 
damné, k perluafion qu'on en a eft vive, forte, & 
dure pluiieurs années. S. François de Sales .difentles 
Quiétiftes,étoit tellement convaincu de fa damnation, 
qu'il ne pouvoit fouffrir d'être contredit là-delfus. On 
eft luftifammcnt payé de fes peines par les embralTe- 
mens de Dieu , &: par la propre déification. Les (énti- 
mens qu'on a pour Dieu dans le Qietifme j font fi 
délîntérell es, qu'on l'aime pour lui-même , à caufe 
de fes perfections , indépendamment de la peine &de 
la récompenfc. L'ame le loumet à la volonté de Dieu, 
lors même qu'il la précipite dans les enfers ; & au lieu 
de l'arrêter, la B. Angele de Folie;ni lui crioit: Hâte^- 
vous , Seigneur y de me jeter dans l'enfer, & ne dif- 
fère:; pas, fi vous m'ave\ abandonnée , achevé-^ , & 
plongez-moi dans l'abyme.. L'ame entre enfin dans 
le repos , & dans une parfaite quiétude , elle contem- 
ple uniquement (on Dieu , elle n'agit plus ; elle ne 
penfe plus , elle ne défire plus ; elle eft uniquement 
occupée à recevoir la gr.rce de Dieu qui la poulf- où 
il veut, & comme il veut. Dans cet état elle n'a plus 
befoin de chants, de prières, ni de vœux. Les prières 
où l'clprit travaille , & la bouche s'ouvre pour deman- 
der à Dieu fes befoins, font le partage des foibles & 
des imparfaits. L'ame des Saints eft comme couchée 
dans le (ein 5c entre les bras de fon Dieu ; où fans faire 
aucun mouvement, ni produire aucune opération , 
elle attend (?a*elle reçoit les grâces divines. Elle eft 
alors heureufe, puifque celfant d'être dans l'exiftence 
qu'elle avoh. auparavant, elle fe change, ellefe tranl- 



QUI pr 

forme, cllcs'abymt dans l'Être divin, &r elle ^c perd. 

tellement dans cet ab\ me qu elle ne connaît pas fa dif- 
tinclionavec Dieu. FÉnel. Max. dls Saints. Boss. 
Instruct. 

QUIÉTISTE. f. m. & f. Nom des difciples de Molinos, 
ou des défcnlcurs des fciuinitns marqués dans l'arti- 
cle précédent. 

QUIHTO. Nom d'une rivière de l'iftric. Quéttus , Kaw 
portas. Elle la traveifeprcfque toute du levant au cou- 
chant, &c fe décharge dans le golfe de Vciufe, prèsd© 
CittaNuova. Maty. 

QUIETUDE. 1. f. §0" Terme emprunté dumyfticifmc, 
qui fignifie repos , tranquillité , fituation exempte de 
trouble &L d'agitation. Quoiqu'il paroilîe coniacréàla 
dévotion, il peut être employé dans le ftyle noble Se 
foutenu. Quies, tranquiUitas , animus quietus. Un 
vrai Philofophe palfe fa vie dans une grande quiétude 
d'eiprit. Pat. Une férénité mcrveilltufe regnoit fur 
fon vifage ; c'étoit un figne de la férénité de fon el- 
prit , de la quiétude & de la tranquillité de fon ame. 
M. DE LA Ch. La fagefle feule nous rend capables de 
réfifter à la fortune, & d'acquérir la tranqui'lhté Ôi la 
quiétude. S. EvR. Il ne_ faut p.as autcrifer l'oihveté fous 
les apparences d'une fainte quiétude. S. EvR. Il pa(- 
loit les heures entières dans une grande quiétude , k 
tête nue, le vifage baigné de larmes ,&: l'efprit abymé 
en Dieu. Bouh. rie de S. Ignace, L. VI. 

QLTEX. Vieux nom ou pronom, quel; liquiex,dz&' 
à-dire , lequel. Perceval 

Demanda li quiex ejl li R.ois, 

Et au pluriel de même , quiex & Ufquiex , quels & leCi 
quels. 

Hehers n'a m'aure'^ hom quiex qui foie, 

QUIEZ. Vieux mot, k même chofe que quiex, quel»' 
Huijlace , qui vivoit l'an 1 1 j j. 

Qvàtz Roy y a en ordre eu. 

Et qui ain^ois , & qui puis fu-, BoREt.' 

QUIGNET. f. m. Vieux mot. Coin. Coquillard. Ro-, 
MAN DE la Rose. 

Comme povre chofe en quignet. Borel» 

QUIGNETTE. Foye-^ Quinette. 

QUIGNON, f. m. |Cr Terme populaire qui fignifie urt 
gros morceau de pain, fruftum panis , fegmen panis,. 
Manger un quignon de pain à fon déjuner. MénafCs 
dérive ce mot du latin quinio , comme qui dirait la 
cinquième partie du pain. 

QU'IL. Vieux mot. Celui qui. Perceval. Borel. 

QUILBOQUET. f. m. Infttumentde Menuifier IfT com- 
polé de deux morceaux de bois dont l'un traverfe l'au- 
tre à. angles égaux, qui feità fonderie fond des mor- 
toifes, pour voir fi elles font taillées carrément. Me- 
tula minutaria. 

QUILLAGE. f. m. Terme de Commerce de mer. On ap- 
pelle droit Azquillage , un droit que payent e;.i France 
les vallfeaux marchands qui entrent pour la première 
fois dans quelque port du Royaume. A Bordeaux ce 
droit eft de 5 liv. 4 f. 

QUILLAN. !''etite ville de France en Languedoc , au 
diocèle d'Alet. 

QUILLART. f. m. Jeu dont il eft fait mention dans des 
vers de Marot faits au (ujet de Coquillart. 

QUILLE, f. f. (Mouillez les deux //.) Morceau de bois 
arrondi , qu'on élevé à plomb, qui ferr à jouer. Me- 
tula luforia, vel obeHfcus.Or\tn arrange neuf en carré 
pour les abattre de loin avec une boule. C'eft un bon 
joueur de quilles, il en abat neuf tout d'un coup. 

Ce mot vient de l'anglois kilcs , ou de l'allemani 
kegeleu fignifiant la même chofe. Cu plutôt: de la lan- 
gue celtique, ou bretonne , quille, qui fignifie un mor>» 
ceau de bois qui fe tient debout. 

D'autres croycutque ce mot s'ellditpar comuptiort. 



^6 QUI 

pour efqu'dUs , paicc que ce font des éclus & cJesef- 
ctuilles de bois. M. Huet , T. II j des Di(J'. rec. par 
AI. T'dladet , pag. 21 6. 

On dit aiiiîi , en qudle , en parlant de ce qui cft tout 
droit. On diiHnguc les Officiers de la grande ou de la 
petite écurie, en ce que les derniers ont leurs palle- 
mens coufus en quille , <k les autres en bracelets. 
§Cr Les Marchandes de modes appellent quilles deux 
bandes de paremens qu'on met à une robe le long de 
la couture dn côte julqu'à la tente. 
Quille , eft aulîl un terme de Gantier, qui fe dit d'un 
morceau de bois en forme de quille à jouer , qui lert 
à redreiler les doigts des gans^ & à mettre les gans en 
couleur. Metula chirotecaria. 
Quille, en termes de Marine , eft la plus giolfe pièce 
de bois du vailfeau , qui règne de poupe en proue , 
qui fert de fondement & de bafe à tout le bâtiment -, 
parce que fur elle font alTemblés l'étrave , l'étambord, 
les varangues & les fourcats , fur Iclquels tout le bâ- 
timent eft conftruit. Pnncipis maii ftereobates , ca- 
rina. Il y a des vailleaux qui ont jufqu'à 140 pieds de 
quille. Cette quille a quatorze pouces d'cpailleur ^ 
deux pieds de largeur. C'cft la quille qui donne la 
longueur des autres pièces qui lui doivent être pro- 
portionnées. Par exemple , la hauteur perpendiculaire 
de l'étambord doit être la huitième ou dixième par- 
tie de la qudle; celle 4e l'étrave le quart, la quête 
de l'étrave la cinquième partie , celle de l'étambord la 
vingtième, '"k toute la longueur du navire par enhaut 
doit être d'un quart plus grande que la qudle. Le,' 
proportions de toutes les pièces de toutes (ortcs de 
vailfeaux le trouvent dans les Tables qui (ont à In 
fin du Livre de Claude Caron Arpenteur, qui a fort 
bien écrit des Bois & de la Charpenterie. On la com 
pare a bon droit avec l'échiné ^ l'arête ou l'épine du 
dos des animaux. Une furieufe temp;.te jeta le navire 
fur des bancs de lable, tk la quille y entra li avant; 
qu'on ne pouvoir en fortir. B, uh. Xav. L. FI. On 
demeura engagé par la qdlle dans le rocher, & ce fut 
un miracle que le vailTeau ne fe brifa point tout à- 
fait. Id. 

Ménage dérive ce mot du Grec xn'Aof ^ ou de l'El 
pagnol quilld, lignifiant la même chofe. 
Quille , eft aullî une giollc pièce de bois formant le 
derrière d'un bateau foncet. Imus fummi mali pluteus 
fpinj. C'eft celle qui lupporte le gouvernail. Elle ré- 
pond à la pièce que dans les batimens de mer on ap- 
pelle l'étambord. 
Quille du pont , fc dit aulTl en quelques endroits , 
d'une longue pièce de bois qui foutient le pont. Ful- 
crum. 

On dit, prêter de l'argent fur la quille du vaifTeau , 
pour dire, y affecl:cr & hypothéquer le corps du vail- 
leau. Navem obfirin^ere. 
Quille, fe dit proverbialement en ces phtales. On dit 
d'un homme qu'on voit furies pieds tout droit , & 4U1 
ne bouge, qu'il eft là planté comme une quille ; pe- 
dibus arreciis adftare. On dit qu'on a donné à quel- 
qu'un fon fac & fes quilles , ou qu'il a pris Con iac & 
fes quilles i pour dire, qu'on l'a chalfé, ou qu'il s'en 
cft allé promptement. On dit auifi , qu'un homme eft 
reçu en quelque endroit comme un chien dans un jeu 
de quilles, pour dire, qu'il y eft mal reçu. 
QUILLEBEUF. Nom d'un Bourg défendu par un petit 
fort. Qudlehovium. Il eft dans la Normandie, fur la 
Seine, à huit lieues au deilous de Rouen. On donne 
le nom de Quilldois à fes bateaux ^ aulîl bien qu'a fes 
habitans. Defcript. Qéogr. & Hiji. de la Haute Norm. 
T. II. p. 2 s 2. 
QUILLEH. V. n. Il fe dit quand ceux qui veulent jouer 
aux quilles, en jettent chacun une, & tiient à qui fera 
le plus prèi de la boule , pour fivoir ceux qui feront 
enfemble. Metulis expjorareturmas ludentium. Il faut 
quiller ; les plus près ieront enfemble. 

On a dit autrefois, /è quiller, pour dire, fe plan- 
ter, fe tenir dtbont comme une quille. 
Quiller , eft aulli un veibe actif qui ne fc dit qu'en 
cette phrale injurieufe 6i populaire. Que l'âfe vous 
qudle. Afellus tefubigat. Voiture a dit : 



QUI 



Qui que vous choifijjle-^ de ces deux amoureux , 
Vous nefaurieT^ manquer que l'âfe ne vous quille. 

SE QUILLETER. Vieux mot. Se planter, fc tenir de- 
bout comme une quille. Gauvin. Borel. Siftere 3 ' 
Jlare. 
QUILLETTE. f f Terme d'Agriculture qui fe dit des 
ohets que l'on plante. Truncus hrevior. Planter des 
ofiers en quillettes. Ce font desofiers longs d'un pied, 
gros comme le petit doigt, aiguites par le bout le plus 
gros, &■ que l'on fiche ainfi en terre de la profondeur 
d'un dcini-pied. Liger. 
QUILLIER. f m. La pierre ou le carré marqué où l'on 
arrange les ncut quilles. Metularum area. Il y a un beau 
qudlieraa bout de cette allée. On le dit aulli des neuf 
quilles enlemble. Il a fait tout le quilUer en un ct.up. 
QL'ILLIGA. Contrée d'Afrique, dans la partie occiden- 
tale de la côte de Guinée. 
QUILLO. 1. m. Monnoie d'argent qui fe fabrique & qui 
a cours à Florence , S< dans tous les Etats du Grand 
Duc. Il vaut 13 f. 4 d. monnoie du pays. 
QUILLOT. (. m. Mefure des grains dont on fe ferc à 
Smyrne, à Conftanrinople , &; dans quelques autres 
Echelles du Levant. Quatre qudlots (k demi font la 
charge de Marieille, y ayant même quelque choie de 
bonne mefure. 
QUILLON. 1. m. Terme dePourbifleur. Sorte de bran- 
che qui tient au corps de la garde de l'épéc. Enjî an- 
nexas ramulus. Oudlan rompu. 
QUILMANCE, Nom d une ville de l'Ethiopie. Quil- 
manfa. Elle eft dans la côte el'Ajan, près du Zangue- 
bar, & a l'embouchure du Quilmanci , entre Melinde 
& Magadoxo. Maty. 
QUILMANCI. Nom d'une rivière qui a fa fource dans 
l'Abidïnie, où elle porte le nom d'Cby; cnluite en- 
trant dans la côte d Ajan, elle baigne Barraboa , & fc 
décharge dans la mer de Zanguebar, à Quilmanci. 
Quilmancus , Raphus. Maty. 
QUILOA. Nom d une ville de Zanguebar en Afrique. 
Qudoû , anciennement Rapta. Elle eft fortifiée & dé- 
fendue par une petite citadelle, &i lituée dans une ilc 
qui porte Ion nom , entre Monba^e & Melinde. Cette 
Qudoa appai tient aux Portugais; mais il y en a une 
autre en Terre lerme, qu'on appelle la vieille Qudoa ^ 
ik qui eft capitale du royaume de Qudoa , lequel a fon 
Roi particulier, Mahométan de Religion. Maty. 
QUIMBA, ouQUINUA. f m. Plante qui croît aux In-, 
des occidentaL'S , qui eft de la hauteur d'un homme, 
& qui a les feuilles ccmme la blcte. Quinua planta^ 
Sa Icmcnce eft menue, blanche; les habitans en font 
un breuvage , ou la mangent en bouillie comme on 
fait le riz. Cette plante n'eif autre chofe que la grande 
amaranthe que C. Bauhin appelle Amaranthus maxi- 
mus. 
QUIMBALA. Montagne & volcan de l'Amérique méri- 
dionale au Popayan, avec une province nommée de 
même. 
QUIMPERLAI, ou QUIMPERLÉ, ou QUIWPER- 
LEY. Quimperleum. Petite ville de France dans la 
Balfe- Bretagne, au diocèle de Kimper. Long. 14 d. 11'. 
Lat. 47 d. 52'. 
QUIMPER, QUIMPER-CCRENTIN, Ville de Fran- 
ce, capitale du diocèie de Cornouailles. Corifopitum^ 
autrefois CuriofoluA. Elle eft dans la Bretagne fur l'O- 
der, à vingt trois lieues de Vannes, vers le couchant. 
Quimper a un évêché (utFragant de Touts. 
QUINA-QUINA. C'eft la même chofe que Quinquina. \ 

Voy. ce mot. 
QUINAIRE, f m. Petite monnoie Romaine. C'étoit la 
moitié d un denier. Quinarius. Dans les Difteitations 
du P. Chamillart, il y en a une adrellée à M. le Duc 
du Maine fur les Quinaires. Par le terme de Quinaire, 
l'on entend certaines médailles , de quelque métal 
qu'elles foient , qui ne lont que de la grandeur d'une 
de nos médailles. P. Chamillart.» 

Il eft indubitable qu'il y avoit du temps de la Ré- 
publique Romaine deux fortes de monnoies d'argent, 
dont l'une ctoit du poids d'un gros , & l'autre du 

poids 



QUI 



poids d'un demi-gros. La première sMppcloit /?£r/?.T- 
rius, &c l'autre Qutnarius ; parce que celle-là valait 
dix as , S-: que celle-ci n'en valoir que cinq. Aulu met- 
loit-on lur la inonnoïc pelant un gros, le noniorc X 
& le nombre V lur la monnoie qui n'cc(jic que d un 
demi-gros. Or les monnoics (eus les Empereurs étant 
demeurées, àqucL.ues granis près, Je nieme poids 
& de même valeur que du temps de la République , 
la médaille d'argent du poids d un gros a continue 
d'être appelée Denarius. Ojlcnduc mtln dcnanun:. 
Cujus habit imaiùnem & ïnfcnpnonem ? dit Jesus- 
CHRiSTàceux qui lui inontioient une médaille d'ar- 
gent de l'Empereur Tibère. Luc XX, 24. La mon- 
noie d'aigent continua, dis-je, d'être appelée Dena- 
rius, ou bien une monnoie valant dix as. Par conle- 
quent la monnoie d'un demi-gros étoit également un 
Quinanus ; c'ell-à-dire, une monnoie valant cinq j-c. 
Le chaiigemenc qui avoit été Fait parrapport à l'inl- 
cription & aux figures qu'on y répréfentoit , ne tai- 
(ant rien au prix & à la valeur de la monnoie. 

Voila , lije ne me trompe , l'origine du mot Quina- 
rius. Il s'enluir de l.i qu'il n'y a proprement que les 
médailles d'argent pcfant un demi-gros auxquelles ce 
nom convienne-, que les Romains ne l'ont point don- 
né aux autres efpèces de monnoies aulli petites que 
celles-là; & qu'ainli ce n'eft qu'improprement & par 
analogie que les Médailliftcs le donnent aujourd'hui 
aux nudailles d'or ëc de bronze, qui l'ont de la même 
grandeurqueles Quinaires d'argent, puifque les unes, 
iavoir, cellesd'or, l'ont d'unptixau dellusdecinq as,&c 
les autres , je veux due celles de bronze , (ont d'un 
prix inférieur. 

L'unique convenance qui fe trouve entre ces Qui- 
naircsSc les Quinaires d'argent, c'cft que le Quinaire 
d'or eft la moitié d'une médaille d'or pour le poids & 
pour la valeur : ts: celui de bronze la moitié d'une 
médaille de petit bronze ; comme le Quinaire d'ar- 
gent eft la moitié d'une médaille d'argent. Car les Ro- 
mains ont oblervé dans leurs monnoies les mêmes rè 
gles que nous; ou plutôt, c'elt d'eux que nous les 
avons prifes. Ils avoient donc en or des Louis, li j'o- 
fe parler de la forte, 3c des demi Louis. Les Louis, je 
veux dire la médaille d'or, étoit du poids de deux 
gros Se de quelques grains-, & le demi- Louis ou Qui 
nairc étoit à proportion d'un gros &c de quelques 
grains. Mais en bronze ils avoient plus de pièces de 
difïerens poids que nous n'en avons. La monnoie de 
grand bronze étoit du poids d'une once , celle de 
nioyeii bronze de quatre gros , celle de petit bronze de 
deux gros , & le Quinaire d'un gros. 

Je n'ai parlé jufqu'ici que des deux premiers fiècles 
de rEm;3iie. Dans la fuite, à mefure que les mon- 
noies ont diminué de poids & de bonté, la même pro- 
portion s'eft trouvée dans les fubdivifions qui fe font 
faites. Ainfi deux Quinaires d'or de Conftantin font 
également du po;ds d'une médaille d'or de cet Empe- 
reur, comme deux Quinaires de Tibère font une mé- 
daille d'or de ce Prince. Ce que je dis de ror,fe trou- 
ve pareillement dans le bronze, & j'ai vu qu'au tré- 
bucher deux Quinaires d'Aurélien , de Ptobus , de 
Conftantius.étoient dans un équilibre aulli jufte avec 
une médaille de ces Empereurs, que deux Quinaires 
d'AntoninPie & de Marc-Auvele le font avec une mé- 
daille de petit bronze de ce temps-là. 

Néanmoins cette règle ne regarde que les médailles 
& les Quinaires frappés par ordre du Sénat «.'v: des 
Empereurs, &c non pas les pièces de même efpèce qui 
font grecques, ou fabriquées par quelques colonies. 

Or , fuppolé que cela foit vrai , tout Cu;ieux doit 
conclure qu'une fuite de Quinaires eft du moins au- 
tant nécelfaire dans les cabinets que les fuites de grand, 
de moyen ik. de petit bronze. Ce font de part & d'au- 
tre de différentes efpèces de monnoie , qui nous ap- 
prennent combien il y avoit de fortes de pièces en tout 
métal, qui avoient cours dans le commerce. De plus 
les Quinaires font communément d'un coin plus fini 
que les autres médailles , & travaillées par des mains 
de Maîtres: ce que j'attribue à l'imp ffibilité où au- 
roient été de nouveaux ouvriers de graver des figures 
Tome FIL 



QUI 97 

enticics dans un fl petit cfpacC de i-nétal. JEnfin par \i 
peu de Quinaires que nous avons dans les cabinets j 
il eft .lifé de conjedturer que l'on y vciroit des reVcrs 
qui leurs (croient particuliers, (k qui ne (croient ni 
dans le giand , ni dans le moyen bronze: lailons qui 
ont obligé les Médailliftcs de féparer les médailles di 
ditterentcs grandeurs , & d'en faire des fuites diltin- 
guées les unes des autres. 

1 es Quinaires doivent donc faire aulTi dans les mé- 
d.'.iiles un ordre à paît , 6: compokr une fuite (ans mé- 
lange d'aucune autre médaille. Quelque rares que 
(oient les Quinaires , ces fuites ne font point abfolu- 
r.itnt impoilibles; puifquc Monfeigneur le Duc du 
Maine en a déjà une (i nombreu(e Se (i conddérablc i 
qu'il faudroit peu de Quinaires pour la rendre ccm- 
plette. 1d. 

QUINA.UD , AUDE. adj. 'Vieux mot j qui ne peut plus 
trouver place que dans le burlelque pour (igrùlier , 
confus, honteux d'avoir fuccombé dans une difpute. 
Je l'ai rendu bien çuinaudt 

Ce mot (îgnilîoit autrefois gueux. Borcl le dérive 
du Grec xfto's , c'eft-à-dire j l'iîc'ttttj. 

QUINAUT, f. m. Vieux (inge ou marmot foic laid. 
Turpis fimius. Il n'eft plus en ulaiV- en ce fcns. 

IfT QUINCAILLE, ou QUINCAIIlERIE. fubft. f. 
Quelques-uns écrivent & prononcent Clincaillc , Clin- 
caillerie , Clincaiilier ; m3.]s all'cz improprement. Ter- 
me colleélif qui renferme une infinité d'efpèces diffé- 
rentes d'uftenfiles & d'inltrumens de cuivre , de fer , 
d'acier, comme couteaux j cifeaux, rafoirs , chande- 
liers , & mouchettes. Frivolaria merx. Minuta mcr)i 
ferrcria. 

(j-Zr La quincaille renferme encore plufieurs ouvrages 
de taillanderie 1^ de ferrurerie, & quantité d'outils 
propres à toutes fortes d'ouvriers. La meilleure quin- 
caillerie vient d'Angleterre. 

{CF Quelques-uns appellent par mépris , quincaille, de 
la monnoie de cuivre, comme les fous, les liards, &c. 
Voilà bien de la quincaille. 

IfT QUINCAILLIER, f. m. Marchand , vendeur de 
quincaille. Frivolarius. C'eft un riche quincaillier. 

QUINCAJOU. f. m. Qnincojovium animal. Animal de 
l'Amérique , qui approche du chat , qui a le poil rouge 
&'brun, & la queue ù longue, que la relevant il en 
fait deux ou trois tours ("ur f n dos. Il a de fortes grif- 
fes, & monte fur les arbres ., &c ('c couchant tout de 
fon long fur Une branche , il attend que quelque ori- 
gnac pade pour (è jeter fur lui & (ucer foii tang , en 
lui ouvrant la veine jugulaire avec (es dens. Quand 
i'oiignac fcnt le quincajou fur fon dos, il court vite fc 
jeter dans l'eau, & aulli -tôt le quincajou qui haicceï 
élément, quitte prife & faute a terre. Denis,, Hiji. 
de l'Amer, 

QUINCOLOR. Foy. Quadricolor. 

QUINCONCE, f m. Echiquier eu tiers -point. Quin- 
cunx. On appelle ainfl la difpolition d'un plant_ fait 
par diftances égales en lignes droites, ëc qui prélenté 
plufieurs rangées d'arbres en ditférens (ens. Planter 
des arbres en quinconce. Bofquet en quinconce. Em- 
ployer un carré en quinconce d'arbres fruitiers La 
QuiNt.. P. II. c. 17. Il eft aifé de planter en peu At 
temps beaucoup d'arbres en efpaiier, parce qu'il n'eft: 
pas queftion d'aligner, mais pour un quinconce on ne 
peut aller fi vite ; parce que, comme il faut que cha- 
que arbre réponde jufte à deux rangs , il faut deux ali-^ 
gneurs, un pour chaque rang. La Quint. Part. III, 
c. 20. Il fît des folfes de trois pieds un peu étroites, 
& difpofées de travers en quinconce. Ablanc. 

Daviler dit quinconge 6c quinconce ^ & le décrit 
ainfî : c'cft un plant d'arbres dilpofé dans (on origine 
en quatre arbres , qui font un carré avec un cinquiè- 
me arbre au milieu; de forte que cette di(po(ition ré- 
pétée réciproquement , forme un bois planté en fymmc- 
trie, tk préfente par la vue d'angle d'un carré ou pa-^ 
rallélogramme redangle , des allées égales & parallè- 
les. C'eft de cette forte de quinconce, que parle Ci- 
céron dans Cato major. Se Quinrillien, L. I, c. 5« 
Nos quinconces fe font aujourd'hui de l-ncme qUC 
ceux des Anciens j à l'excepiion du cinquième arbrs 

N 



98 



QUI 



qui n'y eft pa?, de manière qu'étant majllcs, ^ lems 
allées le voyant par le Hanc du leélangle , ils forment 
un échiquier parfait , comme ceux qui (ont a côté du 
Cours-Li-Reine à Paris, & du Jardin de Matli. Liger 
dit quinconche. 

QUINCUNX. f. m. Terme d'Hiftoire ancienne , qui 
iîgnifie à la lettre cinq onces , cinq parties d'un tout 
divifé en douze , cinq douzièmes de \'as Romain, il 
lignifie aulli plant , arrangement en échiquier. C'étoit 
encore une forte de mefiue pour les liquides, conte- 
nant cinq cyathes , vingt cuillerées, ou cinq douziè- 
mes de la chopinc de Paris. Quincunces ufurd. Intérêt 
au denier vingt, à cinq pour cent par an. 

QUINCY. Bourg de France dans la Brie, Diocèfe de 
Meaux, 

QUINDÉCAGONE. f. m. Terme de Géométrie. Figure 
plane qui a quinze angles & quinze côtés. Quïnde- 
cagojium. Si les quinze côtés du cjuindécagône (ont 
égaux entre eux , c'cfi: un quindccagône régulier. Eu- 
clide montre comment il s'infcrit dans un cercle. L. 

. xri. c. 4. 

Ce mot eft formé fort irrégulièrement de quinque 
mot Latin qui lignifie cinq , «ftVa mot qui lignifie dlx^, 
& >Mï/a , un angle. Pcntcdécagone fcroit plus régu- 
lier ; mais M. Harris dit Quindecagône. 

QUINDECIMVIR , ou QUINDECEMVIR. f. m. Ma- 
giftrat des Romains , ou Commilîaire qui avoir qua- 
torze collègues , qui avoient la même autorité èc la 
même fonétion. Quindecimvir. XFFIR. On com- 
inença fous Tarquin le Superbe à créer deux Magil- 
trats, pour avoir foin que les facrifices fefiirent; &c 
alors on les nommoit Duumvirs. Leur nombre crut 
dans la. fuite jufqu'à dix Decemvirs; & au temps de 
Cicéron étant monté julqu'à quinze , ils eurent le 
nom 4e Quindccemvirs. Quoique dans la fuite ils 
aient été loixante, comme le prétend Servius fur le 
fixième de l'Enéïde, v. 7_i- leur nom cependant ne 
changea point, & on continua à les appeler Quïnde- 
cintvirs. Ils étoient prépofés à la garde des livres Si- 
byllins, chargés du foin de les examiner & d'en être 
les interprètes. Ils ne le faifoient pourtant pas fans un 
ordre du Sénat déclaré par un Sénatufconfulte. Ils pré- 
fidoicnt auflî aux (acrifices & aux cérémonies extraordi- 
naires que l'on fiifoit. Voyei Struvms , Antiq. Rom. 
fyntagma, C.Xn.,p. 60 4, 60 s , 606. Sur les mé- 
dailles quand un dauphin eft joint à un trépied , il 
marque le faceidoce des Quindecemvirs , qui pour 
annoncer leurs facrifices folcmnels , portoient la veille 
un dauphin au bout d'une perche par la ville , & re- 
gardoicnt ce poilfon comme confacré à Apollon, aullI 
bien que la Corneille parmi les oifeaux. P. Joubert. 

CCT QUINDENNIUM. f m. Terme de relation. Il s'é- 
leva en 1704 en Portugal une conteftation fur ce qu'on 
appelle en ce pays-là le Quindennium. Par ce mot on 
entend des penfions qui , prifes fur certains bénéfices, 
& fubrogées aux décimes, fe payent au Pape tous les 
cinq ans, pour l'aider à fubvenir, dans les befoins 
prelfans, aux calamités de l'Es^hfe. Lafiteau. 

QUINÉQUE. f f. Etoffe dont il eft fait mention dans 
le Tarif de Hollande de 1725. 

QUINES. 1. m. Terme de jeu de Tiiélrac, ou de dez. 
Ce font deux cinq qui viennent d un même coup de 
dés. Bis quinqus not£. Il a amené quines. Le méchant 

- quines. 

QUINETTE , ou QUIGNETTE. f. f. Efpèce de ca- 
melot ordinairement tout de laine, & quelquefois mêlé 
de poil de chèvre, qui fe fabrique à Lille en Flandre 
& aux environs. 

QUINGEI. Nom d'un bourg avec un bailliage. Quin- 
gium. Il eft dans le Comté de Bourgogne, fur la ri- 
vière de Louve, à fept lieues de Dole, vers le levant, 
& à quatre au fud de Befancon. Maty. 

QUINHIN. Contrée d^Afie dans la Cochinchine. C'eft 
la province la plus méridionale de ce royaume. 

QUINJA. f. m. Sorte de porc-épi, fort commun fur la 
côte de Malaguettc, dans la Guinée méridionale. Il 
eft de la grandeur d'un porc armé de toutes parts de 
pointes longues & dures , de la groireur d'une plume 
d'oie, rayées de blanc & de noir à diftances égales , 
qu'il Jance , lorlqu'il eft en fureur, avec tant de force' 



QUI 

qu'il entame une planche. Il n'eft pdnr de fcrpcnt 
qu'il n attaque : ia morfure eft terrible. Selon Baibot 
c'cft le même animal que le zatta de Barbarie. HilL 
dis J-oy. -^ 

QlilNlSEXTE. adj. m. Terme de l'Hiftoire Eccléfiaf- 
tique, qui ledit d'un Concile tenu a Conftantinople 
en 692. Qumifixta Synodus.LeCixihns Concile gé- 
néral tenu a Conftantinople l'an 6c)z,&c nommé fou- 
v-ent le Concile in Trulto , s'appelle aulli en Latin 
Quinifcxte, & en Grec Pentede, comme qui diroit 
cinq-lixieme, pour marquer qu'il n'elt que le fupplé- 
ment des deux Conciles précedens : quoique propre- 
ment c en foit un particuher. Fleury. Il eft le <up- 
plément des deux derniers Conciles^ parce que ceux- 
là n avoient point fait de canons; & que les Orien- 
taux jugèrent à propos d'y fupplèer par celui ci. Les 
102 canons qu'on attribue faulfement au cinquième 
& lixieme Conciles généraux, y furent faits. Marcel. 
Foy. le P. Petau, Ration. Tewp. P. IJ.S^c.:; 
QIJINIZ. f m. Nom d'homme. Quinidms, Quintius. 
iaint Quinide que nous appelons vulgairement Oui- 
/z/y, naquit à Vaifon. N'étant encore que Diacre il 
alhfta poutfon Evêque au cinquième Concile d'Arles 
tenu en JJ2. Il le fie encore (on Coadjuteur, & Qui- 
/ï^^ Futlauvé par l'Archevêque d'Ailes. Il mourut le 
ij de Février vers l'an 578 ou J79. Foye^i les Bol- 
landiftes & Bailler au quinze de Févries. S. Quinïv 
( car c'eft ainfi qu'on le nomme) eft fécond Fanon de 
1 Egide abbatiale de Mauriac en Auvergne. Chast 
Mai t. T. I, p. 6 s 4. 
QUINOBL Foyei Ginopoli 

QUINOLA. f. m. Terme de jeu de Reverfi. Quinola. 
C eit Je valet de cœur qui donne l'avantage à ce jeu- 
la, qui eft la principale carte, & celle qui prend la 
poule. On pourluit, on force le quinola. Les Efpa- 
gnols appelent le valet de cœur Pendanga, ou Ma- 
rie a. 
Quinola, eft auftî un fobriquet qu'on donne à celui 
qui mené une Dame , comme un valet' de chambre 
ou autre homme gagé pour cela; ce qu'on appelle 
chez les Grands, Ecuyer. Dominarum conduclor. Ca 
n'eft qu'un quinola. 
QUINQUAGÉNAIRE, adj. m. & f. (prononcez cuiry 
couagenaire.) Quinquagenarius , qumquaginca annos 
natus. C'eft une grande folie à un homme , ou à une 
femme quinquagénaire de fe marier. Il eft aulE fubf- 
tantif. C'eft un quinquagénaire. 
Quinquagénaire, f. m.' Terme d'Hiftoire ancienne. 
C etoit chez les Romains un Officier de guerre qui 
commandoir une compagnie de cinquante hommes. 
C etoit dans la Police un Commillaiie qui avoit inf- 
pedion (ur jfo familles ou maifons. Enfin c'a été dans 
les Monaftères un Supérieur qui avoit ;o Aloines fous 
fa conduite. Quinquagenanus. 
QUINOCUNL Nom dune ville de lile de Niphon. 
Quinocunum. Elle eft capitale d'un petit royaume qui 
porte (on nom, & fuuée fur la côte méridionale de 
la contrée de Jetfengo. Maty. 
QUINQUAGÊSIME. f. f. Fête d'Eglife qui vient co 
jours avant Pâques, & le jour que le peuple appelle 
le Dimanche Gras. Quinquagefima. 

On a appelé aurrefois quinquagéfime , le Dimanche 
de la Pentecôte , & les jo jours qui font entre Pâques 
&c la Pentecôte : mais pour dilfinguer cette qulnquagé- 
fime de celle qui eft devant Pâques, on lappeloic 
qumquagefime Pafchale Voyez Caffien, Coll. FI c 
/<?. & Coll. XXI, c. S. éc Raban, de Infiit. Cle'r. 
L. Il, c. s 4 &c 41. 

QUINQUAILLE, QUINQUAILLERIE. Foy. Quin- 
caille. 

QUINQUANNION. f. m. Terme de Coutume. Efpace 
de cinq ans, du Latin Qitinquennium. Bénéfice de 
Quinquannion. Anciennemeiit'les débiteurs obérés ob- 
tenoient des Lettres de petit Scel, pour avoir le temps 
de payer leurs dettes. Quand il s'agllFoit d'empêcher 
la vente de leurs biens à vil prix, on leur accordoir 
ordinairement le terme d'un an; ce qu'on appeloit 
Benchced'^/zwon: & l'adreire de ces Lettres pouvoir 
être faite aux Juges (ubalteines. Quand les débiteu.s 
vouloient éviter la ceiîion de biens , on leur accor- 






QUI 

doit le terme de cinq années; ce qu'on .ippeloit Bc- 
jicfice de Quinquar.mon ; & l'adrellc de ces dernières 
Icttrcsne pim voit éac faite qu'aux leuls JugesRoyaux. 
De LAUiiKixi-. 
QUlNQUAilU:S , ou QUINQUATRIES. i. h pi. 
Noms qu'on donnoit autrefois aux Fêtes de Minerve, 
appelées autrement l'anatliénces. Quuujujirus, Qutn- 
quatria. Ces fîtes le célèbroicnt le quatorzième de- 
vant les calendes d'Avril, c'eftà-dire, le dix-neuvième 
de Mars. Quelques-uns ont cru qu'on les nommoit 
Q_tiinqujtres , parce qu'elles comprcnoient cinq jours, 
mais d'autres prérendent avec plus de raifon,quc c'cll 
parce qu'elles tonilioicnt cinq jours après les idcs du 
mois. Le premier jour des Quinquacrics on ne ré- 
pandoit point de fuig , parce qu'on croyoït que c'étoit 
le jour de la naillar.cc de Minerve. Tous ces jours (e 
palfoicnt en réjoui (Tances. On huioit àces fctcs des 
combats publics d'éloquence & de poëlîe. Foy. Aula 
Celle, Z. J! , c. -?/. Vairon, de Lin^ud Latin. L. /'. 
Ovide, Fnf. L. III , V. Sop. Suet. Au-^. c. 71. Id. 
Dan. c. '^. 6c Struvius , Jnaqu. Rom. Synt^igma j 

c. , f- -/-O /■ j -f02. 

QUINQJ'tiNIiLLE. 'Vieux terme de Coutume, qui fi- 
gnifîo;t autrefois Lettres de répit j, qui étoicnt accor- 
dées pat le Prince , ou par le Juge pour cinq ans , à 
des débiteurs qui avoient mal fait leurs affaires, //z- 
diui.f oiàiiquenriûles. Quinquencl.'e cft l'attente ou ré- 
pic de cinq ans, que le débiteur obtient contre les 
créanciers , en vériiiant lomm.airemcnt que par pau- 
vreté, diminution & perte de la plus grande partie de 
fes biens , il efl contraint de recourir à ce remède. 
De LAurv,iÈ!iE. C'eft donc la incmc chofe que le Bé- 
néfice de Quinquannlon. Voyez Staccham , de Jure 
Mcrcjtwii. Borcl de Quinquernclle 3c quinquinclle , 
& non pas quinquenellc. Voyez ces mots. 

QUINQUENiNJAL , ALE. adj. Qui dure cinq ans, ou 
qui revient tous les cinq ans. Quinqu:nnalts. Fêtes 
quinquennales. Jeux quinquennaux en parlant des fê 
tes des anciens Romams. Foy. Quinquennalls 

QUlNQUEi^JNAL. f. ni. Magillrat des colonnies&des 
villes municipales dans la République Romaine. Qu:n- 
quennalis. Les Quinquennales ctoient difFérens des 
Ediles. Les Quinquennales n'étoient point ainlî nom- 
més ^ parce qu'ils éroicnc cinq ans en charge, mais 
parce qu'As étoient élus à chaque cinquième année , 
pour préfider au cens des villes , & pour recevoir la 
déclaration que chaque citoyen étoit obligé de faire 
de les'bicns. Foy. Evrardi Otton'is de ^dUibus Colo- 
niarum & Munieipïorum. 

QUINQUENNALES, f. f. Jeux ou fêtes qui fe célè- 
broicnt tous les cinq ans à l'honneur des Ernpereurs 
déifiés. Quinquatrus , vel quinquatrla. On ne com- 
mença à les marquer fur les médailles que vers le mi- 
lieu du troilïème flècle. Le P. Pagi a produit une mé- 
daille, où les Quinquennales de l'Empereur Pofthunic 
font gravées; ce qui ne fe trouve fur aucune médaille 
des Empereurs qui l'ont précédé. 

QUINQUENNIUM. C'eft l'efpace de cinq ans em- 
ployé dans une fameufe Univerfité aux études de Phi- 
lofophic, & de Théologie, ou de Droit. Le quinquen- 
nium eft ordinairement compofé de deux ans d'étude 
en Philolophie , & de trois en Théologie. 

M. Bofquillons'efl: fervi de ce terme dans fon conte 
de l'adroit Efclave, qui , pour fauver fa vie , s'engagea 
à faire parler un Eléphant. 

On convient avec lui que dans l' injlruclion 
D'un Gradue de Ji grojjc importance, 
le moindre temps pour le mettre en licence 

EJi d'un double quinquennium. 
Nouveau choi.v de Pièces de Poèjie, T. /j p. i j". 

Au rcfte ce conte reflemble bien à la dix-neuvième 
Fable du Livre VI de la Fontaine, intitulé Le Char- 
latan. 

Le quinquennium de Thomas du Four étant ache- 
vé, i! prit la rélohuion de fe faire Chartreux. Vicneul- 
Marville, c'cft-a-dire, le P. d'Argone. Quand vous 
produifez un certificat d'une Univerfitc, que vous y 
Tome FIL 



QUI 99 

avez fait votre quinquennium , vous n'êtes pas obligé 
de jurer que cette énonciation cft véritable. Faydit. 

QUINQUENOVE , cft une efpccc de jeu de dés, venu 
de Flandre. Quinque novcm. Ce mot eft fait de cinq 
& de neuf. 

QUINQUEPORTE. f. f. C'eft une forte de filet. 

iiZr QUINQUERCE. f. m. Terme d'Hiftoire anciene. 
Qiunquertium. On rcconnoitainli les cinq jeux publics, 
le pugilat , ( combat à coups de poings avec le ccfte ou 
le gar.telet;) le jet ou lancement du difque, la cour- 
fc, le .Gut & la lutte. Il falloit avoir vaincu dans tous 
ces jeux, pour être proclamé vainqueur au quinquer- 
cc. C'n appeloit quinquertie l'Ahlctc qui s'cxerçoitaus 
cinq fortes de jeux, ou qui y avoit remporté le piix 
dans un même jour. Le Quinquerce chez les Romains 
répondoit au Pentathlc des Grecs. 

C'T QUINQUERÈME. f. f. Terme d'Hiftoire ancien- 
ne. Galère qui a cinq rangs de rames. Les quinquerè- 
mes étoient les vailleaux du premier rang d.ans les 
flottes des anciens. Les Grecs & les Romains en cont-- 
truiloient aulli à lept & à neuf rangs de rames, /^ojs;^ 
Galère. 

QUINQUERNELLE. Foyci Quikquenei.le. 

QUINQUÉVIR. f. m. Magiftrat l-(omam, qui avoit avec 
lui quatre collègues employés aux mêmes fondions. 
Quinquevir. FFIB.. Il y avoii des Quinquévirs en 
deçàiic au-delà du Tibre, qui étoient des Lieutenans 
des Magiftrats. C'étoit quelquefois des Quinquévirs 
qui conduifoient les Colonies, & qui diftribuoient 
aux familles les campagnes qu'on leur attribuoit. J^oy. 
KosiM , Antiq. Rom. L. Fil , C. ^y. Le Jurifcon- 
fulte Pomponius parle de Quinquévirs que l'on avoir 
établis dans Rome deçà & delà le Tibre , pour rendre 
juftice la nuit, au heu des Magiftrats que l'on ne ju- 
geoit pas à propos de faire courir la ville durant les té- 
nèbres. D'AuBiGNAC. Tércnce jiijlifié ,p. iSi. 

Après laiTiortde Commode, l'Empire fut gouverné 
par des Quinquévirs , Peitinax, Julien , Pefcennius , 
Albin &: Sévère. Les PP. Kardouin & Panel. 

Les Epulons dont nous avons parlé étoient quelque- 
fois cinq;& on les nommoit Quinqueviri. Les Quin- 
quén'irs du change , ou des rentes, Quinqueviri men- 
Jarii J furent créés l'an de Rome 501 , fous leConfe- 
lat de ValériusPoplicola, & deC. Maitius Rufillus; 
&il'; furent tirés du nombre des Plébéiens. Tite-Livc, 
L. P'ir. Ils furent chargés de modérer l'excès de l'u- 
lure & de l'intérêt que les créanciers ou les Banquiers 
tiroicnt , & donc le peuple étoit accablé. 

QUINQ UÎLLE. Jeu de l'hombre à cinq. Jouer à QuinJ 
quille. Ouinquilius ludus. Voyez Quintille. 

Q'ÛINQUINA. f. m. Ecorce qui vier.r des Indes occi-- 
dcntales , qui eft un remède admirable pour les fièvres 
intermittentes; elle eft compade, de couleur rougeâ- 
tre, d'un goût amer. Quinquina coït ex. L'arbre d'où 
on la tire croît au Pérou dans la province de Quito , 
fur des montagnes proche de la ville de Loxa.Onl'ap- 
pelle aulli quinaquina, ou chinachina. Les habitans 
du pays l'appellent ^(j/zjpent/gj ik les EfpagnolSjPa/a 
de calenturas , c'eft-à-dire , hois de fièvres. Cti arbre 
eft de la grandeur à-peu près d'un ccrifier. Sts feuilles 
font rondes, dentelées. Sa fleur eft longue, de couleur 
rougeâtre, elle eft (uivie d'une gouftequi contient une 
amande plate, blanche, enveloppée d'une membrane 
mince. Il y en a deux efpèces, une cultivée , & l'autre 
fauvage : le cultivé eft beaucoup meilleur que l'autre. 
Le quinquina n'cft connu des Européens , que depuis 
l'année i6^o. LesJéfuitesde Rome lui donnèrent beau- 
coup de réputation en Italie & en Efpagne en 1649. 
Le Cardinal de Lugo en apporta le premier en France 
en 1650. Il y futdabordvendu au poids del'oràcaufe 
de la vertu merveilleufe qu'il a de guérir la fièvre. Etant 
réduit en poudre, on l'appeloit la poudre du Cardi- 
nal de Lugo. Les Anglois la nommznl\s. poudre des 
Jéfuitcs, parce que c'eft eux qui l'ont apportée des In- 
des, & l'ont fait connoître en Europe. Bien des gens 
ne voulcient pointau commencement fe fervir du quin- 
quina. Chiflet & Plempius en furent les plus grands 
ennemis. Mais une infinité d'e.-périences qui ont été 
faites dans l'Europe , &r leself.rs llirprenans qu'on eu 

Nij 



loo QUI 

voit tous les jours, ont convaincu les plus opiniâtres, 
que c'ctoit ui\clcs plus excellens remèdes de la Méde- 
CJne : de toice qu'il n'y a prclcntement qu'un fort pe- 
tit nombre de gens entêtés ou ignoians qui fallent dit"- 
ficulcé de s'en lervir. M. Barbeyrac , illuftre Méd-cin 
de Montpellier, &c un des plus fameux Praticiens de 
ce iîèclc, l'a employé des premiers avec beaucoup de 
fuccès , & a fort contribué à le mettre en vogue. Stur- 
m.us, WilliSjSKJcnlum, Morton, Dolceus , Mongi- 
not , & quantité d'autres célèbres Médecins , lui ont 
donné de grands éloges. Quelques-uns appellent cjai.v- 
quinad'€uropi, la racine de gentianne, a caute qu'elle 
tft bonne pour les fièvres intermittentes. Il y a une 
Ode fur le quinquina adreUcc à M. Fagon. Eu voici 
quelques traits. 

Quinquina , eu bannis l'effroi qui nous pcfsède. 
Loin de- cet appareil inccrt.iin , dangereux , 
Qui plus que le mal même eft fouvent rigoureux , 
Et n'efl qu'un autre mal fous le nom de remède. 

Plus de foiblejfe, de pâleur , 

De battement , ni de douleur. 
Ta puijfante vertu tout à coup Je déploie: 
Un malade mourant fe fent rejjufcité ^ 

Et goûte, tranfporté de joie. 

Tout le bonheur de la Janté. 

O merveille inconnue! ô précieufe écorce! 
Si le docte fagon , que la nature injlruit , 
■Avoic vu, divin arbre, & tes fleurs & ton fruit , 
Où n emploiroit-il pas tes vertus & ta force? 

Et plus bas , 

Remède préférable à tous lesVanacées , 
Le fort te recelait au bout de l'Univers ; 
Mais les peines qu'on fou ffre à franchir tant de 

mers , 
Par un fi cher préfent font bien rcompenfées. 

Et encore , 

Combien ,ô quinquina! combien du fer des Parques 
De mortels trépajfans , par toi font préfervés. 

QUINQUINATISER. Donner à prendre une dofc de 
quinquina. Kina forbitioncm hauriendam exhihere. 

QL'INQUINELLE.ou QUINQUERNELLE. f. f. Vieux 
mot. CoQUiLLARD. Faire quinquinelle , oa quinquer- 
nellc. 

Qu'il ne leur falloir nul refpit , 
Delay , grâce, ne quinquernelle. 

C'ell-à-dire, prendre terme de cinq am, quinquen- 
nium , pour payer, au bout defquels, fi on n'avoit 
moyen de payer, on expoloit les débiteurs à cul nu 
fur une pierre. Borel. D'autres difent Quinquenelle. 
Voyez ce mot. 

QUINSAY , KINGSU. Marc Paul de Venife a donné 
ce nom à la ville capitale de la Chine. Quinaum. Il a 
dit qu'elle avoir cent milles , c'eft-à-dire, trente-trois 
litues de circuit. Se douze mille loixante ponts. Il y 
a bien de l'apparence que ce Voyageur s'eft trompé 
dans Ion compte ; car on ne voit dans toute la Chine 
aucun vertige d'une ville aulîi vafte. Quelques - uns 
croyent qu'il a voulu parler de Péking; mais Martin 
Martinus prétend que c'ell d'Hangcheu, qui ell une 
grande ville-, & qui ayant été le fiège des Pois de la 
Chine,vers l'an 1 500, peut avoir été appelée Kang- 
fay y ou Kinfu, qui fianifie la v.ille Royale. Maty. 

QUINT. I. m. La cinquième partie d'un tout. Quinta 
pars. On a fait payer le qu'mt à un tel , par forme de 
taxe. Il n'eft permis à un Teltueu^ de difpoler que du 
quint de (es propres. Les quatre quints (ont dûs aux 
héritiers, païens & lignagers. Les quatre quints tien- 
nent lieu dans notre Coutume , de légitime aux héri- 
tiers, enforte que cette proportion doit demeurer fran- 
che & quitte de tous les legs &: charges teftamentaites. 



QUI 



On peut difpofct de tout fon bien par donation entre- 
vits; mais par teli:ament,ii faut lailïer les quatre quints 
libres. Dict. de Droit, j'ai mon quint dans ce traité , 
j'y luis pour mon quint. 
Quint natuR-L et coutumier, c'eft celui qui appar- 
tient aux entans puînés, &c Itut eft dû à la ditférencc 
du quint datii, dont on fait mention dans l'ancienne 
Coutume d'Amiens, art. 4 & 8 & autres Coutumes. 
<ÏJ' Le Quint datif eft la cinquième partie de fes héri- 
tages, dont on peut faire, en 'quelques Coutumes, 
don ou legs, même en propriété, à un étranger de !.^ 
famille, & ce quint eft prctcré au quint naturel & 
coutuiTiier. A-iais on ne peut quinter qu'une fois fes 
héritages; parce que li une perlonne pouvoit quinter 
pludeurs fois pendant la vie , il pourroit épuilet tous 
les fiefs, 6i fon héritier, comme amé dans cette Cou- 
tume, au Ifcu d'avoir toute la luccellîon, auroit une 
moindre part qu'un étranger. 

On appelle les Quints Royaux , la cinquième par- 
tie de tout l'ot ëc l'argent qui lé tire des mines du 
Pérou, & qui eft le droit du iloi d'Efpagne. La caille 
des Quin(s Royaux fe garde à Lima dans le Palais du 
Viceroi. 
Quint viager ou hÉréeital. C'eft la portion de fes 
propres héritages dont on peut dilpoler par teftament, 
lelon la Coutume d'Amiens , art. 57, 59 , 71 , 72. , 
ou qui appartient aux puînés es héritages kudaux félon 
la Coutume de Péronne, art. 169 , 1 74. 
Quint tk. requini, en termes de Jurilprudence féoda- 
le , eft un droit qu'on paye au Seigneur dominant à 
chaque vente qu'on fait d un iîef lervant ; comme on 
paye les lods Se ventes pour les rotures. Gemini qain~ 
tani jus clicntelare. Le Quint eft la cinquième partie 
du prix, & le requint, le cinquième du cinquième. 
Cela fait 24 pour 100. Parles Edits de 1675 S<. de 
1674, le droit de Quint fe paye au Roi pour rechan- 
ge des fiefs ; & le Seigneur ne prend que fon droit de 
relief, ou de rachat. 
f^ Le mot de Quint eft auflî adjeélif dans ces phra • 
ks. Charles Quint , Empereur. Sixte Quint, Pape , 
c'eft-à-dire, cinquième de nom. 
QUINTADINER. v. n. Terrne de Faéfeur d'orgues. Ce 
motfe dit des tuyaux de l'orgue, lorlqu'ils railonnent 
en manière de quinte , &C qu'ils ne parient pas d'une 
façon harmonieufe ; ce qui eft un défaut. Difjonare, 
inconcinnè cancre. Ce tuyaux quintadine. 
QUINTAINE. f. f. Pal, poteau ou jacquemar qu'on fi- 
che en terre, où l'on attache un bouclier, pour faire 
des exercices militaires à cheval, jeter des dards , rom- 
pre la lance. Quintanus palus. Cet exercice eft hors 
d'ulage. Borel dit Quintaine ou Quitaine ,\k. ajoute, 
c'eft un jacquemar, un homme de bois planté en ter- 
re , auquel on tire au blanc : ce qui vient de quintuSy_ 
cinquième, parce qu'on a imité ce jeu de ceux des 
Anciens , qui fe faifoient de cinq en cinq ans. D'au- 
tres dérivent ce mot Quintaine , d'un homme ap- 
pelé Quiùtus qui en fut, dit-on, l'inventeur. Ména- 
ge. C'eft auili le fentiment du P. Méneftricr. Vallus 
ik Palus, félon Vigenère fur^ Céfar, font pris pour 
une forte de Quint.ùne ou Jacquemar fiché en teire 
pour s'exercer, comme ii c'étoi^un adverlaire; c'eft- 
à-dire , un homme de paille. Juvénal parle des fem- 
mes s'exerçant ainli : 

yiut quis non vidit vulnera paTi. 

Voyez dans le Glolf. de M. de Lauriere au mot 
Quintaine, comment fe fait l'exercice de laQiii/;- 
taine. 

Le Père Monet appelle ce jeu, eu cet exercice , 
Quintellus. Il en eft fait mention dans la Loi I, au 
Code , De Aleatoribus ] & dans le Paratitle du (aij.is 
fur la même Loi. En quelques lieux cet exercice 5 .ip - 
pelle , Courre le faquin. C'eft un ancien exercice de 
manège. 
Quintaine , en plufieurs lieux eft un droit feigneuiia! , 
par lequel le Seigneur oblige des Meuniers, des ilire- 
liers,ou des jeunes gens à marier, à venir devant fou 



QUI 

Clvireau tous les ans,romprc quelques lances oit perches 
pour lui Icivir de divcitUremciir. 
QuiNTAiN E, s'eft dit .lulli dans le llyle figure ..^ (.i- 
lyrique. 

Laffe enfin defcrvir au peuple de quintaine. RÙgn. 

Ccft-à-dii-e, lallc de vivre dans le dclbrdre , & de 
fe proftitucr à tous venans. 
QUINTAL, f. m. Poids de cent livres de Paris. Ccntum 
pondo. Il y a bien des lieux où on vend le bois , le loin 
au quintal. Les Marchands en gros vendent & cftiment 
leurs marchandiles au quintal. Le quintal de lucre, 
de poivre , vaut tant. Chaque livre de quintal (Kiit Vx 
mer n'cll que de i ; onces. Le quintal cÙ. diftcrent (e- 
lou les lieux. Leur diftl-rence , avec toutes leurs pro- 
portions, e/lcurieufement expliquée par CaiimirPolo- 
nois, en (a Pyrotechnie. Dans la Coutume de Bayonnc , 
tit. X.KVII, art. 5. le quintal doit peler 96 livres, 6c 
Ja livre 14 onces & demie. 

On dit (lu- la Méditerranée charger au quintal, pour 
figniHcr ce qu'on entend lur l'Océan , par charger a 
cueillette , c'eft-à dire , rairembler des marchandiles de 
divers Marchands, pour Faire toute la chaige dtm 
navire. 

En quelques lieux , on appelle quintal mi gros poids 
pubhc deftiné à pefer de grolFcs ik lourdes marchan- 
difes-, & le droit qui fe paye peur le pelage, eft nom- 
mé droit de quintal. Voyez Gatiel in Epijcop. Ma- 
falonens. pag. ço. D? Laurier E. 
(QUINT AU. f. m. Quantité de gerbes, lagots, &c. qu'on 
alfemble dans un champ , dans un bois , pour la 
commodité du compte ou de la charge. Dicl. des Arts. 
1731. 
QUINTE f. f. En termes de Mulîque, eft un intetvalle 
de cinq notes conlécutives, y compris les deux ter- 
mes. C'cfl: la féconde des trois conlonances parfaites. 
Dtapente. La railon de la quinte avec les nombres &C 
les lignes , elt de 5 à 2. La quarte & la quinte font une 
oAave. La quinte parfaite lurpalfe la faulfe quinte d'un- 
demi-ton moyen. On l'appelle aaii] femidiapente , qui- 
lorlqu'on divile l'oAave , fe trouve d'un côté, & le 
triton de l'autre. La quinte & la tierce majeure ou mi- 
neure , compolent la leptiéme. 
Quinte, au jeu , eft une (uite de cinq cartes de même 
couleur. Quinarius numerus chartularum luforiarum. 
On appelle au piquet , quinte-major , la plus haute 
qui commence par l'as : on appelle quinte de Roi , de 
Dame, celle qui commence par une de ces cartes ; 
quinte-bajfc , celle qui commence par un valet. (Quin- 
ze , quatorze &: le point; c'cft le beau jeu, c'elf le gain 
d'une partie en cent. 
Quinte, en termes d'efcrime, ou en fait d'armes^ eft 



QUI loT 

vot , qui enferme la banlieue de cette ville : comme 
la quinte du Mans , les quintes d'Angeis. Urbana fu- 
burkanaque } urij dic'io. 

Les Quintes d'Angers , Coiitumc d'Anjou, art. j j , 
c'eftla (cptaine, le teuitoirc, la banlieue , la voirie , 
l'étendue de la Jurididion du Prévôt ou autre pre- 
mier Juge ordinaire. De Lauriere. 

Du Cange du que ce mot vient Ac tjuintvw niiUiare. 
fCF Quinte eft aulli adjectif, <& (ignihc la cinquième. 
En termes de Junlpuukr.ce , une Quinte ik fuiabon- 
dante criée fe frit quand il y a quelque défaut dans les 
quatre criées; ou que l'on procède à une nouvelle ad- 
judication , & que le Juge n'elhme pas qu il y ait licit 
de recommencer la pourluite. Cette Quinte Si fura- 
boudante criée couvre tous les défauts , s'il y en a , 6c 
allure le Décret. Diction, de Droit. 

C'eft encore une épithètc qu'on donne à une fièvre 
qui ne revient que tous les cinq jours. Elle eft rare. 
Quintana.. 
QUINTE-FEUILLE, f. f. Plante qui poulfe des tiges 
longues , grêles, velues, flexibles. Ses icuillcs lont ob- 
longues, crénelées en leurs bords, velues, rangées en 
main ouverte; cinq lur la même queue. Ses fleurs (ont 
compolées de cinq petites feuilles jaunes, dilpolées 
en rôles, loutenues par un calice découpé en dix par- 
ties, cinq grandes , & cinq petites rangées alternative- 
ment. Son fruit eft compolc de plulieurs lemences ra- 
malfees en manière de tête, enveloppées par le calice. 
Sa racine eft grolle comme le petit doigt , longue , noi- 
râtre en dehors , rouge en dedans , d'un goût aftrin- 
genr. En latin , quinque jolium majus repens. C. Bau. 
Cette plante eft vulnéraire & aftringente, on emploie 
la racine fort utilement dans les décodlions aftringen- 
tes, pour le crachement de lang, Se pour toutes lor- 
tes d'hémorihagies. On allure qu un gros de la poudre 
de la même racine , prile dans un verre d'eau avanc 
l'accès, emporte les lièvres intermittentes. Il y a plu- 
lieurs autres efpèces de quinte-feuille. Elle a été ap- 
pelée ainfi , parce que la plupart de les efpèces ont cinq 
feuilles fur la même queue. Pentapkyllum j vel quin- 
que-folium. 
Quinte-feuille, eft, cnBlafon,unc fleur de pervenche 
percée , ou ouverte en cœur. Pervincd jolium perfo^ 
ratum. Scutarium quinquefolium. Vergy porte de gueU' 
les à trois quinte-jeuilles percées d'or. 
QUINTELAGE,ouQUINTiLLAGE. Terme de Ma- 
rine, qui lignifie la même choie que leftqui le dit plus 
communément, f^'oye-^ Lest. 
QuiNTELACE, cft aulli Un mot Bas-Bretcn , qui lignifie 
l'ordinaire , ou le port des hardes des matelots ; ce qu'il 
eft permis à chaque matelot qui s'embarque, de por- 
ter. Ce qu'on appelle ailleurs rnatelotage. NautaruîTt 
far-cina. 



une cinquième garde qui le fait, quand l'épée fait la î QUlNTER l'or & l'argent. Terme de monnoie. C'eft 



révolution du cercle. Quinaria cujlodia, Ainli on dit, 
agir de prime en quinte , quand on commence de pri- 
me , & qu'on achève en quinte. Voyez Garde. 

^ Quinte , en Lutherie , eft une efpèce de violon , 
plus grand que le violon ordinaire , & c|ui lonne la 
quinte au-delFous. On joue lur cet inftrument la partie 
de Mulique qu'on nomme la Quinte, 

iT' On appelle auiîi quinte certaine toux acre &: vio- 
lente qui prend par redoublement. Tujjis. Il fouffre 
beaucoup quand fa quinte le prend , le tient. Il eft 
filjet à des quintes. 

Quints. Sorte de toile ainfi nommée de Quentin ville de 
Biv-tagne où elle fe fait. Mén. Quintima tda. 

^T Quinte, fignifie encore l'effet, <:n: en même temps 
l'expreliion d'un goût particulier, qui frit qu'on s'écarte 
mal à propos de celui des autres , par une certaine ré- 
volution d'humeur ou façon de penfet. Aîorofitas. Cet 
hommeeftfujetàdesçui^fw. Quand fa çainre le prend, 
le tient, c'eft un homme inlupportable. 

(B^ En tetmes de Manège on dit qu'un cheval à des 
quintes, quand il tient du cheval rétif, & qu'il fe 
défend pendant quelque temps lans vouloir avancer. 
Les mules font lujettes à avoir des quintes. 

QuiSTE, eft aulli en certains lieux , la banlieue, l'éten- 
due de la Juridiction du Juge ordinaire, ou du Prè- 



le marquer après l'avoir ellayé Se pcfé , & en avoir 
fait payer le droit de quint au Roi. 

Ce terme eft particulièrement en ufage daiis les mi- 
nes du Potofi j du Chily & de la nouvelle Efpagne , 
d'où il a palîé en Europe parmi ceux qui font le com^ 
merce de l'or & de l'argent en matière & non en efpèce. 
ifT QuiNTER fes biens. Terme de coutumes. Foye:ç^ 

Quint DATIF. 
QUINTE, ÉE. part. On appelle un lingot d'or quinte , 
une barre d'argent çifi^rcf j, ces métaux en barres ou 
en lingots, qui ont été eft.ayés, pefés ôc marques paC 
les Ellayeurs & Commis Royaljx. 
QUINTERONE, ONA.f m. &f. Terme de Relation. 
Nom que l'on donne au Pérou aux enfans àss Efpa- 
gnols & des Quarterones. Les Quinteronesivnz petit- 
fils d'un Efpagnol & d'une mère metille ou mulâtre , 
î<c arrière-petit-fils d'un Efpagnol 1!^" d'une Indienne , 
ou d'une Négrcfte. 
§Cr QUîNTESCENCE. f. f. Quinta effentia. E?ans l'.-.n- 
cienne Philolophie , ce mot fignifioit la luhftance 
éthéréc. En chimie, c'eft l'efpritde vin qui s'eft char- 
gé des principes de quelques drogues. C'eft ainii qu'on 
dit quint'efcence d'ablînthe. Ainfi il ne faut pas con- 
fondre quintefcence Se effence. Chez les Ciiarlatans » 
c'eft ce qu'il y a de plus exquis , de plus lubtil Se de 



loz QUI 

plus pur dans les corps naturels , extrait par l'art chi- 
mique. Les Anciens qui ne conoilloient rien de réel , 
qui ne fût un corps , vouloient néanmoins que lame 
de l'iiomme lût d un cinquième élément , ou d'une 
cfpèce de quint ejjence (ans nom , inconnue ici- bas , 
indivifible ôc immuable , toute c^lerte Si. toute divine. 
FÉNEi. Un principe des eaux de Bourbon efl une 
crème de loutre , une Heur de bitume épurée , une 
<juin:e[fence de baume extrêmement cxaltce. WÉm. 
DE Tr. fxJ" Les Charlatans vendent des liqueurs qu'ils 
appellent ejjences 8c qiàncejjences auxquelles ils attii- 
bucMt des propriétés mervcilleules. 

Quintessence, dans la Philofophie hermétique .eft un 
terme myftéricux; cinquième ellence, ou cinquième 
être d une choie mixte. C'eft comme lame uès lub- 
tile tirée de (on corps, & de la crade Hz (upeiHuité 
des quatre élémens , par une tics-lubtilc & très-parfaite 
diftillation ■■, & par ce moyen la chofe eft Ipiritualilée ; 
c'eft-à due, rendue très-(pirituellc , trèslubnle & très- 
pure , & C'.jirime incorruptible. Dict. Herm. 

Quintessence des Elémens. En termes du grand Art , 
c'eft le mercure heimétiv',ue. Dict. Herm. 

L'esprit de notre Quintessence. Dans le même art , 
c'eft notre Magnélie Enfin la quinrejfence d'une choie, 
c'eft (a réduétion en une (ubftance très (ubtile, ttès- 
ptH'e (S: très (puituclle. Dict. Herm. 

Quintessence, fignihe figurément en chofes morales , 
le fin, le fond des choies : ti.uc l'avantage qu'il eft pof- 
lible de tirer d'une affaire d'intérêt , d un pairi, d'une 
terre, <!<k:c. Suca/s , ejjentia. Ce Dotleur a tiiéla quin- 
teijence de la Philol^iphic. Ce Financier a tiré [aquin- 
tejjence de cette ferme, il a tiré tout le profit qui s'en 
pouvoir tirer. Tirer la quinteffence d'un ouvrage. Ré- 
gulier a dit, tirer un homme en quintejjence , c'cft-à- 
dire, l'épuiler, le conlumer; en tirer toute la (uftance; 
le réduire à rien. 

QUINTESSENCIER. V. a. Tirer la quintelTence de quel- 
que chofe. Succum, fpirhum extrahere. Il (c dit au 
propre des (ucs ; mais plus ordinairement au figuré , 
des fermes , des afiaires , 6'c. 

^' Quintessenciek un livre , c'eft en rapporter la 
fubftance, en extraire l'efprit. Si un livre coiuient une 
philofophie dangercu(e , pourquoi le quLnce(]encier j 
&nûus endiftiller le poilonî 

^f3' Quelquefois ce mot lignifie fimplement rafincr. H 
ne haut pas tant quinte(fencier les choies. 

«p QUINTESSENCIÉ . EE. part. Railonnement çi/i/2- 
tejj'encié. 

fer QUINTEUX , EUSE. Adj. quelquefois employé 
iubftantivemcnt , que l'on confond allez (ouventavec 
l>i:^arre , bourru , capricieux , fantafque , pour expri- 
mer une qualité tiès-oppolée à la bonne fociété, & 
qui eft l'crtct, &■ en même temps l'exprclhon d'un 
goût particulier qui s'écarte mal-à-propos de celui des 
autres. Mais tous ces fynonymes ont leurs idées pro- 
pres qui les diftingiicnt & les caraélénlcnt. L'homme 
quuiteux , dit NI. l'Abbé Girard , eft celui qui s'écarte 
du goût des auties par une certaine révolution d'hu- 
meur ou façon de penicr. Morofus. Le quinteux dit 
proprement quelque chofe de périodique. T"oye\ les 
autres mots. C'eft un homme extrêmement ^z/z/2fc«/.v, 
un cfprit quinteux j un humeur quinteufe : & fami- 
lièrement , quinteux comme Boileau dit en parlant de 
fa mufe : 

Quand je veux dire blanc , /a quinteufe dit noir. 

Quelques-uns croient que ce mot vient de quintef- 
fence, parce que ceux qui cherchent la quintelfence 
des chofes, comme la quadrature du cercle , eu l'or 
potable, font ordinairement fujets à des quintes. 

On appelle aulh en Fauconnerie, un oileau «//^.'/z- 
teux , celui qui s'écarte beaucoup , qui eft écarta- 
b!e , ou qui prend l'elTor. Morofus , fuyitivus. 'Voyez 

EcARTABLE. 

îKF En termes de manège, cheval quinteux , qui eft fu- 

jet a des Quintes. f^oYe^ ce mot. 
QUINTIANA ,_ou QÙINZANO. Nom d'un village de 

l'Etat de Venile. Quinxianum. Il eft dans le Brelliu , 



QUI 



1 



près de la frontière du Crcmoiiois , au nord de la ville 
de Crémone. Maty. 

QblNTlL.l. m. Terme d'Aftronomk. Afpcci; de deux 
Planètes éloignées l'une de lautre de la cinquième 
partie du zodiaque. Diftance de 72 degrés entre deux 
planètes. Septuaginta duorum graduum dijlantia in- 
ter duos planetas. La maïqu-; du quiniil elt Cj cuO. 
Harris. m. Lieutaud ne marque point le quintil dans 
(a connoilfance des temps. 

<i!^ Quintil, en ce lens, eft aulîî adj. & l'on dit ordi- 
naircuient quintil afpcci pour exprimer la même por- 
tion de deux planètes. 

CCr Quintil. Terme de Poelie (rançoife. X^t quintil eft 
une ftance compolée de cinq vers, dont il y en a par 
conféLiuent irois de la même rime entrecoupés pat la 
(econde. 

QUINTILIEWS. Terme d'Hiftoire Eccléliaftique. An- 
ciens Hérétiques qui font les mêmes que les Ptpu- 
^iens, & qui ont pris leur nom de QuintilldhuïViO- 
phétellc. Les femme: parmi eux taifoient les fonCtu. ns 
Epilcopalcs 8c celles de la Prêtrife, ik ils s'appuyi itnt 
pour cela lur les paroles de Saint Paul dans (on tf itre 
aux Cali:teSj, ck. ^ , v. 28^ où il eft dit qu'en JÉsus- 
Christ il n'y a point de diftinâion d'hcn.mcs & de 
femmes. Ils attribuoient de grands dons à Eve peur 
avoir mangé la première du fiUit de la Icicnce. Us 
donnoient aullî de grandes louar,gesà Marie, (ctnrde 
Moyfe, comme ayant été Prophetelfe; & c'étoit à fon 
exemple qu'ils recevoient les femmes dans les charges 
de la Cléricature. Le Diacre Philippe, difoient ils, a 
eu quatre filles qui ont été Propheielfes. On voyoit 
fouvent entrer dans leurs alfemblées (ept vierges avec 
des habits blancs, qui faifoient les Prophéteflés. Ces 
Hérétiques étoitnt à-peu-près la même choie que les 
Quakres , & les autres Fanatiques 8c Enthouliaftcs 
d'aujoutd'hui. l^oyer^ S. Ei'iphane, hir.^ç. 

QuiNTiLiENs. Terme d'Hiftoire ancienne. Les Luperces 
à Rome étoicnt divifés en trois Collèges; (avoir, des 
Fabiens , des Quintiliens Se des Juliens. Celui des 
Quintiliens avoir pris (on nom de P. Quintilius qui 
le premier fut à la tête de ce collège. 

QUINTILLE. f. m. Jeu de l'Hcmbre -à cinq. Cn en 3 
recueilli les régies dans le livre de l'Académie des jeux. 
Mais ce jeun eft guère en ulage. Le quadrille lui a 
fuccédé. 

QUINTIN. Nom d'une petite ville de France fituée dans 
la Bretagne J à quatre lieuekdeS. Brieux vers le midi. 
Quintinum. Long. 14'^. 45', lar. 48'. 27'. 

QuiNTiN. (. m. Toile tort fine Se fort chaire , dont on 
fait des collets & des manchettes, tant pour hommes 
que pour temmcs. Tela quintiniana. 

QUINTINISTES. f. m. pi. Hérétiques ainfi .appelés d'un 
Jean Quintin, Tailleur d'habits, qui étoit de Picar- 
die, & qui tut auteur des Libertins au coiTimencemcnr 
du leizième liècle. Ils permettoient routes (ortes de re- 
hgions, & quelques-uns d'entre eux fe moquoientde 
toutes. Quelques-autres nioient l'immortalité de l'a- 
me, & ne rconnoitroient poiirt de Divinité , à l'ex- 
ception du ciel 8c de la terre. 

QUINTOÎE. Foyei Quartoie. 

iCT QUINTUPLE. Adj. qui déhgneune quantité cinq 
fois plus grande qu'une autre, cinq lois autant. Trente 
eft quintuple de (îx ; quarante tft quintuple de huit. 

^P" On l'emploie aulîI fubftannvcmenr. Donner le quin- 
tuple, rendre le quintuple^ c'eft-à-dire, cinq fois au- 
tant. Quintuplum. 

QUINZAIN. Terme dont on fe fctt à la pai'.me, peur 
marquer que les joueurs ont chacun quinze. Quand 
les joueurs font quinze à quinze , le marqueur die 
quin'^ain. 

QUINZAINE, f. f. Nombre colleéfif , qui contient 
quinze unités. Decimus quintus numerus. Une quin- 
zaine d'écus. Dizaine, quin:;ûine, vingtaine. 

Ce terme employé ablolument , (ignifie intervalle 
de quinze jours. Spatium quindcclrn d er:im. Il a été 
aliîgnéà la quinzaine , il eft dit qu'il en vieidia à la 
quinzaine, dans quinze jours. IK?" On appelle quin- 
:;aine de Pâques, les quinze jouis depuis le Diman- 
che des Rameaux jul'qu'à celui de Quahmodo, 



QUI 

QUINZE, adj. numcral de t. g. Nombre qui contient 
dix Se cinq, une dizaine 8c la nioitii; d'une dizaine. 
Quindccim. Quinze tcus ans, quinze mille hommes. 
Ils hoiQntquinie a table. Les Quin:fe-vine,is; ce lont 
trois cens aveugles qii on reçoit dans un Hôpital tonde 
à l'aris par S. Louis. Hegnierà dit, en pailant dune 
nuitubkuic , Argus pouvoir palier pour un des Quin- 
:[e-vm<;is. 

QuI^^zE , en terme de jeu de paume , cft le premier coup 
qu'on gagne a chaque jeu de chaque partie. Quindc- 
c'cm. 

fCJ" Quand les joueurs font qulnie à quinze, on dit 
quiniûln. On le dit gcncialcmcnt de tous les coups de 
p.aumc. Ainli l'on dit gagner perdre , donner , rece- 
voir un qui/qe. Donner quinze , c'eft donner l'avan- 
tage de quinie à chaque jeu de la partie. 

Se? Le demi quinze , eftun avantage qu'un des joueurs 
fait à l'aune à tous les jeux de la partie -, mais comme 
on ne peut pas compter un demi quin-^e , celui à qui 
on tait un avantage , le prend de deux jeux l'un , c'cll 
à-dire, qu'il compte quinie au premier jeu, tic rien 
au fécond , & de même alternativement dans tout le 
cours de la partie. 

«Quinze , fe dit proverdialement en ces phrafes. On dit 
d'un homme lent à faire quelque befogne , qu il feroit 
bien en quinze jours quatorze lieues. On dir de celui 
qui e(t trompé par la confiance qu'il a en un autre , 
qu'on lui fait palfer quin-^e pour douze. On dit de ce- 
lui qui a grand avantage (ur un autre en quelque cho- 
fe , qu'il lui donneroit quinze ^ ou quin-^e & bifque. 
On dit auili en toutes lottes de jeux tk d'affaires, qu'un 
homme a quinze (ur la partie, quand il a un notable 
avantage. On ditau.iî, celui-là vaut quinze , c'eft à 
dire, cela eft remarquable, je m'en fouviendrai. A^o- 
tJtu di^num. 

iQuiNZE. CeftauiTile nom d'un jeu qui fe joue avec des 

, cartes , ^»: où celui des joueurs qui le premier a quinr/ 
par les points de les cartes , ou qui en approche k 
plus près , gagne, il a perdu cent piftoles au quin-^e. 

Quinze, le dit encore pour quinzième. Nous lommes 
au quinze du mois. Grcguire qucn:;e , Pape. Acad. Fr. 
Un dit des filles de mauvaile vie: quinze ans pucelle, 
quinze ans putain, quin:^e ans maquetelle, & quinze 
ans a chercher du pain. 

QUINZIÈME, ad'. Nombre d'ordre qui fuit immédiate 
ment le quatorzième. Decimus quintus. Il eft \t quin- 
zième j elle eft la quinzième. Il eft dans la quin^i^ième 
année. 

Quinzième , eft auffi f. m. & fignifie le quinzième jour. 
Q^uincadecima dies. C'eft le quinzième du mois, de 
la lune. C'eft le qutri^ième de la maladie. 

|tt? Dans les fractions , c'eft la quinzième partie d'un 
tout. Un quin'^ième, deux, trois quinzièmes , &cc. s'é- 
crivent ainfi : -tj-jTjjTT > ^c- 

QUIOSSAGE. f. m. terme de Tanneur, qui fe dit des 
cuirs qui ont pallé lous la quiolfe. Le quioffjge des 
cuirs ne fe fait qu'après qu ils ont été lavés &c échar- 
nés à la rivière. Les Mégillîers le fervent du même 
terme à l'égard des peaux qu'ils préparent , pour en 
adoucir la fieur. 

QUIOSSE. f f. Sorte de pierre à aiguifer, avec laquelle 
on quioffe le cuir. Cos. 

QUlOSbER. V. a. Terme de Tanneur. C'eft frottet le 
cuir à force de bras lut le chevalet , pour en fiire for- 
tir l'orduie >Sc la chaux qui peut êtrcreftceducôté de 
la fleur, c'eft-à dire, du côté où étoit le poil & la 
la laine. Quiojfer le cuir. Cote corium allidcrc. 

QUIPIA, ou ACLIPIA. C'étoit anciennement une ville 
de l'Afriqiie propre. Clypea, Clupea. Elle fut Epifco- 
pale , fuftlagante de Carthage. Elle eft aujoutd'hui 
peu conlidérable. On la trouve dans le royaume de 
Tunis, lar la côte occidentale du cap de Bonne, où 
elle a un port à vingt lieues de Tunis , vers le fep- 
tcntrion oriental. Mat y. 

QUIPOS. Terme de Relation. Nœuds de laine qui fer- 
vent d'écriture aux Indiens de l'Amérique. 

J^ Voici ce que Mi\ de Graffigni^it des Ouipos Am^s 
fes lettres d'une Péruvienne. Des cordons de coton ou 
de boyau auxquels d'autres cordons dc- différentes 



QUI . 103 

couleurs croient attachés , rappeloient aux Péruviens, 
par des uceuds placés de diftancc en diftance, les cho- 
fes dont ilsi vogloicnt le rdlouvenir. Ils leur lervoient 
d'annales , décodes , dc rituels , de céremoniaux ,6c. 
Ils avoient des ofhcicrs publics appelés quipoco- 
rnnyos , a la garde delquels les quipos étoicnt confiés. 
LesHrances , les tributs , toutes les afraires publi-jues 
étoient aulii ailément traitées avec les quipos qu'elles 
1 auroient eré par 1 ulagc de l'Ecriture qu'ils ignoroicnt. 
f^'oye~ comme Ziliaa lu tirer parti de cette idée dans 
fes lettres afon cher Aza. 

03" D'autres dilent qu'ipu , au pluriel qutpus. On in- 
venta une nouvelle méthode pour conlervcr la mé- 
moire des faits. On prenoit un cordon d une juftc lon- 
gueur, & on y attachoit de diftancc en diftance des 
cordons plus petits. C'étoit autant de marques dont 
on faifoit ulage (elon leur deftination. C'eft ce qui fe 
nommoit Q2.7^;^ dans le Pérou, où ces cordons lem- 
portoient fur tous les autres monumens qui turent né- 
gligés i <S<: on le fervoit de ces quipus avec tant d'a- 
drefte , qu'ils lufhU-ient pour exprimer tout ce que les 
Hiftoriens ont coutume de décrire dans leurs hiftoires. 
Les Empereurs Incas uterent de cette pratique julqu'à 
lacon.-juête du Pérou par les Elpagnclsqui trouvèrent 
un grand nombre de ces quipus dans les archives de 
la ville impériale de Cufco. Mém. de Trév. Dec. 
1 1\ 17 46. 

QUIPROCO. Voye-{ plus haut dans l'article Qui. 

QUIQUERON. 1. m. Ce mot eftufité en Normandie , 
pour fignifier ce qu'on appelle a Paris un Gadouard. 
Defcript. Géogr. & Hijl. de la Haute Norm. T. II , 
p. 7T 2. Latrlnarum & cloacarum pur^ator. 

QUIR. La Terre de Quir,o\i. la Terre Auftrale duS. Ef- 
prit. Quiri Regio , Terra Àujirahs Spiruus fancli. 
C'eft une côte qui a été découverte dans la mer Paci- 
fique, entre le dixième & le vingtième degré de lati- 
tude méridionale , environ a vingt lieues dc la nc;u\elle 
Guinée, en tirant vers le Pérou. Ferdinand de Quiros, 
Efpagnol, la découvrit l'-aii 1S06, &c lui donna le nom 
de Terre Auftrale du S. Efprit. On lui fait mainte- 
nant poner le fien , l'appelant Terre de Quir fur tou- 
tes les cartes. Mat y. 

QUIRAPANGA. f m. C'eft le nom d'un petit oifeau 
blanc qu'on tiouve au Brélil en Amérique. î>a voix ref- 
femble au fon d une (onnetre, Hc il la poulie fi fort , 
qu'on l'entend d une demi-heue à la ronde. 

QUIRAT. f. m. Petit poids dont on fe fert au Caire Se 
dans le refte de l'Egypte. La dragme vaQt ieize qui- 
rats , ëce le quirat quatre grains. 

QUIRIACE. f. m. Nom d'homme. Cyriacus. SnintCy- 
riace, quenous appelons vulgairement (aint Q;//7/(rcej 
n'eft connu dans 1 Eglife que par ion culte qui s'eft 
établi en pluficurs endroits au premier jour de Mai , 
en d'autres au quatrième du même mois, en quelques 
autres au trentième d'Avril, & chez quelques Grecs 
au dixhuitième d'Odobre. Baillet. 

SAN-QUIRICO. Nom d'un bourg du Siénois en Tof- 
cane. Fanum S. Quirici. Il eft fur une colline près 
de la rivière d'Orcio, à trois lieues de Monte-Pulcia- 
no, vers le midi occidental. Mat y. 

QUIRIEU. Petite ville de France au bas Dauphiné dans 
le 'Viennois j fur une hauteur aupiès du Rhône. 

QUIRIMBA. île d'Afrique fur la côte orientale d'Ethio- 
pie ^ au Zangucbar. 

^C? QUIRÎNAL. adj. Si f. Nom d'une dés montagnes 
de Rome. Le mont Quirtnal , ou lé Qulrinalj au- 
jourd'hui Monte Cavallo. C'eft le quartier de Rome 
où l'on refpire l'air le plus fain. 

<■ Le Quirinat., ell aullI le nom d'un des palais du 
Pape , bâti fur le Mont Quirinal, ou Monte Cavallo. 
C'eft la que le Pape fait faréddence ordinaire. On die 
plus communément le palais de Monte Cavallo:, à 
caufe de deux chevaux de marbre qu'on y voit. A 
Rome on T.ppeXon porta Quirinalii , la porte qui con- 
duitoit au Quitinal, 

QUliilNALES. f f pi. Fêteque les Romains célébroienc 
en 1 honneur de Romulus, qui fut fiïrnffmmé 0uifi- 
miS. Ouiûnalia. Lés Qmtïnales fé faifoiedt )e trei- 
zième de» calendes de Mars , c'eft à-dire, le 17 de Fé- 



î 04 . Q "y î 

vrier. Ovide, Faji. L. /j, v. 2^/. Stf.\jvivs, .^ntiq. 
P.oman. Syntagnia^c. Q i p- 42 s > 
QUIKINUij. 1". m. Nom que l'on donna à Romulus , 
après qu'il eût été mis au nombre des Dieux. Quiri- 
nus. Tatius Roi des Sabins , Se Romulus n'ayant Fait 
qu'un peuple de leurs deux peuples , & un état de 
leurs deux états, les Sabins firent le plus grand nom- 
bre, & l'emportèrent fur les Romains. Delà vint que 
maîtres des délibérations , quand Romulus tut mort, 
ils lui donnèrent le nom de Quirinus tiré de Cures , 
nom d'une ville des Sabins. De-la vint encore que tout 
le peuple fut appelé Quirices , nom des habitans de 
k ville appelée Cures. Au relie , Romulus ne fut pas 
le premier qui eut ce nom. Les Curiccs ou Quirites ^ 
peuple Sabin de la ville nommée Cures , avoient un 
Dieu qui le portoit avaiit l'union dont nous avons par- 
lé. Quelques-uns croient que ce nom venoit de Curisj 
qui en langue des Sabins fignifioi:: une pique, une 
hallebarde. On peignoit toujours Romulus une pique 
à la main, f'^oye-^ Struvius, Antiq. Roman. Synt. 
c. I , p. i}i. Voyez Vossius , de Idolol. L. I, c. 
12. Quirmus a. été aufll un nom ou un lurnom de 
Jupiter & de Mars. 
•QuiRiNus. f. m. Terme de Fieurifte. Nom d'une tulipe , 

rou^e velouté, colombin &: blanc de lait. Morin. 
QUllIlQUINE, ou QUIRIQUINA , petite ile à l'en- 
• crée de la baie de la Conception, dans le Chili. Qui- 
riquina. Quelques-uns l'appellent Ariq.uine ; mais nos 
derniers Voyageurs, comme M. Frézier , dilent Qui- 
riquine. 
QUJRIS. f. f. Nom d'une DéelFe des Romains. Quiris. 
C'étoit Junon que l'on nommoit ainfi, parce que les 
femmes en couche étoientfous fa proteéfion.Car une 
des cérémonies du mariage étoit de peigner la nouvelle 
époule avec une pique qui eut été dans le corps d'un 
gladiateur terralFc & tué. Or une pique en langue Sa- 
bine s'appeloit curis , ôc tout ce qui concernoit les 
noces, le rapportoit à Junon, parce qu'elle y prélidoit 
comme la DéelFe tutélairc des femmes enceintes & des 
accouchemens. 
QUIRITES. Dans le Diftionnaire de Moréri on a mis ce 
mot comme s'il étcit François , pour lignifier Romains ; 
mais jamais on ne le dit. S'il elt dans un dikours où 
un Orateur porte la parole aux Romains , qu'on ap- 
pelle en latin Qulrires y il taut tiaduiie , Rcmams 
ik non pas MeJJieurs comme quelques traducteurs 
l'ont fait. P.omi:ins j H mon courage vous a dïli- 
viés, &c. 
QUIS. r. m. Efpèce de marcalîîte de cuivre dont on tire 
le vitriol Romain. Pyrites drarius. On l'appelle au- 
trement Pyrite. Voyez Pyrite. 
QUIS. Vieux participe du verbe querre. Cherché. Per- 

cEVAi. D'où vient enquis. EoREL. 
QUISAMA. Province maritime d'Afrique au bord de la 
Coanza qui la borne au (eptenttion. Elle tient le pie- 
mier rang au royaume d'Angola, dont elle fait partie. 
QUISNA. Nom d'une rivière de la prefqu'ile de l'Inde, 
deçà le Gange. Qui/ha. Elle a la (aurce, Iclon les cartes 
de Sanfon , vers la ville de Bilnagar ; & après avoir tr.v 
verfé une partie du Royaume de ce nom, elle entre 
dans celui de Golconde , & le décharge dans le golfe 
de Bengale, à Malulipatan. Maty. 
QUISO. f. m. QUISSA. Nom d'une rivière de la Géor- 
gie , en Afie. C///ii. Elle le décharge dans la mer Noire, 
à vingt-cinq lieues de l'embouchure de Fallo, vers le 
midi. Maty. 
QUISSE. Vieux imparfait du fubjondif du verbe querre. 
Je cherchalFe. Roman de la Rofe. 

Amour me dit lors que je qullFe. 

Je QUIT. Vieux verbe à la première perfonne du préfent 
de l'indicatif. J'eftime , je cuide. Joinville. Puto j 
credo, exijîimo. 

QUITALE. f. m. Mot Efpagnol , qui fignifie la même 
choie que Carat. 

QUITAVA , QUITEVA , ou QUITAVE. Nom d'un 
Royaume, avec une petite ville de même nom. Qui- 
tavte regnum j Quitava urbs. Il eft fur la côte orien- 



QUI 



taie Aii Caffres, entre celle de ZangUcbaf& le Roy.au- 
me de Sotala. On dit que le Royaume de Quitave dé- 
pendoit autrefois de celui du Monomotapa. Maty. 
QUITEOA. Ville d'Af.ique , dans l'Etat de l'Empereur 

de Maroc, allez avant dans les terres a l'orient. 
QUiTLAVACA. Ville de la nouvelle Efpagne, ou plu- 
tôt Bourg de l'Amérique feptentrionale au Mexique. 
QUITO, ou S. François de Quito. Quitoa , Quitum ^ 
Fanum S. Francijci de Q^irc Ville du Pérou, capi- 
tale de l'Audience de Quito, & fituée vers les fources 
de la rivière des Amazones, fort près de la ligne équi- 
nodtiale, environ à deux cens cin',uante lieues de Lima, 
veis le nord. Quito ell une grande ville, qui a un Evc- 
ché (urtragant de Lima. Il y a une Univerfité, & une 
Audience ou Tribunal fouverain de la Juftice. On 
voit fur la montagne , au pied de laquelle eft Quito j 
le volcan de Pinta, qui ell une de ces montagnes qui 
vomillent des Hammes. 
Quito, Li Quito. Nom d'une province du Pérou. 
Quitoa, Quitenjîs provincia. Elle ell bornée au levant 
par le l'opayan , les Quixos 6c les Pacamores ; &: au 
midi par le Pérou propre; la mer du tud la baigne au 
couchant & au nord. On lui donne quatre-vingt lieues 
de long, & trente-cinq de large. Elle eut autrefois fes 
Rois propres , les Incas du Pérou la fubjuguèrent. Les 
Elpagnols en (ont maintenant les maîtres ; ils y ont 
plulieurs Colonies, dont la ville de Quito eft la prin- 
cipale. Maty. 
L'Audience de Quito. Quitenfis Prufeclura. On com- 
prend tous ce nom plulieurs .novinces de l'Amérique 
méridionale,qui dépendent de l'Audience ou Parlement 
de Quito. Ce (ont le Quito propre, les Pacamores, 
les Quixos , & la partie méridionale du Popayan. Quito 
en cilla capitale & le liége de l'Audience. Maty. 
QUITTANCE, f. f. Atle par lequel on décharge quel- 
qu'un d'un payement, d'une dette , on le tient quitte 
de ce qu'il devoir , foit en argent , (oit en quelque au- 
tre redevance. Apocha. Tout obligé ou condamné , 
doit payer en deniers eu quittances valables. On lui a 
donné quittance ôc décharge des papiers qu'il .ivoit en 
garde , de l'aveu qu'il devoir fournir , des corvées qu'il 
devoir faire. Quittance fous feing privé ; pardevanc 
Notaire. 
Quittance de Finance , eft la quittance qu'on donne 
pour les deniers qui entrent aux cortres du Roi, (oit 
pour le prix des Charges , loit des Domaines aliénés. 
Acaeptî. pecunufyngraphus. On ne lembourle les Of- 
ficiers & les Engagiiles que fur le pied de leurs quit- 
tances de finances : c'eft (ur ces quittances qu'on li- 
quide leurs finances. Les porteurs de quittances de l'E- 
pargne ou du Trél'or Royal, (ont des Commis qui con- 
traignent en vertu de taxes ou de recouvremens donc 
ils ont des quittances en bl.inc. 
Quittance comptable. On appelle ainfi des quittances 
en parchemin , c\: pardevanc Notaires , qu'on fournir 
aux Receveurs &c Paveurs des droits du Roi, pour les 
rapporter en rendar.c leurs comptes à la Chambre. 
Apocha debitoris. On a mis au rebut la quittance de 
ce rentier. 

On dit proverbialement, que les lunettes, que les 
cheveux gris , font des quittances d'amour ; pour dire, 
qu'on ne doit plus- fonger à la galanterie quand on elt 
vieux. 
QUITTANCER, v. a. Donner quittance au dos , au 
bas, ou en marge d'un conttat , ou d'une obligation. 
Acceptum ferre nom'.n- Les concrars de mariage (-onc 
réputés quittancés au bout de dix ans , qui eft le temps 
où l'on prélume la doc payée , quand on n'en a poiiiC 
flic de demande. 
0Cr Quand la quittance n'eft poinc écrice fur l'ade mê- 
me , on dit donner quittance. 
QUITTANCÉ , ÉE. Acceptatus. 
QUITTE, adj. m. & f. Qui ne doit plus rien. Solutus y 
immunis. On n'eft jamais quitte de ce qu'on doit à 
Dieu. Bienheureux celui oui eft quitte , à qui on ne 
peut rien demander. On eft quitte en payant ce qu'on 
doit. Demeurer quitte envers (es créanciers. Le Mait. 
Ce mot vient du latin quietus. 
On dit au Palais , qu'un hérirage eft vendu franc Se 

quitte 



QUI 



^uitti ; pour tlire, qu'on a déclaré qu'il n'éroit chargé 
d'.iucuiits hypothèques, A aucunes dctccs. Sine oncie. 
C cd un fteliionac, d'cngagci' Ion bien ÙM\c&:qMUc, 
loilqu il cft déjà charge de quelque hypuihè lue. 
0CJ' Se déclarer traiic & quitte , en parlant de ceux qui 
ie marient ou.qui s'obligent, c'eft dcclarcr qu on ne 
doit rien. 
QuiTTii, lignifie auilî exempt, hors de péril, délivré de 
quelque uicommodité, de quelque peine. Itnmums , 
vacuus ^ liber. Cet Oihcier cit quute du leivice pc^ur 
tant de temps: il en a eu difpcnle, exemption. Il n'a 
eu que trois accès de fièvre , il en a été quitte à bon 
marché. On lui a ordonné par pénitence, un jeûne de 
trois jours; il l'a accomplie ,il en eft quitte, il en fut 
quitti pour un mci^liant manteau. Scar, 
Quitte, fe dit aiilli en parlant des facilités qu'on a pour 
le libérer de plulicurs fortes d'obligations qui regar- 
dent le devoir. Un valet qui manque d aller où Ion 
maître l'envoie , en ell quitte pour être grondé , c'eft- 
à-dirc, il ne peut lui en arriver que celai il en eft^/^zfrs 
pour fortir de chez lui. Celui qui reçoit un bientait , 
cft bienheureux s'il peut en être quitte pour des lenti- 
mens. Tour. Vous avez Icnhblcmcnt oftenlé cet hom- 
me, & vous êtes bienheureux d'en être quitte pour 
des injures. Des Prêtres oifil-s & voluptueux ont ils 
{atiifaic à un Ôfîice qu'ils .abrègent autant qu'il leur 
eft podlble, & qu'ils récitent très-légèrement î Ils le 
tiennent quittes de tout. Bjuxdal. Exh. I. p. ^6 r. 
§CrOn l'emploie abiolument dans le ftylc familier. Je 
ne ferai point telle choie , quitte pour être ou à être 
grondé. 

On dit auiîî au Palais , qu'on eft envoyé quitte & 
ablous d'une demande tant civile que cuminelle ; 
quand ou a débouté le Demandeur de (à demande , 
de Ion accufation. Pemittere. 
Quitte, le dit proverbialement en ces phrafes. On dit 
en menaçant quelqu'un , il en mourra quitte ; pour 
dire, qu'on le vengera tôt ou tard de l'ofrenle qu'il a 
faite. Solvet vel in &re j vel in cute. On du auIlî , 
quand on a compte avec quelqu'un , & quand on l'a 
payé , nous voilà quitte à quitte , Se bons amis. Il 
s'emploie aulIî dans un fens un peu figuré. L'un vaut 
l'autre , quitte à quitte ; ( Mol. ) pour dite , nous 
lommes bien égaux , nous ne nous devons rien l'un à 
l'autre, lur l'article de la préférence ou du mérite. On 
dit, jouer a quitte, on à double, tant au propre, quand 
on double ce qu'on joue , qu'au figuré ; pour dire , 
qu'il faut rif]U£r , hafarder tout pour fe tirer d une 
mauvaile affaire. 
QUITTEMENT. adv. D'une manière quitte & franche. 
Llhcrè & fine onere. Il ne le dit guère qu'au Palais. Il 
pofsède cette terre franchement & quittement; elle n'a 
aucune charge ni hypothèque. 
$3" Quittement. 1. m. Terme de Palais, quelquefois 
fynonynie de décharge , quelquefois de délailTcmcnt, 
déguerpilîement. 
QUITTER. V. a. Donner quittance , ou déclarer qu'on 
ne demandera plus rien d une dette. Apotham priujia- 
re. Cet aéte porte qu'on a quitté un tel de ce qu'il de- 
voit , qu on en a reçu le payement. Ce Teliateur a 
quitté en mourant tels & tels de tes débiteurs, il leur 
a donné décharge de ce qu'ils lui dévoient. 

Ce mot vient de quietare , comme qui diroit red- 
dere quiet um. Mais Borel le dérive du Breton gui, qui 
a été fait du vieux mot Gaulois guet , emprunté de 
l'Hébreu guet , qui lignifie divorce. 
Quitter , le dit au'îî en parlant des obligations, des 
menus devoirs; •& lignifie exempter, céder, fe délîller, 
rejeter. Cedere , immunem dlmittere. Je vous quitte 
de tous vos complimens, de vos vifites.Je vous quitte 
la place, le haut du pavé: vous avez raifon , je vous 
quitte j je vous cède. Je vous quitte mes droits , je 
vous les abandonne. 
Quitter , eil: aullî un terme de Palais , qui lignifie , 
tranlporter, ahéner. Cedere , alienare. Tous les con- 
trats de vente portent, il lui a cédé , quitté 6c tranf- 
porté, vendu éc aliéné. Tout donateur quitte la pro- 
priété de la chofe donnée , & en rend maître le do- 
nataire. 

Tome FIL 



QUI lôj 

^ 0\^ ne dit point quitter 'ti, on dît quitter ^oWi. 5t 
dois quitter pour lui , ou je lui dois céder, laillcr» 
ab.andonner. 
Quitter, lignifie aulTî, changer de dcircin , abandon- 
ner, renoncer, lailler voloiuaiitmcnt. Renuntiure ^ 
mutare confilium. il a fallu ciihn vju'il ait quitté \)n\et 
qu il ait quitté cette pourluite , cette entrcprile. Le 
moindre obikcle, la moindre réliftance, lui fait quit- 
ter pnle. AcAD. Fr. Le meilleut parti a prcndieaveô 
ceux qui nous quittent, nft de leur dûnncr la liberté 
de nous quitter. Nie. Je quitte volontairement pouf 
le Ciel , tout ce qui m'auroit quitté un jour malgré 
moi. M. ScuD. On quitte nv.ilailément une mauvaifc 
habitude qui nous divertit. Id. La parclle la pris, il 
avuit commencé un grand ouvrage , il a quitte tom là. 
11 a quitté la penlée d'aller aux Indes. Il a quitté le 
vin, le jeu Ik. la débauche. Quitter\hki(iç. C'eft un 
contredilant qui quitte les propres fentimcns , dès 
quil eft venu à bout de les pcrfuadcr, de peur d'être 
de l'avis d'un autre. M. Scud. Les liucurs abandon- 
nent leurs amis, dès quils peuvent connoitie que la 
foitune les quttte. Id. On dit t iijours dans le inonde 
plusou moins qu'on ne pente : &: quand je m'examine, 
je tens bien que la lincérité me quitte touvenf. Id. 
Quand les vices nous quittent, nous nous tlatonsque 
c'eft nous qui les quittons. Rochhf. Elle n'attendit 
pas pour quitter k monde, que le monde l'cilt quit- 
tée. FlÉch. 
§3" Quitter, lâcher, laijfer aller. Il le tcnoir aux che- 
veux, on ne le put jamais faire quitter piite. Au fi- 
guré, quitter prite, c'eft abandonner un dellein , une 
enueprile, comme on vient de le voir d.ins l'article 
précédent. 
|C? Quitter, fe dépouiller , ôter quelque chofe de def- 
fus loi. Exuere ,deponere. Quitter fon manteau , la 
robe, fes gants , fon épée, 
^fJ' On dit figurément quitter la robe , quitter l'épée , 
la toutane, le froc; pour dire, renoncer à 'aProfelfioii 
de la robe, de l'épée, de létat eccléfiaftique ou de la 
vie religieufe , en fe dépouillant des chofes qui en font 
les marques extérieures. 
Quitter , lignifie encore, fortir hors de quelque lieu. 
Relinquere , aufugere. Un criminel eft obhgé de qutt'^ 
ter le pays. 
Quitter , fe dit aufll en parlant des réparations des cho- 
ies qui étaient jointes par quelque hen. Disjungere, 
feparare. Il faut renfeimer les femmes qui quittent 
leurs maris par libertinage ; punir les Apoftats qui quit- 
tent leur Couvenr , leur habir. Ces deux Amans ont 
promis qu'ils ne te quitteront jamais. On dit de deux: 
perionnesqui font continuellement cnfemblc, qu'elles 
ne te quittent jamais. 
Quitter, fe dit aulll des chofes corporelles , animées 
& mimmits. Relinquere , deferere. Quand l'ame aura 
quitté la dépouille mortelle ; pour dire , après la mort. 
Cet arbre quitte ton écorce. Cette poutre quitte la 
muraille , ëc menace ruine. 
S^ On dit dans le même fens , qu'une prune, qu'une 
pcche quitte le noy.au ; pour dire , que le noyau lé dé- 
tache net de la chair du fruit. 
Quitter, fignific aulîî, abdiquer, renoncer à quelque 
grande dignité. Renunciare , ahdicare. Dioclétien & 
Charles Quint ont çz/irr/ l'Empire, la Reine Chriftine 
fon Royaume de Suède. Un tel Cardinal a quitté le 
chapeau. 
Quitter , en certains jeux de renvi , comme le Brelan , 
lignifie , abandonner la vade que l'on a faite , plutôt 
que de vouloir tenir une nouvelle fomme , dont un 
des Joueurs a lenvié. J'ai renvié dix louis, je l'ai fait 
quitter. Il m'a fait va-tout, & j'ai quitté. Il eft neutre. 
AcAD. Fr. 
^^ Quitter /a ^(:rri«, c'eft convenir que celui contre 
lequel on joue a gagné. Delà l'expreilion , qui quitte 
la partie, la perd; pour dire , que celui qui quitte Is 
jeu avant que la partie foit achevée, perd : & prover- 
bialement on le dit pour faire entendre que celui qui 
ci'lfe de (uivre une affaire, ne réullîra jamais. 
Quitter, fe dit proveibialement en ces phrafes. On dic 
qu'on ne quitterait pas fa part aux chiens, de quelque 



io(^ QUI 

chofe, quand on y conferve des prétentions , quelque 
peu appaicntes qu'elles fuient. Cederc , dcfiflerc j rc- 
mïttere , projicere. On dit aulîi à celui qui renonce à 
une choie où il n'avoit point de dioic, qu'il ne quhtc 
rien du iîen. On dit aullid'un homme qui cft attaché 
opiniitièment à quelque choie , qu'il n'en quittera 
rien que par le bon bout. 
QUlfiE, EE. part. pall". tic adj. Dimijfus , remijfus. 
QUITTERÎE, QUITTEUR, QUITTEUSE. Mlle de 
Scuderi s'efl; fervi ds ces termes , en parlant des Amans 
qui le quittent , qui rompent leurs liens. Je luis aullî 
opiniâtre que vous fur le jugement des quitteries. El- 
les font toujours fuivies & accompagnées de mépris &C 
d'outrage; & les quitteurs, !k les quittcufcs , ne lail- 
fent point leur amitié à la place de leur amour , ce qui 
feroit toujours quelque conlolation. J'en lai des aban- 
données qui ne voudtoienr que cela, & qui ne le fau- 
roient avoir. Lct. à M. de Bujfy , T. III, p-3^3- 
QUITUS, f. m. Terme de Finances. C'eft l'état final 
d'un compte , par lequel le Comptable fe trouve quitte 
& déchargé. Quand on vend à crédit une Charge 
comptable, on oblige l'acheteur à fournir à la fin de 
l'année le quitus de les comptes. Immunitas , folutio. 
i^ QUI~VA-LA. Cri d'une fentinelle dans un porte 

quand elle entend du bruit. 
QUIVIRA. C'eft un pays de l'Amérique feptentrionale, 
fort peu connu. Quivira. Quelques-uns l'ont mis au 
nord de la Californie , vers Jetfo : mais on le place 
plus communément entre le vieux & le nouveau Me- 
xique , ôc la Floride. On dit que les Elpagnols étant 
entrés dans ce pays, &: n'y ayant pas trouvé des ri- 
cheires comme ils fe l'étoient promis, ont laillé les 
habitans en repos. Maty. M. de Lile fit en 1717 une 
Diirertation ou Difcours fur Quivira j dans lequel il 
montre fort bien que Quivira eft une ville fituée au 
nord du Nouveau Mexique fur un golfe de mer. 
QULVIVE. Une fentinelle, un foldat en faction, quand 
il voit quelqu'un, ou qu'il entend du bruit, s'écrie : 
Qui vive ? dans le même fens que Qui va là ? Qui 
èfl là ? Parlez. îff On dii figurément qu'un homme 
€iïi.uï\equi-vive, pour dire, qu'il ell attentif à ce qui le 
paffe, & qu'il eft toujours lur le qui-vive , pour dire , 
qu'il eft inquiet & craintif. Alors il eft fubftantih 
QUIXOS. Nom d'un peuple de d'une province de l'A- 
mérique méridionale. Quixorum Regio. Elle eft entre 
celles de Popayan, de Quito de PacamOres tk. de Ca- 
nela. Les Efpagnols l'ont découverte l'an 1557, &. ils 
y ont les Colonies de Bacca, d'Archidona, d'Avila & 
de Seville de rOro. Maty. 
QUIZINA, ou TEUSIN. Montagne d'Afrique, dans la 

province de Garer, au Royaume de Fez. 
QUIZOMAINTHI. f. m. Nom que les habitans de l'île 
de Madagafcar donnent à une efpèce de réfine dont 
ils fe ferveur pour fixer leurs dards, & les attacher à 
leurs riianches. 

Q U O. 
iîSP QUOAILLER. v. n. Terme de Manège qui fe dit 
du cheval qui remue perpétuellement la queue quand 
on le monte. Ce cheval quoaille toujours, a pris l'ha- 
bitude de quoaillcr. On a dit autrefois queue pour 
queue. 
QUOAQUIS. f. m. pi. Peuples fauvages de l'Amérique 

leprentrionale , dans la Louifiane. 
QUOCOLO. f. m. Pierre qui rclfemblc à du marbre , 
mais un peu trantparente , dure comme un caillou , 
& rendant des étincelles de feu, comme la pierre à fu- 
filj de couleur blanche, tirant lur le vert de mer, 
ayant des veines comme le tabac de Venife. Cette 
pierre étant mife au feu, y petd fa tranfparencc, & 
devient plus légère ik plus blanche ; puis enfin le feu 
étant bien fort, elle le convcttit en vetre. On la trou- 
ve en Tofcane , & dans plufieurs autres lieux d'Italie. 
On l'einploye dans quelques Verreries. Cette pierte 
s'appelle ordinairement en François, Pierre à verre. 
LÉ MER Y, des drogues. 
QUOD-VULT-DEUS. f. m. Nom d'homme. Quod- 
vult-Deus. Saint Quod-vult-Dcus , Evcque de Car- 
thage, eft un de ceux que Genlcric, Roi des Vanda- 
les, fit expofer en mer, fur des vailleaux demi-bti- 



QUO 



fés,ran 459. Quod-vuk'DeuSj, Evêque de Carthage," 
&: un grand nombre de Clercs turent challés , Se em- 
barqués lur des vaifleaux rompus , ôc toutefois ils ar- 
rivèrent heureufement à Naples. Fleury. /^oyej le 
mot Deo gratias. 

Ce nom eft une phrafc Latine qui veut dire. Ce 
que veut Dieu. C'eft apparemment, comme on l'a 
déjà inhnué de quelques autres noms Icmblables , 
une traduction Latine du véritable nom de ce Saine 
qui étoit Punique ; par exemple , il pouvoir s'appeler 
Vs::sTl:/ ,feabacl, ou. faabacl, Vyvi^.nu. ,fehhaphet- 
feli ou b^^iu ,Jeratfael, on Jhrafael j tous noms, qui 
en Punique , autoient fignihé Quod-vult-Deus. C'eit 
ainfi que les Arabes appellent un Auteur Égyptien 
Mofi-hahallach , nom Arabe compofé de trois mots, 
& qui lignifie la même chofe que Quod vult Deus. 
Voyez la Bibliothèque Orientale de d'Fierbelot , pa- 
ge sûo. 

QlJObLIBÉTAlRE. adj. & f f. On appelle dans les 
Ecoles de Médecine, une Queftion Quodlibétaire ,uï\q 
Thèle publique , où le Candidar eit prêr à répondre à 
tous venans, & lur toutes les parties de la Médecine: 
ce mot eft alors adjectif. Mais quand on dit ablolu- 
ment, il a loutenu la quodlihétaire , ou , je loutiendrai 
dans huit jouis ma quodlihétaire y il eft lubllantif. 
Mon fécond fils Châties a répondu à fa première quef- 
tion quodlihétaire , fort bien , & au grand étonnement 
de tous les Auditeurs. Patin. 

Que/lions Quodlibétaires , ou Quodlihétiques. C'cil 
ainli qu'on appeloit autrefois , dans les Ecoles de 
Théologie , ^fS" Se de Philofophie , des queftions nii- 
nutieufes, conçues en termes vagues, que l'on difcu- 
toit autrefois dans les Écoles, ôc dans lefquelles on en- 
tailoit argumens lur argumens pour démontrer quel- 
que puérilité. Et comme il a'y avoit point de matière 
qu'on ne le crût en état de traiter à l'aide des lieux 
communs, on appela ces queftions quodlibétaires ,A\i 
mot quodlibet,mm ce qu'il vous plaita. Quelques-uns 
ont cru que le mot de quolibet venoit de là. f^oye^ 
Quolibet. 

QUOGELO. f. m. Animal du pays des Noirs. QucgC" 
lum animal. Il reftemble au crocodile. 

QUOI. Quid. Pronom qui tienr quelquefois du pro- 
nom relatif, lequel , laquelle , dans les cas obliques^ 
tant au fingulier, qu'au pluriel. L'Acad. Ce mot ne 
le dit que des choies, jamais des perfonnes , & il a 
un ulage élégant pour fuppléer au pronom lequel y 
laquelle y en rout genre j ôc en tout nombre. Vaug. 
Rem. On vous reproche l'emportement & la durera 
avec quoi vous avez pourluivi votre concurrenr. Cette 
façon de parler avec quoi , a paru n'être pas du bon 
ftyle. Quelques-uns préfèrent avec raifon le pronom 
relatif lequel y prétendant que le relarif quoi ne fe 
met qu'en certaines occalions où il fe tait comme une 
réfomption de tout le ditcours, & non pas immédi-i- 
tement avec les lubftantifs. D'autres alléguenr que 
Ton fe peut fervir du relatif quoi , qui eft une efpèce 
de neutre, à caufe des deux lubftantifs précédens qui 
font de difféfjnt gente : mais que pour bien parler, il 
faut l'éviter. M. L. T. Mais quoi qu'il en foit , l'Aci- 
démie fe fett des exemples fuivans pour détetminer 
la fignification de ce mot. C'eft un vice à quoi il eft 
fujetjde quoi il ne fe corrige point. Ce font des cho- 
fcs à quoi vous ne prenez pas garde. Ce lont des con- 
ditions, fans quoi la choie n'eût pas été conclue. Le 
fujet , la caule pour quoi on l'a arrêté. 

N' alle-:^ point quitter, de quoi que l'on vousfomme. 
Le nom que dans la Cour vous avfç d'honnête homme, 

Molière. 

Appottez-moi les outils , fans quoi je ne jjuis travail^ 
1er. Sine q-ihus. On le prend aullî lubftantivemenr. 
Ainfi l'on dit, à çaoi penfcz vous? à quoi vous occu- 
pez vousî Quoi qu'il en loit, quoi qu'il en arrive, 
voyez à quoi les hommes lont lujers. En quoi a-t-il 
failli; De quoi eft-il queltionî pour dire, de quelle 
choie î 

En termes de Palais , on dit , Quoi faifant , en quoi 



QUO 

faifant , pour dire, en faifant laquelle cliofc. L'arrêt 
l'a concf.iiiuic à payer, & à vider le-; mains; quoi i:\i- 
fane, il cil fera valablciiiciu déchargé. Acad. Fr. 
<^uor, c(l aulli un adverbe d'admiration, Se d interroga- 
tion. H cil, ïta-ne. Quoi! vous ferez alFez hardi pour 
me foutciiir , &c: I lé quoi! faut il vous mettre en co- 
lère, (î cela n'eà pas vrai? Quoi donc? A quoi bon 
amallcr tant de richL-lles qu'il faut quitter; On dit, 
c'eft un étourdi qui ne connoît ni quoi , ni qu'eft-ce. 
On ne fait ni quoi ni comment cela s'cll: pu faire. 

On dit, je ne lai quoi, d'un certain agrément qu'on 
ne fauroit bien exprnncr. Le Père Bouhours en a fait 
la matière de l'un de fes Entretiens d'Aride &: d'Eugène. 
Ncfcio quid. Il dit que c'eft iii nature d'être incom- 
prèhcniible & inexplicable. Ces inftindls , ces penchaus 
CCS (entimens fecrets, font des termes qui n'expriment 
qu'imparfaitement ce je nc.fai quoi que le coeur lent. 
C'eft un agrément qui anime toutes les aétions, Se 
qui entre julques dans le moindre goftc de la perfon- 
ne qui plaît. Il cft fi délicat & fi imperceptible, qu'on 
ne le peut définir. Au contraire, il y a un je ne fai 
çttoi de choquant, qui empoifonne quelquefois, & gâte 
tout le mcrite des pcrlonnes. Ce n'eft point un capri- 
ce, ou un prétexte pour haïr; c'eft une railon cachécj 
ôc que la nature feule nous luggère. Ce font des pre- 
miers mouvemens qui préviennent la réHexion &c la 
liberté. Id. Ce qu'on entend par le je ne fai quoi, 
confifte en de petites chofes, qui ne s'apperçoivent 
pas aifément. Le Ch. de M. L'amour, comme l'ami- 
tié , a (on agréable yt' ne fai quoi. S. EvR. he. je ne fai 
quoi de l'amitié a plus de lumière que celui de l'a- 
mour , parce qu'il agit avec plus de calme. Id. 

// ejl des nœuds fecrets, il efl des fympathies. 
Dont par le doux rapport , les âmes afj'orties , 
S' attachent l'une à l'autre , & fe laifjent piquer. 
Par un je ne fai quoi qu'on ne peut expliquer. 

Corneille. 

Quoi. Voye'^ Cois. 

QUOIQUE. Conjondion. Elle régit toujours le fub- 
jonâif Quamvis, etfi. On doit prendre garde de ne 
la mettre jamais après Un que : comme, je iais que 
quoique , à caule de la cacophonie. On peut y lubfti- 
tuet bien que , oa encore que. Vaug. MÉn. On dif- 
pute s'il faut dhe,quoi ^«'//arrive, ou quoi qui arrive. 
C'eft dans ce Icns, le quidquid des Latins. Vaugelas cft 
pour le premier, & Corneille pour le dernier. 

QUOL'.BET. f. m. Façon de parler commune & trivia- 
le, qui renferme ordniairemcnt une milérable pointe, 
ou une mauvaite plailanterie : jargon qui vient de la 
mauvaife éducation. Diclcrium. Dire des quolibets. 
Dilcur de quolibets. 

De quolibets d'amour votre tue efl remplie. Mol. 

Âpies maints quolibets coup fur coup renvoyés. 

La Font. 

Les quolibets font prefque tous fondés fut des allu- 
fions, des mauvaifes pointes & des turlupinades.il eft 
encore rcfté à la Cour quelques diieurs de quolibets , 
de vieux plaifans qui ne font plus à la mude. Les quo- 
libets , ne (ont, à proprement parler, que de milL-ra- 
bles pointes qui ne tombent fur rien: ce font des ailu- 
fions troides & inhpides,qui fatiguent & qui ennuyent 
les perfonnas railonnablês. il y a pourtant des occa- 
fions où un quolibet peut trouver (a place; mais il faut 
qu'il loit bien délicat, & ingénieulement appliqué: 
autrement il eft rampant , & on le prend pour la mar- 
que d'un petit elpiit. Bouh. Il y a de la grollîereté à 
entaller des quolibets les uns fur les .autres. Cail. 

On prétend que ce mot cft venu de la Théologie 
Scholaftique où l'on ptopofoit des ptoblêmes plus cu- 
rieux qu'utiles, & que l'on appeloit quePaons quodli- 
bétiques. On étoit fi perfuadé que c'étoit autant d'im- 
pertinences, qu'on a retenu le mot àz quolibet ^'çowt 
li;;ni!îcr quelque choie de fut &de ridicule. 
QUODLIBÉTIQUE. adj. de t. g. Fécond en quolibets. 
Tome VIL 



QUO Ï07 

Mettre M, Dclcartes dans les Enfers, tandis qu'il cft 
au-delà des Cieux, n'eft ce pas, pour m'cxprimcr dans 
le ftyle quodlibetïquc de notre ami .Vloliere, abcrrare 
tPto cœloi' Le Père Daniel, Foyage du Monde de 
Dcfanes, p. 101 de la 2.' édit. Le Mariage Jorcé , 
6c. IF. T. IlL des Œuvres de Mol. p. 1 ç. La con- 
vcrfation de cet homme eft toute quodiibetique. 

ffT^ QUON. Ville de la Chine, d.ms la province de 
Suchucn, au département de Chingru. 

QUONIN. f f Nom d'une Idole des Chinois. Quonin. 
Elle a la forme d'une femme. Elle a donne l'on r.om à 
une fontaine qui eft près de la ville de Xunning, &: 
qu'on prétend a la Chine qu'un vieillard fit fortir de 
terre, en la frappant de fon b.âton. 

QUOQUART. ('. m. Vieux mot. Glorieux fans fujet, 
comme les enfans qui mettent des plumes de coq fur 
leur bonnet , pour fe parer. Villon dit : 

Et ne fuis qu'un jeune quoquart. 

Et la Fontaine dit des Amoureux, 

Et s'il le dit , c'eft un quoquart. 

QUOQUELU , ou Gogla. Avide de gloire , "félon Bouil- 
las. 11 me femble pourtant que c'eft plutôt un homme 
qui a double menton, &: qui eft fort gras. Borel. C'eft 
un vieux mot. 

QUOQUETREAU. f. m. Vieux mot. Parleur : ce qui 
vient du jargon des coqs & des poules , d'où vient 
quoqueter, coquet. Si Coquard. Borel. Loquax , gar- 
rulus. 

QUOQUS. Vieux terme méprifant. Homo yïlis ac ni- 
hilï. Rebours de Matthiolus. 

// devient chetif & quoqus. BoRïL. 

QUOTE. adj. f. Il n'a d'ufage que dans cette phrale,' 
Quote part, qui fe dit de la part que chacun doit 
payer ou recevoir dans la répartition d'une fomme 
totale. Il me revient tant pour ma quote part. Il doit 
tant payer pour ia quote part. 

QUOTIDIEN, ENNE. adj. Qui fe fait tous les jours j 
ce dont on a beloin chaque jour. Quotidianus. On 
demande à Dieu tous les jours, qu'il nous donne no- 
tre pain quotidien. Hors de-là il n'a guère d'ufage que 
dans le niulelque. Encore s'en trouve-t-il qui vou- 
droient que l'on dit avec Meilleurs de Port-Royal , 
Seigneur , donnez-moi moi mon pain de chaque jour. 
Mais quand il s'agit de phrafes, ou de mots confacrés, 
il ne faut pas être fi délicat. Pour le burlefque , on 
s'en peur (ervir tant qu'on veut. C'eft ainfi que le pau- 
vre homme défendoit les hyperboles quotidiennes. 
ScAR. Régnier en parlant de Cicéron , àj'égard d'un 
pédant, dit que c'eft le pain quotidien de la pédanterie. 

Quotidien , en termes de Médecine, fe dit d'une fièvre 
dont l'accès piend tous les jours, Febris quotidiana^. 
Voyez FiâvRE. 

^]C/" Quotidien , eft fynonyme de journalier: mais on 
ne peut employer indifféremment ces deux mots l'un 
pour l'autre. On dit pain quotidien , fièvre quotidienne. 
On ne diroit pas pain journalier, fevre journalière. 
On dit le mouvement journalier du ciel ; on ne diroit 
pas le mouvement quotidien. L'ufage fait tout. 

On dit proverbialement & figuiément d'une chofa 
qui nous eft familière, que nous faifons, ou que nous 
voyons tous les jours, que c'eft notre pain quotidien. 
Confuetus , folitus. 

Quotidien, f m. Se dit dans certains Chapitres , des 
diftributions manuelles ,& petits émolumens. 

QUOTIENT, f m. Terme d Arithmétique. Quotiens. 
Nombre qui reluire de la divihon d'un plus grand par 
un plus périt, &' qui montre combien de fois le plus 
petit cft renferme dans le plus grand, ou combien d^ 
fois le divifeur eft contenu dans le dividende. \-e. quo- 
tient a cela de propre, qu'il contient aurant d'unités, 
que le dividende renferme de fois le divifeur. Vo^. 
On place le quotient au bout de la ligne où eft le 
nomore divifé, avec une barre entre deux. Le quotient 

Oij 



io8 QUO 

de II divifc par 3 eft 4, parce que 5 cft contenu 4 
fois dans iz. 

Le quotient fe marque ainll dans l'Arithmétique. 



3) li (4 

En Algèbre il fe marque ainfi. 






quotient 



6ab 



ta 



Ce nom vient du mot latin quoties , c'eft-à-dire , 
combien de fois tel nombre plus petit eû-il dans un 
autre plus grand î 

QUOTITE, f. f. C'efl: la fomme fixe à laquelle 
monte chaque quote part. Quotitas. En Jurifprudencc 
on appelle quotité du cens , la fomme que l'on paye 
aâucllement pour le cens.Le cens eft imprelcriptible en 
foi, mais la quotité Aa cens fe peut prelcrire ; c'eft à-dire , 
que la quantité de la fomme qui fe paye pour le cens , 
fe peut prefcrire. Si j'ai précédemment payé un fou 
par chaque anné'e pour le cens , & qu enfuite pendant 



QUS 



trente ans confécutifs, je n'en paye que fix deniers, 
j'aurai prefcrit la quotité du cens, quoique le cens 
loit imprekiipcible, fuivanc cette maxime ! Nulle terre 
JansSeioncur , s' il n'y a tare au contraire. Prac. Franc. 
L. II , ch. S, p. 164. Il en eft de mime des dixmes 
qui ne le peuvent point prefcrire pour le total, mais 
bien pour la quotité. 
^fT Ce mot lignifie auffi une quantité, une portion 
déterminée d'un tout. Ainfi on appelle Légataire d' une 
quotité , celui auquel un défunt a légué un tiers , un 
quart , un iixième , en un mot une partie aliquote de 
la fucceftion. 
QUOUE. Vieux mot. Queue. Cauda. Il fe trouve dans 

Jean de Mehun,au Codicille. Borel. 
QUOYEMENT. adv. 'Vieux mot. C'eft à-dire, fecrete- 

ment. Bible Hiftoriaux. Borel. Clàm , fecretb. 
QUSONFOO. f. m. Oifeau du Royaume de Quoja , 
Pays des Nègres , qui eft noir & gros , à peu près ci.m- 
me un corbeau. Il fait fon nid de terre (ur le haut des 
arbres , & quand les œufs lonr prcrs à éclorCj la fe- 
melle s'ai rache toutes les plumes , afin de coucher fes 
petits deftuï. 



#TV 




RAA 



RAB 



109 



^^ ■■| ï irmr'r^'^ "^*''''tf" 'J P'*'''''t F"J?*™ 



jl>*^* jàf'c* V*^-- ^ 



R 




f. f. fuivant l'ancienne appella- 
tion qui prononce erre ; mais 
makulin uiivant la modeine qui 
prononce rc. Lettre confonneja 
dix huitième de notre alphabet. 
LV final des infinitifs des verbes 
de la première & féconde conju- 
jugai(on, ne fe prononce point: 
de lorte qu'en lilant on doit pro 
noncer aimer &C kair, comme fi on écrivoit aime' &. 
haï. L'R fe plaint que 17 & \'E l'ont fi fort atfoibli a 
la fin des mots , qu'on ne l'entend prefque plus al/cr 
ni venir. Ablanc. Nous ordonnons à 17{ de filer doux, 
quand il fera le dernier, lur peine d'être chalfé. Id. 
Tout cela ne fe doit obferver que lorfque le mot qui 
fuit commence par une confonne ; car lorfqu'il com- 
mence par une voyelle, alors IV de l'infinitif le doit 
faire un peu fentir dans la proie grave , & fur tout 
dans les vers. 

L'amour de regne-ï en fa place , 
Rend déjà Xipharés ennemi de Pharnace. 

Racine. 

Helas ! il faut mourl-i ^ adorable Sihie. 

L'R , félon les remarques de M. l'Abbé Dangcau , 
€ft une des quatre conlonnes de notre alphabet, qui 
ne le divifent pas comme les autres , en foibies , en 
fortes Se en nazales. C'eft une liquide. Les Anciens 
ont appelé \'R , une lettre canine , parce que les chiens 
femblent (cuvent la prononcer en grondant &c en 
aboyant. Souvent \'E. seft changé dans les langues an- 
ciennes 6c modernes, en Z, comme fatellus Ae. [ra- 
ter , capella de caper , cuhellus j de culter. 
R , étoit autrefois une lettre numérale qui fignifioit S , 
fuivani; ce vers: 

Ocloginta dabit tibi, B.,f quis numerabit. 

Quand on met un titre fur k elle lignifie So mille. 

Le p chez les Grecs valoir cent. 
R ei1; le caracl:ère dont on diftinguoit la monnoie fabri- 

quéeà Villeneuve lès-Avignon : & aujourd'hui c'eft la 

marque de la monnoie d'Orléans. 
R. Cette lettre lert dans le commerce peur les abbrévia- 

tions fuivantes : Fl=. Remifes : R. Reçu : R**. Redo. 

R'. R'. Richedale, ou Rixdale. 
R. Dans les Ordonnances des Médecins, lignifie , rccipe , 

prenez. 

RAA. 

RAAB, RAB. Nom d'une rivière qui a fa fource dans 
la Stirie, vers la ville de Gratz, tiaverfe une partie de 
Ja Eallè Hongrie, y forme l'île deKaab, en latin Ara- 
be infula ; au delTous de laquelle elle baigne Javarin , 
&: s'y décharge dans le Danube. Arabo. Maty. Nous 
prononçons £<. nous écrivons fouvent Rab. Le Rah 
fera à jamais fameux dans l'Hiftoire , par la viftoiie 
célèbre que les François , envoyés par le Roi Louis le 
Grand, au fecours de l'Empereur Léopold , rempor- 
tèrent fur les Turcs en \6G.\. Corn. 

Raab, Rab. r^oye\ Javarin. 

RAAGDAER. Cm. Officier de Perfc qui perçoit les 
droits de raagdarie : ce font'des efpèces de Voyers. 

RAAGDARIE. L f. On nomme ainfiun droit que l'ori 
fait payer en Perfe fuj: tuures les marchandifes pcui 
la (ureté des graiuls chemins, particulièrement dans 
les lieux dangereux, & où la rencontre des voleurs, cft 
ordinaire. Voyei RAPAik, 



RAAISIER. Vieux verbe qui fignifioit autrefois fe re- 
mettre à l'aife. Perceval Burel. 

RAAMBRER , ou RLAMBKER ,& RLEMBRER. Vieux 
mot. v. a. Terme de Coutume. Raamhrer une ter.c, 
c'eft rctraire une terre , la racheter , ou la retirer par 
rttrait lignager. 

Du biaufHs Dieu , du bon , du fage , 
Celui qui pour l' humain lignage 
Réembre de mort & délivre. Ovide. Mf. 

Ce mot vient de redimere , d'où l'on avoit fait ré- 
dimrer j redemrer , rcdembrer ^ réembrcr , reambrer y 
rambrer. 

RAANÇON. f. f. Vieux mot. Rançon, rachat, reirait. 
Redemptio. Ainfi ne pouvoit venir Meliire Jean a (a 
raancon , parce que li dis héritage n'étoit pas de fon 
cofte. Sentence de l'an 1 30 ç , rapportée par Pithou. 
dans fon Comm.fur la Coût, de Troye, art. 14^. 

Ce mot vient de redemptio y d'où l'on a fait ré' 
demption , radamption , radancon , raancon , rançon. 

RAARSA.Île de la mer d'Écolfe, l'une des "Wtfternes. 

RAB. 

RAB,^ou ARBE. Nom d'une île du golfe de Tenife, fur 
la côte de la Morlaquie. Arba, Arbum. Elle elt entre 
les lies de Végia & de Pago, & appartient aux Véni- 
tiens. Il y z.Az\\%Rabo\x Arbe une ville Epifcopale de 
même nom, fuffragante de Zara. 

s^ RABACHAGE, f. m. Terme populaire qui lignifie 
le défaut ou le dikours d'un homme qui revient fou- 
vent & inutilement fur ce qu'il a dit. Tout ce que vous 
diteS'Ià^, n'cft que du rabâchage, 

§Cr RABACHER, v. n. Revenir louvent , & fans raifon 
lur ce qu'on a dit. Il ne fait que rabâcher. Eamdem 
cantilenam cancre. 

03- RABÂCHEUR , EUSE. Qui rabâche. Tout cela ell 
populaire. 

RABAH. Ville des Indes , félon d'Herbelot , SiWioMf.^i/ff 
Orientale 

RABAIS. Lm. Diminution de prix &: de valeur. ^fJ" De 
fummâ , de pretio deduclio j deceflo. On le dit de la 
diminution du prix des denrées & des marchandifes. 
Le rabais du prix des grains , & généralement de ce 
qui manque à quelque lomme lur laquelle on avoit 
compté. On lui avoit promis cent mille écus, mais 
il y aura bien du rabais. Il prétend que cette fuccef- 
iion vaut tant, mais il y trouvera du rabais. 

fCT On appelle rabais des monnaies, la -diminution du 
prix pour lequel la monnoie a cours. Fummorum ear- 
tcnuatio. 

03" Ce mot eft employé dans le même fens .iu figure. 
A mclure que les années d'une fille (e mu'tiphent , 
fon mérite diminue, & elle eft enfin contrainte dé le 
donner au rabais. BtiL. Il faut prendre cette exagéra- 
tion poétique à fon jufte rabais. S. Evr. On a repro- 
ché au P. Malcbranche qu'il s'enfuit de les hypothè- 
fes, que Dieu a donné aux Anges , les Juifs à gouver- 
ner, au rabais des miracles. Arn. S'il échappe à ma 
plume quelcfue terme trop affirmatif, il faut prendre 
mes expreflîons au rabais. S. EvR. 

Rabais, eftaufîi un terme oppofé à enchères , lorfqu'oii 
publie en Juftice quelques ouvrages* à entreprendre , 
quelques réparations à faire , ik qu'on les adjuge à ce- 
lui qui les entreprend au meilleur marché ,au rabais. 
l\Unuspofc^nti adjudicatio. Les réparations qui fe font 
aux Eglifes, aux biens faifis, ou de mineurs, fedoiver.r 
donner au rabais. Mettre, donner, adjuger, prendre 
au ub&ii> 



T T o K A' B 

Kabais, -{éprend , en termes de négociant, pour la dif- 
férence entre l'argent dû à un certain terme, de le rac- 
ïTie argent payé avant ce terme. Les journaux de Leip- 
lîck, 1693, Oétob. l'appellent en latin, ïntcrujunum 
ou reje^menrum anncipadonis , Se en François rj/'Jf , 
mais mal, il l\iut dire rabais. Il y a dans ce Journal 
une dillertation lur ce rabais,. 

On dit proverbialement, qu'il y a bien du charbon 
At rabais y<\nM\à on trouve qu'on s'ell mécompte dans 
les-efpérances , dans les prétentions qu'on avoir lur quel- 
que choie. Spe dcjici. 

RABAISSEMENT. 1". m. Diminution de prix. Diminu- 
tio , deprejjlo. Le rabai£emenc du blé arrive ordinaire- 
ment après 1 AoLU. Il ii'ell: plus d'ufage. 

Ce mot s'emploie aulfi au figuré en parlant des per- 
fonnes , & fignihe .abaiirement. Detnijfio dcfpeclio. 
Ils connoilfoient les mépris qu'on lait de ces choies, & 
l'état de rabailjemenc où l'on met les perlonnes. Port- 
Royal. 

ÇC^M. de Sacy, dansl'Epitre dédicatoirede l'Imitation de 
J. C. a employé le mot àt rabaijjcmenc ^om humili- 
té. Tant s'en tant, dit il , que ce glorieux rabaijjemein 
fou indigne du courage des perfonnes de votre naif- 
Jance.. Je vous avoue , dit le P. Bouhours dans Ion en- 
tretien de la langue , que ce glorieux rabaijjement , 
pour dire , humilité généreufe , ne me plaît guère. Ilne 
me plaît point du tout , dit Arille , & je doute foit 
que r.ihaifj'cmennt foit françoisen ce lens la. J'ai bien 
ouï dire le rabaiffement des monnoies , & peut-ctrc k 
rabaijjement d une peiTonne , à qui on lut perdre îa 
dignité & fon rang: mais je n'ai pas ouï dire rabai[je- 
ment pour humilité , ik ce glorieux n'y revient pas 
trop , félon mon fens. 

fer Ccglorieux rabaijjement que le P. Bouhours reprend 
dans le pallage de M. de Sacy ell très-bien dit, répii 
que Ménage. On trouve dans Nicod rj^a^/J^wt'^f d'é 
tat; & rabaijfement de monnoie qu'il approuve, eil 
très-mal dit. On dit le rabais des monnoies, & non pas 
le rabdijTement ; le P. Bouhours efl: lui même demeu- 
ré d'accord dans Ion livre des doutes, qu'on ne dit 
point le rabaijjement des monnoies. On trouve pour 
tant ce terme dans le Diél. de l'Ac. Fr. au mot Ra 
BAissEMENT , pout la diminution que le Prince fait 
par un édit du prix des monnoies, ou de celle qu'il 
ordonne être faite dans la levée des tailles. On auroit 
au moins dij remarquer que ce terme fe dit peu au- 
jourd'hui, & que rabais efl prefque ftul en u(age. A 
l'égard du mot rahaijje qu'on a dit autrefois dans le 
même lens, il eft ablolumcnt hors d'ulage. 

^j- RABAISSER, v. a. Mettre plus bas , mettre une choft 
dans une lituation au-dcllous de celle où elle étoit. 
Dcprimere , demittere. Ce tableau efl: trop haut , il 
faut un peu le rahaiffer. Il faudtoit ra^az/J^r cette cor- 
niche. 

<Sfï' Il le dit aulll de la voix , & fignifie élever moins la 
voix, demittere vocem. Vous parlez trop haut dans la 
chambre du malade , rabai[]e-^ un peu votre voix.C'eft 
ainfi qu'on s'exprime dans le DicT:. de l'Acad. Fr. Je 
rclpeèle beaucoup une pareille décilion \ mais le mot 
àebdijierus conviendioit il pas mieux dans ces cxcm 
pies? Il ef: au moins certain que le mot de bai[fer , 
en parlant des chofcs qu'on veut placer plus bas, & 
de celles dont on veut diminuer la hauteur , eft beau- 
coup plus ulité que celui de rabuijjer. 

§C?On dit figutément d'un homme qui retranche fadé- 
penfe, ou qui modère les prétentions qu'il avoit, qu'il 
a rabaijfe fon vol. 

^3" Rabaisser, le dit encore pour diminuer. Remit- 
tere , diminuere. Rabaiffer les tailles, le taux des den- 
rée:;; rabaijfer les monnoies. 

§3° On prétend dans l'Encyc. que rabaijfer dans ce fens 
eft auiîl neutte. C'efl une faute. On rabaijje le taux 
des vivres; mai^ on ne dit pas que les vivres rabaijjent 
de prix. Bai [fer eft adlif & neutre ; abaijfer n'eft qu'ac- 
tif , & je crois qu'il en eft de mcm.e de rabaijfer. 

Rabaisser, dans un fens figuré, fignifie abaiffer , 
ravaler, humilier. Réprimera j, coercere yContunderc j 
deprimere. L'humilitéélcve les Chrétiens devant Dieu, 
tandis qu'elle les rabaijfe devant les hommes. L'çnvie 



ÎIAB 



ne pouvant s'élever jufqu'au mérite , pour s'égaler à 
lui , tâche à le rabatjjcr. Boa. Perf «me n'a mieux 
pratiqué que vous cet art pbligcant, qui fait qu'en fe 
rabaijfe lans fe dégrader, & qui accorde fi hcuicule- 
meiit la liberté avec le refpect. FlÉch. Les ambiacux 
ne pouvant latislaire leur ambition en fefailant grands, 
tâchent de conloler leur malignité enrabaijjant ceux 
qui le lont. Nie. Aurez-vous plus de métite quand 
vous aurez rabuiffe celui de vos rivaux; Bell. Le de- 
fir que nous faitons paroître de nous relever , nous 
rabaijfe aux yeux des autres. Nie. Platon rabaiJJ'oit la 
vanité infenlée d'Alcibiade. Dac. 

'^fJ" Rabaisser l'orgueil de quelqu'un , c'eft le répri- 
mer. On dit proverbialement dans la même fignifica- 
tion, rabaijfer \e caquet. 

«:j- On dit 'encore entérines de Mancze , rabaiffer les 
hanches d'un cheval , c'eft-à^ire , alfeoir un cheval 
dilpolé à s'élever lur les jarrets, ou à marcher & tra- 
vailler fur les épaules. Challez le derrière avec vos 
jambes , rercnez le devant avec la main ; vous relève- 
rez le devant , & vous abaiffere^ le derrière ou les han- 
ches, deprimere. Si le cheval n'a pas alfez de forces 
pour continuer à faire des courbettes, il fe rabaijjera. 
aifément lui-même. Pluv. 

Rabaisser le trarro/?. Terme dcRelieur de livres. C'eft 
couper avec une pointe d'aciet le carton qui fait la 
partie la plus lolide de la couverture d'un livre & le 
rendre de tous côtés égal à la tranche; enlorte néan- 
moins qu'il l'excède de quelques lignes. 

RABAISSÉ, ÉE. part. Il a la fignification de fon verbe, 
La mudeftie &C la prudence obligent de prendre urj 
air rabaijJé j, quand on combat des opinions commu- 
nes , ou une autorité affermie. Log. Il fignifie la , 
humble & modefte. Dctuiffus , reprejfus. 

RABANER. V. a. Terme de Marine. Rabaner quelque 
choie, c'eft y attacher des rabans. Funium appendi- 
ces neclere. 

RABANISTE. roy«^RABBINISTE. 

RABANS. Terme de Marine. Ce font de petites cor- 
des qui fervent à attacher les voiles les unes aux au- 
tres , à les ferler , & à faire plufieurs manœuvres. Trac- 
torïifuniculi, vel funium appendices. On les appelle 
autrement commandes. Elles lont faites de vieux ca- 
bles & filets, & les matelots en portent toujours à la 
ceinture pour feivir au beloin. 

(C? Les rabans de têtière amarent les voiles aux ver- 
gues : les rabans de pointure fervent à attacher le coin 
ou la pointe de la tête de la voile , qui s'amarre fur 
les taquets de poinmie, ou à amarrer les pattes des 
ris aux taquets de ris , quand on prend les ris dans les 
huniers. Les rabans de terlage font des fangles fort 
longues, avec lelquelles on ferre les voiles fur les ver- 
gues. 

RABASSIÈRE. f. f. Inftrumcnt de fer , en Languedoc , 
fervant à arracher. Ce mot pourioit peut-être venir 
de lahatj ou de arraba , arracher. Borel. 1 

RABASTEIN. Nom d'un bourg de l'Albigeois, en Lan- " 
guedoc. Rapiflanum. Il eft fur la rivière de Tarn, à 
fept ou huit lieues au-delFous d'Albi. Maty. 

RABASTER, ou plutôt RABÂTER , \'s ne fe pronon- 
çant pas. v. n. Je luis aire/, de l'avis de Nicot , de 
Pontus, de Tyard & de Trippauld, qui le dérivent 
de rabattein , dont les Grecs le lont lervis pour dire, 
fe promener haut & bas , frapper Si faire du bruit. 
Quoi qu'il en foit , on a appelé Rabats les Eiprits : 
car c'eft ainfi que Jacques de Clufa, qui a écrit de la 
façon de chalfcr les Eiprits des mailons , remarque 
qu'ils lont appelés; & on les nomme encore ainll à 
prélent dans les provinces d'Anjou , de Poitou , de 
Saintonge & de Normandie. Et vous trouverez dans 
la Bibliothèque de laint ViCfor, de Rabelais /iv. 2 ,ch. 
7 , la momerie des Rabats & Lutins. Et en Normaii- 
die , quand on veut appeler une femme vieille dia^ ■ 
blejfe , on l'appelle vieille Rabâche: ce qui me fait 
ici remarquer que ro/'i?/'^ cil allemand fignifie ur.e fiile 
hagarde, & qui fait beaucoup de bruit, ... Ménage , 
Dicl. Etym. au mot Rabat er. 

Marot(fci. 2, p. m. ^ j .^.)s'cft f ervi de ce mot dans ui^e 
cpigramme fur le retour de M'''" de Talkrd à la Cour; 



Kab 

O Efprlt donc, bon [croît , u mefemhle , 

j^vecijuis !oi u'ùa(ïct route nu'ui! 

Noce jjijfurk cluip. 7 du 2 liv. de Rrbeluis. 

Et Maître Pierre Cocluit dit dans la prcmicic reçue 
du Tambour Noâurnc, r. .f , to. 5 , du Théâtre de 
M. Des-Touches: le diable d'Efprit a tant nibdjleiui: 
les tuiles, que j'ai cru que l'écurie me tornbcroit (ur 
la tête. Rahajlered vieux, & ne feit plus. 
RABAT, f. m. (CF Morceau de toile qui fait le tour du 
cou , monté (ur un pone-rabut , Se qui dckcnd divilé 
en deux portions oblongucs, plus ou moins basiurla 
poitrine. Anciennement tous les hommes en portoient 
autour du collet de leur pourpoint , tant pour l'orne- 
ment que pour la propreté. Linn<cus coUi amiclus. Un 
rabat di dentelles, un rabat de point , nn rabat tout 
uni , un rabat empefé. Il n'y a plus que les gens d'E- 
glife tS: de robe , les NLirguilliers &c quelques Offi- 
ciels de Communauté qui s'en fervent. Ceux-ci le 
portent très-long; les Eccléllaftiques le portent beau- 
coup plus court &C plus étroit. Lorlqu'il fe rabat fim- 
plement furie collet du pourpoint, fans defcendrelurla 
poitrine, on l'appelle collet plutôt que rabat. C'cft 
de-là qu'on appelle les jeunes eccléliaftiques petits co/- 
/fw. C'eft ainfi que le portent les Pères de l'Oratoire, 
ceux de S. Lazare ou de la Million , & ceux de la Doc- 
irine Chrétienne. 

Ménage dit que le rabat vient de rabattre, parce 
que le ;j/;jr n'étoit autrefois qu'un collet dechemile 
qui fe rabattoit fur les épaules. 
Rabat decouleur.Texmz de teinture, eft une légère façon 
de teinture qu'on donne aux étoffes^ de peu de valeur 
pour les achever. Levis t'inclura. Ainli on dit,donncr un 
rabat de fuie de cheminée à des couleurs brunes ; 
comme aux couleurs d'olive palFées en vert, on leur 
donne un rabat de fuie. 
§Cr Rabat , fe dit auili en fait de teinture , dans le même 
feus que bruniffure. Quand une drogue fait une cou- 
leur trop haure , ou trop vive , on fe fert d'une autre 
drogue pour la rabattre , pour la diminuer. 
Rafat. Terme de Commerce trèsulité à Amfterdam. 
C'eft un elcompte ou diminution que l'on fait lur le 
prix de certaines marchandiles , lorfque l'acheteur 
avance le payement de la lomnie dont il étoit con- 
venu avec le vendeur. 
(Rabat. Terme deCirciie. Les BlanchifTeursde cire nom- 
ment de la forte un morceau de grade toile qu'on met 
fur le tour ou tourillon de lagrcloire, à quelque di(- 
tance , pour rabattre , ce qui s'élève de la baignoire en 
tournant. 
Rabat , au jeu de quilles, fignifie le coup qu'on joue 
en revenant, après qu'on a poulie fa boule. Alter globi 
jaclus. Il a abattu tant de quilles de venue , «^i tant 
de rabat. Il y a des endroits où l'on appelle le fécond 
coup rabuter ; parce qu'après avoir joué le premier 
coup d'un certain but, le lieu où va fcrepofer la boule , 
fert d'un autre but pour jouer le fécond coup. 
■Rabat , fe dit aulli du toit d'un jeu de paume qui re- 
jette & lépercute la balle. Pilaris tecli fitus oppoji- 
tus. (ÇT Etre au rabat. Tenir le rabat. On le dit de 
même du coup qui vient du rabat. Jouer le rabat. 
Rabat , eft auili un terme de Vanier. C'eft le dclfus de 

la cage. Cœlum cavet, 
IIabat, eft aulli un vieux mot françois qui fîgnifioitun 
Lutin ^nn V.fpr'it qui revient la nuit, & qui fait du 
bruit dans la mailon. Larva , lémures. Rabelais parle 
de lamomcrie des Rabats & Lutins. 
^CF En termes de chalFe , on appelle chafTe au rabat , 
celle où l'on va la nuit avec des filets , pour rabattre 
fur le gibier qu'on poulFe dedans par le moyen des 
chiens. 
Rabat en iffue de Cour. Vieux terme de Coutume. 
C'étoitun droit dû au Greffe par celui qui n'ayant pas 
comparu à l'Audience , lorfnue fa caufe avoit été 
appelée, comparoiiroit à l'iirue de 'l'Audience , & 
avant qu'elle fût levée, pour demander que le défaut 
prononcé contre lui fur rabattu ; ce qui étoit fondé 
fur l'Art. XXIV de l'Ordonnance de Louis XU , de 
l'an 145^8. Ce dioit qI\ aboli. 



R AB 



ÏTI 



RABATAGE. f. m. On nomme ainfi à Bordeaux ce 
qu'ailleurs, & particulièiement à Amfteidam , on ap- 
pelle rabat jCc(i-3.'àni:^ une cfpèce dcfc^mpte qui 
s'accorde par le vendeur a l'acheteur tn laveur du. 
prompt payement. Rabatagc fignifie auffi quel-iue- 
fois la même choie que tare. 
RABATH. Nom d'une ancienne ville de la Mauritanie 
Tingitane. Rabatha , anciennement Oppic/^/?; novum ,- 
Oppïnum. Elle eft maintenant dans le i-ioyaume de 
LcjC, entre la ville de ce nom & celle de Tanger, à 
Zj lieues de la première, &à vingt-une de la der- 
nière. Maty. 
ftCT RABA-JOIE. f. m. Terme du difcours familier par 
lequel on défignc quelque chofe de t.icheux qui fur- 
vient pendant qu'on eft en difpofition de fe réjouir. 
Pendant qu'ils étoienc à le divertir , ils apprirent une 
nouvelle fàcheufe qui fut un grand rabat-jvie pour 
toute la compagnie. 
fCF On appelle aulli rabat-joie, un homme trifte Sc 

ennemi du plaifîr des autres. 
ÇJ- RABATTEMENT d'un défaut. Tetme de Palais. 

/''(Tyêij Rabattre un défaut. 
IfT Rabattement d'un décret. Terme de Jurifpru» 
dence. Elpèce de regrès dont ule celui qui a été évin- 
cé de fes biens au mayen d'une adjudication par dé- 
cret. Ce rachat ou regrès eft fonde fur le droit Ro- 
main. La reftitution contre les décrets n'eft pas géné- 
ralement admife. 
^ RABATTRE, v. a. Abattre pour la féconde fois. Il 
a fallu rabattrep\\iÇv:U{s fois ce pan de muraille. En- 
cyclopédie. Ce veibe, comme réduplicatif, n'eft pas 
d'ufage. 
ftT Rabattre. Diminuer de la valeur d'une chofe, Sc 
du prix qu'on en demande. Minuere , deducere. Sur 
la fomme que vous demandez , il faut rabattre ce que 
vous avez reçu. Je ne vous rabattrai rien de vos ga- 
ges. C'etl un prix fait,on n'en veut rien rabattre. J'ai 
été obligé de rabattre un tiers du prix de ma ferme à 
mes fermiers. On rabattrait beaucoup de l'eftime 
qu'on a pour certains perfonnages, s'ils le montroienc 
tels qu'ils font. Rabattre de fa févérité, piendre un air 
moins févère. Remittere frantem , vultum rcmitterè 
I de feveritate. 
^Zt On dit familièrement d'un homme qui ne veut fil- 
trer dans aucun des tempcramens qu'on propofe pouf 
concilier les cfprits, ou pour accommoder les affaires, 
que c'eft un homme qui n'en veut rien rabattre. On 
dit de même d'une pei lonne qui a fait quelque chofe 
qui donne heu de l'eftimer moins, qu'on en rabat 
beaucoup. 
ifT Rabattre, faire defcendrc , déterminer en bas. Le 

Vent rabat la fumée dans mon appartement. 
^fT Rabattre un coup : c'eft le détourner en le parant. 
Eludere. Il rabattit le coup d'épée qu'on liii portoir. 
On le dit aulli de celui qui fépare deux perfonnes qui 
fe battent, en fe mettant entre deux. 
fCT On le dit au figuré ce ceux qui appaifent des gens 
aigris les uns contre les autres. C'eft encore rendre de 
bons offices auprès d'un homme puiftant , à quelqu'un 
contre qui il étoit prévenu. Leminiflre étoit fort irrité 
contre lui , & on a eu bien de la peine à rabattre les 
coups. -, 

ffT Rabattre , dans un fens figuré, fynonyme d'a- 
baifTer, ravaler. Reprimere , contundere. Rabattrel'oZ' 
gueil , la fierté de quelqu'un. On dit dans le ftyle très- 
familier , rabattre le caquet de quelqu'un. 
Rabattre , en termes de Palais , fe dit des défauts &c 
congés qu'on frit révoquer par le Juge en fe préfentanc 
devant lui , Sc offrant de plaider pendant la même 
audience. Vadimonium irrltum facere. Un Avocat 
qui vient remontrer qu'il étoit à plaider ailleurs , fait 
rabattrele défaut qu'on avoit obtenu contrelui. "■tTPac 
ce moyen la caufe eft remifc au même état que fi le 
Procureur ou Avocat qui a obtenu jugement par dé- 
faut, faute de plaider, n'avoir rien obtenu. 

Il eft parlé du rabattemejit des défauts dans quel- 
ques anciennes Ordonnances de Louis XII en 1498 , 
& de François I en i ^9- Le Juge, avant que l'Au- 
dience fùc levée, faifojt appeler tous ks défauts quJi 



S^ 



î ÏZ 



RAB 



Avoit donnés le même jour , afin qu'ils valuirenl Se 
unirent contre les d::raillans, & pour donner apointc- 
lïient i \a caule par les compaicns; & torique la par- 
tie qui avoit tait dctaut a i'appel de fa caule, com- 
paroilloit enluite pour procéder & prendre appointe- 
ment en la même AuiHence, cela s'appeloit taire ra- 
battre le déhiut. 

ÊABATTRt, en u-rmes de manège , Ce dit d'un cheval 
qui manis-a courbettes; Se on dit qu'il les ralmt bien, 
lorfqmi porte a terre les deux jambes de derrière à 
à h fois, de manière que la chute de les deux pieds r.e 
/allent entendre qu'un leul ton. E faltu isqualucrjc dc- 
m'utere. On dit auili que le cavaher dompte èc rabat 
l'impétuolite d un cheval fougueux. 

Rabattre. Terme d Agriculture. C'ellrouler , adoucir , 
applanitla terre lorfqu'elle eft mouillée, & que les 
avoines iont levées. Ttrram Uvigare , adtcquare. Ra- 
battre les avoines. Rabattre la terre , c'eft unir celle 
qui a été bilionnée. 

ÇO^Ondit en termes de jardinage, rabattre un arbre; 
c'cft le tailler court. Il faut rabattre les arbres qui 
poutTent foiblcmcnt. Il faut de temps en temps rabat- 
tre les abricotiers , fur-tout ceux qui fc dégarniirent 
par le bas. 

Rabattre. Terme de Tireur d'or. C'eft par le moyen 
du rouet , faire palier iur larochette le trait qui ett au- 
tour de la bobine. Traclus reprimere. Rabatrre du 
trait. Trait rabattu. 

Rabattre. Terme de clialFe. Proripere. Ce mot fe dit 
d'un limier ou d un chien courant , lorfqu'il tombe 
fur les voies de la béte qui va de temps, & en donne 
la connoillance à celui qui le mène. 

§Cr On dit encore rabattre le gibier, pour dire battre 
la campagne pour le rairembler dans l'endroit où font 
les chaileurs. 

Rabattre. Terme de Tailleur. C'eft prendre un petit 
morceau de l'étotfe, le rempiler & le coudre. Panni j 
tel& margïnemjinuare. 

§Cr Rabattre les plis & les coutures , chez les Tailleurs 
& les Couturières , lignifie, les applatir avec le dé ou 
le ter à repalfer. 

Rabattre, en termes de Teinturier, fe dit pour corri- 
ger une couleur trop vive. Par les Réglemens & Sta- 
tuts pour les Teinturiers , il ell porté par l'article 12 , 
que les verds bruns Icront allumés & gaudés avec gau- 
de ou tarrette , puis rabattus avec le veidet & le bois 
d'inde :& par l'article 24, les olives & verds doux doi- 
vent être montés de gaude & fuftcl , & rabbatus avec 
le bois d'Inde & couperole. Les feuilles -mortes ne 
font rabattues qu'avec la icule couperofe ; c'eft l'ar- 
ticle 25. 

^fF Rabattre. Terme de Serrurier & de quelques au- 
tres ouvriers qui travaillent Iur les métaux. C'eft effacer 
à petits coups les inégalités que les grands coups de 
marteau ont pu lailler tur la pièce. 

Rabattre. Terme de Tanneur. C'eft jeter un cuir dans 
un vieux plain. Pelles ïn fcrohem deponere , deiner- 
gerc. On tire le cuir de l'eau , «Se on le rabat dans un 
vieux plain. 

Rabattre. Terme de jeu de quilles. C'eft jeter une fé- 
conde fois la boule dans le quillier , pour abattre des 
quilles. Secundarium globijaclum obire. J'ai rabattu , 
6c j'ai fait cinq quilles de mon rabar. 

^3° Rabattre, à la longue paume , c'eft renvoyer la 
balle à la partie adverfe, le plus près de terre qu'il eft 
polHble. 

(fF Rabattre, v. n. fignifie quitter un chemin , &: fe 
détourner tout d'un coup par un autre. Quand vous 
ferez en tel endroit, vous rabattre:^ de tel côté, à 
droite , à gauche. 

|C? Ce verbe eft encore réciproque. On dit que des per- 
drix fe (onx. rabattues dans un taillis, dans une vigne ; 
pour dire, qu'elles s'y font remifes. On die aulll que 
l'oileau fe rabat fur le gibier. Devolare. 

IJCr On dit de même qu'une armée a dérobé fa marche, 
a fait divers mouv'emens pour fe rabattre fur une place , 
c'eft-à-dire, qu'elle a quitté tour d'un coup la route 
qu'elle tenoit pour fc porter au ticgc de cette place. 

^ÎT On s'en fert encore quand , après avoir parlé de quel- 



RAB 

que matière , on en entame une autre. Après avoir parlé 
des nouvelles courantes, il le rj^afrir Iur la politique. 
On dit proverbi.ilenienr, j'en rabats quinze , peut 
diic , j'ai perdu beaucoup de l'tftime que j'avuispour 
lui. On dit aulii, j'en rabats la moitié. Je lui ai bien 
rabattu fon caquet, pour dire, je 1 ai humilié , je lai 
obligé à te taire. On dit aulli à ceux qui ont un habit 
ncur, qu'il leur faut rabattre les coutures, quand on 
les frappe légèrement, par allufion à ce qu'on dit des 
Tailleurs, qu ils rabattent les coutures, quand ils le? 
coulent une leconde fois. 

RABATTU' , UE. part. Il a la fignification de fon verbe. 
On appelle épée rabattue , une épée qui n'a ni pointe 
ni tranchant; &:, dames rabattues j une lorte de jeu 
qu on joue Iur le tablier d'un tridtrac. Jouer aux dames 
rabattues. Acad. Fr. 

Ondit proverbialement, tomccmpté,xouv rabattu; 
c'eft à-dire , toutayant été bien calculé &: compenfé. 
Circumjpecl'is j velfubduclis omnibus rationibus. 

RABBA , RABBATH. C'étoit anciennement la ville ca- 
citalc des iKx\\vcnjnir.ts. Rabba y Kabbath , Animana , 
AJîarte. Elle etoit lituée au pied des montagnes de Ga- 
laad , tur le Torrent de Jaboé , &: dans la Tribu de 
G;d. Cette ville tut prife par David qui la ruina. Fto- 
lomée Ihiladelphe la rebâtit, & lui donna le nom de 
P hdadelphïe j qui fe communiqua à tout ton terri- 
toire. Maty. 

RACBANISTE. Voye-!^ Rabbiniste. 

RABBI. Voye-^ Rabin. C'eft la même chofe pour la fi- 
gnification, mais il y a quelque dift^rcnce pour l'u- 
lage. i" Quand on emploie ce mot ablttlum^nt , Sc 
fans le joindre à des noms propres, il tant dire l' at-lïriy 
ôc non pas Rabbi. Ce Rabbin vivoit au Xii^ lièclc. Il 
ne tant point attribuer aux anciens Habbins tous les 
fentimens des nouveaux. 1° Quand on met ce mot de- 
vant le nom propre d'un Docteur Juif, il faut dire 
Rabbi , ôc non pas Rabbin. Rabbi Salomon Jaihhi , 
&C bien d'autres Juifs , font de même ler.timent. P, 
SovciET. DiJJ'ert. ;;^<f. i?iii^ii Salomon Jaihhi (u de 
Luncl. Id. 5°. Si cependant on mettoit un article de- 
vant ce mot , il taudroit dire Rabbin & non pas Fab~ 
hi. Le Rabbin Abcnczra eft auteur de cette interpré- 
tation , & non pas le iÎj/^/'i Abenezra. C'eft l'explica- 
tion du Rabbin Lévi Ben Gerton. 4°. J'ai dit un arri- 
cle, & non une prépotition. Car avec les prépofitions. 
fans article il faut dire Rabbi , ôc quand il y a un ar- 
ticle , Rabbin. Je vous renvoie à Rabbi Elias Lévita , 
& je vous renvoie au Rabbin Ehas Lévita. Je tiens 
cela de Rabbi David Kimmhhi, ou je tiens cela da 
Rabbin David Kinihhi. 5°. Rabbi n'a pointde pluriel, 
& Rabbin en a. Ainfi il faut dire, les Rabbins , & 
non pas , les Raébisj ont toiivent de plailantes imagi- 
natii)ns. Les Rabbins Jchuda Chijug, & Jéhuda Ben 
Chabin, font les auteurs de deux anciennes Gram- 
maires Hébra'fques. Si l'on vouloir due Rabbi , il fau- 
droit le répéter à chacun. i?t;/^>''; Jchuda Chijug, & 
R<.ahbi Jéhuda Ben Chabin, font les auteurs, iSc. 

§3" On dit encore Rabbi en féconde perfonne. Que di- 
tes-vous , i^aZ'/'-i j de cette interprétation? 

RABBIN, f. m. Dodeur de la loi Jud.i'ique. Rabhïnus i 
feu Dûclor Legis antiquit. Les Rabbins occupent les 
premières places dans les tynagogues , & c'eft à eux à 
prononcer fur les matières de la Religion, & fouvenc 
même fur les affaires civiles. Ils ont le pouvoir d'ex- 
communier les détobéiffans. Les Rabbins ont écrit 
plufieurs traditions fuperflitieufes , qu'ils obfcrvenE 
aulli fcrupulcufementque la Loi deMoytc. Les Com- 
mentateurs de la Bible ne laiftent pas de profiter beau- 
coup de la leûure des Rabbins. Ce mctne fignifieau- 
tre chofe que Maître, &:Jes Juifs difoicnt, en déri- 
fion, à Notre Seigneur au temps de fa Paillon , Ave ,, 
Rabbi. La femme du Rabbin s'appelle Rabbine. 

On appelle aulfi figurémeiit un Rabbin , un vieux 
P abbin yunhomme qui a beaucoup lu, beaucoup étu- 
dié les livres des Juifs, les ouvrages des Rabbins. 

RABBINAGE. f m. Il n'cft d ufage que pour fignifiet 
l'étude qu'on fait des Livres des Rabbins. Cet homme 
palFe fa vie dans le rabbinage. Il ne te dit que parmé-^ 
pris. 

RABBINIQUE- 



RAB 

RABBlNIQUr.. .iJj. de t. g. Quieft des Rabbins , p.ir- 
tjciilici' aux Rabbins. Riibhinicus. Le caradtcrc nih.'-t- 
niqu^ cil: dit-FJrcnc de 1 h.-braïqiic ordinaire. Ce n\li: 
là qu'uiic inccrprétacion rabbuiiquc. Vilion > rôtiic 
r^ihbïinquc. 
RABBINISME. f. m. La doûrine des Rabbins. Rahb't- 
nij'mus. Il entend bien le rabbinïfmc. André Scnncit.i 
intitule Rdbbanifinc , une Grammaire rabbinique qu'il 
a fixité, llahbinifmus ,h. e. Pr^cepca Turgumico-Tal- 
niudico-Riibhinic.l. 
RAbBiNlSTlI. C. ni. Qui fuit la doctrine des Rabbins , 
ou qui étudie leurs livres. RLibbinijLi , vcl doclrum 
Rabbïnorum jdidcor. Le P. Simon croie & loutient 
qu'il faut dire rabbuiijii; &: que (i nibbinifid fe trouve 
dans la prciliicre édition de (on Livre des Coutumes 
desJuiKs, cela vient de ce que (on Corredeur s'étoir 
imaginé que rabbir.ijh étoit plus doux ofizrabbamflc. 
En erfer ii faut prononceï rabbanijle , non parce que 
vabbinijlc ell plus doux que ratbanifle , mais parce 
que ce mot vient de Ihébreu rabhanïm qui elT: un 
nom de (ccle , & que les Juifs s'en (ervent lorlqu'il 
s'agit d'oppolér leurs Docteurs à ceux des Juils Ca- 
raïtcs. Vove^ Buxtorf dans Ion Uidionnaire Chal- 
daïque , Talmudique, Rabbinique (ur le mor rabha- 
nïm. R.:bbani/}f iîgnihe donc un Codeur Juif qui dé- 
fend les traditions de (espères, &: non pas un (impie 
Rabbin ou Dotleur. Car les Juifs Caraïtes , qui (ont 
contraires aux traditions, ont leurs Rabbins ou Doc 
tcurs, aulli bien que les autres Juits. Les perfonnes la- 
vantes qui ont écrit en latin (ur cette matière, (b font 
fervies du mot rabban'uâ. ou rabhaiiiJÏ!Z ; c'efl pour- 
quoi il fiut dire en françois rahbanijles ■, quoKjue les 
Auteurs du Journal de Trévoux ayent dit rahhinïflcs 
dans l'extrait qu'ils ont donné du livre de M. Schu- 
parc, couchant la (ecte des Cara'ites. M. Schupart ne 
s'ell point (ervi d'autre mot que de celui Ac.rj.hba 
nïjléi. Peut-être feroic-il mieux de dire en latin rabha- 
nitA. C'ell-là le fenriment du Père Simon : d'autres 
croiront & foutiendront que, comme on dit en fran- 
çois Rahhin , rabbinique & rahhinifme j il tant dire 
aulîi rahbirïifle. Et l'uiage paroît plus ^omrahbir.iJJe , 
que pour rahbanijic, en notre langue. Le P. Nau Jé- 
(uite , dit Ratbinie;i Si Carraïn_, dans (on Voyage de 
la Terre-Sainte. Les rabbinifles (ont proprement ceux 
qui ont fucoédé aux anciens Phanliens, dont ils (ui 
venc "es traditions. Op diftingue les rahbanijles desca^ 
r.a'i'tes , en ce que ceux-ci (uiveiu exadlement l'Ecri- 
ture; mais ils font fort haïs des Juifs qui les regardent 
comme des Hérétiques. Simon y^/r Léon de Modène. 

RABBOTH. f. m. Nom que les Juifs donnent à d'an- 
ciens Commentaires (ur le Pcntateuque, & (ur quel 
ques autres livres de la Bible. Ce (ont des recueils des 
explications allégoriques des Doéleurs des Juifs. Rab- 
both (îgnifie excellent. Ces Commentaires (ont d'une 
grande autorité chez eux. 

RABBOT. Ville de la Paleftine dans la Tribu d'illlrchar. 
Il en ell: fait mention dans Jolué, & elle e(i nommée 
Rabbirh dans Ihébrcu. 

RABDCÏDE. adj. Terme d'Anatomie. C'ed: un nom 
qu'on donne à la Iccondc vraie (uture du crâne, qu'on 
apppclle autrement y^.'fji«£:/e. 

Ce mut eft grec , f<iC-f«s, & (îgnifie proprement 
qui a la figure d'une verge. 

RABDOL(^GIE. f. f. Partie de l'Arithmétique qui en- 
feigne à en faire facilement les deuxopérarionsles plus 
compliquées, la nniltiplicarion & la divillon, par les 
deux plus (impies qui (ont l'addition & la fouftrattion, 
&r cela par le moyen de petites languettes ou verges 
féparécs , timbrées des nombres lîmples, qu'on change 
fitivanc l'occafion. Rkabdologia. Cette invention eft 
de Néper, Baron de MerchifLon,Ecoirois, qui a aulîi 
trouvé !a belle invention des logarithmes. 

RABD"MaNCE , RHABDOMANCE & RABDO- 
MANCÏE. f. f. Divination qui fe fait parle moyen de 
baguette;. Rhahdomancia. S. Jérôme fait mention de 
cette efpccede divination dans fon Commentaire fur 
Ofée , ch. IV , V. /2 , où le Prophète dit au nom de 
Dieu : mon peuple a interrogé du bois , & (on bâton 
lui a prédit l'avenir. Ce Père prétend que c'eft la di- 
Tome VU. 



RAB iT^ 

vination que les Grecs appellent rahdomancic. Il la 
trouve encore dans Ezéchiel , XXI, zi, 22, où ce 
Prophète dit; le Roi de Babylone s'tft arrêté à l'en- 
droit où le chemin (c (éparc en deux. Il a gravé fur 
Atis Hèches.il a interroge lés idoles, lia conlidéré le 
foie des victimes. Si c'eft la même forte de divination 
dans ces deux endroits , rhabdoniancc étoit la même 
fuperftirion que la bélomance , & en effet plulieurs 
les confondent. Les Septante, eux-mêmes, ont tra- 
duit le Diun d'Ezéchiel par p'aCJ'.ï, une \cr>^e quoi- 
qu'il lignifie des Hèches. Ce qui eft certain .^c'eftque 
dans Olce &i dans Ezéchiel, les inftuiniens de divina- 
tion dont on parle (ont difîérens : dans ()(ée , c'eft 
li'y, er/ôj T7;?a, m.iklo , (on bois, fon bâton ; 
dans Ezéchiel , Diïri , hhitjlm _, des Hèches. Mais 
peut être fe (crvoic-on indiliétcniment de baguettes 
ou de Hèches ; les guctiicrs, de Hèches , tk les autres 
de bagucrtes. Du lefte , voyez ce que nous avons dit 
au mot BÉLOMANCE , Tom. I. Il paroit par les loix des 
Enlons que les peuples d'Allemagne ont pratiqué la 
rahdomance. Les Scythes en ayoient aulii l'ufage ; &C 
Hérodote rapporte, /,. IV , que les femmes des Alains , 
chcrchoient ik ramairoient des baguettes bien droi- 
tes, & s'en fervoient à la même fnperftition. 
(t3° On peut rapporter à cette elpècc de divination la 
baguette divinatoire quia fait tant de bruit le liècle 
dernier, qui tourne & (e tort entre les mains , dès 
qu'on paHe fur la chofc qu'on veut découvrir. Voye-^ 
le traité de l'Abbé de Vallcmont fur cette matière , 
& le traité de la Religion de iM. l'Abbé de la Chambre. 
Ce mot vient de p'aCiot, verge ^ de |ua.iTfia , divina- 
tion, de ^a»T/!, devin. 
îp- RABDOPHORE. Tenue d'antiquité. C'eft le nom 
qu'on donnoit en Grèce à certains Ofiiciers établis 
dans les jeux publics pour y maintenir le bon ordre. 
RABE. Voyei Râble. C'eft aind qu'il faut dire. Dionis 

dit & écrit râbe; mais mal. 
RABE. (. f. Vieux mot. Rave. Rapum. Lesplegney , 
cité par Bcrel. 

Mais le nom ne fer t d'une rabe. 

RABES de morue. Ce font les œufs de la morue que l'on 
(aie, & qu'on met en barique. Ce terme n'eft en ula- 
qu'à la Rochelle; ailleurs on dit des raves. 

RABETIR. V. a. Terme populaire qui fignifie rendre bête. 
Vecordem & Jlupidum efficere , reddere. Lé vin , la dé- 
bauche, les alîliclions rahètiji'ent les homm.es. 

fK? RABETl, lE. par% 

%T RABETTE. (. f. Efpèce de choux, dont la graine 
donne par exprelîion une huile qui e(l de quelque 
ulage dans la pharmacie &: dans la dr.aperie. Graine , 
huile de Piabette. 

RABIH. 1. m. Sorte de fruit qui fe trouve dans le royau- 
me de Fez. Il rellcmblc aux cérifcs j iSc a le goiir da 
jujubes. Rabihnum. 

RABINE. (. f. Dans la nouvelle Coutume de Bretagne, 
art. 2 s s ) eft une elpèce de bois qu'on n'a point cou- 
tume d'émonder. De Lauriere. 

RABIS. adi. pi. m. Vieux mot. Loups rabis ^ loups ra- 
vidans. Note fur Marot. 

RABLE. (. m. Partie de l'animal qui eft vers les reins, 
entre le train de devant & celui de derrière. Lumbus ^ 
dorfum. Il ne (e dit guère que des lièvres & des lapins 
dont on (ert le râble , comme la partie la plus délicate. 
On le dit par plailanteiie , des hommes forts &■ ro- 
bultes, capables de porter de grands flirdeaux; & quel- 
quefois on le dit des gens vigoureux en amour. Ro- 
huQus y validus. Cet homme a les épaules larges & le 
râble épais. Les Médecins appellent râble la troilième 
divifion de l'épine, qui eft compofée de cinq vertè- 
bres qui (onr entre celles du dos &: celles de l'os facré. 

§C? Rable, ou Rouable, terme d'Agriculture. Efpèce 
de râteau (ans dents,qui fert à égalifer un terrain nou- 
vellement remué, & à d'autres ufages dans les arts. 

R/BLE, eft aulîi un outil qui fert aux Plombiers Si fac- 
teurs d'orgues , à jcct*fr le plomb 8c l'étain pour 1 éten- 
dre en lames déliées. Rutabulum plumbarium. C'eft 
une pièce de bois qui a des deux côtés deux icbords , 



IT4 RAB 

joints en cquerre , & qui coule le long d'une table 
incliiK'c. On y veife le plomb tondu, ik leluii quon 
la poulie plus ou moins vice , les lames font plus min- 
ces ou plus épailles. Quclqucs-uus 1 appellent rj/'Of. 

RABLE , elt aulH un terme de Boulanger. C'ell un inlt' u- 
raenc qui ell à manche de bois , au bout duquel il y 
a un fer recourbé en manièie de croire , & qui 1ère a 
remuer les tiloiis, &. a manier la braile dans le f^ur. 
Conçus jurnurius. On dit rouable eu queLjues I ro- 
vinces. 

iÇ3' En Chimie on appelle râhle, une barre de fer, en 
crochet, dont on le ferc pour remuer les kibftances que 
l'on calcine. 

Râble, mnjjOU rabot fe dicaulTi de l'inftrument avec le- 
quel on fait le mortier. On dit communcnient rabot. 

Râble , fur les rivières, le dit des pièces de bois qui tra- 
verlcnt le fond des bateaux, qui font rangées comme 
des fjlives, fur lelquelles on attache les (emcllcs , 
planches ou bordages du fond. Navales c jls.. Dans 
les bitimens de mer on les appelle varangues. 

RÀBLU, UE. adj. Qui -i le rable épais; qui eft bien 
fourni du r.ible. Un lièvre bien ràblu. il te dit pai 
plaifanteiie d'un homme fort «S.: robulfe: c'cft un groi 
garçon bien ràblu. 

RABLURE. f. f. ou Jarlot. f. m. Terme de Marine. 
L'entaille que fait le Charpentier fur la quille, poUi 
emboîter les gabords. Incifura. On en tait aulîi a 
l'étrave Si à 1 ét.imbord pour placer les bouts des boi 
A.iifii Se des ceintes. 

RAB'JBELINER. v. a. Rapetairer. Il eft bas & n'a guère 
d'uTige qu'à 1 infinitif, ou aux temps tormés du par 
ticipe. Il a rabobdiné tout cela. Vuilà qui eft étrange 
menr rabobehné. Il le trouve dans Cotgrave. 

RAB )NIR. V. a. Rendre meilleur. Il n'a d ulage qu'en 
parl.iiit de certaines ch;.iks qui n'étant gpère bonnes 
d'elles mêmes, eu qui ayant été gâtées, deviennent 
cnfuire meilleures. Les bonnes caves ralonï£'ent le 
vin. Il eft populaire. 

RABOT, f. m. Outil de Menuificr,qui fert à corroyer 
le b lis , & à le rendre uni. Runcini. Il eft fait d'une 
pièce de bois, fort polie par delîous, qui lui 1ère de 
fût, au milieu àt laquelle il y a une lumière par où 
palFe un ter, ou cifeau incliné fort tranchant, qui en- 
levé les inégalités du bois fur lequel on le tait cou- 
ler. Il a plufieurs noms fuivant la grandeur, la varlope , 
le puUlaume ile r'iflart , le bouvet ^ Sec. qui différent 
feulement par leur longueur , ou par la taille de leurs 
fers. Les Charpentiers ont de gros rabots qu'ils appel- 
lent galères. Il y a aulll des rabots de ter pour les ou- 
vriers qui travaillent lur le métal, & pour la marque- 
terie. 

Rabot . félon Ménage, vient de rabutuitt ^ qu'on a 
dit pour radutum , qui vient de rado. 

Rabot, eft aulli un outil fnit d une longue perche , avec 
une petite planche ronde ou carrée attachée au bout. 
Rucabulum ,rutrum. Il Icrt aux Boueurs, pour pouller 
à l'écart les boues, aux manœuvres pour éteindre de la 
chaux, tk faire du mortier, aux Vinaigriers pour re- 
muer leurs lies , aux Pêcheurs pour troubler l'eau , ik 
à d'autres utages femblables. Les Fondeurs en ont aulli 
de fer , qui leur fervent d'écumoire , quand leur mé- 
tal eft fondu. 

Rabot , eft encore un outil de Jardinage. C'eft une ef- 
pc:e de douve ronde par dehors, & place par le bas. 
Rutabulum. On y attache vers le milieu, unman;hej 
&C on s'en fert pour raboter les allées , c'eft-a-dne , 
pour les unir , & les ratïetmir après que la charrue , ou 
le râteau y ont pallé. 

On appelle aulli rabot , un outil qui lert aux Plom 
biers , aux Faileurs d'orgues, pour jeter du plomb en 
lames déliées. Rutabulum. \\ eft tait de trois pièces de 
biis qu'on applique avec juft-jlfe lur une table incli- 
née, lur laquelle elles font un? efpèce de rebord par 
en bas & aux deux côtés j qui forment une cajacicé 
dans !a.]uelle on vcrfc du plomb fondu-, & on fait cou 
1er le r.j'^ot lur cctrc table, plus ou m<jins vite, félon 
l'épaiireur qu'on veut donnera la lame. 

Le diamant h r^bot eft un inftiumcnt dont fe fer- 
veur les Miroitiers pour équairir leurs glaces, & \<i% 



RAB 

Vitriers peur ccupcr les verres épais , comme celui 

quoii nomme v^^rre de Lorraine. On 1 appelle c/ia- 
mcjit , parce que véritablement la principale pièce 
coniilte en une pointe de diamant fi.i. 

On du hi,nréinent iSi familièieinent donner un coup 
de rabot à un ouvrage, pour dire, le polir, enôtcr les 
impertecl:ions, le icpaller , le revoir. Cfus runcinâ 
radere. 

Reprenei cent fois le rabot & la lime. Boit. 

On a dit d un Auteur dont les vers croient fon 
durs, <^ tort rudes : 

N'exige^ pas de lui qu'il poHJfe /es rimes ^ 
Il ebièt-keroit trop de rabots & de limes. 

RABOT , eft aulli une efpèce de pavé fait de pierre 
dure, i^'t.rdiiiaiierncnc de liais, dont on pave les Egli- 
tes, les jeux de paume, <it autres htux publics, dune , 
paile 5avot en Ion Architecture. C eft une foire de 
liais ru ftK;ue, dont on le leitpour paver certains lieux, 
& peur faire les bo»du;es des chauflees de pavé de 
giais. Les Latins les nommjient tudus novum , quand 
il étoitneuf , <S: rudus rcdivivum, quand il étoit ma- 
nié a bout, & qu'on le taiL it relérvir. Daviler. 

RABUTER. V. a. Polir, unir avec le rabot. Polire,per- 
poLre, Uvigare. On rabote non-feulement lebois , mais 
mcme quelques métaux, comme le plomb, l'étaindt 
le cuivre. 

Raboter , fe dit aulFi au figure , (CT dans le ftyle fa- 
milier, des ouvrages d'cli^iit, dan? lef^uelsil y a beau- 
coup à retr.anchcr. Il y a bien a. raboter a cet ouvrage. 

yCF On le dit de m.'me d'un jeune Inmme qui n'cft pas 
encore fa(,or.né pour le monde. Il y a encoie bien à 
raboter à ce jeune hrmme. 

j-<- Régnier a dit en allez mauvais ftyle: 

Plus je me lime , & plus je me rabote 

Je croi quavecque moi tout le monde radote. 

Régnier. 

Pour dire, plus je me confidere &plus je m'exa-» 
mine , je penfe que tous les hommes font fous comme 
moi. 

Raboter. Terme de Vinaigrier. C'eft, remuer la lie 
avec le rabot. jKa/-o/tT la lie. Fœcem moveie. 

Raboter. Terme de Maçon. C'eft, remuer & détrem- 
per le mortier avec le rabot. Raboter le mortier, Ruta- 
bulo arenatum diluere. 

Baeotïr. Terme de Jardinier. C'eft, unir la terre avec 
le rabot. Rutro aduiquarc. P..abotcr une allée. 

fJ3° RABOTEUR, f. m. Compagnon de chantier, qui 
poulie les moulures fur les bois appareils , comme 
les huillciies de portes, les noyaux, limons, fabots , 
marches d'clcalier. Daviler. 

RABOTEUX, EUSE. adj. Qui neft pas poli , ni uni , 
qui a des ïni^oWiis. Scabrvfus , Jcaber. Le bcis qui a 
beaucGup de nœuds, eft raboteux , difficile à unir. 
On le dit auili deschemins, des paysqui ont dtsh.iuts 
& bas, qui ont de grandes inégalités. Le Maine eft un 
pays ru.'ctjiiX. Les chemins des montagne:; loiit ordi- 
nairement raboteux. On ponlfcit les chariots hors des 
chcniins, par des lieux gliftans & raboteux. 

Raeoteux, au figuré, lignifie, rude, grollier , malpoli. 
Indigeflus , rudts. La fciencc elt bien raloteufe dans 
les écrit-) des pédans. Gcn. Limez un peu plus voire 
ftyle i il eft trop raboteux. Ablanc. 

Sophocle enfin donnant l'effbr à fon génie y 
Des vers trop raboteux polU l' exprejjion. Bon. 

ÇCT Raboteux, fe dit de même d'un mot rude à pro- 
noncer , d.-fagréableà l'oreille, jufqu'à ce aue (lî:nn 
mot raboteux. En poclie on ne doit jamais fe leivirde 
mots r-bûtcux. Volt. 

{'3° RABOTÎER. f. m. Tenne d'ancien monncvage, 
dans le temps qu'on inonnoyoit au marteau. A'cnja 
Jl''iata. f^n appeloit ainli une table cannelée deiavons 
ou de filions , dans lelquels les Munnoyeuti arraa- 



llAC 

gcoicnc les carreaux l'un cotitie l'aiure , qu'ils pinçoicnc 
par le milieu de leur plat avec de grandes tenail'cs 
fort légères , qu'ils nommoient cjlanpues , puis les 
couclioicnt i'ur l'enclunie , & en les tournant , hap- 
poient avec le rcchaudoir (ur leurs pointes &. carnes , 
qu'.ls arrondi (Foient en cinq ou (ix tours. 

RABOÏIH. Vieux'mot. v.a. VoWi: BoRiiL.Po/ire , per~ 
polire. Ou dit aujourd'hui , nthocer. 

RABOUGRIR, v. a. Terme de Forelticr , qui fe dit des 
bois qui ne font pas de belle venue, qui ,lont étctés , 
cbranchés , &; qui ne prolîtcnt pas bien , qui ont le 
tronc court , noueux & raboteux, lictorrcrc. L (ordon- 
nance défend de deshonorer les aibres, de les c-tcter, 
parce que cela les rabougrit. (CF 11 tflplus ordinaire- 
ment neutre. Les grandes gelées font rahougrïrXi jeune 
bois. 

ifT II efl: aulll réciproque. Les arbres fe rjbougnjjent 
quand les racines ont attrapé le tut. 

ICr Le plus grand ufage de ce mot cil au participe. On 
le dit généralement des arbres & des plar.tes que la 
mauvaife qualité de la terre, les mauvais vents, les 
gtandes chaleurs , &c. empêchent de profiter. C'elt , 
dit la Quintinie , iin terme bas tk grollier dont on elf 
obligé de le Icrvir. 

RABOUGRI , lE. part. Rccortus , exjtccatus , retorri- 
dus. Un arbre rabougri demeure nain & mal fait , & 
comme rentré en foi-même. Ce mot a autrefois caulé 
un procès mémorable à M. Naudé, qui avoir appelé 
ainiî un Moine. HiJL de l'Acad. de Paris. Borel. 

§3° C'elt l'mvention d'un certain Moine crotté , rabou- 
gri , ratatiné. Alors ce mot cft: pris au figuré , & ligni- 
fie un homme de petite taille & de mauvaife conlor- 
mation. 

RABOUILLIÈRE , ou RABOUILLÈRE. Quelques-uns 
diicin rahouil/ers au malculin. Terme de chalTe. C'elt 

. le trou où les lapins font leurs petits, dans le lieu le 

- plus caché , pour empêcher que les gros lapins ne les 
mangent. Cubde parientis cuniculi. L'Ordonnance dé- 
fend de ruiner les rabouiUiires des garènes. Si tôt que- 
leurs enfans (ont nés, ils les cachent dans des rabouil- 
iVeres , comme les lapins font leurs petits. Ablanc. 
En quelques lieux on les appelle halocs j & catte- 

, rolles. 

RABOUTIR. V. a. Ce mot n'a guère d'ufage qu'en par- 
lant de quelques morceaux d'.étotïe qu'on met bout à 
bout l'un de l'autre. Raboutir deux morceaux de ve- 
lours. Il elt popuUire. Acad. Fr. 

|CT R ABOUTI, lE. part. 

RABROUER, v. a. Traiter les perfonnes incivilement iJc 
rudement , quand elles demandent ou propofent quel 
que choie i les rebuter avec rudelfe é\: avec mépris. 
Aj'perius & durius repellere. Un Juge ne di_-it jamais 
rabrouer \e.s parties qui le follicitent. Les pédans,les 
gens ruftiques lont fujets à rabroiier le monde. Si l'on 
Vous liiile , rabroue'^ vos auditeurs. Ablanc. 

ftT Ce mot n'elt que du ftyle de converfation. Quel- 
ques-uns le font venir du latin reprobare ^ improuver, 
reieter. 

R.ABiiOUÉ,ÉE. part. 

RAiiROUEUR , EUSE. Qui rabroue, qui répond aux 

- gens avec rudelle & incivilité. On ne le dit point. 
R.ABUTINADE. f. f. Querelle dePabutin, poiu' ne pas 

dire d'Allemand. J'étois tout prêt à vous faire une z-^- 
hucinade , ma chère couiîne , (ur ce que je ne recevois 
pas la réponle que vous deviez à ma lettre du mois de 
Janvier. Le Comte de Bujfy à Madame de Sevigné. 
-RABUTINAGE. f. m. Famiflc des Rabutins. Il y a des 
temps dans la ^ie bien difnciles à palfer : mais vous 
avez du courage au-delfus des autres; & comme dit 
le proverbe , Dieu nous donne la tobe félon le froid. 
Pour moi je ne fai comme vous m'avouez dans votre 
rabutinage. Je luis une petite poule mouillée. Ma- 
dame de Sevigné , à fon coufin j le Comte de BuJfy , 
T. II, p. I S. 

R A C. 

JIACA. Mot Syriaque qui fe trouve en S. Matthieu ck. 
V , V. 22 i &c que quelques-uns de nos interprètes 
confervent dans leurs veillons Fiançoifes, comme S.Jé- 
Tome FIL 



R A C I T 5« 

rômc l'a gardé dans fa vetfion latine. Et quiconque 
dira à ion hère raca , Icra condamné par le Conleil. 
P. Amelote. Celui qui dirai (on hcie raca , méri- 
tera d'être condamné par le C(jnleil. Port-R. Celui 
qui dira raca a (on hère , méritera d'être puni parle 
Conleil. Simon. L'interprète Grec de S. Klatthieu a 
conlcrvé ce mot Syiiaque, qui étoit dans l'origiiwl , 
parce que c'elt un mot fort ufité chez les Juifs. 1d. 
Avant nos interprètes cités ci-dcflus, Lutiier, ceux de 
Genève & ceux de Louvaih , la vcrfion Angloife , 
avoieiitaulli retenu raca. Le P. Bouhours a mieux aimé 
en exprimer le (cns, év: il a dit : (x'iui qui dira a ("ou 
hère : homme de peu de J'c/is , méiitera d'être con- 
damné par le Tribunal du ConCeil. Mais homme de 
peu de fens , dit-il, allez. Tous les traduèleurs qu'on 
vient de citer, écrivent racha , excepté M. Simon qui 
dit raca. Il a raifon ; tous les exemplaires de l'écri- 
tures ont en latin raca, & en grec paxa, deux ou 
trois, avec Hélychius , ont panxi', qui tlt la même 
choie. Il n'y a que l'exemplaire de Bèze qui eft aujour- 
d hui à Cambridge, & S. Irenée, qui écrivent f-ys. 
Mais il cit clair que c'efl une faute de copifte , & que 
ces deux autorités ne doivent point 1 emporter lur tant 
d'autres. D'ailleurs l'origine de ce mot , montre qu'il 
tant écrire raca. 

En effet , il vient de tX\i'^ , en (yriaquc, raca, de 
l'hébreu pT rt/tj qui au propre (igniiie vide, dans 
lequel il n'y a rien: & quant au figuré , on le dit des 
hommes; un cerveau vide, une tête vide, c'eft à di- 
re, un homme vain , un imbécille , un lot : i\: c'elt dans 
cette lignification quil cit pris en S. Matthieu. 

IJCTRACAGE.f. m. Terme de Marine. Allcmblage de 
petites boules enfilées fur un petit cordage , que l'on 
appelle bâtards & recouvertes de pièces de bois que 
l'on appelle ^à-'ofj. Le racjçt' le metaut.mrdu mat vers . 
le milieu de la vergue, pour en rendre le mouvement 
plus lacile, Ik les faite accoler l'un à l'.uure , ou les 
taire amener plus pnoïu'^tevae.nx.. Scandularïi globuli. 
On les appelle aulli racques & racquemens. On ap- 
pelle ce chapelet la trojj'e. 

RACAILLE, f f. Terme de mépris, qui fe dit de la lie, 
du rebut du peuple , de ce qu'il y a de plus méprila- 
ble dans la populace. Quifquïli« , fl(x populi , fardes 
urbis. Les féditions ne le font que par la racaille , par 
les gen>. de la lie du peuple. Il le mit à leur repréien- 
ter combien de foisPhilotas les avoit ch;illés de leurs 
logemenspoury mettre cette racai//tf d'elclives. 'Vaug. 

Racaille, (e dit au figuré, de toutes les choies de rebut. 
On a pris ce qu'il y avoit de bon, on ne m'a lailla 
que la racaille. On a tiré les plus beaux tableaux, les 
pièces les plus curieules de ce cabinet, il n'y a plus 
que de la racaille. Il n'eftplus du Ity le familier au pro- 
pre & au figuré. Dans l'une tk l'autre acception il elt 
du ityle familier. 

Ce mot vient de race , comnx; canaille de canis. 
Ménage; & race vient de radix. Borel. D'autres le 
dérivent de racaill , qui", en 4angage celtique ou bas- 
breton, lignifie la même choie. 

RACAMI5EAU. f. m. Terme de Marine. Grand anneau 
de fer tort menu , qui (ertà allujcttir au mât la ver- 
gue d'une chaloupe. Annulas major ferreus antenna- 
iis. Le racambeau lert de racage. 

RACANELLO. Petite rivière de la Calabre citérieure. 
iJact2«e//i?janciennement Cyliflarnus. Elle baigne Caf- 
fano , & le décharge dans le golfe de Tarente Maty,- 

RACCOLT. adj. m. Ce mot e(l vieux. En termes de 
Manège, on appeloit un pas de racolt , un pas d'é- 
cole réglé & (outenu. La Broue dans (on traité de 
l'arr du Manège, & quelques autres anciens Ecuyers , 
fe font (ervis de ce terme qui vient du raccolco des Ita- 
liens , qui fignifie la même chofe ; mais aujourd'hui 
ce mot eft banni du Manège. 

RACCOMMODAGE, f. ni. Travail ou filaire de ce- 
lui qui racommode. Refenio , refiauratio. Il a été 
trois jours à travaillerau raccommodage de cette tapil- 
ferie , il demande tant pour fon raccommodage. Re~ 
concinnatoris , refecloris merces. 
RACCOMMODEMENT, f. m. Renouvclement d'ami- 
tié , réconciliation entre des peifonnes qui étaient 

i'ij 



ii6 



RAC 



brouillées. ReconcUiano. Ces gens mariés ont tous les 
jours des brouilleiics , &il faut taire lans celle des rtz- 
commodcmens. 
RACCOMMODER, v.a. Refaire, remettre une choie en 
bon ordre , en bon état. Rsficere , reconcinnarc. Il lauc 
raccommoder ce mur, ce pignon, le refaire tout à 
neuf. Portez cet habit chez le lailleur, il y a quelque 
choie à raccommoder, 
ffj" On le dit non-feulement pour remettre en bon état, 
comme quand on dit raccommoder, un carolle , une 
montre , un habit , &c. mais encore pour dire , remet- 
tre dans une litu.uion convenable une chofe dérangée. 
Une femme raccommode Ces cheveux en délordre. Un 
Abbé raccommode ion rabar chitonné. On raccom- 
mode une perruque qui elf de travers , un manteau 
qui efl: de côté. 
Raccommoder, fe ditauili en parlant des ouvrages d'ef- 
prit , & lignifie , réformer ce qu'il peut y avoir de 
mauvais. Voilà une période -qu'il faut raccommoder. 
AcAD. Fr. 
1^ On le dit de même des affaires. Il a gâté l'affaire qui 
étoit en bon train, & je ne fai comment on la pourra 
raccommoder. 
^CJ" Il ell quelquefois fynonyme de téparer. Quand on 
a fait une lotlile, il faut chercher à la raccommoder. 
On raccommoda un propos indifcretement tenu. 
fCF En Marine , an le fert de ce terme pour les agrès 
d'un vailll-au , comme de celui de radouber pour le 
corps du vaideau. 
^3" Ce mot s'emploie encore dans un lens figuré , pour 
dire, reconcilier des perlonnes qui s'écoient brouillées 
après avoir été en bonne in telligence ; rét.ablir la bonne 
intelligence entre des perlonnes diviléês. Reconciliare. 
Ces amis étoient brouillés, mais on les a raccommo- 
dés. Les fîls fe pourront raccommoder zw ce leur père, 
& toi tu demeureras dans la naire. Mol. Les amans le 
brouillent fouvent, mais il ne faut perlonne pour les 
raccommoder ; ceux qui rompent légèrement , le rac- 
commodent de même. S. Real. Quand la guerre eft 
entre deux perlonnes, le dépit doit céder au plailîr de 
fe raccomnipder. Charleval. 
RACCOMMODii , ÉE. part. lia les fignifications du 

verbe. P^efeclus ,recûncirmatus , reconcïliatus. 
RACCOMMODEUi/, , EUSE. f. Qui raccommode. Une 
fe dit guèie que des gens qui raccommodent certaines 
choies, comme bas, fouliers , ùc. Une raccommo- 
deufe de point. Une raccommodeufe de dentelles. Un 
raccomrrodeur de loufïlets. 
RACCORDEMENT, f. m. Terme d'Architeéfure. C'eft 
la réunion de deux corps à un même niveau ou luper- 
ficie ,ou d'un vieux ouvrage avec un neuf , comme il 
a été pratiqué avec beaucoup d'intelligence par Fran- 
çois Manlard à l'Hôtel de Carnavalet , rue Cou- 
ture Sainte Catherine à Paris , pour conlervcr la Iculp- 
ture de la porte faite par Jean Goujon , où la façade 
neuve, qui cft un des plusexcellcns ouvrages d'Archi- 
retfuie , fe raccorde parfaitement bien , tantau dedans 
qu'au dehors, avec le relie de cette ancienne mailon, 
qu'on dit être de Jean Bulan , Architecte. Daviler, 
Rejunclio , ad&quatio. 

On appelle encore raccordement , la jonâion de 
deux terrains inégaux , par pentes ou perrons dans un 
jardin. Davilep. 
RACCORDER, v. a. Terme d'Architecture , fignifie , 
faire un raccordement. Daviler. Adaptarc. Voyez 
Raccordement. 
RACCORDÉ, ÉE. part. 

RACCOUPLER. v. a. & rédupl. Rçmettre enfembleles 
chofes qui av oient été accouplées. Iterato jugare , re- 
vocare ad copulam. Il faut raccoupler les lévriers pour 
les ramener en Iclle. Il faut raccoupler les bœufs à la 
charrue pour les remettre au travail. 
RACCOUPLÉ, ÉE. part. ^ 

RACCOURCI, f. m. Abrégé de ce qui eft ailleurs en 
plus grand \'o\ume. Epitome ,compendium, fummula. 
Ce livre eft unri;tt\)«rci de toute la doctrine de S.Tho- 
mas. Cette beauté c\'i un raccourci de toutes les mer- 
veilles de la nature. Je fuis un raccourci de la misère 
humaine. Scar. Il en eft comme des Cartes de Géo- 



RAC 

graphie , quand elles palFent une certaine mefure, tout 
y elt, mais nos yeux ne lauroient plus le découvrir. 
Ce n'elt que par des raccourcis qu'on fe forme quel- 
que idée un peu jufte ou du tout, ou de chacune de 
(es parties. Pelisson. 
fG Ce terme employé fubftantivement n'eft guère d'u- 
fage qu'en Peinture , en parlant de l'eftet de la perfpec- 
tive, par lequel les objets, vus de face, paroiflent plus 
courts qu'ils ne font en effet. On dit, voilà de beaux 
raccourcis , des raccourci^hitn entendus. Ce Peintre 
entend bien les raccourcis. Ce qui le dit feulement 
de certains afpeélrs de figures d'animaux ou de quel- 
qu'une de leurs parties dans un tableau. Car on ne 
diroit pas le raccourci d'un bâtiment. 
RACCOURCIR, V. a. fignifie la même chofe qu'ac- 
courcir, rendre plus court. Contrahere , minuere. Il 
faut raccourcir ce jufte-au-corps , on ne les porte plus 
fi longs. Il faut raccourcir les rênes de ces chevaux. 
gCT On dit raccourcir les ctriers , relever les étrivières 
où tiennent les étriers. Raccourcir le bras, le plier en 
dedans. Raccourcir des demi-voltes, les taire dans un 
moindre efpace. Raccourcir une cadence, la loutenir 
moins long-temps. Raccourcir fés pas en danfant, les 
étendre moins. Acad. Fr. En jardinage, raccourcir 
une branche, c'eft la rapprochée du corps de l'arbre. 
Foyei Rapprocher, terme de jardinage. 
Raccourcir, s'emploie aullî quelquefois au figuré , 
pour , abréger , faire durer moins. Curtare , treviùsfa- 
cere. Quelque démon envieux a raccourci notre féli- 
cité, parle retranchement de nos jours. Ablanc. 
Raccourcir, le ditauili pour, diminuer, rendremoins 
long. Minuere j decurtare. Les jours font raccourcis de 
moitié. Voit. 
Raccourcir, eft aulTi un terme de Peinture, &: fe dit 
des figuies qu'on diminue lelon les règles de la Per- 
fpeâive. Contrahere. ^'^oy^^ Raccourci , fubftantif. 
RACCOURCI , lE. part. Contraclus j minutus , immi- 
nutus. Il lui a porté un coup d'épée à bras raccourci ; 
pour dire, hors de garde & de melure, & de toute fa 
force. 
Raccourci , en termes de Blafon, fedit des pièces ho- 
norables qui ne touchent point les bords de l'écu. 
Infeclus j refeclus. C'eft la même choie que coupé , 
alai'^é ou alé\é. 
03- RACCOURCISSEMENT, f. Adfion de raccour- 
cir, ou l'eflet qui en réfulte. Contraclio. Le raccourci/^ 
fement du pendule. En Peinture on dit le raccourcif- 
fement d'une figure. L'art de taire paroître les objets 
tous ccttains alpeds plus courts qu'ils ne font en effet. 
Foy. les articles précédens. Le raccourciJJ'cment des fi- 
gures eft ce qu'il y a de plus difficile danslaperfpedive. 
R ACCOUTREMENT, f m. Aâion de niccoutrer, de 
raccommoder quelque habit ou autre chofe fembla- 
ble. Refeclioj, interpolatio. 
RACCOUTRER. v. a. Raccommoder , recoudre. Il fc 
dit proprement des habits. Il faut raccoutrer ce pour- 
point , ce hus. Rejarcire i interpolare. Cemotctiaufîi 
vieilli. 

On leditauiîi des chofes qu'on veut mettre en meil- 
leur ordre qu'elles n'étoient. Rejlitucre. Raccoutre'^ 
ce tapis qui eft de travers. Il faut raccoutrer cette af- 
faire. En ce fens il eft bas. 
§3- RACCOUTRÉ , ÉE. part. 

:i-f^ RACCROCHER, v. a. & reduplicatif. Accrocher 
de nouveau. Iteràm inuncare. Raccrocke:^ cette tapit- 
ferie, ce tableau. 
«3" Ce mot eft employé au figuré avec le pronom per- 
fonnel, pour lignifier , regagner les avantages qu'on a 
perdus. Ce Miniftre eft difgrâcié , mais il trouvera 
bien le moyen de fe raccrocher. Ces deux amis font 
brouillés , mais ils cherchent à te raccrocher. Ce va- 
let eft mal avec ton maître, mais il fait tout ce qu'il 
peut pour le raccrocher avec lui. Il n'eft que du ffylc 
familier. 
fCF On dit dans l'Encyc. qu'on fe raccroche à tout ce 
qu'on trouve fous la main, quand on te noyé , oa 
qu'on eft dans la misère. Il falloir dire qu'on s'accro- 
che à tout i car fe raccrocher fignifie s'accrocher de. 
nouveau. 



RAC 

RACCROCHÉ, ÉE. paît. , , , ,. ' 

RACE. f. f. Tenue collcdlif qui fignihe , lignce , lign.ngc , 
touiccux qui viennent d'une mcme famille; généra- 
tion continuée de pcre en hls : ce qui (e dit tant des 
afeendans que des dcfccndans. Genus ,J}irps , progc- 
nies. Il vaut mieux être le pieniicique le dernier No- 
bïedeCarrtce .-c'efl: ce qui fut répondu par Iphicrate.Ca- 
pitaine des Athéniens , a Hermodius qui lui rcprochoit 
la balle (lé de fa naillance,parce qu'il étoit Hls d'unCor- 
doiuiier. Les Kois d Ethiopie le vantent d'être de la race 
de Salomon, par la Heine de Saba. Jésus-Christ 
ctoit de la race de David. Il faut qu un Chevalier 
prouve fa noblede de quatre races. Les Magiftrats de 
quelques Républiques prouvent une race roturière. 
Dieu promit à Abraham de multiplier fa race comme 
les étoiles du ciel, c'efl; a due , de lui donner une 
nombreufe poftéricé. Cet homme n'a point lailfé de 
fa race y il n'a point laiffé d'enfans. C'eft une race , 
une mailon éteinte. 

Ce mot vient de radix , comme fi l'on difoit la ra- 
cine de larbre généalogique 

Race , dans l'Hiftoirc, fe dit d'une longue fuite de Rois 
de même lignée. GentUaas, pofteraas. En France on 
compte les Rois de la I, de la II & de la III Race. La 
race des Ottomans, des Arfacides, des Ptolomées. Les 
peuples n'ont jamais mieux rencontré pour la gran- 
deur Se pour la tranquillité des Etats, que quand ils 
fe font réfolus à prendre leurs Rois d'une (eule race ^ 
de père en fils , tel qu'il plairoit au ciel de les leur 
envoyer. M, Scud. 

Race, fe dit aulli des anciennes familles illuft:res. Gc- 
nus. La race des Héraclites , des Scipions , des Fa- 
biens. 

Race , fe dit auOl des efpèces particulières de quelques 
animaux. Species. Les lévriers , les épagneuls (ont des 
races particulières de chiens. On lui a fait couvrir 
des lices afin de faire race. Salm. Les Anglois ne veu 
lent pas fouffrir un chien , un cheval qui ne foit de 
bonne race. Pour faire race-, il faut choifir de bonnes 
cavales. Soleysel. 

*-<" On dit en termes poétiques, la race future ,\es ra- 
ces futures , pour dire , la poftérité, les hommes à 
venir. Pofieri , nepotes. 

Que dire\-vons , races futures j &c. 

C'eft le commencement d'une Ode de Malherbe. 

Siéroit-il bien à mes écrits 
D'ennuyer les races futures ? 

$3" La race mortelle, pour dire , tous les hommes. Le 
déluge fit périr toute la race mortelle. La race immor- 
telle en parlant des Divinités du Paganifme. 

tfT On dit par injure , méchante race j maudite tace. 
Les ufuriersfont une méchante raccj une race mau- 
dite. Exprellion familière. On dit aulli au pluriel, ce 
font de méchantes races. 

§3" Race^^ê vipères. Progenies viperarum , exprelîîon 
appliquée aux Pharifiens dans l'Evangile. 

On dit proverbialement, que bon chien cliaflc de 
race; ce qui fe ditfigurémentde Ihomme. Canisjlir- 
pem redolet ,fequitur , imitatur , pour dire, que les 
enfans tiennent des mœurs & des inclinations de leurs 
parens: &abfolument, quun homme chaflc de race. 
Ce qui fe prend ordinairement en mauvaife part. 

On dit aulfi ironiquement en parlant des bonnes 
femmes, que la race en efl: éteinte. 

RACER.v. n. Terme d'Oifeleur. Produire un petit fein- 
llable à foi. PuUum fuifimikmproducere.PullumfuA 
fpeciei producere. On met ordinairement la femelle 
du ferin Â: le mâle chardonneret, linottes ou autres : 
mais pour moi, je fuis pour qu'on mette le contraire , 
favoir, le mâle ferin & la femelle chardonneret , linot- 

. tes ou autres, parce que le mâle ordinaiiement race 
plus que la femelle ; ainfi les mulets qui fortirontd'un 
mâle ferin feront plus beaux , & chanteront mieux 
que s'ils fortoient feulement de la femelle. Her vieux , 
Traité du Serin de Canarie,c. 21. C'cft-à-dirc, que 



RAC 



117 



les petits tiennent plus du mâle, font plus fcmblables 
au mâle qu'à la femelle. 
RACHAL. Ville de la P.ilcftine dans la Tribu de Juda. 

11 en efl: parlé au premier Livre des Rois. 
RACHALANDER. v. a. Faire revenir une chalandife 
perdue. Emtores revocare, reducere , vel eintorum 
jrequcntiam revocare. Rachalandtr une boutique. Ce 
terme de Commerce efl: peu udté. 
RACFiALANDÉ, ÉE. part. 

RACHASSHUR. f m. Vieux tetmc. Rachajfeur de fo- 
rêts, celui qui ramené du gibier. De Laurieke. Qui 
feras injllvam reducit. 
RACHAT, f. m. Adion par laquelle on tachette , on 
retire une choie qu'on a vendue , ^fT en rendant le 
prix à l'acquéreur. Redemptw ^ rccuperatio. On vend 
quelqueff'is à faculté , avec faculté de rachat , c'efl à- 
dire, en fl:ipulanc dans l'aâe de vente que l'on pourra 
rentrer dans le bien qu'on a vendu. Dans les contrats 
de vente entre particuliers la faculté de rac/îj/ n'a pas 
lieu, à inoins qu'elle nC' foit fti(ulée dans le contrat 
de vente. Le domaine du Roi cft aliéné à faculté de 
rachat perpétuel. Cette claufe cft toujours fnulenten- 
due; il efl: imprefcriptible de mcmeque le dLiiiaine. Le 
rachat d'une penfion efl: Ion extinétion par le lem- 
bourfemcnt du fort principal. Cndit de même le ra- 
chat d'une rente. On dit aulîi le rachat des biens ec- 
cléfiartiques, pour dire, le retrait de ces biens là. On 
appelle auiîî en quelques Coutumes rachat, le retrait 
lignager; &. faculté de rachut, le retrait convention- 
nel , en vertu d une claufe de réméré. 
Rachat du pain. C'eft un ufage dans les vivres de faire 
le décompte aux troupes du pain qu'elles laillent à 
chaque difl:riburion entre les mains du Munitionnairc. 
Ce pain eft celui que le Roi accorde aux Officiers pac 
l'état de campagne, &' qu'ils ne confoniment point , 
aimant mieux manger du pain blanc qu'ils achètent 
pour leur table. 

On dit en Théologie, que Jésus-Christ a répan- 
du tout fon fang pour le rachat des hommes , des pé- 
cheurs. Eedemptio. Le rachat des captifs eft une œu.- 
vre de charité. Alors il eft fynonyme de délivrance y 
rédemption. 03°en matière féodale, il fignifie ce que le 
nouveau vaflal paye au Seigneur dominant pour les 
mutations qui font fujettes à ce droit. Foye^ Relief. 
C'eft en quelques endroits ia fomme à laquelle eft ef- 
timé le revenu d'une année du fief. Mais cela eft dif- 
féremment déterminé félon les diverfes Coutumes. 
En la Coutume de Paris on doit rachat , fi ce n'eften 
vente ou bail à rente rachetable , art. jj. Ce rachat 
eft ce qu'on appelle autrement relief. Rachat rencon- 
tré, dans les Coutumes de Loudunois, d'Anjou, du 
Maine Se de Poitou , c'eft quand durant l'année da 
rachat il échet un autre rachat d'une terre tenue à 
hommage de la terre qui court en rachat , & duquel 
rachat le Seigneur doit jouVr tant que l'année du pre- 
ïVACïrachat durera, & non plus. De Lauriere. 
ffT En forte que s'il arrive que dans une même année, 
deux ou pluiieurs vaffaux , Seigneurs d'une même 
terre meurent , & qu'il y ait rencontre dç rachats, le 
Seigneur du fief jouira depuis le décès du premier 
jufqu'au décès du fécond , & depuis le décès du der- 
nier pendant un an entier. 
RACHE. f. f. Terme de Marine. La rache de goudron, 

c'eft la lie du mauvais goudron. Picis faces. 
RACHETABLE. adj. m. & f. Qui cftfujet au rachat, 
qu'on a droit de racheter. Une rente conftituée à prix 
d'argent eft toujours rachetable. Le domaine du Roi 
eft rachetable à perpétuité. Redimendus. 
tfT RACHETER, v. a. Acheter une chofe qu'on avoit 
vendue. P.em alienatam iterum emcre. J'avois vendu 
mon cheval , mais je l'ai racheté. Je rachèterais ce ta- 
bleau au poids de l'or. 
03° Racheter fignifie auflj acheter une chofe à !a place 
d'une aurre. J'ai vendu tous mes tableaux , & j'en ai 
racheté d'autres. 
gCr Racheter quelqu'un , fynonyme de délivrer. Payer 
le prix de fa rançon. Liherare,vindicare. Racheter qiieU 
qu'un des galères , racheter les captifs , payer le prix de 



i8 



RAC 



le prix de la rançon des prifonniers. Rcdimcre cap- 
tes. Racheur la paix. Rcdurure pacem. 

Que ne lui lai^ffei-vous racheter à tel prix 
SlZ untpdbk muuié 3 dont il cjl trop épris. Rac. 

|p° On dit dans ce fens de J. C. qu'il a racheté le genre 
humain, qu'il a voulu mourir pour rcchetei les hom- 
mes. Le Seigneur a voulu mourir pour racheter Ion 
peuple de la lervitude. 
ii^- En termes de Jurilprudcnce rache'.er une penhon , 
une rente, c'ell la rcnibuurfcr, l'éteindre moyennant 
une certaine iomme dont on convient. p'cd.Lgali an- 
nuo fe liberare. 
Racheter, en termes de Jurifpriidcnce, fignifie encore , 
•piyer un droit de rachat ou de relief dû au Seigneur 
en certains cas. Prddd pretium ueraco folvere. 11 taut 
r.ichetcr fa terre en telles mutations, 
fer En parlant d'une chofe dont on regrette la perte , 
on dit qu'on vaudrait l'avoir rachetée de beauci^up ■■, 
& d'une perfonne qui ell morte , qu'on voudroit l'a- 
voir rachetée de Ion (ang. 
|K? Au figuré , racheter les péchés par l'aumône , c'efl; 

en obtenir la remilnonen lailant 1 aumône. 
|CF On dit de même racheter les dctauts pat fes agré- 
mens , Tes vices par fes vertus. Aîonjlrum à vitiis nullâ 
virtute redemptum. Racheter ^ réparer par (un clprit les 
défauts de fa figure. Ingénia d^^mna jormx rependere. 
Ç3" On dit familièrement (N: fi^jurément , fi vous me 

faites ce plaihr-la , vous me rachèterez la vie. 
Racheter , parmi les ouvriers fignifie , regagner , re- 
trouver , corriger un biais par une figure régulière , 
comme une platte-bande qui, n'étant pas parallèle, rac- 
corde un angle droit dans un compartiment. Davi 
LER. Rejlaurare , reapt.:re. Racheter fignifie encore 
dans la coupe des pierres , joindre par raccordement 
deux voijtes de dirt^rrenteselpèces. Amh on dit , qu'un 
cu-de-four^JcAerri; un berceau, lorlque le berceau y 
vient fiire lunette: que quatre pendentifs TiicAe^rfw^ 
une voûte Iphérique, ou la tour ronde d'un dôme , 
parce qu'ils fe raccordent avec leur plan circulaire , 
&c. Daviler. 
^ RACHETÉ , ÉE. part. 

iÇT RACHEVER. v. a. Terme de Chandelier, qui ex- 
prime la dernière trempe qu'on donne a la chandelle 
plongée ou commune. 
■RACHIMBURGES. f. m. Vieux mot. C'étoit autrefois 

le nom d'une charge de guerre. Fauchet. Borel. 
BACHITIQUE. adj. de t. gV Noué, qui a des nœuds, 
du mot grec («x'^, qui fignifie l'épine du dos, où ell 
la caule de cette maladie, nommée pour cela rachi- 
tis. =Cr Enfant rachitique. Terme raehitique. On le 
dit par extcnhon des blés attaques du rachitifme. 
f^ove^ ce m.,t. 
ifT RACHITIS , ou RHACHITIS. f. m. Terme de 
Médecine, emprunté du giec, pour déligner une cer- 
taine maladie dont la caufe &: les principaux fyrîlp- 
tôrnes parûiffent rélider dans l'épine du dos, qu'on ap- 
pelle en grec px""- Elle efl: moins rare en Angleterre 
qu'en France. Lesenfans Iculs font fujets au rachitis. 
On dit de ceux qui en font attaques, qu'ils font noués. 
Cette maladie conlifte prirci^alement dans la cour- 
bure de l'épine du dos, & de la plupart des os longs , 
dans les nœuds qui fe tonnent aux articulations. Elle 
eft accompagnée du relâchement des parties , de foi- 
bleffe, de débilité. La tcte grollit extiaurdinaiiement , 
& toutes les autres parties au deflous de la tête amai 
griffent. Il fe fait des excroiflanccs aux jointures, les 
os fe courbent ,1a poitrine fe rJtrécit , l'abdomen s'en 
fle , les hypocondres s'étendent, & tout cela eif ac- 
compagné de toux , 6'c. 
.§C?" BACHITISME. f. m. Nom qu'on a donné à une 
maladie dont le blé eft attaqué , nouvellement con- 
nue, & ainfi nommée à caufe de fa reirrniblance avec 

• • le rachiris. Elle s'annonce avant que Ici blés tlcuriirent, 

&lorfqu ils font de la hauteur d'un pird. Les plantes 
qui en font attaquées ont la tige plus bnfle eue les 

• autres , tortue &: nouée. Les feuilles font d'un vert 
bleuâtre 6c recoquillées en dilFcrens fens. L'épi eft mai- 



RAC 

gte & fedeireche entièrement .avant la mojjTon, fans pro- 
duire alicungrain. On (oupçonne (\nt:ii: rachitijn.e àvi^ 
blé eft caufé par la piqûre de petits infectes nommes 
/ta philins. Acad.Vr. 
RACHSTAT. roye:^ Rastat. 

RACINAGE. f. m. Terme de teinture. C'cft le bouillon 
ou la dccoétion de la racine, écorce & f-tuillc de noyer, 
& coque de noix , propre pour la Teinture. 
RACINAL. f. m. Terme d'Architedure hydraulique. 
Pièce de bois dans laquelle eft encaf'tréc la cuafflaudine 
du leuil d'une porte d'éclufe. Radicale tighum. Da- 
viler. • 

On appelle aufli racinales , en termes de charpcn- 
terie , des pièces de bois qui font entre les blochets &• 
les confoles , pour foutenir quelque hardeau. Friffe- 
pium orthoJlatA. 
RACINAUX. f. nr. pi. Terme d'Architeâiure, qui fe 
dit des pièces de bois qui s'appliquent fur des pilo- 
tis , lui lefquelles on élève des fondemens, des piles 
de ponts , àc. Tranfverf^ trahes palis hafium impr/i- 
t<t. Les tacinaux font aulli des pièces de bois , comme 
des bouts de fohves, arrêtées fur des pilotis & lui lel- 
quelles on pofe les madrier» & plate tgimes , pour 
porter les murs de douve des rclervoirs. Ce mot fe 
dit encore des pièces de bois plus larges qu'épaifles , 
qui s'attachent fur la tête des pilotis, ik fut Icfquclles 
pefe la plate-forme. Daviler. 
Racinaux de comble. Efpèce de corbeaux de bois , qui 
portent en encorbellement fur des confoles , le pied 
dune forme ronde , qui couvre en faillie le pignon 
d'une vieille maifon. Daviler. 
Racinaux d'écurie. Petits poteaux, qui arrêtés debout 
dans une écurie , fervent à porter la mangeoite des 
chevaux. Id. 
Racinaux de grue. Pièces de bois croifées,qui font 
l'empâtement d une grue , dans lelquelle-s font nlfem- 
bles l'arbre & les arcs-boutans. On les nomme yè/Zt'j, 
quand elles font plates. Id. ■> 

RACINE, f. f. Partie de la plante qui reçoit la première 
le fuc de la terre , & qui la tranfmet aux autres. Ra- 
dix. Cette partie eft prefque toujours dans la terre. Il 
y a très-peu de plantes où elle foit hors de terre, & 
nous n'avons prcfque que le lierre & la cufcute qui 
ayent une partie de leurs racines découverte. Nous ne 
connoiflons aucune plante qui n'ait fa racine attachée 
à la terre , ou à quelque corps terreflre. |C? Les plan- 
tes parafites qui fe nourrilLent de la fève des autres 
plantes , jettent leurs racines dans la fublf ance des plan- 
tes nourricières. Foye^ Parasite, terme de Botani- 
que. Toutes les racines font garnies de fibres, ik d'une 
écorce plus ou moins épaille. Les bois blancs prennent 
facilement racine dans les lieux humides. Les racines 
d'olivier & de noyer font vainées & variées de cou- 
leurs. Il y a des plantes dont la racine fe renouvelle 
tous les ans; tel efl l'alun d'Egypte félon Grew, dans 
fon Muf&um regalis Societatis , où il ajoute que les 
Botanifles ont peu fait d'attention à cette propriété de 
quelques plantes. 

On appelle particulièrement nr(:/«d'j,ceftaine^ plan- 
tes dont la racine , c'eft-à-dire, la partie qui e If ca- 
chée en terre , eft bonne à manger j comme les navets, 
les carottes , les bete raves , 6t. Cet homme ne vit que 
de racines. Les Anciens Anachorètes ne fe nouriif- 
foient que de fruits iV de racines. Les principales ra- 
cines qui fe fervent furies tables, font la fcorionairc 
ou le falfifis d'Efpagne , le fallifis ordinaire , la carotte , 
la bete-tave, les chervis, le panais ou paftenade, le 
navet, laraiponfe, le topinambour_, latrufte,la rave^ 
le radis, le raifort, &c. §3° C'cft ce qu'on appelle 
racine fimple , radixjïmplex; celle qui a\ ant une for- 
me conique, s'enfonce en terre , fans formA prefquc 
aucune divifion , & qui jette de tous côtés de petits 
filamens prefque imperceptibles. Tels font les navets, 
les ladix, les panais, &c. Et comme la racine eft la 
partie la plus utile de ces plantes , on a coutume de 
les appeler fimplement des racines. 
ifJ" Les racines compofées ou branchues, radix compo- 

fita J hrachiata , font |-ormées de ramifications. 
|f^ Plulieurs plantes ont en ferre une raafle charnue , 



R AC 

connue Tous le nom d'oignon ou de 6u3e. Voyez ces 
mots. /^t)y€:f aiillî Patte. Griffe. 
Ce mot vient du latin radix. 
On dit en termes de P.ilais , des fmirs pcndans par 
Jcs rtuines, quand ils ne lont pas cncoie coupes, ùs: 
cueillis. Les tiuits pcndans pav les ratines , font pat- 
rie du fonds , fe peuvent lailir réellement avec latcite. 
l'ruUus pendulï y pendcines. 

gCF Racine , en tenues d'Anatomie , fe dit de l'endroit 
dans lequel certaines parties du corps humain loncat- 
tacliées: ainfi l'on dit la rjcint des dents, des ongles, 
des cheveux , &<.■. Quand on dit que la racine dune 
dent cft gitée, on entend la partie de la dent qui cft 
renfermée dans l'alvéole. 

§Cr On le dit de même Ass polypes, des cancers , des 
loupes & autres maux de cette nature qui furvieiincnt 
au corps humain. Couper un cors jnlqu'à la racine. 

Racine, fe dit figurénient pour déligncr le commence- 
ment, le principe de certaines choies moules ou phi- 
fiques. Radix. Quand le vice a pris racine dans une 
ame, on a bien de la peine à l'en arracher. Couper 
Ihérélie par la racine. Excirpare. Notre amitié n'a 
pas encore jeté d'alFez protondes racines. Abl. La vé- 
rité qui eft entrée d.-ins l'efprit par déinonftration , y 
prend de plus profondes racines, que celle qui n'ycll 
reçue que par autorité. Huet. L'ivrognerie eft la ra- 
cine de tous les maux. Maucroix. Saint AntolVie re- 
trancha la cupidité par la racine , en vendant tout (on 
patrimoine, pour n'être plus en danger d'en abulcr. 
Fl. Il n'eft pas ailé d'arracher du cœur une pallionqui 
y a pris de profondes racines. L. D'ab. a Èloïse. Les 
racines des (ciences lont amères: mais les huits en 
font doux. Ablanc. Ce remède n'eli: qu'un palliatif , 
il faut aller à la racine du mal. 

Racine, en termes de Gr.ammaiie , fe dit des mots pri- 
mitifs qui ont des compolés & des dérivés. Radix , 
vûx primaria. On apprend la langue Grecque & l'Hé- 
braïque par racines. Il y a des Diéfionnaires qui lont 
faits par ordre alphabétique & d'autres par racines. 

Racine , en termes d'Arithmétique &c d'Algèbre , ^fJ" fe 
dit d'une quantité conlidérée comme la baie & le fon- 
dement dune puillance plus élevée. EJle prend la dé- 
nomination de la puillance dont elle eft la racine. 
Ainli l'on dit, racine carrée, racine cuhz , &c. La ra- 
cine carrée eft le nombre qui eft multiplié par lui mê- 
me , parce que li on l'exprimoit en lignes , il forme- 
roit une figure carrée : comme trois eft la racine car- 
rée de neuf , parce que trois fois trois font neuf. Ra- 
dix quadt ata per feipfam deducla. Le même trois ell 
la racine cube de vingt fept , parce que multipliant 
fon carré par troisf il tait vingt-fept qui eft Ion cube. 
On dit la même choie à l'égard des autres puilfances 
& multiplications réitérées d'un nombre par foi-mê- 
me : comme, le carré de carré, le furlolide, le cubo- 
cubique , ont chacun leurs racines. 

Racine, en Aftronomie , fignifie un époque ou inftant 
duquel on commence à compter les mouvemens des 
planètes. Les racines ou les époques des moyens mou 
vemens des planètes', lont leuis lieux moyens , puif- 
que ce lont autant de points fixes d'où l'on part pour 
calculer tous les autres mouvemens. Injlitut. Afiro- 
nom, p. S4S. 

Racines des Chronologiftes. Ce font certains points 
qu'on ptend pour époques. 

Racine de S. Charles. C'eft une racine qui vient dans 
la piovince de Machoacan, en Amérique, & dans les 
climats tempérés. Elle a une grolFe tête, de laquelle 
fortent plulieurs autres racines de la grolfcur du pou- 
ce , de couleur blanchâtre. Sa tige oc (es feuilles font 
femblables à celles du houblon , s'entoriillant comme 
elles autour des échalas , fi l'on y ^n met , ou fe cour- 
bant 6c rampant a terre, de couleur verte obfcure , 
ayant l'odeur forte. On n'y voit paroirte aucune Heur , 
ni fruit. L'écorce de cette racine fe féparc aifément. Elle 
a une odeur aromatique, ik un goûtamerun peu acre. 
Le nerf de la r-zjci;?? dépouillé de Ion écorce , eft com- 
po(é de fibres déliées, qui fedétacticnr facilement l'une 
de l'autre. Son ccorce eft cftiméc(udorihque. Ellcfor 
tifie l'eftomac & les gencives. Elle eft propre pour le 



RAC 119 

Icoibut , les cathares, l'épilepfie , les hernies , la vérole, 
tk pour hâter l'accouchement, étant prifc en poudre 
eu en décodtion. 

Kaune d'Ida , ou Idéenné^ eft une plante, qui, fuivant 
Diolcoride, a les feuilles comme le rulc , près dcf- 
quelles viennent de petits tendons d'où fort la Heur, 
Quelques uns crt ..,t que c'eft une efpèce de laurier 
Alexandrin que C. Bauhin appelle laurus Alexandrina. 
jruclu pcdiculo infidente 

Racine de la pejlc. Les Allemands donnent ce nom à la 
racine de la giande pctafite, à caufc qu'elle eft forc 
bonne contre la pelle. Pctajîtes. 

Racine de Rhode, ou RAciuEj'eniant les rofes, appe- 
lée commuiiément /J^o^/a. C'eft la racine dune plante 
qui eft une elpcce d'orpin. Cette plante poulie plu- 
fieurs tiges a la hauteur d'un pied, menues , rondes , 
revêtues de beaucoup de feuilles oblongues , poin- 
tues , charnues , vertes, dentelées en leurs bords, & 
prelque lemblables à celles du telepium, mais plus 
petites, d'un goût aftringent. Ses fommets font char- 
gés de petites ombelles ou bouquets, qui foutiennenc 
de petites Heurs à plufieurs feuilles, difpofées en rofe, 
de couleur jaune pâle ou rougeâtre , tirant fur le 
purpurin. Il leur fuccède des fruits compofés de plu- 
fieurs gr.iines rougeâtres , ramalTées en manière de tête, 
& remplies de lemenccs oblongues , menues & piles. 
Sa racine eftgrofte, tubéreufe, inégale , blanche, char- 
nue , (ucculente, ayant le goût & l'odeur de rofe; ce 
qui lui a fait donner le nom de rhodia; de p'ocfo., qui 
fignifie rqfe. Cette plante ctoît fur les Alpes aux lieux 
ombrageux. On en fait fécher la racine qui leit en Mé- 
decine. Elle eft réfolutive , anodyne, propre pour les 
douleurs de tête. On l'applique furies tempes, pulvc- 
véiifée grollièremcnt , Se humedtée d'un peu de vi- 
naigre rolat. Lemery. 

M. Tournefort l'appelle anacampferos radice ro- 
fam fpirante. 

Racine du Saint-Efprit , c'eft la racine de l'angélique. 
Angelica.Voyez Angélique. 

RAciti-E fentant les rofes, 'Voyez ci-deflus Racine DB 
Rhode. 

Racine vierge. Plante dont il y a deux efpèces. La 
première pouffe plufieurs larmens menus, lansmain, 
qui s'élèvent en lerpentant , & s'entortillent autour 
des plantes voifines. Ses feuilles à queues longues font 
rangées alternativement ; elles ont prefque la figure de 
celles du ciclamen ; mais elles font deux ou trois fois 
plus grandes i!t plus pointues, d'un beau vert luilant, 
tendres, d'un goût vifqueux. Ses Heurs fortent des ail- 
felles des feuilles, elles lont dilpofées en grappe, 
ayant chacune la fotme d'un petit ballîn . taillé ordi- 
nairement en fix parties, de couleur jaune- verdâtte 
ou pâle : celles de les fleurs qui font nouées, lailfent 
après elles une baie rouge ou noirâtre, qui renferme 
une cofcfte membraneufe , remplie de quelques femen- 
ces. Sa racine eft grande , grolFe , tubéreufe , prefque 
ronde , noire en dehors, blanche en dedans, profonde 
dans la terre, d'un goût acre. 

La fecpnde efpèce poulfe , comme la vigne, des 
farmens longs, ligneux, anguleux, ferpentant & s'atta- 
chant fans mains, par plufieurs circonvolutions, aux 
arbres voifins. Ses feuilles font femblables à celles du 
liferon, mais plus finueufes, luifantes, nerveufes, at- 
tachées à de longues queues. Ses fleurs font blanches 
& faites comme celles de la première elpèce, mais 
plus grandes. Ses baies naiffentune à une, léparées & 
attachées chacune à un pédicule court, qui fort de 
l'ailfelle des feuilles. Cette baie n'eft guère moins 
grolTe qu'une cérife , verte au commencement, puis 
rougifTant. On y trouve quatre ou cinq femences alfez 
gtoftes, rondes, noires. Sa racine eft longue, groHe, 
empreinte d'un fuc gluant. Les deux efpèces croillenc 
dans les bois. La racine de ces plantes qu'on nomme 
vulgairement Racine vierge, & chez les Apothicai- 
res , Sceau de Notre-Dame, eft apéritive, un peu pur- 
gative, hydragogue; elle évacue la pituite & les féro- 
lités , provoque les menftrues & les urines, étant prife 
en décodion <S: râpée & appliquée fur les blelfures , 
elle rcfout & fortifie. Elle guérit les tumeurs formées 



ïzo RAC 

pat des huiTieurs gtolîîèrcs , Se excite quelquefois à la 
luppiuation. 
Racine, (couletir de ) Terme de Teinturier, fignifie la 
même chote que couleur fauve, qui efl; une des cinq 
couleurs matrices. 
Hacine veut aulli dire la racine de noyers qui fert à 
faire cette couleur j mais on comprend lous ce nom 
de racine l'écorce <!^ la .■. aille de noyer , & même la 
coque de noix qui (ont les trois ingrédiens qui en- 
trent dans cette couleur. 
Racines des teintures du Soleil &• de la Lune. Ternie 
de Pliilofophic hermétique. C'eft le mercure philolo- 
phal feul. DicT. Herm. Mcrcurius.,hydrargyrusJolus. 
On dit proverbialement , qu'un homme prend raci- 
ne en un lieu , pour dire, qu'il s'y établit. Sedem po- 
nere. On le dit aullî de celui qui fait des viiites trop 
longues & importunes. 
RACIÏnIER. V. n. Terme de Jardinage. Faire raciner des 
plantes, des arbuftes. Les charmes racinent beaucoup, 
& ce n'eft que fur la furface de la terre. Dicl. des 
Arts. lyji. 
Raciner. v. a. Terme de Teinture. C'cft donner aux 
étoffes la couleur fauve qui (c tait avec la racine, 
l'écorce &: les feuilles de noyer, de coques de noix. 
Radicibus inficcre , tingere. Les laines deftinées aux 
manufadtures des draps & des lerges, doivent être ra- 
cinées de racines de noyer , ou écorce de noyer , ou 
coques de noix, & il eft déiendu d'y employer de l'é- 
corce d'aune. 
RACKELSPURG. C'étoit anciennement une ville de la 
haute Pannonie. Rachelburgum ; anciennement Rac- 
clitanum , Alicanuni , Hdciuanum. Elle elt mainte- 
nant dans la balfe Styrie, fur le Muer, à neut lieues au- 
delFous de Grats. Rockelspurg ed bien fortifié. Mat y. 
RACLE, f. f. Terme de Marine. Petit ferrement tran- 
chant, emmanché de bois, avec lequel on ratifie les 
vailleaux pour les tenir propres. Radula Jîmplex vel 
biceps. Il y a des racles doubles , qui font dos à dos 
fur le même manche. Il y a aullî des rudes pour ra- 
cler le pavé des lieux où la boue tk les ordures s'atta- 
chent i& fe durcillent, comme dans les Eglifes, &c 
d'autres lieux. C'eft une petite palette de fer, un peu 
tranchante, emmanchée d'un bois d'environ 4 pieds. 
On l'appelle plus communément Ratijfoire. V. ce mot. 
RACLER, v. a. RatilFer quelque choie , enlever quel- 
ques petites parties de- fa fupcrticie avec quelque cho- 
fe de rude ou de tranchant. Radere., deradere. Ra- 
cler de la corne de cerf , de l'ivoire avec la râpe. Ra- 
cler des métaux avec la lime, des plumes avec un 
canif. Racler du parchemin, du cuir, comme font 
les Parcheminiers Se les Corroyeurs. , 

§3" On dit familièrement qu'une médecine , & géné- 
ralement tout ce qui peut caufcr des tranchées , racle 
les boyaux. 
{CJ" Et figurément d'un homme qui joue mal du vio- 
lon ou d'un autre inftrument à cordes , qu'il ne fait que 
racler le boyau. Inconcinnè fidibus cancre. On dit po- 
pulairement un racle boyau. 
Racler la tranche d'un livre. Terme de Doreur-Relieur 
délivres. C'eft l'unir avec le racloir pour la préparer à 
la dorure. 
Racler, cft auflî un terme de Mefurcur de blé. Radulà 
eradere. C'eft paffer une elpèce de régie , ou bois plat , 
par-deffus les bords du minot pour en ôter le ble qu'il 
y a de trop, & le rendre uni , quand la mefure ne doit 
pas être donnée comble \ & alors on dit vendre , ache- 
ter mefure raclée. En quelques endroits on racle -xv^z 
un rouleau, ou cylindre de bois. L'inftrument avec le- 
quel on racle s'appelle radoire , ou racloire. C'eft la 
même chofe que rader, qui eft même plus ufité. 
Racler, terme de Jardinage. C'eft patfer le r.acloir dans 
une allée où il n'y a point d'herbes, pour la nettoyer. 
Racler, fe dit aullî pour, fai-re du bruit à une porte, 
en hauffant Se baifl'ant l'anneau du râcloir. Radulâ 
fricare. Il faut racler fort , afin qu'on entende : mais 
comme on ne met plus de ces fortes de racloirs aux 
portes, le terme de rac/«r n'eft plus enufage en ce fcns. 
RACLÉ , ÉE. part. 
RACLEUR, f. m. Qui racle. Terme qui fe dit d'unmé- 



RAC 



chant violon , qu'on appelle Racleur de boyau. In- 
gratusfidicen. 
RACLIA. Nom d'une île de l'Archipel. Heraclea. Elle 
cft entre celles de Nio & de Pario. Son circuit n'eft 
que de trois lieues \ elle a été habitée , mais elle cft 
maintenant délcrte. Maty, 
RACLOIR. f. m. Inltrument avec lequel on racle. Ra- 
dula. Les Chaudetonniers ont des racloirs pour leurs 
chauderons (S: les ufteniiles de cuifîne qu'ils veulent 
étamer, les Graveurs au burin pour ranftcr les laux 
traits de leur gravure , les Tonneliers pour leurs dou- 
ves, &c. les Corroyeurs Se les Parcheminiers , pour 
leurs peaux , les Doreurs fur tranche, pour ratifier la 
tranche Se les bouts des livres , avant que de les do- 
rer. Les racloirs des Graveurs Se des Chaudcrcnniers 
fe nomment plus communément grattoirs. Se celui 
des Tonneliers eftette. On mettoit autrefois des ra- 
cloirs aux portes, au lieu de marteaux, pour heurter. 
Racloir. Terme d'Horlogerie. C'cff un outil qui krt à 

effacer les traits de la lime fur une plaque de cuivre. 
IJS'R ACLOiRdesMénuifîers de placage & de marqueterie. 
Il eft partie d'acier & partie de bois. Ce qui eft d'acier cft 
une efpèce de lame tranchante. La partie de bois qui 
lui fert de poignée, cff arrondie par en haut , avec une 
rainure par en bas , dans laquelle la lame efl engagée. 
Ce mot vient de raclouer., qui en langage Celtique 
ou Bàs-Breton, lîgnifîe râpe. 
RACLOIRE. f. f. C'eft l'inftrument avec lequel on ra- 
cle la mefure de blé pour la donner jufte. Radula , ra- 
dius , hortorium. Quelques gens dilent racloir; mais 
tous les Mefureurs de grains dilent racloire. 
RACLURE, f. f. Ce qui le détache d'un corps qu'on 
racle, menues parties qu'on détache de la lupcrfîcic 
d'un corps en le raclant. Ramentum. La gelée de poif- 
lon le lait avec la raclure de corne de cerf. On fait 
du furpoinr avec de la raclure de cuirs. Raclure d'i- 
voire. Raclure de parchemin 
RACOISER. V. n. Calmer, appaifer. Ce mot eft vieux. 
La rumeur commençant un peu à fe racoifer , Mon- 
ficur de Rieux, Comte Se Gardien de Pierre -Font, 
Député pour la Nobleffede France, le leva pour par- 
ler. Sat. Men. T. I , p. g 6. Ce mot vient de coi, dont 
on fe fert encore. 
ifT RACOLER, v. Terme de mépris dont on fe fert pour 
défigner le métier infâme de ces efpèces de coquins qui 
engagent des hommes par adrefle ou de force, pour le 
fervice militaire. 
'^0' RACOLEUR, f. m. Celui qui fait profellîon d'enrôler 
des hommes de force ou par adrefle pour f ervir dans les 
troupes. 
RACONI, ou RACOGNINI. Petite ville des Etats de 
Savoie. Raconijîum. Elle eft dans le Piémont propre, 
fur la rivière de Grana, entre Savillan & Carmagnole, 
à deux lieues de chacune. Maty. 
RACONTER, v. a. Narrer une hiftoire, un fait, ei: faire 
le récit. Narrare , recitarej referre , exponere. 'Voici 
comme on raconte l'hilf oire qui s'eft palfée. Il nous a 
raconté de point en point toutes les aventures de les 
voyages. Raconter des fottifes avec gravité. Abl. Pour 
raconter ce fujet à notre avantage, il ne le faut que 
raconter fidèlement. Sar. On raconte d'Alexandre , 
qu'il étoit fujet à de grands emportemens. Il ne faur 
pas raconter ^\vS\evixs fois un même conte devant les 
mêmes perfonnes. Toujours raconter eft la marque 
d'un efprit médiocre Se fuperfîciel. M. Scud. Tacite 
ne raconte point les chofes comme elles ont été; mais 
comme il s'imagine qu'elles auroient du être. Bouh. 
RACONTÉ, ÉE. part. Narratus , expojitus. 
RACONTEUR , EUSE. f. Celui qui raconte. Narra- 
tor. Il ne fe dit guère qu'en termes de mépris. Un ra- 
conteut ennuyeux, fatigant. Il eft du ftyle familier. 
RA.CORNIR. V. a. Faire qu'une chofe fe retire Se fe 
roule en façon de corne ; rendre dur Se coriace. Le 
vin racornit les fruits. Indurare , convolvere. La cha- 
leur racor/zir le parchemin, le cuir. Il eft aullî récipro- 
que , Se fignifie devenir dur. Durefcc'e , rigefcere. L.i 
couverture d'un livre, les loulicrs fe racorniffent au 
feu. On dit auflî que la viande fe racornit à force de 
cuire , pour dire, s'endurcit en cuifant. 

RACORNI, lE. 



RAD 

■ onc racorni s quand ils font repliés par le bout-, qu'iia 
coiîcoinliic crt racorni, quand au lieu d'être clioit & 
dcbellc veii ue, il le replie en arc. RcpHcaciis.y\ài\ài: 
racornie , Il uics racornis. 
03" On rcmaf.-iuera en pallant que cette dernière figniii- 
cation du vî xhf: racornir , rendre dur & coriace, eft: la 
plus ordinaire & li plus autonfée. 
R ACOVIE. V illc de la petite Pologne , dans le l'alati- 

nat dv Sanduniir. 
fl>ACOUR. (. m. Terme de manufaiîlure de lainage. Il 
le dit des étotics de laine, qui au retour de la teinture 
ik des apprc ts le trouvent racourcies Se diminuées de 
leur longueur. 0Cr Cette pièce avoit zo aunes : elle 
n'en a plus que 19. C'cft une aune de racour. Le ra- 
cour vient ordinairement de ce que les étottes ont été 
trop tirées &: allongées parle moyen des lames & mou- 
linets ,ou parce qu'elles ont été mal fabriquées. 
RACQUlT. (. m. Aétion de racquittcr, de regagner ce 
qu'on avoit perdu. CoT GRAVE. La balletteeft une choie 
qui ne fc peut repréfenter. On y perd fort bien cent 
mille piftoles en un foir. Pour moi , je trouve que 
palfé ce qui fe peut jouer d'argent comptant, le relie 
e(1: dans les idées , & le joue au racquit , comme font 
i'cs petits enfans. Madame de Sévigné , Tom. I des 
iLcc. de Biijjy j p. 2Ç4. 
RACQUITiilL {fe)v. récip. Regagner Ce qu'on avoit 
^terdu. Damna farcire , rejarcire , compenfare , redi- 
r.nerc. 11 avoit bien perdu au jeu j mais il s'eft racquicé 
à la fin. 

Il s'emploie auill effeiftivement. Il avoit beaucoup 
perdu ; mais j'ai pris fon jeu & je l'ai racquité. 

Il lignifie figurémcnt, dédommager de quelque per- 
te. Une féconde affaire l'a racquité de ce qu'il avoit 
perdu à la première. Il s'emploie plus ordinairement 
avec le pronom perlonnel. Les ennemis eurent quel- 
que avantage la première année: mais on s'en racqui-, 
ta bien dans la fuite. Acad. Fr. 
RACQUITE, EE. p3.n. Sarcicus ,refarcitus , redcmtus j 
recuperatus. 

RAD. 

RADABLE. C'efi: un mot de Languedoc , qui fignifie une 
riorte ou hardelle. Borel. 

RADACAH. Ville d'Afrique des dépendances de celle 
de Caïroa. 

§3" RADAR, f. m. On appelle Radars en Perle , des el- 
pèces d'ArcherSj de Gardes de grands chemins, por- 
tés en certains endroits , principalement daiis \cs heux 
dangereux, pour la fureté publique. Il y en a aux car- 
refours, à l'entrée des ponts , & aux autres endroits 
par où il faut abfolument palfer. Tous ceux qu'ils ren- 
contrent, lont obligés de leur déclarer d'où ils viennent 
& où ils vont. Lorfque quelqu'un a été volé , il n'a qu'à 
s'en plaindre au Gouverneur de la Province; pour 
peu qu'il puilFe établir la réalité du vol , foit par fes 
regiflres.foitpar témoins ou autrement, il ne faitpoint 
de difficulté de lui payer le prix de fon vol, tahf il 
compte fur l'exaftitude des Radars. Ils ne fc tiennent 
pas toujours fur les grandes routes ; il y en a qui font 
des courfespar les montagnes & les lieux écartés, & 
qui fe laifilfent de tous ceux qu'ils y rencontrent, pour 
les faire expliquer fur les raifons qui les empêchent 
d'aller je droit chemin, enforte que les malfaiteurs font 
auffi-tot découverts. Cette belle police eft caufe qu'il 
fe fait peu de mauvaifes adions en Perfe. Quoiciue les 
gages des Radars ne foient pas confidérables, on n'en 
manque cependant pas , parce que les Marchands leur 
font des libéralités , pour les récompenfer du foin qu'ils 
prennent pour la fureté des chemins Se des voyageurs. 
Tavernier 6c Chardin. 

IJCr RADARIE. f. f. Terme de relation. C'elt ainfiqu'on 
appelle en Perfe le droit qui fe paye aux Gouverneurs 
des provinces fur toutes les marchandifes , pour la fu- 
reté des grands chemins. 

RADE. f. f. Lieu d'ancrage à quelque diftance de la côte , 
à l'abri des vents, où les vailleaux trouvent fond , & 
ou ils mouillent ordinairement, en attendant le vent 
ou la marée propre pour enttetdans les ports , ou pour 
faire voile. Stacio , vadofa ora j vadum, La loi i , §. 
Tome FIL 



RAD 



12,1 



I î.^ de fiuminibus t l'appelle locui minimi portuo' 
jus , fcd in quo navesinjale cff'e & commorari queunc. 
Et Senèque dit, Z. de vita beata, ch. dernier , ftatio 
eji ,fed non portas. Bonne rade ^ fe dit d un lieu où 
le fond eft net de roches , où la tenue eft bonne ; & 
quand on cft a l'.ibri d'un certaui vent, on dit bonne 
rade d'eft, de fud , &c. Les grands vaiftcaux fe met- 
tent il la rade , quand ils ne trouvent pas de ports 
qui ayent allez de fond, ou quand ils en font trop 
éloignes. Le VIII'-' titre de l'Ordonnance de Marine cil 
Des Ruades. Voulons que les rades foient libres à tous 
vaillèaux de nos fujets & alliés , dans l'étendue de no- 
tre domination. Okdon. de Marine. T. FIlI.Lcs 
Maîtres de navires venant prendre rade , mouilleront 
à telle diftance les uns des autres , que les ancres & câ- 
bles ne puillentfe mêler, & porter dommage. Ibid. 
art. j'. Etre en rade. 
fer On appelle rade foraine, une rade où il eft permis 
à toutes lottes de batimens de mouiller l'ancre , fans 
craindre le canon des fortereftes qui commandent ces 
rades. 
Rade peut venir de l'Allemand rand , qui fignifie riva- 
ge, bord. Ménage. D'autres difcnt qu'il vient de ce 
que terra radicur. 
RADEAU, f m. Alfemblage de pluficurs pièces de bois 
plates, formant une efpèce de plancher, dont on fe 
fert quelquefois pour portei des hommes , des che- 
vaux, du canon lut des rivières. Ratis. Le Tigre & 
iTuphrate ne fe navigent qu'avec des nzâ'e^//.v portés 
lut des outres, à caufe que les fauts y font fort fré- 
quens. On palTe les rivières , les folfés fur des radeaux. 
Il fit pafler la cavalerie fur des radeaux qui étoienc 
tout prêts. Id. Les Indiens font des radeaux compor 
fés de cinq folives attachées les unes aux autres , dont 
la plus longue eft celle du milieu ; les autres vont tou- 
jours en diminuant afin de mieux couper l'eau. Gar- 
cilasso Florile. 

Ce mot vient de rajîrum. On écrivoit autrefois ra/Z 
d'eau. D'autres le dérivent de rates, parce que fou- 
vent il fert de vailfeau , & particulièrement fur l'Eu- 
phrate , comme témoignent les voyageurs. 

Quelques uns appellent auHi radeaux, à^s trains de 
bois de corde, de planches, de fohves, de poutres , 
qu'on lie enfemble, pour les faire venir à Hot fur une 
rivière. 
Ip- RADEGASTE, ou RADAGOSTE. f. m. Idole des 
anciens Slaves, qui eut auOî le nom de Ra/wor. On 
dit que ce mot fignifie Général d'armée. La ftatue de 
Radegaffe étoit d'or: fur fa tête étoit un calque de 
métal, furmonté d'un aigle , fes aîles éployées. Sa poi- 
trine étoit couverte d'un bouclier, dans lequel paroif- 
loit une tête de bœuf, & de fa main gauche il tcnoit 
une halebarde. Quelques-uns ont cru que c'étoit Ra- 
dagaife Roi des Goths & des Huns, qui fc dillingua 
du temps des Empereurs Aircadius & Honorius. 
RADELSTORF. Petite ville d'Allemagne dans la Fran- 

conie , à deux milles de Bamberg. 
RADER. V. a. Terme de Marine. Mettre en rade. Fa- 

dum petere. Rader un vaillcau. 
Rader. En termes de Mclurcurs de grains, fignifie paf- 
fer la radoire par-delfus les bords de la mefure, pour 
en ôter ce qu'il y a de trop , & la rendre jufte. On dit 
auftî racler. 
îfT RADERIE. f f. C'eft la même chofe que radarie ou 

raagdarie. 
IJCT RADEUR. f. m. Celui qui eft chargé de la radoire, 

quand on mefure le grain. 
^CT On le dit de même , en termes de Gabelles , des 
Officiers qui font chargés de mefurer le fcl , & de le 
raferfur leminot. Ra fores. Il y avoit autrefois dans les 
greniers à Ici des Mefureurs & Radeurs en titre d'Of- 
fice, que les Fermiers ont eu la faculté de remboilr- 
fer. 
(f3' RADIAL, ALE. adj. Terme d'Anatomie, fouvent 
employé fubftantivement. Radialis. On le dit des par- 
ties qui ont quelque relation avec le radius. L'artère 
radiale , qui eft une branche de la brachiale, ferpente 
le long du radius. Mulcle radial , interne, externe. De 
fix mufcles du carpe, le fécond des fléchilfeurs cft le 



îzz RAD . 

radial interne', on l'appelle radial, parce qu'il eft fitué 
le long de l'os radius; & interne, parce c^u'il eft aii- 
dedans du bras; il prend fon origine du condyle infé- 
rieur tk interne de l'humérus, & le couchant le long 
du radius va s'inférer au premier os du carpe , qui 
foutient le pouce : il pallc aulli fous le ligament an- 
nuLiire. Quelques-uns ne font qu'un muicle du trui- 
ficm.e & du quatrième des Héchiircurs du carpe qui 
lont le long & le court, & le nomment radial c\\.tr- 
ne, d'autres bicornis à caufe de fes deux infcrtions. 

DiONiS. 

f3" Radial, terme de Géométrie. Quelques Auteurs 
appellent courbes radiales , celles dont les ordonnées 
fe terminent toutes en un point , & font comme autant 
de rayons partis d'un même centre. 

Radial , terme d'Hiftoire. Où il y a des rayons, qui eft 
fait en manière de rayons. Couronne radiale. Corona 
rûdiata. Les couronnes radiales ie donnoient aux 
Prince's lorfqu'ils étoient mis au rang des Dieux, foit 
avant, foit aptes leur mort; cette lorte de couronne 
n'étant propre qu'à des Déïtés, dit Calaubon. Je ne 
prétends pas néanmoins faire de cela une maxime 
conftante; car je fai combien il y faudroit d'excep- 
tions, particulièrement depuis les douze Céfars.Noiis 
ne voyons point qu'aucun Empereur vivant l'ait prile 
avant Néron, qui la m.éritoit le moins de tous; Ait- 
gurte même n'en ayant eu 1 honneur qu'après la mort. 
Science des Médailles in-i 2. l 61)2. p- i p ,^ -0 0. 
&c T. II , p. 2jO de l'Editde 1715. On dit aullî quel- 
quelois couronnes radiées. 

RADIATION, f. f. Terme du Palais , qui fe dit des ra- 
tures qui lont ordonnées par autorité de Juftice. Ex- 
punclio. On a ordonné la radiation d'un tel article 
dans un tel compte, dans cette déclaration de dépens; 
radiation de l'écroue d'un homme mal emprilonné ; 
la radiation des paroles injurieules contenues dans 
quelque écrit ; la radiation des titres ou qualités qui 
ont été données mal - à - propos dans un aéte ; la ra- 
diation d'une personne du rôle des tailles, du tableau 
des interdits, &c. 

Radiation , eft auflî un terme de Phyfique qui fignifie, 
l'émiflîon ou l'eftet des moyens de lumière oui partent 
d'un corps lumineux comme centre : la radiation du 
foleil 

Ce mot vient du Latin radiatioj dont Pline s'cft 
fervi dans ce dernier fens. 

RADICAL, ALE. Adj. formé du latin r^Av ^ racine. 
Terme didactique , qui s'applique à ce qui lert com- 
me de bafe & de fondement à ce qui contient en foi- 
même le principe de quelque ficulté , de quelque 
qualité phyfique. Radicalis. AïnCi les Médecins diient 
qu'il y a dans tous les animaux un humide radical , 
qui eft regardé comme le principe de la vie , dont l'é- 
puilement caule la mort. 

Du baume radical leur cœur ejl épuifé ^ 
Et lefang^fource de la vie , 
N'ejl plus qu'un poifon embrafé. 

^T En Grammaire, radical k dit pour primitif, pat 
oppofition à compofé ou décrive'. Mot radical. Et on 
appelle lettres radicales , celles qui fe trouvent dans 
le mot primitif, 6c qui fe conlervent dans le mot 
dérivé. 

fCF Dans l'Ecriture , les lettres radicales font celles qui 
fervent a former les autres. 

§3° En Algèbre , on appelle Jïgne radical , celui qui 
défîgne la racine de quelque quantité. Il eft ainfi fi- 
guré v' ; & quantité radicale , celle qui eft affeélée de 
ce ligne, ceft-à-dire, qui eft précédée au. figne radi- 
cal, y^ a \ b font des quantités radicales. 

Rendre l'humidité radicale 2l la pierre, c'eft dans 
la Philolophie hermétique, une opération qui fe fait 
par les imbibitions, lorfqu'il eft qucftion des multi- 
phcations, ou en cohobant^ ou en fixant la piètre 
blanche. Dict. Herm. 
. RADICALEMENT, adv. Terme dogmatique. Oiiginai- 
remenf, dans fon principe, & de fa nature. Orioina- 
riè. L'homme a radicalement ^ & par fa nature, la 



RAD 

pui'lfance de raifonner & de rire, quoiqu'il ne l'e- 
xerce qu'a un certain âge. Gucrir radicalement une 
maladie. 

RADICATION. f f. Terme de Botanique. Aaion par 
laquelle les plantes pouflent leurs racines. Radicatio. 
On a tait à l'Académie des Sciences pluiieurs obfcr- 
vations cxafces fur la germination tk la radication des 
plantes. Il eft à délirer qu'on multiphe les oblervations 
& les exoériences (nr la radication. 

RADICOFANI , KADICOFE. Nom d'une petite ville 
du Siénois, en Tolcane. Raducophanum. Elle eft en- 
tre Sienne & Aquapendente , à douze lieues de la pre- 
mière , & à quatre de la dernière. Elle eft défendue 
par une bonne citadelle, iituée fur une colline voifine» 
Mat Y. 

RADICULE, f. f. Terme de Botanique. C'eft une petite 
pointe qui eft dans toutes les graines, qui eft l'embrioa 
ou le commencement de la racine, que M. Grew a 
découverte par le moyen du microfcope , & qu'il ex- 
plique dans (on Anatomie des plantes. Raduula. C'ell 
la première production des plantes , qui devient la 
racine. 

RADIÉ , ÉE. adj. Terme de Botanique. C'eft un nom 
qu'on a donné dans l'Académie des Sciences à des 
fleurs rondes & planes , compofées d'un difque & d'un 
fimple rang de feuilles longuettes & pointues , arran- 
gées tout autour à la manière des rayons. Radiatus 
flos. C'eft une fleur compoféc , dont le difque ou le 
milieu eft formé par des fleurons, &: la circonférence 
ou le pouitour par des demi- fleurons, qui forment des 
rayons, comme le corona folis. Ce qui fait qu.'on a 
nommé plulicurs de ces fleurs, fleurs en foleil. 

On le iert aufli de ce mot dans les médailles & dans 
le Blaion, où l'on appelle des couronnes antiques , des 
couronnes radiées. Corondi radiatéi. 

RADIER, f. m. Terme de Marine. On appelle radiers, 
les deux derniers madriers qui joignent l'intrade de 
proue & riifade de poupe. ÂJferes radiati. 

Radier en Architecture Hydraulique. C'eft une elpèce 
de féconde grille propre à porter les planchers, fur 
lefqueis on commence dans 1-eau les fondations des 
éclufes, lesbatardeaux, Vautres ouvrages qu'on fonde 
dans l'eau. Dici. de Peint. & d' Arch. 

RADIEUX , EUSE. adj. Rayonnant, brillant, qui jeté 
des rayons. Radiofus, radians. Il ne fe dit guère que 
dans le Dogmatique , ou en Poëfie. L'éclat du foleil 
radieux. Front radieux. Ce mot eft toujours de la ■ 
belle Poëfie. Ceux qui font difficulté de s'en fervin 
font trop délicats, ou plutôt ils font dégoûtés Men. 

Certain oifon fe jugea digne , 
Pour prix de fon beau chant, qu'on le changeât en cygne y 
Mourons, dit-il, brillant & radieux, 
Onmeverra^bientôt aux Cieu.v ^ 
Près du cxgnc célejîe enchanter tous les Dieux, 

ffT En Phyfique, en Optique on appelle roi/zr radieux, 
le point d'un objet d'où partent les rayons de lumiè- 
re. Chaque point radieux envoie une infinité de, 
rayons. Voy. RayoNj 'VisioNj Lumière. 

RADINI. Vo\c\ Stromona. 

RADIOMÈTRE. f. m. Inftrumcnt géométrique & aftro- 
nomique qui fert fur mer à prendre les hauteurs. R.a- 
diometrum. On l'appelle autrement bâton de Jacob _, 
& fur la mer verge d'or, rayon aJîronomique.Y oyez 
BÂTON DE Jacob. 

RADIS. (. m. Racine qu'on cultive dans les jardins po- 
tagers. C'eft une variété de raifort, p'oy. ce mot. 

RADl US. 1. m. Ternie d'Anatomie , purement latin. C'eft 
le nom d'un des deux os dont l'avant bras eft compo- 
lé. On dît aulli rayon. Voy. ce' mot. 

RADIWAGON. f. m. Vieux mot qui fignifioit un cha- 
riot. Currus. Il fe trouve, dit Borelj dans un ffc.m- 
tier ancien de Lipfe , fait depuis 700 ans. 

RADMANSDORF. Petite ville d'Allemagne dans la hau- 
te Carniole. 

RADNOR. Nom d'une petite ville avec un vieux ch.l- 
teau. Radnoria. Elle eft capitale du Comté de Rai- 
nor, & fituée fur le Somgill, entre Héreford, Breck- 



R AD 

nock Se Montgommeii à fix lieues des deux premicics, 
& à tinq de la devnicre. Mat y. 

Radnor shire, ou le Comté de Radnor. Radnorla. 
Coiitrce de la Fii.icipauté de Galles ^ en Ani^ktcne. 
Elle cft ennc les C;;mtcs de Montgommeii, de Cai- 
digiiaii , de Biecknock &: d'Héicioid. Ce pays fait une 
cfpcce de tiiangle , qui n'a que dix lieues dans la plus 
grande étendue. Il clt montiigncux & chargé de buis , 
& il n'a pas d'autre ville que Radnor qui en elt la 
capitale. 

RADOIRE. r. f. (On dit auflî Racloire. ) Terme dcMe- 
f lueur, liadulatorium. C'cft un inftrument avec lequel 
les Mcfurcurs de ici, de blé & autres grains , raient 
les minors & aunes meilires, pour en ôter ce qui cft 
au-dclliis des bords, & faire la mefure jufte. Ce lont 
les Hanouards ou Porteurs de fel qui doivent fournir 
aux Mefureurs les radoires , par l'Ordonnance de la 
ville. 

RADOM. Nom d'une ville avec châtcUenie. Radonia. 
Elle ell: dans le Pal.itinat de Sandomit , en Pologne , 
à vingt lieues de la ville de Sandomir , vers le nord. 
Maty. 

RADOTAGE, f. f. Radoterie , difcours fans fuite, & 
dénué de fcns. Il n'elt guère en uiage que dans la con- 
verlation. 

RADOTER, v. n. Parler, ou raifonner par foiblelfe d'el- 
prit, lorfqu'il eft débilité par l'âge ou par la maladie. 
Delirare, dcjiptre. Il ne faut pas prendre garde à ce 
que dit ce vieillard décrépit, le plus louvent il ra- 
dote. 

On le dit aullî de ceux qui font des difcours ou des 
raiionnemens qui ne (ont pas juftes, qui dilent des 
chofes fans raifon, fans fondement. Irifanire. Je crcis 
que cet homme radote , de me faire des propodtions 
Il déraifonnables. Il faut <\\x'\\ radote , de vouloir épou- 
fer cette fille qui n'a rien. Boileau fc moque de cer- 
raines gens qui croient que 

Sans Arïflote 
La raifon ne volt goutte ^ & le bon feus radote. 

Le Vayer rapporte que Cafaubon dérive ce mot 
à'Hérodote ; mais que c'eft plutôt une allulion ma- 
ligne qu'une étymologie. En Anglois dote tout fenl 
lignifie radoter , ëc doting , rêverie. 

RADOTERIE. f. f. Extravagance qu'on dit en radotant. 
Delirïum , dellrat'io. Il ne dit que des radoterïes. Il 
n'a guère d'ufage que dans la converfation. L'Acad. 

RADOTEUR, EUSE. f. Celui, celle qui radote. Delï- 
rus , fomnians. Cet homme efi: un vieux radoteur. Ces 
vieux radoteurs ne font que dormir à l'Audience. On 
dit aullî que la plupart des Rabbins font des radoteurs, 
qui ne ditent que des fadaif'es &c des rêveries. 

RADOUB, f. m. Quelques-uns difent Radoubement. 
Terme de Marine. C'ell l'ouvrage qui eft fait par les 
Charpentiers & les Calfiiteuts au corps d'un vailleau 
endommagé par quelque accident, ou parle temps. 
Navïum refeclio. Ce vailfeau eft fi vieux, qu'il ne 
peut plus fouffrir le radoub. On fe (ert de planches , 
de plomb , de brai , de goudron & autres chofes, pour 
le radoub des vaiffeaux , pour les remettre en bon état, 
& empêcher qu'ils ne faflent eau. 

RADOUBER, v. a. Terme de Marine , donner le ra- 
doub, remettre en bon état le corps d'un vaifleau. 
Navem reficere. On a fait entrer l'armée dans les ports 
pour radouber les vaifléaux. 

|Cr On dit raccommoder quand il s'agit des agrès, des 
manœuvres d'un vailfeau. 

RADOUBÉ , ÊE. part. Refeclus .refarckus. 

RADOUBEUR. f. m. Ouvrier qui radoube. O'n l'ap- 
pelle plus ordinairement Calfat, ou Calfateur. Re- 
feclor. 

RADOUCIR. V. a. Rendre plus doux. On radoucit les 
métaux par une fonte réitérée. La pluie radoucit le 
temps, le rend moins rude, plus fupportable. Je crois 
qu'en parlant des métaux , adoucir feroit mieux , les 
rendre plus doux , plus maniables. Figurément il figni- 
fîe , modérer , appaifer. On radoucit la colère par des 
foumilTions. /{a(/o«cir quelqu'un, lui radoucir l'ciprit. 
Tome FIL 



RAF iz^ 

Il cil aullî réciproque. Ces pattics qui étoicnt fi ani- 
mées commencent a fc radoucir. Un amant le r dou- 
ât auprès de fa Maitrellé, c'cftà-dirc, il faifle ten- 
dre, l'agréable, le palllunné. Pour être fage , il n'efl 
pas nécellàire de dévilagcr les gens qui fe radouct{Unt 
auprès de vous, &( qui laillcnt entrevoir de la paliion. 
Bell. Molière fait dire à un Vieillard qui faifoit le 
févcre : voyez comme il le radoucît auprès de votre 
femme. 
RADOUCI, lE. part. Lcnitus. Dire les chofes d'un air 
radouci, c'çfl-à-dire , honnête &: obligcaiit. Prendre 
un ton radouci, c'efl-à-dire, moins h,iut, moins vio- 
lent. 

Etfcs roulemens d'yeux , &.Jon ton radouci; 
N'impofent qu'à des gens qui ne font point d'ici. 

Mol. 

0Cr RADOUCISSEMENT, f. m. Se dit au propre de la 
diminution de la violence du froid ou du chaud par 
rapport à l'air, particulièrement du froid. Relaxation 
remiffio , mitigatio. Le radouci jjcjnent de la faifon , 
du temps me permettra de 'me mettre en marche. 

ifT Au figuré ce mot hgnihe diminution dans les maux, 
changement en mieux dans les atf.T.ires. Sa fièvre étoic 
violente, mais il y a bien du radoucifjement. 

ify On le dit quelquefois de l'air emprellé d'un hom- 
me auprès d une femme pour s'en faire aimer. Il a 
beau faire l'agréable, le palîîonné; tous les radoucijfe- 
mcns ne produifent rien. 

RADSTADT. Ville d'Allemagne dans l'Archevêché de 
Saltzbourg, fur la rivière d'Ens. 

R A E. 

RAEMPLI, lE. Vieux mot. Adj. c^ part. palF. qui s'tft 
dit pour rempli. Borel. Plenus,impletus , a. 

RAF. 

RAF. f. m. Terme de Marine. Nous ne fûmes pas plu- 
tê)t à l'eft du cap Saint Vincent , que nous trouvâmes 
une marée forte & rapide dans un raf , qui nous fai- 
foit tanguer fi rudement, que le perroquet de civa- 
diere entroit dans l'eau. FrÎzier. p. j o. 

Raf ou Rav. Nom que l'on donne à quelques Rab- 
bins , & qui eft au fond le même que Rabbi. Rabbi- 
nus , Docîor , Baf. 

^ RAFALE, f. f. ou RAFAL. f. m. Terme de Mer. 
On appelle Rafales , certaines bouflées de vent qui 
choquent fi vivement les voiles , qu'elles mettent fuu- 
vent un vaifleau en danger, fi l'on n'a pas foin d'y 
remédier par une manœuvre très-prompte. Les rafales 
font fréquentes auprès des terres fort élevées, & font 
alors fort dangercules, lorfque le vent fort avec grande 
impétuofité d'entre les montagnes qui le reirerrenr ; 
car il renverfe fouvent les navires qui vont fous voile. 
EluclatL € vallibus venti impetus violentus. 

RAFAR. Sorte de raifin qui elt mauvais. Ce mot eft fort 
connu dans l'Anjou. MÉnagf ,Dicl. Etym. 

RAFETIER. f. m. Vieux mot. Maquereau. Borel. 

RAFFAISSER. v. n. S'affaifTer davantage , perdre de fou 
volume , de fa hauteur. Deprimi -, dejîdere , fubjidere. 
La trop grande charge de ce mur l'a fait raffaiffer. Le 
foin ferré dans le grenier fe raffaijfe affez. Ce mot 
n'eft pas d'ufage. 

83- RAFFERMIR, v. a. Stabilire ^conflabiUrc .firmiùs 
flatuere. Rendre plus ferme, plus compaéle^ plus fia- 
ble. On raffermit un mur par des étales. J'aimerois 
mieux dire , raifurer un mur, ralfurer une terraffc. Le 
foleil raffermit les chemins. Il y a des opiats pour 
raffermir les gencives. Au figiiré,il fignifie rendre plus 
fiable, remettre dans un état plus alTuré. Le bon régime 
raffermit la fanté. Raffermir quelqu'un fur le trône. 
L'autorité royale fut raffermie par le châtiment des fe- 
ditieux. Il raffermit le courage des foldats par fes dif- 
cours. Militum animos confirmare verhis. Raffrmir 
des troupes ébranlées. 

Il eft aullî réciproque, & fignifie devenir plus fer- 

Q 'J 



^ 



IZ4 RAF 

me , plus ftable. Sa Tante Ce raffermie tous les jours. 
Ses jambes fe rjffermijj'cnt. Il s'eft rafferrri dans ies 
idées, dans fa réiolurion. Les ayant un peu conlolés, 
& s'étant riiff'crmi lui-même, il leur fit un dilccurs toit 
touchant fur la fragilité & l'inconftance des choies 
humaines. FlÉch. Hijl. de Xim. L. I,p. S p. 
RAFFERMI , lE. part. Confirmatus jlahtlnus. 
RAFFERMISSEMENT, f. m. Nouvel affcrmiirement 
qui remet une choie dans l'état de fermeté & de iv.yt- 
té où elle étoit auparavant. Confirmatïo y affirmatio. 
Le raffermijfement de fon autorité eft venu d'une al- 
liance qu'il a faite avec des gens puilTans. Le raffcr- 
mijfemenc de la fanté. 
RAFFES. f. m. pi. Terme de MégilTerie. Ce font des ro- 
gnures des peaux que les Tanneurs & Mégilliers ont 
préparées, ou que les divers Ouvriers qui travaillent 
en cuir, ont débitées. 
Raffes de Verre. C'eft ce qu'on nomme plus ordinaire- 
ment du GroiJIl. Voyez Groisil. 
^fT RAFFINAGE, f. m. Terme relatif à la purification 
de plufieurs lubftances. Il eft particulièrement ulîté 
dans les Sucreries , en Métallurgie & dans les Salines. 
Le raffinage du lucre eft une opération par laquelle 
on le clarifie, on l'épure en le faifant cuire à diveilcs 
reprifes , afin de lui donner la blancheur & la coniil- 
tance qu'il doit avoir pour être mis en pains. Sacchari 
excocllo. 
^fT Raffinage, fignifie auffi la manière de raffiner par- 
' . ticulière à quelque endroit. Ainh l'on dit , du raffinage 

de Rouen, du raffinage d'Orléans, &c. 
?fT On le dit aulli des métaux qu'on raffine en leur 
donnant plulieuis hilions, pour les dégager des lubl- 
tances étrangères; & du (el, quand à force de le faire 
bouillir, on le fait devenir blanc. 
RAFFINEMENT, f. m. Qualité qui rend une chofe plus 
fîne. Expurgatio i cuhus. Il ne le dit point au propre. 
Le Commiiraire de l'Artillerie doit lavoir le raffine- 
ment & la bonté de la poudre. Davil. C'eft une fau- 
te. On dit raffinage S-: affinage. 
fîCJ" Au figuré , ce mot fe prend toujours en mauvaifc 
part. Dans la manière de penler, de parler & d'écrire, 
c'eft une délicatelle étudiée , une affeélation par la- 
quelle on s'écarte de la lunplicité afin de lurprendre. 
NimiafuhtUicas. C'eft, dit Bouhours, la pire de tou- 
tes les affeélations. Le palTàge eft aifé du raffinement 
au galimatias. S. Evr. Çuand on lubtilile trop une 
penlée , ce n'eft plus finelle , c'eft raffinement, 
(fj" Le raffinement dans les aéfions eft un moyen re- 
cherché qui fait qu'on s'écarte de la fimplicité avec 
ceux qu'on fe propofe de tromper fans qu'ils s'en ap- 
perçoivent. Le raffinement dans les actions tient un 
peu de la fauftété. AJiutia. C'eft ainh qu'on dit , un 
raffinement de prudence, un raffinement de politique , 
un raffinement de (piritualité. Ce mot lignifie partout 
une trop grande lubtilité. La dilette , & les chagrins 
dévorans font les enfans infortunés des raffinemens de 
Ja chicane. Boil. Jamais peut-être n'y eut-il plus de 
raffinemens , ni plus de conteftations fur la Foi , & 
jamais aufll n'y eut-il moins d'humilité dans la Foi, 
BouRD. Exhort. II , p. 3çS . 
DCr Raffinement, fe dit à peu près dans le même fens 
d'un difcours enveloppé, où l'on uie de ménagement 
pour ne pas s'expliquer nettement. Les Princes doivent 
gouverner lelon les loix & félon les temps d'aujour- 
d'hui , &: c'eft fur quoi il faut les inftruire fans détour 
& fans raffinement. Montesq. 
%fT RAFFINER, v. a. C'eft en général purifier une lubf- 
tance, la rendre plus fine <k plus purCj en la d.ga 
géant de ce qu'elle a de grolTier «S: d'étranger. F'xpur- 
gare. On raffine les métaux en leur donnant plulieurs 
fuhons. On fond le cuivre julqu'à quatorze fois pour 
le raffiner & le rendre duét'le & doux. On raffine le 
falpétrc , le fel , le borax , &c. 

Au figuré , ce mot fe prend en bonne & en mnu 
vaife part, & fignifie rendre plus fin , plus adr.^it, plus 
entendu , du fubtilifer. La plus hcuieufe naiirance a 
beloin de l'ufagc du mond'' , qui raffine l'intelligence , 
& qui fubtihfe le bon iens. Eouh. La fagcfte des 
Sto'iciens s'occupoir à raffiner les crimes, & à les ren- 
dre fpiritucls. M. Esp. 



RAF 



STT- Raffiner, eft auflî neutre, & fignifie quelquefois 
faire des recherches curieufes, des découvertes nou- 
velles. C'eft ainfi qu'on dit que les modernes ont 
bien raffiné fur les anciens , qu'on raffine tous les 
jours fur les arts. Quelquefois il fignifie fubtihler , 
chercher beaucoup' de finelle dans une qucftion,dans 
une affiiirc. C'eft Sinfi que ion dit, raffiner fur tout, 
raffiner fur le point d'honneur, rûffimcr fur la langue. 
A force de raffiner îk d'être délicat fur la langue , on 
la rendra ftérile. Les dévots raffinent (ur les confeils, 
entre le bien & le mieux. S. EvR. 

Raffiner , eft aufti réciproque , & fignifie devenir 
plus fin. Le monde fe raffine tous les jours. Se exco- 
quunt homines quotidiè. Un homme neuf fe raffine 
par l'expérience & par l'ufage du monde. 

RAFFINÉ, NÉE. part. Expurgatus , exeoclus. Sucre 
raffiné , cuivre raffiné. Il fe dit auftI fort fouvent au 
figuré, pour fin, fubtil , rulc. Les cfprits trop raffines 
s'évaporent en des imaginations vaines & chimi-ri ue?. 
BouH. Il y a des gens h raffinés, qu'il faut t uji urs 
être en garde contre eux. Bell. L'amour étoit plus lim-i 
pie i!<c plus fidèle dans la vie paftorale, parce qu'on n'y 
avoir pas l'efprit fi dangereufement raffiné. La Font. 
Cromwel étoit un hypocrite r. ffi.né, autaiit r^u'habile 
Politique. FlÉchier. Vous avez le goût trop raffiné. 
M. ScuD. Voye-^ les articles préccdens. 

RAFFINERIE. ï. f. Manufaâure où Ion raffine le fu- 
cre. 

RAFFINEUR. f. m. Dans le fens propre , il fignifie , 
celui qui raffine. Raffineur de fucre, de lalpctre. rtcAD. 
Franc. 

RAFFOLIR. v. n. Devenir fou. Stultejtere. Vous me 
feriez n ffioùr. Il eft peu d ulage. ' 

RJffBONTATI.Lm. (.V pi. GliRaffrontati dt Ferma 
en Italie , font une Académie établie en cette vilie. 

C'3" RAFFÛTAGE. f. m. Terme de C ha; dur. façon 
qu'on donne a un chapeau. / o\e-f Raffuter. 

R AFFÛTER un chapeau. 1 erme po(. ulaire. C'tll le rac- 
commoder entièrement , lui donntr les grandes raçcns. 
Bejîcere. Quand on ne lui donne que le luftre , cela 
s'appelle rehouil'er. 

RAFIT & RAFITE. Foxe-;^ Raphileux. 

IfT RAFLE, f. f. ou RAPE. Terme d'Agriculture. Grap- 
pe de railm, dépourvue de les grains. Quand les vi- 
gnes couleur, il ne refte que k rafle. Quand on ne 
met point les rafles dans la cuve , le vin eff meillem: 
& plus prompt a boire. Scapus uvarum. 

Du Cange dir que ce mot eft venu du Saxon, eu de 
;v,f/?i;7(f, qu'on a dit dans la baffe Latinité pour figni- 
fier , emporter de force , piller &c Jaccager. D'autres 
dilênt qu'il vient de l'Allemand, rafftn j fignifiant la 
même chofe. 

^fT Rafle, fe dit aufTi au jeu de dés, quand les dés 
qu'on jette amènent le même point. Rafle d'as , ràfl-e 
de fix , quand les deux ou les trois dés dont on joue, 
viennent tous fur l'as ou fur le fix. 

fer Quand on joue à trois rafles comptées, il fnffit 
qu'il y ait deux dés qui amènent le mtme point. Pour 
faire dix-fept d'une rafle , il faut amener deux fix & 
un cinq. Pour faire feize, deux fix i^k: un quatre , &c. 
On dit proverbialement au jeu de dés, après rafle ^ 
gnafle ; pour dire qu'il eff rare de faire deux bons 
coups de fuite. 

On dit figurément , faire rafle , pour dire , enlever 
tout fans rien laifFer. Omnia corradere. Les Sergens , 
les Soldats, les Voleurs onr été dans cette maifon ^ 6c 
y ont fait rafle. Il eft du ftyle familier. AcAr. Fr. 

§Cr Rafle. 'Terme d'v ifelier tk. de Pêcheurs. C'eft une 
cfpèce de filet contremaillé, dont ifs fe ferveur pour 
prendre de perits oifeaux Si des poiffons. Rete multi- 
plici plexu flnuofum. 

RAFLER. V. a. Faire rafle, emporter violemment rout 
ce ou'on rriiuve dans une m.iilon. Corradere , auferre. 
Il eft du ftvle bas. Quand les Allemands entrent dans 
un p.iys, ils raflent tout, ils ne laiffent rien. Dame 
Atropos raflera ma vie entre les pots. S. Amant. 

Rafler, fe dit auflî figurément d un mauvais vent, d'un 
orage qui abar, qui enlevé, 'ui ravage. Afportare , 
auferre. Nous avions de belles efpèrances pour les 



I 



RAF 

fruits de la tenc; m.iis il cft vciui un vciu, une grêle 
qui a tout rafle. 

Rafler, fc die encore pour, enlever tour l'argent du 
Jeu, après avoir tait raHc. Er par cxtenlion,cela fedit 
dans d autres Jeux où l'on dit: il a rout raflé , pot'.r ' 
dire qu'il a gagné tout ce qui éioit fur le Jeu. 

Rafler, fe dit encore pour, jouer aux des dans la vue 
de décider la partie par la première raHc. 

Le Diable fe fianz à fon adrejfe extrême, 

Ilaricns, dit-il , à qui l'aura, 

La Fortune en décidera. 
Pourquoi tous les plaideurs n' en font-ils pas de même? 
M. ]Ji:. LA MoNNOYE,/'. 1141;/// T. II du Ménagiana. 

RAFLÉ , ÉE. part. 

RAFOUR. f. m. Au pays de BrelFe, c'eft un four à 
chaux. Fornex cakaria. Voyez Collet lur les Statuts 
de cette province, L.I,fecl. r ,p. ^j, col. i, 

ffj" RAFKAICHIH. v. a. "qui a plulleurs, fignilîcations 
trcs-diftcrentcs. Premièrement il lignifie, rendre Irais. 
Frigerare , refrigerare. On mjraicliit le vin', l'eau & 
les autres ligueurs. La pluie rafraîchit le tempsi La 
glace rafraîchit le vin. _ 

^ Rafraîchir , en parlant de l'économie animale ,ra- 
fraîchir le lang, c'eft le rendre plus calme, en dimi- 
nuer la chaleur par les remèdes ou par le régime. Ra- 
jraichir les entrailles. L'ufage du Lm rafraîchit le fang. 

ffF C'eft encore rétablit les torces par une bonne nour- 
riture ou par le repos. Fires reficere. Dans ce lens , 
c'eft oïdinairement un terme de fc,uerre. On met les 
ti'Uj'es fatiguées dans de bons quartiers d'hiver pour 
le; rafrcîchir. 

^3" On dit figurément & familièrement qu'une chofe 
rafraîchit le tang , pour dire qu'elle fait plailir , qu'elle 
donne de la tranquillité. 

fer Rafraîchir , el1: quelquefois fynonyme de répa- 
rer. Repanre , rjflaurare, reficere. On rafraîchit un 
mur en y mettait un enduit. On rafraîchit une tapif- 
ierie en la raccommodant aux endroits où elle eft g.î- 
tée , &: en y repall.mt quelques couleurs. On rafraîchit 
un tableau en le nettoyant & en y pallant un vefpis qui 
lui rend la vivacité des couleurs. 

fCF Rafraîchir une place, en termes de guerre , fyno- 
nonyme de ravitailler. Rajraîchir une ville alliégée 
d'hommes & de munitions , c'eft y faire entrer de 
nouvelles troupes & de nouvelles munitions. Com- 
tncatus j copias in urhem importare. 

^3" Rafraîchir, (yiionyme de renouveler. Rafraî- 
chir d quelqu'un la mcmuire d'une chofe. Memoriam 
renovare , refricare. Les Romains , non contens d'ap- 
• partenir à Venus par Enée, onz rafraîchi leur alliance 
avec les Dieux par la fabuleule nailFance de Romulus 
qu'ils ont cru fils du Dieu Mars. S. EvR. 

§3° Rafraîchir le Canon. Terme de guerre. C'eft 
mettte du vinaigre Ik de l'eau dans la volée, après 
qu'il a tiré un certain nombre de coups. On rajraîchit 
le canon après dix ou douze décharges avec deux 
pintes de vinaigre que l'on mêle avec quatre pintes 
d'eau , &c. qu'on met dans l'ame du canon , après 
avoir bien bouché la lumière; (ans cette précaution , le 
canon feroit en danger de crever tk. de s'éventer. 

§3" En termes de Mâtine , on dit que le vent fe ra- 
fraîchit , o\i fraîchit, quand il redouble ik. devient 
plus fort. 

Rafraîchir la fourrure , en termes de Marine, c'eft faire 
que la garniture qu'on mer* autour d'un cable pour 
l'empêcher de le gâter, change de place. 

$0° Ce terme a pluheurs acceptions en jardinage. Ra- 
fraîchir une couche trop chaude, c'eft la découvrir. 
Rafraîchir une plante qui languit, c'eft l'arrofer. Ra- 
jraîchir le buis d'un parterre , c'eft le tondre. Rafraî- 
chir les racines d'un arbre , c'eft couper l'extrémité des 
racines, qui avoient déjà été coupées, mais qui s'é- 
toient un peu féch'es, parce qu'on n'avoit pas planté 
affez promptement. Précaution nécellaire pour que 
les racines fe portent bien. Il ne faut point planter un 
arbre , fans en rafraîchir les racines &c les bran- 
ches. 



K AF 



IZ5' 



iÇ? Rafraîchir le giain. Terme de Braftcur C'eft lui 
donner de l'eau nouvelle, lorfqu'il ell à moitié trempé. 

§3" Rafraîchir eft aulli neutre , 6c fignific devenir 
frais. Allons faire un tour tandis que le vin rajraîchit- 

I^J" On l'emploie dans le même fens .avec le pronom 
pcrfonnel. L'air, le temps fc rafraîchit. 

(K>' Se rafraîchir fignific aulli , boire un coup , prendre 
un peu de repos quand on eft fatigué. Après vos cour- 
(es, venez vous rajraîchir chez moi. 

RAFRAICHI, lE. part. Refrigeratus , renovatus , re- 
paratus. 

RAFRAICHISSANT, ANTE. Qui rafraîchit. Refrige- 
ratorius, refrigerans. 

^fT Ce terme eit appliqué en Médecine à certains re- 
mèdes que l'on croit capables de ramener à l'état na- 
turel la chaleur excelîive , contre nature , de calmer 
l'agitation des humeurs. Le nénuphar eft rajraîchif- 
fant. Les quatre iemences froides (ont rajraîchtffan- 
tes. Alors il eft (ouvent employé comme fubltantif. 
Les rafraîchijfans font d'un grand ufage dans les ma- 
ladies aiguës. Les raj'raîchijjans font internes ou ex- 
ternes. 

yj^ En Chirurgie les rafraîchijfans font certains médi- 
camens propres à tempérer la chaleur extraordinaire 
qu'on (eut dans quelque partie du corps. Telles (ont 
les lotions faites avec le fuc de laitue, de pourpier, 
l'eau de plantain, de nénuphar, &c. l'onguent de cé- 
rule , le cérat de Julien , &c. Ces remèdes relTerreni: 
les folides ou les dilpofent à fe contraèter, &c dimi- 
nuent le mouvement inteftin des fluides. 

RAFRAICHISSEMENT, f m. Ce qui rafi.aîchit. Re- 
frigcratio. Ce malade a beloin de prendre du rafraî^ 
chiffement. 

ïfJ' C'eft aulli l'effet de ce qui rafr.aîchit. Le trop de 
rafraîchijfement eft fouvent nuifible. 

Ip? Tranlporté au figuré, ce mot défigne le recouvre- 
ment des forces par le repos tk les bons traitemens. On 
le dit particulièrement des troupes, Fatigati exercitûs 
rejeclio. L'année a beloin de rafraîchi£'ement. Quar- 
tier de rajraîchijfcment. Voy. Quartier. 

§Cr Au pluriel on le dit des viandes, des fruits, des 
confitures , des liqueurs & autres chofes femblables 
dont on régale un Prince, un Amballadeur à fon ar- 
rivée ou à fon padage. La ville a envoyé des rafraî- 
chijjemens à l'Amballadeur à fon palfage. 

*j Sur mer on appelle rafraîchijfemens , tous les ali- 
mens frais , ditiérens de ceux qu'on porte dans les 
vailfeaux, qui (ont ordinairemenr ou fecs ou falés. La 
flotte aborda en tel endroit pour prendre des rafraî- 
chiflemens. 

Rafraîchissement des Philosophes. En termes de 
Philofophie hermétique. C'eft cuire la nature julqu'à 
ce qu'elle (oit paifaite. Dict. Hermét. 

tfT RAFRAICHISSOIR. f. m. Vafe où l'on f.iit rafraî- 
chir des liqueurs. Fas frigidarium , ou rej'rigerato- 
rium. Au lieu de la glace que l'on ne trouve pas tou- 
jours, &: dont l'ufage ne convient pas à toutes fottes 
d'eftomacs , & qui périt par l'ufage même qu'on en 
fait; on peut employer des fels qui jettes dans le ra- 
fraîchijfoir mettent l'eau prefque au degré du froid 
de la glace. On peut tirer ce fervice du fel marin , 6c 
encore mieux du (el ammoniac. 

RAFRAICHISSOIR. f. m. Terme de Sucrerie. On nom- 
me ainfi aux Iles Antilles Françoifes, un vaifleau de 
cuivre rouge, dans lequel les Ouvriers en fucre met- 
tent rafraîchir les firops qu'on a travaillés en fucre 
blanc. 

R A G. 

RAGAILLARDIR , v. a. dont on fe fert dans le ftyle 
familier , pour dire , redonner de la gaieté. Hilario- 
rern efficere , reddere. La nouvelle d'une grande (uc- 
cellîon ragaillardit un homme que la misère prelTe. 

RAGAILLARDI, lE. part. 

RAGAS. f. m. Vieux mot qui fignifioit autrefois une 
inondation caufée par une pluie violente , ou par une 
chute d'un torrent. Alluvies , eluvies , illuvies. Il eft 
encore fort en ufage dans les provinces. On die aulK 
^g'i'-fl, Agafte. 



1 z6 



RAG 



SAGBIL. Ville du Royaume de Ganah, dans le pays 
des Ncgies , fui' le bord d'un Lac que les gens du pays 
appellent BaJié - Albalou, Aftr douce , paice que (ly 
eaux ne font point lalées , comme celles des autres 
Lacs de ce pays là. 

RAGE. r. F. Maladie qui ôte laraifon; délire furieux , 
l'ouvcnt fans fièvre, ëc qui revient ordinairement par 
accès. Raines. On l'appelle autrement hydrophooie. 
Foye^ ce mot. Balde, fameux Jurilconkike, mouuit 
de la rage , quatre mois après avoir été mordu à la 
lèvre par un petit chien. On dit la même chofe de 
Diogène le Cynique. La rage vient d'elle-même aux 
chiens , & à quelques autres animaux , & lar - tout 
■ dans les grandes chaleurs. La marque de la rage, c'cfi: 
lorfqu'un chien ne veut ni boire ni manger, qu'il 
écume par la gueule & par les nazeaux, qu'il a un 
regard morne ik de travers, qu'il fe jette (ans .ibboyer 
furie premier qu'il rencontre, foit homme, loit bc- 
te , connu ou inconnu. Galien dit qu'elle n'eft propre 
qu'aux chiens, quoiqu'elle arrive au(îi aux chevaux, 
chameaux tic mulets, aux renards, fouines, belettes, 
furets, martes, 6c. FJle peut être communiquée aux 
hommes par la morfine. La rage eil incurable, lorl- 
que le malade eft venu julqu'a craindre l'eau. Palma- 
rius a écrit de la morfure d'un chien enragé , & fait 
mention d'une poudre contre la rage inventée par Pi- 
lou. On dit que le poil d'un chien enragé mis lur la 
morfure qu'il a faite , attire le venin & la guérit. Un 
Médecin de Roftoch a réfuté cette erreur populaire , 
& montré que ce remède étoit plus- capable de faire 
du mal que du bien. 

On appelle rage blanche, la rage ordinaire, ou le 
chien enragé écume & mord -, &z rage mue , la rage 
où l'animal écume. Si ne mord point. L'Acad. 

Rage, fe dit auffi de toute douleur violente. Dolor ^ 
cruciatus. Le mal de dents eft une rage. 

Rage, fe dit figurément en Morale, de toutes les paf- 
fions outrées ; de la haine, de l'amour, de la colère, 
de la cruauté excellîve. Furor , effntnata pajjio. On 
aime & on hait à la rage, jufqu'à \^.ragc. Exprelîions 
du rtyle familier. Le Tyran poulla la haine julqu'à 
la rage : à la fin fa rage fe tourna en pitié. Une fem- 
ine qui a fait des avances, s'en fouvient avec rage , 
/î elle n'a pas iujet de s'en fouvenir avec plaifir. S. 
RÉal. La colère uniquement attentive à fatisfaire fa 
ra^Cj s'enveloppe luuvent dans la ruine de ceux qu'elle 
veut perdre. M. S. Son dépit n'alloit pas loin del.i rage. 
G. G. Il a la nz^e dans le cœur. Il écume de rage. 

Il dît aux ajlres innocens. 

Tout ce que fait dire la rage , 

Quand elle eft maîtfejfe des fens. S. EvR. 

Mon ennemi tranquille 
Jouira dans fon cœur de ma rage inutile. Boit. 

Rage , s'emploie quelquefois pour louer, ou bl.rmerunc 
aélion, mais en termes familiers, cet Avocat a fait 
rage pour fa partie , il a bien plaidé. Mira prsflare. 
Ce Dotleur a fait rage pour (outenir ion opinion ; 
c'eft à-dire, il a fiit de grands eftorts ; il a agi avec 
chaleur Va.htrage , lignifie encore faire un grand dé- 
fordre. Les loldats font entrés chez lui , bc ils y ont 
fait rage. Dire la rage de quelqu'un, c'eft en médire 
& le déchirer cruellement. 
Rage, fe dit aullî d'une furieufe envie de faire, ou de 
dire quelque chofe. Cacoethes. Un Poète à la rage 
de faire des vers. Je ne fai quelle rage le pofsède de 
vouloir écrire , puifqu'il y réullît fi mal. Il a eu la rage 
de parler. On dit aullî , il y a de la rage à cela, quand 
on veut marquer l'excès d'une chofe. Il paffe toutes 
les nuits à jouer , il y a de la rage à cela. Il le ruine 
à acheter des tableaux , il y a de la rage à cela. 

^fT On dit de même avoir la rage du jeu, des tableaux, 
&c. pour dire , une grande palîion. Toutes ces façons 
de parler ne font que de la converfrtion. 

Rage, fe dit proverbialement en ces.phrafes. Qui veut 
noyer Ion chien l'accnfe de la ras^c ; pour dire, que 
quand on veut faire une mauvaife querelle à quel- 



RAG 

qu'un, on ne manque jamais de prétexte. On ditaufîî, 
qu'on fait rage de les pieds toitus, pour dire, qu'on 
s'évertue à faire des choies, quoiqu'on n'y ait pas de 
dilpoiltion naturelle. 

^fT Rages ne fe dit plus au pluriel. Je ne fais pour- 
quoi , dit Voltaire; car il faiioit un très- bel cfFci dans 
Malherbe Se dans Corneille. Craignons d'appauvrie 
notre langue. 

Ce mot vient de rabies. 

RAGEMEHALE. Ville des Indes à la droite du Gange, 
dans les Etats du Mogol , au royaume de Bengale. 

RAGEPUTE. f m. Soldat Indien. Sorte de milice dans 
les Indes. Miles Indus. Les troupes que Rana oppola 
à Tamerlan étoient toutes compofées de ces ioldats 
Rageputes qui palfent au.x Indes pour des hommes in- 
iurmontables. P. Catrou. 

RAGES. Ville de Médie, fituée fur les montagnes d'Ec- 
batanes. 

R.ÂGGIVOLO. Nom d'un bourg de la Lombardie. Rag- 
givolum. Il eft diiis le Mantouan , entre Mantoue Se 
Régio , à quinze lieues de chacune. On conjeélure 
que les Réglâtes , peuple de la Gaule Cifalpine , en 
étoient les habitans, & que fon nom en ef1: une mar- 
que. Mat Y. 

RAGLINS, ou RATIN. Nom d'une île d'Irlande. Ri- 
cina, Ricnea. Elle n'eft féparée de la côte feptentrio- 
nale du Comté d'Antrim , que par un petit détroit. 
Il n'v a qu'un château & quelques villages. Mat y. 

RAGOT, OTE. adj. Qui eft de petite taille, court & 
gros. Hommt ragot. Femme ragote. Et fubftantive- 
ment , c'eft un ragot ^ une pcûie ragote. Style de coii- 
verlation. 

%CT En termes de Maréchalleiie on le dit des chevaux 
qui ont les jambes courtes , la taille renforcée , &: lar- 
ge du côté de la croupe. Humili & corpulentâftatuil 
equus. Il diffère du gouflaut, en ce que le gouffaut a 
l'encolure plus épaifle. On appelle aulli en termes de 
chalfe Ragot , un fanglier qui fort de compagnie , 
quand il a deux ans. Bimus aper. 

Ragot j en termes de Charretier, fe dit du crochet qui 
eft au limon d'une charette , où l'on attache l'avaloire 
qui iert à faire reculer. Uncus helciarius. 

RAGOTER. V. n. Gronder & murmurer auprès de quel- 
qu'un , de forte que cela 1 incommode. OhmuQare , 
muffitare. Ce mari évite fa femme, parce qu'elle vient 
toujours ragoter auprès de lui. Ce terme eft populaire 
& trivial. 

RAGOUISTE. f. m. Cuifînier de bon goût, qui fait de 
bons ragoûts. Dicl. des Arts , Ijjt. Un tel mot a 
befoin de toute l'autorité de 1 illulf re Académicien qui 
nous a procuré cette édition du Diûionnaire des Arts: 
encore n'a-t-il pu le faire palFer. 

RAGOUT, f m. Sauce, alîaifonnement pour donner de 
l'appétit à ceux qui l'ont perdu, ou pour le réveiller, 
quand il eft émoulfé. Condimentum , conditura. On 
le dit aulli du mets même affaifonné pour irriter le 
goût, ou exciter l'appétit. La gourmandife a invente 
mille ragoûts nuifibles à la fanté. Voilà un merveil- 
leux, un excellent ragoût. Les Anciens faifoienc un ra- 
goût qu'ils appeloient garum , de la pourriture des 
tripes d'un certain poifTon, qu'on gardoit jufqu'à ce 
que la corruption le fit fondre. C'étoit chez eux une 
friandife li eftimée , que ion prrx égaloit celui des 
plus excellens parfums, à ce que dit Pline. 
Ragoût , fe dit figurément des chofes qui excitent, irri- 
tent d'autres defirs que ceux de l'.appétit. Rafinement 
delà volupté, plaifir, fentiment, qui pique l'eipric, 
qui excite les pallions aftoibiies. Irritamentum guU , 
animi, voluptatis. C'eft un ragoût pour les personnes 
vaines, de faire entendre qu'on les choilit pour leur 
faire confidence. Bell. De quel ragoût peuvent être 
les grands noms. Se les biens delà fortune, dans le 
commerce où l'on ne cherche que les richelTès de la 
nature î Dac. Il vous faut donc le ragoût d'un Ga- 
lant î Mol. 

Une pointe de jaloujîe 
EJl un ragoût de grande utilité. Vill. 



RAGf 



Une humeur un peu hifarre 

Sert de ragoùr à l'Amour. La Sabl. 

RAGOUTANT, ANTE. adj. Qui donne de l'appâir, 
qui ratjuikc. Une birqiiebiun Faite tft un plat bien ra- 
goûCiinc.CuJlutn'ur'uans , wove/iSj uugens , provo- 
cans. 
Ragoûtant , fc dit aulll figua-ment pour dire agréa- 
ble; {Cr qui intcrelTe, qui Hattc. Jucundus , ^ratus. 
Une parure rdooiuante. Une pliylionomic ragoûtante^ 
' qui a quelque cliofe de ragoûtant. 
§Cr On dit d'une ciiL>fe qui ne donne que de la peine 
& du dJgoût, qu'elle n'elt pas ragoûtante. Le métier 
de plaideur eft une choie peu ragoûtante. 
RAGOUTER. v. a. Renouveller l'appétit, remettre en 
goût. Appetltum conc'diare , adducere. Il eft dilticile 
de ragouter un malade. Il efl: aulH réciproque. Un ma- 
lade fait ce qu'il peut pour le ragouter.^ 
Ragouter , le dit aulli figurément en choies fpirituelles, 
(ScfigniHe, faire renaître l'envie, le goût, le lentiment. 
(K? réveiller le dehr. Dcfîderium excitare , rejujcita- 
re. Cet homme ell infenllblc à tout ce qui le touche 
le plus : il lui faut quelque chofe de nouveau, pour le 
ragouter. 
RAG0UTÉ,ÉE. part. 

RAGRAFFER. v. a. & rédupl. Rattacher avec des agraf- 
fes. Affibulare. Il faut ragraffer cette Juppé , cette 
montre. (fT Ce mot qui ne iè trouve point dans le 
Diétionnaire de lAcadcmie, ni même dans les autres 
a été inféré dans le Diélionnaire Encyclopédique. Je 
ne vois rien qui empêche de s'en lervir. 
RAGRAFFÉ , ÈE. part. 

RAGRANDIR. v. a. Faire plus grand. Dilatare , gran- 
dius facere. Quand un trou n'efl: pas alFez grand pour 
y faire entrer un boulon, il taut le ragrandir ivcç. la 
tanière. L'Acadcmie ni aucun autre Diétionnaire ne 
fait mention de ce mot, excepté l'Encyclopédie. 
RAGRANi)I,IE. participe. 
RAGRÉÉ , É£E. adj. On appelle pierte ragréée au fer ^ 

celle qui a été repalTée au riHart. 
■RAGRÉÉMENT. f. m. L'Académie écrit ra^rément. 
Terme d'Architecture, & d'autres Arts. Aélion de ra- 
gréer , ou 1 effet qui en rélulte. Concïnnatïo. Faire un 
ra^réement. Daviler. Voye\ RagpÉer. 
RAGRfcER. V. a. Terme d'Architedure. C'ell, après 
qu'un bâtiment eft tait , repalfer le marteau & le fer 
fur les paremens des murs , pour les rendre plus unis 
& en ôter les balèvres. Concinnare , aptare. Ragréer 
un mur. 

Ce mot fîgnifie encore , mettre la dernière main à 
un ouvrage de menuiferie , de fcrrurerie , &c. Manum 
fummam , ultïmam ïmponere. On dit aulli , faire un 
ragréement, poat ragréer. Daviler. 
RagrÉer. Terme de Jardinier. Il fe dit des branches 
des arbres qui ont été fciées. C'eft couper avec la 
fcrpette la fuperfîcie de cette partie fciée,& comme 
brûlée par le mouvement de la fcie. Cultro concin- 
nare. Il faut raiiréer les parties fciées, parce qu'elles 
pourriroient autrement, .Si ne fc recouvriroient jamais. 
La :.,'uint. 
Se RAGRïEa, en termes de Marine, c'eft réparer quel- 
que chofe qui manque , s'en pourvoir de nouveau. 
Réparât e , reflïtuere , ïterum comparare Jiln. Quel- 
ques-uns écrivent r agréer. Nous travaillâmes enfuite 
' à faire des vivres, de l'eau & du bois, & à nous fa- 
gréer d'une grande vergue, & d'un mât d'artimon, 
qui étoit hors de fetvice. FrÉzier, p. 271. On dit 
fe ras,réer. 
RAGUÉ. adj. Terme de Marine. Ce mot fe dit d'un ca- 
ble Src de tout autre cordage , gâté, écorché ou coupé. 
Rudens détritus. Cable rapué. 
RAGUET. f. m. C'eft une forte de petite morue verte. 
RAGUSA. Nom d'un ancien Bourg de la Sicile. Baoufa ^ 
anciennement Wibla minor, Hurea. Il eft dans la val- 
lée de Noto , près de la rivière de Maulo , à 5 lieues 
de fon embouchure dans la Mer d'Afrique. iVIaty. 
Ragusa. Rivière. Voye-^ Maulo. 
RAGUSAN. Noiai du terricoire de Ragufe,dc l'Etat de 



RAJ 127 

Ragufe, République de la D.almatie. Bagufina dïtio. 
Le liagujan peut avoir vingt-deux liiucs de long, de 
Il côte du golfe de Venifc, &: huit d.ans la plus grande 
largeur: les îles de Mélcda .ïc de Curzola dépendent 
de cette République, qui eft fc us la piottdtion du 
Turc; & fcs lieux pnncii-au/. fut Hagulc capitale, 
& itagno. Matv. 
R AGUSE , ou DOBRONIK. Nom de la ville capitale du 
Ragulan, en l^alniatie. J agijia yRagi.Jium ^amuqUïs 
Raii^ium , Rhau^iur7i.lè\\ç eltlur une petite prcfqu'ile 
baignée -par le golfe de Vcnife, a dix fept litues de 
Cattaro, vers le couchant. P^agufc n'eft pas une gran- 
de ville, (^n ne lui d .nue au plus que dtux milles de 
circuit : elle eft bien bâiic , mais (ans magnificence. 
Elle eft forte , piincipalement par fa luu.inon, ayant 
du côté de la terre une montagne inacceliible, & 
étant défendue par un bon Fort du côté de la Mer. 
I-lle eif Archiépilcopale, &- République, tributaire du 
Turc, à qui elle paye izjoo écus de Hongrie par an, 
moyennant laquelle fumme les Ragufans font exempts 
de tout tribut , & de toutes charges dans les Etats du 
Grand Seigneur, où ils font beaucoup de commerce. 
Cette République a fon Doge comme celle de Venilc: 
mais pour l'empêche): de rien entreprendre contre la 
liberté du pays, on ne le lailFe qu'un mois en charge. 
Ragufe eft fujette aux tremblemens de terre. Elle en 
fut ébranlée l'an 1634, & fort endommagée lan 1667. 
On voit à deux lieux de Ragufe, vers le levant, le 
village de Ragufivecchio , qui eft l'ancienne Epldatt- 
rus , ou Epidauruin, des ruines de laquelle la nouvelle 
Ragufe a été bâtie. Mat y. 

RAGUSIEN, ENNE. adj. m. c\- f. Qui eft de Ragufe. 
Raguflanus jRagufanus , a. Les Ragufïens font tribu- 
taires du Turc. La pliîpart des Ragi.Jiennes font de 
belle taille. 

RAGUSCIS, OISE. adj. m. & f. Nom de peuple, qui 
eft de Ragufe. Ragufanus , Ragujîanus j a. M. Cor- 
neille dans fon Diétionnaire Géographique , dit tou- 
jours Ragufois. Vis-à-vis du château de Ragufe, on 
voit un écueil, qu'on appelle ordinairement Chiroma^ 
capable de nuire tant au port qii'à la ville de Ragufe. 
Il appartient aux Vénitiens, qui ont toujours refufé 
de le vendre aux Ragufois , quelque prix qu'ils en 
ayent offert. Corneille. Les Ragufois ont un Duc ou 
Chef, appelé Recleur , qui eft élu par le Confeil, ôc 
qui demeure au Palais pendant un mois , après quoi 
il eft démis de fa charge. Id. Les Ragufois parlent 
communément Efclavon , & ont connoiflance de la 
langue Italienne, principalement les honnêtes gens. Id. 
Les Ragufois (uivent en tout la créance & les cérémo- 
nies de l'Eglife Romaine, fi ce n'eft qu'après avoir die 
à la Melfe l'Evangile en latin, ils le redifent en Ef- 
clavon. Id. LesRagufois payent tribut aux Turcs qu'ils 
craignent , aux Vénitiens qu'ils haVlfcnt , au Pape , k 
l'Emperei;r & au Roi d'Efpagne, par confidération. 
Dictionnaire de Moréri. 

R A H. 

R AH H ANC. Vieux mot. Des chofes. Borel. 

R A L 

RAJA. f. m. Terme de Relation. Roi ou Prince idolâtre 
des Indiens. PeX:, oa Princeps Indus. Les Rajas font 
les rcftes des Princes qui régnoient aux Indes , avant 
la conquête des Mcgols. lly a encore quelques /\7/ûj 
qui ont confervé dans les montagnes quelque forte de 
fouveraineté. Les Indiens les appellent /,'<:/; les Fer- 
fans, au plurier, Païan: & nos Voyageurs les nom- 
ment communément P^ajac , ou Pagias , d'Herbelot, 
mais plus communément Rajas. Les plus grands Sei- 
gneurs du Mogol, c'eft-à-dire, les Vicerois, les Gou- 
verneurs de Province, le premier Miniftre & le Secré- 
taire d'Etat s'appellent Omhras , Ik tiennent le pre- 
mier rang dans l'Etat. Les Pajas idolâtres, ou les Sei- 
gneurs Indiens qui gouveiiioient un petit Etat avant 
la conquête de leur pavs , ont le rang des f'mhias à 
la Cour. Il y a cette différence entre eux tk les Oitih- 



îz8 



RAî 



RAJ 



ras, que les enf:ins des Rajas fuccèdent à leurs pcies 
dans l'elpcce de louveraineté qu'on leut a confcvce, 
& que les cubas des Omhias Mahomécans perdent 
tour en perdant leurs pères. Catrou , fl/Jf. du Mo- 
gcl. Les Indiens comptent quatre âges depuis le com- 
mencement du monde, & dans le (econd âge qui a 
dure 1196000 ans, ils mettent les Rajas _, ou Kcha- 
trys, cafte noble, mais inf-érieure à celle des Brames. 
Le vice commença alors à le glilTcr dans le monde. 
Les hommes vivoient jufqu'à 500 ans, & leur taille 
n'ctoit pas II grande que dans le premier âge. Lettres 
Edif. & Cur. Rec. X,p. j'^?, ^4- 
RAJACE, ou RAPASSE. Pierre dure, fort blanche ef- 
fort nette, propre à faire des hgures. On n'en connoit 
plus les carrières. L'Hôtel B.irrault, & les Autels de la 
Chapelle des Chevaliers d'Angers en lont. Dicl. des 
Arts. 175 1. 
RAJALDUTO. Nom d'un bourg de la vallée de Démo- 
na, en Sicile. Rayhalbutum. Il ell: fur h rivière de Ja- 
retra, à 4 lieues du pied du Mont-Gibcl. Quelques 
Géographes pïennent Raj a/buto pour l'ancienne petite 
ville Sergentium îk Hergentum , que d'autres placent 
à Citadella, lieu ruiné de la vallée de Noto, à trois 
lieues de celui-ci, vers le midi. Maty. 
RAJAMBER. v. n. Enjamber de nouveau. Si la main 
tout exprclfe de Dieu fait rajamber les malades vers 
le monde, les Médecins l'attribuent aullî-tôt à la vertu 
des réfrigératifs. Cyrano deBerg. T.I, p. i ÛS , i ûç^, 
'mauvais modèle à fuivre. 
tfT RAJAPOUR. Ville des Indes, au royaume de Vi- 
fapour, près de la côte de Malabar, environ à vingt 
lieues de Goa. 
f^fl" Il y a une ville de même nom , aflez confidérable, 
dans les Etats du Grand Mogol, dans la province de 
Becar. 
§CF Et une autre , maintenant ruinée , dans le royaume 
de Guzerat. On la nommoit autrefois Brodra , eu 
Broudra. 
i^ Ce mot fignifie en Indien la ville royale, & la ca- 
pitale oii quelque Prince Indien fait (.\ léfidence. 
RAJAS. Nom d'un village de la CaftUle nouvelle en Ef- 
pagne. Raja. On le met entre Madrid iX' Siguença , & 
on le prend pour l'ancienne Thcrmida , peti.te ville 
des Carpétans. Maty. 
RAICHER, ou RESCHER. v. a. C'eft un terme donton 
fe {ert en Normandie pour exprimer la recherche qu'on 
fair dans les arbres des pommes & poires, que ceux 
qui les ont cueillies y ont lailfc par mégarde ou né- 
gligence. C'eft à l'égard des fruits dont les Normands 
font leur boiffon , ce qu'on zp\pç\\c glaner par r.ipport 
aux grains, &^rt7/7i//e/' par rapport aux railîns. Quel- 
que précaution qu'on prenne en cueillant les fruits , 
il en refte toujours à raicher. 
RAIE. f. f. Poilfon de mer plat & cartilagineux. Raia. 
Le fquelete d'une raie eft un vrai monftre q-ui fait peur. 
Le foie de la raie eft excellent à manger. §C? On di- 
vi(e les raies en trois dalles. La première, comprend 
les raies-lijjes , c'cft-à-dire, celles qui n'ont point d'ai 
guillons (ur les ailes , Se peu fur le corps ik fur la 
queue. Raia Uvis. La féconde , comprend les raies 
étoiUes -, ainfi nommées, parce qu'elles ont fur lafrce 
lupérieure du corps des taches qui ont la figure d'une 
étoile. Raia ajlerias. La troilîème, comprend celles 
auxquelles on a donné le nom de piquantes , parce 
qu'elles ont tout le corps couvert d'aiguillons. Raia 
afpera , aculeata. Il y a une grolfe efpèce de raie qu'on 
appelle de l'ange , qui eft plus dure que l'ordinaire. 
Le long de la côte des Abyflins il fc trouve des raies 
plus longues qu'un bateau , & larges à proportion , 
dont la peau eftfi dure , que le harpon n'y peut mor- 
dre. Recueil de ThÉvenot. Dans les mers de l'A- 
mérique il y a des raies de plufieurs figures c\: allez fin- 
gulières. Hippocrate fait mention de ce poilfon , & il 
recommande la langue comme un pclfaire convena- 
ble dans le cas où les règles font trop abondantes. 

On appelle raie de turbot , une certaine forte de 
raie qui eft plus grofle que l'autre. Acad. Fr. 
RAIE, eft aulli une hgne ou trair tracé avec la plumeou 
le ginceau , ou autre chcfe , qui fert à divifer &c fé- 



parcrles cKofes. Linea , duclus.\PT On tire, on fai- 
une raieiviï dup.ipier, fur un plancher, lur une mu- 
raille. Pour cftacer un mot , une ligne , on tire une 
raie deltus. Les livres des Marchands ont diftérentes 
raies pour marquer la féparation des chiffres luivaiit 
leur valeur. 

Ce mot vient du Latin radia , dit pour radius- MÉ:;. 

Raie, fe dit aulîi de tous les autres traitsenlignedroirc, 
qui marquent , qui léparent , ou qui diverfifient les 
choies, ifF ioit naturels , tels que ceux qu'on voit lur 
la peau 'de quelques animaux ; foit artificiels, tels que 
ceux qu'on voit lur quelques étoffes. Le velours âdeux. 
ou trois poils le marque par les raies de couleur qui 
(ont fur la lilière. On fait des taffetas , des brocards 
rayés , pour en féparer les différentes couleurs. Les tu- 
lipes qui n'ont limplement que de petites raies j ne 

' {ont pas eftimées. Marbre marqué de raies noires. 

if^ On appelle aulîi raid la léparation des cheveux qui 
fc lait lur la ic[c. Autrefois les femmes le coeftoienc 
à la raie, 

0Cr On appelle populairement raie du cul , la fépara- 
tion qui eft entre les deux feffes. Radius intcr dunes. 
Je voudrois qu'on dit interclunium , comm.e on dit 
intercolumnium , interjlaj.ulum , &c. elpace entre 
deux colonnes, l'enrre-deux des épaules. 

Raie, en termes d'Agriculture , te du de l'enfoncemer.t 
qu'on fait en labourant la terre, la fcparation qui eft 
entre deux filions. Sukus , firiga. En quelques lieux 
on les appelle rais. Du Cange dit que ce mot vient 
de riga, on friga ., qu'on a dit pour lignifier un/.'- 
lon ■ ce qui eft dérivé de rigor , qui lignifie- tout ce 
qui eft labouré en droite ligne , ou , félon Frortin , 
tout ce qui eft entre deux lignes droites. Ki, De Lau- 
riere dit que ce lont les lillons qu'on ncmmoit raies ^ 
parce que ce (ont des raies ou rayons qu'on trace (ur 
la terre , en la fendant avec le foc de la charrue. 

#J' On veut dans 1 Encyclopédie que l'on appelle aulTî 
raies , ces barres de bois qui partent du moyeu d'une 
roue , ôc (e terminent dans les jantes. Mais le nom de 
ces pièces, eft rais l.m. &non pas raie, f. f. 

Raie, fe dit aulli d'une marque ou borne, au-delà de 
laquelle on ne doit point paila:. Sukus dijlerminans. 
Ces -deux champs (ont divilés par une raie qui leur 
fert de borne. Les enfans ont plufieurs jeux où il ne 
faut pas palier la raii. Quelques uns croient que cette 
façon de parler a Popilius Lcnas pour Auteur, lequel 
ayant été envoyé en ambailade vers Antiochus , il lui 
donna ordre de lever le fiége d'Alexandrie, où il te- 
noit alliégé Ptolomée Philométor roi d'Egypte, & il 
fit un cercle autour de lui avec une baguette' qu'il te- 
iioit à la main , en lui commandant de dire clairement 
(a réponfe avant que depafter \\raie, & de (ortir de 
ce cercle : ce qui étonna tellement Antiochus , qu'il 
leva le fiége. D'autres donnent une origine récente Se 
burlelque à ce proverbe. 

*^ A LA Raie : façon de parler adverbiale , qui fignihe 
l'un portant l'autre ; le bon compenfant le mauvais. 
Les chevaux de cette troupe coûtent cinquante pif- 
toles à la raie. Cette locution vieillit. 

RAJEUNIR. V. a. & n. Faire devenir jeune , ou deve- 
nir jeune ; §C? redonner ou reprer.dre la jeunellc. An- 
nos renovare yrevirefcere , iteriim juvenefcere , primes 
annos recolligere. On a feint qu'il y avoitune fontaine 
de Jouvence qui avoir pouvoir de rajeunir. La Fable 
a dit que Médée avoir rajeuni Efon. Vopilcus Fortu- 
natus Plempius dans le livre qu'il a fait des Fondemens 
de la Médecine , (outient qu'on peut naturellement 
rajeunir , & cite l'hiftoire d'un funeux Gentilhomme 
Indien , qui vécut 5 40 ans ; tk. qui rajeunit par trois 
fois; S< celle d'un miniftre d'Angleterre, qui , à l'âge 
de cent ans fut guéri de toutes les incommodités de 
la vieillelle qu'il avoit fenties; illui poullîa des denrs 
nouvelles, les cheveux lui revinrent, (a vue fe forti- 
fia , & il ne mourut qu'à 1 1 4 ans. fKF Pour croire au 
rajeuniffement , il faut être entêté des rêveries des Al- 
chimiftes , qui prétendent opérer ce merveilleux chan- 
gement par le moyen de la Médecine univerlelle , cet 
élixir incomparable auquel ils donnent des titres fi (af- 
tueux. Quand on dit que le (erpent rajeunit tous les 

ans. 



îlAî 



zn<; , on ciirend qn'il quitte ia vieille peau; ma"? 
il n'en devient p.is plus jeune. La perruque le nijcunu 
de vingt ans. 
Kajeunir, le dit de même au figuré. La nature rajcit- 
iiitau printemps, quand elle reverdir , &c prend une 
lîoiivcHe parure. L'enjouement de cette jeune femme 
rajeunit l'on vieux mari. Scar. Une mcre qui .a pallé 
fcs plus Ix'lles année'; dans les plailirs, s'applique à 
donner à la lîlle l'elpnt du monde, r.avie de voirr.z- 
jeunir, pour ainli dire , fa vanité dans celle qu'elle mi- 
pirc à cette amc (ans expérience. Fléch. L'cxprelîîon 
fèrt quelquefois à rajeunir les peniées , ou du moins 
à les faire parokre nouvelles. Bouh. 

^^^ Rajeunir, fe dit de racnie avec le pronom perfon- 
ncl. Je trouvai la converfation occupée par dcuxlem- 
mes qui avoicnt travaillées tout le matin à /t rajeu- 
nir, celfàdac, à le donner un air de jeunelîe. 

JIajeunir, ellaulli un terme de Jaidinier qui fignifie , 
renouveler, licnovare. «^" Pour rajeunir un aibre , 
ou retranche , autant qu'il eft poflible, le vieux bois, 
& on le taille, on l'établit fur le nouveau. 

RAJEUNI , lE. part. palf. & adj. Renovatus. 

RAJEUNISSEMENT, f.m. Adlion par laquelle on r.tjeti- 
nit, ou état de celui qui rajeunit. Rcditus in juventu- 
tisflùrem. Le rajeunijjenienc d'Elon fait par Médée 
eft purement fabuleux. 

RAIFORT, f. m. Plante qui poulTe des feuilles grandes, 
larges , rudes, découpées profondénient , feniblables à 
celles de la rave, mais un peu plus llnueufes. Il s'élève 
d'entre elles des tiges à la hauteur d'un pied & demi , 
ou de deux pieds , qui portent des fleurs à quatre 
feuilles , de couleur purpurine , difpolécs en croix. 
Lorlque les Heurs font palTées , il leur fuccède des 
fruits femblables, en quelque manière, à une corne. 
Ces fruits font d'une fubftance fpongieufe , & renter 
ment des femences ptefque rondes, rouges. Sa racine 
elf longue , grolfe , quelquefois plus , quelquefois 
moins charnue, blanche ou rouge, d'un goik .acre iJc 
piquant. En Latin raphanus major orhicularis vel ro- 
tundus. C. Bauh. La racine de raifort sA propre pour 
la pierre, pour la colique néphrétique , pour les obf- 
truélions, pour le fcorbut : elle elf aullî bonne à man- 
ger, quelques-uns font venir ce mot de radix jortis. 

^3" Il y a deux efpèces de raifort , le cultivé qui eft 
connu a Paris fous le nom de rave ou de radix ; & le 
lauv.igc que l'on appelle aulli cran. 

RAIGÎILbiiEKG. Seigneurie d'Allemagne dans l'Evcché 
de Wurtzbourg. 

RAIGNE. 'Vieux mot. f. f. Reine. Beaina. Borel. 

C'^ RAILLER. V. a. Tourner quelqu'un en ridicule. 
Cavillarl, ludifiearl. Railler finement , délicatement , 
agféablement, grolîièrement. Fuyez un homme qui 
raille tout le monde, & qui ne peut fouffrir qu'on le 
raille. Quand on eft fage , on ne raille ni les grands , 
ni ceux qu'il y a danger de railler, ni fes amis, ni un 
ordre, ni unenation.THiERs. i?ai//êr quelqu'un d'une 
chofe. On la raillé là-dellus. 

Railler, quand il efl: neutre, fe dit également des cho- 
fes&desperlonnes.i?iji//t?/'de tout le monde. Railler 
de tour. Bailler des choies les plus laintèS» Il eft per- 
mis à la fatire de railler , mais non pas de choquer 
& de médire. Il faut plus à'tfyntïrailler délicatement, 
qu'il lî'en faut à faire des chofes qui paroiirent plus ditlà- 
ciles. M. Se. Si un honnête homme raille quelquefois, 
fa gaieté ne tend qu'à div^itir ceux même qu'elle met 
en jeu. M. le Ch. de M. Il eft plus siir & plus 
honnête de ne point railler. Le Roi a avoue qu'il n'a- 
voit jarniais voulu s'abandonner au plaifir de railler , 
parce qu'il eft injufte de vouloir railler fans être raillé^ 
à quoi un Roi ne doit jamais fe commettre. M. Se. 

Railler, fe dit aullî limDlement pour, badiner. Jocari. 
11 ne parle pas férieulement, il raille. Il ne faut pas 
croire que dins la converfation il foit permis de dire 
un mauvais rnot en raillant : ou , li on le dit , il faut 
avoir grand loin de faire connoitre par le ton de la 
voix, qu'on ledit pour badiner; de plus il n'en faut pas 
faire un m'tier, autrement on fe rendroit infupporta- 
ble aux gens de Cour , qui ne font pas accoutumés à 
ces loTes de mots. Entre lesfaulfes galanteries celle-ci 
Tome VU. 



RAI 119 

eft desprtmicies; & j'ai vu fouvcnt Jcs gens qui ul'aiit 
de CCS teinies, & failantrire le monde, ont cru avoir 
réullî; c\.- cependant on riait d'eux , & l'on ne lioit 
pas de ce qu'ils .avoicnt dit, comme omit des chofc« 
agréables c^'c plailantes. Que fi l'on me réplique , qu'il 
ne faut pas dans la converfation ordinaire p.irler un 
Lmgagc louteuu , je l'avoue ; cela fcrcit en quelque 
façon encore plus infupportable, & fouvent ridicule: 
mais il y a bien de la différence entre un langage fou- 
tenu, & un langage compolé de mots qui font fami- 
liers & du bon ufage tout enfemble. Vaug. 

O^CT II eft quelquefois réciproque dans la même accep- 
tion. Ne voyez -vous pas qu'il fe raille, &<. qu'il ne 
parle pas fcricufement ? mais alors iln'eft que du llylc 
familier. 

%fJ' Railler, au réciproque, fignifie encore fe moquer , 
& en ce lens il fe conftruit avec la particule de. Il- 
ludere , deriderc. Il ic raille de tout ce qu'on lui peur 
dire. On a beau lui rcpréfenter fon devoir, il le raille 
de tout. 

RAILLÉ , ÉE. part. 

'ïfT RAILLERIE, f. f. Tiuit plaifant qui divertit , qui 
fait rire. Cavillatio. Il y a des railleries fines, déli- 
cates, de gal.uit homme , qui font innocentes. Face" 
tni,joci libérales: d'autres qui lont piquantes, oifen- 
lantes. Dichrium j Ji oni.ma mordax ,Janna. La rail- 
lerie eft une arme oflenfive & défenfivc , qu'il ne faut 
pas mettre entre les mains de tout le monde. C'eft une 
elpècc de lel qui doit ailailonner la converlation , & 
lui donner un goiit plus piquant; mais je veux difoic 
un bel efpritdu fiècle dernier (M"'= de Scuderi) qu'elle 
parre d'une imagination pleine de feu , & qu'elle foie 
brillante comme les éclairs, qui ébloullfcnt , &c qui 
ne brûlent point. 

Une marque qu'il n'y a guère de raiZ/irric qni n'ofFen- 
fe , c'eft qu'on tâche toujours de répliquer, ce qui clt 
une efpèce de vengeance. Comme la raillerie eft un 
combat d'elprit, tic que naturellement on n'aime pas 
a être vaincu , il arrive que quand l'elprit ne fournie 
plus de quoi répondre, le dépit iuccède à la confulîoii 
qu'on a d'être obligé de céder. La.raillerie ne doit être 
qu'un badinage fin& Ipiricucl , lansoffenfcr pcrfonnc, 
autrement c'eft une manière de le divertir trop péril-- 
leufe. S. EvR. 

§3° L'injure eft plus pardonnable que la raillerie ;\'une 
marque de la colère qui n'eft pas incompatible avec 
l'eftime , Se l'autre du mépris. S. Evr. On par- 
donne un emportement , mais non pas une raillerie 
de lang froid , qui eft une marque de peu d'eftime. 
Bell. Elle bielle moins l'équité naturelle & le 
droit des gens , que la médifance ; par la railon que 
celui qu'elle attaque j étant prélent , eft pour l'ordi- 
naire à portée de fe défendre. Mais II elle eft moins 
criminelle , elle eft louvent plus ofFcnlante , parce 
qu'elle porte deux coups à la fois ; l'un à l'honneur , 
ik. l'autre à l'amour-proprc : elle flétrit & déconcerte 
les mœurs 

^fS' La raillerie doit rcfpedcr ceux' que l'âge ou le ca- 
ladère a placés au-dellus de nous; il y auroit une im- 
prudence odieufe à les attaquer. Elle doit ménaget 
ceux qui font au-delfous; parce que la fupérioritéleuc 
imprimant un rcfpecl: timide , ce feroit les attaquer 
avec trop d'avantage. Ce n'eft guère qu'entre les égaux 
qu'elle eft permife ; encore doit-elle être rare j déli- 
cate & modérée j & ne toucher qu'à des fautes légè- 
res , à de foibles défauts dont la conviéfion ne fallc 
pas .à l'amour-propre un plaie trop fenlible. 

îfT Entendre raillerie, 8c entcndceh raillerie , (ont dtUK 
chofes bien différentes. Entendre raillerie , c'eft ne 
fe fâcher de rien , c'eft favoir (ouffrir les railleries , 
<& les rcpoulfer avec efprit. Néron , tout Néron qu'il 
étoit, entendoit très-bien la raillerie iiu fes vers, Sc 
ne crut pas que l'Empereur diât prendre les intérêts da 
pocte. 

Entendre la raillerie , c'eft avoir l'art de railler, le 
le talent , la ficilité de bien railler. Cet homme en- 
tend bien la raillerie. On ajoute ordinairement une 
épithète à ce mot. Peu de gens entendent la fine &i 
l'innocente raillerie. Bouh. 

R 



ï^o RAI 

fer On dit d'un homme exad , qui ne pardonne pas les 
plus légers manqucmcns , qu'il n'entfnd pas radleru. 
On le dit de mcme d'un homme épiuRUx lur certaines 
choCes. Il n'entend pas raillerie fur ce chapitre-là. 

§3" On dit qu'une choie palle la raillerie , poui dire , 
que la raillerie eft trop torte. 

fcS" On dit abColumentj c'efl; une raillerie, de quelque 
chofe de ridicule ou de peu vtailemblable qu'on en- 
tend dire. 

On dit