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jlîi*'!. J)iWa rfi"*. — Ip
P
ROFANATEUR. f. m.
Celui qui profane les chofes
iaintes , qui abule des chofes
de la Religion, qui les traite
avec irrévérence ou avec mé-
pris, ou qui les emploie à
des ulages protanes. Profa-
nator. JÉsus-Christ chalfa
Its Profanateurs du temple.
§3" PkUF An hTIoN . f. f. Adion du Profanateur. Pro-
fanatio. Profanation des choies (aintes, d'une églife,
des vales facrés. Là profanation eft un abus ou un mé-
pris des chofes faintes & facrées. C'eft une profana-
tion de fe fervir des paroles de l'écriture dans lesopc-
tions prétendues magiques. C'eft une profanation de
faire fervir les vafes facrés à des uiages ordinaires.
ÇCr Profanation , le dit par exagération d'un Simple
abus des chofes précieufes. C'eft une efpèce de profa-
nation d'employer l'or ôc l'argent à ces fortes d'ufages.
HfJ' PROFANE, adj. de t. g. Profanas. Ce mot formé
de proc!// ôc de fanum ; procul à fano, fignjfioit ori-
ginairement celui qui n'eft point initié dans les myfté-
res de la Divinité. C'eft pour cela nue les anciens Ro-
mains , dans les facrificcs qu'ils faifoient à leurs Dieux,
avoient coutume de cncï,pr6culeJieprofani, xeûtzz-
\o\iSy profanes. Les Grecs en faifoient autant. Les myf-
tères n'étoient révélés qu'aux initiés. Nous l'avons dit
de même des Payens & de ceux qui n'étoient poinc
initiés aux myftères de notre religion. Les premiers
Chrétiens cachoient avec foin auy profanes les myftères
facrés. Dans l'ancien teftamcnt le mot de proJane fi-
gnifie ordinairement celui qui eft impur, ou qui viole
les cérémonies de la loi.
IP" Dans l'ufage ordinaire cette épithète s'applique à
tout ce qui eft contre le refpeâ: qu'on doit aux chofes
facrées. Adion profane. Difcours profane.
|Cr Profane, fe dit encore fouvent des chofes féculiè-
res, par oppofition à celles qui concernent la religion.
Dans cette acceptation on dit , auteurs profanes , hif-
toires profanes. Faire fervir les chofes facrées à des
uCz^es profanes.
§Cr Ce mot pris fubftantivement, fignifie celui qui mé-
prife les chofes faintes, qui manque de relpecT: pour ce
qui concerne la religion. Il parle des chofes faintes
comme un profane.
fpr On le dit encore par manière de plaifanterie des
I ignoraiis. Il n'appartient pas à vm profane de parler de
A
3, P R O
ces m.UK-ie5 là. C'cft dr.ns ce fcns qu'Horace dituit odl
profanum vidgus. Vulsairc ignorant.
'|Cr Enfin on li; dit envorc par plaiùnierie , & dans un
lens figure, pour marquer une peii.:.n!ie qu'on ne veuc
point admettre dans \xnc [<jcii:x.<:. txpelkndus , rcji-
eiendns. Nous ne voulons point de vous, vous êtes un
profane.
^3" PROFANER, v. a. Manquer de reCped pour ks
«hofes fainies, en abufer, les mettre à des ufagcs pro-
fanes. Profanât e , profanum facere aliquld. Prof an :r
une églil'e, les va ("es lacres.P/o/^vi cria parole de Dieu.
C'clt un impie qa'i profane les chofes les plus laintes.
"Une églifc eft profanée par un meurtre , par un allaf-
fmat, par certaines atlions criminelles,
fer Profaner , fignifie aulli remettre à un ulage pro-
fane. Le premier coup de marteau profane un calice.
AcAD. Fr.
%f3' Profaner , fe dit par exagération pour faire un mau-
vais ufage d'une chofc rare ou précicufe. Abuti. C'cft
profaner les fciences , que d'en parler devant des gens
qui n'y entendent rien. Donner de fi belles choies à
des gens qui ne s'y connoilfent pas, c'eft les profaner.
PROFANÉ, ÉE. part.
PROFANEMENT. adv. D'une manière profane. Nicod.
Celui-là parloir bien profanement encore que ce ne
fût fans faire rire , qui difoit à quelques loldats qu'il
voyoit dans fon prêche: Il elr de vous en toutes cho-
fes, airifi que de Jhsus-Christ. Il fut pris : aulîi lerez-
vous. Il fut liiî de cordes comme un larron: aulli lerez-
vous. Il fut mené devant le Juge : aulli ferez-vous. 1!
fut fouetté : aulli ferez-vous. Il lut mené au gibet : auflî
ferez-vous. Il defcéndit aux enfers : aulli ierez-vous.
Mais il en revint : vou i y demeurerez. Apol. pour Hé-
rodote ^ ch. iô. T. III , p. 17 j. Profanement n'ell
pas reçu dans rulage.
PROFECTICE. adj. Terme de Droit canon , qui fe dit
du pécule des Clercs, acquis a l'occalion de leur Bé-
néfice , Prûfeclitius i a.
PROFECTIF, ou auffi PROFECTICE. adj. Terme de
Palais. Les biens profeclifs lont ceux qui viennent de
la fuccelîîon direde du père , de la mère, & des autres
alcendans. Profeciuia.
PROFEC ri"ON. f. f. Terme d'AftroIogie judiciaire. C'eft
un certain calcul par lequel les Aftrologues font l'aire
un ligne tous les ans par ficliun a chaque planète &
lieu du ciel. Les Anciens attiibuoient beaucoup de
vertu zu\ profeclions ; mais Argolus regarde cette ob-
fervation comme une choie illuloire.
PROFÉRER. V. a. Ptononcer , articuler , faire entendre
par le moyen de la voix. Ferba proferre , edere ,pro-
Huntiarc. Chez les Hébreux le mot de Jehovah étoit
le nom de Dieu intHable , qu'il n'étoit pas permis de
proférer. On fe trouve quelquefois 11 confus, li inter-
dit , qu'on ne peut pas proférer un mot. Le Prélîdent
A proféré à haute voix fon arrêt, la condamnation d'un
. tel. On ne profera pas la moindre parole de part &
d'autre. Scaron.
PROFÉRÉ, ÉE. part.
PROFÉS, ESSE. adj. c^' fubft. Religieux, ou Religieufe
qui ont fait leurs veux de Religion dans un Couvent.
f^oto reiir;ionis objlriéius ^ prof e [fus rcUt^lonern. Il n'y
a que les Religieux prof es qui aycnt voix en Chapitre.
Un jeune projès , une jeune profe(fe.
ProfÈs, fe dit aulfi dans quelques Ordres de Chevale-
rie. Un C\\ev3.]ïev projès de l'Ordre de Chrift, en Por-
tugal, de Malte, &c.
ProfÈs. Ce mot s'emploie aulfi quelquefois figurémcnt
<ïc comiquement , pour lignifier un homme qui fe con-
noît en quelque choie. Expenus , cautus. Ainli Boi-
leau a dit profès en l'ordre des coteaux , pour un hom-
me qui connoilloit parfaitement de quel coteau étoit
le vin qu'on lui prélentoit.
PROFESSER, v. a. Ce mot fignifie proprement, faire un
aveu public de quelque choie. Profiter}. Mais il reçoit
ditférentes fignifications , lelon les ditfcrentes chofes
dont on parle. On s'en fert ordinairement, pour déchi-
rer & hiire connoltre'hautement qu'on eft d'une telle
religion, d'une telle croyance. Les Martyrs ont haute-
ment profejfé la Foi catholique. Les Proteftans profcf-
PRO ■
fent la croyance de Luther. Théièle dont je porte l'ha-
bit, dont je profejjé la régie , avoit-ellc une obligation
particulière d'cmbralîe: !a Croix; Bourd. Exkcrt. T.
I,p.322.
Professer , en parlant d'un ar: , d'un niérier , fignifie
l'exercer , en taire un exercice [.ubhc. Ce Docteur^ro-
jcjje la Médecine. Profiteri.
Professer, ligniiie encore enleigner, donner de;S leçons
publiques, & fe dit particulièrement des Regens de
Collège. li profejfe la iihétoriquc , la Fhilolonhie ,
&c.
PROFESSEUR, f. m. Celui qui ent-.;igiie publiquement
les arts & les Iciences dans les Lnivetlités , dans un
Collège. Profejjor ., Doclor. Un Frojejj'eur en '1 héo-
logie , en Droir canon , en Médecine. Profejfcur en
Philolophie , en Rhétorique. Il y a des ProjeJJ'eurs
/Joyazc.v dont les chaires ont été fondées par les Rois, Se
dont le revenu eft alfigné lur le Trelor Royal. Le pre-
mier qui inftitua les LcdltUiS & ProfeJJturs Royaux à
Paris, fut le Roi François 1, à la lollicitation de Guil-
laume Budèe principalement, de du Bcllai & de Jean
Lalearis. Il luuda onze Chaires, ik. la douzième fut "
fondée par Henri II , & donnée à Pierre Ramus , lequel
Ramus , par ion teftamtnt du 8 Août 156S, fonda
aulli une Chaire de Mathématiques. Il y a douze Pro-
feiff'eurs à l'Académie de l^eunure , qui ont foin de
poler le modèle chacun dans Ion mois. Louis XIV éta-
blit dans toutes les Univerlités desProfeJJeurs de Droit
François. Il Icroit à propos qu'il y en ci'ir deux dans les
grandes Univerlités , l'un qui donneroit des lullitu-
tions, l'autre qui donneroit des traites alternativement.
Dicï. des Art's 3 1731.
Professeur. Les Chrétiens généreux qui avoient com-
paru devant les Juges, & profciié la foi, fans être ci-
tés, étoient appelés /'ro/tf/j'o/c'j j projeteurs.
PROFESSION, f. f. Déclaration pubhque 6i folennellc
de la religion , de fa croyance. Profeffio , comprejjio.
(fX Faire une projejfion de foi, c'eft fiifc une décla-
raticxn publique de la foi, des fentimens qu'on tient
pour orthodoxes. Faire projefjïon d'une religion , c'eft
en faire publiquement l'exercicç. On dit dans le même
lens , je fais profejjion d'être votre ami , vorre lervi-
icur, je lais une profejfion publique , fclcnuelle.
Profession , le dit aulîi dans les Monaftères de la pro-
melle qu'on lait lolennellement d'oblerver les trois
voeux de Religion, & les règles de l'Ordre. Solennis ^
Religioforum votorum nuncupatïo , vel emijjio. On
peut dire que le Concile de Trente , en accordant à
leize ans la liberté de faire profejfion , a fixe un âge
prématuré. L'ordonnance d'Orlcans Icmbloit rrès-jufte,
de n'admettre les perlonnes à hiieprojt.fiîcn qu'en ma-
jorité. On n'eft point reçu à faire preuve de h projefi
fiion de Religieux par témoins , il iaut un aèïe loiennel.
Par les Capitulaires de Charlemagne , il' étoit détendu
de changer d'état , & de faire projcfi'wn dans un Mo-
naftère lans le conleniement du Prince.
Profession , lignifie auiiî la condition qu'on a choific
dans le monde , le métier auquel on s'apphque, en un
mot les dilferens emplois de la vie civile. FitAgenus,
vita infiittttum -, rel ratio. Les clprits inquiets ne lau-
roient le déterminer à choifir une projejfion j ôc à roree
d'en changer ils n'en ont aucune. S. EvR. Le halatd fe
mêle de la conduite des hommes , & il a louvent la
meilleure part à \a. profejfion qu'ils cmbrallcnt. Bouh.
Dès que Von s'eft tourne du côté de la Pocfie , l'on de-
vient Poëte de profejfiion , fans pouvoir prefque être
autre chcfe. Idem. Si l'on examine toutes les profef-
fions du monde , un trouvera que ce qui les rend agréa-
bles , !k ce qui foulage les peines & les faiigues qui
les accompagnent , eft qu'elles prélentent leiuvent à
l'efprit l'idée d'eftime & de crainte , que les autres ont
pour nous. Log. La projefiion d'Avocat, de Médecin.
L'un choifit h profejfion "des lettres, l'autre la profefi-
_/7<v/ des armes. Chacun envie d'ordinaire la profejfiion
des arures, & fe dégoûte de celle qu'il a embrairee.
Le Cardinal Bellarmin , dans Ion Livre De arte
hene metiendï , compte de temps en temps de petites
hiftoircs qui réveillent l'attention. En voici une de
cette nature , p. 30 ^ &i 306. Étant , dit-il, allé voir
PRO
un malade qui avoir exerc-: une dangereufc/WKjT'o'ô
tk qui n'avuic longé toute la vie qu'à anialler du bien;
iL' commciii,aiit à 1 exhorter à une bonne mou , te ma-
lade lui répondit tranquillement qu'il avoit (ouliaitc
de lui palier, non pas pour lui, puiCque Ion iorretoit
certain , & qu'il fe difpofoit à aller en enfer, mais pour
ia femme & pour les eiiians. Cet endurcillcmeiir ht
horreur au Cardinal: il tâcha, mais en vaindc dcinllcr
les yeux à ce péeheur ob'finé, qui mourut clclave du
dômon. L'Auteur auroic bien voulu ie dilpenler Je
nous apprendre quelle était \i proji^JJion de ce miié-
rable : mais le fruit qu'en pourront retirer ceux. i]ui ont
embralle le même état , ne kn a pas permis de celer
cette circonllaiice. Il nous déclare donc que c'étoit un
Procureur. Ce fait, qui a trop de viaiicmblance pour
le révoquer en doute , me renouvelle la mémoire de
ce que j'ai lu dans Rabelais , liv. 4, ch. 46 , touchant
les gens de cette profejjion , lefquels ayantappris qu'un
diable le préparoit a les venir tenter , lui envoyèrent
dire , par un tiuchement , qu'ils étoient tous à lui ,
pour lui épargner la peine d'un voyage exprès. Extrait
de divers Ouvrages , petit in-J^". rmnufcrit ^p. 113,
Profession , fe dit auOI par extenfion en plulicurs ren-
contres , des choies dont on fe pique , auxquelles on
s'attache, dont on fait Ion capital. Faire profejjion
d'être honnête homme , de tenir ia parole. Ne laites
Tpomt profejfion de bel elprit , c'eft un caratlèrc trop
décrié. S. Eva. Bien des gens qui font projejjion de
piété, pèchent plus par l'elprit, qu'ils ne pcchoient par
les lens ; & quand les vices grolhers les quittent, il y
en a d'autres plus fins qui leur luccèdent. Dis. d'El.
Il y a des gens qui fentant bien qu'ils n'auroient pas
la torce de loutenir leur opinion, s'ils en avoient une,
cèdent à tout le monde , & prennent le parti d'être
complailans as profejjion. M. Scud. Le caradtcre des
démons de profejjion, ell lulpcd aux gens lages. 11
ii'y a point d'animaux li farouches , que certains hom-
mes qui font profejjion de mépris &C d'averfion pour
tour le genre humain. S. Evr. I.es Savans de profejjion
ont d'ordinaire, je ne lai quoi de lauvage & de grol-
lier dans leurs manières. Bell. On dit d'un homme
qui cR" dans 1 habitude du jeu, de l'ivrognerie, que
c'eft un joueur, un ivrogne de projejjion. Ac ad. Fr.
rROFESS.OIRE. f. m. Ce terme eft en ufage chez les
Bernardins ; il lignifie le temps qui fuit immédiatement
la profelîîon : ce temps dure une année, pendant la-
quelle les nouveaux Profès vivent dans une plus grande
retraite que les anciens, "v font occupés à peu-près aux
mêmes exercices que dînant ie Noviciat. Un an de
profejjolre , l'année de profejjoire. Il y a chez les Clia-
noines Réguliers de Sainte Geneviève, & chez les Ca-
pucins , quelque choie de lemblable , mais fous des
noms ditferens. Les premiers donnent à cette aniiéc-là
le nom de Juvénat.
PROFESSORAL , ALE. adj. m. & f. Qui appartient ,
ou qui a rapport à la quaUté de PrcfelTeur. Il n'a point
d'autre bien que la rétribution profe[]hrale. A-l. Bayle
dk dans les nouvelles de Février 16S6 , que Jean Zuin-
ger cli: àt izm\\\t prof ejforale , parce qu'il y en a eu
cinq ou fix de ce nom fucceirivcnient ProfcU'eurs en
Théologie à Baie. Etafrne nous apprend «lue Bomba-
fius Ion bon ami, ayant le cœur noble Se bien placé ,
fe dégoûta de la vie profeJfora/e,a. caufe des querelles
que la jalouiîe fordide de les rivaux lui attiroit. Dici.
de Bayle, art. Bomhnflus , rem. A.
PROFESSORAT, f. m. L'emploi, l'état Se la condition
d'un homme qui prolelle quelque fcience. M. Bayle
dit dans les nouvelles de la République des Lettres
d'Odobrc 1685 , art. 4^ que l'Académie des curieux
de la nature peiifa échouer , parce que lès membres
furent promus au Profejjorat , à un âge où ils ne pou-
voient plus vaquera cette forte d'étude. Plulicurs cru-
rent qu'il s'étoit parfaitement juftifié , ( Vorltius ) &
qu'on devoir le mettre en poUcllion du Profejforat.
De la Roche. Wiclef fut pourtant obligé de quitter
fon Profejforat, & de fe retirer dans fa Cure. Idem.
PROFICIA T. f. m. Certain droit que les Evêqucs le-
voient fur les Eccléfiaftiques , & qui faifoit partie de
Tome Fil.
P 11 3
ce qu'on appcloii les louables coutumes. 'Voyez Pas-
QUIER.
Quand on fouhaitoit qu'une pcrfonnc obtint l'ac-
complillemeiu de les délits, qu'elle réiilsit dans ioil
entrcprilc, on lui diloit , je vous (ouhaire un bon Pro-
Jic'iat, Ce mot en latin lignifie qu'il reujfijje. On r,e le
dit plus en ce Icns.
i'CT Les Apprentis' & Compagnons Imprimeurs don-
noient autrefois le nom de Projicïat aux repas qu'ils
le donnoient en diftérentcs occalions. Ces repas lurent
détendus par un edit de Charles IX.
FROFiL. f. m. On difoit autrefois porfd. Terme d'Ar-
chitecture. C'eft la figuicd'un bâtiment, d'une tortifi-
cation , ou d'une .uitre coniliui lion, où l'on a iliarqué
les hauteurs , largeurs & épailïcurs , c'cft-à-dire , les
lignes qui paroïtroient , li on avoir coupé à angles
droits le bâtiment depuis le comble julqu'aux fonde-
mcns; d'oèr vienc»qu'on appelle aulli en Architeélure
& en Fortification cette tielcription , feclion , ou or-
liiographie , ou coupe. Monogrammdi piclurx icon ,fcs-
noi;r.!phia. C'eft la coupe verticale de quelque ou-
vrage. On appelle aulli profil, le contour d'un mem-
bre d'Architeéiure , comme d'une baie, &c.
iJCF On fe lert aulli de ce mot en Peinture , mais dans un
iens ditférent, pour exprimer la délinéation du vilage
d'une perlonne ou par un de les côtés , ou qui eft tourné
de laçon, qu'on n'en voit que la moitié , un œil, une
joue, une narine, la moitié de la bouche. Imago obli-
qua. Le projil du vifige. Une tête vue de profil. Il eft
oppolé à /^7t-i:. Cette femme eft plus belle de jace que
de projil. Peindre de face , peindre de profil. Dans
preique toutes les médailles les vitages font de projil.
Profil, le dit quelquefois de toute delcription qui ell
oppolée au plan. Une Carte de Paris en projil. Sceno-
graphia urbis Parlfienfis. Les vues en lointain font def-
lînees en /'royf/. C eft la reprélentation d'un objet vu
d'un de les côtés feulement.
Profil , au figuré. 11 le trouve du vrai dans cette penfée,
à la regarder de profil. Journal de Trévoux.
ÇT PROFILER, v. a. Repréfenter en profil. En Archi-
tecture , c'eft delîinex la coupe d'une corniche, d'un
entablement , d'un membre d'Architcèlure. Delinearcy
adiimhrare.
IfJ" En Peinture , quoiqu'on dife profil du vifage , on ne
dit point , du moins ordinairement, profier un vilage,
mais delFiner, peindre de profil.
ifT PROFILÉ , ÉE. part.
((3" PROFIT, f. m. Avantage , utilité qu'on retire
d'une choie. Utilitas , quuftus , comtr.odum. Tirer du
projit d'une atfaire , en pairager" le projit avec quel-
q^l^un. Songer à ion profit. Faire de grands profits dans
le commerce, par l'achat, par la vente, par l'échange
des marchandilcs dont on fait le commerce.
On dit qu'une rente, une obligation lont pallées au
proft d'un tel ; pour dire , à Ion avantage : qu une Sen-
rcnce a été rendue à ion prof t , pour dire, en fa fa-
veur. Les valets dilent qu'ils ont des profts en une
mailon, pour dire , qu'outre leurs gages, ils retirent
quelque chofe du cafuel. On dit, qu'un avare met roue
à profit , lorfqu'il ne laille rien perdre, qu'il fait prof t
de tour. On dit d'une chofe qu'on abandonne à quel-
qu'un , faites-en votre profit. Cela ne fait point de pra-
fit, c'eft-à-dire , ne diminue point la dépenfe. Cela eft
tourné à fon proft , c'eft-â-dire, à Ion utilité.
Profit. On dit qu'une chofe eft faite à proft , pour
dire, qu'elle eft faite de manière à pouvoir long-temps
fervir , à durer long-temps. Voila un habit fait à pro-
ft. AcAD. Fr.
Profit , fe dit aulîî des intérêts de l'argent qu'on met en
rente ou fur la place. VJ'ura , quceflus , emolumenium.
Le proft d'argent prêté par obligation eft ufuraire.
Profit avantureux. C'eft l'intérêt de l'argent qu'on prête
fur un vailleau marchand, loit pour un voyage , loit
pour chaque mois qu'il eft en mer , moyennant quoi
le Prêteur court les rifques de la mer & de la guerre.
Les prof ts fur mer font fort grands : on a quelquefois
des profits de cent pour cent. Les AlFureurs de Mer
ont part au profit.
Profit defef, eft un droit^jpi ?ll du au Seigneur domir
« A ij
4
PK O
nr.nî en plurieurs mutations. Frovcnrus cUenteU. Les
quints & requints, les iods <S: ventes, les rachats, tout
des projlts de fief , des revenus caluels.
Profit jl'e dit auHi en termes de Pratique. Un défaut
emportant /rq/ff j c'eft-à-dire, gain de caufe. Vadimo-
nÏL adjud'icauo. Il faut faire juger \ç profit d'un défaut.
On ordonne louvent qu'on en viendra au premier jour,
à peine de l'exploit , dont le prof.c (cia jugé iur le
champ.
Profit , f.- dit figurément en Morale , pour progrès. Cet
Ecolier ne fait pas grand profit en clallc. Progrefius.
On fe doit bien étonner du peu as profit qu'on fait au
fermon. On tire beaucoup de profit de la ledfure de
ce livre.
On dit proverbialement, c'cft un de ces niais de So-
logne , qui fe trompent toujouis a leur profit. Omnia
in rem Juam convertit.
03" Le mot de profit , relatif au bien être que nous ti-
rons des choies extérieures, peut être conhdéré com-
me fynonynie de gain , lucre , émolument , bénéfice ,
ou comme fynonyme avec utilité, avantage.
§CJ" D.ms la première acception , le jPrq^r paroît être plus
sûr , & venir d'un rapport habituel , (oit du tonds, (oit
d'induifrie: ainli l'on dit les profits du jeu, pour ceux
qui donnent à jouer ou fournillent les cartes ; & le
profiu d'une terre , pour exprimer ce qu'on en retire,
outre les revenus fixés par les baux. On nomme lou-
vent profit ce qui eft vol.
fer Dans la féconde acception , \ç profit naît du gain que
produifent les choies. V utilité naît du (ervice qu'on en
tire. L'avantage naît de l'honneur ou de la commo-
dité. qu'on y trouve. Un meuble a (on utilité. Une terre
apporte Aw profit. Une grande mailon 3.ion avantage.
Les profits font plus grands dans les finances , & plus
ftéquens dans le commerce. Un bon livre fait le profit
du Libraire.
Ce mot vient de profeclus.
PROFITABLE, adj. m. & f. & fubft. Qui eft utile, avan-
tageux. Utilis , lucrqfus. Avis, emploi profitable.
fC? PROFITER, v. n. qui (e prend dans les dirtérentes
lignifications du fubftantif profit. Proficere. Il fignifie
faire du gain. Quîjlum facerc. Profiter à un marché.
Il a beaucoup profité avec les alfociés. Ce marchand a
beaucoup profité fur les marchandifes qu'il a achetées
& vendues.
^Cr On dit en ce cens, faire profit erCon argent,furla place,
à la bour(e_, dans lecommcrcejpardes voies injulles ,
comme les uluiicrsi c'e(t le faire valoir, en tirer intérêt.
ifT Profiter , dans les choies morales, lignifie tuer de
l'avantage, de l'utilité d'une chofe. Lucro apponere ,
fruclum , utiiitatem percipere. On profite du temps , àcs
circonftances, d'une occalion favorable, des avis qu'on
nous donne , des bons exemples , & même des fautes
d'autrui.
§Cr II fignifie auffi fiire du progrès dans les fciences, dans
les études, dans la vertu, &c. Progrefium , progre[]us
faccre , proficere. Profiter dans l'étude de la fagelle.
Ael. Ce jeune homme a beaucoup profité àsçvns qu'on
lui a donné un précepteur. Profiter en vertu, en fageffe,
en (cience.
$3" PRoriTER, dans la fignification d'être utile, fervir.
Prodejfie. Les avis qu'on lui adonnés, lui ont bien pro-
fité. Les biens mal acquis ne profitent point. De quoi ce-
la vous profiter.a-t-il ?
Profiter, fignifie .aulîî , prendre de l'accroiiretnent, fe
fottifier. Creficerejaugeri. Les plantes des Indes ne /jmi-
fiitent point en France , viennent mal. Un payfan qui
voit que les beftiaux ne profitent point, qu'ihmaigiif-
lent, croit qu'on les a enfotcelés. Ce garçon n'a point
■ profité depuis fa maladie , il ne fçauroit reprendre d'em-
bonpoint.
PROFITEROLE, f. m. Ce mot fe difoit autrefois d'une
p.\te cuite fous les cendres. Offafubcincricia. Mainte-
nant les cuifinicrs font encore des potages àe profiterole
avecde petits pains fans mie, féchés, mitonnes ,"& gar-
nis de béatilles.
ce? PROFOND, ONDE. adj. Épithètequi s'applique à
tout ce qui a une caviEc'confidérable; .à toutes les cho-
ies dont le fond eft élail^é de la fupcrficic, particulié-
P R G
rement à celles qui vont du haut en bas. Profundus , al-
tus. Une nviète eu. proi onde . Ce puits elï profond. Un
nbimc ed profond. Un iclié projond de \ine.z- dtv.^i
pieds. Ael.
{CF Quand on dit une- profonde révérence, une inclina-
tion /ro/owti'i; , on entend celle qui (e fait en le pen-
chant extrêmement. DiniiJJifiima fi.ilutatio.
IJCT Profond, dans un fens hguié, ledit des chofes qu'il
eft difficile d'approfondir. ï^oye-^ ce mot. Otftrufus ,
incelleélu difficilis. Les myftéies de la foi lont des abî-
mes profonds où l'elprit humain ne laucoit pénétrer.
Les jugemens de Dieu font profonds. L'algèbre cil une
Icience^ro/o/î^edont peu d'elprits lont cap.ablcs.
On le dit encore tant dans la phyficue que dans le
moral des choies, pour faire entendre qu'elles lont ex-
trêmes dans leur genre. Ainh l'on dit profond lommeil.
Altus. Un projond filcnce. Toutétoic dans un calme
profond. Un profond ze[pe&. Douleur profonde. Une
profonde mélancolie. Une profonde triftell'e. Cela de-
mande une prefonde méditation. Enfeveli dans Hnpro-
fond oubli.
Quand on dit qu'un homme eA profond, qu'il a l'efprit
profond , nous ne voulons pas laite entendre qu'il eft
habile , comme le dilent nos Diétionnaires. Ce font
les connoillances qui fe réduilent en pratique qui ren-
dent habile. Celles qui lont le tiuir de la méditation
rendent profond. L'homme profond eft celui qui ne
s'arrête point aux luperficies , mais qui pénètre dans
l'intérieur des choies ; il les approfondit. Cet homme
eft profond dans les mathématiques , dans la phylîque.
Il tient du (avant ; (es connoillances ne dem.indent que
de la Ipéculation «ÎSc de la méditation.-
îfT Profond, le dit aullî par forme de fubftantif. Ce
brillant n'empêche pas \e profond de la phylîque d'é-
clater en bien des endroits de l'ouvrage. Mem. de
Trév.
PROFONDEMENT, adv. D'une manière profonde.bicn
avant. On le dit au propre Se au figuré. Ahè. Il a fallu
creuier foit profondément pour trouver l'eau , peur
faire ce puits. Les chênes poulfent Icuts racines pro-
fondément en terre. Méditer profond-:Tnent (ur quel-
que chofe. Choie profondément gravée dans le cœur.
■Vous avez le vice de vous jeter trop profondément
dans l'amour, & de n'être plus qu'amoureux , quand
vous l'êtes une fois. Le Ch. d'H. Les geiis<ie cabinet
accoutumés h. lêver profondément, gardent unfllenee
morne dans une converlation enjouée. Bouh.
(CT PROFONDEUR. 1". f. Étendue d'une chofe depuis fa
fupeificie julqu'au fond. La profondeur d'un puits,
d'une rivière. C'eft une des trois dimcnllons du corps
géométrique, favoir la dimenlion du corps coniidéié
du haut en bas. Altitudo , profunditas. Toute la quan-
tité conlîfte en longueur, hrgeurôc profondeur. Quand
on la conlidère par ce qui eft au-dellus dn rcz-de-
chaulFée, on l'appelle hauteur ; & quand on la regar-
de au-delîcus, on la nomme profondeur. On fonde îa
profondeur de la mer vers les certes. On ne peut palier
le Tigre à caule de (a profondeur. Abl. Cette canne-
lure a trop de profondeur. Perrault. Ce bonnet n'a
pas allez de profondeur , la tête n'y entre pas allez
avant.
ICF Le mot de profondeur te dit auilî de l'éTcnduc en
longueur. Ainli l'on dit qu'une cour a tant deprcfvn-
■^eur, qu'une mailon a tant de profondeur & tant de
largeur, qu'elle a plu.i deprofondeurque de largeur.
Profondeur, ledit figurément en chofes mor.alcs. ^41-
titudo , veljublimitas.ll faut adorer laprofondeuràn
jugemens de Dieu , des (ecrets de (a Provio)."nce , des
mylf ères de la Foi. On admire en ce Magiftiar la pro-
fondeur de (a doélrine, de (a capacité. Tant eue rcr-
Ipnne ne voit les bornes & la capacité d'un \'.iiiiiue,
fa profondeur inconnue le (.\a rcIpccTet. Amelot.
Crcmwel étoit un hypocrite rafiné, & d une profon-
deur d'eCpmmcmyible. Flech. Il y a des gens qui n'ont
pas, (i j'oie le dire, deux pouces de profondeu- : il
vous les enfoncez, vous rencontrerez le tuf. T • • - -
l-^oY. Profond.
PROFONTIÉ. adj. m. On appelle fur rv
fontié, un vailleau qui tire beaucoup .... .-
PRO
il faut beaucoup d'eau poui fiottcir. Dcmerjus ^ prà'
fundus.
ï'HO-rCJKMA. Wx forme. Ce mor ne fe dit que des Ict-
ncs de change qu'un négociant, ou un banquicf eue
furquelquun, à l'oidre d'un de les commis ou de
quelque ami qui ne lui en paye pas la valeur.
pRO-FORMA, (c dit aulli adverbialement dans l'ufage or-
dinaire, en parlant d'une choie qu'on ne fait que par
pure formalité. ,
PROFUSION, f. f. Libéralité exceflîve, prodigalitc. lu-
xus. Il le prend louvent en bonne part, h ce n'ell des
puilfanccs qui peuvent donner lans s'incommoder; ^<i
alors c'elt magnificence Ik fouiptuolité. Alcxaiidre don-
noit à les amis awcc profufwn. Dieu donne les grâces
avec profujîon. Les profufions de Céfar étoient des
corruptions Se àcs profufions politiques. M. Esp.Bré-
bcuf fournit à Lucain des penlees magnifiques julqu'à
la projijfïon. S. Evr.
Mais ordinairement on le dit eu mauv.iile part, de
il fignihe, prodigalité, dépcnle excellive. Projuflo,
prodigalitas. Il dépenfe avec projufion Ion patrimoi-
ne, if donne Avec prof ufion. A ce repas il y avoir une
grande projt^on de viandes. Tel fait des profufions à
la vue de tout le monde , qui s'épargne le néceiraiie
chez lui. M. Esp. Ceux qui prennent avec violence,
pour répandre iszcprofufwn , font beaucoup plusex-
cufables que les avares. S. EvR. On le dit aulli au fi-
guré. Cet Auteur écrit avec wwz prof ufion de paroles
& de citations qui eft défagréable. Les jeunes gens
font comme une profufion de leur être , quand ils
croient avoir long temps à le polfcder. S. Ev R.
liparoit certain que le mot de profufion dénote un
excès de prodigalité ou de dépenfe : ainfi il ne peut
jamais fe prendre qu'en mauvaile part, à moins que
celui qui donne avec profujîon, ne prenne fur un fonds
inépuifable. La profujlon ell relative aux facultés de
celui qui donne, & au mérite de celui qui reçoit. On
peut dire fans blâme , que Dieu a répandu (es bienfaits
lur l'homme avec profufion , parce qu'il peut donner
beaucoup, lïc qu'il donne toujours au delà de notre
mérite.
PROGENIE. f. f. 'Vieux mot. Rice , enfans. Marot.
^-J- PROGENITURE, f. f. Vieux mot qui fe difoitdes
enfans. Tout pè;e eft fou de la progéniture, Jorel.
Maxime aulli vraie au propre qu'au figuré.
PROGNOSTIC. Foy. Pronostic.
PROGRAMME, f. m. Terme de Collège C'eft un billet,
un placard , ou avertillemement qu'on affiche , ou
qu'on dillribue pour inviter a quelque harangue ou
autre cérémonie de Collège, & qui en contient a-
peu-près le lujet, ou ce qui ell nécelfaire pour l'en-
tendre. Progamma. Les gens de Collège envoient des
programmes pour aflifter à leurs déclamations & à
leurs tragédies.
PROGRÈS, f. m. Il iisnifie, avancement, mouvement
en avant. Progrefjus. Le progrès du loleil dans l'é-
chptiquc. Le procures journaher du foleil. Arrêter le
progrès du teu , de 1 incendie.
Progrès. Ce mot le dit particulièrement d'une fuite de
conquêtes, d'une fuite d'avantages remportés a la guer-
re. Progrejfus , progreffio. Les armées du Roi ont fait
de grands progrès cette année , on a entré bien avant
dans le pays ennemi.
Progrès , fe dit aulîi en général de toute forte d'avan-
cement, d'accroillement , d'augmentation , foit en bien,
foit en mal. Progrefjus ^ augmentum. Empêcher le
progrès d'une maladie. Faire du progrès dans les étu-
des , dans les fciences. Les arts ont eu leur commen-
cement Se ïsm progrès. S. Evr. Cet homme ne fait
pas de ^tmâs progrès à la Cour. N'en multùm prof cit.
Dans ce dernier liècle on a fait de grands »roprf5 dans
la phyfique. La réformation fit de grands progrès en
peu de temps. Ceux qui n'ont que des penfées d'am-
■bition-, ne cherchent à faire des progrès dans l'eflirae
du Prince, que pour en faire dans la fortune. S^ Evr.
Si la nailTance de l'amour eft tumultueufe , (es pro-
grès ne le (ont pas moins. Id. L'amour eft obligé de
décliner quand il a fait trop de progrès. Id*
PRO
Ff-ce donc là. Madame ,
Tout le progrès qu'Achille a fait defjus votre ame?
Racine.
Progrès. On dit dans l'école , qu'il n'y à point de /ro-
grès à l'inhni ; pour dire , qu il n y a point de caulc
dont l'aclion puillc s'étendre a 1 infini. Acad. Fr.
Progrès , le dit aulli en termes de niuliqut , lorlque les
notes procèdent par des intervalles défagiables &. dé-
fendus. Cela s'appelle m3.\iS!iis progrès. Mala pro-
grtfio , malus Incejjus.
PROGRESSIF, adj. m. qui fe dit en cette phrafe: Mou-
vement /^ro^^ri.;////, qui tranlportc d'un lieu à un autre;
Motus progrejjivus j iocaiis. C'ed une queltion par-
mi les naturaliftes, (avoir li tous les animaux à co-
quille ont un muuv emcnz progrcjpj. Ils ont bien tous
quelque mouvement intérieur, qui confifte , foit à
étendre les parties de leurs corps & de leurs coquil-
les , foit à s'ouvrir pour prendre de la nourriture j
mais ce mouvement n'eft pas celui qu'on appelle />ro-
grcfif, celui dont le propre eft de faire aller 1 animal
en avant ou en arrière. Quantité d animaux à co-
quilles font toujours adhérans Se collés cnlemble, oii
attachés à des corps étrangers , & jamais ils ne fortent
de la place où le halard qui a porté leur frai , les a
fait naître. d'Argenville.
PROGRESSION, f. f. Mouvement en avant. Inceffus ,
progreffio. Les animaux ont un mouvement de pro-
grejfion , par lequel ils marchent , ils le portent a un
lieu à un autre.
§3° Progression , en termes de Mathématique , eft une
fuite de termes qui gardent toujours entr'eUx le même <
rapport, c'eft-à dire, dont chacun eft moyen entre ce-
lui qui-le précède & celui qui le luit. La progreffon
eft arithmétique ou géométrique , lelon que le rapport
qui règne entre ces grandeurs eft arithmétique ou géo-
métrique. Foye-^ Rapport & Proportion.
îfT -^r- 1 , y.i Si 7 , 9,11, &Ci Voila une progreffon
arithmétique, dans laquelle chaque terme eft un moyeii
proportionnel entre celui qui précède & celui quiluir^
3 entre i & j , j entre ; & -•, 7 entre 5 & 9 , &'c. Se
laditicrence z eft conllamment la même. Ainfi un terme
quelconque de ctnc progrèffon eft la même chofe que
le terme qui le précède, plus la ditrérence.
îfT Si la proportion qui fe trouve entre les grandeurs efè
géométrique, \z progreffion sa.p^e\\s géométrique^^,
1,2,4, 8, i^ 32, &c. Voilà une progrefion géomé-
trique , où 2 ell moyen géométrique entre i & 4, 4
entre i & 8 , &c. enforte que de deux termes conlé-
cutifs , le fécond n'cft que le premier multiplié pac
l'expofant 2. ,
Ce mot vient du latin progreffio. ' : .
Progression. Terme d'Aftronomie. Mois Ae progrejfo/i
de la lune : c'eft la même chofe que mois de conlécu-
tion. Foye^ Consècution , où ce qui concerne cd
mois eft expliqué*
PROHIBER. Vi ai Défendre. Prohihere ., vetare. Il n'a
d'ufrge qu'en termes d'Eglife &■ de Pratique. C'eft une
nulhté dans un m.iriage, quand il eft fait fans difpenfc,
dans un de^ié prohlté par l'Eglife, c'eft a-dire, dans
le degré de parenté où la Loi défend de fe matieri lî
y avoir plnfieurs viandes que là Loi ancienne avoit
étroitement jt7ro-^ii^e£5. Prohiber h traite d<s blés. Pro-
hiherlz port d'armes. Cela eu. prohibe p3ï les Ordon-
nances.-
PROFilBITION.f. f; Défcnfe. Prohlbltlo finhlbitio. \Jti
reft.ateur lègue fcuvent avec prohibition^ d'.iliéner. Un
père fait une prohibition à fon fils de fe m.irier avec
une telle pcrfonne. Ce mot n'efl guère en ufage que
dans l'Eglife & au Palais.. ::o;i..': ; •
PROIE, f. f. Ce que raviflenf & m.angent 1^ animaux
carnaftîers. Prdtda. Un oifeau de. proie, qui fe jette fur
(3. proie. Tous les .-inimaux farouches vivent de proie
Se de rapine. Ce mouton a été la proie du loup.
Je fuis par-tout un fat comme un chien fuit fa proie.
Boa.
Proie , à l'égard des hommes , fe dit par cxtenfion Aâ
toute forte de butin. Ce Conquérant a lailfé une tefe
6 PRO
ville en proie à Ton armée , il l'a abandonnée au pilisge.
■Un pays (ans foneielle cil en proie au prcniiifr occu-
pant. Les ToMats , après la bataille , partagent leur proie j
leur butin. Les archers s'en vont avec leur proie , le
voleur qu'ils guectoienc.
J'roie, le dit figurément, & aVec beaucoup d'élégance
en choies Ipirituclles & morales. Pr-dda , fpolium.
L'ame du pécheur ell \-3, proie du démon. Les gens vo-
luptueux iont la proie de leurs pallions ; pour dire ,
qu'ils lonc abandcnnés à leurs pallions. Je luis la/'/();'t
de ceux que j'avois haïs. Théoi'H. Les divihons les
donnoient zw proie à l'avarice des Etrangers. Aelanc.
Quand il ne nous rclîe nulle elpérance, nous demeu-
rons comme ftupides, & nous nous livrons en proie à
nos maux. Fel. Le Saint arracha des bras de la mort
une proie qu'elle avoir déjà prelque enlevée. Fléch.
Je vous lailfe en proie à votre caprice. S. EvR. On
dit , être en proie à les pallions, à (a douleur; pour
dire, être abandonné à les pallions, à la douleur. Acad.
Fr. Etre en proie a la médilance, à la calomnie, être
déchiré par la médilance, par la calomnie.
Pourquoi toi-même en proie à tes vives douleurs ,
Chenhes-tu'fans raij'on à grojjlr tes malheurs ?
BoiL.
De tant de pcjjlons dont nous fommes la proie ,
J'ignorois prejque tout j hors l'amour & la /pie.
Cerisy.
Jefovffre tous les maux que j'ai faits devant Troye,
De combien de remords m' ont-ils rendu la proie ;
Racine.
%cy- PROJECTILE, f. m. On défigne ainfi en Mécani-
que tout corps pefant , jeté en l'air f uivant une direc-
tion quelconque, &z abandonné enfuite à l'adtion de
la pelantcur. Telle eft , par exemple , une pierre lancée
avec la main ou avec une ironde , une flèche déc-ochée
par un arc , ou un boulet qui p.rrt d'un canon ou une
bombe d'un mortier. Les projecliles j abllraclicn hrirc
de la réliflurncc de l'air, doivent décrire une parabole.
|>Cr PROJECTION. (. f. Adion d'imprimer du mou-
vement à un projettlile. Projeclio.
(fT Projection , en termes de Géographie & de Perf-
pecftive, eft une certaine vue Iclon la fituation des
corps , dorit on trace la delcriptioifcfur un plan , tels
qu'ils paroitroient , il l'œil étoit placé en un certain
point. Projeclio. Ainh on appelle projeclion , la ma-
nière de tracer (ur un plan les Mappemondes luivant
ime certaine vue lic htuation des parallèles «Se des mé-
ridiens. La projection ordinaire eft celle de la Iphère
droite , où le premier méridien lert d horizon , où tous
les autres méridiens coupent les pôles en lignes obli-
ques. L'autre projcclion eft celle où l'équateur lert
d'horizon , le pôle eft au centre , les méiidicns Iont dé-
crits par les rayons du cercle, & les parallèles par des
cercles concentviqucs.Ellereprélcntela Iphère parallèle.
le? La projeclion de la Iphère eft orthographique ou lié
reographique. La projcclion orthographique eft celle
où la iurface de la Iphère eft reprelentée lur un plan
qui la coupe par le milieu, l'œil étant placé veiticale-
ment à une diftance infinie des deux hémilphères.
Foye-:^ Orthographique.
ifT La projeclion ftéréogiaphique, eft celle où la fur-
face de la fphèrc eft repréfentée fur le plan d'un de
les grands cercles , l'ail étant fuppofé au pôle de^ce
cercle, /-'oyc^ StÉréographiq.u£. i.à .i-jq
Toute figure plane qui fera perpendiculairénupJan
de prcfecïwn, ne lauroit erre autrement projetée que
lelon uRe ligne droite ; car toutes les perpendiculaires
qu'on abaifteroit d«s différens points de cette figure ,
doivent de nécclliié tomber dans la fedion commune,
qui , comme l'on lait , eft nécelfairement une ligne
droite. Injiit. JJtron. p. 214.
Projection, en termes d'Alchimie, fe dit d'une cer-
taine poudre chimériciue , que des Charlatans difent
avoir la propriété de changer une grande quantité de
métal imparfait, comme le plomb & le cmvre, en ur^
PRO^
-plu; parfait , comme l'or & l'argent, pcair peu qu'on
y en jette. Projeclio. C'tft ce cju on appelle poudre de
projection , pierre philofophak.
On appelle aulli projecaon en termes de Chimie ,
une préparation qui le tait de quelques lubftances , en
jetant à djftérentes reprilcs dans un creufct pofé lur un
feu violent, quelques drogues convenables au dellein
del'Artirte. Projectio , projeclur.i. §0" On jette avec
une cuilher dans le crtulet la matière en poudie qu'on
veut calciner. î'es ulages knit bornés aux altérations
loudair.es, qui le fo;;t par le moyen du reu dans des
matieiei inflammables , & qui li^nt accompagncei de
détonation. F'oye'^ Détonation.
Projection. Terme de Mécanique & de Statique. La
projection d'un poids, c'eft le mouvement d un poids
jeté par une puilFance, ou la ligne que le poids déciic
par Ion mouvement. La projeclion eft ou verticale, on
hoiizontale , ou compofee de la verticale ou de l'hori-
zontale.
iCT Ce terme eft louvent employé dans la Phyfique
Newtonienne. Les Newtonicns font honneur a leur
maître d'avoir découvert les cauies du mouvem.ent des
planète;s. Quelles cauies! Le vide, la ^ ro; erï/o/z j 1 at-
traè-tion. Ditu a jeté les aftres aii halard dans le vide,
t\' l'attraclion les a retirés du mouvement de projec-
tion pour les alfujettir au centre. On dit auih mouve-
ment de projection J lorcc de projcclion. Newton en-
tend par-la l'eftott que fait un corps mu dans une
courbe, ou ciiculairemcnt peur s'échapper par la tan-
gente. Il faut trois forces combinées enlemble pour
former l'élipticité des orbes planétaires. L'une eft ccn-
tiipète , confondue par Newton avec la pelantcur;
une de projeclion par la tangente , l'autre en hauteur
par le mouvement des aplides. Or , ou la force centri-
pète & la force de projection Iont égales, <l<i: 1 alhe dé-
criia un cercle; ou elles Iont inégales, & l'aftre attein-
dra le centre ou loyer de la courbe, ou s'en éloigner*
à l'infini par une Ipirale alcendante eu delcendante,
n'y ayant rien qui puille fufpendre l'eftet de lune ou
del'autre, dès qu une lois elle eft lupérienre.CASTEL.
Newton reconnut Inentùt que la pelantcur primitive
ou tendanie des parties de la matière les unes vers les
autres, combinée avec un mouvement de projection,
produiroit le mouvement curviligne des planèrcs.
PROJECTURE. f. f. Terme d'Architcdure, qui le dit
des faillies & avances que Iont les corniches de autres
membres des bâtimens. Projecîa, proidificata.
PROIER. vieux v. a. Prier. JVlcrci proie ■, je demande
merci. Glo[f'. des Poe/, du Roi de A"av.
PROIÈHE. f t. "Vieux mot. Prière. Oratio , precatio.
BoREi. Pocf. du Roi de Nar.
'ïyT PROJET, f m. C'eft proprement un plan eu un ar-
rangement de moyens peur l'exécution d un deftein :
«Se le dellein eft ce qu'on veut exécuter. Conjilium.
Syn. Fr. a nous voir faire de li longs /»ro/er5 de for^
tune , on diroit que nous nous croyons immortels.
Flech. Combien de projets contraires forme l'homme
pour établir les affaires & Ion repos. M. Esp. Un Gé-
néral fait un projet de campagne , &: n'a pas moins
d'attention à cacher les deJfeinSi qu à découvrir ceux
de l'ennemi.
On dit ordinairement des projets, qu'ils font beaux ;
&c des dc[feins, qu'ils font grands. La beauté des projets
dépend de l'ordre & de la magnificence qu'on y re-
marque. La grandeur des de[]eins dépend de l'avantage
év: de la gloire qu'ils peuvent procurer. Il ne faut pas
toujours le lailfer éblouir par cette beauté ni par cette
grandeur ; car fouvent la pratique ne s'accorde pas avec
la fpécuL-ition; l'ordre admirable d'unfyftème,& lidée
avaiirageufe. qu'on, s'en eft formée , n'empêchent pas
quelquefois que les projets n'échouent, & qu'on ne le
trciuve dans l'impollibilite de venir à bout de Ion
dellein.
Le mot de projet le prend aulïi quelquefois pour la
choie même qu'on veut exécuter. Alors il devient prel-
que lynonyme avec deftein ; mais il fe trouve encore
enrr'eux une différence délicate que vous trouverez au
juot dejj'ein.
Projet , û diç aufli «i'un mémoire povir ce qu'il faur
PRO
pour fexéeiuion d'une affaiie, de la piemiàe penfcc
d'une chofe mifc par éciif.Oii dielic un projet d'acte.
On laie un projet dairiclcs pout un mau.ige. O» hiit
le projet d un ouvrage qu'un veut donner au Public.
^ En Archircchire, \c projet clt une cfquilL- de la dil-
tribution d'un l)àtimcnt , cjnt'jrménK'nt a l'jnrcntion
de celui qui veut faire baur. C'cft encore un mcuiuire
eu gros de la djpenlc a laquelle peut niunicr la coat-
rruction.
On dit en Peinture d'une figure cro quce, que ce
n'tft qu'un liniple /To/tY. Sunplcx dciuuatio ^ dcfi-
gnatio.
On appelle /TO/ec fur la côte de Barbarie, & fur-
tout au balhon de France , où fe tait la pêche du co-
rad, celui des Corailkurs qui jette l'elpèce de hiet ou
de chevron avec lequel on lue le corail du tond delà
mer.
PROJETER. V. a. former quelque projet. Meditari ,
anima deJUnarc. Alexandre avoir projeté la conquête
du monde. On avoir projeté depuis long- temps la
jondion des mers ; ce qui n'a pu s'exécuter que de
notre temps. Cet homme a projeté de marier la fille
avec un tel. Il a /'ro/crt? d'acheter une tqlle terre. Ses
ennemis avoicnt projeté de I alfailiner. On nexccure
pas tout ce .[U'on projette. Us rélulurent d'exécuter le
delfein quils 2.\'o\cni projeté. Vaug.
ffT Projeter , lignifie aulli tracer tur un plan ou fur
une furface quelconque la (phère , ou quelqu autre
corps , fuivant cerrames rcglcs. Projeter les cercle
horaires avec 1 c juinoxial , ôi les tropiques fur un ca
dran. /'''ovf^ Projection , en termes de Géographie.
Projeter. Terme de Chimie. C'cll hire la projection
de quelque matière. Charas. Profieere. i^oye-^ Pro-
jection.
PROJETÉ , ÉE. part.
PROIEZ. f f. Vieux mot. Butin. Borel. Proie. Pr&da.
PROISIÉ , ÉE. Vieux adj. Prifé , preux. Borel.
PROLABIA. Devant des lèvres. Terme d'Anatomie. Les
parties avancées des lèvres s'appellent pro/iz/i/tz. Dio
Nis. Ce mot eft latin.
PROLATION. f. f. Terme de Mufique. Voyei Roule-
ment. C'eft la même cho(e.
ProlAtion. Parole. Marot.
PROLÉGOMÈNES. I. m. pL Difcours, ou Traites pré-
paratifs qui contiennent les choies dont il taut inf-
truirc un Lecteur, afin qu il puillc mieux entendre
quelque Hvrc, ou quelque fcience, pour en taiie bien
(on profir. Prolegomena. La plupart des Iciences de-
mandent quelque infuudion prelimaire, eu prolégo-
mènes.
PROLEPSE. f f. Figure de Rhétorique , par laquelle on
prévient ce que les adverfaires pourroient objecter.
/'ro/<?yr/?j. Par exemple, quelqu'un dira peut-être, (St.
PROLEPflQUEMENT. adv. P,ir prokpfe , par antici-
pation. Prolepticè , per prolcpflin- T'M\t\: proie ptique-
ment. Chast. Martyr. T. ly p. 2^ j. Cer Auteur a
fait ce mot , dont perfonnc ne s'efl: fervi après lui.
§::?- PROLETAIRE, adj. & (. Terme d'Hiftoire Romai-
ne. On donnoit ce nom à la fixième Se dernière claifc
du peuple Romain , laquelle comprenoit les pauvres
citoyens de la Républi ..ue. C'n les iiommoir proletai
Tes, du latin proies , comme n'érnnt utiles a la Répu-
bli ?,ue que par les enfans qu ils engcr.droicnt. La pro-
létaires étoient exempts d'aller a la guerre. Froletarii.
Proletarius , a, um. Qui eft de baffe condition. C'eft
pour cela que Plaute a dit Proletarius fermo. Façon
de parler populaire, balfe.
IJCT PROLIFERE, adj. Terme, de Bot.-inique , du Latin
Prof/fer. On appelle /c/.r prolifère , celle d'où il parc
une tige qui porte un b.,u ]uer de feuilles: alors c'eft
prolifer frond:us : ou celle d'où il part une tige qui
porte une autre Heur. Prolifer flos. Il y a des poires
prolifères , de l'oeil defquelles il fort ou des feuilles ,
ou des Heurs ou des fruits, /''byc'? Monstug-^ité
PROLFIQUF. adj. f Terme de Médecine. Qui a les
qualités propres pour engendrer. ^ro''Jicus. Les Mé-
decins prétendent conno'itre quand la femence eft/^ro-
lifiquf. Tous les hommes n'onr pas I.1 y enw prolifique.
Aurefte,je vous affure qu'il 'pofsède en un degré
PRO
7
louable la vertu prolifique y ôc qu'il eft du tempéra-
ment qu'il faut pour engendrer ik procréer des cnians
bien conditionnés. Mol.
CO" On deligne aulli par cette épithète les remèdes qui
aident a la généiation, en exeitant au plailir de l'a-
mour. Hcmèdcs prolz/iques ^ plusurdinairemeiic aphro-
dijiaques.
PROLIXE, adj. m. &: f. Trop long , trop étendu. Lon-
gior , proli.xus. Il le dit des difcours, des haiangucs,
cv de ceux qui les f mt. Cer homme eft prolixe dans
les diicuurs , dans les railonnemens. Le djlcours de
Gallendi , c'eft d'avoir été trop dittus , prvlixe , d'a-
voir traité les matières trop au long. Un tiaitc pro/ixe
eii ennuyeux.
PROLIXEMENT. adv. D'une manière prolixe , avec
trop d étendue. Prolixe , jufuis. Il taut aftcCter un ftyle
ferré, &c ne pas écrire prolixement.
PROLIXlTt. 1. f. Longueur , trop grande étendue dans
le drkours. ProUxitas.'^ns.nàon paile a\ te proùxité^
on ennuie, quelques bonnes choies qu'on dile. Ces
harangues en forme à la tête d une armée , Ôc ces dé-
libérations d'une ennuyeule prolixité qui fe font fur
les affaires dont on parle , ne font plus d ulage dans les
hiftoires bien ieniees. Le P. Rap. Calvus reprenoit
dans Cicéron fa prolixité. Morabin.
§3" Prolixe , eft 1 oppolc de iuccmct. L'orateur doit être
fuccincl & d-^us , klon le lujet qu'il traite , & l'oc-
calion où il parle; mais il n'dl jamais peiniis d'étte
prolixe. La prolixité confifte dans des détails minu-
tieux ou déj-laccs.
PROLOGIti). 1. h pi. On donnoit ce nom aux fêtes que
1 on cclébr. it chez les Grecs avant de luciIIh les huits,
comme ion nom le porte. De Afjù', cueilLr.
y3° PROLOGUE, f. m. Ce mot vient du grec ■^f'Aojof
/iro/ûij^iii^/r;, préface, avant-propos, -s,' devant , ^'7"
dijcours. DilcoUii 4U1 précède quelque chcfe. Prolo-
gues de S. Jriêiine lui les livres de la Lible. On ne le
dit en ce lens qu'en parlant de ces efpcces de Préfaces
des anciens , auxquelles ils avoient donné le nom de
Prologues. Prologus.
l^T pRCLOGUE, fe dit plus ordinairement d'un difcours,
d'un ouvrage qui iert de prélude a une pièce drama-
tique.
03" Les anciens introduiloient dans leurs ^ro/cijǫej quel-
quefois un kul aifteur, quelquefojs pluiieurs interlo-
cuteurs. L'objet de ces prologues , étoit d'apprendre
aux Ipedateurs, ou aux leâcurs, le fujet de la pièce,
& de leur en facihter lintelhgence, eu quelquefois de
faire 1 apologie de l'Auteur. Prologus. On appeloic
même Prologue,l'Adem qui le récitoit. Le Prologue
etoit une partie de la pièce , mais partie accelIoire.'Les
modernes ont banni 1 ul.ige 'des Prologues.
On fait encore àes prologues dans quelques fpecta-
cles; mais ils ne regardent guère le fujet de la pièce.
Le prologue de l'Amphitrion de Molière , les prolo-
gues des Opéra, font des ficlions qu'on fait pour par-
ler à la louange du Roi , ou d'autres chofes agréables.
Proloquia.
Prologue , iignifie quelquefois dans le difcours ordi-
naire , préambule. Proœmium j pr<efatio. Il m'a fait
un long ^ro/o/z^^i/e. Je vous prie, parlons [ans prolo-
gue j allons au fait. De fes rares vertus il te fait un
prologue. BoiL.
PROLONGATION, f. f. Augmentation de la durée fixe
de quelque chofe. Prorogatio, produciio. On obtient
ailément une prolongation de délai pour faire unç
enquête. Prolongation d'une trêve.
PROLONGE, f f Terme d'Artillerie. C'eft un cordage
qui feit à tirer le canon en retraite , & quand une pièce
eft embourbée. Il y en a de doubles & de limples.
PROLONGER, v. a. Rendre plus long, .ajouter a la du-
rée d'une chofe. Prorogare , producere , protendene y
trahere. L'on a prolongé le temps de fon exil, on ne
l'a point rappelé à la Cour. Les èi^OxieviK prolongent
tant qu'ils peuvent la pourfuite d'un décret , pour
jouir toujours de leur terre. Quelques Chirurgiens
prolongent les maux qu'ils pourroient guérir promp-
tement. Jésus-Christ /';o/o«:;et2 les jours du Lazare
par un miracle. Prolonger (x vie. AsLAtic, Prolonger
8 PRO
{"es malheurs. Rac. On dit en Géométrie, prolonger
une ligne; pour dire, la faire aller plus avant , la ren-
dre plui longue , jul'qu'à ce qu'elle ait la longueur af-
lignée.
Prolonger, en rermes de Marine, c'eft avancer Ion na-
vire contre un autre, &: le mettre côte à côte , flanc à
flanc, ou vergue à vergue, cniorte que fî leurs vergues
croient piolongécs, elles ne feroicnt qu'une ligne. Ziz-
tus navis alterins navls Latcrï adjungere. Prolonser
un vailleau.
PROLONGÉ, ÉE. part.
PROLUSION. r. f. Ce mot n'eft en ufagc que pour
quelques ouvrages que l'on lait avant un autre, com-
me des préludes , pour s'exculér. Prolufîo. Diomcdc
appelle prolufwns , le CuUx de Virgile"^ & fes autres
opuf cules , parce qu'il les fît avant fes grands ouvrages.
Les prolujio/is de Strada font des ouvrages fort ingé-
nieux. M. Hiiet favoit les prolufions de Strada par
cœur.
fC? Prolusion , fignifîc aufli l'annonce publique que
font les Profeireurs de leurs exercices ^V des matières
qu'ils doivent traiter. Les ProfefTeurs du Collège Royal
publient àes prolufions ou annonces pour leurs exer-
cices. GOUJET.
PROM, ou PRON. Nom d'une ville de l'Inde, de là le
Gange. Pronum. Elle eft fur la rivière de Ménan , au
nord de la ville d'Ava , & elle ell capitale d'un petit
Royaume qui porte fon nom, & qui dépend du Roi
d Ava. Mat y.
I^PROME. Terme de Coutume. Foyer Vkeu^sse.
PROME-CONDE. f. m. Dépenfîer. Rabelais. Borel.
Promus-condus.
PROMENADE, f. f. Lieu où l'on fe promené. Jmbu-
latio , deamhulatio. Le Cours de la Reine, les Tuile-
ries font d'agréables jî'ro/Tzraaû'ej. Voyei Promenoir.
On dit hyperboliquemenr , pour témoigner qu'un
lieu n'ell pas fort éloigné, que ce n'efl qu'une oro/ne-
nade.L.c Marchand va tous les ans enEfpagne, ce n'efl
pour lui qu'une promenade.
Promenade , ell: aufli l'aÛion de fe promener. Deam-
bulaao. Allons faire un tour de promenade. Il cft allé
faire une perite promenade jufqu'en Flandre. On dit
\^ promenade ell belle aujourd hui ; pour dire , qu'il
iait beau fe promener, que le remps y eft propre
Acad.Fr. ^ ^
^C? PROMENER, SE PROMENER, v. récip. Marcher,
aller a pied , à cheval , de quelque manière que ce foit'
Imiplement pour faire de l'exercice, ou pour le diver-
tir. On fe promené à pied, à cheval , en carroffe. On
va fe promener aux Tuileries , au Cours , fur le Bou-
^vard, dans les Champs. Ambulare , deambulare.
ÇCT Promener , eft aullî aétif. Promener quelqu'un
c'eft le faire aller çà &r là pour le divertir. On pro"-
mcne un enfant pour l'empêcher de crier. On promène
un Provincial pour lui faire voir les chofes rares &:
curieufes. Un Héraut promenoït chaque athlète dans
toute l'étendue du Stade. Circum agere , circum du-
cere.
ffT Promener un cheval, c'eft le faire aller doucement
au pas en montant deflus, plus ordinairement en le
tenant par la bride ; ce qu'on appelle promener en
main. KJnpromene un cheval qui a les avives.
On dit .au M:inèëe, promener un cheval fur le droit ;
pour dire, le faire marcher fur une ligne droite. Equum
agere, ducere ad dextram. U promener (m ks voltes
entre deux talons, la tète &les hanches dedans; pour
diie , le fane marcher de côté entre deux lignes.
ir^ Un dit , au hguré, promener fon efprit fur divers ob-
jets promener fes yeux , fes regards. Mente , ocuiïs
perlujhare C eft porter fes penfées , tourner fa vue
vers ces objets. Promener (es ledeurs à droite, à gau-
che, tantôt d'un cote tantôt de lautie, leur préf enter
d vers objets. Ocuhs fubjicere proponere. Quand un
rhlo(x,phereve,il;,.„.f^
tion, fui tous les êtres de la narure. Le Pnnce vrome-
nne Z F".' ''""^ " ^'l ^f^" '^' l'-"fcmblée. Quand
une profonde paix règne fur la mer , n'y a t-il pas beau-
coup de plaifu- a promener fes regards fur une étendue
£ vafte & fi urne ï Bouh. PUtoij Hiic égayer 4s
vr
le*
PRO
Lecteurs en les promenant à droite & à gauche.
Dac.
On dit aulîl promener (on chagrin , fes inquiétudes,
en parlant de ceux auxquels le chagrin ne laiil'e aucun
repos.
IP" Oii dit proverbialement à quelqu'un qu'on mépri.fb,
ou dont on eft mécontent, allez vous promener. C'eft
un ennuyeux perfonnage , qu'il s :,i\\t promener , je
f enverrai promener.
nDr^Srïï°^ '''"'^ '^" latin ^^ro^i/zarc. Ménage.
PROMENE, EE. part.
PROMENOIR, f. m. Lieu propre pour fe promener, où
f on a accoutume d'aller a la promenade. Amhulacrum,
vel ambulatonum. Tour étoit grand dans les édifices
de S.alomon: les veftibules, \ts promenoirs. Boss. L'a-
grément de cette ville , c'eft qu'il y a a lentour de
beaux promenoirs. Proche des Théâtres , il y avoit des
vromenoirs publics. Ab. de Vit. Elle voulut aller voir
\es promenoirs , en attendant 1 heuj:e du fouper. Voit.
Les ombrages des promenoirs font toujours rafraîchis
par 1 aile du zcphir. Sar.
r? Ce mot a vieifti, & n'eft prefque plus en uf:igc. On
lui a fubftitue promenade. Cependant ces deux mots
ne font pas fynonymes. Promenoir tient plus de l'art
que promenade , qui fuppofe quelque chofe de plus
naturel. Les Tmleries, le Cours, &c. font des prome-
noirs. \Jne plaine, une prairie, &c. font àespromena-
■ ^ej. Pourquoi ne jpas confervcr un mot qui a fon ca-
radcre propre & finguher ? Je le répète encore , crai-
gnons d'apauvrir la langue.
ce? PROMESSE, f. f. Aflurance qu'on donne à qucl-
qu un de dire ou de faire quelque chofe, engasemenc
que nous contraaons de faire a quelqu'un un avantage
dont nous lui donnons l'efpéiance. Pwmijjum, pro-
mijjio , pollicitdtw. Un honnête homme ne manque
point afa/7ro/72eire. Promijojlare. Dieu a voulu in-
terefler l'amour propre par des promej] es ,zni]:i biea
que par des menaces. Ablanc. Ne vous laiffez pas
lediiireni éblouir p.ar les vaines c\' trompeufés oro-
mejjes du monde. Boss. \]ne prome£'e injufte n em-
porte point d'obligation. Le Ch. de M. UnCourtifan
iiabile ne fe fie point aux promejes de la fortune , &
ne veut point que fon bonheur dépende de festapri-
ces. M. Esp. ^ '
rambitieux courbe fous le fardeau des ans.
De la jonune encore écoute les promeffes.
Des-Houl.
EJl-il jufte après tout qu'un Conquérant s'abaiffe,
ISous lajervile loi de garder fa promeffe? Rac
^ Promesse , en Jurifprudence, fîgnifie plus exprelTé-
meni une convention de donner quelque chofe à quel-
qu un, ou de faire quelque chofe pour fon avanrage.
Conventio , paclum. Il y a des promeges verbales ,
d autres rédigées par écrir. Ces dernières font fous
lemg prive , ou paflées par-devant Notaires. Ces diffé-
rentes promeffes produifent diftérens effets. On vend
un héritage avec /,,o«t^è de garantir, fournir &faire
valoir, quoiqu'on omette cette claufe , on eft toujours
garant de fes faits &c promcfùs. On n'eft point rece-
vabfe a faire preuve par témoins aune promcITe ver-
bale de mariage. Il eft défendu à tous Notaires de re-
cevoir, & a tous Ptêtres d'exiger des perfonnes qu'ils
nancent , des promeges de mariage par paroles de
prefent. '^
C^ La. promejfe de mariage eft un écrit, par lequel on
s engage a epoufer quelqu'un.
#3- On appelle abfblument;»ro/72f/r^,un billet fous fein-
prive par lequel on s'engage de payer quelque fom-
me. J M Li promejfe. Faire reconnoitre une promege.
v/c^kTMLÎV^T' '^'"' "" '"' '^™P^' ^ volonté.
P^^,^^E™EE f. m. Homme célèbre dans la Fable.
C etoit 1 un des fîls de J.apet , qui , félon les Poètes ,
déroba le feu du ciel , pour en animer l'homme eu il
avoir forme ; en pumtion de quoi Jupirer le fit 'en-
chaîner fur le Caucafe , où un vautour lui dévore le
tois qm croît pour de nouveau.^ liipplices.
Prométhée,
PRO
PROMérHÉE. Teime d'Aftrononiie. I.c; anciens A(Iloiio-
mes donnent ce nom à lune des ii coniltUarions iep-
teiitrioiiales. Prometheus. Llle cil conipolJe de iS
étoiles. Six de la troifîcme, 17 de la quatiiànc , a de
la cinquième, & 3 de la fixième giandeur. On ]'a(/pclL"
auiîî Hercule j ou Engoua fis.
Prométhéc. (. F. Terme de Botanique. Ilirha Pioiv.c-
thea. Plante tabuleut'e , mais fort célcbte che^ les An-
ciens. Voici ce que l'on dit de l'es propriétés, du lieu
où elle fc tiouvoit, de (a Heur & de (a racine. Apollo-
nius de Rhodes, !.. in , il: l'expediùon des Argonau-
tes , V. i'^? y & fuiv. dit qu'elle lendoit invulnérable,
& prélcivoit de l'adion même du feu. 1 lut.irquc, eu
l'Auteur du Livre «'f' ■arolf^M», qu'on lui attribue ,
rapporte d'après Cléanthes , que Nlédée s'en étoir fer-
vie. Valerius Flaccus, au L. Vlll des Argonautes , v.
j if, dit qu'elle s'en Icrvoit fouvent. Il ajoute que cet-
te plante étoit toujours \cïte , immona/e virens , Si
qu'elle loutcnoit les coups 6c les feux de la foudre ,
fans en être endommagée.
Stat fulmina contra
Sanguis, & inmedàs florcfcunt ignïbus herhi.
Si l'on en croit Properce, elle guérilfoit de l'amour.
Liv. ! , hUi;. XII, V. S & /?. Cette lieibe,au rapport
des Auteurs rue j'ai cités, Cléanthes, Apollonius Rho-
dius, V. S \o , &c Propercc, naiffoit dans les monta-
gnes où Prométhée fut attaché, c'eft-à-dire, lur le
mont Caucale; fa fleur, luivant la delcripiion qu'en
fait Apollonius, v. S S3 > étoit longue d'une coudée,
portée iur deux tiges, & relîembloit au crocus de
Corcos, tort eftimédans l'antiquité. Pour i'a racine, le
même Apollonius , v. S ss i rapporte qu'elle reifcm
bloit à de la chair récemment coupée, & qu'elle étoit
pleine d'un lue noir, tel que celui du hctre des mon
tagnes. Enfin Séneque,v. /o/j&les Auteurs que j'ai
cités, font entendre que cette herbe nailloit des gout-
tes du iaiig qui dégoutoicnt des morceaux du foie de
Prométhée, qite le corbeau emportoit. ♦
Les Grecs l'appeloient »(n,"-r?'"v, du nom de Pro-
tttéthée , npt,"»'5.ivt.
On ignore ce qui peut avoir donné lieu à toutes ces
fictions po'c'tiques.
PROMETTEUR , EUSE. f. m. & f. Qui promet beau-
coup , &C légèrement : qui tient peu de chofe. Laro'i-
ioquus , polikitor. On ne fe doit guère fier à ces grands
prometteurs. Les Mufcs font de grandes promtticufes.
Mol. Cela n'cft bon que dans le flyle familier.
•PROMETTRE, v. a. Je promets , tu promets , il pro-
met, nous promettons , je promettais , je promis , j'ai
promis. Je promettrai. Quejepromiffe. S engager, af
furer, faite elpérer quelque choie à quelqu un, s'obli-
ger à donner , ou à faire quelque choie. Promittere ,
poUiceri. Il ne regaids que le futur, & l'on ne doit
point dire , en affirmant une chofe paifée , je vous pro-
mets que cela eft exécuté. HÉfl. Dieu a promis
fon Paradis aux Jufles. Ce n'eft pas tout que de pro-
mettre , il faut tenir. Les Charlatan s /J/oOTdf^t-wr beau-
coup , & ne tiennent rien. Promette::; long temps , pour
attacher les gens par 1 eipérance; car vous devez plus
attendre dclle, que de la rcconnoilfance. S. Evr. Si
la chofe n'eft pas jufte, difoit un Roi de Sparte, je ne
l'ai pispromife. Le Ch. de M. Nous promettons fé-
lon nos efpérances , & nous tenons félon nos craintes.
ROCHEF.
Avant que de promettre ^ H faut du jugement.
Et quand on a promis , il faut de la mémoire.
Daceilli.
Les Notaires mettent à la fin de leurs aétes, cette
formule, promettant , obligeant, renonçant, qu'ils
étendent beaucoup, quand ils les grolFoyent.
Promettre , fc dit aufli figurément des (ignés ou appa-
rences fur Iclquclles on forme quelque conjecture.
PoUiceri. Son cœur ne voui tiendra p.as tout ce que
fes yeux voi\% promettent. Mol. Saturne dans la mai-
fon de la mort promet une mort prompte , ou funefte.
Tome I,
PRO 9
Cette difpofition du ciel nous promet duhecu temps,
nous donne lieu de croire que le temps lera beau. Ce
jeune Prince promet beaucoup, il donne de grandes
elpérances. La campagne nom promet bien des liuits
cette année.
Promettre , s'emploie quelquefois avec le pronom pcr-
(onnel, Ôc alors il ligp.ifie clpci-a , Jjcrare. l\ Ce pro-
met bien d'avoir fa revanche de cet affront. Il (e pro-
mettait de couvrir le deshonneur de fa fille. Pat, Je
m ijtuis promis qu'à ma conhdération, vous voudriez
lui accorder cette grâce. Je me promets tout de votre
bonté.
Promettre, fe dit proverbialement en ces phrafes. Il
ne nous promet pas poires molles. Il nous a promis
plus de beure que de pain. Qui promet s'oblige, pour
dire, que fi l'on promettoit une chtsfe, on leroit obli-
gé de la tenir. Il ne fera pas li méchant qu'il l'a pro-
mis à fon Capitaine. Il nous a promis monts &: mer-
veilles. 11 fe ruine à promettre. Se s'acquitte a ne rien
tenir. Promettre Se tenir font deux , lorfque l'on n'a
pas fait ce que l'on avoir promis.
PROMIS, ISE. part. On appelle la Terre promife , la
Terre deChanaan que Dieu avoir promife à fon [ -.uple.
On dit proverbialement , chofe jT/o/nz/fj chofe dûej
pour dire , que dès qu'on a promis quelque chofe,
on eft obligé de faire ce qu'on a promis, de tenir fa
parole. Acad. frani;.
PROMINENCE. f. f. Avancement. ^f.C.An' dcsrp-ïx-A,. ,
prominer, avancer, La prominence de la lèvre. Dicl.
de James.
PROMISSiON. f, f. Terme de l'Ecriture, qui fe dit de
la Terre que Dieu avoir promife à Abraham & à la
poftérité. Terra promiffa,vel promijjlonis. De tous les
Hébreux qui lortirent d'Egypte, il n'y eut que Jolua
Se Caleb qui entrèrent en la Terre de promijjion. Le
lait & le miel couloient dans la Terre de promijfion.
Monconis dit qu'il n'y a plus de veftige de la Terre de
promifjîon. Tout le pays eft (ec , affreux Se infertile.
On appelle figurément un pays gras Se abondant,
une terre où l'on trouve toutes les choies néceflaires
à la vie, où les richefles abondent, un pays, une terre
de promiffîon, un pays de Cocagne, Terra ferax, fer-
tilis , jacunda, abundans.
PROMONTOIRE, f m. Terme de Géographie ancien-
ne. C'eft une pointe de terre, ou de rocher qui avan-
ce dans la mer. Promontorium. En rermes de Marine
on l'appelle Cap. Le Cap de Bonne-Efpérance eft le
promontoire , la pointe de terre la plus avancée vers
le midi.
PROMONTORIUM ACUTVM. Terme d'Aftrono-
mie purement latin, mais francifé par l'ufage. C'eft
le nom de la 32' tache de la Lune, félon le catalo-
gue du P. Riccioli , dans fii Sélénographie.
PROMONTORIUM SOMNII. Tern.e d'Aftrono-
mie, purement latin, mais francifé par l'ufage. Les
Aftrcnomes ont donné le nom de promontorium fom-
nii, à l'une des taches de la Lune, qui tient le trente-
quatrième rang dans le catalogue que le P, Riccioli a
dreiïé de ces taches,
PROMOTEUR, f. m. Terme de Jurifprudence. Ecclé-
fiaftique qui fait les fondions de Procureur d'office,
de partie publique dans imc Cour Eccléiiaftique, dans
une Chambre de Décimes, dans une OfHcialité. Pro-
motor ,fyndicus , procurator.ll requiert poui l'intérêt
public, comme le Procureur du Roi dans les Cours
La'iques. Par exemple, il fait informer d'office contre
les Eccléfiaftiques qui lont en faute, & pour mainte-
nir les droits, les hbertés & les immunités de lEglife.
Il a foin de faire maintenir la dilciplihe Eccléiiaftique,
de faire punir & de ranger les delcbéiirans à leur de-
voir. FÉvRET. Dans les premiers fiècles du Chriftia-
nilme , le Promoteur étoit chargé particulièrement de
dénoncer les hérétiques, ou les lulpeéts d'hérélie; ce
qui étoit capable de cauler bien des troubles dans
l'Eglife.
§3" On donne aufli, mais improprement, le nom de
Promoteur, à celui qui eft chargé de faire les réqui-
fitoires dans les Alfembljcs du Clergé,
Dans les Conciles, il y a des Officiers de ce nom.
ïo PllO
Ils Ibiit chargés de veiller (lir robfervance de la dif-
cipline prelcure pour la célébration du Concile , &
pouiiuivenc les tranlgrelleurs. Quelquefois le Promo-
teur propofe des matières, & dans les matières crimi-
nelles la caufe fe pourluit à la diligence du Promoteur.
Dans quelques Coutumes, comme en celle de Sen-
lis , on appelle aullî Promoteur j le Procureur de la
Seigneurie temporelle.
Le Promoteur des Maîtres d'École de Paris, eft ce-
lui qui interroge, met en polleriion, & vifite les Maî-
tres d'École, pour voir s'ils t'ont leur devoir, S<: en faire
fon rapport au Chantre. Promotor , fyndïcus.
Promoteur, fe dit aullî dans l'ulage ordinaire, de celui
qui eft particulièrement chargé du foin, de la diretlion
d'une affaire. Motor. Il n'ell pas l'auteur de cette en-
trcprife, mais il en eft le promoteur. Il n'eut pas plu-
tôt connoillance de cette entreprife , qu'il en fut un
des plus zélés promoteurs. Kiftoire de l'Académie des
Sciences, lyjfZ , pac;e ii.
PROMOTION, f. f. Élévation à certains titres ou digni-
tés. Promotio. Le Pape a fait nnc promotion de Cardi-
naux. Le Roi a fait une promotion de Cordons-bleus.
Depuis fa promotion aux Ordres, à l'Épilcopat.
fCF On voit par ces exemples que le mot de promotion
s'emploie adtivemcnt & pallivement. Adivement , il
déligne l'adfion par laquelle un Prince élevé à quelque
dignité i & alors il ne fe dit que de plulicurs. Promo-
tion de Lieutenans Généraux, (Se. Le Roi a fait une
promotion. Pallivement, il lignifie l'aftion par laquelle
on eft élevé à une dignité , (Se alors il (e dit également
•d'un feul &C de plufieurs. Depuis la promotion au Car-
dinalat , il a fait telle chofe. Tels Cardinaux depuis
leur promotion , &c.
PR(3MOUVOIR. V. a. Il n'eft guère d'ufage qu'à l'infi-
nitif, & dans les temps formés du participe. Elever à
quelque dignité. Promovere , efferre. Il eft en âge
d'être promu aux Ordres faciès. Il t.îchera de fe faire
promouvoir aux premiers Quatre-Tcmps. Un tel Pré-
lat s'attend d'être promu au Cardinalat à la première
promotion. On dit auftî qu'un Prince a été promu à
l'Empire, un Magiftrat à la dignité de Chancelier.
Promouvoir, lignifie aullî, procurer l'avancement ou
l'avantage de quelque choie. Promovere. Le Roi Fran-
çois I employa tous les loins pour promouvoir &: cul-
tiver les Lettres en France. Le Roi Louis XIV , pour
avancer les études de Monfeigneur le Dauphin , &:
promouvoir celles du public, employa plufieurs hom-
mes doèles à une nouvelle illuftration des Auteurs de
l'ancienne Rome. Huet , orig. de Caen , p. 41 1. Dans
cette acception il eft; vieux.
PROMU , UE. part.
PROMPT, TE. adj. Dans les mots prompt , prompte-
ment & promptitude , on ne prononce point le fécond
p ,&t. l'on pourroit fe difpenfer de le mettre. ) Qui
agit fans tarder , qui exécute lur le champ. Prompt us,
celer. Ce Général voyant fes troupes promptes à bien
faire, donna l'aftaut. Les fold.its doivent ctre prompts
à obéir. Cet ami eft prompt à ietvk , prompt a. tout
faire.
U3" Prompt, fignifie aullî qui ne tarde pas long-tems.
On dit un prompt retour. Avoir la repartie prompte.
On dit aullî, que du vin c(\. prompt à boire , pour
dire , qu'il fe boit d.ans la primeur.
Prompt, fe dit aulPi de ce qui fe paflc vite S< foudai-
ncment. Ce/er. Cela eft prompt comme un éclair,
prompt comme la foudre , prompt comme le vent.
Un prompt mouvement fe dit d'un mouvement lu-
bit , & non prémédité.
(fT Prompt, diligent, expéditif, confidérés dans une
lignification lynonyme. Prompt eft i'oppolé de lent.
Lorfqu'on eft prompt , on tr.availle avec activité,
& l'on avance l'ouvrage. Syn. Fr.
. ^fT L'homme diligent n'a pas de peine à fe mettre à
l'ouvrage. L'homme expéditif ne le quitte point.
L'homme prompt en vient bientôt à bout.
Prompt , le dit en chofes morales. C'elt un efprit
prompt tk vif, qui conçoit ailément les chofes , qui a
la repartie prompte. Promptus , alacer , fuhitus. On
dit qu'un homme eft prompt ^ qu'il prend feu ailé-
P RO
ment , qu'il fe met d'abord en colère. Voye'^ Prom-
ptitude (j' Vivacité. On le dit auflî de celui qui
interrompt, & qui veut toujours parler. On dit aullî
qu'un homme a la main prompte , cjuand il frappe
pour la moindre chofe qu'on lui dit. Elle tend une
main prompte à me loulager. Rac. L'Écriture a dit,
l'elprir eft prompt , mais la chair i-ft foible.
PROMPTEMENT. adv. Avec diligence , en peu de
temps. Prompte 3 ex tempore ^ celcricer. Il faut faire
partir un Courier promptement. Il faut courir prom-
ptement au remè(ie. j&jB,a expédié promptement ce
criminel.
|c3" Promptement, Vue de Tut font fouvent em-
ployés comme iynonymes. Voici les nuances que M.
l'Abbé Girard donne à ces mots.
§3° Le mot de vite paroît plus propre pour exprimer
le mouvement avec lequel on agit: ion oppofe eft len-
tement. Le mot de tôt regarde le moment oà l'action
fe fait : fon oppofé eft tard. Le mot promptement
iemblc avoir plus de rapport au temps qu'on emploie
à la choie : Ion oppofé eft long-temps.
ÇCJ" On avance en allant vite ; mais on va furement en ,
allant lentement. Le crime eft toujours puni , fi ce n'eft
tôt j c'eft t.ird. Il faut être long-temps à déhbérer;
mais il laiit exécuteï promptement.
ifT Qui commence tôt Se travaille yi^te , achevé prom-
ptement.
fer PROMPTITUDE, f. f. Qualité de l'homme prompt
c'eft-à-dire, de celui qui travaille avec a(5Livité, qui
emploie peu de temps à taire une choie. Cet homme
exécute promptement ce qu'il a promis. Celeritas.
Promptitude à le camper. Celeritas in capiendis caf-
tris. Promptitude à parler. Celeritas dicendi j ad dï-
cendum. Cette affaire demande de la promptitude.
^^ Promptitude, lé dit dans le fens de vivacité, qua-
lité d'un homme prompt, qui eft plus fujet à s'em-
porter qu'un autre. Iracundia. Il dcvroit ic corriger
de fa promptitude. On le dit aullî , &c fouvent au
pluriel, d'un mouvement de colère lubit Se paftager.
Quand ix promptitude eft palFée, on en fait tout ce
qu'on veut. Ses promptitudes font infupportables.
IJCT Promptitude f; Vivacité , fynonymes. La viva-
cité, dit M. l'Abbé Girard, tient beaucoup de la fen-
fibilité & de l'clptit. Les moindres chofes piquent un
homme vif, il fcnt d'.abord ce qu'on lui dit , & réflé-
chit moins qu'un autre dans fes répcnfes. \^a. prompti-
tude tient davantage de 1 humeur ik de l'action. Un
homme prompt eft plus fujet aux emporttmens qu'un
autre: il a la m.ain légère. Se il eft expéditif au travail,
|CF L'indolence eft l'oppofc de la vivacité- Se la len-
teur l'cft de la promptitude.
(fT On dit auffi la promptitude à croire une chofe,
pour dire la facilité avec laquelle on la croit. La
promptitude à croire le mal, lans l'avoir examiné, eft
un eftet de la parcfie; on ne veut pas fe donner la
peine d'axamincr. Rock.
PROMPTUAIRE. f. m. Se dit en cette phrafe. Un
promptuairc du Droit , un texte , un abrégé du Droit.
Promptuarium , textus.
^fJ' Les Encyclopédiftes ont adooté cette idée. Ne fe-
roit-ce pas plutôt itn recueil, uji répertoire? Promp-
tuarium lignifie un garde-manger, une cave, un cel-
lier, un rélervoir.
PROMULGATION, f. f. Publication des Lois, faite
avec les formalités réquifes. Acad. Fr. Promulgation
a les mêmes fignifications que fon verbe. François
Sfondrate s'oppofa autant qu'il put à \a. promulgation
de l'Intérim. 'V'oyez Promulguer.
PROMULGUER, v. a. Publier une Loi avec les for-
malités réquifes. On ne peut prétendre caufe d igno-
rance d'une Loi qui a été promulguée. Acad. Fr. M.
du Pin dit dans l'extrait des ouvrages de M. de Mar-
ca, que les Lois Eccléliaftiques doivent être promul-
guées , pour avoir force de Loi , (Se qu'il ne fuflit pas
qu'elles loicnt publiées à Rome pour obliger.
ifT PROMYLEA Se PROMILIUS. Ternies dcMvtho-
logie. Divinités qu'on plaçoit au devant des moles ,
des ports, auxquelles on adrefloic des vœux poutuii
heureux retour,
PRO
|Cr PRONAIA. Terme de Mythologie. Surnom de Mi-
nci ve, qu'on avoit coutume de placer au devant des
tcaipJes, dans leur porche. Pronaon ,o\\ pronaos dans
l'ancienne Architedure , (ignifie porche, parvis.
PRONATEUli. 1". m. Terme d'Anatomie, qui (e dit de
deux nuilcles du radius qui font que la paume de la
main regarde en-bas: l'un le nomme le rond,tk. l'au-
tre le carre.
Ce mot vient du latin pronus , cjui pane hc fur le
devant. Le raduis a deux autres nuilcles qu'on appelle
Jupmateurs , qui hu tout faire un mouvement oppolé.
PKCJNATION. f. f. Mouvement par lequel on tourne
la main , de manière que la main foit tournée vers
la terre. Motus quo manus fit prona. Le rayon tait
deux fortes de mouvemens, l'un que l'on nomme de
pronation , ik 1 aune de fupination ; le premier ou la
pronation fe fait, quand la paume de la main regaide
en bas. Deux muicles l'ont la. pronation ^ qui (ont le
rond & le carré. Dionis.
Ç3" PRÔNE, f. m. Efpèce de Sermon, Inftrudion
Chrétienne que le Curé ou le Vicaire fait tous les
Dimanches en chaire à la Mciïe paroillîale , ordinai-
rement (ur l'Epitre ou lur l'Evangile. Famd'ians de
rébus adfidem pertïnentihus expofitio )Oratio ^fermo.
Faire le prSne j alliller mx prône. ^
Le meilleur ejl toujours de fuivre
Le prône de notre Curé. Racan.
On publie aux prunes les bans des mariages , des
monicoires, des enchères, des terres à vendre & à
bailler: on annonce les jours de tête, de jeûne, &c.
On fait des excommunications au prône : on recom-
mande le Seigneur au prône. On dit proverbialement
de celui à qui il arrive plufieurs chofes facheuLes à
la lois , qu'il étoit bien recommandé au prône.
Ce mot vient de prs.conium ,islon Nicod , Saumaife
&: Ménage. D'autres le dérivent de proœmium.
Prône , le dit au;lî d'un dilcours ennuyeux & d'une
longue remontrance. Importuna narratio. Les vieillards
font lujets à faire de longs prônes à la jeunelle. Il taut
que cette fille s'en retourne vite, autrement (a mère
lui feroit un beau prône. Exprellîon du ftyle très-fa-
milier.
PRONER, v. n. Faire le prône. Familiarem ad populum
de rehus Fidel hahere conclonem. C'eft le Vicaire qui
s'eft charge de prôner Dimanche: dans ce fens il eft
populaire.
PrÔner. V. a. lignifie, vanter , louer publiquement &
avec exagération le mérite de quelqu'un. Pritdicare ,
extoUere , efferre. On a beau avoir du mérite, il taut
pour réudîr avoir des amis qui le prônent. Ce Poète
eft bienheureux d'avoir des gens qui le vont prôner
par-tout. Horace prône fouvent les proueires amou-
reufes. S. Evr. Défiez- vous de ces vertus délintéref-
fées que vous voyez prôner à tafR de gens. Id. Les
gens de bien ne vont pas tant prôner leurs bonnes
œuvres. Id.
Qui d'une Jalnte vie embrajfe l'innocence ,
iVe doit pas tant prôner _/ô/2 nom &fa naijjance.
Molière.
^CF On le dit aufll quelquefois dans le ftyle familier,
pour dire , faire des récits ennuyeux , de longs difcouis.
Que nous prône^-wows làî tk neutralement : c'eft un
homme qui prône toujours.
^ PRÔNEUR. f. m. ne fe dit point de celui qui fliit
le prône dans une Eghfe. On le dit de celui qui loue
avec excès. Laudator Immodlcus ,pr<tco. On dit prô
neufe dans le même fens. Laudatrix.il a [es preneurs
& les prôneufes.
Quelle horrible peine à un homme qui fe trouve
fans preneurs &: fans cabale, de fe faire jour à travers
l'obfcurité où il fe trouve! La Bru y. La réputation
de cet Auteur ne fe foutient que parce qu'il a par-
tout des preneurs.
fCF On le dit encore dans le difcours' familier d'un
grand parleur qui aime à donner des leçons, à faire
Tome FIL
PRO TT
des remontrances. Garrulofus , ïmportunus monitor,
C eft un prôneur perpétuel. On dit provcrbialemcnc
petit faifeur, &: grand prôneur.
PRONOM, f. m. Terme de Grammaire. C'eft une par-
tie d'oraifon , qui fe met au lieu du nom. Pronomcn.
Il y a quatre fortes de pronoms , perfonnels , reiatijs,
P'^'JI'-jff'J-^ ^ démonjlratijs. Les perfonnelsfont.ye,;^ j
it,moj, toi, lui; .lu pluriel, nous, vous, eux. Les
relatifs, (;i//j lequel, laquelle. Les p-JU-ilits, »70/2,^0«,
fon , mien , tien ,fien, notre , votre , leur. Les démonf-
tratiis, celui, ceux, àrc. Comme il eût été importun
de répéter toujours les mêmes noms, on a iiivcrntc
certains mots pour tenir la place de ces noms, & on
les a appelés pronoms.
|CF II eft vrai que la répétition produit ordinairement
un mauvais crtet : mais c'eft te tromper lur la caufc
de cet ctlet que de l'attribuer a la répétition du ifii
plutôt qu'a celle de Ijdée. Si le même mot deplait,
lorlqu'il reparcit , ce n'eft point [laice qu il a frappé
l'oreille , mais parce qu'il a déjà frappé l'efprir qui
s'ennuie Se Ce dégoûte de tout ce qui ne le prélente
pas à lui avec les grâces de la nouveauté. Le la, dit
M. l'Abbé Girard , l'établillcment de certains mots
qu'on nomme pronoms , que 1 ulage fait répéter fans
ennui, ne leur ayant donné pour' cet effet d autre
fonction que de rappeler par un iimple rapport ce
dont il eft queftioii , lans en repréfenter une féconde
fois 1 idée par l'étalage de la dénomination. La même
railon tait que les mots qu'on nomme articles tk pre'
pofitlons (ont pareillement répétés avec grâce; parce
que leur propre valeur ne conlifte que dans une déll-
gnation ou indication , qui n'ayant par elle-même
rien de décidé , paroit toujours nouvelle , quand le
lujet indiqué eft nouveau. Ce qui eft une preuve bien
claire que c'eft plus à la diverlité de valeur qu'à celle
de l'articulation que le mot eft redevable de 1 agré-
ment qu'il a dans le difcours.
Il y a un pronom qu'on nomme réciproque , c'eft-i-
dire, q^ui rentre dans lui-même. Caton/è? tua pour ne
point iurvivre à la liberté de la République. Les pro-
noms , me , te ,fe , ne fe mettent jamais qu'avant le
verbe , ainfi quand le verbe eft à l'impératif il faut
mettre moi, menez-moi. M. Vaugelas en cherchant
la raifon pourquoi on dit mene-^ l'y , & non paSj
mene\-m'y , n'en a point trouvé d'autre que la caco-
phonie. Mais il n'a pas pris garde que mol ne le peut
apoftropher. Dans le pronom , II, le génitif, le datif &
l'ablatif ne fe doivent dire ordinairement que des per-
fonncs. On ne dit point en parlant d une maifon , je
lui ai ajouté un pavillon, il taut dire, j^y ai ajouté un
pavillon. Vaug. Corn.
ifS' Il faut répéter le pronom polFelHf, comme on répè-
te l'article. On dit, par exemple, le père, la mcrej &
non pas les père & mère. On dit de même (on père
& fa mère : fes père <& mère., eft une très-mauvaife
façon de parler, tolérable (eulement au ftyle de pra-
tique. Il en eft de même des pronoms pollelîîfs delà
première & de la leconde perlonne au lîngulier & au
pluriel.
fO" La fuppreflion des pronoms perfonnels devant les
verbes a quelquefois bonne grâce, quand elle fe fait
à propos. On dit très bien : nous avons palFé les riviè-
res les plus rapides, & pris des places que l'on croyoic
imprenables, & n'aurions pas fait tant de belles ac-
tions, 11, Ê'c. mais cette (upprelîïon devient mauvai-
fe lorfque la conftiuction change tout-àfait, ou lorA
qu'elle eft inteironipue par une particule lépatative
ou disjonétive, mais , ou, ôc autres (emblables. On
ne dit point : nous le confelferons ou le nierons, mais
nous le confederons ou nous le nierons.
^CT Le ^rt);20OT relatif ne fe rapporte jamais au nom
qui n'a qu'un article indifférent. On diroit mal , il a
été blelIé d'un coup de flèche, qui étoit empoilonné,
parce qu'il n'y a qu'un article indéfini devant flèche.
Mais on diroit très bien il a été blejfé de la flèche ,
qui était empohfonnée , comme on dit d'une flèche
qui étoit empoifonnée , parce que le pronom un , ce,
certe , & autres femblables avec l'article indéfini , équir
valent à l'article défini.
Bij
ïx PRO
§CF A plus forte raiioii le pronom relatif ne peut pas
fe rapporter à un nom qui n'a aucun article ni nen
d'équivalent. Ainfi Ton ne «lira pas , il a falc cela par
avarice;, qui ejl capable de tout ^ parce que le pro-
nom relatif ne peut être appliqué ou rapporté a un
norti qui n'a point d'article.
'^CT Si l'on dit par apoilrophc, avarice qui caufe tant
de maux , hommes qui viver en bêtes j où le relatif
fe rapporte à des noms qui n'ont point d'article^ il cil
évident qUe dans czs cas l'article du vocatif ô , ell
fous entendu , au lieu qu'il ne l'eil: point dans les
autres, f'oj. les Rem. fur la Lang. Fr.
^CF Cette règle cfl fondée fur la namre même. Il faut
que le nom ce le pronom foient de même nature, &
ayent une corrcfpondance réciproque , qui falle que
l'un puifle fe rapporter à l'autre, ce qui ne peut arri-
ver entre deux termes, dont l'un eft toujours délîn' ,
comme le pronom relatif, & l'autre indéfini, comme
ie nom fans article, ou fans article défini. Le pronom
eff par fa nature une chofe fixe 6c appliquée à une
autre. Le nom fans article , ou avec un article indé-
fini, eft comme une chofe vague 6c en l'air, où rien
ne fe peut attacher.
PRONOMINAL, ALE. adj. m. &c f. De pronom. F 8c
en font des ^■xtùc\x\z^ pronominales , qui lignifient la
perfonne , le lieu ou la choie dont on parle. Le P.
Buffier, n. ^21 . de fa Gram. Fr. in- 1 1 . 1 7 1 4. L'j final
fe prononce en ^ dans les pronoms perfonnels con-
joints, vous , nous, ils, fuivis des particules pronomi-
nales en &cy ; vous en parlez; ils_y font. num. ^iS.
Prononcez i-y font.
^fy On appelle quelquefois vahe pronominal , celui
que nijus appelions ordinairement verbe rcHéchi. Foy.
Verbe.
PRONONCÉ, f. ffi. Tenue de Palais c'eft le difpo-
fitif d'im Arrêt ou d'une Sentence. Lifez-nous le pro-
noncé de cette Sentence ; le prononcé de cet Arrêt ,
' c'eft-à-dire , ce qui a éié prononcé pzi le Juge.
PRONONCER. V. a. Articuler, proférer diftinétement
les lettres, les fyllabes, les mots, quelque chofe, en
exprimer le fon. Pronuntiare , proferre difincïè. Les
gens qui bégayent,, qui parleur gras, ne prononcent
pas bien leurs mots. Il y a des lettres que certains
peuples ne fauroient jamais bien prononcer. Il faut
que les Prêtres prononcent les paroles facramentales.
£n toutes les Langues il y a des mots qu'on écrit d'u-
ne façon. Se qu'on prononce de l'autre. Les François,
les Allemands, les An^hv, prononcent le Latin très-
difléremment. Scaliger r^poorte qu'un Irlandois lui
ayant fait un compliment .:n Latin, \e prononça d'u-
ne manière que Scaliger ne l'entendant point,' répon-
dit qu'il n'entendoit point l'Irlandois.
Prononcer, fîgnifîe auflî déclarer avec autorité. Dd-
cidere ipronumiare , decernere. Quand l'Eglife z pro-
noncé Cm une queftion,il n'en faut plus douter, c'eft
un article de Foi. On a oui les Avocats , il ne reftc
qu'à prononcer. Le Préfldent a prononcé l'arrêt de fa
mort. Comme il étoit le chef de la Juftice, il prélî-
doit, &: on prononçoit en fon nom. Pat. Quand
on a omis à prononcer fur un chef compris dans les
règlemens d'un procès, c'eft un moyen de requête
civile.
^CT En parlant de celui qui préfide dans une Juridic-
tion, c'eft déclarer publiquement ce qui a été jugé à
la pluralité des voix.
^fT On dit qu'un Prélîdent prononce bien , pour dire,
qu'en prononçant il réfume avec beaucoup d'ordre
& de netteté le réfultat des avis fur les différens chefs
d'tm procès.
§3" Un Greflier prononce l'Arrêt à un criminel, lorf-
qu'il lui lit le jugement rendu contre lui.
Prononcer^ lignifie aufli quelquefois hmplement, don-
ner Ion avis. Opinari , vel conflium dare. Un hom-
me prudent ne le hâte pas de prononcer fur les quef-
tions qu'on lui fait. Prononce- hardiment^ dites votre
opinion.
Prononcer, fignifie auflî, réciter en public. Publiée
dicere, cnuntLorc. Ce difcours a été /iro/zcrtce devant
PRO
le Roi. Harangue prononcée devant rAiïemblée dtt
Clergé. C'eft un grand avantage que de favoir bien
prononcer un difcours. La pk'ipart de ceux qui fe det-
tinentàparlcren public, ne cultivent pomt afTez l'arc
de prononcer. De cent Prédicateurs, a peine en trou-
vet-on trois ou quatre qui prononcent les chofes com-
me la namre voudroit qu'on les prononçât.
Prononcer, entérines de Peinture fignifie, bien mar-
quer Se diffinguer quelque partie d'un tableau. Se la
faire connoître par le pinceau avec la même force,
& la même netteté qu'on le feroit, en prononçant àe^
pzwles. Difribuere , diflinguere. Ainfi on dit, pro-
noncerMW bras, une main, une épaule, un genou j
pour dire, les fpécificr, débrouiller, les rendre très-
lenlibles.
PRONONCÉ, ÉE. part.
On dit proverbialement Se ironiquement à celui
qui a dit fon avis mal-à-propos fur quelque chofe j
voilà Monfieur qui a prononce la fcntencc.
PRONONCIATION. f:f. Articulation des mots & des
lettres. Pronunciatio. La plus diflicile partie des lan-
gues, c'eft d'apprendre Iz prononciation. On ne peut
apprendre la vraie prononciation d'une langue , que
dans le pays où on la parle. C'efl: une choie bizarre
& particulière , fur-tout à la Langue Françoife , que
la plupart des mots ont deux diftérentes prononcia-
tions : l'une pour la profe commune, & pour le dif-
cours ordinaire , Se l'autre pour les vers. Mais il efl
imi-ioflible d'en marquer toutes les règles. Far exem-
ple, la profe néglige la. prononciation des s finales du
pluriel, & les t de la troifième perfonne du pluriel des
verbes: Se plutieurs autres conlonnes finales, même
devant les voyelles. Mais en vers on prononce tour.
A quoi bon réveiller mes Mules endormies ? Boil.
Il faut prononcer 1'^ finale de Mufes. Mille & mille
douceurs y lemblent attachées. Corn. Il faut pro-
noncer le t du moifemblent. Mais en profe on ne les
prononceroit point. On adoucit encore la prononcia-
tion de beaucoup de mots en profe : on prononce
craire pour croire. Mais en poéfie l'on rétablit la yé-
niable prononciation, 8c on prononce croire, pouc
le faire rimer avec gloire.
Remarquez encore que les conformes finales des arti-
cles, des pronoms , des adjedtifs, & de quelques propo-
litions,fe prononcent différemment devanr les voyelles
félon l'arrangement de la phrafe. Par exemple : il a.
été , on prononce 1'/ de il : vous irc:^ , on prononce
l's de vous. Mais II l'on dit, ire:i-vous à Paris, l'on ne
prononce plus l's de vous. Cette différence eft inutile
pour la poéhe, où l'on prononce routes les lettres. Il
faut feulement ajouter qu'en déclamant la profe , la
prononciation doit être prefque toujours la même que '
celle dç la poéfie. M. L. T. On peut apporter quel-
ques reflriétions. Se quelques exceptions au fentimenc
de l'Aûfcur ; car ily a bien des cas où les s finales ,
Se les t de la troifième perfonne du pluriel des verbes,
le doivent prononeer dans la proie comme dans les
vers, même dans le difcours familier. Toute la diffé-
rence qu'il doit y avoir , c'eft qu'on n'en doit pas mar-
quer fi fortement la prononciation, que dans les vers
& dans la profe que l'on déclame. Par exemple, quelle
oreille pourroit fupporter ces prononciations : j'ai de
hell' efpérances, au lieu de, j'ai de belles-efpéran-
ces : vous m'avez donné de fort bon-avis , au liei?
de , vous m'.avez donné de fort bon-s-avis , ils étoient
environ deux mille hommes, au lieu de, ils étoien-t-
environ deux mille hommes; ils fon à Pans , ils von
à Paris , au lieu de, ils fon-t~à Paris , ils von-t-à
Paris, Sec. Quoi qu'il en foit, on ne peur mal par-
ler en prononçanr ces fortes de conlonnes devant les
voyelles, «Se h prononciation contraire n'eft tout au
plus qu'excuf'able, à caufe du m'auvais ufage qui s'eft
établi infenliblement.
Prononciation. Ce mot fe dit auflî de la cinquième
partie de la Rhétorique , c'eft la manière de réciter.
Enunciatio aclio. Elle conlîfte à régler fi bien la voix
Se fon gefte, qu'ils fervent à perfuader l'elprit^ & à
toucher le cœur de ceux qui nous entendent. La pro-
nonciation eft fi utile, qu'on l'appelle ordinairement
PRO
la prcmicie, la féconde, la troifièmc partie de l'élo-
quence.
§3* Quintilien la définir, vocis & vu/a/s & corporis
moderatio cum venufiacc. L'art de conduire d'une ma-
nière agréable &c convenable, ia voix, Ion geftc , &
l'adion de rout Ton corps. Cicéron l'appelle quadam
corporis eloquenûa , fcrmo corporis. Le langage du
corps. C'cft ce qu'on appelle ordinairement aclion.
Prononciation , le dit encore des jtigemcns qu'on pro-
nonce. Praïunciacio , edutio. Quand le Prévôt de
Paris va préfider au Chàtelet, il prend les voix, c'cd:
le Lieutenant -Civil qui taie la /'ro/io«<:/j;{o/; de la
lentcnce. Il n'y p.is long -temps qu'on ne t-ailoit les
prononciations à^ hxKK-xw Grcfte que le famedi. On
paye un droit au Greffier pour h prononciation.
^ir PRONOSTIC , ou PROGNOSTIC. f. m. & adj.
Prognofiicon , ou prognojlica , orum , prddicHo. Ce
mot vient du grec îi^m.o, /xit , prsfagiendi vim habens ,
qui dénote, qui piéiage l'avenir, du verbe wfOT-.sVKw ,
vritnofco, je prévois , -srptjïw^K, prxnotio , prelcience,
prélage. C'eft proprement un jugement qu'on porte
d'avance de l'événement d'une maladie , par les lignes
qui l'ont précédé & qui l'accompagnent. Quelquefois
aulH l'on s'en fert pour exprimer les fignes qui déno-
tent & font conjedturer ce qui peut arriver de bon ou
de mauvais dans une maladie , & même dans la lan-
té. Alors on le joint au mot ligne. Signe pronojlic j
fignes pronojlics , lignes diagnoftiques. Le pronojlic
eft fans contredit la partie la plus brillante de la mé-
decine ; mais où lont les Médecins qui ayent le pro-
no(lic fur ? Ne leur en fiilons pas un crime. Il n'eft
accorde à pertonne de prévoir les événemens, & de
deviner la marche de la nature. On a beau la fuivrc
CL la pijle, on ne la prend jamais fur le fait.
^CF On le dit aulîi des jugemens que les Aftrologucs
tirent de rinfpcdrion des corps célelles. Quand il pa-
roit quelque phénomène extraordinaire au Cielj les
Aftrologues ne manquent pas de faire de grands pro-
noflics.
Pronostic, fe prend auill quelquefois pour les fignes
& les marques par où l'on conjecfture ce qui doit ar-
river. Signa prognoftlca. Ce fut un pronojlic de ce
qu'il devoit être un jour. Ce fut un pronojlic de fa
mort. Ablanc.
PRONOSTIC ATION. f. f. C'eft la même chofe que
pronojlic , & il ne s'emploie que dans les titres des
almanachs. Prd.diclio, prognnjlicatio.
PRONOSTIQUER, v. a. Faire un pronoftic, des pro-
no^ïcs. Conjicere , prttdicere, pmtendere , fignifica-
re } portendere. Je lui ai pronojliqué fa mort long-
temps avant qu'elle arrivât, parce que je connoillois
fon tempérament. Tous ces iwowfç.mcns pronojliquent
quelques troubles dans l'Etat. Voilà une vilaine phy-
lionomie qui ne pronoftique rien de bon. Ce vent
pronojliqué quelque orage. Vins pronq/lique quelque-
fois la pluie.
PRONOSTIQUEUR, f. m. Celui qui pronoftique. Pra-
Jlgnificator. Prefque tous les Z'^znàs pronojliqueurs font
des charlatans.
PRONUBA. adj. f. Sutnom qu'on donnoit à Junon ,
comme Déeflc du mariage. Ceux qui fe marioient ,
oftroient à ivinonPronuha une victime dont ils ôtoient
le fiel : limbole de la douceur qui devoit régner tou-
te la vie entre les deux époux. _Pro/i/^èi/jj a j i//?z_, qui
préfide au mariage, de nuhere, fe marier.
PROODIQUE. fubrt. m. Terme de Poéfie qui fignifie
un grand vers p.ar rapport à un plus petit. Dans un
Diftique compofé d'un hexamètre & d'un pentamè-
tre, le vers hexamètre cfl le proodique , & le penta-
mètre eft l'epode. Dans les vers faphiqucs les trois
premiers de chaque ihophe font proodiqucs par rap-
port au petit qui eft e'pode.
PROPAGANDE, f. f. On appelle ainfi en ftyle decon-
verfation la Congrégation de propaganda Fide ,
établie à Rome pour les affaires qui regardent la pro-
pagation de la Foi. La Propagande vient d'envoyer
fix MilTionnaires à la Chine. Acad. Fr.
PROPAGATEUR, f m. Celui qui étend, qui multi-
plie , qui répand la foi , la gloire , la léputatiou de
PRO
î^
Quelqu'un, ou de quelque adlion. Car il ne fe dit qu'aa
guré. Propagator. Si la Foi vous eft chère , la laille-
rez-vous en proie a lerreu:; qui ia détruit, & au péché
qui la corrompt ? Il lui faut des défenlturs, des pro-
pagateurs, 3c c'eft ce qu'elle vuus demande.
PROPAGATK^N. f f. Génération , nuiltiplicarion des
animaux , continuation des efpèccs par la v<)ie de la
génération. Propagatio , multiplicatio fpeciei. Il y a
un inftinc n.aturel qui tend à la propagation de l'cf-
pèce. La propagation du genre liumain après le dé-
luge. Il a les qualités nécellaires pour la propagation.
Mol. La nature tend à la propagation de Icfpcce.
Bernier. L'amour des femmes eft nècellairc pour la
propagation àw genre hrtmain. Aldanc.
Propagation , fe dit aulli en Phyfique de la lumière Se
du bruit. Propagatio luminis & Jragoris. Le tonnerre
Se l'éclair ne le rendent lenfibles que par la propaga-
tion de la lumière & du Ion julqu'à l'œil & à l'o-
reillc.
fC? Pour \2. propagation de la lumière, Voy. Lumière,
Émission, Émanation.
|fc? Le fon produit dans l'air par des vibrations de par-
ticules imperceptibles, fe répand rrès4oin , très-vite,
(.\: en ligne droite. C eft ce qu'on ^■o'^oWe propagation
du Ion. On peut conlidérer les particules d air com-
me autant de petits balons à reftort , burtés les uns
contre les autres, dilpolés en ligne droite, /''oy. Son.
La vibration qui fe communique au premier, doit
palier très-promptement dans le lecond, du fécond,
dans le troilième , Sic. Rangez fur la même ligne plu-
lîeurs petites boules d'ivoire, qui fe touchent. Si vous
remuez la première, quelque grand que foit le nom-
bre des boules intermédiaires, l'imprellion palfe, com-
me dans un inftant , aux plus éloignées. Voila préci*
lément ce qui arrive dans la propagation du fon.
«"j" Les petits balons d'air voilins du corps lonore, com-
primés par les parties de ce corps, s'aplatillent , & en
s'aplatilfant agilfent fur ceux qui font devant. Apla^
tis, ils s'étendent à droite, à gauche, en en-haut, en
en-bas. Ils le dilatent, ils fe rétabiillent parleur rel-
fort. Cette action alternative le fait en tout fcns. Le
fon par conf équent fe lépand de toutes parts , & eu
ligne droite.
Propagation , fe dit figiuément en chofes fpirituelles,'
& lignifie , étendue , progrès, accroillement , augmen-
tation. Augmentum , augmentatio. Les Martyrs & les
Apôtres ont travaillé à la propagation de la Foi. Il y
a à Rome une Congrégation pour Xs. propagation de
la Foi. Il faut e\-w^cc\iei\iL propagation clés erreurs &:
des méchantes doilrines.
PROPAGER, v. a. Terme dogmatique nouvellement
inventé, mais d'unufagc fréquent parmi les Phyliciens,
§Cr pour lignifier ere/zifrej répandre. Propagare.M.Le
Catpenle que l'air qui propage le fon eft plus fin que
l'air groiîîer qui fait le vent. Mém. de Trév. Ce qui
propage la maladie, &c. id.
Propager, fe dit plus communément avec le pronom
perfonnel. Se propager ^ venir au monde par la voie
de la génération. On le dit des animaux & des plan-
tes. Saint Auguftin étoit tenté de croire que les ameS
fe propageaient à la manière des corps. Les plantes
loue capables de ic propager par la génération.
f^ Se propacir , s'étendre , fe répandre. La pefte fe
propage. Ce terme eft lur-touc ulîté en Phyhque en
parlant de la lumière & du fon. Suivant les calculs
modernes , la lumière étant luppolée le propager du
foleil jufqu'à nous en fept à huit minutes, & le foleil
étant à 50 milions de lieues d'ici, c'eft quatre milions
de lieues par minute. La lumière va un milion de fois
plus vite que le (on. Selon quelques Phyficiens , le
fon fe propage en rond Se par des cercles qui s'a-
grandilfcnt de plus en plus, comme ceux qu'on re-
marque dans une eau ou ime pierre eft tombée. Selon
Newton la lumière ne fe propage qu'en ligne direéte.
Selon plufieurs Phyliciens elle ne le propage que par
desvibrationsvives& promptes, mais unilrormes. /^oy»
Lumière & son.
ffr On trouve ce mot employé au figuré dans le mê-
me fens. L'amour des petites chofes , des petits riens.
14 PRO
des colifichets fe propage de jour en jour. Béfia. fur I
/a Peint. , , „,-,,. in
PROPANCIER, 1ERE. f. m. & f. Vieux nom de Peu-
ple. Hdnuyer, qui cft de Hainaut. Borel. Hauno-
nius.
^CT PROPEMPTICON. f. m. Propewpticum. Ce mot
qui eft tout grec, fignifie pioprement un a dieu en
vers , une pièce de vers à l'honneur de quelqu un qui
part , qui s'en va.
|:T propension, f. f. Ce mot qui eft purement la-
tin, fignifie au propre la pente naturelle, la tendance
des corps graves vers le centre de le terre. Dans le h-
guré , c'efl: un pench.int de l'ame. Propenfo. Ions
les corps graves ont une propenjïon naturelle à ten-
dre en-bas. Notre nature corrompue a toujours quel-
que propcnflon au mal. On a plus de propenjïon a
croire ce que difent les amis que ce aue dilent les au-
tres. On le deftinoit à l'état Eccléfiaftique, mais il n y
a aucune propenfion. L'AcAD.
§Cr II vaudroit mieux dire pente dans le lens propre ,
Se penchant dans le figuré.
PROPET, ETTE, au lieu de PROPRET, ETTE.adj.
Diminutif de propre. Propet eft feulen ufage.
PROPÉTIDES. f. f. pi. C'étoient des femmes de l'île
deChvpre, qui fe proftituoient dans le temple de Vé-
nus. Cette Décile les avoit jetées dans la proftiru-
tion, dit Ovide, pour le venger de leurs mépris, &
il ajoute que dès qu'elles eurent ainfi foulé aux pieds
les lois de la pudeur & de la niodeftie, elles devin-
rent fi infcnfibles pour leur honneur , qu'il ne fallut
qu'un changement léger pour les métamorphofer en
rochers.
PROPHÈTE, f. m. Homme Saint, fufcité extraordi-
nairement de Dieu pour le falut du peuple , &c qui
par l'inipitacion du Seigneur annonçoit avec force Tes
Lois, fes Commandemens & Tes Myftères, connoif-
foit les chofes fecrètes , prédifoit l'avenir ,& failoit
iouvenr de grands miracles. Prophète. Dieu a par-
lé aux Hébreux par la bouche des Prophètes.
Tous les Prophètes ont annoncé le Mellie. David
eft appelé le Prophète Royal, ou le Prophète Roi ,
ou le Roi Prophète. Le dernier eft le meilleur , & le
premier ne fe dit prefque plus. Les Livres canoniques
contiennent ceux des quatre grands Prophètes^ &des
douze petits Prophètes. Les quatre grands Prophètes
font Kaïe, Jérémie , avec Baruch , Ezéchiel & Daniel.
On les appelle grands Prophètes ., parce que leurs
écrits font plus étendus que ceux des autres Prophè-
tes; à lavoir, C fée, Joël , Amos, Abdias, Jonas, Mi-
chée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacha-
rie & Malachie, lefquels font appelés petits Prophè-
tes, parce que leurs écrits font plus courts. Les Juits
ne comptent que trois grands Prophètes , prétendant
que Daniel ne doit pas plus être mis au rang des Pro-
phètes que David; non que l'un & l'autre nayent pré-
dit plufieurs chofes importantes; mais parce qu'ils
n'ont pas mené un genre de vie femblable à celui des
autres Prophètes , David ayant été Roi , Se Daniel
Satrape. L'ordre des grands Se des petits Prophètes
n'eft pas le même chez les Grecs & chez les Latins.
Chez les Grecs, ce font les petits Prophètes qui (ont
mis les premiers, apparemment parce que plufieurs
des petits Prophètes font plus anciens que les grands.
Il y a encore cette différence entre les Giecs & les
Latins, que les Grecs mettent Daniel au rang des pe-
tits Pro/'Afffi. Ifaïe eft appelé au xlviii chapitre du
Livre de YEcclèfiaJîique , le grand Prophète j 6c cela
vraifemblablement, tant à caufe des grandes chofes
qu'il a prédites, qu'à caufe de la manière dont il les
a prédites. L'Ecriture fait mention auflî de plufieurs
autres Prophètes, comme Natham, Abias, Elle, Eli-
fée , Samuel, Hanani.is, Addo, Efdras, Sémeias.Gad,
&c. De ces deux commandemens , c'eft .à favoir, d'ai-
mer Dieu de tout fon cœur , & fon prochain comme
foi-mcme, dépendent la Loi Si. les Prophètes. L'inf-
piration dont les Prophètes étoient faihs, ne fouffre
ni ordre, ni liaitbn. Huet. Un vrai Prophète ne doit
parler ni en extafe , ni en fureur , ni parojtre hors du
PRO
bon fens. Du Pin. On a donné le nom de Poctes aux
Prophètes , comme on a appelé les Po'ëtes des Pro~
phètes. Dac.
Ce mot eft Grec , & vient de a^a-^", dît , d'où les
Latins ont dérivé /jf^^j, Borel.
Prophète, s'eft dit aulîi de pluheurs perfonnes moins
célèbres qui ont parlé de la part de Dieu, & qui ont
été diftinguées par quelque zèle , dévotion ou com-
mandement , du refte du peuple. Prophète. Les foi-
\ante & dix vieillards que choifit Moyle p- t" :'er,dre
juftice au peuple , prophétiferent , comme il eit dit au
Liv. des Nomb. ch. Xi. v. zq.
Prophète , s'eft dit aufti des Prêtres Si Sacrificateurs qui
étoient chez les ennemis des Hébreux. Samuel envoya
Salll dans une ville des Philiftins , lui difant qu'il y
auroit une troupe, un gros de Prophètes qui vien-
diuieiit au devant de lui, qu'ils prophétif'eroient, &
qu il prophetileroit avec eux; d'oii el1: venu le prover-
be hébreu , SaLil entre les Prophètes. Turha vel grex
Prophetarum. L'Ecriture appelle cette troupe, gr^Ar,
cunevs.
Prophète , s'eft dit auftl des Prêtres idolâtres, fCFdes De-
vins attachés au culte des faux Dieux, qui , par uneper-
milîion de Dieu prédiloient quelquefois la vérité , Se
des impofteurs qui difoient venir de la part de Dieu , &
qui abuloient les peuples. Le Prophète Baiaam alloic
pour maudire le peuple de Dieu. Les Prophètes de
Baal étoient au nombre de 450, Se 400 Prophètes des
forêts qui étoient entretenus par Jéfabel, au IIl^ des
Pois, ch. XI'///. Jésus-Christ recommande à fes
Apc)tres de fe donner de garde des faux Prophètes.
Pfeudo Propheta. En ce fens on dit que Mahomet efl
un faux Prophète. Les Turcs & les Indiens ont aufti
des gens chc;; eux qui paftcnt pour Prophètes.
Prophète, fe dit aufli de ceux qui par prudence, par
art , ou par halard , prédifentles chofes à venir. Omi-
natores , fatidici vates. Le galimatias de Noftrada-
l'a fait palfer peur Prophète. ifT Un homme qui a
un jufte difceinement,une (âge prévoyance, de l'ex-
périence Si de la létfexion , palfe facilement pour un
Prophète. J'avois bien prévu que ce malheur vousar-
riveroit : n'ai-je pas été Prophète? J'ai grand regrec
d'avoir été (î bon Prophète. On appelle Prophète de
malheur, celui qui ne prédit & n'annonce que des
choies fâcheufes. Il ne falloir pas être grand Prophète
pour deviner que cette affaire ne réuftîroit pas.
Prophète, fe dit proverbialemenr en ces phrafes: nul
n'eft Prophète en fon pays. Xemo Propheta in pa~
triâfuû. C'eft un proverbe (acre .qui veut dire , qu'ur»
homme de mérite eft ordinairement moins confidéré
dans fon pays qu'ailleurs. On dit de celui qui devine
mal, il eft Prophète comme une vache, il eft Pro-
phète du paffé , il devine les fêtes qu.and elles font
venues.
I/CT Prophète Si Devin , Synonymes. La prophétie
n'a pour objet que l'avenir. Le Prophète prédit ce qui
doit arriver. La divinarion regarde le prélent <Sc le paffé.
Le devin découvre ce qui eft caché.
PROPHÉTESSE. Femme quiprophétife, qui prédit l'a-
venir par in(piration divine. Prophetijffa , vates, mu-
Uer fatidica. Marie la ProphéteJJe (œur de Moyfe.
Elle eft appelée ProphéteJJe dans l'Exode , ch. xv ,
V. 20. Debora eft appelée ProphéteJJe au Livre des
Juges ; Holda ProphéteJJe , au IV^ des Rois. S. Luc ,
ch. II, fait aulfi mention d'Anne fille de Phanuel ,
ProphéteJJe. On le dit aulîî de celles qui fe mêloient
de prophétiler. Les Sibylles ont paffé pour àtsProphé-
teffes chez les- payens. Cicéron a fait remarquer com-
bien étoit (u(pedfe cette fureur dont la ProphéteJJe
étoit (aifie à l'approche du Dieu,&: combien il falloic
' fe défier de l'enthoufiafine qui la faifilfoit. Font. Les
violentes agitations de la ProphéteJJe , fes contor-
iions , (es cheveux hériffés , Si toutes les m.irques ex-
térieures d'une agitation divine, à point nommé, lorf^
qu'elle étoit confultée, relfentent trop la fourbe ; tour
cela étoitpréparé pourimpoferparles apparences d'une
iiifpiration divine. Id.
PROPHÉTIE, f. f. Prédiélion des chofes futures par infl
piration diyïnc. Prophetia jprxdicîio , vacicincuio.Les
PU o
propheiîes d'if^i^c , de Jcicniic , &c. Les prophJeies ont
un Cens iktci-.il , un icns uiylHquc , & doivent être ac-
complies dans ce double ieni.CL.
ÇCT On le dit aullî des clioles prophctifccs. J. C. a ac^
compli les prophéties. L'accomplillenient li jiifte i5^ il
ponctuel des prophéties cft la preuve la plus incon-
teftable de la divniitédc l'Ecriture.
PRoi'MiiTiE , efcaulli un don du S. Efpiit , fuivantSaint
l'aul en la L aux Corinthiens , ch. xlJ. Donum pro-
phétie. L'un a le don de lagclle .l'autre de la (cicnce ,
J'autic de la k)i , l'autre dcsmiiacles, l'autre de la/)ro-
phctie, l'autre le don des langues. Julhn Martyr attelle
que le don dc/TO/'/zfWtfubruloit encore de Ion temps.
Il Fut éteint bientôt après lui.
Prophétie, (ignifie aulli, divination par art , ou parlia-
iaid. Divinatio , vel vaticinium. Je n'ai pas pu pré-
voir cet inconvénient , je n'ai pas le don de prophétie.
Les Prophéties de Nodradamus , de l'Abbe Joacliim ,
&c. (c l'ont miles en crédit par lalupeiltition & la lotte
crédulité des Peuples. Une exafte oblcrvationdcs cho-
(ts du monde l'-ivoit élevé à un tel point de lagacité ,
que fcs conjectures fur l'avenir pal! oient ptclque pour
des prophéties. S. RÉ al.
On appelle trivialement , prune de prophétie j une
balle de moutquct.
PROPHÉTIQUE, adj. m. & f. Qui contient quelque
prophétie, qui tient du prophète. Propheticus j préidic-
torius. Prelque tout l'Ancien Teftament s'explique de
J. C. dans un fens prophétique. Il dit cela par un e(-
prit prophétique. Style prophétique.
TROPHÉTIQUEMENT. En Prophète, adv. Jdmorem
propheticum j propheticè. Il en a parlé prophétique-
ment. L'AcAD.
PROPHÉTISER. V. a. Faire une prophétie , prédire l'a-
venir parinfpiration divine. Prophetifare vel pranun-
tiare , velpr&ciicere ^ vaticinari. Les Patriarches & les
Prophètes anciens ont prophétiféle. MelIîe.Spinofa dit
que les Prophètes prophétifoient félon leur humeur ;
Jérémie , par exemple , trille & ennuyé des misères de
la vie , ne prophétifa que des malheurs.
L'Ecriture prend quelquefois ce mot en mauvaife
part , & alors il fîgnifîe , fureur. Furor prophecicus.
Quand le malin efprit fe lailifioit de Saiil, Aprophé-
tifoit J Se David apaifoit fa fureur avec fa harpe ,
comme on voit au / des Rois , ch. XVI il & xix.
rRCPHÉTisER,figniSe quelquefois ,prêcherou faircquel-
que chofe au nom de Dieu. Pr£dicare,pr£dicere. Î3eau-
coup diront au Jugement, Seigneur, n avons-nous pas
prophétifé en ton nom , chalïé des démons , & fait plu-
lieurs choies merveilleufesî en S. Matthieu ch. vi i ,
V. 22. S. Paul ayant baptifé plufieurs Difciples à Co-
rinthe,ils parloient plulîeurs langues, Se prophétifoient;
aux Aclcs , ch. XIX j v. 6. S. Paul dit que l'homme
doit prophétifer nue tête. Se la femme prier Se pro-
phétifer la tête voilée , / aux Corinth. ch. Xi ,v.j & j.
^^ PrcphÉti'.er, fe dit familièrement pour prévoir &
prédire ce qui doit arriver. Je vous z\o\s prophétifé
tout cela.
Prophétiser , fignilîe aullî , deviner. Les Juifs ayant
bandé les yeux de J. C. lui frappant le vifage , lui di-
io'icnt , prophétife-wons qui t'a frappe ! pour dire , de-
vine.
PROPHÉTISÉ, ÉE. part.
PROPHYLACTIQUE, f. f & adj. Prophllamce , es.
Prophylaclycus , a. Qui tend à prélerver. Indication
prophylaclique. Pritfervatoria indicatio. La prophy-
laclique elt la méthode de conferver la fanté , de pré-
venir les maladies: elle eft une partie de l'hygiène qui
préferve de maladie , conferve la fanté , en fortifiant
les parties, tù défendant tout ce qui elt nuifible, en
atténuant , incilant , calmant , adoucilfant , rafraichif-
fiiit Si vidant les humeurs qui pourroient rendre ma-
la.le.
On appelle aufil rcméics prophylacliques ^ ou pré-
fcrvatijs, C'.nr; qui entretiennent la fanté , & prévien-
^ nent les maladies , & en particulier ceux qui réiîftenc
aux venins, & qui corrigent Le mauvais air. Ces mors
lont grecs , •^■ftipi/Aaxlixii' , -srpoCKAaji! , qui préferve , pré-
iervativei «-fo^pi'Aa/iixi'tj ad pr(Sççiutionem& prsferva.-
PRO
ïT
tlonem aptus , projîre à fc précautionncf , ou fc pré-
fcrver , de irp»', devant , Se du verbe ipvAï'jru, ;c
conferve , je garde, je défends , d'où l'on a forme Is
verbe. ■«'foifi'AaVîu, Je garantis, je prcicrvc. Col. de.
ViLLARS.
PROPICE, adj. m. & f. Favorable. Propitius. Il régit
le datif. Se fe dit principalement de Dieu. Dieu nous
{oit propice. Propitius ft nohis Deus , vei adfit. Le
Ciel cil propice a. nos vœux. Il faut que l'CJrattur le
rende les Juges propices , favorables.
Grand Dieu , tes jugemens font remplis d'équité ^
Toujours tu prends plaifir à nous être propice;
Mais j'ai tant fait de mal que jamais ta bonté
Ne me pardonnera fans blefjer tajufiice.
Des Barreau*.
(CT On le dit des génies, de la fortune , des chofesqui
font notre bonheur ou notre malheur malgré nous , Se
en parlant à des pcrfonnes fort élevées , pourvu que ce
f oit (ur des matières importantes. Nous prions un Grand,
un Juge de nous être propice , de jeter fur nous un
regard propice, un a:'û propice.
PROPict , le dit aulli en parlant du temps, de l'occafion.
Se autre choie de cette nature. Avoir le temps pro-
pice. Toutes choies lui ont m propices àw\s Ion en-
treprife. Omnia faufè advenerunt.
PROPICIATION, ou PROPITIATION. f. f. Sacrifice
pour fe rendre Dieu propice , pour apaifcr la colère.
Propitiatio , feu facrificium ad Deum placandum ^fa-
crificium pro peccato. Il y avoir chez les Juitsdesfa-
crifices publics qui étoient d'ordinaire pour les actions
de gr.îces & des holocaulles ; à':MV:z^Aii proviciation ^
qui le failoient pour des particuliers qui avoier-t com-
mis quelque faute. Si c'étoit pat ignorance , on offroic
un agneau ou un chevreau -, li fciemment , on oftroit
un mouton. Les pauvres otFroient une paire de tourte-
relles. Le Sacrifice de la Melle cil un Sacrifice de pro-
piciation. Ce mot n'a guère d'ufage que dans ces lot-
tes de phrales.
Propiciation. Fête folcnnclle des Juifs. Propitiationis
dies fefîus. On la célébroit le lo du mois de Tilri ,
qui étoit leur feptième mois. Se qui répond au mois
de Septembre. Elle fut inftituéc pour conlerver la mé-
moire du pardon qui tut annoncé au peuple d'ifra'el
par Moyfe de la part de Dieu , qui leur remit la peine
qu'ils avoient méritée , pouravoir adoré le veau d'or,
PROPICIATOIRE, ou PROPITIATOIRE, f. m. C'é-
toit chez les Juifs la couverture de l'Arche revêtue de-
dans Se dehors de lames d'or, enlorte qu'on ne voyoiî
point le bois. Tahcrnaculifancliusadytum-, velpro-
pitiatorium. Il y en a même qui croient que ce cou-
vercle de l'Arche , ce propiciatoire étoit d une leule
pièce d'or mallîf , couvert en partie des ailes de deux
Chérubins qui étoient aux deux ccités de l'Arche. Ce
propiciatoire étoit la figute de J. C. que S. Paul ap-
pelle au 1 1 1 ch. de fon Épître aux Romains , \t propi-
ciatoire ordonné de tout temps pour la rémilîîon des;
péchés.
Propiciatoire, cft aulli adjedif detout genre , Se li-
gnifie, quia la vertu de rendre propice. Propitiato-
rius. Le lacrifice que J. C. a offert lui-même lur la
croix , a été véritablement propiciatoire^
PROPINE. f. m. Terme de Chancellerie Romaine. C'ell
un certain droit qu'on paye au'Cardinal Proteéteur pouf
tous les Bénéfices qui palfent par le Conliftoire , Se
pour les Abbayes qui font taxées au-delïusde 66 ducats
deux tiers , qu'on paye à proportion de leur valeur.
Jus propinit , vel Cancellari<t Romand:.
PROPOLIS, f. f. Cire vierge, de couleur lougeâtrc ou
jaune , dont les abeilles bouchent les fentes <^- les trou'3
de leurs ruches , comme pour empêcher l'air & le froid
d'y entrer. Cxra nova, vel propclis. Cette matière cil
friable. Se elle h. une odeur approchante de celle des
bourgeons du peuplier. On s'en lert pour faire percer
les abcès. On en fait auHi recevoir la vapeur, pen-
dant qu'on la chauffe fur le feu pour la toux invétérée.
|Cr Les abeilles ramalFent \cm propolis toute préparée
fur les plantes , 6c le Dictiomiaire des firoples i'efl:
î^ PRO
trompé , lorfqu'i! a dit que c'cft une cire vierge , oU
une el'picc Je- m.i.lic compofi par les abcillc. Hist.
Nat. des uhcdks. Ls. ptopolis clt une elpèce de re-
fine: les abeilles la rapportent enpelottes dans la ca-
vité de leurs jambes comme la cire brute. Les arbres
rélineu.'; foiunillent aux abeilles de la propolis toute
préparée. Un limaçon s'étant introduit dans une ru-
che, d'abord les abeilles s'en dé tirent à coup d'aiguil-
lons, & ne pouvant pas tranlportcr ailleurs le cadavre,
elles l'enfevelirent de tous côtés ious un enduit épais
de propolis. Réaumur.
PROPONTIDE. Foyei Marmora.
ifT PROPORTION, f. f. Convenance , rapport que les
parties ont entre elles & avec leur tout. Provorrio. Il
faut qu'il y ait une certaine proportion de tous les
membres avec la tête. Obfcrver , garder les propor-
tions.
§Cr Proportion, fe dit aulll du rapport qu'il y a entre
des chofcs inégales de la nunic clpécc, rapport par le-
quel leurs diHéienres parties correlpondent les unes
aux autres par une augmentation ou diminution égale.
Mutua proportio , convenienna. Ainfi lorlqu'on ré-
duit une figure au petit pied , ou qu'on la veut avoir
en grand , on prend garde d'y obferver en toutes fes
parties une égale augmcnracion ou diminution; en telle
forte que li une ligne cil; augmentée d'un pouce, une
pareille ligne fera augmentée d'un pouce. Les Peintres
ont fondé les règles de leur art lur certaines po/7or-
tions naturelles qui font ordinairement dans les corps
bien faits. Ils ont obfervé lur les parties du vifage , ou
des ;iicmbres , certaines longucuts ou proportions
qu'elles doivent avoir les unes à l'égard des autres ,
U!ie certaine augmentation eu diminution.
^fT Dans tous les ouvrages de goût ce mot préfente la
même idée,c'eft-à-dire, qu'il exprime une convenance
du tout &:des paities entr'elles.
§C? En Architedure, c'ell la juHcIfe des membres de
chaque partie d'un bâtiment, & la relation des par-
ties au tout. On a établi des règles pour déterminer
les proportions des parties d'un édifice dans les cinq
ordies d'Architeélure. Dans le Tofcan la hauteur de
la colonne doit Contenir fept fois le diamètre de fa bafe ;
dans le Corinthien huit , dans l'Ionique neuf, dans le
Corinthien dix, & dans le compofue autant. Il faut
que les colonnes ayent unrenHemcnt depuis leur naif
fancc ;ulqu'au tiers du fût; que dans les deux autres
tiers elles diminuent peu-à-pcu en fuyant vers le cha-
piteau; que les entrecolcnnemens foienr au plus de
huit modules. Si aumoinsde tiois;que la hauteurdes
portiques , des arcades, des portes &des fenêtres foit
double de leur largeur. Toutes ces règles fondées fur
des obletvationsà l'œil , louvent peu certaines, ou lur
des exemples fouvcnt équivoques , ne font pas tou-
jours indilpenfables; & quelquefois les grands maîtres
prennent la liberté de (émettre au-defl us d'elles. 11 n'en
cil pas ainfi des règles ellenticUes fondées lur les prin-
cipes invariables de la Géométrie.
Proportion & Symétrie, font des chofes fort diffé-
rentes. Je luppofe deux ftatucs, dont l'une a S pieds
de haut , Se la tête d'un pied , & ^inli des autres par-
ties a proportion , ôc dont l'autre a 8 pouces , & la
tête d'un pouce , &c ainli du refte : on dira que ces
ftatues font de même proportion , mais non pas de
même fymétrie. Dict. de Peint. & d'arch.
^Cr Proportion, le dit auflî du rapport des grandeurs
entr'elles. Quand on compare deux grandeurs , il en
réfulte un rapport eu une tailon. l'oyei ces mots.
Quand on compare deux rapports , il en réfulte une
proportion , lorfque les rapports comp.irés (ont égaux.
fe? La. proportion cîï arithmétique ou géométrique. La
proportion arithmétique , eft une égalité de différence
entre pluheurs nombres, (oit en montant , foit en def-
ccndant ; ou bien quatre nombres (ont en propor-
tion arithmétique, lorfque la quantité par laquelle la
première diffère ae la féconde, eft égale à la quantité
parlaquelle la rroifième diffère delà quatrième, comme
2:4: 6:8. qui (e (urpallent également l'un à l'autre
de deux unités en montant, eft une proportion arith-
métique. 2° : I j :: xo: j. qui fe diminuent également en
PRO
defcendant , en eft une autre ; & ainfi du refte des qua-
tre nombres qui font arithmétiqueinent ;.r. ■portion-
nels. ProgreJJio arithrnctica qu&favat x^ùinix^m rdtio-
nem. Les deux premiers s'appellent \e premier antécé-
dent , &: celui qui le (mtjcjécond antécédent :6c les
deux detniçts ,\e premierconfequcnt , Scie fécond fub-
fequcnt. Le premier & le quatrième s'appellent les deux
extrêmes ; le (econd & le troidème font les moyens.
La proportion géométrique, eft une égalité de deux
rapports ou comparaifons, que deux nombres ou deux
lignes ont les unes avec les autres , comme de nu me
que 4CII: à 8 , ainh 8 eft à 16 , c'eft-à-dire , que comme
8 contient deux fois 4; ainll 16 contient deux fois 8 ,
Se on appelle ces quatre termes proportionnels ; il y a
la même proportion de 4 à 8 , que de 8 a 1 6 ; car comme
4 eft la moitié de S, ainli 8 ell la moitié de 16. Pro-
portio feometrica qu&fervat fimilem ratiomm. Mais
quand les deux milieux font égaux, c'eft a due , le
même , on dit que c'eft un moyen proportionnel. Il y
a (euicmcnt cette différence entre la proportion ik la
pro^rejflonj que la. proportion le renferme en trois ou
quatre termes auplui\, & I2. prognjfion en plufieurs à
1 infini : comme la proportion géométrique eft entre
4 & 8 , & entre 8 & 16 ; mais la progr^Jfion eft entre
tous ces nombres, 2,4,6,8, 10, 12 , 14, 16, &c,
qui diffèrent également de deux.
La règle de proqwrtion , qu'on appelle autrement
règle de trois , ou régie d'or , eft celle qui enleigne à
trouver un quatrième nombre proportionnel a trois au-
tres qu'on a donnés: comme li trois degrés de l'équa-
teur contiennent 72 lieues, combien 560 degrés, qui
font le tour de la terre , en contiendront-ils'; Régula,
proportionis direcla. ^fJ" Pour trouver ce terme , il
faut multiplier le fécond terme par le troilième , & di-
vifer le produit par le premier terme. Le quotient
donne la proportion.
Il y a.la. règle de proportion direcle jqaied celle de
l'exemple ci-delfus. Il y en a une inverfe , ou fenver-
jéc , qui rend le dernier terme moindre : comme fi
cent ouvriers bâtilTent cette maifon en un an , en com-
bien de temps deux cens ouvriers la batiront-ils ? P\.e-
gula proportionis invcrfa. On trouvera , en fix mois.
Ici le dernier terme diminue , au lieu qu'au premier
exemple il augmente.
Laproportion harmonique fe trouve en trois nom-
bres, quand les diftércnces du premier & du fécond
terme ont la mùmc proportion que le fécond terme au
troilième. Prci^-'omo harmonica. Comme 60, ;o, 20,
les 5 G difterent de 60 , de fa moitié , «Se de la diftérence
de 2Q à 30, eft aullî de fa moitié, (avoir 10.
Le compas de proportion eft un inftiumentde Ma-
thématique compolé de deux branches plates & mo-
biles dans une charnière , qui par le moyen de plulieurs
divifions des lignes marquées fur fes branches fert à
plufieurs opérations de Géométrie, & obf'ervations Af-
tronomiques. Diabètes y circinus proportiotûs. Hen-
rion & plufieurs autres ont écrit de (es uiages, comme
aullî de la règle de proportion , qui eft une feule bran-
che divilée de la même manière , qui tait prelque les
mêmes eftets.
^fT Pa.opoRTioN,fe dit enfin de la convenance que tou-
tes fortes de chofes ont les unes avec les autres. On dit
qu'il y a , qu'il n'y a point de proportion entre deux
chofes, entre deux perfonnes. Il n'y a point àe propor-
tion de fa dépenle avec fon revenu. Il n'y a nulle pro-
portion du fini à l'inlini. Il n'y a nulle proportion entre
les uns& les autres. Cet ouvrage a peu àe proportion
avec la grandeur de vos lumières. Vaug.
On dit adverbialement , à proportion ; pour dire i
par rapport. Il dépenfe 3. proportion de fon revenu. Il
letz payé k proportion de ("on travail. Nous relfentons
nos biens & nos maux à proportion de notre amout
propre. Rochef.
(ty PROPORTION ALITF. f. f. Terme didadiquc.
qualité de ce qui eft proportionnel. Proportionalitas.
Ce qui marque inconteftablement une proportiona-
lité de forces Mairan.
PROPORTIONNEL, ELLE, Adj. quelquefois employé
fubftantivenient. Quantité , foit en lignes, foit en
nombres ,
PRO
nombres , dont les parties ont rapport &: proportion
entr'cJles. Proponionaiis. tuclidc au lixicmc Livre ,
montre le moyen de trouver quatre lignes proportion-
nelles , Ik une moyenne proportionnelle. Il y a deux
mille ans que les Géomètres cherchent inutilement le
problème de deux moyennes proportionnelles que les
Anciens n'ont pu trouver que mc-caniquemcnt par le
mélolabc décrit dans les Commentaires d'Hutochius
fur Archimède/ Il y a plufieursAutcurs qui en ont pré-
tendu donner la démonftration; les uns par des lieux
folides, comme Mcnechmus; les autres par des lieux
linéaires , comme Nicomède , Diodes ; &• de notre
temps Victe ; t^^: d'autres par des mouvemens impli-
qués , comme Platon , Architas , Papus & Sporus ; ou
par des defcriptions de cercles en tâtonnant , comme
Héron & Apollonius, &c. C'ell une maxime re(,ue
dans la Théorie des nombres, que lorfque trois nom-
bres font continûment proportionnels j, le produit des
deux extrêmes eft égal au carré de celui du milieu. Par
exemple,! , 4, S ,iont continûment proportionnels :
par conléquent le produit de 2. multiplié par 8 , qui eft
16 , ell égal au carré de 4 , qui eft aulli 16. Roh.
ifT On appelle cnrhyliqueparties/';o/io^r/t>«/2t'//t'j-jdes
parties qui vont toujours en décroillant par moitié.
Ceux qui difentquele continu eft divihble à l'infini ,
l'entendent du continu confidéré lelon fes parties pro-
portionnelles : le tout , la moitié , la moitié de la moi-
tié, la moitié de cette autre moitié, & aind en deken-
dant julqu'à l'infini. Car ils foutiennent qu'on ne peut
pas parvenir à une partie, à un point indivilible.
ÇCF Un appelle taille proportionnelle , la taille repartie
au prorata de ce qu un chacun polFcde de bien , au
vil d'un arpentement &d'un abonnement. M. l'Abbé
de S. Pierre a contribué par fes écrits à faire établir la
taille proportionnelle.
PROPORTIONNELLEMENT, adv. D'une manière pro-
portionnelle. Pro ratdi proportionis régula. Tout trian-
gle diviiéparune ligne parallèle à un de fes côtés , coupe
les autres proportionnellement. Réduire proportionnel-
lement un grand plan à un petit,
^fT Proporiionnellement. Par parties proportion-
nelles. Ce n'eft pas par parties égales que les corps dé-
croillent, (e divifent, c'eft en parties qui décrollfent
proportionnellement. Anti-Lucrece. f^oye^ ci-def-
lus Parties proportionnelles.
PROPORTIONNÉMENT. adv. Par proportion, avec
proportion, d'une manière proportionnée. Proyà/j /72e-
ritis. Servatâ proportione. Il n'a pas été récompenfé
proportionnement à Ion mérite.
Permettons aux Orfèvres , &c autres ouvriers dont la
profellîon eft d'employer des matières d'or dans leurs
ouvrages, d'en avoir chez en\ proportionnement zleuï
travail. Déclaration du Roi ,duir Mars 1 720 , arti-
cle ^.
PROPORTIONNER, v. a .03" Garder la proportion nè-
celTaire , établir un jufte rapport entre une chofe & une
autre. Addquare , accommodare. Dieu proportionne les
grâces à nos befoins, & les afflictions qu'il nous en-
voie à nos forces. Les plus ridicules fottifes trouvent
des efprits auxquels elles font proportionnées. Log.
C'eft la marque d'un génie fubhme, defe proportion-
ner tellement au génie & au caraèlère de ceux qu'il
pratique, qu'ils croient être de niveau avec lui. Bell.
Cette récompenfé eft ^ro/;omo/2we à fon mérite, à la
condition.
PROPORTIONNÉ , ÉE. part.
PROPOS, f m. Difcours , entretien. Oratio , fermo ,
colloquium.V\\xtMQ^\xe. à écm plufieurs livres àe% pro-
pos de table. Ils tinrent plufieurs propos. Il a tenu des
propos lort inlolens. De propos en propos nous fom-
nies tombés iur votre chapitre, ^otte propos a été in-
terrompu: retournons à notre propos. Elleétoit outra-
gée des propos injurieux qu'on tenoit d'elle.
On d:t jouer aux propos rompus, quand on joue un
jeu qui conhfte à joindre enfemble des difcours , qui
fe difent tout basa l'oreille des uns & des antres, pour
- voir s'ils produiront quelque (ens laifonnable ou non.
Sententïts interruptis ludere. Et dans le figuré, on dit
que des perfonues jouent s.viyi propos rompus, quand
Toms FIL
PRO
17
ils parlent fans fuite , Se fans s'entendre.
Ce mot vient de propofitum.
On le dit quelquefois pour propofition faite fur quel-
que matière. On lui a jeté quelques propos de ma-
riage, Ae% propos d'accommodement.
(CJ Propos , le dit encore dans le lens de réfolution.
Propofitum. On fc confefle avec un ferme /^ro/^oj' de
s'amender , de ne plus retomber dans les péchés, je
luis venu avec un terme propos de faire telle choie.
Propos, fignifie aulli , convenance. Convenientia con-
fcnfio. Cette gaité eft hors de propos en ce temps-ci :
ce qu'on dit hors de/'ro/'Oi-, ne touche que bien peu,
&c nelaille que des imprellîons confufes. Le Cii. de M.
Vous nous interrompez par des hiftuiies hors de pro-
pos. Pas.
De PROPOS DÉLIBÉRÉ. Façon dc parler adverbiale. Avec
dcllein , de dellein formé. Il n'a point fait cela parha-
fard & fans y penfer, mais Ae propos délibéré. Acad.
Fr. Il a fait cet alfallinat àe propos délibéré, dc def-
lein prémédité.
A PROPOS, adv. Il ne jugea pas à propos de rien entre-
prendre. Ablanc. Non judicavit expedire , ejfe ad
rem. C'eft-à-dire,ilnele jugea pas convenable. Le Roi
à jugé à propos de faire cetrc Ordonnance. Cet homme
eft venu mal à propos , à contre-temps. Il eft venu tout
à propos y dans une occafion favorable. Opportune ,
commode. On dit au contraire , cet homme eft venu
mal à propos , pour dire, il a tout gâté notre affaire.
Intempefiivè. M.!iK à propos , c'eft-a-dire, puifquejc
m'en louviens. ^fT On le fert encore de cette façon
de parler adverbiale , quand on vient à dire quelque
choie quia rapport à ce qu'on avoir dit précédemment.
yiiàs à propos de cequejevousdilois — A propos àz
nouvelles.. . . A quel /rcyoi^ me dites-vous cela? c'eft-
à-dire, pour quel lujet. Il a fait venir cela à propos,
Omnia loco & tempore egit.
On dit proverbialement , à propos de bottes , ea
parlant d'un difcours ou d'une action qui n'a aucun
rapport avec ce qui a été dit ou fait. On dit aullî , chan-
gement de propos réjouit l'homme.
A TOUT PROPOS, adv. A tout moment, en toute occafion.
Perpétua , occafionedatâ , quâlibet occafione data. Il
parle de fa bravoure à tout propos. A tout propos vous
faites le bigot. Voit. C'eft un indifcret qui rompt en
vilière à tout propos.
PROPOSABLE. adj. Qu'on peut propofer ^ Cetteaf-
faire n'eft pas propofable. Un pareil indice eft-il cro-
po fable .«'
PROPOSANT, adj. Qzt&nApropofant. On appelle ainfi
le Cardinal établi pour recevoir la profellîon de foi de
ceux qui font nommés à des Evêchés, en pays d'obé-
dience, & pour les propofer aux autres Cardinaux.
Proposant, f m. Quia fait une offre, qui propofe un
deifein. Offerens , proponens. On a fait voir au Con-
feil le defTein de la jonèiion des mers : le propofant
demande telles & telles conditions. On a écouté les^ro-
pofans d'un tel parti , les enchériffeurs d'une telle ferme.
Proposant , fe dit aulîî de ceux qu'on examine pour
être reçus Miniftres dans la Religion Prétendue Refor-
mée. Ils ne lont reçus propofans qu'après avoir
(ubi un examen fur la Théologie dans une des clalTes
du Synode, qualité qui leur donne le droit de prêcher;
mais non pas celui d'adminiftrer les Sacremens qu'ils
reconnoilTent. Lorfque le propofant eft appelé à une
Eglife, ilfubit un nouvel examen, après lequel il eft
reçuMiniftre. Quand on leur écrit, on met fur les let-
tres : à Monfieur tel propofant en Théologie.
PROPOSER, v. a. Mettre en avant quelque chofe,
foit de vive voix, foit par écrit , pour l'examiner, pour
en délibérer. Proponere y proferre in médium. Propo-
fer une queftion , un argument , une difficulté. Onpro-
pofe une affaire, un accommodement. On jpro/io/e fon
avis. Ion opinion. Ion fentiment. Les Géomètres ^ro-
pofent des problèmes aux Savans , afin qu'ils en trou-
vent la folution. Les Bacheliers /^royo/è/zr des thèfes,
des maximes , dont ils prétendent foutenir la vérité.
On a propojé à ces Doéteurs une telle queftion pour
l'examiner. Cet accufé a de bonnes défenfes à propo-
fer ^ à alléguer.
i8 PRO
Proposer, {îgnifîe aulli prcfentef, offilr /promet-
tre un prix, une rccompenleà celui qui auiarcullieu
quelque choie. On a propofé plulieuis parris avanta-
geux à cette fille. On apropo/c un prix à celui qui trou-
A'era les longitudes. L'Acadcniic Françoilc propofe des
prix d'éloquence, de poëlie. P/v^o/t;/' un lujet , une
niatière, c'eil la donner a traiter. Le lujet quel'Acadc-
mieavoitjiJrij^o/ipourleprixdel'clijquence, étoit, àx.
Proposer quelqu'un pour modiU , c'eit le donner
pour modèle. Proponere ad ïmïtandum.
Proposer quelqu'un pour une place , pour un em-
ploi , c'eft nommer quelqu'un comme c.ipable de le
remplir.
Proposer , (e dit encore pour , faire connoître au Con-
fiftoire des Cardinaux à Rome, l'état de quelque Evê-
ché ou Archevêché, pour voir les qualités de celui qui
a été nommé par un Prince Souverain , & pour qui le
Cardinal propofant demande des Bulles. Exponere.
Se proposer de faire quelque ckofe , prendre la ré-
foluti.jnde la t^iire. Decernere, conjluuere. Il fe pro
vofc de partit dans peu. Un pénitent le propofe de re
noncer à Tes habitudes. Se propojer une fin , c'cit y
tendre. Foyci Fin.
On dit proverbialement que \'\\ovnmc propofe , &
que Dieu difpole ; pour dire , que nos projets ne réuf
fîflent qu'autant qu'il plait à Dieu , ou que nos entre-
prifes Tournent au contraire de nos elpérances.
Proposer, eft au^îî un verbe neutre qui eft en ufage
parmi les Prorcftans , & qui (e dit des Etudians en
Théologie. C eft traiter un texte de l'Ecriture-faintea
la manicre desMinirtrcs, lexpoler. Textum Scripju
Tit proponere , exponere, hdretixorum more. Ainii ce
qui s'appelle prêcher dans un Miniftre, s'appelle pro
jyoferda.\is un Etudiant enThéologie. Cejeune homme
a fort bien propofé.
PROPOSÉ , Et. part.
ip- PRC'POSITI 'N. f. f. En termes de Logique Se de
Grammaire, c'eft un diicours qui affirme , ou qui nie
quelque choie d une autre. C'eft l'énonciation , l'ex-
prcllîon totale d'un jugement. L'efprit apperçoitleiap-
pottde convenance qu'il y a entre ces deux idées Dieu
ik/uj?e , il les joint enlemble en affirmant l'une de l'au-
l'autre : voilà le jugement. Cette opération de l'efprit
qui unit ainli deux idées, manifeftée, rendue Icnliblc
par la parole , en dilant Dieu ejl juflc , eft ce qu'on
appelle propofîcion. Ainli la propojlcion ejl affirma-
tive ou négative de même que le jugement, foje^
JuGEMf.î?T. Le Syllogilme eft compolé de trois pro
pqfitions , majeure , mineure & conclufion. L'Enthy-
même n'a que deux propositions. Une propoficior
doit, avoir deux termes. L'un de qui l'on affirme, ou
de qui l'on nie , lequel s'appelleyi/irr .• l'autre qu'on
affirme, ou que l'on nie, lequel s'appelle attribut , on
prédicat- Enfuite il faut que l'elprit les lie , ou les le
pare: comme. Dieu efî jujle. Dieu qui eft le lujet, ell
lié :i\'cc juflc j, qui eft fon attribut, parle verbe lubl-
tantit eji. Or comme les termes lont ou linguliers , ou
communs & univerfels , lî le fujet d'une proportion
eft un terme commun, pris dans toute Ion étendue ,
la propofi'ion s'appelle univcrfelle : tout Athée cfi
vicieux. Si le terme commun n'eft pris que félon une
partie indéterminée de fon étendue , parce qir'il eft rel-
ferré par le mot indéterminé , quelque, h. propofîtion
s'a.'p^eWs. particulière. Si le fujet d'une proportion eft
fingulière , elle s'appelle T'"'',^^"'''!?''^- Pierre eft lavant.
Les proportions qui n'ont qu'un feul fujet , ou un leul
attribut , s'appellenty?m;'/e5 ; & celles qui ont plus
d'un fujet, ou plus d'un attribut, s'appellent compo-
jées. LoG.
^PF On dit en ce fens , c'eft à-dire , en confidérant la
propofîtion comme l'exprelh on d'un jugement, avan-
cer, hafarder, foutcnir, condamner, cenfurer unc/^ro-
pofition. Cette propofîtion eft vraie , claire, fauife ,
établie fur de faux principes. Propofîtion de foi , héré-
tique , fcandaleufe , impie , &c. Les cinq fameufes/^ro-
pofitions de .lanfenius.
^STPropositio'-i, en termes de Mathématiques, de Géo-
métrie. C'eft un difcours par lequel on énonce une vérité
il démontier , ou une queftion à réloudre. Ainb l'on
PRO
dit démontrer, réfoudre une propofîtion. Si h propo'
fîtion énonce une vérité à démontrer , elle s'appelle
théorème. Si c'eft une queftion à rcloudte , prohième.
Foye^ ces deux mots. La propofîtion eft donc pro-
prcmenr l'énoncé d'un théorème ou d un problème.
^CTl-ROPosiTioN, en termes d éloquence. C'tft une expo-
litionlimple, courte & naturelle du fujet que l'on va
traiter. La propofîtion ien dans le plaidoyer a annon-
cer le point qui efta juger, ou ce qui détermine l'ctat
de la queftion. Il y ades^ro^oj?no«5 fimples qui n'ont
qu'un objet, & des compolées qui ont plulieurs par-
ties.
(fT Proposition, en termes de Poëfie. C'eft proprement
le début, ou la première partie du pocme, dans la-
quelle le poète expole en général ce qu'il doit dire
dans le cours de Ion ouvrage. La propofîtion , dit le
P. le Boffu, doit contenir la matièie du pucme , c'eft-
à-dire, l'aclion, tàc les perlonnes qui doivent l'exécu-
ter , c'cft-à-dire, les principaux perionr.ages. /- o_v^^
les débuts de l'Iliade, de K^dilfée, de l'Enéide , é'c.
Proposition, le dit aufti de toutes lortes d'ofttes qu'on
fait dans les affaires , & les négociations , pour les en-
treprendre , ou pour les terminer. Conditio. On a fait
à ce Prince des propofîtion^ de paix , d'accommode-
ment, de mariage. Ce plaideur obftmc rejette tv utesles
propofîtions qui ont été écoutées & approuvées par
Ion Confcil.
Proposition, eft aulîl un terme fort ufité parmi les Pré-
tendus Rélormés. C'eft, à l'égard d'un étudiant en
Théologie , une prédication , l'expofition d'un texte de
l'Ecriture -Sainte. M. tel a rendu aujourd'hui la propo-
fîtion. Il y avoir beaucoup d'ordre & de folidité dans
la propofîtion.
Proposition d'erreur, fe dit au Palais d'un remède ex-
traordinaire de Droit, pour revenir contre un arrêt oi
il y a une erreur en fait, ou une injufticc manifeftc.
Relatio cauf& perperàm ex errore judicatdc. Il eft dif-!
férenr de la requête civile , en ce que la requête civile.
n'accule que le fait, ou le dol Si la lurprile de la p.ir-
tie ; ëc dans la propofîtion d'erreur j il y a du fait des
Juges qui le font trompés dans le fait, & non dans le
droit. Les propofîtions d'erreur ont été .abrogées pat
le dernier article de l'Ordonnance de 1667.
En Théologie, on A^'peWe pains de propofîtion , les
douze pains que les Juifs offroicnt à Dieu, & qui
étoient rangés fix à lîx lut la table du Tabernacle. Pa~
nés propcfîtionis.
Quelques uns croient que ces pains étoient rangés
non en deux piles, mais en trois de quatre chacune.
■ On les fervoittous chauds en préience du Seigneurie
jour du Sabbat, Se on ôtoit en même temps ceux qui
avoient été expolés pendant la femaine. On brûloit l'en-
cens tous les lamedis lur la table d'or quand on y met-
toit les pains de propofîtion. Il n'y avoit que les Prê-
tres qui pulfent en manger. F'oyc'^i.'E. Dict. de la Bi-
ble du P. Calmet.
Mellieurs du Port Royal, dans leur tradudion du
nouveau Teftament, onx. dî\i pains expofés , au lieu de
pains de propofîtion. Quelque lefpeét que j'aye poui
ces Meilleurs, dit le P. Bouhouis, je ne puis les ap-
prouver en cela. En etTet il ne faut point , comme il
ledit ailleurs, changer les termes de la Religion; &
dans 'les tradudions des li\'res lacrés, il faut confer-
ver, autant qu'on le peut, les anciennes cxprelîions.
PROPOUS. f. m. Vieux mot. Propos. Borel. Sermo.
gCT PROPRE, adj. de t. g. Souvent employé fubftanti-
vement. Ce mot défigne une chofe qui appartient à
quelqu'un à l'exclufion d'un autre. Proprius peculia-
ris. En confidérant l'artribut clfentiel qui conftitue
une elpèce, &la diftingue des autres, fi nous apper-
cevons quelqu'autre attribut qui loit lié à celui-là ,qui
en foit une fuite néceffairc , nous lui donnons le nom
àe propriété , &c nous l'attribuons à toute l'elpèce par
le terme adjecftif , propre.
Les Philofophes diftinguent quatre fortes de pro-
pres : le premier qui convient à une feule elpèce ,
mais non pas à tous le« individus, comme d'être Géo-
mètre, Médecin , Philofophc ; c'eft le propre de l'hïJiTi-
me, mais non pas de tous : le fécond , qui convient
PRO
àtoutc refpcce", mais qui convient .iiitTî à quclqu'au-
tre , comme d'avoii- deux pieds , çiï propre à l'iiomme ;
mais il dlpropre aullî iiloifeau : le tmilièmc, qui con-
vient à une feule clpccc, mais non pas en tout temps ,
comme d'avoit des clievcux blancs , eft propre Icu-
lement à l'homme ; mais au vieillard : le dciiaiei- ,
qui convient feulement à uiieefpcce,à tous les indi-
vidus , Se en tout temps. Om/ii j'oH, i:'femper, com-
me on dit dans les écoles, comme la faculté de rite
cii propre ï l'homme, celle de hennir aux chevaux ,
&c , ik c'ert: celui la que Porphyre appelle vrai propre.
Propre, ledit en Morale de ce qui le trouve ordinaire-
ment dans les chofes,&de leurs yercusparticuhèrcs.Pro-
prius. Dans cette acception il (econllruitavec de.C'eù.
[c propre de Dieu, d'être bon & miléricordieux, de
pardonner. C'eft le propre des efprits foibles , d'être
lâches ik vindicatifs. C'efl: le propre des gueux enri-
chis d'avoir de l'orgueil. C'elt le propre des jeunes
gens d'être étourdis , emportés 3c débauchés. La ma-
gnanimité efl: \j.vcmi propre des Héros. Ablanc.
ÇC? On appelle amour /î/OjP/t'j l'amour qu'on a pour foi-
même. /;« amor , phïlautïa. Il le prend ordinairement
en mauvaife part, f'^oyc-^ au mot Amour, amour pro-
pre. Nous ne faifons prefque rien que nous n'yloyons
portés par \x\xiow:propre : c"eft-à dire, par l'amour que
nous nous portons à nous-mêmes. L'amour de Dieu
doit être pur , &■ dégagé de tout motif de propre in-
térêt. l'ÉN.
Propre , îfF fe dit aullî dece qui peut fetvir à certaines
chofes. Alors il exprime dans l'homme les qualités ,
les talens nécellaires pour réuiîu" dans les choies dor.t
on parle. Dans cette acception il le conftruit avec à
ou pour. Propre à ou pourXz guerre: & quand il fuit
un verbe a£tif employé dans une lignification pallrve ,
on met toujours à. Dubois propre à brûler. Aptus ,
idoneus. Il y a des gens qui ne ioni propres à rien. Les
Romains furent moins propres à la guerre , quand ils
furent devenus plus polis & plus favans. Val. Le bois
de chêne eft propre à bâtir. Le moilon eft propre à
faire des londemens. Cette pLante q& propre pour telle
chofe , à telle chofe.
^Cr Propre , fe dit auOl dans le fens de convenable. Ap-
tus , conveniens. Manteau propre pour toutes les (ai-
fons. Aptum pallïum ad omne annï tcmpus. Cela eft
propre a tijutes lottes de gens. Cet habit n'eft propre
que pour les jours decéiémonie. Chaque animal fait
choiiir 1 aliment qui lui el\ propre.
^CF Propre, en termes de Grammaire, fe dit desnoms
&des mots. Le nom propre eft celui qui déligne une
ch^fe particulière, pour la diftinguerdes autres. Il eft
diftinguédunomappellatif. Chez IcsChrétiens lenom
propre eft celui qui eft impofé au baptême.
Propre, à l'égard des mots (e dit de leur lignification
particulière, & qui leur eft directement afteélés, &
cela par oppofition aux exprellîcns figurées & méta-
phoriques. Verhorum Jîgiiijicado -, fenfus proprius.
§3" Un mot eft pris dans le iens propre j lorfqu'il elt
employé pour exciter dans l'elprit l'idée totale que l'u-
lage primitif lui a fait fignifier : au lieu qu'il eft pris
dans un i^nsfiguré , lorfqu'il prélente une autre idée
votale à laquelle il n a rapport que par l'analogie de
celle qui eft l'objet du fens propre. Le mot At feu eft
pris dans le fens propre quand il eft employé pour fi-
gnifier un des quatre clémens qui eft chaud &c fec. Il
eft pris dans le^ (ms figuré quand on dit le feu de la
colère , des pallions, de la fièvre, &c.
fer Dans ce fens il eft aufti fubftantif. On prend un mot
au propre ou ^nfiçuré. Le mélangé da propre 8c du fi-
guré fait un agrément. Bouh. Le figuré adoucit ce que
le propre a de rude. Id.
Propre , fCF eft quelquefois employé dans la lignifica-
tion de même. Voilà les propres paroles, les propres
termes dont il s'eft fcrvi. Voilà la claufe en propres
terfties.
ifT Quelquefois aufll le moi propre eft employé par une
efpèce de redondance, ou par énergie, pour marquer
plus précifément quelque chofe. Foye^ Pléonasme.
J. C. eft venu nous racheter en ;'ro/>re petfonne. Dieu
avoit gravé les tables de la Loi de fa propre main.
Tome FIL
PRO
19
Nous avons vu fon Verbe de nos propres yeux. Cette
lettre a été donnée en main propre. Le l'apc confère
quekjuefois des Bénéfiees de (on propre mouvement,
lia levé la main (ur ion propre pcre.
Propre , le dit aulli de ce qui appartient fpécialcment
à quelqu'un , de ce dont il peur difpofer. Proprium
peculiare. Un Moine Profès n'a rien de propre , qui
foit à lui cn/TO/jrt'. Il faut laire l'aumône de ion bien
propre, & non pas de celui d'autrui. On peutufcr de
fes amis comme du lien propre.
On dit , le rendre propre > pour s'approprier. Sil>i
ûfurpare yVel vindicare. Les traductions qu'un a faites
en notre langue , nous rendent propres toutes les ri-
chelles des Grecs & des Latins. Bouh. Les Pvois ,
fans avoir le détail de toutes les qualités des particu-
liers, (e rendent ^ro/'re à eux tout ce que les particu-
liers ont de bon. M. Scud.
0Cr Propre , le dit aullî dans une fignification bien dif-
férente , par oppofition afa/e , & comme lynonyme de
net. Mundus. Cette t'emme cCi propre- Cet homme
eft très ^/o/irt?. Et dans cette acception, il fignifie aullî la
même choie qu'arrangé, .ajufté. Mundus , comptus ,
compofuus. Ces meubles , ces habits , ces équipages
font nès-propres. Cet homme eft toujours propre ÔC
bien mis. Il eft propre dans fes habits, dans fes meu-
bles. Propre )uU]a' a. l'excès. Mundulus.
Propre, f, m. Oftice propre pour quelque Eglife , ou
quelque Communauté. Livre qui contient cet Office.
Proprium alkujus EecUfit , aut Communuatis Offi-
cium. Un Propre imprimé à Compiégne en 1680
nomme barbarement faint Vaft , en françois S. Védaft.
Le Propre de l'Eglife de Paris. Le Propre des Capu-
cins , des Jéluites , &c.
gcr On appelle Propre du temps, ce qui ne fe dît
qu'en cettains temps de l'année. Propre des Saints , &c.
ce qui ne fe dit qu'en certaines fctcs : &c propre de
certaines Eglifcs , ce qui ne le dit que dans ces Eglilcs.
Propre, f. m. En termes de Jurilprudence Françoile ,
eft oppofé à acquêt ou concjuct. Proprium , patrïmo'
nlale. C'eft un héritage qui eft venu par luccellioii
diredle, ou collatérale, & qu'on n'a point acquis par
fon induftrie. Un Teftateur ne peut dilpoler que de
fes meubles & acquêts , & du quint de fes propres.
Les parens paternels héritent des propres paternels ,
tk les maternels des propres maternels. Ainli les pro-
pres retournent toujours à la ligne d'où ils procèdent.
On ne fait pas trop l'origine de cette loi qui a mis de
la différence entre les propres Se les acquêts. Ni les
Grecs ni les Romains n'ont fait cette diftinétion. Du
moins elle eft fondée fur ce principe d'équité, que
les hommes ont bien voulu conferver & aftcéler à
leur famille les biens qu ils avoient reçus de leurs
pères, & les tranfmcttie à ceux qui lont ilfus d'une
même fouche. Plufieurs Coutumes appellent propres
anciens ceux qui font provenus d'eftoc. Se qui ont
fait louche par divers degrés de iucee([\on-i Se propres
naiffansj ceux qui commencent à fiire louche. Se
qui prennent nature de propres en la perlonne de ce-
lui qui le premier les poflede à droit héréditaire. La
Coutume de Normandie appelle indiftinétemcnt ^/o-
pres les biens Se conquêts que l'on poflede à droit luc-
celfif. Mais dans les Coutumes où cette diftinttion a
lieu , on appelle un propre ancien , celui qui a fait
louche dans la famille, qui vient de l'ayeul, bilayeul
ou trilayeul ; & propre naijjant , celui qui n'a point
fait louche. Un acquêt du père eft un propre naiffanc
dans la perfonne de fon fils. Il y a aulFi des propres
qui le font par ftipulatipn. On en fait entrer unepar-
tie en communauté , Se le tefte tient lieu de propre à
la femme & aux fiens. Ces propres fidifs font, des
lommes de deniers ftipulés propres ; ce qui fe fait dans
beaucoup de contrats de mariage. On ftipule aullî le
remplacement des propres.
PROPRÉFET, f. m. Ce mot fe dit dans l'Hiftoire de
l'Empire Romain , pour Lieutenant du Préfet. Ofticiei'
que le Préfet du Prétoire, ou le Préfet de Rome com-
mettoit pour faire quelque fonéfion de fa Charge à
la place. Proprufcclus. Voyez Henri de Valois , dans
1 fes Notes fur Aramicn Marcellin. Dans G ruter,^. 57a
Cij
20 PRO
la troifième infcription fait mention fous Gratien, des
Fropréfets du Prétoire dans la ville de Rome, & dans
les provinces voilmes.
PROPREMENT, adv. employé dans plufieuis ac-
ceptions tout-à-fait ditférentes. Il lignifie quelquefois
lamêmechofeque/'r^i/tOTdwr.Cemor h^mfiepwpie-
menc telle chofe, c'eft-àdirc, dans l'exadte vérité.
fer En Grammaire, il lîgnitîe dans le fens propre, c'eft-
à-dire,qui convient, qui appartient particulièrement
au mot. Tel mot proprement pris fignifie telle choie.
C'cll l'oppolé de figurémcnt.
Quand un même terme s'étend à plulîeurs chofes,
& convient particulièrement à une feule, on fe fcit
du mot proprement, pour délîgner cette lignification
particulière. Ainfi l'on dit , la Grèce proprement dite ,
pour délîgner l'Acha'ie, le Féloponèle, &c. à ladifté-
rence des autres pays que l'on comprend aullî (ous le
nom de Grèce , quand on le prend dans une lignifica-
tion plus étendue.
^3" Quaiîd on dit qu'un homme parle proprement ^,
qu'il s'e:;prime /7rt)^'/<;TOd/zr j on veut dire qu'il parle
avec juftelle, avec exaditudc & précihon , que les mots
dont il le fert expriment bien ce qu'il veut dire. Fro-
priè loqui.
fe- Froprement parlant, à proprement parler. Façons
de parler adverbiales, qui lignifient en termes précis,
dans l'exade vérité. A proprement parler, cette vie
n'eft qu'un exil. Vt verè iieam , quoi res ejl. A pro-
prement parler, c'efl: une friponnerie.
tf^ PropPvEment , avec propreté, netteté. Mundè ,mun-
dïter. Accommoder proprement à manger. Donner
proprement à manger. Proprement meublé , propre-
ment mis, habillé, c'eft- à- dire, d'une manière agréable
& convenable.
*^ Quand on dit qu'une perfonne danfe, chante, joue
d'un inftiumeut, travaille proprement , on veut iim-
plement dire qu'elle fait tout cela, non pas dans la
dernière perfeftiun, mais avec juftcllc, de bonne grâ-
ce , d'une manière agréable & convenable.
PROPliET, ETTE. adj. Ce mot fe dit en termes fami-
liers de celui ou celle qui a une propreté afteétéc, étu-
diée. Mundulus j elegantuius. Abbé propret. Elle eif
proprette : Ôc lubltantivemcnt c'ell un propret.
PROPRETÉ, f. f. Qiulité de ce qui ell propre, *-'- qui
eft exempt de lalcté, d'ordure. Alunditia, mundïtles.
Lz propreté' du corps contribue a la (antc. La. propreté
d'un appartement.
C eft aulli une certaine modeftie dans fon habille-
ment , une manière convenable iSc décente dans les ha-
bits, dans les meubles. Les lemmes ont fouvent une
propreté affeétée Si ridicule. Vous ne vous croyez pas
logés décemment, li vous ne joignez à la propreté, le
luxe & la magnificence. FlÉch. Les gens de bon goût
ont plus loin de h propreté qut de la parure. Le Ch.
DE M. La propreté ôc la bienléance dans les habits re-
lèvent la beauté d'une femme.
Qui néglige la propreté
Semble négliger fa maîtreffe. La Suze.
Les Turcs font fobres dans leur manger , tant pour
la quantité, que pour la qualité des viandes , & bien
qu'ils n'ayent pas toute la propreté qm leroit à défirer,
leur défaut ell: plus exculable que l'iiKcmpérance , &
que l'excès déteftable de la plus grande partie des Chré-
tiens, parce que la politelle eft plutôt de bienféance ,
que de nécellité, qui doit être la (eule railon du man-
ger. Du Loir. /j. lûj.
PRCPRh,TEUR. f. m. Magiftrat Romain. On appeloit
d'ordinaire Fropréteurs , ceux qui , après avoir exercé
rOflice de Préteur, étoient envoyés dans les provinces
pour y commander , ou pour y rendre la Juftice. Fro-
prtttor. On appela aullî Propréteurs , ceuxqui (ans avoir
été Préteurs étoient envoyés extraordinairement dans
les provinces pour les gouverner. Quelques-uns aftec-
tent le nom de Fropréteurs à ceux qui étoient envoyés
par les Empereurs dans les provinces qui étoient tom-
bées dans leur partage j comme celui de Froconfuls à
ceux du peuple.
PR O
PROPRIÉTAIRE, f. m. & f. Qui a le domaine d'une
ehofe , qui a droit d'en jouir, d'en dilpoler, d'en faire
ce que bon lui femble. Proprietarius , dominus. Un
fermier ou locataire n'cft pas partie capable pour dé-
fendre aux actions qu'on intente touchant le fonds
dont il jouit , il faut les faire juger avec la propriétaire.
On appelle propriétaire mcommutable , celui qui eft
Seigneur d'un tonds lans crainte d'évidtion , & lans
charge de rachat, ou faculté de réméré. La propriétaire
eft allîgnée. Le Mait. Les Bénéficiers & les Evêques
ne (ont ni les propriétaires ni les m.iitres , mais les
dilpenlateurs des biens de l'Eglile. Thomass.
03" Le propriétaire diffère de l'ulufruitier , en ce que
ce dernier n'a que la jouillance pleine & entière de la
choie , qui doit un jour être remile ?.u propriétaire.
Ainli il ne peut changer l'état des lieux , ni les dété-
riorer, ni rien faire qui puille y cauler le moindre
dommage: au lieu que le propriétaire peut uti & ahu-
ti re fuà quatenus juris ratio patitur, changer l'état
des lieux, démolir, bâtir, couper du bois, &c.
Propriétaire. Terme de Dévotion. Les Myftiques ap-
pellent ame propriétaire , celle dont l'amour n'eft pas
parfaitement delînterreiré , c'eft-à-dirc, qui rapportant
les vertus à la gloire de Dieu, a aullî en vue le mérite
^ la récompenle. Anima jervilis qu£ fpe mercedis
agit. Au lieu qu'une ame parfaitement definferreirée
les rapporte uniquement à la gloire de Dieu , fans au-
cun motif de propre intérêt , & demeure là-delFus
dans une fainte indifférence. Fenelon. Anima vero
perfecla agit Jïmpliciter , & propter gioriam Dei. V.
Propriété.
ijZf~ PROPRIETE, f. f. On entend ordinairement par ce
mot en Phihjlophie , non pas précilément l'ellence d u-
ne choie, mais ce qui coulede l'ellence, ce qui en eft dé-
duit, c'cft-à-dus, un attribut qui eft nécellaircment
lié avec l'attribut cllentiel , qui en eft inicparable. Fro-
prietas. La matière étant eilentiellement étendue, eft
(u(ceptible de mouvement, de divifion, de figure, &c,
La r.wbiiité , la divilibilité , la figurabilité , &c. font des
att'rfbuts, des propriétés qui le dcduifcnt de l'étendue.
Les propriétés font donc des qu.ilités qui appartiennent
eflenticiiemcnt à une chofe , en tant qu'elles font des
luites nécellaires de l'attribut qui les conftitue. L'im-
pénécrabilité eft: une propriété de la matière.
<^ On le dit dans un lens moins philolophique des
qualités particulières d'une choie. Salomon connoiiroit
toutes les propriétés des plantes depuis le cèdre jul-
qu'à l'hy^iope. Les propriétés de \.'âïma.m, les proprié-
tés des métaux , des minéraux.
53* Propriété , en termes de Grammaire, fe dit de la
fignification particulière d'un mot convenable à la cho-
fe à laquelle on l'applique : c'eft la propre lignification.
Il entend, il oblcrve la propriété des termes, dans
tout ce qu'il dit, dans tout ce qu'il écrit.
Propriété , en ternies de Droit, lignifie le domaine, la
feigneurie de quelque chofe , dont on eft maître abfolu,
qu'on peut vendre, engager, Ik dont on peut dilpoler
à fon profit ; le droit de jouir de de difpoler à notre
volonté de la choie qui nous appartient. Dominium^
mancipium. Les fiefs, les héritages, le polledcnt en
pleine propriété. On n'a pas la propriété des Bénéfices,
on n'en a que la jouilfance. On peut donner la pro-
priété d'une terre , & s'en réferver l'ufufruit. Par la
mort de l'ulufruitier, l'ulutiuit eft conlolide à la. pro-
priété. Les Religieux de l'ordre de S. François , ont
long-temps dilputé s'ils avoient la propriété du pain
qu'ils mangcoient , eu feulement l'ulage.
§3" La propriété diftêre de la poljejjlon , en ce que le
poft'elTeur d'une chofe n'en eft pas toujours proprié-
taire ; & louvçnt le propriétaire n'a pas la poll'ellion
de la ciiole qui lui appartient. La propriété diffère
aullî del'ufufruit. /^.Propriétaire è- Usufruitier.
{fF La p-^opnété des biens eft un étabhiremtnt très im-
portant, qui modifie le droit que tous les hommes
avoient originairement fur les biens de la terre. Diftm-
guant avec loin ce qui doit appartenir à chacun , elle
alfure à tous une jouiirancc tranquille & pailible de ce
qu'ils polsèdent:ce qui eft un moyen très-propre à
entretenir la paix & la bonne harmonie entre eux. Mais
P llO
pulf^îiic tous les hommes avoicnt originairement le
«ir<;jr d il fer en commun de tout ce tjue Ja ttrte pro-
duit pour leurs bclwins; il c(t évident que lî ce pou-
voir naturel fc trouve flituellemcnt leftrtint & Imiité
à divers égards, ce ne peut être que par une luite de
quelque laitlmm.iin. Ainiî l'état de /'ro/;r,:t?Ve' qui pro-
duit ces limitations, doit être mis au rang des états
accclloires.
PropriÉiÉ. Terme de Dévotion. Les Myftiques diftin-
guent deux (ottcs At yrcpnctss. La première jPro/jrztYc''
fil l'orv;ueiU c'cft un amour de L\ propre excellence,
en tant que propre , ôc ians aucune lubordinarion à no-
tre fin ellentielle qui eft la gloire de Dieu. Philautia.
Cette propriété eft un péclic. La féconde propriété eft
un amour de notre propre excellence , en tant qu'elle
cil la nôtre, mais avec fubordination à notre fin tlîen-
tielJe, qui eft la gl )ire d.eDieu. Amor proprlt excel-
lente. C'eft vuul-.iir ptatiquer les vertus pour la gloire
de Dieu; mais aulli pour en avoir la récompenle.
C'eft une imperteétion, & non pas un péché. Les Myt-
tiques l'appellent avarice Se ambition Ipirituclle. Fen.
La propriété eft un amour interrciré , & une ("ouillurc
de l'ame. 1d.
tfT l'ROPlUO MOTU. Termes latins qui fignifîcnt
de fan propre mouvement. Un s'cvi lert en paiiant des
Bulles des Papes , & l'en en fait une elpèce de iubt-
tantii. Le feul proprio motu dans une Bulle , choque
les François , ik. fulîit pour la faire rejeter.
PROPYLÉE, f. f. Propylea. Diane eut un temple à Elcu-
Hs, fous ce nom qui veut dire, celle qui veille à la
garde de la ville, qui fe tient devant la porte, de »f»'
& ïii/Aii, devant la porte.
PROQUESTEUR, f. m. Celui qui exerce la Charge du
Quefteur à ta place. Lieutenant du Queftci'r. Proque.j-
tor. On appcloit Proqncjicur chez les Romains , celui
que le Gouverneur d'une Province nommoit pour
exercer la Quefture à la place d'un Quefteur mort,
julqu'à ce que le Sénat & le Peuple Romain y euilent
pourvu, & en euilent envoyé un autre.
§3" PRO RATA. f. m. Terme emprunté du larin, pour
iignifier ceque nous entendons par proportion. Au pro~
ratj , à proportion. On le dit fou vent en (lylc de pra
tique & de Commerce. Ainfî I on dit que chaque Af-
focié partage le profit ou lupporte les pertes au pro-
rata de fon intérêt; c'eft à dire, qu'il profite ou qu'il
perd à proportion' du fonds qu'il a mis dans l'entie-
prife. Les héritiers contribuent aux charges zupro-ruta
de leurs parts 6i portions. Pro rata parte.
PROROGATION, f f Aétion par laquelle on diffère
quelque chofe. Continuation de délai. Prcrogaf.o ,
dilatio. Prorogation de délai.
Prorogation. En parlant des. affaires d'Angleterre, on
appelle /Ttira^izfio/: du Parlement, l'ordre que le Roi
donne d interrompre les fiances du Parlement, pour
ne recommencer qu'à un certain jour. AcAr. Fr.
Prorogation de grâce , eft quand l'Acheteur qi;i a
acheté (ous faculté de réméré julqu'à un certain tems,
après ce tems fini , proroge ce délai , Se accorde la fa-
culté de rachat au Vendeur jufqu'à un autre temps.
Prorogation de compromis , eft l'exteniion du temps
donné par compromis aux Arbritres , pour décider le
d;fFérent, dont ils (ont nommés Arbitres.
Prorogation de ]uridi3ion , eft l'attribution ou la re-
connoiltance volontaire, que fait un particulier de la
Juridiélion d'un Juge, qui n'a pas droit de cjnno.tre
du différent des Parties, foit par rapport au domicile
du Défendeur, foit par rapport à la matière dont eft
quefti on.
^CT Suivant le Droit Romain, les particuliers peuvent,
non donner le droit de Juridiction à celui qui n'en a
point , mnis proroger la Juridiûion d'un Juge qui
n'cft pas le leur, ou qui n'cft pas compétent. En France
oià les Juridictions font patrimoniales , nous ne pou-
vons pas valablement nous foumettre à la Juridiélion
d'un Juge qui n'eft pas celui qui doit connokre du dif-
férent des parties.
PROROGER. V. a. Terme de Palais. Donner un délai,
accorder un terme plus long que celui qui éroit con-
venu, ou qui étoit porté par un adle. PTOTogarc,dïf'
PRO 2T
ferre. Les r.-itties ont prorogé d'un mois , !e pruvoir-
qu il, avoieut donné aux AThitie'. C n du aulh en An
gktcire, que le Roi a prtro;;é Ln 1 arlement , peur
due qu'il en a remis les iéances a une autre lailon.
{O- Quel' ;ues Phyfiticns s'en fcnt fcrvis avec le j, roncm
pcrfunncl dans le même ftns eue fe ccrrmuiuct.er ,fe
■ propager. L'air tft le véhicule du fon, & le fon ne
peut le proroger que par la compitHion du corps qui
c aanfmet. JvIaixan. Le fon ii: ^roro^e au moyen de
l.air qui le tranlmet. Nollet.
PROR( GÊ , LE. p.art.
PROSAÏQUE, adj. m. & f. Qui fent la profe. Profaùus,
vel projam rcdolens. C'eft une épitl.ète qu'on' donne
aux mcchans vers. Ces vers lont trop rro/j/<7;/rf , ne
font pas allez pompeux & élevés; le fîyle en i,{i pro-
faique, on dirok que c'eft de la piofc. .
(fT PROSAÏSER. v. n. Ecrire en ptofe. Terme du ftyle
badin, marotique.
Maître Fine en t^ * ce grand f ai fcur de lettres
Si bien que vous n'eut feu profa'lcr.
Maître Clément, ■"* ce 'grand fcifeur de mètres
Si tien que vous n'eut feu poctiftr.
*■ Voiture.
*■>' Maroc.
ce? PROSATEUR, f. m. Qui écrit en prcfe. Qui fo-
lutâ oraûone fcrihit. Ce mot eft nouveau*. Ménage a
t.khé le premier de l'introduire , pour l'oppofer plus
exactement a Poëte que celui d Orateur ; car il y a plu-
fieurs bons Ecrivains en profe, qu'on ne peut pas
mettre au rang des Orateurs. XLiis il a vieilli fans faire
aucun progrès à la Cour. Le Public l'a rebut.;; <^' le
delléin de M. Ménage qui en vouloit enrichir notre
langue, n'a point été heureux. BouH. Cependant Da-
net ne fait aucune difliculté de l'admettre dans le Dic-
tionnaire qu'il a hiit pour l'ufage de Monfeigneur le
Dauphin. Nos meilleurs Ecrivains l'empKyient. Je n'eu
citerai qu'un exemple , qui fcul en vaut plulieurs. Il
eft de M. le PréJidcnt iicuhier,/'. i j de la préface de
fa belle rraduction en vers François, du Pocme de Pé-
trone , fur la guerre civile entre Célar & Pompée, in-
4°. Amft. 1757. Quoique feu M. de laMotte ttit, dit-
il , grand Pocre , on fait qu'il étoit encore plus grand
Profateur.
J'ai bien encor quelques Ions Orateurs ;
Chaffeurs rufés , & fur tout en grand nombre ^
Joueurs fubrils , & Cûutekurs à l'ombre -,
Mais tout au plus ne font que Profateurs.
M. Le Duc,
V^ PROSCENIUM, f. m. Terme d'Antiquité. Ce
mot lignifie proprement le devant de la fcène, l'avant-
fcènc. C'étcit un efpace libre entre la fcène propremenc
dire & r'^,'rcheftre. Cet eipace par le moyen des déco-
rations placées au de-là iur la fcène même rcpréfentoit
une place publique, ou un endroit ch.ampêtre, mais
toujours un lieu à découvert.
Chez les dccs , le Profcer^ium étoit plus élevé que
chez les Romains. Le denièie du Théâtre s'appéloic
p&rafcenium. 11 avoir deux parties; le profcenium pro-
prement dit, où les Aéleurs jouoicnt, ik. le Logeum^
où étoit placé le Chœur, & ceux qui, n'.iyant pas de
rôle dans la pièce, ne lailfoient pas de fervir à la re-
pi'éfentation. C'étoit là qu'étoient les Pantomimes.
PROSCRIPTEUR. f. m. Magiftrat de Rome. Profcrip-
tor. L'Agent du Peuple Romain, le Notaire de la
Chambre du Capirole , le Contrôleur , le Profcripteur ,
le Filcal, le Sous-Secrétaire du Peuple, & le Secrétaire
du Sénat Romain. Ga-;^. 1711. />. Ô2}.
ifr PROSCRIPTION, f. f.Termed'Hiftoirc Romaine.
Profcriptio. Ce mot lignifie littéralement appofition.
d'aiïiches, de placards, banniftement, confif cation de
corps é\' de biens , mife de tête à prix. Particulièrement
c'eft une publication faite par le Gouverncmenr ou
par un Chef de parti , par laquelle on décerne une peine
contre ceux quiy font défignés. Quelquefois oninterdi-
foit feulement Je feu & l'eau au profcrit jufqu'à une cer-
2Z PRO
t.iine diftance de Rome, avec dcfenfe de lui donner
reaaite dans cette diftance maïquée. C'étoit quelque-
fois une condamnation à moit,lans aucune forme ju-
diciaire , qui pouvoir être mile a exécution par quel-
que particulier que ce fût auquel on donnoit une ré-
compentc. Dans les deux cas , on aitichoit le Décret
écrit iur des tables, pour être lu dans les places publi-
ques; & dans IsL profcription des têtes, on trouvoit au
bas L nom de ceux qui croient condamné.*; "à mort ,
ôc le prix décerné pour la tête de chaque profcrit. Les
frofcrlptions du temps de Sylla & de Marius, ainfi
que les profcriptions du temps du Triumvirat , font
connues de tout le monde
ffr PROSCRIRE. V. a. Chez les Romains, c'étoit con-
damner' quelqu'un à quelque pt^ine emportant mort
■naturelle ou civile ; & qu.îlquei-ois condamner à mort
par autoriré ullirpée, & fans forme judiciaire, en pu-
bliant limplement par un affiche le nom de ceux dorit
la tête étoit mile cà prix. Projlribere. Sylla & Marius
projcrivirau plus de trois inille ciroyens Romains.
Les Triumvirs Lépide, 06tave Se Antoine profcrivi-
rent tous leurs ennemis.
§CT Les profcriptions n'ont pas été connues en France.
Dans quelques Etats on profciit en mettant a prix la
rete d'un criminel; mais alors ce mot n'exclut point
la forme judiciaire. N'écrivez jamais contre ceux qui
peuvent yirofcrire. Ablanc.
Proscrire, s'eft <1it .lulîi figurément de quelques mots
ou phrales de la langue , &. lignifie , challer , bannir.
Rcjiarc, reprohare j expnngere. Les délicats o\\x.prof-
crir une infinité de bons mors François. Vous .avez
profcnc les meilleurs endroits de mon ouvrage. Eell.
Proscrire, fignirie aufll , éloigner, chalfer. Cet hom-
me eft d.ingereux; il faut le profcrire de nos a.Tem-
blées.
%Cr PROSCRIT , ITE. part. Du temps de Sylla &c des
Triumvirs , il y eue bien des citoyens profcnts , des
têtes profcr'ucs.
MfT II eft aulîî (ubftantif , & chez les Romains on enten-
doit ccmmuncmenr par là ceux qui étoient condam.-
nés à quelque peine emportant mort naturelle ou ci-
vile, quelqueiois ceux qui étoient condamnés à mort
fans aucune forme judiciaire, ik dont la tête étoit mife
à prix. Les profcrus ne fe fauvoient que par un exil
volontaire.
PRt)scRiT, fe dit au figuré de ceux qui n'ofent retour-
ner en leur pays, à caule de quelque mauvaife aftai-
re : ce (ont de malheureux profcrus. Acad. Fr.
PROSE, ou PRORSE. f. f Déelfé favorable aux accou-
chcmens des femmes. Profa , Prorfa.
PROSE, f. f. Eft le langage ordinaire des hommes, qui
n'eft point gêné par les mefures & les rimes que de-
mande la Poëlic, qui eft le mot oppofé. Profa ^^folu-
ta oraiio. Cet homme écrit bien en profe & en vers.
Voilà des vers li plats, que ce n'eft que de la profe.
Quoique la profe ait des liaifons qui la fouticnnent ,
& une fttrudure qui la rend nombreufe, elle doit
paroitre fort libre , & n'avoir rien qui fente la gêne.
P. BouHOURS. On a comparé les Ecrivains en pro-
fe , aux gens de pied, qui marchent plus tranquille-
ment, & avec moins de bruit. S. EvR. Les chofes pa-
roilfent plus vives' en poëiie qu'en profe. Mont. Il
y a des femmes qui fe gendarmeroient fi on leur ccri-
voit tout uniment en profe , qu'on les aime , Se qui
le fouff^tiroient plus volontiers en vers, la pcofe eft
trop férieule. S. Evr.
Souvent j'habille en vers une maligne profe. Boit.
Ce mot vient de /^ro/Z? latin, que quelques-uns pré-
tendent dérivé de l'fiébreu;ian;yi;Ajqui fignihe expen-
dit : eft enim foluta & expenfa oratio.
Prose, en termes d'Eglife,eft un chant rimé qu'on dit
avant l'Evangile aux fêtes folennelles feulement. Pro-
fa , cantus. La Profe de Pâques, de la Pentecôte, du
S. Sacremenr.
ifT Dans ces efpèces d'Hymnes on obferve feulement le
nombre des (vllabes, fans avoir égard à la quantité.
PROSÉCHO, PROSÉSIO. Nom d'un ancien Bourg de
PRO
la Carniole. Pucinum. Il eft fur le golfe de Triefte ;
à deux lieues de la ville de ce nom , vers le couchant.
Il na;t dans le terroir de Profecho des vins fort eftimés.
Maty.
le? PROSELYTE, f. m. Mot purement grec, qui figni-
fie étranger. Profelytus. Mais dans l'écriture & chez
les Écrivains Eccléliaftiques , il lignifie un homme qui
a quitté le Paganifme pour embrafter le Judaïlme.
Dans les aétesil eft fait mention des Juifs & des Pro-
felytes. Malheur à vous Docteurs de la Loi, & Pha-
riliêns hypocrites, qui courez la mer & la terre pour
faire un Profélyte. Port-R. Parce que vous faites le
tour de la mer Se de la terre , pour faire un Profélyte ,
& qu'après l'avoir fait , vous le rendez digne de l'en-
fer deux fois plus que vous. Bouh. Les uns étoient
Juifs de nailfance, & les autres Profélytes. Fleury.
|fCr On le dit de même d'un nouveau converti à la foi
Catholique , «Se ce terme étoit en ufage dès la primi-
tive Eglile,
|C? On le dit par extenfion de ceux qu'on détache d'un
parti pour les faire entrer dans un autre , des partifans
qu'on gagne à une fede , a une opinion.
Prosélyte, eft auffiun Ltranger admis &: reçu aux Lois
d'un Pays. Courtin.
Ce mot eft purement Grec wfomAvloî , & lignifie
en Latin advena ; Ôc en François, étranger , ou qui
vient d'un autre pays.
§:? PROSÉLYTISME, f m. Paffion, zèle de faire des
Profélytes. C'eft cet efprir de Profélytifne que les
Juifs onr pris des Egyptiens, & qui d'eux eft palfé
connne une maladie épidémique aux Mahométans ,
àc. Lett. Pers.
PROSER. Ecrire en profe. Solutà oratione fcrihere. Si
nous avions profer ^ tout iroit mieux pour Profiteur^
ôc en vérité M. Ménage ne devoit pas faire les chofes
à demi : il devoit faire hardiment le verbe profer ,
avanr le fuftantif P/-o/îue//r. L'un auroit frayé le che-
min à l'autre ; & quand on auroit été accoutumé à
dire, les Auteurs qui profent, il profe bien, on auroic
dit fans peine les Profiteurs , c'eft un bon Profiteur.
Mais profer , n'étant ni fait ni établi, je ne m'étonne
pas que Profateur ait échoué. Remarq. nouv.fur la
Langue Fr. pag. ^^ i ,& 4.J 2 de l'édition in-i 2.
Quand le P. Bouhours fit cette remarque, il ne fa-
voit pas que le Pccte Régnier s'étoit fervi du verbe
profer dans la ix Satire ,v. dû.
C'efl profer de la rime , & rimer de la profe.
Mais on a l.ailTé ce mot , qu'on pourrcit bien rappe-
ler dans la fuite : & Profateur , après avoir elluyé
bien des railleries , s'cft mis inleniiblem.enr en vogue.
PRO S ERP IN E. f. f. Nom propre d'une DéelTe des
Anciens. Proferpina. Pcrfephone. Elle étoit fille de
Jupiter & de Cérès , & femme de Pluton. Elle fut
enlevée en Sicile, & pendant qu'elle le divertilfoit un
jour à cueillir àzs fteurs dans les campagnes d'Enna ,.
Pluton l'enleva &répouf a. Par-là elle devint la DeelFe
des Enfers, la Junon des Enfers. Cérès courut tout le
monde pour chercher la fille , & enfin ayant appris de
la Nymphe Cyane, ce qu'elle étoit devenue , elle ob-
tint de Jupiter de la tirer de l'Enfer, pourvu qu'elle
n'y eiît encore rien mangé. Mais elle avoir pris quel-
ques grains de grenade ; ainli il ne lui fut pas pollible
de la retirer. On dit cependant que Cérès obtint qu'elle
pafteroit lix mois de l'année dans le Ciel , &: lix mois
dans l'Enfer avec Ion mari. Les Poètes dilent que Pro-
fcrpine coupe un cheveu à ceux qui doivent mourir.
Voye\ Euripide dans Alcefte, ic Virgile , Enéide ,
Liv. IV ,v. 6qS. Voyez S. Augustin, de Civit. Dci.
L. Vil , c. XX vin. Eusèbe, Pmp. Evang. L. IIL
Natalis Comes, L. III ^ c. xvi. Dempfter, Paralip.
L. III y C. XI Volîius, De Idolat. L. II j c. xxviii ,
& LX.
Ce mot, félon Cicéron, x'ient de fèrpo , prof rpo ^
fcrpenter, remper à terre, & il lui fut donné, parce
que les blés dont Cérès fa mère étoit la Déelfe, ram-
pent Se fortent de terre. Les Grecs l'appellent Perfé-
phqnc i que i'Etymologifte tire dc?.fM, fapporti ^
PRO
^r i'if,,,!^ Su Ficn, des rlchcjfas. D'autfcs \t tirent
de l'hébreu i-^Si,PeriJ'ruU:,3c J1£J7, Tjaphoun, cou-
vert. .
Les Siciliens cclébroient tous les ans rcnlâvemcnt
de Profcrpine , par une fctc qu'ils mettoicnt veis le
Temps de la ix-coite, &c h recherche que hc Cût-s de
ia Hlie dans, le temps des lemailles. Celle-ci duioic dix-
jours entiers. Dans les lacriliccs qu'on ottroit à ccric
DéelTè, on lui inimoloit toujours des vaches noires.
Le pavot étoit Ion lymbole ordinaire. Les G.iuloisrc-
gardoicnt Profcrpine comme leur mère, & lui avoient
b.îti des Temples. Ci.iudien , l'occe Latin, qui vivoir
fous l'Empire de Théodole, a donné un Poëmc (ur
l'enlèvement de Projerpine. Nous avons en François
deux Tr.agi-comédies fous ce titre , ik un Opéra donné
en 1680.
PaosERriNE. Terme de Fleurifte. Tuhpe qui efl: ronge ,
chamois &: jaune doré. Morin.
PROSHUQUE,ouPROSEUCHE.r. f.Lieuoù les Juifs
fiifoicnt leurs prières, & qui diftcroit des Synagogues,
en ce que celles-ci étoient dans les villes, &:étoientdcs
bâtimens complets & couverts, & que Xfi profeuques
étoient dans les campagnes, ordinairement iur le Bord
(des rivières, & (ans couverture, ou quand elles étoient
couvertes, elles étoient ou\'ertes par les côtés comme
font nos halles. Ce mot vient du grec ^poTiuxii', qui li-
gnihcpnhc. Le P. Jouvenci dit que profciicha lignifie
un lieu delliné à la prière. C'éroit apparemment une
de CCS, profcuqucs , dont il cft parlé dans le 1 ^'^ v. du
Chap. XVI des Aclics des Apôtres, f^oye-^ le Dicî. du
P. Calmet.
§Cr Les anciens HébreUx qui demeuroient trop loin du
Temple , ne pouvant pas s'y rendre en tout temps ,
bâtirent des cours Iur le modèle de la cour des holo-
cauftes pour y faire leurs prières. On donna dans la
fuite à ces oratoires le nom de profeuques. C'eft ce que
nous apprend Juvenal , Sat. III , où il le lert du mot
profeijchût
PROSE A VISA , I^ROST AVISA , CHIUSTENGE. Noms
d'une ville de la Bulgarie. Prq/Zcn'ijij j anciennement
JJÎropolis ) Iflros, IJlria. elle ell dans le pays des Tar-
tares de Droburce, iur la branche méridionale du Da-
nube , a deux lieues delà mer Noire , Se environ à neuf
de Témilwar, vers le nord. Maty^
'Prosodie, f f. Partie de la Grammaire qui enfeigne
la prononciation, qui marque les accens, les Syllabes
longues & brèves : 03" c'eit la prononciation régu-
lière des mots conformément à l'accent & à la quantité.
Profodia , acccntus , moduLtio. La Profodie ne fe
dit guère que dans les langues grecque 6c latine, où
elle eft ablolument nécelfaire pour laite des vers, &
pour en juger.
^3" Ce mot efl; grec «rfofw/.'a , ■îpù , cd ,&(.' œJ"» , camus,
inftkutio ad cantuw. Profodium^ Hymne qu'on chan-
toitaux Dieux avant l'entrée du chœur. Ces Cantiques
en ufagc chez les anciens Grecs s'adrelfoient à Apol-
lon & à Diane conjointement.
PROSODIQUE.adj.de t. g. Quia rapport à la profodie.
Accent profodique. Caraftère profodique.
ffT PROSONOMASIE. f. f. Profonomafia. Figure de
Rhétorique. relTemblance de termes î<c de mots dans
une ph;ale. Is verè Conful eft qui reipuhlkit falutï
confullt. Elle efl: bien voilme du jeu de mots
^ PUOSOPOGRAPHIE. f f. Pr {opographïa. Por-
trait , defcription. ^qyc^ Hypotypose & ÉthopÉe.
PROSOPOPÉE. f f. Figure de Rhétorique par laquelle
on fait parler des perfonncs abfentes , ou mortes; ou
des villes , & dc^ alleiTiblées , & même des chofes ina-
nimées. Profopopuïa. Il y a deux fortes de prcfopo-
pées : l'une direde ^ & l'autre indiredc. Les Poètes
dans leurs fixions, ufent fouvent de profopopées, &
les Orateurs dans la Peinture d'une paffion violente ,
qui (emble les tranfporter hors d'eux-mcme. Par exem-
ple: iufl:es Dieux , Protefteurs des innocens ! permet-
tez que l'ordre de la nature (oit interrompu pour un
moment, & que ce cadavre déliant fa langue, reprenne
l'ufige de 11 voix , &c.
PROSPECTUS, f m- .'vlot latin nouvellement introduit
dans lecommercede la Librairie j particulièrement dans
PRO
n
celui des livres qui s'impriment par foufcription. il li-
gnifie le projet ou piogiame de l'ouvrage qu'on pio-
pofc à ("ou(crire,la matièiô qu'il traite, le format, &
la quantité de volumes qu'il doit avoir , le caraûèic >
le papier , (oit grand ou petit, qu'on veut employer
dans l'édition; enfin les conditious fous lefqïicllcs fè
fait la foule. iption : ce qui comprend principalement
la remile qu'on fait aux Soufcriptcurs, & lerenips au-
quel l'ouvrage foufcrit doit le délivrer.
Les Libraires publient ttes profpeclus pour àvbhir
qu'ils vont imprimer de certains livres.
%r^ Ce mot (e dit à-peu-près dans le même fens poûir
notice. Sptcïmcn. Le P. Mabillon donne dans fa di-
plomatique une idée, un profpeclus , des notes deTy-
ron. Mém. de Tre'v.
PROSPER. f m. Nom d homme. Profpe'rus. S>Mni
Profpcr Difciple de S. Auguftin tient la grâce géné-
nlc donnée, ou offerte à tous les hommesi Fléch.
Ip- PROSPÈRE.^ adj. de t. g. Heureux , favorable au
fuccès d'une affaire , d'une entreprifc. Profper. ftcun-
dus. Cet homme a eu toute la vie hï^nuuc profpère.
Les vents projpères j les deiïms profpères. Ce mot
plailoit à Ménage. Malherbe, Segrais 6'c. s'en font fer-
vis, difoit-il, 8c je ne vois pas pourquoi nos puriftes
font aujourd'hui difficulté de s'en lervir. Parce qu'il
a vieilli, 6c que l'ulage , qi.ii cft le maître & le tyran
des langues ,ne l'admet plus que dans le ftyle tamilier.
CCT PROSPÉRER. V. n. Profptrd ,fecundc! uùforiunâ.
Avoir un bonheur contiiui , qui cli le luccès de la con-
duite. Les fous ont quelquefois du bonheur, & \ei
fages ne profpèrent pas toujours. Dieu permet quel-
quefois que les méchans proj'pèrc/u pendant quelque
temps.
En parlant des choies, ce mot lignifie réulHr, avoii:
un heureux fuccès. tout profpcre entre les mains. Om-
nià bcne evcnïunt,.
■Je veux bien que le fort par un heureux caprice.
Fafje de vos écrits prolpérer la rrialice. Boil.
^ PROSPÉRITÉ, f f. Frofperitas, profperafortu-
na , res. Suite d'événcmens heureux, bonheur continil
qui eft le luccès de la conduite , &c qui vient par
degrés. Il ne faut pas felailfer enfler pach profperite' ,
ni le laiflcr abattre par l'adverfité. La. projpérite' rend
les hommes luperbes , Se l'adverfité les rend lâches &
rampans. Le P. le B. La profpcrité qui devroit être
le piivilège de la vertu, cft ordinairement le partage de
l'injufticCi FlÉc. Un fidèle ami rend k profpcrité
plus douce , 6c l'adverlué plus lupportable. S. Evr.
Ce mot n'eft d'ulage qu'à l'égard du bien que les'
foins prociirent : & le mot de honhcur (e dit également
pour le mal qu'on évite , comme pour le bien qui fur-
vienr. Le Capitule (aUvé de la (urprifc des Gatiloiy
par le chant des oies (acres , & non parla vigilance des
îentinelles, eft un trait d hiftoirc plus propre à mon-
trer le bonheur des Romains qu'à lairc honneur à leur
commandement militaire en cette occafion; quoique
dans toutes les autres la (agelfe de la conduite ait au-
tant contribué à leur jrro//'t>vrt; que la valeur du foldan
Ce mot fe dit également pour déligner l'état Horif-
fant des perfonnes & des alfaires , (oit générales foit
particuliètes, & s'emploie avec grâce au pluriel; La
profperité de l'Etat , des affaires ,_des armes. L'homme
ne (auroir tenir ni contre radverdré , ni contre X-xjrof-
périié ; & comme il y a des malheurs fous Ie(quels
la patience fuccombe , il 'K a aulli des vrofpcrités qui
(ont au-delTus de la modération. Flec; Les grandes
profpérités nous aveuglent , nous tranlportent , & nous
égarent. Boss. Les /7rr>//^fWreV militaires laiflcnt dans
l'amejc nefai quel plaifir touchant qui la remplit. Se
l'occupe teinte entière. Ftic;
On dit d'un homme, qu'il a un vifage Ae profpé-
r'né ; pour dire , qu'il a l'air gai & content, le teint
frais & fleuri.
PROSSIMEZ< f. m. Nom que les efclavons donnent aii
premier mois de l'année. Januarius.
PROSTAPHÉRÈSE. f f, Terme d'Aftionomie , qùî fë
24 PHO
dit de la manière de trouver le mouvement moyen des
allres, en compenlant leur régularité apparente, qui
nous les prelente tancôc marchant d un mouvement
lent & tantôt avec vuclle. C'ell la même chule qu'E-
quation , que les nouveaux Aftronomes ont intro-
duit au lieu de projlapherèfe dont Ce lervoient tous
nos Anciens. La projlapherèfe cft l'arc du zodiaque
compris entre la ligne du mouvement d'une planète ,
Se la ligne du moyen. ÇCJ" C'cft la diftérence entre le
lieu vrai d'une planète 6c Ton lieu moyen , entre Ion
mouvement vrai & ion mouvement moyen. Comme
le moyen eft quelquefois plus grand, quelquefois plus
petit que le vrai, il faut quelquefois l'augmenter, &
quelquefois le diminuer. Cette augmentation ou di-
minution eft la projlapherèfe ou Equation , qui par
conléquenc , eft tantôt additive , tantôt foujlraclive.
Cemotvientde â^aifi^n , louftraétion, retranchement,
& de rfi^^i, devant, louftradtion qui ell quelquefois
une addition. Injtitution AJlronom. p. 47 s-
PRO STASE, f. f. Hippocrate entend par proflafe
d'une humeur, la fupériorité fur les autres •»!! iVa«! , de
«TfoVa/iai, préfidcr , prédominer, exceller. Voye\\t
DicT. DE James.
PROSTATÈRE.f. m. Nom du troifièmc mois de l'an-
née chez les Thébains & les Béotiens. Proftaterius.
Il répondoit au mois de Novembre. Fahricius.
PROSTATES, f. m. Terme d'Anatomie. Ce font deux
corps blancs & glanduleux fitués à la racine de la verge
lur le (phinfter de la veffie. Us féparent une humeur
blanchâtre & glaircufe, qui le décharge dans la ca-
vité de l'urètre, par pluficurs petits tuyaux qui s'y
vont rendre. L'ulage de cette humeur elî d'humeéler
& d'enduire l'urètre , afin qu'il ne foit point oftenlé par
l'acrimonie de lurine qui y palle continuellement , &
de (ervir de véhicule à la lemence dans le temps de
l'éjaculation.
^ PROSTATIQUE adj. Terme d'Anatomie,par lequel
on déllgne les mutcles qui s'infèrent aux proftates. il y a
quatre mulcles piojlatiqxxcs ■, deux qu'on appelleyà-
peneurs Se deux injerieurs.
PROSTERNATION.!: f. Salut plein de refped. Abaif-
fement d'une perfonne julqu'aux genoux d'une autre
qu'elle fupplie. y-^^yt-rZ/Oj demijjio. Un Souverain cft-
il bien payé de (es loins, de (es inquiétudes par leplai-
fîr que donne la puilfance ablolue , & par toutes les
projlernadons des Courtifans. LaBruy. Ils marquè-
rent lur le champ leurs très-humbles reconnoiflances à
l'Empcreur( delà Chine ) par les proJlernaV-Onsa.ccou-
tumccs. P. LE Comte.
PROSTERNEMENT. f. m. kGtion de fe profterner.
Autrefois le Prêtre faifoit des profiernemer-is au pied
de l'Autel avant & après la Mcllc. Mémoires de Tré-
voux.
ifr PROSTERNEMENT , & PROSTERNATION.
Mots de peu d'ufage qui paroilfent à-pcu-près fynony-
mes. Le Dièt. de l'Acad. ne les diftingue qu'en dilant
le dernier exprime l'état de celui qui eft profterné, &:
le premier l'aètion de le profterner.
fP" PROSTERNER. ( /i ) v. récip. Ad gemia alicujus
procumbere ,procidere. Se baiftcr jufqu'aux genoux de
quelqu'un, faite une protonde révérence , le jeter à
terre en figne d'adoration ou de grand refpeèf. Un bon
Chrétien le projlerne devant l'Autel , devant le Cru-
cifix , devant le Confelfeur , pour demander pardon
de fcs fautes. Un vaincu le projlerne devant le vifto-
rieux pour lui demander grâce & la vie. A la Paftion
on (c proflerne pourbaiferla terre. Les Moines ontplu-
fieurs cérémonies où ils demeurent proflerne'sSc éten-
dus contte terre.
Corneille a dit dans Pompée , proJlernerQi couronne.
Mais on ne proflerne point une couronne : on ieproj-
terne , on dépôfe une couronne , on la dépofe aux pieds,
& non julqu'aux pieds. Volt.
PROSTERNÉ , LE. part.
PROSTHÈSE. f. f. Opération de Chirurgie, par laquelle
on ajoute (!<; l'on applique au corps humain quelques
parties artificielles , en la place de celles qui manquent ,
pourexercercertainesfonûions.Pro/ZAf^j. Une jambe
de bois, un bras artificiel , avec une main ôc des ref-
P R O
forts pour la faire agir, un nez d'argent , une plaque
au palais rongé, t<i autres choies Icmblables dépendent
de h projlhèj'e. C'eft un mot grec ^rfortwt, qui figni-
fie addition j application ; du verbe •'f^ii'H-' , jepo/'e j
j'applique. CoL. DE Villars.
Prosthes e. Teime de Rhétorique , fynony me d'op-
polition , addition. C'eft une figure par laquelle on
ajoute une lettre au commencement d un mot lans en
altérer le fens. Comme quand cndagnatus , fils, pour
natus , gnavus , pour navus.
PROSTIBULE. f. m. Lieu de débauche où les femmes fc
proftituent à tous venans pout de 1 argent. C'eft ce
qu'on appelle communément un lordel. Le mot de
projlihule a quelque choie de plus doux & de moins
grollier que celui de bordel. C'eft le mot latin avec
une forme ftançoite. Projlihulum , lupanar. Il n'y a
julqu'aux jeunes libertines qui ne fornllent les che-
veux epars de leurs projlihules , & qui ne fillent des
ades de pénitence. Misson. Trad. de Théodore Valle.
Defcription du Véfuve en 1631.
PRv^STITUER. V. a. Livrer, abandonner àl'impu-
dicité d'autrui , obliger ou engager une temme ou une
fille à s'abandonner. Projlituere ,promifçui venerd per-
mittere. Cette mère a proftitué elle-même la propic
fille.
On le dit plus ordinairement avec le pronom pcr-
fonnel. Cette femme le proftirue à tous venans. Frof-
tat venalis. On dit dans le même fens proflicuer fon
honneur.
Dans le fens fi'^wK , proflicuer (on honneur , c'eft fe
diffamer foi même par desadtions indignes d'un hom-
me d honneur. Proflituer la Magiftiature , la Juftice.
Se proflituer a la frveur, c'eft fe deshonorer par un lâ-
che dévouement aux volontés des tavoris. Proflituer
fa plume , le proflituer à la paftion d'autrui , le dit
d'un Auteur mercenaire , indignement dévoué auxpaf-
lions de ceux qui le font écrire. Un Auteur qui a la
plume vénale , la projlitue à ceux qui lui donnent le
plus. Un homme lans honneur le projlitue , s'aban-
donne aux acl:ions les plus fervilcs , les plus balFes &
les plus deshonnêtes. Il y a des Juges qui profjtuent
leur digiiité , la juftice. Lelage qui ne va peint le/ro/^
tiater à la faveur & a la fortune, demeure dans l'obf-
curité & dans l'indigence. S. Evr. Onprojlitue aujour-
d'hui les louanges fans choix Se tans diftmction. Bell.
A quoifert la valeur l'ejlime & le pouvoir ,
Qu'à proftituer-yù vie ^6' qu'àfefaire voir ? S. EvR.
Le mot de proflituer étant de quatre fyllabes , ce
dernier vers ne vaut rien.
PROSTITUÉ, ÉE. part &: adj. gCT 11 a tous les fens du
verbe. Femme prcjlituée. Plume proflituée. Homme
proflituéï. la faveur. 'Lt%2xnç.s projïnuées'z l'ambition,
ne le mettent pas à fort haut prix. Boss.
Non , non j il n'ejl point d'ame un peu bien Jltuée ^
Qui voulût d'une ejlime ainji proftituée. Mol.
^fT En parlant d'une femme abandonnée , on dit fubf-
tantivement, c'eft une projlituéc. Projlibula, projli-
hulum ,Jlortum.
La Prostituée des PAi/o/cipAcj-. Terme de Phi lofophie
hermétique. Les Alchimiftes entendent par ce terme
la matière de laquelle l'Artifte a tiré leur mercure.
DicT. Herm.
Ip- PROSTITUTION, f . f. Abandonnement à l'impu-
dicité. Mcretricium , ejfrxnata libido. On le dit en ce
lens des femmes & des filles livrées à la débauche
vénérienne. Cette femme vit dans une projlitution
honteule.
|f3" On appelle lieu de projlitution , un lieu public
où l'on trouve des femmes qui le prol^ituent. Projli-
hulum , lupanar , lupanarium.
^fT Dans l'écriture , l'abandonnement à l'idolâtrie eft
appelé projlitution.
ifT D.ms un fens figuré , la projlitution des lois, de la
juftice, delîgne l'abus qu'en fait un Juge corrompu ,
en les faitaiit lervir à fes intérêts.
PRO
(J:^ La pivjluudon de ceux qui facrificnt à la fortune
jufqua leurs ainis, cil iiitaiiK. Corruptio j dcpravatio
morum.
rKOSTRATION. f. f. Adion de fc profterncr. C'eft l'.nc
humble inclination Ae. corps , un Iaku très rtlpcdr.cux
en forme d adoracioii , & qui efi: quclquci-ois l'adora-
tion mim'^.'Proflracio. M. du Pin dit dans (a Biblio-
thèque Ecclcliailiquc , à l'article de Théophile Kay-
naud , que la prollration étoit commune dans l'ancien
Tcftameiit. Les Chinois font quatre projlrathms de-
vaut le tableau de Confucius. Pratique des Jcfultcs ,
Tom. VI, p. Ç4- C'cll la même choie que pROi ter-
nation. Voyc^ ce mot.
PROSTYLE, adj. Terme d'ancienne Architecture. Pro-
Jlylus. Les Anciens appcloient Temp/e profty/e , celai
qui n'avoit des colonnes qu'à la hice antérieure. C'ell
un met grec t' "Aos.qui a des colonnes par-devant.
PHOTADE. f. m; Nom d'homme. Protad'ws. A Belan-
çon , S. Procddc Evèque. Chas tel. Martyr, i o Fevr.
p. (pp. Sa vie ell: gardée aux Archives de S. Jean de
Belaiiçon. Bollandus l'a htit imprimer, 3c à la lin il ell:
marqué que S. Protadc avoit lait un livre qui co]i-
tenoit ce que les Frères doivent traiter en leur Allem-
blée, & tout ce qu'il falloit obfervcr dans l'Eglile_, le
long de l'année. S. Protade mourut en 616.
PROTAIS. f. m. Nom d'homme. Prononcez comme fi
l'on ccrivok Proies. Protjjtus. S. Getvais & S. Pro-
tais foulîrirent la mort pour la Foi à Milan , Se fclon
ce que S. Ambroile en écrit à Marcelline la lœur .
l'Eglile de Milan n'avoir point encore produir de Mar-
tyrs avant eux; ce qui a tait juger qu'ils pouvoient
avoir foutïcrt dans laperlécution de Néron. Voyer fur
ces Saints le P. Papebroch , ^cl. Sancl. Jun. T. Ill :,
p. Sij, àf fuiv. Et ci délias Gervais.
PROTAPOSTOLAIRE. T. m. Nom d'un Office dans
l'Eglile d'Orient. Protapoflolanus. C'étoit le Chef
de ceux qui expliquoient au peuple les ouvrages des
Apôtres , les Livres du Nouveau Tellament. C'étoit
aulîî le premier de ceux qui iiloient l'Epitre à la Méf-
ie, lelon les Macri.
PROTASE. f. f. Terme dePoëlîe. C'eft la première par-
tie d'un Poëme dramatique , qui explique au peuple
le lujet ou l'argument de la pièce.
tfT Cette expohtion ne doit pas être affez claire pour
m;rtre pariaitement le Ipeclareur au fait de tout ce
qui doit arriver dans le cours de la pièce, & lui faire
pénétrer le dénouement. Ce leroit lui ôter le plaifîr de
la lurprife: il luffit de le lui laiin^r entrevoir comme
en perlpetflive , afin de lui ménager un pl.iifir tou-
jours nouveau , par les diftérens incidcns qui piquent
fa curioiité.
Ce mot vient du grec •^f^ictan.
PP.OTATIQUE. adj. 'Terme de Poëfie grecque ou la-
tine. C'étoit un pcrionnage qui ne paroilloit fur le
Thiàtrê qu'au commencement de la pièce , comme
Sofie dans l'Andrienne de Terence. Protaticus.
Ç3^ Ne faites pas comme les Anciens , qui pour faire
entrer les Spettatcurs dans le lujet de la Comédie
qu'on alloit reptélentcr, introduifoicnt allez fouvcnt
un Aclcur qui leur racontoit boi-iuement ce qui avoir
précède 1 action, comme s'il eût parlé à Ion confi-
dent -, ou uii lebornnient, comme Térence, à un
perfoiiiiage piot.atiquc , qui ne pauilTbit qu une fois
au premier adle, pour écouter froidement &c lans in-
- térét ce qu il écoit luccHaire de favoir avant que la
pièce commençât. N'en déplaife aux partifans outrés
des .uicieiis, nous leur iummes infiniment (upérieurs
dans l'ait des expofiti.jns , & même dans celui d'ame-
ner les événemcns. Uistcvches.
^3" Protatique, fc dit aulîI des faits qui énoncent le
fujet de la pièce. Il zn:"c (ouvent que les faits pure-
ment protcti(ju£s font une plus vive imprelîîon.
(fT PROTE. 1. f. Terme d'Imprimerie. C'eft le nom
qu'on donne au premier dune Imprimerie, qui eft
chargé de la conduite ôc de la dirertion de tous les
ouvrages, & de lire & corriger fui la copie les pre-
mières épreuves. Ce mot vient du grec «f«'i»! primus,
premier.
Tome III,
PRO
^T
PROTECDÎQUE. f. f. Officier de l'Fgiife de Conftan-
tmoplc. C'eft celui qui avec deux Ecdiques, conmut
ik juge à la place du Patriarche, des caufcs mineures
PROTECTEUR, f. m. PROTECTRICE, f. f. Qui
prend en main la défcnfc des foiblcs, ou des aftli-
ges. Protector j, dcjenjur , tutor , curator. Les Ala-
giftrats lont les protccleurs de la veuve (k. de l'oij he-
Im. Parmi les Payens Minerve étoir regardée comme
la protectrice des beaux Arts.
Protecteur, le dit auiii dun patron , de celui qui a
loin des affaires ou de la fortune d'autrui. Patronus ,
defenfor. Cet homme a un puillant patron, un bon
protecteur a. la Cour. Chaque Nation, chaque Ordre
Religieux a un Cardinal Protecteur a Rome. Cn.m-
Wel s'cft appelé My\oxA Protecteur en Angleterre.
PROTECTION, f. f. Aélion de ptotégcr, de prendre la
dLlcnfe,ou bien, fccours , appui. Tutela ^prfjidïum ^
tutamentum. On prend quelqu'un fous [a. p/oteâion^
on lui accorde la protection. On recherche la protec
tion de quelqu'un , on a recours à la protectio/i.Tiou-
vcv delà protection ., avoir de puilî.antes /T('rtT7/f/2j.
La protection adtive (uppolc dans celui qui protège ,
de la puilîance, de l'aurouté , du crédit, de l'appui 8c
de la laveur. Au contraire, la protection pallive fup-
polc d.ins celui qui eft protégé, de la foiblclTe, du
beloin, de la dépendance. Le peuple vit fous h pro-
tection des Lois contre la violence des Puilfans. Cette
ville neutre s'eft mife lous la protection du Roi. C^uand
un h'imnie violent menace fa Partie adverfe, elle de-
mande d'ctte mile en la protection &: fauve-garde dut
Roi & de la Jurtice. Dans les lettres de garde gardien-
ne & de commitcinius ~, le Roi déclare qu'il a mis
l'impétrant en la protection de fauve-garde. Etre feus
\x protection Se la foi de quelqu'un, c'eft relever de
lui, &■ être fon vaftal. Courtin.
Protection, fe dit aulli de l'emploi de protedcur à
Rome. On a donné à un tel Cardinal la ^ror< <,'/«. /i de
France. La protection d'Efpagne eft vacante par la
mort d'un tel Catdinal.
Ç3- PROTECTORAT, f. m. Terme relatif à l'Hiftoire
modetne d'Angleterre. Cromwel , après avoir fait pé-
rir lur un échafaud fon Roi , Charles I, régna en Ân-
gletetre fous le titte de Protecteur du Royaume. De-
là on appela Protectorat non-feulement (a qualité, fa
dignité de Protedeur, mais encore ((^n règne , tout le
temps qu'il gouverna en maître l'Angleterre. Jamais
l'Angleterre n'eut une plus grande influence dans 1 Eu-
rope que lous le protectorat de Cromwel : elle en
étoit l'arbitre. Mém. de Trév. Richard Cromwel fuc-
ccà:i&\x protectorat de fon pete, comme un Prince de
Galles auroit luccédé à un Roi d'Angleterre. S'ctanc
démis du protectorat, Richard voyagea en France.
r? PROTECTORERIE. f. f. Terme de relation, char-
ge, office de protefteur à la Cour de Rome. Secré-
taire de la proteétoreric.
§^ PROTÉE. f. m. Terme de Mythologie. C'étoit un
Dieu de la metj fils de Neptune & de l'Océan. C'é-
toit lui qui failoit paître fous les eauN les veaux ma-
rins & les autres monfttes qui compofoient le trou-
peau de Ion père. Il en avoir reçu pour récompenfe
le don de conno'ure les chofes cachées , tk de prédire
l'avenir : mais on ne pouvoir arracher de prédidtion
de lui, que quand on s'en croit rendu maître, en le
liant & le garrorant. Pour échapper à celui qui le con-
lultoit, il le métamorphofoit de mille manières diffé-
rentes : il prenoit la figure de bêtes féroces , il le cluiia
geoit en eau, en feu, &c.
Omnia transformat fefc in miracula rerum.
Ignemque , tiorrihiteinquc feram , fluviumque liquententi
ViRG.
Si quelqu'un étoit alFez courageux pour n'être point
effiayé par tous ces chaiigemens , & afTez adroir poui;
le tenir f^ortement enchaîné, il reprenoir alors fa pre-
mière forme, & on en tiroir tout ce qu'on vouloit
favoir.
De-là nous avons appelé Protée, un homme qui
D
26
PRO
change continuellement de forme. Ferjipellis. C'cft
un Protée ^ un viai Protce. Cette fable vient de ce
qu'un Roi d'Egypte nommé Proue j (elon la coutume
du pays, portoit lut la tcte un ornement, & pour mar-
que de fa dignité des figures de taureaux , de diagons,
d'arbres, & d'autres chofes (emblables ; ce quiftit
que les peuples ont tranfporté à la perlonne les figu-
res de les hàbillemens de tête, comme dit Diodore
de Sicile. On tient même que dc-la vient l'origine des
calques 3c des cunicrs qu'on voit encore dans le Bla-
lon.
Le ProtÉe des Philosophes, qui change de forme
tous les jours lans aide d'homme, en termes de Phi-
lofophie hermétique, c'ell le mercure , ou c'eft l'el-
prit univerl'el qui le corporific dans divers lujcts des
trois règnes. Dict. Herm.
Protée. 1". m. Proceus. Nom d'un collyre dont on trou-
ve la defcription dans Paul Eginète. Lib. FIL cap. 1 6.
PROTÉGER, v. a. Défendre , con'erver les intérêts de
quelqu'un. Ptorcgcre, tuerl :,fuJîincre.D\t\i protci^ca
l'innocence de Sufanne contre la calomnie des Vieil-
lards. Protéger \ts foibles, les opprimés. Protéger la
jullice , l'innocence, la religion, la bonne caule. Il eft
dangereux de plaider contre de belles femmes , ou de
belles filles, car elles font xi}\.\]o\.\K protégées.
PROTÉGÉ , ÉE. part. On dit (ubftantivement , c'ell le
protégé d'un tel Miniftre , c'eft un de (es protégés.
PROTHKIATE, ou PROTERIATO. Rivieie d'ItaUe,
air Royaume de Naples, dans la Calabre Ultérieure :
elle a la fource au mont Apennin, & le jette dans
la mer Ionienne.
#0=- PROTEST. Fox. Protêt.
PROTESTANT, ANTE. Adj. fouvent employé fubf-
tantivement. C'eft un nom qu'on donne en Allemagne
à ceux qui fuivent la doéhrine de Luther. Ils ont été
ainlî nommés, à caule qu'ils proteftèrent en 15Z9, con-
tre un Décret de l'Empereur &: de la Diète de Spire ,
& déclatèrent qu'ils appeloient à un Concile Général.
Proteftantes. La Religion Protejïante. Les Princes
Prot'ejlans fe lont rendus bien puillans en Allemagne
& dans tout le Nord. Ce nom a été donné auiii dans
la fuite à tous ceux qui fuivent les lentimens de CaL
vin. La ville de Genève cft toute Protcftc.ntc.
Protestant, en ce même Icns eft aulîl lubftantif. Les
Proteflans d'Allemagne ne font pas tous également
rigides. On a travaillé en vain à la réunion de tous les
Proteftans Luthériens & Calviniftes.
PROTESTANTISME, f. m. Terme Dogmatique. C'eft
la Religion des Luthériens «Se Calviniftes , leur con-
fellion de foi, leurs dogmes & leurs maximes; les
dogmes des Eghfcs Proteftantes , dans tous les points
où elles diftèient de l'Eglife Romaine. M. Bayle dit
que la lettre que la Reine Chriftine écrivit de Rome
au Chevalier Teilon le 2 Février 1686, eft un refte
de Protejlantifrne. Le Roi ( Charles IX ) en entrant
dans Paris , fie délarmct tous ceux qui étuient loup-
çonnés de Proteftantifmc. Desfontaines.
t}Cr PROTEST ATEURS. f. m. Terme de parti en
i6jo. Pendant l'interrègne , les Anglois le divisèrent
en deux faélions : les uns adhérèrent à la rélolution
du Parlement, & prirent le nom de Réfolurionnaires.
Les autres étoient connus lous le nom de Protefta-
teurs, c'eft- à -dire, taileurs de proteftations , parce
qu'ils étoient oppofés aux rélolutions du Parlement.
Ahr. Chronol. de l'Hift. d'Angl.
{(T PROTESTATION, f. f. Tetme de Jurifprudence.
Déclaration que l'on fait, par un acte juridique^, con-
tre la fraude , l'opprcllion , la violence , la nullité d'un
acte, d'un jugement, d'une procédure, portant que
ce qui a été tait ne peut nuire ni préjudicierà celui
qui protefte, lequel le rélerve de fe pourvoir contre
en temps & lieu. Contcftata denuntiatio.
IJCF On fait des proteffatio-'s contre ce qui cft fait, &
contre ce i-iui doit le faire. Un jeune homme qu'on a
forcé de fe faire Religieux , peut protefter contre
fes vœux , dès qu'il en a la liberté. Celui qui
craint d'être forcé à le faire, peut protefter d'av.ance.
^3" On fait aullî des proteftations qui demeurent fe-
ciètcs chez les Notaiies ; mais elles méritent peu d at-
PRO
tention, à moins qu'elles ne foient appuyées de preu-
ves qui juftifient du contenu auxditcs proteftations.
■3-1 On n'a point d'égard aux pruteltations vcibuies , li
elles ne lont laites en prclence de témoins.
i^ Protestation , dans l'ùlage ordinaire, le dit d'une
déclaration publique que l'on fait de la manière àuvX
on eftdilpolé, d'un témoignage public de la volonté, de
les lentimens. Faire une proteftation de fon zèle, de
la fidélité au lervice du Roi, de tun attachement in-
violable. Profit eri.
%fJ' On le dit encore des promcircs, des alTurances po-
litiveSjdes démonftrations d aminé, d'amour, de ler-
vice, é'c.llm'afaitmille/'rof^jrionj d'amitié. Il luifit
de nouvelles protefiations d'amour ; mais à force d'en
vouloir faire de trop grandes & de trop belles, il en
fit d impertinentes. Scaron. Il feroit bien lâche, s'il
me trahilloit, après tant àç protefiations à' Aiu\ùi. qu'il
m'a faites, hei protefiations de fervice & d'amitié que
l'on le fait d'ordinaire , ne lignifient lien d'etiectit.
Aloi i je ne hais rien tant que les contcfions
De tous ces grands faifieurs de proteftations.
Mol.
ffT PROTESTER. Terme de Jurifprudence. Faire des
proteftations, déclarer par un aite juridique. Contef-
tando denuntiare , tefiifixjri. On protefte contre la
fraude, concre la violence, contre des émillions de
vœux, contre une dc:libération, contre un jugement,
contre les acl:es dans lelquels on eft lélé. Pour que la
prcteftation foit valable , il faut protefter aullî - tôt
qu'on a la liberté de le faire , ou que la haude eft
connue.
03* Protester de la nullité d'un afte, d'un jugement,
d'une procédure, &c. C'elt déclarer c-u'on prétend que
l'aéle dont on fe plaint eft nul. On dit dans le même
fens , protefier de l'incom.pecencc d'un Juge , déclarer
qu'on prétend qu'il n'cft pas compétent.
If3° Protester de tous dépens, dommages & intérêts,
déclarer qu'on n'en lera point tenu , & qu'on tera en
droit de les repérer contre la partie adverle.
■ Protester i eft aulîi aétif & fignifie dans i'ufageor-
dinaiie, déclarer hautement, promettre pofitiveinent,
alîurcr fortement quelque choie. PoUiceri, jurare ,
afihmare. Il a /'/•of£/?tf hautement qu'il le vengeroit de
cette injure. Il a.protefité qn'W vouloir vivre & mourir
dans la Foi. Il a juré Se protefte qu'il n'avoir eu au-
tuiie part en cette aétion.
Fuye-^ ces vagabonds , dont l'amour trop fertile
Kc vous protefte rien, qu'il ne protefte à iniHe.
Corn
■sso' Dans le commerce, en matière de lettres de change,
protefier une lettre, un billet de change , c'eft en fai-
re le protêt, c'eft- à-dire, déclarer a celui lur qui cette
lettre eft tirée , que faute par lui de la payer à fon
échéance, ou de l'accepter quand on la lui préfente,
lui & Ion correfpondant feront tenus de tous les pré-
judices qui pourront rélulter du défaut d acception
ou de payement. On ia.\z protefter , on procefie une
lettre de change , lorfque celui fur qui elle eft tirée,
refuic de l'accepter quand on la lui prélente, ou de
la paver quand elle eft échue.
PROTESTÉ , ÉE. part.
PROTET, f. m. Terme de Négocians. Co«ri?/7i;M denun-
ciavo. C'eft un acte pat lequel , faute de payement
d'une lettre de change à fon échéance, on déclare
que celui fur qui elle eft tirée, & (on correfpondant,
feront tenus de tous les préjudices qu'on en recevra ,
de toutes pertes , dépens, dommages & intérêts. C'eft
ce qu'on appelle protêt faute de pavement. Un Né-
gociant qui laifte venir à protêt des lettres de change,
a bientôt perdu fon crédit. Lu protêt ne peut être lup-
pléé par aucun : utre aéte public , foit demande, fom-
mation ou allignation.
^y 11 y a aulh des protêts faute d'acception. C'eft une
fommation faite à un Banquier ou autre perfonne ,
d'accepter une lettre de change tirée lur lui par ua
P II o
C()ncrpo;u!-,i!U. Ces rrot.':s faute d'accepter d. vivent
ie faire dans le mcnij-tcmps que l'on préfe.ne la let-
tre, lorfqac celui kir lequel elle cil: tirée, retule de l'.ic-
cepter. Ces adtcs s'appcllcnc prorct , parce qu il, con-
tiennent les dcclaiationscuproteftations dont on vient
PROTEVANGILE , ou PROTÉVANGÉLION. f. m.
Nom d'un Livre apocryphe , attribué à Saint Jacques ,
premier Evêque de Jcrufakm. Protcvangelium.GiiW-
laume Poltel cil le premier qui ait hic connoître ce
Livre. Il le rapporta d'Orient , écrit en grec , & en
donna une verlion Latine. Eulebe &c S. Jérôme ne par-
lent point de cet ouvrage dans leurs Catalogues; &
les Fables dont il ell rempli, prouvent alFcz qu'il n'efl:
point de S. Jacques. ^
PROTHtSE. f. f. Terme d'Hiftoirc Eccléfiaftique. Petit
Autel dans les Eglifes Grecques, fur lequel le fait la
cérémonie que les Grecs appellent Pro^/.y/dj en Grec
tufiUan. Le Prêtre Se les Mimilres préparent (ur cet
Alltel tout ce qui ell iiécelFaire pour la célébration de
la Mclle , (avoir, le pain, le vin, & tout le relie.
Après cela, ils vont de ce petit Autel au grand Autel,
pour y commencer la Melle, & ils portent les faints
dons qui ont été préparés. Cette procellion te fait parmi
les Grecs , & même chez les Orientaux avec un très-
grand apparat. Voy. Autel. Meilleurs de Port-Royal
le font fervis du mot de protkèfc dans leurs, Livres de
la Perpétuité. Pror/^t^j-. Si on le vouloit expiimeren
Latin, ondiroit pnspofuïo.
PROTOCANONIQUE, adj. C'efl: le nom qu'on don-
na aux Livres Sacrés, reconnus pour tels, avant mê-
me qu'on eût fait des canons. W. du Pin dans (es Pro-
légomènes fur la Bible, en divile les Livres en trois
clalfes; les P/vfocarttinzjiiej^ les Deutéroca ioniques,
& les Apocryphes.
PROTOCOLE, f. m. Vieux mot. Livret, rôle ou hif-
toire. BoREL. Liber , hlfloria.
Lifei en ce/lui protocole. Villon.
C'eft, félon Ménage, la première feuille d'un livre,
& efcatocolla, la dernière : ce qui vient tout du Grec.
Selon d'auttes, \c prococok a été fait du Latin ^proro-
collum , &c (ignifioit originairement la première feuille
d'un livre, où étoic la marque du papiet. Primum co-
difis folium ; & même il iîgnitîoit quelquefois cette
marque du papier, qui étoit tantôt au bord, tantôt à
côté, Se tantôt au haut de la page. La Novelle XL!V
de Julfinien, détend d'ôter Se de couper le protocole
des Chartes , qui raifoit connoître l'année où le papier
ou le parchemin avoient été faits, tk l'Oflicier à ce
commis qui les avoir délivrés : ce qui fervoit à dé-
couvrir piulieurs faulletés qu'on ne découvriroit pas
aifément, fi cette marque étoit emportée : CV.tt fans
doute poutquoi il a été défendu aux Notaires de ro-
gner leurs Regiftres •, Tihullo , l. j. Protocolum ejl
fajliaium charte. On a (uppléé à cette formalité par
le paraphe des Juges , qu'on a fait appoter à tous les
feuillets des Regiftres de certains Otiiciers publics ,
comme Banquiers, Geôliers, &c. D'autres difent que
c'eft la première minute, note, livre, cahier, ou re-
giftre, c'eft à-dire, le brouillon & fommaire d'un ade
qu'on doit palfer , que les Notaires appeloient i'://?;^-
tum. Ce font de petits livrets où ils mettoient en deux
mots l'affaire pour laquelle en les envoyoit quérir, &
après ils l'expliquoient plus au long à leur maifon ; tk
j'eftime que c'étoit le protocole. Borel.
^83- Nous entendons ordinairement par protocole ^ une
efpèce de formulaire pour drelTcr des adles de prati-
que. Ces fortes de livies contenant les ftyles Se modè-
les des difFércns actes (ont bons pour les novices.
Scriptum architypum. Il y a des livres imprimés ,
fous les titres àt protocoles des Notaires, protocoles
des Sergens où (ont les formulaires des Aftes qui fe
font en ces profellîons.
Protocole, eft aulii un regiftre relié des Notaires , où
ils doivent éctire toutes les minutes de leurs Aâes à
la fuite les uns des autres , afin qu'elles ne foient point
perdues , changées ui altérées. Notarii acluçrii prçto-
PRO Z7
r>/'/yw. Cet ULig-fcroit avantageux au Public; mais il lie
s'oblcrvcpointu Pans ni dans plulîcuis autres endroits
nonobllant la difpolitioii cxpreile de l'urdonnance
d'Oi\c:ms, art. Xj.
Protocole de Notaires, eft un droit que le Roi prend
dans la Bourbonnois , Forez & Beaujolois fur les
regiftres des Notaires décèdes, Iciqucis (ont vendus
au plus ofti-.int & dernier cnchciillcur , de laquelle
vente, le Roi en a les trois quarts, &: l'autre quart
appartient aux veuves cV héritiers, pour la vcnfication
duquel droit il fuit rapporter l'acljudication qui en a
été faite par les Ofliciers des lieux en préfenccdu Prc-»
curcur du Roi.
Protocole, eftaulîî chez le» Secrétaires d'Etat, & chez
les Secrétaires des grands Princes, un forn.ulaire con-
tenant la manière dont ces Princes traitent dans leurs
lettres ceux à qui il écrivent. Scriptum archet: pum.
Protocole, eft aiilli en ufage chez les Amballadeurs
Médiateurs , &■ lignitic le regiftre où ils couchent touÊ
ce qui fe palfe. Se qui regarde leur médiation. Rcj-nf-
trum diurium Ce terme fent un peu le flyle de Pra-
tique.
Protocole , s'eft dit autrefois de celui qu'on appelle
maintenant ^;i^t.^vr, qui eft derrière celui qui parle
en public , pour lui (uggérer ce qu'il doit due , en cas
que la mémoire lui manque. Infufurrans. Cela vient
de ce qu'on appeloit au(li Protocoles chez les Ro-
mains certains Nomenclateurs qui favoient tous les
noms des Citoyens, & quilesfuggéroient à Icursmaî-
tres, atin qu'ils pullent faluer chacun par ion nom en
l'abordant.
PROTOCTISTE. f. m. & f. Sede d'hérétiques origé-
niftes. Protoclijla. Après la mort du Moine Nunnus ,
vers le milieu du fixième (lècle , les Oiigéniftes (e fé
parèrent en deux fedtes. Les Protoclijles Se les îfo-
cliriftrs. Les Protocliftes s'appelèrent aulll Tetradites,
Le chef des Protoclijles éio'it Kidore.
PROTC ,'GENE. f. m. Peintre ancien qui naquit à Caune ,
ville de Carie, tributaire des Rhodiens. En conlidér.i-
tionde ce Peintre, Démétrius épargna la ville de Rho-
des , dans l'appréhenfion que (es ouvrages ne perident
dans le fiic de fa patrie.
Pline parle du tableau de Jalyfus, qui fut le chef-
d'œuvre de Protogène, Jalylus étoit un héros connu
feulement dans 11 fable, & que les Rhodiens refpec-
toient comme leur fondateur. Il y avoii dans ce ta-
bleau un chien que tout le monde admiroit , à caufe
de ce qui étoit arrivé à Proto<^'ène j voulant rcpréfèn-
ter l'écume qui fortoit de la gueule du chien.
07 PROTOMARTYR, f. m. Terme d'hiftoire Ecclé-
fiaftique. Ce mot iie,nifie preml^ martyr. On l'appli-
que ordinairement à S. Etienne qui (oûiFrit lepremieï
le martyre pour la religion.
PROTONOTAIRE.C m. Officier de Cour de Rome .
qui a un degré de prééminence fur les autres Notaires.
Pontijicus Notarius. Il y a un Collège de douze Pro-
tonotatres Participans , nom d'une prélature ccntîdé^
lablcàRome. P. Héliot. T. IF, p. 73. Ils partici-
pent aux droits d'expéditions de la Chancellerie, font
mis au rang des Prélats , portent le violet, le rocher,
& le chapeau avec le cordon & bord violet ; Se fur
leur Écu le chapeau, d'où pendent deux rangs de hou-
pes de lînople i & 2. Ils précèdent tous k-s PiLlars
non confacrés , ont féance devant les Abbés , al'ift:enc
aux grandes cérémonies , Se ont rang Se féance en la
Chapelle du Pape. Leur ch.arge eft d'expédier dans les
grandes caufes les Aétes que les lunples Notaires Apot-
toliques expédient dans les petites, comme les procès
verbaux de prife de poffeflion du Pape. Ils alliffent à
quelques Conliftoires & à laCanonilation des Saints.
Ils peuvent créer àzs Dodeurs Se des Notaires Apo(-
tohques pour exercer hors la ville. Ceux qui font hors
de ce corps , ne jouiftent pas de ces privilèges , fi ce
n'eft de l'habit. En France c'eft une (impie qualité fans
fonction, qu'on obtient par un refcrit du Pape .à fort
bon marché. Les Protnnotair-zsowx. été établis à Rcme
par le Pape Clément I, pour écrire la vie des Mar-
tyrs. Ils fervent aulfi à rédiger par écrit ce qui fe fait
dans les Confiftoires publics. Protonotaire veut dire
D ij
3l8
PRO
PRO
proprement premier Noraire-, & c'eftainfi qu'on appe-
loir autrefois le premier des Notaires des Empereurs;
Protonotaire. Vers le commencement de la leconde
race de nos Rois , on donna ce nom au Rcfcrenaaitc.
Protonotaire, eft aulîi un Officier de l'Egiife Cluj-
tierare de Conftantinople. C'eft lui qui écrit les let-
tres, & qui envoie les ordres du Patriarche de Conl-
tantinople aux autres Patriarches, aux Archevêques &
aux Evcques qui reconnoiilent la Suprématie. Aclo-
runi Pontifias Co/'fiiinnnopo'itani Scriba. Dans le
Catalogue des Officiers de l'Egiife de Conftantinople ,
publié pat le P, Goat , on attribue au Protonotaire d'ê-
tre debout dans le Sandruaire, quand le Patriarche of-
ficie , pour le fervir Sc lui donner à laver les mains
quand il va élever la fainre holHe. Cet Officier a en-
core droit de vifiter tous ceux qui font profeflîon des
lois. Il a l'œil fur tous les contrats d'achat &c de vente ,
fur les teftamcns , fur la liberté qu'on donne aux el-
clives , îk fait ton rapport de tout cela au Patriarche.
J'ROTOPAPAS. f m. C'cft le nom du plus grand Prince
■ de l'Egiife deConIfantinople après le Patriarche. C'eft
lui qui donne la communion à ce dernier, & enluite
qui la reçoit de l'Evcque.
PROTOPÂSCHITE. f. m. &f.Nom de Sede. Proro-
pafchita. Les Protopafchites font des Hérétiques du
premier fiècle de l'Egiife. Ils faifoicnt la Pàque comme
les Juifs en ne mangeant que des azymes. On les nom-
moit auffi Sal'haticns , d'un certain Sabbatius qui fut
auteur de cette Seéte.
fCF PROTOPATHIQUE. adj. de t. g. Terme de Mé-
decine, dérivé du grec, ■nf'^Tit , premier, &Ta5.ii(, ma-
ladie. Ainfi ce mot lignifie littéralement maladie pre-
mière, c'ell-à-dire, qui n'eft ni précédée ni produite
par une autre , par oppolition à deuteropathique.
PROTOScBASTE. f. m. Miniftre d'Etat. Principal Mi-
nillre. Alexis Protoveftiaire & Protoféhafie gouver-
noit l'Impératrice & le jeune Empereur Ion fils. Fleu-
ri , Hijl. Eccl. in-i 2. T. XF ,p. 446.
PROTOiiPAlHAlRE. f m. Nom d'un Officier de la
maifon des Empereurs de Conftantinople. Protofpa-
tharius. Le Protofpathaire étoit le Commandant , le
Chef, le premier officier des Gardes de l'empereur ,
qu'on nommoit Spatharii :, Spathaires, à caufe du fa-
'bre ou de l'épée large dont ils étoient armés, & qu on
appeloit yj'arÀd. Bùllandus , Acl. SS. Febr. T. 1 ,
p. ssr.
PROTOSTA7EUR. Premier Ecuyer. Fleury , Hijl.
Eccl. in-i2. T.XFIII,p.2Û7. Ce mot, & quel-
ques autres titres de la même Hiftoire , font plus
grecs & latins que françois. Auffi M. Fleury , Hiftorien
alfez exact, y joint. ordinairement l'explication.
PROTOSYNCELLE. (. m. Nom de dignité & d'office
dans la maifon du Patriarche de Conftantinople. Le
chef des SynccUes , ou de ceux qui logeoient dansle pa-
lais patriarchal. Protofyncellus , Patriarche Vicarius.
C'éroit l'une des premières dignités cccléfiaftiques chez
les Grecs. Le premier domeftique du Palais patriar-
chal eft appelé Protofyncelle ; mais ordinairement
c'eft le Vicaire du Patriarche, ou d'unEvcque de l'E-
giife grecque. Acad. Fr. Chaque Eglife épilcopale
avoir fon Protofyncelle j qui prenoit le titre de Pro-
tofyncelle de la grande Eghfe, ce qui ne fignifioitpas
un Officier de l'Egiife de Conftantinople, mais bien
du lieu où rélidoit celui qui prenoit ce titre.
PROTOTHRONE.f m. Terme de l'Hiftoire Eccléfiaf-
tique. Evêque d'un premier Siège. Protothronus. By-
fance n'étoit originairement qu'un Evêché fuffiagant
d'Héraclée. C'cll pourquoi quand il fut devenu Siège
Patriarchal , l'Archevêque d'Héraclée conferva fon
droit d'ordination ; mais en cas que le Siège d'Héra-
clée fut vacant, l'ordination du Patriarche de Conftan-
tinople appartcnoit au Métropolitain de Célarée de
Cappadoce, comme Protothrone ^ c'eft-à-dire , Evê-
que du premier Siège. Fleury, Hif. Eccl. L. LV.
Car ceux qui étoient Exarques avant l'éreéliondu Pa-
triarchat de Conftantinople , ne furent depuis que
Prvcothrones. Id.
jPROTOTYPE. f. m. Original , modèle fur lequel on fe
«^oic foituer. Frçtotypum j archedpum ^ excmplar. Il
fe dit particulièrement des chofes qui fe gravent, qui
fe moulent , ou qui le jettent en fonte. On a moulé ces
figures imlc'i prototypes qui font à Rome. Ce carre
de médaille eft le prototype fur lequel on a moulé
toutes les autres.
On le dit aulîi .au figuré : Homère eft \t prototype de
la Poche héroïque. C'eft un prototype de fagelîe. Ex-
prellîon du ftyle badin.
PROTOVESTIAIRE. f. m. Nom d'office à la Cour des
Empereurs de Conftantinople. Protovejliarius. C'é-
toitce que nous appelerions aujourd'hui Grand-Maî-
tre de la Garde-Robe.
PROTRYGÉES. f f. pi. Fête qu'on célébroiten Ihon-
neur de Neptune & de Bacchus avant le vin nouveau.
De Tfvç, rpvjo's , vin nouveau,
PROTUBÉRANCE, f. f. Terme d'Anatomic. Eminen-
cc , avance ; ce qui avance , ce qui tait laillie au-delà
de quelque partie. Tuber ,tuberculum,protuberantia ^
prominentia. Les protubérances orbiculaires du troi-
fième ventricule du cerveau s'appellent nates j Se les
apophyles , des protubérances orbiculaires , tejles.
DluNIS.
^3° On le dit auffi en Conchyhologie pour défigner l'a-
longement d'une partie teftacée.
PROTUTEUR, f. m. Terme de Palais. Celui qui a géré
en la place du tuteur , ÇdT qui , n'ayanr point été
nomm j tuteur, a pourtant adminiftré les biens d'un mi-
neur; tel que fcroit celui qui épculeroit une tutrice.
Pror^ifor. Par 1 Ordonnance de 1667, les tuteurs &
protuteurs (ont obligés de rendre compte aullî-tôt que
leur geftion eft finie.
PROU. adv. Il ne le dit qu'en riant & dans le comique.
Il fignifie beaucoup , fuffifimment. AIultLm ,fatis. Les
hâbleurs ont prou de babil, mais peu d'exécution. Il
f^ut diftribuer à chaque Paroiffien du pain bénit , lui
en donner peu ou prou. Vieux mot.
Pour Dieu ne prene^ point de vilaine figure ,
J'ai prou de ma frayeur en cette conyon'dure. Mol."
PROVADA. Nom d'une ville de la Turquie , en Euro-
pe. Provadia. Elle eft dans la Bulgarie, environ à dix
lieues de Trémilwar, vers le couchant. Maty.
PROUE, f. f. Terme de Marine. C'eft l'avant du vaif-
feau foutenu par l'eftrade , au-devant duquel eft l'é-
peron , qui (ert à fendre l'eau pour le palîage du bâ-
timent. Prora. La. proue eft plus bafte que la poupe,
&c n'a pas auffi tant d'étages. Elle a le gaillard de proue.
Sa pointe s'appelle Ve'peron , lur lequel on met or-
dinairement une figure qui donne quelquefois le
nom au vailfeau. La p/o«e eft compoiée de plufieurs
pièces, qui font aiguilles:, gorgères , herbes , jote-
reaux , portevergues , 8c autres pièces qui lont atta-
chées à l'eftrade & aux côtés de la proue. Les Anciens
reprélentoient des becs d'oileau à la proue de leurs
navires; ce qui les a lait appeler roftra.
On dit, voir dt proue , c'eft-à-dire, voir devant foi.
Fidere ante. Donner la proue , c'eft prelcrire la route
que doivent tenir les galères. En parlant des vailfeaux,
on dit donner la route. Quand lèvent donne par jPWtte,
c'eft-à-dire, qu'il eft contraire.
Les Médecins appellent l'os delà proue Se de lamé-
moire , l'os du derrière de la tête. Os prora. L'os oc-
cipital.
PROVÉDITEUR. f. m. Officier qu'on nomme ainiî en
Italie , Se particulièrement à Venife. Proveditor. Il y
a diverfes fortes de Prove'diteurs à Venife. Les trois
Prove'diteurs da Commun, &c. Le Prove'diteur gé-
néral de mer n'eft que trois ans en charge. Le Pro-
ve'diteur du commun eft un Magiftrat , qui eft
à-peu-près la même chofe quel'Edile des Romains, les
Confuls du Languedoc, 8c les Echevins dans les autres
provinces de France. Les Prove'diteurs^ aile ragioni
vecchie , aile hiade i alla Giujlitia vecchia,8cc. ont
aufli 1 intendance fur la Police, le domaine de la Ré-
publique, &c. Le Prove'diteur de mer eft un Officier
dont l'autorité s'étend fur toute la flotte , loifque le
capitaine général eft ablent. Il manie particulièrement
l'argent. Se paye les loldats & les matelots. lien rend
compte à fon retoiu" au Sénat. Le Capitaine général
pro
Se le Provédheur de mer fe fervent d'efpion l'un à
l'autre. Quoique le Provcdiceur idxiuûiûcni au Gc-
nL-ralilfime , la puillance cft pourtant partagée dételle
forte , que le Provcdiccur a l'autorité (ans \.\ force ,
&: le Général a la force fans l'autorité. La réfidence or-
dinaire du Provéiïtcur ell: à Corfou. Cette cliargc ne
dure que deux ans. Il y a un Provéd'ucur général des
îles de Corfou , de Zantc , de Céfalonie , du Irioul ,
i'c.Cefontdesefpèccsde Gouverneurs, /'oj" Amelot.
PRovÉDiTtUR de la Douane. On nommme ainfi à Li-
vouriie celui qui a l'intendance & le loin général de
la Douane, & des droits d'entrée & de iortic de cette
ville.
PROUEIL. f. m. Terme d'Agriculture. Morceau de bois
fourchu qui fert à attacher les boeufs à la charrette.
DicT. DPs Arts. 173 1.
PROVENANT , ANTE. adj. Qui vient, qui tire fon
origine de quelque chofe. Provenïcns , vel ortum du-
cens. Tous ces cUcisprovenjns delà lucceflion de (on
père , de la vente de les Charges ont été partagés. Les
cniaws provenans du pretiiier mariage font décédés.
PROVENÇAL , ALE. f. m. & f. Qui ell de Proven-
ce. Provincialis. Les Provençaux ont de l'efprit &
beaucoup de vivacité.
Provençale, f f. Terme de Joueur qui fe dit en cette
phrafe : Faire la provençale. C'eft jeter toutes les car-
res les unes après les autres fur le tapis &' en diltéten-
les places , a(in qu'elles loienc mieux brxjuillées &
mêlées.
Provençale. Terme de Fleurifte. Anémone qui eft verte
& Heur de pécher, allez belle. Morin.
PROVENCE. Nom d'une province méridionale de
France , qui s'avance le plus vers le midi. Provincia.
Les Romains qui furent maîtres de ce pays , avant
qu'ils conquillcnt le refte des Gaules^ l'appelèrent la
petite Italie, &: la province des Romains, d'où elle a
pris le nom de Provence. Elle s'étend depuis les Alpes
jufqu'au Rhône; ce fleuve la fépare du Languedoc ,
qui e(l au couchant, & les Alpes la féparent des Etats
de Savoie , qui font au levant. La mer Méditerranée
Li baigne au midi, & le Dauphiné avec le Contât Vc-
naiflîn , la conlînent au nord. On lui donne quarante-
quatre lieues du couchant au levant, & trente-quatre
du nord au fud. A la rélerve du Rhône , qui n'en bai-
gne qu'une petite partie , il n'y a point de rivière con-
lîdérable : la Durance dont le cours eft allez long, le
Verdon & l' Argents ne font que de grands torrens ,
inutiles à la navigation , & nuilîbles aux campagnes
par où ils palfent, 6c qu'ils gâtent beaucoup par leurs
débordemens. L'air eft fort différent dans cette pro-
vince; vers les Alpes & le Dauphiné, il eft froid: le
long de la côte , il eft (î doux , qu'on n'y voit que ra-
. xement de la neige & de la glace : le milieu eft un
. peu plus froid, mais pourtant fort tempéré. Toute la
Provence eft alfez fertile vers les Alpes , en grains &
en pâturages; & ailleurs en grains, vins, olives, figues,
amandes, prunes, grenades, & toutes ibrres d'autres
petits fiuits. On y voit même le long de la côte, de-
puis Toulon jufqu'à Nice , des forets d'orangers de
de citronniers , qui croilfent en pleine terre , de même
que les autres arbres. Ses villes principales font Aix
Capitale, M.irfeille, Arles, Toulon, Hières, Fréjus,
Antibe, Grâce, Vence, Draguignan, Brignole, Riez,
Digne, Siftéron, Forcalquier, Manofque, Apt & Ta-
rafcon. Cette province a eu autrefois titre de Royau-
me, qui étoit le même que le Royaume d'Arles, dont
nous avons parlé au mot Arles. Elle eut enfuite (es
Comtes particuliers & fouverains, qui polfédoient le
Comté de Nice, le Comtat Vénailfm , tk la ville d'A-
vignon. Ces pays en ayant été détachés , elle fut don-
née telle qu'elle eft aujourd'hui par Charles du Mai-
ne, dernier Comte de Provence, 3i Louis XI , Roi de
France, qui l'unit pour toujours à la Couronne, l'an
1481. Elle avoir autrefois fes Etats compolés de tout
le Haut-Clergé , de toute la Noblelfe, & des Députés
des Viguerics & d'un certain nombre de villes ; mais
depuis 1659 , on n'y a plus tenu que des aflemblées
«îompofécs des Députés des villes , di des procureurs
du Clergé & de la NoblelTc.
PRO
2p
PROVÈNDE. f f. C'eft un boilfeau qui contient la me-
(ure de grain qu'on d./iine à une bête de travail pour
fa nourriture ordinaire. En ce (ens il n'eft en ufagc
qu'à la campagne. A la ville on le dit de la provilion
de vivres dans une mai(on , dans une Communauté.
Quand un Rehgieux va à la quête, on dit qu'il va a
la provcndc.
Les biens aflîgncs aUx Clercs pour leurs vivres, s'c-
tant d'abord appelés provendes, (elon Palquicr L.IIl,
chap. XXXVI I , on en étendit la lignification a toutes
fortes de providons de bouche.
Un Villageois avait à l'écart fon lo<ns :
Mef/er Loup attendoit chape-chute a la porte ,
Il avait vufortir gibier de toute forte ;
Veaux de lait , agneaux & brebis ,
Régiment de dindons , enfin bonne provende.
Fables de la Font, part i. liv. 4. fab. 16,
Cet mot eft du ftyle familier, & vient, félon quel-
ques-uns, du Latin pmhenda.
PROVENDIER. f m. Vieux mot. C'eft un boilfeau con-
tenant la provende, ou ce qu'on donne à la lois à un
cheval , ou autre bête.
PROVENIR. V. 11. Venir d'un certain lieu, en tirer fon
origine. Provenire , procedere j cmanare , dimanare.
Tous nos biens proviennent de la grâce de Dieu. S'il
a du bien , cela provient de fon induftrie , ou de fa
bonne fortune. Ces deux maifons ionx. provenues de
la même tige , de la même race.
Provenir , ligiiilîe auilî, être caufe. Procedit ex eo
quod. L'éclipie de la lune provient de ce qu'elle eft
dans l'ombre de la terre. La ftérilité provient de ce
que l'année eft trop sèche. Cet abcès provient d'ua
amas d'humeurs corrompues, d'une chute.
Provenir, fe dit auiîl du fruit, du profit qui revient de
quelque choie. Provenire. Tous ces fruits lont prove^
nus de cet arbre feul. Il me doit provenir tant de blé
de cette ferme.
PROVENU, UE. part. Ce mot eft aufTi employé fubf-
tantivement', \t provenu; alors il fignifie le profit qui
provient d'une affaire. Acad. Fr. Le provenu des biens
confilqués des prifonniers de l'inquifition de Goa ,
étant porté au Tréfor Royal, les Inquifiteurs ont droit
d'y envoyer des ordonnances quand ils veulent, &
pour les femmes qu'il leur plaît, pour fubvenir aux
dépcnfes &: aux nécefîités tecrètes du (aint Office; ce
qui leur e(f d'abord payé comptant, (ans que perlonne
o(e s'iuformer en quoi confiftent les bcfoins (ecrets»
Voyages de Dellon. T. II. ch. jS. p. jj.
ifT On dit dans le commerce, net provenu, ou prove-
nu net , pour marquer ce qu'a rendu une marchan-
dife, rares & frais déduits. Le net provenu du poivre
que vous m'avez envoyé, monte à tant.
PROVERBE, f. m. En termes de l'Ecriture, il fignifie
Sentence. Provethium , fententia. Le Livre des Pro-
verbes , eft un Livre de la Bible qui contient les
Paraboles ou Sentences de Salomon.
Proverbe, ne fignifie pas toujours un quolibet, ou une
penlée triviale & vulgaire. Ceux de Salomon n'entrent
point dans cette définition. Ce font des propos feii-
tentieux, utiles à la fociété civile, & à la conduite des
hommes. De Launoy. Sententix , effata.
Proverbe , fe dit communément des façons de parler
triviales & communes, qui (ont dans la bouche de tou-
tes ("ortes de perfonnes. Triviales fententi.^ ,dicla corn-
munia. Les proverbes qui failoient autrefois une par-
tie des richeffes de notre langue , n'entrent point au-
jourd'hui dans un dilcours férieux, & dans des com-
pofitions relevées. Rien n'eft plus défagréable dans un
ouvrage que des locutions proverbiales qu'on ne (up-
porte que dans la converfation, & quand on a deiîein
de badiner, ou tout au plus dans une pièce comique.
Elles relfcmblent à ces habits antiques, qui ne fervent
qu'à des mafcarades &C à des ballets. En un mot , il
faut beaucoup d'art pour alfaifonner \cs proverbes , Se
pour leur ôter ce qu'ils ont de bas & de popul.;irc.
BouH. Les fentences font Xci proverbes des honnêtes
\ gens, comme \zi proverbes font les fentences du pea-
p'.e. Idem, Jufqu'au proverbe !e plus popiilaitc, tcuc
peut leivir à un clpat adfoic. M. Scud. Voulez-vous
nous .illalîiuer de vos proverbes? G. G. On joue aux
proverbes , quand on tait quelque geltc , ou teptékn-
tation qui déligne , ou qui explique quelque prover-
be. Claris ne joue à rien li ce ii'eft aux proverbes. Sar.
Il y a la Comédie des proverbes, où l'on ne parle que
par proverbes. Oudin a tait un recueil allez ample
des proverbesYïa.ncois , (bus le titre de Curiojités Fr.in
ço!jis. Jofeph Scaliger a fait une verilon des prover-
bes Arabes en 1614. André Schot Jéfuite, a tourné la
plupart des proverbes Grecs, tirés de Zénobie, ou Zé-
nodote , de Diogénien , de Suidas , &c.
Les proverbes ne tiennent pas mal leur rang dans
les épigrammes, ils y peuvent être icmés de bonne
grâce, & même quelquefois en fiire la conclufion.
Quoi qu'on dife contre les proverbes que certains
€('prits, qui fe prétendent fupétieurs, veulent renvoyer
au bas peuple, il elf hors de doute qu'ils contiennent
la quinteirence de la raifon & du bon fens i que c'eft
par un confentement univerfel de tous les âges &c de
toutes les nations , qu'ils ont tranlmis le dépôt qui
leur a été confié à tout ce qu'il y a eu de peuples
les plus polis depuis le berceau du monde: que plu-
fieurs grands hommes,rels que font Erahne,& Polydore
Virgile , n'ont pas dédaigné de cornpoler d'amples
Traités, pour nous développer les mylicies qu'ils ren-
ferment, & que long-temps avant eux Salomon a bien
^^oulu nous voiler fous leur écorce toute la philolo-
pliie des mœurs. Senece.
Je fuis de l'opinion de Cardan, lorfqu'il dit en fes
Livres De Sapientiâ , que la fagelfe & la prudence
de chaque nation confiftc en les proverbes ^ & Salo-
mon nous recommande d'y prendre garde. Mascur.
S. Paul s'cft fervi de proverbes dans l'Epïtre à Tire,
Ch. I. Crecenfes.
Un des meilleurs ouvrages que nous ayons fur les
proverbes , efh celui qui a pour titre: Les illujîres Pro-
verbes nouveaux & hifiorïques , à Paris, chez Pépin-
gué, 2 vol. //2-12. 1665. Celui de Jacques Moifant de
Brieux, intitulé: Les origines de quelques coutumes
anciennes ^ & de quelques façons de parler triviales.
Caen. 1672.
PROVERBIAL, ALE. adj. Qui tient du proverbe. Pro-
verbic'us. Cette façon de parler eft proverbiale.
PROVERBIALEMENT, adj. D'une manière proverbia-
le. More proverbiali, velmodo. Un tel mot le àix. pro-
verbialement.
PROUESSE. 1. f. Bravoure, adion de valeur & de har-
diellc. Prxclarum facinus , faclum , gejlum. Les Ro-
mans racontent mille proucffes de leurs Chevaliers
errans. Les délicats du temps ne veulent plus qu'on
ufe de ce mot, & difent qu'il elt vieux. L'Académie
en parle de même, & dit qri'il ne peut plus palier
qu'en l'employant par plailanterie, lorfque l'on veut
parler des excès qui fe i^ont en certaines chofes. Il eft
vrai qu'il ne s'emploie point dans le ftyie noble &
& férieux; mais il eft très-propre pour le moquer de
la vanité de ces jeunes fantarons qui vantent incel-
famnient leurs exploits & leurs /'/•o//(;_//ej-.VAUG. Corn.
Ne prônez point tant vos proueffes amoureules , de
peur d'alarmer les maris foupçonneux. Vill. Quelque
ardeur qui vous prelle, ne Liites pas tant de proue[/es.
Voit. Les femmes font quelquefois plus de prouejjes
avec leurs éventails, que les hommes avec leurs épées.
Le Spectateur. 11 vient du vieux François , Pro// j
multùm.
PROUFACE. vieux adj. Eft: un falut qu'on faifoit au
fortir de table aux conviés, en louhaitant que ce qu'ils
ont mangé leur profire. Proficiat. La civilité puérile
apprend aux enrans à dire à la fin des gûces: proufa-
ce mon père, ma mère & toute la compagnie. On di-
foit autîî à ceux à qui on donnoit quelque choie, ou
à qui il arrivoit quelque aventure, prou vous jaffe ,
ou grand bien folle ou prou. Ces mors ne font en ufa-
ge. Se ne le dilent que pat raillerie. Prou vienr de
probe latin, ou de /to j vieux mot François qui lîgni-
îioil profit. MÉn. Borel le dérive de proficio.
PROVICAIRE. f. m. Qui tient la place d'un Vicaire, &
PRO
en fait les fondions. Les Provicaires d'un Evêque. P.
Ll Comte.
PRCWiDENCE. f. f. Terme de Théologie. Il ne fc dit
que de Dieu , pour marquer la luprcme lagelle avec
laquelle il conduit toutes choies. C'tll la lagelle & la
puilfance que Dieu déploie dans la conlervation du
monde, & dans l'adminiftration de toutes chofes. P/i)-
vtdentia. Les foins de la Providence s'étendent à tout
ce qui le palleici-bas. Dac. S'il n'y a point de Pro-
vidence , vous détruilez la Divinité. Fléch. 11 atten-
doit avec crainte les ordres de la Providence. Pat. La
Providence nourrit les oileaux du ciel. L'Evangile nous
conleiile de nous repolerlur la Providence , 8c den a-
voir poinr de Icaici du lendemain. On confond fcu-
vent la fortune avec la Providence : c'cft un langa'^e
payen que les Chrétiens ont retenu. Le Ci.. Ce dé-
rangement univcrlel & continuel des choies humaines,
tout défordonné qu'il femble à nos yeux , eft couitai^.t
dans l'ordre de la Providence. Flécu. Les chofes hu-
maines ne roulent point à l'aventure, ni au gré de la
Fortune; il y a une éternelle Providence (\m gouverne
l'univers. Vaug. La conduite de la Providence eiï très-
oblcure : quand Dieu afflige les hommes , on ne fai,ç
s'il les châtie, ou s'il Icsépiouve. Boss. L^Providence
de Dieu eft confulément adminiftrée en ce monde \
&c l'on ne peut juger qui lent ceux que Dieu aime ,
ou qu'il hait, par les adverfités , ou par fes afîlicfciuns
qu'il envoie. Flecii. Les fautes des juftcs entrent dans
l'ordre de la Providence , & fouvent Dieu s'en fcrc
pour exécuter fes delFeins. Nie. Claudien a mis en
balance fi le monde eft régi par une Providence fage,
ou par l'aveugle fottune, en voyant la vertu oppti-
mée , & les fcélérats dans la profpérité. S. Evr.
Quelques-uns ont mieux aimé louftraire le monde
à la conduite de la Providence , que de la faire enrrer
dans le mal. Ju. C'eft le Philolophe Thaïes qui le pre-
mier s'eft fervi du terme de Providence. Entre les
Philofophes les uns ont nié que la Providence fe mê-
lât des chofes d'ici bas , pour la lailfer jouir d'un pai-
fible repos. Les autres en ont contefté 1 exiftence à cau-
fe de la difttibution, injufte en apparence, des biens
& des maux, qui femblent tomber indifféremment fur
les bons & les mauvais. Cette conduite extérieure de
la Providence leur a fait juger que tout roule à l'aven-
ture. S. Evr. La Providence a lailfe des marques très-
fenfibles qu'elle régit l'Univers, & qu'elle s'intérefTe
à la conduite des hommes. Cl. Les hommes Apofto-
liques n'ont point de plus riche trélor que leur pau-
vreté, ni de fonds plus fur que celui de la Providence.
P. BouH,
A quoi fert de lutter contre l'arrêt des Dieux ?
Souvent leur providence , &fes ordres fuprimes ,
Pour les venger de nous, nous livrent à nous-mêmes.
BrÉp,
fCTPROviDENCE,en Mythologie. Les Romains en avoient
fiiit une Déeire. On la reprefentoit ious la figiite d'u-
ne femme appuyée fur une colonne , tenant de la maia
gauche une corne d'abondance renvetfée , & de la
droite un bâton avec lequel elle montroit un globe ,
pour faire entendre qu'elle étendoit les foins à tout
l'Univers. Elle étoit fouvent accompagnée de l'aigle
ou de la foudre de Jupiter, parce qu'on artribuoit la
providence à Jupiter, comme au Souverain des Dieux.
Providence. Les Filles de la Providence. C'eft un nom
que l'on donne en France à des<^ommunaiués difré-
rentes de filles établies en plufieurs villes. Filit. Pro-
videntiK. divine. La première maifon qui a , ditcn,
fervi de modèle & d'exemple aux autres, fut établie à
Paris par Madame Marie de Lumrgns , veuve de M.
Polaillon , Confeiller du Roi , Ik fon Rélident à
Ragufe. Louis XIII donna des Lettres Pcitentes en
1645 , tk &z la Communauté fut commencé en 1647.
En i6)i , Anne d'Autriche leur donna la maifon de
Santé de la rue de l'Arbalète , fauxbourg S. Marcel.
Elles font deux ans d'épteuve, &: à l'àee de 20 ans, des
vœux fimples de chafteté, d"obéiirance,(-\'de fervir le
prochain félon leurs conftitutions, & de ftahilité dans
la maifon. 11 y a à Rouen une autre Maifon de filles
PRO
de la Providence j fondée en i666,ÔC qui cft icgar-
dcc comme Chef d'Ordre. Voyez h Defcript.Ccorn.
& Hifl. de Li Ihnae-Kofm. T. 11. p. 12S.
Clerc de la Providenc:. Nom de Religieux. Pro-
videnuA Ckricus. L'Ordre des Clercs de la Providen-
ce fut établi l'an 1414, le 14 Septembre jour de lE-
xaltation de Sainte Croix.
PROVIGNEtl. V. a. Faire desprovinSj les coucher en
terre pour leur faire prendre racine, ^' par ce moyen
renouveler les fouclies d'une vigne. Propagare vi-
tem. Proviijner une vigne pour la regarnir.
0Cr Les farmens que l'on couche ainfi ,ic nomment pro-
vins ou marcottes. ALiis le terme de provigncr s'tlt
étendu à tous les arbres qu'on multiplie de cette
façon.
ÇdT pROViGNER, eft aulîî neutre, & fignifie la même
chofc que multiplier. Ce plan a beaucoup ^rov?i,'/;c'
cette année.
Provigner, fe ditaulîî figurément en Morale, de ce qui
le multiplie. L'hcrélie a bien provigne dans un telle
Province. La Foi Catholique a bien jprovi^we dans la
Chine. Les Millionnaires l'ont bien fait provigner. Les
Chicaneurs provignent les procès autant qu'ils peu-
vent.
Ce mot vient du Latin provineare ^ ou de propagi-
nare. Ménage.
PROVIGNÉ , ÉE. part.
PROVIN. f. m. Branche de vigne qu'on couche , !k qu'on
couvre de terre, afin qu'elle prenne racine, es: îaile
de nouvelles louches. Pro^.'^o. Il faut renouveler les
vigneii de temps en temps, & y t.airc de nouveaux ^ro-
vins. Ce mot vient de provinium.
i^CT PROVINCE, f. f. Terme d'Hiftoire Romaine. Les
Romains appcloient /jrov/fftej-j fous les Etats par eux
conquis hors de l'I&'ie. Bello parta , provinci.is ap-
fellabant. Provïncia , dit Feitus , propne dicitur ré-
gie quam populus Romanus provicit , id efl,ante vicit.
Une provmce étcit donc un gouvernement établi dans
un pays conquis par les armes. Ces provinces étoient
adminidiées par des Magiftrats qu'on y envoyoit de
Rome avec un pouvoir abiolu. Cesgouvemctus étoient
Confuls, Proconfuls , Préteurs ou Proprèteurs. Ce il
pourquoi l'on dillingue les provinces coniulaiies des
aunes. Réduire un Etat en province, c'étoit l'ailnjettii-
aux Lois Romaines & à un Gouverneur Romain.
$3" Quoique les gouvernemens dans lelquels on divife
aujourd'hui les Etats {ouvcrains,ne foient pas de cette
■ nature, on n'a pas lailîé de conlerver le nom de^ro-
vince.
fCr Nous entendons aujourd'hui par province j une cer-
taine étendue de pays, qui fait partie d'un Royaume,
d'une Monarchie , d'un Etat , dans laquelle font com-
prifes plulîeurs villes , bourgs, villages, hameaux, <S'c.
fous un même gouvernement , ik qui fe diftingue or-
dinairement par l'étendue d'une Jurididion fpirituelle
ou temporelle. Provincia. Les Etats d'une province.
Les Députés A' m\c province. Le gouverneur de lupro-
vince.
Les Provinces étoient originairement des Duchés,
Comtés, au autres Seigneuries conlidérables qui ont
été réunies lous un même Chef. Maintenant ce font
des Gouvernemens.
On :ippe\\e Province Ecdéfiaftique, l'étendue de la
Juridiction d'une Métropole. Il y a dix-huit Provin-
ces Eccléliaftiqucs dans le Royaume. En ce fens on
dit plus ordinairement Province-, abfolument. La Pro-
vince de Lyon, de Sens, de Rheims, de Paris, 6'c.
AcAD. Fr.
(fT On le dit auffi parmi les Religieux d'un certain nom-
bre de couvens fournis à la diredlion d'un Supérieur
qu'on appelle Provincial. Cette divifion efl abfolu-
ment arbjtraire , & n'a aucun rapport avec celle qui
regarde l'Etat Politique ou l'Etat Eccléfiallique. Les
Cordeliei': de la Province de France, &c.
i^' On fe lert quelquefois du mot province , pour dé fi-
gner un endroit éloigné de la Cour ou de la ville ca-
pitale. Il eil allé demeurer en Province. C'efl: un hom-
me de Province. Les Nobles de Province font de pe-
tits tyrans.
PRO
Jl
fl'y Dans ce fens il fe prend en mauvaife part par oppo»
(ition à la Cour, a la capitale, l^uand on dit .,u un
honnne a encore un air de Province , on entend .,u il
n'a pas encore pris les aiis du grand monde , c,u il a
encore les manières de (a Province. On dit en ce lens
accent de Province , langage de Province,
Grellct dit en badinant :
L!le avoit de beaux yeux pour (les yeux de Province.
Provinces Libres. Nom d'une contrée appelée Frey-
Aernpeerparlcs Suillcs. Provinciit liberic.(^Xl\ un pe-»
tit pays de la Suille qui cft le long du bord occidental
dclarivière deRuH.On dit que Mc)cnberg,Hichcnlée
(!<i Argow,qui en (ont les principaux villages, étoient
autrefois des villes qui avoient de grandes hanchifes,
& que c'eft de-la que le pays a pris le nom de Pro-
vinces libres. Quoi qu'il en (oit, ce petit pays cft au-
jourd'hui un Bailliage , qui appaiticnt en commun à
pluheuis Cantons , dont le Bailli tait (a rélidencc à
Murci , qui el^ une grande Abbaye, & bien bâtie.
Mat Y.
Provikces-Unies des Pays-Bas. Nom des Provinces ,
qu'on appelle allez (ouvent la République de Hollan-
de, ou iimplement la Hollande; elles (ont la partie
(eptentrionale des Pays-Bas. Belgium jœderatum, Prc
vinciie fœderat£ Belgii. Elles font bornées au midi par
la Flandre, le Brabant , la Gueldrc Efpagnole, &c le
Duché deClèves; !k au levant par l'Eveché de Munf-
ter, & par le Comté d'Embdc-, la mer d'Allemagne
les baigne au nord & au couchant. On donne à ce
pays quarante-fix lieues du nord au (ud, & quarante
du couchant au levant; l'air y eft fain, les hivers un
peu long, mais fort (upportablcs , & les étés très- agréa-
bles. Il eft baigné par la Meufe, le Rhin, llll'elj le
Vecht , & plulîeurs autres rivières ; & on y voir outre
cela, un très grand nombre de beaux canaux. Le ter-
roir eft très- abondant en pâturages, moins en grains^
& il ne produit point dt vin; cependant par le moyen
de la mer & des rivières , on y voit une abondance
fnrprenante de toutes chofes. il y a un grand nombre
de villes, de bourgs , de villages , & dhabitans; le
commerce y fleurit extrêmement. La religion rétor-
nrèe y eft la dominante; les Prottftans & les Arminiens,
fous le nom delquels on comprend aulli les Sociniens,
y ont l'exercice public de leur Religion. Les Catho-
liques & les Anabatiftes ont les lieux de leurs exerci-
ces, moins expoiés à la vue que ceux des autres, mais
qui ne font pas moins connus, ni plus inquiétés. Les
Provinces-Unies (ont au nombre de (ept. LaGueldre,
à laquelle eft uni le Comté du Zutphen, la Holl.ande,
la Zélande, la Seigneurie d'Utrccht, lOveriflcl, l'île
de Groningue, & la Fri(e. Chacune de ces Provinces
eft une République particulière , qui ne reconnoît
point d'autre Souverain que (es Etats particuliers. Ce-
pendant elles forment par leur union un corps géné-
ral de République, & elles ont pour la conlervation
de leur union, des Dépurés de toutes les Provinces ,
qui compofent trois Collèges, les Etats généraux, le
Confeil d'Etat, & la Chambre des Comptes, qui ré-
fident à la Haye , & qui règlent toutes les affaires
communes aux fept Provinces. Les cinq premières de
ces Provinces, ont un Gouverneur général. Amiral de
la mer, &' Capitaine général des armées de terre. La
Frife, & la Seigneurie de Groningue, ont auiîî leur
Gouverneur général, qui tft de la Maifon de Naf av,'_.
Ces Provinces appartenoient autrefois aux Rois d'Ef-
pagne, héritiers delà Maifon de Bourgogne: mais Ihé-
ré(ïe s'y étant répar.due , & Philippe 11 ayant entre-
pris d'y introduire l'Inqui(îtion , il (e fît dans la vill;
d'Utrecht, l'an i C79, une union entre les Frirxes de
Gucldre, de Hollande, de Zélande, d'Utrecht &: de
Fiile, auxquelles fe joignirent en(uite les I^rovinces
d'Overiffcl & de Groningue , (^' ces fept Provinces
ayant à leur tête les Princes d'Orange, le (culcvèrcnt
contre l'Efpagr.e, & alîîftées de laFraixe, foutinrent de-
puis ce temps là une guerre, (qui ne fut interrompue
que par une trêve de 12 ans, ) jufqu'cn l'an 16 j, 8 eue
le Pioi d'Èlpayre les reconnut par la pais de Muiit-
jz P R O
tCL-, poui- des Provinces libres, & pour un Ecat foiive-
lain. Cet Etat pofsède, outre tes iept Provinces, plu-
jicuis pays de con.]uetcs, dans la Flandre, dans le lira-
bant c\; dans le Duché de Linibourg , tur les côtes de
la Guinée , au Cap de Bonne Elpciance , lur les côtes
du Malabar & de Cororaandel, dans la pielqu'ile de
MaL^i, dans 1 île de Ceylan , dans celle de Java,
dans les Moluques, dont il ell pretque entièrement le
Maître, de même que de Cuialcao, ik de quelques
autres îles Antilles, ôc de Surinam fur la côte de la
Catibane.
PROVINCIAL , ALE. adj. Qui concerne la Province.
Provinciahs. Les Baillifs, les Juges Provindciux. Les
Tréloriers Provinciaux. Commiliaire Provincial.
Provincial, (e dit fouvent en niauvaiie part, & ligni-
fie, qui ell de Province, ou qui deincute dans la Pro-
vince. Un Provincial, c'ell un homme qui n'a pas
l'air, & les manières de la Cour, qui n'a point vu le
monde. Il fe dit de ces gens nouvellement débarques
à Paris, qui ont je ne fai quoi de contraint & d'em-
batrallé dans leur air, & de peu bbre dans leurs ma-
nières. In communi vit à radis, tiro. Les P ravin ci ai.. v
lont toujours prêts à le fâcher, ik à croire qu'un le
moque d'eux. La Bruy. Ainfi pour fauver le ridicule
attaché au mot Provincial, il faut dire une Dame de
Province , en parlant d'une perlonne dont on ne pré-
tend pas le moquer. Les Provinciaux accablent les
gens de lettres & de complimens. Une Provinciale le
récrie niailement fur tout. Bell. Les Provinciaux iont
la plus incomm ide nation du monde. Scar.
Provincial, dans ce Icns cft aulli adj. Ils meprifent des
vers qui font nés d une plume provinciale. Mai. On
dit aulîî, 2lu provincial, manières provinciales. Lan-
gage, accent, iï)'\t provincial. Modus at^endi , loquen-
di provincialis. Le Père Bouhours s'efi: moqué du ti-
tre de Lettres Provinciales , ou de Lettres à un Pro
vincial, à cauie du mauvais feus qu'on joint à ce mot.
C'eft, lelon lui, comme li on les avoit appelées, Ztr-
tres Campagnardes , ou Lettres à un Campagnard.
§3° Les Provinciales, ou Lettres Provinciales font de;.
Lettres fuppotées écrites à un Provincial , à un homme
de province , contre les Jéfuites. Ces Lettres font uii
modèle d'éloquence ôc de plaiianterie. Les meilleures
Comédies de Molière n'ont pas plus de fel que les
premières, Ik Bofluet n'a rien de plus fublime que les
dernières. Il cft vrai que tout le livre porte lur un fon-
dement qui me paroît bien peu démontré. On attribue
à toute la fociété des opinions extravagantes de quel-
ques Jéfuites Efpagnols ou Flamands. On les auroit
tout aullî bien déterrées chez les Cafuifles Domini-
cains ou Francifcains. On t.âchoit de prouver dans ces
lettres, que les Jéfuites avoient un deilein formé de
corrompre les hommes; dellcin qu'aucune Société n'a
jamais eu , ni ne peut avoir. Ces lettres n'en font pas
moins un chef d'œuvre. Elles font l'ouvrage de tout
Port-Royal , qui en rallembla les matériaux. Palchal les
mit enordie.
Provincial, f. f. Se ditauffi parmi quelques Religieux,
de celui qui a la direction iS; l'autorité fur pluheuis
Couvens d'une Province luivant la divilîon établie dans
leur Ordre. Provincial pr.fpofttus , vulgo Provincia-
lis. Le Général a fuus lui pluhcurs Provinciaux. Un
Provincial ^ pluhcurs Prieurs fuus lui.
Provincial. (. m. Se difoit autrefois des monnoics que
les Comtes de Provence battoient. Provincialis. Les
Provinciaux furent décriés & défendus par S. Louis.
PROVINCIALAT. f. m. Dignité de celui qui eft Pro-
vincial d'un Ordre Religieux. Provincialis dignitas ,
vel munus. C'efl: aulli le temps qu'un Religieux clf
Provincial. Il a fait bien des chofes pendant (on pro-
vincialat. Le Général de Montalte lui recommanda fur
toutes choies le Père Antoine deTrevife, qui avoir
grande part au Provincialat , ik qui outre la recom-
mandation du Général avoir encore des lettres très-
preffantes des Cardinaux Carpi &c Alexandrin. M. le
Peleticr, Vie du Pape Sixte V. T. Lpag. r^^p. Ce
n'eft point, dit le P. PoilFon, par légèreté, "par inconf-
rance, qu'après avoir autrefois renoncé au Provincia-
lat j lorfque la pluralité des Ele(aeurs vouloir m'y éle-
PRO
ver, qu'après l'avoir même abdiqué une autre fois,
lorf qu'il me fut déféré par tous les futtrages, a la rc-
ferve d un f'eul, je lai accepté pour la ttoilicnie fois.
Ghfervations jur les Ecrits modernes, 2. II. page
■217 , 21 iV.
PROVINS. Nom d'une ville de France, fîtuée dans la
Brie, fur la petite tivière de Vouzie, entre 1 ans «.
Troies, à quatorze lieues de la prcmièie, & a dcuze
ou treize de \3.àieu\\ae. Provonum ,PruvLnum. Maty.
Long. 2 d. 56'. Lat. 48 d. 35'.
Le territoire de Provins en Brie, dans les Capitu-
laites de Charles le Chauve, ell nomme Pa^us Pro-
vifinus 6c Provifinenfis. Dans les Auteurs, & dans les
titres du commencement de la troïKème race , il eft
fouvent fait mention des fous & des livres aie Pro-
vins. Le Blanc Tr. Hijt. des Munn. de France. p>
il 2.
Les rofes de Provins font des rofes fott rouges, &
dont on le ferc pour les cataplalmes & les tcmeiita-
tions.
g'CF PROVISEUR, f. m. Ce terme formé du latin pro*
vifor , providere, pourvoir, avoir foin, veiller a la fu-
reté , fe dit dans l'Univetfltc de Paris du picmier Su-
périeur de quelque Société ou Collège. C'tfl ainfi
qu'on die le Provijeur de Sorbonne. Le Provifeur du
Collège d'Harcourt. C'cft ce qu'on appelle dans les
autres Collèges, Principal. C^ mnajîurcha ^ou Gym-
najlarchus.
(fJ" Dans d autres Collèges, Pro^ ifeur & Procureur (ont
termes fynonymes. Celui qui gère les affaires tempo-
relles , & touche les revenus d une Maifon. Provifeur
de la Maifon de Navarre.
^CT C'efl pour cela que les Marguilliers font qualifiés
dans les aâes, Provifeurs de l'Eglife ou de la Patoiile,
\fT PROVISION, f. h Ce terme lignifie proprement un
amas de chofes qui fe confommeut journellement. Col-
lecïio, comparatio. On le dit généralement de tout ce qui
ell néccflaire ou ucilepout lafubliflancedesperfonnes,
d'une ville, d'une province, !k même de ce qui eft
néceflaire pour la dcfenfe d'une ville de guerre. On
fuit provi/ion de blc,de vin, de fel, de bois &: des autres
objets deconfommation.P/oi'///'o«de vin pour une an-
née. Annona vini. Donhle provijîon qu'ondonnoiràurf
foldat pour l'armée. Annona dupla. ProviJion jour-
nalière. Annona diurna. On fait provijîon de livres
pour s'amufer à la campagne. Une place de guerre
doit être munie de toutes fortes de provifions débou-
che & de guerre. Dans ce dernier cas on dit mieux
munitions de guerre & de bouche, que proyijionst
Commeatus,
i<T Faire des provijions , c'eft fe pourvoir des chofes
néctilaires. lies ncceffarias corrpararc , providere ,o\t
providere rébus nccejjariis.
(O" On appelle provijions de carême , ce que l'on man-
ge en ce temps- là , beurre, poilfon falé, légumes ,
fruits fecs, &c.
f.CF Dans les chofes morales on dit figurément & fami-
lièrement provijîon d'érudition, de lieux communs ,
de palîages. Provijîon de ridicules, pour (ike,teuu-
coup. Ne cherchez pas a lui donner des ridicules, il
en a fa bonne provijîon. Avec une légère provijîon
d'érudition, on peut figurer avec les Antiquaires. Val.
Cet homme a beaucoup lu, il a honne provijîon de
lieux communs ik de palTages fur cette matièie.
fer Provision, entérines de Juiilprudence, eflunafte
par lequel on pourvoit à quelque chofe.
ifT Provision, fe prend quelquefois pour poirefîion.
C'efl un jugement interlocutoire par lequel on établit
en poUellIon de quelque chofe, celui qui a le droit le
plus apparent-, ptllellion qui n'efl pas irrévocable,
mais feulement en attendant le jugement du fond.
{CF C'eft quelquefois une exécution proviloire, comme
quand on dit que \a. provijîon eft due au titre, c'eft-
à-dire , qu'entre deux contendans, celui qui eft fondé
en titre, doit être maintenu ps.ï provijîon , fauf à juger
autrement en définitive, fi le titre eft m.auvais.
IJC? L'Ordonnance veut que ceux qui font fondés en
titre, foient maintenus par provijîon pendant le pro-
cès, qu'Us jouiffenc nonobftant oppofition ou appel-
lations ^
PRO
lacions, en donnant caution. Ont n'obtient jamais de
provijion coniïc le Roi; il plaide toujours main gat-
nie. Les Piélidiaux jugent fouvciainement jufqu'à
2J0 liv. en définitive, &c juCqu'à 500 liv. pat provi-
Jîon. Tout ce qui cft adjuge picalabJemcnt à l'une des
parties, en attendant le jugement définitif, &c lans
préjudice des droits réciproques au principal, cil ap-
pelé provijîon.
^iJ' On adjuge une provifon à une veuve qui plaide
pour fon douaire, a une femme qui plaide en fépara-
tion contre fon mari , à un mineur a qui l'on n'a pas
rendu compte, &c. Ces provifions(onx. plus ou moins
fortes, fui vaut la qualité des pcrfonnes, fuivant que
les biens font plus ou moins confidétables , & autres
circonftanccs, , ■
gCT Si ccsvrov{/îons font accordées pour alimens , on
les appelle alimentaires. Se elles le payent par pré-
férence à toute autre choie. Sut un rapport de Chi-
rurgie on adjuge à un blelïé une provi/iori pour ali-
mens & médicamens. On donne une provijton pour
vivre à un Bénéficier (ur les fruits de les Bénéfices
faifis, à une veuve (ur les biens de fon mari , à un débi-
teur pendant qu'on décrète les biens , &c. Dans ce (cas
c'eft un jugement par lequel on accorde une ccrt.iine
fommc aune peiionne, pour pourvoir aux beluins les
plus prcllans.
fCJ* On dit au Palais avoir provijîon de fa perfonne ,
faire quelque choie ^a.i provifion ; pour dire, préala-
blement , en attendant.
Provision, en termes de Négoce, fe dit du fond qu'a
un Marchand pour acquitter une lettre de change tirée
fur lui. Summa pecunU prdfins & ccvparaca. Ce
Marchand n'a pas voulu accepter ma lettre de chan-
ge , jufqu'à ce qu'il eût provifion , c'eil-a dire , que fon
coirefpondant lui eût envoyé du tond pour 1 acquitter.
Provision, lignifie aulFi le (alaire dun Commis, d'un
Favileutj d'un Commuîîonnaire, qui ordinairement
s'ellime à tant par cent, de l'achat ou de la vente des
marchandiles qu'ils font pour le compte du Commet-
tant. Je donne a mon Commilîlonnaire de Gènes, de-
mi pour cent de provijîon.
fCT Provision , en matière bénéficiaie , fe prend dans
des acceptions différentes. C'eft qucf-uefois le droit
de pourvoir à un Bénéfice. Jus Bencjicium confdren-
di. C'eft dans ce fens qu'on dit que la nomination
d'un Bénéfice appartient au Patron, Se la. provi/îon à
l'ordinaire.
ffJ" Les provijions font aulli des lettres, des patentes
pat lefquelles un Bénéfice eft conféré ; le titre en vertu
duquel on jouit du Bénéfice. C'eft dans ce fens qu'on
dit obtenir des provijîons d'un Bénéfice ; attendre , re-
cevoir les provijions de Rome, taire intinuer its pro-
vijîons.
^fT On dit aulTi au fingulier des lettres de provijîon.
Il a prélenté (es lettres de provijîon.
^^ On dit encore (\\\'vinz provijîon eft nulle & vicieu-
fe. Provijio , cottano. Alors ce terme délîgne l'adte
du Supérieur qui a donné le titre. Une provifion ac-
cordée lut un faux expofé elt nulle. On obtient en
Cour de Rome Xiprovijion d'un Bénéfice par réfigna-
tion, par dévolut, par prévention. Un CoUateur or-
dinaire en donne la provifion j en cas de vacance par
mort , de démilTion pure tk. (impie , ou de permutation.
Il faut la nomination du Patron Laïque pour rendre
valable la provifon d'un Collateur. Les provifons de
Rome en concours du même jour & date , font nulles.
Les provifons en Cour de Rome pour les petits Bé-
néfices , ne font que de (Impies figiiaturcs, qui font
comme la minute des Bulles, parce que les Bulles ex-
pédiées en parchemin, & (cellées en plomb, empoi-
toient de trop grands frais. Cette fignature n'eft autre
chofe que la fupplique de l'Impétrant, répondue par
le Pape. La réponfe du Pape eft ces mots. Conceffum
lui pecitur in pràfmtia D. N. Pûpx, &c écrite de la
main du Prélat qui préfide à la (îgnatuie. Les grâces
extraordinaires font fignées de la propre main du Pape,
en ces mots, Fiat ar fefifur, avec la première Itttie de
fon nom. On y ajoute d'ordinaire la claufe , que le
Pape donne à l'Evêque Diocéfain , la commilïïon de
Tome Fil.
PRO ?^
faire exécuter la concclîîon , fi l'Impétrant en eft jug^
digne : c'eft ce qu'on appelle des proviJions j informa
dignum. En ce cas, il tant obtenir un vifa de 1 Ordi-
naire. Mais (i l'Impétrant a envoyé à Rome une attef-
tation de vie &: de maurs de fon Evêque on lui ex-
pédie Aesprovifons en forme gracieufe , c'eft- à-dire ,
pour être reçu (ans examen , excepté pour les Cures ,
à caufe de 1 examen rigoureux ordonné par le Concile
de Trente. Comme la date de ces (oitt'i de provfons
ou (ignatures, cft de grande importance, a cau(e que
la plupart (ont tondées (ur le droit qu'a le Pape, de
prévenir l'Ordinaire, les François ont le privilège qu'on
les date , non pas du jour que la fignature tll expé-
diée , mais du jour que la date a été retenue, c'tft-
à-dire , du jour que le (Jouaier eft arrivé- a Rc;me.
Ceci n'a point lieu peur les Bénéfices eoiilîftoiiaux.
Les Bulles en (ont datées du jour du Conliftoire oui
elles font expédiées. En France on peut prendie pot-
fe/lion d'un Bénéfice fur un fimple certificat du Ban-
quier, que les provifons font expédiées en Cour de
Rome, lans attendre qu'elles foient arrivées.
Provision colorée , cft une provifion en matièie bénéfi-
ciaie, qui n'a que la couleur &c l'apparence d'un titre
légitime, quoiqu'il y ait des nullités & des défauts
couverts par une polfeilion paidble, qui eft crue lé-
gitime , & n'a point été jugée invalide , pourvu qu'elle
n'ait point été prile «Si retenue par force & pat violence,
CCr Provision en commende , ed celle par laquelle ur»
Bénéfice réguher eft conféré pour erre pollédé en com-
mende. Foy. Commende.
^fj" H n'y a que le Pape qui puifTe conférer un Bénéfice
en commende , ou ceux à qui il a accordé le droit
d'induit. Foyei Indult,
|CT Provisions en Cour de Rome, font celles qui font
expédiées parles Cfticiers de la Chancellerie Romaine
pour les Bénéfices qui (ont à la collation du Pape.
§Cr On n'appelle /7roi'{/z"o«^ de Cour de Rome que celles
qui (ont expédiées pour les Bénéfices ordinaires : cel-
les que le Pape accorde pour les Bénéfices Ccndfto-
riaux , s'appellent Bulles. Foy. Bulle.
Provisions , en fait de charges & ofKces, fignifient les
Patentes, les Lettres de Chancellerie qu'on obtient du
Roi pour pofféder une Charge de Judicature , de Fi-
nances ou autres. Refriptum collati juris. On n t(t
point reçu aux Charges fans Lettres de provifons.
^CT Pour les offices de Juftices Seigneuriales , c'eft le
Seigneur qui donne les provifons (ous fon fcel parti-
culier. Ces provifons font des commillions révoca-
bles ad nutum.
PROVISIONNEL, ELLE. adj. Terme relatif à provi-
fion, à ce qui a quelque choie de provifoire. Partage
provifonneL Jugement provifonnel, rendu dans Une
matière provifoire , c'eft-à-dire, qui requiert célérité,
& qui doit être jugée par provifion , en attendant ce
qui fera réglé définitivement.
PROVISIONNELLEMENT. adj. Par provifion. Celaâ
été ordonné provifonnellement,
PROVISOIRE, adj. de t. g. Qui s'applique aux chofes
qui requièrent célérité , & qui doivent être réglées par
provifion. Les alimens , les réparations , &c. font des
matières provifoires.
On appelle main- levée provifoire, la main -levée
qui a été ordonn-e en jugement , par provilîon.
fO° On dit quelquefois unprovifoire. f. m. Pour dire, Une
matière provifoire.
PROVISOIREMENT, adv. Par provifion. Il n'a guère
d'ufage qu'en terme de Pratique. Cela n'a été jugé
que provifoirement. Acad. Fr.
PROVISORERIE. f. f. Charge , fonction de Provifeur.
M. l'Archevêque de Paris a été nommé à la provifoi-
rerie de Sorbonne. Proviforis munus.
PROVOCATIF, adj. Terme de Médecine qui s'applique
aux remèdes chauds, acres, qui mettent le fang en
mouvement, fynonyme d'aphrodidaque.
PROVOCATION, f. f. Attion par laquelle on pro-
voque, on défie, on excite à quelque chofe. Provocii-
tio , irritatio. Provocation au fommeil , au vomilfe-
ment. Voy. provoquer.
PRO VOIRE, f. f. Vieux mot. Prière. Méhun^, au Ca-
34
PRO
dicile. C'eft aulTi un Otatoiie. PirceVAl. BoRri. |
Orado & Oratonum.
PROVOQUER. V. a. Appeler au combat, défier. Tro-
vôcare j /acefflre. Les ennemis nous ont provoqués au
combat par leurs fréquentes ekatmouchcs. Celui que
je luis venu chercher, m'a provoqui: \m mcmc au
combat. Vaug. Provci/z/t';- quelqu'un par des injures
par des mauvais traitemcus.
pRcvoQuta. , lîgnihc aulii, exciter, porter à quelque
chol'e. Excicari: ,provocciri. Celui c^yii a provoque :i\i
péché, qui la conleillé, qui y porte les autres, pè-
che autant que celui qui le commet.
1^3" Dans cette acception il le met toujours avec à, foit
avec un nom , iuit avec un verbe à lintinitif. Provo-
quer au fomineil , provoquer à dormir.
■pRovociUER, le dit aullî en Médecine. ConcUiare. L'o-
pium provoque le fommeil. 11 faut provoquer le vo-
millement à ceux qui ont pris du poilon. On provo-
que les menftrues de plul^urs m.anières. Ici il figni-
fîe facihter, taire venir.
-PROVOQUÉ, EE. part.
PROVOQUEUR. L m. Nom que l'on donnoit dans l'an-
tiquité à des Gladiateurs d une elpèce particulière.
Provocator. Les Proi'Oiyi^t'^/ri- étoicnt ceux qui le bat-
toient avec les Hoplomaqucs ; ils étoient armés d'une
cpée, d'un boucher, d'un cafque & de cuillarts de
fer. Lipfe en parle. De Miiu. Rom. L. lîl. Dïal. 7.
Saturn. Serm. L. II. C. li.
TROUS, vieux adj. Vaillant. Borel. Viz\x\Ac probus.
Un Chevalier prous & hardi. Perceval.
TROUVER, v. a. Etablir la vérité de quelque fait, de
quelque ptopolltion §3" par des preuves, parunrai-
fonnement convaincant , par un témoignage incontefta-
ble, par des pièces juftihcatives. Proburc. Voy. I'red-
VE. Il a prouvé la propolition qu'on lui avoit niée.
On prouve l'exiftcnce de Dieu par des argumens mé-
taphyfiques, phyfiques & moraux, par des lailons ,
par des titres , par des pièces juftificatives . par des té-
moins irréprochables. Il y a des chofes qu'on ne
prouve point. Les ptemiers principes fe Tuppolent , &
ne (e prouvent point.
On dit communément, qui prouve trop ne prou-
ve rien; pour dire, que fouvent à torce de vouloir
trop perluader une choie , on la rend moins croyable.
Ac.4D. Fr,
TROUVÉ, LE. part.
PROUVOIRE. I. m. Vieux mot. Pourvoyeur Borel.
Provifor.
PROUVER, f. m. Terme de Marine. Les prouy ers woni
en courant de proue à poupe, d'abord qu'on Tonne la
prière, de Bar.
PROXÉNÈTE. 1. f. & m. Courtier, entremetteut d'un
maiche. Proxeneta. Ce mot vient du Grec «f«;i«i'Tii!.
Courtier. On donne ce nom aux honnêtes entremet-
teufs qui font vendre des Offices, qui font des ma-
riages , ou autres affaires. Le Droit Romain donne
adlion aux Proxénètes pour leurs falaires.Titre XIV.
du livre L. ff. De Proxeneticis , Se Titre XL du V.
livre du Code. Les Grecs leur donnoicnt le nom plus
honorable à' Interprètes. C'étoit une efpèce d'OfH-
ce à Rome. Les pères s'adrelfoient à eux pour fonder,
& pour preilencir l'elpnt des jeunes gens à qui ils
deffinoient leurs filles. Un Commentateur du Digclfe
remarque que c'efl; un défaut dans la Police de Fran-
ce , qu'il n'y ait point de ces négociateurs , 6c de ces
médiateurs établis pour alfortir les mariages. Il fem-
ble, ajoute-t-il, que ce moyen de nous entre-avertir
apporteroit une grande commodité au commerce pu-
blic. GiLL.
0C? On appeloit proxeneticum le droit, le (alaire de
l'entremetteur. Celui qui avoit négocié un mariage à
Rume , ne pouvoit pas recevoir pour ion falaire au-
delà de la vingtième partie de la dot & de la dona-
tion à caule de noce.
§Cr Le terme àt proxénète fc prendroit chez nous en
mauvaile part.
ÇCr PROXIMIIÉ, f. f. Terme relatif à la diilauce. C'efl
PRU
l'oppoféd'éloigncment, fynonymc de voifinage, petite
diftance qui le trouve entre deux chofes. On s'en 1ère
de même pour matquet le degté de parenté qui fc
trouve entre deux perfonnes. Vicinia , vicinitas, pro-
pinquitas , confanguinitas , fanguinis conjunclio. Lia
.acheté cette teiic qui efl à (a bienféance, a caufe de
h proximité du heu. Ce Confeiller ne peut pas cnc
Juge, attendu la proximité tk la parente qui efl entre
lui & la Partie. On n'a pu avoir ditpenle pour ce ma-
riage , attendu la proximité du degré. La bienféance,
aullî-bien que les lois, détend le mariage dans un cer-
tain degré de proximité. G. G. Cela marque la révé-
rence que les nommes doivent à la proximité que le
fang étabht entre eux. Fort -R. La proximité des
dates de ces deux actes juffitie la collulion des Pat- fl
ties. Ici ce mot fîgnitîe des dates rapprochées , prcC- *l
que du même temps.
PROYER. roy. Prayer.
PROYME. f. m. Vieux mot. Le prochain. HiJI. Alb.
Proïfme , profme 6c proèfme ; c'clt-à-dire, patent, de
proximus. Coutume d'Anjou. Chofes immeubles ac-
quiles delvn proef'me. Ragueau. Borel.
PROZ. Vieux adj. m. Preux. Borel. Fortis ,J?renuus.
PRU.
PRUANT, ANTE adj. qui démange. Une me fouvient
peint de m'ctre jamais vu galeux. La gratcerienéanmoins-
elf des gratilîcaiions de nature les plus douces; & au-
tant a main; mais elle a la pénitence trop impoituné-
ineiit voifine. Je l'exerce aux oreilles, que j'ai au- de-»
dans pruaiues par iecouiles. Montagn£,Z. ///, ch.
1 3 ,p. /7 du 3*^ T. de l'édit. in-i 2. Paris, i6jg. C'efl
un terme Galcon, trancife par Montagne, qui, dit il
ici, fe gratte les oreilles, parce que de temps en temps
il y lent de la démangeailon au dedans. Il y a un
proverbe Gafconqui dit:
Que fe gratto quand fe plus,
Noun Ja mal à dcgus.
Du mot prus j ou pn.fj vient pruant j qui démange'
il/. Cojle ^note j [furie chapitre cité ; ou bien il vient
du latin prurigo , pruritus , démangeailon. Prurire ,
Sentir des démangeaifons. Ce terme a été abandonné
à Ion Inventeur.
PRUCKANDER-AMBER. Nom d'un bourg du Du-
ché de Bavière , litué fur l'Amber, a cinq lieues de
Munick, vers le couchant. Ambra. Maty.
PRUCK AN-DER-LEYTE. Nom dune petite ville de
l'Autriche. Leitét, pons y Lutipons. Elle eit fur la Leyte ,
près des confins de la Mongrie , environ à huit lieues
de Vienne, vers le levant. Maty.
PRUCK AiNDER-MUEIÎ. Nom d'une petite ville da
cercle d'Autriche. Pons Alanut ,pons ad Muram. Elie
eft dans laStirie, lur le Muer, à huit lieues au-dellas
de Gratz. Quelques Géographes prennent Prac A: , pour
la petite ville de la Pannonie, nommée /^Ai/^id, que
d'autres placent à Reckalpurg, petit bourg fitué en-
tre le Muer & le Rab , à dix lieues de Gratz , vers le
levant. Maty.
gCT PRUDE. Du h.x'in prudcns , ou probus. adj. de t. g.
Souvent employé iubllantivement. Qui afteclre unair
fage, févère, réglé dans les mœurs, dans ta conduire-
& dans fes difcours. Confldcratus j circonfpccîtis.
Cette femme a toujours pallé pour prude. Lucrèce,
cette prude ï?ao\\c}az ne peut fepardonnerle crime d'un
atitte. S. EvR. Ce jeune homme a l'air prude.
|C?On ne le dit guère que des femmes, 6c il fe prend
ordinairement en mauvaife part, pour exprimer une
femme qui affecte dans fes mœurs une févérité qu'elle
n'a pas , qui paye uniquement de maintien es: de pa-
roles , & cache fes foibles fous de plaulîbles dehors.
C'efl: dans ce fens que la Fontaine dit: qui dit prude ,
dit fouvent laide ou mauvaife: il pouvoit ajouter , à
coup fur, hypocrite. Deficz-vous de qz^ prudes oyxiiovx
un horrible bruit fur les moindres libertés : quand v\\
fait le fecret de leur vie, rien n'ell plus ridicule qiii
leurs mines & leurs grimaces. Blll. Quand 011 a'elf
P R U
toin<!m jeune, ni belle, il. faut cttc prude p^rpoMûqàs,
Ci-LL. Il y a de ccKi:iincs prudes qui s'eftimcnt bcau-
toup', rcuicmcnt parce qu'elles (ont: farouches. Cn.
iDi; Mer. Les coquettes deviennent prudes quand elles
inc peuvent plus être autre ehofe. Beli.
La prude donne plus de gloire,
La coquette plus de plaifir. B. Rab-.
'Elle tâche J couvrir du faux voile de prude
Ce que chcielleonvoit d'affreuJefolirMde.Mot.
Je ne fuis point du tout pour ccspmàcsfauvaces ,
Dont l'honneur ejl armé de griffes & dedents.la.
PRUDEMMENT, adv. Avec prudence. Prudenter j
■i!è,fapienter. Se conduire, le comporter prudcm-
?RU
??
CiUl!
ment.
PRUDENCE. f. f. C'eftunc des vertus cardinales , qui
enleigne à bien régler fa vie & fes mœurs , à diriger
fes difcours &c fes adions fuivant la droite raifon :
Ip" C'eft cette prévoyance qui éclairant l'homme
fur tout ce qui s'eft palfé & fe pâlie adtuellement ,
lui fuggère les moyens les phts propres pour le luc-
CKS de fon cntreprifc, & lui fait éviter les écucils où
il pourroit échouer : c'eft en deux mots l'art de choi-
(ir. On c^prudent, lorfqu'cntre plulieuts objets on
fait dUcerner celui qui mérite la prétérence. La pru-
dence éclaire l'intelligence & règle la volonté. Elle
lioP.s décide fur les maximes de fpéculation , & lur
celles de pratique. Prudent la. La principale tondion
de h prudence, c'eft déjuger parce qui a été fait, ce
qu'il faut faire & éviter. FlÉch. La prudence nous
oblige à bien examiner les choies , à ne rien faire lé-
gèrement & inconfidérément. La /jrut/c/zce ne fe trouve
guère avec la jeuncfte. P. de Cl. La fondion de la
prudence eft de veiller fans celle au dehors & au de-
dans de nous. S. Evr. Parce qu'il avoir réulli conrre
toutes les règles Àc\3. prudence , on crut qu'il avoir
des vues au-dellus du refte des hommes. FlÉch. La
crainte , qui eft une folblelfe , fait en mille occalions
une partie àz\^ prudence. S. EvR.. Lz prudence re-
tient les vertus dans leur ordre , les empêche de s'é-
manciper , & de fortir hors de leurs limites. Fléch.
Il n'y a guère de prudence à l'épreuve desadrelTes d'un
fourbe. Bell. La jpraû'cwff doit accompagner toutes
les vertus , ou plutôt elle doit leur donner l'être, puif-
qu'il n'en eft point fans elle. S. EvR. On a rendu ridi-
cule Une certaine gravité qui tient lieii de prudence.
Id. Il eft mal aifé de diftinguer la fineife àt\a. pru-
dence-. M. ScuD.
ÇS' Penfée faufte , en prenant la prudence dans le fens
qu'on vient d'expliquer, & la nnelfe pour une façon
d'agir fecrcte & cachée ; chofes qui n'ont rien de com-
mun. Mais l'Auteur entend fans doute par le mor de
prudence , cette prudence faulfe & vicieufe , qui eft
une voie déguifée pour aller à (es fins , alors elle n'cft
pas diftinguée de la ru(e.
H y a une prudence Ipéculative , & Une prudence
pratique, h^ prudence fpéculative ou la fagelle éclaire
l'entendement de l'homme, & lui fait connoître en
cette rencontre les principes ou les règles générales de
la juftice, de riionnêteté & du droit, ou, félon tin au-
ti'e nom les maximes qui établilfent les Lois , fans les
appliquer à aucun fait particulier. La prudence pra-
tique eft celle qui conduit nos adions, laquelle Arif-
tote met dans la volonté , parce que la volonté eft le
principe de nos adions. Cette équité applique les rè-
gles de la juftice , ou les maximes de la loi aux adions
particulières , ou aux faits qui furvienncnt ; &: c'eft
de-là qu'Ariftote dit, que l'équité corrige la loi , vou-
lant dire qu'elle la reftreint lorfqu'elle s'étend trop loin.
Par exemple , il eft par la loi , en général , défendu de
tuer: s ilarrivequ'un homme en trie un autre fans y pen-
fer , la juftice le condamne , l'équité l'abfouti Ainfi ,
parla juftice , l'entendement ne confidère le droit qu'en
lui-même : par l'équité il le conddère par rapport aux
faits , & le leur applique pour le rendre précifément
jufte. Et c'eft d'où vient, pour dire ceci en paftant ,
Tome FIL
cette façon ck parler, ou ce que l'on dit , qu'une chôlc
cil (élon droit &C raifon. Elle eft félon le droit, parce
qu'on l'a rapportée au:: principes *: aux règles du droit
de la juftice ; elle eft,(clon la raifon , parce que la tai-
(on , après un mùr lailonnemeni , la jugée dans le fait
dont il s'agit conforme à ces règles. I-t c'eft la même
chofe, quand on dit qu'une choie eft Iclonce qui cil
équitable &c bon , ou (l'Ion ce qui eft jufte & honnête',
bonne & honnête , parce qu'elle émane des principes
de bonté , tk qu'elle eft (clon les règles de llionnêtctc
qui vient de cette bonté; carunc chofe n'eft honnête
que parce qu'elle eft bonne, jufte & équitable , parce
qil'ellc eft fondée fur les règles de la juftice, 6c icèti-
fiéc par celles de l'équité. Courttn.
Qu'eft ce que la prudence félon t(;us les Maittcsde
la morale? C'eft l'ordre des moyens à lafin; c'eft-àdr-
re.que la prudence confifte à nous propoler une fiii
digne de nous , & à chercher enfuite les moyens les
plus propres pour y parvenir. Eourdal. Exhon.II i
p. 4.0 (. L'extrême difficulté eft de favoir bien allier
enfemble ces deux prudences , celle du (alut & celle
du monde. Bourdal. Exhor. Il , p- 4' 7- Enmatièré
de falut , c'eft une (omeiiimc prudence de ne fe point
appuyer fur idi prudence. Id. p. 422. U y a une pru-
dence humaine qui n'eft point contraire à la iagefte
évangéhque, pourvu qu'elle lui foit fubordonnée. Id^
p. 4jS. Dans le ftyle de l'Ecriture-Sainte , on appelle
prudence de la chair, 1 habileté dans la conduite, lorl-
qu'ellc ne regarde que les chofes du monde, & qu'elle
n'a point de rapport à celle de DieU; Acad. Fr.
IfF Prudence CArfnfnwe, C'eft Une vertu qui nous fait
difcenier ce qui conduit .à Dieii d'avec cequi en éloi-
gne , <5cqUi nous fait regarder l'un comme aimable i
& l'autre comme mauvais. Il y a une prudence chré-
tienne qui fait choiiir un jufte milieu entre l'orgueil &
la badeiVe, entre la témérité & la lâcheté. S. Evr.
■SCr Ce o^uon3.ppd\t prudence chrétienne n'td bien fou-
vent qu'un relâchement pohtique pour flatter les paf-
fions des grands. PASct , ^ , . ^ ,
PRUDENCE, f. m. Noiii d'homme. Prudentius„ Lé
Poëte Prudence étoit de Sarragofte en Efpagne , fort
attaché à la Religion Chrétienne. IlfloriftoitlousThco"
dofe le Grand , Si fes enfans.
Prudence , Evêque de Troie qui écrivit contre Scot En-
gène, vivoit au X^fiècle.
^ PRUDENT, ENTE; adj. Qui a de la prudence, qUn
connoît & pratique ce qui convient dans la conduite
de la vici Prudens 3 prudentia pmditus. Homme pru-
dent , kiWmt prudente. On le dit de même des chofes
qui ont rapport à la conduite, qui annoncent de la
prudence j qui ëii font les fuites ou les effets. Con-
duite c.'i^ffenrc. Adion , Kpon^Q prudente. Conlcil/^ri-
dent; Il faut èx\:& prudent commet le fcrpent, .Se (impie
coltiine la colombe , dit l'Évangile. Ce futlà un pru-
dent con(e\\. Il faut eue prudent (ans être hn. S EvR.
Pour la conduite de la vie, il valit mieux être lage &
prudent, (\VLt(a.va.nt.\v>. \J\\ot\-\mz prudent l'emporte
furie courageux. Y-^icH. Meiior cji fapiens yirojortr,
M.alb.cUreiifement on ne devient prudent qu'avec l'âge
& l'expéiiencei Id. , , r ir tt
83- PRUDERIE, f f. AfFedation de la fagefte. Un co-
ttliquéi dit la Bruyère, oiure fur la Iccnc (es perfon-
nages : Un Poète charge fes de(ciiprions : un Peintre
qui fait d'après nature, force & exagère une paftion ,
un contrafte , des attitudes ; & celui qui copie, s'il ne
mefure au compas les grandeurs & les proportions ,
groftit fes figures , donne à toutes les pièces qui entrent
dans l'ordonnance de fon tableau , plus de volume que
n'en ont celles de l'original: de même \i^ prudene tit
une imitation de la fagelfe. SapientiA imitatio , imi-.
tamentum;fucata,ementitafapientui. _
ecr II y aune faulfe modeftie qui eft vanité ; une fauftc
gloire qui eft légèreté ; une faulfe grandeur qui eftpe-
titellc -, une faulfe vertu.qui eft hypocrilie;une taufte
fagelfe qui eft pruderie. On ne le dit qu'en parlant deS
femmes. On voit en Hollande un certain ufage àtpru^
derie qusfi généralement établi, & je ne lais quelle
vieille tradition de continence qui pafte de mère eri
I fille, comme une cfpèce de Religion. B. Kab. Les
t Ij
^6
PRU
griiTiaces d'une pruderie (aapuleuCe ne tiennent pornt
lieu de vertu. Bell. Les dévotes cioaveut bien le i'ecret
d'accordeiramouiaveclcuifaftueufe/'rat/tT/^. S. EvR.
Il avoit lallanblé en lui la divcifité des défauts fati-
gans de toutes les autres fœurs , excepté les grimaces
de la faulle dévotion , 3c de la pruderie bizarre. M'"-'.
l'HÉKiTiHR. Sous Charles VIII & fous Louis XII la
pruderie de la Reine Anne , qui fut femme de l'un &c
de l'autte, entretuu à la Cour un airauftère & négli-
gé. Le Gendre.
Là votre pruderie & vos éclats de \èle ,
Ne furent pas cités comme un très-bon modèle. Mol.
"PRUD'HOMME, f. m. Ce mot fignifioit autrefois ,
homme fage , prudent tk expérimenté. Homoperitus ,
expcrtus.
Ce mot vient du latin probus,
Prud'homme, en termes de Pratique , (e dit des Experts
qu'on nomme en Jufttce pour viliter &: eftimer des
chofes fur klquelles on eft en conteftation. Peritus ,
expertus. Les rachats de fief fe peuvent payer au dire
de Prud'hommes , qui font l'eftmiation àz l'année du
revenu. On a nommé des Experts & des Prud'hom-
mes pour vilîter les réparations. Voilà le rapport des
Prud'hommes.
Prud'homme , (e dit aufll de certains Artifans jurés &:
nommés pour viliter des marchandiles. Infpcclor,ttfli-
mator. Le Roi a créé des Prud'hommes pour la viiite
des cuirs. Les Savetiers élilent deux Prud'hommes
pour faire la vihte au déhaut des Jurés. Ils font, en ce
corps , la même choie que les Bacheliers dans les au
très.
Prud'homme. Terme en ufige dans la Marine. L'Ordon^
nance de la \4ariae , L. V. Th. VIII. Des P-jcheurs ,
art. 6 , dit : dans les heux oii il y a des Prud'hommes ,
les Pêcheurs s'allembleiont annuellement pour les élire
pnrdevant les Ofliciers de l'Amirauté, qui recevront
le ferment de ceux qui feront nommés, & entendront
fans frais les comptes des deniers de leur Communauté.
La note ajoute , ces Prud'hommes tiennentlieu de Gai-
des-Jurés , Se en feront toutes les fonctions. Arbitri j
& judices rei pifcarid. A Marleille on donne ce nom
aux Juges des Pêcheurs. Ils connoillent de tout ce qui
concerne la pêche. Ils peuvent condamner fans appel
à deux fous d'amende.
PRUD HOMMIE.f. f. Probité. ProbitasJntegritas.Ccû
un homme d'une grande prud'hommie. J'ai toujours tu
bonne opinion de ia. prud'hommie. L'Académie Fran-
çois e. On ne le dit plus.
PRUDOTERIE. f. f. Terme dérivé de prude & prude-
rie. Maifon de la prudoterie.
Chaque époux la prônait à Ja femme chérit j
D'elle defcendent ceux de la prudoterie ,
Antique & célèbre Maifon.
La Matrone d Ephèfe,/». ^(?f des Fab. de la
■ Font.édit. de Paris , in-i 2. 1 71 j.
Madame de Sotenville , dans la Comédie de Georges
Dandin, Acl. I y Se. 4 , dit qu'elle al honneur dêtre
iffiie de la Maifon de la. Prudoterie ^ où le ventre an-
, noblit , Se que de cette maifon il y a plus de trois
cens ans qu'on n'a point remarqué qu'il y .ait eu une
femme. Dieu merci ,qui ait fait parler d'elle.
PRUIM. Foyc^ Pruym.
PRULLI. Nom d'un bourg avec Abbaye. Pruliacum. Il
eft dans laTouraine,en France, fur la rivière de Caife,
à lix Ueues de Châteleraud , vers le levant. Mat y.
PRU M. Foye^ Pruym.
PRUMIER ; 1ERE. adj. m. & f. Vieux nom ordinal. Pre-
mier. BoREL. Primus.
Ja Jî an quatre principal ,
L'un neore que es fach prumié.
Et l'autr". çuand es blanc entié y
Et te- s quand es incinfat y
Et quart quand es rubijîcat. Jo. de St. Sa-
i TURNIN.
PRU
PRUNE, f. f. Fruit d'été qui eft à noyau avec ur.c pulpe
ou chair couverte d'une peau liflco; Hl-ulIc. Pruuum.
Il y a des prunes de plulicurs fortes, d'impériales y de
damas , de brignolcs y de mirabelles , de dates, il yen
a de rouges , de jaunes , de blanches & de violettes ;
des prunes pommes y prunes-noix y Sec. En latin ^ra-
num. Matthiole dit qu'il y z des prunes vertes , rou-
ges, decoukur d'ivoire, jaunes Se purpurines ; de
grofles, petites , moyennes, de rondes, longuettes , en
ovale , de dures Se de molles; de douces, d'aigres, de
vincufes Se de pilku(es.
Voici la 11 Ile des principales prunes qui font main-
tenant dans les jardins des curieux. La plus hâtive des
prunes eft la cérifettCy dont l'une eft rouge. Se 1 autre
blanche , & s'ouvre net comme le damas. Elle eft bt luie
quoique fauvage. La prune de Catalogne eft blanche ,
gtolîe Se três-hutive , Se ne quitte pas le noyau. La
prune de Saint Cyr eft un damas noir, liacir Se fore
fleuri, qui quitte le noyau. Le gros damas noir hâ-
tif, dit de Tours y quitte le noyau tort fec , a la chaic
jaunâtre , Se eft une des meilleures. Il y a aufli an petit
damas noir. La prune de taureau , ou poioon , eft
grolFe , longue , d un rouge brun , ne quitte pas le
noyau. Se eft meilleure en confitures & matmelade ,à
caufe de Ion peu d'aigrrur. L^. prune de damât d'Ita-
lie y dïie bomlccoue y eflgroife, violette, h.kive, qui
s'ouvre net , es: dont 1 eau eft excellente & luctée. Le
perdrigon de Cern~i , dit double dami'S , ou pajfeve-
lours y eft une trcs-belle & %ïi^'Se prune violette , fleu-
rie , hâtive , Se qui n eft pas d'un goût relevé. Les pru-
nes de damas rouges, bl.inches Se violettes, font ex-
cellentes , quittent le noyau , Se font plus fucrées. La
prune de brionolle cfl une cfpèce de perdrigon qui a
la chair jaune, & eft bonne crue, sèche & en mar-
melade. Prunum brinolium. La prune d abricot , ou
abricotée , eft femblable à l'im:iéria!e , & a le goût
d'abricot. Il y en a de jaunes, de rouges , de blanches.
La-prune diaprée eft de fîx fortes. Il y en a de vii.iet-
tcs, qui font la meilleure efpèce. Il y en a une rouge ,
dite de Poe hecorbon y d'an village près de Tours, qui
ne quitte pas le novau, comme fait la précédente. La
diaprée blanche eft grr.fle , veid.itie, toitfucrte. Se
s'ouvre net , & a la chair verte. Il y a une diaprée
violette bâtarde y longue Se fort rlcuiie; & la diaprée
violette hâtive y qui eft à fleur double. La mirabelle
eft une efpèce de petit damas blanc qui charge beau-
coup, quitte des mieux fon petit noyau. Se eft alFcz
fucrée. Se fort bonne en confiture , Se a un goût muf-
qui. Il y a une grofjè Se petite mirabelle. Laprune de
drap d'or eft un damas jaune tavelé de rouge , qui
quitte le noyau, belle , bonne , iS; fort fucrée. L-aprune
de perdrigon eft de quatre efpèces , la blanche, qui
eft grolFe Se longue; la rouge &la violette, qui quitte
rarement le noyau , a la chair ferme, & l'autre eft fu;
crée. Le perdrigon /zo.reft plus petit , Se ne quitte point
le noyau. Le petïz perdrigon violet tardif cil prefque
rond , Se s'ouvre net Se eft de bon fuc La prune im-
périale eft de trois fortes ; la rouge , qui eft groffe ,
longue, fort fleuiie Se excellente /r/i'/if. La blanche efl
de moindre valeur. L'impériale noire eft plus en poin-
te & en ccEur, Se eft excellente (?i tardive , Se s'ou-
vre très-net. La prune royale eft une belle grolfe^ra/ze
ronde d'un rouge clair , qui a la queue longue fort
fleurie . Se de bon goût. Il y a encore fix efpèces de
damas plus tardifs. 1-e damas mufqué , qui edh prune
de Cypre y ou de Malte , eft noir Se fort fleuri. Le da-
mas orangé yX.zye\c de rouge, que quelques-uns appel-
lent mirabelle rouge. Le damas v-ert y qui l'eft tou-
jours, quoique mûr, bon à confire. Le damas ju-
melle y qui eft fort fleuri , alTez gros Se long , d'une
eau très fucrée, dont les prunes font toutes jumelles ;
& le damas blanc tardif, plus plat que rond, qui eft
fort fucré , Se s'ouvre net. La prune de moyeu y qui eft
de deux fottes , dont l'une eft le ntoveu de Bourgogne ,
dont le bois eft épineux, & vient de fauvageon, lon-
guette en cœur, jaune dedans «.''i dehors, bonne àcon-
fire , ayant un goût relevé approchant de l'abricot ,
ainfi nommée, à caufe que cette prune reffcmble au
moyeu d'un œuf, ronde iic jaune de n^me , aigre, &:
PRU
stclie comme celle de Bourgogne. La prime iamafl't-
quce ert lin gros damas lond, blanc , maïqiic de lou
ge. LiL prune àflciu double , dont l'une cil longue ,
rouge, forcHeune &s'ouviencc; l'autre ell blanche,
trèsgrollcj ronde, 6c ne s'ouvre pas. La. prune de Je-
rufalcm , ou de Bordeaux , nommée œil de bœuf , ell
extraordinairémcnt groife, d'un viole: brun, fort Heu
rie, &: plus carrée que ronde. La. prune de Montini-
rtV/fj autrement dit t.v/,)Ç j eli blanche , longue d' poin-
tue, & ne s'ouvre pas , $c n'cll bonne qu'en pruneaux.
La. pruned'Ikvene eil très longue l\: menue, qui de-
meure toujours verte. Lllc eft fort cilimée. Le cœur
de bxuf, ou h prune de >i. Lo , elt la plu» grolfe des
prun'.s , qui quitte bien le noyau, qui a la chair fort
jaune, & la peau rouge ,"eft de moitié plus groHeque
rimpériale. La prune de Mauf^erou eft un gros damas
violet, rond, iS: quiie tend des mitu.\. L:i prune /ans
noyau ell petite, noire , faite ca cœur , s'ouvre bien ,
tV n'a qu'une amande. La prune datyle eft de deux
fortes ; l'une de Gonore , & l'autre du Mans. Celle ci
cil blanche, longue & menue ; l'autre plus petite &
violette, & s'ouvrent bien toutes deux. Le cœ^ri/e^j-
geon eft une prune faite en cœur, noire , grolfe , (c
fend bien , &c eft très bonne lur l'ariicrc-failon. La
prune de Rhodes eft belle & grolle, noire &: un peu
longuette , eft bonne Se tardive. Le damas gris , ou
prune de Monjieur , qu'on appelle aulli oros damas
■ mufqui tardif, eft une prune violette , fort fleurie ,
alfcz groftè, qui a la chair jaune , quitte le noyau,
&a un goût relevé. La prune tranfparente cit SiWile ,
blanche & longue , & s'ouvre net , ainfi nommée ,
parce que l'expolant au folcil , on voit clairement ton
noyau. La. prune virginale eft uncelpècc de gros da-
mas blanc. L3.mignone eft alfcz grolfe & longue, blan-
che ôc tavelée de rouge, qui s'ouvre des mieux, eft
délicate Se fucrée. Elle a été ainli nommée à caule de
la bonté. La Reine Claude eft une elpèce de gros da-
mas vert , qui eft rond , un peu plat , qui a la chair très*
ferme Ôc épailfe, quitte le noyau, & eft des plus fu-
crées. C'eft , lans contredit , la meilleure des prunes.
La. prune de Pologne eft aftez femblable à l'impériale
blanche , mais bien meilleure. La prune de Suijfe eft
fort longue & menue , rouge & rardive , qui quitte (on
noyau, 6c a bon goût. La prune date eft une elpece
d'impériale tardive. Il y en a de blanches , 8c de rou-
ge,;: elle eft bonne à faire des pruneaux. La. prune de
Sainte Catherine eft blanche , groft'e , ne quitte point
]e noyau , & eft des plus lucrées, & bonne a faire des
pruneaux. Le damas d' Efpagne eft une prune tardive
& noire, qui eft très-bonne. Le rognon de coq eft une
petite prune blanche , tavelée de rouge, longuette. Se
faite en rognons , qui eft très-tardive. La prune de
Saint Julien eft d'un noir violet fort fleuri , ne s'ouvre
pas , le fane fur l'arbre, & y demeure jufqu auxgclées :
on en fait des pruneaux. La. prune noherte eft un pe-
tit damas noii tardif, qui ne quitte pas le noyau, dont
on a fait les meilleurs pruneaux d'un beau bleu azuré.
Il y en a une diaprée noire tardive ; un gros da-
mas violet tardif de Tours, & un autre rouge, <îc
un autre noir, qui ne fe fend pas bien, & n'eft pas
d'un goût fi relevé que les autres.
^fT De toutes ces efpèces de prunes , il n'y en a que i j
ou i6 qu'on cultive dans nos jardins, qui font alFez
connues de tout le monde.
03" Tous les Médecins s'accordent à dire que les prunes
fraîches fonr un des fruits d'été les moins falutaires.
On les accufe d'aftoiblir le ton de l'eftomac , &c de re-
froidir ce vilcère-, & l'on met fur leur compte les fiè-
vres, les dyirenteries, & toutes les autres maladies qui
régnent ordinairement dans l'automne. Mais les jî)/-7/n<;j
ont cela de commun avec tous les autres fruits. Les niau-
vaifes efpèces font mal laines. L'excès des bonnes eft
jiuihble, comme l'excès de tout autre aliment. Mais
je doute qu'un ufage modéré des bonnes prunes, de
la Reine-Claude, par exemple, puilFe incommoder.
On dit proverbialement , il aime mieux deux œufs
qu'une prune ; pour dire , il n'eft pas niais , il entend
bien fes intérêts. Commodorumfuorum providus. Don-
ner anc prune pour deux œufs : lotfqu'on fait un petit
PRU ^7
préknt pour en avoir un gros. Cet homme n'eft pas-
là pour des /r^/^tj; c'eft a duc, il n'eft ^las-là pour
rien, il a quelque fcciète aftaire. Si je luis aftligé, ce
n'eft pas pour des prunes. Mol. Prunes de prophétie.
f^'oye^ Prophétil.
lO" Ce terme delîgnc particulièrement le fruit du pru-
nier: les Botaniftes en ont tait une famille , qui com-^
prend tous les fruits à noyau, que Tournefortappelle
jrucius mollis cum ojfficulo , d'autres drupa , Se quel-
ques-uns , arbores prunifcn.
PRUNRAU. f. m. l'iune léchée au foleil , ou dans le
four. Prunum paQuin , infolatum ,Jïccatuni , prunel-
lum. On eftime les pruneaux de Tours , qui font faits
de grolîes primes de damas noir. Un jus de pruneaux
eft laxatif. On dit ironiquement d'une perfonne noire,
qu'elle eft blanche comme un pruneau relavé.
PRUNELAIE. f. f. Lieu planté de Pruniers. Prune tum.
Planter une prunelaie. La Quint. Li ne prunelaie de
quatre-vingts ou cent pieds d arbres. Id.
PRUNELLA. f. m. Terme de Médecine. Sécherclle de
la langue & de la gorge , qui arrive dans les fièvre?
continues , tur-tout dans les aiguës , accompafhées
d'ardeur, & d'une rougeur cblcure , la langue eft aulli
couverte d'une croûte tantôt blanchâtre Se tantôt noi-
râtre. Prunella. Quehiues-uns donnent ce nom a l'cf-
quinancie.
PRUNhLLE. f. f. Prune fauvage qUi vient parmi les
ronces & les haies lur un petit arbre qu'on appelle
prunellier , ou prunier fauvage. Prunus filveftris >
agreflis , prunella. Ce fruit eft aigrelet , Se horrible-
ment ftyptique. Les pauvres gens en font de laboiiron;
& quand on veut dire que du vin eft fort mauvais ,
on dit que c'eft cfu vin de prunelles. 'Voyez Pru-
nellier.
Prunelle, ou Brunelle , eft une plante qui eft fouve-
raine pour guérir les plaies. Quelques-urs l'appellenE
herbe au Charpentier. En latin Prunella y ou Bru-
nella. 'Voyez Brunelle.
Prunelle , lignifie ordinairement uns petite ouverture
circulaire 'ffJ" qui le trouve au milieu de J'uvée , ou
la féconde tunique de l'œil. Cette ouverture , par le
moyen de quelques fibres , s'agrandit dans les endroits
obfcurs, & le rétrécit dans les endroits éclairés. Com-
me elle donne palfagc aux rayons de lumière qui vonc
peindre l'objet fur la rétine , elle fe dilate dans un en-
droit cbfcur , pour en recevoir un plus grand ncrabrer
elle le rerrécit au contraire dans un endroit éclairé,
parce qu'un trop grand nombre de rayons trop vifs
blelferoir les yeux. Aulfi quand on palle d'un lieu très-
éclairé dans un lieu obfcur, on ne voit pas bien d'a-
bord les objets qu'on diftingue facilement un inftant
après. La prunelle qui étoit retrécie dans un endroit
très-éclairé , demeure encore un peu de temps retrécie
quand on entre dans un endroit obfcur, & par confé-
quei:t ne reçoit pas aflez de rayons toibles pour faire
diftinguer les objets , julqu'.i ce que fe dilatant peu-
à-peu , elle en reçoive un aiFez grand nombre pouc
appercevoir ce qu'on ne voyoit pas.
Par une raifon contraire , quand on palTe d'un lieu
fombre dans un endroit éclairé , limprefiion de Ja lu-
mière eft d'abord douloureufe. La prunelle qui s'étoic
dilatée dans le lieu fombre , peur recevoir un plus
grand nombre de rayonsfoit'c, demeure encore quel-
que tcm-ps dilatée dans l'en'.l'-vit lumineux. Se par-là
reçoit une trop grande quantité de rayon: vifs. Cet
excès blefle l'organe. L'impreflîon trop forts eft dou-
loureufe. Pupilla oculi, vel popula. L'Églife prie le
Seigneur , qu'il nous conferve comme la prunelle de
fon œil.
On dit proverbialement, jouer de li. prunelle , jeter
des œillades ; ce qui s'apphque ordinairement à un
homme Se à une femme qui le font des lignes l'un à
l'autre, quand ils font d'intelligence.
PRUNELLIER, f. m. Prunier fauvage qui porte les pru-
nelles. C'eft un petit arbre épineux dont l'écorce ell
cendrée, tirant fur le purpurin. Sts feuilles font fem-
blables à celles du prunier cultivé , mais beaucoup
plus petites. Se d'un goût aftringent. Ses fleurs font
blanches comme de la neige , odorautej , compofcej
<Je cinq feuilles difporées en rofe: elles naillent avant
les feuilles. Ses ftuirs (ont de petites prunes gioilcs
comme un gros grain de railin , prelque rondes , de
couleur noire cirant lur le bleu , d'un goût extrême-
ment ftyptique. Sa racine ell: ligneule, noire. En latin
Prunus Jîlvejlris. C. Bauh. Piunellus-. L'eau dillillée
des fleurs-de prunellier ell un remède fingulier pour
îaplenréfiej & pour les opprclîions de poitrine: les
Jruits lont bons pour la dylîenterie. Le lue épailîi de
ces fruits s'appelle acacia rccentiorum j ou Gcrmano-
Tum j parce qu'on le lubftitue au véritable acacia des
Anciens.
PRUNIER, f. m. Arbre dont il y a deux cfpèces géné-
rales , un cultivé , & l'autre fauvage. Prunus fativa ,
vel filvcjlris. Le prunier cultivé eft d'une hauteur &
d'une grolfeur médiocre. Ses feuilles lont un peu lon-
gues, crénelées tout autour. Ses fleurs lont blanches ,
coiv.pofées de cinq feuilles dilp;jlées en rôle. Ses fruits
qu'oii nomme prunes , font charnus , couverts d'une
peau mince; il y en a beaucoup d'efpèces qui différent
par icur groircur , par leur figure, par leur couleur ,
par leur goût. En Iriim prunus faciva. C. Bauh. La
décoélion des feuilles du prunier ell bonne pour ar-
rêter les fluxions qui tombent lur la luette & fur les
gencives, lî on s'en lave la bouche. Les prunes douces
ramoIilTent & Lâchent le ventre. On dit proverbiale-
ment , il ell lot comme un prunier j fans qu'on voie le
fondement de ce proverbe. A l'égard du prunier fau-
vage, voye:( Prunellier.
La plupart des pruniers tracent beaucoup, c'efl-à-
■diie , que leurs racines s'étendent entre deux terres ,
fans pénétrer bien avant, comme les racines de plu-
fieurs autres arbres. Ces racines poulTent des jets ou
drageons enracinés , qui (ont de même efpèce que la
fùuche qui les a produits. Si l'on avoir donc les bon-
nes efpèces franches du pied , on auroit tous les ans
des drageons qui produiroient de bonnes prunes j fans
le lecours de la gretfe.
Le prunier s'accommode aifez bien de toutes les ex-
pofitions &: de toutes fortes de terrains. Cependant il
fc plaît moins dans une terre humide que dans une
terre sèche, dans une terre cultivée que dans une terre
inculte. Il fe plaît lur-tout dans un fable noir. Il lui
faut moins de fond qu'aux autres arbres , parce que
les racines, comme nous l'avons dit, tracent beaucoup,
&C ne pivotent point.
Le prunier lert de fujet pour greffer le pêcher, l'a-
bricotier & l'amandier. Précaution nécelfaire dans cer-
tains terrains où d'autres fujets ne réufliroient pas.
Voye^ PÊCHER.
§3° PRURIT, f m. Terme Didadique. Pruritus ^ pru-
rigo. Ce mot fignifie proprement démangeaifon qu'on
lent fur la fuperficie de la peau. Cette fenfation ell
gracieufe ou doulourcufe , félon qu'elle eft plus ou
moins vive , & que les humeurs qui la caufent font
plus ou moins .acres Se mordicantes.
On donne aullî le nom de prurit à la démangeaifon
vive qu'éprouvent les galleux, & à celle que l'on fcnt
à la circonférence des plaies & des ulcères. Cette dé-
mangeaifon dans les plaies vient de la fuppreflîon de
la tranlpiration occalîonnée par les pièces de l'appa-
reil. Une légère lotion avec de l'eau &c un peu d'eau-
de-vie nettoie , débouche les pores, & détruit la caufe
du prurit.
fCrPRUSE, ou BURSE. P;-i//i. Ville autrefois capitale
de la Bithynie, aujourd'hui la plus belle de la Tur-
quie, dans l'Anatolie, à 50 lieues de Conftantinople.
Elle étoit la capitale des "Turcs avant la prife de Conf-
tantinople.
PRUSSE. Nom d'une grande contrée que l'on divife en
deux parties , dont l'une qu'on appelle quelquefois
Pruffe Ducale , eft érigée en Royaume ; & l'autre ,
qu'on appelle Prujfe Royale , ou Polonoife , fait par-
tic du Royaume de Pologne. Prujffia , Borujfia. Elle
cil bornée au couchant par la Poméranie ; au fud , p.ir
la Cujavie & par la Mazovie; au levant, par la Li-
thuanie ; & au nord , par la Samogitie &: par la mer
Baltique. Elle peut avoir cent dix lieues de longueur ,
oc trente ou trente-cinq lieues dans fa largeur moyen-
PRU
ne. Elle eft baignée par la Viftule , par le Préjel , pàï
îc Niémen , & par un grand nombre d'autres rivières
qui le déchargent dans celles là. Le terroir en tll allez
bon : mais il y a plufieurs quartiers qui ne font ni bien
peuplés, ni bien cultivés. Ce pays a été plongé dans le
Paganilme , & gouverné par fes Princes particuliers
julqu'à la fin du XIIF fiècle, que les Chevaliers Teu-
toniques attirés en ce pays pat les Ducs de Mazovie ,
en furent les maîtres, après avoir employé 56 ans à le
conquérir; & ils y devinrent fi puifTans, ayant fubju-
gué la Pomércllie & la Samogitie , qu'ils entreprirent
de faire la guerre contre les Ducs de Lithuanic, & con-
tre les R6is de Pologne. Mais comme ils vouloient
gouverner la Pruffe d'une manière trop dclpotique ,
les principales Villes, entre lelquelles étoient Dantzic,
Elbing Se Thorn, s'allièrent avec la Noblellc pour la
conlervation de leurs privilèges l'an 1454 , & ces Al-
liés ayant été condamnés avec trop de févérité , ils fc
donnèrent au Roi de Pologne ; & après plufieurs guer-
res entre les Rois de Pologne & les Chevaliers Teuto-
niqucs,ces derniers cédèrent au Roi Calimir laP/-a//c
Supérieure, qui eft aujourd'hui la Prujfe Royale, &
ils lui firent hommage de l'Inférieure , qui eft aujour-
d'hui la Ducale , dont ils rtftèrent les maîtres, Enfin,
Albert de Brandebourg , Grand-Maître de l'Ordre ,
ayant embralTé l'héréfie de Luther, Se aboli les Com-
mandeiies, fut fait Duc de la Prujfe Inférieure par le
Roi de Pologne, auquel il en fit hommage à Cracovie
en ijif. Son fils , qui lui fucccda , étant mort fans
poftérité l'an 1618 , ce pays échut aux Lleéleurs de
Brandebourg; ( Maty ) Se malgré les prétentions de
la Pologne fur la fouvctaineté de ce Royaume, il fut
cédé par le traité de Velau en 1657 , à Frédéric-Guil-
laume, Éleéleur de Br.andebourg, à condition, que fi
fa poftérité malculine en ligne direéle venoit à man-
quer , les Princes collatéraux de fa Maifon , en héri-
tant de la Pruffe^ relèveroient de la Couronne de Po-
logne. La Prujfe a été érigée en Royaume par l'Empe-
reur Léopold, au commencement duXVIIl' fiècle, en
faveur de Frédéric III*^ , Éleéleur de Brandebourg, qui
fut lacré à Konisberg au mois de Janvier 1701 , ÔC
prit le nom de Frédéric I.
Prusse Ducale, ou Inférieure. C'eft la partie occi-
dentale de la Pruffe. Pruffia Ducaiis ou Inferior^
Elle a incomparablement plus d'étendue que la Pruffe
Royale ; mais fes contrées qui confinent .avec la Li-
thuanie Se avec la Samogitie , ne font prelque que des
déferts pleins de forêts Se de lacs , & les peuples qui
les habitent , Se qu'on prend pour les reftes des an-
ciens Boruffieiis, lonr fort groilîers, & ont un langage
tout particulier. Le refte du pays eft mieux peuplé Se
mieux cultivé. Ce pays a cela de particulier , qu'orh
recueille une grande quantité d'ambre jaune fur fes
côtes; il renfermoit autrefois plufieurs petites provin-
ces; aujourd hui on le divife en trois cercles , qui font
ceux de Samlande , de Natangie Se d'Hockerlande.
Ses villes principales font Konigsberg capitale, Memel,
Pilavr , Brandebourg, &c. Ce pays appartient en fou-
veraineté aux Éleéleurs de Brandebourg, comme on
l'a marqué ci-dcftus lur la Prujfe en général. Id.
Prusse Royale, ou Supérieure. C'eft la partie occi-
dentale de la Pruffe. Pruffia Regia , ou Superïor.
Elle appartient à la Pologne, comme nous l'avons die
au mot Prusse , Se elle eft divilée en trois Palatinats,
qui font ceux de Culm, de Marienbourg Se de Pomé-
rellie. Dantzic, Maricmbourg, Elbing, Culm, Thorn
Se Strasbourg en lont les lieux principaux. Id.
PRUSSIEN, ENNE. f m. Se f. Se adj. Nom de peuple.
Qui eft de Prull'e, qui appartient à la Prulfe. Pruffusy
BorulTus. Les Prulîlens font delcendans des anciens
Borulfes ou Borulîîens. Les Prujfiens , habitans des
forêts Se des lacs , en confervent encore la langue. Les
Prujftens étoient encore Idolâtres au XIIF fiècle , 5c
exerçoient de grandes cruautés contre les Chrétiens.
' §:? PRUSSIENNE, f. f. Terme de Manufaélure de
foierie. Efpèce de gros de Tours ou tatfetas , dont la
chaîne eft ourdie d'un fil double d'une couleur, & un
fil de l'autre , de forte que quand la chaîne eft tendue
pour la travailler, tous les fils qui font fur une verge
PU Y
doivent erre d'une couleur, & ceux qui font delfoUî
d'une nutre : & la riame le trouvant d'une couleur dit
1-ertnte des deux qui compofent la chanie, ce mclansc
des trois couleurs cnlenible fait un ettcr agréable.
PKUTH. Nom d'une grande rivière qui prend (a (ourcc
dans les moiits Krapach , traveife une partie du Tala-
tinat de Lembourg , en Kullie, enluite toute la Mol
davic, le décliarge dans le Danube, un peu au dclLus
d'Axiopoli. Frui/idj, Hicnifus, Ccm/us. Maiy.
PRUYM , PRUM. Nom dune petite ville, avec une
Abbaye de l'Ordre de Saint Benoit, fondée en 763.
Prumu. Hijl. de l'Egl. de Meaux , T. 1 , p. 73-
Elle cft fituee fur la rivière de Pru>,m , dans l'Eledo-
rat ciel ùvcs , à dix lieues de la ville de ce nom. L'Ab-
baye lie Pnim cft célèbre pour avoir été le lieu où
l'Empereur Lothaire fe reriia après avoir renoncé à
l'Liiipire. Son Abbé porte le titre de Prince, & (es Re-
ligieux font preuve de noblcile. L'Lledeur de Trêves
en a l'adminiftiation depuis l'an 1578. Maty.
FRuy.M. Nom d'une petite rivière d'Alleniagne. Pruma.
tlle baigne Pruym dans l'Élcitoiac de Trêves, entre
«.laiis le Luxembourg , is; te déchaige dans le Sour ,
au dellous d'Echternach. Maty.
P R Y.
PRYLIDE. f. f. Efpèce de danfe militaire chez les an-
ciens Grecs. Pr-jlïs. Voyez Voilius. L. De quatuor
Arûb. Pop. 6' Meurchius Orchejlra.
PRYMNO. f. f. Terme de Î.Iythologie. Nom d'une
Nymphe. Pnmno. Elle ctou rille de l'Ucéan 6: de
Thétis, &; l'une de celles qui prelidcnt à l'éducation
des enfans avec Apollon o:les irleuves. Hsjîod. Thcog.
V. jso.
PRYTANAT. f. m. Dignité de Prytanc. Le Prycanat
dura environ iio ans, c'eft-à dire, depuis Automénes
qui fut dernier Roi de Corinthc, julqu'à Cyplele qui
abolit les Prytancs, & s'empara de la Royauté qu'il
lailFa à Pcriandre fon fils & ion luccelleur.
PRYTANE. 1. m. Prytams. C'étoit dans la plupart des
villes Grecques le nom du premier Magiftrat. NiÉM.
DE Tr. Prycanis y Prytaiieus. Ce terme lignifie deux
dignités dittérentes, l'une de Juge de Police chez les
Athéniens On en prenoit cinquante de chaque Tribu,
de laquelle on nommoit encore cinquante autres , pour
iupplécr aux premiers , en cas de mort ou de malver-
iation. Ces Prytanes étoient les Sénateurs qui com-
poloient le Conleil des cinq cens. Ce Conl'cil gou-
vernoit 1 Étar , comme ce que l'on appelle les ttacs
dans les Provinces-Unies. Voyez ci-deirous Pryta-
NÉE. Les Tribus rouloient pour le gouvernement, &
le prenoieiit l'une aprèj 1 autre pendant ^ 5 ou j 6 jours,
c'ell-à-dire, pendant cinq ftmaincs entières, mais par
troupe de dix qui étoient tirés au (ort , pendant lept
jours chaque troupe. Après quoi une autre Tribu v e-
noit lur les rangs , & avoir auJli les cinq femaines à
gouverner de la même manière. C'étoit un établllFc-
ment de Solon, Scaliger s'elf trompé , quand il a dit
que les Tribus rouloient par jour. Foyc-si Saumaile
fur Solin , cû^. Soy. L'autre dignité etoit bien plus
confidcrable, & le tire de l'Hiftoire de Corinthe,qui
n'avoit qu'un Prytane qui y étoit ce qu'étoif à Athè-
nes 1 Archiinte. C'n voit dans cette Hiiloire , qu'après
les Rois, ils- établirent un Magilhat annuel, auquel ils
donnèrent le nom de Prytanc. A la réfetsie qu il n'é-
toit pas perpétuel , il avoit toute l'autorité des Rois.
Il étoit Chef des Magiftrats, Prince du Sénat , & gou-
vernoit à pcu-p:cs comme les Doges dans la Répu-
blique de Cènes.
PRYTANLE. f. m. Nom d'un lieu à Athènes oij étoit
le fiège des Juges de Pohce, appelés Prytanes, & où
l'on niunilloit aux dépens de la République ceux qui
avoient rendu quelques fervices à l'État. Pry taneum.
Ce? C'étoit aulll dans le Prytanée qu'on entretenoit le
feu facré. La plupart des villes de la Grèce avoienr
leur Prytanée. Si le feu facré que chaque ville con-
fervoit avec loin dans fon Prytanée , s'éreignoit par
quel ue accident en quelque Colonie, elle ne pouvoir
le rallumer qu'au feu facré du Prytanée de la Mé-
tropole. BOUGAINVIILE.
PSA
?9
TRYTANiE. f. f. J'aimerois mieux dire Prytunlavcc M.
de Tourieil. C ctcjit encore a Athènes le temps pen-
dant lequel les Irytancs dune 1 tibu guu/cmoient.
Ptytania. Ce temps étoit de jy ou 56 jours que l'on
paitai,eoit en cinq lemaiiies, &: pendant cha,,uc Ic-
mainc dix Sén.atcurs de cette iiibu gouvernc-ient ;
ainli au bout de la Prytanée , toUs les 1 rytanesdune
Tribu avoient gouverné pendant lept jcnirs , mais dix
enlcmblc. Après quoi une antre Tribu pr. noit de même
le gouverntmcnr, \- rcmpLlIuit Ion temps ou [3. Pry-
tanée. Voyez Saumaile lur Soliii ,p. <1 Oj.
PRYTANIDE. f. f. C'eft le nom qu'on donnoit à Athè-
nes , Si en d'autres villes de la Grèce, aux veuves qui
gardoient tk cntictenoient le Itu lacré de Vefta, com-
me les Vcllales à Rome. Prytams. Voyez Voilius ,
De Idolol. L. IL C. y.
P R Z.
PRZEMYSL. roye:^ VBSMisiAyf.
PRZU lEC, PRIPECZ, PRÉPICE. Noms d'une grand*
rivière de la Lithuanie. Pripetus. Elle prend la tource
aux confins de la Haute-Vi.lhinie , traveile la 1 olé-
ile , elle y baigne finsk, 1 ctricowicz , dans le Pala-
tinat de Nowogrodeck; Mozir , dans le territoire de
Rzcczica; Czcrnobel , dans la Balle- Volhinie ; ik quel-
ques lieues au-dcllous elle te décharge dans le Bo«
nrthène. Maty.
PSA.
PSALLETTE. f. f. Maifon où le Ma'itre de Mufiquc
loge Se enleigne les Enfans de Chœur. Un bon Maître
de pfallette fait honneur à un Chœur. Dicl. desArts^
I jj I , i' Pomey.
On appelle dans les Eglifcs Cathédrales /^j^dZ/e^fj
au lieu de la Pfalette , le lieu où l'on inftruit les En-
fans de Chœur. Ménage. Ohf. fur la L. br. T. I ^
p. 10 y. On a établi lîx Enfans de Chœur en pfallette
avec un Ma'it.e de Mufique. Defcript. Geogr. & HiJl.
de la Haute-Norm. T. Il, p. 337. De la Juridiction
du Chancelier de l'Églife de Meaux lur la Pfallette ,
c'ell-à dire, fur la Maitrile & les Enfans de Chœur d»
la Cathédrale. Hif. de l'Egl. de Meaux, T. I,pag.
102. Ce mot vient du latin pfallere.
PSALLIEN, ENNE. f. m. & f. Nom de fede. PfalRa'
nus , a. Les Pfallicns étoient les mêmes que les Eu-
chites , ou les Mallalicns. Voye:{ ces mots.
PSALME. Voye\ Pseaume.
PSALMISTE. f. m. Qui compofe des Pfcaumes. C'ell le
titre qu'on donne à David , quand on veut le citer.
Comme dit le Pfalmifte en tel endroit. Pfalmijia ^
Fates regius.
PSALMODIE, f. f. Chant d'Églife dont on fe fert pour
chanter les Ffeaumes. Pfalmodia , Pfalmorum cantusi
On prétend que ce lont les Euftathicns qui inftituèrenc
la pfalmodie alrernative à deux chœurs , vers l'an
350. Voye^ EusTATHiEN. La pfilmodie continuelle
appelée en latin Laus perennis , fut établie en Oricnc
par Saint Alexandre , Fondateur des Aca-mètes : il y
eut aulFi en France & en tl'autres lieux d'Occidenc
plufieurs Monallères qui embralièrenr cette fainte
pratique. Voyei Acoem^te. Ils s'excrçoient aux jcil-
nes, à la prière & la pfalmodie. Pat.
PSALMODIER, v. n. Chanter des Pfeaumes. Canere ^
pfallere. Les divers Ordres de Rchgieux pfalmcdienz
diverlement. Les Minimes, les Chartreux ne pf aime
dient pas comme dans les Cathédrales.
PSALMCDtEa,fe dit plus particulièrement d'une manière
de réciter le Bréviaire dans les Communautés , hors
de l'Éghfe , qui eft oppolée au plain- chant ; réciter
d'un ton de vt ix qui tient le milieu entre le chant &
la limple réciation , (ans inflexion de voix , & tou-
jours fur une même note. La pfalmod'c fe fait reelo
tono. Eeckare alla voce. Les Seminariftes qui dilenC
leur Bréviaire en commun, ne le chantent pas; ils ne
font eue le pfi/modier.
Psalmodier, lignifie par cxtcnfion, patkr tcujouis Cw
le même ton.
PSE
On Ut peu ces Auteurs nés pour nous ennuyer y
Qui toujours fur un ton femblent pfalmodier. Boil,
' Notre langue eft peu capable d'un Poëme épique, à
caule de l'unitoiniité de (on nonibie , qui ne peut fc
varier : notre langue va toujours fur un même ton ;
ce que Defpreaux appelle pfalmodier.
ifT PiALMODIQUE. adj. Qui concerne kpfalmodie.
Je chant des pfeaumes. L'Églifc Gallicane avoit fa mé-
thode de chanter. On ignore cependant comment elle
moduloit les répons; mais on juge par certains relies
de pfalmodie , diftérens du fyitcme Grégorien , que
ion chant pfalmodïque étoit autrement difpofé que
celui de Rome. Le Bo£uf. Tous ces mots viennent
At pfilmus , pfeaume.
rSALTERION. f. m. Inftrument de mufique fort en
ufage chez les Hébreux, qui l'appellent nchel. Pfal-
terium. David louoitDieu fur le ciftre & \z pfalterïon.
On ne fait pas la forme prccife du pfaherlon des An-
ciens. Celui dont on ufe maintenant eft un inftrument
plat, qui a la figure d'un trapèze ou triangle tronqué
par en-haut. Il eft monté de treize rangs de cordes de
fil de fer , ou de laiton accotdées à 1 uniftbn , ou à l'oc-
tave, montées fur deux chevalets qui font furies deux
cotes. On le touche avec une petite verge de fer , ou
b.îton recourbé ; ce qui fait que quelques-uns le met-
tent au rang des inftrumens de percullion. Son coft're
eft comme celui de l'épinette. Il eft ainlî nommé à
pfallendo. On l'a auflî appelé nablum _, ou nablïum.
Papias ^"çi^zWç. pfalterïum , une efpèce d'orgue ou de
flûte dont on fe fert à l'Eglife pour accompagner le
chant. En \xin\ fambucus : c'eft une efpèce de cornet
à bouquin ou de ferpcnt.
PSAMATHE. 1. f. Terme de Mythologie. Nom d'une
Nymphe. Pfamathe. Elle étoit fille ^de l'Océan, &
femme d'/^Eaque , dont "elle eut Phocus. Eéfiode ,
Thcog. V. T J.
PSAPHON. f. m. Terme de Mythologie. Un des Dieux
qu'.-idoroient les Lybiens. Il dut fa divinité à un ftra-
t.agème. Il avoit appris à quelques oifeaux à répéter
cesmots: Pfaphon ejl un grand Dieu , &c il les lâcha
enfuite dans les bois , où ils le répétèrent fi fouvent ,
qu'à la fin les Peuples crurent qu'ils étoient infpiiés
des Dieux, & rendirent à Pfaphon les honneurs di-
vins après fa mort : d'où eft venu le ptoverbe , les oi-
feaux de Pfaphon. Ce conte , allez plailant , eft tiré
des hiftoires diverfes d'Elien.
PSARA. Nom d'îles. Pfyra. La grande Pfira. Pfyra
Major. C'eil une ile de l'Archipel, lîtuéc à cinq lieues
de celle de Scio, du côté du midi. Elle peut avoir fept
lieues de circuit, & elle eft déferre, de même que la
Pfara , Pfyra Minor , qui cil d'environ à demi-lieue
de celle-ci, vers le couchant. M\ty.
PSATYRIEN, ENNE. f. m. & f. Nom de feéle. Pfa-
tyrianus, a. C'étoit une (tdct d'Ariens, qui foutinrent
dans le Concile d'Amioche de l'an 360 , que le Fils
n'étoit point lémblable au Père, quant à la volonté ;
qu'il avoit été tiré du néant, ou fait de rien, comme
Anus l'avoir dit d'abord ; & qu'enfin en Dieu la généra-
tion ne difFéroit point de la création. Voy. Théodorct
E.trct. Fah. Lib. IV.
PSAUTIER. Voye^ Psïautier.
PSE.
PSEAUME. f. m. Quelques-uns ^lononctwr. Seaume ,
ou Saume. Cantique facré. Pfilmus , facer Hymnus.
Ce mot eft maintenant réfervé aux CL Pfeaumes at-
tribués à David , & le mot de Cantique eft demeuré
a des pièces de même nature qu'ont fait les autres Pro-
phètes & Patriarches. Les Anciens ont fait cette dif-
férence entre un Pfeaume Se un Cantique , que le
Canaque étoit fmiplemcnt chanté ; au lieu que dans
le Pfeaume on accompagnoit le chant de quelque
mftiument , comme témoigne S. Auguftin. Les Pfeau-
mes ont été confidérés de tout temps comme une des
principales parties de l'Écriture. Port-R. Les Pfeau-
mes lont di^ liés eu cinq livres : ou uc uouye le uom
PSE
de David qu'à la tête de 75 , cependant quelques uns
attribuent les i jo à David fans-exception. S. Auguftin
Se S. Chryloflôme ont crû qu'ils étoient de lui. Les
Juifs n'étoicnt pourtant pas perfiaadés que David en
fut l'Auteur, &: conftammcnt il y en a quelques uns
qui ne font pas de lui. S. Jérôme a remarqué qu'il y
a divers Pfeaumes compofés long-temps après David.
Il eft difhcile d'en connoîcre les Auteurs ; c'eft une
colledion de Cantiques faite parEfdras. Du Pin. Les
Pfeaumes qu'on récite aujourd'hui dans l'Eglife Ro-
maine (ont les mêmes qu'on chantoit autrefois dans
lEglife Latine, & qui faifoient partie de l'ancienne
Vulgate. La tradudtion de S. Jétôme n'a point eu de
cours dans l'ufage de l'Eglife. L'ancienne Vulgate, ou
la vieille Verfion des Pfeaumes a été faite fur le Grec
des Septante. On dit les fept Pfeaumes pénitentiaux ,
qui n'ont pas toujours été les mêmes que ceux qui ont
à pré-fent ce nom. Les Pfeaumes graduels font ceux
qui fe chantoient autrefois fur les degrés du Temple,
& qui font maintenant diftribués dar.s l'Office de la
Vierge. S. Jérôme appelle Pfeaumes d' Alléluia, ceux
qui ont pour titre un Alléluia , ôc qui contiennent
une particulière & joyeufe louange de Dieu, favoir le
CIV, CV & CVI, depuis le CX jufqu'au CXVIU ,
& depuis le CXXXIV jufqu'au CL.
P^E'^UTIER. f. m. ( Quelques-uns prononcent , contre
l'ufage, Sautier, Se éctivent Pfautier. ) Le Livre des
CL Pfeaumes attribués à David. Pfalmorum liber ^
pfalteriunu LeP/èaafidr cftdiftribué dans le Bréviaire
pour l'Office de la femainc. Il y a une infinité de Com-
mentaires & de Paraphrafes fur le Pfeautier. On ap-
pelle auili Pfeautier , le Livre de l'Eglife qui contient
les Pfeaumes.
PsEAUTiER, chez les Religieufes , fe dit aufti d'un grand
chapelet. Cette fille a un Pfeautier pendu à fa cein-
tute. On l'appelle ainli, à caufe qu'il a ijo gr.iins,
qui égalent le nombre des Pfeaumes de David. On
tient que c'eft Saint Dominique qui en a été l'inven-
teur. Rofarium.
PsEAUTiER. f. m. Vêtement de Religieufes , voile dont
elles le couvrent la tête Si les épaules. M. de la Fon-
taine dans le conte qui porte ce titre, dit T. II , p,
r^7, que le haut-de-chaulle de Meffire Jean reircm-
bloit affez bien,
A certain voile aux Nones familier,
Nomw.é pour lors entr' elles leur ViezMÛtt.
PsEAUTiER. Terme de Boucherie. C'eft le nom que les'
Bouchers , & le peuple donnent à cette portion des
tripes qui eft par feuillets, qui eft le troifième ventii-
cule du bœuf , & qu'on appelle dans quelques en-
droits le milet. Se dans d'autres les matines.
r? PSEPHOPHORIE. f. f. Terme d'Antiquité. Ma-
nière de compter chez les Grecs avec de petites pierres
plates , polies , arrondies toutes de la même couleur ,
que l'on appeloit^'»''?» ,en latin pfephi. C'eft ce que les
Romains appeloient calculi. Les pfephi ou petits cail-
loux feivoient aufti pour donner "les futirages par la
voie du fcrurin. Alors il y en a de blancs &"de noirs.
PSETOVAN. f. m. Nom que quelques uns donnent au
mois des Hébreux , appelé Sivan dans Efther , viij,
9. Fabricius.
PSEUDAMANTES. f. f. pi. On appelle ainfi les pierres
factices ou fauffes ou de compojîtion , comme le ftras ,
Se celles que vendent les Lapidaires du Temple. Avec
du fable blanc & graveleux, on fait toutes les faufl'es
pierres, en y ajoutant des couleurs ; un peu de ver-
millon, joint au verre mis en poudre, fait paroître unt-
belle émeraude.
PSEUDO-ACACIA, f. m. Plante. Elle a la fleur légu-
mineufe , l'ovaire fort de Ion cahce : cet ovaire ell:
enveloppé d'une membrane frangée , Se il devient une
gouffe plate, s'entr'ouvrant en deux endroits. Se pleine
de femences de la figure des haricots. Cette plante
croit naturellement en Amérique. Quelques-uns re-
commandent la décoélion de fes feuilles , comme cor-
roborative Se rafraîchiffante.
PSEUDOBUNIUM. f. m. Plante dont parle Diofcorid.-,
PSO
& qui , fuivant quelques-uns, efl: la mâne que celle
qu'on nomme Hcrhc ds Sainti Barbe. M. Touinctuic
met cctrc herbe parmi les efpcxcs ào. Jifymhryutn , iV
iJ \A'ç^(AcJiJ\'mhryumcruai,joiiûglabro,jlorc lucco.
Ce mot cft compofc de deux mots gtecs, 4""'«''>
faux i & iïï>/o«, navet.
PSEUDODlCT/VIvlNUS. f. m. Sorte de plante qui a
été appelée ainli, parce qu'il y eu a une elpècc dont
les feuilles ont quelque rapport aux feuilles du dic-
tamnc de Crète.
Ce mot cil fait de deux mots gtecs l^^yf" ,faux , Se
fU-Tuixm, diclamne. Auiii appelle-t-on cette plante en
François /jw.v dïclamne.
ifT C'eft un genre de plante qui poufle de petites tiges
menues , nouées , velues & blancliàtres. Ses feuilles
font prefque rondes, couvertes d'une laine blanche.
Ses Heurs font en gueule , vcrticillées , difpolées par
anneaux autour des tiges. Chacune d'elles cil un tuyau
découpé par le haut en deux lèvres quand elles (ont
tombées, il leur luccède des lemences oblongues. On
cultive cette plante dans les jardins. Elle Heurit au mois
de Juillet.
rSHUDODIPTÈRE. f. m. Efpèce de Temple des An-
ciens, qui avoir des portiques tout autour, dont cha-
cun étoit aulH large que le double portique qui étoit
au diptère. Ce mot ell formé des deux mots grecs
■^wtrii , faux , & J'Ai ^ff««, qui a deux ailes. Templum
pfeudo-dipterum.
ÇfT Pour parler plus clairement & plus exaétement , le
pfcudoÀpthx ell un faux Diptère. Or , par Diptère ,
les anciens enrendoient un Temple qui étoient entouré
de deux rangs de colonnes qui formoient deux porti-
ques auxquels ils donnoicnc le nom à' aile. Le pfeudo-
diptère au contraire n'avoir qu'un rang de colonnes.
Il avoir 8 colonnes à la face de devant , autant à celle
de derrière , & 1 5 à chaque côté en comptant celles des
coins, l'^oyer^ Vitruve. Ce mot vient de -^t"^-^! ,faux^
<f«'s , deux fois, & iTi'poi , aile , parce qu'il n'avoit pas le
fécond rang de colonnes en dedans; qui a une faulle
aile.
PSEUDO-NEUTONIEN. f. m. FauxDifciple deNew-
con , célèbre Philofophe Anglois. M. l'Abbé des Fon-
taines fe déclare père de ce mot. J'appelle , dit-il ,
Pfeudo-N eutoniens , ceux qui ont corrompu la doc-
trine de leur Maître , & qui ont fait de fou principe
judicieux un monflre de Métaphyfique, en regardant
l'attradion comme une propriété delà matière, quoi-
que la railon ik les fens fe révoltent également contre
cette doélrine. Ohfcrv. fur les Ecrits modernes, T.
XXIX, p. .? 4'; , ^46.
PSEUDONYME, adj. Ell: un nom que les Critiques ont
donné aux Auteurs, qui ont fait des livres fous de faux
noms ; comme ils ont donné celui de Cr\ptonyme à
ceux qui les avoient mis fous des noms cachés , ou
déguifés.
§3* On le dit de même des ouvrages qui ont paru fous
un nom fuppofé. Les Conftitutions apoiloliques attri-
buées à Saint Clément Pape, font regardées comme
un ouvrage Pfeudonyme.
Ce mot vient du grec -{'i^^ii , faux , Se »'>>,«.'', nom.
P S L
r/Cr PSICHÉ. 7-^oye^ Psyché.
PSILOTHRc. f. m. Dépilatoire , ou qui efl propre à
faire tomber le poil , comme font la lelllve forte , la
chaux vive, les œufs de fourmi, la fandaraque, l'atfe-
uic , l'orpiment. PJïlothrum.
Ce mot vient de deux mots grecs, 4'^", deglabro ,
j'ôte l'écorce, de ^f!^,poil.
PSO.
PSOAS, i. m. Terme d'Anatomie. C'eft le nom d'un
mufcle de la cuille, qui s'appelle autrement lombaire.
Pfoas. Le premier mufcle de la cuille, efl le pfoas ou
mufcle lombaire. Il prend fon origine des apophyfes
tranfverfes des deux vertèbres inférieures du dos , &
des fupéricures des lombes ; 6i porté par-defTus la face
Tome FIL
PS Y .d..T
interne de l'os iléon: il va s'inférer par un tendon fort
&C rond, au petit trochanter, c'eft le mufcle qui for-
me cette pairie fi tendre des aloyaux, qu'on nomme
le filet. DioNis.
PSOKA. f. m. Efpèce de puftules qui viennent fur la
peau , &c qui caufent ordinairement de la dcman-
gcailon.
Le mot de 4"r jc't grec, & (ignihe. gale , chez les
Latins fcahies.
§CrPSORIQUE. adj. Épithètc par laquelle on défigne
les remèdes que l'en emploie contre la mnladic dont
on vient de parler , & en général contre les dcmaii-
geaifons. Remèdes pforiques.
(fT On le dit aullî de ce qui tient de la nature du pfora,
delà gale. Vnuspforique. Vnilulcs pforiques. Pforicus.
PSOROPHTHALMIE. f. m. Efpèce de d'ophthalmie ac-
compagnée de demangeaifon , avec de petites puftules
femblables à celles de la gale.
Ce mot eft formé de deux motsgrecSjt'çJ-aA/y.of , ceil ,
■ifiofCL, gale. Gale de l'œil.
PSORUS. f. m. Poillon de mer excellent à manger,
/^ojeç Lepras : c'eft la même chofe,
P S Y.
^ PSYCHAGOGES. f. m. pi. Cétoit chez les Grecs
des Prêtres , ou plutôt de prétendus Magiciens qui fai-
foient profeilîon d'évoquer les âmes des morts. Ils ha-
bitoient dans des lieux fouterrains où ils exerçoient
leur Art, nommé Pfychomance on Pfychomancie.CQ
lieu s'appeloit Pfychomanteum ou Pfychomantium.
PSYCHAGOGIQUE. f. m. & adj. Remèdes qui rap-
pellent à la vie , dans la fyncope ou l'apoplexie. De
■\\jyi ,vie , & i-)" , je conduis , j'amène.
PSYCHÉ, f. f. Déelfe, époufedeCupidon. P/yche.Mo-
lière a fait une Tragédie-Ballet de Pfyché. Bien des
gens écrivent g fiché ; ce mot vient pourtant de {vAy^ ,
anima.
PSYCHIQUE, adj. &: f. m. & f. Animal. Pfychicus ,
animalis. Nom odieux que Tcrtullien donne aux Ca-
tholiques, depuis qu'il les eut abandonnés. Tertullien
devenu Montanifte , ne nomme plus les Catholiques,
que Pjy chiques , fuivant le ftyle des Hérétiques du
temps. Fleory'.
PSYCHOLOGIE, f. f. Difcours, traité de l'ame. Sermo,
oratio, traclatio de anima. Pfychologia. L'Antropo-
logie , ou la fcience qui nous fait connoitre &C nous
exphque ce que c'eft que l'homme, a deux parties. La
première traite de l'ame : on la nomme Pfychologie.
La féconde fait connoître le corps & tout ce qui en
dépend; c'eft ce qu'on appelle ^«aromie. Dionis.
PSYCHOMANCE , ou PSYCOMANCIE. f. £ Nom
d'une efpèce de divination & de magie. Pfychomati-
tia. C'eft l'art d'évoquer les âmes des morts.
Ce mot vient de i-^ai-zn^ devin, •j'^X''', ame.
PSYCHROMÈTRE. f. m. Inftrument propre à mefurer
les degrés d'humidité de l'air. Pfychrometrum. 'Voyez
le Livre du Père Kiiker , intitulé , Collegii Romani
Societatis Jefu Muf&um , dans lequel il y a des def-
criptions de plufieurs Pfychromètres. C'eft la même
chofe qyC Hygromètre.
Ce mot vient de //.t'Tpo» , mefure , Se ■^•"Xf'' > humide,
PSYLAS. Terme de Mvthologie. C'eft un fumom que
les FLibitans d'Amiclée dans la Laconie, donnoient à
Bacchus , par une railon aflez ingénieufe, dit Paufa-
nias. Car Pfyla, en langage Dorien , fignifîe la pointe
de l'aile d'un oiléau : or il femble que l'homme foit
emporté ik foutenu par une pointe de vin, comme urj
oifeau dans l'air par les ailes.
PSYLLES. f m. pi. Anciens Peuples qui habitoient une
partie de la Libye. Ces peuples palfoient pour avoir
une. vertu naturelle coi.tre les ferpens. ^CT Habitant
un p.iys rempli de ferpens , même de Céraftes , les
plus dangereux & les plus redoutables de tous les fer-
pens, ils vivoient fans crainte & même fans péril, foie
que cette fécurité fût l'effet d'une connoiffance natu-
relle ou un don de la Nature. Ces animaux même ne
pouvoient foutenir leur pn^ence ; & dès qu'un PJylle
F
42- ri A
paioifloic , ils tomtoient dans un afToupiflcment qui
ne finiiroit que quand il s cloignoit. Ce pnvilège, dit-
on , netoit accordé qu aux mâles , à Icxclulion des
femmes.
Les Modernes cfoient que tout leur art condftoit
dans l'odeur forte qui fortou de leur corps qui taifoit
fuir les terpens , ou dans la connoiirance des herbes
propres à guérir leur moilure , & iurtout dans l'habi-
tude qu'ils avoient de fucer les plaies iaites par la mor-
fure des ferpens. Il faut lire lur cet article une favantc
ik curieufc Dillertation de M. l'Abbé Souchct ; elle
eft inférée dans le 7^ Tome des Além. de l' Acad. des
Belles-Lettres y p. 2jj. Celle croit, Lih. XIX, cap.
27 , que le lucement de qui que ce loit, peut pro-
duire le même eftet, tans incommoder celui qui rend
ce (ervice.
ifF II y a probablement beaucoup à rabattre de tous les
prodiges opérés par les Pfylles , détaillés dans tous les
Auteurs anciens. L'amour du merveilleux fait tout
recevoir fans examen. Il cfl: plus court de croire que
de dilcuter : & c'ell le parti que nous prenons ordinai-
rement. Ces Pfy lies n'auroient-ils point été des Char-
latans adroits? T-Ious en a^•ons tant v{is, même parmi
nous, dont les gens même les plus éclairés ont iouveiu
érc les dupes.
PSYLLIUM. f. m. Plante qu'on appelle autrement herbe
aux puces.
Ce mot vient du grec, 'V<!'\mii ,puce. Voyez Herbe
AUX PUCES.
P T A.
PTARMIQUE. f. f. Plante qui poulFe une feule tige ,
grêle, ronde, filluleule, allez terme , garnie de feuilles
longues comme celles de l'eftragon .crénelées tout au-
tour de dents aiguës , rudes, de couleur verte brune ,
luil.mte , d'un goût brûlant. Ses fleurs font radiées ,
blanches, difpolées à la cime des branches en bou-
quets fort ferrés, ainfi que celles de la mille-feuille ,
ni:iis plus grandes. Quand ces (leurs font paffées , il
leur fuccède des femences affez menues. En latin
Ptarmica vulgaris folio longo ferrato , flore albo. J.
Bauh. Les feuilles de \3.ptarm'ique étant mifes dans le
nez font éteinuer , d'oii vient qu'on lui a donné ce
nom-, car iï1=tpf<.o! , eft un mot grec qui fignifîe éternuc-
ment , fternutamtntum. Ces feuilles érant mâchées ,
excitent le crachement , & font bonnes pour la dou-
leur des dents. Il y a d'autres efpèces Ae ptarmique.
Tournctort en compte treize.
L'ile de Sternofa dans l'Archipel , produit une cf-
pece de ptarmique rare , & qu'on ne trouve point ail-
leur?. Sa racine eft ligneufe , grisâtre vers le collet ,
épaifle de trois ou quatre lignes, accompagnée de fi-
bres roufsâtres, longues d'environ dcmi-picd , tortues
& chevelues: elle pouffe plufieurs têtes, d'où nailîent
en foule des feuilles très-blanches , longues de deux
pouces & demi , fur la ccite defquelles font rangées ,
tantc)t alternativement, &• tantôt par paires , d'autres
feuilles de deux ou trois lignes de long, fur une ligne
ik. demie de large, découpées en manière de crête de
coq, cotonneufes, blanches, aromatiques, amères :
de ces têtes naifTent des tiges hautes de neuf ou dix
pouces, épaifles d'une ligne, cotonneufes aulli, blan-
ches, garnies de quelques feuilles femblables aux in-
férieures, mais plus petites: chacune de ces tiges eft
terminée par un bouquet large d'un pouce, & plat en
deflus , compofé de plufieurs Heurs fort ferrées les unes
contre les autres , foutenues par des queues inégales :
le calice de ces fleurs eft long de deux lignes, fur une
ligne de large , a plufieur<! écailles blanches , velues ,
pointues, lef quelles embraffcnt des fleurons & des demi-
Hcurons à la manière ordinaire; les fleurons font d'un
jaune pâle , découpés à cinq pointes ; les demi-fleurons
'oit: de même couleur, larges d'une ligne. Toutes ces
pièces lonr portées fur des embryons , lefquels dans la
fuite deviennent des graines plates , longues de demi-
ligne , un peu plus étroites , brunes , avec une bordure
blanchâtre , téparées entr'elles par de petites feuilles
membraneufcs , pliées en gouttière. Tourne fort.
Ptarmica incana pinnulis crijiatis. CoroU. Inftit. Kei
;4erb. 37.
PTI
PTARMIQ.UE. Adj. fouvent employé fubftantivement.
Sternutatoire , ou médicament propre pour faire éter-
nuer. /^cjt^ Sternutatoire.
P T E.
PTEGOUADEBA. Rivièrede l'Amérique feptentrionale,
au pays des Sioux : elle tombe dans la rivière de Sainte-
Croix, à la bande du nord.
PTELÉE. f. f. Une des Nymphes Hamadriades, fille d'O-
xilns tk d'Amadryade.
PTÉROPHORE. f. m. Terme d'Antiquité. Qui porte des
plumes, ou des ailes. Pterophorus. On donne ce nom
dans l'Antiquité à ceux des Couriers Romains qui ve-
noient apporter la nouvelle de quelque déclaration de
guerre, ou de quelque bataille perdue , de quelque
échec qu'avcient eu les Armées Romaines. On les
nommoit ainfî, parce qu'ils portoient des plumes a la
pointe de leurs piques.
Ce mot vient du grec -srlt'f »» , i/wê aile. Se çi'f", je
porte.
PTÉRYGlON.f. m, Terme de Chirurgie. Ongle de l'œil,
excroiflânce membrancutc qui fe forme furla conjonc-
tive. /'/trvn;//m. VoyezONGLE. C'eftauth, félon Celte,
une excroillance charnue qui vient aux ongles des
pieds & des mains, & qui les couvre en partie, ^'iif "'5"»,
lignifie petite aile.
PTtRYGuïùE. f. f. Terme d'Anatomie. Nom de deux
apophyfes de l'os tphenoïdc. Prerygoïdes. Les apo-
phyfcs externes de cet os font deux , appef'ées ptery-
goldes , p.arce qu'elles font faites cumnie des ailes.de
chauve-fouris. Dionis.
Ce nom &c les fuivans font formés de deux noms
Grecs «It'pv?, aile, & tT^st, forme , de torte que
ptérygoïde fignifie qui a la foimedune aile.
PTÉPêYGC ÏDIEN. ad;. Terme d'Anatom.ie , qui fe prend
lubflantivement. Ptérygotdes. Les Anatomiiles don-
nent ce nom à deux mufcles de la mâchoire. L un eft
le fécond des fermeurs , nommé le ptérygcidicn ex-
térieur. Il prend ton origine de 1 apophyfe ptérygoïde,
& s'insère dans l'efpace qui eft entre le condile & le
coroné de la mâchoire intérieure i on l'appelle aufli le
caché , parce qu'il eft difficile à faire voir, à moins
que l'on ne calîe l'os de la mâchoire. Dionis. L'autre
efl: le quatrième des fermeurs appelé le ptérygoidien
interne : il nait de \'a.'pu\>\\y[s P rer^'goide , partie in-
terne, & te vient inférer à la partie interne de l'angle
de la iTiachoire intérieure. Il tert avec le crotaphite,
le ptérygoïdten extérieur & le malïcter , a faire la ma(^
tication , en approchant la mâchoire inférieure de 1»
fupéricure, & les terrant fortement l'une contre l'autre.
Idem.
PTÉRYGOPHARYNGIEN. f. m. Terme d'Anatomie,
qui fe dit de deux mulcles du phar\ nx. Pterygopha-
ryngius. Les deux pterygophary ngier.s tirent le pha-
rynx en haut , aulli bien que les céphalopharyngiens.
Ils prennent leur origine des apophyfes ptérygoïdes de
l'os fphénoïde , & s'insèrent à la partie fupéiieure du
pharynx, & non pas à ta partie latérale. Dionis.
Ce nom eft pris de ceux des deux parties auxquel-
les ces mufcles font attachés , les apophyfes ptéry-
goïdes , & le pharynx.
P T L
PTILOSE. f. f. Terme de Médecine. Chute des cils.
Paul Eginète dit, Lih. III , cap. 22 , que hptilo/e ôc
le madarotis, font des maladies de l'extrémité exté-
rieure des paupières, le madarofts ell une chute des
cils produire par une h'uxion d'humeurs acres: outre
cette chute , il y a callotité &: dureté des bords des
paupières dans la ptilofc ; en torre que cette dernière
maladie n'eft autre chofe que le madarcfis com-
pliqué avec la lippitudc. Ptilcjîs. De TV^or , qui a per-
du les cils.
PTIRIGIUM. f. m. Terme d'.Anatomie. Membrane qui
prend à l'angle de l'œil , & vient s'attacher à la pupille
ou prunelle.
PTISANE, A-qy^^ Tisane,
PU
P T O,
PTOLÉMAÎS, ou pjutôc PTOLÉMAÏDE. Nom propre
de ville, l-^oye^ Acre.
PTOLÉMAÏTES. Anciens Seûaires Gnoftiques qui ont
été aiiifi nommt;s de Ptolcmée leur Chch PtoUmaict.
Cet homme qui avoir beaucoup d'érudition , ajoura
plufîcurs rêveries aux (') ftèmcs des Guortiqucs , qui
l'avoicnr précède, & cntr'autres à celui des Valenri-
iiiens. Saint Epiphane a parlé fort au long de ces Pco-
lémaïtes, h£r. s j j >-^' '' rapporte une lettre de Ptolé
mée à Tlora , où cet hérétique expofe les vilions. 1!
prétenduit que dans la Loi de Moile il talloit ç(illin
gucr trois choies , n'étant pas toutes de la même main ,
mais une partie, dil'oit il, venoit de Dieu ; une autre
partie venoit de Mo'iTe , <5>^ il y avoit une troihènic
partie qui n'étoit ni de Diiru, ni d^Moïle, mais qui
confiftoit en de pures traditions des anciens Dodeurs.
PTOLÉMÉTA. Foyei Tolométa.
|p*PTOLOMÉE. Ancien Philolophe, Auteur d'unSyf
tèine du monde. Claude Ptolomée, natif de Peluie,
propofa ce Syftèmedu Ciel environ l'an 130 depuis la
naiffance de Jésus-Christ: il plaça la terre immo-
bile au centre du monde: autour de la rerre il fît tour-
ner d'occident en orient la Lune en un mois , Mercure
en trois, Vénus en huit, le Soleil en un an , Mars en
deux , Jupiter en douze , Saturne en trente , & les Étoi-
les en vingt-cinq mille ans , environ.
ftCF Outre ce mouvement périodique , Ptolomée donne
à tous les Aflres un mouvement diurne autour de la
terre d'orient en occident.
HfJ" Ce lyftème eft tout-à-fait rifible : il a contre lui tou-
tes les railons qui patoiflent établir l'hypcthèle de Co
pcrnic, & les obfervations aftronomiques, qui démon-
trent que Mercure & Vénus n'ont aucun mouvement
périodique auteur de la terre.
^fj" C'efl; ce même fyftème qu'un Roi de CalHlle , dans
un temps où l'on n'avoit rien de mieux , trouvoit fi
ridicule , qu'il difoit en homme plus phyficien que
dévot, que il Dieu l'avoit appelé a ton Conleil quand
il ctéa le monde , il lui auroit donné de bons avis.
Foye^ Copernic , Monde de Deicartes, Syftème.
P T Y.
PTY ALAGOGUE. Adj. fouvenr employé fubftantive-
ment. Médicament qui excite le ptyalifme ou la laliva
non. Il y en a qui excitent uije lalivation univerlelle ,
ou un Hux de bouche , comme le mercure ; d'autres
qui n'en provoquent qu'une particulière , comme les
apophlegmatifmes ou malHcatoires , le tabac , la pi-
rèthre , le gingembre , 6 c. Ce mot eft grec ir%«Aa>B>»(,
qui vient àtMaMn , falive ou crachat ^ Se de à'jf",
chaljiîr , pouffer, provOiiuer.
CîG^PIYALISME. f. m. 'Terme de Médecine. Mot grec
!r1vaA.K<.;'!, fynonyme de lalivation , crachement fré-
quent, continuel; fuite des friilicns mercurielles qui
agacent les nerfs qui vont aux glandes falivaires.
PTY AS, ou PTYADE. f. m. C'eft le nom d'une forte
d'afpic , qui jette fon venin en crachant &c non en mor-
dant , d'où il tire fon nom. L'Auteur du Traité de la
Thériaque, que quelques uns croient être Galien ,
dit que ce fut A'xmptyas dont Cléopatre fe fervit pour
s'cmpoilonner ; que cette forte d'afpic qui (é trouve
en Egypte alonge fon cou , à proportion de la dif-
tance qui eft entre lui & les paffans , afin de leur lan-
cer fon venin mortel au vifage.
P U.
PU. f. m. Tetme de Relation. Nom d'une mefure de
longueut à la Chine. Pu. C'eft à-peu-près une lieue
d'Elpagne. Car dix p;/ font le chemin d'une journée,
qu'on appelle j-cAi^n. Le pu fe divife en dix /i , qui eft
la longueur de chemin que peur porter la voix humai-
ne , dans un pays plat , & pendant un beau temps.
Maffée, Hifl. Indu. L. VI.
PU. Ville de la Chine, dans la province de Chanfi , au
Tome VU.
PUB
4?
[ département de Pingyang , féconde Métropole de la
I Province.
0Cr II y a une ville & forterelTe de même nom , dans la
même province, & au même département. Elle cil de
7 d. 28' plus occidentale que l'ekiiig , fous les J(S d.
i.-]' de lat. leptcnt. Atlas SiiJiNSis.
PUA.
PUAMMENT. adv. D'une manière puante. Putidè ,
face , fœtidè.
'i^Zs' On dit figurément , mentir puamment ; pour dire,
grollicremcnt & impudemment. E.xprelllon du ftyie
familier, lelon l'Acad. Cela ne me paroit d aucun
ftyle.
PUANT, ANTE. adj. Qui a une odeur forte & défa-
gréable, qui offenlc le nez 6c le cerveau. QLidus , pu-
tidus j graveolens. Un égoût puant. Il a les pieds
puans j l'haleine puante. Cette viande eft puante ,
c'eft-à-dire , garée, corrompue. Les rôles hrûlccs, & le
vin jeté dans le ftu , donnent des vapeuii puantes.
Puant , en termes de Challe , fe dit des renards , des blai-
reaux, des fangliers, 6"c. qu'on appelle hèxzs puantes.
Anhnalïa olida.
Puant , eft aulli quelquefois fubftantif. C'eft un puant.
L'Acad. Graveolens , Jœtcns.
:Ï3" Puant, f. m. Animal quadrupède de l'Amérique
leptentrionale, ainfi nommé, parce qu'il a une odeur
infupportable. Il eft de la grandeur du putois. Il eft
noir , &: il a fur le dos cinq bandes blanches. C'eft pour
cela qu'on l'appelle putois raye'.
Le lac des Puants , ou des Putéotamites. Lacus
Putidorum, ou Puteotamitarum. C'eft un des grands
lacs du Canada, dans l'Amérique feptentrionalf. Il elt
entre le lac fupérieur & celui des Hurons , dans le-
quel il fe décharge. U a pris fon nom des Puréotami-
tes, z<ppt\cs puants , patce qu'ils habitoient des lieux
marécageux & puants , avant qu'ils vinllént fe loger
fur fes bords. Maty.
PUANTEUR, f. f. 0Cr Mauvaife odeur qui s'exhale
d'un corps. Fœtor ,putor , graveolentia. La. pujnteur
d'un égoût, d'un maiais. Ls. puanteur de l'haleine vienc
ordinairement du poumon attaqué, c'uanteur, exha-
laifon puante qui s'élève des heux où il y a des mines
de loutre. Meph'uis,
PUB.
PUBÈRE, adj. m. & f. Terme de Jurifprudence. Qui a
atreint l'âge de puberté. Puher. Les filles , en droit ,
font réputées pubères à douze ans , & les garçons à
quatorze.
PUBERTÉ, f. f. État des filles qui ont atteint l'âge de
douze ans , ou des garçons qui ont atteint celui de
quatorze. iÇT C'eft l'âge défini par les lois , où les gar-
çons ^ les filles font capables de contrafter mariage.
Puhertas. L'âge de puberté eft une majorité naturelle
pour contraiter mariage.
^3" Ces mots viennent de puhes , poil follet. Pubère ^
commencer à avoir du poil.
PUBIS, f. m. Terme d'Anatomie, qui fe dit d'un des os
inncminés. Il eft fitué à la partie antérieure & lupé-
rieure du baftîn. On l'appelle autrement \ûs du pénU„
ou \'os barré. Os pubis, yel peclims.
PUBLIC, IQUE. Adj. fouventemployéfubftantivemenr.
Terme relatif & ç.o\\zù:\V-à particulier. Pubiicus. Qui
concerne le général. Le général des citoyens, ou des
hommes, la fociété civile, tout lepeufle en général^,
le gros de la multitude. La morale des Payens ne prê-
choit autre choie que l'amour du bien public, ôc la
confervation de la République. Sous Louis XI , il y
eut en Fr.ance la guerre du bien ;)i//'/ic. C'eft ainfi qu'on
appeloir la guerre civile. Ceux qui fe plaignent dapu-
bllc, n'ont pas toujours raifon. Bell. Quelque décrié
que foir le public , il n'y a pas de Juge plus incorrup-
tible, & tôt ou tard il rendjuftice. Boa. Auguftc n'eut
rien à fouhairer du/;^A/ic ^ ni \t public de lui. S. Evr.
Le public veut qu'on le refpeéte , ëi fe foulcve contre
ceux qui l'abordent avec trop de confiance. Bail. Le
»«
44 ï'UB
'pul'lic j qui eîl le Jage fouveiatii, Ce laiïïe pix'vcnii-
contre les particuliers. S. Evr. Si votre Ouvrage ell
'bon, \e. public lui rendra juftice , (ans que vous ayez
!a honte de l'en lollicuer. Boil. Les ambitieux briguent
!a laveur du public ; les honnêtes gens cherchent Ton
approbation; tout le monde craint la haine & Ion mé-
pris. S. Evr. 11 eft dangereux de vouloir délabuler le
public prévenu & entête. S. Evr. Le public cil un Juge
inexorable, qu'il faudroit ménager plus qu'on ne fait.
■Bell. Combien de méchans Auteurs perlécutent le
public de leurs Ouvrages ; S. Evr.
%^ 'Q\tn publie , micict public j, bien de la fociété , in-
térêt de la lociété, termes lynonymes. Le bien général
■devroit toujours avoir la prétérente fur le bien parti-
culier. L'intérêt particulier ne railonne plus quand l'u-
tilité^/^;^/içae eft contre lui. Deviclumfempcr ç/7jdiloit
SoXiMÎïs , privatû gracia bonum publicuw. L'intérêt par-
ticulier 1 emporte toujours fur le bien public II y a
long-temps que cette ma!adie-la règne parmi les hom-
mes.
^CF Quand ce mot eft employé fubftantivement, il li-
gnifie tout le peuple, toute la lociété en général. Koy.
les exemples ci-dellus.
0C? Public, le dit aulTî de ce qui a rapport un public.
Chemin public i par où tout !c monde peut palfer. Lieu
public , publicum , où tout le monde a droit d aller.
Les promenades, les églifes, les marchés, &c. font des
lieux publics.
§3° Femme , i\\\izpubHque , qui le donne au premier venu.
Proflibula., proftibulum. Senèque a d'à projlitutaj Se
publica.
-^3" Veûonnes publiques , revêtues de X'MXtoûzé publique,
qui exercent quelque emploi , quelque magiftrature
fous l'autorité du Prince. Miniftère public. Dans cer-
taines aftaires il faut des conclulions du Miniftère /'/;-
blic. Homme public j fe dit en général de ceux qui
prêtent leur miniftère à ceux qui en ont beloin. Ch.ar:
gcs publiques , impodtions que tout le monde eft obli-
gé de payer pour les befoins de l'Etat.
Public , le dit auiH en termes de Droit. Publicum, com-
mune- Le Titre premier du XLVIII^ Livre du Digefte,
eft des ]nu,tmtns publics , des cmnes publics , des cas
où chacun du peuple pouvoit être acculateur , & qui
intérellent la lociété.
On dit aulli au P.ilais, qu'une '^\3.ïc\\!LnAe publique
peut s'obliger (ans autorilation de (on mari, lotlqu'elle
tient boutique ouverte, &c quelle s'oblige pourrailon
des chofes dont elle lait commerce. Mercauix pu-
blica J vel propalaria. Hors de-là le nom de publique
à une femme eft injurieux, comme on vient de le
dire.
Public , fe dit aulfi de ce qui eft connu & manifefte à
tout le monde. Notus , cognitus , pervulgatus. Dans la
primitive Églile on faifoit des pénitences publiques.
On affiche les Ordonnances de Juftice, on les cric , à
fon de trompe , pour les tendtc publiques. On prétend
que ce n'eft plus une médifance , quand on accule
quelqu'un d'un crime qui eft public ôc notoire. On ap-
pelle une nouvelle publique , celle qui fe débite par
toute la ville , qui n'eft plus lectètc.
^fT En l'UBLic. Exprellîon adverbiale. En préfence de
tout le monde. Publiée , palàm, propalàm. Parler en
public , ne point paroître en public , n'ofer fe mon-
trer. Pubiico carere , abjlinere , in publico effe non au-
dere.
PUBLIC AIN. f. m. C'étoit chez les Romains un Fermier
des Impôts & des revenus publics. Publicanus , Re-
demptor. Ce nom étoit fort odieux chez les Juifs ; ils
défignoient parla un grand pécheur, un homme de
mauvaife vie, & un homme a Jétefter: d'où vientque
J. C. dit à fes Difciples , que celui qui ne voudra pas
écouter l'Eglife , doit être évité comme un payen &: un
Publicain. Ce n'eft point avec l'orgueil du Pharifien ,
qui vantoit à Dieu la juftice de fes œuvres; mais avec
la honte du Pubiicain , que nous devons demandei
juftice. Le P. lA Rue.
ffT Aujourd'hui le mot de Pub/ic-'in fe dit familière-
ment, & dans un (eus toujours odieux, de ce qu'on
appelle autrement craitans , parnfans, gens d'iiffai-
PUB
res . .. Voyez ces mots. Il eut l'honneur d'être agrégé
à l'opulente quatantahie : il fut Publicain en chef. Pu-
hiicanorum ordo. Le mal a bien augmenté depuis ce
temps là.
FU15L1CATI0N. f. f. Notification qu'on fait dans les
alfembiees & lieux publics , d'une choie qu'on veut
que tout le monde lâche. Publicacio , promulgaiio.
On fait au Prône des proclamations &: publications de
bans pour les mariages , pour les enchères des décrets,
&c. On a fait la publication d'un moiiitoire La publi-
cation des bans n'eft pas nécellaire au mariage, ik elle
n'en touche point la validité. Le Mait. il fe lait des
publications 2l cri public, à Ion de trompe, pardesaf-
hclaes , &c. On failoit autrefois des publiduions d en-
quêtes , lorsqu'on en failoit l'cuvcrture, & qu'on les
tiroir d'un fac , dans lequel elles avoient été envoyées
cloles &{cellées par le Commillaire Enquêreur ; &
alors on n'étoipplus recevable a donner des reproches
contre les témoins.
Publication. En parlant de l'édition d'un livre, on dit,
qu'on 'cn a défendu h. publication ; pour dire , qu'on
en a défendu la vente. Il le dit ptel^ue toujours de
ce qui le fait par l'autoricé publique. Acad. Franc.
§CF Publication des Ordonnances , Edits & Déclara-
tions. On entend par- la la lecture qui s'en fait dans les
Cours , pour être connues au peuple , tic eiiluite exé-
cutées. Ainhla publication dirtère de \' enrepif. rcn: er.t ,
en ce qu'elle (e fait par la lecture au\ jours de plai-
doirie , pour les notifier ; au lien que 1 enregifirement
eft la delcriprion qui s'en fait dans les rcgiftres publics'.
Voye-:^ Enregistrement.
C^rPUBLICISTE. f. m. C'eftainfi qu'on appellecclui
qui écrit ou qui fait des leçons lur le droit public.
C'eft un grand Pubiicific. Il y a de grands Publicijles
en Allemagne. Acad. Fr.
PUBLICITÉ, f. f. La qualité d'une chofc qui eft publi-
que. Les déciets d'un Concile peuvent recevoir une
plus grande j'iv/'/ici/tr pat les Edits des Princes, pour
l'autorité extérieure, mais non pas pour l'antorité in-
térieure de la foi & de la croyance. Mém. de Trév.
La. publicité Si la fainteté d'un lieu empêchent bien les
aéfions extérieures, mais non pas les mcuvemens le-
CietS. COTOLENDI.
Publicité. Notoriété. La publicité du crime le rend en-
core plus punillable.
PUBLIER, v. a. Rendre une chofe publique & notoire.
Promulgare , publicare. On publie àes Édirs & des
Déclarations , lorfqu'on les lit en pleine auJience ,
qu'on les enregiftre, qu'on les tait affichrt, imprimer
& crier par les rues. On dit auftî , publier des enchè-
res , des fermes , un rôle. On publie (cuvent de faulTes
nouvelles. On dit aulli d'un indilcret, c^n'\\ publie le
fecret de ion ami, lorlqu'il le découvre à quelqu'au-
tre, qu'il publie les faveurs de fa maitrcire, lorfqu'i!
s'en vante. La médilance publie que vous avez eu une
mauvaile aventure.
§CF L'élégant, le correct Racine a dit, publier des beau-
tés dans Bérénice.
Publier vos vertus , Seigneur, &fcs beautés.
On ne publie point des beautés, cela n'eft pas exadr.
On publie les bonnes & mauvailes qualités de quel-
qu'un , des nouvelles, un fecret: on publie les faveurs
qu'on a reçues d'»ine femme : on publie enfin une
chofe qui étoit (ecrète, ignorée. On ne publie point
ce que tout le monde voit.
Publier , fignifie dans le même (cns, mettre au jour ,
faire imprimer. Prodcre in lucem , vel typis manda-
te , divulgare , publicare. Olez-vow^ publier des vers
Il infipidcs ; S. Evr. Le public lailFe aux Auteuts le
foin d'examiner s'ils ont raifon de publier leurs ouvra-
ges , (Se croit n'avoir intérêt qu'à juger de l'ouvrage.
Nic.^
PUBLIE , ÉE. part. Ediclus , indiclus , denuntiatus ,
pronmlsatus . profcriptus. On met (urle dos des Édits
& Patentes, lii, publié ik enregiftre fuivant l'Arrêt de
ce jour.
PUBLIQUEMENT, adv. En public, devant tout le mon-
PUC
de. 'Jpenè , palàm , publiée. C'cfl: un m.niage ccIj-
hïé publiquanem , en face d'Emilie. Cette dothine
a été pïcchée publiquement.
PUC.
rUCARA. Ville ou bourgade de l'Amiiique mciidio-
nale, au Pérou, d.iiis la Province de LosCliarcas, à
quatre lieuci d'Ayavirc.
PUCE. Petit inkcte armé d'unexrompc aiguë, avec la-
quelle il luce le langde l'homme & des ai^imaux. Pu-
lex. La puce a lix jambes , qui ont chacune trois join-
tiues divc.lcment articulées. Quand elle veut fauter ,
elle étend toutes fes jambes en même temps, Se ces
diftéicns articles venant à le débander enlemble com-
me autant de rell'orts , l'ont cauCe de ce laut, que quel-
ques-uns ont attribué a des ailes imaginaires. ifJ' Les
deux pofteiieures , plus longues que les autres, con-
tribuent particulièrement à ce faut. C'eft une choie
eurieufe de voir la figure de la puce dans le livre de
la IWicrographie de M. Hook, où 1 on découvre un pe-
tit reHort t.ès-dclié, (î merveilleux , qu'il lui fliit iau_
ter 200 fois la hauteur de fon corps , par la vertu elal-
tique.
On appelle lunette h puce j, un petit microfcope
qu'on applique à 1 œil , qui augmente les objets. Mi-
crofcopium.
FucE , le dit proverbialement en ces phiafes. On menace
les gens de leur fecouer leurs /;;/■(: c'j , c'eft à-dire , qu'on
les étrillera bien, qu'on kur donnera bien de la peine.
Excuccre , vcl mail- mulLL^rc. On dit qu'à la Sainte-
■ Luce les jour*; croiirent du laut d'une/" //es; pourdire,
de bien peu. Ce qui marque que ce proverbe a été
fait avant la réforme du Calendrier , parce que la
Sainte Luce dans l'ancien Calcndrier,eft au ij^de Dé-
cembre, & leulement au 1 5^ dans le nouveau. On dit
aullî , qu'une perfonne a \3.pucc à l'oreille i pour dire ,
qu'elle eft bien éveillée ou inquiète. Je ne fai ce qui
vous met la puce a l'oreille. Racan.
Toute la nuit j'ai la puce à l'oreille j
Mon mari dort cependant que je veille,
H y a une plante qu'on appelle herbe aux puces ^ ou
pfyllium. Voyez Herbe aux puces.
POOE AU. f. m. Jeune garçon qui a encore fa virginité ,
qui n'a jamais eu de commerce particulier avec une
femme. Illibatus, integer , incorruptus. Il ne fe dit
guère qu'en plaifanterie. C'eft un ']t\xnt puceau qui n'a
jamais rien vu.
§CF PUCELAGE, f. m. & virginité font fynonymes.
Viroinitas. C'eft ordinairement à l'âge de puberté , dit
M. de BufFon, que le corps achève de prendre fon ac-
croiirement. Les jeunes gens grandiftcnt prefque tout-
à-coup de plulieurs pouces : mais de toutes les parties
du corps celles dont l'accroilFement eft le plus prompt
& le plus fenlible , font les parties de la génération dans
l'un & l'autre fexe , avec cette différence que cet ac-
croiftement n'eft dans les mâles qu'un développement
une augmentation de volume; au lieu quedans les fe-
melles il produit fouvent unretréciilement auquel on
a donné dirf"érensnoms lorfqu'on a parlé des lignes de
la virginité.
§0" Les hommes jaloux des primautés en tout genre ,
ont toujours fait grand cas de ce qu'ils ont cru pou-
voir polféder exclufivemcnt & les premiers. C'eft cette
efpèce de folie qui a fait un être réel de la virginité des
filles. La virginité , qui eft un être moral , une vertu
quineconhfte quedans la pureté du cœur, eft devenue
un objet phyfique dont tous les hommes fe font occu-
pés. Ils ont établi fur cela des opinions, des ufages, des
cérémonies, des fuperftitions , & même des jugemens
& des peines: les abus les plus illicites, les coutumes
les plus deshonnêtes ont été autorifées : on a foumis à
l'examen des Matrones ignorantes, & expofé aux yeux
des Médecins prévenus , les parties les plus fecrètes
de la nature , fans fonger qu'une pareille indécence eft
un attentat contre la virginité ; que c'eft la violer que
de chcicher à la connoîcrei que toute fituation hon-
PUC
4;
tcufe, tout état indécent doiîtunc fîlleeft obligée Ac
rougir intérieuienicnt , eft une vraie défloration.
tfS" On avoit inféré dans les précédentes éditions de ce
DièHonnairc des rapports de Matrones daiv, Icfcucls
on détailloit les prétendus lignes de ce qu'on appelle
pucelage , que nous avons ciu devoir fupprimer pat
rcfpecl pour les mœurs. Si on eft curieux de les voir»
on les trouvera dans les ouvrages de Laurent Joul)crt,
Médecin de Montpellier , &c dans le i ableau de l'A-
mour conjugal de Nicolas Vcnette,. Médecin de la Ro-
chelle, ou dans l'Encyclopédie, au mot rapport. Y_ a-
t il donc quelques lignes certains du /"/iCt'/iV^'^r'Erafme
diloit qu'il n'étoit pas moins dillicile à connoitre qu'à
gaider. Firginitalis piobatio non minus di_tficilis quàm
cu/lodia : 'mais il eft dilHcile de dctiuhe un ancien
préjugé & les choies qui font plaiiirà croire feront tou-
jours crues , quelque vaines 8c quelque déiaifonna-
bles qu'elles puilîent être.
0Cr D'habiles Aiiatomiftes d'un côté prétendent que la
membrane de 1 hymen eft une partie réellement exil-
tante dans les femmes , & ils diLcnt que cette mem-
brane eft charnue , mince dans les femmes, plus épaille
dans les filles adultes ; quelle cftlltueeau dcft. us de
l'orifice de l'urètre , qu'elle ferme en partie l'cntiécdu
vagin, qu'elle eft percée d'une ouverture rende, quel-
quefois longue, &c. D'un autre côté plulieurs Anato-
miftes,non moins célèbres , & tout au moins au lll ac-
crédités que les premiers , fouciennent au contraire que
la membrane de l'hymen n'eft qu'une chimère ,& que
cette partie n'eft: point naturelle aux filles. Us oppo-
fcnt à ceux qui la regardent comme une partie réelle
& conftante , une multitude d'expériences par lef-
quelles ils fe font alTurés que cette membrane n'exifte
pas ordinairement : ils rapportent les obiervations qu'ils
ont faites fur un grand noir.bre de filles de différens
âges qu'ils ont dilléquées , & dans lefquelles ils n'ont
pu trouver cette membrane, eu s'ils en ont quelque-
fois trouvé une , elle étoit contre l'ét ,t natuiel.
I^C? Cette contrariété d'opinions fur un fait qui dépend
d'une fimple Infpeclioiij prouve que les hommes ont
voulu trouver dans la nature ce^ qui n'étoit que dans
l'imagination. Puifqu'il y a plufieuts Anatomifles qui
difent de bonne foi qu'ils n'ont Jamais trouvé d'hy-
men ni de caroncules dans les filles qu'ils ont diflé-
quécs , même avant l'âge de puberté ; puifque ceux
qui foutiennent au contraire que cette membrane &
ces caroncules exiftent, avouent en même temps que
ces parties ne font pas toujours les mêmes , qu'elles
varient de forme, de grandeur &: de confiftance dans
les différens fujets ; que fouvent au lieu d'hymen il n'y
a qu'une caroncule , que d'autre fois il en a deux ou
plufieuts réunies par une membrane; que l'ouverture
de cette membrane eft de différente forme , &c. Que
peut-on conclure de toutes ces obfcrvations , finonque
les caufes du prétendu retrécllfemcnt de_ l'entrée du
vagin ne font pas conftantes, & que , lorfqu'elles exif-
tent , elles n'ont tout au plus qu'un effet paftager,qui
eft fufceptible de différentes modifications.
IJCF L'Anatomie lailfantune incertitude entière furl'exif^
tence de cette membrane , elle permet de rejeter ce
figne de la virginité , non-feulement comme incer-
tain, mais même comme imaginaire.
*:r II en eft de même du fang répandu, autre figneplus
ordinaire encore, & tout aullî équivoque.
<^- On remarquera en palfant, que le mot de /^ace/a^e-
eft du ftyle familier ^ & un peu libre.
i^o- L'hiftc-ire de tous les peuples préfente des ufages ri-
dicules , des coutumes extravagantes. On. lit dans Pe-
dro de Cieça , & dans 1 hiftoirc des Incas, que dans li
province de Manta , au Pérou , on ne rnarioit les filles
qu'à condition qu'elles feroient dépucelées par les plus
proches parens du mari , ou par fes meilleurs amis.
Pucelage. Terme d'Orfèvre. C'étoit un agrément qui
pendcit au demi -ceint d'argent, & qui étoit fait en
manière de petit vafe. On n'en porte plus aujourd'hui.
C'eft encore le nom qu'on donne à une petite co-
quille qu'on nomme en latin , concha vencrea. Se pu-
celage en françois, àcaufede fafigure. Elle n'eftguère
plus^gioffe qu'un pois; mais elle eft longuette &c faite.
4<5
PUC
en forme d'une courte navette. Elle eft blanche 8c po-
lie. Ces petites coquilles ou pucelages fervent demon-
noie aux Indiens. On nous en apporte des Indes en-
filées comme des patenôtres. On choillt les plus pe-
tites & les plus blanches , pour les broyer & en faire
du fard , qui cil d'un vrai blanc de perle. C'efl: ce qu'on
appelle en Afrique Cauris.
PUCELLE. f. f. Fille qui a encore fa virginité , qui n'a
eu aucun commerce avec un homme. Virgo , incor-
rupui puella , ïUïbata , intégra. Si la jeune époufe
n'étoit pas pucclle j du moins elle en fit toutes les fa-
çons. S. EvR.
La jeune fille , agréable & gentille ,
Pucelle était ; mais à la vérité
Moins par vertu que parfimplicité. La Font.
Marguerite d'Autriche qui avoir été fiancée à Char-
les Dauphin de France , qui l'avoir renvoyée pour épou-
ler l'héritière Je Bretagne ; Marguerite, dis-je , palfirnt
en Elpagne pour époufer l'Infant Don Juan , & étant
prête à faire naufirage, fit ion épitaphe en ces deux
vers :
Cy gît Margot la gentil' Demoifelle
Qu'a deux maris , & encore ejl pucelle.
On appelle les Mufes, les neuf Pucelles. Mufavo-
cantur novem puelU. Un Poëte a appelé les Nymphes
de la Mer, les Pucelles de Nerée.
ÇG'La P«C(;//e d'Orléans décriée chez les Anglois,cfl:imée
parles François, eft également fameuie chez l'une Si
l'autre nation. Ce (ut elle qui fauva la France fous
Charles VII. Son vrai nom étoit Jeanne d'Atc. On
croit comnfiunément qu'elle fut prife par les Anglois
au fiège de Compiegne , & brûlée à Rouen. On voit
faftatue dansle Marché aux veaux de cette Ville, re-
préfentée à genoux devant le Roi Charles VII.
^Cr- Chapelain a fait un très-long poëme fur cet événe-
ment. Il eft en ii livres , chacun de tioo vers fort
mauvais. Boileau, enaffeâant le ftylc dur de l'Auteur,
a dit de lui.
Maudit foit l'Auteur dur, dont l'âpre & dure verve ,
Son cerveau tenaillant j rima malgré Minerve ,
Et defon lourd marteau martelant le bon fens ,
A fait de méchans vers dou-^efois dou^e cens.
V^ L'Auteur travailla long-temps à ce mauvais poëme :
ce qui falloir dire de lui:
Depuis vingt ans il eft fur la Pucelle,
Et le pauvre homme , n'a rien fait.
*^ Il a paru depuis quelques années une autre poëme
intitulé la Pucclle , dans lequel on reconnoît la tou-
che fine & légère de l'Auteur. C'eft dommage que
les mœurs & la religion n'y foient pas allez refpedlées"
Ce mot vient de pudkellus , èc de pudicella j ou
puella. D'autres le dérivent depulcellus ôc pulcella ;
& d'autres de pukhellula.
Pucelle, eft aulH une efpèce de poilTon. Il refTemble à
l'alofe; mais il eft moins grand & bien moins bon.
On l'appelle encore Feinte. Pucella , pifcis fpecies.
Pucelle. f. f. Efpèce de poire qu'on nomme autrement
chat -brûlé. C'eft une poire d'Odtobre & de No-
vembre: elle palfcroit quelquefois pour un Martin-
fec y tant elle lui rellcmble par la grofleur & la figure ;
mais le coloris un peu différent fait qu'on ne s'y trompe
pas : il eft d'un côté fort roufsâtre , & de l'.iutre allez
clair, fans avoir rien d'ifabelle :1a pc.iu en eft alfez
unie& la chair tendre; mais c'eft un tendre fauvage
tiranr au pâteux , ayant peu d'eau , Se approchant du
goût du befi d'Héri. En général on en fait peu de cas,
parce qu'elle eft pierreufe.
Pucelle nichon. Terme de Fleurifte. Tulipe rouge d'é-
carlate, colombin & blanc non d'entrée. Morin.
La Pucelle Rhca , qui n'a point été mariée. Phrafe de
la rhilofophic hermétique. C'eft le mercure des Sa-
PUD
ges, autrement la matière de leurplerre. Dict. Herm,
PUCERON, f. m. Efpèce de petit moucheron qui s'atta-
che aux jets nouveaux des pêchers , des pruniers , & du
chèvre-f-euille. ^^j Aphis. Cet infeCte qui multiplie
beaucoup, fait un tort confidérable aux arbres qu'il
attaque. Les foins qu'on prend pour les détruire , font
fouvent inutiles , parce qu'ils ont bientôt reproduit
une nouvelle peuplade. Un mal plus grand encore ,
c'eft qu'ils attirent les fourmis , qui viennent fucer
l'eau douce Si fucrée dont ils laiftent une trace après
eux , principalement fur les feuilles du pécher, qui
eft fujet aux pucerons blancs ou verdâtres.
Pour dérruire ces infeCles , on frotte les branches
qui en font attaquées , avec une mfulion de foufre dans
de l'eau où Ion a fait bouillir des feuilles de tabac j
avec du fel fondu dans de l'eau ; ou avec de leaudans
laquelle on a éteint de la chaux vive.
Puceron. Sorte dinfedte qui nage dans les eaux, <5v: qui
multiplie beaucoup. Il eft rougeatre Si fautiUe dans
l'eau.
PUCHAMIAS. I. m. Arbre qui croît dans la Virginie ,
qui porte un fruit femblable a la netic , fort aftiin-
gent lorlquil n'cft pas mûr, mais d'un goût dchcieus
dans fa maturité. Kav, Hift. Plant.
PUCHE, f. f. C'eft-à-dire|, nne. puce. Borel. C'eft une
prononciation Picarde Si Normande. Pulex.
PUCHIER. Vieux v. a. Puilér. Perceval. Borel. Hau-
rire.
PUCHING. Ville de la Chine dans la province deXenfi,
au département deSigan, première Aiétropoic de la
Province.
Il y a une autre ville de même nom dans la Pro-
vince de Fokien , département de Kienning, quatrième
Métropole de la province. Atlas Sin
iO- PUCHOR. Ville de Hongrie, fur la Drave , aux
confins de la Tranlilvanie.
ifT PUCHOT. t. m. Terme de iTiatelots , fynonyme
de trombe qui eft le vrai mot. C'eft un tourbillon de
vent qui fe forme dans un nuage échaufté par les rayons
du (oleil. On voit fortirde ce nuage comme une trompe
de même matière que la nuée, qui paroit porter une
de lescxrrémirés jufque fur la furface de la mer, d'où
elle alpire & élevé rrès-haut en l'air une prodigieufe
quantité d'eau , capable de faire périr un vailleau fur
lequel elle tomberoit. Les matelots appréhendent fort
ces tourbillons. Foye^ Trombe.
PUD.
PUDEUR./, f. Honte naturelle qu'on a de faire quel-
que chofe de deshonnête, ou de mauvais, & qui pa-
roit par une rougeur qui monte au vifa(;e. Mouvement
excite par la crainte de ce qui peut blelfer l'honnêteté
& la moAi[\ie.Pudor,verecundia.A{Aoicàé^nnhpu-
^<?i<r,crainre de l'ignominie. 1-:l pudeur ^(ianthome fage
Si honnête , un lentiment d'averfion pour les chofes qui
peuvent apporter quelqu'infunie. Fel. La pudeurficà
bien aux jeunes gens, & le rouge qu'elle répand furie
vilage a été appelé le vermillon de la vertu. Id. Une
pudeur un peu farouche. Se un peu fauvage, fied bien
aux femmes. Le Magiftrar doir empêcher rout ce qui
eft contre h pudeur SilhonnktiéçuhWqne. Une fem-
me qui n'a plus que le refte d'une/'/^^t-z/r ébranlée ne
fait que de foibles eftorts pour fa défenfe. G. G.' La
pudeur d'une fille doir aller jufqu'àij^norer tout ceoui
regarde l'amour. Font. La;W«r a été donnée à l'hom-
me pour conferver (on honneur , fa réputation , parce
qu elle renferme une crainte fécrère de mépris & d'in-
famie.S. Evr. Peut-on trouver de l'agrément dans une
pièce qui tient la ;^i/<^tf:^/- toujours en alarme, & falit
à tous momens l'imagination ? Mol.
Nature défavoue
Tout ce rouge acheté , quidejfus votre joue
Fait l'office de la pudeur. Ben s.
Quand on franchit les bornes de h pudeur , on s'a-
P UD
baiidonne à de grands dcfor.lrcs , parce qu'on n'a pins
de frein qui rcrienne. Bell. Pudon nunaum rcmtturc.
Dans Virgile tout garde bien Ton caractère ; la bicn-
ll-ance & la /v/c/^wr n'y ior.t jamais bleilées. B. Kab.
Bu moindre fcns impur !a libcrtc m'outrage ,
Si Li pudeur des mots n'en adoucit l'image. 15on..
Naturellement la;>/;a'c7/;- aime beaucoup les petites
façons; & comment ne les aimeroit-elle pas ? On dit
qu'allez fouvent elle leur doit ce qu elle cil. Ch. de
MÉR.
L'Hymen ne fait des Loix
Que pour autorifer la pudeur à Je taire. Corn.
gCT Nous fommes redevables du mot pudeuro. Despor
tes, qui s'en eft lervi le premier, & à ceux qui l'ont
mis' en vogue après lui. Ce mot, dit Vaugelas, ex-
prime une 'choie pour laquelle nous n'en avions point
encore qui hit fi propre cV iî lignifîcatif , parce que
honte, quoiqu'à-peu-prcs t'ynonymc, eil pourtant un
terme équivoque, qui dcligne la bonne & lamauvailc
honte , au lieu que pudeur ne déligne que la bonne
honte. , ! n-
Pudeur , fc prend pour Modeftie. Modejtia. Je me
contente de délîgner les_ perfonnes que je loue, &i
quoiqu on les reconnoiile .à travers ce voile , il lert
toujoursàroulagerleur/);yc/t;ar, & à rendre la louange
moins fuCpede. Vaug. La vanité de ceux qui te louent
ÏMK pudeur, rebute tout le monde. Bell. Il ne faut
pas louer les gens en face, ni d'une manière qui ne
ménage point leur D/^ti'(;;/r. BouH.
gO" Ou le dit aulîi d'une certaine timidité qui tient un
peu de la retenue, qu'on remarque en certaines per
fonncs quand elles paroiirent cnpublic , ou des per-
fonnes à qui elles doivent du relped.
ruDEUR. eu Mythologie.!", f. Les Anciens avoient mis
la Pudeur au nombre des Dieux, & Héfychius dit
qu'elle avoit un temple à Athènes. Je voudrois l'ap-
■ peler eu Latin j¥.do,à\x Grec aîJ'm's & non pas
Pudor, parce que ce mot en Latin elt mafculin. La
pudeur éio'n un des AirefTeurs de Jupiter.
icr PUDIBOND, ONDE. adj. Terme du difcours fa-
milier , qui fe dit par pkifinterie , pour déligner un
homme qui a une cert.aine pudeur naturelle , qui rou-
git de la moindre chofe. Pudens , pudihundus. C'eft
un jeune \\om.m.e. pudibond : il a Xm'C pudibond.
PUDICITÉ. f. f. Chaftetc , vertu qui fait qu'on s'abf-
tient des plaifirs illicites. Pudicitia, cajlitas , cafii-
monia. Les Tarquins furent challes de Rome pour
avoir attenté à la pudicité de Lucrèce. La pudicité c^
le principal ornement d'une femme. Voy. Chasteté.
Pudicité , en Mythologie. C'étoit le nom d'une Déelfe
chez les Romains, qui avoient dcïlié cette vertu. Pu-
dicitia. La pudicité avoit un temple à Rome, dans le
marché aux bœufs , & c'ell à celle-là qu'on donnoit
le nom de Pudicité Patricienne. Celle qu'on nommoit
Pudicité Plébéienne , avoit fon temple dans la rue
Longue. Voy. Tite-Live , L. II. c. iij ; Valère Ma-
xime j L. II. c. j. au troifiéme exemple étranger. La
pudicité ed fouvent repréfentée au revers des mé-
' dailles des Impératrices avec ces mots : Pudicitia Auf.
ou Augg. C'eft une femme vêtue de la robs^ appelée
Stola, quelquefois debout & quelquefois alfife, mais
toujours tirant de la main droite fon voile (ur (on vi-
fage , pour s'en couvrir , & tenant de fa main gauche
une hafte en travers, /'ûye^les Médailles de Livie, de
Marcia, de Fauftine , d'EtrufclUa , de Salonine , de
Magnia Urbica, &c.
PUDIQUE, adj. m. & f. Chafte & modefte dans fes
mœurs, dans fes aftions, dans fes dilcours. Pudicus.
Il ne faut lâcher aucune parole qui pullfe bleller les
oreilles chaftes & pudiques. Pénélope garda une H.am-
mt pudique pour fon mari abfent.
Begnier du fon hardi de fes rimes cyniques ,
Allarmoit tres-fouvent les oreilles pudiques.
BOIL.
PUE
47
Un temps viendra que le flambeau d'amour
Ne hràUru les cœurs que de ^uà\c\\M:^Jîainmes.
La Eont.
gcr Pudique, n'eftpas du langage ordinaire. Il ccnvieiic
mieux dans la poclîe tk. dans le Itylc foutenu.
On appelle Plantes pudiques , ou vcr^cneufes .,
ces plantes qui fe retirent des qu on les touche , tC
qu'on appelle otdinaircment /è/7/?;ivej.
PUDIQUEMENT, adv. Pudicé. D'une m.anière pudi-
que. Les Chrétiens doivent vivre pudiquement , mê-
me dans le mariage.
PUE.
PUÉ. f. f. Terme de Manufaélure de Lainage , qui efl
particulièrement en utage dans celles de Poitcju. Il le
dit de l'arrangement & de la difpolïtion des fils de di-
verles matières , dans la chaîne des droguets & autres
étoffes.
PUEBLA. f. f. Mot Efpagnol , qui fignifie Peuplade ,
Colonia, & qui entre dans le nom propre de plulieurs
lieux.
Puebla de LOS Angeles , ou Angeles, ou los Angeles.
La peuplade des Anges , ou les Anges. Angelopolis.
C'eil une ville de l'Amérique leptentrionale , dans la
province de Tlafcala, qu'on nomme aullî de los Ange-
les , (ur le chemin de Mexique à laint Juan d'Ulva.
Les Indiens l'appeloient Cuetlaxcoapan , c'eft à-dire,
couleuvre dans l'eau , parce, que les eaux de l'une de
fes deux fontaines étoicnt très mauvailes. LesElpagnols
la prirent & la détruihrent en i J30. Dom Antoine de
Mendoça la rétablit depuis , & lui donna le nom qu'elle
porte maintenant. Elle eft fort peuplée, l'air y eft bon.
On y fabrique de fort beaux draps , des ch.apeaux , de
la monnoie & des verres. !1 y a lin Evêché.
Puebla de Sanabria. Nom d'un bon bourg d'Efpagne,
lltué dans le Royaume de Léon , à huit lieues d'Aftot-
ga, vers le couchant, cîiz/ztîina. Maty.
PUECH. f. m. Vieux nom qui iîgnilie montagne, com-
me Pui, Podium, & qui eft refté dans quelques noms
de lieux. /^ove:{ Pui.
Puech d'Issoudun, ou d'UssoooUN. Nom d'un lieu
du Querci, à trois lieues de Cadenac, vers le levant.
Podium Uxelloduni. Il porte le nom de l'ancienne
Uxellodunum , ville forte des Cadurciens, & on y en
voit les ruines , dans lefquellcs on trouve quelquefois
des médailles fort anciennes.
PUEIL. Mouillez 1'/. Bois en pueil. Voyez Bois.
PUELCHE. f. m. & f. Peuple de l'Amérique méridio-
nale. Puelchus , a. Les Puclches fe coupent les che-
veux à la longueur de l'oreille, & ont les yeux extrê-
mement petits, ce qui rend les femmes hideules: ils
n'ont tous, naturellement, point ou très-peu d'autre
barbe que des mouftaches qu'ils s'arrachent aVec des
pincettes de coquillages. FrÉzier, p. 64. Les Puel-
chesionl d'adroits voleurs. Id. p. 66. Les Pue le hes
font une nation d'Indiens jufqu'ici indomptés, qui
habitent les montagnes de la Cordillière. Id. p. 6S.
PUENTE DEL ARCOBISPO. Pont de l'Archevêque.
Nom d'un bourg avec un pont fur le Tage. Pons Ar-
chiepifcopi. Il eft dans la CalHlle NoiivcUe, en Elpa-
gne, à feize lieues au-delfous de Tolède. Un Arche-
vêque de cette ville le f-r b.'itir l'an 1395, Se c'eft de-
là qu'il a pris fon nom. P/iaty.
PuENTE de Neyra. Pont de la Neyra. Nom d'un vil-
lage de la Galice , (itué fur la Neyra , à deux lieues de
Lugo, vers le midi. Pons Ners. Quelques-uns pren-
nent ce lieu pour l'ancienne petite vilk' des Callaïques,
nommée Pons Nevius , ou Ncbius , que d'autres
mettent à Puente de Nehoa , ville du même pays ,
fituée fur la rivière de Neboa. Matv.
Puente de la ReinA. Pont de la Reine. Bon bourg du
Royaume de Navarre , en Efpagne. Pons Begin.t. Il eft:
fur la rivière d'Agra, à quatre lieues de Pampclune ,
vers le midi. Matv.
Puente de Soao. Nom d'un village de ITftramadure
de Pottugal. Sor£ pons. Il eft tur la rivière de S»ro,
48 PUE
à dix lieues de Poitalcgte, vers le couchant. On croit
que c'efl; l.i petite ville nommée anciennement Matu-
j'arum. Maty.
rufiNTE VÉDRA. Nom d'uuc petite ville de la Galice,
en Efpagne. Pons Fétus , anciennement Hel/enes.
Elle ell (ur la rivière de Loris , à fept ou huit lieues de
Tuy, vers le nord. Maty.
PUER, ou PUIR. V. n. L'Académie ne parle que de
pmr, & point du tout de puir. Grave-olere. Danet en
parle comme l'Académie; mais Richelet, auffi-bicn
que Furcticre, les admet tous deux, en difant que ce
font deux verbes défectueux ; que puir ne fe dit point
à l'inhnitif, mais (eulement putr^, & qu'ils emprun-
tent l'un de l'autre quelques temps. Puir n'eli plus
en ufage. Puer fe conjugue, /e /7«jj tu pus , nous
puons ^ vous pue\, &c. Je puais. Je puerai. Que je
pué. Je puerais. J'aurais pué. J'eujfe pué. Il fignifie ,
fentir mauvais , exhaler une odeur corrompue , qui
otfenfe le nez & le cerveau. Tetrum odorem exhala-
re , vcl maie oUrc. Cet homme put beaucoup. Ses
çïeâs puent , l'on halcine/i«r. Cette viande far j/'^/fra
bientôt. Ces perdreaux pueraient , iî on les gardoit
plus long-temps. Il fe conftruit quelquefois à la ma-
nière des verbes actifs. Vous pue^ le vin à pleine
bouche. Mol. Ses habits puent la vieille grailfe. On
dit qu'une chofe jp.w le mufc ; pour dire, qu'elle a
ime odeur de mule excefllve & incommode. On dit
d'un homme, dégoAté de viande, de vin , eue la
viande lui put , que le vin lui put. On dit dans le
même fens, que le jeu, la danle , la comédie lui^ ^r ;
pour dire, qu'il eft rebuté, qu'il eft dégoûté des ces tor-
tes de plaifirs.
Ce mot vient du \3.ûn putire i^ovit putere. Ménage.
Puer, fe dit proverbialement en ces phrafes. Les paroles
ne puent point; c'efl: une excute dont on le fert, quand
on cil: obligé de nommer quelque choie de puant ,
de fale. Plus on remue la merde, & plus elle put , fe
dit de ceux qui veulent remuer une atlaire où il y a
quelque chofe de fale, ou de deshonncte. On dit fi-
gurément & proverbialement d'un homme qui lent
fort mauvais, qu'il put comme un rat mort, comme
un bouc, comme une charogne, comme la pelle.
AcAD. Fr. On dit populairement à celui qui a mai
rencontré dans les jeux où il faut deviner quelque
chofe , il y put.
^3" PUÉRIL , ILE. adj. par lequel on défigne ce qui
convient à l'âge qui luit lentance , appelé en latin
pueritia ,povit lequel nous n'avons point de mot Fran-
çois. L'ufage de ce mot eft borné, au propre, à ces
deux phrafes. Age puéril, qui fuit immédiatement
l'enfance , le premier âge. Puerilis dit as , pueritia.
Civilité puérile. C'eft le titre d'un vieux livre , origi-
nairement defl:iné à apprendre aux enfans les devoirs
de la civilité. C'eft en parlant de ce livre qu'on dit en
badinant de quelqu'un qui manque aux devoirs les
pluFbrdinaires de la vie civile , qu'il n'a pas lu la ci-
vilité puérile.
^fT Mais le mot de puéril eft employé par extenfion ,
pour qualifier les dilcours ou les adlions des pcrlon-
nes , &: celui A' enfant s'applique aux pertonnes mê-
mes. On dit d'un homme qu'il eft enfant , ëc que tout
ce qu'il dit eft puéril. Le premier (uppofe un défaut
de maturité. Le fécond un défaut d'élév.ation.
Un difcours d'enfant eft un dilcours qui n'a point de
raifon. Un dilcours /"//eW/ eft un difcours qui n'a point
de noblefle. Conduite d'enfant , conduite fans réfle-
xion, qui fait qu'on s'amuleà des bagatelles, faute de
connoître le folide. Conduite puérile, conduite fans
goût , qui fait qu'on donne dans le petit faute de
lentimenr. Pcnfécs puériles j raifonnemens puérils ,
fans folidité , (ans élévation. Que diroit-on de la re-
ligion , Il elle avoir befoin pour être prouvée , de prin-
'cipcs aufli puérils que ceux de la philolophie qui ofe
la combattie férieufement î Fenel. Platons'eiT; oublié
jufqu'à laiifer échapper des chofes balles & puériles.
BoiL.
^3" Dans ce fens on ledit aulfi 1 ubftantivcment. Le faux, le
puéril Se l'indécent parurent dallez bonne heure dans
les difcours ôc les actions de plufieurs convulfionnai-
P V E
tes. Col. Evêq. de Mantp. Le puéril ne doit pas être
cité , & l'abfurde ne doit pas être cru.
PUERILEMENT, adv. D'une manière puérile. Puerili-
ter , vel puerilem in madum. Un C.itéchifte peut par-
ler puérilement pour s'accommoder a la capacité des
tn^M-xs. k'^K puérilement.
PUEI^ILITE. 1. f. Dilcours, ou action d'enfant-, ce qui
tient de l'enfant, (oit dans le railonnement , foit dai: ,
les aétions, ce qui eft (ans élévation , fans noblefle ,
fans goût. Puerilitas , vel nug& infantiles. La fotilc
des pères, eft d'entretenir une compagnie Ass puérili-
tés de leilrs enfans. Lafi^tri/zVen'eft autre choie qu'une
penlée, qui pour être trop recherchée, devient froide.
BoiL. C'eft le vice où tombent ceux qui veulent tou-
jours dire quelque choie de brillant, d'extraordinaire.
Id. L'apparence des fables eft puérile -, mais ces pué-
rilités lervent d'enveloppe à des vérités importantes.
La Font. Le métier de conteur eft puérilité dans les
jeunes gens , & fûibleife dans les vieillards. S. EvR.
Le luxe des habits eft une vanité , & même une pué-
rilité. M. Es p. On tombe dans de grandes puérilités ,
en voulant toujours produire des penfées nouvelles &c
furprenantes. Eouh.
Ce? PUERTO-REAL. Petite ville d'Efpagne, dans l'An-
daloufie , fur le rivae;e de l'Océan.
^ PUERTO-VEYO.Villc de l'Amérique méridionale,
au Pérou, dans l'Audience de Quito.
P U G.
PUGAN. Nom d'une ville de la Chine. Puganum. Elle
eft dans la province de Queicheu , aux confins de celle
de Quangfi & de Junnan. Maty.
PUGILAT. ('. f. Nom de l'un des combats des Athlètes.
Pugilatus. Le Pugilat étoit le combat où deux Athlè-
tes (e battoient à coups de poing. Us avoient les bras
armés de ceftes , c'eft-à-dire , de braifarts de cuir.
Chardin s'eft (ervi de ce terme , en diiant que les
Orientaux combattent à la lutte & au pugilat. Com-
me ce mot eft fort lignificatif , & qu'il manquoit à no-
tre langue , il méritoit bien de faire fortune. Auili s'en
eft-onletvi dans le Diâionnaire latin , aux mots Quin-
quertium , Pancratiajîes &c Pancratium. Le pugilat
des Perlans , répond au cefte des Romains ; mais le cefte
tiroir Ion npm de cette courroie de cuir dont ils cnve-
loppoient leur main : ce que ne font pas les Orientaux :
ainfi le terme de pugilat convient mieux à cette el-
pèce de combat à coups de poing dont ils. font ufage,
qu'au cefte des Romains, ht pugilat étoit uflté parmi
les Grecs.
<S3" PUGILE. f. m. Terme d'FIiftoire ancienne. Pugil.
On appeloit Pugiles ceux qui d'abord combattirent à
coups de poing. Se enluiteàcoups de cefte dans les an-
ciens Gymnalès. foy. Pugilat , Ceste , Gantelet.
PUGILLE. f. m. Mefure de fleurs , de (emences & d'au-
tres choies femblabks, qui eft ce qu'on en peut pren-
dre avec trois doigts, le pouce & les deuxiuivans.
Les Médecins défigneni le pugille dans leurs Ordon-
nances par pug.
Ce mot vient du Latin pugillus , petit poing. On
l'appelle autrement pincée , qui eft le terme ordi-
naire.
PUGLIENZA, POLECA. Nom d'un .ancien bourg de
l'île Majorque. Poleutia. Il eft fur la côte orientale,
à deux lieues d'Alcudia , vers le nord. Maty.
PUGNER. 'Vieux v. n. Combattre , batailler. Menus
propos de Pierre Gringoire. Vu qu'il ne lait quand il
bataille ou pugne. Borel. Il prend mal-à-propos ce
mot pour un nom. Il vient de pugnare j comme ré-
pugner, de repugnare.
PUHO, petite ville de la Chine, dans le pays de Léao-
tung , département de Tiehng.
P U I.
PUI. f. m. Vieux mot. Perfonne n'ignore , dit M. Huer,
que le mot François Pui , eft fait du mot Grec_ lati-
nifé. Podium y qui dans la baile latinité a lîgnifié un
lieu élevé , une montagne. Podium , mons. On dit aulîî
au lieu de Pui, pi j pic ,pech Scpuech. Nous voyons
encore plufieurs montagnes qui ont retenu le nom de
Pui i
PUI
Piiij comme Le Pui en Vêlai, Le Pul de Domme ,
Pi Nautier , ou Pui Nautici, Pui Normand, Pcck
Alvaii , Pui de Sotrc , Pui Sec , Pui Chenin , Pui
Viant, Pui Manfioi , Pui Guillaume , Pui Gnou en
Auvergne, & abfolument le Fui. Tous ces lieux font
au delà de la Loire & dans l'Aquitaine, & la province
Narbonnoifc, c'cft-à-dnc, en Languedoc. Je ne (aclie
en-deçà de la Loire que le Put en Anjou , ce qui
montre que ce mot n'ctoit en uiage , ou n'étoit guère
en ufage que dans nos Provinces du lud.
Pui. f. m. Dans quelques villes de Trance, comme Rouen,
Caën, Dieppe, (S-c on célèbre une fête Poétique qu'on
appelle lu Pui de l'Immaculée Conception, ou ab-
folument le Pui. Ce font des prix que l'on diftnbue
à ceux qui ont mieux réulLi dans des Vers en 1 honneur
de 1 Immaculée Conception de la Sainte Vierge. Ce
mot de Pui vient du Podium des Romains, qui, lelon
Vitruve , étoit un lieu élevé devant l'Orcheftre du
Théàtre,où fc plaçoient lesConfuls & les Empereurs; &
parce que dans la cérémonie delà Conception.on élève
un Théâtre où font les Fondateurs des prix, les Juges
de rUniverfité, les Ledeurs des pièces Se l'Agonothè-
te, on a donné à ce Tiiéâtre le nom de pui , & par ex-
teniion à toute la cérémonie. On dit, mettre des vers
au Pui, remporter le prix du Pui , être couronné fur
le Pui, la fête du Pui, &c. Les pièces de vers que l'un
met au pui ou au palinod , car c'dl la même chofe ,
font la Ballade , le Chant Royal , le Sonnet, &c.
Pui. Nom dune ville de fiance, capitale du Vêlai, &
fîtuée près de la Loire, à quatre lieues de laintFlour,
vers le couchant. Podium , Anicium , .'4 nicien/is urbs,
Vellavi, Vdlaunorum urbs. Le Pui eft une ville con ,
fidérable par fa grandeur, par fes richelles , & par la
fertilité de fon terroir. Elle a un Évêque (uffragant de
Bourges , & qui porte le titre de Comte du Vêlai. Elle
s'eft accrue des ruines de Kutjfium , qui étoit capitale
des Vélauniens , & luuée à deux lieues du Pui, vers
le nord , & au lieu où eft maintenant le village de faint
Paulhan. Mat y.
Pui eji Anjou. Nom d'un bourg de France , fitué dans
l'Anjou , lur la rivière d'Argenton , environ à une lieue
de Montreuil-Bellai, vers le couchant. Podium Ande-
gavenfe. Maty.
Pui de Domme. Nom d'une montagne de l'Auvergne.
Dumum, Duma. Elle eft fort près de Clermont, du
côté du couchant. VIaty.
tJO" PUICELEY. Podium ce/fum. Petite ville de France,
forte par fa fituation , dans le haut Languedoc , dio-
cèfe d'Albi.
PUICERDA. Nom d'une ville d'Efpagne. Podicerta ,
Jugum Ceretanorum. Elle eft capitale du Comté de
Cerdagne, en Catalogne, & iituée aux confins du
Roullillon, fur leSègre, à huit lieues au dellous d'Ur-
gel. Puicerda étoit autrefois fortifié. Les François le
prirent l'an 1678, démolirent les fortifications, &
le rendirent par la paix de Nimègue. Maty.
PUI GRIOU. Nom d'une montagne qu'on appelle le
Pui de Gnou ; 8c en latin , Mons Greo , Podium
Greo. Le Qui de Griou eft une très-haute montagne ,
environ à quatte lieues d Aurillac. Pui hgnifie monta-
gne. Voyez de Valois , Not. G ail. p. 36 s , col. i , au
mot Malcedonum.
PUI-LAURENT. Nom d'une petite ville de France,
fîtuée dans le Languedoc , à trois lieues de Caftres ,
vers le couchant. Podium- La urenûi. Pui-Laurent
a eu titre de Comté ; il y avoir une École de Hugue-
nots , qui a été abolie par la révocation de l'Édit de
Nantes.
PUINE, f. m. Sorte d'atbtiifeau , qui eft cenfé mort-
bois. Le mort-bois font les (aulcs, épines ,putnes , au-
nes , genêts , genièvres & ronces. Foyeij' Bois.
OCr PUÎNÉ (quelques-unsécriventPUISNÉ ÉE. ) adj.
Qui eft né depuis un de fes frères ou une de fes fœurs.
Natu minor. C'eft mon trère puine' , ou fubftantivc-
ment mon pu f né. On difoitautrefoisOTai/^e, né après ,
comme on difoit aifné , né auparavant. Le mot de
cadet eft plus de l'ufage ordinaire. C'eft mon frère ca-
det, mon cadet, ma cadette.
^3" PUIS. adv. de temps , qui fignifie Ja même cbufe
Tome FIL
PUI
49
qu'enfuite. Deinde. Nous irons à Orléans , puis à
Tours.
0C/" (Jn dit quelquefois par interrogation en adrellant la
parole à celui qui conte qui.-lquc cliofe, Ikpuisi'Q cft-
a-due, qu'en arriva t il, ou qu'en arrivera t il?
Je n'aime pas le mot puis en vers, il ell plus fup-
portable après &: ôc puis qui ne fait point"; MiNACE.
Puis. Vieux mot. Plus, depuis. Mchun. Pu: s \e%CienXy
depuis le Ciel. Borel. Puis que li mons fu eftorez.
Villehapd.
PUISAGE. 1. m. Adion de puifcr. Fontainieh tk autres
perlonnes prépolées au puifage des différentes eaux
minérales. Merc. d' Avril 1 j j 1 , p. jûo.
PUTSAIE. Nom d'une petite contrée du Gatinois , en
France. PuÇitenfis traclus. Elle eft vers les confins du
Berri & du Nivernois. Saint K\wM\à. enPuifaie , tk.
faint Fargeau en (ont les lieux principaux. Maty.
§3° PUISARD. C'eft en générai un puits pratiqué pour
l'écoulement des eaux. (.în fait des puifnds a.\i deva.nz
d'un bâtiment, dans une cour , dans une glacière, dans
une citerne, dans les mine<:, &c:
Puisard. En ArchiteJure. C'tft dans le corps d'un mur
une efpcce de puits avec un tuyau de plomb , ou de •
bronze , par où s'écoulent les e.iux des combles. Scil-
iuidium plumheum.
l]Cr Dans une cour le pui fard eft un puits bâti à pierres
sèches, couvert d'une grande pierre trouée , où fe ren-
dent les eaux qui f e perdent dans la terre. Aquarium ,
aquarum receptaculum.
- Puisards de mines. Ce font des efpèces de réfer-
voirs pratiqués pour recevoir les eaux qu'on trouve en
fouillant , Se qu'on élève enluite par le moyen des
pompes.
Puisards de fources , font de certains puits qu'on fait
d'efpace en cfpace pour la recherche des fources, &
qui (e communiquent par des pierrées qui portent tou-
tes les eaux dans un réceptacle , d'où elles entrenc
dans un aqueduc. Putei fçaturiginum , vel fcate-
hrarum. ■■'•■..■■-
Je veux qu'au bas de chaque jardin on ménage une
fortie pour la décharge des eaux, ou qu'au moins (\ le
voihnage ne permet pas cette fortie, on falfe fui fon
propre tonds un grand trou j c'cft-à-dire, un grandp//i-
fari plein de pierres sèches , dans lequel toutes ces
eaux puilfent venir fe perdre ; car autrement il n'eft
guère de murs qui puillcnt long temps réi'.fter à de
grandes avalailons. La Quint. P. II , c. 13.
PUISEAUX. Puteolus. Ville de France , dans l'Orléa-
nois, éledion de Pithiviers , aux confins du Dunois,
& de la Beauce propre.
*^ PUISER. V. a. C'elt proprement tirer de l'eau d'un
puits, prendre de l'eau avec un vaifîeau qu'on plonge
dans un puits. Aquam haurire ex puteo. Et en géné-
ralilant cette expreilîon , on dit puifer de l'eau dans
une rivière, dans une fource, dans une fontaine, dans
un ballm, &c.
Il s'employe d'ordinaire abfolument. Puifcr à la ri-
vière. Puifer au balîîn de la fontaine. Ex fiumine , ex
fonte haurire. Puifer à la fource , au courant de -l'eau.
iCF On dit en ftyle vulgaire , que des fouliers puilent
l'eau , pour dire , que l'eau pénètre le cuir. Aquam im-
bihere.
^fT On dit au figuré , puifer dans les anciens, dans les
modernes, les confulter (ur les matières dont on traite.
Puifer dM\s la fource, dans les fources. Confulter les
auteurs originaux.
§Cr On dit aullî qu'un Vomxrxzpuife de l'argent dans la,
bourfe de les amis.
PUISÉ , ÉE. pair.
PUISET. Nom d'un bourg de la Beauce , en France. Pui-
fetum. Il eft près de Janvillc , entre Orléans & Char-
tres. Maty.
PUISNÉ. Foyei PuÎnÉ. ■
PUISOIR. f m. Terme d'ArtiUeiie. VailTeau de cuivre
dont fe fervent les Salpctiiers , pour tirer le falpètre
de la chaudière où on le cuit après qu'il eft fermé,
Ilauflrum.
PUISQUE. Conjondion qui régit l'indicatif, S< qui f;rt
à marquer la caufe, la raifon par laquelle onagir.Çùo-
^o
PUÎ
FUI
ntxm , quafido^uidem , quando , quia , chm. Pulf-
qu'3.\ni\ eft-, puij'que vous le voulez ; puifquc la (ailun
le permet.
PUISSAMMENT, adv. D'une manière puifl'ance, avec
force, avec pouvoir. Potcruer , validé, vchemenar.
Toute l'Allemagne arme puiljamment. Ce Juge eft
vuijj'umment loUicité contre vous , c'eft-à-dite , par dts
gen; puillaas. Ce Minilhe a pu'ijjamment établi tous
les iiens. Ce Banquier cil puijj'ammenc riche , c eft-a-
due , extrêmement riche.
^ÎO" PUISSANCE, r. 1-. Poteftas , potcntia. Terme du
Droit naturel Hc politique , qui le prend en diftérens
l'cns. 1°. Il exprime la hipénorité , le dioit de com-
mander réiiJant dans un leul ou dans plulicurs. Alors
il elt (ynonyme avec autorité & pouvoir , avec cette
diiïerence, dit M, l'Abbé Girard, qu'il le trouve dans
le mot À' autorité nne. énergie propre à faite fentir un
droit d'adminiftration civile ou politique; dans le mot
de pouvoi'- , un rapport particulier a l'exécution fu-
baiterne des ordres (upciieurs : ôc celui de puijfanci;
renferme dans la valeur un droit & une force de do-
mination. Foye-^ Autorité & Pouvoir.
fer Le mot de puiffance renferme dans fon idée quel-
que choie de grand & d'élevé. Puiffance (ouveraine ,
ablolue, indépendante. Il n'y a de puffance ablolu
«lent louveraine & indépendante que celle de Dieu.
Dans le gouvernement politique il n'y a point àt puif-
fancc légitime qui ne doive être foumileà celle-là, &
tempérée par des conventions tacites ou foimelles en-
tre le Prince & la Nation : c'eft pourquoi Saint Psui
dit que toute puffance qui vient de Dieu cil réglée,
ou comme d'autres ^ expliquent ce palFagc , eft réglée
p.ar celle de Dieu. Les dépofitaires de la puiffance pu
blique ne la doivent exercer que pour 1 utilité com-
mune. Abad. La puifflince ablolue fait dilparo'me la
dillance infinie qui eft entre les giands Ôc le peuple ;
elle les rapproche , Se tous plient également lous elle.
La Bruy.
§3" De notre pleine puifflince. Formule dont fe fert le
. rRoi en certaines Lettres- Patentes. De notre certaine
fcienccy pleine puiffance & autorité Royale ^ avons
ordonné , &c.
§3° Il y a deux puiffances ; la temporelle ou féculière,
&• la Ipirituelle ou eccléiiaftique. La première s étend
'.lîir les pertonnes èv' les biens relativement à des inté-
rêts temporels : la leconde , lut les pcrlonnes relative-
ment aux choies fpirituellcs ou qui y ont rapport. Ces
- deux puiffances ont leurs limites & leurs bornes qu'on
travaille depuis long-temps à fixer. Deux puiffances
d'un ordre auili différent que i'épifcopat & la royauté ,
ne s'unillent point: elles s'embarrairent quand on les
confond enlemble.
0Cr On appelle puijjance du glaive , le droit de con-
damner à mort , qui rélide dans la perloniie du Sou-
verain. Non enim fine causa gladium portât. Et puif
fance des clefs , le pouvoir de lier <Sc de délier , donné
par Jésus-Christ à ïon Eglife, en la perlonne de S.
Pierre & en celle de les Apôtres. Daho tihi clai'es ,
Sec.
^5" La. puiffance publique ou fouveraine réfulte de l'u-
nion de l'autorité avec la force. C'eft elle qui a l'ad-
miniftration civile ou politique d'un état. Elle (e di-
vifc en ^£^;//rt;;ce Monarchique, Ariftocratique & Dé-
mocratique. Foye-^ Etat , Royaumk , Monarchie,
Aristocratie, Démocratie, République.
^CJ" Celui qui eft dépofitaite de la puiffan'-e publique ,
ou ceux en qui elle réhde , ne pouvant tout faire par
eux-mêmes, font obligés de fe décharger fur différentes
perfonnesde certaines fondions attachées à cette ^i;i/
Jance , qui deviennent par-là dépofitaires de la puif-
fance publique , dans les fondions qui leur font
confiées.
^fs" Puissance légifiative , puiffance exécutrice, Fbye-^
ces mots ôc Législation.
^CT Puissance maritale , celle que le mari a fur la per-
fonne & fur les biens de la femme. Une femme en
puijjance de mari ne peut contrarier ni difpofer de
rien fans être autorifée par lui. Cette dépendance de
la femme eft fondée fur le droit divin. Sue viri potef-
tate eris , & }pfe dominabitur tui. Elle cftaufTi fondée
lut la dilpofition des Loix civiles qui exigent J'intcr-
ventijn du mari dans les actes que les femmes con-
tractent. Elle eft mcmc fondée lut la natu:e, c'eft-à-
due , que le ditiércnc paaage que la naruic a tait de
fes dons entre les deux lexcs , eft la cauie & le fon-
dement de \i puijjance du mari lut la femme: car
enfin les grâces & la beauté n'ont dr.>it que fur les
cœurs; elles en méritent tans doute l'attachement : mais
la pffff'ancc eft toujours l'ap.anagc de la force &c de
la (agelle de l'efptit.
9Cr Puissance paternelle. Autorité que le pcre avoir
lur tan fils , dans le droit Romain. Elle étoit lî grande
chez les Romains, que le pcre avoir droit de vie & de
mort lur les enfans. Puiffance odieufe, qui a cré rel-
treinte chez nous, loit par rapport a l'objet, foit par
rapport à la durée. Je dituis l'autorité paternelle. La
nature n'a établi d'autre a/irorif/parmi les hommes que
celle des pères lur les enfans. Tcu"es les autres vien-
nent du droit pofitif. Cn a auiii aboli la puijjance
énorme que les Romains dcnnoicnt aux Maîtres lar
leurs elclaves.
S^' Puissance le prend pour la fomme des forces d'une
lociété politique. La puijjance d'un Etat dépend de
la population , du nombre des fujcts, de la nature de
fes produciions , de linduftrie de fes habitans, & plus
encore de la bonté & de la fagelle du gouverne-
ment.
\f3' Le mot de puiffance fe prend dans la fignificatiou
d'empire , domination. Cyrus loumit à la puiffunce la
plus ;;rande partie de l'Alie; il loumit à fon empire,
rcduilit lous la dcminarion. In ditionem fuam rsdi-^e-
re. Les Grecs furent loumis à la puiffance des Ro-
mains. Ditioms alicujus fitri. Nicomède bravoit la
puijjance oigueilleufe des Romains , lors même qu'il
en etoit accablé. Copn.
ifJ" Puissance le prend pour Etat fouverain. Principa-
tus. On dit en ce lens les puiffances de l'Europe, les
puiffances du Nord. Toutes les puijjanccs de l'Euro-
pe font entrées dans ce traité. La République de Ve-
nife eft une puiffance confidérable en Italie.
jCr Les Etats généraux des Provinces-Unies prennent le
titre de Hautes Puijjances ; & les Etats particuliers de
chacune de ces provinces prennent le titre de Nobles
puijjances.
gCFlrelque tous lesSouverains leur accordent aujourd'hui
le titre àz Hautes Puiffances. C^Y'^nàs.ntï'Lipa.e.necfii
ne les traite que de Seigneuries ^le leur a conltamment
refule , à caule des anciens droits qu'elle prétend .avoir
fur eux. Le Roi de France , quand il traite avec les
HcUandois.les qualifie aujourd'hui de J<?i^/ze;/rj Etats
Généraux.
l'C Puissances maritimes. On entend par là l'Angle-
terre & la Hollande , parce que ces deux Etats ont
leurs principales forces lur mer. P'oy. Maritime,
Puissances, au pluriel, le prend pour ceux qui polsè-
dent les premières dignités , les premiers emplois d un
Etat. Primores , Primates. Il a beaucoup d'accès au-
près des Puiffances. Il ne faut pas fe brouiller avec les
Puiffances.
En termes de Théologie, Puiffances fe dit de la
féconde Hiérarchie des Anges. Potejlates. Ce font
des efprits qui reftreignent la puijjance des démons ,
qui ont pouvoir & autorité lur eux, qui prefidentaux
caufcs inférieures , & veillent à la coniervation du
monde. On les nomme ainfi, à caufe que ce lont elles
qui montrent la toute -puillance de Dieu. Foy. S.iint
Grégoire, S. Bernard, Ifidore,6'c. les Trônes , fes Puif-
fances, les Dominations, (St.
gCF Puissance pris dans un fens phylique &■ littéral ,
fignifie une dilpofition dans le lujet , par le moyen
de laquelle il eft capable d'agir ou de produire un
effet. Alors il eft fynonyme de pouvoir &c de faculté :
mais \ç pouvoir vient des fecours & de la liberté d'a-
gir; \\ faculté vient des propriétés naturelles ( Foye-:^^
ce<: mots. ) & la puiffance vient des forces. La jeu-
nedc manque de fagelTe pour délibérer , & la vieil-
lelle manque depuiffance_ pour exécuter. Faut-il re-
garder le pouyoirde mal faire comme un défaut daiw
I
PUI
l'être raifonnablc, &r feroit il mieux que toute {3. pmf-
fance fe bornât aii bien ! Un ell: rente de due oui \
Pope dit non. La jaculcé de dclirct (cit a icnJie
l'homme habile & iabuiicux-, mais elle contribue aulli
à le rcndie maltieuieux. L'âge n'atfoibiit que ïa. puij-
fance , tk non le dclir de larist-'aire les pallions.
^P" On dit alll-i baibaicnicnt qu un remède a Xs. pu'if-
fance de produne tel ert'ec , que le quinquina a hpui/-
fcince de guérir la hcvie , que l'aimant a la pin\jance
d'attirer le 1er, que \..\ puïjjdncc des (impies elt mer-
veilleufe , u't. On remarque dar.s le Dictionnaire de
l'Acadimie l-rançoife, qu'on dit plus communément
ver Ci 'k proprun. (Jela cil vrai : mais le mot àcvercu
me paroit tout aulli mauvais que celui de puifjance.
Il laut dire propncié , &l réicrver le mot de vtriu pour
les choies auxquelles on pjutl'appliquer. Foy. Vertu.
ÇCr Puissance le dit qucLiuclois en philolbphic par
oppolicion a a-te, de ce qui peut erre réduit en ade.
0.1 dit en ce inM réduire \a. pui[]ance en acte. Ln
gland eft un chêne tn puijjance , parce quil peut de
venir un chêne.
Puissance, ("e dit en Morale des acuités de l'amc. ^«i-
msJacuÙJtes , p'-opnctjres. La voLiitc elt i\ns put/-
funcc libte. L'objet émeut la putlj'.ince. L'entende-
ment, la mémoire, la volonté lont les puijjartcts d.
l'ame.
PuissANC-, en terme? de Miclunique, fe dit des forée-
nuuvantes, de tout ce qui peut imprimer du mou-
vement. Potenùii , vis. On red.juble \:i pui[jance de-
niac'iines en redoublant les roues, les poulies, en al
longeant les leviers. Il y a une proportion nécelTiuie
entre le poids , la puijfjnce & la durée du mouve
ment. \Jne puijjance de cent livres en peut élever une
de cent mille. Toutes les pu'Jfances méchjni^ues le
réduilent au levier & au coin.
En ternies d'Cprique, on appelle la puijfdna du
verre , la dilLmce de la convexité d'un verre à loi^
foyer Ijlaire , ou autrement la portée, Facultas v'uri
opcici.
Puissance de fief, en retmes de Jurifprudence féodale,
eft un droit qu'a le Seigneur dominant de réunir a Ion
fief le neflcrvanr, quand le vallal l'aliène, en rem-
bourlant le prix de la vente, ik. les loyaux coûts. Po-
ttJLis fiiuciana vit feoJalls. Le Seigneur doit cxer
cer la puifflince de fief dans 1 année où il a eu con-
noiirance de la vente. On le dit aulli du droit tkpuif-
fance qu'il a de la.fir le fiet lervant, faute d hommes,
droits , iSi." devoirs non laits 0<c non payés.
IJCr Puissance, en termes d Arithmétique Si d'Algè
bre , lignifie le produit d un nombre ou d'une autre
quantité multipliée par elle même un certain nombre
de fois; les diffcicns degrés auxquels on élève une
grandeur en la multipliant toujours par elle-même.
Première, féconde, troilième, quattième, éc. Puïf-
fance. Prima, fjcundd , Scc.porcntia. Ces puijjances
ou divers produits d un nombre luccellivenient mul-
tiplié par lui-même, reçoivent diflérens noms. La le-
conde puijfance (e nomme carré , la troilième cube ,
&c. Fov. la table fuivante.
Lorfqu'on multiplie le nombre j par lui-même, le
produit ij (e nomme fon carré , & le nombre 5, qui
a été mu'tiplii eft appelé racine carrée de ce carré 2 f.
Lorl ]U on multiplie un carré 2 j par fa racine 5 , le
produit 12 j elt appelé cube de ce nombre 5 qui eft
appelé racine ciibij|Ue de ce cube 125. On peut voir
le nom & l'ordre de toutes ces puijffances dans la ta-
ble fuivante, mais dans la Géométrie ordinaire on ne
fe fett que d-s carrés iS; des cubes.
j. racine eu riemicïe puijfance. ^
2J-. carré ou deuxième puifsance 3
125. cube ou troifièmc pwfsance ^
625. carré-carré ou c^nxxntmt pwfstnce ^
^I2j carré cube oucin {uièine pu:fsancej
1 5625 fur folide ou luicmc puifsance ,
78125. feptième p«//}</«cf.
Et ainfi ju(t|u'à 1 infini.
03" Le nombre qui indique combien de fois la racine
eft multipliée par elle-même pour former la puifsance^
cftappelr le pofant de \3. puifsance. Aujourd'hui on
Tome FIL
PUI
yï
ne diftingile guère les puiffantes que par leurs expo-
(ans. i)ec(;nde, troilième, i|Uati,èmc, ùc. fii./s uice j
au lieu de dire carré, cube, cane cane, lutlolidc,
carré-cube , &c.
a^ On dit de même les puifsances de lignes ôi des ait-
tics grandtu s, carrés, cubes, iyc La féconde pnif-
Jance de la ligne a eft repréfente pir le carré a fait
lur cette ligne ; la troilième par le cube a , &c. donc
cette ligne eft un coté, IL'c.
ij^ Deux quaiitités peuvent être incommcnfurabics en-
tre elles, quoique leurs carrés (jU cuelqu autic jC.v.y^
/unce i-ic\c (oient point. Onditaloisqu elles (ont com-
menluiables en puifsance. La diagonale d'un carré eft
incomnienfurable avec le côté de ce carré ; mais ces
deux lignes (ont commenkiiables en pufsance , paice
que le carré de ladiaj;onale ou hypothenule eft d..u-
ble du carré du côrc. Foy. CoMMENSuaABLE & 1:1-
COMMENSURABLE.
On appelle rélulution des puifsances , l'extraéliorï
des racines carrées , cubiques & autres, Potentiarum
rcfolutio.
Puissance, en termes de jeu de Tridrac, prendre fon
coin pzi puifsance. C'eft, lorlque I adveri.iire n'a pas
encore pris le fien , diminuer un poii t lar chacun des
dés, enlorte que pjur lors les deux nombres reftans
doiii-icnt juftemenc dans le coin, ce qui autuiile a le
prendre.
PUISSANT, ANTE. adj. Qui a du pouvoir, de l'auto-
rite , du crédit, Potens , prtpotins.
',<3' On dit d un homme r.u il eft puiffant ^ qu'il a deg
a.m\s puiff uns , de puijfar.s protecteurs. Un Koi eft
pu (faut j, un Etat eft puLJj'anc. Une mailon ui,e fa-
mille eft puijfante.
Selon que vous fere\ pu'fTant ou mif'rahîe ,
Les jugemens de cour vous rendront blanc ou noir,
La Font.
i^ Haut & puijjant Seigneur, très haut Si uh-puiffant
Seigneur, \\x\xtetk puijjante Dame. Titres qu'oi;d^nne
dans les monumens publics & dans les adles aux
grands Seigneurs. Ces titres lont louvent proftitués
dans les actes*
-■JCT On dit de même très- haut & nés puiffant Prince,
&c. en parlant des Princes Se Princclles.
Puissant, (ignifie aulli fort riche. Perquàm opulentus y
pr£dives ) admodùm locuples. Cet homme eft le plus
puiffant de toute la ville, de toute la province; il a
du bien de tous côtés.
>j On le dit quelquefois en ftyle bourgeois d'un hom-
me robufte , gros Ik grand. Alors il eft déterminé à la
taille & à la torce par les termes qji l'accompagnent.
Cet homme eft devenu tort Si pui[fant. Cette femme
eft aujourd'hui uo<p puiffinte, elle a trop d'embon-
point.
Puissant, fe dit figurémcnt en chofcs naturelles Si mo-
rales, pour déligner ce qui eft capable de produire un
efttt eonlidérabie. Le ligne de la croix ell nnpuijjant
remède contre les tentations , pour challer les malins
elprits. Signum crucis eji prdtfentiffimum remedium.
contra tentationes. L'honneur eft un puiffant aiguil-
lon pour fuivre la vertu. La beauté eft un puiffant
charme pour ga?ner les cœurs. De puijjantes railbus.
Une puiffante Hotte , une puffante armée.
Puissant. Il s'emploie aulli nu lubftantif; mais il n'a
guère d'ulage qu'en cette phrale du ftyle de la chaire.
Les puffans du liècle, pour dire , les grands du fièclc.
ACAD. pR.
Tout -Puissant , ante. Qui a une puiffance infinie.
Omnipotens. Dieu ie\i\ e^ tout puifant.
Iczr On dit hyperboliquement d'un homme qu'il eft tout-
puifi'ant auprès de quelqu'un, (ur l'efprit de quel-
qu'un, pour faire entendre qu'il peut tout lur (on et-
prit.
cfL. Dans le ftyle oraroire , on dit fubftantivement , en
parlant de Dieu , le Toutpuiffant , le bras du Tout-
puifjant.
PUn S. f. m. Ouverture qu'on fait en creufanr la terre,
de figure cylindrique ou elliptique & petpendiculaiic.
Gij
yi PUI
Fodina. Quand on veut percer ou fouiller une carriè-
re, une marnière , on commence par fane \e. puas :
c'e'ft ce qu'on appelle /u/ùi de carrière. Il y a quelque-
fois trois ou quatre puits les uns fous les autres , pour
tirer les métaux des mines de Hongrie , qui iont dé-
crites par Agricola.
Puits, dans l'art Militaire, dans la guerre des lièges. Un
donne ce nom à des creux rrcs-profonds qu'on tait de-
vant les lignes de circonvaJlation ou au devant de quel- |
qu'autre retranchement , & qu'on couvre ordinaire-
ment de branchages & de terre pour y hue tomber
l'ennemi qui voudroit s'en approcher.
^ Ou le dit aulll des creux très - profonds pratiques
dans la terre pour découvrir & éventer les mines de
l'ennemi , ou pour conftruire des mines qui fallent
iauter quelque ouvrage.
VviTS , fe dit plus ordinairement des creux qu'on fait
en terre pour y trouver de l'eau. Ces ouvertures de
figure cylindrique, fe fout en creulant dans la terre
jufqu'à une couche d'argile qui fert de lit à l'eau. Pu-
teus. Un /i//iM d'eau vive. Vinpmts mitoyen eft celui
qui fert à deux mailons. \}\\puns commun au public.
On met rafraîchir le vin dans le puits. Un puits per-
du , ou put fard , eft un puas dont le fond ell de lable,
où fe perdent toutes les eaux. Un Cureur de puits.
On va voir en Egypte comme une merveille le puits
de Joieph , on l'on defcend par degrés. Les Caravanes
d'Orient s'arrêtent aux lieux où il y a des puits, où
ils peuvent creufer des puits.
On appelle aullî lur la mer puits , le lieu ou s'a-
maftent les eaux du navire , qu'on appelle autrement
archipompe : c'eft le lieu où l'on place les pompes.
Sentma. On appelle aulll puits :, une grande profon-
deur qui fe trouve à la mer dans un fond uni.
Thévenot dit que comme nous avons en Europe des
puits d'eau, il yad.ansune province de la Chine des
puits de feu. Putei igmti , & que fur leur ouverture
on met des vailTcaux où l'on fait cuire ce qu'on veut
lans peine & lans dépenfe.
On appelle tncoïe puits ,\xnt certaine machine, faite
en eifet comme nn puits, qu'on garde à l'Arienal de Ve-
nife , & qui ne fert que pour porter dedans , & fur un
brancart ioutenu par environ 200 hommes , le Doge
autour de la place de S. Marc, le jour qu'il a été élu.
^PVe^MoRERi, au mot, Venise.
Il y a dans l'Écriture un puits appelé le puits des
eaux vivantes. Puteus aquarum viventium , Cant.IV ,
1 )-. Il paroit par le Texte que ce puits étoit près de
Tyr. Et eu effet, les voyageurs parlent d'un puits litué
à une lieue de cette ville. On dit qu'il tient au Liban,
& on le nomme aulll \t puits de Salomon, comme fi
ce Prince l'avoir fait bâtir , ou creufer. Les montagnes
voifines de ce puits étoient autrefois une partie du Li-
ban. Ainfi il pourroit tenir au Liban , comme on le
dit. Il n'eft guère probable que Salomon foit auteur de
ce bel ouvrage dans un pays qui ne lui appartenoitpas.
Ce puits eft extrêmement profond , il n'eft pourtant
pas fans fond, comme quelques-uns l'ont pcnlé. Au
lieu que pour avoir de l'eau des auttes, on eft obligé
de defcendre fort bas , il faut au contraire monter bien
haut pour en avoir de celui-ci, & il eft pourtant dans
l'endtoit le plus haut de la contrée. C'eft un rond
d'eau élevé de terre de quinze coudées , ôc comme une
grande tour qui eft carrée en dehors , dans laquelle
l'eau eft prilonnière, & d'où elle ne peut fortir qu'é-
tant montée en haut. Cai pour lors elle fe décharge
d'un cc)té par un trou par où elle fait tourner un mou-
lin à blé à cinq meules , & de l'autre côté elle coule
dans le fond d'une prairie , où fe divifant en plulieurs
ruifleaux , elle arrote une terre gralfe & fertile , où
étoient autrefois les jardins de Tyr; & puis fe réunif-
fant en un feul ruilTeau , Se coulant fur le rivage de
la mer, elle s'y décharge à un quart de liêue de ce
puits. Elle deicendoit encore autrefois en de beaux
aqueducs , qui la conduiloient julqu'àTyt, & l'on
en voit encore d'allez gtands reftes. Cetre eau eft la
plus pure & la plus claire que l'on puillc voir , & elle
(ort avec une abondance incroyable : mais quoique ia
courfe foit foie rapide en fon ca;:al , la grandeur du
PUI
baflîn où elle eft , la fait paroîrre comme en repos , &
comme dormante. Les pierres de la tour qui la ren-
fermenr, &: qui l'ont obligée de monter alTcz haut pour
pouvoir couler àTyr, (ont ti bien maçonnées, cimentées
& maftiquées , qu'il n'y a rien de plus dur , & qu'elles
font impénétrables à l'humidité. Vous diriez qu'elles
ne (onr plus qu'une pierre, ce qui les lie les unes aux
autres étant tout-à tait pétrifié. Ce rond d'eau a de
tour 90 pas , Se chaque côté du carré de la tour , dans
laquelle il eft, a 15 toifes de largeur-, 8c quoique cet
édifice s'élève à la hauteur de 1 5 coudées , comme j'ai
dit , on peut monter à cheval jufque defTus par une
large Se facile monrée de pierre qui eft au côté qui re-
garde la mer & la ville.
Il y a encore deux autres puits auxquels on va de
ce premier & principal, par un canal large d'environ
trois pieds , qui efl fur une muraille encore plus
épailfe , Se c'étoit , à mon avis , une décharge des eaux
de ce premier puits. Ces autres puits font grands , Il
mais ils ne le font pas comme celui là. 11 y en a même ' '
un dont l'eau eft baffe , Se ne paiolt pas couler , &
elle eft couverte de moufle. Ils font tous deux dans
un grand carré de pierre , qui eft en forme de teiralle.
P. Nau, Jéfuite. Foyage de la Terre-Sainte, L. V^
c. 21. Foye-:ç aulll Sanuto, L. III , p. i4,c. 12.
il y avoir autrefois des puus de birume dans la val-
lée Foreftièrc qui eft l'endroit où eft la mer Morte. „
Gen.XIF,io. i
Le puits de celui qui vit & me voit, Puteus viventis &
vidcntis me. Gcn. T^/, c'étoit une fource qui fe trou-
voit à l'entrée de l'Arabie Déferre, fur les confins de
la Terre de Chanaan , entre Cadès Se Barad, au midi
de la Tribu de Siméon.
%fF Puits de Plougafiel. Puits fingulier, dans la Breta-
gne , qu'on voit dans la cour d'une hôtellerie , entre
Breft Se Landeinau. L'eau de ce puits monte quand la
mer , qui en eft fort proche , defcend ; Se defcend au
contraire quand la mer monte. M. Robelin , habile
Mathématicien , envoya à l'Académie des Sciences, à
Paris, une relation avec une exphcation fort fimple
d'un phénomène aulli fingulier. Le fond du puits efl
un peu plus haut que le niveau de la baffe mer, en
quelque marée que ce foir. Il arrive delà que l'eau
da puits qui peur s'écouler, s'écoule , & que le puits
defcend tandis que la mer commence à monter, ce
qui dure jufqu'à ce qu'elle foit arrivée au niveau du
fond du puits : après cela tant que la mer continue à
monter, le puits monte avec elle. Quand la mer fe
retire , il y a encore un temps allez confidérable pen-
dant lequel l'eau , qui eft entrée dans les terres , les
pénètre lentement , Se tombe petit à petit dans le puits j
qui monte encore, quoique la mer defccnde. Cette
eau fe filtre fi bien dans les terres, qu'elle y perd fa
falure. Quand elle eft épuif ée , le puits commence ,
Se la mer achevé de defcendre. Les eaux que ce puits
reçoit d'une montagne voifine aptes des pluies abon-
dantes, peuvent apporter quelques changemens à ce
qui ne dépend que de la mer, Hist. de l'Acad. Roy.
DES Se. an. 1717.
On dit proverbialement, que la vérité eft cachée au
fond d\x puits. Veritas delitefcit in puteo. Le puits de
Démocrite. On dit proverbialement Se figurément qu'il
faut puifer randis que la corde eff au puits , pour dire ,
qu'il faut profiter de l'occalîon ; Se d'un homme fort
fecret, que ce qu'on lui dit tombe dans un puits: &
en ce fens-là , on dit d'un homme, c'eft un puits, pour
fignifier, qu'il eft impolfible de le faire parler fur les
chofes qu'il doit cacher. Acad. Fr.
Pénétrer dans le Puits de Démocrite. En retmes
de Philofophie hermétique , c'eft pénétrer la vérité des
natures. Dic. Herm.
P U K.
PUKIANG. Ville de la Chine dans la province de Chc-
kiang, au département de Kingoa, cinquième Métro-
pole de la province.
0Cr II y a une cité de même nom, dans la province de
Suchuen, département deKiung. Atlas Sin.
PUL
P U L.
PUL. f. m. Les Perfes nomment ainfi en gênerai coures
fortes d'elpèces de cuivie qui le fabriquent dans leurs
monnoics, & qui ont cours dans leurtmpirc. Foyc^
LE DiCT. DE.COM.
PULA. Cap & île. Foyci Pola.
PULAON. île delà mer des Indes, vers l'Oueft des Phi-
lippines , à neuf degrés Se demi de latitude Nord.
PULCHERIA. Nom d'un œillet fort piqueté, médiocre-
ment large, la plante peu féconde en niarcottcs ; la
flcurefttardive,(5c quatre boutons lui fuftifcnt.MoRiN.
PULEGIUM. f. m. Plante. Foye^ Pouliot. Pulegium
vient du \nmpuUx ^ puce ; car on dit que la fumée
du pouliot chalFc les puces.
PULENTE, & PULLANTE. Vieux adj. f. Puante, ou
apoftume. Borel. Putïda^ onapojlcnidj ukus.
Les dents ot plenes de rqffoir ,
El de pulente pourriffhir. Ovide , M/, de Bord.
Plein d'ordure & de vilenie^
Et de puUente félonie. Id.
PULICL f. m. & plur. Nom Italien qui lignifie des
puces. Terra degli Pulici. C'étoit anciennement une
Ïietite ville de la Sicile; ce n'eft maintenant qu'un vil-
age litué dans la vallée de Mazara,à l'embouchure
du Belicc, du côté du couchant. Il y avoir autrefois à
l'autre côté de cette rivière Ja ville de Pincia ou Ini-
cum , qui eft maintenant ruinée. Mat y.
PULIMALON. Voyei Heri.
PULLAIN. Voyc-^ Polain.
\fT PULLARIUS. 1". m. Terme d'Hiftoire ancienne. On
appeloii ainfi chez les Romains celui qui avoir loin des
poulets facrés , dont on le lervoit dans les aufpices , &
qui tiroit des augures en les voyant manger.
PULLULER. V. n. Multiplier beaucoup. Pullulare,ger-
minare. La vermine, les mauvailes herbes nz pullulent
que trop. (KT On le dit proprement des herbes, des
plantes , plus rarement des inieCtes.
Pulluler, ie dit plus figurément en morale des héré-
fies,des opinions dangereufes qui fe répandent facile-
ment parmi les peuples. Serpere , pullulare. Il faut
empêcher que les héréfies , les mauvailes doctrines ne
pullulent dans un Etat.
PULMONAIRE, f. m. Plante qui poulTe une ou plu-
fleurs tiges anguleules , tirant lur le purpurin , velue» ,
reflemblant à celles de la buglofe. Ses feuilles font
oblongues , larges d'un pouce , pointues , couvertes
d'un poil mollet & lanugineux , marbrées le plus fou-
vent de taches blanches : les unes lortent de la racine
couchée à terre , les autres embiallent la tige , fans
queue. Ses Heurs font de petits tuyaux évales en bal-
fin dans leur partie lupérieure, & découpées en cinq
parties, de couleur tantôt purpurine, & tantôt vio
lette. U (uccède à chaque fleur quatre lemences pref
que rondes. Sa racine ell blanche & fibrcufe. En latin
P ulmonaria Italorum adbuglojfum accedens. J. Bauh.
Les feuilles de h pulmonaire font adouci ifantes, vul-
néraires , propres pour les ulcères du poumon , &.'pour
le crachement de lang : d'où vient qu'on lui a donné
ce nom. Il y a quelques autres elpèces de pulmonaire.
ÇCr On donne aulfi le nom de pulmonaire à une elpèce
de moulfe eu de lichen qui vient lur les troncs des
chênes, des hêtres, desfapins, &c. ôc quelquefois fur
les pierres. La pulmonaire de chêne eft regardée com-
me rafraichilTiinte , deilkarive , vulnéraire 2c aftrin-
genre, bonne dans les affec1:ions du poumon. On en
trouve dans les forêts de S. Germain & de Fontaine-
bleau. Ses feuilles font entrelacées , & placées les unes
fur les autres comme des écailles. Elle eft blanchâtre
du côté qu'elle eft attachée à l'ecorce de l'arbre , &:
verte de l'autre côté. Elle relfemble par fa figure à un
poumon deftcché.
Pulmonaire, adj. f. Terme d'Anatomie, qui fe dit de
ce qui appartient aux poumons. Pulmonaris. L'artère
pulmonaire , à qui les Auteurs donnent le nom de vei-
PUL
U
ne arte'rieufc , c^ effedlivement une artère , étant com-
polée de plulieurs tuniques ; elle fort du ventricule
droit du cœur, (ii>: ledi\ilc en deux gros rameaux,
qui le divifaiit en plulieurs petites branches , vont le
répandre a droit & à gauche dans toute la fublbncc
des poumons. DioNis. La \c\ni: pulmonaire , ou des
poumons qui a été de tout temps connue fous le ncni
d'artère veineufe y a quatre membranes comme lesau-
tres veines. Elle commence dans les poumons par une
infinité de petits rameaux, qui le réunilltnt en un feul
tronc pour la former; elle fort de la lubftance des pou-
mons , & vient le rendre au ventricule gauche du cœur,
Id. Membrane pulmonaire.
PULMONIE. f. f. Pulmonis morbus. Maladie du pou-
mon, ha. pulmonie eft difticile à guéiir. Il y a des gens
qui croient que la pulmonie fe communique : le plus
grand nombre allure le contraire.
PULMONIQUE. Adj. louvent employé fiibftantivc-
ment. Qui eft affedfé du poumon , qui eft malade du
poumon. Pulmonar'ius , peripneumonicus. Les pulmo-
fiiques ne vivent pas longtemps. Les pulmoniques cra-
chent toujours. Les Provinciaux dilent poumonique.
PULO, (prononcez POULO.) Ce mot veut dite île. A'mÇi
quand il eft jointavec un autre nom en Géographie, c'eft
que ce licuavec le nom duquel il eft joint eft une île; ainfi.
Pulo-W^ay y c'eft comme s'il y avoit , \'ile de ^ay,
PULO-CONDOR. île de la Mer des Indes , environ à
quinze lieues, au Midi, du Rovaume de Camboge.
PULO-NERA. Nom d'une des îies Moluques. Infula.
Nera. Elle eft fituée fur la côte leptentrionale de celle
de Banda, &; elle appartient aux Hollandois , qui y
ont conftruit le foit Nallaw, &c le Belgique. Mat y.
PULORON, ou PULORIN. Nom de lune des îles de
Banda , qu'on met entre les Moluques. Infula Ro-
na. Elle eft au couchant de celle de Gumaiiapi, &
elle dépend des Anglois. Maty.^
PULO-XSp'AY. Nom' de l'une des îles de Banda, fituée
dans l'Archipel des Moluques, au midi de celle de Cé-
ram. Infula Vaia. Les Hollandois font maîtres de
Pulo-Way y 6c y ont bâti le fort Rerenge. Mat Y.
PULPE, f K Foyei Poulpe.
tfT PULPE. Terme de Botanique. Pulpa. Subftance mé-
dullaire ou charnue des fruits, qui eft un tilfu cellu-
laire , ou parenchimatcuxjou vélîculaire.
0C? En Pharmacie on donne le nom de pulpe à des
plantes cuites & réduites en une elpèce de bouillie
pour en faire des catapl.-.lmes.
PULPITRE. Foyei Pupitre.
rULPO. f. m. Nom d'un poilfon de la mer du fud. Cet
animal eftli linguiier, qu'à le voir fans mouvement,
on le prend pour un morceau de branche d arbre cou-
vert d'une écorce lemblable à celle du châtaignier; il
eft de la grofleur du petit doigt , long de fix à lepr pou-
ces, & divilé en quarre ou cinq nœuds, ou arricula-
tions qui vont en dnninuant du côté de la queue, qui
ne paioît, non plus que la tête, autrement que comme
un bout de branche calîée. Lorlqu'il déploie fes (îx
jambes , Se qu'il les tient ralfemblées vers la tcte, on
les prendroit pour autant déracines, & la tête pour
un pivot rompu. Les Chiliens l'appellent pulpo , Se
difent qu'en le maniant avec la main nue, il l'engour-
dit pour un moment fans faire d autre mal : ce qui me
fiiir croire que c'eft une fauterelle de la même elpèce
que celle que le P. du Terrre a delîînée S: décrite fous
le nom de cocfigrue , dans fon Hiftoire des Antilles ,
avec cette dift'érence que je ne lui ai pas remarqué
une queue à deux branches, ni les petites excruuran-
ces en pointe d'épingle , qu'il met à fa coclîgrue.
D'ailleurs il ne parle point d une petite velîîe , qu'on
trouve dans le pulpo ^ pleine d'une liqueur noire, qui
fait une très-belle encre à écrire. Quoi qu'il en foit ,
c'eft fans doute \'Arumafia Brafdia de Marcgrave ,
/,. m y p- 2 (r. FRif.iEK,pag. rri & ir2.
PULSANO. Nom d'un lieu litué à uns lieue du mont
Gargan dans la PouiUe , au Royaume de Naples , en
Italie. Pulfanum.
L'Ordre de Pnlfano. Ordre Religieux fondé par
S. Jean de Matera" au XII' fièclc. Ordo Pufmerfs.
L'ordre de Pulfano fetoic dans l'oubli li le P. Pape-
y4 PUL
brock ne l'en avoit tiié dans la vie de S Jean cle Ma-
tera au lo*^ Juin. J^H. Suncl. Jun. T. If. Tous les
Hiftoiiens de cette Congrégation font ce Saint difci-
ple de lamt Guillaume de Verceil, fondateut de l'Or-
dre du Mont-Vicrge. Le P. Papebrock montre que
Taint Jean de Matera a été lui-même fondateur d'un
Ordre qui n'a rien de commun avec celui du Mont-
Vierge. Cet Ordre commença par l'Abbaye de Pul-
fjno, a une lieue du Mont-Gargan. Saint Jean bâtit
cniuite d'autres Monallèrcs en diftércns endroits. Cette
Congrégation de Pulfano étoit compolée de Monaf-
tères de l'un & de l'autre fexe. Saint Jean de Matera
la gouverna jufqu'en 1 159 j qu'il mourut. L'Ahb.aye
de P;///j/2o érant devenue commendataire, les Abbés
y ont mis de temps en temps des Religieux de divers
Ordres, &: quoiqu'elle ait plus de 16000 ducats de
revenu , il n'y a maintenant que fort peu de Religieux.
Ainli lf)rdre de Pulfano a été aboli.
PULSATiF , IVE. adj. Terme de Médecine, qui fe dit
de tout ce qui caufe une (enlation de battement ou
pulfation, qui iurvient ordinairement aux inflamma-
. rions. Ces battcmcns répondent aux pulfarions desar-
tères. rf3' On dit une douleur pulfativc j qui caule le
battement douloureux dont on vient de parler.
PULSATILLE. f. f. Plante qui a été appelée ainlî, par-
' ce que fes lemences ont des queues barbues comme
une plume , Icfquelles font poulfées çà ëc là au moin-
dre vent. On la nomme autrement coquelourde.Pul-
fiitilla. foye\ Coquelourde.
PULSATION, f. f. Terme de Médecine, qui fe dit du
battement du pouls, ou des battemens caufés par quel-
que inriammatiun. Pulfus , pu/ficlo. La pulfation des
veines eft fans interruption. Fen.
Pulsation, f. f. Terme d'Horlogerie. Il fignifîe l'avan-
tage d'un levier pour en faire mouvoir un autre. Une
roue qui engrenne près du centre .d'un pignon , a moins
de pulfation que fi elle agill'oit fur un" pignon d'un
plus grand diamètre. Thiout.
PULSILOGE. 1. m. Puifiloi^'ium. Inftrument propre à
mefurcr la vitellé du pouls. Sanèlorius paffe pour le
premier inventeiir de cette machine. Floyer en a fait
la matière d'un i raité.
#Cr Ce mot vient du latin pulfus, pouls , & du grec
-'ii'j»!, dctcription, repréfentation.
^ PULSIMANTIE. L f. Partie de la Médecine qui
traite des lignes 0<i des indications des maladies & de
la ianté , qu'on appelle Séméiologie ou Semeiotique.
On voit par (on étymologie , pulfus, pouls , & t^a.,T;,c^
prédièlion, que c'eH l'art de tirer des lignes des dif-
férentes modifications du pouls , pour connoîrre les
maladies préfentes , ou pour prévoir les changemens
qui doivent arriver dans leur cours. On appelle Puljî-
mantes les Médecins qui s'attachent à cette pratique.
Ces mots lont peu u fîtes.
PULTAUSK. Nom d'une petite ville ou bourg du Royau-
me de Pologne. Puhufcia. Ce lieu appaitient en Ibu-
veraincté à l'Evcque de Plocsko, qui y fait l'on fé-
jour ordinaire , c\: il eft fitué dans le Palatinat de
Czcrsko en Mazovie , à rrente lieues de Warfovie ,
du côté du nord. Maty.
PULTAWA. Place fortifiée dans l'Ukraine fur la rive
droite du Wortllo , où Charles XII , Roi de Suède , fut
vaincu par le Czar Pierre I.
PULVÉRAGE. f. m. C'eft un droit que les Hauts Juf-
ticiers, fondes en titre , ou polTcllion immémoriale ,
ont accoutumé de prendre en Dauphiné , fur les trou-
peaiix de moutons qui palfent dans leurs terres, à
caule de la poullière qu'ils excitent ; en Provence ce
droit s'appelle droit de pa[fape.
PULVERIN. f. m. Poudre 'fine. On le dit particulière-
ment de la poudre à canon qui eft propre à amorcer
les armes à feu. Pixis pulvcraria , vel pulverarium.
On le dit aufti de la poire ou fourniment où elle eft
renfermée.
PuLVERiN, ledit aulfi de ces gouttes d'eau fort menues
& prelque imperceptibles qui s'écartent dans les chû-
tes de jets d'eau, & aux calcades & fauts des rivières.
Stïlld falientes. Il faut que le ballîn foit proportionné
au jet d'eau , afin qu'il reçoive le pulverin de l'eau ,
PUN
& que les allées ne foient point gâtées. Aux cataractes
du Nil, le pulvenn eft porré fort loin par les vents.
PULVERISATION, f f. En Pharmacie, c'eft une opé-
ration par laquelle on réduit Une fubftance en poudre.
Pulvetifatio.
ce? PULVÉRISER, v. a. Réduire en poudre , en pouf-
hère. Inpulverem redipere. On le fert du mortier, du
^ porphyre pour /'/^/veW/èr les corps folides.
(Cr Pulvériser, fe dit au figuré, pour détruire entiè-
rement. \\ 3. pulvérifé cette objeétion, cet écrit. Vos
amis le vantent que vous m'avez écralé & pulvérifé.
Le P. Lamy. Leplailîreft d'entendre Cicécon , .Sf de
voir avec quelle hauteur il pulvérifé tous les menus
rctranchemens de fon frère. Morin. Acad. des InJ-
cript. Tom. I. Mém. pag. 20 ^.
PULVÉRISÉ , ÉE. Part. '
P U M.
PUMICIN. f. m. C'eft ainfi qu'on nomme l'huile de
palme, autrement l'huile de Sénégal.
PUN.
PUNA. Nom c^ue les Efpagnols donnent à une partie
des montagnes de la Cordillière , dans l'Améri.,ue mé-
ridionale. Les montagnes de la Puna font toutes plei-
nes de mines.
PUNAIS , AISE. adj. Qui a le nez puant. Fœtid. narls
homo. Un punais eft prelque privé du fentiment de
l'odorat par le défaut de l'organe. Cet homme eft:
camus S<.punats. On demande fi c'eft une caufe légi-
time de féparation , que d'avoir un mmpunais,o\i
une kmmc punaife. On dit fubftantivement, c'eft un
punais , une punaife.
PUNAISE, f. f. Cimex. Petit infede fort plat, qui neft
prefque que du faiig , qui tourmente fort durant l'été,
tant par fa pu.anteur extraordinaire , que par des mor-
lurcs qui laiflent une matque rougeXur la peau. Les
punaifes fe mettent dans le bois du lit , & dans les
vieilles mailbns. En latin dmices kclularii. Il y a aulS
Atiputiaijesàe. jardin qui font vertes & auili puantes
que les autres. iCT La punaife d'oranger eft une galle-
inieéle qui le trouve fur les plantes que l'on conferve
dans les lerres. Il y a aullî des punaifes de terre volan-
tes , qu'on trouve dans les champs fur des arbres. Il
y a des punaifes d'eau qui volent, & ont un aiguil-
lon dont elles piquent ttès- fort. On les nomme en la-
tin lipula aquatica. Hoefnagcl a dépeint cette forte de
punaifes de terre volantes.
lïCJ- La vapeur du foufre déttuit les punaifes : ^mCi en
brûlant une aflez grande quantité de foufre dans un
appartement , pour que la vapeur pénètre par-tout ,
on détruit ces infedes. Mais il faut réitérer cette opé-
ration aptes l'éclofion des œufs , avant que les punai-
fes aient fait leur ponte.
Ce mot vient depunicea, qu'on a dit premièrement
des punaifes rouges, ik enfuite de toutes les autres.
Men.
Il y a auftî une herbe aux punaifes, que les Bota-
niftes appellent coniia.
On dit proverbialement avoir le venrre plat comme
une punaife ; pour dire , avoir le ventre vide. Jeiu-
nus venter.
PUNAISIE. f. f. Qualité qui rend un homme punais.
C'eft une efpèce de maladie qui vient d'un ulcère pro-
fond qui eft au dedans du nez , d'où fortent plufieurs
croûtes de mauvaile odeur. Sa caufe provient , félon
Gahen, d'une humeur acre Ik pourrie qui tombe du
cerveau vers les apophyfes maxillaires La punaifie eft
mife entre les caules de fcpararion entre conjoints. Na-
rium fœtor.
#3" PUNCH, f. m. Sorte de boiftbn forte, qui n'eft guère
connue que des Anglois. Elle eft compofée d\au-
de-vie, d'eau commune , de bière, de lucre , de jus
de citron, &c. La dofedes ingrédiens qui entre dans
cette liqueur eft allez arbittaiie, &: chacun y fait do-
miner celui qui eft de Ion goût.
PUNCHAO. f.m. Nom que leshabitans duPéroudon-
nent au Grand-Dieu. Ce mot fignifie Seigneur du jour
Auteur de la lumière. Hift. de la Camp, de Jefus, P.
III, L. VII , n. 210.
P U N
■ r PUNCTUM. Ce mot s'efl dit poiiï (iiffLig-. On
luaiquoit d'un point le nom d'un Cundidat auquel on
djnnoit l"a voix. Uc-la l'cxprefiion d'Horace , puiicla
fuij'rapiorum non tulït fepccm. Il n'eue pas fept voix
pùai- lui. Et omnc tulu punclum . U a eu unis les points
poui-lui,ilaétccluuna:iimen_v.'nt.Ctquiiii;nilieaulli,
il x touche au but , il a rculli.
rUNDAGE. Voyt\ Pouhdach,
l UNDT. Voyci Ponde.
pUNHALI. Nom d'une ville du Malabar , en l.i prcl-
c,u'ile de l'Inde deçà ie Gange. Punhaium. Elle elt ca-
pitale d'un petit Royaume oui porte fon nom , & l"i-
tu:;c vers les montagnes de Gâte , au levant de Cou-
lan. Mat y.
FL'NING. Ville de la Chine dans la province de Quan-
tung , au département de Chaocheu, cinquième r.ic-
ri\)[;ole de la Province.
PUN'IQUE. adj. Qui cft, ou qui vient de Carthage , qui
concerne la vjlleou la République de Carthage. Pu-
lûcus. Une médaille Punique. La %\iene. Punique. On
diCoit en ^ïowzA-iCJides punica jnMHVMicioi. Les Car-
thaginois palioient pour fourbes.
^3" PUNIR, v. a. Pu/lire ■, panas exigere, Fairç fubir
à quelqu'un une peine pour lui (aire expier un crime.
On veut qu'il ierve d'exemple. Les pcrcs châtient leurs
cnt'ans ; les Juges font punir les malbiteui-s. Le mot
punir ne porte pas toujours avec lui une idée de lubor-
dination qui marque l'autorité ou la lupériorité de ce-
lui qm punit. On ii'eit pas x.o\x]ox\\:s puni par fcs lupé-
rieurs; on l'eft quelquefois par les égaux, par foi-mê-
nic , parles inléricurs, parleieul événement des cho-
ies , par le haLiid ou par les fuites même de la faute
qu'on a çommifc. Les parens que la tendrclFe empê-
che de châtier leurs enfans , font fcuvent />//;2i5 de leur
folle amitié par l'ingratitude (S: le mauvais naturel de
CCS mêmes enfans. M, l'AbbÉ Girard. Voye^ Pufji-
TION.
IJC? On dit proverbialement Dieu le punira , pour dire ,
qu'un crime ne demeure point impuni , non impuni
ferer. On dit aulli, le voila bien puni, pour dire , bien
mortifié de n'avoir pas obtenu ce qu'il ptétendoit.
f^oye'^ Châtier.
ru NI , lE. part.
PUNISSABLE, adj. m. & f. Qui mérite punition. Pu
nicndus , pleclendus , pana dignus. Il le dit des per-
lonnes & des chofes. Il faut avoir l'âge de la raifoii
pour être pumJjaHe en Juftice. Le blalphême eft un
çnme puni ffahle. Crime punijfai/e de mort.
PUNISSEUR. (". m. Qui punit. Punitor. Ce mot qui eft
dans Nicot & dans Cotgrave, n'a pas l'air lî furanné ,
qu'il faille déiclpérer de fon rctablifTeirient. Pomey
l'a mis dans fou Diiitionnaire. Molière nous en four-
nit un exemple dans le Don Garcie de Navarre , ou
le Prince jaloux. ^5, /^ Se 1 1 , p. i ^.
Tandis que la CaftilU armoit dix mille bras ,
Pour redonner ce Prince aux vaux defes Etats ;
Il fait auparavant femer j a renommée ,
Et ne veut le montrer qu'en tète d'une armée.
Que tout prêt à lancer le foudre puniffeur.
Sous qui doit fuccomber un lâche raviffeur. , . .
IJCFDansla 4' Se, du 4^ Acte de la Tragédie de Pom-
pée où l'on trouve le foudre louhaité , Corneille avoir
mis d'abord le foudre punifjeur. C'étoit un beau ter-
me qui manquoit à notre langue. Puni doit fournir /^/z-
nijfeur, comme_ vengé fournit vengeur. J'ofe fouhai-
ter encore une fois , dit Voltaire , qu'on eût confervé
la plupart de ces termes qui failoient un fi bel effet
du temps de Corneille. Mais il a mis lui-même à la
place le foudre fouhaité , épitkète qui eft bien plus
foible.
C3- PUNITION, f. f. Aûion de }?mir.Punitio ,animad-
verjio. Voye-^ Punir. Le châtiment, dit M l'Abbé Gi-
rard, dit une correction-, mais la punition ne dit pré-
cifément qu'une mortification faite à celui qu'on pu-
nit. U eft efTentiel, pour bien corriger , que le châti-
ment ne foit ni ne paroilTe être l'effet de la mauvailc
pur
TT
humeur. La Juftice demande que la punition fo'it n-
goureuie lorkiue le crime <:l\ cnoinie. La conlciva-
tion de la fociété étant le motif de la punition des cri-.
mes, la juftice humaine ne doit puni/ que ceux quî
la dérangent ou qui tendent à fa ruine.
1^ On appelle punition exemplaire , celle qui emporte
une peine févcre qui s'exécute en public, pour fçivir
d'exemple.
(tT On dit qu'un accident, un malheur {:{ï\ivc punition
de Dieu, qu il eft ariivé pcii: punition de Dicu,poui;
dire, que IJieu a envoyé cette dilgrace à quelqu'un
pour le punir.
PUNTA-DEL-GUIDA. Ville capitale de l'Ile de Saint
Michel , une des Açores.
PUNTAS DE MOSQUITO. Efpcces de 'lentcllcs qui
font propres pour le commerce de l'Amérique Efna-
gnole. Ce font Içs Hollandojs qui font cç négoce.
P U O.
PUOUR. f. f Vieux mot. Puanteur. Bore^, Craveolen-
tia j fcEtor,
P U P.
PUPILLAIRE. adj. m. & f ( Dans ce mot & dans le fui^
vant , on appuie fur les deux //, tomme dans le latin ,
fans les mouiller. ) Terme de Droit. Qui concerne k
pupille, ou le mineur de douze, ou de quatorze ans.
Pupillaris. U elï encore en âge pupillaire. Le Titre
VI' du XXVIII' Livre du Digefte, eft intitulé, de la.
fuhflituiion vulgaire (S" pupillaire.
PUPILLARITÉ. f. f Terme de Droit. Le temps qu'un
enfant eft en pupille, & fous la conduite d'un Tuteur,
c'cll-à-dire , jufqu'à 1 4 ans pour les garçons ,(?<.' i i ans
pour les filks. Pupilli difpoJîtiO:,Jlatus ,pupillaruas.
PUPILLE. f m. tk i. (On ne prononce qu'un /,) Filleau-
deffous de douze , ou garçon au-delfous de quatorze
ans ; impubère; qu. eft fous l'autorité d'un Tuteur. Im-
puter. Parle Droit, on donpoit un Curateur aux mi-
neurs; & on cefToit de les appeler /'//^'///e^. Une fille
pupille ne fe peut marier fans l'autorité du Tuteur,
Un Tuteur eft obligé en fon nom de p^yer les intérêts
des deniers oififs de (on pupille. Les Tuteurs peuvent
tout pour leurs pupilles , &c ne peuvent lien contre
eux. Font. Dans les p-iys coutumiers on appelle les
minems pupilles , jufqu'a leur majorité,
{'■^: Dans le Droit Romain , pupille eft un fils de fa-
mille qui n'a pas encore atteint l'âge de puberté . &
qui à caufe de la foibleffe de fon âge , eft en tutelle :
au lieu que par mineur on entend celui qui efl par-
venu à fa puberté , mais qui n'eft pas encore majeur;
deforte qu'il n'a plus de Tuteur ( la tutelle finiilanr
par la puberté) mais feulement un curateur, peur ad-
miniftrer fes biens. En pays coutumier, où la tutelle
ne finit point par la puberté , on fe f ert indiftéremmcnt
du mot de mineur pour fignifier tous ceux qui ne (ont
pas parvenus à leur majorité, foit qu'ils ayent acquis
1 âge de puberté ou non.
On appelle par extenfion pupille , un élève , ou un
jeune homme de l'éducation duquel on eft chargé,
Alumnus.
PUPILLE, f". f. Terme de Médecine , & de Chirurgie;
hx pupille àt l'œil, c'eft la prunelle de l'œiL Pupilla
oculi. Voye-{ Prunelle,
PUPINIA. Adj. î. qui eft le nom d'une Tribu Romaine,
Pupinia Tribus. Elle avoir pris ce nom d'une contrée
.appelée Ager Pupinius, fituée le long du Tibrç, du
c&té de la mer, dans le Latium.
PUPITRE, f. m. Petit meuble de bois fgit d'un ais in-
cliné fur un rebord qui l'arrête par le bas. Pluteus. Il
eft propre à foutenir un livre , & commode aux étu-
dians. U y a des pupitres portatifs qu'on peut mettre
auprès du feu. Dans les grandes Bibhothèques il y a
toujours quelques tablettes difpofées en pupiçre. Il y
a des pupitres qui tournent fur des roues , iSc qui por-
tent trente ou quarante volumes. Les Chantres dans
quelques Eghfes, ont des pupitres devant eux pour
mettre leurs livres. Les lutrins d'Eglife font de grands
pupitres.
S6
PUR
Ce mot vient àcpulphum, qu'on appelle aufïi am-
ho, analogium.
Pupitre, le diCoit chez les Grecs & les Romains, des
lieux où l'on failoit des déclamations, ou des tepré-
fentations théâcialcs : l'endioit du Théâtre où les Ac-
teurs venoicnt reciter le profcenium. Suggeflus.
PUPUE. f. i. Nicût écïk pupui. Oileau de pallage , ainfi
nommé à caufe de Ton chant. Il eft plus connu lous le
nom de Aupe, Foye\ ce mot.
PURULER. V. n. C'eft le terme dont on fe fert pour ex-
primer la manière de crier de la hupe. Ce mot vient
dcpuputj qui étoit autrefois le nom de la hupe, &
que quelques-uns lui donnent encore. J'ai entendu
pupuUr la hupe.
PUR.
PUR , PURE. adj. Qui cft fimple ; qui n'efl: ni compofc ,
m v\ii.\in2,c. Parus jfimplex i merus ,fincerus. Il n'y
a que Dieu qui loit un Etre pur & (ans compohtion.
Dans la nature il n'y a rien de pur; les élémens même
ne l'ont pas purs. De l'or pur eil celui qui ell bien af-
finé , fcparé de tout autre métal. U\xpur homent, cft
celui qui n'elt point mêlé dcfeigle, ou d'autre graine.
Un an pur 3 eft celui qui eft fans nuage -, du vin pur ,
celui qu'on boit fans eau. Le change pur. Foye^
Change.
^CF On le dit en ce fens pour marquer la vraie nature
des chofes dont on parle; alors cet adjeftif précède or-
dinairement le fubifantif. Les Anges font de purs el-
prits. Defcartes prétend que les betes lont de pures ma-
chines.
®CT On le dit de même en chofes morales , en bien & en
mal. C'eft la ;7«r6- vérité. C'eft /7«r entêtement. Pures
bagatelles. Merx nugs: c'eft-àdire, véritables. Ce que
vous dites la cft /'^re calomnie. Pura,puta calumma
ejl. Pour voir la nature toute pure , il la but exami-
ner dans les enfans & dans les animaux, pour la con-
noitrc telle qu'elle eft en elle-même. Ce mot lert alors
à exprimer , à allurer davantage la vérité des choies.
$CJ" En pure perte , lîgniHe quelquefois inutilement.
Vous travaillez en pure perte , vous l'exhortez en /"//re
perte, il ne profitera pas de vos avis. Quelquefois il
fignifie une perte qui n'eft compenléë par aucune uti-
lité. Cela cft tombé en pure perte pour vous.
Pur , fe dit en chofes fpirituelles & morales, de ce qui
eft fans tache , fans louillure. Innoxius , infuns. Les
Saints ont mené une vie pure , chafte , honnête ,
exempte de toute louillure. Une ame pure ôc nette.
Les vidimcs qu'on olFre aux Dieux, doivent être pures ;
à plus forte rai l'on le cœur, qui eft la plus noble qu'on
leur puilfc ortrir. M. Scud. Le mérite le plus^a;- n'eft
pas le plus d'ufage, dans unfiecle aulli corrompu que
le nôtre. S. Real. Croyez-vous qu'une fille lorte bien
pure des mains de quatre ravilleurs. G. G.
Plus uneflame ejl pure, b plus elle eft durable. Corn.
Le jour 71' ejl pas plus pur que le fond de mon cœur.
Rac.
tfT Pur, fe dit auftîde ladiélion, du ftyle , pour mar-
quer la régularité de la conftruâion & la propriété
des termes. Purus , putus. Dilcours d'un ftyle très-
pur, PutiJJima oratio. Style pur , élocution^^^re. Lati-
nité bien pure.
Pur , en termes de Jurifprudence , fe dit de ce qui n'eft
chargé d'aucune claulcr.i condition. Purus ,fimplex.
Un billet, une obligatioiy^re & lunple. Un \i\\\pur
8c fimple fans la claule de fix mois. Une donation
pure & fimple, qui eft lans rétention d'ulufruit. Une
adjudication part; & fimple, qui eft définitive & (ans
charges. Un défaut pur & fimple , qui eft le dernier ,
& fans autre délai. Un élargilfement pur ic fimple ,
fans caution. Quittance /^art? Se fimple, fans rélerve,
ni proteftation. Pure perte , fe dit de la laifie du fief
du valfal faite par le Seigneur, laquelle tombe en pare
perte fur le valtal, parce que le Seigneur failles fruits
liens du fief, tant que dure la faific , julqu'à ce que
Je vaflal ait fait & payé fcs devoirs & droits au Sei-
PUR
gneur faififfant , enforte que le Seigneur n'eft pas obligé
de reftituer les fruits qu il a perçus pendaiit le temps
qu'a duré la iaifie.
Pur, en matière de fleurs eftoppoféà panaché, & mar-
que par conléquenr une Heur L,ui n a aucune raie , loit
blanche, loit jaune , qui y talle une diverlité riche Se
agréable. Cn du , mes plus belles tulipes lunt devenues
pures. Cet œillet eft pur. Simplex. Il y en a qui font
a moitié purs & nuitié panachés.
Pur. En termes de Blalon, on dit qu'un homme porte
d argent pur ou de gueules /-«rj pour fignifier que fes
Auuuiries conliftent dans \c pur cn-.Aii du champ de l'é-
cu , (ans eu il Icit chargé d aucuns meubles ni pièces
héraldiques. C'eft ce qu'on appelle auUi porter d'ar-
gent ou de e,\ieu\es plein, &c.
Purs. adj. pi. m. Dieux purs. A Pallantium , ville d'Ar-
cadie , on voyoit (ur une h.iutcur un Temple bâti à
desiMeux qu'on appeloit Purs, parlelquels on avoit
coutume de jurer dans les plus importantes affaires.
Du refte , ces peuples ignore ient quels étoicnt ces
Dieux; ou, s'ils le lavoient, c'étoit un (ecret qu'ils ne
réveluient point , dit Paulanias.
On du proverbialement , il a été abfous à pur 8c à
plein , pour dire entièrement Se définitivement. Plenè
vel omninb abfolutus.
PURAQUE. (. m. SottedepoKlonduBrefil, qu'on croit
être la Torpile,à caule qu'en le touchant il caufe un
engourdiftcment aux membres. Si quelqu un le tou-
che avec un bâton, (un bras demeure engourdi. Ce
poiftoneft bon à manger, & n'a nul venin.
PLREAU. (. m. Terme de Maçon & de Couvreur. C'eft
la partie de la tuile , ou de 1 ardoile, qui demeuic dé-
couverte après qu'elle eft mile en œuvre. Pars exce-
dens , patens. Une tuile ne doit avoir que trois ou
quatre pouces de pureau ; le refte eft couvert par les
(upérieutes & les latérales. L'ardoile qui a ij ou 16
pouces de longueur, ne doit avoir que quatre ou cinq
pouces de pureau.
PURÉE, f. f. Jus ou fuc qu'on tire des pois cuits dans
l'eau. Jus vel cremor piforum. La première purée le
tire des pois, lorlqu'ils cuifent; la (econde , lorlqu'on
les ccache. Se qu'on les paffe dans une paffoire. On
fai! du potage de purée les jours maigres. Une purée
de pois verts aux câpres. On fait aulli des purées de
fèves, de lentilles & autres légumes. Les ivrognes ap-
pellent qucl;;ueFois le vin, de la purée de Septembre.
Lorlqu'ils re*u(ent du raifin , ils difcnt qu'ils aiment
mieux la. purée que les pois. Exprclîion populaire.
PUREMENT, adv. Sans mélange. Pure , fincerè. On
peut raifonner tant qu'on veut lut Xesôxoies purement
naturelles. Le motit de fa vocation étoit purement
hur
M.
PuREMtNT , fignifieauftî d'une manière pure , fiir.s clau-
le , condition , ni rélerve. Alfque ulla conditione. Il
lui fait ce don purement Se (iinplcment. Il a réligné
fon bénéfice purement Se fimplement , (ans réfcrve de
penfion.
Purement , en morale. 0Cr Vmc purement. Mener une
vie pure & innocente. Purè,innoxiè. En parlant du ftyle,
écrire purement, avec pureté de ftyle. il y a une grande
difterence entre écrire purement & écrire nettement.
PURETÉ. {. f. Qualité de ce qui eft pur , net , (ans mé-
lange de corps étrangers. Puritas, munditia , integritas.
Cette fontaine eft agréable par la pureté de fes eaux.
L'or eft celui des métaux qu'on peut potter à la plus
grande pureté ,qwï eft capable d'un plus grand afïine-
ment. Lapuretéde l'air conrribue beaucoup à la fanté.
^fT Pureté, en chofes morales, (ignifie innocence, droi-
ture , intégrité. Integritas morum. La vraie parure du.
Chrérien , c'eft la pureté des mœurs. Je connois lap«-
reté de (es intentions, de fes fentimens. On dit aullî
■ la pureté de la foi, de la doélrine , ér. Les hommes
ont altéré Se corrompu la p^irer/ de la Religion. La pu-
reté du culte que vantent les Proteftans , eft une pu-
reté trop sèche Se trop nue. S. Evr.
03° Quand ce mot eft employé abfolumcnt , il cft fyno-
nyme de chafteté. C'eft ainfi qu'on dit , les péchés
contre la pureté. La pureté da cœai: , de lame , del'ef-
prit. Ne tien dire qui blelfe la pureté.
(fT_ PuatTÉ
PUR
IP" PwREri de dïclion , exadtitudc dans le choix des
termes & des phrafes propres ik. qui (oient de bon
ufagc. Pureté du ftyle : exadlitudc dans rarrangcmcnt
de (es mots & de fes phraCes. La pureté des (entimens
& des penfées donne encore plus de grâce à l'élo-
quence quc.la pureté des paroles. fLcs allégations
de quelques Auteurs modernes qui ont tant déclamé
contre le foin de la pureté, (ont toutes contre ceux
qui ont beaucoup plus de foin des paroles que des
. chofes , & qui pèchent par une trop grande atieda-
tion : tk. perConnen'oCeroit avancer qu'il ne tant point
fe foucier d'écrire purement. On a beau alléguer que
cette occupation eft une indice de la badede de l'e(-
prit , Cfc que ceux qui s'attachent à cet examen des
paroles ou des fyllabes, ne font pas capables d'arriver
jamais à la magni(îcence des peniées-, la /^ar^fe du lan-
gage ne nous empêche point d'exprimer ce que nous
pen(bns. Cicéron & DémolHiène n'ont ils laiflé à la
poftérité que leurs plus mauvailes peniées, parce que
cette fcrupuleule & ridicule pureté, à laquelle ilss'at-
tachoient trop, les a obligés à les (upprimer •• Vaug.
Il e(l à craindre qu'un trop grand attachement à \:l pu-
reté ne produife enfin de la fécherelfe. S. Evr.
Pureté , (îgnifie encore de l'exaélitude, de la netteté ,
du bon (eus & de la railon. Munditia , nitiditas , ju-
dicium, ratio ,fenfus. Quelle /^/zrtYtf de railon dans cet
Ouvrage ! S. Evr.
PURETEE. f. f. Puretta. Poudre magnétique , plus pe-
fante que le (able, noire , brillante , qu'on tr>-iUve au
bord de la mer , dans un lieu nommé Mortuo , près
de Gênes. Elle paroît mêlée avec le (able après quel-
que grande tempête , ou une grande agitation des eaux.
On la fépare facilement de l'autre fxble , quoique de
la même couleur, par le moyen d'une lame de cou-
teau aimantée , qu'on y applique , îk à laquelle elle
s'attache. On s'en fert pour mettre (ur l'écriture, com-
me de la poudre de buis, ou de la poudre dorée. Cette
poudre au (ortir de la mer ne noucit pas les doigts ;
mais étant écrafée & broyée entre deux lames d'acier
bien poli , elle les noircit. Comme elle s'attache au
fer aimanté, & qu'en prenant une pierre d'aimant ,
fous un carton léger où l'on en a mis, elle fe remue
& trémouile comme (ait la limaille de fer , on a foup-
çonné que c'étoit du ter en poudre ; mais comme elle ne
fe rouille ni dans l'eau douce, ni dans l'eau talée , ni dans
l'urine, ni dans les liqueurs acides, 3c que l'eau forte
même qui ddfout le (er Se l'acier , ne produit aucun
effet fur elle, & qu'elle ne pétille point en la jetant
dans la (iamme d'une chandelle , comme fait la limaille
de fer, on aprclumé que c'étoit de la poudre d'aimant
même; mais qui ne s'attache point au fer comme fait
l'aimant, à moins que ce fer ne (oit lui-même aiman-
té , parce que les parties en (ont trop petites pour
pouvoir avoir un tourbillon de matière cannelé & ma-
gnétique ; ce qui produit l'effet de l'aimant.
PUliGAflF, IVE. adj. & fubtl. (l'a eft bref) Médica-
ment qui évacue les impuretés du corps par le bas.
Purgat'ivus , purgans , cathartïcus. On divife les
purgatifs par rapporta leur effet en bénins, en médio-
cres de en violens. Les purgatifs bénins , font ceux
qui purgent doucement ; comme les tamarins , lacaffe,
la manne, la rhubarbe, le fené. Les médiocres, font
ceux qui purgent un peu plus forcement ; comme le
jalap , la (cammonée. Les violens, font ceux qui pur-
gent avec violence; comme la coloquinte, l'ellébore ,
la lauréole. On divife aulfi les purgatifs par rapport à
l'humeur qu'ils évacuent en phlegmagogues , chola-
gogues , menciLigogues & hydragogues. Ces mots
font expliqués chacun en leur lieu. Plulîeurs d'entre
les Modernes re-ettent,& peut-être avec a(fez de fon-
dement, cette leconde divifîon. \^e.s purgatifs nz^ii'Ccnz
ou en picotant & irritant les fibres nerveufes de 1 c(lo-
mac & des intellins, ou en excitant dans le (ang une
fermentation particulière qui donne lieu à la fépara-
tion des mauvailes humeurs. Il y a des, Auteurs qui
prétendent avoir remarqué que certains purgatifs
purgent par le haut èc par le bas , félon qu'on' les a
cueillis de bas en haut , ou de hnit en bas. & ils af-
fûtent cela des bourgeons de fureau, des feuilles de
Tome FIL
PUR y7
cabaret, & des racines d'iris & d'année. Ils attribuent
la caiife de ces ditfcrcns effets a 1 idée expred'e de
l'imagination de celui qui cueille, laquelle pa(fe à la
plante , par le moyen de quelques inHuences. Cette
explication eftaulfi abfurde & ridicule , que la remar-
que eft f-mOe 6c imaginaire. Les acides diminuent la
force di:s purgatifs , d'où vient que les mélantholi-
ques & les hypocondriaques qui ab()ndcnt en acidi-
tés, (ont plus difficiles à purger. Un lavement purga-
tif, une n{a.nne purgative. On a enfin chadc cette fiè-
vre à force de purgatifs.
Purgatif. Terme de dévotion myftique. Purrativus.
OnzpçtWz vie purgative , un état dans lequel la ciainte
de l'enfer , eft le principe dominant dans l'ame , cn-
forte que cette crainte la purge , en tant qu'elle réprime
les fureurs de la cupidité. La vie purgative n'cft point
l'état des parfaits : dans cet état de vie /Ji^r^T^^^ve l'a-
mour eft encore iiitéreffé.
CCJ- PUliGATION. f. f. Du \Mm purgarc , purger, pu-
rifier, nettoyer. Ainfi ce mot , dans fa propre valeur,
(îgnifie une évacuation quelconque d'humeuis viciées:
mais l'ufage a reftreint ce mot a l'évacuation des pre-
mières voies. C'eft dans ce (ens qu'on dit puroation
par en h.a.uz, perfuperiora. Voyez Vomissement ; &
purgationpa.): en bas, per inferiora. C'eft cette dernière
cfpèce d'évacuation qu'on appelle (pécialement/'^r^^-i^-
tion. Purgatioalvi. Evacuationinteftinalepar le moyen
d un médicament pugatif ou cathartique. Ce malade
le porte bien depuis (a purgation.
0CT Purgation , (e dit encore plus ordinairement du
médicament purgatif, du remède qui procure cette
évacuation. Medica potio , rtiedicamentum catharti-
cum. C'eft ainli que l'on dit , purgation douce, vio-
lente. Prendre une petite purgation. Les purgations
ordinaires (e font avec la cafle , le fené , la rhubarbe,
les tamarins. Les gens infirmes prennent fouvenc des
purgations par précaution. Hippocratc défaprouve la
purgation pendant la fièvre. M. Harris , Médecin de
Londres , dans fon traité De morbis acutis infant um ,
prétend que c'eft parce que de fon temps, il n'y avoic
que des purgatifs violens en ufage. Il die qu'elle paf-
foit pour dangereufe dans les fièvres , même des gran-
des perfonnes, jutqu à ce que M. Sidenham eût dé-
■ montré combien elle eft utile.
Purgation , fe dit audi de la préparation des médica-
mens, qui fe fait lorfqu'on les monde & qu'on les
purifie , pour en retrancher les fuperfiuités , comme le
bois Se les pépins de la caffe , les noyaux des dattes ,
des tamarins, & d'autres fruits. Prdparatio, feleclio.
On appelle par^afiowj, l'évacuation paiticulière ,
qui arrive tous les mois aux femmes. Menfes , menj^
trua. Le mot àt purgations pris feul en cefens, ne fe
dit qu'au pluriel. Les purgations te nomment autre-
ment menftrues , flux menflrual, ordinaires. Voyez
Menstrues.
Purgation , fe dit audi en Chymie de diverfes prépa-
rations qu'on donne aux métaux & aux minéraux pour
leur ôter leurs impuretés. Excretio , feparatio. La
purgation du mercure fe fait en le padant par le cha-
mois, d'où il fort par tes pores. La vraie purgation
de l'or fe fait par le feu , par la coupelle , par l'inquart,
par la cémentation. Les autres purgations des mé-
taux fe font par des futîons réitérées.
Purgation canonique. Terme de l'ancienne Jurifpru-
dence Canonique. Aél:ion par laquelle un accufé f e juf-
tifie devant le Juge EccléfiafHque , félon les formes
prefcrires par les Canons. Foye':^ Epreuve, & les ar-
ticles relatifs. Jugement de Dieu , &c.
Purgation des paffions , dans la Tragédie. Expurga-
tio animd. Ariftote dit que la Tragédie, par le moyea
de la terreur & de la compadîon, achevé de purger en
nous ces pallions & les autres femblables. Ariftore éta-
blit une ccitaine purgation des paifions que perfcnne
ju(qu'ici n'a bien entendue , & qu'il n'a pas biencom-
prife lui-même. S. Evr. Bien (ouvent la Tragédie ré-
veille en nous les palTions , au lieu de les éteindre :
ainfi centpurgation des paftions pourrgit bien n'être
qu'une belle idée.Con yi.Le^ purgations de l'ame ce font
les dilcours de la Philolophie. Dac. Fovc^ Purger.
"H
5
PUR
3?URG/\TOîRF,. f. m. {l'a c!l bref.) Terme de l'Eglife
Romaine. Purgauirium. Lieu où les JuHes ioutt-ienc
-la peine due à ieurs péchés a laquelle ils n'ont pas fa-
tisfait en ce monde. C'eft parla niifericorde de Dieu,
par les indulgences de l'Eglife, & les prières des Fi-
dèles , qu'on eft délivré des peines du Purgatoire.
Dans un Règlement qu'Innocent IV^ fit çn 1154 pour
les Grecs de Chypre, il dit, art. i^ Puilque les Grecs
croient que les anies de ceux qui meurent (ans avoir
accompli la pénitence qu'ils ont reçue , ou chargés de
péchés véniels , font purgés après la mort, &C peuvent
■être aidés par les fuftrages de l'Eglile : nous voulons
qu'ils nomment Purgatoire comme nous , le lieu de
cette purgation , quoiqu'ils difent que leurs Doéieurs
ne lui ont point donné ce nom. f-'^oye-^ lut le Putga-
toire CÉSAiRE d'Arles , Homel. VIII.
Il y a dans i'ile d'Irlande un lieu qu'on appelle
le Purgatoire de Saint Patrice , où par les prières de
S. Patrice Evêque du lieu , le fit une reprélcnration
vifible des peines que les impies foutfrent après leur
mort, afin d'étonner les pécheurs , & de dillîper les
erreurs des Gentils. Ce lieu eil: aulfi appelé /e trou de
Saint Patrice, parce qu'cftedivement c'eft un grand
trou. CAMBDEN&: Matthieu Paris dans les delcrip-
tions de l'Hybernie ou Irlande.
On dit d'une perfonne qui a foufïert beaucoup de
douleurs , ou d'afflidions, qu'elle a fait Ion Purga-
toire en ce monde.
L'Ordre des Frères du Purgatoire. C'eft un Or-
dre Religieux luppofé. Abraham Bruin l'a mis dans
des figures qu'il a données en 1577 des Religieux de
tous les Ordres , avec des Commentaires d'Adrien
Damman. Bruina été copié par Michel Colin en ijSi,
<!t en I j8; , par JolFe Amanus, dont les figures lont
aulli accompagnées d'un dilcours en vers & en proie
de François Modius , lur l'origine des Ordres. Schoo ■
nébek a aullî mis celui-ci avec d'autres lemblables
dans la féconde édition de fon Hiftoire des Ordres
Religieux avec les figures de leurs habits , laites en
1700 //2-8°, à Amfterdam ; mais malgré tout cela les
Frères du Purgatoire n'ont jamais cxifté.
PURGE, f. f. Aétion de purifier & de définfeder les
marchandifes infeétées de la pefte. Ce mot. le trouve
dans une Diirertation de M. Astruc lur la pefte.
PURGEOIRS. f. m. pi. On appelle purgeoirs des ballîns
chargés de fable , par où les eaux des lources pallent ,
& où elles le purifient avant que d'entrer dans les ca-
naux. Dans tous les aqueducs il doit y avoir dcs;^//r-
geoirs placés à certaine dift.mce, & il l^rut avoir loin
d'en renouveler le fable tous les ans. Dict. de Peint.
ET d'Arch.
%fT PURGER. V. a. Du Latin purgare , purifier , net-
toyer , évacuer les lues viciés, impurs; débarraller le
corps des humeurs grolîîères, impures, fup'erHues ou
nuifibles par l'ufage des remèdes qu'on appelle purga-
tifs. Foye^cc mot. On purge dans la plupart des ma-
ladies. On purge avec le tené , la caffe , la manne ,
&c. Un médicament purge doucement, violemment.
^fT En parlant de certains purgatifs que l'on croit agir
fur quelque humeur particulière , on dit que telle dro-
gue purge la bile , telle autre la pituite , &c. pour dire ,
que l'une chalfc la bile, l'autre la pituite. Depellcrc ,
expellere.
§Cr On dit aulîi qu'un Médecin purge un malade, pour
dire , qu'il lui ordonne , qu'il lui fait prendre une pur-
gation : ik qu'un malade k purge , pour dire , qu'il en
prend une.
§CF Purger, terme de Chimie , fynonyme de purifier.
Purgare i expurgare , mundare. Purger les métaux ,
c'eft en ôter toutes les impuretés , les féparer de tou-
tes les matières étrangères.
^CF Purger lefucre. Terme de Sucrerie. C'eft en ôter
toutes les immondices, ou eji laire couler les l'irops qui
ne peuvent pas fc grener. Le fucre bait fe purge dans
' les bariques, les calTonnades Hc les lucres blancs dans
les formes. Dict. de Comm.
Purger, en termes de Philofophie hermétique. C'eft
lorfque la noirceur paroit ; cela s'appelle mort & té-
nèbres, qu'il taut purger julqu'à ce qu'on voie la
PUR '
'couleur blanche-, ce qui fe fait par la continuation
du feu , ians autre artifice. Diction. Herm. Pur'gef Jj
Si nettoyer c'eft la même choie. 'i
Purger, fe dit figurément en chofes morales, & li-
gnifie, Chalfer, bannir, exclure. Depellere , fugare,
dijftpare. Il eft bien difficile de purger la ville de
filous, de charlatans, de gens inutiles. On ne fait
point de tort à l'Etat de le purger d'un méchant
homme. Pasc. Ce jeune homme aurcit bcloin d'être
purgé A.a mauvais air & du langage de la bourgeoilie.
Cail. Il ii.Mt purger notre langue des luperHuités qui aj
en diminuent la yigueut. Id. L'Eglile a droit de 1
purger les livres de tout ce qui pcurroit empoilonnec
les âmes. Port-R. Tu fonges à mai cher lur les pas
d'Flercule, en purgeant Is. terre de monftres, & tu
ne longes pas à te purger des monftres qui font en
toi. Dac.
Purger les palFions. Emendare , in modum ponere,Jla~
tucre. Anftote prétend qne le but de la Tragédie eft
de purger en nous les pallions par la terreur & la
compaïlion. Il femble que purger en ce fens ne peut
figni fier autre choie que chalfer, & déraciner les paC-
lion.s de l'ame. Mais comme il eft faux que la Tra-
gédie puille venir à bout de purger les pallions , dans
ce (eus rigoureux, l'on prétend qu'il ne taut cnter.dre
autre choie par-là j (mon qu'elle en réprime les ex-
cès, îk. les réduit à une jufte modération. ^Wq purge
la terreur & la compaiuon par elles-mêmes, en nous
apprenant à en lupporter couragcufement tous les
accidens; & tn purgeant la terreur & la compaïlion,
elle purge en même temps toutes les autres pallions
qui pourtoient nous précipiter dans la même mitère.
Dac.
Purger, fe dit aulTl en termes de Palais. On fait un
décret pom purger les- hypothèques. Purgare, difcu-
tere. Un décret ne purge point le douaire. 11 haut
une comparution perlonelle pour purger un décret
d'ajournement perlonnel; un écrou à la main peut
purger un décret de prife de corps. On peur purger
une contumace dans les cinq ans, en refondant les
dépens. On i^ purge par ferment à l'Audience lur un
fait dont il n'y a point de preuve. Cet accufé s'efi:
enfin purgé de la calomnie , on l'a renvoyé abfous.
On n purgé la mémoire de ce condamné. On ie pur-
geait autrefois par l'attouchement du fer chaud, Se
comme on diloit alors, par eau &: par ignife. Les
cérémonies en font décrites dans les Notes lur les Ca^
pitulaircs de Charlemagne. Cujas, Hotoman , Poly-
dore-Virgile, Sigonius, Pafquier, Se autres ont écrit
fur cette matière.
Purger, a aulîi fignifié autrefois, payer; & on difoit
purger les arrérages d'une rente, purger les dépens,
purger-la friline; pour dire, payer Si en acquicer les
caules. Solvere , perfolvere.
^fT PURGER, dans toutes ces acceptions lignifie ôtçr,
éteindre. C'eft dans ce lens qu'on dit purger les hy-
pothèques , les éteindre : on dit de même qu'un ds-
cvct purge les hypothèques, pour dire que quand le
décret eft (celle , les hypothèques qui n'y lont pas i
compriles, lont de nulle valeur, mais qu'il ne purge '
pas le douaire. Purger la contumace , c'eft fe mettre
en état dans les priions du juge qui a infbuit la con-
tumace, à l'effet de juftifier qu'on eCc innocent du
crime dont on a été acculé , & condamné par con-
tumace , lur les charges & informations. Purger la.
mémoire de quelqu'un ^ c'eft prouver qu'il n'étoit
point coupable du crime dont i^l a été acculé, ou pour
r.ailon duquel il a été condamne. Purger une dette,
c'eft l'éteindre en l'aquittaut.
*t7- PURGÉ, ÉE^ part.
03-PURGERIE. f.f. Terme de raffinage de lucre. L'on
nomme ainll à la Martinique Se dans les autres îles
Françoiles de l'Amérique le lieu où Ion met les
former de lucre pour les bla-ochir.
rCT PURIFICATION, f. f. Action de purifier. On le
dit particulièrement en Chimie, de l'opération par la-
quelle on fépare d'un corps ce qu'il contient de
grollier, d'impur & d'étranger. Purgatio, depurgatio.
La. purification, deslelsj des métaux. Il y a pluheurs
PUR
cfpèces de Puiilîcations , la reclijîcatlon , \ijlkradûn ,
la defpumjtion, la clarification ,&c. On dit dans le
mcme (cns \-x purification du fang.
*j l'URIl'ICAl'IONS, dans la loi cjeMoyfe, purifi-
cations légales. Ccrcmonics ordonnées par la Loi , par
lesquelles où fc purifioir.
La Loi de Moyle, au Ltvit. C. XII. ordonnoirqu'unc
femme qui avoir mis au monde un entant (elun les
voies ordinaires , demcutâr immonde pendant qua-
rante jours, il c croit un enfant mâle, c'elt-à-dire,
l'cpt jours avant la circoncifion , tk trente-trois après :
& fi elle étoit accouchée d'une fille, deux (emaincs
d'abord ou quatorze jours ^ & enluire ioixante Se iix
jours; ce qui fait quatre-vingts jours. Pendant ce temps
elle ne pouvoit toucher nen de laint , ni aller au
temple. Elle fe tcnoit dans fa mailon fans fortir, i^c
léparée du commerce & de la compagnie des autres.
Quand ce tems étoit expire, la loi ordonnoit, au
même endroit, v. 6. & (uiv. qu'elle allât le préfenter
au temple, qu'elle offrît à la porte du tabernacle un
agneau de l'année en holocaufte , & un pigeonneau,
ou une tourterelle pour le péché ; qu'elle les donnât
au Prêtre , qui les otlrirok au Seigneur , <5<: qui
prieroit pour elle, & qu'elle feroit ainli purifiée de la
fouillure qu'elle avoir contractée , & que l'Ecriture
appelle péché, quoique ce ne foie qu'une fouillure
extérieure é'-c une impureté légale. Cette cérémonie,
qui, comme l'on voit, cojififtoit en deux facrifices,
un holocaufte & un lacrifice d'expiation, s'appeloit
Purification j -\r\'0 mna , Purificatio , Purgatio. La
Sainte Vierge, que les termes de la loi, Iclon la re-
marque des Pères, ne renfermoient point ou qu'ils
cxcluoient même , obéit néanmoins ponéluellement
à la loi, & fe trantporta au temple exaAement dans
le temps marqué pour accomplir tout ce que Moyfe
avoit prelcrir. C'eft-là la Purification de la Sainte
Vierge. L'Églile en mémoire de cette Punfication de
la Sainte Vierge, folennile tous les ans une fête le i.
de Février, qui cft le 40^. jour après Noël, pour ho-
norer ce myftère, &: les vertus que la Sainte Vierge y
pratiqua. C'eft ce qui s'appelle Az fia, le jour de la
Purification, ou fimplementj la Purification de la
Sainte f'ierge, &c fouvent même la Purification tout
court. Il partira à la Purification. Prêcher la Purifi-
cation, c'eft prêcher ce jour là, & (ur ce myftère. Les
Prédicateurs du Carême prêchent la Purification ,
comme ceux de l'Avent prêchent la ToulTaints. C'eft
f>ar-là qu'ils commencent communément les uns &
es autres. Une purification eft aulîî un tableau, ou
une eftampe qui repréiente ce myftère. Il y a une belle
Purification de Rubens.
La fête de la Purification eft très-ancienne. On
convient allez qu'elle tut inftituée au jour & à la ma-
nière que nous la célébrons , (ous l'Empire de Juftinien
l'an J42. & à ce que l'on croit , au (ujet d'une mor-
talité, qui cette année-là, dépeupla prelque toute la
ville de Conftantinople. Il y a cependant des raifons
de croire, qu'avant ce temps-là on célébroit déjà ce
myftère, quoiqu'on ne le fit point à la manière , ni au
jour qu'on la plaça pour lors : mais enrre la Circon-
cifion Se l'Epiphanie. Car 1°. dans la vie dcS.Théo-
dole le Cénobiarque , il eft parlé d'une fête de la
Sainte Vierge fort folennelle , en laquelle ce Saint
nourrit miraculeufemcnt un grand nombre de perfon-
nes qui étoient venu célébrer cette folennité à Jérufa-
lem ; ce qui fait conjefturer, que c'étoit un myftère de
la Sainte Vierge qui s'étoit palfé dans cette ville. Or,
fa Purification eft prelque le fcul, ou du moins le
plus célèbre, qui foit arrivé à Jérufalem. Cependant
d'autres veulent que ce fut en général une fête in-
ftituée en Ion honneur, lans qu'on y honorât aucun
, de fes myftères en particulier.^ z". Saint Léon d.ans fa
XVr. Lettre qu'il écrit aux Évéques de Sicile, tou-
chant la diftinétion qu'on devoit mettre entre les
fêtes, marque au chapitre fécond, h Purification
parmi les autres. Cette fête , ou ce jour a encore
d'autres noms. Les Grecs, la nomment Hypante, ou
Hypapante, c'eft-à-dire, B.cncontre. Nous la nom-
mons fouvciu Chandeleur. C'eft aulîî la Préfeutation
Tome Fil.
PUR
T9
de Notre Seigneur au Temple. Voyez CHAKDELtUR,
HyPA1'ANTE,JSi: PRÉstNlATION.
FuaiHcATioN. lerme d'Eglife. C'eft l'aâion que le
Prêtre fait à la Mellè , lorfqu'après avoir pris le pré-
cieux f^rng de Notre-Scigneur, immédiatement avant
l'ablution, il prend du vm dnn le calice. La Mcfle
étoit prcfque dite ; le Prêtre en étoit a la purifi'cacion.
AcAD. Ek.
Purification. Dans la vie Myftique. Les Myftiqucs
.appellent purifications pajfivcs, les dernières épreuves
par lefquellcs font obligés de palier ceux qui arrivenC
à la parfaite contemplation. Purgatio pajjîva.
CCr PURIFICATION des trompettes. Terme dhiftoire
Romaine. Fête des Romains où l'on jctoit de l'eau
luftrale fur les trompettes facrées , pour les purifier.
Tubiluflrium yOU Tubilujlrum ; mot com\poîéAt tuba.
trompette, & lufirum , facrificc, piuification , /^/rara
purifier.
PURIFICATOIRE, f m. Terme d'Éghfe. C'eft un petit
linge qu'on met fur le calice pour l'cffuyer après la
communion. Purificatorium linteum.
tfJ" PUI^IFIER. v. a. Rendre pur ; féparer d'un corps
tout ce qui s'y trouve mêlé d'impur , de gtodier,
d'étranger. Purgare, mundare. On purifie les corps
de plulîeuis manières. Foy. Purification. Le folcil
en dillîpant les nuages ;?//;7;7e l'air. Le feu, un grand
vtnl purifie auftî l'air. De bons alimcns , im bon régime
purifient le fang. Purifier les métaux.
0^ 11 eft aulli réciproque. Les eaux de la mer (t pu-
rifient en traycrfant les terres pour aller former des
fources. "Le, fang (s purifie par un bon régime.
§3° Si; Purifier, dans la loi Juda'i'que, pratiquer ce qui
étoit ordonné pour les purifications légales. Une
femme qui étoit accouchée d'un enfant mâle, étoic
cenfée impure pendant 40 jours; <!<<: fi c'étoit d'une
fille , pendant So ; après lequel temps elle étoic
obligée de fe préfenter au temple pour fe purfiicr y
afin de pouvoir participer aux chofcs faintes. Voy^
Purification.
Purifier, fe dit figurément en chofes fpirituelles. L'ame
it purifie par la pénitence. Purgari, mundari. Mn.
cœur conttit & purifiié , eft une agréable offrande à
Dieu. Il eft bon que l'ame ait le temps de fe purifier
de tout amour propre par la tribulation & la p.atience
d'une maladie. Fléch. Le Saint travailloit à purifier
fon cœur, & non pas à pohr fon efprit. Id. Quand
nous ne pouvons pas empêcher l'action, nous pu-
rifions au moins l'intention. Pasc, Les "Turcs S< les
Indiens croyent qu'en fe lavant Se purifiant le corps,
ï\s purifient auffi leurs âmes. ifT Purifier fon ame,
fon cœur, fis intentions, c'eft en retrancher tout ce-
qu'elles peuvent avoir de contraire à la vertu, à l'inno-
cence, à la pureré. Les Orateurs Chrétiens difent
quelquefois en s'addreiTant à Dieu , Seigneur, daigijea
purifier mes lèvres, pour dire, faites en forte que
mes difcours foient purs Se falutaires. Ac.Fr.
Purifié, Ée. part.
PURIM. f. m. Fête folennelle parmi les Juifs, qui fe cé-
lèbre le 14. de Mars, à l'occafion de la délivrance des
Juifs du temps d'Effher. Purim. "j-ZT Ils célèbrent
cette fête en mémoire d'Efther, parce que cette reine
empêcha que les Juifs qui étoient captifs àBabylone,
ne fuffent entièrement exterminés par Aman.
PURISME, f. m. Affedtation de pureté dans le langage.
Purus & emendatus loqucndi modus. Ils ofent, die
l'Abbé Desfontaines j en parlant de la Poe'fie Lyrique,
pefer magiftralement, & foumettre à Icut purifime fec
Se didaiftique, les nobles liardiefTes d'un langage qui
doit être affranchi des règles communes Se de l'ulage
vulgaire. Ohf.fiur les Ecrits Mod. T.XXF.p. r 12.
PURISTE, f. m. Qui fe pique d'une grande pureté de
langage, même avec affeélation. Qui pure & emen-
date linfiuam loquitur. Purifia. Les Purifies font
gens difïicilcs à contenter; ils ne trouvent rien à leur
goiit. Ils ne hafardent pas le moindre mot, quand il
devroit faire le plus bel effet du monde, rien d'heureux
ne leur échappe, rien ne coule de fource Se avec li-
berté. Ils parlent proprement Se ennuyeufement. La
Bruv.
Hij
•^
6o
PUR
PURITAINS. Calviniftes de la Grande Bretagne qui
font profellîon de fuivre la pure parole de Dieu. Pu-
ritani. Ils font ennemis du gouvernement des Épif-
copaux , condamnant la Lituigie Anglicane, comme
étant une invention purement humau.e.
Les Puritains furent ainli nommes, parce qu'ils
affeifboient d'être plus purs que les autres Pioteftans, en
îoui ce qui regardoit la Religion. C'efl: pour cela
qu'ils refuioient de s'allemblcr dans les iïgliles qui
avoient Servi aux Catholiques, Se qu'ils ne vouloicnt
prariquer ni retenir aucun de leurs ufages ou céré-
monies: de forte que dans leur commencement un de
leurs Miniilres aima mieux perdre mille écus de pen-
iîon qu'on lui donnoit, que de porter l'habit clérical,
ou le bonnet carré leulement , comme faifoient les
autres. Sandtrus, H<tr. 22 1 . Jovet. T. I. p. i 6.
Les Puritains , au!H nommes Presbytériens, font
grandsenncmis- des £vcqucs& de l'EgliIe Anglicane. On
les appelle aullî conidtoriaux, dit Jovet , T. I. p. 370.
parce qu'ils veulent que tout le rapporte aux Ré-
glemens des conlrltoires. Ils (outiennent que la parole
lie Dieu étant parfaire, Ik ayant été donnée par Notre-
'leifneur Jefus-Chnft , pour unique fondement des
choies qui regardent LiHeligion, tout ce qui s'y fait
pour le regard du culte & de l'adminill.ation ^ eft
illicite, s'il n'eit appuyé lut cette parole; li bien que
c elt un mal de contraindre un Chrétien à aucun adl:e
de Religion, dont on ne peut montrer la raifon dans
l'Écriture ; que tout ce qui a été inllicué par les
hommes, doit être rejeté; que c'eft une fuperllition
qu'un homme, quel qu'il foit, inftitue aucune céié-
monie de Religion , & la mêle avec les cérémonies &
les myll-ies que Dieu a établis ; que la Congrégation
des hommes-, s'allcmblant oïdinairement pour le vrai
fervice de Ùieu, cil la véritable ;iglife vifible de Notre-
Seigncur Jelus-Chiiil, & que l'on donne impro-
preinent ce nom aux Synodes & aux Conciles; que
toutes ces Eghfes ou AHémblées font égales &'de
même autorité, qu'aucune de ces Églifes n'a été allu-
jettie par Jeius-Chrift à aucune Ju.idiélion Ecclé-
fi.'.ftique lupérieure; mais ell fcidement iujctte à celle
qui s'ouvre en elle même, fans que les autres ayent
pouvoir fur elle; que leurs âmes font lailfées au ju-
gement immédiat de Notre Seigneur, de même que
leurs corps au Magillrat civil, lequel feul peut or-
donner fur la rerre des Églifes ou des Alfemblées; que
chaqnc_ liglife établie doit avoir nécellàirement près
d'elle les.Miniftres & fes Gouverneurs; que toute É-
glife déllgnée a pouvoir de Notre -Seigneur Jefus-
Chrift d'élire & d'appeler tous fes fupérieurs Ecclé-
fiaftiques Si Spirituels, & .qu'il n'eft pas raifonnable
qu'un (eul gouverne deuxÉglifes; que l'Églife n'a pas
le pouvoir d'ordonner des cérémonies &: des chofes
concernant le culte divin, autres que celles que Jefus-
Chrill: a prefcrites dans l'Écriture. Ils veulenr qu'on
joigne auMiniltre, quelques anciens, comme Cen-
feursj même d'entre les Artifans, s'ils en font dignes.
Ils enfeignent que Notre -Seigneur donne les clefs Ipi-
rituelles de l'Eglife à ces Gouverneurs fpirituels, & non
à d'autres, quant à l'exercice; mais non pas afin qu'ils
le fervent de violence contte la liberté , ou qu'ils fe
prévalent de quelques prérogatives, cela étant propre
auPape & aux Prélats; mais qu'ils doivent ufer avec
difcrétion de ces clefs contre ceux qui font quelque
faute. Ils déteflent la confelîîon auriculaire, plus en-
core que les autres Calviniftes. Ils difent que leMa-
giftrat politique a droit de prendre garde que l'Églife
a manquer. Foye^ le Livre \nûm\é Puritanifmus An-
glicus, Ik Jovet, T. I. p. 570. & (uiv.
PURMERFND, ou Pumerend. Nom d'une ville de la
Nord Hollande. Purmerenda. Elle a entrée dans les
États provinciaux de Hollande, & cllcefl: f ruée environ
a une lieue d'Edam , vers le couchant, fur le Béemfter,
qui etoit un grand marais, dont on a fait de belles
prairies, Matï.
PUR
PURPURIN j TNE. adj. qui approche Je la couleur de
pourpre. Les Botaniftes principalement, ont été obli^^és
de le lervir de ce terme pour exprimer Lt couleur de
plulieurs plantes ou fleurs , qui ne font point abfo-
lument de couleur de pourpre , mais qui en ap-
prochent. La Belladona, l'Érinaca, le Calceolus ou
■Sabor, Hc quantité d'autres ont les Heurs purpurines ^
ou tirant fur le purpurin. La couleur de l'Amarante
approche àa purpurin , & la fleur ell rouge comme de
l'écarlate. Les feuilles de la petite ChéUdoine font
quelquefoismarquéesd'une tache/iùr^i^n/z^. LÉMERY,
PURPURINE, f. f. Bronze moulu qui s'applique à
l'huile & au vernis. Dict.des arts. 175 i.
PURULENT, ENTE. adj. Qui eft mêlé de pus. Purulen- .,
tus. Les phthifiques jettent fouvent des crachats pu- 1
rulens. Dans la dylïentetie les éjeif ions iom purulentes.
Les urines font purulentes , lorl qu'il y a un ulcère aux
reins, ou à la veflîe. Crachement ^j/ra/enr. Journ.
DES ScAv. 1715. p. 529.
PURUTU. f m. Sorte de légume du Pérou, fait comme
une fève, mais plus petit. Purutus. Les Habiuns en
font leur nourriture ordinaire.
PUS.
PUS. f. m. Terme de Chirurgie. ^CTMatièfe liquide,
ép.iillé, blanchâtre, qui fe forme dans les abcès, ou
qui f^ut des plaies & des ulcères par la fuppuraxion.
Pus, lorfque lu fuppuration efl louable, c'eil à dire
loifque le pus eft de bonne qualité , fans mauvaitc
odeur: Sanies , lorfque la (uppuration eft putride. Le
Pus ne paroîr pas erre une fccrétion nouvelle dans la
partie, mais bien plutôt une excrétion , un écoulement
des lues qui fortent des vaiOeaux qui font ouverts
dans la futface de la plaie. Attirer , fair'e aboutir, faire
foitir \ç pus. Pus, waturare, movere.
Ce mot eft purement Latin, i?c vient du Grec, nv.s, qui
fignifie la même chofe.
PUSCHIAVO, PUSCHLAW. Nom d'un bourg da
pays desGril'ons,lîtué fur les confins delà Valtcline,au
pied du montBernina, à trois lieues deFirano, versle
nord. Pufchlavium. Mat y.
PUSIANO. Le lac de Pufiano , ou d'Orfilo. Pujlanus
lacus, Euphilis. C'eft un périt lac du Duché de Milan.
Il eft une des fources du Lambro, & il eft fitué dans
le territoire de Côrae, à deux lieues de la ville de ce
nom, vers le levant. Il prend l'on nom du village de
Pufiano, qui eft fur f on bord feptentrional. Mat y.
FUSSILLANIME. adj. m. & f Homme fans courage, qui
n'eft capable d'aucune réfolution vigouteule; qui s'inti-
mide ailément. Pujjilanimus/ignavus jimbelUs. \jx\
piijîllanimen'cii poii:t propre pour le gouvernement. IL
ne faut donner ni trop de crainte à une ame pufilla-
nime-, ni trop de confiance à une ame préfomptueufe.
BouH.
PUSILLANIMITÉ, f f. FoiblelFe d'efprit, manque de
rage , qui fait craindre tour , & empêche toutes les
bonnes réfolutions. Pujlllanimitas. L^puJJillanimité
eft un vice oppolé à la magnanimité. Cassandre
Rhét. d'Ar. V.3. pujlllanimité nt le peut pardonner J
qu'aux femmes. On lui reprochoit de prendre trop de 1
mefures, & on appeloit fa prévoyance pujill-animué, 1
RÉFL. '
PUSIO, ouTOPIRO. Noms d'une petite ville Épifco-
pale, fuftragante dePhilippopoli. Topiris :, Topjrium i
Toprus. Elle eft dans laRonianie,-près des confins de j
la Macédoine, à dix lieues deMaximianopoli. Maty. '
PUSSA. l.f Terme de Mythologie. Déellé des Chinois, ;
que les Chrétiens nomment la Cybéle Chinoife. On la
rcpréfénte aftile fur une fleur d'.iliiîer au haut de la
tige de l'arbre. Elle eft couverte d'ornemens fort ri- ■
chcs, &c toute brillanre de diainans & autres pierre- ;
ries. Elle joint les deux mains devant l'on fein. Mais ^
de plus elle a encore feize bras, qu'elle étend, huit
à droire & autant à gauche. Chaque main eft armée
de quelque chofe, comme d'une épée, d'un couteau,
d'un livre, d'un vafe, d'une roue, t\; d'autres chofes
myftérieufes &i fymboliques.
PUS
PUSSE Y. Bourg de France dans la Beauce, à quatre lieues
ou environ d'Etampcs.
PUSTEK. f. m. Terme de Mythologie. Nom propre d'un
Dieu ou d'une Idole des anciens Germain'.. Pujlcrus.
Divers Auteurs ont tait mention de cette Idole , encre
autres Fabrice dans fon Traicé de rébus Mctallariis ,
Théodore Zwinger dans fon Theatrurn vlu humant,
Mérian dans (x Defcription du Cercle dcr la Maute-Saxc,
André Topp dans celle de Sonders-flaufen, Henri Er-
ncft dans les Obfervations diverles, Gafpard Sagitr.uius
dans les antiquités Payennes & Chrétiennes de Thu-
ringe. Benjamin Scharft" dans fa Dekription de Ge-
nièvre , Jacques Toll dans fes Epijiolx Inncrant. ., Pra:-
torius dans fon Akclryomanda , & la Alagia divina-
zrix& opemcrix , Sec. mais tout ce qu'ils nous en ap-
prennent eft mêlé de beaucoup de fables, & raconté
d'une manière fort différente. Jean-I-hilippe Chriftien
Staubc a mieux débrouillé que perlonne, ce qui re-
garde cet ancien monument de la fuperftition des Ger-
mains Idolâtres, dans une Difl'ertation intitulée Pujîe-
rus vécus Gennanorum Idolum, Sec. Se imprimée à
Giellen en 171 6. /«-4°.
Quelque variation qui fe trouve dans le nom de cette
Idole, que les uns appellent Pu/Zer^ les aazces Pufle-
rick, Beu/lurd , ou d'ane manière peu différente; il efl
conftant que tous ces noms font dérivés du verbe Saxon
pufien, qui fîgnifie/ôi#f'-; de-là vient que ces Peu-
ples appellent pujler un fouHlet , joUis , Se défignent
' un gros homme par le mot de piejler, à quoi revient
celui dcbouftarin, qui le prend dans le même fens dans
quelques provinces de France. Or, tous ces noms,
quant a leur fii^nific.rtion naturelle , conviennent par-
faitement al Idole dont nous parlons, comme on verra.
De plus tous ces noms étant en ufage dans la Balfe-
Saxe , il elt à croire que c'ell là qu'a pris naiflance le
culte de Pujler , vu principalement qu'on a fait la pre-
mière découverte de cette Idule dans un château de
Thuringe nomme Rotembourg. C'eft une Idole de
■ bronze, de deux pieds & un pouce de hauteur, &: deux
pieds Se demi de grjfTeur ou de circonférence. Elle
paroît s'appuyer fur le genou droit , & a la main droite
fur la tête, qui eft percée d'un trou vers le (onimet,
ik d'un autre à la bouche. Si l'on remplit en partie d'eau,
en partie de différentes matières combuftibles, la cavité
de cette Idole , & qu'aprcs avoir exa£tement bouché les
deux trous avec des chevilles de bois.on la pofe fur le feu,
on !a voit au bout de quelque temps cûuverted'une (ueur
univerfelle ; après quoi li l'on augmente le feu, les deux
boucho)rs font chaffes avec impétuofité des ouvertures
qu'ils rempliffoient , Se il en fort des Hammes avec
grand btuir. AinllPji/Fdrn'eft autre chofe qu'une efpèce
d'Eolipile. A l'égard de la matière, ceff une forte de
bronze dont 1 alliage eft inconnu jufqu'ici, quoiqu'on
l'ait misa différences épreuves chymiques, >.N:quepour
cela il en ait coûté a l'Idole une partie du bras gauche.
M. Staube croit qu'elle n'eft que de fer. Se ia raifon
eft qu'elle en a précifément le poids ■■, mais il ne nous
apprend point par quel moyen il a pu s'en inftruire. Il
avance après quelques aurres Écrivains , que cette Idole
fur déterrée par les Seigneurs deTutgérode, dans une
efpèce de Chapelle fouterraine du château de Rotem-
bourg, abandonné aujourd'hui, Se que Gonrhier Comte
de Schwartzbourg la tranfporta en i 546 de ce Château
dans la Fortereffe de Sondershaufen , où elle eft depuis
ce. temps la.
M. Staube foutient que les Germains ont regardé cette
figure de Pujler, comme un objet de leur culte , & que
les Prêtres Idolâtres s'en fervoient utilement pour inti-
mider les peu -les fupeiftitieux. Se pour tirer d'eux des
off.andes Se des facrifices, fuivant que cette Idole pa-
roilfoit aux alliftans plus ou moins irritée ; ce qui dé-
pendoit uniquement des divers degrés de chaleur que
ces tourbes favoient lui communiquer. D'abord P///?er
marquoit par la fueur, qui lui couloit de tour le corps,
une médiocre colère ; mais fi les Speâateurs n'en pa-
roilfoient que médiocrement touchés, c'étoit alors qu'à
l'ii Je du feu, que les Prêtres avoient foin de redoubler,
1 Id lie étoit en fureur, faifoit entenlre des mugiffe-
tnens, &c pouiloit des Hammes par la bouche &e pai
PUT
6ï
le fommet de la tête ; ce qui ne manquoit pas de pro-
duite l'eftct qu'on en attendoit, c'cft-àdirc, de mul-
tiplier les offrandes que les Prêtres de cetteldule tour-
nt.icnc a leur profit.
(CT PUSTULE, f f Petite tumeur qui fe forme fur la
peau, élevurepkinc d'une humeur acre (Se corrompue,
qui tend a liippuration. PuJIula , pufula. On le dit
particulièrement des boutons qui viennent des deux
cfpcces de vérole , la grande >!<: la petite.
PUT.
PUTA. f. f. Terme de Mythologie. Dcefte Romaine qui
étoit invoquée par ceux qui émondoieut les arbres. Son
nom vient àt putare , émonder.
PUTAGE. f. m. Vieux mot. Vie déréglée, débordée,
mauvais commerce avec les hommes. Meretrlcïum ^
meretr'uia fconatio.
Et tout ejl leur ententions.
Et le dejir de leur corage ,
En lécherïe & en putagc,
Aux âmes de couivre & lober.
En Dieu trahir & enherber
La Mefon Dieu , c'ejl feinte Eglife ,
Qu'ils avoient enleur gatdepnfe. Ovide Mf.
d£ Borel-
VÛK putage. Scortarij mœchari.
Molt cjl mes cuers fox & haïs.
Quand un home d'autre pais
Veil avier & faire putage:
Non fais ; Quand donc, par mariage? Id.
^CTPUTAI. Ville de la Chine, dans la province de
Chautung, département deCinan.
PUTAIN, f. f. Femme publique Se proftituée. Proflibu ■
lum ,fcortum , meretrix j lupa. La haine qu'on a contre
ce nom, l'a décrédité chez les honnêtes gens, & il n'eft
plus en ufage que chez le peuple, quand il veut dire
une injure atroce.
Ce mot vient de puta Italien , qui veut dire petite
fille : auflî difoit-on autrefois pute, comme on voit
par ce quarrain fameux de Jean de Mehun dans le
Roman de la Rofe:
Toutes ejles ,ferei, oufujles
Défait , ou de volonté paies.
Et qui très-bien vous chercheroit
Putes toutes vous trouverait.
Il a été un temps qu'il n'étoit point odieux, non plus
que celui de garce. Pute lignitîoit une fîlle. Se puis une
fille débauchée. On a ditaulfi/'i/f/^5,pour dire unpetie-
garcon , Se en Italien puto Se puta , pour dire un petit-
gar'con ou une petite-fille , comme témoigne Scaliger,
d'où eft venu auliî le nom de petite. D'autres font venir
ce mot par fyncope, àt puante.
PET DE PUTAIN. Foyei Pet.
PUTANISME. f.m. Vie ou condition de putain, ou de
ribaud. C^^Cemotfignifie également le délordredans
lequel vit une femme proftituéé>& le commerce qu'ont
les hommes avec des femmes proftituées. Meretricium.
Il n'y a point de perfonnes plus malheureufes que celles
qui vivent dans \cputanifme. Le put.inifne régna fort
du temps de Louis XL Brant. Cet homme a long-
tems donné dans \t putanifme. Acad. Fr. C'eft un
ferme malhonnête.
PUTASSER. Vieux V. n. Fréquenter les femmes de mau-
vaife vie. Scortari , mœchari. Il eft vieux Se mal-
honnête.
PUTASSIER. f. m. Homme qui aime, qui cherche les
putains, qui fréquente les mauvais lieux. Scortator,
rci venerex. deditus. Sous François I. n'étoit galant qui
ne fnt/'/^^?_/7?er indifféremment. Brant. Ct ^putajjer
s'eft retiré de la débauche, & s'eft enfin marié; ce mot
eft profcrit parmi les honnêtes gens.
PUTATIF, adj. m. Qui eft réputé être ce qu'il n'eft pas.
Hubitus, credicus. Il ne fe dit guère qu'avec le mot de
€z
PUT
pcrc. S. Jofcph ctoit lepeteputanf de J.C.
PUTBUS. Nom. d'un bourg ou petite ville de IciPomé-
lanie. Puthufium. Ce iicu eft dans l'île deRugen, à
deux lieues de Bergen, vers le fud. Mat y.
PUTCHAMIN. r. m. Fiuirde la Virginie qui relFemble
à une nèfle. Putchamïnus. Il cft d'abord vert , cnfuite
jaunâtre , & rouge quand il eit mûr. Avant la ma-
rurité il eft fort âpre; lorfqu'il eft mûr, il a un goût
très-agréable. L'arbre qui porte le putchamïn croit à
la hauteur du palmier.
PUTE. 1. f. Vieux mot. Putain. Borel. Mereuïxjconum.
Toutes eftes ,fere-^ , ou fuftes.
•De jaic ou de volonté çatts. R. de la Rose.
Autrefois, pute, vouloit dire fille. Se fe prenoit en
bonne part ^ comme garce. Ménage. Borel.
PUTEFI. f. m. Vieux mot. Aller en putefi, c'eft-à-direj
en perdition, faire la fin d'une pute ou putain. Borel.
Ire perditum.
PUTEFOI. f. f. Vieux mot; c'ell-a-dire, mauvaiie foi.
BoR,EL. Comme qui diroit la foi d'une femme de mau
vaile vie.
Tant cruel & de putefoi. Perceval.
PUTERÎE. f. f. Vieux mot. Vie débordée, impudique,
commerce avec des femmes perdues. Scortatio , vita
ad libidïnes profluens.
D'ivrognerie , de puterie.
Scandale & bruit. Blas.des eau
Et de fang quelle effufion
Sont venus de l'occajlon
De cette vile puterie. Id.
SS. AM.
au Royaume de
PUTIGLIANO. Petite ville d'Italie,
Naples, dans la terre de Barri.
PUTINE. {.Ç. Mot burlefque, pour dire, putain. Mère
tricula ^fcortulum.
Taife^-vous petite putine.
Autrefois on difoit putain j
Au lieu de tine mettant tain. Scar.
PUTING. Nom d'une ville de la Chine. Putinga. Elle
e(l petite, mais fortifiée, & fituée dans la province de
Queiciieu, aux confins de celle deSuchuen. Mat y.
PUTIWLE, POTIVOL. Nom d'une petite ville de la
Mofcovie. Potivolium. Elle eft fur la rivière de Sem ,
dans le Duché de Worotin. aux confins de celui de
_^ NovogrodSéwierski, & delà baifeVolhynie. Maty.
%fT PUTOIS, f. m. Animal Sauv.ige, à quatre pieds, poil
noir, tirant fur le brun, ainfi nommé à caufe de fa
puanteur. Il rellemble allez à la fouine: fa peau fert
à faire des fourrures communes. Les Latins l'ont ap-
pelle vefo. Se dans la balle Latinité vutotius.
PUTOMAYO,PUTMAYE. Nom d'une rivière de l'A-
mérique méridionale. Putumaïus fluvius. Elle a fes
lources aux montagnes des Paftol, dans le Popayan,
traverfe une grande partie de cette Province, & plu-
ficurs contrées qui (ont au nord du fleuve des Ama-
zones, & s'y décharge vis-à-vis des îles Homagues
Maty.
PUTRÉDINAIRE. L m. Philofophe qui foutient que
bien des animaux fe forment de pourriture & de cor-
ruption. Les Putrédinaires ont eu beau tenir ferme,
leur fedc n'a pas aujourd'hui grand nombre de par-
tifans.
Ce? PUTRÉFACTION, f. f. Pourriture; fermentation
par laquelle un corps le pourrit; ou l'état du corps qui
je putréfie. C'eft le dernier degré de la fermentation ;
l'extrême dilfolution des mixtes qui Ce corrompent.
Putrefaclio. C'eft un mouvement inteftiii qui ét.ant
imprimé aux mixtes par le jeu du fluide .aqueux, dé-
range la combinaifon de leurs patries (alines , gralFes^
terrcftres, les divife, les atténue, les tranfpofe, &les
combine de nouveau. Il y a plufieurs réfoli^tions , dé-
PYA
comportions qui fe font par la putréfa^ion. La pu-
/re/^c?/o;2 d'une plaie. L^iputreja^ion ÀniMVi.
La PUTRÉFACTION desSages, en termes de Lhilofophie
■ hermétique , c'eft la mortification des deux corps,
c'eft-à-dire, du fixe & du volatil: car les vertus ne fe
corrompent jamais, mais feulement les matières grof-
iieres & corporelles : après laquelle corruption les
vertus élémentaires s'unilfent fi parfaitement enfemble
dans cette matière, qu'elles ne participent plus ni du
^eu m de lair, m de l'eau, ni de la terre, mais c'eft
leulement-leur unique vertu & fubftance. Elle fe fait
lorfqiie la couleur noire paroît , Ik que la matière fc
pourrit, èc le corrompt; ce qui eft le principe d'une
génération prochaine. Elle dure cinquante jours au-
quel temps il faut faire un feu qui digère la matière
que le Comte Trévilair appelle feu digérant : qu'un
autre Philofophe appelle feu doux & de génération,
dans ceneputréfaaion confilfent toutes les difficultés &
toute la vérité de l'article: car fans hputréfaaion rien
nefe peut faire; & elle feule fuftit, d autant que c'eft
entrée de l'opération. Ne t'ennuye donc pas de la
longueur du temps, & apprends que fi le corps n'eft
putréfie, il ne porte point de fiuit. La putréfaclion eft
nommée folution. Dict.Herm. /^e^j- encoie Solu-
tion èc Sublimation. Laputrefaciion desChimiftcs,
c eft la corruption d'une forme tendante à une autre
P^^ "'l?„c^'^'eur accidentaire , au défaut de la naturelle.
CG-PUTREFAIT.AITE. Adj. particulièrement dufage
en médecine. Corrompu , infed. Foy. ces mots. Corps
putrefait. Sang putréfait.
PUTREFIER, v. acl. Corrompre, gâter, rendre puant.
rutrefacere , vel putredinem inducere , creare, ingtne-
rare. \Jh.nm:\ài:iié putréfie à la fin tous les corps. Il faut
faire bien pourrir, bien putréfier le fumier. Un corps
mort ie putréfie en peu d'heures, fe corrompt & dc-
vient puant. Putrefcere , putrcfieri.
1 utrÉfié, ou Putréfait. part. & adj. Corrompu,gâté.
puant. Putrejachis, corruptus.
PUTRIDE, adj. Terme de Médecine, relatif à la cor-
ruption des humeurs & des chairs, accompagnée de
pourriture. Putridus. Il y a des Cvhte-i putrides . hu-
meurs putrides.
PUTRIFIER. Le Diâionnaire hermétique écrit ainfi, au
iicu de putréfier, f'oy. ce luct.
PUTKIZ. Nom qu'on donne a la première femme du
Roi des Moluques. Ses enfans luccèdcnt à la Cou-
nri^'^^^.t^n préférence aux enfans des autres femmes.
PUTTANS. f. f. pi. Peuples des Indes , qu'on appelle
sxxih Bottantes. Leur pays eft (itué piès du Royaume
„,e£i:f «"is. 1-^ ville capitale de ce pays cftCandahara.
1 U 1 i E. Beau village des Pays-Bas dans le Biabant El»
pagnol.
PUTTEN. île des Bays-Bas dans la partie méridionale de
la Hollande , entre les iles de Beyerland , & de
w oorn.
PUY. Foy. Pui.
PYA.
PY. f. m. Mot corrompu de celui de peu , Se qui figni-
fie comme lui poitrine. Quand un Laique prête fer-
ment en Juftice, on lui fait lever la main; mais quand
c'eft un Prêtre , on lui fait mettre la main au pccl ou
au py. Dans l'hiftoire du Procès du P. Gcrberon, qui
eft rapporté danS l'Efipnt^ des nouveaux Difctples de
S.Augufiin, il eft dit pluheurs fois qu'on lui fit mettre
la main au py. R. P. en Dieu, Dom Juan Jouaud ,
Abbc de Prières, lequel après avoir mis la main au
py , promis Se juré de dire la vérité, dit, &c. Infor-
mation contre l'Abhcde S. Cyran. Mcffire Alexandre
de Pormorant. . . . lequel après avoir mis la main au
py, promis & Juré, £■<:. Ibid. Ce mot eft vieux.
PYANEPSIES. f. f. pi. Nom d'une fcte que les Athé-
niens célébroient autrefois dans le feptième jour du
moisPyanepfion.Pyjw;-/^, d!,ou P\anepfia,orum.
Les Grecs varient fur la fignificarion & l'origine de ce
nom. Harpocration l'appelle /'œ^no/T/T?. Il ajoute que
d'autres dilent Panopfie ,p^Tce. qu'alors tous les fruits»
paroillcnt aux yeux, on les voit tous en maturité. Hé-
fychiiis écrit Pyanepfies, & dit que ce root vient dç
PYG
■jTVtt/it» OU «"'«.it" , fève j è<r1u , /V CUIS j p.irce
qu'en cette fête les Athéniens cuifoknt des fcves, en
faif'oient une efpcce de bouillie , Se en mangcoicnt.
Suidas veut que Pyancpjics , ait été dit pout Kiancp-
Jîes , de w-m:(, /tve.J'lutaïqiie dit que ce tut Thtléc
qui inititua cette fcte, paice qu aiiivaiit de Crète, il
_ fit une efpèce de laciihcc a Apollon de tout ce qm
" leftoit de provilions dans Ion vailleau, &C qu'il les
mit toutes dans une matmite , les fit cuire toutes en-
semble , Oi: les mangea ainjî avec fes compagnons ,
coutume qui fut depuis obfervée en mémoire de fon
heureux retour. Le Sclioliaite d'Ariltophane , fur la
Comédie des Cavaliers , dit que ce fut pour s'acquit-
ter d'un voeu qu'il avoir tait à Apollon pendant une
tempête.
M. Boudelot écrit Puancpjîes , & croit que c'eft la
fêtes des Puanepjles , inftituée pour célébrer l'heu-
reux retour de Théfée après avoir tué le Minotaure ,
qui e(t rcpréfenté (ur la cornaline du cabinet du Roi ,
qu'on appelle le Cachet de Michel-Ange.
PYANEPSION. f. m. Terme de calendrier. Nom d'un
mois des Athéniens. Pyanepfion. Selon Gaza & le P.
Pétau , c'étoit le cinquième mois des Athéniens; le-
Ion un ancien marbre cité par M. Spon, félon We-
1er & Van-Dale , Diffen. VIJI. Antiq. p. s 9 S ,^ &
félon les manufcrits qu'ont luivis Henri Etienne à la
fin de fon Thefaurus , 6c Selden, c'étoit le quatrième',
& il répondoit au mois de Septembre. C'eft aulli le
fentiment de Scaliger & de Fabricius. DodWel fuit le
P. Pétau, dans fon ouvrage De Cyclis , p-7 g , S j j
100 , joa^joi , joy, aulîi-bien que Frideric Spaii-
heim, dans fa Chronologie, Jean Philippe Pfeiffer ,
dans fes Antiquités grecques , p. çjj. & fu'iv. Jean Por-
ter dans (on Archéologie grecque, L. Il , C. 24, &c
beaucoup d'autres. Théodore de Gaze , Harpocration
& d'autres , difent Pœanepjîon au lieu de Pyanepjion.
Mais Pyanepfion eftle véritable nom de ce mois.
P Y C.
PYCNOCOMUM. f. m. Plante, qui, fuivant Diofco-
lide , a les feuilles femblables à celles de la roquette ,
naais .âpres , épailles , tk plus .acres. Sa tige ell carrée.
Sa fleur rellemble à celle du balilic , & fa femence ,
à celle du matrube. Sa racine eft noire , ronde , faite
comme une petite pomme , «n/xïoVjfio». Quelques-uns
croyent quec'efl: une efpècedemorelleque C.Bauhin
zppeWe Jo/iinum tuberofum efculentum ^ & d'autres la
fuccifa olahra , du même.
P'i'CNOSTYLE.f. m. Edifice où les colonnes font
fl prelîces , que les entrecoUonnemcns n'ont qu'un dia-
mètre & demi de la colonne. Pycnojlylum. Du grec
«ri/Kvf;', ferrer i Se o-.-vAot , colonne.
fer II eft ajln adj. Edifice pycnoflyle , c'eft-à-dire, en-
touré de colonnes telles qu'on vient de le dire. Pyc-
nojlylus , a j um.
PYCNOTIQUE. adj. &f. On donne ce nom aux mé-
dicamens qui ont lapropriétc de condenferles humeurs,
&: de rafraîchir en les épaidlfant. Ils ne diffèrent guère
des incrallans. Pycnockus. Ce mot eft grec-nvx/tolixK,
denfundi vim hahens , qui a la propriété d'épaillîr,
de condenfer-, du Verbe ■sri/xm, denfo ,fpi(fo , je con-
dence, j'épaiiris. Le pourpier, le nénuphar font des
vaiàïcTLmfins pycnociques , ou des pycnodques.
PYG.
§Cr PYGMEE , f. m. Petit homme que l'antiquité a
feint n'avoir qu'une coudée de haut. Il y avoit, félon
la fable , une nation de Pigmées qui habitoient dans
la Thrace. Leurs femmes accouchoient à trois ans , &
'étoient vieilles à huit. Les anciens les faifoient com-
battre les grues , leurs ennemis mortels , & leur don-
noicnt des armes proportionnées à leur 'taille. Une ar-
mée entière de Pygme'es ayant aflîègé Hercule en-
dormi, ce héros enveloppa les afTiiillans dans fa peau
de lion, & les porta à Euriftée. Les Modernes ont ré-
fufcité cette fable dans celle des habitans de Lillipuf.
L'idée des Céans fit fans doute naître celle des Pyî;-
mées. Ltfur nom vient du grecn»^«i.' , qui fignifie cou-
PYR
6t
dce. Nous appelons aufti PyfrmeCj \in Nain, vsn fort
petit homme. C'eft un Pygmee.
P Y L.
PYLA, ou SCHNEIDEMUHI. Nom d'un bourg de Po-
logne. Pyla. Il tlt fur le Nérec , dans le Palatinat de
Pofnanie, à douze lieues de la ville de ce nom, vers
le nord. M.4ty.
PYLAGORE. f. f. Terme de Mythologie. Nom que les
Grecs donnoient à Cércs. Pylagora. La raif.in de ce
nonr cil que les députés que chaque ville cnvoyoic
aux Etats de toute la Grèce, appelés le confeil des
Amphiclyons , oflioicnt auparavant un facrifice à Cc-
rès aux portes de la ville, appelées en grec -srt/Aai,
Pylagore. f. m. On donnoit aullî ce nom aux Am-
phiâyons , parce que leurs airemblées fe tenoient aux
portes du Temple de Delphes. Pylagoras. Voyez.
Amphicthyon.
PYLAKENS. f. m. pi. Drap d'Angleterre dont l'aunage
eft depuis 14 jufqu'à 16 aunes. Il y en a aulli depuis
15 julqu'à 20.
PYLEMÉNIE. Nom qu'a eu autrefois la G.alatic, du
nom de fes anciens Rois, qui communément s'appe-
loient Pylemhies.
PYLORE, f. m. Terme d'An.atomie, qui fe dit de l'o-
rifice inférieur de l'cftomac qui eft à fon côté droit,
ft^- C'eft l'ouverture par laquelle les alimens digérés
palFent de l'eftomac dans le duodénum.
Ce mot eft grec 'av\'ifii , Se fignifie portier ^ jani-'
tor.
§C? PVLORIQUE. adj. Terme d'Anatomie, Qui a rap-
port, qui appartient au pylore. "Veines, artères ^pj/o-
riques.
PYLOS. Nom d'une petite ville du Belvédère, dans la Mo-
lée. Pylus Eliaca. Elle eft lur la petite rivière de Pc-
née , a deux lieues de la mer , & environ autant de
Caftel-Torncle, vers le nord. Mat y,
P Y O.
PYOSE. f. f. Suppuration , ca hypopium , maladie de
l'œil; Tv>. 71'.
CCr PIOULQUE. f. m. Nom d'un inftrument de Chi-
rurgie tait en forme de feringue, qu'on avoit imagine
pour tirer de différentes cavités du corps des matières
fanieufes qu'il eût été difficile de faire fortir autre-
ment.
PYR.
PYRACANTHE. f. f. Pyracantha. Efpèce d'épine tou-
jours verte. Sa feuille reffemble à celle du phillyrea r
elle pouffe quantité de bouquets de fleurs blanches
Se de graines d'un beau rouge , dont l'éclat l'a fait nom-
mmer huiffon ardent. Voyez ce mot. Les merles en font
fort friands. Dicx. des Arts. 175 i.
PYRACMON. f. m. Nom d'un des compagnons de Vul-
cain , qui travailloit dans fa boutique avec Brontès
Se Steropès. Pyracmon.
PYRAMIDAL, ALE, adj. Qui eft en forme de pyramide.
$3" Pyramldalis , ou plmôî pyramidatus. Figure ny-
ramidale. Voyez Pyramide.
§C? En Anatomie, ce renne s'applique à quelques par-
ties qui ont quelque reiremblance avec une pyramide.
Les mufcles pyramidaux on triangulaires, font deux
mufcles propres du nez. Us viennent de la future du
front, & s'insèrent par une fin large aux ailes du nez.
DioNis. La figure pyramidale qu'ont les deux der-
niers mufcles du ventre,, les a fait appeler ^yraw/-
daux. Us font couchés fur les tendons inférieurs de
ceux qu'on appelle droits ; c'eft ce qui a fiiit croire à
quelques Anatomiftes qu'ils en faifoienr partie ; mais
ce font deux mufcles diftinéts & féparés des autres ;
on ne trouve quelquefois ni l'un ni l'autre , & plus
rarement encore le gauche que le droit. Ïd.
|Cr On donne aullî le nom de pyramidal m mufclede
■ la cuiffe , autrement appelé piriforme. Les corps py-
ramidaux font deux protubérances voifines des coroj
olivaires.
^4 P Y R
§3" M^mthn^ pyramidaux .pipïWes pyramidales. Voy.
Mamelon & Papille.
Pyramidale, i. i. i*lante qui s'élève très haut , Se qui
porte des Heurs bleues depuis la bafe julqu'àla poin-
te. Acad. Fr.
PyRAiVllL)£. 1. f. Corps folideà pluficurs côtés , qui s'é-
lève en diminuant toujours , & qui le termine en poin
te. Euclide la définit, Corps lolide compolé de plu-
lîeurs pl.ms, ou triangles , dont les baies font dans le
mcme plan, 6c qui ont un lommet commun.
IJC? Wolt la définit un lolide borné par autant de trian-
gles aboutillans au même point, que la baie a de co-
tés. Une f\ramide ell triangulaire , carrée , penta-
gonale , ùc. l'uivant que la bâte eft un triangle ,
nn caré , un pentagone , &c. Celle dont la baie eft
un cercle , s'appelle cône. Le cône eft une pyra-
mide ronde. Une pyramide pentagone eft coiiipolee
de cinq triangles lut une baie de cinq côtés. Quand
elles font fort étroites par le bas , on les appelle iii-
guilLs Sk. obclifques. Les Pyramides d'Egypte lont
carrées dans leur bafe, & lont les plus lupcrbes mo-
numens de l'Antiquité, f'oyei la delcription & la
melure des ^v^^OTzôft-j d'Egypte dans le premier tome
des Recueils de Thévenot. Celle de Ceftius qu'on voit
à Rome , eft un monument fort finguiier pour les pein-
tures en détrempe, mais qui paroilfent a peine aujcur-
d'Iiui. Cette P\rumidj tut érigée pour feivir de mau-
folée à C. Cellius , l'un des lept Officiers qu'on nom-
moit Epulons , ou traiteurs des Dieux.
Quelques-uns dérivent ce mot de ^^f''>tri[ieum ,
& d I »'», cûUioo; ils prétendent que leP.itriarche Jo-
feph fit bâtir plufieurs greniers en pointe pcuryamal-
fer le blé d Egypte , & que delà vint l'invention des
pyramides. Mais avec plus de raifon ViUalpandus dé-
rive ce mot aiiii.'7«<i.i-p! , ijxod in formam ignis af-
cendant.
La pyramide chez les Egyptiens étoit un fymbole
de la Vie humaine, dont le commencement étoit te-
prétenté par la baie , & la ^\\ ou la mort par la poin-
te, & c'eft pour cela qu'ils les élevoient lut des lépul-
cres. Hérodote, chez les Anciens, a écrit des pyrami-
des d'Egypte -, & chez les Modernes, Bellon, Grima
nus , Pietro délia Vallc , Monconis , Se autres Voya-
geurs.
pYRA'/tiDE, Ce ditautTî des bûchers des Anciens, furlcf-
quels ils brûloient les corps morts, parce qu'ils etoient
compofés de plulieurs pièces de bois empilées les unes
fur les autres. Pyramis j rogus. C'eft d'où eft venu
leur nom, & c'eft là cautc quelles lerventd'orncmens
à des tombeaux , ou de tombeaux même , telles que
font celles d'Egypte, dont il y a un très-grand nom-
bre vers le Caire.
Pyramide, fe dit aulli d'un bâtiment élevé en pointe
pour conlerver la mémoire de quelque action écla-
tante, par plufieurs tables tk inlcriptions qu'on met
delTus. ^dificium pyramidale. On a élevé des pyra-
mides en plulicurs occations en France 8< à Rome.
Pyramide, le dit aulli de plufieurs choies qu'on entalle
les unes tur les autres qui vont en diminuant. Ainti
on dit, lervir en £yrj/77/i/<?j, Aes pyramides àe vian-
des, de huits, de confitures, quand les viandes ou
les fruits lont atrangés dans les plats , les uns lur les
autres , en forme de pyramide. Strues efcarum acu
minata. Rien n'eft plus miférable pour un homme cu-
rieux, que de vouloir avoir des fruits leulcment pour
en faire parade dans la bigarrure de certaines pyrami-
des. La Quint.
Pyramide, le dit aulli des ornemens de plomb qu'on
met lur les papillons des maifons qui font faits en py-
ramide ; & qui d'ordinaire fouriennent des girouet-
tes , & qui lervent d'amortitrement pour terminer
quelque décoration. Pyramis plumheaornatoria.
Pyramide d'amortijjemem, eft une petite ;7yri2/77/c/e ,
qui termine quelque décoration d'Architeé-iure, com-
me il y en a furies piliers boutans de l'Eglife de Saint
Nicolas du Chaidonnet , .i Paris , israu Portail de Sainte
Marie dcl Horto , à Rome. Il y a aulli de ces pyra-
mides , qui lervent d'enfaitement, coaime il s'en voit
fur le dôme des Invalides.
PYR
ffj" Les BoMiilftes ont adopte ce terme pour délîgnercc
quia la forme Aune pyramide. Ainfi l'on dit qu'un
fruit eft en pyramide , qu une plante forme une pyra-
mide. De la aulli le nom de pyramidale donné a cer-
taines campanules.,
f3" En hydraulique on appeWe pyramide ,nne tige com-
mune a plulicurs coupes de marbre, de pierre ou de
plomb, qui vont toujours en diminuant , & le ter-
minent par un bouillon qui tombe fur la coupe du
fommct, d'où il le répand fur les coupes inféiieures,
en tormant des nappes à chacune , julque dans le baf-
lin d'en bas.
Pyramide, eft aufliun terme de Gantier, quifignifie un
morceau de bois tourné en pommettes , gros comme
le bras, & haut d un pied, dont on le lert pour élargir
les gansa laide des bâtons a gans. Pyramis chirothe-
carui.
PYRAMISTE. f. m. Pyramijîa. Infedfe fort fujet à fe
précipiter dans le feu, ou dans la Hamme de la chan-
delle. C'elVune etpèce de papillon auquel les Poètes
ont coutume de comparer les amans.
PYRENhES. Nom de l'une des plus célèbres montagnes
de l'Europe. Pyrendi montes, Py rendus mons. Elle
fepaie la France de l'Elpagne , s'étendant du couchant
feptentrional à l'orient méridional , depuis S. Sébaf-
tien, qui eft fur la mer de Bilcaye, julqu'au port de
Vendres , qui eft tur la Méditerranée. Elle le divile eu
deux branches vers le Roullîllon, dont la leptenrrio-
iiale , qui lépare ce Comté du Languedoc , porte le
nom d Antypirenées. Au refte, les Anciens ont quel-
quefois compris tous les Pyrénées toutes les monta-
gnes d'Elpagne, qui en font eftedivement des rameaux.
Et les Troupes Ba':^anées
Allaient des hauts Pyrénées
Tomber comme des torrens. Sarazin.
Les Pyrénées font des montagnes qui féparent la Fran-
ce de 1 Etpagne , & qui ont été appelées Pyrénées j
du feu qui s'y alluma, ou plutôt qui tut allumé par
des bergers & qui brûla les forets qui ctuvroient ces
montagnes. Voyez Mariana , Hiji. d' hfpat'ne , l. I.
D'autres croient plus probablement que les Pyrénées
ont tté nommées ainli du mot Phénicien pura , qui
fignifie /'n7«cAe ou /loij. Voyez BocharTj Colonie des
Phéniciens.
PYHLNC ÏDE. f. f. Nom que l'on donne à l'apophyfc
odontoïde de la féconde vertèbre du cou ^vfi-.e./i,! , ,
de ■'■^(w , noyau y Se i'^", figure. On l'appelle odon- " 1
to'.'de, parce qu'elle a la figure d'une dent.
FYREH. Vieux verbe n. Suppurer, jeter du jus. Borel,
Suppurare j pus ejicere.
PYKhTHRE. 1". f. liante dont les feuilles font décou-
pées à peu près comme celles du fenouil, mais plus
petites, temblables à celles de la carotte. Pyrcthrum.
Il s'eleve d'entre elles de petites tiges qui foutienncnt
en leuis lommcts des fleurs' amples, larges, temblables
à celles du bellis ou pâquerette, jaunes au milieu, en-
vironnées de petites feuilles étroites , oblongues, blan- J
châtres par-dcllus, tirant fur le purpurin par-dellous. \
Ses lemences font menues , oblongues. Sa racine ell
longue , droite , groffe prefque comme le doigt, d un
goiit fort acre Se brûlant. En \-2Xm pyrethrum fiore
bellidis. C. Bauh. La racine de pyréthre étant mâ-
chée fait beaucoup cracher; elle foulage le mal des
dents.
Ce mot vient du Grec, '^^^^feu, à caufe que la
racine de cette plante eft d'un goût brûlant.
PYRÉTIQUE. adj. Terme de Médecine. On appelle
médicamens pyrétiques ceux qui font bons contre la
fièvre. Du Grec mx/fiVs ^ fièvre, ■'if , feu.
PYRÉTOLOGIE. f. f. Traité des Fièvres. Pyretologîa.
Ce mot eft compofé de -srfftlot , fièvre, 6c de \<!y" ,
difcours.
PYRIFORME. Foye^ Piriforme.
PYRIPHLÉGÉTON. f m. Fleuve de la Thefprotie ,
qui fe jette avec le Cocyte dans le marais Acherus , Se
dont le nom fignifie brûlant, ce qui en a fait faire un
Heuve d'enfer.
^ pyrjQUE.
PYR
1(3" PYRIQUE. adj. Qui concerne le feU. SpeAaclc
pyriquc. Terme nouveau par lequel on déllgnc un
nouveau genre de l'pedaclc de feux d'artifice qu'on
fait jouer dans un lieu enferme & couvert. On n'y
emploie que desattiriccs fixes ou mobiles autour d'un
centre, & c'clt en variant &: en combinant ces deux
fortes d'artifices , qu'on cil venu à bout de former un
fpeCtacle pyriquc régulier.
PYRITE, f. f. Terme de Minéralogie. C'ell: une efpècc
de pierre à feu, ou un fikx très-dur. Pyrites.
Pyrite. Terme de Chymie. C'eft la marcalfite du cui-
vre, la matrice où fe forme le métal parmi la pierre.
Pyrites.
Ce mot vient du Greci^p. qui fignifie/e^j parce
que cette matière conçoit le feu plus ailément que toute
autre pierre, >?>: on en fait la pierre des couets d'arque-
bufe. Elle eft dorée ou argentée en fes pailles.^
Pyrite, fe dit plus généralement de la marcalfite de
tous les métaux , dont le nom eft diftérent félon le
métal dont elle participe, comme Chry fîtes , celle de
J'or; Ariiyrites ,cQ.\\iàz. l'argent; Sidefites, celle du
fer; Chaleytes , celle du cuivre ; Molibdites , celle
du plomb, &c.
Les Pyrites, félon M. Morton dans fon Hiftoire
naturelle du Northampton, font de vrais minéraux.
On en trouve de différentes couleurs, lelon la diffé-
rence des métaux dont elles participent. Il y en a qui
reiremblent au iet,pyrit£Jerrei. D'autres font blanches,
pyrit£ argentei. D'autres jaunes , qui rellemblent à
J'or ou au cuivre, pyrita aurei.
Voyez les Epliémérides des Curieux de la Nature,
Dec. IL An. 11 , p. ûp. où il eft parlé des pyrites de
l'île de Sumatra, Dec. I. An. il. p. i ^Q. ^\x\\ pyrite
au-dedans duquel il y avoir de l'argent. Dec. II. An.
I. p. j6. où l'on dit que les habitans de l'île de Javan
portent Ats pyrites à cinq faces , cnchallées dans leurs
bagues. Et Dec. II. An. 1 1 1. où l'on parle des plus
raies efpèces de pyrites.
^fT Ce qu'on appelle Pyrite eft un minéral qui contient
eirentielleinent du fer & du toufre, & accidentellement
du cuivre & de l'arlénic. Lapyrite d'un jaune d'or eft un
compofé de fer, de loufre, & dyne portion de cui-
vre plus ou moins conlidérable. C'eft la mine de cui-
vre la plus commune. On l'appelle pyrite cuivreufe ,
ou mine jaune de cuivre. La pyrite d'un j'aune pâle
contient du fer & du loufre, peu ou point de cuivre.
C'eft ce qu'on appelle /j/r/re minérale. La.pyrite blaiv
che , outre le fer Se le loufre , contient de l'arfénic , &
on l'appelle arfénicale. Il y a encore des /'^nV^j qu'on
nomme vitrioliques , parce qu'elles donnent du vi-
triol.
|CT Pour ce qui concerne les prérendues pyrites d'or
ou aurifères 3 c'eft une rêverie des Alcnimiftes. S'il
s'eft quelquefois trouvé de l'or ou de l'argent dans
Ats pyrites , c'étoit accidentellement. Toute /ryrire ne
contient cilentiellement que du fer & du foufrc , &
accidentellement du cuivre !k. de l'arfénic. f^oye\ la
Pyrotologie de m. Henckel.
PYRMONT. Nom d'un bourg célèbre par fes eaux mi-
nérales. Pyrmontium. Il eft dans le Cercle de Wcft-
phalie , à fix lieues de Lemgow , vers le levant. Pyr-
mont eft chef du Comté qui porte fon nom , fitue au
levant de celui de Lemgow. Il appartient aux Com-
tes de Waldeck , à la réferve de la petite ville de
Lugde, dont les Evcques de Paderborn font les maî-
tres. Maty.
PYRMONT. Bourg, montagne & château d'Allemagne,
dans la Weftphalie , à deux lieues d'Hamelem, ville
du Duché de Brunfwick.
PYRN. Ville d'Allemagne, au Marquifat deMifuic, dans
le cercle de ce nom.
PYROBOLISTE. f. m. Eft un nom que prennent les In-
génieurs à feu , qui enfcignent la compofition de tous
les feux d'attifîce, tant pour la guerre que pour le di-
vertiffement. Ce mot vient de»vp , ignls, ècàt /SaAAa,
jacio. Voyez Casimir Polonois.
«cr- PYROBOLOGIE. f. f. Formé des mots-.^p,^/,, &
f,tihKiu , lancer. Quelques-uns nomment ainfi la partie
de la Pyrotechnie qui traite des feux d'artifice.
Tome III.
PYR
<??
PYROCARE. f. f. On donna ce nom vers l'an 1247 , à
certaines femmes veuves, qui le confacroient à Dieu,
en Italie, à peu-près comme les liéguines en I taiice ÔC
dans les Pays-Bas. Voyez te Pénitencier d'un Docteur
de Boulogne , imprimé par Jacques Petit , L. XI, c. 1 3.
Pj rocara.
PYROLE. f. f. Plante qui poufle de fa racine cinq ou lix
ttiiillcs prefque rondes , iemblables a celles du poi-
rier, épailles, d'un vert brun, liflcs,C()U(-hces par terre.
Il s'élève d'entr'elles une tige a la hauteur d'environ ua
pied, anguleule , garnie de quelques petites Icuilles
pointues, ik. portant en fa fommité de belles Hcuis à
cinq feuilles dilpofées en rôle, de couleur blaïahe.
Le calice poufte un piftil terminé par une trompe km-
blable en quelque façon a celle d un éléphant- Ce piftil
devient enfuite un fruit ou bouton a cinq pans arron-
dis, divife en cinq loges remplies de femences rrès-
mcnues. Ses racines font déliées , fibreules. En Latin
pyrola rotundi-jolia major. C. Bauh. Cette plante a
un goût amer & fort aftnngent; elle eft propre a con-
folider les plaies : il y a quelques autres efj.èces de
pyrole.
Ce mot, félon quelques-uns, vient du \mn pirus ,
poirier. On a dunné ce nom à ces fortes de plantes,
parce que l'efpèce dont on fe fert en Médecine a les
feuilles à peu-près feniblables à celles du poirier.
PYROLOGIE. f. f. Quelques-uns fe fervent de ce mot
au lieu de Pyrotechnie. Cours de Mathematiq. de
W'olf
PYKOMANCE, ou PYROMANCIE. f. f. Divination
qui fe fait par le feu. Pyromancia , Ignifpicium. Les
Anciens croyoient pouvoir ccnnoître l'avenir pai 1 inf-
ped:ion de la flamme. Ils confidéroient de quel ccté
elle tournoit. Quelquefois ils ajoutoient quel ue ch. fe
au feu, par exemple , ils y jetoient une vetîie pkine
d'urine & liée par le cou avec de la lainr , &: ils re-
marquoient de quel côté elle crevoit, ik en tncient
un augure. Quelquefois ils y mettoient de la poix , &
fi elle prenoit feu tout d'un coup, c'étoit un bon au-
gure. Voye\ Rofin dans fes Antiquités Romaines ,
Z. III, c. II.
PYROMÈTRE, f. m. C'eft un terme nouveau que M.
Muftenbroëk a inventé, & dont il a nommé un inftru-
ment auiîî de fon invention. Le pyromètre fert à me-
furer les divers degrés du feu & de fes effets. Ce mot
vient de ■'^f , feu , 8c i^irfiw , je mefurc.
PYRONIE. (. f. Terme de Mythologie. Diane avoit un
temple en Arcadie , fur le mont Crathis , où les Ar-
giens venoient en grande cérémonie chercher du feu
pour les fêtes de Lerna, d'où elle a pris fon nom. Py-
ronia. De "^Pj feu.
PYRONOMIE. f. f. Science qui enfeigne à régler le feu
dans les opérations de Chimie. Pyronomia. De TtTf ,
feu , SL-i'i^'i , loi, règle,
■4r-r' PYROPHORE. l. m. On donne ce nom à plufieurs
compofés de l'Art , qui ont la commodité de s'embra-
fer quand ils font expofés à un air chargé de vapeuitl
diftingués en cela des phofphorcs qui brûlent fans avoir
bcl'oin de l'humidité de l'air. Il y a plufieurs ^yrop/ici-
res afFez connus. Telle eft la poudre faite avec 1 alun
& de la farine.
^o PYROTECHNIE. Subf. f. forme des mots grecs, ^y,
feu, & Tt'x'" , art. L'art du feu , l'an de fe fervir du feu.
On a donné ce nom à la Chimie en général, & à iart
de faire des feux d'artifice en particulier.
Il y a une pyrotechnie militaire, qui enfeigne l'art
de faire toutes fortes d armes à feu, comme canons,
bombes , grenades , carcaftes , mines , ballots , &c. qui
comprend même les feux d'artifice , comme fufées ,
pétards , pots & lances à feu , comme eft la pyrotech~
nie de Hanzeict Lorrain, de Malthus Anglois, deCa-
lîmirSimieirowiez Polonois, & de M. Frézier.
i^p- Il y a aulîî un Ouvrage de M. de Saint Reiny fur la
Pyrotechnie militaire, inùwAc Mémoires d'Artillerie.
*3- Quelques-uns donnent à la Pyrotechnie militaire le
nom A' Artillerie , terme qui paroît confacré aux armes
dertinées aux ufages de la guerre. Celui de Pyroholo-
gie lui convicndroit mieux , la fcience des feux mii-
files.
66 P Y R
Il y a vint tiVitiz pyrotechnie chimique, qui enfcigne
l'art de ménager le feu pour les cuiiïons , calcinations,
dilblLitions, & autrcj opérations chniiiqnes, comme
eft la pyrotechnie de DavilFon. Il y en a une troilième
qui elt pour la fonte , affinement i!t préparation des
métaux , comme cft celle dont a écrit Vanochio Bi-
ringuccio Italien.
PYROTECHNIQUE, adj. Qui appartient à la Pyro-
technie. Pyrotechnicus. Les Ingénieurs a feu appellent
graine pyrotechnique , tous les cailloux , balles de
plomb, ou carreaux de fer qu'on envoie lur les enne-
mis avec des pièces de canon fort courtes , & qui ont
le calibre fort grand , cemme font les pieriiers des An-
ciens , nos mortiers modernes, nos demi courtaux ,
«S'c. Le ma.mç\At pyrotechnique , la tctc de mort py-
rotechnique , &c. La manière de les faire eit enleignée
par Cadmir dans Ion livre de l'Artillerie.
PYROTIQUE, adj. Terme de Médecine. Caufticus y
adurcns.. Voyez Caustique, Escarotique.
PYRRA, ou P'YRRHA. f. f. Nom de femme. Pyrrha.
Elle étoit fille d'Epimétliée , & femme de Deucalion.
Elle échappa leule au déluge avec ion mari , & ils re-
peuplèrent enfemblek terre, en jetant derrière eux,
lelon la parole de l'oracle , les os de la grand'mete ,
c'efl: à-diie , des pierres, qui font les os de la terre.
Pyrrha vit épouvantée
Tout le troupeau de Prothée
Gagnant la cime des monts ,
Le Daim fuyant à la nage.
Et fous un même feuillage
Les oifeaux & les poijffons.
Selon les Alchimiftes , ou Maîtres du grand Art , par
cette fable les anciens Philolophcs ont enleigné le
moyen d'engendrer mâles Se femelles parla projedrion
de l'élixir blanc & rouge. Cet ouvrage ayant été aug-
menté par la multiplication réitérée , eft leur Gorgone,
laquelle convertit les métaux imparfaits en vraies pier-
res. Hermès dit que cela fe fait par adaprion : enfin
c'efl en ce temps que les métaux imparfaits partici-
pent à la gloire de leur Roi. Dictionnaire Hermé-
tique. Grand galimathias !
PYRRHIQUE. f. f. Sorte de danfe des Grecs : on tient
qu'elle fut inventée par Pyrrhus fils d'Achille. On
danloit en frappant fur des boucliers avec les armes ,
au fbn des inffrumens. Pyrrhicha.
Pyrrhique. f. m. Terme de Poëfîe grecque & Latine ;
Pyrrhicuspes. Mcfure qui entre dans la compohtion
des vers. C'eft on pied de deux lyllabes brèves, com-
me mea.
Pyrrhyql'e. f. f. Pyrrhycha j étoit encore un exercice
& une elpèce de combat de cavaliers , combat lîmu-
lé , & non véritable , 'qui fe faifoit pour exercer la ca-
valerie. Les Grecs l'appeloient encore Troie. Aulu-
Gelle l'appelle û'<;cz/r/i/jj&: c'eft apparemment cet exer-
p cice qui eft marqué fur les médailles pat deux cava-
liers de front , courant la lance baft'e , avec le mot
Decursio dans l'exergue. Quelquefois c'eft un cava-
lier & un homme de pied. Foye^ les médailles de Né-
ron en grand bronze. On nommoit cet exercice la
pyrrhique , parce qu'il avoir été inventé par Pyrrhi-
chus , ou Pyrrhus de Cydon , ou Cydonie, aujour-
d'hui la Canée , qui avoir le premier inftruit les Cre-
tois à aller par mef'ure & en cadence, quand ils mar-
choient en bataille , & à y garder la mefurc du pied
pyrrhique. D'autres dil'ent que ce nom vient de Pyr-
rhus fils d'Achille, qui inftitua cet exercice aux obsè-
ques de fon père. Mais Aiiftote dit que ce fut Achille
lui même qui l'inventa.
PYRRHONIEN, ENNE. Adj. fouvenr employé fubf-
tantiveracnt. Nom de fcète, dont Pyrrhon a été le
chef. Pyrrhonianusj Pyrrhonius. Ce Philofophc fai-
foit profellion de douter de tout , prétendant que les
hommes ne jugeoient detoutes choies que par les ap-
parences du vrai Se du faux. C'eft pourquoi il le te-
noit dans une fufpenlîon perpétuelle d'efprit , fans fe
déterminer, pour ne point juger témérairement. Or
Von a étendu ce nom à tous ceux qui paioiirent dans
PYT
la même fituation d'efprit, & qui mettent tout enquef-
tion. Philofophe Pyrrhonien. Ces gens-la , fous pré-
texte qu'il y a quantité de chofes obicuic- & incer-
taines, ëc pour fe taire un honneur de ne fe lailîcr
pas aller à la crédulité populaire , mettent leur gloire
à foutenir qu'il n'y a rien de certain. Ce mauvais prin-
cipe de pyrrhonilme les préoccupe d'autant plus, qu'il
cft oppolé à la témérité de ceux qui décident de tout.
La moindre lueur 6c la moindre difticulté fufhfent
pour les faire douter des vérités les plus confiantes ;
&c ce n'cft bien fouvent que pour fe décharger de la
peine de les examiner, & de les envifager avec le foin
néceiïaire , pour en appercevoir l'évidence. Les Aca-
démiciens étoient différens des Pyrhoniens , en ce
qu'ils avouoient qu'il y a des chofes plus vraifembla-
bles les unes que les autres; ce que les Pyrrhoniens ne
veulent pas reconnoitrc. Cependant le pyrrhonifmc
que-Momagnea voulu renouveler , n'eftpas une fedc
de gens peiiu.adés de ce qu'ils penfliu : c'eft une fede
de menteurs. Leur cœur ne peut s'accorder avec leur
langue. Ils ne lauroient rejeter de bonne foi ni détruire
l'allurance raifoniiable que l'on a de certaines chofes ,
dont ils ne peuvent douter férieufemenr. Log. Les
Pyrrhoniens en affirmant qu'il n'y a rien de certain ,
étoient les plus décilîfs de tous les Philofophes : car
pour cela il falloir avoir bien examiné toutes chofes
afin de déterminer précifément que tout eft incertain.
Le Cl.
§C? Ce nom s'applique quelquefois à celui qui affede
de douter des choies que les autres regardent comme
les plus certaines. C'eft un Pyrrhonien.
PYRRHONISME. f. m. Dodiine & ientiment du Phi-
lofophe Pyrihcn. Habitude ou aftcdation de douter ,
de tout. Pyrrhonifme hiftorique. Pyrrhonifme fur la |
Religion. Je ne puis diilîmuler que la doétrine répan- I
due dans les écrits de ce lavant homme ( La Moihele
Vayer) paroit tendre au Pyrrhonifme. L'Abeé d'Oli- i
VET. Si le pyrrhonifme étend les droits jufque fur la I
Morale , il ne fauroit être que l'auteur de tous les
maux , & le deftiudtcur de toute fociété. Idem. Pyr-
rhon ne fut pas le premier auteur du f epticilme , mais
parce qu'il rraita cette dodrine plus exadement que
ceux qui l'avoient précédé , on lui en fît honneur, &
on donna fon nom à la fede qu'on nomma Pyrrho-
nienne. Je veux croire que ces Savans n'ont pas eu def-
fein d'établir un funefte/iyrrÀo«///77<". Desfontaines.
L'Hexaméron ruftique & les Entretiens d'Horatius Tu-
bero , font écrits avec une liberté plus que cynique ;
mais où \e pyrrhonifme fe produit avec une franchifc
tout-à-fait extraordinaire. Rousseau. Je fais douter ,
& faire valoir les droits que le pyrrhonifme exerce fur
les vérités les mieux étabhes. 'i our.
PYRRHUS, f. m. Nom d'homme. Pyrrhusétoït dis d'A-
chille &c de Déidamie. Il lut tiié par Orefte. Il y a eu
un Pyrrhus toi d'Epire, defcendu de celui-là. a
P Y S. ■ J
PYSEK. Ville royale du royaume de Bohême dans le
Cercle de Prachin , fur les confins de l'Evêché de Paf-
faw ,'à. 20 lieues de Prague.
PYT. I
PYTAHAIA. f. m. Arbre des Indes qui croît parmi les
rochers, porte un fruit rouge gros comme une orange,
& a le même goût que la grenade.
PYTHAGORE. Nom d'homme. Ses préceptes font une
efpèce bilarre de peintures hiéroglyphiques , réduites
en proportions exprimées à l'aide des lettres , & ont
fans doute été par cette raifon appelées Jymho/es. Ef-
f ai fur les Hiéroglyphes , p. 224. Foyei l'art, fui-
vant.
PYTHAGORICIEN , ENNE. f. &:adj. Nom d'une fede
d'anciens Philofophes qui f uivoient la dodrine de Py-
thagore de Samos , fils d'un Lapidaire qui mourut âgé
de 90 ans , l'année 4' de la 70' Olympiade , c'eft-à-
dire, environ cinq cens ans avant JÉsus Christ. Py-
thagoricus^Pychagomus. On àppeloitiulVi celle iec\e.
PYT
hfecle hiiUque , parce que Pithagore , après avoir
voyagé en Egypte , dans la Chaldee, 6c julqu'aux In-
des pour s'inrtiuire, & étant revenu dans fa patrie ,
mais ne pouvant lourtiir la tyrannie de Polycrate , ou
de Solil'on, lé retira daus la partie orientale de l'Italie ,
qu'on appelait la Grande Grèce, ccit-la qu'il enfci-
gtia; & quil t'ornia l'a Icctc. Habile en tout, il t'icel-
loïc principalement dans les Mathématiques. 11 donna
de n^juvelles règles d'Aiithmétiquc, & perfcdionna la
Géométrie. Il le f'ondoit beaucoup lurlalcience myf-
téiieufe des nombres. Il enléigna le premier la Mé-
templycolé. Il le lit (î fort cilimer par Cx Icicnce , (on
habileté tk. fa vertu , qu'on le regarda comme un
Dieu. Les Métapontins lui érigèrent un temple & des
autels. Cétoit le héros, ou plutôt l'idole de Porphyre
& de Jamblique ; ils l'oppofent à Jésus - Christ.
Ils en font un Dieu defcendu tout exprès du ciel pour
fauvcrles mortels, l'oye^ le P. Baltus Jéluite, Dé-
fenfe des Pères j Z. III j p. 270 ,& fuiv. Apollonius
de Tyane éroit Pythagoruien.
Ç^-PYTHAGORICISME. f. m. Doârine dePythago-
re, des Pythagoriciens. Plan 1 heologique du Pyiha-
goricifme. C'ell le titre d'un ouvrage du P. de Mour-
gues.
PYTHIA. Lieu de Bithynie , où il y avoir des fources
d'eau chaude.
|Cr PYTHIADE. f. f. Terme d'ancienne Chronologie.
Cétoit un efpace de cinq ans chez les Grecs, qui
leur fervoit à coimpter leurs années. Cette (upputa-
tion vcnoit des jeux pythiqucs qu'on célébroit tous les
cinq ans. Depuis que les jeux Pythiqucs furent réta-
bhs, les Grecs comptoicnt quelquefois ço.t pythiades ,
comme ils comptoient par olympiades. Tourreil.
PYTHIE, ou PYTHIENNE. f. f. Prctreae d'Apollon,
ainfi nommée , parce qu'on appeloit Apollon , Py-
thien, Pythia. La Pychie étoit vierge ; on croyoit
qu'Apollon l'infpiroit , & qu'elle rendoit des oracles.
La Pythie s'alfeloit fur la cortine , c'eft-à-dirc , lur le
couvercle d'un vailleau de cuivre qui étoit fur le tré-
pied , & de - là elle rendoit fes oracles , ou plu-
tôt elle cxpliquoit ceux d' Apollon, c'eft-à-dire, qu'elle
récitoit quelques vers ambigus & obfcurs , qu'on pre-
noicpour desoracles. Toutes les Pyr^iej n'avaient pas
le mêrne talent de la poche , ou afTez de mémoire pour
retenir leur leçon. On gageoit donc des Poètes qui
ctoient les Interprètes de Jupiter , <?<: dont Strabon &c
Plutarque parlent.
PYTHIEN,ENNE.' adj. Pytkius, a. Cétoit, i". une
épithète & unfurnom d'Apollon qu'on appeloit ainfî,
parce qu'il avoit tué le ferpent Python, ou, lelon d'au-
tres , "'"•' -r? T-vâTiSa/ , parce que le loleil eft la caufe
de la pourriture , &; lelon d'autres encore, «"o t~
»i/vSa;«,«ai, parce que l'on alloit écouter &confulter fes
oracles. Il y en a qui difent que ce nom vient de ce
que la ville de Delphes s'éroit appelée Pycho. Py-
thius. 2° Il fe difoir de certains jeux appelés jeux Py-
thiens , en latin Pythia , inftitués en l'honneur d'À-
PYX <^7
polloii .1' en mémoire de fa vidoirc fur le ferpent Py-
thon. Ils le célcbroient en Macédoine , dans un lieu
nomme Pythium. Ils étoicnt les plus célèbres après
les jeux 01ympi(iucs , Us croient même plus anciens ;
car on prétend qu'ils furent inllitués immédiarcmenc
après la défaite du ferpent Python. Ils le célcbroient
de deux en deux ans , vers le mois Hlaphébolion , qui
répondoit au mois de Février. (n\ cèlcbroit aufli des
jeux Pythiensi Delphes, & c'étoient les plus fameux.
Il y avoit le chant Pythien.SAca.Axs fut le premier qui
joua à Delphes le cFiant Pythien avec tant de grâces,
qu il réconcilia les joueurs de Hûte avec Apollon Se
qu'on lui érigea un monument dans l'endroit où fe cc-
lébroienc les jeux Olympiques. Paufanias , Baude-
LOT.
PYTHIQUES. adj. m. & f. Les /eux pythiqucs étoienc
des jeux qui fecélébroient en Grèce. Ilsavoient été inf-
titués en l'honneur d'Apollon , pour avoir tué le fer-
pent Python à coups de Héche. Ludi pythlci.
PYTHON. 1. m. Nom d'un ferpent fabuleux , qu'Apol-
lon tua à coups de Hèches. Python. Ce. nom vient de
wi/jrsâa/, qui Çigni'âc pourriture , &: fut donné à ce fer-
pent , parce qu'il fut formé de la pourriture & des
eaux croupies du déluge. Homère dit que ce fut parce
qu'.-iprès avoir été tué , le foleil le pourrit. Il étoit
d'une prodigicufe grandeur. Junon s'en fervit pour
tourmenter Latone , & l'empêcher de mettre au monde
Apollon & Diane qu'elle avoit eus de Jupiter. C'ell
pour cela , & pour venger la mère, qu'Apollon dans
la fuite l'attaqua & le tua. /^oye:?- l'hymne d'Homère
fur Apollon. Ovide , Metam.'Liv. I , v. 441. Stra-
bon dit que c'étoit un Icélérat nommé Draco ; dont
Apollon délivra le monde. Dickinlon , dans une Dif-
fertation intitulée Delphi Phenici^ocutes , Se impri-
mée par Crénius dans fon Fafciculus primus , prétend
que le Python des Grecs, eft le Typhon des Phéni-
ciens, & que le Typhon des Phéniciens, eft l'Og de
l'Ecriture , Roi des Amorihéens orientaux ; que l'A-
pollon vainqueur de Python ^ ou Typhon , eft Jofué.
f^oye'^ aufll le mot fuivant.
PYTHONISSE. i; f. Femme foicièré Se devinerelTe qui
prédit les choies par la fuggeftion de l'efprit mahn.
Pythoiiica mulier. La Pythoiiiffe de l'Ecriture fit pa-
roitre l'ombre de Samuel à Saiil , qui lui prédit la
mort. Les Grecs appeloient Pythons , les efprits qui
aidoient à prédire les chofes futures , Se même les per-
fonnes qui en étoient poflcdées.
PYX,
PYXACANTHA. f. m. ArbrilTeau épineux qu'on ap-
pelle autrement lycium.
Ce mot vient de deux mots grecs ""ç" , buis , Se
âxatix, épine y comme qui diroit huis e'pineux,k
caule que les feuilles de cet arbriffeau reftemblent à
celles du buis, f^oyei Lycium.
Tome Fil.
ly
QUA
QUA
i
<»e2ç^^^i^je==j!Kj5iei5=fis^jS;j5e^jes^~^
:^^ 3 | WtinT- ^:
3?^™^^^"=^*'
Q
Q.
f. m. Lettre confonne , qui eft la
dix - feptième de iiotie alphabet.
On ne Técrit jamais qu on ne
mette un u après, fi ce n'tftdans
quelques mots cù il eft final, com-
me dans coq , cinq , &c. Cette
lettre luivie d'un u fe prononce
allez louvent devant les jj à peu
Piès comme fi on écrivoic coa ,
oacoua; mais devant les o &les u, elle tient le ion du
<rou du k. C'eft une lettre double, au lu bien que le
h, 3c \'x , qui n'eft autre chofe que CU; car l'a figu-
re eft compolée d'un C, & d'un /^rcnverles, jomts
enlemble, qui font le même (on. On s'en pourroic
aulli-bien palier que du k.
Q. étoit chez les Anciens une lettre numérale qui figni-
noit joo. luivant ce vers :
Q. velut A cum D qulngentos vult numerare.
Quand on met un titre au-delfus Q^ il lîgnifie cinq
cens mille. ^
Q, eft le caraûère dont on diftingue la nionnoie fabri-
quée à Perpignan.
Q. ou ^, dans lc5 ordonnances de Médecins figiiifie i
quantité.
QUA. j
QUACHEOR. f. m. Vieux mot. Cheval de bataille.
t'erceval. Borel. Equus bellator.
QUAD. Vieux moi, qui fignifioir. Il A\x. , Ait \ dicit
QUADERNA DISTRUTTA. Nom de lîel!ll éft l'ta-
lien, &fign,fie Quaderne détruite. C'étoit ancienne-
ment une petite viUe d'Emilie, en Italie. Clatcrna ,
Lluema. Ce n'eft maintenant qu'un village du Bou-
lenois , firue fur la rivière de Quadema, à deux lieues
de la ville de Boulogne, vers le levant. Mat y.
QUADERNES. f. m. pi. Terme du jeu de Tndrac ,
dont on le lert quand on amène deux quatre du mê-
me coup de des. Çluaterni numeri. On dit plus ordi-
nairement Carmes.
QUAUES f. m. pi. Anciens peuples de la Germanie ,
dont parle Tacite dans Ion Traité des mœurs des Ger-
mains , chap. 41.
QUAl^IM. Grand village de la Haute-Egypte fur la rive
occidentae du N,l, entre Ellenai & Dandre II eft
remarquable par quanùté d'anciens monumens qu'on
y voit. ^
QUADRAGÉNAIRE, adj. m. & £ Qui contient qua-
rante unîtes. Q..^^r^^.,„^,,,,,. Le nombre quadraoé-
fuTs f '"> V"^"- '^'°'^ S. Auguftin en 'un Tni'i é
fuiS.Jean.Unhomme9^,;<^r^^.,W,>-,, „„, ^
quadragénaire, ou qui a quarante ans. Annos qua-
drasmta natus. "
QUADRAGÉSIMAL , ALE. adj. Terme de Bréviaire.
Quadragejlmus. Qu, appartient au Carême. Q^^^ra-
gejimahs Jeune quadragéfzmal , abftinence quadra^.
Jlmale ku,,qu.dragéftmales. Hors de ces phrafes
11 n elt point d ulage. ^
|C? QUADRAGÉSIME. f. f Prononcez coua , comm»
dans quadragénaire & quad.agéfimal. Terme de B é-
Viaiœ. Efpace de quarante jours. Il ne fe dit que du
Caicme. Ouadragefma. Le Dimanche de la Quadra-
.çe/zT;., eft le premier Dimanche du carême Z»o;^1
nua prima oLdragcfm. ; ainfi nommé pa c^qu i
eft environ !e quarantième jour avant Pâoue.
QUADMAGINTAIRE. C f. Nom de Reliés ou d»
quelque. C.mmumutés de femmes picufes, abolie;
.ly a long-temps. Quudragmtaria. Il eft dic da Lu ne ,
QUA.
Chaite de Philippe I, Roi de France, que les Çuadra-
gintaires ne vivoient pas trop bien. C'eft apparem-
ment ce qui a donné lieu 'a leur deftrudion
' QUADRIN. roy. Quatrain
■ QUADRAN. Foy. Cadran.
QUADRANGLE. f. m. Vieux terme de Géométrie. Fi-
• gure de quatœ côtés , ou qui a quatre angles. Qua-
I drangulum Un carré eft un quadranglc régulier. Un
j trapèze eft un quadrangU incgulier
' QUADRANGULAIRE. adj. m. & f. Qui a quatre an-
• gics ou quatre cotes, {luadrangularis. Les figures
i quadrangulairesn^ font guère propres à la fort.hca-
j ion ; les Hancs & les angles Hanqucs (ont trop petits.
Les figures quadrangulaues ^'^V^dX^niparalleloPram-
mes trapèzes , rhombes , rhomboïdes.
\ QUADRANT. 1. m. Terme Latin. <& d'antiquités Ro-
j marnes , qui a p.ille dans notre langue. Le quadrans
5 etoit le quart de l'as. Foy. ce mot
; Q^.^^^^i^NTAL. f. m Nom d un vafe & mefure des
j choies liquides chez les Romains. Quadrantal. Am-
I pkora. Le quadrantal, que l'on nomma depuis am-
I phora , coiitenoit 80 livres d'eau , qui faifoient 48 fen-
' tiers. ^ t^
QUADRAT. f m Terme d'Aftrologie. C'eft un afpedb
des aftres , quand ils (ont éloignés 1 un de 1 autie de 00
degrés ou d un quart de cercle. Quadratum. L^qL-
dratcA un malin af|,ea, félon les Aftrologues. On
appelle ainii lafpeél de la Lune, loriqu elle paroît en
quartier :_mais on dit plus communément que la Lune
elt dans (es quadratures. Lun^ quadratus afpcUus
QuADRAT, le dit auili dans Mmprimerie , des perits
morceaux de plomb eu de fonte , a.nh appelés de leur
figure canee , dont les Compofiteurs le iervent poux
fane un blanc en imprimant, c'eft à-dire, pour rem-
pirles endroits de leurs formes qui doivent refter
blancs comme la fin des lignes , les intervalles des
itres, &c. Typi informes. Et on appelle quadratins
les .petits quadrats de diifcrcntes aroireuis
QUADRATEUR. i; .,. Quel,aes-lns appdlent amfi
les Géomètres qui ont tache de léfoudre le problème
de la quadrature du cercle.
Ce? QUADRA TIN. L m. Terme d'Imprimerie. Pièce
de ionte de caractère d'Imprimerie. Chaque corps de
ça.-adtereafesî«^,ira.;„^.Les quadratins io.Mà^ la
largeur de deux chilFres. Il y a auffi des demi-qutdrl
tins qui lont de la largeur d'un chiffre.
QUADRATRICE. ad,. &, f. f. Terme de Géométrie
pratique. On dit une ligne quadratnce ou fimpl^
\y^tm m-xt quadratnce. Linea quadratrix. C'eft une
ligne mechanique. qui eft propre à trouver des hgnes
droites égales a la circonférence d'un cercle & aux
difterentes parties de cette circonférence. Quadratrice
mechanique. \L^uaiairue
La quadratrice de iHyperbole eft une nouvelle
courbe inventée depuis peu par M. Perks Anglais de
Great Swinford, dans le Comté de Worchefter, pour
a quadrature de 1 hyperbole. Les TranfadVions Philo-
lophiques en parlent, n. 506.
QUADRATURE (" f. Terme de Géométrie, (pronon-
cez co^^. )Reduclion géométrique d'une figure au
carre; manière de faire un carré égal à une IZ
propolee; une figure carrée qu. contient au jufte\u-
tant de (uperncie qu'un cercle, un triangle, ou une
autre figure Quadratura. Archimède a donné une
quadrature du cercle, c^^ c'eft lui qui en a approché
le p.us près parmi les anciens. tfT Quelques-uns dès
modernes ont employé difiïrentes méthodes pour ré!
foudre ce problème. Peut-être a-t-on raifon de re
QUA
^.iider la chofc comme impolTible. Mais il eft bon
•que chaque fticiicc ait fa chimère. Pour le détail iut
la quadraiurc du ccicle, \oye\ l'Hiltoire des Recher-
ches fur \x quadrature du cercle, par M. de Mon-
TUCLA.
Quadrature, en Aftroiiomie, fe dit du piemicr.l' du
uoifième quartier de la luuc , foit dans le cioillant,
foit dans le décours, loiiqu'ellc eft dans une dilbnce
de 90 degrés du foleil. Pnmus & tcrcius Lurm qua-
drans. Voyez Quadrat.
Quadrature, en termes d'Horlogerie. ( prononcez ka)
On appelle quadrature, la différente manière de conl-
iruélioii dont les Ouvriers (e fervent pour les horlo-
ges , les pendules & les montres. Allembiage des
pièces qui fervent à faire marcher les aiguilles du ca-
dran, & à faire aller la répétition. La quadrature d'une
horloge à lonnerie d'heure, de demi-heure, <k. de
quart. La quadrature d'une pendule à répétition, qui
fonne les iieures, les quarts 6: les minutes de cinq
en cinq. La quadrature d'une pendule qui marque
l'âge de la lune , les jours de la (eraaine , le lieu du
foleil. Se cent autres curiolltés. Les Ouvriers écrivent
ordinairement cadrature. C'ed: ainfi qu'en a ulé M.
Thiout dans (on ftmeux Traité d'Horlogerie.
QUADRE. Foy. Cadre.
<2UADREA. Nom d'un village duFerrarois, fitué fur
le Pô , à deux lieues de Ferrare. Quadrea. Quelque;
Géographes le prennent pf)ur le lieu nommé ancien-
nement Caput Padi , que les autres mettent au villa-
ge de Codegero, luué lur le Fô de Volana, à neuf
lieues au deffous de ferrare. Maty.
§3" QUA13RER. v. n. L'Académie fuit cette orthogra-
phe. ' bv. Cadrer.
QUADRICOLOR. Terme de Fleurifte. Anémone qui a
quatre couleurs, dite à Paris Amaranthe-R égale. Il y en
a de quatre elpèces. La première porte (es grandes
feuilles rouges mêlées de blanc ; (a peluche d'une ama-
ranthe brune, 6c une houpe ou Hjquette rouge au mi-
lieu. La féconde porte (es grandes feuilles toutes rou-
ges, (a peluche amaranthe brune, fa houpe d'incarnat
bordé de blanc. La troifième dite Belle-Françoi(e, a
les grandes feuilles blanches mêlées d'un peu de rou-
ge, fa peluche c(l d'amaranthe brune comme les pré-
cédentes , (a houpe incarnadine. La quatrième a les
grandes feuilles rouges mêlées de blanc, (a peluche
amaranthe brune, excepté le milieu qui efl; incarnat ,
celle-ci efl: la plus rare des quatre, f^oy. encore Qua-
TRICOLOR.
Quadrlcolor &c Qulncolor d'Amiens. Nom de deux
. œillets qui feroient beaux , s'ils étoient détachés &
gros, mais ils font confus & peu larges, & (ujets à
dégénérer, ne (e maintenant pas plus de deux aasdans
la même Heur. Morin.
QUADRIENNAL. Foy. Quatriennal.
QUADRIFOLIUM. f. m- Plante qui a quelque rapport
au trèfle des prés , mjis qui en diffère en ce qu'elle
porte quatre feuilles fur une même queue. Ses feuil-
les font en partie purpurines noirâtres. Ses fleurs font
blanches. Cette plante croit dans les lieux ombrageux.
On la cultive dans les jardins. Elle eft déterlîve, hu-
meétante & rafraîchiilante. On l'emploie intérieure-
ment en décodtion pour les fièvres maUgnes & pout-
preufes des cnfans. Son nom vient des quatre feuilles
qu'elle porte (ur une même queue.
QUADRIGA. f. m. Terme de Chirurgie, Efpèce de ban-
dage. Foye^ Cataphracta.
§3" QUADRIGE. Terme d'antiquité, (prononcez coua-
dri^e. ) Ce mot eft ma(culin ou féminin, plus nom-
mément mafculin. Efpèce de char en coquille monté
fur deux roues, & attelé de quatre chevaux de front.
Quadriga. On difputoit le prix dans les jeux Olympi-
ques avec le quadrige , Se cet u(age paffa des jeux
olympiques aux autres jeux folennels de la Grèce &
de l'Italie. Cette cour(e étoit la plus noble de toutes.
.On voitfouvent au revers des médailles la Viètoire,
ou l'Empereur dans un quadrige , tenant les rênes des
chevaux. Ces monnoies s'appeloient quadrigati ou
vicloriati. he quadrige étoit, félon Cicéron, une in-
vention de Minerve. Hygen l'attribue à Erichthonius ,
QUA ^9
quatrième roi des Athéniens, & Virgile a fulviccfct>-
timcnt dans (es Géoigiques , L. lll , v. Iij. Ef-
chyle en fait honneur à Proinéthée. Tertullien, de
Spcciac. c. Q y dit que chez les Aigiens Trochilus l'in-
venta à l'honneur de Junon, Se a Rome Romulus, à
l'honneur de Aiais ou Quirir.. Adon de Vienne , Chro-
nic. aci. j , prétend que ce fut un ccirain Procidus ,
qui vivoit vers l'établifleniciit du royaume d'Athènes.
Laziardels, IIiJI. Univerf. Epitom. c. 14, dit la même
choie de Triptclcme: enfin Hérodote , L.IF, écrit
que les Grecs le tenoient des Libyens. L'anneau ou le
cachet de Pline étoit un quadrige. Pline, L. XFI Lp. i o.
Il y a fur un médaillon de Marc-Aurele un quu'
drige avec un Jupiter foudroyant , Se aux pieds
des chevaux une figure d homme à demi renvcilé.
M. Vaillant, célèbre Antiquaire, dit que c'eft le Roi
des Quades,dont l'armée fut défaite par une grande
grêle accompagnée de tonnere , qui tomba pendant
que les Romains étoient occupés à boire après avoir
fouffert une extrême foif. Dans L. Verus , il y a au
revers un quadrige qui tire un char où (ont trois fi-
gures.
03" QUADRIJUMEAUX. f. f. Terme d'Anatomie. Af-
fcniblage de quatre nudcles qui fervent à tourner la
cuitlc en dehors.
QUADRILATLRE.f. m. Terme de Géométrie. Il fe dit
de toute figure qui a quatre côtés Se quatre angles.
C'eft pourquoi on l'appelle aullî figure quadrangu-
laire. Prononcez coua. Quand les lignes oppofces font
parallèles , le quadrilatère s'appelle paraUélogranime ,
Sec- Il y a cinq efpèces de quadrilatères , le trapèze,
le rectangle ou carré , le rhombe & le rhomboïde»
Foye^ ces mors.
QUADRILLE, f f. (Prononcez C^t/W//?, & mouillez
les deux //.) Petite compagnie de cavalerie fupeibe-
ment montée Se habillée pour faire des carroulels ,
des joutes , des tournois, des courics de bagues. Se
autres fêtes galantes. Equiturn turma. Quand il n'y a
qu'une quadrille , c'eft proprement un tournois, ou
courfe. Les joutes demandent au moins deux partis
oppofés. Le carroufcl en doit avoir du moins quatre ,
Se au plus douze. NJhaque quadrille eft compofée au
moins de trois cavaliers. Se au plus de douze. Les
quadrilles fe diftinguent par la forme des habits , oU
par la diverfité des couleurs.
Ce mot vient des Italiens, & eft un diiTiinutif de
fquadra , qui eft une compagnie de (oldats rangée &
dreffée en forme carrée : cii fquadrare eft proprement
drejfer une chofe à téquerre , d'où ils ont fait fqua-
driglia. Se nous quadrille. Il n'y a pas fort long-temps
que l'on difoit fquadrille Se efquadrUle.
Quadrille, f m. Jeu de cartes entre quatteperfonnes,
imité du jeu de l'hombre , dont oii obfcrve la plupart
des règles , mais qui en a quelques-unes qui lui (ont
particulières , & qui (e trouvent imprimées dans l'A-
cadémie des Jeux , in-12 , 1725. Le quadrille (ejouc
avec les quarante cartes du jeud'hombre. Les cartes y
ont le même nom, & l'on s'y fert des même termes. Il
fe joue à quatre perfonnes : ce qui lui a fait donner
(on nom, à la différence de l'hombre qui ne fe jous
qu'à trois. Le P. Du Cerceau,/'. joS du Recueil de
fes Pocfies i/z-8°, 1726. a donné une jolie pièce, inti-
tulée : dépit contre le jeu de quadrille. Ce qui n'a pas
empêché M. de Sénecé de fe déclarer pour le qua-
drille contre l'hombre , dans le premier volume du
Mercure de Dec. 1717 ,p- 2yjç , 2jSo.
(C? QUADRILLON. f. m. Terme d'Arithmétique.
Nombre qui contient mille fois mille millions.
QUADRIN. f. m. Vieux mot. Nom d'une menue rnon-
noie, liatd. Teruncius. Nicod. Borel. Le quadrin
eft proprement le denier Romain moderne. Il faut cin-
quante quadrins POUt le jule.
QUADRINÔME./". m. (prononcez couadrinôme.)Teï'
me d'Algèbre. Grandeur formée de l'addition de qua-
tre termes. {KF C'eft aind qu'on dit binôme , trinôme ,
compofé de deux , de trois termes: <?<: généralement,
polynômes, ou multinômes , grandeurs compo(ées de
plufieurs termes. Foye\ ces mots.
QUADRIPARTIT. adj. Partagé en quatre. C'eft un ce.
70 QUA ^
lèbre ouvrage de Ptolomée , commente par Cardan
qui a Lcrit de l'Aftiologie Judiciaire. In quatuor par-
tes divlfus , quadripannus.
^ QUADRII^AHTITION. f. f. Terme de Machcma-
riques. Partage d'une choie en quatre. Quadnpartitïo,
•QUADKISACKAMENTAUX. 1". m. Hérétiques qui
n'adnietcoient & ne reconnoilloient que quatre Sacre-
mens qui étoient le Baptême , l'Eucharillie,l'Ablolu-
tion & l'Ordre de la Prénife. Ces Hérétiques paru-
rent dans le leizième iiède. Quadrifacramcncaks.
<2UADRUP£DE. îfT {Prononcez couadrupède.) Adj.
iouvent employé fubltantivement. Terme d'Hiftoiie
Naturelle par lequel on dillingue les animaux qui ont
quatie pieds, de ceux qui n'en ont que deux, com-
me les oileaux , ou qui n'en ont point , comme les
poiil'ons & les reptiles. Quadrupcs. Parmi les ani-
maux quadrupèdes , il y en a de téroccs & de domel-
îiques. On divile les animaux en oileaux , poillons ,
quadrupèdes j reptiles 6c mlcctes. Les quadrupèdes
font les moins nombreux. Les quadrupèdes lont des
animaux couverts de poil, qui mettent leurs petits vih
au monde &c qui ont quatre pieds. M. Hay , dans fon
Synopjis AniniaiLum , divile les quadrupèdes en qua
drupèdes qui ont de la corne aux pied'.;- Se quadru
pèdes qui ont des ongles ou des doigts. Il divile ces
deux efpèces générales en plulieurs autres particulière
ou (ubalternes. f oye^ Ion Livre , ou le Didionnaiic
des Arts de M. Harris, T. II , au mot Qu/.drupÈde.
fO" QUADRUPLATOR. f. m. Terme latin que nous
ne pouvons rendre que parunepériphrale. Cicerons'en
fert pour déligner un dénonciateur, celui qui accufoit
quel ^u un pour avoir la quatrième parrie des bieir
confilqués lur l'acculé. Quadruplari , dans Plaute ,
faire le métier de délateur , pour avoir la quatrième
partie des biens confilqués.
QUADRUPLE. I. m. ( Prononcez couadruple.) Le mê
me nombre compté quatre fois ou multiplié par qua
tre. Q^uadruplum. L'Ordonnance veut que la peine di.
l'omillion de recette par les Comptables foit le qua
druple. Condemndri quadrupli , ou in quadruplum.
être condamné au quadruple.
QuADK.uPLE, adj. lignifie cequiefl: quatre fois plus grand
en étendue, & en toute forte de quantité. Quadru-
plus , quadruple major. Le jardin que j'ai acquis eft
quadruple de celui que j'avois auparavant; il y a qua
tre fois autant de terre. Vm^t tÙ. quadruple de cinq.
Quadruple , eft aulll une monnoie d'or valant deux
louis , ou deux piftoles , ou quatre demi - piftoles.
Quadruplus. Elle a valu 2.0 , zi ou li liv. &c. Elle
pèle dix deniers li gr.xiiis. Le double quadruple vaiit
quatre piftoles.
Ce mot vient de quadruplum j & partant il faut
dire quadruple , Se non pas quacruplc , comme veu-
lent quelques-uns.
Au Quadruple, adv. Quatre fois autant. In quadru-
plum , quadrupliciter. On lui a vendu cette terre au
quadruple, parce qu'elle étoit à fa bienféance.
§3" Quadruple alliance C'eft un traité 011 quatre
Souverains interviennent , <!<<• forment une ligue ofFen
five ou défenfive. Le traité de la quadruple alliance
fut conclue a la Haye en 17 17, & ligné à Londres en
1718, lez Août. Les parties contraâ:anres turent la
France , l'Angleterre & la Cour de 'Vienne. Cela ne
formoit qu'une triple alliance ; on la nomma cepen-
dant çz/ac/^/j/e j parce qu'on fuppofoit que la Hol-
lande y accédcroit , ce qui arriva en effet. La quadru-
ple alliance fut un effet de la politique du Régent ,
pour prévenir tout ce que 1 Efpagne pnuiroit entre
prendre. Se pour alfurer fon droit a la luccellîon de la
Couronne de France , en cas que le jeune Roi vînt à
mourir.
0C? Quadruple croche. Terme de Mutîque. Note qui
ne vaut que le quart d'une croche, ou la moitié d'une
double croche.
QUADRUPLER, v. a. Ajouter trois fois autant à un
premier nombre. Quadruplicare. Il faut quadrupler
cette fbmme. Il n'avoit que 1 000 liv. de rente , il a qua-
druplé fon revenu , il en a à préftnt 4000.
(Quadrupler , eft quelquefois neutre , & fignifie être
QUA
augmenté au quadruple. Son bien a quaàruplé depuis
qu'il s'eft mis dans le commerce. Acad. Fr. Quadru-
plicari.
ec? QUADRUPLÉ, ÉE. part.
QUAHOÉ. Petit pays d'Afrique dans la Guinée fur la
Côte d'Or , dans le royaume d'Acanibou.
QUAI. 1. m. Conftrudfion de pierre qu'on fait le long
des bords d'une rivière , pour la commodité du che-
min , pour empêcher cu'elle n'inonde quelque ter-
rain, Se pour la conferver dans fon lir. C'eff un gros
mur en talus fondé fur pilotis, Se élevé au bord d une
rivière, pour retenir les rcrrcs des berges trop hautes ,
Se empêcher les d.rbordcmens. Crepido faxea. Davi-
LER. Lapideus adfluvii ripam ag^er , vel crepido la-
pidea. Le quai de la Tournelle , le quai de la Mégif-
ferie. Le peuple fe promène fur les quais. Ils fe font
logés fur le quai pour avoir plus belle vue. Quelques-
uns étendent la lignification de ce mot aux digues &
aux moles.
Ce mot , félon Scaliger, eft très- ancien, & vient de
cayarc qui lignifie contraindre y rejjerrer , en vieux
latin. Borel le dérive de cadere , ou àtcair, qui en
vieux françois lignifioit la même choie. Du Cange dit
que le quai étoit autrefois une place fur le rivage , qui
étoit couveite de quelques pouttes Se de planches en
forme d'une mail on ; que dans la baffe latinité on ap-
pelle c.n'^îj ovL cayum yiiVi chaya ,Se en franc; .i se Ai? j,
ce qui fervoit à mettre à couvert les marchandifesdi;nt
on déchargeoit les navires. Boxhornius le dérive de
l'anglois caéy qui fignifîe une haie on clôture ; ou de
caed y qui lignifie couverture, d'où il dit qu'eft venu
le mot de cayagium , en françois cayage y qui eft un
droit qu'on prend fur les ports des rivières, qu'on ap-
pelle caijfe Se havre dans la Coutume de Normandie.
Qu/.i , en termes de Marine , eft un efpace fur le ri-
vage du port pour la charge Se décharge des marchan-
difes. Agger ad ripam. Il y a un Otiicier ou Commis
fur les ports , qu'on appelle Maître de quai y qui eft
reçu à l'Amirauté, lequel a foin de faire ranger les vaif-
feaux, Se de la police des quais y de marquer le lieu
pour radouber, lefter Se délefter les vaiffeaux, Se de
prendre garde aux bouées , balifes Se tonnes. Il doit
coucher toutes les nuits à bord de l'Amiral , quand il
y a des vaiffeaux du Roi dans le port, fuivant le Ti-
tre II , Livre IV de l'Ordonnance de la Marine.
^fT QUAIAGE. f. m. Terme de Coutume. Droit qui
fe levé fur les marchandifes qu'on décharge fur les
quais.
QUAICHE. f f. Terme de Marine. Eft un kîtiment
ponté qui porte une corne , Se qui eft maté en four-
che , comme l'yacht , ou le heu. Gaulus vcclorius.
QLM.ÏR. Vieille conjonètion. Car. Borel. Nam y enim.
QUAISSE, QUAISSIER , QUAISSON. Foy e^CAisst,
Caissier, Caisson.
QUAKENRRUGGE. Nom d'une petite ville du Cer-
cle de WeftphaUe. Quakemhruga. Elle eft dans l'E-
vcché d'Of'nabrug, aux confins de celui de Munfter ,
fur la rivière de Haff, à neuf lieues de la ville d'Of-
nabrug , vers le nord. Mat y.
QUAKER , QUAKRE , Se QUACRE. On prononce
Kouacre. f. m. & f. Nom de quelques Seélaires fana-
tiques d'Angleterre. Quaherus y Tremulus. La Secfe
des Quakers font des fanatiques que nous nommons
en françois TremUeurs , parce qu'ils tremblent de tout
leur corps en faifant leurs prières. Il n'y a guère de
Quakers qu'en Angleterre ; on dit cependant qu'il y
en a aullî dans les Pays-Bas. Les Quakers s'élevèrent
pendant les guerres civiles du règne malheureux de
Charles I. George Fox , du village de Dréron dans le
Comté de Leyceftre , en fut le chef. C'étoit le fils d'un
Artifan: & il étoit Cordonnier lui-même, ignorant ,
grollîer , fans éducation , fombre & mélancohque. En
travaillant de fon métier il méditoit l'Ecrirure, &r s'en
remplit fi bien , que les difcours n'étoient qu'un tiffu
confus des palfages des Livres faints: fes méditations
& fa vie folitairc augmentèrent la mélancolie. Il fe fi-
gura qu'il avoir des vifions & des révélations , Se s'é-
rigea en Prédicateur. Il feignit des miracles pour accré-
diter fes prédications, auxquelles la nouveauté, & je
QUA
ne fais quel air de dcvorion, ne donnoir déjà cjuctiop
de vogue. Fox propola peu d'atticlesdc foi. llie boi-
noic à )a Morale. Il prêchoit la charité mutuelle , l'a-
mour de Dieu , une attention (oigneule à oblervcr tous
les mouvemcns intérieurs ik (ecteis dcrcipric. Il vou-
loit un culte llmplc , & une Religion lans cérémonies.
Ilréduiloit tout a attendre dans un trille & morne (î-
leucCj linlpiration du Saint-tlpnr , qui faifoit parler.
Les Quakers aft'ettcrent une droiture ik une probité
fmguliéres, un vifage grave ^ l'évcre , un entretien
froid Se lent, pour avoir le temps de bien peler tout
ce qu'ils diloient, beaucoup dehiigalite dans leurs re-
Ïias, & de niodcliicdansleurshabus. Us condamnèrent
es vues intérellecs des Minillres Anglicans. Ils blâmè-
rent la guerre comme une fureur, & le (erment com
me un outrage tait a Dieu, en quelque rencontre cS:
pour quelque jLu;ct que ce loit. Fox lut cmpnioiiné
plus d'une fois, parce qu'il encroit dans les Temples,
interrompoit le Minithe , & cxcitoit le peuple à la ré-
volte. La pitié qu'on eut de Ion extravagance , lui
épargna de plus grands lupplices. Les Quakers nclail-
ferenr pourtant pas de fc multiplier. Us s'enhardirent,
& s'élevèrent contre les Magiftrats , dont ils attaquè-
rent la puillance. Il y en eut un, nommé Taylor, qui
eut l'impiété de louftrir que les dilciples l'appelallent
Fils unique de Dieu , Soleil de juflice , & Roi d'if-
rael , & qu'ci ion entrée dans Briftol ils crialfent, Ho-
fanna fils de David. Crom-Wel fat arrêter Fox & Mar-
guerite Scll (a femme , célèbre dans ia Seéle par les
prédications. OnnepunilToit pourtant pas les Quakers:
pourvu qu'ils promillent de le contenir, on les met
toit en liberté. Tavlor feul fut fuftigc comme blai-
phémateur. On les joua, on les rendit ridicules (urles
thé.itres. Ils le moquèrent également Si des prifons &:
des latyres. Ils formèrent leur Seéfe malgré tout cela.
Ils établirent, i°. un grand recueillement. i°. Des Pal
teurs fans ordination, mais par le conlentement leul
de l'alleinblée, & dont les gages teroient arbitraires.
j°. Ils rejetèrent les prières publiques & les bacre-
mens. 4". Ils embrallercnt l'opinion des Anabatiftes
touchant le Baptême. 5°. Que 1 ame cil: une partie
de la (ubltance de Dieu. 6°. Que jésus-Christ n'a
point d'autre corps que fon FgLle. 7". Que tous les
hommes ont une lumière (uffilante pour le lalur. 8".
Que nous fommes juHifiés par notre propre juftice.
9°. Qu'il n'y a point d'autre vie ni de gloire a atten-
dre hors de ce monde. 10°. Que tout doit être com-
mun; que perfonne ne peut avoir de fupériorité fur
lesautres; qu'ilnedoity avoir ni Maîtres ni Seigneurs.
Ils prétendent qu'ils ont l'efprit de Dieu; de-là quel-
ques-uns infèrent qu'ils font Dieu, d'autres au moins
qu'ils font femblables à Dieu , & d'autres feulement
qu'ils (ont le Chiift. Tels font les principaux dogmes
des Quakers. Barclay les a compris en quinze articles
ou thèfes imprimées à Amftcrdam en 1674 , & a fait
leur apologie. Gérard Croëte imprima en 1695 i'hif-
toire des Quakers à Amftetdam.
Ce mot eft Anglois , & frgnifîe Tremhleur.W vient
de (]uake trembler, & nous nous en fervons dans no-
tre langue.
QUAKEKISME. f. m. Rehgion , fcde , doûrine des
Quakers ou Trembleurs. Quakenfmus.
QUALIFICATEUR, f. m. Théologien prcpofé pour
qualifier, ou déclarer la quahté des propofitions , qui
font déférées à un Tribunal Eccléfiaftique. |Cr On le
dit particulièrement en Efpagne & en Italie des mem-
bres du Saint Office , c'eft-à-dire, de l'Inquifition ,
chargés de déterminer la nature , la qualité & le genre
d'un crime quelconque , déféré à ce Tribunal, de mê-
me que la qualité des propofitions dénoncées. Qua-
Hficator, Cenfor. Un Qualificateur du Saint Office.
Les Qualificateurs ne font point Juges, ils ne font que
dire leur fentiment fur les propofitions qu'on leur pré-
fente. Ce font les Inquifiteurs qui jugent..
QUALIFICATION, f. f. Défignation dune quahté qu'on
attribue à quelque chofe. Qualificatio. On a qualifié
un tel de faufllrire, cette qualification eft injurieufe.
La plupart des chofes ne font eftimces que fuivant la
qualification qu'on leur donne.
QUA 71
QuAtiFicATioK. Déclaration des qualités d'une propo-
lltion erronée. Il en clt d'hérétiques , de mal foiran-
tes , d'oftcnfives des oreilles pieufes, &c.
QUALIFIER, v. n. i'^" Déclarer par une épithtte qu'elle
eft la qualité d'une chufe. Ow qualifie une propolition
d'erronée, de Icandalcufe, d'impie. Cet ouvrage a été
ç«a/(/?e d'hérétique. Ce duel a été qualifie A' i^'z^i-
nat. Declarare.
^j- On le dit dans le même fens des perfonnes, Un hom-
me eft qualifiié àz fourbe, d'impofteur , éc.
Qualifier, en parlant des perlonnes, lignifie aullî attri-
buer une qualité , un titre à quelqu'un. Alors il eft em-
ployé (ans de. L'Arrêt \c qualifiie Ecuyer, Chevalier.
Dans les Lettres du Roi il eft qualifiie Duc. Se quali-
fiier, prendre le titre, la qualité. Il (e qualifie C[\e.\z-
lier , Bourgeois de Paris.
iÇT Dans le ftyle de converfation on l'emploie quelque-
fois avec de. Ses domeftiques le qualifient de Duc ,
de Monleigneur. On voit bien des gens qui (e quali-
fient de Marquis.
QUALIFI£, ÉE. part. pzfT 3ca.dj. ^ppellatus j nuncu-
patus.
On appelle un crime qualifié , un grand crime &
capital. Crimen capitale , énorme , vel ficelus. Une per-
ionnc qualifiée, eft une perfonne d'une noblelTe, ou
d'une quahté diftinguée. Vifiter les plus qualifiés de
la ville. Optimates convenire.
■4^ QUALIi E. f. f. C'ell: en général ce qui fait qu'une
choie eft telle ou telle , bonne ou mauvaile , grande
ou petite , chaude ou froide , &c. rout ce c;ui fert à
nous faire diftinguer une chofe d'une autre, (oit de
même , (oit de différente nature. Qualitas. Beauté ,
laideur, grandeur, petitclle , 6 c. font des qualités.
Ces qualités font primitives ou dérivatives ; & ces
dernières font nécellaires eu contingentes. Les quali-
tés dérivatives nécetlaires, c'elf à dire, qui découlent
des primitives, s'appellent attributs , ik les contin-
gentes , s'appellent modes.
tfy Ce mot conferve la même lignification dans plu-
fieurs phrafes où il eft employé. La qualité des-ali-
mens nuit moins que la quantité. La qualité du venin
nous fait connoître la nature de la vipère. Cet ouvrage
n'eft pas de la qualité requKe, n'a pas toutes les per-
feélions que naturellement il devroit avoir. On dit
qu'un vin a de la qualité ; pour dire , qu'il a une sève
qui le diftingue des vins communs. Les Maîtres du
grand Art dilent que les qualités ne font que les inf-
trumens des formes.
§C? Dans la vieille Philofoplye on appeloit les quatre
premières qualités , la chaleur , la froideur , la (éche-
re(re & l'humidité.
{Cr En Médecine on dit, que le fang pèche en qualité ,
quand il eft cotrompu ; en quantité, C[aM\A il eft trop
abondant.
IJCT Qualités occultes. Termes de l'ancienne Fhilofo-
phie. f^oye-^ Occulte.
Qualité, le ditaulîi figurément en chofes fpirituelles 8c
morales , des dons , des dilpoiitions bonnes ou mau-
vaifes du corps & de l'efprit. Corporis , vel animi do-
tes , qualitates. On ne pardonne guère à un homme
les belles qualités qui lui attirent une eftime générale.
Bell. Souvent les grandes qualités font accompagnées
de grands défauts. Le Cl. Non-feulement on temar-
que des qualités qui paroiflent oppofées dans une
même pcilonne; mais encore il y a des différences dé-
licates entre des qualités qui femblent les mêmes.
S. EvR. Les qualités qui font le plus de bruit , ne
font pas toujours lesplus eftimables. S. EvR. Les bon-
nes qualités nuifent prefque aullî (ouvent à la Cour ,
qu'elles fervent. S. RÉal. Un air biufque & grollier
gâte les meilleures qualités. S. Evr. Céfar avoir des
qualités, que (es envieux faifoient palfer pour des qua-
lités dangereufes à la liberté de la Répubhque. S. Evr.
C'eft une adreffe que de favoir quelquefois déguifer
les bonnes qualités que l'on a. Bell. Souvent il fuffic
d'avoir quelques qualités extraordinaires pour être
l'obier de la médifance. Cii. de M. Il eft a(le^ diffi-
cile d'avoir de bonnes qualités , fans les connoître ,
& fans s'eftimcr un peu foi-même. ^L Scud. Il y a
qt QUA
cent qualités agréables , qui ne font louables que quand
elles font à la fuite des vertus néceflaires à la protel-
fion qu'on a cmbraflée. Idem. Combien voyez-vous
de gens qui ont de grandes qualités j, ik. qui n'ont pas
relies qui font propres à la fociété? Bouh. Les hom-
mes font Il accoutumés à l'agitation & au mouvement,
que les qualités paifibles \k tranquilles ne les touchent
plus. Mont.
fer Qualité , talent. Les tf«a//rtrj forment le caractère
de la pcrfonne ; les talens en font l'ornement. Les pre-
mières rendent bon ou mauvaisj & inHucnt fortement
fur l'habitude des mœurs. Les leconds rendent utile
ou amufant , de ont grande part au cas qu'on tait des
gens.
^Cr On peut fe fervir du mot de qualité en bien ou en
mal; mais on ne prend qu'en bonne part celui derj-
lent. L'homme eft un mélange de bonnes & de mau-
vaifes qualités , quelquefois bizarre julqu'à rallem-
bler en lui les extrêmes. Il y a des gens à talens fujets
à fe faire valoir & dont il faut louffrir pour en jouir :
mais , à cet égard, je crois qu'il vaut encore mieux
elluyer le caprice du renchéri que la fatigue de l'en-
nuyeux.
<*3- Les (jualités du cœur lontles plus effentielles: celles
de l'elprit font les plus brillances. Les talens qui 1er-
vent au beloin fjnt les plus nécelfaires: ceux qui (er-
vent au plailir (ont les mieux récompenfés. On le fait
aimer ou hair par les qualités : on ie fait rechercher
par les talens. Des qualités excellences jointes à de
rares talens font le parfait mérite. Syn. Fr.
Qualité, lignifie aulli un titre qu'on donne aux per-
fonnes, ou qu'elles prennent pour marquer leurs Sei-
gneuries, leurs prétentions. Titulus , nuncupatio , rp-
pellationes , nomma. Le Roi de Pologne prend la qua-
lité de Roi de Suéde ; le Duc de Savoie celle de Roi
de Chypre & de Jerulalem. Le Duc de xVloicovie, &
le Kui d'Eipagne ontune \n'^e. Ac qualités , pour com-
prendre toutes leurs Seigneuries. Le Roi de la Chine
prend \a qualité de Lils du Soleil. Les Seigneurs d'O-
rient lont ridicules dans les qualités qu'ils prennent.
Voici celles du Gouverneur de Schiras. ; Sultan de
Laar & de Jarron, Seigneur d'Ormus , Kerman , Ka-
Jijlan j Prince du Colphe de Perfe , Grand Beglier-
heg , Commandeur de dou^e Sultans , & de (Oooo
chevaux j Efclave de Schach Abas j Protecteur des
Mujulmans y Fleur de courtoifie , Second en gloire ^
Mujlade de confolation , & liofe de plaifir. |K? On
le dit aulfi du titre que prenne les particuliers à caule
de leurnailTance,de leurs charges. La ç^a/^re de Bour-
geois, de Secrétaire du Roi , ôc.
Qualité , le dit aulli pour marquer le rang, la condi-
tion dts pcrlonnes. Conditio , gênas. Quand on dit
abfolument un homme de qualité , c'elt un homme
d'nne noblelTc dillinguéc. Etre de naillancc &■ Ae qua-
lité , lelon les hommes, c'eftêtre né de perlonncs con-
lidérables dans l'ordre du monde. Nie. On tire cet
avantage de la qualité , c'eft qu'à io ans l'on eft connu
&c r^fpeélé comme un autre mériteroit de l'être à cin-
quante ; ce font 50 ans gagnés. Pasc. On élevé le pri-
vilège d'être homme Aequaiité , au-delTus de l'efprit,
& même au-delliis de la vertu. Nie. Célar parloir plus
en homme de qualité que Cicéron. S. Evr.
Tous les jours i à la Cour , unfot de qualité,
Peut juger de travers avec impunité. Boil.
^^ De Qualité, de condition. La première de ces
expreiîions, dit M. l'Abbé Gir.ard, a beaucoup gagné
fur l'autre; mais quoique fouvent fynonymes dans la
bouche de ceux qui s'en (ervent, elles retiennent tou-
jours dans leur piopre lignification le caractère qui
les diitingue , auquel on eft obligé d'avoir égard en
certaines occalions pour s'exprimerd'une manière con-
venable. De qualité tnc\\mt fur de condition ; car on
fe (ert de cette dernière e.xprelTion d.ans l'ordre de la
bourgeoifie , tk l'on ne peut fe fervir de l'autre que
d;>iis l'ordre de la Noblelle. Un homme né roturier ne
fut jamais un homme de qualité ; un homme né delà
robe, quoique roturier , fe dit homme de condition.
*;/• Il femble que de tous les citoyens partagés en deux
QUA
portions , les gens de condition en fafTenrune Se le peu-
ple l'autre , diftinguées entre elles par la nature des oc-
cuparions civiles, les uns s'attachant aux emplois no-
bles , les autres aux emplois lucratifs; & que parmi
Icsperlonnesqui compolent la première portion celles
qui compolent la première portion, loient les gens de
qualité.
Qualité , fe dit aufll pout marquer les emplois qu'on a
dan<; une mailon. Conditio , minijlerium. Il eft entré
en cette mailon en qualité d'Intendant , de Secrétai-
re , de Commis , de Valer-de Chambre, de Laquais.
En Qualité de. Ces mots lignifient , Comme étant ,
In quantum , quâ taie , quia. Il avoit droit à l'empire
en qualité de petit-fils d'.^.ugufte. Ablanc. Il a fait
cela en qualité ^'Echevin. Il jouit de tes privilèges en
qualité de Secrétaire du Roi.
1^ Qualité d' une propofition : Terme de Logique , fe
dit de l'aitirmation 6c de la négation. Quand en dit
que dcuA propohtions tout oppofces en qualité, on
entend que lune eft affirmative & l'autre négative.
Les Logiciens au contrarie appellent quantité des pto-
poiiticnskur univerfahté , particularité ou lingularité.
f'oy. Quantité.
Qualité, enfermes de Palais, fe dit des titres qu'on
prend pour plaider, pour agir, pour établir fcn droit
en quelque chofe. C'eft un titre pcrlonnel en vertu
duquel on exerce quelque droit. Jus , qualitcs. Cette
maifon m'appartient en qualité à' 3.c\\tX(.\ix par dccret.
On lui dilpurc la qualité d'er.fint , de icinme légiti-
me. On a 40 jours après l'inventaue clos pour dcli-
bérer & prendre qualité d'héritier ou de créancier,
de commun en biens. Il a fait cela en qualité de Tu-
teur, de Procureur, d'Avocat. On oblige une veuve,
un héritier, de prendre qualité. Il faut l'aire lignifier
les noms & qualités des témoins ou;s aux enquêtes ,
afin qu'on y fournilfe de reproches.
Qualité , fe dit aulîi dans les procès des demandes qui
(ont formées, & en quels noms elles lont faites. Qua-
litas , fundamenta , rationcs. Tous les jugemens por-
tent , entre un tel demandeur en telle requête, d'un
tel jour, d'une part; Se tel défendeur, ou tel interve-
nant, ô'f. d'autre. Ainli on dit. Le Rapporteur a mis
les qualités de ce procès; pour dire, il a rappoité
les demandes contenues aux règlemens, lur lelquelles
il faut prononcer. On dit aulli , fans que les qualités
puillent nuire ni préjudicier, à caule que chacun les
peut prendre à fon avantage.
§Cr On appelle aulli qualités d'une Sentence ou d'un
Arrêt , les noms de ceux qui loit en demandant, foit
en défendant, ont été parties dans une caule d'au-
dience, avec l'énonciation des qualités qu'ils y ont
priles.
{CT Quand une aft.iire eft jugée à l'Audience, celui qui
veut lever le jugement, fait lignifier des qualités. Se
les donne enluite au Greftier, qui met le prononcé
de la Sentence ou Arrêt au bas de ces qualités j Se
fur le tout s'expédie le jugement. Notificare ,fignifi-
care , intimare qualitates. On s'oppole fouvent aux
qualités , on fait réformer les qualités.
*j Dans un jugement rendu lur appointement , cela
s'appelle , le vu.
QUAM , que. Vieux mot. Ce que. Boéce.
QUAMOCLIJ. f m. Plante dont patient Tournefort,
Ray, Clulius , Gérard, Johnlon & aunes. Elle a été
apportée d'.Amérique en Europe, où on la culrive
dans les jardins. Elle monte & fe foutient comme le
lizeron autour des perches eu des plant'.s vcifines. Ses
r.ameaux lont d un rouge noiwtic. Ses feuilles font
oblongues, allez larges, découpée menu comme cel-
les de la millefeuillc, dilpolées en aile. Sa Heur eft un
tuyau éva(é en entonnoir , à pavillon déccu jé en cinq
quartiers rabattus en étoile d lui très -beau rouge. Il
lui (uccède un fruit oblong qui renferme quatre (e-
mcnces oblongues , dures , noires. Le goût de cette
planre eft douceâtre Si un peu nitreux; mais celui de
Ion fruit & de fes (emences approche de celui du poi-
vre. Cette plante rend du lait. Elle fert d'ornement
dans nos jardins.
QUANCE. Mot Bourguignon (ScCliampenois. Il fi^nifie
fcmblaiic ,
QUA
fembkiit , mine. Faire quance , c'ert: faire mine, fiiirc
(cmbl.inc. On dit d'un honiuie qui (ait bien diiliniu-
1er, qn'ai fai hé U quance. C'cit une corruption du
mot caicncc , cadance j cucince , caiice , qu on a de-
puis, quoique moins rcguiic-rcmcnt, écrit quance. Le
mot chance de mcme, origiiiaiicment chéunce vient
de cadcncia. M., de la Monnoye, ClojJ'aireJurfes
Noels.
QUANCHEU ou Quanccheu (on prononce qunnt-
chcou.) QuANTUNc, ou Canton, Nom d'une des
principales villes de la Chine. Quanchcum , Quan-
tunia, Cantonia. Elle clt Capitale de la province de
Quancung, ou Quanton , &c lituée lur la rivière de
Ta, un peu au-dcllus de Ion embouchure, où elle a
un bon port, fort Fréquenté par les Européens. Quan-
cheu a quatorze autres villes dans (on territoire; on
lui donne de circuit quatre lieues d'Allemagne, qui
en font plus de hx d'une heure de chemin ; elle cit
fortifiée & détendue par deux bonnes citadelles. Elle
a foutenu un liège d'un an contre les ïartares, qui la
prirent enfin par ftratagème l'an 1650. Maty.
QUAND, adv. de temps. Lorique , dans le temps que ,
en quel tcBips. Cùm , quando j dum. Jesus-Christ
n'a pas voulu dire à Tes Apôtres, quand \q monde 11
niroit. Quand je fonge à la misère de l'homme. Quand
viendra le temps que je louhaite r Quand lera-ce ? à
quelle heure ? Quand je penfc que l'av.irice cfl: une
paflîon générale.
{iCT Quand, lorfque , fynonymes. Ce font deux mots ,
dit M. l'Abbé Girard , de l'ordre de ceux que la Gram-
maire nomme conjonctions, établis pour marquer de
certaines dépendances & circondances dans les évé-
nemens qu'ils joignent ; mais quand paroïc plus pro-
pre pou." marquer la circonftancc du temps; & lorf-
que femble mieux convenir pour marquer celle de
foccafion. Ainiî je dirois , Il tant travailler quand on
eft jeuiie; il faut être docile lorfquon nous reprend .\
propos : on r.e laïc jamais tant de folies que quand on
aime; on fe fait aimer lorfquon aime : le Chanoine
va à l'Eglile quand la cloche l'avertit d'y aller; &: il
iaic Ion devoir lorfqu'il aflilte aux Offices.
Cette différence , quoique délicate , n'en elt pas
moins réelle, & fi l'on veut fe la rendre plus fenlî-
ble, il n'y a qu'à lubllituer, dans les exemples qu'on
vient de donner, d'autres termes à la place de quand
& de lorfque; & l'on verra que des exprelîîons qui
ne marquent précifément que la circonftance du temps,
telles que font celles-ci , dans le temps que , aux heu-
res que ^ conviennent parfaitement à la place du mot
quand j & qu'elles n'y changeroient rien au fens ;
mais qu'elles ne conviendroient point à la place du
vciQi lorfque y&c qu'elles y altéréroicni le fens. Au lieu que
des exprelîîons qui marquent d'autres circonftances
que celles du temps, y conviendroient bien à la pla-
ce du mot lorfque :, 3c n'y conviendroient point à la
place du mot quand. Car enfin dire qu'il faut travailler
quand on eft jeune, c'eft dire qu'il faut travailler dans
le temps, & non dans l'occafion de la jeunelle; mais
dire qu'il faut être dociles lorfquon nous reprend à
propos , c'eft dire qu'il faut l'être dans les occafions ,
6c non dans le temps où l'on nous reprend. De même
en dilant qu'on ne fait jamais tant de folies que quand
on aime , on veut dire que le temps où l'on eft amou-
reux eft le temps où l'on fait le plus de folies , Si
non pas que ce foit faire des folies que d'aimer ;
mais en dilant qu'on fe fait aimer lorfqu'on aime, on
veut diie qu'on fe fait aimer en aimant; il n'eft point
alors queftion du temps où l'on fe fait aimer, mais
de ce qui eft propre à faire aimer. Il eft auftî rrcs-clair
dans le troilième exemple que quand lignifie que le
Chanoine va à l'Eglife aux heures que la cloche l'v
appelle ; & (\ut lorfque marque uniquement qu'il fait
fon devoir en alîîftant aux offices, &non qu'il le rem-
plit dans le temps qu'il y alfiftc ; car peut-être man-
que-t il alors en n'y alfiftant pas comme il faut.
^>~j Quand eft encore une elpèce de conjondtion qui
fe met pour quoique, bien que. Quamvis , ctfî.
Quand même, quandWitn même vous le voudriez,
vous ne le pourriez pas. Quand cda. feroit ainfî »
Tome Fil.
QUA 7Î
^J' Quelquefois quand a la même force qncfl. Quand
voui auriez conlulté quelqu'un fur votre ouvrage, vous
n'en auriez que mieux fait.
I^CT Quand & Quand. Exprellîon triviale qui fignifie la
même chofc qu'avec. Simul , unà. Il eft venu quand Se
quand nous. Nohïfcum.
QOaNDKOS. 1. m. Nom d'une pierre précicufe,de
couleur blanche, qui le trouve, a ce qu'on prétend,
dans le cerveau d'un Vautour. Elle palfe pour aug-
m.-nter le lait : mais cette propriété patoit aufti fabu-
Eulc que ion cxiftencc.
QUANGCHING. Petite ville de la Chine dans la pro-
vince de Xantun , au département de Tungthang ,
troifièmc Métropole de la province.
QUANGCHANG. Ville de la Chine. Quangnanum.
Elle eft dans la province dlunnan, aux confins du
Royaume deTunquin, dont elle dépend depuis plu-
fieurs années. Maty.
QUANG PING, Ville de la Chine dans le Pekéli, dont
elle eft la fixième Métropole.
(C?" Il y a une autre ville de même nom, auflî dans le
Pékéii, & dans le rellort de la ville de Quang-ping.
QUANGSI. Nom d'une ville de la Chine, fituce dans
la province dlunnan. Quangfia. Cette ville avec fon
territoire, qui en renferme trois autres , appartient
au Roi de Tunquin. Maty.
QuANGsi, eft aufti le nom d'une province de la Chine ,'
fituée encre celles de Quantung, d'Huquan, de Quei-
cheu , dlunnan, & le Royaume de Tunquin. Quang-
fia. Il y a dans cette province dix villes capitales d'au-
tant de contrées, & foixante dix huit moindres. Quei-
lin eft la capitale de toute la province ; les autres font
Kingyvin, Pinglo, Guchcu , Sincheu, Nanning, Tai-
ping, Suming, Chingan de, Tincheu. Ces cinq der-
nières, avec les contrées qui en dépendent , apparrien-
ncnt au Roi de Tunquin. Le Quaiiff eft la province
où fe fait la belle porcelaine. La matière en eft une
pierre molle &c blanche qu'on réduit en une pouffière
extrêmement fine, & qu'on pétrit avec une eau fin-
gulière, qui eft très-claire & très-nette. On fait les va-
(es (ur la roue ; après qu'ils (ont féchés , on y applique
les couleurs : cnluite on palle fur tout l'ouvrage deux
ou trois couches d'une bouillie tics -fine, faite de la
même matière que la porcelaine ; &c qui fervant de
vernis , augmente la blancheur & l'éclat des vafes ,
qu'on bit enluite cuire à un feu très-lent , comme
nos layances. Au refte, outre la porcelaine blanche,
on en fait encore de jaune , dont perfonne n'a la
liberté de fe lervir dans la Chine que l'Empereur feul ;
delà grife, qui eft fouvent hachée d'une infinité de
petites hgnes itrégulièrcs, qui fe croifentj comme fi
le vale étoit par- tout fêlé. Eirfin on en fait dans la
province de Fokien de noire, qui eft groflière , &
qui ne vaut pas notre fayance. P. le Comte , Nouv.
Mém. de la Chine. Voyer^ la lettre du P. d'Entrc-
coUes. Dans les Lettres édifiances & curieufes. Rec,
XII, p. 2s 3 & fuiv. On écrie aufli Kïajigfi le nom
de cette province.
QUANGSIN. /^qy. QuANSiNG.
QUANGTE. Nom propre d'une cité de la Chine.
Quangtum. Elle eft: allez grande , & aifez bien peuplée,
& fituée dans la province de Nanking, environ à 27
lieues de la ville de ce nom , vers le midi.
QUANGTUNG, CANTON. Ce dernier eft le feul
dont nous nous fervons en François. C'eft la dixième
en ordre des provinces de la Chine , ic la plus conli-
dérable de celles qui (ont vers le midi. Quantunia ,
Quantonica , Cantonia. Elle eft entre celles de Fo-
kien , de Kiangfi , d'Huquang , de Quangfi, & le
Royaume de Tunquin. Elle eft fort fertile & fort peu-
plée , divilée en dix contrées, qui portent les noms
de leurs Capitales , & qui ont fous leur juridiction
foixantc-treize autres villes. Quangcheu ou Canton
eft la Capitale de toute la province dans laquelle on
renferme la petite ile &c la ville de Macao ou Ama-
cao. Maty.
QUANIE. f. f. Vieux mot. Deshabillé, chemife, habic
de chambre. Borel.
74
QUA
'?.
Femme ejl plus coince , & plus mlgnoti
En fa qnanie qu'en fa cotte ;
La qnanie qui ejl blanche
Senefie que douce & franche
EJloit celle qui la vejloit. R. de ia Rose.
QUANPING. Nom d'une ville de la Chine. Quanpin-
ga. Elle ell dans la paitie méridionale de la piovmce
de Ptking. Elle y tient le fixième rang, ik elle a huit
autres villes dans fon territoire. Mat y.
QUANQUAM. f. m. Terme de Collège, emprunté du
Latin, & qui conferve la prononciation Latme, pour
(îgnificr une harangue Latine faite en public, & pro-
noncée d'ordinaire par un jeune écolier, à l'ouverture
de certaines thèles de Théologie. Oratio. Cet enfant
a bien prononcé Ion quanquam. On fait aulli des quan-
quam à la rentrée des ClalTes. Le Régent de Troifième
a fait un beau quanquam. Ce mot vient de la ptépo-
fition Quanquam, qui lignifie. Quoique, parce que
ces fortes de dilcours commencent fouveut par Quan-
quam.
QUANQUAN. f. m. ( prononcez Cancan ) Il n'a guère
d'ufage que dans cette façon de parler proverbiale ,
faire un quanquan , un grand quanquan de quelque
choie , pour dire , faire beaucoup de bruit, beaucoup
d'éclat d'une choie qui n'en vaut pas la peine. Il lem-
ble que ce mot ait été fait par allulion au quanquam,
terme du Collège. Voy. Cancan.
QUANQUE. Vieux mot. Tout ce que. Borel. Quid-
quid. On difoit aulll , Quant que.
QuANQUE. Vieux mot qui ilgnifioit autrefois. Autant
que. BoREL. Quantum , tantum quantum.
QUANQUEST. Vieux mot. Tout ce que. Borel. Quid
quid.
QUANSING.ouQUANGSIN. VilledelaChine.
Quanjinga. Elle eft entre des montagnes fort hautes ,
à la lource de la rivière de Xangiao , dans la province
de Kiangfî, dont elle efl: la troifième. On y fait le
meilleur papier de la Chine , & elle a fcpt autres villes
dans Ion territoire. Mat y. i
QUANT. Prépofition. Quantum ad. Il fc met avec la
particule à , & lignifie pour ce qui eft de. Quant à
un tel article, je n'en dis rien. Quant à moi je fuis
étonné. Quant au rcfte : efpèce de tranfition. L'Aca-
démie admet cette prépofition fans rien prononcer
deffus. On croit pourtant qu'elle n'eft plus du bel
u(age,& que fi Malherbe vivoit aujourd'hui, il ne
diroitpas. Quant à moi, je confulte avant que je
m'engage. M. de Vaugelas permet, quant à nous ,
quant à vous, & condamne feulement, quant à moi :
je luis plus lévère. Toutes ces façons de parler ont
vieilli , &c ne font plus du bel ufage. On dit. Pour
moi de qui le chant n'a rien de gracieux. Mén.
•QUANT, pour, lynonymes. M. l'Abbé Girard regarde
ces deux mots comme très- lynonymes : pour lui pa-
roît cependant avoir meilleure grâce dans ledifcours,
lorfqu'il s'agit de la perfonne ou de la chofe qui ré-
git le verbe luivant ; &c quant lui paroît y mieux figu-
rer lorfqu'il s'agit de ce qui eft régi par le verbe. D'a-
près cette décifion, il faut dire, pour moi je ne me
mcle d'aucune affaire étrangère ; quant à moi tout
m'eft indifférent.
§3" Quant, pour avec. Voye\ Quand -, c'eft ainfi qu'il
faut écrire. Il eft venu quand ik quand nous, & non
pas quant.
On dit proverbialement, fe mettre fur le quant à
moi; pour dire , faire l'entendu , faire le fier , le fuf-
fifant. Sihi arrogare , fe fe jaclare.
QUANTAL. /:"by. Cantal.
QUANTES. adj. f. Ce mot ne fe dit qu'en cette phrafe.
Toutes fois & quantes ; pour dire , toutes les fois que,
autant de fois que. Toties quoties , quandocumque.
Un Gardien établi par Juftice eft obligé de repréfen-
ter le dépôt toutes fois & quantes qu'il lui eftordonné.
Un Oliicier doit venir toutes fois &: quantes qu'un fu-
périeur le mande. Il eft furanné, & admis feulement
en ftyle de pratique.
JOUANTES-FOIS. adv. Vieux mot qui fisnifioic corn-
QUA
h'ien de fois. Quoties. Il a néanmoins encore été em-
ployé par Malherbe.
QUANIIÈME. Adj. m. & f. fouvent employé fubf-
tantivement. Il fe dit lorfqu'on interroge pour la-
voir en quel ordre eft placée la choie dont on eft en
peine. Quotus. La plupart des gens ne favent jamais
le quantième du mois; on foulentend jour. Le quan-
tième elt-il dans la clalle ; Quel quantième de la lune
avons nous ? L'ulage a prévalu, pom quel quantième ,
en demandant le jour du mois, quoique M. IVlénage
l'ait condamné. Corn. Au refte, il eft du dilcours fa-
milier.
|0° QUANTITÉ, f. f. Terme relatif à tout ce qui peut
être mcluré ou nombre : ainfi c'eft en général tout ce qui
peut être augmenté ou diminué ; tout ce qui , étant
comparé avec une choie de même efpèce , peut être
dit plus grand ou plus petit, égal ou inégal. Quan-
titas.
La quantité s'appelle difcrète , quand les parties
n'en font point liées; comme le nombre : Se continue,
quand elles font liées. Alors elle eft ou fuccejfive
comme le temps; on permanente , qui eft l'étendue
en longueur, largeur & profondeur. La longueur feule
fait des lignes ; la longueur & la largeur font les fur-
faces ou la fuperficie; la longueur, la largeur & la
profondeur, font le folide. La quantité continue eft
divifiblc à l'infini. La quantité continue eft l'objet de
la Géométrie. L'Arithmétique a pour objet la quantité
difcrète.
La quantité comraenfurable & incommenfurable
eft expliquée dans le^ixième Livre d'Euclide, & ci-
defliis au mot Ligne. Quantitas commenfurahilis èf
incommenfurahilis. Voye\ Commensurable & In-
commensurable.
Quantité, fignifie aulîî, abondance, multitude , grand
nombre. Afjluentia , ahundantia , multitudo. Il faut
faigner cet homme-là , fon fang ne pèche pas en qua-
lité , mais en quantité. La quantité des viandes eft
nuifible à l'eftomac. Il y aura quantité de vin cette
année; pour dire, beaucoup. Il n'en faut prendre que
jufqu'aune zzïlM\t quantité. Avoir une quantité à'o^
& d'argent monnoyé. Ablanc. Il ne faut pas toujours
conhdérer la quantité , mais la qualité des choies.
Quantité. Terme de Grammaire, eftlamefure desfyl-
labes longues &: brèves qu'il faut obferver dans la
prononciation ; ou la mefure de la durée du fon dans
chaque lyllabe de ch.aque mot. Quantitas , fpatium
temporis , velfyllabd. Defpautère a fait un Traité de
la Profodie, ou de la quantité. Smèce a fait un Dic-
tionnaire où eft marquée la quantité de chaque fyl-
labe. Ce vers pèche contre la quantité. On a ellayé
dans le fiècle palfé de fixer la quantité des mots fran-
çois, pour faire des vers compofés de fyllabes longues
& brèves , félon la méthode des Grecs & des Latins. Jo-
delle en fit un effai , & Palquier après lui; mais fans
fuccès. Palïerat & M. Rapin voulurent tenter la même
choie , (Se ils échouèrent de même. Leurs vers hexa-
mètres &c faphiques ne furent ni imités , ni approu-
vés. La cadence des rimes a été préférée à celle des
fyllabes longues , ou brèves. Pasq. Defportes a aulîî
produit quelques elFais de vers conftruits de fyllabes
longues & brèves: mais cette épreuve ne fervit qu'à
faire l'entir que cette forte de mefure ne compatit point
avec le génie de la langue trançoife. Pour la facilité de
ces fortes de vers , il faut avoir la liberté de tranfpor-
ter les mots dans l'arrangement le plus commode pour
le Po'cte, & pouvoir faire précéder, ou fuivre le fubf-
tnntiflelon le befoin du vers. Or la langue françoife
ne permet point cette fituation aibitraire des mots.
Le Cl.
^fT Quantité d'une vropojltion. Terme de Logique-
C'eft Ion uiiiverfalite, fa particularité & fa fingularité.
Deux propcjfitions font oppolées en quantité , quand
l'une eft univerfelle , & l'autre particulière.
ifT En Phyhquc on appelle quantité de mouvement la.
force du corps , c'eft- à-dire , le produit de fa mafTe par
la vîtelle. Ainfi un corps deux fois aufîi grand qu'un
autre , mu avec la même vîtefTe , aura une fois plus
1 de mouvement que le plus petit ; & li la vîtefîe eft
QUA
QUA
7?
double comme la mafiTc , la quantité de mouvement
fera quadiop'^-
^fj Quelques Philorophcs prctendent que la (juarititc
de mouvement eft toujours la même dans l'Univers ;
que le mouvement que Ditu a créé au commence-
ment du monde cil toujours le même, (ans au;^men-
tanoniii dmimucicn,& qu'il ne tait que palier d'un
corps dans un autre. Il huidroit pour cela qu'il n'y
eût point de mouvement perdu dans la collilion des
corps: ce qui elt évidemment contrane à toutes les
règles du mouvement , & aux principes de la laine Phi-
lofophic, qui nous apprend que des forces contraires
le dctiuilcnt.
gCr La quantité de matière dans un corps cille produit
de la denlitc par l'on vjlume. Foyci Densité & Vo-
lume. Si un corps eft une fois plus dente qu'un au-
tre & occupe une fois plus d'elpace, la quantité ào:
matière fera quatre fois plus gr.mdc. F'oye-^ encore
Masse cS: Poids.
||CJ" On appelle quantités algébriques, des nombres in-
déterminés, le fujet de l'Algèbre qui roule lur leur
cakul. Ces quantités font marquées par les lettres de
l'alphabet : les quantités connues pat les premières let-
tres, & les inconnues par les dernières.
ÇCT On appelle quantités pofitives , celles qui lont au-
delfus du zéro , qui lont précédées ou que l'on fup-
polc précédées du figne plus, figuré ainlî , -h : & quan-
tités négatives , celles qui lont regardées comme moin-
dres que rien, & qui lont précédées du ligne moins,
figuré ainli a -f- h. voilà deux quantiti:s politi-
ves. a b, voilà une quantité •poiiûvc &: une né-
gative.
QUANTO. f. m. Nom d'une des cinq grandes contrées
de l'île de Niplion. Quantoa. Elle ell bornée au cou-
chant par Jetlegen ; &r au levant par l'Ochio -, la mer
la baigne au nord & au fud. On y met neuf Royau-
mes , qui apparemment n'ont pas une fort grande éten-
due. M AT Y.
QUANTUNG. f. m. Nom d'une rivière de la grande
Tartarie. Quantung^us fluvius. Elle coule du couchant
au levant dans le Royaume de Niuche,au nord de la
grande muraille de la Chine , & le décharge dans l'o-
céan oriental, aux confins de l'Iupi. M. 'V^itfen donne
encore à cette rivière le nom àz Schingal ; & il y met
la ville deSchingal vers fa lource, qu'il met au nord
du délert de Xamo. Au relie , quelques Géographes
prement cette rivière pour celle que les Anciens ap-
peloient Bantijus ou BautiJJus ; mais cela n'eft pas
fort certain. Maty.
QUAOQUE. f. m. Sorte d'arbre des Indes occidentales,
qui le trouve dans le nouveau Royaume de Grenade.
Quaoqua arl-or. Il porte un Irruit tort bon à manger ,
de la grolfeur d'un œuf d'oie.
QU'A QU'IL. Vieille phrafe. Tout ce qu'il. Borhl.
Quidiiuid.
QUAPATLL f m. Arbre de la nouvelle Efpagne qui a
cela de particulier, qu'on y trouve une efpèce de vers
velus & rudes , de couleur rouge , longs de deux pou-
ces, & gros commeun tuyau d'orge. QujpatUcana ar-
bor. Les S.auvages les font cuire dans de l'eau jufqu'à
ce qu'ils loientconfumés, & que toute la grailfenage
delfus. Ils la recueillent , & s'en fervent a plufieurs
ulages. Elle appaife toutes les douleurs , en quelque
partie que ce foit du corps, relâche les nerfs retirés ,
réfoud les humeiirs , & étant mêlée avec de la téré-
benthine & du fuc de tabac , elle eft fort bonne con-
tre les hernies.
QUAQUA. Ç. m. pi. Les HoUandois ont donné ce nom
à quelques peuples d'Afrique en Guinée. Ils habitent
le pays d'Adow , & font fournis au Roi de Sacoo.
QUAQUERISME. Foy. Quakerisme.
QUAR. Vieille conjonClion. Car. FiUehard. Bouillus ,
Phillippes Mousk.
Quar il ejioit Marefcaux ,
•£'■ iufa^e:, preux ^ & loyaux. Borel.
QUAR. Vieux f m. qui fe difoit .autrefois pour char ,
chariot. Perce val. Borel. Currus.
. QUARANTAINE, f f. Nombre de quarante. Quadra-
Totnc FIL
draglnta. Il veut avoir une quarantaine d'éci'.S pourfon
pot de vin. Cette femme a bien une quaran'aim: d'an-
nées , elle a atteint la quarantaine. Style fa.-.iilier. Dans
lesaftichesdes deciets,il faut quarantaine. Quadraj^in-
ta dierumfpatium. Et l'intervalle de celui quinzaine.
^CJ" L'opulente quarantaine. Cent mille écus répandus
à propos lui procurèrent l'honneur d'ècre agrégé à l'o-
pulente quarantaine. Les mŒurs. L'Auteur dclîgne
les fermiers Généraux qui n'étoient alors que 40. Le
ma! a bien augmenté depuis ce temps la.
On appelle particulièrement la ^«tfn.-«/-a//zc j le Ca-
rême compolé de quarante jours , pendant lefqucls lE-
glile commande de jeûner. Quadraginta. dicrum jeju-
nium. Il a eu bien de la peine à frire la quarantaine ,
à jeûner julqu'à Pâques. Pour de certains péchés on
impofoit autrefois le jeûne de trois quarantaines.
La quarantaine-\c-Ko\ lont les trêves de quarante
jours oidonnées par S. Louis , pendant lefquelles il
étoit défendu de le venger des parcns Garnis de ceux
qui s'étoient entrebattus , blellés ou utfcnlés de fait
ou de paroles. Dé Lauriere.
Quarantaine, fc ditaulll du féjourde quarante jourî
cu't n fait taire aux gens qui viennent des lieux pclli-
féréSjOU foupçonnéî de contagion, avant que d'être
re^'usdans d'autres villes, pour favcir s'ils n'apportent
point avec eux quelque mauvais air. Per dies quadru-
ginta ab urbeftvaratio.
00° Autrefois les vailleaux demeuroient pendant 40
jours dans cet arrêt. Il retient encore le même nom ,
quoique ce terme foit plus court. l'État a ordonné une
quarantaine de 21 jours pour tous les batimens qui
viendront delà Méditerranée, &c. Style de Gazettes.
Quarantaine , en termes de Marine , cil une petite
corde qui lert à racommoder les autres. Elle eft de la
grolîeur du petit doigt. On l'appelle aullî quarante-
nicr. Punis quadragenarius. Ce menu cordage eft for-
mé de lix,neuf , tic jufqu'à 18 fils.
QUARANTAINS. Teime de Manufiûure de Drape-
rie qui fc dit particulièrement en Languedoc , en
Dauphiné &c en Provence, des draps de laine dont la
chaîne eft compoiée de quarante fois cent fils , qui
font en tout quatre mille fils.
Q'UARANTE. adj. Terme numéral , compofé de qu.a-
tre dixaines. Q^aadragenarius numerus. Moyfe , Elie&
J.Ésus-Christ ont fait des jeûnes de quarante jours.
Les Evêques qui officient , donnent quarante jours
d'indulgences. Dans le Jubilé , dans les calamités pu-
bliques on fait des prières de quarante heures devant
le laint Sacrement. S. Paul dit avoir reçu des Juifs par
cinq fois quarante coups moins un. ffT Moyfe avoir
ordonné que dans la punition des crimes le nombre des
coups de fouet ne palferoit jamais celui de quarante.
Pour le conformer à cette loi , les Juifs ordonnoient
trente-neuf coups de fouet pour les fautes les plus gra-
ves.
Les Prières de quarante heures. Le fervice fut an-
noncé dès quatre heures du matin à la Cathédrale de
Meaux , où il continua julqu'au lendemain lundi ,
huit heures du foir lans interruption. A pareille heure
du même jour les prières commencèrent dans l'Eghle
Abbatiale de Chage, & durèrent julqu'au mercredi
midi. Alors les Cordeliers reprirent , & laclc)ture le fit
dans leur Egliie le vendredi à quatre heures du matin.
Telles étoient alors les Prières de quarante heures ,
dont on a depuis abrégé le fervice Se la fatigue. Hijl.
del'Egl. de Meaux. T. I,p. }Si.
tÇI" Quarante-cinq. Terme de jeu de paume , qui li-
gnifie les trois quarts d un jeu.
*j Avoir quarante-cinq fur la partie, donner, pou-
voir donnet quarante-cinq Se bi/'quek quelqu'un, mé-
taphores tirées du jeu de paume , employées dans le
difcouis familier, pour marquer qu'on a de grands
avantages dans une affaire , oii l'on eft prefque allure
de réullir, ou lur quelqu'un que l'on lurpalle en ha-
bileté.
ri^ Il y a aulîl un jeu de cartes aftez connu qu'on ap-
pelle le trente & quarante.
(cr QUARANTENIER. Terme de Marine. Foy.QvM
RANTA1NE.
Kij
n^
QUA
QUA
QUARANTÎE. f. f. Ce mot fe dit en parlant de la Ré-
publique de Vemfe, &: iignifîe Coût compolé.dc qua-
rante jours, Cxtus , caiTLira , curïa quadragima Judi-
cum. Il y a la Quarantu Civile-vieille, la Quaraatie
'Civile nouvelle , i^ la Quarande Criminelle. La Qua-
rancu Ciiniinelle juge de tous Jes crimes, excepté les
crimes d Etat , qui lont de la compétence du Conicil
^es Dix. La Quarancie Civile- nouvelle, connolt des
appels , des Sentences tendues par les Juges de dehors.
La Quarande Civile -vieile connoît des appellations
des Sentences rendues par les Subalternes de la ville.
Idem.
fiCT A Venifelc grand Confeil a lalégiflation, le préga-
dis, l'exécution , Se les Quarandcs le pouvoir de ju-
ger. 'MoNTESQ.
QUARANTIiiME.adj.de t. g.Nombie A'oïÀ^e.Quadra-
gejlmus. La place oii le trouveroit la dernière des qua-
rante unités, il elles écoicnt arrangées pat ordre. On
ne juge desblerturesdangerculesqu'ona reçues, qu'a-
près le quarandéme jour.
UCT Ce mot le dit aulli de la partie aliquote d'un tout
qui a quarante parties égales. La quarandéme partie
d'un tout. Pars quadragefima.
§Cr D.ins ce lens on ledit fubftantivcment. J'ai un qua-
rantième dans cette entreprile , j'y luis intérelfé pour
une quarandéme portion. En Arithmétique un <;/wrij«-
ûeme s'écrit ainfi ^ , deux & trois quarandèmesdcc.
XS>^. Un quarante-unième , un quarante-deuxième j
Quarantième, f. m. Droits de fermes. C'elT; un devoir
ou droit qui Te levé à Nantes & dans toute ia Prévô-
té , fur les marchanJiles qui palFent devant S. Na-
zaire, & en montant de la mer à Nantes, ou en del-
cendant de Nantes à la mer. Ce droit revient à lix de-
niers par livres du prix de la marchandile. Il eft au
choix du Fermier de la prendre en marchandile ou en
argent.
QUARDERONNER.v.a.TeimedeCharpenterie.C'eft
rabattre les arrêtes d'une poutte, d'une folive , d'une
porte , &c. en y poullant un quart-de-rond entre deux
filets. Davil.
^ QUARDERONNÉ, ÉE. part. Poutre Quarderon-
ne'e, c'eft une poutre lut les arrêtes de laquelle on a
pouffé quelque moulure entre deux filets; ce qui fe
fait moins pour l'ornement, que pour citer leflâfhe.
QUAREÏ TE. f. m. Vieux mot. Charette. Perceval. Bo-
REL. Plaujîrum.
QUARÈME. /^'(lytr^CARÊME.On écritainfi depuis long-
temps. Quadrageflma.
QUAROLE. f. f. Vieux mot. Danfe. Perceval. Borel.
Sahatio.
QUAllRE. Foyei Garre.
QUAiRRÉ. Voye:{ Carré. Orthographe que fuit l'Aca-
démie.
QUARREAU. Foyci Carreau.
QUARREFOUR. /'oje:^ Carrefour.
QUARREL. Vieux f. m. Carreau ou liège. Roman de
LA Rose.
Neis quand fe vouldra foer ,
Aprcjlei il quarel oufclle. Borel.
QUARREL. Pierre, pierre de taille. Vieux mot.
Et clofe erout de haut mur y
Dont II quarel ejloient dur.
D'où vient un cairou. Borel. Voye\ Carreau.
QuARREL. Quarrellus. C'étoit une pierre ou boulet ,
que les Anciens lançoient avec la balifte. Quarfel li-
gnifie carreau , coup de foudre. GtossAiKEdes Poèf es
de Thibault.
QUARRELET, QUARELLURE, &c. Foye^ Carre-
let , Carrelure, &c.
QUARRÉMENT. adv. Fo\e^ Carrément.
QUARRER. Foyei Carrer.
QU ARRETE. Vieux mot. Charette. En Languedocien,
un mafque. Borel.
QUARRURE. Foye^ Carrure.
QUARS. Vieux nom de nombre. Quatrième. De-là on a
du quarçon pour garçon. Et de même on difoit gars ,
çom quar s y c\m a. 14 ans. Borel.
QUART. 1. m. La quatrième partie d'un tout. Qua-
drans, vel quartapars. Un ç^<jrr d'heure. Cette hor-
loge lonne les quarts. Trois aunes & un quart. Quart
de louis. Cette luccellîon s'ell partagée par quart ; il
en a ie quart. Il a Ion quart en cette atFaire. Leur dif-
férent n'eft plus que du tiers au quart. Ils font leur
contrat d'allociation , tous y entreiit chacun pour fon
quart. Pat.
ifj" Dans les ftaftions un quart fe marque par \, tiois
quarts par \
Quart, le dit aulli d'une mefure qui contient le quart
d une plus grande, àla.]uclleil ell relatif. Quadransj
qi.artanus. \Jn quart de navets, ell: juilemcnt leçz/arr
du boilleau. La rneline du quart , par la dernière Or-
donnance de 1669, doit être haute de 4 poUc:cs 9 lig-
nes, & de diamètre de 6 pouces 9 lignes. Il a fait
mettre tout fon vin en quart, c'e/l-à-dire, en petites
futailles qui contiennent le quart d'un tonneau, ou
à-peu-près un demi muid. On l'appelle aullî un quar-
taut.
En termes de Finances, on appelle quart en fus y
une augmentation d'une lomme de fon quart , une
augmentation du quart de la lomme qui le paye avec
d<. outre la fomme même. Quarto pars fupra totum,
La Paulette fe payoit autrefois lur l'ancienne évalua-
tion des Offices , à railon du foixanticme denier, &
du quart en fus. Les luus ont augmenté parleui mar-
que du quart en fus , ont valu quinze deniers, au liea
de douze. C'eft la même chofe que ce qu'on dit en
Ptatique , le parifis ou la crue.
Quart d'Écu, terme de monnoie. Efl: une monnoie
d'argent du poids de 7 deniers, 13 grains au titre de
1 1 deniers , qu'on a commencé à battre lous Henri III.
en ij8o. Quarta pars nummi. lia valu d'abord ly
fous , &c puis 1 6 & alors on appeloit e'cus-quarts, ceux
qui étoient payés en ces quatre pièces valant 64 fous.
On paye encore les épices en écus-quarts ., quoiqu'il
n'y ait plus de cette monnoie; c'eft-â-dire, de valeur
de 64 tous.
Quarts , dans le commerce, fe dit de certaines caifTes
de fapin plus longues que larges, dans lelquelles 01»
envoie de Provence des railms en grappes, que l'or»
nomme Railins aux Jubis.
^CTQLIART, entérines de mâtine. C'eftle temps qu'ttno
partie de l'équipage d'un vailleau doit veiller pour
faire le fcrvice , tandis que le refte dort. On dit aulTi
le ^z/^rr pendant le jour. C'eft: toujoursle temps qu'une
partie de l'équipage ell à faire une certaine- foncflioii
que tous doivent faire tour à tour , chacim dans fort
emploi , foit pour la dcfenle du vaiireau , loit pour 1©
matelotage. Excuhias agere. On dit qu'on fait bon
quart, quand on fait bonne lentinelle. Le quart en
France eft de trois heures & demie , en Angleterre de
quatte, ôc en Turquie de cinq.
Quart de vent, ou Quart de ruaib. Terme de Mer.
Fenti quadrans. C'ell une aire de vent léparée d'une
autre aire pat un arc de 1 1 degrés i 5 minutes ; ou c'eft
la quatrième partie de la diflance qui eft entre deux des
huit vents principaux.
Quart de rond. Sorte de membte d'Architeélure. To-
reuma hemicycllcum. M. Perrault dit qu'on l'appelle
aullî ceufy ou échiné , qui en Grec lignifie hérillon, parce
que ce membre taillé en iculptuie relFemble à la châ-
taigne à demi renfermée dans fon écorce piquante,
dont la figure approche du hérilTon. Les Ouvriers
appellent généralement ainli toute moulure, dont le
contour eft un cercle parfait ou approchant de cette fi-
gure, & que les Aichiteéles nomment Ove. Daviler.
En termes de Guerre, on appelle un quart de rang, ou
quart de converlîon , un mouvement qu'on fait faire
aux foldats pendant l'exercice pour changer la face
d'un bataillon , à qui on a tait faire un quart de cercle.
Motus converfonis. Dé filet par quarts de rangs.
IJC? Comme la troupe décrit un quart de cercle autour
du chef de file de la gauche ou de la droite qui lui lert
de centre, il eft évident que , fi elle faifoit face à l'orieni
QUA
avant l'éxecution de ce mouvement, elle doit faite
face au nord ou au midi , après l'avoir exécuté.
I:ntcrnici de manège , on dit, travailler de quart en
quart, quand un conduit un cheval trois fois de (uite
fur chaque hyne du carré qu'on fe figure autour du
pilier, & qu'un en fait autant (ur les autres litjnci.
A"crc per quadrantem j vcl circum a.^cre.
\\-\ Géométrie,on appelle un quart de noninte.ou un
quart de cercle, un inlhument qui ferr à prendre les an-
gles (Si les élévations , tant fur terre que fur mer , qui
ne; confillc qu'en un quart de ceicle divité eu 90 de-
grés, & garni de fcs pmnulcs & dejbn alidade. Quart a
pars circuit dijlributa in dccadcs feu gradus, quadrans
nonaginta graduum. C'eit la quatrième partie de la
circonférence d'un cercle qui contient 90 degrés qui
font l'ouverture de l'angle droit. On appelle propre-
ment quart de cercle, ou quart de nonante, l'inf-
trument fur lequel l'ont divifés ces 90 degrés, & par
le moyen duquel on peur rapporter fur le papier, tout
angle plus ferré que le droit. Daviler.
En termes de Généalogie , ou dit quart-ayeul, pour
délîgner celui qui eft quatre foisgrand-pere. C'eftfon
^«art-^j du/ paternel, maternel. Quart av us.
Quart de papier. Terme de gens qui marquent le pa-
pier. C'eflla moitié d'une demi-feuille. Quadrans. On
paye fix deniers pour chaque quart de petit papier.
En termes deChairc,on appelle levraut de trois quarts,
ou levraut tcois-quarts , un levraut qui eftprefque par-
venu à la grandeur d'un lièvre. Lepujculus tertiarius.
Quart de Bailliage. Terme de Coutume. C'ell: un
droic dû au Seigneur deChazeron en la terre de Pauzac
en Auvergne par ceux qui font feu S<. réiidence en la
Seigneurie. Galland.
Quart de denier. C'eft le quart du quart, c'eft-à-dire,
la huitième partie du prix d'un Office. Il le paye aux
Parties cafuelles, comme un droit de mutation, dans
lequel le Pioi eft le Seigneur, & celui qui fucccde à
l'Office, le Vairal. Dict. de Droit.
fCF Quart de Soupir , en Mulique. C'eft une "Valeur
de lilence , qui lignifie la quatrième partie d'un fou-
pir, l'équivalent d'une double croche.
Quart, le dit proverbialement en ces phrafes. Il n'a
pas un quart d'écu. Ne ajfem quidcm habet , ne terun-
CLum quidem. Ou il a bien des quarts d'écus ; Habet
multos nummos ; pour dire, il eft bien pauvre, ou il
eft bien riche, il donne au tiers & au quart ; pour dire,
à tout le monde-, à toutes fortes de perlonncs. Médire
du tiers & da quart.
Quart d'heure, f. m. C'eft la quatrième partie
d'une heure. On dit qu on a pallé un mauvais quart
d'heure-, lorfqu'on a éprouvé quelque choie de fâcheux.
QuAs.T d'heure de Rabelais: C'eft-à-dire, mauvais
m jmens à paiFer, femblablesà ceux où le trouvoit Ra-
belais, quand il falloit compter dans les hôtelleries,
& qu'il n'avoir pas de quoi payer ta dépenfe. f^oyez à
la fin des particularités de la vie , au-devant de les
Œuvres , le plaifant ftratagême dont il s'avifa un jour
àLyon, pour fe faire conduire de-là à Paris, fans qu'il
lui en coûtât rien, n'ayant plus du tout d'argent pour
achever fou voyage. Aptes avoir payé certaine fomme
une fois pout tout, on eft exempt de ce defagréable
quart d'heure de Rabelais, & on a le plaifir de fortir
du cabaret fans compter avec l'hôte. Lettres de Ma-
dame du Noyer, T.II.p.226. L'idée de la mort nous
annonce un quart d'heure, qui eft pour tout le monde,
le quart d'heure de Rabelais. Le Petit Père André de
retour de l'autre monde, \-j\6.pag. 12.
DEMI- QUART. La moitié d'un quart. Lever douze
aunes demi-quart d'étoffe , douze aunes d'étoffes & de-
mi-quart. AcAD. Fr.
QUART, TE. adj. Quatrième. Il n'a guère d'ufage qu'en
ces phrafes de Finance, quart denier; Quarta pars de-
narii. Et de Chaffe : Ce finglicr eft à fon quart d'an.
On appelle fièvre quarte, une fièvre qu'on a tous les
quatre jours, qui ne lailTc que deux jours francs; double
quarte , qui revient deux fois dans ces quatre jours ,
qui n'en lailTe qu'un de franc. Febris quartana. 'Voyez
FlÉVRE.
QUARTAINE.adj.f.Epithète de la fièvre quarte. Quar-
QUA
77
taria. On ne s'en fcrt guère qu'en ces phrafes populaires,:
Vos fièvres quart ai nés, quand on fait quelque impré-
catiori contre quelqu'un. Quand on ne joucroit que
des fièvres quartaincs, chacun veut gagner.
QUARTAIRE. f. m. Nom d'une ancienne monnoie des
Romains. Quartarius. Le quart, dre étoit le quart du
denier d'or. Voye^ Lampridius dans Sévère , C. 3 9.
Quart AiRi./'^oyc^r Quarte.
QUARTAL. 1. m. Sorte de mcfure de grains en ufage en
quelques lieux de Ftance, particulièrement dans le pays
de Brcllc, ik. àBcaurcpairc en Dauphiné.
QUARTAN. f m. Terme de Vénerie. On dit langliet
dins Ion quartan: c'eft lorfqu'il a quatre ans. Qua-
drimus.
QUARTANIER. f. m. C'eft ainfi qu'on appelle en ter-
mes de Challe unfanglier dequatie ans. La même chofc
que quartan.
QUART AS. 1. m. Petite monnoie de cuivre dont on fe
krt en Elpagne dans les payemens de peu de confé-
quence.
Cp-QUARTATION. f. f Terme de Métallurgie. C'eft
la même choie qu'inquatt. Foy. ce mot.
QU ARTAUT. 1. m. ( Prononcez Canot. ) Petite pièce de
vin qui contient le quart d un tonneau , ou prelque un
demi-muid. Quarta pars dolii , vel quartarius dolû.
Us lont de diftércntes capacités, félon la diverlité des
lieux. Chez les Allemands, le niuid n'a que quatre
quartauts , îk chez les Angloisilena 32.
C'eftaullîla melure de continence dont onfe fertcn
Bretagne, particulièrement à Nantes pour mefurer les
fels. Cinquante-deux quartauts Nantois font le muid
de fel à Nantes.
QUARTE, l.f. Mefure de chofes liquides , qu'on appelle
en beaucoup d'endroits unpot. Se qui tient deux pintes.
Quartarius. L'héminc tenoit deux quartes ik deux de
ces petites melures que l'on nommoiiacetabula. Voyez
Gregorius de Séipihus Muf. Colleg. Rom. Soc. Jefu,
p. 22. En 1536. le Parlement d'Angleterre fixa le prix
des vins de France & d'Elpagne, les premiers à deux
lous \ii quarte, &c les autres a trois. Larrev.
C'eft aulliune forte de melure de grains, particuliè-
rement en ufage à Briare; elle approche alfez du boiffeau
de Paris; car les onze quartes de Briare font un letiec
de Paris qui eft compulé de douze boilfcaux.
Quarte, en termes de MuliquCj eft un intervalle de
deux tons & demi,foit en montant, loit en defcendant.
Elle eft compolée de trois degrés diatoniques , ou de
quatre ions, d'où lui vient fon nom. Diatejfaron.
L'oâave eft coinpofée d'une quinte & d'une quarte.
La quarte confifte dans le mélange de deux fons, donc
la railon eft de 4 à 3. La quarte lupcrHue eft un faux
accord ou dilfonancej qui eft compolée de la laifon
de 27 à 20, & de 4 à 5. Toute l'antiquité a parlé de la
quarte , comme de la première des conlonances, & ce-
pendant on la tient maintenant pour la plus imparfaite.
La quarte eft fi ftérile, qu'elle n'engendre rien de bon,
ni par la multiplication, ni par la divilion : mais elle
tient le quatrième rang entre les fimples conlonances.
Quarte Canonique^, ou funéraire, eft en termes ds
Jurifprudcnce, ce qui eft dû au Curé, quand fon Pa-
roilllen meurt fur fa Parollfe , Ik fe fait enterrer ailleurs.
Dict. de Droit. Quarta Canonica.
Quarte Falcidie, en termes de Jurilprudence, eft paf
une Loi Romaine le quart des biens que l'héritier pou-
voir retenir, nonobftant les dilpofitions teftamentaires.
C'eft une efpèce de légitime pour les préiomptits hé-
ritiers. Dict. de Droit. On dit aulli Quarte Falcf-
dienne. Voyez l'article luivant.
Quarte TrÉeellienne, plus communément. Quarte
Trébellianique ; en termes de Jurifprudcnce, c'eIt la
quatrième partie d'une fuccelîîon qu'un héritier inftituc
retenoit pardevers lui , quand il étoit chargé d'un fidéi-
commis, qui l'obligeoit à remettre l'hérédité entre les
mains d'un autre. Quarta Trebelliana. La Quarte
Falcidie , ou Falcidienne falloir le même retranche-
ment à l'égard des legs, par lelquels le Tcftateur avoir
cpuifé la fuccertion. C'eft pourquoi on les confond
l'une dans l'autre dans les Loix. Le fidéicommis & Icy
78 QU^
legs étant prefque la même cliofe à l'égard de l'héntler.
f'oye^ Falcidie, ik Trébellianique.
Quarte, f.f. Carre. C'eftaiiifi qu'on écrit maintenant.
f'oye:( ce mor.
iÇT Q U ARTE , rerme dajeu de piquet. C'eft ainfi qu'on
■appeloit autrefois quatre cartes de mcme couleur qu!
fe fuivent. Quarte major. As, Roi, Dame & Valet.
Quartes AM Roi, Roi, Dame, valet & dix. Sec. Quartes
balle, dix, neuf, huit & fept. On dit aujoiirdhui qua-
trième. Quatrième major, quatrième au Roi , à la
Dame, au Valet, quatrième Balle.
Quarte. Terme de Géographie & d'Aftronomie. C'eft
la quatrième partie de l'hémifphère divilé par le mé-
ridien. Quatuor hemlfpherli partes dlvlfji. La quarte
feptentrionale orientale, c'eft la partie qui eft entre le
leptentrion & l'orient; la quarte méridionale orientale^
eft celle qui eft entre l'orient & le midi, &c.
■Quarte, en termes d'efcrime, fe dit d'une manière de
ié mettre en garde, d'alonger ou de porter les bottes,
en tournant le poignet en dehors. Manùs Interlorjle-
xio. Porter de tierce en quarte. Voyez Gar.de.
On appelle aullî t\\^A{ox\,quartc-feulUe, une fleur
qui a quatre feuilles. Tetrafolium. On appelle quelque-
fois, quatrefeudle douhle , celle qui a huit feuilles.
QUARTELAGE. f.m. Nom d'un droit injulle, en veitu
duquel les Seigneurs voloient ou ulurpoicnt la qua-
trième paitie des blés ou des vins recueillis par leurs
habitans. Quartclagium. Voyez Du Cange à ce mot,
&M. deLAURiÉRE, GloJ].
QUARTEMENT. adv. Vieux mot. Quatrièmement, en
quatric-me lieu.
QUAKThN. Nom propre d'un Bourg avec Bailliage.
Quartena. Il eft dans la Suiire, près du lac de Vallenftat,
à deux lieues de Glatis, vers le levant. Le Bailliage de
Ç^ucrten n'eft pas fort grand, iSc il appartient en com-
mun aux Cantons de Claris &: deSuitz. Matv.
QU ARTENIER, ou Qu artinier. f. m. Ofticiet de ville,
qui a un cettain quartier de la ville alîîgné , où il fait
exécuter les ordonnances <:<c les mandemens de la Ville.
11 a fous lui deiixCinquanteniers, & 4 Dixainiers. Ur-
bicx re^lonls Trihunus, ficarlus^Prsfeclus. L'Office
de Quartenier e&ivae. voie sûre pour parvenir àl'Eche-
vinage.
fer Ce nom vient de quartier, parcequ'anciennement la
ville de Patis étoit divifée en quatte parties ou quartiers :
& quoique le nombre des quartieis ait été augmenté
tlepuisj on a confervé le nom de quartinier au quar-
lemer à chaque OfHcier prépoté pour avoir loin de
chaque quartier.
A chacun le fien c'eft jujiice .*
A Paris fei^e Quaiteniers :
A Montfaucûnfeqe piliers j
C'ejl à chacun fon bénéfice. Sat.MÉnippÉe.
On appelle fur la mz'i Quart enlers , ou Maîtres de
quartiet,uuCompagnons de quartier,les quatreCfticiers
qui commaiident tour à tout à ceux qui font le quatt,
comme les Caporaux dans un corps de garde. Quater-
narÏL magifiri^ vel quaterniones.
Quarter, enfermes d'efcrime, c'eft ôteifon corps hors
de la ligne; ce qui fe fait en pirouettant ou tournant le
corps comme fur un pivot , pour fe défendre des pâlies.
Corpus fleclere.
QUARTERON. 1. m. Compte qui fait le quart d'un cent.
flginti quinque, vel centenarïi quadrans. Quanarlum.
Un quarteron d'abiicots, de poires, eft compofé de 16,
lavoir, de 1| qui eft le quatt d'un cent, &c d'un qu'on
donne par-deifus. Demi-quarteron, c'eft tteize,dont
le treizième eft compté poui le pardeilus. Un quar-
teron d'épingles.
QuARTrRON, (e dit aulll des poids, & lignifie le quart
d'une livre. Quarta pars. Un quarteron d'épices, de ce-
riles, de homage. Chez les Batteurs d'or on appelle
aullî quarteron d'or un livret qui contient 15 feuilles
d'or ou d'argent battu. Vicenâ, auri hracleoU. Voyez le
Dii^. de Commerce.
Du Cange dérive ce mot de quartaronum , ou cartaro-
num , qu'on .a dit dans le mcmç fens dans la balfe La-
tinité.
QUA
1
dz mot fe dit encore d'une mefure qui tient le quart du
boilFcau. Dans quelques endroits on nomme cette me-
liue le quart, mais dans d'autres on Ait quarteron. Il y
a des endroits en Noimandie où le boilLeau de blé pelc
julqu'à cent vingt livics, \zquarteron en pcfe trente. Les
pauvres gens y achettent le blé au quarteron, 6c non au -
boilleau, ni à la lomme. ■
On dit proverbialement d'une chofe qu'on eftimc,
qu'on ménage , qu'il n'y en a pas trois douzaines au
quarteron. Surit magnipretû.
Quarteron. Dans la Couru.me de Poitou, c'eft la
gagncried'un bœuf. /^qy.BESLY, Hifi. des Comtes de
Poitou, p. i'. & p. I yo.
Demi-quarteron, f. m. La moitié du poids d'un quar-
teron. Il lignifie aullî la moitié d'un quarteron dans les
choies qui le vendent au poids ou pat compte. Acad.
Franc.
QU A RTERONÉ. f m. & f. Terme de Relation.
C'eft le nom que l'on donne au Pérou a un enfant né
d'un Elpagnol & d'une Metice ou Mulâtre. Les Quar-
teronés (ont petit- fils d'un Elpagnol & d une Indienne
du Pérou , ou d'une NégrelFe. -
QUARTIER, f. m. Une partie d'un tout divifé en quatre, m
Quarta pars. Un quartier d'agneau , de bœuf, de mou- 1
ton. Le quartier de devant, le quartier de derrière. ■
Quartier, en termes de marchandifes de bois, le dit
quelquefois par oppohtion à du bois qui n'eft point
Icié ou fendu; ainli l'on dit du bois de quartier ou du
bois de pied.
Quartier, fe dit plus patticuliètement à l'égard des me-
lures. Un quartier de tetre, de pré , de vigne: c'eft le
quart d'un arpent. Jugerl, pratl ^vitis quadrans. Un
quartier de toile, de lerge, de ruban, c'eft le quart
d'une aune. On dit aullî, \t quartier A'\inz vente ,A'\in
terme, d une jenlion; pour dire, cequiefttchu pen-
dant trois mois , ou le quart de l'année. Il a mangé Ion
quartier avant qu'il l'ait reçu.
Quartier, eft aullî une mefure de grains en ufage à
Motlaix en Bafte-Bretagne. Les 18. quartiers font le
tonneau de Morlaix, qui eft de dix pour cent plus fort
que le tonneau de Nantes.
Quartier, chez le Roi & les Princes, eft le fervice
qu'on leur rend durant trois mois , ch.7cun lelon la
charge. Trlmeflre munus. Il y a des Gentilshommes,
des Aumôniers ordinaires & d'autres de quartier. Il fe
dit aullî par extenfion de tous ceux qui font allîdus
auprès des gens à qui ils plaifcnr. Le Chevalier. ... eft
prélentement de quartier chez la Marquile. ... La Br.
Quartier, fe dit aullî de plufieurs parties de choies qui
ne iont pas divilées juftement en quatre. Frufiu'um.
Un quartier de pain. Un quartier de poire, d'orange
de Portugal. On a fendu cette grolFc bûche en huit ou
dix quartiers. In diverfas partes dlfcerpta.
On dit figurément fe mettie en quartiers, pour dire,
faire des eftorts extraordinaires. Je penfe que pour moi,
s il étoit néceiraire, elle fe mettroit en quartiers. Bens.
Quartier, feditaulîî dans ce lens,des parties du foulier
qui couvrent les talons. Cakel poflerior pars.
çC? QUARTIER, en tetme de Matéchcllarie , fignifie
les côtés du fabot d'un cheval compris entre la pince
& le talon de patt & d'autre. Equlni cornu latera. Il
y a des quartiers de dedans & Ae% quartiers àe dehors.
On dit qu'un cheval a fait quartier neuf , quand il a
renouvelé un de fes quartiers qu'on avoir été obligé
de couper, à caufe de quelque mal qui y éroit lurvenu.
itTLes Selliers appellent quartiers d'une Selle, les pièces
de cuir on d'étofte qui Iont attachées aux dsux côtes
de la Selle, & fut leiquelles portent lescuilFes du ca-
valier. Pars ephippii.
^CFEn rennes de corroycurs, drelFer un cuir de quatre
quartiers , c'eft le plier des quatre côtés de patte en
patte. Le drelFer des quatre faux quartiers , c'eft le
plier des quatre coins, un peu en biaifanr.
§^Chez les tailleurs on appelle quartiers <Xha!o\t ou de
vefte les quatre morceaux principaux qui en forment
le corps, les deux devans &.Tes deux derrières.
Quartier, lignifie aullî de gros morceaux de pierre.
On a fair une jetée dans la mer avec de gros quartiers
de roche. Les Vitelliens rouloicnt de gros quartiers de
QUA
pierre. Abianc. Ou le dit audl des pierres de taille
diJiu il y en a certain nuiiibrc a la voie.
Qu.4RriERj en terme de Guerre, cft Iclieii allîgné à cer-
taines Troupes pour vivre , loger & camper. Locus de-
fignatus. Le quartier du Roi cft celui où le Roi loge &
campe en perlonne; ou en fon ablence celui duCîc-
néral. On fait des lignes de communication pour
joindre les quartiers de l'aruiée. Les quartiers d'un
iiLge lont les principaux campemens qui fervent à
boucher les principales avenues d'une place.
QuAn.TitR, Te dit aulli des logeniens qui Ce font à la cam-
pagne, & hors les lièges. Mun'uioncs (Iruere. Ce Gé-
néral a étendu l'es quartiers bien loin. L'ennemi eft
vcriU qui lui a bien fait reirerrer Tes quartiers.
Quartier, (e dit aullï des foldatsqui gardent ces cam-
pemens. Cajlrorum mctationis cujlodes. On a enlevé
Ac\i\ quartiers des ennemis.
Quartier d'hiver, ellie lieu qu'on aflîgnc aux Troupes
pour palier l'hiver, & aulîl le temps qu'on demeure en
ces logemens, &c les avant.iges qu'en tirent les Capi
laines. Hiberna, vel hibernacula. On a mi« ce Régi-
ment en quartier d' hiver dans cette petite ville. Le
quartier d'hiver ne durera que quatre mois. Chaque
Capitaine tirera du moins mille écus de ion quartier
d'hiver. En Eipagne on donne aulIî des quartiers d'été
QuA:i.riuR DE rafraîchissement, ell: un pays gra^,
abondant en vivres ik en fourrages où l'on envoie des
Troupes fatiguées, même pendant que la campagne
dure, pour fe rétablir Se le mettre en état de l'achever.
P'iriuni rejlaurationis locus , vel fati^ati exercitûs re-
feciio. On a envoyé- la cavalerie en quartier de rafrai-
chillement.
Quartier d'assemblée , eft le lieu ou aendez-vous
qu on donne aux Troupes pour s'allembler, & poui le
mettre en marche. Editus ad conveniendum locus. On
donne aulli des quartiers pour le logement des Ve-
neurs , des chiens & de l'équipage de la Vénerie.
Quartier, lignifie au îi le bon traitement qu'on promet
à des Troupes qui le rendent, qui mettent les arme-.
h^s. Conditio , compqfino. Les ennemis ont demandé
quartier. On n'a point voulu donner de quartier à ces
rebelles, on a tout pallé au fil de l'épée. Cette façon
déparier vient de ce que lesHollandois Se les Efpagnoli
étoient autrefois convenus que la rançon d'un foldat
fe paieroit dun ç^arfzcrde fa paie: de forte que quand
on ne vouloir point les recevoir à rançon, c'étoit qu'on
refuloit les orfres d'un quartier de leurs gages.
Quartier, (e dit en ce lens par extenlion de toutes les
autres affines. Les uluriers ne donnent point de quartier
à leurs débiteurs, ils les font payer a jour nommé. Un
plaideur ne donne ni délai, m quartier à f'es parties, il
pourluit à la rigueur. Je ne iaurois boire davantage,
donnez-moi quartier. Les abfens y font alTallincs a
coups de langue, &l'on n'y donne quartiers perfonne.
ScAR. Demander quartier. Tout cela eft du Style fami-
lier.
Quartier-Maître , en termes de Marine, efc unOfîicier
marinier de Manœuvre qui aideaumaitre & au con
tiemaitrei qui a foin de faire monter les gens de l'éqni
page pour faire le quart, de faire prendre & krguer les
jis des voiles , de veiller fur la propreté du vaiïleau &
fur la conduite des matelors. Navarchi vicarius. On
l'appelle Schieman enHolLmdois.
Quartier-Mestre. C'eft aufù le Maréchal des Logis
d'un Régiment de Troupes étrangères Allemandes,
Angloifes ou Hollandoifes. Contubernd militaris mc~
tator. Le Quartier-meftre Général , efî le Maréchal de;
logis de l'Armée.
Vent de quartier, efl le vent qui ne fouiîle pas en
poupe, mais un peu à coté. Fentus laterilis. C'eft le
meilleur de tous les vents, parce qu'il donne dans toutes
les voiles; au lieu que celui qui donne en poUpc eft
empêché d'y donner par les voiles de l'artimon.
Quartier, en termes de Blafon, fignifîe unÉcud'Armoi-
ries. Scutum , fcutulum. Il faut feize quartiers pour
prouver la Nobleffe de quarte races dans les Com-
pagnies où l'on n; reçoit que des Nobles. Ce mot de
quartiers qu'on demande pourles preuves de Noblelle,
vient de ce qu'autrefois on mcttoit fur les quatre coins
QUA
-79
d'un tombeau les Écus du perc & de la mere,de l'ayeule
du défunt. On voit en i landre & en Allemagne des
tombeaux, où il y a 8. 16. & 51. quartiers, '^ua. tiers
en ce t'ens font les dirférens chefs defquels ondefcend^
foit du côté du père, foit du coté de la mcre.
Quartier, le dit aulli des parties de la première divifioni
qui fe fait d'un hcuécartelé. Arcâ. jcutarut pars. Au
première quatrième quartiersWfxnunt de France; au
fécond Se iroiiième quartiers deJérufalem (:<cc. On die
aiilli un quartier tiercé en faice ou en pal. Un franc
quartier, eft un quartier qui elt feul, & qui fiit une
des parties honorables de l'Ecu.
Quartier, en Afhonomie , fe dit de.la quatrième ^mûc
du cours de la lune. C'eff le ciiangement qui fe fait
dans la lune au bout de fept à huit jours. Ou.'dr,.ns.
Nous fomnies au premier, au fécond quartier de la
lune. Cette gelée durera tout le quartier.
Cf3°QUARTlER Anglois, ^m quartier de Davis, nom
d'un inftrument qui fert fur mer pour prendre la hau-
teur du foleil, ainfi app.'lé du nom deZJjvi^ Anglois,
qui l'inventa.
rCT QUARTIER de réduction. Nom d'un inftrunienc
dont on fe fert pour réduire pkilieurs problèmes du
pilotage parles triangles Icmblables. C'eft une efDcee
de carte marine qui repréfente le quart de l'horifon,
un carré dans lequel eft iiifcrit un quart de cercle,
avec plufieurs transverfales qui le coupent à Angles
droits, 6c qui en /apportent les degrés & les divifions
aux côtés de ce carré.
(Quartier, fignifie auffi un certain canton ou divifîou
d'une ville. Urbis regio. C'eft un des principaux bour-
geois de notre quartier. Nous fommes logés dans des
quartiers fort éloignés. Le Commiilaire du quartier e.(k.
rOfïicier de police qui a foin de la faire obibrver dans
fon voilinage. Nous fommes de même quartier. Ils
demeurent dans deux quartiers bien éloignés l'un de
l'autre , 1 un au quartier de S. Roch , 6c l'autre au quar-
tier du iVlarais. Cette ville efl divifée en tant de quar-
tiers. Chaque (^i/itjrrier a fon Capitaine qu'on appelle
Capitaine du quartier. LePiieur des Capotions fe die
le Chef & Colonel des quatorze Rions eu quartiers
de Rome. Mafcur.p. i j ^. Qi^ijm^r fe dit de plufieurs
îles enfemble léparées d un autre quartier par une ri-
vière ou par une grande rue, comme les vingt quartiers
de la ville de Paris. La ville de Rome a été plufieurs fois
divifée difFjiemment en quartiers, appelés régions,
fui vaut fon accroiflement, comme on le peut remarquer
dans les Topographies d'Aurelius Victor , d';"'nuphre
Panvinius, de Marillan, dePyrro Ligorio,de Boiflard,
& autres Antiquaires. Daviler.
tfT Quartier^ fe dit auiîi pour une certaine étendue
de voifinage, & de ceux qui habitent dans ce quartier;
j'ai bonne compagnie dans mon quartier, dans mon
voifinage. Cette nouvelle fît mettre tout le quartier
fous les annes.
On dit lîgurément. Mettre l'alarme au quartier, don-
ner l'alarme au quartier; pour dire , débiter quelque
nouvelle qui donne de l'inquiétude à ctux qui y ont
intérêt. Et l'on dit, l'alarme efl au ^//<7rr.!fr, pour dire,
on efl fort inquiet dans cette maifon, dans cette famill; ,
dans cette fociété. Il eft du flyle familier. Acad. Fr.
On dit aulli familièrement qu'une femme efl la ga-
zette du quartier , nunciorum puhiicorum pr&co ; pour
dire qu'elle eft curicufe d'.apprendre, & de débiter
toutes les nouvelles de fon quartier.
Quartier, fe dit aùllî des lieux éloignés, des provinces,
des royaumes. Ret;io , provLncia , plaga. Cet homme
a voyagé en plufieurs quartiers , il a vu plufieurs royau-
mes. Mandez-nous des nouvelles de vos quartiers. J'irai
peut-être faire un voyage en ces quartiers-la.
Quartier tournant , terme d'Arciiitcdure. C'eftdans
un efcalier un nombre de marches d'angle, qui parleur
colet tiennent à un noyau. C'eft ce qu'on peut entendre
dans Viîiuve parle mot inverfura. Daviler.
Quartier de vis suspendu; c'eft dans une cage ron-
de une portion d'efcalier à vis fufpendue, pour raccor-
der deux appartemens qui ne font pas de plain pied.
Daviler,
Quartier DE voie. On appelle ainfî les groffespieircs.
So
QUA
QUA
dont une on deux /ont la charge d'une charrette attelée
de quatre chevaux. Daviler.
fC? A QUARTIER. Faconde parler adverbiale, qui
fignihe à paie , à l'écart. Seorsùm , fcparatim. Tirer
quelqu'un à quartier ^oxii. lui donner un avis. Prelien-
■dere aliquem folum. Mettre de l'argentà quartier "pont
des beloins particuliers.
QUARTIEliE. r. f. Melurc pour les grains dont on fc
iert dans quelques heux d'Angleterre, particulièrement
à Nev/calile. Il faut dix quartures pour faire le laft.
§Cr Dix gallons pour faire la quartiere. Le gallon pèle
depuis 56 jufqu'à 61. livres.
ICTQUARTILE, Adj. Terme d'Aftronomie ou plutôt
d'Aftrologie , qui n'eft guère d'ulage que dans cette
phiafe, quartïle afpccl , pour dire, l'alpcd: de deux
planètes éloignées l'une de lautie de trois lignes, ou
90 degrés. On dit plus communément quadrature.
^QUARTINIER. f. m- C'cft .amii qu'écrit l'Acad.
Voy. Quart fcNiER.
Îk-QUARTO. Mot tiré du Latin que l'ufage a rendu
François. Il (e dit des livres dont les feuilles îont pliées
en quarte. Il a imprimé tous les ouvrages in-quarto.
C'eft un grand in-quarto^ un petit in-quarto.
QUAKTOÙECIMANS. f". m. Nom d'anciens Héré-
tiques, ou plutôt Schématiques, qui célébroient tou-
jours la Pâque le 14. delalune.avec les Juifs,en quelque
férié que ce jour tombât, au lieu que le plus grand
nombre des autres Égliles la célébroient le dimanche qui
fuivoit le quatorzième jour de cette lune. TejJ'arefcai-
decaticA. Quartodecimani. Les Ahatiques furent fort
attachés à cette opinion, prétendant être appuyés fur
J'autorité de S. Jean qui avoit été leur Apôtre. Ils ne
voulurent jamais obéir au P.ipe Vidror qui fut fur le
Ï)oint de les excommunier j parce qu'ils refufoient de
ui obéir. Quelques-uns croient même qu'il les excom-
munia véritablement : mais il ell plus vrailemblable
qu'il fe contenta de les en menacer. Polycrate Evcque
d'Ephèfe écrivit une lettre tics-forte au Pape Viftor &
à l'Eglile de Rome au nom de tous les Evêques d'Afie,
où il explique au long l'uf.îge de ces Egliles à l'égaid de
la célébration de la Pâque ; & il alfuroit qu'ils fui voient
en cela une tradition conilante , à laquelle ils n'avoient
rien ajouté, étant toujours demeurée la même chez eux
depuis Saint Jean quiétoit mort à Ephèle. Le Pape Vic-
tor, qui ne fur point content de cette réponfe de Po-
lycrate, le mir en étar de les excommunier comme des
gens contraires aux fentimens reçus dans toute l'Eglife;
mais plulieurs grands Evêques écrivirent à ce Pape
d'une manière forte, l'avertilfant de ne pas rompre la
paix de l'Eglile, &: de ne pas excommunier les Afia-
tiques, qui croyoient garder en cela leurs anciennes
traditions. S. Irénée Evêque de Lyon, fut un de ceux
qui écrivirent àViclor, ik. qui lui donnèrent des avis
fages & modérés fur ce lujet. foy. Eus ebe, Hift. Eccl.
l. J^. C.24. S. Ephiphane, hdLrél. fO. & les notes
duP. PÉtau fur cette hérélie des Quartodecimans.
Quelques uns dilent Quartodécimain. Nonobftant
la dccilîon du Concile de Nicée il relia des Quartodc-
cimains attachés opiniâtrement à célébrer la Pâque le
quatorzième de la lune, entre auttes les anciens Schif-
matiques en Méfopotamie. Fleury.
QUAR'TONAT. f. m. Mefuie d'arpentage, dont on fe
fert en quelques endroits de la Guyenne. Elle eftplus
ou moins grande (uivant les lieux.
QUARTOT. 1. m. Mefure qui contient deux pintes.
C'eft la même chofe que quarte. Men. Quartarius
modulus. On écrit Quartaut. Voye\ ce mot.
QUARTOYÉ, ÉE. Vi'cux adj. Terme de Coutume. De-
voirs quartoyés &quintoyés dans la Coutume d'Anjou,
fe dit j lorf qu'étant baillés en allîette, trois font eilimés
en valoir quatre, 6i quatre en valoir cinq.
fer QUARTZ, f. m. Terme de Minéralogie, emprunté
de l'Allemand & adopté par nos naturaliftes françois
pour défigner une pierre dure de la nature du caillou
ou du criftal , qui le trouve fouvent dans les mines.
Cette pierre fait feu quand on la frappe avec de l'acier,
&febrife en morceaux.
QUASERETE. f. f. Vieux mot qui fignifioit autrefois
pannier d'ofier. Borel. Calathus vimineus.
QUASL adv. (Prononcez Ca/?. ) Peu s'en faut, prefque.
Quaji , ferè , fermé , penèj propè , propemoduin. 11 ell
quaji jour. Nous lommes qaafî arrivés. Je l'ai quaji
deviné. (CTM.Patru apprcuvoit alfez ce mot, tk.
trouvoit qu'on ne devoit faire aucune difficulté de s'en
fervir; lurtout dans les difcours de longue haleine. Mé-
nage «ïc Corneille penloient avec Vaugelas que quaji
n'ellplusdu belulagc; & que cependant il fe peut dire
en certains endroirs, même avec quelque grâce, comme,
ij n'arrive quaji ']Mwtà^ ^prefque^ difent ils , ne feroirpas
li bien là. Le P. Bouhours trouvoit que ce mot avoir
encore vieilli dépuis Vaugelas , 6t. qu'il ne voudroic
pourtant pas le prolcrire tout-a-fait. Malgré toutes ces
critiques, de bons Auteurs ne font point difficulté de
s'en lervir. Je ne me laille pas emporter aux haines
publiques, que je lai erre qui^f. toujours injuftes. Voit.
L'amour n'a quafi jamais bien établi fon pouvoir,
qu'.après avoir ruiné celui de notre raifon. S. Evr.
Nous femmes à la campagne, où nous menons quaji
une vie paftorale. Font. Ni la valeur de ce Prince, ni
les qualirés héroïques ne Iont qu.ifi pas des exemples
pour nous, ranr elles font élevées au-dellus de nous.
Le p. Bour. Ce n'cft quaji }^a.s la peine de vous le dis-
puter. Pasc.
Qv A^i-cot^TRAT , ou Pre/que-contrat. Terme de Jurif-
prudence. i/CTCellun laitpar lequel deux ou plufieurs
perfonnes fe trouveiu obligées lune envers l'autre,
quoiqu'elle n'y aient point donné leur conlentement.
Qtiajî contraclus. Il faut dans un contrat, le confen-
tement mutuel des Contraélans; au lieu que par un
Q^uaji-contrat , l'un peur être obligé à l'autre , lans
avoir donné Ion conlentement au /ait par lequel il fe
trouve cbligé. Par exemple. J'ai fait vos affaires en
votre ablence, & fans votre procuration; elles onrfuc-
cédé à votre avanrage. J'ai aâion courre vous pour ré-
péter ce que j'ai débouric , & vous avez aétion contre
moi , pour me faire rendre compte de mon adminiftra-
tion. Cette Jurilprudcnce a éré introduire pour la con-
lervation des biens des abfens. Dict. de Droit. Les
aélions civiles fonr celles qui naillent d'un conrrar ou
d'un Quaji -contrat. Injluut. au Droit. Fr. T. II.
p. 426.
QUASI-CRIME , ou QUASI-DELIT. M. Ccurtin die
le premier , & le Dictionnaire de Droit le lecond, qui
cft le plus en ulage. Terme de Juritprudence. Adior»
de celui qui caule du dommage, ou fair du mal , fans
en avoir la volonté. Quaji-crimen. Quafi-delicium.
La réparation du quaji-delit conlifte dans le payement
des dommages & intérêts.
4cr QUASI-MILITAIRE. Adj. Pécule quafi-miHtalre,pe-
culium quaji-cajirenfe. Terme de droir civil par lequel
on exprimoir chez les Romains le pécule qu'un fîls de
famille avoit acquis au barreau qu'ils appeloient mi-
iuia togata. Il avoit été introduit ad injlar du pécule
militaire.
QUASIMODO. Terme de Bréviaire. C'eft le dimanche
de l'odtave de Pâques, ainll marqué dans le Bréviaire.
Ce nom lui vient du ptemier mot de l'Inrroïr de la
MelFe qu'on dirce jour-là. Quaji modo genitiinfantes.
On l'appelle nviffi Pâque clos, à claudendo. Au refte,
ce terme eft aurant de l'ulage ordinaire, que reiiTiede
Bréviaire. On dit tous les jouts la Quajimodo , ou à
la Quajimodo.
On dit proverbialement de ceux qui demandent uii
long terme , qu'ils renvoyenr les gens à la Quajimodo.
On recommence à plaider, à fe marier, le lendem.iia
de la Quafimodo,
(p-QUASI-PUPILLAIRE. adj. Terme de Jurifprudenca
qui fe dit de ce qui approche de la nature des choies ré-
tives à un pupille. SnhUiiinùon quaji-pupillaire. De-
niers quaji-pupillaires.
QUASSER. Vieux Verbe aûif. Chaffer. De-là viens
caÇfa en Languedoc. Borel. C'eft encore une pronon-
ciation Picarde.
Et cil dedans Ji ne cuidajfent^ ,
Que cil defors ne les quaffallent. R. de la Rosé.
Ce:rQUASSIA , ou bois de QUASSI. Arbre commun
dans
QUA
ilans les forets de Sunnam,& tianfportc en Eiuopc. Son
bois, qui a une tiès-giaiidc amcirume , a les qnalucs
de tous les amers. On prétend qu'on l'emploie avec
Tuccès dans les fièvres. On le prend en poudre, en pi-
lules ou en élettuaire.
QUASTELLE. l'.f. Gauvin appelle ainfi la Caftille pro-
vince d'Elpagne. Gifl'dia. Un cheval de Quajiclk.
Le cheval fus quoi ïelfcoit.
Etoït un baucmtde yuaitcUe. Gauvin.
QUATAS. f. m. Petite mefure de Portugal pour l'es li-
quides. C'eft le quart du cavadas, environ un demi-
fcpticr.
QUATERNAIRE, adj. Le nombre quaternaire eft un
nombre qui a plulieurs propriétés. Quatetnarius nu-
merus. Nombre de quatre.
QUATERNITÉ. f.m. Terme dogmatique, go^" qui fi-
gnifie l'unité de quatre. C'eft dans le même fens que
l'on dit Trinité. Pierre Lombard avoir avancé cette
propolition : qu'il y avoir en Uicu une choie qui n'en-
gendroit ni n'étoit engendrée, ni neprocédoit; & qui
n'éroit ni Perc , ni Fils , ni St. Efprir. L'Abbé Joachim
prétendit que cette propolition alloit à établir en Dieu
une quaternité, au lieu d'une Trinité.
QUATORZAINE. f. f. Terme de Jurifprudence. Ef
pace ou durée de 14 jours. Quatuordecim d'ierum
tempus , fpat'ium. Les criées ou publications de biens
(aifis réellement, (e iontAt quator-{ainezn quator^aine,
par quatre Dimanches dans les Paroiffes où ils lonr li-
tués. C'eft-à-dire, qu'entre deux publications on doit
laiirer palfer un JL)imanche. Ce terme (e dit donc au
Palais de l'intervalle dans lequel on fait les criées des
biens qu'on décrète; & on les appelle même en pays
de Droit Ecrit , les quatre quator^aines. Quatuorde-
cim dierum intervallum.
QUATORZE, adj. numéral. Quatre unités ajoutées à la
dixaine. Quatuordecim. Sept & lept font quatorze. La
mefure du muid de Paris , eft de quatorie-\'ins,is pin-
tes. Les Rois de France font majeurs à quatorze ans.
§C? Ce motelt quelquefois employé pour quatorzième.
Le quatorze du mois , le quatorze de la lune , d'une
maladie. Louis le Grand eft Louis quatorze.
On appelle , rente au denier quator-^e , une confti-
tution de rente en vertu de laquelle on retire tous les
ans , pour les intérêts de l'argent qu'on a placé , autant
que vaut la qo-itorzième partie du capital. Quatorze
mille francs au denier quatorze j portent mille francs
d'intérêrs. Acad. Fr.
Quatorze, f. m. Au jeu de cartes, c'eft quatre cartes
hautes de même figure, qui valent au piquet quatorze
points. Quatuor charte luforid majores ejufdemfigu-
rx,. Un quator-^e d'as, de rois, font les quatre as, les
quatre rois. Ce dix me fait une quinte & quatorze.
Quatorze, (e dit proverbialement en ces phrales. Faire
en quinze jours quatorze lieues; c'eft à-dire, faire peu
debelogne chaque jour. Parùm in die operari. On dit
aulfi, chercher midi à ^uuror^-e heures, lorlqu'on cher-
che une chofe où elle n'eft pas , qu'on veut rafincr mal-
à-propos , & chercher des difficultés où il n'y en a
point. Nodum in fcirpo quttrere.
QUATORZIÈME, adj. de r. g. Nombre ordinal, qui
iîgnifie la place qu'occuperoit la dernière de quatorze
unités , fi elles étoient arrangées dé fuite. Decimus-
quartus. C'CT La quatorzième année. Le quatorzième
jour. Il étoit le quatorzième du nom. Et fubftantive-
ment, le quatorzième ^'çow.à^nt , le quatorzième jour.
On dit d'un malade, qu'il pourra aller jufqu'au qua-
torzième ^ à caufe qu'on tient que c'eft' un jour criti-
que. Le quatorzième de la lune , eft le jour où elle va
entrer en fon plein.
fer Comme lubftantif, il défigne encore une partie d'un
tout divifé en quatorze partie égales. 11 eft pour un
quatorzième dans cette affaire. Dans les frattions , un
quatorzième s'écrit aiiili ^, deux quatorzièmes,-^ ,
r^y&C.
fj;3' QUATRAIN , mieux queQuADRAiN. f. m. Petite
Ïiièce de pocfie, ftance , couplet de quatre vers , dont
es rimes font prefquc toujours croifecs. Geininum dif-
Tome FIL
QUA
81
tichum. Le caraâicre des cjuatrains eft fimple & grave.
On les compole d'ordinaire en grands vcis , &c ils onC
un (ens détaché les uns dLS.uitres. Pibrac eft plus con-
nu par les quatrains de morale qu'il a laits , que par
les AnrbalLides, tï<: par- les grandes aft-ures qu'il a né-
gociées fous le Roi llemi 111.
Ce mot , en parlant d un lonnct , veut dire ilmple-
ment quatre vers. Rythmus tetrajVuus. Le lonnet eft
compofé de deux quatrains Se de deux tercets. Les
deux quatrains d'un fonnet font ordinairement fur
deux rimes lemblables.
// veut qu'en deux quatrains de mefure pareille ,
La rime i avec deux fons , frappe hua fois l'oreille.
13oiL.
Quatrain , fe dit auftî d'une ancienne monnoie qui
valoir un li.ard. Teruntius. On dit encore , à l'imita-
tion des Italiens , je n'ai pas un quatrain ; pour dire ,
je n'ai point d'argent.
^CFQUADRALVOS. Terme de relation. Les Efpagnols
donnent ce nom dans les Indes à ceux qui font nés
d'un Efpagnol & d'une Métiire,ou d'un Métis &
d'une Efpagnole , comme ayant les trois quarts d'un
Efpagnol & le quatrième d'un Indien. C'eft la même
choie que quarteroné.
QUATRE, adj. Nombre qui ajoute une unité à celui de
trois; c'eft deux fois deux. Quatuor. Lc^ quatre élémens,
les quatre points cardinaux de l'horilon , les quatre
mendians , les quatre humeurs, les quatre laifons. Ti-
rer à quatre chevaux, c'eft à-dire , écarteler.
En terme de Manège, on dit travailler (ur les qua-
tre coins , ou faire les quatre coins ; c'eft- à dire , taire
, faire au cheval un rond , ou deux , au tror ou galop ,
fur les quatre angles du carré qu'on fe figure autour
du pilier , au lieu de la voire circulaire. Equum cir-
cum agere per quatuor angulos.
On dit proverbialement , quatre à quatre j & le refte
en gros. Quaterni , citteri conglobatim. On dit auftî
d'un homme furieux & emporté, tant dans fa colère,
que dans la pourfuite de quelque chofe, qu'il fait le
diable à quatre. On dit aulli qu'un homme fe iTict
en quatre pour fcrvir fes amis, quand il emploie tout
Ion pouvoir pour les obliger.
On dit aulli, qu'un homme fe fait tenir à quatre ,
quand on a de la peine aie contenir. Onditaufli, qu'on
a couru les quatre coins Se le milieu de la ville: pour
dire , qu'on a bien fait du chemin pour quelque af-
faire. On dit auiîî , marcher à quatre pattes, quand
on marche avec les mains Se les pieds. On dit aulli ,
marcher quatre de fronr. On dit d'une femme qui af-
feâe d'être toujours fort ajuftée, qu'elle eft toujours
tirée à quatre épingles. On dit aulîi, crier comme qua-
tre. Faire du bruit comme quatre :, pour dire, beau-
coup.
Faut-il vous le rebattre
Aux oreilles cent fois , & crier comme quatre;
Mol.
Quatre, fe dit aulîî avec l'adjondlion d autres nom-
bres. Quatre-v'm^is. Ocloginta. Quatre cens , quatre
mille, &c. Quatuor millia. On ^mMS\,quatre-y m%x-
dix, au lieu de nouante. f]CF Sur quoi il faut remar-
quer que quatre-\'m%\.'i s'écrit Toujours avec un j- ,
quand il n'eft pas fuivi d'un autre nombre, quatre-
vingt'^ hommes, ^-.varre-vingts ccus; & fans j .quand
il eft fuivi d'un autre nombre auquel il eft joint: qua-
r/s-vingt-deux , çaarre-vingt- trois , quatre-^m%x.-àin.
hommes, (Se.
Quatre, fe met aulîî pour quatrième. Henri quatre.
En parlant des Chambres du Parlement , on appelle
la quatrième des Enquêtes , la quatre. Il eft Confeil-
1er de la quatre. Acad. Fr.
Qu^.TRE Nations. Collège fondé à Paris en 16^1 ,par
le Cardinal Mazarin , poui l'éducation & l'entretien
de foixante enfans originaires des pays conquis par le
Roi: lavoir, quinze de Pignerol & delltalie, qnin7e
d'Alface , vingt de Flandres, £c. Se dix du RoulLl-
Sz QUA
>.îon. ColUgium auatuor Natlonum. On l'apiielle auflî
ie Collégi MLi\îirin.
Quatre Offices , appelés par les Flaiiians J^kr Am-
hachan , ce qui ilgnilie la même chofe. Quatuor Of-
Jicïa. C'eit la pâme orientale de la Fiandie Hollan-
doife. Elle eft: entre le pays de Waes , & l'embou-
chure occidentale de l'Efcaut ; & elle comprend qua-
tre Territoires ou Offices, qui (ont Boclioute , AlFe-
nène , Axel & HullL Ses lieux principaux (ont le Sas
de Gand, Hul(t, Axel, Tcncule, &: le Fort Philippi-
nes. Mat Y.
Quatre QUINTS , eil une efpcce de légitime couru-
mière des biens propres, dont il n'eft pas permis en
paysCoutumier de difpofer au préjudice de fes héri-
>tiets. M. le Brun en (on Traité des luccelllons , L\v. II,
ch. 4, fait voie que ce qu'on appelle communément
légitime coutumihe iVeii pas une véritable légitime.
-QuATHE-TEMPs. Terme de Bréviaire. Jejumum quatuor
temporum. Ce font <des jeûnes commandés par l'E-
gliie, aux quatre laifons de l'année , où il (auc jeûner le
Mercredi, Vendredi, & Samedi de lalemaine. Quatre-
teinps , Vigiles, jeûneras. On donne les Ordres (acres
aux Ouatre-tcmps. Le Pape S. G claie fait mention des
Quatre- temps, 8c rapporte des prières des Quatre-
temps dans (on Sacramentaire.
Quatre Villes Forestières. Les quatre villes aux-
quelles on donne ce nom , parce qu'elles font dans la
Forêt noire, font Rhinfeld, Scckingue, Laufembouig
& Waldfchut. Quatuor urhes filvatïc&. On les trouve
le long du Rhin , entre B.île l\: Zurzack. Ces villes
avec leurs territoires , que l'on renferme dans le Bri(-
gav/, (ont de l'ancien Domaine de la mailoii d'Au-
triche.
^fT Quatre, eft aullî fubftantif. Un quatre en chiffre ,
ou un quatre de chitite , eft le caractère qui marque
en chiffre le nombre quatre. Il (e marque aullî en chif-
fre Romain, IV, & en Arabe , 4. 4 eft le premiernom-
bre carré fait de la multiplication par 2 par lui-même.
^fJ Au jeu de cartes le quatre eft la carte qui eft mar-
quée de quatre cœurs , de quatre carreaux , é-c. un qua-
tre de trèrte , de pique , &c.
ÇCF Au trictrac le quatre eft la face du dé qui eft mar-
quée de quatre points. Amener un quatre.
ÇCr Au même jeu les deux çz/arre s'appellent ^«tZf/tT/ie^ ,
plus communément carmes.
§3" On appelle aullî quatre de chifre , une petite ma-
chine dont on te (ert pour prendre des rats 6c des lou-
• ris.
{JCT QuATRE-BANDE. f. m. Terme du jeu de billard.
Efpèce de doublet dans lequel on bloule la bille de
fon adverfairc , après l'avoir fait toucher aux quatre-
handes. Faire un quatre-bande.
QUATRICOLOR. Terme de Flcurifte. Tulipe à ^z^^-
tre couleurs , qui (ont couleur de feu , colombin cnar-
gé, chamois & blanc (aie, ou jaunillaiit. Morin.
QUATPJÈME. adj. numéral d'ordre. Quartus. Ce mot
eft de quatre (yllabcs. Qui vient en rang après trois au-
tres. Voilà la quatrième année que j'ai Ihonneur de
vous voir. C'eft la quatrième clalle , la quatrième
chambre des Enquêtes.
§Cr Quatrième , eft aullî fubftantif. Ainfi l'on dit le
quatrième du mois, de la lune, &c. pour dire , le
quatrième jour.
(fT Au jeu, on dit nous voilà trois, nous attendons un
quatrième , pour dire, un quatrième joueur.
ÇCF Au Collège on appelle un quatrième , un écolier qui
étudie dans la quatrième claffe , qu'on appelle aullî
fimplement la quatrième.
^fZf On dit audî la quatrième des Enquêtes , pour dire ,
la quatrième Chambre.
§3° Au Piquet on appelle quatrième , quatre cartes de
même couleur qui (e fuivent, quatrième major. As ,
roi , dame & valet. Quatrième au roi , à la dame, au
valet. Quatrième hajje.
Quatrième, f. m. (îgnifie une partie d'un tout divifc
en quatre parties égales. Quarta pars. J'ai mon qua-
trième dans cet héritage , dans cette (uccedion.
C'eft aulTi le nom d'un droit que le Roi levé dans
la Province de Normandie fur le vin, le cidre & |es
QUA .
autres liqueurs qu'on y boit. Dans les autres Provin- ™
ces on ne paye que le huitième-, mais en Normandie
on paye le quatrième.
Pour la taxe du huitième y
Je la paîrai fans chagrin j
Pourvu que le quatrième
Sou ùte fur le vin.
QUATRIEMEMENT, adv. En quatrième lieu. Quarto^
quart ùm, vel quarto loco.icàis quatrièmement que...
QUATRIÉMEUR. f. m. C'eft le nom qu'on donne en
Normandie , aux Commis dans les Aides , à caulc
qi'.e dans cette Province on paye le quatrièiTie du vin
(5c des autres liqueurs qu'on y boit , à la ditîérence
des autres Provinces où l'on ne paye que le huitième.
Les Quatriémeurs ont pris ce Cabaretier en fraude ,
(Scen ont drclfé leur procès-verbal. Les Quatriémeurs
exercent les Cabareticrs & autres Débitans, du moins
une fois par jour , peur éviter les remphllages, & au- jM
très fraudes qui fe ccmmettent. ~
QU ATRIENN AL , mieux que QUADRIENNAL. Qui
revient a chaque quatrième année. Quatriennalis. Un
Officier quatriennal , eft celui qui n'eft en exercice
que de quatre ans en quatre ans. Fondion quatrien-
nale.
{CJ* L'office quatriennale , eft celui qui eft divifé
entie plulieurs titulaires, dont chacun n exerce c;ue
de quatre ans en quatre ans.
fcCF On le dit aullî lubftantivement de la charge & de
l'Ofticier. On a (urpris les Quatriennaux.
QUATRINOME. f. m. Terme d'Algèbre. Les gr.andeui3
complexes (ont appelées quatrlnomes fifi.M\à elles (ont
compo(ées de quatre termes, a -^ b -\- c -\- d z9i wxi
quadrinome qu'on prononce, û plus b, plus c , plus*/.
QUATROUILLE. ('. m. Terme de Vénerie. C'eft un
poil mêlé qu'ont les chiens parmi leur principale cou-
leur.
QUATRUPLE. Voye\ Quadruple. Quadruplum.
QUATUMO. Foye^ Quehatumo.
ÇCr QUATUOR, f. m. Terme de Mulîque. C'eft aiiiTi
qu'on appelle un morceau de mulique qui a quatre
parties récitantes.
QU ATUORVIR. f. m. Magiftrat Romain, qui avoir trois
Collègues dertinés avec lui aux mêmes fonûions, ou
à la même adminiftration. IIIIVIR , ou Quatuorvir.
C'étoit à des Quatuorvirs qu'on donnoit la charge de
conduire , & d'aller établir les Colonies que l'on en-
voyait dans les Provinces. Quand il arrivoit quelque
accident , ou quelque affaire dangereufe, on créoit des
Quatuorvirs , avec commillîon de veiller à ce que la
République ne fouffîît point de dommage. Il y avoir
des Quatuon'irs qui avoient foin de l'entretien 5c ré-
parations des chemins; c'étoient les Voyers de l'Em-
pire. Quatuorviri viarum curandarum , Quatuorviri
curât ores viarum. Ils furent établis par un Sénatus-
confulte ; parce que les Cenfeurs , qui auparavant
étoient chargés de ce loin , n'y pouvoient vaquer , à
caufe de la multitude des affaires dont ils étoient ac-
cablés. Il y eut des Quatuorvirs Officiers Monétaires du
temps de Jules Célar.
QUAUHCONEX. f. m. Quauhconex. AïhxeàeXWe. de
S. Jean de Portorico, d'une bonne odeur. Si qui a le
tronc gros, & d'une matière dure &folide. Ses feuilles
font femblables à celles du grenadier. Sa (leur eft blan-
châtre; & (on fruit reffemble aux grains de laurier.
On coupe l'écorce de cet arbre en parties forr me-
nues , &: on la laiffe tremper quatre jours dans l'eau ,
après quoi on l'expole au foleil ; on la prelFe quand
elle eft échauffée , & on en tire une liqueu;- fortfem-
blableau baume , <!?c qui eft utile à beaucoup décho-
ies.
QUAYAGE. f. m. Terme de Marine 8c de commerce
de mer. C'eft un droit que les Marchands payent pour
avoir la liberté de (e fervir du quai, Ôc d'en occuper
un efpace.pour la décharge de leurs marchandifes. Por-
torium.
iCt QuA^'ApE , fe dit non-feulement de l'efpace que les
QUE
marchandifes occupent fur le quai , mais encore tlu
temps qu'elles y reftcnr.
QUAYEK.r. m. Vieux mot qui s'eft écrit ainfi , pour
cahier. Borel. Codex.
•QUE.
QUE. Pronom relatif qui fert de régime au verbe qui le
fuit. Qui ^^u.tyçuod. P.-ir exemple , c'elt un méchant
^uc le ciel châtie. Arn. Qa<: elhnis , pour /(;</«t;/. Ce
n'cft pas a toi ,;(«(,' je voudroisdéguiler la vérité. Abl ANC.
Que ell mis là pour duquel ou à cjuL Les médians
font lemblables à ces petites pailles que le vent em-
porte. l^ORT-K. Que ell mis la pour le/quelles^
§Ô" Ce pronom perd fon e devant une voyelle. Le li-
vre ^i/'ilalu. Les hommes ^a'elle a fréquentés.
Que, eft auiii fouvent interrogatih. Que dites-vous de
nouveau î Quid novi refers ? Qz/'entende^-voUspar la?
Qî/i vous plaît il? Qu'cA ce donc? Q;/avez-vous? Pour
ànc, quelle c\\uie. Il ne faut point dite, qucfccc que
voui demandez-, mais que demandez-vous? Ils ajou-
tent fièrement qu a la vérité il étoit Roi ; mais qu'i.-.
toit un Roi,<///'un homme profane? Bouhours. Xav.
L.V.
Que , eft auQ! une particule indéclinable qui fe joint à
beaucoup de mots. Quia ^ cùm , dum , quamvis , quan-
doquidem. Parce que j d'autant que j vu que , pource
que y de ce que , bien que , attendu que , cnforte que ,
quoi que J tellement que , Il bien que ^ pendant que
fl faut-il que, entant que j pour peu que , afin que ,
plutôt que d: faire cela. Je crois que cela eft ainli.
Faites que j'aye cela demain. Je n'ai que faire de lui.
Ma requête tend à ce que. Sec. Que j'aime à voir la
décadence de ces vieux ch.ueauv ruinés! Il tient plus
de la bctc que de 1 hora.ne. Il n'a rien ^z^'une chan-
fon. Que li peftj foie de vous. Oa''il y a de belles cho-
fes dans ce livre ! Je gage que cela eft ainfi , tout ainli
que je vous le dis. Q;^'ainh ne toit. Tant d; m.nis que
de blelf^-'s. Tant plein que vide. Si une infinité d au-
tres temblables. Je fuppofe que vous avez tort. Le
que eft la & dans quelques exemples ^«'on a déjà ci-
tés , tellemen: dépouillé de la nature de pronom , ^a'il
n'y fait oftice que de haifon. C'cft le qubd des Latins.
Malherbe a dit , que de la même ardeur que je brûle
pour elle; pour dire, donc je brûle. Il y auroit une
infinité d'autres obfervations à faire fur l'ufage de
cette particule que : mais outre ^^'il teroit trop long
de les rapporter, il leroit encore fort difficile de les
réduire fous certaines régies. Il eft fl habile , que je
ne crois pas que perfonne en Europe lui puille difpu-
ler la gloire de , &c.
Situ n'as tanti^aejl Jacques cueun Villon.
C'eft-à-dire , 17« 'eut , quantum habuit.
Quelquefois ^i^e s'employe leul à la place de quel-
ques adverbes, &• de quelques propofirions , avec lef-
queîles on a accoutumé de le joindre. Ainfi on dit ,
approchez que je vous parle, pour dire , afin que je
vous i arle. U ne fait point de voyage , ^u'il ne lui ar-
rive quel \\it chofe, pour dire , fans qu'il lui arrive
quelque chofe. Je lui parlai qu'A étoit encore au lit ,
pour dire, lorfquil étoit encote au lit. On le tégala
que rien n'y manquoit , pour dire, on le régala y? /îizdrt
que rien n'y manquoit -, & ainfi de plulieurs autres
de même nature. U ne s'employe guère ainfi que dans
le ftyle familier.
On dit aulli l'hivet «^^'il fit fi froid , pendant le-
quel il fit fl froid. C'eft-là ça'il demeure , pour dire,
c'eft là où il demeure.
IJCF Que, s'emploie par ellipfe dans divetfes façons de
parler. Qz^'il faffe la moindre faute , il fera puni ,
port dire, s'il lui arrive de faire la moindre faute. Il
ne fait que boire & manger. Il ne fait autre chofe, &c.
U s'emploie encore par ellipfe, & abfolument dans
le titre des Chapitres & des Sedtions d'un livre, pour
indiquer de quelle matière on y traite. Que la vertu
ell le plus gtand de tous les biens. Q«eles Cieux font
d'une matière fluide.
Tom< FIL
QUE 8^
ïl s'emploie cucorepar énergie , ôc pour donner plus
de force à ce qu'on dk. C'cft une belle chofe que de
garder le fecret. C'cft une qualité néccirairc pour ré-
gner, que la dillimulation. Acad. Fr.
03" Quelquefois on l'emploie par redondance. Que f»
vous m'objeétez , pour dire , fi vous m'objeâcz.
Que, fe dit aulli tout f'cul en langage populaire & fa-
milier, pour, parce que, de ce que, en ce que. Qubd,
quia , quoniam. Le P. Bouhours s'en eft heurcufemenC
et habilement fervi dans fa Traduélion du Nouveau
Teftament, pour y conferver la fimplicité admirable
& la popularité du ftyle de l'Ecriture. Ne fe tuera-t-ii
point lui iiicmc, qu'A a dit: vous ne fautiez venir où
je m'en vais. 13ouh. Je.tn. FUI , 22.
On dit aulîi , que fi , que non, & que bien, que
mal, ifT pour dire, en partie bien, en partie ma!.
11 s'acquitte de fon emploi quebiei\,que mal. Partim
bene , partim rnalè. Il n'eft que du difcours familier.
Que si Que non , eft aulli un flibftantif mafculin qui
ne s'emploie que dans le ftyle burlefque. Qubd fi ^
qubd non.
On l'a reçu (ladifcorde) à bras ouverts ,
Elle , & que h que non fon frère.
Avecque tien 6' mien fion père. La Font.
QUEATUMO. F(?ye7 Quehatumo.^
QUEISiiE. Rivière de Silélie ; elle a fa fource au Duché
de Javer, & fe perd dans le Bober.
QUÉBEC. Nom d'une ville de l'Amérique feptentrio-
nale. Kebacum , Kekecum. C'eft la capitale de la nou-
velle France , & elle eft ficuée en partie fur le fleuve
S. Laurent, & en partie fur une colline voifine. Celle-j
ci beaucoup plus confidérable que l'autre, a plufieurs
couvens de Religieux , un Collège de Jéfuites , un Evê-
que qui n'eft fuitiagant d'aucun Archevêque , Si. une
citadelle , où le Gouverneur de la nouvelle France fait
fa réfidence ordinaire.
if3' Cette ville , futprife par les Anglois eu 1759. Long.
iopi. 58', 30" , lac. 46 J. jj', félon M. Caflini.
QUÉBLE. Foye^ KéblÉ. Du-Loit écrit Qz^e'^/e dans fon
Voyage du Levant, p. i ^6.
QUECf-lE. f. f. Petit vaiifeau à un pont , & maté eri
fourche.
QUECHERI , ou KÉCHERL f m. Sorte de mets qu'on
fait en Orient , & qui eft compofé de riz Si de mâ-
che. Foyej MÂCHE.
QUECHUCABI. Nom d'une montagne qui vomit des
flammes. Mons Quechucabus. Elle eft parmi les An-
des, dans le Chili, au levant de l'Archipel d'Ancud,
QUEDA. Nom d'une ville des Indes , fituée fiir la cc)tc
occidentale de la prefqu'ile de Malaca, vis-à-vis de la
pointe leptentrionalede l'île de Sumatra. Queda^ Que-
da eft la capitale d'un petit Royaume qui porte fon
nom , Si elle a un port fort fréquenté par les Euro-
péens. M AT Y. "
QUEDELINBOURG. Ville de la Haute-Saxe, fituée fur
la Seeke , à trois lieues d'Alberftat , vers le midi. Que-
delinburgum , Quintinlehurgum. Il y a dans cette ville
une célèbre Abbaye, quiembralT;i la ConfefTion d'Aul-
bourg l'an i j'5 9. Les Religieufes de cette Abbaye doi-
vent faire preuve de Noblclfc de huit quartiers , &
leur Abbelfe a rang parmi les Prélats du Rhin , dans
les Diètes de l'Empire. Elle étoit autrefois fouveraine
de la ville Si de fon territoire , mais elle n'y a plus que
la Baffe- Juftice , la Souveraineté appartenant à l'Elec-
teur de Saxe. Maty. Long. 29'. 6', Lit. $ii. 10'.
QUEDÉU. Vieux mot abrégé & fait par corruption. H
fignifioic , ils diront. Borel.
QUEDENTI, ou QUEDENDE. Vieux mot qui figni-
fioit difant.
QUEÉNES. Le Comté de Queénes , ou de la Reine. Co-
mltatus Régine. Contrée de la Lagénie ou Province
de Leinfter en Irlande. File eft entre les Comtés de
Kings, de Kildare , de Wicklo & de Kilkenni. Elle
peut avoir neuf lieues de long , &r autant de large ;
Queeneftowne en eft le feul lieu un peu confidéra-
ble. Maty.
1 QUEENESTONSf'NE, ou MARIBOROUG. Ville capU
L ij
§4
QUE
talc du Comté de Queénes, en Irlande, Ueginspolis,
MarUburgum. Elle ellà lîx ou lepc lieues de Kildare,
vers l'occident méridional, & elle a entrée dans le Par-
lement d'Irlande. Maty.
QUEHATUMO, ou QUEATUMO. Nom du cap de
Thellalie en Grèce. Quehatumum promontorium , an-
ciennement , Sepias extrema. Il eft iur le golfe d'Ar-
miro , au levant de la ville de Démétriade. Il y a fur
ce cap la petite ville de Quehatumo , que l'on prend
pour l'ancienne Sepius :,ou pour l'ancienne Mantium ,
qui étoient deux lieux voifins l'un de l'autre. Maty.
QUEL (. m. Nom de la fleur d'un arbre qui croît à la
Chine. Il croit Iur un arbre fort haut; il eft petit, jau-
nâtre ; il vient en grapes; il a Une odeur fort agréable.
Il s'ouvre fur l'arbre , &c y demeure fort long-temps
fans (e (écher ; un mois après qu'il eft tombé , l'arbre
reproduit de nouvelles fleurs. Il croit fur- tout dans la
province de Quangli, où il vient abondamment; c'eft
pourquoi on donne à la capitale de cette province le
nom de QueiUin. Les Chinois en font différentes for-
tes de confitures. Les Turcs, en le mêlant avec du fuc
de limon , s'en fervent pour teindre la queue de leurs
chevaux.
QUEICHEU. (On prononce Quitcheou.) Nom d'une
Ville de la Chine. Quekheium. Elle eft fituée fur le
Kiang,dans le Suchen, dont elle eftlafixième. Elle a
douze autres villes fous fa juiidicl:ion. Maty.
QuEicHEu. Province de la Chine ^ lituée entre celles de
Huquang, de Suchen, de Junan & de Quangli. Quà-
chza. Cette Province eft fort montagneufe , ce qui
n'empêche pas qu'elle ne foit allez peuplée. Elle ren-
ferme huit contrées, qui ont leurs capitales, Hc foixan-
te-quinze autres villes. Celle de Queyang eft capitale
de toute la province. Maty.
^ Vu ^"Î^;-^P'". ''■""' ^'''" ^^ '-^ Chine. QueUïnum.
Elle eft Iur la iivicre de Quei dans le Quangfl , dont
elle eft capitale. Queiiin eft une grande ville , & elle
en a huit autres lous la juridicfion. Maty.
QUEISSE. Vieux verbe a 1 imparfait du fubj'ondif. Je
pufle. PercevaL Borel. Il venoit du latin queo , je
puis. ^
QUEITE. Nom dune ville de la Chine. Queha. Elle
eft la leconde de la province d'Homan, & elle a huit
autres villes fous ia juridiction.
QUEIYANG. Nom d'une ville de la Chine. Queiyanoa.
Elle eft lituee entre les montagnes , dans la province
de Queicheu, dont elle eft la capitale. Elle a fous fa
jurididion particuhère dix- huit autres villes. Maty.
Ik? quel , QUELLE. Pronom dont on fe fert pour
demander ce que c'eft qu'une chofe ou une perfonne,
fon nom, les propriétés. Quel livre lifez-vous ? Quem
lïbrum legïs f Quelle femme avez-vous r En quelle
monnoie vous a t il payé î En argent blanc.
<e=J- On s'en fert aufli pour marquer l'incertitude ôc le
doute. Je ne fais quel parti prendre.
lO" On le dit aufli paradmiration.Qas/ malheur ! quelle
pitié ! quelle douceur ! quelle vertu !
«^ On dit encore, ^/^d/qu'il foit, quelque (oit, quelle
qu'elle loit.c^: au pluriel quels c[Mc(o\cm , quelsquih
foient, pour dire , de quelque lorte que ce foit , qui
que ce (oit. Je n'en excepte perfonne, <7ae/ qu'il foit
^i/f/ qu'il puille être. '
UCr Tel quel. Expreftîon du ftyle familier qui fert à
faire connoitre qu'une chofe eft médiocre dans fon ef-
pece. Il nous a donné un dîner tel quel. Ilparoir qu'on
s en (ert pour déhgner une chofe plutôt mauvaife que
bonne. ^
QUELCONQUE. Pronom qui fe met toujours à la néga-
tive, & après le fubftantif, & lignifie nul, aucun, quel
qire ce loit, quel qu'il loit , quelle qu'elle foit. Qm-
cumque, qus.cumque,quoicumque. 11 n'a voulu écou-
tei-^de recommandation de perfonne quelconque. Il n'eft
refte a ce Marchand chofe quelconque de fon nau-
frage. On dit au Palais, nonobftant oppolitions ou ap-
pellations quelconques. Nonohflanûbus quihuscumque
oppojuiomhus vel appellatiomhus.
Quelconque, fe dit fans négative ;, dansleftyledogma-
QUE
tique. Donnez-moi un point quelconque , une ligne
quelconque. Acad. Fr. Alors il a un pluriel. Deux
points quelconques étant donnés.
QUELHAT , ou CALAJATE. Ville de l'Arabie heu-
reule. Calajata.
QULLIER. f m. Vieux mot qui fe difoit & s'écrivoit
auflr Chêlier & Cayelier , faifeur de chaifes pour s'af-
leoir. Borel. Sedtum ,fedUiumfaber , artifex
QUELLEMENT. adv. Il s'eft acquitté telkment^^e//.-
mentÀt fon devoir. Quoquomodo , quoris modo , qua-
liiercumque , perjunclone. W ne fe dit qu'en cette
phrale famihère , pour dire ni bien ni mal , plutôt mal
que bien.
QUELONGNE. f f. Vieux mot qui s'eft ditautrefois pour
r^iIcTn!;', -^--c^x?'^ '" Rc-bours de .\iathiolus. Borel.
QUELPAKTS. Nom d'une île de l'Océan oriental. Quel-
parna. Elle eft a douze lieues de la pointe de la Co-
rée vers le midi; Ion circuit eft de quinze lieues; fa
ville capitale Moggan , ou Mocxo : fon maître , le Roi
de Corée. Maty.
QUELQUE. Pronom m. cV f. qui fert à défigner un in-
. dividu , une perfonne , une chofe particulière , &: qui
s cent avec un s au plurier. Un ou une entre plufieurs.
Ahquis , quidam. Quelques avantages qu'il pofsède
Il faut qu'il ait du bonheur. Corn. Il faut :L\'on quel-
que protecteur à la Cour pour y faire quelque chofe.
Il_y a quelque temps que cet homme pourfuk cette
aftjiire. Le reniords luit le criminel, quelque part qu'il
aille. Connoillez vous quelque perfonne qui ait en-
tendu parler de cela î
Notre cœur jufqu' au dernier foupir.
Toujours vers quelque objet pouffe quelque de^r.
Cork.
Souvent d.ins le difcours ordinaire on ne prononce
point 1 / , & on dit quéque temps, quéque chofe , que-
que part quilloit. ^
IP" On s^n fert quelquefois pour marquer diminution ,
adoucillement de la choie dont on parle. 11 a çuel.ue
railon de fe plaindre. 11 lui a donné quelque fujet de
mécontentement. Il y a quelque apparence, &c.
.^ Onle jomtaufli avec peu ; quelquepca d'argent, pour
dire un peu. ^
Quelque, fe met quelquefois adverbialement. Ily a
quelque trois cens pas d'ici la; pour dire, à-peu-prèsou
environ. Ferejerme. Alexandre perdit quelque trois
cens hommes , lorfqu'il deht Porus. Ablanc. On ne
le diroitpas dans le ftyle noble. Il lignifie aufli, A quel-
que pomt que, a quelque degré que, & s'emploie tou-
jours devant un adjedif. Quelque fage que vous foyez.
Quelque^ preocupcs qu'ils foient. Quelque riches qu'ils
aient ete Par-tout la quelque s écm fans ^ , parce qu'il
elt adverbe. ^
Quelque chose. Mot qui s'emploie ordinairement .avec
artirmation. ^nquid, quidquam , quippiam. Il y a là
quelque chofe de beau. Ai je fait quelque chofe que
vous n'ayez pas lait. Vaug. Rem.
#Cr Vaugelas demande fi quelque chofe eft un adjedif
leminin , (elon le genre de chofe, ou bien un adjeftif
malculin, qui répond à Valiquidàts Latins, ik à ce
qu il hgnihe : s'il faut dire, par exemple , il v a quel-
que chofe dans ce livre, qui eft alFez plaifante, ou qui
eft aflez pLiilant; quelque chef qui eft alFez bonne
ou qui eft a fez bon. Les uns, dit-il . croient que lun &
1 autre (ont bons; les autres qu'il le faut toujours faire
Itminin ; les autres toujours mafculin. Quelaues-uns
prétendent qu'iltaut éluder la diftîculté.en difant il y a
dansée livre quelque chofe d'alFez plailant, d'afl^ezbon.
A "r" '^'" "°'^"^ 'î"^ ^°"^ ^^^"^ 'o"f bons, fe fon-
dent lut ce qu'on peut le faire féminin par la règle
générale qui veut que l'adjedif fou du même genre
que Ion fubftantif; .S: qu'on peut le faire mafcuhn ,
^Tvr '"?", P"" ^" '"°^' "'^"^ ^ <^e q»'jl ''g"ifie, qui
cltlalujutd des Latins, & un neutre que nous n'a-
vons pas en François mais que nous exprimons par
le malculin qui fait l'oftice du neutre. Ceux qui le
lonr toujours féminin, ne peuvent comprendre que
choJeqmeH le féminin puille jam.iis être joint avec
un adjedif malculin. Ceux enfin qui le font toujours
QUE
mafciilin , difcnt que ce n'efl: pas chofe fimplemcnt
qu'ils confîdàcnt ; mais ces deux mots enlembic ,
quelque chofc , qui font tout un autre eftct , étant
joints, que li choje ctoit ("cul ou accompagne d un
autre mot , comme une. Dans ce cas quelque choJe le
prend ncurrak'ment, de même que \uliquid des La-
tins. Quelques-uns même prétendent que quclqw:^
chofe doit être regardé comme un (eul mot ^ compolé
de deux , & doit être orthographié quclque-chofe, avec
une marque de conipolinon , & qu'alors quelque-choje
n'ell plus héiuinin, mais un neutre lelon les Latnis,
& un maleulin (tlon nous.
iey Ceux qui cherchent a éluder la difficulté avec la
prépolition ou la particule ^tfj devant Tadjeétit, ont
railon : mais cet expédient ne Icrt pas toujours : car
i\ je dis, il y a quelque chofe dans ce livre qui n'eji
pas Ion, ou hoîine, qui mérite d'être lu , ou lue j on
ne (autoit éviter ce doute avec la particule de.
ÇCr VaugcLis décide qu'il y a des cas où il faut mettre
Je ma(i.iilin : il iaut dire, par exemple; il y a quelque
chofe !.|ui mérite d'être lu, quelque chofe qiu mérite
d'être ceuluré, & non pas lue , ou cenlurée. D'autres,
oùil faut mettre le féminin ; qu'il iaut dire, par exem-
ple , il y a quelque chofe dans ce livre, qui n'efl: pas
telle que vous dites. Se non pas tel que vous dites.
Pou, difceriier ces endroits là, il n'y a point de règle,
ou du moins d autre r^gle que l'oreille. Mais on peut
dire en général qu'il eft plus François i^: plus élégant
de donner un adjcvlif malculin à quelque chofe , qu'un
féminii'i.
§^7" On lait qu'en vers auiTi bien qu'en profe on règle
quelquefois la confliruuion , non pas félon les mot'
qui fignifif nt , mais felcn les chjles qui font figni
fiées. Ainh c^Wuic^we perfonnes f.jit du genre lémin.in,
néanmoins, parce qu'il lignifie hommes & femmes ,
quand on a A\x pefonr,es dans ur. membre de période,
on peut dire ils rai mafculin dans un autre membre
de la même période à caufe que cet ils fe rapporte
non pas au mot figiiifiant, qui tù: perfonnes , mais au
mot (ignifié , qui cft komi^es. Voila peur le genre,
voici pour le nombre. Il faut dire, j'en ai vu uve in-
finité qui meurent, & non pas qui ir.eu ^, cuoiqu'in-
finité loit iingulier , parce que meurent le lapporte ,
non pas au mot figniliani , qui eft infinité , mais a la
chufe fignifiée, qui cft quantité de perfonnes eu d'a-
nimaux , qui comme terme colledif équivaut au plu-
riel : c'eff adiré , qu'on n'a pas égard au mot , mais à
la ch fe lignifiée.
QUELQUEFOIS, adv. Far fois. Aliquando. Il zfi quel-
quefois bon , quelquefois mauvais de fe hiter. Dans
l'ulage ordinaire on prononce quéquefois.
QUEL QUEL. 1. m. Nom que l'on donnoit autrefois
chez les Romains aux derniers & aux plus niilcrables
des elclaves. Qualis quulis. Les quels quels étoient
les efclaves que l'on envoyoit chargés de chaînes à la
campagne, /^'oyfij' Cicéron dans les Paradoxes Aril-
tote , Politic. L. I. 6c Ulpieuj leg. i j , §. 44. ff. de
injur.
QUELQU'UN, UNE, pronom, lignifie au fingulier ,
un entre plufieurs, & au pluriel, plufieurs dans un
plus grand nombre. Aliquis, quidam, &c. Il faut
heurter à la porte pour parler à quelqu'un des domef-
tiqucs. Quelques-uns rapportent cette hiftoire d'une
autre manière. Quelqu'un des Anciens a dit ce beau
mot.
QUÉNÎANDER. QUÉMANDEUR. Foyei Caiman-
DER. CaiMANDEUR.
QUEMIN. I. m. Vieux mot, ou vieille prononciation
qui fe conlerve encore en Picardie & en Normandie.
Chemin , defemita , félon Bouillus. Borel.
QULNA. f. f. Vieux mot qui s'eft dit il y a long-temps
peu; femme. Eorel. Mulier , femina.
QUF.NAîSE. Droit de quenaife. C'eft lorfque la terre
& le fief roturier retournent au Seigneur après la mort
du détenteur décédé lans hoirs de fon corps. 11 en eft
parlé au Recueil des Arrêts de Bretagne, Z. /. Z. IL
I . JU. T''o\er encore Ouevaise.
QU'EN DIRA-T ON. AlFcmblage de mots dont nous
^ avons fait un lubftantif. Je me moque, je me ris du
QUE 87
qu'en dlra-t-on. Je m'embarrafTe fort peu du qu'en
dira-t-on. Il faut le mettre au ddlusdu ^«'^/i dira ton,
XJin elpiit lupéiieur comme le vôtre doit faire peu de
cas du qu'en dira- 1 on. Qui voudioit écouter le quen
dirat-on y demcureroit dans l'inaction.
QUENEC, ou QUEQUENA. Contrée d'Afrique dans
la Bai bâtie , le long de la rivière de Zis , près du mont
Atlas.
QUENELISTE. f. m. Défcnfeur des fentimens du P.
Quefnel. Anti conllitutionaire.
QUENNE. 1. f. Melure ou vafc à contenir des liqueurs.
Amphora.
De S. Martin bon vin d'Efpaione ,
Je lui donnai plein une quenne. Landes Sept Dam,
QUENNE. Rivière de France dans le Nivernois.
QUENOL Nom de ville qui ne le dit qu'avec l'article.
Le Quenoi, du Quenoi , au Que'noi. Petite ville for-
tifi.-e il' défendue par une citadelle. Quercetum. Elle
eft dans le Hainaut François, entre Landreci &c Va-
lencieup.es, a deux heucs de celle-ci, ôc à crois de
1 autre. Long. 21 d. 19'. Lat. jo d. i/'.
QUENOT TE. Terme populaire , qui fignifie les dents de
lait. Dentés laclei. Les Nourrices appellent les dents
des petits enfans, des quenottes, de johes quenottes.
QUENOUILLE, f. f. Eât< n, canne ourofeau auquel on
attache de la filalFe, du Im, de la laine pour filer. Co-
lus. On pcinr les Parques avec une quenouille, un fu-
feau ik des cifeaux.
Ce mot vient de colucula , diminutif de Colus..
Ménage. Ou Iclon quel ,ucs ujis de ^ueifuel, qui en
langage Celtique ou Bas -Breton lignifie la même
chofe.
Quenouille , eft aulfi le lin, la laine, le coton ou la
loie dont la quenouille eft chargée \ on l'appelle aufli
quenouillée. Colus lino injlruàus, amiclus , ou amicla^
inflrucla.
Quenouille , fignifie aufll les colonnes eu les piliers
d'un lit.
Quenouille, fe dit encore des bâtons ou piliers qui
foutiennent l'impériale d un carrolle, ou des bâtons
qui lervcnt à porter un dais. Fulcrum.
Quenouille, fe dit figurémcnt en termes de Généalogie
pour fignifier la ligne féminine. Genus femineum.. Les
Royaumes d'Efpagne & d'Angleterre tombent en que-
nouille ; c'eft - à - dire , les femmes y fuccèdent à la
Couronne. Celui de France ne tombe point en que-
nouille. On le dit par extenfion, lorfque les femmes
font maîtrelfes dans un ménage , ou les plus habiles.
L'empire des Mufes eft tombé en quenouille.
On dit figurément & familièrement, que l'efpiit eft
lomhî en quenouille dans quelque famille , pourdire,
que les filles ont plus d'efprit que les garçons. Acad.
Franc.
Quenouille sauvage. Plante qui eft une efpcce de
Cmcus , 3c dont les fueilles font rudes & piquantes.
Ses Heurs font des bouquets à fleurons découpés en
lanières, de couleur jaune, fourenus par un calice
écailleux , entouré de quelques feuilles. Lorfque ces
fleurs font pallécs, il leur luccède des lemences car-
rées , noires , luilantes , garnies d'une aigrette. C.Bau-
hin l'appelle attraclilis lutea , & M. Tournefort Cni-
cus attraclilis lutea diclus. H. L. Bat. Quelques-uns
l'appellentyi/rt7/2 bâtard fvuvage. On diftille à Paris
cette plante, & l'on en lubftitue l'eau à celle de char-
don bénit. Les femmes fe lervoicnt autrefois de leurs
tiges au lieu de quenouilles.
On dit proverbialement , aile r. filer votre quenouille,
à une femme oui fe veut mêler des affaires du mari,
de choies qu'elle n'entend pa^. Vcdc éuFtim perfum.
Quenouille, ou Fileuse. f. f. Terme de Cordciie. Per-
che de Icpt a huit pieds, au bout de laquelle les fi-
leurs attachent une queue de chanvre & l'ajuftent
fur leur côté à peu près comme les femmes font leurs
quenouilles.
QUENOUILLÉE. f. f. Terme de Manufadure de laine»
Une quenouillée font deu'C traits unis , formant en-
femble ce qui fuffit pour le travail d'une quenouille.
26
QUE
Le trait efl: cette quantité de laine attachée à chaque
fil.
QUENOUILLETTE. f. f. Ce mot Ce dit en riant. Se
dans le Ityle familier, comme dans les chanfons; Se
/îgnitie , petite quenouille. Pur va colus. Quand la Ber-
gère vient des champs, la qutnouïUettc va filant.
La Bergère Nanette
Sur le bord d'un ruijfeau ^
Filou fa quenouillette ,
En gardant fon troupeau.
-Quenouillette, terme de Fondeur, eft une verge de
fer qui efl terminée à une extrémicé par un bouton
aulli de fer, dont les Fondeurs le fervent pour boucher
les trous ou godets par où le métal coule dans leurs
moules. Colus ferrea glohulo injlrucla.
QUENS. f. m. Vieux mot qui fignifioit Comte. Cornes.
On écrivoit aulli Cuens. Nom de dignité. Voye\
CUENS.
Mena fon ofl fans point d'aloine j
Que mort ejl ii Quens de Boloïne j
Dont II François orent fait chiefj
Qui remés font à grand mefchief. Huon de MÉry.
Philippe Moufck, en fon hiOoire de France, dit :
Tculoufe ont autrefois ajfife ,
Li Quens de Montfort à divije
Cil dedans iaent à reviel ,
Si gitierent d'un mangoniel.
Et H Quens premier à fes engiens^
f^il faifoit traire mairiens ^ àcc.
Voyei aulTi Villehardouin, iS<:lcRomandcSiPi-
RIS DE VlNEAUX.
Sire Quens j dijles-moi j pour Dieu je vous en prie.
Et le Roman de la Chas se.
La [u li Quens de Tancarvdlc.
Ce mot vient de Quens, en Anglois, la fille du Roi.
BoREL. Percerai.
Et avec elli Quens de Naples. Borel.
QUENTIN, f. m. Nom d'homme. Quintinus. On dit
que iS. Quentin étoit Romain de nailîance,& de fa-
mille Sénatoriale. Il i"ut martyrifé par ordre de Ridio-
vare, l'an 187 , dans le Vcrmaiulois.
Saint Quentin. Nom d'une ville de Picardie , en Fran-
ce. Quintinopolis j Fanum Sancli Quintini. Elle cil
capitale du Vermandois, fortifiée &: fituéefur laSom
me , à hx lieues au-delfus de Péroné. Cette ville ell
célèbre par la bataille de S. Quentin , dans laquelle le
Duc de Savoie, Gouverneur des Pays-Bas, défit entiè-
rement le Connétable de Montmorenci, le fit prifon-
nier avec plulieurs Officiers diftingués, & un grand
nombre de Gentilshommes, continua fans obllacles le
liège de S. Quentin, l'emporta d'alfaut , & y fit pri-
fonnier l'Amiral de Coiigni , & fon frère Dandelot , qui
la defendoient. Elle fut enfuite rendue à la France par
la paix de Câteau-Cambréiis. Maty. Long. zod. ^7',
lat. 49 d. jo', 51".
QUEii. f. m. Vieux mot. Du cuir , félon un ancien ré-
ceptaire. Borel. Corium.
QuER. Vieux V. n. Tomber , venant de chcoir. Bouillus,
de vitiis lingus. vulgaris. Borel. Cadere.
QuER. Vieille Conjonftion. Car , nam , enim.
QUERA-IBA. f m. Arbre qui croit dans le Bréfil. Son
écorce étant pilée & appliquée, efl efficace pour gué-
rir les plaies ou les ulcères des jambes & des autres
parties du corps.
QUER AGE. 1. m. Vieux mot. Cuifinier. Ragueau. Bor el.
Coquus.
QUÉRASQUE , ou CHÉRALCO , CHIÉRAS &
QUE
QUIERAS. Ville de Piémont. Clarafcum j ancienne-
ment , Carcia Potentia.
QUÉRAT. f. m. Terme de Marine. Partie du bordagc
compiife depuis la quille jufqu'a la plus proche des
préceintes. Ozanam. Pars carinn.
QUERCERELLE, CRESSERELLE , ou CRECELLE,
f. f. Nom d'un oileau. Cenchris , Tinnunculus. Quoi-
que la quercerelle loit un oifeau de rapine, il a néan-
moins beaucoup de (ympathic avec les pigeons. U les
défend des autres oilcaux deproie, lefquels appréhen-
dent (on regard & Ion cri. La Icmclle fait ordinaire-
ment quatre œufs. Ses œufs font rougekres. Elles fait
Ion ni«l dans les hautes tours , dans les clochers , &
dans les lieux les plus élevés.
Le mâle qui efl plus petit que la femelle , a le bec
prelque long du travers du pouce. Il n'ctl: pas droit au
commencement comme celui de l'épervier; mais il fe
courbe infenfiblement , &: eft beaucoup plus long &
plus ciochu que celui de l'épervier. La première par-
tie , qui efl environnée d'une membrane contiguc a la
tête , eft jaunâtre 6^ à demi de couleur cendrée ; & a
par les côtés un certain tour fait en demi cercle , qui
ie va terminer à la cavité de la lèvre inférieure , & c'cft
delà que le bec le recourbe. Sa pointe eft ti ute noire j
la partie de dcilus eft: plus longue que celle de déf-
ions; la prunelle de l'œil eft extrêmement noire; le refte
eft jaune. Les paupières &: les plumes qui environnent
les yeux, (ont aulli jaunes, & il a le fommet de la tête
un peu applati & abaillc. Toute la tête jufqu'au com-
mencement du dos, eft d'une couleur cendrée; (a gor-
ge, fa poitrine & (on ventre font jaunâtres, & femés
de taches noires, qui ne vont pas en traverfant, mais
qui delcendent en long à la partie du ventre où elles
(ont plus larges qu'à la gorge. Ses manteaux &c fon dos
font revêtus de pennes de couleur de rouille, qui font
marquées de taches noires aftez larges. Le dedans de
les manteaux eft d'un cendré blanchâtre. Les grandes
pennes & les dernières qui apprc>chent du ventre , font
d'un tanné roufsâtre, tirant (ur le noir. Les pennes de
fa queue font en plus grande partie cendrées , & fem-
blent être divilées en deux à caufe de leiu' ruyau qui
eft: noir. Celles qui font prelque aux extrémités , font
traverfées d'une tache noire large de deux doigts. L'ex-
trémité de la queue eft terminée par une tache blan-
che. Elle eft extrêmement longue , l<c par la longueur
elle égale le refte du corps. Son col eft très-Jong , &
bien afilé , & lui defcend au-deflous du croupion de
cinq grands doigts. Ses jambes (ont jaunes , & fes pieds
font garnis de grands doigts & d'ongles robuftes , aigus
&: noirs, qui font aulli jaunes.
La femelle a la taille plus grande que le mâle. Elle
a le bec un peu plus court que lui ; & ce qui en eft
courbé, n'cft pas (1 long; mais il eft plus crochu. Il efl
entièrement de couleur cendrée ou de corne , blan-
chillant un peu , & principalement à la partie fupc-
rieure: car à l'endroit où il eft joint à la tête , on y
voit une pellicule rouffe. Ses yeux font de la même
couleur que ceux du mâle; à leur coin extérieur elle
a une rache cendrée blanchâtre. Tout le dos & le delfus
des manteaux font d'une couleur de rouille claire, ap-
prochant du roux; tout fon pennage eft: châtain à la
racine, qui eft un peu obfcure , & tirant fur le noir.
Le haut des grandes pennes efl: d'un tanné oblcur ; &
vers le bas à la partie qui penche en avant , elles blan-
Ghilfcnt un peu> & font diverfîfiées de taches brunes
obliques. Les pennes de l'extrémité du dos qui cou-
vrent le croupion , font de couleur cendrée, traverfées
démarques brunes, qui finilfent en angle, approchant
du tuyau. Les pennes de la queue font très-longues j
& les plus grandes , ainfi que les principales , font rouf^
sâtres, & traverfées de hgnes ni ires; & le tuyau qui
les coupe en longueur , eft f emhiablement noir : vers
leur extrémité elles font couvertes de taches noires
grandes & larges; mais par le bout elles font touffes.
Son col & fa poitrine font femés de taches étroites &
longues , qui delcendent en bas. Ses jambes & (es pieds
font jaunes. Elle a les ongles moins crochus que le
mâle; ils font néanmoins un peu courbés & tics-noirs.
Les quercerelles fe nourrifFent de iauçeçeiles, de pa-«,
QO A
pillons, de rouris, de petits oifeaiix . de ferpcns 5c au-
tres Cuite; dini'cAes. La plupaiT des 1 liiloiiciis allurciu
que la qucncrciU ne boit point. Anitotc ioutient le;
contraire, encore qu'elle ait le bec iS; les ongles cro-
chus.
Anftotc &. Pline l'appellent trcs-fccondc ^ à calife
qu'elle produit quatre petits, contre l'ordinaire de tous
les autres oileaux de proie. Elle fait aulii quelquefois
fon nid dans le creux des arbres, aulîi bien que dans
les tours.
Lorlque la femelle s'cloigne & s'abicu'c du mile ,
il en conçoit une douleur li grande , qu'il hiit des tri^
& des plaintes continuelles.
Turntrus rapporte que la qucrccrdlc nourrit (es pe-
tits jufqu'a ce qu'ils puillent vivre de leur clialfe.
Quelques perloniies on drellc des qucrcerelles au
vol du nielle & du moineau : mais cette challe ii'cft pas
enufagc dans la lauconnerie.
QUERCl. Nom d'une Province de France, Caduran/is
Tracîus. Hlle elt bornée au nord par le Limoufin ; au
levant par l'Auvergne 6: par le Kouergue; .au midi par
le Languedoc; & au couclianc par l'Agénois & par le
i'érigoid. Cette Province cîi tertile en bled, en vin &
en fruits. On la divife en haut & bas Querci; le premier
cft au nord du Lot, & le dernier au midi. Cahors en
cit la ville capitale. Les autres (ont Montauban, Lau-
zerte, Figeac, Gordon &Marte!. Maty.
QUEKÉIVA. f. m. Sorte d'oifeau du Brefil , qui a toiuc
la poitrine d'un fort beau rouge, des ailes noires , & le
relie du corps bleu. Les Sauvages l'elliment fort, à caufe
de la beauté de fon plumage.
QUERELLE, f.f Démêlé, contcfl:ation,difpute, ■xy dé-
bat, nous dit-on dans l'encyclopédie: mais tous ces
mots ont leur nuance particulière qui les carattérile.
La^aerff/Zî^eftune difpute dans laquelle il entre de l'ai-
greur. Rixa^i urgium. Koy. Contestation. L'aigreur
des efprits, dit M. L'Abbé Girard, eft la fource des
querelles. Il y a dans la plupart des querelles plus d'hu-
meur que de haine. Avoir querelle, être Q.n querelle
avec quelqu'un. Faire querelle, (ulciter querelle à
quelqu'un. Accorder, appaifer, alloupir une ça^/v//,? .
Iris, dans notre querelle j
Je n'examine point qui de nous deux a tort ,
Et vousave^ raifon puifque vous êtes belle. La Sabl.
Ménage dérive ce mot de querellare , Latin.
Entrer dans une querelle , c'eft y prendre parti.
Prendre, époufer, embrailer la querelle de quelqu'un,
c'eft prendre Ion parti contre ceux avec qui il ell en
querelle. Partes, dcjenjîonem fufcipere. Prendre ^ae-
relle pour quelqu'un , c'eli prendre ion parti avec cha-
leur , déclarer qu'on entreprend de le venger de ceux
qui l'ont ofteulé. Les amisioutiennent par-tout la^i^f-
relle de leurs amis. Cet Ecrivain a fait l'apologie d'un
tel Ouvrage; il a pris fur loi la querelle de l'Auteur.
§Cr Qu'ils envilagealfent J. C. crucifié , dont ils lou-
tenoientlaçi/tr<;//e. BouHouRS.
Querelle, en termes deCoi!itume, fignifie une plainte
rendue en Juftice. Querelle criminelle de dicl , dans la
Coutume de Normandie, c. 86. c'eli: une plainte rendue
en Jullice, d'injures atroces, & qui feroient perdre la
vie à celui à qui elles ont été dites, fi elles étoient
vraies. Querelle criminelle (ff /air, dans la Coutume de
Normandie, c. 67. c'eft une plainte lendue en Juftice,
cîe mcuitrcs,d'homicides, de trêves enfr.aintes, d'allàut
de maifon , & d'autres crimes femblables. Simple que-
relle perfonnelle de didt , c'eft une plainte qui nait d'in-
jures, ou de laidanges que les uns difent aux autres; &
elle eft appéllée lîmple, parce qu'elle fe termine par
fimple , parce qu'elle fe termine p.ar fimple loi. Voye:^
la Coutume de Normandie , c. 86. Simple querelle per-
fonelie de meft'ait, c'eft un contcnds qui eft mû entre
les plaideurs, pardevant la Juftice, du meffait qui fut
fait à celui qui le plaint en cette manière : Je me plains
de Jean , qui m'a féru de fa paume en la joe. Ce font
les termes de l'ancienne Coikum.e de Normandie, c. 8 s-
Elle eftappelléeyî/77/7/c,luivant le c. 67. parce qu'elle
doit être terminée par fimple loi , ou par defrènc.
C/3"En Jurilprudencç, querelle d'inofticiofité , c'eft la
QUA 87
même cliofe que plainte. AVy. iMOFFitibsiTÉ.
Oii du prov'crbialcment.î'airf une querelle d'Aile*
maïKla quelqu'un; pour dire, l'attaquei fans fujct 6é
de gaieté de cœur, pour lien, ou pour une b.igatellc.
De rnhilo contumuUam dicerc.
QtiERtLLU, s'eft aullidirpourgréle, ainfi que ditUorcl.
iCTQUEHELLEH. v.a. Faire ç;/trW/c à quelqu'un, jùr-
gare^jurgaritrixarL Ne querellci; pcrlonne. iJesgcns
qui le querellenl , font des gens qui ont difpute l'un
contre l'autre avec des paroles aigics.
i;3' QUERELLER, lignifie aUlli réprimander, dire des
paroles aigres & fâcheulés. rcrhis afpenoribus oljur-
gare. Son père la querellé. Il y a des maîtres qui aiment
a quereller leurs Valets»
isrr Un le dit aulîî abfc>lunient.Il y a des gens qUi aiment
à quereller, ne querellons point.
~i-' Corneille a dit dans le menteur, ce n'efipas ici au il
h faut quereller. Ce inot fignifie aujourdhui repreiidrej
rcprimimdcr, taire des reproches, llfignifioit alors in-
lulter, délier, & même fe battre. Volt.
i'^'Dans nos Provinces méridionales, les tribunaux fe
fervent du mot quereller ^out ?:ccuict un homme, at-
taquer un teftament, une convention. C'eft un abus
des mots : le langage du barreau eft partout Barbare.
M^ QUERELLEUR, quelquefois querelleux, eusei
Ad). Quelquetois employé (ubftaiicivenient. Qui fait
louvcnt querelle, c^\.\\\-ue. à quereller, Rixofus^jur-
giofus , rixator, rixatrix. On dit d'un homme qu'il
eft fort querelleur , qu'il eft foible & querelleur. C'eft
un grand querelleur, une grande qucrelleufe. Si les gens
querellcux lavoient combien ils font inconmiodes &
inlupportables, peut-être s'appliqueroicnt ils à fe cor-
riger d'un vice qui gêne tout le monde. Bell.
icr QUERELLEUR, en Jurilptudence. C'eft celui qui
intente la querelle d'inofHciolîté , qui attaque un teft.a-
meiit, un jugement ou autre aéte. Foy. quereller.
Ï'-J' En Vénerie, un chien querelleur e& an chien 'pïWs.tii.
QUÉRIMONIE. f. f. Terme d'oftîcialité. Plainte qu'on
fait, requête qu'on prélente aux Juges d'Églife pour
obtenir la permifion de publier des monitoires.
Ce mot vient du Latin querimonia , plainte.
f'CFQUERIR. V. a. Qui ne s'emploie qu'à l'infinitif avec
les verbes aller^ venir j envoyer. C'eft chercher avec
charge d'amener celui qu'on envoie chercher, ou d'ap-
porter la choie qu'on demande. Accerfere , acclrcy
afferre. AWei quérir le médecin. Il eft allé quérir de
l'eau. Il eft peu en ulage.
Ce mot vient du Latin qusrere.
On dit proverbialement d'un valet malhabile; fi on
l'envoyoit </ //trzr de l'eau à la rivicre,iln'en rrouveroit
point. On dit aulîi de celui qui eft lent à revenir, il
leroit bon à aller quenrla. mort. On dit encore prover-
bialement ; Il vaut mieux tenir que quérir.
QUERNEAU. f. m. Vieux mot qui fe difoitpour Cré-
neau. Borel. Mûri pinna.
QUERNFURT. Nom d'un bourg du Comté de Mans-
feld en Thuringe. Quernjurtum. Il eft entre la ville de
Mansfeld & celle de Naumbourg^ à cinq liencs ds
chacune. Quernfurt a eu autrel-ois des Comtes, dont
ceux de Mansfeld font defceiidus. Maty.
QUERNUj UE. Vieux adj. Charnu. Borel. Camofus^
Corpulentus , a,
QUEROL. (la vallée de) Queroli vallis. Canton de la
Catalogne dans la Cerdagne, à l'extrémité feptentrio-
nale , ik. à l'entrée des dcfilés par où l'on palfe en
France.
QUEROLLER, ou CAROLER. Danfer. Roman de la
Rofe. Mf. Borel. Saltare.
QUERONIQUE. Vieux f. f. Chronique. Borel. Chro-
nicon.
QUERONS. Terme de Philofophie hermétique, v.a. A
la première perl.du plur. de l'impératif. Cherchons; du-
\.ztin qu.-tro. Trévifan. Dict.Herm.
QUERQUENEZ. Cercina. Ile de la mer Méditerranée
lurla côte de Tripoli, en Barbarie.
QUERRE, ouQUIERRE. Vieux v. a. Chercher, re-
chercher; de quxrere. Borel.
Qui la voudrait chercher & qucrte.
Et puis trouvée mettre en terre. Font, des Amours.
88 QUE
En mercure ejl ce que qucions ,
De lui efprit & corps tirons ,
Ecfoufre aujfi ; d' où fort teinture ,
Sur toutes chofes nette & pure. 1d.
On difoit à l'imparfait du Subjondif, queiJfe,)C cher-
ch.ille, BoREL.
Qu amour me dit que ne queilTe.
Un Compagnon cui je deijje , •
Mùn confeil tout entièrement. R. de la Rose.
QUERS. Cap. de Quers , ou Cadagues. Bourg de Cata-
logne en Elpagne. Cadaquerium promontorium. Aqua-
rum caput.
IJO" QUERSONNESE. Quelques écrivains fuivent cette
orthographe. Voy. Chersonnese.
QUESAC , ou QUEZAC. Ville de France en Languedoc,
dans le Gévaudan , auDiocèle de Mende.
QUESLIER. f. m. Vieux mot. Faifeur de chaifes. On a
dit aulïi Choler, ik Cayeler.
CCF-QUESNOY. Foy. quenoy.
-QUESSE, ou QUAISSE.f. f. Une caifle ou cofFre.BoREi,.
Cap fa.
QUESTABLE,ou QUESTAL, AIE. adj.m. & f. Terme
de Coutume, quile dit des lujetsd'unSeigneur,qui ne
peuvent lailler la terre pour aller demeurer ailleurs ,
fans la volonté. Condition queflale & lerve, eft la con-
dition de ces lortes de gens. La Coutume de Niveniois
dit queflahle. Tit. Vill. art. 7. Les Seigneurs jouiront
fur les quefleaux de tels droits qu'ils ont accoutumé ,
& qu'elt contenu en leurs Inlhumens. Autonne, fur
la Coutume de Bordeaux , art. Qy.
Ce mot eft aulli (ubftantif, &: a queflaux au pluriel.
Les queflaux ne peuvent difpoler de leurs perfonnes
& biens (ans le confentcment de leur Seigneur. Dans
le For de Bcarn , c'eft quefleaux.
Ce mot vient de quête. Qucfiaux font ceux fur
lerquel-; IcSeigneur faifc)it la qutte. f^oye^ ce mot.
■QUESTALITE. l.f. llgnifîc, Servitude. Nous trouvons
par les anciens titres du pays de Médoc, qu'il étoit
tenu en queflaluc. Autonne ,fur la Coutume de Bor-
deaux , art. Dj.
QUESTEUR, l.m. Etoit unOfficier de l'ancieiineRome
qui avoit foin du Tréfor public. Quxftor. Ce Magiftrat
étoit 1 un des plus anciens, &i avoit été établi fous les
Rois. Pendant la République, le Sénat envoyoit des
Quefleurs dans chaque Province, «Se ils étoient comme
lesTréloriers, & lesLieutenansduPioconfuldansl'ad-
miniftration des Finances. Mais ious les Empereurs,
comme il n'y eut plus qu'un Qat-yZeur, ou Tréforier gé-
néral pour tout l'Empire, on appela cesTréfoiiers par-
ticuliers, les Commis]du Quefleur, onAdjutoresquA-
Jloris. La première fonétion des Quefleurs neregardoit
que les armées. Ils payoient les foldats : ils recevoient
les deniers provenans des dépouilles &c du butin qu'on
failoit fur les ennemis. On en créa de nouveaux pour
rcfider dans la ville, & recevoir les deniers publics j
& les tributs qui le levoient fur le peuple. Syllaen aug-
nienta le nombre jufqu'à vingt. On les multiplia à me-
fure que l'Empire s'agrandit. Cette charge lépondoit à
celle de Tréforier , ou d'Intendant ik de Surintendant
des Finances. Prcfque les mêmes fondions y étoient
attachées. On le dit aulli dans le Pays-Latin , ôc dans les
Collèges, des Receveurs des revenus d'une Univerfité.
Questeur du Sacré Palais. L'une des premières di-
gnités tous les Empereurs deConllantinople. SacriPa-
lat'ii Qudflor. C'étoit le Quefleur, qui foufcrivoit les
icicrits de l'Empereur, & les réponfes aux requêtes &
aux fuppliques qu'on lui préfentoit. C'étoit auffi le
Quefleur, qui drellbit les loix, ^: les conftitutions que
l'Empcrîur trouvoit à propos de publier , & elles n'a-
voient de force, quelorfquele Quefleur du Sacré Pa-
lais les avoit fignées: il avoit fom de l'adminiftration
de la Jullice. Quelques-uns en comparent les fondions
à celles duCluncelier. C'étoit ordinairemcut un Jurif-
confulte qu'on honoroit de cette charge, parce qu'il
devoir connoître les loix de l'Empirc.^les didler, les
faire exécuter, ik juger des caufes, qu'on porroit par
QUE f
appel devant l'Empereur. Conftantin eft le premier qui
ait fait des Quefleurs du Sacré Palais.
QUESTION. 1. f. Demande qu'on fait à quelqu'un pour
apprendre quelque chofe de lui. Qu«flio,interroodtio,
pcnontatio. Les Nouvelliftes qui vo)cnt un Courrier,
lui font ccntqueflions. Un Voyageur qui arrive eftim-
portunc de mille queflions qu'on lui fait.
Question, en termes dogmatiques, fe dit de l'examen
d'un doute, d'une difficulté dont on traite, dont on dif-
pute pour en éclaircir la vérité. Quxflio , difficultas ,
argumencum. En toutes les Sciences , il y a bien des
queflions à examiner. Cet homme ne lait pas réfoudre
la qucflion, ne voit pas le nœud de la queflion, ne prend
pas le poinrde la queflion. Dans les queflions ohîcmes
&: duuteules, la modeftie lied bien mieux qu'un ton
décilif. S. EvR.
IfT QUESTION, en Jurifprudencc, eft un point fur
lequel on n'eft pas d'accord, &qui eft foumis à la .dé-
cilion du juge.
Toutes les conteftations qui forment les procès,
font ou queftions de droit, ou queflions de fait, ou •
queflions de fait Se de droit.
ÇCTLa Question de droit eft celle qui roule fur un
point de droit, comme quand il s'agit d'expliquer le
lens d'une loi dont on fait l'application à la caufe : celle
qui le décide par une loi.
^CF La Question de fait eft celle qui fe décide par la
preuve d'un fait dont les parties ne font pas d'accord j
celle dont la décifion dépend uniquement de la dif-
cullion d'un fait.
^fT Les Questions de droit .Se de fait font celles qui fe
doivent décider par les règles & les principes de droit,
&: par la preuve d'un fair controverlé. Par exemple
un Seigneur veur confifquer le fièf de Ion valîal pour
félonie. Le vafTal nie le tait , & (outient de plus que
quand même il feroit véritable, l'injure qui en léful-
tcroit feroit trop légère pour donner lieu à la commife.
La queftion d'état, eft celle qui regarde la perfonne, II
tel , par exemple, eft libre ou (erf, noble ou roturier,
légitime ou bâtard. Queflion douteufe eft celle que le
Droit ne décide pas clairement, & où il y a diverfité
de jugemens, qui n'établillent pas une Jurifprudence
certaine. Id.
Question préjudicielle. Voyez Préjudiciel.
Question , (e dit auffi des traités qu'on fait fur des ma-
tières dogmatiques. Propofitio. Les queflions Tufcu-
lanes de Cicéron. Les queflions Académiques.
Question, eft aulli une divilion que font quelques Au-
teurs de leurs livres : comme S. Thomas a divifé fa
lomme en pluheurs queflions & articles , quoique
chaque article (oit celui qui traite une queftion par-
ticulière. Diviflo , partitio. Le Droit Canon eft auffi
diftingué par caules & queftions.
Question, ie dit aulli d'une Thtfe qu'on foutient dans
les Collèges, qui encore qu'elle aboutilîe aune feule
queflion, néanmoins en contient plufieurs autres, fur
lefquelles on difpute en même temps. Thrfls, pofltio.
Les Médecins appellent queftions quodiibétaires',
certaines Thèfes qu'ils foutiennent dans leurs Ecoles.
f^oy. Quodlibetaire.
Question _, le dit auffi de tour ce dont il s'agit, lorfqu'on
eft en différend j ou qu'on a befoin de quelque chofe.
Il eft queftion de diner, & non pas de dilputei. Agitur
de prandioj non dedifputatione. Notre repas , notre vin
fera-til bon, c'eft la queftion. Si nous nous divertirons
bien; belle queflion ! Voilà ce dont il eft queflion.
Question, (ignifie auffi la torture qu'on donne aux cri-
minels pour favoir la vérité de quelque crime (fT qui
mérite peine de mort, foit pour leur faire avouer le
crime j lorlque les preuves ne font pas complètes , foit
pour les obliger à déclarer leurs complices, dans le cas
où ik en (ont pleinement convaincus. Qi^i:/?io,^eAe/ï /2 (7,
tortura. Perlonne ne peut être appliqué à la queflion en
matière civile. Par l'Ordonnance de 1670. tit. 19. art.
I. fi l'acculé eft prévenu d'un crime capital &c qui mé-
rite la mort, & (î le crime eft conftant, il peut être
condamné à la queflion, s'il y a preuve conlidérable
contre luij & que cependant la preuve ne foit paslur-
filante pour le convaincre & pour le condamnci à
mort
QUE
mort. Tous Juges , tant Royaux que Subalternes , peu-
vent cond.imiier ïVxqueJîion, &: mcmc le Juge Ecclc-
fiaftiquc. On appelle qucjlMn préparatolrt , celle qui
ell oaionnéc avant le jugement déhnitit- ; Hc ijuejhon
dcfiiuûvi, celle qui c(l portée pailejugement de mort.
La cjuejlion piépatatoiie ell ordonnée mancnûbus ïndï-
ciis; dcforte que lî l'accufc n'avoue rien, il ne peut
plus être condamné amorti mais (culcment adomnia
circa morcem. La auejl'ion définitive ell celle qu'on
donne aux criminels condamnés pour avoir révélation
de leurs complices. L'arrêt ou la fcntence porte ; un tel
condamnéàmort;maispréalablementappliquéàlaç;/c'-
flïon ordinaire & extraordinaire. Il haut qu'il y ait de
puidans indices, & violens, ou demi-preuves , pour
appliquer un homme à la quejlion préparatoire. La
queflion ordinaire à Paris le donne avec lixpots d'eau,
& le petit tréteau : l'extraordinaire avec fix autres pots
&le grand ciereau, qui ierre& étend davantage le cri-
minel qui ell (ulpcndu. On la donne ailleurs avec des
coins iSj des brodequins, & en chauffanc les pieds. Il a
été appliqué à la queftion ordinaire & extraordinaire,
& n'a rien confciré. Il faut qu'un homme perliile , étant
hors de la qtujlion , à ce qu'il a confellé. On dit aulîî ,
prélenterà la queflion, quand on fait peur feulement à
un acculé de lui donner la queflion , c'efl-à-dire , que
l'accufé efl conduit à la chambre de la queflion, dé-
pouillé ,lié, & attaché, i?cmis en eratdcfouiltirlaijJi/ir-
flïon. S'il ne confefle rien , il ell détaché & remené en
prifon. Mais ces feintes nefont permiles qu'aux feules
Coûts fouveraines. étant expielTément défendu à tous
autres Juges (Ordonnance de 1670. tit. 19. art. 5.) d'or-
donner qu'un accufé fera préfenté à la queflion, fans y
être appliqué. En Angleterre l'ufage de la queflion Se
des tourmens pour faire confeller les criminels, même
en crime d'État, ell inconnu. La queflion ell une inven-
tion inerveilleufe Se tout-à ftit fûre pour perdre un in-
nocent quia la complexion foible, &c fauver un cou
cable qui ell né robulle. La Bruy. Ceux qui peuvent
lupporter la queflion, & ceux qui n'ont pas allez de
force pour la loutenit, mentent également. Mén. Le
tourment qu'on fait fouffrir dans la quejlion , ell certain,
& le crime de l'homme qui fouffre ne l'ell pas. Tour.
Ce malheureux que vous appliquez à la queflion , fonge
bien moins à dire ce qu'il lait, qu'à fe délivrer de ce
qu'il fent. Idem. Il y a dans les Nouvelles littéraires de
la mer Baltique 1702. Janv. p. 11. & luivantes , un
abrégé d'une difpute fort détaillée (ut la queflion.
On dit proverbialement d'un indifcret qui parle trop,
qu'il ne lui faut point donner la queflion pourfavoirfes
fecrets.
QUESTIONNAIRE, f.m. Ip-C'ellainfi qu'on appelle,
celui qui donne la (7ae/?it)/z aux criminels. Tortor. C'ell
aulli lui qui fullige ceux qui font condamnés à avoir le
fouet tous lacullode. Dans les endroits où il n'y a point
de queflionnaire en titre , c'eftle bourreau qui donne la
queflion.
^QUESTIONNER, v. a. Demander pour favoir,
adrelîcr le difcours à quelqu'un fur une chofe que l'on
veut favoir. Perconcarij fcifcitari ex aiiquo. Je l'ai
queflionné fur plulleurs chofes.
On le prend fouvent en mauvaife part , pour faire des
queflions importunes.
fO- QUESTIONNER, dit M. l'Abbé Girard , fait fentir
unefprit de curiofité. L'efpion quellionne les gens. In-
terroger luppole de l'autorité. Demander a quelque
chofe de plus civil Se de plus refpeélueux. Queflionner
6c demander (ont feuls un fens. On dit cet homme-là
ne fait que queflionner. Mais il faut ajouter un cas à
demander, c'ell-à-dire, que pour faire un fensparfaitj
il faut marquer la chofe qu'on demande.
Ménage dit que ce mot vient de quuftionarl.
QUESTIONNÉ , ÉE. part.
QUESTURE, f. f. Charge , dignité de Quefteur-, ou le
temps qu'elle dure. Qudftura ,vel quxfdorïummunus.
Célar brigua d'abord la quefiure. Il demeura a Rome
pendant fa quefture. Exercer la quejture,
ffT Cette chatge étoit annuelle. Elle étoit fort recher-
chée à Rome, parce que c'étoit le premier degré qui
conduifoit aux grandes magiftratures. Voy. Questeur.
Tome VU.
QUE 8r?
QUÊTE, f. f. Adion par laquelle on cherche. Indagatïa^
conquiluio. Il y along-tcmps riucjc fuis cwqucteôîuw
tel, d'une telle chofe.
QuErK, ledit en termes dcCliallc, d'un chien propre à
démêler la voie de la bête qu'on vtuc détouuict. Ce
limier ell bon pour la quctc.
ÇCT On le dit aulli en paiiant de la chailc- du gibier. Cet
épagncul ell merveilleux pour la quctc, il a la quête
brillante , une belle ijucte.
QuBTE, lignifie encore, la demande &Ja cueillette qu'on
t-ait desaumcines pour quelque oeuvre piculc. Collixlio.
On ne peut faire àc quctc publiquCj même fous pré-
texte des bctoins de l'Eglife , lans la permillion j de la
police, de l'archevêque. Les Religieux Mendians f^nt
la quctc pat les maifons. Stipis exaciio. On choifit les
Dames les plus diflinguées pour faire la quête du Pré-
dicateur, des pauvres de l'GËuvre, afin qu'elles rallcm-
blent une plus grollc lomme.
Quête, s'ell dit autrefois pour acquêt. A^oye:;^. Beauma-
noir, dans (es Coutumes de Beauvaifis, c. 2.
Quête, s'ell dit autrefois pour conquête, Borel. Vicloriat
occupatio loci alïcujus j aut provinciét.
Quête, entérines de Coutumes, c'ell une colleéle que
des habitans font lur eux-mêmes.
Dans pludcurs Coutumes on appelle terre: de quctCy
celles qui doivent une rente qui (c levé par une colleiSte
que les habitans font lur eux mêmes; & droit de quùe,
celui que le Seigneur peut faire demander; mais qu'on
n'efl pas tenu de lui apporter che^ lui. Jus collecle.
Dans ce niêmi. fens en appelle'cens à^z/erejcelui que 1* '
vallal n'ell pas obligé de porter à la mailon du Seigneur,
qu il peut attendre qu'on lui vienne demander. La
quête courante, c'efl celle que le Seigneur impofe paC
chacun an (ur fes (ujcts taiUables. 1.^ quête abonnée,
dont parle la Coutume de Bourbonnois, efl lorfque
quelques lujets ou lerfs , ou francs , (ont abonnés à cer-
taine (ommc, par contrat ou autrement; au lieu que
les autres (ont impofés au rôle de la fianchife & bour-
geoifie, & de la taille ferve à la volonté du Seigneur,
& à fon plailîr ou félon leurs facultés, par fes Cfiiciers,
Jufliciers ou autres peilonnes à ce commifeSj félon
l'ulage des lieux. De Lauriere.
Que TE j ell aulli le droit de tailler fes hommes par chacun
an foit francs, ou (erfs. De Lauriere.
Quête, fe dit aulli des tailles que les anciens Seigneurs
failoient payer par leurs vaflaux & fujets aux quatre
cas portés par les Coutumes. Jus colleclionis.
On appeloit aulîl hommes & femmes quêtables, des
gens defervile condition, que les Seigneurs pouvoienc
quêter, chercher &: revendiquer, quand ils étoientfijj^
ris de leursSeigneuries pour s'aller établir ailleurs. LeS
perfonnes fujettesàla taille^étoient auflî appelés quê-
tables ou quêtcux. Les quêtables feront ïmpofcs à. la
taille par le Seigneur du lieu. Voyez Questable,
QuÊte , en termes de Marine, c'efl l'élancement ou la
faillie que fait l'étrave & l'étambordhors de la quille &
corps du navire. Prominentia. La quête de l'étambotd
efl de la vingtième pa'tie de la quille ; celle de l'étrave
ell de la cinquième, ou environ.
Quête, fe dit aitffi(ur les rivières de l'avance que font les
bateaux, tant du cc)té du chef que de la quille, lorfqu'elle
s'élève & ne touche plus fur le chantier. Prominentia.
La quête du chef d'un foncet e(l de la feptième partie
de la longueur du fond ; & celle de la quille efl de la
fixicme partie de celle du chef.
On dit proverbialemenr, qu'une perfonne vit de
quête , quand elle efl réduite à l'aumône. Ade.xtremam
inopiam redaclus. On dit que ce n'efl pas tout de prê-
cher, il faut faire la quête ; pour dire, qu'il faut que
nos études nous foient utiles.
03* QUETER. V. a. Terme de chalTe. Chercher le gibier.
Inveftig'are. Quêter un cerf, un fanglier. Quêter des
perdrix. Foy. Quête.
5^ On dit figurémenr, quêter des louanges, chercher
adroitement à fe faire donner des louanges. Aucupari.
{fT Comme terme de chaire, on le dit ablolumeni. Ce
chien quête\iie:n. Nous avons quêté lonit la journée
fans rien trouver.
Quêter, fignifîe aulIi demander des charités pour lespau-
M
po QU Ë
vres, ou pour autres caufes pieufes, Colllgere. Celle j
qui rend le pain béni eft obligée de quêter, oa de faiie
quêter. On quête dans lesParoilTes pour les Hôpitaux
& les Confréries, pour l'Œuvre, pourles pauvres. Les
religieux mcndians ont permilïon de quêter dans la
ville.
QUETEUR , EUSE. f. m.& f. Qui quête. Stlpis coaclor,
exaclor. frère quêteur. Belle quêteufe.
Depui le XU^. lîccle jufqu'auXV^. inclufivement, il
y a eu des quêteurs établis en titre d'office dans lesEgli-
ies. Il s'elV trouve de ces quêteurs qui failoient trafic
des faintes Reliques. Ces abus, 8c d'autres encore, les
firent abolir.
QUÉTIF, Vieux adj. Chétif. Il vient de l'Italien Cat-
QUE
tivo.
QUEVAGE. f. m. Cliefvage, à caufe qu'on confond en
quelques endroits le Q avec le CH; car on dit, ckatôc
quat j &Z queval pour cheval, &C quien pour chien. Ce
qui le pratique fur tout enPicardie. Or quevagecd un
droit furchacun, c'ell à-dire, fur cLaque tête, & vient
de Capitagiurn. Borel. Cavagium, Quevdgium., Capi-
tagium. Le quevage, félon la Fons, dans fes Notes lur la
Coutume de Vcrmandois, p.ijj.t9i\t chef des cens.
Au lieu de chefs, les Picards dilent^ie/i ou quiefs : d'où
ils ont fait quevage, au lieu de chevage. Brodeau fur
la Coutume de Paris, T. //,/'. j_rJ',&Galland dans
fon Traite du Franc-aleu,/". S^ , S^ & 8s-
QUEVAISE, ou QUEVÈSE. Terme de Coutume. Dans
rUfement de Cornouaille, article 52 , c'eftune tenure
qui oblige le détenteur à la réfidencc aâuelle, à peine
de commife après l'an & jour. M. Du Fail écrit que-
na'tfe 6c non quevaifc. Selon quelques-uns ce mot
vient de quenais , qui en Breton fîgnifie va dehors ;
parce qu'en vertu de ce droit, le plus jeune des en-
fans chalfe les autres. Mais le mieux eft de dire qu'il
vient A& capîtagium , cavagium, quevagium , que-
vage.
K2UÉVAISE. roy. Kévrod,
<2UEUE. f. f. La partie qui termine le corps de l'animal
par derrière. Cauda. On le dit de routes fortes d'ani-
maux. Dans les quadrupèdes, c'eft cette partie, ordi-
nairement couverte de poil, qui eft au bout de l'épi-
ne du dos. Ils s'en fervent pour s'émoucher. D.ansles
oifeaux , ce font les longues plumes qui leur fortent
du croupion; en termes de Fauconnerie, on l'appelle
Balai. Cette queue fert auîT oifeaux comme de gou-
vernail , pour fe conduire dans l'air. Dans les poiflons,
\e.s fcrpens, les infedles, c'eft la pauie qui s'étend du
ventre jufqu'à l'extrémité oppofée à la tête. Le lion le
^l^at les flancs de fa queue pour s'irriter. Les chiens re-
^HEiuent la queue en figne de carelîe , en voyant leur
maîrrc. Ainfi l'Ecrirare dit que le chien de Tobie vint
au-devant de fon maître en branlant la queue. Le Icor-
pion pique de fa queue. Les belles fourrures fe font de
queues de fouines, de martres, ou fourisde Mofcovie,
d'hermines, &c. La queue du paon eft chargée des yeux
d'Argus, à ce que dit la fable. Les Chalfeuis tirent en
volant les oiieaux en queue. On dit auih quand on
déligne un cheval, foit lorfqu'on le fallu, ou qu'on le
vend, qu'il a crins, queue ôc oreilles. Cruiitus ^ cau-
datus & auritus.
Ce mot vient du Latin cauda.
Queue, fe prend aufllpour quelque partie de l'animal
coupée fur le train de derrière. A la boucherie on
appelle queue Ac mouton. Cauda vervecina. Une queue
de morue, de laumon, c'eft toute la partie de derrière
de ces poilfons. On dit aulîi , que IcsSyiènes, les
Tritons, ont le corps de figure humaine, & linillcnt
en une queue de poilïon. Dejinit in pifcem mulier for-
mofa fupernè.
En Anatomie on appelle la queue d'un mufcle , le
tendon qui eft attaché à la partie mobile. Tendo.
L'autre rendon qui eft attaché a la partie immobile
vers laquelle fe frit le mouvement, s'appelle la tête
du mufcle. Voy. Muscle.
Queue, fignific aulli dans les végétaux, cette partie ou
ce lien qui attache les feuilles , les Beurs ou les fruits
à leurs branches, ou leurs tiges. Pediculus , petiolus.
Les Heurs fe conlcrvem long-temps cueiljics, quand
on laiiïe tremper les queues dans l'eau. Le moyen de
conlerver les fruits d'hiver , c'eft de fceller leur queue
avec de la cire. Les cerifes à ccuite queue font les
meilleures. Les Bocaniftes appellent la queue des Heurs,
pédicule. En parlant de cercaincs flcuts, comme tuli-
pes, hs, narcilles, on appelle quiue , quand elles font
cueillies , ce qu'on appelle tige dans ces mêmes Heurs,
lorfqu'elles font encore lur pied.
Queue , le dit aulîi des manches de plufieurs inftrumens
& uftencilcs. h^. queue d'une viole, d'un violon, c'eft
la partie où font attachées les cordes. Cauda fidis. La
queue d'une poêle, d'un gril,6f. font les manches par
où on les tient lorfqu'ils lont lur le feu, ou qu'on les
en approche. On dit aulfi des boutons à queue ,<\\xxnà.
ils font attachés à quelque bout depalfement, ou au-
tre ornement.
Queue , en tetœcs d(? Charpentcrie , eft une pièce de
bois longue de cinq à fix toiles , qui fert à faire tour-
ner les moulins pour les cxpoler au vent. Cauda lignea.
moletrins..
Queue , fignifie encore cette partie des habits longsqui
traîne à terre , qui eft une marque de qualité , & qu'on
étend beaucoup dans les gtandcs cérémonies. Syrma.
Cette femme eft de qualité, on lui porte la queue. Les
Cardinaux ont des Ofhcicrs pour leur porter la queuta
qu'on appelle Crtttt/awircj. Ce font dcsPrinceH'esqui
portent la queue à la Reine lors de fon mariage. Aux
pompes fimèbtes , les Princes ont des queues de douze
ou quiuze aunes de long. Elle n'arrive à l'Eglife que
dans un char, on lui porte une lourlc queue «Scc.La.
Bruy. ■
§3" Parmi les Marchands de draps, de toiles , on dit *
qu'une étotFeacap &c queue ,\oïi(\\i'c\\.t n'eft point en-
tamée. Panni textumfolidum , integrum. La queue eft
le dernier bout de la pièce , qui eft entière , par oppo-
lîtionau premier bout qu'on appelle te te ^ chef om
cap^
Queue, fe dit auflî des caradèics qui finiftent par une
pointe tirée en bas. La queue de cet y grec n'eft pas
bien formée, c'eft- à-dire , le trait qui excède par en
bas le corps de la lettre.
$3" En Mulique on appelle queue , virgula j le trait qui
monte ou qui delcend à travers la portée , Se qui tient
à la tête , c'cft-à-dire , au corps de la note. Dans le
plain-tliant les notes n'ont point dequeue. Dans la mu-
fique , la ronde n'en a poinr.
§3" Queue , fignifie aulTi le bout, la fin de quelque
chofc. La queue d'un étang, d'une foret. La queue de
l'hiver , de l'été.
Queue. Terme de jeu. C'eft au piquet à écrire, lorfquc
pour compter les tours dont on eftconvenu, les joueurs,
à chaque coup qu'ils (ont marqués , mettent un jeton
dans la bourle commune, laquelle, à la fin du jeu j,
appartient totalement à celui qui gagne le plus, &s'ii
y en a deux qui gagnent autant l'un que l'autre, Iz
queue fe partage également entr'eux. C'eft à celui qui
a la queue à payer les cartes. On la joue aulïîauqua-
dtille, Se à tel jeu qu'on veut. Payer le vingt-huit,
la conlolation, la queue j ôc les as , c'eft donner poi.r
rout cela le nombre de jetons qu'on a réglé au com-
mencement de la partie. j
Queue , en termes de Chancellerie, (e dit de la manière •
de fceller les lettres. Une lettre eft fcellée à fimple
queue , cauda JlmpUci , quand le fceau eft attaché à
un coin du parchemin de la lettre, qu'on a fendu ex-
près ; & à double queue , caudâ duplici , quand le fceau-
eft pendant à une oandc en double de parchemin paf-
fée au travers de la lettre , comme, on fait dans toutes
les expéditions importantes.
^(fT En Aftronomic on appelle queue de comète , cette
longue traînée de lumière qui luit la comète. Cauda.
Comète à queue. Caudatus. Cette comète avolt la!
queue tournée vers l'orient. Lorfqu'une comète darde
les rayons vers l'endroit du ciel où Ion mouvement
propre femble la porter , fes rayons s'appellent harl-<:.
Au contraire , lorfqu'ils s'étendent vers la partie du
ciel d'où fonmouvement propre femble l'éloigner, iiî
fe nomment queue : & lorfqu'ils fe répandent ég.Je-
meut à la ronde, on les appelle chevelure. RoH.T.ur.
QUE
§3" Dans le temps où l'on doiuoit fi comète étoit du
genre mafculin ou féminin, on dit par plailantcric ,que
pours't'ii adurer, il falloit lui icijaidcr fous la queue.
Queue , t:n ttrimc de guerre, fe dit de la partie de la tnn-
chcc qui tft la plus éloignée a l'égard des ennemis :
c'eft le lieu. où on commence à ouvrir la terre pour
faire des approches, (S:où on laiiFe une garde de cava-
lerie pour courir à la djtinfe de ceux qui travaillent
à la tête de la tranchée , en cas de fortie. OhfidLona-
lis acccfiùs pars rcmoclor.
Queue d'un b^tMIon, c'ell le rang du ferre-file. Quand
on fait la contre marche par file, les hommes de la
tête du h.itailLn palfcnt a la queue. Agminis pars
«A-rr-Wif. On appelle auJiî la queue de l'armée, l'arrière
garde: ainfi on dit qu'on la prile en queue, qu'on la
chargée en queue , qu'on a d;(ait la queue de l'armée.
^^ Queue, {e dit aulli de la dern.cre partie , des der-
niers rangs d un corps , d une compagnie. La queue
dune procelfion , d'une compagnie. On a vu les pro-
ccllîons du Redcur autrefois (1 longues, que la croix
ctoit a S. Denis, quand la queue étoit encore aux Ma-
thurins. Ulnmi. 11 cil a la queue du Parlement.
$^ A LA QUEUE, EN QUEUE, ligiiihc 3 l'extrémité, im-
mrdiatement après, Il Jut tué a la queueàe la tranchée.
Le bagage eft à la queue. Ce régiment eft à la queue
des chariots. Ce chalFeur eft toujours à la queue des
chiens, pour dire, qu'il les fuit de près.
fer '. n dit encore en queue & a la queue , pour dire ,
au.\' trouires, a la poUrluite de quelqu un. Ce Génc
lai a toujours eu une armée en queue , qui l'a iuivi
dans la retraite. Les Exempts (ont à la queue de ce vo-
leur, il a le Prévôt en queue. Ces deux dernières phra-
fes ne peuvent palFer que dans le difcours familier.
Queue, fe ditfigurcment en ce fensde la fuite des af
f.îires: failons (i bien notre tranlaclion , que nous ne
lardions point de queue à notre procès. T'e fuperfic U-
tls locus. Cet arrêt eft ambigu , il laille encore une
queue a 1 affaire. C'elt un mauvais payeur, il fait tou
jours quelque queue, il laifî'e quelque chofe en rcfte a
payer.
Queue, fc dit aulîî des étendards qui aboutifTent en
pointes. Autrefois les Ecuyers porroient des pennons
ou étendards pointus , comme font maintenant les
guidons; &C quand ils devenoicnt bannetets, on cou
poit la queue de ce pennon pour faite un étendard
carié. Les pavillons des Chefs d Efcadres fur mer ont
audi une queue , & font fendus des deux tiers de leur
hauteur.
Queue. Terme de Relieur. C'eft la partie du livre qui
regarde la fin des pages. Rogner par la tête & par la
queue.
Queue. Terme de Luthier. C'eft un morceau de bois au
bout de la table de certains inftrumcns où les cordes
font actachccb. Cauda fidis. Queue de viole, queue de
vi;^lon , queue de poche.
Queue a-'NuÉj;. Vieux nom d'uneforte devers anciens,
félon ) art de Rhétoiique ancien. Borel.
QuE'-T. d'aronde, eft un terme de Charpenterie, qui fe
•1 - du plus fort des afremblages, quand on fourre une
pièce de bois qui va en sélargilfant par le bout, dans
une autre pièce de bois,enfoite qu'elle n'cnpuilîe
plus fortir, parce que l'entrée eft plus étroite que le
fend , comme on voit en la figure d'une queue d'hi-
rondelle. Securiculata fibula , fecurïculata fui feus.
On appelle en terme de fortification , des ouvrages
à queue d' aronie y quand ils font de cette figure, &
plus étroites par la gorge que par la face. Securiculata
jigula. ; & au contraire à contre-queue d'aronde ^
quand les faces font plus petites que la gorge.
Queue ;>'Aronde. Terme d'Horlogerie. C'c-ft une petite
coulilfe plate d'un côté ,& ronde de l'autre. On em-
plois des queues d'aronde en plulieurs occafions dans
î Horlogerie. On en met une au nez de la potence d'une
moiitie , pour faire l'échappement.
QuEUEEiANCHE. Allncïlla. Non d unoifeau, quieftunc
elpècc de Fyrarcus. Tout le champ de fon pennage
c(i d une couleur qui tire entre le blanc S< le cendré.
Les extrémités de fon vol font noires , fon ventre , fon
croupion &: le dcdus de fa queue font entièrement
Jomc FIL
QUE pi
blancs fans aucune tache ; quand il vole, il a de l'air
du héron par le battement de fcsmahutcs, & lorf-
quil le cède, il vole en planant, &c non pas a la ma-
nière des oifeaux de proie qui clèvcnt leur tctc en vo-
lant: car celui-ci au contraiic regarde la terre. '- n l>p-
per(,oit plus fouvcnt au lever , tk au cou>.her du fo-
Icil: il vole les poules , les peidrix, les lapms & les
lièvres , tk fréquciitc l'orée des bois.
Rellon fait mention d une autre eipèce nommée pa-
reillement queue Hanche , qui eft d un vol très- léger,
& qui a le champ du pennage de même que celui da
milan royal, duquel nous pa:lcrons ci-après. / oye:ç_
encore Jean le Blanc.
Queue de cheval, eft chez les Tartares & Chinois l'en-
feignc ou drapeau fous lequel ili vont a la guerre.
Cauda equina , vexïUum fuh quo miht.jnt. Chez les
Turcs , c'eft un fignal de bataille, quand il eft lur la
tente d'un Général C'eft l'ctend.art qu'on porte devant
le Grand- Vifir, devant les Bâchas & les Sangiacs. J'oy.
au mot TouG. M. de Tournefort dans fon Voyage ,
/ . II , p. 27 ,3. déçut ces queues de ckcval , <k en
a donné la figure. Il y a des Villrs a une , & d autres à
truis queues de chev.'l. De la paillon des Turcs pour
les chevaux, eft venu leur ufagc de prendre une queue
de cAevij/ pour leur premier étendait. C'eft un ouvrage
a la main , qu'ils font de pluficurs queues ]6k\x.zs en-
ferable. Si. teintes en rouge , qui eft furmcnté entête
de quelque tidu de crin , & d une gr< fïe boule de cui-
vre doré. Les Bcgs font porter une de ces queues , les
Bâchas deux , les Grands Beglerbcgs trois , le Grand-
Vilircinq, & le Grand Seigneur en campagne fept.
Queue de cheval , en termes de Botani-ue , eft une
plante qu'on appelle autrement prtVe , en latin equfe-
tum. Voyez Prêle.
Queue de dragon. En termes d Aftronomie, la tète eu
la queue du Dragon , font les iiauds , < u niteriec:!'- ns
del écliptique par les ccri.ies , ou orbites des autres
planètes qui ont quelque latitude à 1 égard du fi icil ,
& ce font les points où fc font toutes les écli^fes. Le
nœud afctndant s'appelle la tète du dragon , «a le
nœud defcendant, la queue A\X àïTi^ow. Cauda di.. co-
nis. On figure ainfi la queue du dragon V . Les Af-
trologues la mettent dans tt.us leurs horofcopes, quoi-
qu'elle n'ait en cftet aucune veitu.
Queue de dragon. Terme de I hilofophie hermétique.
C'eft, félon Hermès, le ineicure philofophal qui dé-
vore la queue. DicT. Herm.
Queue blanche de dragon. En terme de Philofophie
hermétique. C'eft l'huile de mercure, ou la liquéfac-
tion & huméfaèfion philofophiques : autrement c'cftle
mercure fermenté pour les imbibitions de la pierre
blanche: c'eft la teinture lunaire. L'ict. Hlrm.
Queue rouge de dragon. Terme de Philofophie Iver-
métique , c'eft le mercure rubifié ou couronné par
les imbibitions de la pierre. Autreiiient , c'eft la tein-
ture rouge, ou la teinture de l'or. Dict. Herm.
Grosse- QUEUE. Nom d'une ç.içtctàç^ov.z. Cauda craf
fa. Pyrum crafà caudà. La Qiiintinie met la grof'e-
queue dans le tioilièmc rang des bonnes poires , c'tft-
a dire, de celles qui ont un grand parfum -, mais
qui f'onr lujettcs à l'avoir renfermé dans une chair
extrêmement dure , pierreufe, pleine de marc. P. lïl y
p. 2ij. Ailleurs,^. ^22. Il dit que la groffe-queue ,
eft de celles qui ont quelque bonté , & même quel-
que réputation en de certains endroits: mais qui doi^
vent pourtant le cédera beaucoup d autres.
Queue de paon. Ti r.ne de Charpenterie & de N'îcniii-
ferie, fe dit de tous les compartimens de diverfes for-
mes ou grandeurs , qui dans les figures circulaires voiîC
en s'élargidant depuisle centre julqu'à la circonféren-
ce; ik imitent en quelque forte les plumes àt\ixqueu&
d'un paon, lorfqu'il l'ouvre eu forme de roue. Cauda,
pavonïs variegata.
Queue de pierre, en terme de Maçonnerie , eft le bout
brut des grofTes pierres qui fervent a faire des liaifons
en dedans des murs, qu'on appelle autrement hou-
tïffis. La queue eft oppofée au paremenr. C'eft le
bout brut ou équarri d'une pierre eu bouciflé , qui eft.
Mij
pz QUE
oppofce à la tcte ou paiement , Se qui entre d.ms !c
mur (ans faire p.-irpain, Daviler.
Queue de pourceau. Plante qui poulfe une tige à la
hauteur d'environ deux pieds, rameufe, cannelée. Ses
feuilles (ont plus grandes que celles du fenouil , di-
vilïcs en trois parties dont chacune le (iihdivilc en
trois autres, Icmblables aux feuilles du chendent; car
elles font étroites, longues & plates. Au plus haut des
tiges croillént des ombelles fort larges, garnies de pe-
tites fleurs jaunes , à cinq feuilles dilposées en rôle.
Ces Heurs font luivies de fruits compolés chacun de
deux femcnces prelquc ovales , rayées lur le dos, avec
les bords éguilés en feuillet, d'un goût acre & un peu
amer. Sa racine elt grolfe, longue, noire pnr dehors ,
%'erdàrre par dedans , rendant , lorfqu'on y tait des in-
cilions, un lue jaune, d'une odeur de poix. En \a.-
xmpeuccdanum majus Itahcum. C. Bauh. La racine
de la queue de pourceau. Se fon lue, font propres pour
l'althme , pour la toux , la rétention d'urine , pour pro-
voquer les mois aux femmes.
Queue de rat. En termes de Maquignon, on appelle
un cheval queue de rat , celui qui a la queue dégarnie
de poil.
Queue de rat, ou arrête, fedit auffi des calus ou du-
retés, qui viennent plus bas que le jarret à la jambe
du train de derrière. Calus , durities.
Queue de rat. Terme d'Horloger. Sorte de lime qui
n'a pas bcfoin de manche, parce qu'elle a une grande
queue.
Queue de rat. Terme de Marine. Cordages qui font
plus gros par le bout où ils (ont attachés, & qui di
minuent depuis les deux tiers julqu'à l'autre bout qui
le trouve dans la main des Matelots.
^CF Queue de rekard. Petite plante qui vient ordinai-
rement dans les terres humides , & qui reiremble à
une queue de renard.
Queue rouge. Nom d'un oifeau. Cauda ruhra. Coda
rojj a en Italien. Cet oifeau eu. Appelé queue rouge j îi
caule que cette partie paroît d'un rouge très-éclatant.
11 h'équcnte pour l'ordinaire les montagnes efcarpées
de rochers, de précipices & d'écucils. Il fe plait à
faire là (on nid. Cet oifeau chante parfaitement bien,
& fon pcnnage eft très- agréable à voir. Sa viande or-
dinaire ert de la pâte, du cœur haché, comme pour
les rollîgnols. Nous ne voyons pas de ces oKcaux en
Fiance. En Italie dans les pays des montagnes , il s'en
rencontre. Il y en a de trois (ortes; mais celui dont j'ai
parlé a le chant le plus agréable. Le mâle a la poitrine
rouge. Ces lortes d'oifeaux vivent jufqu'à huit ans.
Queue de souris. 1. f. Cauda /n/z/ij. Petite plante baife ,
qui pouire de ("a racine des feuilles fort étroites , à-peu
près comme celle du gramen, épailles , s'élargillantun
peu vers leur extrémité. Il s'élève d'entre elles de pe-
tites tiges grcles , tcwidcs ou cylindriques^ nues, por-
tant à leurs lomniirés de petites fleurs à cinq feuilles ,
de couleur herbeufc. Il leur fuccedc un épi oblong ,
grêle, approchant de celui du plantain, pointu , doux
au toucher , Se ayant la figure de la queue d'une fou-
ris , d'oii elle a pris (on nom, contenant des (emetices
très-mer.ues. Sa racine eft coinpolée de fibres déliées
comme des cheveux. Cette plante a un goût acre. Elle
croit dans les champs entre les blés, dans les prés Se
dans les jardins. Les grenouilles en font friandes. Elle
efl un peu aftiingentc Se dellkatis'c.
Queue. Terme de Conchyliologie. C'eft la partie inté-
rieure d'une coquille , laquelle eft plus ou moins lon-
gue. Il eft clfentiel de la diflinguer d'avec le bec, qui
eft toujours fort coiut & recourbe.
Queue de chanvre. Terme de corderie. Paquet de
filalfc brute, dont les brins font arrangés de façon que
toutes les pattes ou l'écorce des racines font du iTiême
côré. CoJJipu rudis fafcia.
Queue de lion. f. f. Cauda /ennis. Terme d'Aftrono-
mie. C'eft le nom d'une étoile de la première gran-
deur qui s'appelle amtcmem Denehale-^et.
*cr Queue. Terme de billard. Inifvumentdont on ("e fert
pour pouffer les billes. C'eft un bâton frit au tour,
gros par un bout , Se qui va en dimnuant julqu'a l'au-
tre bout. On appuie le petit bout fur la main gauche ,
QUE
Se en pouflaut avec la main droite , on chaffe la biilc
en lui donnant un coup fec.
ifT On appelle aulîi queue la partie de l'inftru ment qu'on
appelle Inllard, Se qui eft oppotée à la malle. C'eft le
petit bout qu'on tient à la main quand on thafle la
bille avec la mailc du billard.
0Cr Queue. Terme de Perruquier. Mettre des cheveux
en queue , c'eft les attacher pardemèic avec un cor-
don , & les couvrir d'un ruban qu'on roule tout au-
tour.
Ce? Queue. Sorte de pierre à aiguifer. L'Acad. écrit ainfi.
ï^oye:^ Queux.
Queue de rames. On appelle ainfi dans les métiers à fa-
briquer de la gaze brochée ,ce qui tient les fourches,
c'elt-à-dire, les ficelles qui paflcnt fur les poulies du
caiLn.
Queue , lignifie aufii un vaiffeau qui contient un peu
plus d'un muid , ou 54 fetiers, à huit pintes le (etier,
melurc de Paris, Se le muid eft de 5 6 (etiers. Ce mot
en ce fens vient du latin cupa. Cette mefure change
(uivant les provinces. On fe fert de cette mciure à Or-
léans Se en Champagne. Selon Borcl,la queue eii une
nii-iure de vin contenant 48 (etiers, qui valent 575
pintes. Ce mot elf ufité en Normandie Se en Picar-
die, Se eft corrompu de cuve.
Demi-queue, f. f. Futaille contenant la moitié de ce que
contient une queue. Acad. Fr.
QuEUE-A-(iu£UE, eft une phrafe adverbiale, fignifiantce
qui vient à la file & à la (uite l'un de l'autre. Conti-
nent i ferle , perpétua ferie } continente duclu. Ce Ma-
quignon a amené douze chevaux attachés queue-à-^
queue. Les enfansontun jeu qu'ils appellent à /jç^e/^e
leu leu y quand ils (e tiennent l'un l'autre par la robe en
marchant. Leu eft un vieux mot qui (ignifioit autre-
fois loup j comme s'ils imitoient les loups qui mar-
chent ainli à la queue l'un de l'autre.
Sans queue, fignifie auilî quelquefois , ablolumcnt&
fans (uite, fans ajouter de qualité, ou autre déligna-
tion particulière. Abfolutè. Quand on dit Mondeur ,
(ans queue , on entend le Maitte de la maifon. Herus
fine addito. On le dit aullï du frère unique du Roi.
Monheurlc Prince , (ans queue , c'eft le premier Prince
du (ang. MonfieurrÉvêque, c'eft l'Evêquc du lieu où
l'on eft demeurant.
QuEUE, (e dit proverbialement en ces phrafes. Il vien-
dra un temps où les renards auront beloin de leur
queue; pour dire, qu'il y a telles petfonnes qu'on mé-
pri(e, & qu'on choque en un temps, dont on aura be-
loin en un autre. On le dit aufti des chiens Se des
vaches. On dit aulîl , qu'il faut que chacun garde
(a queue ; pour dire , qu'il faut que chacun con-
(erve fon bien ^ par allulicn à la table d'un renard, qui
ayant perdu (a queue j vouloir perluader aux autres de
le couper la leur. On dit aufti, petit chien , belle queue.
Et on dit de ceux qui font confus de ce que quelque
chofc ne leur a pas réu(Ti , qu'ils s'en (ont retoutnés
honteufement la queue entre les jambes ; car c'eft une
marque de peur , de honte ou de lâcheté. Ce pro-
verbe eft tiré des loups &: des chiens, dont les Latins
ont dit, dégénères canes caudamjuh ventre refleclunt.
On dit audi , qu'on écotche l'anguille par la queue ,
quand on commence les affaires par où on les doit fi-
nir. On dit aulli, que c'eft brider fon cheval par la
queue, dans le même fens. On dit aulTi , qu'il faut fe
défier de cesanimauxqui ont deux trous (ous la ^i/cz/e;
pour dire, des femelles. On ditaulli, que le mal porte
le repentir en queue ; pour dire, que les crimes ont
de fâcheufes fuites. On dit aulli, quand on parle du
loup on en voit la queue ; quand quelqu'un arive dans
une compagnie où l'on parloir de lui. Ce proverbe ré-
pond au latin , lupus in fabula ; parce que la préfence
de celui qui arrive interrompt le dilcouts qu'on tenait
de lui; Se qu'on dit que celui-là (e tait qui a vu le
loup. On dit auffi , que le venin eft à la queue, en
parlant des afïirires qui onr belle apparence , Se dont
la fuite eft (âcheufe. On dit d'un homme (upetbe &:
glorieux , que c'eft un paon qui femire d^nsli queue.
Au contraire , on dit d'un miférable qui a peine à vi-
vre , qu'il faut qu'il tire le diable par la queue. On dit
Q
u !■:
aufTi de dcuxthofa qui n'ont point de rapport, cette
(jueue nVlt pas de ce veau-là. On dit des choCcs qui
l'ont perdues ^ abymécs, vous n'en verrez plus ni
aueuc niurciiics. On dit auili dunechofc entièrement
défaite ou confumée , il n'en ed pas relié la c^ueuc
d'un. On dit aulli-de ceux qui vivent délicatement , cV'
qui Tout fcmblant de (e nv.ntiiîerqu'ils le fouettentavcc
une ijueue de renard. On dit aulli d'une perfonne qui
manque de quelque cliole, qu'il en ellpourvu comme
un linge de queue. On 4it aullî, qu il n'y en a point
de plus empêché que celui qui tient la queue de la
poêle ; poin dire , qu'il ell: plus dilli'jile de gouverner,
que de railonner llir le gouvernement. On dit auffi ,
qu'on a pris un homme, une affa;ic par la tetc ëc par
la queue ; pour dire, qu'on l'a tournée Se examinée
de tous côtés. On dit aullî , commencer le Roman
\x\thqucue, quand on ne dit pas les choies dans leur
lliite naturelle. Les Africains difent , il eft vaillant
comme les lions d'Agla , à qui les veaux mangent li
queue. Oji dit auliî , U y va de tête & de queue ..com-
me une corneille qui ahat des noix; pour dire, il s'y
employé de toutes fes forces. Un dit encore , quand
il penle courir, la queue lui_ choit; pour dire, qu'il
trouve toujours quelque chofe qui arrête les entrepri-
(cs. On dit ; c'ell la queue à'écorcher, pour dire, que
c'eft-là l'article le plus difficile.
QUEUiSlQUEUMI. Exprellion payfane, qui fignifie,
tout de même, fans aucune différence, l'un comme
1 autre. SimUitcr. " Par ma fi, Monfieu , ceti-ci fera
" juftement ce qu'ont fait les autres. Je penfe que ce
» fera queujjl queumi ; 8c la meilleure médecine que
"l'on pourroit bailler à votre fille, ce leroit , félon
» moi , un biau & bon mari , pour qui elle eût de l'a-
» miquié. Le Médecin malgré lu} , Acl. Il , Se. I. >■>
QLEUX. f. m. Vieux mot qui fignifioit autrefois cuijl-
nïer. Coquus. Il n'eft plus en ulage que dans la Mai-
fon du Roi, où il y a (uc l'état des Maîtres Queux ,
dont l.v fonAion particulière efl: de faire des ragoûts ,
entrées & entremets , de même qu'il appartient aux
Potagers de foire des potages, aux H.âteurs de fournir
le rôt, aux Pàtillîers la pâtifferie, &c. Il y a un corps
de maîtrife à Paris , dont les Lettres portent qualité de
Maures Queux , Cuilîniers Se Portechappes de la ville ,
fauxbourgs & bavdieue de Paiis.
Ce mot vient de coquus, cuijînier. Voy. ci-delTous.
D'autres le dérivent de Cuen.r, qui fignifioit autrefois
Comte , parce que c'étoit un Office à vie très confidé-
rable , qu'on tenoit à foi & hommage du Roi. On
trouve dans les Regiftres de la Chambre des Comp-
tes, que les Officiers de la Cuifine du Roi, étoient
les Queux , Aideurs, Hàteurs j Pages, Souffleurs,
Enfans SauJJiers du commun , Saujfiers devers le
Roi , Sommiers j Poulicrs j Huijjiers , &c. Et en
d'autres endroits, il eft fait mention d'un Ecuyer , d'un
Maignan _, Clerc-Saujfier , Clerc de Cuifine, &c.
■Grand-Queux de France. Nom d'un ancien Officier
de la Maifon de nos Rois , qui commandoit tous les
Officiers de la cuifine & d^ la bouche. C'étoient des
gens de qualité qui étoient pourvus de l'Office de
Grand-Queux , comme on le peut voir dans l'hiftoirc
des grands Officiers de la Couronne, par le P. Anfel-
me, Auguftin DéchaulTé. Culina Rcg'u, ou bien Co-
quorum Regiorum, Prdfeclus. Le Grand- Queux de
France étoit autrefois l'Intendant de la cuifine du
Roi. Ce mot vient de coquus, comme heu, de locus ,
jeu iejocus. Ménage. Borel.
X^ÙfcUX. f. f. Pierre à éguifer. Cos. Il faut pafTer ce
couteaiî, ce raloir lur la queux. Il y a des queux pour
les cou-eaux , d'autres pour les faulx. Celles pour les
raloirs (ont plus douces, & on les pafle delTus avec
de l'huile. Ce mot efl vieux. Il vient du Latin Cos.
L'Académie éctit queue.
Queux. Vieux pronom , qui s'efl dit pour quels , les
queux pour lefquels. Qui, quinam. Borel. Le bas
peuple le dit encore en quelques provinces.
Queux. Vieux mot que l'on écrivoit .luffi , Ceue , dit Bo-
rel, & qui fignifioit queue , de àw^da.
QuEx , à Vieille phrafe. C'cfl-à-dire, qui lésa. R. d'A-
■ lEXANDRE.
QUI {)î
Ec le franc Conejlable qucx J jujlïficr. BoRÈt.
ce QUEYRANE. Petite ville de France', dans le Dau^
phiné , à trois lieues de Vailon.
QUI
QUI. Pronom perfonnel, relatif & intertogant, de touf
genre &C de tout nombre, lignifiant, lequel, laquelle,
lefquels, letquclles. Qui, qu£,quod. Il a toujours du
rapport à un nom qu'on appelle ancécédent. On ne
fait à qui fe fier. On ne fait qui meurt, ni qui vit A
qui parlez-vous ? Qui efl-cc ? Qui demandez-vout^
Qui va là r Qui vive î Qui plus ell. Qui pis efl; pour
due, ce qui efl encore plus fâcheux, ce qui ell enco-
re pis. On dit , je ne lai qui , pour marquer qu'on ne
fait quL ell celui qui a dit, ou qui a fait une chofê.
Je ne fai qui m'a dit cela; je ne me fouviensplus t/wi
c'efl : & on dit par mépris, & pour marquer une per
(onne de néant, c'efl un je ne fai qui; ou une je ne
lai qui; lorfqu'on ne veut pas prononcer une injure
tout-à tait.
Dans les cas obliques on ne fe fert guère de qui ,
fi ce n'eft en parlant des perfonnes. C'efl un cheval
donc j'ai recôianu les défauts : iSe non point de qui. Il
en eft de même quand on parle des choies inanimées.
La table donc , èi non pas de qui, je vous ai donné
la mcfure ; à laquelle , & non pas à qui je me fuis
bleflé. On fuit la même règle dans les chofes morales.
La magnificence , la bonté dont , &. non pas de la-
quelle je vous ai parlé. De même au pluriel. Il y a
pourtant quelques exceptions : on dit la gloire à qui
je me fuis dévoué. Vaug. Si l'on parle de même de
vertu, viéloire , renommée , & autres choies de cette
nature que l'on perfonnifie, fur-tout en poëfie, le qui
n'y fera pas mal placé, puilqu'il convient aux perfon-
nes, foit vraies, foit feintes. Qui, enPocfie, fe met
indifféremment en tous les cas. L'acad. Ce n'eft p.is
une faute de répéter qui , deux fois dans une période.
L'ufage en eft ii fréquent qu'il en ôte la rudelfe : &
l'oreille n'en eft pas offenfée. Il feroit plus rude de
mettre lequel , excepté lovfqu'il eft néceflaire pour
marquer le genre & ôter l'équivoque. Par exemple ;
C'cft la raifon fecrète de ce fuccès Ci funefte , duquel
je vous inftruirai. Farce que le relatif dont pourroit
le rapporter à raifon, ou ï fuccès ; il a été nécelfaire
d'employer le relatif lequel, pour déterminer à quoi fe
rapporte, je vous inftruirai. Vaug.
Qur, pour fignifier les uns & les autres, n'eft plus en
ufage chez les bons Auteurs. Jlii , alii vero. On trouve
dans les vieux Ecrivains : Qui croyoit , qui fuyoit fur
les toits; ilsfuivoient qui cà, qui là. Hue , illuc.
Qui , fe met quelquefois pour quiconque, quelque per-
fonne que ce foit. Quifquis , quicumque.
Quiyè laiffe outrager mérite qu'on l'outrage.
Corn.
Plufieurs font en doute s'il faut dire , c'eft moi qui
ai fait , ou c'cft moi qui a fait cela. C'eft une règle
de Logique très - véritable , que dans les propofitionS
affirmatives, le fujet attire à foi l'attribut, c'eft-à-di-
re , le détermine. D'où vient que ces raifonnemcns font
faux : l'homme eft animal, le finge eft animal, donc
le finge eft homme. Parce qu'animal étant l'attribue
dans les prûpofltions,_les deux divers fujets fe dérer-
minent à deux diverfes fortes d'animal. C'cft pour-
quoi il n'eft pas contre la règle de dite, je fuis hom-
me qui parle franchement, parce que homme eft dé-
terminé par je : ce qui efl fi vrai , que le verbe qui
fuit le qui , eft mieux à la première perfonne qu'à la
troifième. Je fuis homme qui ai bien vu des chofes ,
plutôt que je fuis homme qui a bien vu des chofes.
Gram. Rais.
Qui que ce soit, pour dire, quiconque. Quivis ,qui'
lihet, quifquis, quicumque. Qui que ce foit qui ait
fait cela , c'eft un habile homme. Et quand il eft mis
avec une négative, il fignifie, nul, aucune perfonne,
Je n'y ai trouvé qui que ce foit. Ce Juge ne coi>
94
QUI
nùic 'gui que ce fou , perfonne ne le peut gagner.
'Qui Q.U IL SOIT. Un de nos Poctes a dit, qui qu'il foie,
pour, Quel qu'il Ibit, Qui que ce loir.
Qui qu'il foit , il nous connoit peu ,
Ni vous, ni moi j Tifons j nous ne nous mêlons guèrcs
De vouloir au hafard , fans guide &fans aveu j
Pénétrer desfcciets j qui pour nous font myjlères.
P. DU Cerceau.
<2UI PRO QUO. f. m. TermeLatin qui fignifie une mé-
prile d'un Apothicaire , qui donne à une perlonne une
médecine préparée pour une autre , ou qui y met une
4|kautre drogue que celle qui eft ordonnée. Pharmaco-
poU lapfus , error. C'eft proprement la faute d'un
Médecin qui écrit dans une ordonnance quid au lieu
de quo, une chofc au lieu d'une autre, ou d'un Apo-
thicaire qui lit mal l'ordonnance du Médecin ; & qui
prenant qui pour quo , donne au malade un remède
différent de celui que le Médecin a ordonné. On l'a
étendu généralement à toutes les fautes que l'on com-
met dans la Médecine , ou dans l'application des re-
mèdes aux maladies. Ce mot eft indéclinable. N'allez
pas faire un qui pro quo en me donnant une médeci-
ne. Ce Médecin eft, ou t>ienignorant,ouliiendiftrait,
il fait tous les jours des qui pro quo. 11 recouvra la
îanté par un qui pro quo miraculeux. Du Loir, pag.
Ce nom eft Latin, formé du pronom qui, de la pté-
pofition /j/Oj qui veut dire au lieu, pour. Se de l'a-
olatif :}uo, c'eft-à-dire , un qui pris pour un quo.
Un Médecin du Nord, dans une Thèfe fur les
^^^'/r" ^"''^ avoue d'abord ingénument qu'ils font
très fréquens. 11 en diftinguc de plulieurs fortes : les
uns par rapport à l'action; d'autres par rapport au fu-
jet; &c d'autres par rapport à leur terme, ou à leurs
«ftc-ts. Dans la première efpcce font ceux d'un Méde-
cin qui fait quelque chofe qu'il n'avoit pas intention
de faire , ou qui donne un remède contraire au mal
<le fon malade, qui ne donne pas les remèdes à temps,
qui ne les donne pas dans l'ordre convenable, qui ne
remarque pas les temps des maladies, qui hafarde des
remèdes extraordinaires. Les qui prc quo par rapport
au lujet, ou les qui pro quo des maladies, font, dit-
il , de ne point appeler de Médecin par avance , d'en
appeler un mauvais, de recourir à des remèdes im-
pies & fupeftirieux, de ne pas exécuter ponétuelle-
ment les ordonnances du Médecin. Les qui pro quo
de ceux qui fervent le malade font pour les Apothi-
caires, lorfqu'ils le mêlent d'autre chofe que de leur
métier, quand ils empiètent fur les droits des Méde-
cins , quand ils changent leurs ordonnances, quand
ils altèrent les remèdes. Les qui pro quo des Chirur-
giens font de s'ingérer dans l'office des Médecins ,
d'apphqueraux plaies une emplàtrepour une autre, de
mettre des tentes trop longues dans les plaies. C'eft
un qui pro quo pour le cuifinier du malade, de chan-
ger la diète prefcrite par le Médecin. Le qui pro quo
des gardes, tft de ne pas obferver les ordres du Mé-
decin pour tenir le malade chaudement , & chofes
lemblables. Enfin par rapport .au terme, il dit qu'il y
a des qui pro quo falutaires, des qui pro quo dange-
reux, & des qui pro quo indifférens. Dieu nous pré-
lerve des qui pro quo.
Qui PRO QUO , fè dit métaphoriquement en d'autres ma-
tières , & généralement de toutes fortes de méprifes ,
de bévues, ou de fautes, fur tout quand elles ont quel-
que chofe de ridicule. Ah ! le plaifant qui pro quo.
Voila un que pro quo ridicule, j'ai pris un tel pour
Ion valet. Hatlucinatio , aberratio. Toute cette intri-
gue ell venue d'un mal-entendu , d'un qui pro quo ,
d une lettre donnée pour une autre.
On dit proverbialement , Dieu nous garde d'un
aui pro quo d'Apothicaire , & d'un & cœtera d'un No-
taire.
^V^'^'n ^™^ Larin, qui ne s'emploie qu'en cette phrafe
familière. Il eft à quia; pour dire, il demeure court,
il ne (ait repondre, ou plutôt, il ne fait plus que dire,
ni que faire. Jd ultïmas anguftïas redigi^ ad mecam
QUI
nonloquLJele perdrai, ou je le réduirai à ^a/tr. Ablanc. '
On l'a mis à quia.
QUIANSI. Foj. KiANSi.
QUIBEI. f. m. Herbe fort nuifible qui fe trouve dans
l'île S. Jean de Pottorico. Quiheia. Ses feuilles font
piquantes , & fa fleur reffemble à la violette : m. ,,
elle eft un peu plus longue. Cette herbe fait mourir
incontinent les bêtes fauvages qui en mangent.
QUIBO. Ile de la mer du Sud, fur la côte de la province
de Veragua, daris la nouvelle Efpagnc.
QUIBRON. Petite prefqu'ilc de France en Bretagne ,
dans révêché de Vannes, au Nord de Belle île.
QUIBUS. f. m. Terme populaire. Argent monnoyé ,
ecus, piftoles, bien, richeffes. Dia. Corn. Avoir du
quitus ; être riche. Nummi.
iUadame Des-Houlieres , p. 95, du L tom. de fes
Poëlies de l'édit de 1707, dit à M. le Duc de St
Aignan.
Tu fais l'art d'employer noblement ton quibus, ij
QuiBus. Efpèce de Myrobolans, qu'on appelle autrement
Chebule.
QUICONQUE. Pronom relatif & général, qui n'a point
de pluriel, qui ne fe dit que des perfonnes, & qui ne
veut point d'i/ après foi. Quicunque, quijquis. Il eft
en ufag^ particulièrement dans les Loix & tdits. Qui-
conque aura commis homicide , fera puni de mort ;
pour dire, qui que ce foit. Quiconque eft riche , eft
tout. BoiL. Dans ces deux exemples il n'y a point
d il; car on ne dit pas : quiconque aura commis un ho-
micide, il fera puni de more; mais, fera puni de mort:
ni quiconque eft riche , il eft tout. Mais s'il fuie un
verbe qui faffe comme un autre membre de période,
il f.aut pour la clarté du difcours ajouter il.
Quiconque eft riche, eft tout ; fans figefe , ilefl fage;
Il a, fans rien f avoir , lafcience en partage. I3oil.
Quiconque, eft aufîi quelquefois féminin, comme en
cette phrafe en parlant à des femmes , quiconque de
vous fera affez hardie, &c. L'Acad. Quicumque.
QUIDAM, f m. Ménage dit quidan. Certain homme
qu'on défigne pat quelques marques, tV dont on ne
fait pas le nom. Quidam, aliquis. Il eft venu un cer-
tain quidam me donner avis. Ce mot eft un peu vieux,
&: ne peut plus être employé que dans la converfa-
tion.
Ce mot eft venu tout pur du Latin.
Quidam. ( L'Académie dit au féminin quidane , ce qui
fuppofe qu'il faudroit dire quidan. Il eft vrai qu'on le
prononce ainfi. ) Quidam , ^u&dam. Il fe dit feulement
dans les monitoires,à caufe qu'il eft défendu d'y mar-
quer les noms, quoiqu'on les fâche. Tous ceux qui
fauront que certains quidams, ou quidanes ont fait
telle chofe, font averris d'en venir à révélation
S^ QUlDDlTÉ.f. f. Terme de Philofophie fcolafiiquc.
du latin quid , (juid fit , ce qu'eft la chofe en elle-mê-
me. Bacon faifoit tout c^ qui dépendoit de lui , afir»
que les Univerfités, inftituées pour la perfedion'de la
raifon humaine , ne continuaflèiu pas de la gâter par
leurs quiddités , leur horreur du vide , que l'i^i orance
rendoit refpeétables. Volt. Les Scolaftiques" n'appe-
loientleurs (\\\2X\ii.s ,quaHtésoccultes , que parce qu'ils
en ignoroient la nature , la çwcic/ire intrinleque & les
caufès mécaniques. Mém. de Trév.
QUIDER. Vieux mot. Cuider, eftimer, penfer. Perce-
val. BoREL. On a dit encore quidier. Id.
QUIDIER , CUIDIER. v. n. Vieux mot. Du latin cre^
dere. Cependant ^aiû'-ri'r nefignifîoit pas autant que le
mot croire, comme on le peut voir dans les deux vers
que voici :
Dames , certes ne deve\pas quidier.
Mais bien favoir que trop vous ai aimée.
De forte que quidier q& foupçonner , penfer , avoir
doute , préfumer. Gross. des'Poef. du Roi de Xav.
QUIEBON. Bourg de France en Normandie, GcnéraUtî
QUI
<lc Cacn , EleAion de S. Lo.
QUIENNES avoine:;. Terme de Coutume. C'eftune
redevance due en avoine pour lanoiiniturc des chiens
des Seigneurs. Avena vccligalis aLndis Domïnï ca-
nihus. Les Picards dilcnt encore quien^owc chien.
QUIHK. Vieuxmot qui llgnifioit pou'rrois. R. D£ la Rose.
De for en bel accueuil garder y
Jamais ne m'en quier recarder.
QuiER, fignifioit aulïï , chercher, de jKrfro. Renautde
^ASKEIL.
Jà de chanter en ma vie ne quier,
Mais avoir courage. Uorel.
QUIERRE.f. Vieux mot, quarré, ou anglet. Romande
LA Rose,
Sus toutes précieufes pierres .,
Trejlout reons à quatre quierres.
De-là viennent les mots de Languedoc, quairé,cai-
rou & cfcaire ; c'ell-à-dirc , quarré , pierre quarrce ,
Se équcrre. Borel.
QUIERS. C/^tfr/;/OT. Grande ville d'It.iHe dans le Piémont,
capitale du territoire de même nom , fur les confins
du Montfcrrat, à quatre lieues de Turin.
QUIET, ETE. adj. Paifible, qui eft en repos, qui n'eft
point agité. Tranquillus , quietus. On ne le dit gucre
qu'en ces phr-ifes : il a l'ame quiète, pour dire , qu'elle
D'eft point troublée de pallions. Ce malade a palfc une
nuit fort quiète ; ou plutôt on ne le dit plus du tout,
fi ce n'eft en badinant.
Ce mot vient du latin quietus.
<QUIÉTISME. f. m. C'elt le fentiment d'une Sefte qui
a fait lur la fin du dernier iiècle beaucoup de bruit.
Mohnos , Prêtre Elpagnol , mort à Rome dans les pri-
fons de l'Inquifition , palFe pour auteur du Quie'tifme.
Les illuminés d'Efpagne avoicnt pourtant avant lui en-
feigné quelque choie de lemblable. Ce nom eft em-
prunté du repos ou de l'inaétion entière où l'ame fe
rrouve loiiqu'elle eft dans la vie unitive. Pour y par-
venir, il faut auparavant palTer par la vie purgative ;
c'eft à dire , par cette obéiffance qu'infpire la crainte
de l'enfer. Il faut entrer dans la vie illuminative avant
que d'arriver à le perfeélion. OnelTuiede cruels com-
bats & de violentes douleurs. Ce ne font pas feule-
ment des iécherelfes ordinaires à l'ame ôc des priva-
tions de grâce, mais des peines infernales ; on fe croit
damné, k perluafion qu'on en a eft vive, forte, &
dure pluiieurs années. S. François de Sales .difentles
Quiétiftes,étoit tellement convaincu de fa damnation,
qu'il ne pouvoit fouffrir d'être contredit là-delfus. On
eft luftifammcnt payé de fes peines par les embralTe-
mens de Dieu , &: par la propre déification. Les (énti-
mens qu'on a pour Dieu dans le Qietifme j font fi
délîntérell es, qu'on l'aime pour lui-même , à caufe
de fes perfections , indépendamment de la peine &de
la récompenfc. L'ame le loumet à la volonté de Dieu,
lors même qu'il la précipite dans les enfers ; & au lieu
de l'arrêter, la B. Angele de Folie;ni lui crioit: Hâte^-
vous , Seigneur y de me jeter dans l'enfer, & ne dif-
fère:; pas, fi vous m'ave\ abandonnée , achevé-^ , &
plongez-moi dans l'abyme.. L'ame entre enfin dans
le repos , & dans une parfaite quiétude , elle contem-
ple uniquement (on Dieu , elle n'agit plus ; elle ne
penfe plus , elle ne défire plus ; elle eft uniquement
occupée à recevoir la gr.rce de Dieu qui la poulf- où
il veut, & comme il veut. Dans cet état elle n'a plus
befoin de chants, de prières, ni de vœux. Les prières
où l'clprit travaille , & la bouche s'ouvre pour deman-
der à Dieu fes befoins, font le partage des foibles &
des imparfaits. L'ame des Saints eft comme couchée
dans le (ein 5c entre les bras de fon Dieu ; où fans faire
aucun mouvement, ni produire aucune opération ,
elle attend (?a*elle reçoit les grâces divines. Elle eft
alors heureufe, puifque celfant d'être dans l'exiftence
qu'elle avoh. auparavant, elle fe change, ellefe tranl-
QUI pr
forme, cllcs'abymt dans l'Être divin, &r elle ^c perd.
tellement dans cet ab\ me qu elle ne connaît pas fa dif-
tinclionavec Dieu. FÉnel. Max. dls Saints. Boss.
Instruct.
QUIÉTISTE. f. m. & f. Nom des difciples de Molinos,
ou des défcnlcurs des fciuinitns marqués dans l'arti-
cle précédent.
QUIHTO. Nom d'une rivière de l'iftric. Quéttus , Kaw
portas. Elle la traveifeprcfque toute du levant au cou-
chant, &c fe décharge dans le golfe de Vciufe, prèsd©
CittaNuova. Maty.
QUIETUDE. 1. f. §0" Terme emprunté dumyfticifmc,
qui fignifie repos , tranquillité , fituation exempte de
trouble &L d'agitation. Quoiqu'il paroilîe coniacréàla
dévotion, il peut être employé dans le ftyle noble Se
foutenu. Quies, tranquiUitas , animus quietus. Un
vrai Philofophe palfe fa vie dans une grande quiétude
d'eiprit. Pat. Une férénité mcrveilltufe regnoit fur
fon vifage ; c'étoit un figne de la férénité de fon el-
prit , de la quiétude & de la tranquillité de fon ame.
M. DE LA Ch. La fagefle feule nous rend capables de
réfifter à la fortune, & d'acquérir la tranqui'lhté Ôi la
quiétude. S. EvR. Il ne_ faut p.as autcrifer l'oihveté fous
les apparences d'une fainte quiétude. S. EvR. Il pa(-
loit les heures entières dans une grande quiétude , k
tête nue, le vifage baigné de larmes ,&: l'efprit abymé
en Dieu. Bouh. rie de S. Ignace, L. VI.
QLTEX. Vieux nom ou pronom, quel; liquiex,dz&'
à-dire , lequel. Perceval
Demanda li quiex ejl li R.ois,
Et au pluriel de même , quiex & Ufquiex , quels & leCi
quels.
Hehers n'a m'aure'^ hom quiex qui foie,
QUIEZ. Vieux mot, k même chofe que quiex, quel»'
Huijlace , qui vivoit l'an 1 1 j j.
Qvàtz Roy y a en ordre eu.
Et qui ain^ois , & qui puis fu-, BoREt.'
QUIGNET. f. m. Vieux mot. Coin. Coquillard. Ro-,
MAN DE la Rose.
Comme povre chofe en quignet. Borel»
QUIGNETTE. Foye-^ Quinette.
QUIGNON, f. m. |Cr Terme populaire qui fignifie urt
gros morceau de pain, fruftum panis , fegmen panis,.
Manger un quignon de pain à fon déjuner. MénafCs
dérive ce mot du latin quinio , comme qui dirait la
cinquième partie du pain.
QU'IL. Vieux mot. Celui qui. Perceval. Borel.
QUILBOQUET. f. m. Infttumentde Menuifier IfT com-
polé de deux morceaux de bois dont l'un traverfe l'au-
tre à. angles égaux, qui feità fonderie fond des mor-
toifes, pour voir fi elles font taillées carrément. Me-
tula minutaria.
QUILLAGE. f. m. Terme de Commerce de mer. On ap-
pelle droit Azquillage , un droit que payent e;.i France
les vallfeaux marchands qui entrent pour la première
fois dans quelque port du Royaume. A Bordeaux ce
droit eft de 5 liv. 4 f.
QUILLAN. !''etite ville de France en Languedoc , au
diocèle d'Alet.
QUILLART. f. m. Jeu dont il eft fait mention dans des
vers de Marot faits au (ujet de Coquillart.
QUILLE, f. f. (Mouillez les deux //.) Morceau de bois
arrondi , qu'on élevé à plomb, qui ferr à jouer. Me-
tula luforia, vel obeHfcus.Or\tn arrange neuf en carré
pour les abattre de loin avec une boule. C'eft un bon
joueur de quilles, il en abat neuf tout d'un coup.
Ce mot vient de l'anglois kilcs , ou de l'allemani
kegeleu fignifiant la même chofe. Cu plutôt: de la lan-
gue celtique, ou bretonne , quille, qui fignifie un mor>»
ceau de bois qui fe tient debout.
D'autres croycutque ce mot s'ellditpar comuptiort.
^6 QUI
pour efqu'dUs , paicc que ce font des éclus & cJesef-
ctuilles de bois. M. Huet , T. II j des Di(J'. rec. par
AI. T'dladet , pag. 21 6.
On dit aiiiîi , en qudle , en parlant de ce qui cft tout
droit. On diiHnguc les Officiers de la grande ou de la
petite écurie, en ce que les derniers ont leurs palle-
mens coufus en quille , <k les autres en bracelets.
§Cr Les Marchandes de modes appellent quilles deux
bandes de paremens qu'on met à une robe le long de
la couture dn côte julqu'à la tente.
Quille , eft aulîl un terme de Gantier, qui fe dit d'un
morceau de bois en forme de quille à jouer , qui lert
à redreiler les doigts des gans^ & à mettre les gans en
couleur. Metula chirotecaria.
Quille, en termes de Marine , eft la plus giolfe pièce
de bois du vailfeau , qui règne de poupe en proue ,
qui fert de fondement & de bafe à tout le bâtiment -,
parce que fur elle font alTemblés l'étrave , l'étambord,
les varangues & les fourcats , fur Iclquels tout le bâ-
timent eft conftruit. Pnncipis maii ftereobates , ca-
rina. Il y a des vailleaux qui ont jufqu'à 140 pieds de
quille. Cette quille a quatorze pouces d'cpailleur ^
deux pieds de largeur. C'cft la quille qui donne la
longueur des autres pièces qui lui doivent être pro-
portionnées. Par exemple , la hauteur perpendiculaire
de l'étambord doit être la huitième ou dixième par-
tie de la qudle; celle 4e l'étrave le quart, la quête
de l'étrave la cinquième partie , celle de l'étambord la
vingtième, '"k toute la longueur du navire par enhaut
doit être d'un quart plus grande que la qudle. Le,'
proportions de toutes les pièces de toutes (ortcs de
vailfeaux le trouvent dans les Tables qui (ont à In
fin du Livre de Claude Caron Arpenteur, qui a fort
bien écrit des Bois & de la Charpenterie. On la com
pare a bon droit avec l'échiné ^ l'arête ou l'épine du
dos des animaux. Une furieufe temp;.te jeta le navire
fur des bancs de lable, tk la quille y entra li avant;
qu'on ne pouvoir en fortir. B, uh. Xav. L. FI. On
demeura engagé par la qdlle dans le rocher, & ce fut
un miracle que le vailTeau ne fe brifa point tout à-
fait. Id.
Ménage dérive ce mot du Grec xn'Aof ^ ou de l'El
pagnol quilld, lignifiant la même chofe.
Quille , eft aullî une giollc pièce de bois formant le
derrière d'un bateau foncet. Imus fummi mali pluteus
fpinj. C'eft celle qui lupporte le gouvernail. Elle ré-
pond à la pièce que dans les batimens de mer on ap-
pelle l'étambord.
Quille du pont , fc dit aulTl en quelques endroits ,
d'une longue pièce de bois qui foutient le pont. Ful-
crum.
On dit, prêter de l'argent fur la quille du vaifTeau ,
pour dire, y affecl:cr & hypothéquer le corps du vail-
leau. Navem obfirin^ere.
Quille, fe dit proverbialement en ces phtales. On dit
d'un homme qu'on voit furies pieds tout droit , & 4U1
ne bouge, qu'il eft là planté comme une quille ; pe-
dibus arreciis adftare. On dit qu'on a donné à quel-
qu'un fon fac & fes quilles , ou qu'il a pris Con iac &
fes quilles i pour dire, qu'on l'a chalfé, ou qu'il s'en
cft allé promptement. On dit auifi , qu'un homme eft
reçu en quelque endroit comme un chien dans un jeu
de quilles, pour dire, qu'il y eft mal reçu.
QUILLEBEUF. Nom d'un Bourg défendu par un petit
fort. Qudlehovium. Il eft dans la Normandie, fur la
Seine, à huit lieues au deilous de Rouen. On donne
le nom de Quilldois à fes bateaux ^ aulîl bien qu'a fes
habitans. Defcript. Qéogr. & Hiji. de la Haute Norm.
T. II. p. 2 s 2.
QUILLEH. V. n. Il fe dit quand ceux qui veulent jouer
aux quilles, en jettent chacun une, & tiient à qui fera
le plus prèi de la boule , pour fivoir ceux qui feront
enfemble. Metulis expjorareturmas ludentium. Il faut
quiller ; les plus près ieront enfemble.
On a dit autrefois, /è quiller, pour dire, fe plan-
ter, fe tenir dtbont comme une quille.
Quiller , eft aulli un veibe actif qui ne fc dit qu'en
cette phrale injurieufe 6i populaire. Que l'âfe vous
qudle. Afellus tefubigat. Voiture a dit :
QUI
Qui que vous choifijjle-^ de ces deux amoureux ,
Vous nefaurieT^ manquer que l'âfe ne vous quille.
SE QUILLETER. Vieux mot. Se planter, fc tenir de-
bout comme une quille. Gauvin. Borel. Siftere 3 '
Jlare.
QUILLETTE. f f Terme d'Agriculture qui fe dit des
ohets que l'on plante. Truncus hrevior. Planter des
ofiers en quillettes. Ce font desofiers longs d'un pied,
gros comme le petit doigt, aiguites par le bout le plus
gros, &■ que l'on fiche ainfi en terre de la profondeur
d'un dcini-pied. Liger.
QUILLIER. f m. La pierre ou le carré marqué où l'on
arrange les ncut quilles. Metularum area. Il y a un beau
qudlieraa bout de cette allée. On le dit aulli des neuf
quilles enlemble. Il a fait tout le quilUer en un ct.up.
QL'ILLIGA. Contrée d'Afrique, dans la partie occiden-
tale de la côte de Guinée.
QUILLO. 1. m. Monnoie d'argent qui fe fabrique & qui
a cours à Florence , S< dans tous les Etats du Grand
Duc. Il vaut 13 f. 4 d. monnoie du pays.
QUILLOT. (. m. Mefure des grains dont on fe ferc à
Smyrne, à Conftanrinople , &; dans quelques autres
Echelles du Levant. Quatre qudlots (k demi font la
charge de Marieille, y ayant même quelque choie de
bonne mefure.
QUILLON. 1. m. Terme dePourbifleur. Sorte de bran-
che qui tient au corps de la garde de l'épéc. Enjî an-
nexas ramulus. Oudlan rompu.
QUILMANCE, Nom d une ville de l'Ethiopie. Quil-
manfa. Elle eft dans la côte el'Ajan, près du Zangue-
bar, & a l'embouchure du Quilmanci , entre Melinde
& Magadoxo. Maty.
QUILMANCI. Nom d'une rivière qui a fa fource dans
l'Abidïnie, où elle porte le nom d'Cby; cnluite en-
trant dans la côte d Ajan, elle baigne Barraboa , & fc
décharge dans la mer de Zanguebar, à Quilmanci.
Quilmancus , Raphus. Maty.
QUILOA. Nom d une ville de Zanguebar en Afrique.
Qudoû , anciennement Rapta. Elle eft fortifiée & dé-
fendue par une petite citadelle, &i lituée dans une ilc
qui porte Ion nom , entre Monba^e & Melinde. Cette
Qudoa appai tient aux Portugais; mais il y en a une
autre en Terre lerme, qu'on appelle la vieille Qudoa ^
ik qui eft capitale du royaume de Qudoa , lequel a fon
Roi particulier, Mahométan de Religion. Maty.
QUIMBA, ouQUINUA. f m. Plante qui croît aux In-,
des occidentaL'S , qui eft de la hauteur d'un homme,
& qui a les feuilles ccmme la blcte. Quinua planta^
Sa Icmcnce eft menue, blanche; les habitans en font
un breuvage , ou la mangent en bouillie comme on
fait le riz. Cette plante n'eif autre chofe que la grande
amaranthe que C. Bauhin appelle Amaranthus maxi-
mus.
QUIMBALA. Montagne & volcan de l'Amérique méri-
dionale au Popayan, avec une province nommée de
même.
QUIMPERLAI, ou QUIMPERLÉ, ou QUIWPER-
LEY. Quimperleum. Petite ville de France dans la
Balfe- Bretagne, au diocèle de Kimper. Long. 14 d. 11'.
Lat. 47 d. 52'.
QUIMPER, QUIMPER-CCRENTIN, Ville de Fran-
ce, capitale du diocèie de Cornouailles. Corifopitum^
autrefois CuriofoluA. Elle eft dans la Bretagne fur l'O-
der, à vingt trois lieues de Vannes, vers le couchant.
Quimper a un évêché (utFragant de Touts.
QUINA-QUINA. C'eft la même chofe que Quinquina. \
Voy. ce mot.
QUINAIRE, f m. Petite monnoie Romaine. C'étoit la
moitié d un denier. Quinarius. Dans les Difteitations
du P. Chamillart, il y en a une adrellée à M. le Duc
du Maine fur les Quinaires. Par le terme de Quinaire,
l'on entend certaines médailles , de quelque métal
qu'elles foient , qui ne lont que de la grandeur d'une
de nos médailles. P. Chamillart.»
Il eft indubitable qu'il y avoit du temps de la Ré-
publique Romaine deux fortes de monnoies d'argent,
dont l'une ctoit du poids d'un gros , & l'autre du
poids
QUI
poids d'un demi-gros. La première sMppcloit /?£r/?.T-
rius, &c l'autre Qutnarius ; parce que celle-là valait
dix as , S-: que celle-ci n'en valoir que cinq. Aulu met-
loit-on lur la inonnoïc pelant un gros, le noniorc X
& le nombre V lur la monnoie qui n'cc(jic que d un
demi-gros. Or les monnoics (eus les Empereurs étant
demeurées, àqucL.ues granis près, Je nieme poids
& de même valeur que du temps de la République ,
la médaille d'argent du poids d un gros a continue
d'être appelée Denarius. Ojlcnduc mtln dcnanun:.
Cujus habit imaiùnem & ïnfcnpnonem ? dit Jesus-
CHRiSTàceux qui lui inontioient une médaille d'ar-
gent de l'Empereur Tibère. Luc XX, 24. La mon-
noie d'aigent continua, dis-je, d'être appelée Dena-
rius, ou bien une monnoie valant dix as. Par conle-
quent la monnoie d'un demi-gros étoit également un
Quinanus ; c'ell-à-dire, une monnoie valant cinq j-c.
Le chaiigemenc qui avoit été Fait parrapport à l'inl-
cription & aux figures qu'on y répréfentoit , ne tai-
(ant rien au prix & à la valeur de la monnoie.
Voila , lije ne me trompe , l'origine du mot Quina-
rius. Il s'enluir de l.i qu'il n'y a proprement que les
médailles d'argent pcfant un demi-gros auxquelles ce
nom convienne-, que les Romains ne l'ont point don-
né aux autres efpèces de monnoies aulli petites que
celles-là; & qu'ainli ce n'eft qu'improprement & par
analogie que les Médailliftcs le donnent aujourd'hui
aux nudailles d'or ëc de bronze, qui l'ont de la même
grandeurqueles Quinaires d'argent, puifque les unes,
iavoir, cellesd'or, l'ont d'unptixau dellusdecinq as,&c
les autres , je veux due celles de bronze , (ont d'un
prix inférieur.
L'unique convenance qui fe trouve entre ces Qui-
naircsSc les Quinaires d'argent, c'cft que le Quinaire
d'or eft la moitié d'une médaille d'or pour le poids &
pour la valeur : ts: celui de bronze la moitié d'une
médaille de petit bronze ; comme le Quinaire d'ar-
gent eft la moitié d'une médaille d'argent. Car les Ro-
mains ont oblervé dans leurs monnoies les mêmes rè
gles que nous; ou plutôt, c'elt d'eux que nous les
avons prifes. Ils avoient donc en or des Louis, li j'o-
fe parler de la forte, 3c des demi Louis. Les Louis, je
veux dire la médaille d'or, étoit du poids de deux
gros Se de quelques grains-, & le demi- Louis ou Qui
nairc étoit à proportion d'un gros &c de quelques
grains. Mais en bronze ils avoient plus de pièces de
difïerens poids que nous n'en avons. La monnoie de
grand bronze étoit du poids d'une once , celle de
nioyeii bronze de quatre gros , celle de petit bronze de
deux gros , & le Quinaire d'un gros.
Je n'ai parlé jufqu'ici que des deux premiers fiècles
de rEm;3iie. Dans la fuite, à mefure que les mon-
noies ont diminué de poids & de bonté, la même pro-
portion s'eft trouvée dans les fubdivifions qui fe font
faites. Ainfi deux Quinaires d'or de Conftantin font
également du po;ds d'une médaille d'or de cet Empe-
reur, comme deux Quinaires de Tibère font une mé-
daille d'or de ce Prince. Ce que je dis de ror,fe trou-
ve pareillement dans le bronze, & j'ai vu qu'au tré-
bucher deux Quinaires d'Aurélien , de Ptobus , de
Conftantius.étoient dans un équilibre aulli jufte avec
une médaille de ces Empereurs, que deux Quinaires
d'AntoninPie & de Marc-Auvele le font avec une mé-
daille de petit bronze de ce temps-là.
Néanmoins cette règle ne regarde que les médailles
& les Quinaires frappés par ordre du Sénat «.'v: des
Empereurs, &c non pas les pièces de même efpèce qui
font grecques, ou fabriquées par quelques colonies.
Or , fuppolé que cela foit vrai , tout Cu;ieux doit
conclure qu'une fuite de Quinaires eft du moins au-
tant nécelfaire dans les cabinets que les fuites de grand,
de moyen ik. de petit bronze. Ce font de part & d'au-
tre de différentes efpèces de monnoie , qui nous ap-
prennent combien il y avoit de fortes de pièces en tout
métal, qui avoient cours dans le commerce. De plus
les Quinaires font communément d'un coin plus fini
que les autres médailles , & travaillées par des mains
de Maîtres: ce que j'attribue à l'imp ffibilité où au-
roient été de nouveaux ouvriers de graver des figures
Tome FIL
QUI 97
enticics dans un fl petit cfpacC de i-nétal. JEnfin par \i
peu de Quinaires que nous avons dans les cabinets j
il eft .lifé de conjedturer que l'on y vciroit des reVcrs
qui leurs (croient particuliers, (k qui ne (croient ni
dans le giand , ni dans le moyen bronze: lailons qui
ont obligé les Médailliftcs de féparer les médailles di
ditterentcs grandeurs , & d'en faire des fuites diltin-
guées les unes des autres.
1 es Quinaires doivent donc faire aulTi dans les mé-
d.'.iiles un ordre à paît , 6: compokr une fuite (ans mé-
lange d'aucune autre médaille. Quelque rares que
(oient les Quinaires , ces fuites ne font point abfolu-
r.itnt impoilibles; puifquc Monfeigneur le Duc du
Maine en a déjà une (i nombreu(e Se (i conddérablc i
qu'il faudroit peu de Quinaires pour la rendre ccm-
plette. 1d.
QUINA.UD , AUDE. adj. 'Vieux mot j qui ne peut plus
trouver place que dans le burlelque pour (igrùlier ,
confus, honteux d'avoir fuccombé dans une difpute.
Je l'ai rendu bien çuinaudt
Ce mot (îgnilîoit autrefois gueux. Borcl le dérive
du Grec xfto's , c'eft-à-dire j l'iîc'ttttj.
QUINAUT, f. m. Vieux (inge ou marmot foic laid.
Turpis fimius. Il n'eft plus en ulaiV- en ce fcns.
IfT QUINCAILLE, ou QUINCAIIlERIE. fubft. f.
Quelques-uns écrivent & prononcent Clincaillc , Clin-
caillerie , Clincaiilier ; m3.]s all'cz improprement. Ter-
me colleélif qui renferme une infinité d'efpèces diffé-
rentes d'uftenfiles & d'inltrumens de cuivre , de fer ,
d'acier, comme couteaux j cifeaux, rafoirs , chande-
liers , & mouchettes. Frivolaria merx. Minuta mcr)i
ferrcria.
(j-Zr La quincaille renferme encore plufieurs ouvrages
de taillanderie 1^ de ferrurerie, & quantité d'outils
propres à toutes fortes d'ouvriers. La meilleure quin-
caillerie vient d'Angleterre.
{CF Quelques-uns appellent par mépris , quincaille, de
la monnoie de cuivre, comme les fous, les liards, &c.
Voilà bien de la quincaille.
IfT QUINCAILLIER, f. m. Marchand , vendeur de
quincaille. Frivolarius. C'eft un riche quincaillier.
QUINCAJOU. f. m. Qnincojovium animal. Animal de
l'Amérique , qui approche du chat , qui a le poil rouge
&'brun, & la queue ù longue, que la relevant il en
fait deux ou trois tours ("ur f n dos. Il a de fortes grif-
fes, & monte fur les arbres ., &c ('c couchant tout de
fon long fur Une branche , il attend que quelque ori-
gnac pade pour (è jeter fur lui & (ucer foii tang , en
lui ouvrant la veine jugulaire avec (es dens. Quand
i'oiignac fcnt le quincajou fur fon dos, il court vite fc
jeter dans l'eau, & aulli -tôt le quincajou qui haicceï
élément, quitte prife & faute a terre. Denis,, Hiji.
de l'Amer,
QUINCOLOR. Foy. Quadricolor.
QUINCONCE, f m. Echiquier eu tiers -point. Quin-
cunx. On appelle ainfl la difpolition d'un plant_ fait
par diftances égales en lignes droites, ëc qui prélenté
plufieurs rangées d'arbres en ditférens (ens. Planter
des arbres en quinconce. Bofquet en quinconce. Em-
ployer un carré en quinconce d'arbres fruitiers La
QuiNt.. P. II. c. 17. Il eft aifé de planter en peu At
temps beaucoup d'arbres en efpaiier, parce qu'il n'eft:
pas queftion d'aligner, mais pour un quinconce on ne
peut aller fi vite ; parce que, comme il faut que cha-
que arbre réponde jufte à deux rangs , il faut deux ali-^
gneurs, un pour chaque rang. La Quint. Part. III,
c. 20. Il fît des folfes de trois pieds un peu étroites,
& difpofées de travers en quinconce. Ablanc.
Daviler dit quinconge 6c quinconce ^ & le décrit
ainfî : c'cft un plant d'arbres dilpofé dans (on origine
en quatre arbres , qui font un carré avec un cinquiè-
me arbre au milieu; de forte que cette di(po(ition ré-
pétée réciproquement , forme un bois planté en fymmc-
trie, tk préfente par la vue d'angle d'un carré ou pa-^
rallélogramme redangle , des allées égales & parallè-
les. C'eft de cette forte de quinconce, que parle Ci-
céron dans Cato major. Se Quinrillien, L. I, c. 5«
Nos quinconces fe font aujourd'hui de l-ncme qUC
ceux des Anciens j à l'excepiion du cinquième arbrs
N
98
QUI
qui n'y eft pa?, de manière qu'étant majllcs, ^ lems
allées le voyant par le Hanc du leélangle , ils forment
un échiquier parfait , comme ceux qui (ont a côté du
Cours-Li-Reine à Paris, & du Jardin de Matli. Liger
dit quinconche.
QUINCUNX. f. m. Terme d'Hiftoire ancienne , qui
iîgnifie à la lettre cinq onces , cinq parties d'un tout
divifé en douze , cinq douzièmes de \'as Romain, il
lignifie aulli plant , arrangement en échiquier. C'étoit
encore une forte de mefiue pour les liquides, conte-
nant cinq cyathes , vingt cuillerées, ou cinq douziè-
mes de la chopinc de Paris. Quincunces ufurd. Intérêt
au denier vingt, à cinq pour cent par an.
QUINCY. Bourg de France dans la Brie, Diocèfe de
Meaux,
QUINDÉCAGONE. f. m. Terme de Géométrie. Figure
plane qui a quinze angles & quinze côtés. Quïnde-
cagojium. Si les quinze côtés du cjuindécagône (ont
égaux entre eux , c'cfi: un quindccagône régulier. Eu-
clide montre comment il s'infcrit dans un cercle. L.
. xri. c. 4.
Ce mot eft formé fort irrégulièrement de quinque
mot Latin qui lignifie cinq , «ftVa mot qui lignifie dlx^,
& >Mï/a , un angle. Pcntcdécagone fcroit plus régu-
lier ; mais M. Harris dit Quindecagône.
QUINDECIMVIR , ou QUINDECEMVIR. f. m. Ma-
giftrat des Romains , ou Commilîaire qui avoir qua-
torze collègues , qui avoient la même autorité èc la
même fonétion. Quindecimvir. XFFIR. On com-
inença fous Tarquin le Superbe à créer deux Magil-
trats, pour avoir foin que les facrifices fefiirent; &c
alors on les nommoit Duumvirs. Leur nombre crut
dans la. fuite jufqu'à dix Decemvirs; & au temps de
Cicéron étant monté julqu'à quinze , ils eurent le
nom 4e Quindccemvirs. Quoique dans la fuite ils
aient été loixante, comme le prétend Servius fur le
fixième de l'Enéïde, v. 7_i- leur nom cependant ne
changea point, & on continua à les appeler Quïnde-
cintvirs. Ils étoient prépofés à la garde des livres Si-
byllins, chargés du foin de les examiner & d'en être
les interprètes. Ils ne le faifoient pourtant pas fans un
ordre du Sénat déclaré par un Sénatufconfulte. Ils pré-
fidoicnt auflî aux (acrifices & aux cérémonies extraordi-
naires que l'on fiifoit. Voyei Struvms , Antiq. Rom.
fyntagma, C.Xn.,p. 60 4, 60 s , 606. Sur les mé-
dailles quand un dauphin eft joint à un trépied , il
marque le faceidoce des Quindecemvirs , qui pour
annoncer leurs facrifices folcmnels , portoient la veille
un dauphin au bout d'une perche par la ville , & re-
gardoicnt ce poilfon comme confacré à Apollon, aullI
bien que la Corneille parmi les oifeaux. P. Joubert.
CCT QUINDENNIUM. f m. Terme de relation. Il s'é-
leva en 1704 en Portugal une conteftation fur ce qu'on
appelle en ce pays-là le Quindennium. Par ce mot on
entend des penfions qui , prifes fur certains bénéfices,
& fubrogées aux décimes, fe payent au Pape tous les
cinq ans, pour l'aider à fubvenir, dans les befoins
prelfans, aux calamités de l'Es^hfe. Lafiteau.
QUINÉQUE. f f. Etoffe dont il eft fait mention dans
le Tarif de Hollande de 1725.
QUINES. 1. m. Terme de jeu de Tiiélrac, ou de dez.
Ce font deux cinq qui viennent d un même coup de
dés. Bis quinqus not£. Il a amené quines. Le méchant
- quines.
QUINETTE , ou QUIGNETTE. f. f. Efpèce de ca-
melot ordinairement tout de laine, & quelquefois mêlé
de poil de chèvre, qui fe fabrique à Lille en Flandre
& aux environs.
QUINGEI. Nom d'un bourg avec un bailliage. Quin-
gium. Il eft dans le Comté de Bourgogne, fur la ri-
vière de Louve, à fept lieues de Dole, vers le levant,
& à quatre au fud de Befancon. Maty.
QUINHIN. Contrée d^Afie dans la Cochinchine. C'eft
la province la plus méridionale de ce royaume.
QUINJA. f. m. Sorte de porc-épi, fort commun fur la
côte de Malaguettc, dans la Guinée méridionale. Il
eft de la grandeur d'un porc armé de toutes parts de
pointes longues & dures , de la groireur d'une plume
d'oie, rayées de blanc & de noir à diftances égales ,
qu'il Jance , lorlqu'il eft en fureur, avec tant de force'
QUI
qu'il entame une planche. Il n'eft pdnr de fcrpcnt
qu'il n attaque : ia morfure eft terrible. Selon Baibot
c'cft le même animal que le zatta de Barbarie. HilL
dis J-oy. -^
QlilNlSEXTE. adj. m. Terme de l'Hiftoire Eccléfiaf-
tique, qui ledit d'un Concile tenu a Conftantinople
en 692. Qumifixta Synodus.LeCixihns Concile gé-
néral tenu a Conftantinople l'an 6c)z,&c nommé fou-
v-ent le Concile in Trulto , s'appelle aulli en Latin
Quinifcxte, & en Grec Pentede, comme qui diroit
cinq-lixieme, pour marquer qu'il n'elt que le fupplé-
ment des deux Conciles précedens : quoique propre-
ment c en foit un particuher. Fleury. Il eft le <up-
plément des deux derniers Conciles^ parce que ceux-
là n avoient point fait de canons; & que les Orien-
taux jugèrent à propos d'y fupplèer par celui ci. Les
102 canons qu'on attribue faulfement au cinquième
& lixieme Conciles généraux, y furent faits. Marcel.
Foy. le P. Petau, Ration. Tewp. P. IJ.S^c.:;
QIJINIZ. f m. Nom d'homme. Quinidms, Quintius.
iaint Quinide que nous appelons vulgairement Oui-
/z/y, naquit à Vaifon. N'étant encore que Diacre il
alhfta poutfon Evêque au cinquième Concile d'Arles
tenu en JJ2. Il le fie encore (on Coadjuteur, & Qui-
/ï^^ Futlauvé par l'Archevêque d'Ailes. Il mourut le
ij de Février vers l'an 578 ou J79. Foye^i les Bol-
landiftes & Bailler au quinze de Févries. S. Quinïv
( car c'eft ainfi qu'on le nomme) eft fécond Fanon de
1 Egide abbatiale de Mauriac en Auvergne. Chast
Mai t. T. I, p. 6 s 4.
QUINOBL Foyei Ginopoli
QUINOLA. f. m. Terme de jeu de Reverfi. Quinola.
C eit Je valet de cœur qui donne l'avantage à ce jeu-
la, qui eft la principale carte, & celle qui prend la
poule. On pourluit, on force le quinola. Les Efpa-
gnols appelent le valet de cœur Pendanga, ou Ma-
rie a.
Quinola, eft auftî un fobriquet qu'on donne à celui
qui mené une Dame , comme un valet' de chambre
ou autre homme gagé pour cela; ce qu'on appelle
chez les Grands, Ecuyer. Dominarum conduclor. Ca
n'eft qu'un quinola.
QUINQUAGÉNAIRE, adj. m. & f. (prononcez cuiry
couagenaire.) Quinquagenarius , qumquaginca annos
natus. C'eft une grande folie à un homme , ou à une
femme quinquagénaire de fe marier. Il eft aulE fubf-
tantif. C'eft un quinquagénaire.
Quinquagénaire, f. m.' Terme d'Hiftoire ancienne.
C etoit chez les Romains un Officier de guerre qui
commandoir une compagnie de cinquante hommes.
C etoit dans la Police un Commillaiie qui avoit inf-
pedion (ur jfo familles ou maifons. Enfin c'a été dans
les Monaftères un Supérieur qui avoit ;o Aloines fous
fa conduite. Quinquagenanus.
QUINOCUNL Nom dune ville de lile de Niphon.
Quinocunum. Elle eft capitale d'un petit royaume qui
porte (on nom, & fuuée fur la côte méridionale de
la contrée de Jetfengo. Maty.
QUINQUAGÊSIME. f. f. Fête d'Eglife qui vient co
jours avant Pâques, & le jour que le peuple appelle
le Dimanche Gras. Quinquagefima.
On a appelé aurrefois quinquagéfime , le Dimanche
de la Pentecôte , & les jo jours qui font entre Pâques
&c la Pentecôte : mais pour dilfinguer cette qulnquagé-
fime de celle qui eft devant Pâques, on lappeloic
qumquagefime Pafchale Voyez Caffien, Coll. FI c
/<?. & Coll. XXI, c. S. éc Raban, de Infiit. Cle'r.
L. Il, c. s 4 &c 41.
QUINQUAILLE, QUINQUAILLERIE. Foy. Quin-
caille.
QUINQUANNION. f. m. Terme de Coutume. Efpace
de cinq ans, du Latin Qitinquennium. Bénéfice de
Quinquannion. Anciennemeiit'les débiteurs obérés ob-
tenoient des Lettres de petit Scel, pour avoir le temps
de payer leurs dettes. Quand il s'agllFoit d'empêcher
la vente de leurs biens à vil prix, on leur accordoir
ordinairement le terme d'un an; ce qu'on appeloit
Benchced'^/zwon: & l'adreire de ces Lettres pouvoir
être faite aux Juges (ubalteines. Quand les débiteu.s
vouloient éviter la ceiîion de biens , on leur accor-
QUI
doit le terme de cinq années; ce qu'on .ippeloit Bc-
jicfice de Quinquar.mon ; & l'adrellc de ces dernières
Icttrcsne pim voit éac faite qu'aux leuls JugesRoyaux.
De LAUiiKixi-.
QUlNQUAilU:S , ou QUINQUATRIES. i. h pi.
Noms qu'on donnoit autrefois aux Fêtes de Minerve,
appelées autrement l'anatliénces. Quuujujirus, Qutn-
quatria. Ces fîtes le célèbroicnt le quatorzième de-
vant les calendes d'Avril, c'eftà-dire, le dix-neuvième
de Mars. Quelques-uns ont cru qu'on les nommoit
Q_tiinqujtres , parce qu'elles comprcnoient cinq jours,
mais d'autres prérendent avec plus de raifon,quc c'cll
parce qu'elles tonilioicnt cinq jours après les idcs du
mois. Le premier jour des Quinquacrics on ne ré-
pandoit point de fuig , parce qu'on croyoït que c'étoit
le jour de la naillar.cc de Minerve. Tous ces jours (e
palfoicnt en réjoui (Tances. On huioit àces fctcs des
combats publics d'éloquence & de poëlîe. Foy. Aula
Celle, Z. J! , c. -?/. Vairon, de Lin^ud Latin. L. /'.
Ovide, Fnf. L. III , V. Sop. Suet. Au-^. c. 71. Id.
Dan. c. '^. 6c Struvius , Jnaqu. Rom. Synt^igma j
c. , f- -/-O /■ j -f02.
QUINQJ'tiNIiLLE. 'Vieux terme de Coutume, qui fi-
gnifîo;t autrefois Lettres de répit j, qui étoicnt accor-
dées pat le Prince , ou par le Juge pour cinq ans , à
des débiteurs qui avoient mal fait leurs affaires, //z-
diui.f oiàiiquenriûles. Quinquencl.'e cft l'attente ou ré-
pic de cinq ans, que le débiteur obtient contre les
créanciers , en vériiiant lomm.airemcnt que par pau-
vreté, diminution & perte de la plus grande partie de
fes biens , il efl contraint de recourir à ce remède.
De LAurv,iÈ!iE. C'eft donc la incmc chofe que le Bé-
néfice de Quinquannlon. Voyez Staccham , de Jure
Mcrcjtwii. Borcl de Quinquernclle 3c quinquinclle ,
& non pas quinquenellc. Voyez ces mots.
QUINQUENiNJAL , ALE. adj. Qui dure cinq ans, ou
qui revient tous les cinq ans. Quinqu:nnalts. Fêtes
quinquennales. Jeux quinquennaux en parlant des fê
tes des anciens Romams. Foy. Quinquennalls
QUlNQUEi^JNAL. f. ni. Magillrat des colonnies&des
villes municipales dans la République Romaine. Qu:n-
quennalis. Les Quinquennales ctoient difFérens des
Ediles. Les Quinquennales n'étoient point ainlî nom-
més ^ parce qu'ils éroicnc cinq ans en charge, mais
parce qu'As étoient élus à chaque cinquième année ,
pour préfider au cens des villes , & pour recevoir la
déclaration que chaque citoyen étoit obligé de faire
de les'bicns. Foy. Evrardi Otton'is de ^dUibus Colo-
niarum & Munieipïorum.
QUINQUENNALES, f. f. Jeux ou fêtes qui fe célè-
broicnt tous les cinq ans à l'honneur des Ernpereurs
déifiés. Quinquatrus , vel quinquatrla. On ne com-
mença à les marquer fur les médailles que vers le mi-
lieu du troilïème flècle. Le P. Pagi a produit une mé-
daille, où les Quinquennales de l'Empereur Pofthunic
font gravées; ce qui ne fe trouve fur aucune médaille
des Empereurs qui l'ont précédé.
QUINQUENNIUM. C'eft l'efpace de cinq ans em-
ployé dans une fameufe Univerfité aux études de Phi-
lofophic, & de Théologie, ou de Droit. Le quinquen-
nium eft ordinairement compofé de deux ans d'étude
en Philolophie , & de trois en Théologie.
M. Bofquillons'efl: fervi de ce terme dans fon conte
de l'adroit Efclave, qui , pour fauver fa vie , s'engagea
à faire parler un Eléphant.
On convient avec lui que dans l' injlruclion
D'un Gradue de Ji grojjc importance,
le moindre temps pour le mettre en licence
EJi d'un double quinquennium.
Nouveau choi.v de Pièces de Poèjie, T. /j p. i j".
Au rcfte ce conte reflemble bien à la dix-neuvième
Fable du Livre VI de la Fontaine, intitulé Le Char-
latan.
Le quinquennium de Thomas du Four étant ache-
vé, i! prit la rélohuion de fe faire Chartreux. Vicneul-
Marville, c'cft-a-dire, le P. d'Argone. Quand vous
produifez un certificat d'une Univerfitc, que vous y
Tome FIL
QUI 99
avez fait votre quinquennium , vous n'êtes pas obligé
de jurer que cette énonciation cft véritable. Faydit.
QUINQUENOVE , cft une efpccc de jeu de dés, venu
de Flandre. Quinque novcm. Ce mot eft fait de cinq
& de neuf.
QUINQUEPORTE. f. f. C'eft une forte de filet.
iiZr QUINQUERCE. f. m. Terme d'Hiftoire anciene.
Qiunquertium. On rcconnoitainli les cinq jeux publics,
le pugilat , ( combat à coups de poings avec le ccfte ou
le gar.telet;) le jet ou lancement du difque, la cour-
fc, le .Gut & la lutte. Il falloit avoir vaincu dans tous
ces jeux, pour être proclamé vainqueur au quinquer-
cc. C'n appeloit quinquertie l'Ahlctc qui s'cxerçoitaus
cinq fortes de jeux, ou qui y avoit remporté le piix
dans un même jour. Le Quinquerce chez les Romains
répondoit au Pentathlc des Grecs.
C'T QUINQUERÈME. f. f. Terme d'Hiftoire ancien-
ne. Galère qui a cinq rangs de rames. Les quinquerè-
mes étoient les vailleaux du premier rang d.ans les
flottes des anciens. Les Grecs & les Romains en cont--
truiloient aulli à lept & à neuf rangs de rames, /^ojs;^
Galère.
QUINQUERNELLE. Foyci Quikquenei.le.
QUINQUÉVIR. f. m. Magiftrat l-(omam, qui avoit avec
lui quatre collègues employés aux mêmes fondions.
Quinquevir. FFIB.. Il y avoii des Quinquévirs en
deçàiic au-delà du Tibre, qui étoient des Lieutenans
des Magiftrats. C'étoit quelquefois des Quinquévirs
qui conduifoient les Colonies, & qui diftribuoient
aux familles les campagnes qu'on leur attribuoit. J^oy.
KosiM , Antiq. Rom. L. Fil , C. ^y. Le Jurifcon-
fulte Pomponius parle de Quinquévirs que l'on avoir
établis dans Rome deçà & delà le Tibre , pour rendre
juftice la nuit, au heu des Magiftrats que l'on ne ju-
geoit pas à propos de faire courir la ville durant les té-
nèbres. D'AuBiGNAC. Tércnce jiijlifié ,p. iSi.
Après laiTiortde Commode, l'Empire fut gouverné
par des Quinquévirs , Peitinax, Julien , Pefcennius ,
Albin &: Sévère. Les PP. Kardouin & Panel.
Les Epulons dont nous avons parlé étoient quelque-
fois cinq;& on les nommoit Quinqueviri. Les Quin-
quén'irs du change , ou des rentes, Quinqueviri men-
Jarii J furent créés l'an de Rome 501 , fous leConfe-
lat de ValériusPoplicola, & deC. Maitius Rufillus;
&il'; furent tirés du nombre des Plébéiens. Tite-Livc,
L. P'ir. Ils furent chargés de modérer l'excès de l'u-
lure & de l'intérêt que les créanciers ou les Banquiers
tiroicnt , & donc le peuple étoit accablé.
QUINQ UÎLLE. Jeu de l'hombre à cinq. Jouer à QuinJ
quille. Ouinquilius ludus. Voyez Quintille.
Q'ÛINQUINA. f. m. Ecorce qui vier.r des Indes occi--
dcntales , qui eft un remède admirable pour les fièvres
intermittentes; elle eft compade, de couleur rougeâ-
tre, d'un goût amer. Quinquina coït ex. L'arbre d'où
on la tire croît au Pérou dans la province de Quito ,
fur des montagnes proche de la ville de Loxa.Onl'ap-
pelle aulli quinaquina, ou chinachina. Les habitans
du pays l'appellent ^(j/zjpent/gj ik les EfpagnolSjPa/a
de calenturas , c'eft-à-dire , hois de fièvres. Cti arbre
eft de la grandeur à-peu près d'un ccrifier. Sts feuilles
font rondes, dentelées. Sa fleur eft longue, de couleur
rougeâtre, elle eft (uivie d'une gouftequi contient une
amande plate, blanche, enveloppée d'une membrane
mince. Il y en a deux efpèces, une cultivée , & l'autre
fauvage : le cultivé eft beaucoup meilleur que l'autre.
Le quinquina n'cft connu des Européens , que depuis
l'année i6^o. LesJéfuitesde Rome lui donnèrent beau-
coup de réputation en Italie & en Efpagne en 1649.
Le Cardinal de Lugo en apporta le premier en France
en 1650. Il y futdabordvendu au poids del'oràcaufe
de la vertu merveilleufe qu'il a de guérir la fièvre. Etant
réduit en poudre, on l'appeloit la poudre du Cardi-
nal de Lugo. Les Anglois la nommznl\s. poudre des
Jéfuitcs, parce que c'eft eux qui l'ont apportée des In-
des, & l'ont fait connoître en Europe. Bien des gens
ne voulcient pointau commencement fe fervir du quin-
quina. Chiflet & Plempius en furent les plus grands
ennemis. Mais une infinité d'e.-périences qui ont été
faites dans l'Europe , &r leself.rs llirprenans qu'on eu
Nij
loo QUI
voit tous les jours, ont convaincu les plus opiniâtres,
que c'ctoit ui\clcs plus excellens remèdes de la Méde-
CJne : de toice qu'il n'y a prclcntement qu'un fort pe-
tit nombre de gens entêtés ou ignoians qui fallent dit"-
ficulcé de s'en lervir. M. Barbeyrac , illuftre Méd-cin
de Montpellier, &c un des plus fameux Praticiens de
ce iîèclc, l'a employé des premiers avec beaucoup de
fuccès , & a fort contribué à le mettre en vogue. Stur-
m.us, WilliSjSKJcnlum, Morton, Dolceus , Mongi-
not , & quantité d'autres célèbres Médecins , lui ont
donné de grands éloges. Quelques-uns appellent cjai.v-
quinad'€uropi, la racine de gentianne, a caute qu'elle
tft bonne pour les fièvres intermittentes. Il y a une
Ode fur le quinquina adreUcc à M. Fagon. Eu voici
quelques traits.
Quinquina , eu bannis l'effroi qui nous pcfsède.
Loin de- cet appareil inccrt.iin , dangereux ,
Qui plus que le mal même eft fouvent rigoureux ,
Et n'efl qu'un autre mal fous le nom de remède.
Plus de foiblejfe, de pâleur ,
De battement , ni de douleur.
Ta puijfante vertu tout à coup Je déploie:
Un malade mourant fe fent rejjufcité ^
Et goûte, tranfporté de joie.
Tout le bonheur de la Janté.
O merveille inconnue! ô précieufe écorce!
Si le docte fagon , que la nature injlruit ,
■Avoic vu, divin arbre, & tes fleurs & ton fruit ,
Où n emploiroit-il pas tes vertus & ta force?
Et plus bas ,
Remède préférable à tous lesVanacées ,
Le fort te recelait au bout de l'Univers ;
Mais les peines qu'on fou ffre à franchir tant de
mers ,
Par un fi cher préfent font bien r compenfées.
Et encore ,
Combien ,ô quinquina! combien du fer des Parques
De mortels trépajfans , par toi font préfervés.
QUINQUINATISER. Donner à prendre une dofc de
quinquina. Kina forbitioncm hauriendam exhihere.
QL'INQUINELLE.ou QUINQUERNELLE. f. f. Vieux
mot. CoQUiLLARD. Faire quinquinelle , oa quinquer-
nellc.
Qu'il ne leur falloir nul refpit ,
Delay , grâce, ne quinquernelle.
C'ell-à-dire, prendre terme de cinq am, quinquen-
nium , pour payer, au bout defquels, fi on n'avoit
moyen de payer, on expoloit les débiteurs à cul nu
fur une pierre. Borel. D'autres difent Quinquenelle.
Voyez ce mot.
QUINSAY , KINGSU. Marc Paul de Venife a donné
ce nom à la ville capitale de la Chine. Quinaum. Il a
dit qu'elle avoir cent milles , c'eft-à-dire, trente-trois
litues de circuit. Se douze mille loixante ponts. Il y
a bien de l'apparence que ce Voyageur s'eft trompé
dans Ion compte ; car on ne voit dans toute la Chine
aucun vertige d'une ville aulîi vafte. Quelques - uns
croyent qu'il a voulu parler de Péking; mais Martin
Martinus prétend que c'ell d'Hangcheu, qui ell une
grande ville-, & qui ayant été le fiège des Pois de la
Chine,vers l'an 1 500, peut avoir été appelée Kang-
fay y ou Kinfu, qui fianifie la v.ille Royale. Maty.
QUINT. I. m. La cinquième partie d'un tout. Quinta
pars. On a fait payer le qu'mt à un tel , par forme de
taxe. Il n'eft permis à un Teltueu^ de difpoler que du
quint de (es propres. Les quatre quints (ont dûs aux
héritiers, païens & lignagers. Les quatre quints tien-
nent lieu dans notre Coutume , de légitime aux héri-
tiers, enforte que cette proportion doit demeurer fran-
che & quitte de tous les legs &: charges teftamentaites.
QUI
On peut difpofct de tout fon bien par donation entre-
vits; mais par teli:ament,ii faut lailïer les quatre quints
libres. Dict. de Droit, j'ai mon quint dans ce traité ,
j'y luis pour mon quint.
Quint natuR-L et coutumier, c'eft celui qui appar-
tient aux entans puînés, &c Itut eft dû à la ditférencc
du quint datii, dont on fait mention dans l'ancienne
Coutume d'Amiens, art. 4 & 8 & autres Coutumes.
<ÏJ' Le Quint datif eft la cinquième partie de fes héri-
tages, dont on peut faire, en 'quelques Coutumes,
don ou legs, même en propriété, à un étranger de !.^
famille, & ce quint eft prctcré au quint naturel &
coutuiTiier. A-iais on ne peut quinter qu'une fois fes
héritages; parce que li une perlonne pouvoit quinter
pludeurs fois pendant la vie , il pourroit épuilet tous
les fiefs, 6i fon héritier, comme amé dans cette Cou-
tume, au Ifcu d'avoir toute la luccellîon, auroit une
moindre part qu'un étranger.
On appelle les Quints Royaux , la cinquième par-
tie de tout l'ot ëc l'argent qui lé tire des mines du
Pérou, & qui eft le droit du iloi d'Efpagne. La caille
des Quin(s Royaux fe garde à Lima dans le Palais du
Viceroi.
Quint viager ou hÉréeital. C'eft la portion de fes
propres héritages dont on peut dilpoler par teftament,
lelon la Coutume d'Amiens , art. 57, 59 , 71 , 72. ,
ou qui appartient aux puînés es héritages kudaux félon
la Coutume de Péronne, art. 169 , 1 74.
Quint tk. requini, en termes de Jurilprudence féoda-
le , eft un droit qu'on paye au Seigneur dominant à
chaque vente qu'on fait d un iîef lervant ; comme on
paye les lods Se ventes pour les rotures. Gemini qain~
tani jus clicntelare. Le Quint eft la cinquième partie
du prix, & le requint, le cinquième du cinquième.
Cela fait 24 pour 100. Parles Edits de 1675 S<. de
1674, le droit de Quint fe paye au Roi pour rechan-
ge des fiefs ; & le Seigneur ne prend que fon droit de
relief, ou de rachat.
f^ Le mot de Quint eft auflî adjeélif dans ces phra •
ks. Charles Quint , Empereur. Sixte Quint, Pape ,
c'eft-à-dire, cinquième de nom.
QUINTADINER. v. n. Terrne de Faéfeur d'orgues. Ce
motfe dit des tuyaux de l'orgue, lorlqu'ils railonnent
en manière de quinte , &C qu'ils ne parient pas d'une
façon harmonieufe ; ce qui eft un défaut. Difjonare,
inconcinnè cancre. Ce tuyaux quintadine.
QUINTAINE. f. f. Pal, poteau ou jacquemar qu'on fi-
che en terre, où l'on attache un bouclier, pour faire
des exercices militaires à cheval, jeter des dards , rom-
pre la lance. Quintanus palus. Cet exercice eft hors
d'ulage. Borel dit Quintaine ou Quitaine ,\k. ajoute,
c'eft un jacquemar, un homme de bois planté en ter-
re , auquel on tire au blanc : ce qui vient de quintuSy_
cinquième, parce qu'on a imité ce jeu de ceux des
Anciens , qui fe faifoient de cinq en cinq ans. D'au-
tres dérivent ce mot Quintaine , d'un homme ap-
pelé Quiùtus qui en fut, dit-on, l'inventeur. Ména-
ge. C'eft auili le fentiment du P. Méneftricr. Vallus
ik Palus, félon Vigenère fur^ Céfar, font pris pour
une forte de Quint.ùne ou Jacquemar fiché en teire
pour s'exercer, comme ii c'étoi^un adverlaire; c'eft-
à-dire , un homme de paille. Juvénal parle des fem-
mes s'exerçant ainli :
yiut quis non vidit vulnera paTi.
Voyez dans le Glolf. de M. de Lauriere au mot
Quintaine, comment fe fait l'exercice de laQiii/;-
taine.
Le Père Monet appelle ce jeu, eu cet exercice ,
Quintellus. Il en eft fait mention dans la Loi I, au
Code , De Aleatoribus ] & dans le Paratitle du (aij.is
fur la même Loi. En quelques lieux cet exercice 5 .ip -
pelle , Courre le faquin. C'eft un ancien exercice de
manège.
Quintaine , en plufieurs lieux eft un droit feigneuiia! ,
par lequel le Seigneur oblige des Meuniers, des ilire-
liers,ou des jeunes gens à marier, à venir devant fou
QUI
Clvireau tous les ans,romprc quelques lances oit perches
pour lui Icivir de divcitUremciir.
QuiNTAiN E, s'eft dit .lulli dans le llyle figure ..^ (.i-
lyrique.
Laffe enfin defcrvir au peuple de quintaine. RÙgn.
Ccft-à-dii-e, lallc de vivre dans le dclbrdre , & de
fe proftitucr à tous venans.
QUINTAL, f. m. Poids de cent livres de Paris. Ccntum
pondo. Il y a bien des lieux où on vend le bois , le loin
au quintal. Les Marchands en gros vendent & cftiment
leurs marchandiles au quintal. Le quintal de lucre,
de poivre , vaut tant. Chaque livre de quintal (Kiit Vx
mer n'cll que de i ; onces. Le quintal cÙ. diftcrent (e-
lou les lieux. Leur diftl-rence , avec toutes leurs pro-
portions, e/lcurieufement expliquée par CaiimirPolo-
nois, en (a Pyrotechnie. Dans la Coutume de Bayonnc ,
tit. X.KVII, art. 5. le quintal doit peler 96 livres, 6c
Ja livre 14 onces & demie.
On dit (lu- la Méditerranée charger au quintal, pour
figniHcr ce qu'on entend lur l'Océan , par charger a
cueillette , c'eft-à dire , rairembler des marchandiles de
divers Marchands, pour Faire toute la chaige dtm
navire.
En quelques lieux , on appelle quintal mi gros poids
pubhc deftiné à pefer de grolFcs ik lourdes marchan-
difes-, & le droit qui fe paye peur le pelage, eft nom-
mé droit de quintal. Voyez Gatiel in Epijcop. Ma-
falonens. pag. ço. D? Laurier E.
(QUINT AU. f. m. Quantité de gerbes, lagots, &c. qu'on
alfemble dans un champ , dans un bois , pour la
commodité du compte ou de la charge. Dicl. des Arts.
1731.
QUINTE f. f. En termes de Mulîque, eft un intetvalle
de cinq notes conlécutives, y compris les deux ter-
mes. C'cfl: la féconde des trois conlonances parfaites.
Dtapente. La railon de la quinte avec les nombres &C
les lignes , elt de 5 à 2. La quarte & la quinte font une
oAave. La quinte parfaite lurpalfe la faulfe quinte d'un-
demi-ton moyen. On l'appelle aaii] femidiapente , qui-
lorlqu'on divile l'oAave , fe trouve d'un côté, & le
triton de l'autre. La quinte & la tierce majeure ou mi-
neure , compolent la leptiéme.
Quinte, au jeu , eft une (uite de cinq cartes de même
couleur. Quinarius numerus chartularum luforiarum.
On appelle au piquet , quinte-major , la plus haute
qui commence par l'as : on appelle quinte de Roi , de
Dame, celle qui commence par une de ces cartes ;
quinte-bajfc , celle qui commence par un valet. (Quin-
ze , quatorze &: le point; c'cft le beau jeu, c'elf le gain
d'une partie en cent.
Quinte, en termes d'efcrime, ou en fait d'armes^ eft
QUI loT
vot , qui enferme la banlieue de cette ville : comme
la quinte du Mans , les quintes d'Angeis. Urbana fu-
burkanaque } urij dic'io.
Les Quintes d'Angers , Coiitumc d'Anjou, art. j j ,
c'eftla (cptaine, le teuitoirc, la banlieue , la voirie ,
l'étendue de la Jurididion du Prévôt ou autre pre-
mier Juge ordinaire. De Lauriere.
Du Cange du que ce mot vient Ac tjuintvw niiUiare.
fCF Quinte eft aulli adjectif, <& (ignihc la cinquième.
En termes de Junlpuukr.ce , une Quinte ik fuiabon-
dante criée fe frit quand il y a quelque défaut dans les
quatre criées; ou que l'on procède à une nouvelle ad-
judication , & que le Juge n'elhme pas qu il y ait licit
de recommencer la pourluite. Cette Quinte Si fura-
boudante criée couvre tous les défauts , s'il y en a , 6c
allure le Décret. Diction, de Droit.
C'eft encore une épithètc qu'on donne à une fièvre
qui ne revient que tous les cinq jours. Elle eft rare.
Quintana..
QUINTE-FEUILLE, f. f. Plante qui poulfe des tiges
longues , grêles, velues, flexibles. Ses icuillcs lont ob-
longues, crénelées en leurs bords, velues, rangées en
main ouverte; cinq lur la même queue. Ses fleurs (ont
compolées de cinq petites feuilles jaunes, dilpolées
en rôles, loutenues par un calice découpé en dix par-
ties, cinq grandes , & cinq petites rangées alternative-
ment. Son fruit eft compolc de plulieurs lemences ra-
malfees en manière de tête, enveloppées par le calice.
Sa racine eft grolle comme le petit doigt , longue , noi-
râtre en dehors , rouge en dedans , d'un goût aftrin-
genr. En latin , quinque jolium majus repens. C. Bau.
Cette plante eft vulnéraire & aftringente, on emploie
la racine fort utilement dans les décodlions aftringen-
tes, pour le crachement de lang, Se pour toutes lor-
tes d'hémorihagies. On allure qu un gros de la poudre
de la même racine , prile dans un verre d'eau avanc
l'accès, emporte les lièvres intermittentes. Il y a plu-
lieurs autres efpèces de quinte-feuille. Elle a été ap-
pelée ainfi , parce que la plupart de les efpèces ont cinq
feuilles fur la même queue. Pentapkyllum j vel quin-
que-folium.
Quinte-feuille, eft, cnBlafon,unc fleur de pervenche
percée , ou ouverte en cœur. Pervincd jolium perfo^
ratum. Scutarium quinquefolium. Vergy porte de gueU'
les à trois quinte-jeuilles percées d'or.
QUINTELAGE,ouQUINTiLLAGE. Terme de Ma-
rine, qui lignifie la même choie que leftqui le dit plus
communément, f^'oye-^ Lest.
QuiNTELACE, cft aulli Un mot Bas-Bretcn , qui lignifie
l'ordinaire , ou le port des hardes des matelots ; ce qu'il
eft permis à chaque matelot qui s'embarque, de por-
ter. Ce qu'on appelle ailleurs rnatelotage. NautaruîTt
far-cina.
une cinquième garde qui le fait, quand l'épée fait la î QUlNTER l'or & l'argent. Terme de monnoie. C'eft
révolution du cercle. Quinaria cujlodia, Ainli on dit,
agir de prime en quinte , quand on commence de pri-
me , & qu'on achève en quinte. Voyez Garde.
^ Quinte , en Lutherie , eft une efpèce de violon ,
plus grand que le violon ordinaire , & c|ui lonne la
quinte au-delFous. On joue lur cet inftrument la partie
de Mulique qu'on nomme la Quinte,
iT' On appelle auiîi quinte certaine toux acre &: vio-
lente qui prend par redoublement. Tujjis. Il fouffre
beaucoup quand fa quinte le prend , le tient. Il eft
filjet à des quintes.
Quints. Sorte de toile ainfi nommée de Quentin ville de
Biv-tagne où elle fe fait. Mén. Quintima tda.
^T Quinte, fignifie encore l'effet, <:n: en même temps
l'expreliion d'un goût particulier, qui frit qu'on s'écarte
mal à propos de celui des autres , par une certaine ré-
volution d'humeur ou façon de penfet. Aîorofitas. Cet
hommeeftfujetàdesçui^fw. Quand fa çainre le prend,
le tient, c'eft un homme inlupportable.
(B^ En tetmes de Manège on dit qu'un cheval à des
quintes, quand il tient du cheval rétif, & qu'il fe
défend pendant quelque temps lans vouloir avancer.
Les mules font lujettes à avoir des quintes.
QuiSTE, eft aulli en certains lieux , la banlieue, l'éten-
due de la Juridiction du Juge ordinaire, ou du Prè-
le marquer après l'avoir ellayé Se pcfé , & en avoir
fait payer le droit de quint au Roi.
Ce terme eft particulièrement en ufage daiis les mi-
nes du Potofi j du Chily & de la nouvelle Efpagne ,
d'où il a palîé en Europe parmi ceux qui font le com^
merce de l'or & de l'argent en matière & non en efpèce.
ifT QuiNTER fes biens. Terme de coutumes. Foye:ç^
Quint DATIF.
QUINTE, ÉE. part. On appelle un lingot d'or quinte ,
une barre d'argent çifi^rcf j, ces métaux en barres ou
en lingots, qui ont été eft.ayés, pefés ôc marques paC
les Ellayeurs & Commis Royaljx.
QUINTERONE, ONA.f m. &f. Terme de Relation.
Nom que l'on donne au Pérou aux enfans àss Efpa-
gnols & des Quarterones. Les Quinteronesivnz petit-
fils d'un Efpagnol & d'une mère metille ou mulâtre ,
î<c arrière-petit-fils d'un Efpagnol 1!^" d'une Indienne ,
ou d'une Négrcfte.
§Cr QUîNTESCENCE. f. f. Quinta effentia. E?ans l'.-.n-
cienne Philolophie , ce mot fignifioit la luhftance
éthéréc. En chimie, c'eft l'efpritde vin qui s'eft char-
gé des principes de quelques drogues. C'eft ainii qu'on
dit quint'efcence d'ablînthe. Ainfi il ne faut pas con-
fondre quintefcence Se effence. Chez les Ciiarlatans »
c'eft ce qu'il y a de plus exquis , de plus lubtil Se de
loz QUI
plus pur dans les corps naturels , extrait par l'art chi-
mique. Les Anciens qui ne conoilloient rien de réel ,
qui ne fût un corps , vouloient néanmoins que lame
de l'iiomme lût d un cinquième élément , ou d'une
cfpèce de quint ejjence (ans nom , inconnue ici- bas ,
indivifible ôc immuable , toute c^lerte Si. toute divine.
FÉNEi. Un principe des eaux de Bourbon efl une
crème de loutre , une Heur de bitume épurée , une
<juin:e[fence de baume extrêmement cxaltce. WÉm.
DE Tr. fxJ" Les Charlatans vendent des liqueurs qu'ils
appellent ejjences 8c qiàncejjences auxquelles ils attii-
bucMt des propriétés mervcilleules.
Quintessence, dans la Philofophie hermétique .eft un
terme myftéricux; cinquième ellence, ou cinquième
être d une choie mixte. C'eft comme lame uès lub-
tile tirée de (on corps, & de la crade Hz (upeiHuité
des quatre élémens , par une tics-lubtilc & très-parfaite
diftillation ■■, & par ce moyen la chofe eft Ipiritualilée ;
c'eft-à due, rendue très-(pirituellc , trèslubnle & très-
pure , & C'.jirime incorruptible. Dict. Herm.
Quintessence des Elémens. En termes du grand Art ,
c'eft le mercure heimétiv',ue. Dict. Herm.
L'esprit de notre Quintessence. Dans le même art ,
c'eft notre Magnélie Enfin la quinrejfence d'une choie,
c'eft (a réduétion en une (ubftance très (ubtile, ttès-
ptH'e (S: très (puituclle. Dict. Herm.
Quintessence, fignihe figurément en chofes morales ,
le fin, le fond des choies : ti.uc l'avantage qu'il eft pof-
lible de tirer d'une affaire d'intérêt , d un pairi, d'une
terre, <!<k:c. Suca/s , ejjentia. Ce Dotleur a tiiéla quin-
teijence de la Philol^iphic. Ce Financier a tiré [aquin-
tejjence de cette ferme, il a tiré tout le profit qui s'en
pouvoir tirer. Tirer la quinteffence d'un ouvrage. Ré-
gulier a dit, tirer un homme en quintejjence , c'cft-à-
dire, l'épuiler, le conlumer; en tirer toute la (uftance;
le réduire à rien.
QUINTESSENCIER. V. a. Tirer la quintelTence de quel-
que chofe. Succum, fpirhum extrahere. Il (c dit au
propre des (ucs ; mais plus ordinairement au figuré ,
des fermes , des afiaires , 6'c.
^' Quintessenciek un livre , c'eft en rapporter la
fubftance, en extraire l'efprit. Si un livre coiuient une
philofophie dangercu(e , pourquoi le quLnce(]encier j
&nûus endiftiller le poilonî
^f3' Quelquefois ce mot lignifie fimplement rafincr. H
ne haut pas tant quinte(fencier les choies.
«p QUINTESSENCIÉ . EE. part. Railonnement çi/i/2-
tejj'encié.
fer QUINTEUX , EUSE. Adj. quelquefois employé
iubftantivemcnt , que l'on confond allez (ouventavec
l>i:^arre , bourru , capricieux , fantafque , pour expri-
mer une qualité tiès-oppolée à la bonne fociété, &
qui eft l'crtct, &■ en même temps l'exprclhon d'un
goût particulier qui s'écarte mal-à-propos de celui des
autres. Mais tous ces fynonymes ont leurs idées pro-
pres qui les diftingiicnt & les caraélénlcnt. L'homme
quuiteux , dit NI. l'Abbé Girard , eft celui qui s'écarte
du goût des auties par une certaine révolution d'hu-
meur ou façon de penicr. Morofus. Le quinteux dit
proprement quelque chofe de périodique. T"oye\ les
autres mots. C'eft un homme extrêmement ^z/z/2fc«/.v,
un cfprit quinteux j un humeur quinteufe : & fami-
lièrement , quinteux comme Boileau dit en parlant de
fa mufe :
Quand je veux dire blanc , /a quinteufe dit noir.
Quelques-uns croient que ce mot vient de quintef-
fence, parce que ceux qui cherchent la quintelfence
des chofes, comme la quadrature du cercle , eu l'or
potable, font ordinairement fujets à des quintes.
On appelle aulh en Fauconnerie, un oileau «//^.'/z-
teux , celui qui s'écarte beaucoup , qui eft écarta-
b!e , ou qui prend l'elTor. Morofus , fuyitivus. 'Voyez
EcARTABLE.
îKF En termes de manège, cheval quinteux , qui eft fu-
jet a des Quintes. f^oYe^ ce mot.
QUINTIANA ,_ou QÙINZANO. Nom d'un village de
l'Etat de Venile. Quinxianum. Il eft dans le Brelliu ,
QUI
1
près de la frontière du Crcmoiiois , au nord de la ville
de Crémone. Maty.
QblNTlL.l. m. Terme d'Aftronomk. Afpcci; de deux
Planètes éloignées l'une de lautre de la cinquième
partie du zodiaque. Diftance de 72 degrés entre deux
planètes. Septuaginta duorum graduum dijlantia in-
ter duos planetas. La maïqu-; du quiniil elt Cj cuO.
Harris. m. Lieutaud ne marque point le quintil dans
(a connoilfance des temps.
<i!^ Quintil, en ce lens, eft aulîî adj. & l'on dit ordi-
naircuient quintil afpcci pour exprimer la même por-
tion de deux planètes.
CCr Quintil. Terme de Poelie (rançoife. X^t quintil eft
une ftance compolée de cinq vers, dont il y en a par
conféLiuent irois de la même rime entrecoupés pat la
(econde.
QUINTILIEWS. Terme d'Hiftoire Eccléliaftique. An-
ciens Hérétiques qui font les mêmes que les Ptpu-
^iens, & qui ont pris leur nom de QuintilldhuïViO-
phétellc. Les femme: parmi eux taifoient les fonCtu. ns
Epilcopalcs 8c celles de la Prêtrife, ik ils s'appuyi itnt
pour cela lur les paroles de Saint Paul dans (on tf itre
aux Cali:teSj, ck. ^ , v. 28^ où il eft dit qu'en JÉsus-
Christ il n'y a point de diftinâion d'hcn.mcs & de
femmes. Ils attribuoient de grands dons à Eve peur
avoir mangé la première du fiUit de la Icicnce. Us
donnoient aullî de grandes louar,gesà Marie, (ctnrde
Moyfe, comme ayant été Prophetelfe; & c'étoit à fon
exemple qu'ils recevoient les femmes dans les charges
de la Cléricature. Le Diacre Philippe, difoient ils, a
eu quatre filles qui ont été Propheielfes. On voyoit
fouvent entrer dans leurs alfemblées (ept vierges avec
des habits blancs, qui faifoient les Prophéteflés. Ces
Hérétiques étoitnt à-peu-près la même choie que les
Quakres , & les autres Fanatiques 8c Enthouliaftcs
d'aujoutd'hui. l^oyer^ S. Ei'iphane, hir.^ç.
QuiNTiLiENs. Terme d'Hiftoire ancienne. Les Luperces
à Rome étoicnt divifés en trois Collèges; (avoir, des
Fabiens , des Quintiliens Se des Juliens. Celui des
Quintiliens avoir pris (on nom de P. Quintilius qui
le premier fut à la tête de ce collège.
QUINTILLE. f. m. Jeu de l'Hcmbre -à cinq. Cn en 3
recueilli les régies dans le livre de l'Académie des jeux.
Mais ce jeun eft guère en ulage. Le quadrille lui a
fuccédé.
QUINTIN. Nom d'une petite ville de France fituée dans
la Bretagne J à quatre lieuekdeS. Brieux vers le midi.
Quintinum. Long. 14'^. 45', lar. 48'. 27'.
QuiNTiN. (. m. Toile tort fine Se fort chaire , dont on
fait des collets & des manchettes, tant pour hommes
que pour temmcs. Tela quintiniana.
QUINTINISTES. f. m. pi. Hérétiques ainfi .appelés d'un
Jean Quintin, Tailleur d'habits, qui étoit de Picar-
die, & qui tut auteur des Libertins au coiTimencemcnr
du leizième liècle. Ils permettoient routes (ortes de re-
hgions, & quelques-uns d'entre eux fe moquoientde
toutes. Quelques-autres nioient l'immortalité de l'a-
me, & ne rconnoitroient poiirt de Divinité , à l'ex-
ception du ciel 8c de la terre.
QUINTOÎE. Foyei Quartoie.
iCT QUINTUPLE. Adj. qui déhgneune quantité cinq
fois plus grande qu'une autre, cinq lois autant. Trente
eft quintuple de (îx ; quarante tft quintuple de huit.
^P" On l'emploie aulîI fubftannvcmenr. Donner le quin-
tuple, rendre le quintuple^ c'eft-à-dire, cinq fois au-
tant. Quintuplum.
QUINZAIN. Terme dont on fe fctt à la pai'.me, peur
marquer que les joueurs ont chacun quinze. Quand
les joueurs font quinze à quinze , le marqueur die
quin'^ain.
QUINZAINE, f. f. Nombre colleéfif , qui contient
quinze unités. Decimus quintus numerus. Une quin-
zaine d'écus. Dizaine, quin:;ûine, vingtaine.
Ce terme employé ablolument , (ignifie intervalle
de quinze jours. Spatium quindcclrn d er:im. Il a été
aliîgnéà la quinzaine , il eft dit qu'il en vieidia à la
quinzaine, dans quinze jours. IK?" On appelle quin-
:;aine de Pâques, les quinze jouis depuis le Diman-
che des Rameaux jul'qu'à celui de Quahmodo,
QUI
QUINZE, adj. numcral de t. g. Nombre qui contient
dix Se cinq, une dizaine 8c la nioitii; d'une dizaine.
Quindccim. Quinze tcus ans, quinze mille hommes.
Ils hoiQntquinie a table. Les Quin:fe-vine,is; ce lont
trois cens aveugles qii on reçoit dans un Hôpital tonde
à l'aris par S. Louis. Hegnierà dit, en pailant dune
nuitubkuic , Argus pouvoir palier pour un des Quin-
:[e-vm<;is.
QuI^^zE , en terme de jeu de paume , cft le premier coup
qu'on gagne a chaque jeu de chaque partie. Quindc-
c'cm.
fCJ" Quand les joueurs font qulnie à quinze, on dit
quiniûln. On le dit gcncialcmcnt de tous les coups de
p.aumc. Ainli l'on dit gagner perdre , donner , rece-
voir un qui/qe. Donner quinze , c'eft donner l'avan-
tage de quinie à chaque jeu de la partie.
Se? Le demi quinze , eftun avantage qu'un des joueurs
fait à l'aune à tous les jeux de la partie -, mais comme
on ne peut pas compter un demi quin-^e , celui à qui
on tait un avantage , le prend de deux jeux l'un , c'cll
à-dire, qu'il compte quinie au premier jeu, tic rien
au fécond , & de même alternativement dans tout le
cours de la partie.
«Quinze , fe dit proverdialement en ces phrafes. On dit
d'un homme lent à faire quelque befogne , qu il feroit
bien en quinze jours quatorze lieues. On dir de celui
qui e(t trompé par la confiance qu'il a en un autre ,
qu'on lui fait palfer quin-^e pour douze. On dit de ce-
lui qui a grand avantage (ur un autre en quelque cho-
fe , qu'il lui donneroit quinze ^ ou quin-^e & bifque.
On dit auili en toutes lottes de jeux tk d'affaires, qu'un
homme a quinze (ur la partie, quand il a un notable
avantage. On ditau.iî, celui-là vaut quinze , c'eft à
dire, cela eft remarquable, je m'en fouviendrai. A^o-
tJtu di^num.
iQuiNZE. CeftauiTile nom d'un jeu qui fe joue avec des
, cartes , ^»: où celui des joueurs qui le premier a quinr/
par les points de les cartes , ou qui en approche k
plus près , gagne, il a perdu cent piftoles au quin-^e.
Quinze, le dit encore pour quinzième. Nous lommes
au quinze du mois. Grcguire qucn:;e , Pape. Acad. Fr.
Un dit des filles de mauvaile vie: quinze ans pucelle,
quinze ans putain, quin:^e ans maquetelle, & quinze
ans a chercher du pain.
QUINZIÈME, ad'. Nombre d'ordre qui fuit immédiate
ment le quatorzième. Decimus quintus. Il eft \t quin-
zième j elle eft la quinzième. Il eft dans la quin^i^ième
année.
Quinzième , eft auffi f. m. & fignifie le quinzième jour.
Q^uincadecima dies. C'eft le quinzième du mois, de
la lune. C'eft le qutri^ième de la maladie.
|tt? Dans les fractions , c'eft la quinzième partie d'un
tout. Un quin'^ième, deux, trois quinzièmes , &cc. s'é-
crivent ainfi : -tj-jTjjTT > ^c-
QUIOSSAGE. f. m. terme de Tanneur, qui fe dit des
cuirs qui ont pallé lous la quiolfe. Le quioffjge des
cuirs ne fe fait qu'après qu ils ont été lavés &c échar-
nés à la rivière. Les Mégillîers le fervent du même
terme à l'égard des peaux qu'ils préparent , pour en
adoucir la fieur.
QUIOSSE. f f. Sorte de pierre à aiguifer, avec laquelle
on quioffe le cuir. Cos.
QUlOSbER. V. a. Terme de Tanneur. C'eft frottet le
cuir à force de bras lut le chevalet , pour en fiire for-
tir l'orduie >Sc la chaux qui peut êtrcreftceducôté de
la fleur, c'eft-à dire, du côté où étoit le poil & la
la laine. Quiojfer le cuir. Cote corium allidcrc.
QUIPIA, ou ACLIPIA. C'étoit anciennement une ville
de l'Afriqiie propre. Clypea, Clupea. Elle fut Epifco-
pale , fuftlagante de Carthage. Elle eft aujoutd'hui
peu conlidérable. On la trouve dans le royaume de
Tunis, lar la côte occidentale du cap de Bonne, où
elle a un port à vingt lieues de Tunis , vers le fep-
tcntrion oriental. Mat y.
QUIPOS. Terme de Relation. Nœuds de laine qui fer-
vent d'écriture aux Indiens de l'Amérique.
J^ Voici ce que Mi\ de Graffigni^it des Ouipos Am^s
fes lettres d'une Péruvienne. Des cordons de coton ou
de boyau auxquels d'autres cordons dc- différentes
QUI . 103
couleurs croient attachés , rappeloient aux Péruviens,
par des uceuds placés de diftancc en diftance, les cho-
fes dont ilsi vogloicnt le rdlouvenir. Ils leur lervoient
d'annales , décodes , dc rituels , de céremoniaux ,6c.
Ils avoient des ofhcicrs publics appelés quipoco-
rnnyos , a la garde delquels les quipos étoicnt confiés.
LesHrances , les tributs , toutes les afraires publi-jues
étoient aulii ailément traitées avec les quipos qu'elles
1 auroient eré par 1 ulagc de l'Ecriture qu'ils ignoroicnt.
f^'oye~ comme Ziliaa lu tirer parti de cette idée dans
fes lettres afon cher Aza.
03" D'autres dilent qu'ipu , au pluriel qutpus. On in-
venta une nouvelle méthode pour conlervcr la mé-
moire des faits. On prenoit un cordon d une juftc lon-
gueur, & on y attachoit de diftancc en diftance des
cordons plus petits. C'étoit autant de marques dont
on faifoit ulage (elon leur deftination. C'eft ce qui fe
nommoit Q2.7^;^ dans le Pérou, où ces cordons lem-
portoient fur tous les autres monumens qui turent né-
gligés i <S<: on le fervoit de ces quipus avec tant d'a-
drefte , qu'ils lufhU-ient pour exprimer tout ce que les
Hiftoriens ont coutume de décrire dans leurs hiftoires.
Les Empereurs Incas uterent de cette pratique julqu'à
lacon.-juête du Pérou par les Elpagnclsqui trouvèrent
un grand nombre de ces quipus dans les archives de
la ville impériale de Cufco. Mém. de Trév. Dec.
1 1\ 17 46.
QUIPROCO. Voye-{ plus haut dans l'article Qui.
QUIQUERON. 1. m. Ce mot eftufité en Normandie ,
pour fignifier ce qu'on appelle a Paris un Gadouard.
Defcript. Géogr. & Hijl. de la Haute Norm. T. II ,
p. 7T 2. Latrlnarum & cloacarum pur^ator.
QUIR. La Terre de Quir,o\i. la Terre Auftrale duS. Ef-
prit. Quiri Regio , Terra Àujirahs Spiruus fancli.
C'eft une côte qui a été découverte dans la mer Paci-
fique, entre le dixième & le vingtième degré de lati-
tude méridionale , environ a vingt lieues dc la nc;u\elle
Guinée, en tirant vers le Pérou. Ferdinand de Quiros,
Efpagnol, la découvrit l'-aii 1S06, &c lui donna le nom
de Terre Auftrale du S. Efprit. On lui fait mainte-
nant poner le fien , l'appelant Terre de Quir fur tou-
tes les cartes. Mat y.
QUIRAPANGA. f m. C'eft le nom d'un petit oifeau
blanc qu'on tiouve au Brélil en Amérique. î>a voix ref-
femble au fon d une (onnetre, Hc il la poulie fi fort ,
qu'on l'entend d une demi-heue à la ronde.
QUIRAT. f. m. Petit poids dont on fe fert au Caire Se
dans le refte de l'Egypte. La dragme vaQt ieize qui-
rats , ëce le quirat quatre grains.
QUIRIACE. f. m. Nom d'homme. Cyriacus. SnintCy-
riace, quenous appelons vulgairement (aint Q;//7/(rcej
n'eft connu dans 1 Eglife que par ion culte qui s'eft
établi en pluficurs endroits au premier jour de Mai ,
en d'autres au quatrième du même mois, en quelques
autres au trentième d'Avril, & chez quelques Grecs
au dixhuitième d'Odobre. Baillet.
SAN-QUIRICO. Nom d'un bourg du Siénois en Tof-
cane. Fanum S. Quirici. Il eft fur une colline près
de la rivière d'Orcio, à trois lieues de Monte-Pulcia-
no, vers le midi occidental. Mat y.
QUIRIEU. Petite ville de France au bas Dauphiné dans
le 'Viennois j fur une hauteur aupiès du Rhône.
QUIRIMBA. île d'Afrique fur la côte orientale d'Ethio-
pie ^ au Zangucbar.
^C? QUIRÎNAL. adj. Si f. Nom d'une dés montagnes
de Rome. Le mont Quirtnal , ou lé Qulrinalj au-
jourd'hui Monte Cavallo. C'eft le quartier de Rome
où l'on refpire l'air le plus fain.
<■ Le Quirinat., ell aullI le nom d'un des palais du
Pape , bâti fur le Mont Quirinal, ou Monte Cavallo.
C'eft la que le Pape fait faréddence ordinaire. On die
plus communément le palais de Monte Cavallo:, à
caufe de deux chevaux de marbre qu'on y voit. A
Rome on T.ppeXon porta Quirinalii , la porte qui con-
duitoit au Quitinal,
QUliilNALES. f f pi. Fêteque les Romains célébroienc
en 1 honneur de Romulus, qui fut fiïrnffmmé 0uifi-
miS. Ouiûnalia. Lés Qmtïnales fé faifoiedt )e trei-
zième de» calendes de Mars , c'eft à-dire, le 17 de Fé-
î 04 . Q "y î
vrier. Ovide, Faji. L. /j, v. 2^/. Stf.\jvivs, .^ntiq.
P.oman. Syntagnia^c. Q i p- 42 s >
QUIKINUij. 1". m. Nom que l'on donna à Romulus ,
après qu'il eût été mis au nombre des Dieux. Quiri-
nus. Tatius Roi des Sabins , Se Romulus n'ayant Fait
qu'un peuple de leurs deux peuples , & un état de
leurs deux états, les Sabins firent le plus grand nom-
bre, & l'emportèrent fur les Romains. Delà vint que
maîtres des délibérations , quand Romulus tut mort,
ils lui donnèrent le nom de Quirinus tiré de Cures ,
nom d'une ville des Sabins. De-la vint encore que tout
le peuple fut appelé Quirices , nom des habitans de
k ville appelée Cures. Au relie , Romulus ne fut pas
le premier qui eut ce nom. Les Curiccs ou Quirites ^
peuple Sabin de la ville nommée Cures , avoient un
Dieu qui le portoit avaiit l'union dont nous avons par-
lé. Quelques-uns croient que ce nom venoit de Curisj
qui en langue des Sabins fignifioi:: une pique, une
hallebarde. On peignoit toujours Romulus une pique
à la main, f'^oye-^ Struvius, Antiq. Roman. Synt.
c. I , p. i}i. Voyez Vossius , de Idolol. L. I, c.
12. Quirmus a. été aufll un nom ou un lurnom de
Jupiter & de Mars.
•QuiRiNus. f. m. Terme de Fieurifte. Nom d'une tulipe ,
rou^e velouté, colombin &: blanc de lait. Morin.
QUllIlQUINE, ou QUIRIQUINA , petite ile à l'en-
• crée de la baie de la Conception, dans le Chili. Qui-
riquina. Quelques-uns l'appellent Ariq.uine ; mais nos
derniers Voyageurs, comme M. Frézier , dilent Qui-
riquine.
QUJRIS. f. f. Nom d'une DéelFe des Romains. Quiris.
C'étoit Junon que l'on nommoit ainfi, parce que les
femmes en couche étoientfous fa proteéfion.Car une
des cérémonies du mariage étoit de peigner la nouvelle
époule avec une pique qui eut été dans le corps d'un
gladiateur terralFc & tué. Or une pique en langue Sa-
bine s'appeloit curis , ôc tout ce qui concernoit les
noces, le rapportoit à Junon, parce qu'elle y prélidoit
comme la DéelFe tutélairc des femmes enceintes & des
accouchemens.
QUIRITES. Dans le Diftionnaire de Moréri on a mis ce
mot comme s'il étcit François , pour lignifier Romains ;
mais jamais on ne le dit. S'il elt dans un dikours où
un Orateur porte la parole aux Romains , qu'on ap-
pelle en latin Qulrires y il taut tiaduiie , Rcmams
ik non pas MeJJieurs comme quelques traducteurs
l'ont fait. P.omi:ins j H mon courage vous a dïli-
viés, &c.
QUIS. r. m. Efpèce de marcalîîte de cuivre dont on tire
le vitriol Romain. Pyrites drarius. On l'appelle au-
trement Pyrite. Voyez Pyrite.
QUIS. Vieux participe du verbe querre. Cherché. Per-
cEVAi. D'où vient enquis. EoREL.
QUISAMA. Province maritime d'Afrique au bord de la
Coanza qui la borne au (eptenttion. Elle tient le pie-
mier rang au royaume d'Angola, dont elle fait partie.
QUISNA. Nom d'une rivière de la prefqu'ile de l'Inde,
deçà le Gange. Qui/ha. Elle a la (aurce, Iclon les cartes
de Sanfon , vers la ville de Bilnagar ; & après avoir tr.v
verfé une partie du Royaume de ce nom, elle entre
dans celui de Golconde , & le décharge dans le golfe
de Bengale, à Malulipatan. Maty.
QUISO. f. m. QUISSA. Nom d'une rivière de la Géor-
gie , en Afie. C///ii. Elle le décharge dans la mer Noire,
à vingt-cinq lieues de l'embouchure de Fallo, vers le
midi. Maty.
QUISSE. Vieux imparfait du fubjondif du verbe querre.
Je cherchalFe. Roman de la Rofe.
Amour me dit lors que je qullFe.
Je QUIT. Vieux verbe à la première perfonne du préfent
de l'indicatif. J'eftime , je cuide. Joinville. Puto j
credo, exijîimo.
QUITALE. f. m. Mot Efpagnol , qui fignifie la même
choie que Carat.
QUITAVA , QUITEVA , ou QUITAVE. Nom d'un
Royaume, avec une petite ville de même nom. Qui-
tavte regnum j Quitava urbs. Il eft fur la côte orien-
QUI
taie Aii Caffres, entre celle de ZangUcbaf& le Roy.au-
me de Sotala. On dit que le Royaume de Quitave dé-
pendoit autrefois de celui du Monomotapa. Maty.
QUITEOA. Ville d'Af.ique , dans l'Etat de l'Empereur
de Maroc, allez avant dans les terres a l'orient.
QUiTLAVACA. Ville de la nouvelle Efpagne, ou plu-
tôt Bourg de l'Amérique feptentrionale au Mexique.
QUITO, ou S. François de Quito. Quitoa , Quitum ^
Fanum S. Francijci de Q^irc Ville du Pérou, capi-
tale de l'Audience de Quito, & fituée vers les fources
de la rivière des Amazones, fort près de la ligne équi-
nodtiale, environ à deux cens cin',uante lieues de Lima,
veis le nord. Quito ell une grande ville, qui a un Evc-
ché (urtragant de Lima. Il y a une Univerfité, & une
Audience ou Tribunal fouverain de la Juftice. On
voit fur la montagne , au pied de laquelle eft Quito j
le volcan de Pinta, qui ell une de ces montagnes qui
vomillent des Hammes.
Quito, Li Quito. Nom d'une province du Pérou.
Quitoa, Quitenjîs provincia. Elle ell bornée au levant
par le l'opayan , les Quixos 6c les Pacamores ; &: au
midi par le Pérou propre; la mer du tud la baigne au
couchant & au nord. On lui donne quatre-vingt lieues
de long, & trente-cinq de large. Elle eut autrefois fes
Rois propres , les Incas du Pérou la fubjuguèrent. Les
Elpagnols en (ont maintenant les maîtres ; ils y ont
plulieurs Colonies, dont la ville de Quito eft la prin-
cipale. Maty.
L'Audience de Quito. Quitenfis Prufeclura. On com-
prend tous ce nom plulieurs .novinces de l'Amérique
méridionale,qui dépendent de l'Audience ou Parlement
de Quito. Ce (ont le Quito propre, les Pacamores,
les Quixos , & la partie méridionale du Popayan. Quito
en cilla capitale & le liége de l'Audience. Maty.
QUITTANCE, f. f. Atle par lequel on décharge quel-
qu'un d'un payement, d'une dette , on le tient quitte
de ce qu'il devoir , foit en argent , (oit en quelque au-
tre redevance. Apocha. Tout obligé ou condamné ,
doit payer en deniers eu quittances valables. On lui a
donné quittance ôc décharge des papiers qu'il .ivoit en
garde , de l'aveu qu'il devoir fournir , des corvées qu'il
devoir faire. Quittance fous feing privé ; pardevanc
Notaire.
Quittance de Finance , eft la quittance qu'on donne
pour les deniers qui entrent aux cortres du Roi, (oit
pour le prix des Charges , loit des Domaines aliénés.
Acaeptî. pecunufyngraphus. On ne lembourle les Of-
ficiers & les Engagiiles que fur le pied de leurs quit-
tances de finances : c'eft (ur ces quittances qu'on li-
quide leurs finances. Les porteurs de quittances de l'E-
pargne ou du Trél'or Royal, (ont des Commis qui con-
traignent en vertu de taxes ou de recouvremens donc
ils ont des quittances en bl.inc.
Quittance comptable. On appelle ainfi des quittances
en parchemin , c\: pardevanc Notaires , qu'on fournir
aux Receveurs &c Paveurs des droits du Roi, pour les
rapporter en rendar.c leurs comptes à la Chambre.
Apocha debitoris. On a mis au rebut la quittance de
ce rentier.
On dit proverbialement, que les lunettes, que les
cheveux gris , font des quittances d'amour ; pour dire,
qu'on ne doit plus- fonger à la galanterie quand on elt
vieux.
QUITTANCER, v. a. Donner quittance au dos , au
bas, ou en marge d'un conttat , ou d'une obligation.
Acceptum ferre nom'.n- Les concrars de mariage (-onc
réputés quittancés au bout de dix ans , qui eft le temps
où l'on prélume la doc payée , quand on n'en a poiiiC
flic de demande.
0Cr Quand la quittance n'eft poinc écrice fur l'ade mê-
me , on dit donner quittance.
QUITTANCÉ , ÉE. Acceptatus.
QUITTE, adj. m. & f. Qui ne doit plus rien. Solutus y
immunis. On n'eft jamais quitte de ce qu'on doit à
Dieu. Bienheureux celui oui eft quitte , à qui on ne
peut rien demander. On eft quitte en payant ce qu'on
doit. Demeurer quitte envers (es créanciers. Le Mait.
Ce mot vient du latin quietus.
On dit au Palais , qu'un hérirage eft vendu franc Se
quitte
QUI
^uitti ; pour tlire, qu'on a déclaré qu'il n'éroit chargé
d'.iucuiits hypothèques, A aucunes dctccs. Sine oncie.
C cd un fteliionac, d'cngagci' Ion bien ÙM\c&:qMUc,
loilqu il cft déjà charge de quelque hypuihè lue.
0CJ' Se déclarer traiic & quitte , en parlant de ceux qui
ie marient ou.qui s'obligent, c'eft dcclarcr qu on ne
doit rien.
QuiTTii, lignifie auilî exempt, hors de péril, délivré de
quelque uicommodité, de quelque peine. Itnmums ,
vacuus ^ liber. Cet Oihcier cit quute du leivice pc^ur
tant de temps: il en a eu difpcnle, exemption. Il n'a
eu que trois accès de fièvre , il en a été quitte à bon
marché. On lui a ordonné par pénitence, un jeûne de
trois jours; il l'a accomplie ,il en eft quitte, il en fut
quitti pour un mci^liant manteau. Scar,
Quitte, fe dit aiilli en parlant des facilités qu'on a pour
le libérer de plulicurs fortes d'obligations qui regar-
dent le devoir. Un valet qui manque d aller où Ion
maître l'envoie , en ell quitte pour être grondé , c'eft-
à-dirc, il ne peut lui en arriver que celai il en eft^/^zfrs
pour fortir de chez lui. Celui qui reçoit un bientait ,
cft bienheureux s'il peut en être quitte pour des lenti-
mens. Tour. Vous avez Icnhblcmcnt oftenlé cet hom-
me, & vous êtes bienheureux d'en être quitte pour
des injures. Des Prêtres oifil-s & voluptueux ont ils
{atiifaic à un Ôfîice qu'ils .abrègent autant qu'il leur
eft podlble, & qu'ils récitent très-légèrement î Ils le
tiennent quittes de tout. Bjuxdal. Exh. I. p. ^6 r.
§CrOn l'emploie abiolument dans le ftylc familier. Je
ne ferai point telle choie , quitte pour être ou à être
grondé.
On dit auiîî au Palais , qu'on eft envoyé quitte &
ablous d'une demande tant civile que cuminelle ;
quand ou a débouté le Demandeur de (à demande ,
de Ion accufation. Pemittere.
Quitte, le dit proverbialement en ces phrafes. On dit
en menaçant quelqu'un , il en mourra quitte ; pour
dire, qu'on le vengera tôt ou tard de l'ofrenle qu'il a
faite. Solvet vel in &re j vel in cute. On du auIlî ,
quand on a compte avec quelqu'un , & quand on l'a
payé , nous voilà quitte à quitte , Se bons amis. Il
s'emploie aulIî dans un fens un peu figuré. L'un vaut
l'autre , quitte à quitte ; ( Mol. ) pour dite , nous
lommes bien égaux , nous ne nous devons rien l'un à
l'autre, lur l'article de la préférence ou du mérite. On
dit, jouer a quitte, on à double, tant au propre, quand
on double ce qu'on joue , qu'au figuré ; pour dire ,
qu'il faut rif]U£r , hafarder tout pour fe tirer d une
mauvaile affaire.
QUITTEMENT. adv. D'une manière quitte & franche.
Llhcrè & fine onere. Il ne le dit guère qu'au Palais. Il
pofsède cette terre franchement & quittement; elle n'a
aucune charge ni hypothèque.
$3" Quittement. 1. m. Terme de Palais, quelquefois
fynonynie de décharge , quelquefois de délailTcmcnt,
déguerpilîement.
QUITTER. V. a. Donner quittance , ou déclarer qu'on
ne demandera plus rien d une dette. Apotham priujia-
re. Cet aéte porte qu'on a quitté un tel de ce qu'il de-
voit , qu on en a reçu le payement. Ce Teliateur a
quitté en mourant tels & tels de tes débiteurs, il leur
a donné décharge de ce qu'ils lui dévoient.
Ce mot vient de quietare , comme qui diroit red-
dere quiet um. Mais Borel le dérive du Breton gui, qui
a été fait du vieux mot Gaulois guet , emprunté de
l'Hébreu guet , qui lignifie divorce.
Quitter , le dit au'îî en parlant des obligations, des
menus devoirs; •& lignifie exempter, céder, fe délîller,
rejeter. Cedere , immunem dlmittere. Je vous quitte
de tous vos complimens, de vos vifites.Je vous quitte
la place, le haut du pavé: vous avez raifon , je vous
quitte j je vous cède. Je vous quitte mes droits , je
vous les abandonne.
Quitter , eil: aullî un terme de Palais , qui lignifie ,
tranlporter, ahéner. Cedere , alienare. Tous les con-
trats de vente portent, il lui a cédé , quitté 6c tranf-
porté, vendu éc aliéné. Tout donateur quitte la pro-
priété de la chofe donnée , & en rend maître le do-
nataire.
Tome FIL
QUI lôj
^ 0\^ ne dit point quitter 'ti, on dît quitter ^oWi. 5t
dois quitter pour lui , ou je lui dois céder, laillcr»
ab.andonner.
Quitter, lignifie aulTî, changer de dcircin , abandon-
ner, renoncer, lailler voloiuaiitmcnt. Renuntiure ^
mutare confilium. il a fallu ciihn vju'il ait quitté \)n\et
qu il ait quitté cette pourluite , cette entrcprile. Le
moindre obikcle, la moindre réliftance, lui fait quit-
ter pnle. AcAD. Fr. Le meilleut parti a prcndieaveô
ceux qui nous quittent, nft de leur dûnncr la liberté
de nous quitter. Nie. Je quitte volontairement pouf
le Ciel , tout ce qui m'auroit quitté un jour malgré
moi. M. ScuD. On quitte nv.ilailément une mauvaifc
habitude qui nous divertit. Id. La parclle la pris, il
avuit commencé un grand ouvrage , il a quitte tom là.
11 a quitté la penlée d'aller aux Indes. Il a quitté le
vin, le jeu Ik. la débauche. Quitter\hki(iç. C'eft un
contredilant qui quitte les propres fentimcns , dès
quil eft venu à bout de les pcrfuadcr, de peur d'être
de l'avis d'un autre. M. Scud. Les liucurs abandon-
nent leurs amis, dès quils peuvent connoitie que la
foitune les quttte. Id. On dit t iijours dans le inonde
plusou moins qu'on ne pente : &: quand je m'examine,
je tens bien que la lincérité me quitte touvenf. Id.
Quand les vices nous quittent, nous nous tlatonsque
c'eft nous qui les quittons. Rochhf. Elle n'attendit
pas pour quitter k monde, que le monde l'cilt quit-
tée. FlÉch.
§3" Quitter, lâcher, laijfer aller. Il le tcnoir aux che-
veux, on ne le put jamais faire quitter piite. Au fi-
guré, quitter prite, c'eft abandonner un dellein , une
enueprile, comme on vient de le voir d.ins l'article
précédent.
|C? Quitter, fe dépouiller , ôter quelque chofe de def-
fus loi. Exuere ,deponere. Quitter fon manteau , la
robe, fes gants , fon épée,
^fJ' On dit figurément quitter la robe , quitter l'épée ,
la toutane, le froc; pour dire, renoncer à 'aProfelfioii
de la robe, de l'épée, de létat eccléfiaftique ou de la
vie religieufe , en fe dépouillant des chofes qui en font
les marques extérieures.
Quitter , lignifie encore, fortir hors de quelque lieu.
Relinquere , aufugere. Un criminel eft obhgé de qutt'^
ter le pays.
Quitter , fe dit aufll en parlant des réparations des cho-
ies qui étaient jointes par quelque hen. Disjungere,
feparare. Il faut renfeimer les femmes qui quittent
leurs maris par libertinage ; punir les Apoftats qui quit-
tent leur Couvenr , leur habir. Ces deux Amans ont
promis qu'ils ne te quitteront jamais. On dit de deux:
perionnesqui font continuellement cnfemblc, qu'elles
ne te quittent jamais.
Quitter, fe dit aulll des chofes corporelles , animées
& mimmits. Relinquere , deferere. Quand l'ame aura
quitté la dépouille mortelle ; pour dire , après la mort.
Cet arbre quitte ton écorce. Cette poutre quitte la
muraille , ëc menace ruine.
S^ On dit dans le même fens , qu'une prune, qu'une
pcche quitte le noy.au ; pour dire , que le noyau lé dé-
tache net de la chair du fruit.
Quitter, fignific aulîî, abdiquer, renoncer à quelque
grande dignité. Renunciare , ahdicare. Dioclétien &
Charles Quint ont çz/irr/ l'Empire, la Reine Chriftine
fon Royaume de Suède. Un tel Cardinal a quitté le
chapeau.
Quitter , en certains jeux de renvi , comme le Brelan ,
lignifie , abandonner la vade que l'on a faite , plutôt
que de vouloir tenir une nouvelle fomme , dont un
des Joueurs a lenvié. J'ai renvié dix louis, je l'ai fait
quitter. Il m'a fait va-tout, & j'ai quitté. Il eft neutre.
AcAD. Fr.
^^ Quitter /a ^(:rri«, c'eft convenir que celui contre
lequel on joue a gagné. Delà l'expreilion , qui quitte
la partie, la perd; pour dire , que celui qui quitte Is
jeu avant que la partie foit achevée, perd : & prover-
bialement on le dit pour faire entendre que celui qui
ci'lfe de (uivre une affaire, ne réullîra jamais.
Quitter, fe dit proveibialement en ces phrafes. On dic
qu'on ne quitterait pas fa part aux chiens, de quelque
io(^ QUI
chofe, quand on y conferve des prétentions , quelque
peu appaicntes qu'elles fuient. Cederc , dcfiflerc j rc-
mïttere , projicere. On dit aulîi à celui qui renonce à
une choie où il n'avoit point de dioic, qu'il ne quhtc
rien du iîen. On dit aullid'un homme qui cft attaché
opiniitièment à quelque choie , qu'il n'en quittera
rien que par le bon bout.
QUlfiE, EE. part. pall". tic adj. Dimijfus , remijfus.
QUITTERÎE, QUITTEUR, QUITTEUSE. Mlle de
Scuderi s'efl; fervi ds ces termes , en parlant des Amans
qui le quittent , qui rompent leurs liens. Je luis aullî
opiniâtre que vous fur le jugement des quitteries. El-
les font toujours fuivies & accompagnées de mépris &C
d'outrage; & les quitteurs, !k les quittcufcs , ne lail-
fent point leur amitié à la place de leur amour , ce qui
feroit toujours quelque conlolation. J'en lai des aban-
données qui ne voudtoienr que cela, & qui ne le fau-
roient avoir. Lct. à M. de Bujfy , T. III, p-3^3-
QUITUS, f. m. Terme de Finances. C'eft l'état final
d'un compte , par lequel le Comptable fe trouve quitte
& déchargé. Quand on vend à crédit une Charge
comptable, on oblige l'acheteur à fournir à la fin de
l'année le quitus de les comptes. Immunitas , folutio.
i^ QUI~VA-LA. Cri d'une fentinelle dans un porte
quand elle entend du bruit.
QUIVIRA. C'eft un pays de l'Amérique feptentrionale,
fort peu connu. Quivira. Quelques-uns l'ont mis au
nord de la Californie , vers Jetfo : mais on le place
plus communément entre le vieux & le nouveau Me-
xique , ôc la Floride. On dit que les Elpagnols étant
entrés dans ce pays, &: n'y ayant pas trouvé des ri-
cheires comme ils fe l'étoient promis, ont laillé les
habitans en repos. Maty. M. de Lile fit en 1717 une
Diirertation ou Difcours fur Quivira j dans lequel il
montre fort bien que Quivira eft une ville fituée au
nord du Nouveau Mexique fur un golfe de mer.
QULVIVE. Une fentinelle, un foldat en faction, quand
il voit quelqu'un, ou qu'il entend du bruit, s'écrie :
Qui vive ? dans le même fens que Qui va là ? Qui
èfl là ? Parlez. îff On dii figurément qu'un homme
€iïi.uï\equi-vive, pour dire, qu'il ell attentif à ce qui le
paffe, & qu'il eft toujours lur le qui-vive , pour dire ,
qu'il eft inquiet & craintif. Alors il eft fubftantih
QUIXOS. Nom d'un peuple de d'une province de l'A-
mérique méridionale. Quixorum Regio. Elle eft entre
celles de Popayan, de Quito de PacamOres tk. de Ca-
nela. Les Efpagnols l'ont découverte l'an 1557, &. ils
y ont les Colonies de Bacca, d'Archidona, d'Avila &
de Seville de rOro. Maty.
QUIZINA, ou TEUSIN. Montagne d'Afrique, dans la
province de Garer, au Royaume de Fez.
QUIZOMAINTHI. f. m. Nom que les habitans de l'île
de Madagafcar donnent à une efpèce de réfine dont
ils fe ferveur pour fixer leurs dards, & les attacher à
leurs riianches.
Q U O.
iîSP QUOAILLER. v. n. Terme de Manège qui fe dit
du cheval qui remue perpétuellement la queue quand
on le monte. Ce cheval quoaille toujours, a pris l'ha-
bitude de quoaillcr. On a dit autrefois queue pour
queue.
QUOAQUIS. f. m. pi. Peuples fauvages de l'Amérique
leprentrionale , dans la Louifiane.
QUOCOLO. f. m. Pierre qui rclfemblc à du marbre ,
mais un peu trantparente , dure comme un caillou ,
& rendant des étincelles de feu, comme la pierre à fu-
filj de couleur blanche, tirant lur le vert de mer,
ayant des veines comme le tabac de Venife. Cette
pierre étant mife au feu, y petd fa tranfparencc, &
devient plus légère ik plus blanche ; puis enfin le feu
étant bien fort, elle le convcttit en vetre. On la trou-
ve en Tofcane , & dans plufieurs autres lieux d'Italie.
On l'einploye dans quelques Verreries. Cette pierte
s'appelle ordinairement en François, Pierre à verre.
LÉ MER Y, des drogues.
QUOD-VULT-DEUS. f. m. Nom d'homme. Quod-
vult-Deus. Saint Quod-vult-Dcus , Evcque de Car-
thage, eft un de ceux que Genlcric, Roi des Vanda-
les, fit expofer en mer, fur des vailleaux demi-bti-
QUO
fés,ran 459. Quod-vuk'DeuSj, Evêque de Carthage,"
&: un grand nombre de Clercs turent challés , Se em-
barqués lur des vaifleaux rompus , ôc toutefois ils ar-
rivèrent heureufement à Naples. Fleury. /^oyej le
mot Deo gratias.
Ce nom eft une phrafc Latine qui veut dire. Ce
que veut Dieu. C'eft apparemment, comme on l'a
déjà inhnué de quelques autres noms Icmblables ,
une traduction Latine du véritable nom de ce Saine
qui étoit Punique ; par exemple , il pouvoir s'appeler
Vs::sTl:/ ,feabacl, ou. faabacl, Vyvi^.nu. ,fehhaphet-
feli ou b^^iu ,Jeratfael, on Jhrafael j tous noms, qui
en Punique , autoient fignihé Quod-vult-Deus. C'eit
ainfi que les Arabes appellent un Auteur Égyptien
Mofi-hahallach , nom Arabe compofé de trois mots,
& qui lignifie la même chofe que Quod vult Deus.
Voyez la Bibliothèque Orientale de d'Fierbelot , pa-
ge sûo.
QlJObLIBÉTAlRE. adj. & f f. On appelle dans les
Ecoles de Médecine, une Queftion Quodlibétaire ,uï\q
Thèle publique , où le Candidar eit prêr à répondre à
tous venans, & lur toutes les parties de la Médecine:
ce mot eft alors adjectif. Mais quand on dit ablolu-
ment, il a loutenu la quodlihétaire , ou , je loutiendrai
dans huit jouis ma quodlihétaire y il eft lubllantif.
Mon fécond fils Châties a répondu à fa première quef-
tion quodlihétaire , fort bien , & au grand étonnement
de tous les Auditeurs. Patin.
Que/lions Quodlibétaires , ou Quodlihétiques. C'cil
ainli qu'on appeloit autrefois , dans les Ecoles de
Théologie , ^fS" Se de Philofophie , des queftions nii-
nutieufes, conçues en termes vagues, que l'on difcu-
toit autrefois dans les Écoles, ôc dans lefquelles on en-
tailoit argumens lur argumens pour démontrer quel-
que puérilité. Et comme il a'y avoit point de matière
qu'on ne le crût en état de traiter à l'aide des lieux
communs, on appela ces queftions quodlibétaires ,A\i
mot quodlibet,mm ce qu'il vous plaita. Quelques-uns
ont cru que le mot de quolibet venoit de là. f^oye^
Quolibet.
QUOGELO. f. m. Animal du pays des Noirs. QucgC"
lum animal. Il reftemble au crocodile.
QUOI. Quid. Pronom qui tienr quelquefois du pro-
nom relatif, lequel , laquelle , dans les cas obliques^
tant au fingulier, qu'au pluriel. L'Acad. Ce mot ne
le dit que des choies, jamais des perfonnes , & il a
un ulage élégant pour fuppléer au pronom lequel y
laquelle y en rout genre j ôc en tout nombre. Vaug.
Rem. On vous reproche l'emportement & la durera
avec quoi vous avez pourluivi votre concurrenr. Cette
façon de parler avec quoi , a paru n'être pas du bon
ftyle. Quelques-uns préfèrent avec raifon le pronom
relatif lequel y prétendant que le relarif quoi ne fe
met qu'en certaines occalions où il fe tait comme une
réfomption de tout le ditcours, & non pas immédi-i-
tement avec les lubftantifs. D'autres alléguenr que
Ton fe peut fervir du relatif quoi , qui eft une efpèce
de neutre, à caufe des deux lubftantifs précédens qui
font de difféfjnt gente : mais que pour bien parler, il
faut l'éviter. M. L. T. Mais quoi qu'il en foit , l'Aci-
démie fe fett des exemples fuivans pour détetminer
la fignification de ce mot. C'eft un vice à quoi il eft
fujetjde quoi il ne fe corrige point. Ce font des cho-
fcs à quoi vous ne prenez pas garde. Ce lont des con-
ditions, fans quoi la choie n'eût pas été conclue. Le
fujet , la caule pour quoi on l'a arrêté.
N' alle-:^ point quitter, de quoi que l'on vousfomme.
Le nom que dans la Cour vous avfç d'honnête homme,
Molière.
Appottez-moi les outils , fans quoi je ne jjuis travail^
1er. Sine q-ihus. On le prend aullî lubftantivemenr.
Ainfi l'on dit, à çaoi penfcz vous? à quoi vous occu-
pez vousî Quoi qu'il en loit, quoi qu'il en arrive,
voyez à quoi les hommes lont lujers. En quoi a-t-il
failli; De quoi eft-il queltionî pour dire, de quelle
choie î
En termes de Palais , on dit , Quoi faifant , en quoi
QUO
faifant , pour dire, en faifant laquelle cliofc. L'arrêt
l'a concf.iiiuic à payer, & à vider le-; mains; quoi i:\i-
fane, il cil fera valablciiiciu déchargé. Acad. Fr.
<^uor, c(l aulli un adverbe d'admiration, Se d interroga-
tion. H cil, ïta-ne. Quoi! vous ferez alFez hardi pour
me foutciiir , &c: I lé quoi! faut il vous mettre en co-
lère, (î cela n'eà pas vrai? Quoi donc? A quoi bon
amallcr tant de richL-lles qu'il faut quitter; On dit,
c'eft un étourdi qui ne connoît ni quoi , ni qu'eft-ce.
On ne fait ni quoi ni comment cela s'cll: pu faire.
On dit, je ne lai quoi, d'un certain agrément qu'on
ne fauroit bien exprnncr. Le Père Bouhours en a fait
la matière de l'un de fes Entretiens d'Aride &: d'Eugène.
Ncfcio quid. Il dit que c'eft iii nature d'être incom-
prèhcniible & inexplicable. Ces inftindls , ces penchaus
CCS (entimens fecrets, font des termes qui n'expriment
qu'imparfaitement ce je nc.fai quoi que le coeur lent.
C'eft un agrément qui anime toutes les aétions, Se
qui entre julques dans le moindre goftc de la perfon-
ne qui plaît. Il cft fi délicat & fi imperceptible, qu'on
ne le peut définir. Au contraire, il y a un je ne fai
çttoi de choquant, qui empoifonne quelquefois, & gâte
tout le mcrite des pcrlonnes. Ce n'eft point un capri-
ce, ou un prétexte pour haïr; c'eft une railon cachécj
ôc que la nature feule nous luggère. Ce font des pre-
miers mouvemens qui préviennent la réHexion &c la
liberté. Id. Ce qu'on entend par le je ne fai quoi,
confifte en de petites chofes, qui ne s'apperçoivent
pas aifément. Le Ch. de M. L'amour, comme l'ami-
tié , a (on agréable yt' ne fai quoi. S. EvR. he. je ne fai
quoi de l'amitié a plus de lumière que celui de l'a-
mour , parce qu'il agit avec plus de calme. Id.
// ejl des nœuds fecrets, il efl des fympathies.
Dont par le doux rapport , les âmes afj'orties ,
S' attachent l'une à l'autre , & fe laifjent piquer.
Par un je ne fai quoi qu'on ne peut expliquer.
Corneille.
Quoi. Voye'^ Cois.
QUOIQUE. Conjondion. Elle régit toujours le fub-
jonâif Quamvis, etfi. On doit prendre garde de ne
la mettre jamais après Un que : comme, je iais que
quoique , à caule de la cacophonie. On peut y lubfti-
tuet bien que , oa encore que. Vaug. MÉn. On dif-
pute s'il faut dhe,quoi ^«'//arrive, ou quoi qui arrive.
C'eft dans ce Icns, le quidquid des Latins. Vaugelas cft
pour le premier, & Corneille pour le dernier.
QUOL'.BET. f. m. Façon de parler commune & trivia-
le, qui renferme ordniairemcnt une milérable pointe,
ou une mauvaite plailanterie : jargon qui vient de la
mauvaife éducation. Diclcrium. Dire des quolibets.
Dilcur de quolibets.
De quolibets d'amour votre tue efl remplie. Mol.
Âpies maints quolibets coup fur coup renvoyés.
La Font.
Les quolibets font prefque tous fondés fut des allu-
fions, des mauvaifes pointes & des turlupinades.il eft
encore rcfté à la Cour quelques diieurs de quolibets ,
de vieux plaifans qui ne font plus à la mude. Les quo-
libets , ne (ont, à proprement parler, que de milL-ra-
bles pointes qui ne tombent fur rien: ce font des ailu-
fions troides & inhpides,qui fatiguent & qui ennuyent
les perfonnas railonnablês. il y a pourtant des occa-
fions où un quolibet peut trouver (a place; mais il faut
qu'il loit bien délicat, & ingénieulement appliqué:
autrement il eft rampant , & on le prend pour la mar-
que d'un petit elpiit. Bouh. Il y a de la grollîereté à
entaller des quolibets les uns fur les .autres. Cail.
On prétend que ce mot cft venu de la Théologie
Scholaftique où l'on ptopofoit des ptoblêmes plus cu-
rieux qu'utiles, & que l'on appeloit quePaons quodli-
bétiques. On étoit fi perfuadé que c'étoit autant d'im-
pertinences, qu'on a retenu le mot àz quolibet ^'çowt
li;;ni!îcr quelque choie de fut &de ridicule.
QUODLIBÉTIQUE. adj. de t. g. Fécond en quolibets.
Tome VIL
QUO Ï07
Mettre M, Dclcartes dans les Enfers, tandis qu'il cft
au-delà des Cieux, n'eft ce pas, pour m'cxprimcr dans
le ftyle quodlibetïquc de notre ami .Vloliere, abcrrare
tPto cœloi' Le Père Daniel, Foyage du Monde de
Dcfanes, p. 101 de la 2.' édit. Le Mariage Jorcé ,
6c. IF. T. IlL des Œuvres de Mol. p. 1 ç. La con-
vcrfation de cet homme eft toute quodiibetique.
ffT^ QUON. Ville de la Chine, d.ms la province de
Suchucn, au département de Chingru.
QUONIN. f f Nom d'une Idole des Chinois. Quonin.
Elle a la forme d'une femme. Elle a donne l'on r.om à
une fontaine qui eft près de la ville de Xunning, &:
qu'on prétend a la Chine qu'un vieillard fit fortir de
terre, en la frappant de fon b.âton.
QUOQUART. ('. m. Vieux mot. Glorieux fans fujet,
comme les enfans qui mettent des plumes de coq fur
leur bonnet , pour fe parer. Villon dit :
Et ne fuis qu'un jeune quoquart.
Et la Fontaine dit des Amoureux,
Et s'il le dit , c'eft un quoquart.
QUOQUELU , ou Gogla. Avide de gloire , "félon Bouil-
las. 11 me femble pourtant que c'eft plutôt un homme
qui a double menton, &: qui eft fort gras. Borel. C'eft
un vieux mot.
QUOQUETREAU. f. m. Vieux mot. Parleur : ce qui
vient du jargon des coqs & des poules , d'où vient
quoqueter, coquet. Si Coquard. Borel. Loquax , gar-
rulus.
QUOQUS. Vieux terme méprifant. Homo yïlis ac ni-
hilï. Rebours de Matthiolus.
// devient chetif & quoqus. BoRïL.
QUOTE. adj. f. Il n'a d'ufage que dans cette phrale,'
Quote part, qui fe dit de la part que chacun doit
payer ou recevoir dans la répartition d'une fomme
totale. Il me revient tant pour ma quote part. Il doit
tant payer pour ia quote part.
QUOTIDIEN, ENNE. adj. Qui fe fait tous les jours j
ce dont on a beloin chaque jour. Quotidianus. On
demande à Dieu tous les jours, qu'il nous donne no-
tre pain quotidien. Hors de-là il n'a guère d'ufage que
dans le niulelque. Encore s'en trouve-t-il qui vou-
droient que l'on dit avec Meilleurs de Port-Royal ,
Seigneur , donnez-moi moi mon pain de chaque jour.
Mais quand il s'agit de phrafes, ou de mots confacrés,
il ne faut pas être fi délicat. Pour le burlefque , on
s'en peur (ervir tant qu'on veut. C'eft ainfi que le pau-
vre homme défendoit les hyperboles quotidiennes.
ScAR. Régnier en parlant de Cicéron , àj'égard d'un
pédant, dit que c'eft le pain quotidien de la pédanterie.
Quotidien , en termes de Médecine, fe dit d'une fièvre
dont l'accès piend tous les jours, Febris quotidiana^.
Voyez FiâvRE.
^]C/" Quotidien , eft fynonyme de journalier: mais on
ne peut employer indifféremment ces deux mots l'un
pour l'autre. On dit pain quotidien , fièvre quotidienne.
On ne diroit pas pain journalier, fevre journalière.
On dit le mouvement journalier du ciel ; on ne diroit
pas le mouvement quotidien. L'ufage fait tout.
On dit proverbialement & figuiément d'une chofa
qui nous eft familière, que nous faifons, ou que nous
voyons tous les jours, que c'eft notre pain quotidien.
Confuetus , folitus.
Quotidien, f m. Se dit dans certains Chapitres , des
diftributions manuelles ,& petits émolumens.
QUOTIENT, f m. Terme d Arithmétique. Quotiens.
Nombre qui reluire de la divihon d'un plus grand par
un plus périt, &' qui montre combien de fois le plus
petit cft renferme dans le plus grand, ou combien d^
fois le divifeur eft contenu dans le dividende. \-e. quo-
tient a cela de propre, qu'il contient aurant d'unités,
que le dividende renferme de fois le divifeur. Vo^.
On place le quotient au bout de la ligne où eft le
nomore divifé, avec une barre entre deux. Le quotient
Oij
io8 QUO
de II divifc par 3 eft 4, parce que 5 cft contenu 4
fois dans iz.
Le quotient fe marque ainll dans l'Arithmétique.
3) li (4
En Algèbre il fe marque ainfi.
quotient
6ab
ta
Ce nom vient du mot latin quoties , c'eft-à-dire ,
combien de fois tel nombre plus petit eû-il dans un
autre plus grand î
QUOTITE, f. f. C'efl: la fomme fixe à laquelle
monte chaque quote part. Quotitas. En Jurifprudencc
on appelle quotité du cens , la fomme que l'on paye
aâucllement pour le cens.Le cens eft imprelcriptible en
foi, mais la quotité Aa cens fe peut prelcrire ; c'eft à-dire ,
que la quantité de la fomme qui fe paye pour le cens ,
fe peut prefcrire. Si j'ai précédemment payé un fou
par chaque anné'e pour le cens , & qu enfuite pendant
QUS
trente ans confécutifs, je n'en paye que fix deniers,
j'aurai prefcrit la quotité du cens, quoique le cens
loit imprekiipcible, fuivanc cette maxime ! Nulle terre
JansSeioncur , s' il n'y a tare au contraire. Prac. Franc.
L. II , ch. S, p. 164. Il en eft de mime des dixmes
qui ne le peuvent point prefcrire pour le total, mais
bien pour la quotité.
^fT Ce mot lignifie auffi une quantité, une portion
déterminée d'un tout. Ainfi on appelle Légataire d' une
quotité , celui auquel un défunt a légué un tiers , un
quart , un iixième , en un mot une partie aliquote de
la fucceftion.
QUOUE. Vieux mot. Queue. Cauda. Il fe trouve dans
Jean de Mehun,au Codicille. Borel.
QUOYEMENT. adv. 'Vieux mot. C'eft à-dire, fecrete-
ment. Bible Hiftoriaux. Borel. Clàm , fecretb.
QUSONFOO. f. m. Oifeau du Royaume de Quoja ,
Pays des Nègres , qui eft noir & gros , à peu près ci.m-
me un corbeau. Il fait fon nid de terre (ur le haut des
arbres , & quand les œufs lonr prcrs à éclorCj la fe-
melle s'ai rache toutes les plumes , afin de coucher fes
petits deftuï.
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RAA
RAB
109
^^ ■■| ï irmr'r^'^ "^*''''tf" 'J P'*'''''t F"J?*™
jl>*^* jàf'c* V*^-- ^
R
f. f. fuivant l'ancienne appella-
tion qui prononce erre ; mais
makulin uiivant la modeine qui
prononce rc. Lettre confonneja
dix huitième de notre alphabet.
LV final des infinitifs des verbes
de la première & féconde conju-
jugai(on, ne fe prononce point:
de lorte qu'en lilant on doit pro
noncer aimer &C kair, comme fi on écrivoit aime' &.
haï. L'R fe plaint que 17 & \'E l'ont fi fort atfoibli a
la fin des mots , qu'on ne l'entend prefque plus al/cr
ni venir. Ablanc. Nous ordonnons à 17{ de filer doux,
quand il fera le dernier, lur peine d'être chalfé. Id.
Tout cela ne fe doit obferver que lorfque le mot qui
fuit commence par une confonne ; car lorfqu'il com-
mence par une voyelle, alors IV de l'infinitif le doit
faire un peu fentir dans la proie grave , & fur tout
dans les vers.
L'amour de regne-ï en fa place ,
Rend déjà Xipharés ennemi de Pharnace.
Racine.
Helas ! il faut mourl-i ^ adorable Sihie.
L'R , félon les remarques de M. l'Abbé Dangcau ,
€ft une des quatre conlonnes de notre alphabet, qui
ne le divifent pas comme les autres , en foibies , en
fortes Se en nazales. C'eft une liquide. Les Anciens
ont appelé \'R , une lettre canine , parce que les chiens
femblent (cuvent la prononcer en grondant &c en
aboyant. Souvent \'E. seft changé dans les langues an-
ciennes 6c modernes, en Z, comme fatellus Ae. [ra-
ter , capella de caper , cuhellus j de culter.
R , étoit autrefois une lettre numérale qui fignifioit S ,
fuivani; ce vers:
Ocloginta dabit tibi, B.,f quis numerabit.
Quand on met un titre fur k elle lignifie So mille.
Le p chez les Grecs valoir cent.
R ei1; le caracl:ère dont on diftinguoit la monnoie fabri-
quéeà Villeneuve lès-Avignon : & aujourd'hui c'eft la
marque de la monnoie d'Orléans.
R. Cette lettre lert dans le commerce peur les abbrévia-
tions fuivantes : Fl=. Remifes : R. Reçu : R**. Redo.
R'. R'. Richedale, ou Rixdale.
R. Dans les Ordonnances des Médecins, lignifie , rccipe ,
prenez.
RAA.
RAAB, RAB. Nom d'une rivière qui a fa fource dans
la Stirie, vers la ville de Gratz, tiaverfe une partie de
Ja Eallè Hongrie, y forme l'île deKaab, en latin Ara-
be infula ; au delTous de laquelle elle baigne Javarin ,
&: s'y décharge dans le Danube. Arabo. Maty. Nous
prononçons £<. nous écrivons fouvent Rab. Le Rah
fera à jamais fameux dans l'Hiftoire , par la viftoiie
célèbre que les François , envoyés par le Roi Louis le
Grand, au fecours de l'Empereur Léopold , rempor-
tèrent fur les Turcs en \6G.\. Corn.
Raab, Rab. r^oye\ Javarin.
RAAGDAER. Cm. Officier de Perfc qui perçoit les
droits de raagdarie : ce font'des efpèces de Voyers.
RAAGDARIE. L f. On nomme ainfiun droit que l'ori
fait payer en Perfe fuj: tuures les marchandifes pcui
la (ureté des graiuls chemins, particulièrement dans
les lieux dangereux, & où la rencontre des voleurs, cft
ordinaire. Voyei RAPAik,
RAAISIER. Vieux verbe qui fignifioit autrefois fe re-
mettre à l'aife. Perceval Burel.
RAAMBRER , ou RLAMBKER ,& RLEMBRER. Vieux
mot. v. a. Terme de Coutume. Raamhrer une ter.c,
c'eft rctraire une terre , la racheter , ou la retirer par
rttrait lignager.
Du biaufHs Dieu , du bon , du fage ,
Celui qui pour l' humain lignage
Réembre de mort & délivre. Ovide. Mf.
Ce mot vient de redimere , d'où l'on avoit fait ré-
dimrer j redemrer , rcdembrer ^ réembrcr , reambrer y
rambrer.
RAANÇON. f. f. Vieux mot. Rançon, rachat, reirait.
Redemptio. Ainfi ne pouvoit venir Meliire Jean a (a
raancon , parce que li dis héritage n'étoit pas de fon
cofte. Sentence de l'an 1 30 ç , rapportée par Pithou.
dans fon Comm.fur la Coût, de Troye, art. 14^.
Ce mot vient de redemptio y d'où l'on a fait ré'
demption , radamption , radancon , raancon , rançon.
RAARSA.Île de la mer d'Écolfe, l'une des "Wtfternes.
RAB.
RAB,^ou ARBE. Nom d'une île du golfe de Tenife, fur
la côte de la Morlaquie. Arba, Arbum. Elle elt entre
les lies de Végia & de Pago, & appartient aux Véni-
tiens. Il y z.Az\\%Rabo\x Arbe une ville Epifcopale de
même nom, fuffragante de Zara.
s^ RABACHAGE, f. m. Terme populaire qui lignifie
le défaut ou le dikours d'un homme qui revient fou-
vent & inutilement fur ce qu'il a dit. Tout ce que vous
diteS'Ià^, n'cft que du rabâchage,
§Cr RABACHER, v. n. Revenir louvent , & fans raifon
lur ce qu'on a dit. Il ne fait que rabâcher. Eamdem
cantilenam cancre.
03- RABÂCHEUR , EUSE. Qui rabâche. Tout cela ell
populaire.
RABAH. Ville des Indes , félon d'Herbelot , SiWioMf.^i/ff
Orientale
RABAIS. Lm. Diminution de prix &: de valeur. ^fJ" De
fummâ , de pretio deduclio j deceflo. On le dit de la
diminution du prix des denrées & des marchandifes.
Le rabais du prix des grains , & généralement de ce
qui manque à quelque lomme lur laquelle on avoit
compté. On lui avoit promis cent mille écus, mais
il y aura bien du rabais. Il prétend que cette fuccef-
iion vaut tant, mais il y trouvera du rabais.
fCT On appelle rabais des monnaies, la -diminution du
prix pour lequel la monnoie a cours. Fummorum ear-
tcnuatio.
03" Ce mot eft employé dans le même fens .iu figure.
A mclure que les années d'une fille (e mu'tiphent ,
fon mérite diminue, & elle eft enfin contrainte dé le
donner au rabais. BtiL. Il faut prendre cette exagéra-
tion poétique à fon jufte rabais. S. Evr. On a repro-
ché au P. Malcbranche qu'il s'enfuit de les hypothè-
fes, que Dieu a donné aux Anges , les Juifs à gouver-
ner, au rabais des miracles. Arn. S'il échappe à ma
plume quelcfue terme trop affirmatif, il faut prendre
mes expreflîons au rabais. S. EvR.
Rabais, eftaufîi un terme oppofé à enchères , lorfqu'oii
publie en Juftice quelques ouvrages* à entreprendre ,
quelques réparations à faire , ik qu'on les adjuge à ce-
lui qui les entreprend au meilleur marché ,au rabais.
l\Unuspofc^nti adjudicatio. Les réparations qui fe font
aux Eglifes, aux biens faifis, ou de mineurs, fedoiver.r
donner au rabais. Mettre, donner, adjuger, prendre
au ub&ii>
T T o K A' B
Kabais, -{éprend , en termes de négociant, pour la dif-
férence entre l'argent dû à un certain terme, de le rac-
ïTie argent payé avant ce terme. Les journaux de Leip-
lîck, 1693, Oétob. l'appellent en latin, ïntcrujunum
ou reje^menrum anncipadonis , Se en François rj/'Jf ,
mais mal, il l\iut dire rabais. Il y a dans ce Journal
une dillertation lur ce rabais,.
On dit proverbialement, qu'il y a bien du charbon
At rabais y<\nM\à on trouve qu'on s'ell mécompte dans
les-efpérances , dans les prétentions qu'on avoir lur quel-
que choie. Spe dcjici.
RABAISSEMENT. 1". m. Diminution de prix. Diminu-
tio , deprejjlo. Le rabai£emenc du blé arrive ordinaire-
ment après 1 AoLU. Il ii'ell: plus d'ufage.
Ce mot s'emploie aulfi au figuré en parlant des per-
fonnes , & fignihe .abaiirement. Detnijfio dcfpeclio.
Ils connoilfoient les mépris qu'on lait de ces choies, &
l'état de rabailjemenc où l'on met les perlonnes. Port-
Royal.
ÇC^M. de Sacy, dansl'Epitre dédicatoirede l'Imitation de
J. C. a employé le mot àt rabaijjcmenc ^om humili-
té. Tant s'en tant, dit il , que ce glorieux rabaijjemein
fou indigne du courage des perfonnes de votre naif-
Jance.. Je vous avoue , dit le P. Bouhours dans Ion en-
tretien de la langue , que ce glorieux rabaijjement ,
pour dire , humilité généreufe , ne me plaît guère. Ilne
me plaît point du tout , dit Arille , & je doute foit
que r.ihaifj'cmennt foit françoisen ce lens la. J'ai bien
ouï dire le rabaiffement des monnoies , & peut-ctrc k
rabaijjement d une peiTonne , à qui on lut perdre îa
dignité & fon rang: mais je n'ai pas ouï dire rabai[je-
ment pour humilité , ik ce glorieux n'y revient pas
trop , félon mon fens.
fer Ccglorieux rabaijjement que le P. Bouhours reprend
dans le pallage de M. de Sacy ell très-bien dit, répii
que Ménage. On trouve dans Nicod rj^a^/J^wt'^f d'é
tat; & rabaijfement de monnoie qu'il approuve, eil
très-mal dit. On dit le rabais des monnoies, & non pas
le rabdijTement ; le P. Bouhours efl: lui même demeu-
ré d'accord dans Ion livre des doutes, qu'on ne dit
point le rabaijjement des monnoies. On trouve pour
tant ce terme dans le Diél. de l'Ac. Fr. au mot Ra
BAissEMENT , pout la diminution que le Prince fait
par un édit du prix des monnoies, ou de celle qu'il
ordonne être faite dans la levée des tailles. On auroit
au moins dij remarquer que ce terme fe dit peu au-
jourd'hui, & que rabais efl prefque ftul en u(age. A
l'égard du mot rahaijje qu'on a dit autrefois dans le
même lens, il eft ablolumcnt hors d'ulage.
^j- RABAISSER, v. a. Mettre plus bas , mettre une choft
dans une lituation au-dcllous de celle où elle étoit.
Dcprimere , demittere. Ce tableau efl: trop haut , il
faut un peu le rahaiffer. Il faudtoit ra^az/J^r cette cor-
niche.
<Sfï' Il le dit aulll de la voix , & fignifie élever moins la
voix, demittere vocem. Vous parlez trop haut dans la
chambre du malade , rabai[]e-^ un peu votre voix.C'eft
ainfi qu'on s'exprime dans le DicT:. de l'Acad. Fr. Je
rclpeèle beaucoup une pareille décilion \ mais le mot
àebdijierus conviendioit il pas mieux dans ces cxcm
pies? Il ef: au moins certain que le mot de bai[fer ,
en parlant des chofcs qu'on veut placer plus bas, &
de celles dont on veut diminuer la hauteur , eft beau-
coup plus ulité que celui de rabuijjer.
§C?On dit figutément d'un homme qui retranche fadé-
penfe, ou qui modère les prétentions qu'il avoit, qu'il
a rabaijfe fon vol.
^3" Rabaisser, le dit encore pour diminuer. Remit-
tere , diminuere. Rabaiffer les tailles, le taux des den-
rée:;; rabaijfer les monnoies.
§3° On prétend dans l'Encyc. que rabaijfer dans ce fens
eft auiîl neutte. C'efl une faute. On rabaijje le taux
des vivres; mai^ on ne dit pas que les vivres rabaijjent
de prix. Bai [fer eft adlif & neutre ; abaijfer n'eft qu'ac-
tif , & je crois qu'il en eft de mcm.e de rabaijfer.
Rabaisser, dans un fens figuré, fignifie abaiffer ,
ravaler, humilier. Réprimera j, coercere yContunderc j
deprimere. L'humilitéélcve les Chrétiens devant Dieu,
tandis qu'elle les rabaijfe devant les hommes. L'çnvie
ÎIAB
ne pouvant s'élever jufqu'au mérite , pour s'égaler à
lui , tâche à le rabatjjcr. Boa. Perf «me n'a mieux
pratiqué que vous cet art pbligcant, qui fait qu'en fe
rabaijfe lans fe dégrader, & qui accorde fi hcuicule-
meiit la liberté avec le refpect. FlÉch. Les ambiacux
ne pouvant latislaire leur ambition en fefailant grands,
tâchent de conloler leur malignité enrabaijjant ceux
qui le lont. Nie. Aurez-vous plus de métite quand
vous aurez rabuiffe celui de vos rivaux; Bell. Le de-
fir que nous faitons paroître de nous relever , nous
rabaijfe aux yeux des autres. Nie. Platon rabaiJJ'oit la
vanité infenlée d'Alcibiade. Dac.
'^fJ" Rabaisser l'orgueil de quelqu'un , c'eft le répri-
mer. On dit proverbialement dans la même fignifica-
tion, rabaijfer \e caquet.
«:j- On dit 'encore entérines de Mancze , rabaiffer les
hanches d'un cheval , c'eft-à^ire , alfeoir un cheval
dilpolé à s'élever lur les jarrets, ou à marcher & tra-
vailler fur les épaules. Challez le derrière avec vos
jambes , rercnez le devant avec la main ; vous relève-
rez le devant , & vous abaiffere^ le derrière ou les han-
ches, deprimere. Si le cheval n'a pas alfez de forces
pour continuer à faire des courbettes, il fe rabaijjera.
aifément lui-même. Pluv.
Rabaisser le trarro/?. Terme dcRelieur de livres. C'eft
couper avec une pointe d'aciet le carton qui fait la
partie la plus lolide de la couverture d'un livre & le
rendre de tous côtés égal à la tranche; enlorte néan-
moins qu'il l'excède de quelques lignes.
RABAISSÉ, ÉE. part. Il a la fignification de fon verbe,
La mudeftie &C la prudence obligent de prendre urj
air rabaijJé j, quand on combat des opinions commu-
nes , ou une autorité affermie. Log. Il fignifie la ,
humble & modefte. Dctuiffus , reprejfus.
RABANER. V. a. Terme de Marine. Rabaner quelque
choie, c'eft y attacher des rabans. Funium appendi-
ces neclere.
RABANISTE. roy«^RABBINISTE.
RABANS. Terme de Marine. Ce font de petites cor-
des qui fervent à attacher les voiles les unes aux au-
tres , à les ferler , & à faire plufieurs manœuvres. Trac-
torïifuniculi, vel funium appendices. On les appelle
autrement commandes. Elles lont faites de vieux ca-
bles & filets, & les matelots en portent toujours à la
ceinture pour feivir au beloin.
(C? Les rabans de têtière amarent les voiles aux ver-
gues : les rabans de pointure fervent à attacher le coin
ou la pointe de la tête de la voile , qui s'amarre fur
les taquets de poinmie, ou à amarrer les pattes des
ris aux taquets de ris , quand on prend les ris dans les
huniers. Les rabans de terlage font des fangles fort
longues, avec lelquelles on ferre les voiles fur les ver-
gues.
RABASSIÈRE. f. f. Inftrumcnt de fer , en Languedoc ,
fervant à arracher. Ce mot pourioit peut-être venir
de lahatj ou de arraba , arracher. Borel. 1
RABASTEIN. Nom d'un bourg de l'Albigeois, en Lan- "
guedoc. Rapiflanum. Il eft fur la rivière de Tarn, à
fept ou huit lieues au-delFous d'Albi. Maty.
RABASTER, ou plutôt RABÂTER , \'s ne fe pronon-
çant pas. v. n. Je luis aire/, de l'avis de Nicot , de
Pontus, de Tyard & de Trippauld, qui le dérivent
de rabattein , dont les Grecs le lont lervis pour dire,
fe promener haut & bas , frapper Si faire du bruit.
Quoi qu'il en foit , on a appelé Rabats les Eiprits :
car c'eft ainfi que Jacques de Clufa, qui a écrit de la
façon de chalfcr les Eiprits des mailons , remarque
qu'ils lont appelés; & on les nomme encore ainll à
prélent dans les provinces d'Anjou , de Poitou , de
Saintonge & de Normandie. Et vous trouverez dans
la Bibliothèque de laint ViCfor, de Rabelais /iv. 2 ,ch.
7 , la momerie des Rabats & Lutins. Et en Normaii-
die , quand on veut appeler une femme vieille dia^ ■
blejfe , on l'appelle vieille Rabâche: ce qui me fait
ici remarquer que ro/'i?/'^ cil allemand fignifie ur.e fiile
hagarde, & qui fait beaucoup de bruit, ... Ménage ,
Dicl. Etym. au mot Rabat er.
Marot(fci. 2, p. m. ^ j .^.)s'cft f ervi de ce mot dans ui^e
cpigramme fur le retour de M'''" de Talkrd à la Cour;
Kab
O Efprlt donc, bon [croît , u mefemhle ,
j^vecijuis !oi u'ùa(ïct route nu'ui!
Noce jjijfurk cluip. 7 du 2 liv. de Rrbeluis.
Et Maître Pierre Cocluit dit dans la prcmicic reçue
du Tambour Noâurnc, r. .f , to. 5 , du Théâtre de
M. Des-Touches: le diable d'Efprit a tant nibdjleiui:
les tuiles, que j'ai cru que l'écurie me tornbcroit (ur
la tête. Rahajlered vieux, & ne feit plus.
RABAT, f. m. (CF Morceau de toile qui fait le tour du
cou , monté (ur un pone-rabut , Se qui dckcnd divilé
en deux portions oblongucs, plus ou moins basiurla
poitrine. Anciennement tous les hommes en portoient
autour du collet de leur pourpoint , tant pour l'orne-
ment que pour la propreté. Linn<cus coUi amiclus. Un
rabat di dentelles, un rabat de point , nn rabat tout
uni , un rabat empefé. Il n'y a plus que les gens d'E-
glife tS: de robe , les NLirguilliers &c quelques Offi-
ciels de Communauté qui s'en fervent. Ceux-ci le
portent très-long; les Eccléllaftiques le portent beau-
coup plus court &C plus étroit. Lorlqu'il fe rabat fim-
plement furie collet du pourpoint, fans defcendrelurla
poitrine, on l'appelle collet plutôt que rabat. C'cft
de-là qu'on appelle les jeunes eccléliaftiques petits co/-
/fw. C'eft ainfi que le portent les Pères de l'Oratoire,
ceux de S. Lazare ou de la Million , & ceux de la Doc-
irine Chrétienne.
Ménage dit que le rabat vient de rabattre, parce
que le ;j/;jr n'étoit autrefois qu'un collet dechemile
qui fe rabattoit fur les épaules.
Rabat decouleur.Texmz de teinture, eft une légère façon
de teinture qu'on donne aux étoffes^ de peu de valeur
pour les achever. Levis t'inclura. Ainli on dit,donncr un
rabat de fuie de cheminée à des couleurs brunes ;
comme aux couleurs d'olive palFées en vert, on leur
donne un rabat de fuie.
§Cr Rabat , fe dit auili en fait de teinture , dans le même
feus que bruniffure. Quand une drogue fait une cou-
leur trop haure , ou trop vive , on fe fert d'une autre
drogue pour la rabattre , pour la diminuer.
Rafat. Terme de Commerce trèsulité à Amfterdam.
C'eft un elcompte ou diminution que l'on fait lur le
prix de certaines marchandiles , lorfque l'acheteur
avance le payement de la lomnie dont il étoit con-
venu avec le vendeur.
(Rabat. Terme deCirciie. Les BlanchifTeursde cire nom-
ment de la forte un morceau de grade toile qu'on met
fur le tour ou tourillon de lagrcloire, à quelque di(-
tance , pour rabattre , ce qui s'élève de la baignoire en
tournant.
Rabat , au jeu de quilles, fignifie le coup qu'on joue
en revenant, après qu'on a poulie fa boule. Alter globi
jaclus. Il a abattu tant de quilles de venue , «^i tant
de rabat. Il y a des endroits où l'on appelle le fécond
coup rabuter ; parce qu'après avoir joué le premier
coup d'un certain but, le lieu où va fcrepofer la boule ,
fert d'un autre but pour jouer le fécond coup.
■Rabat , fe dit aulli du toit d'un jeu de paume qui re-
jette & lépercute la balle. Pilaris tecli fitus oppoji-
tus. (ÇT Etre au rabat. Tenir le rabat. On le dit de
même du coup qui vient du rabat. Jouer le rabat.
Rabat , eft auili un terme de Vanier. C'eft le dclfus de
la cage. Cœlum cavet,
IIabat, eft aulli un vieux mot françois qui fîgnifioitun
Lutin ^nn V.fpr'it qui revient la nuit, & qui fait du
bruit dans la mailon. Larva , lémures. Rabelais parle
de lamomcrie des Rabats & Lutins.
^CF En termes de chalFe , on appelle chafTe au rabat ,
celle où l'on va la nuit avec des filets , pour rabattre
fur le gibier qu'on poulFe dedans par le moyen des
chiens.
Rabat en iffue de Cour. Vieux terme de Coutume.
C'étoitun droit dû au Greffe par celui qui n'ayant pas
comparu à l'Audience , lorfnue fa caufe avoit été
appelée, comparoiiroit à l'iirue de 'l'Audience , &
avant qu'elle fût levée, pour demander que le défaut
prononcé contre lui fur rabattu ; ce qui étoit fondé
fur l'Art. XXIV de l'Ordonnance de Louis XU , de
l'an 145^8. Ce dioit qI\ aboli.
R AB
ÏTI
RABATAGE. f. m. On nomme ainfi à Bordeaux ce
qu'ailleurs, & particulièiement à Amfteidam , on ap-
pelle rabat jCc(i-3.'àni:^ une cfpèce dcfc^mpte qui
s'accorde par le vendeur a l'acheteur tn laveur du.
prompt payement. Rabatagc fignifie auffi quel-iue-
fois la même choie que tare.
RABATH. Nom d'une ancienne ville de la Mauritanie
Tingitane. Rabatha , anciennement Oppic/^/?; novum ,-
Oppïnum. Elle eft maintenant dans le i-ioyaume de
LcjC, entre la ville de ce nom & celle de Tanger, à
Zj lieues de la première, &à vingt-une de la der-
nière. Maty.
ftCT RABA-JOIE. f. m. Terme du difcours familier par
lequel on défignc quelque chofe de t.icheux qui fur-
vient pendant qu'on eft en difpofition de fe réjouir.
Pendant qu'ils étoienc à le divertir , ils apprirent une
nouvelle fàcheufe qui fut un grand rabat-jvie pour
toute la compagnie.
fCF On appelle aulli rabat-joie, un homme trifte Sc
ennemi du plaifîr des autres.
ÇJ- RABATTEMENT d'un défaut. Tetme de Palais.
/''(Tyêij Rabattre un défaut.
IfT Rabattement d'un décret. Terme de Jurifpru»
dence. Elpèce de regrès dont ule celui qui a été évin-
cé de fes biens au mayen d'une adjudication par dé-
cret. Ce rachat ou regrès eft fonde fur le droit Ro-
main. La reftitution contre les décrets n'eft pas géné-
ralement admife.
^ RABATTRE, v. a. Abattre pour la féconde fois. Il
a fallu rabattrep\\iÇv:U{s fois ce pan de muraille. En-
cyclopédie. Ce veibe, comme réduplicatif, n'eft pas
d'ufage.
ftT Rabattre. Diminuer de la valeur d'une chofe, Sc
du prix qu'on en demande. Minuere , deducere. Sur
la fomme que vous demandez , il faut rabattre ce que
vous avez reçu. Je ne vous rabattrai rien de vos ga-
ges. C'etl un prix fait,on n'en veut rien rabattre. J'ai
été obligé de rabattre un tiers du prix de ma ferme à
mes fermiers. On rabattrait beaucoup de l'eftime
qu'on a pour certains perfonnages, s'ils le montroienc
tels qu'ils font. Rabattre de fa févérité, piendre un air
moins févère. Remittere frantem , vultum rcmitterè
I de feveritate.
^Zt On dit familièrement d'un homme qui ne veut fil-
trer dans aucun des tempcramens qu'on propofe pouf
concilier les cfprits, ou pour accommoder les affaires,
que c'eft un homme qui n'en veut rien rabattre. On
dit de même d'une pei lonne qui a fait quelque chofe
qui donne heu de l'eftimer moins, qu'on en rabat
beaucoup.
ifT Rabattre, faire defcendrc , déterminer en bas. Le
Vent rabat la fumée dans mon appartement.
^fT Rabattre un coup : c'eft le détourner en le parant.
Eludere. Il rabattit le coup d'épée qu'on liii portoir.
On le dit aulli de celui qui fépare deux perfonnes qui
fe battent, en fe mettant entre deux.
fCT On le dit au figuré ce ceux qui appaifent des gens
aigris les uns contre les autres. C'eft encore rendre de
bons offices auprès d'un homme puiftant , à quelqu'un
contre qui il étoit prévenu. Leminiflre étoit fort irrité
contre lui , & on a eu bien de la peine à rabattre les
coups. -,
ffT Rabattre , dans un fens figuré, fynonyme d'a-
baifTer, ravaler. Reprimere , contundere. Rabattrel'oZ'
gueil , la fierté de quelqu'un. On dit dans le ftyle très-
familier , rabattre le caquet de quelqu'un.
Rabattre , en termes de Palais , fe dit des défauts &c
congés qu'on frit révoquer par le Juge en fe préfentanc
devant lui , Sc offrant de plaider pendant la même
audience. Vadimonium irrltum facere. Un Avocat
qui vient remontrer qu'il étoit à plaider ailleurs , fait
rabattrele défaut qu'on avoit obtenu contrelui. "■tTPac
ce moyen la caufe eft remifc au même état que fi le
Procureur ou Avocat qui a obtenu jugement par dé-
faut, faute de plaider, n'avoir rien obtenu.
Il eft parlé du rabattemejit des défauts dans quel-
ques anciennes Ordonnances de Louis XII en 1498 ,
& de François I en i ^9- Le Juge, avant que l'Au-
dience fùc levée, faifojt appeler tous ks défauts quJi
S^
î ÏZ
RAB
Avoit donnés le même jour , afin qu'ils valuirenl Se
unirent contre les d::raillans, & pour donner apointc-
lïient i \a caule par les compaicns; & torique la par-
tie qui avoit tait dctaut a i'appel de fa caule, com-
paroilloit enluite pour procéder & prendre appointe-
ment en la même AuiHence, cela s'appeloit taire ra-
battre le déhiut.
ÊABATTRt, en u-rmes de manège , Ce dit d'un cheval
qui manis-a courbettes; Se on dit qu'il les ralmt bien,
lorfqmi porte a terre les deux jambes de derrière à
à h fois, de manière que la chute de les deux pieds r.e
/allent entendre qu'un leul ton. E faltu isqualucrjc dc-
m'utere. On dit auili que le cavaher dompte èc rabat
l'impétuolite d un cheval fougueux.
Rabattre. Terme d Agriculture. C'ellrouler , adoucir ,
applanitla terre lorfqu'elle eft mouillée, & que les
avoines iont levées. Ttrram Uvigare , adtcquare. Ra-
battre les avoines. Rabattre la terre , c'eft unir celle
qui a été bilionnée.
ÇO^Ondit en termes de jardinage, rabattre un arbre;
c'cft le tailler court. Il faut rabattre les arbres qui
poutTent foiblcmcnt. Il faut de temps en temps rabat-
tre les abricotiers , fur-tout ceux qui fc dégarniirent
par le bas.
Rabattre. Terme de Tireur d'or. C'eft par le moyen
du rouet , faire palier iur larochette le trait qui ett au-
tour de la bobine. Traclus reprimere. Rabatrre du
trait. Trait rabattu.
Rabattre. Terme de clialFe. Proripere. Ce mot fe dit
d'un limier ou d un chien courant , lorfqu'il tombe
fur les voies de la béte qui va de temps, & en donne
la connoillance à celui qui le mène.
§Cr On dit encore rabattre le gibier, pour dire battre
la campagne pour le rairembler dans l'endroit où font
les chaileurs.
Rabattre. Terme de Tailleur. C'eft prendre un petit
morceau de l'étotfe, le rempiler & le coudre. Panni j
tel& margïnemjinuare.
§Cr Rabattre les plis & les coutures , chez les Tailleurs
& les Couturières , lignifie, les applatir avec le dé ou
le ter à repalfer.
Rabattre, en termes de Teinturier, fe dit pour corri-
ger une couleur trop vive. Par les Réglemens & Sta-
tuts pour les Teinturiers , il ell porté par l'article 12 ,
que les verds bruns Icront allumés & gaudés avec gau-
de ou tarrette , puis rabattus avec le veidet & le bois
d'inde :& par l'article 24, les olives & verds doux doi-
vent être montés de gaude & fuftcl , & rabbatus avec
le bois d'Inde & couperole. Les feuilles -mortes ne
font rabattues qu'avec la icule couperofe ; c'eft l'ar-
ticle 25.
^fF Rabattre. Terme de Serrurier & de quelques au-
tres ouvriers qui travaillent Iur les métaux. C'eft effacer
à petits coups les inégalités que les grands coups de
marteau ont pu lailler tur la pièce.
Rabattre. Terme de Tanneur. C'eft jeter un cuir dans
un vieux plain. Pelles ïn fcrohem deponere , deiner-
gerc. On tire le cuir de l'eau , «Se on le rabat dans un
vieux plain.
Rabattre. Terme de jeu de quilles. C'eft jeter une fé-
conde fois la boule dans le quillier , pour abattre des
quilles. Secundarium globijaclum obire. J'ai rabattu ,
6c j'ai fait cinq quilles de mon rabar.
^3° Rabattre, à la longue paume , c'eft renvoyer la
balle à la partie adverfe, le plus près de terre qu'il eft
polHble.
(fF Rabattre, v. n. fignifie quitter un chemin , &: fe
détourner tout d'un coup par un autre. Quand vous
ferez en tel endroit, vous rabattre:^ de tel côté, à
droite , à gauche.
|C? Ce verbe eft encore réciproque. On dit que des per-
drix fe (onx. rabattues dans un taillis, dans une vigne ;
pour dire, qu'elles s'y font remifes. On die aulll que
l'oileau fe rabat fur le gibier. Devolare.
IJCr On dit de même qu'une armée a dérobé fa marche,
a fait divers mouv'emens pour fe rabattre fur une place ,
c'eft-à-dire, qu'elle a quitté tour d'un coup la route
qu'elle tenoit pour fc porter au ticgc de cette place.
^ÎT On s'en fert encore quand , après avoir parlé de quel-
RAB
que matière , on en entame une autre. Après avoir parlé
des nouvelles courantes, il le rj^afrir Iur la politique.
On dit proverbi.ilenienr, j'en rabats quinze , peut
diic , j'ai perdu beaucoup de l'tftime que j'avuispour
lui. On dit aulii, j'en rabats la moitié. Je lui ai bien
rabattu fon caquet, pour dire, je 1 ai humilié , je lai
obligé à te taire. On dit aulli à ceux qui ont un habit
ncur, qu'il leur faut rabattre les coutures, quand on
les frappe légèrement, par allufion à ce qu'on dit des
Tailleurs, qu ils rabattent les coutures, quand ils le?
coulent une leconde fois.
RABATTU' , UE. part. Il a la fignification de fon verbe.
On appelle épée rabattue , une épée qui n'a ni pointe
ni tranchant; &:, dames rabattues j une lorte de jeu
qu on joue Iur le tablier d'un tridtrac. Jouer aux dames
rabattues. Acad. Fr.
Ondit proverbialement, tomccmpté,xouv rabattu;
c'eft à-dire , toutayant été bien calculé &: compenfé.
Circumjpecl'is j velfubduclis omnibus rationibus.
RABBA , RABBATH. C'étoit anciennement la ville ca-
citalc des iKx\\vcnjnir.ts. Rabba y Kabbath , Animana ,
AJîarte. Elle etoit lituée au pied des montagnes de Ga-
laad , tur le Torrent de Jaboé , &: dans la Tribu de
G;d. Cette ville tut prife par David qui la ruina. Fto-
lomée Ihiladelphe la rebâtit, & lui donna le nom de
P hdadelphïe j qui fe communiqua à tout ton terri-
toire. Maty.
RACBANISTE. Voye-!^ Rabbiniste.
RABBI. Voye-^ Rabin. C'eft la même chofe pour la fi-
gnification, mais il y a quelque dift^rcnce pour l'u-
lage. i" Quand on emploie ce mot ablttlum^nt , Sc
fans le joindre à des noms propres, il tant dire l' at-lïriy
ôc non pas Rabbi. Ce Rabbin vivoit au Xii^ lièclc. Il
ne tant point attribuer aux anciens Habbins tous les
fentimens des nouveaux. 1° Quand on met ce mot de-
vant le nom propre d'un Docteur Juif, il faut dire
Rabbi , ôc non pas Rabbin. Rabbi Salomon Jaihhi ,
&C bien d'autres Juifs , font de même ler.timent. P,
SovciET. DiJJ'ert. ;;^<f. i?iii^ii Salomon Jaihhi (u de
Luncl. Id. 5°. Si cependant on mettoit un article de-
vant ce mot , il taudroit dire Rabbin & non pas Fab~
hi. Le Rabbin Abcnczra eft auteur de cette interpré-
tation , & non pas le iÎj/^/'i Abenezra. C'eft l'explica-
tion du Rabbin Lévi Ben Gerton. 4°. J'ai dit un arri-
cle, & non une prépotition. Car avec les prépofitions.
fans article il faut dire Rabbi , ôc quand il y a un ar-
ticle , Rabbin. Je vous renvoie à Rabbi Elias Lévita ,
& je vous renvoie au Rabbin Ehas Lévita. Je tiens
cela de Rabbi David Kimmhhi, ou je tiens cela da
Rabbin David Kinihhi. 5°. Rabbi n'a pointde pluriel,
& Rabbin en a. Ainfi il faut dire, les Rabbins , &
non pas , les Raébisj ont toiivent de plailantes imagi-
natii)ns. Les Rabbins Jchuda Chijug, & Jéhuda Ben
Chabin, font les auteurs de deux anciennes Gram-
maires Hébra'fques. Si l'on vouloir due Rabbi , il fau-
droit le répéter à chacun. i?t;/^>''; Jchuda Chijug, &
R<.ahbi Jéhuda Ben Chabin, font les auteurs, iSc.
§3" On dit encore Rabbi en féconde perfonne. Que di-
tes-vous , i^aZ'/'-i j de cette interprétation?
RABBIN, f. m. Dodeur de la loi Jud.i'ique. Rabhïnus i
feu Dûclor Legis antiquit. Les Rabbins occupent les
premières places dans les tynagogues , & c'eft à eux à
prononcer fur les matières de la Religion, & fouvenc
même fur les affaires civiles. Ils ont le pouvoir d'ex-
communier les détobéiffans. Les Rabbins ont écrit
plufieurs traditions fuperflitieufes , qu'ils obfcrvenE
aulli fcrupulcufementque la Loi deMoytc. Les Com-
mentateurs de la Bible ne laiftent pas de profiter beau-
coup de la leûure des Rabbins. Ce mctne fignifieau-
tre chofe que Maître, &:Jes Juifs difoicnt, en déri-
fion, à Notre Seigneur au temps de fa Paillon , Ave ,,
Rabbi. La femme du Rabbin s'appelle Rabbine.
On appelle aulfi figurémeiit un Rabbin , un vieux
P abbin yunhomme qui a beaucoup lu, beaucoup étu-
dié les livres des Juifs, les ouvrages des Rabbins.
RABBINAGE. f m. Il n'cft d ufage que pour fignifiet
l'étude qu'on fait des Livres des Rabbins. Cet homme
palFe fa vie dans le rabbinage. Il ne te dit que parmé-^
pris.
RABBINIQUE-
RAB
RABBlNIQUr.. .iJj. de t. g. Quieft des Rabbins , p.ir-
tjciilici' aux Rabbins. Riibhinicus. Le caradtcrc nih.'-t-
niqu^ cil: dit-FJrcnc de 1 h.-braïqiic ordinaire. Ce n\li:
là qu'uiic inccrprétacion rabbuiiquc. Vilion > rôtiic
r^ihbïinquc.
RABBINISME. f. m. La doûrine des Rabbins. Rahb't-
nij'mus. Il entend bien le rabbinïfmc. André Scnncit.i
intitule Rdbbanifinc , une Grammaire rabbinique qu'il
a fixité, llahbinifmus ,h. e. Pr^cepca Turgumico-Tal-
niudico-Riibhinic.l.
RAbBiNlSTlI. C. ni. Qui fuit la doctrine des Rabbins ,
ou qui étudie leurs livres. RLibbinijLi , vcl doclrum
Rabbïnorum jdidcor. Le P. Simon croie & loutient
qu'il faut dire rabbuiijii; &: que (i nibbinifid fe trouve
dans la prciliicre édition de (on Livre des Coutumes
desJuiKs, cela vient de ce que (on Corredeur s'étoir
imaginé que rabbir.ijh étoit plus doux ofizrabbamflc.
En erfer ii faut prononceï rabbanijle , non parce que
vabbinijlc ell plus doux que ratbanifle , mais parce
que ce mot vient de Ihébreu rabhanïm qui elT: un
nom de (ccle , & que les Juifs s'en (ervent lorlqu'il
s'agit d'oppolér leurs Docteurs à ceux des Juils Ca-
raïtcs. Vove^ Buxtorf dans Ion Uidionnaire Chal-
daïque , Talmudique, Rabbinique (ur le mor rabha-
nïm. R.:bbani/}f iîgnihe donc un Codeur Juif qui dé-
fend les traditions de (espères, &: non pas un (impie
Rabbin ou Dotleur. Car les Juifs Caraïtes , qui (ont
contraires aux traditions, ont leurs Rabbins ou Doc
tcurs, aulli bien que les autres Juits. Les perfonnes la-
vantes qui ont écrit en latin (ur cette matière, (b font
fervies du mot rabban'uâ. ou rabhaiiiJÏ!Z ; c'efl pour-
quoi il fiut dire en françois rahbanijles ■, quoKjue les
Auteurs du Journal de Trévoux ayent dit rahhinïflcs
dans l'extrait qu'ils ont donné du livre de M. Schu-
parc, couchant la (ecte des Cara'ites. M. Schupart ne
s'ell point (ervi d'autre mot que de celui Ac.rj.hba
nïjléi. Peut-être feroic-il mieux de dire en latin rabha-
nitA. C'ell-là le fenriment du Père Simon : d'autres
croiront & foutiendront que, comme on dit en fran-
çois Rahhin , rabbinique & rahhinifme j il tant dire
aulîi rahbirïifle. Et l'uiage paroît plus ^omrahbir.iJJe ,
que pour rahbanijic, en notre langue. Le P. Nau Jé-
(uite , dit Ratbinie;i Si Carraïn_, dans (on Voyage de
la Terre-Sainte. Les rabbinifles (ont proprement ceux
qui ont fucoédé aux anciens Phanliens, dont ils (ui
venc "es traditions. Op diftingue les rahbanijles desca^
r.a'i'tes , en ce que ceux-ci (uiveiu exadlement l'Ecri-
ture; mais ils font fort haïs des Juifs qui les regardent
comme des Hérétiques. Simon y^/r Léon de Modène.
RABBOTH. f. m. Nom que les Juifs donnent à d'an-
ciens Commentaires (ur le Pcntateuque, & (ur quel
ques autres livres de la Bible. Ce (ont des recueils des
explications allégoriques des Doéleurs des Juifs. Rab-
both (îgnifie excellent. Ces Commentaires (ont d'une
grande autorité chez eux.
RABBOT. Ville de la Paleftine dans la Tribu d'illlrchar.
Il en ell: fait mention dans Jolué, & elle e(i nommée
Rabbirh dans Ihébrcu.
RABDCÏDE. adj. Terme d'Anatomie. C'ed: un nom
qu'on donne à la Iccondc vraie (uture du crâne, qu'on
apppclle autrement y^.'fji«£:/e.
Ce mut eft grec , f<iC-f«s, & (îgnifie proprement
qui a la figure d'une verge.
RABDOL(^GIE. f. f. Partie de l'Arithmétique qui en-
feigne à en faire facilement les deuxopérarionsles plus
compliquées, la nniltiplicarion & la divillon, par les
deux plus (impies qui (ont l'addition & la fouftrattion,
&r cela par le moyen de petites languettes ou verges
féparécs , timbrées des nombres lîmples, qu'on change
fitivanc l'occafion. Rkabdologia. Cette invention eft
de Néper, Baron de MerchifLon,Ecoirois, qui a aulîi
trouvé !a belle invention des logarithmes.
RABD"MaNCE , RHABDOMANCE & RABDO-
MANCÏE. f. f. Divination qui fe fait parle moyen de
baguette;. Rhahdomancia. S. Jérôme fait mention de
cette efpccede divination dans fon Commentaire fur
Ofée , ch. IV , V. /2 , où le Prophète dit au nom de
Dieu : mon peuple a interrogé du bois , & (on bâton
lui a prédit l'avenir. Ce Père prétend que c'eft la di-
Tome VU.
RAB iT^
vination que les Grecs appellent rahdomancic. Il la
trouve encore dans Ezéchiel , XXI, zi, 22, où ce
Prophète dit; le Roi de Babylone s'tft arrêté à l'en-
droit où le chemin (c (éparc en deux. Il a gravé fur
Atis Hèches.il a interroge lés idoles, lia conlidéré le
foie des victimes. Si c'eft la même forte de divination
dans ces deux endroits , rhabdoniancc étoit la même
fuperftirion que la bélomance , & en effet plulieurs
les confondent. Les Septante, eux-mêmes, ont tra-
duit le Diun d'Ezéchiel par p'aCJ'.ï, une \cr>^e quoi-
qu'il lignifie des Hèches. Ce qui eft certain .^c'eftque
dans Olce &i dans Ezéchiel, les inftuiniens de divina-
tion dont on parle (ont difîérens : dans ()(ée , c'eft
li'y, er/ôj T7;?a, m.iklo , (on bois, fon bâton ;
dans Ezéchiel , Diïri , hhitjlm _, des Hèches. Mais
peut être fe (crvoic-on indiliétcniment de baguettes
ou de Hèches ; les guctiicrs, de Hèches , tk les autres
de bagucrtes. Du lefte , voyez ce que nous avons dit
au mot BÉLOMANCE , Tom. I. Il paroit par les loix des
Enlons que les peuples d'Allemagne ont pratiqué la
rahdomance. Les Scythes en ayoient aulii l'ufage ; &C
Hérodote rapporte, /,. IV , que les femmes des Alains ,
chcrchoient ik ramairoient des baguettes bien droi-
tes, & s'en fervoient à la même fnperftition.
(t3° On peut rapporter à cette elpècc de divination la
baguette divinatoire quia fait tant de bruit le liècle
dernier, qui tourne & (e tort entre les mains , dès
qu'on paHe fur la chofc qu'on veut découvrir. Voye-^
le traité de l'Abbé de Vallcmont fur cette matière ,
& le traité de la Religion de iM. l'Abbé de la Chambre.
Ce mot vient de p'aCiot, verge ^ de |ua.iTfia , divina-
tion, de ^a»T/!, devin.
îp- RABDOPHORE. Tenue d'antiquité. C'eft le nom
qu'on donnoit en Grèce à certains Ofiiciers établis
dans les jeux publics pour y maintenir le bon ordre.
RABE. Voyei Râble. C'eft aind qu'il faut dire. Dionis
dit & écrit râbe; mais mal.
RABE. (. f. Vieux mot. Rave. Rapum. Lesplegney ,
cité par Bcrel.
Mais le nom ne fer t d'une rabe.
RABES de morue. Ce font les œufs de la morue que l'on
(aie, & qu'on met en barique. Ce terme n'eft en ula-
qu'à la Rochelle; ailleurs on dit des raves.
RABETIR. V. a. Terme populaire qui fignifie rendre bête.
Vecordem & Jlupidum efficere , reddere. Lé vin , la dé-
bauche, les alîliclions rahètiji'ent les homm.es.
fK? RABETl, lE. par%
%T RABETTE. (. f. Efpèce de choux, dont la graine
donne par exprelîion une huile qui e(l de quelque
ulage dans la pharmacie &: dans la dr.aperie. Graine ,
huile de Piabette.
RABIH. 1. m. Sorte de fruit qui fe trouve dans le royau-
me de Fez. Il rellcmblc aux cérifcs j iSc a le goiir da
jujubes. Rabihnum.
RABINE. (. f. Dans la nouvelle Coutume de Bretagne,
art. 2 s s ) eft une elpèce de bois qu'on n'a point cou-
tume d'émonder. De Lauriere.
RABIS. adi. pi. m. Vieux mot. Loups rabis ^ loups ra-
vidans. Note fur Marot.
RABLE. (. m. Partie de l'animal qui eft vers les reins,
entre le train de devant & celui de derrière. Lumbus ^
dorfum. Il ne (e dit guère que des lièvres & des lapins
dont on (ert le râble , comme la partie la plus délicate.
On le dit par plailanteiie , des hommes forts &■ ro-
bultes, capables de porter de grands flirdeaux; & quel-
quefois on le dit des gens vigoureux en amour. Ro-
huQus y validus. Cet homme a les épaules larges & le
râble épais. Les Médecins appellent râble la troilième
divifion de l'épine, qui eft compofée de cinq vertè-
bres qui (onr entre celles du dos &: celles de l'os facré.
§C? Rable, ou Rouable, terme d'Agriculture. Efpèce
de râteau (ans dents,qui fert à égalifer un terrain nou-
vellement remué, & à d'autres ufages dans les arts.
R/BLE, eft aulîi un outil qui fert aux Plombiers Si fac-
teurs d'orgues , à jcct*fr le plomb 8c l'étain pour 1 éten-
dre en lames déliées. Rutabulum plumbarium. C'eft
une pièce de bois qui a des deux côtés deux icbords ,
IT4 RAB
joints en cquerre , & qui coule le long d'une table
incliiK'c. On y veife le plomb tondu, ik leluii quon
la poulie plus ou moins vice , les lames font plus min-
ces ou plus épailles. Quclqucs-uus 1 appellent rj/'Of.
RABLE , elt aulH un terme de Boulanger. C'ell un inlt' u-
raenc qui ell à manche de bois , au bout duquel il y
a un fer recourbé en manièie de croire , & qui 1ère a
remuer les tiloiis, &. a manier la braile dans le f^ur.
Conçus jurnurius. On dit rouable eu queLjues I ro-
vinces.
iÇ3' En Chimie on appelle râhle, une barre de fer, en
crochet, dont on le ferc pour remuer les kibftances que
l'on calcine.
Râble, mnjjOU rabot fe dicaulTi de l'inftrument avec le-
quel on fait le mortier. On dit communcnient rabot.
Râble , fur les rivières, le dit des pièces de bois qui tra-
verlcnt le fond des bateaux, qui font rangées comme
des fjlives, fur lelquelles on attache les (emcllcs ,
planches ou bordages du fond. Navales c jls.. Dans
les bitimens de mer on les appelle varangues.
RÀBLU, UE. adj. Qui -i le rable épais; qui eft bien
fourni du r.ible. Un lièvre bien ràblu. il te dit pai
plaifanteiie d'un homme fort «S.: robulfe: c'cft un groi
garçon bien ràblu.
RABLURE. f. f. ou Jarlot. f. m. Terme de Marine.
L'entaille que fait le Charpentier fur la quille, poUi
emboîter les gabords. Incifura. On en tait aulîi a
l'étrave Si à 1 ét.imbord pour placer les bouts des boi
A.iifii Se des ceintes.
RAB'JBELINER. v. a. Rapetairer. Il eft bas & n'a guère
d'uTige qu'à 1 infinitif, ou aux temps tormés du par
ticipe. Il a rabobdiné tout cela. Vuilà qui eft étrange
menr rabobehné. Il le trouve dans Cotgrave.
RAB )NIR. V. a. Rendre meilleur. Il n'a d ulage qu'en
parl.iiit de certaines ch;.iks qui n'étant gpère bonnes
d'elles mêmes, eu qui ayant été gâtées, deviennent
cnfuire meilleures. Les bonnes caves ralonï£'ent le
vin. Il eft populaire.
RABOT, f. m. Outil de Menuificr,qui fert à corroyer
le b lis , & à le rendre uni. Runcini. Il eft fait d'une
pièce de bois, fort polie par delîous, qui lui 1ère de
fût, au milieu àt laquelle il y a une lumière par où
palFe un ter, ou cifeau incliné fort tranchant, qui en-
levé les inégalités du bois fur lequel on le tait cou-
ler. Il a plufieurs noms fuivant la grandeur, la varlope ,
le puUlaume ile r'iflart , le bouvet ^ Sec. qui différent
feulement par leur longueur , ou par la taille de leurs
fers. Les Charpentiers ont de gros rabots qu'ils appel-
lent galères. Il y a aulll des rabots de ter pour les ou-
vriers qui travaillent lur le métal, & pour la marque-
terie.
Rabot . félon Ménage, vient de rabutuitt ^ qu'on a
dit pour radutum , qui vient de rado.
Rabot, eft aulli un outil fnit d une longue perche , avec
une petite planche ronde ou carrée attachée au bout.
Rucabulum ,rutrum. Il Icrt aux Boueurs, pour pouller
à l'écart les boues, aux manœuvres pour éteindre de la
chaux, tk faire du mortier, aux Vinaigriers pour re-
muer leurs lies , aux Pêcheurs pour troubler l'eau , ik
à d'autres utages femblables. Les Fondeurs en ont aulli
de fer , qui leur fervent d'écumoire , quand leur mé-
tal eft fondu.
Rabot , eft encore un outil de Jardinage. C'eft une ef-
pc:e de douve ronde par dehors, & place par le bas.
Rutabulum. On y attache vers le milieu, unman;hej
&C on s'en fert pour raboter les allées , c'eft-a-dne ,
pour les unir , & les ratïetmir après que la charrue , ou
le râteau y ont pallé.
On appelle aulli rabot , un outil qui lert aux Plom
biers , aux Faileurs d'orgues, pour jeter du plomb en
lames déliées. Rutabulum. \\ eft tait de trois pièces de
biis qu'on applique avec juft-jlfe lur une table incli-
née, lur laquelle elles font un? efpèce de rebord par
en bas & aux deux côtés j qui forment une cajacicé
dans !a.]uelle on vcrfc du plomb fondu-, & on fait cou
1er le r.j'^ot lur cctrc table, plus ou m<jins vite, félon
l'épaiireur qu'on veut donnera la lame.
Le diamant h r^bot eft un inftiumcnt dont fe fer-
veur les Miroitiers pour équairir leurs glaces, & \<i%
RAB
Vitriers peur ccupcr les verres épais , comme celui
quoii nomme v^^rre de Lorraine. On 1 appelle c/ia-
mcjit , parce que véritablement la principale pièce
coniilte en une pointe de diamant fi.i.
On du hi,nréinent iSi familièieinent donner un coup
de rabot à un ouvrage, pour dire, le polir, enôtcr les
impertecl:ions, le icpaller , le revoir. Cfus runcinâ
radere.
Reprenei cent fois le rabot & la lime. Boit.
On a dit d un Auteur dont les vers croient fon
durs, <^ tort rudes :
N'exige^ pas de lui qu'il poHJfe /es rimes ^
Il ebièt-keroit trop de rabots & de limes.
RABOT , eft aulli une efpèce de pavé fait de pierre
dure, i^'t.rdiiiaiierncnc de liais, dont on pave les Egli-
tes, les jeux de paume, <it autres htux publics, dune ,
paile 5avot en Ion Architecture. C eft une foire de
liais ru ftK;ue, dont on le leitpour paver certains lieux,
& peur faire les bo»du;es des chauflees de pavé de
giais. Les Latins les nommjient tudus novum , quand
il étoitneuf , <S: rudus rcdivivum, quand il étoit ma-
nié a bout, & qu'on le taiL it relérvir. Daviler.
RABUTER. V. a. Polir, unir avec le rabot. Polire,per-
poLre, Uvigare. On rabote non-feulement lebois , mais
mcme quelques métaux, comme le plomb, l'étaindt
le cuivre.
Raboter , fe dit aulFi au figure , (CT dans le ftyle fa-
milier, des ouvrages d'cli^iit, dan? lef^uelsil y a beau-
coup à retr.anchcr. Il y a bien a. raboter a cet ouvrage.
yCF On le dit de m.'me d'un jeune Inmme qui n'cft pas
encore fa(,or.né pour le monde. Il y a encoie bien à
raboter à ce jeune hrmme.
j-<- Régnier a dit en allez mauvais ftyle:
Plus je me lime , & plus je me rabote
Je croi quavecque moi tout le monde radote.
Régnier.
Pour dire, plus je me confidere &plus je m'exa-»
mine , je penfe que tous les hommes font fous comme
moi.
Raboter. Terme de Vinaigrier. C'eft, remuer la lie
avec le rabot. jKa/-o/tT la lie. Fœcem moveie.
Raboter. Terme de Maçon. C'eft, remuer & détrem-
per le mortier avec le rabot. Raboter le mortier, Ruta-
bulo arenatum diluere.
Baeotïr. Terme de Jardinier. C'eft, unir la terre avec
le rabot. Rutro aduiquarc. P..abotcr une allée.
fJ3° RABOTEUR, f. m. Compagnon de chantier, qui
poulie les moulures fur les bois appareils , comme
les huillciies de portes, les noyaux, limons, fabots ,
marches d'clcalier. Daviler.
RABOTEUX, EUSE. adj. Qui neft pas poli , ni uni ,
qui a des ïni^oWiis. Scabrvfus , Jcaber. Le bcis qui a
beaucGup de nœuds, eft raboteux , difficile à unir.
On le dit auili deschemins, des paysqui ont dtsh.iuts
& bas, qui ont de grandes inégalités. Le Maine eft un
pays ru.'ctjiiX. Les chemins des montagne:; loiit ordi-
nairement raboteux. On ponlfcit les chariots hors des
chcniins, par des lieux gliftans & raboteux.
Raeoteux, au figuré, lignifie, rude, grollier , malpoli.
Indigeflus , rudts. La fciencc elt bien raloteufe dans
les écrit-) des pédans. Gcn. Limez un peu plus voire
ftyle i il eft trop raboteux. Ablanc.
Sophocle enfin donnant l'effbr à fon génie y
Des vers trop raboteux polU l' exprejjion. Bon.
ÇCT Raboteux, fe dit de même d'un mot rude à pro-
noncer , d.-fagréableà l'oreille, jufqu'à ce aue (lî:nn
mot raboteux. En poclie on ne doit jamais fe leivirde
mots r-bûtcux. Volt.
{'3° RABOTÎER. f. m. Tenne d'ancien monncvage,
dans le temps qu'on inonnoyoit au marteau. A'cnja
Jl''iata. f^n appeloit ainli une table cannelée deiavons
ou de filions , dans lelquels les Munnoyeuti arraa-
llAC
gcoicnc les carreaux l'un cotitie l'aiure , qu'ils pinçoicnc
par le milieu de leur plat avec de grandes tenail'cs
fort légères , qu'ils nommoient cjlanpues , puis les
couclioicnt i'ur l'enclunie , & en les tournant , hap-
poient avec le rcchaudoir (ur leurs pointes &. carnes ,
qu'.ls arrondi (Foient en cinq ou (ix tours.
RABOÏIH. Vieux'mot. v.a. VoWi: BoRiiL.Po/ire , per~
polire. Ou dit aujourd'hui , nthocer.
RABOUGRIR, v. a. Terme de Forelticr , qui fe dit des
bois qui ne font pas de belle venue, qui ,lont étctés ,
cbranchés , &; qui ne prolîtcnt pas bien , qui ont le
tronc court , noueux & raboteux, lictorrcrc. L (ordon-
nance défend de deshonorer les aibres, de les c-tcter,
parce que cela les rabougrit. (CF 11 tflplus ordinaire-
ment neutre. Les grandes gelées font rahougrïrXi jeune
bois.
ifT II efl: aulll réciproque. Les arbres fe rjbougnjjent
quand les racines ont attrapé le tut.
ICr Le plus grand ufage de ce mot cil au participe. On
le dit généralement des arbres & des plar.tes que la
mauvaife qualité de la terre, les mauvais vents, les
gtandes chaleurs , &c. empêchent de profiter. C'elt ,
dit la Quintinie , iin terme bas tk grollier dont on elf
obligé de le Icrvir.
RABOUGRI , lE. part. Rccortus , exjtccatus , retorri-
dus. Un arbre rabougri demeure nain & mal fait , &
comme rentré en foi-même. Ce mot a autrefois caulé
un procès mémorable à M. Naudé, qui avoir appelé
ainiî un Moine. HiJL de l'Acad. de Paris. Borel.
§3° C'elt l'mvention d'un certain Moine crotté , rabou-
gri , ratatiné. Alors ce mot cft: pris au figuré , & ligni-
fie un homme de petite taille & de mauvaife conlor-
mation.
RABOUILLIÈRE , ou RABOUILLÈRE. Quelques-uns
diicin rahouil/ers au malculin. Terme de chalTe. C'elt
. le trou où les lapins font leurs petits, dans le lieu le
- plus caché , pour empêcher que les gros lapins ne les
mangent. Cubde parientis cuniculi. L'Ordonnance dé-
fend de ruiner les rabouiUiires des garènes. Si tôt que-
leurs enfans (ont nés, ils les cachent dans des rabouil-
iVeres , comme les lapins font leurs petits. Ablanc.
En quelques lieux on les appelle halocs j & catte-
, rolles.
RABOUTIR. V. a. Ce mot n'a guère d'ufage qu'en par-
lant de quelques morceaux d'.étotïe qu'on met bout à
bout l'un de l'autre. Raboutir deux morceaux de ve-
lours. Il elt popuUire. Acad. Fr.
|CT R ABOUTI, lE. part.
RABROUER, v. a. Traiter les perfonnes incivilement iJc
rudement , quand elles demandent ou propofent quel
que choie i les rebuter avec rudelfe é\: avec mépris.
Aj'perius & durius repellere. Un Juge ne di_-it jamais
rabrouer \e.s parties qui le follicitent. Les pédans,les
gens ruftiques lont fujets à rabroiier le monde. Si l'on
Vous liiile , rabroue'^ vos auditeurs. Ablanc.
ftT Ce mot n'elt que du ftyle de converfation. Quel-
ques-uns le font venir du latin reprobare ^ improuver,
reieter.
R.ABiiOUÉ,ÉE. part.
RAiiROUEUR , EUSE. Qui rabroue, qui répond aux
- gens avec rudelle & incivilité. On ne le dit point.
R.ABUTINADE. f. f. Querelle dePabutin, poiu' ne pas
dire d'Allemand. J'étois tout prêt à vous faire une z-^-
hucinade , ma chère couiîne , (ur ce que je ne recevois
pas la réponle que vous deviez à ma lettre du mois de
Janvier. Le Comte de Bujfy à Madame de Sevigné.
-RABUTINAGE. f. m. Famiflc des Rabutins. Il y a des
temps dans la ^ie bien difnciles à palfer : mais vous
avez du courage au-delfus des autres; & comme dit
le proverbe , Dieu nous donne la tobe félon le froid.
Pour moi je ne fai comme vous m'avouez dans votre
rabutinage. Je luis une petite poule mouillée. Ma-
dame de Sevigné , à fon coufin j le Comte de BuJfy ,
T. II, p. I S.
R A C.
JIACA. Mot Syriaque qui fe trouve en S. Matthieu ck.
V , V. 22 i &c que quelques-uns de nos interprètes
confervent dans leurs veillons Fiançoifes, comme S.Jé-
Tome FIL
R A C I T 5«
rômc l'a gardé dans fa vetfion latine. Et quiconque
dira à ion hère raca , Icra condamné par le Conleil.
P. Amelote. Celui qui dirai (on hcie raca , méri-
tera d'être condamné par le C(jnleil. Port-R. Celui
qui dira raca a (on hère , méritera d'être puni parle
Conleil. Simon. L'interprète Grec de S. Klatthieu a
conlcrvé ce mot Syiiaque, qui étoit dans l'origiiwl ,
parce que c'elt un mot fort ufité chez les Juifs. 1d.
Avant nos interprètes cités ci-dcflus, Lutiier, ceux de
Genève & ceux de Louvaih , la vcrfion Angloife ,
avoieiitaulli retenu raca. Le P. Bouhours a mieux aimé
en exprimer le (cns, év: il a dit : (x'iui qui dira a ("ou
hère : homme de peu de J'c/is , méiitera d'être con-
damné par le Tribunal du ConCeil. Mais homme de
peu de fens , dit-il, allez. Tous les traduèleurs qu'on
vient de citer, écrivent racha , excepté M. Simon qui
dit raca. Il a raifon ; tous les exemplaires de l'écri-
tures ont en latin raca, & en grec paxa, deux ou
trois, avec Hélychius , ont panxi', qui tlt la même
choie. Il n'y a que l'exemplaire de Bèze qui eft aujour-
d hui à Cambridge, & S. Irenée, qui écrivent f-ys.
Mais il cit clair que c'efl une faute de copifte , & que
ces deux autorités ne doivent point 1 emporter lur tant
d'autres. D'ailleurs l'origine de ce mot , montre qu'il
tant écrire raca.
En effet , il vient de tX\i'^ , en (yriaquc, raca, de
l'hébreu pT rt/tj qui au propre (igniiie vide, dans
lequel il n'y a rien: & quant au figuré , on le dit des
hommes; un cerveau vide, une tête vide, c'eft à di-
re, un homme vain , un imbécille , un lot : i\: c'elt dans
cette lignification quil cit pris en S. Matthieu.
IJCTRACAGE.f. m. Terme de Marine. Allcmblage de
petites boules enfilées fur un petit cordage , que l'on
appelle bâtards & recouvertes de pièces de bois que
l'on appelle ^à-'ofj. Le racjçt' le metaut.mrdu mat vers .
le milieu de la vergue, pour en rendre le mouvement
plus lacile, Ik les faite accoler l'un à l'.uure , ou les
taire amener plus pnoïu'^tevae.nx.. Scandularïi globuli.
On les appelle aulli racques & racquemens. On ap-
pelle ce chapelet la trojj'e.
RACAILLE, f f. Terme de mépris, qui fe dit de la lie,
du rebut du peuple , de ce qu'il y a de plus méprila-
ble dans la populace. Quifquïli« , fl(x populi , fardes
urbis. Les féditions ne le font que par la racaille , par
les gen>. de la lie du peuple. Il le mit à leur repréien-
ter combien de foisPhilotas les avoit ch;illés de leurs
logemenspoury mettre cette racai//tf d'elclives. 'Vaug.
Racaille, (e dit au figuré, de toutes les choies de rebut.
On a pris ce qu'il y avoit de bon, on ne m'a lailla
que la racaille. On a tiré les plus beaux tableaux, les
pièces les plus curieules de ce cabinet, il n'y a plus
que de la racaille. Il n'eftplus du Ity le familier au pro-
pre & au figuré. Dans l'une tk l'autre acception il elt
du ityle familier.
Ce mot vient de race , comnx; canaille de canis.
Ménage; & race vient de radix. Borel. D'autres le
dérivent de racaill , qui", en 4angage celtique ou bas-
breton, lignifie la même choie.
RACAMI5EAU. f. m. Terme de Marine. Grand anneau
de fer tort menu , qui (ertà allujcttir au mât la ver-
gue d'une chaloupe. Annulas major ferreus antenna-
iis. Le racambeau lert de racage.
RACANELLO. Petite rivière de la Calabre citérieure.
iJact2«e//i?janciennement Cyliflarnus. Elle baigne Caf-
fano , & le décharge dans le golfe de Tarente Maty,-
RACCOLT. adj. m. Ce mot e(l vieux. En termes de
Manège, on appeloit un pas de racolt , un pas d'é-
cole réglé & (outenu. La Broue dans (on traité de
l'arr du Manège, & quelques autres anciens Ecuyers ,
fe font (ervis de ce terme qui vient du raccolco des Ita-
liens , qui fignifie la même chofe ; mais aujourd'hui
ce mot eft banni du Manège.
RACCOMMODAGE, f. ni. Travail ou filaire de ce-
lui qui racommode. Refenio , refiauratio. Il a été
trois jours à travaillerau raccommodage de cette tapil-
ferie , il demande tant pour fon raccommodage. Re~
concinnatoris , refecloris merces.
RACCOMMODEMENT, f. m. Renouvclement d'ami-
tié , réconciliation entre des peifonnes qui étaient
i'ij
ii6
RAC
brouillées. ReconcUiano. Ces gens mariés ont tous les
jours des brouilleiics , &il faut taire lans celle des rtz-
commodcmens.
RACCOMMODER, v.a. Refaire, remettre une choie en
bon ordre , en bon état. Rsficere , reconcinnarc. Il lauc
raccommoder ce mur, ce pignon, le refaire tout à
neuf. Portez cet habit chez le lailleur, il y a quelque
choie à raccommoder,
ffj" On le dit non-feulement pour remettre en bon état,
comme quand on dit raccommoder, un carolle , une
montre , un habit , &c. mais encore pour dire , remet-
tre dans une litu.uion convenable une chofe dérangée.
Une femme raccommode Ces cheveux en délordre. Un
Abbé raccommode ion rabar chitonné. On raccom-
mode une perruque qui elf de travers , un manteau
qui efl: de côté.
Raccommoder, fe ditauili en parlant des ouvrages d'ef-
prit , & lignifie , réformer ce qu'il peut y avoir de
mauvais. Voilà une période -qu'il faut raccommoder.
AcAD. Fr.
1^ On le dit de même des affaires. Il a gâté l'affaire qui
étoit en bon train, & je ne fai comment on la pourra
raccommoder.
^CJ" Il ell quelquefois fynonyme de téparer. Quand on
a fait une lotlile, il faut chercher à la raccommoder.
On raccommoda un propos indifcretement tenu.
fCF En Marine , an le fert de ce terme pour les agrès
d'un vailll-au , comme de celui de radouber pour le
corps du vaideau.
^3" Ce mot s'emploie encore dans un lens figuré , pour
dire, reconcilier des perlonnes qui s'écoient brouillées
après avoir été en bonne in telligence ; rét.ablir la bonne
intelligence entre des perlonnes diviléês. Reconciliare.
Ces amis étoient brouillés, mais on les a raccommo-
dés. Les fîls fe pourront raccommoder zw ce leur père,
& toi tu demeureras dans la naire. Mol. Les amans le
brouillent fouvent, mais il ne faut perlonne pour les
raccommoder ; ceux qui rompent légèrement , le rac-
commodent de même. S. Real. Quand la guerre eft
entre deux perlonnes, le dépit doit céder au plailîr de
fe raccomnipder. Charleval.
RACCOMMODii , ÉE. part. lia les fignifications du
verbe. P^efeclus ,recûncirmatus , reconcïliatus.
RACCOMMODEUi/, , EUSE. f. Qui raccommode. Une
fe dit guèie que des gens qui raccommodent certaines
choies, comme bas, fouliers , ùc. Une raccommo-
deufe de point. Une raccommodeufe de dentelles. Un
raccomrrodeur de loufïlets.
RACCORDEMENT, f. m. Terme d'Architeéfure. C'eft
la réunion de deux corps à un même niveau ou luper-
ficie ,ou d'un vieux ouvrage avec un neuf , comme il
a été pratiqué avec beaucoup d'intelligence par Fran-
çois Manlard à l'Hôtel de Carnavalet , rue Cou-
ture Sainte Catherine à Paris , pour conlervcr la Iculp-
ture de la porte faite par Jean Goujon , où la façade
neuve, qui cft un des plusexcellcns ouvrages d'Archi-
retfuie , fe raccorde parfaitement bien , tantau dedans
qu'au dehors, avec le relie de cette ancienne mailon,
qu'on dit être de Jean Bulan , Architecte. Daviler,
Rejunclio , ad&quatio.
On appelle encore raccordement , la jonâion de
deux terrains inégaux , par pentes ou perrons dans un
jardin. Davilep.
RACCORDER, v. a. Terme d'Architecture , fignifie ,
faire un raccordement. Daviler. Adaptarc. Voyez
Raccordement.
RACCORDÉ, ÉE. part.
RACCOUPLER. v. a. & rédupl. Rçmettre enfembleles
chofes qui av oient été accouplées. Iterato jugare , re-
vocare ad copulam. Il faut raccoupler les lévriers pour
les ramener en Iclle. Il faut raccoupler les bœufs à la
charrue pour les remettre au travail.
RACCOUPLÉ, ÉE. part. ^
RACCOURCI, f. m. Abrégé de ce qui eft ailleurs en
plus grand \'o\ume. Epitome ,compendium, fummula.
Ce livre eft unri;tt\)«rci de toute la doctrine de S.Tho-
mas. Cette beauté c\'i un raccourci de toutes les mer-
veilles de la nature. Je fuis un raccourci de la misère
humaine. Scar. Il en eft comme des Cartes de Géo-
RAC
graphie , quand elles palFent une certaine mefure, tout
y elt, mais nos yeux ne lauroient plus le découvrir.
Ce n'elt que par des raccourcis qu'on fe forme quel-
que idée un peu jufte ou du tout, ou de chacune de
(es parties. Pelisson.
fG Ce terme employé fubftantivement n'eft guère d'u-
fage qu'en Peinture , en parlant de l'eftet de la perfpec-
tive, par lequel les objets, vus de face, paroiflent plus
courts qu'ils ne font en effet. On dit, voilà de beaux
raccourcis , des raccourci^hitn entendus. Ce Peintre
entend bien les raccourcis. Ce qui le dit feulement
de certains afpeélrs de figures d'animaux ou de quel-
qu'une de leurs parties dans un tableau. Car on ne
diroit pas le raccourci d'un bâtiment.
RACCOURCIR, V. a. fignifie la même chofe qu'ac-
courcir, rendre plus court. Contrahere , minuere. Il
faut raccourcir ce jufte-au-corps , on ne les porte plus
fi longs. Il faut raccourcir les rênes de ces chevaux.
gCT On dit raccourcir les ctriers , relever les étrivières
où tiennent les étriers. Raccourcir le bras, le plier en
dedans. Raccourcir des demi-voltes, les taire dans un
moindre efpace. Raccourcir une cadence, la loutenir
moins long-temps. Raccourcir fés pas en danfant, les
étendre moins. Acad. Fr. En jardinage, raccourcir
une branche, c'eft la rapprochée du corps de l'arbre.
Foyei Rapprocher, terme de jardinage.
Raccourcir, s'emploie aullî quelquefois au figuré ,
pour , abréger , faire durer moins. Curtare , treviùsfa-
cere. Quelque démon envieux a raccourci notre féli-
cité, parle retranchement de nos jours. Ablanc.
Raccourcir, le ditauili pour, diminuer, rendremoins
long. Minuere j decurtare. Les jours font raccourcis de
moitié. Voit.
Raccourcir, eft aulTi un terme de Peinture, &: fe dit
des figuies qu'on diminue lelon les règles de la Per-
fpeâive. Contrahere. ^'^oy^^ Raccourci , fubftantif.
RACCOURCI , lE. part. Contraclus j minutus , immi-
nutus. Il lui a porté un coup d'épée à bras raccourci ;
pour dire, hors de garde & de melure, & de toute fa
force.
Raccourci , en termes de Blafon, fedit des pièces ho-
norables qui ne touchent point les bords de l'écu.
Infeclus j refeclus. C'eft la même choie que coupé ,
alai'^é ou alé\é.
03- RACCOURCISSEMENT, f. Adfion de raccour-
cir, ou l'eflet qui en réfulte. Contraclio. Le raccourci/^
fement du pendule. En Peinture on dit le raccourcif-
fement d'une figure. L'art de taire paroître les objets
tous ccttains alpeds plus courts qu'ils ne font en effet.
Foy. les articles précédens. Le raccourciJJ'cment des fi-
gures eft ce qu'il y a de plus difficile danslaperfpedive.
R ACCOUTREMENT, f m. Aâion de niccoutrer, de
raccommoder quelque habit ou autre chofe fembla-
ble. Refeclioj, interpolatio.
RACCOUTRER. v. a. Raccommoder , recoudre. Il fc
dit proprement des habits. Il faut raccoutrer ce pour-
point , ce hus. Rejarcire i interpolare. Cemotctiaufîi
vieilli.
On leditauiîi des chofes qu'on veut mettre en meil-
leur ordre qu'elles n'étoient. Rejlitucre. Raccoutre'^
ce tapis qui eft de travers. Il faut raccoutrer cette af-
faire. En ce fens il eft bas.
§3- RACCOUTRÉ , ÉE. part.
:i-f^ RACCROCHER, v. a. & reduplicatif. Accrocher
de nouveau. Iteràm inuncare. Raccrocke:^ cette tapit-
ferie, ce tableau.
«3" Ce mot eft employé au figuré avec le pronom per-
fonnel, pour lignifier , regagner les avantages qu'on a
perdus. Ce Miniftre eft difgrâcié , mais il trouvera
bien le moyen de fe raccrocher. Ces deux amis font
brouillés , mais ils cherchent à te raccrocher. Ce va-
let eft mal avec ton maître, mais il fait tout ce qu'il
peut pour le raccrocher avec lui. Il n'eft que du ffylc
familier.
fCF On dit dans l'Encyc. qu'on fe raccroche à tout ce
qu'on trouve fous la main, quand on te noyé , oa
qu'on eft dans la misère. Il falloir dire qu'on s'accro-
che à tout i car fe raccrocher fignifie s'accrocher de.
nouveau.
RAC
RACCROCHÉ, ÉE. paît. , , , ,. '
RACE. f. f. Tenue collcdlif qui fignihe , lignce , lign.ngc ,
touiccux qui viennent d'une mcme famille; généra-
tion continuée de pcre en hls : ce qui (e dit tant des
afeendans que des dcfccndans. Genus ,J}irps , progc-
nies. Il vaut mieux être le pieniicique le dernier No-
bïedeCarrtce .-c'efl: ce qui fut répondu par Iphicrate.Ca-
pitaine des Athéniens , a Hermodius qui lui rcprochoit
la balle (lé de fa naillance,parce qu'il étoit Hls d'unCor-
doiuiier. Les Kois d Ethiopie le vantent d'être de la race
de Salomon, par la Heine de Saba. Jésus-Christ
ctoit de la race de David. Il faut qu un Chevalier
prouve fa noblede de quatre races. Les Magiftrats de
quelques Républiques prouvent une race roturière.
Dieu promit à Abraham de multiplier fa race comme
les étoiles du ciel, c'efl; a due , de lui donner une
nombreufe poftéricé. Cet homme n'a point lailfé de
fa race y il n'a point laiffé d'enfans. C'eft une race ,
une mailon éteinte.
Ce mot vient de radix , comme fi l'on difoit la ra-
cine de larbre généalogique
Race , dans l'Hiftoirc, fe dit d'une longue fuite de Rois
de même lignée. GentUaas, pofteraas. En France on
compte les Rois de la I, de la II & de la III Race. La
race des Ottomans, des Arfacides, des Ptolomées. Les
peuples n'ont jamais mieux rencontré pour la gran-
deur Se pour la tranquillité des Etats, que quand ils
fe font réfolus à prendre leurs Rois d'une (eule race ^
de père en fils , tel qu'il plairoit au ciel de les leur
envoyer. M, Scud.
Race, fe dit aulli des anciennes familles illuft:res. Gc-
nus. La race des Héraclites , des Scipions , des Fa-
biens.
Race , fe dit auOl des efpèces particulières de quelques
animaux. Species. Les lévriers , les épagneuls (ont des
races particulières de chiens. On lui a fait couvrir
des lices afin de faire race. Salm. Les Anglois ne veu
lent pas fouffrir un chien , un cheval qui ne foit de
bonne race. Pour faire race-, il faut choifir de bonnes
cavales. Soleysel.
*-<" On dit en termes poétiques, la race future ,\es ra-
ces futures , pour dire , la poftérité, les hommes à
venir. Pofieri , nepotes.
Que dire\-vons , races futures j &c.
C'eft le commencement d'une Ode de Malherbe.
Siéroit-il bien à mes écrits
D'ennuyer les races futures ?
$3" La race mortelle, pour dire , tous les hommes. Le
déluge fit périr toute la race mortelle. La race immor-
telle en parlant des Divinités du Paganifme.
tfT On dit par injure , méchante race j maudite tace.
Les ufuriersfont une méchante raccj une race mau-
dite. Exprellion familière. On dit aulli au pluriel, ce
font de méchantes races.
§3" Race^^ê vipères. Progenies viperarum , exprelîîon
appliquée aux Pharifiens dans l'Evangile.
On dit proverbialement, que bon chien cliaflc de
race; ce qui fe ditfigurémentde Ihomme. Canisjlir-
pem redolet ,fequitur , imitatur , pour dire, que les
enfans tiennent des mœurs & des inclinations de leurs
parens: &abfolument, quun homme chaflc de race.
Ce qui fe prend ordinairement en mauvaife part.
On dit aulfi ironiquement en parlant des bonnes
femmes, que la race en efl: éteinte.
RACER.v. n. Terme d'Oifeleur. Produire un petit fein-
llable à foi. PuUum fuifimikmproducere.PullumfuA
fpeciei producere. On met ordinairement la femelle
du ferin Â: le mâle chardonneret, linottes ou autres :
mais pour moi, je fuis pour qu'on mette le contraire ,
favoir, le mâle ferin & la femelle chardonneret , linot-
. tes ou autres, parce que le mâle ordinaiiement race
plus que la femelle ; ainfi les mulets qui fortirontd'un
mâle ferin feront plus beaux , & chanteront mieux
que s'ils fortoient feulement de la femelle. Her vieux ,
Traité du Serin de Canarie,c. 21. C'cft-à-dirc, que
RAC
117
les petits tiennent plus du mâle, font plus fcmblables
au mâle qu'à la femelle.
RACHAL. Ville de la P.ilcftine dans la Tribu de Juda.
11 en efl: parlé au premier Livre des Rois.
RACHALANDER. v. a. Faire revenir une chalandife
perdue. Emtores revocare, reducere , vel eintorum
jrequcntiam revocare. Rachalandtr une boutique. Ce
terme de Commerce efl: peu udté.
RACFiALANDÉ, ÉE. part.
RACHASSHUR. f m. Vieux tetmc. Rachajfeur de fo-
rêts, celui qui ramené du gibier. De Laurieke. Qui
feras injllvam reducit.
RACHAT, f. m. Adion par laquelle on tachette , on
retire une choie qu'on a vendue , ^fT en rendant le
prix à l'acquéreur. Redemptw ^ rccuperatio. On vend
quelqueff'is à faculté , avec faculté de rachat , c'efl à-
dire, en fl:ipulanc dans l'aâe de vente que l'on pourra
rentrer dans le bien qu'on a vendu. Dans les contrats
de vente entre particuliers la faculté de rac/îj/ n'a pas
lieu, à inoins qu'elle nC' foit fti(ulée dans le contrat
de vente. Le domaine du Roi cft aliéné à faculté de
rachat perpétuel. Cette claufe cft toujours fnulenten-
due; il efl: imprefcriptible de mcmeque le dLiiiaine. Le
rachat d'une penfion efl: Ion extinétion par le lem-
bourfemcnt du fort principal. Cndit de même le ra-
chat d'une rente. On dit aulîi le rachat des biens ec-
cléfiartiques, pour dire, le retrait de ces biens là. On
appelle auiîî en quelques Coutumes rachat, le retrait
lignager; &. faculté de rachut, le retrait convention-
nel , en vertu d une claufe de réméré.
Rachat du pain. C'eft un ufage dans les vivres de faire
le décompte aux troupes du pain qu'elles laillent à
chaque difl:riburion entre les mains du Munitionnairc.
Ce pain eft celui que le Roi accorde aux Officiers pac
l'état de campagne, &' qu'ils ne confoniment point ,
aimant mieux manger du pain blanc qu'ils achètent
pour leur table.
On dit en Théologie, que Jésus-Christ a répan-
du tout fon fang pour le rachat des hommes , des pé-
cheurs. Eedemptio. Le rachat des captifs eft une œu.-
vre de charité. Alors il eft fynonyme de délivrance y
rédemption. 03°en matière féodale, il fignifie ce que le
nouveau vaflal paye au Seigneur dominant pour les
mutations qui font fujettes à ce droit. Foye^ Relief.
C'eft en quelques endroits ia fomme à laquelle eft ef-
timé le revenu d'une année du fief. Mais cela eft dif-
féremment déterminé félon les diverfes Coutumes.
En la Coutume de Paris on doit rachat , fi ce n'eften
vente ou bail à rente rachetable , art. jj. Ce rachat
eft ce qu'on appelle autrement relief. Rachat rencon-
tré, dans les Coutumes de Loudunois, d'Anjou, du
Maine Se de Poitou , c'eft quand durant l'année da
rachat il échet un autre rachat d'une terre tenue à
hommage de la terre qui court en rachat , & duquel
rachat le Seigneur doit jouVr tant que l'année du pre-
ïVACïrachat durera, & non plus. De Lauriere.
ffT En forte que s'il arrive que dans une même année,
deux ou pluiieurs vaffaux , Seigneurs d'une même
terre meurent , & qu'il y ait rencontre dç rachats, le
Seigneur du fief jouira depuis le décès du premier
jufqu'au décès du fécond , & depuis le décès du der-
nier pendant un an entier.
RACHE. f. f. Terme de Marine. La rache de goudron,
c'eft la lie du mauvais goudron. Picis faces.
RACHETABLE. adj. m. & f. Qui cftfujet au rachat,
qu'on a droit de racheter. Une rente conftituée à prix
d'argent eft toujours rachetable. Le domaine du Roi
eft rachetable à perpétuité. Redimendus.
tfT RACHETER, v. a. Acheter une chofe qu'on avoit
vendue. P.em alienatam iterum emcre. J'avois vendu
mon cheval , mais je l'ai racheté. Je rachèterais ce ta-
bleau au poids de l'or.
03° Racheter fignifie auflj acheter une chofe à !a place
d'une aurre. J'ai vendu tous mes tableaux , & j'en ai
racheté d'autres.
gCr Racheter quelqu'un , fynonyme de délivrer. Payer
le prix de fa rançon. Liherare,vindicare. Racheter qiieU
qu'un des galères , racheter les captifs , payer le prix de
i8
RAC
le prix de la rançon des prifonniers. Rcdimcre cap-
tes. Racheur la paix. Rcdurure pacem.
Que ne lui lai^ffei-vous racheter à tel prix
SlZ untpdbk muuié 3 dont il cjl trop épris. Rac.
|p° On dit dans ce fens de J. C. qu'il a racheté le genre
humain, qu'il a voulu mourir pour rcchetei les hom-
mes. Le Seigneur a voulu mourir pour racheter Ion
peuple de la lervitude.
ii^- En termes de Jurilprudcnce rache'.er une penhon ,
une rente, c'ell la rcnibuurfcr, l'éteindre moyennant
une certaine iomme dont on convient. p'cd.Lgali an-
nuo fe liberare.
Racheter, en termes de Jurifpriidcnce, fignifie encore ,
•piyer un droit de rachat ou de relief dû au Seigneur
en certains cas. Prddd pretium ueraco folvere. 11 taut
r.ichetcr fa terre en telles mutations,
fer En parlant d'une chofe dont on regrette la perte ,
on dit qu'on vaudrait l'avoir rachetée de beauci^up ■■,
& d'une perfonne qui ell morte , qu'on voudroit l'a-
voir rachetée de Ion (ang.
|K? Au figuré , racheter les péchés par l'aumône , c'efl;
en obtenir la remilnonen lailant 1 aumône.
|CF On dit de même racheter les dctauts pat fes agré-
mens , Tes vices par fes vertus. Aîonjlrum à vitiis nullâ
virtute redemptum. Racheter ^ réparer par (un clprit les
défauts de fa figure. Ingénia d^^mna jormx rependere.
Ç3" On dit familièrement (N: fi^jurément , fi vous me
faites ce plaihr-la , vous me rachèterez la vie.
Racheter , parmi les ouvriers fignifie , regagner , re-
trouver , corriger un biais par une figure régulière ,
comme une platte-bande qui, n'étant pas parallèle, rac-
corde un angle droit dans un compartiment. Davi
LER. Rejlaurare , reapt.:re. Racheter fignifie encore
dans la coupe des pierres , joindre par raccordement
deux voijtes de dirt^rrenteselpèces. Amh on dit , qu'un
cu-de-four^JcAerri; un berceau, lorlque le berceau y
vient fiire lunette: que quatre pendentifs TiicAe^rfw^
une voûte Iphérique, ou la tour ronde d'un dôme ,
parce qu'ils fe raccordent avec leur plan circulaire ,
&c. Daviler.
^ RACHETÉ , ÉE. part.
iÇT RACHEVER. v. a. Terme de Chandelier, qui ex-
prime la dernière trempe qu'on donne a la chandelle
plongée ou commune.
■RACHIMBURGES. f. m. Vieux mot. C'étoit autrefois
le nom d'une charge de guerre. Fauchet. Borel.
BACHITIQUE. adj. de t. gV Noué, qui a des nœuds,
du mot grec («x'^, qui fignifie l'épine du dos, où ell
la caule de cette maladie, nommée pour cela rachi-
tis. =Cr Enfant rachitique. Terme raehitique. On le
dit par extcnhon des blés attaques du rachitifme.
f^ove^ ce m.,t.
ifT RACHITIS , ou RHACHITIS. f. m. Terme de
Médecine, emprunté du giec, pour déligner une cer-
taine maladie dont la caufe &: les principaux fyrîlp-
tôrnes parûiffent rélider dans l'épine du dos, qu'on ap-
pelle en grec px""- Elle efl: moins rare en Angleterre
qu'en France. Lesenfans Iculs font fujets au rachitis.
On dit de ceux qui en font attaques, qu'ils font noués.
Cette maladie conlifte prirci^alement dans la cour-
bure de l'épine du dos, & de la plupart des os longs ,
dans les nœuds qui fe tonnent aux articulations. Elle
eft accompagnée du relâchement des parties , de foi-
bleffe, de débilité. La tcte grollit extiaurdinaiiement ,
& toutes les autres parties au deflous de la tête amai
griffent. Il fe fait des excroiflanccs aux jointures, les
os fe courbent ,1a poitrine fe rJtrécit , l'abdomen s'en
fle , les hypocondres s'étendent, & tout cela eif ac-
compagné de toux , 6'c.
.§C?" BACHITISME. f. m. Nom qu'on a donné à une
maladie dont le blé eft attaqué , nouvellement con-
nue, & ainfi nommée à caufe de fa reirrniblance avec
• • le rachiris. Elle s'annonce avant que Ici blés tlcuriirent,
&lorfqu ils font de la hauteur d'un pird. Les plantes
qui en font attaquées ont la tige plus bnfle eue les
• autres , tortue &: nouée. Les feuilles font d'un vert
bleuâtre 6c recoquillées en dilFcrens fens. L'épi eft mai-
RAC
gte & fedeireche entièrement .avant la mojjTon, fans pro-
duire alicungrain. On (oupçonne (\nt:ii: rachitijn.e àvi^
blé eft caufé par la piqûre de petits infectes nommes
/ta philins. Acad.Vr.
RACHSTAT. roye:^ Rastat.
RACINAGE. f. m. Terme de teinture. C'cft le bouillon
ou la dccoétion de la racine, écorce & f-tuillc de noyer,
& coque de noix , propre pour la Teinture.
RACINAL. f. m. Terme d'Architedure hydraulique.
Pièce de bois dans laquelle eft encaf'tréc la cuafflaudine
du leuil d'une porte d'éclufe. Radicale tighum. Da-
viler. •
On appelle aufli racinales , en termes de charpcn-
terie , des pièces de bois qui font entre les blochets &•
les confoles , pour foutenir quelque hardeau. Friffe-
pium orthoJlatA.
RACINAUX. f. nr. pi. Terme d'Architeâiure, qui fe
dit des pièces de bois qui s'appliquent fur des pilo-
tis , lui lefquelles on élève des fondemens, des piles
de ponts , àc. Tranfverf^ trahes palis hafium impr/i-
t<t. Les tacinaux font aulli des pièces de bois , comme
des bouts de fohves, arrêtées fur des pilotis & lui lel-
quelles on pofe les madrier» & plate tgimes , pour
porter les murs de douve des rclervoirs. Ce mot fe
dit encore des pièces de bois plus larges qu'épaifles ,
qui s'attachent fur la tête des pilotis, ik fut Icfquclles
pefe la plate-forme. Daviler.
Racinaux de comble. Efpèce de corbeaux de bois , qui
portent en encorbellement fur des confoles , le pied
dune forme ronde , qui couvre en faillie le pignon
d'une vieille maifon. Daviler.
Racinaux d'écurie. Petits poteaux, qui arrêtés debout
dans une écurie , fervent à porter la mangeoite des
chevaux. Id.
Racinaux de grue. Pièces de bois croifées,qui font
l'empâtement d une grue , dans lelquelle-s font nlfem-
bles l'arbre & les arcs-boutans. On les nomme yè/Zt'j,
quand elles font plates. Id. ■>
RACINE, f. f. Partie de la plante qui reçoit la première
le fuc de la terre , & qui la tranfmet aux autres. Ra-
dix. Cette partie eft prefque toujours dans la terre. Il
y a très-peu de plantes où elle foit hors de terre, &
nous n'avons prcfque que le lierre & la cufcute qui
ayent une partie de leurs racines découverte. Nous ne
connoiflons aucune plante qui n'ait fa racine attachée
à la terre , ou à quelque corps terreflre. |C? Les plan-
tes parafites qui fe nourrilLent de la fève des autres
plantes , jettent leurs racines dans la fublf ance des plan-
tes nourricières. Foye^ Parasite, terme de Botani-
que. Toutes les racines font garnies de fibres, ik d'une
écorce plus ou moins épaille. Les bois blancs prennent
facilement racine dans les lieux humides. Les racines
d'olivier & de noyer font vainées & variées de cou-
leurs. Il y a des plantes dont la racine fe renouvelle
tous les ans; tel efl l'alun d'Egypte félon Grew, dans
fon Muf&um regalis Societatis , où il ajoute que les
Botanifles ont peu fait d'attention à cette propriété de
quelques plantes.
On appelle particulièrement nr(:/«d'j,ceftaine^ plan-
tes dont la racine , c'eft-à-dire, la partie qui e If ca-
chée en terre , eft bonne à manger j comme les navets,
les carottes , les bete raves , 6t. Cet homme ne vit que
de racines. Les Anciens Anachorètes ne fe nouriif-
foient que de fruits iV de racines. Les principales ra-
cines qui fe fervent furies tables, font la fcorionairc
ou le falfifis d'Efpagne , le fallifis ordinaire , la carotte ,
la bete-tave, les chervis, le panais ou paftenade, le
navet, laraiponfe, le topinambour_, latrufte,la rave^
le radis, le raifort, &c. §3° C'cft ce qu'on appelle
racine fimple , radixjïmplex; celle qui a\ ant une for-
me conique, s'enfonce en terre , fans formA prefquc
aucune divifion , & qui jette de tous côtés de petits
filamens prefque imperceptibles. Tels font les navets,
les ladix, les panais, &c. Et comme la racine eft la
partie la plus utile de ces plantes , on a coutume de
les appeler fimplement des racines.
ifJ" Les racines compofées ou branchues, radix compo-
fita J hrachiata , font |-ormées de ramifications.
|f^ Plulieurs plantes ont en ferre une raafle charnue ,
R AC
connue Tous le nom d'oignon ou de 6u3e. Voyez ces
mots. /^t)y€:f aiillî Patte. Griffe.
Ce mot vient du latin radix.
On dit en termes de P.ilais , des fmirs pcndans par
Jcs rtuines, quand ils ne lont pas cncoie coupes, ùs:
cueillis. Les tiuits pcndans pav les ratines , font pat-
rie du fonds , fe peuvent lailir réellement avec latcite.
l'ruUus pendulï y pendcines.
gCF Racine , en tenues d'Anatomie , fe dit de l'endroit
dans lequel certaines parties du corps humain loncat-
tacliées: ainfi l'on dit la rjcint des dents, des ongles,
des cheveux , &<.■. Quand on dit que la racine dune
dent cft gitée, on entend la partie de la dent qui cft
renfermée dans l'alvéole.
§Cr On le dit de même Ass polypes, des cancers , des
loupes & autres maux de cette nature qui furvieiincnt
au corps humain. Couper un cors jnlqu'à la racine.
Racine, fe dit figurénient pour déligncr le commence-
ment, le principe de certaines choies moules ou phi-
fiques. Radix. Quand le vice a pris racine dans une
ame, on a bien de la peine à l'en arracher. Couper
Ihérélie par la racine. Excirpare. Notre amitié n'a
pas encore jeté d'alFez protondes racines. Abl. La vé-
rité qui eft entrée d.-ins l'efprit par déinonftration , y
prend de plus profondes racines, que celle qui n'ycll
reçue que par autorité. Huet. L'ivrognerie eft la ra-
cine de tous les maux. Maucroix. Saint AntolVie re-
trancha la cupidité par la racine , en vendant tout (on
patrimoine, pour n'être plus en danger d'en abulcr.
Fl. Il n'eft pas ailé d'arracher du cœur une pallionqui
y a pris de profondes racines. L. D'ab. a Èloïse. Les
racines des (ciences lont amères: mais les huits en
font doux. Ablanc. Ce remède n'eli: qu'un palliatif ,
il faut aller à la racine du mal.
Racine, en termes de Gr.ammaiie , fe dit des mots pri-
mitifs qui ont des compolés & des dérivés. Radix ,
vûx primaria. On apprend la langue Grecque & l'Hé-
braïque par racines. Il y a des Diéfionnaires qui lont
faits par ordre alphabétique & d'autres par racines.
Racine , en termes d'Arithmétique &c d'Algèbre , ^fJ" fe
dit d'une quantité conlidérée comme la baie & le fon-
dement dune puillance plus élevée. EJle prend la dé-
nomination de la puillance dont elle eft la racine.
Ainli l'on dit, racine carrée, racine cuhz , &c. La ra-
cine carrée eft le nombre qui eft multiplié par lui mê-
me , parce que li on l'exprimoit en lignes , il forme-
roit une figure carrée : comme trois eft la racine car-
rée de neuf , parce que trois fois trois font neuf. Ra-
dix quadt ata per feipfam deducla. Le même trois ell
la racine cube de vingt fept , parce que multipliant
fon carré par troisf il tait vingt-fept qui eft Ion cube.
On dit la même choie à l'égard des autres puilfances
& multiplications réitérées d'un nombre par foi-mê-
me : comme, le carré de carré, le furlolide, le cubo-
cubique , ont chacun leurs racines.
Racine, en Aftronomie , fignifie un époque ou inftant
duquel on commence à compter les mouvemens des
planètes. Les racines ou les époques des moyens mou
vemens des planètes', lont leuis lieux moyens , puif-
que ce lont autant de points fixes d'où l'on part pour
calculer tous les autres mouvemens. Injlitut. Afiro-
nom, p. S4S.
Racines des Chronologiftes. Ce font certains points
qu'on ptend pour époques.
Racine de S. Charles. C'eft une racine qui vient dans
la piovince de Machoacan, en Amérique, & dans les
climats tempérés. Elle a une grolFe tête, de laquelle
fortent plulieurs autres racines de la grolfcur du pou-
ce , de couleur blanchâtre. Sa tige oc (es feuilles font
femblables à celles du houblon , s'entoriillant comme
elles autour des échalas , fi l'on y ^n met , ou fe cour-
bant 6c rampant a terre, de couleur verte obfcure ,
ayant l'odeur forte. On n'y voit paroirte aucune Heur ,
ni fruit. L'écorce de cette racine fe féparc aifément. Elle
a une odeur aromatique, ik un goûtamerun peu acre.
Le nerf de la r-zjci;?? dépouillé de Ion écorce , eft com-
po(é de fibres déliées, qui fedétacticnr facilement l'une
de l'autre. Son ccorce eft cftiméc(udorihque. Ellcfor
tifie l'eftomac & les gencives. Elle eft propre pour le
RAC 119
Icoibut , les cathares, l'épilepfie , les hernies , la vérole,
tk pour hâter l'accouchement, étant prifc en poudre
eu en décodtion.
Kaune d'Ida , ou Idéenné^ eft une plante, qui, fuivant
Diolcoride, a les feuilles comme le rulc , près dcf-
quelles viennent de petits tendons d'où fort la Heur,
Quelques uns crt ..,t que c'eft une efpèce de laurier
Alexandrin que C. Bauhin appelle laurus Alexandrina.
jruclu pcdiculo infidente
Racine de la pejlc. Les Allemands donnent ce nom à la
racine de la giande pctafite, à caufc qu'elle eft forc
bonne contre la pelle. Pctajîtes.
Racine de Rhode, ou RAciuEj'eniant les rofes, appe-
lée commuiiément /J^o^/a. C'eft la racine dune plante
qui eft une elpcce d'orpin. Cette plante poulie plu-
fieurs tiges a la hauteur d'un pied, menues , rondes ,
revêtues de beaucoup de feuilles oblongues , poin-
tues , charnues , vertes, dentelées en leurs bords, &
prelque lemblables à celles du telepium, mais plus
petites, d'un goût aftringent. Ses fommets font char-
gés de petites ombelles ou bouquets, qui foutiennenc
de petites Heurs à plufieurs feuilles, difpofées en rofe,
de couleur jaune pâle ou rougeâtre , tirant fur le
purpurin. Il leur fuccède des fruits compofés de plu-
fieurs gr.iines rougeâtres , ramalTées en manière de tête,
& remplies de lemenccs oblongues , menues & piles.
Sa racine eftgrofte, tubéreufe, inégale , blanche, char-
nue , (ucculente, ayant le goût & l'odeur de rofe; ce
qui lui a fait donner le nom de rhodia; de p'ocfo., qui
fignifie rqfe. Cette plante ctoît fur les Alpes aux lieux
ombrageux. On en fait fécher la racine qui leit en Mé-
decine. Elle eft réfolutive , anodyne, propre pour les
douleurs de tête. On l'applique furies tempes, pulvc-
véiifée grollièremcnt , Se humedtée d'un peu de vi-
naigre rolat. Lemery.
M. Tournefort l'appelle anacampferos radice ro-
fam fpirante.
Racine du Saint-Efprit , c'eft la racine de l'angélique.
Angelica.Voyez Angélique.
RAciti-E fentant les rofes, 'Voyez ci-deflus Racine DB
Rhode.
Racine vierge. Plante dont il y a deux efpèces. La
première pouffe plufieurs larmens menus, lansmain,
qui s'élèvent en lerpentant , & s'entortillent autour
des plantes voifines. Ses feuilles à queues longues font
rangées alternativement ; elles ont prefque la figure de
celles du ciclamen ; mais elles font deux ou trois fois
plus grandes i!t plus pointues, d'un beau vert luilant,
tendres, d'un goût vifqueux. Ses Heurs fortent des ail-
felles des feuilles, elles lont dilpofées en grappe,
ayant chacune la fotme d'un petit ballîn . taillé ordi-
nairement en fix parties, de couleur jaune- verdâtte
ou pâle : celles de les fleurs qui font nouées, lailfent
après elles une baie rouge ou noirâtre, qui renferme
une cofcfte membraneufe , remplie de quelques femen-
ces. Sa racine eft grande , grolFe , tubéreufe , prefque
ronde , noire en dehors, blanche en dedans, profonde
dans la terre, d'un goût acre.
La fecpnde efpèce poulfe , comme la vigne, des
farmens longs, ligneux, anguleux, ferpentant & s'atta-
chant fans mains, par plufieurs circonvolutions, aux
arbres voifins. Ses feuilles font femblables à celles du
liferon, mais plus finueufes, luifantes, nerveufes, at-
tachées à de longues queues. Ses fleurs font blanches
& faites comme celles de la première elpèce, mais
plus grandes. Ses baies naiffentune à une, léparées &
attachées chacune à un pédicule court, qui fort de
l'ailfelle des feuilles. Cette baie n'eft guère moins
grolTe qu'une cérife , verte au commencement, puis
rougifTant. On y trouve quatre ou cinq femences alfez
gtoftes, rondes, noires. Sa racine eft longue, groHe,
empreinte d'un fuc gluant. Les deux efpèces croillenc
dans les bois. La racine de ces plantes qu'on nomme
vulgairement Racine vierge, & chez les Apothicai-
res , Sceau de Notre-Dame, eft apéritive, un peu pur-
gative, hydragogue; elle évacue la pituite & les féro-
lités , provoque les menftrues & les urines, étant prife
en décodion <S: râpée & appliquée fur les blelfures ,
elle rcfout & fortifie. Elle guérit les tumeurs formées
ïzo RAC
pat des huiTieurs gtolîîèrcs , Se excite quelquefois à la
luppiuation.
Racine, (couletir de ) Terme de Teinturier, fignifie la
même chote que couleur fauve, qui efl; une des cinq
couleurs matrices.
Hacine veut aulli dire la racine de noyers qui fert à
faire cette couleur j mais on comprend lous ce nom
de racine l'écorce <!^ la .■. aille de noyer , & même la
coque de noix qui (ont les trois ingrédiens qui en-
trent dans cette couleur.
Racines des teintures du Soleil &• de la Lune. Ternie
de Pliilofophic hermétique. C'eft le mercure philolo-
phal feul. DicT. Herm. Mcrcurius.,hydrargyrusJolus.
On dit proverbialement , qu'un homme prend raci-
ne en un lieu , pour dire, qu'il s'y établit. Sedem po-
nere. On le dit aullî de celui qui fait des viiites trop
longues & importunes.
RACIÏnIER. V. n. Terme de Jardinage. Faire raciner des
plantes, des arbuftes. Les charmes racinent beaucoup,
& ce n'eft que fur la furface de la terre. Dicl. des
Arts. lyji.
Raciner. v. a. Terme de Teinture. C'cft donner aux
étoffes la couleur fauve qui (c tait avec la racine,
l'écorce &: les feuilles de noyer, de coques de noix.
Radicibus inficcre , tingere. Les laines deftinées aux
manufadtures des draps & des lerges, doivent être ra-
cinées de racines de noyer , ou écorce de noyer , ou
coques de noix, & il eft déiendu d'y employer de l'é-
corce d'aune.
RACKELSPURG. C'étoit anciennement une ville de la
haute Pannonie. Rachelburgum ; anciennement Rac-
clitanum , Alicanuni , Hdciuanum. Elle elt mainte-
nant dans la balfe Styrie, fur le Muer, à neut lieues au-
delFous de Grats. Rockelspurg ed bien fortifié. Mat y.
RACLE, f. f. Terme de Marine. Petit ferrement tran-
chant, emmanché de bois, avec lequel on ratifie les
vailleaux pour les tenir propres. Radula Jîmplex vel
biceps. Il y a des racles doubles , qui font dos à dos
fur le même manche. Il y a aullî des rudes pour ra-
cler le pavé des lieux où la boue tk les ordures s'atta-
chent i& fe durcillent, comme dans les Eglifes, &c
d'autres lieux. C'eft une petite palette de fer, un peu
tranchante, emmanchée d'un bois d'environ 4 pieds.
On l'appelle plus communément Ratijfoire. V. ce mot.
RACLER, v. a. RatilFer quelque choie , enlever quel-
ques petites parties de- fa fupcrticie avec quelque cho-
fe de rude ou de tranchant. Radere., deradere. Ra-
cler de la corne de cerf , de l'ivoire avec la râpe. Ra-
cler des métaux avec la lime, des plumes avec un
canif. Racler du parchemin, du cuir, comme font
les Parcheminiers Se les Corroyeurs. ,
§3" On dit familièrement qu'une médecine , & géné-
ralement tout ce qui peut caufcr des tranchées , racle
les boyaux.
{CJ" Et figurément d'un homme qui joue mal du vio-
lon ou d'un autre inftrument à cordes , qu'il ne fait que
racler le boyau. Inconcinnè fidibus cancre. On dit po-
pulairement un racle boyau.
Racler la tranche d'un livre. Terme de Doreur-Relieur
délivres. C'eft l'unir avec le racloir pour la préparer à
la dorure.
Racler, cft auflî un terme de Mefurcur de blé. Radulà
eradere. C'eft paffer une elpèce de régie , ou bois plat ,
par-deffus les bords du minot pour en ôter le ble qu'il
y a de trop, & le rendre uni , quand la mefure ne doit
pas être donnée comble \ & alors on dit vendre , ache-
ter mefure raclée. En quelques endroits on racle -xv^z
un rouleau, ou cylindre de bois. L'inftrument avec le-
quel on racle s'appelle radoire , ou racloire. C'eft la
même chofe que rader, qui eft même plus ufité.
Racler, terme de Jardinage. C'eft patfer le r.acloir dans
une allée où il n'y a point d'herbes, pour la nettoyer.
Racler, fe dit aullî pour, fai-re du bruit à une porte,
en hauffant Se baifl'ant l'anneau du râcloir. Radulâ
fricare. Il faut racler fort , afin qu'on entende : mais
comme on ne met plus de ces fortes de racloirs aux
portes, le terme de rac/«r n'eft plus enufage en ce fcns.
RACLÉ , ÉE. part.
RACLEUR, f. m. Qui racle. Terme qui fe dit d'unmé-
RAC
chant violon , qu'on appelle Racleur de boyau. In-
gratusfidicen.
RACLIA. Nom d'une île de l'Archipel. Heraclea. Elle
cft entre celles de Nio & de Pario. Son circuit n'eft
que de trois lieues \ elle a été habitée , mais elle cft
maintenant délcrte. Maty,
RACLOIR. f. m. Inltrument avec lequel on racle. Ra-
dula. Les Chaudetonniers ont des racloirs pour leurs
chauderons (S: les ufteniiles de cuifîne qu'ils veulent
étamer, les Graveurs au burin pour ranftcr les laux
traits de leur gravure , les Tonneliers pour leurs dou-
ves, &c. les Corroyeurs Se les Parcheminiers , pour
leurs peaux , les Doreurs fur tranche, pour ratifier la
tranche Se les bouts des livres , avant que de les do-
rer. Les racloirs des Graveurs Se des Chaudcrcnniers
fe nomment plus communément grattoirs. Se celui
des Tonneliers eftette. On mettoit autrefois des ra-
cloirs aux portes, au lieu de marteaux, pour heurter.
Racloir. Terme d'Horlogerie. C'cff un outil qui krt à
effacer les traits de la lime fur une plaque de cuivre.
IJS'R ACLOiRdesMénuifîers de placage & de marqueterie.
Il eft partie d'acier & partie de bois. Ce qui eft d'acier cft
une efpèce de lame tranchante. La partie de bois qui
lui fert de poignée, cff arrondie par en haut , avec une
rainure par en bas , dans laquelle la lame efl engagée.
Ce mot vient de raclouer., qui en langage Celtique
ou Bàs-Breton, lîgnifîe râpe.
RACLOIRE. f. f. C'eft l'inftrument avec lequel on ra-
cle la mefure de blé pour la donner jufte. Radula , ra-
dius , hortorium. Quelques gens dilent racloir; mais
tous les Mefureurs de grains dilent racloire.
RACLURE, f. f. Ce qui le détache d'un corps qu'on
racle, menues parties qu'on détache de la lupcrfîcic
d'un corps en le raclant. Ramentum. La gelée de poif-
lon le lait avec la raclure de corne de cerf. On fait
du furpoinr avec de la raclure de cuirs. Raclure d'i-
voire. Raclure de parchemin
RACOISER. V. n. Calmer, appaifer. Ce mot eft vieux.
La rumeur commençant un peu à fe racoifer , Mon-
ficur de Rieux, Comte Se Gardien de Pierre -Font,
Député pour la Nobleffede France, le leva pour par-
ler. Sat. Men. T. I , p. g 6. Ce mot vient de coi, dont
on fe fert encore.
ifT RACOLER, v. Terme de mépris dont on fe fert pour
défigner le métier infâme de ces efpèces de coquins qui
engagent des hommes par adrefle ou de force, pour le
fervice militaire.
'^0' RACOLEUR, f. m. Celui qui fait profellîon d'enrôler
des hommes de force ou par adrefle pour f ervir dans les
troupes.
RACONI, ou RACOGNINI. Petite ville des Etats de
Savoie. Raconijîum. Elle eft dans le Piémont propre,
fur la rivière de Grana, entre Savillan & Carmagnole,
à deux lieues de chacune. Maty.
RACONTER, v. a. Narrer une hiftoire, un fait, ei: faire
le récit. Narrare , recitarej referre , exponere. 'Voici
comme on raconte l'hilf oire qui s'eft palfée. Il nous a
raconté de point en point toutes les aventures de les
voyages. Raconter des fottifes avec gravité. Abl. Pour
raconter ce fujet à notre avantage, il ne le faut que
raconter fidèlement. Sar. On raconte d'Alexandre ,
qu'il étoit fujet à de grands emportemens. Il ne faur
pas raconter ^\vS\evixs fois un même conte devant les
mêmes perfonnes. Toujours raconter eft la marque
d'un efprit médiocre Se fuperfîciel. M. Scud. Tacite
ne raconte point les chofes comme elles ont été; mais
comme il s'imagine qu'elles auroient du être. Bouh.
RACONTÉ, ÉE. part. Narratus , expojitus.
RACONTEUR , EUSE. f. Celui qui raconte. Narra-
tor. Il ne fe dit guère qu'en termes de mépris. Un ra-
conteut ennuyeux, fatigant. Il eft du ftyle familier.
RA.CORNIR. V. a. Faire qu'une chofe fe retire Se fe
roule en façon de corne ; rendre dur Se coriace. Le
vin racornit les fruits. Indurare , convolvere. La cha-
leur racor/zir le parchemin, le cuir. Il eft aullî récipro-
que , Se fignifie devenir dur. Durefcc'e , rigefcere. L.i
couverture d'un livre, les loulicrs fe racorniffent au
feu. On dit auflî que la viande fe racornit à force de
cuire , pour dire, s'endurcit en cuifant.
RACORNI, lE.
RAD
■ onc racorni s quand ils font repliés par le bout-, qu'iia
coiîcoinliic crt racorni, quand au lieu d'être clioit &
dcbellc veii ue, il le replie en arc. RcpHcaciis.y\ài\ài:
racornie , Il uics racornis.
03" On rcmaf.-iuera en pallant que cette dernière figniii-
cation du vî xhf: racornir , rendre dur & coriace, eft: la
plus ordinaire & li plus autonfée.
R ACOVIE. V illc de la petite Pologne , dans le l'alati-
nat dv Sanduniir.
fl>ACOUR. (. m. Terme de manufaiîlure de lainage. Il
le dit des étotics de laine, qui au retour de la teinture
ik des apprc ts le trouvent racourcies Se diminuées de
leur longueur. 0Cr Cette pièce avoit zo aunes : elle
n'en a plus que 19. C'cft une aune de racour. Le ra-
cour vient ordinairement de ce que les étottes ont été
trop tirées &: allongées parle moyen des lames & mou-
linets ,ou parce qu'elles ont été mal fabriquées.
RACQUlT. (. m. Aétion de racquittcr, de regagner ce
qu'on avoit perdu. CoT GRAVE. La balletteeft une choie
qui ne fc peut repréfenter. On y perd fort bien cent
mille piftoles en un foir. Pour moi , je trouve que
palfé ce qui fe peut jouer d'argent comptant, le relie
e(1: dans les idées , & le joue au racquit , comme font
i'cs petits enfans. Madame de Sévigné , Tom. I des
iLcc. de Biijjy j p. 2Ç4.
RACQUITiilL {fe)v. récip. Regagner Ce qu'on avoit
^terdu. Damna farcire , rejarcire , compenfare , redi-
r.nerc. 11 avoit bien perdu au jeu j mais il s'eft racquicé
à la fin.
Il s'emploie auill effeiftivement. Il avoit beaucoup
perdu ; mais j'ai pris fon jeu & je l'ai racquité.
Il lignifie figurémcnt, dédommager de quelque per-
te. Une féconde affaire l'a racquité de ce qu'il avoit
perdu à la première. Il s'emploie plus ordinairement
avec le pronom perlonnel. Les ennemis eurent quel-
que avantage la première année: mais on s'en racqui-,
ta bien dans la fuite. Acad. Fr.
RACQUITE, EE. p3.n. Sarcicus ,refarcitus , redcmtus j
recuperatus.
RAD.
RADABLE. C'efi: un mot de Languedoc , qui fignifie une
riorte ou hardelle. Borel.
RADACAH. Ville d'Afrique des dépendances de celle
de Caïroa.
§3" RADAR, f. m. On appelle Radars en Perle , des el-
pèces d'ArcherSj de Gardes de grands chemins, por-
tés en certains endroits , principalement daiis \cs heux
dangereux, pour la fureté publique. Il y en a aux car-
refours, à l'entrée des ponts , & aux autres endroits
par où il faut abfolument palfer. Tous ceux qu'ils ren-
contrent, lont obligés de leur déclarer d'où ils viennent
& où ils vont. Lorfque quelqu'un a été volé , il n'a qu'à
s'en plaindre au Gouverneur de la Province; pour
peu qu'il puilFe établir la réalité du vol , foit par fes
regiflres.foitpar témoins ou autrement, il ne faitpoint
de difficulté de lui payer le prix de fon vol, tahf il
compte fur l'exaftitude des Radars. Ils ne fc tiennent
pas toujours fur les grandes routes ; il y en a qui font
des courfespar les montagnes & les lieux écartés, &
qui fe laifilfent de tous ceux qu'ils y rencontrent, pour
les faire expliquer fur les raifons qui les empêchent
d'aller je droit chemin, enforte que les malfaiteurs font
auffi-tot découverts. Cette belle police eft caufe qu'il
fe fait peu de mauvaifes adions en Perfe. Quoiciue les
gages des Radars ne foient pas confidérables, on n'en
manque cependant pas , parce que les Marchands leur
font des libéralités , pour les récompenfer du foin qu'ils
prennent pour la fureté des chemins Se des voyageurs.
Tavernier 6c Chardin.
IJCr RADARIE. f. f. Terme de relation. C'elt ainfiqu'on
appelle en Perfe le droit qui fe paye aux Gouverneurs
des provinces fur toutes les marchandifes , pour la fu-
reté des grands chemins.
RADE. f. f. Lieu d'ancrage à quelque diftance de la côte ,
à l'abri des vents, où les vailleaux trouvent fond , &
ou ils mouillent ordinairement, en attendant le vent
ou la marée propre pour enttetdans les ports , ou pour
faire voile. Stacio , vadofa ora j vadum, La loi i , §.
Tome FIL
RAD
12,1
I î.^ de fiuminibus t l'appelle locui minimi portuo'
jus , fcd in quo navesinjale cff'e & commorari queunc.
Et Senèque dit, Z. de vita beata, ch. dernier , ftatio
eji ,fed non portas. Bonne rade ^ fe dit d un lieu où
le fond eft net de roches , où la tenue eft bonne ; &
quand on cft a l'.ibri d'un certaui vent, on dit bonne
rade d'eft, de fud , &c. Les grands vaiftcaux fe met-
tent il la rade , quand ils ne trouvent pas de ports
qui ayent allez de fond, ou quand ils en font trop
éloignes. Le VIII'-' titre de l'Ordonnance de Marine cil
Des Ruades. Voulons que les rades foient libres à tous
vaillèaux de nos fujets & alliés , dans l'étendue de no-
tre domination. Okdon. de Marine. T. FIlI.Lcs
Maîtres de navires venant prendre rade , mouilleront
à telle diftance les uns des autres , que les ancres & câ-
bles ne puillentfe mêler, & porter dommage. Ibid.
art. j'. Etre en rade.
fer On appelle rade foraine, une rade où il eft permis
à toutes lottes de batimens de mouiller l'ancre , fans
craindre le canon des fortereftes qui commandent ces
rades.
Rade peut venir de l'Allemand rand , qui fignifie riva-
ge, bord. Ménage. D'autres difcnt qu'il vient de ce
que terra radicur.
RADEAU, f m. Alfemblage de pluficurs pièces de bois
plates, formant une efpèce de plancher, dont on fe
fert quelquefois pour portei des hommes , des che-
vaux, du canon lut des rivières. Ratis. Le Tigre &
iTuphrate ne fe navigent qu'avec des nzâ'e^//.v portés
lut des outres, à caufe que les fauts y font fort fré-
quens. On palTe les rivières , les folfés fur des radeaux.
Il fit pafler la cavalerie fur des radeaux qui étoienc
tout prêts. Id. Les Indiens font des radeaux compor
fés de cinq folives attachées les unes aux autres , dont
la plus longue eft celle du milieu ; les autres vont tou-
jours en diminuant afin de mieux couper l'eau. Gar-
cilasso Florile.
Ce mot vient de rajîrum. On écrivoit autrefois ra/Z
d'eau. D'autres le dérivent de rates, parce que fou-
vent il fert de vailfeau , & particulièrement fur l'Eu-
phrate , comme témoignent les voyageurs.
Quelques uns appellent auHi radeaux, à^s trains de
bois de corde, de planches, de fohves, de poutres ,
qu'on lie enfemble, pour les faire venir à Hot fur une
rivière.
Ip- RADEGASTE, ou RADAGOSTE. f. m. Idole des
anciens Slaves, qui eut auOî le nom de Ra/wor. On
dit que ce mot fignifie Général d'armée. La ftatue de
Radegaffe étoit d'or: fur fa tête étoit un calque de
métal, furmonté d'un aigle , fes aîles éployées. Sa poi-
trine étoit couverte d'un bouclier, dans lequel paroif-
loit une tête de bœuf, & de fa main gauche il tcnoit
une halebarde. Quelques-uns ont cru que c'étoit Ra-
dagaife Roi des Goths & des Huns, qui fc dillingua
du temps des Empereurs Aircadius & Honorius.
RADELSTORF. Petite ville d'Allemagne dans la Fran-
conie , à deux milles de Bamberg.
RADER. V. a. Terme de Marine. Mettre en rade. Fa-
dum petere. Rader un vaillcau.
Rader. En termes de Mclurcurs de grains, fignifie paf-
fer la radoire par-delfus les bords de la mefure, pour
en ôter ce qu'il y a de trop , & la rendre jufte. On dit
auftî racler.
îfT RADERIE. f f. C'eft la même chofe que radarie ou
raagdarie.
IJCT RADEUR. f. m. Celui qui eft chargé de la radoire,
quand on mefure le grain.
^CT On le dit de même , en termes de Gabelles , des
Officiers qui font chargés de mefurer le fcl , & de le
raferfur leminot. Ra fores. Il y avoit autrefois dans les
greniers à Ici des Mefureurs & Radeurs en titre d'Of-
fice, que les Fermiers ont eu la faculté de remboilr-
fer.
(f3' RADIAL, ALE. adj. Terme d'Anatomie, fouvent
employé fubftantivement. Radialis. On le dit des par-
ties qui ont quelque relation avec le radius. L'artère
radiale , qui eft une branche de la brachiale, ferpente
le long du radius. Mulcle radial , interne, externe. De
fix mufcles du carpe, le fécond des fléchilfeurs cft le
îzz RAD .
radial interne', on l'appelle radial, parce qu'il eft fitué
le long de l'os radius; & interne, parce c^u'il eft aii-
dedans du bras; il prend fon origine du condyle infé-
rieur tk interne de l'humérus, & le couchant le long
du radius va s'inférer au premier os du carpe , qui
foutient le pouce : il pallc aulli fous le ligament an-
nuLiire. Quelques-uns ne font qu'un muicle du trui-
ficm.e & du quatrième des Héchiircurs du carpe qui
lont le long & le court, & le nomment radial c\\.tr-
ne, d'autres bicornis à caufe de fes deux infcrtions.
DiONiS.
f3" Radial, terme de Géométrie. Quelques Auteurs
appellent courbes radiales , celles dont les ordonnées
fe terminent toutes en un point , & font comme autant
de rayons partis d'un même centre.
Radial , terme d'Hiftoire. Où il y a des rayons, qui eft
fait en manière de rayons. Couronne radiale. Corona
rûdiata. Les couronnes radiales ie donnoient aux
Prince's lorfqu'ils étoient mis au rang des Dieux, foit
avant, foit aptes leur mort; cette lorte de couronne
n'étant propre qu'à des Déïtés, dit Calaubon. Je ne
prétends pas néanmoins faire de cela une maxime
conftante; car je fai combien il y faudroit d'excep-
tions, particulièrement depuis les douze Céfars.Noiis
ne voyons point qu'aucun Empereur vivant l'ait prile
avant Néron, qui la m.éritoit le moins de tous; Ait-
gurte même n'en ayant eu 1 honneur qu'après la mort.
Science des Médailles in-i 2. l 61)2. p- i p ,^ -0 0.
&c T. II , p. 2jO de l'Editde 1715. On dit aullî quel-
quelois couronnes radiées.
RADIATION, f. f. Terme du Palais , qui fe dit des ra-
tures qui lont ordonnées par autorité de Juftice. Ex-
punclio. On a ordonné la radiation d'un tel article
dans un tel compte, dans cette déclaration de dépens;
radiation de l'écroue d'un homme mal emprilonné ;
la radiation des paroles injurieules contenues dans
quelque écrit ; la radiation des titres ou qualités qui
ont été données mal - à - propos dans un aéte ; la ra-
diation d'une personne du rôle des tailles, du tableau
des interdits, &c.
Radiation , eft auflî un terme de Phyfique qui fignifie,
l'émiflîon ou l'eftet des moyens de lumière oui partent
d'un corps lumineux comme centre : la radiation du
foleil
Ce mot vient du Latin radiatioj dont Pline s'cft
fervi dans ce dernier fens.
RADICAL, ALE. Adj. formé du latin r^Av ^ racine.
Terme didactique , qui s'applique à ce qui lert com-
me de bafe & de fondement à ce qui contient en foi-
même le principe de quelque ficulté , de quelque
qualité phyfique. Radicalis. AïnCi les Médecins diient
qu'il y a dans tous les animaux un humide radical ,
qui eft regardé comme le principe de la vie , dont l'é-
puilement caule la mort.
Du baume radical leur cœur ejl épuifé ^
Et lefang^fource de la vie ,
N'ejl plus qu'un poifon embrafé.
^T En Grammaire, radical k dit pour primitif, pat
oppofition à compofé ou décrive'. Mot radical. Et on
appelle lettres radicales , celles qui fe trouvent dans
le mot primitif, 6c qui fe conlervent dans le mot
dérivé.
fCF Dans l'Ecriture , les lettres radicales font celles qui
fervent a former les autres.
§3° En Algèbre , on appelle Jïgne radical , celui qui
défîgne la racine de quelque quantité. Il eft ainfi fi-
guré v' ; & quantité radicale , celle qui eft affeélée de
ce ligne, ceft-à-dire, qui eft précédée au. figne radi-
cal, y^ a \ b font des quantités radicales.
Rendre l'humidité radicale 2l la pierre, c'eft dans
la Philolophie hermétique, une opération qui fe fait
par les imbibitions, lorfqu'il eft qucftion des multi-
phcations, ou en cohobant^ ou en fixant la piètre
blanche. Dict. Herm.
. RADICALEMENT, adv. Terme dogmatique. Oiiginai-
remenf, dans fon principe, & de fa nature. Orioina-
riè. L'homme a radicalement ^ & par fa nature, la
RAD
pui'lfance de raifonner & de rire, quoiqu'il ne l'e-
xerce qu'a un certain âge. Gucrir radicalement une
maladie.
RADICATION. f f. Terme de Botanique. Aaion par
laquelle les plantes pouflent leurs racines. Radicatio.
On a tait à l'Académie des Sciences pluiieurs obfcr-
vations cxafces fur la germination tk la radication des
plantes. Il eft à délirer qu'on multiphe les oblervations
& les exoériences (nr la radication.
RADICOFANI , KADICOFE. Nom d'une petite ville
du Siénois, en Tolcane. Raducophanum. Elle eft en-
tre Sienne & Aquapendente , à douze lieues de la pre-
mière , & à quatre de la dernière. Elle eft défendue
par une bonne citadelle, iituée fur une colline voifine»
Mat Y.
RADICULE, f. f. Terme de Botanique. C'eft une petite
pointe qui eft dans toutes les graines, qui eft l'embrioa
ou le commencement de la racine, que M. Grew a
découverte par le moyen du microfcope , & qu'il ex-
plique dans (on Anatomie des plantes. Raduula. C'ell
la première production des plantes , qui devient la
racine.
RADIÉ , ÉE. adj. Terme de Botanique. C'eft un nom
qu'on a donné dans l'Académie des Sciences à des
fleurs rondes & planes , compofées d'un difque & d'un
fimple rang de feuilles longuettes & pointues , arran-
gées tout autour à la manière des rayons. Radiatus
flos. C'eft une fleur compoféc , dont le difque ou le
milieu eft formé par des fleurons, &: la circonférence
ou le pouitour par des demi- fleurons, qui forment des
rayons, comme le corona folis. Ce qui fait qu.'on a
nommé plulicurs de ces fleurs, fleurs en foleil.
On le iert aufli de ce mot dans les médailles & dans
le Blaion, où l'on appelle des couronnes antiques , des
couronnes radiées. Corondi radiatéi.
RADIER, f. m. Terme de Marine. On appelle radiers,
les deux derniers madriers qui joignent l'intrade de
proue & riifade de poupe. ÂJferes radiati.
Radier en Architecture Hydraulique. C'eft une elpèce
de féconde grille propre à porter les planchers, fur
lefqueis on commence dans 1-eau les fondations des
éclufes, lesbatardeaux, Vautres ouvrages qu'on fonde
dans l'eau. Dici. de Peint. & d' Arch.
RADIEUX , EUSE. adj. Rayonnant, brillant, qui jeté
des rayons. Radiofus, radians. Il ne fe dit guère que
dans le Dogmatique , ou en Poëfie. L'éclat du foleil
radieux. Front radieux. Ce mot eft toujours de la ■
belle Poëfie. Ceux qui font difficulté de s'en fervin
font trop délicats, ou plutôt ils font dégoûtés Men.
Certain oifon fe jugea digne ,
Pour prix de fon beau chant, qu'on le changeât en cygne y
Mourons, dit-il, brillant & radieux,
Onmeverra^bientôt aux Cieu.v ^
Près du cxgnc célejîe enchanter tous les Dieux,
ffT En Phyfique, en Optique on appelle roi/zr radieux,
le point d'un objet d'où partent les rayons de lumiè-
re. Chaque point radieux envoie une infinité de,
rayons. Voy. RayoNj 'VisioNj Lumière.
RADINI. Vo\c\ Stromona.
RADIOMÈTRE. f. m. Inftrumcnt géométrique & aftro-
nomique qui fert fur mer à prendre les hauteurs. R.a-
diometrum. On l'appelle autrement bâton de Jacob _,
& fur la mer verge d'or, rayon aJîronomique.Y oyez
BÂTON DE Jacob.
RADIS. (. m. Racine qu'on cultive dans les jardins po-
tagers. C'eft une variété de raifort, p'oy. ce mot.
RADl US. 1. m. Ternie d'Anatomie , purement latin. C'eft
le nom d'un des deux os dont l'avant bras eft compo-
lé. On dît aulli rayon. Voy. ce' mot.
RADIWAGON. f. m. Vieux mot qui fignifioit un cha-
riot. Currus. Il fe trouve, dit Borelj dans un ffc.m-
tier ancien de Lipfe , fait depuis 700 ans.
RADMANSDORF. Petite ville d'Allemagne dans la hau-
te Carniole.
RADNOR. Nom d'une petite ville avec un vieux ch.l-
teau. Radnoria. Elle eft capitale du Comté de Rai-
nor, & fituée fur le Somgill, entre Héreford, Breck-
R AD
nock Se Montgommeii à fix lieues des deux premicics,
& à tinq de la devnicre. Mat y.
Radnor shire, ou le Comté de Radnor. Radnorla.
Coiitrce de la Fii.icipauté de Galles ^ en Ani^ktcne.
Elle cft ennc les C;;mtcs de Montgommeii, de Cai-
digiiaii , de Biecknock &: d'Héicioid. Ce pays fait une
cfpcce de tiiangle , qui n'a que dix lieues dans la plus
grande étendue. Il clt montiigncux & chargé de buis ,
& il n'a pas d'autre ville que Radnor qui en elt la
capitale.
RADOIRE. r. f. (On dit auflî Racloire. ) Terme dcMe-
f lueur, liadulatorium. C'cft un inftrument avec lequel
les Mcfurcurs de ici, de blé & autres grains , raient
les minors & aunes meilires, pour en ôter ce qui cft
au-dclliis des bords, & faire la mefure jufte. Ce lont
les Hanouards ou Porteurs de fel qui doivent fournir
aux Mefureurs les radoires , par l'Ordonnance de la
ville.
RADOM. Nom d'une ville avec châtcUenie. Radonia.
Elle ell: dans le Pal.itinat de Sandomit , en Pologne ,
à vingt lieues de la ville de Sandomir , vers le nord.
Maty.
RADOTAGE, f. f. Radoterie , difcours fans fuite, &
dénué de fcns. Il n'elt guère en uiage que dans la con-
verlation.
RADOTER, v. n. Parler, ou raifonner par foiblelfe d'el-
prit, lorfqu'il eft débilité par l'âge ou par la maladie.
Delirare, dcjiptre. Il ne faut pas prendre garde à ce
que dit ce vieillard décrépit, le plus louvent il ra-
dote.
On le dit aullî de ceux qui font des difcours ou des
raiionnemens qui ne (ont pas juftes, qui dilent des
chofes fans raifon, fans fondement. Irifanire. Je crcis
que cet homme radote , de me faire des propodtions
Il déraifonnables. Il faut <\\x'\\ radote , de vouloir épou-
fer cette fille qui n'a rien. Boileau fc moque de cer-
raines gens qui croient que
Sans Arïflote
La raifon ne volt goutte ^ & le bon feus radote.
Le Vayer rapporte que Cafaubon dérive ce mot
à'Hérodote ; mais que c'eft plutôt une allulion ma-
ligne qu'une étymologie. En Anglois dote tout fenl
lignifie radoter , ëc doting , rêverie.
RADOTERIE. f. f. Extravagance qu'on dit en radotant.
Delirïum , dellrat'io. Il ne dit que des radoterïes. Il
n'a guère d'ufage que dans la converfation. L'Acad.
RADOTEUR, EUSE. f. Celui, celle qui radote. Delï-
rus , fomnians. Cet homme efi: un vieux radoteur. Ces
vieux radoteurs ne font que dormir à l'Audience. On
dit aullî que la plupart des Rabbins font des radoteurs,
qui ne ditent que des fadaif'es &c des rêveries.
RADOUB, f. m. Quelques-uns difent Radoubement.
Terme de Marine. C'ell l'ouvrage qui eft fait par les
Charpentiers & les Calfiiteuts au corps d'un vailleau
endommagé par quelque accident, ou parle temps.
Navïum refeclio. Ce vailfeau eft fi vieux, qu'il ne
peut plus fouffrir le radoub. On fe (ert de planches ,
de plomb , de brai , de goudron & autres chofes, pour
le radoub des vaiffeaux , pour les remettre en bon état,
& empêcher qu'ils ne faflent eau.
RADOUBER, v. a. Terme de Marine , donner le ra-
doub, remettre en bon état le corps d'un vaifleau.
Navem reficere. On a fait entrer l'armée dans les ports
pour radouber les vaifléaux.
|Cr On dit raccommoder quand il s'agit des agrès, des
manœuvres d'un vailfeau.
RADOUBÉ , ÊE. part. Refeclus .refarckus.
RADOUBEUR. f. m. Ouvrier qui radoube. O'n l'ap-
pelle plus ordinairement Calfat, ou Calfateur. Re-
feclor.
RADOUCIR. V. a. Rendre plus doux. On radoucit les
métaux par une fonte réitérée. La pluie radoucit le
temps, le rend moins rude, plus fupportable. Je crois
qu'en parlant des métaux , adoucir feroit mieux , les
rendre plus doux , plus maniables. Figurément il figni-
fîe , modérer , appaifer. On radoucit la colère par des
foumilTions. /{a(/o«cir quelqu'un, lui radoucir l'ciprit.
Tome FIL
RAF iz^
Il cil aullî réciproque. Ces pattics qui étoicnt fi ani-
mées commencent a fc radoucir. Un amant le r dou-
ât auprès de fa Maitrellé, c'cftà-dirc, il faifle ten-
dre, l'agréable, le palllunné. Pour être fage , il n'efl
pas nécellàire de dévilagcr les gens qui fe radouct{Unt
auprès de vous, &( qui laillcnt entrevoir de la paliion.
Bell. Molière fait dire à un Vieillard qui faifoit le
févcre : voyez comme il le radoucît auprès de votre
femme.
RADOUCI, lE. part. Lcnitus. Dire les chofes d'un air
radouci, c'çfl-à-dire , honnête &: obligcaiit. Prendre
un ton radouci, c'efl-à-dire, moins h,iut, moins vio-
lent.
Etfcs roulemens d'yeux , &.Jon ton radouci;
N'impofent qu'à des gens qui ne font point d'ici.
Mol.
0Cr RADOUCISSEMENT, f. m. Se dit au propre de la
diminution de la violence du froid ou du chaud par
rapport à l'air, particulièrement du froid. Relaxation
remiffio , mitigatio. Le radouci jjcjnent de la faifon ,
du temps me permettra de 'me mettre en marche.
ifT Au figuré ce mot hgnihe diminution dans les maux,
changement en mieux dans les atf.T.ires. Sa fièvre étoic
violente, mais il y a bien du radoucifjement.
ify On le dit quelquefois de l'air emprellé d'un hom-
me auprès d une femme pour s'en faire aimer. Il a
beau faire l'agréable, le palîîonné; tous les radoucijfe-
mcns ne produifent rien.
RADSTADT. Ville d'Allemagne dans l'Archevêché de
Saltzbourg, fur la rivière d'Ens.
R A E.
RAEMPLI, lE. Vieux mot. Adj. c^ part. palF. qui s'tft
dit pour rempli. Borel. Plenus,impletus , a.
RAF.
RAF. f. m. Terme de Marine. Nous ne fûmes pas plu-
tê)t à l'eft du cap Saint Vincent , que nous trouvâmes
une marée forte & rapide dans un raf , qui nous fai-
foit tanguer fi rudement, que le perroquet de civa-
diere entroit dans l'eau. FrÎzier. p. j o.
Raf ou Rav. Nom que l'on donne à quelques Rab-
bins , & qui eft au fond le même que Rabbi. Rabbi-
nus , Docîor , Baf.
^ RAFALE, f. f. ou RAFAL. f. m. Terme de Mer.
On appelle Rafales , certaines bouflées de vent qui
choquent fi vivement les voiles , qu'elles mettent fuu-
vent un vaifleau en danger, fi l'on n'a pas foin d'y
remédier par une manœuvre très-prompte. Les rafales
font fréquentes auprès des terres fort élevées, & font
alors fort dangercules, lorfque le vent fort avec grande
impétuofité d'entre les montagnes qui le reirerrenr ;
car il renverfe fouvent les navires qui vont fous voile.
EluclatL € vallibus venti impetus violentus.
RAFAR. Sorte de raifin qui elt mauvais. Ce mot eft fort
connu dans l'Anjou. MÉnagf ,Dicl. Etym.
RAFETIER. f. m. Vieux mot. Maquereau. Borel.
RAFFAISSER. v. n. S'affaifTer davantage , perdre de fou
volume , de fa hauteur. Deprimi -, dejîdere , fubjidere.
La trop grande charge de ce mur l'a fait raffaiffer. Le
foin ferré dans le grenier fe raffaijfe affez. Ce mot
n'eft pas d'ufage.
83- RAFFERMIR, v. a. Stabilire ^conflabiUrc .firmiùs
flatuere. Rendre plus ferme, plus compaéle^ plus fia-
ble. On raffermit un mur par des étales. J'aimerois
mieux dire , raifurer un mur, ralfurer une terraffc. Le
foleil raffermit les chemins. Il y a des opiats pour
raffermir les gencives. Au figiiré,il fignifie rendre plus
fiable, remettre dans un état plus alTuré. Le bon régime
raffermit la fanté. Raffermir quelqu'un fur le trône.
L'autorité royale fut raffermie par le châtiment des fe-
ditieux. Il raffermit le courage des foldats par fes dif-
cours. Militum animos confirmare verhis. Raffrmir
des troupes ébranlées.
Il eft aullî réciproque, & fignifie devenir plus fer-
Q 'J
^
IZ4 RAF
me , plus ftable. Sa Tante Ce raffermie tous les jours.
Ses jambes fe rjffermijj'cnt. Il s'eft rafferrri dans ies
idées, dans fa réiolurion. Les ayant un peu conlolés,
& s'étant riiff'crmi lui-même, il leur fit un dilccurs toit
touchant fur la fragilité & l'inconftance des choies
humaines. FlÉch. Hijl. de Xim. L. I,p. S p.
RAFFERMI , lE. part. Confirmatus jlahtlnus.
RAFFERMISSEMENT, f. m. Nouvel affcrmiirement
qui remet une choie dans l'état de fermeté & de iv.yt-
té où elle étoit auparavant. Confirmatïo y affirmatio.
Le raffermijfement de fon autorité eft venu d'une al-
liance qu'il a faite avec des gens puilTans. Le raffcr-
mijfemenc de la fanté.
RAFFES. f. m. pi. Terme de MégilTerie. Ce font des ro-
gnures des peaux que les Tanneurs & Mégilliers ont
préparées, ou que les divers Ouvriers qui travaillent
en cuir, ont débitées.
Raffes de Verre. C'eft ce qu'on nomme plus ordinaire-
ment du GroiJIl. Voyez Groisil.
^fT RAFFINAGE, f. m. Terme relatif à la purification
de plufieurs lubftances. Il eft particulièrement ulîté
dans les Sucreries , en Métallurgie & dans les Salines.
Le raffinage du lucre eft une opération par laquelle
on le clarifie, on l'épure en le faifant cuire à diveilcs
reprifes , afin de lui donner la blancheur & la coniil-
tance qu'il doit avoir pour être mis en pains. Sacchari
excocllo.
^fT Raffinage, fignifie auffi la manière de raffiner par-
' . ticulière à quelque endroit. Ainh l'on dit , du raffinage
de Rouen, du raffinage d'Orléans, &c.
?fT On le dit aulli des métaux qu'on raffine en leur
donnant plulieuis hilions, pour les dégager des lubl-
tances étrangères; & du (el, quand à force de le faire
bouillir, on le fait devenir blanc.
RAFFINEMENT, f. m. Qualité qui rend une chofe plus
fîne. Expurgatio i cuhus. Il ne le dit point au propre.
Le Commiiraire de l'Artillerie doit lavoir le raffine-
ment & la bonté de la poudre. Davil. C'eft une fau-
te. On dit raffinage S-: affinage.
fîCJ" Au figuré , ce mot fe prend toujours en mauvaifc
part. Dans la manière de penler, de parler & d'écrire,
c'eft une délicatelle étudiée , une affeélation par la-
quelle on s'écarte de la lunplicité afin de lurprendre.
NimiafuhtUicas. C'eft, dit Bouhours, la pire de tou-
tes les affeélations. Le palTàge eft aifé du raffinement
au galimatias. S. Evr. Çuand on lubtilile trop une
penlée , ce n'eft plus finelle , c'eft raffinement,
(fj" Le raffinement dans les aéfions eft un moyen re-
cherché qui fait qu'on s'écarte de la fimplicité avec
ceux qu'on fe propofe de tromper fans qu'ils s'en ap-
perçoivent. Le raffinement dans les actions tient un
peu de la fauftété. AJiutia. C'eft ainh qu'on dit , un
raffinement de prudence, un raffinement de politique ,
un raffinement de (piritualité. Ce mot lignifie partout
une trop grande lubtilité. La dilette , & les chagrins
dévorans font les enfans infortunés des raffinemens de
Ja chicane. Boil. Jamais peut-être n'y eut-il plus de
raffinemens , ni plus de conteftations fur la Foi , &
jamais aufll n'y eut-il moins d'humilité dans la Foi,
BouRD. Exhort. II , p. 3çS .
DCr Raffinement, fe dit à peu près dans le même fens
d'un difcours enveloppé, où l'on uie de ménagement
pour ne pas s'expliquer nettement. Les Princes doivent
gouverner lelon les loix & félon les temps d'aujour-
d'hui , &: c'eft fur quoi il faut les inftruire fans détour
& fans raffinement. Montesq.
%fT RAFFINER, v. a. C'eft en général purifier une lubf-
tance, la rendre plus fine <k plus purCj en la d.ga
géant de ce qu'elle a de grolTier «S: d'étranger. F'xpur-
gare. On raffine les métaux en leur donnant plulieurs
fuhons. On fond le cuivre julqu'à quatorze fois pour
le raffiner & le rendre duét'le & doux. On raffine le
falpétrc , le fel , le borax , &c.
Au figuré , ce mot fe prend en bonne & en mnu
vaife part, & fignifie rendre plus fin , plus adr.^it, plus
entendu , du fubtilifer. La plus hcuieufe naiirance a
beloin de l'ufagc du mond'' , qui raffine l'intelligence ,
& qui fubtihfe le bon iens. Eouh. La fagcfte des
Sto'iciens s'occupoir à raffiner les crimes, & à les ren-
dre fpiritucls. M. Esp.
RAF
STT- Raffiner, eft auflî neutre, & fignifie quelquefois
faire des recherches curieufes, des découvertes nou-
velles. C'eft ainfi qu'on dit que les modernes ont
bien raffiné fur les anciens , qu'on raffine tous les
jours fur les arts. Quelquefois il fignifie fubtihler ,
chercher beaucoup' de finelle dans une qucftion,dans
une affiiirc. C'eft Sinfi que ion dit, raffiner fur tout,
raffiner fur le point d'honneur, rûffimcr fur la langue.
A force de raffiner îk d'être délicat fur la langue , on
la rendra ftérile. Les dévots raffinent (ur les confeils,
entre le bien & le mieux. S. EvR.
Raffiner , eft aufti réciproque , & fignifie devenir
plus fin. Le monde fe raffine tous les jours. Se exco-
quunt homines quotidiè. Un homme neuf fe raffine
par l'expérience & par l'ufage du monde.
RAFFINÉ, NÉE. part. Expurgatus , exeoclus. Sucre
raffiné , cuivre raffiné. Il fe dit auftI fort fouvent au
figuré, pour fin, fubtil , rulc. Les cfprits trop raffines
s'évaporent en des imaginations vaines & chimi-ri ue?.
BouH. Il y a des gens h raffinés, qu'il faut t uji urs
être en garde contre eux. Bell. L'amour étoit plus lim-i
pie i!<c plus fidèle dans la vie paftorale, parce qu'on n'y
avoir pas l'efprit fi dangereufement raffiné. La Font.
Cromwel étoit un hypocrite r. ffi.né, autaiit r^u'habile
Politique. FlÉchier. Vous avez le goût trop raffiné.
M. ScuD. Voye-^ les articles préccdens.
RAFFINERIE. ï. f. Manufaâure où Ion raffine le fu-
cre.
RAFFINEUR. f. m. Dans le fens propre , il fignifie ,
celui qui raffine. Raffineur de fucre, de lalpctre. rtcAD.
Franc.
RAFFOLIR. v. n. Devenir fou. Stultejtere. Vous me
feriez n ffioùr. Il eft peu d ulage. '
RJffBONTATI.Lm. (.V pi. GliRaffrontati dt Ferma
en Italie , font une Académie établie en cette vilie.
C'3" RAFFÛTAGE. f. m. Terme de C ha; dur. façon
qu'on donne a un chapeau. / o\e-f Raffuter.
R AFFÛTER un chapeau. 1 erme po(. ulaire. C'tll le rac-
commoder entièrement , lui donntr les grandes raçcns.
Bejîcere. Quand on ne lui donne que le luftre , cela
s'appelle rehouil'er.
RAFIT & RAFITE. Foxe-;^ Raphileux.
IfT RAFLE, f. f. ou RAPE. Terme d'Agriculture. Grap-
pe de railm, dépourvue de les grains. Quand les vi-
gnes couleur, il ne refte que k rafle. Quand on ne
met point les rafles dans la cuve , le vin eff meillem:
& plus prompt a boire. Scapus uvarum.
Du Cange dir que ce mot eft venu du Saxon, eu de
;v,f/?i;7(f, qu'on a dit dans la baffe Latinité pour figni-
fier , emporter de force , piller &c Jaccager. D'autres
dilênt qu'il vient de l'Allemand, rafftn j fignifiant la
même chofe.
^fT Rafle, fe dit aufTi au jeu de dés, quand les dés
qu'on jette amènent le même point. Rafle d'as , ràfl-e
de fix , quand les deux ou les trois dés dont on joue,
viennent tous fur l'as ou fur le fix.
fer Quand on joue à trois rafles comptées, il fnffit
qu'il y ait deux dés qui amènent le mtme point. Pour
faire dix-fept d'une rafle , il faut amener deux fix &
un cinq. Pour faire feize, deux fix i^k: un quatre , &c.
On dit proverbialement au jeu de dés, après rafle ^
gnafle ; pour dire qu'il eff rare de faire deux bons
coups de fuite.
On dit figurément , faire rafle , pour dire , enlever
tout fans rien laifFer. Omnia corradere. Les Sergens ,
les Soldats, les Voleurs onr été dans cette maifon ^ 6c
y ont fait rafle. Il eft du ftyle familier. AcAr. Fr.
§Cr Rafle. 'Terme d'v ifelier tk. de Pêcheurs. C'eft une
cfpèce de filet contremaillé, dont ifs fe ferveur pour
prendre de perits oifeaux Si des poiffons. Rete multi-
plici plexu flnuofum.
RAFLER. V. a. Faire rafle, emporter violemment rout
ce ou'on rriiuve dans une m.iilon. Corradere , auferre.
Il eft du ftvle bas. Quand les Allemands entrent dans
un p.iys, ils raflent tout, ils ne laiffent rien. Dame
Atropos raflera ma vie entre les pots. S. Amant.
Rafler, fe dit auflî figurément d un mauvais vent, d'un
orage qui abar, qui enlevé, 'ui ravage. Afportare ,
auferre. Nous avions de belles efpèrances pour les
I
RAF
fruits de la tenc; m.iis il cft vciui un vciu, une grêle
qui a tout rafle.
Rafler, fc die encore pour, enlever tour l'argent du
Jeu, après avoir tait raHc. Er par cxtenlion,cela fedit
dans d autres Jeux où l'on dit: il a rout raflé , pot'.r '
dire qu'il a gagné tout ce qui éioit fur le Jeu.
Rafler, fe dit encore pour, jouer aux des dans la vue
de décider la partie par la première raHc.
Le Diable fe fianz à fon adrejfe extrême,
Ilaricns, dit-il , à qui l'aura,
La Fortune en décidera.
Pourquoi tous les plaideurs n' en font-ils pas de même?
M. ]Ji:. LA MoNNOYE,/'. 1141;/// T. II du Ménagiana.
RAFLÉ , ÉE. part.
RAFOUR. f. m. Au pays de BrelFe, c'eft un four à
chaux. Fornex cakaria. Voyez Collet lur les Statuts
de cette province, L.I,fecl. r ,p. ^j, col. i,
ffj" RAFKAICHIH. v. a. "qui a plulleurs, fignilîcations
trcs-diftcrentcs. Premièrement il lignifie, rendre Irais.
Frigerare , refrigerare. On mjraicliit le vin', l'eau &
les autres ligueurs. La pluie rafraîchit le tempsi La
glace rafraîchit le vin. _
^ Rafraîchir , en parlant de l'économie animale ,ra-
fraîchir le lang, c'eft le rendre plus calme, en dimi-
nuer la chaleur par les remèdes ou par le régime. Ra-
jraichir les entrailles. L'ufage du Lm rafraîchit le fang.
ffF C'eft encore rétablit les torces par une bonne nour-
riture ou par le repos. Fires reficere. Dans ce lens ,
c'eft oïdinairement un terme de fc,uerre. On met les
ti'Uj'es fatiguées dans de bons quartiers d'hiver pour
le; rafrcîchir.
^3" On dit figurément & familièrement qu'une chofe
rafraîchit le tang , pour dire qu'elle fait plailir , qu'elle
donne de la tranquillité.
fer Rafraîchir , el1: quelquefois fynonyme de répa-
rer. Repanre , rjflaurare, reficere. On rafraîchit un
mur en y mettait un enduit. On rafraîchit une tapif-
ierie en la raccommodant aux endroits où elle eft g.î-
tée , &: en y repall.mt quelques couleurs. On rafraîchit
un tableau en le nettoyant & en y pallant un vefpis qui
lui rend la vivacité des couleurs.
fCF Rafraîchir une place, en termes de guerre , fyno-
nonyme de ravitailler. Rajraîchir une ville alliégée
d'hommes & de munitions , c'eft y faire entrer de
nouvelles troupes & de nouvelles munitions. Com-
tncatus j copias in urhem importare.
^3" Rafraîchir, (yiionyme de renouveler. Rafraî-
chir d quelqu'un la mcmuire d'une chofe. Memoriam
renovare , refricare. Les Romains , non contens d'ap-
• partenir à Venus par Enée, onz rafraîchi leur alliance
avec les Dieux par la fabuleule nailFance de Romulus
qu'ils ont cru fils du Dieu Mars. S. EvR.
§3° Rafraîchir le Canon. Terme de guerre. C'eft
mettte du vinaigre Ik de l'eau dans la volée, après
qu'il a tiré un certain nombre de coups. On rajraîchit
le canon après dix ou douze décharges avec deux
pintes de vinaigre que l'on mêle avec quatre pintes
d'eau , &c. qu'on met dans l'ame du canon , après
avoir bien bouché la lumière; (ans cette précaution , le
canon feroit en danger de crever tk. de s'éventer.
§3" En termes de Mâtine , on dit que le vent fe ra-
fraîchit , o\i fraîchit, quand il redouble ik. devient
plus fort.
Rafraîchir la fourrure , en termes de Marine, c'eft faire
que la garniture qu'on mer* autour d'un cable pour
l'empêcher de le gâter, change de place.
$0° Ce terme a pluheurs acceptions en jardinage. Ra-
fraîchir une couche trop chaude, c'eft la découvrir.
Rafraîchir une plante qui languit, c'eft l'arrofer. Ra-
jraîchir le buis d'un parterre , c'eft le tondre. Rafraî-
chir les racines d'un arbre , c'eft couper l'extrémité des
racines, qui avoient déjà été coupées, mais qui s'é-
toient un peu féch'es, parce qu'on n'avoit pas planté
affez promptement. Précaution nécellaire pour que
les racines fe portent bien. Il ne faut point planter un
arbre , fans en rafraîchir les racines &c les bran-
ches.
K AF
IZ5'
iÇ? Rafraîchir le giain. Terme de Braftcur C'eft lui
donner de l'eau nouvelle, lorfqu'il ell à moitié trempé.
§3" Rafraîchir eft aulli neutre , 6c fignific devenir
frais. Allons faire un tour tandis que le vin rajraîchit-
I^J" On l'emploie dans le même fens .avec le pronom
pcrfonnel. L'air, le temps fc rafraîchit.
(K>' Se rafraîchir fignific aulli , boire un coup , prendre
un peu de repos quand on eft fatigué. Après vos cour-
(es, venez vous rajraîchir chez moi.
RAFRAICHI, lE. part. Refrigeratus , renovatus , re-
paratus.
RAFRAICHISSANT, ANTE. Qui rafraîchit. Refrige-
ratorius, refrigerans.
^fT Ce terme eit appliqué en Médecine à certains re-
mèdes que l'on croit capables de ramener à l'état na-
turel la chaleur excelîive , contre nature , de calmer
l'agitation des humeurs. Le nénuphar eft rajraîchif-
fant. Les quatre iemences froides (ont rajraîchtffan-
tes. Alors il eft (ouvent employé comme fubltantif.
Les rafraîchijfans font d'un grand ufage dans les ma-
ladies aiguës. Les raj'raîchijjans font internes ou ex-
ternes.
yj^ En Chirurgie les rafraîchijfans font certains médi-
camens propres à tempérer la chaleur extraordinaire
qu'on (eut dans quelque partie du corps. Telles (ont
les lotions faites avec le fuc de laitue, de pourpier,
l'eau de plantain, de nénuphar, &c. l'onguent de cé-
rule , le cérat de Julien , &c. Ces remèdes relTerreni:
les folides ou les dilpofent à fe contraèter, &c dimi-
nuent le mouvement inteftin des fluides.
RAFRAICHISSEMENT, f m. Ce qui rafi.aîchit. Re-
frigcratio. Ce malade a beloin de prendre du rafraî^
chiffement.
ïfJ' C'eft aulli l'effet de ce qui rafr.aîchit. Le trop de
rafraîchijfement eft fouvent nuifible.
Ip? Tranlporté au figuré, ce mot défigne le recouvre-
ment des forces par le repos tk les bons traitemens. On
le dit particulièrement des troupes, Fatigati exercitûs
rejeclio. L'année a beloin de rafraîchi£'ement. Quar-
tier de rajraîchijfcment. Voy. Quartier.
§Cr Au pluriel on le dit des viandes, des fruits, des
confitures , des liqueurs & autres chofes femblables
dont on régale un Prince, un Amballadeur à fon ar-
rivée ou à fon padage. La ville a envoyé des rafraî-
chijjemens à l'Amballadeur à fon palfage.
*j Sur mer on appelle rafraîchijfemens , tous les ali-
mens frais , ditiérens de ceux qu'on porte dans les
vailfeaux, qui (ont ordinairemenr ou fecs ou falés. La
flotte aborda en tel endroit pour prendre des rafraî-
chiflemens.
Rafraîchissement des Philosophes. En termes de
Philofophie hermétique. C'eft cuire la nature julqu'à
ce qu'elle (oit paifaite. Dict. Hermét.
tfT RAFRAICHISSOIR. f. m. Vafe où l'on f.iit rafraî-
chir des liqueurs. Fas frigidarium , ou rej'rigerato-
rium. Au lieu de la glace que l'on ne trouve pas tou-
jours, &: dont l'ufage ne convient pas à toutes fottes
d'eftomacs , & qui périt par l'ufage même qu'on en
fait; on peut employer des fels qui jettes dans le ra-
fraîchijfoir mettent l'eau prefque au degré du froid
de la glace. On peut tirer ce fervice du fel marin , 6c
encore mieux du (el ammoniac.
RAFRAICHISSOIR. f. m. Terme de Sucrerie. On nom-
me ainfi aux Iles Antilles Françoifes, un vaifleau de
cuivre rouge, dans lequel les Ouvriers en fucre met-
tent rafraîchir les firops qu'on a travaillés en fucre
blanc.
R A G.
RAGAILLARDIR , v. a. dont on fe fert dans le ftyle
familier , pour dire , redonner de la gaieté. Hilario-
rern efficere , reddere. La nouvelle d'une grande (uc-
cellîon ragaillardit un homme que la misère prelTe.
RAGAILLARDI, lE. part.
RAGAS. f. m. Vieux mot qui fignifioit autrefois une
inondation caufée par une pluie violente , ou par une
chute d'un torrent. Alluvies , eluvies , illuvies. Il eft
encore fort en ufage dans les provinces. On die aulK
^g'i'-fl, Agafte.
1 z6
RAG
SAGBIL. Ville du Royaume de Ganah, dans le pays
des Ncgies , fui' le bord d'un Lac que les gens du pays
appellent BaJié - Albalou, Aftr douce , paice que (ly
eaux ne font point lalées , comme celles des autres
Lacs de ce pays là.
RAGE. r. F. Maladie qui ôte laraifon; délire furieux ,
l'ouvcnt fans fièvre, ëc qui revient ordinairement par
accès. Raines. On l'appelle autrement hydrophooie.
Foye^ ce mot. Balde, fameux Jurilconkike, mouuit
de la rage , quatre mois après avoir été mordu à la
lèvre par un petit chien. On dit la même chofe de
Diogène le Cynique. La rage vient d'elle-même aux
chiens , & à quelques autres animaux , & lar - tout
■ dans les grandes chaleurs. La marque de la rage, c'cfi:
lorfqu'un chien ne veut ni boire ni manger, qu'il
écume par la gueule & par les nazeaux, qu'il a un
regard morne ik de travers, qu'il fe jette (ans .ibboyer
furie premier qu'il rencontre, foit homme, loit bc-
te , connu ou inconnu. Galien dit qu'elle n'eft propre
qu'aux chiens, quoiqu'elle arrive au(îi aux chevaux,
chameaux tic mulets, aux renards, fouines, belettes,
furets, martes, 6c. FJle peut être communiquée aux
hommes par la morfine. La rage eil incurable, lorl-
que le malade eft venu julqu'a craindre l'eau. Palma-
rius a écrit de la morfure d'un chien enragé , & fait
mention d'une poudre contre la rage inventée par Pi-
lou. On dit que le poil d'un chien enragé mis lur la
morfure qu'il a faite , attire le venin & la guérit. Un
Médecin de Roftoch a réfuté cette erreur populaire ,
& montré que ce remède étoit plus- capable de faire
du mal que du bien.
On appelle rage blanche, la rage ordinaire, ou le
chien enragé écume & mord -, &z rage mue , la rage
où l'animal écume. Si ne mord point. L'Acad.
Rage, fe dit auffi de toute douleur violente. Dolor ^
cruciatus. Le mal de dents eft une rage.
Rage, fe dit figurément en Morale, de toutes les paf-
fions outrées ; de la haine, de l'amour, de la colère,
de la cruauté excellîve. Furor , effntnata pajjio. On
aime & on hait à la rage, jufqu'à \^.ragc. Exprelîions
du rtyle familier. Le Tyran poulla la haine julqu'à
la rage : à la fin fa rage fe tourna en pitié. Une fem-
ine qui a fait des avances, s'en fouvient avec rage ,
/î elle n'a pas iujet de s'en fouvenir avec plaifir. S.
RÉal. La colère uniquement attentive à fatisfaire fa
ra^Cj s'enveloppe luuvent dans la ruine de ceux qu'elle
veut perdre. M. S. Son dépit n'alloit pas loin del.i rage.
G. G. Il a la nz^e dans le cœur. Il écume de rage.
Il dît aux ajlres innocens.
Tout ce que fait dire la rage ,
Quand elle eft maîtfejfe des fens. S. EvR.
Mon ennemi tranquille
Jouira dans fon cœur de ma rage inutile. Boit.
Rage , s'emploie quelquefois pour louer, ou bl.rmerunc
aélion, mais en termes familiers, cet Avocat a fait
rage pour fa partie , il a bien plaidé. Mira prsflare.
Ce Dotleur a fait rage pour (outenir ion opinion ;
c'eft à-dire, il a fiit de grands eftorts ; il a agi avec
chaleur Va.htrage , lignifie encore faire un grand dé-
fordre. Les loldats font entrés chez lui , bc ils y ont
fait rage. Dire la rage de quelqu'un, c'eft en médire
& le déchirer cruellement.
Rage, fe dit aullî d'une furieufe envie de faire, ou de
dire quelque chofe. Cacoethes. Un Poète à la rage
de faire des vers. Je ne fai quelle rage le pofsède de
vouloir écrire , puifqu'il y réullît fi mal. Il a eu la rage
de parler. On dit aullî , il y a de la rage à cela, quand
on veut marquer l'excès d'une chofe. Il paffe toutes
les nuits à jouer , il y a de la rage à cela. Il le ruine
à acheter des tableaux , il y a de la rage à cela.
^fT On dit de même avoir la rage du jeu, des tableaux,
&c. pour dire , une grande palîion. Toutes ces façons
de parler ne font que de la converfrtion.
Rage, fe dit proverbialement en ces.phrafes. Qui veut
noyer Ion chien l'accnfe de la ras^c ; pour dire, que
quand on veut faire une mauvaife querelle à quel-
RAG
qu'un, on ne manque jamais de prétexte. On ditaufîî,
qu'on fait rage de les pieds toitus, pour dire, qu'on
s'évertue à faire des choies, quoiqu'on n'y ait pas de
dilpoiltion naturelle.
^fT Rages ne fe dit plus au pluriel. Je ne fais pour-
quoi , dit Voltaire; car il faiioit un très- bel cfFci dans
Malherbe Se dans Corneille. Craignons d'appauvrie
notre langue.
Ce mot vient de rabies.
RAGEMEHALE. Ville des Indes à la droite du Gange,
dans les Etats du Mogol , au royaume de Bengale.
RAGEPUTE. f m. Soldat Indien. Sorte de milice dans
les Indes. Miles Indus. Les troupes que Rana oppola
à Tamerlan étoient toutes compofées de ces ioldats
Rageputes qui palfent au.x Indes pour des hommes in-
iurmontables. P. Catrou.
RAGES. Ville de Médie, fituée fur les montagnes d'Ec-
batanes.
R.ÂGGIVOLO. Nom d'un bourg de la Lombardie. Rag-
givolum. Il eft diiis le Mantouan , entre Mantoue Se
Régio , à quinze lieues de chacune. On conjeélure
que les Réglâtes , peuple de la Gaule Cifalpine , en
étoient les habitans, & que fon nom en ef1: une mar-
que. Mat Y.
RAGLINS, ou RATIN. Nom d'une île d'Irlande. Ri-
cina, Ricnea. Elle n'eft féparée de la côte feptentrio-
nale du Comté d'Antrim , que par un petit détroit.
Il n'v a qu'un château & quelques villages. Mat y.
RAGOT, OTE. adj. Qui eft de petite taille, court &
gros. Hommt ragot. Femme ragote. Et fubftantive-
ment , c'eft un ragot ^ une pcûie ragote. Style de coii-
verlation.
%CT En termes de Maréchalleiie on le dit des chevaux
qui ont les jambes courtes , la taille renforcée , &: lar-
ge du côté de la croupe. Humili & corpulentâftatuil
equus. Il diffère du gouflaut, en ce que le gouffaut a
l'encolure plus épaifle. On appelle aulli en termes de
chalfe Ragot , un fanglier qui fort de compagnie ,
quand il a deux ans. Bimus aper.
Ragot j en termes de Charretier, fe dit du crochet qui
eft au limon d'une charette , où l'on attache l'avaloire
qui iert à faire reculer. Uncus helciarius.
RAGOTER. V. n. Gronder & murmurer auprès de quel-
qu'un , de forte que cela 1 incommode. OhmuQare ,
muffitare. Ce mari évite fa femme, parce qu'elle vient
toujours ragoter auprès de lui. Ce terme eft populaire
& trivial.
RAGOUISTE. f. m. Cuifînier de bon goût, qui fait de
bons ragoûts. Dicl. des Arts , Ijjt. Un tel mot a
befoin de toute l'autorité de 1 illulf re Académicien qui
nous a procuré cette édition du Diûionnaire des Arts:
encore n'a-t-il pu le faire palFer.
RAGOUT, f m. Sauce, alîaifonnement pour donner de
l'appétit à ceux qui l'ont perdu, ou pour le réveiller,
quand il eft émoulfé. Condimentum , conditura. On
le dit aulli du mets même affaifonné pour irriter le
goût, ou exciter l'appétit. La gourmandife a invente
mille ragoûts nuifibles à la fanté. Voilà un merveil-
leux, un excellent ragoût. Les Anciens faifoienc un ra-
goût qu'ils appeloient garum , de la pourriture des
tripes d'un certain poifTon, qu'on gardoit jufqu'à ce
que la corruption le fit fondre. C'étoit chez eux une
friandife li eftimée , que ion prrx égaloit celui des
plus excellens parfums, à ce que dit Pline.
Ragoût , fe dit figurément des chofes qui excitent, irri-
tent d'autres defirs que ceux de l'.appétit. Rafinement
delà volupté, plaifir, fentiment, qui pique l'eipric,
qui excite les pallions aftoibiies. Irritamentum guU ,
animi, voluptatis. C'eft un ragoût pour les personnes
vaines, de faire entendre qu'on les choilit pour leur
faire confidence. Bell. De quel ragoût peuvent être
les grands noms. Se les biens delà fortune, dans le
commerce où l'on ne cherche que les richelTès de la
nature î Dac. Il vous faut donc le ragoût d'un Ga-
lant î Mol.
Une pointe de jaloujîe
EJl un ragoût de grande utilité. Vill.
RAGf
Une humeur un peu hifarre
Sert de ragoùr à l'Amour. La Sabl.
RAGOUTANT, ANTE. adj. Qui donne de l'appâir,
qui ratjuikc. Une birqiiebiun Faite tft un plat bien ra-
goûCiinc.CuJlutn'ur'uans , wove/iSj uugens , provo-
cans.
Ragoûtant , fc dit aulll figua-ment pour dire agréa-
ble; {Cr qui intcrelTe, qui Hattc. Jucundus , ^ratus.
Une parure rdooiuante. Une pliylionomic ragoûtante^
' qui a quelque cliofe de ragoûtant.
§Cr On dit d'une ciiL>fe qui ne donne que de la peine
& du dJgoût, qu'elle n'elt pas ragoûtante. Le métier
de plaideur eft une choie peu ragoûtante.
RAGOUTER. v. a. Renouveller l'appétit, remettre en
goût. Appetltum conc'diare , adducere. Il eft dilticile
de ragouter un malade. Il efl: aulH réciproque. Un ma-
lade fait ce qu'il peut pour le ragouter.^
Ragouter , le dit aulli figurément en choies fpirituelles,
(ScfigniHe, faire renaître l'envie, le goût, le lentiment.
(K? réveiller le dehr. Dcfîderium excitare , rejujcita-
re. Cet homme ell infenllblc à tout ce qui le touche
le plus : il lui faut quelque chofe de nouveau, pour le
ragouter.
RAG0UTÉ,ÉE. part.
RAGRAFFER. v. a. & rédupl. Rattacher avec des agraf-
fes. Affibulare. Il faut ragraffer cette Juppé , cette
montre. (fT Ce mot qui ne iè trouve point dans le
Diétionnaire de lAcadcmie, ni même dans les autres
a été inféré dans le Diélionnaire Encyclopédique. Je
ne vois rien qui empêche de s'en lervir.
RAGRAFFÉ , ÈE. part.
RAGRANDIR. v. a. Faire plus grand. Dilatare , gran-
dius facere. Quand un trou n'efl: pas alFez grand pour
y faire entrer un boulon, il taut le ragrandir ivcç. la
tanière. L'Acadcmie ni aucun autre Diétionnaire ne
fait mention de ce mot, excepté l'Encyclopédie.
RAGRANi)I,IE. participe.
RAGRÉÉ , É£E. adj. On appelle pierte ragréée au fer ^
celle qui a été repalTée au riHart.
■RAGRÉÉMENT. f. m. L'Académie écrit ra^rément.
Terme d'Architecture, & d'autres Arts. Aélion de ra-
gréer , ou 1 effet qui en rélulte. Concïnnatïo. Faire un
ra^réement. Daviler. Voye\ RagpÉer.
RAGRfcER. V. a. Terme d'Architedure. C'ell, après
qu'un bâtiment eft tait , repalfer le marteau & le fer
fur les paremens des murs , pour les rendre plus unis
& en ôter les balèvres. Concinnare , aptare. Ragréer
un mur.
Ce mot fîgnifie encore , mettre la dernière main à
un ouvrage de menuiferie , de fcrrurerie , &c. Manum
fummam , ultïmam ïmponere. On dit aulli , faire un
ragréement, poat ragréer. Daviler.
RagrÉer. Terme de Jardinier. Il fe dit des branches
des arbres qui ont été fciées. C'eft couper avec la
fcrpette la fuperfîcie de cette partie fciée,& comme
brûlée par le mouvement de la fcie. Cultro concin-
nare. Il faut raiiréer les parties fciées, parce qu'elles
pourriroient autrement, .Si ne fc recouvriroient jamais.
La :.,'uint.
Se RAGRïEa, en termes de Marine, c'eft réparer quel-
que chofe qui manque , s'en pourvoir de nouveau.
Réparât e , reflïtuere , ïterum comparare Jiln. Quel-
ques-uns écrivent r agréer. Nous travaillâmes enfuite
' à faire des vivres, de l'eau & du bois, & à nous fa-
gréer d'une grande vergue, & d'un mât d'artimon,
qui étoit hors de fetvice. FrÉzier, p. 271. On dit
fe ras,réer.
RAGUÉ. adj. Terme de Marine. Ce mot fe dit d'un ca-
ble Src de tout autre cordage , gâté, écorché ou coupé.
Rudens détritus. Cable rapué.
RAGUET. f. m. C'eft une forte de petite morue verte.
RAGUSA. Nom d'un ancien Bourg de la Sicile. Baoufa ^
anciennement Wibla minor, Hurea. Il eft dans la val-
lée de Noto , près de la rivière de Maulo , à 5 lieues
de fon embouchure dans la Mer d'Afrique. iVIaty.
Ragusa. Rivière. Voye-^ Maulo.
RAGUSAN. Noiai du terricoire de Ragufe,dc l'Etat de
RAJ 127
Ragufe, République de la D.almatie. Bagufina dïtio.
Le liagujan peut avoir vingt-deux liiucs de long, de
Il côte du golfe de Venifc, &: huit d.ans la plus grande
largeur: les îles de Mélcda .ïc de Curzola dépendent
de cette République, qui eft fc us la piottdtion du
Turc; & fcs lieux pnncii-au/. fut Hagulc capitale,
& itagno. Matv.
R AGUSE , ou DOBRONIK. Nom de la ville capitale du
Ragulan, en l^alniatie. J agijia yRagi.Jium ^amuqUïs
Raii^ium , Rhau^iur7i.lè\\ç eltlur une petite prcfqu'ile
baignée -par le golfe de Vcnife, a dix fept litues de
Cattaro, vers le couchant. P^agufc n'eft pas une gran-
de ville, (^n ne lui d .nue au plus que dtux milles de
circuit : elle eft bien bâiic , mais (ans magnificence.
Elle eft forte , piincipalement par fa luu.inon, ayant
du côté de la terre une montagne inacceliible, &
étant défendue par un bon Fort du côté de la Mer.
I-lle eif Archiépilcopale, &- République, tributaire du
Turc, à qui elle paye izjoo écus de Hongrie par an,
moyennant laquelle fumme les Ragufans font exempts
de tout tribut , & de toutes charges dans les Etats du
Grand Seigneur, où ils font beaucoup de commerce.
Cette République a fon Doge comme celle de Venilc:
mais pour l'empêche): de rien entreprendre contre la
liberté du pays, on ne le lailFe qu'un mois en charge.
Ragufe eft fujette aux tremblemens de terre. Elle en
fut ébranlée l'an 1634, & fort endommagée lan 1667.
On voit à deux lieux de Ragufe, vers le levant, le
village de Ragufivecchio , qui eft l'ancienne Epldatt-
rus , ou Epidauruin, des ruines de laquelle la nouvelle
Ragufe a été bâtie. Mat y.
RAGUSIEN, ENNE. adj. m. c\- f. Qui eft de Ragufe.
Raguflanus jRagufanus , a. Les Ragufïens font tribu-
taires du Turc. La pliîpart des Ragi.Jiennes font de
belle taille.
RAGUSCIS, OISE. adj. m. & f. Nom de peuple, qui
eft de Ragufe. Ragufanus , Ragujîanus j a. M. Cor-
neille dans fon Diétionnaire Géographique , dit tou-
jours Ragufois. Vis-à-vis du château de Ragufe, on
voit un écueil, qu'on appelle ordinairement Chiroma^
capable de nuire tant au port qii'à la ville de Ragufe.
Il appartient aux Vénitiens, qui ont toujours refufé
de le vendre aux Ragufois , quelque prix qu'ils en
ayent offert. Corneille. Les Ragufois ont un Duc ou
Chef, appelé Recleur , qui eft élu par le Confeil, ôc
qui demeure au Palais pendant un mois , après quoi
il eft démis de fa charge. Id. Les Ragufois parlent
communément Efclavon , & ont connoiflance de la
langue Italienne, principalement les honnêtes gens. Id.
Les Ragufois (uivent en tout la créance & les cérémo-
nies de l'Eglife Romaine, fi ce n'eft qu'après avoir die
à la Melfe l'Evangile en latin, ils le redifent en Ef-
clavon. Id. LesRagufois payent tribut aux Turcs qu'ils
craignent , aux Vénitiens qu'ils haVlfcnt , au Pape , k
l'Emperei;r & au Roi d'Efpagne, par confidération.
Dictionnaire de Moréri.
R A H.
R AH H ANC. Vieux mot. Des chofes. Borel.
R A L
RAJA. f. m. Terme de Relation. Roi ou Prince idolâtre
des Indiens. PeX:, oa Princeps Indus. Les Rajas font
les rcftes des Princes qui régnoient aux Indes , avant
la conquête des Mcgols. lly a encore quelques /\7/ûj
qui ont confervé dans les montagnes quelque forte de
fouveraineté. Les Indiens les appellent /,'<:/; les Fer-
fans, au plurier, Païan: & nos Voyageurs les nom-
ment communément P^ajac , ou Pagias , d'Herbelot,
mais plus communément Rajas. Les plus grands Sei-
gneurs du Mogol, c'eft-à-dire, les Vicerois, les Gou-
verneurs de Province, le premier Miniftre & le Secré-
taire d'Etat s'appellent Omhras , Ik tiennent le pre-
mier rang dans l'Etat. Les Pajas idolâtres, ou les Sei-
gneurs Indiens qui gouveiiioient un petit Etat avant
la conquête de leur pavs , ont le rang des f'mhias à
la Cour. Il y a cette différence entre eux tk les Oitih-
îz8
RAî
RAJ
ras, que les enf:ins des Rajas fuccèdent à leurs pcies
dans l'elpcce de louveraineté qu'on leut a confcvce,
& que les cubas des Omhias Mahomécans perdent
tour en perdant leurs pères. Catrou , fl/Jf. du Mo-
gcl. Les Indiens comptent quatre âges depuis le com-
mencement du monde, & dans le (econd âge qui a
dure 1196000 ans, ils mettent les Rajas _, ou Kcha-
trys, cafte noble, mais inf-érieure à celle des Brames.
Le vice commença alors à le glilTcr dans le monde.
Les hommes vivoient jufqu'à 500 ans, & leur taille
n'ctoit pas II grande que dans le premier âge. Lettres
Edif. & Cur. Rec. X,p. j'^?, ^4-
RAJACE, ou RAPASSE. Pierre dure, fort blanche ef-
fort nette, propre à faire des hgures. On n'en connoit
plus les carrières. L'Hôtel B.irrault, & les Autels de la
Chapelle des Chevaliers d'Angers en lont. Dicl. des
Arts. 175 1.
RAJALDUTO. Nom d'un bourg de la vallée de Démo-
na, en Sicile. Rayhalbutum. Il ell: fur h rivière de Ja-
retra, à 4 lieues du pied du Mont-Gibcl. Quelques
Géographes pïennent Raj a/buto pour l'ancienne petite
ville Sergentium îk Hergentum , que d'autres placent
à Citadella, lieu ruiné de la vallée de Noto, à trois
lieues de celui-ci, vers le midi. Maty.
RAJAMBER. v. n. Enjamber de nouveau. Si la main
tout exprclfe de Dieu fait rajamber les malades vers
le monde, les Médecins l'attribuent aullî-tôt à la vertu
des réfrigératifs. Cyrano deBerg. T.I, p. i ÛS , i ûç^,
'mauvais modèle à fuivre.
tfT RAJAPOUR. Ville des Indes, au royaume de Vi-
fapour, près de la côte de Malabar, environ à vingt
lieues de Goa.
f^fl" Il y a une ville de même nom , aflez confidérable,
dans les Etats du Grand Mogol, dans la province de
Becar.
§CF Et une autre , maintenant ruinée , dans le royaume
de Guzerat. On la nommoit autrefois Brodra , eu
Broudra.
i^ Ce mot fignifie en Indien la ville royale, & la ca-
pitale oii quelque Prince Indien fait (.\ léfidence.
RAJAS. Nom d'un village de la CaftUle nouvelle en Ef-
pagne. Raja. On le met entre Madrid iX' Siguença , &
on le prend pour l'ancienne Thcrmida , peti.te ville
des Carpétans. Maty.
RAICHER, ou RESCHER. v. a. C'eft un terme donton
fe {ert en Normandie pour exprimer la recherche qu'on
fair dans les arbres des pommes & poires, que ceux
qui les ont cueillies y ont lailfc par mégarde ou né-
gligence. C'eft à l'égard des fruits dont les Normands
font leur boiffon , ce qu'on zp\pç\\c glaner par r.ipport
aux grains, &^rt7/7i//e/' par rapport aux railîns. Quel-
que précaution qu'on prenne en cueillant les fruits ,
il en refte toujours à raicher.
RAIE. f. f. Poilfon de mer plat & cartilagineux. Raia.
Le fquelete d'une raie eft un vrai monftre q-ui fait peur.
Le foie de la raie eft excellent à manger. §C? On di-
vi(e les raies en trois dalles. La première, comprend
les raies-lijjes , c'cft-à-dire, celles qui n'ont point d'ai
guillons (ur les ailes , Se peu fur le corps ik fur la
queue. Raia Uvis. La féconde , comprend les raies
étoiUes -, ainfi nommées, parce qu'elles ont fur lafrce
lupérieure du corps des taches qui ont la figure d'une
étoile. Raia ajlerias. La troilîème, comprend celles
auxquelles on a donné le nom de piquantes , parce
qu'elles ont tout le corps couvert d'aiguillons. Raia
afpera , aculeata. Il y a une grolfe efpèce de raie qu'on
appelle de l'ange , qui eft plus dure que l'ordinaire.
Le long de la côte des Abyflins il fc trouve des raies
plus longues qu'un bateau , & larges à proportion ,
dont la peau eftfi dure , que le harpon n'y peut mor-
dre. Recueil de ThÉvenot. Dans les mers de l'A-
mérique il y a des raies de plufieurs figures c\: allez fin-
gulières. Hippocrate fait mention de ce poilfon , & il
recommande la langue comme un pclfaire convena-
ble dans le cas où les règles font trop abondantes.
On appelle raie de turbot , une certaine forte de
raie qui eft plus grofle que l'autre. Acad. Fr.
RAIE, eft aulli une hgne ou trair tracé avec la plumeou
le ginceau , ou autre chcfe , qui fert à divifer &c fé-
parcrles cKofes. Linea , duclus.\PT On tire, on fai-
une raieiviï dup.ipier, fur un plancher, lur une mu-
raille. Pour cftacer un mot , une ligne , on tire une
raie deltus. Les livres des Marchands ont diftérentes
raies pour marquer la féparation des chiffres luivaiit
leur valeur.
Ce mot vient du Latin radia , dit pour radius- MÉ:;.
Raie, fe dit aulîi de tous les autres traitsenlignedroirc,
qui marquent , qui léparent , ou qui diverfifient les
choies, ifF ioit naturels , tels que ceux qu'on voit lur
la peau 'de quelques animaux ; foit artificiels, tels que
ceux qu'on voit lur quelques étoffes. Le velours âdeux.
ou trois poils le marque par les raies de couleur qui
(ont fur la lilière. On fait des taffetas , des brocards
rayés , pour en féparer les différentes couleurs. Les tu-
lipes qui n'ont limplement que de petites raies j ne
' {ont pas eftimées. Marbre marqué de raies noires.
if^ On appelle aulîi raid la léparation des cheveux qui
fc lait lur la ic[c. Autrefois les femmes le coeftoienc
à la raie,
0Cr On appelle populairement raie du cul , la fépara-
tion qui eft entre les deux feffes. Radius intcr dunes.
Je voudrois qu'on dit interclunium , comm.e on dit
intercolumnium , interjlaj.ulum , &c. elpace entre
deux colonnes, l'enrre-deux des épaules.
Raie, en termes d'Agriculture , te du de l'enfoncemer.t
qu'on fait en labourant la terre, la fcparation qui eft
entre deux filions. Sukus , firiga. En quelques lieux
on les appelle rais. Du Cange dit que ce mot vient
de riga, on friga ., qu'on a dit pour lignifier un/.'-
lon ■ ce qui eft dérivé de rigor , qui lignifie- tout ce
qui eft labouré en droite ligne , ou , félon Frortin ,
tout ce qui eft entre deux lignes droites. Ki, De Lau-
riere dit que ce lont les lillons qu'on ncmmoit raies ^
parce que ce (ont des raies ou rayons qu'on trace (ur
la terre , en la fendant avec le foc de la charrue.
#J' On veut dans 1 Encyclopédie que l'on appelle aulTî
raies , ces barres de bois qui partent du moyeu d'une
roue , ôc (e terminent dans les jantes. Mais le nom de
ces pièces, eft rais l.m. &non pas raie, f. f.
Raie, fe dit aulli d'une marque ou borne, au-delà de
laquelle on ne doit point paila:. Sukus dijlerminans.
Ces -deux champs (ont divilés par une raie qui leur
fert de borne. Les enfans ont plufieurs jeux où il ne
faut pas palier la raii. Quelques uns croient que cette
façon de parler a Popilius Lcnas pour Auteur, lequel
ayant été envoyé en ambailade vers Antiochus , il lui
donna ordre de lever le fiége d'Alexandrie, où il te-
noit alliégé Ptolomée Philométor roi d'Egypte, & il
fit un cercle autour de lui avec une baguette' qu'il te-
iioit à la main , en lui commandant de dire clairement
(a réponfe avant que depafter \\raie, & de (ortir de
ce cercle : ce qui étonna tellement Antiochus , qu'il
leva le fiége. D'autres donnent une origine récente Se
burlelque à ce proverbe.
*^ A LA Raie : façon de parler adverbiale , qui fignihe
l'un portant l'autre ; le bon compenfant le mauvais.
Les chevaux de cette troupe coûtent cinquante pif-
toles à la raie. Cette locution vieillit.
RAJEUNIR. V. a. & n. Faire devenir jeune , ou deve-
nir jeune ; §C? redonner ou reprer.dre la jeunellc. An-
nos renovare yrevirefcere , iteriim juvenefcere , primes
annos recolligere. On a feint qu'il y avoitune fontaine
de Jouvence qui avoir pouvoir de rajeunir. La Fable
a dit que Médée avoir rajeuni Efon. Vopilcus Fortu-
natus Plempius dans le livre qu'il a fait des Fondemens
de la Médecine , (outient qu'on peut naturellement
rajeunir , & cite l'hiftoire d'un funeux Gentilhomme
Indien , qui vécut 5 40 ans ; tk. qui rajeunit par trois
fois; S< celle d'un miniftre d'Angleterre, qui , à l'âge
de cent ans fut guéri de toutes les incommodités de
la vieillelle qu'il avoit fenties; illui poullîa des denrs
nouvelles, les cheveux lui revinrent, (a vue fe forti-
fia , & il ne mourut qu'à 1 1 4 ans. fKF Pour croire au
rajeuniffement , il faut être entêté des rêveries des Al-
chimiftes , qui prétendent opérer ce merveilleux chan-
gement par le moyen de la Médecine univerlelle , cet
élixir incomparable auquel ils donnent des titres fi (af-
tueux. Quand on dit que le (erpent rajeunit tous les
ans.
îlAî
zn<; , on ciirend qn'il quitte ia vieille peau; ma"?
il n'en devient p.is plus jeune. La perruque le nijcunu
de vingt ans.
Kajeunir, le dit de même au figuré. La nature rajcit-
iiitau printemps, quand elle reverdir , &c prend une
lîoiivcHe parure. L'enjouement de cette jeune femme
rajeunit l'on vieux mari. Scar. Une mcre qui .a pallé
fcs plus Ix'lles année'; dans les plailirs, s'applique à
donner à la lîlle l'elpnt du monde, r.avie de voirr.z-
jeunir, pour ainli dire , fa vanité dans celle qu'elle mi-
pirc à cette amc (ans expérience. Fléch. L'cxprelîîon
fèrt quelquefois à rajeunir les peniées , ou du moins
à les faire parokre nouvelles. Bouh.
^^^ Rajeunir, fe dit de racnie avec le pronom perfon-
ncl. Je trouvai la converfation occupée par dcuxlem-
mes qui avoicnt travaillées tout le matin à /t rajeu-
nir, celfàdac, à le donner un air de jeunelîe.
JIajeunir, ellaulli un terme de Jaidinier qui fignifie ,
renouveler, licnovare. «^" Pour rajeunir un aibre ,
ou retranche , autant qu'il eft poflible, le vieux bois,
& on le taille, on l'établit fur le nouveau.
RAJEUNI , lE. part. palf. & adj. Renovatus.
RAJEUNISSEMENT, f.m. Adlion par laquelle on r.tjeti-
nit, ou état de celui qui rajeunit. Rcditus in juventu-
tisflùrem. Le rajeunijjenienc d'Elon fait par Médée
eft purement fabuleux.
RAIFORT, f. m. Plante qui poulTe des feuilles grandes,
larges , rudes, découpées profondénient , feniblables à
celles de la rave, mais un peu plus llnueufes. Il s'élève
d'entre elles des tiges à la hauteur d'un pied & demi ,
ou de deux pieds , qui portent des fleurs à quatre
feuilles , de couleur purpurine , difpolécs en croix.
Lorlque les Heurs font palTées , il leur fuccède des
fruits femblables, en quelque manière, à une corne.
Ces fruits font d'une fubftance fpongieufe , & renter
ment des femences ptefque rondes, rouges. Sa racine
elf longue , grolfe , quelquefois plus , quelquefois
moins charnue, blanche ou rouge, d'un goik .acre iJc
piquant. En Latin raphanus major orhicularis vel ro-
tundus. C. Bauh. La racine de raifort sA propre pour
la pierre, pour la colique néphrétique , pour les obf-
truélions, pour le fcorbut : elle elf aullî bonne à man-
ger, quelques-uns font venir ce mot de radix jortis.
^3" Il y a deux efpèces de raifort , le cultivé qui eft
connu a Paris fous le nom de rave ou de radix ; & le
lauv.igc que l'on appelle aulli cran.
RAIGÎILbiiEKG. Seigneurie d'Allemagne dans l'Evcché
de Wurtzbourg.
RAIGNE. 'Vieux mot. f. f. Reine. Beaina. Borel.
C'^ RAILLER. V. a. Tourner quelqu'un en ridicule.
Cavillarl, ludifiearl. Railler finement , délicatement ,
agféablement, grolîièrement. Fuyez un homme qui
raille tout le monde, & qui ne peut fouffrir qu'on le
raille. Quand on eft fage , on ne raille ni les grands ,
ni ceux qu'il y a danger de railler, ni fes amis, ni un
ordre, ni unenation.THiERs. i?ai//êr quelqu'un d'une
chofe. On la raillé là-dellus.
Railler, quand il efl: neutre, fe dit également des cho-
fes&desperlonnes.i?iji//t?/'de tout le monde. Railler
de tour. Bailler des choies les plus laintèS» Il eft per-
mis à la fatire de railler , mais non pas de choquer
& de médire. Il faut plus à'tfyntïrailler délicatement,
qu'il lî'en faut à faire des chofes qui paroiirent plus ditlà-
ciles. M. Se. Si un honnête homme raille quelquefois,
fa gaieté ne tend qu'à div^itir ceux même qu'elle met
en jeu. M. le Ch. de M. Il eft plus siir & plus
honnête de ne point railler. Le Roi a avoue qu'il n'a-
voit jarniais voulu s'abandonner au plaifir de railler ,
parce qu'il eft injufte de vouloir railler fans être raillé^
à quoi un Roi ne doit jamais fe commettre. M. Se.
Railler, fe dit aullî limDlement pour, badiner. Jocari.
11 ne parle pas férieulement, il raille. Il ne faut pas
croire que dins la converfation il foit permis de dire
un mauvais rnot en raillant : ou , li on le dit , il faut
avoir grand loin de faire connoitre par le ton de la
voix, qu'on ledit pour badiner; de plus il n'en faut pas
faire un m'tier, autrement on fe rendroit infupporta-
ble aux gens de Cour , qui ne font pas accoutumés à
ces loTes de mots. Entre lesfaulfes galanteries celle-ci
Tome VU.
RAI 119
eft desprtmicies; & j'ai vu fouvcnt Jcs gens qui ul'aiit
de CCS teinies, & failantrire le monde, ont cru avoir
réullî; c\.- cependant on riait d'eux , & l'on ne lioit
pas de ce qu'ils .avoicnt dit, comme omit des chofc«
agréables c^'c plailantes. Que fi l'on me réplique , qu'il
ne faut pas dans la converfation ordinaire p.irler un
Lmgagc louteuu , je l'avoue ; cela fcrcit en quelque
façon encore plus infupportable, & fouvent ridicule:
mais il y a bien de la différence entre un langage fou-
tenu, & un langage compolé de mots qui font fami-
liers & du bon ufage tout enfemble. Vaug.
O^CT II eft quelquefois réciproque dans la même accep-
tion. Ne voyez -vous pas qu'il fe raille, &<. qu'il ne
parle pas fcricufement ? mais alors iln'eft que du llylc
familier.
%fJ' Railler, au réciproque, fignifie encore fe moquer ,
& en ce lens il fe conftruit avec la particule de. Il-
ludere , deriderc. Il ic raille de tout ce qu'on lui peur
dire. On a beau lui rcpréfenter fon devoir, il le raille
de tout.
RAILLÉ , ÉE. part.
'ïfT RAILLERIE, f. f. Tiuit plaifant qui divertit , qui
fait rire. Cavillatio. Il y a des railleries fines, déli-
cates, de gal.uit homme , qui font innocentes. Face"
tni,joci libérales: d'autres qui lont piquantes, oifen-
lantes. Dichrium j Ji oni.ma mordax ,Janna. La rail-
lerie eft une arme oflenfive & défenfivc , qu'il ne faut
pas mettre entre les mains de tout le monde. C'eft une
elpècc de lel qui doit ailailonner la converlation , &
lui donner un goiit plus piquant; mais je veux difoic
un bel efpritdu fiècle dernier (M"'= de Scuderi) qu'elle
parre d'une imagination pleine de feu , & qu'elle foie
brillante comme les éclairs, qui ébloullfcnt , &c qui
ne brûlent point.
Une marque qu'il n'y a guère de raiZ/irric qni n'ofFen-
fe , c'eft qu'on tâche toujours de répliquer, ce qui clt
une efpèce de vengeance. Comme la raillerie eft un
combat d'elprit, tic que naturellement on n'aime pas
a être vaincu , il arrive que quand l'elprit ne fournie
plus de quoi répondre, le dépit iuccède à la confulîoii
qu'on a d'être obligé de céder. La.raillerie ne doit être
qu'un badinage fin& Ipiricucl , lansoffenfcr pcrfonnc,
autrement c'eft une manière de le divertir trop péril--
leufe. S. EvR.
§3° L'injure eft plus pardonnable que la raillerie ;\'une
marque de la colère qui n'eft pas incompatible avec
l'eftime , Se l'autre du mépris. S. Evr. On par-
donne un emportement , mais non pas une raillerie
de lang froid , qui eft une marque de peu d'eftime.
Bell. Elle bielle moins l'équité naturelle & le
droit des gens , que la médifance ; par la railon que
celui qu'elle attaque j étant prélent , eft pour l'ordi-
naire à portée de fe défendre. Mais II elle eft moins
criminelle , elle eft louvent plus ofFcnlante , parce
qu'elle porte deux coups à la fois ; l'un à l'honneur ,
ik. l'autre à l'amour-proprc : elle flétrit & déconcerte
les mœurs
^fS' La raillerie doit rcfpedcr ceux' que l'âge ou le ca-
ladère a placés au-dellus de nous; il y auroit une im-
prudence odieufe à les attaquer. Elle doit ménaget
ceux qui font au-delfous; parce que la fupérioritéleuc
imprimant un rcfpecl: timide , ce feroit les attaquer
avec trop d'avantage. Ce n'eft guère qu'entre les égaux
qu'elle eft permife ; encore doit-elle être rare j déli-
cate & modérée j & ne toucher qu'à des fautes légè-
res , à de foibles défauts dont la conviéfion ne fallc
pas .à l'amour-propre un plaie trop fenlible.
îfT Entendre raillerie, 8c entcndceh raillerie , (ont dtUK
chofes bien différentes. Entendre raillerie , c'eft ne
fe fâcher de rien , c'eft favoir (ouffrir les railleries ,
<& les rcpoulfer avec efprit. Néron , tout Néron qu'il
étoit, entendoit très-bien la raillerie iiu fes vers, Sc
ne crut pas que l'Empereur diât prendre les intérêts da
pocte.
Entendre la raillerie , c'eft avoir l'art de railler, le
le talent , la ficilité de bien railler. Cet homme en-
tend bien la raillerie. On ajoute ordinairement une
épithète à ce mot. Peu de gens entendent la fine &i
l'innocente raillerie. Bouh.
R
ï^o RAI
fer On dit d'un homme exad , qui ne pardonne pas les
plus légers manqucmcns , qu'il n'entfnd pas radleru.
On le dit de mcme d'un homme épiuRUx lur certaines
choCes. Il n'entend pas raillerie fur ce chapitre-là.
§3" On dit qu'une choie palle la raillerie , poui dire ,
que la raillerie eft trop torte.
fcS" On dit abColumentj c'efl; une raillerie, de quelque
chofe de ridicule ou de peu vtailemblable qu'on en-
tend dire.
On dit