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DOCUMENTS & RAPPORTS 



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1 



I 



MONS. — IMPEIMEEIE H. M ANGE AUX. 



1 



DOCUMENTS & RAPPORTS 



DE liA 



SOCIÉTÉ PALÉONTOLOGIQUE 

ET ARCHEOLOGIQUE 

t 

DB V ARRONDISSEMENT JUDICIAIRE 

DE 

FONDÉE LE 37 NOVEMBRE 1863 



TOME Tll 



/ 




■• ^ 



MONS 

HECTOS MANCEAUZ, IMFBIMEUB-LIBSAIBE-ÉDITEtTB 

Rue des Fripiers, 4 ; Grand'Rue, 7 

1876 



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1 



Printed In BeJgium. 



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DES 



MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 



AU 1«r AVRIL 1875. 



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1 



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^ ^^ ô^ TABLEAU 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 

AU PREMIER AVRIL i875. 



COMITÉ. 

Messieurs^ 

D, A. VAN BASTELAER, Président 
A. GADOR. 
C'« L. De GLYMES. 
J.-B. GENARD. 

L. HENSEVAL. > Conseillers, 

J. KAISIN. 
C. LYON. 

C. VANDER ELST. / 
A. FRÈRE, Trésorier. 

E. CQBMJX, Secrétaire. 

MEMBRES D'HONNEUR. 

Messieurs^ 

1. BORMANS, Stanislas, Archiviste de l'État, kNamur (1872). 

2. CHALON, Renier, Président de la Société namismatique, 

rue du Trône, 113, à Ixelles (1872). 

3. De CARAMAN-CHIMAY (Prince), Gouverneur du Hainaut, 

à Mous (1873). 

4. DELMARMOL, Eugène, Président de la Société archéolo- 

gique de Namur, à Montaigle (1863). 
§. DEWALQUE, Guillaume, Professeur à TDniversité de Liège 
(1872). 

6. D'OTREPPE DE BOUVETTE, Albert, Conseiller honoraire 

àla Gourde L/Vflfg et du Conseil des mines, à Bruxelles(iS63). 

7. JUSTE, Théodore, Historien, à Ixelles (i 913). 

8. LEJEUNE, Théophile, Géomètre, à Eslinnes-au-Val (1863). 

9. LEROY, Alphonse, Professeur à TUniversité de Liège (1872). 

10. PIOT, Charles, Archiviste de l'Etat, à Bruxelles (1872). 

11. SCHUERMANS, Henri, Conseiller à la Cour d'appel, à 

Liège (1872). 



— VIIÏ — 



MEMBRES ACTIFS. 

Messieurs, 

1. ACCARAIN,Émile, Banquier, à jDmanf (Membrefondateur). 

2. ANDRIS, Ferdinand, iiédedn,kMontigny'S.'Sambre{^S^O). 

3. ARTDS, François-Joseph, Receveur de Tenregistrement, à 

Charleroi (1^1). 

4. AUBRY, Adrien, Industriel, à Gosselies (1875). 

5. AUDENT, Jules, Avocat, à Charleroi (1870). 

6. BAGEARD, Léopold, Professeur, à Vienne (1873). 

7. BALISEAUX, Emile, Sénateur, à Bruxelles (1864). 

8. BASTIN, Charles, Industriel, à Dampremy (1870). 

9. BASTIN, Charles, Rentier, à Châtelet (1873). 

10. BAYET, J.-B., Ingénieur, à Mar chienne (ISIS). 

11. BAYET, Joseph, Notaire, à Gerpinnes (1867). 

12. BERLINGEN, Auguste, Architecte, à Ham-sur-neure{iSlS). 

13. BERNARD, DÉsiRÉ,Instituteur,à^onM.-ilfarc/ifenw€s(1873). 

14. BENNERT, industriel, à Charleroi (1874). 

18. BINARD, Auguste, Conseiller provincial, k Châtelet (1870). 

16. BINARD, Louis, Industriel, à Bruxelles, (1870). 

17. BIVORT, Arthur, Banquier, à Fleurus (1873). 

18. BIVORT, Clément, Industriel, àilfo7Uîaau-5ur-Sam6re (1872). 

19. BIVORT, Henri, Industriel, à Jumet (1866). 

20. BLANCHART, Camille, Ingénieur, à Perpignan (1869). 

21. BLONDEAU, Charles, Prêtre, à Monlignyle-Tilleul (1864). 

22. BLONDIADX, Fils, Industriel,à Thyk'ChâteauiiSU). 

23. BODART, Emile, Propriétaire, à Fleufus (1872). 

24. BODSON, Aimé, Notaire, à Charleroi (1870). 

2o. BONMARIAGE, Arthur, Médecin, à Bruxelles (1872). 

26. BOULENGER, Eugène, Ingénieur, à Châtelineau (1870). 

27. BOULVIN, Alfred, Médecin, à Gilly (1870). 

28. BOUQUEROT, Industriel, à Châtelet (1873) 

29. BOVIE, Ingénieur, à Charleroi (1874). 

30. BRASSEUR, Paul, Architecte , à Mont-sur-Marchiennes 

(1870). 

31. BRIART; Alphonse, Ingénieur, à Bascoup (1864). 



— IX — 

32. BRICHART, Arthur, Propriétaire, kMarcinelle(^SU). 

33. BRICHART, Auguste, Propriétaire, à Mardnelle (1874). 

34. BRICHART, Edmond, Propriétaire, à Charleroi (1874). 

35. BRICOURT, Camille, Avocat, à Gilly (1872). 

36. BROUWET, Paul, Conseiller prov., k Haine-S^-Paul (1870). 

37. BRIXHE, Camille, Avocat, à Ckarleivi (1870). 

38. BRUYR, Vincent, Médecin et bourgmestre, à Mont-sur- 

Marchiennes (WO) . 

39. BUCHET, Oscar, Juge de paix, à Fontaine-VEvêque (1871). 

40. CADOR, Augustin, Architecte, à Charleroi (M. F.). 

41. CAISSE, Jean, Géomètre, à Mont-sur-Marchiemies (1872). 

42. CALOT, Lucien, Graveur, à Charlei^oi (1873). 

43. CAHBIER, Joseph, Industriel, à Morlanwelz (1873). 

44. CASTIN, Joseph, Industriel, à Charleroi (1874). 

45. CARNIÈRE, Antoine, Médecin, à Courcelles (M. F.). 

46. CASSIEMANS, Eugène, Prêtre, à CAarferoi (1872). 

47. CÉRESSIA, Adolphe, Pharmacien, à Fleurus (1868). 

48. CH ALLES, Adrien, Ingénieur, à Farciennes (1872). 

49. CHANTRAINE, Henri, Agent de la Banque nationale, à 

Charleroi (1872). 

50. CHARBONNIER, Nicolas, Médecin, à Bruxelles (1867;^. 
81. CHARLES, Firmin, Banquier, à Charleroi (M. F.). 

52. CHAUDRON, Edouard, Notaire, à Frasnes-UGosseL (M. F ). 

83. CHAUDRON, Adrien, Avocat, à CAartow (1873). 

84. CLAUTRIAU, Joseph, Industriel, à Marchiennes-au-P. (1864). 
88. CLERCX, Désiré, Industriel, à Gi//y (1864). 

86. CLERCX, Zacharie, Architecte, à Gilly, (1878). 

87. CLOQUET, Norbert, Médecin, à Féluy (1864). 

88. CORAUX, Eugène, Instituteur, à Charleroi (1870). 

89. CONSELIAIRE, Charles, Banquier à Charleroi (iSli). 

60. COPPÉE, Jules, Médecin, à Jumet (1872). 

61. COPPIN, Jules, Médecin, à Fontaine-rÉvéqueUSlS). 

62. CORNIL, Nicolas, Industriel, à Lodelinsart (1874). 

63. CROQUET, Amédée, Ingénieur, à Farciennes (1874). 

64. CROQUET, Frédéric, Juge, à Charleroi (1868). 

68. CULOT, Désiré, Pharmacien, à Marchiennes-au-Pont (1872). 
66. CULOT, François, Pharmacien, kMarchiennes (1874). 



— X — 

67. De BAL, Auguste, Industriel, à Charleroi (1874). 

68. De BRUGES, Propriétaire, à Gerpinnes (1873). 

69. De CARAMAN, (Prince) Eugène, Conseiller provincial, à 

Beaumont (1870). 

70. De carné (Vicomte), Propriétaire, à Féluy (1874). 

71. De CHIMAY, (Prince) Joseph, à Chimay (1874). 

72. De DORLODOT, Léopold, Conseiller provincial , à Lode- 

limart (1873). 

73. De DORLODOT, Marcel, Avocat, à Lodelinsart (1873). 

74. DEFONTAINE, Hippolyte, Avocat, à Charleroi (M. F.). 

75. De GLYMES, (Comte) Libert, Procureur du roi, à Charleroi 

(1870). 

76. De LALIEDX, Louis, Propriétaire, à Féluy (1872). 

77. DELBOS, Emile, Propriétaire, à Sars-les-Moines (1870). 

78. DELHAIRE, Emile, Industriel, à Gosselies (1871). 

79. DELVAL, Alexandre, Commissaire-voyer,à Trazegnie$(M,F,), 

80. DELVAUX, Em., Officier, à Mons (1874). 

81. DEMESSE, Benoit, Propriétaire, à Arquemes (1870). 

82. DENYS, Pharmacien, à Marcinelle (1873). 

83. DEPAGNE, Emile, Pharmacien, à Chdtelet (1870). 

84. DEPERMENTIER, Emile, ex-professeur,à Charleroi (1870). 
88. DEPLASSE, Louis, Médecin, à CAarterm (1870). 

86. DEPOITIER, Edouard, Ingénieur, à Charleroi (1871). 

87. DEPRET, Oscar, Industriel, à Charleroi (1872). 

88. De ROBIANO, (Comte) Louis, Sénateur, à Waudrez (1873). 

89. DESESSARTS, Jules, Journaliste, à Charleroi (1870). 

90. DETHIBAUT, Joseph, Étudiant, à Bruxelles (^S^i), 

91. DETHY, Philibert, Pharmacien, à Dampremy (1870). 

92. DETOMBAY, Industriel, k Marcinelle (iSU). 

93. DETRY, Prêtre, à Fontaine-Valmont (1874). 

94. DEVILLERS, Jean-Baptiste, Receveur communal, à Far- 

ciennes (1870). 

95. DEVRIES, Louis, Propriétaire, à Bruxelles (M. F.). 

96. DEWANDRE, Barthel, Avocat, à Charleroi (il. F.). 

97. DEWANDRE, Franz, Avocat, à Charleroi (1875). 

98. DEWERT, Firmin, Professeur, à Chdtelet (1871). 

99. DIGNEFFE, Léonce, Propriétaire, à Liège (1874). 
100. DOURIN, Jules, Négociant, à Charleroi (1870). 



— XI — 

101. DRION, Adolphe, Représentant, à Gosselies (1870). 

102. DRION, François, Conseiller provincial, à Gosselies (1872). 

103. DRION, Maxime, Négociant, à Charleroi (1874). 

104. DRION, Victor, Propriétaire, à Bruxelles (1874). 
108. DUROIS, Léon, Négociant, à Charleroi (M. F.). 

106. DUBOIS, Nicolas, Négociant, à Dampremy (1870). 

107. DUBOIS, Vital, Négociant, à CAarte'oi (1870). 

108. DUCARME, Pierre- Joseph, Industriel, à Jumet (1873). 

109. DULAIT, /ules, Ingénieur, à Charleroi (iSli), 

110. DUPONT, Adolphe, Industriel, à GtHî/(1873). 
IH. DUPONT, Charles, Propriétaire, à Féluy (1872). 

112. DUPRET, Charles, Médecin, à Charleroi (M. F.). 

113. DUPRET, Charles, Ingénieur, à Marcinelk (1870). 

114. DUPRET, Edouard, Juge, à Marcm^/k (1864). 
118. DUPRET, François, Avoué, à Lodelinsart (1864). 

116. DURANT, Henri, Ingénieur, à Lahestre (1871). 

117. DURANT, Prudent, Indust.,à Montigny-sur-Sambre (1878). 

118. DURY, Gustave, Géomètre, à Jumet (M. F.). 

119. DUTOIT, Jules, Industriel, k Jumet (1873). 

120. EUGÈNE, Xavier, Prêtre, à Thirimant (1870). 

121. EVRARD, Edouard, Industriel, à Gerpinnes (1872). 

122. FANIEL, François, Architecte, à Charleroi (1867). 

123. FAYT, Léopold, Greffier, à Châtelet (^61iy 

124. FELIERS, à Mons (1871). 

128. FLEURY, Louis, Ingénieur, à Charleroi (1874). 

126. FONTAINE, Léon, Notaire, à Ressaix (1873). 

127. FOURCAULT, Industriel, à Dampremy (1873). 

128. FRANÇOIS, Jule^, Ingénieur, à Charlei^oi (1870). 

129. FRÈRE, Auguste, Candidat-notaire, à Charleroi (1873). 

130. FROMONT, Jean-Baptiste, Industriel,. à /um^M1870). 

131. FROMONT, Martial, Ingénieur, à Châtelet (1872). 

132. GEERAERD, Evariste, Instituteur, à Gilly (1874). 

133. GENARD, Jean-Baptiste, Négociant, à Gosselies (I86i). 

134. GEORLETTE, Maximilien, Médecin, à Gerpinnes (iSl^). 

135. GHISLAIN, Alexandre, Industriel, kCourcelles {\S1\). 

136. GILLAIN, Pierre, Propriétaire, à Bouffioulx (1867). 

137. GILLES, Olivier, Peintre, k Châtelet (1872). 

138. GILLET, Amour, Industriel, à Dampremy (1867), 



— XÏI — 

139. GILLEAUX, Martial, Propriétaire, à Dampremy (1870). 

140. GISLAIN, Paulin, Industriel, à Châtelet (1874). 

141. GOFFE, Stanislas, Industriel, à Châtelineau (1864). 

142. GOFFIN, Auguste, Banquier, à Charkroi (1873). 

143. GORINFLOT, Théophile, Industrie], k Lodelinsart (1870). 

144. GRÉGOIRE, Adolphe, Prêtre, à Nivelles (1864). 
148. GRÉGOIRE, Anselme, Avocat, à Charleroi (1872). 

146. GROULARD, Charles, Ingénieur, à Charleroi (1871). 

147. GUINOTTE, Lucien, Ingénieur, à Morlamvelz (1870). 

148. GUYAUX, Gustave, Sculpteur, à Boufflotdx (1872). 

149. GDYOT, Antoine, Négociant, à Courcelles (1870). 

180. HAGEMANS, Gustave, Représentant, à Chimay (iHlO), 

181. HAMBURSIN, Edouard, Avocat, à Charleroi (1872). 

182. HANNON, Joseph, Notaire, à Thuin (1872). 

183. HANOLET, Félix, Médecin, à Fleurus (1870), 

184. HARDENPONT, Félix, Vice-président du tribunal de Char- 

leroi, à Marcinelle (1873). 
183. HARMANT, Emile, Industriel, à Mont-sur-March. (1874). 

186. HAROU, Henri, Conseiller prov.. à Gouy4eZ'Piéton(\S6^). 

187. HENKINBRANT, Propriétaire, à Villers-lez-GambonUSH). 

188. HENRY, Octave, Avocat, à Charleroi (1872). 

189. HENSEVAL, Léopold, Bourgmestre, kGerpinnes (iSlQ). 

160. HIERNAUX. Isidore, Industriel, à Couillet (1874). 

161. HOUBEAUX, Gustave, Médecin, à Faraennes (1872). 

162. HOUTART, François, Industriel, à Sainte-Marie-d'Oignies 

(1874). 

163. HOUTART, Jules, Propriétaire, à MonceaU'S.'Sambre(iS6i), 

164. HOUYOUX, Maurice, Géomètre, à Marcinelle (1872). 
168. HUWART, Adolphe, Avocat, à Charleroi (1871). 

166. ISAAC, Jules, Député permanent, à Charleroi (1873). 

167. JACOB, EuDORE, Géomètre, à Roux (M- F.). 

168. JACOB, Léon, Secrétaire communal, à Gerpinnes (1870). 

169. JACOB, Gédéon, à Ge?'pmnw (1870). 

170. JACQUEMAIN, Léopold, Bourgmestre, à /um^^l 872). 

171. JAUMONET, Léopold, Banquier, à Charleroi (1870). 

172. JOUNIAUX, Emile, Ingénieur, à Roux (M. F.). 

173. KAISIN, Joseph, Géomètre, à Farci^n^* (1867). 

174. KRÉMER, Louis, Médecin, à CouiM (1872). 



— XUI — 



i75. LAHURE, Paul, Industriel, à Moficeau-sur-Sambre (1874). 

176. LAMBERT, Casimir, Représentant, à LodeKwsarf (1869). 

177. LAMBERT, Charles, Ingénieur, à Charleroi (1871). 

178. LAMBERT, Louis, Industriel, kJumet (1873). 

179. LAMBERT, Valentin, Industriel, à GiUy (1864). 

180. LAMBOT,Léopold, Industriel,àJtfarcfti^nne^-flu-Pont(M.F.). 

181. LANCELOT, Emile, Bourgmestre, k Monceau-sur' S. (M.F.). 

182. LANTENER, Gustave, Receveur des contributions, à Gouy- 

leZ'Piéton (1871). 

183. LARSIMONT, Alexandre, Bourgmestre, à Traugnies (1870). 

184. LEBEAU, Charles, ex-Sénateur, à Paris (1870). 
188. LEBEAU, Ferdinand, Banquier, à Marcinelle (1869). 

186. LEBON, Edmond, Avocat, à Charleroi (1874). 

187. LEBON, Paul, Industriel, à Charleroi (1872). 

188. LEBORGNE, Armand, Géomètre, à Gilly (1871). 

189. LEBRUN, Auguste, Médecin, à Marchiennes-au-Pont (1865). 

190. LEDOUX. Jean-Baptiste, Industriel, à Jumet (1873). 

191. LEGRAND, Adrien, Propriétaire, à Liber chics (iSU). 

192. LEMAIGRE, Emile, Négociant, à Cftarteroi (1872). 

193. LEMAIGRE, Eugène, Juge, à Marcinelle (1864). 

194. LEMAIGRE, Paulin, Industriel, à Gosselies (1871). 

195. LEMAIGRE, François, Propriétaire, kFéluy (1872). 

196. LEMAITRE, Négociant, à Marcinelle (1874). 

197. LEMERCIER, Léon, Conseiller provincial, à Frasues-lez- 

Gosselies (1872). 

198. LEPEUCQUE, Victor, Vérificateur de l'enregistrement, à 

Charleroi (1805). 

199. LESCART, Alfred, Propriétaire, à Arquennes (1874). 

200. LESEIGNE, Joseph, Industriel, à Monceau-s-Samb. (1873). 

201. L'HOIR, Jules, Industriel, à Marchienne-Z6ne{\%U). 

202. LIBIOULE, Armand, Étudiant, à Bruxelles (1870). 

203. LOISEAU, Auguste, Substitut du procureur du roi, à Char- 

leroi (1870). 

204. LOPPENS, Aimé, Négociant, à Gosselies (1871). 

205. LOSSEAUX, Arsène, Propriétaire, à Thuillies (1871). 

206. LUCQ, Victor, Substitut du procureur du roi, à Charleroi 

(1870). 

207. LYON, Camille, Docteur en droit, à Charleroi (1872). 



— XIV — 

208. LYON, Clément, Homme de lettres, à CAartem (1873). 

209. LYON, Marc-Clément, Avocat, à Charleroi (4864). 
2i0. MAILLY, Charles, Ancien Juge, k Bruxelles (iSli). 

211. MAGONETTE, Alfred, Secrétaire du parquet, hMontigny- 

sur-Sambre (1872). 

212. MALENGRAUX, Auguste, Avocat, à Chimay (1870). 

213. MALENGRAUX, Léon, Étudiant, à Charleroi (1873). 

214. MALIEN, Ghislain, propriétaire, à Charleroi (1874). 

215. MARBAIS, Camille, Industriel, kMarchiennes(lSU). 

216. MARLIER, Fernand, Négociant, à Fardennes (1874). 

217. MARODSÉ, Achille, Ingénieur, à Courcelles (M. F.). 

218. MASCAUT, Jules, Négociant, à Courcelles (1870). 

219. MASSAUT, Lambert, Secrétaire comm. , à Châtelineau(i 870) . 

220. MICHAUX, Justin, Ingénieur, à Marcinelle (1874). 

221. MINEUR, Léon, Industriel, à Bruxelles (1872). 

222. MIOT, Léopold, Médecin, à Charleroi (1867). 

223. MISONNE, Alphonse, Ingénieur, à Châtelet{iSli). 

224. MISONNE, Léon, Notaire, à Fleurus (1873). 

225. MONDRON, Léon, Bourgmestre, à Lodelinsart (1874). 

226. MORLET, Léopold, Propriétaire, à Pont-à-Celles (1865). 

227. MOTTE, Maximilien, Conseiller à la Cour d'appel, 110, à 

Saint'GilleS'lez-Bruxelles (1870). 

228. MOTTE, Maximilien, Ingénieur, à March^-au-Pont (1864). 

229. NEUENS, Auguste, Médecin, à Châtelet (1870). 

230. NICE, Charles, Industriel, à Mont- sur-Mar chienne (1864). 

231. NIFFLE, Jules, Juge, à Charleroi (1873). 

232. OBLIN, François, Échevin, à Couilkt (1874). 

233. PARDON, Gustave, Ingénieur, à Châtelineau (1874). 

234. PASQUET, Maximilien, Géomètre, à Gilly (1870). 

235. PASQUIER, Achille, Pharmacien, à Fleurus (1874). 

236. PASTURE, Octave, Ingénieur, à Marcinelle (1874). 

237. PENNARD, Industriel, à Féluy (1874). 

238. PERLEAUX, Emile, Pharmacien, à Charleroi {IS66). 

239. PHILIPPOT, Jules, Ingénieur, à Courcelles (1872;. 

240. PI1lRARD,Aristide, Prêtre, Bmxelles (1871). 

241. PIÉRARD, Élïe, Architecte, à Charleroi (1870). 

242. PIÉRARD, Horace, Notaire, à Gilly (1865). 

243. PIÉRARD,JACQUES,Bourgmestre,àJlfonttjfny.«.-5amir^(1874). 



— XV 



244. PIRET, Edmond, Avocat, à Châtelet (4872). 

248. PIRET, Edmond, Sénateur, à Châtelet (1874). * 

246. PIRET, EMILE, Avocat, à Charleroi (1872). 

247. PIRMEZ, EMILE, Propriétaire, à Bruxelles (1872). 

248. PIRMEZ, EuDORE, Représentant, à Beppignies (1870). 

249. PIRMEZ, Henri, Propriétaire, à Gougnies (1872). 

250. PIRMEZ, Octave, Propriétaire à Acoz (1867). 

251. PIRMEZ, Sylvain, Sénateur, à Marchiemies-au-Pont (1872). 

252. PITON,Gaspard, Gérant de charbonnage, à Gosselies(iSU). 

253. POCET, Edouard, Receveur communal, à Châtelineau{iSl'î) . 

254. POURBAIX, Alfred, Banquier, à Binche (1873). 

255. QUENON, Emile, Ingénieur, à Fontaine-rEvéque (1874). 

256. QUINET, Auguste, Commissaire-voyer, à Couillet (1869). 

257. QUINET, Lucien, Instituteur, à Lodelinsart (1873). 

258. QUIRINI, Auguste, fils. Propriétaire, à Fleurus (1869). 

259. QUIRINI, Auguste, père, Propriétaire, à Fleurus (1872). 

260. QUIRINI, Louis, Propriétaire, à Fleurus (1872). 

261. RAMWEZ, Jules, Pharmacien, à Mont-sur-March. (1870). 

262. RANSCELOT, Maurice, Propriétaire, kBeaumont(iSli). 

263. RENARD, Marc, Propriétaire, kArquennes (1873), 

264. RICARD, Henri, Banquier, à Fleurus (1873). 

265. RICARD, Paul, Juge de paix, à Châtelet {iS6it). 

266. RIGAUX, Joseph, Industriel, à Châtelet (1872). 

267. ROLLIN, Docteur, à Fayt-lez-Setieffe (1874). 

268. ROUARD. Jules, Négociant, k Marchiennes-au-Pont (1870). 

269. SABATIER, Gustave, Industriel, àMon(^att-«.-Sam6r^(1866). 
260. SADIN, Hector, Industriel à/ttm^K1873). 

271. SARTIAUX, Romain, Industriel, à Charleroi (1875). 

272. SCHMIDT, Auguste, Maître de verreries,à Lod^Krwar^ (1874). 

273. SCHOENFELD, Martin, mdecîn, kMarch^-au-Pont (M. F.) 

274. SIMON, Auguste, Architecte, à Trazegnies (1874). 

275. SMITS, Eugène, Industriel, à Couillet (1872). 

276. SOSSOY, Bernard, Industriel, à Couillet (iSn). 

277. STAINIER, Emile, Secrétaire du comité charbonnier, à 

Châtelet (1864). 
278 STASSIN, Albert, Receveur de l'enregistrement, à Wavre- 

(1872). 
279. SYRJACQUE, Louis, Industriel, à Fe/wy (1872). 



— XVI — 

280. THAON, Clément, Avocat, à Jumet (1874). 

281. THEVENIER, Victor, Propriétaire, à Saint- Gilles-lez- 

Bruxelles (1867). 

282. THIBAUT, Léon, Industriel, à Ransart (1874). 

283. THIBOU, Alfred, Industriel à Couillet (1873). 

284. TIMMERMANS, François, Ingénieur, à Couillet (1874). 

285. TIROU, EMILE, Architecte, à Gosselies (1864). 

286. TOURNAT, Architecte, aux Êcaussines (1874). 

287. VAN BASTELAER, Désiré', Pharmacien, à Charleroi 

(1864). 

288. VAN BASTELAER, Edmond, Avocat, à Charleroi (1872). 

289. VAN BASTELAER, Louis, Pharmacien, à GUly (1870). 

290. VANDAM, Camille, Notaire, à Charleroi {ISU). 

291. VANDAM, Emile, Représentant, à Seneffe (1874). 

292. VANDAM, Louis, Industriel, à Viesville (1873). 

293. VANDER ELST, Charles, Secrétaire du Comité verrier, à 

Marcinelk (1874). 

294. VANDER ELST, Constant, Propriétaire, kCourcelles (M. F.). 

295. VASSET, Alfred, Chirurgien-dentiste, à Charleroi (1870). 

296. VERHAEGEN, Charles, Médecin, kAnvers (1874). 

297. VINCENT, Ferdinand, Industriel, k Bouffioulx {i%n). 

298. WANDERPEPEN, Gustave, Bourgmestre, à Binche {i%10). 

299. WAROCQUÉ, Arthur, Représentant, à Mariemont (1870). 

300. WATTECAMPS, Chanoine, à Tournay (1873). 

301. WATTELART, Maximilien, Industriel, à Jumet (1873). 

302. WAUTELET, Léon, Propriétaire, à Charleroi (1872). 

303. WILMET, Gustave, Bourgmestre, à Montigny-le-TUleul 

(M. F.). 

304. ZOPPY, François, Échevin, à Maroinelle (1875). 



— XVII — 



MEMBRES CORRESPONDANTS. 



Messieurs, 

i. AL VIN, Inspecteur pensionné, à Liège (1874). 

2. BERNIER, Théodore, Archéologue, à Angre (1871). 

3. BRICHAUT, Auguste, Numismate, 9, à Paris (1872). 

4. DECLÈVE, Jules, Candidat-notaire, à Mo;is (1871). 

5. DEwSCHODT, Chef de division au ministère des Finances, 

Btiixelles (1874). 

6. DEVILLERS, Léopold, Archiviste de l'État, à */o«5(1868). 

7. DUPONT, Edouard, Conservateur du Musée d'histoire natu- 

relle, à Bruxelles (1868). 

8. GALESLOOT, L., Archiviste de l'État, à Bruxelles (1870). 

9. LE GRAND DE REULANDT, Simon, Secrétaire de l'Acadé- 

mie d'archéologie, à Anvers (1866). 

10. MALAISE, Charles, Professeur à l'Institut agricole, à GeM- 

bloux (1866). 

11. REUSENS, Edmond, Professeur à l'Université de Louvain 

(1871). 

12. THIELENS, Armand, Naturaliste, à Tirkmont (1870). 

13. VANBEMMEL, (Baron) Eugène, Professeur à l'Université de 

Bruxelles (1870). 

14. VANDERMAELEN, Joseph, Propriétaire de l'établissement 

géographique, à Molenbeek-Saint-Jean (1864). 



Il 



[ 



— XVIII — 

MEMBRES DÉCÈDES. 

Messieurs^ 

1. BELLIÈRE, Léopold (6 novembre 1873). 

2. DEGOSSERIES, Victor, (10 septembre 1874). 

3. DEPERMENTIER, Pierre (1878). 

4. D'OULTREMONT, {C^) Charles Quillet 1874). 
8. DULAIT, Adolphe (mars 1874). 

6. HERMANT, Emile (4 février 1874). 

7. HOUYOUX, Auguste (1878). 

8. LOSSEAUX, Victor (1873). 

9. RASCART, Adrien (9 septembre 1873). 
10. ROUARD, Joseph (1-^ janvier 1874). 



Nous prions ceux des membres qui auraient des rectifications à faire à 
cette liste , d'en informer par écrit le secrétaire. 

Nous les prions en outre de nous envoyer leur carte d'adresse pour éviter 
ainsi tout retard et désagréments dans renvoi des publications de la 
Société. 



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— XIX — 



SOCIÉTÉS, COMMISSIONS ET PUBLICATIONS 



ÀYEC LESQUELLES 



LA SOCIÉTÉ PALÉONTOLOGIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE 



Anvers. 
Bruges. 
Bruxelles. 

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» 

» 
Gand. 
Hasselt. 
Liège. 
» 

LOUVAIN. 

Maestricht. 

MONS. 
» 

Namur. 
Riga. 

Termonde. 

Tournai. 

Valenciennes. 

Washington. 

Toulouse. 

Copenhague. 



échange ses documents ET RAPPORTS 

— Académie d'archéologie de Belgique. 

— Société d'Émulation. 

— Commission royale pour Içi publication des an- 
ciennes lois et ordonnances de la Belgique. 

Commission royale d'histoire de Belgique. 
Ministère des travaux publics. 
Société royale de numismatique de Belgique. 
Société malacologique de Belgique. 

— Messager des sciences. 

— Société choi-ale et littéraire des MélophUes. 
-- Institut archéologique. 

Société de littérature wallonne. 
Société d'émulation . 

— Analectes ecclésiastiques. 

— Société historique et archéologique dans le Duché 
de Limbourg. 

— Cercle archéologique. 
Société des Sciences, des Arts et des Lettres du 

Hainaut, 

— Société archéologique de Namur. 

— Naturforscher-Verein (Union des Naturalistes) y 
Zu Riga. 

— Cercle archéologique. 

— Société historique et littéraire. 

- Société d'agriculture, sciences et arts de Varron- 
dissement. 

- Smithsonian institution (Institut Smithsonien). ' 

- Société archéologique du midi de la France. 

- Société royale des antiquaires du Nord. 



ASSEMBLÉES GÉNÉRALES. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 



DU 3 FÉVRIER 1873. 



ORDRE DU JOUR : 

i^ Lecture du procès-verbal de la réunion précédente. 

2^ Correspondance. 

3<> Compte de Tannée 4872 ; budget de l'exercice 1873. 

A"" Question du local archéologique. 

5^ Nomination d'un membre du comité en remplacement 

de M. Cam. Lemaigre, décédé. 
6^ Nomination d'un conservateur des collections. 
1^ Propositions diverses. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Sont présents : 

MM. D. Van BastelaeRj Président ; 

F. Andris, F. Artus,A.Cador,N. CL0QUBT,C^e DE Glymes, 
B. Demesse, g. Dury, L. Fayt, J.-B. Gennard, A. Gillet, 
A. GuYOT, L. Henseval, J. Kaisin, C. Lyon, Marc-C. J. Lyon, 
M. Motte, E. Pierard, J. Rigaux, J. Rouard, E. Smitz, 
Stassin, P.-C. Vander Elst, membres, E. Cobaux, secrétaire. 

i^^ Objet à V ordre du jour. 

Le secrétaire donne lecture du procés-verbal de l'assemblée 
du mois d'août précédent. Il est adopté sans observation. 

^ Objet. 

\^ Lettre de M. le Ministre de l'Intérieur. Il nous fait 
connaître qu'un nouveau subside de 500 fr. nous est accordé 
pour continuer les fouilles d'Arquennes. 



— XXIV — 

2** Du même. Il nous annonce Tenvoi d'une collection 
d'objets moulés en plâtre, reproduction d'objets d'art, et de 
plusieurs médailles pour déposer dans notre musée. 

3« La société de Copenhague est heureuse d'entrer en rela- 
tion avec notre société et nous envoie quelques-unes de ses 
publications. 

A^ Lettre de M. Quetelet qui nous fait savoir qu'il vient de 
nous adresser un paquet de volumes publiés par l'Académie 
royale de Belgique. 

5"* Lettre du collège des bourgmestre et échevins de la ville 
de Bruges ; il nous envoie le premier volume de l'inventaire 
des archives de la ville. 

6** M. le gouverneur de la province de Haînaut nous fait 
connaître qu'un subside de 600 fr. nous est accordé pour con- 
tinuer nos recherches scientifiques. 

7<* Lettre de M. Le Hardy de Beaulieu offrant à la société 
un projet d'agrandissement de Charleroi fait en 1840-41. 
(Voir ci-après.) 

8° Lettre de M. A. Gille, offrant à la société une collection 
paléontologique. (Voir ci-après.) 

se Objet. 

Le compte de Texercice 1872 porte 7449 fr. 92 en recettes 
et 7135 fr. 50 en dépenses. Le solde en caisse s'élève à 
314fr,42. 

Il est approuvé par l'assemblée générale. 

M. LE Secrétaire donne lecture du projet de budget arrêté 
par le comité dans sa réunion de janvier. Il porte 6128 fr. 
en recettes et dépenses présumées. 

Ce budget est voté par TAssemblée. 

4e Objet. 

M. LE Président rend compte de tout ce qui a été fait de- 
puis la dernière assemblée pour le musée à construire avec 
l'approbation du comité. 



— XXV — 

Il y a impossibilité pour la société d'acheter un terrain en 
son nom, car elle n'est pas personne civile. Quant à obtenir 
un terrain ou un local à la ville, il n'y faut pas penser, tout 
le monde sait que l'administration communale de Charleroi 
ne le pourrait pas quand elle le voudrait; elle possède trop peu 
de terrains pour ses propres besoins et ses ressources sont 
fort restreintes. Cependant il y a urgence; le local occupé ac- 
tuellement peut nous être retiré d'ici à quelque temps. 

La question sera donc maintenue à l'ordre du jour de 
toutes les assemblées générales jusqu'à ce qu'elle soit réso- 
lue. 

M. LE Président est d'avis qu'il faudrait trouver un bien- 
faiteur qui serait disposé à sacrifier 10 à 15 mille francs pour 
créer notre musée. Le local porterait le nom de ce bienfaiteur. 
Il serait peut-être possible d'obtenir, dans cette condition, de 
l'État un terrain à bail pour la construction et un subside 
pour aider à celle-ci. 

M. Cloquet partage entièrement cet avis. 

M. Stassin estime que pour bâtir un local sur le terrain 
qu'on obtiendrait de l'Etat, la meilleure manière d'obtenir de 
l'argent ce serait une émission d'obligations portant intérêt de 
5 %. Il pense que ces obligations seraient prises par les 
membres de la société. Il donne quelques développements à 
ses idées. 

M. LE Président demande de laisser au comité le soin 
d'étudier cette question. — Adopté. 

5« Objet. 

2^ membres prennent part au vote. Le résultat du scrutin 
donne : 

20 voix à M. J.-B. Genard. 
i ». L. IIenseval. 
1 billet blanc. 
En conséquence, M. J.-B. Genard est déclaré membre du 
comité. 



— XXVI — 

6« Objet. 

Le comité propose à l'assemblée de créer une charge de 
conservateur général des collections, lequel ferait partie du 
comité. Après discussion, cette proposition est adoptée à 
rùnanimité et Ton procède à la nomination. 

M. L. Henseval est nommé à l'unanimité. 

7e Objet. 

Sur la proposition du comité, M. Th. Juste est nommé à 
Tunanimité membre d'honneur de notre société. 

M. Gloquet donne lecture du complément de son rapport 
sur la fouille de la villa belgo-romaine d'Ârquennes. .L'assem- 
blée applaudit et le rapport est renvoyé au comité de publi- 
cations. 

M. Kaisin donne lecture d'un rapport provisoire sur la 
fouille de Gerpinnes. (Applaudissements.) 

M. Yan Bastelaer prend alors la parole et fait un rapport 
oral sur la fouille du cimetière belgo-romain de Strée ; il y 
joint l'exhibition des objets principaux avec des explications 
intéressantes. Ces détails ont beaucoup plu à l'assemblée qui 
applaudit. 

La séance est levée à 6 heures et demie. 

Le Secrétaire^ 
E. GOBAUX. 



— XXVII — 



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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 



DU 5 AOUT 1873. 

9 

Sont présents : 

MM. Van Bastelaer, président; 

F. Andris, L. Binard, V. Bruyr, A. Cador, H. Chantraine, 
F. Charles, C*® L. De Glymes, E. Delhaire, F. Dubois, Ch. 
DuPRET, docteur; J.-B. Genard, Al. Georlette, A. Gilet, 
J Grégoire, L. Henseval, J. Kaisin, A. Losseaux,Cam. Lyon, 
Clem. Lyon, Marc-C. Lyon,L. Mascaut,M. Motte, M. Paquet, 
J. RiGAUX, J. RouARD, P.-G. Vander Elst, membres; E. 
Coraux, secrétaire. 

La séance est ouverte à 3 heures de relevée. 

i^^ Objet à V ordre du jour. 

' Il est donné lecture du procès-verbal de l'assemblée géné- 
rale du mois de février précédent. Adopté sans observation. 

2^ Objet. 

i^ Lettre de faire part de la mort de M. L. Lebrun, 
membre de la Société. 

2^ Lettre de M. De Borre qui prie la société de vouloir rece- 
voir comme membre, M. le docteur Ross, naturaliste distin- 
gué du Canada. 

3° Lettre de M. Lebon ; il nous informe qu'il a reçu, pour 
nous les remettre, le diplôme et la médaille qui nous ont été 
décernées à l'exposition d'économie domestique de Paris. 

A9 Lettre de M. Juste, relative à la conservation d'une par- 
tie importante de la villa belgo-romaine de Gerpinnes. 

d"* Lettre de M. le ministre de Tintérieur qui nous fait savoir 



— XXIX — 

qu'il a communiqué avec recommandation spéciale à M. le 
ministre des finances, notre requête par laquelle nous deman- 
dions de pouvoir acquérir de la main à la main , la partie des 
anciennes casernes où nos collections sont déposées. 

60 Lettre de M. le ministre des finances :ilnous fait connaître 
qu'il ne peut accéder à noire demande. 

7° Lettre de M. J. Rigaux qui offre à la société des objets bel- 
go-romains trouvés dans les scories de forges {Crayats de 
sarrasim) à Gymnées. (Voir ci-après.) 

Se Objet. 

M. LE Président donne lecture de son rapport annuel sur 
les travaux et la marche de la société. Il fait connaître le 
nombre des membres qui la composent et les fouilles impor- 
tantes faites pendant Tannée. Ce travail intéressant sera im- 
primé dans le prochain volume des Documents et rapports 
de la société. 

4« Objet. 

M. Van Bâstelaer fait connaître en quelques mots la posi- 
tion de la société, quant au local. 

€ Le local que nous occupons vient d'être vendu et il est 
urgent d'aviser au moyen de pouvoir le quitter sans larder. 
Le comité qui a été chargé d'étudier la question, a décidé à 
l'unanimité de réserver pour l'avenir la solution de la ques- 
tion d'un local définitif sur un terrain appartenant à la socié- 
té et d'élever immédiatement un local provisoire sur un 
terrain de l'Etat. Sur la promesse officieuse mais formelle des 
autorités, qu'on userait envers la société de toute la tolérance 
nécessaire, le comité a choisi un terrain, près de la pou- 
drière nord et sans demander l'autorisation, on élèverait le 
plus économiquement possible une construction qui pût plus 
tard faire partie d'un musée définitif, alors qu'armé du titre 
d'occupant et au moyen de toutes les influences dont la société 



— XXX — 

peut disposer, on sera arrivé à obtenir du gouvernemenl la 
possession définitive du terrain sur lequel on aura bâti. Quant 
au dernier point, de l'opinion générale des hommes compé- 
tents, il sera impossible de mettre légalement la société en 
possession du terrain, il faudra que la ville en devienne pro- 
priétaire pour nous. 

M. L£ Président ajoute du reste que, dans son opinion, ce 
dernier moyen sera toujours la seule solution pratique. 

Il donne lecture d'une première proposition. Elle est ainsi 
conçue : 

( Comptant sur la bienveillance du Gouvernement, la so- 
ciété fera bâtir un local sur un terrain placé près de la pou- 
drière nord de l'ancienne forteresse, terrain ayant 10 ares, 
donnant à l'Est dans la rue circulaire et à l'Ouest aux boule- 
vards. Ce bâtiment sera simple et fait de manière à pouvoir 
être utilisé dans la construction d'un local définitif. ]» 

Après quelques explications, cette proposition mise aux 
voix, est adoptée à l'unanimité. 

M. Cador qui avait été chargé d'élaborer un projet, dépose 
sur la table le plan et le détail du devis. Il donne les expli- 
cations nécessaires et fait connaître le prix approximatif du 
bâtimen à construire, c'est-à-dire 9600 fr. 

M. Andris demande si on pourra trouver un entrepreneur 
pour ce prix. 

M. Motte dêsireraitque l'on apportât quelques modifications 
au projet présenté. 

Avant de procéder au vote, M. Cador se retire, et son pro- 
jet est adopté à l'unanimité moins une voix, à la condition 
de ne pas dépasser le chiffre du devis. 

Une troisième question se présente et elle est la plus im- 
portante. C'est la question d'argent, 

M. Chantraine propose l'émissiAi d'obligations de 100 
francs portant intérêt à 4 p. c, remboursables par partie tous 
les ans. Il fait remarquer qu'il serait sage de ne pas arrêter 
l'emprunt à la somme de 10,000 fr. mais de le porter à 



— XXXI — 

15,000, sauf à limiter ensuite l'émission des actions au 
chiffre nécessité par la bâtisse. 

M. Andris propose d'émettre tout de suite les obligations. 
L'assemblée vote ensuite à la presqu'unanimité des voix, 
l'émission d'un emprunt par actions, l'emprunt pourra être 
porté à 15,000 francs. 

M. F. Charles motive son abstention, il préférerait 
louer, en prévision du projet arrêté dernièrement par l'ad- 
ministration communale et qui consiste à faire une vaste cons- 
truction, dans laquelle un emplacement sera réservé pour la 
société et le musée d'archéologie. 

M. Chantraine est chargé par l'assemblée de préparer le 
projet d'emprunt et ses détails. 

5« Objet. 

Le trésorier ayant donné sa démission motivée sur son 
manque de loisir, l'ordre du jour amène : nomination d'un 
trésorier. 

M. LE Président, après avoir essayé en vain de décider 
M. Gilet à continuer ses fonctions, le remercie au nom de la 
société du zèle dont il a toujours fait preuve dans les affaires 
pécuniaires de la société. 

Le vote est ensuite ouvert, et M. Auguste Frère^ candidat^ 
notaire à Charleroi est nommé trésorier à l'unanimité des 
membres présents. 

6^ Objet. 

M. DE Glymes demande que la lecture du rapport détaillé 
sur la fouille de Gerpinnes soit remise à la prochaine assem- 
blée générale. * 

7^H)bjet. 

M. Van Bastelaer lit un rapport détaillé sur la fouille du 



— XXXII — 

cimetière belgo-romain de Strée. Ce travail assez long inté- 
resse beaucoup les auditeurs, et est vivement applaudi^ 

8^ Objet. 

M. Vander Elst, au nom des délégués, fait rapport des 
séances du Congrès préhistorique auxquelles il a assisté. 

Les différents rapports lus à l'assemblée seront imprimés 
dans le VII^ volume des publications de la société. 

L'ordre du jour étant épuisé, l'assemblée se sépare. 

Il est 6 heures. 

Le Secrétaire , 
E. COBAUX. 



1. A cause du grand nombre de planches que renferme déjà le T. VU, l'imprei- 
sion de ce rapport, aussi accompagné de plusieurs planches, sera reportée au 
T. VIII. 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DU 2 FÉVRIER i874. 



Sont présents : 

MM. D.-A. Van Bastelaer, président ; 

F. Andris,F. Artus, Ed. Brichart, G. Bouquerot, A. Cador, 
L. Calot, N. Cloquet, N. Charbonnier, E. Coraux, F. Cro- 
quet, comte DE Glymes, E. Delhaire, P. Ducarme, Ch. Dupret, 
docteur, E. Depermentier, V. Dubois, F. Dewert, F. Demesse, 
G. DuRY, B. Dewandre, A. Frère, J.-B. Genard, J. Hanon, 

D. Henseyal, L. Jaumonet, G. Jacob, J. Kaisin, Cam. Lyon, 
Clém. Lyon, Marc-C. Lyon, L. Lambot, M. Motte, L. Quinet, 
J. RiGAUX, J. Ramwez, E. Smitz, a. Vasset, P.-C. Vander 
Elst. 
La séance est ouverte à 3 heures. 

i^^ Objet à V ordre du jour. 

M. le Secrétaire donne lecture du procés-verbal de rassem- 
blée générale du mois d'août précédent ; il est adopté sans 
observation. 

2^ Objet. 

Lettre de M. Herrier, attaché à Técole militaire de Belgique. 
Il nous promet un article sur la bombarde de Thuin. 

Lettre de M. Bernier, membre correspondant : il nous in- 
vite à rinslallation d'une Société littéraire nouvellement for- 
mée à Angre. 

Lettre de M. Debove. Il nous annonce l'envoi de trois 
planches nécessaires pour compléter un volume publié par 
le Cercle archéologique de Mons. 

Lettre de M. le gouverneur. Il nous fait connaître qu'il 

nous est alloué sur les fonds provinciaux un subside de 

600 fr. pour nous aider à continuer nos travaux. 

ui 



— XXXIV — 

Lettre de M. Juste. Il nous annonce qu'un arrêté royal 
vient de nous allouer un subside de 1200 fr. pour faire re- 
couvrir d'un abri en briques une partie importante de la villa 
de Gerpinnes. 

Lettre de M. le ministre relative au même subside. 

Lettre de M. Vander Elst sur quelques points de l'archéo- 
logie de l'arrondissement. (Voir ci-après.) 

3^ Objet. 

M. LE Trésorier donne lecture du compte de l'exercice 
écoulé : les dépenses s'élèvent à 4521 fr. 49 et les recettes à 
4599 fr. 12, soit un boni de 77 fr. 63. 

Ce compte est mis sous les yeux de l'assemblée et approuvé 
sans observation. 

4« Objet 

M. LE Secrétaire donne lecture du projet de budget pour 
l'année 1874, arrêté par. le comité dans sa dernière réunion. 

Il s'élève en dépenses et recettes présumées à la somme de 
6692 fr. 63. 

Après quelques explications le budget est approuvé à 
l'unanimité. 

6^ Objet. 

Plusieurs membres devant quitter la séance, on décide 
d'intervertir Tordre du jour et de discuter immédiatement le 
6^ objet. 

M. LE Président fait connaître les nouvelles difficultés qui 
se sont élevées pour la construction d'un musée. Il déclare 
qu'il maintient toujours son opinion : qu'il y a impossibilité 
d'arriver à un résultat convenable sans que la ville intervienne 
pour posséder le terrain et le musée de la société. 

Il rend compte des conversations qu'il a eues avec M. De 



— XXXV — 

Schodt, directeur du contentieux au ministère des Finances, 
et M. Gueymard, membre de la commission des terrains de 
Cbarleroi, il en résulte qu'il nous est impossible de commen- 
cer notre bâtisse sur le terrain proposé à la dernière assem- 
blée. Il est nécessaire que nous trouvions un emplacement 
que les rues de la ville nouvelle ne traversent pas et que nous 
obtenions ce terrain en location pour y bâtir un local confor- 
mément à la décision prise le 5 août dernier. 

M. LE Président indique trois terrains choisis de commun 
accord avec les fonctionnaires de l'Etat, sur lesquels il y a toute 
chance de ne pas être dérangé dans l'avenir. On laisserait au 
gouvernement la liberté de choisir pour nous entre ces em- 
placements qui se trouvent l'un près de la poudrière Ouest, 
l'autre derrière la maison de M™® veuve François et le troi- 
sième au boulevard près de l'Hôpital civil. 

M. Dewandre fait remarquer qu'il ne suffit pas de s'assurer 
que les plans du gouvernement respecteront les terrains 
choisis, mais qu'il est nécessaire aussi de les faire connaître 
à la ville pour être bien certain que quelque rue projetée ne 
viendra pas les traverser. 

M. Croquet et plusieurs autres membres appuient l'opinion 
de H. Dewandre. 

M. Artus déclare qu'il y a quasi certitude qu'on ne sera 
pas dérangé dans les trois terrains qu'on vient d'indiquer. 

M. Yan Bastelaer résume les débats et il est décidé que 
l'on fera connaître à l'administration communale le choix des 
terrains avec prière de nous donner son avis sur ce choix. 

M. Chantraine ne pouvant assister à la séance avait envoyé 
une note concernant le travail dont il avait été chargé, sur 
le mode d'emprunt et la manière de le couvrir. M. le Prési- 
dent donne lecture de cette note : elle satisfait l'assemblée. 

Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs 
membres, après avoir entendu M. Cador sur le renchérisse- 
ment de la bâtisse et l'impossibilité de trouver un entrepreneur 
au prix indiqué dans le devis, il est décidé que l'emprunt 



— XXXVI — 

voté à la dernière assemblée générale pourra s'élever au maxi- 
mum à 20000 fr. 

5« Objet. 

M. Kaisin donne lecture du rapport sur la fouille de Ger- 
pinnes. Ce travail long et intéressant a plu beaucoup aux au- 
diteurs. On applaudit chaleureusement. La partie de ce^ 
rapport, la plus intéressante, celle qui concerne les petits objets 
y découverts, sera lue à une autre assemblée en exhibant les 
objets trouvés. 

7e Objet. 

M. LE PRisiDENT douue connaissance de la visite faite par 
M. le Gouverneur au musée, local de la société, le 22 octobre 
1873. 

Ce haut fonctionnaire a pris plaisir à contempler les diffé- 
rents objets des collections et a fait preuve de connaissances 
spéciales. En souvenir de cette visite, il a bien voulu apposer 
sa signature sur le registre destiné à cette fin. 

Les membres présents et qui l'ont reçu, l'ont nommé 
membre d'honneur, se proposant de demander ratification de 
cette nomination au comité d'abord, puis à l'assemblée 
générale. Le comité a ratifié cette nomination dans ce qui le 
concerne. L'assemblée générale consultée, décide à l'unanimité 
de ratifier elle-même cette nomination. 

M. Armand Thielens nous a proposé de nommer membre 
d'honneur un savant Italien. Le comité l'a nommé membre 
correspondant dans sa réunion du 13 novembre 1873. 

C'est M. le comte Canofari de Santa-Vitloria, à Sora (Terre 
de labour, prés Naples). 
L'assemblée générale le nomme membre d'honneur. 



— XXVfll — 

8^ Objet. 

M. Genàrd demande si nous aurons encore des conférences 
et rappelle que plusieurs personnes nous ont fait des pro- 
messes à ce sujet. 

M. Charbonnier, présent à la séance, veut bien s'engager 
pour le 8 mars 1874. II traitera : De la mutabilité des espèces 
ou rémuniscences de la nature. La conférence commencera à 
% heures 1/2 de relevée. Toute personne étrangère à la société 
pourra être introduite par un membre. 

M. Genard rappelle que dans une réunion précédente, il a 
été question de réimprimer le deuxième volume de nos publi- 
cations qui est épuisé. Il est reconnu que celte réimpression 
est impossible parce qu'on ne réunira pas assez de souscrip- 
teurs. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 
5 heures 1/2. 

Le Secrétaire^ 
E. COBAUX. 



— XXXVIII — 



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CORRESPONDANCE. 



CORRESPONDANCE. 



Demande à l'Etat relativement à la Haute-chaussée romaine 

dans notre arrondissement. 



Aa débnt de son existence, notre Société considérait les terrains tra- 
versés par la Haute^ehawsée^ comme les pins curieux à étudier au point 
de vue archéologique. Craignant que la conservation de ces tronçons 
ne fût compromise par les travaux modernes, elle crut devoir appeler 
Tattention du gouvernement sur cette voie, anciennement domaniale. 
Toici la lettre demeurée sans réponse, qu'elle adressa au ministère le 
5 juillet 1864. 

Cette missive est mentionnée au procès-verbal de rassemblée da 7 
août i 864 et aurait été imprimée à la suite de ce procès-verbal, si l'on 
n*eût compté y Joindre la réponse du gouvernement. Aujourd'hui la 
question offre encore un grand intérêt et nous reproduisons la requête 
qui s'en occupe. 

Monsieur le Ministre, 

La domination romaine a légué à la Belgique actuelle un 
seul monument incontestable, c'est la Haute-chaussée tra- 
versant le territoire belge de Gougnies à Tongres, allant vers 
Maestricht; mais les vestiges s'en présentent dans un tel état 
de dépérissement que d'ici à quelques dizaines d'années, ils 
auront disparu sans laisser de traces. 

Cette disparition qui n'aura proGté qu'aux riverains enva- 
hisseurs, sera pour la communauté la perte d'une voie de com- 
munication vicinale. 



— XLII — 

Cependant en 1828 le roi Guillaume avait pris un arrêté 
nommant une commission chargée d'indiquer les moyens de 
rétablir cette route ; eu 1848, le ministre de l'Intérieur sur 
la propositiou de M. E. Stevens, son secrétaire général, confia 
à xW. J.-F. Vander Ritt, architecte ingénieur, la mission de 
faire une étude de toutes les anciennes chaussées romaines, à 
l'effet de constater si, par une restauration économique, elles 
seraient susceptibles d'entrer dans le réseau des voies vici- 
nales de communication. 

Cet ingénieur s'est acquitté avec zèle et grande intelligence 
de cette mission, son travail fort remarquable dont la 1*^ par- 
tie seulement a été publiée, se trouve en entier au ministère 
de l'Intérieur ; et Ton ne peut expliquer l'oubli absolu dans 
lequel un travail aussi important est demeuré depuis son 
achèvement, que par le changement du ministère advenu en 
1852. 

Peut-être est-il maintenant trop lard pour que l'on puisse 
encore donner suite aux conclusions d'un rapport basé sur un 
état de choses remontant à quinze années. 

Mais ce qu'il est encore possible de faire c'est de dresser 
l'atlas de la Haute-chaussée , de la borner dans les localités 
où elle existe sans contestation et où son parcours est rangé 
parmi ceux des chemins vicinaux ; c'est d'en interdire la 
future aliénation par les communes ; c'est d'appliquer la loi 
d'une manière réelle contre tout empiétement que les rive- 
rains tenteraient à partir de ce jour. Des vieillards assurent 
avoir vu dans leur jeunesse la Chausàée avoir sa pleine largeur 
dans des endroits où elle ne présente plus qu'un sentier de 
2 à 3 mètres. (Elle en avait en tout 17 1/2 !) 

La Société archéologique de l'arrondissement de Charleroi 
partageant l'appréciation ci-dessus, demande qu'il plaise àM. le 
Ministre, de prendre les mesures requises pour que la Haute- 
chaussée entrant sur le territoire de l'arrondissement à Cha- 
pelle-Herlaimont et en sortant à Brye, soit bornée en largeur 
sur son parcours afin d'éviter toute emprise ultérieure et si, 



— XLIII — 

par imprévu, l'antorité croyait une restauration ou un réta- 
blissement partiel possible, eileestimeque le cahier des charges 
de la concession du chemin de fer demandé par M. Deles- 
tanche, sur ce parcours pourrait contenir une clause spéciale 
à cet égard un seul effort ainsi atteindrait deux buts. Tel est 
l'objet M. le Ministre^ que soumettent à votre appréciation 
vos obéissants serviteurs. 

Le Secrétaire, Le Président^ 

C. VANDER ELST. T. HAROU. 



Gharieroi, 5 juillet 1864. 



Monsieur le Président de la Société paléontohgique 
et archéologique de Charleroi. 

J'ai en effel consacré quel(}ue temps et quelques études en 
1840 et 41 à l'agrandissement de la ville de Charleroi. 

Je vous adresse le plan original que j'ai fait à la suite de 
ces études, ainsi qu'une copie lithographiée par J. CoUon. 
Celle-ci n'est pas en très bon état mais je n'en ai pas d'autre 
sous la main pour le moment. 

Quant au mémoire justificatif et au devis que j'avais adres- 
sés à l'administration communale de l'époque, c'est-à-dire en 
Mars 4841, et au mémoire ei aux réponses que j'ai adressés 
au conseil supérieur des fortifications, à la même époque, je 
n'en retrouve pas de traces dans mes archives, mais il est pro- 
bable qu'on les retrouverait aux archives communales et à 
celles de l'administration de la guerre ou du comité des forti- 
fications. 

Je dois, pour la vérité historique, déclarer que celui-ci 
avait adopté mes idées, et que c'est pour ne pas aboutir à un 
non possumus de la part de l'élément militaire déjà tout puis- 
sant à cette époque, que j'avais borné mon travail à l'agrandis- 
sement de la Ville basse, laissant au temps à faire le reste. 

J'ai toujours regretté que l'administration communale de 
l'époque n'ait pas mieux apprécié les intérêts généraux qui 
lui étaient confiés et qu'elle se soit laissé arrêter par quel- 
ques mesquins intérêts privés mal compris. 

J'espère, monsieur le Président, que vous recevrez ces vieux 
documents en bonne condition ; pour ma part, le bon sou- 
venir de mes anciens compatriotes de Charleroi, m'a été on 
ne peut plus agréable et je les en remercie bien cordialement. 
Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, pour vous et 
vos Collègues, l'expression de mes sentiments les plus affec- 
tueux. 

A. LE HARDY de BEAULIEU. 

Château de la Dawette, Wavre, 28 octobre 1872. 



A monsieur le Président de la Société archéologique 
et paléontologiqm de Charleroi. 

Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous adresser, franco, deux paniers ren- 
fermant quatre à cinq cents fossiles, crislallisali(»ns et objets 
géologiques divers, divisés comme suit : 

Terrain anthraxifère, de plusieurs systèmes, 
(non déterminés), environ . . . .60 fossiles 

Terrain auihraxifère, système carbonifère, 
calcaire carbonifère de Bouffioulx . . .35 

Terrain anthraxifère, système carbonifère, 
étage houiller, — bassin de Charleroi . 50 

Terrain jurassique, système bathonien, étage 
bajocien, — limoiiite oolilhique de M^ S^ Martin 
et calcaire de Longwy 70 

Terrain crétacé, massif du Limbourg, système 
Maestrichtien 7 

Terrain crétacé, massif du Hainaut^ système du 
tourlia de Tournai 35 

Terrain tertiaire, systèmes diestien et scaldi- 
sien, sables noirs, gris et rouges d'Anvers et 
d'Edeghera 400 

Terrains et systèmes divers, la plupart désignés 50 

Cristallisations, Stalactites, Stalagmites, etc. . 40 

Je prie la société archéologique et paléontologique de 
Charleroi d'accepter celte modeste collection, fruit de douze 
années de recherches, comme gage de mon entier dévoue- 
ment et de ma haute estime. 

Veuillez, monsieur le Président, 

agréer mes salutations respectueuses, 

OLIVIER GILLES. 

Châtelet, le 7 décembre 1872. 



Châlelelle26avriH873. 



Monsieur le Président de la Société archéologique et paléonto- 
logique de Varrotidissement de Charleroi. 



J'ai rhoDneur de vous remettre pour nos collections les 
objets suivants : 

Débris de grandes tèles, genre du potier romain Brariatus. 

Débris de poteries samiennes, dont plusieurs portent des 
ornements en relief de grande beauté. 

Débris de poteries grises et rouges plus communes. 

Divers débris d'anses et de goulots de vases en terre. 

Deux instruments en fer, ayant servi probablement à la fa- 
brication du ter, à l'époque romaine. 

Morceaux d'une grande meule romaine en pouzzolite. 

Tous ces objets portent le caractère évident d'origine 
romaine et ont été trouvés à Gymenée, près de Doische, dans 
des scories dites c Crayats de Sarrasins > . 

Veuillez agréer, monsieur le Président, mes salutations 
distinguées. 

J. RIGAUX. 



Exposition universelle d'économie domestique dans le Palais 
de rindustrie^ en i872. — Direction : 23 ^ rue de la Chaus- 
sée-iTAntin. 

Paris, le 15 décembre 1872. 

Monsieur le Président, 

J'ai rhonneur de vous informer qu'une médaille de bronze 
a été décernée à la société que vous présidez. 

Veuillez la faire prendre, ainsi que le diplôme, 23, rue de 
la Chaussée-d'Antin, à partir du 5 janvier, tous les jours, de 
9 à 11 heures du matin. 

Veuillez, monsieur, recevoir mes félicitations pour cette 
distinction si bien méritée, et me croire votre bien dévoué. 

Le directeur général de l'exposition, 
FLEURY-FLOBERT. 
P. S. — Le diplôme et la médaille seront envoyés par la 
poste aux lauréats qui en feront la demande, en joignant 
un franc cinquante centimes, pour frais d'expédition. 



Exposition universelle d'économie domestique à Paris en i872. 
— Dixième groupe, histoire du travail et des travailleurs, 

collections, etc. 

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Le jury international décerne la médaille de bronze à la 
Société paléontologique et archéologique de Charleroi 
(Belgique). 
Donné à Paris, Palais de l'industrie, le 30 novembre 1872. 

Pour le président du jury, 
Le préskient du comité belge, L. LEBON. 
Le secrétaire du jury, J. PÉRIN. 
L' un des administrateurs à Texposition, GUINDRE-MÂLHERBE . 
Le président du conseil. Le directeur général, 

J. REMY. FLEURY-FLOBERT. 



Gharleroi, 5 septembre 1874. 



Monsieur et cher Collègue. 

Nous venons vous convier à une vraie fête archéologique, à 
une excursion vraiment capable de tenter tout ami de la science. 
Cette promenade sera d'autant plus agréable que les membres 
de notre Société la feront de concert avec leurs confrères du 
Cercle archéologique de Mous, auxquels nous nous réunirons 
dès le commencement de la journée ; nous pourrons ainsi 
fraterniser avec cette Société qui a toujours montré, à notre 
égard, tant de sympathie. 

Le but scientifique du voyage est triple : 

4° Visiter les collections archéologiques de M. Debove, à 
Elouges : les plus belles du Uainaut, pensons-nous, qui appar- 
tiennent à un particulier. Vous avez pu vous en faire une idée 
en lisant les Annales du Cercle Archéologique de Mons, tome 
VI^ page 114, et tome VIII, page 243. 

2o Visiter une exposition archéologique organisée à Ângre, 
au profit d'une Bibliothèque populaire, par le Cercle littéraire 
d'Angre, présidé par notre actif collègue et collaborateur 
M. Bernier. Les Amiales du Cercle de Mons^ tome X, page 66, 
donnent un aperçu des antiquités trouvées à Ângre. Cette 
Société a bien voulu inviter la nôtre à visiter cette exposition, 
et son Président a arrangé le programme de la journée et 
s'est chargé des détails. 

3^ Enfin, visiter dans les bois si pittoresques d' Angre, le 
célèbre caillou qui bique. 

Le rendez-vous est à la station de Mons, le mardi 16 sep- 
tembre, à 7 heures 41 du matin, oif Ton se réunira aux col- 
lègues montois, et l'on partira pour Elouges (voie deQuiévrain). 
D'Elouges, il y a une lieue de marche jusqu'à Angre, et 

d' Angre une lieue de marche pour revenir à Quiévrain, où 
nous reprendrons le train pour rentrer chez nous le soir. 
On déjeunera en pique nique à Angre. 



— XLIX — 

Pour arriver à Mons à ilieure convenue, nous pouvons 
prendre, selon notre convenance, le train partant de Charle- 
roi à 5 heures du matin pour Manage et Mons, ou le train 
partant de Charleroi à 5 heures 34 pour Fontaine-rEvêque, 
Binche et Mons. Il convient de se munir d'un coupon de ^^ 
classe pour Quiévrain, aller et retour. 

Nous comptons que cette fête aura un grand succès, cer- 
tains que beaucoup de nos amis voudront profiter de cette 
belle journée, et nous vous prions d'agréer l'assurance de nos 
meilleurs sentiments confraternels. 

Le Secrétaire^ Le Présidentj 

E. COBAUX. A,-D. VAN BASTELAER. 



IV 



Ravenburg, près Roux, le 31 décembre 1878. 



Monsieur le Président, 

Je viens compléter la petite notice reprise page 148 de 
notre dernier volume. J'avais adressé à notre collègue M. H. 
Schuermans, un second exemplaire du sigle dont il est ques- 
tion dans cette notice. D'abord, il me ût connaître que c'était 
à un fragment de poterie et non à une tuile qu'appartenait le 
sigle de Juslenwille que j'avais mentionné. Il ajoute que C. V. 
pourrait signifier quelque chose comme Caius Valerius, et 
qu'il est disposé à y voir un analogue des marques C. V. S. — 

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C. V. co., et o , deTaviers, S*-Marc, et Namur*, mention- 
nés dans le Tome X fo 128 des Annales de la Société Archéo- 
logique de cette dernière ville, et dans ses sigles figulins, 
nM821. 

Cette rectification à ma précédente communication est im- 
portante. 

Puisque je suis en train de compléter mes renseignements 
antérieurs, j'ajouterai un supplément à l'hypothèse de la co- 
existence ancienne des deux langues de notre pays. A l'appui 
de l'antiquité locale d'un dialecte gallo-romain, j'ai cité l'ex- 
pression de Nervii Galligani dont s'est servi la notice des 
dignités de l'Empire. Depuis lors j'ai rencontré dans le pré- 
cieux travail de M. C. Duvivier, sur le Hainaut ancien, la pro- 
duction d'un titre sur lequel je puis m'appuyer comme preuve 
externe. C'est une inscription trouvée en Angleterre, publiée 
par Roach Smith, T. III, f> 202, et qui porte FoRTUNiE Coh I 
Nervana Germanor ; Horstleye, la cite également dans son 
« Northumberland » comme nous le dit M. A. Wauters. 

Bien qu'on puisse prétendre que ces preuves ne sont pas 
irréfutables, nous y voyons pourtant le présomption fondée 

i. Et aussi d'Arquenne, voir ci-après le Rapport de cette fouille, { H. 



— Li- 
gue dès la domination romaine, le thiois et le wallon primi- 
tifs se trouvaient usités et juxta-posés, dans les limites du 
territoire nervien nommé ensuite Civitas Camarensium^ dont 
les bornes nous ont été indiquées par celles de Tancien diocèse 
de Cambrai. M. Hyde Clarke nous a dit au congrès préhisto- 
rique que l'on remarque dans le développement des langues 
une grande fixité se joindre à la tendance à la modification ; 
et M. Quatrefages, que les types des populations aborigènes 
se reproduisent généralement chez les femmes occupant le 
même sol. Je crois devoir réclamer la prise en considération 
de ces faits signalés par d'éminents anthropologistes, pour 
appuyer l'hypothèse que j'ai émise sur les causes originelles 
de la persistance parmi nous de nos deux idiomes^ ; les géné- 
rations successives ayant usé d'abord de l'idiome maternel, la 
langue des mères s'est perpétuée jusqu'à nos jours. 

On vient de me communiquer les fragments d'un conte tou- 
chant le séjour des Sarrasins, à peu de distance d'ici. Si je 
parviens à en recueillir encore d'autres traces, ce sera là le 
sujet de ma prochaine communication. 

Veuillez donner place à la présente dans le prochain volume, 
et agréer mes salutations sincères. 

C. VANDER ELST. 



i. Cfr. Dœumentt et Rapporttt Tome V, f> S46. 



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LU A U ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LV S FÉVRIER 487S. 



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§1. — NOUVELLES DÉCOUVERTES. 

Nous avons dit, dans notre premier rapport, que la villa 
belgo-romaine d'Ârquennes était habitée sans doute par un 
vétéran romanisé, riche propriétaire qui s'occupait de chasse 
et de culture ; nous avons décrit son habitation principale, 
nous allons aujourd'hui nous occuper des annexes. 

Aussitôt après l'enlèvement des récoltes, nous fîmes des 
sondages sur les terrains voisins, nous ne tardâmes pas à 
rencontrer de nouvelles substructions qui se relient parfaite- 
ment avec celles que nous avions mises au jour et forment un 
plan d'ensemble. 

Partant de la villa urbana du 1®^ Rapport, le vestibule se 
continue sur une longueur de 8 mètres et une largeur 
de 1 m. 90 jusque vis-à-vis d'une pièce N de 6 mètres 
de long sur 5 m. 35 de large ; à côté de cette pièce, vers 
rOuesl, se trouve une autre place de 5 m. 30 sur 2 m. 30 
(voir pl.I).On ne voit pas s'il existait une porte donnant accès 
à cesplaces; c'est probable,mais le vestibule n'était pas à ce seul 
usage ; il fait un coude à angle droit vers la gauche et conduit 



— LVI — 

à 2 mètres de distance à une place P, de 3 m. 30 sur 15 
mètres. 

Ce long compartiment conduit à une cave Q et contient la 
cage de Tescalier qui y descend. Les murs de ces différentes 
pièces sont en moellons posés à sec jusqu*au point D,oii se trou- 
ve l'emplacement de l'escalier qui était construit enbois.L'in- 
clinaison est marquée par les cendres qui recouvraient le sol 
sur lequel il était posé*. 

Les murs latéraux étaient terminés inférieurement suivant 
cette inclinaison, de manière que, commençant par une seule 
assise, ils finissaient par avoir leur hauteur entière en attei- 
gnant le fond de la cave. 

Cette manière de construire parait être fréquente à cette 
époque. On économisait les matériaux ainsi que les frais de 
main-d'œuvre de la fouille et de la construction. 

Cette pièce souterraine a 5 mètres de long sur 3 m. 30 de 
large. 

Le mur de droite en entrant, a une épaisseur de m. 70 
jusqu'aux deux tiers de sa longueur ; elle s'élève ensuite à un 
mètre jusqu'à son extrémité. 

Le mur de gauche a m. 80 sur toute sa longueur, mais il 
présente m. 90 à sa base jusqu'à la hauteur d'un mètre, 
puis il fait une retraite de m. 10. 

Les murs transversaux ont été presqu'entièrement démolis. 

Tous les murs sont construits en petit appareil allongé, en 
moellons de petit granit de m. 15 sur m. ^ réguliers; les 
assises inférieures sont faites en pierres de plus fortes dimen- 
sions. 

Le ciment est composé de chaux et de sable de la localité, 
circonstance qui fait qu'il est moins dur, car, comme nous 
l'avons déjà dit, la chaux est grasse et le sable est terreux. 

Ce compartiment souterrain a été fouillé avec soin ; à peine 

i.Lè même fait a été signalé par M. Schuermans, dans la description des substruc- 
tions du Hemelryk à Walsbetz. Exploration de quelques lumulut dans la Hesbaye 
p. 884. 



— LVII — 

y avons-nous trouvé quelques morceaux de tuiles : il était 
comblé d'argile presqu'aussi pure que la terre vierge. 

Le mur extérieur se prolonge, mais à sec, sur une longueur 
de 2 m. iO; alors il redevient cimenté et prend son ancienne 
épaisseur de m. 70. Nous avons une autre cave S qui nous 
offrira plus d'intérêt sous différents rapports (pi. II). 

Nous rencontrons d'abord, à droite^ l'emplacement de l'es- 
calier de i m. 50 de large qui.est placé en travers c'est-à-dire 
dans le sens contraire à l'autre; il se dirige du S.-E. au N.-O. 

Après un palier de 1 m. 50, il descend par une inclinaison 
assez forte, entre deux murs, dont l'un, celui de droite, est 
construit de la manière indiquée plus haut, tandis que l'autre, 
qui fait partie de la cave, a son élévation sur toute sa longueur 
(pi. II, fig. 4). Ce premier mur est construit comme tous 
ceux de cette cave, en petit appareil bien régulier, formé de 
pierres bleues de la localité, de forme cubique, représentant 
exactement des pavés de 6® échantillon; les joints sont parfai- 
tement dressés horizontalement et verticalement. On y voit 
les traces de l'outil de l'ouvrier comme si on venait de les 
rejointoyer. Deux cordons de briques ou plutôt de tuiles à 
rebords*, l'un simple, l'autre double, divisent la muraille 
horizontalement; ils sont à m. 50 de distance ; ils suivent le 
retour du mur de la cage où le supérieur sert de seuil à une 
niche qui se trouvait au milieu du panneau, mais dont il ne 
reste plus que des traces. 

Une porte latérale donne accès à la cave ; mais chose 
étrange, le seuil de cette porte est d'environ m. 60 plus 
élevé que le bas de l'escalier et que le fond de la cave, qui sont 
au même niveau. Nous ne nous expliquons pas celte disposi- 
tion. 

Nous n'avons trouvé aucunes traces de pavement dans la 



1. VmuvE, II, 8, recommande l'emploi des tuiles vieilles dans les constructions 
des murs. On s*en est servi à la villa d'Ârqucnnes, non seulement pour les murs 
mais pour les niches, le pavement d*aqueduc et Tescalier du bain. 



— LVIII — 

cavô. Le fond est en sable, produit naturel du sol. Elle a 
5 m. 50 sur 4 m. 80. Comme nous venons de le dire, ses 
murs sont en petit appareil bien soigné, mais sans cordons de 
briques. Celui de droite, en entrant (au N.-O.), présente 
deux niches, parfaitement conservées, qui divisent la muraille 
en (rois panneaux d'égale dimension ayant chacun 1 m. 40 

(pl. II, fig. 2). 

Ces niches ont m. 50 de largeur et m. 60 d'élévation. 
Elles ont m. 40 sous le cintre qui est fait en tuiles de 

m. 38 de profondeur, disposées en voussoir. 

Deux autres niches de même forme et de mêmes dimen- 
sions, sont dans le mur de face (Sud) (pi. II, fig. 3). 
Dans celui de gauche (au S.-E.) se trouve un soupirail de 

1 m. 05 d'ouverture extérieure, taillé en biseau très prononcé 
de manière à laisser pénétrer beaucoup de lumière (pl. II, 

fig.i). 

La coupe du terrain qui remblayait l'excavation, nous a 
paru assez curieuse pour en donner quelques détails. 

La partie du sol cultivée (humus), d'une épaisseur de 
m. 25 à m. 30 ne présentait que quelques fragments de 
poterie romaine mélangés aux restes d'autres que les siècles 
avaient remués. 

Venait ensuite une couche de terre argileuse d'une épais- 
seur de m. 65, ne contenant qne quelques rares débris de 
tuiles et de ciment. 

Mais bientôt une véritable Macédoine s'offrait à la vue : 
dans la pâte jaune de l'argile, des morceaux innombrables de 
tuiles planes et courbes, parmi lesquels de beaux spécimens 
entiers, étaient entremêlés à des ferrailles oxydées, à des os 
d'animaux, à des cendres de bois et formaient un mélange 
curieux de couleurs et de formes. Sous cet amas de débris 
empâtés se trouvait une autre couche uniquement compo- 
sée de ciment, de béton, de crépi de mur et de pierres de 
petite dimension ; elle n'avait qu'environ un pied d'épais- 
seur, 



PL 






/.,t.'^T!:iSIgg'.l'.f'T 




VILLA BELGO-ROMAIN'E D'ARQUENNE. /«^ 



- ux — 

Enfin venait un véritable sédiment de 0,10 à 0,15 d'épais- 
seur de sable terreux verdâtre, parsemé de points noirs et 
parfois de cendres réunies en poche ; cette couche s'étendait 
sur toute la superficie du sol. 

Ce sédiment semble être le produit de la filtration des 
eaux pluviales qui, pendant tant de siècles, ont entraîné avec 
elles des molécules terreuses et surtout siliceuses, ainsi que 
des parcelles de charbon^ qui se trouvaient dans les couches 
supérieures ; ces eaux salies ont en quelque sorte injecté la 
superficie du sol qui 9 pris leur teinte. 

C'est dans cette dernière couche que nous avons trouvé un 
certain nombre d'objets intéressants que nous allons bientôt 
décrire. 

n semble étrange qu'on n'ait trouvé aucun débris dans 
l'autre cave. 

Le fait de la démolition des murs transversaux indique que 
cette pièce a été fouillée. Peut-être Taura-t-on découverte 
tout en ignorant l'existence de l'autre qui n'a certainement 
pas été visitée, ou bien, n'y ayant trouvé que des objets insi- 
gnifiants aux yeux du vulgaire, on n'aura pas voulu faire les 
frais assez grands d'un déblai, car, anciennement ce qu'on 
cherchait dans les ruines c'étaient des trésors et non des 
morceaux de poteries, de bronze ou de fer. 

Désirant connaître si ces murs se continuaient, nous avons 
exploré les angles extérieurs et nous avons constaté que cette 
place n'était attachée au bâtiment principal que par une face : 
le reste était isolé. Cela formait donc une espèce de pavillon. 

Le mur de la cage de l'escalier se continuait vers le S.-E., 
c'est-à-dire dans le sens de la largeur du bâtiment, jusqu'à 
8 mètres de longueur^ mais il n'était pas cimenté. Il servait 
de mur latéral extérieur à* une place T,de 5,50 m. sur 4,20 et 
d'une autre U de 3,00 sur 4,S0. 

Ces deux places U T sont séparées des places N, dont 
nous avons parlé en commençant, par un grand comparti- 
ment rectangulaire de 8 sur 9 mètres, 



— LX — 

Il nous reste à signaler l'espace R de 2,40 qui se trouve 
entre les deux caves et nous aurons terminé Ténumération de 
toutes les divisions de cette vaste construction qui, dans son 
ensemble, occupe une étendue d'environ 200 pieds de long sur 
50 de large. 

Ce qui est remarquable, c'est qu'il n'existe aucune lacune 
dans le plan. 

§ II. — Objets recueillis pendant les secondes fouilles. 

Nous allons examiner maintenant les différents objets dé- 
couverts dans les dernières fouilles, peut-être projetteront- 
ils quelque nouvelle lumière sur l'histoire de notre villa. 

Nous n'avons rien à citer d'important avant d'arriver à la 
place souterraine S. 

D'abord nous ne trouvons que des débris de tuiles, des 
ferrailles oxydées, des ossements d'animaux. 

C'est de quoi décourager plus d'un fouilleur, si l'on n'était 
guidé que par le désir de trouver de belles choses, mais tout 
le mérite d'une découverte doit consister, non pas dans la 
valeur intrinsèque de l'objet trouvé, mais dans sa signification 
historique ou scientifique y aussi ne rejetons-nous pas comme 
indignes de notre attention les objets qui paraissent futiles 
aux yeux du vulgaire et qui sont parfois bien précieux pour 
la science. 

Nous avons commencé le déblai par la cage de l'escalier, 
arrivés à la hauteur du seuil nous avons trouvé la belle fibule 
ronde, émaillée, que nous avons décrite dans notre 1®^ Rap- 
port et qui est représentée PI. V, fig. 2*. Presqu'au même 
endroit se trouvait une pièce de Valérien bien conservée. 

Comme nous l'avons dit, nous n'avons rencontré dans les 

1. Nous avons aussi décrit dans ce Rapport, un petit objet en bronze qui servait 
de couvercle à une botte à parfums (voir pi. IX, fig. 22-t3); depuis lors nous avons 
constaté en le nettoyant pour renvoyer à notre musée, que le dessus était aussi 
émaillé dans le genre de la fibule dont nous venons de parler. Malheureusement 
rémail était presqu'entiérement enlevé. 



— LXI — 

parties supérieures que des tuiles planes et courbes et des 
ossements d'animaux domestiques, dont nous parlerons plus 
loin. 

Ces tuiles ont les mêmes dimensions que celles indiquées 
dans nos premières fouilles, plusieurs sont entières et très 
bien conservées. 

Plusieurs portent des empreintes de pas d'animaux et Tune 
d'elles Tempreinte entière d'une fronde de fougère. 

Enfin un fragment porte la marque du fabricant ; ce signe 
G A S est le seul que nous ayons rencontré sur tuile. Nous 
l'avons soumis à l'appréciation de M. Schuermans qui en a 
signalé par millier. Il nous écrit qu'il ne connaît de compo- 
sable que C V S de Taviers, (Ann. Namurll, p. 49). Egale-^ 
ment sur tuile les mêmes Annales, X, 128, contiennent les 
variantes de cette marque parmi lesquelles G U S. rétrograde 
qui fait, vu à travers la page G A S ; il faudrait, dit-il, com- 
parer à Namur même. 

C'est dans la couche sédimenteuse inférieure que nous avons 
trouvé les objets les plus intéressants. 

Bronze. 

Le premier objet découvert au bord de la cave, est une 
Clochette en bronze avec battant en fer,dont il ne restait plus 
que la tête ; la tige était détruite par l'oxydation. 

Cette clochette est en tout semblable à celles que certains 
voiluriers placent aux goreaux de leurs chevaux, ou qu'on 
place au cou des animaux qu'on abandonne dans les bois, 
comme dans les Ardennes. 

Strabon dit que les Belges attachaient des clochettes au 
cou des porcs et qu*ils les laissaient ainsi vaguer dans les 
forêts. 

La loi salique en fait aussi mention\ 

1. Titre XXVII, § I. 

Le vol d'une clochette attachée au cou des animaux domestiques était puni par 
les lois des Visigoths, des Bourguignons et des Francs, d'une amende égale à a 
valeur de l'animal. 



— LXII — 

ÂimioD observe de même que dans leurs armées, les Franks 
avaient coutume de laisser errer leurs chevaux en leur pen- 
dant une sonnette au cou^ (PI. III, fig. 15.) 

2. Un couteau canif avec manche en bronze de 0,05 de 
longueur, la lame étant en fer est assez fortement oxydée, 
mais on en reconnaît parfaitement la forme. (Pi. III, fig. 11.) 

3. Ornement en bronze en forme de gland. (PI. III, fig. 12.) 

4. Une fibule à 2 tenons de 0,03 de long sur 0,01 de 
large. (PI. III, fig. U.) 

5. Une fibule ronde avec un tenon central, la tête, qui est 
écrasée, a 0,03 et a la forme de champignon. 

6. Autre fibule ronde de 0,03 à 2 tenons, percée de des- 
sins à jour lui donnant l'aspect d'une tête de mort. (PI. III 

fig. 13.) 
La figure la représente vue par dessous. 

7. Un ardillon de fibule. 

8. Une petite boucle ayant 0,03 de longueur, privée d'une 
partie de son axe. 

9. Un bouton en cuivre à tête ronde. 
iO. Différents fragments de fibules. 

Monnaies. 

Les monnaies que nous avons trouvées pendant les der- 
nières fouilles, ont été remises à M. Genard, membre de 
notre société qui s'occupe de numismatique. Il nous a envoyé 
un petit travail très intéressant, que nous transcrivons ici : 

1^ pièce, petit module en argent. 

Avers : Philippus P. P. Aug. 

Tête radiée de l'empereur, tournée à gauche. 

Revers : Pax fundala cum Persis. 

Femme debout tenant un rameau et la haste transversale. 

Marins, Julius-Philippus, né à Bostra en Arabie, Tan 204 
ap. J.-C, fut nommé par Gordien, préfet du prétoire ; après 

1. D6 resta Fraoc. III, 83. 




VILLA BELGO-ROMAINE DARO^JENNE 



— Lxin — 



la mort de Misithée, beau-père de Gordien l'an 243; il fut 
proclamé empereur par les soldats Prétoriens, après la mort 
de Gordien qu'il fit assassiner ; il fut tué près de Vérone, 
après avoir été défait par Trajan Dèce qui fut nommé empe- 
reur parles légions de la Pannomîe, Tan 249 de J.-G. 

2e pièce, petit module en bronze. 

Avers : imp. Lie, Valerianus P. P. 

Tête radiée de l'empereur tournée adroite. 

Revers : Apollini Conserva (tori). 

Apollon debout tenant une branche de laurier de la main 
droite, la gauche sur une lyre. 

Publius Licinius Valerianus est né d'une famille illustre 
l'an 190 de J.-C. Il fut chargé par Trébonien de marcher 
contre Emilien , élu empereur par les troupes de la Mœsie ; 
il rassembla une armée dans la Rhetie et dans le Norxum 
et fut bientôt proclamé empereur lui-même par ses soldats, 
sur la nouvelle des progrès que faisait Emilien en Italie, l'an 
253. Il fut maintenu sur le trône après la mort d'Emilien,tué 
par ses propres soldats, l'an 254. 

Pris par les Perses l'an 260, il mourut en captivité, à ce 
qu'on croit, l'an 263, après avoir essayé les traitements les 

plus indignes. 

3® pièce, petit module en bronze. 

Avers : Valerianus P. P. imp. G. 

Tête (oxydée) de l'empereur radiée, tournée à droite. 

Revers : Restitutor orbis. 

L'empereur debout relevant une figure prosternée. ;,. j 
4e pièce, petit module en bronze. 

Avers : on y voit la tète laurée de l'empereur tournée à 
droite, mais dont l'inscription est tout à fait usée par la patme 
trè?ïortement prononcée tantdans l'avers que dans le revers. 

Je suppose, dit M. Genard, d'après la tête, que c'est celle 
de Trebonianus Gallus. 

Revers : une figure debout dont la paUne couvre toute 

l'inscription. 



•— LXIV — 

Tribonianus Gallus est né dans Tile dé Meningue (Messine), 
sur les côtes d'Afrique, vers Tan 207 de J.-C. Général dans 
l'armée romaine, il fut proclamé empereur par les légions, 
après la mort de Trajan Dèce, l'an 251, qui avait été tué par 
ses soldats près d'Enteramnun (Terni). Pendant qu'il est en 
marche pour combattre Emilien, il est salué empereur par les 
légions de la Mœsie Tan 254. 

Fer. 

Les objets en fer sont toujours assez nombreux, mais ils 
sont souvent détruits par l'oxydation, les clous prédominent, 
il y en a de toutes les dimensions, ils paraissent avoir été 
parfaitement fabriqués et d'excellente qualité de fer. Il s'en 
trouve une assez grande partie dont on pourrait encore se 
servir. 

11. Mèche de vilbrequin, très bien conservée, exactement 
semblable à celles dont on se sert encore aujourd'hui. 

12. Une clef de forme ordinaire, d'assez forte dimension; 
elle est accolée par son oxydation à un morceau de poterie 
grossière. 

13. Fragment d'un collier de chien(?) 

Le grand nombre' d'objets semblables trouvés dnns toutes 
les substructions, dit M. Schuermans, engage à poser la ques- 
tion de savoir, si plus tôt que d'y voir des colliers de chien 
par exemple, on ne doit pas considérer ces cercles comme 
ayant été appliqués autour des douves de petits tonnelets ou 
barillets en bois, aujourd'hui anéantis ; c'est ainsi que Pline 
parle formellement de tonneaux en bois entourés de cercles 
de fer en usage versMes|Alpes (voir pi. IX, fig. 30 de mon 
1«' Rapport). 

14. Agrafes, exactement semblables à celles dont se ser- 
vent les marbriers pour fixer les pièces de cheminées ; celles- 
ci servaient probablement à fixer des pièces de charpente 
(voir pi. IX, fig. 33 de mon l^r Rapport). 



— LXV — 

15. Une pique ronde depuis la douille jusqu'à la pointe; 
elle a 3 cent, de diamètre à la douille et est longue de 30 
centimètres. (PI. III, lig. 8.) 

16. Une pique d'une autre forme, carrée à la douille, qui 
n'a que 2 cent, de côté et 8 cent, de long; elle est renflée 
au bas de la mèche où elle présente 4 cent, de diamètre; 
elle prend une forme conique, plus aplatie à l'extrémité; on 
y voit encore le clou qui servait à fixer le manche dans 
la douille. (PI. III, fig. 6.) 

17. Une charnière simple. (PI. III, fig. 5.) 
48. Autre espèce de charnière. 

19. Anneau ou chaînon de suspension. (PI. IX, fig. 26 du 
1«^ Rapport.) 

20. Crampon avec œillet circulaire. (PI. III, fig. 4.) 

21. Armature de meule romaine. C'est une pièce de fer 
ayant l'aspect d'une forte charnière dont les deux extrémités 
sont à queue d'aronde mais sans articulation. (PI. III, fig. 7.) 

22. Un petit ciseau dans le genre de ceux dont se servent 
les tailleurs de pierres. 

23. Fragment d'une lame de faucille. 

24. Extrémité d'une lame de couteau. 

Plomb. 

Nous croyons intéressant de rappeler que l'on a retrouvé 
maintes fois des tuyaux semblables au tuyau de plomb du bain 
d'Arquennes. M. Dupuit, dans son ouvrage sur les distribu- 
tions d'eau, donne le dessin d'un tuyau de plomb trouvé à 
Rome et portant l'inscription : IMP. CAES. HADRIANI. AUG. 
Ce tuyau, sauf l'inscription, est identique pour la forme et le 
procédé de soudure et de fabrication avec celui d'Arquennes. 
Nous le donnons pi. III, fig. lO.Voir aussi ce dessin dans le 
Dictionnaire d'antiquités de Rich à l'article Fistula. Le 
tuyau d'Arquenne est un peu recourbé. 



— LXYI — 

Poterie. 

Les produits céramiques peuvent certainement être classés 
parmi ceux qui intéressent le plus vivement Tarchéologue. 
Comme nous l'avons déjà vu, on en rencontre des quantités 
considérables dans les substruclions, mais il est rare d'en 
obtenir des objets entiers. Dans les tombes, au contraire, on 
en trouve souvent de beaux spécimens, ou, s'ils sont brisés, 
on peut au moins en réunir les morceaux qui sont restés sur 
place, tandis que le bouleversement produit lors de la destruc- 
tion des villas, les a tellement éparpillés, qu'on trouve par- 
fois des parties d'un même vase aux extrémités opposées de 
l'édifice. 

Les poteries que nous avons retirées de la cave sont en gé- 
néral assez communes ; nous n'avons découvert que quelques 
fragments de poterie samienne. Par contre, nous avons re- 
cueilli diâérents débris de poterie très grossière faite à la 
main, dont la pâte noire, mate, très spongieuse et mal pétrie, 
présente tous les caractères des poteries germaines. Les 
ornements sont faits à l'ongle. 

M. Schuermans signale aussi un vase en terre grossière, à 
peine cuite, non façonnée au tour, trouvé au fond d'une cave 
au Rondenbosch, et il se demande par suite de quelle circons- 
tance il a été employé par les habitants de la villa? Peut-être 
a-t-il été abandonné sur les lieux par les envahisseurs germains. 
Il est à remarquer que le tumulus de Middelwende, vraisem- 
blablement romain, s'est aussi signalé par cette particularité; 
notons des faits analogues recueillis ailleurs, dit-il, parce 
que plus tard peut-être, on pourra réunir les éléments d'une 
conclusion «. 

Un incident assez curieux vint nous révéler l'origine de ces 
poteries. 

Avant de terminer nos fouilles, nous avons voulu nous 
assurer s'il n'existait plus de substructions sur les terrains 

1. Et»ploration» det villas belgo-romaineê fToutre-Meuse par Schuerhans,p. 483 



— LXVII — 

voisins; nous avons fait des sondages assez nombreux pour en 
avoir le cœur net ; l'idée nous vint aussi de donner quelques 
coups de sonde dans les différentes places nouvellement dé- 
couvertes ; partout nous trouvâmes la terre vierge ; un dernier 
coup donné vers le centre de la place Y, ramena d'un mètre 
de profondeur quelques grains rouges et noirs mélangés à 
l'argile ; ce point avait donc été remué. Nous fîmes ouvrir 
une tranchée et nous reconnûmes, à notre étonnement, mais 
aussi à notre satisfaction, les traces d'un four de potier. 

L'emplacement un peu oblong avait deux mètres de dia- 
mètre, le fond qui reposait sur la terre vierge était une cou- 
che déterre gris tendre, renfermant une quantité de débris 
de charbon de bois et même des fragments de petites branches 
carbonisées ; au-dessus se trouvait un amas formé d'une 
pâte à noyaux rouges et jaunes, à moitié cuite, formant une 
espèce de [pudding, au milieu duquel se trouvaient des frag- 
ments de poterie extrêmement grossière, rouge brique, ou 
noir mat, fabriquée à la main et offrant des ornements 
très curieux, faits à la pointe et à l'ongle. Il n'y a réellement 
rien de plus primitif que cette fabrication, où l'on voit l'em- 
preinte des doigts dans la pâte. On pourrait très bien la com- 
parer aux produits préhistoriques trouvés dans les grottes 
des environs de Dinanl. Les morceaux trouvés dans la cave 
sont identiques, et on ne peut douter qu'ils n'aient été fabri- 
qués à la même époque et par les mêmes procédés. (Voir 
pi. III, fig. 1, 2, 3.) 

Ces procédés nous les trouvons dans une description inté- 
ressante des poteries d'Ordizan (Pyrénées)* . 

Les objets fabriqués à la main étaient exposés au soleil 
pour les sécher, on établissait ensuite une aire presque circu- 
laire de deux mètres de diamètre^ on établissait uii exhausse- 
ment en argile de 10 à 15 centimètres d'élévation ou un 
simple pavé de cailloux sur lequel on étalait de la paille 

U Les poUriei d^Ordi%an par Vaussiret, Tarbes 1865. 



— LXVIIi — 

sèche et un fagot de branchages minces, très secs; on super- 
posait une couche de fougères sèches, puis une couche de 
poteries séchées à l'air et au soleil; une autre couche de fou- 
gères, puis une autre couche de poteries composée d'objets 
plus menus et ainsi de suite autant que les sections horizon- 
tales du cône en pouvaient contenir; on mettait le feu à la 
paille dans le pourtour de Taire; on battait ensuite du gazon 
et des cendres sur le revêtement extérieur du cône; celle 
poterie était traitée comme le bois qu'on carbonise en petites 
meules dans les forêts. 

M. Charles Rau dit dans un article qu'il a publié sur les 
ustensiles en argile des Indiens*, que visitant rAUemagneil y 
a plusieurs années, il eut l'occasion de voir dans les collec- 
tions archéologiques des vases anciens dont la ressemblance 
avec les poteries des Indiens le frappa singulièrement; en 
effet, dit-il, là où les circonstances extérieures au milieu 
desquelles les hommes vivaient ont été les mêmes, leur esprit 
inventif a dû se développer de la même façon et suivant les 
mêmes voies; si nous devons nous en rapporter au témoi- 
gnage de Tacite, les Germains de son temps étaient parvenus 
au même degré de civilisation que celui auquel étaient parve- 
nus les Indiens au moment où ils furent mis en relation 
avec les blancs. 

Ce four aux formes primitives est donc pour nous un 
témoignage certain de l'habitation de ce lieu par les Germains 
longtemps avant l'arrivée des Romains. 

Après avoir chassé les Gaulois, ils auront choisi de préfé- 
rence les localités habitées comme étant les plus favorable- 
ment situées et les plus fertiles, leurs prédécesseurs avaient 
probablement fait de même^ car nous avons' trouvé des traces 
nombreuses (silex) d'une station de l'âge de la pierre polie 

Lorsque les Romains vinrent à leur tour prendre posses- 
sion du pays et y répandre leur civilisation, ils se firent ac- 

1. Matériaux pour Vhiêtoire de Vhomme^ (Gartaillic), 2* série 1869, p. SSl! 



— LXIX — 

compagner de leurs artisans qu'on pourrait plutôt nommer 
des artistes ; alors ces fours primitifs furent abandonnés et 
les poteries grossières disparurent pour faire place à ces vases 
aux formes élégantes et variées que nous admirons encore 
aujourd'hui; le peuple cependant a dû continuer à se servir 
pendant longtemps de ces objets de ménage qui, quoique 
grossiers, devaient avoir pour lui un charme particulier. 

Bientôt il s'établit dans le pays des fabricants qui voulurent 
imiter les maîtres étrangers; c'est ainsi qu'au milieu des 
échantillons si divers sous le rapport des formes et des pâles, 
nous retrouvons le cachet romain et le cachet indigène ; celui- 
ci n'offre qu'une imitation plus ou moins parfaite des mo- 
dèles avec un reflet du type primitif, quoiqu'ils n'eussent 
qu'à mouler d'après des formes que des marchands étrangers 
leur vendaient. La nature des pâtes et le degré de cuisson 
accusent facilement la contrefaçon, surtout dans la poterie 
rouge dite Samienne. 

Nous avons donc à la villa d'Arquennes, comme on trou- 
vera dans un grand nombre de villas belgo-romaines, si on 
cherche bien, trois genres de poterie bien distincts. 

1° Poteries germaines (ou gauloises, cela dépend des loca- 
lités), à pâle mal travaillée , noir gris ou rouge brique, 
faite à la main avec ornements faits à la pointe ou à l'ongle, 
dont certains vases se sont conservés soit comme objets de 
curiosité soit comme objets de souvenir (voir pi. III, fig. 1.2.3.). 

2^ Poteries romaines, . importées par des marchands qui 
suivaient les grandes voies et allaient jusqu'aux .extrémités 
de l'empire, surtout dans les premiers siècles. Elles se dis- 
tinguent par la finesse des pâtes et par la pureté des formes. 

3° Poteries indigènes, d'imitation romaine, la pâte plus 
grossière, les formes moins élégantes, les dessins moins cor- 
rects, reflètent une réminiscence de leur ancienne fabrication; 
on y retrouve même parfois les ornementations similaires. 

Souvent on trouve une 4® espèce, la poterie franque ; 
nous n'en avons pas trouvé dans notre villa. 



— LXX — 



Ossements d'animaux. 



Nous avons déjà parlé dans noire !«*' Rapport de l'impor- 
tance d'une étude minutieuse des os qu'on découvre dans les 
subslruclions. Il serait, en effet, bien intéressant de pouvoir 
établir la faune de cette époque et de la comparer à celle 
d'aujourd*hui ; on y verrait sans doute de grandes différences 
avec nos races d'animaux domestiques perfectionnés par les 
croisements. Malheureusement, la tête, qui est une des parties 
essentielles du squelette pour distinguer les types, manque 
ordinairement ou est en partie détruite ; nous n'avons trouvé 
que des têtes de porcs ou de sangliers : elles n'étaient pas 
même entières. 

Outre l'importance qu'ont les os au point de vue de la 
faune, ils indiquent aussi l'état de civilisation et les mœurs 
des habitants: la présence d'ossements d'animaux domestiques 
tels que cheval, bœuf, vache, chèvre, mouton, etc., fait sup- 
poser, à juste litre, qu'ils se livraient à l'agriculture. Comme 
ceux d'animaux sauvages tels que sanglier, ccrf et castor, 
indiquent qu*ils se livraient à la chasse et qu'ils n'étaient pas 
éloignés des forêts et des pièces d'eau. 

Voici rénumération des os trouvés dans la cave, et que 
M. Dupont a bien voulu spécifier : 

1 . Cheval (équus cabalus). 

2. Bœuf (bos taurus). 

3. Sanglier (sus scrofa). 

4. Castor (castor fiber) vertèbre lombaire. Nous avions 
trouvé un os du bassin dans les premières fouilles. 

5. Chèvre (capra hircus). 

6. Chien (canis familiaris). 

7. Cerf commun (cervuselaphus). 

8. Mouton (ovis aries). 

9. Deux oiseaux non déterminés. 



\ 



— LXXI — 

Objets divers. 

1 . Fragment d^une petite pierre à aiguiser les très petits 
outils tels que styles, etc., en CoHcule vert ; on y voit une 
cuvette formée par l'usure. Ayant rapproché ce morceau 
trouvé dans la cave de celui trouvé dans les premières fouilles 
(pi. IV, fig. 16) à plus de 50 mètres de là, nous avons recon- 
nu que c'était une partie du même objet: nous avons même 
pu les recoler. Nous considérons, avec M. Ch. Debove, cette 
pierre creusée comme un réservoir a collyre employé par les 
Romains. ^ 

' 2. Grès ayant servi à aiguiser des outils plus forts en 
Psammite du Condrozy comme ceux mentionnés dans nos pre- 
mières fouilles. 

§111. — Destination présumée des places. 

Si nous examinons maintenant l'usage de cette seconde 
partie importante des bâtiments, nous croyons y reconnaître 
ce que les Romains appelaient la villa agraria^ c'est-à-dire 
des annexes servant d'habitation aux esclaves, aux animaux 
domestiques et aux différents produits du sol. C'est ce que 
nous nommons aujourd'hui la ferme. 

Ce mode de construction de fermes à côté des villas (châteaux) 
a traversé le moyen-âge et existe encore aujourd'hui. 

Au centre des bâtiments se trouve un assez grand comparti- 
ment Y. (8 m. sur 9 m.) que nous considérons comme une 
cour (impluvium)^ donnant communication aux bâtiments 
voisins qui forment deux ailes assez régulières, N. 0. à gauche; 
et U T à droite, ainsi qu'à ceux du fond qui se trouvaient 
au-dessus de la cave Q. 

Un corridor, vestibule ou pseudo-portique, prothyrum on 
mesaula, comme on le voudra, donnait accès de ' la maison 
d'habitation du maître à ces annexes. Celui-ci pouvait y aller 
en pantoufQes, comme on dit, sans se mouiller le§ pieds ou 
s'exposer à la rigueur du temps. 



— LXXII — 

Cela étant établi, nous devons supposer que les bâtiments 
les plus rapprochés de la villa urbana étaient destinés pour 
la cuisine et le logement des esclaves qui étaient ainsi plus à 
la disposition de leur chef. L'aile droite, la plus éloignée ser- 
vait sans doute aux étables. aux écuries, aux bergeries et aux 
porcheries. Les bâtiments du fond étaient probablement des 
magasins, des remises ou des ateliers. 

Les édifices qui servaient à remiser les récoltes, granges 
et fenils, ce qu'on nommait la villa fructuaria, étaient géné- 
ralement isolés, par mesure de précautioh contre l'incendie ; 
nous n'en avons trouvé aucune trace : ces bâtiments étant 
construits en charpente, posées sur quelques pierres mises à 
sec et les toits étant en chaume, il ne sera resté après l'in- 
cendie que quelques moellons que le laboureur aura insensi- 
blement fait disparaître. 

11 nous reste à parler des parties les plus importantes de 
ces substructions, les places souterraines, qu'on nomme 
vulgairement caves. 

Cette expression semble indiquer un lieu souterrain qui 
sert à remiser des provisions de ménage. 

Ordinairement la construction en est peu soignée au point 
de vue du luxe, c'est-à-dire qu'on s'occupe principalement de 
la solidité et non de l'ornementation des murs qu'on se con- 
tente de badigeonner avec de l'eau de chaux ; dans la pièce S 
surtout nous trouvons une magnifique construction en petit 
appareil, très régulier avec un rejointoimenl parfait et les 
traces du crépi qui les recouvrait. 

Nous n'avons pas trouvé des débris de peintures murales, 
mais le stuc était le même que celui des appartements peints. 

Les murs de la cage de l'escalier présentent d.eux cordons 
de briques et une niche dans le genre de la cave du Hemel- 
rik, signalée par M. Schuermans; d'autres niches construites 
avec beaucoup de soin, comme on peut le voir sur les plan- 
ches jointes à ce rapport, étaient recouvertes intérieurement 
de crépi rouge. 



r * 



— Lxxni — 

On se demande avec raison si c'est là une cave : c'est Tim- 
pression qui s'est produite chez plusieurs visiteurs. C'est 
aussi la nôtre. Nous la trouvons eicprimée dans une notice 
publiée par M. Galesloot, sur Une visite à la villa belga-romaine 
de Gerpinnes\ 

On y lit en note : 

« D'après M. L. Vanhollebeke, archéologue de Bruxelles, il 
ne s'agirait nullement d'une cave, mais bien du lararium de 
cette habitation seigneuriale^ en ce cas la prétendue cave 
d'Arquennes, d'une construction identique serait, elle aussi, 
le laraire de la villa; il en serait de même de la cave de la 
villa Herkenberg, près de Meersen, décrite par M. Schuer- 
mans... mais dira-t-on, pourquoi ce sanctuaire se serait-il 
trouvé sous le sol et non au niveau des chambres de Vatrium 
par exemple où l'on plaçait souvent les Dieux lares; la ques- 
tion, d'un intérêt majeur au point de vue de nos antiquités 
nationales, est soumise au jugement des hommes compétents; 
il y a lieu de mentionner aussi la cave de la villa Hemelryk à 
Walsbelz, toutes ces constructions en petit appareil se res- 
semblent singulièrement » . 

Il nous reste une autre énigme dont nous avons cherché 
longtemps la solution. 

Les murs de la cave Q présentent une épaisseur extraordi- 
naire que n'explique pas la construction en torchis. 

L'un a un mètre sur une grande partie de sa longueur, 
l'autre a 90 centimètres à sa base jusqu'à un mètre de hau- 
teur, puis aune retraite de 10 centimètres. Les murs de la 
cave S ont 70 centimètres. 

Nous croyons avoir trouvé l'explication de ce fait, en par- 
courant une notice de M. Schuermans. 

Ce savant archéologue établit 3 époques depuis la conquête 
jusqu'à l'invasion des Franks. 

1^® époque de tranquililé et de paix: les habitants romains 
ou complètement romaniscs se disséminent dans un grand 

1. Bulletin de V Académie d* Archéologie de BelgiquCy 8< fascicule 1873. 



— LXXIY — 

nombre de villas situées dans les campagnes, ayant par le 
moyen des voies romaines des ramifications avec les cités. 

11^ époque intermédiaire, premières invasions, destruction 
des villas par des hordes barbares; les Romains restent maîtres 
(lu pays mais fortifient leurs cités et établissent des postes de 
défense. 

III® époque, succès de la ligue franque: les Romains sont 
chassés du pays et les Franks s'établissent à leur place dans 
leurs résidences fortifiées. 

C'est à la 2® de ces trois époques que notre villa a été 
délruite(?)par les Chauqties, comme nous l'avons vu dans notre 
1®^ Rapport, en même temps que celles du Limbourg et de 
la province de Liège, avec lesquelles elle avait de nombreux 
rapports. Ces derniers ne se rétablirent pas dans la crainte 
d'une nouvelle invasion; il n'en fut pas de même de celle 
d'Arquennes qui se releva de ses cendres. Peut-être comme 
elle était plus éloignée des frontières ennemies, les mêmes 
craintes n'ont-elles pas agi sur l'esprit de ses habitants? 

Cependant ils prirent] certaines mesures de précaution, ils 
bâtirent avec plus de solidité, ils se fortifièrent contre l'éven- 
tualité d'une attaque. 

Ces fortes maçonneries qui ont un mètre d'épaisseur et 
cette autre construction carrée, isolée à l'extrémité des bâti- 
ments, ne révèlent-elles pas des moyens de défense, même 
l'emplacement d'une tour qui dominait l'édifice ; elle était là 
parfaitement placée pour établir un point de surveillance. 

Les deux fers de lance ou piques trouvés dans la cave 
viennent à l'appui de notre opinion qui rentre dans les idées 
émises par M. Schuermans, que nous venons de citer. 

L'espace R de deux mètres dix cent, de large situé entre 
les fortes murailles, n'ayant pour fondation que des murs à 
sec, semble indiquer l'emplacement d'une porte principale, 
probablement cintrée qui donnait accès à cette partie des 
bâtiments. 



— LXXV — 

Cet édifice ainsi reconstitué nous parait présenter une 
assez grande vraisemblance et un bel aspect architectural. 

ConclîLsion. 

Nous avons vu dans notre 4«' Rapport que la commune 
d'Arquennes était déjà habitée à l'âge de la pierre polie, les 
silex assez nombreux trouvés sur remplacement de la villa 
prouvent que son sol a été foulé par les populations nomades. 

La découverte récente d*nn four primitif avec débris de 
poterie très grossière^ faite à la main indique la présence 
d'une autre bourgade très ancienne. 

Si comme le dit Boucher de Parthes, un archéologue peut 
dire d'un peuple : montrez-moi ses vases, je vous dirai qui il 
est, nous devons présumer que celui qui a fabriqué ces pote- 
ries n'était guère avancé en civilisation; il pouvait, comme ceux 
de Tacite, être comparé aux Indiens au moment où ils furent 
mis en contact avec les blancs. 

Ce peuple était Germain ; il avait chassé les Gaulois et il 
s'était installa à leur place , aux lieux les plus avantageux 
pour se procurer des moyens d'existence (culture et chasse). 

Les Romains vinrent ensuite en conquérant, apporter leur 
civilisation et romaniser le pays; bientôt de magnifiques villas 
s'élevèrent dans les campagnes aux abords des grandes voies 
qui traversaient la Belgique et qui étaient assez nombreuses. 
Une de ces routes dont parlent les anciens registres de la 
Hesbaye portait le nom de chaussée de Nivelles, de cette ville, 
on croit' qu'elles se dirigent vers Tournai et vers Binche (Vau- 
drez), ce dernier embranchement porte aujourd'hui le nom 
de chemin de l'infante Isabelle parce que c'était la voie qui 
conduisait au château de Mariemont lorsque celte résidence 
royale existait. Les gens du peuple la nomment encore 
aujourd'hui cAemtn romain. C'est sur le bord de cette voie que 
s'élevait la villa d'Arquennes^ 

1. On vient de nous signaler les traces d*un nouvel établissement près de Petit- 
Rœulx qui se trouve aussi à peu de distance de cette roule. 



— LXXVI — 

Comme la plupart de ces établissements, celui-ci était ha- 
bité par un colon indigène, vétéran romanisé dans Tarméc, 
auquel pour récompense, on avait donné un terrain et ouvert 
les largesses du trésor, comme dit Moke en parlant de celte 
époque de paix et de prospérité. 

Une lance trouvée dans les premières fouilles prouve qu'il 
était soldat, car il était défendu au peuple de conserver des 
armes. Un style indique un certain degré d'instruction. 

Le bain, les écailles d'huitres et les bijoux dénotent un 
certain état de fortune. 

II était chasseur (os d'ours, de cerf, de sanglier et de 
castor) et il s'occupait d'agriculture {villa agraria, os d'ani- 
maux domestiques). 

Ses rapports étaient faciles et nombreux, il se procurait du 
quartz aux environs de Virginal, les pierres de marne aux 
environs de Nivelles, preuves des rapports établis avec les 
populations de ces localités où l'on trouve de nombreux ves- 
tiges de la même époque. 

Brariatus fournissait les grosses poteries, des lêles el des 
amphores et Montani les fines poteries romaines. 

Certains vases de grande dimension se fabriquaient cepen- 
dant sur les lieux ; nous en possédons des fragments simple- 
ment durcis au soleil. 

Mais s'il est agréable pendant la paix d'être placé à côté 
des voies de grande communication, cela devient désastreux 
pendant la guerre ; aussi lorsque vers 178, les Chauques, 
d'après l'hypothèse de M. Schuermans, vinrent détruire toutes 
les villas du Limbourg et des environs, le flot des barbares 
se continua jusqu'à notre villa qui éprouva le même sort. 

Ces habitations ne se relevèrent pas, tandis que nous avons 
les preuves certaines d'une reconstruction dans une pièce 
d'Antonin trouvée au milieu des débris de poteries avec; le 
sigle de Brariatus sous le pavement de la place K. 

La reconstruction se fit plus grande; on établit un poste 
d'observation, les fortes murailles et les armes trouvées dans 



— LXXVII — 



la cave le prouvent suffisamment. 

Elle résista jusqu'à Constantin, plusieurs pièces de cette 
époque ont été trouvées dans ses ruines. Nous croyons qu'elle 
a été détruite par les Vandales. 

Espérons que ces fouilles et d'autres plus intéressantes 
encore, que la société vient de faire à Gerpinnes et à Strée, 
donneront un nouvel élan aux membres de la société et con- 
vertiront certains hommes instruits et hauts placés, qui (chose 
incroyable) nient encore l'importance de l'archéologie. 

Il leur suffira de jeter un coup d'œil sur notre musée nais- 
santy pour voir combien cette science est importante au 
point de vue des arts et surtout de l'histoire dont elle est le 
flambeau. 

D'. N. CLOQUET. 

Feluy, 2 février 1873. 



RAPPORT ANNUEL 

DU PRÉ8DENT, 

SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, LU A L* ASSEMBLÉE 

IDTJ 6 -A.OTrr 1878. 



Messieurs, 

L'année qui vient de s'écouler fut pour notre société une 
année laborieuse, mais aussi une année de grand succès, nous 
pouvons le dire avec orgueil ! Succès par l'impression d'un 
volume remarquable à tous les points de vue, et digne de 
figurer à côté des meilleures publications des sociétés d'ar- 
chéologie ! Succès par des fouilles qui ont appelé sur nous 
l'attention du monde savant, succès enfin par le grand nombre 
et la richesse des objets dont ces fouilles ont enrichi nos col- 
lections et en ont fait dès aujourd'hui un véritable musée 
dont vous avez pu juger ! 

J'ai dit : dont vous avez pu juger, et j'ajoute : que le pu- 
blic peut apprécier; car un grand progrès s'est fait ; dès 
aujourd'hui nous avons livré notre musée au public sans 
craindre la critique et sûrs que l'opinion du peuple et le 
jugement des hommes compétents nous seront favorable^. 
Nous pouvons le dire aujourd'hui, messieurs, Charleroi 
possède un musée d'arrondissement qui s'ouvrira publique- 
ment à jours et à heures fixes. 

A propos de nos volumes, messieurs, il vous sera 
agréable d'apprendre qu'ils nous ont valu une médaille à 
l'exposition universelle de Paris de 1872. Non pas que nous 



— LXXX — 

ayons brigué cet honneur; mais il nous fut décerné à notre 
insu. Le jury avait reconnu un rare mérite de vulgarisation 
scientifique à nos volumes, exposés par notre imprimeur au 
point de vue de l'exécution typographique, exécution qui lui 
fit donner à lui aussi une médaille. C'était constater et re- 
compenser la valeur intellectuelle en même temps que l'exécu- 
tion matérielle de nos publications. 

Je viens d affirmer, messieurs, que nos fouilles ont appelé 
sur nous l'attention du monde savant. Celles d'Ârquennes et 
de Gerpinnes ont en effet été visitées officiellement et officieu- 
sement par tout ce que la Belgique possède de savants ar- 
chéologues; et notre villa belgo-romaine de Gerpinnes est à 
certain point de vue une découverte historique d'une telle 
valeur, que l'Etat lui-même s'est décidé à faire la dépense 
nécessaire, pour en conserver la partie principale à l'étude 
des savants et aux regards des curieux. On y élève une cons- 
truction protectrice et Ton y attachera un gardien. C'est la 
première fois que le gouvernement belge fait un sacrifice de 
cette nature ! 

C'est là un fait archéologique d'une telle importance qu'il 
faut aller loin pour en trouver l'analogue et je n'en connais 
pour ma part qu'un exemple donné par le gouvernement 
d'Allemagne non loin de Trêves ; au village de Nenning^ prés 
de Remich. 

Cette intervention de l'État prouve la haute valeur de 
nos travaux et jette sur la société archéologique de Charleroi 
le plus brillant relief. Un savant délégué à ce propos par le 
gouvernement nous disait : c La société de Charleroi est celte 
qui a fait les plus importantes découvertes pour la reconsti- 
tution de l'histoire locale ancienne et quoique jeune elle s'est 
placée au rang des sociétés de science les plus importantes. » 

Avant de quitter la fouille de Gerpinnes, messieurs, je veux 
vous signaler le dévouement d'un de nos membres, M. de 
Bruges, propriétaire du terrain exploré. Cô digne collègue a 
généreusement mis à la disposition de la société, pour le 



— LXXXI — 

donner gratuitement à l'État, le terrain nécessaire à la con- 
servation de la fouille*. 

Quant à la villa d'Arquenne, le souvenir en sera conservé 
aussi par un monument durable. MM. Cloquât etDemesse ont 
pris riniliative de faire élever sur remplacement de la villa 
fouillée, une construction faite de matériaux romains conser- 
vés, à laquelle on a donné un cachet d'architecture romaine. 
Ce petit monument portera, gravée dans la pierre, une inscrip- 
tion qui rappellera la découverte. 

Je considère cette initiative comme un heureux précédent, 
messieurs, j'y applaudis et j'espère que chacune de nos 
fouilles laissera ainsi sa trace et précisera par une inscrip- 
tion durable aux savants des siècles futurs, les endroits de 
nos découvertes et de nos fouilles. 

Ces explorations de substructions de Tépoque gallo-romaine, 
outre leur importance historique et architecturale ont aussi 
fourni à nos collections un certain nombre de choses inté- 
ressantes, mais ce qui a fait notre musée-y ce sont les innom- 
brables objets, si variés et si riches fournis par le cimetière 
belgo-romain de Slrée ! Vous avez pu vous assurer que Ton 
doit désormais appliquer le nom de musée à nos collections 
et cet heureux progrès fut l'ouvrage d'une année ! Encore 
messieurs, n'avons-nous qu'ébauché l'exploration de ce ci- 
metière de Strée, source inépuisable de richesses archéolo- 
giques. 

En effet, dans toute la circonférence de la partie explorée 
nous continuons à découvrir de nouvelles tombes. 

Mais si la fouille de Strée a fourni la plus grande partie de 
nos collections, elle ne doit pas faire oublier les nombreuses 
découvertes 'moins riches et moins fécondes sans doute, mais 
qui ont le mérite important de préciser par les lieux de trou- 
vaille, autant de stations belgo-romaines voisines de Charle- 
roi. L'ordre établi depuis peu dans nos vitrines, vous per- 

i. Cette dooatioa fut actée par devant le notaire Piret de Chàteletle 6 sept.l87S. 

VI 



— LXXXII — 

mettra, messieurs, de toucher du doigt les nombreuses dé- 
couvertes, qu'à ce point de vue notresociétéa réalisées jusqu'à 
ce jour. Vous y trouverez la preuve que dans les localités 
suivantes notre société ou ses membres, ont découvert de 
nouvelles stations gallo-romaines ou franques, indépendantes 
des stations déjà connues dans quelques uns des villages cités. 
Dans plusieurs communes nous avons constaté jusque deux 
ou trois stations nouvelles bien distinctes ; 

Luttre, 

Feluy, trois stations, 

Villers-Perwin, 

Ways, 

Thy-le-Château, deux stations, 

Silenrieux, 

Fleurus, 

Saint-Remy, 

Chimay, 

Gouy-lez-Piéton, 

Lambusart, 

Familleureux, 

Aiseau, 

Montigny-sur-Sambre, deux stations, 

Châtelet, trois stations, 

Hansinelle, trois stations, 

Somsée, 

Bouffioulx, 

Acoz, deux stations, 

Liberchies, trois stations, 

Sombreffe, 

Auvelais, 

Velaine, 

Marcinelle, trois stations, 

Gharleroi, 

Marchienne*au-Pont, cinq stations, 

La Louvière, 



— LXXXIll — 

Couroelles, 

Viesville, 

Hourpes, 

Ârquennes, deux stalions, 

Beaumont, 

Virelle, 

Fromiée, 

Bomerée, 

Laneffe, 

Thuillies, trois stations, 

Presles, trois stations, 

Gosselies, 

Monceau-sur-Sambre, deux stations, 

Vergnies, 

Villers-Potterie, 

Mettet, 

Landelies, trois stations, 

Ransart, trois stations, 

Slrée, 

Gerpinnes, trois stations. 
Ce sont cinquante stations,ou sièges d'habitation dans l'an- 
tiquité^ nouvellement découvertes dans notre arrondissement 
ou sur les confins, par des trouvailles de matériaux ou d'usten- 
siles. Si nous continuons à marcher de ce pas, messieurs, 
nous arriverons sans doute à déterminer un jour d'une ma- 
nière exacte, la topographie historique de notre circonscrip- 
tion dans l'antiquité. 

Je reviens à notre musée, et vais vous parler de nos col- 
lections paléontologiques, messieurs; elles ont plus que 
doublé depuis un an et sont devenues des plus riches et des 
plus remarquables au point de vue théorique et au point de 
vue de l'application à nos industries locales. Malheureusement 
elles sont loin d'être convenablement classées encore, et elles 
sont entassées, disons le mot, dans des armoires trop res- 
treintes ! Nous n'avons pu tout faire, débordés que nous étions 



•— LXXXIV — 

par Tabondance des dons et des trouvailles. Les meubles^ 
remplacement^ et le dirai-je, les travailleurs nous manquaient! 
Les travailleurs surtout, messieurs, disposés à consacrer 
quelques heures à la société! J'aime à vous signaler parmi 
les donateurs les plus généreux, M. Olivier Gille, de Châtelet, 
qui a envoyé à la société toute sa belle collection paléonto- 
logique; M. Marsigny, de Couillet, nous a donné la collection 
complète des oligistes belges et nous prépare la collection 
analogue des limoniles. Nous avons acquis une belle collec- 
tion de marbres taillés en carreaux. Enfin M. Emile Lemaigre 
a fait don à la société des nombreux fossiles laissés par la 
mort de son frère Camille notre regretté collègue, de livres 
et de manuscrits précieux. 

Je vous ai dit, messieurs, que notre société a acquis une 
grande importance auprès des savants et des corps savants du 
pays ; j'aurais pu ajouter et de l'étranger, nos échanges de 
publications le prouvent. 

Quant au peuple, et surtout à nos concitoyens de l'arron- 
dissement, dont nous voulons attirer les regards pour étendre 
peu à peu le domaine de la science, les nombreux dons par- 
ticuliers qui nous sont adressés pour nos collections prouvent 
que nous atteignons notre but. 

Je puis ajouter, messieurs, qu'en haut lieu notre société 
jouit de la meilleure considération, d'une puissante influence, 
et d'une protection toute particulière. Je n'en veux pour 
preuve que les subsides réitérés et importants qui nous sont 
alloués et les envois nombreux et gratuits qui nous sont faits : 
collection de moulages en plâtre, d'objets d'arts et d'archéo- 
logie, collection de riches médailles de commémoration frap- 
pées officiellement, nombreuses publications de haute valeur 
dont l'État enrichit chaque jour nos collections et notre bi- 
bliothèque. Je ne vous citerai pas ces nombreux ouvrages, 
vous les trouverez dans les catalogues imprimés dans chacun 
de nos volumes. 

La bienveillance de l'État à notre égard va si loin que nous 



4 



— LXXXV 



avons les meilleures raisons de croire qu'incessamment il 
mettra généreusement à notre disposition un terrain sur lequel 
on pourra faire construire un musée convenable pour 
nos colleclions. 

(lous aurons tout à Theure à nous occuper des moyens à 
employer pour mener à bonne fm celte entreprise dont dé- 
pend peul-étre l'existence de notre société, mais d'où dépend 
sûrement son avenir et sss succès. 

Au milieu de ces progrès, de cette splendeur que notre 
compagnie acquiert de plus en plus et que je viens de vous 
dépeindre, il faut cependant nous replier sur nous-mêmes, 
messieurs, et nous unir pour pleurer les collègues que la 
mort est venue faucher dans nos rangs. 

Nous avons admis depuis un an 48 membres actifs nouveaux 
mais nous avons perdu 9 membres et nous sommes aujour- 
d'hui 256 y compris les correspondants. 

Parmi nos pertes, il faut compter des hommes comme 
Jules Borgnet et Nicolas Hâuzeur; il faut y joindre l'un de 
nos plus jeunes mais de nos plus zélés collègues Camille 
Lemaigre, membre de notre comité, jeune homme qui sem- 
blait plein d'avenir, doué qu'il était d'une remarquable éru- 
dition et d'un courage à toute épreuve. 

Messieurs, je viens de vous montrer nos succès; mais à 
côté, je dois vous montrer nos déboires et les obstacles que 
rencontre notre société, comme toute autre institution hu- 
maine. Ces difficultés tiennent toutes à l'urgence de rencon- 
trer un local définitif, question vitale que je vous ai promis 
le S février dernier, lors de notre assemblée générale, de 
reproduire à chaque réunion jusqu'à solution convenable. 
Aujourd'hui cette question a fait un grand pas et si les tracas 
et les inquiétudes qu'elle soulève en nous n'ont fait que 
croître, au moins espérons-nous que^ sans tarder, une solu- 
tion interviendra bonne ou mauvaise. Nous avons toutefois 
une quasi certitude que cette solution sera heureuse pour la 
société. 



— LXXXVI — 

Messieurs, le 5 août 187^, vous avez investi votre comité 
des pouvoirs nécessaires pour traiter l'affaire du local en 
votre absence et vous rendre compte de ce qu'il aura fait. Je 
vais satisfaire à ce devoir et vous faire connaître ce qui 
s'est passé à ce sujet depuis cette date. 

Vous vous souvenez qu'il y a plus d'un an le collège éche- 
vinal nous mit hors de l'hôtel de ville. Vous savez que cette 
expulsion fut pour nous un bonheur, et qu'au lieu d'un local 
trop restreint, le ministère de la guerre mit généreusement 
à notre disposition, dans les bâtiments de la caserne, le vaste 
local où nous siégeons en ce moment. 

Cette heureuse concession permit à nos collections de 
grandir et, je n'hésite pas à lui attribuer nos progrès ; elle 
faisait cesser l'impossibilité où nous étions d'accueillir et de 
caser dans un musée le fruit des travaux, des fouilles et des 
dons, tous éléments d'avenir paralysés et réduits à l'impuis- 
sance. Depuis une année seulement nos collections sont à 
Taise dans ce local et je vous ai dit ce qu'est devenu notre 
musée depuis ce temps. 

Toutefois, nous savions que notre local pouvait nous échap- 
per d'un jour à l'autre, "et j'avais raison de vous dire à l'as- 
semblée du 5 août 1872, qu'il y avait urgence*. Je vous disais 
aussi à cette assemblée qu'il y avait deux choses à faire : 
l*' posséder un terrain et 2° y bâtir un local convenable*. 

Depuis sept ou huit mois votre comité a poursuivi active- 
ment l'obtention gratuite d'un terrain à notre société par 
concession de l'Etat, mais malgré le bon vouloir de tous, 
nous avons échoué jusqu'ici contre l'impossibilité pour notre 
compagnie de posséder légalement et de toute part se montre 
de plus en plus clairement la nécessité de faire ce que je 
vous indiquais à l'assemblée du 5 août 1872'; obtenir que 
l'Etat donne à la commune de Charleroi un terrain avec des- 

1. Voir Documenti et rapports^ T. VI, page 27. 

2. Voir ibid. page 28. 

3. Voir ibid. 



— LXXXVII — 

tination spéciale forcée, et obligation de le laisser à la dispo- 
sition de notre société pour y créer un musée. 

Nous aurons tout à l'heure à discuter ce point, messieurs, 
et à prendre une décision réfléchie et sage. 

Toutefois s'élève aujourd'hui une question plus urgente, 
plus palpitante que celle du terrain. Notre local nous échappe, 
le sol manque subitement sous les pas de notre société. 

Ce toit qui nous abrite, ces murs où nous nous trouvons 
en ce moment sont vendus pour être démolis et nous n'y 
restons que par la tolérance d'un particulier, propriétaire 
complaisant et par l'intervention et la protection indirecte et 
bienveillante des agents de l'État. 

Vous aurez, messieurs, à prendre un parti sur ces ques- 
tions de local qui sont pour notre socité des questions de vie 
ou de mort. 



CONGRÈS PRÉHISTORIQUE 



TENU A BRUXELLES EN 1872 



RAPPORT 

D'UN DIS DiLÉaUiS, lu a L'ASSSHBliE GiNJilliLI 



DU 5 AOUT 1873. 



•M* 



Messieujrs , 

Dans votre assemblée du 5 août 1872 vous avez pris la 
décision d'adhérer au congrès international d'anthropologie 
et d'archéologie préhistoriques qui allait se réunir à Bru- 
xelles, et vous avez chargé ceux d'entre nous qui avaient ré- 
pondu individuellement à l'invitation, de vous faire rapport 
sur les séances auxquelles ils auraient assisté. Plusieurs 
de nos membres se montrèrent aux séances; entre autres 
MM. D.Van Bastelaer, N. Floquet, De Messe, A Cador, G, Bri- 
courl, A. Gillet, G. Vander Elst, A. Brîart l'un des membres 
du comité d'organisation. 

En acquit du mandat que vous avez donné, je viens vous 
rendre compte, quoiqu'un peu tard, non des opérations du 
congrès, mais des seules séances auxquelles j'aie assisté. L'ins- 
tallation ayant eu lieu le 22 août, j'ai pris part aux deux 
séances du lendemain 23. Les questions à traiter étaient i^ 
j'exposé des faits établissant l'antiquité de l'homme préhisto- 
rique sur notre sol et ^ l'examen de ses mœurs, de son in- 



— xc — 

duslrie, ainsi que la comparaison des produits avec les ves- 
tiges analogues trouvés à l'élranger. M. Dupont et M. Malaise, 
l'un et l'autre membres correspondants de notre société, ex- 
posèrent les raisons pour attribuer au domicile préhistorique 
de nos ancêtres un âge syncbronique à celui des nations 
voisines. 

Abordant la question de l'industrie de l'homme préhisto- 
rique en général, M. Von Dûcker (baron) nous entretint de 
ses découvertes dans la grotte de Pikôrmi, près d'Athènes. 
Les conclusions qu'il tirait de ses découvertes, et à l'appui 
desquelles il invoquait le témoignage du consul anglais à 
Athènes, furent vivement combattues et bien particulièrement 
par Dowkins-Boye, si je ne me trompe, qui affirma avoir reçu 
du consul lui-même des renseignements tout contraires. 
M. Von Dûcker regretta l'absence de ses spécimens en silex, 
égarés dans l'une des stations du chemin de fer belge, quoi- 
*qu'expédiés par lui en temps utile. (Ils furent retrouvés six 
semaines plus tard et M. Von Dûcker en -fit généreusement 
don au musée de l'État.) Il demanda qu'une enquête fût tenue 
sur ses spécimens, déclarant s'en rapporter toujours à l'évi- 
dence, ne cherchant que le triomphe de la vérité. 

Abordant le parallèle des silex taillés, recueillis sur notre 
sol, H. Bourgeois (abbé) y trouve une grande analogie avec 
ceux des îles britanniques, et en déclare le travail et les 
formes supérieurs à ceux des silex trouvés au centre de la 
France. 

Un incident amena l'orateur à proclamer l'obligation pour 
les investigateurs d'accueillir la vérité quelles qu'en puissent 
être les conséquences pour les théories admises ou préconçues. 

M. Bourgeois fournit des silex trouvés dans le terrain ter- 
tiaire et affirma, d'après le témoignage de son ami qui avait 
opéré la fouille, son opinion que l'homme a vécu à l'époque 
tertiaire. Plusieurs spécialistes adhérèrent à ce sentiment. 
Mais il résulta de l'examen des silex par une commission spé-* 
ciale que de nouvelles recherches doivent être entreprises 



- XCI — 

avant que la science soit fixée sur un point aussi grave, îqui 
renverserait la théorie scientifique seule admise jusqu'aujour- 
d'hui. Au surplus la nature du gisement des silex en litige a 
été définitivement reconnue comme incontestable. 

Il y avait encore d'autres points à discuter en dehors des 
questions du programme. Pour des motifs dont chacun put 
apprécier la convenance actuelle, le comité proposa de consi- 
dérer comme éventuelle l'obligation statutaire de réunir le 
congrès annuellement, réservant à l'assemblée le droit de 
décider selon Toccûrence. Malgré une légère opposition de 
quelques membres étrangers à notre pays, cette proposition 
fut admise, et la réunion prochaine fixée à l'an 1874 a été 
attribuée à Stockholm. 

Je ne puis clore l'exposé de celte séance, sans signaler la 
mauvaise disposition acoustique de la salle où le congrès a 
été réuni. La parole de divers orateurs ne pouvait être saisie 
à quelque distance. 

Je n'ai assisté ensuite qu'à la réunion de Spiennes qui eut 
lieu le lundi 26 août. Le Camp des Cayaux fut envahi par 
plus de deux cents investigateurs des traces industrielles des 
populations^ préhistoriques. Les illustrations de la science, 
que faute de mémoire et par crainte d'omission je n'énumére- 
rai point, y étaient accourues de tous les points de l'Europe. 
Chacun y glanait, y moissonnait les silex ébauchés qui tapis- 
saient le sol, s' échangeant les spécimens divers, les comparant 
et émettant les opinions les plus "variées sur leurs analogues 
des régions étrangères. A l'heure méridienne une frugale 
collation nous réunit sous une tente improvisée par les soins 
du Cercle archéologique de Mons et de la Société des arts et 
sciences du Hainaut. Là, l'échange des idées s'effectua avec 
d'autant plus d'entrain, que la contrainte, compagne assidue 
du séjour des villes, avait disparu, nous apprenions, nous 
discutions j^sous le ciel, en pleine campagne. C'est là, que 
notre zélé membre M. Briart me mit en rapports avec les dé- 
légués de l'étranger, rapports qui amenèrent les relations 



— XCII — 

nouvelles de notre société avec celle des antiquaires du Nord 
à Copenhague, et avec celle du Midi de la France à Toulouse. 

MM. Cornet, Briart et Houzeau, les conducteurs de Texcur- 
sion nous firent gagner la tranchée de Mesvin, où alignés 
sur la voie du chemin de fer, nous assistâmes à Texposé géo- 
logique que M. Cornet campé sur le talu&, nous déroula des 
diverses couches qui constituaient la tranchée. Il signala les 
vestiges des oriGces des puits par lesquels les silex ont été 
montés au jour, et désigne, à notre niveau, l'orifice des gale- 
ries horizontale^ conduites dans la craie pour opérer l'extrac- 
tion des rognons siliceux. Plusieurs d'entre nous s'engagèrent 
dans ces galeries, et M. Nilson voulut s'assurer par lui- 
même que les traces anciennes des outils résultaient bien du 
travail d'extraction ; malgré son grand âge, il se mit lui-même 
à l'œuvre avec ces instruments primitifs, et constata l'iden* 
tité de ces stries avec celles de son propre travail. 

Après quelques instants donnés aux adieux, chacun de 
nous se rendit à sa destination conservant le souvenir d'une 
réunion des plus rares et des plus cordiales. 

Je n'ai point assisté à d'autres séances. 

Mars 1873. 

C. VANDER ELST. 




C^S) 



RAPPORT SUR LA FOUILLE 



D> 



LA VILLA BELGO-ROMAINE DE GERPINNES 



LU K l'assemblée GÉNÉRALE DU 2 FÉVRIER 1874 



•»< 



CHAPITRE 1er. 

Dans la contrée si riante et si pittoresque qu'on désigne 
sous le nom de TEntre-Sambre et Meuse, se trouve placée, 
comme un chef-lieu, une élégante bourgade, ayant nom : 
Gerpinnes. 

Assise aux bords de la Biesme dans un charmant vallon, 
elle a'derriére elle tout un amphylhéâtre de riches et fertiles 
plaines, et, plus loin, une ceinture de bois épais; les eaux y 
sont abondantes, saines, et même quelque peu minérales*. 
Dès les temps les plus reculés, ce lieu privilégié a été choisi 
par les habitants disséminés, alors, dans nos vastes forêts, 
puisque l'un de nous y a retrouvé des haches en silex, remon- 
tant à l'époque de la pierre polie, incontestablement façon- 
nées, celles-là, par le travail raisonné de Thomme, et d'une 
très rare conservation. Ces haches sont dans nos collections. 

1. Les eaax de la fontaine de sainte Rolende, à Gerpinnes, sont employées 
comme femiginenses par les gens do pays. — Celles de la fontaine de sainte Ara- 
goae, à Viilers-Polterie, comme sulfureuses pour combattre l'éruption exanthé- 
matique du cuir chevelu et de la face chez les jeunes enûmts dite : croûte de lait. 



— XCIV — 

Pourquoi cette prédilection spéciale, accordée dès les 
temps primitifs à Gerpinnes? C'est, qu'à la pureté et à la salu- 
brité des eaux, à la beauté du site, Gerpinnes réunit l'avan- 
tage d'être le centre d'une contrée dont les carrières de 
marbres et les minières sont inépuisables. En effet, à toutes 
les périodes de l'histoire, et, sans doute déjà avant que 
l'homme retraçât ou écrivit le souvenir des événements, à celte 
époque reculée où il cherchait à réduire les minerais et à 
utiliser les métabx, on y a extrait et soamis au creuset le 
fer, l'instrument le plus nécessaire à la chasse, à la guerre, 
à la construction des demeures, à tous les besoins de la vie. 
Dans les terrassements qui ont été faits à diverses époques, à 
Acoz, à Gerpinnes, à Hansines, on a retrouvé dans l'une des 
berges' qui (bordent la Biesme, les vestiges d'anciens four- 
neaux qui remontent à la période antérieure à la conquête 
Romaine ou à cette période elle-même. Ces fourneaux étaient 
complètement semblables à ceux décrits par Pline* sous le 
nom de Caminiy et à ceux retrouvés notamment en Angleterre, 
dans le Northamptonshire et connus sous le nom de fornacula. 

De toute part, à Oret surtout, on retrouve des amas im- 
menses de ces scories que le vulgaire désigne sous le nom de 
crasses de sarraziiis, scories rejetées des fourneaux primitifs 
dont les aborigènes se servaient pour amener à la fusion le 
. fer des minerais, et restées encore assez riches pour que nos 
industriels, plus insU*uits et mieux outillés, les fassent repas- 
ser au creuset. Sous et parmi ces scories, on a retrouvé 
divers objets et notamment des médailles de provenance évi- 
demment Romaine ; nos collections possèdent des petits et 
des moyens bronzes, les uns indéchiffrables tant ils sont 

1. Nous disons dans .{'une des berces, parce que Tobservation a démontré que les 
anciens creusaient leurs fours dans les berges opposées au vent régnant le plus sou- 
vent dans la contrée, et plaçaient la gueule du fourneau de manière à recevoir ce 
vent qui était ainsi utilisé pour activer le feu ; c'était un appareil économique de 
soufUerie. Ces fourneaux ne marchaient que par le grand veut. 

2. PUNE VancUn ou le naturaliste (C. Plinius secundus 28-79), Hiitoire naturelle 
XXXIU. 2. 



— xcv — 

frustes, les autres portant l'effigie de VespasienS d'Hadrien' 
ou d'autres empereurs des premiers temps de l'ère chrétienne. 
Nous y avons aussi recueilli des fibules; et M. le docteur 
de Fiasse, l'un de nos plus intelligents chercheurs, nous a fait 
cadeau d'une magnifique épingle à cheveux en bronze {acus 
comataria) de forme extrêmement remarquable; elle a été 
trouvée incrustée à la superficie d*un morceau de ces crasses 
comme si elle y était tombée^ quand le laitier était encore en 
fusion. >r 

. Depuis peu, il avait é(é signalé à notre Compagnie que, 
dans les crasses^ on retrouvait fréquemment des fragments 
d'outils employés par les ouvriers de l'époque; nous les re- 
cueillons avec soin et ils formeront bientôt, on a le droit de 
l'espérer, une série de jalons propres à diriger l'Ingénieur 
en qui germerait l'utile idée de s'occuper un jour de l'his- 
toire de la pratique de la fabrication du fer en Belgique. 
Dans d'autres endroits, on a exhumé des objets plus précieux 
à un point de vue différent. M. de Bruges de Gerpinnes a 
retrouvé dans l'un de ses bois, et il possède encore, une 
splendide lampe en bronze' d'une forme admirable et d'une 
rare conservation. Le galbe irréprochablement arrondi de la 
panse de cette lampe, la courbe gracieuse des deux becs qui 
conduisaient la mèche et de l'anse qui servait à la suspendre 
au plafond, tout indique qu'elle remonte à la plus belle . 
période de l'art greco-romain* Hélas ! pourquoi notre musée 
ne possède-t-il pas cet objet précieux? Nous ne pouvons que 
le regretter vivement, parce que sa place est dans une collec- 
tion publique, où il puisse encore être admiré^ et servir de 
modèle aux fon deurs et aux artistes de nos jours. 

Gerpinnes était situé non loin de la voie romaine, qui. 



1. Vespasien né Tan 7, empereur en 69. 

2. Hadrien né Tan 76, empereur en 117. 

3. Lucema bilychnis ainsi nommée de bis deux, ellytiktiium mèche d'une lampe, 
Pktrore Saiyricon 80 (Pelronins Arbiter, mort en 66). 



— xcvi — 

parlant de Bavay, se rendait au Rhin, et très rapprochée d'un 
diverticulum qui passait à Chaslrès, à Strée, à FontaineVal- 
mont où se trouvent ces sépultures romaines ou franques 
que notre compagnie a fouillées en partie, et qui lui ont 
donné de si beaux et si curieux vestiges de l'antiquité. Chose 
étrange, pour le dire en passant, comme pour témoigner 
combien les traditions sont restées vivaces dans ces pays qui 
naguères étaient encore privés de voies aisées de communica- 
tion, ce diverticulum a laissé des traces jusque dans l'admi- 
nistration actuelle. En effet, il existe encore aujourd'hui un 
chemin de grande communication désigné sous le nom : de 
Gerpinnes à Strée , malgré que ces deux localités n'aient, à 
aucune époque, eu une importance assez grande pour néces- 
siter une route spéciale entre elles, et qu'elles n'aient aucun 
rapport particulier de commerce ou d'industrie. Ce chemin 
n'est-il pas l'ancien diverticulum ? Nous n'osons répondre à 
cette question; mais nous nous proposons de fouiller un jour 
l'assielte de cette voie, et nous sommes presque certains d'y 
retrouver, dans le sous-sol, le béton qui formait le pavement 
des anciennes voies romaines. 

Dès celte époque, et plus tard quand cette contrée fit 
partie du Comté de Lomme, on y remarquait des nombreuses 
fabriques de fer qu'alimeniaient les minières voisines, el qui 
atliraient la richesse sur les lieux de production. L'industrie 
seule pouvait y amener le luxe et l'abondance ; car, en ce 
temps comme actuellement, l'agriculture devait se trouver 
dans des conditions bien plus favorables d'exploitation au 
milieu des plaines du Brahant, de La Hesbaye, duHainaut; 
et cependant, chose remarquable, dans ces parlies de notre 
pays, les restes de construction romaine sont assez rares. 

Sous Charlemagne, Gerpinnes possédait déjà une église 
remarquable et la tradition populaire raconte que Rolende' 

1. Rolende, dont on sait pea Thistoire, paraît avoir été la sœur cadette de Her- 
mingarde, épouse de Charlemagne. Toutes deux étaient filles de Didier, roi des 
Lombards. Après que ChdslfmsLgne eut répudié Hermingarde, Didier déclara la 



— XCVII — 

se retira sous la protection de cette église pour se soustraire 
aux obsessions des admirateurs de sa beauté et de ses vertus , 
notamment d'un certain Oger dont l'ardeur érait sans égale, 
parait-il, même dans ces temps où les Paladins étaient bien 
autrement passionnés que les gommeux de nos jours. On 
vénère encore, à Gerpinnes, les souvenirs et les restes de 
Rolende. Ces restes sont enfermés dans une admirable cbâs&e 
en cuivre et argent qui porte la date de 1599; celte date doit 
être celle d'une restauration, puisqu'on trouve mention de 
cette châsse dès le onzième siècle tandis que les ornements 
et l'ensemble du coffre portent le cachet de la renaissance ; 
la châsse actuelle a plus probablement remplacé une plus 
ancienne' . Quant à Oger, ses restes reposent dans l'église 
d'IIanzines et l'on se dit que, chaque année, quand la proces- 
sion portant les reliques de Rolende passe à Ilanzines, et 
que la châsse qui contient celles d'Oger se joint au cortège, 
on entend encore les ossements du Paladin tressauter d'allé- 
gresse. Touchant exemple de constance qu'on ne voilde nds 
jours ni dans l'un ni dans l'autre sexe ! 

Gerpinnes n'a jamais perdu de son importance. "I^ôioii la 
tradition conservée dans l'ancienne maison de Bruges qui ha- 
bitait déjà cette commune au commencement du XV^ siècle, 
il se trouvait dans le lieu même que nous décrirons (ilusToiil, 

un antique moutier qui abritait des nonnes et dont ToHgiùe 

", ■ •"■ i 

gaeire à Didier qui fut vaincu (774) . Charles s'empara de ses États. A la èuité de 
cette défaite, Didier fut amené prisonnier eu Belgique ainsi que si fUloRdeàde^ Ils 
habitèrent Liége« et c'est de celte ville que Rolende vint dans jiplre psp$. ^l.Ie 
moiinit i Viiiers-Potterie, en 800, selon Zutman, alors que, fuyant Liése pour se 
réfugier a Lobbes, elle passait en ce lieu» en suivant probablement le diver(iv.ultÀn 
doni nous avons parlé plus haut. • . . ; r 

1. En 4550, l'église de Gerpinnes fut brûlée, et, danst cet ineenflie^ dispa- 
rurent les lettres de canonisation de sainte Rolende. C'est à Tépoque qui suit irnnié- 
diatement Tineendie que la ch&sse actuelle a été faite (préface de la nouvelle 
édition (1875) de :' Lu princetie fugitive ou la vie de sahite Holendé^MQ., par 

ZOTMAM. 

- ■ VU 



,'.i il -i ■.:! •' 



— XCVIII — 

comme le fondateur étaient inconnus. Aujourd'hui encore, il 
existe àGerpinnes une très belle église dans laquelle on re- 
marque le cénotaphe, qui, jadis, a recouvert les restes de 
sainte Rolende, et des fonds baptismaux en granit d'un travail 
aussi antique que curieux. 

Dans un autre Rapport, la Société publiera la description et 
le dessin de ces remarquables restes de l'époque franque. 

• 

CHAPITRE II. 

Pareil terrain ne pouvait être dépourvu de vestiges d'habi- 
tations des conquérants romains. C'est ce qu'avait compris, 
depuis longtemps, l'un de nous, M. Ilenseval, qui en sa 
double qualité de bourgmestre et d'antiquaire passionné, 
connaissait parfaitement sa commune et était à raffut des dé- 
couvertes. Il savait que souvent la charrue ramenait à la sur- 
face du sol des débris de tuiles et de poteries ; il fit part à la 
Société qu'au Sud-Ouest de l'église, à environ 150 mètres des 
habitations, sur une colline inclinée au Midi se trouvaient, 
au lieu dit AvgeUe\ desVestes d'anciens bâtiments d'origine 
inconnue : Déjà on avait déterré dans ce lieu des pierres tail- 
lées dont les paysans s'étaient emparés pour faire des seuils 
de porte, ou y creuser dos bacs de porcherie; on avait même 
retrouvé près du cimetière communal, une base de colonne 
qui avait appartenu, elle aussi, aux édifices qui avaient dû 
exister en Augette, et il existait une tradition qui prétendait 
que là s'était élevé, dans les temps anciens, un monastère. 
Celte tradition était corroborée par cette circonstance qu'à 
une très petite dislance au Sud-Ouest, dans le vallon formé 
par le ruisseau d'Augette^ le cours de ce ruisseau avait été 

1. Voir Planche II. 

Augeiie de Aquagium^ aqueduc naturel qui était une propriété commune à plu- 
sieurs ? — de Augére augmenter, endroit où le volume d'eau est augmenté par la 
tenue qui forme le réservoir destiné à alimenter le moulin, ou à établir des patouil- 
lets pour le lavage du minerai de fer ? 



— XCIX — 

arrêté par une digue destinée à former un réservoir pour 
alimenter une roue motrice, peut être un moulin, comme en 
possédait au moyf^n âp^e, clinque monaslère, chaque abbaye. 
Celle digue et celle tenue d'eau pouvaient déjà démonlrer 
l'existence d'habitations remonlantàune époque assez reculée; 
car, s'il çst incontestable que les Romains des temps anciens 
se servaient de moulins à bras, mus par des esclaves et dont 
on retrouve souvent les meules (nous en possédons plusieurs 
dans nos collections), il n'est pas moins incontestable que 
Peau était employée comme force motrice dés le commence- 
ment de l'ère chrétienne, et que les moulins à eau étaient 
déjà très nombreux au quatrième siècle. 

En effet, Vilruve* dans son traité sur l'architecture, Palla- 
dius* dans son ouvrage de re ruslicay et Ausone dans son 
éloge de la Moselle, les décrivent très exactement'. Une loi 
du code Th'éodosien* défend aux parliculiers de détourner le 
cours des eaux qui servent aux moulins publics et même 
d'en solliciter la permission de l'empereur. 

Un moulin, donc, avait existé en Augetle, car l'endroit porte 
encore de nos jours le nom de Mouliuia (petit moulin), et 
cette usine devait avoir appartenu à une communaulé affran- 
chie des droits seigneuriaux, car la seigneurie de Gerpinnes' 
avait son moulin banal où tous les vassaux devaient porter 
leur grain ainsi que le stipule l'ancienne charte de la com- 
mune qui date du commencement du XII® siècle. Ce moulin 
existe encore dans le village : il appartient à la famille Evrard, 
l'une des plus anciennes et des plus honorables de la commune. 

1. ViTRUvE (Mirciis Vitruvius Pallio), auteur du traité De architecturd {ii^ av. 
J.-C. — 16 de noire ère). 

2. Palladius Rutilius Taurus Aernilianus (vers 405) est auteur entre autres d*un 
traité De re rustica, 

3. Ausone (D>'-cimus Magnus), né vers 309, mort en 39i. 

4. Le code Théodosien a été promulgué en Orient vers 438 par Théodose II 
(399-450) ; introduit, en Occident, par Valentiniea lll (425-453), il y est resté en 

vigueur jusqu'au VP siècle. 

5. La seigneurie de Gerpinnes a appartenu très longtemps aux Dames de Mous- 
tiers-les-Dames. 



— c — - 

M. Henseval ne s'élait pas arrêté à la pensée du moutier 
dont parlait le peuple; il avait, en examinant les débris de 
tuiles et de poteries, reconnu qu'il fallait reporter la pensée 
bien au-delà du moyen âge pour expliquer l'origine des subs- 
truclions qu'il avait remarquées. Sa i,cience ne l'avait point 
trompé ; et, en désignant l'endroit des fouilles, il avait ren- 
contré la fortune propice. 

En effet, lorsque noire Compagnie eut, à son instigation, 
voté un modeste subside pour mettre à découvert les restes 
de murs dont certains ignorants faisaient fi, une commission 
fut nommée*; les premiers coups de pioche qu'elle fit donner, 
mirent à jour les fondations de bâtiments dont l'appareil 
était évidemment romain. 

Ce n'est pas sans une certaine émotion que comprendront 
tous ceux qui disent avec nous : si foderis invenies, que 
l'on reconnut les restes immenses d'une des plus grandes 
résidences romaines que l'on ait découvertes dans le Nord de 
l'ancienne Gaule*. 

Nous allons chercher à la décrire, ei à en déterminer le 
caractère ; nous présenterons, ensuite, à nos lecteurs, nos 
très honorés collègues; la nomenclature et les dessins des 
principaux objets que nous y avons recueillis. 

Mais, disons d'abord, quelle a été la pensée qui a inspiré 
notre Rapport. En posant le pied dans nos ruines pour en 
faire la description, notre première précaution a été de nous 
mettre en garde contre ces illusions trop souvent partagées 
par ceux qui, comme nous, ont la chance heureuse de ren- 
trer dans la demeure des ancêtres, et surtout des Romains 
ou des Franks successivement établis sur notre territoire. 
Nous nous sommes rappelés, avec M. Guizot, que « la Gaule 
« était située sur la limite du monde romain, et du monde 

1. Ia commission cbargée de diriger les fouilles était composée de MM. comte 
de Gljmes, président ; L. Henseval, directeur des travaux ; J. Kaisin, topo- 
graphe ; H. Pirmez, F. Pirmez (f) , L. Jacob , docteur Charbonnier, membres. 

2. Pour les dimensions générales delà villa ou pour celles de chaque apparte- 
ment, voir le plan annexé au présent rapport, Planche U*. 



- CI — 

c Germanique ; le midi de la Gaule a été essentiellement 
c romain; le nord essentiellement germanique; les mœurs, 
c les institutions, les influences germaniques ont dominé 
€ dans le nord de la Gaule; les mœurs, les institutions, les 
c influences romaines dans le midi' s. Avec le même histo- 
rien, nous nous somnffes efl'orcés de ne point perdre de vue 
€ qu'en Occident l'empire est tombé ; que des rois couverts 
c de fourrures, ont succédé aux princes couverts de la 
c pourpre* ». Aussi n'avons-nous point élé désillusionnés en 
ne retrouvant pas cet atrium ^ ce compluvium^ ces portiques, 
ces péristyles sur lesquels s'ouvraient les appartements, et 
même les chambres à coucher, comme on les retrouve en 
Italie, en Afrique, en Asie, et même encore dans le midi de la 
France. La rigueur de nos hivers et la brièveté de nos étés 
aujourd'hui que le défrichement des forêts, le drainage des 
terrains marécageux, la régularisation des cours d'eau, ont 
déjà tant adouci la température, nous ont fait penser à ce 
que devait être le climat de notre pays, il y a quinze à dix- 
huit siècles, alors que le castor élevait ses demeures dans nos 
lacs et. nos rivières, quand l'auroch mugissait dans nos forêts'. 
Nous n'avons pas même espéré retrouver à Gerpinnes, une de 
ces villas royales, que les Empereurs habitaient dans les en- 
virons de Trêves, ou que Karle, le grand empereur, aimait, 
pour s'y livrer au plaisir de la chasse, ou pour y méditer ses 
capitutaires si sages. 

En étant plus modestes, et, en refrénant nos désirs, nous 
sommes restés dans la réalité; et, néanmoins, nous avons 
retrouvé une admirable habitation qui, pour ne pas sembler 
avoir été princière, puisque nous n'y retrouvons ni marbres 
prodigués en sculptures ou en bas reliefs, ni mosaïques fines, 

1. CiviliMtion en France^ 2« leçon. 

i. Id., 3* leçon. 

8. Théodebdrt î«r, roi de Metz ou d'Âustrasie (53i-548), fut tué par un auroch 
qu'il chassait et qu'il voulait percer de son épieu (545 peut-être). L'auroch (bo» 
urui) n'existe plus en Europe, on le sait, que dans quelques profondes forêts de la 
Litbuanie où on le conserve, avec soin, comme gibier impérial. 



— CTI — 

n'en doit pas moins avoir appartenu à des personnages opu- 
lents qui habitaient le pays pendant toute Tannée, et qui, par 
cela même, y avaient pris toutes les .précautions possibles 
pour se mettre à Tabri des rigueurs du Nord. Ils étaient, 
peut-être, des agents de Tautorilé supérieure; peut être, et 
c'est plus probable, ils étaient des industriels qui exploitaient 
le minerai de fer, et travaillaient ce métal, soit pour eux- 
mêmes, soit pour quelques grands de l'époque. « Sous la 
€ République, en effet, et dans les premiers temps de l'em- 
« pire, l'industrie était une profession domestique, exercée 
€ par les esclaves au profit de leurs maîtres. Tout proprié- 
d taire d'esclaves faisait fabriquer, chez lui, tout ce dont il 
« avait besoin. Il avait des esclaves forgerons, serruriers, 
« menuisiers, cordonniers, etc.; et, non seulement il les fai- 
« sait travailler pour lui, mais, il vendait les produits de 
« leur industrie aux hommes libres, ses clients ou autres, 
f qui ne possédaient point d'esclave»*. > 

C'est dans cet esprit que nous allons décrire' la villa de 
Gerpinnes*. 

CHAPITRE IIL 

Les constructions se divisent ea deux catégories : les 
bâtiments de service agricole ou industriel, ' les apparte- 
ments de luxe, ceux des maîtres et leurs accessoires*. 

Comme on peut le voir sur le plan joint à ce rapport, 
la villa était composée de trois corps de bâtiments faisant 
face à trois des points cardinaux. L'aile du levant formait un 
long marteau ; 

Au Midi se trouvent les salles de bains, les hypocaustes, 
le sphœristerium; au Couchant se reconnaissent les bâtiments 
de service domestique et rural. 

Nous commencerons par ces derniers. Ils étaient divisés en 

1. GuizoT, CivilUalion en France, 2« leçon. 
J. Vue générale^ Planche II. 
8. Villa agraria. 
4. Villa urbana. 



— cm — 

huit places, et Ton peut encore retrouver la destination de 
plusieurs d'entre elles. Dans Tune (marquée A au plan), se 
trouvent des cendres de foyer, des os, des tessons de pocerie 
qui font croire que là se trouvait la cuisine; c'était peut-être 
celle des esclaves, car placée là, elle était très éloignée des 
appartements des maîtres, et malgré que les anciens eussent 
déjà des réchauds pour transporter les mets de la cuisine à la 
chambre à manger (Foci), ce qui faisait dire à Sénéque : 
€ la cuisine suit le repas* », c'eût était peu commode dans 
notre pays. L'escalier C conduit de la cour à cette place. 
Adossée contre celle-ci, se trouvait l'étable B très reconnais- 
sable parce qu'on y retrouve encore les blocs ou slols qui 
servaient de supports aux crèches. En pinçant ainsi son élable, 
le propriétaire s'était conformé à la règle enseignée par Vi- 
Iruve et suivie partout en ce temps : « place toujours ton 
élable auprès de ta cuisine* ». Dans cptie élable on pouvait 
placer sept à huit bœufs ou vaches, ce qui nous montre que 
le but principal de rétablissement n'était point la culture des 
champs. En effet, en tenant compte de la masse des bâti- 
ments de l'habilation, l'étable était petite; le bétail n'élail 
qu'en nombre suffisant pour fournir aux besoins du ménage 
des maîtres et des esclaves, et n'élail, évidemment, ni un 
instrument principal de travail, ni un capital de spéculation. 
Cette étable a été utilisée dans des temps postérieurs pour 
une autre destination ; elle est, quand nous la déblayons, 
complètement divisée par deux murs formés de pierres cal- 
caires brutes et sans aucun apprêt, tandis que les murs an- 
ciens sont bàlis de moellons régulièrement taillés, le petit 
appareil romain. 

Près de Tétable se trouvait une des entrées de l'habitation 
reconnaissable surtout à la route empierrée que l'on a mise 
à nu et qui se dirigeait vers le couchant. Elle allait rejoindre 

1. «Calioa cœnam prosequitur» Sénâûue (Lucius Ànnœus Seneca) le Philosophe, 
3-65, Epistolœ morales, 78. 
3. Livre IV, chap. \Ji, De architectural 



— CIV — 

le diverticulum que nous avons signalé, et qui se rendait en 
ligne droite sur Chastrès, où passait une chaussée. 

Dans la place D, nous avons trouvé un pavement en béton 
formé d'un cailloulis recouvert d'une couche de 12 à 45 cen- 
timètres d'épaisseur, formée de chaux et de tuiles concassées; 
c'est ce que Vitruve nomme ruderaiio (rudéralion, hourdage) 
telle que la pratiquaient les Romains, et dont nous avons 
trouvé beaucoup d'exemples dans noire fouille. Les murs de 
celte chambre étaient formés de pierres bien taillées, en petit 
appareil ; elle devait être habitée par les esclaves. 

L'aile du midi, formée d'une série de petites places, parait 
avoir été habitée par les maîtres. Les parties découvertes 
situées à environ 1.50 en dessous du niveau du sol de la cour, 
étaient plâtrée;, et le pavement, sauf dans la place E, était 
formé par une couche légère de hourdage. Là, nous avons 
trouvé beaucoup de restes de peintures murales qui devaient 
provenir des places dont l'assietle était au-dessus du niveau 
de la cour. Dans la place F le stuc était rose, tandis que dans 
celle marquée G, il était jaune et rouge : c'étaient là des 
couleurs adoptées pour les appartements d'été, car Vitruve 
enseigne que le noir doit dominer dans les appartements 
d'hiver. La raison de ce conseil est aisée à comprendre : les 
couleurs tendres devaient se ternir promptement à la fuméa 
des foyers mobiles* dont l'usage ne pouvait manquer d'être 
fréquent dans nos hivers rigoureux, et à celles des lampes 
primitives qui étaient si fumeuses et si puantes, que Juvé- 
nal' nous peint l'impudique Messaline, regagnant la couche 
impériale de Claude, son mari, c infectée par l'odeur de la 
fumée de la lampe, qui éclairait le lieu infâme où elle s'était 
lassée, mais non rassasiée, de luxure' ». 

1. € Focî turicremes ». (Ovide — Ovidias Naso, 4S av.J.-C, 17 de notre ère, — 
Héroîdeê, 11-18). 

3. JuvÉNAL (Décimus Junius JuYenalis), né vers it, mort, croit-on, âgé de 80 ans. 
3. c . . . . fumoque Locernœ 

Fœda, lupanaris tulit ad pulvivar odorem. • 

Satire VI (8). 
Voir aussi : Uoràce, Satireê, I. V, 80 ; — Vitruve, VU. 4. 



— cv — 

Les murs de ces appartements étaient divisés en panneaux 
dont les encadrements étaient formés de lignes de diverses 
couleurs parallèlement tracées, comme c'était Thabitude dans 
les maisons romaines^ et comme on en a trouvé dans beau- 
coup de fouilles. 

Signalons ici la singulière disposition de la place G dans 
laquelle nous voyons deux murs parallèles, séparés seulement 
par un vide de trente ceniimélres. Quels pouvaient être les 
molifs de cette double enceinte? Elaient-ils destinés à sup- 
porter une forte masse de maçonnerie qui ne pouvait, cepen- 
dant, être une tour car les tours ne se bâtissent qu'en qua- 
drilatère ou en rond? Il semble 'plus probable que les deux 
murs que nous signalons à la place G, étaient destinés à sup- 
porter des colonnes comme celle dont nous avons retrouvé la 
base à peu de distance. Ce qui le fait supposer, du reste, 
c'est que la place G est située à Textrémiié du bâtiment et 
fait avant-corps. Il est très possible qu'à l'autre extrémité des 
constructions, du côté des bains, il existait aussi un avant 
corps orné de colonnes comme celui dont nous nous occu- 
pons. Si nous nous en rapportons à la base de colonne trou- 
vée sur l'emplacement même des fouilles, puis transportée 
près du cimetière, et aux fragments de chapiteaux que nous 
possédons, la colonne devait appartenir à l'ordre dorique, et 
la base mesurant quarante et un centimètres de diamètre, 
nous pouvons calculer la hauteur du bâtiment. En effet, en 
suivant la règle admise, que le fut de la colonne a, près de 
la base, deux modules de diamètre, et l'ordre entier compre- 
nant la base, la colonne et l'entablement, vingt-quatre mo- 
dules et un tiers, nous devons croire que le bâtiment jusqu'en 
haut de Tentablement, c'est-à-dire, probablement, presque 
jusqu'à la naissance du toit, car les maisons romaines n'a- 
vaient généralement pas d'étage proprement dit, que le bâti- 
ment, disons-nous, devait avoir une élévation de cinq mètres. 

1. viTiuvi, VII. m. 



— CVI — 

On peut encore adopter une autre hypothèse pour expliquer 
rétablissement des deux murs parallèles et quasi juxtaposés. 
Nous n'avons trouvé dans toutes les constructions qu'un seul 
endroit souterrain dont nous nous occuperons longuement 
plus loin ; partout ailleurs, tous Ihs appartements sont au rcz 
de chaussée. Toules les places déblayées sont pavées en ciment; 
la place E seule n'en a point. Il est possible que nous ayons 
ouvert là le magasin où Ton conservait les provisions choisies; 
et, comme cette place était exposée au midi et élevée au 
dessus du sol, on aurait pu construireledeuxiémemur, afin que 
les provisions, les liquides par exemple, ne s'échauffassent point 
ou ne souffrissent point des variations brusques de tempéra- 
tures si fréquentes dans notre pays. Nous aurions alors retrou- 
vé rapotlieca. Nous ne dirons pas, comme on l'a fait souvent, 
que c'était là que se conservaient le vin et l'huile, parce que 
nous sommes convaincus que le vin, comme l'huile comes- 
tible, élaient très rares à cette époque dans nos contrées si 
éloignées des lieux de production. La vigne arrachée en 
Gaule par ordre de Domiiien* n'y fut replantée, et encore 
dans le midi, que parProbus*. Si le vin de Chamberlin et de 
la Romanée sont abondants et délicieux aujourd'hui à Ger- 
pinnes, le Massique et le Falerne devaient y être rares et 
chers à cette époque. Quanta l'huile comestible, elle devait 
aussi s'y rencontrer très peu. Nous croyons fermement que 
les Romains, établis aux confins de la Germanie, et plus tard 
les Francks qui les ont remplacés, avaient adopté la vieille 
hqueur' du roi Gambrinus* le Zylhtnn, nommée plus lard 
Cervisia ou Cervoise que les Germains aimaient par dessus 
tout au témoignage de Tacite et de Pline*. Nous pensuns qu'ils 



1. Domilien,né en 51, règ^ne en 81, est assassiné en 96. 

2. Probus règne de 276 à 282. 

3. Moïse trouva, d'après la Bible, la bière en usage chez les Egyptiens. 

4. Gambrinus, préhistorique, ou antéhistorique, ce qui se ressemble. 

5. Tacite (Cornélius Tacitus, né en 5i, mort vers 184). De moribus Germano- 
rurn. — Pline, Hlsi. nat., XXII. 82. 



— CVIl — 

remplaçaîenl, comme de nos jours, l'huile dont on se sert 
dans le midi pour la cuisine, par le beurre. Ce dernier rem- 
plaçait du resto. si bien l'huile sous toutes ses formes, que, 
njéme quand il était ranci, il tenait lieu d*liuile antique sur 
la loilelle des pelils crevés du temps. Sidoine Appolinaire* ne 
nous dépeint-il pas le Burgonde a arrosant sa chevelure de 
beurre ranci*? t> Il ne devait pas, le coquet ainsi parfumé, 
exaler une odeur de roses ! Et pourtant, il le faisait pour 
plaire et il plaisait au beau sexe ! Après tout, la barbe et 
les moustaches de nos fumeurs, sont-elles moins infectes qne 
la chevelure du Burgonde? Et, pourtant nos délicates jeunes 
filles en raffolent disent les fumeurs. 

Les places F, H, I, J, K et L avaient sortie par deux portes 
situées au midi, et qui s'ouvraient sur l'extérieur. Elles ser- 
vaient probablement de magasins comme la place E ou de 
logement à la domesticité, et la disposition des portes nous 
indique que, du côté du ruisseau, devait se trouver une clô- 
ture qui empêchait l'accès aux étrangers. 

Les places supérieures, très petites, comme d'ailleurs la 
plupart des appartements habités par les Romains, ne pou- 
vaient, par leur exiguilé, servir ni de salle à manger (/nc/iniMm) 
ni de salle de réunion {exedra). Elles étaient, peut-être, 
des chambres à coucher (cubicula) ayant leur sortie sur une 
cour couverte ou tout au moins entourée d'une galerie cou- 
verte et fermée (atrium testudinatum). 

A vingt mètres environ au Levant des appartements dont 
nous venons de parler, se trouvait un groupe de constructions 
qui renfermaient les bains {balnea), les hypocausles ou chauf- 
feries, véritables calorifères, et didérenles salles dont on se 
servait surtout Thiver {liybcrnacula). 

Les hypocaustes découverts sont au nombre de trois prin- 
cipaux, ce qui indique à la fois, et l'importance de la villa, 

1. Sidoine Apollinaire, né en 430 mort, en 488. 

t. « Burgundus. 

Infundens acido comam butyro. » 



— cvin — 

et les précautions que prenaient les habitants pour se garantir 
de la rigueur de nos hivers incléments. Le premier M avait 
sa chaufferie placée au point N, c'était l'hypoeaiisis, et les 
cendres amassées que nous y avons rencontrées, le faisaient 
aisément reconnaître. L\nir chauffé par son passage à travers 
le foyer, s'introduisait par le canal (propnigeum), dans 
l'hypocauste, et circulait ensuite, sous tout le pavement de la 
salle, dans des conduits formés de briques creuses, ayant 
vingt centimètres de côté. Pour que la chaleur se répartit 
d'une façon bien égale sous toute la surface de la place supé- 
rieure, des petites cheminées P, placées aux quatre coins de 
la salle, attiraient dans toutes les directions l'air échauffé. 
Notons, en passant,que, dans le conduit et dans une partie 
de l'hypocauste M, l'on remarque delà maçonnerie construite 
en arête de poisson {optes spicatum). Nous signalons ce fait 
parce que M. Schayes avance dans son Histoire de l'Architec- 
ture en Belgique^ que nulle part, dans notre pays, il n'en a 
été trouvé datant de l'époque romaine. 

Près de l'hypocauste se trouvaient nécessairement les 
salles de bain indispensables à la population romaine (6a{nca) 
R Q. Les bains complets tels qu'on les retrouve dans les ré- 
gions du Midi existent rarement, d'après tous les auteurs, 
dans les habilations romaines de notre pays. Cela se conçoit, 
et on se rend aisément compte que dans nos régions du Nord, 
pas n'était besoin du frigidarium pour refroidir le corps* ; 
que nos campagnards n'avaient pas le luxe d'esclaves pour 
tout faire, nécessaires à la mollesse et à la débauche romai- 
nes'. Cependant, ils ne pouvaient se passer entièrement de 

1. Page51,Tol. 1». 

s. Voir la description d*ua bain dans le Dictionnaire det antiquités romaines et 
grecques d'ARTONY RiCR, au mot Cella. 

Nous avons fait de fréquents emprunts à cet excellent ouvrage. 

8. Les hommes d'un ftge mûr et sûrs d*eux-mèmes, mais ceux-là seuls, peuvent 
lire le texte de Juvénal sur ce point. Cet auteur, dans ses satires, dépeint avec la 
sauvag*! énergie qui le caractérise, la dépravation morale des esclaves m&les et des 
eunuques attachés aux bains des dames romaines, les services, aussi libidineux 



— CIX — 

bains, et ceux que nous avons mis à découvert, comprennent 
deux locaux correspondants. 

La salle Q n'avait que trente centimètres de profondeur; 
c'était prohMemeniUsudatoriumontepidarium^ éluve prépa- 
ratoire ou bain proprement dir, ou Ton provoquait la trans- 
piration ou bien où Ton amenait le corps à un certain degré 
de chaleur qui permettait de supporter la température du 
bain cbaud {alveus). 

L'air chauffé ou la vapeur d'eau se rendait dans la salle 
Q par un petit canal T, ce que nous nommons aujourd'hui 
< unebouchede chaleur », fait en poterie, et la salle se nettoyait, 
après usage, par des conduits. C'était peut-être aussi dans 
cette salle que se faisait Vunetio, quand l'esclave chargé de 
ce soin, grattait la peau du baigneur à l'aide de la strigille, 
et parfumait son corps des odeurs les plus fines et les plus 
rares. 

L'endroit marqué N était le fourneau {fornacula) dans 
lequel étaient placées les chaudières (milliaray ahenaé) qui 
.«servaient à fournir l'eau aux bains. Ces chaudières étaient 
disposées d'une façon remarquablement scientifique. En effet, 
la plus élevée n'était pas chauffée, et communiquait à une 
seconde placée à un niveau inférieur ; dans cette seconde 
chaudière l'eau était amenée à une chaleur touchant à l'ébul- 
lition; cette seconde chaudière communiquait elle-même 
avec une troisième où Tenu bouillait, et servait à alimenter 
le bain. De celte façon, le vide fait par la prise d'eau dans la 

qu*iinmoodes, que leur rendaient les aliptes ou unetoret, les aquarii et autres. 
Les jeunes filles et les jeunes garçons qui servaient dans les bains des hommes ne 
valaient, certes, pas mieux. — Voir iatirei VI et Xf. 

M. HAbCM\ics, dans son Cabinet d'amateur, a parfaitement décrit les bains ro- 
mains (307) ; seulement, il a préféré le pinceau du délicat Horace, le protégé satis- 
fiait de Mécène, au fouet sanglant de Juvénal, le satirique sans pitié comme sans 
pudeur. — Après tout, la vérité est, probablement, là encore, entre les deux ma- 
nières,9<r(tM in medio . 

Dana tout le chapitre intitulé : une journée à Rome, H. Hagemans a le rare mé- 
rite de dissimuler une immense éruditionsousl'artiflce d'unst^fletoigoursattrayunt 
et animé. 



— ex — 



chaudière à eau bouillante, était immédiatement comblé par 
de Teau déjà chaude, et celle-ci était remplacée par Teau 
portée à la température d'appartement de la chaudière supé- 
rieure. On évitait ainsi tout danger d'explosion. 

Nous avons aussi retrouvé rorifice qui servait à vider le 
bain (U). Cet orifice était garni d'un fort tuyau de plomb 
(fislula) qui figure dans nos collections et qui est digne de 
fixer un moment notre attention. Comme tous ceux du temps, 
il est formé d'un barre de plomb laminée d'abord à plat, 
puis ramenée sur elle-même dans le sens de la longueur pour 
en former par la soudure, un tube dont la section transver- 
sale représente une ellipse pyriforme. 

On sait que les Romains étaient non seulement amateurs 
d'eau, à ce point qu'il existait dans chaque bourgade ce que 
nous appelons aujourd'hui une distribulion et des fonlaines 
publiques, mais, qu'ils se faisaient un litre de gloire de 
l'abondance et de la pureté des eaux qui servaient aux usages 
publics. La loi* comminait des peines sévères contre ceux 
qui dégradaient les tuyaux de plomb qui conduisaient les eaux 
vers les bains ou établissements publics et il existait des 
réservoirs d'épuration (piscinae Umariae)^. Aussi Horace 
écrivait-il fièrement' : « l'eau qui dans les quartiers de nos 
« villes cherche à rompre le plomb qui la conduit, n'est-elle 
« pas plus pure que celle qui se précipite dans nos plus clairs 
ruisseaux ? y> 

Dans les angles des salles de bain, on avait établi des mou- 
lures en quart de rond, bordant le fond et les côtés pour en 
rendre le contact moins rude ; et, dans la salle R les murs 
avaient été renforcés jusqu'à mi-hauteur par des carreaux de 
poterie appliqués contre les parois, et recouverts, ensuite, 

1. L. 6. Cod. XI. 42. 

â. Frontinus (Sextus Julius), 40-106, De aquœductibus urbis Romœ. 

3. Horace (65 — 8 av. J.-C). 

• Purior in vieis aqua tendit rumpere plumbum, 
Quam quœ per pronum trépidât cum murmure rivum ?» £p. 1. 10. 26. 



— CXI — 

de stuc rougeâtre comme le reste des salles de bain, stuc 
rougeâtre qui, probablement pins imperméable que tout 
autre, a été retrouvé dans d'autres salles de bain et nolam- 
ment à Meersem près Maestricbt*. Au dessus du niveau que 
l'eau alleignail dans les baignoires, le mur était recouvert de 
plaques de marbre ressemblant beaucoup à celui qu'on dé- 
signe aujourd'hui, dans le commerce, sous le nom de Sainte- 
Anne. 

Contre les salles de bain, au Midi, nous rencontrons un 
grand hypocausle ayant 4"^,60 de côté. La chaufferie était au 
point W ; son emplacement et ses dimensions portent à croire 
qu'il servait à chauffer Vapodyterhim, ou grande salle où 
l'on se déshabillait. Cet hypocausle n'est pas encore complè- 
tement exploré, non plus que la place X. 

A 13", 50 au Levant de l'hypocauste, s'en trouve un troi- 
sième ayante"™, 15 sur 3"™,80 de superficie. Entre ces deux hy- 
pocaustes s'étendait la longue salle qu'ils chauffiiienl et qui 
avait 12"™,50de longueur sur 3"", 60 de largeur.C'était proba- 
blement le sphœristerium ou local destiné à jouer à la balle* et 
à se livrer à d'autres exercices pendant l'hiver, salle qui était 
toujours chauffée parce qu'on s'y dépouillait d'une partie de 
ses vêlements pour avoir les mouvements plus faciles. Elle 
était peinte avec luxe ; et, pour éviter l'humidilé, sous le 
stuc qui formait le sol, l'on avait dressé un lit de pierres 
recouvert ensuite, d'un fin cailloutis. C'était ce que l'on appe- 
lait du redivivnviy c'est-à-dire que le béton était composé de 
pierres et de morceaux de tuiles ayant déjà servi, mélangés 
avec deux tiers de chaux. Le stuc, le hourdage {rtideratio), 
avait ensuite été fait avec le soin particulier que mettaient 

1. Publication de la Société historique et archéologique dans le duché de Lim- 
bourg, tome Vill. 

2. Le jeu de balle (pila) éiixil très en faveur chez les Romains. Leurs balles étaient 
de diverses couleurs très agréablement disposées ; la couleur favorite était les di- 
verses nuances' du yen (pila pictat prasilayVilrea,vitrea unda^ vitrea sedilia^ etc.) 
Ils s'exerçaient aussi à jouer au ballon {follis) comme on le fait encore de nos jours. 
(Martial XIV 47.) 



— CXII — 

les Romains à ces sortes d'ouvrages, dans lesquels certain» 
ouvriers spéciaux (pavimentarii^) étaient si habiles. 

On fait encore de la rudération, du hourdage en Italie, et 
même chez nous dans nos aires de grange et sur le pavé des 
chaumières. Mais, les ouvrages de ce genr& faits par les an- 
ciens étaient si solides et si parfaits, que, de notre temps 
encore, en Italie surtout, on scie en tranches des pavements 
ou des revêtements de murs, pour les polir, et en faire des 
tables qu'on admire dans les salons et dans les boudoirs des 
heureux du siècle. 

Au Midi de la place Y, se trouve un grand espace qui n'est 
pas totalement exploré, mais qui devait former une immense 
salle ou même plusieurs salles. Le sol y était recouvert du 
même stuc que la place Y. C'était peut-être la basilique, le 
lieu où le maître recevait ses chalands, ses clients, ou ses 
esclaves ; où il rendait la justice ; ou bien encore une salle 
de réunion (exœdra). Peut-être enfin, et cela semble plus 
probable, était-ce un ephebeum, lieu où, en plein air, les 
jeunes gens s'exerçaient à tous les exercices du corps. Quoi 
qu'il en soit, disons que dans l'état où sont les restes de cette 
salle nous n'osons rien affirmer. 

Les hypocaustes voisins et les salles de bain sont beaucoup 
mieux conservés. Deux de ces hypocaustes avaient encore 
tous leurs pilastres entiers ; ils étaient formés de carreaux 
collés avec de la terre glaise ; et, sur ces pilastres, étaient 
appuyées de grandes dalles de poterie ayant 56 centimètres 
carrés, et six centimètres d'épaisseur, qui formaient le pave- 
ment de la chambre supérieure. Lorsqu'on a enlevé ces 
dalles, peut-être pour les employer autre part, les hypo- 
caustes ont été presqu'immédiatemenl recouverts de terre. 
Rendons grâce de ce contretemps au dieu des archéologues, 

1. De pavire, battre pour aplanir, paver. L'instrument dont se servaient les ou- 
vriers qui faisaient cet ouvrage était analogue à la demoiselle que nos rudes pa- 
veurs soulèvent en cadence (mais sans la tenir par la taillb) et s'appelait : pavicula. 
(Pline. Hist. naL XXXVI, 61). 



— cxin — 

car c'est ce qui les a conservés. En e£fet, si Ton avait laissé 
passer l'hiver sur ces pilastres mis à découvert, ils seraient 
bientôt tombés en ruine. 

Près de l'hypocauste Z se trouvait sa chaufferie Tl recon- 
naissable à la grande quantité de cendres qu'on y a décou- 
vertes. Contre la chaufferie se trouvaient d'autres salles dont 
les fondations ont été mises au jour, mais dont on ne peut 
déterminer l'usage. 

Au Nord de l'hypocauste Z nous avons retrouvé un grand 
terrain ayant au moins quinze mètres de longueur et pavé 
d'une profonde couche de pierres mises de champ, couche 
plus profonde que celle de la place, et sur laquelle on n'a 
trouvé aucune trace de ciment^ ni aucun vestige de mur. 
Comme ce terrain s'avançait en dehors du carré des bâti- 
ments, il devait former une cour dépendant de l'habitation. 

L'entrée devait être de ce côté, car elle était au niveau de 
la cour^ et le dtver/tculum était voisin; du côté du ruisseau, 
au contraire, au Midi, l'entrée devait être difficile et disgra- 
cieuse à cause de la déclivité du terrain; il aurait fallu monter 
un certain nombre d^ marches pour arriver aux apparte- 
ments des maîtres, et l'on sait que les Romains évitaient, le 
plus possible, les escaliers intérieurs qu'ils faisaient, au sur- 
plus, fort mal. 

A peu de distance de ce cailloutis nous remarquons trois 
murs très épais formant équerre, et paraissant avoir servi de 
fondation à une tour. Une pareille masse de maçonnerie ne 
peut avoir été faite que pour supporter une forte construc- 
tion, ainsi que le constate un contrefort (analemma) qui la 
soutient. Quelle pouvait être la destination de cette tour, de 
cette espèce de fortification construite en même ciment que 
le reste de l'habitation ? Elle n'a pu être autre qu'une sorte de 
tour de guet pour protéger l'entrée de l'habitation qui était de 
ce côté. Dans les temps de paix qui suivirent la conquête de 
notre pays, il était inutile de prendre des mesures défensives 

viiï 



— CXIV — 

contre les agressions ; mais Thistoire nous montre assez que 
cette paix ne dura pas longtemps, et cette tour a probable- 
ment été construite dans les temps de trouble, alors que Ton 
devait être toujours en garde contre les incursions devenues 
presque quotidiennes des Germains. 

Nous sommes arrivés à la partie probablement la plus in- 
téressante . de nos découvertes, à une salle souterraine qui 
mérite de faire l'objet d'un examen spécial et attentif. 

CHAPITRE IV. 

Au point marqué I, dans- notre planche, au Nord-Est, et 
faisant le marteau correspondant à la place D, nous avons 
découvert une chambre, en contrebas du soi, ayant 6"^,15 de 
longueur du Nord au Sud, sur 5",50 de largeur de l'Est à 
l'Ouest; on y descend par un escalier creusé dans la paroi 
Sud et ayant sept marches principales, puis un palier ; dans 
le mur de ce palier, à droite en descendant, on a pratiqué 
une niche semblable à celles que nous décrirons plus loin; 
en abandonnant le palier on descend une dernière marche et 
l'on se trouve dans la salle elle-même\ Les murs sont du 
petit appareil romain très soigné et formés de rangs de 
pierres proprement taillées, interrompus, comme toujours, 
par des cordons de briques, posées à plat, qui ont pour but 
de régulariser la marche de la maçonnerie, ainsi que cela se 
fait encore aujourd'hui à Rome. Sur les joints qui reliaient 
ces tas de pierres, on avait tracé une ligne rouge du plus bel 
effet. 

Dans les murs latéraux de la salle on compte onze niches 
ayant quarante-cinq centimètres de largeur, et soixante-dix 
de hauteur, mesurant dans œuvre, du pied de la niche au 
point central du cintre qui les surmonte. Ces niches ont une 
profondeur de trente centimètres. 

1. Voir planche III, fig. 1. 



— cxv — 

Entre deux niches se trouvent quatre pierres carrées 
blanches et faisant ornement en forme de croix. 

Une de ces niches était particulièrement décorée; c'est celle 
qui se trouve dans le mur Sud, à droite de l'escalier, presque 
à côté de l'entrée, et vis-à-vis du soupirail dont nous parle- 
rons plus loin\ tandis que les autres niches ne sont que des 
simples renfoncements faits dans la maçonnerie , celle que 
nous signalons est ornée de deux pilastres dans l'élévation 
desquels la pierre blanche alterne avec le calcaire. Une partie 
de la base et le chapiteau de ces pilastres sont aussi en 
pierres blanches, et le chapiteau est sculpté avec soin et 
décoré de feuilles d'acanthe. Les cordons de briques dont 
nous avons parlé faisaient sallie près de cette niche, à la 
hauteur de la naissance de la voûte et étaient taillés en 
moulure. 

Dans les voûtes à plein cintre qui surmontent les autres 
niches, la pierre blanche alterne aussi avec la pierre calcaire ; 
mais, il n'y a ni ornements, ni colonnes. 

Le sol de la place que nous décrivons était fait d'une légère 
couche de stuc confectionné avec un soin particulier,^ et le 
même soin se remarque aussi pour les marches de l'escalier. 
Ces dernières étaient polies à ce point, que quand on les 
mit au jour, la première impression fut qu'elles étaient 
formées d'une seule tranche de marbre ; c'était, vraiment, 
de VaWarium opus dont parle Pline*. Sous le stuc poli qui 
formait le pavement, on rencontra la roche vierge. 

Dans le mur au Nord (PI. III, fig. 2), dans le cintre formé 
par l'une des voûtes qui recouvraient le lieu dans lequel nous 
nous trouvons, dans celle du milieu, s'ouvrait une ouverture 
. donnant du jour, et établie en queue d'aronde ; les angles de 
cette ouverture, dans l'intérieur, étaient faits aussi de pierres 
blanches qui alternaient avec le calcaire du pays. 

Nous avons trouvé dans cette salle souterraine des traces 

1. Voir PI. 111, fig. 1. 

s. HUt. nat. XXXVl, 55 et 59. — ViTRUVE VII.-S. 



— CXVI — 

que nous croyons devoir noter : à une hauteur de soixante 
quinze centimètres du sol^ les pierres calcaires qui font 
partie des pilastres placés aux deux côtés de la grande niche 
dont nous avons parlé, sont polies comme le granit de ,nos 
jours ; pourquoi ? Nous ne pouvons le dire. Quelques per- 
sonnes ont pensé que ces pierres avaient été ainsi polies par 
le frottement des coudes des nonnes, qui, agenouillées pour 
prier, se seraient appuyées sur Tau tel. Il aurait fallu que leur 
ferveur fut bien grande, leurs vêtements bien durs, et leur 
contact bien persistant et bien prolongé ! Mais enfin, tout 
est possible, et nous ne voulons pas contredire ceux qui ont 
émis cette hypothèse. 

Lorsque les fouilles nous eurent amené à l'endroit dont 
nous nous occupons, les voûtes du souterrain étaient effon- 
drées , et, celui-ci se trouvait comblé d'objets provenant des 
ruines. Tessons de poterie, morceaux de tuiles, pierres à 
bâtir, limon amené par le charriage des eaux qui y avaient 
croupi, formaient une masse compacte que la bêche ne pou- 
vait entamer^ et l'on dut recourir à la pioche. La couche du 
terrain supérieur, formée de terre végétale, était mince, parce 
que cette partie de la villa n'avait été que depuis peu rendue 
à la culture. Les vieillards, en effet, se souviennent d'avoir 
vu ce lieu couvert de ruines et de ronces ; ils signalent même 
différentes pierres utilisées dans la commune, et nous racon- 
tent que beaucoup d'entre elles, même taillées, en ont été 
tirées et ont servi au macadam du chemin de Gerpinnes à 
Strée. Ils nous ont signalé Une pierre sculptée représen- 
tant une figure de femme, placée actuellement comme linteau 
d'une fenêtre d'écurie au château de Madame de Cartier â 
Gerpinnes, appartenant actuellement à M. de Bruges. Nous 
sommes allés voir cette pierre ; malheureusement c'est un grés 
sur lequel on peut aiguiser les faulx et autres instruments 
aratoires. Chaque paysan a voulu en avoir un morceau: on 
a d'abord cassé les parties saillantes, telles que les seins peut- 
être par une idée ridicule de pudeur; puis, on a dégradé la 



VILLA BELGO-ROMAINE DAUGETTE ( GERPINNES) 



— cacvn — 

Ggore ; enfin, aujourd'hui il n'en reste presque plus rien. 
Toutefois, aidé des vestiges qui ontéchappé àl'outrage, et guidé 
par les souvenirs de son enfance, M.Henseval a essayé, par le 
dessin, de rétablir cette sculpture et nous le publions, sous 
toutes réserves. Ce doit avoir été une cariatide ou une stèle 
tronquée*. 

Il existe encore une tête portant bien le cachet romain et 
dont nous donnons l'image*. . 

En déblayant le souterrain, on put remarquer que les dé- 
combres qui le remplissaient étaient divisés en trois parties 
isolées par trois couches de cendres. Etait-ce la trace de trois 
incendies correspondant à trois pillages? Ce qui semble rendre 
ce fait certain, c'est que dans la couche inférieure nous avons 
trouvé des morceaux de poterie grosse et fine, des verres 
fondus, d'autres morceaux de verre qui avaient servi de re- 
vêtement aux murs de la place qui, au rez dé chaussée, devait 
recouvrir le souterrain, des clous, et, en somme, tous ob- 
jets petits et brisés, de valeur trop minime pour avoir été 
relevés par ceux qui, sur celte première couche de ruines, 
avaient fait un nouveau pavement en béton, élevant ainsi le 
sol à la mi-hauteur du palier formant la première marche. 

Il en esta peu près de même de la seconde couche :les 
objets qu'on y a trouvés étaient encore évidemment romains, 
et ils portent avec eux la preuve qu'ils ont été détruits dans 
un incendie. Un second béton recouvrait cette couche, et éle- 
vait le sol à la hauteur du palier. Les objets trouvés dans la 
troisième couche, la supérieure, sont plus nombreux. C'est 
parmi eux, notamment, que s'est trouvée une épaisse tranche 
de marbre qui a servi de tablette de fenêtre ayant à la partie 
externe 1™,20, à la partie interne i™,65 de largeur; sa 
profondeur est de 0°*,82 centimètres et son épaisseur de0™20, 
non compris la moulure. La partie externe de ce marbre est 
creusée de neuf encoches qui ont servi à placer des barreaux 
de fer que nous avons retrouvés, et qui empêchaient de s'in* 

1. Planche III, flg. 3. 
S. Plancha m, flg. 5. 



— cxvm — 

troduire par l'ouverture qu'ils protégeaient. Ces barreaux 
ont 60 centimètres de hauteur , mais ils paraissent avoir été 
brisés là où ils portent la marque évidente qu'une tringle 
plate les traversait\ Ils grillaient donc une belle et vaste 
baie. Les incendies successifs ou les intempéries auront de- 
scellé ce marbre des murs du rez de chaussée dont des pans 
restaient encore probablement debout, et son poid& l'aura 
fait glisser dans les décombres. 

Nous y avons aussi ramassé une grande quantité de débris 
de caisses plates et carrées en poterie, encore recouvertes, 
en partie, de ciment. Elles avaient été placées sous l'apparte- 
ment supérieur pour y amener la chaleur. Il faut bien recon- 
naître que ce système de calorifères n'était pas inférieur à 
ceux employés de nos jours ; percées en bas, en haut, sur les 
côtés, les briques creuses, comme on les nomme encore de 
nos jours, permettaient à l'air chaud de circuler sous les 
pavements et en rendait ainsi le contact moins pénible aux 
pieds. 

Nous avons aussi recueilli dans les décombres des épingles 
à cheveux (acû^ comatanoif y des petits cubes de marbre qui 
ont fait partie d'une mosaïque {abaculi)^^ des morceaux de 
marbre, une partie de tuyau de plomb n'ayant pas souffert 
des atteintes du feu ; des fragments de peintures murales, et, 
entre autres, une partie de nœud de tapisserie d'un dessin 
hardi et d'une rare correction*. Un de ces fragments est très 
remarquable,parce qu'il est sigillé. Le sigle est : Lucius*. 

Le souterrain enfm, était couvert d'une voûte en trois 
compartiments s'appuyant aux deux extrémités sur les murs 
principaux qui formaient pied droit, et dans les points in- 
termédiaires sur deux grosses poutres dont nous avons re- 



1. Planche V, n» 15. 

î. Planche IV, n» 1, î, 3. 

3. Planche IV, n° 8, 9. 

4. Planche IV, n<» 11, 12. 

5. Planche IV, no 10. 



\ 



— CXIX — 

trouvé un grand morceau fortement carbonisé. Les voussoirs 
étaient des pierres irrégulières ; mais ils étaient raccordés 
par des cordons de briques dans le sens de la longueur. Ce 
sont les seules traces de voûte que nous ayons retrouvées 
dans la villa ; partout ailleurs les plafonds étaient faits sur 
poutrelles de façon à former des caissons (laeunaria). 

Nous abordons la question capitale de ce chapitre. Quel a 
pu être l'usage de ce lieu souterrain que nous avons décrit 
avec un soin peut-être trop minutieux? 

Nous ne voulons point faire parade de science, et nous 
avouons que notre première pensée a été de voir dans notre 
place souterraine une vulgaire cave (cellœ), malgré qu'au té- 
moignage de tous les auteurs, les cellœ des Romains fussent 
plutôt des celliers au rez de chaussée, que des caves dans le 
sous-sol. On se fait souvent, à cet égard, des idées fausses, 
toujours en empruntant trop aux auteurs qui ont décrit les 
mœurs ou les habitudes du Midi ou de l'Italie. Chez les anciens 
les vins étaient d'abord placés dans de grands vaisseaux 
de poterie {dolia, seriœ) ou dans des barils de bois (cupœ) 
tout à fait semblables aux nôtres. C'est dans ces grands vases 
qu'ils se clarifiaient, et qu'ils acquéraient le degré de matu- 
rité nécessaire pour être tirés au clair et mis dans des am- 
phores. Là ils vieillissaient déposés dans le /umanu9n,chambre 
placée dans la partie supérieure d'une maison et dans laquelle 
on laissait se concentrer la fumée des feux de cuisine et des 
fourneaux des bains, avant de s'échapper ou de se dissiper 
dans ^air^ Ainsi faits comme disent nos gourmets, ils étaient 

1. Martial (Vaiérius 40-103) X, 36 : Futnea MassiUae vendere vina potes. ~ Tu 
peux vendre les vins enfumés de Marseille. Horace Odes. III, 15. 7. — bid. 22 . 7 . 

Varron (Marcus Terentius Varro, 116.-29 av. J.-C,) de re rustica 1, 13, 1. 

CoLUMELLE ( Lucius Junius Moderatus Coiumella, 1*>^ siècle ; a écrit vers 42 ), 
De re rustica XII, 18 g 3 et 4. 

Palladios, 1, 18, de re rustica, 

CicÉRON (Marcus TulliusCicero, 106-43 av. J.-C), De senectute 16. 

Plihe, Hist. nat. XIV, 27. 

Rica, au mot : Gella. 



— cxx — 

redescendus et conservés dans Vapothecaf au niveau du sol 
en Italie ou dans le Midi, dans le sous sol chez nous, à cause 
de la température. Rich à qui nous empruntons beaucoup 
de ces détails, donne au mot cella le dessin d'une cave de 
nos climats, découverte à Àugsbourg, et nous y retrouvons 
l'image de celles de nos habitations. 

En prenant notre salle souterraine pour une vulgaire cave, 
nous étions en excellente et très érudite compagnie. En effet, 
si nous lisons, ou l'ouvrage si complet de M. SchayesS ou les 
savants mémoires- de M. Schuermans*, nous voyons que dans 
toutes les villas découvertes dans nos pays du Nord, on a ren- 
contré des souterrains, dans l'épaisseur des murs desquels 
on avait pratiqué des niches ; celui de la villa d'Arquennes 
en avait quatre aussi; et nos Collègues, pas plus que tous les 
autres antiquaires qui ont décrit les villas, n'y ont vu autre 
chose que des caves. 

Mais, d'un autre côté,ie nombre des niches, la régularité 
de leur emplacement, l'existence de la grande niche placée 
entre deux colonnes ornées de chapiteaux sculptés, le peu 
de solidité des pavements qui ont été surperposés, et qui 
n'auraient pu supporter le roulage d'objets lourds; plus que 
tout cela, la beauté de l'appareil, et les soins que l'on avait 
apportés à la peinture des cordons sur les carreaux qui for- 
maient joints, et à la construction entière, tout démontrait que 
nous n'étions pas dans une cave destinée aux usages domes- 
tiques. Nous crûmes, alors, avoir retrouvé une sépulture de 
famille, comme en possédaient les Romains sous le nom de 
sepulchrum familiarey et dans laquelle ils conservaient les 
urnes contenant les cendres de ceux qui leur avaient été 
chers. La présence de pareille sépulture à Gerpinnes s'expli- 
querait d'autant plus aisément que ce lieu retiré était déjà 
assez éloigné de ces vastes nécropoles dans lesquelles on 

1. Hittoire de V Architecture en Belgique. 

2. Bulletiru de la commiêtion royale d^ architecture et d* archéologie, tome IV, 
page t29 fouille de Herkeriberg et de Rondenbosch. 



— CXXI — 

inhumait les urnes funéraires. Ricb, au mot : sepulchrum 
familiare, donne le dessin d'un monument de ce genre retrou- 
vé dans la rue des tombeaux à Pompéï, et qui est pareil au 
nôtre, sauf que nous n'avons retrouvé qu'un vestige du podium 
on soubassement en guise de marche, qui servait à y dépo- 
ser aisément certains objets. Ulpien* définit comme suit ces 
sépultures de familles: on appelle sépultures de famille, celles 
que quelqu'un a établies pour soi et pour sa famille; on 
appelle héréditaires celles que quelqu'un a établies pour 
soi et pour ses héritiers. Les niches de notre sépulture ont 
trente centimètres de profondeur, et les urnes funéraires que 
nous possédons n'ont pas plus de 0,27 dans leur plus grand 
diamètre ; elles pouvaient donc parfaitement se placer dans 
les niches qui servaient alors de columbariay et notre grande 
niche devient une sorte d'abside destinée à recevoir une statue 
(zoteca). Cette dernière est, au surplus, tout à fait semblable 
à celle donnée dans le dictionnaire de Rich, et qui a été dé- 
couverte, d'après cet auteur, dans une des parois d'une 
chambre funéraire, à Rome. 11 est vrai que nous n'avons 
retrouvé ni les inscriptions dédicatoires ni les urnes. Mais, 
n'est-il pas facile de comprendre que ces dernières ont dû 
être brisées dans les pillages et les incendies qui se sont suc- 
cédés dans ce lieu, ou retirées par les habitants chrétiens qui 
ont succédé aux payens ; et ne pouvons-nous pas croire que 
les'pierres qui portaient les inscriptions ont été enlevées, 
comme tant d'autres, pour servir de seuil ou de linteau à 
une porte ou à une fenêtre quelconque, où nous espérons 
bien les retrouver un jour î 

Nous n'ignorons pas qu'on n'a point jusqu'ici mentionné 
de sepulchra dans les villas romaines de notre pays ; mais 
l'attention s'est-elle portée sur ce point ? Nous soumettons la 
question aux chercheurs. 

1. Ulpien D. XI VII., Dereligiosis et mmptibus funerum. (Né à Tyr, à uae date 
inconnue, mourut assassiné par les Prétoriens en il28. Il était professeur de droit 
et préfet da Prétoire.) 



— CXXII — 

Une chose a appelé notre attention spéciale : ce sont les 
pierres blanches posées en forme de croix entre chaque niche, 
et avec une symétrie parfaite. Nous avons pensé que notre 
salle souterraine, après avoir été une sépulture de famille, 
avait pu devenir un lieu où les premiers chrétiens se cachaient 
pour célébrer les saints mystères des croyances nouvelles. 
Quoi de plus naturel que de penser qu'une famille devenue 
chrétienne ait fait servir à l'usage de son culte, un lieu déjà 
religieux* par le séjour des cendres des ancêtres? Les croix 
observées seraient alors les symboles de la 4)urification, et le 
signe de la dédicace du rituel chrétien. 

Les premiers contempteurs des dieux du Paganisme durent, 
en effet, longtemps se cacher, pour se soustraire à la surveil- 
lance des agents des empereurs, c Les premières églises, 
« nous dit M. de Chateaubriand*, étaient des lieux cachés, 
« des forêts, des catacombes, des cimetières^ et les autels 
a une pierre, ou le tombeau d'un martyr : pour ornements 
« on avait des fleurs, des vases de bois, quelques cierges, 
a quelques lampes à l'aide desquelles le prêtre lisait Tévan- 
<( gile dans l'obscurité des souterrains. On avait, encore, des 
« boîtes à secret pour y cacher le pain des voyageurs que 
(c Ton portait aux fidèles dans les mines, dans les cachots, au 
« milieu des lions de l'amphythéâtre ». 

C'est que les persécutions durèrent longtemps pour le chris- 
tianisme' ; et, quand il sortit triomphant des massacres pro- 

1. Tout lieu où était déposé la dépouille humaine, fût-ce celle d'un esclave, ren- 
trait dans la catégorie des choses religieuses et se trouvait hors du commerce. Loi 
des Douze tables. — Loi IX, InsUtutes H, I. — Loi 2 D. De religiosiset sumptibus 
funerumy XI, VII. 

2. Etudes historiques^ chap. 3e. 

3. En se fondant sur les prophéties et sur l'apocalypse uniquement, on ne compte 
d'ordinaire que dix persécutions générales des chrétiens. Néron 6i-68. — Domilien 
95. — Trajan 106. — Marc-Aurèle 166-177. — Scptime Sévère 192-211. — Maxi- 
min, 235-238. — Dèce 249-252. — Valérien 257-260. — Aurélien 275. — Dioclé- 
titn 303-311. 

En ce qui concerne les Gaules spécialement, on peut .ijouter celle de Julien dit 
l'Apostat, proclamé empereur à Lutèce (Paris) en 360 et qui fut longue et 
acharnée. 



— CXXIII — 

digues par le Paganisme, ce fut pour tomber sous les coups 
des hérétiques, et notamment des Ariens soutenus par les 
empereurs d'Orient, par certains empereurs d'Occident et 
par certaines nations barbares qui en avaient adopté les 
croyances^ € Ce n'était pas sans de grands dangers que les 
« évêques des villes du Nord fesaient leurs visites pastorales, 
c et il fallait tout le zélé d'un martyr pour oser prêcher la 
c voix du Christ, à Tournay^ à Courtrai, à Gand et le long 
9 des rives de la Meuse et de TEscaut. En Tannée 656, un 
€ prêtre irlandais perdit la vie dans cette mission périlleuse; 
« et, vers la même époque, d'autres personnages que l'Église 
« vénère, les romains Lupus et Amandus (saints Loup et 
« Àmand), et les franks Odotner et Beriewin (saints Omer 
« etBertin)y gagnèrent leur renom de sainteté* ^. 

Ce qui parait corroborer notre manière de voir, c'est 
qu'en examinant de près et avec attention, on acquiert 
immédiatement la conviction que les croix en pierre ont été 
encastrées dans le mur après que la maçonnerie était faite 
depuis longtemps ; un moellon a dû même être cassé pour 
permettre l'introduction de la pierre blanche, et ainsi la régu- 
larité des lignes de l'appareil se trouve localement détruite ; 
c'est encore cette circonstance qu'à 1™70 de l'ouverture qui 
donnait le jour et la lumière à notre salle souterraine, il se trou- 
vaitun mur qui devait arrêter les regards indiscrets, et étouffer les 
voix des premiers fidèles. La grande niche, ensuite, est vrai- 
ment ce qu'étaient les autels des premiers temps du christia- 
nisme dans nos pays, autels qu'on retrouve encore dans nos 
plus anciens temples. 

Nous en étions là de nos études lorsque nos fouilles furent 
honorées de la visite de MM. Galesloot et Van HoUebeke qui, 
au même moment, exploraient un cimetière frank au terri- 

1. L'arîanisme ne disparut que vers 660, par l'abjuration d'Àribert I*', roi des 
Lombards. 

2. Augustin Thierry; ^et^rcsswr VhUtoire de France, IV.— D'après VitaSancti 
(Ëgidii, apud scriptores rerum Francis corum III, page 557. 



— GXXIV — 

toire d'Hansines.Ges savants archéologues ouvrirent à nos yeux 
un horizon tout nouveau : ils émirent Topinion que ce que 
nous supposions avoir été une sépulture de famille, puis, 
peut-être, un temple chrétien des temps primitifs, que ce lieu 
était un lararium. Cette opinion fut, ensuite, corroborée 
par celle de M. Juste, notre fécond historien national. 

Pourquoi n'avouerions nous pas que nous fûmes quelque 
peu ahuris par cette appréciation nouvelle à laquelle nous 
n'avions pas plus songé que tous nos prédécesseurs? Personne, 
en effet, que nous sachions du moins, ne s'est imaginé de 
découvrir des lararia dans les souterrains mis au jour dans 
les villas du Nord des Gaules, et du Sud de la Germanie ; et 
nous dûmes supplier ces messieurs de nous aider de leurs 
lumières sur ce point. 

Ils nous promirent de développer leur opinion dans un 
travail spécial : ce travail nous l'avons docilement attendu ; 
mais, ne le voyant pas paraître, et le temps de faire notre 
rapport étant rigoureusement arrivé, nous avons dû recher- 
cher, comme d'humbles écoliers, ce que c'était qu'un tara- 
riunij et, au préalable, nous rappeler ce qu'étaient les dieux 
Lares. 

Parmi ce troupeau de dieux, grands, moyens et petits, 
qu'avait engendré avec une inépuisable fécondité, l'aberration 
humaine qu'on a nommée le Paganisme, il y avait les grands 
dieux, déjà discutés et même complètement abandonnés par 
les sages, comme Cicéron, dans les derniers jours de la Répu- 
blique ; il y avait les petits dieux et les héros qui, comme 
les premiers, étaient communs à tous ; puis, il y en avait en- 
core un qui était spécial à chaque personne et à chaque lieu, 
et qu'on appelait : Génie. Ce n'était point encore assez : 
après les Génies, venaient les Pénates et les Lares. Ces der- 
niers dieux étaient choisis au gré de chacun, ou d'entre les 
grands dieux, ou d'entre les grands hommes qui étaient 

1. Cicéron, De natura deorum^ passim. 



— C3DtV — 

morts, ou d'entre les héros S afin qu'ils présidassent à quelque 
contrée ou à quelque famille. On leur donna le nom de Pé- 
nates, parce qu'on les mettait dans l'endroit le plus retiré 
de la maison {in peniiissimd œdium parte). 

Les Laresy ainsi appelés de Lar^ mot étrusque, étaient 
différents des Pénates, en ce que ceux-ci étaient pour proté- 
ger une ville, une contrée, une république ; par exemple, il 
y en avait à Rome qu'on nommait Publici, qui étaient adorés 
dans le Capitole*, au lieu que les Lares étaient attachés à 
une famille en particulier. Ils étaient héréditaires dans les 
familles, d'où vient que Virgile les nomme Patrii ; on les 
mettait dans une petite chapelle appelée Larariuniy dans la- 
quelle étaient leurs statues faites de cire et couvertes de 
peau de chien, ce qui signifiait qu'ils étaient les gardiens de 
la maison. On entretenait toujours du feu devant ces statues, 
auxquelles on donnait quelquefois l'épithète il^rta'. On leur 
immolait un porc; on les couronnait de fleurs, et on leur 
offrait les premiers de tous les fruits de chaque année. Les 
grands, surtout, et les riches, avaient chez eux de ces sortes 
de chapelles où se faisaient les sacrifices attachés à la famille. 
Lorsqu'on quittait la maison pour quelque temps, ou lors- 
qu'on revenait d'un long voyage, on saluait ces dieux^. 

1. Lampridius (Œlins, commencement du 8* siècle) dans la vie d'Alexandre Sé- 
vère, chap. IX, nous apprend que cet empereur avait mis au nombre de ses Dieux 
Lares : le chantre Orphée, Theureux époux de la belle Eurydice; Abraham, le 
fécond patriarche polygame ; Jésus- Christ, le sublime moraliste et le divin 
martyr ! 

Siogulière réunion qui démontre, à elle seule, que les Lares n'étaient plus, à cette 
époque (Alex. Sévère, empereur en 222, assassiné en 285), que des divinités de fan- 
taisie. 

2 On les appelait aussi PentiraltÈ^ et leur chapelle Penetralia {Théb.y.B, 40), 
et Festus (Sextrus Pomponius fin du 3* ou commencement du 4* siècle) au mot Pe- 
netraUi les définit . On sait que ce dernier auteur abrégea le traité: De verborum 
significatione, rédigé par Verrius Flaccus, au i*' siècle, et qui n'a point. été con- 
servé. 

8. Cette épithète leur était appliquée ou parce qu'elles étaient placées dans un 
lieu nommé Atrium, ou parce qu'elles devenaient noires par l'effet de la fumée. 
Juvénal appelle fumosœ, les images des ancêtres qui étaient aussi dans l'atrium. 

4. Tont ce passage est extrait d'un vieux livre que nous avons rencontré chex 



— CXXVI - 

Nous n'avons rencontré dans notre lieu souterrain aucun 
des caractères attribués au Lararium par les auteurs an- 
ciens : ce n'est pas une petite chapelle, c'est un vaste appar- 
tement; il n'est pas placé dans V Atrium ou près de lui, mais 
dans le sous-sol; nous n'y voyons aucun signe d'autel romain, pas 
plus d'ara que à'altare où l'on pût immoler un porc ou en- 
tretenir un feu perpétuel* ; il n'est pas dans un lieu où l'on 
pût saluer les dieux en rentrant dans la villa ou en en sortant. 
Il possède enfîn plusieurs niches, alors que les lararia re- 
trouvés, témoin celui de la maison dite de Salluste à Pompéï, 
n'en possédaient qu'un petite en marbre et qu'il était placé 
dans le Venereum ! 

Outre que le bon sens dit que ces dieux étrusques avaient 
beaucoup perdu de leur crédit, dans les premiers siècles de 
l'empire, et qu'ils devaient être bien peu respectés aux con- 
fins de la Germanie où les idées romaines se trouvaient en 
contact avec la rude mythologie et le culte sauvage du Nord, 
la littérature du temps prouve qu'on ne croyait plus guère 
à tous ces dieux. Juvénal nous dit : c qu'il existe des Mânes, 
« des royaumes souterrains, un nocher manœuvrant sa gaffe 
^ au milieu des monstres noirs qui grouillent dans les pro- 
« fondeurs du Slyx, une barque passant sur les flots de ce 
a fleuve tant de milliers d'âmes, nul ne le croit plus, pas 
< même les enfants qui sont encore reçus gratis aux bains*». 

Or, ces Mânes, ces âmes des morts, devenaient ou des 

un bouquiniste. Il est intitulé : Explications abrégées des coutumes et cérémonies 
observées che% les Romains^ par Nieuport, traduit par Vabbé Desfontaines taris, 
Barbou 1725. (?) 

1. Â ce propos, il est utile d'observer, pour éviter les erreurs, que dans la 
planche 111. flg. i^^ le dessinateur a poséau inili*iu du prétendu lararium, une 
sorte d'autel antique, représentant la table des sacrifices ; cet autel semble posé là 
pour les besoins de la controverse ; mais il n'est qu'une fantaisie d'artiste. L'objet 
représenté n'est autre que le chapiteau fortement grandi d'une des colonnes 
de la grande niche, 

2. Essealiquos mânes, et sublerranea régna, 
£t contum, et stygio ranas in gurgite nigras, 
Âtque una transira vadum tôt millia cymba, 

Nec pueri credunt, nisi qui nondum œre lavantur. 

(Satire II, 149.) 



— CXXVII — 

Lares esprits bienfaisants, ou des Larves parfois nommées 
Lémures, esprits malfaisants. On voit ce que Ton pensait 
déjà de tout cela du temps de Juvénal: peut-on admettre 
qu'on consacrât un local aussi beau et aussi vaste que celui 
dont nous nous occupons, à des dieux du dernier ordre com- 
plètement démodés, et auxquels les petits enfants seuls 
croyaient encore à peine ? 

Puis, eût-on choisi pour les reléguer un lieu souterrain ? 
Oui, dira-t-on, parce que les anciens ont pu avoir intérêt à 
cacher leurs dieux Lares. Et pourquoi cela? À aucune 
époque le Paganisme ne fut persécuté ; il est mort par dé- 
suétude, couvert de ridicule, ébranlé chaque jour par la 
logique et la pureté du dogme chrétien ; il s'est soutenu 
quelque temps en versant le sang des martyrs ; mais alors^ 
comme ce sera toujours^ l'idée a vaincu la violence, le droit 
a primé la force. Et puis encore, si Ton avait voulu cacher le 
Lararium, comment expliquer Texistence de la niche qui se 
trouve visible à tous, sur le palier de l'escalier? 

Sauf les niches, nous ne. voyons, nous humbles et peu 
savants, aucun motif pour croire que nous avons découvert 
un Lararium. Mais, de ce que nous n'avons pas aperçu ces 
motifs, il n'en résulte pas qu'ils n'existent point : nous atten- 
dons avec anxiété, la publication de MM. Galesloot et Van 
Hollebeke, et nous ne serons nullement surpris si Tautorité 
que nous nous plaisons à reconnaître à leur incontestable 
science, nous fait changer d'avis et modifier notre opinion. 
Au surplus, le désintéressement habituel de M. de Bruges, 
propriétaire du terrain sous lequel gît la villa, s'est fait voir 
dans cette circonstance comme dans tant d'autres. Il a fait 
donation à l'État du terrain qui comprend notre salle souter- 
raine ; l'État, à rinstigalion intelligenle de M. Juste, a accor- 
dé un subside (insuffisant hélas !) à notre Société pour la faire 
couvrir ; elle sera ainsi conservée à l'examen des savants et 
des amateurs ; et quand à sa destination dans les temps plus 
. ou moins anciens, nous pourrons dire : 

Docti certanty et adhuc sub judice lis est. 



— cxxvni — 



CHAPITRE V. 



Nous arrivons à la description des objets recueillis dans 
les fouilles, et nous aurons soin de laisser de côté tous les 
objets déjà décrits ailleurs, les tessons qu'on rencontre partout 
et tous ces objets sans importance réelle dont on a parfois 
jugé bon, néanmoins, de republier les dessins. 

Avant tout, nous devons le confesser, nous sommes pauvres ; 
c'est que les villas n'ont pas été respectées comme les cime- 
tières. Dans ces derniers la terre cachait les richesses en* 
fouies dans les urnes ou dans les tombes ; les premières, au 
contraire ont du subir toutes les chances de la guerre. Or, 
veut-on savoir ce qu'étaient les guerres de cette époque 
néfaste ? Lisons les historiens : c Les guerres des Franks 
€ contre les Romains, dit M. Aug. Thierry, depuis le milieu 
c du IIH siècle ne furent point des guerres défensives. Dans 
« ces entreprises militaires, la confédération (Franque) avait 
« un double but, celui de gagner du terrain aux dépens de 
« l'empire, et celui de s'enrichir par le pillage des provinces 
« limitrophes\ t Or, Gerpinnes était dans une province 
éminemment limitrophe entre la Germanie et la Gaule occu- 
pée par les Romains. 

On ne faisait pas alors de guerres chevaleresques ; on ne 
respeclail aucun principe du droit des gens. Téoderic, chef 
des Franks orientaux, voit ses troupes murmurer (532), et 
plus disposées à s'associer à la fortune de ses frères qu'à la 
sienne; il les assemble, et leur dit : c suivez-moi chez les 
€ Arvernes (Auvergnats) et je vous conduirai dans un pays 
€ où VOUS prendrez de l'or et de l'argent, autant que votre 
€ cupidité peut en désirer; d'où vous emporterez, en abon- 
c dance, des troupeaux, des esclaves et des vêtements ; seu-* 
€ lementne suivez pas mes frères !.. . »*. 

i. Lettre» sur i' histoire de France, VI. 

2. Grégoire DE Tours (589 ou 544 à 593 ou li9$)Hitioria Francorum III XI. 



! 



t. 






I 



« 



, — CXXIX — 

Ils le suivirent, et^ comme avait été dit,il fut fait, puisque 

« tout ce qu'il y avait d'hommes illustres par leur rang ou 

€ leurs richesses, se trouvaient réduits au pain de l'aumône» 

< obligés d'aller mendier hors du pays ou vivre de salaire ; 
« de telle sorte que rien autre ne fut laissé en propre, ni 
€ auigens de grande naissance, ni aux gens de condition 

< plus çopdeste, que la terre seules, que les barbares n'avaient 
€ pu emporter avec eux* ». 

Ce sont ces pillages qui ont fait que parfois, dans l'em- 
placement où les barbares ont établi leurs camps, on retrouve 
les plus beaux chefs-d'œuvres de l'art Grec ou Romain, ainsi 
à Hildesheim les inappréciables richesses qu'on a nommées 
le trésor de Vartis. C'est qu'il ne faut pas oublier que 
c les dépouilles de l'empire passèrent aux Barbares; les cha- 
c riots des Golhs et des Huns, les barques des Saxons et des 
« Vandales, étaient chargés de tout ce que les arts de la 
c Grèce et le luxe de Rome avaient accumulé pendant tant 
c de siècles; on déménageait le monde comme une maison 
« que l'on quitte* ». 

Voyons maintenant en détail ce que nous ont laissé tant de 
pillages, et le butin que nous, derniers conquérants paci- 
fiques, avons pu glaner encore. 

Nous diviserons les objets découverts en quatre catégo- 
ries. 

I. — Règne AmMAL. 

Nous commencerons par les restes de l'homme. À tout 
seigneur, tous honneurs I 

Nous avons retrouvé onze squelettes, dont les uns sont les 
restés de corps régulièrement inhumés, dont les autres pa^ 
raissent provenir d'individus morts à la suite d'un accident 
ou d un sac. 

1. Ex chrofUcœ virodunensi (Verdun) Hogonis abb. Flaviaiac. 

2. €8AT£AUBRiAsn>. Eiudcs hUtûriquett 6, 2. IX 



» 



- cxxx — 

Eu dehors du mur de clôture qui, au Nord, fermait la 
cour de la villa, huit corps gisaient inhumés (planche I fig.2) 
dans des tombes formées de pierres calcaires sèches ; sept 
d'enlr'eux avaient les pieds tournés vers l'Orient, tandis que 
le huitième regardait le Midi. Un de ces squelettes avait 
au cou une clochette comme celle qu'on attachait au col des 
animaux lâchés dans les forêts'. C'était, probablement, un 
bouvier ou un chevrier; un autre avait à ses côtés un couteau 
(planche V,fig.l5), une boucle deceinturon(plancheV,fig.l4) 
et un autre objet en fer dont nous ne pouvons déterminer 
Tusage (planche III, fig. 4). 

Ces corps remontent-ils à la période romaine ? Nous ne le 
croyons pas ; car, s'il est vrai que la crémation n'a été en 
usage à Rome, qu'à partir de l'année 253 (U. C.) ; qu'elle 
n'a été pratiquée que très rarement pour les enfants, et 
jamais pour les esclaves, dont les restes enfermés dans des 
cercueils (sandapilae) étaient simplement enfouis; qu'elle a 
cessé d'être pratiquée dès les premiers siècles du christia- 
nisme*; il n'est pas moins vrai que la construction des tombes 
dans lesquelles on a retrouvé les corp», leur position irrégu- 
lière et dans l'enclos d'une villa , les objets trouvés auprès 
d'eux, tout tend à prouver que les individus dont nous avons 
exhumé les restes, étaient des Franks et non des Romains^ 

Le crâne du squelette dont les pieds étaient tournés au 
Midi, présente une conformation anormale. Au dessus de l'ar- 
cade sourcilière, l'os frontal prend une forme fuyante et 
abaissée qui supprime presque entièrement le front ainsi 
qu'on le voit souvent chez les idiots (planche III, fig. 6)^ 

Au Nord des appartements marqués I et J au plan, dans 

1. Tintinabulum^ pi. VI, n» il. 

2. Le capilulaire de Charlemagne qui porte la date de 789, édicté la peine de 
mort contre les payeDS qui brûleraient les morts au lieu de les enterrer. 

3. Voir sur ce point : La Seine inférieure historique et archéologique par l'abbc 
Cochet, 2« édit. page 201. 

4. Le dessin rend très imparfaitement la conformation de ce crftne puisqu'il 
corrige précisément ce qu'il a de remarquable, sa difTormité. 



— CXXXI — 

la cour, on a relevé deux squelettes qui ont dû se trouver là 
d'une façon accidentelle ; en effet, nous les avons trouvés dans 
une excavation pratiquée, peut-être pour en extraire le cal- 
caire destiné à la fabrication de la chaux, ou pour tout autre 
usage : cette excavation ne pouvait-elle pas aussi être le 
compluviuniy pour le bain des bestiaux ? Les corps y ont-ils 
été jetés par suite d'un crirae ? Y avaient-ils été apportés? 
nul ne le sait; et, au fond, peu importe. 

Le onzième et dernier squelette se trouvait partagé. Le 
crâne a été relevé dans la salle de bains R, et le reste des osse- 
ments était placé sur une tuile, dans le conduit 0. Les osse- 
ments ainsi réunis sur une tuile et séparés de la tète, ne 
porteraient-ils pas à croire qu'il s'agit là d'un individu déca- 
pité lors d'un massacre, et dont les restes auraient été recueil- 
lis, autant que possible, dans une pensée pieuse. 

En outre des restes de Thomme, nous avons retrouvé une 
énorme quantité d'ossements appartenant à diverses espèces 
de mammifères, les uns habitant encore nos contrées, d'autres 
Ihs ayant abandonnées, ou y ayant été détruits. Tels sont 
les cerfs, les sangliers, les chevreuils, les animaux de bou- 
cherie ou de trait d'une part; de l'autre les rennes, les aurochs 
les castors, etc. Tous ces ossements ont été cent fois 
décrits et déterminés, il e^ donc inutile d'insister sur ce 
point. 

Nous devons néanmoins mentionner des écailles d'huitres 
(oslreœ) tout à fait pareilles laux huîtres de la côte d'Angle- 
terre, connues de nos jours sous le nom à' huîtres (VOstende 
et tant appréciées par les gourmets. Leur présence au milieu 
de nos forêts prouve que les tables de ce temps n'étaient pas 
moins bien fournies que celles d'aujourd'hui; mais, elle 
prouve aussi combien devait déjà être faciles, fréquentes et 
promptes les communications avec la mer qui est si éloignée. 
Ce qui est vrai pour l'huitre, mets toujours de haute valeur, 
Test bien plus encore pour les moules (mituli) , dont nous 
avons trouvé beaucoup de coquilles. En effet l'usage de 



— cxxxu — 

ces dernières était très répandu; et les anciens, qui connais- 
saient très bien l'effet de l'eau de mer,Ies considéraient comme 
laxatives , tandis que , comme aphrodisiaque, ils prisaient 
très haut l'huiire bien engraissée dans des bassins spéciauxV 
Comme partout, nous retrouvons des restes d'escargots {hélix 
esculenta)^ que les friands, plus amateurs du fond que de In 
forme, ceux qui savent vaincre une première répugnance 
pour obtenir des effets délicieux, mangent encore avec tant 
de plaisir suivi bientôt d'effets inénarrables, et que nous vous 
souhaitons à tous, amis lecteurs, de goCtter le plus souvent 
possible. 

IL — Verre. 

La fabrication du verre était plus parfaite chez les 
Romains qu'on ne le croit communément ; notre honorable 
président vient de rappeler à l'attention des hommes d'étude 
un fragment de Pétrone qui mentionne la découverte du 
verre malléable. Malheureusement, le secret de celte fabri- 
cation a péri avec son auteur'. 

Des échantillons de verre de tout genre, des débris de vases 
très minces et très blancs dont les uns ont été taillés, dont 
les autres portent des ornements en relief (planche YII, 
fig. 24 et 25), tel est notre butin sous ce rapport. Il n'est 
pas sans importance réelle; mais le décrire ou le dessiner ne 
peut le faire apprécier: il faut le voir, aussi nous convions 
nos lecteurs à visiter nos collections. 

Des plaques en verre blanc avaient été appliquées sur les 
parois de certaines chambres et, entre autres, dans celle qui 



1 . Si dura morabilur alvus, 

Mitulns et viles pellent obslantia conchœ. 

Lubrica nascentes implent conchylia lunœ. 

(HORàCE, sat. II, 4-27.) 
t. Peteone. Satyrieon, LI. 



— CXXXIII — 

surmontait le lieu marqué 1 au plan; le mur parfaitement 
poli derrière devait faire l'effet du tain, et ce revêtement 
devait rendre l'appartement véritablement luxueux. 

Des fragments de verre plat ayant cinq millimètres d'épais- 
seur, sont d'une teinte vert foncé analogue à celle des carreaux 
qui recouvrent aujourd'hui certaines de nos serres. D'autres 
fragments, complètement noirs et n'ayant pas plus d'un demi 
millimètre d'épaisseur, proviennent évidemment d'une fiole 
que nous tâcherons de rétablir tout au moins de façon à en 
déterminer la forme. Beaucoup de morceaux de verre trouvés 
dans les fouilles sont fondus ou portent la trace du feu par 
lequel ils ont été brisés. 

III. — Poteries (Planche VU). 

Les poteries sont très diverses ; nous avons recueilli des 
échantillons à peu près de tous les genres , depuis la noire 
mince comme la lame d'un couteau et la poterie samienne 
au chaud coloris rouge, jusqu'aux débris des dolia qui rem- 
plaçaient, en partie, les tonneaux et dont le diamètre supé- 
rieur mesure cinquante centimètres à l'orifice. Nous ne nous 
arrêterons pas sur tous ces tessons : ce sont les mêmes qui 
ont été trouvés partout. 

Les tuiles (tegulœ) abondent, de même que les couvertures 
demi-tubulaires qui recouvraient les joints de ces tuiles 
quand elles étaient juxtaposées pour former le toit (imbrices). 
Deux tuiles portentunepartiede marque insuffisante pour nous 
faire reconnaître le nom du fabricant: d'un côté on déchiffre N P S 
de l'autre HA... (brisé); bon nombre au contraire, portent 
l'empreinte de pieds d'animaux qui ont marché dessus 
avant qu'elles fussent complètement séchées. Une seule tuile 
est remarquable parce qu'elle est percée d'un trou pour y 
faire passer le clou qui devait la fixer sur la charpente ; le 
clou se trouve encore dans le trou où il a été fixé. 

Ces tuiles et ces imbrices nous ont suggéré une idée dont 



^ 



— CXXXIV — 

nous avons voulu vérifier Texaclitude. Nous avons lu presque 
partout que les murs des villas étaient en torchis ; cela nous 
avait paru étrange pour nos contrées ; nous avons donc voulu 
reconnaître ce que pouvait pesnr un toit romain, et voir, 
par suite, si des murs en torchis pouvaient supporter pareille 
toiture. Voici le résultat de nos constatations : Les tuiles 
trouvées ont 0™,44 de hauteur et 0"^,32 de largeur ; elles pè- 
scnthuit kilogrammes chacune ; rtmfrr^:r pèseSkilog. Il faut 
au mètre carré sept tuiles et un dixième.Ilrésultede ce calcul 
que le mètre carré de tuiles de toiture pesait plus de septante 
huit kilogrammes. Les ardoises ne pèsent que 22^,50. Si ces 
données sont justes pour l'état de siccité absolue, que de- 
vaient peser les imbnces et les tuiles saturées d*humidité 
ou couvertes de neige, surtout que les toits romains étaient 
presque plats ? Si Ton ajoute à ce poids ce qui composait 
l'appareil du toit romain (materatio) à savoir : les asseres ou 
ambrices que nous nommons chevrons, les trases ou sablières, 
le columen ou faîtage, les ttgna ou enlraits, les capreoU ou 
contrefiches , les can/.am ou arbalétriers, les colliciœ (aliâs 
œlligiœ) ou gouttières, et autres accessoires , il est aisé de 
comprendre que des murs en torchis ne pouvaient supporter 
pareille charge. 

Plusieurs vases, d'un très beau galbe, étaient ornés de 
dessins et de figures ; ces ornements se rencontrent surtout 
parmi les tessons de poterie samienne ou les contrefaçons de 
celle-ci. L'un de ces derniers ayant trente centimètres au 
diamètre supérieur, a, chose singulière, le rebord rabattu 
ou retourné sur une hauteur de cinq centimètres. Ce rebord, 
épais de six millimètres, est orné d'arabesques représentant 
des feuilles de lotus et des oiseaux (planche VII,fig.1). 

Plan VII. f]g. 2, un bol en terre samienne à fond plat, hau- 
teur 0™,045; diamètre 0"\18 ; épaisseur 0"™,004. 

Fig. 3. Fragment de vase en terre samienne,épaisseur0",004. 

Fig. 4, pied de vase en terre verdâlre vernie, très fine 
pâte, largeur à la base 0",3 ; épaisseur 0°*,003, 



— cxxxv — 

Fig. 5. Vase en contrefaçon de terre samienne, avec guir- 
landes retombant sur la panse . Dans le milieu de ces 
guirlandes se trouvent, en relief et alternativement, des oiseaux 
et des couronnes de fleurs. Les guirlandes naissent d'une cein- 
ture d'oves ; hauteur O^jl^ ; largeur 0",20; épaisseur O^'jOOA. 

Fig. 6. Fragment de vase en terre samienne portant un des- 
sin en relief représentant des feuilles de lotus, 

Fig. 7. Fragment de vase en terre samienne. Les dessins 
représentent en relief des branches de lolus, et la partie 
postérieure d'un sanglier. 

Fig. 8. Fragment de vase en terre samienne. 

Fig. 9. Fragment de vase en terre très One 0°*,002, teinte 
verdâtre, vernis très beau et très bien conservé; dessins 
striés. 

Fig. 1 0. Bol en terre samienne,hauteur 0^,05, largeur 0,"*! 1 ; 
épaisseur 0"^,004. 

Fig. 11. Tèle en terre grise bleuâtre; hauteur 0%035, dia- 
mètre 0™,12. 

Fig. 12. Petite tèle en terre samienne, ayant peut-être 
servi de jouet, hauteur 0™,015, largeur 0"*,045. 

Fig. 13. Fragment de vase en terre samienne; sous une 
guirlande d'oves se trouvent des arcades dans lesquelles 
alternent des figures de danseurs jouant des cymbales et des 
Bacchus appuyés sur un thyrse. On sait que les joueurs de 
cymbales figuraient principalement dans les cérémonies du 
culte de Bacchus et de Gérés. Diamètre 0",22, épaisseur O^jOO? 

Fig. 14. Fond de vase en terre vernie très une, largeur à 
la base 0'",045. 

Fig. 15. Fragment de la partie supérieure d'un dolium ; le 
rebord a 0«,055. 

Fig. 16. Débris remarquable; épaisseur 0'°,016. Serait-ce 
un débris d'o66a, vase dont les anciens se servaient, au témoi- 
gnage de Perse(V. 148), pour les liquides précieux? 

Fig. 17. Fond de vase enterre vernie. 

Fig. 18. Vase en terre d'un blanc rosâtre à fond plat, hau- 
teur 0°>,05; largeur 0«»,20 ; épaisseur 0"^,005. 



— CXXXV! — 

Fig. 19. Fond de vase en terre vernie d'un noir bleuâtre 
avec raies blanches, largeur àla base 0"^,05; épaisseur 0"",003. 

Fig. 20. Morceau de vase assez profond en terre grise 
bleuâtre; hauteur 0"^14, diamètre 0™,19, épaisseur O^'jOO*. 

Fig. 21 . Fond de vase très étroit à la base, en terre vernie 
brune ; largeur à la base 0™,035. 

Fig. 22. Fond de vase en terre fine vernie, largeur à la base 
0"^,055, épaisseur O^^jOGS. 

Fig. 23. Fragment de vase d'une pâte blanche, tachetée de 
brun; épaisseur 0^'*,004. 

IV. — Objets en fer. 

Les objets en fer sont nombreux et vulgaires; comme par- 
tout, nous avons trouvé une grande quantité de clous, et 
d'autres objets communs, parmi lesquels nous mentionnons 
pourtant une crémaillère formée de branches de fer tordu et 
ayant 2"™,20 de longueur,ce qui nous démontre qu'elle devait 
être adaptée à une cheminée très élevée (planche VI, fig. 2.). 
Cette crémaillère est tout à fait semblable à celle trouvée 
dans une cuisine romaine à Martigny, et qui est déposée au 
musée de Genève. Nous avons aussi un verrou de porte d'une 
forme très élémentaire, et composé de deux pièces dont l'une 
était fixée à la partie mobile de la porte, et dont l'autre qui 
n'était qu'un crochet se fixait dans un œillet placé au dor- 
mant de la porte (planche V, fig. 3.) 

Des fers de lance (planche V, fig. 16) ; des fourches (planche 

V, fig. 24) ; une houlette de berger (planche V, fig. 18), une 
partie de vase en fer qui nous indique que ce métal était, lui 
aussi, employé aux usages culinaires (planche VI, fig. 4) ; une 
anse de chaudron (planche VI, fig. 3) ; une petite tenaille 
{forceps) (planche VI, fig. 10) ; des ciseaux (forfex) (planche 

VI, fig. 9) ; plusieurs clefs, dont une laconica (planche V^ 
fig. 9) destinée à ouvrir les pessulij genre de fermeture qu'on 
ne connaît pas bien ; des cercles de tonnelet (planche V^ 
fig. 13), un éperon, etc. etc. 



VILLA BEL50-R0MA1NE D'AUGETTE (CERPINNES) PI.V. 




i VILLA BEiGO- ROMAINE D'AUGETTE t GERPINNES) Pl.H. 




dcoJunbtant i Liop. Hctisml dd Li^h C.5;v«i«7iis, 



V.DeDsr.da :iu./ 



VILLA BEL&O-ROMAINE D'AUGETTE (GERPINNES) Pl.Vn. 




HmianbraiH; i LeopHensival del Lidi.G.SeTereTns, 



V.DeDimcker lity^ï^ 



VILLA BhLGU-KOMAlNb. U AUt^t I 1 b l t/tKPllNPJ t^y Kl. IV 




Lith. G.Sfïsreyns. Brmeilcs 



— cxxxvn — 

Nous ne terminerons pas cette énumération sommaire sans 
mentionner spécialement un rasoir, d'une forme identique à 
ceux de nos jours (planche VI^ fig. 1) sauf qu'il ne parait pas 
avoir été monté sur manche mohiie (novacula) . On sait que 
les Romains, tant qu'ils étaient jeunes, se bornaient à se faire 
tondre la barbe, et qu'ils ne se rasaient la gorge que quand 
ils étaient parvenus à Tâge mûr, à quarante ans, croit-on. 
Ainsi Juvénal, voulant ridiculiser une coquette qui aimait 
Sergiolus, galantin suranné, dit de lui : c qu'il avait déjà 
commencé à se raser la gorge^ » . 

V. — Objets divers. 

Trois épingles à cheveux en ivoire (acus comatoria) de sept 
à huit centimètres de longueur (planche IV, fig. 1,2,3) ; une 
espèce d'anneau d'ivoire ayant 25 millimètres de diamètre à 
la partie supérieure et 12 millimètres à la partie inférieure, 
de sorte que l'anneau estlourd, fort, et n'a jamais pu servir de 
bague^ mais sur le côté aplati se remarquent des traces de colle 
rougeâtre qui feraient croire que cet anneau a été adapté à quel- 
que objet que nous ne pouvons déterminer (planche IV, fig. 6) ; 
un petit godet en bronze ayant été fixé sur du bois de deux cen- 
timètres de diamètre (planche VI,fig.l6) ; une partie de fibule 
octogonale ayant vingt-six millimètres de diamètre et ornée de 
rectanglesayant trois millimètres de côté garnis d'émaux bleus 
et blancs (pi. IV, fig. 7); des agrafes de ceinture et de manteau 
(pl.VI, fig. 15) ; des morceauxde grains de collier en pâte céra- 
mique (pi. IV, fig. 4, 5); un peigne en corne, démêloir (rarM5- 
pecten.);\xne partie d'ornement en bronze ayant été attaché sur 
du bois ou du cuir (pi. VI,fig. 17); un dé à coudre pareilà celui 
de nos tailleurs {digitale ou digilabulum*) (pl.VI. fig.13); une 
cuillère ronde en bronze (spatula) et autres objets de moindre 
importance ou encore trop peu étudiés. 

1, nam Sergiolus jam radere guttur 

Cœperat ; 

5al<re VI, 106. 

S. VXRRON. X 



— cxxxvni — 



CHAPITRE VI. 



Il nous resterait à essayer de fixer à quelle époque re- 
montent la construction et la destruction, ou mieux les des- 
tructions de notre villa. Quant à sa construction, elle est 
évidemment de la première époque de la conquête romaine : 
l'appareil employé pour la bâtisse, l'existence de bains 
luxueux, les peintures murales, les débris de mosaïque, les 
tessons de fme poterie que nous avons retrouvés soit dans les 
restes des bâtiments, soit dans les décombres qui formaient 
la couche inférieure du sol du columbarium y tout contribue à 
fixer cette époque. Mais, hélas! rien ne peut établir d'une 
façon précise l'établissement de pareilles demeures, et le 
même doute existe pour leur destruction. Sans doute, nous 
pourrions, comme bien d'autres, attribuer l'incendie de notre 
villa à quelque invasion déterminée, et chercher un nom 
saillant ou bizarre parmi ceux qu'on a donnés aux hordes 
germaniques, pour dire que ce sont ceux-là plutôt que tous 
autres qui l'ont pillée et dévastée. Personne ne pourrait con- 
tester notre afCrmation. Mais, comme nous sommes dépour- 
vus de preuves, nous préférons nous abstenir d'affirmer. 
Cette prudence nous est dictée par les faits et par l'histoire. 
Par les faits, parce qu'il nous semble incontestable que 
notre villa a été habitée longtemps après sa première des- 
tructipn, ainsi la construction est éminemment romaine, et 
nous y trouvons inhumés des cadavres franks ; ainsi les 
décombres de la chambre funéraire sont en trois couches, 
séparées chacune par un pavement nouveau; de même la trans- 
formation et le changement de destination du souterrain, si 
on l'admet, sont autant de preuves d'habitation à diverses 
périodes successives. Par l'histoire, parce que celle-ci nous 
enseigne que nos provinces ont subi, non seulement toutes 
les invasions des Germains contre les Romains établis sur 
le sol qu'ils avaient conquis, mais aussi toutes les invasions 



— GXXXIX — 

périodiques des diverses tribus de la confédération franke 
sous les chefs mérovingiens, pendant celte triste époque que 
Grégoire de Tours dépeint si énergiquement lorsqu'il dit € pas 
c un jour sans meurtres ; pas une heure sans gémissements ; 
« pas un instant sans larmes i>. Puis, sous les successeurs 
du grand Empereur, sous les premiers Carlovingiens vinrent 
les hommes du Nord, les Normands, qui, remontant la Meuse 
et la Sambre dans leurs barques de cuir, n'avaient garde de 
ne pas venir ravager les lieux où ils pouvaient trouver du fer 
pour se forger des armes, des objets de luxe pour les enlever 
comme butin. Suivit le moyen âge, et les luttes entre les 
Seigneurs. Gerpinnes fut encore le théâtre de plusieurs com- 
bats, puisque nous avons recueilli, près de la chapelle de 
Frommiée et au milieu de squelettes, des mors de bride, des 
éperons, des débris d'armes, remontant à ces temps de 
trouble et de lutte\ Notre villa a traversé toutes ces guerres, 
a subi tous ces pillages, renaissant toujours de ses cendres, 
et conservant ses nobles restes d'antiquité ; et, aujourd'hui, 
la tradition parle encore des nonnes paisibles et pieuses qui 
avaient succédé aux fiers et voluptueux Romains, aux braves 
et rudes Barbares, aux nobles et valeureux Chevaliers. 

Et maintenant, chers et bien aimés Collègues, notre tâche 
est terminée; il ne nous reste qu'à nous excuser de l'im- 
perfection de notre travail. Nous y avons mis toute notre 
bonne volonté ; mais tous ceux d'entre vous qui travaillent 
sérieusement aux recherches de Tantiquilé, savent combien 
il est difficile, pour ne pas dire impossible, d'étudier avec 
fruit, dans une ville qui ne possède ni bibliothèque pour y 
consulter les splendides œuvres de Mazois,deRaoul-Rochette, 
de Gell, deZahn, d'Overbeeck, de Breton et autres, ni collec- 
tions pour les comparaisons. Pour étudier à fond une villa 
ou une habitation romaine, il faut avoir visité Rome et l'Italie, 
s'être promené et arrêté longuement dans les rues exhumées 

1. yoÏT Documents et rapporUy 7, ///. 



— CXL — 

d'Hercalanum et de Pompéï, avoir visité le musée de Naples, 
avoir tout au moins étudié les restes des villas impériales de 
Trêves ; mais, fion omnibus licet adiré Corintiium^ et nous 
n'avons hélas I rien vu de ce qui nous eût été si néces- 
saire. 

Vous tous, bien chers et très honorés Collègues, venez à 
notre aide ; nous avons posé les données du problème his- 
torique, résolvez-le ! Quant à nous, restant modestes, nous 
vous lirons avec bonheur, et notre amour-propre sera satis- 
fait en disant : prodesse juvabit. 

Au nom de la commission spéciale, 
Le comité de rédaction : 

C^ L. DE Gltmes, Président^ rapporteur. 
L. Henseval ) -, , 
J. Kaisin » "'"^"^- 



i 



DOCUMENTS 
ET ANALECTES. 



LA HAQUENÉE DE LA MARIÉE 



A AISEAU. 



M. le baron de Slassart racente sur Aiseau, dans les An- 
7iales(k V Académie d' archéologie de Belgique *, un usage local 
fort touchant. Nous ne pouvons mieux faire que de le repro- 
duire ici. 

« Le sire d'Aiseau ou Aisal, comme on disait alors, avait 
accompagné Philippe-le-Bon dans ses expéditions militaires, 
Jacques, son filleul, s'était fait un devoir de le suivre et d'é- 
changer ses fonctions de jardinier contre celles de valet 
d'armes. Il avait, par son dévouement et sa présence d'esprit, 
dans une rencontre périlleuse, sauvé la vie à son seigneur 
qui, de retour dans ses foyers, ne songea qu'à trouver une 
occasion de lui prouver sa reconnaissance. 

< Jacques allait, presque chaque jour à Tamines-sur-Sambre, 
et l'objet de ses fréquentes visites était une jeune fille citée 
comme un modèle de toutes les vertus. Le sire d' Aisal vint 
lui-même la demander en mariage pour son protégé qu'il se 
proposait d'établir dans une de ses meilleures fermes. Les 
noces élevaient se célébrer au château, mais, le jour même. 
Jeannette, (c'est le nom de la jeune fille), en voulant porter 
secours à sa mère tombée dans un fossé, s'était foulée le 
pied. Le sire d' Aisal s'empressa de lui envoyer sa plus belle 
haquenée, sur laquelle on la vit se mettre en route, escortée 
de tout le village de Tamines. 

€ Après la bénédiction nuptiale, les danses commencèrent, 
comme de coutume ; Jeannette ne put y prendre une part 
active, mais elle était heureuse, elle jouissait de la commune 

i.T. XI (1854) page 204. 



_ 4 — 

joie et des témoignages d'affection qu'on lui prodiguait de 
toutes parts. Jacques, d'ailleurs, la quittait le moins pos- 
sible Le bailly fit remarquer au seigneur que, chose 

étrange, dans la terre d'Aisal, les jeunes garçons se trou- 
vaient en beaucoup plus grand nombre que les filles, ce qui 
pouvait, à la longue, présenter de graves inconvénients et 
diminuer l'importance de la seigneurie. « Eh bien, bailly, 
répondit le sire d'Aisal^ pour obvier à ce daûger, je veux que 
désormais et à perpétuité, tout homme de cette terre, qui 
prendra femme ailleurs, ait à sa disposition une haquenée 
des écuries seigneuriales, pour ramener la mariée en triom- 
phe. Ce privilège qui s'est maintenu jusqu'à l'invasion fran- 
çaise en 1794, fut concédé par acte, en belle et due forme dès 
le lendemain 16 de mai 1439. Une copie authentique de la 
pièce existe encore dans les archives de la commune d'Ai- 
seau. » 
Le sire d'Aiseau à cette époque était Jean BrantllP. 
Désirant compléter l'intéressant article de M. de Stassart et 
lui donner un véritable intérêt archéologique^ nous nous som- 
mes enquis de cet acte dont malheureusement l'auteur a mal 
indiqué le lieu de dépôt. Voici ce que nous avons trouvé: Rien 
desemblable n'existe aux archives communales d'Aiseau, mais 
dans les archives de l'établissement de Sainte-Marie d'Oignies 
repose une copie de la charte d'Aiseau, laquelle date du 16 
mai 1439 et dans laquelle se trouve un petit paragraphe re- 
latif à la haquenée du seigneur. Il en découle un fait, c'est 
que l'usage est plus ancien que cette charte, car celle-ci ne 
fut que le règlement et la constatation de droits et d'usages 
admis depuis plus ou moins longtemps et acquis comme un 
droit aux habitants du village. 

Est-ce de cet acte que M. de Stassart a parlé comme d'un 
acte spécial? nous l'ignorons. Toutefois M. Houttart-Cossée, 

i. C'était UQ descendant de Jean Brant qui était bâtard de Jean ITI, dnc de 
Brabant, et en avait reçu, en 1353 la seigneurie d'Âyseau, Ougnies, Roux et Mon- 
gnelée. 



l 



— 5 — 

notre collègue dans la société archéologique et direc teur de 
l'établissement de Sainte-Marie-d'Oignies, a bien voulu donner 
à notre société une copie de cette charte ; nous en extrayons 
aujourd'hui l'art. 9 qui a rapport à la haquenée. 

« Art. 9. Item, après se un homme de la teiTe d'Âysalse 
marie hors de la ditte terré, le seigneur d'Âysal se requis en 
est, li doit livrer une haghenée pour sus amener la mariée en 
la dite terre, et se en si fait, le marié doit au varlet dou sei- 
gneur douze deniers bonne monnoye. ^ » 

D. A. V.B. 



1. Il est curieux de retrouver une coutume aoalogue mais plus onéreuse pour 
h les manants dans la charte de Monceau-snr-Sambre*Voir Dœumenis et rapports 

etc. T III, page iOî. 



UNE PIÈCE EXTRAITE 

DES ARCHIVES COMMUNALES FATH. 



LE COMTE DE MANSFELD A MERBES. 
DU i*' JUING 4628. 

Au conseil de la ville assemblé par les eschevins, furent 
présens : 

Adrien Wallet. François Cambier. 

Jacques de Ponille. Nicaise Lanselle. 

Jacques Farinait. Estienne Escrepond. 

Jacques de Grandmont. Henry Hankart. 

Micbiel de le Veilleuze. Jacques Legrrand. 

Abraham le Waîtte. Jacques Collette. 

Nicolas Cambier. Clément Wiliame. 

Henry Sejoumet. Jacques Marokln. 

Nicolas Bauwens. Jean Marescault. 

Jean le Grand. Jean Lefebvre. 

Jacques Rebbe. Adrien Wiliame. 
Pierre Dessulemoustier. 

Sur la requeste des confrères canoniers de la compaignie 
de Sainte-Marguerite (à Ath), ayant remonstré que s'estans 
acheminés, à l'ordonnance du magistrat, vers Merbes, au 
rencontre de l'armée Mansfelt, au passage qu'il a fait par le 
pays, ylz avoient lors délivré et preste à Maximilien de Scep- 
tre, estant lors audit rencontre, soubz monsgr de Thoricourt, 
l'enseigne de leur dite compagnie, laquelle leur avoit esté 
rendue toutte deschirée et mise en pièces, ayans à cest effect 
requis quelques advantage, pour en faire une nouvelle. 

Sur quoy, ordonné L X L. T. 

Ainsi faict et advisé par les avant nomez, les 
jour et an que dessus. Test : 

D'ysembart. 
Extrait du registre des délibérations^ n<» % folio 106-107. 

Em. Fourdin, arch. 4874. 



m 

I 



DU 



DROIT DE MAIN-MORTE 



A LODELINSART. 



1679. 



Henri II, duc de Brabant en 1248 avait, par testament, 
aboli dans son duché, le droit révoltant connu sous le nom 
de main^morte, auquel étaient soumis tous les habitants à l'ex- 
ception des nobles et des ecclésiastiques. Le seigneur pouvait 
à la mort d'un vassal, chef de famille, s'emparer de son plus 
beau meuble, à moins que les enfants ne lui ofirissent la main 
coupée du défunt comme marque de servitude et de dépen- 
dance. 

Dans nos environs, ce droit existait encore longtemps après, 
nous en trouvons la preuve dans l'acte que nous avons copié 
aux archives de Lodelinsart, par lequel Guillaume Tavier, 
seigneur haut-voué de ce lieu abolit en 1679 cette odieuse 
coutume. Nous croyons devoir offrir à nos collègues cet acte 
d'abolition dont les spécimens ont été rarement retrouvés 
dans les communes de notre arrondissement. 

Lodelinsart, le 4 février 1874. 

L. QUINET. 



• ♦ 



A tous ceulx qui ces présentes lettres voiront, ou lire ou- 
ront, salut, scavoir faisons qu'aujourd'huy seizièsme de sep- 
tembre mil six cent septante nœuf, par deuant nous Martin 
Batteur Mayeur de la cour de Lodelinsart et comme eschevins 



~ 8 — 

Mathieu de Villers, Pierre Castiau, Martin Lallieu et Pierre 
Gilbert, sont comparuts les propriétaires, Bourgeois Gensiers 
et habitans de ce lieu générallement assemblez lesquels con- 
sidérant combien leurs serait à charge et odieux le droits de 
mortemains qu'est deu au s' Mornay sicque ayant espousé la 
Damelle Dieudonnée Jacquet paravant vefue de feu s^* Frsûa 
Tauier viuant, hault voué dudit lieu, pour les usufruits 
d'Icelle et au s^ Guillaume Tauier son fils aisné retenu dudit 
feu s^ son premier marit, lequel droit a esté leué par leurs 
prédécesseurs de tourte ancienneté quil s'est praticqué, aussy 
par eulx-mesmes jusques à présent par le saisissement de la 
plus belle et plus appareillée pièce de mœubles à leurs choix 
lorsque l'un ou l'aultre des chefs de famille est venu à mourir, 
augmentant par ce moyen la douleur de celuy qui restait en 
vie, ou de leurs enfans, nous ont dit et déclaré d'auoir prié 
ledict Mornay auecq Icelle Damelle sa compaigne, et ledict 
son fils hault voué moderne, d'auoir la bonté d'abolir et an- 
néantir à perpétuité le droit susdit pour eulx leurs hoirs et 
successeurs et transmuer en une recoignoissance à faire aussy 
à perpétuité par eulx leurs dits hoirs et successeurs chasque 
année à un jour a préfiger, à laquelle prierre lesdits s^^avecq 
Icelle Damelle leur compaigne et mère respectiuement, s'es* 
tant inclinez fauorablement; est comparut aussy Jean Char- 
lier leur comis et constitué^ lequel en leur nom et à pro- 
messe de faire pariceux retifierle put accord, nous at aussy 
dit et déclaré d'auoir aboly annihilé et annéanty ainsy qu'il 
faict par cette a lousiours ledit droit de mainmorte en faneur 
desdits Bourgeois, propriétaires^ censiers, mannans et habi- 
tans leurs hoirs et successeurs, à charge et condition de par 
chacq famille ou mesnager, bourgeois, censiers, mannans et 
habitants payer et liurer annuellement, ausdits s^'^ et Daïnêlle 
et leurs hoirs et successeurs deuz stiers d'auoines mesure de 
ce lieu àl'estricqet pour la première fois au jour St-Remy 
prochain^ et ainsy à perpétuité, bien entendu que telles 
femmes vefues au aultres famille qu'il ny aurat pas d'hommes 



— 9 — 

pour chef ne seront suiet qu'à la moitié scavoir un stier; 
condilioné très expressément, que lesdils s"** leurs hoirs et 

successeurs ou comis huit jours auant le payement et liure- 
ment à faire desdits aueisnes seront obligez d'en faire aduer- 
tance publicq par affiction des billets dénonciatifs aux por- 
talles de l'Eglise un jour de dimanche ou feste et désigner 
deux jours consécutifs auecq le lieu ou se tiendrat le siège a 
cet effect. Que si après ces debuoirs faicts aulcuns estoyent 
défifaillants ou refusant d'efTectuer ledict liurement ils y seront 
constrains par exécution prompte et paratte à dresser sur 
leurs moeubles et effécts les plus appareillez sans somaçon 
à faire ou bien par saisissement de leurs immeubles, ensuitte 
d'une fautte et adiour de XV« privilégiez sans forme de divi- 
sion ni discution à quoi ils ont renoncez^ et oultre cela ils 
encoureront une amende de vingt un pattars chalcun au 
profiict desdits s^ exécutable comme dessus; que si toutefois 
ils se retrouuent quelqu'un entre les aultres si indiscret qui 
ne ueuillent accepter cette grâce et signer cestuy acte, lesdits 
s^ et Damelle desclarent et veillent qu'ils en soyent absolu- 
ment exclus aultant bien que leurs postérité désirant de de- 
meurer contre eulx en leur enthierpour les traiter selon leurs 
desmerittes à la rigueur en temps et lieu suiuant quoy les- 
dits Mayeurs et escheuins auecq les premiers comparans ren- 
dant grâce de telles faneurs, ont promis d'observer et accom- 
plir le premis unanimement et chacun en particulier soubz 
obligation de leurs biens auandits, a y celuy comis au nom de 
cesdits constituants promis d'en faire ainsy jouyr paisiblement 
lesdits mentionnez contre et enuers touts soubz obligation pa- 
reille des biens d'yceulx notament et spécialement du droigt 
prédit, voire de faire par yceux agréer ce présent acte comme 

dit et endéant (Le délai est resté en blanc.) 

à peine qu'en cas de refus ou delays il serat nul et comme 
non aduenu et que ce qu'ils auront payé entretemps leurs 
serat restitué avecq intérêt s'il y eschetà cause de quoy lesdits 
s' seront aussi restaurez dans leur anlhier et plain droit 



— 40 — 

tant contre yceulx qui seront morts qu'aultres qui moureront 
en après, atjant ont touts signez et marquez aullant bien 
que ledict comisetont esté,loutlessolemnités faicteset obser- 
uées réciproquement, mis en garde. Esloient signez Martin 
Batteur mayeur, Pierre Castiau escheuin, Martin Lallieu 
escheuin, P. Gilbert escheuin et Jean le Charlier receueur ; 
s'ensuiuent les Mannans et liabitans qui ont signez et mar- 
quez Toriginalle de cette, Jacques Jenart, marcq Guill. 
Yrnaux, marq Jean Chasteur, bourgm^»'e^ marcq Florent Del- 
porte, marcq de Grégoire Scliffet, marcq Paul Bastin, Louis 
Bastin, marcq Jean Lebrun, marcq Martin Lallieu, marcq 
Jean Andry, marcq de Jacq Bageart, marcq de la vefue Maxi- 
milien Jenart, marcq de Martin Huart, marcq de la vefue 
Pierrre Rassart. 

CoUationé a son originalle et trouvée 
concorder demot a aultre, quod estor. 
(sig) Gilbert greffier 1682- 

La soubsignée approuve le présent 
contractaiant donné commission à Jean 
Charlier notre comis pour ce faire. 

(Sig) DiEUDONNÉE TaUIER. 

Je consante at cette que ma mère 
affaict touchant ce contracque. 
La présente est en- Sig G. Tauier. 

regislrée avec les aul- 
tres acts au transport. 



LA MUSIQUE DE CONCERT 

A BINGHE. 
1760 

Voici un projet de règlement pour le Concert de mmiquey 
à introduire dans la société de Sainte-Cécile établie à Binche, 
et d'où il résulte que les confrères étaient intentionnés de 
travailler activement à l'amélioration, tant de la musique 
profane que de la musique religieuse, par Texéculion, faite 
en commun, de morceaux de concert, de motets et de 
messes. 

PROJET POUR LE CONCERT. 

Les musiciens attachés par leurs offres au chapitre de 
S*-Vismes, en la ville de Binch, Hésirans lier une société plus 
étroite dans leur confrérie de S*®-Cécile, et, par ce moïen, 
nourir et cimenter la paix et l'union et la concorde, s'exercer 
et perfectionner dans la musique, pour être bien en état 
d'exécuter les pièces aux offices divins, et spécialement aux 
jours solennels, sont convenus préliminairement des points et 
règles suivantes : 

1. — Chaque confrère mettra en caisse cinqpalars par mois. 

S. — Il y aura assemblée à la maitrisse tous les dimanches 
à trois heures et demie jusqu'à sept heures du soir, et une 
seconde assemblée durant la semaine^ s'il y a une fête. 

3. — Personne ne pourra s'en absenter, sous quelque pré- 
texte que ce soit, sauf le cas de maladie vérifié, à peine de 
six liards d'amende, qui seront mis à la bourse commune. 

4. — On y jouera des concerts et autres pièces de musique, 
et spéciallement des messes et motets pour les jours solennels, 
en s'y prêtant tous de bonne grâce. 

5. — Il faut être auTconcert avant quatre heures sonnées, 
à peine de deux liards, avant quatre heures et demie, à peine 
d'un sous, et après cinq heures, six liards d'amende. 



— 12 

6. — Il ne sera permis à personne de donner de démentis^ 
à peine d'un escalin, et s'il s'échape en injures et querelle, il 
paiera quatre escalins, et s'il récidive, il sera puni arbitrai- 
rement. 

7. — Ceux qui voudront quitter, contre toute attente, ne 
pouront le faire avant Tannée révolue, à compter de ce jour, 
à peine de paier une pis^ole. 

8. — Chacun paiera sa dépense, & chaque assemblée, sur 
le pied à régler, et on n'excédera pas le pot de bierre. 

9. — Si quelqu'un introduit un étranger aux assemblées, 
il sera tenu de paier sa part, excepté un musicien étranger. 

40. — Personne ne pourra mettre verres ou canettes sur 
la table où seront les musiques, à peine d'un liard d'amende. 

44. — On établira un caissier ou receveur, qui recevra 
exactement les cinq patars chaque mois^ les mulctes (1 ) et 
amendes, sans port niiaveur. 

42. — Pour plus grande économie, et faire subsister cette 
louable société sansfraier extraordinairement, on achètera du 
grain pour faire brasser quelques tonneaux de bierre , qui 
seront remis à la maitrisse ou endroits à désigner, et 
ce à tant moins des privilèges dont ils sont au droit de jouir 
chacun en particulier, sur quoy on communiquera avec le 
fermier de la ville, pour le prévenir qu'on n'entend point 
abuser en aucune façon des privilèges : et si quelqu'un étoit 
assés téméraire de faire des versemens de cette bierre aux 
bourgeois, il sera punit très-sévèrement par dessus l'amende 
qu'il encourreroit arbitrairement. 

13. — Il sera chanté un obit gratis pour un confrère, huit 
jours après sa mort. 

Ainsy fait, convenu accepté parles soussignés, ce jourdhuy 
sept décembre 4760, promettant otserver et accomplir le 
projet et règles ci-dessus. 

C.-J. Masuy, m. Leglergq, 

C.-J. Leheu, V.-J. Godefroid. 
L.-J. Delcoutte. N.-J. Legrinier. 

i . PunitioDB, de mtUctare^ châtier, 



— 13 — 

Les quatre premiers arlicles et le septième avaient été 
provisoirement réglés le 23 novembre, par les signataires 
susdits, outre les nommés Jacques Soileux, P.-S.-J. Durieu, 
F. Stevens, A.-J. Soileux, Vismer Delmolte, lesquels sup- 
plièrent < monsieur le doïen du chapitre de se déclarer le 
protecteur de leur confiance, et de leur tracer quelques règles 
pour aller au but proposé. » 

Les statuts furent arrêtés le 7 décembre, comme on Ta vu. 
A leur suite, on lit : 

À l'instant, ils (les signataires) ont choisi et nommé, pour 
receveurs et caissiers, les sieurs Leclercq et Goppin, grands 
vicaires, les autorisant de recevoir les mois, amendes, mule* 
tes et absences. 

Au même temps, François Stevens et Antoine- Joseph Soi- 
leux ont représenté qu'ils désirent d'être reçus en cette so- 
ciété comme volontaijes, le premier étant organiste et l'autre 
cloquemane et aians tousjours intervenus en laditte con- 
frairie. 

La compagnie les a reçus et leur permet d'intervenir com- 
me volontaires, et sans aucun préjudice^ bien entendu qu'ils 
observeront les règles. 

F.-J. Stevens, A.-J. Soileux. 

Les chanoines soussignés, approuvant le règlement ci« 
dessus, qui ne tend qu'au bien sans préjudice à personne, et 
désirant le soutenir, veuillent bien acquiescer à la demande et 
supphque des musiciens, et, en conséquence, s'agrègent à 
la ditte société, s'obligeans de paier ce qui est réglé chaque 
mois et de maintenir et observer les points de règle, sauf 
qu'ils n'entendent pas être tenus d'intervenir à toutes les 
assemblées, mais seulement à celles qu'ils voudront. A Bin- 
che,7X»»"1760. 

F. Mondez, doïen. 

Le deuxième document nous montre la société en pleine 
voie de (onnation, et recevant des adhésions aussi honorables 
que nombreuses: 



- 14 — 

ASSEMBLÉE DU CONCERT MUSIGVL TENUE A LA MAITRISE DU 
CHAPITRE, LE 2:2 DÉCEMBRE 1761. 

Les musiciens et suppôts, attachés par leurs offices au 
chapitre de Binch, désirans continuer leur société et concert, 
aux mêmes fin, clauses et conditions plus amplement détaillés 
par le règlement du 7 décembre de l'an 1760, ont convenu 
de nouveau de continuer la ditte société pour un an, datte 
de cette, s*obligeans à Tobservance du règlement rappelé 
ci-dessus, et au même instant ont supplié messieurs les doïen 
et chanoines de se déclarer leurs protecteurs, et de s'aggré- 
ger audit concert pour ^on plus grand progrès et la fin dé- 
sirée. Ainsi fait et convenu à l'assemblée de ce jour, aîant 
commis Monsieur Leclercq, grand vicaire, de signer la pré- 
sente résolution, par ordonnance du corps, comme secrétaire 

du corps. 

Par ordonnance, M. Leclercq. 

Au même instant, les chanoines soussignés, aïant eu égard 
à la prière qui leur a été faite par ceux composans le concert 
approuvant le règlement rappelé, qui ne tend qu'au bien, 
sans préjudice à personne, et désirans le soutenir^ veuillent 
bien acquiescer à la demande, et en conséquence s'aggrègent 
audit concert et société, aux clauses rappelées à la résolution 
couchée au bas du règlement du 7 x*»^' 1760. Ainsi fait, con- 
venu et aggréez par les soussignés. Binch, le 2*2 décembre 
1761. 

C.-J. Lemaire. J.-B. Alard, chanoine. F. Mondez, doïen. 
J.-L. GusTiN, chanoine. 

A la même assemblée, se sont présentés les sieurs Durieu, 
vicaire de la paroisse de cette ville. Motte, vicaire de Wau- 
drez\ Stevens, organiste, Joileur père et fils, demandant 
d'être reçus au concert, comme accesseurs aux clauses et 
conditions des autres, sur quoy ils supplient de délibérer. 

Conclud, avant tout, de déclarer que la compagnie n'entend 
pas d'abuser en aucune façon des privilèges ; qu'en consé- 

1. C'est-à-dire adjoint au curé de Waudrez. 



— 15 — 

quence le sS Leclercq sera député aux préposés à la percep- 
tion de la mallode de la ville, pour prendre sur ce Tarrange- 
ment convenable pour être a Tabris de loules difficultés. Sur 
quoy sera fait un place! par les suppliants, exposant le cas 
pour sur iceluy être répondu par le magistrat ou leur préposé 
à la recette de la maltode. 

ASSEMBLÉE DU 3 DÉCEMBRE 4762. 

Sur le coulement du compte des dépenses de Tannée^ 
représentation a été faite de suspendre, pendant le cours 
d'un an, par forme d'essai, le paiement de cinqz patars par 
mois, comme il est dit art. 1^^ du règlement, et de tenir 
une note plus exacte de la bierre qu'on boit chaque jour du 
concert. 

Conctud de staler, pendant un an, le paiement desditz cinqz 
palars, de continuer à brasser un muid par provision, et de 
tenir une liste exacte de la quantité de bierre qu'on boira 
chaque jour de concert, les noms des intervenans, tout le 
reste du règlement demeurant dans sa force et vigueur ; 
absences, etc. 

Reste un petit dossier concernant des condamnations in- 
fligées à Nicolas Lécrinier et N. Delcour, musiciens, pour 
disputes et injures aux jours de concert. Inutile, pensons-nous, 
de le reproduire. L*organisation de ces concerts a-t-elle fonc- 
tionné longtemps ? C'est ce qu'il serait difficile de dire. La 
négative est toutefois permise^ parce qu'il y a lieu de croire 
que, l'institution ayant été établie par le chapitre de Binche, 
on en trouverait des traces ultérieures, si une longue exis- 
tence lui avait été accordée^ 



1. Les pièces que nous venons de reproduire, sont extraites du carton n9 3 des 
papiers provenant de Tabba^e de Binclie, et conservées aux Archives générales 
du Royaume. 



COLLECTION 

DES ACTES DE FRANCHISES 

DE PRIVILÈGES, OCTROIS, ORDONNANCES, 

RÈGLEMENTS, ETC. 

DONNÉS SPÉCIALEMENT A LA VILLE DE GHARLEROI PAR SES SOUVERAINS 

DEPUIS SA FONDATION, 

AVEC QUELQUES COMMENTAIRES SUR LES FAITS ET LES CAUSES 
QUI ONT AMENÉ CHACUN DE CES ACTES. 



T^AJR I>.--A^ ^ST-AJSr PAgTTlT. ATTR, 
président de la société archéologique de Gharleroi, etc., etc. 



CINQUIEME FASCICULE. 



PRÉFACE. 



Le cinquième fascicule des actes de Charleroi qae nous 
offrons aux membres de la société de notre arrondissement, 
renferme sous le nom d'Édit politique la vraie charte de la 
ville, la formule de nos privilèges déjà restreints et concen- 
trés par le souverain, qui tenait à conserver dans Charleroi 
vne autorité seigneuriale complète. 



— 17 — 

La ville avait du reste la plus grande peine à sauvegarder 
ses immunités et nous verrons, dans ce même fascicule, que 
certaines influences personnelles parvinrent à réduire Char- 
leroi à Tétat de ban, dépendant de moulins banauXy et que ce 
ne fut qu'à force d'énergie et de longs procès que nos ma- 
gistrats parvinrent à y soustraire la ville. 

Ils ne purent d'autre part, malgré tous les privilèges ac- 
cordés, empêcher les habitants d'être soumis aux tailles et 
impôts communs dont on les avait d'abord exemptés. 

Ce fascicule renferme aussi quelques pièces relatives à la 
révolution brabançonne à Charleroi, ainsi que les actes rela- 
tifs à l'établissement des capucins en ville. 



DES ACTES DE FRANCHISES, 



DE PRIVILÈGES, OCTROIS, ORDONNANCES, ETC. 



On se souvieat que lors de la fondation de Charleroi, le 
projet de fortification des Espagnols était à peine ébauché, 
aucune mesure n'avait été prise relativement à l'administra- 
tion de la nouvelle cité, quand celle-ci tomba au pouvoir de 
la France qui en devint propriétaire par droit de conquête. 

Le roi Louis XIV réunit ses nouvelles conquêtes en une 
province à laquelle il appliqua le titre de Flandre. Charleroi 
fut incorporée dans cette province dont le maréchal d'Humiéres 
fut nommé gouverneur général avec mission d'y organiser 
tous les services. 

Voici l'acte de constitution de ces diverses mesures. Nous 
devons cet acteàM.Fourdin, conservateur des archives d'Ath, 
où il est gardé en copie. 



* 

¥ » 



Copie des provisions de gouverneur et lieutenant général 
en Flandres^ pour M. le mareschal D*Humières. 

Louis par la grâc e de D ieu, Roy de france et de navarre, a 
tous ceux quy ces pntes lettres verront, salut. La bonne con- 
duite qu'ont tenu nos subjets des pays de Flandres quy nous 
ont été cédez tant par le traitté des Pyrennées que par celuy 
d'Âix-la-chapelle nous convians de prendre le mesme soing de 
leur conservation et repos que de ceux des aultres pays et 
provinces de nre Royaume, nous avons résolu pour cette fin 



— 19 — 

ainsy que pour le bien et utilité de n^^ service d'ériger lesdils 
pays des flandres qui sont fort peuplez et de grande estendue, 
ensamble c$ que nous y avons conquis depuis la pnte guerre, 
en gouvernement de province soubs le tiltre de flandres. 
SçÀVOiR FAISONS quc pour ces causes et a^ultres bonnes consi- 
dérâôîîs à ce nous mouvans, nous avons par ces pnte signés 
de nre main, érigé et érigeons en gouvernement de pro- 
vince lesd. pays de Flandres à nous cédez par les dits traitez 
de paix des Pyrennées et d'Âix-la- Chapelle, ensemble ceux 
que nous y avons depuis conquis ; lequel Gouvernement nous 
voulons estre appelle du nom et tiltre de Flandres et composé 
des villes, places etchastellenieset prevostez quy en suivent, 
sçavoir des villes de Gravelines, Saint- Venant, Bourbourg, 
Berghes, Saint-Winocq,Furnes et leurs chastellenies^de Lille, 
Douay et Orchies et leurs chastellenies^ de Courlray, d'Aude- 
narde, d'Alh et leurs chastellenies, de Tournay et du Tour- 
nesis, de Condé, de Bouchain et sa prevoslé, de Charleroy, 
Philippeville, Marienbourg et Binch, et des lieux dépendans 
desd. villes et de leurs prevostez et chastellenies, et parce 
qu'yl est nécessaire à nré service et pour le bon gouvernement 
de nos subjets de lad. province de Flandre déstablir en la 
charge de Gouverneur et nre Lieutenant général en ycelle un 
subject quy, par son caractère et ses aultres qualitez puisse 
s'employer à la conservation et scureté de la d. province et y 
maintenir touttes choses dans une parfaite union et tranquil- 
lité, nous avons jette les yeux pour cette fin sur nre cher et 
bien Amé cousin le marquis d'Humières, mareschal dcfrance, 
Gouverneur del. ville et Chastellenie de Lille, non seuUement 
que par ce que nous sçavons que l'estime et la réputation 
qu'yl s'est acquise dans lesd. pays le rendront plus agréable, 
et plus recommandable auprès des peubles desdis pays, que 
tout aultre, mais aussy pour le recognoistre des grands et 
recommandables services qu'yl nous a rendu, et a ceste estât 
en plusieurs occasions et emplois importans, particulière- 
ment dans les divers commandemens qu'yl at eu sur nos 



— 20 — 

trouppes et de nos Armées, ayant beaucoup contribué aux 
progrès que nous avons fait dans lesd. pays, notâment pen- 
dant celle campagne, ayant au commencement J'ycelle entré 
de force dans le pays de Waes qu'il a soubmis <;ntièrement, 
ainsy que d'auUres voisins à la contribution, et ensuylle servy 
utillement soubs nous en qualité de l'un de nos lieutenans 
généraux en nre armée de Flandres que nous commandons en 
' personne, prenant d'ailleur une enlhière confiance en sa valeur 
capacité, expérience en la guerre, prudence, vigilance et sage 
conduite, fidélité et affection singulière à nre service, nous, 
pour ces considéraons et aullres à ce nous mouvans, avons à 
nostre dit Cousin, le mareschal d'Humières, donné et octroyé, 
donnons et octroyons par ces dittes présentes lad. charge de 
Gouverneur et nre Lieutenant Général en nostre province de 
Flandres, pour pendant le temps de trois années l'avoir, tenir 
et doresenavaht exercer, en jouyr et user aux honneurs, 
authorites, prérogatives, prééminences, franchises, libertés, 
gages, estats, droits, profficts, revenus et émolumens accous- 
tumez et quy y appertienent tels et semblables dont jouyssent 
les Gouverneurs et nos Lieutenans Généraulx des Provinces 
de nre royaulme, et aux appointemens quy lu y seront ordon- 
nez par nos Estats, avec lelz pouvoir, authorilé, commission 
et mandement spécial de contenir sous nrëaulhorilé nos sub- 
jects, mannans et habitans de nre dit Pays et Province de 
Flandres, en Tobéissance et fidélilé qu'ilz nous doivent, 
les faire vivre en bonne union, paix, amitié et concorde, 
les uns avec les autres, pacifier et faire cesser tous débats, 
querelles, divisions, comme aussy ceux quy contreviendront 
à nos édits et ordonnances, tenir la main et donner toutte 
assistance pour le maintenement de la justice dans lad. pro- 
vince et pays, et pour l'exécution des sentences, jugements 
et arretz d'ycelle, mander, convocquer el assembler par de- 
vers luy, en tel lieu et toutes fois et quantes que bon luy 
samblera, et le besoin le requerera, les gens d'église, la no- 
blesse, officiers, magistrats, gens de loy, maires, eschevins, 



- 21 - 

sindicqs, bourgeois, mannâns et habitans des villes et des 
lieux de lad. province et pays, pour leur faire entendre, or- 
donner et enjoindre ce qu'ilz auront à faire pour le bien de 
nre dit service et leur repos et conservaon, adviser et pour- 
veoir aux affaires occurentes dudit Gouvernement, ouyr les 
plaintes de nos subjets de lad. province et pays, et sur ycelles 
leur pourveoir et fair^ administrer la justice, avoir Toeeil à ' 
ce que ]es officiers de tous les sièges et jurisdiction et tous 
autres fassent le devoir de leurs charges, et s'ilz ne s'en 
acquiclent, ainsy qu'yl convient, nous en advertir pour y 
mettre Tordre nécessaire, et cependant y remédier par pro- 
vision ainsy qu'il verra estre à propos, empescher qu'yl ne se 
fasse aucunes assemblées, pratiques ou entreprise au pré- 
judice de nre autorité et service, et du bien et repos de nos 
subjects de ladite province, commander à nosdis officiers, 
ensemble aux magistrat, maires, eschevins et sindicqs^ man- 
nâns et habitans esdittes villes et lieux, comme aussy aux 
capitaines de gens d'armes de nos ordonnances, inrê de 
camp, colonels et capitaines de chevaux-légers, ban et arrière- 
ban, gens de pied, légionnaires et tous aultres de quelque 
qualité et nation qn'ilz soient, quy sont et quy seront cy- 
après pour nre service en la ditte province, ou quy y passe- 
ront, se jouindront et seront en garnison dans des villes, 
places, chasteaux et autres lieux d'ycelle, leur ordonner ce 
qu'ylz auront à faire pour nre service, faire faire, s'il le juge 
à propos, par les commissairs ordinaires de nos guerres par 
nous départys, les montres et reveues de nosdis gens de 
guerre, les assembler, s'y besoing est, et employer selon 
qu'yl l'estimera à propos pour la deffence et conservaon de 
lad. province et pays, ordonner de la garde et conservaon 
des villes, places, bourgs et autres lieux de la province et 
pays, contenir les gens de guerre dans Tordre et discipline 
militaire, suivant nos dittes ordonnances, empescher que 
lesdis habitans des villes et lieux, n'y autres n'en reçoivent 
aulcun dommage, fouUe, ny oppression, faire yncontinant^ 



— 22 — 

punir et chastier ceux qui entreprendront quelque chose au 
contraire, faire agir les prévost et aultres officiers selon le 
debvoir de leur charges pour contenir les gens de guerre 
dans Tordre et générallement en touttes les choses desusdittes, 
et chacune d'ycelles qui touchent et appertiennent aud. gou- 
vernement, ordonner et disposer selon et ainsy que nous 
mesme faisions ou pourrions faire, sy présens en personne 
y estions, jacoit que le cas requist mandement plus spécial 
que n'est porté par ces dittes pntes, et ce, comme dit est, 
pendant le temps de trois années. Sy donnons en mandement 
à nos amez et féaux les gens tenant nostre conseil souverain 
de Tournay, que ces pnïês, yls fassent lire et enregistrer à 
nostre dit cousin le mareschal D'Humières, duquel nous 
nous sommes réservé de prendre et recepvoir en nos 
mains le serment en tel cas requis et accoustumé, yls fassent, 
souffrent et laissent jouyr et user pleinement et paisiblement 
de lad. charge de gouverneur et nre Lieutenant Général en 
nostre ditte province et pays de Flandres, ensemble des hon- 
neurs, authorité et prérogatives, prééminences, franchises, 
libertez, estats, appointemens, droits, fruicts, profficts reve- 
nus et émolumens y appertenans, et à luy obéir, et entendre 
de tous ceux et ainsy qu'yl appertiendra es choses touchant 
et concernant lad. charge ; sans permettre luy estre fait ny 
donné aulcun trouble ny empeschement au contraire, comme 
aussy à tous ballifs, juges, prévost, leurs lieutenans et tous 
autres juges et officiers, magistrats, maires eschevins et sin- 
dicqs, bourgeois, mannans et tous habitans des villes et pays 
dud. gouvernement, chefs officiers, capitaines conducteurs de 
nos gens de guerre, tant de cheval que de pied françois et 
estrangers, qu'ylz ayent à recognoistre nostre dit Cousin, le 
mareschal d'Humiéres, et lui obéyr et entendre dans Tes- 
tendue de lad. charge en tout ce qu'yl commandera et ordon- 
nera pour nostre service ; mandons en oiiltre à nos amez et 
féaux conseillers, le garde de nostre trésor Royal et tréso- 
rier, de l'extraordinaire de nos guerres et aultres non compta- 



— Sa- 
bles qu'yl apper tiendra, présens et à venir, que doresnavant 
à commencer du jour et datte de ces présentes, yls fassent 
payer et délivrer comptant à nostre dit Cousin^ le mareschal 
d'Humières, par chacun an, ou terme et en la manière accous- 
tumée les estats et appoinlement attribuez à la ditte charge et 
rapportant par eulx ces présentes ou copie d'ycelles deuement 
coUationnée pour une fois seuUement, avec quictance de nre 
dit cousin sur ce sufQssante : nous voulons yceux estats, ap- 
pointemens et tout ce que payé, baillé et délivré luy aura 
esté à l'occasion susditte, estre passez et allouez en la des- 
pence de leurs comptes déduits et rabattus de la recepte 
d'yceux par tout où yl appertiendra, par les gens de nos 
comptes, auxquelz nous mandons ainsy le faire sans difficulté. 
CAR TEL EST nre PLAISIR, En tesmoing de quoy nous avons 
fait mettre nostre seel à ces dittes pntes. Donné à Landrecy 
le qualtriesme jullet Tan de grâce mil six cens soixante seize, 
et de nostre règne le xxxiiij^. Signé : LOUIS. 

Et plus bas, par le Roy : le tellier, et scellé sur simple 
queue du grand seau, en cire jaune. 

Sur le reply estoit escript ce que s'ensuit : leues et regis- 
trées au conseil souverain de Tournay, ouy et requérant la 
procureur général du Roy, pour estre exécutées selon leur 
forme et teneune, et ordonné que copiesdeuement coUationnées 
seront envoyées par touite Testendue du ressort aux juges des 
gouvernances, baillages, prévostez, eschevinages et autres des 
lieux pour y estre pareillement leues et registrées aux fins 
que dessus, à la diligence des substituts dudit procureur gé- 
néral et aultres qu'yl appertiendra, quy certifieront la cour 
d'avoir fait le debvoir dans le mois, comme est porté plus 
amplement par l'arrest sur ce rendu le vingt septiesme jour 
du mois d'octobre 1676. Tesmoing le greffier dudit conseil 
soubsigné. Estoit signé : JY. Sourdeau; et plus bas: colla- 
tionné. Signé :N. Sourdeau. Et encore plus bas, estoit escript ; 
les susditles lettres patentes ont esté à l'ordonnance de mes- 
sieurs du magistrat leues en pleine assemblée en la salle de 



— 24 — 

rhostel de ville après son de cloche par le soubsigné leur pen- 
sionnaire, le samedy 14^ T^re 1676. Signé : B. Charlez. 

Conforme au principal et copies collation- 
nées. Tesmoingle soubsigné noltaire et clercq 
de feu le greffier, pour Testât vaccant. 

J. Le Clercqz 
1676. 



« « 



Aussitôt que la ville de Charleroi fut fondée, on pensa à y 
établir une institution religieuse dans l'intérêt spirituel de la 
population. Les capucins se présentèrent et en 1667 le roi 
d'Espagne accorda l'octroi suivant. 

Cet octroi fut donné dans l'intérêt général de la cité. Nous 
Facceptons comme tel sans avoir à l'apprécier ni à le critiquer. 

Plusieurs ordres religieux avaient sollicité le bénéfice d'é- 
tablir un couvent à Charleroi. Il y avait eu concurrence ja- 
louse et même débats et intrigues. Les capucins du couvent 
de Fleurus avaient fait jouer tous les ressorts pour empêcher 
l'établissement de leurs confrères à Charleroi. 



Charles par la grâce de Dieu Roy de Castille, de Léon 
d'Arragon, des deux Sicilles, de Hierusalem, de Portugal, de 
Navarre, de Grenade, de Tolède, de Valence,-. de Galice, de 
Maillorque, de Seuille, de Sardaigne, de Cardouse, de Cor- 
sicque» de Murcie, de Jean, de Algarbes, d'Algezire, de Gibral- 
tar, des ysles de Canarie, et des Indes tant orientales qu*occi- 
dentales, des isles et terre ferme de la mer Occane, archiduc 
d'Austriche, ducq de Bourgoigne, de Lothier, de Brabant, de 
Limbourg, de Luxembourg, de Gueldres, de Milan, comté 
d'Habsbourg, de Flandre^ d'Arthois, de Bourgoigne ; Palatin 
de Tirol, de Haynau, et de Namur^ Prince de Suave, marquis 
du S^-Empire de Rome ; seigneur de Salines et de Malines ; 
Dominateur en Asie et en Afrique ; scauoir faisons a tous 
presens, que nous auons receu l'humble supplication et 
requesle de vénérable et religieuse personne le père Prouin- 



- 25 - 

cial des capucins de la prouince wallonne, contenant que 
comme nous auons trouvé convenir de faire baslir la ville de 
Charles-Roy en nostre pays et comte de namur, nous aurions 
ensuitle de ce voulu y pourveoir aussi bien pour le spirituel, 
que temporel, et pour ce sujet y placer un couvent des reli- 
gieux exemplairs, pour l'édification, instruction, et profit des 
âmes, et comme entre autres religieux qui se sont présentez 
a cet effect, nostre cousin le marquis de Castels Rodrigo 
auroit préféré les capucins a tous autres, leur donnant pour 
ce sujet place en ladite ville de (Iharles Roy pour y baslir un 
couvent de leur ordre, afin d*y célébrer, prescher, cathequizer, 
entendre les confessions, et faire les autres fonctions spiri- 
tuelles au soulagement des âmes chrestiennes, à quoy nostre 
dit Lieutenant général auroit de tant plus incliné a raison de 
la perte qu'à fait le remonstrantde quelques couvents qui ont 
esté cédez auec les villes à la France au dernier traitté de Paix, 
et désirant le remonstrant jouir de cette grâce, et donation de 
la place pour l'édification d'un couvent audit Charles-Roy, il 
à esté très humblement supplié, luy vouloir dépescher 
a ces fins lettres patentes d'octroy, et d'amortissement pour y 
résider en tel nombre de Religieux, que sera trouvé conuenir 
pour raccommodement des inhabitans dudit lieu : Pour ce est 
yl, que nous les choses considérées ynclinants fauorablement 
a la supplication et request dudit Père Provincial des capucins 
de la Prouince wallonne suppliant luy auons pour Nous, nos 
hoirs, et successeurs, comtes et comtesses audit Namur, de 
nostre certaine science, authorité, et grâce spéciale, permis, 
octroyé, et accordé, permettons, octroyons, et accordons, 
qu'il puisse et pourra ériger et establir en nostre ditte ville de 
Charles-Roy un couuent de son ordre, pour le nombre de 
quinze sans plus, et à cet eSect posséder et jouir héritable- 
ment, et a tousjours des fonds et héritages qui luy sont, ou 
serait pour ce désignez par nostre très cher et féal cousin 
Don Francisco de moura et de Cortereal marquis de Castel 
Rodrigo, lieutenant gouverneur, et capitaine général de nos 



Pays-Bas, et de Bourgoîgne, lesquels fonds et héritages, en- 
semble ledit couvent auons amorly et amortissons par ces- 
ditles présentes, pour par ledit suppliant, et ceux qui luy 
succéderont estre possédé, comme autres biens amortis, a 
charge et condition néantmoins, que lesdits Religieux seront 
tenuz et obligez d'y célébrer prescher, cathequizer, entendre 
les confessioi\3, et faire les autres fonctions spirituelles, au 
soulagement des âmes chrestiennes, comme dict est cy dessus 
et que ledit suppliant deura payer a raison de cette nostre 
grâce a nostre profit certaine finance, ou somme de deniers a 
l'arbitrage et tauxation de nos très chers et féaux les trésoriers 
gnal et commis de nos Domaines et finances que commettons 
a ce, auquel etfect auant pouvoir jouir de Teffect de cesdittes 
présentes, il sera tenu de les faire présenter tant a ceux de 
nos finances, qu'a ceuxde nostre chambre de comptes a Lille, 
pour y estre respectiuement enregistrées, vérifiées, et intéri- 
nées a la conseruation de nos droicts, hauteurs, et autho- 
ritez, la ainsy qu'il appartiendra parmy payant auxdits de nos 
comptes l'ancien droit pour ledit yntérinement : Si donnons 
en mandement a nos très chers et féaux les chef-président et 
et gens de nos priué et grand conseil président et gens de 
nostre conseil prouincial de Namur, comme aussy a ceux de ' 
nos finances et de nos comptes de Lille, et a tous autres nos 
justiciers, officiers et auxquels ce regardera que cette nostre 
grâce, octroy, et amortissement ils fassent souffrent, et lais- 
sent ledit suppliant et religieux susdits en nombre de quinze, 
ensemble ceux qui leur succéderont audit couvent plainement 
paisiblement, et perpetuellemenl jouir et user, aux charges, 
conditions, et reconnoissance, selon et en la forme et manière 
que dit est, sans que leur faire, mettre ou donner, n'y souffrir 
estre fait, mis ou donnéoresny en temps avenir, aucun trouble 
destourbier ou eropeschement au contraire en procédant par les- 
dits de nos finances et de nosd : comptes a la vérification et yntéri- 
nemt de cesdites présentes selon leur formeet teneur, car ainsy 
nousplaistil. nonobstant que par les ordonnances cy douant fait es 



- 27 — 

surlaconduite de nosdomaines elfinances soitentre autre choses 
deffendu et interdit d'accorder tels et semblables amortisse- 
ments, les peines contenues es mesmes ordonnances, et les 
sermens prestez sur l'obseruance d'ycelles ce que nous ne 
voulons au cas présent aucunement préjudicier audit sup- 
pliant et religieux susdits, ny a ceux qui leur succéderont 
audit couvent, ainsi les en auons dispensez, et dispensons par 
cesdittes présentes auons deschargez et deschargeons lesdits 
de nos finances et de nos comptes a Lille, et autres nos justi- 
ciers et officiers qui ce regardera des serments par eux res- 
pectivement faits sur Tentretenement et obseruance desdittes 
ordonnances, lesquelles néantmoins demeureront en tous au- 
tres points en leur pleine force et vigueur, nonobstant aussy 
quelconques autres ordonnances restrictions, mandemens et 
deffences a ce contraires ; Et afin que cecy soit ferme et 
stable atousjours, nous auons fait mettre a cesdittes présentes 
le grand seel, dont "nrë très honoré seigneur et Père ( : que 
Dieu absolue :). a usé pardeça, et nous userons tant que le 
nostre soit fait, saulf en autres choses nostre droict et l'au- 
truy en toutes : Donné en nostre ville de Bruxelles au mois 
de feburier, l'an de grâce mil six cent soixante sept^ et de 
nos règnes le deuxiesme ;/: Estoit paraphé v : Piet. Plus 
bas au costé : par le Roy en son conseil : signé P. van 
Achlen. Et a l'autre costé en haut : Lettres patentes d'octroy 
et amortissement d'une place en la ville de Charles Roy au 
profit des P.P. Capucins, pour y bastir un couvent de ileur 
ordre. Plus bas : Les trésorier gnal et commis des domaines 
et finances du Roy consentent et accordent en tant qu'en eux 
est que le contenu au blancq de cette soit suivy et accomply 
tout ainsy, et en la mesme forme et manière que sa Majeté le 
veut^ et mande, d'estre fait par icelluy Blancq, à charge que 
les P.P. Capucins y mentionnez seront obligez de célébrer 
a Charles-Roy tous les ans douze messes^ scauoir tous les mois 
une pour la santé et prospérité de sa Ma^ et de son Exce et 
après leur trespas pour leurs âmes et de leurs ancestres, et 



— 28 — 

qu'auant de pouvoir jouir de l'effet de la présente, les sup- 
pliants seront obligez de la présenter au conseiller et rece- 
ueur général de Namur, qui l'aura a enregistrer et auquel 
lesdits suppliants seront obligez de déliurer tous les ans certi- 
fication de la célébration des dittes messes : fait a Bruxelles au 
conseil desdits finances soubs les seings des trésoriers gnal et 
commis d'ycelleslevingtiesme de feurier xyjl: soixante sept ;/; 
Estoit signe J. D. enetiéres. Tout joignant Scokaers. Plu auant van 
Uffele ;/: * 
Au dos était inscrit ; Les charges des R. pères capucins. 



« * 



Le marquis de Castel Rodrigo donna suite à cette octroi et 
assigna au couvent un emplacement hors de la forteresse, 
«[ dans le faubourg > qui devint plus tard la Ville basse^ c'est 
à dire hors du rayon de l'ouvrage qui défendait la tête du pont 
de Sambre à l'entrée de la place actuelle. 

On sait que l'emplacement de ce couvent est l'endroit où 
se trouve aujourd'hui l'hôtel de ville et l'église de la Ville 
basse. 

Mais à cette époque les capucins ne purent profiter de leurs 
privilèges. La France en effet prit possession de Charleroi 
trois mois après la concession. 

Pendant la domination française il ne fallut pas penser à 
l'octroi accordé par l'Espagne ; mais aussitôt que celle-ci eut 
récupéré la possession de la forteresse, les religieux récla- 
mèrent leur droit et on le leur confirma par de nouvelles 
lettres, qui cette fois furent mises à exécution sans retard. 

On remarquera que dans ces lettres de confirmation, l'em^ 
placement accordé est désigné comme faisant partie de la Ville 
basse de Charleroi. 

C'est qu'alors en effet la Ville basse existait, elle avait été 
fondée par Louis XIV en établissant la forteresse de la rive 
droite de la Sambre. Ce qu'on appelait faubourg de ce côté 
de la ville, était devenu partie intégrante de la cité. 

1. Je possède la copie /de cet acte. 



29 — 



« » 



Remonstre très humblement le père provincial des capu- 
cins de la province wallonne qu'après la construction de la 
ville de Charle-Roy feu le seigr marquis de Caslelrodrigo luy 
auroit assigné certain héritage audit lieu pour y bastir un 
cloistre de son ordre pour y faire par les Religieux de son 
dit ordre le seruice diuin, prescher, confesser, et y exercer 
autres oeuvres pieuses, a quel effect il a obtenu de sa Majesté 
en son conseil privé le 8^ de mars 1667, lettres d'octroy et 
d'amortissement, et pensant s'y establir ils en ont esté em- 
peschez ; attendu que les armes du Roy très chrestien se 
sont emparez de lad® ville, et coe a présent par la paix 
conclue entre les deux couronnes ledit Charleroy doibt re- 
tourner sous Tobéissance de sa Ma^^ au moyen de quoy le 
requérant espère que vre Ex^e aura la mesme intention que 
son prédécesseur afin d'ériger aud^ Charleroy dans le faux- 
bourg un couvent a Teffect comme cy deuant, cause il se 
retire vers vre Ex^e : 

La suppliant très humblement qu'en aggréant leur esta-' 
blissement premier audit Charleroi et l'octroy et amortisse- 
ment y ensuivy, ordonner que cela ayt son efiect, et ensuitte 
de celuy assigner un lieu convenable audit faulxbourg Pour y 
édifier un couvent de son ordre, quoy faisant : etc 

Conditions remis par son Ex^^ au 
conseil priué por décret du 25. 
septembre i670. . 

Les pères capucins ayant esté admis pour s'establir dans la 
ville de Charleroy en conformité de l'octroy qu'ils en ont du 
Roy en date du 4667. 

YIs leurs sera désigné et limité la place qu'ils pourront 
occuper et bastir en la Basse-ville dud^ Charleroy qu'ils ne 
pourront en aucune manière excéder ny augmenter pour 
quelle cause ou prétexte que ce puisse estre, ny mesme 
former aucune prétention dans l'auenir pour ce sujet : 



— 30 — 

Yl sera pareillement réglé la quantité de Religieux qu'ils 
pourront auoir aud^ couvent qu'ils ne pourront aussy point 
augmenter. 

Et comme ledit establissemenl se fait pour l'assistence spi- 
rituelle des habilans et garnison dudit lieu qui sera composée 
des corps espagnols lesd» pères seront obligez d'y auoir fixe- 
ment deux pères tout au moins qui scachent la langue espa- 
gnole^ et selon les occurrences qu'il y aura des corps alle- 
mands d'autres qui scachent lad^ langue pour entendre les 
confessions et assister les uns et les autres dans le besoing : 

Et comme la subsistance dudit couvent ne scauroit bonne- 
ment eslre a la charge seule des habitans dudit Charleroy qui 
ne sont pas capables d'y furnir ; lesdits pères seront obli- 
gez auant tout de faire aparoir du district qui leur aura esté 
cédé et réglé sur le plat Pays par les supérieurs de l'ordre, 
pour leur subsistance, laquelle cession deura estre faite dans 
les formes qu'il convient sans pouvoir eslre cy après altérée 
ou reuocquée : 

Yls seront pareillement obligez de tenir un, ou deux pères 
mesme d'auantage selon la nécessité d'assiette, dans l'hos- 
pital pour assister aux malades tant de nuict que de jour. 

Copie du mandat pour la dépes^ 
che des lettres d'octroy. 

Fiant lettres d'octroy al'efTect, et soubs les conditions men- 
tionnées au décret de son Ex^e , en restraignant le nombre 
des Relligieux a sept prestres et trois frères lais, et en char- 
geant les impétfans dudit octroy de ne pas faire seulement 
apparoir de l'assignation des supérieurs de l'ordre d'un 
.district pour la queste, mais aussy du consentement des 
communaultés séculières ou cette queste se devra faire, et ils 
deuront faire apparoir desdits assignations et consentement 
respectifs au procureur gnal de Namur deuant s'eslablir à 
Charleroy .•//.• du 25^ Tbre 4679 ://: 

Cette req^ auec les conditions et 
le mandat pour la dépesche des 



— 31 — 

lellres d'oclroy accordent auec les 
originaux qui par moy secrétaire 
et trésorier des archives du conseil 
priué ont esté collalionnés auec 
cette copie authenticque, 

J.-B. Snellinclk'. 

* 

¥ • 

On remarquera que d'après ce nouvel octroi le nombre des 
religieux était restreint de beaucoup et porté de 17 à 10. 
Mais cette restriction n'avait aucune importance et une cin- 
quantaine d'années après, le couvent renfermait 27 religieux, 
comme le constate la pièce suivante que nous avons en mains 
et qui établit les obligations spirituelles imposées au couvent. 



♦ • 



La communauté est composée de vingt sept religieux dont 
sept remplissent les obligations suivantes, pour les offices. 

Monligni-sur-Sambre, tous les mois, les fêtes de Notre-Dame 
et la Passion. 

Marcinelle, tous les 3"^"" dimanche, et le cathecliisme tous 
les dimanches. 

Mont-sur-marcienne, les 2"*« dimanche^ et le jour de la 
S^Trenité. 

Marcienne, les 2°*« et 4™* le lundi de Paque, de la Pente- 
coste et S^ Etienne. 

Fontaine les 2™^ et 4™^ dimanche. 

Enderluz, le 4®** dimanche du mois. 

Lodelinsart, le 4^^ dimanche de 2 mois en 2 mois, le lundi 
de Paque, de la Pentecoste et le jour S^ Etienne: 

Jumet, le premier dimanche du mois, 

Tregenie, le 3°^ dimanche. 

Gilly, tous le jours de la Vierge et a la passion. 

Obais, le 2"^ dimanche, et a la dédicase de Sosinie, ha- 
maux. 

f . le possède la copie de cette pièce. 



— 32 — 

Roux, a toutes les fêtes de la Vierge et a la résurection. 

Pont-a-Celle, le l^'^ dimanche du mois. 

Gouie, le l^'' dimanche et unjourauxPacques. 

Loverval, les 4"™® dimanche du mois. 

D'empremy, le l*'" dimanche. 

Welenne, a toutes les fêtes de la Vierge, a la dédicasse, 
les jours des âmes et le lundi de la Pentecoste. 

Wanfersée, 4 fois par année. 

En outre un stationnaire pour Bruxelles tiré de la même 
communauté. 

Et un pour la ville : 

Un père pour le Gathéchisme. 

Un pour l'hôpital, et le faubourg. 

Les gardien et vicaire et quatre autre pour occuper les con- 
fessions. 

Quatre non occupés. 

Un claire. 

Et cinq frères laies. 



« • 



L'hôpital millitaire, construit avec la forteresse vers 1667, 
ne servit guère, car en 1687 les bâtiments abandonnés étaient 
octroyés a Etienne Gorlier pour y établir une fabrique d'é- 
toffes de laine. Telle fut l'origine à Gharleroi de cette indus- 
trie qui y fleurit pendant une centaine d'années au moins. 

Nous croyons devoir donner cet acte d'octroi qui établit à 
Gharleroi la maîtrise en ce métier et qui indique la vraie 
origine des rames dont nous avons parlé ailleurs* . 



« « 



Lettres patentes par lesqmlles sa ma^ ai accordé a Etienne 
Gorlier et consors, marchands et faiseur de draps, carfayes et 
autres estoffeSy Vhospital à Charleroy pour y faire les fils et 
fabriques. 

Charles par la grâce de Dieu, Roy de Gastille du Leon,d'Ar- 

l. Voir Notice historique sur la ville de Gharleroi par Vmmialkv, édition 
posthume par D.-A. Vam Bastelaer. p. 14. 



— 33 — 

ragon etc, à tous ceux qui ces présentes verront salut; reçu 
avons rhumble supplication et requesle de nos chers et bien 
aimez Etienne Gorlier. Marc Cartigny, Antoine et Simon Du 
bois, Nicolas Dieudonné, marchands faiseurs de draps de car- 
fayes et autres estoffes et Jean Magnier teinturier, tousraan- 
nans du pays de Lièges, contenant qu'ils souhaitteroient 
parmy quelques grâces particulières establir en noslre ville 
deCharleroy leurs fabriques, mais ne pouvant abandonner les 
lieux de leur résidence pour transférer lesdites fabriques 
sans les interrompres pour quelques temps et perdre dans le 
commerce et débit qu'ils en font, qu'en ceste considération 
leur seroit accordée par desssus les privilèges octroyés a nos 
habitants dudit Charleroy, quelques autres avantages pour 
seconder leur establissement sçavoir:que le basliment ayant 
servy a un hospital au bord de la Sambre. à présent inhabité 
leur seroit accordé gratis pour logement et y faire leur dites 
fabriques pour certains terme d'années sans y pouvoir estre 
inquiesté non plus que leurs hoirs qui continueront a faire 
lesdites fabriques a quelques prétexte ou par qui que ce 
pourroit estre. 

Que le^ réparations pour mettre le dit battiment en estât 
seroient faites a nos frais pourveu qu'elles n'excèdent les cent 
cincquant florins^ s'obligeant les suppliants parmy ce de l'en- 
tretien et rendre en pareil estât a l'expiration du terme. 

Qu'il leur seroit permis d'y pouvoir faire telles séparations 
et commodités qu'ils trouveront nécessaires pour leur loge- 
ments et fabriques et nulles gens de guerre ou autres fabri- 
queurs y pourront estre introduits, pour qu'il ne contient 
auscun logement superflus aux suppliants pourveu que nous 
fussions servy. 

De faire faire cincq rames de bois de soixante six aulnes de 
longueurs chacune sur le glacis de la contre carpe a Topposit 
du dit hospital pour y tendre et seichir leurs draps, et pour 
secours dudit teinturier, un fourneau pour assoir un chau- 
dron et autres petites choses pour poser les cuves et autres 



— 34 — 

• 

ustensiles de son mestier dont la despences n'excèderât sep- 
tente cinq patarons. 

Que pour suivre les stil et cousturaes de toutes villes bien 
policées, les suppliants jouyront aussi de tous privilèges de 
leur meslier, nommément que touls autres qui se voudroient 
establir dans la dites ville, ou ses faubourgs estants admis 
pour maîtres en quelque ville ou places seroient obliges d'y 
passer leur maistrise comme de coustume et toutes leurs 
fabriques seroient marques du plomb de notre dite ville, 
pour prévenir les fraudes dans le débit qu'ils en pourront 
faire, tant dans les pays de notre obéissance qu'estrangers, en 
suite des règlements et statuts sur ce émanés, nous supplians 
d'aggrèer les dites conditions et leur en faire dépescher nos 
lettres patentes d'ociroy en tel cas pertinents. 

Scavoir faisons que nous les choses susdites considérées et 
sur scellé en Tadvis de Don Fran<: Saizede, sergeant Gnal des 
batlailles de nos armées, et gouverneur de nostre dite ville de 
Charleroy, et de nos très chers et féaux les trésoriers gnal et 
commis de nos domaines et finances inclinant favorablement 
a la requeste et supplication des dits Estienne Gorlier Marc 
Cartigny, Antoine et Simon Dubois, Nicolas Dieudonné et 
Jean Magnier, leur avons a la délibération de nostre très cher 
et très aimé cousin Don Francisco Antonio de Âgurto, mar- 
quis de Gasuinaga chlier de l'ordre d'Alcantara, lieutenant, 
gouverneur et capitaine gnal de nos pays bas etc accorde et 
accordons gratis par ces présentes pour le terme de huit ans 
consécutifs le bâtiment ayant servy a un hospital au bord de 
la Sambre en nostre ville de Charleroi pour y loger et establir 
les machines et outils a faire les draps de carfayes et autres 
estoffes, sans qu'ils y seront inquiétés, non plus que leurs 
hoirs qui conlinuront a faire les dites fabriques a quel pré- 
texte, ou par qui que ce pourroit estre, si promettans de 
(aire furnir aux suppliants, cent et cinquante florins pour les 
ayder a mettre le dit bâtiment en estât, a charge de Tenlre- 
tenir et les rendre en pareil estât à l'expiration dudit terme 



— 35 - 

consentans qu'ils y pourront faire telles séparations et commo- 
dité qu'ils trouveront convenir, sans y pouvoir introduire au- 
cun gens de guerre ou autres fabriqueurs, par qui que ce soit, 
et feront faire cinq rames de bois de soixante six aulnes de 
longueurs chacune sur le glacis de la contres carpe à l'op- 
posit du dit hospital pour y tendre et seichir leurs draps* et 
secourir le teinturier Jean Magnier de septente cinq patacons a 
la dépense du fourneau et aultres ustensils nécessaires a tein- 
dre les draps et estoffes. 

Et jouyronslessuppliansde tous privilèges de leur mestier 
par dessus ceux que nous avons octroyés a nos habitants de 
nostre dite ville de Charleroy, et seront tous autres n'estants 
admis pour maislre en quelque ville ou place, et que se vou- 
dront establir dans nostre dite ville de Charleroi ou les fau- 
bourgs obligés d'y passsr leur maistrise comme de coustume 
consentans aussi de plus ample grâce que toutes les fabriques 
des suppits, soient marqués du plomb de nostre dite ville pour 
prévenir les fraudes dans le débit qu'ils en feront tant dans les 
pays de nostre obéissance ques estranger en suite des règle- 
ments et statué sur ce smanez, a charge aussi que les impe- 
trans avant pouvoir jouir deTeffect de ces dites présentes, se- 
ront tenus de les faire présenter tant au conseil de nos dites 
finances qu'en nostre chambre des comptes pour y estre res- 
pectivement vérifiés inthérimés et registres, comme au^si de 
les présenter a nostre dit gouverneur et contre rolleur de 
nostre dite ville, et de donner audit contre rolleur leur obli- 
gation pour le reliurement du dit bastiment en deux estât a 
l'expiration du dit terme pour la meilleur confirmation de 
nostre dite ville de Charleroy, là et aussi qu'il appartiendra. 

1. Celle concession ne tarda pas à tomber en désuélude ; mais vers 1814, elle fut 
de nouveau ociruyée sous le maire Pruuieau à quelques Tabricanls d'éioffes. Voir 
Notice hiilorique nui* Charleroi par Th. Prunieau, édition poilhume publiée par 
D.-A. Van Bastelaer, p. 14. 

Nous avons trouvé la trace de semblables concessions dans d'autres parties delà 
ville, nolammeni hofs delà porte de Muntigny ei hors de la porie de Marchiennes, 
Biais nous ue possédons jusqu'aujourd'hui aucun renseignement cerlaiu. {Note de 
l' auteur). 



— 86 — 

Si donnons en mandement a nos très chers et féaux les chefs 
président et gens de nos privé et grand conseil, gouverneur 
président et gens de nostre conseil provinciale de Namur, et 
a tous autres nos justiciers, officiers et subjects que ce regar- 
dera que de ceste nostre profonde grâce, concession et octroy 
aux charges et conditions selon et en la forme et manière que 
dit il facent souffrent et laissent lesdils impétrans plainement 
et paisiblement jouir et user sans leur faire metlre ou don- 
ner ny souffrir leur estre faict mis ou donné par qui que ce 
soit aucun trouble destôurbier ou empeschement au con- 
traire;car ainsy nous plaist il. en tesmoing de ce nous avons 
faict mettre nostre seel a ces présentes. Donné en notre 
ville de Bruxelles le vingtiesme febvrier mille six cent huic- 
tente sept et de nos règnes le vingt deuxiesme Paraphé 
Coxvtetplus bas par le Roy. Le marquis de Castanaga Lieu- 
tenant Gouverneur et Capne G^^^ et Mess. Piere François 
d'Ennetieres, marquis des Mottes trésorier G^ai du comte de 
S' Pierre Ch^r de Tordre militaire de St Jacques, et Jean 
d'Agnale Chir Sr de Goumont commis des finances et autres 
présents, signé L. Ade Claris; encore plus bas estoit écrit: les 
trésoriers Gnai et commis des domaines et finances du Roy 
consentant et accordant en. tant qu'en eulx est que le con^ 
tenu en blancq de côté soit furny et accomply tout ainsy et 
de la mesme forme et manière que sa Maté lèvent et mande 
estre faict par scelluy blancq. 

Faict à Bruxelles au conseil des dits fmances soubs les 
seings manuels des dits trésoriers G^^^^ et commis le vingt 
iesme de septembre seize-cent huiclante huit estoit signé 
Le comte de St Pierre, Ch Gaillard et F. Vander Haghen. 
Plus bas est encores escript. Ces lettres patentes sont inlhé- 
riners selon leur forme et teneur par les président et gens 
de la chambre des comptes du Roy et de leur consentement, 
enregistrées au registre des Chartres y tenu commençant au 
mois de febvrier 1687 folio 87 recto et ensuivants le vingt 
huitiesme de septembre seize cent quatre vingt huit et plus 



- 37 — 

bas : nous présents et signés F. Vander Goten L. F. deMons- 
cheau et P. Lindeclc. 

Ordre du Conseil des finances pour 

V inthérinemeni a faire gratis des sus- 

dites lettres patentes. 

Ceux des domaines et finances du Roy ont pour et au nom 
de Sa Maté par ordre exprès de son Exce ordonné et ordonnent 
par cette au président et gens de la Chambre des comptes du 
Roy d'inlériner gratis et sans en exiger aucuns droits les 
lettres patentes du 20« febvrier 1687, par lesquelles sa Maté 
al accordé a Etienne Gorlier et consors marchands et fai- 
seur de draps, de carfeyes et autres esloffes demeurans à 
Thuin, rhospilal a Charleroi pours'y eslablir et faire les dites 
fabriques au plus grand bénéfice du pays. 

Faict a Bruxelles au conseil des dites finances le 4™® sep- 
tembre 1688; esloil signé le comte de Borgeyck le comte de 
Si Pierre et F. D. Agnate \ 



» * 



Pierre Bady était le meunier de Charleroi. En vertu d'un 
octroi, il avait élevé son moulin sur laSambre'. Il resta meu- 
nier jusqu'en 1687. 

A cette époque, avec Tassentiment du seigneur Prince 
d'Isenghien, il vendit son moulin à Jean Delenne et Albert Mi- 
chaux qui, jouissant d'une grande influence, obtinrent du roi, 
le 14 janvier 1687% un octroi de banalité pour le moulin qu'ils 
se disposaient à reconstruire, en y joign^ïnl une b:itte ou 
écluse avec droit de passage pour les bateaux sur la Sambre. 

Nous allons donner cet octroi, important au point de vue 
des habitants de la ville qu'il réduisait malgré leurs franchises 
i\ l'état deba^ialité. 

1 Voir aux archives de 1 État à Bruxelles. Chambre des comptes, registre no 838 
folio 87 verso. 

2 Plusieurs plans de Charleroi que possède la société archéologique, portent 
r indication de ce moulin. 

5 Par une faute d'impression, on a imprimé 44 janvier 1667 dans la Collection 
des aclei e(c., de Charleroiy i^' fascicule, page 20 et 37. 

8 



38 - 



» • 



Lettres Patentes d'octroy cC Albert 
ilichaux et Jean Delenne, pour ré- 
rection d'une écluse^ à travers la ri- 
vière de Sombre lez Charleroi du /4 
janvier i687. 

Charles par la grâce de Dieu Roy de Castiile, de Léon, 
d'Arragon elc. a tous ceux qui cesprésentesverronlsalutreçu 
avons rhiimble remonslrence et supplication de nos chers et 
bien aimés Albert Michaux et Jean Delenne contenante qu'ils 
soubaileroyent de faire une escluse, travers la rivière de 
sambre en notre Basse-ville de Charleroi, tant pour pouvoir faire 
une inondation que pour construire des moulins à grain des 
fouleries et toutes sortes d*esto(Tes, et telles autres usines 
qu'ils trouveroyent a propos a leur proffît, et pour acco- 
moder nos sujets en leur fabrique ensemble pour y faire 
passer les bateaux avec plus de charge et facilité et ce selon 
plan dressé et aux conditions suivantes. 

Qu'il leur sera permy de faire une retenue ou batte de 
massonnerie de vingt pieds d'espesseur sans y comprendre 
le taslus qui se doit faire pardevaiit de six pieds ou environ 
et ce sur la grile, ou les François avoient dressé leur escluse 
si faire se peut, ou en tel autre endroit qui sera trouvé mieux 
convenir et d'enfermer dans la dite batte, et huist assem- 
blages avec des poutres ou en tel manière qu'on le jugera 
plus utile pour pouvoir retenir les eaux de la rivière par des 
ventailles ou sommiers à la hauteur compétente pour faire 
rinnondation le cas ce requérant, a la défence et fortification 
de la place. 

Quil leur sera permis de faire un sas joindant la dite batte 
de quatre vingt pieds de longueur et de quinze a seize pieds 
de largeur pour passer les baileaux et que les eaux sauvages 
passeront toujours au dessus de la batte. 

Qu'il leur sera permis de faireune ouverture et conduit des 
eaux de la d® rivière de trente pieds de largeur a soixante 



- 39 — 

cinq pieds de la muraille de n^^^ Basse-ville pour pouvoir 
faire moudre les moulius et faire travailler toutes les usines 
qui s'y trouveront. 

Et comme il y pourroit avoir de l'eau superflue pour 
l'usage des dits moulins et usines qu'ils auront en tel cas la 
faculté de pouvoir disposer du dit superflu et les cédera 
toutes personnes qui voudront bâtir d*autres moulins et 
usines a condition néanmoins que les eaux ne seront retenue 
par aucun des d^* moulins et usines, qui pourroient inté- 
resser la navigation au dessous de la d^® escluse n'y aussi 
que les batleliers pourront ouvrir la porte du sas, qu'ils ne 
soyent montés avec leurs bateaux au pont. 

Que pour pouvoir construire et ériger les baliments et 
édifices nécessaires pour les dits moulins et usines, il sera 
designé et par nous accordé a perpétuité et a leur hoirs ou 
ayant cause ce terrain competant dans notre Basse-ville de 
deux cent et soixante pieds de longueur et de cent et qua- 
rante pieds de largeur plus ou moins. 

Qu'ils feront toute la dépense de matériaux et mains 
d'œuvre nécessaire pour l'exécution et construction tant de 
la dite batte retenue des eaux du sas des escluses des mou- 
lins verilaibles que de toutes autres appartenances, moyen- 
nant que leur soient accordé certaine quantité de chesnes a 
prendre dans nos forets les plus voisines du dit Charleroi, 
moitié de plus gros, moitié de médiocres. 

Que pour secourir les entrepreneurs d'un ouvrage si im- 
portant à notre ditle ville et forteresse de Chaileroi nous 
leur ferions donner six cent cinquante patacons payables au 
mois de mars prochain. 

Que les dites battes escluses et usines leur appartiendront 
a perpétuité et a leurs hoirs et ayant cause, sans qu'ils pou- 
ront estre inquiestés empescher en la jouissance, sur quel 
prétexte que ce pourroit estre et que celles seront entretenues 
et dirigées par eux en estât de service. 

Qu'en considération que ces machines sont exposées a souf- 



— 40 — 

frir des grands dégâts et dommages par les eaux sauvages, 
glaçons et autres accidents et ensuite sujettes a des entreliens 
et réparations fort Trayeuses il leur sera permis de lever et se 
taire payer trente sols de chasque batleau chargé qui passera 
par la dite escluse et sa cliaisne qu'ils y lenderont, et de 
ceux qui n'auront que demy charge quinze sols et de ceux 
passant a vuide douze sols sans que leur y soit fait ou donné 
ny a leurs hoirs ou ayant cause aucun empeschement. 

Et comme il ne seroil pas raisonnable qu'un particulier 
sexposeroil une si grande dépense pour no^»"® service et utilité 
publicq sans en pouvoir tirer quelque prosfit et revenus pro- 
portionné, qu'il sera défendu a tous nos habiians de la haute 
et basse ville de Charleroi et faubourgs qui ont jouy et 
jouissent des privilèges par nous accordés a noire dite ville 
de Charleroi de se pouvoir servir d*aulres moulins a grain 
que de leurs et que le pas de cheval sera inlerdit à tous 
meulniers estrangers et que les grains qui se devront faire 
moudre par les munilionnaires de nos vivres se feront a 
leurs dits moulins. 

Que les suppliants et leurs boires ou ayant cause jouiront 
a perp^Huilé de toutes exemptions comprises et privilèges 
accordés aux d^" de Charleroi et des frais de ville. 

Qu'arrivant que par une attaque latlite escluse viendroit 
a êlre rompue quelle sera reparée de par nous. 

El comme pour faire une innondalion il sera besoin de 
quarante cinq sommiers chacun d'en pied carré et de dix 
sept de longueur pour mettre entre chaque assemblages de 
Tescluses qu'iceux demeureront a nostre charge pour estre 
tenus en referme en nos magasins ou autres lieu que nous 
jugerons a propos pour s'en servir, quant il sera besoin. 

Nous supplians d'a^greer les d^e» conditions et leur en 
faire dépesiher nos leltres patentes d'ociroy en tel cas perti- 
nent, scavoir faisons que nous les choses susdit considérée 
et sur icelle en l'advis, tant du lieutenant genai de notre 
arlilerie et ingénieur Jean Boulangier que de don Francisco 



- Ai - 

deSalcedo sergeant gen^^de bataille de nos armées et gou- 
verneur de nostre dte ville de Charleroy, et nos 1res chers 
et féaux les trésoriers genai el commis de nos domaines et 
finances, qui ont entendu aupréallable noslre très cher et 
féal Gaslanaga aux causes finales de noire conseil princ»! in- 
clinans favorablement a la req'e et supplication des diis 
Albert Michaux et Jean Delenne. 

Leur avons a la délibération de no^^e trè:s cher et trésainié 
^ cousyn dont franco Ant^ de Agurto, marquis de Gastanagra 
CW'c'' de Tordre d'Alcanlara lieutenant gouverneur et Capn*? 
gnai de nos Pays-Bas etc. permis octroyé et consenty, per- 
mettons octroyons et consentons par ces pntes ^ qu'ils puissent 
et pourront ériger la d^^escluses travers la rivière de Sambre 
en notre Basse-ville de Charleroy, et y construire des mou- 
lins a grain et a des fouUeries pour toutes sorte d'estofle, et 
telles autres usines qu'ils trouveront a propos. 

Consentant quils puissent faire une retenue ou batte de 
massonnerie de vingt pieds d'espaisseur sans y comprendre 
letallu, et ce sur la grille ou les François avaient dressé leur 
escluse ou en tel autre androit quil leur sera désigné, et 
d'enfermer dans la dite batte huit assemblages avec des 
poutres ou autrement comme on le jugera plus utile pour 
pouvoir retenir les eaux de la rivière par des venlailles ou 
sommiers a la hauteur compélante pour faire Tinnondation 
le cas ce requérant a la défence et fortification de la place, 
comme aussi de faire un sas joindant la d^^ batte de quatre 
vingt pieds de longueur et de quinze a seize pieds de largeur 
pour passer les batteaux et les eaux sauvages, toujours au 
dessus de la batte. 

Et de faire une ouverture et conduict des eaux de la dite 
rivière de trente pieds de largeur, a soixante cinq pieds de la 
muraille de nostre dite Basse-ville pour pouvoir faire moudre 
les moulins et faire travailler toutes les usines qui s'y trou- 
veront a condition de diriger l'ouvrage suivant ce que no**® dit 
Lieutenant Gn»^ et ingénieur Jean Boulangier désignera a la 



— 42 - 

parlicipalion du gouverneur de nostre d^® ville de Charleroi 
si leur accordons la faculté de pouvoir disposer du superflus 
de Teau pour Tusage des dts moulins et usines, et les céder 
a toutes personnes qui voudront bâtir d'autres moulins et 
usines a condition que les eaux ne seront retenues par 
aucuns des d^" moulins et usines pour intéresser la naviga- 
tion au dessous de ladite escluses et que les batieliers ne 
pourront ouvrir la porte du sas, qu'ils ne soyent montes avec 
leur batteau au pont. 

Et pour pouvoir construire et ériger les bâtiments et édi- 
fices nécessaires pour les d'* moulins et usines, avons cédé 
et cédons a perpétuité par cettes aux suppliants leurs hoirs 
ou ayant cause, le terrain dans n^^ d^e basse ville, de deux 
cent soixante pieds de longueur et de cent quarante pieds de 
largeur plus ou moins selon que leur sera designé par n^^e 
d^ lieutenant G"«* et ingénieur Jean Boulangier a la partici- 
pation n^r® d^ gouverneur de Charleroi. A charge de faire 
toute la dépense des matériaux et main d'oeuvre nécessaires 
pour l'érection et construction tant de la d'® balte retenue des 
eaux du sas des escluses des moulins, venlailles que de toutes 
appartenances leur accordant a cet effect le nombre de cent 
et trente cinq chesnes, partie gros, partie médiocre a prendre 
hors de nos forests les plus voisines dudit Charleroi qui 
leur seront désignez et marquez par commissaires qui seront 
a ce dénommes a condition de porter les frais des ameuble- 
ments et chariage et profiteront en cette considération des 
culals coupillRS et branchages et feront payer aux d^ Albert 
Michaux et Jean Delenne pour le quinzième de Mars prochain 
«ix cent cinquante patacons de secours pour les d^ ouvrages. 

Déclarons en outre que les d'e* baltes escluses et usines, 
appartiendront a perpétuité aux suppliants, leurs hoirs ou 
ayant cause sans pouvoir estre inquiété ny empescher dans 
la jouissance sur quel prétexte que ce puisse être en les 
entretenant et dirigeant de par eux en estât de service. 

Et pour subvenir aux frais de l'entretien et réparation aux 



— AS - 

quelles dts ouvrages seront exposes et sujets nous permet- 
tons aux suppU» qu'ils pourront lever a leur profit vingt 
quatre sols d'une barque chargée qui passera la d^® escluse 
et la chaisne, douze sols d'une vuide, douze sols d'une 
nacelle chargée et six sols pour une vuide parmy quoy 
cessera le droit qu'on y levé présentement ou se pourroit 
lever. 

Si défendons a tous nos habilans de la Haute et Basse-ville 
de Charleroy et leur faubourg qui ont jouy et jouissent des 
privilèges que nous leur avons accordé de se servir d'autres 
moulins que ceux que feront ériger les d^ suppl^^des aussi- 
tost qu'ils seront en estât de moudre et interdisons dès a 
présent pour lors le pas de cheval a tous meulniers étran- 
gers. 

Voulons et mandons que les grains qui se devront faire 
moudre par les munitionnaires de nos vivres le soyent d'icy 
en avant aux moulins des dilssupp^^ le tout sans préjudice de 
nos moulins a peine de confiscation. 

Si jouiroat les supp*> leurs hoirs et ayant cause a per- 
pétuité de touts exemptions comprises et privilèges accordés 
aux dits de Charleroy au pied que les habitants dMcelle en 
jouiront, ainsi que des frais de ville et promettons de 
prendre a n^i^e charge la réparation de la dite escluse si elle 
venait a être rompue la place estant attaquée et point 
emportée; a condition que tous les ouvrages estans bien 
et deuemens achevez en la forme et manière que dessus, les 
suppliants en feront former une carte figurative pour estre 
gardée eil n^"^® Chambre des comptes et une autre par n^^^* 
contrôleur des fortifications au dit Charleroy le tout a leur 
frais et dépens et payeront en reconnaissance des d'" cessions, 
donnations et octroys a n^'"® profict une rente ou cens perpé-- 
tuel de douze livres du prix de quarante gros monnaye de 
Flandre la livre par an a n^^^ recepte gnat^ de Namur a charge 
que les impetrans avant pouvoir jouir de l'effect nos d^ 
pDtes seront tenus de les faire présenter tant au con&e- 



— U — 

des nos finances, qu'^n nostre chambre des comptes pour 
y estre respeclivement vérifiées inlerimees et registres, comme 
aussi de les présenter a ntre Jt gouverneur et controlleur a la 
confirmation de nos droits hauteurs et autorité, et pour la 
meilleur confirmation de nire ville de Charleroy la et ainsy 
qu'il appartiendra. Si donnons en mandement a nos très 
chers et leaux les chef président et gens de nos privés et 
grand conseil gouverneur président et gens de n*re Conseil 
provincial de Namur et a tous autres nos justiciers, officiers 
et sujets que ce regardera que de cette notre présente grâce, 
concession et donnalion et octroy aux charges et conditions, 
selon et en la forme et manière que dit est, ils facent souffrent 
et laissent les dts impetrans plainement et paisiblement jouir 
et user sans leur faire mettre ou donner, ni souffrir leur 
estre fait mis ou donné par qui que ce soit aucun trouble 
destourbier ou empeschemenl au contraire, car ainsi nous 
plaît. 

Et en tesmoing de ce, nous avons faict mettre n^^e scel a 
ces présentes, donné en ntre ville ds Bruxelles le quatorzième 
■de Van de grâce seize cent quatre vingt et sept el de nos règnes 
le vingt deuxiesme, paraphé Blon Vt et plus bas par le roy, le 
marquis de Castanaga lieutenant gouverneur et cap»e Gna^® elc 
Messes Phpe Fran» d'Ennelieres marquis des Mottes trésorier 
Gnie le Comte de S' Pierre Ch^Jer de Tordre militaire de 
St Jacques et Jean Dognale CW^s Seigur de Gomon commis 
des finances et autres présents signé A. Claris si est encore 
escritles trésorier gn^® et commis des dommaines et finances 
du roy consentent et accordent en tant qu'en eux e^ que le 
contenu au blancq de cette soit fourny et accomply tout 
ainsy et en la même forme et manière que sa Ma^® le veut et 
mende estre fait, par iceluy blancq faict a Bruxelles au Con- 
seil des dites finances sous les seings mannuels des d^» tré- 
sorier gni et commis le trente uniesme de Tan seize cent 
quatre vingt sept, estoit signé P. F. d'Ennetiere, le comte de 
St Pierre, J. Dognale y estant encore escrit, ces lettres pa- 



— 45 - 

lentes d'octroy sont internées selon leur forme et teneur pat- 
les présents et gens de la chambre des comptes du Roy et de 
leur consentement enregistrés au reg*"^ des Chartes y tenu 
commançant le 28 d'août 1680 folio 305 verso et en avant le 
premier de febvrier seize cent quatre vingt et sept plus bas 
nous présent signe G. Vander Goten, ODognate et PMoniot. 

Le suivant se trouve en marge au commencement de 
l'acte. 

Avoir rapporté du 8 et 29 9bre 1725. 

A voir par les effets du présent octroi la restriction en 
iia^^ du 12 janvier 1770 ou est joint un avis du dit Pro- 
cureur Gnal de Namur Du Paix du H yP"^^ 1769, très éten- 
du, il y est joint entre autre pièces un règlement du 7 janvier 
1755* décrète au cons^® privé sur la police et direction des 
moulins de CharleroiV 

Item a voir deux rescription du même jour 23x*>re 177^ 
relatives au présent octroi, Tune sur recour du vicomte de 
Desandrouin qui en est le propriétaire, et l'autre sur req^*'^ 
du tanneur Ingelbien pour ériger un moulin a escorces, a la 
suite se trouvant deux plans des établissements du vicomte^. 



* « 



La demande présentée pour obtenir cet acte d'octroi avait 
été habilement rédigée, présentant au roi l'érection des 
moulins comme un bien public et un accommodement pour 
les sujets de S. M. Or, on avait « trompé la conscience y> des 
habitants de Charleroi, lit-on dans une réclamation que firent 
plus tard les habitants. 

Ce qui est vrai, c'est que cet octroi de banalité fut soigneu- 
sement tenu secret jusqu'à l'érection complète des moulins et 
même plus tard, jusqu'au moment d'en réclamer l'exécution 
de la part des habitants en 1692. 

1 Voir ce règlement ci après. 

2 Voir archives de TÉtat à Bruxelles, Chambre des comptes, registre n» 837 
folio SOS verso. 



— 46 — 

Pour atteindre ce but, Delenneet Michaux étaient parvenus 
à empêcher toute information préalable^ toute enquête ou 
demande d*avis au conseil du roi ni au magistrat de la localité, 
relatives à Tobtenlion de leurs lettres; puis ils avaient fait 
enterriner ces lettres, non au Conseil privé ni à aucun autre 
Conseil de justice, ce qui .eût été nécessaire et ce qui n'au- 
rait puse faire qu'après avoir entendu les parties intéressées 
et les raisons de leur opposition , mais simplement au Con- 
seil de finance, ce qui avait permis d'éviter toute instruction 

de l'affaire. 

Mais quand les meuniers voulurent exercer leur droit de 

banalité et défendre en ville le pas du cheval aux meuniers 

étrangers, il s'éleva un cri unanime de réclamation et de 

colère. 

Aussitôt le magistrat adressa un mémoire daté du 25 août 
1692 au roi Charles II, invocant les franchises et les privilè- 
ges delà commune accordés par le Souverain. Delà débats 
nombreux ! 

Le 25 janvier 1693, l'affaire fut renvoyée au Grand Conseil 
de Malines où elle resta longtemps en suspens, la guerre étant 
intervenue et la ville ayant passé sous la domination française 
pendant la même année. 

Les meuniers ne se firent pas faute de profiter de ces longs 
délais. 

Le 20 7**^e 1697, après la paix de Risiwy ckles meuniers crai- 
gnant une issue défavorable pour leur procès, demandèrent 
au roi que ce procès fût supprimé*. Mais cette requête, ren- 
voyée le 22 janvier 1698, à l'avis du Grand Conseil n'eut pas 
le résultat attendu et le 26 juin un décret sortit ordonnant 
de presser la marche du procès. 

Un premier arrêt fut porté le 17 8^" 1698 en faveur des 
habitants de Charleroi. 

Michaux était mort et sa veuve soutenait alors le procès 
avec Delenne. Ils interjetèrent appel. 

i Admirable confiance au pouvoir de Tarbitrairc du souverain à celte époque ! 



- in — 

Les débats recommencèrent avec plus d'activit-î et d'acri- 
monie de part et d'autre. 

Dans leurs mémoires, le magistrat de Charleroi fit voir entre 
autre chose que les moulins ne pouvaient suffire aux habi- 
tants, surtout quand il y avait garnison, et surtout encore, 
quand ils étaient inondés, ce qui arrivait aux grandes crues 
de la Sambre. 

On y dévoila l'arbitraire et Tinsatiabilité des meuniers qui 
€ pendant les années de famine ont traité indignement le 
peuple et levé les moutures de leurs grains, des brays et 
meulnées en nature sans les vouloir recepvoir en argent 
comme faisaient les meuniers circonvoisins, en telle manière 
que le produit des dites moutures sur un bray de huit muids 
at raporté aux d^* Delenne et Michaux jusqu'à douze, seizes ou 
dixhuit florins (tant les grains estaient rares et d'un prix 
excessif) ou les meuniers circonvoisins moulaient dans leurs 
moulins au prix de douse ou quatorze escalains ou au plus à 
4 fl. 16 pat. pour les brays ». 

On accusa même les meuniers c étant infatués de leurs 
octroys et des richesses qu'ils ramassaient > d'employer la 
violence contre les meuniers étrangers dont ils prenaient les 
chevaux et les faisaient vendre et empêchaient même les bour- 
geois d'aller avec leurs propres chevaux porter au dehors 
leur grain à moudre. 

Enfin € ces maîtres meuniers et leurs valets gouvernaient 
les moulins sansordre. Ceux qui donnaient leplus étaient ceux 
qui estaient le mieux servis ; mais toujours avec peine, les 
valets debvant aussi estre recompensés grassement » encore 
les meunées et les brays étaient ils perdus ou échangés dans 
le moulin,lamouture était malfaite ou retardée de longs jours 
par négligence ou mauvaise volonté, au grand détriment 
du client, la farine était mauvaise ou en partie soustraite. 

Ce procès, interminable comme tous les procès au siècle 
dernier, continua longtemps sur le même pied. 

Nous rencontrons encore au commencement du 18* siècle 



- -48 - 

des mémoires du magistrat, mémoires où il rappelle de nou- 
veau les franchises de la ville violées par les meuniers, au 
mépris des privilèges de Charles II, de Louis XIV, de 
Philippe V, etc. On y invoque entre autre la joyeuse entrée 
de ce dernier roi lors de son avènement au trône, après la 
mort de ('«harles II. Joyeuse entrée dont Tart. 58 c confirme 
a toutes villes franchises et a tous autres, tous droits, 
libertés, privilèges, coutumes, usages et observance qu'ils 
ont et qui leur ont été donnés, concédés et sellés par ces 
ancêtres et dont ils ont jouys, usés et pratiqués avec pro- 
messes sûres de les tenir tous en général et chacun en par- 
ticulier fermes stables a toujours sans les enfraindre ou y 
contrevenir, faire n'y soufrir y estre contrevenu en aucune 
manière. t> 

a S. M. leur promit bien plus quelle n'alléguerait et ne 
ferait oncq alléguer ni mettre en avant qu'elle ne serait 
tenue d'observer lesdites libertés, droicts, privilèges, cou- 
tumes, usages, et observances, ce quelle jurai formellement 
sur less^ évangiles, art. 59 de la dite joyeuse entrée. 

€ De sorte qu'il est constant que s.i dte majté non plus 
S. A. S. E. qui en est cessionnaire, après la concession des 
privilèges à ce peuple nouveau, après tant de traictem^^ favo- 
rables et après le serment si solennelle preste à sa joyeuse 
entrée, n'ont jamais eu l'intention d'oster leurs bienfaits ny 
de priver leurs subjets de leurs usages et libertés, i^ 

On rappelait dans ce mémoire que l'entretien de la batte ou 
écluse qui incombait aux meuniers, comme prix de l'octroi 
accordé, avait été lellemenl négligé, que dès l'année 1690 le 
roi voulant mettre la place en état de défense avait été obligé 
de refaire à neuf à ses frais la batte et l'écluse, ce qui devait 
entraîner l'annulation des droits de meuniers qui avaient 
manqué à leurs obligations. 

On rendit en effet la batte proprement dite et son entretien 
à la ville en lui accordant le droit de 30 sols à lever sur les 
bateaux au passage de ^écluse^ 

1. Voir Collection etc., 3« fascicule, p. 31 et suiv . 



- 49 - 

Quant au droit de banalité, il ne fut pas décidé et con- 
tinua de rester en litige ; mais les meuniers le perdirent de 
fait. Les habitants ne s'en soucièrent plus et il finit par 
tomber à peu près en désuétude. 

Du reste les moulins eux-mêmes chômaient la plus grande 
partie du temps par suite d'un incident remarquable. 

En Tannée 1704, Nicolas Moreau avait obtenu l'octroi d'é- 
' lever une fabrique d'armes* en ville. Cette usine fut cons- 
truite vers l'an 1709 et dés lors l'usage des moulins fut 
rendu impossible par suite de l'importance de la prise 
d'eau de cette usine. Cette prise d'eau enleva presque entiè- 
rement le courant du moulin qui se trouvait à la même hau- 
teur sur la Sambre. 

Moreau était bailly de la Ville-Basse et il pouvait à peu 
près en ville tout ce qu'il voulait. C'était le coup de mort 
pour les moulins Delenne et Michaux. 

De là, réclamation et procès nouveau' qui finit par une 
transaction signée le 1^"^ août 1737, par laquelle Jean De- 
lenne, François-Louis Puissant et Charles de Serret, pro- 
priétaires des moulins, les mirent en société avec la fabrique 
d'armes de Nicolas Moreau qui elle-même n'avait pas réussi. 

Deux années après, en 1739, le vicomte Jacques Desan- 
drouin^ achetait toute la propriélé,maisils'occupabeaucoup plus 
desusinesmétallurgiquesque des moulins. I^lependant après le 
siège de 1746 il fit faire de grands travaux pour les remettre 
en élat. 

Dès lors reparurent les discussions à propos du droit de 
banalité. 

Le vicomte réclama le droit exclusif de moudre pour les 
habitants de la commune à l'exclusion de tout autre. Il se 



1. Voir Colleeiion elc, i*' fascicule pa^e 37. 

3. Ces procès mulli pli es ruinaient la ville déjà obérée. Elle ne savait à- quel 
saint se voaer, et en 1719 elle faisait en une fois dire pour 10 fl. de messes 
par les capucins de la ville pour obtenir gain de cause dans les divers procès où 
elle était engagée. (Comptes de la ville aux archives communales.) 

3. Père du grand Chambellan. 



— 50 — 

basait sur l'oclroi de 1687 que nous avons donné et qui ne 
laissait aucun doute sur ce point. 

L'article 10 disait < Si deffendons a tous nos habitants de 
la Haute et Basse-ville de Charleroy et leur faubourgs qui ont 
joui et jouissent de privilèges que nous leur avons accordé de 
se servir d'autres moulins que de ceux que feront ériger les 
obtenleurs de Toctroi dès autant qu'ils seront en état de 
moudre, t 

L'avis que le procureur général du conseil de Namur donna 
le19xbre 1754 sur les faits du procès, constatece qui pré- 
cède, mais il constate en même temps cette vérité que les 
habitants de Charleroi n'ont jamais admis ce droit de bana- 
lité et s'y sont toujours soustraits autant qu'ils ont pu. 

Le seigneur d'isenghien fui mêlé au nouveau procès avec 
le magistrat de la ville. 

L'autorité voulut vider la difficulté en promulguant un 
règlement particulier pour les moulins banaux de Charleroi, 
le 7 janvier 1755. Naturellement la grande influence de 
Desandrouin était parvenue à dicter le sens de ce règlement, 
comme on va le voir. 



« « 



A son excellence. 

Remontre en tout humilité et respect Jacques vicomte de- 
sandrouin seigneur d'Eppegnies, Lodelinsart et grand Bailly, 
établi par sa Majesté es villes et faubourg de Charleroy, qu'il 
a acquis de Ch. Serret la moitié des moulins de Charleroy 
passé plusieurs années, et dernièrement l'autre moitié de 
Jean Delenne, dont il y a cinq tournants sur le terrain de la 
Ville-basse et deux sur le grand étang, terrain de la Ville- 
Haute de Charleroy, que pour raison de ces transports, l'of- 
ficier du Prince d'Isenghien l'a attrait pardevant sa cour 
pour être payé des droits seigneuriaux a cause desdits deux 
derniers tournants, que pour ce le remontrant s'est adressé 
a son altasse royale afin qu'elle serait servie d'évocquer ces 



- 51 — 

causes pardevant elle, ou son Conseil privé, pour les raisons 
déduites par sa requête du deuxième de mars 1752, qu'il a 
élééconduit de sa demande par apposlille du dix huitième de 
mais 1753 ici jointe sub A. en conséquence de quoi il serait 
entré en liquidation avec l'officier dudil prince d'Isenghien, 
pour les tournants dudit grand étang, qui ne veut s'en con- 
tenter, mais veut les extendre sur les battes et escluses, qui 
traversent la rivière de Sambre, pour autant qu'elles seraient 
construites en partie aussi sur le terrain de la Ville-Haute. 

Il se fonde apparemment sur ce que le remontrant a été 
éconduit de la demande qu'il avait faite par lad^^ requesle, 
mais en vain, car il ignore les privilèges accordés aux 
autheurs du remontrant par l'octroi ci-joint subB, ou il est 
dit article premier que lad^^ batte et retenue des eaux de la 
Sambre, doit être a une hauteur compélante pour faire l'i- 
nondation le cas le requérant a la défense et fortification de 
la place. 

Que par l'article sisieme dudit privilège le souverain dé- 
clare que ces ouvrages appartiendront a perpétuité aux au- 
theurs du remontrant et leurs aiant cause sans pouvoir être 
inquiétés, ni empêchés dans la jouissance sous quel prétexte 
que se puisse être, en les entretenant et dirigeant en état de 
service, ce qui a été exécuté de leur part avec la dernière 
exactitude et principalement pour autant que le service de 
sa Majesté le requérait. 

Et comme il était aussi juste qu'équitable que les autheurs 
du remontrant auraient joui du contenu dos grâces du sou- 
verain qui lui auraient été souvent disputés par ceux du Ma- 
gistrat de Chaileroi, ils se sont souvent adressés en faisant 
conster de la dépense qu'ils étaient obligés de faire pour 
soutenir ces ouvrages propres a l'inondation et aux fortifica- 
tions de la place, et par les pièces ci jointes sub litteris 
C. D. E. F. G et II par les quelles il appert aussi que l'offi- 
cier du prince disenghien n'est pas en droit d'extendre 
les droits seigneuriaux sur les parties qui servent a la 



T- 52 — 

fortification de la ville, d'autant moins encore que par 
l'article neuvième de l'octroi ci-dessus joint sub B, Sa Ma- 
jesté a pris a sa charge la réparation de laditte écluse, si 
elle venait a être rompue la place élant attaquée et point 
emportée. 

Le remontrant a aussi Thonneur d'exposer qu'il a fait des 
dépenses très considérables depuis te dernier siège de Char- 
leroy, pour rétablir lesdites battes et les écluses détruites 
pour avoir souffert près de deux ans la grande inondation, 
comme aussi pour rétablir presque de fond en comble sept 
tournants a farines le tout pour qu'il soit en règle au contenu 
de ce a quoi il est obligé par ledit octroi. 

En quelle conséquence la justice et l'équité veuillent qu'il 
jouisse aussi sans aucun trouble de tous les avantages qui 
lui sont concédés par le même octroi et nomément par l'ar- 
ticle huitième défendant a tous habitants de la Ville-haute 
et Basse et leurs faubourgs, de se servir d'autre moulin, et 
lep&sde cheval a tous meuniers de dehors la ville a peine de 
confiscation etc. 

Et comme malgré la prohibition, portée par ledit article 
huitième lesdits meuniers de dehors la ville s'émancipent de 
chercher des grains desdits habitants et de leur ramener les 
farines, sujet que le remontrant prend son très humble re- 
cours vers votre Excellence. 

Le suppliant très humblement que son bon plaisir soit 
premièrement de déclarer, que le prince d'Isenghien ne 
peut exiger ni exercer aucuns droits seigneuriaux ni autres 
sur les dites battes d'eau et écluses, quoi qu'elles fussent en 
partie construites sur le terrain de la Ville-haute de Charle- 
roy, avec ordonnance de faire cesser toute molestation et 
procédure a cet égard. 

Secondement réfléchissant, l'article huitième dudit octroi 
de déffendre autrefois a tous meuniers de dehors la ville de 
chercher dans les dittes villes et faubourg des grains pour 



•— 53 — 

moudre et d'y amener aucunes farines, a peine de confisca- 
tion de leurs chevaux ou du grain ou farine. 

C'est la grâce elc. 

Signé J.-B. CoLLiN 
avec paraphe 

Le 30 août 1753. 

S'ensuit le décret, 

SonAllesse royale ayant eu rapports de celte requête el 
de Tavisque le Conseiller procureur gnal de Namur y a rendu, 
a déclaré comme elle déclare de l'avis du Conseil privé de 
S. M. que le Prince d'Isenghien ne peut exiger ni exercer 
aucuns droits seigneuriaux sur les baltes d'eau et écluses ci 
mentionnées, quoiqu'elles fussent construites en partie sur le 
terrain de la Ville haute de Charleroy, lui ordonnant de faire 
cesser toute difficulté a cet égard. Défend S. A. R. a tous 
meuniers de Charleroy de chercher dans la dte ville et ses 
faubourgs des grains pour moudre et d'y amener aucunes 
farines, a peine de confiscation de leurs chevaux et des 
grains ou farines qu'ils auront ainsi cherchés ou amenés ; a 
charge et condition que le suppliant observant fera observer 
exactement le règlement qu'il a plu a S. A. R. de décréter 
aujourd'hui pour la meilleure direction des moulins de Char- 
leroy, laut ceux construits sur la Sambre que celui qu'est sur 
le Grand-étang ; lequel règlement sera envoie au magistrat 
de ladte ville pour être publié et affiché a la manière accou- 
tumée ; de tout quoi il sera écrit lettre d'averlance au Con- 
seillier procureur Gnal de Namur, fait à Bruxelles le 7 jan- 
vier 1755. Paraphé îtienh, V signé Charles de Lorraine plus 
bas : par ordonnance de son Altesse royale Contresigné J.-B, 
Misson. Concorde a l'original test P. Bourdon notaire 1755 
Nous les echevins du Magistral de Charleroy certifions en 
faveur de justice et vérité que Pierre Bourdon qui a authen- 
tiqué et signé la copie de l'autre part est notaire publique 
de la résidence de cette ville, et qu'a toutes copies par lui 
ainsi authentiqué et signé on y ajoute pleine foy et créance 



- 54 -^ 

tant en jugement que dehors, en témoin de ce avons requis 
un de nos échevins de sonssig^ner celte et y fait apposer le 
seel de la ditte ville ce six may mil sept cent cinquante 
cinq. 

Par réquisition 

Lahbrechts* 
Locus sigilli'. 

* 

S'eiisuit le règlement. 

De par l'Impératrice Reine, règlement pour les moulins de 
la ville de Charleroy. 

Sa Majesté trouvant qu'il convient de pourvoir a la bonne 
police et direction des moulins de Charleroi tant de ceux qui 
sont construits sur la Sambre que de celui qui est sur le 
Grand-étang, après avoir entendu sur la matière le Cons- 
Procureur général de Namur a déclaré et ordonné, coe elle 
déclare et ordonne, par avis de son Conseil privé et a la dé- 
libération etc, 

1 

Que lesd. moulins seront entretenus en bon état, et que 
chaque année visitteen sera faite par quelque comis dn Magis- 
trat afin que Ton soit certain que les grains des habitants des 
villes et faubourgs pourront être bien moulus. 

Qu'il y aura un maître valet établi uniquement par le Ma- 
gistrat sans le concours, aveu n'y consentement du meunier, 
lequel valet pourra seul prendre la mouture en se servant à 
cet effet des mesuresdûmentjaugées et scellées par le comis 
ordinaire du Magistrat. 

3. 

Que les meuniers ne pourront laisser entrer aucune pouilte, 
chapon, porcq leur appartenant dans ledit moulin afind'évi- 

1. Voir aux archives de TÉtat à Bruxelles, Conseil privé, carton n» 921. 

t. Le sceau de Charleroi est ici apposé en nielle blanche, sous papier blanc. 
G'esl le sceau au liun namurois que nousavons décrit dans la publication intitulée: 
Les armes et les sceaux de Charleroi. 



— 55 - 

ter tout sujet de suspicion et de plainte ; a peine de douze 
sols pour chacune fois et pour autant de bêtes qui seront 
trouvées en conlravenlîon, a appliquer, un tiers a Tofficier 
exploiteur, un second au dénonciateur et le troisième aux 
pauvres du lieu. 

4. 

Que le meunier ne pourra prendre la mouture des meu- 
nées plus haut qu'au 16®. 

5. 

Qu'à l'égard des brais, il sera levé trois liards du selier sans 
pouvoir l'excéder sous quel prétexte que ce soit. 

6. 

Que les fermiers seront tenus d'aller quérir les meunées et 
les ramener, fussent-elles petites ou grosses, a peine que pour 
leur déffaut de faire pendant vingt-quatre heures, ceux a qui ce 
meunées apartiendront pourront les faire moudre ou bon leur 
semblera. 

7. 

Que les meuniers devront aller trois fois par semaine*par 
tout le ban. et avoir suffisamment des chevaux, chariots ou 
charettes, pour menner le grain, et ramenner la farine. 

8. 

Qu'ils devront avoir poid et balance dùement ajustées et 
scellées pour peser le grain devant et après les avoir moulu 
si ceux a qui ils appartiennent trouvent a propos de s'assurer 
par cette voie qu'on ne leur a pas fait tort. 

9. 

Que les meuniers devront moudre les grains des sujets ban- 
nierspar préférence à tous autres, a peine que différent pen- 
dant vingt quatre heures de ces moudre, les dits sujets pour- 
ront faire moudre leur grain par tel meunier et où ils trouve- 
ront bon. 

10. 

Et affin que les dits sujets soient d'autant plus assurés 
d'être bien servis aux dits moulins^ S. M. interdit aux meu- 



- 56 - 

niers de dissiper Teau a un autre usage qu^aux moulins ^inoa 
lorsqu'il sera évident qu'en s'en servant a autre chose les dis 
moulins n'en manqueront pas, excepté toutes fois lorsque le 
service Je sa Majesté pourra l'exiger et que par autorité supé- 
rieure il sera ordonné .aux dits meuniers de s'en servir autre- 
ment. 

H. 

Qu'en conséquence du premis il est interdit a tous meuniers 
étrangers de venir battre le fer et chercher les grains des dts 
habitants de la ville et faubourg de Charleroy pour les moudre 
dans leur moulin et de les ramener a peine de confiscation 
du cheval, chariot ou charette et dudt grain ou farinne, si 
non dans les cas de négligence desdils meuniers de Charleroy, 
comme a été dit cy dessus et qu'iceux seraient en déffaut d'al- 
ler chercher les meunées, brais et pendant 24 heures. 

12. 

Se réservant S. M. d'augmenter le présent règlement lors- 
qu'elle le trouvera convenir au bien et avantage désdits habi- 
tants, autorisant ceuxdu Magistrat delà ditte ville de décider 
sommairement tous les cas de difficulté que se présenteront 
entre les dts habitants et les dis meuniers au sujet de la né- 
gligence oudélTaut et contravention de ceux-cy aux obligations 
leur imposée^ par ce règlement. 

Mande et ordonne S. M. à tous ceux qu'il appartiendra de 
se régler et conformer ponctuellement au contenu du présent 
règlement et au Magl de Charleroy de le faire publier et 
afficher à la manière accoutumée et de veiller à son exécu- 
tion. 

Fait à Bruxelles le 7 janvier 1755. 



« » 



Ce règlement souleva un toile général chez les habitants de 
la ville, réclamant l'exercice de leurs privilèges quieussentété 
violés si on les eût faits baniers ou dépendants de moulins 
banauXy c'est-à-dire habitants de la circonscription ou dnban 
de cette sorte de moulins. 



— 57 — 

Où pélilionna, on força le magistrat d'intervenir pour de- 
mander la révocation du décret royal et du règlement qui 
précédent. Le magistrat s'exécuta sans retard. 

Le vicomte Jacqpes Desandrouin fît signifier par le notaire 
Bourdon au magistat d'avoir à publier et aflicher le décret 
et le règlement conformément à son contenu. 

Le Magistrat lui signifia par le notaire Molle qu'il s'oppo- 
sait à ce décret comme contraire aux droits des bourgeois. 

Tout ça se passait en février 1755. 

Desandrouin s'adressa au souverain. Dans sa requête, il 
attribue l'opposition qui s'élève à la jalousie et aux ma- 
nœuvres de la famille Puissant de Charleroi, ses concurrepts 
pour la fabrication du fer. 

Le différend soulevé fut renvoyé le ii août 1755 par le 
Gouverneur général au jugement du Conseil de Namur, où se 
déroula tout un procès nouveau. 

La ville eut le dessous, mais le règlement n'en fut guère 
plus observé, et bien que la banalité subsistât jusqu'en 1783, 
chaque habitant continua de faire moudre son grain où il 
lui plut, au mépris des ordonnances. Cela fut constaté et 
attesté par l'autorité en 1782, à propos de nouvelles contes- 
tations entre le fils de Jacques Desandrouin et la famille 
d'Isenghien qui avait demandé le droit d'élever à Charleroi 
divers moulins à vent et à l'eau. 

Ce long procès est remarquable en ce que le magistrat 
plaidait contre son bailli et les deux parties étaient ardentes 
au plus haut point, comme nous l'avons fait remarquer dans 
le Troisième fascicule des Actes etc., pageSiel suivantes,en rap- 
pelant de nouvellesdiscordessoulevéesentreles mêmes parties à 
propos de l'écluse et qui firent suite en 1757 au procès que 
nous venons de raconter. 

Le souverain attachait beaucoup d'importance à notre ville 
et nous avons dit ailleurs comment il lui donna un règlement 
ou charte, sous le nom de Edil poliUqiie. 

Nous avons même produit un résumé de cette pièce, ne 



1 



— 58 — 

pouvant alors la donner in extenso. Mais celte acte est d'une 
telle importance pour faire juger la position de notre cité à 
cette époque (1G9t3), que nous croyons nécessaire de le 
publier aujourd'hui en entier. C'est en eflet la charte de notre 
cité. 

Cet Edit politiqtie de Charleroi en 1693 est semblable pour 
le fond et en grande partie pour la forme aux Edits poli- 
tiques des autres villes du pays et il ressemble beaucoup à 
celui de Namur en 1687. Ces actes faisaient partie d'une orga- 
nisation générale systématique. 



« « 



Charle par la grâce de Dieu roy de Castille, de Léon, d'Ail^- 
ragon, des deux Siciles, de Jérusalem» de portugal, de navarre, 
deGrenade, de Tolède, de valence, de Galice^ de Maillorque, 
de Seville, de Sardaigne , de Cordube, de Corsicqne, de 
Murcie^ de Jaen, des Algarbes, d'Âlgesire, de Gibraltar, des 
lies de Cunarie, des Indes tant orientales qu'occidentales, des 
lies et terre ferme de la mer Oceane, archiduc d'Autriche, 
duc de Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de Limbourg, de 
Luxembourg, de Gueldreet de Milan, comte d'Habspourg, de 
Flandre, d'Artois et de Bourgogne, palatin deTirol,deIIai- 
naut et de iNamur, prince de Suabe, marquis du Saint-em- 
pire de Rome, seigneur de Salins et de Malines, et domina- 
teur en Asie et en Afrique. A tous ceux qui ces présentes 
verront salut convenant pour le bien de la ville et habitans 
de Charleroy d'y établir une bonne police, nous avons trouvé 
bon a la délibération de notre très-cher et très-amé bon frère 
cousin et neveu Maximilien E manuel par la gnice de Dieu 
duc de la hautte et basse Bavière et du haut Palatinat, comte 
palatin du Rhin, grand échanson du Saint-empire et électeur 
landgrave de Leiktenberg, gouverneur de nos Pays-Bas etc., 
et par avis de nos très cher et féaux les chef président et gens 
de notre conseil privé de faire émaner le règlement suivant 
par provision et jusqu'à ce que nous trouverons bon d'en 
disposer autrement. 



— 59 - 

* 

1 

Nous avons avant tout ordonné et statué, ordonnons et 

statuons qu'en notre diite ville haulte et basse, faubourg et 

banlieu en dépendante il y aura une loy particulière pour la 

direction de la police, 

2 

Que ce magistrat sera par nous établit et ordonné. 

3 

Qu'ilaurala directionde la police, des revenus d'icelle ville, 
des ouvrages de son enclos, lauxe des vivres et autres affaires 
reprises dans le présent règlement, 

4 

Que ce magistrat sera composé de notre bailly, du mayeur 
de la Ilautte-ville, des deux plus vieux Echevins de la Basse- 
ville et des deux plus vieux echevins de la Ilautte-ville et du 
plus viel échevin du Faubourg et pour greflier celui de la 
Haulte-ville et celui de la Basse-ville serviront par tour aller- 

nativement par mois, 

5 

Que ledit magistrat s'assemblera ordinairement le mardy ou 
le jour suivant si le mardy est une fête, 

6 

Les deux magistrats établis tant en la Yille-hautte que la 
Basse continueront a servir sur le pied qu'ils font présente- 
ment pour le reste des affaires qui ne concernent point la 
police ou revenu des diltes villes. 

CHAPITRE L 
TaticharU l'observation des dimanches. 

i 
Premièrement comme Ton a remarqué que les jours des 
dimanches et fêtes sont souvent mal observés par divers dé- 
sordres et contraventions aux commandemens de dieu et de 
réglise aux décrets synodaux et ceux edicts cy-devant publiés, 
nous voulons y apporter un remède convenable, interdisons 
a tous bourgeois mannans et h.ibitans de laditte ville et a 
tous autres s'y retrouvans de vendre et d'exposer en boutique 



— 60 — 

ouverte du tout ou en partie aucune sorte de marchandise en 
leurs boutiques ou au ventspendant lesdits jours de dimanches 
et fêtes a peine de six florins pour chaque contravention, 

2 

El a tous bpuchers delà ditte ville de vendre ou de mettre 
en vente aucune sorle de chair sur leurs étaux cesdits jours de 
dimanches et fêtes sinon dans leurs maisons et boutiques 
après les huit heures du matin en été et les neuf heures en 
hyverapeine de confiscation d*icelles chairs elde six florins d'a- 
mende, 

3 

Et qu'esdils jours aucunes denrées soient apportée ses 
marchez a peine de six florins d'amende, 

4 

Il est interdit a tous voitiiriers, chartiers et batteliers de 
commencer leurs volages esdits jours de dimanches et fêtes ni 
de déchar<;er leurs marchandises sans le préalable congé du ' 
pasteur de ladite ville et notification au mayeur, a peine de 
six florins d'amende, 

5 

Comme pareillement aux brasseurs, charons a bierre, meu- 
niers, porteurs aux sacqs et autres semblables gens de faire 
es jours susdits chose aucune qui soit de leurs métiers ne 
fut en cas de nécessité et avec préalable congé du pasteur en 
le nolifiitnt au mayeur ou a son lieutenant, et a peine de six 
florins d'amende pour chaque contravention, 

6 

Deflendant aussi auxdits brasseurs et autres particuliers 
aians brassine a louer de brasser ou de laisser brasser en tel 
jour qu'on seroit obligé d'entonner ou encaver les dimanches et 
fêtés a peine de douze florins d'amende tant a la charge 
des brassfHirs ou locateurs que de ceux qui feionl ainsi en- 
caver leîjililtes bierres, ne soit toutefois avec congé ou per- 
mission comme dans le précédent article, 

7 

Et aûn que lesdits jours soient plus ponctuellement obser- 



— 61 — 

vés, il est interdit a tous et un chacun d'entreprendre quel- 
ques jeux en public sur les rues et ailleurs durant les of- 
fices de l'église paroissiale depuis les huit jusqu'à dix heures 
du matlin et depuis les deux jusqu'à trois heures après- 
midy et ordonné à tous pères et méres^ maitres et maîtresses 
de tenir sérieusement la main a leurs enfans, valets et dômes* 
tiques pour empêcher qu'il ne le fassent a peine de six florins 
d'amende pour chacune contravention et de correction arbi- 
traire en cas de recheute^ 

8 

Interdisant en outre a tous taverniers, cabaretiers et autres 
de semblable étoffe de recevoir et tenir aucunes personnes en 
leurs tavernes ou cabarets pendant les heures susdittes a peine 
de six florins d'amende a la charge tant desdits taverniers et 
cabaretiers que de ceux qui seront trouvésy beuvant et jouans 
ou découverts d'y avoir demeuré, beu et joué. 

CHAPITRE II. 
Pour les vins. 



Les marchands et revendeurs de vin qui feront entrer en 
leurs caves, après la publication de cette vins d'Ays,de Beaune, 
de Rhin et de Moselle ne pourront avoir en même tems en 
leurs maisons, caves, celliers, ou ailleur en laditte ville ou 
faubourg autre espèce de vin moindre en qualité et valeur si 
comme vin de mer, de Bar, de Loraine, de Liège, de Huy, de 
Benty, autres pays depardeça, comme aussi vin de Graue, de 
Gascogne, de Cognât et tous autres semblables gros vins de 
mer, a peine de confiscation, soit qu'ils les debittent ou point 
et de la valeur d'iceux en cas qu'ils fussent consommés, en 
outre de vingt-qualtre florins d'amende pour chacun tonneau 
de semblables gros vin et de moindre espèce qu'ils seront 
trouvés avoir, 

4 



- 62 - 

Et afin que ée que dessus soit tant mieux observé ceux du 
magistrat pourront quand bon leur semblera commettre quel- 
qu'un pour visiiter les caves desdils marchands, qui prendra 
notte de la qualité et quantité des vins qui s'y retrouveront, 
voir en fera l'essay pour reconnoitre les fraudes qui s'y pour- 
roient commettre en ce regard, 

3 

Si ne pourront aussi lesdits marchands ou revendeurs dé- 
biter une espèce de vin pour une autre, si comme du vin 
d'Âye pour Beaune, de Rhin pour Moselle, et ainsi de toute 
espèce dont chacune devra être débitée pour ce qu'elle est 
sans pouvoir aussi débiter du vin vieux pour nouveau ni au 
contraire a peine de cinquante florins d'amende a encourir 
pour chacune contravention, et sera le maitre ou marchand 
tenu du fait de ses domestiques, leur recours sauf, 

4 

De même et sous ladilte peine de cinquante florins est in- 
terdit de meller une espèce de vin avec une autre ou bien 
avec du miel, du crual et autres herbes semblables avec qu'el- 
que autre liqueur que ce soit, 

5 
Si ne pourront lesdits marchands vendre ou exposer en vente 
par pots ou en détail aucuns vins en ladite ville et faubourg 
avant qu'ils soient appréciés et taxés, a qu'elle fin ils seront 
tenus chaque fois incontinent après avoir repu leurs vins ou 
au plus tard endeans la huitaine suivante de se rendre vers 
lesdits du magistrat pour y jurer et affirmer solennellement 
la Quantité des pièces et autres futailles de vin qu'ils auront 
reçu, en quel lieu et place ils les auront mis, en quel lieu ils 
les auront achettés, en qu'elle espèce d'or ou d'argent ils les 
auront paies et a quel prix ils auront évalué lesdittes espèces , 
en passant la même affirmation au regard des marchandises 
qu'ils pourront avoir données en échange desdits vins, 



— 63 — 



Et après lesdits devoirs et la taxe et appréciation faitte par 
lesdits du magistrat, iceux marchands devront vendre et dé- 
biter leursdils vins au prix que chaque espèce sera taxée sans 
pouvoir excéder laditte taxe^ ni sous prétexte d'icelle disconti- 
nuer ou laisser la débite desdits vins, a peine de cinquante 
florins ou autre arbitraire a encourir pour chacun défaut ou 
contravention. 

CHAPITRE III. 

Touchant la bierre. 

1 
Gomme un chacun jusqu'aujourd'huy s'est présumé pour la 
débite des bierres de les vendre par tonne selon qu'on a 
trouvé a propos, et le plus souvent avec excès, il est défendu 
a tous brasseurs, bourgeois et autres de vendre dans laditte 
ville et faubourg la tonne de bierre qu'ils feront brasser après 
la publication de cette contenante cent et dix pots, a plus 
haut prix pour qu'elle cause que ce fut, que de six florins 
quand la mesure de secouron vaudra entre douze a vingt-six 
sols, et ne la pourront vendre a plus haut prix qu'a huit 
lorsque la mesure de secouron vaudra entre vingt six et 
quarante sols, a peine de confiscation de trois florins d'amende 
pour chaéun tonneau, 

Et pour ce qui concerne les bierres appelées hougardes ou 
aux autres étrangères, il est deifendu a tous taverniers et 
hostelainsde laditte, ville et faubourg de les vendre et débiter 
sans les avoir au préalable fait taxer par le magistrat et gens 
de loy a peine de confiscation d'icelle bierre ou de la valeur en 
cas qu'elle ne seroit plus en itre' et de trois florins d'amende 
a chacune contravention, ^ 



Etdeffendons bien sérieusement a tous revendeurs debierre 

1. En rotttet en train de débit. 



— 64 - 

de la vendre a plus haut prix que de six liards le pot lorsque 
la tonne se vendera six florins et deux sols lorsqu'elle se ven- 
dera huit, pour qu'elle cause que ce soit a peine de confis- 
cation d'icelle bierre et de trois florins d'amende, 

4 
Et a chacun de tirer et livrer lesdittes bierres et toutes autres 
autrement qu'a pot plein de bierre pure et sans considérer 
l'écume ou crème, comme aussi d'user d'ingrediens ou d'au- 
tres inventions, si comme de mettre le pot en eau chaude ou 
autrement pour faire écumer la bierre a peine de trois florins 
d'amende pour chaque pot ou demy pot qui autrement sera 
livré. 

CHAPITRE IV. 
Touchant les gtmns. 

1 

Comme il est nécessaire de pourvoira ce que les grains que 
l'on amené et qui se vendent tant es greniers qu'en la halle 
de laditte ville, soient réglés convenablement, tant au regard 
des étaples que vendent etachapte iceux, il est ordonné a tous 
ceux qui auront grains a vendre, et quia cette fin les amène- 
ront dans laditte ville, de les étapler en laditte halle et marché 
ordinaire sans les vendre et débiter parmy les rues ou es 
chemins ou es maisons des bourgeois a peine de confisca- 
tion. 

2 

Ne soit que lesdits bourgeois les aient été achetter aupa- 
ravant a la maison desdits marchands, auquel cas lesdits mar- 
chands et bourgeois seront tenus de s'expurger par serment 
sur le pied en présence d'un ou de deux échevins. 

3 

Que les bourgeois qui viendront avec des charées ou cheva- 
lées de grains dans laditte ville pour leurs provisions et non 
pour en faire marchandise ne seront sujets audit règlement. 



— 65 — 

A 
Et pour oter toutes fraudes et tromperies qui se pourroient 
commeltre dans la vente ou achat desdits grains étrangers, 
lesdits bourgeois ne pourront aller attendre les chevallées, 
chartées ou charrées de grains dans la Ville-basse ou faubourg 
pour illeq les achetter mais ils devront faire paroitre d'avoir 
achetté lesdits grains du moins un jour auparavant et s'ei- 
purger autant les marchands vendeurs que les bourgeois 
achetteurs comme est dit cy dessus, 

5 

Que la personne qui sera commise à l'elTect susdit devra 
avoir soin les jours de marché de frapper les coups de maillet 
a la porte de laditte halle, a peine de vingt sols d'amende pour 
chaque deffaut, 

6 

Sçavoir le premier aux neuf heures précisément signifiant 
rentrée du marché étant lors permis aux bourgeois et a tous 
autres mannans de la ville d'acheter pour leur provision or- 
dinaire du ménage, pourveu qu'ils ne soient revendeurs 
marchands de grain ou autrement suspects d'en faire quelque 
commerce, 

7 

Deux coups de maillet seront frappés aux dix heures per- 
mettant l'entrée aux boulengers et d'achetter telle quantité 
qu'ils peuvent avoir besoin pour l'exercice de leur métier et 
point plus avant pour en abuser a les revendre en nature, 

8 

Aux onze heures se frapperont trois coups pour l'entrée 
des brasseurs et revendeurs de grains braisés ne faisant tra- 
fique d'autres grains, 

9 

Et finalement quattre coups a midy pour les étrangers mar- 
chands et revendeurs, 



- 66 - 

10 

Leur deffendant Taccès et entrée en laditte halle a quel 
prétexte que ce soit, sinon aux heures cy dessus limiltées a 
peine de six florins d'amende, 

H 

Déclarant que les grains qui s'amèneront et arriveront 
après midy y devront demeurer étaplis jusqu'au lendemain a 
neuf heures du matin, a peine de conCscation a la charge de 
l'achetteur, 

12 

Et pour reprimer l'avarice d'aucuns qui nonobstant la 
grande cherté des grains, font amas d'iceux attendans ulté- 
rieur renchérissement, changeans seulement de greniers sans 
aucun soulagement du publique aussi pour évilter que par 
reventes itérées le prix ne se rehausse, est ordonné a tous 
ceux qui en voudront faire trafique, de se déclarer préala- 
blement marchands de grains au mayeur ou son lieutenant 
afin que nolte en soit tenue par iceluy defi*endant a un chacun 
de s'entremettre autrement dudit trafique a peine de vingt 
florins d'amende ou autre arbitraire, 

13 

Bien entendu que tous vendeurs seront obligés pour le 

service du publique de débiter les grains par menues portions 

même jusqu'à une quarte et demy quarte à la fois s'ils en 

sont requis a peine en cas de refus de confiscation et amende 

arbitraire, 

14 

Est aussi deffendu a tous vendeurs et revendeurs de grains 
de les parer, c'est a dire de mettre des meilleur ou plus 
beau deseur que dessous a peine de confiscation d'iceux et de 
six florins d'amende pour chacune contravention^ 

15 

Si interdisons a tous marchands et autres gens suspects 
de commerce desdits grains de louer ou pretter les places et 
greniers de leurs maisons, ni en louer ou en faire louer ail- 



— 67 — 

leurs pour y recevoir grains même de faire les facteurs ou 
enlremettans de la débite d'iceux, a peine de vingt florins 
d'amende ou autres arbitraires, 

16 

Pareillement est deffendu aux brasseurs d'amasser et re- 
tenir chez eux quantité de grains pour l'exercice de leur 
trafique plus avant que huit ou dix brassins au pardessus de 
ce qui leur peut être nécessaire pour l'entretien de leur mé- 
nage, leur ordonnant ensuite de vendre et débiter ala menue 
main ce qu'ils auront de plus s'ils en sont requis, 

17 

Item est deffendu a laditte personne a commettre d'achet- 
ter directement ni indirectement grains en la halle ni ail- 
leurs a peine de trois florins d'amende poi}):. ch^ue sacq de 
grain au pardessus la confiscation dudit grain, 

18 

Et dans la crainte qu'aucuns bourgeois, mannans ou per- 
sonnes suspectes s'avanceroient si avant que d'enlever ou 
asporter grande quantité de grains lesquels ils laisseroient 
suivre de leur mouvement a qui bon leur sambleroit appa- 
remment et a l'intervention de ceux a qui la halle est inter- 
dite, on leur deffend sérieusement l'entrée de la ditte halle, a 
peine pour la première fois de trois florins d'amende et en 
cas de recheule ou de refus de furnir a laditte amende de 
saisissement et bannissement de leurs personnes, fustigation 
ou autre arbitraire, 

19 

Pareille deffence étant faitle a tous meuniers, leurs valets 
ou domestiques d'entrer dans laditte halle sinon y étans 
appelles pour charger les meulnées des personnes et en sortir 
aussitôt a peine de trois florins d'amende pour la première 
fois et du double pour la seconde, et seront les maîtres et 
maitresses responsables du fais de leurs valets et domestiques 

leurs recours sauf. 



— 68 - 

20 

Au fait des achapts permis pour les pro visions des ménages, 
il est ordonné qu'iceux se fassent peu a peu et par portions 
modérées afin que la halle ne soit tout a coup épuisée par 
peu de personnes et le commun incommodé et frustré de sa 
petite meulnée a peine arbitraire , 

21 

Interdisant aussi a tous bourgeois mannans et habitans de 
laditte ville et faubourg sans réserve ni distinction de qua- 
lité d'achetter, retenir, et amasser grains provenans des 
pays circonvoisins plus avant que pour la provision raison- 
nable de leurs ménages a peine arbitraire, et s'ils en ont 
plus d'ailleurs, les devront vendre comme est dit cy-dessus 
pour la comodité et usage du publique a peine d'y être 
au besoin ièbbtràiAt par les voies ordinaires, 

22 

Pour remédier aux abus qui peuvent arriver es moulins 
de laditte ville et faubourg l'on ordonne a tous meuniers 
d'accepter les froments, bleds et autres menus grains en- 
semble les grains braisés, et livrer la farinne en procédante 
par poids en étant requis, a quelle fin tous propriétairs et 
fermiers desdits moulins se pourvoiront incontinent de ba- 
lances et poids convenable a peine de douze florins d'a- 
mende pour la première fois a la charge de chacun défaillant, 
du double pour la seconde nonobstant opposition quelconque 
et de plus grieve pour la troisième a l'arbitrage du juge, 
lesquels meuniers devront avoir leurs mesures, balances et 
poids deuement marqués et avisés, a peine arbitraire, a 
qu'elle fin le mayeur pourra en faire Visitation quand bon lui 
semblera, 

23 

Et d'autant qu'il arrive souvent que les contraventions se 
commettent en cachette et sous beaucoup de couverture, pour 
où les délinquans ou contrevenans ne peuvent être pleinement 
convaincus par plusieurs témoins, il est ordonné que ne sera 



— 69 - 

besoin d'autre preuve que le dénonciateur et raport d'iceluy 
parniy son serment avec un seul témoin pourveu que la valeur 
désdits grains n'excède vingt quaitre florins une fois et que 
la personne ne soit reprochable, 

24 
Ordonnant que tous grains qui se vendent en laditte ville, 
fut dans la halle ou es greniers sans aucune réserve soient 
mesurés a l'estriche et a rase du fer se servant de la mesure 
dont on se sert en la ville de Namur conformément a notre 
ordre du dixhuilieme décembre mil six cens qualtrevingt six, 
sous peine de confiscation des grains qui n'auront été ainsi 
mesurés et de trois florins d'amende tant a la charge du ven- 
deur^ et de l'achetteur que du mesureur, 

25 

Ordonnant au surplus que si quelqu'un fut trouvé avoir 
usé de monopole fraude ou sinistre pratique au fait de l'a- 
chapt ou vente des grains ors qu'il n'auroit contrevenu aux 
articles susdits si avant toutefois qu'il fut trouvé avoir fait 
contre le bien publique iceluy soit châtié arbitrairement 
selon la qualité du mesus. 

CHAPITRE V. 
Touchant les boulangers. 

1 

Les rev^ards, ou inspecteurs des boulangers tiendront la 
main afin que lesdits boulangers fassent les pains bien tra- 
vaillés et de bonne grandeur et poids convenables selon les 
prix des grains, 

2 

Sçavoir que se vendant le stier de froment depuis vingt 
pattars jusqu'à vingt cinq le pain blanc d'un pattar pèsera 
quatorze onces et le brun vingt huit onces, 

3 

Etant le froment entre vingt cinq et trente sols le pain 



— 70 - 

blanc sera de douze onces et le brun de vingt quattre 
onces, 

4 
Entre trente et trente cinq sols le pain blanc sera de onze 
onces et le brun de vingt deux onces, 

5 
Entre quarante a quarante cinq sols le pain blanc sera de 
neuf onces et le brun de dix huit onces, 

6 
Entre quarante cinq a cinquante sols le pain blanc sera 
de huit onces un quart et le brun de seize onces et demy, 

7 
Entre cinquante et cinquante cinq sols le pain blanc sera 
de sept onces et demy et le brun de quinze onces, 

8 
Entre cinquante cinq et trois florins le pain blanc sera de 
sept onces et le brun de quatorze onces, 

9 
Entre trois florins a trois florins et cinq sols le pain blanc 
sera de six onces et demie et le brun de treize onces. 

10 
Entre trois florins cinq sols et trois florins dix sols le pain 
blanc sera de six onces et un quart et le brun de douze onces 
et demie. 

11 

Entre trois florins dix sols et trois florins quinze sols le 
pain blan sera de six onces et le brun de douze onces, 

12 
Entre trois florins quinze sols et quattre florins le pain 
blanc sera de cinq onces et demie et le brun d'onze onces, 
et ainsi a l'advenant, 

13 
Et pour reconnoitre les fauttes qui pourroient être com- 
mises, non seulement lesdits rewards mais aussi le mayeur ou 



— Ti- 
son lieutenant avec un ou deux échevins seront tenus de faire 
Visitation aussi bien dans les maisons que sur les fenêtes 
desdils boulangers pour le moins une fois chaque semaine 
et le pourront faire si souvent que bon leur semblera, 

U 
Et s'il est trouvé que le pain n'ait été travaillé comme il 
appartient, ou qu'il soit trop léger, tel boulanger encourera 
l'amende de six florins pour la première fois, pour la se- 
conde du double, et pour la troisième paiera vingt florins et 
outre ce le pain confisqué à chaque fois qu'il sera trouvé dé- 
fectueux. 

CHAPITRE VI. 
Touchant les bouchers. 



Il est interdit aux bouchers de soullfler ou faire souffler 
aucunes chairs qu'ils débitent, signament les veaux, mou- 
tons, agneaux, gabris et semblables, a peine pour chaque 
contr<ivention, de confiscation des dittes bêtes et de trois florins 
d'amende, 

Qu'arrivant que quelques marchands étrangers viennent en 
laditle ville pour y vendre quelque nombre de bêles a laines 
ou a cornes, un boucher venant à les achetter sera obligé 
d'en donner part aux autres s'ils en demandent et ce au 
même prix qu'il les aura achelté et sans en faire refus, a 
peine de confiscation et de douze florins d'amende pour 
chacune contravention, 

3 

Si ne pourront lesdits bouchers vendre aucune espèce de 
chair sinon en la halle et en leur maison ni tuer et ecorcher 
leurs bêles ailleurs qu'es lieu et places qui leur sera dési- 
gné, a peine de confiscation d'icelles chairs et de six florins 
d'amende. 



— 72 — 

CHAPITRE VIL 
Pour les bratulevins. 

1 

Comme l'on s'est aperçu que plusieurs personnes ont usé 
es deslilations et compositions de brandevin de grain des 
pommes pourries ou autres semblables substenees qui ont 
causé plusieurs maladies^ outre qu'en ce faisant ils ont en- 
chéris autrefois les marchandises de grains, pour la trop 
grande quantité qu*il convient d'allouer en ce regard, il est 
interdit a un chacun d'user soit des espèces susdiltes et de 
de se servir d'autre substance dans lesdittes compositions que 
de lies de vins et de bierres, et aux étrangers d'en apporter 
en laditte ville pour les y débiter, comme aussi a tous mar- 
chands de les recevoir et débiter a peine de fourfaire toutes 
lesdittes liqueurs et de trente florins d'amende. 

CHAPITRE VIII. 

E tapie des marchandises. 



Et comme on est intormé que plusieurs marchands étran- 
gers et autres revendeurs de laditte ville et faubourg s'avan- 
cent d'achetter en tous lieux et a toutes heures les marchan- 
dises, denrées victuailles qui s'amènent es marchés au grand 
intérêt des militaires et bourgeois et surceans d'icelle, nous 
interdisons généralement a tous revendeurs et revendresses 
étrangers et autres de marchander, achetter ou recevoir par 
eux mêmes ou par autruy les denrées qu'ils ont accoutumé 
de revendre, voir de se retrouver sur les marchés destinés 
pour icelles avant les onze heures sous prétexte qu'ils seroient 
emploies par bourgeois, personnes privilégiés ou autrement, 
ni aussi aller chercher et retenir lesdittes denrées sur le voi- 



— 73 - 

sinage, aux portes de la ville et avenues d'icelle, ou es rues, 
a peine de six florins d'amende et de confiscation de la denrée 
pour la première fois, pour la seconde du double outre U 
conCscation et d'être pardessus ce suspendus de leur traûque 
le tems d'un an et d'autre arbitraire pour la troisième, 

S 
Esquelles peines et amendes écheront aussi ceux ou celles 
qui seront convaincus d'avoir fait quelque achapt pour lesdits 
revendeurs hors les lieuxet avant l'heure susditte, et si lesdits 
revendeurs ou leurs commis et tous.autres conlravenans quels 
ils soient n'ont les moiens pour paier lesdittes amendes, iceux 
seront punis corporellemet ou autrement a l'arbitrage du ma- 
gistrat, 

3 

Déclarant le lieu ordinaire et accoutumé auquel un chacun 
sera obligé d'étapler lesdittes denrées être sur la place de 
ladiite ville vis a vis de la halle au grain et a la chair ou se- 
ront étaplés et vendus tous beurres frais et salés,œufs,fromage 
pommes, poires et fruits a pierres, gabris, veaux et mou- 
tons. 

4 

Les bœufs, vaches, chevaux et chevalines s'exposeront au 
même lieu horsmis les jours de foire auquel tems ils se ven- 
dront au lieu ordinaire qui est hors la porte de Bruxelles, 

5 

Les porcelets et cochons de laict sur le même marché, et 
les lins et chanvres au même lieu, 

6 

Les pailles, foing, herbes, bois et charbons, lièvres, lapins, 
perdrix, begaces, pouilles, poulets, et toutes autres bêles sau- 
vages et volailles ne se pourront vendre ni étapler ailleurs 

que sur ledit marché, 

7 

Les semailles au même endroit, 

8 
Deffendant sérieusement a tous et un chacun de vendre ni 



- 74 - 

exposer a achetter ni marchander lesdiltes denrées et vic- 
tuailles ailleurs qu'es lieux et places designés pour leurs 
etaples ou elles devront demeurer trois heures a peine de 
trois florins d*amende a la charge tant du vendeur et expo- 
sant que de l'achelteur ou marchand, 

9 

Deffendant aussi a tous revendeurs et revendresses de 
lièvres, lapins, perdrix, begaces, gibiers, pouilles, poulets et 
autres volailles et victuailles semblables de les exposer parmy 
les rues et autres maisons des particuliers, auberges, ou 
autres pendant le tems du marché, comme aussi, a tous et 
un chacun bourgeois, mannans et autres habitants de les y 
achetter a peine de quarante pattars d'amende a la charge 
tant du vendeur et exposant que de l'achetteur. 

CHAPITRE IX. 

Poissons. 

1 

Les poissons de mer non salés et desalés et d'eau douce 
ne se pourront vendre ailleurs que sur ledit marché vis a vis 
de la maison Lambert Richir, a quel effect ceux qui feront 
profession d'en vendre se devront pourvoir de quelque 
table ou etaux étant bien sérieusement deffendu d'en etapler 
et vendre ailleurs. 

Les poissons d'eau douce ne pourront être vendus par les 
poissonniers a ceux de laditte ville sans qu'ils aient été étaplés 
l'espace d'une heure au lieu susdit, a peine de six florins d'a- 
mende, tant par les vendeurs que par les achetteurs, outre la 
confiscation des poissons. 



- 75 - 

aUPITRE X. 

Deffence (Tachetter des soldats aucune chose et de leur vendre 
marchandise a plus haut qu'aux autres. 

1 

Pour obvier aux désordres et inconvénients que Ton a vu 
et devant arriver en laditle ville a raison que les bourgeois, 
mannans et habitans d'icelle s'avancent de vendre aux sol- 
dats marchandises tant de vivres qu'autres requises pour leurs 
nécessités a plus haut prix que d'ordinaire, comme aussi 
acheltenl desdits soldats chevaux et autres belailles et meubles 
a la désolation et ruine des habitants du plat pays nonobs- 
tant les ordonnances et edicts sur ce fuils et publiés, et aiant 
considéré la conséquence préjudiciable qui en peut provenir, 
interdisons a tous bourgeois et un chacun de ladilte ville et 
faubourg et autres qui se trouveront au passage des armées 
d'excéder le prix ordinaire de la vente qu'ils feront aux soldats 
desdiltes armées et tout ce qu'ils voudront achetler a peine 
qu'ils fourferont la marchandise qu^aulremenl ils auront ex- 
posé, et une amende de vingt florins, 

2 

Si dcffendons a tous de quelle condition qu'ils soient d'a- 
chetter desdils soldats, vivandiers et autres de leur part aucuns 
chevaux, vaches, ou autres bétail, grains, hartes ni meu- 
bles quelconques a peine que ceux qui seront dénoncés et 
convaincus d'y avoir contravenu echeront en l'amende de 
cinquante florins ou telle autre arbitraire qu'en justice sera 
trouvé appartenir, si comme de fustigation, bannissement et 
autrement, déclarant en outre que les choses ainsi achettées 
se pourront retenir par ceux auxquels elles appartiendront 
sans qu'ils seront obligés de restituer le prix déboursé, en 
quoy ils seront secourus par l'ofTicier qu'il appartiendra et 
aura le dénonciateur le tiers de laditte amende a son prolit, 



- 76 - 

CHAPITRE XI. 

Mesures et Pots. 



Pour donner ordre aux grands abus et excès qui se com- 
mettent tant es boutiques des marchands qu'autres places de 
ladilte ville, nous ordonnons que Visitation soit faitte esdittes 
boutiques par le mayeur ou son lieutenant, pour y aviser et 
conrronter les mesures et poids dont on se sert tant a la ré- 
ception que débite des marchandises afin qu'ils soient de 
grandeur et pesanteur convenable, 

2 

Et pour tant plus s'asseurer de la légalité desdits poids et 
mesures, est ordonné a tous vendeurs par poids et mesures de 
les faire visitter.et adviser chacune année par le scelleur et 
commis sermenté et ce ens le terme du jour S^-Jean, jusqu'au 
jour S^-Gille, sauf au regard des pilles qui se renouvelleront 
seulement de trois ans a autres, a peine de vingt sols d'a- 
mende pour chacun poid et mesure, 

3 

A quelle fin ceux du magistrat seront pourvus d'une per- 
sonne experte pour visitter et adviser lesdits poids et balances 
a prix modéré et raisonnable, 

Et pour obvier a la fraude qui se pourroit commettre au 
iait de la juste mesure des tonnes et demies tonnes dont 
usent les brasseurs, il est ordonné qu'elles seront advisées 
geaugées et marquées de la marque de la ville par une per- 
sonne sermentée a ce commise parmy le salair pour ce sta- 
tué, interdisant a tous brasseurs de laditte ville et autres 
livrant bierres d'user de tonnes ou demies tonnes non geau- 
gées a peine de six florins d'amende pour chaque tonne et 
demie tonne. 



— 77 — 

I 

5 

Quant aux pots et mesures de pierres desqu'elles se servent 
les (averniers et revendeurs de bierre devront aussi être 
adjustés par ledit commis par apposition d'un doux marqué 
sans se pouvoir servir d'autre a peine de vingt sols d'amende 
et confiscation des pots, lesqu'els ils seront tenus de porter 
annuellement environ le jour S^-Remy audit commis pour 
les visilter et adjuster comme dit est, 

6 

Si ne pourra le vin être débité sinon par mesures adjustées 
avec un doux au dedans et marquées de la marque et scel de 
laditte ville a peine de fourfaire lesdittes mesures et six florins 
d'amende, 

7 

Et aiant été remarqué que les marchands de vin sous pré- 
texte de les mieux conserver les tirent en bouteilles qu'ils 
débitent en après pour des pots de mesure nonobstant que 
d'ordinaire elles contiennent notablement moins, il leur est 
expressément deffendû de débiter leurs vins par bouteilles 
semblables, sinon a charge de remesurer les bouteilles au 
regard de ce qui se boira hors la maison, et pour ce qui se 
boit esdiltes maisons, jardins ou autres lieux a ce destinés 
occupés par lesdits vineliers que ce soient bouteilles couvertes 
d'osiéres contenantes le pot et adjustées par le commis d'une 
marque a imprimer par le fer chaud sur l'osiere, ou d'une 
manière moins sujette a être defraudée a peine de six florins 
pour la première fois, du double pour la seconde, et pour la 
troisième de pareille peine outre l'interdiction de l'exercice 
de leur trafique pour le terme de demy ans, 

8 

Il est 1res sérieusement defl'endû a tous et un chacun de 
vendre ou débiter avec aucun poid et mesure a moins que la 
marque de la ville ne soit imprimée pardessus lesdittes me- 
sures et poids a peine de vingts sols d'amende pour chaque 
pièce de poid et mesure retrouvée sans laditte marque, 



- 78 - 

9 
Si seront les tiers et autres mesures grandes et petites ser- 
vantes a mesurer grains adjustées par le commis sermenté 
de la part desdits du magistrat sans qu'il sera permis de se 
servir d'autres a peine de les fourfaire et de douze florins d'a- 
mende. 

CHAPITRE XII. 

Pour les postainiers. 

1 

Ordonnons aux postainiers de laditte ville de se conformer 

au règlement suivant et que les marques ne pourront être 
sinon comme s'ensuit, 

2 
A sçavoir la rose indice de fin étaing ne pourra être frap- 
pée sinon sur la pièce d'ouvrage qui sera faitte de vrai et fin 
étain, 

3 
La marque du fusil et du lion sinon sur l'ouvrage de 
tiercy, 

4 
Et la fleur de lys sinon sur l'ouvrage fait avec le clair seu- 
lement, 

5 
Bien entendu qu'au regard des couvertures des pots de 
pierre les charniesses^ de tiercy seront tolérées ors que la cou- 
verture soit de fin étain et pour telle marquée, 

6 
Desquels ouvrages sera faitte Visitation par le mayeur et 
autres qui seront a ce commis en aians connoissance tout et 
quantefois que sera trouvé convenir, tant es boutiques qu'ail- 
leurs, et s*il est trouvé quelque faulte ou contra venteur, 
paiera pour la première fois vingt florins d*amende, pour la 

1. Charnières. 



- 79 - 

deuxième le double, et pour le troisième le quadruple, et 
outre ce sera suspendu de l'exercice dudit slil le terme de 
trois ans au pardessus toujours la confiscation de tel ouvrage 
qui sera indeuement fait^ 

7 
Et afin que ceux qui seront doresnavant faits par lesdits 
postainiers modernes puissent être connus, chacun d'eux sur 
chacune pièce qu'il fera et marquer le pourra sera tenu frap- 
per son propre poinson ou marque portant la datte de l'année 
si bien qu'on le puisse ouvertement reconnoitre. 

CHAPITRE XIII. 
Des hôlelains. 

Les hôtelains ne pourront prétendre d'avantage que seize 
pattars pour la gite et nourriture d'un cheval livrant foin et 
avoine convenables, a la peine de six florins d*amende. 

CHAPITRE XIV. 

Des chirurgiens. 
1 

Pour obvier aux abus qui se sont commis jusqu'à présent 
et aux plaintes en formées, au sujet que les chirugiens ser- 
menlés se sont présumé de prendre six florins pour chaque 
Visitation de quelques corps mort ou blessé, voir ont com- 
posé avec les parens ou autres en ce intéressés selon leur bon 
plaisir, nous ordonnons qu'a l'avenir lesdits chirugiens ser- 
mentés fut qu'ils soient a deux ou un seul devront se con- 
tenter pour une Visitation semblable qui se fera dans la ville 
ou faubourg d'un patacon, et parmy le voisinage de trois flo- 
rins douze sols, a peine s'ils exigent d'avantage de trois flo- 
rins d'amende pour la première fois, de six pour la seconde 
et d'autre plus grieve au cas d'ultérieur contravention, 

2 

Nul operateur étranger ny charlatan pourra entreprendre 
aucune opération sans avoir fait conster de sa science et ca- 



- 80 — 

pacité par certificats pertinents ou sans la présence d*un mé- 
decin et chirurgien soit sermenlé de laditte ville ou autre y 
étant deuement admis, 

3 

Deffendant en outre bien sérieusement, a tous charlatans, 
femmes et autres personnes non qualifiées de s'entremêler de 
la médecine en aucune façon que ce soit^ sous les peines et 
amendes avant dittes, 

A 

Ne sera aussi permis a aucune personne de faire la fonction 
de sage femme sans y avoir été admise par ceux du magistrat 
après avoir donné témoignage de sa bonne vie et avoir été 
trouvée capable par deux médecins a ce députés qui en feront 
deux examen, après laquelle admission elles seront obligées 
de pretter le serment en la forme requise, et en cas d*acci~ 
dent ou de difQculté apparente, elles seront obligées d'ap- 
peller un médecin sans rien risquer témérairement de leur 
caprice a peine de vingt florins d'amende pour la première 
fois, et d'autre arbitraire en cas de recheûte, 

5 

Et si aucune étoit trouvée avoir autrement excédé en cette 
charge et fonction, elle sera amendée et châtié a l'arbitrage de 
la cour, 

6 

Interdisans a toutes personnes non qualiûées et admises 
comme dit est, de s'ingérer dans l'exercice de celte fonction 
a peine de bannissement perpétuel ou d'être autrement châ- 
tiée a l'arbitrage de la cour. 

CHAPITRE XV. 

Touchant les maîtres et maîtresses d'école, 

1 

Comme es villes bien policées rien ne doit être plus a cœur 
que l'éducation et enseignement de la jeunesse et bonnes 



- 81 - 

mœurs, et soit signament endoctrinée des principes de notre 
foy catholique apostolique et romaine, nous ordonnons que 
tous ceux et celles qui se présenteront a eux pour ces em- 
ploys et fonctions, devront faire deuement paroitre par suffis- 
sants témoigaages et authentiques qu'ils sont issus de gens 
honnêtes, de bonne vie, famé et réputation et nomément 
catholiques, apostoliques et romains et qu'eux même le sont 
et professent notre sainte foy. 

Lesquels maitres et maîtresses étans ensuitte admis par 
ceux du magistrat seront tenus d'enseigner et apprendre 
auxdits enfans ce qui peut concerner laditte foy catholique et 
pardessus ce a lire et écrire toute chose nullement contraire 
a l'honnêteté, bienséance, et bonnes moeurs parmy un salair 
raisonnable, 

3 

En sorte que les enfans des plus pauvres et roturiers puis- 
sent être accomodés et enseignés aussi bien que tous les 
autres aisés riches et nobles, a sçavoir de quattre sols par 
mois, ainsi qu'a été usé du passé, pour les petits enfans qui 
commencent a apprendre leur pater^ ave et les croiances en- 
semble es petites et grandes heures et de six sols quand ils 
apprenderont a écrire et lire, en quelques autres livres et 
écritures plus difficiles, a peine s'il est trouvé qu'on est exigé 
d'avantage d*encourir vingt sols d'amende pour chaque contra- 
vention. 



Et d'autant qu'il est indécent et au dehors de la portée des 
filles et maitresses d'école de se mêler d'enseigner aux gar- 
çons fréquentant leurs écoles les figures, dicter et montrer a 
faire des thèmes ou les premiers rudimens propres a entrer 
en après aux premières classes, il leur est absolument inter- 
dit de plus s'en entremettre d'ici en avant en aucune façon 
ainsi d'en laisser la fonction aux maitres d'école qui en sont 
capables et le veuillent bien entreprendre, a peine de trois 



— 82 - 

florins d'amende pour la première fois, de six pour ta seconde, 
et en cas de recheute en ce regard de ne pouvoir plus tenir 
école, 

5 

Permettant ensuite de cela tels maîtres de prendre, esdits 
cas neufs sols a Tavenant que les enfans seront plus ou moins 
avancés esdittes lectures, écritures et enseignement desdits 
rudiments, sans pouvoir exiger desdits enfans ni de leurs pa- 
rens davantage en argent ni autrement et beaucoup moins 
les molester afin d'en tirer par autre voie quelque chose de 
plus a l'équivalent comme on est informé d'avoir été pra- 
tiquée en quelques écoles, 

6 

Et afin que tout le contenu esdits articles soit mieux 
entretenu lesdits maitres et maitresses seront obligés et obli- 
gées respectivement de passer serment es mains desdits du 
magistrat ou de ceux a ce commis de leur part, de bien et 
deuement s'acquitter desdittes fondions et devoirs ensemble 
d'observer le dessus ponctuellement en la forme et manière 
y énoncée sans aucune reserve, ni restriction quelconque, a 
peine que tous ceux et celles qui refuseront de le faire, ou 
étans semonces ou semoncées seront hoc ipso decbeus ou dé- 
chues de pouvoir tenir école. 

CHAPITRE XVI. 

Contre la débauche et la corruption des bonnes mosurs, 

1 

(lOmme la bonne police consiste principalement a bannir le 
vice et dérèglement des mœurs il est bien serieusementdeffendu 
a toutes femmes et filles de débauche et prostituées de ce 
retrouver en laJitte ville et faubourg et d'y faire aucun com- 
merce infâme, a peine que toutes celles qui par informations 
sommaires en seront trouvées atteintes ou véhémentement 



— 83 - 

suspectes et avec scandale,seroDt sans autre formalité, forme 
ny figure de procès saisies et chassées au son du tambour 
pour donner meilleur exemple sans s'y pouvoir retrouver 
avant d'avoir donné des preuves aulentiques de leur amen- 
dement et résipiscence a ceux du magistrat a peine de cha- 
toy plus grief et arbitraire, 

3 

Pareille peine et chaloy encoureront tout macqueraux et 
roacquerelles qui s'entremêleront de tel infâme commerce, 

3 

Etant aussi sérieusement defTendu a tous botelains, laver- 
nierset tous autres bourgeois mannanset habitans de ladilte 
ville et faubourg de recevoir, loger, soutenir ou cacher toutes 
telles gens de débauche, a peine pour la première fois de 
vingt florins d'amende, du double pour la seconde, et pour 
la troisième d'être châtiés et bannis comme est dit cy dessus, 

4 

Deifendanten outre a tousel un chacun de hanter et con- 
verser lesdiltes gens de débauche a peine a la charge de ceux 
qui seront convaincus de malversation ou qui s'en seront 
rendus grandement suspects par leurs conversations scanda- 
leuse de six florins d'amende pour la première fois, du 
double pour la seconde et ensuille de plus grieve et arbitraire, 
et quant aux gens mariés s*il s'en trouvoit d'assés malheureux 
pour cela, il sera procédé a leur charge selon la rigueur des 
lois et des placarts, ordonnant attant au mayenr et son lieu- 
tenant de faire ponctuellement et rigoureusement le devoir de 
leur office, sans aucun port, faveur, ou dissimulation. 

CHAPITRE XVIL 

Contre les désordres qui arrivent pendant la nuit. 



Tous ceux qui après les dix heures en été et en hiver après 
la retraite sonnée seront trouvés pendant l'obscurité de la 



- 84 — 

nuit aller par les rues sans lumière encoureront l'amende de 
trois florins, et si aucuns sont atteints d'avoir agressé aulruy 
de nuit, rompu verrières, ou commis autres excès ou inso- 
lences, comme trop souvent arrive, nous ordonnons qu'ils 
soient arbitrairement punis et châtiés, selon les circonstances 
du fait et qualité des personnes sans qu'ils pourront échapper 
par les amendes accoutumées ni se prévaloir du privilège de 
la bourgeoisie, 

2 

Si est interdit a tous marchands de vin ensemble a tous ca- 
baretiers et revendeurs de bierre de recevoir aucunes per- 
sonnes en leurs maisons et cabarets pour y boire et jouer 
après les neuf heures du soir a peine de six florins d'amende 
a encourir tant par eux que par ceux qui seront trouvés y 
beuvans ou jouans, ou qui seront découverts d'y avoir de- 
meuré, beû et joué, 

3 

Etant aussi ordonné a tous lesdits cabaretiers et revendeurs 
de veiller soigneusement sur ceux qui se trouveront de com- 
pagnie en leurs maisons et cabarets, empêchant selon leur 
pouvoir qu'ils ne s'entreprennent de querelles et en cas que 
nonobstant 'leurs devoirs pour ce rendus ou pendant leur ab- 
sence quelque débat ou dispute y snrviendroit ils seront 
obligés d'incontinent et sans diiay en faire avertance et dé- 
claration véritable au mayeur ou a son lieutenant afm d'y ap- 
porter le devoir convenable, a peine de six florins d'amende, 
contre ceux qui seront trouvés les avoir recelés et supportés 
et d'autres plus grieve selon l'exigence du cas, 



Et d'autant qu'il arrive souvent de desordres par le fait des 
jeunes gens qui rodent les rues de nuit a prétexte d'aller 
donner des sérénades, comme il a été cy devant toléré pour- 
veu que la chose se passasse honnêtement sans vacarmes et 
sans molester ni outrager autruy, lesquels desordres de- 
meurent bien souvent impunis fautte de reconnoissance des 



- 85 — 

aulbeiirs, et de preuve, il est ordonné a tous joueurs et mu- 
siciens qui seront en ce emploies lorsqu'il arrivera quelque 
querelle, combat, ou que quelque chose se sera pratiquée 
indeuement par les jeunes gens et autres dont ils auront étés 
emploies de donner avertance et (aive rapport HJele du tout 
au mayeur ou son lieutenant dès le lendemain de bon mattin 
a peine de six florins d'amende a la charge de chaque de- 
failiant de faire laditte dénonciation, 

5 

Pour les plaintes que Ion a reçues de ce qu'aucuns mannans 
et surcéans de laditte ville portent de jour et de nuit des 
armes a feu deflendues, signament des petits pistel<;ts dits 
bidets ou momhoirs qu'ils cachent dans leurs pochettes ou 
ailleurs, dont ne peut réussir que trahisons, meurtres, assas- 
sinais, ou autres maux troublans le repos public, est def- 
fendus a tous de quelle qualité ou condition qu'ils soient 
d'avoir ou porter tels pistolets dits bidets a peine de cent flo- 
rins d'amende et de bannissement de laditte ville et fau- 
bourg. 

CHAPITRE XVIII. 

Deffence de jetter iieiges. 

1 

Interdissant aussi a un chacun jeunes et vieux, grands et 
petits de jetter neige en balles ou boulets ni autrement a peine 
de trois florins d'amende, et que les pères et mères, maitres 
et maitresse seront responsables du fait de leurs enfans^ ser- 
viteurs ou servantes, et exécutable en leur nom privé. 

CHAPITRE XIX. 

Des nettoiements des cheminées. 

1 
Pour obvier aux malheurs qui pourroient arriver par la 
négligence de tenir les cheminées nettes, il est ordonné a 



— 86 - 

tous et un chacun inhabitans de ladittte ville de quelle qua- 
lité et conditions ils soient d'avoir bon soin de faire ramonner 
de tems en tems les cheminées de leurs masons et demeures 
ensorte que le feu ne se puissent prendre a la suitte. a peine 
de six florins d'amende pour chaque fois que cela adviendra 
après que les portes seront fermées et avant d'avoir donné le 
matin^ et trois florins d'amende pendant le jour. 

A quel efiet il est ordonné a un chacun de desembarasser 
lesdittes cheminées de bois, pailles, et autres espèces qui 
pourroient causer lesdittes incendies, et en cas que par mal- 
heur le feu se mettroit sois es maisons des bourgeois en tel 
cas de se pourvoir incessamment d'un tonneau remplit d'eau 
auprès du seuil de leur porte pour éviter le pillement qu'on 
a veû pratiquer par les militaires cherchans de l'eau esdittes 
maisons et à mesure que ledit tonneau sera vuide, de le rem- 
plir avec toute diligence, a quel efl'ect il est ordonné a tous 
et un chacun aiant puit ou fontaine en leurs caves, cours, ou 
maisons de permettre ausdits bourgeois l'entrée pour y cher- 
cher l'eau qui leur sera nécessaire, a peine de six florins 
d'amende tant à la charge de celui qui sera défaillant de se 
pourvoir desdits tonneaux que de ceux refusans l'entrée comme 
est dit cy dessus. 

CHAPITRE XX. 
Touchant les ordures^ immondices et infections. 

Les terres et ordures procedentes de quelques batimens 
ou jardinages devront être menées au lieu nommé la brous- 
tere pour remplir les cavins et fosses qui s'y retrouvent et 
autres lieux a désigner sans les pouvoir jetter es rivages ou 
rivières ni les laisser es rues plus longtemps que trois jours 



— 87 — 

sans congé exprés, a peine de six florins d'amende a encourir 
tanl par celui qui négligera de les faire mener que par les 
charlriers qui les mèneront et porteront ailleurs, 

2 

Les immondices procédantes du nettoiement des lieux se- 
crets, egouts et semblables seront portées es rivière cou- 
rantes sans pouvoir être jetées es rues ni es fossés et fortifi- 
cations de laditte ville a peine de douze florins d'amende, 

3 

Si ne pourront lesdittes immondices des lieux secrets être 
asporlées et nettoyées sinon pendant les gelées et au tems 
d'hiver a la même peine que dessus a charge du contrave- 
nant, 

Chacun sera obligé de nettoyer et tenir net leurs courots, 
canaux et la rue de devant sa maison jusqu'au milieu de 
laditte rue et si avant que le pourpris de la maison annexée et 
dépendance d'icelle s'extendent et font face a la rue et ramasser 
en gros lesdittes ordures sur l'escalier de sa maison chacun 
dans son district pour les mettre ensuite en mont a rencontre 
de leurs murailles, lesqu'elles devront au moins tous les sa- 
medys être asportées es lieux ordinaires et autres a designer 
a peine de trois florins d'amende pour la première fois, du 
double pour la seconde et de plus grieve en cas de contra- 
vention ultérieure, 

5 

La même peine encouperont ceux qui jetteront esdits fossés 
ou sur les rues quelques bêtes mortes, comme chiens, chats 
et autres semblables ou qui brûleront quelques pesats esditles 
rues, 

6 

Les vendeurs de harengs, stocfisses, mourues et d'autre 



- 88 — 

sf^mblables poissons de mer transporteront les eaux esquelles 
ils auront été détrempés et lavés, es rivières et eaux coulantes 
sans les jeller ni les laisser couler sur les rues a peine telle 
que dessus, 

7 

Et comme Ion remarque que journellement Ion s'avance de 
jetter des vilainies et immondices tant a rencontre et au voi- 
sinage des églises au préjudice du respect que Ton doit aux 
saints lieux, que proche des bâtiments publiques, maisons 
vagues, et es lieux a l'écart et moins pratiqués ce qui cause 
de rinrection et puanteur, chuse non tolérable es villes poli- 
cées il est deflendu a tous et un chacun de pratiquer ces dé- 
sordres a l'avenir a peine de six florins d'amende pour la 
première fois, du double pour la seconde et d'autre plus 
grande et arbitraire en cas de recheute ultérieure, et que si 
celui qui en sera atteint n'a de quoy y fournir il sera 
châtié corpoi ellement ou autrement a l'arbitrage de la 
cour, 

8 

D'avantage comme plusieurs s'avancent pour tenir le de- 
vant de leurs maisons net, de faire glisser les ordures qui s'y 
retrouvent au devant des autres, ou au milieu du grand pas- 
sage, tant des rues les plus fréquentées, nomement es lieux 
ou diverses rues se croisent ou se rencontrent, que des mar- 
chés et places d'armes, en sorte qu'on ne peut y passer qu'en 
marchant dans les boues, eaux et immondices sinon en se 
détournant de beaucoup, et avec quelque incommodité, il est 
interdit de plus le pratiquer et ordonné a tous et un chacun 
de mettre lesdittes ordures en mont a l'encontre des murailles 
de leurs maison et de faire en sorte qu'elles soient asportées 
tous les samedys a peine de trois florins d'amende, 

9 

Il est aussi ordonné a un chacun de ramonner ou faire 



- 89 - 

ramonner le devant de leurs maisons jusqu'au milieu de la 
rue tous les samedys de chaque semaine a peine de.lrois flo- 
rins d'amende, 

10 
Est aussi deffendu a tous habitants de la ville de jelter ou 
de faire jelter es rues sur les pavés ou du coté d*iceux le^ 
fumiers des étables des bétes leur commandant de les faire 
enlever des étables et prompiement faire porter ailleurs a 
peine de six florins d'amende outre la perte Ju fumier, lequel 
Tofficiet ftira incontinent porter a son profit particulier. 

11 

Pour obvier d'ailleurs aux infections l'on defiend a toutes 
personnes de jetter ou faire wuider par les fenêtres de leurs 
maisons tant de jour que de nuit urines, excremens, et autres 
eaux a peine de trois florins d'amende, 

12 

Les fumiers présentement trouvés esdits lieux seront aspor- 
tés endeans trois jours par ceux qui les y ont jette ou fait 
jetter a semblable peine, 

13 

Que les entrepreneurs desJils nettoiemens de la ville et 
faabilans d'icelle devront faire transporter leurs immondices 
audit lieu de la broustere, comme Ion a veu plusieurs habi- 
tans qui se sont émancipé de mener et de charger grande 
quantité de fumiers sur les g'acis et esplanades de laditte 
ville au grand détriment de la fortification d'icelle, il est interdit 
a tous et un chacun de plus pratiquer semblables désordres a 
peine de six florins a charge du contraventeur et du 
double en cas de recheute. 

CHAPITRE XXI. 

Deffence d'empêcher les rues et le libre passage par icelles. 

1 

Comme il importe de tenir les rues libres et éloigner tout 
ce qui peut faire obstacle a la plus grande facilité du passage 



- 90 — 

par icelles, et n'étant raisonnable que pour l'utilité ou par la 
négligence de quelques particuliers, le publique en soit in- 
commodé ou intéressé, il est deffendu bien sérieusement a 
tous et un chacun bourgeois, mannans et habitants de laditte 
ville et a tous étrangers s'y rendans d'empêcher lesdittes rues 
et le libre passage par icelles tant a pied, à cheval, avec ca- 
rosse, chariot que tout autrement plus avant que la nécessité 
le requiert, en sorte que lorsqu'un carosse ou bien un cha- 
riot chargé, begnon ou autre instrument de voiture est obligé 
de s'arrêter sur la rue fut pour décharger, charger et autre- 
ment, le conducteur soit obligé de se tirer le plus hors du 
passage que faire se pourra^ et que dans les rues le moins 
larges deux ne se puisse arrêter de front et au même lieu a 
l'cine de trois florins d'amende a encourir par celui qui se pos- 
tera le dernier comme aussi par le premier en cas qu'il y reste 
sans nécessité ou qu'il soit placé autrement que dit est a peine 
aussi a la charge de quiconque empêchera le passage plus 
avant que de besoin et sans se tirer le plus de coté que faire 
se pourra de trois florins d'amende, 

2 

Les meulniers benbetteurs de bierres et autres habitans ne 
pourront laisser de nuit aucune charette ny chariot es rues 
pour incommoder les passans, aussi les devront les retirer a 
rencontre des murailles de leurs maisons et le plus près qu'il 
leur sera possible a la même peine que dessus, 

3 

Il est aussi defiendu de placer et laisser sur la rue des mai- 
rains; poutres et bois semblables^ comme aussi des .pierres, 
briques, mortiers et autres matériaux ne soit pour bâtir et 
pas plus avant que la nécessité le requiert et en les placeant 
le plus hors du passage que faire se pourra, pour n'empêcher 
le publique ni les particuliers ni surtout l'écoulement des 
.eaux a peine de six florins d'amende. 



Au fait desdits mortiers on ne pourra les débattre et placer 



— 91 — 

que hors le passage et en telle sorte nomement quils ne 
puissent se communiquer aux puits, ny empêcher que le 
publique y ait libre accès a peine de six florins d'amende. 

5 
Et comme l'on remarque journalierement que quelques 
particuliers se présume de leur autorité privée de changer le 
pavé des rues et le rehausser pour faciliter l'entrée de leurs 
maisons ou autrement pour leur commodité particulier, ren- 
dant par la le pavé inégal, difforme et difficile, il est interdit 
a tous et un chacun d'ainsi en user à l'avenir, et ordonne a 
ceux qui l'ont pratiquée de remettre ledit pavé en son premier 
état à la première semonce qui leur en sera faite de la part 
dudit mayeur ou son lieutenant a peine tant a la charge des 
uns que des autres, de six florins d'amende et que la chose 
se rétablira a leurs frais exécutables sur le seul billet de l'ou- 
vrier. 

6 

Permettant néanmoins qu'on puisse paver le long des logis 
avec des pierres de tombes^ pour l'embelissement desdits logis 
et de la vue pourveu qu'elles ne soient élevées qu'un peu 
plus que le pavé et qu'elles n'avancent trop sur la me. 

7 

Interdisant en outre à tous bourgeois et habitants de la- 
ditte ville d'avancer sur les rues des escaliers soit pour des- 
cendre en leurs caves ou pour monter aux places d'en haut, 
comme aussi d'avancer les étaux de leurs boutiques et les 
bailles qui les soutiennent, même placer des bailles ou il n'y 
en a pas sans permission a ce requise, d'avancer les toutaux 
de leurs boutiques plus avant que n'est nécessaire, ordonnant 
a tous ceux qui ont ainsi des escaliers avancés de les boucher 
avec une porte ou autrement en telle sorte qu'il n'en puisse 
résulter n'y survenir aucun préjudice a peine de six florins 
d'amende à la charge de chaque contraventeur a l'un ou l'autre 
des points cy repris. 

1. Voilà comment sd sont perdues les pierres tombales de nos éf^lises et de nos 
cimetières. 



— 92 — 

CHAPITRE XXII. 

Chemins seigneuriaux et herdanoyes. 

l 

Les chemins herdanoyes et piescentes du faubourg et dé- 
pendance de laditte ville seront reparés et entretenus en leur 
largeur par les propriétairs et occupateurs des héritages voi- 
sins tenans et aboulissaos auxdits chemins aussi avant qu'ils 
y sont obligés en y mettant pierres, bois et terres en telle 
sorte que Ion y puisse charier et passer sans périle, retarde- 
ment ny autres inconveniens, a cet elFect les fossés ancienne- 
meni accoutumés seront bien et dtuement relevés. S'il en est 
besoin d'en faire d'autres ils les feront sur leurs héritages 
contre ledit chemin de telle largeur et profondeur qu'il con- 
viendra, en faisant jeller et épandre la terre qui en procédera 
sur iceux, tellement que l'eau puisse descendre desdits fossés 
a peine de trois florins d'amende, 

2 

Ordonnant aux propriétaires des héritages sur lesquels il y a 
pont sur ruisseau a passer a pied d'y mettre des appuys et les 
bien et deueraent entretenir et en ériger ou il conviendra a la 
première semonce et ordonnance de la cour et de besoigner 
à laditte érection sans dilay tant en hiver qu'en été en sorte 
que le passage fut libre a peine de trois florins d'amende. 

CHAPITRE XXIII. 



Comme Ton a accoutumé cy-devant de faire assembler la 
bourgeoisie pour avoir leurs resolutions sur les propositions 
a faire concernant les intérêts de la communeauté, et qu'on 
y a reconnu une telle confusion, presse et cri de peuple, qu'il 
étoit presque impossible de faire entendre telle proposition et 

faire résoudre un chacun a acquiescer aux choses raison- 



— 93 - 

nables pour les divers sentiments des bourgeois, ce qui a 
causé des intérêts et inconvénients notables, Ton ordonne que 
deux bourgeois jurés seront commis pour laditte communeauté 
pour avec les bourgeois veiller aux intérêts d'icelle, faire et 
porter leurs resolutions et consentements au nom de la com- 
muneauté a la cour, pour par icelle être pourveu et ordonné 
ainsi et comme elle trouvera le mieux a propos. 

CHAPITRE XXIV. 

Des brimbeurs et étrangers. 

1 

Pour obvier aux desordres qniarriventjournaliérementpar 
le grand nombre d'étrangers brimbeurs, brimbresses et vaga- 
bonds qui se retrouvent en laditte ville et faubourg et y 
prennent leur résidence sans user d'aucun stil et sans aveu 
usurpans les aumônes destinées aux vrays et honnêtes pauvres 
de laditte ville et faubourg, il est ordonné que personne n'y 
pourra mendier s'il n'en est natif et incapable de travail ne 
soit qu'étant étranger il y soit admis par ceux du magistrat 
pour des bonnes et justes raisons, et afin que tous ceux qui 
en auront la permission puissent être distingués des autres il 
leur sera donné une marque visible aux armes de la ville 
qu'ils devront exposer pour se faire connoitre, 

2 

Interdisant a tous bourgeois, mannnns et habitans de ladite 
ville de donner Taumône a tous autres non munis de cette 
marque ne soit que ce fut quelque honnête passager et pour 
cette fois, comme aussi de la donner a qui que ce soit dans 
les églises, 

3 

Si ordonnons a tous brimbeurs étrangers vagabonds et .«ans 
employ de se retirer de laditte ville et faubourg a peine qu'il 
sera procédé contre eux par appréhension de leurs personnes, 
fustigation ou autrement comme sera trouvé convenir. 



— 94 - 

4 

^i aucun des pauvres aiant ainsi obtenu laditte marque 
^toit convaincu de l'avoir donné ou pretté a un autre non 
admis ils seront tenus tous deux privés de la permission et de- 
chassés. 

5 

Si deffendons a tous bourgeois et mannans de laditte ville 
et faubourg de loger semblables gens gratuitement ou autre- 
ment a peine de vingt florins d'amende pour la première fois, 
du double pour la seconde et de plus grieve en cas de re- 
«heute. 

5 

Et comme l'on trouve que nonobstant les interdictions 
sérieuses faites par les édils precedens a tous brimbeurs tant 
passagers qu'autres d*aller mendier par les églises, ils s'éman- 
cipent encore de le faire en si grand nombre et avec tant de 
desordre que l'office divin et la dévotion des personnes en sont 
fort interrompus et troublés, il est autrefois bien expressé- 
ment deOendu a tous tels brimbeurs soit passagers, soit de 
la ville et faubourg et admis comme dit est, de se trouver 
esdittes églises pour y mendier en qu'elle manière que ce 
soit a peine d être saisis, emprisonnés ou autrement châtiés 
outre que quant a ceux de la ville ils seront privés de la 
liberté d'y mendier, et dechassés, bien pourront-ils demeu- 
rer hors des portes des églises pourveu que ce soit avec telle 
modestie et décence qu'ils n'y causent point de bruit et de 
trouble a la même peine. 

CHAPITRE XXV. 

Application desdittes peines et amendes comminées par les edicts 
et exécution d'icelles nonobstant appel et amende du frivol 
appel. 

1 

Toutes lesquelles peines et amendes s'appliqueront pour 
deux tiers au mayeur et le troisième au dénonciateur, et ses 



~ 95 - 

ront exécutables réellement et de fait sans forme ni figure de 
procès nonobstant opposition ou appellation et sans préjudice 
d'icelle, 

Et seront toutes les amendes que dessus non excédentes les 
six florins exécutables sur le seul rapport du délateur rédigé 
par écrit au registre que le mayeur devra tenir pourveu tou- 
tefois qu'icelûy délateur soit personne sans reproche, 

3 
Et pour preuve de l'observation du présent règlement il 
sera tenu registre desditles amendes par ledit mayeur, dont 
le commis de la cour a ce député pourra avoir inspection 
toutes les fois qu'il le trouvera convenir. 

Et au cas d'appel, si l'appelant est enfin de cause trouvé 
d'avoir mal appelle il encourera une amende de soixante livres 
du prix de quarante gros monnaie de Flandre la livre selon 
les lettres données le sixième may mil cinq cens onze, par 
feu de bonne mémoire Maximilien et Cbarle respectivement 
empereur roi de Germanie et archiducs d'Autriche, etc. 

CHAPITRE XXVI. 

Touchant les sergeants et ordonnance a iceux de veiller à l'ob- 

servation des Edicts. 

1 

Afin que tout ce que dessus soit ponctuellement et exacte- 
ment observé l'on ordonne tres-serieusement aux sergeants 
de s'acquitter fidèlement de leurs devoirs et en cas de con- 
travention aux dits points en faire incontinent rapport sous 
leur serment audit mayeur ou son lieutenant, sans port, 
faveur ou dissimulation quelconque, 

2 
Pour tant mieux réussir en laditte observation que n'a été 



- 96 — 

ait du passé, doat le deffaiU est la pluspart imputable a la 
négligence et connivence desdils sergeants, et afin qu*a l'a- 
venir ils ne se puissent décharger ou excuser l'un sur l'au- 
tre, ledit mayeur leur assignera dp tems a autre et a chacun 
d'eux des repartissemens et cantons de la ville, lesquels res- 
pectivement ils devront principalement veiller et en faire la 
visitte de tems en tems pour en faire rapport audit lieutenant 
qui en tiendra notte en un registre particulier, sans néan- 
moins que cela empêche ni excuse les autres de veiller aussi 
auxdits quartiers et de profiter comme rapporteur au regard 
des cas qu'ils auront dénoncé a peine que ceux ainsi commis 
qui n'auront fait rapport de quelques contraventions con- 
nues y arrivées seront reputtés en être participans du moins 
par connivence ou dissimulation en préjudice de leur devoir 
et serment ainsi que le seront aussi tous autres sergeants 
lesquels étans informés de quelques contraventions en quel 
lieu que ce soit n'en auront fait rapport, en sorte que Tun 
et l'autre enco^re^ont pour la première fois la peine de 
suspension de leur charge et gage pour demy an de terme 
et seront obligés de rapporter en chambre leurs manteaux 
et hallebardes et pour la seconde fois celle de privation 
absolu tte^ 

3 

D'ailleurs afin qu'ils ne puissent aussi s'excuser sous pré- 
texte de leur absence il leur est expressément deSendu de 
sortir de la ville sans en avoir obtenu dudit mayeur ou son 
lieutenant permission par écrit qui contiendra pour combien 
de tems a la même peine^ 

i 

D'autant aussi que le train de la justice est souvent re- 
tardé ou empêché par la fautte desdits sergeants qui refusent 
d'entendre a l'exclusion des sentences, décrets et ordonnances 
de la cour, ou t'aians entrepris négligent ou refusent de l'ef- 
fectuer par intelligence avec le condamné ou autrement, il 



- 97 — 

est aussi sérieusement interdit a tous sergeants étant requis 
de refuser d'entreprendre telles exécutions et les aians entre- 
pris de les dilayer tant soit peu contre le grés du requérant 
qu'ilsdevront avoir par écrit, et d'user d'aucune dissimulation 
vers qui et pour qu'elle cause que ce soit aux peines avant 
dittes et autres prescrittes par les ordonnances du conseil de 
la province, 



Et quand un sergeant requerera un ou plusieurs autres 
sergeanis de l'assister esdiltes exécutions, ils devront le faire 
incessamment sans le pouvoir refuser ou délayer tant soit 
peu, ne soit pour cause légitime, dont ils averteront inces- 
samment ledit mayeur ou son lieutenant, lequel en cas 
qu'elle soit notoirement frivole la rejettera comme telle, 
sinon en avertira la cour pour en être ordonné lelout a la 
même peine que dessus a la charge desdits sergeants re- 
quis, 

6 

Et devront tous lesdits sergeants incontinents après la pu- 
blication des edicts presens venir renouveller en chambre 
leur serment qui contiendra nomement qu'ils seront obligés 
de se conformer ponctuellement a ce qui les y regarde a peine 
de privation absolutte de leurs dittes charge, 

7 

Et afin d'obvier aux plaintes journalières qui se font inces- 
samment au sujet des vols et larcins qui se commettent par 
toutte la province au très grand préjudice du commerce, bien 
et repos du publique et contre la seureté des chemins et vola- 
geurs sans qu'il soit presque possible de venir a la connais- 
sance de ceux qui commettent tels desordres a raison qu'il 
se rencontre des personnes assés mal avisées pour les re- 
celer, cacher, et retirer dans leurs maisons nonobstant les 
prohibitions des lois, placarts et ordonnances sur ce publiés 
il est interdit a tous mannans et inhabitans des faubourgs et 



— 98 — 

voisins de laditte ville et signament a ceux et celles qui y 
tiennent auberges ou cabarets d'admettre ou recevoir chez 
eux aucunes personnes suspectes de semblables choses ni 
autres soient ils militairs étrangers, passagers, ou autres 
pour y loger sans en donner aver tance, 

8 

« 

A qu'elle fm iîss'informeront sitôt leur arriver qui ils sont, 
d'où ils viennent et ou ils vont et en donneront part aux com- 
mis aux portes de laditte ville le même soir s'il se peut et 
avant la fermeture des ditles portes. 

9 

Sinon et au cas que tels gens arriveroient après laditte 
fermeture, ou pendant la nuit ils seront obligés de faire 
laditte avertance le lendemain du matin immédiatement la 
porte ouvrante aûn que lesdits commis en puissent avertir 
en tems le mayeur ou son lieutenant le tout a peine de 
douze florins d'amende ou autres arbitraires applicables 
comme dessus, si donnons en mandement a nostres chers et 
féaux les chefs présidents et gens de nos privé et grand conseil 
et a tous autres nos justiciers, officiers et sujets auxquels 
ce peut ou pourra toucher et regarder qu'ils exécutent et 
observent, fassent exécuter et observer les présentes ordon- 
nances en tous leurs points et articles auquel eflect elles 
seront publiées au premier jour d'assemblée dudit magistrat, 
aûn que personne n'en prétende cause d'ignorance, car ainsi 
nous plait-il en témoignage de ce nous avons fait mettre 
notre grand scel a cesdittes présentes. Données en notre ville 
de Bruxelles le cinquième dé février l'an de grâce mil six 
cens nouante trois, et de nos règne le vingt-huitième, para- 
phé cox V® plus par le Roy en son conseil signé P. de Ri- 
vanegra. 

Le présent règlement a été publié sur la grande place de 
Charleroy au son du tambour le huitième septembre mil six 
cens nouante neuf et dans la ville basse le onzième du même 



— 99 — 

mois a Tordonnance de messieurs du magistrat des dittes 
villes par le soussigné greffier dudit Charleroy. Fait ledict 
onzième septembre mil six cens et nonante neuf. Temoing 
signé L. Molle grefQer 1699. 






Cette charte créait un magistrat spécial de police et de 
justice choisi par le roi dans les trois magistrats administratifs 
distincts des différentes parties de la ville. 

Mais ce règlement arrêté le 5 février 1693 ne fut promul- 
gué le 8 7bre 1699. C'est que dès le 11 8brei693 la ville fut 
prise par l'armée française et resta à la France jusqu'au 
traité de Ryswyck le 20 7Dre 1697. 

Pendant cette occupation, VÉdit politique fut remplacé par 
un Traité d'union administrative signé par les trois commu- 
nautés de la ville et approuvé par Tintendant François VOISIN 
pour arriver à ne plus avoir qu'un seul magistrat. 

Traité d'union d! entre les habitants et sociétés de la ville 

haute et basse de Charleroy. 

1 
Premièrement que les officiers et magistrats établis en la 

Ville Basse de la part du roy et ceux établis en la Ville Haute 

pai* la Dame Princesse de Masmines continueront a exercer 

et administrer la partie tant reele et civile que criminelle, 

dans toute l'étendue de leur district et juridiction, 

2 
Que pour régler et policer les deux communautés seront 

députés par les officiers respectifs et a l'intervention de 

ceux de deux villes le nombre de six ou sept hommes les plus 

capables hors les justiciers desdittes villes, qui composeront 

un corps pour décider et délibérer sur tous les cas et affaires 

qui concernent les deux communautés en ce qui regardera 

l'union ci-bas à contracter, sans préjudice aux hauteurs,droits, 

et juridictions respectives, 

3 
Que ce corps s'assemblera alternativement dans les deux 

villes aux lieux de l'audience ordinaire le mardy de chaque 



— 400 - 

semaine ou aulres si la nécessité le requiert a rinterpellation 
de l'un ou de Tauli e desdits otficiers qui présideront a tour 
de rôle et chacun dans sa juridiction, 

4 

Que lesdils officiers echevins députés et bourgmestre ne 
pourront rien délibérer, accorder ni disputer de ce qui con* 
cernera les dites communautés qu'a la résolution et contente- 
ment de la pluralité d*iceux spécialement convoqués et 
assemblés, 

5 

Que pour suppléer aux frais qui surviendront et argent 
qu'il conviendra débourser dans lesdites deux villes^ lesdits 
corps de police dresseront chaqiie année les assiettes néces- 
saires es quelles seront cotisés les bourgeois et habitants des 
deux communautés sans exception, tant pour leurs biens et 
facultés que pour leur commerce a règle de taille, 

6 

Que pour obvier aux difficultés qui pourraient naitre au 
sujet des dettes et redevances desdites ville, les ambedeux 
communautés devront se puiger et acquitter toutes et quel- 
conques dettes, et redevances dont elles pourront être char- 
gées jusqu'au jour delà présente union a l'entière déchéance 
et indemnité, Tune de l'autre si bien qu'elles n'en soient 
molestées par qui que ce puisse être, 

7 

Qu'en celte conformité tout fraix qui surviendront de 
la date d'icelle union esdites deux villes, de quelle nature ils 
soient seront rendus communs et s'acquittèrent des deniers a 
provenir de l'assiette susnommée» 

8 

Que la distribution desdits deniers se fera a l'ordre du 
susdit corps pour le bien et utilité de la communauté indiffe- 
ramment, 



— 101 — 

9 

Sans qu'ils ne pourront être appliqués a Tusage ni de 
l'une ni de l'autre des communautés pour ce qui regarde le 
spirituel, parce qu'elles sont de diverses paroisses et diocèses, 
non plus pour tout ce que l'une des dites communautés de- 
vra être exempte de ce que Fautre pourra être réputé tenu 
et chargé, 

10 

Que le peu de rente et commune qui appartiennent a ceux 

de la Ville Haute leur suivront a la coutume privativement 

auxdits de la ville basse, pour que cela est destiné a Tenlre- 

tien de leur maison pastorale et autre chose de cette na- 

• ture, 

11 

Mais aussi ceux de la Ville Basse ne seront tenus a entrer 
ni connaître des charges des dites communes non plus que des 
rentes dues par ceux delà Ville Haute. Cependant toutes pour- 
suiltesel procédures qui pourraient survenir esditesvilles seront 
aux frais communs, encore bien que le prtncrpart ne concernerait 
que l'une d'icelles, et en cas que l'on succombées dites 
poursuitte, le principal sera acquitté par celle qu'il appartiendra 
a l'indemnité de l'autre, nonobstant la commune desdits fraix^ 

12 

Que le Corps de police sera puissant et qualifié d'apprécier 
les vivres, régler et visiter les poids et mesures, pour vendre 
et acheter, et en6n pour donner les ordres touchant l'obser- 
vance d'aucuns art. de l'Edit politique qui sont en usage en 
la ville de Namur et qui seront adoptables a ce qui suffira dans 
celle de Charleroy, 

13 

Que les officiers de l'une et de l'autre des dites villes feront 
les poursuites et punitions chacun dans l'étendue de leur dis- 



— 102 — 

trict et juridictioQ a charge des contrevenants ou délinquants 
pardevant ceux de la justice ordinaire, sans qu'ils pourront 
empêcher ni empiéter sur le droit et authorité l'un et 
l'auire. 

Ainsi fait, conclu et arrêté de part et d'autre par les ma- 
gistrats, bourgmestre et communautés desdites villes, spécia- 
lement convocquées et assemblées sous le bon plaisir de sa 
Majesté et de madame la Princesse de Masmine ce jourd'hui 
26 de juillet 1694. Était signé a l'original Thibaut, G. de 
Malinne, Dumont, P. Delenne, L. 'Molle, G. Canva Bourgs 
Jacque Dandoy^ Gean Denisart, Lambert Richir, Benoit de 
Louvan, Jean Denisart, Martin Hiernaux. Puis écrit a dorso 
ce qui suit : 

Vu le projet d'union de l'autre part, entre les deux com- 
munautés de la ville haute et ville basse de Charleroi, nous 
ordonnons par provision qu'il sera exécuté ; fait le 5 septem- 
bre 1694. Etait signé VOISIN. En bas est écrit: collationné la 
présente a son original, et l'ai trouvé conforme de mot a 
autre, le 2 juin 1724, signé L. Molle n^^e roial 1724. Concord 
tes. sign. L. Molle 1728. 

Pour copie conforme tes, J. J^" Molle not. et greflier de 
Charleroi 1768*. 

 peine Charleroi était-il né comme forteresse qu'il avait 
fallu relier celle ville au réseau de chaussées du pays, et l'on 
avait bientôt construit la route de Bruxelles à Namuretà 
Charleroi. Le commerce de houille se faisait alors par cha- 
riot vers tout le Brabant surtout à la saison morte des fer- 
miers, c'est-à-dire à l'hiver. C'était là le principal débouché de 
nos charbons de chauffage. 

1. Carton n^ 691 da Conseil privé, anx archives de l'État à Bruxelles. 



- 103 - 



Il s'agit bientôt de réglementer la police de la route du 
Brabant et l'ordonnance suivante parut le 23 janvier 1673. 






23 janvier 1673. 

Liste de ce que les fermiers ou collecteurs du droit de pas- 
sage de la chaussée^ et chemins d'esté du Bois de Soigne^ 
recevront de tous les chevaux attelez, ou point attelez^ et 
autres bestiaux passans ou repassans les barrières mises sur 
la chausséCy commençant à la chapelle d'Ixelles^ et condui- 
sant vers les villes de Namur et Charleroy, comme aussi 
celles de Boitsfort, et celle d'Ixelles et Eiterbeck. 

Premièrement chacun cheval ou mulet, asne, 
ou deux bœufs comptez pour un cheval, pas- 
sant ou repassant lesdites chaussées, ou chemins 
d'Esté, menant charge de bois délivrée, ou 
autre bois de brûlage, payeront à chacune des- 
dites Barrières qu'ils passeront 6. deniers ou 

demy sol. 

Bien-entendu que ceux qui seront chargez, 
soit avec chariots ou charettes de grandes 
charges, si comme de fer, bois de wisse, ou 
autre bois qui n'est pas de la Forest de Soigne, 
et autres diverses marchandises, payeront pour 
chacun cheval, et deux bœufs comptez pour un 
cheval un sol. 

Item du métal ou cuivre, chacun cheval. . un sol. 

Item des tonneaux chargez de doux, chacun 
cheval un sol. 

Item ceux qui mènent des pierres, chacun 
cheval un sol. 

Item des voudres de vin en pièces, chacun 



- 104 - 



un so 
un so 



cheval un sol. 

Item voitures de chênes entières,' chacun 

cheval un sol 

Item bois de charpenlage, chacun cheval. . un sol 

Item bandes de chaudrons, chacun cheval . un sol 

Item des pierres bleues, chacun cheval . . un sol 

Item du sel, chacun cheval un sol 

Item tonneaux remplis de poisson, chacun 

cheval un sol 

Item des ardoises, chacun cheval .... un sol 

Item clap-houl, chacun cheval un sol 

Item luilles, chacun cheval un sol 

Item charges de serruriers et mareschaux 

de gros fers pour chacun cheval .... 

Item de la chaux, chacun cheval .... 

Item que tous chevaux chargez sur le dos 
de quelque marchandise que ce soit, payeront 
aussi pour chacun cheval, entrant ou sortant 
sur la chaussée en la ville et dehors . . . 

De chacun cheval de couple 

De chacun pourceau un liard. 

De cent moutons six sols. 

De chacune vache, et deux veaux comptez 
pour une vache un liard. 

De tous chevaux attelez ou point attelez, 
ayant mené les avant dites marchandises, et re* 
tourn.-ms de la ville sans charge ou voiture, 
chacun cheval un liard. 

Des mesmes chevaux retournans avec demy 
charge 2. liards. 

Plus de toute autre pesante mai'chandise point spécifiée 
en cette liste, payeront à Tadvenant de chacun cheval et deux 
bœufs comptez pour un cheval comme dessus. 



un sol. 
2. liards. 



— 405 — 






Bientdt l'abus s'en mêla et Ton porta Tordonnance suivante 
le 10 mars 1698 : 






Deffense aux fermiers et commis établis aux barrières sur 
la chaussée qui mené de 2 ( ville de Bruxelles vers celle de 
Namur et Charleroy, de laisser passer par la même chat^- 
sée aucune voilure qui excède le poids de trois mille cinq 
cent livres ou environ. 

Du 10. Mars 1698. 

Comme Ton est informé que ceux du Walon-Brabant et 
autres voiturans par la chaussée qui mené de cette ville vers 
celle de Namur et Charleroy, chargent si excessivement leurs 
chariots» que pour arriver à la chaussée, ils sont obligez 
d'employer 10, 12, et plus de chevaux, et qu'ayant atteint la 
chaussée, ils détellent les chevaux, excepté trois à quatre, au 
moyen desquels ils passent avec cette voiture excessive, et 
par laquelle ils détruisent tellement la chaussée, que les 
droits qui s'y payent ne seroient suffisants pour l'entretenir. 
Les président et gens de la Chambre des comptes du Roy en 
Brabant pour y pourvoir, ont d fendu comme ils défendent 
bien expressément par cette pour et au nom de Sa Majesté 
aux respectifs fermiers et commis establis aux barrières 
pour recevoir lesdits droits et autres du Roy, de laisser pas- 
ser par la chaussée aucune voiture qui excède le poids de 
trois mille cincq centlivres ou environ, à peine d'une amende 
de dix pattacons à leur charge pour chaque chariot, et que 
par-dessus ce ils seront châtiez comme sera trouvé convenir, 
et ce par provision et jusqnes à ce qu'autrement sera or- 
donné. Fait à Bruxelles au bureau, et soubs le cachet de 
ladite Chambre des comptes du Roy en Brabant le 10 de 



- 106 - 

Mars 1698. Estoit paraphé, Bghe. vi. Signé, C. de Backer. Et 
y estoit capposé le cachet de la chambre des Comptes da Roy 
en Brabant en hostie vermeille sur une estoile de papier. 






Plusieurs personnes prétendirent arbitrairement s'exemp* 
ter des droits de barrières sur ces chaussées. 

L'ordonnance suivante mit bon ordre à cette prétention le 
8 octobre 1698. 



* 



Ordonnance que personne ne se pourra servir delà chaussé 
commençante à la chapelle d^Ixelles, conduisante vers les 
villes de Namur et Charleroy, et de celles de Boitsfort, 
Ixelles et Elterbteke^ sinon en payant les droites sur le pied 
et en conformité de la liste en dressée leS3.de Van 4673. 

Du 8 Octobre 1698. 

MAXIMILIEN EMANUEL 

Par la grâce de Dieu^ Due de la haute et basse Bavière, et 
du haut Palatinat, Comte Palatin du Bhin^ Grand Eschan- 
son du St. Empire et Electeur y Landt^Grave de Leichten- 
hergh, Gouverneur des Pays-bas^ etc. 

Comme il est venu à nostre connoissance, que diverses 
personnes, tant ecclésiastiques qu'autres, prétendent soubs 
divers prétextes, d'estre exempts du payement des droits qui 
se collectent aux barrières establies sur la grande chaussée 
commençante à la Chapelle d'Ixelles, et conduisante vers les 
villes de Namur, et Charleroy, aussi bien que sur celles dé 
Boitsfort, Ixelles et Etterbecke, directement contre le Plac- 
cart émané sur ce sujet le dernier d'aoust seize cent vingt- 
neuf, et attendu les grands fraix que Ton a esté obligé d'expo- 



— 107 ^ 

ser pour construire lesdites chaussées, et ceux qu'il convient 
de faire annuellement pour l'entretien d'icelles, pour la meil- 
leure commodité et utilité du publicq, Nous avons, à la déli- 
bération des trésorier gênerai, et commis des domaines et 
finances du Roy, sur préalable advis des président et gens de 
la Chambre des comptes establie en Brabant, déclaré et or- 
donné, déclarons et ordonnons par cette , au nom et d e la part de Sa 
Majesté, que personne de quelle qualité et condition il puisse 
estre, se pourra se servir desdites chaussées,sinon en payant les 
droits sur le pied, et en conformité de la liste en dressée le 
vingt-troisième de l'an seize cent septante-trois^ et que per- 
sonne n'en peut estre exempt que ceux qui sont énoncés par 
ledit placcart, sçavoir les chevaux et mulets à nous apparte- 
nans, et ceux de noslre suite, les chevaliers de l'ordre de la 
Toison d'Or, pareillement avec leur suite, ceux des Conseils 
d'Etat, Privés et Finances, et ceux du Conseil de Brabant, et 
deux Chambres des comptes, comme aussi les chariots cou- 
verts, et autres appartenans ausdites personnes privilégiées, 
allans vers leurs biens, et chevaux menans des pierres et 
sables, pour la réparation de ladite chaussée, bien-entendu, 
que lesdits privilégiez, ne seront exempts du payement des- 
dits droits lorsque par leurs propres chevaux, aussi-bien que 
par des autres, ils chargeront ou mèneront des matériaux, 
marchandises, ou autres denrées de quelle nature ce puisse 
estre, dont ils seront obligez de payer lesdits droits comme les 
autres non privilégiez ; ordonnant ensuite au nom que dessus 
à tous ceux qui ce regardera, de se régler selon ce, et afin 
que personne n'en puisse prétendre cause d'ignorance^ Nous 
avons ordonné que la présente soit imprimée et affichée es 
lieux publicqs, ordinaires et accoutumez. Fait à Bruxelles le 
huitième d'Octobre seize cent nonente-huit. Estoit paraphé, 
CD. Berg. vt. Signé M. Emmanuel. Plus bas. Comte de Ber- 

geyckj Le Comte de St. Pierre^ V. *vander Borcht. 

* 

Cette ordonnance fut renouvelée le 5 novembre 1702. 



- 108 - 



* * 



Ordonnance pour le paiement des droits aux barrières 5ur la 
grande chau^sée^ commençant à la chapelle d'Ixelles^ et 
conduisant vers les villes de Namur et Charleroy, aussi-bien 
que sur celles de Boilsfort jusques à La HulpCy celles d^Ixelles 
et Etterbeck. 

Du 5. Novembre 1702. 

LE ROY EN SON CONSEIL. 

Sa Majesté ayant esié informée que plusieurs personnes, tant 
Ecclésiastiques qu'autres, prétendent sous divers prétextes 
d'estre exempts du payement des droits qui se collectent aux 
barrières eslablies sur la grande Chaussée, commençant à la 
chapelle d'Ixelles, et conduisant vers les villes de Namur et 
Charleroy, aussi-bien que sur celles de Boitsfort jusques à La 
Hulpe, celles d'Ixelles et Etterbeck, directement contre le 
placcart émané sur ce sujet le dernier d'aoûstl629, et attendu 
les grands frais que Ton a esté obligé d'exposer pour cons- 
truire lesdites chaussées, et ceux qu'il convient de faire an- 
nuellement pour l'entretien d'icelles, pour la meilleure com- 
modité et utilité du publicq, facilité et entrecours du commerce. 
Sadite Majesté, ayant ouy ceux de la Chambre des comptes, a 
par avis de son Conseil, et à la délibération de son comman- 
dant gênerai de ces pays, a ordonné et declaré,ordonne et dé- 
clare par cette, quetoutespersonnesdequelle qualité,condition 
ou estât qu'il puisse estre, passans sur lesdites chaussées, 
devront payer les droits à toutes les barrières sur le pied et 
en conformité de la liste du 23. de l'an 1673.^ et que per- 
sonne n'en sera exempt, que les chevaux et équipages appar- 
tenans à Sa Majesté et ceux de sa suite, ceux du vicaire et 
gouverneur gênerai , commandant gênerai , gênerai des 
armes, et tous officiers généraux, officiers militaires et sol- 

i. Voird-deyant, page i03. 



— 109 — 

dats, tant des troupes de sadite Majesté, que de celles du Roy 
très-chreslien, des chevaliers de la Toison d'or, ceux de nos 
conseils et chambres des Comptes, comme aussi les chariots, 
charettes et autres voitures qui amèneront pour lesdiies per- 
sonnes privilégiées leur propre cru, et pour leur propre con- 
somption, parmy certificat sous leur signature et point autre- 
ment, comme aussi les chevaux attelez es carosses« sièges, 
chariots ou charettes des particuliers ne menans voiture, les 
chariots de munitions, et autres menans vivres, bagage des 
soldats et gens de guerre, les chevaux menant des pierres et 
sables pour la réparation des chaussées, du meusnier de 
Boitsfort menant des grains : bien entendu que lesdits privi- 
légiez ne seront exempts du payement desdits droits, lorsque 
par leurs propres chevaux, aussi-bien que par d'autres, ils 
chargeront ou mèneront des matériaux, marchandises ou 
autres denrées pour vendre au marché ou livrer à des parti- 
culiers de quelle nature ce puisse estre, dont ils seront obligez 
de payer lesdits droits comme les autres non privilégiez. 

Et au regard des chariots et charettes qui viendront 
chargées de pesantes marchandises, tous chartons seront 
obligés de payer pour tous les chevaux, avec lesquelles ils 
seront venus jusques à une demie lieue près de ladite chaus- 
sée, mais payeront pour les chevaux dételez comme s'ils fus- 
sent attelez, le tout à peine de douze florins d'amende, toutes 
les fois qu'on découvrira avoir voulu frauder lesdits droits ; 
de laquelle amende saJile Majesté jouira d'un tiers, lefermier 
ou collecteur l'autreetletiersrestantle dénonciateur ; ordonnant 
ensuite sa dite Majesté à tous ceux à qui ce regardera, de 
s'y conformer et observer cette ordonnance, sans aucune 
contradiction, et affin que personne n'en puisse prétendre 
cause d'ignorance, sa Majesté a ordonné que la présente soit 
imprimée et afûchée es lieux publicqs, ordinaires et accous- 
tumés. Fait à Bruxelles le cinquième de novembre mil sept 
cent et deux. Estait signé El Targuez de Bedmar^ et contre- 
signer, en l'absence de l'audiencier J. B. Van Erp. 

6 



— 110 — 

♦ 

I 

L'ordonnance du 10 mars 1698 dût être renouvelée et 
rendue plus sévère le 48 décembre 1717*, puis le 13 
juillet*. 

Le 26 mai 1730, par un placard qui rappelait les principes 
de celui du 31 août 1629, furent réglées les exemptions de 
barrière sur la chaussée de Bruxelles à Charleroi et autres 
chaussées, exemptions dont Tabus avait donné lieu aux deux 
ordonnances que nous avons reproduites ci-devant pages 106 
et 108. 



♦ ¥ 



Placart et Ordonnance au regard du payement des Droits qui 
se lèvent aux Barrières sur les Chaussées de Sa Majesté, 

Du 26. May 1730. 

Charles par la grâce de Dieu, Empereur des Romains, 
toujours Auguste, Roy de Germanie, de Castille, de Léon, 
d*Ârragon, des deux Sicilles, de Jérusalem, d'Hongrie, de 
Bohême, de Dalmalie, de Croatie, d'Esclavonie, de Navarre, 
de Grenade, de Tolède, de Valence, de Galice, de Majorque, 
de Seville, de Sardaigne, de Cordoue,deGorsique, deMurcie, 
de Jaen, des Algarbes, d'Algezir, de Gibraltar, des Isles de 
Canarie, des Indes tant Orientales qu'Occidentales, des Isles 
et Terre ferme de la Mer Oceane ; Archiduc d'Autriche ; Duc 
de Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de Limbourg, de 
Stirie, de Carinlhie, de Carniole, de Luxembourg, de Guelde, 
de Milan, de Wurtemberg et Teck, de la haute et de la basse 
Silesie, d'Athènes et de Neopatrie ; Prince de Souabe ; Mar- 
quis du St. Empire, de Bouigau, de Moravie, de le haute et 
de la basse Lusace ; Comte de Habsbourg, de Flandres, 
d'Artois, de Thirol, de Barcelone, de Ferrete, de Kibourg, 
de Gorice, de Roussillon et de Cerdaigne ; Palatin du Haynau 
et deNamur; Landgrave d'Alsace; Marquis d'Oristan et Comte 

1. \oir Deuxième fascicule de cet ouvrage, page SO et Placarts du Brabant^ 
t. V. page 430. 

2. Voir Deuxième fasciculef page 26 et Placarts du Brabant^ t. V. page 433 . 



— m — 

de Goceano ; Seigneur de la Marche d'Esclavonie, du Port- 
Naon, de Biscaye, de Molines, de Salins, de Tripoli et de 
Malines ; Dominateur en Asie et en Afrique, Etant informé 
que plusieurs personnes, tant Ecclésiastiques que Séculiers, 
prétendent sous divers prétextes d'être exempts du payement 
des Droits, qui se doivent lever aux Barrières sur nos Chaus- 
sées, commençant à la Chapelle d'Ixelles, dont la première 
est posée au Vleugat et les autres sur les Chaussées condui- 
santes vers les Villes de Namur et Charleroy aussi bien que 
sur celles de Boitsfort jusques à la Hulpe, celles d'Ixelles, 
Etterbeecke, Auderghem, la Vuere, la Chapelle de Nôtre- 
Dame au Bois, Stalle, la Ferté et autres Barrières à poser sur 
les Chaussées que Nous trouverons à propos de faire cons- 
truire, et attendu les grands frais que Nous avons été obligé 
d'exposer pour construire lesdites Chaussées, et ceux qu'il 
convient de faire annuellement pour l'entretien d'icelles pour 
la meilleur commodité et utilité du publicq, facilité et entre- 
cours du Commerce, ayant ouy ceux de la Chambre des 
Comptes en Brabant, avons (par avis de noire Conseil des 
Finances, et à la délibération de nôtre très-chere et très- 
aimée Sœur Marie Elisabethe par la grâce de Dieu, Princesse 
Royale de Hongrie, de Bohême et des deux Sicilles, Archidu- 
chesse d'Autriche, nôtre Lieutenante et Gouvernante Générale 
de nos Pays-bas) ordonné et déclaré, comme Nous ordonnons 
et déclarons par cette, que toutes personnes de quelle qualité, 
condition, ou état elles puissent être, passant par lesdittes 
Chaussées devront payer les droits à toutes les Barrières, sur 
le pied de conformité de la Liste cy-après spécifiée, et que 
personne n'en sera exempte, exceptés tous les chevaux et 
équipages Nous appartenans et à ceux de nôtre suite, ceux de 
nôtre Lieutenante et Gouvernante Générale, du Commandant 
General, du General de nos Armes, et tous Officiers, Gé- 
néraux, Officiers militaires et soldats, tant de nos Troup- 
pes, que de celles des Roys, Princes et Puissances 
avec lesquelles Nous sommes en paix, les Chevaliers de 



— H2 - 

la Toison d'Or, les trois Gonsaui Collatéraux d'Elat, Privé 
.et Finances, le Grand Conseil, celuy de Brabant et nos 
respeclives Chambres des Comptes, soit avec leurs propres 
Carosses ou autres Voitures de louage, comme aussi les cha- 
riots, chareltes et autres voitures, qui amèneront pour les- 
diies personnes privilégiées leur propre crû, et pour leur 
propre consomption, parmy certificat sous leur signature et 
point autrement, comme aussi les chevaux menans des pierres 
et sable, pour la réparation et construction des Chaussées, du 
Meunier de Boitsfort menant du grain, lequel Meunier n'en 
sera exempt, que pendant le terme de la présente Âdmodia- 
tion des Domaines, bien-entendu que lesdits Privilégiez n'en 
seront exempts du payement des Droits lorsque par leurs 
propres chevaux, aussi bien que par d'autres ils chargeront 
ou mèneront des Matériaux, Marchandises ou autres Denrées, 
pour vendre au marché ou livrer à des particuliers, de quelle 
nature se puisse être, dont ils seront obligez de payer 
les Droits comme les autres non privilégiez. Et au regard des 
chariots, charettes qui viendront chargez de pesantes Mar- 
chandises, Nous ordonnons à tous Chartiers et Voituriers 
d'observer punctuellement nôtre Ordonnance et Règlement 
pour le poids et charge du 13. juillet 1726. 

Nous deffendons bien expressément à un chacun d'entrer 
ou prendre quelques chemins de côté ou sinistres, pour 
éviter les Barrières, à peine de douze florins d'amende, 
toutes les fois qu'on découvrira d'avoir voulu frauder les 
Droits des Barrières, de laquelle amende la moitié sera à 
notre profit, laquelle sera payée es mains du Wout-Maitre de 
Brabant, qui en fera recette dans son compte à rendre des 
amendes et calenges, etc. et l'autre au profit du Dénoncia- 
teur. 

Et comme Nous prennons sous nôtre protection et sauve- 
garde toutes les personnes, tant Fermiers qu'autres mis, et 
commis tant pour la direction, que pour la perception du 
payement des Droits des Barrières desdites Chaussées, Nous 



— H3 - 

ordonnons bien expressément à tous officiers et Justiciers 
étant requis, de donner et procurer toute ayde et assistence, 
avec défense à un chacun de quelle qualité ou condition qu'il 
soit de molester ou troubler de fait ou de paroles lesdiles 
personnes, à peine de vingt cinq florins d'amende, laquelle 
sera entièrement payée es mains du Wout-Maitre de Brabant, 
qui en fera pleine recette uniquement à nôtre profit dans son 
compte à rendre des calenges. 

Toutes lesquelles difficultés qui pourroient survenir à l'oc- 
casion du payement des Droits des susdites Chaussées, seront 
après préallable namptissement applanies devant les juges de 
la Foresterie de Brabant. 

Cy suit la Liste pour la perception des Droits à chaque Bar- 
rière posée et à poser. 

Premièrement, chaque Cheval, Mulet, Ane, 
ou deux Bœufs, comptez pour un Cheval qui 
passeront ou repasseront, lesdites Chaussées 
ou chemins d'esté attelez aux Chariots, Cha- 
rettes, Carosses^ Chaises, ou toutes autres Voi- 
tures tant des particuliers, que de louage paye- 
ront à chacune desdites Barrières qu'ils pas- 
seront, exceptés les Privilégiez cy- dessus 
mentionnés tant pour leurs propres voitures 
que pour celles de louage 1. sol. 

Et au-dessus pour chaque demie Barrière, 
par Cheval, Mulet, Ane ou deux Bœufs comp- 
tez pour un cheval de plus 2. liards. 

Item pour chaque cheval de monture et 
autres Mulets, Anes, point attelés, chargés ou 
non chargés des non Privilégiez 1. sol. 

Bien-entendu que les chariots ou charettes. 
menans charge de l3ois de livrée ou autre 
Bois de brûlage de la Forêt de Soigne ne paye- 



- il4 — 

ront pour chaque Cheval, Mulet, Ane ou deux 

Bœufs comptés pour un Cheval, que ... 2. liards. 

Item de chaque Pourceau 1. liard. 

De cent Moutons 6. sols. 

Pour chaque Bête à corne non attelée, et 
pour deux Veaux compté pour une Bête à corne 1 . liard. 

De tous les chevaux attelez ou point attelez 
ayant mené Marchandises, et retournant de la 
Ville ou autres Lieux sans charge ou voiture 
chaque cheval non privilégié 1. liard. 

De même les chevaux retournans avec demie 
charge 2. liards. 

Bien-entendu que les Carosses, Chaises et les Personnes à 
cheval ne payeront les Droits aux Barrières posées sur les 
Chaussées à Etterbeeck près du Moulin, nommé le Faucon et 
celle vers St. Joos ten Noode- 

Sauf que lesdits Carosses et Chaises et Gens à cheval, qui 
passeront le Ruisseau audit Âuderghem et prendront la 
route vers la Chapelle de Nôtre*Dame au Sable soit pour aller 
vers la Vuere, ou vers Nôtre-Dame au Bois, payeront les 
doubles Droits audit Auderghem tant en allant qu'en retour- 
nant, f 

Et afin que les susdits Privilégiez puissent jouir sans diffi- 
culté de leur- dite franchise, et que Nous ne soions fraudé 
dans la levée desdits Droits par les non privilégiés sous le 
faux prétexte d'être du nombre de ceux de la Cour de nôtre 
très-chere et très-aimée Sœur ou desdits Corps privilégiés, 
Nôtre intention est, que ceux de la Cour de nôtre susdite 
très-chere et très-aimée Sœur, ne portant ses couleurs en 
devront faire conster aux Tenans-Barrieres par déclaration 
signé du Secrétaire de la Cour Anthoine François de Rossy 
à renouveller tous les six mois." 

Et ceux de nosdits Consaux et nos respectives Chambres 
des Comptes, ceux de leur Famille et Veuves seront conster 
(en estant requis) aux Tenans-Barriere, de leur Etat d'Office, 



— 415 - 

par déclaration paraphée du Chef et signée d'un Greffier ou 
Secrétaire de leur Corps respectif, faute de quoy lesdits 
Tenans- Barrière ne seront obligés de reconnoître leur-dite 
exemption ou franchise pour celle fois. 

Deffendons bien expressément à tous les susdits Privilégiez 
de prêter ou confier leur-dite déclaration de franchise, à 
quelque personne non privilégiée, à peine de vingt-cinq 
florins d'amende et d'être à jamais decheus de ladite exemp- 
tion. 

Ordonnons à tous ceux qui ce regardera, de s*y conformer 
et observer cette nôtre Ordonnance sans aucune contra- 
diction, et afin que personne n'en puisse prétendre cause d'i- 
gnorance, Nous ordonnons que la présente soit imprimée et 
affichée es lieux publicqs, ordinaires et accoutumés : Car 
ainsi Notts plaît-il. En témoin de ce Nous avons fait mettre 
nôtre grand Séel à ces présentes, données en nôtre Ville de 
Bruxelles le 26. May l'an de grâce 1730. et de nos Règnes, 
scavoir de l'Empire Romain le19."^e d'Espagne le 27.™® et de 
Hongrie et de Bohême aussi le i9,^^^ Etoit paraphé, V Hag. 
v^. plus-bas étoit écrit. Par l'Empereur et Roy^ signé, G. 
Schouten, et le grand Séel de Sa Majesté imprimé en cyre 

rouge y étoit appendant à double queue de parchemin. 

* 

Enfin plus tard la police de la chaussée de Bruxelles fut 
encore l'occasion des règlements émanés le 6 juillet 1750* le 
23 décembre 1752* et le 9 avril 1766\ 

On avait établi tout un service de poste dans nos provinces 
le 17 mars 1701*. 

Les tarifs avaient paru dès le 5 novembre delà même année 
dans un règlement dont nous avons donné un extrait relatif 
à Charleroi\ 

1. Voir Deuxième fascicule de cet ouvrage, page 54. 

2. Voir ibid., page 56. 

3. Voir Troisième fascicule^ page 53. 

4. Voir Placarts du Brabanty t. V, page 373. 

5. y OIT Deuxième fascicule^ page 9. 



— H6 — 

Les années suivantes, plusieurs décrets organisèrent le 
service elle 16 janvier 1729 parut un tarif arrêté d'une ma- 
nière définitive. Nous n'en donnerons que ce qui regarde 
Charieroi. 

■ 

Tarif général des droits qui seront levés et payés à Vavenir 
aux bureaux des postes de ces Pays, pour les ports de lettre 
et pacquets portés par la voie des postes et courriers ordi- 
naires dans les villes et lieux de ces provùices et des autres 
royaume et Etats de sa Majesté Impériale et catholique, 
comme aussi des pays voisins et estrangers^ 

Du 16 janvier 1729. 

SIMPLE DOUDLE ONCE 
SOLS SOLS SOLS 

Dans le bureau des postes a Louvain. 

Les lettres de Mons,Namur,Gand, etc. payeront 3 4-6 

Dans le bureau des postes a Bruxelles. 

deMons, Anvers, Namur, Gand, etc, 2 3 4' 

Dans le bureau des postes a Anvers 



de Courtray, Bruges, Mons, Namur etc. A 5 



Dans le bureau des postes a Hervé, Duché de Lihbourg 



de Mons, Ath, Charieroi, Binche etc. 7 10 14 



Dans le bureau des postes a Luxembourg 



de Namur et Charieroi 4 6 8 



— 117 ~ 
Dans le bureau des postes a Gand 

de Namur, Charleroy élc. A 10 

Dans les bureaux des postes a Bruges, Ostende et Nibuport 

deNamur,CharleroyyMoQs,Ath,TirlemontyDiesl 5 7 12 



• • • 



Dans le bureau des postes a Courtray 
deNamur, Charleroy, Tirlemont, Diest, etc. 5 7 12 

Dans le bureau des postes a Audenarde 
de Namur, Charleroy, Diest, Tirlemont 4 5 8 

Dans le bureau des postes a Tournât 
deLouvaiDy Malinnes, Charleroy, Nivelle, etc. 4 7 16 

Dans le bureau des postes a Ypres 
de Namur, Charleroi, Diest, Tirlemont, etc. 7 12 28 

Dans le bureau des postes a Furnes 
de Diest, Tirlemont, Mons, Namur, Charleroi 7 12 28 

Dans le bureau des postes a Menin 

• *•••. .•••••••■ 

de Malinnes, Louvaia, Mons, Charleroy, 
Nivelles, Enghien 4 7 i(> 



— 118 — 
Dans lbs BuasAux dbs postes a Hons bt a Ath 

de Bruxelles, Charleroy, Tournay, ^2 S i 

Dans le bureau des postes a Namur 

de Bruxelles, Nivelles, Charleroy, Marche, 2 3 4 

Dans le bureau des postes a Malines 

de Mons, Namur, Gand, 3 4 6 

Toutes les villes et lieux en droitures et de traverse qui 
sont sur les routes des postes el qui ne sont pas nommés dans 
le présent tarif, payeront a sçavoir celles au-dessous de cinq 
lieues, un sol chaque lettre simple, la double et l'once en . 
proportion. 

Son Altesse serenissime a pour et au nom de sa Majesté 
Impériale et Catholique, par avis du conseil de ses Domaines et 
Finances ordonné et ordonne par cette au maître général des 
postes de lever et faire lever les ports de lettres suivant le tarif 
et tauxe cy-dessus déffend a tous commis et distributeurs des 
lettres qui leur seront remises par les directeurs et commis 
des postes d'excéder ladite tauxe a peine de punition corpo- 
relle, et ordonne a tous sujets de sa Majesté et a tous autres 
qu'il peut appartenir de se régler et conformer selon ledit 
tarif; fait à Bruxelles le 16 janvier 4729 était paraphé V^^ . vot. 
ut signé Marie Elisabethe et plus bas, Le Vicomte de Yooghtf 
SuartSj G. A. Rubens.- 



♦ ♦ 



La guerre était permanente entre Louis XIV et l'Autriche. 
En 1746 Charleroi fut pris et passa une troisième fois au 
pouvoir de la France. C'était une belle capture et l'on or- 
donna des fêtes de réjouissance dans toute la France. A dé- 
faut de l'ordonnance générale portée à cet effet, voici une 
résolution locale qui en fut la conséquence à Ath^ comme 



^ 419 — 

dam toutes les autres localités. Nous devons isMe pîéee à 
M. Fourdin, archiviste de cette ville. 






De la part de Messieurs les Chatehin^ Mayeur, Bourgmestre 

et Eschevins de la ville d'Ath. 

Il est ordonné à tous bourgeois et habitans de cette ville 
défaire demain vingt-deux aoust 1746, des illuminations en 
démonstration de joye de la prise et conquête des villes de 
StGhislain et de Charleroy par les armes du Roy. 

Et pour prévenir tous dangers et périls de feu, il est 
deffendu à tous bourgeois et habitans de jetter aucunes 
fusées ou tirer aucuns coups de poudre, de quelle espèce 
d'armes que ce soit, sur peine de vingt livres d'amende pour 
chacune contravention, encourables par les pères el mères 
pour leurs enfans, et par les maîtres et maîtresses, pour 
leurs suppôts. 

Avertissant encore que Monsieur le commandant est d'in- 
tention de prendre des soigneux regards pour punir corpo- 
rellement tous défaillans et désobéissans. Fait à notre assem- 
blée du vingt-un aoust mille sept cent quarante,* et paraphé : 
Robert de S^ Symphorien^ et signé par ordonnance, J. A. J. 
Coppenhol, et à côté éloit : veu bon. Etoit signé : Viven. 

Lu et publié au son du tambour, ainsi que de coutume, 
aux coins des rues de cette ville, les jour mois et an que 
dessus. 



* 



Dans le Troisième fascictileàe cet ouvrage page t7',en nous 
occupant des archives de la ville nous avons parlé d'un in- 



%. Documents el rapports T. V. page 85. 



— 120 — 

ventaire qui en avait élé fait par le commissaire français 
D'Esnans' lors de l'occupation française sous Louis XV. 

Nous avons déferré cet inventaire loin de notre commune. 
M. H. Michelant, conservateur directeur-adjoint aux archives 
nationales de France à Paris, Ta retrouvé dans son dépôt et 
a bien voulu nous en transmettre une copie. Avec cette pièce 
M. Michelant nous a envoyé copie d'un feuillet détaché 
qu'il a retrouvé et qui semble se rapporter à la même époque 
de la domination de Louis XV. Il s'y ap,it d'une réclamation 
faite par la France et déclinée par l'Autricbey relativement aux 
archives de la haute cour de Charleroi. Voici cette page : 

« Et au regard de la restitution des papiers de la Greffe de 
Charleroy, il semble qne cette restitution se peut excuser, non 
seulement quant à présent et sur la considération que la 
France retient les papiers touchant le pays demeuré à Sa 
Majesté, mais, que plus est, que quand ceste exception, qui 
n'est que déclinatoire viendroit à cesser, que néanmoins la 
France ne seroit fondée en ladite prétendue restitution, eu . 
esgard que les dits papiers ne concernent la souveraineté 
dudit Charleroy ains seulement la seigneurie et haulte justice 
dudit lieu, laquelle est demeurée riere la propriétaire scavoir 
la comtesse d'Ysenghien. » — Archives nationales de France 
à Paris. Collection d'Esnans. Archives des Pays-Bas, Inven- 
taire de Moreau. 450. 

Quant à l'inventaire des archives locales dont nous venons 
de parler, il est copié dans les Inventaires par extraits de la 
collection d^Esnans relative aux archives des Pays-Bas et re- 
posant au dépôt de Paris. 

Ces inventaires forment 21 volumes et résument une énorme 
quantité d'archives dont une partie se trouve à Paris, une 
autre partie y a été déposée et n'y est plus, et une troisième 

1. Les manuscrits publiés à cette page 'portaient par erreur D'Esnart et 
IKEsnaus. 



— 121 — 

partie ne s'y est jamais trouvée. Beaucoup de ces archives 
sont rentrées au dépôt de Bruxelles. 

Ces SI volumes renferment les indications de beaucoup de 
pièces relatives à Charleroi et en constate l'existence, sans 
en indiquer le lieu de dépôt. M. Michelant a eu la complai- 
sance de nous faire faire le relevé de toutes ces indications 
parmi lesquelles on retrouvera le petit inventaire local dont 
nous avons parlé. 



* ♦ 



Archives nationales de France à Paris. — Collection d'Es- 
nans. — Archives des Pays-Bas — Inventaires par extraits 
{2i volumes}^. 

Extraits relatifs à Charleroi. 

N. B. Les chiffres enire parenthèses indiquent le folio de 
chaque volume cité des Inventaires. 

Tome V (Moreau 583). — Table tirée du registre des af- 
faires particulières de la Chambre des comptes du Roy en 
Brabant commençant le premier de janvier 4618 et finissant 
Van 1701 (p. 181). 

Lettre du Conseil des finances au sujet de faire travailler 
sans delay à la chaussée de Charleroy cxcvi. (230.) 

En finances au sujet du revenu des chaussées de la forest 
de Soigne, que S. E. veut être réservé pour les fortifications 
de la Ville de Charleroy. ccxx. (232?) 

Réponce du Conseil des finances, sur ladite représentation 
au sujet du revenu des Chaussées, ccxxii. (234.) 

Copie de la table du registre des affaires particulières de la 
Chambre des comptes de V Empereur et Roy en Brabant com- 
mençant au mois d'octobre de l'an 1724 et finissant le 1P 
mars 1735 (143.) 

1. Les archives dont les extraits sont inventoriés dans ces volumes ne se trou- 
vent pas toutes à Paris. 



— ifi — 

Rèfrlement pour le poid des charges passant la chaussée 
de S. M. vers Naraur et Gharleroy. xl. V^ (242 v*.)* 

Tome VI (Moreaq 607). — Inventaire du registre des plac- 
eur is y édits, règlemens, tarifs ^ ordonnances et décrets émanés 
depuis l'an ifflO pour la perception et conservations des droits 
de TonlieUy d'entrée, sortie, transit et autres de Sa Majesté 
servant de suite aux placcarts et ordonnances de Brabant 
chambre des comptes de Brabant. (333.) 

Déclaration qoe les vins rouges spécifiés au placart du 26 
avril dernier peuvent aussy estre menez en ces provinces 
(Lirabourg) par la Gharleroy du 10 octobre 1686. fol. 272. 
372 et V. 

Décret pour la libre sortie des doux de la fabrique de 
Gharleroy du U novembre 1686. fol. 273. (872 v.) 

Déclaration pour la levée des droits d'entrée» sortie sur 
les vins de France, entrans la ville de Gharleroy du 20 janvier 
1699. fol. 231. (383.) 

Octroy pour l'exemption et franchises des manans et habi- 
tans de la Haute^Basse ville et Fauxbourgs de Gharleroy du \i 
août 1679. fol. 2. (443 v<».)* 

Octroy pour l'exemption et franchises des Bourgeois et 
habilans de la ville Haute et Basse de Gharleroy et ses Faux- 
bourgs du 15 mars 1709. fol. 13. (446 v^.)» 

Tome X (Moreau 611). - Extrait des avis et mémoires 
envoyés par la Chambre des comptes aux souverains à com- 
mencer depuis il 39 jusqu'en iô&O. Tous ces actes depuis il39 
jusqu'à présent ont esté transportés avant le siège de Bruxelles 
à Anvers et de là à Aix-la-Chapelle. (249.) 

Avis et mémoire du 16 janvier 1733 sur la requette présen- 
tée par les Bailly, Maires et Echevins de la ville de Gharleroy 

1. Voir Deuxième fascicule, page 26. 
9. Voir Premier Id., >)age iO. 
3. Voir Premier Id., pa^ 31. 



- 123 — 

demandans la permidsion àe leTer un droit de barrière en 
entier. (293 v«. ) 

Avis et mémoire du 4 septembre 1732 concernant Tentre- 
tient et réparation des chemins et chaussées de Rotton depuis 
Bruxelles vers Charleroy et NamuK (298.) 

Avis et mémoire du 19 décembie 1722, concernant le refus 
fait par ceux de Charleroy de paier une reconnoissance an- 
nuelle de six florins pour la permission par eux obtentie de 
construire une chaussée. (336.) 

Avis et mémoire concernant la construction de la chaussée 
de Charleroy du 12 mai 1717. (341.) 

Avis et mémoire du 27 avril 1717 concernant la construc- 
tion de la chaussée de Charleroy (351 v<^.) 

Avis et mémoire du 20 décembre 1714, concernant la 
chaussée allant de Bruxelles à Worsel et de Namur à Char- 
leroy. (361 ) 

Avis et mémoire du 27 juillet 1688 concernant le prolonge- 
ment de la chaussée de Charleroy. (448 v^.) 

Avis et mémoire du 8 juin 1683 concernant la chaussée de 
Charleroy. ^455 v®.) 

Avis et mémoire du 16 avril 16S0 concernant la construc- 
tion d'une chaussée depuis Waterloo jusqu'à Charlcroj. 
(464.) 

Avise! mémoire du 23 février 1680 concernant la cons- 
truction d'une chaussée depuis Bruxelles à Charleroy. (465.) 

Tome XI (Moreau 612). — Copie du répertoire de 15 re- 
gistres des Chartres de la Chambre des comptes du départe- 
ment de Flandres à Bruxelles, — Lettres patentes d'Octroy 
pour lever des deniers, impôts, chaussées^ fi^ancs marchez^ 
franches Tavernes etc. : 

Octroy pour les inhabitans de la ville de Charleroy d'exemp- 
tion et franchises de toutes tailles, gabelles, aides, subsides, 
logemens, fournitures uslenciles, services, guet et gardes, 
droits d'entrée el sortie sur bestiaux, grains, denrées, étoffes 



— 124 - 

et marchandises qu'ils feront venir pour leur consomption à 
la réserve des vins à charge de nettoyer ladite ville à leurs 
frais. 4678-80 fol. 128. v^. (65);. 

Octroy pour ceux de la ville de Charleroy de pouvoir lever 
quelques droits pour la réparation et entretien de la chaussée. 
1680-87 fol. 266. (70)*. 

Continuation d'octroy du 15 mars 1709, accordant aux 
Bourgeois de Charleroy pendant un autre terme de 30 ans 
les mêmes franchises et exemplions qui leur ont été accor- 
dées par Toctroy du 14 avril 1679, à charge de payer les us- 
tenciles de TEtat-major, fol 60. v». (93 v<>.) 

Continuation d'octroi de 30 ans pour ceux de la ville de 
Charleroy de la jouissance de leurs franchises et exemption, 
comme es octroi précedens et aux mesmes charges, fol. 81 . 
(97 V.) 

Octroi en faveur du Magistrat de la ville de Charleroi de 
pouvoir pendant le terme de 10 ans lever impots sur les mar- 
chandises, denrées etc. parmi reconnoissance de 6 florins par 
an fol. 220. (101 v^) 

Octroi pour l'érection d'une écluse à retenir l'eau de la 
Sambre en la basse ville de Charleroy par Albert Michaux et 
Jean Dellenne, et y pouvoir construire des moulins à grains 
et à fouler parmi reconnoissance de 12 florins par an. f' 305 
v^(l69vo.)* 

Octroi pour pouvoir bâtir dix maisons en la ville de Char- 
leroi, sur le terrain des Vieux-fours, par Bastien André Simon 
Herin, et autres au nombre de 10 associés à charge de faire 
à leurs frais 10 nouveaux fours, fol. 197. (305 v®.) 

Octroi pour Noël PoutChant et Benoit Lovant de pouvoir éri- 
ger une fonderie de fer, auprès la ville de Charleroy parmi 
reconnoissance d'une rente perpétuelle de 30 florins par an 
fol. 800. v>. (339) 1680-87». 

1. Voir Premier faseieule^ page 10. 
S. Ibid., page 16. 

3. Ibid., page 31. 

4. Ibid., page iO ei 37 et ci-devant. 

5. Ibid., page SO. 



- 125 - 

Octroi pour Jean-François Ingelbeinde pouvoir ériger une 
fouleric à Gharleroy parmi reconnoissance de 80 florins par 
an. 1713-21. fol. 186. (354)». 

Octroi pour Téreclion d'une manufacture de tabac en la 
ville de Charleroi au profit d'Antoine de Lobel et Jeaii- 
François du Bois. 1738-43. fol. 246. \\ Chartre N*» 15, 
(355 v«.) 

Tome XIII (Moreau 614). — Recueil succint des réflexions 
tirées des avis de Cour reposans à la Chambre des comptes de 
Bruxelles pour le département de Flandres. (i667'i747j 

Lettres du Conseil des finances à cette chambre sur la re- 
quête présentée audit Conseil par la princesse douairière 
d'Isenghien au sujet de la prétention qu'elle a à la charge de 
S. M. pour le transport de la terre et seigneurie de Charnoy 
présentement bâtie la forteresse de Charleroy. 3 février 1701. 
(93 v^) 

Lettre et rapport de cette chambre au conseil des finances 
sur requête présentée à S. M. par les bailly, mayeur, bour- 
guemaislre et eschevins de la ville de Charleroy, demandant 
octroy pour la continuation d'une chaussée depuis ladite ville 
jusqeus à l'endroit qu'il convient de venr joindre en ligne 
droite celle de Bruxelles. (167 v».) 

Rescription et rapport de cette Chambre sur lettres du 
Conseil des Finances et représentation de ceux du Magistrat de 
la ville de Charleroy au sujet du recollement de leurs comptes. 
(dul0x^)re1728)-(218v^) 

Rescription et rapport de cette Chambre au conseil des fi- 
nances sur requête présentée à Son Altesse serenissime par 
les bailly, mayeur, bourguemaistre et eschevins de la ville de 
Charleroy afin qu'elle soit servie de leur accorder octroy pour 
l'établissement d'une chaussée allant de la porte de Bruxelles 

1. y oir Deuxième fascicule^ parge 85. 

2. ibid., page 67. 



— 196 — 

en ladite ville jusques à la chapelle de S^-Barbe et même 
jusques au village deGillierssi faire se pouvoit. (243.) 

. Rescriptioa et rapport de cette Chambre au conseil des 
finances sur requête présentée à S. A. €. par les bailly^ 
mayeur et eschevins de la ville de Charleroy, remontrant que 
ladite ville ayant beaucoup souffert depuis son établissement 
et étant sans commerce ne pouvant se soutenir si on ne la 
gratifioil de quelques privilèges. (273.) 

Rescription et rapport de cette Chambre au conseil des 
finances, sur certain projet présenté à S. E. le comte de 
Harrach' pour mettre ceux du Magistrat de la ville de Char- 
leroi en étal de se charger de Tentrelien des cazernes et 
autres batimens royaux; reflexions par le gênerai de Bauffe et 
lettres dudit Magistrat avec Tavis du procureur général de Na- 
mur, etc. (304 v<>.) 

Rescriptipn et rapport de cette Chambre au conseil des 
finances sur requête présentée à S. A. S. par Jean-François 
Ingelbien, receveur des fortifications de la ville de Cbarleroi, 
suppliant de vouloir le décharger des 150 pistoles a qui a 
été modérée l'amende de f. 4637,108 par luy encourue pour 
omission de recette en son compte fini 1735 de pareille somme. 
(309.) 

Tome XIV (Moreau 615). — Inventaire par extrait des 
pièces qui se sont trouvées dans les dépôts . et greffe de l'au- 
dience de Bruxelles et de la secretairie d'Etat et de guérite. 

Une liasse intitulée : Relation de son Altesse à l'Empereur 
du mois de mars il 36 : 

N. 2. Lettres de l'Archiduchesse à l'Empereur du 6 mars ' 
1736 concernant un bref du Pape au sujet du dlfiFérend entre 
les evesques de Liège et de Namur pour la juridiction épis- 
copale dans la ville basse de Charleroy. (29 v".) 

Une liasse intitulée : Relation de V Archiduchesse à V Em- 
pereur du mois de may il 36 : 



— 127 — 

N^ 1. Lettres de l'Archiduchesse à TEmpereur du 15 may 
1736, concernant la sentence de Rome sur la contestation entre 
le prince de Liège et l'evesque deNamur touchant la cure de 
la basse ville de Charleroy. (30.) 

Une liasse intitulée : Concernant les difficultés des Liégeois : 

No 10. Consulte du 29 octobre 1734 sur ce que la congré- 
gation du concile de Trente avoit réglé la contestation entre 
l'evéque de Liège et les habitans de Charleroy au sujet d'une 
nouvelle église bâtie dans la basse ville (270 v\) 

Une liasse intitulée : Octrois depuis 1726 à f 743 ; 

N° 8. Lettres patentes etoctroyduS octobre 1742 pour l'é- 
tablissement d'une manufacture de tabacs dans la ville de 
Charleroy. (441. )• 

N^ 52. Prolongation d'octroy et continuation des privi- 
lèges en faveur de la ville de Charleroi pour 30 ans à com- 
mencer en 1739 du 11 juin 1735. (449.)« 

Une liasse intitulée : certains octrois^ règlemens, congés 
d'âge, lettres de neutralité^ légitimations^ création des francs 
bourgeois et autres depuis 1737 à 1744. 

N<> 16. Octroy du 6 mars 1742 en faveur des magistrats de 
la ville de Charte Roy pour lever différens droits. (467 v^.)' 

N» 44. Octroy par forme de règlement des droits et statuts 
eu laveur des magistrats de Charleroy pour le terme de 9 ans 
du 3 décembre 1738. (472 v«.)* 

Une liasse intitulée : Touchant la chaussée ou le canal de 
Mons à Alh : 

N^ 14. Mémoire du prix des charbons de terre qui se 
tirent & Charleroy et qui se transporte dans le Brabant. 
(655.) 

1. Voir Deuxième fascicule^ page 67. 
1. Voir Premier ibid., page 34. 

3. Voir Premier ibid., page 49. 

4. Soir Deuxième ibid., page 43. 



— 128 — 

Tome XV (Moreau 616). — Inventaire par extrait du dépôt 
de la seconde chambre de la seeretairerie d'Etat et d£s Fi- 
nances de Bruxelles, 

Une liasse intitulée : par J et P. 

N^ 7. Lettre et mémoire du 16 mars \1M, concernant 
l'exemption du 60""^ dont les habitans de Charleroy préten- 
dent jouir en vertu de leurs privilèges. (50 v®.) 

Une liasse intitulée : concernant VEtat gnal de il 86. 

N"" 57. Etat de la recette et dépense des ouvrages et forti- 
fications de la ville de Charleroy en l'année 1736. (155 v**). 

Une liasse intitulée : iV" 45 : 

N"" 1 . Etat de la recette et dépense faites au bureau des 
droits d'entrée et sortie à Charleroy et autres subalternes pour 
1731. (282 vo.) 

Inventaire de quelques vieux papiers trouvés dans un cabinet 
vis à vis de la Chambre du conseil des finances. 

N<^36. Lettre du 32 août 1699 avec sept mémoires joints 
concernant la prétention des Français de passer leurs mar- 
chandises par Beaumont sans payer des droits et sur ce qui 
se pratique à cet égard envers les François à Namur, Charle 
Roy, Mons, Ath, Audenarde, Courtray et Nieuport (387.) 

Tome XVI (Moreau 6il). — Inventaire par extrait du 
registre des patentes. 

Octrois et autres commençant au premier de janvier mil 
reposant en finances. 

Prolongation d'octroy et confirmation des privilèges pour 
les bailly, mayeur et eschevinsde la ville de Charleroy du 11 
juin 1735 fol. 65 v^(77.)« 

Une grosse liasse intitulée : Liste des officiers employés da7is 
les droits d'entrée et sortie. 

1. Voir Premier fascieulei page ii. 



- 149 - 

N» A. Une grosse liasse contenant la liste des officiers des 
droits d'entrée et sortie avec une note de leurs gages et émo 
lumens pour les villes de Gand, Ypres, Charleroy^ Luxem- 
bourg, Saint-Vilh, Navaigne, Couriray, Mons, Oslende, Tour- 
nay, Bruges, Narour, Bruxelles, Tirlemont, Ruremonde, 
Anvers, Turnhout et StPhilippe. Le surplus ne contient que 
des affaires particulières et de peu d'importance. (157 v^.) 

Une liasse intitulée : Fortifications de Charleroy pour i738 
et ilS9. 

Cette liasse ne concerne uniquement que le? marchez faits 
pour l'entretien des forlifjcations et les nouveaux ouvrages 
à faire en cette place avec des devis estimatifs et les ordon- 
nances décrétées par le Conseil des finances. (174.) 

Une liasse intitulée : Permission de sortir des loques pour 
1738 ; grains i74i-42 et i743. Chartreux de Nunster et pri- 
vilèges de Charleroy. 

2» La troisième partie intitulée : Privilèges de Charleroy, 
comprend les privilèges accordez à ceux qui voudront s'aller 
établir dans cette ville après les malheurs des guerres. 

3"* Lettres et mémoires du 28 janvier 1736 pour la réduc- 
tion de ces privilèges à ce qui concerne la nourriture et ha- 
billement des habitans. 

« 4"" Représentation des habitans de Charleroy pour la ma- 
nutention et continuation de leurs privilèges. 

5^ Un gros mémoire imprimé in quarto contenant les 
pièces justificatives des privilèges accordez aux habitans de 
Charleroy. (238.) 

Une liasse intitulée : Des noms de plusieurs marchands 
négociants, 

N** 3. Avis et mémoire concernant l'érection d'une manu- 
facture de tabac en la ville de Charleroy, du mois d'octobre 

1742.(482 vo.) 



- lâo — 

Une liasse intitulée : Ordonnances pour les six premiers 
mois de 1673. Brabant. 

N* 1. Avis et mémoire du 20 mars 1733 concernant un 
projet de règlement pour la confirmation des privilèges des 
habitans de Charleroy. Le surplus de cette liasse ne concerne 
que des affaires particulières qui ne méritent aucune atten- 
tion. (321.) 

Inventaire par entrait des pièces trouvées dans les Archives 
du Conseil privé de Bruxelles. Liasse intitulée; Charleroy, 

N** 1. Mémoire du 14 octobre 1720 sur la plainte du prince 
de Liège, sur ce que la basse ville de Charleroy dépend de 
son territoire et qu'y aiant une chaussée depuis ladite ville 
jusqu'à Marcinelle, pays de Lif^ge, jamais les habitans de 
Marcinelle n'ont rien payé sur cette chaussée. Â la suite est 
le mémoire du résident du prince de Liège du 20 mars 
172U, sur le même sujet avec plusieurs pièces justificatives 
jointes. 

N"" 2. Mémoire responsif des habitans de Charleroy du 9 
avril 1720 aux prétentions de TEvêque et des habitans de 
Marcinelle. A la suite sont plusieurs pièces justificatives 
jointes. (486.) 

Tome XVII (Moreau 618). — Inventaire des pièces trouvées 
dans ^ancienne chapelle du cardinal de Granvelle. 

a 

Une liasse intitulée n"" 24. 

6. Lettre de l'archiduchau Pape du 9 mars 1736 concer- 
nant la jurisdiction épiscopale dans la basse ville de Charte Roy 
ajugée par l'evèque de Liège. (49 v^.) 

Une liasse intitulée no 42. 

4. Avis du Conseil privé du 28 novembre 1731 concernant 
la bénédiction du chœur de l'église de la basse ville de Char- 
leroy que le prince de Liège pr^tendoit être jurisdiction de 
spn diocèse. (87 v^.) 



— 131 - 

Uîie liasse intitulée n^ 78. 

N^ 1. Plusieurs pièces et mémoires concernant les privi- 
lèges deshabitans de Charleroy. (126.) 

Une liasse intitulée 7i^ 99, 

N"* 1 . Lettres et mémoire concernant les privilèges de la 
ville de Charleroy. (145 v**.) 

Une liasse intitulée n^ H4. 

N^ 1. Observation sur le projet d'ordonnance observé par la 
consulte du 7 mars 1739, louchant les privilèges de Charleroy 
en ce qui concerne les fers étrangers. (156.) 

Une liasse intitulée n"" 17 i. 

30. Mémoire du 10 septembre 1740 concernant la visite et 
l'entretien des chaussées de Bruxelles, Charleroy et Namur. 
(241 vo.) 

Une liasse intitulée n*» d72. 

N' 1 . Observation sur le projet d'ordonnance proposée par 
la consulte du 7 mars 1739, touchant les privilèges de la 
ville de Charleroy en ce qui concerne les fers étrangers et 
les ouvrages qui se font en ladite ville et aux environs. 
(244 v^) 

Tome XVIII (More au 619)*. — Inventaire par extrait des 

pièces trouvées dans lamaison de ville de Charleroy (Ville basse): 

• 

Compte de la ville de Charleroy de l'apnée 1746 en un gros 
cahier. (432.) 

Une liasse contenante les pièces justificatives du compte de 
la même année. (432.) 

Un cahier contenant les comptes des revenus et des dépen- 
ses de la ville de Charleroy pour l'année 1745. (432.) 

Une liasse contenante les pièces justificatives du compte 
de la même année. (432.) 

i. On a indiqué aussi (Moreau 505). 



-^ 132 - 

Même liasse et mêmes pièces pour 1744. (432.) 

Item pour 1743 et jusqu'en 1742 inclus. (432.) 

Un registre des résolutions du magistrat de la ville de 
Cbarleroy^ commençant le 1 5 mars 1706 et finissant 1747. 
(432.) 

Trois Registres des ordonnances de la ville de Charleroy 
concernant les ordres donnés au Magistral pour les dépences 
de ladite ville. 

Un autre registre contenant les réceptions des droits de 
bourgeoisie. (432.) 

Inventaire par extrait des pièces trouvées à la Ville haute 
de Charleroy : 

Lettres patentes de Charles second Roy d'Espagne du 5 
février 1693 et portant règlement et ordonnance de police 
pour la ville de Charleroy en 26 articles (433.)^ 

Lettrés patentes de Charles second Roy d'Espagne de 
l'an 1686, par lesquelles la ville de Charleroy est chargée 
de l'entretien de la chaussée de la ville moyennant un droit 
en faveur de laditte ville sur laditte chaussée. (453.)* 

Lettres patentes de Charles second de l'an 1679, parlés- 
quelles il exempte les bourgeois de la ville de' Charleroy de 
toutes tailles, gabelles, impots, droits d'entrée et de sortie 
sur les bestiaux et autres denrées de consomptions.' 

Lettres patentes de Louis quatorze de l'an 1668 portant 
même exemption qu» dessus au profit desdits bourgeois^. 

Lettres patentes de l'empereur Charles VP du 11 juin 1735, 
portant confirmation desdits privilèges au profit des bourgeois 
de Charleroy '^. 

Octroi de l'an 1719 donnée par l'empereur Charles Vlpor- 

1. Voir Premier fascicule page îl. 
3. Ibid. page 16. 

3. Ibid. page 10. 

4. Ibid. page 6. 

5. Ibid. pagp. 44. 



— 133 — 

tant concession d'un droit de barrière sur la chaussée allante 
depuis Cbarleroy à Bruxelles. (434.) 

Lettres patentes de l'empereur Charles VI, de l'an 1738, 
portant règlement concernant l'administration de la justice 
et police par les magistrats de Charleroy et sur la façon 
d'accorder le droit de bourgeoisie de laditte ville. (434..)* 

Lettres patentes de la Reine d'Hongrie de l'an 1742 par 
lesquelles Elle accorde aux magistrats de la ville de Charleroy, 
la permission de lever un droit sur les marchandises entrant 
et sortant de laditte ville pendant dix ans pour païer les dettes 
dont laditte ville étoit surchargée. (434.)' 

Lettres patentes de Maximilien, duc de Bavière, du 24 
mars 1713 portant permission d'établir des foires et des mar- 
chés dans la ville de Cbarleroy. (434.)* 

Lettres patentes de l'électeur de Bavière, du 22 décembre 
1711, portant confirmation et continuation de privilèges pour 
la ville de Charleroy. 

Un petit plan de la ville basse de Charleroy sans fortifica- 
tions. 

Un plan de la chaussée de Charleroy jusques à Frane. 
(433, 434, 435.) 

Tome XX (Moreau 621). — Inventaire par extrait d'un 
registre intitulé : Registi^e des Placeards et Edits de la Pro- 
vince de Namury œmmençant Van i580. (Conseil de Namur.) 
Premier cahier de la continuation des Placeards. 

Fol. 42. Octroy en faveur du magistrat de Charleroy du 
6 mars 1742. (169.)« 

Inventaire par extrait des pièces autrefois et depuis très 
longtemps déposées au Château de Namur et qus depuis le der- 
nier siégeont été transférées dans la ville et qui sont actuellement 

1. Voir Deuxième faseicule, page 21. 

3. Voir Deuxième fascicule, page 41. 
3 Voir Premier fasvicule, page 49. 

4. Ibid, page 40. 

5. Ibid, page 49. 



t 

I 

I 



— 134 — 

éwis un dépôt près du Conseil de Namur. (Caisse collée N^, 
secundo.) 

N"" 1 . Une petite liasse concernant les discussions entre 
le comte de Namur et Tévêque de Liège, touchant Gilliers 
et Chamois. Nota que Chamois est actuellement Charleroy. 
/^438 vo.) 






Nous croyons bien faire de donner comme résumé et table 
de ce qui précède, l'extrait suivant de la Table générale des 
SI volumes d'Inventaire dont on a extrait les documents que 
nous venons de donner. 



* 



Table générale des 2i volumes d'inventaire par extrait dont 
il s'agit ci-devant. Extraits relatifs à Charleroi. 

Barrière. — Octroy pour un droit de barrière dans la ville 
de Charleroy X, 293. — Droit de barrière sur la chaussée de 
Charleroy à Bruxelles cédé aux habitans de cette ville XVIII, 
434. 

Bourgeoisie. — Droits de bourgeoisie à Charleroi XVIII, 
432. 

Ordonnance pour le droit de bourgeoisie à Charleroi XVIII, 
434. 

Cazemes. — Entretien des cazemes et batimens de Char- 
leroy XIII, 304. 

Cens. — Cens payé au souverain par la ville de Charleroy 
X, 336. 

Charbons de terre. — Prix des charbons de terre à Char- 
leroy XIV, 655. 

Chaussées. — Chaussées de Charleroy X, 341,351, 455. 

Entrelien de ces chaussées XI, 70; XVII, 24. 

La chaussée de cette ville doit être entretenue par la ville 
XVIII, 433. 



— 135 — 

Poids des charges qui peuvent passer sur cette chaussée 
V, 342, 338. 

Prolongement de celle chaussée X, 448. 

Construction d'une chaussée près de celle ville V, 230, 
322; XIII, 167, 242. 

Chaussée de Charleroy à Bruxelles X, 465. 

Entretien de cette chaussée X, 298. 

Plan de la chaussée de cette ville jusqu'à Frasne XYIII, 
435. 

Chaussée de celte ville àNamurX, 861. 

Construction d'une chaussée de cette ville à Walerloo X, 
464. 

Cloux. — Sortie des doux de Charleroy VI, 372. 

Comptes. — Comptes de la ville de Charleroy XIII, 218; 

XVIII, 432. 
Dépenses de c^lte ville XVIII, 432. 

DroUs. — Octroy pour la levée de quelques droits à Char- 
leroy XIV, 467. 

Ecluse. — Octroy pour la construction d'une écluse à 
Charleroy XI, 169. 

Entrée et sortie. — Entrées et sorties mises sur les mar- 
chandises entrant et sortant de Charleroy XVIII, 434. 

Tarif pour les marchandises de France dans cette ville XV, 
387. 

Droits sur Tenlrée des vins en cette ville VI, 372. 

Règlement pour l'entrée et la sortie des vins de France en 
cette ville VI, 883. 

Gages des officiers des droits d'entrée et de sortie en cette 
ville XVI, 157. 

Recette et dépense des droits d'entrée et de sortie de celte 
ville XV, 282. 

Exemption de celte ville XI, 65, 93, 97. 

^Fers. — Permission d'établir un fourneau de fer près de 
celle ville XI, 339. 



— 136 — 

Foires et marchés. — Foires el marchés établis dans cette 
ville, XVIII, AU. 

Forlificalions. —Fortifications de cette ville V, 232, 327, 
XVI, 174; XVII, 244. 

Recettes et dépenses de ces fortifications XV, 155. 

Foulerie. — Etablissement d'une foulerie dans cette ville 
XI, 354. 
Franchises. — Franchises de cette ville VI, 443, 446. 

Impôts. — Octroy pour lever des impôts dans cette ville 
XI,10i. 

Juridiction. — Juridiction de cette ville contestée entre 
les évêquesde Liège et de Namur XIV, 29, 30; XVII, 87. 

Prétentions de l'évêque de Liège sur Charleroy XIV, 270; 
XVI, 4«6; XVII, 49; XX, 438. 

Ledit évêque prétend juridiction sur la basse ville de Char- 
leroy XVII, 87. 

Prétention du comte de Namur sur Charleroy XX, 438. 
Droits du prince d'Ysenghien sur cette ville XIII, 93. 

Justice. — Ordonnance pour l'administration de la justice 
en cette ville XVIII, 434. 

Magistral. — Règlement pour le magistrat de Charleroy 
XIV, 478. 

Registre des résolutions du magistrat XVIII, 432. 
Maisons. — Octroy pour bâtir des maisons dans celte ville 
XI, 805. 

Police. — Ordonnance de police de Charleroy XVIII, 433, 
434. 

Privilèges. — Privilèges de Charleroy XIII, 273; XV, 50; 
XVI. 77,238; XVII, 126, 145, 155, 244; XVIII, 366, 434; 
XX, 169. 

Confirmation de ces privilèges XIV, 449; XVI, 321. 

Tabac. — Fabrique et manufacture de tabac à Charleroy 
XI, 355; XIV, 441; XVI, 248, 



— 437 — 






Nous avons vu que lors de la fondation de Charleroi en 
1667, forteresse construite sur une partie du village de 
Charnoy, on publia, pour attirer les habitants en ville, des 
privilèges d'exemption de tous imppts ou tailles à payer au 
souverain par les habitants de la ville^ Le reste du village de 
Charnoy, formant le faubourg de Charleroi, ne participa natu- 
rellement pas à ces privilèges et resta soumis aux impôts 
ordinaires. 

Ce Charnoy faisait en 1705 partie du baillage de Gilly*. 

Cette exemption d'impôts dura, pour la ville, jusqu'à ce 
qu'il se fût formé une certaine population et un magistrat. A 
cette époque, dès 1742, il fallut créer des ressources pour 
soutenir l'administration locale et l'on établit, en vertu des 
privilèges du souverain, des impôts communaux réguliers à 
charge des habitants. 

Ceux-ci payaient en outre quelques redevances au profit du 
souverain. 

Ces impôts communaux augmentèrent avec les besoins ad- 
ministratifs et n'empêchèrent pas la misèredeserrerla ville de 
ses étreintes incessantes. Cependantlefisc souverain voyait avec 
impatience ces impôts entrer dans la caisse communale, il lui 
semblait que c'était là un vol fait au trésor du pays et plus les 
ressources communales montaient,plus son avidité augmentai' 
jusqu'au moment où il se décida enfin à poser la main sur 
les revenus communaux et à mettre fin à l'espèce d'indépen- 
dance pécuniaire et administrative dans laquelle Charleroi 
avait vécu jusqu'alors. 

Le village de Charnoy , d'autre part, continuait à vivre à côté 
la ville de Charleroij le premier imposé sur l'aide et les con- 

1. Sauf la taille communale qui s'imposait irrégulièrement, seulement dans les 
grands besoins d'argent. Voir Collection des actes etc. de Charleroi, troisième fas- 
cicule, page 9. 

2. \oir Collection des actes etc, de Charleroi, deuxième fascicule, page 68. 



— 438 — 

tributions de tailles, ]a seconde exempte de ces impôts^ Mais 
dès Fan 1767 on voulut taxer la ville qui y opposa une 
forte résistance et en Tannée 1769* Ton prit définitivement 
des mesures pour appliquer à la ville le système commun des 
aides ou tailles d'impôts directs, qui devaient permettre de 
supprimer les autres impôts. Le chiffre de taille fut fixé à 
532 fl. 5 sols 12 liards. 

Le 3 juin 1772 parut un décret de Marie-Thérèse'. 

En vertu de ce décret Y aide fut imposée à Charleroi pour 
la première fois dès cette année même de 1772. Le Magistrat 
chargé de la levée de cet impôt le passa en fermage aux en- 
chères. Voici le procès-verbal de cette enchère renfermant le 
cahier des charges et suivi du chassereau de la taille et du 
compte-rendu par le' fermier collecleur ou receveur de la 
taille. 






Passée de la collecte de la taille pour 1772. 

Conditions suivant lesquels Messieurs du Magistrat des 
villes, faubourgs et dépendances de Charleroy* font cejourd'hui 
vingt-trois juillet 1772, après billets d'avertance affichés di- 
manche dernier et du toxin* à Tinstant donné par le sergent 
Nicolas Botte, passer au rabais et moins prennant la collecte 
de la taille que sa Majesté Tlmpéralrice douairière et Reine 
apostolique at imposé sur lesdittes villes, faubourg et dépen- 
dances par sa roiale disposition et règlement du trois juin de 
la présente année et c'est aux clauses et devises suivantes : 

4. Voir aux archives de TEtat, à Bruxelles, jointe des Administrations 
carton n» 269. 

2. Voir CoUeclion des actes de Charleroi, âme fascicule^ page 88. 

3. Voir Collection des actes de Charleroi, !««■ fascicule, page 88. 

4. Non compris la partie de Charleroi laissée hors de la forteresse. 

5. Cloche communale du beffroi. 



— 139 - 

1 

Que Tobtenleur de celle collecte devra faire bon l'impôt de 
la taille suivant le chassereau en dressé après le cadastre ou 
matricule que le sieur Conseillé procureur général Dupaixen 
at fait, duquel chassereau copie autentique luy sera délivrée 
pour sa gouverne et perception sans pouvoir en soustraire 
aucune partie sous quels causés et raisons que ce puisse être, 
sinon les maisons non occupées qui en sont exemptes, pour 
et à proportion qu'elles sont wuides pendant le terme de sa 
collecte, comme aussi cause que le Gouvernement de Bruxelles 
jugera d'en exempter, de tout quoy ledit obtenteur devra tenir 
une note pertinante, en exprimant très distinctement les 
noms des propriétaires des maisons jion occupées avec leur 
numéro et quartier. 

2 

Que la présente collecte aura seulement lieu pour cette 
année 1772, à quel effet il recevra des contribuables leur 

argent au cois de Sa Majt, en deux termes, la moitié au pre- 
mier août prochain et l'autre moitié au premier octobre sui- 
vant qui seront prévenus des termes par des affiches qui se 
poseront aux lieux ordinaires de cette ville et faubourg et 
ceux en dessous de vingt sols paieront au premier terme. 



Qu'iceluy obtenteur devra, à ses frais, remettre à la recette 
des seigneurs des États de Namur pendant le courant dudit 
mois la somme de sept cents florins que Sa Majt a ordonné 
leur payer annuellement par forme d'abonnement, à peine 
qu'à ce défaut il répondra en son propre et privé nom de 
tous dépens qui pourraient s'engendrer à cet égard, et 
avant laditte remise devra en prévenir les exposans pour re- 
cevoir leurs ordres de défalcation à faire sur le payement. 



— 140 — 

4 

Qu'il sera libre à Tobtenteur après la présente année ex- 
pirée de prendre saisinne des héritages des défaillans après 
deux soumissions de huitaine sans forme ni figure de procès, 
ainsi qu'il se trouve exprimé dans Tarticle 10 du règle- 
ment. 



Qu'il devra porter aux sieurs exposants et greffier pour 
leurs honoraires et salaire et pendant le courant du mois 
d'octobre. Ce qui est repris aux articles 42 et 13 dudit règle- 
ment. 

6 

Que l'obtenteur devra pendant le courant dudit mois de 
jeanvier prochain rendre un compte exact de son entreprise 
pour la collecte de la taille aux sieurs exposants^ qui sera 
dressé ainsi qu'il est prescrit art. 16 et 17 du même règle- 
ment à qui sera délivré un imprimé pour sa gouverne. 



Qu'il devra donner sur le champs ou au plus tard endéans 
les vingt-quatre heures, bonne et suffisante caution à l'apai- 
sement des sieurs exposans laquelle sera tenue pour principal 
et sera validée moiennant la signature du cautionnaire à la 
marche et cela pour sûreté des paiements ci-dessus et 
renseignements des deniers de la taille, conformément au 
chassereau. 

8 

Que l'oblenteur et cautionnaire seront solidairement obligés 
pour au défaut d'accomplissement des présentes conditions, 
avoir recours à leur personne et biens meubles par prompte 



— u\ — 

et paratle exécution, et aux réels par saisinne ou saisie de 
suite d*une seule fautte et adjour de devoir privilégié, comme 
pour deniers royaux. A quel fin ils ont renoncé à tous droits, 
privilèges et exceptions quelconques ainsi qu'au bénéfice de 
discussion, dont ils se tiennent pour certiorés. 

9 

• 

Que personne ne se présume d'entreprendre qu'il ne soit 
solvable et puissant d'accomplir lesdittes conditions à peine 
que l'on fera repasser son obtention à ses risques et périls 
sans espoir de profiter du boni s'il en avait au contraire en 
cas de courteresse sera exécutable sur le champs sans forme 
ni figure de procès ni que l'on soit tenu de prendre le congé 
de l'officier à sujet. 

Et pour le premis reconnaître et réaliser pardevant toutes 
courtes et justices ou il conviendra, tant par werpe trans- 
port que condamnation volontaire sont commis et constitué 
judiciairement tous porteurs de cette ou de son double au- 
tentique acco. {sic) 

Que l'obtenteur sera obligé de demander ou faire deman- 
der par personne commis de sa charte et munit des chasse- 
raux chez tous les contribuables residens en cette ville et 
faubourg pour avoir paiement du terme échus*, et cela gratis 
pour cette fois, et par les propriétaires externes, par exprès 
munit d'un billet, si le locataire ou cultivateur refuse de rece- 
voir la commission pour la notifier à son propriétaire, pour 
quel sujet il sera payé sept sols par lieux pour aller et retour 
à l'exprès et deux sols du billet du collecteur, et ainsi à pro- 
portion de la dislance, à moins que pour l'éloignement de 

1. Le contribuable n'était pas forcé de porter comme aigourd'hui son argent au 
bureau d'un receveur souvent maussade ; le collecteur se transportait lui-même à 
domicile. H lui était enjoint de par TËmpereur et Roi de se conduire avec la plus 
grande politesse.... Tout est bien changé depuis. Il est vrai que nous étions, à 
cette époque, un peu novices en fkit de bureaucratie • > Lettres sur la révolution 
Brabançonne, par Ad. Borgnet. T. II, p. 18. 



- 142 - 

plus de quatre lieues qui pour lors fera usage de la poste, et 
huit jours expirés de la demande et notification faite, les con- 
tribuables payeront sept pattars de chaque semaine et du 
double pour la deuxième qui se fera la seconde huitaine ou 
après, la seconde semonce ainsi faite, si le contribuable de- 
meure encore huit jours sans satisfaire, pour lors le collecteur 
sera libre de prendre saisinne ainsi qu'il at été dit ci-devant, 
avec préalable permission des srs exposans. 

Auxquels conditions publiquement et intelligiblement lues, 
s'expose laditte collecte qui fut mise à cinq par cent par 
Jacques Thibaut, à quatre par Paul Moret, à trois et dix sols 
par Joseph Alexandre, à trois par Dominique Henry, à trois 
moins cinq parCharles Wautetet demeuré à Charles Alexandre 
pour quarante huit sols par cent florins. 

Joseph Alexandre : cautionnaire, la marque + de Charles 
Wautelet pour ne savoir écrire, Pierre Bourdon lieu^ bailly. 

Ainsi fait et passé en présence de Pierre Bourdon, lieu* 
Bailly, François Regnard, Gaspard Lambrechts, Thomas-Joseph 
Navez et de Thomas Joseph Ledent eschevins. 

(Signé) Pierre Bourdon, F. Regnard, Lambrechts, T. J. 
Navez, F. J. Leudent, P. Bourdon, greffier, 1772. 

S'ensuit le chasseraux. 

Ville de Charleroy. 

Chassereau ou assiette des tailles réelles imposées sur les 
maisons et bâtiments des Ville-haute, Entre villes et Ville basse 
de Charleroi. 

Pour l'an 1772, par décret de sa Majesté l'Impéralrice 
douairière Reine apostolique en datte du 3 juin 1772, confor- 
mément au cadastre du matricule que sa Majesté a fait for- 
mer par le sieur conseiller procureur général de la province 
de Namur ; lesquelles tailles chaque contribuable devra payer 
son contingent en monnaie coursable suivant les édits de sa 



— 143 ~ 

Majesté es mains du colecteur qui sera adjugé pour cette 
recette de même que pour celle de la taille sur les biens réels 
du Faubourg et dépendances desditt es villes. 

Le tout relativement audit cadastre ou matricule, excepté 
que les biens fonds dudit Faubourget dépendance qui étaient 
lixés à vingt sols du bonnier à simple, et à quarante sols à 
double ; par la matricule, sa Majesté Ta modéré à quinze 
sols à simple, et trente sols à double, et ordonné que cette 
imposition sur tous lesdits biens réels tant desdites villes, 
faubourg que dépendances se paieront pour la première 
fois pendant la présente année 1772 à quel effet les contri- 
buables satisferont à leur quotités en deux paiements, savoir 
la moitié pour le premier d'août prochain, et l'autre moitié 
au premier d'octobre suivant à peine de saisinne a chargé 
des défaillants, sans autre forme ni figure de procès que 
d'une simple sommation de huitaine comme il est repris à 

Tarlicle dix dudit décret du 3 juin 1772*. 

Que les propositions non excédentes des sols devront se 
paier en entier au premier terme à moins que le contribuable 
ne posséderait plusieurs parties d*héritage dont l'ensemble 
passerait les dix sols. 

{Vient alors le détail des impositions qui forment deux gros 

cahiers* ) 

Ainsi fait et dressé après le cadastre ou matricule comme 
dit est ce 21 juillet 1772 y présents Pierre Bourdon lient, 
bailli, François Regnard, Gaspard Lambrechts, Thomas 
Joseph Navez, et Thomas Joseph Ledent échevins. Signé 
P. Bourdon, F. Regnard, G. Lambrechts, F. J, Navez, F. J. 
Ledent, P. Bourdon, greffe 1772. 

1. Voir Premier fascicule de la Collection des actes etc. 

2. Voir aax archives de la ville. Le compte de celte taille accompagne le chas- 
sereau. 



— iU — 






La commune de Charleroi tenait énormément à ses privi- 
lèges. 

Dès 1781J lorsque Tempereur Joseph II vint en ville, nos 
magistrats sachant que les libertés communales étaient en 
danger, osèrent porter leurs vœux devant le souverain, long- 
temps avant les réclamations qui s'élevèrent plus tard dans le 
pays. Voici à ce sujet une pièce officielle : 



* 



Nous échevins du magistrat de Charleroi soussignés, décla- 
rons que notre auguste Empereur et Roy Joseph II est arrivé 
en celte ville le 6 juin 1781, aux sept heures du soir, dans 
la maison de Jean-Antoine Boens aubergiste en cette Ville- 
Basse portante pour enseigne le Grand monarque, auquel 
jour nous eûmes Thonneur de nous prosterner aux pieds de 
sa sacrée Majesté, une demie heure après son arrivée et lui 
présenter nos très humbles respects et hommages ; nous 
ayant accordé ( avec un accueil gracieux ) une audience de 
trois quarts d'heures, pendant quel tems, sa Majesté s'est in- 
formée particulièrement de l'augmentation de la population 
en celte ville, des facultés d'icelle, des fabriques et commerces 
ayant rencontré ces trois objets, nous avons pris la liberté 
de demander à sa sacrée Majesté, la continuation de nos pri- 
vilèges en lui représentant que celte ville naissante avait dû être 
protégée de ses augustes prédécesseurs et qu'elle était encore 
actuellement dans le même cas, sur tout quoi sa Majesté a 
daigné réfléchir, nous promettant d'y prendre favorable égard 
et nous ordonnant en même tems d*en dresser un mémoire 
en quatre lignes et de lui mettre en main propre soit ici ou 
à Mons. 

Ce monarque est parti le sept dito aux cinq heures et demi 
du matin pour cette dernière ville et avant son départ avons eu 



— m — 

rhonneur de remettre le prédit mémoire ens mains propres, 
laquelle déclaration pour contenir la vérité avons souscrit au 
registre aux résolutions. 

Fait dans notre assemblée le 8 juin 1781 . 

(Signé) J. Regnard, Thomas J. Ledent, F. J. Navez, Fon- 
taine, Galein, Dupret, 1781, bourgmestre, F. Huarl, et D. 
Henry, greffier, 1781*. 

S'ensiÀit le texte du mémoire dont il est parlé plus haut : 
Sire, 

Ceux du magistrat de la ville de Charleroi demandent très 
respectueusement à votre sacrée Majesté, la continiiation des 
privilèges accordés à ladite ville par sa Majesté l'Impératrice 
et Reine d'immortelle et de glorieuse mémoire en date du 31 
juillet 1769*, ainsi qu'une garnison et le terrain inutile au 
service, pour former d^s habitations. Suivaient les signa- 
tures. 

U empereur-roi répondit avec affabilité : qu'il prendrait en 
sérieuse considération les points sur lesquels messieurs du 
magistrat attiraient son attention ; qu'il entendait faire de 
Charleroi une ville de commerce qui existerait à toujours à 
l'aide de nouveaux privilèges et qu'il tenait à l'augmentation 
de la population. 



* 



La réponse de l'empereur était dilatoire et trompeuse. 
Aussi, nourrissait-il des idées réellement opposées à ses pro- 
messes, que le Magistrat lui rappela en vain en 1783. Nous 
avons vu dans le Deuxième fascicule de cet ouvrage ce qu'il 
fit. 

1. Voir Regiêtre aux délibérations du magistrat de Charleroi^ aux archives com- 
munales 1779-1792. 

Le roi pendant ce voyage était arrivé par Francfort, Luxembourg et Namur. 
Dans cette dernière ville il fut accompagné du grand Bailly de Namur, le vicomte 
Desandrouin et arriva à Charleroi le 6 juin vers six heures du soir. Son premier 
soin fut de visiter le corps des valides alors en garnison dans la ville et de s'entre- 
tenir avec eux. 

De Charleroi Tempereur alla à Mariemont puis à Mons. 

2. Voir Collection des actes de Charleroi^ etc., deuxième fascicule, page 84. 



— 146 — 

Dès le 3 avril 1787 il avait tenté d'établir un nouveau sys- 
tème judiciaire en Belgique, mais il fut obligé de surseoir le 
14 mai 1787 à l'exécution de son décret d'organisation et à 
rétablissement des tribunaux de première instance à Charleroi 
et dans les autres villes. Partout s'était élevé un concert de 
réclamations et la satisfaction que souleva le décret de sur- 
séance fut aussi générale et aussi expansive que l'avaient été 
les réclamations* . 

A Charleroi, le seigneur local était le duc d'Aremberg, le 
même Grand Bailli qui avait si courageusement soutenu les privi- 
lèges belges dès le commencement du mouvement patriotique. 

On sait avec quel zèle le duc agit. Ses discours pathétiques 
et remplis de fermeté dans les assemblées des États dont il 
faisait partie, en font foi. Les magistrats de la Haute Cour et 
les notables de notre ville, l'en remercièrent par la pièce sui- 
vante, où ils lui attribuent toutefois à lui une part un peu trop 
large dans le résultat obtenu, et à ce résultat lui-même une 
importance trop grande au point de vue du but définitif à 
atteindre. 

1. Presque toutes les villes tinrent cette ligne de conduite et entre autres 
Nivelles, où circula dans ce temps Tépigramme suivante : 
(c Cï gist le tribunal de la première instance, 
Passant ne priez pas pour lui 
Car étant mort dans son enfance, 
Il alla droit en paradis. » 

Ath fut à peu près la seule ville dont les bourgmestre, échevins et beau- 
coup d'habitants demandèrent rétablissement du tribunal de première ins- 
tance que lui enlevait le décret du ii mai. Encore les métiers de cette ville 
réclamèrent-ils contre ce manque de patriotisme de leurs citoyens. (Voir 
Recueil des représentations etc, faites à S, M. L par les Etats des provinces 
1788. 

Ce recueil dit à ce propos : « Dans les calamités publiques, dans les 
désordres qui troublent les États, il y a toujours quelques particuliers, et 
même çà et là, quelque petite bicoque, qui y gagnent ou qui s'imaginent 
y gagner : mais ce n*est pas là-dessus que se décide un sage et loyal 
gouvernement. » 

L'auteur de ces paroles et de Touvrage entier est Tabbé X. Feller. 



- U7 — 

Leur exemple fut suivi. Les États du Hainaut et d*autres 
corps officiels adressèreat au duc des félicitations ana- 
logues. 

Lettre du magistrat de Charleroi au duc d'Aremberg, seigneur 

de Charleroi. 

Les échevins du Magistrat de la Cour de Charleroi, ainsi que 
les plus honorables bourgeois de cette ville, prennent la res- 
pectueuse liberté de témoigner à V. A. la satisfaction qu'ils 
ont éprouvée à la lecture de l'ordonnance du 14 de ce mois, 
portant surséance des nouveaux tribunaux de judicature. Ils 
ont été convaincus qu'elle était le fruit de la sollicitude pater- 
nelle de Y. A., pour le bien général des habitants du Pays, 
et la suile de la noble fermeté qu'elle a déployée dans les 
di£rérentes représentations qui ont été adressées à L. A. R. 
les sérénissimes Gouverneurs généraux, relativement au nou- 
veau système de police et de judicature établi par les deux 
diplômes de S. M. l'Empereur et Roi, en date du i^^ janvier 
de cette année, et par les différents Édits qui en ont été la 
suite et le développement. Ils osent se flatter que Y. A. dai- 
gnera continuer ses soins à l'avantage de la chose publique, 
en procurant le rétablissement permanent des lois constitu- 
tionnelles, qui ont fait jusqu'à présent la félicité et la splen- 
deur des Pays-Bas en général et à l'abri desquelles nous 
avions particulièrement le bonheur de voir noire liberté, 
notre honneur et nos propriétés en sûreté. C'est là le vœu 
général, c'est le seul vœu des habitants de cette ville, et Y. A. 
peut en être convaincue^ elle doit nous en croire. Si dans des 
feuilles publiques on a pu insinuer des réclamations au con- 
traire, si même on a fait parvenir au Gouvernement des re- 
quêtes qui semblent insinuer des dispositions différentes, elles 
ne sont que l'ouvrage de quelques individus qui préfèrent leur 



— 148 - 

intérêt personnel| au bien-âtre général, qu'un ouvrage des 
ténèbres, mendié par l'esprit d'intrigue. 

L'expression de nos sentiments est le gage de ceux dont 
sont généralement pénétrés les habitants de cette ville, dont 
nous sommes l'organe et l'interprète ; nous les déposons 
avec confiance dans le sein de V. A. en la suppliant de dai- 
gner nous continuer les bontés dont elle nous a comblés dans 
tous les temps et surtout de diriger la conduite que nous de- 
vons tenir dans la circonstance actuelle, pour procurer autant 
qu'il dépendra de nous le rétablissement de l'ancien ordre des 
choses. 

Ce sont les vœux ardents et sincères etc. 

Signé de tous les Échevins et de plusieurs notables. 

Charleroi, le 31 mai 1787\ 

* 

Dés le commencement de 1789, les troupes autrichiennes 
avaient quité Charleroi, bien que les officiers continuassent 
à se faire payer leurs émoluments par la ville, comme nous 
l'avons vu dans le Troisième fascicule et comme le prouve 
l'acte suivant qui renouvelait les plaintes et les réclamations 
de la ville. 






Mémoire présenté par cetix du magistrat de Charleroi àS. E, 
le chevalier Buval^ commissaire du conseil Roial du gouver- 
nement le 2 mai 1789. 

Il ne se commet guère de fraude en la ville de Charleroi 
parce que tout le provenu de ses fabriques est libre desortie, 

1. Ceux qui aUendaient une position dépendante de rétablissement du 
nouveau tribunal de Charleroi. 

2. Voir : Recueil des représentalions, protestations et réclamaiiom faites 
à S. A. I. par les représentants et Etats des provinces des Pays-Bas Au- 
trichiens etc. 5e tom. in-S©, 1788. Partie civile. Affaires civiles^ S^ partie, 
page 467. 



— 149 — 

et le peu qui pourroit être introduit en fraude, ne peut pro- 
venir que de Taisancêde la rivière de la Sambre, aisance qui se 
trouve bien plus grande à Chatelineau et à d'autres endroits 
du plat pays auxquels on a accordé le commerce et fabrique au 
préjudice de la dite ville qui n'a pas d'autres ressources, qui 
n'a plus de garnison pour y procurer un mouvement utile et 
entretenir du numéraire par la consommation et qui néan- 
moins doit continuer à payer des forts appointements aux 
individus de l'Etat-major sans en posséder aucun membre. 

Telle est la triste situation de la ville de Charleroi qui, par 
les droits d'entrée des matières premières de ses fabriques 
en fer, sel, tabac et autres, a constamment faitvalloir la douane 
de son auguste souverain, mais toutes les ressources de cette 
petite ville se tarissent par les articles suivants. 

1° Par rétablissement du commerce et fabriques accordées 
au plat païs, dont les habitans sont ultérieurement favorisés de 
la culture. 

2<> Par le défaut de garnison. 

S'^Par la continuation du paiement annuel à l'état major à 
titre d'ustensils comme s'ensuit : 

Au gouverneur le comte Bournonville fl. s. d. 

résidant à Bruxelles 2400 00 00 

Au major le baron Coënens résidant à 
Luxembourg 600 00 00 

A l'aide major Janssens résidant à Bru- 
xelles ... 200 00 00 

A sa Majesté pour la place vacante d'un 
lieutenant du Roy 1000 00 00 

Et à sa Majesté pour la place vacante 

d'un second aide major 200 00 00 

Florins 4400 00 00 

4*^ Par des logemens presque continuels de recruteurs, 
fournissement du nécessaire aux passages des troupes, frais à 
supporter par la ville de Charleroi, soustraite de la dépen- 



— 150 — 

dance et administration des États de la province de Narour 
qui indemnisoit de semblables frais, les autres endroits de la 
province et n'ont plus aucune considération pour la ville de 
Charleroi laquelle paie la taille réelle à S. M. se montant 
chaque année à fl. 1700 environ. 

L'établissement des commerce et fabriques au plat païs joint 
au défaut de garnison dans la ville de Charleroi en font di- 
minuer la gabelle ou les droits de ville, tandis qu'outre les 
dépenses ordinaires précitées elle a été dans l'obligation d'a- 
chever sa ruine, parles extraordinaires suivantes. 

Premièrement par la réedification de l'église paroissiale de 
la Haute Ville, faite par la caisse de l'administration, quoique 
cette église soit une chapelle Royale, dont la cure était à la 
collation de Sa Majesté, ce qui a coûté au moins quarante 
mille florins, la ville restant chargée de ce chef de fl. 448 de 
rente constituée à 3 1/2 p. c. faisant un capital de 12800 flo- 
rins qu'on a levé pour cet objet. 

Deuxièmement par l'acquisition du quartier de la cavalerie, 
faite lors de la vente des batimens royaux pour la somme de 
fl. 12600 non compris fl. 1000 payés pour cet objet par ordre 
du gouverneur au nommé Paul Moret du faubourg de cette 
ville de laquelle somme fl. 12600 la caisse n'ayant pu rem- 
bourser que la moitié, se trouve redevable à la recette des 
ventes des fortifications de fl. 315 de rente, laquelle, faute des 
moïens, se trouve arriérée de deux années. 

S^'Par la dépense que ladite administration a été obligée 
de faire par ordre du gouvernement l'an 1787 d'une somme 
de fl. 1087 pour l'établissement du tribunal de première ins- 
tance en cette ville sans en avoir rien récupéré. 

it" Par l'obligation la plus urgente et la plus indispensable 
où l'administration s'est trouvée de fournir, ensuite de l'au- 
torisation du gouvernement, aux pauvres malades de cette 
ville, au moins pour la somme de fl. 1400 tant en argent 
qu'en médicaments, vins, bouillons etc., etc. selon lesordon- 



— 151 — 

nances des médecins pendant la maladie épidémique qui y a 
régné l'an dernier, de laquelle somme la dite administration 
reste redevable de plus de la moitié à différents particuliers. 

Tellement que l'administration, loin d'avoir les moïensde 
pouvoir fournir à des nouveaux frais, tels que ceux de la 
réparation des portes nouvelles barrières et du gage du por- 
tier qui avant la vente des fortifications ont toujours été à 
charge de S. M., elle a au contraire tout le mal possible de 
pouvoir faire face à la multitude d'obligations dont on la 
charge, n'ayant pour faire face à tous ses différents objets 
que la somme de fl. 617 05 UO en caisse ainsi qu'il s'est 
vérifié par le dt compte de ladite administration. 

A ces causes ceux du magistrat de Charleroi soussignés, 
toujours zélés d'obtempérer avec la plus parfaite exactitude 
aux ordres de son auguste Souverain et de son conseil Royal 
du gouvernement, ainsi qu'ils ont taché de le manifester à son 
commissaire M. le chevalier Duval prennent la très respec- 
tueuse liberté de réclamer la bonté paternelle et la bénétî- 
cense de sa majesté l'Emp'' et Roy en la suppliant très humble 
d'être servie d'accorder un coup d'oeil de compassion sur les 
fidèle sujets de sa pauvre ville de Charleroi et de daigner la 
décharger du paiement d'État major et de quelques autres 
parties de son fardeau. 

Signés. J. Nicolas François, J. L. Reynard, F. Huart, 
Fontaine, B. J. Thiebaut, et P. J. Claess, greffier, 1789*. 



* * 



En l'année 1789 s'étaient renouvelés les troubles de 
1787. Le mois d'août de cette année avait vu s'organiser 
déjà les volontaires brabançons. 

Dès cette époque, le peuple de Namur s'agitait, poussé par 
divers patriotes, à la tête desquels étaient signalés surtout 
H. L. Lecocq, fiscal du grand bailliage, Arnould, mayeur du 

1. Voir aux archives comm\xna\w Registre aux résoluiionM du magistrat 1779- 
1799, 



— 152 — 

métier des orfèvres, VanRingh/ orfèvre et son frère préposé 
de la bourgeoisie,qualre citoyens qui s'étaient déjà fait remar- 
quer en 1787«. Le 24 juillet l'enterrement de la femme du 
préposé Van Ringh, fut l'occasion d'un rassemblement pa- 
triotique. 

Le 19 octobre, furent arrêtés Lecocq et le préposé Van 
Ringh, et dès lors les troubles à Namur furent presqu'étouffés, 
au moins relativement. 

Cependant ils avaient fait école, et J. Dehaux, directeur de 
la poste aux lettres à Charleroi, travaillait les esprilsdans cette 
ville et à Fleurus. Ce Deliaux avait beaucoup de relations à 
Namur et à Bruxelles, oii il habitait encore en 1786. 

Il possédait même une diligence de messagerie qui faisait le 
service public de Charleroi à Bruxelles. 

C'était un homme fort remuant qui avait « beaucoup con- 
€ tribué, en 1787, à Témeuie qui m'a obligé de fuir nui- 
a tamment de Charleroy » écrivait le 31 octobre 1879 P. C. 
Huarl, alors substitut du procureur général de Namur*. 

Dès lors la révolution était d'ailleurs fort avancée. Les 

1. Aïeul maternel de Tauteur de cet ouvrage. 

2. Le Livre noir du comté de Namur par l'avocat A . /. Gillard cite ainsi le dos- 
sier qui leur élait consacré dans les notes du gouvernement : 

« Aï. Lecocq fiscal du souverain baillage, rue de Bruxelles. 

« Sa conduite est assez connue : il s*est toujours montré comme très séditieux, 
c'est lui qui haranguait les métiers, qui les rassemblait, qui formait pour eux les 
représentations les plus hardies» qui par ses intrigues, s'est intrus en 1787, en la 
place du Pensionnaire du Magistrat : homme très bouillant et entreprennant, et 
qui ne cesse de tenir des espèces de conciliabules. » 

« M. Van Ringb prétendu préposé de la bourgeoisie, rue de Bruxelles. 

1 Homme dangereux dans un tumulte, et qui pourrait payer de hardiesse, s 

« M, Van Ryngh orfèvre sur le marché de l'Ange. 

c Homme dangereux dans un tumulte, et qui pourrait payer de sa personne. » 

a M, Arnould, mayeur du métier des orfèvres, sur le marché de l*Ange. 

< fl était le chef des métiers ; il cherche encore sous tout prétexte possible, 
pour en assembler les 24 corps quoiqu*il n'ait aucune qualité pour en obtenir la 
permission : ce qui serait d'une conséquence dangereuse. C'est un homme très 
dangereux et entreprenant. » 

3. Voir le Livre noir du comté de Namur , page 119. . 



— 153 - 

troupes impériales avaient peu à peu quitté la plupart des 
villes. Elles s'étaient repliées de Mons sur Binche et étaient 
passées à Cbarleroi marchant sur Namur et se réfugiant dans 
le Luxembourg. 

Le 9 novembre, le mouvement était fini à Cbarleroi et la 
dernière troupe quittait la ville. Dés le mois de décembre, 
Cbarleroi était en pleine révolution ; on y portait la cocarde 
patriotique rouge, jaune et noire, dont le père capucin Lal- 
lemand faisait une large distribution. 

Les États du pays de Namur s'étaient constitués et avaient 
établi, dès le 17 décembre 1789, «un comité de ville provision- 
nel composé entre autres de : Van Ringh, marchand, Deihy, 
procureur et notaire, Stevart, avocat, Lecocq, avocat, Deganty, 
avocat, De Marotte, propriétaire. De Posson, greffier du con- 
seil et mayeur de Feix. » 

Ce comité, aprèsla proclamation de la déchéance de Joseph II, 
le 20 décembre 1789, eut la plus grande inuflence sur la ma- 
nière d'agir du magistrat de Cbarleroi, qui lui faisait deman- 
der une ligne de conduite^ 

En effet, l'effervescence en notre ville était due en réalité à 
une instigation continuelle et à des excitations incessantes 
auxquelles elle ne pouvait se défendre de céder. Les chefs 
révolutionnaires la tenaient dans leur main et en faisaient ce 
qu'ils voulaient ; témoins les pièces suivantes où l'on verra 
percer encore les doléances et les réclamations ordinaires de 
la ville relativement à son état pécuniaire. 






Instruction pour le Lt Poti&i\ 

Il devra se rendre à Cbarleroi et s'informer du prix du 
loyer du quartier Saint Pierre et celui du quartier de cavalerie 
en tenant note des chambres qui se trouvent dans l'une et 
l'autre. 

1. Collection â^aetu etc. de Charleroi etc, page 76. 



— 154 — 

Il s'informera aussi de la manière qu'on pourrait loger les 
recrueSy à quel prix on se pourroit procurer les fournitures 
nécessaires en louage ou autrement; il faut faire attention que 
chaque fourniture doit être composée d'un châssis, d'une 
paillasse, d'un matelas, d'un traversin, d'une couverture, des 
draps de lits . Si on peut se procurer ces objets par louage, 
il faudra déterminer les prix pour le tems qu'on s'en servira 
et savoir quand on pourroit les avoir. 

Comme la ville de Charleroi recevra un effet utile de cet 
établissement, il faudra demander au bailli et gens de loi si la 
ville ne voudrait pas fournir quelque chose, telle par exemple 
que étuves, chauffages, lumières, ou autre chose, de tout 
quoi ledit sieur Pottier nous fera rapport. 

Namur le 18 de l'an 1790; plus bas étoit paraf. Réquisition 
signé H.-S. Lecocq. 

Suit la réponse du magistrat de Charleroi à Vinstructian de 
Vautre part décernée sur le s^ Lt Pottier relativement aux 
logements militaires. 

Ceux du magistrat de Charleroi, empressés de satisfaire à la 
réquisition leur faite par le s^ Lient Potier, ensuite de résolu- 
tion en daledu 18 courant, signé du sieur H.-L. Lecocq, prennent 
la très respectueuse liberté de demander d'être autorisés par 
JlMgneurs des Etats souverains de la province de Namur à ac- 
quérir au nom dudit Charleroi, le quartier S* Pierre cont. 72 
Chambres leur offert par les héritiers de feu Paul Moret. 

2^ D'être autorisé à payer auxdits héritiers sur la recette 
des ventes des fortifications audit Charleroi la somme qui sera 
fixée par Mfi^neurs ou si tel est leur plaisir celle reprise en la 
soumission ci-jointe desdits héritiers dont l'auteur aïant obtenu 
ledit quartier pour fl. 5 510 courant, en a remboursé la moi- 
tié et laissé courir l'autre en rente ainsi qu'elle court encore 
à 5 o/o. 

S** La ville de Charleroi obérée par suite de plusieurs chefs. 



— 155 — 

nommément d'une rente de fil. 315 pour moitié restant du 
prix d'achat de la cour de cavalerie et par un payement an- 
nuel de il. 4,400 pour l'état major dont l'exemption lui éloit 
promise après le décès de^ individus dudit état major deman- 
deroit la remission de ladite rente de il. 315 et dudit paiement ' 
annuel de l'état major. 

Parmi l'autorisation et rémission susdite, la ville de Cliarle- 
roi feroit tous ses efforts pour concourir au bien-être du pu- 
blic nommément de la garnison et des recrues, en conséquence 
de quoi elle fourniroit les articles suivants. Savoir : le quar- 
tier susdit de Saint Pierre et la partie nécessaire à la dite cour 
de cavalerie pour le logement du militaire'.Item tous les bois de 
lits, tables, bancs, marmites, étuves, chauffage et lumières. 

Tous ces objets compris l'intérêt des sommes à fournir 
pour l'achat des quatre premiers nommés et la portance du 
chauffage et lumières journaliers en y comprenant les com- 
missions et gages des distributeurs, ceux que les restaurations 
et entretiens des bâtiments importeront annuellement entre 
cinq à six mille florins. 

Quant aux fournitures des lits consistant en une paillasse, 
un matelas, un traversin, une couverture de laine et des draps 
de lits, chaque pareille fourniture pourroit coûter environ 
fl. 36. mais on ne connoit personne à Charleroi pour en faire 
l'entreprise. 

Ceux dudit magistrat supplient le sieur officier Potier de 
vouloir présenter leur soumission à la détermination de Mgrs 
des États souverains de la province de Namur. 

Faiten notre assemblée du 21 janvier 1790;signés J.P.Gravez, 
J. Nicolas François, F. Huart, J.-D. Regnard, B.-J. Thibaut, 
P.-J. Thibaut et Fontaine. 

Commission décernée sur les Echevins F. Huart et 6. Thi- 
baut par le Magistrat de Charleroi. 



— 156 — 

« 

Ceux du magistrat de Charleroi vu le^deux dépêches sous 
la date d'hier leur adressée de la part du département général 
de la guerre établi à Bruxelles tendantes aux arrangements à 
prendre pour le logement des troupes nationales déclarent 
par cette de les avoir confiées aux Échevins F. Huart et B.-J. 
Thibaut et les commissions à Teffet de s'adresser au bureau 
des vivres établi à Namur pour demander les ordres pour les 
provisions qui sont nécessaires auxdites troupes, chargeant de 
plus lesdits Huart et Thibaut de solliciter où il appartiendra 
un appointement au mémoire dudit magistrat en date du 21 
janvier d»' que l'officier Potier s'est chargé de présenter aux 
états de la province de Namur. 

Fait en notre assemblée du 17 février 1790. 

Ceux du magistrat ordonnent au caissier Trésorier J. Dupret 
d'acheter incessamment pour l'hôpital de la trouppe natio- 
nalle touttes les pièces qui y seront nécessaires de l'indication 
de M. le commandant de la trouppe, nous en reservant l'ins- 
pection congrue, fait en notre assemblée le 23 février 1790. 



» • 



L'argent manquait. Les impôts, les tailles, les dîmes 
étaient insuffisants, on eut recours à un moyen souvent em- 
ployé. Les États généraux de Bruxelles ordonnèrent une sous- 
cription patriotique. Sous la couleur de présents librement 
offerts à la patrie, on trouva moyen de forcer les dons des 
citoyens et des communautés. Cette institution donna même 
parfois lieu à une espèce d'inquisition vexatoire et illégale. 

On dressa dans le pays de Namur un projet, on nomma des 

comités chargés de recevoir les dons, etc. 

* 

Les États du pays de Namur, etc. Chers et bien aimés, per- 
suadés que vous n'avez rien plus à cœur que le bien-être et le 
salut de la patrie, nous croïons vous faire chose agréable de 
vous choisir pour recevoir les souscriptions patriotiques, dont 
nous vous joignons ici le projet et l'affiche qui l'annonce. Nous 
ne doutons point que vous ne vous regardiez comme tout bon 






— 157 - 

citoyen personnellement intéressé à la réussite de cette opé- 
ration, et que vous n'emploierez tous les moiens que four- 
nissent les liens du sang, de Tamitié, de la reconnaissance et 
de la société en général, pour engager tous ceux, sur qui vous 
aurez quelque ascendant, à augmenter généreusement le 
nombre des souscripteurs, en engageant les citoiens moins 
aisés à se joindre ensemble pour fournir à la solde d'un 

homme. 
Vous voudrez bien vous occuper d'abord de cette besogne, 

et faire prendre au greffe des États les billets dont vous aurez 
besoin, d'envoyer tous les huit jours à nos députés qui nous 
en rendront compte, la liste des personnes qui auront sous- 
crit en vos mains. Vous ferez remettre les biliets de souscrip- 
tion et l'argent en provenu à la caisse établie chez M. Bivort 
de Rivière rue des Carmes, autorisé à vous en donner une dé- 
charge. 

Attant cher et bien amé, Dieu vous ait en sa sainte 
garde. 

Namur, le 27 février 4790. 

Par ordonnance, 
FALLON. 

A messieurs du comité de souscription patriotique de 
Charleroy . 

S'ensuit V affiche. 

Avis au public. Les Etats du Pays et Comté de Namur, etc. 

Les dons innombrables que des individus de toutes les 
provinces ont fait présenter à l'assemblée des Etats-Généraux 
de Bruxelles pour fournir aux dépenses précipitées et exces- 
sives que demande l'entretien de l'armée nécessaire, pour 
mettre le comble au bonheur et à la félicité des Etals-Bel- 
giques-Unis, et assurer à jamais leur liberté et leur indé- 
pendance, les sacrifices bien sensibles que d'autres ont voulu 
faire d'une partie de leur fortune, pour donner à la Nation 
des preuves non équivoques de leur amour et de leur atta- 
chement sans bornes, sont des témoignages des plus flatteurs 






- 158 — 

pour toas les Belges et des titres qui leur méritent éternelle- 
ment l'admiration et la reconnaissance de la postérité ; mais 
les difficultés de pouvoir emploier tous ces bienfaits aux vues 
de ces zélés coopérateurs au bien-être de la patrie el au sou- 
tien de notre sainte religion qui en fait la base, ont engagé les 
Etats-Généraux d'ouvrir une souscription patriotique, telle 
qu'elle se trouve exposée dans le projet ci attaché^ comme un 
moyen le plus propre à donner carrière aux mouvemens des 
intéressés et bien louables des citoyens aisés, de tout âge, de 
tout sexe, de tous états, de toutes professions. 

Ce projet réunit encore ce double avantage qu'il présente 
d'un côté aux souscrivans, l'agrément et la satisfaction de 
concourir, en quelque façon, directement à la défense de la 
Patrie et de la Religion avec ces vaillants et généreux défen- 
seurs qui lui sacrifient journellement leur sang et leur vie, et 
de l'autre il vient au secours de la classe la plus indigente du 
peuple, dans un moment où chacun s'empresse à Tenvi de 
faire les plus grands efforts pour rompre jusqu'au dernier 
chaînon des fers de l'esclavage et du despotisme le plus ty- 
rannique, sous lequelnous n'avons gémi que trop longtemps. 

En conséquence on a établi en celte ville un comité dé 
souscription patriotique et on a proposé dans divers endroits 
de celte province des citoyens zélés pour recevoir les sous- 
criptions, et faire tous les de\oirs nécessaires gratis. 

Namur. 

comité de souscription. 
Messieurs: 

Le conseiller De Posson, chargé de la direction de ce 
comité, 

L'échevin Peliljean. 

Bivort de Rivière, chargé de Ut recette. 



— 159 — 



L'avocat Simon. 
L'avocat Bodor. 
L'avocat Limelette. 
Van Ringh. 

Messieurs : 

Le Bailli Gravez. 

Dupret. 

Thibaut. 



Ghàrleroy . 



Fleurus et Heppignies. 

Messieurs : 
Le curé Bastin. 
Le curé d'Heppignie, Àmand. 
Lemayeur, Folie. 
• •••••••• • • ••••.•■• 

Walcourt, Chestret,Gerpinnes. 

Messieurs : 
De Bruges. 

Les chanoines Lalieux et Guiaux. 
Les curés de Gheslret et de Fonlenelle. 
' Le bailli de Til Château, Malfroid. 
Le mayeur de Gerpinnes, Jaumen. 

Suit le projet. 

Projet pour une souscription patriotiqw. 

Tous les citoiens doivent concourir de tous leurs efforts 
pour affermir la liberté publique. Ceux qui à cause de leur 
état, de leur âge^de leur sexe, ou pour toute autre raison, ne 
peuvent prendre les armes pour la défense de la patrie, sai- 
siront avec empressement le moien qu'on va leur offrir de 
contribuer à la défense commune, et de se procurer la sa- 
tisfaction de coopérer de la manière qui est en leur pou- 
voir à la sûreté et à la prospérité de la nation. 

C'est dans ces vues que l'on invite tous les corps ecclésias- 



— 460 — 

tiqaes et civils (les administrations de Provinces, généra- 
lités, villes et villages seulement exceptés), ainsi que les ci- 
toiens aisés de tous les ordres et de toutes les classes, de 
souscrire pour un ou plusieurs hommes, à raison de dix sols 
par jour, jusqu'à ce que l'indépendance et la liberté du Pays 
seront généralement reconnues, ou pendant tel terme déter- 
miné que chaque souscription voudra fixer ; laquelle solde 
sera fournie par les souscripteurs à l'avance de trois mois en 
trois mois au bureau où ils auront souscrit. 

Les personnes moins aisées qui voudront contribuer selon 
leurs moiens, pourront se joindre à deux, trois ou quatre 
pour former la solde d'un homme. 

Les États établiront incessamment dans chaque ville de la 
province, ainsi que dans les bourgs et villages considérables, 
un bureau des souscriptions, composé de plusieurs citoyens 
zélés, au moins trois, qui recevront sans deniers ni autres 
rétributions quelconques, les sommes à provenir des sous- 
criptions, et les feront parvenir aux États, qui les verseront, 
dans la caisse générale des Provinces-Belgique-Unies, de 
manière que les sommes provenant de souscriptions, seront 
emploiées uniquement à la défense commune de toutes les 
provinces. 

Tous ces citoiens ainsi que tous les corps pourront sous- 
crire dans tel bureau qu'ils préféreront sans distinction de 
ville, ni de province, ne devant y avoir aucune distinction 
entre les habitants, qui se considérant à présent comme tous 
citoiens, étant unis par le même intérêt et par les mêmes 
vues. 

S'il arrivait qu'avant la fin du terme pour«lequel les sous- 
cripteurs se seront engagés, les dépenses extraordinaires 
vinssent à cesser, les bureaux de f ecette seront fermés et les 
souscriptions resteront sans effets ultérieurs. 

S'il arrivait que des personnes ayant souscrit, essuiassent 
dans la suite quelques malheurs ou pertes qui les mettraient 
hors d'état de faire face à leurs souscriptionSi elles pourront 



- 161 — 

en informer les administrateurs des bureaux, qui dès lors, 
suspendront de leurs faire aucune demande, jusqu'à ce 
qu'elles auront fait connaître qu'elles se trouvent en état de 
continuer à satisfaire à leur engagement. 

Pour prévenir tout abus, la liste établie par les Etats, 
ainsi que les noms des administrateurs Je chaque bureau, 
sera imprimée et rendue publique, les billets destinés pour 
les souscriptions seront imprimés à mesure qu'ils seront 
remplis, ils seront numérotés, mis en filasses et déposés au 
bureau : en outre les noms des souscripteurs seront enregis- 
trés selon Tordre numéral des billets, ainsi que le nombre 
d'hommes et le temps pour lequel chacun aura souscrit. 

Et afin que chaque souscripteur puisse avoir en sa pos- 
session la preuve, ainsi que la teneur de son engagement, 
les administrateurs des bureaux remettront à chaque sous- 
cripteur le double du billet de son engagement; lequel devra 
cire signé par un ou plusieurs des administrateurs et quoté 

du même nombre que le billet principale 

* 

Ces décisions ne tardèrent pas à être suivies d'une décla- 
ration que les dons patriotiques ne devaient pas nécessaire- 
ment prendre la forme d'une souscription et qu'ils étaient 
acceptés sous toute forme, mais toujours en numéraire. 

On employait tous les moyens de persuasion, d'cntraine- 
ment et même d'intimidation pour forcer la recette. 

Les Bourgmestre et Échevins de Liège allèrent jusqu'à 
publier le 29 mai 1790, uue décision où ils € requièrent de 
nouveau avec la plus vive instance, tous les corps du Clergé, 
Chapitres, Maisons religieuses, qui ne se sont point encore 

signalés par un don patriotique, de se hâter 

Messieurs n'ont pu voir surtout qu'avec étonnement que le 
Chapitre de la Cathédrale, du patriotisme duquel on devrait 
tout attendre, ait tardé jusqu'à présent d'en donner cette 

1. Voir aux Archives de TEtat à Namur. 



- 462 --- 

preuve nécessaire et convaincante; c'était à ce Chapitre illustre 
qui possède des richesses iromenses, qui compose Tun des 
États qui voit par lui-même les besoins de la république, 
c'était à lui de venir le premier à son cecours et de donner 
un exemple éclatant. Messieurs l'invitent donc particulière- 
ment à vouloir déférer promptement à leur réquisition ; ordon- 
nant que le présent Recès soit imprimé et affiché. » 

C'était tancer d'importance le Chapitre de la Cathédrale 
dont la conduite s'expliquait du reste assez difficilement dans 
ces circonstances. 

De fait la souscription patriotique réussit fort mal et laissa 
la caisse vide. 

Les États généraux inventèrent le 12 mai 1790 une sous- 
cription pour avoir des canons dont manquait l'armée, mais 
ils ne réussicent pas beaucoup mieux. 

Nous avons vu cependant que Charleroi tint à envoyer son 
canon à la patrie comme il avait voulu offrir son don patrio- 
tique *. 

Cependant, outre l'argent, il fallait encore des hommes, il 
fallait des soldats. L'armée brabançonne attendait des ren- 
forts et les États namurois firent appel aux volontaires pour 
remplir les vues des États généraux qui le 16 juin 1790 avaient 
ordonné l'organisation de corps de volontaires dans tout le 
pays et le 3 juillet en avait réglé l'organisation. 

Avis au public. Les États représentant le peuple du Pays 
et comté de Namur, etc. 

Le Congrès souverain des Étals Belgiques-Unis, aiant reçu 
plus d'une fois des preuves des grands et importants services 
que .les volontaires ont rendus à la république, n'a pu se 
dispenser de céder au zèle et aux sollicitations réitérées de la 
plus grande partie des citoiens ^ qui désirent ardemment 

i. Voir Collection d^aetes, etc, de Charleroi, $• fascicule, page 77, et suiv. 
2. Délicieuse naïveté ! ! 



- 163 - 

contribuer de leur bras et de leur vie au maintien de la 
Constitution et de la Religion de nos Pères, pour lesquelles 
nous avons combattu jusqu'aujourd'hui. 

Ce sont les derniers succès qui doivent couronner le grand 
œuvre que Ton a si vaillamment commencé sous l'œil de 
la divine Providence, qui n'a cessé de conduire les généreux 
desseins des belges jusqu'au port salutaire de l'inestimable 
liberté, aussi le Congre souverain a cru qu'il convenait que 
tous les belges devaient y avoir part et participer au triomphe 
et à la gloire d'avoir revendiqué ses droits et vengé Dieu et 
sa sainte religion. 

C'est pourquoi il a invité toutes les Provinces de l'Union à 
mettre en exécution un plan d'un corps de volontaires res- 
pectifs, qui conduira infailliblement au but salutaire que la 
nation se propose; aussi chaque province a saisi avec em- 
pressement celte occasion de prouver à l'envi le zèle, le cou- 
rage et le dévouement doni chacun de ses individus est ani- 
mé pour la cause commune. 

En conséquence, nous nous empressons de faire part au 
public de ce projet, persuadés, d'après les preuves réitérées 
que les habitants de cette province ont données de leurs sen- 
timents patriotiques que nous en obtiendrons le plus prompt 
et le plus parfait succès. 

Article I 

Tous citoyens en état de porter les armes, sont invités à 
prendre parti dans ces corps de volontaires, et à cet effet se 
présenter chez un des commissaires ci-après nommés. 

II 

Les volontaires villageois seront formés en compagnie de 
125 hommes chacune, on leur procurera les capitaines et 
officiers nécessaires pour les commander, s'ils n'ont point 
déjà fait choix des personnes, en qui ils ont confiance et ca- 
pables de prendre leur commandement, et s'ils se trouvaient 



- 164 - 

plusieurs d'un même grade, ils tireront au sort pour décider 
Tancienneté. 

m 

Chaque province devant fixer un point pour ses volontaires 
respectifs, nous avons fixé à cette fin le village de Boneffe et 
ses environs, où Ton formera d'abord un dépôl de vivres, 
pailles et fourrages nécessaires. 

IV 

Comme il importe de mettre au plus tôt ce corps respecta- 
ble en activité, tous les volontaires sont invités à se 
rendre au point de ralliement pour le quatre du mois pro- 
chain. 

V 

Tous les volontaires étant animés du même zèle, et conduits 
par les mêmes motifs de religion et de liberté, on a cherché 
de les raprocher en tout de la plus parfaite égalité^; c'est 
pourquoi à commencer des capitaines ou chefs quelconques 
inclusivement jusqu'au simple volontaire, ils auront huit sols 
par jour et le pain qu'ils commenceront à toucher du jour de 
leur arrivée au point de ralliement, et dès qu'ils auront étë 
inscrits au protocole des commissaires du ralliemeat, ils se- 
ront payés par les commissaires du quartier, le jour de leur 
départ pour se rendre au dépôt. 

VI 

Si Tun ou plusieurs villages n'ont pu fournir une ou plu- 
sieurs compagnies de 125 hommes, leurs volontaires seront 
incorporés en compagnie, au point de ralliement dont les ré- 
partitions seront formées de la manière suivante. 

Une compagnie sera, comme dit est, de 125 hommes, une 
division de deux compagnies, et le bataillon de deux divisions 
formera 500 hommes. 

Fur et à mesure qu'il y aura des compagnies formées, les 

1. Procédé admirable pour ménager la caisse à peu près vide ! 



— 165 — 

commissaires da ralliement les feront marcher suivant les 
ordres qu'ils recevront, en leur fiiant une marche-route et 
les endroits où ils devront attendre les ordres ultérieurs. 

VIII 

Comme l'expédition sera de courte durée, on ne fournira 
pas d'habillement, c'est pourquoi chacun est requis de se 
munir d'une bonne paire de souliers et d'une chemise en 
poche. 

IX 

Chaque volontaire est aussi requis de se munir d'un bon 
fusil, et en cas qu'ils n'en aurait pas, il pourra s'adresser aux 
gens de loix de son village que l'on engagera à lui en fournir 
un, quant aux munitions de guerre, on les délivrera au point 
du dernier ralliement ou rendez-vous. 

X 

A dater du jour ou ces volontaires seront arrivés au ren- 
dez-vous du dernier ralliement il leur sera libre de retourner 
chez eux au bout de trois semaines au plus tard, de manière 
qu'ils peuvent être assurés que leurs louables services fini- 
ront avant la fin du mois prochain. 

XI 

Dés qu'ils retourneront, chaque individu recevra le prêt 
d'autant de journées qu'il devra employer pour être chez 
lui. 

XII 

Les volontaires de chaque village auront soin de s'entendre 
ensemble, pour se procurer une toile de chariot ou charette,. 
ou autre, pour se former une espèce de tente. 

XIII 

On donnera les ordre aux baillis de la province, pour faire 
fournir au point de ralliement les chariots nécessaires pour le 
service de ces volontaires. 



- 166 - 

XIV 

Etant indispensable de procurer à ces vrais défenseurs de 
notre sainte religion des ministres pour les fonctions pasto- 
rales et ecclésiastiques, on invitera par une circulaire les curés, 
vicaires et autres ecclésiastiques de la province, à se présenter 
pour faire les fonctions d'aumonier, pour en avoir un par 
compagnie de 125 hommes, lesquels aumôniers recevront les 
pouvoirs nécessaires de M. Tabbé de Tongerloo, aumônier gé- 
néral de Tarmée. 

XV 

Les présentes dispositions ne concernant uniquement que 
des volontaires à pied ou fantassins, on prévient que Ton ne 
recevra aucun volontaire dragon ou à cheval. 

XVI 

Comme tous ces zélés ciloiens n'auront que des vues pure^ 
et religieuses, on se persuade avec assurance que Tordre et 
la tranquillité seront les règles de leur conduite et de leurs 
mœurs, ils doivent s'attendre que leurs noms seront éter- 
nellement gravés dans les fastes de l'histoire, comme les vrais 
coopérateurs au salut de la patrie et au soutien de la reli- 
gion. 

COMMISSAIRES. 

Pmr la ville de Namur et ses environs. 

Pour le baillàge de Flenrus, 

Messieurs : 
De Romrée. 
Limelelte, échevin. 
Pirot, avocat, 
Naveau, greffier. 
Pour la ville deCharleroi et ses environs. 

Monsieur : 
Gravez. 
Fait et approuvé en l'assemblée général de l'Étal, le 26 



— 167 — 

août i 790. Paraphe F. Alb. v*; suivaiu Par ordonnance signé 
Fallon '. 



• « 



Le 4 septembre sortait une nouvelle circulaire des Étals 
de Namur ordonnant aux villes et aux villages l'enrôlement de 
volontaires pour un terme de trois semaines. 

C'était toujours le terme jugé nécessaire pour chasser dé- 
finitivement dece pays l'armée autrichienne. 

Le révérend père capucin Paquet, le même qui, quelques 
années plus tard, remplit les fonctions de curé de la Ville-Basse 
était un patriote zélé ; il se mit à prêcher la guerre pour la 
liberté. 

Le mayeur Philippe Gravé enthousiaste partisan de la ré- 
volution avait donné sa démission pour s'occuper exclusive- 
ment du mouvement. Avec G. J. Dinne, il se mit à la tête des 
volontaires. C'était lui qui procédait attx enrôlements et aux 
détails de l'incorporation des conscrits en sa qualité de com- 
missaire nommé par les États comme nous j^venons de le voir. 
Dès le 6 septembre 1790 la compagnie de Charleroi, sous les 
ordres de ces deux chefs, était à Taviers où l'on expédiait les 
nouvelles recrues. Il en partait encore le 19. - 

Le 21 on chantait à Charleroi un Te Deum solennel en pré- 
sence du magistrat et d'une grande afQuence de peuple, puis 
l'on arbora le chapeau et l'arbre de la liberté sur la place de 
la Ville-Haute. 

Il fallait des approvisionnements importants pour l'armée 
des patriotes. La Sambre était la principale voie employée 
dans ce but. Il fallut modifier le règlement de navigation sur 
cette rivière *, dans le but de favoriser et hâter les trans- 
ports de munitions. 

On commença par interdire aux usiniers des rives de se 
servir deseaux.Puisle 22 septembre sortit l'ordonnance sui- 
vante : 

1 . Voir aux Archives de l'Étal à Namur. 

i. Voir Collection det actes etc., Charleroi y Deiixième fascicule y page 11. 



— 468 - 



» ¥ 



Ordonnance au sujet des munitions destinées pour l'armée 
Belgique qui viennent par la Sambre. 

Les Représentants et gens du Conseil souverain du Pays et 
Comté de Namur. 

Les États représentants le peuple de ce Pays et Comté nous 
ayant fait connaître par leur dépêche de ce jour, qu'ils avaient 
jugé à propos de porter l'ordonnance suivante, pour une plus 
grande accélération dans la descente des bateaux de vivres et 
fourrages venant parla Sambre, destinés pour le service de 
Tarmée des Provinces-Belgique-Unies. 

S'ensuit la dite ordonnance. 

Les États représentants le peuple du Pays et Comté de 
Namur et tous ceux qfai ses présentes verront ou ouiront, 
salut, savoir faisons que rapport nous aiant été fait de la con- 
vention arrêtée entre messieurs les conseillers assesseurs du 
bureau Je la guerre suivant Tarmée des États-Belgiques-Unis 
d'une part et le métier des bateliers de la ville de Namur 
d'autre, au sujet de la conduite des vivres, fourrages et autres 
munitions destinées à l'usage de la dite armée, qui viennent 
par la Sambre aux magasins en la dite ville , nous déclarons 
d'avoir approuvé et homologué, pour autant que de besoin, 
les clauses, devises, et conditions dudit contrat, en ordonnant 
à tous ceux que la chose peut concerner, de le suivre et le 
respecter dans tout son contenu. 

Et comme l'intérêt de l'armée exige impérieusement que 
les vivres et fourrages arrivent à tems et heures à leur desti- 
nation, vu que le moindre retard peut exposer aux plus 
grands dangers, nous ordonnons à tous bateliers naviguant 
sur la Sambre, de céder en tout et partout le pas aux bateaux 
chargés pour notre armée, ou se rendant à leur destination 
pour prendre leur charge, comme aussi à tout éclusier de 
faire en sorte qu'ils passent les premiers et le plus prompte- 



ment possible, en enjoignant auxdits éclusiers el bateliers 
de prêter en toute occasion, aide, secours et assistance à nos 
bateliers lorsqu'ils le requéreront, à peine d'être responsable 
de tous dommages et intérêts, et d'être punis comme ennemis 
de la patrie selon toute la rigueui* des lois, dérogeant dans 
ce cas aux articles 6, 7, 8, et 10 du règlement émané le S4 
juin 1789 concernant la navigation sur la rivière de Sambre^ . 

Nous réitérons encore ici et jusqu'à autre disposition, la 
défense particulière que nous avons fait intimer à tous ceux 
qui sont dans le cas d'user des eaux de cette rivière soit pour 
forges, huisines, moulins, etc., de s'en servir en aucune 
manière sous les peines que dessus, attendu que l'augmenta- 
tion considérable de l'armée exige que l'on fournisse inces- 
samment les magasins de Namur el de Bouvignes. 

Fait à Namur, le vingt septembre 1790, paraphé Ab. Flo. v«. 
suivait: Par ordonnance signé Fallon et scellé en forme. 

Nous ordonnons en conséquence de la prédite dépêche, 
que cette ordonnance soit imprimée, publiée dans la Chambre 
ordinaire du métier des bateliers, après convocation des 
membres d'icelui, et afQchée dans les villes de Namur et de 
Charleroy, ainsi que sur toutes les écluses de la rivière de 
Sambre en cette Province. Cette affixion sur les écluses à 
faire à la diligence dudit métier, qui en fera conster au 
greffe de ce Conseil, soit par la relation du valet sermenté, 
soit par la déclaration des éclusiers respectifs, le tout en la 
forme et manière accoutumées, afin que personne n'en pré- 
texte cause d'ignorance et qu'un chacun ail à s'y conformer. 
Paraphé Pe. V*. 

Fait au Conseil souverain à Namur, le 22 septembre 1790. 

(signé) De Philippart. 



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Celte grande armée de patriotes qui venait d'être à peine 
complétés ne devait pas durer longtemps. C'était plutôt une 
foule qu'une armée capable de résister aux corps autrichiens. 

i 

1. Voir Colltetion det octet «/e, dé CharUroi, Deuxième foêdcule. pafe 110. 



- 170 — 

Le 32 septembre même avait lieu à Bouvigne la rencontre 
avec l'armée impériale et ce qui devait arriver nécessaire- 
ment arrivait. Les Autrichiens victorieux repoussaient vers 
notre ville, les troupes patriotes qui entraient à Charleroi le 
24 et en sortait le 26, suivies par le vainqueur. Dés lors le 
mouvement révolutionnaire était terminé en notre ville, et 
TÂutriche y reprit Tautorité. Les membres du magistrat prê- 
tèrent à l'empereur un serment nouveau, et continuèrent 
leur administration. C'étaient les mêmes hommes qui, nom- 
més en 1788 parle Seigneur de Charleroi. Duc d'Aremberg, 
avaient tenu le pouvoir pendant toute la période de la révo- 
lution brabançonne et le conservèrent jusqu'à la première 
invasion française, à la fin de l'année 1792. Un seul, le 
mayeur Gravez s'était trop fortement compromis et ne reparut 
plus au pouvoir. 

L'Autriche prit les mesures nécessaires pour maintenir 
l'ordre et la police. C'est ainsi que le 7 septembre 1791, 
sortit un décret impérial qui interdisait le port de tout insigne 
patriotique et de toute cocarde quelconque. 

Ça dura jusqu'à la première invasion française. Nous ne 
dirons rien ici de cette triste période dont nous nous sommes 
occupés en délSiiï d^ns le Quatrième fascicule de cet ouvrage. 
Nous arrivons immédiatement à la restauration du pouvoir 
autrichien. 

En ville la fièvre républicaine était passée et Ton aspirait 
après l'arrivée de l'armée Autrichienne qui devait nous dé- 
barrasser des troupes françaises. 

Voici la note de quelques payements, faits plus tard par l'ad- 
ministration communale, et qui prouvent clairement cette im- 
patience. 

( Le 7 avril payé quatre florins et quatre sols à Germain 
Thevenier, pour s'être rendu exprès à Bouvigne et Ilastière, à 
la réquisition du Magistrat aûn d'être prévenus où étaient les 
troupes impériales et d'être à même de les recevoir comme les 



— 171 - 

libérateurs de la lirannie trançaise en ce pays ; et suivant 
ordonnance et quittance 4-4-0. 

a Payé à la même date audit, douze escalins qu'il a déboursé 
à deux personnes dont une d'Orez, l'autre de Fromiée préposées 
pour venir avertir quand les Autrichiens auraient passé la 
Meuse, et qui se sont bien acquittées de leur commission et 
suivant ordonnance en quittance 4-4-0. 

« Le 19 avril payé douze florins et deux sols audit Germain 
Thévenier, pour voyage exprès en la ville de Namur avec lettres 
instructives, pour les avocats lettrés de la part du magistrat 
pour leur gouverne dans les circonstances critiques notam- 
ment sur les papiers du ferme et les comptes de son adminis- 
tration ; aussi pour un voyîige que ledit Thévenier a fait à 
Hastière le 7 mai * dernier pour être certiorés si les im- 
périaux y étaient ainsi qu'on le débitait, afin d'être prévenus ; 
comme par ordonnance et quittance .... 12-2-0*. » 

La république française avant de voir ses troupes repous- 
sées de Belgique avait porté un décret qui faisait suite 
à tous les décrets réunissant successivement à la France nos 
diverses provinces: 23-25 mars 1793. Décret relatif au ta- 
bleau à présenter pour la division de la Belgique en carUons^ 
districts et Départements^. 

Ce décret n'eut même pas le temps d'être promulgué en 
Belgique. 

Le 25 mars 1 793 les Français abandonnaient Charleroi et 
le 28 les Autrichiens y rentraient et y rétablissaient l'ancienne 
administration et lancien magistrat. L'acte suivant montre 
que les membres de cette ancienne administration n'avaient 
pas changé. Ces hommes étaient : 

1. Probablement une erreur pour avril. 

2 Voir aux archives de la ville de Charleroi. Compte du premier novembre 1799 
au premier novembre 1798. 

8. Voir le Bulletin ueuel de Delebbo, tome premier page 68. — Ce décret m 
trouva dans Collection du Louvre, T. XIII, page 696. 



— 172 - 

Fr. Gaulot, Bailli mayeur, 

F. Iluart, 

Jacq. Thibaut, 

F.-J. Navez, / , , . 

, T, n I f échevins. 

J.-6. Rucloux, 

J.-Jos. Louant, 

F.-J. Dandoy, 

V.-J. Narez, avocat, 

A. Drion, trésorier. 

P.-J. Claeys, greffier. 

Le 28 de mars 1780 treize, les Bailli Maîeur, et Échevins du 
Magistrat de la ville de Charleroy, ensuite d'ordre du général 
Lalour au service de S. M. l'Empereur et Roi, ont repris 
leur fonction de laquelle ils avaient été exclus par une muni- 
cipalité illégale qui avait été établie par la colère du peuple 
à l'arrivée de la troupe française en ce païs en novembre 1792, 
et par dépêche du gouvernement date du 2 avril 1793 il fut 
enjoint audit Magistrat de prêter un serment, c'est-à-dire ceux 
qui avaient exercé des fonctions pendant le séjour des français 
en ce païs. 

Procès-verbal tenu à cet effet. 

Ensuite de la dépêche de S. E. Fran. George-Charles Comte 
du S^ Empire Romain de Mitternich Winnebourg, chevalier 
de la Toison d'Or, grande Croix de l'ordre royal de S^ Etienne, 
Chambellan, Conseiller d'État intime actuel de S. M. L'Empe- 
reur et Roi et Son Ministre plénipotentiaire pour le gouverne- 
ment général des PaïsBas et en date du 2 de ce mois, Ceux du 
Magistrat de Charleroi s'étant assemblé, le A dito en l'hôtel 
de ville après due convocation ont renouvelle et prêté es mains 
de François-Joseph Gantot Bailli-Maï% de cette ville le ser- 
ment de fidélité à S. M. L'Empereur et Roi requis et conforme 



— 173 — 

aux ordonnances; après avoir ceux d'entre les membres dudit 
magistrat qui ont été en fonction pendant peu de tems et 
prêté ci-devant le serment exigé par les français abjurés for- 
mellement et à tous égards ledit serment, aïant à ces fins été 
observées toutes les formalités d'usage. 

Fait en Thôtel de ville à Charleroy, le 4 avril 1793 (signé) 
Gauthot Mayeur^ F. Huart, Jacque Thibaut, F. -P. Navez, Jean- 
Baptiste Rucloux, J.-Jos. Louant, F.-J. Dandoy, V.-J. Narez, 
avocat, A. Drion, Trésorier et F.-J. Claeys, Greffier 1793, sicut 
Tes : Signé Gantot Bailli * . 



♦ * 



Les derniers Français avaient quitté le sol belge le 5 avril 
1793, après avoir trompé, pillé, violé et ravagé notre malheu- 
reuse patrie de la façon la plus odieuse. 

L'Autriche essaya de panser ces tristes plaies et de rétablir 
les administrations du pays. La division territoriale avait peu 
changé. 

Un acte que nous avons donné dans le Quatrième fasci eu 
de cette publication renferme cette division pour le pays 
Namur, mais ce tableau écrit par l'administration militaire 
française est tellement rempli de noms totalement défigurés 
qu'il peut conduire à de graves erreurs relativement aux loca- 
lités. 

Nouscroyonspourlerectifierdevoirdonnericilemême tableau 
d'origine officielle. Il provient des bureaux d'imposition du 
pays. 11 a l'avantage non seulement de rectifier l'orthographe 
des noms de localités, mais aussi de diviser la population en 
prêtres séculiers, religieux, religieuses, enfants, célibataires, 
mariés, etc. 

1 Voir aux archives communales. Regittre aux requettes adrMtéesaux magit^ 
trati de Charleroi et décitions 1788-1794. 



— 174 — 



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— 184 — 



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Cependant laguerre entre rAutriche et laFrance continua avec 
ses conséquences, les passages de troupes, les contributions 
de guerre, les impôts extraordinaires, les réquisitions, les de- 
mandes de dons patriotiques, etc., etc. 

Le moyen de faire de l'argent est semblable sous toute do- 
mination; les formules même se perpétuent et restent sou- 
vent identiques. 

En voici la preuve*. 



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Messieurs, persuadés que vous n'avez rien de plus à cœur 
que le bien-être de la religion, du souverain et du pays, nous 
croions vous faire chose agréable de vous choisir pour rece- 
voir gratis^ les souscriptions patriotiques, dont nous vous 
joignons ici le projet et l'affiche qui l'annonce. 

Nous ne doutons point que vous ne vous regarderez,comme 
tout bon citoyen, personnellement intéressé à la réussite de 
cette opération, et que vous n'emploierez tous les moyens que 
fournissent les liens du sang, ceux de l'amitié, de la recon- 
naissance et de la société en général, pour engager toutes les 
personnes sur qui vous aurez quelque ascendant, à augmen- 
ter généreusement le nombre des souscripteurs contri- 
buables. 

Vous voudrez bien vous occuper d'abord de cette besogne et 
faire prendre au greffe des Etats les billets de reconnaissance 
dont vous aurez besoin, y remettre tous les quinze jours la 
liste des personnes qui auront souscrit en vos mains, dont vous 
verserez l'argent dans la caisse particulière établie à cet effet 
chez le receveur de l'Etat De Hock qui est autorisé à vous 
donner les décharges convenables. 

S'il se présentait quelque doute dans votre gestion, nous 
vous prions de nous en faire part pour le lever aussi- 
tôt. 

1. Voir ci-devant page 156 un point de comparaison. 



— 185 — 

Mous avons l'honneur d'être, Messieurs, vos très humbles 
et très obéissants serviteurs, les députés des trois ordres de 
l'Etat du Pays et comté de Namur. 

Par ordonnance, 
FALLON. 

Namur, le 13 décembre 1793. 

A Messieurs les membres du bureau cantonal de Charlerai 
pour recevoir les dons et prêts patriotiques. 

Suit le projet et V affiche^ V annonce, la souscription patrio- 
tique. 

Avis au public. Les Etats du Pays et Comté de Namur. 

Son Altesse royale ayant daigné nous adresser la dépêche 
suivante : 

Charles Louis, archiduc d'Autriche, prince royal de Hon- 
grie et de Bohême, chevalier de la Toison d'or, grand-croix 
de Tordre militaire de Marie-Thérèse, lieutenant-général des 
armées de l'empire, général-major, colonel propriétaire d'un 
régiment d'infanterie au service de sa majesté l'empereur, son 
lieutenant, gouverneur et capitaine général des Pays-Bas au- 
trichiens etc., etc., etc. 

Très révérend, révérends pères en Dieu, vénérables nobles, 
chers et bien-aimés. Le moment est venu où il est si impor- 
tant d'opposer à un ennemi destructeur qui se prépare à faire 
un puissant et dernier effort, la résistance la plus prononcée. 
D'accord avec leur souverain qui les protège, les habitants 
de ces florissantes provinces, ne subiront point le joug odieux 
du despotisme français, c'est ici qu'il a trouvé et trouvera 
encore sa barrière, c'est à ce pays que l'Europe devra peut 
être la conservation de sa religion et de s on état social. 

Le commissaire que nous avons envoyé vers vous, vous a 
déjà développé nos vues pour la réunion des forces de l'État, 
et il ne vous a point dissimulé que parmi les mesures à con- 
certer, une des plus essentielles est celle de pourvoir à ce que 
les caisses militaires soyent constamment tenues bien four- 
nies. L'empereur a fait sans doute à cet égai*d de grands et 



— 186 - 

continuels sacrifices et ne cessera d'en faire, mais le temps 
que les autres États et Provinces de sa vaste monarchie, 
moins intéressés, cependant que les Pays-Bas, au succès des 
armes de Sa Majesté dans la présente guerre donnent aussi de 
leur côté, des preuves réitérées de dévouement à la cause 
générale et concourent activement à ses succès par des four- 
nissements d'hommes et d'argent, nous croirions manquer à 
la confiance que nous inspirent les bons et loyaux habitants 
de ces provinces, si nous ne leur offrions point maintenant 
l'occasion de déployer individuellement, par des dons volon- 
taires et patriotiques, ainsi que beaucoup de personnes en 
ont déjà témoigné le désir, leur zèle pour la chose commune 
de tous les peuples attachés à la religion et qui comptent 
pour quelque chose les mœurs, la justice, la sûreté des per- 
sonnes et des propriétés. 

Nous vous invitons en conséquence de concourir efficace- 
ment à l'exécution de cette mesure, la plus propre à pro- 
curer à l'État des secours prompts, en ménageant en même 
temps les classes indigentes ou moins fortunées. C'est à vous 
qui représentez la Province que nous nous adressons avec 
confiance ; il suffira de vous l'indiquer, cette vérité, dont sans 
doute vous êtes déjà pénétrés qu'un sacrifice passager ne sera 
point à regretter pour le grand objet auquel nous invitons 
tout le Pays à concourir selon ses moyens, facultés et bonne 
volonté : déjà les meilleures dispositions nous ont été annon- 
cées de toute part à ce sujet, et il ne manquait aux bien 
intentionnés que la désignation des dépôts ou tout particu- 
lier pourrait réaliser son sacrifice. 

C'est pour déterminer les meilleurs moyens de recueillir 
les prêts et les dons volontaires susmentionnés que nous 
recourons à vos lumières. Investis de la confiance de votre 
province, vous connaissez le mode qui y convient le plus et 
nous nous en rapportons entièrement à vous sur ce que vous 
trouverez le plus convenable à cet égard. Mais pour faciliter 
autant que possible le développement de ces sacrifices, nous 



— 187 - 

vous déclarons qoe tout corps ou tout particulier pourront 
déposer ces prêts et ces dons volontaires entre les mains des 
Conseillers, Receveurs généraux des finances ou préposés du 
trésor royal à Bruxelles, des préposés aux caisses provinciales 
et des receveurs des domaines dans les villes respectives et 
que tous ces officiers sont autorisés à recevoir, tant l'argent 
que la vaisselle et toutes autres matières d'or ou d'argent 
sous quelque dénomination qu'on les leur apporte à titre de prêt 
ou de don absolu. Nous vous prévenons aussi que l'on recevraaux 
mêmes endroits, les souscriptions pour des sommes quelcon- 
ques payables périodiquement par semaine, par mois, par 
trois mois, etc., etc. 

Persuadés que vous en agirez de même de votre côté, nous 
ne doutons point que vos membres ne donnent les premiers, 
l'exemple de pareils généreux sacrifices, pour autant que leurs 
circonstances privées le permettront, et que vous désignerez 
aussi d'abord dans toutes les villes, les bourgs et villages de 
la province, des caisses où vous recevrez ces mêmes objets 
en notre nom, et sur le même pied pour faire passer ensuite 
au trésor royal, le montant des versements effectifs, et à nous, 
les listes des souscriptions de quinzaine en quinzaine, il ne 
vous échappera sans doute point qu'un excellent moyen de 
promouvoir ces subventions si nobles dans leur objet, serait 
que vous désignassiez dans chaque ville, et au plat pays, dans 
chaque canton quelques individus considérés qui se charge- 
raient de chercher toutes les personnes de bonne volonté, de 
recueillir les souscriptions et de recevoir le montant des dons, 
prêts et autres subventions volontaires. 

Et comme il importe de donner à l'ensemble de cette opé- 
ration, un centre au moyen duquel l'on puisse reconnaître 
dans tous les temps, la ressource qui en résultera pour l'État 
et surveiller d'autant mieux l'emploi de son produit, nous 
avons résolu d'établir à Bruxelles un comité dont le vicomte 
Desandrouin, trésorier général sera le chef désirant que de 
votre côté vous établissiez aussi des comités qui se mettraient 



— 188 - 

en correspondance avec ce comité central à Teffet de com- 
biner d'autant mieux toutes les opérations. 

Enfin nous vous prévenons qu'il sera formé et imprimé de 
quinze en quinze jours des listes des personnes ayant déjà 
fait ou qui feront successivement pour TÉtat ces généreux sa- 
crifices , listes qui contiendront les noms, les qualités et le 
domicile de ces personnes, à l'exception de celles 
qui, désirant rester inconnues s'annonceraient en con- 
séquence. A tant, très révérend, révérends pères en Dieu, 
vénérables nobles, chers et bien aimés, Dieu vous ait en sa 
sainte garde. De Bruxelles le 21 novembre 1793, Paraffé Ag. 
Vt. signé Charles Louis. Plus bas, par ordonnance de S. A. R. 
contresigné De Béer, au pied était : 

Aux Etats de Namur ou leurs députés. 

Nous nous empressons de donner à cette dépêche la plus 
prompte exécution, persuadés que le projet qu'elle renferme 
sera accueilli avec autant de plaisir que de reconnaissance, 
comme une marque sensible de la confiance d e Sa Majesté 
dans l'amour d'attachement et le dévouement de ses fidèles 
sujets. 

Personne ne peut se dissimuler que c'est pour défendre 
notre sainte religion, notre constitution, nos droits, nos pro- 
priétés et revendiquer ses provinces belgiques que notre au- 
guste souverain envoya aux Pays-Bas l'élite de ses troupes, 
une armée formidable qui se montra et qui vainquit : l'aveu- 
glement de ses ennemis ou plutôt le désespoir de la rage impie 
et parricide du peuple français qui s'est couvert de tous les 
crimes et vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis des hommes, qui a osé 
porter ses mains sacrilèges sur son roi et sur l'auguste fille 
de l'immortelle Marie-Thérèse notre bonne mère la force à 
redoubler de mesure pour dissiper d'autant plutôt notre 
anxiété et rassurer notre constitution, la religion et ses minis- 
tres: mais si Sa Majesté emploie aujourd'hui de plus grands 
moyens, les dépenses qu'ils entraînent sont en raison de la 
certitude des succès qu'ils préparent on ne saurait donc trop 



— 489 — 

tôt y concourir par des sacrifices que le zèle et les facultés 
dictent à un chacun. 

Ce fut dans cette conviction et par les motifs les plus purs 
de religion et de reconnaissance qu'un grand nombre de per- 
sonnes ont été offrir à son altesse royale le sérénissime gou- 
verneur général des Pays-Bas des dons de tout genre pour 
subvenir aux frais que notre propre conservation nécessite à 
sa majesté en conséquence S. A. R. cédant à des désirs aussi 
louables s'est déterminé à ouvrir à Bruxelles, un bureau de 
dons et prêts volontaires où chacun peut aller déposer le doux 
sacrifice de son amour et de son attachement à la religion de 
nos pèresy de son zèle et de son dévouement au succès des 
armes de Sa Majesté. 

Ce moyen présente à tous citoyens de tout âge, de tout sexe 
et de tous les états une occasion d'exprimer les sentiments qui 
doivent nous animer tous pour une si bonne cause, puisque 
c'est celle de Dieu, des rois, et des peuples et leur procurer 
d'un autre côté l'avantage et la satisfaction de concourir en 
quelque façon de sa défense avec ces vaillants et généreux sol- 
dats qui exposent journellement leur sang et leur vie pour 
le salut de la Belgique et la gloire du roi* 

Nous ne croions donc pas qu'il puisse exister un seul belge; 
un seul Namurois qui ne s'empresse de faire les plus grands ef- 
forts pour prouver dans ce moment toute l'étendue de ses senti- 
ments patriotiques. 

En conséquence nous avons établi le comité prescrit dans 
la dite dépêche pour diriger gratis les opérations y relatives, 
ainsi que les bureaux dans les différents cantons de cette province, 
pour recevoir aussi gratis les dons et prêts patriotiques et vo- 
lontaires soit en espèces ou en matière d'or ou d'argent et en 
donner les décharges, tels qu'ils s'ensuivent 

Charleroi, 
Messieurs : 
Ponlot,curé. 



- 190 - 



Puissant. 

Dandoy. 



Fleurus. 



Messieurs: 
Bastiane, curé. 
Folie. 
Piton. 
Simon. 

Gerpinnes. 
Messieurs: 
Le curé de Gerpinnes. 
De Bruges. 
Jaumin, Mayeur. 
Namur, le 12 décembre 1793. 

Par ordonnance. 
Signé Fallon. 



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La souscription patriotique pour subvenir aux frais de la 
guerre contre la république française se couvrit de signatures 
et plusieurs listes furent publiées. L'administration de Char- 
leroi figure pour une somme de 630 fl. à la date du 13 dé- 
cembre 1793V En outre ^chaque administrateur avait sous- 
crit pour 18 -fl. sauf J.-B. Ruclouxdont le nom ne paraît pas. 
Parmi les souscripteurs de Charleroi étaient encore : 

Guillaume, médecin. 

S!l^*^r 1 fabricant de tabac. 

Félix Lemy ( 

Ligot, fabricant d'étoffes. 

Prunieau, brasseur. 

etc. etc. 

Les mesures les plus sévères furent prises par le gouver 

1. Collection de placards aux Archives de Namur. 



— 191 — 

neur général en vue de la guerre. Par arrêté' du TO mars 
1794' tout Français, même muni de permis de séjour^ fut 
expulsé du sol belge sauf autorisation expresse du prince de 
Gobourg. 

Le 26 mars * de la même année tout commerce avec la 
France fut interdit par ordonnance impériale. 

Rien n'y fit et il paraît du reste que dans le fond le gouver- 
nement autrichien était résigné à céder à la France les pro- 
vinces belges qu'il ne pouvait défendre efficacement et où il 
sentait fermenter une grande antipathie pour ses institutions. 

Aussi bientôt rAutriche lâcha pied et retira son armée que 
les troupes françaises suivaient pas à pas. La seconde inva- 
sion de notre pays eut lieu dés le mois de mai 1794. 



1. Collection de placards aux Archives de Namor. 



CHARTRIER DE L'ABBAYE DE SOLEILMONT. 



Plusieurs auteurs font remonter à Tan 4088 la fondation 
de l'abbaye de Soleilmont, à Fleurus. Ils ajoutent que le 
comte de Namur, Henri dit l'Aveugle, et le pape Grégoire 
VIII la favorisèrent de leur protection. C'était une maison de 
l'ordre de Saint-Benoît *. 

En 1!237, le monastère fut agrégé à Tordre de Cîteauxet 
placé sous la direction de l'abbé d'AUie '. Des religieuses y 
furent envoyées par l'abbaye de Flines \ Une bulle du pape 
Grégoire IX confirma l'institution et la mit sous la protection 
du Saint-Siège *. 

Une réforme fut introduite dans l'abbaye de Soleilmont, â 
la suite d'une visite faite par des délégués du chapitre géné- 
ral de Citeaux, en 1413 ^ 

€ Je trouve dans les archives de cette maison, dit Galliot , 
qu'en l'année 1482, toutes les religieuses qui l'habitoient 
étant mortes de la peste, elle demeura déserte et inhabitée 

1 De Mabne, Histoire du comté deNamur, éd. Paquot. t J, p. 36S. — Galliot, 
Histoire générale de la province de Namur, t. IV, p. 313. — Les délices des Pays- 
Bas, éd. de 1786, t. 11, p. 180. 

2 Cartulaire de Tabbaye d'Aine (aux Archives de l'État, à Mons), fol. 26. De^ 
paternitate domûs de Solismonte, 

3. Par son testament daté de novembre 1273, Marguerite, comtesse de Flandre et 
de Hainaut, légua une somme de dix livres à l'abbaye de Soleilmont. — Hautc<bur 
Cartulaire de Vabbaye de Flines, 1. 1, p. 199. 

4. Voy. ci-après N<>II. 

5. 11 s'était agi d'y établir des moines ; mais ce projet ne reçut pas d'exécution, 
MiRiSUS, Opéra diplomatlca, t. JII, p. 175. 
6. T. IV, p. 116. 

10 



- 194 — 

l'espace de vingt-un ans, et jusqu'à ce qu'on fit venir quelques 
religieuses du monastère du ManSj au diocèse de Matines ; 
elles étoient au nombre de cinq, sous la conduite d'Elisabeth 
de Lannoi de Molembais, sœur du comte de Solre-le-ChâteaUy 
qui fut établie abbesse et eut bientôt repeuplé le monastère 
Aq Soleilmont. » 

Depuis cette époque, les annales de Tabbaje ne présentent 
aucun fait saillant jusqu'au jour de sa suppression ^ 

Actuellement, Soleilmont est encore habité par des reli- 
gieuses qui donnent leurs soins à un pensionnat de demoi- 
selles. La ferme, le moulin à eau, l'étang de l'ancien monas- 
tère existent comme par le passé. 

Beaucoup de titres et papiers, et notamment les registres 
et cartulaires de l'abbaye ont été égarés. 

Toutefois, le dépôt des archives de l'Etat, àMons, possède 
un nombre respectable d'actes originaux concernant les 
propriétés du monastère, les papiers relatifs à sa suppres- 
sion, etc. 

Ces titres ont été divisés en deux catégories, dont la pre- 
mière se compose de pièces isolées, et la seconde, d'actes réu- 
nis en un volume. 

Les documents de la première catégorie sont les plus im- 
portants. Nous allons en donner l'analyse, en suivant l'ordre 
chronologique. 

11 juillet 1237. — Lettres du comte de Namur ratifiant la 
donation faite à l'abbaye de Soleilmont par la comtesse de 
Flandre et de Hainaut, d'un vivier, d'un bonier de pré, d'un 
moulin, etc. 

i. Un homme de cœur, M. Camille Leuaigbe, trop tôt enlevé aux sciences his- 
toriques, à sa famille et à ses amis, avait entrepris de réunir tous les matériaux 
nécessaires à la rédaction d'une monographie de l'abbaye de Soleilmont. Mais à 
peine a-t-il eu le temps d'extraire des ouvrages imprimés les notions qui concer- 
nent le monastère dont il voulait écrire l'histoire. 



— 195 — 

Texte. 

Universis presens scriptum inspecturis B. imperii Roroanie 
hères et cornes Namurcensis, cognoscere veritatem. Noverint 
tam présentes quam futuri qifod nos collationem factam ab 
illustri domina nostra Flandrensiet Hayonensi comiltissa de vi- 
vario uno et bonerio prati, demolendino etomni usagio homi- 
num omnium ibidem molentium, conventui dominarum de 
Solis Monte Cysterciensis ordinis ratam babemus et acceptam, et 
nos quicquid juris in predicto vivario et bonerio prati, nec 
non molendino et omni usagio hominum ad idem molendi- 
numde jure molentium babemus, que etiam jure hereditario 
nos contingunt predicto conventui intui tu divine retributionis 
et pro remedio animarum parentum nostrorum liberaliter et 
absolute conferimus et concedimus cum omni libertate jure 
perpetuo possidenda. Ne quîs autem collationem predictam ad 
cultum Dei ampliandum pie factam violare, quod absit, pré- 
sumât, presentem paginam sigilli nostri impressione^ robora- 
vimus. Datum anno Domini millésime ducentesimo tricesimo 
septimo, sabbato ante Divisionem apostolorum. 

Orig. sur parch., avec sceau en 
cire verte pendant à double queue 
de parchemin. 

II. 

23 mars 1239 (1238,^- »^). — Doneit à Lateran, x kal. 
(Tavrilfindietion Xlfiyl'an de llncarnation de Nostre-Seigneur 
mille deux cens trente-myt. 

Traduction romane de la bulle du pape Grégoire IX^ met- 
tant sous la protection de saint Pierre et la sienne l'abbaye de 
Soleilmont, dans le diocèse de Liège, lui confirmant la pos- 
session du lieu où elle est f située et de ses dépendances, des 
biens qu'elle a ou qu'elle pourra acquérir dans la suite, et lui 
permettant d'admettre les personnes fuyant le monde. Il in - 
terdit aux religieuses de sortir du monastère après avoir fait 



— 496 — 

profession, sans la permission de l'abbesse, et aux évêques ou 
autres supérieurs ecclésiastiques de les contraindre d'aller à 
des assemblées foraines ou de les assujétir à des jugements 
séculiers, d'empêcher l'élection régulière de l'abbesse, d'exi- 
ger quelque chose pour consécration d'autels, d'églises, ou 
pour les saintes huiles et les sacrements ecclésiastiques, que 
î'évêque diocésain doit administrer gratuitement. Il défend 
sévèrement de commettre des larcins dans l'abbaye et dans 
ses granges, d'y mettre le feu, d'y répandre le sang, etc. 

Sur papier. 
III. 

8 septembre 1247. — Actum annoDomini mP cc^ xl^ septi- 
mOj mense septembrif in die Nativitatis béate Marie virginis. 

Lettres de Philippe, bailli de l'empereur de Constantinople, 
par lesquelles il consent à ce que Wautier d'Heppignies as- 
signe au monastère de Soleilmont dix-huit boniers du fief de 
Waias qu'il tenait du comte de Namur, empereur de Cons- 
tantinople, jusqu'à ce que le dit Wautier ait procuré au mo- 
nastère, pour les vingt-deux boniers de terre qu'il lui avait 
vendus, les lettres d'agréation de l'héritier du seigneur J. de 
Baihluel, lorsqu'il sera majeur. Témoins : Henri de Ham, Mi- 
chel de Chestelinial, Oston de Ruianweis, Gilles de Tongre- 
neles, Gérard de Goeihlies. 

Orig. sur parch., avec fragment 
de sceau en cire verte pendant à 
des lacs de fil blanc. 

IV. 

30 septembre 1247. — Cho fut fait en Van del Incarna- 
tion Nostre-Segnor mil et deus cens et quarante et set, en sep- 
tenbrcy le nuit saint RemeL 

Lettres par lesquelles Wautier, chevalier, sire d'Heppignies, 
déclare avoir vendu à l'abbesse et au couvent de Soleilmont, 



- 197 — 

avec le'consentement de JakemondeBaihlueI,viDgt-deuxbonier9 
< entre terre et bos » à Ernouschans, qu'il tenait en fief de 
son dit seigneur. A cet acte Cécile, sa femme, et Bastien, son 
fils aine, et ses autres enfants donnèrent leur assentiment. 
« Et parmi ce marchiet, ajoute-t-il, lor ai io otroiet leur 
« voies de leur maison de le Benoîte-Fontaine viers l'abie de 
o: Solliamont, si avant que li miens vat et à Luedelintieme Bt 
« aihleurs, et s'ihl avenoit que par marie u par ansine u par 
ce altre cherroit u par trépas de leur biestes fesisent dammaige 
« âmes masuiers, rendre ledevroientpar ditdepreud'ommes, 
«: sens altre amende. ^ Quant aux religieuses, elles s'obligent 
à céder par échange au dit seigneur Wautier un pré conligu 
dont il pourrait avoir besoin pour faire vivier. Enfin, il re- 
lient à lui la haute justice sur les vingt-deux boniers vendus, 
sauf qu'il ne peut mettre la main sur les personnes religieuses 
de la communauté, à moins d'en être requis par celle-ci. 

Jakemon de Baihluel étant veuf et son fils n'étant pas en 
âge d'agréer l'acte ci-dessus, Wautier s'oblige à fournir son 
acquiescement, lorsqu'il sera majeur, et donne en garantie dix- 
huit boniers situés à Waias,fief qu'il tenait du comte de Namur. 

Témoins : Gérard de Marbais, Godefroid de Sonbreffe, 
Michies de Chestelinial^ Ostes de Ruiantweis et Godescal de 
Lovierval. 

Orig. sur parch., avec sceau 
armorié en cire verte, pendant à 
des lacs de soie rouge et jaune. 

Vidimus sur parchemin, déli- 
vré par Jean de Lobbes, dit Wi- 
bours, notaire public, le 29 dé- 
cembre 1344. 



— 198 — 

V. 

30 septembre 1247. — Agréatîon donnée par Jacques de 
Baillœul à la vente que Wautier d'Heppignies -a faite à Tab- 
baye de Soleilmont, de 22 boniers érigés en franc-alleu. 

Texte. 
Ju Jakémes, chevaliers, sires de Baihluel, fach connesable 
chose à tous cyas ki ces lèlres verunt que ju ai loeit le ven- 
daige que mesires Watiers de Heppignies at fait à Tabbesse et 
à couvent de Solliamont, del ordène de Cylias, de vinte-deus 
bonières entre terre et bos, liquèle terre et liquels bos sunt 
joindant leur terre as Ernouschans, et cèle terre et ce bos 
devant dis tenoit mesire Watiers en fiet ' de nos, et par le 
requeste et par le consens Monsegnor Watier nos en avons 
fait aluet franc et délivre en teile manière que les lètres Mon- 
segnor Watier devant dit parolent et dient, lesquèles lèlres 
ontli abbesse et liconvens de Solliamont, et ces lètres leur 
furent denées devant mes homes fiéveis, ses pers, devant 
Monsegnor Ybiert de Vilerech, Monsegnor Obiert de Thamines, 
Frakin de Gemeppe, Jehan del Sari, Jehan de Thamines, Go- 
biert de Wenesrecées, Baduins Bibocias, Jakemon de Keumi- 
gnotes et Colin Pocet de Balastre. Et por cho que cho soit 
ferme chose, ju les en ai denées mes lètres saielées de me 
saial. Cho fut fait en Tan del Incarnation Nostre-Segnor mille 
et deus cens et quarante et set, en septembre le nuit saint 
Remei. 

Orig; avec sceau équestre en cire 
brune et contre-scel armorié , 
dont il ne reste qu'un fragment 
pendant à des lacs de fil blanc. 

VI. 

19 juillet 1251. — Datum anno Domini millesimo ducen- 
tesimo quinquagesimo primo, feria quarta ante festum béate 
Magdalene. 

Wautier, chevalier^ seigneur d'Heppignies, donne à cens 

i. Fief. 



— 199 — 

à l'abbesse et au couvent de Soleilmont douze boniers de son 
aulnois* près de la Benoîte-Fontaine, et les en fait inv^tir par 
ses échevins d'IIeppignies qui ont le droit de juger de ce 
qui louche au dit aulnois. Le cens à payer par les religieuses 
au jour de saint-Servais, s'élevait à deux deniers de Namur 
par bonier, suivant l'usage, sans aucune autre charge. 

Orig. sur parch. , avec sceau 
armorié en cire verte pendant à 
double queue de parch. 

VIL 

19 juillet 1251. — Datum anno Domini millesimo ducen- 
tesimo quinquagesimo primùf feria quarta ante festtim béate 
Marie Magdalene. 

Lettres du même et de Bastien, son fils, chevalier, décla- 
rant avoir reçu de Tabbaye de Soleilmont la somme de quatre- 
vingt-seize livres, monnaie de Louvain, prix convenu pour 
Taccensement qui précède. 

Orig. sur parch., auquel étaient 
annexés deux sceaux dont il ne 
reste que les lemnisques en parch. 

vm. 

Même date. 

Bastien, chevalier d'Heppignies, fait connaître qu'il a 
donné à cens à l'abbaye de Soleilmont douze boniers d'aulnois 
sis àHeppignies, près de la Benoîte-Fontaine, et qu'ilenafait 
investir cette communauté dans la forme voulue^ par ses éche- 
vins d'Heppignies : le cens à payer à la Saint-Servais s'éle- 
vant à deux deniers, monnaie de Namur, par bonier. 

Orig. sur parch., avec sceau armorié en 
cire verte pendant à double queue de parch. 
Ce sceau, bien conservé, porte pour légende : 
S. MosiGNOR. Bastien. de. Heppignies * 

i ^ttinoif, aunaie. 



— 200 — 

IX. 

19 juillet 4251. — Cefu donné Van de grasce mil. ce. li. le 
merkedi devant le fesie Marie Magdelène. 

Lettres d'une même teneur que les précédentes. 

Orig. sur parchem., sans sceau. 

X. 

9 décembre 1252. — Actumanno Damini M^ e(f quinquor 
gesimo secundo, feria secunda post octavas beati Andrée apos- 
toli, apud Fleruis in foro prope puteum. 

Wautier, seigneur d'Heppignies, et Godescal, seigneur de 
Lovierval, font connaître qu'en leur présence les échevins de 
Fleruesy à la requête du mayeur, reconnurent que l'abbesse et 
le couvent de Soleilmont avaient légalement acheté de Jean 
surnommé Ronset de Gimi et d'Alix son épouse le tiers du 
moulin de Soleilmont. Thomas Somillons fut aussi témoin à 
cet acte, qui fut reconnu par Colin de Fleresuel, mayeur du 
comte, Gilles du Puits (de Puteo), Colin Lioulies, Jean 
Chukares, Bauduin Riboce, Eustache, Gossuin de Frumignes, 
échevins. 

Orig. sur parchem. , auquel étaient annexés 

deux sceaux dont il ne reste qu'un fragment 
en cire blanche du second, pendant à double 
queue de parch. 

XI. 

28 janvier 1259 (1258,^»').— Z)a/wmanno Domini M^'CC^l^ 
octavoj feria tercia post Conversionem beati Pauli. 

Gilles, procureur du doyen et du chapitre de l'église Saint- 
Barthélemi de Liège, dans la cause contre Michel, chevalier 
de Troisineisy au sujet des biens que le dit chapitre avait à 
Ftrc/ww (Firchées), requiert que ce seigneur paie à cette cor- 
poration une.somme de trente marcs, monnaie de Liège, pour 
avoir mis obstacle à ce que ceux qui avaient acheté les dé- 
pouilles du bois de Firchées, usassent de leur droit, etc. 

Orig. sur parch., avec fragment de sceau 
en cire brune annexé à l'acte. 



— 201 — 

XIL 

1261. — Datum anno Domini millesimo ducentesimo sexa- 
gesimo primo. 

Lettres par lesquelles Nicolas de Condé, seigneur de Balluel 
et de MorialméSj fait connaître que, du vivant de son père 
Jacques, seigneur de Balluel, de bonne mémoire, ayant at- 
teintl'âge légitime et l'hérédité dufief qu'il devait tenir du comte 
de Namur, en présence de ses hommes, suivant les droits et 
les lois de la patrie, il a loué et approuvé la vente que noble 
homme Wautier, seigneur d'Heppignies, durant que Cécile 
sa femme vivait encore, et avec l'assentiment de son fils le 
seigneur Bastien, fit à l'abbesse et au couvent de Soleilmont, 
de Tordre de Cîleaux, de vingt-deux boniers de terre à Hep- 
pignies près du lieu dit li Bueiias. Il ajoute qu'il a érigé cette 
terre en franc-alleu. 

Il reconnaît, en outre, avoir également agréé en présence 
de ses hommes la vente faite au même monastère par Ponchard 
de Keumignotes, de trois boniers au territoire de Keumig- 
notes j moyennant un cens de neuf deniers ou de trois deniers 
de Namur par bonier. 

Témoins : W. d'Heppignies, Ybert de Vilerech, Ponchard 
de Keumignotes, Colin de Tongrines et Gilot de Balastre, ses 
hommes. 

Orig. sur parch., sceau enlevé. 

XIII. 

23 juin 1264. — Acta fuerunt hec Leodii, anno domnic 
Incarnalionis millesimo ducentesimo sexagesimo quarto, in 

vigilia sancti Johannis Baptiste. 

Lettres par lesquelles les délégués du chapitre de Sainl- 
Barthélemi de Liège accensent perpétuellement à Thierri de 
Walcourt, chevalier et maréchal de Hainaut, appelé commu- 
nément Stradiot, et à ses héritiers, tous les biens que ce 

44 



— m -- 

chapitre possédait à Chastellineau et à l'endroit dit FlicéCy 

et où il avait un mayeur et sept échevins. 

Orig. sur parch., sceaux du doyen de 
Saint-Barlhélemi et de Wautier Bertalz, che- 
valier de Malines, (manque le sceau de frère 
Jean, prieur d'Oignies). 

XIV. 

19 mai 4268. — Datum annoDomini mP ec9 lûc^viij^, sabbaio 
post Ascemionem Domini. 

Le prévôt, le doyen et maitre Jean dit Guilhars, chanoine 
de l'église de la bienheureuse Marie, à Dinant, en vertu du 
bref à eux adressé par le pape Clément IV, le 4 février précé- 
dent, mandent à l'archiprêtre de Liège qu'il doit sommer le 
doyen et le chapitre de Saint-Barlhélemi de cette dernière ville 
à comparaître devant eux, à Dinant, la sixième férié 
après la Trinité, attendu qu'ils ont à juger en appel la cause 
mue entre Gilles de Ghàtelineau, chevalier, et le dit chapitre 
de Saint-Barthélemi. 

Orig. sur parch., sceau enlevé. 

XV. 

25 février 1269 (1268y.8t')- — Datum anno Domini »«• ce* 
te* viij^y in crastino Mathie apostoli. 

Frère J., abbé d'Aine, et ses religieux font connaître qu'ils 
ont vendu à l'abbaye de Soleilmont huit boniers de terre à 
Danremi et à Charnoit, qui leur avaient été donnés par R. de 
Balastre, prêtre. 

Orig. sur parchemin, sceau enlevé. 

XVI. 

Février 126.. — Datum anno Domini m*» cc<> te<»...., feria 
seeunda post octavas Purificationis béate virginis. 

Procuration donnée par le mayeur, les échevins et la com- 
munauté de Chastelinial au porteur de la présente, pour les 



- 208 - 

représenter dans la cause ou dans les causes que le doyen et 
le chapitre de Saint-Barthélemi de Liège ont introduite ou 
pourraient introduire devant Técolàtre de Tégiise Sainte-Marie 
de Maestricbt, juge délégué par le pape. 

Orig. sur parch., dépourvu de sceau. 
XVII. 

19 juin 1269. — Datum anno Domini m^ c^ lafi nonoy 
feria quarta ante festum Nativitatis beati Johannis Baptiste. 

Maitre W. ,écolâtre del'église Sainte-Marie de Maeslricht, juge 
délégué par le pape, informe les doyens de Téglise majeure 
et des collégiales de Liège, ainsi que les abbés, les prieurs, 
les prévois, les doyens, les plébans, les curés, les vicaires et 
les chapelains du diocèse, de la sentence qu'il a prononcée 
contre Gilles de Châlelineau, chevalier, au sujet des actes 
commis par ce dernier au détriment du chapitre de Saint- 
Barthélemi de Liège. Il les charge de publier Texcommunica- 
tion dont le dit chevalier est frappé jusqu'à rétractation de ses 
orts, et de lui interdire, ainsi qu'à sa femme et à sa famille^ 
l'entrée de l'église. 

Orig. sur parchemin, avec 40 
sceaux en fragments. 

XVIII. 

S5 septembre 1269. — Actum et datum feria quarta post 
octavas beati Lamberti, anno Domini m^ cc9 lafi nom. 

Sentence rendue par maitre Wivricus, écolâtre de l'église 
de la bienheureuse Marie de Maestricht, diocèse de Liège, juge 
apostolique, dans la cause mue entre l'église de Sainl-Bar- 
thélemi de Liège, d'une part, Denis, mayeur, Clamode, Hen- 
nekin et Clamin dit Frongart et les autres échevins de Châ- 
lelineau (CAe^teJme^/Z), d'autre part, au sujet du bois de Fir- 
cbées. 

Les habitants de Châtelineau sont déboutés des droits qu'ils 



— 204 — 

prétendaient avoir dans cette forêt, et condamnés à payer 
cent livres de Louvain à l'église de Saint-Barthélemi. 

2 orig. sur parchemin, fragm. 

de sceau appendu à une d.q. de 

même. 

XIX. 

20 janvier 1270 (1269»-»'). — Actum et datumannoDomini 
m* ce* Uc9 ùc9, feria secunda ante Conversionem beati Pauli, 

Maitre W., écolâtre de l'église N.-D. de Maestricht, juge 
apostolique, déclare que Jean le Clerc, manant de Châlelineau, 
a reconnu sous serment n'avoir aucun droit dans la forêt de 
Firchées, à Châtelineau, et vouloir se soumettre à la sentence 
qui a été prononcée en faveur du chapitre de Saint-Barthélemi 
de Liège et payer sa part de$ dépens du procès. 

Orig. sur parchemin, sceau enlevé. 

XX. 

Même date. 

Le même écolâtre informe les prêtres de Farciennes/Taver- 
^ins) et de Châtelineau que Jean le Clerc a reconnu n'avoir 
aucun droit dans la forêt de Firchées, etc., et qu'yen consé- 
quence, ils doivent l'absoudre de l'excommunication. 

Orig. sur parchemin, sceau enlevé. 

XXI. 

8 mai 4270. — Datum anno Domini m« cc9 Ixaf, in oct. 
apostolorum Philippi et Jacobi. 

Maître W., écolâtre de l'église de Maestricht, mande aux 
doyens des conciles de Fleurus, de Florennes, de Gembioux, 
de Thuin, deCiney et deHanrel, et des églises de N.-D. de 
Dinant et de Sainte-Gertrude de Nivelles, de dénoncer et d'ag- 
graver l'excommunication portée contre Gilles de Qhâtelineau, 
chevalier. 

Orig. sur parchemin, avec fragm. de sceaux. 



— 205 - 

XXII. 

29 mai 1270. — Datum anno Domini m* ce» teo:*, feria 
quinla ante Pentecoslen. 

Maître Werricus, écolâtre de IV'glise N.-D. de Maestricht, 
mande au doyen du concile de Fleurus, de recevoir de Henri, 
curé de Châtelineau, de Werricus, son vicaire, et d'Alard, 
chapelain du chevalier Gilles de Châtelineau, l'assurance sous 
serment qu'ils mettront désormais à exécution la sentence 
prononcée contre le dit chevalier, à la requête du chapitre de 
Saint-Barthélemi de Liège, etc. 

Orig. sur parchemin, sceau enlevé. 

XXIII. 

3 juillet 1270. — Datum anno Domini m® cc^ lxix9, feria 
quinta postfestum apostolorum Pétri et Pauli. 

m 

Le doyen de Fleurus fait connaître à maître W., écolâtre 
de Maestricht,quele curé de Châtelineau a prêté serment entre 
ses mains de mettre à exécution le mandement qui lui a été 
délivré. 

Orig. sur parchemin, frangm. de sceau. 

XXIV. 

12 juillet 1270. — Datum anno Domini m^ cc^ I^md9, sab- 
bato post octavas beatorum apostolorum Pétri et Pauli. 

Lettres par lesquelles récolâtre de Maestricht, juge aposto- 
lique, charge les doyens de Sainte-Marie, de Saint-Aubain, de 
Saint-Pierre du Château {de Castro), à Namur, et les plébâns 
de Sainte-Marie, de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Jean TEvan- 
géliste, de Saint-Loup, de Saint-Syrnphorien, de Saint-Remi et 
de Saint-Nicolas en Hesbaye (in Hesbache), et tous les abbés, 
prieurs, prévôts, doyens, plébans, prêtres, vicaires et chape- 
lains de la ville et du diocèse de Liège de publier la sentence 



- 206 — 

définitive qu'il a portée contre Gilles de Châtelineau {de Chas- 
telUniatjy chevalier, et d'apposer leurs sceaux aux présentes. 

Orig. sur parchemin, avec fragments de 
dix sceaux. 

XXV 

30 septembre 1270. — Actum et datum anno Dominim^ 
ce loMfy in crastino beati Mkhaelis, 

Maître W., écolâlre de Maestricht, certifie que Nicolas le 
Clerc de Châtelineau a reconnu n'avoir aucun droit dans la 
forêt de Firchées, au territoire de Châtelineau^ et qu'il a pro- 
mis sous serment de ne jamais aller alencontre de la sentence 
portée en faveur du chapitre de Saint-Barthélemi de Liège et 
de payer sa part des frais faits pour le procès entre ce chapi- 
tre et la communauté de Châtelineau, au sujet de la dite forêt. 

Orig. sur parchemin, avec sceau. 
XXVI. 

28 mars 1271 (1270'- «i). — Datum anno Damini m* cco 
Ixcf, sabbato ante Ramos palmarum. 

Maître W., écolâtre de Maestricht, fait connaître qu'en sa 
présence Nicolas dit Chabos et Ârnould dit Frommons ont dé- 
claré sous serment n'avoir et ne vouloir réclamer aucun droit 
sur le bois de Firchées. 

Orig. sur parchemin, fragmJde sceau. 

XXVII. 

Même date. 

L'écolâtrede Maestrichtdéclare que Nicolas dit Chabos et Ar- 
nould dit Frommons ont reconnu n'avoir aucun droit sur le bois 
de Châtelineau appartenant à l'église de Saint-Barthélemi de 
Liège, et ont juré de ne jamais inquiéter celle-ci au sujet de, 
ce bois; en conséquence, il charge le prêtre de Châtelineau 
de les absoudre. 

Orig. sur parchemin, fragm. de sceau. 



— 207 — 

XXVIII. 
Même date. 

Le même écolâtre mande aux prêtres de Châtelineau et de 
Châtelet que Wautier, échevin de l'église de Saint-Barthélemi 
à Châtelineau, dit rAvoué, ayant reconnu sous serment que le 
bois de Firchées est un alleu de la dite église de Saint- 
Barthélemi de Liège, qu'il n'y a aucun droit, etc., ils peuvent 
lui accorder l'absolution. 

Orig., sur parchemin, fragm. de sceau. 

XXIX. 

8 mai 1272. — Actiim et datum anno ]Domini mP cc9 lxx9 
secundo^ sabbaio ante Miserigordia Domini. 

L'écolàtre de Maestricht, juge apostolique, déclare qu'en sa 
présence Nicolas de Cliastellinial a volontairement reconnu 
n'avoir aucun droit sur la forêt de Firchies, située au terri- 
toire de Châtelineau et appartenant à l'église de Saint-Barthé- 
lemi de Liège, et qu'il a promis sous serment de ne jamais 
inquiéter celle-ci au sujet de cette forêt. 

Orig. sur parch., fragm. de sceau. 
XXX. 

10 juin 1272. — Datum anno Domini m^ aP Ixaf^ secundo, 
feria sexta ante festum Pentecostes. 

L'écolàtre de Maestricht, juge délégué par le pape, charge 
les doyens de Fleurus, de Florennes et de Gembloux, et les 
prêtres de Pont-de-Loup (Pondrehi), de Farciennes (Favre- 
chines)^ àeChiié[ine2L\i(Chestelineal) et de Châtelet (CAe^tettn), 
d'excommunier les habitants de Châtelineau qui contrevien- 
dront à la sentence portée par son prédécesseur, concernant 
le bois de Flichées. 

Orig., sur parchemin, avec fragments de 
deux sceaux. 



— 208 — 

■ 

XXXI. 

Même date. 

Mandement du même écolâtre aux mêmes doyens et curés, 
pour le même sujet. 

Orig. sur parch., avec fragm. de sceaux. 

XXXII. 

10 juin 1272. — Datum anno DominimP cc9 Ixsfi secundo , 
feria sexta ante festum Pentecostes. 

Mandement adressé par l'écolâtre de Maestricbt aux doyens 
des conciles de Fleurus, de Florennes, de Gembloux, de 
Thuin et deHanretet des églises de N.-D. de Dînant, de Sainte- 
Marie et de Saint- Aubain de Namur, et de Sainte-Gertrude de 
Nivelles, à l'effet de dénoncer et d'aggraver Texcommunica- 
tion prononcée par son prédécesseur contre Gilles de Châte- 
lineau, chevalier, lequel continuait à faire des coupes dans le 
bois de Saint-Barthélemi au dit Ghâtelineau. 

Orig. surparch., avec sceaux des. doyens 
précités. 

XXXIIL 

12 novembre 1272. — Datum anno Domini m* ce® lxx9 se- 
cundo^ in crastino beati Martini. 

L'ofQcial de Liège fait connaître qu'en sa présence Godefroid 
de Ghâtelineau (de Castelnia) a déclaré sous serment que le 
bois dit de Fierchées est un franc-alleu de l'église de Saint- 
Barthélemi de Liège, qu'il n'y a aucun droit et qu'il n'inquié- 
tera jamais cette église au sujet du dit bois ; qu'enfin, il a pro- 
mis de payer sa quote-part de Tamende à laquelle a été con- 
damnée la communauté de Ghâtelineau par l'official de 
Maestricbt. 

Orig. sur parch., avec fragm. de, sceau. 



- 209 — 

XXXIV. 

i 272. — Datum anno Domini mP ccP IxsP secundo, feriasexta 
post 

Le même officiai fait connaître que Nicolas de Chestelinal 
a fait la même déclaration. 

Orig. sur parch., avec sceau en cire verte. 

XXXV. 

3 avril 1274. — Datum anno Domini m® ccf^ IxxP quarto, 
fer ta tercia post Pasca. 

Lettres par lesquelles le mayeur, les échevins et la com- 
munauté de Cbâtelineau (Chastelineal)^ voulant faire la paix 
avec le chapitre de Saint*Barthélemi de Liège, donnent pouvoir 
à Jean le Telier et à Jean Boset d'accepter en leurs noms le 
règlement arrêté par le prévôt de Saint-Barthélemi et par 
G. de Lovierval, chevalier. 

Orig. sur parchemin, sceau (aux causes 
de l'église d'Oignies) enlevé. 

XXXVL 

7 avril 1274. — En l'an de le Incarnation Nostre-Saignor 
m. ce. et setante-quatre, le semedi après la Paske. 

Lettres de maitre Badineus d'Atreglise, chanoine et officiai 
de Liège, contenant Taccord, passé en sa présence, entre ledoyen 
et le chapitre de l'église de Salnt-Barthélemi de Liège, mes- 
sire Gilles, sire de Châtelineau, et le procureur du mayeur, 
des échevinset delà communauté de Châtelineau,au sujet a des 
c bois ke li devant dite glise de Saint-Bartholomeu tient delez 
c chastelineal, c'on apelle le bois de Flicheis. » 

Orig. sur parchemin, avec fragments des sceaux de la cour 
de Liège, du chapitre de Saint-Barthétemi, du sire de 
Châtelineau et d'Englebert Dysenbruk, archidiacre de Liège, 
ce dernier sceau ayant été apposé par cet officier à la requête 
de la communauté de Châtelineau qui n'avait point de sceau. 



— 210 — 

XXXVII. 

' 7 juin 1274. Lettres de Téglise majeure de Liège contenant 
l'accord conclu entre le chapitre de Saint-Barthélemi et la 
communauté de Châtelineau, au sujet du bois de Flichées. 

TEXTE. 

A tos cheaz ki ces lettres veront et oront, Jehans, par la 
grasce de Deu, prévos, li doiens, li archidyakène et li chapi- 
teles de le grant glise de Liège, salut et conissanche de véri- 
teit. Li doyens et li chapiteles de le glise monsaignor Saint- 
Bartholomeu de Liège, d'une part, mesires Gyles, sires de 
Chastelineal, de Tautre, et li procureres le maior, les eske- 
viens et le comun de. le vile dç Chastelineal avec aucons des 
homes de lor vilhe, de la tierce, furent présent à Liège devant 
nos, en Tan de le Incarnation Nostre-Saignor m. ce. et setante- 
quatre, lejuedi après les octaules de leTriniteit. Là connu- 
renl-ilh par-devant nos, si ke par-devant justise, qu'ilh astoent 
acordeit et pais avoent faite communément entre eaus, par 
conselh de bunes gens et de proud^omes, des contens qu'ilh 
avoent eus par lonc tens entre eaus, en Tokison des bois ke 
li devant dite glise de Saint-Bartholomeu tient delez Chasteli- 
neal, c'on apelle le bois de Flicheies, dont ilh avoent plusoirs 
ans plaidiet de plail de sainte glise. Li forme de le acorde et 
de la pais ki là fut reconeue, si est teile : ke li glise devant 
dite at otriiet et à che se consent ke li maires, li eskevien et 
li comuns de le vilhe de Chastelineal masuier de le glise devant 
dite aient, de ce jor en avant, es devant dis bois de Flicheies, 
le mort bois et le pasturage, si avant ke li eskeviens de Liège 
à cui cilh de Chastelineal prendent loi et jugement, ensen- 
gnera c'on doit prendre et maintenir mort bois et pasturage, 
sauf che tôt avant ke de quèle oire ke li glise u cilh ki de par 
li tenrat ces bois, les tailherat u ferai talhier. Li devant dit 
maires, eskevien et comungne de cel tens c'on talherat de ci 
à set ans acomplis ne deveront ne ne poront mener ne envoier 
bestes en pasturage en cèle partie del bois ki lalhie serat,mais 



— 214 — 

en celi part ki nient ne serat talhie poront-ilb bien mener 
et envoier pasturer lor bestes de ci à tant c'on le talbe- 
rat, et utre chêne pulent-ilh ne ne doent prendre ne 
avoir à nul jor iamais en ces bois chereie de lengne, mai- 
riens por maisener, louton, yerpe, hart, erere ne autre chose 
nulle. Chis articles est tant ke del maior, des eskeviens et del 
comun de Chastelineal. Après che, fut-ilh ausi recordeitde 
monsaignor Gylon^ ke lidesoirditeglisedeSain-Bartholomeu, 
por pais et por acorde avoir à H, li doit torner d'une part et 
assigner des bois deseur nomez vint boniers et un seul bonier 
avec là ù ilh plairat à le glise, mais ke che soit delez celui 
bois de cbief en chief ke mesires Gyles lient joindant del bois 
le glise. Ens es quez vint et un bonier li desoirtrain maires, 
eskevien et masuier aront tôt autretel droit et en tel manière 
qu'ilh aront el remanant des bois le glise. Et s'ilh astoit chose 
c'on trovaist ke mesires Giles ewist par aventure tailhie diz 
boniers u doze, ou plus ou mains des devant dis bois de le 
glise ki fuissent defors les vint et un bonier ke la glise li as- 
signerat, rendre doit le veaure mesires Giles et le prendera-t- 
on à plus beal de celi ki assignez li serat, et utre che ne puet 
ne ne doit de cest jor en avant mesires Giles ne ses oirs 
après lui riens nulle clamer, prendre ne avoir es devant dis 
bois de le glise, fors tant ke se li eskeviens de Ghaslehneal 
dist par droit ke mesires Giles ail ou avoir doie vowerie sor 
le bois de le glise par-desus escrit, adont et autrement nient 
i auerat-ilh vovs^erie si avant et teile ke li eskeviens de Liège 
ensengne el ensengnera ke vovsrezdoit avoir en bois de saignor. 
Le forestier del bois meteral li glise ou cilh ki de par li i serat 
par li ou par se maior solonc che qu'ilh li plairat, mais faire 
li convenrat tèle féauleit ke forestiers doit faire. D'autre part, 
mesires Gyles desoir nomez est obligiés envers le glise saint 
Barlholomeu sovent nomeie, sor la ; paine de cent livres de 
lornois qu'ilh ou ses oirs, se de li défaloit, le meterat en bune 
pais envers Mychiel d'Agimonl et les oirs Jakemien de Ger- 
pines ki fut fiz monsaignor Olyvier, de tant ke de le vowerie 



- 212 — 

des bois desoir nomez, et en ceil pais qu'ilh n'en demande- 
ront riens à la glise. Et s'ilb le demandoent et ilh en faisoent 
chose par qu'en li glise en chaist en costenges ne en damage 
dont mesires Gyles ou ses oirs, se de lui déraloit ne les déli- 
vraist, ilh, s'ilh vivoit ou ses oirs, se de lui défaloit, seroit en- 
chaus envers le glise saint Bartholomeu devant dite des cent 
livres de tornois» et s'en tenroit li glise à vint et un bonier de 
bois qu'elle li doit assigner, de ci à tant ke mesires Gyles ou 
ses oirs, se de lui astoit défalit, li aueroit paies et soutes les 
cent livres de paine, sauf che ke quèle eure ke mesires Gileâ 
ou ses oirs^se de lui défaloit, ait tant porcachietei procuret ke 
Mychies d'Agimont et li oir Jakemin de Gerpines desoi^nomet 
aient quittes clameis totes questions envers le glise en tant ke 
de le vowerie de ces.bois devant monsaignor le conte de Na- 
mur ens sa curt, et li glise ait de ce le lettre monsaignor le 
conte, de dont en avant ne serat mesires Giles ne ses oirs 
tenus por eaz envers le glise de nulle warandize. Une chose 
est asià savoir ke li procureres le maior, leseskeviens et les 
homes de Chastelineal desoirnomet avoit plain pooir et spécial 
mandement sufiant de faire totes choses ki partenoent à ceste 
besongne et de quiler totes choses outre che ke li glise les a^ 
otriiet as lois de jurer en lor armes et de aus à obligier en 
totes manières qu'ilh serat mestirs por tenir et afermer 
ceste pais. Ches choses ensi qu'elles sont ci-escrites furent 
conçues par les parties et recordeies devant nos, et jifront 
totes les parties et créantont par foit pleine et sor paine de 
cent mars de ligois et de perdre chaskons tôt son clain en- 
tièrement, qu'ilh tenront et feront bien et loiament chaskuns 
endroit soi ces choses ki ci-desoire sont deviseis. Et mesires 
Gyles, d'une part, et li procureres desoirnomez por le maior, 
les eskevins et les homes de Chastelineal, d'autre, quittont 
simplement et renonchont à tos drois, à tos clains et à tos 
maniemens qu'ilh pooient ou poissent avoir en akune ma- 
nière ens es bois par-deseur desclairies outre ces choses ke li 
glise les at otriies ki par-deseur sunt escrites. Et por che ke 



— 218 — 

ces choses soent fermes et estaules à tos jors mais, sen^ nul 
rapealy orent encovent etpromisenl par-devant nos les parties 
totes li une al autre, sor le paine desoir escrile, qu'elles ven- 
roent ou envoieroent en le curt monsaignor le conte de Na- 
mur quèle eure ke li cuens vengne el païs et feront la re- 
conissanche de tôles ces choses, et doit mesires Giles desoir- 
dis procurer dedens le Noël prochain ki vient ke mesires li 
cuens desoirnomez en velhe doner et donist as parties Char- 
tres tesmoingnaules saileis de son saial, et avec che, nos priont 
les dites parties communément ke nos de ceste chose feissiens. 
faire chartre et i metesiens le saial de nostre chapilele et ke 
nos poissiens destrendre les parties, sens plait et de plain, à 
warder entièrement ces covenanches. Et nos li prévos, li 
doiens, archidyakène et li chapiteles de le grant glise de 
Liège deseur nomeis, à le requeste des dites parties, en tes- 
moinage de vériteit, avons fait faire ceste présent chartre et 
sailei de nostre saial. Nos autresi les parties desoir nomeis 
conissons ke che est voirs tôt che ke cha-deseure est escrit 
et ke nos en teil manière k'il est escrit l'avons promis et pro- 
metons à garder bien et loiaument, et pendu avons à ceste 
chartre et à ces covenanches nos saiaz, en tesmoinage de véri- 
teit, sauf che ke nos li maires, li eskevien et li comuns de 
Chastelineal, por ce ke nos n'avons point de saial, i avons 
fait pendre por nos le saial de la curt le discreit home mon- 
saignor Englebert d'Ysenbruk, archidyakène de Liège, de 
cui archidiaconet et de cui jurisdiction nos sûmes. Et nos 
Englebers, archidyakène devant dis avons mis le saial à causes 
de nostre curt à ces présens lettres, à lor requeste. Ciste char- 
tre et cis instrumens fut fais et donez en Tan del Incarnation 
Nostre-Saignor M. CG. Ixx et quatre, le jedi après les octaules 
de le Triniteit par-desoir escrites. 

Orig. sur parchemin, sceaux perdus. 

A cette pièce est fixée la charte par laquelle l'official de 
Liège (magisler Johannes de Cambiis) fait connaître que 



— 214 — 

Thierri de Farciennes a adhéré à l'accord qui précède el a 
promis de s'y conforraer fidèlement. Celle charte est munie 
du sceau de rofficialité et ainsi datée : Datum anno Domini 
m» ce"" Ixx"^ quartOy feria secunda post Purificationem béate 
virginis(^i février 1275, n. st.). 

XXXVIII. 

15 décembre 1279. — Datum anno Domini m° cù^lxx'. 
nonOy feria sexta post Lucie virginis. 

Le chapitre de l'église majeure de Liège mande au recteur 
de l'église de Saint-Séverin en celle ville, d'assigner le procu- 
reur de Thierri, sire de F^TCiennes (Favrechines) , chevalier, 
à comparaître devant lui, le samedi après la fête de saint 
Thomas, apôtre, à l'heure des vêpres, à l'effet de répondre 
à ce qui lui sera exposé touchant le différend existant entre 
le chapitre de Saint-Barthélemi de Liège et le dit seigneur. 

Orig. sur parchemin, sceau enlevé. 

XXXIX. 

30 juin 1280. Sentence arbitrale touchant la prétention 
élevée par Thierri de Farciennes, chevalier, maréchal de 
Hainaut, sur les biens que le chapitre de Saint-Barthélemi de 
Liège avait à Châtelineau et à Flichées. 

Texte. 

A toz ceaus ki ces présens lettres verront et oront, Watiers 
Bertalz, chevaliers de Marlines, maistres Ameiles, doiens 
délie glisce Saint-Denis, et Jehans del Lardier, citains et es- 
kevins de Liège, salus et conoistre vérileit. Connute chose 
soit à toz que des querelles et des bestains que li capiteles de 
Saint-Barthelomer de Liège et li siens massuiers de Chasteli- 
nial et de Flicheies, d'une part, avoient et avoir pooient 
juskes aljord'uy encontre legentilh home monsignur Thieri 



— 215 — 

de Favercbines, chevalier, marescal de Hainau, et ilh 
meimes sires Thieris, d'autre part, avoit ei avoir pooit en- 
contre le devant dit capitele et lors massuiers, à la occoison 
des biens ke li devant dis capiteles at à Chastelinial et à Fli- 
cheies et en lor appendices, en terres, en preis, en bois^ en 
aiwes et en rentes, qui furent doneies à accense por une cer- 
taine somme de bleis et de deniers al gentilb home monsagnur 
Thieri Stradiol, chevalier, jadit père al devant dit Thieri, et 
à Tocoison de vint livreies de terre al blanc qui furent acquises 
à Glaon-sor-Geire*, des deniers le devant dit genlilh home 
monsagnur Thieri Stradiot, et furent mises en contre-pant 
al devant dit capitele de Saint-Barlhelomeir, et de totes autres 
querelles et bestains que les devant dilles parties avoient 
ensemble, sires Pèlerins, vice-doiens, et li devant dis capi- 
teles de Saint-Barthelomer, d'une part, et Henris de Fannuez , 
escuiers, procureres del devant dit gentilh home monsagnur 
Thieri de Faverchines, por son sagnur, d'autre part, ki de 
che avoit mandement spécial et pooir, por pais et acorde à 
avoir par conseilh de proud'omes se misent sor nos, de hait 
et de bas, et compromisent en nos, si qu'en arbitres et ami- 
cables ordenors et disors, par foit et pnr seriment, et sor 
poine de dous cens mars de ligois, et de totes les querelles 
perdues, ensi ke tesmoingnent les lettres qui de che sont 
faites et saieleies del saial délie grant glisce de Liège, alz 
causes, et de nos propres saialz. Et nos, après che que le fais 
del arbitre presîmes sor nos, oïmes deligenment, de plain, 
tôt che ke les parties devant ditles vorent propouser devant 
nos, et par hune délibération, et par conseilh de sages gens et 
de proud'omes, par amicable composition, nos disons nostre 
dit, pronunchons et ordinons en tel manière ke li capiteles de 
Saint-Barlhelomer devant nomez ait et doie avoir entièrement 
toz les biens devant dis de Chastelinial et de Flicheies et de lor 
appendices, sicom son franc aluel ; et avoir doit li capiteles 

1. GlonSi commune de la province de Liège, qui est arrosée par le Geer ou 
Jaar. 



- 216 — 

les vint livreies de terre à Glaon ; et messires Thieris devant 
nomez n'ait nul droit en ces choses devant nomeiez : lesquèles 
choses nos adiugons al devant dit capitele, par noslre sen- 
tence et nostre dit. Et ordinons et disons que messires Thieris 
desour dis quitte et claime quitte et guerpisse, por li et por 
ses hoirs et por ses successours^ l'accense et les devant dis 
biens et tôt le clain et tôt le droit qu'iih i poroit avoir^ en 
totes curs et spéciaument devant mon^agnur le veske de Liège 
et devant le maiour, les eskevins et les massuiers" del devant 
dit capitele à Chastelinial et devant toz sagnurs en totes curs 
dont meslier serrai et dont ilh serrât requis de part le dit 
capitele u son procurour, si ke li capiteles devant dis puist 
goïr entièrement et paisierement^ des biens devant nomez et 
des vint livreies de terre, et puist lantost li capiteles revenir 
à ces biens desour expressez sens délai, sens clain et sens 
calenge; et que messires Thieris promette, sicom loiauz che- 
valiers, que le devant dit capitele, par lui ne par altrui, ne 
en apert ne en reçoit n'encombrerat, ne travilherat, à Tocoi- 
son des biens devant nomez, mais si avancerat à bune foit, à 
son pooir, le capitele devant nomeit, d'autre part, des dous 
cens mars de ligois, pou plus u pou moins, ke li devant dis 
messires Thieris devoit al devant dit capitele, por l'accense 
de cync ans, qu'ilh n'avoit nint paiet, et des damages k'ilh 
avoit fait al capitele devant dit, al deviareir et à talhier son 
bois devant nomeit, dont li devant dis capiteles demandoit 
quatre cens mars, et de tos les ariérages que messires Thie- 
ris Stradios, messires Leones, ses lilz jadis, et ilh-meimes 
messires Thieris dévoient al devant dit capitele, et de toz les 
tors et les mefïais que fait li avoient nos absolons et délivrons, 
par nostre dit, monsagnur Thieri devant dit. Et ordinons ke. 
li capiteles devant .dis claime quitte luy et son père et son 
frère et ses homes, des ariérages, des lors et des meffais 
devant dis. De totes autres querelles et bestains, causes et 
despens ke messires Thieris pooit demander al devant dit 
capitele et à ses massuiers, et, d'autre part, che que cilh- 



— 217 — 

meime capitele pooit demandeir à monsagnur Thieri et à ses 
homes, nos absolons andous les parties quittement et lige- 
ment, et commandons alz parties wardeir nostre dit ensi com 
desour est escrit, sor les poines devant nomeies. . Et quant ces 
choses serront acomplies, li devant dis capiteles doit proier 
à monsagnur le veske et à son officiai et à la grant glisce 
devant ditte qu'ilh rasolhent monsagnur Thieri deseur nomeit. 
Et à ceste présens sentence arbitralz et nostre dit tantost com 
nos awimes pronunciet, li capiteles devant nomeiz et Henris 
procureres monsagnur Thieri devant dit, por sonsagnur, 
s'acordont et le gréont. Et por che que che soit ferme chose 
et estable, nos avons mis nos propres saialz awec les saiaulz 
des parties devant nomeies à ces présens lettres. Et si prions 
à nostre sagnur le veske de Liège et al capitele délie grant 
glisce, qu'ilh i mettent lor saialz en tesmoingnance de véri- 
teit. Et nos Jehans, par la Dieu grasce, éveskes, nostre propre 
saial, et nos li capiteles dalle grant glisce, nostre saiaul alz 
causes, à le requeste des arbitres desor nomez et des parties, 
avons fait mettre à ces présens lettres. Et nos les parties ki 
gréons cest dit et nos i acordons, i avons ausi nos saialz 
pendus. Ce fu fait et doneit en Tan de grasce milh et dous 
cens et ottante, lendemain délie fieste des apostèles saint Pière 
et saint Poul. 

Orig. sur parchemin, avec fragments des 
sceaux de l'évêque de Liège, de Wautier 
Berthout, chevalier de Malines, et de 
Jean de Lardier, échevin de Liège. 

XL. 

7 juillet 1280. — Datum et actum apiid Favrechines, in do- 
mo predicti militiSy..,. anno Domini nV'af Ixxjf^, in crastino 
oct. bealorum Pétri et Pauli apostolorum. 

Lettres par lesquelles le chapitre de l'église majeure de 
Liège déclare que Thierri de Farciennes, chevalier, et ma- 
is 



— 218 — 

réchal de Hainaut, a acquiescé à la sentence qui précède et a 
promis d'observer tout ce qu'elle prescrit. « Presénlibus ipso 
c milite, Maria eius uxore, viris religiosis fratre Jobanne, 
« priore de Ongniees, et fratre Simone eiusdem loci canoni- 
c cOy Arnoldo decano, Johanne de Bolant et Johanne dicto 
c Angelo canonicis sancti Bartholomei, fratre Johanne inves- 
c tito de Favrechines et Gerardo inveslito de Vilari le Paruin, 
c H. de FanuweSy Johanne dicto Bosses villico et scabinis 
c dicte ecclesie sancti Bartholomei conmorantibus apud Cbas- 
c telineal, Gerardo dicto Bestance et Balduino eius fratre ac 
c pluribus aliis specialiter ad hoc vocatis et rogatis. » 

Orig. sur parchemin, fragment de sceau. 

XLI. 

7 juillet 1280. — Clie fut fait Van de grasse m. ce, Ixxx, 
le diemangne après Us otaxdes de saint Pière et saint Pot 
apostèles. 

Acte par lequel Thiris, chevaliers f sires de FaverchineSy 
ntarescas de HainaUy promet de maintenir <c le pais, le sen- 
d tense, Tordinanche et le dit ke ilh ont ordineit et fait li 
c genlis bons mesires Watiers Berlaus de Malines, chevalier, 
«c etli discreit homme maistre Amèle, doien de Saint-Denis à 
« Liége^ et Jehan dou Lardier, eskevin de Liége^ arbitre el- 
<i lut de conmun acort, d ainsi que ce qui a été fait par son 
procureur, Henris de Faunwet^ au sujet des biens que le 
chapitre de Sainl-Barlhélemi de Liège avait à Flichées et à 
Chastelinealy et notamment de vingt livrées de terre acquises 
des deniers de feu son père, à Glons sur Gère. 

On lit au préambule : <l Sachent tuit ke nos baitiet de cuer 
c et de pensée, ja soiche ke nos ne soiens baitiet de cors, 
c quittons et quittes clamons et werpischons en nostre bonne 
« mémore par nostre testament et en nostre testament, sans 
« rapeleir tout le droit et tout leclain ke nos aviens et avoir 
€ poiens par succession dou gentilh home monsaingeur 



— 249 — 

€ Tbiri Stradiot, chevalier, ncstre père jadis, et inonsaingeur 

« Leone, jadis chevalier, noslre aineit frère, en la censé 
c des biens et en tous les biens ke li discreit home li doiens 
c et li chapiteles de le glise Saînt-Berteremeu de Liège ont à 

« Fiichées et à Chastelineal, en tères, en bos, en preis, en 

€ rentes, en toutes autres choses, i^ etc. 

Orig.sur parchemin, auquel pen- 
daient deux sceaux dont il ne reste 
que les lemnisques. Ces sceaux 
étaient ceux de Thierri de Far- 
ciennes et de Jean, prieur d'Oignies, 
ce dernier sceau ayant été apposé 
à la demande du dit seigneur et au 
nom dc dou maior et des es)cevins 
d de le curt de Chastelineal et de 
€ Flichees pertenans à chapitele 
c devant dit, i> lesquels ne possé- 
daient pas de sceau. 

XLII. 



• • • • 



7 juillet 1280. — Datum et actum apud Favrechines^ 
anno Domini m» ccP Ixxsfi, in crastino octav. beatorum Pétri 
et Pauli apostolorum. 

Maître Jacques Castagne, chanoine et officiai de Liège, fait 
connaître qu'en présence de Jacques de Tournai, notaire de 
sa cour, Thierri, seigneur de Farciennes {Favr échines) y che- 
valier et maréchal de Hainaut, fils de Thierri dit Stradiot, ja- 
dis seigneur de Farciennes, a ratifié la sentence prononcée 
par Wautier dit Bertaut, chevalier de Malines, maître Ame- 
lius, doyen de Saint-Denis de Liège, et Jean du Lardier, 
bourgeois et èchevin de celle dernière ville, arbitres, dans la 
cause qui existait entre le chapitre de Saint-Barthélemi de 
Liège et le dit chevalier de Farciennes, au sujet des biens que 
ce chapitre avait à Châtelineau et à Fiichées et qui consistaient 



— 220 - 

en terres labourables, en prés, en bois, en eaux, en cens, en 
rentes, etc. 

Orig. sur parchemin, sceau en- 
levé. 

XLIIL 

23 juin 1284. — Che fu fait l'an de grasce milhe. ce. Ixxx 
et quatre, le vigile de le Nativitet S, Jehan-Baptiste. 

Godefroid de Wandignies, écuyer, accorde à Tabbaye de 
Soleilmont de pouvoir faire pâturer sur les communes de 
Wangenies {}^ andignies) ceni'\ingi brebis, quatre chevaux 
et quatre vaches ; il Facquille, en outre, d'une rente an- 
nuelle de quinze sols louvignois. <c Et nous Guis, cuens de 
« Flandre et marchis de Namur, à le requeste doudit Gode- 
nt froit et pour adercier le convent de Solialmonl ki est en 
e: nostre protexion, nous tesmoignons et confremons, tant que 
<L à nous monte, loules les choses dessus dittes, par Tappen- 
€ sion de nostre saiel. i> 

Copie sur papier. 

XLIV. 

4 septembre 1285. — Daium anno Domini millesimo ccf^ 
octogesimo quinto, in crasiino beaii Remacli. 

L'official de la cour de Liège fait connaître que certains 
habitants de Gilly (Gt/im) ont reconcé aux prétentions qu'ils 
avaient élevées au sujet du vivier situé sous l'enclos de Tab- 
bayede Soleilmont. 

Orig. sur parchemin, fragments 
de sceau. 

Une ancienne traduction française est jointe à cette pièce. 



— 221 — 

XLV. 

17 août 1290. — Che fut fait Van de grasce m. ce. Ixxx. 
et diSy lejuedit après VAsumption Nostre-Damme en awost. 

Nicholes de Condeity chevalier s , sires de Balhueletde Morea- 
meis, approuve, comme sire, la cession faite à Tabbaye de So- 
leilmont par Watier, seigneur d'Heppignies {Heptngnies)^ et 
Bastien, son fils, chevaliers, de douze boniers d'aulnaie près 
délie benoîte fonteinCy dont li abbesse et li covens ont été in- 
vestis par les échevins d'IIeppignies, selon l'usage du pays, 
et ce, moyennant un cens annuel de deux deniers namurois 
par bonier à payer le jour de saint Servais (13 mai). 

Deux orig. sur parchemin, le pre- 
mier avec fragments de sceau. 

XLVI. 

Sans date. (1290?) 

Lettres de Watier, 5im de Heppeniesj par lesquelles il dé- 
clare avoir vendu à l'abbaye de Soleilmont vingt-deux boniers 
de terre et lui avoir octroyé un chemin allant de la maison 
de la Benoîte-fontaine vers le dit monastère. 

Orig. sur parchemin, dont le 

bas manque. 

XI.VII. 

Sansdate(XIIIe siècle). 

Lettre adressée par le comte et la comtesse de Namur au 
grand prieur de France, afin qu'il exempte l'abbaye de Soleil- 
mont du payement d'une pension héréditaire constituée au 
nom d'un homme séculier entré dans l'ordre de Saint-Jean de 
Jérusalem. Ils font valoir que les dames de Soleilmont c sont 
« si petitement possessionées qu'elles n'ont chascune que 
« quatre muis d'espiautre pour leur viesture et pour leur 



— S2-2 - 

c vivre et toutes leur nécessiteis ; i qu'en conséquence, elles 
ne peuvent continuer à acquitter la dite pension, mais qu'elles 
rendront volontiers le capital par elles reçu ou donneront en 
garantie les biens qu'elles ont en Braibanty entour Sombreffe. 

Copie du temps, sur parchemin. 

XLVIII. 

19 août 1304. — Faites et douées Van de grasse tHostre^ 
Signeur mil trois cens et quatre^ le demierche devant le saint 
Bernart o mois de gisse ez. 

Ostes de Wallebaing, chevalier, reconnaît avoir cédé à l'ab- 
baye de Soleilmont (Sorrialmont) six chapons, trente*trois 
deniers de vieux louvignois, sept setiers d'avoine, le lin, les 
offerez et les pleis de Kengmignote j qu'elle lui devait annuelle- 
ment. Cette rente était tenue de Jakemon de Lons, moyennant 
deux deniers. 

Orig. sur parchemin, avec 
fragments des sceaux d'Ostes de 
Wallehaing, de Jakémes de 
Lons, de Watier de Villeresse et 
de Frankes Mierlos. 

XLIX. 

25 août 1304. — Che fu fait fan de grasce mil trois cens 
et quatre, lendemain dou jour saint Berthremyu le apostle^ et 
mois de awoust. 

Watiers, chevaliers^ sires de Beppignies^ pour le salut de 
son âme et de celles de ses ancêtres, confirme les lettres par 
lesquelles Watier, son aïeul, et Bastien, son père, chevaliers, 
seigneurs du dit lieu, ont donné à l'abbaye de Soleilmont, 
moyennant un cens perpétuel, douze boniers d'aulnaie situés 
près de la Benoîte-fontaine, à Heppignies. Il reconnaît, 
en outre, que Nicholes de Condeit, jadis sires de MoriaU 



mm, egréa cette cession , comme seigneur de qui 
était tenue la dite aulnaie, et que Jehan, signeur de 
Bailhuely et ses hoirs peuvent le contraindre à laisser jouir 
perpétuellement Tabbaye des douze boniers qui en font l'ob- 
jet, c Présents : noble bomme Jebans, sires de Soubreffe, 
e Symons de Nuevile, Watiers de Loiies et Michies sires de 
€ Chastelinial, chevalier, home honorable mesires Jehans li 
c prévos de Sclayn, Henris de le Crois,Jehans de Vile, et plu- 
< seur autre. » 

Orig. sur parchemin, sceaux 
enlevés. 

L. 

22 mars 1352(1351^"). — Fait et doneit Van del 
^ativiteit Nostre-Saingnor Jhésu-Crist milh trois cens et chin- 
quante-untj lejudi après le donmi que on chante Letare. 

Lettres par lesquelles le procureur de l'abbaye de Soleil- 
mont accorde à certaines personnes de Jemeppe {Geneffe)^ 
pour le terme de douze ans, les terres que la dite abbaye pos- 
sédait en celte localité, moyennant d'en acquitter le tré- 
cens. 

Orig. sur parchemin, avec 
fragm. de sceau. 

LI. 

15 juin 1368.— Acto fueruni hec anno a Nativitate Domini 
millesimo ccc^ seicagesimo oclavOj indictione sexta, mensis 
junii die quinta décima^ pontificattts sanctissimi in Christo 
patris et dominij domini Vrbaniy divinâ providentiâ pape 
huius nominis quinti anno sexto. 

Transaction passée entre le chapitre de Saint-Lambert et 
celui de Saint-Barthélemi, de Liège, pour la séparation des 



- 224 - 

bois de Fleurus et de Flichées, laquelle était établie par un 
ruisseau. 

Orig. sur parchemin, mono- 
gramme du notaire Jean de 
Saint-Laurent. 

Ul. ' 

9 septembre 1370. — Che fut fait en Van de grasce Nostre- 
Signeur Ihésu-Crist mil trois cens et septante^ nuef jours ou 
moys de septembre. 

Acte faisant connaître que Colars Aspafut a acheté à Jehan, 
fils de feule Charleroul de Balingeon un journel de terre mou- 
vant de la cour de Saint-Foillien de Fosses et situé « sor le 
strau ki vatàSart », etc. « A che covens faire et deviseir fu- 
c rent appelleit li maires et li eskevin de le frankisede le ville 
c de Flerus, liqueis maires miist toz ches covens deseurdis 
c en le warde et en le retenanche des eskevins dessusdis, par 
c le volenteit des parties. » 

Chirog. orig. sur parchemin. 

LUI. 

29 avril 1372. — Faittes et données Van délie Nativité 
Nostre-Singneur Jhésu-Crist mille CCC et septante et ij, le 
pénultenme jour dou mois de averylh. 

Everars, bâtard de Bourguelles, donne en échange à l'ab- 
baye de Soleilmont (Soryaulmont) « une noweille de preit 
f gesant desous le boys de Jehan Buys, » contre un demi- 
bonier de terre c gesant ens essairys. » 

Orig. sur parch., avecfragm. de sceau. 



— 225 — 
LIV. 

2 novembre 1392. — Faites et données en Van de le Nati- 
vité Nostre^Singneur Jhésu-Crist mile lij^ iiij^^ et xij, dou 
mois de novembre te second jour. 

Jehan Bodars, maire de la haute cour de Jemeppe-sur- 
Sambre, et les échevins de cette cour font connaître qu'Evrard 
de Joudion, demeurant à Fleurus, a vendu à Stiévène du 
Froymont, de Gosselies, une renie de cirtq muids et demi d'é- 
peautre, à la mesure de Namur, payable à la Saint-André et 
assignée sur les biens spécifiés dans l'acte. 

Chirogr. orig. sur parchemin. 
LV. 

Même date. 

Le maire et les échevins de la cour d'Outre-Onon font con- 
naître qu'Evrard de Joudion a vendu à Sliévène du Froymont 
une rente de deux muids et demi d'épeautre, à la mesure de 
Namur. 

Chirogr. orig. sur parchemin. 

LVI. 

7 août 4396. — Che fufait l'an de grasce mil iij^ iiij^^et 
tvjy ou mois (Tauoust vif jour. 

Acte par lequel le mayeur et les échevins de la haute cour 
de Jemeppe-sur-Sambre font connaître que Jehan Fols-Mariez, 
demeurant à Trazegnies, a vendu à Stiévène du Froymont, 
de Gosselies {Gochillies), une rente d'un muid d'épeautre, à 
la mesure de Jemeppe, payable à la Saint-André et assignée 
sur une tenure, courtil et jardin. 

Chirogr. orig. sur parchemin. — Copie 
sur papier, certifié en 1653 par F.-G. Fabri, 
religieux d'Aulne. 



— 2*6 - 
LVII. 

S7 septembre 1420.* — Che fut fait l'an de grasse miUe iiij* 
et XX, ou mois de sebtembre le xawij^ jour. 

Acte passé devant le mayeur et les échevins de FleuruSi 
relatant que Tabbé d'Aulne, dom Jean Mousset et dom Martin 
de Marchinelles, ayrnt la main sur la poitrine, ont déclaré 
sous serment « que d'un certain liew appellet Noere-Goute, 
c tenant à bos monsigneur le conte de Namur e' ala'^t tout 
c jus aval parmy les petis viverons, de chi. aile keuwe don 
c gran vivier de Soliaulmont, que c'est boins iretaiges 
c aile dite église de Soliaulmont, pour fere sus maisons, vi- 
f viers et édificbes, prendre sus tous les ans unne despoilhe, 
c facbier ou faire paistre à tout leurboinpourfit, et n'y doient 
I chilh de Flerus ne autre riens demandeir, four tant seule- 
c ment quant les coutures d'entours sont vuydies et les biens 
c menez envoies, ^idont y puet-on aleir ensy comme on fait sur 
f les autres coultures d'entours, se dont n'astoit que maison 

< ou aiwe i awist, et se lesdittes coultures astoient à vue de 

< stuelle ou àviersaines qu'ill ne fusent point enblavez, hi dite 
c église y doit avoer tous les ans une despoilhe de cbi à jour 
f sainPiére awoust entrant. » Ce serment fait, ceux de Fleurus 
c ont laiet et relaixet les lieuz et pasturaiges deseurdis à l'é- 
c glise de Soliaulmont, de tant que en iaux en apertint. > 

Orig. chirogr. sur parchem'n. 

LVIII. 

15 décembre 1430. — Sour Van de grasce milhdquatre cti^ 
et vintej quinze jours en moys de décembre. 

Copie délivrée par les échevins de Liège, de leur déclara- 
tion f faite en justiche >, le 4 septembre précédent, touchant 
les droits qu'avaient les masuyers de Saint-Barthélemi à Châ- 
telineau sur le bois de Flichées, en vertu de l'accord passé 



- 227 - 

entre le doyen et ie chapitre de Saint*Barihélemi de Liége^ 
d'une part, et les dits masayers, d'autre part, ie jeudi après 
l^s octaves de la Trinité 1274*. 

Sur parchemin, sceaux enlevés. 
LIX. 

4«' mars 4429 (1428'- •*). — Chefut fait m Van de grasce 
Nostre-Sengneur Jhés\jtrCrisl mil iiij^ et xxuiij, le premier jour 
de mois de marche. 

Vente faite à l'abbaye de Soleilmont par CoUin dit Bavais, 
d'une maison^ tenure et assize qu'il avait à Soleilmont. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

w 

LX. 

22 décembre iiS^. — Faites et données en Van mille quatre 
cens et trente-deux , le winte-deuxème jour du m^is de dé- 
cembre. 

• 

Vente faite à l'abbaye de Soleilmont par Lionés et Goude 
frins de Froimont, fils d'Etienne de Froimont, d'une rente de 
six muids d'épeautre assignée sur certains héritages de la 
covLT de Saint'Foulhiien et de la haute cour de Jemeppe-sur- 
Sambre. 

Deux orig. chirogr. sur parchemin. 
LXI. 

Même date. 

Acte passé devant le maire et les échevins de la haute cour 
d'Outronon , par Lionés de Froymont et Gondefrins, son frère, 

1 Voy. UNO XXXVII. 



- 228 — 

au sujet de la vente par eux faite à Tabbaye de Soleilmont, 
d'une rente de six muids d'épeautre due sur des héritages mo u- 
vanls de ia dite cour et de celles de Jemeppe. 

Orig. chirog. sur parchemin. 

Lxn. 

2 juillet 1433. — Ches choses furent faites Van de grasce 
del Naliviteit Nostre-Signeur Jhésu-Crist mille quatre cens 
trente-trois y leseconjour dou mois de jullet qu'on dist feiial- 
mois. 

Acte passé devant le mayeur et les échevins de la haute cour 
et justice de Gilly {del ville de Gilhier), par « Henry Tulpin 
« de Jemeppe-sour-Sambre, comîs et rechiveur à honorable 
« et religieuse damme, damme Marye de Senseilhe, abesse 

< de l'église Nostre-Damme de Solialmont, et tout le couvent 

< de che meime lieu, d'une part, et Cholar Pôles de Gilhier, 
€ et Colchon se fit, d'autre part, » et par lequel ceux-ci 
vendent à l'abbaye de Soleilmont trois mesures de pré au dit 
Gilly. Présents : « Jehan Remacie comme maire, et comme 
€ eskevins : Remacie li Soris, Bielran Nenot, Colar Pôles, 
€ Alars Jehenes, Jehan li Gouvreneur, Selvais Ghoulriaz, et 
c Colar de Belianne. > 

Orig. chirogr. sur parchemin. — Copie 
sur papier, certifiée. 

LXIII. 

7 septembre 1437. — Che fut fait et doneit Van de grasse 
milhe iiij^ et xxxvijy le vij^ jour de septembre. 

Record des échevins de Saint-Barlhélemi à Châtelineau, 
touchant les droits des masuwirs de cette localité dans les 
bois. 

Orig. sur parchemin, muni de cinq sceaux. 



— 229 — 
LXIV. 

22 janvier 4439 (1438, v. st.), — Chu fu fait et pour nous 
fours porteity sour Van de grausce délie Nativiteit Nostre-Sain- 
gneur JhésvrCrisU milhe quatre cens et trente-wyty le xxij^ 
jour de moix de jenvier. 

Record du maire et des échevins du chapitre de Saint-Bar- 
thélemi à Châtelineau, fait à la requête de Renaud Hoecke, 
clerc et mambour du dit chapitre, contenant la copie de la 
déclaration du 4 septembre 1420* pour le bois de Flichées. 

Orig. sur parchemin, avec sceaux en 
fragments. 

LXV. 

30 juin 1443. — Che fut fait Van de grasse del Nativiteit 
Nostre-Singneur Jhésu-Crist mille iiij^ et xliijj ou moys de 
jung le derrain jour. 

Donation faite à Tabbaye de Soleilmont par Colart Bavays, 
demeurant à Gilly^ de tous ses héritages situés en cette loca- 
lité. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

LXVI. 

30 octobre 1443. — Sur Van del Nativiteit Nostre-Singneur 
JhésU'Crist mille quatre cens et xliijj ou moys d'octembre le 
pénuthne jour. 

L'abbaye de Soleilmont rachète à Jacques Remacle la rente 
d'un muid et demi d'épeautre qu'elle devait à Jehan Remacle, 
frère du dit Jacques. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 
1. Yoj. B« Lvm. 



— 230 — 
LXVII. 

t 

3 avril 1446. — L'an del Nativiteit Nostre-Singneur Ihésu- 
Crist mille cccc xlvj^ ou mois d'avrilh le iij^ jour. 

Donation faite à l'abbaye de Soieilmont par noble écuyer 
Gérard de Marbays, seigneur de Loverval (Lovirvalz), d'un pré 
dit c en Hausar-riewe, joindant à poioir del Rasart et à bos 
c del ville de Gillier. » 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

Lxvm. 

7 janvier 4448 (4447, v. st.). — Chefu fait Van degrasce 
mille quatre cens quarante-sept, ou mois de jenvier le septeime 
jour. 

Donation faite à Tabbaye de Soieilmont par Jonnet le petit 
Jonnet, d'un journel de terre situé au Steff&. Présents : comme 
mayeur de Gilly, Willaume Remacle, et comme échevins, 
Jehan le Gouverneur, Servais Geulerial, CoUart de Déliant, 
Jacquemart Remacle, CoUart Henrion, Allart Jehenet et Lam- 
bert Ponchart. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 
LXIX. 

Vers le 34 juin 4448.— En l'an milh quatre cens quarante- 
wytj environ le Saint-Jehan-Baptiste. 

Record du mayeur (Henry délie Tour de Villerèche) et des 
échevins de la cour de Faux kMasiche, concernant un accen- 
sèment accordé par Henri de Vervie à Colins Feroulx, de 
terres mouvant de la dite cour. 

Orig, sur parchemin, auquel 
pendaient sept sceaux, dont deux 
seulement sont conservés. 



— 281 — 
LXX. 

24 mai 1456. — Toutes ches choses furent faites en le mo. 
nasier de Soliamont, del ordène de Chiteal^ sur Van de le Na- 
tivitet Noslre-Seignear mille qvMre cens chienquante et syex, 
indiction quariCy le venredi vingfème^ jour du mois de may à 
noef heures dou m^'in. 

Testaraeat de datnoiselle Marguerite Mathieu, veuve de 
Jehan de Warisoul.ElIe donne aux monasières du Jardinet, de 
Soleilmont et d'Argenton, pour, un obit anniversaire, ses 
c terres héritables, desoux quelconques seigneurs et lieux 
c qu'elles soient gisans et estans, > ainsi que diverses 

rentes. 

Traduction française, sur par- 
chemin, colla tionnée à l'original 
écrit en latin, par Quentin Lié- 
nart, notaire public, le 5 juin 
1456. 

LXXI. 

17 juillet 1456. — Che fut faicte en Van de grasce Nostre- 
Singneur JhésurCrisl mil iiij^ chincquante-siiXf au mois de 
jullet le xvij^ jour. 

Donation faite à Tabbaye de Soleilmont, devant les mayeurs 
(sic) et échevins deFleurus, par damoiselle Béatrix Gomaù, de 
tous ses biens meubles, présents et à venir. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

LXXII. 

24 août 1459. — Che fu fait en Van de grâce mil quatre 
cens et ehiencquante-nœf, du mois d'aoust le xxiiii^ jour . 

Vente faite « à vénérables et religieuses madamme Tabesse 
et covent délie églieze Noslre-DammedeSolyamont,» parccho- 
norable homme etsagelegrantHannondeMarbais, :» devant le 

1. Umc : SI. 



— 232 — 

mayeur et les échevins de la ville de Gt'Mt6r,d'«ung muy d*es- 
piaute de rente, mesure dou lieu, léal et payable, que li de- 
voit chacun an héritablement, eschéantau jour saint Andrieu 
Tapostle , Jaquemart Remacle sur une pièche de lière gi- 
sant à Gobiermer, qu'on dist au Chellier, tenant au prêta 
le Fosse ^jers Bièse et au povoir de Montigny devers vent ; 
item, et sur encore ung journel joindant au rieu de Viller 
et à la devant dite pièche au Chellier meismes. i> Ce muid 
d'épéautre avait été acquis par Hannon ce à honouré Ârnoux, 
fils naturel de GérartdeMarbais. d 

Chirogr. sur parchemin. 

LXXIH. 

3 octobre 4459. — Che fut fait en Van de grâce Nostre- 
Seigneur mil quatre cens et chincquante-noef, le troisime jour 
dou mois d'octobre. 

Acte passé devant le mayeur et les échevins de Jumel , par 
lequel Jehan Walgrappe. demeurant à Heigne, donne, pour 
Dieu et en aumône, à l'abbaye de Soleilmont, une rente annu- 
elle d'un demi-muid de blé, à la mesure de Nivelles, à condi- 
tion de participer lui, sa femme et ses hoirs, aux prières et 
bonnes œuvres des religieuses. 

Orig. sur parchemin, avec sceaux. 

LXXIV. 

30 décembre 4459. — Sur Van de grâce mille quatre cens 
et chiencquante-noef, dû moys de décembre le pénultème jour. 

Vente faite à l'abbaye de Soleilmont par Jehan Staluffreal, 
demeurant à Châtelineau, d'une mesure de pré située près du 
bois de Flichées. 

Orig. sur parchemin^ avec six sceaux. 



^ 233 — 
LXXV. 

14fmaî 14f60. — Chefut fait en Pan de grasce mille iiif 
et IXy dou mois de may le xiiij^^ jour. 

Vente faite à Tabbaye de Soleilmont par Jacquemart Rema- 
cle, d'un journel de terre en Longnmdlej d'un demi-journel 
en Houdbocouturey d'une mesure ou RoUy etc., à Gilly (Gillier). 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

LXXVI. 

40 janvier 4461 (4460, v. st.) — Che fut fait l'an de grâce 
Nostre-Singneur Jhésu-Crist mil iiij^ et te, ou moys de jenvier 
le x^ jour. 

Donation faite à l'abbaye de Soleilmont, devant le mayeur 
et les échevins de Fleurus, par CoUart Bavays, demeurant en 
ce monastère, de tousses biens meubles et immeubles, c mai- 
sons, tenures, cens, rentes et revenues à champs et avilies.» 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

LXXVII. 

12 février 4463 (4462, v. st.). - Sur Van de grâce mil 
quattre cens soissante et deux, douse jours ou mois de février. 
Donation faite à l'abbaye de Soleilmont par Gérard Rémi, éche- 
vin de Châtelet et Pont-de-Loup (Chasteling et Pondrelous- 
sur'Sambre)j d'une rente annuelle d'un piette d'or philippus, 
de la forge de monseigneur de Bourgogne^ assise sur une 
maison et tenure en la Grande-Sirée. 

Orig. sur parchemin, avec fragm. 
des sceaux de < Jehan Toussain, soubs- 
mayeur de Chasteling et de Pondre- 
lous-sur-Sambre, CoUart du Fonteny, 
Jehan Mariette, Jehan CoUignon, Col- 
lart Henry, Godeffroy Vaire et Quin- 
tin Liénart, eschevins des dites villes. > 

43 



- 234 — • 



LXXVIII. 



23 juinl46â. — Faites et données ces présentes,... sur Van 
de grâce mille quatre cens sissante et troix^ ou mois dejunçy le 
viqille sainct Jehan-Baptiste. 

Record du maire et des échevins délie court que vénérables 
seigneurs messigiiears le doyen et capitle délie église collé- 
gialle Saint-Bertholmeit en Liège ont jugant à Cliestellinealf 
contenant deux déclarations à eux délivrées par les échevins 
de Liège, le l^^** juillet 1461 et le 12 juin 1462, au sujet ^ des 
bois que les dis seigneurs (de Saint-Barlhélemi ) avoient 
au dit lieu de Chestelineal, et des aisemenches et paslurages 
d'icheux. > 

Orig. sur parchemin, qui était 
muni de sept sceaux. Deux de 
ces sceaux manquent. 

LXXIX. 

18 juillet 1463. — Datum annoa Nativitate Domini mille- 
simo quadringentesimo sexagesimo tertio , m£nsis julii die 
décima octava. 

Lettres par lesquelles le chapitre de Saint-Barthélemi de 
Liège échange les cens, les rentes, les terres, les prés et les 
bois qu'il possédait en alleu à Châtelineau {in villa et territo- 
rio de Chestelineal supra Sambram et in nemoribus de Fleir- 
ckeal) et où il avait mayeur et échevins, contre des rentes 
qu*il devait à Tabbaye de Soleilmont. 

Orig. sur parchemin, avec fragm. 
des sceaux du chapitre de Saint-Bar- 
thélemi et de Thomas, abbé d'Âlne. 

A ces lettres sont annexés les actes du 14 septembre el du 
24 novembre 1463, par lesquels Tabbé et les autres défini- 
teurs du chapitre général de Citeaux, les doyens, vice-doyens 



—.235 — 

et chapitres des SS. Pierre, Martin, Paul, de Sainte-Croix, 
de Saint-Jean- rÉvangéliste et de Saint-Denis^ à Liège, ratifient 
rechange qui précède. (Orig. sur parchemin, fragm. de 
sceaux.) 

LXXX. 

30 avril 1465. — Faites sour Van de grâce mille iiij^ Ixetv, 
dou mois d'apvrille derainjoiir. 

Vente faite à l'abbaye de Soleilmont par Ernoul, fils naturel 
de Gérard de Marbais, demeurant à l'Escaille, à Gilly, a son 
héritage, » de dix boniers de terre environ qu'il avait c gisant 
de làGrant-Rieu. > 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

LXXXI. 

7 juin 1465. — Sour Van de grasce mille iiij^lx chiencq, 
dou mois de jung le vij^ jour, 

Donalion faite à l'abbaye de Soleilmont par Collart Bavais, 
devant le mayeur et les échevins de la haute-cour d'Heppi- 
gnies, d'une rente héréditaire de six setiers et demi de. blé 
assignée sur une maison et tenure en la dite localité. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

LXXXII. 

3 juillet 1465. — Faites et données Van de grasce Nostre- 
Seigneur Jhésu-Crjsl mil quatlre cens siissante et chincq, le 
iroissème jour ou moys de jullet. 

Donation faite à l'abbaye de Soleilmont par Hanno, fils de 
Piérart le Cuvelier, de tous ses biens meubles et héritiers, 
présents et à venir, et notamment d'un cens de deux piètres 
et demi dû sur la maison qui fut à ses père et mère, séant 
sur le marchiet de femmes^ à Fleurus. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 



— 236 — 
LXXXIII. 

14 mai 1466. — Faites et escriptes Van mil quatlre cens 
siissante et six, le xiiij^ jour du moisjie may. 

Vente faite à l'abbaye de Soleitmont par Hosta Courtain^ 
demeurant à Heppignies, d'une rente de 11 vieux gros, as- 
signée sur une maison sise sur le marché de Fieurus, et 
qui lui avait été apportée en mariage par Gillon, fille de 
CoUart de Huleux. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 
LXXXIV. 

5 avril 1467. — Ce fut fait et racointiet Van mil quatlre 
cens siissante et sept y le chinquesme jour (T avril. 

Donation faite à l'abbaye de Soleilmont par Piérot de La- 
tuy, bourgeois de Fleurus, d une rente de neuf setiers de 
blé sur la maison de Piérart Duterne en la rue du- Mont, et 
d'une rente d'un vieux franc, du prix de douze vieux gros, 
au lieu de deux muids d'épeautre, sur la maison de Leurent 
Bernart, en la même rue, au dit Fleurus. 

Orig. chirogi*. sur parchemin. 

LXXXV. 

9 mai 1469. — Donné sur Van de grâce mil cccc. Ix. nuef, 
de mois de may le ix^ jour. 

Acte concernant la vente faite à l'abbaye de Soleilmont par 
les doyen et chapitre de Liège, pour la somme de 140 piètres 
d'or, du bois dit de Saint-Lambert, situé près de Fleurus, 
dans le comté de Namur. 

Orig. sur parchemin , avec 
fragments de sceaux, et auquel 
est jointe la quittance délivrée, 
le 10 mai 1469, par le chapitre 
de Liège. 



- 237 — 

LXXXVI. 

10 juillet 1469. — Le diieszèmejour de mois de junéy Van 
mil quatre cens sitessant et neuf. 

Procuration délivrée par les doyen et chapitre de Liège, 
à maître Hubert Brongnet^ licencié en droit, et à messire 
Jehan de Humières,prévôtde Fosse,pour le transport à l'abbaye 
de Soleilmont, moyennant 140 piètres d'or, du bois de Fleu- 
rus appelé le Bois- Saint-Lambert, lequel ne rapportait au cha- 
pitre de Liège que sept piètres par an. 

Orig. sur parchemin, fragments 
de sceau. Au bas, on lit : € Par 
€ messigneurs les doyen et cha- 
c pitre deseurdis, (signé :) Joh. de 
c Birechuhen. » 

LXXXVII. 

17 février 1470 (1469, v. st.).— Donné le xvij^ jour dum4>is 
de février^ Van de grâce mil CCCC sexante et neuf. 

Lettres par lesquelles Martin Steenberch, doyen de Tèglise 
de Sainte-Gudule à Bruxelles, secrétaire et greffier de l'ordre 
du duc de Bourgogne, et Antoine Ponchin, procureur du duc 
au comté de Namur, en vertu de la commission à eux déli- 
yrée le 6 décembre précédent, mandent au premier huissier, 
sergent ou autre officier du dit comté qui en sera requis,d'as- 
signerles maires, échevins et habitants de Fleuras, de Châ- 
telineau et de Gilly à comparaître ou à envoyer leurs députés 
au monastère de Soleilmont, le lundi 26 février, à neuf 
heures du matin, à l'effet d'être entendus au sujet des pâtu- 
rages de ces trois localités. 

Orig. sur parchemin, avec deux 
sceaux en cire rouge et en placard 
(brisés) et les signatures des deux 
commissaires. 



- 238 ~ 

A celte pièce esl annexée la significaiion faite, le 20 du 
même mois, par l'huissier Simon de Neufville. 

LXXXVIII. 

..jer mars 1470. 

' Lettres des commissaires délégués par le duc de Bourgogne 
àTeffet de s'enquérir des limites et des pâturages de Tab- 
baye de Soleilmont et des seigneuries de Fleurus, de Gilly et 
de Chàtelineau, contenant un appointement entre le monas- 
tère et la communauté de Fleurus, pour Tenlretien de la 
chaussée ( de Fleurus à Gilly ) et des ponts qui leur étaient 
communs. 

•i 

TEXTE. 

Âujourd'uy premier jour du mois de mars Tan mil quatre 
cens soixante et dix, selon le stille de la court de LiégeS com- 
pàrans par-devant nous Martin Steenberch, doyen de l'églisç 
Sainte-Goedele à Brouxelles, secrétaire de mon très redoublé 
seigneur, monseigneur le duc de Bourgoingne et deBrabani, 
etigraffier de son noble ordre de la Thoison d'or, et Ànlhoine 
Ponchin, procureur d'icellui seigneur en sa conlé de Namur, 
commissaires ordonnez par nostre dit très redoublé seigneur, 
pour nous informer de par lui sur le fait de la situacion de . 
Tabbaye de Soliaumont ot des termes et limites des territoirts 
et^^cignouries.de Fleru, de Gilly et de Chastelineau environ 
l6'4it monastère, ensemble de Tusance du pasturage des bestes 
dâJ[a.dlte abbaye es dites trois seignouries y marchissans, et 
des, érapeschemens que es dis territoires se faisoient à la dite 
abl^aye ou fait du dit pasturage et d'autres deppendences, et 






1. Au pays de Liège, de 153i à 1585, TaiiDée légale commençait le jour 
de Nbëll — S'choonbroodt, Inventaire des Charles du chapitre de Saint' 
Lambert, p. 4, note. ' 



- 239 — 

de tout lui faire rapport, etc.^ vénérables et dévotes religieuses 
madame Charte de Raesvelt, abbesse^ damoiselies Ysabeau 
de Malines, prieuse, Katherine du Celier, soubz-prieu'se, et 
Jehenne Henné, nonnain professe, ensemble damp Jehan de 
Liège et damp Jehan de Namur, religieux de Tabbaye d'Aine, 
confesseurs, frère Pierre Rouchy, prebtre donal profés et 
chapellain de l'abbaye Nostre-Dame de Soliaumonl ou diocèse 
de Liège et conté de Namur, et frère Pierre le Chien, convers 
profèsdu monastère de Jardinet, pour et ou nom de ma dite 
dame Tabbesse et de tout le couvent de la dite abbaye de So- 
liaumont et leur faisans fors du dit couvent, d'une part, et 
Jehan du Sart, maire pour le conte, Alcame de Niquel, Cor- 
nille de Repe, Waltier Coquillon et Jehan le Parmentier, 
eschevins de la ville de Fleru, Symon du Perroy et Jehan de 
Jumeau, mambours, Henry Colin, Colart Rosseau, Jehan 
Waty et Jehan du Mont, tous bourgois et manans de la dite 
ville de Fleru ou dit pays de Namur, et eulx faisans fors pour 
la dite ville et pour la communaultédu dit Fleru, d'autre part, 
sur certain différent et débat qui estoit apparant et en voye se 
mouvoir entre les diles parties pour raison et à l'occasion du 
droit de lachauchie que ceulx de Fleru demandoient à ma dite 
dame l'abbesse et au couvent de Soliaumont ou à leurs ser- 
viteurs banians la cauchie d'entre la ville de Fleru et la dite 
abbaye de Soliaumont, duquel droit paier les dites religieuses 
s'excusoient, disans non y estre redevables ou tenus, mais 
francs et exemps d'icellui, ensemble des tailles, contributions 
et exactions d'iceulx de Fleru par les privilèges et libériez de 
Tordre deCisteaulx, dont elles estoient et sont professes; les 
dis de Fleru soustenans au contraire,et que icelles religieuses 
dévoient paier comme eulx et contribuer ou fait des réfections 
nécessaires de leurs communs pons et cauchies. Finablement, 
la dite question bien débattue, d'une part et d'autre, les dites 
deux parties, par l'entreparler et bon moyen de nous commis- 
saires dessus nommez, se sont accordez et appointiez amia- 
blement du dit différent, en la manière que s'ensuyt, c'est as- 
savoir que les dites religieuses de Soleaumont, sans préiudice 



- Î40 - 

toutevoye de leurs émunitez, drois, privilèges et exemptions et 
de leur dit ordre, non pas par forme de débite, mais libérat- 
ment, pour eschiver débats et questions, et avoir et mainte- 
nir paix et amour avec les dis de Fleru, paieront doresenavant 
perpétuellement au prouffit de la dite cauchie et des pons 
communs de la dite franchise de Fleru, cincq pattars au 
terme du premier jour da mars chacun an, et moiennant ce, 
icelles religieuses seront et demourront, ensemble leur fa- 
mille et leur molin séant emprés la dite abbaye, tant et toutes 
et quantes fois qu'ilz tendront en leurs mains le dit molin et 
le ferent garder et gouverner par leurs convers ou famil- 
liers et en leur nom, francs, quités et exemps pour tousiours 
envers les dis de Fleru, des charges et contributions quelzcon- 
ques que demander leur pourroient, pour les réfections et 
repparations de leurs dis pons et cauchies, et à l'occasion 
d*icelles, sans fraude ou malengien. Lequel appointement 
ainsi pronuncié par nous commissaires devant dis, les dites 
parties et chacune d'icelles ont accepté et aggréé, promettans 
léaument et de bonne foy ainsi le garder, entretenir et obser- 
ver Tung à l'autre perpétuellement et à tousiours, sans aler ou 
faire au contraire, et afin que cest appointement soit et de- 
meure ferme et estable, les dites parties, par communaccord, 
ont consenti et requis que à chacune d'icelles parties en fa- 
cions et baillons acte, signé de noz sains manuelz et séellé de 
nos séelz : ce que leur avons accordé de faire, pour tesmo- 
niaige de vérité. Ce fut fait en ladite abbaye de Soliaumont, en 
la schaillie du cloz des dites religieuses, l'an et jour que des- 
sus. 



Deux orig. sur parchemin, avec 
seings et sceaux (en cire rouge 
et en placard) des deux commis- 
saires , M. Steetiberch , A . Pon- 
chin. 



— 241 — 

On lit au dos de celte pièce : Nota que les 5 pattars men* 
iio7inez en cette sont abolis^ comme appert par act de partage 
du bois de Saint-Lambert ^ en datte de Pan 1473^» 

LXXXIX. 

11 mai 1470. — Donné en nostre ville de Lille ^ le xp^ jour . 
de may, Van de grâce mil quatre cens soixante-dix. 

Lettres de Charles,duc de Bourgogne, évoquant par-devant 
son grand conseil les abbesse et religieuses de Soleilmont, 
d'une part, et les gens de Gilly et de Châtelineau, d'autre 
pari, pour leur procès concernant le pâturage. 

On y lit que a le lieu du dit monastère est marchissant sur 
« trois seignouries particulières, assavoir : l'église et une 
(( partie du dormitoire sur la seignourie de Fleru ; l'autre 
« partie du dormitoire sur la seignourie de Chasteliniau, et 
« cerlainne maison et granges ensemble les eslables du bestail 
« en et sur la seignourie de Gilly. > 

Orig. sur parchemin, sceau 
équestre en cire rouge et en 
fragments. 

A ces lettres est attachée la signification faite le 22 du même 
mois, au lieutenant du grand bailli de Namur et aux habi- 
tants de Gilly et de Châtelineau, par Regnault du Champ, 
sergent d'armes du duc. (Orig. sur parchemin, sceau en cire 
rouge dont une partie en brisée.) 

XC. 

10 juillet 1470. — Fait a Saint-Omerj le x^jour de juillet, 
l'an mil iiij^ Ixx. 

Arrêt rendu par le grand conseil du duc de Bourgogne, or- 



1. Voy. le numéro XGIÎ. 



— 242 — 

donnant aux religieuses de SoleilmonL el aux manants et 
habitants deGilly et de Châtelineau de produire les preuves dont 
ils veulent appuyer leurs prétentions du sujet des pâturages , 
de ces localités. 

Orig. sur parchemin, signé : 
N. De Longuevilk^ auquel est 
jointe une ordonnance y relative, 
du 15 juin précédent. 

XCI. 

7 décembre 1471. — Faites Van mille iiif Ix et oMse, don 
mois de décentre le septème jour. 

Donation faite à Tabbayede Soleilmont par Jehan Jehennin, 
de trois boniers d'héritage en une pièce au territoire de Gilly, 
moyennant une rente de deux muids et demi d'épeautre paya- 
ble durant la vie du dit Jehan et de sa femme. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 
XCII. 

28 décembre 1473. — Accord entre Tabbaye de Soleil mont 
et la communauté de Fleurus, touchant le bois de Saint- 
Lambert, les pâturages, le chausséage, etc. 

TEXTE. 

A tous chiaus qui ches présentes lettres verront et orront, 
nous les mayeurs et esqueviens de le hault court esquevinable 
de la ville et franchise de Flerus, salut et cognissante de vé- 
rité. Sçavoir faisons que par-devant nous en jusliche sont 
venus et personelment comparus damp Jehan de Liège, pro- 
fesse del église Nostre-Dame d'Aine, comme procureur del 
église et monastère Nostre-Dame de Soleamont, d'une part, 
Collart Robert et Henro Henrart, comme mambours et avec- 
que eaulx toute la ville et communahé de Plcrus, de l'autre 



- 243 — 

parr, et là-endroit nous remonstrèreni les dites parties comme 
ensi faist que discors et discensîon eusist bonne pièce esleit 
entre eaulx à l'occasion du bois de Saint-Lambert, pour chou 
que les religieuses abbesse et couvent de le dite église de 
Soleaumont qui avoienl acquis ce dit bois, pour leur indigence 
et nécessité, ne voloient ycellui bois vendre nemectre à pro- 
clamation, ensi que faire soloient les seigneurs de Saint-Lam- 
bert, et par chest empeschement les habitans de la ville et 
communalté de Flerus ne povoient prendre, avoir ne lever la 
lierche pai;t des argens et deniers venans de la despouille de 
chescun an, ensi que fait avoient paravant dou tamps des dis 
seigneurs. Desquels discors et diflférens, avecq toute leur 
deppendence, ycelles parties, de leur franche volenté et sans 
constrainte, disoient et cognissoienl, dirent et cognurent qu'ils 
estoient accordeiz en le forme et manier qui s'ensieut. C'est 
assavoir que, d'un commun asseni et pour le plus grant 
prouffit et utilité des dites parties, ilz avoient partit le dit bois 
et treffon de Saint-Lambert, et par nous la justiche fait plan- 
ter bonnes faisantz distinction et limitation des dites parchons. 
Si avoient les ditae religieuses abbesse et couvent de Soleamont 
détenu pour leur droit et retenu les deux partz du dit bois, 
prendant et commenchant au desçjartrain bonne qui joindt 
au bois que la ville tient de monseigneur le cont, en allant 
selonc che meymes bois, selonc les xij bonniers de Soleamont 
et selonc les quatre bonniers le cont iusques aus terres de So- 
leamont, et de rechief, depuis le dit deseurtrain bonne, des- 
chendant tout sus et tout jus, selonc les auUres bonnes plan- 
tées, jusques au rieudes Tailliespries, che sont les deux partz 
du dit bois toutes en une pièce entièrement, pour d'ycelle 
part de bois et treffon en goyr les dites religieuses à tousiours 
mais paisieblemeut et pour en faire leur singulier prouffit et 
utilité en toute manière à elles possible. Et l'autre tierche 
part d'ycellui bois devers les champs de Fonlenelles, les dites 
religieuses le cognissoient avoir as:?enneil à la ville et com- 
munalté de Flerus, pour en goyr à tousiours paisieblement 



244 — 

en lieu de tout le droit que ladite ville povoit avoir es devant 
dis bois de Saint-Lambert, sauf les conditions chi-desoubz 
escriptes. Premier, que les dites religieuses avoient retenu el 
retenoient une voye cheriaule parmy la dite part de bois que 
elles avoient assenneit à la ville, tant pour wyJier les lengnes 
comme pour les aultres affaires et nécessiteiz de la dite église; 
et pareillement la ville avoit retenu le voye et passage parmy 
la part de bois de la dite église, ensi que on use et at usett 
par chi-devant sans fraude et malengien. Item, et que en 
temps advenir, se lesdictes religieuses enlevoient et nouris- 
sioient des quaisnes sur les bois del église, tant que glands el 
paissons y eusist, les biestes de la franchise de Flerus ne por- 
ront et ne deveront paistre les dis glands et paissons , sur payne 
del amende; ossi ne feront les biestes del église les paissons 
de la ville. Item, et que les dictes religieuses porront faire 
viviers sur leur dite part de bois, es Tailliespreiz, pour leur né- 
cessité, se boin leur samble, voire à la grandeur et quantité 
d'un bonnier seulment, aûn que Tyauv^e ne remont sur la 
part de bois assennée à la ville. Item, lesdictes religieuses 
auront d'orsenavant la tierche part des deux bayes Hubert 
gisantz sur le terne de Soleamont, ensi que la ville en at goy 
par cbi-devant. Et si auront les dictes religieuses et porront 
avoir une v^arde de bois ou pluseurs serimenteis par-devant 
le mayre de Flerus, pour vsrardeir les bois del église et rappor- 
ter les fourfaisans, tant des gens comme des biestes, et tes 
« amendes appertenront aus seigneurs, ensi qu'elles ont fait 
par chi-devant, sauf la réparation des dommaiges qui fair se 
devera à ladicte église. En outre, par lesdites parties nous fut 
encor remonstreit que ja soit che que la part de bois assen- 
née à la dicte ville, selonc sa rate et quantité, fuist ossi bonne 
que la part de la dite église, nientmoins pour chou qu'il sam- 
bloit à aucuns de Flerus que la part de bois qui demouroit à 
la dite église estoitde milleur treffon ou cbergie de plus grant 
bois que ne fuist la part de la ville, lesdites religieuses, par 
conseil de boins gens et pour éviter débatz, procès et ques- 



— 245 — 

lions, avoient donneit et payet de soulte à ladite villa et corn- 
munalté de Flerus, pour une fois, le somme de quarantz 
piètres, xviij aidans pour chescun piètre : de laquelle somme 
ladite ville et communalté se tenoit pour solz et bien contente, 
et en quictoientet quictont ladite église bien et suffissamment. 
Et pour mienlx accomplir et consommer toutes les devises et 
convenanches de chest présent accort, après les remonstran- 
ches desusdites, incontinent lesdis mambours avecque la com- 
munalté de Flerus furent si conseillies que, parmy l'assignation 
de la part de bois et de ladite somme d'argent à eulx ensi 
faite, ilz renonchont purement, nuement et absoluement à 
tous drois, clains et actions qu'ilz avoient ou avoir povoient 
es devant dis bois de Saint-Lambert, tant de vive bois comme 
de mort-bois, tant de vert bois comme de secque bois, et de 
toute aultre chose, sans iamais voloir faire, dire ne venir au 
contraire, sur paine de perdre tout le droit qu'ilz y avoient 
avant le partissement dudit bois et de perdre ladite part de 
bois à eulx assennée, et sur paine de estre tenus de rembour- 
ser à ladite église lesdis quarantz piètres, se iamais ilz venoient 
au contraire. Au sourplus et que pour avoir concorde per- 
pétuèle entre lesdites parties, lesdis habitans et communalté 
de Flerus renonchont généralment à tout chou qu'ilz povoient 
avoir, clamer ne demander en fons ne en comble, du long et du 
large, depuis les champs de Fontenelles jusques al abbéye et 
jusques al Keuwe du grant vivier de Soleamont, excepteit 
ladite part de bois à eulx assennée et l'autre part de bois 
qu'ilz tiennent de monseigneur le cont, excepteit ossi l'ermi- 
tage avec le courtil del heremile communément appelleit l'er- 
mitage de Sain-Bertlemé, excepteit ossi le pasturage qui 
s'entretenra et demourra en vigeur selonc l'appoinctement 
fait et passeit par-devant les commissairs monseigneur le duc 
de Bourgongne cont de Namur, comme il appert par lettres sur 
chou faites. Après lesquelles renonchiations ensi faites par 
lesdis de Flerus, semblablement lesdites religieuses renon- 
chont à tous drois, clains et actions que elles avoient ou avoir 



— 246 — 

povoient en ladite part de bois^ aBsqniiée à la ville, sur paine 
de perdre la moitié de la part de ,l?pis Saint- Lambert qui est 
demeurée à ladite église, et avecq^^iche quarantz piètres telz 
que dessus une fois & payer, sç iarnais elles venoient au con- 
traire, sauf toutvois etréserveit \e paslurage et le voye che- 
riaule deseur escrips^ D'aidlrepiavtf nous fut encorremonstreit 
par lesdite^ parties que ja soit che que la ville et communalté 
de Flerus ne eusissenl quelque droit es douze bonniers de 
bois gisans ou bois le oont, de toute ancienneté appertenans 
à ladite église de Soleamont, raeysment et que pour cheste 
cause lesdis de Flerus en avoient esteit. condampneis par le 
granl baylliél conseil de Namur, comme il appert par lettres 
de jugement, toutvois à la plaindle que faisoient ycheulx de 
Flerus que aullrefois ilz avoient goy et possesseit de la tier- 
che part desdis douze bonniers, désirans aucunnement estre 
récompenseis, ieçdites religieuses nonobstant ledit jugement» 
de grasce et non de droit, pour avoir et maintenir paix avecque 
lesdis babitans de Flerus, avoient esteit contentz de donneir 
à ladite ville autretant que la tierce part desdis douze bon- 
niers leur avoit valut quant ils en goyssoient assavoir : ix 
aydans par an. Et si dévoient ycelles religieuses encor à la 
dite ville d'accord fait par-devant lesdis commissairs monsei- 
gneur le ducdeBourgongne, pour estre (rancbesdeskaulchaiges, 
cinc aydans. Che sont ensamble xiiij aydans héritables, pour 
le descb^i^ge et racbat desquels a?m; aydans lesdites religieuses 
avoient a^sejineit, transporteit et fait boins œvres de loy à 
ladite ville, le somme de ia;stiers de nue bled héritables qu'elles 
avoient à Flerus, dont ladite ville et communalté se tenoient 
pour contentz et bien adbireteiz. Par ches raisons et parmy . 
la récompense desdis douze bonniers, à quoy lesdites reli- 
gieuses n'estoient point tenues, incontinent lesdis babitans 
et communalté de Flerus furent si conseilliés que de leur 
franche volonté ilz renonchont purement, nuement et absolue- 
ment, à tous drois, clains et actions qu'ils poVi}i6nt avoir, 
clamer ne demandeir es devantdis douze bonniers, quiitont 



-•247 — 

ossi ladite église ^ (ousiûm^. bonnemenl et Joyaulment les 
xiiij aydans béritattles dont il est faite' mention par-dessus, et 
cognissoient ycelles religieuses eslre franches des Kaulchaiges 
et aultres choses selonc le tenure des lettres passées par- 
devant lesdis commissairs monseigneur le duc de Bourgongne. 
Ches choses ensi qu'elles sont chideâeur escriples furent, par- 
devant nous ladite iusliche, cognues par lesdiles parties et 
recordéesi promettants chescune d'ycellesen boinfay et sur les 
paines deèusdiles que elles tenroient et feroient tenir bien et 
toyaulmently une à. l'autre et chescune endroit soy toutes les 
choses et convcnanches deseur escriptes. En toutes lesquelles 
choses, de tant que besongne estoit et que la cause le requér 
roit, lesdites parties en firent tout che que à loy en appertenoit 
de fair, bien etdeutment. Et pour chou que bien scavons que 
les choses dcsusdites ont esteit faites par meure délibération, 
p^r conseil ossi de boins gens, et que c'est l'évident prouffit 
de la ville, nous ladite iustiche noz y accordons entierment 
avecque le soi^vent dite communalté. A toutes lesquelles choses 
faire et passer en le forme et manier que dit est, furent pré- 
sons, à che spécialment huchiés et appelleis, lesdis mayeurs 
et les e)5%upvieits.Je ledite hault, court esquevinable, en cuy 
warde et retenanche le mayre le cont mist tout che que di t 
est par-dessus. Et afin que chest présent accort et appoincte- 
ment soit plu3 ferme et estable et mieulx tenus en mémoir^ 
sans nul rappcaul, à la requeste des parties, en avons fait 
fair ches présentes lettres saylées du grand sayaul appertenant 
à nous et à ladite communalté de Flerus, et duquel usons en 
lelz et semblables causes. Et si avons humblement priiet et 
requis à nobles hommes et honnoureis seigneurs, monsei- 
gneur Alurefonse, chevalier, seigneur de Lingny, et Anseau 
dol Haye, éscuyer et bailli de Flerus, et avecque eaulx révé- 
rend père en Dieu monseigneur l'abbé d'Aine, que à ches 
présentes leur plaisist fair pendre leurs s^yauls, en certifica- 
lion de vérité. Et nous Alurefonse, seigneur de Lingny, et 
Ânseaul, bàilly desuBdis, nous ossi frère Tbumas, humble ab- 



~ 248 - 

beit del église et monastère Nostre-Dame d'Àlne, père abbeii 
sans moyen de ledile église de Soleamont, pour che que sca- 
vons cerlainemenl que toutes les choses dessusdites ont esteit 
faites bien et droiturierment ensi qu'elles sont escriptes et en 
title de boin foy, à la requeslc de jusliche et desdites parties , 
avons à ches présentes fait pendre noz propres snyauls, en 
tesmoinaige de vérité. Faites et données en Tan de grasce 
mille quatre cens et septanl-trois, le xxviij® jour de dé- 
cembre. 

Orig. sur parchemin, avec 
quatre sceaux, dont le troisième 
est presque entièrement détruit. 
Lps trois autres sont ceux : l°de 
Fleurus (eu cire verte, légende 
incomplète, avec conlre-scel), 2° 
de l'abbé d'Aine (en cire brune), 
et o^ d'Anseau del Haye (en 
cire rouge). 

Au dos est transcrite la copie 
d'une convention passée, le 16 
avril 1669, entre l'abbaye de 
Soleilmont et la communauté de 
Fleurus, . au sujet de l'aborne- 
ment de leurs bois respectifs vers 
le Tailly-preii et vers l'ermitage 
de Saint-Bartholomé. 

XCIII. 

1er avril 1475. — Furent ces œvres faites, le promierjour 
d'apvril mille cccclx et quinse. 

Vente faite à l'abbaye de Soleilmont par Jehan, fils de Wau- 
tier Straingnart, de Pont-de-Loup, devant le mayeur et les 
écbevins de Cfiarnoity d'une mesure de terre <i qui est gisante 



- 249 



\ 



( OU ban dou Charnoit, joindaat as preis de Soleamont, au 
€ bois de Montegny et à cuUot d'Àmourchipreit. > 

Orig. chirogr. sur parchemiOi 
avec sceaux. 

XCIV. 

23 mai \4il6. — Ce fut fait Van de grâce Nostre-Seigneur 
Jhésur-Crist mil quattre cens sixsante et sesse, ou mois de may 
le xxiij*' jour. 

Acte passé devant ie mayeur et les échevins < de le court 
de Folz jugant à YilleV'Sur-Osnoyy appertenant à noble et < 
honnouré* seigneur messire Johan de Tryvières, chevalier, » 
par lequel messire Alurefonsse, chevalier, seigneur de Ligny, 
transporte au profit de l'abbaye de Soleilmont une rente de 
trois muids d'épeautre, à la mesure de Fieurus. 

Orig. sur parchemin, avec six 
sceaux. 

XGV. 

Même date. 

Acte du mayeur (Jehan de le Juverye) et des échevins de 
la cour de Faulx, « jugant à Yiler sur Osnoy, estant à Mas- 
« sich, appertenant à noble et honnouré escuier Godefroit de 
€ Vervye, > par lequel messire Alurefonsse, chevalier, sei- 
gneur de Ligny, donne en aumône à l'abbaye de Soleilmont 
une rente de dix muids d'épeautre, moins cinq quarterons, à 
la mesure de Namur, et à livrer à Massich. 

Orig. sur parchemin, avec six 
sceaux plus ou moins intacts. 

14 



— 250 - 

XCVI. 

27 mai 4477. — Furent ces œvres faites Van de grâce 
mille, cccc. Ix disepty le vingt-septème jour dou mois de may. 

Vente faite à Tabbaye de Soleilmont par Mathi Bayar» de 
Gilly, d'une pièce de terre, contenant an demi-joumel environ» 
es Longenoulles . 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

XCVII. 

3 mai 1479. — Failles et données Van de la Nativité Nostre 
Seigneur mil quatre cens soixante-dix-noef, le iij^ jour de may. 

Arbitrage rendu par Jehan de Berloos, seigneur de le Va- 
en Famenne et de Béez, et Lambert, seigneur de Moberiingen 
et de Châtelineau» au sujet des droits d'usage appartenant aux 
masuyers de Sainl-Barthélemi au ditChâtelineau dans le bois de 
Flichées. Il y est déclaré notamment que ce bois sera divisé 
en deux parties égales, dont Tune joignant aux bois de Far- 
ciennes et de Pont-de-Loup appartiendra aux dits masuyers^ 
moyennant d'en acquitter chaque année le droit d'avouerie, et 
dont l'autre tenant aux Taillies-preis sera la propriété de 
l'abbaye. 

Cet arbitrage est agréé par l'abbé d'Aine, qui inet son 
sceau aux présentes lettres avec ceux de Jehan de Hun^ sei- 
gneur de Villers-Poterie, et de Jehan, seigneur de Velaines, 
bailli de Fleurus, au nom de la commune de Châtelineau, 
celle-ci n'ayant point de sceau. 

Orig.sur parchemin, avec sceau 
en cire verte de l'abbaye de So- 
leilmont et 4 sceaux en cire rouge 
armoriés. 
A cette pièce est annexé un acte du 4®' septembre 4479, 
portant modération de deux points de la sentence arbitrale 
qui précède. Ces points concernent : 4^ les délinquants 



— Î51 - 

< coupant ou emmenant faulx quaisnes d'eage ou les esia- 
pleaux d'iceulx ; > 2^ le chemin laissé à l'abbaye à travers les 
bois des masuyers, pour emporter ses laignes* . 

XCVIII. 

20 mai 1479. — Échange conclu entre Tabbaye de Soleil- 
mont et le seigneur de Châtelineau^ de la cour tréfbncière que 
la dite communauté possédait à Châtelineau contre le bois 
Thierry, etc. 

Texte. 

Nous maire et eschevins de le court Saint-Berthélemé en 
le ville de Chastelineau-sur-Sembre cy-dessoubs nommez , 
sçavoir faisons à tous qui ces présentes lettres verront que 
par-devant nous en justice sont personélement comparus 
damp lehan de Liège, ou nom et comme mambour et procu- 
reur de réglize et monastère de SoUeaumont souffisdamment 
fondé pour faire ce qui s'ensieut, d'une part, et honnoré sei- 
gneur Lambert, seigneur de Maubertingue et du dit lieu de 
Chastelineau, d'aultre, etillec par icelles parties etchascune 
d'elles nous fu remonstré que, pour le prouflit évident appa- 
rant tant d'icelle églize et monastère comme aussy d'icelluy 
seigneur de Chastelineau meismes, adfin de paix, union et 
bon voisinaige nourir et entretenir entre elles parties et leurs 
successeurs, elles avoient contracté et accordé certaine des* 
chambge et conmutation des parties signourables et biens 
héritablesà elles appartecans, cy-aprèsdéclairies^ et desquelles 
elles se disoient estre héritières et puissans. Et premiers, 
que icelluy seigneur de Maubertingue et de Chastelineau sera 
adhérité de par icelle églize et monastère, pour luy et ses 
hoirs successeurs et ayans cause, des parties d'héritaige à 
icelle églize appartenans telles qui s'ensievent, c'est à sçavoir : 

1. Laignet boû. 



— 252 — 

de la basse-court et seignourie de maire et eschevins que Ton 
nomme la court de Saint-Berthélemé, que nous mayenr et 
eschevins dessus nommez représentons, icelle ressortissant 
de toute anchienneté à la loy de Liège, et de présent, par-de- 
vant monseigneur le souverain bailly et gens de conseil de 
monseigneur le duc à Namur, et laquelle icelles religieuses 
sy ont naguaires acquise aussy par forme de descbambge et 
commutation aveucq aultres biens héritables à vénérables 
seigneurs doyen et chappittre de l'église collégiale de Saint- 
Berthélemel en Liège. Item, de tous les cens et rentes tref- 
fonsières, tenues et mouvans d'icelle court, assavoir : en grain, 
argent, lins, chappons qui pevent valoir chascun an, ainsy que 
icelluy damp Jehan de Liège disoit, vingt-deux muys espeaul- 
tre ou environ. Item, des deux pars de toutes amendes qui 
eschievent et pevent escheoir soubz icelle court treiFoncière, 
ésquelles icelluy seigneur de Chastelineau, auparavant ceste 
présente commutation et deschambge prenoit et avoit droit 
de prendre l'autre tierche part. Item, aura et prendera en- 
coires icelluy seigneur de Chastelineau et ses successeurs 
héritablement chascun an es tailles des bois ordinaires d'icelle 
église et l'an elle se fera par l'ordonnance de l'abbesse qui 
sera ou de ses commis, soit es bois Thery, lesquelz doibvent 
parvenir ausdictes religieuses par ceste dicte présente des- 
chambge ou es bois que on disl de Flichées, l'eslocquaige de 
chincquante cordes de laingne au cordeau de Gosées, ne des 
pieurs ne des milleurs, mais raisonnables et sans nul mal en- 
gien. Et en récompense desquelles parties icelluy Lambert, 
seigneur desdiz lieux de Maubertingue et de Chastelineau, 
transporta au prouffit d'icelle églize et monastère de Solleau- 
mont, quittement et ligement, une pièce de boisjoindantet 
contigue à icelle monastère, sy longue et sy largue comme 
elles'estenl, nonmée le bois Thery, contenans environ trenle- 
chincq bonniers, èsquelz sont compris la quantité de vingt et 
ung bonniers de bois qui sont mouvans de nous la dicte court 
et du treffons de Flichées, iceulx jà piéchà séparez et esdi- 



— 258 — 

chiez par iceulx seigneurs de Téglise Saint-Berthélemel de 
bois de Flichées^ et iceulx vingt et ung bonniers assenez aux 
prédécesseurs d'icelluy seigneur de Chastelineau comme à 
leur vowé et joincts ennexez avec ledit bois Thery, ainsy qu'il 
appert par lettres sur ce faictes en datte de Tan deux cens 
soixante quatorse^ En accomplissant lesquelles commutations 
et deschambges, les dittes parties et chascune d'elles furent 
sy conseillies et de telle voulunté qu'elles firent ennostre main 
transport et œuvres de loy Tune à l'autre et chascun par soy 
de tous les héritaiges dessus déclairiez. C'est à sçavoir que 
le dessus dit Lambert, seigneur deChastelineau, transporta en 
nostre main, werpy et festuâ icelluy bois Thery et ses appar- 
tenances en tel grandeur que dessus^ et s'en desvesty et déshé- 
' rita entièrement, pour luy, ses hoirs et successeurs seigneurs 
du dit lieu de Chastelineau, le tout par nostre enseignement et 
par loy, pour et au prouffit d'icelle églize et monastère de 
Solleaumont, affirmant par son serment et sy hault que loy 
porte que d'iceltuy bois Thery il estoit sy bien tenans, vesty 
et adhérité que pour faire icelle loyale deschambge et trans- 
port et que le dit bois estoit et le avoit tenu tout tempz aupa- 
ravant francq et lige comme son vray héritaige et sans rede- 
vableté quelconque : promettant, tant pour luy comme pour 
ses dis hoirs et successeurs, de tenir et faire tenir icelle 
églize en la plénière joyssance d'icelluy bois envers et contre 
tous prétendans y avoir quelque deu, charge, rente ou rede- 
vableté quelconques, meismes du droit que aucuns marchis- 
sans voisins d'icelluy y pourroient prétendre devoir avoir en 
icelluy, comme de pasturaige, mort-bois ou autrement, en 
quelque manière que ce soit, et de ce porter garand à laditte 
églize. Ce fait et incontinent ledit damp Jehan, ou nom que 
dessus, fu par icelluy nostre mayeur d'icelluy bois, ses appar- 
tenances et appendices^ advestis et adhéritez bien et souffis- 
samment, à l'usaigede le court, syavantque de nous est mou- 
vant, pour par laditte églize joyr d'icelluy bois en tous prouf- 
fiz quelconques perpétuèlement et àtousiours. Et d'aultre 

(1) Voy. les numéros XXXV à XXXVII. 



— 254 — 

part, en continuant icelle commutation, le dessus ditdamp 
Jehan de Liège, ou nom que dit est, transporta en icelle nos- 
tre main au prouffit d'iceiluy seigneur de Chastelineau tou 
tel droit et action que laditte églize et monastère avoit et po- 
voit avoir et que acquis avoit aussy par commutation à iceulx 
doyen et chappitre de Saint-Berthélemel de Liège en icelle 
court tresfonsière, cens, rentes tant grains, lins, chappons, 
comme portion d'amendes et cordes de laingnes y apparle- 
nans, les werpy et festuia et du tout s'en déshérita ou nom d'i- 
celle église, au prouffit d'iceiluy seigneur de Maubertingue et 
Chastelineau, ses hoirs et ayans cause et à tousiours : pour- 
prendant aussy par iceUny commis, en parolte de prebslre 
et qualité que dessus, que d'iceulx biens hèritables icelle ab- 
béye et monastère estoit sy bien vestie et adhéritée que, pour 
en faire ledit transport et deschambge et en adhèriter icelluy 
seigneur, en y gardant^ quant ad ce, toutes les solemnitez de 
loy ence cas requises. Ce fait et incontinent le dessudit Lam- 
bert, seigneur desdiz lieux de Maubertingue et [de Chasteli- 
neau, ce requérant, à le semonse de nostre dit mayeur et à 
nostre enseignement, fu vesty et adhérité de tous les membres 
et parties dessus dictes que paravant avoient appartenu à icelle 
églize et abbéye sy avant que de nous sont mouvans, pour 
par luy et ses hoirs en joyr perpétuèlement et à tousiours 
comme de son bon héritaige, à tiltre de yraye deschambge 
et récompense. Desquelles une chascune desdictes parties se 
sont tenues en nostre présence pour contentes, en promettant 
léalement et de bonne foy les acquiclier et deschargier 
ung chascun d'eulx et l'un envers l'autre, et faire tenir ce 
que par ceste dicte deschambge luy doibt appartenir, soubs 
les conditions cy-aprez déclairies. C'est à sçavoir que le 
sourplus des terres, bois et aultres héritaiges naguaires 
acquestez, par fourme de deschambge, par icelles religieuses 
de SoUeaumont et à iceulx seigneurs de Saint-Berlhélemel en la 
manière que les mainent et possèdent au présent, demour- 
ront à icelle abbéye aussy francqs comme ils estoient aupa- 



— 855 — 

ravant ceste présente deschambge, sans ce que, pour ores ne 
pour le temps advenir, elles en soyent tenues de payer audit 
seigneur et héritier de la ditte terre et seigneurie de Chasteli- 
neau quelque cens, relief ne aultre servitude quelconques, ne 
semblablement aussy d'icelluy bois Thery et ses apparte- 
nances, ainchois demourront tous iceuh héritaiges francs et 
liges à icelle église, sans ce que ledit seigneur ou ses succes- 
seurs leur en puissent, pour ne k cause d'iceulx cens, au- 
cune chose demander, excepté seulement des héritaiges que 
icelle église auroit acquis en ladicte terre de Chastelineau, 
depuis ladicte deschambge faicte auxdiz seigneurs de Saint- 
Berthélemé ou auparavant : desquelz héritaiges ladicte églize 
devra payer les cens tresfonsiers qu'ilz doivent à ladicte court, 
adfin que le fons d'iceulx ne soit desrigle. Item^ Et pour ce 
que icelluy seigneur de Chastelineau longtemps auparavant 
ceste dicte présente deschambge, estoit vowé des biens que 
iesdiz seigneurs de Saint-Berthélemé avoient en sa dicte terre 
et seignourie, encoires de tant plus sera tenus luy et ses hoirs^ 
ou dit nom de vowé, et à ce s'est submis de, pour le tempz ad- 
venir, les maintenir et guarder paisiblement es choses des- 
susdictes et les deffendre, ensemble leurs biens quelconques 
estans en icelle sa terre, de force, iniure et violence, tant par 
ses cours et justices, comme par ses sergens forestiers et 
messiers, comme ses propres biens et subgés, selon droit, 
loy et raison, sans que, pour ce, icelle églize soit ou doye 
estre tenue de à ceste cause payer aucun deu ou redeva- 
bleté : considéré que ladicte court tresfonsiére est pervenue 
en sa main par la manière dicter. Iteniy Et adfin que les bois 
d'icelles religieuses soyent en tempz advenir mieulx guardez 
selon le contenu d'un arbitraige naguaires fait et passé à 
cause d'icelluy bois de Flichées, icelle église a retenu et re- 
tient en soy que au-dessus des sergens ordinaires tant d'iceulx 
seigneurs de Saint-Berlhélemé comme d'icelluy seigneur 
de Chastelineau, qui sont tenus de guarder les diz bois et 
aire le rapport des amendes y fourfaictes, elles y puissent en- 



— 556 — 

coireset d'habondant commettre ung sergent ou pluiseurs, se 
bon leur semble, de quelque lieu qu'il soit natif, homme lay, 
de bonne famé et renommée, qui feront le serment pertinent 
es mains d'icelles deux cours, comme font iceulx aultres ser- 
gens, lequel ou lesquelz auront toute et semblable puissance 
à la guarde d'iceulx bois pomme les aultres : au rapport des 
quelz et sans aultre preuve, icelles cours devront jugier les 
amendes commises es bois desdictes religieuses, sans ce tou- 
teffois que icelles cours puissent à ceste cause demander, 
prendre ou exigier aucun deu, soit pour la présentation desdiz 
sergens^ admission, révocation ou destitution d'iceulx ; des- 
quelles amendes jugier à leur dit rapport ilz auront tel part 
et portion comme ont les autres sergens d'icelle terre. Et ad- 
fin que les sergens d'iceulx deux seigneurs soyent tenus d'eulx 
mieulx acquitter à la guarde des bois d'icelles religieuses, el- 
les leur seront tenues de leur payer chascunan, au jour de 
Noël, vingt et huit solz, monnoye de'Henau, et ledit seigneur 
de Chastelineau aultres vingt solz, dicte monnoye. /tem. Et 
quant est du payement des cinquante cordes de laigne que les 
dictes religieuses sont tenues de livrer chascun an, audit sei- 
gneur de Chastelineau, ses hoirs ou ayans cause, en iceulx 
leurs bois dessus déclairiez, madame Tabbesse d'icelle église 
qui est ou sera cy-aprez devra faire semonre par ung sergent 
au dit seigneur, s'il est qui soit demourantau dit lieu de 
Chastelineau, et en son absence à son lieutenant, mayeur,recep- 
veur ou chastellain illecq, qu'il envoyé faire recepvoirlesdictes 
laingnes, payant, pour taillaige de le corde, trois heaumes, 
de Namur^: ce qu'il sera tenu de faire au jour de ladicte li- 
vrance ou autrement en-dedens quarante jours ensievantla- 
ditte sommation. Et en cas de defTauIt, icelle églize se pourra 
de ce recouvrer sur les laingnes de l'an ensievant. Devront 
aussy lesdictes laingnes estre widies dedens les jours et termes 
sur ce ordonnez et que porte le commun usaige du pays à 

(1) Le denier d'argent nommé heaume est mentionné par M.R. CHALON, 
Beeherehes iur les monnaie» de$ comtes de Namur, p. 110. Trois heaumes Ya- 
aient un aidant ou un patard. Idem, p. 116. 



- t57 - 

l*environ, le tout sans malengien. Gonditioné encoires par 
fait espécial que lesdictes chinquante cordes de laingne ne 
pourront outempsfulur estreracheléesparlesdictes religieuses 
ne au] très que tousiours iceulx bois ne demeurent chargiez 
envers lesdiz seigneurs de Chastelineau annuèlement d'icelles 
laingnes en le manière que dessus. liem^ Et pour plus grant 
sceureté de tenir et faire perpétuélement tenir et entretenir 
icelle présente desch^mbge, les dictes parties et chascune 
d'icelles ont accordé ly une à Tautre qu'elles puissent toutes 
et quantes fois que bon leur semblera et sans aultre re- 
queste faire, à sa partie faire confermer, louer, ratif&er et 
approuver icelle commutation par nostre très redoubté sei- 
gneur et dame monseigneur le duc d'Austrice, de Bourgon- 
gne, etc., et nostre très-redoubtée dame madame sa compai- 
gne, ou leurs successeurs contes et contesses de Namur^soubz 
lesquelz lesdictes parties sont subgets. Et adfin que ces choses 
soient et demeurent fermes et estables, nous ladicte court de 
Saint-Berlhélemé, à la requeste desdictes parties, avons k ces 
présentes lettres mis et appendu noz seaulx; avons aussy 
requis, pour la part de la dicte église, à révérend père en 
Dieu monseigneur l'abbé d'Âlne et aux ambdeux parties, que 
pareillement ilz voulsissent pendre leurs seaulx. Et nous frère 
Gille, de liglise Nostre-Dame d'Aine, père abbé sans moyen 
d'icelle église de Solleaumont, pour ce que bien sçavons que 
touttes les choses dessusdictes ont esté faictes en tiltre de 
bonne foy, avons à ces lettres fait pendre nostre seel abbatial. 
Nous aussi sœur Yzabeau de Lannoy, abbesse, et tout le cou- 
vent de Solleaumont, et nous Lambert, seigneur de Mauber- 
tingue et dudit Chastelineau, avons à tes présentes lettres 
fait pendre noz propres seaulx en signe de vérité. A tout ce 
que dit est faire et passer furent présens comme mayeur 
Jehan Brayer, et comme eschevins : Lambert Verslet, CoUart 
Sacre, Collart Noël, Collard Brayer, Collard Stevevyn, Jehan 
de Han et Jéromme deGilly, tous eschevins d'icelle court, en 
quy garde et retenance nostredit mayeur mist tout ce que dit 
est par-dessus. Ces lettres furent faictes et données Tan | délie 



— 258 — 

Nativité Nostre-Seigneur Jhésu-Crist mil quatre cens soixante- 
dix et nœuf, le vingtième jour du mois de may. 

Orig. sur parchemin, qui était 
muni de il sceaux, dont 8 seu- 
lement sont plus ou moins in- 
tacts. Le second sceau est celui 
de l'abbesse de Soleilmont. 

XCIX. 

22 mai 1479. — Chefut fait et délivré Van mille quattre cent 
soissante diis-noef, du moy de may le vinte-deusème jour. 

Renonciation faite par les masuyers de Saint-Barlhélemi à 
Châtelineau, à leurs droits de mort-bois et de pâturage es vingt- 
un boniers du bois de Flichées, tenant au bois Thierry, 
moyennant quoi, le damoiseau Lambert, seigneur de Châleli- 
neau, abandonne ses droits sur le bois des dits masuyers, 
sous réserve de son avouerie et des hauteur, lois et amendes 
dues à sa seigneurie. 

Orig. sur parehemin, avec six sceaux. 

C. 

2 juin 1479. — Anna a Nativitate ^usdem Domini mille- 
simo quadringenlesimx) septuagesimo nono, indictione duode- 
dma, m>ensis junii die secunda. 

Donation faite à Tabbaye de Soleilmont par Aldegonde^ fille 
d'Etienne de Trazegnîes et de Gille de Berlenmont, de tous 
ses biens meubles et immeubles. 

Orig. sur parchemin, avec 
monogramme de Jean-Philippe 
de Hansmelles, prêtre, notaire 
public. 



— Î59 - 

CI. 

8 septembre 1479. — Failles et données le troisime jour de 
septenibrey Van mil qualre cens soixante dix-neuf. 

Acte passé devant Gilles d'Outremont, mayeur de la hante 
cour du^Feix, et les échevins de cette cour, par lequel Jehan 
de le Glizeulle» mari etmambour de Marguerite, fille d'Etienne 
de Trasignies et de Gille de Berlemont, est investi des biens 
et rentes échus à sa dite femme, par le décès de ses père et 
mère et par celui de Jennet de Trasignies,son frère, cmort en 
guerre. > Ledit Jehan de le GlizeuUe reconnaît qu'il a reçu en 
arrentement perpétuel de l'abbaye de Soleilmont, pour 60 flo- 
rins, monnaie de Hainaut, payables au jour de Noël, les deux 
parts des héritages d'Etienne de Trasignies, de Gille de Berle- 
mont et de Jennet de Trasignies, qui avaient été données à 
cette abbaye tant en aumône par Âldegonde de Trasignies, 
professe du lieu, qu'en accensement héréditaire par Marie de 
Trasignies,sa sœur,résidant en la maison-Dieu dite de Wisheeque 
près d'Âth. Suit la déclaration des héritages dont il s'agit. 

Orig. sur parchemin, avec huit 
sceaux en cire rouge et verte, 
accompagné d'un acte y relatif, 
du 2 du même mois. 

CIL 

16 janvier 1482. — Ce fut fait le xvi^ jour déjenviety Van 
mil qualtre cens quatlre-vingl'deuXy stile de Liège, 

Acte passé devant c Cornille de Repe, lieutenant de Gode- 
c frin de Yelainez, souverain maïeur de le court des alloyaux 
€ de mon très redoubté signeur et prinche monsigneur le duc 
€ d'Austriche, de Bourgoingne, de Brabant, conte de Namur, 
c etc., et les hommes alloyaux d'icelle dicte court, » et par 
lequel Noël de Latuy, bourgeois demeurant à Fleurus, vend à 
Piérart Nonon, aussi bourgeois au même lieu, une rente ai)- 



— 8C0 — 

nuelle de douze muids d'épeautre, à la mesure de Fleurus et 
payable à la Saint-André. Celte rente était assignée sur des 
héritages c qui furent àdéfuncl Leuren Martin dit le Sentenaire, 
c gissans et scituez en le franchise et territoire du dit Fleurus 
« et là-enthour, apparlennans présentement à Piéra de Latui, 
c movans de pluiseurs cours et jugemens. > 

Orig. sur parchemin, fragments 
desceaui. 

cm. 

27 février 1482. — Faictes et données le vingt-septymejour 
du mois de febvrier, l'an mil CCGC qualtre-vingtz et deuXyStille 
de Liège. 

Acte passé devant le lieutenant-mayeur et les échevins de la 
haute cour du Feix, par lequel l'abbaye de Soleilmont accorde 
en accensement perpétuel à Jehan de Veleynnes, écuyer, sei- 
gneur de Velaine {Veleynnes)^ « le chervaige tel que les dits 
« de l'église de Soliamont ont d'anchienneté en icelle ville et 
< terroir de Veleynnes, > moyennant vingt muids d'épeautre 
à payer chaque année, le jour de saint André. Le dit seigneur 
est acquitté par l'abbaye, de la rente d'un muid d'épeautre 
I qu'il lui devait sur un bonier et demi de pâturage à Velaine, 

I - c gisant en plain de ses pasturaiges illecq scituez entre le tour 

I et le Tombois. > 

Orig. sur parchemin, qui était 
muni de huit sceaux. 

CIV. 

30 mars 1484. — Faites le xxsfi jour du mois de marche. 

Van mille iiij^ quatre-vings et deux. 

Acte du maire et des échevins de Gilly, concernant la do- 
nation faite à l'abbaye de Soleilmont par feu Jehan le Vielle- 
bun, d'un demi-journel de terre c delà Grand-^Rieu, joingdant 



- 261 — 

c d'ung des deboutz au chemin de Chastelineau, et du long 
c tenant al jonquière de Soleamont qui fu à Jehan Jehenyn, 
c et par-desoubz tenant au demi-bonnier de Soleamont qui fu 
€ à Jehan Servais. > 

Orig. chirog. sur parchemin. 
CV. 

3 mai 1488. — Qui furent fautes et données audit Gilly 
bien et par loy , à correction et par greit de partie y sur Van 
de grâce mil quatre cens quatre-vingts et wyty du mois de may 
le trezème jour. 

L'abbaye de Soleilmont, représentée par frère Andrieu 
ChaveauXy accorde à Colart Coulon, demeurant à Gilly, < le 
moitiet des maisenaiges et lieux à Ville, gisans audit Gilly, » 
en échangeiide le maison et de le chambre de TEscaille à Gilly 
devers Vent, et aveuc ce, le graigne, les deux pars du courtil 
derière le graigne^ le courtil au Weis et les deux pars du grant 
jardin, ensi que ledit Colart Coulon les avoit acquis à Colart 
de Belian le jouène. t) En considération de cet échange,Colart 
Coulon est déchargé d'acquitter la rente de trois setiers d'é- 
peautre qu'il devait au monastère sur le courtil de Grant- 
Champ^ € tenant au chemin le sgr. et au courtil de Lobbe 
vers Wevre, > et du tiers de deux chapons c sur le courtil 
Patin, joindant au chemin le sgr. devers Wevre. t> 

€ Auquel descange, œvreç de loy, déshiretances et adhéri- 

a tances et à tout ce que dit est dessus faire, fut présent 

< comme maire de la susdite ville dudit Gilly, Colart de Belian 
« le jouène. Et si furent comme eschevins, Colart Henrion, 
c Colart le Roi, Piérarl Remake, Jehan de Belian et Jehan 

< le Barbiier, en cui warde et retenance tout ce fut mis par 
( ledit maïeur. > 

Deux orig.chirogr. sur parchemin. 



- 262 — 
G VI. 

15 octobre 1490. — Donnet en nostre église deFloreffe, en 
Van de la Nativiieit Nostre-Signeur dhésu-Çhrist mille quatre 
cens quatre-vingt et dix, du mois d'octobre le xv^ jour. 

Lettres de Gérard, abbé de Notre-Dame de Floreffe, et du 
couvent de ce lieu, accordant ea arrentemeat perpétuel à 
l'abbaye de Soleilmont, leur cour, maison et cheruvaige de 
Fontenelles, ainsi que leur part dans les dîmes de Lambusart, 
les dîmes des fuers de Farciennes, les cens, chapons et deniers 
de vieille monnaie dus par des habitants de Farciennes et de 
Tergnée. — Suit l'autorisation accordée par l'abbé de Pré- 
montré à l'abbaye de Floreffe, de pouvoir aliéner les posses- 
sions dont il s'agit. 

Copie sur papier, collationnée 
par le notaire H. Du Ryeu. 

CVIL 

15 décembre 1490. — Fait et donné en nostre église de 
Flore ffe,l' an de mstre Sgr. mille iiif iiij'^ et dix^ du moys de 
décembre le quinsième jour. 

Semblables lettres de Oérard, abbé, et de tout le couvent 
de Floreffe, touchant l'arrentement perpétuel par eux accordé 
au monastère de Soleilmont, de l'ordre de Citeaux, de leur 
courtf maison et chervaige appelles Fontenelles avec touts ses 
appendices et appertenances d'icelle^ et dé leur part de dime 
de Lambusart, ainsi que des dîmes de Fleur us et de Farciennes. 

Copie sur papier. 
CVIII. 

20 juin 1494. — Uan de grâce mil iiij^iiij^ xiHj, le X8^ 
%r de jung. 



jour de jung. 



— 265 — 

Acte passé devant le mayeur* et les échevins* de la haute 
cour d'Heppignies, par lequel Pois de Trazenies vend à l'ab- 
baye de Soleilmont, pour la somme de dix florins, deux jour- 
nels de terre situés en FamUeuze'Coulture. 

Orig. chirog. sur parchemin. 

CIX. 

23 octobre 1497. — Faites et données sur Van délie Nativiteit 
Nostre-Signeur Jhésu-Crist mil cccc iiif^ et xvijy ou moys de 
octembre le xxiifjour. 

Donation faite à Tabbaye de Soleilmont par Kathellin j&lle de 
Pira Franka^ jadis meunier de BoufQoulx, de deux demi-bo* 
niers de terre qu'elle avait à Velaines. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

« 

ex. 

16 septembre 1499. — Donné en nostre ville de BruceUeSy 
le xtfj^ jour de septembre^ Van de grâce mil quatre cens quatre^ 
vins et dixrneuf. 

Lettres par lesquelles Philippe,archiduc d'Autriche,accorde 
en arrentement perpétuel à l'abbaye de Soleilmont, moyen- 
nant le payement annuel de deux mailles de seize patards la 
pièce, cinq boniers et un journel de bois situés à Fleurus. 

Orig. sur parchemin, traces du 
sceau . 



1 Anthoine Pety. 
9 Henry Imbart, 
^}^^ r^ï'îi / tous esquievins de le haulte court de 

Jacquemart Solial 
et Jehan Bodart 



- 264 

CXI. 

23 juillet 1507. — Lan de la très sainte Nativité de Notre- 
Seigneur Jhésu-Crist xif et sept y du moy de jullet le xxiii^ 
jour.. 

Échange conclu entre Tabbaye de Soleilmont et Colart de 
Bellion, demeurant â Gîlly, de plusieurs pièces de terre y 
spécifiées. 

Orig. sur parchemin, mono- 
gramme de Thomas Hubert, 
prêtre, notaire public du diocèse 
de Liège. 

CXII. 

1508 Avril — L'an de la Nativité Nostre-Seigneur Jésth 
Christ mille cincq cent et huity au mois d'avril. 

Accord passé devant le mayeur et les échevins de Gilly, 
entre Jehan Sacré, du sart Lodelin^ d'une part, et frère Nicol- 
Jean Moulart, procureur de l'abbaye de Soleilmont, d'autre 
part, au sujet d'une rente de 19 setiers d'épeautre constituée 
sur les héritages qui furent à Colard de Luttre, à Gilly, rente 
dont l'abbaye réclamait le tiers. Par cet acte, ledit Jehan Sacré 
reconnaît amiablement que l'abbaye devra recevoir tous les 
ans six setiers d'épeautre pris en la dite rente. Le procureur 
du monastère ayant accepté cet arrangement, donne un setier 
et un tiers d'épeautre de rente annuelle à l'église de Gilly, à 
l'effet de a prier pour les âmes de ceux et de celles dont les 
dits biens sont venus. » 

Copie sur papier, coUationnée 
le 6 octobre 1654. 



— 265 - 
CXIII. 

6 avril 1510. — Faites et données le sixeisme jour du mois 
â^aprilj Van mil cincq cens et dix. 

Acte passé devant c Godeffroy de Yelainnes, mayeurle conte, 
€ et Jehan Denicquet, mayeur de Saint-Lambert, de la haulte 
c court de la ville et franchise de Fleru, > et les échevins de 
cette cour, et par lequel Henri du Rieu, receveur de Fleurus^ 
vend à l'abbaye de Soleilmont une rente de vingt et un patards 
et un heaume due sur la maison d'Ernoul de Ligne, située au 
marché du dit village^ tenant à Thôtel au Mouton. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXIV. 

9 mars 1514. 

Acte passé devant le mayeur et les échevins de Gilly, par 

lequel Colard Baiart acquitte l'abbaye de Soleilmont d'un demi- 

muid d'épeaulre de rente qu'elle lui devait, et ce, moyennant 

la somme de cinq florins. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXV. 

21 septembre 1514. — Chefut fait en Van de grâce Nostre- 
Signeur xv^ et xiHj^ le xay* jour de septembre. 

Donation faite à l'abbaye de Soleilmont par Jehan, fils de 
Liénart Waultier, d'une rente de huit setiers d'épeautre, à 
Farciennes. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXVL 

20 octobre 1526. 

Vente faite à l'abbaye de Soleilmont par Jehan Tartar, d'un 

pré situé dessous Goumeroux\ 

Orig. sur parchemin, auquel 

six sceaux pendaient. 

i. Gominrouz, dépendance d'Heppifnies. 



— 266 - 
CXVIL 

8 avril 1530. 

Testament de Pierre de Wick, curé de Spi. 

Copie sur papier. 

CXVIII. 

29 avril 1534. — Anno a Nativitate Domini millesimo 
quingentesmo tricesimo quarto, indiotione septima, mensis 
aprilis die penultima. 

Accord fait entre l'abbaye de Soleilmont et le recteur de la 
chapelle de Sainte-Marie-Madeleine en l'église paroissiale de 
Châlelineau, du diocèse de Liège et de l'archidiaconé de Hai- 
naut, au sujet de certains biens de celte chapelle. 

Orig. sur parchemin, mono- 
gramme du notaire Jean Malhie, 
de Fleurus. 

GXIX. 

12 mai 1540. — Faictes et données lexij^ jour du mois de 
may, Van mil cincq cent et xL 

Acte passé devant le mayeur le comte et le mayeur du cha- 
pitre de Saint-Lambert de Liège, et les échevins de la haute 
cour de Fleurus, contenant le record rédigé parle mayeur el 
les échevins de la cour de Saint-Ursmer jugeant audit Fleu- 
rus, relativement à la donation testamentaire, faite à Tabbaye 
de Soleilmont par Robert Janmolart, en son vivant portier de 
celte abbaye, d'une rente de 15 patards due sur la maison 
d'Etienne Bodart kMartenroux, prés de la chapelle, à condi- 
tion d'avoir part aux bonnes prières de la communauté. 

Orig. chirogr. sur parchemin, 
accompagné du titre orig. de la 
rente, en date du 10 novembre 
1534. 



— 267 — 

cxx. 

20 août 1543. — Fait et donné sur Van de grâce mil cincq 
cens et quarante-trois, du mois dCaoust le vingliesme jour . 

Jehan de Folz dit Rausquin et Adam Grigoire reconnaissent 
devoir à Tabbaye de Soleilmont une rente annuelle de 14 se- 
tiers d'épeautre, à la mesure de Namur, sur leurs maisons, 
courtils et héritages situés au Masilz et mouvants de la cour 
de Folz à Viller^ur-rOrno. 

Orig. sur parchemin, sceaux. 

CXXI. 

13 décembre 1546. — Lan mil cincq cents et quarranlte- 
syXy du mois de décembre le treixème jour. 

Vente faite à Tabbaye de Soleilmont, devant le raayeur et 
les échevins de la justice de Gilly (Gillir)^ par Barbette, veuve 
de Paulus Hubmont, d'une maison, tenure, jardin, etc., con- 
tenant un demi-bonier, c joindant vers Vent à chemin du sgr 
€ de Wemre, à Johan Hubmon, et vers Scorceveàl, au Main- 
« netz pretz.» — c A quoy faire et passer fûmes présentz comme 
(L maire Remy Allart,dit de Belion,quyletoutmistenwarde de 
€ nous les eschevins : Marlhin de Belion, Anthoine AUart, 
< CoUart Mariette, CoUart le Moulnier, Stienpne Hanoie, 
c Jehan Hubert et Anthonne le Coutellier. i> 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXXII, 

14 février 1 549 . — Faict en jugement oudit cmiseil à Namur^ 
le adiii^jour de febvrier^ l'an quinze cens quarante-neuf ^slille 
de Liège, 

Arrêt du conseil de Namur, qui condamne les mayeurs et 
les échevins des cours de Saint-Barthélemi et de Châtelineau 
à recevoir gratuitement le serment des personnes qui leur 
sont présentées par Vabbesse et le couvent de Soleilmont, 



- 268 — 

pour remplir, indépendamment des sergents ordinaires, Toffice 
de sergents des bois mouvants de ces cours et nommés les 
bais Thierry et de Flichées. 

Orig. sur parchemin, signé : J. 
de Feran. 

CXXIII. 

4 juillet 1549. 

L'abbaye de Soleilmont accorde à François de Hercque 
une pièce d'héritage, à Farciennes, en échange d'une rente 
d'un muid d'épeautre. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXXIV. 

10 juin 1551. — Bonnet en nostre ville de Maline^ le di- 
xiesme jour de jung, l'an de grâce mille cinq cens cinqtmnte 
et ung. 

Mandement de l'empereur Charles V, pour le renouvelle- 
ment du terrier des biens appartenant à la seigneurie de Wan- 
genies (Vf^andegnies). 

Copie sur papier, délivrée le 
26 décembre 1552 par Antoine 
Lambechon, huissier d'armes du 
grand conseil de MaUnes. 

CXXV. 

20 avril \55S.—Pronuncé audit Namur^ le xsc^jour d'apvrilj 
Van de grâce mil cincq cens cinquante et trois. 

Arrêt du conseil provincial de Namur, mettant fin au pro- 
cès mu entre l'abbaye de Soleilmont et la communauté de 
Châtelineau, concernant les trilz de Soleaumont. 

L'abbaye est maintenue c en h possession et saisine de 
€ povoir cultiver, labourer, semmer et cueillir à leur prouf- 



- 269 — 

I fict les advestures sur les trieux en question. > Toutefois, 
les habitants de Chàtelineau peuvent faire pâturer sur ces héri- 
tages, quand ils sont en irimx ou en esteulles. 

Orig. sur parchemin, signé par 
le greffier, 9ceau enlevé. 

CXXVI. 

9 mai 1 554. 

Acte passé devant le inayeur et les échevins de la justice de 

Gilly, par lequel, moyennant la somme de 30 florins, Hubert 

Hubert constitue en faveur de l'abbaye de Soleilmont, sur les 

biens y désignés, une rente de deux muids d'épeautre à 

payer à la, Saint-André. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXXVII. 

17 mars 1557. — Faites et données le xvij^ jour du mois de 
mars y Van mil cincq cens et cincquante-septj stilde Liège. 

Donation faite à Tabbaye de Soleilmont par Jehan Jamou- 
làrt, d'une rente de quatre setiers de blé, en considération 
ducbonetaggréauble service que mada mmeet toutle couvens 
€ de Solealmont povoient avoir fait à son feu père et mère, 
€ que Dieu pardoinst^ et affin aussy qu'elles prient pour leurs 
âmes. > 

Orig. sur parch., avec sept 
sceaux du mayeur et des éche- 
vins de la cour del Haye jugeant 
à Brigade et à Saint-Amandt. 

cxxvni. 

18 mars 1561. 

Échange conclu entre dame Anne Robert, abbesse de Soleil- 
mont, avec le consentement du couvent, d'une part, et André 
Mahuet, souverain mayeur de Gilly, d'autre part, de deux 



— 270 — 

parties de prés sous la juridiction de la cour et justice dudit 

Gilly. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

CXXIX. 

27 février 1570. — Faicte et donnée Pan quinse cent et 
septante f le pénultiesme jour defeàvrir^ stil de Namur^. 

Acte passé devant le mayeur et les échevins de Marbais, 
par lequel Jean RifQart, écuyer, en conformité de sa conven- 
tion faite avec dame Anne Robert, abbesse de Soleilmont, la 
prieuse et les religieuses de ce monastère, le 26 septembre 
1569, donne & celui-ci une rente de 12 florins, pour l'entrée 
de sa fille Maximilienne Rifflart. 

Orig. chirogr. sur parchemin, 
auquel est attaché Tacle de cons- 
titution de la dite rente, en date 
du 5 novembre 1548. 

cxxx. 

30 juillet 1573. — Donné à Namur, soubz le contre-séel du 
conseil, le trentiesme jour de juillet xv^ septante-trois. 

Mandement du conseil provincial de Namur ordonnant à la 
veuve de Jehan Noël d'acquitter sans délai, sous peine d'être 
poursuivie judiciairement, la rente annuelle de trois muids, 
deuxhuitains d'épeautre par elle due à l'abbaye de Soleilmont, 
sur certains héritages situés à Jemeppe-sur-Sambre. 

Orig. sur parchemin, traces 
du sceau en cire rouge. 

CXXXL 

30 juillet 1573. — Donné audit Namur, soubz le contre-séel 
dudit conseil, le trentiesme de juillet quinze cens septante- 
trois. 

1. On suivait dans le comté de Namur le style de Liège. 



- 271 — 

Antre mandement des gouverneur j président et gens du 
conseil provincial duroy nosire sire ordonné à Namur^ concer- 
nant une rente de deux muids^ un huitain d'épeautre due à 
l'abbaye de Soleilmont par Anne Remy, sur certains héri- 
tages situés à Jemeppe-sur-Sambre, et dont la dernière 
annuité n'avait pas été payée. 

Orig. sur parchemin (le sceau 
manque), accompagné de l'assi- 
gnation de l'huissier Gilles Lam- 
bechon. 

CXXXII. 

H octobre 1575. 

Acte signé par Jean de Pontegonio, greffier assermenté de 
la cour de 6illy,et contenant la déclaration de Gilles le Sire 
de e ne vouloir en rien contrevenir aux coustumes anciennes, 
€ ains qu'il estoit délibéré et accordoit tant ans dames ab- 
a besse et couvent de Soleilmont comme à la communeautet 
« de Gilliers passaige commodieux parmyson jardin. » 

Orig. sur parchemin. 
CXXXUI. 

29 mai 1590 — F aide et donnée Van quinse cem-fionante, 
du moi^ de may le vingt-noeuffiesme jour. 

Échange conclu entre Pierre Yerna, de Monligny-sur- 
Sambre; et l'abbaye de Soleilmont, de certaines pièces de 

terre. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 

GXXXIV. 

18 décembre 16(J9. 

Acte conclu entre sœur Jacqueline Golnet, abbesse de So- 
leilmont, et Pierre Marlha, mayeur de Jumet, et par lequel ils 



— 272 - 

amortissent deux rentes qu'ils se devaient réciproqaement . 

Orig. sur papier, signé : 

P. Martha. 
CXXXV. 

18 octobre 1611. 

Acte passé devant la haute cour et justice de Gilly, touchant 
une rente de cinq florins promise à Tabbaye de Soleilmont par 
Alexandre Scohier et Jehenne Poirart, son épouse, pour la 
réception de leur fille Marie au monastère. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 
CXXXVI. 

8 juillet 1612. 

Acte passé devant la haute cour et justice de Gilly, par 
lequel Valentin du Bois vend, pour la somme de 60 florins, 
au monastère de Soleilmont, une rente de A florins due par 
la veuve Jean Frère. 

Orig. chirogr. sur parchemin. 
CXXXVI! . 

18 juin 1619. 

Appointement conclu entre mons' de Melleroy, s' de Bry- 
maingne, et l'abbaye de Soleilmont, au sujet d'une rente de 
deux muids d'épeautre due à Spy. 

Orig. sur papier, signé. 

CXXXVIII. 

22 juin 1626. 

Mandement du conseil provincial de Namur, pour le paye- 
ment d'une rente de quatre muids et demi d'épeautre, due 



— 273 — 

par les représentants de Jean le Rousseau sur un héritage 

situé BXkMasy. 

Orig. sur parchemin, avec 

sceau en cire rouge. 

CXXXIX. 

13 avril 1630. — Uan seize cent-trenty du mois apvril le 
tresiesme jour. 

Vente faite à Tabbaye de Soleilmont par Philippe Simple et 
Marguerite de Gillier, son épouse, d'une pièce de pâturage 
située vers Pieranchampy dont le pater du monastère est in- 
vesti par le mayeur et les échevins de la cour de Saint-Barthé- 
lemi à Châlelineau. 

Orig. sur parchemin, auquel 
pendaient trois sceaux. Le troi- 
sième de ces sceaux existe en 
fragments. 

CXL. 

Décembre 1635. 

L'abbaye de Soleilmont cède à l'abbé de Floreffe, vicaire 

général de Tordre de Prémontré, la censé et le pâturage 

qu'elle possédait à Farciennes, en échange de diverses 

rentes. 

Copie sur papier. 

CXLL 

11 février 164!2. 

L'abbaye de Soleilmont accorde à Noël Mouillart , en 
échange d'une prairie joignant à la sienne, une pièce de terre 
ayant environ sept mesures. Elle acquittera la rente de A setiers 
d'épeautre due au curé deGilly sur la dite prairie. 

Orig. sur parchemin , avec 
deux sceaux. 



— 274 - 
CXLII. 

9 février 1645. ' 

Accord entre l'abbaye de Soleilmonl et le village de Gilly, au 
sujet des prairies de Hausury où le dit village avait le pâtu- 
rage commun. 

Copie sur papier, signée : 
Vincent de Bavay, voialre admis. 

CXLIII. 

19 novembre 1650. 

Acte passé devant le mayeur et les échevins de la haute coUr 
de Gilly, par lequel François Francquenoville vend à l'abbaye 
de Soleilmont une rente de 45 patards due par Hubert Bal- 
thart. 

Orig. chirogr. sur parchemin, 
auquel est annexé le titre cons- 
titutif de la rente, en date dul9- 
mai 1556. 

CXLIV. 

17 février 1657. — Prononcé àMalines, le dix-septiesme de 
febvrieTy xvj^ dncquante-sept. 

Sentence du grand conseil, qui confirme celle rendue par 

le conseil provincial de Namur dans le procès mu entre 

Charles Desmartin^ capitaine d'infanterie au service du roi, et 

Tabbaye de Soleilmont. 

Orig. sur parchemin, signé : 

F, Sanguessa. 
GXLV. 

8 août 1661. 

Lettres du conseil provincial de Namur, maintenant Tab- 
baye de Soleilmont en possession de cinq boniers de terre 



— 275 ~ . 

situés sous la juridiction Je Châtelineau, et sur lesquels le 
curé de cette localité avait indûment voulu lever la dîme. 

Orig. sur parchemin, avec fragm. 
de sceau. Y jointe la significa- 
tion de l'huissier Salmon. 

CXLVL 

25 octobre 1661 , à Soleilraont. 

Règlement émané de Jérôme Reyers, abbé d'Aine^ pour le 
monastère de Soleilmont, pendant la vacance de l'abbesse. 

Copie sur papier. 

GXLVII. 

14 mars 1662. 

Acte par lequel Tabbaye de Soleilmont cède à Charles 
Grimai, bourgeois de Gilly, un bonier de terre en échange 
d'un demi-bonier de pré et d'une rentg^de six florins. 

Orig. sur parchemin, avec fragm. 
de sceaux. 

CXLVIII. 

10 mai 1663. 

Accord par lequel maître Jean Haillet, chapelain castrai de 
Châtelineau, s'oblige à dire la messe, le vendredi de chaque 
semaine, à la chapelle de la censé de Fontenelle ; moyennant 
quoi, l'abbaye de Soleilmont lui paiera une rente de onze 

muids d'épeautre. 

Copie sur papier, avec signa- 
ture du notaire Nicolas De Bavay. 

CXLIX. 

5 novembre 1672, à Namur. 

Mandement du conseil provincial de Namur, pour le 



— 276 — 

payement à l'abbaye de Soleilmont, de rentes n'excédant pas 
trois muids d'épeautre et six florins. 

Orig. sur parchemin, avec 
sceau en cire rouge. Quatre 
assignations de l'huissier M. Mou- 
reau y sont annexées. 

CL. 

19 octobre 1676. 

Testament de François Baré et de Marguerite Muyaux, son 
épouse, paroissiens de Ransart, par lequel ils déclarent être 
obligés de payer une rente de 24 florins à l'abbaye de Soleil- 
mont, pour la pension viagère de Maximilienne Muyaux, 
religieuse de ce monastère et sœur delà dite Marguerite. 

Copie sur papier. 

eu. 

27 décembre 1678, à Louvain. 

Henri Denys, étudiant de l'université de Louvain, ratifie la 
donation faite par sa mère, Philippe de la Hal, à l'abbaye de 
Soleilmont, d'un pré et de deux demi-boniers de terre 
situés vers Corroy-le-Château^ en considération des faveurs 
reçues par sa sœur dans ce monastère. 

Copie sur papier, signée par 
le notaire HermanEssinck. 

CUL 

24 avril 1682. 

Jean-Jacques Dumont, bourgeois de Fleurus'^ vend à l'ab- 
baye de Soleilmont, représenté^ par dom Silvestre de Pin- 
chart, une maison, avec grange, étables^ bergeries , brasserie 



— 277 ~ 

ei jardin, contenant un demi-bonier et 13 verges, â Far- 
ciennes, devant la halle. 

Copie sur papier,signée par 
le notaire J. de Fleur. 

CLIIL 

4 mai 1689. 

Mandement du conseil provincial de Namur, concernant une 
somme de 600 patacons due à l'abbaye de Soleilmont par 
André le Longfils, leur fermier de la censé de Fontenelle. 

Orig. sur parchemin, avec 
sceau en cire rouge. 

CUV. 

21 février 1696. 

Acte par lequel Barbe Delhaise, veuve de Georges Haeghe, 
pour le salut de son âme, donne à Tabbaye de Soleilmont sa 
maison, avec grange, cour, jardin et dépendances, au village 
de Ransart, et diverses pièces de terre, grevées de cens et 
renies. 

Deux orig. sur parchemin , 
signés par les grefiiers iV. du 
Fanoel, et Haeghe. 

CLV. 

U février 1713. 

Acte passé devant le bailli et les hommes de la cour féodale 
de Ligny, jugeant à Fleurus, par lequel Robert -Alexis Oublet, 
procureur de Tabbesse de Soleilmont, dame Josèphe Staignier, 
fait relief de la porte de la censé de Fontenelle et de ses dé- 
pendances, tei)ues de la dite cour, 

Orig. sur parchemin, signé : 
R. Oublety sceau enlevé. 



— 278 - 

CLVI. 

15 février 1721, au monastère de Soleilmont. 
Acte par lequel les procureurs de Fabbé de Lobbes et du 
sieur Molquin, pasteur de Gilly, reconnaissent que treize bo- 
niers de terre en deux pièces, dites les Uayes-Madame, qui 
appartenaient à Fabbaye de Soleilmont, continueront à être 
libres et exempts de dismes. 

Copie sur papier, suivie du 
procès-verbal d'abornement de 
ces terres *• 

CLVII. 

10 février 1722. 

Échange entre l'abbaye de Soleilmont, d'une part, et Nico- 
las-Joseph Uerion, mari de la veuve de Nicolas Alexandre, 
d'autre part, de trois mesures de prés en deux pièces situées 
sous la juridiction de Farciennes, contre trois mesures de terre 
enclavées dans les quarante boniers de Fontenelle appartenant 
au monastère. 

Orig. sur parchemin, avec ca- 
chet (en cire rouge et en pla- 
card) de l'abbé d'Aine. 

CLVIII. 

11 février 1730, à Bruxelles. 

Passeport délivré par l'administrateur général des droits 
d'entrée, pour le transport des grains appartenant à l'abbaye 
de Soleilmont, à Mont-sur-Marchienne et à la censé de Fonte- 
nelle. 

Copie sur papier. 



i . On y mentionne une ancienne borne, « placée au coing du bois de la 
« communauté de Gilit dit Bois de la ville, faisante séparation dudit bois 
« d*avec les Nu tons. » 



— 279 — 

CLIX. 

5 décembre 1730. 

Relief, fait au nom de Fabbesse de.Soleilmont (Humbelinne 
Bavayj par Jean-Baptiste Warnîer, de la porte de la censé de 
Fontenelle et de ses dépendances, tenues de la cour féodale 
de Ligny. 

Copie authentique, sur papier. 

CLX. 

19 février 1740. 

Relief, — fait devant la cour féodale de Ligny par Jean- 
Baptiste Warnier^ procureur de Tabbesse de Soleilmont, dame 
Joseph Berger, — de la porte de la censé de Fontenelle et de 

ses dépendances. 

Copie authentique, sur papier. 

CLXI. 

31 décembre 1767. 

Relief, — passé devant le bailli et les hommes de la cour 
de Ligny par Jean-Adrien Delvaux, miini de procuration de 
la révérende dame Bernard Evecque^ abbesse de Soleilmont, 
— de la porte de la censé de Fontenelle et de ses dépen- 
dances. 

Copie authentique; sur papier. 

CLXII. 

16 janvier 1768, à Namur. 

Acte par lequel les députés des deux premiers membres de 
l'État du pays el comté de Namur déclarent que le fermier 
de la barrière de Gilly laissera provisionnellemenl jouir le 
monastère de Soleilmont de l'exemption des droits d*icelle. 

Orig. sur papier, signé : Par 
ord^, Pasqud, 

1. L'ÊTêque, d'après Caillot. 



— 280 — 
CLXIII. 

27 septembre 1776. 

Acte passé devant le' bailli et les hommes de la cour 
féodale de Ligny jugeant à Fleurus, et par lequel François- 
Joseph Brigode, procureur de la révérende dame Scholastique 
Dayvier, * abbesse de Soleilmont, fait relief de la porte de la 
censé de Fontenelle et de ses dépendances. 

Copie authentique, sur papier. 



1 Galliot écrit : d'Aiwieret. Mais cette abbesse signait: SSekoUutique dayviêr. 



- 281 - 
APPENDICE. 

r 1 

I Votiee des antres titres et papiers de l'abbaye de Soleilmont. 

1. Recueil conlenant 212 chirographes, sur parchemin et 
sur papier (arrentements^ baux/etc), des années 1363 à 1714. 

2. Cahier in-quarlo contenant, en 14- feuillets remplis, la 
transcription des transactions passées entre Tabbay^ et les 
conimunes de Châlelineau et de Fleuras (XV® siècle). 

Ce cahier est intitulé : Soleilmont, Divers écrits anciens 
pour faire accord avec ceux de Chasteliûeau et Fleurus, En 
voici les rubriques et quelques extraits : 

Fol. 1. XII boniers de bois. 

€ Nous avons desoubz la seignorie de Flerus, d*anchiène 
fondation, XII boniers de bois qui ont esté donnet etaulmo- 
net à nostre église par messire Oste, chevalier, et depuis con- 
fremet par messire Godissal, filz du dit messire Oste et sgr. 
de Lovirvaulx et de Montegnye, comme appert par lettres 
séelléez des dis sgrs. en datte de Tan mille iflxiiij; et sont 
joindant lesdis XII boniers au bois le conte et au bois de la 
ville de Flerus, et d'aultre part au bois Saint-Lambert, etc, 

€ Et faut savoir que cheux de Flerus y voloint clamer le 
lierche part; mais pour chDu qu'il n'y avoint point de droict, 
il en furent condampnel devant le conseille et ju{?e àNamur, 
comme appert par lettres dattées de Tan mille iiij^lxj, 

€ Et oultre che, ont renonchiet à tout droit qu'il y pooint 
avoir, comme appert par les lettres qui ont esté faites des 
parsoQ du bois Saint-Lambert contre la communaulté de 
Flerus. » 

Fol. 1 v^. Bois Saint-Lambert à Flerus. 

Fol. 3. Des Y boniers et jjournaul de bois. 

€ Nous avons encor chincq boniers et ung journaul de 
bois que monsgr. l'archiduc d'Austrice duc de Bourgoine, 
comte de Flandre, de Namur, etc., nous at, pour Dieu et à 
nostre request, arentez hiretablement, pour en joïr et posses- 

46 



-)^^ 

ser hirelablemenl et à tout jour comme de noslre boa et pro- 
pre hiretage, parmy payant chacun an au jour Saint-Jehan la 
somme de deux mailles du prisse séze patars pièce, comme 
appert par lettres dattées de fan mille uy-ui;" et xix. » 
Fol. 3 vo. Que nous astons franck decliauchie à Fieras. 
Fol. 4. De Vaccori fait avecq cheulx-de Flerus à cause des 
pasturages. 

Fol. 4 yo. Du bois Tyry et del Flicée. 
Fol. 9 v». Flerus. 

Fol. 10. Delvoyede Peteusmont qui doit avoir YIII pietz, 
et enVaultre bos XVI pietz. Mille ijHxv. 

c Je Enjorrans, chevaliers, sires deBioul, fai savoir à tous 
qui ces lettres verront et orront, que je donne et ai donnet 
pnrmenablement, por Dieu et en aulmosne, al abbesse et au 
covent de Soleamont, de Tordre de Cystiaux, VIII pietz de 
voye parmy me bois de Peteusmont qui joint au bois le Cont. 
Et sy leur donne encor ens en mon propre bois qui gist avant, 
le larges de XVI piet de voye. Et celle voye devant dite, ainsy 
comme elle est devisée de VIII piet ens en mon bois de Pe- 
teusmont et ens en mon propre bois qui gist avant de XVI 
piet, les devant dit de S. le debvoint tenir de moy, parmy VI 
deniers par an, à payer, chacun an au jour Saint Jehan- 
Baptiste, à my et à mes successeurs permenablement. Et je, 
parmy le devant dit cens de VI deniers, doye warandir et faire 
paisible, et my et mes hoirs et mes successeurs, al abbesse 

et convent devant dit 

En tesmoinaige et por ce que ce soit ferme chose et estable, 
je En jorrans devant dit aye donnet mes propres lettres pen- 
dant sayellées de mes sayaulx au convent devant dit, qui fui 
faille dimenche devant le Sainr-J;m-B. mille ij^lxv.i^ 

Fol. 13. La déclaration des terres et bois appertenant au 
présent à VétjUse de Sobjnmont desouhz ClieMeliniaux. 

Fol. 15. Extrait d'une partie d'jme lettre en parchemin 
touchant les juridictions sous lesquelles V abbaye de Soleilmont 
est située. 



— 28S — 

€ Le ruisseau courant vulgairement appelle le rieu de 
Heppignie et de Ransart, faisant de toute ancienneté la sépa- 
ration etdessoivre du territoire de Fleuru elGilliers par lepilot 
du vivier qui faisoil la clôture du monastère, descendoit et avoit 
toujours descendu et tenu son cours parmi le pourpris et 
terre amortie du dit monastère, et pareillement le ruisseau 
courant qui vient de Fontenelle, appelle le rieu de Taillipreit^ 
faisant la séparation et dessoivre du dit Fleuru et de Châte- 
lineau, descendoit et tenoitson cours ancien et naturel par- 
dessous le dormitoire des religieuses; et ainsy les dits deux 
rieux courant parmi le dit monastère s'assemblent environ 
au-dessous l'infirmerie des dittes religieuses, et ainsy sur le 
territoire de Fleuru qu'avint par une queue ; entre les dits 
deux rieux est assise l'église et une partie du dit dormitoire, 
et outre le rieu de Taillipreit, sur le territoire de Châtelineau, 
est assise la tierce partie du dit dormitoire et le grand jardin 
des religieuses, et outre l'autre rieu de Heppignie, sur le 
territoire de Gillier, est assise une partie de la basse-cour, 
comme l^s escuries des chevaux et des vaches, et ainsy la 
ditte abbaye est située sous trois jurisdictions.» 

3. Liasse composée d'extraits de registres terriers et de dé* 
clarations des biens et renies du monastère, et d'inventaires 
de titres et papiers qui lui appartenaient, des 15% 16% 17^ 
et 1 8« siècles. 

A. Dix-sept lettres adressées à l'abbesse, à la boursière et 
à d'autres personnes, au sujet des affaires de la commu- 
nauté. 4690-1780. 

5. Liasse de pièces relatives à la suppression de l'abbaye, en 
exécution de la loi du 15 fructidor an IV. 



— 284 — 



11/ — Liste chronologique des abbesses de Solellmont/ 

Marie de Senseille, issue de la famille noble de ce nom, 
première abbesse après la réforme, mourut le 12 août 1438. 

Catherine de Vire f 20 septembre 1439. 

Antoinette de Harbi ou du Harby f 21 mars 1461 . 

Charlotte ou Catherine de Rasfledt ou Raesvelt f 11 no- 
vembre...*. 

YzABEAu ou Elisabeth de Lannoy[de Molembais f 12 août 

1525. 

Jeanne de Trazegnies, f 5 février 1545. Galliot dit que 
cette abbesse fit bâtir le dortoir des religieuses et le cloître. 

Agnès de Saultour ou de Sautoir f 13 avril 1566. Elle fit 
élever le quartier des étrangers et celui du confesseur de la 
communauté. 

Elisabeth II de IIemricourt f 28 janvier 1578. 

Anne Robert f à Mons, le 18 janvier 1602; elle fut inhu- 
mée dans réglise de Sainte-Waudiu. 

Madeleine Bulteau ou Butteau f 30 septembre 1624. 
Quelques années avant sa^mort, elle avait résigné la crosse en 
faveur de ; 

Jacqueline Colnet f 30 janvier 1636 ou 1639. 

Anne II^Etienne f 8 /janvier 1649. 

Marie II de Burlen f 19 octobre 1661 . 

Eugénie de la Halle f 21 avril 1694. 

IsabellE|Wolff f 30 octobre 1712. 

Josèphe Stainier f 3 mai 1730. 

HuMBELiNE Bavay f 5 août 1739. 

Josèphe Berger f 1766. 

Bernarde Évkcque ou l'Evêque f 1774. 

Scholastique d'Aivier ou d'Aiwières fut la dernière abbesse 
de Soleilmont. 



i. L'année de la mort de cette abbesse est inconnue ; elle est postérieure à 1470. 



I 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES HOMS DE PERSOMES, DE FAMILLES 4 DE LIEUX 

CONTENUS DANS LA 

iNOTICE SUR LE CHARTRIER DE SOLEILMOiNT. 



Les chiffres [qui suivent ies noms, indiquent les numéros des actes auxquels 

ils renvoient. 



A. 

Adam Grigoirc, GXX. 

Agimont, commune de la province de Namur. ^ Voy. Michel. 

AGNÈS DE Saultourou DE SAUTOIR, abbesso de Solciimont, APPENDICE II. 

AiSEAU, commune de la province de Hainaut, anciennemenl du duché de 

Brabant. — Voyez Oignies. 
Allart. — Voy. Antoine, Rémi. 
Alard, chapelain du chevalier de Ghâtelineau, XXII. 
Alars Jehenes ou Alart Jehenet, échevin de la haute cour de Gilly, 

LXII, LXVIII. 
Aldegonde de Trasignies, iiile d*Etienne, G,GI. 
Aleame de Niquet, échevin de Fleurus, LXXXVllI. 
Alexandre (Nicoias\ GLVII. 
Alexandre Scohier, GXXXV. 
Alix, femme de Jean Ronset, X. 
Alne ou Aulne (abbaye d'), à Gozée, XV, LVI, LVII. — Ses abbés, XGVH, 

GLVII. Voy. Gilles, Thomas, Jérôme Revers. 
Alurefonse, chevalier, seigneur de Ligny, XCH, XGIV, XGV. 
Ameiles, doyen de Saint-Denis à Liège, XXXiX, XLI, XLlI. 
Amourchipreitf XGIH. 

André (saint , apôtre, X, LIV, LVI, LXXH, GII, GIIl, GXXVI. 
André Mahuet, souverain mayeur de Giily, GXXVIII. 
Andrieu * Ghaveaux (frère), GV. 
Anne Etienne, abbessc de Solcilmont, APPENDIGEJI. 
Anne Remy, GXXXI. 
Anne Robert, abbesse de Soleilmont, GXXVIII, GXXIX, APPENDICE II. 

{.André. 



- 286 -. 

Anseau DEL Hâte, écuyeret bailli de Fleurus, XGII. ~ Son sceau, XCII. 

Antoine Allart, échevin de Gilly, CXXI. 

Anthonne le Coutellier, échevin de Gilly, GXXf . 

Anthoine Pety, maire d'Heppifçnies, CVIII. 

Antoine ponchin, procureur du duc de Bourgogne au comté de Namur, 

LXXXVII, LXXXVIII. 
Antoinette de Harbi ou du Harby, abbesse de Soleilmont, APPENDICE II. 
Argenton (abbaye d*), LXX. 
Arnould, doyen de Saint-Barthélemi, XL. 
Arnould Frohmons, XXVI, XXVU. 
Arnoux. — Voy. Ernodl, fils naturel de Gérard de Marbais. 

ASPAFUT. — Voy. COLARS. 

Ath, ville de la province de Hainaut, Cl. 

Autre-Eglise (Âtreglise)^ commune de la province de Brabant. — Voy. 
Badineus d'Alreglisc. 

B. 

Badineus d'Atreglise, chanoine et officiai de Liège, XXXVl. 
Baduins Bibocias, V. 

BAIART. — Voy. COLARD. 

Balatre (Balastre), commune de la province de Namur. — Les deBalastre, 

voy. Gilot. 
Balthart (Hubert), CXLIII. 
Barbette, veuve de Paulus Hubmont, CXXI. 
Barbier (le). — Voy. Jehan. 
Baré (François), CL. 
Barthélemi (saint), apôtre, XLIX. 
Bastien d'Heppignies, chevalier, IV, VI, VIII, Xll, XLV, XLIX.— Son sceau, 

VIII. 
Bauduin, comte de Namur, I, III. 
Bauduin, frôre de Gérard Bestance, XL. 
Bauduin Riboce, échevin de Fleunis, X. 
BAVAT, Bavais ou Bavays. — Voy. Colart, Collin, Humbeline. 
Bavay (Nicolas de), notaire, CXLVIII. 
Bavay (Vincent de), notaire, GXLII. 
Bayar. — Voy. Mathi. 
Béatrix Gomau, LXXI. 
Béez, commune de la province de Namur. — Ses seigneurs, voy. Jehan de 

Berloos. 
Belian de). — Voy. Jehan. 
Belunne ou Beliant (de). — Voy. Colar et Gollart. 
Belion (de). —Voy. Rémi Allart, Martin. 
Beloeil (Baihluel), commune de la province de Hainaut, anciennement pairie 

du comté de Namur. — Ses seigneurs, voy. Jacques, chevalier, sir 

de Baillœul ; — Jean, idem. —Nicolas de Condé. 



— 287 — 

BetioUe-Fonlaine {\'â)j à Heppignies, vers l'abbaye de Soleiimonl, IV, VI, 

VIII, XLV, XLVI, XLIX. 
Berger. — Voy. Josèphe. 
Berlenmont (de). — Voy. Gille. 
Berloos (de). — Voy. Jehan. 
Bernard (saint), XLVI II. 
Bernart. - Voy. Leurent. 
Bernard Evecque ou l'Evêque (dame), abbessede Solcilmont, GLXI. 

BESTANCE. — Voy. GÉRARD. 

BiBociAs. — Voy. Baduins. 

Bietran Nenot, échevin de la haute cour de Gilly, LX1I. 

BoDARs ou Bodart. — Voy. Etienne Jehan. 

Bois (Valentin du), CXXXVI. 

Boset. — Voy^ Jean. " 

Bosses. — Voy. Jean. 

Bradant (Braibantu ancien duché, XLVII. 

BouFFiouLX, commune de la province de Hainaut, anciennement du pays de 

Liège, CIX. 
Bourgogne (monseigneur de). Sa monnaie, LXXVII. — Son grand conseil, XG. 

— Voy. Ghart.es, duc de Bourgogne. # 

Bourguelles. — Voy. Everars. 
Braver. — Voy. Gollard, Jean. 
Brigode (François-Joseph), GLXIII. 
Bruxelles, capitale de la Belgique, GX, GLVIII. — Voy. Martin Steen- 

BERCH, doyen de Sainte-Gudule. 
Buetias (lieu dit /i), à Heppignies, XII. 
BuLTEAU. — Voy. Madeleine. 
BuRLEN (de).— Voy. Marie. 

Cambiis (de). — Voy. Johannes. 

Gastagne. — Voy. Jacques. 

Gatherine de Vire, abbesse de Soleilmont, APPENDIGE II. 

Gatherine du Gelikr, sous-prieusc de Soleilmont, LXXXYIII. 

GÉCILE, femme de Wautier d'Heppignies, IV, XII. 

Gelier (du). — Voy. Gatherine. 

Chabos. — Voy. Nicolas. 

Ghaup (du). — Voy. Begnault. 

Gharleroi, ville de la province de Hainaut, anciennement du comté de 
Namup. — Voy. Gharnoit. 

Gharleroul (le) de Balingcon, LU. 

Gharles, duc de Bourgogne, LXXXIX. 

Gharles V, empereur, CXXIV. 

Charlotte ou Gatherine de Raesyelt ou de Rasfledt, abbesse de Soleil- 
mont, APPENDIGE II. 



- 288 — 

Chamoit, aujourd'hui Charlcroi, XV, XCIir. 

Ghatelet (Chasteling, Chestelin), ville de la province de Hatnaut, ancienne- 
ment du pays de Liège, XXVIll, XXX, LXXVII. 

Châtelineau (Casielnia, Ctiastelineau, ChaxteUineaUy ChastelUieal, Chasteli- 
neau-sur-Sembre^ Chastetinial, Chesteliniat), commune delà province 
de Hainaut, anciennement du comté de Namur, XIII, XVI, XVIII, XIX, 
XX, XXII, XXIIl, XXV, XXVll, XXVIll, XXIX, XXX, XXXII, XXXIII, 
XXXVII, XXXVIII, XXXIX, XL, XL1,XL11, LVIll, LXIII, LXIV, LXXIV, 
LXXVIII, LXXIX, LXXXVII, LXXXVIII, LXXXIX, XC, XCVIl, XCVIÏI, 
XGIX, GXVIII, CXXII, GXXIV, CXXV, GXXXIX, GXLV, GXLVIII, 
APPENDICE 1. — Les DE Ghatelineau, voy. Gilles de Ghâlclineau, 
Michel de Ghestelinial, Lambert seigneur de Moberiingen et de Gha- 
telineau, Lambert (Ie]Damoiseau). — Le chapelain castrai de Ghateli- 
neau, XXII et GXLVIII. 

Ghatelineau (le chemin de), GIV. 

Ghaveaux. —• Voy. Andrieu. 

Cfiellier (au), LXXII. 

Ghukares. — Voy. Jean. 

GiNEY, bourg de la province de Namur, anciennement du pays de Liège, XXI. 

GiTEAUX (ordre de), 4.XXIX, LXXXVIII, GVII. 

Glamin Frongart, échevin de Ghatelineau, XVIII. 

Glamode, échevin de Ghatelineau, XVllI. 

Clément IV, pape, XIV. 

Clerc (le). — Voy. Jean. 

COLARS ASPAFUT, LU. 

Colard Baiart, GXIV. 

Gollart Bavays, demeurant au monastère de Soleil mont, LXV, LXXVI, 

LXXXÎ. 
Gollard Brayer, échevin de la cour; de Saint-Barthélemi à Châtelineau, 

XGVIII. 
Colard Goulon, demeurant à Gilly, GV. 

Gollart de Belianne ou de Beliant, échevin de Gilly, LXII, LXVIll, GV. 
COLART DE Belian le jcunc, maire de Gilly, GV. 
GOLART DE Bellion, demeurant à Gilly, CXI. 
Gollart de Huleux, LXXXIII. 

GOLART DE LUTTBE, GXII. 

Gollart du Fonteny, échevin de Ghatelet et Pont-de-Loup, LXXVII. 

GOLART Floren, échcvin d'Heppignics, GVIII. 

GOLART Henrion, échcviu de Gilly, LXVIll, GV. 

Gollart Henry, échevin de Ghatelet et de Pont-de-Loup, LXXVII. 

Gollart le Moulniër, échevin de Gilly, GXXI. 

GOLART LE Roi, échcvin de Gilly, GV. 

Gollart Mariette, échevin de Gilly, GXXI. 

Gollart Noël, échevin de la cour de Saint-Barthélemi à Châtelineau» XGVIll. 

Cholar ouGolar Pôles, échevin de la haute cour de Gilly, LXII. 



- 289 - 

CoLLART Robert, XCII. 

COLART ROSSEAU, LXXXVIII. 

GoLi^RT Sacre, ôchcvin de la conr de Saint-Barthdlemi à Châtelincau, 

XCVIII. 
Collard Stevevyn, échevin de la couc de Saint-Barlhélemi à Châtelincau, 

XCVIII. 
COLCHON, fils de Cholar Pôles, de Gilly, LXII. 
Colin. — Voy. Henri. 
COLMN dit Bavais, LIX. 
Colin de Fleresuel, mayeur de Fleuras, X. 
Colin de Tongrines, XII. 
Colins Feroulx, LXIX. 
CoLLîGNON. — Voy. Jehan. 
Colin Ijoulies, échevia de Fleuras, X. 
Colin Pocet de Balasire, V. 
CoLNET. ■— Voy. Jacqueline. 
CoNDÉ. — Les DE CoNDÉ, voy. Nicolas. 
CoQUiLLON. ~ Voy. Waltier. 

CoRNiLLE DE Repe, échcvin de Fleuras, LXXXVIII : lieutenant -mayeur, Cil. 
Corroy-le-Chateau, commune de la province de Namur, autrefois du duché 

de Brabant, CLL 
CODLON. — Voy. Colart. 

COURTAIN. — Voy. HOSTA. 

COUTELLIER (!e). — Voy. Anthonne. 
Crois «de le). — Voy. Henri. 
CuvELiER (le). — Voy. Piérart. 

D. 

Dampremt (Danremi), commune de la province de Hainaut, anciennement 

du comté de Namur, XV. 
Delhaise (Barbet, CLIV. 
Delvaux (Jean-Adrien», CLXI. 
Denicquet. — Voy. Jehan. 
Denis, mayeur de Châtelineau, XVIII. 
DESMARTiN (Charles;, capitaine d^infanlerie, CXLIV. 
Dînant, ville de la province de Namur, anciennement du pays de Liège, XIV. 

— Son chapitre de N.-D., XIV, XXÏ, XXXII. 
DuBiONT (Jean-Jacques), bourgeois de Fleuras, CLII. 
Du Ryeu iH.), notaire, CVI. 
DuTERNE. — Voy. Piérart. 

E. 

Elisabeth de Hemrïcourt. abbesse de Solcilmont. APPENDICE, II. 
Elisabeth de Lannoy de Molehbais, abbesse de Soleilmont. — Voyez 

YSABEAU. 

if 



— 290 — 

Englebbrt d'Ysenbnik, archidiacre de Liège, XXXVI. 

EnNOUL ou Arnoux, fils nalurcl de Gérard de Marbais, LXXII, LXXX. 

EnNOUL DE Ligne, CXIII. 

Emouschans^ IV, V. 

EscaUlc (r , à GiUy, LXXX, CV. 

Essairys (En), lieu dit, LIH. 

EssI^'CK (Hcrman), notaire, CLL 

Etienne. — Voy. Anne. 

Etienne Bodart, CXIX. 

Etienne de Froimont, LX. 

Etienne de Trazegnies, G, GI. 

EuGÉ^:lE de la Halle, abbcsse de Solcilmont, APPENDIGE IL 

Eustache, échcvin de Flcurus, X. 

EvECQiîE. — Voy. Bernard. 

EVERARS, bâtard de Bourguelles, LUI. 

Evrard de Joudion, demeurant à Fleuras, LIV, LV. 

m 

F. 

Fabri {P.-C.\ relijçieux d'Aulne, LVL 

Familâuze-coulture^ CVIIL 

Fannuez (de). — Voy. Henri. 

Fanoel (N. du), greffier, CLIV. 

Farciennes (Fauerchinsy Favrechines), commune de la province de Hainaut, 
anciennement du pays de Liège, XX, XXX, XL, XLÏI, CVI, GVII, GXV, 
GXXIII, GXL, CLll, GLVll. — Ses seigneurs, voy. Thierrt. 

Farciennes (bois de), XCVII. 

Faux (cour de), à Masicfie, LXIX, XGV. 

Feix (haute cour du), GI, GUI. 

Feron (J. de), GXXII. 

FEROULX. — Voy. GOLINS. 

Fleur (J. de), notaire, GLU. 

Fleurus (Fleru, Flerues, Fieruis), bourg de la province de Hainaut, an- 
ciennement du comté de Namur, X, XXI, XXII, XXIII, XXX, XXXI, 
XXXIÏ, LU, LIV, LVIl, LXXI, LXXVI, LXXXII, LXXXIII, LXXXIV, 
LXXXV, LXXXVII, LXXXVIH, LXXXIX, XGII, XGIV, GlI, GVII, GX, 
CXIII, GXVllI, GXIX, GLU, GLV, GLXllI. APPE>iDIGE. — Ses baillis, 
voy. ^NSEAU DEL HAYE, Jehan, scigncur de Velaines. 

Fleurus (Bois de), LI, LXXXV, LXXXVI. 

Fleurus à Gilly (chaussée de), LXXXVllî. 

FUche'es, Fierchées, Firchées, Firctiois, Flcircheal, Flicée^ Fliclieies, bois à 
Ghatelincau, XI, XIII, XVIII, XIX, XX, XXV, XXVII, XXIX, XXX, XXXIÏÏ, 
XXXVI, XXXVII, XXXIX, XLI, XLU, LI, LVIII, LXIV, LXXIV, LXXIX, 
XGVII, XGVIII, XCIX, GXXII, APPENDICE. 
Florepfe (abbaye de), GVI, GVII, GXL. — Ses abbés, voy. Gérard. 
Floren. ^ Voy. Golart. 



- 291 ^ 

Florennes, commune de la province de Namur, anciennement du pays de 
Li(Vc, XXI, XXX, XXXI, XXXil. ' ^ 

FoLS-MARitz. — Voy. Jehan. 

Folz (cour dc), à Viller-sur-Osnoy, XCIV, CXX. 

Foiumelle (cour de), CVI, CVII, CXLVIil', CLllI, CLV. CLVII. CLVIIL CLIX 
CLX, CLXI, CLXIII, APPENDICE. 

Fonlmelles (champs dc), XCII. 

FONTENY (du). — Voy. COLLART. 

Fosse (pré à leS LXXII. 

Fosses, ville de la province de Namur, anciennement du pays de Liàre - 

La cour de Saint-Foillien, LU, LX. ' ms • 

Frakiiî de Gemeppe, V. 

France (le grand prieur de), de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem XLVîl 
Francquenoville (François), CXLIII. ' • 

FraNKES MlERLOS, XLVIU. 

Frère (Jean), CXXXVI. 

Froimont ide). - Voy. Etienne, Gondefrins et Lionés 
Frommons. - Voy. Arnould. 
Froymont (du). - Voy. Stiévène. 
Frumignes (de). — voy. Gossuin. 

G. 

G. de Lovierval, chevalier. - Voy. Godescaî 

Gérard, abbé de Florefle, CVI, CVII. 
GÉRARD, curé de Villers-Perwin, XL. 
Gérard Bestance, XL. 

GÉRARD DE GOEIHLIES, III, 

GÉRARD DE Marbais, IV, LXXII, LXXX ; ~ seigneur de Loverval LXMI 
GERARD REM,, échcviu de Chûlclcl et Ponl-de-Lp, LXXViT ' 
Gerpinnes commune de la province de Hainaul, anciennement du comté de 

^amur. - Les de Gerpinnes, voy. Jacques. 
Geulerial. - Voy. Servais. J « «>• 

Ghoulriaz. - Voy. Sel vais. 
Gilles, abbé d'Aine, XCVIII. 

Swf n.T"''"' "*" '^'^^'''^ ^^ Saint-Barthélemi de Liège, XI 
Gille de Berlenmont, C, ci. ^ ' 

'"'''^xîxvf^Xr"' f -'""«^ x'V' xvn. XXI, XXII. XXIV, xxxii, 

AAXVi, XXXVII. - Son chapelain, XXII. 
Gilles de tongrenèles, ïII. 
Gilles d'Outremont, maycur de la haulecour du Feix CI 

Gilles DU Puits, échevin de Fleu rus X * ' 

Gilles le Sire, CXXXll. 

GiLLïER (de). - Voy. Marguerite. 



- 292 — 

GiLLON, fille de Collapt de Huleux, LXXXIH. 

GiLLY (Gilhicr, GUicrs, Gillier, GilHers, Gillir), commune de la province 

■ de Hîiinaul, ancicnncmenl dii comlé de Namur, XLIV, LXll, LXV, 

LXVll, LXVIIl, LXXII, LXXXVIl, LXXXVIIL LXXXIX, XC, XCI, XCVI. 

CIV, CV, CXI, CXll, CXIV, CXXl, CXXVI, CXXVIH, CXXXII, cxxxv. 

CXXXVI, CXLI, CXLll. CXLIII, CXLVll. CLVI, CLXll, APPENDICE. ^, 

GIUY (de). - Voy. JÉRÔME. 

\ GiLOT DE RAUSTJIE, XII. 

Gimi. — Voy. Jumet. 

Glizeulle (de le). — Voy. Jehak. 

Glons (Glaon-sor-Geire, Gto7w-5ur-aere;, commune de la province de Liège, 

XXXIX, XLI. 
Gobiermer (à), LXXIL 

GOBTERT DE WENESRECÉES, V. 

GODEFROID de Châlclineau, XXXIIl. 

GODEFROID DE SONBREFFE, IV. 

GODEFRiN OU GoDEFROfD DE VelaineSi souverain-maycur de la cour de 

FIcurus, Cil, CXlil. 
GODEFROID DE Vebvye, écuycr, XCV. 
GODEFROID de Waudignies, écuycr, XLIII. 
GoDEFFROY Vaire, échovin de Chûiclel et Pont-de-Loup, LXXVII. 
GoDESCAL de Lovierval, chevalicr, IV, X, XXXV. 

GOMAU. — Voy. BÉATRIX. 

GOMINROUX (Gounieroux), dc^pendance d'Heppignics, GXVI. 

GONDEFRINS DE FROIHONT, LX, LXI. 

Gosseliës (GochiUics)^ bourg de la province de Hainaut, jadis franchise du 

duché de brabaul, LIV, LVI. — Voy. Sart (les-Moines). 
GossuiN de Fruuignes, échcvin deFlcurus, X. 

GOUVRENEUR OU GOUVERNEUR (Ic). — VOV. JEHAN. 

GozEE (Gosécs)^ commune de la province de Hainaut, anciennement du pays 

de Lic^gc, XCVIII. — Voy. Alne (abbaye d'). 
Grandc-Slrée .la^ LXXVII. 
Grand'Rieu, LXXX, CIV. 
Grant- Champ, CV. 
Grégoire IX, pape, II. 
Grigoire. - Voy. Adam. 
Grimal (Charles), bourgeois de Gilîy, CXLVII. 
Gui (de Dampicrre), comte de Flandre et marquis de Namur, XLIII. 

H. 

Haeghe (Georges', CLIV. 

Haillet. -- Voy Jean. 

Hainaut (comlé de). — Sa'monnaie, XCVIÎI, CI. — Le maréchal de Ilainaut, 

voy. TuiERRi DE Fargiennes et Thierri de Walcourt. 
Hal (Philippe ou Philippine de la), CLI. 



- «fS- 

Hallb (de la). — Voy. Eugénie. 

Han (de). — Voy. Jehan. 

Hanno, fils de Piérart le Guvelier, LXXXII. 

Hannon de Marbais (le Grant), LXXII. 

Hanoie. — Voy. Stiknpnb. 

Hanret, commune de la province de Namur, XXI, XXXn. 

Hansmelles (de). — Voy. Jean-Philippe. 

Harbi (de ou du). — Voy Antoinette. 

Hausar-riewe (pré en), LXVII. 

Hausury (Prairies de), GXLII. 

Eaye'yfiowT del) jugeant à Brigode et à SairU-Amandl, GXXVII. 

ffayeS'Madame, GLVI. 

Heigne (Eungne)f dépendance de Jnmet, LXXIII. 

Hemricourt (de). — Voy. Elisabeth. 

HENNE. —Voy. JEHENNE. 

Hennekin, écheyin de Ghàtelineau, XVIII. 

Henrart. — Voy. Henro. 

Henri, curé de Gh&telineau, XXII. 

Henri Golin, LXXXVIII. 

Henri de Fannuez, écuyer, XXXIX, XL, XLI. 

Henri de Ham, III. 

Henri de le Grois, XLIX. 

Henri de Vertie, LXIX. 

Henri du Rieu, receveur de Fleuras, GXIU. 

Henri Imbart, échevin d'Heppignies, GVIII. 

Henrion. —Voy. Golart. 

Henro Henrart, XGII. 

Henrt. — Voy. Gollart. 

Henrt belle Tour be Villerèghe, mayeur de la cour de Faux à Masiche^ 

LXIX. 
HENRY TuLPiN, de Jemeppe-sur-Sambre, LXII. 
Heppignies, commune de la province de Hainaut, anciennement du comté 

de Namur, VI, VIII, XIÏ, XLV, XLIX, LXXXI, LXXXIII, GVIII, CXVI.— 

Les d'Heppignies, voy. Bastien et Wautier. 
Heppignie (rieu de), APPENDIGE. 
Hercqce (François de), GXXIII. 
Herion (Nicolas-Joseph), GLVIl. 
Hesbache, XXIV. 
HoECKE. -— Voy. Renaud. 

HosTA GouRTAiN, demeurant à Heppignies, LXXXIII. 
Soudbocoulure (en), LXXV. 
Hubert. — Voy. Thomas. 
Hubert Hubert, GXXVI. * 

Hubert (les deux hayes), XGU. 

18 



- 294 — 

HuBMOirr. ~ Voy. Johàn Pàulus. 

HULEUX (de). — Voy. COLLART. 

HUMBELINS Bàyày, abbesse de Soleilmont, GLIX. APPENDICE IL 

I. 

IMBART. — Voy. Henri. 

Isabelle Wolff, abbesse de Soleilmont, APPENDICE II. 

J., abbé d'Aine, XV. 

Jacqueline Golnet, abbesse de Soleîlmont, GXXXIV, APPENDICE II. 

Jacquemart Rehacle, échevin de Gilly, LXVIII, LXXII, LXXV. — Voyez 

Jacques Remacle. 
Jacquemart Sotial, échevin d*Heppignics, GVIII. 
Jacques (saint), apôtre, XXI. 
Jacques, cheyaiier, aire de Baillœul, III, IV, V, XII. 
Jacques Castagne, chanoine et officiai de Liège, XLII. 
Jacques de Gerpines, ûis de monseigneur Olivier, XXXVII. 
Jacques de Tournai, notaire de la cour de Liège, XLII. 
Jacques Remacle, LXVI. ^ Voy. Jacquemart. 
Jakemon de Keumignotes, V. 
Jakemon de Lons, XLVIII. 
Jamoulart. — Voy. Jehan. 
Janmolart. — Voy. Robert. 
Jardinet (abbaye du), LXX, LXXXVIII. 
Jean, curé de Farciennes, XL. 

Jean, évoque de Liège, XXXIX. 

Jehan, fils de feu le Gharleroul de Balingeon, LU. 

Jehan, fils de Liénart WauUier, GXV. 

Jehan, fils de Wautier Straingnart, XGIII. 

Jean, prévôt de Tèglise de Liège, XXXVII. 

Jean, prieur d*Oignies, XIII, XL. — Son sceau, XLI. 

Jean, seigneur de Bailleul, XLIX. 

Jean, sire de Sombreffe, XLIX. 

Jean-Baptiste (saint;, XIII, XVII. — La fête de sa nativité, XUII, LXIX, 
LXXVIII. 

Jehan Bodars, maire de la haute cour de Jemeppe-sur-Sambre, LIV. 

Jehan Bodart, échevin d*Heppignies, GVIII. 

Jean Boset, XXXV. 

Jean Bosses, mayeur de Saint-Barthélemi à Ghàtelineau, XL. 

Jehan Brayer, mayeur de la cour de Saint-Barthèlemi à Ghàtelineau, XGVIII. 

Jehan-Buts (bois de), LUI. 

Jean Chukares, échevin de Fleurus, X. 

Jehan Collignon, échevin de Ghàtelet et Pont-de-Loup, LXXVIL 

Jehan de Bblian, échevin de Gilly, CV. 



- 295 - 

Jbhan db Bbeloos, seigneur de le Val en Famenne et de Béez, XGVII. 

Jean de Bolland (Botant), chanoine de Saint-Barthéiemi, XL. 

Jehan de Folz dit Rausquin, GXX. 

Jehan de Han, écheyin de la cour de Saint-Barthélemi à Ghàtelineau, XGVIII. 

Jehan de Hun, seigneur de Villers-Poterie, XGVII. 

Jehan de Jumeau, LXXXVIII. 

Jehan de le Glizbulle, GI. 

Jehan de le Juyerye, mayeur de la cour de Faulx^ XGV. 

Jehan de Liëge, religieux d'Aine, LXXXVIII, XGII, XGVIII. 

Jean de Lobbes, dit Wtbours, notaire public, IV. . 

Jehan del Sart, V. 

Jehan de Namcr, religieux d*41ne, LXXXVIII. 

Jehan Denicquet, mayeur de Saint-Lambert à Fleurus, GXIII. 

Jean de Pontegonio, greffier de la cour de Giliy, GXXXII. 

Jean de Saint-Laurent, notaire, LI. 

Jehan de Thaminbs, V. 

Johan de Trttières, chevalier, XGIV. 

Jehan de Velaines, écuycr, seigneur de Velaines, GIIl ; bailli de Fleunis, 

XGVII. 
Jehans de Vile, XLIX. 
Jehan de Warisoul, LXX. 

Jean du Lardier, échevin de Liège, XXXIX, XLI, XLII. 
Jehan du Mont, LXXXVIII. 

Jehan du Sart, échevin dUeppignies, GVIIL 
Jehan du Sart, maire de Fleurus, LXXXVIII. 

Jehan Fols-Mariez, demeurant à Trazegnies, LVI. 

Jean Guilhars (maître), chanoine de Dînant, XIV. 

Jean Uaillet, chapelain castrai de Ghâtelineau, GXLVIII. 

Jehan Hubert, échevin de Gilly, GXXI. 

johan hubhon, gxxi. 

Jehan Jamoulart, GXXVII. 

Jehan Jehennin, XGI, GIV. 

Jean dit l'Ange, chanoine de Saint-Barthélemi, XL. 

Jehan le Bardiier, échevin de Giily, GV. 

JeanleGlerc, manant de Ghâtelineau, XIX , XX. 

Jehan le Gouverneur ou li Gouvreneur, échevin de la haute cour de Gilly, 
LXII, LXVIII. 

Jehan le Parmentier, échevin de Fleurus, LXXXVIII. 

JeanleTelier, XXXV. 

Jehan le Viellebrun, GIV. 

Jehans li prévos de Sclayn, XLIX. 

Jehan Mariette, échevin de Ghâtelet et Pont-de-Loup, LXXVII. 

Jean Mathie, notaire à Fleunis, GXVIII. 

JEAN MoussET (dom), LVII. 

jbhan Noël, GXXX. 



-2Sf6- 

JEÀN-PHn.ippE DE Hansmelles, prêtre, notaire public, G. 

Jean Remacle, maire de la haute cour de Gilly, LXII. 

Jehan Remacle, LXVI. 

Jean Rifflart, écuyer, GXXIX. 

Jean Ronset, de Gimi (Jumet), X. 

Jehan Sacré, GXII. 

Jehan Servais, GIV. 

Jehan Stalupfreal, demeurant à Ghâtelineau, LXXIV. 

Jehan Tartar, GXVI. 

Jehan Toussain, sous-mayeur de Ghâtelet et de Pont-de-Lonp, LXXVII. 

Jehan Walgrappe, demeurant à Heigne, LXXIII. 

Jehan Waty, LXXXVIII. 

Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut, I. 

Jeanne de Trazegnies, abbesse de Soleilmont, ÀPPENDIGE II. 

Jehenes. — Voy. Alars. 

Jehenet. — Voy. Alart. 

Jehenne Henné, religieuse professe de Soleilmont, LXXXVIII. 

Jehennin. — Voy. Jehan. 

Jemeppe (Gmeffe, Jerneppe-sour-Sambre), commune de la province de 

Namur, L, LIV, LVI, LX, LXI, LXII, GXXX, GXXXI. — Les DE Gemeppe, 

voy. Fraun. 
Jennet de Trasignies, GI. 
JÉRÔME DE Gillt, écticvin de la cour de SaintrBarthélemi à Ghàtelineau, 

XGVIII. 
JÉRÔME Revers, abbé d*ALNE, GXLVI. 
JÉRUSALEM. — Voy. Saint-Jean DE JÉRUSALEM (ordrc de). 
Johannes de Cambiis, officiai de Liège, XXXVII. 

JONNET LE PETIT JONNET, LXVIII. 

JosÈPHE Berger, abbesse de Soleilmont, GLX. APPENDIGE II. 

JosËPHE Stainier, abbcssc de Soleilmont, GLV. APPENDIGE II. 

JouDiON (de). — Voy. Evrard. 

Jumeau (de). — Voy. Jehan. 

Jumet (Gimi), commune de la province de Hainaut, anciennement du duché 
de Brabant, X, LXXIII, GXXXIV. — Voy. CariuLaire des renies et cens 
dus au conUc de HainaiU, t. I, p. 179. (N® 23 des publications de la 
Société des Bibliophiles belges, séant à Mons.) 

Kathellin, fille de Pira Franka, CIX. 
Kengmignote ou Eeumignotes, XII, XLVIIl. 
Keumignotes (de). — Voy. Jakemon et Ponchard. 

L. 

Lambechon (Antoine), huissier d'armes du grand coHseii deMalines» GXXIV. 
Lambechon (Gilles), «huissier, GXXXI. 
LAMBERT (saint), XVIIL 



~ 297 - 

Lambert, seigneur de MobertiDgen et de Gh&telineau, XGYII, XCVIII. 

Lambert (le damoiseau), seigneur de Ghâieiineau, XGIX. 

Lambert Ponchart, échevin de Gilly, LXVIII. 

Lambert Verslet, échevin de la cour de Saint-Barlhélemi à Ghâtelineau, 
XCVUL 

Lambusart, commune de la province de Hainaut, autrefois du comté de 
Namur, GVI, GVII. 

LANNOY(de). — Voy. Elisabeth. 

Lardier (du). — Voy. Jean. 

Latran (Lateran), IL 

Latuy (de). — Voy. Noël Piéra. 

LÉON, chevalier, frère de Thierri de Farciennes, XLL 

Leurent Bernart, LXXXIV. 

Leurent Martin dit le Setilenairây GIL 

L'Évéque. — Voy. Bernard. 

LiBERT Soihier, échcvin d'Heppignies, GVIIL 

Liège (Leodium), XIII, XXXVlî, LVIII. — Sa monnaie, XL - Sa loi, XGVIII. 
— Ses échevins, LXXVIII. — Son évoque, XXXIX. — Son église 
majeure, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, XL. — Ghapitre de Saint-Lambert, 
LI, LXXXV, LXXXVI, CXIX. — Ghapitre de Saint-Barthélcmi, XI, XIII, 
XIV, XVI, XVII,XV11I, XIX, XXII, XXV, XXVIIl, XXIX, XXXIII, XXXIV, 
XXXV, XXXVI, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, XLÏ, XLII, LI, LVIII, 
LXXVIII, LXXIX, XCVIII. - Église de Saint-Séverin, XXXVIII. — Les 
chapitres de Liège, LXXIX. — Diocèse de Liège, XXIV. — Ses officiaux, 
XXXIII, XXXIV, XXXVI, XXXVII, XLII, XLIV. 

LiÉNART. — Voy. Quentin. 

LiÉNART WAULTIER, CXV. 

Ligne (de). - Voy. Ernoul. 

LiGNY (Lingny), commune de la province de Namur, autrefois du duché de 

Brabant. — Sa cour féodale, GLV, GLIX, GLX, GLXI, GLXIII. — Ses 

seigneurs, voy. Alurefonse. 
LnXE, chof-lieu du déparlement du Nord, LXXXIX. 

LiONÉS DE FROIMONT, LX, LXI. 

LIOULIES. — Voy. GOLIN. 

LOBBES (l'abbé de), GLVI. 

LOBBES (de). — Voy. Jean. 

LoDELiNSART (savt Lodeiin), commune de la province de Hainaut, autrefois 

du comté de Namur, GXII. 
LoiiES (de). — Voy. Watiers. 
Longenoulles (ès\ XGVI. 

LoNGFiLS (André le), fermier de Fontenelle, GLIII. 
Longnoulle (en), LXXV. 
LONGUEVILLB (N. de), XG. 

LouvAiN, ville de la province de Brabant, GLL -^ Sa monnaie, VII, XVIII. 

19 



I 



- 298 — 

LOVERTAL (Loviervai, Lovirvalz), commune de la province de Hainaut, an- 
cionncmcnl du pays de Liéje. — Ses seigneurs, voy. Godescal. — 

GÉIIARU DE MARBAYS. 

LfCE 'sainlc), viorgo, XXXVIII. 

Liiedclinlicrnc, IV. 

LuTTUE (de). — Voy. Colart. 

M, 

Madeleine Bumeau, abbcsse de Soîcilmonl, APPENDICE II. 
Maestriciit. — K;(lisc de Sainle-Marie : son écolûlre, XVI, XVII, XVIII, XIX, 
XX, XXI, XXII, XXllI, XXIV, XXV, XXVI, XXVII, XXIX, XXX, XXXI, 
XXXll, XXXIII. 
Mahuet. -r- Voy. André. 
Mainnetz-prctz, CXXI. 
Maunes, ville de la pro\ince d'Anvers, siège de l'ancien ç^rand-conseil, 

CXXIV. CXIJV. — Les Berthout, voy. Wautier Bertalz. 
Malines (dc>. — Voy. Ysabeau. 
Maudais, cumn.unc de lu province de Hainaut, anciennement du pays de 

l.iri,T, CXXiX. 
Marrais ou MauuaysuIc). — Voy. Gérard Hannon. 
Maucikuite, lilUî d*Elicnno de Trasignies,.CI. 
Marglerite de Gim.ier, CXXXIX. 
Marguerite Mathieu, veuve de Jehan deWarisoul, LXX. 
Marie, femme de Tliierri de Fapcicnncs, XL. 
Marie de Burlen, ubbesse de Soleilmont, APPENDICE II. 
Marie de Senseiixe, abbessedc Soleilmont, LXII. APPENDICE II. 
Marie de Trasigmes, CI. 
Mauie- Madeleine fsainic), VI, VII, IX. 
Mariette. —Voy. Collart, Jehan. 
JdnrLniTouXy CXIX. 
Martiia. - Voy Pierpe. 
Martin (saini)/xxxill. 

Martin. - Voy. Leiren. ' 

Martin de Bemon, êchcvin de Gilly, CXXI. 
Martin de MAncHiNEi.LKS(dom), LVII. 
Martin Stee.nberch, doyen de Sainte-Gudule à Bruxelles, secrétaire et 

grefticr de Tordre du duc de Bourgogne, LXXXVII, LXXXVIII. 
Matihas (saint», apôtre, XV. 
Mathï Bayar, de Gilly. XCVl. 
Mathie. - Voy. Jean. 
Mathieu — Voy. Marguerite. 
Maximii.ienne Riffi.art, CXXIX. 

Mazy ou Le Mazy (Masiche, Masaicli, Masilz, Hfasy), commune de la pro- 
vince de Namur, LXiX, XCV, CXX, CXXXYIII. 



- 299 - 

MELL£ROY(mons' de), s' de Brymaingne, GXXXVII. 
Michel (saint), XXV. 
Michel, chevalier de Trazegnies, XI. 

Michel, sire de Châielîneau, XLIX. - Voy. Michel de Ghestelinial. 
Michel d'Agimont, XXXVII. 
• Michel de Ghestelinial, III, IV. 
Mons. L'abbcsse Anne Robert, inhumée en Téglise de Sainte-Waudru, 

APPEiNDICE H. 
Mont (du). — Voy. Jehan. 
Mont (rue du), à Fleurus, LXXXIV. 
Mont-sur-Marchienne, commune de la province de Uaînaut, autrefois du 

pays de Liège, GLVllI.^ 
Montegny (bois de), XGIII. 
Montigny-sur-Sambre, commune de la province de Hainaut, autrefois du 

pays de Liège, LXXII, GXXXllI. 
Morialmé, commune de la province de Namur, anciennement du pays de 

Liège. — Ses seigneurs, voy. Nicolas de Gondé. 
MOTQUiN, pasteur de Gilly, GLVI. 
Mouillart (Noël), GXLÏ. 
MouLART. — Voy. Nicol-Jean. 
MouLNiER (le). — Voy. Gollart. 

MouREAU (M.), huissier au conseil provincial de Namur, GXLIX. 
Mouton (hôtel au), à Fleurus, GXIII. 
MuYAUX (Marguerite), GL. 
MuYAUX (Maximilienne), sœur de la précédente, GL. 

N, 

Namur (les comtes de), XII, XGVIII. — Voy. Bauduin, Gui. 

Namur (bois du comte de), LVII. 

Namur, GXXIX, GXXX, GXXXl, GLXII.— Sa monnaie, Vill, XII. — Sa mesure, 
LIV, LV, XGV, GXX. — Son conseil provincial, XGII, XGVIII, GXXII, 
GXXV, GXXX, GXXXI, GXXXVIII, GXLIV, GXLV, GXLIX, GLIII. — 
Doyens de Sainte-Marie, de Saint-Aubain, XXIV, XXXII, et de Saint- 
Pierre du Ghâteau, XXIV. 

NENOT. — Voy. BlETRAN. 

Neufville (de). — Voy. Simon. 

Nicol-Jean Moulart (frère), GXIl. 

Nicolas Ghabos, XXVI, XXVII. 

Nicolas de Ghâielineau, XXIX, XXXIV. 

Nicolas de Gondé, chevalier, seigneur de Bailleul et de Morialmé, XII, XLV, 

XLIX. 
Nicolas le Glerc de Ghâtelineau, XXV. 
NiQUET (de . — Voy. Aleame. 
Nivelles, ville de la province de Brabant. — Sa mesure, LXXIII. — Son 

chapitre de Sainle-Gertrude, XXI, XXXII. 



1 



— 300 — 

NOËL. — Voy. COLARD, JEHAN. 

NOEL DE Latuy, bourgeois de Fleuras, CIT. 
Noere-Goule {lieu dii), à Fleuras, LVIl. 

NONON. — Voy. PlÉRART. 

Nuions (les), CLVI. 

0. 
Obiert de Thamtnes, V. 

OiGNiES (prieuré d'j, à Aiseau, XXXV. — Ses prieurs, voy. Jeak. 
Ostes de Wallehaing, chevalier, XI.VIII. 
OsTON ou Ostes de Ruiantweîs, III, IV. 
OUBLET (Robcrl-Alexis), CLV.- 
Outremont (dO. — Voy. Gilles. 
Outre-Onon, (cour d'), LV, LXI. 

P. 

Parmentier (le). — Voy. Jehan. 
Pasquet, CLXII. 
Patin (courlil), CV. 

Paul (saint), apôtre, XXIV, XXXIX, XL, XLI, XLIl. - La fôle de sa conver- 

sion, XI, XIX. 
Paulus Hubmont, CXXI. 

PELERINS, vice-doyen du chapitre Saint- Barthélemi à Liège, XXXIX. 
Perroy (du). — Voy. Simon. 
Pety. — Voy. Anthoine. 
Philippe (saint), apôtre, XXI. 
Philippe, archiduc d'Autriche, CX. 
Philippe, bailli de l'empereur de Conslantinople, III. 
PiÉRA ou PiÉROT DE Latuy, bourgcois de Fleurus, LXXXIV, CII. 
Pieratichamp, CXXXÏX. 

PîÉRART DUTERNE, LXXXIV. 
PlÉRART LE CUVELIER, LXXXII. 

PlÉRART Nonon, bourgeois de Fleurus, CIL 

PlÉRART Remake, échevin de Gilly, GV. 

Pierre (saint), apôtre, XXIV, XXXIX, XL. XLI, XLII, LVII. 

Pierre de Wick, curé de Spi, CXVIL 

Pierre le Chien, convers profès de Tabbaye du Jardinet, LXXXVIII. 

Pierre Hartha, niayeur de Juniet, CXXXIV. 

Pierre Rouchy, chapelain de Soleilmont, LXXXVill. 

Pierre Yerna, de Monligny-sur-Sambre, CXXXIII. 

PiNCHART (de). — Voy. Silvestre. 

PiRA Franka, meunier de Boufïioulx, CIX. 

PocET. — Voy. Colin. 

PoiRART (Jehenne), CXXXV. 

Pôles. — Voy. Cholar et Colchon. 



- SOI — 

P0L8 DE TRÂZENIES, GVIll. 
PONCHART. — Voy. LAMbERT. 
PONCHARD DE KëUMIGNOTES, XII. 

PoNCHïN. — Voy. Antoine. 

Pont-de-Loup (Pondrclous-sur'Sambre), commune de la province de Hai- 

naul, ancienncmenl du pays de Liège, XXX, LXXVII, XClIf, XCVlï. 
PoNTEGONio (de). — Voy. Jean. 
Prémontré (abbé de), CVI. 
Prémontré (ordre de), CXL. 
Puits (du). — Voy. Gilles. 



Quentin Liénart, notaire public, LXX. 

QuiNTiN Liénart, échevin de Cliûlelct et Pont-dc-Loup, LXXVll. 

R. 

R., de Balaslre, prôtre, XV. 

Raesyelt (de). ~ Voy. Charlotte. 

Ransart (Rasarl), commune de la province de Hainaut, aulrerois du duché 

de Drabaiit, LXVil, CL, CLIV. 
Ransart (rieu de), APPE.NDICE. 

Begnailt du Chamh, scrjçcnt d'armes du duc de Bourgogne, LXXXIX. 

Remacle (saini), XLIV. 

Hemacle. — Voy. Jacquemart, Jacques, Jehan et Willaume. 

Remacle li Soris, échevin de la hauie-cour de Gilly, LXII. 

Remake. — Voy. Piérart. 

REMI (sainl), IV, V. 

REMI. — Voy. GÉRARD. 

REMI AllarTi dil de Belion, maire de Giiiy, CXXL 

Remy. — Vov. Anne. 

Renaud HoECKE, clerc et mambourdu chapitre de Saint- Barihélerai, LXIV. 

Repe (de). — Voy. Cornillk. 

Reyers. — Voy. Jérôme. 

RiBocE. — Voy. Bauduin. 

RiEU(du). — Voy. Henri. 

Rifflart. — Voy. Jean, Maximilienne. 

Robert. — Voy. Anne, Collart. 

Robert Janmolart, portier de Tabbaye de Soleiimont, CXIX. 

Roi (le). — Voy. Colart. 

RONSET. — Voy. Jean. 

RossEAU. — Voy. Colart. 

Rou (ou), LXXV. 

RoucBY. — Voy. Pierre. 

HoussEAU (Jean le), CXXXVIil. 

10 



~ 30-2 - 



SACRE. — VOy. COLLART. 

Saint-Barthélemi (bois de), k Châlelineau, XXXll, XXXVI, XXXVII. — Voy. 

CHATELINEAU et FLICHÉES. 

Saint-Barthélemi (chapiire de). — Voy. Liège. 

Saint-Barthélemi (ermitage de), XCII. 

Saint-Barthélemi (seigneurie de), à Châtelineau. — Voy. Chatelinbau. 

SAiNT-FoiLLiEN(coarde). - \oy Fosses. 

Saint-Jean de Jérusalem (ordre de), XLVII. 

SAINT-LAMBERT (bois de), LXXXV. LXXXVI, LXXXVÏÎI, XCII, APPENDICE. 

Saint-Lambert (chapitre de). — Voy. Liège. 

Saint-Laurent (de). - Voy. Jean. 

Saint-Omer, ville du Pas-de-Calais, XC. 

Saint-Ursmer (cour de), à Fleurus, CXIX. 

Salmon, huissier au conseil de Namur, CXLV. 

Sambre (la), LXXIX. 

Sanguessa (F.), CXLIV. 

S^ftT. — Voy. Jehan del Sart et Jehan du Sart. 

Saut (les-Moincs), dépendance de Gosselies, LU. 

Saultour ou Sautoir (de). — Voy. Agnès. 

ScHOLASTiQUE d'Ayvier OU d'Aiwières, ahbessc de Soleilmont, CLXIII. 

APPENDICE II. 
SCLAYN, commune de la province de Namur. - Prévôt de son chapitre, voy. 

Jehans U prévos de Sclayn, 

SCOHIER (Alexandre), CXXXV. 

Scohier (Marie), CXXXV. 

SELVAis Ghoulriaz, échcvin de la haute-cour de Gilly, LXII. 

Senseilhe ou Senseille (de). — Voy. Marie. 

Servais (saint), VI, VIII, XLV. - La fêle de saint Servais, évêque de Maes- 
tricht, a lieu le 13 mai. 

Servais. — Voy. Jehan. 

Servais Geulerial, échevin de Gilly, LXVIII. 

Silvestre de Pinchart (dom), CL II. 

Simon (frère), chanoine d'Oignies, XL. 

Simon de Neuville, XLIX. 

Simon de Neufville, huissier, LXXXVII. 

Simon du Perroy, LXXXVIII. 

Simple (Philippe), CXXXIX. 

Sire (le). - Voy. Gilles. 

Soihier. — Voy. Libert. 

Soleamont (Jonquièrc de), CIV. 

Soleilmont, dépendance de Fleurus, LIX, XCII. — Abbaye, Son emplace- 
ment, LXXXIX. — Donation lui faite par la comtesse de Flandre et de 
Hainaut, I. — Grégoire IX la met sous la protection du Saint-Siége, 
l\ _ Lecomlc do Namur reconnaît qu'elle est sous sa protection, 



- 303 — 

XLllL — Situation de l'abbaye au XllI® siècle, XLVII. — Ses pâturages, 
LXXXVII, LXXXVJII, XC. — Règlement, CXLVI. — Le moulin de 
Soleilmont, X. — Vivier sous Tenclos de Tabbaye, XLIV. — Le grand 
vivier, LVH. — Chemin de la Benoîie-Fonlaine, XLVL — Actes passés 
à rabbaye, LXX, CXLVI, CLVL — Obii de Marguerilc Mathieu, LXX.— 
Chapelle de Fontenelle, CXLVIIL — Abbesses de Soleilmont, voyez 
APPENDICE IL — Archives de Tabbaye. APPENDICE. 

Soleilmont (prés ou tries de), XCII, CXXV. 

SoMBREFFE, commune de la province de Namur, anciennement du duché de 
Brabant, XLVII. — Les de Sombreffe, voy. Godefroid, Jean. 

SoMiLLONs. —Voy. Thomas. 

SORis (li). ~ Voy. Remacle li Soris. 

SoTiAL. — Voy. Jacquemart. 

S^'ï(spi)f commune delà province de Namur, CXVII, CXXXYII. 

Stainier. — Voy. Josèphe. 

Staluffreal. — Voy. Jehan. 

Steenberch. — Voy. Martin. 

Steffe (au), LXVIIL 

Stevevyn. —Voy. Collard. 

Stienpne ^ Hanoie, échevin de Gilly, CXXI. 

Stiévène du Froymont, de Gosselies, LIV, LV, LVL 

Stradiot. — Voy. Thierri de Walcourt, 

Straingnart. — Voy. Wautier. 

T. 

TaULies-vreis, TaiUy-preit {rieu des), XCII, XCVII, APPENDICE. 
Tamines, commune de la province de Namur. — Voy. Jehan et Obier i de 

Thamines. 
Tartar. — Voy. Jehan. 
Telier (le). —Voy. Jean. 
Tergnée, dépendance de Farciennes, CVL 
Thierri de Farciennes, chevalier, maréchal de Hainaut, XXXVII, XXXVIlï, 

XXXIX, XL, XLI, XLIL — Fils de Thierri Stradiot. 
Thierri de Walcourt, àii Slradiol, chevalier et maréchal de Hainant, XIII, 

XXXIX. XLI, XLIL 
Thierry (bois), XCVIII, XCIX, CXXII. APPENDICE I. 
Thomas (saint), apôtre, XXXVIII. 
Thomas, abbé d'Aine, LXXIX, XCII. — Son sceau, XCII. 
Thomas Hubert, prêtre, notaire public, CXI. 
Thomas Somillons, X. 
Thuin, ville de la province de Hainaut, anciennement du pays de Liège, XXI, 

xxxn. 

TomboU (le), CIIL 
1. Etienne. 



- 804 - 

T0NG11TÏ7ES (de). — Voy. Colin. 

Tournai (de). — Voy. Jacques. 

ToussAiN. - Voy. Jehan. 

Trazecnies, commune do In province de lîaînaiir, nncicnnemcnt du duché 
de Drabnni, LVI. — Ses Fcipfncurs, voy. Michel. — Les de Traze- 
cnies, voy. Al.DECONDE, ETIENNE, JEANNE, JENNET, MARIE, POLS. 

TRIVIÈRES. — Voy. JOHAN DE TRYVIÈRES. 

u. 

Urbain V, pape, LI. 

V. 

VATRE. — VOV. GODEFFROY. 

Val (le^cn Famcnne. — Ses scîjrneurs, voy. Jfhan de Bert.oos. 

Velainës (Vdeijnnes), commune de la province de* Nnnr.ur, CIX. — Ses 

seigneurs, voy. Jehan. — Les de Velaikes, voy. Godefrin. 
Verst.et. — Voy. Lambert. 
Vervie (deK —Voy. Godefroid, Henri. 
ViEij.EBRUN (lo^. — Voy. Jehan. 
Vile aie). — Voy. Jehans. 
V///fr(neude>,"LXXIL 
VillerS'Peuwin (Vilare le Paruiii), commune de la province de Hainaul, 

ancirmicmenl du duché de Unibunl, XL. 
ViLLERs-PoTEiuE, commuuo de la province de Hninaut, autrefois du comld 

de Namur. — Ses seijîueurs, voy. Jehan de Hun. 
YiUer-sur-rOnia, Tiilcr-sur-Osiioy, XCIV, XCV, CXX. 
Vire (de). — Voy. Catherine. 

Waias (fief de), IIï, IV. 

Walcourt, bourg de la province de Namur, — Les de Walcourt, voyez 

Thierrï. 
Walgrappe. — Voy. Jehan. 
Walhain, commune de la province de Brabanu — Voy. Ostes D£ Wallb- 

HAING. 

Waltier Coquii.lon, échevin de Fleurus, LXXXVIIL 

Wangenies (Wanclignics), commune de la province de Hainaul, ancienne- 
ment du comié de Namur, XLIII, CXXIV. 

Warisoul (de). — Voy. Jehan. 

WARNiER (Jean-Baptiste , CLIX, CLX. 

Watiers de Loues, XLIX. 

Watier de Vii.leresse, XLVIII. 

Waty. — Voy. Jehan. 

Waultier (Liénart), CXV. 

Wautier, dit TÂvoué, échevin de la seigneurie de Véglise de Saml-Barthd- 
lemi à Châtelineau, XXVUL 



— 305 — 

Wautier, sire d'Heppignics, chevalier, III, IV, Y, VI, VII, X, XII, XLV, XLVI, 

XLIX. 
Wautier, pciil-fils du précèdent, XLIX. 

Wautier Bertaut (Bcrllwitt), chevalier deMalines, XIlï, XXXIX, XLI, XLII. 
Wautier Straingnart, XCIII. 
Wa^aux, commune de la province de Hainaut, autrefois du comté de Namur. 

— Voy. Waias (fief de). 
Werricus ou WiVRicus, écolâlrc de Téglise N.-D. de Macstricht, XVII, XVIII, 

XIX, XX, XXI, XXII, XXJJI, XXV, XXVI, XXVII. 
Werricus, vicaire de Ghâteiineau, XXII. 
WicK (de). — Voy. Pierre. 
WiLLAUNE Remacle, maycur de Gilly, LXVIII. 
WisDECQUE (maison-Dien dilc de), près d'Alh, CI. 
WoLFF. — Voy. Isabelle. 

F. 

Ybert de Vrerech, V, XII. 

Yerna. —Voy. Pierre. 

YsADEAU de Lannot, abbcsse de Solcilmont, XCVIII, APPENDICE II. — Son 

sceau, XCVIil. 
YsABEAU DE Malikes, pHcure de Solcilmont, LXXXVIII. 



SUPPLÉMENT. 



Le cartulaire de Tabbaye d'Aine, déposé aux Archives de 
rÉtdt, à Mons, contient trois actes relatifs au monastère de 
Soleilmont. Le premier est de mai 1237 et concerne l'agréga- 
tion de ce monastère à Tordre de Citeaux, sous la direction 
de Tabbé d'Aine. Les deux autres, datés d'octobre 1248, sont 
relatifs à une vente, faite aux abbayes d'Aine et de Soleil- 
mont, de 45 boniers de terre à Geneffe (JenefTe, à 4 1. N.-O. 
de Liège). — Voy. notre Description de cariulaireSy 1. 1, p. 35 
(n® 57) et p. 159 (n^* 514 et 515). Annales du Cercle archéo- 
logique de Mons, t. IV, p. 249 (n^ 57) et t. V, p. 285 (n^* 514 
et 515). 



MÉLANGES PALÉONTOLOGIQUES. 



ARCHÉOLOGIQUES & HISTORIQUES. 



FRAGMENTS SUR LES MUSÉES D'ANTIQUITÉS. 



f__ f 



A MES AÏIS DE LA SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DE CHARLEROI. 



Permettez-moi , Messieurs, d'appeler votre attention sur 
une lacune qui frappe les yeux quand on parcourt les collec- 
tions de notre Société. Cette lacune, il est nécessaire de vous 
la signaler afin que chacun s'empresse de nous aider à la 
faire disparaitre. On travaille beaucoup à former notre mu- 
sée, nous ne pouvons le nier, cependant, Messieurs, je dois 
le dire, et le dire tout haut pour que Ton puisse parer au 
mal ; nous travaillons beaucoup l'antiquité et nous négligeons 
le moyen-âge; noxx^ fouillons beaucoup et nous furetons peu. 
Donnons un peu de notre attention et de notre temps aux 
objets de cette époque si artistique et naguère encore si mé- 
connue. Occupons-nousde&i&^fo/^etnotre musée en se complétant 
y gagnera en intérêt artistique et en utilité pratique. Ne né- 
gligeons pas quand nous le pouvons, d'explorer les greniers, 
les caves, les combles des vieilles maisons, des vieux châteaux, 
des vieux presbytères, des vieilles églises; ne passons pas 
indifférents à côté des vieux meubles, des vieux objets, des 
vieilles étoffes, des vieilles pierres tombales, des vieux débris 
architecturaux, archéologiques ou artistiques. Croyez-moi, 
Messieurs, l'étude du moyen-âge a bien son mérite, son 
utilité et ses jouissances; utilité ef jouissance peut-être plus 
■ grandes que celles que nous offre l'étude de l'antiquité. 

On s'étonne parfois que des nations puissantes aient dispa- 
ru tout entières et que de Timmense quantité d'objets do 
toute nature abandonnés en mourant par les honuiies et par 
les peuples, quelques-uns seulement aient échappé à la des- 
truction et nous soient parvenus. Encore, la plupart du temps, 
ces reliques de l'antiquité nous sont-elles arrivées grâce à la 



— 312 — 

terre qui les a cachés et soustraits au génie destructeur de 
l'homme, et même cette terre protectrice n'a pu les abriter 
qu'en partie contre les éléments qui les ont détériorés. 

On se demande comment nous n'avons pas hérité des mon- 
ceaux d'objets qui pouvaient si facilement et si naturellement 
nous être transmis de la main à la main sous la possession et 
la garde de nos ancêtres. On se prend même à reprocher à 
ces malheureux ancêtres leur incurie, leur négligence et que 
sais-je, même leur vandalisme et leur mauvaise volonté ! 
Ilélas, Messieurs, sommes-nous plus sages, sommes-nous 
moins vandales qu'eux? Préparons-nous avec plus de soin 
pour les siècles à venir^ l'histoire des siècles présents ? Je ne 
le pense pas. Peut-être notre imprimerie, notre lithographie, 
nos collections nous donnent-elles certains avantages sur l'an- 
tiquité ; mais, comme particuliers, agissons-nous plus prudem- 
ment que nos pères? Ne sommes-nous pas vandales sans nous 
en douter? 

Notre civilisation classe implicitement en plusieurs catégo- 
ries successives tous les objets qui servent à Thomme. Neufs 
et usuels on les conserve avec soin. Quand ils sont démodés 
ils ont moins de valeur. Puis ils deviennent des vieilleries 
auxquelles personne ne tient. Le cachet artistique même 
qu'ils pourraient porter semble s'effacer par le changement 
de mode et on nv l'apprécie plus. Ils sont trop vieux pour 
être employés encore et trop récents pour appeler l'attention 
de l'antiquaire et de l'archéologue. Voilà la période critique 
où périssent la plupart des objets avant de passer à l'étaU 
d'antiquailles historiques. 

Combien peu de personnes conservent les vieilleries même 
artistiques et les transmettent à leurs enfants ! Possédons-nous 
un vieux meuble de notre grand-père, nous nous en débar- 
rassons pour mettre nos appartements à la mode ; un vieux 
bijou de notre grand'mère, nous nous empressons de le mo- 
derniser, s'il est possible, ou sinon de le livrer au creuset. 
Les vieilles tentures passent au chiffonnier. Je ne parlerai 



— 313 — 

pas des objets de peu de valeur intrinsèque, de verre, de 
cuivre, de plomb, de fer, je serais ridicule de demander la 
conservation de ces objets. Neufs ils ont une valeur d'actua- 
lité, vieux de 50 ou de 100 ans ils ne sont plus bons à rien, 
chacun s'empresse de les jetter à la voirie, à la fonte ou au 
marteau et ils n'acquièrent de valeur historique qu'après 
de nombreux siècles, lorsque quelques uns seulement ont 
échappé au naufrage et à la destruction c rari liantes in gurgi- 
te vaslo » ; et cette destruction, ce naufrage. Messieurs, nous 
en sommes tous et chaque jour les agents I 

Me hasarderai-je à dire un mot des vieux papiers et des 
archives. Messieurs, de ces coffres qu'on donne en proie aux 
rats dans les greniers, qu'on ne veut communiquer à per- 
sonne, crainte de livrer des secrets de famille ou des titres 
inconnus, qu'on ne veut pas feuilleter par paresse ou par im- 
puissance et dont un beau jour on allume le four ou qu'on 
livre au papetier avec condition expresse de les mettre immé- 
diatement en pâte sans examen? 

N'est-ce pas là ce qui se fait chaque jour^ Messieurs, et ce 
qui continuera à se faire encore, malgré tous nos efforts? 
Notre siècle n'est pas plus sage que les siècles antiques et 
notre souvenir ne durera pas plus longtemps que leur sou- 
venir. 

On se prend à regretter en présence de ces faits que les 
musées ne puissent suivre l'exemple des cabinets numisma- 
tiques. En numismatique, les monnaies et les médailles 
trouvent place dans les collections dès leur naissance, au 
moment même où elles sortent de la matrice. On collectionne 
les pièces modernes et on les transmet à nos descendants. 
Que ne peut-on de même former d'immenses musées où l'on 
reçoive et où l'on conserve pour les siècles à venir des spé- 
cimens abandonnés, des objets de notre civilisation, destinés 
à consacrer pour la postérité les souvenirs de nos mœurs. 
Malheureusement l'égoîsme humain s'oppose à ce travail, 
utile seulement pour un HUtre âge, et l'on ne fera jamais le 



— 814 — 

sacrifice des vastes locaux, des travaux importants et des capi- 
taux nécessaires pour former et pour conserver de pareils 
amas d'éléments destinés à Thistoire. Les gouvernements 
seuls pourraient se permettre de tels sacrifices et encore le 
pourraient-ils sans mécontenter la masse des peuples qui 
répugne à rien sacrifier aux sciences sans profit matériel. 

Personne ne saurait s'opposer à la destinée du genre 
humain. L'oubli atteint inévitablement et successivement 
l'histoire de chaque âge passé. Le souvenir de chaque peuple 
s'éteint à son tour et son histoire rentre dans les ombres de 
l'antiquité après un nombre de siècles plus ou moins grand. 
L'homme est mortel et la mémoire de l'homme est mortelle 
d'une manière absolue comme les reliques qu'il laisse en 
quittant la terre. 

Peut-être ai-je tort de me laisser aller à ces réflexions 
d'une philosophie un peu chagrine, Messieurs, et pourtant 
je voudrais avant de quitter ce sujet vous faire part d'une 
comparaison qui m'a souvent frappé. 

Il est une petite plante, mousse chétive, qui avec les crypto- 
games a précédé l'homme sur la terre. Cette mousse nommée 
sphagnum ou spliaigiie^ pousse dans les marécages. La 
faible tige pourrit par la base pendant qu'elle croît par le 
sommet et elle vit dans le terreau qu'elle produit elle-même. 
Depuis des siècles peut-être innombrables, à coup sûr déjà 
bien antérieurs à l'homme, chacune de ces frêles plantes s'al- 
longe vers l'avenir, se pourrissant vers le passé et entre ces 
deux immensités, elle mesure à peine dix centimètres. Eh 
bien, Messieurs, voilà me semble-t-il, l'homme et la puissance 
de son souvenir. Remarquez, Messieurs, que je ne prétends 
pas rééditer pour la millième fois l'image du temps dans 
l'éternité, je parle de l'homme et de ses générations dans le 
temps. Chaque génération est dans le temps un point entre 
deux immensités ; elle s'épanouit vers les siècles futurs, tan- 
dis que ses souvenirs éphémères nommés pompeusement 



— 815 - 

l'histoire des' nations , s'éteignent en pourriture à la distance 
de quelques siècles d'antiquité. 

A cette queue d'histoire de plus en plus obscure se ratta- 
che pour notre ère la notion incomplète, presqu'effacée de 
l'homme préhistorique ! Un jour viendra, Messieurs, où les 
Gaulois et les Romains, et plus tard nous-méme serons pour 
les nations futures les peuples préhistoriques, n'ayant pour 
annales que les déductions hypothétiques si douteuses et si 
incomplètes, dues à la sagacité de la science. Puis ce souvenir 
vague se voilera lui-même et disparaîtra tout doucement 
dans les limbes de l'inconnu des siècles passés. Toul pour 
rhomme est relatif à la puissance de ses facultés intellec- 
tuelles et ce que nous nommons aujourd'hui l'homme primi- 
tif n'est certainement pas l'homme primitif d'une manière 
absolue. 

En parlant des déductions hypothétiques de la science sur les 
mœurs de l'homme préhistorique, je viensd'ajouter: déductions 
si douteuses et si incomplètes. 

En effet, Messieurs, que savons-nous de certain sur ces 
peuples préhistoriques? Toutes nos connaissances relatives à 
l'homme de ces époques se réduisent à bien peu de chose ; 
toutes nos suppositions à son égard sont déduites de l'étude 
des reliques peu nombreuses que la terre nous en a conser- 
vées; quelques silex, quelques objets en corne, ou en os, à 
peine ose-t-on y joindre quelques tessons de poterie pourrie 
dans la terre par l'âge et l'humidité. Peut-on, armé d'éléments 
semblables, porter des conclusions certaines sur le degré de 
civilisation ou de sauvagerie de ces peuplades? Oserait-on 
affirmer que ces peuples manquaient de civilisation et 
l'employaient pour leurs usages que le silex et la corne ? 
'.es Gaulois aussi bien que d'autres peuples et même 
.es Romains employaient le silex et cependant ils travail- 
laient parfaitement le fer et les autres métaux. Dans dix 
mille ans que restera-t-il des nombreuses choses conservées 
usqu'aujourd'hui dans les cimetières romains, vingt siècles 



- 316 — 

se sont à peine écoulés, et Ton sait où en est arrivée Tœuvre 
de destruction de ces objets confiés à la terre. Toute subs- 
tance organique a disparu. Le bois est dans ce cas, et Ton 
pourrait douter que l'artiste romain sut travailler et sculp- 
ter finement cette matière. Les métaux sont oxydés, mécon- 
naissables et souvent réduits en poudre. 

Le fer retombe à l'état d'oxyde hydraté semblable aux mi- 
nerais naturels. 

Les poteries sont parfois ramollies, décuites, pourries*; elles 
finiront par redevenir de la terre délayée. Le verre est cor- 
rodé et parfois dissous quand il est métallique ! * Le moindre 
cataclysme terrestre aidant, on peut prévoir le moment où 
tout ce qui appartenait à Rome sera englouti et disparaîtra 
complètement et après l'extinction de la tradition écrite et 
parlée ne laissera plus que quelques silex pour critérium de 
cette belle civilisation romaine. Alors lés archéologues et les 
géologues futurs ne pourront-ils pas douter aussi que les ro- 
mains connussent l'usage du fer et des autres métaux? et 
déclarer que leur art grossier se résumait peut être à la taille 
de la pierre et que c'était un peuple sauvage sachant à peine 
équarrir le bois? 

Saurait-on prouver avec certitude que notre homme pré- 
historique ne connaissait pas le fer, et ne sculptait pas le bois? 
Sa poterie est décuite par les siècles ; mais si on lui rend par 
la pensée une forte cuisson, si l'on tient compte de la perfec- 
tion de certains vases que les tessons trouvés ont permis de 
reconstruire. Si l!on se rappelle les nouvelles et nombreuses 
découvertes prouvant que ces peuples étaient loin d'être dé- 
pourvus de goût artistique, il restera au moins des doutes bien 
grands sur la prétendue barbarie de ces peuplades lointaines 
par l'époque où elles ont existé. A l'appui de cette opinion 
je rappellerai que MM. Dewalque et Cousin' ont trouvé au 
milieu de reliques humaines de l'âge du renne, des grains de 

1 Le cimetière de Strée en a fourni des exemples remarquables. 
2. Voir Bulletin de L'Académie royale de Belgique^ juillet 487$, 



— 817 - 

blé cultivé en assez grande abondancei. Voilà donc l'homme 
quartenaire considéré d'abord comme exclusivement chasseur 
qui devient cultivateur et homme de mœurs relativement 
pacifiques et peu sauvages. 

D.-A. VANBASTELAER. 
Charleroi, mai 1874. 



1 On a trouvé mainles fois des^graÎDes céréales dans les palafiUes el les 1er- 
ramaret de V^e néolilhique. 



HACHE EN JADE TROUVÉE PRÈS DE TERMOHDE. 



Dans un de mes nombreux voyages à Waesmunster, vil- 
lage situé entre Termonde, Lokeren et S*-NicoIas, j'ai trouvé 
un fragment de hache en pierre polie que j'ai donné à la 
société d'archéologie de Charleroi. 

Ce fragment, de 15 à 20 millim. d'épaisseur, en forme de 
coin plat à joues renflées, est une partie du tranchant *une 
hache ordinaire ou d'un marteau-hache dont le mih'eu était 
percé d'un trou pour recevoir le manche; il a 67 à 68 mil- 
lim. du tranchant au centre de l'emmanchure, et 46 à 47 
millim. de largeur. On peut donc conjecturer que la hache 
entière avait environ 14 centim. de longueur, 5 à 7 de hau- 
teur, et 5 d'épaisseur au milieu. 

Le trou d'emmanchure, très régulier, paraît avoir été par- 
faitement cylindrique. Il est difficile de concevoir comment 
une telle ouverture a pu être pratiquée avec une simple 
pierre dans une roche aussi dure : c'est un vrai travail de 
chinois, et l'on est tenté de croire que la légende a raison, 
quand elle nous dit que les premiers envahisseurs de nos 
contrées et les fils du ciel sont cousins germains. 

Cette pierre fut trouvée au bord d'une tranchée de che- 
min de fer et paraissait fraîchement extraite du sol quand je 
la ramassai ; elle porte deux sortes de cassures : les unes an- 
ciennes, les autres récentes; les premières, de couleur jau- 
nâtre, présentent quelques grains de /e/d^pa/A en léger relief; 
les autres, de couleur vert grisâtre, esquileuses, à nombreu- 
ses lamelles de feldspath, montrent une pâle serrée, subs- 
chistoïde; c'est un morceau de 5flU55un7e, espèce réunie avec 
plusieurs autres sous le nom de jade. 

Mes nombreuses recherches pour retrouverTouvrier qui avait 
découvert cette pierre et sans douteravaitbrisée,ouqueIqu'au- 
ire fragment provenant liu même bloc , n'eurent aucun 



— 320 — 

succès, de sorte qu'il me fut impossible de connaître com- 
ment ni à quelle profondeur le fragment primitif se trouvait 
dans le sol. L'aspect des faces polies et des anciennes cassures 
peut aussi bien indiquer une longue exposition à Tair qu'un 
séjour prolongé dans la terre sablonneuse de cette contrée, 
formée de sable campinien amendé par la culture ; il est donc 
impossible, en l'absence de tout renseignement, d'indiquer 
avec certitude comment cet objet se trouvait à Waesmunster. 

Il est probable que ce fragment provient d'une hache aban- 
donnée ou perdue par quelqu'une des peuplades qui ont dû 
habiter ces lieux à l'époque de la pierre polie. Cette der- 
nière supposition est très admissible, la disposition topogra- 
phique du pays étant en tout point favorable à l'établissement 
de ces peuples primitifs. Le sol, en effet, présente un relief 
relativement considérable qui atteint, à Waesmunster, la cote 
33^ au dessus du niveau de la mer. Sur la rive gauche de la 
Durme et de l'Escaut, le terrain s'élève brusquement entre 
Waesmunster et Tamise ; il atteint sa plus grande élévation 
dans la première de ces localités d'où le sol s'incline lente- 
ment vers l'Est et le Nord, plus rapidement vers l'Ouest, et 
immédiatement au Sud vers la Durme et l'Escaut pour former 
une vallée large et plate. 

Ce pays avait donc, avant Tendiguement des rivières et de 
la mer, l'aspect d'une grande ile formée par l'Escaut, la 
Durme son afQuent, et la mer du Nord ; partout sur son pour- 
tour s'étendaient de profonds marécages qui devaient en ren- 
dre l'accès difficile. Cette situation favorable, abritée contre 
les invasions de la mer dont les marées se font sentir jus- 
que près de la source de la Durme, défendue naturellement 
contre les attaques des peuplades environnantes, avait cer- 
tainement dû être appréciée par ces populations primitives 
du littoral. 

Il n'y a donc aucune difficulté à admettre qne cette contrée 
était habitée à l'époque de la pierre polie. 

C. Blanchart. 



CHRONIQUE 

DBS 

DAMES CHANOINESSES SÉPULCHRÎNES 

DU COUVENT DE 

NOTRE-DAME DE MISÉRICORDE 

A MARCHIENNE-AU-PONT 
précédée d*une 



DE 

L'ORDRE DU SAI NT-SÉPU LCH RE 
d'apses un mantjbcbit a^^ontme 



Préface, 

La chronique des sépulchrines de Marchienne-au-Pont, que 
nous publions dans ce recueil, a été reproduite récemment, 
mais avec des lacunes regrettables, dans les analectes ecclé- 
siastiques de Louvain', d'après une copie peu fidèle de Torigi- 
nal, dont la trace avait été perdue . Nous avons été assez 
heureux, après quelques démarches, de retrouver ce précieux 
manuscrit entre les mains d'un ami des lettres, M. Edouard 
Pirmez, de Marchienne-au-Pont, qui a mis le plus grand em- 
pressement à nous le communiquer. 

Cette circonstance nous a permis de donner le texte fidèle et, 
pour ainsi dire, complet d'un document historique qui inté- 
ressait tout particulièrement notre arrondissement. 

Bien plus, l'estimable M. Pirmez, sachant combien notre 
société était désireuse de conserver dans ses archives un 
document de l'espèce, rédigé^ pour ainsi dire, aux portes de 
notre cité, a eu la délicate attention de le lui.offrir. Nous lui 
en exprimons ici toute notre gratitude, au nom de la Société 
d*Ârchéologie de Charleroi, en souhaitant que cet exemple 
trouve souvent des imitateurs. 

i. TomeX p. 302 et s. 

9. Nous devrions dire, pour être plus exact : Copie ori^aaie, car ce ma* 
Duscrit n*est réellement qu'une première copie. 



— 322 - 

Nous ignorons le nom de Tauleur de cette chronique ; sa 
modestie Ta dérobé à notre légitime curiosité. 

Il a fait précéder son œuvre d'une notice historique de 
Tordre du Saint-Sépulchre, à la suite de laquelle, il y a con- 
signé, année par année, les événements mémorables qui sont 
advenus au couvent de Marchienne, depuis sa fondation. 

Le lecteur y trouvera le récit d'un curieux incident jansé- 
niste qui a eu, à cette époque, quelque retentissement dans 
le pays, et qui avait pour acteurs, la supérieure, les reli- 
gieuses et un oratorien, directeur spirituel clu couvent. 

Il est toutefois à regretter que la chronique soit brusque- 
ment interrompue dès Tannée 1714; il est probable qu'elle 
•a été continuée jusqu'à l'époque de la suppression des ordres 
monastiques, en 1794, et que les feuilles qui la complétaient 
ont été égarées. Elle n'en reste pas moins une chronique 
très intéressante pour Thistoire du pays. 

Nous croyons utile d'ajouter, en terminant, une note biblio- 
graphique, qui trouve naturellement sa place ici, et que nous 
devons à Tobligeance de M. Grandjean, bibliothécaire à Tuni- 
versité de Liège : 

Le père jésuite, Pierre Bouille, né à Dinant en 1575, a pu- 
blié, entre une foule d'ouvrages, renseignés dans la biblio- 
thèque des écrivains de la compagnie de Jésus, un livre 
intitulé : Histoire de Notre-Dame de Miséricorde, hoixorce 
chez les religieuses Carmélites^ de Marchienne-au-Pont. 
Liège, 1641, in-12. (V. Becdelièvre, Biographie Liégeoise, 
tome II, p. i9y et Abry : Les Hommes Illustres de la nation 
Liégeoise^ ouvrage remarquable, récemment édité par les 
Bibliophiles Liégois^ p. 105). 

Un autre opuscule intitulé : Notre-Dame de Miséricorde^ 
patronne de Marchienne-au-Pont, a été imprimé à Fontaine- 
TEvêque, chez Delcourt-Silez, en 1854, in-12. (V. le n^ 7791 
du catalogue de la bibliothèque d'Ulysse Capitaine, léguée à 
la ville de Liège.) Cam. Lyon. 

i. Louis Abry écrit avec raison : Sépulchrines. 



— 323— r : 

Copie de ce qu*a laissé sur l'origine et l'antiquité de l'ordre des 
chanoines et chanoinesses du sa1nt-sépulchre de notre-seigneur 

JÉSUS-CHRIST EN JÉRUSALEM, l'aUTEUR d'uN MANUSCRIT AYANT POUR 
TITRE : 

DU COUVENT DES 

RELIGIEUSES CHANOINESSES RÉGULIÈRES 

DE 

L'ORDRE DU SAINT-SÉPULCRE 

A NOTRE-DAME DE MISÉRICORDE LEZ MARCHIENNE-AU-PONT* 

CHAPITRE l«^ 

Saint Jacqnes, le Juste, premier Patriarche de Jérusalem, 

instituteur de l'ordre. 

C'est à juste titre, Mesdames, écrit l'auteur, s'adressant et 
offrant son travail aux dames chanoinesses régulières et 
Sépulchrines de Miséricorde, que vous prétendez que Torigine 
de votre saint ordre soit aussi ancienne que les apôtres, puis- 
qu'il est rapporté de saint Jacques, le Juste, frère de Notre 
Seigneur, qu'étant sacré évêque de Jérusalem, par saint 
Pierre, il institua et pratiqua le premier cette religion cano- 
nique. C'est pourquoi vous le reconnaissez pour votre Saint 
Père et l'honorez comme votre instituteur. 11 porta lui-même, 
le premier, l'hahit de votre ordre, et son clergé le prit ensuite 
à son imitation. Il n'y établit point d'autre règle que celle des 
apôtres, base et fondement de toutes celles qui existent et 
subsistent canoniquement aujourd'hui. La vie commune étoit 
exactement observée entre eux, et quelque tems après, ils se 
soumirent entièrement au Patriarche saint Jacques, pour dé- 
pendre de lui en toutes choses. 

1. N.'B. — L*auteur, parhumililc, sans doule,'a'[voulu demeurer incon- 
nu, mais très précieuse est, pour[rhistoire,'sa!courle|et ûdèle narration. 



-- 324 — 

Saint Siméon, dont vous célébrez la fêle le 18 de février, 
succéda à saint Jacques et laissa à ses disciples, les chanoines 
religieux de son clergé, lesquels vivoient avec lui, plusieurs 
bons documens tirés de TÉvangile et des actes des apôtres. 
Ces documens étant par lui compellés, il les confirma de son 
autorité épiscopale, pour être observés en forme de règle. II 
les leur laissa, comme un légat, lequel successivement ils dé- 
voient garder. En effet, ils les observèrent jusqu'au tems de 
saint Cirylle, pendant les jours duquel saint Jérôme vivoit en 
la terre sainte, en Bethléem, à une demi journée de Jérusalem. 
La tradition porte que saint Augustin, vivant en ce tems là, 
envoya vers les chanoines du Saint Sépulchre (peut-être par 
le moyen de saint lérome, qui étoit de sa connaissance), pour 
savoir leurs règles et forme de vie, qui lui furent envoyées aus- 
sitôt. D'où vient que vous lisez de lui, qu'étant fait prêtre, il 
institua un monastère de clercs, et commença de vivre avec 
lui, selon la règle instituée par les apôtres ; après quoi il 
augmenta la dite règle de plusieurs particularités et l'approuva 
ensuite de son autorité lorsqu'il fut fait évêque, c'est pour 
quoi elle est aujourd'hui appelée sa règle. 

Et comme l'on verra dans la suite, les fréquentes per- 
sécutions ont dispersé dans toute l'Europe les chanoines et 
les chanoinesses de votre ordre. Enfin s'étant remis ensemble 
de côté et d'autre, ils prirent la règle de ce saint Docteur, 
comme ne faisant qu'une avec la leur. Voilà comment il fut 
appelé le restaurateur de votre ordre. 

Saint Clément, successeur de saint Pierre, et saint Marc, en 
Alexandrie, tinrent la même forme et manière de vie pour les 
chanoines de leur clergé, avec cette différence, seulement, 
qu'ils ne portèrent point la croix double sur leur habit, comme 
la portoient le Patriarche et les chanoines de Jérusalem, à 
cause qu'ils étoient du lieu où Notre Sauveur soufTrit le sup- 
plice de la croix. 



— 325 — 

CHAPITRE II. 

Dinombrement snccessif des Patriarches de Jérusalem, qui souffrirent 
persécution avec les chanoines de FOrdre. 

En Tan 54, le Palriarche et les chanoines furent obligés de 
se sauver dans des pauvres demeures et cavernes sous terre, 
de peur des Juifs, qui les persécutoient violemment, ef la plu- 
part demeurèrent cachés jusqu'à ce que Jérusalem eut été 
détruite, pour la deuxième fois, par l'empereur Adrien. 

Jusqu'au tems de cet empereur, ils avoient eu quinze 
Patriarches, et depuis Adrien, jusqu'à ce que sainte Hélène 
vint à Jérusalem pour chercher la sainte croix, saint Macaire 
faisoit en tout le trente-neuvième. 

Ils sont tous marqués, comme Général de cet ordre, entre 
lesquels on rapporte de saint Narcisse, qui fut le vingt-neu- 
vième, des choses admirables, savoir que la veille de Pâques, 
rhuile ayant manqué en Téglise, et tout le peuple en étant 
consterné, il commanda à ceux qui avoient charge des lumi- 
naires de puiser de l'eau au puits prochain, et la lui apporter, 
ce qu'étant fait, il pria sur ladite eau et leur dit qu'avec une 
foi ferme ils en versassent dans les vases des luminaires; et en 
même tems elle se trouva miraculeusement changée en 
huile, de laquelle plusieurs frères, qui étoient présens, en 
réservèrent bonne quantité, pour témoignage du miracle. 

Il est aussi rapporté d'Alexandre, trente-troisième Patriarche, 
que comme les chanoines de Tordre sortoient hors des portes 
de la cité, pour lui aller au devant, une voix se fit entendre 
du ciel, qui leur dit : Recevez celui-ci, c'est votre évêque, qui 
vous est donné de Dieu. 

Pour revenir au patriarche saint Macaire, lorsque sainte 
Hélène vint à Jérusalem, pour chercher la sainte croix, la- 
quelle étant trouvée et le saint sépulcre découvert, elle y flt 
bâtir une église fort magnifique, elle bâtit aussi et fonda un 
fort beau monastère, et, à son instante requête, le Patriarche 



— 326 - 

saint Macaire plaça audit monastère douze chanoines, tant 
pour y faire TofTice divin que pour garder la sainte croix du 
Sauveur. 

CHAPITRE III. 

Suite du oli&pitre précédent, et comment les clianoines de POrdre 
sont attitrés cbuioines du Saint-Sépulchre. 

Sainte Hélène ayant donc placé douze chanoines au monas- 
tère qu'elle avoit fait bâtir au Saint Sépulcre, c'est de là qu'ils 
prirent le nom de chanoines réguliers du Saint Sépulchre. 
Ayant fait ensuite construire plusieurs autres églises et mo- 
nastères de l'un et de l'autre sexe, tous prirent le même nom, 
comme dépendans du Patriarche, qui réside toujours au pre- 
mier monastère. Ces nouvelles maisons furent, une en la vallée 
de Josaphat et l'autre en Bethléem, où celte sainte impéra- 
trice conversoit fort religieusement avec les chanoinesses du 
Saint-Sépulchre, leur faisoit des repas, les servoit à table de 
ses propres mains, et se considéroit déjà par avance comme 
une de leurs agrégées. Aussi fînit-elle par prendre l'habit de 
l'ordre, avec la croix double des mains du Patriarche, alors 
général dudil ordre, saint Macaire, et fut-elle ensevelie en cet 
habit, dans un monastère de chanoines du Saint-Sepulchre, 
appelé Mont-d'Olivet, à cinq lieues près de la ville de 
Venise. 

Chosrôas, roi de perse, ayant pris la ville de Jérusalem, fit 
martyriser tous les chanoines du Saint-Sépulchre, et il emporta 
la sainte croix; mais ayant été restituée avec autres choses 
par Héraclius, les chanoines nouveaux de l'ordre commen- 
cèrent de rechef à fleurir et édifier la chrétienneté, jusqu'au 
tems du Patriarche Sophronius, VIII'"® du nom. Ce fut de son 
temps que les Sarazins^ venant à Jérusalem, massacrèrent 
encore les chanoines de l'ordre; mais réservèrent le Patriarche 
qui, peu après, rétablit Tordre et le fit refleurir de même. 



- 327 — 

Après la mort de Sophronius, quelques années s'étant 
écoulées, Horestus étant le cinquante-septième Patriarche, 
les chanoines furent martyrisés pour la quatrième fois, par 
le sultan de Babylone, qui, ayant emmené Horestus, le fil aussi 
très cruellement mourir pour la cause de Jésus-Christ. 
Théophile succéda à Horestus, puis Nisipolus à Théophile. Ce 
fut sous Nisipolus que les chanoines rebâtirent leur monastère 
au Saint-Sépulchre et autres églises. 

Après Nisopolus,Sophronius IX^^^de ce nom,élant Patriarche, 
les Turcs prirent Jérusalem et permirent à quelques chanoines 
de demeurer dans leur monastère du Saint-Sépulchre, parmi 
leur payant énorme tribut. Ils vécurent de cette sorte sous les 
deux patriarchats de Eminum et Siméon, auquel tems Gode- 
froi de Bouillon regagna Jérusalem, et les mit dans un état 
glorieux. 

Tout ce qui vient d'être dit est exactement tiré d'un livre 
intitulé : Catalogue Jérosolomitain, translaté de l'hébreu en 
grec, du grec en latin, ensuite en langue vulgaire, puis en- 
voyé par Daybert, Patriarche de Jérusalem, à Guy, grand- 
prieur du monastère de Saint-Luc, à Pérouse, et vicaire 
général de l'ordre des chanoines et chanoinesses régul.du Saint- 
Sépulchre. 

CHAPITRE IV. 
Godefroi de Bouillon rétablit les ohanoines. 
DifllcuKét que les Mriarchet otsuièrent apràs la mort 

Guilliaume de Thyr rapporte que Godefroi de Bouillon, 
proclamé roi de Jérusalem, rétablit les chanoines du Saint- 
Sépillchre dans leur première dignité, comme nous avons dit 
déjà. Non-seulement il les affranchit des tribus, mais il leur 
assigna encore des gros revenus, pour leur entretien. Daybert 
ayant été ensuite élu pour le premier Patriarche latin sur la 
fin de la même année (llOO)i eut des différens avec Bau- 



— 328 — 

duin, successeur de Godefroi, mort l'année suivante, que 
Daybert prit possession de son palriarchat. Ce Dayber, après 
avoir gouverné canoniquement son église près de trois ans, 
au milieu des troubles qui lui furent suscités sans relâche, 
fut ensuite contraint de l'abandonner, par la violence extrême 
que lui firent ses ennemis. Bauduin fit alors élire Evremar, 
qui, en usurpant le siége^ retrancha de suite une partie des 
revenus des chanoines et leur donna seulement pour chacun 
deux cent-cinquante bizans par année. Daybert alla à Rome 
porter ses plaintes au pape Paschal II, qui, touché de l'injus- 
tice qu'on lui avoit faite, le rétablit sur son siège ; mais 
^î"î? comme il y retournoit, il mourut à Messine, l'an onze cenl- 
sept, et Gibelin, archevêque d'Artis, que le même pape en- 
voyait en même tems à Jérusalem, en qualité de légat, pour 
pacifier cette église, en fut fait lui-même Patriarche, tandis 
que l'intrus mais réconcilié Evremar fut fait évéque de 
Césarée. 

Gibelin mourut Tan 1111. Ârnoul, archidiacre de l'église 
de Jérusalem, que Guillaume de Thyr appelle primo-genitus 
satanae et filius perditionis, s'ètoit déjà fait élire Patriarche 
avant Daybert et avoit été obligé de se démettre de cette di- 
gnité, qu'il avoit eu par mauvaise voye. Mais après Gibelin, 
remis à sa place par la faveur du roi, et continuant néan- 
moins une vie scandaleuse, le légat du pape Paschal II se vit 
obligé de le déposer, l'an 1115. Il appela de la sentence du 
légat, et fut à Rome trouver le pape lui-même, qui, pour le 
bien de la paix, le rétablit encore, l'an 1117, après qu'il eut 
juré surlQS saintes Evangiles, qu'il étoit innocent des crimes 
lui attribués, comme le porte la bulle de ce pape y relative. 
Ce (ut cet Ârnould qui, l'an 1117, engagea les chanoines 
du Saint-Sépulchre (lesquels avoient été plusieurs fois disper- 
sés de côté et d'autre) à prendre la règle de saint Augustin, 
qui n'en faisoit qu'une avec celle qu'ils avoient reçue immé- 
diatement des apôtres, comme on a vu ci-devant. Ils recom- 
mencèrent donc à vivre en commun, c'est pourquoi ledit 



- 329 - 

Arnould, pour les confirmer dans cette résolution, leur aban- 
donna la moitié des offrandes qui se feroient au Saint- 
Sépulchre, et entièrement celles de la vraie croix, qu'ils 
avoienl en leur garde, excepté celles qui se feroient le jour 
du vendredi saint, ou lorsque le Patriarche portoit ladite croix 
pour quelques nécessités. Il leur céda aussi les deux tiers de 
la cire, toutes les décimes de la ville et des environs, excepté 
des terres du patriarchat, et tout ce que le roi avoit donné au 
Saînt-Sépulchre, pour dédommager l'église patriarchale de la 
juridiction qu'elle avoit sur Bethléem avant que cette église 
fut érigée en évêché. El outre cela, il leur donna encore les 
églises de Saint-Pierre de Joppen, et de Saint-Lazare, avec 
toute leur dépendance, comme il paroît par les lettres de ce 
Patriarche. 

Honorius II confirma encore toutes leurs possessions par Anno 
une bulle de l'an 1128, où tous les monastères qu'ils avoient, 
tant dans la Terre-Sainte qu'en plusieurs endroits de l'Europe, 
sont énoncés; comme aussi dans une autre bulle du pape 
Célestin II, de l'an 1143, adressée à Pierre, prieur du Saint- 
Sépulchre, et aux autres chanoines. 

Les monastères, qu'ils avoient dans la Terre-Sainte sont : 
celui du Saint-Sépulchre de Jérusalem, de Saint-Pierre de Jop- 
pen, du Saint-Sépulchre d'Acre, de Sainte-Marie de Numase, 
dans le territoire de la même ville, du Saint-Sépulchre sur 
le Mont-Perregrin, Sainte-Marie de Tyr, et à la quarantaine, 
ç'est-à-dire le lieu ou Notre Seigneur a jeune 40 jours et 40 
nuits. 

Il y avoit au Mont-d'Olivet également des chanoines, mais 
qui, quoique réguliers aussi, n'étoient pas de la Congrégation- 
Mère du Saint-Sépulchre. Ceux de l'église patriarchale ayant 
été le jour de l'Ascension, l'an 1156, en procession chez eux, 
en l'absence du Patriarche, qui étoit allé à Rome, pour quel- 
que affaire, l'entrée de leuLéglise fut refusée aux chanoines 
du Saint-Sépulchre, prétendant qu'ils ne dévoient y entrer 
qu'avec le Patriarche : mais au retour de ce prélat, dans une 



— 380 — 

assemblée de plusieurs archevêques et évêques, des abbés du 
Temple, de la vallée de Josaphat, de Sainte-Marie de la Latine, 
de Saint-Samuel, de Saint-Habamo, et des prieurs du Mont 
Sion et du Temple, les chanoines du Monl-d'Olivet furent 
condamnés à aller nuds-pieds, depuis leur église jusqu'à celle 
du Saint-Sépulchre, pour demander pardon de leur rébellion 
à ceux du Saint-Sépulchre ; ce qu'ils firent dans leur cha- 
pitre, et leur prélat, avec les abbés et prieurs, qui compo- 
sèrent rassemblée, reconnurent que les chanoines du Saint- 
Sépulchre avoient ce droit, le jour de la Purification, au 
temple, le jour de l'ascension, au Mont d'Olivet, les jours de 
la Pentecôte, au Mont de Sion, et le jour de l'Assomption, à 
la vallée deJosaphat, et que, dans ces églises, en l'absence du 
patriarche, le prieur du Saint-Sépulchre devroit dire la messe 
solennelle et faire la prédication, ou commettre quelque autre 
à sa place, comme il paroit par l'acte de cette rébellion et de 
la satisfaction y faite par les obligés. 

Bauduin, seigneur de Saint-Éloi, et sa femme Esliennette, 
en présence de Roard, châtelain de Jérusalem, leur gendre, 
confirmèrent l'acquisition faite par les chanoines du Saint- 
Sépulchre, l'an 1175, de plusieurs maisons, vignes et terres, 
à Sainl-Éloi, qui leur furent vendues par l'abbé et les mofûes 
du Mont Tabor : mais ces chanoines n'en jouirent pas long- 
temps, car les Sarasins s'étant encore rendus maîtres de la 
Terre-Sainte, l'an 1157, ils les chassèrent de nouveau et les 
dispersèrent. Tout ceci est tiré d'un Cartulaire, qui s'est 
trouvé dans la bibliothèque de M. Peteau, conseiller du par- 
lement de Paris, et avoit appartenu à M. Philippe de Maziers, 
chancelier de Chypre, lorsque M. André Duchène en tira une 
copie de sa main, comme on peut voir en la bibliothèque du 
Roi. 



- 834 — 

CHAPITRE V. 

Oomment les ehanoines et dianomesses dn 8&mt-8épnlelire se sont établis ^°°P 

en Europe. 

Il n'est pas surprenant que Ton ne puisse déterminer quel 
fut le premier monastère établi en Europe, soit de cha- 
noines^ soit de chanoinesses du Sainl-Sépulchre, d*aulant 
que, d'après le dire de Guilleaume, archev. de Tyr, grand 
chancelier de Jérusalem, les uns et les autres ne sorti- 
rent à diverses époques , qu'en fuyant d'atroces persé- 
cutions. Quelques chanoines furent plusieurs fois en posses- 
sion du Saint-Sép. ; et d'autres, passés en Europe, s'y éta- 
blirent même avant l'an 314, sous la protection du Saint- 
Siège; mais ennn, comme on vient de voir^ qu'ils furent 
chassés entièrement sous le règne de Gui de Lusignan, Roi 
des Sarasins, l'an 1187, ils se réfugièrent dans les monastères 
déjà existants en Europe, leur congrégation s'étant déjà éten- 
due en France, en Espagne, en Pologne, en Italie^ et en 
d'autres pays, dans les siècles précédens, selon divers fa- 
meux etsavans historiens; il n'y avoit presque pas de royaume 
catt^olique où cet ordre n'eut des maisons régulières. 

Gabriel Pennotus, dans son histoire, part. 2, chap. 31, 
parle d'une ancienne et fameuse abbaye à Calatao, en Espagne, 
de l'ordre du Saint-Sépulchre, et dit que, sous cette abbaye 
il y a, dans la cité de SiracosaCésar-Augusta, une maison de 
chanoinesses du même ordre. 

Louis le jeune, roi de France, établit un monastère de 
mêmes chanoines, pour l'église de Saint-Samson à Orléans. 
C'est de là qu'Etienne de Tournay, dans une de ses épitres, ap- 
pelle cette église Filia Sion. Les comtes de Flandre en éta- 
blirent pareillement plusieurs dans leur comté. 

Jaya, gentilhomme polonais^ fonda un monastère de cet ff^ 
ordre à Hickon, à 8 lieues de Cracovie, qui en a produit 
nombre d'autres, et est à présent chef d'une congrégation 
comprenant, tant en Pologne, que dans la Silésie, la] Moravie 



- S32 ^ 

et la Bohême, une vingtaine de maisons. Il parolt, par des 
commissions adressées au R. Père Jean d'Aabrouk, du Mont 
Saint-Odile lez Ruremonde, commissaire et visiteur dans les 
Pays-Bas pour les chanoines et chanoinesses de Tordre du 
Saint-Sépulchre, qu'il y a eu des maisons, en tous les quar- 
tiers des Gaules Belgiques, Picardie, Allemagne inférieure, 
de même qu'à Tournay et Cambrai : mais, comme, par la suc- 
cession des tems, les meilleures choses elles-mêmes changent 
de face. Ton a vu s'établir d'autres ordres religieux divers 
avec succès, tandis que les chanoines du Saint-Sépulchre di- 
minuèrent eux insensiblement ; tant il est vrai que la nou- 
veauté efface la grande idée que Ton avoit de Tantiquité, De 
là vient, que Ton ne voit à présent que quelques rejetons, 
tant en monastères de chanoines que de chanoinesses de 
cet ordre, si vénérable toutefois à tous égards, comme à 
Ruremonde, à Saint-Léonard, à Aix-la-Chapelle, à Sainte- 
Croix proche de Limborg, etc. 

De la Congrégation néanmoins des Dames chanoinesses éta- 
blies en la ville de Liège, lieu dit Bons-Enfans, en 1496, y 
transportée du monastère de Bethléem, à Neuville, voisi- 
nage de Liège, comme d'une heureuse pépinière, étoient 
issus plusieurs couvens de chanoinesses du même ordre, 
comme à Sainte-Agathe, à Sainte-Walburge, dans la même 
ville, à Saint-Trond, d'où sont sorties les Dames chanoinesses 
de Hui, et delà celles de Bouillon, ainsi que de Viset^ avec 
la permission du Révérendiss. évêque et prince Ferdinand de 
Bavière et son vicaire général Jean Chapeauville, le 24 février 
1616. 
Apno De la maison de Viset est sortie, en 1622, celle de Charle- 
*^^' ville. La comtesse de Chatigny, ayant fondé cette maison, y prit 
l'habit et professa sous le nom de sœur Marie de Saint-Fran- 
çois, le 25 de mars 1625, le tout avec les patentes de Ferdi- 
nand de Bavière,évêque et prince de Liège. Elle ne vécut qu'un 
an et 9 mois après sa profession, et mourut âgée de 55 ans. 
L'on vit ensuite en peu de tems les monastères de cet ordre 
augmenter; il y en eut à Maslreck, à Marienbourg, à Malmedi, 



— 333 — 

un ¥ à Liège, qui sont les Dames-Anglaises ; d'autres à 
Basques, à Tongres, à Bouvigne, à Paris, à Vierson enBerry, 
à Lugne en Touraine, etc. 

En 1635, quelques religieuses sortirent de la maison de 
Charleville, pour s'établir à Paris, au faubourg Saint-Germain, 
au Près aux Clercs, en un lieu dit communément Belle-Chasse, 
dont il sortit d'autres, pour faire l'établissement de la mai- 
son de Lugne, comme d'autres religieuses venues de Flandre 
établirent celle de Vierzon dans le Berry, et ensuite dans la 
Touraine. 

Le 21 novembre 1636, des religieuses de la maison de Hui 
vinrent établir le couvent de Notre-Dame de Miséricorde, lez 
Marchienne-au-Pont (près du village de Charnoi, lequel de- 
vint peu de temps après ville fortifiée sous le nom de Char- 
leroi), avec la permission de Ferdinand de Bavière, évêque- 
prince de Liège, et de son vicaire général Jean de Chokier, 
à la requête de maître Jean Stefaux, pasteur de Marchiennes, 
et des bourgeois du dit lieu. 

CHAPITRE VI. 

Antiquité de rhabit de Tordre, et sa signification. 

L'an 1680, le général de Tordre en Pologne vint à Paris, et 
fit voir aux religieuses de la Belle-Chasse un livre vieux dB 
quatorze cens ans, concernant Tantiquité de Tordre, et comme 
quoi Thabillemenl des chanoines et chanoinesses du ^>aint- 
Sépulchre a toujours été tel qu'il est aujourd'hui ; ce surplis 
blanc, par rapport aux anges, qui apparurent, vêtus de la 
sorte, au Saint-Sépulchre, quand ils annoncèrent la résurrec- 
tion. La croix, qu'il porte sur le cœur, c'est pour remémorer 
la passion du Sauveur d'une affection cordiale, suivant ce 
verset du cantique : fiOfie me ut signaculum super cortuum : 
c'est-à-dire : mettez moi comme un cachet sur votre cœur. 
Cette croix est rouge, pour faire souvenir que Jésus a répandu 
son sang précieux, pour notre salut. Elle est double, parcç 



- 334 - 

qu'ils sont religieux du lieu où Noire Seigneur souffrit une 
double croix, Tune extérieure en son corps, et Tautre inté- 
rieure en son âme. Dessus le surplis ils portent un long man- 
teau noir, auquel sont attachés deux cordons couleur de feu, 
dont l'un signifie la corde qui lia Notre Sauveur à la colonne 
quand il fut flagellé, et l'autre la corde avec laquelle ses bras 
furent étendus sur la croix. C'est en cet habillement, que le- 
dit général fit voir à ces religieuses le portrait de l'apôtre 
Saint-Jacques, comme ayant été le premier, qui l'aie porté, 
et donné la forme de cet habillement, et en expliqué la signi- 
fication, comme ci-dessus. 

On voit aussi dans le même habillement le bienheureux An- 
dré, prince d'Antioche, archiprieur de l'église palriarchale 
du Saint-Sépulchre et général de tout l'ordre. 

Il est vrai que les chanoines d'Italie et d'Angleterre n'é- 
toient pas habillés comme ceux d'Allemagne, de Pologne et de 
Flandre: il y avoit même encore quelque différence entre les 
chanoines d'Italie et d'Angleterre ; car les premiers avoient 
une soutane noire avec un rochet par-dessus, et une chappe à 
laquelle étoit attachée une capuce ; ils portoient une croix 
rouge un peu plus grande, accompagnée de quatre petites. — 
Ceux d'Angleterre avoient une chappe semblable, sur laquelle 
il n'y avoit qu'une croix patriarchale, qui est la croix double. 
Leur soutane étoit blanche, et les uns et les autres avoient la 
barbe longue, et portoient un bonnet carré sur la tête. Toutes 
ces différences d'habillement s'étoient introduites dans le 
temps qu'ils se trouvèrent dispersés par les persécutions. 

Il y eut parmi les chanoines de Pologne plusieurs personnes 
distinguées par leur science et les emplois qu'ils ont eu, 
comme Mathias Librienski, général de cet ordre en Pologne, 
qui a été archevêque de Gnesne et Primat du Royaume. 

Tous les chanoines et chanoinesses du Saint-Sépulchre 
portoient la soutane et la robe blanche, lorsqu'ils étoient en 
possession des Saints-Lieux de Jérusalem. Le père du Mouliné 
dit qu'il a trouvé la raison pour laquelle ils ont quitté le 



— 385- 

blanc pour prendre le noir, dans une épitre latine d'un reli- 
gieux chanoine, qui vivoitdans les Pays-Basil y a plus de 250 
ans;c'est,dit-il, qu'ils portent l'habit noir, en signe de deuil 
de ce que l'église de Jérusalem est possédée par les infidèles. 
Les constitutions des religieuses chanoinesses du Saint- 
Sépulchre, après avoir été corrigées et revues, par Tévêque de 
Tricari, nonce apostolique en la basse Allemagne, ont été ap- 
prouvées l'an 1631, par Urbain VIII, dont la teneur se trouve 
dans le livre des mêmes constitutions. On peut voir aussi 
dans un autre livre intitulé : La gloire du Saint-Sépulchre, 
quantité de bulles et brefs de plusieurs papes, qui ont pris 
de tout temps sous leur protection, et accordé beaucoup de 
privilèges et indulgences, en faveur et considération de Tordre 
du Saint-Sépulchre. 



COPIE DES ANNALES DU COUVENT DES RELIGIEUSES CHANOINÈSSES 
RÉGULIÈRES DE l'ORDRE DU SAINT-SÉPULCHRE A NOTRE-DAME 
DE MISÉRICORDE, LEZ MARCHIENNE-AU-PONT. 

Observation préliminaire. 



II ne s'agit ici d'une copie rigoureusement littérale, c'est- 
à-dire, comprenant, sans nulle exception et généralement, dans 
toutes les particularités y relatées, 'du registre me confié, in- 
titulé comme ci-dessus. Là, il est tenu note, avec une exacti- 
tude portée jusqu'à la minutie, d'une infinité de détails con- 
cernant des marchés, accords, échanges ou achats de la plus 
petite conséquence ; ce qui en fait tout à la fois un registre 
de comptabilité presque jour par jour en bien des circons- 
tances. Il n'est question dans le présent recueil, que de ce 
qu'il peut être utile de conserver sous le rapport de la curio- 
sité historique. Sous cet unique rapport donc, je vais en ex- 
traire ce qui me paroîtra mériter de l'être. 

1636^ L'an 1636, le 9 novembre, maître Jean Setifaux, Pasteur de 
Marchienne, avec les bourgeois dudit lieu, demandèrent, 
par requête à son Altesse Serénissime Ferdinand de Bavière, 
évêque et prince de Liège, des religieuses sépulclirines, pour 
s'établir dans leur bourg, pour y instruire les jeunes filles 
dans la crainte de Dieu, etc., comme on peut voir plus au 
long dans le papier signé desdits bourgeois, qui se trouve 
dans les archives du couvent. La même année, 1636, le 21 
septembre, Ferdinand de Bavière, donna la permission à la 
mère Jeanne de Bardouille dé sortir du couvent de Hui, pour 
venir établir une nouvelle maison à Marchienne-au-Ponl (se- 
lon la demande du pasteur et des bourgeois du lieu), avec la 
mère Oda Wery, et la sœur Anne Fiance, converse du même 
couvent. 



- 337 - 

Elles sortirent de la maison de Hui , dans le commence- ^^ 
ment de Tan 1637. Les religieuses de la susdite maison lui 
cédèrent une renie de 40 florins, une autre de 15, et 80 flo- 
rins, avec une assigne de 35 florins à recevoir sur Bernard 
r Allemand, le tout argent bb*. 

Ayant dès leur arrivée présenté la permission, etc., de 
révéque-prince au dit Pasteur, il leur conseilla de louer une 
chambre à leurs frais, pour s'y tenir, en attendant qu'elles 
soient capables d'en faire davantage. Réception peu encoura- 
geante ; mais M"™® de Crisniée les reçut avec joie, les retint 
provisoirement 3 jours, leur témoignant beaucoup d'amitié, 
et le comte de Gomigni les prit sous sa protection. Elles ne 
purent trouver et prendre à cher prix, le 2 février, qu'un 
quartier si chétif, qu'elles dévoient coucher au gernier. 

La mère Oda Wery et la sœur Anne France, se hâtèrent 
d'aller à la quête, tandis que la mère Jeanne Bardouille s'ap- 
pliquoit à enseigner des petites filleSj filant en outre et cou- 
sant pour avoir de quoi subsister. 

Au retour des quêteuses, elles purent prendre, et prirent 
le 21 juillet même année, une maison de rente appartenant 
aux orphelins de M™® de Crisniée, rédimanl la rente à l'aide 
des argens leur prêtés à intérêt, par une parente de la mère 
Jeanne Bardouille, avec obligation de la nourir le reste de sa 
vie, obligées de nantir le remboursement en justice, parce qu'il 
s'agissoit d'orphelins; elles s'y soumirent. 

Le 3 de mai 1638, elles plantèrent la croix devant leur ^°^^ 
maison, et comme elles étoient en petit nombre, pour obser- 
ver le régiement des constitutions, elles se bornèrent à quel- 
ques pratiques régulières jusqu'à ce qu^elles fussent davantage. 
Ensuite elles travaillèrent pour obtenir de bâtir leur couvent 
joignant la chapelle de Notre-Dame de Miséricorde. La mère 
Jeanne de Bardouille alla à Liège, pour ce sujet. Elle eut un 
accès favorable, et fut octroiée, par l'entremise de M. Celis et 
Faulon, parents de la mère Oda Wery. 

Le 22 juillet, la mère Oda pria la mère Jeanne de deman- 



- 338 — 

der la mère Gertrade-Benoite et mère Monique Delnet du 
couvent de Hui ; ce qui fut accordé par Monseigneur de Cho- 
kier à la recommandation du curé de Marchienne, et les deux 
religieuses y vinrent. 

Le 26 du même mois, Ferdinand de Bavière permit for- 
mellement la bâtisse du couvent joignant la chapelle de Misé- 
ricorde, pour faire l'office et s'en servir non-seulement par 
les religieuses commençantes, mais à toujours par celles qui 
succèderoient. 

Anno Le 12 novembre 1639, prise en arrentementde 2bonniers 
' de terre tenant à la susdite chapelle, venant de M. de Moii- 
Ireul, remboursé déjà l'année suivante. 

I6i0. Première fille de ce couvent, sœur Catherine de Villers, 
admise gratuitement et ayant professé en qualité de converse, 
le 22 juillet, infatigable pour le service de la communauté, 
et ayant de plus quêté non-seulement de quoi faire le rem- 
boursement ci-dessus ; mais en outre de quoi acheter les ma- 
tériaux pour bâtir le premier quartier attenant à la chapelle, 
avec la muraille clôturant le quarré. 

*^** Seconde converse, fille de chœur, sœur Marie de TAssomp- 
tion (Benoit), professe du 3 février 1641, imitant sœur Cathe- 
rine. Leurs quêtes ont produit de quoi s'agrandir encore par 
des acquisitions contiguës. 

4642. Le 18 février, décès et perte sensible de la mère Jeanne de 
Bardouille, enterrée en l'église de Marchienne, vis-à-vis la 
chaire de vérité. 

Troisième converse, fille de chœur, sœur Agnès du Saint- 
Esprit (Jaques),laquelle, après une première profession faite 
trop jeune, et que ses parcns, pour cette raison avoient fait 
annuler, en fit, ayant l'âge, une seconde, avec une édification 
d'autant plus touchante, le 19 février. 

Le 25 avril 1642, le R. Pasteur de Marchienne, Jean Site- 
faux, avec son clergé, vint mettre solennellement la première 
pierre de notre bâtimentjoignant Notre-Dame de Miséricorde. 



»/l. 



Il paya les ouvriers, qui avoient ouvert les fondements et une 

fournée de chaux. 

f 

Des guerres étant survenues du vivant de la mère Jeannede 
Bardouille, on lui avoit fait, par précaution, louer une maison 
à Namur, afin d'y réfugier^ au besoin, ses religieuses. Elles 
durent, en effet, le 4 juin 1649, partir pour s'y retirer. La 
mère Gertrude, demeurée seule à Marchienne, pour veiller 
sur les ouvriers, et soigner autres affaires, fit admirer sa 'pru- 
dence et son courage ; et elle ne tarda, en payant leurs dettes, 
d'aller requérir les réfugiées à Namur, incapables, malgré 
tous leurs efforts et économie de subsister là. Rentrées, mais 
dans une extrême pauvreté, elles se mirent à tirer elles-mêmes 
les pierres à roc, au voisinage de Miséricorde, et partie à 
aider les ouvriers bâtissants à défaut de savoir payer de§ ma- 
neuvres. C'est dans ces embarras que, priée de leur tenir Heu 
de supérieure, la mère Oda s'y résigna provisoirement. 

Quatrième converse, fille de chœur, sœur Hélène de la 
Croix (Demaret), professe du 8 septembre 1642, et ayant ap- 
porté une dote de 1600 florins du Roi, dont on acheta quel- 
que héritage ; mais on eut déjà cette année à essuyer des 
fâcheuses contradictions de la part de certains habitants. Mais 
un peu plus tard, 1643, maître Jean Sitefaux nous a libérées 
d'une rente lui due de 14 florins. 

Cinquième converse, fille de chœur, sœur Claire, de Saint- *^^- 
Dominique (Davesne), professe du 4 décembre, ayant ap- 
porté pour dot 1600 fl. du Roi; il n'y avoit que peu de jours, 
que venoit de professer une autre converse encore, i:œur 
Françoise du Mont Calvaire (Sinez) avec dote de 800 fl. du 
Roi. 

Le 16 août 1644, sauvegarde accordée par le prince- *ôi4. 
évêque, Ferdinand de Bavière, attachée avec ses armes au- 
dessus de la porte de la maison, dont la charpente fut bientôt 
montée et couverte en ardoises, des nouvelles quêtes assez 
heureuses étant venues au secours. 

Le 24 juillet 1645, nous vînmes demeurer en ce premier 1645. 



— 340 — 

corps de logis, quoique non toul-à-fait achevé, et fîmes creu- 
ser un puits au milieu du quarré; peu après Monseigneur de 
Chokier , G. vicaire de Liège, envoya un père capucin' pour 
faire la visite et interroger en particulier chacune de nous. 
Il finit par dire hautement et partout, qu'il n'avoil pas trouvé 
des religieuses seulement à Miséricorde, mais des anges; ce 
qui nous fit acquérir plusieurs filles é.difiées. 
1046. Achat de quelques terres, chevaux, attirail de labour et 
bâtisse de basse-cour. 

1647. Achat d'antiphonaires et autres livres pour l'office divin. 

1648. La communauté augmentant, la mère Oda Wery, ayant 
consulté ses consœurs, obtint la permission de Mgr. de Cho- 
kier, v. g^, d'aller demander une religieuse de Bouillon 
pour être en sa place, notre supérieure, prenant les constitu- 
tions qui s'observoient en ce couvent. Elle y alla munie de 
celte permission. La mère Marguerite du Saint-Sépulchre 
(Lambotte), y fut élue et nous arriva avec la mère Oda Wery, 
le 28 août 1648. Le chapelain de Notre-Dame de Miséricorde 
avoit jusque-là été notre confesseur. Nous primes dès lors 
M. Fr. Chauveau, pasteur de Montignies-le-Tigneux. 

1649. Achat d'un graduel pour chanter la messe, M. le baron de 
Clinchant nous ayant donné 77 fi. 

i630. Nouvelles oppositions dans nos bâtisses, éprouvées de 
Marchiennes, jusqu'à démolir de nuit ce qu'on avoit cons- 
truit dans le jour ; plaintes auprès du prince Maximilien- 
Henri de Bavière et nouvelle sauvegarde nous accordée, ce 
qui pour quelque tems nous rendjt assez tranquilles. 

7*' Converse, fille de chœur, sœur Lulgarde de la Résurrec- 
tion (Beausari) professe du 1«' mai 1650. — Achat des terres 
venant de Thiry Hubert. 

1651. On continue à bâtir, avec extrêmement de fatigues et de 
peines de tout genre. 

1652. gme Couversc, fille de chœur, sœur Marie de Saint-Norbert 
(Beausart encore), professe du 15 juin 1652. 

1653« Permission précautionnelle au sujet des guerres survenues, 



- SM — 

m 

sollicitée et obtenuei de nous réfugier au besoin, dans quel* 
que ville voisine. 

9""®, Converse, fille de chœur, sœur Marie de saint-Augus- 
tin (Bouve) professe du 45 novembre. 

Le jour de saint-Gervais et saint-Protais, iG5i, nous allions ^^s^- 
être pillées de par un parti de soldats venus tout exprès et « ^ 
déjà nous entourans. Quoique nous fussions absolument 
seules et sans aucuns défenseurs, les pillards, parmi lesquels 
le bon Dieu répandit aussitôt l'épouvante, se retirèrent, en 
fuyant même, et déclarant que nous avions plus de 1000 
paysans armés pour nous soutenir, qu'ils les avoient vus. - 
En mémoire de quoi nous chantons tous les ans à pareil jour . 
un Te Deum de reconnaissance, pour avoir miraculeusement 
échappé à un péril aussi imminent. 

iO""®,Converse, fille de cliœur, sœur Marie-Marthe (André), *®^- 
professe du 6 septembre. Muraille bâtie depuis la chapelle 
jusqu'à L'Eau-d'Heure, avec des dons reçus. 

Sur la demande de la mère Lambotte, et du consentement 1656. 
de son abbé (de Bonne-Espérance), Mons"". Rémi Posteau, pré- 
montré, fut autorisé par Mgr. de Chokier à devenir notre • 
directeur. De Courcelles, où il étoit curé, il serendoitici, 
par tous les temps ou périls quelconques, et nous a gratuite- ' 
ment été un bon père près de 20 ans. Il fut, comme nous 
étions enfin en nombre compétent pour élire canoniquement 
une supérieure, délégué aussi pour présider à cette élection 
où la mère Marguerite Lambotte fut proclamée \inanimement. 

Décès et perte de la mère Marie de saint-Norbert (Baussart) ^^^^ 
âgée de 30 ans. 

Bâtisse d'une grange, nous devenue absolument néces- less. 

saire. 

Le 16 mars, Mgr. de Surlet, vicaire g*, députa M. Chauvaux, ^^î^- 
curé de Montignies-le-Tigneux, à effet de bénir le quartier du 
cloître le long des parloirs, pour notre cimetière; même an- 
née, on bâtit du côté de la grange la muraille allant jusqu'à 

33 



— 842 - 

la rivière. Et la donation nous faite de^la chapelle, par feu 
S. A. Ferdinand de Bavière, fut notifiée par le prince Maxi- 
milien-Henri, idem. 

il™<î, converse, fille de chœur, sœur Marie de saint-Norbert 
(Bustin) professe du 23 novembre 1659. 

i660« Le 8 février, décès de la mère Marie du saint-Esprit, (Ja- 
ques). Achat de stations et autres peintures, pour le cloître 
etc. Et la même année, M. Louis de Sterké nous céda une 
rente de 25 fl. 66 pour brûler de l'huile devant lé saint-Sa- 
crement. 

1661. Achats de chevaux, vaches et moutons. 

166Î. 12™®, converse,fille de chœur, sœur Françoise de la Trinité 
(Bady), professe du 18 juin. 

13""®, Id. id. sœur Jeanne du sainl-Sépulchre 

(Bady encore), professe du 2 juillet. 

44me^ professe du même jour, sœur Marie du saint-Esprit, 
(Camus), deThy-le-Châleau. 

1663. 15"™®, professe du 15 décembre 1663, scEur Marguerite de 
rincarnalion (Fleutin). 

1664. Sœur Monique retourne inopinément à son couvent de 
Hui. 

1665. 16"»®, professe du 18 octobre, sœur de sainte-Thérèse (Do- 
resse), de Namur. 

17"*®, professe de la même année, sœur Jeanne de saint- 
Jean-Baptisle (Leschinsal). 

1666. Compté au s'. Henri Dardine, pour notre remontrance, 
pesant 75 onces, 587 florins et 4 patars 66 t. Achat de pré- 
cieux ornements, ^ accord fait avec mailre Charles Dumoni 
de lui donner 8 écus, par année, pour chanter la messe, 
toutes les fêtes et dimanches. 

Le 8 juillet même année, décès de la mère Marie de l'As- 
somption (Benoit). 
1667. 18"*®, professe du 2 janvier 1667, sœur Françoise de Jésus 
(Doye). Le 5 juillet, achat d'une censé, qu'avoit à Mar- 
chienne, M. le baron de Vost, pour y bâtir un couvent, selon 



- 843 — 

la résolutioiî à laquelle il ne fut possible de la faire renon- 
cer, de la mère Marguerite Lambotte. Elle s'épouvanta de 
demeurer dans un convent isolé, jusqu'à faire consentir et 
promettre à ses consœurs, qu'on iroit s'établir dans Mar- 
chienne même, on fit néanmoins accord avec les habitans 
de Mont-sur-Marchienne, pour suppression d'un sentier al- 
lant au moulin de Marchienne et traversant le long de la 
rivière notre clos de miséricorde. 

19"^, professe du 14 juillet, sœur Catherine de la Nativité 
(Doresse) . 

20"^®,professe du 5 février, sœur Marie-Anne de l'Assomp-' lees 
tion (Benoit). 

21 "»«, professe du 30 décembre, sœur Bastienne de saint- 
Gabriel (Bilquin de Marchienne). 

Le5de mars,décèsdela mère Marie de sainte-Marthe (AnJré). .^^ 

Contestation pour un mur prétenduement trop avancé, sus- 
citée par les habitants de Marchienne, mais appaisée moyen- 
nant accord fait et exécuté avec eux. 

22™«,professe du 23 juin, sœur Marie-Alexis (Doresse,3* de 
la même famille),dans cette même année, sœur Anne-France, 
étant à la quête, mourut dans un village, dont le pasteur lui 
fil, par charité des obsèques fort honorables. 

23""®,professe du 5 janvier, sœur Marie-Angeline (Piron). ibto. 

24™®, idem du 8 janvier, sœur Barbe de la Conception 
(Soille). 

25™®5idem du 7 juillet, sœur Jeanne du saint-Sacrement 
(Bodart de Namur). 

Le 4 septembre de la même année, nous perdimes, à Tàge 
de 57 ans, la V**'*. Marie-Marguerite du saint-Sépulchre, 
(Lambotte), nous venue de Bouillon, comme supérieure, elle 
nous fût, pendant 22 ans, un précieux modèle des vertus mo- 
nastiques, dans les tems le plus difficiles, nous conduisant 
avec beaucoup de douceur , de patience , d'humilité ei 
d'édification, aussi la chérissions-nous et revèrions-nous toutes 
au point que ce fut uniquement par déférence et respect pour 



1673. 



— 844 — 

ses dispositions que nous sacrifiâmes notre désip* de demeurer 
à Miséricorde pour continuer les préparalifs commencés sous 
sa gouverne pour une bâtisse à Marchienne, dont rien n'avoit 
été capable de la détourner. D^ailleurs la mère Gertrude, qui 
lui succéda comme supérieure, tint la promesse, qu'elle lui 
avoit faite au lit de la mort et y mit tout plein d'activité. 

26°*«, professe du 28 décembre, sœur Anne-Marie-Joseph 
(Rouillons. 

i«7i. Dès le commencement de cette année, nous reçûmes des 
parents de sœur Jeanne du saint-Sacrement, une cloche, di- 
vers beaux ornemens et 4 grands chandeliers en enivre. Puis 
l'on commença à travailler tout de bon au bâtiment de Mar- 
chienne à grands frais, car la dépense se monta à environ 
trente mille frs. 

1672. Le 15 juin 1672, décès de la mère Hélène de la Croix (De- 
maré). 

Le 11 février 1673, décès du très Rd. Mr. Rémi Posteau, 
prieur du monastère de Bonne-Espérance, curé de Courcelles, 
notre justement regretté directeur, en remplacement duquel 
et avec les autorisations nécessaires, Mons. son abbé (Maghe) 
nous envoya pour confesseur ordinaire et demeurer chez 
nous, un autre de ses religieux, M. F. Desamberg. 

1674. Vente de notre troupeau de mouton et départ pour Mar- 
chienne le 2 juillet. Avant de sortir de Miséricorde nous 
allâmes nous jprosterner devant l'autel de l'aimable Marie, et 
fondant en larmes, nous lui témoignâmes le vif regret que 
nous avions de la quitter, et lui laissâmes nos cœurs pour 
gage de notre affection à sa sainte ch'apelle, lui demandant la 
continuation de sa protection maternelle, ensuite nous levant 
pleines de confiance en ses secours, et nous rangeant en 
forme de procession, accompagnées de M. Desîimberg, notre 
confesseur, ainsi que de Maiire Thomas, chapelain de la 
chapelle, et une sœur à la tète portant la croix, nous nous 
rendimes au bâtiment de Marchienne, il n'étoit pour ainsi 
dire que commencé, nous fumes obligées d'y faire en arrivant 



- 845 — 

l'ouvrage des manœuvres, transportant nous-mêmes les terres 
des caves, les matériaux, avec d'extrêmes peines et fatigues. 
Quant aux domestiques, que nous avions laissés à Miséri- 
corde, loin de nous rapporter quelque produit, il nous fal- 
loit au contraire leur envoïer encore ; et la remise après tout 
de nos biens en ferme nous rendit pareillement si mal, que 
nous nous trouvâmes dans une grande disette. 

C'est cette même année, 1674, que se donna la fameuse 
bataille de Seneffe, elle commença le 10 août le soir et finit 
le matin. Le prince d'Orange, avec 3 armées, fut battu par le 
prince de Condé;outre le très grand nombre de tués, celui des 
blessés fut aussi très considérable. Notre maison de Miséri- 
corde en fut remplie, on enterra dans le jardin une masse de 
ceux qui succombèrent à Marchienne ; une grange qui nous 
étoit voisine en fut également remplie, nous entendions leurs 
cris et gémissemens de notre oratoire. M. le comte de Mon- 
tai, Gouverneur de Charleroi et notre bon protecteur, pour 
lequel, par reconnoissance nous avions priés particulière- 
ment, fut grièvement blessé à cette sanglante bataille de 
Seneffe ; Et comme on le rapportoit en litière, il dit en pas- 
sant devant notre mais<)n : c'est aux bonnes prières de ces 
braves religieuses, que je dois d'avoir échappé à la mort et, 
dans les douleurs cruelles de ses blessures, il nous en fit gra- 
cieusement exprimer sa gratitude. 

Nous nous déci«làmes dès lors à nous réfugier à Thuin, 
et y éianl allées, nous fûmes très bien reçues et logées chez 
M. Grorgo (le Beaiîsarl, père de la mère Ludgarde, tandis 
que noire R'^*' mère, demeurée à Marcliienne avec quelques 
sœius seulement, se dévouait là pour soigner nos iniérèts. 
Toulefuis M. Dcsnijibcrg, noire digne confesseur vint bientôt 
nous rappeler, el en repassant à l'Abbaye d'Aulne, nous y 
fumes comblées d'honnclelés. Misère nous attendoil à Mar- 
chienne dans tant d'entreprises et embarras, nous nous y ré- 
signâmes et l'avons endurée. 



- S46 — 

1675. ST^B^, professe du 9 septembre 1675, sœur Marie de saint 
François (Fleutin de Marchienne). 

Le 15 octobre, même année, décès de la mère de saint Au- 
gustin (Bouve) à 45 ans. 

1676. 28™®, professe du 6 mai, sœur Marie de la Croix (de Mont- 
pellier) de Châtelet. 

29"^«,professe du même jour, sœur Jeanne de l'Ascension 
(Huberlanl). 

1677. 30'"«,professe du 4 juillet, sœur Barbe Pacifique (Sotiau), 
de Mt.-sur-Marchienne. 

3 1™«, professe du 8 novembre, sœur Jeanne de saint Augus- 
tin (Boulouffe), d'Arquenne. 

32"™e p|.ofesse du 16 novembre, sœur Marie-Marthe (Coppin) 
de Binche. 

Décès, en la même année, de la sœur Jeanne de l'Ascen- 
sion (lluberlant), professe de 2 ans. 
*^''®- Le 17 avril, décès de la mère Marie de la Croix (de Mont- 
pellier) professe de t ans. 

33°^«, professe du 24 septembre, sœur Euphrosine de la 
Purification (Wery). 

1679. Le 25 août, décès de la mère Marguerite Fleutin, ancienne 
procureuse et maîtresse des Jeunes, ayant toujours marché 
en la présence de Dieu, en toute humilité. 

1680. Le 20 août, décès de la mère Barbe Pacifique Sotiau, 
professe de 2 ans. 

1681. Le 1^'' avriH681, décès et perte, considérée généralement 
comme irréparable, de la mère, plus que jubilaire, Gerirude 
de la Passion (Benoit), nous venue de la maison de Ilui, s'é- 
tant distinguée dans tous les emplois lui confiés et ayant été 
pendant 10 ans, notre digne supérieure^ toujours vénérée et 
chérie. 

Le 6 juillet même année, décès de la mère Françoise de 
la Trinité (Badi) professe de 19 ans. 

A la défunte supérieure, mère Gertrude, succéda la mère 
Oda Wéry. Toutefois nos constitutions ne furent point obser- 



— 847 - 

vées lorsqu'elle fut élue, Tayant été de vive voix, mais ainsi 
Tavoit voulu M. Tabbé de Bonne-Espérance qui y présida par 
délégation . 

Le même abbé rappela notre très regretté confesseur 
H. Desamberg, et nous reûvoya un autre de ses religieux, 
M. Siméon de la Roche, aussi très considéré et estimé. Celui- 
ci, peiné de ce que nous n'avions qu'une chambre pour la 
célébration des saints Mystères, nous fit un plan d'église. On 
s'occupa bien vile à en préparer les matériaux, et la Provi- 
dence nous envoya des ûlles, dont les dotes nous vinrent 
fort h propos pour la bâtir, on commença la bâtisse le 3 juillet 
de cette année, et le 2 février de l'année suivante on put y 
célébrer. 

34™«, professe du 80 mars, sœur M. Agnès de la Passion *^** 
(Benoii). 

35™®, professe du 5 juillet, sœur Marguerite de la Visitation 
(Massarl). 

36'"®,professe du 7 février, sœur Marie-Louise de la Chari- i685^ 
lé (Gravis). 

37™e,professe du 11 juillet, sœur Catherine-Pacifique de 
sainte-Victoire, (Lejeune). 

Le 9 novembre, décès de la mère Marie de saint-François 
(Fleutin). 

38°™®, professe du 17 octobre, sœur Marie-Madeleine (Bai- 
vière) de Momignie. 

39™®,professe du 1*^ janvier, sœur Marie-Barbe (Bilquin). lew. 

C'est la même année, que Monseigneur le Suffragant de 
Liège vint bénir la chapelle. 

Le t2 avril, décès en son abbaye d« Bonne-Espérance, de .^^ 
noire ancien et regretté directeur. M. F". Desam^jerg. Le 
soinenir de ses leçons, conseils et exemples doit nous être 
précieux. 

4^™®,professe du 12 juin, sœur Marie-Constance (Delà 
Roche) avec une lampe en arg^.; même année, bâtisse d'une 
brasserie et de l'aile du côté de la rue de Châtelet. 



— 848 — 

41°^^, professe du 21 octobre» sœur Gertrade de saint 
Englebert (Boulouffe). 
*^*®* Le 2 mars, décès de notre digne et justement regretté di 
recteur, M. De la Roche. 

Le 1®^ septembre décès de la sœur (Converse) Françoise du 
Mont Calvaire, (Finel). 

43me^ professe du S septembre, sœur Hélène de la Croix 
(Languei). 

Le nouveau directeur, nous envoyé de Bonne-Espérance, 
fui M. Norbert de Hauchin, fils d'un très célèbre conseiller 
de Ilainaut. Nous devons à sa prudence et à son admirable 
couraj^e d'avoir échappé aux malheurs de rp.poque. 
1687. 43">®, professe du 2 février, sœur Marie de saint-Amour 
(Page) . 

La guerre nous fit, cette année, pour sauver notre grain, 
renvoyer à Charleroi, et nous le perdîmes presque totale- 
ment. 
i688. Le 22 janvier, à la demande de mère Oda Wery, notre W^. 
supérieure, une autre nous fut donnée, par élection faite de 
vive voix encore, et ce fut la mère Anne Marie Jos. de Bouil- 
lon. Le 20 octobre, décès de mère Barbe Angeline Piron. 

Envoi,dans nos continuelles alarmes, de nos coffres à Char- 
leroi, qui revinrent intacts. 

Le 15 octobre, décès de la mère Jeanne de saint Jean-Bap- 
tiste (Schinsal). 

Le 4 novembre, décès de la mère Marie de l'Assomption 
(Benoit). 
1690. L^ 8 mai, décès de la mère Sébastienne de saint-Gabriel 

(Bilqnin). 
'^"^* Le 18 février, décès de la mère Marie de saint-Norbert (Bas- 
lin), supérieure. 

44°^®, professe du 28 octobre, eœur Marie Félicité (Mache- 

lart). 

Dans celte année, nous fîmes des perles considérables de 
tout genres. Ayant envoyé chez les RecoUels de Fontaine ce 



1689. 



— 349 — 

que nous avions de plus précieux en ornemens, vaisselles et 
vêtemens, le tout fut pillié par les soldats. Nous en demeu- 
râmes privées de nos manteaux, et si pauvres que nos parens 
durent faire etlbrt pour nous en reprocurer. 

Le 48 septembre. on éprouva un assez fort tremblement de lôW. 
terre, qui nous mit dans des grandes alarmes, ainsi que tout 
le voisinage, Marchienne, etc, etc. Nous eûmes d'autres 
alarmes encore qui nous forcèrent à nous réfugier pour 
quelques jours chezilons"". Molle, médecin à Charleroi. 

Le gouverneur de Charleroi, s'atlendant à un siège envoya, *693. 
de bonne heure, des pionniers, qui vinrent raser la grande 
muraille de noire jardin, Tormant notre clôture et,le 30 juillet, 
la ville ayant été, en effet, assiégée, puis prise, après 26 jours 
de tranchée ouverte, il est impossible de se figurer quels 
furent, dans celle circonstance, nos embarras et dommages. 
Le prince de Conli s'établit dans noire maison, avec un Elat- 
Major et train si considérable, que son secrétaire avoil son 
logement dans un grenier. Les généraux nous blâmèrent 
presque tous d'avoir quille notre maison de Miséricorde où 
il eut été bien plus facile, disoient-ils, de nous nietlre à couvert, 
au moyen d'une sauvegarde royale, que dans un petit bourg ; 
ce qui nous fit grandement regretter notre ancienne demeure. 

Le 26 janvier, décès de sœur Catherine [de saint Jacques *^^- 
(Vilers). 

Le 8 mars, décès de la mère Claire de saint-Dominique 
(Davenne). 

La même année décès encore de sœur Marie Agnès, con- 
verse. 

Disette et fam'ne, pendant Inquelle nous vin,tfort à propos, *C9S. 
une somme très considérable, que M. Norbert de Haulcbin 
nous oblinlde la libéralité d'une dame riche. 

Le 25 mai 4695, décès de la mère Marie Alexis (Dores), 
âgée de 42 ans. 

Le 22 juin, même année, décès et perte désolante de la 
Vbie. mère Oda Wery, plus que jubilaire, laquelle, avec la 



— 350 — 

mère Jeanne de Bardouille, étoit sortie, Tan 1637, de la 
maison de Hui, pour venir commencer celle de Miséricorde, 
supérieure édifiante au plus haut degré, elle avoit demandé 
à notre grand regret, d'être remplacée. 

Le 1®' novembre, décès encore de la mère Marie-Barbe 
(Bilquin). 

1Ô96. 45°»% professe du 19 avril, sœur Marie Joseph,dite Machelart, 
de Walers, fille de chœur. 

46"®, professe du même jour, sœur Marie-Norbert, dite Car- 
pet de Marcinelle, converse. Malheureuse année encore que 
celle-ci, où sans d'assez fortes aumônes, il nous a été de toute 
impossibilité de subvenir à d'énormes frais de contributions, 
sauvegarde et fournitures etc, etc. 

4697. 47"»e^ professe du 3 février, sœur Marie Emmanuel (Chau- 
vaux) d'Yves. 

4.8""% professe dulOde mai, sœur Marie Aldegonde (Pierre) 
de Marienbourg, laquelle nous apprit à faire de la toile, ce 
qui nous aida à savoir vivre, tant qu'on nous l'a permis. 

1698. Le 19 octobre, décès de la mère Ludgarde de la Résurrec- 
tion (Beausart) 

49'"<5, professe dul^^ décembre, sœur Marie Françoise de la 
Paix Leurenl). 

Un hermite, k qui nous avions permis de se bâtir à Misé- 
ricorde, sur noire terrain, un petit logement, l'ayant quitté, 
les habil.ins de Marohienne prétendirent s'emparer de Ther- 
milage, mais grâces à M. de Haulthin, nous fûmes maintenues 
dans noire droit et possession, cet homme du bon Dieu fit 
en même lenjs tous ses efforts pour accélérer aussi notre 
lelour à Miséricorde, sous Tapprubalion épiscopale, qui lui 
l'ut dés lors promise. 

N. B. La mesure de froment se vendoit celte année là une 
|)islole : mais la providence vint à notre secours par des co- 
pieuses et fort oportunes libéralités. 

1699. Cette année fut et demeurera mémorable pour nous. 
D'abord des dons nous furent faits pour racheter des terres à 



- 351 — 

la passée des biens des pauvres de Marchienne, ainsi que des 
chevaux et attirail de labour. Et puis, les désirs de M. de 
Haulchin, ainsi que ceux de toute la communauté pour une 
rentrée à Miséricorde, furent couronnés d'un très agréable 
succès. Car Mgr. le Vicaire général de Hinisdael, étant venu 
le 2 juin inspecter celte maison etc., revint le 20 août avec 
acte d'approbation de notre supplique et de donation absolue 
de la chapelle, le tout signé par son Altesse électorale Joseph 
Clément de Bavière, Ev. et prince de Liège, nous en mettre, 
dans toutes les formes, en possession canonique. En recon- 
noissance de cet important service, nous lui promîmes spon- 
tanément de faire chanter la messe pour lui tous les ans à 
pareil jour. Dès lors nous demeurâmes provisoirement quel- 
ques unes à Miséricorde, où ne tardèrent de nous arriver 
celles du Noviciat. 

50"®, professe du 28 décembre 1699, sœur Marie de saint 
François (Gano) de Marchienne. 

La partie de la communauté déjà résidente à Miséricorde y. 1700. 
éprouva d'abord une très grande gêne pour vivre, puis pour 
la messe, des cabalours dfe Marchienne avant ose mettre la 
chapelle dans un état à ne pouvoir y célébrer. Dès qu'on put 
la netoyer de leurs immondices, M. Flécher de Montigny fut 
engagé, et obtint la permission de bénir, pour venir leur pro- 
curer les offices des dimanches et fêles. 

Le 4- septembre, décès de la mère Marie de sainte Victoire 
(Lejeune) âgée de 44 ans. 

51"'°, professe du 16 septembre, sœur Marie Catherine de 
saint Pierre (Saladin). 

Le 14 janvier, M. de Haulchin ramena à Miséricorde le i70l. 
restant des religieuses, et au comble de ses désirs, après 
quelques jours seulement de maladie, il s'y endormit dans le 
Sgr. le 9 lévrier, regretté à tant de titres et pleuré de la géné- 
ralité dç ses filles. 11 faut remarquer que, jusqu'ici, les drelt- 
gieux de Bonne-Espérance nous ont conduit gratis, pendant 
50 années, aussi ne les oublierons nous jamais. 



— .352 — 

Le 7 février étoit décédée la mère Anne Thérèse (Dorés). 

52me^ professe du même mois sœur Marie Agnès de saint 
Paul (Lejeune). 

M. Pierre Lasson nous ayant confessé quelque peu de lems, 
le bon Dieu nous rendit encore un de Haulchin^ frère du 
précédent et comme lui un trésor pour nous, savoir le R. P. 
Bernard de Haulchin, prêtre de l'oratoire, homme zélé, libé- 
ral, infatigable, etc. 

■ 

53™®, professe du 24 août, sœur Marie Colombe de l'Assomp- 
tion (Badi). 

54nie^ professe du 25 septembre, sœur Anne Thérèse de la 
Miséricorde (Adant). 

55"^<î, professe du même jour, sœur Marie Célesline de saint 
Albert (Du Bray). 

56"*^, professe du même jour encore sœur Marie Thérèse 
de Jésus (Dfheesl). 

N. EL Ce furent les dots des Professes ci-dessus, et les ar- 
gens nous fournis sans intérêt par une charitable Dite. Ca- 
^ thorine Massart, stimulée par M. Malfroy, curé de Thy-le- 
Cliàleau, notre confesseur extraordinaire, qui, d'après ses 
conseils, nous firent acheter une forte partie des bois de 
feu M. Demanet. 

Le 20 octobre, même année. Monseigneur de Hinisdael 
daigna nous honorer d'une visite d'amilié, et agréer un gage 
de noire reconnoissance. 

1702. Nous pûmes acheter et achelâmes un troupeau de mou- 
tons, à la sortie de noire fermier de Miséricorde. 

1703. Démolition de nos encloiires de Marcliienue, dont nous 
fûmes, pendant plus de G semaines, à décrolpr et mellre en 
place les iiialériaux nous ramenés à Miséricorde pour'pa- 
reille balisse y nécessaire. 

57"'e^ professe du 21 octobre 1703, sœur Marie Angélique 
de sainle Thérèse (Duienloi). 

1704. D'après la permission de profaner notre église de Mar- 
cbienne^et les ossemens de nos sœurs y inhumées élant ra- 



— 853 — 

menés à Miséricorde, on les y renlerraavec messe de requiem, 
et presqii'aussitôt nous aurions pu faire marché pour la 
maison de Marchienne, telle que nous la laissions, avec des 
Carmes chaussés la recherchant; mais il ne (ut possibte de 
faire consentir les habiians à recevoir des religieux men- 
dians. Elle fui vendue à un riche habitant en faveur duquel 
la supérieure, absolue dans ses volontés, fit signer iecontiat, 
de vente par la trop timide communauté à des conditions 
très désavantageuses. 

Le 14 mai, Mrs. Joseph et Gérard Montpellier mirent la 1'® 
pierre (avec les cérémonies religieuses prescrites) de nou- 
veaux balimens nécessaires à Miséricorde. Ce fut le R. P. 
Hennequart, oratorien, qui demeurant chez nous pendant 
tout Tété dirigeâtes ouvrages; et les sœurs vidèrent elles 
mêmes les caves. 

Le. 25 juin, décès de la mère Marguerite de la Visitation i705. 
(Massart). 

Le 4 juillet, décès de la mère Euphrosine de la Purifica- 
tion (Wéry). 

Le 31 juillet, décès de la mère Marie Célestine (Dubray), 

58"*^, professe de la même année, sœur Marie Perpétué de 
saint Anthoine (Adant). 

C'eïU à la même époque, que, sans bruit, se retira le R. P. 
de Haulchin, ayant horreur de communiquer avec un trop 
fameux Janséniste exilé, lequel avoit déjà endoctriné la su- 
périeure et qu'elle s'opiniatra à retenir pour le cacher. 

En la même année encore, pose de la 1'® pierre de notre 
chœur en commun, et le 28 août, entrée dans le neuf bâti- 
ment, béni par lesRR. PP. Grean et Dubray. 

59™®, professe du 29 septembre, sœur Marie Ernestine de 
saint Bernard (de Bouillon). 

Accomodement fait à l'amiable avec le marquis d'Aiseau, 
relativement à la chapelle, dont acte reposant aux archives. 

La supérieure dut se rendre à Liège chez Mgr. de Hinnis- i706, 
dael, et à peine étoit elle rentrée, que S. A. séréniss. Joseph 



— m — 

Clément, passant devant notre cloilre, vint nous donner sa 
bénédiction, mais leurs paternelles admonitions ne Tempé- 
chérent point de sortir encore pour visiter le trop dangereux 
exilé, retiré ailleurs; et elle appela, en remplacement de 
notre vivement regretté père de Haulchin, un supérieur de 
l'oratoire do Thuin; mais venant si peu, que nous étions 
quelquefois des 5 et 6 semaines sans pouvoir nous confesser, 
on replaça entre tems notre autel de Marchienne en la cha- 
pelle, de Miséricorde et on rajeunit les dorures. 

Les soupçons augmentant, Mgr. de Hinnisdael arriva tout à 
coup dans le mois de septembre; mais ce fut en communauté, 
qu'il s'informa des plaintes, qu'on pouvoit avoir à lui faire 
de la supérieure. On se tut par terreur qu'elle ne nous trailàl 
plus despotiquement encore, et ses précautions furent si bien 
prises, qu'aucune ne put dire un seul mot en particulier au 
respectable visiteur, et notre déplorable position en demeu- 
ra la même. 

1707. 60"^^, Professe du 3 mai, sœur Pacifique de sainte Victoire 
(de Gille) de Liège. 

Remise de nos terres à qui Ta prétendu la supérieure, à 
des conditions fort désavantageuses, et sur lesquelles nous 
avons toutes secrètement gémi. 

glmc Professe du 15 de mai, sœur Marie Célestine de Saint* 
Jean (Grau). 

62™e^ du 14 juin, sœur Marie-Alexandrine de sainte Thècle, 
(Badaelle). 

Le 5 novembre, le susdit supérieur oratorien bénit, pour 
nous servir de cimetière, une allée du cloître, et son frère 
vint demeurer ici pour la messe, etc. 

Le 30 décembre, décès, qui a excité nos larmes, de notre 
bon père de Ilaulcliin. 

1708. M. de Montpellier d'Ivoire nous fait présent, pour le maîire- 
autel, d'un magnifique crucifix en argent et d'un fort beau 
calice. 

egtne^ Professe du 10 septembre, la sœur Marie-Aimée de 
Jésus (Durondeau) de Namur. 



— 355 — 

Le 6 janvier, commença le fort hiver, qui dura 6 semaines, i709. 
pendant lesquelles nous fûmes absolument obligées de fiiire 
l'oifice divin dans notre ouvroir» y souffrant encore un froid 
extrême. Le froment se vendoit une pislole la mesure. 
Quelqu'un se prêla fort heureusement à nous en faire revenir de 
la Zélande ; mais rendu chez nous, il ne nous coûta pas moins 
de cent florins le muiJ. 

M. Bilquin fait boiser nos petits autels, y plaçant ses ar- 
moiries, et M"'e son (épouse, conjointement avec M°*® Proper, 
nous apportent en ornemens des choses précieuses. 

N. B. Le fameux Janséniste revient chez nous, mais malgré 
nous. La supérieure le reçoit comme un évêque, à très grands 
frais; il- ose, quoiqu'inlerdit, célébrer solennellement, mais 
de très grand matin. Et nous avons beau en gémir et pleurer!! 

64.me^ Professe du 26 mai, sœur Marie-Adrienne de saint 
Charles (De Stasse) de Thy. 

Dans cette même année mémorable (4 709), le Port-Royal des 
champs fut rasé par ordre du roi Louis quatorze, pour Topi' 
niàireté de ces dames à se soutenir dans le Jansénisme. 
Elles furent dispersées en divers monastères, pour être 
partout surveillées 1res soigneusement. Notre supérieure n'en 
acheta pas moins une partie de leurs livres lui off'erte, c'étoient 
les ouvrages du Père Quesnel, poison, dont nous nous gar- 
dâmes, et dont on nous délivra dans, une visite postérieure. 

Même année encore, le 14 septembre, se donna la bataille de 
Malplaquez. Nous sauvâmes, par précaution, beaucoup de 
nos effets : mais grâce à N.-Danie de Miséricorde, nous res- 
tâmes tranquiles. 

Lo \^^ avril, est décédée, chez nous, M°*® Barbe-Thérèse de i7i0. 
Haynin, v^deM. de la Torre. C'est la 4''^ séculière, qui fut 
enterrée dans nos cloîtres. 

65mc^ Professe du 4«'" juin, sœur Marie-Gemelline de saint 
Joseph (Dcville),de Braine-le-Comte. 

Encore une visite très-frayeuse d^'son Janséniste, en la- 
quelle la supérieure, se plaignant d'un froid continuel à la 



— 356 — 

tête, il lui persuada que, (comme Timpératrice-reine), elle 
devoit se faire faire une calotte en or de ducat. Toutefois, 
malgré son empire nous n'y donnâmes notre assentiment. 
C'est alors que mourut d'apoplexie le R^. M. Direlte, Pasteur 
de Marchienne. 
*'^ti. M. le nouveau curé (Rousseaux) vient nous voir, avec offre 
de prêcher ici aux fêles de la sainte Vierge, ce dont la supé- 
rieure ne goûta point la proposition, non plus que celle de 
la construction (à laquelle il auroil conlribuê) d'une chambre 
à la basse-cour, pour y apprendre les petites filles à tricotter 
et coudre; il vint néanmoins plusieurs fois chanter (y prêchant) 
des messes spéciales, pour les calamités publiques. 

1712. Le 15 octobre, décès de la mère Catherine de la, Nativité 
(Dores). C'est la l*'® religieuse qu'on enterra dans nos cloîtres, 
les autres avoient été jusque-là inhumées dans la chapelle. 

1713. Visite toute extraordinaire et très sérieuse ordonnée par 
S. A. le prince évêq. Joseph-Clément de Bavière. Mrs. Rolain, 
son secrétaire et de Macrelle, doyen de Sainte-Croix, arri- 
vèrent donc le 29 juillet, et ayant exibé à la supérieure leur 
commission, ordonnèrent de suite un silence absolu sur tout 
ce qui alloit se passer. Il s'agissoit, après examen particulier 
de chacune de nous, que toutes nous missions notre signa- 
ture au pied d'un formulaire pour détruire tout soupçon de 
Jansénisme; et la chose nous étant expliquée parMM.Malfroy, 
curé de Thy-le-Château, et le doyen de Nalinne, nos confes- 
seurs extraordinaires, appelles, il n'y en eut aucune qui ne 
s'y prêtât. Nous signâmes même toutes volontiers, malgré 
toutes les ruses et les menées sourdes de la supérieure, la- 
quelle ne voulut jamais y consentir. Elle demanda sa déposi- 
tion, à condition seulement qu'elle retiendroit le nom de su- 
périeure. Ce qui lui fut néanmoins provisoirement accordé. 
Ces Mess" visiteurs repartirent la veille de saint Laurent,après 
avoir beaucoup recommandé qu'on eut grand soin de l'obs- 
tinée, et que la sous-prieure gouvernât la communauté avec 
charité et douceur, en attendant les ordres du prince. Pendant 



— 357 — 

tout ce tems-là nous ne vîmes notre confesseur ordinaire ; il 
vint, aussitôt la visite terminée, nous faire ses adieux. 3 jours 
après sur une ordonnance du consistoire de Liège, nous 
choisîmes pour confesseur M. le curé de Marchienne» entre les 
3 sujets nous proposés. Il commença le 19 août. 

En vain le corrupteur Janséniste vînt-il alors nuitamment 
pour enlever sa cliente, il manqua honteusement son coup. 

L'élection d'une supérieure canonique eut lieu presque 
aussitôt. M. Rousseau, curé de Marchienne, délégué spéciale- 
ment à cet effet, y procéda selon les formes voulues, assisté 
de M. Enrare, bénéficier du Monceau. Ce fut la mère Barbe, 
qui fut proclamée. M. le curé en informa de suite la précé- 
dente, lui présentant une lettre (qui fut lue à haute voix), de 
son Altesse, par où elle la remercioit des services qu'elle 
nous avoit rendus, et ordonnoit à la communauté de lui por- 
ter toujours du respect. Sur quoi, elle prit pourtant la main 
de la nouvelle élue pour la conduire en sa place, et lui baisa 
labague. (*) 

Dès le 13 septembre, la confirmation de la nouvelle supé- 
rieure nous fut rapportée par les susdits M" Rolain et de 
Macrelle, qui essayèrent de nouveau, mais en pure perte^ de 
ramener à l'obéissance notre rebelle, et le lendemain même, 
perte de peine, lorsque son évêque, qui, venu tout exprès et 
ayant lui logé chez M™^ Bilquain, à Marchienne, accourut en 
personne en faire l'essai ; après avoir chez nous célébré la 
sainte messe dans ce charitable et paternel dessein, il ne 
réussit pas non plus à faire fléchir son orgueil. Il eut la 
bonté de nous témoigner à nous une tendre bienveillance et 
entière satisfaction: mais repartit pour Fosses désolé de 
n'avoir atteint le but principal de son voyage. De là,il manda, 
par un courrier, à M. Rousseaux de se faire remettre par 
l'incorrigible ses livres et son portefeuille, ce qu'il exécuta 



(1) Cet incident est rappelé par M. Edouard Pirmez dans une élude sur l'oba- 
TOiRE ET LES ORATORiENS, publiée dans le Catholique en 1867. 

24 



— 358 — 

avec tous les égards nécessaires ; égards, qu'il eut encore, 
lorsque le 29 il fut chargé de la conduire eu voiture com- 
mode à Dinant, au couvent des Ursulines^ où elle trouva en 
arrivant une gratification y envoyée par le compatissant prince 
évêque, savoir: 18 écus pour son voyage, lui assignant en 
outre cent écus, pour sa pension et 50 écus, pour ses autres 
besoins; après 16 mois 1/-2, elle fut transférée chez nos con-- 
sœurs les sépulchrines de Sainte-Walburge, à Liège, puis 3 
ans après elle demanda d'être placée. 



APPENDICE.C) 



Notice concernant l'image miraculeuse, la chapelle et 
LE monastère de Notre-Dame de Miséricorde, lez Marchien- 
ne-au-pont, le tout extrait d'un vieux livre, dont il ne fut 

PLUS POSSIBLE de DÉCHIFFRER LE TITRE, NI LA DATE ET LIEU DE 
SON IMPRESSION. 

Marchienne-au-P., pelite ville du pays et dioc. de Liège, 
située sur la Sambre, entre les villes de Charleroy, de Fon- 
taine-l'Evéque et la baronnie de Monceau^ a de toute ancien- 
neté pour patronne de son église paroissiale, la très S.-V.-M. à 
laquelle les habitaps de cette paroisse ont toujours eu une 
dévotion singulière. 

Le Sr. Dieudonné de Ronvaulx, en son tcms curé de Mar- 
chienne,ayant en main une image de la sainte V., qui avoit été 
faite à Anvers par un artiste patif de la paroisse, voulut la 
dédier à une vénération publique, et augmenter la dévotion 
de ses paroissiens envers la sainte V., de sorte que le dou- 
zième d'avril 4626, après avoir observé les cérémonies pres- 
crites au pastoral romain pour la bénédiction des images, il 
alla solennellement la colloquer dans une ouverture d'un 
chêne, à quelque distance de sa paroisse, sur le chemin de 
Zone, pour la faire invoquer sous le nom de mère de Miséri- 
corde, A peine y fût-elle placée, qu'un chacun s' empressant à 
y faire ses vœux et ses prières, la très sainte V. ne tarda point 
à faire connoître par ses bienfait?, qu'elle y étoit agréable- 
ment honorée sous ce nom, et plusieurs personnes reçurent 
des effets considérables de sa miséricorde, ainsi qu'on en a 
fait et conservé un intéressant recueil; ce qui fut cause, 
qu'on a aussitôt bâti un oratoire joignant ledit chêne, où on 
y célébra le saint sacrifice de la messe enVhon. de la sainte V. 

(1) Note jointe au Ms, 



- 360 - 

le 25 d'avril 1627, et en 1628 on y bâtit la chapelle, dans la 
grandeur et beauté qu'elle se trouve aujourd'hui, des aumônes 
des paroissiens, et autres personnes pieuses, et principale- 
ment par les soins et la libéralité de très noble et très illustre 
seignr. Guillaume de Hamal, comte de Gouignies et du Saint- 
empire, baron de Monceau, qui étoit aussi le seigneur et dé- 
cimaleurde Marchienne-au-Ponl, lequel, ainsi que ses descen- 
dans ont été et sont reconnus pour patrons et principaux 
bienfaiteurs de celte chapelle, en laquelle ils ont aussi fondé 
un bénéfice dont ils sont collateurs. Derrière Tautel, au des- 
sus de la sacristie, il y avoit un quartier pour le pénitencier, 
qui en avoit la direction ; par la suite, l'amour et le désir 
des grâces divines et surnaturelles, qui coulent incessamment 
par ce canal de miséricorde, ont fait sortir une petite troupe 
des religieuses du Saint-Sépulchre hors de leur couvent de 
Huy, pour bâtir, joignant ladite chapelle^ un cloître de leur 
institut et servir de modèle de vertus et de dévotion envers 
la sainte Vierge de Miséricorde. Le sérénissime pr. et év. de 
Liège, Ferdinand de Bavière, leur a accordé l'usage de ladite 
chapelle et elles ont aussi transigné, avec le Sgr. de Monceau 
et la communauté de Marchienne,et ont occupé à leur gré pour 
leur droit et possessions respectives, de sorte que lesdites 
rnligieuses ont depuis lors, parmi les clauses et réserves y 
reprises, un seing particulier de ladite chapelle, qu'elles ont 
décoré de divers beaux ornemens 

Quant à l'image de la sainte V., qui avoit été ci-devant pla- 
cée dans le chêne, et qui est à présent placée sur Tautel de 
laditte chapelle, elle est faite d'une terre ou pierre propre à 
faire des pareilles images et de la grandeur d'environ huit à neuf 
pouces. Elle est ornée de différents présens offerts par des 
personnes pieuses et spécialement de M™® Adrienne de Lan- 
noy, abbesse et princesse de Nivelles, etc., etc. 

Du chêne dans lequel étoit placée ci-devant l'image de la 
sainte V., on a fait faire quantité d'images de la sainte V., 
dont plusieurs sont aussi maintenant miraculeuses et honorées 



— 364 — 

en divers lieux sous le titre de N.-Dame de Miséricorde. La 
ville de Bouvigne,entr'autres,a dans l'église des pères Augus- 
tins une image dudit bois, laquelle est miraculeuse et a rendu 
cette église célèbre. Celle de Marche en Famenne a aussi en 
l'église des religieuses Carmélites une image du même bois, 
laquelle est célèbre en miracles. . . . . . 

Sans compter plusieurs autres lieux, où la sainte V. opère 
des merveilles, sous le glorieux titre de Miséricorde. 

N. B. La chapelle fut démolie et le monastère, après l'ex- 
pulsion des religieuses, transformé en maison de plaisance 
dans l'année. .... 

L'image miraculeuse se conserve, depuis ce désastre, en 
l'église paroissiale, à un autel qui en a pris le nom. Au dos, 
on lit encore les deux extraits. 

Marchienne-au-Pont, bourg sur la Sambre, au dessous du- 
quel passe la rivière d'Heure, qui prend sa source vers 
Florennes, est renommé par des fabriques de doux et par 
une maison de chanoinesses auguslines du Saint-Sépulchre, 
dite Miséricorde, à 2 lieues de Thuin. 

Thuin, petite ville de l'évêché de Liège, bâtie sur une 
montagne, près de la Sambre, doit son origine à l'abbaye de 
Lobbes, au 8™® siècle. Louis, roi de Germanie,y défit les Nor- 
mands, en 979.Notger, évêque de Liège, changea la ville en 
une forteresse, l'an 872. 



NOTICE 



SDR 



LE VILLAGE DE LOMPRET 



Etymologie. — Le nom du village de Lompret vient de sa 
situation dans une vallée assez large dont la majeure partie 
est cultivée en prairie. Il a pour racine le mot longy, que la 
langue romane écrit souvent lorriy Ion, lonc^ c'est l'opinion de 
M. Chotiu. Mannier donne la même etymologie à une localité 
de nom similaire du département du Nord/- 

Origine. Antiquité. — Lompret est cité pour la première 
fois dans Miraeus sous la date de 1 186; cependant il est avéré 
que le village était habité à l'époque belgo-romaine, car sur 
une éminence qui le domine» il existe un camp romain offrant 
une étendue considérable et dont la forme est à peu près car- 
rée. A l'Est et à l'Ouest, où le terrain est accessible, des 
remparts de pierres et de terre défendent l'accès de ce camp ; 
au Nord et au Midi, où l'escarpement est à pic, ou très incli- 
né, il n'y a aucune trace de retranchement. ' 

On y a trouvé beaucoup de pointes de flèches et six cents mé- 
dailles romaines en argent de Gordien à Philippe père, elles 
sont conservées chez notre ami M. Auguste Malengreau or- 
chéologue à Chimay. 



(1) Eludée Etymologiques mr le déparlement du Nord, 
(S) Courrier de CMmay, numéro du 5 mai 1872. 



— 364 - 

Population. — En 1469 Lompret ne renfermait que 10 
feux, en 1804 la population était de 137 habitants ; elle n'a 
guère augmenté depuis, car elle est aujourd'hui de 226 re- 
partis en 40 feux. 

Superficie. — La superficie du territoire est de 736 hec- 
tares, 63 ares, 20 centiares. 

Situation. — Cette commune qui fait partie du canton de 
Chimay, est située à 4 kilomètres est de cette ville, 13 sud de 
Thuin,55 sud-ouest de Charleroi, 63 sud sud-ouest de Mons. 

Cours d'eau. — L'Eau-blanche, rivière qui a sa source à 
Seloignes, traverse le village dans toute sa longueur et fait 
mouvoir un moulin. * 

Voies de communication. Il y a à Lompret plusieurs che- 
mins très bien entretenus. On y trouve aussi une station sur 
le chemin de fer de Chimay à Mariembourg, quiaété inaugurée 
en 1857. Un bureau télégraphique y a été annexé par arrêté 
royal du 1^^ avril 1872. 

Commerce. Industrie. — D'après l'opinion de plusieurs au- 
teurs, l'industrie métallurgique prit naissance dans le pays 
de Chimay à une époque fort reculée. Cette circonstance est 
démontrée par les immenses dépôts de crayats de sarrasins 
qui se rencontrent dans toute l'étendue du pays, où ils for- 
ment les chemins, remplissent le fond des vallées, cons- 
tituent le sol de villages entiers ; les objets de la période 
belgo romaine trouvés de nos jours dans ces crayats sont une 
preuve irréfutable de cette assertion. " 



(1) Selon M. HageDiaos, la rivière r£au-b/ancAe, s'appelait primitivement Vanae 
villa. Lessabœus qui écrivait en 15â4 affirme que cette rivière nourrissait des pois- 
sons d'une extrême délicatesse, il s'en trouve encore aujourd'hui mais en petite 
quantité. 

(2) L'auteur de cette notice possède une statuette en bronze, trouvée dans les 
crayats de Virelles, village voisin de Lompret. Elle représente un personnage cou- 
vert d'un paludamentum, ou espèce de manteau s'altachant par une boucle sur l'é- 
paule droite. 



- 365 — 

Vers le milieu du dernier siècle le canton de Chimay avait 
neuf fourneaux et treize forges en activité, parmi lesquels 
celle de Lompret, que M. Warzée * cite comme existant en 
1751 et se composant de deux affmeries, d'un marteau et 
d'un broipards. Dans un mémoire manuscrit' concernant la pro- 
vince de Hainaut et rédigé, en 1691 , par M. Ber- 
nier intendant de cette province on lit: a qu'une partie du fer 
provenant des forges de Lompret et de Rance était trans- 
portée à Charle ville, où l'on s'en servait pour la fabrication 
des armes. . ^ 

Nous avons trouvé dans une farde de vieux écrits provenant 
de Lompret et transportés à Horrues, par le baron de Mael- 
camps, dernier seigneur de Lompret, des documents qui 
nous permettent de donner la liste chronologique des exploi- 
tants de la forge à partir de 1501 '. 

1501. — Jean Bayart et Jean Le Pienne, père et fils occu- 
paient ladite forge, moyennant cinq mille livres de fer annuel- 
lement, y compris son entretien. (Voir annexe n^ 1). 

1517. — La forge fut vendue par recours public au sieur 
Jacquemart Brusten de Virelles, moyennant 3,000 livres de 
fer annuellement. 

1534—1554. — Elle fut exploitée par Jean Lobbez^ aux 
mêmes conditions que par le précédent. 

1554. — Elle fut de nouveau vendue par recours et acquise 
par Martin Lobbez. 

1577. — Elle était tenue par Nicolas Lobbez qui, sachant 
que le contrat avait été perdu durant les dernières guerres, 
refusa de payer son fermage, il s'ensuivit un procès dont 
nous ne connaissons pas l'issue. 



1. ExpoU historique et statistique de Vindustrie métallurgique dans le Hainaut. 
Mémoires de la Sociélé des sciences, des arts et des lettres du Hainaut. ï" série, 
Tome 8. 

S. Bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles, n» 15,398. Bibliothèque de Tauteur. 

3. Nous devons ces précieux documents à l'obligeance de notre bien aimé frère 
Antoine Bemier, instituteur communal à Horrues. ^^ 



- 366 - 

1608. — Le 28 mai de cette année la forge Jfut rendue 
par recours public au sieur Jean Demanet pour une période 
de 30 ans, moyennant 100 livres tournois annuellement 
(voir annexe n^ 3). C'était Tépoque de la Trêve de XII ans. 

1689.^- La guerre s'étant rallumée dans notre province 

la forge de Lompret fut taxée à une cotisation de 200 florins\ 

1694. — A partir du 22 février 1694 jusqu'au l®'' juin 

1696 la forge chôma, à cause des troupes qui désolaient la 

contrée. 

Dans le cours du dernier siècle, elle fut occupée successi- 
vement : en 1758, par Robert Sambrée, au fermage de 484 
livres 40 sols; en 1761, par Jean Leclercq de Chimai, moyen- 
nant 300 florins annuellement ; en 1771, par René François 
Bourgeois de Glageon. 

Nous n'avons pas trouvé la liste des autres occupants; 
nous savons seulement qu'elle était exploitée dans ces der- 
niers temps par M. E. Wautelet et qu'elle appartenait à M. le 
prince de Chimai. Depuis 1870, une filature est établie dans 
les anciens bâtiments de cette forge. 

Église paroissiale. — L'église de Lompret, dédiée à Saint- 
Nicolas, qui n'était primitivement que la chapelle du château, 
n'a rien de remarquable; elle a été bâtie au dernier siècle 
par la libéralité de Pierre Jacquier, seigneur de Lompret. 
Une particularité curieuse se rapporte à l'histoire de ce 
modeste monument. Â l'époque de la Révolution Française, 
le seigneur de Lompret ayant fui le pays, comme beaucoup 
d'autres, vît ses biens confisqués. Le maire de la commune, 
Nicolas Demarez, ayant appris que l'église devait être vendue 
à Mézières, n'écouta que son zèle pieux, se rendit en cette 
ville et en fit acquisition pour la modique somme de 6 livres! 

 la restauration du culte, il s'empressa de la remettre à 
la disposition des fidèles de sa paroisse. 



l. GosTAYE HAGKMAifs. Histoiredu payi de Chimai. 



— 367 — 

Avant la Révolution elle avait pour revenu annuel 3 muids 
et 3 mêles* d'épeautre, et était desservie par un chapelain ; 
en 1602, Jean Wallerant remplissait cette charge; en 1680, 
François Dutron; en1730, le vicaire d'Aublain, et en 1783, le 
sieur Stassin, prêtre de Ghimai. Depuis 1803, elle est des- 
servie par le curé de Vaulx, village contigu. 

Voici la liste des desservants de Vaulx-Lompret depuis le 
concordat de 1803 : 

1 803 — Pierre-Joseph Michaux ; 

1816 — Develelte né à Dinant; 

De 1826 à 1887, la place resta vacante et fut desservie par 
le curé de Virelles; 

1839-1873 - Badot, néà Mellet. 

On trouve dans cette église deux épitaphes dont nous 
donnons plus loin la teneur. 

Cloche. — Un compte de la commune reposant aux ar- 
chives de la ville de Chimai, fait mention de la refonte de la 
cloche de Lompret, en 1789, parMonaux frères, fondeurs à 
Givet. 

DiME. — La dime de Lompret appartenait au chapitre de 
Chimai; en 1758 elle rapportait 189 livres 19 sols. 

Seigneurie. — La seigneurie de Lompret, qui se compo- 
sait de bois et terres, avait en 1590 un revenu annuel de 
1200 livres 10 sols. D'après un compte de 1783, les recettes 
en argent dues à la seigneurie étaient de 82 livres 14 sols 
10 deniers, plus 19 1/2 chapons 10 1/2 poules et 2 razières 
d'avoine*. 

Château seigneurial. — Le château-fort de Lompret, était 
autrefois entouré d'eau, il formait le noyau d'un fief relevant 
de la prévôté de Chimai; il se composait d'une maison de 
maître flanquée de grosses tours. On remarque encore cer- 



1. Mesure usitée dans le pays, et qui contenait environ 10 litres. 
S. Comptes de la seigneurie de Lompret. (Archives de l'Etat à Mons.) 



— 868 — 

taines parties des anciennes constructions, notamment une 
tourelle avec créneaux qui remonte au moins au XV* siècle. 
Les principaux bâtiments existant actuellement ont été re- 
construits en 1758\ Dans une des salles on voit une grande 
plaque de foyer en fer sur laquelle se trouve un écusson 
portant : en chef une étoile accompagnée de deux rosaces ; 
Cimier, un casque surmonté d'un lion. L'histoire fait men- 
tion deia destruction du château de Lompret, par Antoine de 
Croy en 1440'. 

Au château était annexée une ferme, qui fut vendue, le 24 
mai 1605, à Philippe Lefebvre, moyennant la somme de 360 
livres et 36 muids d'épeautre annuellement. En 1758, elle 
était occupée par Lambert Hostelet au fermage annuel de 
138 livres 19 sols, y comprisses terres et prairies*. 

Outre la ferme, il y avait encore une brasserie dépendante 
du château; chaque personne pouvait y faire brasser moyen- 
nant une taxe de 3 florins. 

Seigneurs. — Avant 1434, l'histoire ne fait pas mention 
des seigneurs de Lompret. Il est probable qu'antérieure- 
ment à cette époque, la seigneurie était régie par la prévôté 
de Chimai. Le premier seigneur connu est Jean de Bouzanton, 
qui portait d'azur à deux léopards d^argeni passant Vun 
sur l'autre, couronné fi d'or armés et lampassés de gueules* ; 
il possédait aussi la seigneurie d'Imbrechies, portait le titre 
de Grand bailli des bois de Chimai, et fut prévôt de cette 
ville de 1434 à 1445. En 1465, il fut de nouveau investi de 
cette charge. Ce seigneur avait épousé Marie Duponcheau et 
eut pour fils : 



1. Comptes ibid. 

2. Géographie du Hainaul, par V. D. M. 

3. Les archives de l'Etat à Mods renferment un plan du Franc-Bois, du Châ- 
teau de Lompret et environs et un plan du Bois le Sire au territoire de Lompret 
dressés tous deux en 1730 par J. J. Pion ( Voir Inventaire des cartes et plans de 
ces archives, par L. Devillers, n<» 730 et 781.) 

4. Laurent Le Blond, Quartiers généalogiques, etc., etc., tome 1*^ 181. 



— 369 — 

i^ Philippe de Bauzanton, mort sans lignée. 

2® Laurent de Bouzanton, seigneur de Lomprel, décédé en 
1518; il fut enterré dans l'église du village de Barbençon; 
nous donnons plus loin le texte de son épitaphe que nous 
croyons fautif quant à la date de son décès, attendu que ce- 
lui-ci était déjà seigneur de Lompret, en 1514, ce qui semble 
indiquer que Laurent avait cédé la seigneurie avant sa mort 
à son frère Gilles qui suit : 

3® Gilles de Bouzanton, seigneur de Lompret, de Quere- 
naing et de Naast, maître d'hôtel du duc Charles de Bour- 
gogne, prévôt de Chimai en 1518 ; il avait é{)Ousé Jeanne 
Lejosne, laquelle fut nourrice du roi Philippe de Castille, duc 
de Bourgogne. La dite dame mourut à Mons en 150-4, et fut 
inhumée en l'église du couvent des frères mineurs avec épi- 
taphe dont nous donnons plus loin le texteV Le 30 mars 
1514, Gilles de Bouzanton se rendkt à Chimai accompagné 
des mayeur et échevins de Lompret et procéda au renou- 
vellement de la charte locale (voir annexe n** 2). 

4® Guillaume de Bouzanton, seigneur d'Imbrechies". 

Philippe de Bouzanton, seigneur de Naast et de Lompret. 
Il édifia le château de la Court-au-6ois à Naast et épousa en 
1521 Marie de Le Loye. Le l!Î janvier 1525, il fut témoin au 
contrat de mariage de Marguerite de Spontin, laquelle épousa 
François de Baillet, seigneur de Buck-Lintre, Han-sur-Lesse, 
etc. 



1. Gilles de Bouzenton eut de son mariage Phiiipotte de Bouzenton, laquelle 
épousa à Malines le 23 février 1494, Jean de Beaufort, sire de Spontin, mayeur de 
Kamur, mort le 5 février 1517, et en secondes noces le 5 décembre 1519, Jean de 
Celles, écuyer seigneur de Gramptines ; la dite dame mourut le 18 mai 1538. 

â. La seigneurie d'Imbrechies était une dépendance du village de Monceau, 
près de Chimai. U y a quelques années, on voyait près du château d'imbrechies 
une pierre mutilée sur laquelle j'ai recueilli l'inscription suivante : « Ici fut occit 
Jean de Uoussin, en son tems seigneur d'Imberchy le 2 apvril 1650. ? La tradition 
rapporte qu'il fut tué par son frère qui lui tira un coup de fusil de la fenêtre du 
château. 



ScMu de Lomprtl. 



- 370 - 

Gilles de BauzanUmj seigneur de Lompret, épousa Jeanne 
de Prat et eut pour fille Jeanne qui épousa Robert de Landas 
qui suit : 

Robert de Landas, baron de Landas, seigneur de Roucourt 
et de Lompret, après son mariage avec Jeanne de Bouzanton; 

il était fils de Antoine, ba- 
ron de Landas et de Fran- 
çoise de Groy, et portait 
emmanché d'argent et de 
gueules de dix piècesS il 
mourut en 1579. 

Ce seigneur accorda à la 
commune de Lompret, un 
sceau qui porte le millésime 
1576; au milieu on voit un 
écusson aux armes de Lan- 
das et cette légende : sel 

ESGHEVINALLE DE LA VILLE 
DE LOMPRE. 

Robert de LandaSy 2^ du nom , seigneur de Rupilly die 
Roucourt et de Lompret ; il épousa 1* Catherine de Quiévrain 
dite Despret, fille de Philippe seigneur de Ciply et de Marie 
d'Ive^ 2* Marie Dassonville. 

Philippe de Landas, seigneur de Lompret, mort vers 1620. 
A l'époque de sa mort Charles de Namur, seigneur de Ber- 
sée, qui avait épousé Florine de Landas, sœur de Philippe, 
fut nommé tuteur de Antoine-Ignace qui suit : 

Antoine-Ignace de Landas, fut seigneur de Lompret, après 
la mort de Philippe son père. Le 6 juillet 1655^ il se deshérita 




1. La filmille de Landas, aujourd'hui éteinte de nom, prétendait descendre des 
marquis de Toscane et des comtes d'Esté et d'Àostu en Italie. Le premier connu 
fui Àmaury de Landas cité dans une charte de l'abbaye de Marchiennes de l'an 
955. 

Carpentier. Hitloire de Cambray et du Cambrem. 



- 371 - 

de sa terre de Lorapret au profit de Pierre Jacquier. Il est 
dit dans l'acte de vente, que cette terre se composait alors 
c de grandes et de petites censés, audit lieu, terres hanables, 
prest, bois, forges et moulins ruinés, rentes d'argent, cha- 
pons, avoine, etc., avec la haute, moyenne et basse justice. > 

Pierre Jacquier, seigneur 'de Lompret, par suite du des- 
héritement fait en sa faveur en 1655, fit aussi acquisition de 
la terre de Boutonville * en 1660. Plus tard en 1699, il acquit 
la terre et seigneurie de Yirelles des héritiers de Baudouin 
de Bourlers, pour la somme de 6,000 florins*. 

Ce seigneur d'un caractère hargneux, eut souvent des dé- 
mêlés avec les habitants des villages voisins de ses seigneu- 
ries. Vers 1680, il intente un procès à des bourgeois de 
Chimai, qui s'étaient permis d'aller pêcher dans la rivière 
VEau blanche j sur le territoire de Lompret. Les bourgeois 
s'appuyant sur une charte de 1096 par laquelle Baudouin YI, 
de Hainaut, vendit la terre de Couvin à l'évêque de Liège , 
obtinrent gain de cause ; néanmoins le malencontreux sei- 
gneur voulut les empêcher et plaça des gardes le long de la 
rivière. Ceux de Chimai ne reculèrent pas devant les me- 
naces et revinrent plusieurs fois à la charge en grand nombre 
et armés, il y eut même un jour une attaque qui coûta la 
vie à un homme nommé Robert Thomas. 

Pierre Jacquier avait épousé Marie-Thérèse Suzaine, la- 
quelle se remaria le 11 août 1689, avec Jacques de Robaulx, 
seigneur de Soumoy et de Reuvleumont, qui^ à la suite d'un 



1. Hameau dépendant de la commune de Baileux situé à la frontière de la pro- 
vince de Namur, près de la route de Chimai à Couvin. 

2. Pierre Jacquier, seigneur de Lompret, fit une donation au couvent des Recol- 
lets de Chimai à charge de célébrer un anniversaire. Voyez DoeumenU et rapports 
de la $ociété archéologique de CharleroU t. 4, page 868. 

Un autre Pierre Jacquier, fut nommé doyen de la collégiale de Binche, par Phi- 
lippe, roi de Caslille, le 21 avril 1665. 

3. Cette charte a été publiée par notre savant collègue M. G. Hagemans, dans 
sa belle histoire du pays de Chimai. 



— 372 — 

long procès avec sa femme, vendit, le 24 mars 1703, la terre 
et seigneurie de Soumoy à Claude-François de Robaulx, sei- 
gneur de Prételle, son frère, à qui il donna en outre son argen- 
terie, le 24 avril 1712.11 céda, le 17 décembre 1714, à Pierre 
Jacquier, seigneur de Chalon, la forge et le fourneau et les 
immeubles qu'il possédait à Fôlemprise au territoire de 
Boussu-lez-Walcourt. 

Nicolas Jacquier j prévôt de Chimai, avocat à la cour de 
Mons, ennobli par diplôme de l'empereur Charles VI, du 7 
avril 1718, devint seigneur de Lompret à la mort de Pierre. 
Il avait épousé, par contrat du 19 août 1692, sa parente Marie- 
Anne Jacquier, et mourut le 1^^ mai 1724. Il avait fait un 
acte de partage par lequel il donnait la seigneurie de Lom- 
pret à Jacques-Joseph, son fils aîné; celle de Boutonville à 
Emmanuel, lequel avait embrassé la carrière ecclésiastique; à 
un autre une rente viagère de 200 florins, à ses quatre filles 
chacune 400 florins. 

Une des filles de Jacques-Joseph Jacquier, héritière de la 
seigneurie de Lompret, épousa le baron de Maelcamp, qui en 
1814 alla s'établir au village d'Horrues, près de Soignies, où 
il acquit, de M. Charles Demeuldre, une maison de campagne, 
pour la somme de 21,477 francs. Cette maison désignée en- 
core aujourd'hui sous le nom de château Maelcamp, fut habi- 
tée dans ces derniers temps par M. Jamar, alors ministre des 
travaux publics. 

Particularités historiques. — Froissart rapporte dans sa 
chronique, que le village de Lompret fut brûlé en 1340 par les 
Français qui voulaient se venger de Jean de Hainaut, sire 
de Beaumont. 

Durant les guerres qui désolèrent le pays au 15^ et 16<^ 
siècles, cette commune eut encore beaucoup à souff'rir des 
troupes campées dans les environs, elle fut taxée à des con- 
tributions considérables. 



- 373- 

Aujourd'hui, grâce au développement du commerce et de 
l'industrie, les habitants de Loropret, vivent dans l'aisance, 
mais loin des bruits du monde. S'il arrive à un voyageur 
de parcourir ce village, il ne rencontre âme qui vive sur 
son chemin, car chacun, dans ces parages, vit absolument 
chez soi , et savoure avec délices les plaisirs de la vie des 
champs. 



LISTE DES MATEURS, MAIRES, ET BOURGMESTRES DE LOMPRET. 



U90. — Pierrart Mabile, 
1501. — Pierre Mabile, 
1521. — Pierrart Godernieau, 
1531. — CoUin de Hainin, 
1542. — Jean Jehenot Laisnel, 
1557. — Pierre Godernieau, 
1584. — Pierre Brissotiau, 
1600. — Mathieu Cochart, 
1619. — Daniel Godernieau, 
1655. — Charles Brocquel, 
1660, — Philippe Tonne, 
1664. — Pierre Hostelet, 
1668. — Philippe Martin, 
1673. — Ger vais Godernieau, 
1678. — Paul Rouvez, 
1680. - Philippe Martin, 
1695. — Jean Demarez, 
1705. — Gille Demarez, 
1735. — Albert Gousée, 
1746. — Gille Jordans, 
1758. — Jean Jordans, 
1780. — Jean-François Jordans, 



— 374 - 

1784. — Henri- Joseph Champenois*. 
1790. — Nicolas Demarez, 
1 792. — André Meunier, 
1820. — Joseph Romain, 

1830. — Joseph Magotteau, en fonctions depuis cette 

époque. 



EPITAPHES 

DES SEIGNEURS DE LOMPRET ET DES MEMBRES DE LEURS FAMILLES 

Ancienne église des Frères Mineurs a Mons. 

Chi gist damoiselle Jhane Josne, femme de Gilles de 
Bouzanton, chevalier seigneur de Kerinains, de Nastre et 
mre d'hostel de monseigneur le duc Charles de Bourgoigne, 
prince de Castille laquelle fut en son temps mère nourrice du 
roy Philippe de Caslille duc de Bourgoigne et de madame 
Marguerite princesse de Castille laquelle trépassa en l'an 
1504'. 

Église de Barbençon. 

Dans Tancienne église du village de Barbençon on voyait 
un marbre avec écussons armoriés et cette inscription : 

Chy gist honorable escuier Laurent de Bouzenton, en son 
temps sr de Lompret, quy trespassa l'an mil V^XYIII le XIII^ 
jour.de may. Priez pour s' âme'. 

1. Un de ses descendants, Félix- Joseph Champenois, né à Lompret le 27 mars 
1808,se fit prêtre et fut d'abord curé à Familleureux. Transféré à la cure de Velle- 
reille-lez-Brayenx, il y mourut le 15 janvier 1856. La bibliothèque de ce modeste 
savant passait pour la plus riche de notre province. 

S. VmcHANT, Annales du HainauU édit. des bibliophiles, tome VI, page 840. 

3. Becneil d'épitaphes, manuscrit de la bibliotb. de Moos. 



— 375 - 

Église de Saint-Jean l'Évangéliste a Namur. 

Cy gist noble homme raessire Jehan chevalier, seigneur de 
Spontin, de Corrière et de Dorine, qui trespassat Tan 
M. Vc. XVII, le V de février. 

L'an M. V<^. XXXVIII, le XVIII^ de may, trespassat madame 
Philippotte de Buzenton, espouce de Jehan, seigneur de 
Spontin . 

Église de Lomprets 

Icy repose le corps de Mademoiselle Claire Jacquier de 
Lompret âgée de 4 ans et demy décédée le 13 avril 1678. 

m 

Félix hora salutis finisque laborum pro nobile D.D.Nicolas 
Jacquier Toparcha in Lompret, Virelles et Boutouville, Olim, 
Thimacensium Gubernatore» annos 52 pietate, charitate et 
justiciœ. Efflusoit 1» May 1724. 

Église de Range. 

3ct gist Ir cûtif* ht tonUt Sacqtttcr fille ht ftrrre Jacquier a%it ht loti an* qui 
txtsfasBa U dernier îoiir ht maj 1619. fx'itt Witn )ioor son ame. 

Cy gist le corps du sr Jean Jacquier en son vivant mredes 
forges et seigr de Fontenelle qui après avoir fondé l'Octave 
des morts et faict des légats considérable aux pauvres, décé- 
da le 20 octobre de Tan 1619, âgé de 46 ans. 

Ci gissent les corps de inss Nicolas Jacquier mre des for- 
ges et seigneur de Pierrefontainequitrespassale26avril 1650, 
âgé de 70 ans. Et Mademoiselle Ursule Polchet sa femme dé- 
cédée le 10 août 1674 de son âge 60®. — De la Demoiselle 
Louise leur fille fondatrice de l'octave du Saint Sacrement 
laquelle âgée de 56 ans rendit son âme à Dieu le 29 aoust 
1675. R. I. P. 

1. GoBTHALs, Miroir des noiahUités nobiliaires de Belgique, etc., t. S, p. SOS. 



- 876 — 

Cy gistle corps de vertueux et honorable personne sr Pierre 
Jacquier mre des forges^ fondateur de 5 messes par sept- 
maine au cantuaire du Sacré Rosaire en la chapelle de cette 
église qui après 70 ans de célibat très exemplairement pas* 
sez , décéda le 31® du mois d'aoûst 1661. 

Église de Chimai. 

Au pied de ce pillier repose le corps de dame Marie-Thé- 
rèse Jacquier de Lompret, épouse de M. de Rons, secrétaire 
de sa majesté catholique en son conseil privé à Bruxelles, 
décédée le l^r décembre 1706 âgée de 27 ans. Priez Dieu 
pour son âme. 

Église de Montbliârt. 

Icy reposent les corps du sieur Pierre François Joseph 
Ghobert, maître des forges, demeurant à Montbliârt, âgé de 
67 ans, décédé le 2 d'aoust 1788, et de demoiselle Marie- 
Catherine Jacquier, son épouse âgée de 59 ans, décédée le. 
22 juin 1731, administrés des sacrements de notre mère la 
sainte-église. 



ANNEXES'. 



No 1 . — Bail des forges et fourneau de Lompret en date le 
i3 décembre iSOl, 'pour 3 ans^ au profit de Jean Bayardy et 
de Jean Lepienne père et fils au rendagede cinq mille livresdeff.r 
par an, outre des nouveaux ouvraiges à faire à leurs frais aux 
ds huissineSy etc. 

Sachent tous ceulx qui cest escript pnt verront ou oïront 
qepardevât nous maieur eteschevins de la ville de Lompret- 
les-Chimay, cy dessoubz nomez se comparut personelement 
Colart Bourguignon receveur du dit Lompret, d'une part et 
Jehan Bayârd et Jehan Le piene le père, et Jehan Le piene, 
le fils, et Jacqmart Jaquart d'aultre part et laendroit le dit 
receveur cogneult bonnemet et leaulment avoir baillé àcensse 
audessud Jehan Bayard Jehan Lepiene le père et le fils qui 
ainssy le cogneult, avoir acensy les uysines de Lomprez, 
fourneau etmartiau, et les utensillesyservoLasseavoirlehan 
Baiart le moittié, et les autres l'autre moiltié pour le tier de 
trois ans durât comenchant au noël mil chincq cens et deux 
style de Liège, parmy rend pour chun an la somme de chincq 
milliers de fer à quatre tmes en l'an. Sy come le premier 
paiemet à le pasqz ensst audt an, le second en le saint Jeha 
Baple ensst le thier à la saint Rei (Rémi) et le quart au Noël 
ensst mil V C et trois et ainsi de an en an jusqz à la copli- 
semet de sd trois _ans. A condicion q lesd preneurs sont 
tenus de refectionez les dites Wysines ainssy qu'il sensst 
asseavoirq il devront refaire, le coble du martiau neuf, 
refaire le chippe du fourniau et le maisonnage du dit four- 



1. L«a origioaux des actes qui vont suivre, sont aujourd'hui déposés aux ar- 
chives de TEtat à Mons. 



— 378 - 

niau ancien, faire deux neufve venlailles en dedanne du mar- 
tiau, doient ossy entretenir les bief du fourniau et iceulx 
ouvraiges et les utensilles desde uysines relivrer en fin desd 
trois ans en bon estât et pour sceurté des paiemens susdt 
accomplir et paier as jours et eures q dt est ossy desdtes 
devises et condicions acoplir le susdt Jacgmart Jacquart laen- 
droit pour e( au nom des susd Jeban Bayart, Jehan Lepiene 
le père et Jehan Lepiene le fils sy qd est obligen et oblige 
envers led receveur quicoq le soit aiant cause ou porteur de 
cest en la main du maieur pus nous eschevins luy meisme et 
ses biens meubles et non meubles pns et advenir par tout 
ou quils soient ou pouUet estre trouvers et sur le demi quind 
denier de don de toute la defaulte qui y seroit q ledit rece- 
veur quiconqz le soit ou sera aiant cause au porteur de cest 
donner et pourront à quelqz seigneur justicier, ou officier 
que mieux leur plaira sur luy, led Jacgmart Jacquart, et 
sur ses biens incontinet la defoulte advenue on de la en 
avoit à leur volonté pour luy el sesd biens contraindre à 
iceulx paiemens, faire et acoplir toutte et quate fois q defaulte 
ossy des relivrances faire selon les devises cy dessus décla- 
rées et le tout à ses coust frais et despens et fit la endroit le 
dit Jaqmart Jacquart, serment en la main dud maieur q 
l'obligation qu'il faisoit, estoit en bonne juste et leault cause, 
et sans nuls de ses leault créditeurs, voUoir frauder, barter 
ni eslongier son droit. Touttes lesquelles choses et condicion 
d'icelles furent par le maieur bien mises en le warde et 
retenance de nous eschevins,' et bien en eusmes nos droits, 
ce furent faites et passées et a loix, en la ville de Lompret en 
l'an de grâce mil VCel ung,du mois de décembre le XIII® jour. 
Et fut pnt ce faire et passer corne maïeur dudt Lompret, 
. Pierre Mabile, et come jschevins ; Colart Simon, Denise Bri- 
sotiau, Jehan Jehenot dt Floquet, Jehan Bourla dt varlet el 
Jehan Gofinet. 

(Original sur parchemin.) 



- 379 - 

N*> 2. — CHARTE LOCALE. 

30 Mars i5U. 

Sacent tous pns et advenir, que à Ja plainte de monsei- 
gneur le maistre Gille de Bouzamtony chlr seigneur de la ville 
de Lompret empres Chimay, nous les eschevins de la de 
ville, ci desoubz nomez, par la bone mémoire de nous avecqz 
la prise que avons faict à aucuns anchiens eschevins et que 
de long temps a estez usez et que nous avons veu uzer, au 
comandement du mayeur d'icelle ville, disons et recordons 
que la ville et seigneurie de Lomprez, au lay en decba de 
leawe (l'eau) au desoubz de la plache ou Tegle sier {où V église 
est située) et est posée au costez vers faigne, est et appartient 
audi Gille de Bouzamton, come souverain seigneur de ladê 
ville, hault, basse et moyene a comencher se prend de Taultre 
seigneur, depuis la maison de Vaulx, à la moyene du cours 
de la rivier et allant avant leauwe, jusque d'Aublaing, vers 
Faigne et audt cours de la rivier, peuvent les bourgeois 
d'icelle ville^ pêcher à la nasses et bouselle, pour leur prof- 
ût, mais il ne le peuvent épuisser pour vendre à autruy, 
sans le grez et congé du seigneur et sur lamende. Item, les 
bourgeois peuvent tailler les bois et aizeraent pour leur 
besoignes mais ils ne le peuvent mener hors de la mairie, 
ne le vendre sans le grez du jeigncur et sur lamende et 
aussy le seigneur bourgeois demt en sa ville, qu'il ne_jsoient 
servit suffisamn. Ilem, sy aucun débat y avoil en lade ville 
diïd sr et il y eut coup donné sans avoir^sang led seigneur 
aura LX s. pour lamende, à celuy quy led coup aura fait et 
donné, et d'un débat ou sang auroit faict et donnez nœfz 
livres. Item le terraige et rowàige de toniaux de cens et de 
plusieurs choses destaillées à payer, et qui pouroient surve- 
nir en laditte ville se aucune faulte y avoit, les amendes 
seroient audit seigneur sy advenament que au cas appartien- 
droit et que se trouveroit au conseille de nous srs souverains 



— 380 — 

et mres les eschevins de la bonne ville de Cbimay et selon la 
loi et coutume du pays. Item, chacun bourgeois qui at et 
tientjcharue en sa maison, dmt en la dilte ville, doibt à son 
d sr, une journée de coruwée de ses chevaux, au mois de 
mars et une journée en mai, à deux jours de loyalle semonce 
et partant ledit sr doibt pour lade journée et chune d'elle 
un melle d'avoine, pour leds chevaux et au charton a disner. 
Item les manouvriers d'icelle doivent aud sr, une journée 
franche parmy douant leurs frais jusque au nuict. Item, les 
femmes vefve et les femes qui ont varlet servant doivent aud 
sr une journée de resteaux parmi donant leurs frais jusque 
aujiuict. Item, à Lomprez, plaix gnaulx trois fois Tan, sy 
come à pasque, à la saint Remy, et aux roys et y ont \es 
eschevms d'icelle à chun plaix à leur seigneur V S. IIII drs, 
et le sr at les clainges à toultes seigneurie, haulte, basse et 
moyenne. Item, doit estre esleu par le dit sr ung sergeant 
pour servir la loy et y est mis à serment par le mayeur dud 
lieu, lequel sergeant devra et sera tenu à tous les plaint de 
servir, et aller sonner la cloche de la ville par trois fois à 
chune fois trois coup pour semonce les bourgeois d'icelle et 
aller tenir les d plaix et le jugement de nos eschevins et qui 
ad ce sera defailant ou refussant il seroit à lamende devers le 
seigneur cincq sols et sy le sergeant estoit hors de la dilte 
ville, à ung des jours desds plaix ou à plusieurs, le mayeur 
i poroit comettre ung des bourgeois ou habitant, pour se jour 
servir la loy et non plus avant. S'il advenoit que ung des 
bourgeois d'icelle se clamas d'ung auUre bourgeois, tous 
deux icelle mannans et demorant et y fust trouvé que ledit 
clamant eusse tort, et fuist jugé au contraire de sa demande, 
ledit damant seroit a lamende pardevers son dit seigneur à 
XVII s VI drs. Item, y at service en lad ville aud sr ap- 
partenant que sy ung bourgeois vendoit aucun heritaige il 
doit à son seigneur de dix deniers ung. Item, le rapport de 
messiers fait depuis le noeiz, jusque au iour saint Jean, ont 
en droit de chacun XVIII drs a ceulx qui seront fais deppuis 



-381 — 

led jour saint-Jean, jusques aa noêl enssuyvant, ont eu de 
chun cinq sols, ce at le messier le tiers de chun, et les deux 
part audt seigneur. Et se un rapport qui seroit faict et trou- 
vé sur les pré dudit seigneur jpu en doit dix sols tournois, en 
tout temps. Item, doibt chun bourgeois^emeurant en lade 
ville au jour saint Remy chuli Y sols IIII drs. Item, doit chun 
cheval au jour saint Remy chiïn an deux sols six drs en^omp- 
tant XIII drs pour XII. Item, le bourgeois dj)ibt chun an a 
son dit sgr au jour de la chandeleuze pour chun cheval trajant 
qu'il aroit en sa maison, six mel d'avoine et parmi tant le 
homage est francq et quitte et lige toutte bourgeoisie. Item 
est appartenant aûd seigneur une pièce de bois, qu'on appelle 
le bois du sire de Lompret, lequel est au dit seigneur, seul 
appartenant ten au bois de fagne, ainsi qu'il sextent auquel 
bois les bourgeois doivent et peuvent aller colper bois come 
leurs aizemens, et faire leur proffit pour leur maison et aisé- 
ment de ville. Et si le dit seigneur avoit vendu aucune partie 
et quantité dud bois pour gaudroyer ou autrement faire 
lesdis, ne peuvent aller aud bois colper les respes qui se- 
roient vendus seullement des chesnes. Item les bourgeois ma- 
nans et habitans de Lompret y peuvent mettre chacun an au 
bois de Lompret et non ailleurs autant de pourceaux qu'H en 
ont la nuict saint-Jean, raportez par sergent aussy bien quand 
il y a de la pachon que non parmy paiant au seigneur de 
Beaumont du m^asle, deux deniers et de la coche trois obolles. 
Item, est et appartient aud sr un bois qu'on appelle le francq 
bois deseure Lompret, auquel lesd bourgeois peuvent aller 
quérir aucune chose de bois secq ou aultrement. Item les 
tonieux de îâde ville sont au7 sr^t ou avoir des poids seroit 
trouvez, il doit de xx sols, iiii drs. Item, sy ung chariot et 
les chevaux alloient quérir audit lieux de Lompret, aucune 
charge led chariot doibt huit deniers et la charette iiii, et la 
charge d[ung cheval ung denier, et la collée d'ung home ou 
d'une feme une maille. Item, doibt un veau, ou ung pour- 
ceau masle un denier et la femelle une maille. Item, est et 



— 382 - 

appartient audt seigneur, ung moulin et le bief de deseure 
ainsy qu'il sextend gisant en lad ville, tant de Tune des de 
signorie corne de laultre sont tenuz et ne doivent aller 
moudre a aultre_moulin, que a celuy moulin, fors que tout 
seuUement se led moulin estoit rompu par gellée constrainct 
il peuvent aller porter leur mounée à faire mouldre ou que 
bon leur semblera. Item, doibt aller ledit bourgeois audit 
moulin et se doibt à renner sa mousnée sy lui plait et le 
monsnier doibt tenir la main au rigl et lever lewe sur le 
moulin, et escoufiler et permittance, sy led monsnier en 
mould pour led bourgeois jusque à douze melz descouiies, 
il aura le douzième melz et s'il ny avoit qu'un stier de melz 
de grains assavoir escouffier ou forment, il en doibt avoir un 
sotteau levrez a rez depuis le noël, jusques au jour Saint-Jean 
et deppuis led jour jusques au jour de noël enssuivant il 
doibt avoir a comble et ainsy à tousiours de terme en terme. 
Item, sy les bourgeois vouloient mouldre pasteures pour leur 
bestialles se faire le peuvent, parmiltant que il doibvent led 
moulin relaver de leur monsnée et remettre ledit moulin en 
bon poin et doibt avoir led monsnier pour son sallaire du 
stier un sotteau. Item, doibt led seigneur livrer aud moulin 
ung mel, ung sotteau et un demy sotteau iuste à la mesure 
et enseigne de la ville de Chimay, pour servir les bourgeois. 
Item, sy lesdis bourgeois alloient porter ou faire porter leur 
monsnée, audit moulin et y trouvoient aucune monsnée daus- 
cune personne non estant bourgeois d'icelle, ils poudroient 
et debveroient mouldre après ce qui seroit trouver sur ledit 
moulin et tousiours estre ledit bourgeois, advacez devant tout 
aultres persones non estant bourgeois. Item, si les bourgeois 
vouloient^acheter farine ou pain, faire le pouldroient, ou que 
bon leur semblera pour leurs proffict sans ce^ qu'il en soient 
et ne peuvent estre de rien contrainct en lade ville et signo- 
rie. Item, s'il y avoit en lade ville une feme paiane (paysanne) 
gisante d'enfant et doit estre avanchée devant les bourgeois 
et tous aultres. Item, la huge du monsnier pour mectre ses^ 



- 383 - 

mouttures doit estre assize sur le moulin sans estre hault sur 
l'entremize. Item, des amendes échéant à cause dud moulin 
sy aucuns en echeoient, nous en voulons avoir conseille de 
nos seigneurs et maistres les echevins de Chimay. Item, ap- 
partient aûd seigneur l'héritaige et place d'ung four à ban, 
gisant en sa signorie lequel four le sr doit livrer en permit- 
tance, il doit avoir de trente six pains lung et de vingt miche 
Tune et ne peuvent lesdis bourgeois faire ne avoir four en 
leur maison se il ne soit fais ou muret du contrecœur de leur 
cheminée et deveront lesdis bourgeois et chun deulx leurs 
tartes et refrais as trois iamas de l'an, assavoir, noel, pasques 
et pentecoustes parmy payant et rendant aux fourniers son 
sallaires. Item doit ledit seigneur livrer en lad ville un mel 
juste à la mesure de Chimay, pour mesurer les grains et 
servir les bourgeois et ha bilans d'icelle. Touttes lesquels 
choses dessusdittes et chacune d'icelle, furent par le mayeur 
mises en la garde et le retenance à la request du devant 
nojviez, monseigneur et mre Gille de Bouzanton, chlr seigneur 
dud Lomprez, et bien en eusme nos drois de sedt recors a 
este faict et passez bien et a loy en la ville de Chimay par 
terre empruntée en pnce de honorable et discrelte persone 
Gille Polchel, à ce jour bailly dud Lomprez, Tan de grâce 
nre sgr mil cinq cens et quattorze^du mois de mars le dernier 
jour. Ad ce faire et passer f u£^pnt corne mayeur de Lompirez, 
Piérard Mabille. Et y furent pns come eschevins, Collart Si- 
mon, Jean Delgrange, Jean Jehenot, Jehan Despaux et Jean 
Longuier. 

(Copie sur papier, écriture du temps.) 



N® 3. — Bail de la forge de Lomprety fait par noble homme 
Philippe de LandaSy au profit du sr Jean Desmanet, mire de 
forgey pour le terme de 30 ans routiers au rendage de iOO II 
tournois chacun an^ en datte le 28 mai i608. 

Nous Jean Colinet, Pierre Pupin et Jaspart le fouUon, sca- 



— S84 — 

voir faisons à tous que pardevant nous qui pour ce y fusmes 
spéciallement requis et appeliez come homes de fiefs à la 
comté de Haynau, et courte de Mons, comparu personelle- 
ment, Jean Damanet, marchant mire de forges demorant à 
Virelles, empres Chimai, et la endroit de sa bonne volunté 
sans conslraincle dist et congneult, qu'il avoit prins et pre- 
noit à tiltre de censse et a main ferme de noble home Phles 
de Landas, escuyer, seignr de Lompret demorant en la ville 
de Môns, Laendroit pnt quy congneult luy avoir baillet et 
accordet, pour le terme et espace de trente ans routliers con- 
tinuelz, et enssuivant lung laultre, quy commenchîer debve- 
rqnt au jour de Saint-Remy prochain venant du pnt an mi' 
six cent ethuyt, les places lieux héritaiges et entrepresures, 
comme tous les lieux et circuits se contiengnent ou foUoient 
estre les forges, marteau, affinoires, et chaufTeryes servans à 
affiner forgier et affiner fer scytuer et gisant audit lieu de 
Lompret, avecq loultes les aullres places et enlrepresures, 
servans à mettre les halles et provisions d'icelles huisines, 
ensamble le courant deauwe, ainsi come elle falloit jestre cy 
devant et que le tout estoit appartenant audit seignr sans 
réservations quelconques sur les devises et conditions que 
sensuyvent, c'est assavoir que ledit seigneur bailleur doibt 
promisiet eult leallement en convenant de faire laisser coul- 
1er leauwe du bielz de son moullin dudit Lompret et de 
lever à ceste effect chun an laditte censse durant le terme 
et espace de irois mois en tel temps et saison que le dit 
Jean Damanet, preneur trouvera mieux convenir. L'une des 
ventailles dudit bielz et lenue d'eauwe diceluy moullin à la 
haulteur de deux poulches seuUement afin de par ce moyen 
pooir besoingner laffinoire d'icelle forge lorsquelle sera re- 
diffiée ordinairement sy avant que leauwe comporter le poul- 
ra sans par devise expresse pooir desmembrer lesdis trois 
mois par huictaynes ne aultrement ans laissier continuer 
iceulx dis trois mois consecutifvement d'une suyte sans 
quelque desmenbralion, ny division et donc à quoi Catherine 



— 885 -- 

de Latte présentement fermière dudit moullin à la requeste 
dudit seigneur, sestoit voluntairement submise obligée et 
accordée obstant, que par son bail n'en estoit faict mention, 
et meisme promiss laditte Catherine de ne thirer les eauwes 
dudit moullin _de faict volontaire tout d'un coup, pour par 
malice faire domaige audit Damanet, en l'inondation de ses 
édifQces. Â payne de repeter les intérêts sur elle et sur ses 
ayant causes, porte aussy daccordt que le dit preneur, ne 
sera tenu de rediffier laditte forge, sy bon ne luy semble, 
mais nonosbtanl sera tenu et acquoi il sestoit rendu tenu et 
subject de payer anuellement d'an en an le rendaige cy appres 
declaret, sauf que s'il advenoit guerre contre les franchois ou 
aultrement, pour cause de laquelle lesdittes forges lorsquelles 
seront rediffyées, que par fortune de feu ou aultre force 
majeure icelles fuissent orses bruslées ou ruynées cornent 
que fuist que ledit Damanet ny sesdis hoirs ne seront aussy 
tenuz de rechief le redifïyer sy pareillement sy bon ne luy 
samble et neantmains demorera tousiours tenu etobligier au 
prédit rendaige cy appres declaret ledit terme et espace de 
trente ans au boucl et chief desquelz ledit seigneur ou ses 
héritiers seront tenuz et subjectz de rendre, satisfaire et 
payer au dit Damanet, ou à ses ayans causes touttes réfections 
hostieulx et utensilz qui se trouver servanslors,esdilles forges 
et heritaiges, le tout par prysyes de marchans et ouvriers ad 
ce comgnoissars.Et advenant que le dit seigneur,ou sesdis hé- 
ritiers ne vouldroient payer lesdittes reffections au boult 
desdis trente ans, ledit fermier pouldra tenir lesdites forges, 
huisines et héritaiges tant et si longhument qu'il sera satis- 
faict desdiltes réfections, en payant et rendant par luy par 
chun an la some de vingt cinq livres tourn seuUement et qu 
ledit Damanet vouldroit le tout quitter au boult et chief desdis 
trente ans, faire le pouldra, sy bon lui semble ce quadvenant 
lesdittes reffections demoreront au profBt dudit seigneur, ou 
de ses dis héritiers, sy pouldra ledit fermier vendre et 
remectre le put marchiet en aultruy main en demorant neanu 



— 386 — 

moins tousiours obligiet par devers ledit seigneur et de ses 
dis héritiers. ... Ce regard dudit rendaige et que ledit 
Jean Damanet, promist et eult leallement enconven satisfaire 
et payer par chun an au jour Sainct-Remy, audit seigneur de 
Lompret, à ses héritiers ou ayans cause, la some de cent 
livres tourn dont le premier payment pour la première année 
eschera et que ledit Jean Damanet promist payer au prisme 
par semblable devise expresse au jour Sainct-Remy, qui sera 
en Tan mil six cent et nœf, pour ainsy continuer et payer de 
la en avant d'an en an lesdis trente ans durant, sy a encore 
esté porté daccord que sy ledit Jean Damanet et lesdis ayans 
causes trouvoient convenir pour leur meilleur proffit de éri- 
gier une huysine de fourneau ou bien une plattinerye ou lieu 
desdittes forges avant lesdis trente an. espirez faire le poul- 
dra moyenant payer come prédit anuellemenl, ledittes cent 
livres tourn. de rendaigespar an promectant ad ceste cause 
sur ces devises par le dit seigneur de Lompret, tout le pré- 
sent contractz, enthierement conduire garantir faire joyr et 
porter paisible au dit Jean Damanet à ses hoirs et ayans 
causes, contre tous troubles empechemens que ores ou eu 
temps advenir pouldroient survenir coment que fuist meismes 
de ceulx dis troubles et empêchement sy aulcuns en advien- 
gnent faire mettre jus et à néant, sya temps et heure que le 
dit Jean Damanet ny son dit ayant cause ny auront interretz 
préjudice ou domaige. A payne de repeter tous à iceulx dis 
interrestz et domaiges sur luy le dit seigneur et sur ces plus 
apparant biens par touttes les meilleurs voyes, et moyens de 
justice que sera trouvez mieulx convenir, le tout sans fraude 
ny malengien. Âvecq promisient et eulrent leallement en- 
connirent le dit seigneur de Lompret d'une part, et le dit 
Jean Damanet daultre à rendre et restituer enthierement et 
ad plain Tun à Taultre tous coustz, frais despens domaiges et 
interrestz, quy par la defifaulte desdis payements devises et 
couuens de laditte censse et garrandt de lung diceulx ou en 
ceste occasion faire et engendrer se poulront coment que 



— 387 — 

fuist^u puist estre en ceste occasion, et sur quarante solz 
toum de paine que celui vers lequel Ion sera en deffaulte, 
layant en ce cause et le porteur de ces pntes 1res doner ne 
poulra à tel seigneur ou justice que mieulx lui plaira, sur le 
défaillant et sur ses biens, hoirs successeurs et remanans 
par tout pour luy ledit défaillant sesdis biens hoirs^ succes- 
seurs et remanans constraindre ausdis payemens, devises 
conditions gharandt et couuens pour ce fais et faire^furnir, 
et accomplir par la manière que dit est et sans couuens de 
riens admoindrir. Encoires promits et heult leallement en- 
couuent ledit Jean Damanet à renforchier le grandtdesdis 
payements et devises dittes et desdis couuens pour ces fois 
bien et sufûsament jusques au loy du conseil dudit seigneur 
de Lonipret de son dit ayant cause et porteur de ces dittes 
pntes 1res en dedens huict jours prochains suyvans la datte 
dicelles, et sur vingt solz tournois de paine, que le dit sei- 
gneur de Lompret son dit ayant cause et le dit porteur doner 
ne poUira à tel seigneur ou justice que dit est, sur ledit 
Jean Damanet et sur sesdit bien hoirs, successeurs et rema- 
nans constraindre au dit renforchement de granit faire en- 
samble tout coust et frais vendre et restituer se défaillant en 
estoit et sans sesdis pns couuens de riens advenir, et quant à 
tout ce que dessus est dict tenir faire et payer furnir garandir 
et accomplir bien et enthierement de point en point, lesdis 
Jean Damanet, d'une part et ledit seigneur de Lompret 
daultre et chun deulx endroit soy de tout et sy avant que 
promis, et ont_^lung à laultre on obligèrent et ont obligietz 
bien et suffisam lung pardevers laultre de leur sdis hoirs ou 
ayant causes et dudit porteur de cesdittes pntes 1res eulx 
meismes leur sdis biens, hoirs successeurs et remanans, 
tous leur sdis biens et les biens de leur_sdis hoirs succes- 
seurs et remanans, meubles et imeubles,. pns et advenir par- 
tout ou ils soyent et pouldrons estre iceux et trouvez le tout 
conformément au dernier décret sur ce faict et publiet, puys- 
jura et ûst serment solempnellm ledit seigneur en la maing 



-S88 - 

de lung de nous lesdis homes de fiefz, que lesdittes promesses* 
et obligation de gharandt il avoit faict et faisoit à bône et 
juste causse leallement et sans fraude, et non pour ceux 
de ses leaux créditeurs ne aultruy vouloir frauder ny de son 
droit eslomgier, pareillement jura et fist serment ledit Jean 
Damanet que ainsi il le creoit et recepvoit meisme et que de 
fraulde il ny scavoit renonchant d'habondant par lesdittes 
partyes nuement et absolutement à touttes les choses quy 
aidier ou falloir leur pouldroient à la contravention des choses 
dittes, et par spécial droit reprochant generalle renondbia- 
tion non valloir. En tesmoing desquelles choses desudittes et 
de chune d'elles nous lesdis homes de fiefz en avons cesdities 
pntes Ires scellez de nos sceaulx, desquelles sont estez faictes 
et expedyées deux d'une meisme teneure, l'an mil six cens 
et huyct le vingt-huictyesme jour du mois de may. 

Original sur par chemin j muni 
des sceauùS de Jean Colinetj Pierre 
Pupin, et Jaspart le Fôullon. 



UN MOT SUR QUATRE MANUSCRITS FLAMANDS ANCIENS, 

QUI REPOSENT AU MuSÉE DE ChARLEROI. 



La langue flamande, avant de recevoir cette dénomination, 
s'appelait la langue thioise {lingua theotisca). L'importance 
politique et commerciale de la Flandref, fit prédominer ce 
nom particulier, comme celui de lingua toscana en Italie, de 
lingtia castillana en Espagne. Cette branche importante de 
Tarbre germanique, avait reçu de bonne heure un développe- 
ment remarquable, et donné naissance à une littérature fé- 
conde en œuvres de tout genre. Ainsi, dès le XIII^ siècle, 
on voit nos populations flamandes en possession des nombreux 
roman& de chevalerie des divers cycles, de drames et de 
sotties, de l'épopée du Renard, de chroniques et de traduc- 
tions de tous les principaux travaux scientifiques qu'avait 
produits la littérature latine du moyen âge. 

Parmi les divers genres, les écrits pieux et mystiques, 
doivent avoir été très répandus. Le soin extrême avec lequel 
on les voit écrits, et la coquetterie avec laquelle on les voit 
enluminés, nous prouvent que nos ancêtres unissaient une 
foi bien vive à leurs qualités industrielles et à leurs vertus 
guerrièrt?s. Le musée de Charleroi possède de beaux spéci- 
mens de ces livres de dévotion, où la calligraphie et la pein- 
ture mignonne ont rivalisé d'efi^orls pour captiver Tâme du 
lecteur, ou plutôt de la lectrice, car ils ont été principale- 
ment écrits pour le sexe que nous nous plaisons à qualifier 
de faible. Le langage lui-même de ces écrits n'est pas moins 
remarquable. Gomme ce sont généralement des traductions 
du latin, celui à qui la langue flamande du moyen âge est 
familière y admire la souplesse avec laquelle celle-ci sait 

S8 



— 390 — 

rendre jusqu'aux formes l0s plus concrètes du latin, l'élégance 
du style et la suavité de l'expression, aujourd'hui perdue, à 
moins qu'on ne puisse l'entendre dans la bouche d'une fille 
du peuple de la vieille cité de Bruges, celle autre reine 
déchue. 

Un root mainlenant de quatre manuscrits qui se trouvent 
au musée de Gharleroi : 



* * 



I. Petit volume format in-32, entouré d'une couverture en 
cuir noir. Manuscrit sur papier, écriture du 14^ siècle, pri- 
mitivement non folioté, contenant 215 feuillets. Il manque 
quelques feuillets au commencement et à la fin, et il y a 
une lacune entre les feuillets 29>30 et 104-105. 

Livre mystique en langue flamande ou Ihioise, contenant 
divers écrits. 

!• Une Vie de la Sainte-Vierge Marie^ (^.-72. 

Le premier chapitre de ce qui a été conservé est intitulé : 
Van Maria loven ende prys ende eeren ende werdicheit. Il y 
en a 9 ; le dernier est intitulé : Hoe onse lieve vrouwe Maria 
opghenomen waert van haren lieven soen Jhesu ten hemele; et 
il se termine par ces mots : DU bid ic seer cetmoedelyc dat sy 
mynre tôt God neemstelyken willen ghedencken in haeren 
ghebeden. Lofheb Maria myn rose bloem, M à 71. 

2* Des Méditations sur la passion de iV.-S. Jésus-Christ, 
intitulées : Dit is een suete meditatie totter passieii ons liefs 
herenjhu xpi. Elles sonl divisées en 17 chapitres, dont le 
dernier finit par ces mots : Die bevele ic ende aile die dit 
leesen oft hoeren leesen ende diet ghesr (ghescreven) heeft, in 
uwer grondeloeser ghenaeden ewich ende enich God in drie 
persoenenj vader, sone^ ende heilighe ghust. amen. F» 73 à 
119. 






II. Petit volume in-32, reliure en parchemin, manuscrit sur 
parchemin, de 196 feuillets, avec lettrines très-joliment en- 
luminées et ornementées. 



- 894 — 

Livre (ïheures en langue flamande, contenant : 

!• Un calendrier. 

2^ L'Office de la Sainte-Vierge, M4 à 52. 

3o L'Office de la Passion, f^ 53 à 77. 

4^ L'Office de la Sagesse éternelle, f« 7S à 100. 

5« L'Office du Saint-Esprit, f> 101 à 119. 

&» Les VU psaumes, ^ 120 à 140, avec les litanies de tous 
les saints. 

70 Des prières ou dévotions aux cinq plaies de N.-S. J.-C, 
P> 141 à 149 recto. 

8^ Prière de Saint-Ambroise au Saint-Sacrement, P» 149 
verso à 156. 

Et 9^ L'Office des Morts, P> 157 à 196. 

n est écrit dans un langage très correct et très pur, et 
doit provenir de quelque monastère du Limbourg. 

* 

III. Volume in-18, relié en veau, manuscrit sur parchemin, 
de 183 feuillets, d'une belle écriture du XV® siècle, lettres 
très joliment enluminées. Le feuillet 125 est, entre autres, 
très mignonnement ornementé. 

II commence par les mots : Hier beginnen hondert mer- 
kinge of gepeitisinghe der passien ons liefs heren Jhesu Cristi^ 
etc., et finit par ceux-ci : Daer icmy mit u, ghebenedide 
maghetf ewelic verbliden moet inder ewicheil. Amen. Il con- 
tient des Méditations SUT la Passion de N.-S. J.-C. etc., etc., 
en langue flamande. 

Entre les feuillets 6 et 7 il manque au moins un 
feuillet, ainsi qu'entre les feuillets 127 et 128. A partir de 
ce dernier feuillet, le livre contient des prières pour les 
diverses fêtes de l'année, il est écrit d'une autre main, et 
parait être beaucoup plus ancien tant par la langue que par 
l'écriture. 



— 392 



* 



IV. Petit cahier sur parchemin, couverture idem,de 12 feuil- 
lets : Manuel des rentes appartenant à Jean PauwelSf dit 
le fief de maître Gautier ArchilleSy XV^ siècle. 



Ch. Stallabrt. 



Bruxelles, 35 juillet 1874. 



Piprre totiibaie de Piiîlippe de Naniur 

Î...UH !<■ Piirchp df I EffllMC dr CoiircHlcs. 



NOTE 

KILATI7E A LA TOMBI DI PHILIPPE SI NAHUR IT DI SON iPOUSI, 

QUI SE TROUVE ENCLAVÉE 

dans le mur du porche de l'église de Courcellesy 

ParCam. Lemalgre/ 

MeiiiJ)re de la société. 

La société archéologique' et paléontologique de Gharleroi a 
publié dans le tome III de ses Documents et Rapports» une 
lettre d'un de ses membres correspondants. Cette lettre don- 
nait quelques détails sur la tombe qui est enclavée dans la ma- 
çonnerie du portail de l'église de Courcelles*. 

Quelques inexactitudes légères s'étant glissées sous la plume 
de l'auteur, nous croyons bon de les signaler aux lecteurs de 
nos publications, ainsi que quelques omissions dans le dessin 
ilont la société a fait accompagner la notice'. 

L'orthographe de l'inscription gothique tracée en relief sur 
les chanfreins de la pierre, n'a pas été rigoureusement observée; 
j'en donne ci-contre le texte original en lui conservant son 
genre d'écriture. (Voir la planche.) 

Le vol entre lequel se trouve le cimier des armoiries n'est 
pas d'or, ou du moins pas tout entier, car la partie senestre 
est d'hermines ; ces dernières sont parfaitement visibles sur 
la tombe. 

1. Ce travail po8thume|aété retrouvé dans les papiers de notre regretté collègue; 
nous le donnons en souvenir de sa mémoire. 

2. Voir tome III page 75, des Doeumenti et Rapports de la Société Archéologique 
et Paléontologique de Charleroi. 

3. La planche jointe à cet article était fort inexacte et il nous a paru utile de la 
remplacer par une nouvelle. Celle que nous publions aujourd'hui est plus précise ; 
elle est due au crayon de M. J.-B. Delyigne, de Gharleroi. 



— 394 — 

Il serait assez difficile de déterminer si c'est un chapelet 
ou une chaîne qui pend à la ceinture de Jacqueline de Gavre. 
Sur la plupart des tombes qui datent de la même époque que 
celle qui fait l'objet de ces notes, les femmes sont générale- 
ment représentées avec les pieds posés sur le dos d'un chien, 
et une espèce de chaîne descendant des mains ou de la cein- 
ture : chez les unes c'est une suite de grains plus ou moins 
gros, terminée par une houppe ou une croix, et ressemblant 
quelquefois à un chapelet; chez les autres , c'est une chaîne 
ou une suite d'anneaux qui descend jusqu'aux genoux, et 
même jusqu'aux pieds' où elle est parfois attachée au cou du 
chien. 

Nous nous sommes souvent enquis de la signification de ce 
symbole, mais jusqu'à présent nos recherches sont restées 
sans résultats. 

Sur les vêtements des deux personnages sont sculptés les 
lions de leurs armoiries : la gravure du tome III simule quel- 
ques arabesques qui ressemblent assez à deux queues de lion&, 
mais de ceux-ci point. 

L'auteur de la notice et le dessinateur ont oublié tous deux 
les gantelets de Philippe de Namur^ qui sont placés au bas de 
la pierre, entre les pieds de celui-ci et le chanfrein du bas 
de la pierre. 

Comme on le voit par l'inscription ci-dessus , Philippe de 
Namur était seigneur de Trivières et de Rianwez. La pre- 
mière de ces deux seigneuries est un village situé près de 
La Louvière , la seconde était à Courcelles même et son nom 
a été porté par une famille éteinte depuis longtemps. 

Plusieurs historiens, entr'autres M. de GERLÂGHE,font men- 
tion d'un Jean de Riânwez qui a pris part à la première 
croisade. 

1. Dao8 l'église d*Alosl se trouve la tombe de Gberâerdt du Bosch et Isabeaii 
Lotir sa femme, laquelle lient en mains une chaîne qui descend jusqu'au cou du 
chien sans que celui-ci y soit attache. 

J'ai vu beaucoup de tombes du XVl* siècle, où les défunts étaient sculptés, mais 
je n'ai jamais rencontré dans les mains de la femme un chapelet authentique. 



_ 395 - 

Au XVI® sièclei cette seigneurie appartenait à la famille de 
Namur s et au siècle dernier à la famille de Chasteleer. 

Le nom de Rianwez a été perpétué jusqu'à nos jours par 
un hameau de la commune et un ancien château aujour- 
d'hui transformé en ferme et brasserie. Le propriétaire 
actuel, qui est M. Lepage, a fait placer dans le mur extérieur 
de son habitation une pierre sculptée aux armoiries de Chas- 
teleeTy qui formait le manteau d'une ancienne cheminée du 
château. 

Courcelles, 15 février 1871 . 



^"ïir«to 



i. La Seigneurie de Rianwei touchait à celle de Moiiceatt-ffiiT-Sambre,par Textré- 
mité nord de celle-ci, et des contestations existèrent très longtemps entre les 
seigneurs des deux cAlès, au sujet des limites communes de leurs propriétés. Ce 
fut Philippe de Namur ci-dessus mentionné, qui mit un terme à ces difQcultés en 
s'entendent avec Jehan de Hamal dit d'Odeur, pour les seigneurs de Monceau. 
Dans un accord &it entre eux en 16iS, ils convinrent de faire un fossé de quatre 
pieds de largeur pour séparer leurs propriétés respectives. ( Inventaire des archivas 
de Monceau, par J. KAism de Farciennes.) 



LE NOVUM BELGIUM. 



Le Novum Belgium ou Nieuw Nederland^ tel fut le nom 
que porta d'abord l'Etat de New-York en Amérique. Celle dé- 
nomination ne provenait pas seulement de ce que les premiers 
colons étaient des Hollandais ; il y avait des Belges réfugiés 
parmi eux. 

En 1623, la compagnie des Indes occidentales expédia 
le navire iVteut(;-iVe£{6rIand; monté de trente familles desti- 
nées à fonder la colonie sous le commandement du directeur 
C.-F.Mey.La plupart de ces colons étaient des wallons venant 
de Belgique. Ils furent les premiers cultivateurs , car les Hol- 
landais ne fesaient que le commerce. Huit demeurèrent à 
Manahattan; huit femmes qui, pendant la traversée, avaient 
épousé des matelots, se fixèrent au South-river près du lieu 
où est Glowcester. 

Les Wallons spécialement conduits par Georges, J. de 
Rapeille, s'établirent à Long-Islandy à la Baie des îVallonSy 
plus lard, Waal Bogty et aujourd'hui Walabout, 

Sarah de Rapeille fut le premier enfant de sang européen 
née sur ce rivage en 1625. En 1627 Guillaume Verhulst avait 
succédé à Mey comme directeur. Le premier pasteur de la 
compagnie fut Isaac de Rosières. 

Le 11 août 1628, Jonas Michaëlius, le premier prédicanl, 
écrivait à A. Smoutius à Amsterdam, que la colonie wallonne 
comptait cinquante communiants qui ne pouvaient assister 
à des offices flamands; et qu'à l'occasion de Pâques il leur 
avait fait un sermon en français qu'il avait dû lire , ne se 
fiant pas à sa mémoire pour exhorter ses ouailles, en un 
langage qui ne lui était pas usuel. . . Jean de Remunde 
succéda à De Rosières et en 1690, le Bourgmestre de Nieuw- 

3» 



- 398 — 

Amsterdam, aujourd'hui New-York, était un Pierre Delannoy; 
le secrétaire se nommait A. Gouverneur y el l*un des conseil- 
lers A. Marest. 

En 1860, on connaissait encore à Long-Island el à Brook- 
klyn^ les représentants de ces premiers colons dans les fa- 
milles de VEscuyeTy Duregee, Le Silly^ CershaWy Concilleur 
el Musserol. (Boolh History of New-York, f« 76. — et les 
notes in fine.) 

Remarquons ici que M. Eug. Delmarmol mentionne dans 
sa notice historique sur les villages TAische-en- Refait et 
Liernu (Ann. de la Société arch. de Namur, I f<> 260), 
l'existence dans ce premier village du château de la Respaille, 
ou Raspaille; qu'en 1623 (P 44) les Etats généraux de la 
République fesaient des enrôlements parmi les Liégeois, 
el que les adhérants du culte reformé, qui se trouvaient parmi 
eux et dans les provinces voisines utilisèrent la circonstance 
pour émigrer, comme il en fut encore vingt ans plus tard 
des ferrouierb que Louis De Geer transporta en Suède, el 
parmi lesquels les Marieleur^ les Mineur H les Goffint ont 
encore des représentants. 



NOTICE SUR LES CLOUS 



DITS CLODS M VAMPIRES 



TROUVÉS sous LA CHAPELLE DE TeRGNÉE (FaRCIENNES). 



En 1851 l'on démolit à Farciennes, pour cause de sécurité 
publique, une grande chapelle avec sa tour située à 80 
mètres du pont construit sur la Sambre au hameau de Ter- 
gnée. 

La tour avait été reconstruite de 1623 à 1627 et la nef en 
1635. 

Cette chapelle était remarquable au point de vue de l'ar- 
chitecture et de Tornementation intérieure. Nous comptons 
en publier un jour la description et l'histoire. 

Après sa démolition l'on voulut faire disparaître le tertre 
sur lequel elle avait été bâtie. Les fondations enlevées, on 
emporta les terres qui se trouvaient sous la nef sans y rien 
trouver de remarquable. II n'en fut pas de même sous le 
chœur, là les ouvriers trouvèrent, à peu de profondeur, cinq 
cercueils en bois dont il ne restait plus que des vestiges; 
mais chose étrange et que Ton n'a remarquée nulle part dans 
notre pays, avec chaque cercueil se trouvait un grand clou ; 
quatre de ces clous étaient plantés là où avait été jadis la 
poitrine du défunt, le cinquième était placé horizontalement; 
il était sans doute tombé après la disparition du cadavre. 

Ces clous étaient de deux sortes ; trois grands accompa- 
gnaient les restes de personnes adultes et deux plus petits, 
dans des cercueils d'enfants. 

Le musée de notre société archéologique possède deux de 
ces clous. L'un est long de 68 centimètres, et mesure 25 
millimètres de côté à mi-longueur; la têtecarréea cinq centimè- 
tres de côté. Il ne porte pus démarque. Le second provenant d'un 



-- 400 - 

cercueil d'enfant, a 49 centimètres de longueur, S5 milli- 
mètres de côté à mi-longueur, et la tête a 42 millimètres de 
côté. Ce dernier porte deux marques, dont Tune et Tautre 
ont la forme de Toméga grec (ci))oud'un S.Cette dernière sup- 
position n'est pas admissible, car à Tépoque où fut fabriqué 
ce clou, les chiffres arabes étaient à peine usités dans notre 
pays. Ces signes doivent être la marque de l'ouvrier. 

Pourquoi de ces énormes clous dont nous venons de parler, 
a-t-on percé de part en part cinq cadavres enterrés dans le 
chœur de la chapelle de Tergnée , avec les cercueils qui les 
contenaient? Car des clous de 68 centimètres de longueur, 
devaient traverser le tout. Nous avons posé la question à 
diverses personnes qui n'ont pu nous donner d'opinion mo> 
tivée. On a pris l'habitude de les nommer des clous de Vam- 
pires. Nous allons voir s'ils méritent cette qualification. 

D'abord qu'était-ce que ces Vampires dont beaucoup de 
personnes ont entendu parler sans guère les connaître? Le 
Dictionnaire infernal deCoLLiN de Plancy en nous donne l'ex- 
plication. 

Au moyen âge et jusqu'à nos jours, on croyait dans quel- 
ques contrées de TEurope, principalement en Russie, en 
Autriche, en Hongrie et en Moravie, que certains morts 
portant les noms de Upiers, Oupires ou Vampires sortaient 
de leur tombeau et venaient sucer le sang des vivants qui 
s'étiolaient et mouraient bientôt. La crédulité populaire bro- 
dait sur ce thème les histoires les plus fantastiques. Il y avait 
des variantes suivant les temps et les lieux. 

Dans certains pays, l'on disait : c Que les Vampires étaient 
« des hommes morts depuis plusieurs années, qui revenaient 
« en corps et en àme, parlaient, marchaient, infestaient les 
<( villages, maltraitaient les hommes et les animaux, les épui- 
(K saient et enfin causaient leur mort. On se délivrait de leurs 
€ dangereuses visites et de leurs infestations en les inhu- 



— 401 — 

« mant, en les empalant^ leur coupanl la tête, leur arrachant 
c le cœur, ou les brûlant. Ceux qui mouraient sucés deve- 

< Paient vampires à leur tour. 

« Ailleurs, on disait que ces vampires, ayant continuelle- 
€ ment grand appétit, mangeaient aussi les linges qui se 
« trouvaient autour d'eux; l'on ajoutait qu'en sortant de leur 
€ tombeau, ils allaient la nuit embrasser violemment leurs 
€ parents et leurs amis à qui ils suçaient le sang, en leur 
(c pressant la gorge pour les empêcher de crier. Ceux qui 
€ étaient sucés s'affaiblissaient tellement qu'ils mouraient 
« presque aussitôt. Ces persécutions ne s'arrêtaient pas à 

< une personne seulement ; elles s'étendaient jusqu'au der- 
€ nier de la famille ou du- village, (car le vampirisme ne s'est 
« guère exercée dans les villes), à moins qu'on n'en intér- 
êt rompit le cours en coupant la tête ou en perçant le casar 

< du Vampire dont on trouvait le cadavre mou, flexible mais 
€ frais quoique mort depuis très longtemps. Comme il sortait 
€ de ces corps une grande quantité de sang, quelques-uns le 
« mêlaient avec de la farine, pour en faire du pain, ils pré- 
€ tendaient qu'en mangeant ce pain, ils se garantissaient 
€ des atteintes du Vampire. » 

Il résulte de toutes les histoires racontées sur les vampires, 
que généralement, lorsqu'on les exhumait, leurs corps pa- 
raissaient vermeils, souples et bien conservés. L'on ne pro- 
cédait pas contre eux sans formes judiciaires, on citait et 
l'on entepdait des témoins, on examinait les raisons des 
plaignants, on considérait avec attention les cadavres, si 
l'examen décelait un vampire, on le livrait au bourreau qui 
le brûlait. 

On cite des exemples où le peuple se rendant justice à lui- 
même, coupait la tête aux vampires. 

Dans la iiagia posthutna, imprimée à Olmutz en 1706, 
on cite un fait arrivé près de la ville de Kadam en Bohême, 
où pour se délivrer d'un vampire, les paysans fichèrent en 
terre, avec un pieu» le cadavre de l'accusé. 



— 402 - 

C'est ce trait sans doute et d'autres analogues, qui auront 
tait supposer que les clous de Tergnée étaient destinés à 
empêcher ceux que l'on fixait en terre de venir tourmenter 
les vivants.Nous ne pouvons admettre cette opinion et nous 

allons donner nos motifs. 

Pourquoi les cinq personnes enterrées dans le chœur de la 
chapelle de Tergnée auraient-elles été t(»utes les cinq vam- 
pires? Elles appartenaient toutes à lafamille du Seigneur ou de 
son Bailli, car c'était un privilège que d'être enterré dans le 
chœur des églises et chapelles. Ces personnes n'étaient donc 
pas entachées d'infamie. Âura-t-on après cinq décès ouvert 
successivement cinq cercueils, constaté cinq vampires, et 
planté les clous nécessaires pour les empêcher de faire leur 
cruel office? Ce fait n'est guère admissible. Remarquons que 
parmi les cinq personnes inhumées dans le chœur de la 
chapelle de Tergnée, se trouvaient deux enfants. On n'a ja- 
mais entendu parler d'enfants vampires, cela était contraire 
aux préjugés populaires. Les vampires, suçant le sang des 
vivants, vivant au milieu d'eux, marchant, serrant les dor- 
meurs à la gorge, devaient être des adultes. 

Dans le cimetière contigu à la chapelle, on n'a trouvé nulle 
trace de clous, ce serait bien chose extraordinaire, que les 
membres de la famille du Seigneur ou du Bailli eussent été 
seuls vampires. 

D'ailleurs, en admettant le vampirisme, on aurait proba- 
blement suivi la règle générale alors admise, on aurait brûlé 
les corps et l'on n'aurait pas pris la peine de faire fabriquer 
cinq clous d'un beau travail et de grande dimension, comme 
ceux qui nous occupent. 

Ces clous indiquent par leur longueur, que les cercueils 
étaient transpercés en même temps que les cadavres. S'il 
s'était agi de vampires, on n'aurait pas opéré de cette façon : 
on aurait placé les clous à l'intérieur des cercueils, puisqu'il 
fallait ouvrir ceux-ci pour constater le vampirisme parla 



— 403 — 

bonne conservation du corps. Dans tous les cas, la règle 
était de brûler les vampires. Si en certains endroits on les 
perçait d'un pieu en bois, nous ne voyons nulle part que 
Ton fît faire des clous spéciaux, comme ceux de Tergnée. 
On agissait d'une manière plus brutale. En certains pays, on 
leur coupait la tête d'un coup de bêche et le vampire ne re- 
venait plus. 

Enfin un motif qui surtout doit éloigner la supposition que 
des vampires fussent enterrés dans la chapelle de Tergnée, 
c'est que l'on ne retrouve pas cette superstition dans notre 
pays, aussi loin que l'on puisse remonter. A l'époque où l'on 
a bâti ou rebâti la chapelle de Tergnée, c'est-à-dire dans la 
seconde moitié du XVI® siècle, la superstition dominante (et 
malheureusement à un haut degré), c'était la croyance aux 
sorcières ; c'est à cette époque que l'on a brûlé beaucoup de 
ces malheureuses. Nous avons raconté ailleurs un grand 
nombre de ces condamnations iniques, et la tradition popu- 
laire indique encore dans beaucoup de communes le lieu 
d'exécution. Du vampirisme et de Venvoutement^ Ton ne 
trouve pas de trace. 

Nos pères croyaient tous aux sorcières, mais rien n'in- 
dique qu'ils crussent aux vampires^ au XVI® siècle du moins. 
Il est très possible même que l'on n'en connaissait pas le 
nom, car dans un ouvrage imprimé à Lyon, en 1671 et inti- 
tulé : « Uincrédulité scavante et la crédulité ignorante^ > 
l'auteur, le père Jacques d'Adtun, prédicateur capucin, passe 
en revue longuement, dans un volume de 1100 pages, la 
magie sous toutes ses formes et les idées supertitieuses qui 
avaient eu cours aux siècles précédents, et nulle part dans 
son ouvrage, il ne parle du vampirisme. Il lui était donc 
inconnu à lui qui avait fait une étude spéciale de ces sortes 
de choses. 

L'on dira peut-être que les sépultures dont nous parlons 
remontent trop haut dans le moyen âge pour y retrouver 
les traces certaines du vampirisme ; nous croyons pouvoir 



- 404 — 

prouver que cette supposition n'est pas admissible. Deux 
cercueils d'enfants étaient placés sur un plus grand, comme 
s'ils renfermaient des personnes mortes en même temps. Le 
tout ne faisait pins qu'une poignée de restes qui se trouvaient 
dans un grand vide, au-dessus duquel une mince voûte de 
terre soutenait le pavement du chœur. Lorsque Ton a bâti 
ou rebâti celui-ci on a certainement pavé et le pavement n'a 
pu reposer sur la mince voûte dont nous venons de parler, 
la terre se serait effondrée. Les cercueils ont donc dû être 
placés après Tachèvement de la chapelle, c'est-à-dire à la fin 
du XVI® siècle ou au commencement du XVIIc. Ils ont été re- 
couverts d'une mince couche de terre et ensuite du pavement 
qui s'est maintenu en place à cause de la sécheresse du sol, 
et les pierres serrées faisant voûte. On voit souvent dans 
les grandes ruines des pans de mur qui restent debout, 
contre toutes les lois de l'équilibre, semble-t-il ! 

Dans quel but, nous demandera-t-on, furent placés ainsi les 
clous qui font l'objet de ce travail ?^Rien ne nous l'indique et 
nous ne pouvons faire que des suppositions. A-t-on fait périr 
de cette manière toute une famille? Cela n'est guère admis- 
sible. Que Ton ait fait mourir des personnes adultes, cela 
n'était pas rare aux siècles passés, mais pourquoi aurait-on 
fait périr des enfants? Si c'étaient des criminels,pourquoileur 
donnait-on une place privilégiée? Les coutumes de notre 
pays ne permettent pas de supposer pareils faits. En l'admet- 
tant, encore faudrait-il supposer que l'on avait mis les con- 
damnés vivants au cercueil, avant de les transpercer d'un 
énorme clou, car de quoi aurait pu servir cet empalement 
post morem? Il faut chercher ailleurs un motif qui réponde 
aux idées de l'époque. Alors les idées religieuses exerçaient 
un puissant empire, elles so faisaient sentir dans tous les 
actes de la vie et surtout à la mort. Ces clous ne sont-ils pas 
la marque d'une pratique religieuse? 

Ne les a-t-on pas placé là en mémoire, par exemple, de la 
passion du sauveur? 



— 405 — 

Il est vrai que parmi les restes des cinq cadavres décou- 
verts, se trouvaient deux enfants, âge dont l'innocence recon- 
nue à toutes les époques n'avait pas besoin d'expiation. Aux 
temps passés, plusieurs coutumes analogues avaient cours : 
ainsi, par humilité, des prêtres se faisaient enterrer devant la 
porte de l'église, afin que les vivants les foulassent aux pieds. 
Les actes de piété in extremis n'étaient pas rares. Des empe- 
reurs, des rois et des seigneurs, avant de mourir, se faisaient 
coucher sur la cendre et rendaient le dernier soupir enve- 
loppés dans la robe de bure de Saint-François. Charles-Quint, 
dans ses derniers jours, en prenant l'habit religieux, fit faire 
ses funérailles pour dire adieu au monde, où il avait joué un 
rôle si brillant. Il a pu y avoir des coutumes analogues ré- 
pandues dans notre pays, et les clous de Tergnée sont peut- 
être des souvenirs qui en rendent témoignage. 

Jos. Kaisin. 
Farciennes, 13 novembre 1874. 



*■ 

V 



LES ARMES 



ET LES SCEAUX DE CHARLEROI. 



RECHERCHES 



SUR LES VRAIES ET LÉGITIMES ARMOIRIES DE CETTE VILLE 

ET SDK lE BLiSOH ÀPOCRTPRE QUI LEUR A ÊTÊ SUBSTITUÉ AU III« Sl£aE 

PAR 

D.-À. VAH BA8TELASR 

président de la Société archéologique de Gharlerol, etc., etc. 



-*o«- 



INTRODUCTION. 

Qaand le royaume de Belgique commença de s'affermir, 
il fallut s'occuper de Torganisation intérieure. 

Chaque commune dut faire vérifier ses sceaux et ses armoi- 
ries pour être autorisée à les employer. Charleroi avait des 
armes, mais aucun diplôme, aucune lettre de noblesse, aucun 
document. C'était en mai 1837. Le ministère fit faire des 
recherches partout. Ce fut en vain . Les archives de Namur, 
de Liège, de Mous, ne fournirent absolument aucun rensei- 
gnement, pas plus que celles de Bruxelles, et ce ne 
fut que dix années après, en 1847, que Ton donna à la ville 
un sceau et des armoiries dont il sera curieux et utile de 
discuter l'authenticité. 

Le ministre n'avait guère reçu de renseignements que de 
M. Sylvain Maréchal, conservateur de la Bibliothèque des Ducs 
de Bourgogne^ lequel fit un rapport où l'imagination eut trop 



^ 408 — 

de part. Il en advinl que plusieurs faits dont s'est étayé le 
rapport du ministre, et par suite les lettres royales d'octroi, 
sont erronés, comme nous sommes à même de le prouver. 

Nous avons en effet fait depuis quatre années, de labo- 
rieuses recherches, et nous avons mis la main sur des docu- 
ments plus complets que ceux qu'a pu se procurer le conseil 
communal et même le gouvernement pour élucider la ques- 
tion des armoiries de Charleroi. 

Armé de ces documents, nous entreprenons aujourd'hui un 
travail qui, nous l'espérons, aura son utilité. 

Pour pouvoir lire ces lignes avec quelque fruit, il est 
nécessaire de parcourir avant tout, le rapport de M. Maré- 
chal, que nous donnons ci-après aux Pièces justificatives § IV 
n!^ il et 20. Nous devrons en effet faire plusieurs fois allusion 
à cette pièce dans le cours du travail, bien que nous nous 
réservions en outre de les examiner d'une manière spéciale. 



TITRE I. 



ARMOIRIES ANCIENNES 

ANCIENNES ET VÉRITABLES ARMOIRIES COMMUNALES DE CHARLEROI 



Nous commencerons par interroger le passé de noire ville 
pour y suivre Thistoire de ses armoiries. 

Cette histoire de nos armoiries comporte deux parties, 
bien nettement distinctes l*une de l'autre. 

Chose assez étonnante, la partie la plus ancienne est la 
plus sûre et la moins sujette à controverse, bien qu'elle 
semble avoir passé tout à fait inaperçue dans les recherches 
que le gouvernement a fait faire sur ce sujet, depuis 1837 
jusqu'à 1847. 

Si nous en croyons M. Habart^antérieurement à la fonda- 
tion de Charleroi, <Charnoy avait un drapeau spécial déposé 
dans réglise suivant l'usage du temps et consistant en un 
étendard en soie divisé par moitié blanc et noir, portant au 
milieu les armes d'AUard de Resves*. » 

Allard de Rêves fut le premier seigneur de Charnoy et 
Gilliers, et ce fut en sa faveur que cette terre fut aliénée en 
1297 par le comte de Flandre et marquis de Namur, Jean et non 
Guyon, comme on l'a prétendii : Guyon était le père de Jean. 
Cette seigneurie resta propriété de la famille de Rêves jusqu'en 
1480. Or l'étendard de la famille de Rêves était, comme 
son écusson, coupé en deux parties argent et gu^euks. Nous 

1. Gilliert et Charnoy ^ page 50. 
i. D'argent au chef de gueules. 



- 410 — 

ne savons donc trop que penser de cette transformation de 
couleurs alléguée par M. Habart, surtout en présence du 
manque absolu de toute preuve et de toute source indiquée 
par lui. 

On sait en effet que les armoiries de beaucoup de localités 
ont pour origine les armoiries du seigneur du lieu, octro)ées 
par lui à la communauté' . 

L'assertion M.Habart que nous citons plus haut nous parait 
donc être une erreur et un anachronisme, en présence des 
faits suivants qui sont incontestables. 

En 1666, lorsque l'Espagne exécuta son projet de construire 
la forteresse de Charleroi, une partie de la seigneurie de 
Gilliers et Charnoy, rive gauche de la Sambre, comté de 
Namur, fut emprise pour cette construction et forma la Ville 
haute de Charleroi. Le faubourg contina d'appartenir au 
seigneur. Quant à la Ville basse, située sur la rive droite de 
la Sambre, commune de Marcinelle, évêché de Liège, elle ne 
dépendait en aucune façon de Gharnoy et Gilliers. Ce quar- 
tier n^était du reste pas bâti. 

Cette seigneurie était en engagère et possédée^ depuis le 6 
novembre 1627, par la famille d'Isenghien, de Gand, de Mid- 
delbourg etc., qui portait : de sable au chef d'argent'^. Dans 

1. Le sceau ëchevinal de Lombise était formé des armes de ses seigneurs, la 
famille de Thienues avec une inscription propre. (yoÏT Annales duCercû Archéo- 
logique de MoM. T. IX page 84.) 

Le sceau échevinal de Ghlin était aussi aux armoiries de ses seigneurs les de 
Croy-Renty, avec la légende : Sceau échevinal de Ghlin, (Voir même publication» 
même tome, page 216 ) 

Le sceau échevinal d'Âcren Saint-Géréon portait les armes des mêmes seigneurs . 
(Voir même publication T. 7, p. LXI.) 

Le sceau échevinal de Boussoit-sur- Haine était aux armes de ses seigneurs les 
du Ghastel avec une inscription particulière. (Voir même publication T. VIII, p, 10.^ 

La même chose eut lieu à Houdeng-Godgaies, à Feluy et dans bien d'autres 
endroits 

3. Voir les Quartier» généalogiques de Leblond, 2« édition, pages 47 et 48. Ce 
ne fut qu'au siècle dernier qu'une branche de la famille de Gand mit dsms ses 
armes deux XIIll en chiffres romains dont on ne connaît pas sûrement l'origine. 



PLI 




5 




— 414 — 

VHistoire métallique de Charlerai* nous avons publié une 
médaille frappée en 1677 sous Louis XIV, en commémoration 
de la levée du deuxième siège de notre ville tenté par le 
prince d'Orange. Cette médaille porte les armoiries de la 
cité, c'est le même écusson de sable au chef d'argent. (Voir 
pi. 1, figure 1.) 

Ferai-je remarquer le caractère authentique de cette mé- 
daille, d'origine tout à fait officielle et appartenant au règne 
de Louis XIV dont on connaît la scrupuleuse rigueur en fait 
d'armoiries et tout ce qui y . tient ? 

Cette médaille fut du reste frappée par V Académie des ins- 
criptions et belles lettres* et elle atteste que sous la domina- 
lion de France en 1677, les armes de la ville de Charleroi 
étaient toujours de sable au chef d'argent. 

En 1711 encore € la ville porte de sable au chef d'argent 
qui sont les armoiries du seigneur » lit-OQ dans les Délices 
des Pays-Bas édition de Foppens en 1711*. 

Voilà les premières armes de Charleroi. L'origine en est 
toute naturelle et ne laisse pas l'ombre d'un doute. 

Je m'étonne qu'un fait aussi bien établi que l'existence de 
ces armes de la ville, n'ait pas été signalé et paraisse même 
avoir été méconnu, lors de l'enquête faite par le gouverne- 
ment à propos des armoiries de Charleroi. Dans cette enquête, 
personne n'a fait allusion à ces armoiries. 

Jacques Philippe de Gand mort en 16)8, ni Philippe Balthasar mort en 1680 
ne portaient encore ces deux XUII, selon l'ouvrage de Leblond cité plus haut. 

1. Page 24, Planche II, figure 18 . 

2. L'édition de J -B. Cheistyr en 1693, ni celle de Foppens en 1697, ni celle du 
même en 1700, ne disent rien des armes de Charleroi; mais l'édition du même en 
1711 en parle la première. Les dernières éditions parues en 1743 en 1769 et en 
1786 donnent ces armes, mais les font différentes comme nous le verrons plus 
loin. Nous attachons du reste assez peu d'importance au dire de cet ouvrage, si 
souvent mal renseigné et qui n'était pas du tout au courant de cette question sur 
laquelle il ne reproduit que des données excessivement surannées, comme on 
pourra s'en assurer en lisant attentivement notre travail et les preuves que nous 
apportons. 



— 412 - 



§11. 



SCEAU DU MAGISTRAT DE LA VILLE HAUTE DE GHARLEROI. 



Les armoiries dont nous avons parlé sont bien celles de 
la vilky et il ne faut pas les confondre avec les armes ou le 
sceau du Magistrat du la Ville haute ou du Magistrat de la 
Ville basse de Charleroi. 

Tant que Charnoy resta un bourg ignoré, le seigneur 
nomma sans conteste les magistrats de la seigneurie dont il 
tenait Tengagére. 

Depuis 1627 jusqu'à Térection delà ville en 1666, le sei- 
gneur étaii un d'isenghien, et le sceau du magistrat fut de 
sable au chef d'argent. 

Cela regardait la Ville haute et le Faubourg.Quant à la Ville 
basse, n'ayant jamais fait partie de la seigneurie de Charnoy, 
elle n'en eut jamais les armoiries. Du reste, ce quartier de la 
ville n'était pas habité et n'existait réellement pas. 

Aussitôt que Louis XIV eut pris possession de Charleroi, 
il lui donna l'importance d'une grande forteresse et d'un des 
boulevards de ses États, il fit les plus grands efforts pour 
aider à la prospérité de cette ville à laquelle il portait le plus 
grand intérêt, comme le prouvent les lettres de franchises et 
les divers octrois qu'il lui accorda. 

Dans cette forteresse devenue sa propriété par droit de 
conquête, il exerça pendant tout le temps de sa domination 
l'autorité pleine et entière, à tous les points de vue et à 
l'exclusion de tout autre pouvoir concurrent^ Il y établit une 
administration échevinale et octroya naturellement les droits 
accessoires à cette création. Il donna à cette administration 

1. Voir aux pièces justificatives g 1 n« 9. 



— 413 - 

un sceau armorié qui explique Torigine de la fleur de lys du 
magistrat de la ville haute, la seule partie qui constituât alors 
Charleroi*. 

Le roi Louis XIV en donnant un écu d'argent à la fleur 
de lys de gueules (voir pi. I, fig. 2), au magistral de la 
ville, n'entendit aucunement supprimer les anciennes armoi- 
ries locales de sable au chef d'argent, qui continuaient du 
reste de droit à être les armoiries du magistrat du faubourg, 
partie de la commune non englobée dans la forteresse. Le 
faubourg retint même longtemps le nom de Charnoy* et reçut 
toujours de ses seigneurs, princes d'Isenghien, un magistrat 
spécial^ et un sceau échevinal. 

La médaille officielle de 1677, que nous avons citée, en fait 
foi et les autres citations authentiques que nous avons appor- 
tées prouvent qu'en 1711 encore, telle était l'opinion admise 
quant aux armes de la cité. 

Le magistrat avait des armoiries indépendantes et diffé- 
rentes de celles de la ville. 

Est-il nécessaire de donner des exemples de sceaux et 
même d'armoiries de magistrats particulières et indépen- 
dantes des armes de leurs cités, chacun en connaît'. Il y a 
même plus, dans les communes qui ne portaient pas d'ar- 

1. C'est de cette époque que plusieurs villes du sud de la Belgique conservèrent 
un écusson fleurdelysé. 

En voici qui portent eocore la fleur de lys dans leurs armoiries : 
Tournai, 
Houffalize. 
Charleroi, 
Genappe, 
Saint-Ghislain, etc. 

2. Voir Archives de l'Etat à Bruxelles, Jointe des administration8,carton n« 269, 
années 1767-1769. 

3. La ville de Fosse portait en 1754 un sceau au lion rampant ; or l'échevinage 
portait sur son cachet le même lion rampant et en outre, en dessous de ce lion un 
homme plié en deux et piochant la terre. Ce dernier sceau existait déjà en 1431 et 
durait encore en 1767. Il était donc contemporain du premier, comme le fait 
connaître H. Jules Borgnet dans son carlulaire de Fosse» 

80 



— ili - 

moiries, iem^istrat avait néanmoins d'ordinaire son propre 
sceau armorié. 

Je vais en citer un exemple qui a rapport à notre locnlité 
et qui me donnera l'occasion de rectifier un détail que j'avais 
admis avec plusieurs autres personnes. Il s'agit de Gilly qut, 
comme localité, n'avait pas d'armoiries. 

En 1666, les débris de Charnoy qui avaient échappé à rem- 
prise de la forteresse, s'étaient accolés et fondus dans Véckevi- 
nage de GiUy qui prit le tilre de : échevinage de Gilli et 
Chamoi*. 

Le sceau de Véchevinage de Gilly fut du reste conservé 
quanti l'emblème. Ce sceau portait l'image deS'-Remi, évo- 
que de Rbeims, patron de l'échevinage. 



On sait que les échevinages et les magistrat» avaient leurs 
))atrons comme les autres corporations du moyen Âge, et 
qu'ils choisissaient d'ordinaire les saints les plus importants. 

Celui deMonsavaitchoisiS'-Michel; celui d'Ath.S^-David, etc. 

Cette image du sceau de Gilly n'était pas la personne de 
l'abbé de Lobbes, dont la domination seigneuriale avait cessé 
en ces lieux depuis le milieu du 16° siècle, faisant place à 
un simple droit de terrage et de dîmes ecclésiastiques. 

1. Voir Aetctitfranthiu* lit CharUrai, parD. A. Van Basvelàer 3* btcicule 



- 415 - 

Certaines localités avaient plus d'an échevinage ou plusieurs 
cours, et alors il fallait nécessairement des sceaux distincts; 
Gosselies, Fleurus, et beaucoup d'autres étaient dans ce cas*. 
Charleroi lui-même avait plusieurs magistrats, et ses armoi- 
ries n'auraient pu dans aucun cas servir pour les magistrats, 
au nombre de deux d'abord, puis au nombre de trois. 

A Charleroi, les armoiries de la ville proprement dite ayant 
fort peu d'usage et ne trouvant en pratique que très peu 
d'application, comme sceau échevinald'un faubourg de très 
peu d'importance, il n'y a rien d'étonnant à ce que le sceau 
royal du magistrat de la ville, qui était d'un usage continuel 
et vulgaire, s'y fût tout doucement substitué, dans les idées 
des habitants ; que ces armoiries ne vinssent à tomber plus 
ou moins en désuétude et qu'enfm de compte on en vint à 
considérer les armes de la cité comme étant d'argent à la 
fleur de lys de gueules. 

C'est ce qui eut lieu en effets et c'est au point que Les dé- 
lices des Pays-Bas dont l'édition de 1711, due aux soins de 
FopPENS, indiquait encore dans le texte de l'ouvrage, comme 
nous l'avons vu, les véritables armes de la ville, modifia cette 
indication dans les éditions subséquentes. 

En effet, dans les éditions de 17:20 et de 174-3, dues aux 
soins de Foppens, celle de 1779 à Bassompierre,et celle de 
1786 à Spanogh, cette indication est supprimée et remplacée 
par une npte au bas de la page, attribuant à la ville Técusson 
d'argent à la fleur de lys de gueules du magistrat*. 

1. Voir aux Pièces jusliflcatives g I, n» 8, un exemple remarquable, celui de Ni- 
velle?, où existaient concurremment deux juridictions distinctes avec deux sceaux, 
difTérents. 

Au 18* siècle, il y avait dans cette ville la Cour féodale et la Ville de Nivelles, 
deux seigneuries difTûrentes : 

« La Cour féodale de Nivelle au chapitre de Sainle-Gertnide, à Nivelle, 29 mars 
1752, 9 mai 1780. 

« La ville de Nivelle, à l'impératrice reine,14 juin 1779, 8 avril 1780. — A l'em- 
pereur et roi 29 août 1785. » {Bulletins de la Commission royale d:histoire, 1. 13, 
3* bulletin, page 437.) 

2. Ces données des Délices dei Pays-Bas étaient excessivement surannées pour 



- iU) — 

C'est ainsi encore qu*iin manuscrit de la bibliothèque des 
ducs de Bourgogne (sub. n"" 6623), et attribué à Mahyde 
Namur, affirme ia même chose. 

Cette substitution d'armoiries à d'autres par un usage plus 
fréquent, est naturel et ce qu'il y a de remarquable c'est que 
la fleur de lys du magistrat de la Ville haute, fut elle-même 
soumise plus tard à un sort identique et supplantée par le 
cachet du magistrat de la Ville basse,comme nous allons voir. 

répoque où ces éditions furent publiées, nous Tavons déjà fait remarquer et le 
lecteur a pu s'en assurer par lui-même. 

L'auteur primitif des Délices de% Payi-Bas est le chevalier J.-B. Chrtsttnx 
avocat, conseiller au Conseil de Brabant, neveu du chancelier Chrystyn à qui on 
attribue souvent cet ouvrage. 

Le chancelier, qui ne s'occupa guère que d'ouvrages de jurisprudence, mourut 
en 1690. Or ce ne fut que sept ans après sa mort, que le neveu fit paraître son ou> 
vrage : Les Délices des Pays-Bas ou nouvelles descriptions de toutes les villes des 
17 provinces, leur situation, fortificationsytiviéres, f4:lusesy etc. Celle édition de 
i697 est en un volume in-li de 342 pages et 25 de table. Elle était imprimée à 
Bruxelles, chez Pierre de Dobbeleer. 

Cet ouvrage ne parle pas de Charleroi. 

La même année 1697, parut une autre édition in-12 de 456 pages et 8 de jUble, 
avec 27 fort belles planches gravées par Harrewyn et de première épreuve, ayant 
pour titre : Les Déliées des Pays-Bas ou description générale de ses îîprovinces, 
de ses principales villes et de ses lieux les plus renommés. Ceiie édition est due àl'im- 
primeur François Foppens de Bruxelles, père de Jean François FoppEN.<i, né en 
1689, chanoine et archidiacre de Malines, auteur de la Bibliotheca Belgica^ lequel 
travailla aux éditions subséquentes des Délices et mourut à Malines le 16 juillet 
1761. 

Nous ne savons pourquoi ces deux éditions, sorties la même année, ont été con- 
sidérées comme une seule pour le numérotage des éditions suivantes. 

En 1700, Fr. Foppens donna une édition en-un volume in-12de535 pages de texte, 
13 de table et privilège, et 28 planches. Le titre est le même, mais il fait connaître 
que la situation du pays a été prise dans l'ouvrage telle qu'elle étail depuis la paix 
de Ryswyck (en 1697). 

Aucune des éditions précédentes ne parle des armoiries de Charleroi. 

En 1707, mourut l'auteur qui était né vers 1635. Après sa mort Pr. Foppens re- 
fondit l'ouvrage, retendit considérablement et donna en 1711, sous le titre de : 
Les Délices des Pays-Bas, contenant une description générale des XVII provinces^ 
édition nouvelle en I il volumes, une édition en trois volumes in-S'* de 404, 384 
et 371 pages, avec grand nombre de planches nouvelles,plus belles,pour|la plupart, 
que celles des éditions suivantes. Aucane de ces planches n'est relative à Char- 
leroi. 

C'est la première édition qui parle des armes de Charleroi : « de sable au chef 
d'argent, qui sont les* armes des seigneurs ». 



— 417 — 

§ m. 

Sceau du magistrat de la ville basse de Charleroi. 

Les ouvrages des fortifications de la Ville basse datent de 
1673 et les premières maisons ne s'y élevèrent que vers 4676*. 

Aussi longtemps que la ville appartint à la France, les 
habitants de ce quartier dépendaient de la juridiction de la 
Ville haule où le roi de France nommaiile magistrat. 

L'édition suivaDte, imprimée aussi par Fr. Foppens, (1720), en 4 volumes in-8<> 
de 855, 390, 399 et 392 pages, donne à Gbarleroi un écusson « d'argent à la fleur 
de lys de gueules > sans aucun commentaire. 

Le faux titre de cette édition est toujours Délices des Pays-Bas, mais le titre est 
changé et est devenu Histoire générale des Pays-Bas contenant la description de 
17 provinces, édition nouvelle divisée en 4 volumes; augmentée de plusieurs re- 
marques curieuses^ de nouvelles figures et des événements les plus remarquables 
jusqu'à MbCCXX. 

En 1743, la v> FopPENS publia une nouvelle édition de V Histoire générale des 
Pays-Bas, que son mari avait préparée avec le même titre jusqu'à l'année MDCCXUII 
en quatre volumes in -8 de 392, 411, 416 et 392 pages. 

Cette édition et celles qui ont suivi renferment un plan suranné de la forteresse 
de Charleroi dû au crayon de Harrev^yn et attribuent toutes à cette ville, les armes: 
■ d'argent à la fleur de lys de gueules. » 

En 1769, l'ouvrage reprit son titre de Délices des Pays-Bas et la 6°>« édition fut 
imprimée chez J.-F. Bassompierre père, à Liège. Elle était due aux soins du père 
jésuite P. Griffet et constituait 5 volumes in-S^ de 340, 424, 378, 410 et 895 pages. 
Son titre complet était : Les Délices des Pays-Bas ou description géographique et 
historique des X VU provinces belges, sixième édition, revue, etc. 

Enfin en 1786, parut,avec un titre identique, la septième édition en cinq volumes 
in-8<» de 280, 372, 320, 846 et 324 pages. Elle était due à E.-M. Spanogbe, impri- 
meur à Anvers, qui y joignit comme supplément en deux volumes de 295 et 204 
pages, un Dictionnaire historique des hommes illustres des Pays-Bas. 

Ce dictionnaire, d'après une note placée au bout du second volume, a dû être 
complété par im troisième volume, mais je ne connais pas ce complément. 

Cette édition et les deux précédentes donnent, comme nous l'avons dit, un plan de 
la forteresse de Charleroi. Or la forteresse était démolie depuis 1747 et les terrains 
vendus en grande partie. Le plan adopté par l'éditeur est un plan de 1693, époque 
de la plus grande splendeur de notre forteresse. Ce fait peut montrer combien sont 
. souvent surannés les renseignements consignés dans les Délices des Pays-Bas. Mous 
avons constaté la même chose pour les armoiries de Charleroi. 

1. Voir Collection des actes de franchises, etc., de Charleroi, par D.-A. Van 
BASTEI.AER, fascicule 1 , page 27. 



— 418 - 

En 1679, quand la France restitua la ville à TEspagne, le 
prince d'Isenghien et de Masmine, Philippe Balthasart, s'em- 
pressa de reprendre possession de sa seigneurie que 
Louis XIV s'était annexée, et il se hâta, dés avant l'évacuation 
de l'armée française, de faire acte d'autorité et de nommer à la 
Ville haule, un magistrat complet* qui servit en même temps 
pour le faubourg et auquel le prince réintégra Tancien sceau 
aux armoiries de la Ville et du seigneur : de sable au chef 
d'argent. 

Dès ce moment, le magistrat de la Ville haute redevint 
commun au faubourg. 

On contesta d'abord au prince ses droits seigneuriaux, puis 
on toléra l'état de choses qu'il avait établi. Toutefois ses 
officiers ayant voulu étendre leur juridiction sur la Ville basse, 
les habitants de ce quartier, poussés par un ambitieux, Jacques 
Huberlant, demandèrent un magistrat spécial, ce qui fut 
accordé par le roi Charles II qui prit possession des droits 
seigneuriaux sur la Ville basse. Le bailli du roi auprès de ce 
magistrat fut François-Jacques Huberlant. 

Cependant le magistrat de la Ville haute voyait à regret 
restreindre son autorité, et il tenta d'appliquer aux douanes 
générales de la ville, le sceau spécial dont il se servait. C'était 
une tentative d'empiétement. 

Le magistrat delà Ville basse, qui venait d'être établi et qui 
n'avait pas encore reçu d'armoirie ni de sceaux, porta plainte 
en haut lieu. 

De là conflit devant le conseil de Namur, d'abord en dé- 
cembre 1681, puis devant la Chambre des comptes à Bru- 
xelles {^682)^ 

Il s'agissait d'un sceau en cuivre portant les armes du 
prince seigneur d'Isenghien et de Masmine. 
Comme de coutume à cette époque, cette discussion 

1. Voir ci-après aux Pièces jusUficatives g 1. no* 8 et 9.~Voir aussi aux Archives 
de V Etat à Bruxelles, Conseil privé, carlon qo 921. 

S. Voiribid. S II. 



— 449 — 

s'éternisa. On y introduisit des élémenls étrangers; on 
parla de racheter la seigneurie au prince d'Isengbien, on fit 
cent projets et, enfin^le magistrat de la Ville basse alla jusqu'à 
réclamer du souverain, la juridiction sur la ville entière, y 
compris même la Ville haute. Il demandait aussi un sceau 
particulier ; sa supplique était de 1685. La question fut donc 
portée devant le conseil privé. 

La requête du magistrat de la Ville basse priait le roi de 
a régler de quel scel ou cachet il doit se servir dans ses actes 
publics, de même que pour marquer les poids et mesures 
après les avoir jaugés >. 

Le souverain s'empressa d'ordonner que c ceux du magis- 
trat de la Ville haute de Charleroy, pourront continuer à se 
servir es actes publics du cachet, du escel dont ils ont accou- 
tumés d'user jusqu'à présent et que ceux du magistrat de la 
Basse ville auront à se servir d'un cachet où seront gravées 
les armes de la province de Namur, sy ordonne que dans 
Tune et l'autre desdites villes, elles se debveront servir des 
mesmes poids et mesures dont on se serve dans la ville de 
Namur »^ C'était donc le lion du comté de Namur, le lion de 
sable rampant. (Voir pi. I, fig. 3.) 

Le magistrat de la Ville basse ne tarda pas à prendre une 
importance réelle. C'était, en effet, le magistrat du souverain, 
nommé par le roi, tandis que les autres étaient nommes par 
le seigneur. Ce magistrat avait même, comme nous avons vu 
dans sa requête de 1685, eu la prétention de demander au 
souverain la juridiction sur la ville entière' . 

Il est vrai que le souverain ne lui accorda pas cette 
demande prétentieuse, mais le sceau du magistrat de la Ville 
basse n'en devint pas moins bientôt commun aux deux villes. 



1. Voir Pièces justificatives g 1 , d* 18. 

2. Voiribid., I, nolQ. 



.- Jt 



— 420 — 

8 IV. 
Sceau du magistrat de pouce commun aux deux villes. 

Deux causes firent du sceau du magistrat de la ville basse 
ou magistrat du roi, le sceau employé pour les délibéralions 
et résolutions communes aux affaires de toute la ville. 

Charles II, par VÉdit politique qu'il donna à notre cité, 
voulut, dès le 5 février 1GU3, y établir un magistrat spécial de 
police commun pour les deux Villes et le Faubourg de Char- 
leroi. 

Mais l'Edit politique ayant tardé quelque temps à être pro- 
mulgué, la prise de Charleroi par l'armée fiançaise, intervint 
le 41 octobre 1693 et il n'y fallut plus penser pour le moment. 

Cependant les deux magistrats particuliers de la Ville basse 
et de la Ville haute et Faubourg de Charleroi, sentaient la né- 
cessité de se réunir en un seul corps et « ces magistrats, 
communautés et habitants de la Ville basse, et ceux de la Ville 
haute et Faubourg, spécialement convoqués en assemblée géné- 
rale » souscrivirent le 26 juillet i(59i un Acte d'union com- 
plet et légal entre les communautés, acte qui fut approuvé le 
5 septembre par l'intendant français Voisin*. 

Voilà pourquoi les deux magistrats, quoique distincts, sié- 
geaient d'ordinaire ensemble, et les Registres de la haute cour 
de Charleroi conservés à l'hôtel de ville en font foi, car ils 
ne font aucune distinction et les arrêts sont signés collecti- 
vement par tous les membres des deux magistrats. Ceux- 
ci ne pouvaient donc se servir que d'un seul sceau et celui du 
magistrat de la Ville basse avait prévalu. 

En 1697, Charles II, roi d'Espagne, fut remis en possession 
de Charleroi, et deux ans après, le 9 septembre 1699, \Edit po- 
litique {\ii enfin promulgué en ville, au son duiambour^ selon 
l'habitude. Aussitôt le magistrat de police fut établi et il siégea 
à la chambre échevinale de la Ville basse, comme le prouve 

1. Voir Collection des actety etc., de Charleroi, par D.-A. Van Bastelaer, 5* fas- 
cicule, page 88. 



— 421 — 

une de ses ordonnances portée le 9 juin 1741 , pour enjoindre à 
Leloup ancien bourgmaitre de la ville de rendre ses comptes 
et de f remettre en déans de trois jours, dans la garde-robe 
de la chambre échevinale de la Ville basse, tous certificats et 
imprimés qu'il peut avoir à son domicile concernant la ville > ^ . 

Le souverain octroya comme armoiries au nouveau ma- 
gistrat, le sceau du magistrat particulier de la Ville basse, et ce 
sceau fut dès lors regardé en quelque sorte comme le sceau 
communal de la ville entière. Bien que ces armoiries fussent 
de date toute récente, elles détrônaient par le fait même les 
anciennes armoiries de la ville, comme nous allons le voir. 

Ce magistrat de police choisi parmi les membres des autres 
magistrats, les prima tout d'abord elles absorba bientôt com- 
plètement. 

11 était regardé comme le seul et vrai magistrat communal 
et eut dans Feglise paroissiale sa tribune au-dessus de laquelle 
étaient « les armes de la ville »'. Or dans les pièces d'un 
débat survenu à ce propos avec le curé Chausteur nous trou- 
vons la preuve que par ces armes on entendait les armes du 
magistrat de la ville basse « au lion >, regardé vulgairement 
à celte époque comme les armes de la ville, et qui étaient 
aussi les armoiries données au magistrat de police « soubs 
la figure du lion dont les remontrants se servent depuis 
l'établissement du dict magistrat, ensuite des ordres de sa 
majesté es acts de justice et de police >'. 

Est-il besoin de donner d'autres preuves que le lion namu- 
rois était devenu alors l'emblème de la cité? En voici : 

Le 12 mars 1692, la Cour de la Ville basse paie « une 
marque de jauge au lion pour marquer lés poids et mesures >, 
fabriqués en ville*. 

1. Registre des résolutions et des charges de la ville de Charleroi, commencé le 
i5 mars 1706, (1706-1779), aux archives communales. 

2. Voir ci-après les Pièces justificatives § II, no« 1 et 2. 

3. Voir Colleciion des actes, etc., de Charleroi,pss D.-A. Van Bastelaeb, 
1*'' fascicule, page 21 et 5* fascicule, page 42. 

4. Voir Comptes de la ville de Ckarleroi, aux Archives communales, année 1692. 



— 422 — 

En 1722, on paie à un nommé Jean Grimar la confection 
d'un « lion servant à marquer les aunes de la ville ^, mesure 

particulière et locale*. 

Or celfe marque communale de fabrique était réellement 
les armes locales, si Ton en juge par analogie des faits 

suivants : 

Le 9 février 1752, sortait une ordonnance du gouverneur 
général défendant à tout marchand de vendre ou exposer en 
vente, aucun chapeau non marqué d'un cachet aux armes de 
l'empereur s'il est de provenance ^étrangère, et aux armes de 
la ville d'origine, s'il est de fabrique indigène*. 

Ce principe des marques de fabriques locales, était du 
reste, pratiqué dès longtemps. Dans un octroi royal d'établir 
une fabrique d'étoffe de laine à Charleroi, accordé à un 
nommé Etienne Gorlier en 1687% voici ce que nous lisons : 

m Consentons aussi de plus ample grâce que tous les pro- 
duits du suppléant seront marqués du plomb de notre ville, 
pour prévenir les fraudes, dans le débit qu'ils en feront, tant 
dans les pays de notre obéissance qu'étrangers, ensuite des 
règlements et statuts sur ce émanés. » 

La ville percevant un droit de 1/2 barrière au faubourg y 
avait établi un percepteur et une aubette. Au dessus de l'au- 
bette fut placé le symbole du droit communal, le lion sigil- 
laire aux armes de Namur. 

Le compte de la ville de 1759, reposant aux archives com- 
munales, porte l'article suivant : 

« Payé à N. Salade, cinq escalins pour avoir fait un écri- 
teaii en huille aux armes de la Comté, annonçant : icy se 
paye le droit de barrière pour être posé sur la porte du 
colecteur de la barrière du faubourg suivant quittance 
cy 1 fl. 15 s. î> 

1. Voir ibid. année 1722. 

2. Voir ci-après aux Pièces juslificatives, § 111. Vers 1738-1764, Charleroi avait 
plusieurs fabriques de chapeaux brevetées, appartenant à Ch. Quenne, Fr. Quenne, 
Thevenier, etc. (Voir Actes de Charleroi, 2« fascicule, page 74.) 

3. Voir Collection des actes, etc., de Charleroi, par D.-A. Van Bastelaer, 
5* fascicule, page 20. 



— 453 — 

Ce fait prouve que, dès Tan 1759, le Lion namurois, insigne 
sigillaire octroyé au nriagistrat de la Ville basse, avait, en 
pratique, fait la conquête du magistrat de la Ville haute et 
de la ville entière, au détriment des armes primitives de la 
cité et du sceau propre au magistrat de la ville haute. En 
effet, le lion que cet écriteau de barrière portait, était bien 
considéré comme étant les armes de la ville et les extraits 
suivants en font foi. 

« Entretien de la branche de chaussée^ ditte de planche, 
allant de cette ville jusqu'au terrin de Jumet à la conduitte 
du sieur eschevin Navez » 

« Le 2 février 1780, payé à Balthazar Blocq, peintre, ré- 
sidant en cette ville, trente et un sols et demi, pour avoir 
peint les armoiries de cette ville, mises au dessus de la porte 
de la maison du fermier, pour indiquer l'endroit où se paye 
les droits de la barrière de lad*^ chaussée et avoir fourni la 
platine de (er-blanc sur laquelle lesdittes armoiries sont 
peintes, comme par quittance 1 fl.41 d.-6 s.*. 

Le 22 du même mois, le même article paraît reproduit 
dans le même compte pour la chaussée dite du Faubourg. 

« Le 5 avril, payé une couronne impériale, au sieur Block, 
peintre, pour avoir peint t^ur plaque de fer blanc, les armoi- 
ries de la ville, avec inscription de payer les droits de barrière 
et chausséagequiont été placées aux endroits où on perçoit les 
droits de la ville, selon ord^^® qi quitt. . 3 fl.-3 d.-O s.*. » 

Le 14 avril 1780, comme en 1685, la marque de jauge de 
la dite ville est un lion avec la date de Tannée*. 

Il s'agit ici de la marque apposée par le receveur de la 
gabelle au nom du magistrat sur les tonnes des brasseurs de 
bière. 

On faisait jurer aux brasseurs « qu'ils ne se serviraient 



1. Comptes de la ville de Charleroi, 1780," aux Archives communales. 

t. Archives de la ville de Charleroi, Compte du !•»• novembre 1792 au 1" no- 
vembre 1793. 



— 424 — 

d'aucun tonneau qui ne fût marqué de la marque de 1728 ou 
des autres postérieures*, d 

Tout pa prouve que le sceau d'argent à la fleur de lys d'or 
était à son tour tombé dès longtemps en désuétude. Par un 
retour des vicissitudes humaines, après avoir détrôné les ar- 
moiries primitives de la ville de sable au chef d'argent^ et 
s'être substitué à leur place, il était lui-même vaincu à son 
lour par le lion namurois. 

Plaçons toutefois ici une remarque importante, c'est que 
Ton n'avait jamais entendu que ces deux sceaux de magistrat 
eussent été donnés, ni l'un ni l'autre, pour remplacer officiel- 
lement les anciennes armes de la cité et pendant que les deux 
sceaux des magistrats existaient. 

Pour élucider cette question d'une manière complète, j'ai 
espéré un moment pouvoir me procurer soit la médaille ou 
marque des pauvres, « aux armes de la ville », qui fut en 
usage dès 1693*, soit la matrice qui servait encore à la fabri- 
quer en 1713'. 

Je cherchai aussi la médaille des messagers assermentés 
de Charleroi, « médaille frappée et imprimée aux armes de 
la ville », dit une ordonnance du 10 juin 1777 * 

Malheureusement mes recherches n'ont pas abouti. 

J'aurais pu espérer aussi de rencontrer, le « plomb de la 
ville » ou la marque de chapelier « aux armes de la ville » 
dont j'ai parlé ci-devant page 422, mais cette ressource aussi 
m'a fait défaut. 

1. Archives de la ville de Charleroi^ Registres aux délibérations du magistrat, 
registre de 1774 à 1792. 

3. Voir Collections des actes, etc. de Cftarleroiy par D.-A. Van Bastelaer, 5« fas- 
cicule, p. 93. 

' 3. Voir Histoire métallique de Charleroi, par D.-Â. Van Bastelaer, pages 46, 47. 
Ces plaques de pauvres existaient, dans la plupart des villes. (Voir un placard de 
la ville de Namur, en date du 21 février 4766.) Plus tard, la médaille aux armes de 
Charleroi devint une simple plaque ronde en cuivre non frappée mais portant gra- 
vé les mots : « pauvres de Charleroi », avec le n^ d*ordre du porteur. Cette plaque 
avait élé ordonnée par décision du bureau de bienfaisance en date du 2 octobre 
1813, puis par un règlement communal du 8 août 1818, et enfin par une nouvelle 
décision du bureau de bienfaisance du 11 février 1850. 

4. Voir ibid., page 46. 



- -425 — 

Gomme complément à tout ce que nous avons dit du Lion 
sigillaire, voici des renseignements matériels sur la forme de 
ce sceau et une preuve surabondante qu'il était le lion du 
comté de Namur, formant le cachet spécial du magistrat de 
la Ville basse qui remployait comme sien quand il délibérait 
isolément des autres magistrats de la ville. 

Le 24 octobre 1739, « les magistrats et bourgeois de la Ville 
basse réunis en la chambre de messieurs du magistrat » 
firent une réclamation et une pétition demandant à Tévêque 
(le Liège, la nomination d'un vicaire cum cura animarum. 
Cette pièce, que j'ai en ma possession, porte pour sceau le 
lion de Namur, c'est-à-dire le lion rampant sans glaive et 
portant la couronne comtale du même écu: dix perles en ligne 
soutenant trois autres perles posées à distance égale l'une de 
l'autre. L'écu est entouré des mêmes ornements extérieurs 
qui accompagnaient généralement à cette époque l'écusson 
nnmurois. La légende est : 

SiGILLUM MÂGISTRÂTUS CâROLOREGII. 

Il est certain que les émaux étaient aussi ceux de l'écusson 
namurois, bien qu'il nous soit impossible de le constater, puis- 
qu'il s'agit d'un cachet en relief sur nielle blanche doublée 
de papier de soie très mince. 

Nous avons soin de donner (pi. i fig. 4), le fac-similé de cette 
empreinte d'une importance décisive pour la question étudiée. 

J'ai retrouvé ce même sceau aux archives de l'Étal à Bru- 
NollesS sur une pièce émanant du Magistrat de police com- 
mun à toute la ville de Charleroi, le 6 mai 4775, et ayant 
trait à une discussion soulevée avec Desandrouin à propos de 
la banalité de ses moulins à farine. 

1. Conseil privé, carton n^ 921. 

L'administration de Charleroi n'était pas la seule qui se servît d'un sceau au 
Lion du comté de Namur. M. Quirini de Fieurus, membre de notre société d'ar- 
chéologie, nous a communiqué un passeport daté du 12 février 1732 et portant le 
sceau de Fieurus à cette époque. Ce sceau porte le Lion Namurois. 

Fosse aussi porta les armes de Namur. 

Il en fut de même de Thuin à une certaine époque, et nous ne pouvons nous ex- 
pliquer cette anomalie quant à cette ville, qui était liégeoise. 



- 426 — 

Le lion n'étaitdonc nullement les armoiries de la ville. C'était 
uniquement le sceau du Magistrat de la Ville basse et du Ma- 
gistrat de police, dont Tusage continu avait fait tomber en 
désuétude le sceau fleurdelysé, propie au Magistrat de la 
Ville haute. Ces sceaux étaient distincts et indépendants des 
armoiries de la cité, bien qu'on fît parfois confusion et qu'on 
nommât armoiries de la ville dans le principe, la fleur de lys 
du Magistrat de la Ville haute et ensuite le lion employé par 
le Magistrat de la Ville basse. 

M. Maréchal lui-même eut en quelque sorte Tintuition de 
cette indépendance et de cette distinction, en écrivant les 
lignes suivantes qui forment le fond du rapport fourni par 
lui au ministre de Tintérieur lorsqu'on octroya des armoi- 
ries à Charleroi en 1747. Ces mots attribuent à la ville haute 
c*^ qui appartient à la Ville basse, et comme conséquence à 
l'autorilé militaire ce qui appartenait au magistrat civil*. 

« C'était donc pour manifester la possession militaire du 
souverain des Pays-Bas en la Ville haute que les armes au 
lion Belgique' ont été données. Mais ça ne prouve pas que les 
armoiries, signes d'administration militaire, soient celles de 
la Ville haute comme administration seigneuriale, car en 
beaucoup d'endroits, les commandants avaient un sceau par- 
ticulier. » 

La juridiction de Charleroi et la nomination des magistrats 
de Charleroi, ne laissèrent pas, malgré toutes les précautions, 
d'être l'objet de discussions continuelles entre les d'Isenghien, 
seigneurs de la Ville haute, et le roi, seigneur de la Ville 
basse. 

Le 23 juin 178cJ seulement, intervint un acte de transac- 
tion par lequel toute juridiction était cédée à la famille d'Isen- 
ghien, qui acquit les droits seigneuriaux et le droit de nom- 
mer les magistrats pour toutes les parties de la ville. 

1. Voir ci-après aux Pièces justificatives § X, n^ 20. 

t. Notons en passant que Ton ne pensait aucunement à cette époque au Lion 
Belgique, lequel n'apparut que longtemps après, mais simplement au Lion namu- 
rois. C'est un anachronisme impardonnable. 



— 427 — 

Dès le 3 septembre, le prince institua un seul magistrat 
pour toute la ville et en nomma les membres*. Il institua par 
le fait même un seul sceau échevinal pour les Villes et Fau- 
bourg. 

Voici un acte qui le prouve : 

Une commission datée du 19 décembre 1789, en vertu de 
laquelle le mayeur Gravez et l'échevin Huart furent envoyés 
en délégation vers les États de Namur, et dont nous avons 
extrait la copie du Registre aux délibérations à\i conseil com- 
munal* porte la mention qu'on y a « apposé le scel ordinaire 
de ces dites villes sur nieul rouge couvert de papier blanc. > 

Un seul sceau servait donc aux délibérations communes ; 
mais quel était ce sceau? Il y a tout lieu de croire que le 
magistrat nouveau garda le sceau au lion de Namur du magis- 
trat de police qu'il avait remplacé. 

Du reste, le moment arrivait où toutes les armoiries al- 
laient disparaître. 

Quant aux administrations et aux services indépendants de 
la commune et ressortissant au souverain, elles usaient à 
Charleroi, comme partout, de sceaux aux armes de ce dernier. 

Dès avant 1719, Charleroi était bureau subalterne d*t 
douanes^ etc. y dépendant de Namur'. Bientôt il devint bureau 
principal et porta le nom de Département de Charleroi. Ce 
bureau datait probablement de la domination autrichienne en 
1714. Nous n'avons, du reste, pu nous en assurer, les ar- 
chives du Conseil des finances ayant été incendiées et la men- 
tion la plus ancienne qui y soit conservée, étant celle que 
nous venons d'indiquer. Nous avons toutefois trouvé une 
lettre* semblant prouver que ce bureau existait même déjà en 
1716, deux ans après la prise de possession autrichienne. 

1 . L'acte de transaction et toutes les pièces accessoires se trouvent dans le 
Registre aux résolutions du nragistrat 1774-1792, aux archives de Charleroi. Nous 
les donnerons dans un prochain fascicule des Actes de Charleroi. 

9. Voir Collection des actes, etc. de Charleroi, par D.-À. Vam Bastelaer, fasci- 
cule 3«, page 76. 

3. Voir ci-après aux Pièces justificatives, § V. 



— 4-28 — 

Quoi qu'il en soit, TElal avait fait graver un certain 
nombre de sceaux pour le service des bureaux de douanes et 
sur ces sceaux chaque ville avait fait inscrire son nom. 

Notre collègue, M. Gillet, possède un ancien cachet en 
cuivre du service des douanes sous la domination autrichienne. 
Ce sceau a été retrouvé à Lille et est fort bien conservé. Il a 
45mm Je diamètre porte les armes de la famille impériale 
d'Autriche et autour les mots : 

Bureau de Charleroy. 

Toutefois ces mots gravés après coup, probablement par un 
artiste de la localité, sont fort mal réussis. 

Nous donnons ]e fac simile de ce cachet (pi. 1, fig. 5). 

§iv. 

Le lion des franchises et des immunités pendant les 

FRANCHES FOIRES DE LA VILLE DE ChARLEROI. 

Il est nécessaire que nous parlions du lion planté en ville 
surlaplaceduchampdesfranchesfoires,quoiqueenréalitécelion 
n'eût dû rien avoir de commun avec nos armoiries; mais 
nous verrons que ce lion eut la plus grande influence sur le 
choix de nos armes actuelles. 

Le 26 septembre 1679, Charles II accorda des franches 
foires à la ville de Charleroi, ce auxquelles franches foires 
tous et quelconques marchands et autres personnes estran- 
gères ou nos subjets qui aller y voudront pourront licite- 
ment le faire et amener, et faire conduire leurs marchandises 
et denrées, prennons et mettons es nostré protection et sauve- 
garde sans qu'ils pourront être arreslés civilement pour 
crimes debtes et ce pour le temps que dureront les franches 
foires »'. 

1. Voir Co//ec/ionrfe« flc/M etc. de C/iaWcroi, par D.-A. Van Bastelaer, 1«' 
fascicule, page 14. 



— 429 - 

Cet octroi resta non avenu et non exécnté par suite de 
l'opposition de Tautorité militaire. 

Le 15 mars 1709, Philippe V renouvela ce privilège avec 
les autres franchises de la ville et ajouta : < comme il con- 
vient de déterminer le lieu où se tiendront les franches foires 
qui ont été différées jusqu'à présent, nous avons ordonné et 
ordonnons par ces présentes, que ce sera sur la place de la 
Ville haute pour toutes les marchandises qui s'y apporteront 
et sur la place de la Ville basse pour les bestiaux, lesquels 
marchandises et bestiaux ne seront sujets au payement des 
droits d'entrée et sortie, que pour autant qu'il en aura été 
vendu, le surplus pouvant retourner librement d'où il sera 
venu >*. 

Le gouverneur militaire de la ville empêcha encore l'exé- 
cution de ce deuxième octroi, et ce ne fut que le 24 mars 
1713, f comme depuis quelque temps, Don Rodrigo de Peral- 
la aurait pris possession de son gouvernement audit Charle- 
r^i, lequel témoignait être incliné à laisser jouir et établir 
lesdites foires et marchés > que Maximilien-Emmanuel oc- 
troyait, consentait et accordait que ceux de Charleroi c puis- 
sent et pourront établir, ériger et mettre sus lesdites foires 
et marchés ainsi et de la manière reprise esdits privilèges et 
octrois » du 26 septembre 1679 et 15 mars 1709". 

Alors seulement furent instituées les franches foires, et 
l'administration communale elle-même, pour leur donner de 
l'élan, y fit vendre des marchandises par un commis à gage'. 

Alors aussi apparut sur le champ de foire, la perche sur- 
montée du symbole des franchises et immunités foraines en 
usage à cette époque^. 

i. y oit Collection des aetei de francMsett etc., par D.-A. Van Bastelaeb. !•' 
fascicule, page 83. 

2. Voir ibid., page 40. 

8. Voir ibid., 3« ^cicule, page S5. 

4. Ces immunilés consistaient surtout en deux choses : 1^ faculté pour tous 
(l'apporter et de vendre sans aucun droit ou impôt, toute espèce de marchandises ; 
10 immunité pour les condamnés ordinaires de pouvoir librement circuler sans 
qu'on pût le» arrêter. Il 



- 480 - 

Ces perches portaient remblême du pays ou du souverain 
qui y assurait les privilèges de franchise, et parfois aussi un 
emblème particulier à la localité. 

Dans certaines communes belges, c'était l'aigle qui avait 
été choisi dès le XV^ siècle et même avant cette époque. 
Telles sont Mons et A(h% telles sont aussi Liège, Anvers, 
Tournay et Maestricht'. 

Dans d'autres, où le souverain avait octroyé la franchise, 
en qualité de souverain d'une province particulière, on arborait 
d'autres emblèmes : le lion namurois dans le pays de Namur, 
le lion brabançon dans le Brabant, etc. 

A Gand, dès le XV® siècle et jusqu'à la fin du XVIII® siècle, 
s'élevaient au marché aux poissons quatre colonnes surmon- 
tées chacune d'un lion supportant des armoiries différentes : 
celles de Bourgogne, la maison souveraine ; celles d'Autriche, 
unie par mariage à l'héritière de Bourgogne, (Maximilien ma- 
rié avec Marie); celles du comté de Flandre, le pays; celles 
de Gand, la commune'. 

En Allemagne, certaines localités féodales dépendantes de 
seigneuries particulières, avaient adopté la main de justice 
et le sabre de la force chargé de soutenir la justice*. 

A Charleroi, ce fut l'écusson de Namur qui fut adopté, et 
comme symbole de force dans la défense des privilèges, on 
donna un lion pour support à ^écu^ 

1. Voir Annales du cercle archéologique de Mons, T. IX, page 16 et T. Vil 
page 286. 

2. Voir les mémoires de Philippe de Hurgues, publiés derDièrement par M. H, 
MiCHELANT, soas le titre de Voyage de Philippe de Hurguesd Liège et d Maestrich. 
en 1615. 

L'auteur reporte fort loin Torigine locale de ces aigles à une tête; il les attribue 
à l'autorité du Saint-Empire et même à l'époque romaine. 

3. \oiT Messager des sciences hisloiiques, année 1873, page 4, par H. Varen- 

BERGH. 

4. Voir Walters, 

5. Le 12 septembre 1719, le maître charpentier Pèche touchait un salaire pour 
€ avoir planté et déplanté les deux lions sur les places de la Ville haute et de la 
Ville basse, les jours de foire sur des perches de 28 pieds «.(Comptes de la ville en 
1719, aux archives communales.) 



- 431 - 

L'une de ces figures a échappé jusqu'aujourd'hui au nau- 
frage des temps et on lui a décerné une place d'honneur dans 
le vestibule de notre hôtel de ville'. 

Nous attachons à cette figure une importance assez grande 
pour la décrire avec quelques détails. 

C'était un lion de sable assis, armé et lampassé de gueules 
portant aujourd'hui' à dextre un sabre d'argent garni d'or, 
et soutenant à senestre un écusson entouré d'ornements et 
sommé d'une couronne de baron à sept perles'. 

L'écu que soutient le lion était l'écu de Namur : d'or au 
lio7i de sable et sans sabre en la patte. Divers articles des 
comptes de la ville où l'on parle d'or et de noir pour re- 
peindre la figure, nous avaient indiqué les couleurs des fi- 
gures,^ mais nous avons voulu nous en assurer. Un artiste 
restaurateur de tableaux fut chargé par nous d'enlever la 
couleur moderne du blason, et en dessous, il nous montra le 
vieux champ d'or au Uon de sable namurois. Seulement les 
contours en étaient confondus avec une peinture noire su- 
perposée. 

1. Nous donnons pi. III, le dessin de cette figure telle qu'elle fut restaurée vers 
1840 ou 1841 et telle qu'elle est encore aujourd'hui. 

2. Nous disons : c portant ai^'ourd'hui * parce que ce sabre peut fort bien avoir 
été joint à la figure primitive à une époque plus récente, car les bras du lion ont été 
remis à neuf dans un temps relativement moderne et ces bras ont pu recevoir une 
nouvelle forme et porter un nouvel «appendice. 

Dans cette attitude, en effet, ce lion armé d'un sabre semble avoir été copié sur 
une pièce de monnaie par l'artiste menuisier. Peut-être cette restauration date-t- 
elle de la révolution brabançonne de 1790 où le lion armé d'un sabre fut à la mode, 
comme on sait. 

3. Cette couronne de sept perles nous semble assez extraordinaire et nous 
sommes tentés de l'attribuer à la fantaisie de l'artisan. 

' 4. Les Comptes de la ville pour 1784, aux Archives communales portent l'article 
suivant : 

« Le i7 juillet, payé à J.-B.Tressoigne, sculpteur, neuf florins et neuf sols pour 
avoir raccommodé, doré et remis en couleur les deux lions qui annoncent la foire de 
cetteville, comme par quittance, cy ■ . . . 9fl-9s>0d. » 

On peut aussi voir, à propos de la même réparation fiiite en 1767, que la couleur 
employée avec l'or était la couleur noire. 

« Idem payé à Charles Salade la somme de 17 fl. pour avoir . . . mis en 
couleur rouge à l'huile . . . deux grandes et grosses perches de sapin pour 
planter les lions ... et les deux lions en noir 17 fl. y 



- 432 

Sous ce blason se trouvaient des traces usées d'une dorure 
plus vieille encore et plus noircie par le temps. 

Ces peintures étaient posées sur le bois rugueux et peu uni, 
telle que la figure était sortie des mains du premier artiste. 
Toutes les rugosités avaient été remplies par enduit, quand, à 
une époque plus récente,on couvrit le vieux blason des armoi- 
ries modernes qui y sont aujourd'hui peintes. L'artiste res- 
taurateur nous fit constater aussi que le lion support n'a 
jamais été doré et est toujours resté peint en noir. 

Le peuple carolorégien tenait fortement à ses franchiser et 
aux lions qui symbolisaient ces privilèges que Joseph II avait 
tenté en vain d'enlever à la Belgique, après avoir juré le 
maintien de la joyeuse entrée. Ce souverain avait même spé- 
cialement promis de conserver à notre ville des libertés parti- 
culières, lorsque, dans une visite qu'il fit le 6 juin 1781 à 
Charleroi, le magistrat alla réclamer de sa justice, le maintien 
de nos privilèges locaux que l'on savait en dangerV 

En 1790, les États de Namur ayant interdit la foire an- 
nuelle à cause des troubles et des événements politiques, les 
habitants réclamèrent avec insistance que Ton « plantât 
comme de coutume les lions sur les places publiques des- 
dites villes'i> et le magistrat fut obligé de prendre une décision 
dans ce sens pour condescendre aux réclamations du peuple. 
Les lions furent plantés, bien que la foire n'eût pas lieu cette 
année. 

L'usage des lions ne fut du reste pas abandonné, même 
lors de la première invasion française en 1792-1793 , et cette 
dernière année même on dépensa < 23 fi. 9 sols "» pour ache- 
ter deux nouvelles perches de sapin de Riga ou arbres aux 
lions' qui furent peintes en rouge*. 

i. Voir Actet^ elc, de Charleroi par D.-Â. Van Bastelaer, 5«« fascicule, p. 128. 

2. Voir ci-après aux Pièces justificalives, § IV. 

Hd 1789 et en 1790, un édit des États avait aussi interdit la foire de Namur à 
cause des troubles et des pillages dont furent victimes divers citoyens et entre 
autres le pharmacien Guérite. 

S. Voir aux Archives de la ville, les Comptes communaux de Tépoque. 

4. Voir ibid. le Compte de 1798. 

Notre emblème des franches foires fut conservé à cette époque parce que c'était 



— 4SS — 

Pendant la domination française qui suivit la seconde in- 
vasion, les lions furent mis en non activité; mais on s'em- 
pressa de les rappeler lorsque les puissances alliées nous ar- 
rachèrent du pouvoir de la France en 4815, époque où ils 
reprirent leur robe et leur haute position. Cet usage dura 
jusqu'en 1830; à la foire de cette année encore, les lions 
furent hissés pour la dernière fois et comme souvenir de fran- 
chises. 

Ils fiirent toutefois conservés et utilisés longtempjs comme 
ornements de nos fêtes communales, on les hissait au som- 
met du mât de cocagne^ haute perche de jeux publics enduite 
de savon, à laquelle le peuple s'efforçait de grimper pour 
aller décrocher des jambons attachés au sommet. Cet usage 
durait encore vers 1840. 



un lion, emblème adopté par la révolution. A Mons et à Ath, l'aigle des foires fui 
remplacé par un lion belgique, avec le chapeau de la liberté. (Voir Annalen du 
cercle archéologique de Mons, T. VII, page 398.) 



TITRE II. 



SCEAUX MODERNES DE CHARLEROI. 



§1. 



Époqub révolutionnaire, républicaine, brabançonne et 

FRANÇAISE, JUSQU'AU CONSULAT. — ChAR-SUR-SaMBRE, CHAR- 

les-sur-Sambre, Libre-sur-Sambre. 

Longtemps l'emploi de tout sceau local et de toutes armoi- 
ries sembla être tombé en désuétude à Charleroi. 

Nous avons rencontré beaucoup de pièces officielles et 
originales délivrées à diverses époques par le magistrat 
de la ville, revêtant les formes les plus solennelles et qui 
cependant manquent de tout cachet et<ie tout sceau ou timbre. 
Les administrations accordaient assez peu d'importance à 
l'emploi du sceau et, sur ce point, je me suis assuré que 
Charleroi poussait fort loin la négligence. Il m'a même été 
impossible de retrouver l'empreinte de tous les sceaux de ta 
ville, quoique ayant eu en mains un très grand nombre 
d'actes officiels émanés de nos magistrats à diverses époques. 
Quant au registre et aux pièces qui reposent à l'hôtel-de-ville, 
aucune ne porte le cachet que l'on regardait comme absolu- 
ment inutile pour les actes destinés à rester au siège de la 
commune. 

Quand arrivèrent les idées révolutionnaires, l'époque pa- 
triotique de 1790, l'invasion française de la fin de 1792, les 
armoiries perdirent bien plus encore de leur importance. 

En France, on voulut effacer toute trace de la féodalité, et 



— 485 — 

les armoiries communales disparurent complètement à la suite 
de l'arrêté de la république fi^ançaise, porté le 9 juin 4790, 
et autres décrets^ 

Cet exemple fut à peu prés suivi en Belgique. 

 Charleroi, dès la fin de 4793, lors de l'invasion fran- 
çaise, on se servait d'un cachet républicain. C'était le mo- 
ment de notre grande effervescence républicaine. 

Ce cachet, fait en 4792, était en effet payé au commence- 
ment de 4793, à l'artiste nommé KreukeP. 

Nous n'avons pas retrouvé la trace de ce cachet qui devait 
porter le nom de Char-sur-Sambre ou de Charles-sur-Sambre* . 
Du reste, ce sceau municipal payé le 24 mars 4793 (\^ ger- 
minal an I), fut abandonné pendant la réoccupation autri- 
chienne, dès le 25 mars 4793 ; mais repris aussitôt la nouvelle 
expulsion des troupes autrichiennes, le 25 juin 4794 (27 
messidor an II). 

Bientôt dans notre pays, tombé sous la domination de la 
République française, furent promulguées les lois de cette 
république, y compris les décrets relatifs aux armoiries et 
auxquels nous avons fait allusion\ 

Ces décrets interdissaient l'emploi de toutes armoiries ou 
sceaux blasonnés. Les sceaux furent réduits à quelques em- 
blèmes de liberté . 

Du reste, les représentants du peuple français chargés de 
gouverner la Belgique, avaient réglé, dés décembre 1794, la 

1. Voir aux Pièces justificatives, J VI. 

. 3. Voici un extrait du Compte communal de l'an ll^lll reposant aux Archives 
de la ville : 

c ier germinal an I, payé à Krenkel, vingt-cinq livres, pour un cachet républi- 
cain qu'il a (ait pour l'usage de la Municipalité, suivant ordonnance quittancée. 
Î6 fl-0 s-0 d. 

3. Premiers noms républicains de notre ville : Voir Actes de franchises etc., de 
CharleroU parD.-Â Vam Bastelaer, 4« fascicule, pages 10 et 16. 

4. Voir ci-après Pièces justificatives, le § VI. 

La plupart de ces décrets furent . promulgués en Belgique, les 8 et 19 novembre 
1795 (17 et S5 brumaire an IV). 



— 486 — 

question des sceaux pour radministration centrale et pour 
les administrations d'arrondissement* . 

Quant aux administrations municipales, leurs sceaux furent 
comme toujours assez peu uniformes et chaque localité fit un 
peu à sa guise. Plusieurs ne prirent même aucun sceau. 

Chai^leroi adopta un cachet (voir pi. I,rig. 6) oval, portant 
au milieu de deux branches de laurier unies en sautoir, des 
faisceaux surmontés du bonnet de liberté, entourés de la lé- 
gende : 

«MUN^ DU CANTON DE LiBRE-SUR-SaMBRE »V 

Ce cachet resta usité jusqu'au Consulat. Toutefois, en pra- 
tique, on fit rarement usage d'un sceau quelconque. 

§ "• . 

Consulat. 

Quand furent promulguées la Constitution consulaire du 
S2 frimaire an VIII (13 décembre 1799), la Loi organique 
du 28 pluviôse et les lois accessoires de la même époque, 

1. Voir ci-après aux Pièces justificatives, le g VI n® 22. 

2. Alh avait primitivement adopté un sceau analogue. Elle y prenait le titre de 
Ville libre d^Ath. On peut en voir l'empreinte dans les collections du Cercle ar- 
chéologique de Mons. 

Beaumoot avait un cachet semblable à celui dont Charleroi se servait vers l'an 
XI et que nous décrirons ci-après. (Voir pi. I, fig. 9.) Ce cachet portait la légende: 

Adh<>° mpale de la commune de Beaumoht. 

Je possède un acte du 21 brumaire an VI, authentiqué de ce sceau imprimé i la 
fumée. 

Le juge de paix de Thuin se servait aussi, en l'an V, d'un cachet analogue exces- 
sivement mal dessinép dont j'ai Tempreinte. L'ovale était écrasé et formait une 
espèce de rond carré. La république y est personnifiée sous la forme d'une plantu- 
reuse paysanne, aux seins proéminants et qui semble être coiffée d'un mouchoir à 
la mode de certaines provinces. Les deux mains appuyées à hauteur égale. De la 
gauche elle semble planter en terre son balai emmanché, la droite repose sur des 
faisceaux qui ressemblent à un fagot, dont sort latéralement le double fer d'une 
pioche recourbée en guise de hache. La légende était : 

Juge de paix du canton de Thuin, 
et à l'exergue : 

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. 



— 437 - 

Charleroi devint le siège d'une mairie, d'une sous-préfecture 
ou arrondissement communal, d'une justice de paix et d'un 
tribunal de première instance. 

Le nouveau système adininislralif ne fut toutefois mis à 
exécution que plusieurs mois après, en l'an IX. 

La sous-préfecture de Charleroi qui avait été créée par 
l'arrêté du Préfet, en date du 22 floréal an VIII (12 mai 
1800), employa dès son origine jusqu'à l'empire, un sceau 
rectangulaire à coins coupés, portant sur U lour les mots : 

SOUS-PRÉFECTURB DE ChARLEROI. 

Dans le champ se trouve l'image de la République sous 
les traits d'une femme drapée d'une toge, ayant dans la main 
gauche une oriflamme avec le mot : 

PATRIE. 

et tenant de la main droite un livre ouvert avec l'inscrip- 
tion : 

LA LOI. 

Ce livre repose sur l'autel de la Loi où l'on voit le niveau de 
l'Égalité. Derrière ce livre se dressent les faisceaux de la 
République portant le bonnet de la Liberté. (Voir pi. I, fig.7.)* 

Toutefois à cette époque (an IX et an X), le sceau de la 
mairie de Charleroi était diflërenl. (Voir pi. I, fig. 8.) C'était 
un cachet ovale, analogue au sceau de Libre-sur-Sambre 
que nous avons décrit; seulement les faisceaux ne supportent 
plus le bonnet phrygien, mais bien un fer de lance qui les 
dépasse et est surmonté d'une étoile. La légende est : 

Mairie de CharleroiV 

Cependant ce cachet de la mairie de CharleroiTut bientôt 
modifié. On y substitua un autre sceau (pi. I, fig. 9), 

1. Ud sceau analogue wrvail à la préfecture de Jeinappes, en Tan X. Gertaines 
mairies l'avaient adopté aussi, car nous avons vu dans les collections du Cercle ar- 
chéologique de Mons, une empreinte d'un cachet à peu près semblable, ayant servi 
à la mairie de Leuzc. 

3. Nous avons une empreinte du sceau municipal de Marcinelle à cette époque* 
il était identique sauf l'étoile, laquelle faisait défaut 



- 438 — 

que nous avons rencontré sur des pièces de floréal an XI, 
(avril 1803). H était ovale, portait autour les mots : 

MaIHIB de CbARLEROI, CHEF-LIEtI d'aRBONDIS'^. 

et à l'exergue : 

Dép. de Jehuappe. 
Au milieu, la république drapée à la romaine, tenant la 
lance du Commandement surmontée da bnnnpl i\c Liberté et 
appuyée sur les faisceaux de l'Union'. 

Au moment où le tribunal de première instance fut trans- 
porté k Charleroi en l'an Vill, il prit un cachet analogue au 
précédent et il le portait encore en l'an XIII. Ce cachet était 
d'un dessin fort grossier. Le personnage, de forme assez bur- 
lesque, semble tronqué par les pieds. Il s'appuye à droite sur 
des faisceaux.et au lieu de la lance soutenant le bonnet de la 
Liberté, il porte de la main gauche un rameau qui est pro- 
bablement l'olivier de la Paix. 

Le piédestal qui porte le tout, est marqué des lettres. 

R. F. 

La légende du tout est : 

Tribunal civil de l'arrond' de Charleroy. 
Voici 11 fac-similé de ce cachet : 



1, n eit remarquable quel» caairie possédait ea oifioie temp! an Mcond cachet 
eemblable, dont naui avons tu une empreinte. 11 difTéraitdu premier dans quelques 
détail» : Le mol Charltroij était tarminé par un y et non par un i ; le mot ehef-tieu 
Jtail terminé par uu u et uon par un v ; le mot arrondinenml était abrégé ainsi : 
urrond^ ei uaa arrondit' ; eaaD ua R et un F (république française) accostaient 
l'exergue. 

L'an XU (venMse), Biache avaitaussl le même sceau avec tes mots : 
Hdnicipalité de la coHllll^E de Binche. 



— 489 — 

§111. 
Empire. 

L'Empire succéda au Consulat sans que rien fût changé au 
système administratif ; le nom changeait, les hommes et les 
choses restaient. On modifia seulement certains détails. Les 
sceaux des communes furent naturellement changés. Un dé- 
cret impérial du 29 ventôse an XIII (20 mars 1805)*, 
régla la forme des sceaux à employer par les diverses auto- 
rités et les diverses administrations. 

En 1806, Charleroi prit le sceau officiel comme les autres 
communes. (Voir pi. I, fig. 10.) Ce sceau portait l'aigle im- 
périale éployée entourée de la légende : 

Mairie de la ville de Charleroi, 

Nombre de sceaux publics étaient analogues. On peut citer Taccusaleur public du 
tribunal criminel du département de Jemappes, dont on peut voir une empreinte 
dans les collections du Cencle Archéologique de Mons; la sous préfecture de Mar- 
che, etc. 

En Tan XU, le juge de paix du canton de Seneffe, avait un cachet assez petit et 
portant simplement en grand caractère au centre les mots : 

Juge de paix. 

Cette légende était continuée autour par les mots suivants : 

DU CANTON De SENEFFE. 

Ce cachet était tout à (ait identique à celui du juge de paix de Bioche ; mais 
il est remarquable que ce dernier existait déjà l'an VI de la République, et portait 
l'indication du . . . naul. Le reste du mot est effacé dans notre empreinte. 

Le commissaire du directoire du pouvoir exécutif du canton de Beaumont 
avait fait graver son titre en deux ovales concentriques entourant un œil de la pro- 
vidence. Tel était son sceau. 

Jusqu'à l'Empire, la commune de Beaumont se servait du cachet ovale à la haste 
couverte du bonnet Phrygien et traversée en sautoir parles hampes de deux drapeaux 
en oriflamme. Autour les mots : 

Commune de Beaumont. 

L'an X II (thermidor), Gosselies avait un cachet ovale, portant le coq gaulois de- 
bout sur une colonne et entouré des mots : 

Mairie de Gosselies. 

On voit par les sceaux précédents, dont nous possédons les empreintes au bas 
d'actes authentiques, que c'était plutôt le règne de la fantaisie et même d'un assej; 
beau gâchis. 

1. Voir ci-après aux Pièces justiticalives, § VU. 



et en dessous : 

Jemmappe. 

. Tel fut alors aussi le sceau de la préfecture, des sous- 
préfectures, etc. 

Le commissaire de police, le tribunal, le procureur, etc., 
avaient le même cachet avec une légende appropriée. 

Le tribunal, le cabinet du juge d'instruclion, le parquet 
du procureur duroi, la justice de paix eurentle même sceau*, 
mais en écu portant, la couronne impériale, traversé par le 
sceptre et la main de justice et entouré du collier de la toison 
d'or et le manteau impérial avec une légende appropriée, 
par exemple : 

Proc. imp. trib. 1»*® iNST. A Gdarleroi. Jemmap. 

C'était le sceau commun à toutes ces administrations 
dans les diverses villes* (voir pi. I, fig. 11), au moins quant 
à celles qui n'avaient pas obtenu concession d'armoiries. Or 
Charleroi n'en avait pas demandé. 



§1V. 
Domination hollandaise. 

Au commencement de février 1814?, la Belgique fut arra- 
chée par les puissances alliées, à la domination de l'empire 
français chancelant. Un gouverneur général^ puis Guillaume 

1. Une chose ét0Dnante,c'e8t qu'ea 18i3,en plein empire,le ju|;e de paix de Bin* 
che se servait encore d'un cachet analo|^ue à la fig^ure n* 9, toute une personnification 
républicaine entourée de la légende : 

Juge de paix de binche. Dep^ de jemmape. 

Malheureusement l'empreinte que nous possédons, est fort mal imprimée et fort 
obscure pour les détails. 

C'est la seconde fois que nous avons occasion de constater à Binche, pour deux 
époques différentes, l'emploi d'un sceau ancien et en quelque sorte suranné. 

i. Nous avons vu des cachets, analogues pour la mairie et le commandant de 
place de Braine-le-Comte à cette époque. 

Gosselies avait alors et conservait encore en 1817, le vieux cachet de Tan XII, 
usé éraillë et dont on avait seulement enlevé le coq dont nous avons parlé page 439. 



PL 11 






- 441 — 

de Nassau lui-même, la gouverna provisoirement au nom 
des alliés. 

L'aigle tomba le jour même où finit pour nous la 'domina- 
lion impériale. 

Le sceau communal fut immédiatement transformé en un 

simple cachet (voir pi. II, fig. 1), portant au centre les mots : 

Dép''. de Jemmappe, 

entouré. de rameaux de laurier et de chêne, et en exergue 

les mots: 

Mairie de Charleroy. 

Ce cachet était commun aux autres mairies ;. nous avons 
vu celui de la mairie de Jemappes et celle de Genappe. 

La sous-intendance portait le même cachet mais le mot 
€ sous-intendance » remplaçait dans la légende le mot 
c mairie » . 

Le cachet du tribunal était aussi simple. (Voir. pi. II, fig. 
'2.)I1 était rond et consistait en les seuls mots : 

Tribunal de première instance de Charleroi. 

Quand la Belgique fut réuni» à la Hollande pour former le 
Royaume des Pays-Bas, les villes reprirent leurs anciens ca- 
chets armoiries. Charleroi fit comme les autres communes. 

L'étude dft cette époque est vraiment importante pour nos 
armoiries. C'est l'époque à laquelle elles furent en réalité 
complètement renouvelées et créées, mais créées avec l'inin- 
telligence la plus complète et l'ignorance la plus flagrante 
de l'histoire locale et de ses vraies armoiries : de sable au 
chef d* argent. 

On se rappela l'ancien lion sigillaire de noire magistrat que 
l'on prit pour les armoiries de la ville et Ton y voulut reve- 
nir. Mais à défaut de sceau ou d'empreinte, dont on manquait 
complètement, on exhuma de la poussière un ancien lion des 
immunités foraines qui gisait dans les greniers de Thôtel-de- 
ville* et dont nous avons parlé ci-devant. On fit à cette figure 

1. Depuis ce moment, cette vieille flgure en bois fut restaurée et repeinte et se 
pavane snrun piédestal à l'entrée de l'hôteMe-vilIe. La dernière restauration, pos- 



~ 442 — 

l'honneur de la faire servir de modèle pour nos armoiries. 
Pour comble d'ineptie, le lion support fut regardé comme 
la principale partie, et Técusson où s'appuyait ce lion attira à 
peine Tatlention et fut rempli de la manière la moins judi- 
cieuse et le plus arbitraire. 

On le fit d'or plein ! Etait-ce une erreur du graveur, pour 
de sabk plein, ou était-ce une réminiscence de l'écu de 
Namur? Je ne sais, je crois plutôt qu'on n'y attacha pas 
d'importance et que le graveur local inepte, livré à lui- 
même et sans instruction, crut bien faire d'orner l'écu d'un 
joli pointillé, sans se douter qu'il marquait Vor. 

Toujours est-il que ces armoiries de fantaisie, adoptées par 
nos édiles en 1816, servirent longtemps de sceau au conseil 
d'administration et qu'elles furent même reprises, comme au- 
thentiques à une autre époque et servirent de type à nos 
armoiries actuelles. Nous donnons le dessin de ce sceau*. 
(Voir pi. Il, fig. 3.) 

N'omettons pas cette importante remarque que, même à cette 
époquCy les armoiries de la ville ne portèrent le lion avec le 
sabre que comme support, l'écusson étant d'or plein, c'est- 
à-dire tout à fait absurde pour Charleroi. 

Cependant, en haut lieu, on avait régularisé le sceau des 
diverses administrations civiles, judiciaires et militaires, 
lesquelles dépendant directement de l'administration centrale 
du royaume, en prirent les armoiries. Ce sceau était uni- 
forme pour les diverses administrations, sauf la légende. 



térienre à 1860, a approprié l'écusson à nos armes modernes, adoptées en 1847, 
lesquelles y sont aujourd'hui figurées. 
Nous nous sommes occupés de cette figure ci -devant page 429. 

i. Il est intéressant de signaler que Marchienne-au-Pont adopta alors un sceau 
calqué sur ce cachet de Charleroi, en y modifiant l'inscription pour l'appliquer à 
la commune, croyant sans doute que c'était là le lion belge. Le 11 mai 1822, pour 
obtempérer à une circulaire du gouverneur de la province que nous citerons plus 
loin, cette commune envoya comme sjen l'empreinte de ce sceau. On peut voir en 
core cette empreinte dans les pièces de cette affaire au gouvernement provincial à 
Mont. 



— 443 — 

C'est ainsi que le cachet de la sous-intendance qui avait été 
établie à Charleroi, portait l'inscription : 

Sous-intendance de Charlbroy. 

et à l'exergue : 

Hainaut. 

Au milieu était l'écusson billetté et couronné de Hollande 
avec le lion néerlandais. (Voir pi. II, fig. 4.) 

Toutefois, en 1818, on rencontre encore le simple cachet 
du tribunal de Charleroi de 1815. 

Le sceau militaire de la place de Charleroi^ comme celui 
des diverses forteresses à cette époque, est remarquable; 
(voir pi. II, fig.' 5), il porte les armoiries du roi, mais tron- 
quées dans certains détails, avec la légende circulaire : 

Cohmand'^ d'armes de Charleroi. 

On sait que l'armée était spécialement au roi. 

Pour les sceaux communaux, le roi des Pays-Bas avait 
porté, dès son avènement, une ordonnance datée du 29 août 
1815, qui appliquait aux provinces méridionales de son 
royaume, le décret du 24 décembre 1814* relatif aux armoi- 
ries et aux sceaux communaux et donnant aux communes, 
pour tout délai, jusqu'au l^"" janvier 1816, pour se mettre en 
règle. 

De là une série de décrets royaux, de circulaires et d'ordon- 
nances des gouverneurs de provinces pour faire exécuter le 
décret du 29 août 1S15^ 

Charleroi ne donna d'abord aucun signe de vie, malgré 
tous les décrets dont nous venons de parler ; puis il se déci- 
da enfin à obtempérer à la circulaire du 22 avril 1822' et 
adressa à l'autorité, l'empreinte de son sceau au lion. 

L'album qui renferme les cachets communaux de la pro- 
vince, envoyés en suite de cette circulaire, repose encore 9ux 
archives du gouvernement provincial, à Mons^ et il prouve 

1. Voir ci-après aux Pièces justificatives, § VI il, n« S. 

2. Voir ibid. 

3. Voir ibid. d9 9. 

4. Cet album est curieux à feuilleter non seulement dans le Hainaut, mais 
aussi dans les autres provinces du pays. 



— 444 — 

que le plus grand laisser-aller s'était introduit dans l'adop- 
tion des sceaux des communes, malgré tous les décrets 
nouveaux. 

Les unes avaient conservé leur sceau en usage sous Tem- 
pire. D'aulres avaient pris un écusson de fantaisie, avec la 
lettre W* au centre et le nom de la commune à Texergue. 
D'autres encore, et c'était le plus grand nombre, avaient 
adopté le cachet des administrations publiques dont nous 
avons parlé, c'est-à-dire l'écusson du royaume avec la cou- 
ronne royale,et ils y avaient joint le nom de la commune. 

Diverses ordonnances et en dernier lieu un décret royal 
du 4 mars 1823*, ordonnèrent l'exécution stricte du décret 
du 3 janvier 1818', donnant trois mois pour faire approu- 
ver par le Conseil supérieur de noblesse, les armoiries que 
certaines communes devraient porter. 

Charleroi ne s'émut en aucune manière de ce nouveau dé- 
cret ni des circulaires qui le suivirent, et le 15 novembre 
1823, l'administration reçut du gouverneur, une lettre par- 
ticulière de rappel, enjoignant à l'administration de se pour- 
voir d'un sceau communal conforme aux prescriptions 
légales*. 

Charleroi abandonna enfin le sceau au lion et se conforma 
aux prescriptions légales, adoptant un simple cachet rond, 
(voir pi. II, fig. 6), non armorié, portant les simples mots 
officiels : 

Plaatselyk bestuur van Charleroy Henegouwen*. 

La ville s'en tint à ce cachet jusqu'en 1830. 



1. Willem {Guillaume). 

2. Voir ci- après les Pièces justificatives, J VIII, n« 10. 
8. Voir ibid., n» 6. 

4. Voir ibid., u9 19. 

5. Administration de la place de Charleroy, Hainaut. 



— 445 — 

§ V. 
De 1830 A 1837. 

La révolution de 1830 se fit assez subitement. Un gou- 
vernement provisoire fut créé d'une manière inopinée et se 
vit responsable d'un pays nouvellement rendu à la liberté. 
Tout était à faire ! 

Une des premières choses dont on s'occupa, fut l'adoption 
d'un emblème du pays en attendant le choix d'armoiries. On 
s'arrêta à la simple devise: Union, Force. L'initiative de cette 
devise était due à Adolphe Jouvenel, graveur de médailles, 
qui avait été chargé de graver le sceau du gouvernement 
provisoire*. 

On répudia aussitôt tous les sceaux rappelant Fesclavage 
hollandais^ comme on disait alors, et les administrations pu- 
bliques dépendsftates du gouvernement adoptèrent cette devise 
pour cachet. 

C'est ainsi que le cachet du commissaire d'arrondissement 
de Charleroi, usité à cetre époque et jusqu'en 1837, fut un 
sceau portant au centre les mots : 

Union, Force, 

superposés et séparés par deux branches de chêne liées 
ensemble. (Voir pi. II, fig. 7). Autour, les mots : 

Arrondissement de Charleroy 

1. Jouvenel mourut le 8 seplembre 1867, à l'âge de 69 ans 4 mois, et fut enterré 
le 11 à Bruxelles. Nous extrayons les paroles suivantes du discours prononcé sur 
sa tombe par M. N. Goffin : c Un fait peu connu, c'est que le défunt est le principal 
auteur de notre devitte nationale. En effet, chargé de graver le sceau du gouverne- 
ment provisoire, il y mil en exergue les deux mots : Union, Force, qui deviareat 
dans la suite: VUnionfait la force. » 

Voici sur ce fait un détail intéressant et inédit. Jouvenel se trouvait au palais 
avec plusieurs membres du gouvernement provisoire et Joli qui fut plus tard le 
général Joli, jl s'agissait de trouver une devise pour l'Etat nouvellement fondé et 
Jouvenel montrant par la fenêtre le peuple enthousiasmé et les citoyens se serrant 
la main et se donnant l'accolade fraternelle, s'écria: Union* Force, voilà le peuple 
belge. La devise belge étiit trouvée. 82 



— 446 - 
et à Texergue : 

COMMISSARUT . 

Du reste avec la liberté du peuple belge se fit jour une 
fierté d'être indépendant qui releva l'énergie et le senti- 
ment de valeur personnelle,comprimés depuis longtemps sous 
le despotisme qui avait revêtu diverses formes. 

Le peuple redressa la tête, et les communes se souvinrent 
des temps de leurs chartes et de leurs titres de noblesse ; cha- 
cune se crut noble et rechercha ses armoiries. Les cachets 
communaux de l'administration hollandaise furent répudiées: 
aucune institution rappelant la domination hollandaise, ne 
pouvait rester debout. 

Chaque ville alla rechercher son ancien sceau ou en créa 
de nouveaux. Charleroi reprit son lion patriote dont nous 
avons parlé ci-devant. L'administration reprit le sceau figuré 
pi. II, fig. 3. Cependant, en dehors des actes authentiques, 
nous devons dire que ce type tendait dès lors à se modifier ; 
par exemple en vignettes imprimées ou sur des médailles 
comraémoralives, etc. On voyait souvent dans ce cas, l'écus- 
son d'or plein se transformer en un écus au lion rampant, 
lampassé et portant un sabre recourbé dans la patte droite. 
Quant aux émaux ou aux métaux héraldiques, il n'y en 
avait aucune trace. Telles furent les médailles commémora- 
tives du festival qui eut lieu aux fêtes de septembre 1838, et, 
chose plus significative, telle était aussi la vignette que 
M. Lalieu-Deltombe, imprimeur communal, plaçait au-dessus 
des affiches publiques en guise d'armoiries de la ville. 

Bientôt la constitution belge fut dressée. Elle donnait au 
pays un lion pour armoiries , mais sans en indiquer les cou- 
leurs. Ce fut après coup que l'on décida que ce serait l'écus- 
son deBrabant, de sable au lùni d'or*. 

l. En 1827, le commissaire d'arrondissement se servait encore de ce sceau. H y 
avait cependant longtemps que le lion belge avait en vertu de lois spéciales, pris 
place sar tous les sceaux d'administrations publiques, communales et autres, 

S. Dans le sein de la commission changée de décider la question, M. Maréchal 



— 447 — 

Diverses lois furent portées, diverses circulaires sortirent, 
les sceaux administratifs furent réglés/ on prescrivit aux com- 
munes l'emploi d'un sceau au lion belge avec la devise : 
Vunion fait la forcée Mais comme d'ordinaire, les adminis- 
trations communales furent longtemps à se conformer à ces 
instructions et Charleroi n'en prit aucun soucis. 

Pendant sept ans, ce fut pour les villes et les communes 
une vraie débauche d'éc\issons et de sceaux armoriés. Le 
Gouvernement nouveau avait autre chose à faire qu'à forcer 
l'exécution de la loi sur ce détail. Cependant la loi du 30 
mars 1836*, établit une nouvelle organisation communale et 
aussitôt après sortit le décret du 6 février 1837*, qui régla 
la forme du sceau communal banal au lion belge et à la devise : 
l'union fait la force. Quant aux sceaux armoriés, chaque com- 
mune, devait justifier de ses droits à porter les armoiries 
qu'elle réclamait et en obtenir la concession régulière. 

De nombreuses demandes se produisirent et le gouverne- 
ment eût fort à faire pour parvenir à élucider les questions 
qui se présentèrent. Malheureusement, il est permis de le 
dire aujourd'hui, il fut très peu aidé et fort mal conseillé 
dans les cas difficiles et Ton a reconnu que beaucoup d'ar- 
moiries communales légitimées à cette époque, constituent 
les erreurs historiques les plus flagrantes et les créations les 
plus incroyables d'une imagination fantaisiste' 

proposa de gueules au lion d'argent, en souvenir de Técusson admis par les pa- 
triotes brabançons et des couleurs que portaient les Francs et qu'adopta le royaume 
de Lotharingie. 

1. Voir ci- après aux Pièces justificatives, le g IX, n* 2. 

i. Voir ci-après aux Pièces justificatives § IX, n° 5. 

8. Sans avoir à chercher beaucoup, je citerai quelques villes qui me viennent 
en mémoire et dont les armoiries modernes restaurées sont une hérésie ou une 
erreur historique : DinanU Thuin, F^sset^ Cfiâtelet, C/iar/eroi et autres sunt dans 
ce cas. Binche a déjà fait rectifier son écusson. 

Les villes du Hainaut qui réclamèrent et obtinrent des sceaux armoriés sont au 
nombre de vingt: Ath, Beaumont, Binche^ Braine-le-Comle^ Charleroi, ChâUlei^ 
Chièvres, Chimai, Ènghien, Fontaine-VEvêque, GouelieSj Leulnes, Leu%e, Mon», 
Péruwel%y Rctulx, SainUGhislain, Soignies, Thuin et Tournai. ( Voir le Rapport 
de la Députation permanente du HainauU iS58, p. 4^.^ 



— 448 — 

Beaucoup de localités négligèrent de réclamer des armoiries, 
bien qu'ayant anciennement possédé un écusson. Beaucoup 
ignoraient sans doute le droit qu'elles y avaient. Nous avons 
des raisons de croire que les villages et villes suivantes de 
notre arrondissement sont dans ce cas : 

Loverval, Fleurus^ Marchienne-au-Pont^ Monceau-sur- 
SambrBy Montigny-sur-Sambre, Prestes^ Farciennes, Dons- 
tiennesj Ham-sur-Heure^ Landelies, Viesville, Trazegnies^ 
Gilly, MerbeS'le-Château, Montignies-le-Tilleul, Fehiy, etc. etc. 
Quant aux sceaux des autorités, des fonctionnaires et des 
administrations publiques, pendant quelque temps, ils man- 
quèrent d'uniformité. 

Le commandant de place de Charleroi employait un cachet 
portant au milieu : 

Province de Hainaut, 
et autour: 

Le major commandant de place de Charleroy. 
(Voir pi. II, fig. 8.) 

Le 4 octobre 18â2, sortit une loi qui régla les sceaux de 
l'ordre judiciaire*. 

Notre tribunal prit alors le lion rampant armé et lampassé 
tourné à gauche (voir pi. II, fig. 10), entouré de la légende : 

« L'union fait la force ï>. 
Le tout entouré des mots : 

Tribunal de l*"® instance a Charleroi, Hainaut. 
Enfin la loi du 26 décembre 1838, plus générale que celle 
du 4 octobre 1832 qu'elle rapportait, donna à toutes les auto- 
rités, sauf aux communes, un sceau uniforme'. 

Comme type de ce sceau, je rapporterai celui du commis- 
sariat de police, portant un lion belge tourné à droite sur un 
écusson, sommé d'une couronne fermée (voir pi. II, fig. 9), 
et sur une banderole la légende : 

c L'union fait la forge d 
autour les mots : 

Commissaire de police 
et à l'exergue : 

Charleroi. 

1. Voir ci après aux Pièces justificatives, { IX, n* 3. 
S. Voir ibid., g IX n» 7. 



i 



TITRE III. 



NOUVELLES ARMOIRIES 



§ler 



Leur création. 

Quand le gouvernement requit des communes la justifica- 
tion des armoiries qu'elles avaient introduites dans les sceaux 
qu'elles employaient, Tadministration de Charleroi continua 
à se servir de son cachet au lion patriotique. Ça dura jus- 
qu'au moment où l'on arrêta le modèle des armoiries parti- 
culières de la ville, c'est-à-dire 10 années. 

Dans sa pétition du 7 mai 1837, tendant à conserver à la 
ville l'usage de ses armoiries, le conseil communal affirme 
que «Ton peut établir qu'avant l'entrée des Françaisen 1795, 
Charleroi avait ses armoiries dont il n'a plus été fait usage 
par suite des arrêtés du gouvernement français^ > 

II s'agit dans ce passage, non des armoiries véritables de 
la ville, mais de l'ancien sceau du magistrat. 

Le 13 janvier 1838', à l'appui de sa demande, la même 
administration faisait en outre connaître que la légende des 
armoiries' repose aux archives communales et est ainsi con- 

1. Voir ci-après aux Pièces justificatives, g X, n® i. 
S. Voir ibid., n» 9. 

3. Expression erronée à laquelle on attachait ici le sens de : detcription det ar^ 
mairies. 



— 450 — 

çue : c Les armes de Charleroi sont de sable au lion d'or 

< armé et lampassé de même, ayant pour support un lion 

< assis au naturel. II a la patte dextre armée d'un sabre et 
€ la seneslre soutient Técusson. Le tout repose sur un tertre 

< de Sinople. -» 

La pièce invoquée ici était tout à fait moderne et se rap- 
portait à la restauration arbitraire et erronée des armoiries 
que nous avons rencontrées ci-devant et aux armoiries adop- 
tées par le magistrat en 1816 ou 1817. 

C'était du reste toujours dans Técu et, sauf la couleur, le 
lion rampant et sans sabre, de l'ancien magistrat, et le lion 
assis, armé d'un sabre est relégué au support. 

Le gouvernement ne crut pas pouvoir accueillir la demande 
de nos échevins, laquelle n'était appuyée d'aucune preuve, 
mais basée sur de simples assertions. 

Il resta lui-même fort perplexe pendant dix années, qu'il 
retint l'affaire en instruction. 

Ce qu'il y a de remarquable, c'est que pendant ceè dix 
années on fit réparer l'ancien lion des franchises dont nous 
avons parlé ci-devant page 428, et l'écusson fut fait de sable 
bordé d'or,avec des ornements de sable.au lion d'or en toutes 
ses parties, rampant, porlant]un sabre à dextre ; l'écu som- 
mé d'une couronne d'or à sept perles d'argent. 

Le support resta comme nous l'avons décrit page 431. 
(Voir planche III). 

On ne fit pas graver de sceau semblable, mais cette forme 
dont nous avons signalé déjà l'emploi page 446, faisait de plus 
en plus invasion. 

Dès l'an 1838, elle était imprimée en tête de chaque nu- 
méro du Journal de Charleroi. Par la force de l'habitude 
sans doute, elle devint tellement persistante qu'en 1850, les 
affiches de la commune continuaient à en porter l'empreinte 
et qu'en 1858, dix ans après l'octroi royal de nos armoiries 
actuelles, elle fut encore inscrite sur une médaille offerte par 
la ville à un concitoyen, médaille ciselée que nous avons 



Lidu des Franchises Foraines de Charleroi 1715 



— 451 - 

cependant reproduite dans notre Histoire métallique^ pi. 
XIII, f" 61, pour cette seule circonstance d'ailleurs fort cu- 
rieuse. 

Cependant il n'intervenait aucune décision, aucun décret 
fixatit les armes de la ville. On ne savait s'arrêter à aucune 
décision. 

Le ministre s'adressa à toutes les sources possibles pour 
s'éclairer, mais il ne rencontra aucun rayon de lumière. 
Personne n'appela son attention sur les vraies et primitives 
armes de Charleroi. 

On lui signala une édition des Délices des Pays-Bas, qui 
donnait pour armes à la ville, la Heur de lys, mais on igno- 
rait que c'était simplement là le sceau du magistrat de la 
Ville haute, qui s'était peu à peu substitué aux vraies armoi- 
ries de la ville et que les éditions antérieures du même 
ouvrage indiquaient : de sable au chef d'argent. 

On ignorait aussi, ou on ne lui fit pas remarquer, que 
cette même fleur de lys du magistrat de la Ville haute, 
laquelle avait supplanté les armes de la ville, avait été elle- 
même supplantée par le Lion namurois qui formait le sceau 
du magistrat de la Ville basse d'abord, et ensuite de toute la 
ville. 

La solution qui intervint fut empruntée au rapport de 
M. S. Maréchal, en 1847; aussi devons-nous dire un mot de 
ce rapport*. 

En présence des affirmations imperturbables des pétition- 
naires, M. Maréchal ne se douta même pas que les armoiries 
réclamées eussent pour origine le sceau aux armes de Namur 
et fussent des armoiries de pure fantaisie, arrangées à une 
époque récente. Il ne vit que la nécessité de s'expliquer l'exis- 
tance simultanée des deux écus au lion et à la fleur de lys^ 
sans qu*il ait cru nécessaire d'en discuter les détails ni l'au- 
thenticité, et il ne s'aperçut pas qu'il existât uû troisième écu, 
portant de sable au chef d'argent, lequel était le vrai écusson 

1. Voir ci-après aux Pièces justificatives, g X, n<» 18 et 20. 



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de la cité. t\ toucha cependant à la solution, en parlant des 
armes des d'Isenghien. 

Cherchant Torigine du lion, il hasarde une allusion au lion 
des Masmines; mais cette idée ne vaut pas la discussion^ car 
nos seigneurs de d'Isenghien, quoiqu'héri tiers des Masmines 
n'ont pas porté de lion dans leurs armes. 

Plus loin, par une supposition toute gratuite, il regarde le 
lion comme le lion des armes de Brabant, ce qui ne peut s'ex- 
pliquer chez un savant, car il devait savoir que jamais Charle- 
roi n'a eu le moindre rapport avec le Brabant et n'a rien 
pu lui emprunter avant les temps tout récents. Nous avons 
toujours été Namurois et il n'aurait pas dû chercher l'origine 
de notre blason hors des armoiries de nos seigneurs particu- 
liers ou des comtes de Namur, dont les armes dérivent de 
celles de la famille de Flandres. 

M. S. Maréchal se laisse ensuite efnporter beaucoup plus 
loin encore, dans celle voie des supposiiions. Sans établir le 
moindre contrôle, il accepte comme ancien, Técu blasonné 
dans la demande du collège échevinal de Charleroi et ne soup- 
çonne même pas sa création contemporaine. 11 y voit le signe 
d'autorité militaire, et ces armoiries complètes telles qu'elles 
sont dessinées dans la demande, il les attribue gratuitement 
à l'ancien commandement militaire, qu'il regarde comme 
tout à fait indépendant de l'administration seigneuriale. 

En présence de cette assertion, comment n'a-t-il pas pensé 
à chercher les vraies armoiries de la cité elle-même? C'était 
s'arrêtera mi-chemin ! 

Le glaive surtout semble à M. Maréchal, la marque de 

1. C'est aller chercher bien loin ane explication inadmissible. Si Ton voulait 
s'arrêter à de simples suppositions pour l'origine de ce lion, où s'arrêterait-on 7