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Full text of "Documents pour servir à l'histoire de l'Inquisition dans le Languedoc: publie?s pour la Socie?te ..."

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DOCUMENTS 

POUR SEnvm x 

L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 

DANS LE LANGUEDOC. 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A NOGEMT-LE-ROTROU. 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 



DANS LE LANGUEDOC 



PUBLIAS POUl LA SOClili DB l'HISTOIBB OB FBANGE 



V' 

PAB^ ■ 



M^^ DOUAIS 

ÉVÉQUE DE BEAUVAIS. 



PREMIÈRE PA.RTIE : INTRODUCTION. 




À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H.' LAURBNS, SUGGBSSEUR 

LIBBAIRE DE LA SOCIETE DB l'hIBTOIBE DE FRANGE 

RUE DE TOUBMOH, H* 6 

MDGGGG 

299 






.^1 






EXTRAIT DU RÈGLEMENT. 

. Art/ 4 4. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller Texécution. 

Le nom de Téditeur sera placé en tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans Tautorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d*une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire resfptmsable soussigné déclare que la première 
partie des DocuMBifTS pour servir a l'Histoire de l'Ii^quisitiou 
DANS LE Languedoc, préparée par Hs^ C. Douais, évéque de 
Beauvais, lui a paru digne d'être publiée par la Sogi^t^ de 
l'Histoire de Frange. 

Fait à Paris, le 20 août 4900. 

Signé : Noël VALOIS. 



Certifié : 

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 

A. DE BOISUSLE. 



I6S056 



INTRODUCTION. 



L'Inquisition, qui a commencé à Toulouse en 1229, se 
rencontre encore dans le Languedoc* au xv*, au xvi* et 
même au xvn* siècle^. Mais, à ces dates, elle était déjà fort 

1. La dénomination de Languedoc est appliquée dans le pré- 
sent ouvrage d'une manière uniforme au pays qui, aux débuts 
de rinquiBition, s'appelait encore le comté de Toulouse. Mais 
celui-ci ne fut bientôt plus qu'une expression géographique. Il a 
paru naturel, et d'ailleurs fort commode, d'adopter une manière 
de parler commune à la fin du xin« siècle et désignant une pro- 
vince bien nettement délimitée. 

2. Je citerai comme exemples : pour le xv« siècle, l'appel inter- 
jeté en cour de Rome par Jean Richard, précepteur de la maison 
de l'hôpital du Saint-Esprit de Millau, de la citation lancée contre 
lui par Pierre Turelure, inquisiteur, en juin 14^ (Doat, XXXV, 
fol. 165-182); la bulle d'Eugène IV à l'archevêque de Narbonne 
et aux évoques de Garcassonne, d'Agde, d'Alet et de Saint- Pons 
en faveur de cet inquisiteur, du !•' juillet 1441 (Doat, XXXV, 
fol. 184-185); la révocation des serments que Raymond de Tilio, 
inquisiteur, avait fait prêter aux officiers de l'Inquisition à Albi, à 
l'insu de l'évoque, du 4 décembre 1423 (Doat, XXXV, fol. 187-197) ; 
les poursuites exercées contre le vicomte Jean d'Uzès, qui, con-' 
damné, fut acquitté par une sentence de l'archevêque d'Embrun, 
agissant au nom du pape Pie II [1459-1462] (Arch. ducales d'Uzès, 
château d'Uzès, caisse 10, liasse 8) ; l'acte d'appel de Jean Rossi- 
nhol, religieux des frères Mineurs de l'Observance de Rodez, au 
nom de Charles de Verdun, religieux du même couvent, signifié 
< in domo inquisitionis Tholose i et en présence « venerabilis et 
religiosi viri fratris Galhardi de Petra, ordinis Beati Dominici, 

a 



ij INTRODUCTION. 

afiaiblie. La période de sa plus grande activité — et alors 
cette activité fut vraiment intense — répond au xiii^ et au 

in sacra theologia professoris inquisitorisque sancte fidei catholice 
et heretice pravitatis in ducatu Acquitanie, » du 24 avril 1494 
(Arch. des notaires de Touloase, Ghavalon, notaire, reg. de 1492 
et années suiv.). Ce religieux avait été accusé, préchant à Rodez, 
« multa dixisse et predicasse contra eosdem Mendicantes ac con- 
tra fidem cathoiicam. » — Pour le xvi* siècle, six arrêts du Par- 
lement de Toulouse, 1521-1594 (Doat, XXXV, fol. 198-205); les 
Ordonnances de la saincte Inquisition et court d^icelle séant à Tou^ 
lose (Doat, XXXI, foi. 13-17) ; le procès d'Antoine Dumas, mar- 
chand d'Albi (Arch. des notaires de Toulouse, Giraudat, notaire, 
reg. de 1545, fol. 127 v<»), et quelques actes prouvant la pleine 
activité du tribunal : [12 juillet 1545] Joseph Gorrège, inquisiteur 
de Garcassonne, et Bernard Sacratis, lieutenant de Tinquisiteur 
de Toulouse, nomment leurs procureurs pour présenter au roi 
certaines requêtes < concernans la foy et offices desd. inquisiteurs » 
(ibid., fol. 128); [12 juillet 1545] Dominique Melhan, commissaire 
député par Pinquisiteur de Toulouse, déclare avoir « ouy en 
matière de la foy contre toutz hérétiques et faulteurs d'iceulx de 
la diocèse de Gastres » Jean Gombailh, régent des écoles de Mont 
réal, diocèse de Garcassonne (ibid., fol. 128 v») ; [19 août 154' 
prise de possession de Toffice d'inquisiteor par Esprit Hot 
(même notaire, reg. de 1547, fol. 197 v») ; [26 mai 1550] Jacr 
Foumier, prisonnier, fait présenter à frère Esprit Rotier, inr 
teur, une nouvelle requête pour être élargi (môme notaire 
de 1550, fol. 70 v»); [11 juillet 1550] réception de Guillau 
Labarde comme greffier de l'Inquisition de Toulouse « jus 
ce que M* Gerauld Pagesi soit en liberté d'iceluy greffe 
(ibid., fol. 115); les lettres de Vidal de Becanis, de Tano 
enjoignant à tous de faire connaître ceux c du rolle des f 
nouveaux chrestiens de Tholose » (Doat, XXXV, fol. 20 
la forme du serment que les consuls des villes de va 
entre les mains des inquisiteurs, de Tannée 1549 (Doa 
fol. 214) ; Tabsolution accordée à Bernard Ycher par J 
rôge, inquisiteur (Doat, XXXV, fol. 216-219); lef 
Henri III, du 20 janvier 1575, confirmant Pierre de 
Toffice d'inquisiteur (Doat, XXXV, fol. 220-221 
XVII* siècle, la poursuite par l'inquisiteur d'Avignon 
des Angles, diocèse de Nîmes (les Angles, cant. < 



INTRODUCTIOW. iij 

XIV* siècle, et même, pour préciser, aux années qui vont du 
poûtiâcatde Grégoire IX à celui de Jean XXII, du règne de 
saint Louis aux règnes de Philippe le Bel et de Philippe VI. 
Du moins, c'est l'idée que suggèrent les documents spéciaux 
qui nous sont parvenus; et, vraisemblablement, cette idée 
n'est pas Êiusse. 

Cette période, en tout cas, a, aux yeux de l'historien et 
du légiste, une importance considérable et ofire un intérêt 
qui ne se représente plus au même degré par la suite. L'on 
ne sera pas surpris que nous l'ayons prise comme un riche 
champ d'étude. Les faits n'appartiennent qu'à une ancienne 

iès-Avignon, Gard), pour la capture duquel le présidial de Nîmes 
accorda le pareatis. Enfermé dans les prisons d'Avignon, le curé 
des Angles s'échappa et fut trouvé < pendu et estranglé aux cordes 
du clocher » de son église, « ce qui fut cause qu'on conduisit an 
Parlement de Tholose bon nombre de prisonniers » (lettre du 
P. Dufour, inquisiteur, au H. P. Banquet, provincial et inquisi- 
teur à Toulouse, datée d'Avignon le 17 mars 1654. Arch. de la 
Haute -Garonne, H Dominicains, Dominicains étrangers, 19). 
A cette date, le P. Rey était inquisiteur à Toulouse. On lit dans 
la même lettre : < Je crois que les edicts de paix pour la liberté 
des huguenots, qui lient les mains aux inquisiteurs dans les Estats 
du Roy, pour ne pouvoir procéder criminellement à la punition 
de leur impiété, ne les lient pas pour les pouvoir consoler et 
absouldre dans leur repentance. t Percin (Monumenta conventus 
Tholosani ordinis FF. Praedicatorum, Inquisitio^ in-foi., Toulouse, 
1693, p. 102-105) cite plusieurs exemples de poursuites au xv«, 
au XVI* et au xvii« siècle. Le P. Ranquet avait été nommé inqui- 
siteur en 1635 (Doat, XXXV, fol. 222). — Au moment où je 
mets sous presse, j'apprends que MM. Doinel, archiviste de 
l'Aude, de Félice et Weiss publient VExtrait des registres de par^ 
lement du jeudy vingt quatriesme d'avril mil cinq cens trente qiuitre 
après Pasques, et VExtrait des procès, deppositions et registres de 
Varchevesché de Thoulouse et de l'inquisition en tant que taucke les 
charges et suspitions de frère Arnauld de Badeto, soy disant inqui^ 
siteur, 17 juin 1532-24 avril 1535 (Archives de l'Aude, H Notre- 
Dame de Prouiile). 



iv INTRODUCTION. 

province de la France; mais si on les considère, abstrac- 
tion faite des personnes et des lieux, on ne manque pas de 
s'apercevoir qu'ils permettent de décrire en détail toute la 
procédure du trop fameux tribunal, ou même d'en reconsti- 
tuer à grands traits l'histoire. Ces faits, en un mot, ont une 
portée générale, bien capable, ce semble, de captiver l'atten- 
tion de l'historien des institutions anciennes. 

Je voudrais faire passer ici sous les yeux du lecteur 
le tableau d'ensemble des documents , imprimés ou manu- 
scrits, qui se rapportent à l'histoire de l'Inquisition dans le 
Languedoc. Il ne s'agit pas cependant d'énumérer une par 
une les innombrables pièces appartenant à ce sujet, qui rem- 
plissent plus de vingt volumes ou registres. Je ne prétends 
pas dresser un catalogue bibliographique ni un inventaire 
sommaire, qui, aussi bien, risqueraient fort l'un et l'autre 
d'induire en erreur, car ils ne mettraient pas suffisamment 
en lumière la part qui revient à chacune des autorités agis- 
sant dans la poursuite inquisitoriale. 

Ne perdons pas de vue, en effet, que l'inquisiteur ne fut 
qu'un juge délégué; si les actes de ce juge dépassent consi- 
dérablement en proportion numérique les lettres pontifi- 
cales, les commissions des légats, les statuts des conciles, 
ou même les actes des évêques, juges ordinaires, ils ne sau- 
raient les faire négliger sans un inconvénient grave : on 
s'exposerait, en ce cas, à montrer un juge faisant une pour- 
suite et prononçant des sentences, sans indiquer la source 
de ses pouvoirs exceptionnels, la législation qu'il avait 
charge d'appliquer, la procédure qu'il devait suivre. Il n'est 
que juste d'ajouter que le bras séculier, dont la compétence 
fut reconnue par le saint-siège en ce qui regarde la pénalité 
extrême de l'hérétique, lequel s'était mis hors de l'Église, 
acheva, par la confiscation des biens et par l'application de 



INTRODUCTION. V 

la peine du feu, un assez grand nombre de procès suivis de 
condamnation. La poursuite de Thérétique établit ainsi des 
rapports spéciaux entre le roi de France ou ses oflSciers et 
les évêques ou les juges investis d'un pouvoir nouveau. 

Dans ce tableau d'ensemble, il m'a donc paru que, au 
lieu de me borner aux actes des inquisiteurs, je devais faire 
connaître, ne serait-ce que pour les caractériser, les actes 
de chacune des autorités ecclésiastiques ou séculières.qui ont 
eu part à cette poursuite : papes et légats, évêques et con- 
ciles, inquisiteurs, rois. 

n y a, en outre, des récits ou chroniques et des manuels 
écrits dans le Languedoc, qu'il est permis au juriste de 
négliger, mais auxquels l'historien doit attacher une réelle 
importance. J'en parlerai également dans la première partie 
de cette Introduction ayant pour titre : Faits et documents, 
— Tableau d'ensemble. La seconde partie sera consacrée 
à la description des registres ou pièces publiées ici pour la 
première fois. 



INTRODUCTION. 



PREMIÈRE PARTIE. 
Faits bt dogumbnts. •— Tableau d'bnsbmblb. 

i. actbs des pàpb8. 

1. Grégoire IX. — Les légats Romain de Saint- 
Ange et Jean, archevêque de Vienne (1229-1241). 

Les légats ont si souvent agi au nom du pape, et en vertu 
de leurs pouvoirs apostoliques» qu'on ne peut les séparer 
de lui. A les unir, on gagne de mieux saisir l'impulsion 
partie du centre même de la catholicité, c'estr-à-dire de 
l'Église romaine, def de voûte de l'unité ecclésiastique S 
invariablement invoquée dans les sentences des inqui- 
siteurs. Ce principe a une application spéciale aux actes 
par lesquels l'Inquisition fut établie à Toulouse en l'au- 
tomne de 1229, puisque ces actes émanèrent du cardinal 
Romain de Saint-Ange, l^at. 

C'est l'année précédente qu'envoyé pour traiter de l'af- 
faire des Albigeois et du comte de Toulouse, réduit à merci, 
il avait été investi de pleins et universels pouvoirs'. Le sta 
tut CupienteSy édicté par le gouvernement du jeune roi po 
les provinces que le traité de Meaux venait de faire tomb 
en son pouvoir, portait (art. II) que les hérétiques, po 
quam fuerini de haeresi per episcopum loci, vel 

i. Voy. Tocco (VEresia nel medio evo, in-12, Florence, 188 
montre combien Thérésie tendait à briser cette unité. 

2. Voy. les lettres de Grégoire IX au roi de Franco et les 
de commission du pape, de mars-juillet 1228 (Registres 
goire II, par M. Auvray, en cours de publication, n^ 2 
232, 233, 234 ; Potthast, 8150, 8267). 



INTRODUCTION. vij 

aliam ecclesiasticampersonam quae potestatem habeat, 
condemnatiy seraient immédiatement punis ^ ; et ne man- 
qopns pas de remarquer Texpression vel per cUiam eccle^ 
siasticam personam, c'est-à-dire tout juge délégué, 
révêque étant juge ordinaire dans son diocèse. 

Au mois de novembre suivant, le légat réunit le fameux 
concile de Toulouse, auquel prirent part les archevêques 
de Narbonne, d'Àuch et de Bordeaux, un grand nombre 
d*évêques et de prélats. Le cardinal y promulgua, en pré- 
sence de Raymond VU, du sénéchal de Carcassonne, des 
comtes et des barons du pays, un décret en quarante-cinq 
articles, dont les principales dispositions assuraient la liberté 
à rÉglise dans le comté de Toulouse et ne tendaient à rien 
de moins que l'extirpation de l'hérésie; ce légat ordonna, en 
effet, une inquisitio contre toute personne suspecte ou 
soupçonnée d'hérésie, avec la réserve expresse, qui peut- 
être n'était pas inutile^, que celui-là seul pourrait être con- 
sidéré comme hérétique qui aurait été jugé tel par une 
personne d'Église ayant qualité^. Il infligea directement 
lui-même des pénitences à des personnes trouvées coupables ; 
mais il refusa de livrer les noms des accusateurs et garda 
pour lui les rôles qui les contenaient; ainsi il introduisit 
dans la procédure une pratique qui, bien que formant une 
exception, ne laissa pas d'être maintenue plus tard, moyen- 
nant certaines précautions, dont il sera parlé. 

i. Yoy. le texte dans Hardouin, Acta eoncil,, t. YII, col. 171 
(Paris, Impr. royale, 1714). 

2. En février 1204, Pierre II, roi d'Aragon, étant à Carcassonne, 
avait abusivement rendu une sentence déclaratoire d'hérésie 
contre Bertrand de Gimorre (Ârch. de la Haute-Garonne, H Domi- 
nicains, 85). 

3. Art. VUL Acta conciL, VU, col. 176-183. 



viij INTRODUCTION. 

Nous ne voyons pas cependant qu'il ait nommé des juges 
spéciaux. C'est que Yinquisitio contra haereticos, inau- 
gurée à Toulouse, fut d'abord strictement locale ; elle peut 
être considérée comme une sorte d'essai . 

Je n'irai pas toutefois jusqu'à prétendre que cet essai, qui 
semble avoir réussi, ait par lui-même amené le saint-siége 
à déléguer un juge contre l'hérésie dans chacune des grandes 
contrées de l'Occident. C'est à la vérité ce qu'il n'allait pas 
tarder à faire, et je me réserve d'exposer ailleurs les raisons 
de sa conduite ^ Grégoire IX y préluda par une sentence d'ex- 
communication fulminée, en février 1231, contre les héré- 
tiques*, voulant au surplus que l'édit d'Annibal, sénateur 
de Rome, fût gardé' et approuvant sa conduite dans la 
poursuite de certains clercs de Rome hérétiques, contre les- 
quels il venait de prononcer la dégradation^. Les premières 
nominations d'inquisiteurs faites directement par Grégoire IX 
sont du 3 février 1232; les nouveaux juges étaient pris dans 
l'ordre des frères Prêcheurs et destinés à l'Allemagne^. 
C'est peu de temps après, sinon au même moment, qu'Albé- 
ric, des frères Prêcheurs, recevait les pouvoirs pour la 
Lombardie*. Le pape, aussi bien, exhortait les archevêques 
et évêques à poursuivre les hérétiques conformément aux 
nouveaux statuts — ce fut, par exemple, l'archevêque de Tar- 



1. Dans la première partie d'une Histoire de Tlnquisition, qui 
sera intitulée : Origines historiques de V Inquisition, 

2. Registres, n» 539; Raynaldi, Annales, 1231, §§ 14-15. 

3. Registres, n»» 540, 541 ; Raynaldi, Annales, 1231, §§ 16-17. 
Cf. Registres, n» 659. 

4. Aragonius, Vita Gregorii papae /J, dans Muratori, Rer. liai, 
seript., ni, 578, col. i. 

5. Potthast, 8859, 8866. 

6. Lettres de Grégoire IX du 3 novembre 1232. Potthast, 9041. 



INTRODUCTION. ix 

ragoneS l'archevêque de Mayence^, l'archevêque de Sens^, 
révêque d'Auxerre^, etc. — ou même, il écrivait à tous les 
prélats du royaume de France pour leur annoncer qu'il 
envoyait vers eux les firères Prêcheurs avec la double mis- 
sion de prêcher et de procéder contre les hérétiques^. 

Ces dernières lettres apostoliques sont du 13 mars 1233. 
Grégoire IX ne s'était pas encore occupé spécialement de la 
répression de l'hérésie dans le comté de Toulouse ; il semble 
que les actes du l^at Romain de Saint-Ange l'en dispen- 
saient. Quand il intervint, ce fut d'abord pour une cause 
particulière, je veux dire le procès des frères Niort, U., G. 
et G. Bernard, et de Bertrand, fils d'Othon (15 mars 1233) «, 
qui, suspects d'hérésie, avaient perpétré un véritable forfait 
à l'égard de l'archevêque de Narbonne^. Mais, à partir de 
ce moment, le pape, on peut le dire, se multiplie pour 
atteindre le mal dans le comté : il confie aux prélats la 
dégradation des clercs tombés dans l'hérésie^; il donne com- 

1. Potthast, 8932. 

2. Registres, n» 93j6; Potthast, 9031. 

3. Registres, n® 1078. 

4. Registres, n» 1044. 

5. Potthast, 9143. 

6. Registre, n» 1170. Voy. dans Doat, XXI, fol. 34-50, l'enquête 
ou inquisitio sur le cas d'hérésie contre B. Othon, ses frères et 
leur mère, au cours de laquelle furent entendus Tarchevôque de 
Narbonne, les archidiacres de Narbonne, du Razès et des Gor- 
bières, Tabbé de Lagrasse, le prieur de Prouille, le précepteur de 
la maison de l'Hôpital de Pexiora (Aude) et un grand nombre de 
curés. 

7. RegUtres, n» 1284; Potthast, 9204. 

8. 19 avril 1233 : a Gregorius... venerabilibus fratribus Bituri- 
censi, Burdegalensi, Narbonensi, Auxitanensi, Viennensi, Arela- 
teasi, Aquensi et Ebredunensi archiepiscopis et eorum suffraga- 
neis... Quod si contra -hereticam pravitatem... Laterani, xiii» kls. 
maii, anno septimo o (Doat, XXXI, fol. 19-20). 



X INTRODUCTION. 

mission au prieur provincial de la province dominicaine de 
Provence de désigner des religieux pour entreprendre une 
praedicatio generalis contre Thérésie (20 avril 1233) ; ^ 
Bernard Gui voyait dans cette lettre le premier titre des 
frères Prêcheurs à exercer l'Inquisition in partHms Tho^ 
losanis, Albigensibus et Carcassonensibi^ atque Agen- 
nensibus^; enfin, il impose la prison perpétuelle pour péni- 
tence de leur faute aux hérétiques qui reviennent à l'Église'. 
Cette peine cependant allait passer par plusieurs fluctua- 
tions; on trouve, en effet, des exemples d'hérétiques con- 
damnés à la prison temporaire^, exemples rares cependant: 
la prison temporaire finit par être écartée. 

Grégoire IX, en outre, encourage le zèle à procurer le 
bien de la paix et de la foi dans la terre d'Albigeois^ ; il 
approuve sans réserve le statut récent par lequel le comte 
de Toulouse Raymond YII ordonne la saisie des biens des 
hérétiques^ et des biens de leurs défenseurs, receleurs, ^c.*; 

i. Potthast, 9155, 9263. — La première province dominicaine de 
Provence s'étendait aux deux bassins de la Garonne et du Rhône, 
en aval de Valence. (Voy. Douais, Acta capiiulorum provincialium 
ordinis fratrum Praedicatorum, Toulouse, Privât, in-8<», 1895.) 

2. Lettre du 25 avril 1233 aux évêques suffragants de Narbonne 
(Potthast, 9161 ; Doat, XXXI, fol. 27-28). 

3. Sentences de Bernard de Gaux et de Jean de Saint-Pierre 
(ci-après, p. 3). 

4. Par exemple, par ses lettres du 9 juillet 1223, il accorda à 
Raoul de Narbonne des revenus en nature à prendre sur les 
monastères de Lagrasse, de Saint-Pons, de Gaune, de Montouiieu 
et de Saint-Thibéry (Registres, n» 1457). Cf. n« 2155. 

5. Le mot hérétique, il sera peut-être bon de le faire remarquer, 
a toujours ici le sens d'homme judiciairement convaincu d'hérésie. 

6. Lettres du 13 janvier 1234 (Registres, n* 1719). Au mois de 
novembre suivant, il le félicita de son dessein d'extirper Théré- 
sie {Registres, n» 2283; Potthast, 9771). 



INTRODUCTION. xj 

il réclame contre la oODduite des ofSciers royaux, en Albi- 
geois, qui refusent, entre autres choses, de jurer la paix 
selon le concile de Toulouse de 1229, c'est-à-dire selon les 
statuts du légat Romain de Saint-Ange^ ; il exhorte le comte et 
la commune de Toulouse à fournir conduite, conseil et faveur 
aux frères Prêcheurs plus spécialement chargés de l'affaire 
de la foi*. Il règle aussi quelques affaires particulières qui lui 
sont déférées en appel ou autrement^. Enfin, pour mieux 
assuré l'exécution des constitutions apostoliques, il nomme, 
par ses lettres du 27 juillet 1233, l'archevêque de Vienne, 
Jean de Bournin (1219-1266), son légat, avec la mission 
d'extirper Thérésie dans le comté de Toulouse, la Gascogne, 
la Catalogne, etc>. Il est à noter d'ailleurs qu'il l'engage, 
et qu'il engage en même temps les évêques de Toulouse, 
Albi, Rodez, Agen et Cahors à procéder contre les héré- 
tiques, en général, dans un grand esprit de justice, avec 
modération ou même douceur; le comte de Toulouse, en par- 
ticulier, devra être traité avec des égards. U paraît, en 
effet, que quelques inquisiteurs avaient excédé ; du moins, 
c'est la plainte que Raymond VII lui avait fait parvenir^. 
Mais s'il réprima des ardeurs intempestives, ce ne pouvait 
être, dans sa pensée, au préjudice de la poursuite inquisito- 
riale, puisqu'il écrivait à son légat d'avoir à se transporter à 
Montpellier pour y juger les hérétiques qui y avaient été 

i. Regùtres, n* 1909; cf. no» 1916, 1919, 1920-1922; PoUhast, 
9452. 

2. Potthast, 9904. 

3. Potthast, 10598, 10599; Teulet, Layettes, n» 2712. 

4. Registres, n* 1472; cf. n»» 1473-1486, 1913-1915, 1917, 1918, 
1923; Doat, XXXI, fol. 33 (lettre de Grégoire IX au roi d'Aragon, 
28 avril 1234). 

5. Registres, n» 2218 (lettre du 18 novembre 1234). 



xij INTRODUCTION. 

conduits^ ; et le légat Tavait parfaitement compris, car il 
avait, à cet effet, délégué des inquisiteurs, par exemple 
Willem Arnaud, des frères Prêcheurs, et Etienne, des 
frères Mineurs^; si bien que Willem Arnaud, par exemple, 
se trouva avoir reçu la délégation iuquisitoriale de deux 
sources également légitimes : le légat pontifical et le prieur 
de la province dominicaine, auquel le saint-siège en avait 
donné le pouvoir^. 

En résumé, le pape Grégoire IX consacra les statuts 
édictés par son légat en présence des évêques réunis à Tou- 
louse, en 1229; il nomma des inquisiteurs, sinon par lui- 
même, du moins par ses représentants, le prieur provincial 
des frères Prêcheurs et l'archevêque de Vienne, ce qui, 
aussi bien, répondait à sa résolution de poursuivre partout 
et par des juges délégués le crime d'hérésie ; il consacra un 
article important de la pénalité, je veux dire la prison per- 

1. Potthast, 10300. 

2. « Nos frater Guiilelmus Amaldi de ordine fratrum Predica- 
torum et frater Stephanus de ordine fratrum Minorum, inquisito- 
res constituti a venerabili Jobanne, Deî gratia sancte Viennensis 
ecclesie archiepiscopo , Apostolice Sedis legato, ad faciendam 
inquisitionem contra hereticos eorumque credentes in Thoiosa, 
necnon in tota diocesi Tholosana • (sentence du 19 février 1238, 
n. st., Doat, XXI, fol. 149). Voy. d'autres sentences du 13 février 
précédent (Doat, XXI, fol. 163), du 2 mars de la même année 
(Doat, XXI, fol. 164 v», fol. 166). Voy. de môme les lettres 
de sauf-conduit accordées à divers hérétiques par les inquisi- 
teurs Willem Arnaud et Etienne (Doat, XXI, fol. 169, 171). 

3. Sentence d*excommunication fulminée, le 10 novembre 1235, 
contre les capitouls de Toulouse : c Garitati vestre volo fieri mani- 
festum quod venerabilis in Gbristo pater R., prior Predicatorum 
in Provincia authoritate iitterarum domini Pape constituit me 
judicem ad faciendum inquisitionem contra bereticos in Tbolosana 
civitate... » (Doat, XXI, fol. 160). 



INTRODUCTION. xiij 

pétuelle et non temporaire. S'il encouragea efficacement 
Vinquisitio, il voulut toutefois que cette juridiction nou- 
velle s'exerçât avec modération. Nous verrons, quand nous 
parlerons des inquisiteurs, quels furent les premiers résul- 
tats de Finstitution et comment elle fut d'abord comprise. 

2. Innocent IV (1243-1254). 

Le pape Innocent lY, qui a été un des grands légis- 
lateurs de l'Inquisition, s'inspira du même esprit que Gré- 
goire IX. S'il s'empressa de casser la sentence d*excommu- 
nication fulminée par les inquisiteurs Ferrier et Guillaume 
Raymond contre le comte de Toulouse S il ne manqua pas 
d'enjoindre au prieur de la province dominicaine de Pro- 
vence et aux inquisiteurs de poursuivre le crime d'hérésie, 
mais dans la forme que son prédécesseur avait déjà arrêtée^ ; 
il manda aux archevêques et évêques de leur donner conseil 
et aide^; il renouvela, en faveur du prieur provincial, la 
commission de choisir les inquisiteurs dans son ordre^, don- 
nant aux frères Prêcheurs, avec le pouvoir de refuser d'être 
exécuteurs des causes ordinaires ou assesseurs, la fonction 
supérieure de juger de la foi '^; il chargea le prieur du cou- 
vent des frères Prêcheurs de Paris de nommer des inquisi- 

1. Registres d'Innocent IV, par M. Berger, n« 697; Potthast, 
11390; Hist, génér. de Languedoc, Vin, col. 1142-1143. Voy. cette 
sentence (Ibid,, col. 1143-1144). 

2. Lettre da 10 juillet 1243 (Potthast, 11083; Doat, XXXI, 
fol. 60 V»). 

3. Lettre du 10 juillet 1243 (Doat, XXXI, fol. 63-64. Inédite). 
Autre lettre du 23 janvier 1245 (Doat, XXI, fol. 69. Inédite). Autre 
lettre du 1" mars 1249 (Doat, XXXI, fol. 114-115). Autre lettre 
du 11 mai 1252 {Layettes, III, n»* 4000, 4001). 

4. Lettre du 20 juillet 1243 (Doat, XXXI, fol. 97-100. Inédite). 

5. Lettre du 9 février 1244 (Registres d'Innocent IV, n« 453). 



Xiv INTRODUCTION. 

teurs pour les terres du comte de Poitiers et de Toulouse^ et 
même il autorisa le général des frères Prêcheurs à révo- 
quer les inquisiteurs déjà nommés par le saint-siège et à leor 
en substituer d'autres^, pouvoir qui tendait à maintenir cet 
ordre dans le privilège et Tayantage d'avoir la délégation 
inquisitoriale, sinon d'une manière exclusive, du moins habi- 
tuellement. Et Innocent lY, en permettant aux inquisiteurs 
des provinces ecclésiastiques de Bordeaux, de Narbonne 
et d'Arles de citer dans des lieux sûrs pour eux les héré- 
tiques qui leur dressaient des embûches, prit le moyen qui, 
inspiré par les circonstances, pouvait leur permettre d'exé- 
cuter le plus exactement possible leur difficile mandat'. H 
reste d'aiUeurs fidèle à lui-même. Nous le voyons donner aa 
provincial dominicain d'Aragon et à saint Raymond de Peila- 
fort commission de députer des inquisiteurs de leur nation 
pour la partie de la province ecclésiastique de Narbonne 
appartenant à l'Aragon^. Il défend à l'évêque de Carcas- 
sonne de lancer l'interdit contre tout lieu suspect d'hérésie 



1. Lettre du 24 octobre 1253 (Doat, XXXI, fol. 90. Layettes, 
m, no- 4111, 4113). 

2. Lettre du 7 juillet 1246 (Doat, XXXI, fol. 73-74. Inédite). 

3. Lettre da 18 novembre 1247 (Registres, n» 3421 ; Potthast, 
12766). — Cependant, il avait, jusqu'à la décision du concile de 
Lyon, suspendu sur un point Texercice de Tlnquisition. Expo- 
sant leur devoir aux inquisiteurs des diocèses de Narbonne, Gar- 
cassonne, Béziers, Albi, Rodez, Ëlne et Monde, il distingua entre 
les hérétiques manifestes et les peines mineures, d'une part, — 
sur ce point les inquisiteurs durent procéder comme auparavant, 
— et les hérétiques condamnés à la prison, croix, confiscation 
des biens, pèlerinages majeurs, d'autre part; sur ce second point, 
les inquisiteurs durent surseoir jusqu'aux décisions du concile 
(bulle du 21 avril 1245. Layettes, n» 3344). 

4. Registres, n» 41 56 ; Potthast, 13057. — Le môme jour, 20 octobre 
1248, le pape informe de cette commission Tarchevéque et les 



INTRODUCTION. XV 

compris dans la province dominicaine de Provence ultra 
Rodanumy à moins que vigeatpubliea malitia^. Il p^- 
met aux inquisiteurs de relever de toutes censures leurs 
domestiques et serviteurs*. 

Des dispositions aussi bienveillantes à l'égard des firères 
Prêcheurs répondaient à une situation particulière. Sous, le 
pontificat dlnnocent lY , les esprits commencèrent à s'exci- 
ter contre les inquisiteurs, qui, au surplus, avaient éprouvé 
bien des difficultés du côté des agents royaux. Les évêques, 
nous le verrons plus loin, les défendirent, et le pape les sou- 
tint, maintenant du même coup l'Inquisition et, au tribunal 
de l'Inquisition, les frères Prêch^irs comme juges. Par là 
s'explique en partie le zèle qui lui inspira un si grand 
ncmibre de bulles. 

U ne se borne pas, d'ailleurs, à recommander en termes 
généraux la poursuite contre les hérétiques^, ou même à 
encourager les juges, à l'occasion d'un vol et d'un brûlement 
de registres de l'Inquisition^. Mais encore il intervient dans 

inquisiteurs de Narbonne (Registres, n» 4157). Quelques jours 
auparavant, le 6 octobre, il leur avait interdit de citer les sujets 
du roi d'Aragon (Potthast, 13040). Cette lettre n'avait fait qu'étendre 
les dispositions de la bulle du 19 mars précédent adressée à Pierre 
Durand et à Bernard de Gaux, inquisiteurs, qui reçurent défense 
de citer devant eux les sujets du roi d'Aragon (Doat, XXXI, 
fol. 94 ¥«-95. Inédite). Yoy. plus bas, p. xxj, note 3. 

1. Potthast, 11092. 

2. Lettre du 2 mai 1245 (Doat, XXXI, fol. 70. Inédite). Inno- 
cent IV favorisa les divers officiers du tribunal où siégeait le 
frère Prêcheur. Par exemple, il les exempta a prestatione suhsidii 
Imperii Romani {Regùtres, n» 3423; Potthast, 12742). Mais il vou- 
lut que les serviteurs inutiles fussent supprimés (bulle du 14 mai 
1249. Doat, XXXI, fol. 81. Inédite). 

3. Lettre du 10 juin 1250 à l'archevêque de Narbonne et à ses 
suffiragants {Layettes, III, n« 2877). 

4. Lettre datée du 22 janvier 1248 (Potthast, 12830) dans ÏHist. 



xvj INTRODUCTION. 

un assez grand nombre de cas particuliers : il révoque, nous 
Tavons vu, la sentence d'excommunication fulminée contre 
le comte de Toulouse par frères Ferrier et Guillaume Ray- 
mond, de Tordre des frères Prêcheurs, inquisiteurs* ; à h 
demande de Tévêque d'Ëlne et de l'inquisiteur, il confirme 
une sentence antérieure condamnant deux hérétiques^; il 
mande à Guillaume Raymond et à Pierre Durand, inquisi- 
teurs, d'absoudre Guillaume Fort, bourgeois de Pami^rs'; 
à la prière du comte de Foix, il enjoint à l'archevêque de 
Narbonne d'avoir à punir six hérétiques, moyennant toute- 
fois le conseil et l'avis des inquisiteurs ^ ; il donne comims- 
sion à frère Âlgisius, son pénitencier, d'infliger à Arnaud de 
Xon, chevalier, du diocèse de Narbonne, à Willem Pons et 
Arnaud Bellion, ses sergents, une pénitence salutaire qui 
pourra être commuée ^; il remet en liberté plusieurs héré- 
tiques ayant subi une peine qu'il regarde comme sufS- 
sante^; il charge l'évêque d'Albi et l'abbé de Candeil de 
réintégrer dans la communion de l'Église Jean Fenassa, 
d'Albi, et Arsinde, sa femme, condamnés par Ferrier''. 

Il fait davantage encore. Il nomme légat l'élu d'Avignon, 
Zoën Tencarari (1242-1263), et l'annonce aux suffiragants 
de Narbonne et aux évêques de Cabors, Rodez, Albi, Monde, 
le Puy, Lectoure, Agen, Bazas et Comminges^. Puis il lui 

génér, de Languedoc, VIII, col. 1239, du 3 février 1248 dans Doat, 
XXXI, fol. 105 yo. 

1. Bulle du 16 mai 1244 (Registres, n» 697; Potthast, 11390). 

2. Bulle du 13 décembre 1244 {Registres, n» 799). 

3. Bulle du 24 juin 1245 (Doal, XXXI, fol. 103-104. Inédite). 

4. Bulle du 13 janvier 1248 (Registres, n» 3530). 

5. Bulle du 21 février 1248 [Registres, n« 4093). 

6. Bulle du 24 décembre 1248 (Doat, XXXI, fol. 152 v«). Publiée 
plus loin. 

7. Bulle du 5 août 1249 (Doat, XXXI, fol. 169-170. Inédite). 

8. Bulle du 19 juillet 1243 (Registres, n« 31). 



INTRODUCTION. XYij 

commande de remettre en prison plusieurs hérétiques qu'un 
autre légat, Sotanus, avait délivrés contre la volonté des 
inquisiteurs ^ Il étend, à toutes les terres du oomte de Tou- 
louse, la juridiction de Tévêque d'Âgen, juge ordinaire seu- 
lement pour son diocèse. Le comte de Toulouse s*est plaint 
de la mollesse des juges, du retard dans les condamnations 
des hérétiques, vivants ou morts, d*où est résultée une 
recrudescence de l'hérésie : ce prélat poursuivra donc, mais 
avec le conseil de l'évêque diocésain et des inquisiteurs*. Au 
besoin, il remplacera les inquisiteurs actuels^. 

Le choix de l'évêque d'Âgen Guillaume s'explique très 
bien par la confiance qu'il inspirait au comte de Toulouse. 
Et d'ailleurs son prédécesseur, Pierre de Reims (1245-1247), 
de l'ordre des frères Prêcheurs, écrivain estimé^, avait 
déjà été honoré de lettres du pape l'exhortant à procéder 
contre les hérétiques dans la forme prescrite par l'évêque 
d'Albano, Pierre de Collemezzo (1245-1253) ^ 

Ici nous touchons à la procédure inquisitoriale ; de fait, 
les bulles d'Innocent lY relatives à la poursuite de l'hérésie 
dans le Languedoc contiennent de nombreuses dispositions 

1. Bulle du 20 juillet 1243 (Doat, XXXI, fol. 65 vo-66). — 
 propos des prisonniers, je ferai remarquer que les exemples 
d^évasion ne sont pas rares. C'est sans doute la raison pour 
laquelle Innocent IV exhorta les archevêques de Narbonne, de 
Bordeaux et d'Arles à veiller à la garde des prisonniers (bulle 
du !•' mars 1249. Doat, XXXI, fol. 114-115). Voy., sur Zoën 
Tencarari, Uauréau, Quelques lettres d'Innocent IV, dans Notices et 
extraits des manuscrits, t. XXIV, 2« part. Voy. aussi M. Elle 
Berger, Saint Louis et Innocent IV, p. 64 et suiv. (Paris, Thorin, 
1893, in-8o). 

2. Bulle du 29 avril 1248 (Potthast, 12913; Layettes, lU, n« 3649 ; 
Registres, n^ 3867). 

3. Bulle du 30 avril 1248 (Registres, n« 3868; Layettes, n» 3651). 

4. Échard, Script, ord. fr, Praed., I, coi. 115-117. 

5. Bulle du 24 juillet 1246 (RegUtres, n» 2043). 

b 



xviij INTRODUCTION. 

introduisant ou fixant des points de procédure qa*il est 
indispensable de faire connaître. 

D'abord, que la forme prescrite par Tévêque d'Albano 
ait été appliquée après 1246, cela me parait résulter de la 
copie qui en existait aux archives de l'Inquisition de la cité 
de Carcassonne et qui servit à Doat^. C'est une lettre dans 
laquelle l'évêque, répondant à une consultation du prieur 
provincial des firères Prêcheurs de Lombardie, édaircissait 
les points douteux et traçait la marche à suivre : 1^ convoca- 
tion des habitants du lieu, temps de grâce, abjuration géné- 
rale de l'hérésie, serment déféré à ceux qui se présenteront 
pour avouer, avec engagement, moyennant caution, de faire 
la pénitence canonique qui pourra leur être infligée, mais 
qui ne sera jamais la mort, la prison perpétuelle, ou un 
pèlerinage majeur, le cas de récidive excepté; 2^ poursuite 
d'ofiSce contre ceux qui, suspects, ne se présenteront pas, et 
alors citation personnelle ou faite à l'église; si le prévenu 
ne répond pas, il sera puni comme il le mérite; s'il se pré- 
sente, il prêtera serment, fera connaître ses ennemis mortels, 
qui seront écartés de l'instruction ; 3^ les témoignages écrits 
seront livrés, moins les noms des témoins, et, dans le cas 
de faute, la peine restera abandonnée à la prudence des 
inquisiteurs qui apprécieront. 

Innocent lY, par ses bulles expédiées en Languedoc, con- 
firma cette forme générale de la procédure en usage en Lom- 
bardie, ou se borna à y ajouter quelques dispositions. Par 
exemple, il enjoignit aux inquisiteurs de la province de 
Narbonne et de l'Albigeois de fixer un terme pour l'ab- 
juration, lequel expiré, ils devaient appliquer les peines 
de droit ^ : on reconnaîtra là le temps de grâce. Mais la 

1. Doat, XXXI, fol. 5 vo-9. 

2. Buiieda i2 décembre iUZ{RegUtres, n» 3i7 ; Potthast, 11193). 



INTRODUCTION. xix 

lettre de révêqae d'Albano, très générale, n*ayait point 
prévu toutes les situations ; elle restait muette sur la péna- 
lité à infliger aux hérétiques notoires, en particulier sur le 
point de savoir si une peine ou pénitence pourrait être com- 
muée en une autre peine ou pénitence. Or, par sa bulle du 
20 janvier 1245, Innocent lY permit aux inquisiteurs de la 
province dominicaine de Provence, qui, je le rappelle, com- 
prenait le comté de Toulouse dans ses limites, de commuer, 
du consentement des prélats, les pénitences infligées aux 
hérétiques^ Le 9 décembre 1247, il écrivait à l'archevêque 
d*Âuch pour lui donner la faculté de commuer la prison en 
la croisade ou voyage d'outre-mer', et, le 2 mars 1248, il 
faisait savoir à l'évêque d' Albi que les hérétiques de la terre 
de Philippe de Montfort, déjà en prison, pourraient être 
autorisés à prendre la croix'; le 30 avril suivant, il confé- 
rait à l'évêque d'Agen le pouvoir de commuer, d'accord 
avec les inquisiteurs, certaines peines en la croisade^. Ainsi 
le principe de la commutation de la peine se trouva admis 
et consacré; en fait, il fut souvent appliqué. Le pape, 
cependant, écarta l'amende pécuniaire'^ ; ce n'est que bien 
plus tard que l'aumône fut imposée comme pénitence ; on ne 
la trouve pas dans les exemples assez fréquents de prisonniers 

i. Doat, XXXI, fol. 68. Inédite. 

2. Registres, n^ 3508 ; Layettes, III, n» 3625. Dans les Registres, 
cette bulle est datée du 9 décembre. 

3. Registres, n» 3677; Potthast, 42854. 

4. Registres, n« 3866; Potthast, 12914; Hist, génér. de Languedoc, 
Vm, col. 1240. — Mais Innocent IV interdit à Tévôque d'Agen et 
à deux inquisiteurs de Toulouse d'imposer des pèlerinages dispen- 
dieux en Terre Sainte (bulle du 26 mai 1248. Doat, XXXI, 
foU80 v«-81. Inédite). 

5. Registres, n»5257; Layettes, DI, n~3946, 4000, 4001. — Cette 
amende avait été précédemment admise par lui (bulle du 19 jan- 
vier 1245. Doat, XXXI, fol. 74). 



zxij INTRODUCTION. 

En un mot, flonreiUer l'hâréfiie, mettre à Tabri des poor- 
soites ceux qui voulaient faire acte d'orthodoxie, contenir le 
zèle des inquiedteurs en précisant et réglant rigoureusement 
la procédure, et par là même préparer la pacification du Lan- 
guedoc, de la Garonne jusqu'au Rhône : telle fut la politique 
d'Innocent lY ; elle explique toute sa conduite à Fégard de 
l'Inquisition. 

3. Alexandre IV {i254r'i26i). 

Je m'arrêterai moins sur le pontificat d'Alexandre lY, 
qui, bien qu'il ait renouvelé l'excommunication contre les 
Cathares, Pathares, Pauvres de Lyon et tous autres héré- 
tiquesS n'a pas exercé sur l'Inquisition dans le Languedoc 
une action aussi décisive que son prédécesseur. Il semble 
qu'il ait voulu le reconnaître tout le premier, car il lui est 
arrivé plus d'une fois de renvoyer les inquisiteurs aux con- 
stitutions d'Innocent lY pour les questions de procédure*. 

c In primis intendit probare idem procarator (Guilielmas Da- 
vini) quod et vicecomitatus Fenoledesii cum suo territorio, juris- 
dictione et dlstrictu et pertinentiis ab antiquissimis temporibus 
et per ipsa tempera, et etiam quamdiu dominos P. de Feno- 
leto, avus dicti domini P. de Fenoleto, miiitis, tenuit castrum, 
vicecomitatum et alia predicta, et diu post fuerunt sitaata in regno 
et infra fines regni Aragonie ac in dlstrictu et de districtu Régis 
et regni et de regno Aragonie... > (Doat, XXXII, fol. 130 vo-i3i. 
Cf. fol. 51 7^-52). Voy. plus loin, p. 32, la sentence de Pons du 
Pouget. 

1. Bulle du 25 avril 1260 (Potthast, 17840. Cf. 15425. Doat, 
XXXI, fol. 273-276). 

2. Bulle du 28 juillet 1255 (Potthast, 15958). Cette bulle eut 
pour destinataires frère Raynier de Plaisance et les autres inqui- 
siteurs de Lombardie. Mais nul doute que les inquisiteurs du 
Languedoc en aient suivi la direction, car ils en firent faire une 
copie; elle s'est retrouvée dans les archives de l'Inquisition do 
Carcassonne, d'où elle est passée dans Doat (XXXI, fol. 183 v^- 



INTRODUCTION. xxj 

sants. L'hérésie avait pris une telle extension que dans bien 
des familles l'un des deux époux, le plus souvent le mari, 
lui appartenait ; il n'y vit un motif de séparation que dans 
deux cas : si la partie catholique était gravement exposée à 
offenser Dieu, ou bien si la séparation devait amener l'héré- 
tique à résipiscence ^ La présence de l'hérésie dans la famille 
avait créé une autre situation non moins malheureuse, sur- 
tout pour la femme. On sait quelle était la conséquence de 
la condamnation pour hérésie : la prison perpétuelle entraî- 
nait la confiscation des biens ; de même, et à plus forte rai- 
son, l'abandon au bras séculier. Il était arrivé que la dot de 
la femme avait suivi le sort des biens du mari. Innocent IV 
voulut d'abord réparer, pour le passé, et empêcher, dans 
l'avenir, une telle injustice; par sa bulle du 12 novembre 
1247, adressée aux archevêques de Bordeaux, Narbonne et 
Arles, aux évêques de Toulouse, Cahors, le Puy, Mende, 
Albi et Rodez, il ordonna de rendre aux épouses catholiques 
les dots confisquées à cause ou à l'occasion de l'hérésie de 
leurs maris et de ne plus permettre qu'elles fussent saisies à 
l'avenir*. Sans aucun doute, un tel acte de haute sagesse 
honore la mémoire de ce pontife. Enfin, il arrêta à nouveau 
que l'inquisiteur ou les inquisiteurs du comté de Toulouse 
ne devraient ni ne pourraient en aucun cas citer, poursuivre 
ou frapper les sujets du roi d'Aragon^. 

i. Bulle du 12 mai 1246 en réponse à une consultation de Tar- 
chevêque de Narbonne et de ses suffragants (Registres, n» 1844). 

2. Registres, n« 3422; Potthast, 12743. 

3. Cette mesure s'explique par cette considération que le diocèse 
de Narbonne comprenait, par exemple, le château et la vicomte 
de Fenouiilèdes (comm. de Fenouillet, Pyrénées-Orientales). C'est 
du moins ce que prétendirent les héritiers de Pierre de Fenouillet 
dans le procès qu'ils intentèrent à l'Inquisition devant le pape 
Boniface VUI en revision d'une sentence de Pons du Pouget. 



zxij INTRODUCTION. 

En un mot, surveiller Thérésie, mettre à Tabri des pour- 
suites ceux qui youlaient faire acte d'orthodoxie, contenir le 
zèle des inquisiteurs en précisant et réglant rigoureusement 
la procédure, et par là même préparer la pacification du Lan- 
guedoc, de la Garonne jusqu'au Rhône : telle fut la politique 
d'Innocent lY ; elle explique toute sa conduite à l'égard de 
l'Inquisition. 

3. Afea?andrô /F (1254-1261). 

Je m'arrêterai moins sur le pontificat d'Alexandre IV, 
qui, bien qu'il ait renouvelé l'excommunication contre les 
Cathares, Pathares, Pauvres de Lyon et tous autres héré- 
tiquesS n'a pas exercé sur l'Inquisition dans le Languedoc 
une action aussi décisive que son prédécesseur. Il semble 
qu'il ait voulu le reconnaître tout le premier, car il lui est 
arrivé plus d'une fois de renvoyer les inquisiteurs aux con- 
stitutions d'Innocent IV pour les questions de procédure*. 

c In primis intendit probare idem procurator (Guilieimas Da- 
vini) quod et vicecomitatus Fenoledesii cum suo territorio, juris- 
dictione et distrietu et pertinentiis ab antiquissimis temporibus 
et per ipsa tempera, et etiam quamdiu dominus P. de Feno- 
leto, avus dicti domini P. de Fenoleto, militis, tenait castrum, 
vicecomitatum et alia predicta, et diu post fuerunt situata in regno 
et infra fines regni Aragonie ac in distrietu et de distrietu Régis 
et regni et de regno Aragonie... > (Doat, XXXII, fol. 130 vo-13i. 
Cf. fol. 51 70-52). Voy. plus loin, p. 32, la sentence 4e Pons du 
Pouget. 

1. Bulle du 25 avril 1260 (Potthast, 17840. Cf. 15425. Doat, 
XXXI, fol. 273-276). 

2. Bulle du 28 juillet 1255 (Potthast, 15958). Cette bulle eut 
pour destinataires frère Ray nier de Plaisance et les autres inqui- 
siteurs de Lombardie. Mais nul doute que les inquisiteurs du 
Languedoc en aient suivi la direction, car ils en firent faire une 
copie; elle s'est retrouvée dans les archives de l'Inquisition de 
Garcassonne, d'où elle est passée dans Doat (XXXI, fol. 183 v«- 



INTRODUCTION. xxiij 

Il renouvela et confinna pour le maître général et le 
prieur de chaque province des frères Prêcheurs le pouvoir 
de rapporter la commission inquisitonale et de nommer de 
nouveaux inquisiteurs pris dans Tordre, qui, par ce seul 
fait, recevaient la délégation pontificale et, avec elle, le pou- 
voir de jugera II nomma lui-maue le prieur des frères Prê- 
cheurs de Paris inquisiteur dans le comté de Toulouse*, non, 
je pense, que celui-ci se soit transporté sur les bords de la 
Garonne pour entendre des aveux et prononcer des sen- 
tences, mais parce qu'il pouvait être un instrument très 
utile, puissant même, car il était bien placé pour mener à 
bonne fin l'œuvre générale de la répression de l'hérésie. 
C'est ainsi qu'il lui envoya les pouvoirs d'accorder, par lui- 
même ou par ceux qu'il désignerait, une indulgence de trois 
ans en faveur des fidèles poursuivant les hérétiques et leurs 
fauteurs^; qu'il lui permit de déterminer le sens des statuts 
édictés contre les hérétiques, c'est-à-dire d'en donner une 
interprétation authentique ou faisant autorité^. Il lui confia 
le soin difScile de pourvoir à la juste correction de ceux qui 
auraient été relevés de la pénitence imprudemment ou par 
des gens sans mandat^. Il le prit souvent pour intermédiaire, 

184). Cette observation pourrait s'appliquer à un grand nombre 
d'autres bulles d'Alexandre IV ou de chacun des papes du 
zni« siècle qui ont contribué à fixer la marche de l'Inquisition, 
uniforme à peu près partout. Voy., par exemple, Potthast, 15986, 
et Doat, XXI, fol. 184 vo-185. 

1. Bulle du 13 mai 1256 (Doat, XXXI, fol. 193 vo.l94). 

2. Cependant, on voit, par une bulle du 9 novembre 1256, 
qu'Alexandre IV lui confia ra£faire de ilnquisition dans toute 
la France, les comtés de Toulouse et de Poitiers exceptés; en 
efifet, il y avait déjà des inquisiteurs dans ces deux comtés (Pot- 
thast, 16611; Doat, XXXI, fol. 230-236). 

3. Bulle du 8 mars 1255 (Doat, XXXI, fol. 179-180). 

4. Bulle du 9 avril 1255 (Doat, XXXI, fol. 108 vo-181). 

5. Bulle du 15 avril 1255 (Potthast, 15805; Doat, XXXI, fol. 182). 



xxyj INTRODUCTION. 

4. Urbain IV {i26i'i2M). 

Urbain IV a peu légiféré sur rinquisition, soit que les 
circonstances ne Taient pas amené à le faire, soit qu*il ait 
été absorbé par les intérêts de la Terre Sainte et rinéyitable 
croisade, soit que l'Inquisition, dans le Languedoc comme 
ailleurs, ait régulièrement suivi son cours. Le fait est qu'il 
adressa plusieurs lettres, sôit aux inquisiteurs de Lombar- 
die, qui semblent avoir alors éprouvé des embarras locaux 
considérables S soit aux inquisiteurs d'Aragon, dont il élar- 
git les privilèges et auxquels, d'ailleurs, il envoya la réponse 
d'Alexandre IV, du 10 janvier 1260, aux inquisiteurs de 
Toulouse^. Je n'ai relevé que deux lettres qui aient eu pour 
destinataires les inquisiteurs du Languedoc ''^. La première est 
du 28 mars 1263. Urbain IV leur enjoint de ne pas inquié- 
ter Guillaume Vital, de Limoux, Arnaud Embrin et Ber- 
nard Arnaud, frères, à cause de leur frère Bernard, qui a 
été empêché par l'âge d'accomplir le voyage d'outre-mer*. 
La seconde, du 2 août 1264, est adressée aux inquisiteurs 
des comtés de Toulouse et de Poitiers, de France et des pays 
hors de France, Avignon exceptée. Le pape rappelle les prin- 
cipes de la procédure : ne pas poursuivre sans les évêques, 
absoudre les prévenus qui avouent et acquiescent à une péni- 
tence « arbitraire » , s'adjoindre deux personnes pour entendre 
les accusés, ne pas révéler aux prévenus les noms des dépo- 

i. Potthast, 18253, 48256, 18383, 18418, 18422. 

2. Potthast, 18387, 18389, 18395, 18396. 

3. A l'heure où j'écris ces lignes, un seul fascicule des Registres 
d'Urbain IV, par MM. Dorez et Guiraud, a paru. Il comprend la 
première et la deuxième année do ce pontificat (Paris, Thoriu, 
in-S» raisin, 1892. Bibl, des Écoles françaises d* Athènes et de Rotne), 

4. Doat, XXXI, fol. 283 vo.284. 



INTRODUCTION. xxv 

tion^ Il ne faudra pas refuser les sacrements de pénitence 
et d'eucharistie aux hérétiques qui seront livrés au bras 
séculier*. 

Enfin Alexandre IV , répondant à des doutes proposés par 
les inquisiteurs de Toulouse, exposa plusieurs points de droit 
et de procédure importants ou curieux : 1^ Sera considéré 
comme relaps celui-là seul sur lequel pèsera un grave soupçon 
d*hérésie avant son abjuration, ou qui pourra être considéré 
comme retombé dans une erreur précédemment professée; 
2o La divination et le sortilège n'appartiennent à la com- 
pétence de l'inquisiteur qu'autant que ces délits ont une rela- 
tion directe avec la foi ou l'unité ; 3^ Si un hérétique, ayant 
engagé ses biens, meurt avant d'avoir accompli sa pénitence, 
les héritiers restent ses répondants responsables et devront 
satisfaire; 4^ Il en va tout autrement dans le cas où l'héré- 
tique meurt dans l'intervalle du temps qui sépare l'aveu de 
la sentence, la pénitence n'ayant pas été infligée, etc., etc.^. 

Cette bulle, c'est justice, doit être rangée à côté des 
grandes bulles de Grégoire IX, d'Innocent IV et de 
quelques-uns des papes qui vont suivre. 

{. Bulle du 4 mai 1260 (Doat, XXXI, fol. 279). 

2. Bulle du 30 avril 1260 (Potthast, 17845; Doat, XXXI, 
fol. 205). Il tempéra des pénitences (Registres, n9 773). 

3. Bulle du 9 décembre 1257 (Doat, XXXI, fol. 244-249). — 
Alexandre IV accorda aux inquisiteurs quelques privilèges facili- 
tant leur tâche : la faculté de prendre comme notaires des prêtres 
et autres clercs (bulle du 5 décembre 1257. Doat, XXXI, fol. 198 v<») 

— notez que ce privilège fut accordé le 24 avril 1260 aux inqui- 
siteurs des pays soumis au roi de France (Doat, XXXI, fol. 271); 

— l'exemption à Tégard des délégués ou sous-délégués pontifi- 
caux, qui ne pouvaient frapper d'excommunication les inquisi- 
teurs, ni quatre de leurs notaires (Potthast, 17097); le pouvoir 
pour les inquisiteurs de s'absoudre mutuellement des excommu- 
nications et irrégularités encourues, 27 avril 1260 (Doat, XXXI, 
fol. 277). 



xxvj INTRODUCTION. 

4. Urbain IV {i26Ui264). 

Urbain IV a peu légiféré sur Tlnquisition, soit que les 
circonstances ne Taient pas amené à le faire, soit qu'il ait 
été absorbé par les intérêts de la Terre Sainte et rinéyitable 
croisade, soit que l'Inquisition, dans le Languedoc comme 
ailleurs, ait régulièrement suivi son cours. Le fait est qu'il 
adressa plusieurs lettres, s6it aux inquisiteurs de Lombar- 
die, qui semblent avoir alors éprouvé des embarras locaux 
considérables S soit aux inquisiteurs d'Aragon^ dont il élar- 
git les privilèges et auxquels, d'ailleurs, il envoya la réponse 
d'Alexandre IV, du 10 janvier 1260, aux inquisiteurs de 
Toulouse 2. Je n'ai relevé que deux lettres qui aient eu pour 
destinataires les inquisiteurs du Languedoc^. La première est 
du 28 mars 1263. Urbain IV leur enjoint de ne pas inquié- 
ter Guillaume Vital, de Limoux, Arnaud Embrin et Ber- 
nard Arnaud, firères, à cause de leur frère Bernard, qui a 
été empêché par l'âge d'accomplir le voyage d'outre-mer*. 
La seconde, du 2 août 1264, est adressée aux inquisiteurs 
des comtés de Toulouse et de Poitiers, de France et des pays 
hors de France, Avignon exceptée. Le pape rappelle les prin- 
cipes de la procédure : ne pas poursuivre sans les évêques, 
absoudre les prévenus qui avouent et acquiescent à une péni- 
tence « arbitraire », s'adjoindre deux personnes pour entendre 
les accusés, ne pas révéler aux prévenus les noms des dépo- 

1. Potthast, 18253, 18256, 18383, 18418, 18422. 

2. Potthast, 18387, 18389, 18395, 18396. 

3. A l'heure où j'écris ces lignes, un seul fascicule des Registres 
d'Urbain IV, par MM. Dorez et Guiraud, a paru. Il comprend la 
première et la deuxième année de ce pontificat (Paris, Thoriu, 
in-8o raisin, 1892. Bibl. des Écoles françaises d'Athènes et de Rome). 

4. Doat, XXXI, fol. 283 vo.284. 



INTRODUCTION. xxvij 

sants, mais les communiquer à des personnes prudentes, 
qu'il faut consulter avant de rendre la sentence, etc.^ 

5. Les papes de Clément IV à Jean XXII (1265- 
1334). 

Déjà le pape Urbain lY , nous venons de le voir, ne s'était 
occupé qu'incidenmient de l'Inquisition languedocienne ; il 
ne fut pas amené par les circonstances à régler un point ou 
un autre ayant une importance notable pour le fonctionne* 
ment du tribunal ou à décider des doutes sur la procédure. 
La même observation s'applique en partie à l'action des 
pontifes qui lui succédèrent jusqu'à Clément Y et à Jean XXII, 
terme de notre étude. 

Clément lY (1265-1268) a laissé de nombreuses preuves 
de son zèle contre l'hérésie, en ItalieS surtout dans la Lom- 
bardie et la marche de Gênes^, la marche d'Ancône^ et les 
Romagnes^. Il porta encore sa sollicitude en Bourgogne et 
en Lorraine® et aussi en France (regnum Franciae)^ 
ayant soin ici d'excepter les terres du comte de Poitiers et 
de Toulouse^ et du roi de Sicile^, c'est-à-dire tout le midi, 
Languedoc et Provence, dont les conditions politiques 

1. Bulle du 2 août 1264. — Bou tarie {Saint Louis et Alfonse de 
Poitiers, p. 443, note 7) a Pair de croire que cette procédure date 
d'Urbain IV. « Il détermine, dit-il, les modes de procéder de Pin- 
quisition au milieu du ziii* siècle » (p. 443). Je n'ai pas besoin 
d'insister pour montrer qu'elle est antérieure à Urbain IV. 

2. Potthast, 19423, 19428, 19433. 

3. Doat, XXXI, fol. 296 v»-304, 304-306 ; Potthast, 19522, 
19896. 

4. Potthast, 19905. 

5. Potthast, 19348. 

6. Doat, XXXU, fol. 15-16. 

7. Doat, XXXII, fol. 32 v<».39 ; Potthast, 19559. 

8. Ibid. 



zxz INTRODUOnON. 

pour le Langaedoo; nous n'avons de lui que de rares actes 
relatif à ritalie«. 

Honorius IV (1285-1287), qui ôtabUt l'Inquisition en 
Sardaigne^, s'occupa quelque peu de l'Inquisition dans le 
Languedoc. Ses actes, sans parler de la bulle par laquelle il 
donnait au prieur des fràres Prêcheurs de Paris le pouvoir 
de créer des notaires pour l'Inquisition à Garcassonne', pour 
être rares, sont loin d'être dépourvus d'intérêt. D'abord, à 
propos d'un haut personnage ecclésiastique que nous retrou- 
verons plus tard, Sanche dit Morlane, archidiacre de Car- 
cassonne, hérétique, soutien des hérétiques et qui eût voulu 
dérober et brûler les livres de L'Inquisition, le pape écrivit 
à l'inquisiteur Jean Galand : il demanda l'envoi des dépo- 
sitions faites contre Sanche Morlane^. Ensuite il s'opposa 
aux adversaires du tribunal i^, à l'origine même du mou- 
vement qui, quinze ans plus tard, amena sur la scène 
l'agitateur Bernard Délicieux. 

Nicolas lY (1288-1292), qui, pendant un court pontificat 
de quatre ans, déploya une extrême activité contre l'hérésie 
et encouragea si fort la poursuite inquisitoriale^, qui rappela 



1. Potthast, 21455, 21575. 

2. Registres d* Honorius IV, publiés par M. Maurice Prou, n* 163 
(Paris, Thorin, 1888, in-8* raisin. Coll. de l'Ëcole de Rome) ; 
Potthast, 22307. 

3. Doat, XXXU, fol. 139-140; Potthast, 22548. 

4. Bulle du 13 décembre 1285 adressée à Jean Galand, inquisi- 
teur de Garcassonne (Doat, XXXII, fol. 136 vo-138). 

5. Bulle du 5 novembre 1285 adressée à Jean Galand et Jean 
Vigoureux, inquisiteurs, leur mandant de procéder contre ceux 
de la ville et du diocèse de Garcassonne qui font obstacle à Tin- 
quisition {RegUtres, n» 173; Potthast, 22322; Doat, XXXU, 
fol. 132-133). 

6. Notamment dans le Gomtat, la ville d'Avignon et les pro- 
vinces ecclésiastiques d'Arles, Aix et Embrun {Registres de Nico^ 



nmoDucnoif. xxzj 

les ooDfltitatioiifl de Frédéric II et condamna Tordre des 
Apôtres S qui fîilmina rexoommanication contre les héré- 
tiqoes et leurs fauteors* et edicta à nouveau la poursuite 
contre les chrétiens judaîsants et les Juifs d'abord convertis, 
mais revenus ensuite à la circoncision et au sabbat', qui 
renouvela les constitutions de ses prédécesseurs Innocent lY, 
Alexandre lY et Clément IV ^, n'eut que rarement à inter- 
venir dans les a£faires du Languedoc. Je signalais tout à 
l'heure le cas de cet archidiacre de Carcassonne qui, au 
lieu de combattre les hérétiques, les soutenait. Sa famille 
avait CDurni à l'hérésie une autre recrue importante, Éléazar 
de Lagrave de Peyriac, chevalier. Condamné, celui-ci s'était 
évadé de prison, et, aux termes du droit, ses fils et ses 
neveux se trouvaient par là même exclus de toute charge. 
C'est ainsi que le pape fut prié de régulariser la situation de 
deux de ses neveux, dont le premier, Isam Morlane, était 
arehipretre de Carcassonne, et le second, Sanche Morlane, 
curé dans le diocèse^. Il leur fut accordé de pouvoir être 
promus à tous les ordres, charges et dignités^. 

las IV, par M. Langlois, no» 318, 319, 320, 321, 367, 426, 427, 428, 
429, 430, 431, 432, 433, 2028, 2029, 2124, 2125, 2293; Potthast, 
22839, 22840, 22845,23170, 23185, 23201). Cf. ses autres actes rela- 
tifs à rinquisition (Regùtres, 241, 322, 1362, 1363, 1364, 2095, 2356, 
2357, 2777, 2778, 2779, 2913, 2914, 3378, 5425, 5723, 5724, 6896, 
6924 ; Doat, XXXn, fol. 153-154, 160 v», 105-112 ; Potthast, 22692, 
23053, 23188, 23751, 23940, 23941). 

1. Registres, n® 4253. 

2. Regùtres, n9 434 ; Potthast, 22846. 

3. Registres, n« 322; Doat, XXXII, fol. 153-154. 

4. Regùtres, n»» 1362, 1363, 1364; Potthast, 23053. — Il s'agit 
dans ces bulles de rinquisition en Lombardie et dans la Marche 
de Gènes. 

5. Rectar de Podio Therieo. 

6. Registres, 4035, 4036. — Isam Morlane, en faveur duquel 
Nicolas IV écrivit la première de ces deux bulles, n'est autre, je 



xxxij INTRODUCTION. 

On sait généralement que les hérétiques du Langue- 
doc, je veux dire les néo-dualistes et les Cathares, entre- 
tenaient avec ceux de Lombardie des relations jonroa- 
lières et intimes. Mais ce que l'on sait moins, c'est que h 
poursuite inquisitoriale produisit un mouvement d'émigra- 
tion languedocienne sur les rives du Pô à peu près oontinii. 
Plusieurs témoins signalèrent, dans leurs dépositions ou dans 
leurs aveux, des familles entières qu'ils y avaient rencon- 
trées. Nicolas IV , ayant appris la présence dans le diocèse de 
Vérone de nombreux hérétiques originaires de France, entre 
autres d'un évêque hérétique, ordonna à l'inquisiteur de la 
marche de Trévise d'avoir à les livrer au messager spécial 
qui allait être envoyé par les inquisiteurs in regno Fran- 
ciae ; ce messager les ferait conduire à leurs firais ^ . Or, les 
inquisiteurs de Carcassonne et de Toulouse portaient à cette 
date le titre de inquisUores in regno Franciae. Les héré- 
tiques qui allaient être ramenés étaient vraisemblablement 
des Languedociens ; et ce sont les inquisiteurs de Carcas- 
sonne et de Toulouse qui avaient obtenu du pape cet ordre 
souverain : conjecture confirmée par la présence dans les 
archives de l'Inquisition de Carcassonne de l'original de 
cette bulle^. Enfin, je me reprocherais de ne pas signaler 
un autre acte de Nicolas IV , celui par lequel il prononça 
que les procès pour hérésie conservaient toute leur valeur 
juridique à la mort du pape ayant délégué l'inquisiteur qui 

pense, qulsam, archiprôtre de Carcassonne, qui fut, au mois 
d'août 1295, envoyé par Boniface VIII auprès d'Éric, roi de Suède, 
pour obtenir que Tarchevôque de Sund et primat, Jean Grand, 
fût rendu à la liberté (Registres de Boniface V111 , publiés par 
M. Ant. Thomas, n» 360; Potthast, 24172). 

1. Bulle du 10 février 1289 (Doat, XXXII, foi. 155-156). 

2. Voy. ravis du copiste de Doat, qui sait le texte de la pièce 
(Doat, XXXn, fol. 156 v«). 



X 



INTRODUCTION. xxxiij 

Taarait commencé; rafiaire, loin d'être suspendae, pouvait 
suivre son cours. Cette disposition était virtuellement com- 
prise dans la constitution de Clément lY conservant à l'in- 
quisiteur ses pouvoirs de juge à la mort du pape l'ayant 
institué. Nicolas IV y revint jusqu'à trois fois, le 29 juin et 
le 7 juillet 1290 et le 12 juillet 1291 ^ Ainsi l'inquisiteur se 
trouva rapproché pour la seconde fois du juge ordinaire. 

Boniface YH! (1294-1303), on s'y attend, ne faiUit pas 
en présence de l'hérésie, qui, d'ailleurs, prenait un visage 
nouveau^; au contraire'. Indépendamment, en eSet, des 
actes témoignant d'une action locale ou particulière, ce pape 
exerça, quant à la poursuite, une action générale profonde 
dans toute la chrétienté; il édita, tout le monde le sait, 
le Seœtus decretalium, où, au livre V, titre de haereti^ 
ciSj il posa des règles de droit appelées à être aussitôt ensei- 
gnées et mises partout en vigueur. En voici les dispositions 
principales : dans le cas d'hérésie, l'évêque diocésain peut, 
quoique seul, procéder à la dégradation d'un clerc cou- 
pable^ ; sont excommuniés ceux qui ensevelissent les héré- 
tiques et leurs fauteurs, et les laïques qui disputent publique- 
ment de la foi ; ni les hérétiques, ni leurs fils, ni leurs neveux 
jusqu'à la seconde génération ne peuvent être promus à un 
bénéfice ecclésiastique ; nulle est l'émancipation faite par 

1. Registres, 2780, 2781, 5722; Potthast, 23302; Doat, XXXII, 
fol. 158. 

2. Avec la secte des spirituels, si répandue dans le Languedoc 
et sur le littoral de la Méditerranée. 

3. Voy., par exemple, Potthast, 24378 (condamnation de la secte 
des spirituels), 24510 (arrestation des bizoches d'Italie), 25211 
(l'inquisition à Padoae et à Vicence doit être faite avec activité et 
sans faiblesse), Doat, XXXn, fol. 272 vo-274 (main-forte doit être 
prêtée aux inquisiteurs), etc., etc. 

4. Cap. I (décrétale de Grégoire IX). 

c 



xxx!v INTRODUCTION. 

l'hérétique^ ; ni les fils ni les héritiers d'un ^que ayant 
demandé pendant la maladie la « consolation » des hérétiqufis 
ne sont admis à faire valoir qu'il n'était point sain d'esprit, 
si avant sa maladie il était suspect*; les relaps seront livris 
au bras séculier malgré leur repentir et leur retour à la 
foi'; les excommuniés et les complices d'un crime ne sont 
plus frappés d'incapacité pour témoigner contre les héré- 
tiques^ ; les évêques ou leurs délégués et les inquisiteiirs 
peuvent faire exécuter leurs sentences jpar les officiers de la 
puissance séculière^; l'excommunié qui se refuse pendant 
un an à comparaître pour répondre de l'hérésie se met dans 
le cas d'être condamné comme hérétique^, etc.> etc. 

Il y a là vingt chapitres formés avec des décrétales dm 
papes Grégoire IX, Alexandre IV, Urbain IV '', Clément IV 
et Boniface VIU', qui témoignent chez leur auteur d'une 

1. Gap. II (décrétaie de Grégoire IX). 

2. Gap. m (item). 

3. Gap. IV (item). 

4. Gap. V (item). 

5. Gap. VI (item). 

6. Gap. VU (item). 

7. Potthast, 19379. 

8. Boniface VIII, cependant, ne se montra pas sans pitié. 
Son pontificat est un de ceux pendant lesquels furent révisés 
le plus de procès pour hérésie (Registres de Boniface VIII, publiés 
par MM. Thomas, Faucon et Digard, n»» 37, 1673, 2158, 
2577; Potthast, 24674, 25043; Doat, XXXIII, fol. 49-21). 
La bulle fournie par Doat, du 10 février 1301, était adressée à 
l'évoque d'Elne, à Tabbé de Fontfroide et au prieur de N.-D. de 
Gorneilia (de Corniliano)^ invités à citer Tinquisiteur Pons du 
Pouget (de Pogeto)^ qui, nonobstant la bulle dlnnocent IV défen- 
dant aux inquisiteurs du Languedoc de poursuivre les sujets du roi 
d'Aragon, avait connu du cas de Pierre de Fenouiilet, chevalier. 
La sentence de Pons du Pouget, inquisiteur, du 5 septembre 1262, 
condamnant la mémoire de Pierre de Fenouiilet et ordonnant 
Texhumation de son cadavre pour être brûlé, avait fait l'objet d'un 



INTRODUCTION. 

haute capacité juridique, et qui facilitaient la tâche des 
inquisiteurs du Languedoc, où des cas douteux se produi- 
saient chaque jour. 

appel, qui fut, le lendemain, signiGé à l'inquisiteur dans la salle 
capitulaire du couvent des frères Prêcheurs de Montpellier (Doat, 
XXXUI, fol. 124). Boniface VIII confia Tafifaire an cardiual Jean 
Le Moine. Le procès en nullité de la sentence de Pons du Pouget com- 
mença le 8 novembre 1300. En 1309, il n'était pas encore terminé. 
On en trouve la suite dans Doat, XXXUI, fol. 1-188. J'ignore si le 
cardinal a jamais rendu sa sentence. Il mourut en 1312. — Voici, 
d'après les actes du procès, la sentence prononçant l'exhumation 
contre Pierre de Fenouillet : c In nomine Patris et Filii et Spiri- 
tus Sancti. Amen. Quoniam nos frater Pontius de Pojeto de ordine 
fratrum Predicatorum, inquisitor heretice pravitatis in terris et 
dominio ac districtu régis Francie, qui sunt in provinciis Narbo- 
nensi et Arelatensi et diocesibus Albiensi, Ruthenensi, Gatar- 
censi et Petragoricensi , exceptis terris nobilis viri A., comitis 
Tholosani, authoritate apostoiica deputatus, per inquisitionem 
invenimus, et per testes idoneos in judicio nobis constet quod Petrus 
de Fenoleto, dominus quondam de Fenoleto, Narbonensis diocesis, 
jam defunctus, cum viveret, vidit et visitavit hereticos et illos phi« 
ries et in multis locis, juxta ritum illorum dampnabilem, adoravit 
dicendo Benedicite ter flexis genibus ante ipsos et addendo : Domini, 
rogate Deum pro ùto peccatore ut me facial honum christianum et 
perducat ad bonum finem, hereticis sibi respondentibus more suo, 
et audivit monitiones eorum et sermones, et quod uu9' heretici 
bini et bini venerunt ad hereticandum eum in egritudine qua 
decessit, hec et alia in dicto crimine committendo, per que cons- 
tat ipsum Petrum hereticorum erroribus dampnabiliter credidisse, 
nec quisquam illum de£fenderit super his coram nobis, licet nos 
dies plures ad hoc canonice duxerimus assignandos, nec ipsum 
Petrum appareat aliquatenus ante ipsius obitum de predicto cri- 
mine emendatum, et hoc crimen tam detestabile et énorme prop- 
ter sui immanitatem non solum in vives, set in mortuos per jura 
promptissima vendicetur : habitis ^uper his cum pluribus bonis 
viris sapientibus et discretis diligenti consilio et tractatu, habendo 
in hoc pre oculis solum Deum, sacrosanctis Ëvangeliis positis 
coram nobis, die hac et pluribus aiiis ad ferendam et audiendam 
dilfinitivam sententiam in hoc negotio peremptorie assignatis, 
predictum Petrum de Fenoleto sententiando diffînitive pronuncia- 



zzzy] INTRODUCTION. 

Dans cette province, à la vérité, Boniface Vin ne fut 
appelé à interposer son autorité qu'en de rares circonstances. 
Par exemple, il donna commission à Bernard de Castanet, 
évêque d'Albi, d'instituer inquisiteur pour Pamiers et Tou- 
louse l'un des cinq frères Prêcheurs qu'il lui désignai II 
écrivit à l'inquisiteur de Carcassonne pour qu'il se rendît 
à Béziers, où de graves désordres venaient de se produire 
à l'occasion de la taille imposée au clergé, et en poursuivît 
les auteurs^. Cet acte ne tendait à rien moins qu'à étendre 
la compétence des inquisiteurs. 

Enfin, il obtint de Philippe le Bel des mandements qui 
modifiaient ses ordres antérieurs. En 1295 et 1296, le roi, sur 
des rapports qui venaient de lui arriver, avait ordonné à ses 
officiers de n'opérer d'arrestation que dans les cas et les 

mu8 credentem hereticonim extitisse et per hoc illum hereticum 
decessisse, ossa ejus extumulanda, et a cimiteiio fidelium, si dis- 
cerni ^valeant, separanda, et etiam comburenda nichilominus 
decementes. Lata fuit ista sententia dicto modo apud Somedrium, 
in ecclesia Sancti Pontii, die martis ante festivitatem Nativitatis 
Béate Marie Virginis, anno Domini Mo G0> LXIIo, in presentia 
et testimonio Pétri de Lunello, decani Somedrii, domini Guilleimi 
de Banneriis, jurisperiti, senescalli Bellicadri, Guilleimi de Mora, 
castellani, Pontii Alamanni, presbiteri, magistri Johannis Provin- 
cialis, Stepbani de Golo, notarii, Jacobi Albi, notarii, Johannis 
Bedocii, Jacobi de Agangio, Pontii Grosserii, Pontii Rivelli, nota- 
rii, et plurium alioram burgensium de Somedrio ad hoc speciali- 
ter vocatorum, et Guilleimi Garoli, procuratoris predicti, et mei 
Guilleimi Boteti, notarii Inquisitionis, qui sententiam istam scripsi » 
(Doat, XXXin, fol. 122 vo-124). 

1 . Registres, n« 606. 

2. Registres, n» 2141 ; Potthast, 24580. Sa bulle est du 12 oc- 
tobre 1297. Le 7 octobre précédent, il avait écrit à Tarchevôque 
de Narbonne pour lui donner mandat de prononcer l'interdit 
contre la ville de Béziers et l'excommunication contre les consuls 
et les conseillers de la ville, qui, à i'pccasion de tailles imposées 
au clergé, s'étaient portés à des violences contre lui {Registres, 
n» 2140). 



INTRODUCTION. xxxvij 

conditions prévus par lui^ ; en 1298, voulant se conformer 
à la constitution du pape, il mit d'une manière plus abso- 
lue ses officiers à la disposition des inquisiteurs; il est 
assez piquant de trouver sous le même vidimus (6 février 
1299, n. st.) du juge de Carcassonne, Raymond Costa, la 
constitution du pape et la lettre du roi^. 

Je ne retiendrai des regestes de Benoît XI (1303-1304) ^ 
que trois bulles. La première est du 2 mars 1304 : elle eut 
pour destinataires les inquisiteurs de Lombardie ; mais les 
inquisiteurs du Languedoc la prirent certainement pour eux, 
puisqu'elle s'est retrouvée dans leurs archives. Elle conte- 
nait, aussi bien, une disposition qui portait sur le cas fré- 
quent de poursuites exercées à la fois par l'évêque diocésain 
et l'inquisiteur régional ; les deux juges durent se communi- 
quer leur procès respectif^. Par la seconde, du 10 mars 1304, 
Benoit XI conférait à Guillaume Sicard, de Carcassonne, 
ancien inquisiteur, un canonicat dans l'église d'Albi^ ; et, 
parla troisième, du 15 avril 1304, il ordonnait l'arrestation 
de Bernard Délicieux*, le fameux frère Mineur, ardent 

1. Doat, XXXII, fol. 267-271. 

2. Ibid., fol. 275 v«-279. Cf. fol. 280. Parmi les actes de Boni- 
face Vni relatifs à rinquisition, il faut distinguer et citer sa cons- 
titution du 13 juin 1299, ordonnant aux inquisiteurs de rendre 
publics les noms des témoins et des accusateurs dans les procès 
des Juifs de Rome (Registres, n® 3063). 

3. (jollection de l'École française de Rome, Registres de Benoit II, 
publiés par M. Grandjean (PaVis, Thorin, 1883-1885). 

4. RegUtres, n» 420; Potthast, 25381 ; Doat, XXXIV, fol. 11-12. 

5. Registres, n» 746. 

6. Doat, XXXIV, fol. 14-15. Commission adressée au provin- 
cial des frères Mineurs d'Aquitaine (B. Hauréau, Bernard Déli- 
cieux et l* Inquisition albigeoise, p. 190, in- 12. Paris, Hachette, 
1877). Les autres actes de Benoît XI relatifs à rinquisition pour 
d'autres pays que le Languedoc répondent aux numéros suivants 
des Registres : 169, 299, 508, 509, 659, 834 et 835. 



zxzviij INTRODUCTION. 

ennemi de rinquisition, et qui joua un rôle si considéraUe 
et si néfaste. L'arrestation cependant n'^t pas lieu. 
. Qément Y (1305-1314), aussitôt élevé sur le siège pon- 
tifical, fut saisi de la supplique que les chapitres de Sainte- 
Cécile et de Saint-Salvi d'Albi, avec l'abbé et le monastère 
de Gaillac, venaient d'adresser aux cardinaux, les priant 
d'interposer leur autorité dans le grave conflit survenu entre 
tout le pays et les inquisiteurs, préparé depuis longtemps 
par Bernard Délicieux et arrivé à un état d'acuité extrême ^ 
Les consuls d'Albi et de Cordes se plaignaient notamment 
que Bernard de Castanet, évêque d'Âlbi, et les inquisiteurs 
eussent poursuivi et condamné des innocents, dont la foi ne 
laissait rien à désirer et qui cependant étaient soumis à une 
détention très dure, que l'état des prisons rendait mortelle. 
Qément Y donna donc aux cardinaux Taillefer de la Cha- 
pelle, successivement éveque de Carcassonne (1291-1298), 
de Toulouse (1298-1305) et de Palestrina (1307-1312), et 
Bérenger Frédol, ancien évêque de Béziers (1294-1305), 
ordre de pourvoir à l'état des prisons et aux besoins des 
prisonniers en attendant de faire droit à l'instance en revi- 
sion du procès contesté ^. Les cardinaux remplirent exacte- 
ment leur mandat du 15 avril au 17 mai 1306. La visite 
des prisons de Carcassonne et d'Albi, faite par eux et dont 
nous avons l'original, fournit les renseignements les plus 
intéressants et que l'on peut tenir pour absolument sûrs'. 

1. Doat, XXXIV, fol. 44. 

2. Bulle du 13 mars 1306 donnée dans le procès- verbal de la 
commission remplie par les cardinaux (Arch. comm. d'Albi, 
GG 1). Cette bulle ne se trouve pas dans le Regestum papae Cle^ 
mentis V, publié par les Bénédictins du Mont-Cassin (impr. du 
Vatican. In-fol., 8 vol. Le dernier volume et les tables n'ont pas 
encore paru). 

3. Il est publié ici, p. 304. . 



INTRODUCTION. zxxiz 

Lie cardinal Taillef^ de la Chapelle procéda ensuite, sans 
aucun doute, à l'examen de la cause; nous en avons la 
preuve dans le Regestum de Clément Y, où nous voyous 
d'abord que le même cardinal Taillefer de la Chapelle fut 
chargé d'informer sur les crimes imputés à l'évêque d'Âlbi^ 
accusation intimement liée à la cause des hérétiques ; le pape 
rendit ensuite, à la date du 12 août 1308, une constitution 
déclarant que, par la conunission donnée aux deux cardi- 
naux, il n'avait entendu déroger en rien aux droits ni aux 
prérogatives des évêques, admis à connaître des causes des 
hérétiques leurs diocésains'. En même temps. Clément V 
se préoccupa de trancher le différend qui avait éclaté entre 
le vidame d'Amiens et l'inquisiteur Geoffroy d'Abluses^, 
car la question était double : il fallait apaiser l'opinion 
et reviser le procès des prisonniers. Bernard de Castanet 
fut transféré au Puy^; le vidame relevé de l'excommu- 
nication^. Mais nous ne voyons pas que la poursuite contre 
les hérétiques, commencée par lui en 1286, ait jamais été 
reconnue comme entachée d'irrégularités. En tout cas, à la 
date de sa translation au Puy, on n'avait pas statué sur le 

1. Regestum, n" 1753, 2309. 

2. Regestum, n* 2923; Doat, XXXTV, fol. 112-H3. 

3. CSette commission fut encore confiée aax cardinaux Taillefer 
de la Chapelle et Bérenger Frédol, avec le cardinal Etienne de 
Suisy, archidiacre de Bruges, chancelier de France, au titre de 
8. Gyriaque. Bulle du 15 juillet 1308 [Regestum, n» 3569). 

4. Le Regestum de Clément V contient plusieurs bulles rela- 
tives à l'affaire de Bernard de Castanet, évéque d'Albi {u9* 1753, 
2267, 2268, 2309, 2887, 2893, 3370). Il fut transféré au Puy le 
30 juillet 1308, quinze jours après la commission donnée en vue 
d'en finir avec le différend de Geoffroy d'Abluses et du vidame 
d'Amiens, dont la main se trouve dans tous les embarras de l'In- 
quisition languedocienne pendant cette période. 

5. Voy. la sentence rendue par les cardinaux susdits (Doat, 
XXXIV, fol. 114 v«-122). 



xl INTRODUCTION. 

fond : à preuve, la buUe de Clément Y, du 6 septembre 
1309, annonçant aux inquisiteurs de Carcassonne qu'il 
avait donné le sauf-conduit à Ajmeric de Castro, procu- 
reur des plaignants^ L'aflEaire n'était pas terminée en 1310. 
Probablement elle était restée en suspens à cause du grand 
âge du cardinal TaiUefer de la Chapelle, qui mourut en 
1312 âgé de 120 ans. En 1310, elle fut remise au nouvel 
évêque d'Âlbi, Bernard Desbordes (1308-1311), très aimé 
du pape Clément Y*. Mais celui-ci ne voulut ou ne put 
point s'en charger; elle était trop délicate. Des pouvoirs 
furent donc de nouveau donnés à son successeur, Gréraud de 
Farges^. Il est probable que les choses en restèrent là : car 
le pape qui allait succéder à Clément Y devait relever Ber- 
nard de Castanet et abaisser Bernard Délicieux. Du moins, 
dans la constitution de Clément Y sur l'Inquisition édictée 
au concile de Yienne, on croit entendre l'écho des agita- 
tions tumultueuses du Languedoc, puisquHl décréta qu'au- 
cune poursuite ne serait faite désormais sans le double con- 
cours de l'évêque diocésain et de l'inquisiteur, que les prisons 
seraient administrées par l'évêque et l'inquisiteur et munies 
de deux geôliers nommés l'un par l'évêque, l'autre par 
l'inquisiteur, chacun avec une clef di£férente, enfin que nul 

1. Douais, les ManiucriU du château de Merville, p. 5i, note 1, 
où se trouve le texte de cette bulle, dont le Regestum, n® 4754, 
n'a donné que le résumé. 

2. Le 8 février 1310, le pape lui mande, ainsi qu'aux inquisi- 
teurs, de faire conduire à Albi les prisonniers détenus à Carcas- 
sonne depuis huit ans, et qu'il nomme, pour que leur cas soit 
examiné juridiquement (Regestum, n® 5238; Doat, XXXII, 
fol. 60-62). Bulle attribuée faussement à Clément IV par le 
copiste de Doat et par Mahul (Cartulaire, Y, 628), qui Ta suivi. 
Publiée par M. Hauréau (Bernard Délicieux et V Inquisition albi" 
geoise, p. 194). 

3. Bulle de Clément V du 19 avril 1313 (Regestum, n» 9163). 



INTRODUCTION. xlj 

ne pourrait recevoir la délégation inquisitoriale qu'il n'eût 
quarante ans révolus ^ 

Jean XXII (1316-1334), aussitôt pape, créa cardinal- 
évêque de Porto Bernard de Castanet (1316-1317), qui, s'il 
eut l'honneur d'être de la première promotion, ne jouit pas 
longtemps de sa dignité, où il pouvait voir une réparation, 
avec la justification de toute sa conduite. Le 3 septembre 
1319 s'ouvrit à Castelnaudary le procès de Bernard Déli- 
cieux, que le pape, par sa bulle du 16 juillet précédent, 
avait ordonné et confié à l'archevêque de Toulouse, Jean 
Raymond de Comminges, assisté de l'évêque de Pamiers, 
Jacques Fournier (1317-1326), le futur Benoît XII, et de 
l'évêque de Saint-Papoul, Raymond de Mostuéjols (1319- 
1329)^. Ce procès, qui se termina le 8 décembre suivant 
par une sentence de condamnation à la prison perpétuelle 
rendue sur la place du marché du Bourg de Carcassonne^, ne 
peut être attribué à l'Inquisition en ce sens qu'il ne fut pas 
conduit par les titulaires du fameux tribunal ; mais les actes 
qui le composent appartiennent à son histoire, car il n'y a peut- 
être pas de document qui puisse mieux servir à reconstituer 

i. Clementinarum lib. V, lit. III, de haereticis, cap. I-U. — 
On peut dire que, en dehors de cette constitution générale, 
Tœuvre de Clément V, relativement à Tlnquisition, se résume en 
ce qu'il a fait pour le Languedoc. Il ne s'occupa qu'en passant do 
rinquisilion à Langres (Regestum, n^ 5813), à Lyon et à Besan- 
çon (ibid,, n" 8766, 8767). Nous ne voyons pas qu'il soit inter- 
venu dans aucune des autres contrées de l'Europe. 

2. L'archevêché de Toulouse avait été créé deux ans aupara- 
vant, en 1317, l'évôché de Pamiers en 1297 et l'évôché de Saint- 
Papoul en même temps que l'archevêché de Toulouse. La bulle 
de Jean XXII se trouve dans les Actes du procès de Bernard 
Délicieux (Bibl. nat., ms. lat. 4270, fol. 4). 

3. M. Hauréau {op, cit., p. 198) a publié cette sentence d'après 
le ms. lat. 4270 de la Bibl. nat. On la trouve aussi dans Bouges, 
op. cit., p. 610-620. 



xlij INTRODUCTION. 

la suite des longues agitations dont GarcaBSonne, Albi et 
même Toulouse furent le théâtre, pendant près de dix ans 
(1295-1304), grâce à ce franciscain et à ses oomplioes. 
Nous ne les avons que d'après une copie du xyn* aiède*. 
C'est un regret pour l'éditeur. Ils restent curieux et im- 
portants pour l'historien, aux yeux duquel ils sont une 
preuve éclatante de la réaction que la mollesse de dément Y 
ne put manquer de produire. 

Nous trouvons d'ailleurs une autre preuve de cette réac- 
tion dans la bulle du 30 mars 1317% par laquelle Jean XXII 
révoqua le sauf-conduit concédé par son prédécess^ir à 
Aymeric de Castro, bourgeois de Garcassonne, et à quelques 
autres, qui avaient obtenu également la protection des ca^ 
dinaux ; il engagea par là même les inquisiteurs de Garcas- 
sonne à entamer des poursuites contre eux'. Les consuls 
d'Albi, en leur nom et au nom de la ville, durent exprimer 
publiquement leur regret du passé et donn^ une satis&o- 
tion à l'Église^. Tout cela était très significatif. D'autant 
que Jean XXII, en combattant tout mouvement qui se rat- 
tachait à Bernard Délicieux, croyait avec raison frapper du 
même coup les spirituels, les fraticelles, les bizoches et 
autres théoriciens de la pauvreté universelle ; car Bernard 
Délicieux n'avait cessé de se réclamer de son frère en rdi- 
gion, Pierre-Jean d'Olive, qu'il avait souvent rencontré 
dans les couvents du midi, à Narbonne notamment, où ses 

1. Bibl. nat., ms. lat. 4270. Yol. de 307 feuillets, et feuilleta A, 
B préliminaires. Papier, 209»"» X 321"»". Ancien Baluze 280 et 
Reg. 4267^. 

2. i318 (?). ///<* kls. aprilis, anno secundo. 

3. Doat, XXXIV, fol. 138-140. 

4. Le 11 mars 1320 (n. st.). L'évéque d'Albi et rinquisiteor 
leur en octroyèrent l'absolution publique dans le cimetière de 
Sainte-Cécile (Doat, XXXIV, fol. 170-180). 



INTRODUCTION. xliij 

adeptes et admirateurs, se rendant à son tombeau, cél^ 
braient déjà sa fête^ Taut le monde sait combien fut vive et 
opiniâtre la lutte qui s'engagea entre ces nouveaux héré- 
tiques et Jean XXII, lequel déplorait leur extrême diffusion 
dans le midi, où ils pullulaient'. Nous verrons, quand nous 
parlerons des actes des inquisiteurs , que les spirituels et 
les fraticeUes leur donnèrent assez de besogne. Us ne 
furent pas alors les seuls à les occuper. Le néo-dualisme 
et le catbarisme avaient baissé, mais pour se fondre dans 
le mysticisme anti-social de Joacbim de Flore ou s'effon- 
drer dans de honteuses pratiques, sortilèges, sacrifices 
aux démons, simulation des sacrements. Jean XXII voulut 
que les inquisiteurs poursuivissent sans relâche de tels 
crimes contre la religion, qui, en effet, se rencontraient fré- 
quemment dans le Languedoc^; et ainsi, sans étendre leur 

1. Doat, XXVII, fol. 13-14.15. — On lui attribuait des miracles 
iDoat, XXVn, fol. 18). Voy. Douais, Sculptures Bitterroises du 
XI V* siècle, mémoire communiqué au Congrès des Sociétés savantes, 
le 13 avnl 1898. 

2. Jean XXII, par sa bulle du 23 janvier 1317 (1318?), con- 
damna les spirituels, dont il énuméra les nombreuses erreurs 
(Doat, XXXIV, fol. 154 vo-i67). Par une autre bulle du 6 no- 
vembre de la même année, il fit poursuivre les meneurs, religieux 
de Tordre de saint François, qui n'en avaient que le nom, et qui 
se trouvaient alors en Provence (Doat, XXXIV, fol. 143-146). Le 
17 février 1331 (1332?), il fit dénoncer par l'inquisiteur et Tévôque 
de Oarcassonne comme excommuniés les fraticeiles, si répandus 
dans les diocèses de Oarcassonne, de Toulouse, de Narbonne (Doat, 
XXXIV, fol. 147 vo-153). 

3. Nous avons une lettre du cardinal Guillaume - Pierre de 
Godin, évoque de Sabine, qui, écrivant à Tinquisiteur de Tou- 
louse au nom de Jean XXÎI, le 22 août 1320, lui ordonnait de 
poursuivre tous les devins, adorateurs des démons et autres fai- 
seurs de sortilèges. Le 4 novembre 1331 (?), le pape, reproduisant 
cette lettre, réitéra ses ordres à Farchevèque de Toulouse et à 
l'inquisiteur (Doat, XXXIV, fol. 181 vM83). 



xliv INTRODUCTION. 

compétence — car, à cette date, ils en conL_jaient d^- 
il porta leur attention et leur activité sur cette autre Corme de 
l'hérésie, qui tendait, malgré son ridicule, à détraire, 
comme l'autre, l'unité chrétienne. 

Quelques autres actes du pape Jean XXII méritent encore 
d'être cités, bien qu'ils n'aient rapport qu'à des cas parti- 
culiers. Le 21 mars 1327, il mandait à l'inquisiteur de Pro- 
vence, Michel Lemoine (Michael Monacki)^ des finères 
Mineurs, de remettre entre les mains de Jean du Prat, 
inquisiteur de Carcassonne, Pierre Trencavel, de Lieuran- 
Cabrières, qui s'était évadé des prisons de Carcassonne, et 
Andrée, sa fille ^ Le même jour, il donnait ordre à Guillaume 
Astre, aussi inquisiteur de Provence et religieux Mineur, 
d'envoyer à Jean du Prat, qui l'avait demandée, une copie 
des aveux de Bernard Maurin, prêtre de Narbonne, aban- 
donné au bras séculier'. Le 16 septembre 1330, U adressait 
une bulle à l'inquisiteur de Carcassonne pour qu'il rendit 
au procureur général des frères Mineurs l'habit religieux de 
Barthélémy Brugère, expulsé de l'ordre, condamné comme 
hérétique et actuellement en prison 3. Il était naturel que 
l'ordre des Mineurs protégeât son habit, c'est-à-dire son 
honneur. 

On ne recueillera pas, à ma connaissance, dans le bul- 
laire des successeurs de Jean XXII, des actes ou des faits 
notables ayant modifié ou même accéléré la marche de l'In- 
quisition^. Au contraire, elle va décliner, les causes CBiisant 



i. Doat, XXXV, fol. 18-19. 

2. Doat, XXXV, fol. 46-47. Voy. dans ce môme volume de 
Doat, fol. 2i et suiv., les actes de la procédure ouverte contre cet 
hérétique. 

3. Doat, XXXV, fol. 87. 

4. Voici quelques-uns de leurs actes : 30 mars 1353. Inno- 




INTRODUCTION. xlv 

de plus en plus défaut. U faut donc s'arrêter. J*en ai assez 
dit, ce me semble, pour faire sentir l'intérêt spécial des 
décrétales. L'impulsion vient du saint-siège, qui arrête les 
formes du droit — nomination du juge et sa compétence, pro- 
cédure et pénalité, — et qui seul a qualité pour recevoir les 
appels et réformer les sentences. Parmi les papes qui ont le 
plus fait pour l'Inquisition languedocienne, il faut compter 
Grégoire IX, Innocent IV, Alexandre IV, Clément IV, Clé- 
ment V et Jean XXII. Si j'excepte Jean XXII, leurs Regesta 
sont publiés en partie ou en totalité. Celles de leurs bulles 
qui sont encore inédites, en petit nombre, se trouvent dans 
Doat. Je n'ai pas manqué de les signaler à l'attention du 
lecteur. 

II. Actes obs ^véques. 

A première vue, ce titre peut sembler surprenant, car 
l'inquisiteur, étant un juge délégué par le pape, dont il 
tenait tous ses pouvoirs, n'avait rien à faire, ce semble, 
avec révêque diocésain, qui devait tout au moins l'ignorer, 
sinon le combattre. C'est une impression assez commune chez 
les savants et parmi le vulgaire que l'évêque et l'inquisiteur 

cent VI mande à rinquisiteur de Garcassonne, Amedon de Langres, 
de Lingonis, de faire conduire ad Romanam Curiam Jean de Gastil- 
lon et François de Arquata, religieux Mineurs, coupables de crime 
d'hérésie (Doat, XXXV, fol. 130-131). — 19 octobre 1363. Urbain V 
donne à l'évoque et aux inquisiteurs de Garcassonne la déléga- 
tion pour entendre et poursuivre plusieurs prévenus, dont il leur 
avait déjà confié la cause (Doat, XXXV, fol. 132-133). — 14 mai 
1370. Grégoire XI ordonne à l'inquisiteur de Garcassonne de 
libérer de la prison Bidon de Pnyguilbem (Dordogne), qui a 
exactement accompli sa pénitence (Doat, XXXV, fol. 134-135). 
— 20 avhl 1276. Grégoire XI ordonne aux inquisiteurs de procé- 
der contre tous ceux qui empêcheront la poursuite contre les 
héréUques (Doat, XXXV, fol. 163-164). 



xlvj IlfTRODUCTION. 

ne cessèrent de se jalouser et de lutta* l'on oontre Tautre; 
quelques conflits, notamment l'excommunication de rarche- 
Yeque de Narbonne par l'inquisiteur, justifient pour plmieorB 
cette opinion. 

Que des divergences sur des points de détail se soient 
produites, c'est assez naturel, et je n'y contredirai pas. 
Qu'on ait, à un moment, poussé les évoques à prendre eo 
main la poursuite, c'est certaine Mais les évoques du Lan- 
guedoc ne montrèrent pas d'hostilité à l'égard de l'Inquisi- 
tion; au contraire, ils lui furent sincèrement favorables : ik 
exercèrent même sur ses destinées une influence réelle, qœ 
l'historien doit retenir. Pour l'apprécier, en mesurer l'éten- 
due et en saisir les efiiBts, il est nécessaire de suivre les 
évêques dans les conciles provinciaux qui se sont tenus à 
l'occasion de la poursuite de l'hérésie et aussi de relever 
les actes de chacun d'entre eux en particulier. Qu'a fait 
l'épiscopat languedocien ? Qu'a fait chaque évèque pris à part 
et considéré individuellement? La réponse à ces deux ques- 
tions donnera la def de leur conduite. 

1. Action collective des évêques. 

En 1229, les évêques des trois provinces de Narbonne, de 
Bordeaux et d'Auch se réunirent à Toulouse, où le cardinal 
de Saint-Ange les convoqua. Je l'ai déjà rappelé; si j'j 
reviens, c'est pour faire remarquer simplement qu'à cette 
heure, certainement solennelle pour la province, les évêques 
s'opposèrent d'autant moins à la poursuite de l'hérésie qu'il 
n'était point question de créer un juge qui fût investi 
de pouvoirs extra-diocésains ; les évêques présents furent 
invités à entendre les témoins produits par l'évêque de 

1. c Tempore quo prelati tenebant inquisitionem, » lit-on dans 
plusieurs dépositions (Doat, XXYI, fol. 297, 308, 340 t«). 



INTRODUCTION. xlvij 

Toulouse, Foulques, et à recevoir leurs dépositions, qui 
devaient être consignées par écrite Les statuts proposés par 
le légat et qui sont tout ce concile^ furent pleinement approu- 
vés par eux; ils trouvèrent la poursuite opportune ou même 
nécessaire; tout le monde, d'ailleurs, pensait de la sorte. 
Guillaume de Puylaurens, prêtre à la vérité,. mais aussi 
chapelain du comte de Toulouse, et, à ce titre, &vorable 
autant aux institutions locales qu'à l'esprit régnant dans le 
comté, donne bien la note de cette entente, qui réunit tous 
les esprits dans l'unité du but supérieur à atteindre. 

En 1235, les évêques s'assemblèrent à Narbonne, sous la 
présidence de l'archevêque de la ville, Pierre Âmelius, qui 
avait déjà montré le plus grand zèle. Cette fois, les évêques, 
laissés à leur propre impulsion, légiférèrent directement et 
par eux-mêmes ; ils y furent provoqués par les inquisiteurs 
eux-mêmes. Dans l'intervalle, un grand &it s'était produit : 
Grégoire IX avait nommé des juges délégués, il avait confié 
au prieur provincial des firères Prêcheurs le soin de les 
choisir, et, bien que je regarde comme une erreur de croire 

1. Guilleimus de Podio Laurentii, Ghronicon, cap. XL. 

2. Labbe, Acta concil., YU, p. 176 et suiv. Bibl. nat., ms. 
lat. i0405, foh 207, copie du concile de Toulouse ainsi amioncée: 
Ex bibliotheca Ill^i et R^i Philippi Carii* Filouardi accepta a Rmo 
Fran, Perla, nuper Rotte Romane decano, qui in aliquot oapita con- 
dlii Tolosani proliwa commentaria conscripserat ad materiam et 
causam Inquisitionis pertinentia. — Le concile d'Arles de 1234 
{ibid,, 235 et suiv.) toucha au cas particulier du crime d'hérésie 
reconnu seulement après la mort. Il décida (can. xi) que le cadavre 
serait exhumé et livré au juge séculier, si eorum corpora vel 
ossa ab aliis discerni potuerint, extumulentur et saeculari judicio 
relinquantur, A remarquer cependant que Texhumation ne fut 
pas alors imaginée, pas plus qu'elle n'a été introduite à l'occasion 
de l'hérésie. On se borna à appliquer à l'hérésie une vindicte 
déjà admise pour les crimes de droit commun. 



zlyiij INTRODUCTION. 

que jamais Tlnquisition ait été domiDicaineS cependant il 
&ut reconnaître que, par le fait de cette commission , le 
jage délégué fut le plus souvent pris parmi les frères Prê- 
cheurs. Or, il arriva que les frères Prêcheurs, les supé- 
rieurs de la province ou les inquisiteurs eux-mêmes, se 
trouvant en présence de cas nouveaux, éprouvèrent des 
difficultés de plusieurs sortes quant à la pénalité, au pou- 
voir de la diminuer, à la culpabilité des relaps, etc. Le 
concile, répondant aux inquisiteurs eux-mêmes, dileo- 
tis et fidelibus in Christo filUs, ordinis Praedicato- 
rum fratribus^ inquisitoribus fuxereticorum, dirima les 
doutes, dubitaiiones vestrtis, prout possumtis, ampun 
tantes^ et fixa des règles qui sont contenues en vingt-neuf 
canons', et dont il convient de faire tout au moins remar- 
quer la convenance, puisqu'elles se retrouvent dans la légis- 
lation postérieure des papes. 

n ne s'agissait pas de poursuivre un fait de conscience 
pure, mais des actes tendant à troubler Tordre chrétien. 
Quels étaient ces actes cependant parmi les pratiques néo- 
dualistes ou vaudoises, fort variées ou sans rapport étroit 
avec l'hérésie? Il y fut répondu au canon xxix; on n'a qu'à 
rapprocher ce canon des interrogatoires ou aveux faits 
postérieurement, et qui nous sont parvenus en très grand 
nombre, pour voir que Tinquisiteur s'en inspira toujours. 

Chaque inquisiteur avait des pouvoirs égaux, et il arriva 
que la poursuite fut exercée dans les mêmes lieux par plu- 
sieurs inquisiteurs, les uns étant pontificaux, les autres dio- 

1. On trouve parmi les inquisiteurs délégués par le pape de nom- 
breux frères Mineurs. De plus, il y eut encore les Inquisiteurs 
diocésains ou épiscopaux, qui souvent se joignirent aux premiers. 
Nous en rencontrerons de nombreux exemples dans le Languedoc. 

2. Acta eonciL, VU, 251 et suiv. 



INTRODUCTION. xlix 

césains. Le concile voulut qu'un prévenu n'e&t à répondre 
qu'à un seul juge et il fit un devoir à l'inquisiteur de commu- 
niquer les charges pesant sur ce prévenu à ceux des inqui- 
siteurs quibus idem cvUpahUis sit astrictus (can. xxi). 
C'était plus sûr, et l'oBuvre de salubrité sociale y trouvait 
son compte, tutiiLS et salubrius est, ut quisque culpabi- 
lis in quibttscumque locis deliquerit, uni et illi tantum 
inquisitori pennaneat obligaiu^ (can. xx)^ 

La modération cependant était fort recommandée : la con- 
damnation ne devait être prononcée qu'à la suite d'un aveu 
formel ou en présence de preuves claires ou catégoriques, 
luddis et apertis probationibus ^ car il est de beaucoup 
préférable de laisser un crime impuni que de frapper un 
innocent (can. xxm) : recommandation qui empruntait une 
valeur spéciale au canon suivant, aux termes duquel tout 
homme, quelle que fût sa situation juridique, était admis 
à déposer contre l'hérétique. Il convenait de tout peser 
rigoureusement pour éviter toute erreur judiciaire et toute 
injustice, mal aussi grand, sinon plus grand que le crime 
poursuivi. 

 la vérité, il n'entra nullement dans la pensée du con- 
cile de Narbonne de formuler des règles ayant une valeur 
absolue et décisive ; les inquisiteurs n'avaient-ils pas leurs 



1. Il semble que révoque de Pamiers, Jacques Fournier, et les 
abbés réuois à Garcassonne le 22 février 1325 (n. st.), pour une 
consultation inquisitoriale, se réglèrent, pour un cas, sur ce canon 
du concile. L'inquisiteur Jean du Prat demanda s'il ne devait 
pas surseoir à la sentence contre Bérenger Hulart, de Narbonne, 
par la raison que celui-ci avait été interrogé par les vicaires de 
l'archevêque avant de l'être par lui. Uévéque et les abbés répon- 
dirent qu'il devait surseoir; et le cas de Bérenger Hulart ne 
fut pas traité dans la consultation qui suivit (Doat, XXVin, 
fol. 401 vo-ia2). 

d 



1 INTRODUOTION. 

lumières propres et ne fallait-il pas réserver les droits sou- 
verains du siège apostolique? Du moins, il voulait aider les 
juges délégués, qui, aussi bieu, portaient une part, non la 
moins d^cate, de Vonus épisoopal, et, sans aucun doute, 
ses « conseils > furent écoutés ^ Les inquisiteurs et les 
évêques marchaient vers le même but : le negotium des 
premiers était le negotium des seconds, in ipso nostro 
negotio; c'est sur ce mot que finit la réponse des évêques 
de Narbonne^. 

1 . Les évêques disaient en terminant : c Haec vobis scribimns, 
non ut vos veLimus nostris obiigare consiiiis vel arctare, cum 
non deceat concessam vobis disbretam arbitrii liber tatem, alio- 
nim consiiiis, formis seu regnlis, quam Sedis Apostolicae, in 
ipsius negotii praejadiciam coarctari; sed vestram devotionem 
cupimus adjuvare, sicut et nobis et ab ipsa Sede Apostoiica est 
ùliandatum : ut t[ili nostra ponatis onera, consilium a nobis et 
auxiliuiïi in ipso nostro negotio earitate mutua reporters. » 

2. Dans Doat, XXXI (fol 155 vo-168, copie d'après un registre 
en parcbemin trouvé aux archives de llnquisition de la cité de 
Garcaséonne), la réponse aux questions posées par les inquisiteurs 
est envoyée àox noms de feu Pierre [Amelios], archevêque de Nar- 
bonne, de G[larin], évéque de Garcassonne, B[emard Berge], 
évoque d'Ëine, Jean [de Montlaur], évoque de Maguelonne, G[uil- 
laume de Gazouis], évéque de Lodéve, P[ierre-Raymond Faure], 
évéque d'Agde, Raymond [d'Amaury], évéque de Nimes, Durant, 
évoque d'Albi, P., évoque élu de Béziers, Pons, abbé de Sain^ 
Gilles, G., abbé de Saint- Apbrodise de Béziers, et G., abbé de 
Castres. D'après le recueil des conciles, cette réponse aurait été 
expédiée par les archevêques de Narbonne, d'Arles et d'Aix. Il 
faut noter ici cette variante, qui sans doute n'est due ni an hasard 
ni à une erreur. Pourquoi n'admettrions-nous pas que la réponse 
des évêques de Narbonne fut renouvelée avec le concours d'une par* 
tie de Tépiscopat languedocien? Il se trouve que quatre des évêques 
nommés ci-dessus ne furent évêques que plusieurs années après 
le concile de Narbonne et à peu près au même moment : Gnil« 
laume de Gazouis, évéque de Lodéve en 1244, Pierre-Raymond 
Faure, évéque d'Agde en 1242, Raymond d'Amaury, évéque de 
Nimes en 1242, et P., élu de Béziers en 1242 ou peut-être en 1244. 



INTRODUCTION. Ij 

En 1246, au mois d'avril, les évêques se réuairent en 
concile à Béziers sous la présidence de l'aFcheyêqiie de Nar* 
bonne, Guillaume de la Broue. C'était après le concile géné- 
ral de Lyon et à la suite d'une lettre de l'éyêque d'Albano 
écrite au nom du pape Innocent IV à l'archevêque, pour lui 
mander de renouveler aux inquisiteurs la règle établie déjà 
de n'exercer la poursuite qu'avec le concours de l'évêque 
diocésain. A cette occasion, les évêques rédigèrent trente-sept 
articles relatifs à la procédure : Consilium concilii pra^ 
vincialis archiepiscopiNarbonensis et suffraganeorum 
suorum, qualiter sit in inquisitioneprocedendumcon^ 
tra haereticos. Temps de grâce rendu obligatoire, confes- 
sions reçues par les inquisiteurs, transcrites, mais ne devant 
pas être renouvelées, si ce n'est dans le cas de circons- 
tances nouvelles, citation contre les prévenus, examen 
des hérétiques « parfaits ou revêtus » avec le concours de 
personnes discrètes, bonté à l'égard de ceux qui se conver- 
tissaient, retard dans le prononcé de la sentence pour amener 
les prévenus à se convertir, — ce qui constituait un avan- 
tage pour eux , — et leur en donner le temps : conf>erti 
nolenteSy ubi commode poteritù, damnare tardetis, 
ipsos fréquenter tam per vos, qtcam per altos ad con- 
versionem manentes (cap. XYII), situation juridique des 
héritiers du criminel mort avant sa réconciliation, qui 
devaient satisfaire, ne tantum ac taie crimen remaneat 
in aliquibtÂS impunUum (cap. XIX), cautions, pèleri- 
nages, service en Terre Sainte : tels furent les princi- 
paux points que le concile traita. Il ne s'arrêta point à 
la question des dépenses, frais d'entretien des prisonniers et 

La liste épiscopale de Béziers est fort confuse à cette date, n 
reste acquis cependant qu'il faut placer vers 124Î ou 1244 la 
réponse renouvelée par les évêques. 



lij INTRODUCTION. 

émoluments des inquisiteurs : un précédent concile de Mont- 
pellier avait réglé ce point. Mais, en ce qui regarde les pri- 
sons, il tint à se conformer aux prescriptions pontificales qui 
avaient imposé le régime des cellules séparées (cap. XXIII); 
et, la prison temporaire étant écartée, il admit des adoucis- 
sements à la prison perpétuelle, comme Télargissement tem- 
poraire dans l'intérêt des enfonts ou des parents, ou même 
la remise complète de la peine moyennant une satisfaction, 
par exemple le service en Terre Sainte. Il voulut que le 
mari ou la femme, selon les cas, jouît toujours du libre accès 
de la ceUule (cap. XXV) '. 

Le concile tenu à Albi; en 1254, par les soins de Zoën 
Tencarari, évêque d'Avignon, légat apostolique, s'occupa 
assez de la poursuite et de ses conditions pour qu'il ait droit 
à être signalé ici*. Il renouvela les principales dispositions 
du concile de Toulouse de 1229 ; il ordonna notamment que, 
dans chaque paroisse, un prêtre et un laïque fussent char- 
gés de faire une recherche exacte des hérétiques et obligés 
de les dénoncer au bayle de l'archevêque ou de l'évêque ; 
il n'est pas question des inquisiteurs (can. i). Toute capture 
d'un hérétique valait à son auteur un marc d'argent, ou tout 

i. Àeta coneil., VU, 415-423; Doat, XXXI, fol. 126-138. Sos- 
cription dans Doat : c G., Dei gratia Narbonensis archiepiscopus, 
dilectis in Ghristo inquisitoribas contra bereticos in provincia 
Narbonensi, excepta diocesi Tbolosana, et Âibiensi, Rathenensi, 
Mimatensi et Aniciensi diocesibus, auctoritate apostoUca consti- 
tutis, fratribus ordinis Predicatorum... i Je pense que la restric- 
tion ici faite n'a pour objet que la délimitation de la province 
ecclésiastique de Narboane; Tévôque de Toulouse, Raymond du 
Falga, fut, en effet, un des signataires du concile. •» Bibl. nat., 
ms. lat. 10405, fol. 272, copie du concile de Béziers de 1246, pro- 
venant sans doute de la même source que la copie du concile de 
Toulouse. Plus baut, p. xlvij, note 2. 

2. Acta coneil, , VII, 455-470. 



INTRODUCTION. liij 

au moins vingt sous tournois (can. n). La maison dans 
laquelle un hérétique était trouvé était rasée (can. vi). 
n dut être fait et tenu un double des registres de l'Inquisi- 
tion mis en lieu sûr (can. xxi). Le concours ou conseil judi- 
ciaire de l'avocat ne fut point admis, disposition déjà prise 
par le concile de Valence de 1248 S sous prétexte que 
la présence de l'avocat faisait toujours traîner l'afiaire 
en longueur, etc. En un mot, le concile provincial 
d'Âlbi se proposa de continuer le concile de Toulouse, 
auquel il se rattacha directement ; de même, l'on peut dire 
que les conciles de Narbonne et de Béziers, tout en préci- 
sant certaines de ces décisions ou en y ajoutant, s'inspi- 
rèrent de son esprit. On n'hésitera pas à voir dans ces 
quatre conciles, tenus dans le court espace de vingt-six ans 
(1229-1254), le grand monument de la législation inquisi- 
toriale de Tépiscopat languedocien. 

Là ne se borna pas cependant l'action collective des 
éveques. Ils avaient accepté le principe de la poursuite, ils 
avaient assis la procédure : ils devaient soutenir les juges. 
Le 14 juin 1245, les éveques de Çarcassonne, d'Ëlne, de 
Toulouse, d'Uzès, de Lodève, de Nîmes, d'Agde et de 
Béziers, avec les abbés de Saint-Aphrodise, de Saint Jacques 
de Béziers et de Quarante, adressèrent de Béziers au pape 
Innocent FV, alors à Lyon, et au collège des cardinaux une 
lettre dont l'importance ne saurait échapper à personne*, 
bien qu'elle ne touchât qu'à deux points : l'établisse- 

i. Acta condl., VII, 426 (can. xi). Au moyen âge, on n'était 
pas disposé à croire qu'un avocat, dans an procès de doctrine, pût 
s'empêcher de partager la foi de son client. De plus, TËglise y 
voyait un danger immédiat pour l'avocat. 

2. Lettre au pape, Doat, XXXI, fol. 113-121; Hist. génér, de 
Languedoc, VIII, col. 1173-1175. Lettre aux cardinaux, ibid., 
Doat, XXXI, fol. 422-125; Mahul, Cartttlaire, V, 627. 



liv INTRODUCTION. 

* 

ment de rinquisition dans la province par le pape Gr^ 
goire IX, qui Tavait confiée aux frères Prêdieurs^ et les 
inconvénients graves qui avaient été la conséquence immé- 
diate de la cessation de la poursuite; Qs voulaient n'y voir 
qu'une suspension, d'autant qu'à leurs yeux les frères 
Prêcheurs, juges délégués, n'avaient point excédé; au con- 
traire, ils avaient plutôt montré trop de modération : hcuy 
ternis non sine mtdta manstiettidine et tUinam non 
nimitty servatojuris ordine, processerûnt. 

Certes, au lendemain, pour ainsi dire, du massacre des 
inquisiteurs à Avignonet (1242), on ne pouvait faiblir, et 
les frères Prêcheurs, auxquels appartenait la principale 
victime, Willem Arnaud, n'eussent été abandonnés qu'au 
prix des plus graves intérêts. De £ait, nous les trouverons 
k l'œuvre en cette année 1245. Mais il y avait alors une 
tendance à multiplier les inquisiteurs diocésains, et le 
registre du notaire ou greffier de l'Inquisition de Carcas- 
sonne des années 1250 et suivantes met surtout en action 
l'évêque de la ville et ses juges délégués^. Il est vraisem- 
blable qu'Alfonse de Poitiers, qui venait de trouver le comté 
de Toulouse dans l'héritage de sa femme par la mort de 
Raymond YII, jugea cette tendance fâcheuse; il semble 

i . Je me réserve de traiter la question des origines de l'Inquisi- 
tion dans une Histoire de V Inquisition, M. Tanon, Histoire des tri- 
bunaux de l'Inquisition en France, p. 171 (Paris, Larose et Forcel, 
in-8o, 1893), m'a fait dire que saint Dominique serait le fonda- 
teur de rinquisition. Je n'ai jamais professé une semblable opi- 
nion, qui serait une énormité. Je n*ai fait que résumer dans le 
passage discuté la bulle de Sixte-Quint, attribuant la charge d'io- 
quisiteur'à saint Dominique. J'ai ajouté, en employant une forme 
dubitative : c Saint Dominique aurait ainsi reçu une délégation 
pontificale pour l'inquisition après l'année 1209. t Je discuterai 
ce point spécial dans l'ouvrage annoncé. 

2. Voy. plus bas, p. 115 et suiv., le texte inédit de ce registre. 



INTRODUCTION. W 

qu'il ait voula réagir contre eUe. Eo jain 1252, les évêques 
de Toulouse, d'Agen, d'Âlbi et de Carpentras, réunis à Riom 
auprès d*AIfonse de Poitiers, écrivirent aux firères Prê- 
cheurs pour les confirmer dans le pouvoir de jugw les héré- 
tiques de leurs diocèses ; ils déclarèrent s*en rapporter au 
trésorier de Poitiers ou à Gui Fulcoy pour le choix qui serait 
fait d'eux, car ils les substituaient à leur place ; ils s'enga- 
geaient à ne point faire opposition à leurs sentences qui 
seraient rendues dans les formes canoniques ^ 

Si nous en croyons Gui de Sévérac, il fat encore décidé à 
Riom que Ton ne prendrait point rançon des hérétiques, 
lesquels ainsi ne pourraient se racheter à prix d'argents 
Des irrégularités s'étaient commises : cette résolution le fait 
entendre ; cela fut dit, l'année suivante, par l'archevêque de 
Narbonne, les évêques de Béziers, de Lodève et d'Agde dans 
une lettre qu'ils adressèrent de Béziers au comte Alfonse, le 
26 mai 1253. Ils lui signalaient un abus fréquent dans la 
région toulousaine notamment, in pariibics Tholosanis 
inter alia, où les biens des hérétiques revenaient à leurs 
héritiers qui les rachetaient, au préjudice de la foi et con- 
trairement aux statuts du pape et du roi^. Nous ne savons 

i. Hisi. génér, de Languedoc, VIU, col. i3i3, 1314. Cette pièce me 
parait avoir une réelle importance à cette date. Elle se trouve 
aussi dans Doat, copie d'un registre de Tlnquisition de la cité de 
Carcassonne, XXXI, fol. 177-178. 

2. Lettre de Gui de Sévérac au roi : a ... après, sire, je vos fas 
saver que cum vos à Riom, aveque les prelaz et les baros de la 
comté de Tolose, ordenasez e establites que des hereges l'en ne 
preit reemson, mas que Ten lor feit fere la peneence qu'el en 
devret, selon dreit... t {Hist. génér, de Languedoc, YIII, col. 1471). 
Boutaric a réédité cette pièce d'après l'original qui est conservé 
au Trésor des chartes, J. 314, n» 69 (Saint Louis et Alfonse de 
Poitiers, p. 471-475). 

3. Layettes, n® 4054, m, 182, d'après l'original scellé conservé 



lYJ INTRODUCTION. 

pas cpielle suite fut donnée à la plainte des évêques par le 
comte. Si Oui de Sévérac a été bien informé, la résolution 
de Riom, sorte de réponse anticipée, l'obligea à réprimer 
l'abus. Vraisemblablement il sévit; mais, dans la suite, 
cette jurisprudence ne prévalut point; nous verrons la 
femme et le fils de Guillaume Garric de Carcassonne, pro- 
fesseur de droit, acheter son hôtel de Carcassonne après la 
saisie qui suivit sa condamnation en 1302 ^ 

Après 1252, les textes qui nous sont parvenus ne signalent 
aucun autre fait d'intervention collective des évêques auprès 
du pouvoir séculier ou pontifical à l'occasion de l'Inquisi- 
tion. Du moins, ils apparaissent plus tard et en nombre res- 
pectable dans les sentences. Par exemple, le 18 décembre 
1300, nous trouvons à Carcassonne Bérenger Frédol, évêque 
de Béziers, Gaucelm de la Garde, évoque de Maguelonne, 
Raymond Coste, évêque d'Elne, et Bernard Saisset, évêque 
de Pamiers; ils assistent à la sentence qui livre Arnaud 
Embrin de Limoux au bras séculier*. Le 3 décembre 1318, 
à Carcassonne encore, Déodat, premier évêque de Castres, 
Jacques Fournier, évêque de Pamiers (plus tard Benoît XII), 
Barthélémy, premier évêque d'Alet, siègent au tribunal qui 
rend la sentence d'exhumation contre Bernard -Arnaud 
Embrin de Limoux'. Le 11 décembre précédent, le même 
évêque d'Alet, les vicaires de Tarchevêque de Narbonne, 
Bernard de Farges, de l'évêque de Béziers, Guillaume Fré- 

au Trésor des chartes, J. 306. Toulouse, III, n® 87. — Hist. génér. 
de Languedoc, VIII, col. 1322-1324. Boutaric (Saint Louis et 
Alfonse de Poitiers, p. 443, note 6) place faussement cette pièce au 
7 juin; elle est bien du 26 mai, Vil, kalendas junii, 

1. Voy. mon mémoire Guillaume Garric, de Carcassonne, pro- 
fesseur dô droit, et le tribunal de V Inquisition^ 1285-1329 (Toulouse, 
Privât, in.8«, 1898). 

2. Doat, XXXU, fol. 113 vo-124, d'après un vidimus de 1331. 

3. Ibid. 



INTRODUCTION. Ivij 

dol, et de l'évêque de Castres, Déodat, avaient ensemble 
avec les deax inquisiteurs Henri Chamayou et P. Brun pro- 
noncé une commutation de peine en faveur de divers prison- 
niers appartenant aux diocèses de Narbonne, Béziers, 
Carcassonne, Castres, Âlet, Nîmes et Lodève ^ . 

Ce fait d'évêques qui, par eux-mêmes ou par leurs vicaires, 
ne sont plus simplement présents aux sentences, mais encore 
les rendent de concert avec les inquisiteurs, n'est pas rare 
sous le pontificat de Jean XXII ; le tome XXVII de la col- 
lection Doat ei^ fournit assez d'exemples pour que nous puis- 
sions conclure à leur mutuel et universel concours. Nous en 
avons déjà fait connaître la raison canonique^. 

Les inquisiteurs Henri Chamayou et P. Brun, agissant 
tant en leur propre nom qu'au nom de l'évêque d' Agde, qui n'a 
pu se rendre à Carcassonne, Jean Castanier {de Castanhe- 
rio)^ commissaire de l'évêque de Béziers, imposent des péni- 
tences'. De même imposent des pénitences avec ces deux 
inquisiteurs les commissaires des évêques de Carcassonne, 
de Maguelonne, d'Albi, de Béziers, de Saint-Pons-de-Tho- 
mières^. L'évêque de Lodève, Bernard Gui, délègue Henri 
Chamayou et P. Brun, inquisiteurs, à l'effet de prononcer 
une sentence d'exhumation contre Manent Rose, femme de 
B. Sabatier, de Lodève, morte en prison, mais impénitente^. 

\. Doat, XX Vn, fol. 3-7. 

2. Voy. plus haut, p. xl. 

3. Doat, XX vn, fol. 89 vo.gi. 

4. Doat, XXVn, fol. 91 vo-94. 

5. Doat, XXVn, fol. 97-98. Voy. la déposition ou aveux de 
Manent Rose dans Doat, XXVII, fol. 79 vo-82. — L'official de 
Castres, au nom de Tév^ue de la ville, prononce, avec les inqui- 
siteurs, une condamnation à la prison perpétuelle (Doat, ihid,, 
fol. 98 vo-99); de même, les vicaires de rarchevéque de Narbonne 
et de révéque de Carcassonne (Doat, ibid., fol. 99 vo.i07, 124, 
126, 128). Etc., etc. 



Iviij INTRODUCTION. 

Cet exemple est caractéristiqae, car il montre raccord des 
diverses autorités et permet de saisir sur le yif la jurispru- 
dence qui prévaut. Le pape désigne l'inquisiteur, mais 
l'évêque est lui aussi juge ordinaire. Il ne peut y avoir d'op- 
position entre ces deux autorités : l'inquisiteur les unit en 
sa personne; il agit au nom du pape, d'accord avec Tévêque 
diocésain, qui rend avec lui la sentence. C'est plus qu'un 
simple concours. Et même les évoques acceptent le principe 
d'une consultation large avant la sentence ; ainsi, l'évêque 
de Pamiers, Dominique GrimaS l'évêque de Béziers, Guil- 
laume Frédol^, l'archevêque de Narbonne, Bernard de 
Farges^. J'ai traité ailleurs la question des consultations 
inquisitoriales^. Je n'y insiste donc pas, d'autant que je 
viens de toucher à l'action individuelle des évêques lan- 
guedociens. S'ils prononçaient des sentences, s'ils consul- 
taient les docteurs et les hommes sages, c'est parce que, 
parmi les prévenus ou les condamnés, se trouvaient de 
leurs diocésains. Il £aut donc maintenant les suivre les 
uns après les autres et les voir chacun à l'œuvre. 

2. Action individuelle des évêqties. 

A la mort du pape Jean XXII, la région que j'étudie ici 
plus particulièrement comptait vingt-quatre évêchés^; pen- 

1. Doat, XXVU, fol. 140-146. 

2. Doat, XXVn, fol. 157-162. , 

3. Doat, ibid, 

4. Voy. mon mémoire : la Formule « communicato bonorum 
virorum consilio » des sentences inquisitoriales (Paris, in-8«. Bouil- 
lon, 1898). 

5. C'étaient Agde, Agen, Albi, Aiet, Béziers, Gahors, Garcas- 
Bonne, Castres, LAvaur, Lodève, Maguelonne, Mirepoix, Montau- 
ban, Narbonne, Nîmes, Pamiers, Perpignan (Ëine), le Puy, Rodez, 
Saint-Papoul, Saint-Pons, Toulouse, Uiès, Vabres. On sait que 
Boniface VIII avait créé i'évêché de Pamiers et Jean XXII les 



INTRODUCTION. liz 

dant le siècle qui va de l'année 1229 à Tannée 1334 (mort 
de Jean XXII), cent soixante-dix titulaires environ se suc* 
cédèrent sur ces différents sièges. Il ne s'agit pas id de peser, 
à la balance de l'histoire, la part d'influence qui revient à 
chacun d'eux dans la marche, le fDnctionnement et les des- 
tinées de l'Inquisition languedocienne. Il serait vraiment trop 
difficile de fixer les poids à mettre dans chaque plateau. Les 
renseignements manquent souvent. Nous ne savons rien des 
rapports de la plupart d'entre eux avec l'Inquisition. L'état 
actuel des documents peut seul ici tracer la marche. Je ne 
m'arrêterai donc à tel ou tel siège qu'autant qu'ils me le 
permettront. 

a. Les archevêques de Narbonne. Narbonne a été la 
seule métropole du Languedoc jusqu'en 1317, année de la 
création de l'archevêché de Toulouse. Il est donc assez natu- 
rel que ses titulaires aient joué dans la poursuite contre les 
hérétiques un rôle important aux moments décisifs et dans 
les affaires ou causes plus considérables ^ Cela devait être, 
puisque, au surplus, ils présidèrent les conciles provinciaux 
dont on a pu apprécier l'esprit '. Au début de la poursuite 
inquisitoriale et dans le concile de 1229, il semble que le 
premier rôle revienne à Foulques, évêque de Toulouse ; il 
est, du moins, de tous les évêques, celui qui montre le plus 

évèchés d'Alet, de Castres, de Layaur, de Montauban, de Mire- 
poix, de Saint-Papoul, de Saint-Pons et de Vabres. 

i. J*ai essayé d'expliquer ailleurs {VAlbigéisme et les frères Prê- 
cheurs à Narbonne au Illl* siècle, Paris, Picard, in-8«, 1894) com- 
ment la ville de Narbonne fut mise particulièrement à l'abri de 
rhérésie. Cependant elle devint, à la fin du xiii« siècle, un des 
principaux champs d'action des fraticelles ou spirituels ; et alors 
elle donna asile au catharisme languedocien, qui finit par se 
fondre dans le mouyement mystique parti de Joachim de Flore 
et développé sous l'influence de Pierre-Jean d'Olive. 

2. Voy. plus baut, p. zivij et suiy. 



Ix INTRODUCTION. 

d'activité. Mais Pierre Âmelius, archevêque de Narbonne, 
inaugura pour son diocèse l'institution qui était appelée à 
occuper une place de premier ordre sur la scène du xm* siècle. 
Juge ordinaire, il avait le droit de nommer un juge délégué 
dans les limites de sa juridiction épiscopale ; il usa de ce 
droit; il confia la poursuite à frère Ferrier, dominicain : 
c'est du moins l'affirmation qui est contenue dans la déposi- 
tion ou aveu de dame Florensa, femme de Pierre For- 
ners*. Rien ne permet d'y contredire. Ainsi, frère Ferrier 
fut institué juge délégué par l'archevêque de Narbonne 
avant de l'être par le pape. Il n'est que juste d'attacher de 
l'importance à cette initiative, qui était un exemple. Elle 
ne saurait, d'ailleurs, étonner de la part de Pierre Amelius, 
qui déploya toujours le plus grand zèle contre l'hérésie ; ses 
statiUs édictés le 1*' octobre 1234 le prouvent surabon- 
damment*, n les rédigea dans l'esprit du concile de Tou- 

i. t Item, dixit quod, dum ipsa testis et R<i% soror sua, starent 
apud Narbonam, venerunt ad domum ipsius testis et sororis sue 
quidam qui vocabatur W. Bertrandi cum aliis lui^' hominibas, 
et comederant in domo ipsius testis ; et dicti homines erant nun- 
cii hereticorum et duxerant duos hereticos ad domum R^*' Johan- 
nis de Narbona; set ipsa testis neque soror sua sciebant hoc; set 
postea audienint dici, quando fuit captus dictus R<iu Johannis; 
et tune bailivus domini archiepiscopi Narbonensis cepit ipsam 
testem et Raimundam, sororem suam, et duxit eas ad curiam 
domini archiepiscopi; et tune frater Ferrarius, qui tune erat 
inquisitor auctoritate domini archiepiscopi, reconciiiavit ipsam 
testem et Rd«n, sororem ipsius testis 't (Bibl. de la ville de Tou- 
louse, ms. 609, fol. 5 v<>). Cette déposition fut reçue le !•' juillet 
1245 par Bernard de Gaux, inquisiteur; mais le fait en question 
doit être placé à Tannée 1229 ou Tannée 1230, puisque le témoin 
interrogé sur le temps répondit : c Sunt xvi anni vel circa t 
(Ibid.). C'est vers 1230 qu'il faut placer les poursuites exercées 
par Ferrier à Limoux et à Saissac (ibid., fol. 18 v«-19). Voy. plus 
bas, à Tarticle des inquisiteurs. 

2. HUL génér. de Languedoc, Vm, col. 981-983. 



INTRODUCTION. Ixj 

louse, dont il adopta plusieurs dispositions, par exemple 
Tartide qui ordonnait la démolition des maisons où les 
hérétiques seraient capturés. Cependant c'est à son officiai, 
non à frère Ferrier, qu'il renvoya les hérétiques et autres 
prévenus d'hérésie, sans doute parce que déjà, à cette date, 
Ferrier avait reçu la délégation pontificale. En tout cas, ses 
officiers de justice semblent, à cejte occasion, avoir redoublé 
de vigilance. Quant à lui, il n'hésita pas à venir déposer 
dans le procès de Bernard Othon de Niort (Aude) , de sa mère 
et de ses frères, devant l'évêque de Toulouse, le prévôt de 
Saint-Etienne et l'archidiacre de Carcassonne délégués en la 
cause par le pape. Il n'hésita pas davantage à dire tout ce 
qu'il savait d'eux, et sa déposition nous le montre à Tœuvre 
contre l'hérésie, avec quelle ardeur, le lecteur va en juger. 

HeC est IlfQUlSITIO FAGTA CONTEl B. OtHOREM BT FRITRES 

EJUS ET MATEEM. 

Dominus Archiepiscopus Narbonensis, diocesanus ipsorum, 
testis juratus et interrogalus an suprascripti nobiies sint hère- 
ticorum publid defensores et an sint publiée de heresi infamati, 
et an a catholicis heretici reputentur^ et an maxima pars terre, 
iilorum exemplo, inflci timeatur heretica pravitate, dixit quod 
bec omnia crédit flrmiter et etiam scit. 

Interrogatus quomodo scit, dixit quod sicut diocesanus débet 
scire, et addidit cum scriptura, quam sub eodem tradidit jura^- 
mento, hoc modo. 

Nos P., Dei gratia Archiepiscopus Narbonensis, testiflcamur 
Deo et vobis, domine episcope Thoiosane, et vobis preposito 
ejusdem ecclesie, et vobis archidiacono Garcassone, inquisito- 
ribus datis a domino papa contra matrem B. Othonis et eun- 
dem B. Othonem et fratres suos in facto heretice pravitatis. 

In primis dieimus, sub vigore juramenti, quod ipsa est here- 
tica perfecta et vestita; set modo propter metum hujus inquisi- 
tioais data est sibi liœatia quod comedat carnes, et meiUiatur 



Ixij INTRODUCTION. 

et fodat quecumque voloerit, iU tamen qnod drea latus ipsios 
sta[re]t bereticus qui consolaretur eam, si nocesse esset. 

De B. Olboae et fratribus suis, dicimus quod credentes sunt, 
fàutores et receptatores hereticorum. Omnia ista coustanl nobis 
per veridicam relationem multonun bonorum virorum et reli- 
giosoram. 

Dicimus eliam quod in eastro de Aniorto habitant quinqae 
beretid publiée et aperte in^ofBciis suis, sicut nos manifeste 
diximus sepe B. Otboni et 6. de Aniorto ; et propter hoc non 
fuerunt remoti. 

Dicimus etiam quod in Castro de Dorn[h]a manet Nayarra de 
Cerniano (Gerriano?) et illa domina de Garamanb, et cum ipsis 
bene circa xxx beretid ; ad quod sdendum hoc anno misimus 
exploratores nostros et ita invenimus pro vero esse; et ista 
omnia B. Otbonis et G. de Aniorto nunciavimus, [adidentes] 
quod eosdem nobis redderent; et faoere contempserunt. 

Quid autem apud Lauriacum et apud Belsplas de nunliis 
comitis Tholosani et vestris, domine episcope, factum ftiit et 
abiatione hereticorum et pluribus aliis circa eorumdem foctum, 
vos melius nobis nostis, quando B. Otho apud Gastrum de Viri- 
difolio fuit aliquaJiter vulneratus in fronte nec habuit requiem 
quousque Lauracum venit et habuit ibi congregatos omnes fra- 
tres suos, et postmodum quamplures hereticos ; et ex relations 
multonun bonorum nobis constitit quod ibi publics et aperte 
cum eo multi heretici ftierunt Tisi; quod etiam potestis sdre 
per multos in Castro de Lauriaco; senescallus Garcassone, 
Andréas Ghaulets nomine, habuit unum de illis heretids in 
carœre suo, qui manifeste coram multis dioebat quod ipse Aie- 
rat ibi de mandato B. Otbonis, et quod ipse B. Otho et mater et 
omnes fratres ejus de secta eorum sunt, sicut ex testimonio 
multorum bonorum virorum poteritis lioc sdre; unde ille senes- 
callus, quia circumduoebat illum hereticum, spedaiiter fiiit 
propter hoc proditionaiiter interfbctus. 

Testiflcamur etiam quod B. Otho, petens a nobis consilium 
quomodo posset uxorem quam habet de Gabareto dimittere, 
dixit quod uxorem suam, Novam nomine, feeeret nobis capi in 
caméra sua propria Cum multis bereticis, si propter hoc posset 
dimittere eam. Requisitus quomodo hoc posset fleri, dixit quod 



INTRODUCTION. Ixiij 

c facile, quia die noctuque et oiddI hora in caméra mea eum 
ipsa habitant » 

Audivimus etiam dominum Romanum cardinalem et domi- 
num Garcassone [episcopum] dicentes quod in inquisitiooe que 
facta erat Tholose contra hereticos et credentes, multa fuerant 
sufHcienti fine probata contra B. Olhonem, que in ipsa inquisi- 
tione poterunt inveniri, quam vos, domine episcope, habere 
debetis. Nos etiam in eadem multa enormia legimus de eo ftiisse 
probata. 

Preterea audivimus sepe rixantem dominum Simonem, comi- 
tem Montisfortis, bone memorie, cum G. de Aniorto, viro pre- 
dicte mulieris et pâtre dictorum maiedictorum de Aniorto, 
imperans {corr. : improperantem) ei quod firatrem, vel unum 
filium, vel unam fliiam ad fidem catholicam non con&rmasset, 
qui dicebat se non posse et rogabat eum quod non vexaret eum 
super materia istai asserens quod semper erat in pace extn^ 
domum propriam. 

Testiflcamur etiam quod nos in propria persona venimus 
apud Rocafolium, castnlm illorum de Aniorto-, et ibi inveni- 
mus Esclarmundam, matrem B. Othonis et fratrum suorum, 
nunciantes eîdem quod ipsa minus bene feciebat in flde catho- 
lica, quod volebamus audûre ab ipsa et inquirere utrum nosset 
articulos Qdei, quia multum super hoc fuerat infamata^ que res- 
pondit nobis quod melius credebat in flde quam nos vel onmes 
prelati de mundo; et nunquam aliter respondit nobis; et sic 
supra modum ditnisimus eam iratam^ 

Cette déposition écrite paraîtra curieuse. Le meurtre 
d'André de Chaulet ou Calvet, qualifié sénéchal de Carcas- 
sonné, u*a pas sans doute échappé à Thistorien de la pro- 
vince^ Mais nous y voyons, en termes explicites, que les 

1. Doat, XXI, fol. 34-35. L'orthographe de la pièce défigurée 
par le copiste a été ramenée aux formes du xm« siècle. 

2. D. Vaissète, Hist, génér, de Languedoc, VI, p. 659, d'après 
Guillaume de Puylaurens, Chronicon, cap. XL : c In illis autem 
dieburs fuit înterfectns Andréas Galveti, miles strenuu^ senescal- 
lus Régis interceptus ab hostibas in bosco qui dicitur Gentenâi- 



Ixiv INTRODUCTION. 

Niort avaient trempé dans ce crime, et par là nous compre- 
nons rimportance qu'on attacha à leur poursuite, sans 
compter qu'ils avaient toujours appartenu à Thérésie, dont 
ils partageaient les vues ambitieuses : il est trop clair qu'en 
soupçonnant et écartant la foi professée par le sacerdoce, 
elle voulait se substituer à l'Église. Quant à B. Othon, il 
n'était qu'à moitié convaincu. Il faisait bon marché de ses 
frères en hérésie, qu'il eût livrés gaiement pour se défaire de 
sa femme Nova. Il se considérait comme leur prisonnier; 
et comme Simon de Montfort lui reprochait de maintenir en 
dehors de la foi catholique son frère, son fils ou même sa 
fille, il lui répondit qu'il ne pouvait faire autrement. 

Cette déposition paraîtra curieuse encore parce que Pierre 
Amelius y soulève lui-même un peu le voile qui , malgré 
tout, le cache aux yeux de l'histoire. En relation avec 
Simon de Montfort avant son élévation à l'épiscopat, il 
partagea son ardeur contre Thérésie; archevêque, il eût 
voulu la refouler loin du Narbonnais. C'est avec une sorte 
de curiosité inquiète, relevée chez lui par la conscience d'un 
grand devoir, qu*il en suivait tous les mouvements pour 
mieux l'atteindre, et peut-être est-ce à lui qu'il fout faire 
remonter l'arrestation d'Alasac, un hérétique de marque, 
remuant et trop écouté. Archevêque dès 1226, c'est cepen- 
dant après le concile de Toulouse qu'il mit eu œuvre ses 
immenses ressources de zèle ; s'il s'engagea dans des qu^ 
relies pénibles avec le Bourg et le vicomte de Narbonne, ce 
fut pour faire triompher la liberté de l'Église; en soute- 



ria. » Ce meurtre arriva en 1230. D. Vaissète a eu tort, on le voit 
par la déposition de Tarchevôque, de faire d'André Galvet un 
sénéchal de Toulouse. Cf. M. Petlt-Dutaillis, Éttuie sur la vie et 
le règne de Louù Vlll (1187-1226), p. 318, note 7 (Paris, Bouillon, 
in-8», 1894). 



INTRODUCTION. Ixv 

nant la fondation, depuis plusieurs années entravée, du 
couvent des frères Prêcheurs, il n*eut d'autre but que d'as- 
surer des défenseurs à la foi et d'organiser des troupes contre 
un ennemi déjà séculaire. Il n'est dès lors nullement sur- 
prenant qu'il ait regardé toute l'œuvre de son épiscopat 
conune ruinée par le meurtre des inquisiteurs à Âvignonet 
(1242); bien que ce lieu se trouvât dans le diocèse de Tou- 
louse, il n'hésita pas à fulminer l'exconununication contre 
ceux qui avaient tué les inquisiteurs in Tolosa et diocesi 
Tolosana. Bien plus, il frappa comme fauteurs d'hérésie le 
comte de Toulouse et quelques-uns des plus puissants 
barons du pays, le comte de Comminges, le comte de Rodez, 
Olivier de Termes, Aymeric de Clermont, Pons de Ville- 
neuve, Pons d'Olargues et quelques autres. Enfin, il excom- 
munia tout habitant du Minervois, du Narbonnais, du 
Bazès et du Termenés qui désormais recevrait des héré- 
tiques (21 juillet 1242) ^ Cette mesure, grave sans aucun 
doute, puisqu'elle frappait des hommes considérables avec 
lesquels il fallait compter et qu'elle pouvait atteindre des 
contrées entières, nous donne la note de cette âme ardente, 
qui, à cette heure, unissait dans la même pensée les intérêts 
« de l'Église et du Roi, » puisqu'il sévit contre tous ceux 
qui adhéraient au comte de Toulouse « in prejudicium 
Ecclesie et Régis. » La .sentence produisit son effet, au 
moins en ce qui r^arde Raymond Vil, qui dut mériter de 
se faire relever de l'excommunication* par son dévouement, 
apparent du moins, au pape Innocent IV^. En un mot, 

1. Hist. génér. de Languedoc, VUI, col. 1090, 1091. 

2. Ibid., col. 1145-1146. Trésor des chartes, J. 306, original 
(14 mars 1244). 

3. Voy. l'ouvrage de M. Élie Berger, Saint Louis et Innocent IV, 
p. 14 et suiv., p. 68 et suiv., p. 127, p. 145 et suiv., etc. (Paris, 
in-8*, Thorin, 1893). 

ç 



Ixvj INTRODUCTION. 

tous les documents que nous ayons nous montrent Tarche- 
yêque Pierre Âmelius ab8(»*bé par les pressants besoins de 
la situation actuelle, troublée et inquiétante, à laquelle il 
s'efforça de parer jusqu'à sa mort (20 mai 1245). 

Son successeur, Guillaume de la Broue (1245-1257), con^ 
tinua cette tradition, qui paraîtra peut-être s'inspirer d'une 
rigueur excessive. Gela serait particulièrement vrai s'il 
nous était loisible de lui attribuer en toute certitude la 
réponse à une consultation des inquisiteurs que le copiste 
de Doat a mise à tort sous le nom d'Arnaud, archevêque de 
Narbonne, lequel ne pourrait être qu'Arnaud Amauri, pré- 
cédemment légat, mort en 1226, avant l'établissement de 
l'Inquisition. Je serais assez porté à écarter, mais pour une 
autre raison, Pierre Amelius, car il y est question de dépo- 
sitions faites aux inquisiteurs précédents, et surtout il y est 
remarqué que les prévenus se plaisaient à dire qu'ils 
n'avaient pas à répondre sur des faits remontant à vingt 
ans, sans doute parce qu'à leurs yeux l'Inquisition ne 
devait connaître que des délits commis depuis son établisse- 
ment. Et si l'on songe que les évêques la faisaient remonter 
non au concile de Toulouse, mais à la bulle de Qrégoire IX» 
conférant au provincial des frères Prêcheurs le pouvoir de 
donner à ses religieux la délégation inquisitoriale, il ne 
paraîtra pas trop téméraire de placer vers l'année 1253 ou 
1254 la réponse à la consultation des inquisiteurs, et, dans 
ce cas, elle sera de Guillaume de la Broue. 

Voici cette pièce inédite, qui, quel qu'en soit l'auteur, 
présente un réel intérêt : 

Arnaldus {carr, : Guillelmus), Dei gratia sancte Narbonensis 
ecclesie archiepiscopus, inquisitoribus berelîce pravitatis, etc. 
Consultationi vestre super facto Alberti de Hontecogul sic duxi- 
mus respondendum quod, si constat vobis quod post bereaim 



INTRODUCTION. Ixvij 

abjuratam in eandem relapsus fuerit, credimua, jiuta 4^reta- 
lem Ad abolendum\ etc., illos quoque^^ ipsum, aine audientîa, 
seculari curie relinquendum. Si vero non constet quod beresim 
abjuraverit et postmodum rediens in eandem vere relapsus dici 
possit, ex quo in beresi deprebensus est et tociens de hereai 
condempnatus, nec etiam, ut asseritis, adhuc plene confiteatur, 
si talia per testes idoneos ultra suam confeasionem inveniantur 
probata contra eum, de quibus verisimile sit eum maliciose 
tacere, credlmus eum bereticum judicandum. 

Item, si plene suam beresim confiteatur et promiltat se 
mandatis ecclesie in omnibus subjacere, ex quo deprebensus 
est in heresi credimus, juxta Decretalem Excommunicamus^, 
eum in perpetuum carcerem detrudendum, maxime tempore 
(corr. : si forte) sua subterfugia et scelera [sint] manifesta. 

Girca illos vero qui dicunt se alias suas faereses veteres con- 
fessos fuisse aliis inquisitoribus, si modo confessiones biyua- 
modi baberi non possunt per ipsos inquisitores, vel alias, et 
dicte persone dicunt se non recordari de commissis, sic credl- 
mus distinguendum, quod, si predicte persone sunt suspecte et 
de heresi înbmate, juxta qualitatem personarum per durum car- 
cerem et vitam artam est ab eis confessio extorquenda ; et si 
sic extorqueri non potest, ex quo confitentur quod olim hereaes 
suas confessi fuerint, eum presumatur quod per maliciam veri- 
tatem occultent, nec appareat quod penitentiam receperint, 
credimus eos ad crucem vel carcerem condempnandos, sicut dis- 
cretioni vestre et qualitati negocii videbitur expedire. 

Illos vero qui a xx annis supra vel circiter possunt probabi- 
liter de beresi convinci, non credimus pretextu temporis posse 
excusari quin procedatur contra eos ad crucem vel ad carcerem, 
prout qualitas seu quantitas delicti hoc requiret. 

Contra illas vero personas que in morte fuerint hereticate vel 
ab bereticis consolate, non obstante nobilitate vel potentia ali- 
qua, rogamus et consulimus quod sine acceptione persone viri- 

1. Décrétai. Gregor. IX, lib. V, tit. VII, De haireticis, G. 9. 

2. Ibid., Cqrpus juris oanonid, Pars secunda (t. Il), col. 78i, 
éd. de Friedberg. Leipzig, i88i. 

3. Décrétai. Gregor. IX, lib. V, tit. Vil, De haereticis, G. 15. 



Ixviij INTRODUCTION. 

liter, quantum seeundum Deum et justiciam ac rormam inqui- 
sitionis poteritis, procedatis. 

Item^ domini qui commissa hereUcorum redpiunt et bailivi 
eoruin, ex quo emolumentum magnorum et divitum recipiunt 
compelli possunt et debent, ut et ipsorum et pauperum onus 
portent. 

Datum Narbone, iim kls. januarii^ 

Cette réponse à une consultation d'inquisiteurs qui restent 
inconnus provoque deux ou trois réflexions. D'abord, pour 
suivre l'ordre adopté par l'archevêque de Narbonne, la for- 
mule seculari curiae relinquendum avec la conséquence 
pénale que l'on sait est empruntée à la Décrétale Ad abo^ 
lendanij qui, je le rappelle ici, fut édictée par Lucius m 
au concile de Vérone en 1184'. Et cependant on l'attribue 
généralement à l'Inquisition qui, dans la réalité, s'est bor- 
née à en faire usage. Elle ne l'a pas inventée. 

Ensuite^ la Décrétale ExcommunicamuSj prononçant 
la prison perpétuelle, a pour auteur Grégoire IX, et Ray- 
naldi n'a pas hésité à la placer à l'année 1229^. Personne 
ne songera donc à dire que la prison perpétuelle ait été une 
peine propre à l'Inquisition. Elle frappait d'une manière 
générale l'hérétique. Et même nous avons quelques sen- 
tences d'inquisiteurs condamnant à la prison temporaire, 
contrairement à cet esprit. 

Enfin, il n'est ici parlé que de la prison et des souffrances 

1. Doat, XXXI, fol. 57-59. 

2. Jaffé, 9635. Frédéric II plus tard (1224) prononça contre 
l'hérétique la peine du feu avec cette aggravation qu'il aurait la 
langue coupée. (Huillard-BréhoUes, Historia diplomatica Frideriei 
secundi, t. II, p. 421, in-4o. Paris, Pion, 6 vol., 185Î-1861.) 

3. Ad an. 1228, § 37; Potthast, 9675, cf. 8445. Anathéme 
renouvelé en 1231. Les Registres de Grégoire II, n» 539 (publiés 
par M. Auvray). 



INTRODUCTION. Ixix 

de la détention employées comme moyens d'obtenir Taveu, 
et de ces moyens on fait encore un large usage. La torture 
apparaît dans ce document, quin procedatur contra eos 
ad crucem. Mais j'aurai l'occasion de revenir sur le sujet 
de la torture, et je passe à une autre consultation et à la 
réponse qui la suivit. 

Cette consultation eut pour auteurs les inquisiteurs Ber- 
nard de Caux et Jean de Saint-Pierre, dont je publie ici 
les sentences connues. Plusieurs cas actuels les troublaient ; 
ils ne savaient comment les résoudre ni quelle issue ils 
devaient donner à tel procès engagé. Cet embarras venait 
en partie de ce que plusieurs des registres du tribunal, 
contenant des dépositions antérieures, avaient été dérobés 
et livrés au feu, par exemple à Caune et k Avignonet. Les 
prévenus avaient trouvé commode et facile de taire la 
vérité. On n'avait plus la preuve que tel fut mort ou non 
dans l'bérésie, et on ne savait pas s'il fallait ou non pro- 
noncer l'exhumation. Voici la réponse de Guillaume de la 
Broue, du 1*' octobre 1248 : 

G., Dei gratia sancte Narbonensis ecclesie archieplscopus, 
viris religiosis fratribus ordinis Predlcatorum B. de Gautio et 
Johanni de Sancto Petro, inquisitoribus heretice pravitatis in 
provincia Narbonensiauctoritateapostolicaconstitutis, salutem 
in Domino Jhesu Gbristo. — De Petro Guillelmi, de Aniorto, et 
uxore ejus, Amaldo Sabaterii et Rixenda, uxore ejus, Guil- 
lelmo Arnaldi penchenerio et Guilielma, uxore ejus, etc., quo- 
rum quidam in culpam labis beretice abjuratam relapsi, qui- 
dam cum prius culpis suis exigentibus dampnali fuissent, ad 
cor postmodum redeuntes se mandatis Ecclesie subjecerunt, 
quidam cum in memorato crimine deliquissent in tantum quod 
credentes eorum possent merito judicari citati post combustio- 
nem librorum generaliler nequaquam infra terminum assigna- 
tum curaverunt venire, quidam veritatem de qua vobis vel per 
testes vel per confessiones proprias ex libris combustis, aut 



IXX INTRODUCTION. 

penitentiarum, aut aliis aetis ioqaisitionis eonstare pofest, sop- 
pressisse inventi sunt, consulimiis, si corde eontriti pleoaB 
veritatem de se dieentes et alias bumiliter ad eodesiasUcam 
redire unitatem et vestris voluerint obedire mandatis, eos juta 
mandatum apostolicum in perpetuo carcere detrudatis; qood 
si forte, oblata eis légitime derensioDls copia, se non defende- 
rinty aut contumaciter vestris renuerint obedire mandatis, eos- 
dem bereticos judicantes seculari judldo relinqnatis. Gonsoli- 
mus etiam ut (carr. quod) quantumcumque colpabilem in dido 
crimine quemquam inveneritis, si Tobis signis oonveraoDÎs 
ejus et peuitentie in une babitis canonice eonstare poterit, ad 
ipsius defuncti condempnationem nullatenus procedatis, set ab 
eis ad quos bona devenerint ejusdem, acsi ipse vobls confessus 
decessisset penitentia non injuncta satisfactionem oongruam 
exigatis. Canonice autem de signis eonstare intelligimus, si 
confesser deposuerit quod ei confessus fuit deflinctus se in 
dicto crimine deliquisse, vel si, confessoris ejusdem testatione 
incendie librorum vel aliter amissa, ipso confessore mortuo, 
notarius qui eam receperal juraverit ipsum confessorem in for- 
mam deposuisse predictam. Datum Narbone, Us. octobris, 
anno Domini M^CC^XLVIIP*. 

On remarquera sans doute la modération ou même la 
douceur de la partie de cette consultation relative aux 
exhumations. Pourrait-on en conclure que Tarchevâque 
de Narbonne, qui n'aurait écarte cette peine qu*à la con- 
dition de se mettre en opposition avec le droit en vigueur 
dans les deux juridictions ecclésiastique et séculière, ks 
voulait aussi rares que possible ? Il semble ne pas avoir été 
indifférent aux impressions de la foule et à l'effet produit 
sur l'opinion. Et, pour ce qui le regarde, on peut dire qu'il 
s'entoura de précautions minutieuses, autant par amour de 
la justice que par besoin de paix. 

Nous avons de lui une sentence qu'il prononça, le25 jan- 

I. Doat, XXXI, fol. 149-150. 



INTRODUCTION. Ixxj 

yier 1251, dans fion église cathédrale^ et par laqudle il 
condamna à la prison perpétudle deux fenunes yaudoises du 
Bourg de Narbonne. Ranarquez qu'archevêque, il avait 
la juridiction ordinaire, et c'est en vertu de sa qualité de 
juge ordinaire, ex jurisdictione ordinaria^ qu'il instrui- 
sit leur cause. Cependant il adopta la procédure du juge 
délégué, en un point qui avait dés lors à ses yeux une 
sérieuse importance. Les sentences des inquisiteurs de cette 
date contiennent cette formule : c(ymmumcato multorum 
praelatorum et aliorum virorum consilio ; mais elle reste 
invariablement aussi simple et sommaire. Dans la sentence 
rédigée par Guillaume de la Broue, elle est au contraire 
analytique, et par là même fort instructive : Assidentibus 
nobis venerabilibus B. abbaie Sancti PauUi Narbone, 
P^. Narbonensij B. CorbaHensi, magistro Helya Red- 
densi archidiaconis , S. Amelii precentore ecclesie 
Narboheruis, S, Johannini sacrista, Br. de Narbona 
sticcentore Narbone, et B. precentore Sancti PatUi 
Narbone. Voilà les tnW que l'archevêque a consultés, et 
c'est d'après leur avis qu'il rend la sentence : de ipsorum 
et aliorum sapientum et bonorum virorum consilio. 
Les inquisiteurs ne devaient pas, ne pouvaient pas pronon- 
cer seuls; ils faisaient appel aux lumières diocésaines. Au 
premier abord, on serait assez porté à croire que cette dis- 
position fut adoptée pour ménager l'autorité du juge ordi- 
naire, qui avait droit à tout respect et qu'on ne pouvait 
récuser. Il y avait, ce semble, une autre raison. Si la 
consultation fut admise comme une règle dans les tri- 
bunaux de l'Inquisition, c'est sans doute à cause de la 
nature du délit. Il importait de ne pas se méprendre sur 

1. Hist. gêner, de Languedoc, VIII, col. 1272, 1273. 



Ixxij INTRODUCTION. 

chaque cause, sur la gravité ou même l'existence de la faute 
commise contre la foi et Tunité de 1* Eglise, sur la peine ou 
pénitence qu'elle comportait. Il est intéressant de voir que 
le principe de la consultation fut introduit dans les tribu- 
naux épiscopaux pour de semblables cas, mais seulement 
après rétablissement de l'Inquisition, comme si la nouvelle 
juridiction, en forçant l'attention, eût obligé à plus de pru- 
dence. 

Les inquisiteurs adressèrent encore des questions à un 
autre archevêque de Narbonne, Gui Fulcoy (1259), le 
futur Clément IV (1265-1268). Il ne faut pas s'en étonner, 
car bien des points restaient incertains, même après les 
décrétales des papes, et ils désiraient ne pas s'écarter de 
l'esprit des règles posées. L'archevêque de Narbonne était 
appelé par sa haute situation à résoudre les doutes. Il n'est 
que juste d'ajouter que Gui Fulcoy, très apprécié par saint 
Louis, jouissait comme juriste d'une solide réputation. Sa 
dignité et ses mérites personnels le désignaient également. 

Nous avons de lui quinze Quaestiones que Caréna a lon- 
guement commentées au xvn^ siècle^ : conflit de juridiction, 
temps de grâce^ et comparutions spontanées, entretien des 
inquisiteurs et de leurs notaires, délégation, changement de 
domicile, absents, hérétiques morts avant la pénitence, 
témoins, etc., etc., tels sont les principaux points abordés ; 
ils le furent avec une compétence remarquable. 

Les réponses faites par Gui Fulcoy aux questions posées 

i. TractatiLS de officio sanctissimae inquisitionis , p. 469-504 
(Lyon, in-4o, 1649). — On trouve dans le Vat. lat. 3978 et dans 
Doat, XXXVI, fol. 204 et suiv., une copie des QuaesHonet de 
Gui Fulcoy. 

2. Le temps de grâce assurait Pimpunité en ce qui regarde la 
mort, la prison et la confiscation des biens : observatur impunitas, 
mortis videlicet, carceris et confiscationis. 



INTRODUCTION. Ixxiij 

li par les inquisiteurs n'avaient pas à ses yeux la valeur d*une 
décision d'autorité ; il ne voulut pas leur donner cette impor- 
tance ; c'est le docteur privé et non le juge qui parle : 
Sponte judicio meo redeunt, Consulerem quod. Credo 
de jure canonico passe pronunciari, etc. Mais elles se 
distinguent par la netteté des solutions et la force des rai- 
sonnements abondamment documentés. Tout y est rigou- 
reusement précis. Nul doute que les inquisiteurs s'en soient 
inspirés. 

Bernard de Farges (1311-1341), le dernier des arche- 
vêques de Narbonne dont j'aie à parler ici, nous transporte 
au temps du concile de Vienne où Clément Y publia la 
•constitution Multorum querela, ordonnant entre autres 
choses que la poursuite inquisitoriale se ferait désormais tant 
per dioecesanos episcopos quam per inquisitores a sede 
apostolica deputatos^. C'est sans doute pour se conformer 
à cette règle que Bernard de Farges nomma successivement 
inquisiteurs pour la ville et le diocèse Jean de Beaune {de 
Belna), des frères Prêcheurs, Bertrand d'Auriac et Hugues 
de Badafolio, officiai de Limoux, puis Germain d'Alanh 
(de Alanhano), archiprêtre de Narbonne et curé de Capes- 
tang (Hérault), qui, comme commissaire diocésain, approuva 
les lettres d'absolution concédées par Jean du Prat, inquisi- 
teur, à Jean d'Avignon, cardeur de draps de Narbonne S 
prononça des exhumations^ et autres sentences^ ou même 



1. Glementinanim iib. V, tit. III, De haereticis, G. 1. 

2. Les lettres sont du {•' mars 1325 (n. st.), Garcassonne, et 
l'approbation du 12 mars suivant, Sigean (Doat, XXVIII, 
fol. 171-174). 

3. Doat, XX VU, fol. 99 A 107, 132, 133. 

4. Doat, XXVU, fol. 134-135 (11 décembre 1328), fol. 109-112, 
i28-130, 131-132, 245 vo-247. 



Ixxiv INTRODUCTION. 

dëlégaa ses pouvoirs déjugea D'autres commissaires farent 
encore nommés par l'archevêque avec mission d'assister à 
divers sermones où le sort d'hérétiques narbonnais devait 
se décider. Quant à lui, entouré de ses officiers, il tint un 
sermo solennel à Narbonne, dans le cimetière Saint-Félix, 
le 11 décembre 1328, et, dans cette circonstance, il pro- 
nonça des grâces, excommunia, conmie c'était l'usage, tous 
ceux qui pourraient oser faire obstacle à l'Inquisition et 
reçut le serment du vicomte Aymeric de poursuivre les 
hérétiques^. 

b. Les évéques de Totdouse, Les sources historiques, 
dans leur état actuel, ne présentent que trois évêques de Tou- 
louse dont l'influence se soit fiait sentir dans la poursuite de 
l'hérésie : ce sont Foulques, Raymond du Falga et Bertrand 
de l'Ile ; il est vrai qu'avec ce dernier nous descendons jus- 
qu'à l'année 1286. 

La conduite de Foulques (1205-1232), le célèbre ami de 
saint Dominique, revêt deux aspects bien marqués, en appa- 
rence assez différents, qui cependant se fondent dans l'unité 
du but, je veux dire la destruction de l'hérésie considérée 
comme le grand mal de l'époque. Les pièces les plus 
anciennes nous le montrent en rapport avec les hérétiques, 
fort nombreux assurément dans son diocèse. Alors, il n'est 
préoccupé que d'une chose, non les poursuivre, mais les 
réconcilier avec l'Église, et cela bien avant le concile de 
Toulouse. De tout temps, l'hérésie avait été tenue par la 
société chrétienne comme une faute publique, qui mettait le 
coupable en guerre contre eUe. La faute appelait une péni- 

1. Doat, XXVn, fol. 137. 

2. Doat, XXVn, fol. 124-127. Cf. mon mémoire : la PormuU 
fl Cammunicato bonorum virorum consilio i des sentences inquisi- 
torieUes, 



INTRODUCTION. Ixxv 

tence, moyennaDt laquelle la réconciliation était accordée.' 
Foulques s'inspira de ces règles et de cet esprit ; îl le t^viva 
même. Les documents certainement incomplets ou trop rares 
qui nous sont parvenus fournissent cependant, en assez grand 
nombre, des exemples de réconciliation canonique faite par 
Foulques. Deux de ces réconciliations sont datées : ce sont 
la pénitence imposée à dame Bruhissen en 1210^ et la 
réconciliation de Bernard de Saint-Martin en 1226 2. Les 
autres appartiennent aux temps précédant le concile de 
Toulouse ; j'en ai relevé jusqu'à huit^ dans les seules déposi- 
tions ou aveux reçus en 1245 et 1246, à une époque où 
beaucoup de « témoins » n'étaient déjà plus, et pour le 
sud du diocèse de Toulouse seulement. Il y eut beaucoup 
d'autres réconciliations; nous en connaissons quelques-unes 
qui furent opérées par saint Dominique*. Que d'autres dont 
le souvenir s'est perdu ! 

1. Bïbl. de Toulouse, ms. 609, fol. Ii8 v». 

2. Ibid., fol. i73. 

3. Foulques réconcilia Raymond Gleize {de EccUsia) de Renne- 
ville (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 55 v<>), Etienne Scolar 
(ibid., fol. 70), Olivier de Guc, chevalier, qui se fit hospitalier 
(ibid., fol. 97 yo), Raymonde, mère de B. Borrel de Labécède 
(ibid., fol. ii9), Ermengars, fille de Bernard de Saint- Félix 
(ibid., fol. 198 y»), Raymond Martin, de Damiac (ibid., fol. 208), 
Bernard Blanc, de Gambon (Tarn) (ibid., fol. 243), Pons Vital, de 
Baziège (ibid., fol. 59). Il faut joindre à ces exemples ceux de 
Bemarde Targueira, épouse de Pons Gran (Doat, XXII, fol. 2), et 
de Matfred de Paulhac, qui avait été quatorze ans hérétique 
« revêtu à Verfeil (Doat, XXII, fol. 58). Foulques aurait voulu 
réconcilier Nadal, frère de Willem Raymond de Vaudreuille, 
mais cet hérétique s'enfuit devant lui (Bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 232 v»). Les pénitences imposées par Foulques étaient le jeûne 
le plus ordinairement. 

4. Saint Dominique avait réconcilié dame Segure du Mas- 
Saintes- fuelles (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 20 v»), dame 
Ermengart, du même lieu (ibid.), dame Raymonde, du même lieu 



Ixxvj INTRODUCTION. 

Quels résultats au point de vue de la lutte contre rhèréûe 
produisirent ces réconciliations? Foulques dut les juger 
insuffisants. Ils étaient, en tout cas, individuek; ils man- 
quaient de ce caractère d'ensemble et de cet esprit de suite 
qui accompagnent toute grande influence. Cela explique an 
peu qu*il ait joué un rôle prépondérant au concile de Tou- 
louse. Guillaume de Puylaurens ne signale pas d'autre 
évêque, qui, à son exemple, ait produit des témoins; et si 
Texamen des dépositions revint aux évêques, mises par 
écrit, elles furent confiées à sa garde ; il les centralisa tontes 
ut sic passent multa brevi tempore expedire^. Nous 
pouvons donc assurer qu'il donna la main aux premières 
poursuites. Il se montra partisan résolu de la répressioD. 
Cest peut-être pour ce motif que le légat assembla le con- 
cile dans sa ville épiscopale. Il trouva en lui un appui éner- 
gique et un auxiliaire convaincu. 

(ibid., fol. 22 v«), P. Baudriga de Lasbordes (Aude) (ibid., 
fol. 114 v«), Saura, fenune de Willem Bonet, de Villeneuve-li- 
Comtale \Aude) (ibid., fol. 143 r»), Willelme Martine, veuve de 
Willem Lombard, de Fanjeaux (Aude) (ibid., fol. 160 r^, dsme 
Covinens, de Fanjeaux (ibid., fol. 161 r«), Amaude de Frémiac, 
veuve d'Armand de Frémiac jibid., fol. 160 v«), Pons Autier, de 
Villepintc (Aude) (ibid., fol. 179 \«), Pons Marcel, de Dram (Aude) 
(ibid., fol. 18'.) r«K Willem Autier, de Villepinte, qui hablu 
quelque temps Ga$telnaudar>* libid., fol. 251 r»), Marquèse, tenTe 
de IVrtrand de Prouille (Doàt, XXIII, fol. %). Nous avons lei 
leures de pénitence que saint Dominique accorda à Pons Roger 
(Hibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 394 r«; publiées par Quétif et 
Kohanl, Scripiorcs or,i. Praed., I, p. 8, par Mamachi, MonwnifUa, 
Instr., XVllL et par le P. Dalme, Cartulaireou histoire dtfptotruk 
U*^uc iU saint Hominùiue, p. 186). L<e manuscrit de Gombefôit 
lmonast^^e de Prouille» ooationt la copie de la permission accor- 
dtv par saint Hominiquo à Guillaume d'Auterive ^Haute-Garonne), 
d'avoir ol do garder chez lui Guillaume Hugoiion, auparavant 
iieroiiijue t n^vêtu ». 
l. rAri)nii\)M. oap. X.L, 



INTRODUCTION. lixvij 

^ Son successeur, Raymond du Falga de Miremont (1232- 
é 1270), précédemment prieur provincial des fîrères Prêcheurs 
ai et qui, avec Foulques, avait, après ses aveux, infligé la 
m pénitence canonique à Raymond-Martin de DamiacS ne 
d mollit pas , il s'en faut. Cependant , on serait peutr-être 
^ injuste à son égard, si on le jugeait seulement par la con- 
m damnation qu*il porta contre une femme hérétique le jour 
b' même où l'on célébra à Toulouse la première fête de saint 
f Dominique qui suivit sa canonisation '. S'il opéra des arres- 
^ tations^, s'il retint des prévenus dans ses prisons^ et enten- 
I dit des aveux ^, il opéra aussi des réconciliations*; il ne se 
y montra pas trop rigoureux dans les peines qu'il infligea ; 
j nous le voyons imposer des croix simplement (croix extè- 
^ rieures, posées sur le vêtement)'', même à des hérétiques qui, 



I 



ayant précédemment reçu la pénitence, eussent pu être 
traités avec moins de modération ; car, qui eût empêché de 
les assimiler à des relaps ? Je cite comme exemple Willem 

i. • Anne Oomini M« GG® XL® V, vu idus julii, Ramundus Mar- 
tini, de Damiaco, quondam hospitalarius hospitalis de Regina, 
quod est inter Vaseiam et Avinionem, testis juratus, dixit quod 
quadam die cum esset in dicto hospitali positus et institutus, vene- 
runt ad ipsum duo heretici qui rogaverant ipsum quod ostenderet 
eis viam versus Montem Esquivum; quod et fecit, licet sciret 
ipsos esse hereticos; et sunt xx anni. Et de hoc fuit sibi injuncta 
penitentia a bone memorie Fulcone, episcopo Tholosano et a fra- 
tre Ramundo ordinis Predicatoram, priore provincial!, qui nunc 
estepiscopusTholosanus. i (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 208.) 
Cette déposition est de 1245. Mais le fait délictueux et la péni- 
tence remontaient à 1220. 

2. Guilhem Pelhisso, Chronicon, p. 97, 98 (éd. Douais). 

3. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. i v», 58 v». Cf. fol. 64 v*». 

4. Ibid., fol. 59 v*». 

5. Ibid., fol. 70, 87. 

6. Ibid., fol. 70. 

7. Ibid., fol. 20, 20 v*, 21, 22 v*, 183 v*, 184. 



Ixxviij INTRODUCTION. 

Gasc, dame Segure, autrefois récondliéB par saint Dobi- 
nique^ J'ai eu déjà l'occasion de mentionner les deaxooi- 
missions pontificales dont il fut honoré ; la première avtf 
pour objet la révision du procès des Niort et la seconde li 
délivrance de prisonniers ; et nous Tavons ya se joisàt 
aux évêques du haut Languedoc qui demandèrent an pip 
Innocent lY que la liberté la plus large fCit laissée auxfinin 
Prêcheurs de poursuivre les hérétiques. Innocent lY, ft 
travailla activement à pacifier le Midi, le proclama k pro- 
tecteur et le défenseur de l'Inquisition^. Cependant, ap» 
Tannée 1252, où il assiste, à Montauban, à la promulgato 
des Statuts contre les hérétiques que Gui Fulcoy et Alfinse 
de Poitiers viennent d'arrêter, il s'efiEace ; et pendant ta 
dix-huit ans d'épiscopat qui lui restent encore, il seUoUeie 
réfugier dans l'inaction. Probablanent, on mit des entraTes 
à son zèle ; et, sans aucun doute, la triple accusation de 
fratricide, de simonie et d'infamie portée contre lui devant 
Urbain IV^ fut loin de l'aider. Il eut delà peine à écarter 
tout soupçon^; cette grave afiaire absorba les dix dernières 

1. Bibl. de Toulouse, ms. 609, foi. 20 v», 22 v«. 

2. Gall. christ,, XIU, c. 27. 

3. GalL christ., XUI, c. 28, 29. Cf. Reg. de CUmerU JV, n9 7S7 
(publiés par M. Jordan). 

4. On ne peut mettre que sur le compte de ses préoGCupatiom, 
certes légitimes, ses consultations auprès d'un devin de marque, 
Raymond Dupuy, de Sorèze, si nous devons en croire ce devin 
lui-môme. D'ailleurs, il paraît que les consultations de ce genn 
n'étaient pas une chose rare, même de la part des haute digni* 
taires de TËglise. On va en juger par les dépositions eUes-mèDMi 
de Raymond Dupuy, le 5 juin et le 4 septembre 4277. 

« Anno Domini M? GG» LXXYIIo, die sabbaii post festnffl 
Sanctorum Marcellini et Pétri, Raymundus de Puteo, de Sorici- 
n[iJo, constitutus in judicio, testis juratus, etc., recognovit quod 
ipse juravit fratribus Johanni et Reginaldo de Garnoto, quondtm 
inquisitoribus, quod ipse deinceps non servaret auguria nec 



INTRODUCTION. Ixxix 

JW années de sa vie et le détourna de la poursuite contre 
«k Fhérésie. 

mt daret consilium alicui persone, nec officie augurie uteretur uUo 
modo. Interrogatas si postea servavit auguria, dixit quod sic. 
^^ Bequisitus quotiens, dixit quod non recordatur. Requisitus 
If quibus personis inde postea consuiuit, dixit quod piuribus cleri- 
|t| ciSf et religiosis et laicis. laterrogatus de personis, [dixit] quod 
domino Guillelmo Araaldo, quondam episcopo Garcassonne, 
' domino P. Raymundi, quondam abbati de Soricin[i]o, domino 
i| Uzalgercio, quondam abbati Electensi, et piuribus aliis tam cle- 
|l ricis et religiosis quam laicis de quibus modo non recordatur. — 
' Item, requisitus quotiens consuluit domino episcopo, dixit quod 
^ semel tantum. Requisitus super quo facto, dixit quod super qua- 
\ dam infirmitate. Requisitus de loco ubi fuit locutus cum eo, 
î dixit quod inter Saxiacum et Soricin[i]um in loco ubi vocatur al 
fau de Portel; et venerat ibi de quodam castre suo quod vocatur 
^ Lupateria ; et fuit nuntius ipsi testi ex parte episcopi Petrus de 
1^ Podio Siurano, de Saxiaco, postea defunctus. De tempore, dixit 
f quod sunt xn anni elapsi yel circa. De personis, dixit quod plu- 
. res erant cum episcopo qui viderunt ipsum episcopum loquen- 
tem cum ipso teste in loco predicto. Set crédit ipse testis quod 
' ignorabant de quo ioquebantur. Item, requisitus quotiens consuluit 
predicto abbati Soricini[i], dixit quod quater et piuries. Requi- 
situs super quo, dixit quod super electione que facta erat in abba- 
tem Grassensem de ipso ; et dixit ei quod obtineret, et obtinuit. 
De tempore, dixit quod sunt x anni vel plures. De loco, dixit 
quod apud Soricin[i]um. Requisitus de personis, dixit quod nuUus 
alius audivit. Item, requisitus quotiens consuluit supradicto abbati 
Electensi, dixit quod bis requisitus; super quo negotio, dixit 
quod super discordia quam habebat cum domino Olivario de Ter- 
minis. Dixit etiam quod predicto abbati Electensi consuluit quod 
componeret de predicta discordia. Requisitus de loco, dixit quod 
apud Brugairolas in Redesio. Requisitus de tempore, dixit quod 
sunt xn anni vel circa. Requisitus de personis, dixit quod nuUus 
alius audiebat. — Item, interrogatus si habet aliquem librum de 
auguriis, dixit quod habet unum tantum qui incipit : Si vols saber 
que es cofres. — Item, dixit quod predictus liber est coopertus 
coopertura de vitulo rubea pilosa; et in fine libri loquitur de 
observatione ventorum. 
fl Hec deposuitTholose, coram fratre Pontio de Parnaco, inqui^ 



Ixxx INTRODUCTION. 

Son successeur, Bertrand de Tlle (1270-1286), esprit 
cultivé, très ferme sur les droits de TÉglise et la liberté 
ecclésiastique, consacra son épiscopat à la construction de 
Sainte-Etienne, son église cathédrale ; il y employa sa for- 
tune, et c'est à lui que nous devons les quatorze belles cha- 
pelles qui se développent majestueusement dans les collaté- 
raux nord et sud du chœur. Les documents sont à peu près 
muets en ce qui regarde ses rapports avec les hérétiques. 
Un seul nous en entretient un peu, c*est la déposition d'Ar- 
naud Cimordan, de l'année 1276. Il s'était échappé des pri- 
sons de Toulouse, parce que l'évêque négligeait trop son 
entretien ; et pourtant l'évêque ne se fit pas faute de s'entre- 
mettre en sa faveur auprès du sénéchal et du bayle. D y 



sitore, in presentia et testimoaio fratris Pétri Raymundi Baran- 
honis, Jacobi de Saameri[o], custodis mari, et mei Athonis de 
Sancto Victore, pubiici notarii, qui hec scripsi. 

c Anno quo supra, n non. septembris, predictus Raymundus 
de Puteo, de Soricin[i]o, testis juratus et reqoisitus ut supra, addi- 
dit confessioni sue dicens quod ipse testis servavit auguria aliquo- 
tiens pro domino Raymundo, quondam episcopo Tholosano, pro 
negotio quod habebat ulterio {sic) in Guria Romana. 

« Item, servavit auguria pro domino Guidone Fuicodii quon- 
dam primo super facto cardinalatus, secundo pro negotio papatus. 
Ipse vero dominus Guido nunquam fuit loqutus ipsi testi de 
predictis, set predictus dominus P. Raymundi, factus postea 
abbas Crassensis ioquebatur ipsi testi de premissis. Interrogatus 
si dominas Raymundus, episcopas Tholosanus, fuit locutus ipsi 
testi de observatione auguriorum super negotio soo in propria 
persona, dixit quod sic, apud Tholosam et apud Balmar [ ] 
et apud Sanctam Martinum de Landa; set nuUus aiius audiebat. 
Fuit tamen bis vei ter internuntius Petrus Pictavini, de Soricinio. 
Hec deposuit Tholose, coram fratre Pontio de Parnaco, inquisitore, 
in presentia et testimonio fratris Hugonis Amelii, prioris fratram 
Predicatorum Tholose, fratris Ermengaudi Lauterii, Jacobi de 
Saomeri[o] custodis mûri, et mei Athonis de Sancto Victore, 
pubiici notarii, qui hec scripsi. i (Doat, XXV, fol. 272-274.) 



INTRODUCTION. Ixxiq 

4 apparaît comme un mélange d'iodoleDce et de bontés II 
If 

É i. Je donne ici cette déposition, malgré sa longueur; car elle 
jj est pleine d'indications utiles pour l'histoire. 
^ c Anno et die quibus proximis, Arnaldus Gimordani, de Gas- 
^ conia, fugitivus de muro Tholose, reversus, assecaratus, testis 
à jnratus et reqaisitus, etc., dixit quod ipse testis fuit confessus 
omnia que sciebat de heresi primo fratri B. de Gaucio, quondam 



2 inquisitori, a quo penitentiam habuit de crucibus et peregrina- 
* tionibus, postmodum fratri Guillelmo Bernardi saper eo quod 
I dixit ei quod post predictam penitentiam receptam a fratre B., 
l associavit Raymundum Labegiam hereticum, quoniam predicta 
. associatio fuerat facta per ipsum testem ante predictam peniten- 
tiam injunctam ipsi testi a dicto fratre B. et eam tacuit fratri B. 
i propter oblivionem. 

I c Interrogatus si scit aliqnid amphus de heresi quam confessus 

est predictis inquisitoribus, dixit quod non. 

• Interrogatus quare fugit de muro, dixit quod quia non habe- 

i bat ibi necessaria; non enim providebatur sibi de bonis régis, 

i quia incursus ipsius non pervenerat ad Regem, set ad episcopum ; 

nec providebatur ei de bonis episcopi, quia non habebat nun- 

f tium quem posset ita fréquenter mittere ad aulam episcopi pro 

I pane, et, quando mittebatur ipsi testi panis de domo episcopi ad 

I murum, mittebatur duras et non poterat comedere. Garebat etiam 

vestibus et aliis necessariis. 

i Interrogatus si, postquam fugit de muro, commisit atiquid in 
heresi, vei scivit de se vel de aliis, dixit quod non. Dixit tamen 
quod, quando ipse testis erat in muro, audivit Raymundum 
Ricardi, de honore Vauri, dicentem quod erant duo dii, qui pugna- 
verant alter contra alterum in celo, et quod sangais ascenderat per 
murum civitatis, et aiia verba, de quibus non recolit. 

c Hec deposuit Tholose, coram fratre Pontio de Parnaco, inqui- 
sitore. Testes frater Beraardus de Villela et ego Atho de Sancto 
Victore, publicus notarius, qui hec scripsi. 

« Postmodum eadem die consulte ad presentiam dicti inquisi- 
toris, exposuit se misericordie et voluntati inquisitoris, et jura- 
vit stare mandatis eoram et agere penitentiam quam ei duxerint 
injungendam sub pena l librarum turon., pro quibus obligavit 
inquisitoribus omnia bona sua presentia et futura, renuncians 
omni defensioni et rationi quam posset proponere in contrarium ; 
et fuit absolutus ab excommunicatione quam incurrerat propter 

f 



Ixxzij INTRODUCTION. 

resta sous la mitre le grand seigneur qu'il était ; il fut un 
ami des arts et de la haute culture intellectuelle. 

inobedientiam et fugam predictam. Testes frater P. R. Baranbo- 
nis ordinis Predicatoramy P. de Yaqueriis et ego Atho de 3ancto 
Victore, publicus notarius, qui bec scripsi. 

f Et fuit ei assigoata ad audiendum mandatum inquisitoris 
dies jovis post iostans festum saocti Albiai. Qua die non compa* 
ruit, quia detentus erat in carcere apud Yiridefolium ; set compap 
ruit coram dicto inquisitore die lune sequenti liberatus a carcere, 
ut dicebat, dominica proxima precedenti, dicens quod senescallos 
et baiulus Viridisfolii retinuerunt culteilum suum et obligaverunt 
eum per juramentum ad solvendum ccx sol. turon. infra domini- 
cam Ramispalmarum ; et tenuerunt eum captuin per vm dies 
postquam sciverunt quod ipse fuerat assecuratus a dicto inquisi- 
tore, nec permiserunt eum venire ad diem jovis predictam sibi 
assignatam ab inquisitore predicto in prejudicium negotii inqui- 
sitionis. 

c Postmodum dictus inquisitor interrogavit dictum Arnaldum 
per juramentum ab ipso prius super hoc sumptum quod nomi- 
naret personas illas que receperunt eum scientes ipsum fugitivum 
de muro ; qui respondit quod non recordabatur. Et fuit injuno- 
tum ei quod recogitaret et mane rediens responderet. 

« Red lit igitur mane sequenti, et respondit dicens quod, eum 
fugisset de muro, venit in Vasconiam, ad grangiam de Gimonte 
que vocatur Aqua bela ; et invenit ibi fratrem Petrum de Fra- 
dens (sic)y qui cognoscebat ipsum testem, set ignorabat statom 
ipsius testis, sicut crédit. 

« Interrogatus de personis quibus revelavit statum suum et quod 
erat fugitivus de muro inquisitor[um], respondit quod P. Binhaco, 
prior[i] de Benito, eum quo moratus fuit de festo Sancti Pétri 
usque ad festum Omnium Sanctorum, servions de colligendis mes- 
sibus, et vindemiis et lignis apportandis eum quodam mulo ; et 
nichil retribuit ipsi testi; imo ipse testis dédit ei ultra dictum ser- 
vitium X sol. thoL; et hoc totum faciebat ipse testis, quia dictus 
prior dederat ei spem reconciliandi eum gratia domini episcopi et 
inquisitoris, vel saltem quod faceret posse suum ; de quo nichil 
fecit, quod ipse testis sciât. 

c Item, dominus Augerius, dum erat abbas Foliendi, et frater 
Sancius, de Palineriis, frater Vitalis Hares, et frater Raymundos 
Sancii, de Foliencio, et frater Adam, cellerarius, tune cognovemnt 



INTRODUCTION. Ixxxiij 

i 3. Les évêques de Car consonne. Les évêques de ce 
i siège ne m'arrêteroot pas loDgtemps ; car, k Toccasion du 

i eum et sciverunt fugam suam de muro, et nichilominus sustinue- 

ii runt eum in servitio domus per vu annos vel circa. Dixit etiam 
quod promisit et obtulit abbati xv sol. morlanos, si tractaret 

i reconciliationem ipsius testis ; ipse nolait recipere ; set finaliter 

H respondit ipsi testi quod non videbat sibi remedium nisi de 

i redeundo ad murum. Dixit etiam quod dédit, ii soi. morlanos 

I fratri Raymundo Sancii ut rogaret abbatem predictum quod recon- 

I ciliaret Ipsum testem inquisitori. 

I « Item^ fuit apud Bastidam de Guimonte io.diversis hospitiis, 

k et habebat socium Raymundum de Abbas, de Omervilla, fugitivum 

I propter quoddam homicidium, qui se faciebat vocari Raymundum 

I Ra versa; et sciebat bene fugam ipsius testis et causam fnge. 

I « Hem, fuit apud Albinellum per duos annos vel circa ; et nul* 

^ lus scivit ibi statum suum. 

• 7^771, fuit in Astaraco apud Podium Lobrinum a festo Omnium 
\t Sanctorum usque ad carniprivium ; et ibi duxit uxorem ; et nul- 
û lus scivit ibi factum ipsius testis. 

\ c Herriy stetit incognitus de carniprivio usque ad festuro Omnium 
I Sanctorum apud Sanctum Felicem in Astaraco, et ibi Guillelmus 

de Gastronovo attemptavit eum capere, set evasit. 
I • Hem, dixit quod fuit apud Banherias in Bigorra et in grangia 
I de Bolbona, que vocatur Inter ambas aquas, et apud Sabonerias 
I in Savesio, et in multis aliis locis, set incognitus apud omnes, 
[ exceptis Bemarda, uxore ipsius testis, modo defuncta, et Petro, 

filio ipsius testis. 

• Item» dixit quod procurante Bernarda, uxore ipsius testis, 
ipse testis venit de nocte prope Gasconiam ad ortale quod solebat 
esse ipsius testis ; et ibi fuit locutus eum Amaldo Ëscolani, tune 
capeliano de Gasconia, qui recepit ibi v sol. thol. ab ipso teste ut 
reconciliaret eum inquisitoribus ; et si hoc faceret, debebat habere 
amplius x sol. et ii virgas de panno lineo pro camisiis ; set nichil 
fecit inde. 

c Hec deposuit Tholose coram fratre Pontio de Parnaco, inqui- 
sitore. Testes frater P. Raymundi Baranhonis, et ego Atho de 
Sancto Yictore, publicus notarius, qui hec scripsi. 

« Injunctum est ei per dictum inquisitorem sub virtute jura- 
menti ab eodem Amaldo prestiti, quod statim redeat ad murum 
unde fugerat, retenta sibi potestate imponendi sibi majorem peni- 



Ixxziv INTRODUCTION. 

Registre du greffier du tribunal de Garcassonne, que je 
publie ici, il sera longuement question de deux d'entre eux, 
Guillaume Arnaud et Guillaume Radulphe. Je me bornerai 
à dire du premier qu'il m'apparaît comme un des plus 
ardents partisans de Tinquisition diocésaine, c'est-à-dire 
faite par les soins de l'évêque lui-même ou de ses délégués. 
Nous le voyons exerçant les fonctions de juge ordinaire à 
Carcassonne, à YillalierS à Yillardonnel*, et aussi déjuge 
délégué pontifical à Pomars, où il interroge Raymond de 
Niort 3. Le Registre de son notaire contient des exemples 
d'adoucissements de peine significatifs et nombreux; il 
nous montre aussi l'importance et les bienfaits de la cau- 
tion moyennant laquelle l'accusé évitait la prison préven- 
tive. Il n'est que juste de signaler tout de suite ici ce Registre 
à l'historien futur de l'Inquisition dans le Languedoc; et cet 
évêque aura droit à occuper une large place dans son œuvre. 
Nous le retrouverons plus loin. 

Franchissons maintenant plusieurs lustres ; nous rencon- 
trons à la date du 4 mars 1328 (n. st.) une pièce intéres- 
sante. 

Un conflit de juridiction et de compétence venait d'éclater 
entre l'évêque de Carcassonne Pierre Rodier et l'inquisiteur 
Jean du Prat, à l'occasion de Barthélémy Albert, notaire 

tentiam propter fugam predictam. Testes qai supra, et P. Boneti, 
capeilanus de Gasconia, et Vitaiis Faber de eodem loco. 

c Postmodum redditus est dicto Ârnaldo Gimordani cultellus et 
remissa obligatio premissa a senescaUo et baiulo supradietis, et 
aliud positum in safticientia, scilicet de emenda, qaia tenuerunt 
eum in prejudiciuin inquisitionis. Et hoc factam est ob reveren- 
tiam domini episcopi Thoiosani et instantiam magistri Bertrandi 
de Ferreriis, officiaUs sui » (Doat, XXV, fol. 220-225). 

1 . D'après le Registre lui-même. 

2. Doat, XXVI, fol. 293. 

3. Voy. plus bas, p. 145. 



INTRODUCTION. Ixxxv 

de riDquisition, qui^ en raison de ses méfaits, avait été mis 
en état d'arrestation par moi Pierre Rodier, disait l'évêque, 
par moi Jean du Prat, alléguait l'inquisiteur; ce dernier 
ajoutait, au surplus, qu*il lui appartenait déjuger le notaire 
de son tribunal. Il n*y avait pas de raison pour que cette 
contestation cessât; et cependant le malheureux notaire 
attendait, en prison, depuis deux ans l'issue du procès 
pendant, qui ne se terminait pas, uniquement parce qu'on 
restait indécis sur la question de savoir quel en devait être 
le juge. Il faUait en finir et ne commettre aucune irrégula- 
rité juridique; l'évêque et l'inquisiteur déléguèrent donc 
ensemble^ et chacun pour sa partie, les pouvoirs de juge à 
Pierre Brun, inquisiteur en résidence à Toulouse. 

Nos Petrus, permîssione divina Garcassone episcopus, et fra* 
ter Johannes de PratoordinisPredicatorum, inquisitor heretice 
pravitalis in regno Francie auctoritale apostolica deputatus, 
residens Garcassone, venerabili et discreto viro fratri Petro 
Bruni ordinis Predicatorum, inquisitori heretice pravitatis in 
regno Francie auctorilate apostolica deputato, Tholose comu- 
niter residenti, saiutem in Domino sempiternam. Gum dudum 
Bartholomeus Adalberti^ notarius inquisitionis heretice pravi- 
tatis, pro quibusdam defectibus et delictis in officium suum, 
uti aliquorum delatio asserebal, commissis, captus fuerit et 
in mûri carcere positus et detentus, nobis episcopo, ex una 
parte, asserentibus eundem Bartholomeum de mandate nostro 
et ad requisitionem nostram fuisse per dictum inquisitorem 
positum in arresto, cognitionemque et punitionem dicti Bartho- 
lomei adnostrumjusordinarium pertinere, nosque cum eodem 
inquisitore in cognitione habere et pugnitione concurrere et 
conjudicare debere; nobis vero inquisitore, ex parte altéra, e 
contrario asserentibus eundem Barthoiomeum de speciali 
mandate nostro specialiter esse captum et ejus correpUonem 
ac pu[g]niliouem ipsius delicti, si quod per eum nolarium 
circa nostrum inquisitionis officium fuerit perpetratum, de jure 
et stilo, cursu, usu et privilegiis nostro officie et nobis aposto* 



Ixxxvj INTRODUCTION. 

lioa auctoritate concessis ad nos dumtaxat et in solidum perti- 
nere; et ob banc discordiam seu controversiam dictas Bartbo- 
lomeus par duos annos continuos et amplius fuerit in eodem 
muro detentus, multa occasione delentionis gravamina sui cor- 
poris et alia supportando, propter quod sibi compatimur, et, 
quantum, saivo jure cujuslibet nostrum, facere poterimus, de 
remedio sibi providere volumus opportuno; potissime quia nos, 
inquisitor pre&lus, de presenti babemus ad Romanam Curiam 
et in Franciam, dante Domino, necessario proflcisci, ne discor- 
dia seu controversia hujusmodi et nostri inquisitoris absentia 
eidem Bartbolomeo longius inférât nocumentum, protestalo 
primitus per nos ambos episcopum et inquisitorem simul et 
equaliter de jure noslro, quod propter infrascripta que vobis 
committimus in aliquo non sit lesum^ nec uni nostrum nec 
alteri valeat derogare aut etiam prejudicare, prerogativam vel 
possessionem inducere, nec jus uni plus quam alteri in negotio 
infrascripto inferre, set salvum remaneat utrique et illesum ilii 
nostrum dumtaxat et in solidum vel ambobus conyunctim et pro 
indiviso, si competat et competere debeat, de jure aut alias legi- 
timo titulo sive justo; sub premissis protestationibus antedictis 
et aiiis opportunis, discretioni veslre et legalitati, de qua ambo 
insimul et quilibet in solidum, plenam in Domino flduciam 
obtinemus, communi concordia et assensu equaliter simul et 
semel tenore presentium committimus, ut pro illo nostrum 
dumtaxat vel ambobus insimul cui vel quibus cognitio et 
pu[g]nitio bujusmodi pertinere poterat etdebebat, eundem Bar- 
tholomeum de dicto carcere, si vobis visum fùerit, relaxare, 
sibique pro arresto et carcere, prestita prius [de] stando juri 
et mandatis vestris cautione ydonea, locum alium vel certum 
terminum infra certos limites assignare, sibique postmodum 
de peritorum consilio absolutionis beneflcium a sententia excom- 
municationis, si quam pro predictis delictis que per ipsum com- 
missa fuisse dicunturincurr[er]it, impendere, penilentiam quo* 
que salutarera imponere, et alias ad decisionem, declarationem 
et flnalem determinationem dicti negotii senlentialiter prooedere 
vaieatis, prout vobis de ipsorum consilio peritorum visum Aie- 
nt faciendum ; in premissis enim et ea tangentibus, premissis 
et salvis predictis protestationibus, ambo simul vobis equaliter 



INTRODUCTION. Ixxxvij 

il eommittimus lenore presentium totaliter vices noetras. In quo« 
I rum omnium premissorum tealimonium, sigilla nostra duxi- 
I mus presentibus apponenda. Datum in civUate Garcassone, 
i die un* mensis martii, anno ab incarnatione Domini M^ CGC® 

^^ xxv[i]io<. 

T C'est en vertu de ces pouvoirs, Jean du Prat étant déjà 
g nommé évoque d'Évreux et son successeur comme inquisi- 
I tdur Heuri Cbamayou {de Chamayo) étant déjà arrivé, 
K que Pierre Brun rendit, le 24 novembre 1328, sa sentence ; 
i il délivrait de la prison le notaire coupable, mais per duos 
annos et amplius in dicto muro jam detentum^ gravi 
infirmitate et diutuma maceratum ah ipso muro; et, 
en raison de ses méfiaits, il lui imposait le jeûne, l'aumône, 
des pèlerinages. Il déclarait s'en être préalablement ouvert 
à Henri Chamayou, de l'avis duquel il avait ainsi prononcé, 
ayant égard, en môme temps, au conseil des boni viri^. 
Dans cette sentence, le commissaire diocésain n'apparaît 
point; sa présence, à la vérité, avait été rendue inutile par 
la délégation de Tévêque de Carcassonne. 

4. Les évêques d'Albi. On rencontre fréquemment les 
évêquesd'Albidans l'histoire de l'Inquisition ; c'est qu'ils ont 
vigoureusement agi dans l'affaire de la poursuite des héré- 
tiques ; et même, à la fin du xiu® siècle, ce siège porta, un mo- 
ment, le poids de la lutte engagée entre l'hérésie et l'Eglise; 
cela tient en grande partie aux titulaires qui Toccupèrent et 
aussi à l'état prospère de l'hérésie, dominant tout ce diocèse 
depuis de trop longues années, enfin à la situation féodale 

i. Doat, XXVU, fol. 112, 113. — Je pense que M^ GCG^ XXVJo, 
donné par la pièce, est une faute du copiste; sinon, il faudrait 
dire que la sentence destinée à délivrer Barthélémy Albert de ses 
souffrances n'aurait été rendue qu'un an et demi après, hypo- 
thèse peu vraisemblable. 

2. Doat, XXVII, fol. 112-118. 



Ixxxviij INTRODUCTION. 

des évoques, qui, seigneurs de la ville, avaient, comme tels, 
qualité pour percevoir les confiscations pour hérésie ^ 

Durand (1228-1254) avait vu le concile de Toulouse, 
ouvert au lendemain de son intronisation. On reconnaît 
sa main dans le concile d'Âlbi de 1254, qui en renouvela 
les dispositions principales. C'est déjà significatif. L'orga- 
nisation, en octobre 1243, d'une association ou confirérie 
contre les hérétiques et les Yaudois, dont Doat nous a con- 
servé les statuts', n'est pas moins significative ; car la pre- 

1. Recueil des ordonnanceSf XVI, p. 9. 

2. c In nomine Patris, et Filii et Spiritus Sancti. Amen. [Anno] 
ab incarnatione Domini Mo GG» XLIU», mense octobris. Cono- 
guda causa sia a tots homes presens et endevenidors qae nos 
Durans, per la grâce de Dieu avesqae d'Alby, pessans et cossi- 
rans los endevenimens de las causas, et la malice del segle que 
creiss cascun dia, et los trebaills que nos et la gleia d'Alby avem 
suiïerts sa enreires pcr defaillida de cosseill et d'aiuda, et quar 
non podiam tener drecbura aissi coma dos degram, ad honor de 
Diu et de Ma Dona santa Maria et de Ma Dona santa Cecilia et de 
santa Fe, ad eissaussament de la fe de Jésus Ghrist et de la chres- 
tiantat et ad abaissament et encaussament d*eretguia et de Vau- 
dezia et de tota mala error, et a deffendement de drecbura, et que 
nos poscam meils tener drecbura al rie et al paupre de la ciutat 
d'Alby et de foras, agut cosseill de mots savis et de grands 
homes, avem establida cofrairia et compalnnia ab nostres duta- 
das en aital forma. 

c Al commensament nos avem establit que toig 11 cofraire que 
en aquesta cofrairia so ni seran per adenant, promcto amor et 
fezentat et garda et valenssa et compainnia et aiutori a tôt lor 
poder liaumenteta bona fe segon Deu et segon drecbura per tots 
temps Tus à l'autre, et toig essems contra tots homes et contra 
totas femnas, salva nostra seinnoria et de nostres successors en 
totas causas; et la nuig de santa Gecilia, cadaus dels confraires 
aporte o fassa aportar sa luminaria aital com Deus li mettra e) 
coratgue a la gleia de Ma Dona santa Gecilia que es nostre caps, 
et que loig li confraire que presens seran en la vila sio lo dia a la 
messa, se per autra nécessitât no s'en laissa vo. 

« Et avem mais establit que se negus dels confraires casia em 



INTRODUCTION. Ixxxix 

mière condition à remplir pour y entrer était la profession 
de la foi catholique et l'engagement de n'avoir aucune par- 

paubretat o em malautia et non âges del seu de ques pogues for- 
nir, que toig II cofraire li valguesso et vida et mort. 

« Etavem maisestablit que negus hom que sia sospeigz d'eret- 
guia ni de vaudezia no sia receubuts en aquesta confrairia; et 
se alcus qui fos receubuts n'era sospeigz, desque sera causa saa- 
buda, de mantenent fos fora de la cofrairia ; et quant nos ou la gleia 
de Roma requerram los cofraires, eili nos seran tenguig d^aiudar a 
tôt lor poder a deneaussar eretguia et vaudezia et a far justitia 
d'eretgues et de vaudes desque serian jutgaig per la gleia et de 
totz lors valedors et lors deffendedors els enqueredors que seran 
establig per la gleia a far la enquesitio d'eretguia et de vaudezia, 
ell seran tenguig de gardar et défendre els coma lor cor meteiss. 

a Et avem mais establit que se per aventura per la forsa ou per 
la malicia d*alcus ou en qualque maneira nos no poguessem tener 
drechura ni far aver son dreig al paubre^ coma al rie, li confraire 
nos y aiudario a lor poder al semoniment que nos ou nostra cortz 
lor fariam; et se alcus dels cofraires avia plaig ou contrast en 
alcuna maneira ab autre que no fos confraire et per sa forsa ou 
per son orguill no volia far al cofraire a conoguda d*amicqs ou 
dreig en cort, tôt li autre confraire li valguesso ad aver son dreg et 
a garar de forsa ; et se Tus cofraire fazia forsa a Tautre et no volia 
far a conoguda d'amies ou dreig en cort, negus dels cofraires no 
il fossa tenguts d'aiudar; et se per aventura era contrastz entre 
deux confraires d'alcuna causa Tus dels no volgues penre de Tau- 
tra conoguda d*amics ou dreig en cort far a Tautre, toig li autre 
confraire li fosse tenguig d'aiudar a son dreig retener contre 
aquell que no volria far dreig ou acordier desque lo cosseils ni la 
cofrairia Ion auria amonestat. Et tôt li cofraire que so ni seran en 
aquesta cofrairia per adenant an promes et prometon a nos que 
tôt essems et cadaus per si deffendran et aiudaran a deffendre a 
bona fe nostras drechuras et nostra sennoria contra totz homes 
enteirament et no la mermeran ni la laissaran mermar a lor 
poder. Et nos avem lor promes que nos, coma bos senner, lor ten- 
gam drechura et los deffendam a dreig contra tots homes et lor et 
lors causas a^ nostre poder; et eill an promes et prometran toig 
essems et cadaus per si que eill ab aiuda de nos deflTendran et gar- 

t . Ms. : son dreig aUam de ai pauàre, 
2. M s. : ei nostre. 



XC INTRODUCTION. 

ticipatioD avecThérésie. Dans cet épiacopat, d'ailleurs, tout 
se tient. Que Térêque réconcilie Bernard Jean, d'Âlbi, vers 

daran las franquesas et las drechuras de la ciutatd'Albî dedins et 
deforas segon Deu et segon dreig a lor poder, salva nostra sein- 
noria et totas causas ; et nos avem promes ad ells que nos las def- 
fendrem et las lor aiudarem a défendre lialment et a bona fe 
contre tots homes a nostre poder coma bos seinner. 

c £t ayem stablit que negus hom que d*aici enant auciza home 
d'Albi ni degun home que fos d'aquesta cofrairia, negus hom nol 
pogues guidar ad Albi; et se negus hom raubaba home d'Albi 
d'aici enant, negus hom nol pogues guidar a la ciutat d'Alby, se 
nos non faziam tro que aia emendat la raubaria. 

c Et avem establit que qui penra heretgue ni yaudes, el redra a 
nos et a la cofrairia, nos li farem pagar per nos et per la cofrairia 
un march d'argent, et toit li cofraire d'aquesta cofrairia que aras 
so ni per adenant seran an promes et prometran a nos que eill no 
fasse establiment negu ni tleguna convenenssa entrels ni ah autres 
que sia contra nos ni contra nostra seinnoria ni per que nostre 
drechura se posca amermar ; et se aigus los avia faigs, o fos con- 
fraira ou autre, al somoniment que nos lui faram no los volia 
revocar, toig li cofraire ne serian tenguig de valer et d'aiudar a 
revocar aquels establiments et aquelas convenensas contre totz 
homes a lor poder ; et an promes mai et prometran que ell no fasse 
negun autre establiment ni neguna autra convenensa entre lor 
ni ab autras senes nostra saubuda et senes nostra volontat. Et nos 
avem promes a lor que nos no fassam establiment ni conve- 
nenssa ab negun home que os contra lor ni contra lors establi- 
ments de la cofrairia que sobre escriut so. 

c Et avem esUiblit que cant nos o nostra cortz auria ops dels 
cofrairas per alcune fazenda o per alcun besoing, que eill s'ajuste 
toig aqueiil que seran preseng la on lo cosseilts de la cofrairia 
los mandara, et lo cosseills es tengutz de lor mandar al somoni- 
ment de nos o de nostra cort. 

« Et avem mai establit que negus no sia receubutz en aquesta 
cofrairia d'aquesta hora adenant que aia na leig ad alcus dels 
cofrairas entre que s'en sia ab luy pauzatz per si o per jutgament, 
et tôt li cofraire que aras so ni per adenant seran en aquesta 
cofrairia juraran sober santz Evangelis que eill lialment a bona 
fe a lor poder tôt aisso que sobre escriut es gardaran et tendran; 
et en Durans de Poisseux, et en Peire Laurens, et en Bertrans 



INTRODUCTION. XCJ 

\ 1236 \ qu'il assiste comme témoin^ en 1245, & rinterroga- 
I toire de plusieurs femmes hérétiques, Arpais, Pays, Philip- 
pine, par exemple*, ou qu'il perçoive les confiscations 3, il 
I obéit à la même idée ; et cet évêque, très méridional de ten- 
dances, puisque, contrairement aux habitudes des chancel- 
leries épiscopales qui se servaient du latin, il faisait usage 
de la langue romane, combattait avec conviction les Yau- 
dois, les Cathares, les hérétiques de tout nom, dont la dis- 

de Garamans, et en W. Grezas, et en Paire BoueilU, et en Namat 
lo Fabre, en Gogorla mos fraire, et en Guiraud Audebertz, et en 
Esteves Goms, et en Johans de Martols, et en W. Salvi, et en 
Domengue Barraus, et en Ramon de Soeill, et en Gui de Guc, 
nos toig essems per nos et per tots ios autras cofraires que aras 
80 ni per adenant seran en aquesta cofrairia ab commandament 
dei seinner avesque soberdig, avem jurât sober Sanctos Ëvangelis 
tocatz corporalment que nos toig essems et cadaus per si tengam 
et gardem a bona fe segon Oeu et segon drechura a nostre poder 
aquesta amor et aquesta compaignia per aras et per tots temps, 
et totz aquetz establimentz et aquestas promissios que sobre 
escriut so; et toig aquel que volran esser en aquesta cofrairia 
faran aquest meteiss sagrament quant volran esser cofraire. Et 
nos Durans, avesque d'Alby sobredig, veseins et conoissens cer- 
tanament que aisso es faig ad honor de Deu et de Sancta Gleia 
et ad eissaussament de la fe et de la chrestientat et a mantenement 
de drechura, laudam et autorgam et cofermam per nos et per nos- 
tres successors aquesta compaignia et aquesta cofrairia aissi co 
soberdig es, et totz los establimentz que sobre scriut so ; et nos 
reddem caps et capdels d'aquesta cofrairia et ap durabla fermetat 
avem sagellada aquesta présent carta de nostre sagel i (Doat, 
XXXI, fol. 47-51). 

1. Doat, XXXm, fol. 273. ' 

2. Doat, XXII, fol. 264, 296; XXIV, fol. 203. 

3. 30 avril 1248, Albi : quittance faite à W. de Foissenx pour 
des biens d^hérésie (Doat, XXXI, fol. 143-144). — 30 juin 1248, 
Albi : autre quittance pour des biens d'hérésie délivrée à W. Ro- 
ger (ibid., fol. 146-147). Ges deux quittances sont rédigées en 
langue romane. 



xcij INTRODUCTION. 

paritioD devait un jour aider & asseoir la puissance royale 
autant que servir à la pleine liberté de TÉglise. Il créa ainsi 
une tradition qui fiit suivie par Bernard de Gombret, son 
successeur (1254-1271) S malgré les relations pénibles de 
ce dernier avec le sénéchal de Carcassonne, et, partant, 
avec le roi*. Cette tradition fleurit surtout sous Tépiscopat 
de Bernard de Castanet (1275-1308). 

J'ai eu déjà l'occasion de parler de Bernard de Castanet, 
dont les rapports si tendus avec l'hérésie finirent par amener 
la commission pontificale de 1306'; mais alors je n*ai rien 
dit de son action comme juge ordinaire ; car c'est comme 
tel que, avec l'inquisiteur, il procéda aux interrogatoires 
des prévenus dans sa maison épiscopale d'Albi. Les inter- 
rogatoires faits par lui ou en sa présence s'élèvent au total 
de cent vingt-neuf, sauf erreur, ce qui ne veut pas dire 
qu'il ait reçu les aveux de cent vingt-neuf personnes, la 
même personne revenant plusieurs fois pour compléter l'ins- 
truction de l'afiaire^. Cette réserve faite, les interrogatoires 

i. Le 11 mars 1263 (n. st.), dans le cimetière de Lombers, il 
assiste à la sentence d'exhumation prononcée contre Guillelme, 
femme de Bernard Garsiprès, de Limoux, d'après un vidimus de 
1331 (Doat, XXXII, fol. 113 vo-124). 

2. A propos d'une chevauchée faite par cet évèque malgré la 
défense du sénéchal, il fut ajourné devant la cour du roi saint 
Louis (1259), bien que l'archevêque de Bourges prétendit en con- 
naître comme métropolitain {les Olim, t. I, p. 460, vu). C'est peut- 
être dans un esprit de représailles qu'à la mort de l'évoque le 
sénéchal mit la main sur le temporel de i'évôché d'Albi, ce qui 
ne s'était jamais fait (Ibid., p. 881, i). 

3. Voy. plus haut, p. xxxvni. 

4. En réalité, Bernard de Castanet interrogea quarante- sept 
personnes. — Bernard de Castanet, originaire de Montpellier 
(c Quia Magalonensi diocesi et villa Montispessulani traxit origi- 
nem. » Charte ancienne rapportée par le Gallia chrUtiana, I, 20, 
21; Bernard Gui, dans Baluze, Vitae pap. Aven., I, 719; Flores 



INTRODUCTION. xciij 

I se distribuent de la manière suivante : dix sont de sep- 
I tembre-octobre 1285 et nous sont fournis par Doat^ ; cin- 
I quante-huit appartiennent au ms. lat. 12856 de la Biblio- 

. chron., dans Historiens de France, XXI, 603; Amalric Auger, 
^ dans Baluze, Vitae pap. Aven,, I, 728), était auditeur du Sacré 
I Palais, quand il fut promu à Tévôché d'Albi, au mois de mars 
4276. Trois traits distinguent son long épiscopat : d'abord la 
I magnificence des constructions; Bernard de Gastanet bâtit, en 
effet, la maison épiscopale, véritable palais, véritable forteresse 
' aussi, dominant la rivière du Tarn; il commença Sainte-Cécile, 
que Ton peut regarder comme le cbef-d'œuvre de Tarchitecture 
gothique dans le Midi ; il posa la première pierre de Téglise des 
frères Prêcheurs d'Albi, qui ne fut pas sans gloire ; — ensuite, 
une fermeté remarquable pour maintenir l'église d'Albi dans ses 
avantages temporels et assurer à son siège une place éminente 
dans l'édifice féodal; il fit, en effet, reconnaître par le roi sa 
juridiction sur un bon nombre de lieux et exigea de la ville 
l'hommage dû; — enfin, un grand zèle pour la pureté des mœurs 
chrétiennes et l'intégrité de la foi ; il prononça, en effet, des sen- 
tences rigoureuses contre un chanoine et un laïque coupables; 
usant de sa prérogative de juge ordinaire, il montra au sein de 
l'Inquisition une grande activité contre l'hérésie, encore assez 
répandue dans son diocèse. Cette fermeté et ce zèle lui valurent 
bien des tribulations : de la part des hérétiques, une émeute 
retentissante qui faillit emporter le palais épiscopal et mit 
l'évoque à deux doigts de la mort, puis des plaintes qui furent 
suivies d'une enquête ouverte par le pape Clément V; de la part 
de Philippe le Bel, la demande d'un procès canonique qui amena 
une suspension de fonctions, mais dont il sortit absous. Il fut 
transféré à l'évêché du Puy en 1308. Jean XKU, successeur de 
Clément V, se souvint cependant de ses épreuves; en 1316, il le 
créa cardinal-évêque de Porto ; mais Bernard de Castanet mourut 
l'année suivante, le 14 août 1317 (Gallia christiana, 1, 20-22; Ber- 
nard Gui, Flor. chron., dans Historiens de France, XXI, 703 et suiv.; 
Baluze, Vitae pap. Aven., 1, 134, 152, 165, 718, 719; Gariel, Séries 
praes, Magal,, 446; Compayré, Étude historique sur l'Albigeois, 75, 
246-249; Hist. génér, de Languedoc, IV, 660 et suiv.; V, 1347 et 
suiv.; Regestum Clementù papae V, n«» 2267, 2268, 2893, 3369, 
3370, 3371, 3372, 3373). 
1. XXVI, fol. 245-254, 255, 258, 260, 261, 266, 269, 275. 



XCW INTRODUCTION. 

thèque nationale^; ils vont de janvier 1286 à septembre 
1287; soixante-un, des années 1299 et 1300, sont contenus 
dans deux manuscrits originaux, le ms. de Merville, qui 
est le registre même dressé pour l'évêque, et le ms. lat. 1 1847 
de la Bibliothèque nationale, provenant vraisemblablement 
du notaire de l'Inquisition'. Ces interrogatoires ne se dis- 
tinguent pas des autres interrogatoires connus; ils sont 
faits dans la même forme; s'ils portent plutôt sur les 
accointances de personnes que sur les doctrines, ils pré- 
sentent un réel intérêt pour Thistoire de Talbigéisme en 
Albigeois. 

Ces interrogatoires furent-ils suivis chacun d'une condam- 
nation ? Les rôles des confiscations pour Âlbi pendant les pre- 
mières années du xiv* siècle (1305-1313) fournissent des noms 
de condamnés. J'y relève' Vital Vinhalz, d'Albi, dont le 
procès s'ouvrit devant Bernard de Caslanet, le 3 mars 1286 

i. Titre de ce ms. : Recueil d'interrogatoires et hérétiques albigeois 
faits par Vévéque d'Albi, extraits par Barthélémy Planarutz, arehi- 
prêtre de Lausertz, le 26 octobre i51k, des archives de l'inquisition 
de Toulouse (1285-1303). — C'est un vol. in-fol., papier, 142 feuil. 
Bibliothèques Goislin et Saint-Germain, 396. Copie faite en 1574. 
D'après le titre, ce recueil descend jusqu'en 1303. C'est qu'il com- 
prend deux parties. La première embrasse les interrogatoires de 
janvier 1286 à septembre 1287, du fol. 1 au fol. 62. La seconde 
(fol. 64-141) fournit d'autres interrogatoires de 1299 à 1303, mais 
se trouve faire double emploi avec les originaux que nous possé- 
dons (voy. la note qui suit). La copie de la première partie est 
assez bonne et pourrait, telle qu'elle est, être publiée. 

2. In-fol., parcbemin, 305 mill. X 217 mill. Début du xrv* siècle. 
Bibliothèques Coislin et Saint-Germain, 395. Fac-similé dans le 
recueil des fac-similés de l'École des chartes, n» 98. J'ai décrit le 
registre du château de Merville : Manuscrits du château de Mer^ 
ville, p. 30 (Paris, Picard, in-8«). Ces deux mss. contiennent les 
nouvelles dépositions de Guillaume de Salavert et de Isam GoU, 
en 1319, lesquelles furent reçues par Jean de Beaune, inquisiteur. 

3. Doat, XXXm, fol. 258 v*. 



INTRODUOTION. XCV 

(n. st.) S et Pons Nicolas, d*Âlbi*, interrogé par Tévêque 
le 7 mars suivant', puis, dans la seconde série des interro*- 
gatoires (1299-1300), Bérenger Âdémar^, Bérenger Bros^, 
Bérenger Fumet^, Bertrand de Montégut^, Galhard Fransa*, 
Guillaume Fenassa le Boiteux*, Guillaume Goulfler^^, 
Jacques Fumet", Lambert de Fouissenx", Pierre Rigaud", 
Pierre Taillefer", Raymond Auger **, Raymond Hugues** et 
Raymond Garcias*% tous bourgeois d'Âlbi; il faut y joindre 

1. Bibl. nat., ms. lat. 12856, fol. 37. 

2. Doat, XXXm, fol. 267 v». 

3. Bibl. nat., ms. lat. 42856, fol. 61. 

4. Doat, XXXm, fol. 230 vo, 253, 264, 274 ; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 33 v»; ms. de Merville, fol. 33 v». 

5. Doat, XXXm, fol. 229, 249 v*, 267 ; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 9; ms. de Merville, fol. 9. 

6. Doat, XXXm, fol. 223, 249; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 24 v«; ms. de Merville, fol. 24 v». 

7. Doat, XXXm, fol. 227 v«>, 254; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 21 ; ms. de Merville, fol. 21. 

8. Doat, XXXni, fol. 222, 250 ¥•, 266 v«, 274 ; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 22; ms. de Merville, fol. 22. 

9. Doat, XXXIU, fol. 207, 232, 268; Bibl. nat.,ms. lat. 11847, 
fol. 26; ms. de Merville, fol. 26. 

10. Doat, XXXin, fol. 224, 252, 266 v»; Bibl. nat, ms. 
lat. 11847, fol. 23; ms. de Merville, fol. 23. 

H. Doat, XXXm, fol. 219 vo, 247 v», 265, 269 vo; Bibl. nat., 
ms. lat. 11847, fol. 20; ms. de Merville, fol. 20. 

12. Doat, XXXIII, fol. 220 vo, 255; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 36; ms. de Merville, fol. 36. 

13. Doat, XXXm, fol. 226 v*», 267 vo ; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 38 ; ms. de Merville, fol. 38. 

14. Doat, XXXIU, fol. 230, 257, 269 vo; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 23 vo; ms. de Merville, fol. 23 vo. 

15. Doat, XXXin, fol. 227, 270 vo; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 8 ; ms. de Merville, fol. 8. 

16. Doat, XXXm, fol. 255; Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. 26 vo; 
ms. de Merville, fol. 26 v«. 

17. Doat, XXXIU, fol. 259 vo; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 32 vo ; ms. de Merville, fol. 32 vo. 



XCV] INTRODUCTION. 

Jean Baudier, dont les biens furent saisis en janvier-féyrier 
1300 (n. st.)*. 

Il résulte de cette constatation qu'un bon nombre des 
prévenus de 1299 et 1300 furent jugés coupables et con- 
damnés à la prison perpétuelle, qui entraînait la confisca- 
tion des biens. Par qui furent prononcées les sentences? Il 
est inutile de le rechercher, puisqu'elles ne nous sont pas 
parvenues. Probablement l'évêque n'y resta pas étranger, 
car il fut enveloppé dans l'opposition si résolue £aite à Nico- 
las d'Âbbeville, l'inquisiteur que nous trouvons à côté de 
lui à l'audience et qu'il s'efforça de soutenir* ; ainsi il appli- 
qua, bien avant le concile de Vienne, le principe de l'union 
des deux pouvoirs du juge ordinaire et du juge délégué, que 
Clément Y devait rendre obligatoire. 

Je n'ai plus à signaler maintenant que trois pièces des 
années 1300 et 1301, qui nous montrent Bernard de Cas- 
tanet prenant une part des confiscations, tandis que le roi 
prenait l'autre^; situation délicate à l'égard d'un roi conune 
Philippe le Bel et qui ne porta pas bonheur au prélat. Encore 
aujourd'hui son nom évoque de bien sombres tableaux 
devant l'imagination de plus d'un habitant d'Âlbi ; il est 
une des trop nombreuses victimes de la légende. Ses enne- 
mis ne lui reprochèrent pas d'avoir livré des hérétiques 
soit d'Albi, soit de C!ordes ou de Castres, au bras séculier; il 
employa la prison comme moyen d'obtenir les aveux. Un 
seul hérétique déclara devant un autre évêque d'Âlbi, 

i. Doat, XXXII, fol. 315 v»; Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. 25; 
ms. de Merville, foi. 25. 

2. Le 26 avril 1299, Bernard de Gastanet, à Garcassonne, est 
présent aux propositions de Nicolas d*Abbeviiie de relever le 
Bourg de Texcommunication et se porte son garant (Doat, XXXn, 
fol. 283-288; Mahui, Cartulaire, V, 651). 

3. Doat, XXXII, fol. 189-190, 193-197, 315 vO-323. 



INTRODUCTION. xcvij 

Béraud de Farges, le 5 mars 1319 (n. st.), avoir autrefois 
fait sa confession à Bernard de Castanet et à Guillaume de 
Morières, inquisiteur, vi tormentorum^^ expression légè- 
rement vague, qui ne signifie pas nécessairement la torture, 
d'ailleurs autorisée à cette date'; sans compter qu'Isarn 
CoU, l'hérétique en question, avait intérêt, pour révoquer 
cette confession, à dire qu'il n'avait pas été libre en la fai- 
sant. Ne se trouvera-t-il donc personne qui entreprenne 
d'écrire sur Bernard de Castanet une monographie approfon- 
die? Le constructeur de Sainte-Cécile et de la superbe mai- 
son épiscopale n'aurait pas trop à craindre de l'histoire impar- 
tiale ; par la hauteur et l'intégrité du caractère, il a mérité 
tout au moins son respect. Ce que c'est que de nous et comme 
les dispositions des hommes sont changeantes I En 1320, les 
consuls et habitants d' Albi, assemblés au cimetière de Sainte- 
Cécile, où l'évêque de Castres leur prêcha, acceptèrent de 
l'évêque de la ville et de l'inquisiteur Jean de Beaune, non 
seulement l'absolution canonique qu'ils avaient demandée 
avec instance, mais encore les conditions posées, qui con- 
tenaient virtuellement le désaveu de la conduite de leurs 
prédécesseurs : réparation des torts £aits à Bernard de Cas- 
tanet et aux inquisiteurs, et pour cela et en preuve, édifica- 
tion d'une chapelle dans l'église Sainte-Cécile ou au cime- 
tière, construction du portail de l'église des frères Prêcheurs, 
une aumône de 50 livres tournois pour être appliquée à la 
nouvelle église des Carmes, érection de deux monuments 

i. Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. 43. — Le lendemain, 6 mars, 
révoque d'Albi et Jean de Beaune, inquisiteur, entendirent Guil- 
laume Salavert, de Cîordes, qui, au contraire, confirma les aveux 
faits antérieurement devant Bernard de Castanet, Nicolas d'Ab- 
beville et Bertrand de Glermont, inquisiteurs (Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 43; Ms. de Merville, fol. 30 v»). 

2. Il sera plus loin parlé de la torture. 

9 



zcviij INTRODUCTION. 

funéraires, Tun sur la tombe de Geoffiroy d*Âbluses au cou- 
vent des frères Prêcheurs de Lyon, l'autre sur la tombe de 
Foulques de Saint-George au couvent des firères Prêcheurs 
de Carcassonne, car ces deux inquisiteurs « in magna pau- 
pertate prodictis persecutionibus decesserunt^ » Plus tard, 
le 1"' février 1349 (n. st.), les consuls de Cordes s'enga- 
gèrent à leur tour à construire une porte décente à la cha- 
pelle du lieu et à y placer trois statues représentant Tèvêque 
d'Albi et les deux inquisiteurs^. 

i. Doat, XXXLIV, fol. 470-480. — Le 24 décembre 1320, Jean 
(lo Boauno, inquisiteur, accorda aux consuls d^Âlbi un sursis d*an 
an pour remplir leurs engagements (Doat, XKXIV, fol. 485). 

2. i in nomine Domini. Amen. Fer presens pubiicum instra- 
montuni cunctis apparoat cvidenter quod, anno a Nativitate ejus- 
dom M» CGC" KLYUI», indictione prima, mensis februarii die 
prima, pontiUcatus sanctissimi patris domini démentis divina 
providnutia |>apc Boxti anno sexto, cum Assemarus de Salis et 
PolruH liaymundi, de Tonaco, domicelii, Benedictus Molinerii et 
(ioralduH Mati'rodi, Guillelmus de Artallo et Raymundns de 
(iriibdo, couHiiloR castri de Gordua, diocesis Albiensis, neenon 
xn cunsiliarii nccreti socrctariique quos dicti consulet habere 
dicuntur, ac etiam nominatim Paulus Molinerii et Petrus Rofc- 
borti, conHiUarii dictorum consuium, essent litteratorie citati Tho- 
loHo corani vtMiorubili ol roligioso viro fratre Petro Sicardi, ordinis 
PnHlic4iU)rum, vicario ot locumtenenti domini inquisitoris Tbolo- 
Haui horotico praviiatiit super quibusdam of&cium inquisiiionis 
UmgiMitibuH roHpouHuri, vonorunt et se personaiiter presentave- 
ninl roruiu doniiut) viirario et locumtenente predicto in capitale 
rrainnn Pn^UraUiruni Tholo^c, in presentia noatrorom notario- 
nuu infraHcriploruui, vidolicciconsuiessuperius nominati, neenon 
•loh.'inni'H i\o Ntiyaro, «lolinnnos Ciapusii, Paulus Molinerii, Petros 
liolborli ol lUM'iuinluH do ArUiUo, cousiliarii dictorum coosulom 
oaKlri tlo Oortluu, pro ho ipsis et nomine toiius oniversitatis et 
ooiuniuniiaiiM ot Hiugularium |H'rsonarum de universitate et com- 
nuuutiUo o.AHtii protlini doCiOrdua; ol pluribus traciatibos habitii 
inior ipHinn ««i duMuu) vioarmm ot locumtenentem, ac eiiam reli- 
gioitoii vm>N Iraln^H lUyuiundum de Duroforii^ priorem provineia- 
lom pri»\tnci(« Thuloimno, Guillelmum de BelloDario, priorem 



INTRODUCTION. xcix 

5. Les èoêques de Pamiers. Je ne parlerai ici que de 
deux évêques de cette ville, Jacques Fourni^r et Dominique 
Grima ; leurs prédécesseurs ne paraissent pas s'être direc*- 
tement occupés de la poursuite des. hérétiques au moinu9 

conventualem Tholose, Bertrandum de Sancto Michaela» in sacra 
pagina professorem, ordinis fratrum Predicatorum, et venerabiles 
viros dominos Guillelmum Montanerii, ordinis Sancti Johannis 
Jerosolimitani, et Guillelmum Froterii, ecclesie Tholosane cano- 
nicum, decretorum doctores, consiliarios dicti domini vicarii et 
locumtenentis domini inquisitoris Tholosani, ad hoc specialiter 
vocatos, prefati consules et consiliarii pro se ipsis et nominibus 
quibus supra, deliberatione provida inter eos super hoc habita, 
promiserunt, sub ypotheca et obligatione omnium l)onorum cou- 
su latus et totius universitatis dicti ioci de Gordua, dominis epis- 
copo Aibiensi et inquisitoribus Tholosano et Garcassone absenti- 
bus, et nobis notariis infrascriptis stipulantibus pro eisdem ; et 
amicabiliter convenerunt facere construere et edificare seu fîeri 
construi et edifîcari facere cum effectu in capella quam fecerunt 
claudi in dicto loco de Gordua de mandate superiorum suorum 
sub pénis maximis et gravibus eisdem impositis, ut dixerunt, 
dominis episcopo Aibiensi et inquisitoribus predictis, ad quos 
hujusmodi capelle ordinatio pertinet minime requisitis, nec ad 
premissa vocatis, unum portale lapideum decens et honorabile 
cum tribus ymaginibus lapideis novis et de novo faciendis, una 
videlicet in forma et figura reverendi in Ghristo patris domini 
episcopi Albiensis, et duabus una a dextera parte et altéra a 
sinistra inquisitoris Tholosani et Garcassone in forma et figura et 
habitu ordinis Predic[aJtorum ; que quidem ymagines ibidem in 
hostio dicte capelle seu supra portale ejusdem perpétue remaneant 
in signum et memoriam dominorum episcopi et inquisitoris pre- 
dictorum, supradicte universitatis et communitatis sumptibus et 
expensis. 

« Fuit etiam actum ibidem et concorditer conventum inter 
dominum vicarium et iocumtenentem predictum ac prenomina- 
tos consoles et consiliarios, nominibus quibus supra, quod fiât, 
construatur et edificetur de novo scala seu scaiare de lapidibus 
per quam seu quod habeatur libère ingressus ad dictam capellam ; 
et quod predicta portale et scaiare fiant et edificentur juxta ordi- 
nationem, voluntatem et arbitrium domiaorumi episcopi et inq.ui*- 



C INTRODUCTION. 

par rinquisitioQ. Bernard Saisset (1297-1308) eat assez 
à faire pour établir le siège nouyellement créé et se dépê- 
trer de la lutte ouverte à cette occasion entre Boniface YIII 
et Philippe le Bel, lutte dont il devait avec raison redouter 

sitoram Thoiosani et Garcassone predictoram; et si contingeret 
dictas ymagines sea earum aliquam quocumqae casu frangi, 
rumpi, destrui, aut in aliquo ledi, in vituperium aut vilipen- 
dium eorumdem, quod predicti consules et consiliarii, aniversitas 
et communitas loci predicti et eoram saccessores, qui pro tem- 
père fuerint, teneantur predictas ymagines fractas, mptas^ des- 
tructas aut in aliquo lésas reficere de novo, seu refici facere dicte 
universitatis et communitatis sumptibus et expensis, et in loco 
destinato, scilicet in portali dicte capelie, reponere seu reponi 
facere honoriiice et decenter infra très menses a tempore fractio- 
nis, ruptionis, destructionis et lesionis earumdem seu alicujus ex 
ipsis computandos, sub pena quingentarnm librarum turonensium 
parvorum danda et aplicanda dominis episcopo Albiensi et inqai- 
sitoribus predictis, et per ipsos distribuenda in persequendo here- 
ticos, credentes, fautores et receptatores eorum et inimicos Eccle- 
sie et catholice fidei, et ad alla onera officii inquisitionis predicte 
supportanda juxta voluntatem et arbitrium eommdem domino- 
rum episcopi et inquisitorum predictorum ; quam penam velue- 
runt incurrere si in predictis aut aliquo premissorum deficerent, 
et eandem solvere promiserunt dominis episcopo et inqnisitoribns 
supradictis et nobis notariis infrascriptis, stipulantibus et recipien- 
tibus vice, loco et nomine eorumdem et aliorum quorum interest 
seu interesse potestaut poterit quomodolibet in futurum, sub ypo- 
tbeca et obligatione omnium bonorum dicti eorum consuiatus et 
universitatis loci predicti de Gordua. 

« Promiserunt etiam domino vicario et locumtenenti predicto 
et amicabiliter convenerunt cum eodem prefati consules et consi- 
liarii nominibus quibus supra dictam capellam decenter et suffi- 
cienter dotare pro divine officie ibidem honorifice celebrando ad 
expensas et sumptus dicti eorum consuiatus, universitatis et com- 
munitatis castri de Gordua supradicti et providere ministro sacer- 
doti de necessariis et condescentibus stipendiis victui sue, ut 
ibidem missas celebrando possit et valeat deservire, taxandas et 
taxandos per dictes dominos episcopum et inqnisitores prout 
super hoc duxerint ordinandum ad eorum arbitrium, de bono« 



INTRODUCTION. cj 

les conséquences. J'ai déjà indiqué pourquoi, sous Clé- 
ment y, il se produisit une certaine accalmie dans la pour- 
suite des hérétiques. Quant à Tautre éyêque de Pamiers, 

ru m ac proborum virorum consilio, et prout in instrumento seu 
instramentis super hoc alias confecto seu confectis latius contine- 
tur; eandemque capellam teneantur ornare de vestimentis et para- 
mentis sacerdotalibus et altari condecentibas, et de calice et libro 
missali et aliis ornamentis et picturis congruis seu necessariis, 
prout in ordinationibus seu instrumentis super hoc dudum factis 
et habitis plenius etiam et latius continetur. 

c Que quidem omnia et singula superius declarata et expressata 
prefati consules et coasiliarii, nominibus quibus supra, eorum 
spontanea voluntate et dextris manibus versus niio' sancta Dei 
Ëvangelia elevatis, que dictus dominus vicarius et locumtenens 
in manu sua dextra tenebat aperta, juraverunt tenere, servare et 
complere et in nulle contrafacere vel venire, per se vel alium seu 
altos, aut aliam interpositam personam, aliquo tempore in futu- 
rum, sub virtute per eos prestiti juramenti et sub pena predicta 
per eos, quibus supra nominibus, promissa et per nos infrascriptos 
notariés solempniter stipulata, quam incurrere voluerunt totiens 
quotiens deficerent aut contrafacerent in premissis aut aliquo 
premissorum. Si autem contra premissa aut aliquod premissorum 
facerent vel venirent publiée vel occulte, tacite vel expresse, 
voluerunt in aliquo non audiri et omne judicium et juris auxi- 
lium et audientiam super hoc sibi claudi et denegari super pre- 
dictis, tanquam venientibus contra proprium juramentum. Et si 
forte consules et consiliarii predicti aut aliquîs ex ipsis de uni- 
versitate vei comrounitate castri predicti de Gordua in aliquo 
defecerunt contra officium inquisitionis Tholosane, quod non cre- 
dunt, ymo penitus diffidentur, tanquam fidèles et dicto officie 
inquisitionis et ejus preceptis obedientes, super quibus humiliter 
veniam postularunt, predictus dominus vicarius et locumtenens, 
attenta eorum devotione et affectione ac humiliatione, volens 
misericorditer agere cum eisdem, omnem ofTensam et injuriam, 
si quam fecerunt vel commiserunt contra inquisitionem Tholosa- 
nam vel offîcium ejusdem, quathenus ad eum spectat et potest et 
débet, de jure, vice et authoritate predicti domini inquisitoris 
Tholosani, misericorditer et gratiose remisit. De quibus omnibus 
tam dictus dominus vicarius et locumtenens cum consilio dicto - 
rum prioris et magistn, quam etiam consules et consiliarii prefati 



Cij INTRODUCTION. 

Pelfort {Pilusfbrtis) de Rabastens, il ne fit que passer sur 
ce siège (1315-1317), tandis que Jacques Foumier y fut 
appelé (1317-1336) au moment où, avec le pontificat de 
Jean XXII, la poursuite rendue nécessaire par le mouve- 

et superius nominati requisivemnt sibi retineri et fieri unum et 
plara, publicum seu publica instrumenta ejuedem continentie et 
tenoris inter eos distribuenda, dictandum seu dictanda, conficien- 
dum seu conficienda par nos notariés infra scriptos cum consilio 
sapientum veritatis sufbjstantia in aliquo non mutata. 

« Âcta fuerunt hec in capitulo fratrum Predicatorum Tholose, 
anno, indictione, die et mense, pontificatu et anno predictis, 
circa horam meridiei, presentibus venerabilibus et religiosis viris 
fratribus Guillelmo de Bellofario, priore dicti conventus, magis- 
tro Bertrando de Sancto Micbaele predicto, Johanne Pasqueti 
ordinis Predicatorum, ac etiam venerabili et religioso viro domino 
Guillelmo Froterii, canonico ecclesie Tholose, decretorum doctore, 
et domino Petro de Vallesor, presbitero, bacallario in decretis, 
oriundo de diocesi Tholosana, et magistro Roberto Fabri, sacro- 
^ancte Romane Ecclesie authoritate ac etiam inquisitionis Tho- 
lose heretice pravitatis publico notarié et jurato. Et ego Radulphus 
Valoti, publicus Tholose et officii inquisitionis predicte notarius 
ac juratus, premissis omnibus et singulis una cum testibus supra- 
scriptis et magistro Rotberto, notarié predicto, presens interfui, et 
omnia premissa et singula uua cum dicto notarié recepi et stipu- 
latus fui cum eodem, inclito principe domino Philippe, Franco- 
ru m rége, régnante, et in hanc pnblicam formam redegi, manuque 
mea propria scripsi, cum interliniariis dictionibus tensantur, alias 
fratribus, bacallario in decretis, requisitus atque in testimonium 
omnium premissorum slgnum meum apposui sequens. 

« Et ego Rotbertus Fabri, clericus, sacrosancte Romane Ecclesie 
authoritate et officii inquisitionis Tholose heretice pravitatis publi- 
cus notarius et juratus, premissis omnibus et singulis una cum 
eisdem testibus et magistro Radulpho Talati, publico Tholose et 
offîcii inquisitionis predicte notario interfui, et predictam stlpula- 
tionem cum eodem notario recepi, ac présent! publico instru- 
mente per eum recepto et confecto manu propria me subscripsi 
et signum meum solitum apposui in eodem in fidem et testimo- 
nium premissorum, sub anno, indictione, die, mense, pontificatu 
et loco predictis, vocatus, rogatus et requisitus » (Doat, XXXV, 
fol. 122 vo-i29). 



INTkomJCT!ON. ciij 

ment des fraticelles allait recommencer de {llus belle. Le 
fait est que le futur Benoît XII déploya une activité fort 
grande. Du mois d'octobre 1318 au mois d'octobre 1325, 
il instruisit des procès pour hérésie et entendit des con- 
fessions qui remplissent ensemble un énorme registre (Biblio- 
thèque du Vatican, fonds du Vatican, ms. 4030) ^ Voici 
d*abord les procès avec les noms des témoins entendus : 

Contra Jagobam d'eu Garot d'Ax : 

Bartholomeus de Ëcclesia, presbyter de Suriaco. 

1. Reliure de bois couvert de veau vieux avec enluminures 
empreintes; deux anciens fermoirs; à Tintérieur, sur le plat : 
B. n. 14. Parchemin, 375 mill. X 260 mill.; 314 feuillets à deux 
colonnes, sans foliotation. Cinq feuillets préliminaires non folio- 
tés, qui contiennent une table des matières et trois lettres de 
Gilles Aycelin, archevêque de Narbonne (1290-1311), à Bernard 
Saisset, évoque de Pamiers, et aux abbés, prieurs, etc., portant 
communication de trois bulles de Clément V : 1« sur !a convoca- 
tion d'un concile général; 2<> contre les Templiers, avec les articles 
de Tenquôte à faire sur eux ; 3® contre les détenteur^ des biens des 
Templiers. Fol. 1 (après les cinq feuillets préliminaires) : « Gon- 
fessio Raymundi de Costa, heretici Valdensis et dyaconi in illa 
secta. I — Ëxplidt, fol. 314 d : a Eadem originali transcripsi fide- 
liter et correxi. » Belle écriture du temps; état parfait. Les cata- 
logues anciens de la bibliothèque des papes, à Avignon, signalent 
deux manuscrits contenant des processus inquisitionis instruits 
par Jacques Fournier : c Item, processus domini Benedicti pape 
CONTRA uERETicos, dum erat episcopus Appamiarum, coopertus 
corio albo, qui incipit in secundo folio post tabùlam errorum : 
dictus, et finit in penultimo folio : in crimine, » — « ïtem, pro- 
cessus CONTRA HERETicos, cooperti coHo viridi, qui incipiunt in 
secundo folio : suam, et finiunt in penultimo folio : capellanos • 
(R. P. Ehrle, S. J., Historia biblioihecae Romanorum pontificum, I, 
p. 338 (no 661), 358 (n<> 925). — M. Gh. Molinier a donné une des- 
cription et une analyse du ms. 4030 : Études sur quelques manU' 
scrits des bibliothèques d'Italie concernant l'Inquisition et les croyances 
hérétiques du II I^ au XVI h siècle, p. 89 et suiv., 181 et suiv. (Paris, 
Leroux, 1887, in-S». Extr. des Archives des missions scientifiques et 
littéraires f t. XIII). 



civ INTRODUCTION. 

Guillelmus Causo, monerius de Ax. 

Gualharda, filia Pétri de Canals, de Saurato. 

Pctrus Rubei, recior ecclesie de Merenchis. 
Contra Arnalduh de Savitihago, de Tharasgonb : 

Bertrandus Corderii, de Appamiis. 

Pctrus de Maishelaco, de Tarascone. 

Johannes Yfortus, de Tarascone. 
Contra Berbngarium Scola, de Fuxo : 

Gentilis, uxor Pétri Scola. 

Faber de Montcallo. 

Guilhelmus Bauzelh^ procurator rectoris ecclesii 
Ventenaco. 

Gaufridus de Ventenaco. 
Contra Guillblhdh Austatz, de OriXOlago : 

Gualharda, uxor Bernardi Ros, de Oniolaco. 

Alazaicis, uxor Pétri de Borda, de Ornolaco. 

Raymundus Barravi, clericus de Ornolaco. 

Juiianus, clericus de Ornolaco. 

Barchinona, uxor Bernardi de Borda, de Ornolaco 

Petrus de Borda, de Ornolaco. 
Contra Bkatricbm, uxorkm Othonis de Ecglgsia, quoxdai 
Adalonb : 

Guillelmus Rosselli, de Adalone. 

Guillelmus de Monte alto, rector de Adalone. 
Contra GuiLLKRBfAM, uxorem Bernardi Bb^tet : 

Alazaicis, uxor Pclri Munerii, de Ornolaco. 

Gentilis, fllia Guiiicrmi Ros, de Ornolaco. 

Raymundus Beneti, de Ornolaco. 
Contra Ratmunuum Yalsiera, de Ax : 

Johannes Barra, de Ax. 

Petrus de Gaihaco, de Tarascone. 
Contra personas nominatas a predicto Yalsiera, contra Si 
NEN Barta : 

Guillcrma, uxor Pradas Savinha, de Ax. 
Contra Ber^ardum Franga, de Golkrio, de Yig de Sos : 

Guillelmus Scguelati, de Golerio, parrochia de So: 

Guillelmus Bcrlrandi, de Golerio, parrochia de So; 

Raymundus Mediaville, de (lolerio, parrochia de S 



INTRODUCTION. CV 

Bernardus Maria, de Golerio, parrocbia de Sos. 

Arnaldus Augerii, de Golerio, parrochia de Sos. 

Petrus Babas, de Golerio, parrochia de Sos. 

Arnaldus Maurini, de Golerio, parrochia de Sos. 
Gonlra Ratmundum db Ar£a, alus Bordb de Tinhago : 

Guillermus de Gomellano, de Lordato. 

Raymundus Seguini, de Tinhaco. 

Arnaldus Laufre, de Tinhaco. 
Contra Arnaldum Textorbm , oe Sbllts : 

Guillelmus Perdiguator, de Seilis. 

Johannes de Seilis. 

Arnaldus Bertrand!, de Rupe Ulmesii. 

Petrus Gilberti, de Seilis. 
Contra Adalaigam , filiam Aigrbdi Boreti, oe Gaussons : 

Guillelmus d'en Home de Lassur. 
Contra Raimunddh Sicredi, oe Asgo : 

Bernardus Gumberti, de Ax. 

Joan Pétri Amelii, de Ascone. 

Bernardus Vincentii. 

Asco de Podio, de Ascone. 

Bernardus Poncii, de Ascone. 
Contra Arivaldum Satinhani^ de Gapite poutis Tarasgon is : 

Yesianus Textoris, de Gapite pontis Tarasconis. 

Guillermus Tibaldi» de Tarascone. 

Johannes Montanerii, de Tarascone. 
Contra Amelium de Rivis, yicarium perpetuom oe Un aco : 

Nicholaus de Prato, presbyter. 

Bartholomeus Ugonis de Savarduno, claverius priora- 
tus de Unaco. 
Contra Arnaldum de Vernhola, de Mergatali : 

Johannes Ferrerii, de Boregia. 

Guillermus Ros, de Rivobuxa. 

Guillermus Bernardi Jot, de Gauderiis, diocesis Mira- 
piscensis. 

Guillermus Bonrii, de Piano Yilarii. 

Guillermus Pecs, de Rivobuxa. 

Frater Petrus Recort, ordinis Carmelitarum. 
Omnes studentes Appamiis. 




cvj INTRODUCTION. 

Contra Aru aldum de Yedblhago : 

Bernardus Joan, rector de Vedelhaco. 

Ademarius, de Vedelhaco. 
Contra BKRTRAifBnir de Taxio, viLrrEir, de ÀppiMirs : 

Margarita Amelii, de Asco. 

Guillelmus de Rodesio, de Tarascone. 

Johannes Davini, burgensis Appamiensis. 

Blanca, uxor Guillelmi de Rodesio. 

Guillelmus de Area, de Querio. ' 

Guillelmus Bemardi, de Luzenacho. 
Contra Petrum Guillerm i seniorem , de Unico : 

Bartholomeus Ugonis, de Savarduno. 

Simon Geraldi, mercarius de Ax. 
Contra Atgrbdum Borbti, de Caussonb : 

Raymundus Bec. 

Vitalis Record!, de Gaussone. 

Gausia, uxor Bernard! Palerfi, de Caussone. 

Raymundus Parent. 

Bernardus Boreti, de Gaussone. 
Contra Pbtrum D'Eff Hugol, Pbtrum Petri, Jagobum Tarterii 
de Qubrio : 

Bernardus Minoris, textor, de Ulmeto. 

Guillermus Bernard!, de Ulmeto. 
Contra Petrum de Bastida Serohis : 

Bernardus Maestre, de Heremo. 

Petms Bernard! de Alavat, de Ugenacho, parrochie de 
Ganaco. 

De plus, révoque entendit les confessions ou aveux de 
quatre-vingt-quinze prévenus, dont Ténumération serait 
ici fastidieuse. Plusieurs de ces confessions ont une am- 
pleur inaccoutumée. Par exemple, celle de Raymond 
de Costa, Vaudois et diacre, remplit les dix -sept pre- 
miers feuillets du registre^ ; celle de Pierre Maurin de 
Montaillou compte vingt-huit feuillets. Elles fournissent 

1. La copie m'en a été envoyée par M. Tabbé Vidal, du diocèse 



INTRODUCTION. Cvij 

d'amples rentoignements de toute sorte. Elles présentent 
àus^, plusieurs du moins, un intérêt véritable pour l'his- 
toire des doctrines. Par exemple, celle de Rayinoiid de 
Costa montre que les Vaudois ne s'en tenaient plus à la 
morale : ils aVaient dès lors un dogme et un corps de dc^ 
trine sur les sacrements diamétralement opposés à la foi de 
l'Eglise romaine. 

Le ms. du Vatican offre une particularité ^ui me par£dt 
digne d'être signalée, car elle est certainement rare. L'in- 
quisiteur de l'Aragon avait précédemment reçu des déposi- 
tions ou aveux de deux des prévenus. Il les adressa aux 
inquisiteurs de Pamiers dans leur forme authentique. Nous 
avons ici la preuve que la règle, précédemment fixée, qui 
imposait la communication des dossiers dans le cas où un 
prévenu déjà interrogé par un inquisiteur passait sous la 
juridiction d'un autre inquisiteur, fut effectivement suivie. 

Au total, le ms. du Vatican nous fait connaître les dépo- 
sitions ou charges de cent deux hérétiques : c'est le nombre 
des prévenus avec lesquels l'évêqué de Pamiers eut affaire. 
A qui voudrait suivre Tisàue des procès engagés, il faut signa- 
ler les € sermons >► publics tenus à t^amiers le 2 août 1321, 
les 4 et 5 juillet 1322, le 19 juih 1323, qiië Lîmbôrch à 
publiés ^ les consultations iû^uisitoriàles à<é l'année 1324 
fournies par Doat^, enfin d'autres consultations mquîsito- 
riales de 1329^, provoquées par Dominique Crrima, succèà* 

de Pamiers, autrefois élève de l'Institut catholique de Toulouèe, 
maintenant chapelain de Saint-Louis-des-Français. Elle com- 
prend près de 200 pages in-8o. Je dois à M. Tabbé Vidal les prin- 
cipaux renseignements sur le màiiuscrit lui-même. 

1. Liber sententiarum, p. 286 et suiv. 

2. XXVIII, fol. 43, 46 v». Publiées dans mon mémoire spécial 
déjà annoncé. 

3. Doat, XXVU, fol. 140, 146 v*». Ibid. 



cviij INTRODUCTION. 

seur de Jacques Fournier, lesqaeUes, —je parle deo£s 
de 1329, — rendirent à la liberté plusieurs des hérétû|K 
que Jacques Fournier avait condamnés au « mur. » 

Je viens de prononcer le nom de Limborch : toutlenxni:^ 
sait que nous lui devons Tédition du Liber sententiem 
de Bernard Gui. Or, Tévêque de Pamiers a fiiit avec tf 
inquisiteur plusieurs actes de poursuite. C'est ainsi que k 
Liber sententiarum nous le montre à Tosuvre. 

1®. Le 8 décembre 1319, à Carcassonne, TévêquedeFi- 
miers et l'évêque de Saint-Papoul, juges dans la cause ec 
vertu d'un mandat apostolique, condamnent Bernard Dâir 
cieux à la prison perpétuelle et lui assignent pour cachDt 
« strictum murum qui situs est inter civitatem Carcassonis 
et flumen Araris*. >► 

2^. Le 2 août 1321, à Pamiers, dans le cimetière Saioi- 
Jean extra mur os y Jacques, évêque de Pamiers» Bernard 
Gui et Jean de iJeaune, inquisiteurs, prononcent quatre 
sentences, de crucibtts^ immuratioms^ contra relapsum, 
contra duos valdenses-, 

3°. Les 4 et 5 juillet 1322, à Pamiers, dans le cimetière 
Saint- Jean extra ynuros, Jacques, évêque de Pamiers, avec 
l'évêque de Mirepoix, Bernard Gui et Jean de Beaune, inqui- 
siteurs, et Tofficial de Rieux, tient un « sermo publicos, > 
où ils prononcent des grâces de croix, des délivrances de 
prison, des pénitences et des condamnations au < mur'. » 

4"". Le 19 juin 1323, à Pamiers, Jacques, évêque de 
Pamiers, Bernard Gui et Jean de Beaune, inquisiteurs, font 
un « sermo publicus^. » 

5*^. Les 4 et 5 juillet 1322, à Pamiers probablement, 

i. Limborch, Liber sententiarum, p. 268-273. 

2. Ibid., p. 286-289. 

3. Limborch, op, cit., p. 291-298. 

4. Ibid., p. 393. I^s noms des intéressés sont seuls donnés. 



INTRODUCTION. cix 

fpJacques, évêque de Pamiers, Bernard Gui et Jean de Beaune, 
■(inquisiteurs, rendent une sentence d'exhumation contre deux 
la hérétiques morts dans l'impénitence^ 
fil Le fonds Doat fournit quelques autres indications utiles 
ilpour apprécier Tactivité de Jacques Fournier comme juge. 
: ii Le tome XXVII donne ce simple renseignement qu'il avait 
■t entendu le carme Pierre Record^, que son successeur con- 
p damna; mais, dans le tome XXYIII, Jacques Fournier 
|| reprend ce grand zèle qui éclate dans lems. 4030 du Vatican : 
il 1®. Les 7, 8, 9 et 22 août 1324, à Pamiers, in caméra 
B episcopaliy assisté de Jean du Prat, inquisiteur, il entend 
B une dernière fois vingt-trois témoins ou prévenus dont l'ins- 
1 truction touche à sa fin ; ils confirment leurs aveux anté- 
rieurs^, contenus, plusieurs du moins, dans le ms. du 
Vatican. 

2*. Les 9, 10 et 11 août 1324, à Pamiers, in caméra 
episcopalij assisté du même inquisiteur, il £ait, en présence 
d'un grand nombre de conseillers, une consultation iuquisi- 
toriale, qui occupe quatre séances et qui porte sur chacun 
des divers prévenus dont le sort va se décider^. 

3«. Le 12 août 1324, à Pamiers, dans le cimetière Saint- 
Jean extra muros, l'évêque de Pamiers tient un sermo 
publicus dans la forme ordinaire de ces actes, serment des 
officiers séculiers, sentence d'excommunication contre ceux 
qui font obstacle à Tlnquisition, grâce des croix, délivrance 
de la prison, abjuration des condamnés qui reçoivent un allé- 
gement de peine, peine des croix, condamnation au « mur*^. » 

1. Ibid., p. 333. Leur procès se trouve dans le ms. 4030 du 
Vatican. 

2. Fol. 150 vo. 

3. Fol. 39 v«-43. 

4. Fol. 43-56. 

5. Fol. 56-76. 



ex INTRODUCTION. 

4o. Le 13 août 1324, à Pamiers, dans Féglise du Camp, 
révêquede Pamiers et JeanduPrat, inquisiteur, condamnent 
plusieurs £aux témoins « ad standum in scala, » un dimanche, 
devant l'église du Mercadal ou du Camp, et, un jour de 
marché, sur la place, et à la prison, qu'ils feront aux Âll^ 
mans^ Même jour, grâce des croix est £aite à la jEemme 
Gausie ; et l'on procède à la dégradation de Guillaume Tra- 
ver ( Traverii) 2. 

Même jour, sentence contre Bernard Qerc {Clerici) et 
Raymond de Garanone, condamnés, le premier, « ad stric- 
tum mûri Carcassone inquisitionis carcerem in vinculis fer- 
reis ac in pane et aqua, » le second, « ad murum largum de 
Alamannis^. » 

&>. Les 22 et 23 février 1325 (n. st.), à Carcassonne, 
révêque de Pamiers est présent et prend part à la consulta- 
tion inquisitoriale provoquée par Jean du Prat, inquisiteur^. 

6^. Le 24 février 1325 (n. st.), à Carcassonne, Marché 
couvert, l'évèque de Carcassonne, l'évêque de Pamiers, Jean 
du Prat, inquisiteur, avec les commissaires des archevêques 
de Narbonne et de Toulouse, des évêques de Béziers, de 
Mirepoix et de Saint-Pons, tiennent un sermo genercUis^ 
où sont intéressés plusieurs hérétiques du diocèse de 
Pamiers. 

Tel est l'exposé très sommaire des actes de Jacques Four- 
nier, poursuivant l'hérésie comme juge, entendant les dépo- 
sitions, condamnant, graciant ou prenant part aux sermo^ 
nés où comme tel il devait paraître. De tous les évêques du 
Languedoc, il est bien celui qui, sous le pontificat de 

1. Fol. 76 vo-86. 

2. Fol. 86. 

3. Fol. 86 vo-93. 

4. Fol. 96-107. 



INTRODUCTION. CXJ 

H^ean XXII, a déployé le plus de zèle. Le rang suprême 
jh auquel il est parvenu et la réputation de haute vertu qu'il 
Il ^ laissée ne donnent-ils pas une valeur particulière à toute 
il sa conduite dans cette afEaire? S'il fut ui^ des ho^unes les 
il plus saints et les plus honorables de SK>n époque, n'est-on 
m pas amené à penser que la poursuite juridique des héré- ^ 
g tiques répondait à quelque besoin réel, à quelque idée de 

justice sociale? 
^ Son successeur, le dominicain Dominique Grima (1326- 
. 1347), fut, lui aussi, un homme de valeur. Théologien et 
1 exégète, il sut joindre à la science le goût le plus éclairé, 
I puisqu'il fit construire au couvent de son ordre, à Toulouse, 
la chapelle de Saint-Antonin, dont les lignes sévères et élé- 
gantes furent relevées par des peintures du plus grand artS 
que nous admirons encore même dans leur état de dégrada-* 
tion. Il régla ses relations avec les hérétiques sur l'exemple 
de son prédécesseur et sur le droit public de l'éppqve, dont 
il n'eût pu s'écarter sans danger. Cependant, bien que son 
épiscopat ait duré vingt ans, les documents d'inquisition 
qui lui appartiennent ne sont rien en comparaison des actes 
se référant aux neuf années du pontificat de Jacques f our- 
nier : celui-ci aura fait le principal. Voici à quoi se réduisent, 
dans le fonds Doat, les actes de Dominique Grima : 

1°. Les 13 et 14 janvier 1329 (n. st.), à Pamiers, in aula 
episcopaliy Dominique Grima, évêque de Pamiers, Henri 
Chamayou (de Chamayo) et Pierre Brun, inquisiteurs, 
appellent en consultation un grand nombre d'hommes qua- 

1. Voy. mon volume : Organisation des études chez les frères Pré» 
cheurs, p. 103, 117, 119 (Paris, Picard, 1884, in-So). A Tépoque 
où j'ai publié ce volume, je n'avais pas vu tous les manuscrits 
qui nous parlent de ce personnage et je Tavais, avec les Bénédic- 
tins, appelé Dominique Grenier. Voy. mon autre volume : Les 
frères Prêcheurs en Gascogne, p. 4(V1. 



cxij INTRODUCTION. 

lifiés de la région auxquels ils proposent des cas avec les 
extraits des dépositions respectives ^ On me permettra de 
ne pas en dire plus long, car je me propose de consacrer un 
paragraphe spécial aux consultations inquisitoriales. 

2^. Le 17 janvier 1329 (n. st.), à Pamiers, m atUa epis^ 
copali, Dominique Grima et les deux mêmes inquisiteurs 
rendent leur sentence contre le carme Pierre Record, con- 
vaincu de sorcellerie ; ils le condamnent à la dégradation et 
à la prison perpétuelle dans le couvent de son ordre à Tou- 
louse 2. 

3®. Les 16, 18 et 22 janvier 1329 (n. st.), à Pamiers, 
dans l'église du Camp et la maison épiscopale, l'évoque 
et les deux inquisiteurs font un sermo generalis ; ils pro- 
noncent la grâce des croix en faveur de quarante-deux héré- 
tiques; ils délivrent de prison quatorze condamnés, dont ils 
reçoivent l'abjuration; ils édictent une pénitence simple 
{penitencia arhitraria) sine crucibus contre quatre héré- 
tiques, cum crucibus contre quatre autres ; ils condamnent 
à la prison huit hérétiques, prononcent l'exhumation contre 
trois défunts qui sont morts dans l'hérésie, l'échelle contre 
cinq faux témoins, la dégradation ecclésiastique contre le 
curé des Allemans^. 

En réalité, est-ce à ces trois actes que se borna tout 
l'épiscopat de Dominique Grima ? Vraisemblablement non. 
Il n'est pas impossible que d'autres documents soient décou- 
verts un jour. 

Nous avons vu, à côté de lui, les inquisiteurs Henri Cha- 
mayou et Pierre Brun. Avec Jacques Fournier avaient 
siégé Bernard Gui, Jean de Beauue et Jean du Prat, et, en 

1. Doat, XXVII, fol. 140 vo.l46. 

2. Ibid., foi. 150 vo-156. 

3. Ibid., XXVII, fol. 146 vo.l49. 



1. 



INTRODUCTION. cxiij 

ii outre, d'après le ms. du Vatican, Galhard de Pomiès (de 
I Pomeriis)j lieutenant de Jean de Beaune, et Guillaume 
I Costa, soD lieutenant également. C'est peut-être le moment 
I d'insister sur un fait plusieurs fois énoncé déjà, je veux dire 
ji la présence au même tribunal et l'entente juridique néces- 
i saire du juge ordinaire et du juge délégué. Les évêques 
i dont il me reste h parler m'en fourniront encore l'occasion. 
I 6 . Les évêques de Béziers, de Lodève , de Maguelonne , 
i d'Agde, etc. Quand on parcourt les actes de l'Inquisition 
dans le Languedoc au xia* siècle, on ne manque pas d'être 
f surpris de la petite part qui y est faite aux évêques des dio- 
I cèses situés aux extrémités nord et est de la province. Les 
évêques de Cahors y apparaissent rarement, alors cepen- 
dant qu'au début l'Inquisition s'exerça avec une certaine 
intensité dans tout le Quercy. C'est à peine si les documents 
mentionnent quelques réconciliations canoniques, auxquelles 
ne peut-on encore axer de date^ Nous apercevons, un 
moment, en 1253, Vivien, évêque de Rodez (1247-1274), 
à Najac « ubi fecit et adhuc facit fieri inquisitionem, » puis 
à Rodez, où il appelle six des habitants de Najac, à Ville- 
neuve d'Aveyron, à Millau; du moins un habitant de cha- 
cune de ces deux localités est condamné ; mais les choses 
n'y sont pas menées jusqu'à la fin avec la vigueur première, 
au grand mécontentement du sénéchal du Rouergue^. Et 
c'est tout. 

A Tautre extrémité de la province, il en va de même : les 
renseignements manquent. Un acte de 1260 énonce sans 

i. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 203 ; Doat, XXIII, 
fol. 6 vo-7. — Un évoque de Lectoure avait aussi fait des réconci- 
liations (bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 231 v<>). 

2. Voy. la lettre de Jean d'Arcis (de Arcisio) à Alfonse de Poi- 
tiers du 2i février 1253 (J. de Laborde, Layettes du Trésor des 
chartes, lU, n« 4039>, p. 581). 

h 



cxiv INTRODUCnoll. 

doute ce fait que le chapitre et révoque de Bézi^s av 
juré que les biens des hérétiques n'iraient point à 
héritiers ^ conformément à la jurispnidenoe du momen 
cependant ne réussit pas à s'établir. Mais plus rien dan 
le xin' siècle. 11 faut descendre au 26 avril 1299 pour 
contrer Tèvêque de cette ville. C'est alors, en premier 
Bérenger Frédol (1294-1305)*, un canoniste de gi 
réputation. Il apparaît comme une sorte de concilia 
puisqu'il exhorte les habitants du Bourg de CarcasscN 
accéder aux conditions que l'inquisiteur propose avai 
les relever de Texcommunication ^. Le 20 novembre i 
il adresse de Lyon à l'archevêque de Narbonne, en b 
de Raymond Gayraud, d'Arqués (Aude), la lettre suiv 
contenant l'exposé d'une situation qui n*était pas absolu 
unique : 

Venerabili în Christo fratri Dei gratia archiepiseopo 
bonc, vel ejus offlciali, Berengarius, miseratione divina B 
rensis episcopus, salutem in Domino aempiternam. — 
nobis Raimundus Gayraudi, de Arcbis, vestre diooesis, 
presenlium, humili et spontanea confessione monstravit 
ipsc olim, a quibusdam quos crccicbal orthodoxe Qdei zela 
seduclus, pluries a duobus annis cili-a parlicipavit Andrée Ja 

1. Uist. (jénér. de Languedoc, VIII, col. 1468, 1469. — Les 
tant» do Déziers écrivent au roi pour se plaindre que G. 
gucsvives, (jui se fait appeler G. de Lodève, soit entré en pc 
sioii des biens do son geudre, hérétique. 

2. Deux autres Frédol occupèrent le siège de Béziei 
xiY« siècle : Dôronger Frédol le jeuue (1309-1312) et GuilL 
FnHJol (1;M 4-1349). Ils appartenaient à une famille bitterrois 
donna d'autres dignitaires à cette église : Raymond Frédol, 
noine en 1249, André Frédol, arcliidiacre (1323-1346), Bei 
Frédol, chanoine eu 1339, Pierre Frédol, etc. (Bibl. de Bè 
Ms. 6, fol. Ixvj, Ivij, Ixxxiij vo, Ixixv, Ixxxvijv*.) Ge registi 
XV» siècle contient divers règlements de l'église de Béliers. 

3. Doat, XXXII, fol. 283-288 ; Mahui, Cartulaire, V, 651 



Il 



INTRODUCTION. CXV 

i de Savarlesio, ac quibusdam aliis berelicis loquendo, bibendo, 
■ comedendo cum eis; et eorum predicationes audivit, ipsosque 
adoravit et associavit multotie[D]s genibus flexis, Benedidte ter 
dicendo, ac eis peccuDiam et aliqua alia de suo proprio pro eorum 
necessitatibus ministravit. Que omnia in scriptura coram nobis 
I oonfecta plenius continentur. Unde errorem advertens quem 
f 8ub specie recti iidem predicaverant sibi seductores, supplicavit 
1 bumiîiter sibi ab excommunicationis sententia, quam propterea 
Doscitur incurrisse, absoiutionis beneficium per Sedem Aposto- 
licam misericorditer impertiri et alias anime sue saluti^ provi- 
deri. Nos autem, ejusdem Haimundi confessione audita, pie 
I matris Ecclesie, que non ciaudit gremium redeunii, vesligiis 
I inhérentes, ipsum Raimundum ab excommunicationis sententia, 
quam ex preidictis causis sponte confessatis apud nos in scriptis 
remanentibus incurrit, auctoritate domini pape, cujus peniten- 
tiarii ^ curam gerimus, duximus absolvendum secundum for- 
mam Ecclesie consuetam, abjurata per eum prorsus omni 
heretica pravitate; sibique penitentiam injunximus, prout 
secundum Deum et anime sue saiuti vidimus expedire; dr- 
cumspectioni vestre auctoritate committentes prefata quatenus, 
si bona dicti Raimundi sunt per inquisitores Garcassone vel 
quosvis alios ex causis arrestata predictis, ipsa eidem Rai- 
mundo faciatis restitui indilate, nisi sit aliud canonicum quod 
obsistat. Datum Lugduni, xii^' kls. decembris, pontiflcatus 
domini démentis pape quinti anno primo ^. 

Le 5 décembre suivant, Bérenger Frédol accordait des 
lettres d'absolution à Guillaume Escannier, d'Arqués, qui 
obtenait par là même d'être remis en possession de ses biens^. 

1. Ms. : salubriter, 

2. Ms. : paenitentiariw, 

3. Doat, XXXIV, fol. 87-88. Ramenée à l'orthographe du 
XIII* siècle. 

4. Lettre de Bérenger Frédol, évoque de Béziers et pénitencier 
da pape, à l'archevêque de Narbonne (Molinier, Éludes, p. 179). 
— Lettre du lieutenant de Pierre Radulphe, procureur du roi 
pour les confiscations, du 24 décembre 1305 (ibid., p. 179, 180). 



CXV] INTRODUCTION. 

Ces lettres n'infirment en rien robsenration déjà £aite au 
sujet de Taction combinée des éveques et des inquisitears, car 
l'évêque agit au nom du pape. Les documents d'inquisition 
sont rares ici. Sans doute, on peut croire sans témérité 
que ce silence provient de lacunes trop étendues dans la 
suite des documents. Il reste vrai cependant que, durant 
tout le xnf siècle, l'effort principal de la poursuite s'accuse 
surtout à Toulouse, à Carcassonne et à Âlbi. Sous le pontifi- 
cat de Jean XXII, elle s'étend ; il est aisé de la suivre dans 
le bas Languedoc. J'en ai déjà, à plusieurs reprises, fiait 
pressentir la raison , du moins la principale raison histo- 
rique. Elle remonte au mouvement fraticelle, qui eut son 
centre à Narbonne et troubla tout le rivage du golfe du 
Lion, ou même la chaîne des Cévennes méridionales. Le 
fiait, d'ailleurs connu, n'a jamais cependant été appro- 
fondi ; il n'a pas été de la part des historiens l'objet de 
recherches spéciales. Les tomes XXYII et XXyiII du fonds 
Doat présenteraient pour ces recherches un intérêt sérieux ^ 

1. J'indique ici les principales confessions reproduites dans 
Doat in extenso ou par extraits : 

1320. — Cionfession de Mathieu, curé de Belbèze (Aude) (Doat, 
XXVn, fol. 85-87). 

1319-1322. — Confessions ou fautes {culpae) de huit béguins de 
Glermont-rilérault et de Lodève proposées au conseil réuni en 
consultation à Lodève, le 3 j uillet 1 323 (Doat, XXVIII, foi. i i y^îl). 

Avant 1325. — Confessions de douze héguins de Narbonne ou 
du Narbonnais et d'Olargues (Hérault) (ibid., fol. 116-136 y«). 

1325. — Aveux de dame Prons Bonet, de Saint-Michel de La- 
cadière, diocèse de Nîmes. Curieux et importants (Doat, XXVU, 
fol. 51-79). 

1325. — Aveux de Manent Rose, de Lodève (ibid., fol. 79 v«-82). 

Février 1325. — Aveux de Bernard Fenassa et de Pierre Astme, 
d'Albi (ibid., fol. 32-35). 

Septembre et novembre 1325. — Aveux de Jean Oriach, de 
MontpelUer (ibid., fol. 24-26). 



INTRODUCTION. cxvij 

On y trouve des dépositions fort circonstanciées de béguins, 
spirituels et fraticelles, qui, s'ajoutant aux pages consa- 

Octobre i325. — Aveux de Raymond Jean, sorti de Tordre des 
frères Mineurs, de Montréal (Aude) (ibid., fol. 35-42). 

Octobre 1325. — Aveux de Biaise Boyer, de NarbonUe (ibid., 
fol. 83 vo-85). 

Novembre 1325. •— Aveux d'Etienne Gramat, de Villeneuve- 
les-Béziers (ibid., fol. 9-10). 

Novembre 1325. — Aveux d'Alissôte, habitant Montpellier 
(ibid., fol. 30-32). 

Novembre 1325. — Aveux d'Ermessinde Gros, femme de Jean 
Gastanié, de Lodôve, alors à Gignac (Hérault) (ibid., fol. 14-16). 

Novembre 1325. — Aveux de Sibile Gazelle, veuve de Guil- 
laume Gazelle, de Gignac (ibid., fol. 16-18). 

Novembre 1325. — Aveux de Pierre Massot, de Béziers (ibid., 
fol. 12 V0.14). 

Décembre 1325. — Aveux d'André Bérenger, de Montagnac 
(ibid., fol. 11). 

Décembre 1325. •— Aveux d'Agnès, femme d'André Bérenger, 
de Montagnac (ibid., fol. 11 v«-12). 

Août 1327. — Aveux de Guillelme Maze, de Galvairac, diocèse 
de Gastres (ibid., fol. 82-83). 

Novembre 1327 et octobre 1328. — Gonfessions de Raymond 
Gathala, prêtre, de Roujan, diocèse de Béziers (ibid., fol. 42-45). 

1328. — Aveux de Guillaume Molinier, clerc, de Béziers (ibid., 
fol. 48 vo-51). 

Octobre 1328. — Déposition de Durand Bonnet, de Saint-Michel, 
diocèse de Nimes (ibid., fol. 26-30). 

1325 et 1329. — Gonfessions de Guillaume Marcon, de Pézénas 
(ibid., fol. 210-212). 

Août 1327, janvier et septembre 1329. — Gonfessions de Barthé- 
lémy Pays, d'Albi (ibid., fol. 198-199). 

Janvier et février 1329. — Gonfessions de Raymond Garrigues, 
d'Albi (ibid., fol. 199 v«-200). 

Juin 1329. — Aveux de Raymond Boyer, de Villemagne (ibid., 
fol. 200-201). 

Juillet 1329. — Aveux de Guillaume Benoit, de Gazouls-l'Hé- 
rault (ibid., fol. 212). 

Juillet 1329. — Gonfession de Jean Mauran, de Pézénas (ibid., 
fol. 212 V0.215). 



cxviij INTRODUCTION. 

crées par Bernard Gui à la description de leurs doctrines, 
permettraient de caractériser l'état d'ftme des populations 

A titre d'exemple, je place sous les yeux du lecteur les aveux de 
Bernard Pastou (Pastoris)^ de Marseillan (Hérault), du 19 mai 1329. 

« Bemardus Pastoris, de Marcelhano, mercator, habitator Pede- 
nacii diocesis Agathensis, sicut per ipsius confessionem snb anno 
Domini M^ GGC» XXIX», mense maii, xix« die, £BU!tam et proees- 
sum inde habitum apparat, veniens spontanea voluntate, non 
Yocatus nec citatus per episcopum nec inquisitorem, set per ali- 
quos alios complices sues inductus in domo episcopali Bitterris, 
ubi tune nos frater Henricus de Gbamayo, ordinis Predicaioram, 
inquisitor Garcassone, eramus, quandam papiri cedalam scrip- 
tam nobis presentarl et tradi per aliquos de familiaribos dicti 
domini episcopi procuravit et fecit, cujus ténor sequitur in bec 
verba : 

« Significatur religiose majestati domini inquisitoris beretice 
pravitatis in senescallia Garcassone, seu ejus locumtenttiti, quod, 
cum 60 anno Begguini beretici et de beresi dampnati fuissent 
combusti juxta castrum de Pedenacio mandate domini nostri 
Régis et domini inquisitoris, mandate Summi Pontificts et domini 
episcopi Agathensis, bine est quod quidam perverse spiritn imbu- 
tus, adberens beretice pravitati, animum suum ad fidem eorum 
perversis operibus ac bereticis et dampnosis suasionibns immittens, 
eorum perversa opéra sequendo, quadam die, post combustionem 
bereticorum, et specialiter post combustionem cujusdam Tocati 
Fornayro, et ejus sociorum, Bemardus Barleti, notarius, catholice 
fidei spernens doctrinam, et mandata apostolica et domini nostri 
Régis et dicta domini Agatbensis episcopi, si potnisset, impn- 
gnando, et, quod deterius est, sibi adhérentes babuisset contra 
fidem catbolicam infringendo (sic)^ accessit ad locum ubi dictas 
Fornayro et alii superius nominati sunt combusti, et flexis genibus, 
tanquam adoraret eorum nequitiam, accepit de ossibus dictorum 
combustorum bereticorum et de beresi dampnatorum et pro beresi 
juste mandate domini nostri Summi Pontificis ac domini nostri 
Régis légitime combustorum, et ipsa ossa in pallie sive sindone 
involvens cum multa reverentia, ac si essent reliquie sanctorum, 
accepit et secum asportavit; et, cum per quosdam supervenientes 
peteretur a dicte Raymundo^ quid faciebat ibi, ipse Raymundus 

1. Plus haut : Bemardus. 



INTRODUCTION. cxix 

méridionales victimes d'un mysticisme social £aux et subver- 
sif. Aussi voyons- nous les évêques ne pas connaître de 

respondit : c Ego colligo de ossibus istorum combustorum vere 
martinim, quia pro certo ipsi erant sanioris fidei quam illi qui 
608 fecerunt comburi, et de hoc habeo fidem meam ; et ipsi erant 
opiimi christiani, et cum magno prejudicio et contra jus sant 
combnsti et credo martires et eomm fidem iaudo et credo quod 
aint in Paradiso. t Sic tune testes infrascripti ejus vesaniam et 
incredulitatem ac etiam hereticam pravitatem increpantes, dixe- 
runt dicto Raymundo : « Ut quid talia facitis et talia dicitis ac 
asseritis in rebeliionem catholice fidei, quia certe nos credimus 
quod quidquid per sanctam Ecclesiam fit digne et juste fiât, quia, 
si non essent reperti heretici et pro heresi dampnati, jam non 
devenissent ad talem sententiam. » •— Ad que respondens dictus 
Raymundus Barleti dixit hec verba vel similia : Vos janglayres 
près, que hieu tent per bas crestias et per verays martirs ; et d'ayso 
non poyria mudar que hieu non cresa que sian estatz bos crestitu. 
Et nichii aliud posset (sic) sibi dari inteiligi contra suam opinio- 
nem predictam. Quare supplicatur vestre magnifiée dignitati ut 
ex vestro offîcio super premissis, in augmentum et conservatio- 
nem ac etiam ad evitandum periculum schismatis fidei chris- 
tiane, super premissis per vos adhibeatur remedium oportunum. 
Et ad informandum vos nominantur testes : Imbertus de Ruppe- 
fiza, domicellus, Johannes Maurandi. 

c Qua quidem cedula ut premittitur presentata et per nos recepta, 
dictum Bemardum ad nostri presentiam fecimus evocari. Qui in 
judicio couBtitutus, juratus de veritate dicenda, postmodum reco- 
gnovit se fecisse fieri et dictari eandem per magistrum Guillel- 
mum Lombardi, clericum et procuratorem, Pedenacii babitato- 
rem, et scribi per Petrum, clericum magistri Arnaudi Vasconis, 
notarii dicti loci, ad instantiam et instructionem Guilleimi Mas- 
oonis, de Pedenacio, apotecarii, qui ipsam cedulam seu substan- 
tiam facti super quo formata fuit, consentientibus aliquibus aliis 
complicibus inferius nominandis, primitus scripsit manu propria 
in Tulgari, et postmodum eam sic inSrulgari scnptam fecerunt 
fonnari et transcribi in forma predicta. Vocatis autem Johanne 
Morenniy Guillelmo Mascone, Imberto de Ruppefixa, Durando de 
Podio, Guillelmo de Gasulis, a quibus idem Bernardus primo 
asserebat se aûdivisse narrare factum predictum in dicta cedula 
ezpressum, et quod a principio, ut dixit, credebat fuisse verum, 



CXX INTRODUCTION. 

repos qu'ils n'aient réprimé de tels excès, dans lesquels 
donnaient tant le clergé séculier que le clergé relier. 

et coram nobis inquisitore predicto uno post alium singulariter 
in judicio constitutis ac medio juramento interrogatis si sdebant 
factum, prout in ipsa cedala continebator, fuisse verum, et primo 
respondentibus se nichil scire de ipso facto nisi per anditum did 
alienum, excepte dicto Johanne Mauranni, qui asseruit Ipsum 
factum fore verum et deposuit de sciencia et de visu ; tandem 
prefatis Johanne Mauranni et Imberto de Ruppefixa in dicti Ber- 
nardi presentia a£FroQtatis et in judicio constitutis et de veritate 
dicenda juratis, negaverunt unus post alium se dixisse predicto 
Bernardo factum predictum et aliquid scire de ipso fiicto, excepto 
dicto Imberto, qui cum dicto Johanne Mauranni finaliter asse- 
ruit se scire et vidisse prout in culpa sua inferius postea recitanda 
plenius est expressum. 

« Quibus omnibus premissis sic actis, habita suspitione per nos 
inquisitorem predictum ex verisimilibus conjecturis et circums- 
tantiis in eisdem tune notatis, de consilio discretorum ibidem pre* 
sentium, eosdem Bernardum, Johannem, GuilleUnum et Imber- 
tum in carcere fecimus detineri. Qui omnes sic detenti et in 
carcere reclusi per paucos dies apud Bitterrim fuernnt auditi, 
interrogati et super premissa cedula plenius examinât! ; tandem- 
que post multas exhortationes, interrogationes et requisitiones 
eis factas, falsitatem et machinationem per eos factam inimicabi- 
liter et dolose contra dictum Raymundum apperuerunt unus post 
alium non tamen ex toto nec clare, donec fuerunt in dicto car- 
cere per dies multos detenti et apud Garcassonam adducti. Dictns 
tamen Imbertus fuit primus qui predictam falsitatem et machi- 
nationem apperuit et detexit, non tamen ex intègre, donec omnes 
predicti im^»', sciUcet B. Pastoris, Johannes Maurini, Imbertus 
et Guillelmus fuerunt apud Garcassonam adducti et in ipso muro 
detenti. Demum vero dictus Bernardus, post multas exhorta- 
tiones, inductiones et deductiones, effusis lacrimis, modum et 
seriem totius tractatus et machinationis predicte falsitatis, cedule 
fabricationis et consentientes in eis corde gemebundo detexit, ac 
confessus fuit quod, licet a principio dixisset se credere contenta 
in ipsa cedula fore vera, prout ab ipsis Johanne Mauranni, Guil- 
lelmo Mascon et Imberto predictis se aud i visse a8ser[eb]at, finali- 
ter tamen bene perpendit ex dictis predictorum et circumstantiis in 
dicto tractatu habitis, et ita fîrmiter credidit quod predicta omnia 



INTRODUCTION. CXij 

L*éyêqu6 de Maguelonne, André Frédol (1318-1328), pro- 

in ipsa cednla contenta, prout contra dictum Raimundum Bar- 
leti proposita erant, non essent vera set falsa, et eidem Raymundo 
Ba[r]leti imposita falso et mendaciter per malivolentiam et inimici- 
tiam, quam ipse et alii predicti et quidam alii de Pedenatio qnos 
nominat gerebant et habebant contra vel apud ipsum Raymun- 
dom Çarleti, ex causis quas in sua confessione expressit; et hoc 
etiam credebat et perpendebat antequam redderet ceduiam pre- 
dictam, sicut dixit; quodque in itinere, dum ipse qui loquitur et 
dictas Johannes Mauranni ibant apud Bitterrim ad reddendum 
ceduiam predictam, dixit ipse loquens dicto Johanni : Li cor mi 
rahtue formant de randre aquesta cedula; et dictus Johannes 
Manran respondit quod bene redderet eam nisi esset ibi pro teste 
scriptns. Et hoc audito, ipse Bernardus respondit : « Melius est 
qnod sitis testes, et ego ipsam presentabo, quia, quanto erunt 
pliures testes, melius probabitur factum predictum. » 

c Item, qnando fuerunt Bitterris, ipse B. Pastoris fecit dictum 
Jobannem Mauran recedere et reverti Pedenatium, ne, si videre- 
tar per dominnm inquisitorem, esset suspectus quod se ingereret 
in testem non vocatus nec citatus ; et postea fecit eum cum aliis 
citari, et eisdem citatis ministravit expensas in cena, non tamen de 
pecunia sua, set aliorum consentientium in predictis. 

c Item, quandam informationem seu inquestam que fiebat in 
caria regia seu vicarii regii Bitterris contra dictum Ra3rmun- 
dam Barleti super quibusdam casibus officium inquisitionis 
minime tangentibus tam ad expensas proprias quam aliorum, 
pro yiribus persequebatur et ducebat in odium et malum 
dicti Raymundi Barleti, non obstante quod crederet contenta in 
ipsa cedula non esse vera, et quod etiam dixisset Johanni Mau- 
ranni et Guiilelmo Mascon predictis se non credere ea fore vera 
nec adhibere fidem dictis eorumdem, et quod etiam sibi respon- 
dissent : Qiie vous a que far, si est vray ou non, soûl que on vous en 
porte testimoni ? 

c Interrogatus quare ergo reddebat predictam ceduiam ex quo 
sdebat eam continere falsitatem, respondit quod propter suom 
malum et son dezastre, et quod volebat quod propter illa ipse 
Raymundus Barleti haberet inde malum et dampnum. 

« Interrogatus quare malum credebat inde eventurum dicto Ray- 
mundo Barleti, si ipsa cedula vel contenta in ea probarentur, res- 
pondit se nescire modum curie domini inquisitoris ; tamen sciebat, 



cxxij INTRODUCTION. 

cède à des interrogatoires et &it des arrestations^; les 
vicaires généraux de Jacques de Concoz, évêque de Lodève 
(1318-1322), poursuivent les béguins , qu'ils mettent en 
prison'; à Béziers, les aveux faits « in curia episcopi » se 
multiplient'; à Narbonne, Germain d*Alanh {de Alanr 
hano), commissaire délégué de l'archevêque, se porte sur 
plusieurs points du diocèse ; et le petit diocèse d'Âgde met 
en mouvement la police inquisitoriale. Des exécutions de 
béguins ont lieu à Pézenas^, à Âgde^, à Béziers, à Capes- 
ut dixit, eadem contenta in ipsa cedula fore hereticalia, et quod 
dictus Raymundus propter hoc caperetur et in caroere poneretar 
et detineretur, et postmodum remitteretur domino episcopo fiit- 
terrensi, et quod ipse episcopus posset de ipso Raymundo fooeie 
a sa guiza, sciens tune, ut dixit, quod dictus dominas episcopus 
portabat tune eidem Raymundo Barleti malam volnntatem, et 
quod non fecisset sibi nisi malum et dampnum, credens tune, nt 
dixit, et desiderans quod ipse Raymundus condempnaretnr ad 
perdendum officium suum, scilicet notariatus, et quod perderet 
magnam vel majorem partem bonorum suorum ; et quod hoc sibi 
dixerant aliqui de complicibus predictis et aliis hajus facti quod 
talia erant in dicta cedula, que, si probarentur et causa bene 
duceretur, dictus Raymundus perderet magnam partem bonorom 
suorum. 

c Gommittens premissa a xix* die mail predicta usque ad domi- 
nicam subsequentem que fuit xxi* dies dicti mensis, et quedam 
alia que in circumstantiis dicti facti sunt, que tractatum peeca- 
nie habende pro dicta causa ducenda et diligentia adhibenda res- 
piciunt et ^tanguât, que longum et tediosum esset referre, ac 
principio veritatem negavit et pluries dejeravit, asserens nunc 
penitere de premissis t (Doat, XXVII, fol. 204-210). 

i. Doat, XXVU, fol. 16, 20. — André Frédol, précédemment 
chanoine de Maguelonne et évoque d'Uzès, était de la même 
famille que les Frédol de Béziers. 

2. Doat, XXVm, fol. 11 \o^ 13, 15 vo, 21 v». 

3. Doat, XXVU, fol. 12 v», 13 v«, 14. 

4. Ibid., fol. 204. 

5. Doat, XXVffl, fol. 24 v«. 



INTRODUCTION. CXXiij 

tang, à Narbonne, à Lodève, à Lunel^ Chaque exécution 
excite la ferveur des adeptes, qui recueillent les restes des 
condamnés, les transportent dans leurs maisons, où ils les 
vénèrent comme des reliques, criant à la persécution, louant 
les vertus des victimes, répétant qu'elles appartenaient à la 
véritable Eglise. Cette situation, grave sans aucun doute, 
explique l'action d'ensemble, fondée d'ailleurs sur une règle 
de la procédure^ des inquisiteurs et des autorités diocésaines, 
qui déploient une extrême activité. Rien, ce me semble, n'en 
donnera mieux la sensation que la suite chronologique de 
leurs actes communs. 

44 novembre 4 348, Carcassonne (?). — Sentence par laquelle 
Barthélémy, évêque d'AIet, Henri Ghamayou, inquisiteur de 
Carcassonne, Pierre Brun, inquisiteur de Toulouse, Germain 
d'Alanh {de Alanhano), vicaire de Tarchevêque de Narbonne, 
Jean Gastanié (de Castanherio)^ vicaire de Tévêque de Béziers, 
Bertrand d^Auriac, vicaire de Tévêque de Carcassonne, et Pierre 
Déodat, vicaire de Tévêque de Castres, commuent la peine en 
faveur de divers détenus appartenant aux diocèses de Nar- 
bonne, Béziers, Carcassonne, Alet, Nimes et Lodève^. 

40 décembre 4348, Carcassonne. — Jean de Beaune, inquisi- 
teur, écrit à révêque de Pamiers pour lui annoncer quMl délègue 
auprès de lui comme son lieutenant Galhard de Pomiès, reli- 
gieux du couvent des frères Prêcheurs de la ville'. 

4322. — Raymond d^Atho, évêque de Mirepoix, Bernard Gui 
et Jean de Beaune, inquisiteurs, condamnent des béguins au 
€ mur*. » 

42 septembre 4322, Toulouse. — « Sermo publicus » par 
Bernard Gui, inquisiteur, assisté des commissaires des diocèses 

1. Doat, XXVII, fol. 9, 20, 24, 24, 30, 36; XXVm, fol. 12, 
14, 14 yo, 15, 15 vo, 16, 17, 18, 19, 20, 24 v», 26 v*. 

2. Doat, XXVII, fol. 3-7. 

3. Lettre publiée par M. Molinier, Études sur quelques manus- 
crits des bibliothèques d'Italie, p. 175 (Paris, Leroux, 1887). 

4. Limborcb, Liber sententiarum, p. 330-333. 



cxxiv INTRODUCTION. 

de Montauban, Albi, Toulouse, Rodez, Auch, Mirepoix, Rieui 
et Saint-Papoul^ 

2 juillet 4323, Lodève. — Jean de Beaune, inquisiteur, et les 
vicaires généraux de Tévèque de Lodève, Etienne Yillatou, de 
Mende, et Bernard de Montégut, font une consultation inqui- 
sitoriale*. 

3 juillet 4323, Lodève, in cimiterio vel platea ante eeek- 
siam Beaii Andrée. — Les mêmes font un « sermo publicus > : 
serment des officiers et barons, abjuration des hérétiques gra- 
ciés, imposition de croix, condamnations c ad murum, » d^ra* 
dation sacerdotale de Bernard Perrotas'. 

4 5 octobre 4 323, Narbonne. — L^archevéque de Narbcmne 
donne à Germain d'Alanb (de Alanhano) ses pouvoirs pour 
procéder contre les hérétiques du diocèse^. 

Vers 4328, Carcassonne (?). — Henri Ghamayou, inquisiteur 
de Carcassonne, Pierre Brun, inquisiteur de Toulouse, Hugues 
Auger, officiai de Narbonne, Durand Gatherini, vicaire de 
révoque de Maguelonne, Hugues de Fontenilles^ ofBcial d*Albi, 
Bertrand d^Auriac, vicaire de Tévèque de Carcassonne, et Jean 
Gastanié, vicaire de Tévêque de Béziers, reçoivent ensemble et 
chacun pour sa partie l'abjuration d'hérétiques des diocèses de 
Béziers, Agde, Maguelonne, Albi et Carcassonne*. 

Vers 4328, Carcassonne (?). — Henri Chamayou et Kerre 
Brun, inquisiteurs, Hugues Auger, officiai de Narbonne, Durand 
Catherin! , vicaire de Tévêque de Maguelonne, rendent la sen- 
tence par laquelle Na Prons Bonet est livrée au bras séculier*. 

Vers 4328, Carcassonne (?). — Henri Chamayou et P. Brun, 
hiquisiteurs, Bertrand d'Auriac, vicaire de Tévêque de Carcas- 
sonne, Hugues Auger, vicaire spécial de Févéque de Saint-Pons, 
Durand Catherin!, vicaire de Tévêque de Maguelonne, Hugues de 

1. Limborch, op. cit., p. 334-372. Culpae ou dépositions des 
condamnés, p. 372-393. 

2. Doat, XXVIII, fol. 3-8. 

3. Ibid., fol. 8-37. 

4. Ibid., fol. 146 vo-147. 

5. Doat, XXVII, fol. 87-89. 

6. Ibid., fol. 95-%. 



INTRODUCTION. cxxv 

Fonlenilles, vicaire de l'évoque d'Albi, et Jean Gastanié, vicaire 
de l'évéque de Béziers, fulminent Texcommunication contre 
divers hérétiques ^ 

Vers 4328, Garcassonne. — Henri Ghamayou, inquisiteur, 
en son nom et au nom de Bernard Gui, évèque de Lodëve, 
P. Brun, inquisiteur, prononcent une sentence d'exhumation 
contre Manent Rose, morte en prison, mais hérétique^. 

Vers 4328. — Henri Ghamayou et P. Brun, inquisiteurs, 
Pierre Déodat, ofQcial de Gastres, député par l'évéque, con- 
damnent Guillaume Maze à la prison perpétuelle^. 

Vers 4328, Garcassonne (?). — Henri Chamayou et P. Brun, 
inquisiteurs, Bertrand d'Auriac et Germain d'Alanh {de Alan^ 
iimo), vicaires épiscopaux de Garcassonne et de Narbonne, pro- 
noncent des sentences d^exhumation '*. 

20 février 4325 (n. st.), Mirepoîx. — Raymond d'Atho, 
évéque de Mirepoix, écrit à Jean du Prat^ inquisiteur, pour 
s'excuser de ne pouvoir assister au « sermo » qui se tiendra le 
dimanche suivant 24 à Garcassonne-, il lui annonce qu'il a 
nommé son commissaire, qui s'y rendra à sa place, Bertrand 
de Roumengous [de Romengosio) *. 

Même jour, Albi. » Béraud de Farges, évèque d'Aibi, écrit 
pour le même objet; il a désigné pour assister au « sermo » 
Hugues de Fontenilles, son ofQcial, qui procédera avec l'inqui- 
siteur contre certains habitants de la ville épiscopale morts 
dans l'hérésie*. 

24 février 4325 (n. st.), Saint-Pons-de-Thomières. — Ray- 
mond de Roquecorne, évèque de Saint-Pons, écrit à Tinquisi- 
leur pour le même objet : il a nommé son commissaire, qui 
assistera au « sermo » à sa place, Pierre de Saint-Hilaire, curé 
deBelbèze^ 

i. Doat, XX Vn, fol. 91 v<>-94. 

2. Ibid., fol. 97-98. 

3. Ibid., fol. 98 v»-99. 

4. Ibid., fol. 99 yo-107. 

5. Doat, XXVUI, fol. 141 vo-142. 

6. Ibid., fol. 144-146. 

7. Ibid., fol. 143-144. 



CXX^ INTRODUCTION. 

Même jour, Touloose. — Les vicaires généraux de Tarche- 
vèque de Toulouse nomment eommisaaire pour assiaior ao 
c sermo » du dimanche suivant, à Garcasaonney Barthéiem; 
d'Albi, curé de Labège^ 

22 février 4^25^ Béziers. — L*évèque de Béziers, écrivant 
à l'inquisiteur Jean du Prat, s^excuse de même ; il a nommé 
ses commissaires pour assister à sa place au c sermo i du 
dimanche suivant, Bernard Chabot, ofQcial, et Jean Gaataniéld^ 
Castanherio) , préchantre de Saint- Aphrodise'. 

22 et 23 février 4325 (n. st.), Garcassonne. — Pierre Rodier, 
évèque de Garcassonne, et Jean du Prat, inquisiteur, font nne 
consultation inquisitoriale, en vue du « sermo » du lendemain^ 

24 février 4325 (n. st.), Garcassonne. — [L'évâque de Car- 
cassonne, Tinquisiteur Jean du Prat et les commissaires épiseo- 
paux font le « sermo » annoncé.] 

V' mars 4325 (n. st.), Garcassonne, couvent des frères Prê- 
cheurs. — Jean du Prat, inquisiteur, délivre ses lettres d'abso- 
lution à Jean d'Avignon, cardeur de draps, de Narbonne, et loi 
impose des pèlerinages. Le 4 2 mars suivant, à Sigean, le com- 
missaire épiscopal approuve l'absolution et les pénitences'. 

Décembre 4325. — Henri Chamayou et P. Brun, inquisi- 
teurs, en leur nom et au nom de l'évêque d^Agde, Raymond 
Dupuy, qui s^est excusé par lettre, et Jean Gaslanié (de Co*- 
tanherio)^ commissaire de Tévêque de Béziers, prononcent des 
peines (croix et pèlerinages) contre six hérétiques*. 

4^^ mars 4327 (n. st.), Garcassonne, Marché couvert. ~ 
c Sermo generalis d fait par les évéques de Garcassonne et 
d'Alet, les inquisiteurs Jean du Prat et P. Brun, les commis- 
saires épiscopaux de Narbonne, Béziers, Lodève, Castres et 
Albi^ 

i. Doat, XXVm, fol. 138 vo-i40. 

2. Chronologie propre de Tévéque de Béziers, Guillaume Frédol. 

3. Doat, XXVm, fol. 140 v^-Ul. 

4. Ibid., fol. 96-107. 

5. Ibid., fol. 171-174. 

6. Doat, XX Vn, fol. 89 v«-9î. 

7. Doat, XXVIU, fol. 178-186. Suivent les dépositions des cou- 
pables, fol. 189 vo-252. 



INTRODUCTION. cxxvij 

4328. — Les inquisiteurs Henri Ghamayou et Pierre Brun, 
avec les ofQciaux des diocèses de Béziers, de Narbonne, d'Albi, 
de Castres et de Garcassonne, accordent un adoucissement de 
peine (des pèlerinages au lieu de la prison) en faveur de dix 
prisonniers ^ 

44 novembre 4328, Narbonne (?). — Henri Ghamayou, 
inquisiteur, et Germain d'Alanh (de Aldnhano)^ archiprêtre 
de Narbonne, curé de Gapestang et inquisiteur épiscopal pour 
la ville et le diocèse, font remise à deux condamnés pour hérésie. 
Biaise Boyer et Matthieu, des peines quMls avaient encourues^. 

44 décembre ^328, Narbonne, cimetière Saint-Félix. — L'ar- 
chevêque de Narbonne^ Tinquisiteur apostolique Henri Gha- 
mayou et rinquisiteur diocésain Germain d'AIanh tiennent un 
c sermo, » où, entre autres, sont condamnés des hérétiques de 
Gapestang et de Gessenon (Hérault) '. 

42 décembre 4328, Narbonne, maison archiépiscopale. — 
Germain d^Alanh [de Alanhano), commissaire diocésain, donne 
ses pouvoirs à Tinquisiteur de Garcassonne [Henri Ghamayou], 
pour procéder contre Pierre de Arris, chartreux^. 

49 et 20 mai 4329, Béziers, in caméra episcopali. — Henri 
Ghamayou et P. Brun, inquisiteurs, André, abbé de Saint- 
Aphrodise» commissaire épiscopal, se livrent à une consulta- 
tion inquisitoriale sur divers cas quMIs exposent^. 

4 juin 4329, Béziers, in caméra episcopi. — Autre consul- 
tation inquisitoriale tenue par l'évéque et l'inquisiteur*. 

5 juin 4329, Béziers, in aula episcopali. — L'évéque de 
Béziers délègue Henri Ghamayou, inquisiteur apostolique, dans 
la cause de Pierre Roger ^. 

6 et 8 juin 4329, Béziers, in aula episcopali. — L'évéque 
de Béziers et Henri Ghamayou, inquisiteur, reçoivent l'abjura- 
tion de Jean Roger, prêtre, d'Auriac (Gorrèze), bénéficier de 

i. Doat, XX Vn, fol. 193 v«-i96. 

2. Ibid., fol. 109 v«-il2. 

3. Ibid., fol. 124-136. 

4. Ibid., fol. 137. 

5. Ibid., fol. 157-162. 
«. Ibid., fol. 163-170. 
7. Ibid., fol. 177-178. 



cxxviij INTRODUCTION. 

SaintrNazaire de Béziers. L'inquiûteur seul, agisBant an DOin 
de révéque, lui impose des pénitences ^ 

[8 septembre 4329], Garcassonne, Marché ooavert — Les 
évoques, les inquisiteurs et les commissaires diocésains reçoivent 
le serment du sénéchal et d'autres officiers; ils aooordent des 
grâces, graciae de crucUms^. 

4329. — Les inquisiteurs et les commissaires épiseopssa 
prononcent des peines contre huit hérétiques appartenant aux 
diocèses de Maguelonne, de Garcassonne et d'AIbi'. 

4329. — Henri Ghamayou, inquisiteur, et Bertrand d'Au- 
riac, commissaire de Tévéque de Garcassonne, livrent au bras 
séculier Adam Bandit de Gonques, diocèse de Garcassonne*. 

4329. — Les inquisiteurs de Garcassonne et de Toulouse, 
Bernard d'Auriac, inquisiteur diocésain de Garcassonne, et 
Hugues de Fontenilles, officiai d'Albi, livrent au bras séculier 
Guillaume Serre, de Garcassonne, et Isarn Rainaud, d'AIbi'. 

4329. — Les inquisiteurs Henri Ghamayou et P. Brun et 
Galhard de Saint-Michel, offlcial d'Alet, commissaire-épiscopal, 
livrent Limoux Nigri au bras séculier^'. 

4329. — Les inquisiteurs et les commissaires diocésains 
condamnent « ad murum » des hérétiques des diocèses d^Agde 
et d'Albi ^ 

4329. — Les inquisiteurs Henri Ghamayou et P. Brun, avec 
les commissaires épiscopaux de Narbonne et d'Albi, condamnent 
a ad murum strictum i des hérétiques de ces diocèses*. 

40 septembre 4329, Garcassonne, place du Marché. — Les 
inquisiteurs et les commissaires épiscopaux d'Albi ordonnent 
que plusieurs maisons sises à Albi et une métairie près de 

i. Doat, XXVU, fol. 171.177. 

2. Ibid., fol. 188-190, 192. 

3. Ibid., fol. 228-230. 

4. Ibid., fol. 231-232. 

5. Ibid., fol. 232 vo.234. 

(). Ibid., fol. 234-235. Il avait fait ses aveux en avril 1326, à 
Alet, in aula episcopi (ibid., fol. 216-225). 

7. Ibid., fol. 241 vo.245. 

8. Ibid., fol. 245 vo.247. 



INTRODUCTION. cxxix 

Réalmonl, où se sont accomplis des rites hérétiques, seront 
rasées^ 

Cette énumération longue et partant fastidieuse ne laisse 
pas d*être éloquente. Dans tout le Languedoc, du nord au 
sud, l'entente entre les évoques ou leurs délégués et les 
inquisiteurs est constante - et de droit ^. On dirait qu'il n'y 
a plus qu'un seul tribunal. De fait, on peut conclure à une 
seule justice, la justice inquisitoriale. 

Nous allons voir maintenant les inquisiteurs à l'œuvre. 

III. Actes des ixquisttburs. 

1. Les inquisiteurs. — Il me paraît utile de donner tout 
d'abord la liste chronologique des inquisiteurs. La voici 
telle que j'ai pu la dresser en suivant les documents un par 
un. Malgré tous mes efforts, elle présente probablement 
encore des lacunes. Elle est cependant la plus étendue et la 
moins incomplète de toutes celles qui, depuis Percin, ont été 
publiées; et si, pour quelques-uns de ces juges, la chronolo- 

i. Doat, XX Vn, fol. 248-249. 

2. La réquisition faite, le !«' juillet 1324, par Jean du Prat, 
inquisiteur, à Germain d'Alanh, d'avoir à livrer Grégoire Bellou, 
prêtre et moine d'un monastère du Puy, arrêté à Montels, canton 
de Capestang (Hérault), ferait, au premier abord, croire à un con- 
flit. Mais il suffit d'une explication pour que Tinquisiteur apos- 
tolique se déclarât satisfait : l'inquisiteur diocésain avait déjà 
commencé le procès de cet homme qu'il détenait (Doat, XXXV, 
fol. 1-iO). Pièce curieuse, qui permet de saisir sur le vif les rap- 
ports de rinquisition épiscopale et de l'Inquisition apostolique. 

3. Par exemple, pour que Henri Ghamayou, inquisiteur, pût, 
seul et sans le concours de l'ordinaire, exercer des poursuites à 
Montpellier, il dut y être autorisé par un rescrit apostolique. Voy. 
la bnUe de Jean XXU du 27 avril 1330 (Doat, XXXV, fol. 85-86). 



cxxx INTRODUCTION. 

gie reste quelque peu flottante, je crois pouvoir assurer qu^il 
n'y en a pas un seul qui soit sensiblement éloigné de sa place 
historique. De Tannée 1230 à l'année 1349, j'ai pu en comp- 
ter soixante-quatorze, en comprenant dans ce nombre les 
lieutenants des inquisiteurs et les inquisiteurs épiscopaux. 

Ferrier, frère Prêcheur, d'abord inquisiteur épiscopal 
pour Narbonne, puis inquisiteur pontifical, 1230-1247. 

Pons de Saint-Gilles, frère Prêcheur, créé inquisiteur 
par l'archevêque de Vienne, légat, 1233. 

Arnaud Cathala, frère Prêcheur du couvent de Toulouse, 
créé inquisiteur pour le diocèse d'Albi, par l'archevêque de 
Vienne, légat, 1233. 

Guilhem Pelhisso, frère Prêcheur, inquisiteur avec le 
précédent à Albi, 1235. 

Pierre Cellani, frère Prêcheur, créé inquisiteur pour le 
Toulousain et le Quercy par l'archevêque de Vienne, légat, 
1233-1245. 

Willem Arnaud, frère Prêcheur, 1233-1242. 

Etienne de Saint-Thibéry (Hérault), frère Mineur, 1235- 
1242. 

Raymond Scriptor, archidiacre de Toulouse, délégué par 
Willem Arnaud et Etienne, 12.. -1242. 

Mascaron, prévôt de Toulouse, 12.. -1242. 

Willem Raymond, des frères Prêcheurs, 1235-1259. 

Le frère Jean de Navarre, 1236. 

Maître Arnaud de Campranha 1236. 

Guillaume, grand archidiacre de Carcassonne, 1237. 

Pierre d'Alais {de Alesto), frère Prêcheur, 1237. 

Pierre Durant ou Durand, frère Prêcheur, 1243-1248. 

Pons Garin, frère Prêcheur, 1243-1246. 

Bernard de Caux, frère Prêcheur, 1243-12... 

Jean de Saint-Pierre, frère Prêcheur, 1243-1256. 



INTRODUCTION. cxxxj 

Arnaxià Chsinceliev {magister Ar. Cancellarius), 1245- 
1253. 

Maître Bernard, caré de Ladignac (Haute-Vienne), délé- 
gué par Bernard de Caux, 1246. 

Amelias, curé de Saint-Étienne de Toulouse, 1250- 
1256. 

Rainaud de Chartres, frère Prêcheur, 1250-1256-1263. 

Maître Radulphe, inquisiteur épiscopal de Carcassonne, 
1251-1254. 

Maître Raymond David, inquisiteur épiscopal de Car- 
cassonne, 1251-1254. 

Guillaume de Montreveil {de MorUerevelli), frère Prê- 
cheur, inquisiteur, vers 1250(?)-1267. 

Guillaume de Puylaurens, lieutenant de l'inquisiteur, 
vers 1250. 

Maître S., 1253. 

Raymond Resplandi, 1253-1255. 

G., 1254. 

Pierre Aribert, inquisiteur épiscopal de Carcassonne, 
1254. 

Maître Arnaud de Gouzens, inquisiteur épiscopal de Tou- 
louse, 1255. 

Arnaud de Brassac, inquisiteur épiscopal de Toulouse, 
1256. 

Bernard de Montaren {de Monte areno), chanoine de 
Lodève, inquisiteur d'Albi, 1256-1258. 

B[ernard] de Roquessels {de Rocossels), chanoine de 
Lodève, inquisiteur d*Albi, 1258. 

Pierre Auger, frère Mineur, inquisiteur, vers 1255. 

Baudouin de Montfort {Baudouinus de Monte for ti), 
1259. 

Maître Arnaud Pelhisso, inquisiteur avec Amelius, curé 
de Saintp-Étienne de Toulouse, vers 1255. 



cxxxij INTRODUCTION. 

Guillaume Bernard, de Dax, frère Prêcheur, inqoi^teur, 
1258-1263-1267. 

Pons du Pouget {de Poieto)^ frère Prêcheur, inquisiteur, 
1262 et années suivantes. 

Etienne de Gastine {de Vastino), frère Prêcheur, inqui- 
siteur, 1264-1270-1276. 

Ranulphe de Plassac {de Placiaco)^ frère Prêcheur, 
inquisiteur, 1273-1275. 

Guillaume de Barda, frère Prêcheur, lieutenant de 
Ranulphe, inquisiteur, 1273. 

Pons de Parnac (Lot), frère Prêcheur, inquisitear, 1274- 
1276-1277-1278-1279. 

Hugues de Boniols {de BonioUs), frère Prêcheur, inqui- 
siteur, 1276-1277-1278-1279. 

Hugues de Bonetis, le même que le précédent sans doute, 
1276. 

Hugues Âmelius, frère Prêcheur, lieutenant des inquisi- 
teurs Pons de Parnac et Hugues de Boniols, puis inquisi- 
teur lui-même, 1277-1278-1279-1280. 

Pierre Arsin, frère Prêcheur, inquisiteur, 1277-1278. 

B[ernard] de l'Ile, lieutenant de l'inquisiteur, 1278. 

Jean Galand, frère Prêcheur, inquisiteur, 1278-1284- 
1286-1293. 

Jean Vigoureux, frère Prêcheur, inquisiteur, 1285-1286* 
1288-1289. 

Guillaume de Saint-Seine {de Sancto Sequano)^ frère 
Prêcheur, inquisiteur, 1286-1288-1289-1290-1292. 

Foulques de Saint-George, frère Prêcheur, d'abord socius 
de Guillaume de Saint-Seine, inquisiteur, puis inquisiteur 
lui-même, 1290-1300. 

Arnaud Jean, inquisiteur, 1298. 

Bertrand de Clermont, frère Prêcheur, inquisiteur, 1291^ 
1304. 



INTRODUCTION. cxxxiij 

Guillaume de AlbariiSy frère Prêcheur, inquisiteur, 
1293. 

Nicolas d'Abbeville, frère Prêcheur, inquisiteur, 1299. 

Geoffroy d'Abluses, frère Prêcheur, inquisiteur, 1287 (?)- 
1303-1308-1309. 

Sicard Faure, frère Prêcheur, lieutenant de Geoffroy 
d'Abluses, inquisiteur, 1303. 

Bernard Gui, frère Prêcheur, inquisiteur, 1306-1323. 

Géraud de Blumac, frère Prêcheur, lieutenant de l'inqui- 
siteur de Carcassonne, Geoffroy d'Abluses, 1308. 

Jean du Faugoux {de Falgosio), frère Prêcheur, lieute- 
nant de l'inquisiteur de Carcassonne, Geoffroy d'Abluses, 
1308. 

Jean de Beaune (de Belna), frère Prêcheur, inquisiteur, 
1318-1323. 

Galhard dePomiès (de Pomeriis), frère Prêcheur, lieu- 
tenant de Jean de Beaune, 1318-1323. 

Guillaume Costa, lieutenant de Jean de Beaune, inquisi- 
teur, 1323. 

Germain d'Alanh (de Alanhano), inquisiteur épiscopal 
pour le diocèse de Narbonne, 1320-1329. 

Hugues de Bada folio , oflBcial de Limoux, inquisiteur 
épiscopal pour le diocèse de Narbonne, 1318. 

Jean du Prat, frère Prêcheur, inquisiteur, 1320 (?)-1328. 

Bernard Brice, frère Prêcheur, lieutenant de Jean du 
Prat, 1325. 

Henri Chamayou (de Chamayo), frère Prêcheur, inqui- 
siteur, résidant à Carcassonne, 1318-1329. 

Pierre Brun, frère Prêcheur, inquisiteur, résidant à Tou- 
louse, 1318-1329. 

H. Nigri, frère Prêcheur, inquisiteur, 1340. 

Aymon de Caumont, frère Prêcheur, inquisiteur de Car- 
cassonne, 1346. 



cxxxiv INTRODUCTION. 

Etienne de TÉglise {de Ecclesia), frère Prêcheur, rési- 
dant à Carcassonne, 1357. 

Durand Salvanh, frère Prêcheur, inquisiteur de Carcas- 
sonne, 1370. 

Pierre Sicard, frère Prêcheur, lieutenant de l'inquisiteur 
de Toulouse, 1349 ^ 

i. Les dates données dans ce relevé résultent des documents. 
Il peut se faire que plusieurs des inquisiteurs nommes ici soient 
entrés en leur charge avant, ou l'aient continuée après Tannée 
que j'ai marquée. 

A ne consulter que les apparences, on pourrait être tenté de 
voir un inquisiteur dans Bertrand de Galhac, qui, vers 1240, 
avait reçu les aveux de G. de Na Lena et de W. Vezat (BibL de 
Toulouse, ms. 609, fol. 117 v% 170). Mais ce Bertrand de Galhac 
n*était que le balle du comte de Toulouse; il avait, comme tel, 
arrêté ces deux hérétiques, qui avaient avoué tout de suite. 

Bernard Gui, dans l'histoire des couvents de son ordre, donne 
comme ayant été inquisiteurs : 

P. Régis, deux fois prieur du couvent de Carcassonne, d*abord 
en 1264, puis en 1276 : « Frater P. Régis predictus secunda vice 
successit fratri Petro Ârssini predicto ; prior fuit hac vice annis X; 
fuitque absolutus in capitule provinciali Brageriaci, anno Domini 
Mo CC« LXXXVIo. Hic fuit prior Pruliani et Tholosanus et 
iNQuisiTOR hereticorum Garcassonensis » {Priores in conventu Car- 
cassonensi, Bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 157); 

Arnaud du Prat, inquisiteur de Toulouse en 1304 (Priores in 
conventu Tholosano, ibid., fol. 121. Douais, Les frères Prêcheurs en 
Gascogne, p. 365) ; 

Guillaume de Morières (de Moreriis)^ inquisiteur en 1302 : c Hic 
inquisitor existens obiit apud Perusium in Curia, ubi tune age- 
bat pro officie et négocie inquisicionis contra vicedominum 
Ambianensem et alios qui se opponebant inquisitoribus, iiiio nonas 
julii, anno Domini M» GCC« IIIIo » (Priores in conventu Albiensi, 
ibid., fol. 217 v»; Douais, ibid., p. 368); 

Jean des Moulins (de Molendinis)^ inquisiteur en 1344 (Douais, 
ibid., p. 439) ; 

Raymond de Durfort, de Villasavary (Aude), inquisiteur vers 
1335 (Douais, ibid., p. 473). 

Je n'ai retrouvé aucun des actes de ces inquisiteurs. 



INTRODUCTION. CXXXV 

Cette liste des inquisiteurs connus, où Ton ne remarque 
aucune interruption chronologique, donne par elle-même 
l'idée de l'esprit de suite qui régna dans la justice inquisito- 
riale, tandis que, nous l'avons vu, le tableau de la pour- 
suite de l'hérésie par les évêques présente de nombreuses 
intermittences. A ce seul point de vue, elle est d'un grand 
prix. Car, à s'en tenir aux documents qui nous sont parve- 
nus, on serait porté à croire que le tribunal procéda par 
à-coups, plutôt qu'il n'exerça une poursuite constante, inin- 
terrompue, uniformément active dans les mêmes circons- 
tances et les mêmes lieux. On se tromperait fort. C'est le 
manque de prévenus et de causes qui, seul, mit les juges au 
repos. 

Lies documents provenant directement des inquisiteurs 
forment, même dans leur état fragmentaire actuel, la partie 
la plus abondante de toute la série des pièces inquisitoriales. 
On ne saurait s'en étonner. Cependant, il y a quelques 
inquisiteurs dont nous ne connaissons que le nom, par 
exemple Pons de Saint-Gilles S Arnaud Cathala, Guillem 
Pelhisso'; d'autres n'apparaissent que dans des actes trop 

Percin {Monumenta conventus Tholosani ord. ff, Praedicatorum, 
Inquisitio, p. 109) a donné une liste des inquisiteurs fort incom- 
plète, dans laquelle cependant sont nommés comme inquisiteurs 
Lambert, Pierre ou Pons de Monts (de Montibus), 1242, Pierre de 
Mauléon, 1289, et Etienne Barrau (Baravi)^ 1320, dont je n'ai 
trouvé la mention nulle part ailleurs. 

Bouges (Histoire ecclésiastique et civile de la ville et diocèse de Car- 
cassonne, p. 470-471) a dressé une liste des inquisiteurs, qui con- 
tient des noms nouveaux : Pierre de Letha, Bernard de Beaux, 
Pierre Leroy, Guillaume de Albani, Pierre de Mays. Mahul (Car- 
tulaire, V, p. 693) a repris cette liste en y ajoutant. Je me borne 
ici à signaler ces deux tentatives. 

1. I>ouais, Les frères Prêcheurs en Gascogne, 466. 

2. Guillem Pelhisso, Chronicon, p. 89, 90, 96, éd. Douais. 



cxxxvj INTRODUCTION. 

rares, par exemple Raymond ScriptorS Mascaron', Jean 
de Navarra', Arnaud de CampranhaS Guillaume, grand 
archidiacre de Carcassonne^, Pierre d'Alais, Arnaud 
Chancelier*, Bernard, curé de Ladinhac^, Guillaume de 
Puylaurens*, Arnaud de Gouzens®, Bernard deMontaren^, 
Bernard de Roquessels", Pierre Auger", Arnaud PeUûsso**, 

i. Il avait, à Auriac, réconcilié W. Julien (Bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 89). 

2. Il avait réconcilié Raymonde, mère de dame Flors, qui 
retomba dans l'hérésie (ibid., fol. 22). 

3. En 1236, il reçoit les aveux de Pons Grimoard, autrefois 
sénéchal de Gahors pour le comte de Toulouse (Doat, XXII, fol. 37). 

4. Compagnon de Jean de Navarra dans cet acte (ibid.). 

5. Le 13 février 1237, avec Willem Arnaud, il condamne 
B. Othon (Doat, XXI, fol. 163-164), le 2 mars suivant, Guillaume 
Bernard, Géraud de Niort et Esclarmonde leur mère (ibid., 
fol. 166-167), et G. de Niort (ibid., fol. 164-166. Cf. Hist. gén. de 
Languedoc, VIII, col. 1014-1015; Mahul, Cartulaire, V, p. 626). 
Même jour, lettre de Raymond VII, lui ordonnant de saisir les 
biens des condamnés (Ârch. nat., JJ 19, fol. 93). ^ 

6. En novembre 1245, il met sa confession sous les yeux de 
R. Gros, d'Avignonet (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 136). Il 
avait condamné Raymond de Cuc (ibid., fol. 253 v«). 

7. Le 28 juillet 1246, à Toulouse, il reçoit la déposition d*un 
habitant de Pexiora (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 173). 

8. Vice-inquisiteur, il avait reçu les aveux de B. de Montes- 
quieu (Doat, XXV, fol. 162). C'est probablement Fauteur de la 
Chronique. 

9. Les 7 et 14 novembre 1255. Il entend la déposition de dame 
Saurine Rigaude (arch. de la Haute-Garonne, H Dominicains, 85). 

10. En 1256, il reçoit la déposition de Guiraud d'Âuterive et de 
Lombarde, sa femme (Doat, XXXII, fol. 241-242). Le 14 février 
1258 (n. st.), avec Bernard de Roquessels, il impose des pénitences 
comme inquisiteur d'Albi (Doat, XXXI, fol. 256-257). 

11. Voy. la note précédente. 

12. A une date qui n'est pas donnée, il avait entendu la déposi- 
tion d'Isambard, de Saint- Antonin (Tarn-et-Garonne), et lui avait 
imposé une pénitence (Doat, XXV, fol. 206 vo-208). 

13. A une date inconnue, mais après 1250, il avait, avec Ame- 



INTRODUCTION. Cxxxvij 

Guillaume de Barda S Bernard de l'Ile *, Guillaume 
de Albariis^, Sicard Fau^e^ Galhard de Pomiès^ 
Guillaume Costa*, Hugues de Badafolio'^, H. Nigri«, 
Etienne de l'Église ®, Arnaud Jean *®, Bernard Brice ", 

liu8, curé de Saint-Étienne de Toulouse, entendu Raymond 
Arquier, auquel ils avaient ensemble imposé une pénitence 
(Doat, XXV, fol. 275-283). 

1. Le 15 juin 1273, il reçoit les aveux de PétronîUe de Gastanet 
de Yerfeil, diocèse de Rodez (Doat, XXY, fol. 5-7). 

2. Le 27 mars 1278 (n. st.), comme lieutenant de Tinquisiteur, 
il entend la suite des aveux de Jean Clerc, de Sorèze, alors en 
prison (Doat, XXVI, fol. 4 vo-5). 

3. Avec Bertrand de Glermont, il reçoit, le 16 juillet 1293, de 
Pierre d'Aragon, la déclaration comme quoi celui-ci renonce aux 
avantages de la lettre d'Adam, inquisiteur de Rome (Doat, XXVI, 
fol. 150 v«-151). Cette lettre se trouve dans ce même volume, 
fol. 148 vo-150, et dans Mahul, Cartulaire, V, 649. 

4. Lieutenant de Geoffroy d'Abluses , inquisiteur, il entend 
Guillaume Salavert, de Corde, qui s'en rapporte à sa confession 
précédente (Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. 44). 

5. Il siège souvent avec Jacques Fournier, évéque de Pamiers 
(Bibl. du Vatican, ms. 4030). Voy. un acte de lui dans Molinier, 
Études, p. 177. Prieur du couvent de Pamiers en 1320 (Douais, 
Ias frères Prêcheurs de Pamiers, p. 52, in-8o, 1889). 

6. Délégué par l'inquisiteur, il siège une fois ou deux avec 
l'évéque de Pamiers, en 1323 (ibid.). 

7. Il prononce Texhumation contre Bernard Arnaud Ëmbrin, 
le 3 décembre 1318, avec Jean de Beaune et Bertrand d'Auriac 
(Doat, XXXU, fol. 113 vo-124). 

8. Le 10 mai 1340, il cite le vicaire de Grenade, diocèse de 
Toulouse (Bibl. de Toulouse, ms. 388, fol. 103 v*). 

9. En 1357, il délègue Etienne Delber, prieur du couvent des 
frères Prêcheurs de Montpellier, pour faire, avec le vicaire géné- 
ral du diocèse de Maguelonne, une consultation inquisitoriale 
(Germain, Une consultation inquisitoriale au XIV* siècle. Montpel- 
lier, 1857, in-4o). 

10. Le 2 mars 1298 (n. st.), il concède à la communauté des Juifs 
de Pamiers qu'ils jouissent de la liberté aux mômes conditions 
que les Juifs de la province de Narbonne (Hist, gén. de Langue- 
doc, X, 347, 348). 

il. Le 28 octobre 1325, à Carcassonne, Bernard Brice entendit 



cxxxviij INTRODUCTION. 

Âymon de Caumont * , Durand Salvanh *, Pierre Sicard'. 

Enfin les inquisiteurs agissent le plus souvent deux par 
deux; du moins l'inquisiteur est escorté d*un « compa- 
gnon. » 

2. Février, Willem Raymond, Pons Garin et Pierre 

Durand, — Nous avons de Ferrier* des interrogatoires et 
des sentences ; il a reçu des confessions ou aveux ; il a infligé 
des peines, tantôt seul, tantôt avec Willem Arnaud, qui fera 
l'objet d'un article spécial, Pierre d'Âlais» déjà signalé, Pons 
Garin et Pierre Durand. Délégué à la première heure par 
Tarchevêque de Narbonne, il ne tarda pas à recevoir les 
pouvoirs apostoliques. Et alors c'est toujours avec la qua- 
lité de juge délégué pontifical qu'il se présente. Ici se 
place une pièce assez curieuse, du 23 octobre 1237. Elle est 
relative à l'Inquisition à Narbonne; nous y voyons que les 

Jean Manent et Jacques Gormond, religieux du couvent des 
frères Prêcheurs de Garcassonne, au sujet de Pierre Toumemire, 
prêtre de Montpellier, mort le 8 octobre précédent dans la prison 
de Garcassonne (Doat, XXXV, fol. 11-17). Plus tard, en i357, U 
mémoire de ce prêtre, qui aurait partagé les doctrines de Pierre- 
Jean d'Olive, fut l'objet d'une consultation juridique (Grermain, 
Une consultation inquisitoriaU au IIV* siècle. Montpellier, 1857, 
in-4o. Gf. le même, Inventaire inédit concernant les archives de 
V Inquisition de Garcassonne, p. 15. Montpellier, 1856, in-4«). 

1. Le 16 avril 1346, il convoque Toffiicial d'Albi pour un « sermo» 
qui se tiendra à Garcassonne le dimanche après l'octave de Pâques 
(Doat, XXXV, fol. 120-121). 

2. Il apparaît en 1371 dans une transaction avec les consuls de 
Garcassonne au sujet de l'exemption des tailles, dont les officiers 
de rinquisition jouissaient (Doat, XXXV, fol. 136-161). 

3. En 1349, il reçoit des consuls de Gordes l'engagement qu'ils 
prennent de faire construire un portail pour la chapelle du lien 
et de l'orner des statues de l'évêque d'Âlbi et des deux inquisi- 
teurs (Doat, XXXV, fol. 122 vo-129). Voy. plus haut, p. xcviij. 

4. Voy., sur Ferrier, Douais, Acta capitulorum provincialium 
ord. frat. Praed., p. 46, 47, 58, 66; lAlbigéisme et les frères Prê- 
cheurs à Narbonne, p. 36 et suiv. 



INTRODUCTION. cxxxix 

consuls du Bourg, qui avaient d'abord fait opposition à la 
poursuite, la désirèrent ensuite ; l'inquisiteur, à la demande 
de Tarchevêque et du vicomte, promet l'impunité à ceux 
qui viendront avouer. Cette impunité en ce qui regarde la 
peine afflictive (la prison) et les biens (la confiscation) fat 
appelée plus tard^ nous l'avons vu, le temps de grâce. 

Letra testimonial de fraire Ferier, enqueridor, 

Noverint univers! et singuli présentes litteras inspecturi 
quod, cum ego frater Ferrerius de ordine Predicatorum, datus 
inquîsitor contra hereticos et Valdenses et eorum credentes, 
fiiutoreSf defeosores et receptatores in Narbonensi et Helenensi 
diocesibus, auctoritate Summi Pontifîcis, olim inquisitionem 
incepissem in burgo Narbone; nec homines dicti Burgi permi- 
sissent eandem inquisitionem in Burgo fieri memorato, et bac 
de causa me transtulissem pro facienda inquisitione ad partes 
dioceais Helenensis, consules civitatis Narbone, videiicet Rai- 
mundus Pétri, et Petrus de Gruce, et Guillelmus Rubeus, et Rai- 
mundus de Porta Regia et Petrus de Crassa, michi suum nun- 
eium destinarunt supplicantes et humiilter requirentes quod 
pro inquisitione facienda accederem ad eandem personaliter 
civitatem. 

Gum vero non pro inquisitione facienda prenominalam vil- 
lam Narbone processu temporis adiissem, prefati consules et 
quidam aiii probi bomines civitatis Narbone, pro tota universi- 
tate ejusdem civitatis ad meam accédantes presentiam, michi 
dévote et humiiiter suppiicarunt ut inquisitionem modis omni- 
bus in eadem facerem civitate, exponentes sine conditione qua- 
libet se et totam universitatem civitatis memorate Ecclesie et 
meis mandatis universis et singulis obedire et facere quecum- 
que eisdem preciperem vel injungerem aliquatenus facienda; 
ideoque ego jam dictus frater Ferrerius, videns et attendens 
devotlonem et instanciam non lantummodo consulum predicto- 
rum, sedetiam fere tocius universitatis civitatis sepedicte voien- 
tium a se repellere bereticam pravitatem et adherere ecciesias- 
tice unitati-, attendens nichilominus quod, cum eandem 



cxl INTRODUCTION. 

inquisitionem in eadem differem hcere civitate, consules et 
quidam aiii probi homines ejusdem civitatis a me non tanhim 
semel et secundo, sed etiam tertio atque quarto el amplius ul 
inquisitionem ibi facerem cum instancia postularunt, asseren- 
tes se de me querimoniam coram superiore proposituros, nisi 
eam curarem incipere et compiere, ad inquisitionem in eadem 
civitate Narbone processi studiosius fodendam et eandem proat 
potui curavi eiTectui mancipare, plurium confessiones et depo- 
sitiones tune temporis audiendo, aliis nichilominus injunjendo 
quod coram me deponerent quandocumque a me recipereot in 
mandatis. Et ego de auctoritate venerabilis patris P. , Dei gra- 
tia Narbonensis archiepiscopi, et nobilis viri A., vioeoomitîs 
Narbone, inspecta et nichilominus considerata fidelitate et 
devotione quam universitas predicte civitatis Narbone semptf 
et ubique erga Deum et Ecclesiam et oegoda pads et fldd 
potenter et viriliter babuerunt, omnibus qui pleoe deponerent 
et plenam veritatem coram me de se et de aliis revelarent pro- 
misi impunitatem tam in corporibus quam in rébus, et eosdem 
tam a pena corporali quam a rerum jactura reddidi in perpe- 
tuum liberos et immunes. Actum fuit hoc apud Gaunas, x katen- 
das novembris, anno Domini M"" G&' XXX* VIP. In cujus rei 
testimonium, ego frater jam designatus présentes litteras sigillo 
meo muni tas duxi eisdem concedendas. 

(Original, parchemin, archives municipales de Narbonne*.) 

Les autres actes de cet inquisiteur sont contenus dans la 
collection Doat, dans le ms. 609 de la Bibliothèque de Tou- 
louse et dans Y Histoire générale de Languedoc. 

1** La collection Doat : 

Tome XXI, foL 313, 315. 

Tome XXII, fol. 35, 108, 140, 148 v^ 154, 172, 199, 
201 v% 211 y\ 214, 229, 233, 238, 243 vo, 247 v^, 250, 
258 yo, 288. 

1. Dans les anciens inventaires des archives de Narbonne, cette 
lettre est cotée sous le titre : Inquisition, Caisson 2*, Liasse !>*. 
L*en-téte est la cote écrite au revers de la pièce. 



INTRODUCTION. Cxlj 

Tome XXm, fol. 1, 9, 50 v% 57 v^, 65, 70, 76, 79 v^ 
86, 88, 94, 100, 102, 106, 116, 119, 121, 125, 127, 141, 
144, 150, 152, 154, 157 v% 162, 180 v% 186, 197, 201, 
226, 233 v<», 237 v«, 239 v% 243, 250 v«, 257, 260, 274, 
292, 304 V, 309 v% 312 v^, 336, 344 v. 

Tome XXIV, 1, 7 vMl vS 15, 19, 23, 38 V, 83, 102, 
103, 108, 117, 123, 125vM35, 144, 155 v% 160, 182 v% 
193, 197, 204, 208, 210 v% 224 v». 

Cette série de pièces fort importante commence au 5 oc- 
tobre 1237 et finit au 3 mai 1245. 

Tantôt Ferrier est seul^ ; tantôt il apparaît avec d'autres 
inquisiteurs, Pierre d'Alais*, Pierre Cellani^, Willem Ray- 
mond^, Pierre Durand^, Pons Garin^, lesquels ne se montrent 
plus après. 

2^ Le ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

Ce manuscrit contient les dépositions reçues par Bernard 
de Caux et Jean de Saint-Pierre. Il en sera plus amplement 

1. Doat, XXI, fol. 313; XXU, fol. 85, 154, 233, 288; XXUI, 
fol. 1, 57 v«, 70, 116 yo, 144, 150, 226, 233 yo, 238, 239 y*, 243, 
250 y, 274, 344; XXIV, fol. 11 y*, 15, 19, 35, 123, 125 y, 135, 
144, 155 yo, 160, 182 y, 193, 197, 204, 210 y», 224 y». 

2. Doat, XXIV, fol. 108. 

3. Doat, XXIII, fol. 260 y». Déposition de Raymond Jean, 
d'Albi, où il est fait mention d'un liyre des hérétiques appelé 
Textiu, 

4. Doat, XXIV, fol. 83 y, 102. En 1235, Guillaume ou Willem 
Raymond fat créé inquisiteur pour le diocèse d'Albi (Doat, XXI, 
fol. 313). 

5. Doat, XXI, fol. 315; XXn, fol. 108 y, 140, 148 V», 201 y*, 
211 y, 214, 229, 243 y», 247 y», 258 y*; XXHI, fol. 65, 76, 79 yo, 
86, 106, 127, 154, 157 y, 180 y, 186, 238, 247 y, 250, 257, 312 y, 
336; XXIV, fol. 1, 7 yo. 

6. Doat, XXn, fol. 172 y^, 199 y ; XXIH, fol. 50 yo, 86 y, 88, 
94, 100, 102 y, 119, 121, 125, 141, 152, 162, 197, 201, 257, 292, 
304 y, 309, 312 y», 336; XXIV, fol. 7 yo, 9, 23, 103, 117, 208, 



cxlij INTRODUCTION. 

parlé à Tarticle de ces deux incpiisltears. Je n*ai à ma^ 
quer ici que rutilité qu'il présente pour apprécier la car- 
rière de Ferrier inquisiteur. 

Et, en effet, si ces dépositions commencent en 1245, les 
« témoins » ont été amenés à remonter la série des années, 
car les inquisiteurs ne manquaient pas d'interroger sur le 
temps; ils voulaient connaître le moment auquel le délit 
d'hérésie avait été commis. C'est ainsi qu^on y trouve de très 
nombreux faits de cette nature : bien des « témoins > ont 
dit, entre autres choses, qu'ils avaient avoué à fr. Ferrier, 
inquisiteur. Renseignement en lui-même fort utile; malhea- 
reusement, il n'est pas toujours aisé de préciser le moment 
avec la dernière rigueur. Nous pouvons toujours assuror 
que ces faits de poursuite ne sont pas antérieurs à l'an- 
née 1230 ; la plupart appartiennent aux aimées 1235 à 
1243 ^ Ferrier y opère à Laurac, Fanjeaux, Âlet, Conques, 
Saissac et Limoux^. 

3'' Enfin V Histoire générale de Languedoc. 

Ici trois pièces seulement : 

1243. — Ferrier et G. Raymond, inquisiteurs, fulminent 

i. Gomme la date de la plupart d'entre eux reste, malgré tont, 
incertaine, je suis ici l'ordre des feuillets du ms. 609. Ferrier est 
mentionné aux feuillets suivants : fol. 1, 1 v®, 2, 2 v«, 3, 5, 5 ^, 
6, 6 v«, 7, 7 v», 8 yo, 9 y«, 10, 10 y*, H v>, 12, 12 v«, 13, 13 n 
14, 14 yo, 15, 16, 16 v», 17, 17 yo, 18, 18 \o, 19, 19 v«, 20, 20 y*, 
21, 21 y», 22, 22 y, 23, 24, 24 yo, 25, 25 y», 26, 26 v*, 28, 
28 yo, 29, 29 v, 30 v», 31, 31 yo, 32, 32 yo, 33, 33 y», 34 y», 35, 
35 yo, 36, 38, 38 yo, 39, 39 yo, 40 yo, 41 yo, 42. 

2. Dans mon opuscule L'albigéisme et les frères Prêcheurs à 
Narbonne au Kllh siècle^ p. 36-44, j'ai établi un classement des 
faits de poursuite appartenant à Ferrier d'après les dates déter- 
minées (quatre années seulement sont connues), d'après les lieux 
et années indéterminés, d'après les années indéterminées et les 
lieux déterminés. 



INTRODUCTION. CxUîj 

rexoommunicatioQ contre le comte de Toulouse comme fau- 
teur des hérétiques ^ 

21 avril 1244. — Ferrier et Pierre Durand, inquisiteurs, 
entendent la confession ou les aveux de Bérenger de Lave- 
lanet^. 

21 février 1245 (n. st.). — Ferrier, inquisiteur, reçoit 
la déposition ou les aveux de Pons Carbonel du Faget^. 

L'activité de Ferrier comme inquisiteur cessa vers 1247, 
époque à laquelle il était prieur de Prouille. Puis il devint 
prieur des couvents de Carcassonne et de Béziers. Il serait 
mort à Perpignan, « ut audivi dici, » écrit Bernard Gui^ 
Au XIV* siècle, son nom seul inspirait encore de la frayeur 
aux hérétiques : « Nomen ejus qualiter gladiosum in auri- 
bos hereticalium resonat usque hodie^. » 

Il faut ajouter, en ce qui regarde plus spécialement Pierre 
Durand, inquisiteur, que du 3 mars 1244 (n. st.) au 3 mars 
1245 (n. st.), il reçut les dépositions de six « témoins^. » 
La bulle d'Innocent IV absolvant Guillaume Fort, de 
Pamiers, lui fut adressée en même temps qu'à Guillaume 
Raymond; ensemble, ils furent chargés de l'exécuter''. 
Cependant, l'acte de l'absolution canonique ainsi accordée 
ne nous est pas parvenu. Le 3 mars 1245 (n. st.), Pierre 
Durand reçut les aveux de Gui de Castillon, chevalier". 

i. Vm, col. 1143-1144. 

2. vm, col. 1149-1150. Dans Doat aussi (XXIV, fol. 38 vo^8). 

3. vm, col. 1147-1149. Dans Doat aussi (XXIV, fol. 35-38). 

4. Prior, in conv. Carcassonensi, Bibl. de Toulouse, ms. 480, 
fol. 156. Gf. fol. 259. — Àcta capitulorum provincialium ord. frai, 
Praed,, p. 46 (éd. Douais). 

5. Bernard Gui (ibid.). 

6. Doat, XXn, fol. 276; XXm, fol. 209, 218, 224 v; XXIV, 
fol. 68, 158. 

7. Doat, XXXI, fol. 103. Bulle du 24 juin 1245. 

8. Doat, XXni, fol. 220 vo-224. 



czliy INTRODUCTION. 

3. Willem Amaïul, Etienne de Saint-T/dhéry. — 
Les sources de la poursuite inquisitoriale exeroée par Wil- 
lem Arnaud^ et son « compagnon, » frère Etienne de Tordre 
des Mineurs, sont à peu de chose près les mêmeB que poar 
Ferrier : la collection Doat, le ms. 609 de la Bibliothèque de 
Toulouse, V Histoire générale de Langtâedoc^ les arclÛTes 
de la Haute-Garonne. La Chronique de Guillem Pelhiaso' 
fournit une première indication qu*il faut noter tout de suite; 
en 1233, Willem Arnaud fut nommé inquisiteur pour le 
Toulousain et le Quercy par Tarchevêque de Vienne, 
légat; c'est en 1235 que frère Etienne lui fut adjoint comme 
« compagnon. » Caractérisons maintenant chacune de ces 
sources. 

V Collection Doat. Trente-sept pièces, qui se distribnentde 
la manière suivante : audition de témoins, condamnations, 
excommunication, lettres de pénitence, mutations de pèleri- 
nages, réconciliations. 

Tome XXI, fol. 147 y^, 149, 153, 155 v*, 158. 163, 
164, 166, 167 y\ 169, 170, 171, 172, 173, 175, 176, 
176 v% 177, 177 vS 178, 178 v«, 179, 181, 182 ▼•, 183 y*. 

Tome XXII, fol. 76 v% 78, 265. 

Tome XXIII, fol. 72, 114 v% 124, 143, 148, 155, 273n 
311 v^ 

Le plus souvent, Willem Arnaud opère avec Etienne; il 
est quelquefois seul. Les sentences prononcées l'ont été à 
Carcassonne, place du Marché; à Toulouse, maison épisoo- 
pale, devant la porte de Téglise de Saint-Etienne, au cloître 
des frères Prêcheurs. Parmi les pénitences imposées, il faut 
signaler le jeûne au pain et à Teau le vendredi, une aumône 
en nature pour cinquante pauvres, Tobligation de fournir 

1. Àcta capitulorum, p. xc, 20, 23. 

2. P. 89, 95, 108 (éd. Douais). 



INTRODUCTION. cxlv 

des briques, de la chaux et du sable pour la construction 
des prisons des hérétiques ^ 

La collection Doat présente un autre intérêt, qui se porte 
à peu près tout entier sur Willem Arnaud. De nombreux 
« témoins, » déposant plus tard devant d'autres inquisi- 
tions, ont dit avoir déjà précédemment avoué à Willem 
Arnaud : 

Doat, XXII, fol. 5, 13 v% 38, 44, 47, 56, 73, 74, 
80, 85, 88; XXIII, fol. 105 v% 143, 179 v% 223, 335, 
337, 338, 339 v^ 340; XXIV, fol. 6, 15, 34 vo; XXV, 
fol. 298; XXVI, fol. 60. 

Parmi les lieux où Willem Arnaud opéra, je relève Cas- 
telBarrasin% Moissac^, Toulouse^. 

Ce genre d'intérêt est commun aux pièces de la collection 
Doat et au ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

2^ Le manuscrit 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

Encore cette fois, je dois renvoyer à un autre paragraphe 
ce que je me propose de dire de spécial sur cet important 
manuscrit. Je me borne à indiquer les feuillets où Willem 
Arnaud apparaît soit seul, soit avec son « compagnon, » 
firàre Etienne, ou avec ses « compagnons, » dont le nom 
n*est jamais donné, mais qui devaient être Bernard de 
Rupe Forti^ Garcias de Aura et Raymond de Car- 
bonières (de Carboneriis), enveloppés avec lui dans le 
massacre d'Avignonet : fol. 2 v^ 19, 30 v% 31, 31 v% 32, 
32 V*, 33, 33 y\ 34, 34 vS 35, 35 v^ 36, 38, 39 v^ 40 v^ 
41 v^, 43, 43 v% 44 v% 46 v^ 48 y\ 49, 50, 50 v", 52, 
52 v% 53, 55 v% 56 v% 57, 58 v^, 59, 60, 62, 64 v^ 65, 

1. Doat, XXI, fol. 172, 173 v», 177. 

2. Doat, XXII, fol. 44, 47. 

3. Ibid., fol. 47. 

4. Ibid., fol. 88. 



cxlvj INTRODUCTION. 

65 v% 66, 66 v% 67 v% 68, 69, 70, 74 V, 75, 87 (cf. fol. 117, 
117 v^ 118), 87 y\ 91, 93 (cf. fol. 94), 93 v% 97 V, 108 t*, 
126. Grâce aux iDdications fournies par les « témoins, » on 
suit Willem Arnaud à Toulouse, Laorac (Aade), Castel- 
naudary (Aude), Saint-Martin-de-Lalande (Aude), ReoDe- 
ville (Haute-Garonne), Yillemur (Haute-Garonne), LaTsnr 
(Tarn), Auriac (Haute-Garonne), Gaja-la-Selve (Aude), 
Montesquieu - Y illefranche ( Haute - Garonne ) , Labéoède 
(Aude), Saint-Félix (Haute-Garonne), Fanjeaux (Ande)^ 
Âvignonet (Haute-Garonne). Il y est fort souvent question 
du massacre d' Avignonet, notamment aux fol. 6, 37, 66, 
85, 91, 130 v% 134, 136, 140. Mais, pour étudier ce fait 
particulier, il faudra consulter, de plus, les dépositions de 
Jean Vital (Doat, XXH, fol. 10 vM2), d'Arnaud Roger, 
chevalier, de Mirepoix (Ariège) (ibid., fol. 108 v*, 140), ^ 
de Pierre Vinol (ibid., fol. 250-258). Llmpression qui, 
pour moi, résulte de la lecture de ces différentes piàœs, c'est 
qu'elles pourraient permettre de reconstituer sûrement les 
circonstances du complot qui se termina par la scène de 
sauvagerie où succombèrent les inquisiteurs. 

3** Les archives de la Haute-Garonne. 

Ce riche dépôt possède (série H, Dominicains) un registre 
ayant pour titre : Acta Rornam missa pro fratribus 
inquisitoribus. C'est l'ensemble des pièces envoyées par les 
frères Prêcheurs pour obtenir du saint-siège la reprise du culte 
des martyrs d' Avignonet. Trois ont trait à Willem Arnaud, 
inquisiteur : le 10 novembre 1235, il fulmine l'excommuni- 
cation contre les consuls (plus tard capitouls) de Toulouse*; 
le 24 juillet 1237, frère Etienne et Willem Arnaud, inqui- 

1. Cette pièce se trouve aussi dans Bouges, Histoire eceUsias' 
tique et ctvile de la ville et du diocèse de Carcassonne, p. 552, 555 
(Paria, 1741, petit in-4o). 



INTRODUCTION. cxlvij 

sitears, fulminent rexcommunication contre le viguier et 
les consuls de Toulouse; le l^** mars 1238 (n. st.), Willem 
Arnaud et frère Etienne, inquisiteurs, rendent une sentence 
de condamnation contre plusieurs hérétiques. 

4® Enfin V Histoire générale de Languedoc. 

Id, six pièces à signaler : le 29 mars 1236, frère Etienne 
et Willem Arnaud imposent une aumône et des pèlerinages 
à Pons Grimoard, précédemment sénéchal de Cahors pour 
le comte de Toulouse^ ; le 2 mars 1237, le grand archidiacre 
de Carcassonne et Willem Arnaud écrivent au comte de 
Toulouse qu*il ait à occuper les biens de B. Othon, de Niort 
(Aude), de ses frères et de leur mère, condamnés à la prison 
perpétuelle'; les 2 et 29 mars 1237, procédures des inqui- 
siteurs'; en 1238, aveux de Jeand'Albi^; le 12 mars 1241, 
aveux de Roger Bernard^ comte de Foix, qui bénéficie du 
temps de grâce^ ; le 2 juin 1240 et le 12 mars 1241, aveux 
du comte de Foix, son absolution^. 

Tel est l'ensemble des documents qui nous font connaître 
les principaux travaux de Willem Arnaud et de ses compa- 
gnons, tués dans la nuit du 28 au 29 mai 1242"^. 

4. Pierre Cellani. — Pierre Cellani, celui-là même qui 
avait cédé à saint Dominique Timmeuble appelé plus tard et 
encore aujourd'hui la maison de l'Inquisition à Toulouse, 

1. VIU, col. 1015-1016. Aussi dans Doat, XXU, fol. 38 vo-40. 

2. VIU, col, 1014-1015. Aussi dans Mahul, Gartulaire, V, 
p. 626; encore Arch. nat., JJ 19, fol. 93. 

3. VIII, col. 1014-1017 (trois actes). Arch. nat., JJ 19, 
fol. 84 a. 

4. Vm, col. 1016-1017. 

5. Vm, col. 1034-1037. Aussi dans Doat, GLXX, fol. 126. 

6. Vm, col. 1034-1037. Aussi dans Doat, GLXX, fol. 112, 126. 

7. c In nocte Ascensionis Domini. » (Acta capit. provinc. ord, 
fnU. Praed,, p. 20, note 7.) La fôte de Pâques tomba le 20 avril 
en 1242, et l'Ascension le 29 mai. 



CxNiij INTRODUCnON. 

fdt, en 1233, créé inquisiteur par le légat pour le Toulou- 
sain et le Qnercy ^ Nous le rencontrons à Rennerille (Hante- 
6aronne)<et à Cahors', où il reçoit désaveux. Le tome XXI 
du fonds Doat est la principale, j'allais dire runiqod source 
à consulter sur cet inquisiteur. Les fol. 185 et suivants jus- 
qu'à la fin du volume font connaître les résultats des interro- 
gatoires relatif au Quercy, région sur laquelle nous sommes 
imparfoitement renseignés. En 1241, la semaine avant 
TAscension (28 ayril-4 mai), et pendant TÂvent (l*'-â8 dé- 
cembre), en 1242 (n. st.), au Carême (9 mars-13 avril), il 
imposa des pénitences à sept cent trente-dieux personnes 
coupables de foutes commises dans l'hérésie, qu'elles avaient 
désavouée, et appartenant aux localités suivantes : Goor- 
doD, Âumont, Montcuq (Lot), Sauveterre, Montauban, 
Moissac, Montpezat-du-Quercy (Tarn-et-Garonne) et Bd- 
caire (Aude). Ces pénitences sont énumérées simplement 
avec les noms des coupables. Il ne fout pas chercher ici les 
sentences elles-mêmes. Ce n'est qu'un état ou tableau des 
peines avec le nom de chaque personne frappée. 

5. Bernard de Cauœ et Jean de Saint-Pierre. — 
Beroard de Caux et Jean de Saint -Pierre durent être 
donnés pour successeurs à Willem Arnaud, puisqu'ils appa- 
raissent sur la scène dès le 30 novembre 1243. Leurs tra- 
vaux comme inquisiteurs se déroulent dans Doat, dans le 
ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse, dans un fragment de 

1. Guillem Pelhisso, Chronique, p. 89, 95, 109. Son nom a été 
fort défiguré par le copiste de Doat, qui rappelle Sillanus, SUva- 
nus ou même Seilla (XXI, fol. 185; XXII, fol. 38, 42; XXIH 
fol. 17; XXVI, fol. 63). Voy. sur ce religieux, Fratres qui cum 
beato Dominico regulam elegerunt, par Etienne de Salagnac et Ber- 
nard Gui, Bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 39 y«. 

2. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 55 v«. 

3. Doat, XXm, fol. 217. 



^ INTRODUCTION. cxlix 

registre d'Inqui^sitioD appartenant à M. Bonnet, de Béziers, 
et dans le ms. lat. 9992 de la Bibliothèque nationale, qui 
est un recueil de leurs sentences. Comme ces sentences font 
partie des documents publiés dans le présent ouvrage^ je 
me réserve de présenter ce recueil dans la seconde partie 
de rintroduction. Je ne veux parler ici que des deux autres 
sources que je viens de signaler, le fonds Doat et le ms. 609 
de la ville de Toulouse. 

1® Le fonds Doat. Il contient soixante-trois pièces, qui se 
répartissent de la manière suivante : dépositions, aveux, lec- 
tures faites aux témoins de leurs confessions antérieures. 

Elles se trouvent : 

Tome XXII, fol. 1, 4, 13 v% 26, 27, 30, 31 «, 32, 33 v», 
40 V, 43, 44 V, 46 vS 52 v^ 56 v», 58, 62, 65, 69 V», 71, 
72, 76, 76 V, 78, 80 v^ 82 v°, 84, 85 v^ 

Tome XXIII, fol. 85 v^ 93, 256 v% 309, 343. 

Tome XXIV, fol. 15, 19, 196, 240, 246 vS 249, 250 v% 
255«, 255 v% 257, 260, 261 v^ 264, 266, 271, 272, 273 v^ 
276 v^, 278 vS 281. 

Tome XXXII, fol. 113 v«. 

En outre, il faut signaler la bulle adressée, le 19 mars 
1248, par Innocent IV à Bernard de Caux et à Pierre 
Durand, pour leur enjoindre de ne pas avoir à citer les 
sujets du roi d'Aragon^, dont les terres avoisinaient Nar- 
bonne, et nous avons vu plus haut quelle importance elle 
eut dans un appel célèbre, auquel elle servit de base. Rele- 
vons encore neuf dépositions contre Pierre Garciâs, que je 

1. Cionfession de R. de Rodolos, qui se trouve aussi dans VHist. 
gin, de Languedoc^ Vni, col. 1147. 

2. Déposition de R. de Montlaur, frère de Tabbé de Pamiers. 

3. Doat, XXXI, fol. 94. 



cl INTRODUCTION. 

publie id*, et enfin, une sentence rendue à Pamiers, le 
21 avril 1247, par laquelle les deux inquisiteurs condam- 
nèrent à la prison perpétuelle Raymond Guillaume, de Lar- 
nat (Ariège), Ra3rmondet Guillaume d'en Brenguier, Pierre 
Faure, Pierre Arnaud, Arnaud de Rabat, de Château-Ver- 
dun (Ariàge), et Guillaume Daras, de Rabat (Ariàge). Cette 
sentence complète la série des sentences connues de Bernard 
de Caux et de Jean de Saint-Pierre; mais, comme elle n'ap- 
partient pas au ms. 9992 de la Bibliothèque nationale, elle 
n'a pu prendre place dans la seconde partie de cet ouvrage ; 
je la donne donc ici : 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi cruciOxi. Amen. 
Anno DorainI M» GC* XL« VIP, xi« kis. maii. Nos fratres ordi- 
nis Predicatorum B. de Caucio et Jobannes de Sancto Petro, 
inquisi tores heretice pravitatis in civitate et diocesi Tbolosana 
authoritate apostolica deputati. Quia constat nobis per confes- 
siones in judicio faclas Raymundi Guillelmi, de Larnato, Ray- 
mundi d^en Brenguier, Guillelmi d*en Brenguier, Pétri Fabri, 
P. Arnaldi, de Narapa, et Arnaldi, de Ravato, de Castro Ver- 
duno, et Guillelmi Daras^, de Ravato, Tholosane diocesis : 

Quod prenominatus R. Guillelmi, de Larnato^ yidit et adora- 
vit multotiens bereticos, et audivit predicationem eorum, duiit 
eos, dédit eis de suo pluries, cre[di]dit bereticos esse bonos 
'homines, et, postquam fecit confessionem suam coram aliis 
inquisi toribus et abjuravit beresim et juravit persequi bereticos, 
vidit, duxit, credidit et adoravit bereticos, et audivit predicatio- 
nem eorum, et dédit eis de suo, et negavit veritatem coram 
nobis contra proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Raymundus d*en Brenguier vidit et 
adoravit multotiens bereticos, el audivit predicationem eorum, 
comedit cum eis et de pane benedicto ab eis, pacem ab eis reoe- 

i . P. 90. 

2. Ms. : Dajas. 



INTRODUCTION. clj 

pit, apparellamentis bereticorum inlerfuit, credldit bereticis et 
eorum erroribus, et, postquam fecit confessionem suam de 
heresi coram aliis inquisitoribus et abjurayit heresim et jura- 
▼it pereequi bereticos» vidit et credidit et adoravit beretioos, et 
audivit predicationem eorum, et negavit veritatem coram nobis 
contra proprium juramentum; 

Prenominatus etîam GuiUelmus d'en Breoguier vidit et ado- 
ravit muitotiens bereticos, duiit et receptavit eos in domum 
suam, credidit bereticis et eorum erroribus, et, postquam abjura- 
vit heresim coram aliis inquisitoribus et juravit persequi bere- 
ticos, credidit et adoravit bereticos, et negavit veritatem coram 
nobis coDtra proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Petrus Fabri vidit et adoravit muito- 
tiens bereticos, et audivit predicationem eorum, recepit eos in 
domum suam, et dédit eis de suo, credidit bereticis et eorum 
erroribus, et negavit veritatem coram nobis contra proprium 
juramentum -, 

Prenominatus etiam P. Arnaldi de Narapa vidit, duxit et 
receptavit muitotiens bereticos, dédit et recepit ab eis, predica- 
tionem eorum audivit muitotiens, comedit et bibit cum eis; 
credidit bereticos esse bonos bomines et reddidit reverentiam 
muitotiens capite înclinato; et, postquam abjuravit beresim 
coram aliis inquisitoribus et juravit persequi bereticos, vidit, 
duxit, receptavit, credidit bereticos esse bonos bomines et nega- 
vit veritatem coram nobis contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Arnaldus de Ravato vidit et adoravit 
bereticos, et credidit eos esse bonos bomines et negavit verita- 
tem coram nobis contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Wiiielmus Daras vidit et adoravit mui- 
totiens bereticos et audivit predicationem eorum, duxit et rece- 
pit bereticos, comedit cum eis et de pane benedicto ab eis; 
apparellamento bereticorum interfuit, pacem ab eisdem rece- 
pit, credidit bereticis et eorum erroribus, et negavit veritatem 
coram nobis contra proprium juramentum, et, postquam hoc 
anno coram nobis abjuravit beresim, vidit et duxit bereticos; 

Ipsos nunc usos saniori consilio ad unitatem Ëcclesie, prout 
assenint redire volentes, in primis omni beretica pravitate 
abjurata, absolvimus secundum Tormam Ëcclesie a vinculo 



Clij INTRODUCTION. 

excommunîcationis qua ratione predicti eriminis tenebantor 
astricti, si tamen ad ecclesîasticam unitatem de eorde bono 
redierint et mandata sibi injuncta oompleverint-, et, quia in 
Deum et Sanctam Ëcclesiam predictis modis temere deliqae- 
ruDt, ipsos légitime citatos coram nobis comparantes, die sibi 
ad recipiendam penitentiam super crimine beresis peremptorie 
assignata, et aliis rite actis, communicato multonim prêbto- 
rum et aliorum bonorum vironim consilio, ad peragendam 
condignam penitentiam in perpetuum carcerem retrudi yoIu- 
mus et precipimus ibidem perpetuo commorari ; et quod istam 
penitentiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti jura- 
menti; si vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicalionis vincuio innodamus. Actum apud Appamias, 
in ecclesia de Mercadaii, in presentia venerabilium patrum 
Appamiensium et Fuxensium abbatumS magistri Amaidi de 
Campranha, et ceilararii Boibone, prions de Scossa, monachi, 
B., ceilararii Sancti Anthonini, Arnaldi Gras, capellani, B., 
capellani de Ravato, B. de Salvola clerici, P. Ariberil, B. de 
Sanis, publicorum notariorum, et plurium aliorum in oommuni 
sermone^. 

La collection Doat fournit enfin la mention de plusieurs 

confessions reçues par Bernard de Caux seul^ ou avec son 
4c compagnon » Jean de Saint-PierreS et par Jean de Saint- 
Pierre seul ^, la mention encore de croix et de pèlerinages 
imposés à Arnaud Cimordan , de Gascogne*. Elle nous 
apprend un fait intéressant : Bernard de Caux avait feit 
interroger par son notaire Guillaume de Clues^ à Montpel- 
lier, « ubi captus detinebatur'''. » Ce qui indique que les 



i. Ms. : Àlbiennum. 

2. Doat, XXXI, fol. 139vo-142. 

3. Doat, XXIIl, fol. 217; XXVI, fol. 60. 

4. Doat, XXV, fol. 64. 

5. Doat, XXVI, fol. 7 v». 

6. Doat, XXV, fol. 220. 

7. Doat, XXIU, fol. 217. 



INTRODUCTION. cliij 

inquisiteurs avaient tout pouvoir pour donner à distance 
commission à Teffet d'entendre des « témoins. » 

2* Le ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

Ce manuscrit (milieu du xin"* siècle, papier, 254 feuillets, 
290 mill. X 230 mill.) * nous apporte les dépositions de cinq 
mille six cents « témoins » environ appartenant à cent six 
localités de la Haute-Garonne, de l'Aude, du Tarn et de 
Tam-et-6aronne', mais, dans leur très grande majorité, à 
l'ancien Lauraguais. Les critiques y ont vu une sorte d'en- 
quête sur l'état religieux du pays ; elle aurait été faite par 
les deux inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint- 
Pierre. Je l'ai moi-même écrit. Actuellement, y ayant 
regardé de plus près, après avoir suivi les dates des déposi- 
tions, je serai moins affirmatif. Car d'abord, c'est au cloître 
de Saint-Semin de Toulouse que presque toutes les déposi- 
tions ont été reçues; d'ordinaire, une enquête se faisait sur 
place. Ensuite, les dépositions qui ont commencé le 15 avril 



i. M. Gh. Molinier, l'Inquisition dans le midi de la France, 
p. 163-195 (Toulouse, 1880, in-8<>), a décrit et analysé le manu- 
scrit, en forçant toutefois beaucoup le nombre des personnes enten- 
dues par les inquisiteurs. M. Aug. Molinier, Manuscrits de la 
bibliothèque de Toulouse, p. 358 (Paris, Impr. nat., 1883, in-4o). Ta 
de même décrit. Dumège, dans son édition de V Histoire générale 
de Languedoc, t. VI, Additions, p. 5-9, 13-34, a donné la table 
trop souvent fautive des personnes entendues, nobles ou préten- 
dues telles. — Dusan, Revue archéologique du midi de la France 
(Toulouse, 1867), en a publié les onze premiers feuillets, et M. le 
baron Desazars des extraits, Histoire authentique des inquisiteurs 
tués à Avignonet en 12k2 (Toulouse, 1869, in-8<>). Je l'ai utilisé 
moi-même dans un court mémoire ayant pour titre : Les héré- 
tiques du comté de Toulouse dans la première moitié du Xllh siècle 
(Paris, Picard, 1891, in.8o). 

2. La liste en a été dressée par M. Baudouin, ancien archiviste 
de la Haute-Garonne, et placée en tôte du manuscrit. 



Cliy INTRODUCTION. 

1245' se sont multipliées, dans des proportions paraissant 
parfois invraisemblables, jusqu'au 17 juillet suivant, pour 
reprendre, après une interruption de trois mois et dani, 
le 30 octobre suivant^, et alors se poursuivre avec la même 
intensité en novembre, décembre, janvier et février. N'estoe 
pas la preuve que les inquisiteurs avaient accordé le /«mpttf 
gracias d*avril à juillet d'abord, puis de la fin d'octobre 
jusqu'en février? Les habitants, voulant en profiter pour 
s'assurer l'impunité, accouraient en masse et exigeaient du 
notaire de l'Inquisition que leur déposition fût inscrite à 
l'effet de se précautionner contre l'avenir et d*infiniier 
d'avance des accusations toujours possibles. Ces considéra- 
tions sont corroborées dans une certaine mesure par ce fait 
que la poursuite contre des prévenus présumés coupables 
ne commence qu'en mars 1246 (n. st.) : la formule injudU 
cio constitutiÂS est étrangère aux dépositions d'avril à 
juillet et d'octobre à février. Il faut ajouter que, dans ces 
cas, non plus seulement un inquisiteur, mais les deux inqui- 
siteurs conduisent l'interrogatoire ou remettent la déposition 
sous les yeux du prévenu. C'est alors la preuve d'une action 
judiciaire. Je serais donc porté à voir dans le ms. 609 de la 
Bibliothèque de Toulouse le recueil des aveux faits sponta- 
nément pendant le tempus gratiae; ils en composent la 
plus grande partie, les neuf dixièmes. Quelques-uns de ceux 
qui étaient venus avouer ayant été poursuivis dans la suite, 
le notaire a mis ensemble les aveux remontant au temps de 
grâce et les dépositions intervenues au cours de la poursuite, 
ce recueil ayant été formé postérieurement à l'année 1258'. 

i. Fol. 143. 

2. Fol. 144. 

3. Fol. 127 : complément des aveux de Pons Garrigue. 



INTRODUCTION. clv 

Voici, en effet, Tindication de quelques-uDS des actes qui 
OQt suivi : 

27 juin 1250, Toulouse. Jean de Saint-Pierre et Rainaud 
de Chartres, inquisiteurs, font lire à Bertrand de Quiders 
ses aveux des 6 et 7 février 1246 ^ 

23 février 1256 (n. st.), Toulouse. Jean de Saint-Pierre 
et Rainaud de Chartres, inquisiteurs, font de même lire à 
Bernard de Scaupon ses aveux, qui étaient du mois de mai 
1245». 

4 décembre 1256, Toulouse. Jean de Saint-Pierre entend 
Pons Aigra, de Montauriol (Haute -Garonne), qui, en 
novembre 1245, avait déjà avoué ^. 

Bernard de Caux disparaît après 1248, tandis que Jean 
de Saint-Pierre continue à travailler huit ou dix ans encore ; 
mais ce n'est plus l'activité d*autrefois, ce semble, quoi 
qu'on puisse conclure d'un fragment de registre de l'année 
1256, dont la description suit. 

3^ Fragment de registre d'inquisition appartenant à 
M. Bonnet, de Béziers. 

M. Louis Bonnet, de Béziers, pendant son séjour à Tou- 
louse comme étudiant, il y a quelque trente ans, eut la très 
heureuse idée de recueillir, sur le marché volant de la place 
du Capitole, deux feuillets de parchemin du xm® siècle, 
épave d'un registre d'inquisition, qui, à n'en pas douter, 
était volumineux. Ces deux feuillets (342 mill. X254 mill.) 
sont, en effet, les feuillets ccLxn et cclxxi de ce registre, 
qui se continuait après le feuillet cclxxi; sans compter 
qu'ils sont écrits page pleine sur une justification de 170 mill. 

1. Fol. 140 vo. 

2. Fol. 246 v«. 

3. Fol. 142. 



clvj INTRODUCTION. 

Le titre courant du premier porte : De Monte auriol; celui 
du second : DelsFortenenx. DeMontegalhardo. Plusieurs 
lieux et communes répondent aujourd'hui au nom de Mon- 
tauriol : Montauriol, comm. de Gabre, cant. du Mas-d'Âzil 
(Ariège); Montauriol, cant. de Céret (Pyrénées-Orientales); 
Montauriol, cant. de Castillonnès (Lot-et-Garonne) ; Mont- 
auriol, cant. de Pampelonne (Tarn); Montauriol, cant. de 
Salles-sur-L'Hers (Aude) ; Montauriol, conmi. de Drémil- 
Lafage-et-Montauriol, cant. de Lanta (Haute-Garonne); 
Montauriol, château, comm. deVillemur (Haute-Garonne). 
Nous écartons tout de suite les Montauriol autres que ceux 
de l'Aude et de la Haute-Garonne comme étant trop éloi- 
gnés ; encore faut-il rejeter le Montauriol de la commune de 
Yillemur, qui n'appartient pas au Lauraguais; car, dans 
les interrogatoires, comme nous le verrons tout à l'heure, 
les inquisiteurs entendirent des habitants du Lauraguais. 
Enfin notre document dit : de Monte auriol Lauraguesii, 
de Monte auriol de Bello podio domini episcopi Tho- 
losani. Et par là se trouve écarté Montauriol (Aude). Il 
s'agit donc ici de Montauriol formant aujourd'hui une seule 
commune avec Drémil-Lafage. 

Quant à Fourtanens, qui apparaît dans le second de nos 
deux feuillets, c'était un consulat situé dans le voisinage 
de MourviUes-Basses et des Yarennes, arrondissement de 
Villefranche-de-Lauraguais (Haute-Garonne). Et par là 
même se trouve déterminé Montgaillard, canton de Ville- 
franche-de-Lauraguais. D'ailleurs, s'il pouvait y avoir une 
hésitation, il suffirait, pour la dissiper^ de rapprocher 
notre interrogatoire du ms. 609 de la Bibliothèque de Tou- 
louse, où nous voyons que les inquisiteurs entendirent les 
habitants de Montgaillard (Haute-Garonne). Parmi ceux-ci, 



INTRODUCTION. clvij 

je relève le nom de Bertrand de Roqueville, chevalier ^ que 
nous retrouvons dans un des interrogatoires dont je m'oo- 
cape en ce moment. C'est un renseignement dont on verra 
tout à l'heure le prix. 

Les inquisiteurs nommés sont Jean de Saint-Pierre et 
Rainaud de Chartres. Nous connaissons le premier; le 
second écrivit, le 31 janvier 1257, à Âlfonse de Poitiers, 
une lettre qui suffirait à rendre sa mémoire chère à la posté- 
rité. Il dénonçait à Âlfonse, comte de Poitiers et de Tou- 
louse, les faits suivants : Jean de Saint-Pierre et lui, exer- 
çant Tinquisition dans le diocèse de Toulouse, avaient trouvé 
que, sous leurs prédécesseurs, le juge séculier s'emparait 
des hérétiques condamnés simplement à la prison perpé- 
tuelle et les livrait au bûcher; et cependant les inquisiteurs 
ne réclamaient point. Pour eux, après avoir pris conseil, 
ils protestent, bien que Ton dise déjà que ne pas se prêter 
aux volontés du bras séculier c*est favoriser Thérésie et 
détruire l'Inquisition; ils ont envoyé une consultation au 
pape; et, en attendant que la réponse arrive, ils se refu- 
seront à livrer les hérétiques retenus dans leurs prisons^. 

Rien n'était plus juste ni plus humain ; vraisemblable- 
ment, plusieurs des hérétiques auxquels Bernard de Caux 
et Jean de Saint-Pierre avaient infligé la prison échap- 
pèrent ainsi au bras séculier. Nous avons le droit de penser 
que Rainaud de Chartres, que cette lettre nous montre si 
ferme et si exact observateur des règles et de la loi, ne se 
départit point de cet esprit de justice. Il dut apporter dans 
l'exercice de ses fonctions toute la modération requise. 

Nos deux feuillets contiennent des interrogatoires d'habi- 
tants de Montauriol, Fourtanens et Montgaillard. Ces inter- 

1. Ms. 609 de la ville de Toulouse, fol. 43. 

2. UUL gén. de Languedoc, VIII, col. 1409, 1410. 



clviij INTRODUCTION. 

rogatoires ressemblent par rensemble de leur teneur à œax 
du ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. Mais il me 
paraît qu*il faut y voir des pièces appartenant à une pour- 
suite proprement dite. Car, d'abord, les douze personnes 
entendues, dont cinq étaient de Montauriol, deux de Foor- 
tanens et cinq de Montgaillard, avaient été précédemment 
compromises. Rixendis avait même déjà £ait des aveux 
devant Ferrier, à Conques (Aude) M Esdarmonde» de Saint- 
Amadou (Âriège), avait été interrogée par les inquisiteurs 
de révêque de Toulouse, au Mas-SaintesnPuelles (Aude)^; 
et Bertrand de RoqueviUe avait, le 1^' juillet 1245, &it une 
première déposition^. S'il fut rappelé par Jean de Saint- 
Pierre et Rainaud de Chartres, le 2 novembre 1256^, s'il 
subit un nouvel interrogatoire, auquel il ne put se dérober, 
ce fut en raison d'une poursuite proprement dite, de nou- 
velles charges pesant sur lui ; et, en effet, en 1256, il ne 
s'enferma pas dans la déposition de 1245. Enfin, Bertrand 
de Roqueville reconnut avoir nié, une première fois, devant 
Bernard de Caux et son compagnon, une seconde fois, 
devant Jean de Saint-Pierre et Rainaud de Chartres*. On 
ne comprendrait pas un troisième interrogatoire en dehors 
d'une poursuite judiciaire. 

Par là même, nous saisissons le rapport qui existe entre 
les interrogatoires de 1256 et les actes antérieurs des inqui- 
siteurs. 

1. Montauriol, n® 2. 

2. Montauriol, q» 3. 

3. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 48. 

4. [jC ms., Montgaillard, n® 3, porte : V^ non, navembris, par 
erreur sans doute; car, pour le mois de novembre, les noues ne 
comprenaient que quatre jours, du 2 au 5. Il faudrait donc lire : 
////• non. novembris. 

5. Montgaillard, u« 3. 



INTRODUCTION. clix 

Le second feuillet fournit la date du 2 novembre 1256. 
Or, le premier feuillet, qui ne contient aucune indication 
d'année, donne le 2 octobre : seœto nonas octobris; entre 
les deux il y a une lacune de neuf feuillets seulement, Lxn- 
Lzxi. Nous pouvons admettre, avec vraisemblance, qu'on 
n'y est point passé à une autre année ; et que les douze 
interrogatoires fournis par les deux feuillets sont les uns et 
les autres de l'année 1256. Ils se placent aux jours suivants : 

1256 (î), , Montauriol. 

2 octobre, Montauriol. 

7 octobre, Montauriol. 

12 octobre, Montauriol. 

24 octobre, Montgailhard. 
1256, 2 novembre, Montgailhard. 

25 novembre, Montgailhard. 

, Fourtanens. 

1«' décembre*, Fourtanens. 

Nous n'aurions pu nommer le lieu où ces dépositions ont 
été reçues que si le registre nous fût parvenu en entier. Les 
deux feuillets ne nous fournissent à ce point de vue que des 
renseignements très incomplets. C'est à Gaillac (Tarn) que 
Jean de Saint-Pierre reçut la déposition de Bérenger de 
Saint-Amadou, et celle de Pierre Bermond, de Montauriol, 
datée du même jour ; c'est à Toulouse qu'il interrogea et 
entendit Raymonde, femme de Pierre Fargues, de Fourta- 
nens. A Gaillac encore, Jean de Saint-Pierre et Rainaud de 
Chartres interrogèrent Arnaud Capella, de Montgailhard, 
et, vraisemblablement, Bertrand de Rocqueville, Galhard de 
Rocqueville et India, femme de Bertrand de Roqueville. 

Les notaires s'appellent Bérenger Vernet {de Vo^eto), 

1. M crasiinum sancti Andrée. 



y.x lynioDUcnox. 

i>rtpand iu Soiier \/ie .'^oierw) «à PTenre], cairè iii 

Au oas «ie chaque «IqmaitioQ. ils annHit aoin de ranger 
.^ur piusieors coiDooes les noins de cenx qni ae tnavaiem 
o>mpr'>mis «ians la •iêpositioii. Le même aam reliait à la 
.^iti» •{«) la même •lepoaitioa, par la raLaon qoe, pranonce 
plu!4iAuri) foiH par le témoin, il poorait donner liaa à pln- 
sieiips rf>ch*>rchies. Côst à titre de roiaâgnemeat, en. e&L 
qu*^ .t>s ..«^ms turerit ie la àorte mis en vedette, c^imnw ^a- 
.«>nn«%4 iîiiî^bit^. je n'ai relevé (pie ilame Blanche, fianme *ii 
ï>r.\siM -i^r la T'>ur, Poos-^jinllaiime de la Tour, Pierre de 
fffijtAT/iga.^, Pi*>rre de Mazeroles. Parmi les tânoinâ, il a'j 
a i) r'^t>',nir qu*^ les noms -le P. Blegier (Blegerit), domini- 
cain, mort. *>n 1 '2fj(j '• , «ie Gilles, clerc du comte de TooJouâe. 
^t. rifi> Jean 'ie Sâint-tjenûLt, dominicam. 

\,u lêrriit=!r r'^ïri.seignemeat a aoter : Esciarmonde de Saint- 
Ama<!«>ii IfcUra avoir Cijmparu devant les inqaiaitears de 
Vf\\fif[r»fi «le Toulouse â Belpech : fuit coram inquisitùri' 
huH dOftàni epiv:opi Tholosani apud Bellum PodiuM. 
(jh^ iiif\nïMttiur^ Aâppelaierit Ar. de Gouzenset Ar. de Bns- 
iVtC'. (y^t. d^Mx ans auparavant, en 1234, qa'ils avaient 
fiu\je,rk(\[i P^ûlarrnonrle. A cette date, révèque de Toolooâe 
^^tajt l\ayrfU}U(\ rlu Falga\ dominicain, qui n'avait cessé 
jus/jii^^là (Ui (\Hi»loy^.r un grand zèle contre Thérésie*. 

f}. llndulph*, ai Uayriiond David, inquisiteurs diocé- 
Mfihfst lUi (Jarfjassonne. 

I>;s travaux rie ces deux inquisiteurs sont exposés tout au 
|/;rif{ f;t \\u\f\\u\uuMA rlans le Hegi^stre du greffier de l'Inquisi- 

1. Arin capit. promue, ord. frat. Praed,, p. 145 (éd. Douait). 

2. Moritauriol, n** 3. 

:\. rA';:'.i?70. 

V Voy. plijH haut, p. Ixxvij. 



INTRODUCTION. clxj 

tioD de Carcassonne. Mais comme ce Registre fort impor- 
tant se trouve publié ici, je renvoie à la description et à 
Fanalyse que j'en devrai donner plus bas ; et je passe aux 
inquisiteurs qui suivent dans l'ordre chronologique. 

7. AmeliuSy curé de Saint -Etienne de Toulouse^ 
Raymond Resplandi, maître Ar, de Oouzens. 

Nous avons déjà rencontré Ar. de Gouzens, délégué dio- 
césain de Toulouse. Raymond Resplandi jouit du même titre, 
tandis qu'Amelius se présente comme le lieutenant des 
inquisiteurs Jean de Saint-Pierre et Rainaud de Chartres ; 
mais il opère principalement à Toulouse. Pour les suivre 
dans leurs travaux, il faut consulter d'abord le ms. 609 de 
la Bibliothèque de Toulouse, où ils entendent des confes- 
sions, remettent leurs dépositions sous les yeux des préve- 
nus, ou infligent des peines' ; puis Doat, qui, à la vérité, ne 
fournit id qu'une indication*, enfin et surtout le Registre 
qui se trouve aux archives de la Haute-Garonne, sous la 
cote H Dominicains, 85. 

Les archives de la Haute-Garonne, H Dominicains, 85, 
gardent dix feuillets de parchemin en une écriture du milieu 
du xm* siècle, qui, cousus, forment ensemble un cahier et 
sont numérotés de 1 à 10. On lit sur le premier les dates de 
1674 et 1675; sur le troisième, iV^ 25; sur le cinquième, 
-AT* 36; sur le septième, iV** 544; sur le neuvième, 1674 et 
1675^ N^ 197; ici et là se lisent des noms de lieux ou 
d'hommes et des relevés de sommes d'argent. Ces indica- 
tions diverses méritent d'être retenues : elles permettent de 

1. Ponr Ameiius, voy. aux fol. 31 v», 55 v®, 88 v«, 116, 253 V*; 
pour Raymond Resplandi, voy. aux fol. 55 y<», 215, 232, 253 v®, 
254 V. 

2. Tome XXV, fol. 275-283, confession ou déposition d'Arnaud 
Arquier, qui déelare avoir été entendu déjà par Arnaud Pelbisso 
et AmeÛus. 

k 



cixij INTRODUCTION. 

déterminer la provenance de ces feuillets « qui, en effet, 
d'après la note laissée par M. Baudouin, archiviste de la 
Haute-Garonne, « servaient de couverture à divers registres 
du contrôle des Exploits, » aux dates marquées. Cette des- 
tination doit être notée, car elle explique Tétat de ces dix 
feuillets et permet de déterminer leur provenance primitive. 
Au premier abord, parce qu'ils présentent onegrandesimi- 
litude dans l'écriture, on se croirait autorisé à penser qu'ils 
appartenaient au même registre. En réalité, il n*en est rien. 
Les marges ont été rognées ; il reste cependant encore on 
moyen matériel de vérifier ce point : c'est d*abord la jus- 
tification ou longueur des lignes, c'est ensuite le nombre 
de lignes à la page. Ce critérium paraîtra sufiisant à tons 
ceux que l'étude des manuscrits a mis au courant des prin- 
cipes suivis par les scribes du moyen âge : les manuscrits 
et registres présentent la même r^ularité que le livre 
moderne pour la justification de la ligne et le nombre de 
lignes à la page. Voici maintenant, à ce double point de 
vue, l'état des dix feuillets conservés aux archives de la 
Haute-Garonne : 

Fol. 1, justification 152 mill., 48 lignes à la page. 

Fol. 2, id. 152 mill., 48 id. 

Fol. 3, id. 152 mill., 48 id. 

Fol. 4, id. 152 mill., 48 id. 

Fol. 5, id. 148miU.,45 id. 

Fol. 6, id. 148 mill., 45 id. 

Fol. 7, id. 141 et 144 mill., 45 lignes à la page. 

Fol. 8, id. 144 mill., 45 lignes à la page. 

Fol. 9, id. 165 mill., 45 id. 

Fol. 10, id. 155 et 165 mill. , 45 lignes à la page. 

IVaprès la règle posée, nous aurions donc ici des firag- 



INTRODUCTION. clxiij 

ments de quatre registres : fol. 1-4, un premier registre; 
fol. 5-6, un second registre; fol. 7, un troisième registre; 
fol. 8, un quatrième registre. Cependant il faut joindre les 
fol. 7 et 8, l'irrégularité dans la justification du fol. 7 tenant 
à un simple accident; ce qui réduit à trois le nombre des 
registres démembrés; quant aux feuillets 8 et 9, ils appar- 
tenaient au même registre, puisqu'ils forment une seule 
feuille repliée, comme les fol. 1 et 2, les fol. 3 et 4, les fol. 5 
et 6 et les fol. 7 et 8. Mais je n'oserais pas affirmer qu'il 
feille les séparer des registres précédents, ou les joindre à 
l'un ou à l'autre de ces registres ; car ils ne contiennent que 
des listes de noms débordant sur les marges. Les fol. 3 et 4 
n'ont pas été écrits de la même main que les fol. 1 et 2 ; il y 
a même des différences dans les caractères, les abréviations S 
et l'encre est ici plus noire. Je serais porté à les rattacher à 
on registre différent. 

En résumé, trois registres certains ; un quatrième et un 
cinquième probables. 

Cette constatation n'est pas dépourvue d'intérêt, puisque, 
au temps où le P. Benoît composa Y Histoire des Albigeois 
et des Vaudois ou Barbets y qui parut en 1691, on conser- 
vait, dans le couvent des frères Prêcheurs de Toulouse, 
« douze anciens registres, » où l'on voyait « les procédures 
que les inquisiteurs firent en différentes occasions contre les 
Albigeois et l'aveu de leur doctrine ^ » Nos feuillets ayant 
servi à recouvrir des registres du contrôle des Exploits, 
datés de 1675, nous pouvons en conclure que déjà, à cette 
date, la dilapidation des documents d*Inquisition avait non 
seulement commencé, mais fait de nombreux ravages. 

1. Par exemple, Tabréviation de m indiquée par un signe ayant 
la forme d*un ' et non par le trait horizontal : Lûbarda\ fol. 3. 

2. T. !•», p. 44. 



clxiv INTRODUCTION. 

Quelques-uns des dix feuille sauyéB ont conservé leur 
foliotation primitive : Lxxxix, xc, pour les fol. 1 et 2; 
Lxxvi, pour le fol. 4 ; eux, pour le foi. 6 ; cxcviy pour le 
fol. 7; GLini, pour le fol. 9; cxlv, pour le fol. 10. On le 
voit, les fol. 1 et 2 sont les seuls qm se suivent, de telle 
façon que, si nous avons ici des firagments de trois, et feoUr 
être de quatre ou même de cinq manuscrits, le texte s*eo 
trouve beaucoup plus coupé encore. Une première coupure 
comprend les fol. 1 et 2. Huit autres coupures sont formées 
par chacun des huit feuillets suivants. Dix folios noos 
apportent donc neuf fragments de textes ; un seul paraît ne 
pas être tronqué, c'est la Confessio Guiller^ni Fumerii, 
de Tholosa, conversi, fol. 8. 

Je viens de dire Confessio en reproduisant le titre dn 
fol. 8. Je pense, en effet, que la teneur des autres morceaux 
nous autorise à les regarder comme autant de confiassions 
faites et obtenues au cours de la poursuite ; car souvent le 
témoin interrogé revient, les jours suivants, pour ajouter à 
ses aveux et les compléter ; et il ne revient pas spontané- 
ment : car cette circonstance eût été indiquée, selon l'usage et 
la pratique ordinaire des inquisiteurs, qui, voyant un indice 
de sincérité dans la spontanéité de l'aveu, en fieiisaient 
prendre bonne note par le notaire. 

Les inquisiteurs qui reçoivent les confessions, ou du 
moins qui se trouvent nommés dans quelques-unes d'entre 
elles, sont Raymond Resplandi, maître Ar[naud] de Gou- 
zens, Jean de Saint-Pierre et Rainaud de Chartres. Am&- 
lius, curé de Saint-Étienne de Toulouse, remplace, un 
moment, Rainaud de Chartres ; il entend la confession de 
Guillaume Fournier; il avait donc une sous-délégation. 
Vraisemblablement, Arnaud de Gouzens agit ici comme 
inquisiteur de Tévêque de Toulouse; nous lui avons déjà 



INTRODUCTION. clxv 

reconnu ce titre. Raymond Resplandi aura été de même 
juge délégué de Tévêque. Les notaires sont Bomassip, de 
Péyriac-Minervois (Aude), et Philippe Polier. 

Voici, en suivant Tordre des feuillets dans le cahier des 
archives de la Haute-Garonne, les dates de jours ou d'années 
qa'on y relève : 



12.. 


15 novembre. 




27 novembre. 




8 décembre. 


1256 




1254 


8 juin. 


12.. 


25 juin. 


1256 


5 juillet. 


— 


4 août. 


— 


Lundi avant la fête de saint Laurent (7 août). 


— 


Octave de la fête de saint Laurent (17 août). 


^m^ 


20 novembre. 



n fout signaler, parmi les témoins, Etienne Clavel, archi- 
pretre de Laurac (Aude), et P. de Gouzens, diacre, parent 
sans doute de l'inquisiteur. 

Au point de vue géographique, les confessions ou déposi- 
tions se distribuent de la manière suivante : 

Le Lauraguais : premier, second, troisième et sixième (?) 
fragments. 

Lavaur ou la région de Lavaur : quatrième et cinquième 
firagments. 

Toulouse : septième fragment. 

L'Albigeois et le Querci : huitième et neuvième fragments, 
d'après Ténumération des lieux qui y sont donnés en regard 
des noms des personnes, plus ou moins accusées dans les 
d^poâtioiis. 



clxvj INTRODUCTION. 

Comme derniers renseignements, je retiendrai la présenoe 
de Ferrier à Limoux, pour y exercer rinquisition et les 
charges nombreuses que plusieurs dépositions font peser sur 
le» Roqueville. Enfin, je signale la confession de Guillaume 
Fournier, comme particulièrement curieuse et intéressante 
pour connaître et mesurer les agissements de rhérèsie ï 
Plaisance, Pise, Crémone et dans la Lombardie. Il estynd 
qu'elle n'est pas inconnue : M. Belhonune, ancien archiviâte 
de la Haute-Garonne, Ta publiée S avec un autre fragment 
important, la confession de Guillaume Carrière. Ces frag- 
ments mériteraient d'être intégralement édités : ils four- 
nissent quelques faits nouveaux, et contiennent deux listes 
d'accusés, dont il sera peut-être possible un jour de décrire 
les destinées grâce à des documents nouveaux. 

8. Rainand de Chartres et Guillaume Bernard, de 
Daœ. — Rainaud de Chartres, déjà si avantageusement 
connu*, eut pour compagnons, d'abord Jean de Saint-Pierre, 
nous l'avons vu, puis Guillaume Bernard, de Dax. Quelque 
célèbres qu'aient été Rainaud de Chartres et Guillaume Ber- 
nard, de Dax, il ne nous est presque rien parvenu d'eux. 
C'est que la période de temps à laquelle ils appartiennent 
est celle qui répond aux dilapidations postérieures des 
archives de l'Inquisition, comme le prouvent les fragments 
de registres conservés aux archives de la Haute-Garonne, 
le fragment appartenant à M. Louis Bonnet, de Béziers, et 
un autre fragment resté inconnu, qui est conservé à la 
bibliothèque de Carcassonne et dont je parlerai en son lieu. 

Dans l'état actuel des documents, la lettre de Guillaume 

1. Documents inédits sur l'hérésie des Albigeois, dans les Mémoires 
de la Société archéologique du midi de la France, VI, p. 101*146. 
Le texte n'y est malheureusement pas correctement établi. 

2. Plus haut, ]). clvij. 



INTRODUCTION. clxvij 

Bernard à Alfonse de Poitiers est, à n'en pas douter, son 
meilleur titre. Après, nous ne rencontrons que de rares indi- 
cations éparses ici ou là. Le 28 octobre 1258, à Toulouse, 
Guillaume Bernard entend la déposition complémentaire de 
Pons Garrigue*; le 10 juin 1263, Rainaud de Chartres et Guil- 
laume Bernard, de Dax, rendent, avec Philippe de Boissy, 
sénéchal du Rouergue, et maître Eudes, lieutenant du comte 
de Poitiers, une sentence arbitrale réglant la perception de 
la taille pour la construction de l'église de Najac*; encore 
faut-il reconnaître que la poursuite inquisitoriale n'est pour 
rien dans cette pièce^. Enfin, à des dates incertaines, nous 
apprenons que Guillaume Bernard avait entendu les aveux 
d'Arnaud Qmordan, de Gascogne^ ceux d'Emblard Vassal 
à Castres^, de la femme Bona, de Prades, près de Puylau- 
rens (Tarn)*, de Pierre Ferrol, de Trébons (Haute-Garonne)'. 
Un « témoin, » Raymond Hugues, dit avoir comparu déjà 
devant Guillaume Bernard*. 

9. Pons du Pouget {de Poieto, de Pogeto), — L'ob- 
servation faite au sujet de Rainaud de Chartres et de Guil- 
laume Bernard s'applique plus directement encore à Pons 
du Pouget; car une citation lancée par lui et cinq sentences 

1. Bibi. de Toulouse, ms. 609, fol. 127. 

2. Pièce publiée d*après Toriginal dans les Travaux pratiques 
d'une conférence de paléographie à l'Institut catholique de Toulouse^ 
p. 51-55 (Toulouse, 1892, in-8«). 

3. Pièces étrangères à rinquisition, de même que celles où 
Guillaume Bernard et Guillaume de Montréveil sont mêlés aux 
négociations de la ville de Toulouse avec Alfonse de Poitiers au 
sojel du fouage (Hist. gén, de Languedoc^ VIII, col. 1562-1564). 

4. Doat, XXV, fol. 220. 

5. Doat, XXV, fol. 183 et suiv. La pièce dit : avec son t com- 
pagnon, 1 Hainaud de Chartres sans doute. 

6. Les deux inquisiteurs opérant ensemble (Doat, XXV, fol. 87). 

7. Les deux inquisiteurs ensemble (Doat, XXVI, fol. 64-66). 

8. Doat, XXV, fol. 114. 



clxviij INTRODUCTION. 

qu'il prononça — les seules pièces que nous ayons conser- 
vées — sont la preuve d'une poursuite exercée par cet inqui- 
siteur, mais dont le dernier acte seul nous est parvenu. Tout 
le reste a disparu ; il est vraisemblable, en outre, pour ne pas 
dire certain, que, pendant les trois années embrassées par 
ces sentences (1262-1264), Pons du Pouget n'avait pas 
limite son activité à cinq ou six afiaires. 

Voici le résumé de ces pièces : 

14 août 1262, Carcassonne. — Pons du Pouget écrit à 
l'archiprêtre de Fenouillèdes qu'il ait à citer, pour compa- 
raître à Sommières, ultra Montempessulanum^ les héri- 
tiers de Hugues de Saissac et de Pierre de Fenouillet, son 
père, le lundi avant la Nativité de la Vierge (Doat, XXXIII, 
fol. 115VO.H6). 

5 septembre 1262. — Pons du Pouget condamne la 
mémoire de Pierre de Fenouillet comme étant mort dans 
l'hérésie (Doat, XXXIII, fol. 66 v% 122 v*»-124). Cette 
sentence donna lieu plus tard, nous l'avons vu S à un procès 
en appel assez célèbre. 

11 mars 1263 (n. st.), cimetière de Lombers (Tarn). — 
Pons du Pouget, inquisiteur, prononce une sentence d'exhu- 
mation contre Guillelme, femme de Bernard Carsiprès, de 
Limoux (Aude). (D'après un vidimus de 1331, Doat, XXXII, 
fol. 113vM24.) 

14 mai 1264. — Lettres de Pons du Pouget, inquisiteur, 
relevant Guillaume du Puy, chevalier, des obligations de 
son père, mort dans Thérésie, moyennant les aumônes sui- 
vantes : 150 1. t. à l'Inquisition, 251. t. à Sainte-Cécile 
d'Albi, 15 1. t. à Saint-Julien, 10 1. 1. à Saint-Salvi, 10 1. 1. 
au couvent des frères Prêcheurs d'Albi (arch. de la Haute- 
Garonne, H Dominicains, 85; Doat, XXXI, fol. 292 v«-295). 

1. Plus haut, p. xxj, note 3, p. xxxiv, note 8. 



INTRODUCTION. clxix 

Date inconnue. — Pons du Pouget impose des croix à 
Pierre Laurac, de Montgaillard (Haute-Garonne), d'après 
la déposition de celui-ci (Doat, XXVI, fol. 70-72). 

10. Etienne de Gastine {de VastinOy de Vlastino, 
Vastinensis). — Etienne de Gastine, « inquisitor in pro- 
vinda NarbonensiS » est célèbre par ses démêlés avec 
Roger, comte de Foix. Le 8 décembre 1264, il lui écrivit 
pour se plaindre que Pierre André, son baile, eût refusé de 
comparaître; il lui enjoignait de l'arrêter^. Le même jour, 
le comte lui répondait qu'il avait ordonné son arrestation^. 
Et cependant, quatre jours après, le 12, le comte en app^ 
lait au saint-siège ; il formulait ses griefs contre Tinquisi- 
teur, qui avait, disait-il, occupé la ville de Foix et opéré 
l'arrestation de Raymond André, indemne cependant de tout 
soupçon d'hérésie, etc.^. Quoi qu'il en soit de la justice de 
rappel, nous y trouvons la preuve du zèle d'Etienne de 
Gastine. Il ressort également de la confession d'Emblard 
Vassal^, ainsi que d'une remise de pèlerinages faite à Ray- 
mond Sans, de Rabat (Ariège)^ , et enfin d'un fragment de 
registre dernièrement reconnu dans la bibliothèque de Gar- 
cassonne^. 

Ce sont deux feuillets qui se suivent et qui ne portent 
aucune trace de foliotation ancienne; ils mesurent 373 mill. 

1. Bulle de Clément IV du 31 juillet 1265 (Potthast, 19293). 

2. Hùt. gén, de Languedoc, VIII, col. 1452, 1453. Aussi dans 
Doat, CLXXn, fol. 105. 

3. Hùt, gén, de Languedoc, VIII, col. 1453. 

4. Ibid., col. 1544-1547. 

5. D'après sa propre confession, Etienne de Gastine Taurait fait 
arrêter, puis relÀché moyennant caution (Doat, XXV, fol. 183- 
192, sa confession entière). 

6. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1673. Aussi dans Doat, 
CLXXm, fol. 95. 

7. Il m'a été signalé par M. Doinel, archiviste de l'Aude. 



clxx INTRODUCTION. 

X 278 mill. ; récriture est de la seconde moitié du xoT siècle, 
sur une justiâcation page pleine de 182 mill. Arrachés d*(m 
registre des archives de Tlnquisition, ils ont servi, comme 
les fragments conservés aux archives de la Haute-Garonne, 
à recouvrir un livre de compte, portant pour cote : Registre 
des années 1701 , 1702 et 1703. Us s'ouvrent sur une dépo- 
sition dont le commencement manque : de tempore quod 
supra. Item, diooit quod... Cette déposition se termine, 
puis elle est reprise : Item y anno guo supra, v idus 
augusti, predictus Guillebnus de Bardaria adjecii 
testimonio suo dicens... Cette addition est coupée k la fin 
du second des deux feuillets. Guillaume de la Borderie (de 
Bordavia) fait ses aveux. C'est un ministre hérétique, 
puisqu'il va de lieu en lieu avec un compagnon, Guillaume 
de Muret {de Murello), qui ne se sépare pas de lui : on 
entend leur « prédication, » on les « adore » ensemble; ils 
bénissent le pain; et c'étaient là tout autant de privi- 
lèges ou d'attributions des ministres dualistes. Guillaume 
de la Borderie en savait long; il avait été appelé par 
les hérétiques en une multitude d'endroits que les inquisi- 
teurs, pour mieux s'y retrouver sans doute, ont &it noter à 
la marge et en regard du passage correspondant de la dépo- 
sition : Sancta Crtea?S mansus de Lacalm*, rupis 
Sancti Projecti^, mansus de Podio longo, Paulha- 
cum^, Mons acutus^, Rabastenœ^, Affiacum'^y Romenœ^ 

i. Sainte-Croix, comra. de Castelnau-de-Lévis (Tarn). 

2. Lacalm, près de Sainte-Croix. 

3. Saint-Projet, comm. de Paulin (Tarn). Rupis, chftteau fort 

4. Paulhac, cant. de Montastruc (Uaute-Garonne). 

5. Montégut, cant. de Revei (Haute-Garonne). 

6. Rabastens (Tarn). 

7. Fiac, arr. de Lavaur (Tarn). 

8. Houmens, cant. de Revei (Haute-Garonne). 



INTRODUCTION. clxxj 

Tocille prope Baure^, Agrifolium^, Adalbertaria^^ 
Villafranca''. Cependant, ses deux déf^ositions tronquées 
ne fournissent rien de spécial sur les pratiques des héré- 
tiques. Elles montrent seulement une extrême activité de 
leur part dans la région de Lavaur et de Rabastens vers 
rannée 1268. 

Aucune année n*est indiquée ; mais nous pouvons détermi- 
ner approximativement la date de ce fragment par la men- 
tion, parmi les témoins présents à l'interrogatoire, de Ray- 
mond Sicred, prieur du couvent des frères Prêcheurs de 
Carcassonne : Testis frater Raimundus Sicredi, prior 
flratrum Predicatorum Carcassone. Or, Raymond 
Sicred a été prieur de ce couvent de 1266 à 1270*. C'est 
donc entre 1266 et 1270 qu'il faut placer la déposition de 
Guillaume de la Borderie. 

Le nom de l'inquisiteur qui l'a reçue est resté en blanc : 
Hecdeposuit Carcassone coram fratre... inquisitore. 
A cette date, Etienne de Gastine était inquisiteur « in provin- 
da Narbonensi ; » à ce titre, il devait résider à Carcassonne. 
On ne peut pas assurer absolument qu'il ait entendu Guil- 
laume de la Borderie, mais la chose est infiniment probable, 

i. Vaure, comm. de Revel (Haute-Garonne). 

2. AigrefeuiUe, cant. de Lanta (Haute-Garonne). 

3. L'Albertarié, comm. de Graulhet (Tarn). 

4. Viilefranche-d' Albigeois (Tarn). 

5. c Septimus prior [in conventu Garcassonensi] frater Ray- 
mundas Sicredi, de Burgo Garcassonensi, successit fratri Guillelmo 
Garini; prefoit annis quatuor, fuitque absoiutus in capitulo pro- 
vinciaiiy anno Domini MoGG^LXXo. • (Bernard Gui, Priores in 
eontmntu Garcassonensi, Bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 156 v<>.) 
Voy. sur ce religieux, Acta capit. provinc. ord, fYat, Praed., p. 46, 
117, 148 (note), 151, 174 (note), 177, 195, 196, 225 (note), 228, 
233 (note). 



clxxij INTRODUCTION. 

d'autant qa*il dooDait encore carrière à son zèle en 1276*. 

11. Ranulphe de Plassac et Pons de Parnac. — La 
carrière de ces deux inquisiteurs, qui se déroule principale- 
ment entre les années 1273 et 1279, est relatiTement doot- 
mentée. Mais leurs actes nous sont fournis uniquement 
par le fonds Doat, dont ils remplissent, ou à peu près, le 
tome XXY . Voici, dans Tordre chronologique» rindication 
des pièces qui y sont contenues : 

21 mai 1273. — Déposition de Guillaume de Molières, 
prêtre, fol. 2. 

2 juin, 25 juin, 3 juiUet 1273. — Dépositions de Pétro- 
nille, femme de Deide Bras, de Villefranche-du-Rouergue, 
fol. 4. 

30 juin 1273. — Dépositions de divers Bourguignons 
demeurant en Rouergue, fol. 9 t**. 

25 juin et 1®' juillet 1273. — Dépositions de Pétronille de 
Castanet, de Yerfeil, diocèse de Rodez, alors en prison, fol. 6. 

9 juillet 1273. — Déposition de Willem Foumier, de 
Toulouse, « qui manet juxta domum Trinitatis, > fol. 15 v». 

30 août 1273. — Déposition d'Alric, fils de Raymond 
Saich, de Caraman (Haute-Garonne), fol. 17 v*. 

9 octobre 1273. — Déposition de Saint-Saturnin, de 
RouflSac (Aveyron), fol. 20 v**. 

31 octobre et 3 novembre 1273. — Dépositions de Gau- 
bert dé Aula de Benacio, diocèse de Cahors, fol. 24. 

11 novembre 1273. — Déposition d'Etienne Roger, de 
Roumens (Haute-Garonne), fol. 27. 

i. Le 6 mai 1276, à Garcassonne, il rendit une sentence d'héré- 
sie contre Hugues de Ck)udat, Raymond Delboc et Guillaume 
Didier, d'Albi (Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. Gvo). La même 
année probablement, il livra au bras séculier Raymond Garbonel, 
de Graulhet (Doat, XXXII, fol. 242). 



INTRODUCTION. clxxiij 

12 novembre 1273. — Déposition de Guilabert de Saint- 
Michel, fol. 29. 

14 novembre 1273, die martis post festum Beati 
Martini^. — Déposition de Barthélémy Jourdain, de 
Rabastens (Tarn), fol. 35. 

11 janvier 1274 (n. st.). — Déposition de Bernard de 
Rivoli^ prisonnier, fol. 11. 

15 janvier 1274 (n. st.), die martis ante festum Beati 
Pétri ad Cathedram^. — Déposition de Gardouch {Gar- 
dubiiis)y chevalier, fol. 64. 

22 janvier 1274 (n. st.). — Déposition de Guillaume de 
Rosergue, fol. 36 V". 

7 février 1274 (n . st . ) , die mercurii post festum Sancte 
Agathe. — Déposition de GuiUelmine, fenune de Thomas 
de Saint- Flour, demeurant à Toulouse, île de Tounis, 
fol. 37 r. 

Même jour. — Déposition de Fabrisse, femme de Pierre 
Vital, de Limoux, demeurant à Toulouse, île de Tounis, 
fol. 43 r. 

Peu après le 7 février 1274 (n. st.). — Nouvelle déposi- 
tion de Fabrisse, fol. 44 v**. 

11 février 1274 (n. st.), in crastino sancte Scolastice. 
— Déposition d'Arnaude, femme de Raymond Darasa, de 
Cordes (Tarn), alors à Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne), 
fol. 55 v^ 

13 février 1274 (n. st.). — Déposition de Raymond, curé 
de Cestayrols (Tarn), fol. 61 v*. 

Même jour. — Déposition de Raymond Roca, de Cestay- 
rols (Tarn), fol. 62. 
7 mars 1274 (n. st.). — Déposition de Guillaume Ber- 

!• £n 1273, la fête de Pâques tomba le 9 avril. 
2. En 1274, la fête de P&gues tomba le !«' avril. 



Clxziv INTRODUCTION. 

nard, damoiseau, fils de défuDt Raymoud Darfort, cheTalier, 
de Fanjeaux (Aude), fol. 65. 

8 mars 1274 (n. st.), die veneris ante festum sandi 
Oregorii. — Déposition d'Esclarmonde» femme de Ray- 
mond de Durfort, fol. 66 v<>. 

13 mars 1274 (n. st.), die javis post festum smcti 
Gregorii. — Autre déposition de Guillelmine, femme de 
Thomas de Saintr-Flour, fol. 41 v*. 

14 mars 1274 (n. st.). — Autre déposition d^Arnaude, 
femme de Raymond Darasa, de Cordes (Tarn), fol. 58. 

Avril 1274. — Dépositions de Philippine, fille de 
Fahrisse, femme de Raymond Maurel, demeurant à Tou- 
louse, île de Tounis, fol. 52. 

2 avril 1274. — Déposition de Bernard Hugues, frère de 
Raymond Hugues, de Roquevidal (Tarn), fol. 68, 90. 

2 avril 1274. — Déposition de Raymond Hugues, fils de 
Guillaume Hugues, de Roquevidal (Tarn), fol. 90. 

3 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 95. 

4 avril 1274. — Autre déposition du même^ fol. 108. 
Même jour. — Autre déposition de Guillelmine, précé- 
demment entendue, fol. 43. 

7 avril 1274. — Autre déposition de Raymond Hugues, 
fol. 114. 

10 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 119. 

Même jour. — Autre déposition de Fahrisse, de Limoux, 
fol. 49. 

15 avril 1274. — Déposition de B. Fournier, de Saint- 
Paul de Gapdejous (Tarn), fol. 151 v**. 

16 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 153. 
Même jour. — Autre confession de Bernard Hugues, 

fol. 78. 

Même jour. — Déposition de Bona, femme de Bernard 



INTRODUCTION. clxxv 

Dupuy de Prades, près de Puylaurens (Tarn), fol. 83. 
24 avril 1274. — Autre déposition de Bernard Fournier, 
fol. 155. 

27 avril 1274. — Confession de Raymond de Astanova^ 
marchand, de Puylaurens (Tarn), fol. 156 v**. 

Même jour. — Autre confession de Bernard Dupuy, de 
Prades, fol. 125 v». 

28 avril 1274. — Autre déposition de Bona, femme du 
précédent, fol. 84 \\ 

2 mai 1274. — Autre déposition de Bona, fol. 85. 

7 mai 1274. — Déposition de Bernard de Montesquieu, 
fol. 159 vo. 

8 mai 1274. — Autre déposition de Bernard Hugues, 
fol. 80 V*. 

9 mai 1274. — Autre déposition de Bernard Dupuy, de 
Prades, fol. 128 v^ 

10 mai 1274. — Autre déposition de Bona, femme du 
précédent, fol. 87 v^ 

11 mai 1274. — Autre déposition de la même, fol. 89. 

18 mai 1274. — Déposition de Pierre Guillaume de 
Rôqueville, fol. 131 . 

19 mai 1274. — Déposition de dame Bezersa, fol. 164 v^. 
Même jour. — Confession de Bernard Molinier, de Trèbes 

(Aude), demeurant à Lescout (Tarn), fol. 166 v°. 

21 mai 1274. — Déposition de Jean de Torena, appelé 
aussi Jean d*en Hug, fol. 136. 

23 mai 1274. — Autre déposition de Bernard Molinier, 
fol. 170. 

Même jour. — Autre déposition de Jean de Torena, 
fol. 138. 

12 juin 1274. — Autre déposition de Bernard Molinier, 
fol. 170 v^. 



clxxvj INTRODUCTION. 

13 juin 1274. — Autre déposition de Jean de Tarena, 
fol. 139. 

Même jour. — Autre déposition de Raymond de Asta- 
nova, fol. 158. 

21 juin 1274. — Autre déposition de Pierre Goillanme, 
de Roqueville, fol. 134. 

23 juin 1274. — Déposition de Raymond Baussan, de 
Lagarde (Haute-Garonne), fol. 140 v®. 

Même jour. — Déposition de R. Gombert, de la Cas- 
sagne, fol. 147 v**. 

29 juin 1274. — Déposition de Jourdain, damoiseau, 
fils de Jourdain de Saissac, chevalier, fol. 149 v<*. 

15 juillet 1274. — B. de Montesquieu entend, à Toulouse, 
la lecture de sa déposition antérieure, fol. 161 v*. 

16 juillet 1274. — Déposition d*Isarn Bonhonmie, d'Aut- 
poul (Tarn), fol. 172. 

Même jour. — Déposition de Rixendis de Miraval, de 
Graulhet (Tarn), fol. 173. 

6 août 1274. — Autre déposition de la même, iol. 176. 
Même jour. — Déposition de Guillaume Orset, de Lespi- 

nasse (Haute-Garonne), fol. 178. 

Même jour. — Déposition de Guiraude, fenmie de Durand 
deRoufiac, fol. 181. 

7 août 1274. — Autre déposition de Raymond de Asta- 
nova, fol. 158 v**. 

10 août 1274. — Autre déposition de Bernard Fournier, 
fol. 154 y\ 

25 septembre 1274, quarto die martis post festum 
sancti Mathei apostoli et evangeliste. — Déposition 
d'Emblard Vassal, de Ruppe Arifat, fol. 183. 

Même jour. — Déposition d'Etienne Vital, de Varagne 
(Tarn), fol. 193 v^ 



INTRODUCTION. clixvij 

25 septembre 1274. — Déposition de Bernard-Raymond 
Baragnon, marchand, bourgeois de Toulouse, fol. 196 v®. 

29 septembre 1274. — Autre déposition d'Emblard Vas- 
sal, fol. 192 v^ 

26 octobre 1274, dieveneris ante festum apostolorum 
Simonis et Jvde, — Autre déposition de Rixendis de Mira- 
val, fol. 177. 

6 novembre 1274. — Autre déposition de Bernard-Ray- 
mond Baragnon, fol. 200. 

21 mars 1275 (n. st.). — Déposition d'Aymeric de Gas- 
telnau, dlssel (Haute-Garonne), fol. 202. 

25 mai 1275. — Déposition d'Adémar Galofi, fol. 203. 

30 mai 1275. — Déposition d'Isambard de Saint-Anto- 
nin (Tarn-et-Garonne), fol. 206 v». 

1*"^ juin 1275, sàbhato in vigilia Penthecostes. — 
Déposition de Bernarde, femme de Guillaume Fontaine, de 
Cantaleriis, fol. 209. 

30 septembre 1275, die lune in crastinum sancti 
Michaelis septembris, — Autre confession de Bernarde, 
fol. 211. 

9 novembre 1275. — Déposition de Pierre Raymond, 
fils d'Isarn, de Saint-Paul-de-Cap-de-Jous (Tarn), fol. 213. 

20 novembre 1275, die mercurii post octavam sancti 
Martini. — Autre confession de Bernard-Raymond Bara- 
gnon, fol. 201 \^. 

10 janvier 1276 (n. st.), die sàbhati post Epiphaniam. 
— Déposition de Pierre Engrin, de Puydaniel (Haute- 
Garonne), fol. 217. 

il janvier 1276 (n. st.), dominica post octavam Epi- 
phanie. — Déposition de Pierre de Sella, de Montferrat en 
Lombardie, fol. 218v^ 

Même jour. — Déposition d'Arnaud Gimordan. 

l 



clxxviij INTRODUCTION. 

11 janTier 1276 (n. st.). — Déposition de Guillaume 
Legran, fol. 225 v^ 
20 janvier 1276, die martis past octavam Epiphanie. 

— Déposition de Hugues, archiprêtre de Gardoucb (Haute- 
Garonne), fol. 214 v^ 

22 janvier 1276. — Déposition de Pierre Perrin, de Puy- 
laurens (Tarn), fol. 216. 

20 avril 1276, die lune ante festum sancH Marchi. 

— Confession de Rodrigue Ferrand, prêtre, du Portugal, 
fol. 227. 

11 mai (?) 1276. — Déposition de Bernard de Lambres, 
fol. 243. 

21 mai 1276. — Déposition de Raymond Bastier, de 
Caraman (Haute-Garonne), fol. 229. 

21 mai (?) 1276. — Déposition de Raymonde Ferrières, de 
JuliOy fol. 241. 

11 octobre 1276. — Commission donnée au prieur da 
couvent des frères Prêcheurs de Montauban pour entendre 
les témoins appelés à déposer dans le procès de Bernard 
de Soulac, fol. 231 . 

13 octobre 1276. — Audition des susdits témoins, 
fol. 234 v°. 

14 avril 1277. — Déposition de Bernard Escolan, de 
Saint-Paul-de-Cap-de-Jous, fol. 244. 

24 avril 1277. — Déposition de Pierre Pey tevin le Vieux, 
de Sorèze (Tarn), fol. 248 y\ 

10 mai 1277. — Autre déposition du même, fol. 251 v". 

2 juin 1277. — Déposition de Bernard Dupuy, de 
Sorèze. 

9 juin 1277, die mercurii ante festum sancti BoT' 
nabe. — Autre confession de Pierre Peytevin, de Sorèze, 
fol. 255 vo. 



INTRODUCTION. clxxix 

4 septembre 1277. — Autre déposition de Bernard 
Dupuy, de Sorèze. 

22 septembre 1277. — Déposition de Raymond Arquier, 
aliàs Baussan, fol. 275. 

2 décembre 1277. — Déposition de Bernard Barra, de 
Sorèze, fol. 292. 

10 janvier 1278 (n. st.). — Déposition de Pierre de Ben- 
-vila, d'Avignonet (Haute-Garonne), fol. 298. 

13 janvier 1278 (n. st.). — Autre déposition du même, 

fol. 300 v^ 

Janvier 1278 (n. st.). — Autre déposition du même, 
fol. 310 v^ 

9 mars 1278 (n. st.). — Autre déposition de Raymond 
Arquier, fol. 283. 

13 mars 1278 (n. st.). — Autre déposition du même, 
fol. 283. 

16 mai 1278. — Autre déposition de Pierre Peytevin, de 
Sorèze, fol. 259 v^ 

17 mai 1278. — Autre déposition du même, fol. 265 v*^. 

18 mai 1278. — Autre déposition du même, fol. 266 v". 
1*' juin 1278. — Autre déposition du même, fol. 268 v**. 
27 septembre 1278. — Déposition d'Ermengarde, femme 

d'Isam Pages, fol. 288 v^ 

15 novembre 1278. — Autre déposition de Pierre de 
Benvila, fol. 318 v^ 

18 novembre 1278. — Déposition de Guillaume d'en Ath, 
fol. 290 V». 

22 novembre 1278. — Autre déposition de Pierre de 
Benvila, fol. 318 V». 

27 novembre 1278. — Autre déposition d'Ermengarde, 
fol. 290. 



clxxx INTRODUCTION. 

5 déœmbre 1278. — Autre déposition de Pierre de Ben- 
vila, fol. 324 v^ 

6 décembre 1278. — Autre déposition du mâme, fol. 328. 

9 décembre 1278. — Autre déposition du même, 
fol. 322 T». 

1279. — Autre déposition de Pierre Peytevin, de Sor&ze, 
fol. 271. 

10 mars 1279 (n. st.). — Autre déposition de Pierre de 
BenvUa, fol. 331. 

Ces pièces, comme on le voit, sont presqpie toutes des 
confessions ou aveux. Il semble, à ne s'en rapporter 
qu*à elles, que Ranulpbe de Plassac opéra principale- 
ment du côté du Rouergue. Il faut signaler spécialement la 
présence dans cette région de Bourguignons émigréB qui 
eurent affaire à lui ; on retrouve bien plus tard des Bour- 
guignons dans les sentences de Bernard Gui. Cependant 
Ranulpbe de Plassac poursuit à Toulouse, à Caraman, ou 
même dans le diocèse de Cabors, à Rabastens, à Saint- 
Antonin, etc. Il reprend la poursuite de Gardouch de 
Mauremont, entamée par Bernard de Caux et Jean de Saint- 
Pierre*. Pons de Parnac l'accompagne le plus ordinaire- 
ment. Ils entendent ensemble plusieurs dépositions; nous 
apprenons, par Tune d'elles, que les prisonniers non encore 
condamnés étaient détenus à la Tour-Blancbe du Chàteau- 
Narbonnais, à Toulouse'. Quand Pons de Parnac est seul, 
c*est dans la région de Puylaurens que nous le rencontrons, 
à Sorèze ou à Toulouse. Empêché de se rendre à Montau- 
ban, il donne commission au prieur des frères Prêcheurs de 
cette ville pour entendre les témoins à charge contre Bernard 

1. Doat, XXV, fol. 64. 

2. Doat, XXV, fol. 66 v*. 



INTRODUCTION. clxxxj 

de Soulac : disposition assez rare pour mériter d*être par- 
ticulièrement notée. Enfin il opère aussi avec Hugues de 
Boniols {de Boniolis). 

12. Hugues de Boniols, Pierre Arsin, Hugues Ame-- 
lius. — Le fonds Doat fournit tout ce qui nous reste des 
actes de chacun de ces trois inquisiteurs, soit qu'ils informent 
chacun seul et pour sa part, soit qu'ils opèrent deux par 
deux, ou même avec quelqu'un des inquisiteurs déjà nommés. 

D'abord, Hugues de Boniols (1276-1279) : Doat, XXXII, 
fol. 242 (ensemble avec Etienne de Gastine) ; XXV, fol. 229, 
251 V® (ensemble avec Hugues de Parnac), fol. 255 v°, 
250 (ensemble avec Pierre Arsin); XXXII, fol. 113 v*' 
(ensemble avec Jean Galand, que je vais avoir à faire con- 
naître); XXVI, fol. 50. 

Ensuite Pierre Arsin (1277-1278) : Doat, XXV, fol. 248 v« 
(ensemble avec Hugues Amelius, lieutenant des inquisiteurs 
comme lui), fol. 290, 292, 298; XXVI, fol. 3; XXV, 
fol. 259, 283, 284 (ensemble avec Hugues de Boniols), 
fol. 266 v^ 268 r ; XXVI, fol. 8 v"; XXV, fol. 290. Tout 
86 passe à Toulouse, excepté la déposition de Pierre Géraud, 
de Montjoire (Haute-Garonne), qui fut, le 22 juin 1278, 
reçue dans la maison du curé de ce lieu. 

Enfin, Hugues Amelius, prieur des frères Prêcheurs de 
Toulouse S lieutenant de l'inquisiteur ou inquisiteur lui- 
même (1277-1280) : Doat, XXV, fol. 248 v^ (ensemble 
avec Pierre Arsin), fol. 275, 310 v** (ensemble avec Pons 
de Parnac) ; XXVI, fol. 20, 32, 36 (ensemble avec Jean 
Galand) ; XXV, fol. 271, 288 v% 318 v% 322 v% 324 v% 
328, 331 (ensemble avec Jean Galand); XXVI, fol. 1, 2 

i.i>ouais, Les frères Prêcheurs en Gascogne , p. 428. 



clxxxij INTRODUCTION. 

(ensemble ayec Jean Galand), fol. 42 y% 48, 49, 54 V", 56, 
56 v% 58, 58 y% 60, 62, 63, 64, 66, 68, 70, 73, 77 1». 
Acte à relever : en mai 1279, Hugues Âmelius promet la 
grâce de la prison à tous les détenus de Toulouse qui feront 
de plus amples aveux (Doat, XXVI, fol. 49) : preuve, entre 
mille autres, que la prison était le grand moyen employé 
pour obtenir l'aveu. Avec Hugues Âmelius tout se passe à 
Toulouse ; plusieurs des prévenus qu'il entend appartiennent 
au Lauraguais. 

13. Jean GcUand (1278-1293). — Cet inquisiteur a 
fourni une carrière particulièrement longue et laborieuse. 
C'est à Carcassonne et à Albi qu*il a le plus ordinairement 
siégé. Le fonds Doat nous le montre à Carcassonne princi- 
palement , le ms. latin 12856 de la Bibliothèque nationale 
à Albi. 

Doat, XXVI, fol. 36 ; XXXH, fol. 113 v« (ensembleavec 
Hugues de Boniols); XXVI, fol. 44; XXXH, fd. 125 (et 
aussi dans Mahul, Cartulaire, V, 630) ; XXVI, fol. 80, 
98, 191, 193 (et aussi dans Mahul, Cartulaire, V, 637); 
XXVI, fol. 140, 157, 160, 162 v^ 177 (cf. Mahul, Cartv^ 
laire, V, 635), fol. 194 v^ 197, 203, 211 v^ (cf. Mahul, 
Cartulaire, V, 638), 228 v^ 233 v% 236 v*, 242 v\ 
fol. 217 (Mahul, Cartulaire, V, 635), fol. 100 (Mahul, 
Cartulaire, V, 633), fol. 254 (Mahul, Cartuiaire, V, 
641), fol. 255, 266, 269, 271 v« (cf. Mahul, Cartulaire, 
V,643), fol. 276 v" (cf. Mahul, Cartulaire, V, 643), 
fol. 280 v^ (cf. Mahul, CarMaire, V, 643), fol. 215 v* 
(ensemble avec les inquisiteurs Guillaume de Saint-Seine 
et Jean Vigouroux), fol. 220 v% 289 (Item), fol. 155 
(Mahul, Cartvdaire, V, 650). 

Le 13 septembre 1285, Jean Galand est à Albi, dans la 



INTRODUCTION. clxxxiij 

maison épiscopale neuve, où il fait prendre connaissance de 
sa déposition à Bernard Lagarrigue, Tévêque d'Albi étant 
présent (Doat, XXVI, fol. 254, 266). 

Mais c'est le ms. latin 12856 de la Bibliothèque natio- 
nale qui contient les indications les plus amples sur la part 
prise par Jean Galand à la poursuite des hérétiques d*Âlbi, 
en 1286 et 1287, de concert avec Tévêque de la ville. Il 
fieiat nous y arrêter quelque peu. 

Ce ms. (papier, copie du xvii* siècle, 303 mill. X 210 mill. , 
142 feuillets^ reliure parchemin) provient de la bibliothèque 
Coislin. On y a transcrit, au xvii* siècle, les interroga- 
toires de Bernard de Castanet, évêque d'Albi, en 1286 et 
1287, en 1299 et durant les années suivantes. Les interro- 
gatoires de 1299 nous sont parvenus d*après deux manus- 
crits originaux, le ms. de Merville et le ms. lat. 11847 de 
la Bibl. nat. Il en sera question plus loin. Quant aux inter- 
rogatoires de 1286 et 1287, ils ne nous sont connus que 
par le ms. lat. 12856, où ils remplissent les feuillets 1 à 62. 
Le commencement manque : un cahier a été probablement 
arraché entre les feuillets 4 et 5. Les interrogatoires sont pré- 
cédés de la liste des personnes sur lesquelles les « témoins, > 
au nombre de onze, ont fait peser des charges (fol. 1-4). 
La fin de cette liste déplacée se trouve au feuillet 142 et 
dernier du manuscrit. 

Ces « témoins > sont déjà des accusés ; et c'est comme pré- 
venus qu'ils subissent l'interrogatoire pour lequel ils ont été 
cités ou amenés de la prison épiscopale. Voici leurs noms avec 
la date des interrogatoires successifs subis par chacun d'eux : 

Ramundus de Baffinhaco. 

18 janvier 1286 (n. st.). 
20janvierl286(n. st.). 



clxxziT INTRODUCTION. 

21 janvier 1286 (n. st.). 

22 janvier [1286] (n. st.). 
25janvier[1286](n. st.). 

2 février [1286] (n. st.). 

3 février [1286] (n. st.). 

5 février [1286] (n. st.). 

7 février [1286] (n. st.). 

9 février [1286] (n. st.). 

10 février [1286] (n. st.). 

15 février [1286] (n. st.). 
1" avril 1287. 

3 septembre 1287. 

Ârnandus Agassa. 

1« février 1286 (n. st.). 

2 février 1286 (n. st.). 

3 février 1286 (n. st.). 

16 mars 1286 (n. st.). 

Ramundus Brin de Albia. 

6 février 1286 (n. st.). 

8 février 1286 (n. st.). 

9 février 1286 (n. st.). 
25 février 1286 (n. st.). 
15 mars 1286 (n. st.). 
1" janvier 1287 (n. st.). 

Arnaldus Canaix. 

11 février 1286 (n. st.). 

12 février 1286 (n. st.). 

13 février 1286 (n. st.). 
15 février 1286 (n. st.). 
20 février 1286 (n. st.). 



INTRODUCTION. clxxxv 

!•' mars 1286 (n. st.). 
19 mars 1286 (n. st.). 

Ramundus Yinbalz. 

13 février 1286 (n. st.). 

14 février 1286 (n. st.). 
19 mars 1286 (n. st.). 

Aymericus Grosset. 

14 février 1286 (n. st.). 

15 février 1286 (a. st.). 

Vitalis Yinbalz de Âlbia. 

3 mars 1286 (n. st.). 
5 mars 1286 (n. st.). 
7 mars 1286 (n. st.). 
15 mars 1286 (n. st.). 
19 mars 1286 (n. st.). 
5 mai 1286. 
28 mars 1287. 
17 avril 1287. 
30 avril 1287. 

Elaimimdus Cogorla. 

15 mars 1286 (n. st.). 

16 mars 1286 (n. st.). 
23 mars 1286 (n. st.). 
26 mars 1286. 

1« avril 1286. 
5 mai 1287. 

Ramundus Fumeti de Albia. 
3 mars 1287 (n. st.). 
5 mars 1287 (n. st.). 



clxxxyj INTRODUCnOlf. 

7 mars 1287 (n. st.). 

8 mars 1287 (n. st.). 

9 mars 1287 (n. st.). 
11 mars 1287 (n. st.). 
22 mars 1287 (n. st.). 
21 avril 1237. 

19 septembre 1287. 

Poncius Nycolai de Albia. 
3 mars 1286(11. st.). 
7 mai 1287. 

Rixendis de Belvezer. 
17 avril 1287. 

Du 18 janvier 1286 au 17 avril 1287, Bernard de Ca*- 
tanet entendit les dépositions des onze prévenus déjà nom- 
més avec les inquisiteurs dominicains Jean Galand, Jean 
Vigouroux et Guillaume de SaintSeine {de Sancto Secano) ; 
avec eux, se trouvait présent à l'interrogatoire le juge ordi- 
naire d'Albigeois qui n*est pas nommé. 

Jean Galand est qualifié du titre de « Inquisitor in regno 
Francie auctoritate apostolica deputatus. » Jean Vigouroux 
éCait un des religieux les plus considérables de Tordre des 
frères Prêcheurs, puisque, peu de temps après la mort de 
saint Thomas d'Aquin, il avait reçu du chapitre général 
mission de se rendre en Angleterre pour j faire une enquête 
sur l'enseignement antithomiste'. Quant à Guillaume de 
Saint-Seine, il se trouvait dans le pays encore en 1292, 
année où le maître général de l'ordre l'honora de communi- 
cations pour la province'. 

1. Douais, Essai sur l'organisation des études dans l'ardre des 
frères Prêcheurs, — Acta capit., à l'Index les nombreux renvois. 

2. Douais, Acta capit., 370. 



INTRODUCTION. clxxxvij 

Sont présents aussi aux interrogatoires : Jean Molinier, 
arcbiprêtre de Castres, Guillaume de Montdar {de Monte 
claro)y prieur du couvent des frères Prêcheurs d'Albi, dont 
Bernard Gui a écrit une notice dans son histoire de ce cou- 
vents Guillaume de Pejrelate,^ lecteur ou professeur dans 
oe même couvent, religieux d*une carrière honorable et d'un 
mérite reconnu'. D'autres frères Prêcheurs figurent parmi 
les témoins, par exemple Jean du Faugoux {de Falgesio)^ 
où* je pense qu'il faut voir Jean du Faubet {de Falbetoy, 
90iifi-prieur à cette date du couvent d'Âlbi. 

Les notaires nommés sont Pierre Radulphe, qualifié du 
titre de notaire de l'Inquisition de Toulouse, Raymond de 
Malveriis {de Molières), notaire de l'Inquisition de Car- 
saflsonne, un Guillaume Terrein (?) et Jean de Roucoules 
[de Rocolis), qui retient les dépositions. 

L'évêque s'entoure donc de personnages qui donnent de 
l'éclat au tribunal et en imposent; Faudience est solen- 
nelle. L'interrogatoire de Raymond Fumet, homme de lois, 
furùperittiSf fait connaître la procédure suivie, et peut 
àtre présenté comme un procès type. Jean Carratier, huis- 
m&Ti nuncms, a fait la citation légale. Raymond Fumet 
comparaît au jour fixé. L'évêque avait proclamé le temps 
de grâce; mais Raymond Fumet n'avait pas cru devoir en 
profiter, d'abord parce qu'il se savait convaincu par témoins, 
BDBaite parce qu'il s'était proposé d'aller à Rome pour 
demander la pénitence. Il est interrogé dans la maison 



i. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 490. — Bibl. de la ville de 
Bordeaux, ms. 780. Cf. Àcta capit., 175, 332 (note), 372 (note), 
183 (note), 389 (note), 395 (note). 

2. Douais, Acta capiL, 103, 115, 162, 189, 192, 327, 332 (note). 

3. Douais, Acta capit., 296, 306, 325, 335, 353, 361, 384, 403, 
458, 479. 



CXC INTRODUCTION. 

inquisitorem, in presentia firatris P. Régis, prioris, firaUis Johan- 
nis de Falgosio et fratris [Hugonis] Archembaudi , quod de 
cetero non tenea[n]t scriptorem aliquem in muro necequos, oee 
ab aliquo immuratorum recipiant, nec donum aliquod. Item, 
nec pecuQîam ilJoram qui in muro decedunt retineant, nec ali- 
quid aiiud ; set statim inquisitoribus denundent et reportent 

Item, quod nulium incarceratorum et inclaa[or]um extrahit 
de carcere. 

Item^ quod immuratos pro aliqua causa extra primam po^ 
tam mûri nuiio modo extrahat, nec domum intrent, nec corn eo 
comedant. 

Iteniy nec servitores qui deputati sunt ad serviendum aOis 
occupent in operibus suis, nec eos nec alios mittant ad aliquem 
locum sine speciaii licentia inquisitorum. 

Item, quod dictus Radulphus non ludat cum eis ad aliquem 
ludum, nec sustineat quod ipsi inter se ludant. 

Et si in aliquo de predictis inveniantur culpabiles, ipso feeto 
incontinenti de custodia mûri perpetuo sint expulsi. 

Aclum coram predicto inquisitore in testlmonio predietorum 
et mei Pontii Prepositi, notarii, qui bec scripsi. 

(Doat, XXXII, fol. 125-126.) 

14. Guillawne de Saint-Seine {de Sancto Sequano, 
Seccano) (1286-1292) . — Plusieurs fois déjà j'ai nommé cet 
inquisiteur. Le principal de son œuvre se trouve oonserré 
dans Doat, XXVI, fol. 215 v% 220 v% 292, 301 V, 302 v^, 
303, 309 v«, 311 v« (Mahul, CaHulaire, V, 643), fol. 190, 
314 v^ (Mahul, Cartulaire, V, 646), fol. 102, 108, 112, 
114 v^ 221, 224, 287 (Mahul, Cartulaire, V, 647), 
fol. 140 (Mahul, Cartulaire, V, 648), fol. 142 v*», 146 
(cf. Mahul, Cartulaire, V, 648) ; XXXII, fol. 241, 251 
(Mahul, Cartviaire, V, 649). 

Presque au début de la carrière de Guillaume de Saint- 
Seine se place un acte du 16 avril 1286, qui, à cette date, 
indique une préoccupation curieuse; Guillaume de Saint- 



INTRODUCTION. CXCJ 

Seine, Jean Galandet Jean Vigouroux ensemble publient les 
dépositions de Bernard Âgassa d*Âlbi^ Pourquoi? Le motif 
est à noter : c'est pour enlever tout soupçon d'interpolation. 
Déjà on accusait llnquisition de dénaturer les aveux pour 
mieux atteindre les prévenus. L'Inquisition se précautionne. 

Autre remarque : Guillaume de Saint-Seine soumet un 
prévenu, Bernard Benoit, à la prison pour qu'il avoue'. 
Voilà encore une fois le grand moyen d'obtenir l'aveu, qui 
n'est pas la torture. 

Troisième remarque : le 25 juin 1293, à Carcassonne, 
Gfoillaume de Saint-Seine fait faire, à la demande du procu- 
reur du roi, des extraits ou copies dans les archives de l'In- 
quisition. La cour de Philippe le Bel est saisie de plusieurs 
plaintes. Le roi veut savoir ce qui se passe de ce côté, où un 
vent d'orage semble prêt à souffler. 

15. Bertrand de Clermont et Nicolas d'Abbeville 
( 1283-1302) . — La première partie de la carrière de ces deux * 
inquisiteurs est assez faiblement documentée. Encore faut-il 
ajouter que les trop rares pièces qui lui appartiennent ont 
été publiées à l'exception de deux ; elles sont connues. J'ai 
ea« au surplus, l'occasion de signaler la lettre d'Adam, des 
fr^àres Mineurs, inquisiteur de la province romaine, à Ber- 
trand de Clermont, en faveur de Pierre d'Aragon de Car- 
cassonne'. Les aveux de Bernard de Palairac et de Raymond 
Martin de Roquefère faits à Bertrand de Clermont, en août 
1293, avaient attiré l'attention de Mahul S et déjà D. Yaissète 
etD. Martène avaient, chacun pour son compte, publié la sen- 

1. Doat, XXVI, fol. 215 v«-2i6. 

2. Doat. XXVI, fol. 292. 

3. Doat, XXVI, fol. 148 vo.i50, i50 v»-151 (cf. Mahul, CaHu- 
laire, V, 649). 

4. Doat, XXVI, fol. 151-154; Mahul, CartuUire, V, 650. 



taxe par laquelle, à Cucunane, leSodofcve 1299, Nico- 
las «f AUerflje oiilîgea les eassab et Is haUaBts du Bourg 
â hire h&tzr one cfaapeDe en HMmBeor et laiiit Louis dios 
la niaiaoïi des finères Prèchenn de la TÎDe, najennant quoi 
leur accorda Tabsolatioa de remwi— nh ■IkmqaTbaTaient 
encoome^ Le fixids ne ooolieBt que trois oa qaalne autres 
actes de Nicolas d'AhberiUe qui soient peu on point eonnns. 
Ce sont la sentence dn ISdécembn 1300, par laquelle, aiec 
Foulques «ie Saint-George, il lirra an bras sècolier Arnaud 
EmlMin, de Limoax' : la lettre par laqndle, k 30 aoôliaOl, 
il nomma ses procureurs en cour de Rome pour TafEûre de 
Pierre de Fenonillet, à savoir Pierre d^Orrielo, ptmniear 
général des firères Prècheors, Jacques de Casais, caméner 
du cardinal Jean de Maine, et Hugues de AUaribus, méde- 
cin et chapelain du susdit cardinal'; la poorsoite d*un 
hérétique fort répandu, Bernard Benoît, qui, en 1289, ayait 
fait des aveux^: enfin deux sentences de condamnation ad 
pef^petuum carcerein stridi nmrt, prononcées le 28 jan- 
vier et le 7 mars 1300 (n. st.), à Albi, contre Tingt et un 
hérétiques^, qu'ils avaient précédeomient entendus. 

Le ms. lat. 11847 de la Bibliothèque nationale nous 
informe, en effet, assez amplement sur les poursoites inteo- 

1. Hist. gén. de Languedoc, t. iV, LXXVIII, 48 (éd. prinoepsl; 
D. Martène, Ampliuifna eolUctio, VI, 89i; Doai, XXXII, 
foi. 299-307. 

2. D après an vidimus de 1331 iDoat, XXXII, fol. 113 y-lîk). 

3. Doat, XXXUI, fol. 15-18. 

4. Doat, XXVI, fol. 312-313. — L*appel fait an saint^ège par 
les frères Miaeurs de Garcassoane contre Nicolas d'Abbeville, qui 
voulait exhumer Gastel Paure, enterré dans le couvent, eomme 
éunt mort dans l'hérésie (Doat, XXXIV, fol. 123-130), appartient 
à l'histoire de cet inqaisitear. 

5. Doat, XXXV, fol. 71-75. 



INTRODUCTION. CXCÎij 

tées par ces deax inquisiteurs en 1299 et 1300. J^en ai déjà 
dit un mot en parlant de Bernard de Castanet; il est indis- 
pensable d'y revenir. 

Du mois de décembre 1299 au mois de mars 1300, Nico- 
las d'Âbbeville et Bertrand de Clermont, inquisiteurs, enten- 
dirent, avec Bernard de Castanet, évêque d*Âlbi, les 
dépositions de trente-sept hérétiques, dont quinze furent 
plus tard condamnés. Deux notaires reçurent ces déposi- 
tions, dont la minute fut ensuite transcrite au moins en 
deux exemplaires : le ms. lat. 11847 de la Bibliothèque 
nationale et le manuscrit qui aujourd'hui se trouve au châ- 
teau de Merville. 

Deux des procès engagés en 1299 furent repris, vingt ans 
plus tard, en 1319. Voici, d'ailleurs, l'ordre chronologique 
des interrogatoires avec le nom des prévenus ou accusés : 

1299, 2 décembre, Guillaume de Mauran. 

20 décembre, 

1300 (n. st.), 18 janvier, 

1299, 4 décembre, Raymond Auger. 

17 décembre, 

1299, 4 décembre, Bérenger Brosa. 

20 décembre, 

1300 (n. st.), 17 janvier, 

1299, 4 décembre, Jean Constant. 

19 décembre, 

1299, 4 décembre, Guiraud Delort. 

16 décembre, 

18 décembre, 

1299, 5 décembre, Raymond Constant. 

12 décembre, 

1300 (n. st.), 17 janvier, 

m 



cxciv 

1300 (n. st.; 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st. 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st.; 
1300 (n. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st.; 
1300 (a. st. 
1300 (n. st.; 

1300 (il. st.; 

1300 (d. st. 
1300 (n. st. 
1300 (n. st.; 
1303, 
1319 (n. st. 
1300 (n. st.; 



INTRODUCTION. 

17 janvier, Etienne Mascot. 

18 janvier, Guillaume de Landas. 
20 janvier, Guiraud Austor. 

2 mars, 

20 janvier, Raymond Calvier. 

25 janvier, 

20 janvier, Jacques Fumet. 

5 février, 

20 janvier, Bertrand de Montaigut. 

30 mars, 

20 janvier, Galhard Fransa. 

2 mars, 

20 janvier, Guillaume Golfier. 

2 mars, 

20 janvier, Pierre Talhafer. 

25 janvier, 

20 janvier, Bérenger Fumet. 

6 février, 

20 janvier, Jean Beaudier. 

5 février, 

21 janvier, Guillaume Fenasse. 

26 janvier, 

21 janvier, Raymond Hugues. 

2 mars, 

23 février, Durand de la Sale. 
23 février, Isarn Cardelhac. 

l*"" mars, Garnier. 

l®"" mars, Bérenger Sabbatier. 

2 mars, Guillaume Salavert. 

6 août, 

5 mars, 

2 mars, Bernard Âudiguier. 



INTRODUCTION. CXCV 

1300, 30 mars, 

1300 (n. st.), 2 mars, Raymond Garsie. 
1300 (n. st.), 5 mars, Bonet de Carvas. 
1300 (d. st.), 9 mars, Béreûger Adémar. 

1300, 30 mars, 

1300 (n. st.), 9 mars, Guillaume Torayl. 

1300, 29 mars, 

1300 (n. st.), 9 mars, Lambert de Foyssens. 

1300, 29 mars, 

1300 (n. st.), 9 mars, Pierre Adémar. 

1300, 30 mars, 

1300, 28 mars, Pierre Rigaud. 

1300, 29 mars, Raymond Pagut. 

1300, 29 mars, Sicart Delort. 

1300, 30 mars, Sicard de Frayssenenx. 

1300 (n. st.), 2 mars, Guillaume de Mauran. 
1319 (n. st.), 5 mars, Isarn Col. 

La « déposition » de Pierre Tailhefer, d'Albi, peut être 
présentée comme le type de ces « confessions » : car les parti- 
cularités principales de la plupart des autres s*y rencontrent. 
Le témoin nie d'abord toute participation à l'hérésie ; puis il 
96 ravise, et, quelques jours plus tard, il vient dire ce qu'il 
sait des hérétiques. Il les a vus en tel endroit et en tel 
autre; il les a « adorés; » il a assisté à une initiation^ et il 
BD expose en détail le rite, qui se fait toujours sur un 
malade. Le plus ancien des hérétiques qui entourent le 
malade tient ses mains jointes dans les siennes, pendant que 
les hérétiques prononcent les paroles ; puis ils font devant 
loi les génuflexions liturgiques. Ce rite n'est pas absolument 
invariable. Par exemple, maître Pierre de Medenco^ pro- 
cureur du roi pour la sénéchaussée de Carcassonne et de 



cxcvj INTRODUCTION. 

Béziers, malade dans sa métairie de Cboart, près de Réal- 
mont (Tarn), fut reçu dans la secte par les hérétiques, dont 
un se tenait à la tête et l'autre aux pieds, pendant que ks 
autres prononçaient les paroles. Le plus souvent le témoin 
ne spécifie pas les paroles du rite, qu*il déclare ne pas ardr 
comprises. Deux ou trois fois, c'est rÉrangile de saint Jean 
qui est lu, le livre étant ouvert sur la tête du malade. Deux 
fois il est question d'un cordon imposé au malade comme 
symbole de la secte. On n'y trouve rien de nouveau sur le 
rituel de 1' « adoration, > qui se faisait c flexis genibus, ter 
dicendo : Benedicite, » l'ancien répondant : « Doimnas 
vos benedicat, sive Diaus vos benesiga. » 

Je signalerai la cérémonie de la bénédiction du pain, 
que les hérétiques mangeaient debout, et les mets dont leur 
repas se composait ordinairement : des poissons, des 
légumes, des fruits; les viandes, pour les chefis du moins, 
étaient hors d'usage, sinon interdites. 

Je noterai ensuite l'opinion favorable que, dans un certain 
milieu, l'on avait des hérétiques, je veux dire des ministres 
dualistes, qui étaient réputés pratiquer le jeûne, avoir la 
vraie foi, suivre la règle des apôtres^ etc. 

Du reste, ils ne laissaient à personne le soin de recom- 
mander la secte. Ils vantaient beaucoup et élevaient très 
haut leur genre dévie, qu'ils rattachaient à saint Jean-Bap- 
tiste. Ils promettaient l'insensibilité dans les soufErances et 
un miracle en faveur des prisonniers, pour lesquels les 
portes des prisons devaient s'ouvrir. On ne peut avoir une 
confiance plus exaltée. 

Sicard Delort, de Réalmont, raconta la pénitence qui lui 
fut infligée, non par les inquisiteurs, mais par Arnaud, frère 
Mineur < grossus et antiquus > du couvent de Castres, qui 
l'obligea aux pèlerinages du Puy, de Vienne, de Montma- 



INTRODUCTION. Cxcvij 

jour, des Saintes-Maries-de-Ia-Mer, de Saint-Gilles, de 
Vauvert, de Notre-Dame-des-Tables à Montpellier et de 
Sérignan, preuve évidente qu'au xin® siècle comme aupara- 
Tant bien des pénitences, imposées à titre de pénitences 
publiques, n'appartenaient pas en propre à la pénalité inqui- 
sitoriale. 

Sicard Delort était issu de la bourgeoisie d'une petite 
ville. Guillaume de Landas^ Bérenger Brosa, Guillaume 
Dufour, de Graulhet (Tarn), Raymond Laval, de Lau- 
trec (Tarn), Gailhard Sabbatier, de Lombers (Tarn), Gail- 
hard Lavilate, de Lautrec, Bernard Réveilhe, de Réalmont, 
Vital Yinhal et la plupart des autres hérétiques nommés 
dans les « dépositions » appartenaient de même à la bour- 
geoisie terrienne et commerçante du Castrais et de l'Albi- 
geois. On peut dire qu'entre les interrogatoires de 1287 et 
ceux de 1299, dans cet intervalle de douze ans, la situation 
de l'hérésie ne s'était pas sensiblement modifiée. A la fin du 
xm* siècle, la grande noblesse, qui l'avait d'abord sou- 
tenue, l'abandonnait. En revanche, l'hérésie continuait à 
avoir des appuis, des partisans et même des apôtres dans la 
classe intermédiaire entre la noblesse et la petite bourgeoi- 
sie, les notaires et les légistes par exemple. Le prévôt 
de Réalmont, le viguier d'Albi, le juge du seigneur évêque 
étaient inféodés à l'albigéisme. 

Enfin, je signale dans la « déposition » d'Etienne Mascot 
le curieux récit du voyage qu*à l'instigation de Bertrand 
de Montégut, revendeur ou marchand albigeois, il fit en 
Lombardie. 

Ces « dépositions » renferment des indications sans nombre 
et de haute valeur pour l'histoire religieuse du Languedoc ; 
publiées» elles feraient bonne figure parmi les textes méri- 
dionaux. 



cxcviij INTEODUCnOIf. 

16. Geoffroy d'Abluses, inquisiteur^ Géraud de 
Blumac et Jean du Faugoux^ lieutenants de rinqym- 
leur (1308-1309). — Bernard Gui fisdt remarquer, à la fin 
du récit qu*il nous a donné des troubles d'Âlbi, que Tqppo- 
sition faite à Tlnquisition pendant les preoiiàres années du 
xiT® siècle amena une recrudescence de l'hérésie ; pour lui, 
cela résultait des dépositions qui suivirent. Il ne pouTait, 
en parlant de la sorte, vouloir désigner les aveux reçus par 
Jacques Fournier, évêque de Paniiers, de 1318 à 1325, 
puisque la première rédaction de l'histoire du couvent d*Albi 
est de 1309 (ms. 490 de la bibl. de Toulouse) et la seconde 
de 1316 (ms. 780 de la bibl. de Bordeaux). C'est donc des 
dépositions de 1308 à 1309 qu'il voulait parler, d'autant 
plus qu'il n'y fut pas complètement étranger, puisqu'eo 
une de ces dépositions il est nommé comme présent, et que 
les frères Prêcheurs qui les entendirent purent bien lui ea 
donner communication. Comme inquisiteur, il y avait droit. 

Ces dépositions sopt contenues dans le ms. lat. 4269 de 
la Bibliothèque nationale. 

Titre mis au xvn^ siècle sur le feuillet de garde et répété 
tant au haut du fol. ii qu'au dos du volume : Acta inquiri" 
tionis Carcassonensis contra Albigenses ann. 1308 et 
1309. 

Ms. en papier, 340"°* X 253"*", reliure veau plein aux 
armes de France. 

« Volume de 66 feuillets. Manquent les cotes vn-ix, xxv, 
xxviu, XLviui, Lv, Lxi; les feuillets xx, lxv sont mutilés; 
les feuillets xlix, l, iju sont blancs » (note mise sur le 
feuillet de garde par les soins de l'administration de la 
Bibliothèque nationale, le 18 juillet 1894). 

Ce ms. a été démembré. Il contenait primitivement 
un bien plus grand nombre de dépositions et au moins 



INTRODUCTION. cxcix 

142 feuillets. On lit sur les marges les renvois suiyants : 

Fol. V : Infra CXXX. 

Item CXXXII. 

Fol. xvnV : Infra CXXXI. 

Fol. xxvn v^ : Infra CXLII. 

Fol. XXXI v« : Infra CXLI. 

Fol. XXXV v« : Infra CXXXIII. 

Ces renvois sont du temps même du ms., c'est-à-dire des 
années 1308 et 1309. 

Ce ms. , en effet, est un original. Cela résulte de ce double 
Sait que divers notaires ont transcrit de leur propre main les 
dépositions reçues parles inquisiteurs, et que Pierre Galhac, 
notaire de Tarascon, interrogé, a écrit lui-même sa propre 
déposition (fol. um, lvi v<*) : « Que omnia et singula supra- 
dicta per me Petrum de Oalliaco predictum confessata et 
manu mea scripta in presenti libro. » (Fol. lxi v^.) 

Les hérétiques interrogés sont au nombre de dix-huit ; 
ils le furent aux dates suivantes : 

I. — 1308, 10 mai, GeraldvLS de Rodesio de Taras-- 
cane, fol. n-v. 

25 juillet, le même, fol. v. 

II. — 1308, 21 mai, Philippus de Larnato, fol. vi 
(déposition mutilée) . 

III. — 1308, 12 juin, Raymundus Auterii de Ax, 
fol. x-xn. 

24 octobre, le même, fol. xu. 

IV. — 1308, 13 juin, Ouillelmus de Rodesio, de Taras-- 
cane, fol. xiu-xvi. 

26 juillet, le même, fol. xvi. 
22 octobre, le même, fol. xvi. 
24 octobre, le même, fol. xvn. 

V. — 1308, 13 juin, Arnaldus Piquerii, de Taras-- 
chone^ fol. xym-xix. 



ce INTRODUCTION. 

23 juillet, le même, fol. 

26 juillet, le même, fol. 

23 octobre, le même, fol. xix-xx (mutilation). 

YI. — 1308, 15 juin, Guillelma alias vocata GuiUa- 
mena, fol. xxi-xxiu. 

1309 (n. st.), 29 janvier, la même» fol. xxm-xxir 
(mutilation). 

VII. —1308, juin(?), Raymundus VcUsieyra^ fol. xxvi 
(mutilation). 

1309 (n. st.), 30 janvier, le même, fol. xxvi-xxvn. 
9 avril, le même, fol. xxvu. 

VIII. — 1308, 26 juillet, Blanca, uxor Guillelmi de 
Rodesio, fol. xxvm-xxxi. 

1309, 19 avril, la même, fol. xxxi. 

IX. — 1308, 2 août, Alamanda^ uœor condam Ar- 
naldi de Sos, fol. xxxn-xxxra. 

1309, 8 avril, la même, fol. xxxm. 

X. — 1308, 11 juillet, PetrtM Tinhac, de Aœ, 
fol. xxxmi-xxxv. 

XI. — 1308, 12 août, Raymundtts Issaura^ fol. xxxv- 
XXXVII (mutilation), xxxix-xl. 

1309 (n. st.), 21 mars, le même, fol. xl-xu. 

XII. — 1308, 16 août, Petrus Issaura^ de Lemato^ 

fol. XLU-XLim. 

1309, 4 avril, le même, fol. xlhii-xlv. 

XIII. — 1308, 21 août, Arnaldt^s Issaura^ de Ler- 
natOy fol. xLvi-xLvn (mutilation). 

XIV. — 1308, août (?), Atho de Castro, fol. u. 
1309, 6 août, le même, fol. li-lii. 

1319, 23 juin, le même, fol. lu. 

XV. — 1308, 23 octobre, Petrus de Galhaco, fol. uffl 
(mutilation), lvi. 

23 octobre, le même, fol. Lvi-Lvn. 



INTRODUCTION. Ccj 

24 octobre, le même, fol. Lvn. 

1309, 18 avril, le même, fol. Lvu-Lvm. 

18 avril, le même, fol. Lvm. 

13 mai, le même, fol. ux. 

27 septembre, le même, fol. ux. 

XVI. — 1309 (n. st.), 26 janvier, Jacobus Garsendis, 
fol. Lx*Lxi (mutilation). 

XVII. — 1308, 28 novembre, Citatio Pétri de Luze- 
nacho, fol. lxu. 

1309 (n. st.), 19 janvier, Comparutio ejusdem^ 
fol. Lxui-Lxnn. 

XVm. — 1308 (?), X, fol. Lxvi. 

Cet état des hérétiques interrogés nous montre que cha- 
cun d'eux le fut au moins deux fois. D*abord les lieu- 
tenants de l'inquisiteur les entendirent ; ce fut ensuite l'in- 
quisiteur lui-même. Lieutenants de l'inquisiteur : Oeraldus 
de Blumato (N*** i, n, m, iv, v, vi, vn, x, xi, xn, xiv), 
Johannes de Felgosio (N*"' i, n, m, nr, v, vi, vn, vin, ix, 
X, XI, xu, xra, xrv, xv). Inquisiteurs : Gaufridus de 
Abltmis (N*** i, m, rv, v, vi, vn, vni, ix, xi, xn, xiv, xv, 
XVI, xvn), Bemardus Guidonis (N*" vu), Johannes de 
Belna {^'' jLiv) . 

Du Gange a connu ce ms., dont il a reproduit, au mot 
Cauna = fovea, un passage du fol. xvi. 

Aux marges se trouvent, à l'usage des inquisiteurs, des 
notules placées en regard du fait visé : Adoratio, asso- 
datiOf reverentia, Visio ^ hereticatio, contra B^ Tur- 
neriiy etc. 

Ces dépositions furent reçues d'abord dans le couvent des 
frères Prêcheurs de Pamiers, puis à Carcassonne, soit dans 
le couvent des firères Prêcheurs, soit dans l'appartement (in 
caméra) de Jacques de Polomacho^ curé de Cannes, gar- 



ccij INTRODUCTION. 

dieD de la prison, soit même dans la salle appelée audien- 
tia de la maison de l'Inquisition. 

Les principaux notaires sont Guillaume BajnDDond, d'Âlai- 
rac (Aude) (de Alayracho), chanoine de Saint-Aphrodise 
de Béziers, Jacques Marques et Barthélémy Adalbert. 

La plupart des témoins appartiennent à Tordre des firères 
Prêcheurs. Ce fait est caractéristique. Car l'opposition 
menée contre eux par Bernard Délicieux ne tendait à rien 
moins qu'à leur enlever l'Inquisition. Philippe le Bel s'y 
refusa, et, après une sorte d'arrêt, qui aTait duré sept ou 
huit ans, ils reprirent la poursuite contre l'hérésie. Les 
sentences de Bernard Gui sont la preuve qu'ils la condui- 
sirent vivement, plus encore que les dépositions du ms. 
lat. 4269 de la Bibliothèque nationale. 

Cependant ce n'est pas au dépouillement de ce manuscrit 
qu'il faut se borner si l'on veut connaître l'œuvre de Geof- 
froy d'Abluses. Le fonds Doat fournit plusieurs de ses actes 
comme inquisiteur, si nous remontons en arriére de quelques 
années. Le 10 août 1303, il faisait une déclaration d'après 
laquelle les consuls et les habitants du Bourg de Carcas- 
sonne n'avaient été ni excommuniés ni absous, bien que 
plusieurs d'entre eux fussent coupables d'avoir fréquenté 
les hérétiques ; ils n'étaient donc obligés à aucune peine ni 
pénitence^ Le 10 février 1304 (n. st.), il avait appelé Jean 
de Roucoules, curé de Notre-Dame de la Platée, à Castres, 
pour l'interroger sur l'arrestation dont celui-ci avait été vic- 
time : sur les ordres de l'inquisiteur, il avait déclaré excom- 
munié le vidame d'Amiens'-. Le 21 juillet 1304, agissant au 
nom de l'évêque d'Albi, il conférait la cure de Saint-Pierre- 

1. Doat, XXXIV, fol. 21-24. 

2. Pièce curieuse où Bernard Gui apparaît comme témoin (Doat, 
XXXIV, fol. 26-36). 



INTRODUCTION. cciij 

d'Âvit à Jacques Marques, notaire de Tlnquisition^ Le 
29 septembre 1305, il instituait ses lieutenants Jean du Fau- 
goux et Oéraud de Blumac, et excitait leur zèle, les agisse- 
ments de l'hérésie réclamant ailleurs tous ses soins ^. Et, le 
19 novembre suivant, il reconnaissait pour ses propres offi- 
ciers Geraud de Cortareyo et tous autres officiers que ses 
lieutenants nommeraient^. Le 30 mai 1306, il déclarait résul- 
ter des documents contenus dans les archives de l'Inquisition 
que Bernard Faure, de Pezens, aïeul de Guillaume de Pezens, 
actuellement viguier d'Albi, avait, le 6 septembre 1251, fait 
à révêque de Carcassonne les aveux les plus formels au sujet 
de sa participation à l'hérésie ; plusieurs membres de sa famille 
avaient de même pactisé avec elle^. Cette déclaration dut 
produire son effet, car Guillaume de Pezens ne conserva pas 
la charge qu'il avait à Âlbi^. 

17. Bernard Gui (1306-1323). — Bernard Gui, que nous 
retrouverons plus loin, est sans contredit le plus connu des 
inquisiteurs languedociens, grâce à sa carrière littéraire, qui 
a été des plus brillantes^. Je suis parla même dispensé de le 

1. Doat, XXXIV, fol. 38-40. Saint- Pierre-d'Avit, comm. de 
Castres (Tarn). ^ 

2. Doat, XXXIV, fol. 83-84. 

3. Doat, XXXIV, fol. 85-86. Sa lettre est datée de Lyon. — 
Doat, XXXIV, fol. 94-102, renferme quatre dépositions allant 
de 1301 à 1305, mais ne donnant le nom ni des c témoins, » ni 
de l'inquisiteur ou des inquisiteurs. Il n'y est question que des 
doctrines dualistes. 144,000 anges seraient descendus en terre 
avec le fils de Dieu pour en ramener les âmes fidèles ; les âmes 
iraient de corps en corps jusqu'à la pénitence achevée ; Fâme de 
saint Paul serait passée par trente-deux corps, etc. 

4. Doat, XXXIV, fol. 104-107. 

5. Doat, XXXIV, fol. 109-111. 

6. Voy. la notice que j'ai placée en tête de mon édition de la 
Pradica (Paris, Picard, 1886. In-4o). 



cciv INTRODUCTION. 

présenter ici au lecteur. Il su£Dbra de rappeler les traTaux 
de l'inquisiteur. 

Nous avons de lui trois œuvres qui intéressent directe- 
ment rhistoire de l'Inquisition : les sentences qu'il prooonçi 
comme juge délégué, la Practica inquisitionis heretia 
pravitatiSj on manuel de l'inquisiteur, que mieux que per- 
sonne il était à même de composer, et un rédt des trouUes 
qui éclatèrent à Carcassonne et à Albi à la fin du xm* siède, 
à l'occasion de la poursuite contre les hérétiques. Pour le 
moment, il n'est question que des sentences. 

Éditées par LimborchS mais d'après une copie mau- 
vaise, elles sont contenues encore dans le ms. lat. 11848 de 
la Bibliothèque nationale, le seul que nous en ajons, copie 
défectueuse d'ailleurs, qui a été exécutée, au xvii* siècle, 
pour Baluze. J'ai eu la curiosité de collationner ces deux 
textes. Les variantes sont numériquement assez considé- 
rables. Au fond, cependant, je serais fort embarrassé si je 
devais me prononcer entre eux deux. Us se valent. 

Bernard Gui a rempli les fonctions d'inquisiteur pendant 
dix-sept ans. Il a rendu les sentences qui nous sont parve- 
nues dans dix-huit « sermones, » dont le premier se place à 
la date du 3 mars 1308 (n. st.) et le dernier à la date du 
19 juin 1323. En 1314, il ne prononça aucune condamna- 
tion, en 1315 non plus, ni en 1317, 1318, 1320. Pendant 
cette longue carrière, il eut affaire à neuf cent trente cou- 
pables, dont deux faux témoins, quatre-vingt-neuf morts et 
quarante fugitifs. Il livra quarante-deux hérétiques au bras 
sécuher. Pour simplifier cet exposé, je mets sous les yeux 
du lecteur le tableau de ses sentences. 

1. A la suite de son Historia inquisitionis, où elles remplissent 
394 pages (Amsterdam, cIo lo c zcii (1692). 6r. in-8«). 







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Ccvj INTRODUCTION. 

En outre, M. Ch. Molinier a publié Tacte par lequel Ber- 
nard Gui et Jean de Beaune témoignàrent à Arnaud Cicre, 
d'Âx, leur satisfaction pour la manière dont U était panreDu 
à leur remettre Guillaume Belibasta, hérétique parfait : il 
l'avait amené de Catalogne dans la yioomté de CaatelboD, 
où il l'avait arrêté*. 

18. Jean de Beaune, Jean duPraty Henri Chafnayou 
et Pierre Brun (1318-1330). Les consultations inçui- 
sitoriales. — Le moment serait venu de décrire l'ombre 
connue de chacun de ces quatre inquisiteurs» si je ne l'avais 
fait déjà, ou à peu près, en parlant des rapports des évêques 
du Languedoc avec l'Inquisition, sous le pontificat de 
Jean XXII -. Ils furent alors mêlés, nous l'avons va, à tous 
les actes du tribunal et aussi aux diverses consuItatioDS 
inquisitoriales qui se produisirent; ce fait, je me borne 
encore à l'énoncer ici, car j'ai essayé d'exposer le méca- 
nisme de ces consultations dans un mànoire spécial 
ayant pour titre : La formule gommunicato bonorum 
viRORUM coNSiuo des sentences inquisitoriales. Je me 
permets d'y renvoyer le lecteur pour ne pas allonger 
davantage une Introduction qui atteint déjà des propor- 
tions considérables. Je me contenterai de mentionner, 
d'abord, les actes de Jean du Prat, du 5 avril 1732, à 
Conques (Aude), où il invitait les parents et héritiers de 
Comtesse, femme de Robert de Sens, à venir défendre sa 
mémoire entachée d'hérésie^; puis j'analyserai une pièce 

1. Études, p. 178. Cette pièce est du 14 janvier 1322 (n. st.). 
Voy. le pacte passé avec Arnaud Cicre pour cet objet {[bid., p. 477). 
Voy. encore l'extradition de Guillaume Maurs, de Montailloa 
(Ariège), réfugié en Catalogne (1321) (fbid,, p. 176). 

2. Voy. plus haut, p. czxiij et suiv. 

3. f Dum vitam daceret in humanis, multa gravia et enormia 



INTRODUCTION. CCvij 

que j*ai passée sous silence dans le susdit mémoire, et qui 
m'est fournie par Doat, XXXII, fol. 164-240. 

Cette pièce se place, au plus tôt, en 1330, après la Saint- 
Martin d'hiver, car il y est dit qu'Henri Chamayou, inqui- 
siteur, donna aux héritiers des hérétiques, dont la mémoire 
était poursuivie, toute facilité pour les défendre en 1330, le 
lundi après l'Exaltation de la sainte Croix (17 septembre) 
et qu'on acheva d'entendre les défenses dans l'octave de la 
Saint-Martin d'hiver qui suivit ^ Ces hérétiques apparte- 
naient aux diocèses de Narbonne et de Carcassonne; ils 
étaient au nombre de dix-huit ; les dépositions remontaient 
à quarante et quarante-six ans, à 1284 et 1290'; ce qui 
permet de dater cette pièce de la fin de l'année 1330 ou des 
premiers mois de l'année 1331. Cette pièce débute ainsi : 
« Ad dariorem intellectum habendum eorum que in libre 
nobis tradito per inquisitorem Carcassone db mandato 
Sangtitatis Vestre continentur, sunt aliqua premittenda. » 
C'est donc le pape qui avait envoyé le liber de l'Inquisition 
de Carcassonne à une commission spéciale, et ce pape était 
Jean XXII. 

contra fidem catholicam comiserit in heretica pravitate, de qui- 
bus non apparat emendata penitens aut confessa fuisse, quin ymo 
presumitur et virisimiliter creditur in secta hereticorum damp- 
nabiliter, pro dolor I velut heretica impenitens decessisse • (Doat, 
XXXV, fol. 62. Pour les actes de Jean du Prat, ibid., fol. 61-66). 

1. « Liberis autem, heredibus, propinquis et possessoribus bono- 
rum predictorum defunctorum fuerunt date defifensiones per fra- 
trem Henricum de Ghamayo, nunc inquisitorem Carcassone, 
anno Domiai M^ CGC» XXX^, de mense septembris, die lune 
post festum Ëxaltationis Sancte Grucis, et fuerunt finite et ter- 
minate omnes, ac renunciatum et conclusum in causis dictarun^ 
deffensionum eodem anno de mense novembris infra octabas 
Beati Martini hiemalis • (Doat, XXXII, fol. 165 v»). 

2. Les délits remontaient à 47, ou même à 62 ans en arrière. 



ccviij INTRODUCTION. 

Les commissaires ne se soot pas nommés. Ils adressèreot 
leur rapport au pape lui-même. 

Ce rapport n'est autre chose qu'une consultation provo- 
quée par l'inquisiteur Henri Cbamayoa, dont l'anlmms 
est évident. L'éloignement où l'on était des dépositions 
reçues par Jean Galand, Guillaume de Saint-Seine, inqui- 
siteurs, et Bernard de Castanet, évoque d*Albi, formait une 
première difficulté. Geoffroy d'Âbluses, en 1309, Jean de 
Beaune, en 1320, avaient entendu à nouveau certaines 
dépositions qui n'avaient rien ajouté aux dépositions 
antérieures. L'inquisiteur actuel avait lui-même, en 1330, 
reçu des aveux, qui n'avaient point mis l'accord entre ces 
divers témoignages. De telles divergences ne laissaient pas 
de l'inquiéter, comme de raison. Il avait donc fait iaire b 
copie des originaux, intitulés Liber decimus ït undbgdius 
diocesis Carcassone, qui avaient autrefois soulevé tant 
de murmures et qui avaient été mis sous les yeux de Clé- 
ment y ^ Il demandait une consultation sur la valeur de 
ces dépositions. On ne peut nier que les commissaires les 
aient soumises à un examen minutieux, voire même 
subtil; ils multiplièrent les advertenda; ils groupèrent 
les témoignages d'après les circonstances, si bien que la 
preuve juridique parut insuffisante. La mémoire des dix- 
huit accusés y gagna d'en sortir indemne ; du moins, c'est 
vers cette conclusion qu'incline le rapport. Elle n'y est 
cependant pas formulée, puisqu'une décision définitive et 

1. c Qui supradicti libri Decimus et Undecimus Garcaasone sunt 
illi libri, prout idem inquisitor asserit, de quibus a longo tem- 
pore est murmuratum, et qui, ut dicitur in principio instmmen- 
torum positorum in principio libri nobis traditi, fuemnt ostensi 
felicis recordationis domino G[lcmcnti] pape quinti et per eum 
signati signo Dominus in quolibet folio » (Doat, XXXII, 
fol. 168 vo). 



INTRODUCTION. CCix 

ferme ne pouvait être donnée que par le pape. J'ignore si 
Jean XXII se prononça. Du moins nous avons dans cette 
pièce une nouvelle preuve de la réaction qui se produisit sous 
son pontificat contre l'indulgence excessive de Clément Y 
à l'égard des hérétiques de Carcassonne. Cette réaction, 
remarquons-le, ne fut point aveugle; elle voulut rester 
juste. L'inquisiteur Henri Chamayou s'inspira des conseils 
d'une sage modération, et les commissaires n'eurent garde 
de conclure à une culpabilité qui ne leur parût pas établie ^ 

1. Le début du rapport expose les cas et donne les noms des 
accusés : c Primo est sciendum quod in dicto libre continentur 
depositiones testium receptorum in offîcio inquisitorum Garcas- 
sone contra decem et octo personas defunctas diocesum Garcas- 
sone et Narbone, que, ut dicitur, dum vivebant, in crimine hère- 
sis commisserunt et non confesse in judicio, nec pénitentes quod 
app&reat de his que commiserant decesserunt. Quarum quatuor- 
dedm commiserunt, ut dicitur, in dicto crimine, quia présentes 
faerunt in hereticatione aliquarum personarum et ibidem heretl- 
C08 adoraverunt ; très vero commiserunt, ut dicitur, in dicto cri- 
mine, quia in inûrmitate de qua obierunt hereticate fuerunt et 
in sectam hereticorum recepte; unus vero hereticatus fuit, ut 
dicitur, in infirmitate de qua convaluit, et postmodum fuisse 
dicitur in hereticationibus aliorum et hereticos adorasse. 

f Illi autem qui commiserunt, ut dicitur, in heresi eo quod 
interfuerunt hereticationi et ibidem hereticos adoraverunt, sunt 
isti : 

Ârnalotus, olim servions de Gabareto, 

Peronella, uxor Philippi de Montevilla, de Pisenchis, 

Bernardus de Lercio, de Ripperia Gaboroti (5tc), 

Petrus Raynaudi, de Tribus Bonis, 

Raymundus Regalis, olim rector ecclesie de Pradalis, 

Bernardus Regina, de Furnis, 

Raimundus Richardi, olim rector ecclesie de Querio Serverio. 
« Omnes isti sunt de diocesi Garcassonensi : 

Stephanus Gultellerii, de Gaunis, quondam rector ecclesie de 
Villa Lambert, 

Guillerma, mater Isarni de Gaunis. 
c Isti duo sunt Narbonensis diocesis : 

n 



CCX INTRODUCTION. 

IV. Acres DB LA puissA^GS stojuiu. 

En droit et en fait, la puissance aécalière était tenue à 
récart de la question d'hérésie, car elle n'avait pas qualité 
pour connaître de la doctrine. Son rôle était plus modeste, 
tout en restant considérable encore. D'abord elle était dans 
Tobligation de ne pas s'opposer à la répression de l'hérésie, 
et même elle devait obéir à la puissance ecdésiastique pour 

Bernardus Egidii, de Fumis, 

Bernarda Savortesia, de Bastida de Preyereneha, 

Arnaldus Savortesii, filius dicte Bernarde, 

Ârnaldus Regina, de Furnis. 
f Isti sunt Garcassonensis diocesis : 

Petrus Bernard!, de Laurano, diocesis Narbonentis. 
t Très vero infrascripti conmiississe dicunUir in heresi, qui foe- 
runt hereticati in inûrmitate de qaa decesserunt : 

Jacobus, quondam rector de Insulis, 

Raymundus Gayraudi, quondam rector ecclesie de Rippefera, 
in Gabardesio diocesis Garcassonensis. 

Rogerius de Mansas, de Gaunis, diocesis Narbonensis. 
a II le qui hereticatus fuisse dicitur in infirmitate de qua con- 
valuit et postmodum interfuisse herelicationi aliorum et hereti- 
cos adorasse, est Phiiippotus de Montaviila, qui tamea ponitar 
secundus in série dicti iibri » (Doat; XXXII, fol. 164-165 v*). 

Ge même volume de Doat (fol. 289-298) contient une autre 
consultation non datée. Elle est relative au cas de Pierre Aymeric, 
d'Albi, dont la mémoire était Tobjet de poursuites. Les déposi- 
tions remontaient aux années 1285 et 1287. Mais elles ne s'ac- 
cordaient point quant au temps, par exemple, du délit reproché. 
La conclusion fut la même : le délit ne pouvait être tenu pour 
prouvé. Seulement cette consultation émanait de deux juriscon- 
sultes, Arnaud Nouvel (Nuvelli) et Astruc Julien {Austrtigus 
Juliani). Elle dut être vraisemblablement provoquée paria famille 
de Pierre Aymeric. Elle fut rédigée pour venir en aide aux inqui- 
siteurs. A remarquer le début : < Gum sacerdotes jadices xelo Dei 
et (idei crimen se prosequi profitentes indiscrète id agunt, sacri- 
legii incurrunt facinus... • 



INTRODUCTION. CCXJ 

quelques actes de la poursuite, les arrestations à opérer, par 
exemple. Si elle avait du zèle, elle démodait rétablisse- 
ment du tribunal ; elle signalait volontiers les délinquants 
au juge délégué. En tout cas et en principe, elle réprouvait 
rhérésie; elle prenait toutes les mesures en son pouvoir qui 
pouvaient contribuer directement à l'extirper par la voie 
légale du sein de la société chrétienne. C'était pour elle un 
devoir étroit. 

Ensuite, elle avait des charges : elle pourvoyait à Tentre- 
tien des inquisiteurs ; elle fournissait les maisons d*arret, 
dont l'administration cependant dépendait de l'Inquisition ; 
et enfin, si l'hérétique lui était livré comme un homme dont 
on ne peut plus rien tirer, elle lui infligeait la peine du feu, 
qu'elle avait elle-même édictée. En revanche, elle percevait 
les biens provenant des confiscations pour hérésie. La 
poursuite n'apportait à l'Église qu'un bénéfice moral ; l'État 
7 trouvait, selon les cas, un bénéfice matériel. C'est donc à 
lui que revenait toute la dépense. 

Tels sont les points principaux auxquels touchent les 
actes de la puissance séculière, et, quand je dis la puissance 
séculière, j'entends tout seigneur laïque ou ecclésiastique, 
roi, comte ou baron jouissant du haut domaine sur une terre, 
car c'est à ce seigneur que les biens confisqués faisaient retour. 

Dans le Languedoc, la puissance séculière est, au xui^ siècle, 
et indépendanunent des seigneurs terriens, représentée par 
le roi et ensuite par les comtes de Foix et par les comtes 
de Toulouse. Seulement la dynastie des Raymond s'étei- 
gnit avec Raymond VII. Alfonse de Poitiers, qui, par sa 
femme Jeanne, hérita du comté, étant mort sans enfants, 
ce comté entra par voie d'héritage dans le domaine royal. 
Nous devons donc distinguer ici les actes des comtes et les 
actes des rois. 



ccxij INTRODUCTION. 

I. Les (actes des comtes. 

1. D'abord Raymond VIL — Le oialheareux comte Ray- 
mond YII n*eut qu'une idée, celle de r^ire la fortune de 
sa famille. Le îaXi est qu'il essaya de tous les moyens pour 
y réussir. Mais il n'y apporta pas, chose singulière, un par- 
£siit esprit de suite. Croyant peut-être trop avoir besoin de 
ses vassaux, £sivorables, en grande partie, au moavement 
dualiste, il oscilla sans cesse entre l'Eglise et les influences 
hérétiques, sinon l'hérésie. C'est par là que s'expliquent, 
d'une part, son zèle ardent contre elle, et, d'autre part, ses 
froideurs à l'égard de l'Inquisition ou même ses d&nelés 
avec elle. Le 20 avril 1233, il introduit l'Inquisition dans 
ses domaines ^ et édicté des statuts contre les hérétiques*. Et 
cependant neuf ans après, le l*''^ mai 1242, presque à la 
veille du massacre des inquisiteurs à Avignonet, il en est 
réduit à protester de son inébranlable résolution de vouloir 
chasser les hérétiques de ses terres'. Il iaut même que 
révêque d'Agen, Arnold de Galard, vienne à sou secours 
et lui prête l'appui d'une déclaration directe dans ce 
sens^. Dans l'intervalle, des soupçons de mollesse ou même 
de complicité s'étaient hSi jour, et la conduite d'AlEaro, 
son bayle à Avignonet (il fut Tàme du complot qui emporta 
les inquisiteurs) Tavait en quelque sorte compromis. C'est 
alors que, pour dissiper tous les bruits fâcheux, il en vint à 
adresser aux évêques du comté une sorte de sonomation 
d'avoir à poursuivre 1* hérésie, à exercer l'Inquisition^. Sa 

\ . Trésor des chartes, J 306, n» 66. 

2. HUt. gén. de Languedoc, VIII, col. 963-969. — Aeta conâL, 
loc. cit., 203 et suiv. 

3. UUt. gén. de Languedoc, VIII, col. 1088; Doat, XXXI, fol. 40. 

4. Doat, XXXI, foi. 40-42. 

5. UisU gén. de Languedoc, VIII, col. 1121-1122; Doat, XXXI, 
fol. 44 vM5. 



INTRODUCTION. CCXV 

tion? En cela, Alfonse répondait, à n'en pas douter, aux 
intentions du roi saint Louis» son firàre. 

Il y a cependant un point du gouvernement d' Alfonse de 
Poitiers dont je n'ai rien dit encore; je veux parler de la 
saisie des biens des hérétiques et de l'administration finan- 
cière des biens confisqués, qui en était la conséquence. 

Nous le voyons, le 18 novembre 1254, mander au viguier 
de Toulouse, Oudard de Pomponne, de saisir les biens 
meubles et immeubles des hérétiques condamnés comme tels 
dans toute l'étendue du diocèse de Toulouse, alors très 
vaste ^. Et, à partir de ce moment, nous pouvons décrire, à 
l'aide des comptes de confiscations, cette branche de l'admi- 
nistration financière. En 1255, la recette « de heresibus de 
Tholosano » s'éleva à 541 liv. 9 s. 8 d. t. 2. Du 6 mai 1255 
au 2 février 1256, les recettes furent de 820 liv. 14 s. 6 d. 
et les dépenses de 832 liv. 19 s. 3 d.'. Les comptes du 
22 mai 1259 donnèrent : recettes, 244 liv. 11 s. et 1 obole; 

1. Arch. nat., JJ G, fol. 2; Doat, XXXI, fol. 238. d. Bouta- 
rie, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 450, note 1. L'inventaire 
des biens saisis devait être toujours dressé. Quelques exemples 
prouvent qu'on n'y manquait pas. Le 15 mai 1261, l'inventaire 
des biens meubles saisis dans la maison de P. Bernard, de i'Isle, et 
d'autres hérétiques se monta à la valeur de 1,413 liv. tourn. (Tré- 
sor des chartes, J 306, n^ 85). Voy. aussi le Supplément du Tré- 
sor des chartes, J 1040, n» 22, J 1041, n« 7, où se trouvent 
d'autres inventaires. 

2. c De heresibus de Tholosano per vicarium de toto anno : 
v« ZLi 1., IX s., vin d. Tur. » (Hist, gén. de Languedoc, Vm, 
col. 1284). 

3. Compte dressé par Gilles Clerc (J. de Laborde, Layettes du 
Trésor des chartes, III, n» 4231, p. 284). En juillet 1251, Alfonse 
de Poitiers avait fait donation d'un fief à Gilles Clerc, a inquisi- 
tori de heresi in partibus Tholosanis > (Doat, XXXI, fol. 171). — 
— Pour Tannée 1256-1257, nous n'avons qu'une simple indica- 
tion (J. de Laborde, III, n» 4311, p. 343). 



ccxiv INTRODUCTION. 

veil) inquisiteur, il assigne lui-même six deniers tholsas aa 
notaire de l'Inquisition, et au sergent {servienti) quatre 
deniers par jour^ Quant à la peine infligée aux hérétiques, 
pèlerinages ou prison, elle devra être subie rigoureusement; 
il écarte toute idée de rançon ou de compensation pécu- 
niaire'. Il fournit aux inquisiteurs lea prisons nécessaires. 
Deux pièces nous édifient pleinement à ce sujet : la première, 
du 13 janvier 1269, est une réponse à Jacques du Bois, sod 
clerc, aux yeux duquel, à Lavaur, les prisons entraîne- 
raient moins de frais; si les prisons de Toulouse au château 
Narbonnais ne sufQsent point, il mettra donc à leur dispo- 
sition le castrum de Lavaur 3. La seconde pièce, du même 
jour, est une lettre du comte aux inquisiteurs Pons du Pou- 
get et Etienne de Gastine, approuvant que le castrum de 
Lavaur soit approprié pour Tincarcération des hôrétiques^ 
Ces actes d*Âlfonse de Poitiers sont caractéristiques. 
Comment eût-il pu se montrer plus favorable à l'Inquisi- 

i. Hist, gén. de Languedoc^ VIII, col. 1573-1574. 

2. Gela résulte : !<> de la lettre du sénéchal de Rodez à Alfonse 
de Poitiers du 21 février 1253 : le sénéchal se plaint de l'évéqoe, 
qui dans plusieurs cas s'est contenté d'une compensation en argent 
(J. de Laborde, Layettes du Trésor des chartes, III, n^ 4039^, p. 581. 
Cf. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 454, 455, note 1); 
2o de la lettre de Gui de Sévérac à Alfonse de Poitiers, se plai- 
gnant de l'évoque de Rodez, qui a fait lever sur les hérétiques 
des rançons s*élevant à plus de 50,000 sous, contrairement aux 
ordonnances du comte et des évéques, aux termes desquelles 
chaque hérétique doit subir sa peine (J. de Laborde, Ibid., n* 4663, 
p. 570; Hist, gén, de Languedoc, VIII, col. 1471). Lettre écrite 
vers 1260. 

3. Hist, gén. de Languedoc, VIII, col. 1584-1585; Aug. MoUnier, 
Correspondance administrative d' Alfonse de Poitiers, t. I, p. 610 
(GoUection des Documents inédits). 

4. Aug. Molinier, ibid., p. 611 ; Boutaric, Saint Louis et àifonse 
de Poitiers, p. 456, note 1. 



INTRODUCTION. CCXV 

tien? En cela, Alfonse répondait, à n'en pas douter, aux 
intentions du roi saint Louis, son firère. 

U y a cependant un point du gouvernement d* Alfonse de 
Poitiers dont je n'ai rien dit encore; je veux parler de la 
saisie des biens des hérétiques et de l'administration finan- 
cière des biens confisqués, qui en était la conséquence. 

Nous le voyons, le 18 novembre 1254, mander au viguier 
de Toulouse, Oudard de Pomponne, de saisir les biens 
meubles et immeubles des hérétiques condamnés comme tels 
dans toute l'étendue du diocèse de Toulouse, alors très 
vaste ^ Et, à partir de ce moment, nous pouvons décrire, à 
l'aide des comptes de confiscations, cette branche de l'admi- 
nistration financière. En 1255, la recette « de heresibus de 
Tholosano » s'éleva à 541 liv. 9 s. 8 d. t. ^ Du 6 mai 1255 
au 2 février 1256, les recettes furent de 820 liv. 14 s. 6 d. 
et les dépenses de 832 liv. 19 s. 3 d.^. Les comptes du 
22 mai 1259 donnèrent : recettes, 244 liv. 11 s. et 1 obole; 

1. Arch. nat., JJ C, fol. 2; Doat, XXXI, fol. 238. Cf. Bouta- 
ric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 450, note 1. L'inventaire 
des biens saisis devait être toujours dressé. Quelques exemples 
prouvent qu'on n'y manquait pas. Le 15 mai 1261, l'inventaire 
des biens meubles saisis dans la maison de P. Bernard, de Tlsle, et 
d'autres hérétiques se monta à la valeur de 1,413 liv. tourn. (Tré- 
sor des chartes, J 306, n^ 85). Voy. aussi le Supplément du Tré- 
sor des chartes, J 1040, n» 22, J 1041, n» 7, où se trouvent 
d'autres inventaires. 

2. c De heresibus de Tholosano per vicarium de toto anno : 
v« ZLi 1., n s., vm d. Tur. » (Hist, gén. de Languedoc, VIII, 
col. 1284). 

3. Compte dressé par Gilles Clerc (J. de Laborde, Layettes du 
Trésor des chartes, III, n<» 4231, p. 284). En juillet 1251, Alfonse 
de Poitiers avait fait donation d'un fief à Gilles Clerc, a inquisi- 
tori de heresi in parti bus Tholosanis > (Doat, XXXI, fol. 171). — 
— Pour l'année 1256-1257, nous n'avons qu'une simple indica- 
tion (J. de Laborde, UI, n» 4311, p. 343). 



CCXVJ INTRODUCTION. 

dépenses se décomposant comme il suit : pour la capture et 
le broiement d'hérétiques, 60 s. 10 d.; pour les inquisitears, 
11 liy. 5 s. 6 d.; pour l'entretien des prisonniers, 17 liv. 
17 s.'. Du 12 juin 1363 au 24 juin 1264, les comptes 
s'élevèrent à 216 liv. 9 s. 8 d. tholsas, à 100 liv. t., à 
1,700 setiers de grains {omnium hladorum)^ à 23 muids 
devin*. 

La gestion de tels revenus n'exigeait pas, ce semble, une 
grande administration. Cependant il y avait tout un person- 
nel ; à sa tête se trouvait le surintendant général des con- 
fiscations, duquel dépendaient, dans l'espèce, le viguier de 
Toulouse, qui les percevait à Toulouse, et le sénéchal, qui 
les percevait dans les sénéchaussées de Carcassonne et de 
Beaucaire'. Cette administration s'inspirait des principes, 
dont nous trouvons l'exposé dans un « Mémoire » à Jacques 
du Bois, surintendant général^ : les sénéchaux assistaient 
aux ventes; les revenus devaient être soigneusmient notés, 
et le tout était fait en deux exemplaires, l'un pour l'inten- 
dant général, l'autre pour le sénéchal. Les ventes ou 
les cessions ne devenaient définitives que par Tapprobation 
du comte et de la comtesse, comme héritière de son père. 
Par exemple, en juin 1268, Âlfonse de Poitiers et Jeanne, 
son épouse, approuvent ensemble la vente des biens de Ray- 
mond Pellipier et de Guillaume, son frère, de Cordes, pro- 
venant des confiscations pour hérésie^. En janvier 1269, 

4. J. de Laborde, Layettes du Trésor des chartes, III, n» 4489, 
p. 463-464. On trouve dans cette pièce rénumération des biens à 
vendre avec les noms des hérétiques. 

2. Trésor des chartes, J 192, n« 19. 

3. Voy. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 450-451. 

4. Ce mémoire est de l'année 1263. On le lit dans Bgutaric, 
p. 450. 

5. Doat, XXXII, fol. 46-47. 



INTRODUCTION. ccxvij 

ÂlfoDse concède à titre définitif à Gilles Camelin, son clerc» 
les biens de Raymond de Lavaur, hérétique, avec l'appro- 
bation de Jeanne, son épouse^. Au mois d'avril de cette 
année, il accorde, Jeanne le voulant bien, à Ispa de Mou- 
rèze {de Morosio) les biens de Pierre-Arnaud Alaman, sis 
à Lescure, les droits du seigneur éminent ou du haut domaine 
restant réservés^, etc. 

Plusieurs des documents relatifs aux confiscations n*ont 
trait qu'à des affaires particulières, sans parler du mande- 
ment d'Âlfonse aux sénéchaux et aux inquisiteurs d'établir 
un état des biens perçus ou à percevoir ^ ; ce sont, par 
exemple, la commission au juge de Lavaur et de Puylau- 
rens de faire une enquête sur les confiscations opérées à 
Monestiès et àMontirat (Tarn) (mars 1257)^; le mandement 
à Pierre de Landreville, sénéchal du Rouergue, de restituer 
à révêque d'Albi les décimes de Penne-du-Tarn échues pro 
haeresi et de reconnaître à l'évêque d'Albi son droit sur les 
confiscations à Monestiès et à Montirat^ (15 novembre 1258) ; 
le don à Guillaume de Chogesio de l'héritage d'Amaury 
de Mons {de Montibus) confisqué pour hérésie^ (mai 1261) ; 

1. Doat, XXXn, fol. 57-59. 

2. Ibid., fol. 55-56. — Voy. quelques autres exemples, Doat, 
XXXU, fol. 67-68, 72-73, 74-76, 77-79, 80-82, 83-84. Cf. XXXI, 
fol. 237 : vente de biens d'hérésie à Pons Targen de Rabastens ; 
XXXI, fol. 254 : confirmation à Sicard Alaman de la donation 
des biens d*Hélie d'Aigrefeuille (De Egri folio), 

3. Hùt. gén. de Languedoc, VIII, col. 1454. Ce mandement se 
place vers 1260. 

4. J. de Laborde, Layettes du Trésor des chartes, III, n» 4332, 
p. 586. 

5. J. de Laborde, ibid., lU, n» 4452, p. 438. Boutaric (Saint 
Louis et Alfonse de Poitiers, p. 449) semble ne pas avoir exactement 
compris le sens de cette pièce. 

6. Trésor des chartes, reg. G, fol. 6 v*. 



CCXX INTRODUCTION. 

demandait à rechercher les hérétiques de la seigneurie de 
Castelbon. Le comte ne se prêta pas à cette poursuite. 
L*évêque le frappa d'excommunication, sans pouvoir s'as- 
surer cependant que cette peine produirait l'effet voulu : car 
le comte pouvait infirmer virtuellement cette sentence en 
entretenant de bonnes relations avec l'Inquisition langue- 
docienne. L'évêque apprit bientôt que, malgré sa lettre à 
révêque de Toulouse, l'archevêque de Narbonne, Pierre 
Amelius, l'évêque de Carcassonne, Clarin, et les inquisi- 
teurs eux-mêmes, Ferrier et Willem Arnaud, n'avaient pas 
rompu avec l'excommunié ; il s'en plaignit au légat du pape 
à Toulouse ^ Cependant Roger de Foix, fils du comte, finit 
par consentir à ouvrir aux inquisiteurs la vicomte de Cas- 
telbon : ils y condamnèrent quarante-cinq hérétiques et y 
prononcèrent dix-huit exhumations. Quant à Roger-Ber- 
nard, prétendant qu'ayant remis la vicomte à son fils, il ne 
pouvait se considérer comme sujet de l'évoque d'Urgel*, il 
demanda à être relevé de l'excommunication. Une trêve fut 
conclue vers 1238^, et le comte se tira de cette affaire épi- 
neuse. 

Cependant, en ce qui regarde les terres de Foix, il conti- 
nua, tout en louvoyant, à se montrer réfiractaire à toute 
idée de répression; il se plaisait à y voir l'annonce de 
la domination du nord; il entra dans la ligue de Ray- 

XIV siècU, t. Il, Pièces justificatives, p. 109). (Paris, Picard, 
1896, in-80.) 

1. Sa lettre au légat du pape du 29 décembre (1238 probable- 
ment) a été publiée d'après les archives d*Urgel par Villanneva 
( Viage literario à las iglesias de EspaRa, t. XI, p. 229). 

2. Hist. gén. de Languedoc, VUI, col. 1010-1014. Textes curieux. 

3. Baudon de Mony, op. cit., t. II, p. 111. Voy. (t. I, p. 167-171) 
Texposé de ce démêlé. 



INTRODUCTION. ccxix 

y trouver un grand bénéfice moral. Déjà, en 1244, le cha- 
l^tre provincial des firères Prêcheurs tenu à Cahors avait 
pris des mesures de prudence inspirées par la crainte des 
calomnies : il avait interdit toute aumône faite à Tordre 
aT60 des biens provenant de confiscations ^ 

3. Les comtes de Foix. — Les comtes de Foix avaient, 
on le sait, établi leur domination sur les deux versants des 
Pyrénées, où ils possédaient, au nord, le comté de Foix, 
ecHupris dans le Languedoc, au sud, la seigneurie de Castel- 
bon, qui les rattachait à la juridiction spirituelle de Tévêque 
dfUrgd. Cette double situation de comtes de Foix et de sei- 
gneurs de Castelbon les mit en contact, pour la répression de 
lHiéfésîe, à la fois avec les juges du Languedoc et les juges de 
Catalogne, d'autant que Roger-Bernard II accordait assis- 
tance aux hérétiques dans ses terres de Catalogne comme 
dans celles du comté de Foix. Les débuts de leurs rapports 
avec l'Inquisition se signalent par un conflit entre Roger- 
Bernard II et révêque d'Urgel, Pons de Vilamur (1230^ 
1257). L'évêque, exposé aux injures et aux insultes-, 

1. t Item, quod inquisitores non sustineant quod aliquid detur 
firatribus de négocie, quia possemus infamari » {Àcta capitulorum 
provincialium ord. frat. Praed., p. 27). — Voy. Introduction, 
p. Lxm, et, à rindex, le mot inquisitio pour les renvois. Les pres- 
criptions des chapitres provinciaux en ce point témoignent toutes 
d'une extrême prudence (éd. Douais. Toulouse, Privât, 1895). 

2. Il le fut notamment à Eguils, comme il le dit dans un 
mémoire à Pierre de Albalat, archevêque de Tarragone : « Item, 
cum essemus in terra eorum aput Eguils, causa visitationis, 
homines illius ville insurregerunt {sic) contra nos cum armis et 
expugnaverunt in quadam domo nos et familiam nostram, volen- 
les interficere nos et vulneraverunt quemdam filium militis, con- 
stnguinëam nostrum, quam injuriam noUemus sustinuisse pro 
mille marchis argenti » (Baudon de Mony, Relations politiques 
des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'au commencement du 



ccxxij INTRODUCTION. 

hérésie, avait possédée^ ; en même temps Guillaume deSoo 

1 . Voici cette permission donnée par le roi : 

c Âttendentes preces quas vos Rogerina, Dei gratia ooom 
Fuxensis, fecistis nobis pro G. de Sono, filio Bernard! de Âliooe 
quondam, super commendatione terre que fait qaondam ipsiai 
Bernardi de Alione, de consilio et volantate fratria Pétri de Gidi- 
reta, inquisitoris heretice pravitatis in regno et domùuo noitio 
auctoritate Sedis Apostolice deputati, volumaa et permittimos 
vobis quod possitis commendare sive deponere pênes dictun 
G. de Sono totam terram que fuit quondam patrie aui prédictif 
quam vos nunc tenetis, recepta securitate ab ipso, sub hoc pacto 
quod statim cum nos vel inquisitores qui pro tempore foerint 
voluerimus, dictus G. de Sono terram predictam yobis, aient modo 
eam tenetis, dimittere et desemparare sine conditione aligna teoei- 
tur. Datum Ilerde, m non. julii, anno Domini M» (X> LXUII* > 
(Arch. de Barcelone, Gorona de Aragon, reg. 7, Jacobi I, 2-12, 
fol. 194). 

Permission donnée à Guillaume de Son de recevoir la terre de 
son père : 

« Per nos et nostros indulgemus et concedimus tibi G. de 
Sono, filio Bernardi de Alione quondam, quod tu, nonobttante labe 
criminis heretice pravitatis in quam pater tuns predietns incidit 
et sentcntiahter extitit condempnatus, nec etiam obstante quod 
Esclarmunda, mater tua, lieretica sit perfecta, de nostre plenitu- 
dine potestatis possis capere omnes hereditates et successioDes 
parentum, sicut restituantur, et proximorum tuoram ac etiam 
extrancorum, que tibi dcfcruntur (?) ex nunc ex testamento vel 
ab iutestato, et omnia quoque juste tituio a quibuscumqae perso- 
nis potoris adipisci ; possis etiam admitti ad honores et militaria 
sacramenta; possis etiam testari et contractus alios inire; resti- 
tuentes te in presenti de plenitudine nostre potestatis ex certa 
scientia ad omnia supradicta et etiam ad famam integram et 
omnes légitimes actus, non obstante Icge illa sive jure, que pro 
hujusmodi cri mine ûlios jubet pateruo supplicio perire, in hiii 
in quibus paterni, boc est hereditarii, criminis exempLa meren- 
tur, nec aliquo alio jure, constitutione vel consuetadine, sen- 
tentia qualibet, scriptura publica vel privata; predictam indal- 
gontiam tibi dicto Guillelmo facimus ad instantiam et preces 
fratris P. de Gadireta, inquisitoris heretice pravitatis in toto 



INTRODUCTION. CCXxiij 

était rétabli dans tous ses droits. Il bénéficia lui-même de la 
iMenveillance, intéressée peut-être, du roi d'Aragon : oelui-ci 
loi abandonna ses droits sur la vicomte de Castelbon, à 
raison du crime d^hérésie imputé à Arnaud de Castelbon et 
à Ermessinde, sa fille, ainsi que tous les droits à provenir 
d'une condamnation éventuelle. Cet abandon de droits, en 
effet, est du 11 mai 1269, et, le 2 novembre suivant, les 
inquisiteurs Pierre de Cadreyta et Guillaume de Colonge 
{de Colonico) déclaraient hérétique Ermessinde et ordon- 
naient Texhumation de ses cendres, après citation et com- 
parution de Roger-Bernard de Foix^ son héritier'. 

En somme, les comtes de Foix surent entretenir avec 
rinquisition languedocienne de bonnes relations, bien que 
tout le comté fût ouvert à Thérésie. Ils ne furent inquiétés 
que par l'Inquisition aragonaise, qu'ils finirent par rendre 
inofiensive à leur endroit, grâce à l'intérêt que le roi d'Ara- 
gon avait à les ménager. 

II. Les actes des rois. 

Avec les rois nous n'allons guère sortir du cadre déjà 
tracé par les actes d'Alfonse de Poitiers. Ils ont, et à plus 
forte raison, touché aux mêmes points, dirimabt les litiges 
de détail avec une autorité plus souveraine encore. Et 

regno et dominio nostro auctoritate Sedis Apostolice deputati, 
qoi de hoc ductus misericordia nos rogavit. In cujus rei testimo- 
nium, presentem cartam nostri sigilli pendentis munimine feci- 
mus roborari. Datum Ilerde, m non. julii, anno Domini M^ GG» 
LXniIo » (Ibid., fol. 194). — Voy., dans Touvrage de M. Baudon 
déjà cité (t. U, p. 114, 115), les lettres de Jacques I*', roi d'Ara- 
gon, remettant Guillaume de Son en possession des châteaux de 
Son et de Gheragut, confisqués pour hérésie. 
1. Baudon de Mony, op, cit., t. I, p. 212-215; t. II, p. 135, 140. 



ccxxiv INTRODUCTION. 

d*ailleurs» de saint Louis à Philippe YI, si Ton aperçoit 
dans radministration une anarchie progressive, les prin- 
cipes ne changent point. Une unité vraie règne dans Fen- 
seroble de la conduite des rois à Tégard de l'Inquisition du 
Languedoc. 

1 . Saint Louis. — Le statut CupienteSf édicté en 1228 par 
le gouvernement du jeune roi, a servi de fondement à toute 
la législation postérieure. Les articles II, III et IV sont par- 
ticulièrement importants ici ; car ils contiennent toute la 
poursuite inquisitoriale avant Tinstitution du juge délégué, 
je yeux dire qu'ils font entrer en scène la puissance séco- 
lière, qui, pour ce qui la regarde, prend le ton de Tau- 
torité souveraine : extirpation de l'hérésie et châtiment 
immédiat des hérétiques, « postquam fuerint de haeresi 
per episcopum loci, vel per aliam ecdesiasticam personam, 
quae potestatem habeat, condemnati; » défense de rece- 
voir ou favoriser les hérétiques, sous peine d*être exclu des 
charges, de perdre le droit de tester ou d'hériter, de voir 
ses biens confisqués ; ordre aux barons et officiers de recher- 
cher les hérétiques, de les Uvrer à la puissance ecclésias- 
tique et de faire « quod debebunt » dans le cas de con- 
damnation ^ Le traité de paix passé le 12 avril 1229 
entre saint Louis et Raymond VU contenait l'engagement 
formel, de la part du comte, d'obéir aux ordres du légat 
apostolique en tout ce qui pourrait intéresser l'extirpation 
de l'hérésie^. Cependant, dans l'état actuel des documents, 
la main de saint Louis ne se montre qu'assez longtemps 
après le statut Cupientes. Eu juillet 1246, il met à la 
disposition des inquisiteurs ses prisons de Carcassonne et 

1. LAbbo, Àcta conciL, VII, col. 171. 

2. llist, gén, de Languedoc, VIII, col. 883, 884. 



INTRODUCTION. CCXXV 

de Béziers^ Âlfonse de Poitiers avait ordonné au séné- 
chal de Carcassonne de contraindre, par la confiscation 
des biens et Tarrestation des personnes, ceux qui étaient 
excommuniés à rentrer dans le sein de TÉglise (8 avril 
1254). Saint Louis adoucit ces dispositions de rigueur 
par ses instructions aux enquêteurs (juillet 1259)*. Il 
apporta aussi quelque tempérament au statut Cupientes, 
tout en maintenant l'exclusion des charges publiques à 
l'égard des héritiers des condamnés ad murum^. Il revint 
même sur ce dernier point. Les enquêteurs envoyés dans le 
Languedoc furent invités à rendre les biens confisqués pour 
hérésie, excepté dans trois cas : 1<^ hérétique dûment con- 
damné; 2^ hérétique en fuite; 3* hérétique ayant donné 
asile à des hérétiques condamnés. Quant à la femme, en 
aucun cas elle ne pouvait être privée de ses biens. Exception 
^it fidte en faveur des héritiers de l'hérétique qui embras- 
saient la vie religieuse : ses biens leur revenaient alors ^. 
Nous avons déjà rencontré la disposition relative aux biens 
de la femme. Les autres mesures font soupçonner certains 
abus que le saint roi se préoccupa de corriger, tout en 
maintenant la poursuite et la vindicte contre les hérétiques^ ; 
il revint même sur l'article des prisons avec une précision 
qui ressemble à une sorte de disposition nouvelle. Le 14 oc- 

1. HisL gén, de Languedoc, VIII, col. 1206; Mahul, Cartulaire, 
V, 627 ; Doat, GLTV, fol. 236. 

2. Hùt. gén. de Languedoc, VUI, col. 1326, 1440-1441. 

.- 3. Hùt. gin. de Languedoc, VUI, col. 1440-1441 ; Doat, XXXI, 
foL 263 v*»-270. 

4. Recueil des Ordonnances, I, p. 62; Hist. gén. de Languedoc, 
III, Preuves, col. 494 (éd. princeps). 

5. En 1255, il renouvela ses ordonnances {Hist. gén. de Langue» 
doc, Vni, col. 1360). 





CCZXVJ INTRODUCTION. 

tobre 1258, il écrivit au sénéchal de Carcassonne pour loi 
ordonner de pourvoir à l'entretien des inqoiaitears et d'adie- 
ver les prisons. Et, à ce propos, il posa la règle suivante 
que l'entretien des prisonniers restait à la chai^ des sei- 
gneurs bénéficiant des confiscations pour hérésie ^ . 

Et, en efiet, Philippe de Montfbrt les paroevait*; Pierre 
des Voisins les perçut « in ballivia Carcassone » jusqu'en 
juin 1260'; l'évêque d'Âlbi eut le droit de s'emparer dee 
biens des hérétiques de son diocèse qui ne seraient point 
vendus dans l'année après la condamnation^ : les saisies 
faites à Monestiès et à Montirat, en particulier, lai furent 
adjugées par sentence du sénéchal du Rouergoe (2 juin 
1260) ^. Enfin, pour ne pas prolonger cette énumération, le 
sire de Mirepoix, jouissant du droit « comburendi heretir 
cos terrae suae, » était par là même en droit de s'emparsr de 
leurs biens ^, et c'est en vertu de ce droit que restitution 
fut faite à Gui de Lévis, maréchal d'Albigeois et seigneur 
de Mirepoix, des ossements des hérétiques qui furent 
brûlés sur la grève de l'Aude, à Carcassonne, en 12701 

i. Uùt. gén, de Languedoc, VIll, coi. 1435-1436; Mahul, (/artv- 
laire, V, 627; Doat, XXXI, fol. 260 v«-261. L'article relatif anx 
prisons ne se trouve pas dans Le texte de Doat. 

2. Doat, XXXn, fol. 258-260. 

3. Hist. gén, de Languedoc, VllI, col. 1466. 

4. Doat, XXXIV, fol. 132. 

5. J. de Laborde, Layettes, UI, n» 4608, p. 523. 

6. c Item, cam dictus marescallas, dominas de Mirapiscis, pro- 
posuisset se fuisse in possessione pacifica comburendi her^ooe 
terre sue, condempnatos ad ignem per inqaisitores GarcaBSonea- 
ses, et habendi eciam earum mobilia, si in terra Régis exis- 
tant... » (BeugQot, les Olim, I, p. 317. Enquêtes de 1269). 

7. Archives de Léran, fonds Lévis. Deux pièces communiquées 
par M. Pasquier, aujourd'hui archiviste de la Haute-Garonne, et 
publiées dans VHist. gén. de Languedoc, VIII, coi. 1674-1676. 



INTRODUCTION. ccxxvij 

Le comte de Foix afScha plus tard les mêmes préten- 
tions^ 

Que le gouvernemeiit de saint Louis ait eu pour les biens 
confisqués une comptabilité spéciale , cela va sans dire*. De 
là des opérations diverses : saisies, ventes, enquêtes, dona- 
tions, restitutions de biens, dont on trouvera les actes dans 
V Histoire générale de Languedoc^y dans les Layettes 
du Trésor des chartes^y dans le Cartulaire de Carcas- 
sonne^ ou même aux Archives du château de Léran®. 

2. Philippe le Hardi. — Le règne de Philippe le Hardi 
ne fournit point d'acte important. Le seul qui soit un peu 
considérable se place au début; encore faut-il recon- 
naître que Philippe le Hardi reproduit simplement et con- 
firme Tordonnance de son père relative aux émoluments 
des inquisiteurs, à l'aménagement des prisons, qu'il importe 
d'achever, à l'entretien des prisonniers^. Les autres pièces 
de ce règne sont des lettres de sauvegarde en faveur des 

1. Hist, gin. de Languedoc, X, 484-489, 659. En 1313, le vicomte 
de Lomagne, Bertrand de Got, obtint concession des confiscations 
pour hérésie (Ibid., 937). 

2. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 451. 

3. Vm, col. 974, 1308 (Doat, Cm, fol. 67), 1360 (Doat, GLIV, 
fol. 59), 1361 (ibid., fol. 63 vo), 1421 (ibid., fol. 122). 

4. T. m, no 4097, p. 208. Cf. n* 4282, p. 314. 

5. T. V, 628. 

6. Le 5 octobre 1268, Guillaume de Gohardon, sénéchal de Gar- 
casBonne et de Béziers, vend à Aymeric de Boussagues, à Ray- 
mond de Benegra et au sacristain de Villemagne, pour le prix de 
30 liv. toum., 40 sous toum. de rente à percevoir sur le fief de 
Glairac, confisqué sur Bernard de Glairac pour crime de félonie et 
hérésie. (Pièce communiquée par M. Pasquier, qui connaît à mer* 
veille les archives de Léran.) 

7. Hist. gén. de Languedoc, VUI, col. 1436 ; Mahul, Cartulaire, 
V, 629 ; Dùat, XXXI, fol. 261 vo.262. 



Ccxxviij INTRODUCTION. 

inquisiteurs ou de recommandation aux archevêques et 
évêques pour ceux des frères Prêcheurs que le prieur du 
couvent de Paris désignera conmie juges délégués, et envers 
lesqueb il commande Tobéissance^ C'est bien peu, et cepen- 
dant c'est assez pour pouvoir caractériser l'action du règne : 
Philippe le Hardi a continué saint Louis son père ; il s'est 
montré &vorable à l'idée que l'Inquisition fût confiée aux 
frères Prêcheurs. Il n'en fallait pas davantage pour ne pas 
contrarier le bon fonctionnement de l'institution. 

3. Philippe le Bel. — Je puis en dire autant de Philippe 
le Bel. 11 suit la politique de son aïeul en ce qui regarde 
la poursuite des hérétiques. Cependant le monde a marché, 
et quelques points semblent nouveaux. Au début, Philippe 
le Bel montre qu'il entend ne pas fléchir : il prive da 
notariat Raymond Vital, d'Avignonet (Haute-Garonne)i 
parce qu'il est le petit-âls de Roger Isarn, qui a été con- 
damné pour hérésie et brûlé*. La poursuite des Juib date 
d'hier ; nous avons vu les papes l'ordonner. Philippe le Bel 
s*y prête ; il veut que le sénéchal de Carcassonne obéisse 
au^ inquisiteurs dans la cause^. Quand éclate le conflit 
entre Carcassonne, Albi et l'Inquisition, il prend une attitude 
plutôt digne que malveillante. Jusqu'alors les rapports des 
ofSciers royaux avec les inquisiteurs avaient été réglés par 
cette formule à peu près invariable : ils devaient simplement 

1. Doat, XXXII, fol. 85-86, 86-87, 87-88, 88-89. 

2. Lettres du 2 août 1288, transcrites par les soins de Jean 
Vigoureux, inquisiteur, le 3 décembre de cette année (Doit, 
XXXn, fol. 151). 

3. Doat, XXXII, fol. 254 vo.255. Lettre du 3 décembre 1293. 
Gf. la lettre du sénéchal de Carcassonne au vicomte de Narbonne 
lier février 1294, n. st.), qu'il ait à exécuter les lettres de Phi- 
lippe le Bel et la bulle de Grégoire X contre les Juifs (Doat, 
XXXII, fol. 254-257). 



INTRODUCTION. ccxxlx 

leur obéir. Maintenant ces rapports se modifient légère- 
ment. Philippe le Bel a déterminé les cas dans lesquels 
ses sujets pourront être arrêtés pour hérésie; il faut au 
moins une véhémente présomption ; il'exige qu'on ne s'écarte 
point de la forme qu'il prescrit, car il a appris qu'on a fait 
des arrestations arbitraires ^ C'était, sous des apparences de 
justice, contrarier la poursuite, ou du moins la gêner. Le 
sénéchal de Carcassonne, Henri, seigneur de Elisia^ crut 
peut-être trop à un changement dans la politique royale, 
d'autant qu'il reçut de la part de Philippe le Bell'assurance 
que les inquisiteurs n'obtiendraient de lui que des réponses 
conformes aux siennes en tout ce qui regardait les arresta- 
tions*. Le sénéchal devenait, pour ainsi dire, le maître. 
Les inquisiteurs firent valoir tout ce que cette situation 
contenait d'arbitraire et de méfiance. Boniface VIII inter- 
vint. Il faut bien avouer que, si le roi eût pu à son gré, 
même sous le facile prétexte des droits supérieurs de la jus- 
tice, fixer les conditions auxquelles seules une arrestation 
dût se faire à l'occasion d'un délit d'hérésie, il eût par 
là même connu indirectement de l'hérésie, cause qui 
n'appartenait en aucune façon à la juridiction séculière. 
Philippe le Bel le comprit : le 5 septembre 1298, il manda à 
sefi barons et ofSciers d'obéir à Tévêque et à l'inquisiteur 
pour les arrestations à opérer, conformément à la constitu- 
tion du pape Boniface^. Le sénéchal n'était donc plus le 
juge des arrestations à faire. 

1. Doat, XXXII, fol. 266-269; Hist. gén. de Languedoc, X, 
col. 273-281. 

2. Doat, XXXn, fol. 269 ; Mahul, Cartulaire, V, 650; Cf. Doat, 
XXXU, fol. 269 vo-271 ; Mahul, Cartulaire, 650. 

3. Doat, XXXII, fol. 280-281. Autre lettre du 15 septembre 
1298 dans le même sens (Doat, XXXII, fol. 278-279). 



CCZXX INTRODUCTION. 

S*il finit par modifier son attitude, c'est sans doute parce 
qu'il comprit que les difficultés soulevées contre l'Inquisition 
donnaient de l'audace aux partis ; les intérêts de sa couronne 
ne pouvaient qu'en souffrir. En 1304, il se préoccupa de 
fortifier l'Inquisition^; en 1305 et en 1306, il dépouilla de 
leurs charges les officiers convaincus d'hérésie; il défendit 
qu'on fit des ligues ou qu'on levât des tailles pour s'opposer 
à l'Inquisition^. Malgré tous les agissements de Bernard 
Délicieux, il se refusa absolument à demander que les firères 
Prêcheurs en fussent désormais écartés. 

L'administration financière des biens confisqués sous 
Philippe le Bel reste ce qu'elle était précédemment. Cepen- 
dant on peut relever quelques faits particuliers assez 
curieux : par exemple des saisies et des ventes faites, à part 
égale, par les agents du roi et de Tévêque d'Âlbi, Bernard 
de Castanet^ ; car l'évêque était déjà en possession des biens 
saisis dans son diocèse, et le roi lui confirma cette posses- 
sion, même pour les cas où il n'aurait pas fait procéder à la 
vente dans l'année suivant la condamnation^. 

Il existe des rôles de confiscations et des comptes : 1<^ de 
1302 à 13055; 2^ de 1305 à 1309»; 3o de 1309 à 1310^ 

1. Hist, gên. de Languedoc, X, 428-431. 

2. Doat, XXXrV, fol, 81-82, 109-111. 

3. Doat, XXXU, fol. 300, 315, 315 vo; XXXIU, fol. 193. ' 

4. Doat, XXXn, fol. 132-133. Lettre du 17 août 1306. Ce point 
fut maintenu, sous Louis X, hormis le cas d'empêchement légi- 
time à procéder à la vente. Ordonnance du sénéchal de Garcas- 
sonne du 20 août 1316 (Doat, XXXIV, fol. 135-136). L'évoque 
d'Albi fut maintenu dans le droit sur les confiscations opérées 
dans son diocèse par Philippe VI (Doat, XXXV, fol. 70, 80, 83). 
Voy., pour les arrangements survenus avec Âlionor de Montfort, 
ibid., fol. 49, 100. 

5. Doat, XXXm, fol. 207-231. 

6. Ibid., fol. 232-260. 

7. Ibid., fol. 261-272. 



INTRODUCTION. Ccxxxj 

On peut par eux apprécier la fortune de chaque condamné : 
car c'est le revenu provenant des biens de chacun qui com- 
pose ces comptes. Pierre Radulphe {RadtUphus) les dresse, 
comme procureur du roi pour les confiscations ; il a pour 
lieutenant Guillaume Bernard ^ 

Le nom des condamnés ajoute beaucoup à l'intérêt de ces 
comptes. Un certain nombre avaient été interrogés par Ber- 
nard de Castanet; par exemple, en 1285, Pons Nicolas, 
d'Albi», et Vital Vinhols, d'Albi»; en 1299, Raymond 
Hugues^, Bérenger Adémar*^, Bérenger Brossa*, Bérenger 
Fumet ^, Bertrand de Montégut*, Galhard Fransa*, Guil- 
laume Fenassa le Boiteux^^, Guillaume Goulfier^S Jacques 

1. Pierre Milhan était le procureur de l'évoque d'Albi (quittance 
du 29 janvier 1301, n. st.; Doift, XXXUI, fol. 189). Philippe le 
Bel avait, par ses lettres du 17 novembre 1296, constitué Pierre 
de Pradines, curé de Saint-Étienne de Toulouse, son agent pour 
les biens d'hérésie; à ce titre, celui-ci procéda à la vente d'un pré 
et d'une vigne ayant appartenu à Pierre Rigaud, condamné (Doat, 
XXXni, fol. 193-197). — A signaler spécialement parmi ces 
pièces la vente faite par Rainaud de Dugniaco et Pierre Imbaud 
de Plaigne (de Planhano)^ frères, de la seigneurie de Pechluna 
(Aude), confisquée à Pons Magrefort, Pons Guillaume et Pierre 
Roger de la Tour ; vente approuvée par Eustache de Beaumar- 
chais, sénéchal, le 4 février 1293, n. st. (Doat, XXXU, 
fol. 244 v^250). 

2. Doat, XXXm, fol. 267 vo. 

3. Ibid., fol. 258 vo. 

4. Ibid., fol. 255. 

5. Ibid., fol. 230 vo, 253, 264, 271. 

6. Ibid., fol. 229, 249 vo, 267. 

7. Ibid., fol. 223, 249. 

8. Ibid., fol. 227 vo, 254. 

9. Ibid., fol. 222, 250 v, 266 V>, 270. 

10. Ibid., fol. 207, 232, 268. 

11. Ibid., fol. 224, 252, 266 vo. 



ccxxxij INTRODUCTION. 

Fumets Lambert de Foaissenx*, Pierre Rigaud', Pime 
TailleferS Raymond Auger^^, Raymond Gardas ^ tous 
d'Albi. Â défaut des sentences, cette simple indication per- 
met de dire dans quelle mesure les interrogatoires de 
révêque d'Albi siégeant avec les inquisiteurs furent suivis 
de condamnations; celles-ci, au dire de Bernard Gui, se 
seraient élevées au nombre de vingt-cinq^. 

Sous les règnes des fils de Philippe le Bel, Arnaud 
Assalit est le procureur du roi pour les confiscations. Le 
tome XXXIY de Doat fournit une quittance de 496 Ut. 
6 s. 2 d. t. qui lui est délivrée par Lotherius Blanc, tréso- 
rier du roi, à la date du 24 septembre 1317 (fol. 141-142), 
les comptes des recettes s'élevant à 2,219 liv. 7 s. 10 d., et 
celui des dépenses à 1,168 liv. 11 s. 4 d., du 24 juin 1322 
au 24 juin 1323 (fol. 189-213)». 

i. Doat, XXXm, fol. 219 vo, 247 v», 265, 269 v. 

2. Ibid., fol. 220 vo, 255. 

3. Ibid., fol. 226 v», 267 vo. 

4. Ibid., fol. 230, 257, 269 v*. 

5. Ibid., fol. 227, 270 vo. 

6. Ibid., fol. 259 v». 

7. Priores in conventu Albiensi, bibl. de Bordeaux, ms. 780, 
fol. 97; bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 217 v». 

8. Le 5 mai 1322, Charles IV le Bel mande au sénéchal de Car- 
cassonne et au procureur des confiscations de prendre sur les reve- 
nus des confiscations pour parfaire les émoluments dus à frère Ubert, 
inquisiteur, depuis Tannée 1315 (Doat, XXXIV, fol. 232 v«, 233). 
Ce frère Ubert, confesseur du roi, a dû être inquisiteur aillenn 
qu'en Languedoc. Philippe VI s'occupe de la réparation des pri- 
sons à Garcassonne, à laquelle le comte de Foiz refusait de con- 
tribuer (Hist. gén. de Languedoc, X, 693-694). H fait donation à 
Jacques de Boulay, son notaire, des biens de Pierre d'Aragon, 
condamné pour hérésie (ibid., 705-706). Jean, évoque do Beauvais, 
ministre du roi, dispose des biens de Guillaume de Berens (de 
Derenchis)^ condamné pour hérésie (ibid., 917-919). 



INTRODUCTION. ccxxxiij 

Je relève parmi les condamnés le nom de Guillaume 
Oarric (fol. 193) : une pièce importante retrouvée aux 
archives de l'Aude, et jusqu'à ce jour ignorée, est l'acte 
de vente de son hôtel, sis à Carcassonne, en 1329; cet acte 
contient, avec les lettres royales, le rôle de l'encan et des 
indications précises sur la procédure suivie en pareil cas^ 

V. MillUELS IfVQUISITORIiUX. 

Quelle que soit l'importance des manuels à l'usage des 
inquisiteurs, on comprendra que je ne m'étende pas longue- 
ment sur les deux traités spéciaux que nous devons aux 
inquisiteurs du Languedoc; car il faut se borner. L'un se 
place presque au débuts l'autre vers la an de la période étu- 
diée; le premier est court, le second très ample. Leur origine 
certaine leur donne une valeur très grande : car, non seu- 
lement ils ont servi, mais encore ils ont été composés avec 
des pièces ayant un caractère historique et par les inquisi- 
teurs. 

1. Processus inquisitionis (1244-1254). 

Le premier pourrait être intitulé Processits inquisitio- 
nis..ll se compose des pièces suivantes : 

1® Lettre de Pons de Saint-Gilles, provincial des frères 
Prêcheurs, instituant inquisiteurs, en vertu de pouvoirs 
apostoliques, Guillaume Raymond et Pierre Durand, reli- 
gieux de son ordre (Narbonne, 21 octobre 1244). 

2^ Lettres de citation : d'abord la citation collective contre 
les habitants de tel endroit âgés au moins de quatorze ans, ou 

1. J*ai publié cette pièce dans le travail ayant pour titre : Guil- 
lattme Garric, de Carcassonne, professeur de droit, et le tribunal 
de l'Inquisition {Annales du Midi, année 1898, p. 5 et suiv.). 



ccxxxiv INTRODUCTION. 

de douze ans» selon le sexe ; ensuite la dtation indiyidudle 
contre tel ou tel. 

3^ Mode d'abjuration avant l'interrogatoire. 

4® Formule de l'interrogatoire. 

5"" Formule de la réconciliation et de la pénitenoe pour 
ceux qui rentrent dans l'unité ecclésiastique. 

6® Lettre de pénitence. 

7^ Formule de sentence pour livrer l'hérétique au bras 
séculier. 

8^ Formule de sentence contre ceux qui sont morts dans 
l'hérésie. 

Le tout se termine par un avertissement sur la nature 
des preuves admises et sur la conduite à tenir par les juges 
qui entendent ne s'écarter en rien de la ligne tracée par les 
constitutions apostoliques. 

Ce traité, fort court d'ailleurs, peut donc être r^ardé 
comme un formulaire : pour chaque cas, le juge n'avait 
qu'à introduire un nom dans la pièce. Il a été composé après 
1244, date de la lettre de Pons de Saint-Gilles, et avant 
1254, date de la mort d'Innocent lY ; cela résulte du texte 
lui-même, où les inquisiteurs disent : « Testium non publi- 
camus nomina propter ordinationem sedis apostolice sob 
domino Gregorio provide factam et ah InnocentiOj beatis- 
simo papa nostro, postmodum innovatam. » Il a été rédigé 
dans le Languedoc par Guillaume Raymond et Pierre 
Durand, inquisiteurs, selon toutes les probabilités, ou par 
Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. 

Il est permis d'y voir une réponse à une consultation. 
Les inquisiteurs disent : facimus, injungimtis, dampnor 
mus, etc., comme s'ils répondaient à des questions qui leur 
auraient été posées. 

Il est plus difficile de nommer l'auteur ou les auteurs de 



INTRODUCTION. CCXXXV 

ces questions. Ce traité, œpendant, se trouve à Madrid, 
bibliothèque de rUniyersité, ms. 45 ^ On n'en connaît que 
ce manuscrit. Il semble qu'il aura été fait pour l'Espagne et 
pour les inquisiteurs de ce pays, je veux dire les inquisiteurs 
d'Aragon. L'Âragon et le Languedoc, en effet, échangeaient 
des consultations. Le traité rédigé par saint Raymond de 
Pefiafort, sous le nom de l'archevêque de Tarragone, en 
1242, sur la résolution de certains doutes, en est la preuve 
sufSsante : il appartenait aux archives anciennes de l'In- 
quisition de Carcassonne, d'où il est passé dans Doat 
(t. XXXYIII). Les inquisiteurs du Languedoc, désireux de 
l'avoir, l'avaient donc demandé ; ils le conservèrent pour 
ks lumières qu'ils pouvaient y trouver. Les titres des cha- 
pitres sufiSront à édifier le lecteur : Queritur qui dicantur 
hereticiy qui suspecti^ et sic de singulis. — Queritur 
de heretids dogmatisantibus et relapsis in credentiam 
quid sit agendum. — Queritur de forma abjurationis , 
— Queritur de forma purgationis. — Qualiter corn-- 
purgatores jurare debeant. — Qualiter sacerdos débet 
inquirere in confessionibv^ de facto heresis ^. 

Trouvé par le R. P. Balme, des frères Prêcheurs, le for- 
mulaire languedocien a été publié dans la Nouvelle Revue 
historique de droit français (t. VII, p. 669 et suiv.) ; et 
M. Ad. Tardif l'a présenté dans une sorte d'avertissement 
substantiel sur la procédure per inquisitionem^. Je ne 

1. C'est le numéro du manuscrit qui a été donné par le P. Balme. 
Mais je Ty ai fait rechercher sans résultat. 

2. A Castres, un frère Mineur avait imposé des pèlerinages à 
la suite de la confession auriculaire (Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 41). — Je prépare l'édition du traité de saint Raymond de 
Pefiafort. 

3. Le texte ne me parait pas irréprochable. Je n'ai pas encore 



ccxxxvj INTRODUCTION. 

m'arrêterai plus que sur le dernier mot de ce Processut : 
« Si beiie âeret justitia de dampnatis et relapsis, et bon 
publicarentur fldeliter, et incarceratis provideretur « 
necessariis competenter, in fructu inquisitionis gloriosos 
Dominus et mirabilis appareret. » L'Inquisition prodoinit 
de meilleurs résultats, si l'on pourvoyait exactement k 
l'entretien des prisonniers. Que peut signifier un tel lan- 
gage? L'auteur exprime, à n'en pas douter, un regret. La 
prisons ou ne sont pas encore édifiées, ou ne peuvent rece- 
voir les condamnés. Les condamnés ou les prévenus sont 
laissés en liberté ou confiés à la garde de mains étrangères* : 
d'où résulte le mépris de la poursuite. Peut-être est-ce là 
le motif ou l'un des motifs de l'activité que nous avons vue, 
à plusieurs reprises , régner autour des prisons : il était 
urgent de les construire ou de les rendre habitables. 

2. € Practica » de Bernard Gui. 

Le second des traités dont j'aie à parler ici est la Practica 
de Bernard Gui. Dans ses grandes lignes, la Practica se pré- 
sente comme un écrit théorique, puisqu'elle donne la suite 
méthodique des actes constituant la poursuite. Mais chacune 
des pièces qui en composent les trois premières parties est 
sortie du grefie même de l'Inquisition : elle a servi. Il fieiut, 
comme pour le traité précédent, lui reconnaître un caractère 

réussi à en obtenir une collation sérieuse. Il est asseï important 
pour mériter les honneurs d'une réédition le jour où on en aura 
un texte bien établi. 

i . La législation inquisitoriale ne s'opposait nullement à un tel 
arrangement. Par exemple, Pons Garrigue avait reçu à Labécàde 
(Haute-Garonne) deux femmes hérétiques, dont la garde lui fut 
conGée. Mais il les laissa aller (bibl. de la ville de Toulouse, 
ms. 609, fol. 127). 



INTRODUCTION. ccxxxvij 

k historique; ce caractère est fortement accusé. Dès lors, nous 
i pcHiYons dire : voilà comment on procédait dans le Langue- 
I doc au commencement du xiv* siècle. Aux yeux de Thisto- 
î[ * rien, c'est un document d'un grand prix ; le témoignage 
qa'il apporte lui paraîtra décisif. Quant à la cinquième par- 
tie, elle fait admirablement connaître ceux que Ton poursui- 
Tait. Bernard Gui y a exposé les doctrines hérétiques, et, 
qu'on le remarque, dans leur rapport avec la poursuite. Il 
ne faut pas voir en lui, à proprement parler, un hérésiologue, 
comme le fut avant lui Benoît d'Alignan, l'auteur du TVoc- 
tattis contra errores caiholicae fidei obviantes^. Son 
objet est d'ordre tout pratique. Il veut fournir à Tinquisi- 
leur pour lequel il écrit des précisions doctrinales qui l'éclai- 
rent dans la recherche de l'hérétique et servent de base à ses 
interrogatoires futurs. Il donne, si je puis ainsi parler, le 
corps du délit, et il décrit Thérésie aux formes multiples, 
mais en tant qu'elle tombe sous le coup des constitutions 
apostoliques. C'est ainsi qu'on explique qu'il consacre un 
chapitre aux Pseudo-apôtres, un chapitre aux Béguins, un 
chapitre aux Juifs, deperfidia Judaeorum, un chapitre aux 
devins et ouvriers de sortilèges. Le lecteur en a> sans doute, 
plusieurs fois fait la remarque : dans les premiers temps, le 
juge dél^ué se bornait à poursuivre les Manichéens et les 
Yaudois ; à la fin du xm^ siècle, il poursuivait encore ceux 
que je viens de nommer. 

En un mot, et pour tout dire sommairement, la Practica 

1. Bibl. nat., ms. lat. 4224. J'en ai donné quelques extraits 
dans un article de mélanges intitulé : les Hérétiques du midi 
au lUh siècle {Annales du Midi, t. UI (1891), p. 367). Parmi 
ces extraits, à signaler : !<> Sub qua forma juret de heresi inqui^ 
rendus; 2^ Super quitus fiant interrogationes ; 3® De ydolatris et 
ydolatriis. 



ccxxxviij INTRODUCTION. 

de Bernard Gui doit être mise au premier rang des manueii 
à l'usage des inquisiteurs, soit que l'on oonsidàre le food 
des choses, soit que Ton s'arrête à la personne de rauteor. 
Et, comme elle est l'expression fidèle de la prooédare inqni- 
sitoriale dans le Languedoc au xiv* siècle, époqae à laqndk 
celle-ci a atteint son apogée, elle constitue un des docomeots 
principaux dans toute la série, fort étendue malgré ki 
lacunes, des pièces, registres et manuscrits dont j'ai pariée 

3. La torture. 

La Practica de Bernard Gui est muette au sujet de k 
torture. Ce silence peut d'abord paraître assez naturel, 
puisque le juge d'église ne pouvait arradier la vérité aux 
clercs per tormenta, et aux laïques nisiper quaestiowh 
rium vel demandando civUi judici. Cependant, il ne peot 
laisser de surprendre, car nous n'avons aucune sentence 
remettant un reus au juge civil pour lui infliger la question; 
aucun acte ne nous est parvenu par lequel, directement oa 
indirectement, le juge délégué aurait édicté la torture avec 
obligation pour le juge civil de l'appliquer. Et, cependant, 
Bernard Gui a voulu prévoir chacun des cas de la procédure 
et y répondre par avance. Encore une fois, il ne fiiit aucune 
allusion à cette voie de contrainte : car il s'agit, on le com- 
prend, de la torture employée comme moyen d'obtenir 
l'aveu. 

Je n'ai pas à traiter ici la question des origines de la tor- 
ture. Les auteurs les plus autorisés admettent qu'elle est 

1. Je Tai publiée en 1886 (Paris, Picard, in-4<*). J'en prépare 
une seconde édition. On en trouve dans Doat (L XXIX et XXX) 
une copie qui s*arréte à la constitution de GLément IV : Cum 
adversus hereticam pravitatein, V' partie, p. 304 de mon édition. 



INTRODUCTION. ccxxxix 

étrangère au droit canonique^ ; en même temps, ils afSrment 
ip'il en fut fait usage, au xnf siècle, dans la recherche du 
crime d'hérésie. « La torture, dit M. Esmein, devint un 
Bioyen ordinaire d'instruction. Ce fut le droit romain qui 
servit ici d'autorité. Le crime d'hérésie était regardé comme 
erimen laesae majestatis dimnae ^ et, à partir du 
un* siècle, on appliqua dans ces sortes de procès les règles 
dn Digeste et du Code sur la mise à la question des accusés 
et des témoins dans le erimen majestatis '. » n est certain 
que la constitution d'Innocent lY, Ad eœtirpanda, du 
15 mai 1252, autorisa l'emploi de la torture citra membri 
diminutionem et mortis periculum^; cette constitution 
fat renouvelée et confirmée le 30 novembre 1259 par 
Alexandre IV ^ et le 3 novembre 1265 par Clément IV*. 
Et d'ailleurs, comme, dans l'intervalle, le 4 août 1262, 
Urbain IV donna aux inquisiteurs et à leurs socii le pou- 
voir de se relever mutuellement de tous les cas d'irrégularité 
qu'ils pourraient avoir encourus ^ M. Tanon en conclut que 
le aeul obstacle, à savoir l'irrégularité canonique, pouvant 
s'opposer à ce que les inquisiteurs « fissent administrer 

1. Par exemple Biener, Geschichte des Inquisitions Processes, 
p. 55, 87 ; Paul Fournier, les Offidalités au moyen âge, p. 249, 280 
(Paris, Pion, 1880, in-8«); Esmein, Histoire de la procédure crimi- 
n$Ue en France, p. 19, 77 (Paris, Larose et Forcel, 1882, in-8<»). 
M. Tanon {Histoire des tribunaux de l'Inquisition en France, p. 362 
et auiv.) a exprimé une opinion opposée. Mais son argumenta- 
tion ne m'a point convaincu. 

2. Op. eit.y p. 77, 78. 

3. Potthast, no 14592. — M. Esmein l'attribue par erreur à 
Alexandre IV. 

4. Ibid., n» 17714. 

5. Ibid., no 19433. 

6. Ibid«, no 18390. 



ccxl INTRODUCTION. 

eux-mêmes la questions » était levé; et M. Esmein déclare, 
comme on l'a yu tout à l'heure, que la « torture devint u 
moyen ordinaire d'instruction. » 

Pour le Languedoc, cette affirmation est certainemeDt 
outrée. La prison, telle était la voie de contrainte ordinai- 
rement employée. C'est le seul moyen d'obtenir Tavea qui 
apparaisse soit dans le registre du greffier de Tlnquisitioii 
de Carcassonne*, soit dans les Sentences de Bernard Gai'; 
c'est le seul moyen d'aveu que Bernard Qui énonce dans la 
Practica^. Et par là les inquisiteurs du Languedoc don- 
naient la main aux inquisiteurs d'outre-Rhin ^. 

Cependant, nos documents locaux contiennent quelques 
cas de torture. D'abord, un peu avant 1243, Arnaud Bordeler, 
de Lauzerte (Tarn-et-Garonne), « fuit levatus in eculeum; 
set nichil dixit, nec potuit ab eo extorqueri^. » Après 1243, 
R. de Na Richa « fuit tractus Tholose et revelavit eis^ > 
Isarn Coll dit avoir avoué « vi tormentorum, » à Bernard 
de Castanet, en 1299^. Je n'ai relevé que ces trois cas'. Encore 
faut-il ajouter que les deux premiers constituent une ano- 

i. Op. cit., p. 374. 

2. Pins bas, p. 115 et suiv. 

3. Par exemple, p. 105, 114, 120, 145. 

4. P. 107, 302. 

5. c Si autem recuset hoc facere (sciiicet confiteri), recludatnrin 
carcere et incuciatur ei timor, qaod testes contra ipsum habean- 
tur, et si per testes convictus fuerit, nuila fiât ei miaeriooidia, 
quin morti tradetur ; et sustentetur tenui victu, quia timor talis 
humiliabit eum, et non permittatur aliquis accedere complidam 
suoram, ne roboret eum... i (David d'Augsbourg, TrwMus de 
inquisitione hereticorum, p. 43. Éd. Preger, Mayence, 1878). 

6. Déposition de Guillaume Faur (Doat, XXII, fol. 7). 

7. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 134. 

8. Bibl. nat., ms. lat. 11847, dernier feuillet. 

9. M. Tanon, qui les a ignorés, a prétendu en relever trois autres 



INTRODUCTION. CCxlj 

malie : la torture rendait irrégulier tout juge d'église qui 
Tordoniiait^; car la torture, prohibée dans les tribunaux 
d'Église, ne fut autorisée pour le cas d'hérésie qu'en 1252 
et à la condition qu'elle fût appliquée par le juge séculier. 
Son emploi dix ans plus tôt, sans être considéré comme 
impossible, ne laissera pas de paraître étrange*. Ne fau- 
drait-il pas plutôt l'attribuer à l'initiative du sénéchal? En 
1274, le sénéchal Eustache de Beaumarchais, ayant capturé 
Bernard Hugues, de Roqueyidal (Tarn), le soumit aussitôt à 
la question lui-même et sans s'en entendre avec l'inquisiteur ; 
il voulait que Bernard Hugues révélât en quel lieu les héré- 
tiques se cachaient ^, sans doute pour exciter le zèle du juge ou 

dans la correspondance de Philippe le Bel {op. cit,, p. 375, notes 1, 
2 et 3). Dans le premier, les expressions tormenta de novo exquisila 
ne peuvent signifier la question ou torture, qui était fort aincienne. 
Dans le second, le roi reproche à Foulques de Saint -George 
d'avoir agi contre le droit, terminos juris excedens et canonicas 
sanctiones super kec éditas non observans (Hist, gén. de Languedoc, 
Vni, col. 379). Mais en quoi et comment? Dans le troisième, il 
s'agit des prisonniers déjà condamnés, et non des prévenus que 
l'on veut faire parler. 

i. c His aquibus Domini sacramenta tractandasunt,judicium 
sangoinis agitare non licet... Quod si quisquam horum immemor 
praeceptorum aut in ecclesiae suae famulis, aut in quibuslibet 
personis taie aliquid fecerit, concessi ordinis privetur honore 
et loco... > (Décret. Gratiani, secunda pars, causa XX ITT, 
qnaest. VUI, cap. xxx). 

c In ipso causae initio non est a quaestionibus inchoandum. i 
Le titre du chapitre enlève toute équivoque à ce texte : « Tor- 
menta, judiciis non praecedentibus, inferenda non sunt i (Décret. 
Gregor. IX, lib. V, tit. xli, cap. vi). 

2. On dira peut-être qu'en 1252 Innocent lY se borna à sanc- 
tionner un moyen d'aveu déjà en usage et à en donner les formes. 
Sa constitution n'autorise point cette hypothèse. Il n'y a pas la 
moindre allusion à cet usage. 

3. c Fuit captus et questionatus per dominum Eustachium, 

P 



ccxlij INTRODUCTION. 

le prendre en défaut. Raymond HagneB, firère du précédent, 
passa de même par les afires de la torture, mais parce qoe 
le sénéchal l'y appliquai Encore une fois, il fiaudrait plus 
que s'étonner de remploi de la torture par le juge déBignè 
en 1243 et en 1244. En tout cas, même en admettant ces 
deux exemples, nous sommes en droit de dire que l'usage eo 
fut rare dans le Languedoc. 

VI. Les lufciTS. 

Le midi de la France est pauvre en chroniques ; le Lan- 
guedocien loquace n'a cependant jamais aimé à écrire, à 
faire des récits, à raconter. Si cette observation est juste, il 
faut avouer qu'elle comporte, dans une certaine mesure, une 
exception pour ce qui touche la poursuite înqaisitoriale. Et 
dès lors on serait autorisé à voir dans ces récits une preuTe 
nouvelle de l'ébranlement profond qui, un moment, déso- 
rienta l'âme méridionale. Seulement c'est dans les rangs de 
l'Église que l'émotion aurait le plus gagné, à ne considérer 
que les auteurs de ces récits. 

i, La € Chronique » de Ouillaume de Puylaurem. 
C'est d'abord Guillaume de Puylaurens, chapelain deRaj- 

senescallum Tholosanum, quia nou reveiabat ei ubi eraut here- 
tici 1 (Doat, XXV, fol. 78). 

i. « Fuit captus et positus ad questionem per dominum senes- 
callum • (Doat, XXV, fol. 113). — Faure Raseire, d'Auriac 
(Haute-Garonno), dit, dans sa déposition du i"' mars 1246, qa'ar- 
rôtti à Toulouse « stetit in Castro Narbonensi captus per très 
soptimanas pro heresi ; et fuit crucesignatus in fronte cum ferro 
calido 1 (bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 97 v»). Gela 
remontait à quatre ans. Je n*ai vu nulle part ailleurs que les 
hérétiques aient été marqués au fer rouge au front. 



INTRODUCTION. ccxliij 

moud VU, mort en 1270, mais dont la curieuse Chronique 
remonte jusqu'aux premiers grands événements où la lutte 
entre FÉglise et l'hérésie s'engagea corps à corps. Au cha- 
pitre XL, abordant le concile tenu à Toulouse en 1229 et 
dont nous avons parlé, il dit ce qu'il avait appris des pre- 
mières poursuites : l'examen des témoins confié aux évêques, 
qui devaient tout renvoyer à Foulques, de Toulouse; le refus 
par le légat de communiquer les noms des témoins, etc. Si 
nous en savons quelque chose, c'est par ce chroniqueur seul. 
Ce chapitre xl, si court cependant, a une valeur très grande. 

2. La € Chronique » de Guilhem Pelhisso. 

Guilhem Pelhisso est un frère Prêcheur du couvent de 
Toulouse et vraisemblablement toulousain par sa famille : 
car son nom apparaît plusieurs fois dans les documents tou- 
lousains du xm« siècle. Procureur ou économe de son qpu- 
vent, il a laissé deux écrits : dans l'un, il donne l'état des 
achats d'immeubles pour son établissement dans le quartier 
Saint-Sernin , et Bernard Gui l'a introduit dans la notice 
qu'il a écrite du couvent et des prieurs de Toulouse^; l'autre 
est le récit des incidents dramatiques qui se produisirent à 
Toulouse à la suite des premières poursuites des inquisiteurs 
contre les hérétiques, qui se sentaient soutenus par l'autorité 
municipale. Les frères Prêcheurs de la ville furent dispersés. 
Ouilhem Pelhisso, témoin et victime, raconta ce qu'il avait 
vu, en marquant le rapport existant entre l'intervention des 
pouvoirs locaux et les premiers procès de l'Inquisition. 

La chronique de Guilhem Pelhisso est contenue dans le 
ms. 1437 (229, ancien fonds) de la bibliothèque d'Avignon, 

1. Bibl. de Toulouse, ms. 490; bibl. de Bordeaux, ms. 780. 



ccxliv INTRODUCTION. 

fol. 11-14, OÙ elle se trouye placée entre les deux écrits 
Bernard Gui : Priores in monasterio Pruliani et Funr 
dacio conventtis TholosarU. C'est à loi, sans aucun 
doute , que nous en devons la conservation. Le manuscrit 
est des premières années du xnr* siàde ; il en foomit une 
copie excellente. 

Cette chronique, pittoresque, vivante, émue m&ne, est de 
tous points curieuse. Sans doute, les faits relatifs à la pour- 
suite des hérétiques ne sont racontés que tout autant que les 
frères Prêcheurs s'y trouvèrent mêlés. Du moins, par cela 
même, l'auteur a élargi son cadre géographique. Après les 
incidents de Toulouse, il rapporte ceux d'Âibi ; il expose 
rinquisition à Moissac, dans le diocèse de Cahors ; et c'est 
par lui que nous savons que Pons de Saint-Gilles, provin- 
cial de son ordre, alla à Rome avec Raymond de Foix, pour 
exposer au pape Grégoire IX les travaux des premiers inqui- 
siteurs. La Chronique s'arrête à Tannée 1235. L'on voit 
sans peine de quel prix eUe est ^ 

3. Les Albigeois jettent Vinquisiteur dans le Tarn, 

par un anonyme (1234). 

Je signale en troisième lieu un anonyme, dont le récit des 
événements d'Âibi en 1234 a pour titre (dans Doat, XXXI, 
fol. 29 v**) : Aïbienses impediunt, capiunt, verberant et 
trahunt ad Tamum inquisitorem. L'auteur appartient 
vraisemblablement à l'ordre des firères Prêcheurs, circon- 
stance qui explique comment cette narration se trouve placée 
à la suite de la Chronique de Guilhem Pelhisso dans le 

i. J*ai publié cette chronique en 1881. Je prépare une édition 
des deux chroniques de Guilhem Pelhisso avec une notice bio- 
graphique. 



INTRODUCTION. ccxlv 

manuscrit d'AyigDOD. C'est, d'ailleurs, un morceau extrême- 
ment vivant. Tout moyen critique de contrôle nous fait 
début ; je veux dire que ce récit n'est corroboré par aucun 
témoignage direct. Du moins on y remarque un ton de sin- 
cérité ; et Bernard Gui, en le reproduisant, a sufiSsamment 
marqué combien il lui inspirait confiance ^ 

4. Troubles de Carcassonne et cPAlbij par Bernard 
Gui. 

Enfin, Bernard Gui a lui-même laissé un récit des 
troubles de Carcassonne (1295-1305) et d'Albi (1300-1304). 
C'est dans la notice des prieurs du couvent de chacune de 
ces deux villes qu'il a introduit sa narration, mettant à la 
suite de la notice de chaque prieur l'exposé des faits arrivés 
sous ce prieur : Notandum hic posteris incidenter... 
C'est ainsi que le récit des troubles de Carcassonne, pour 
parler du premier, se compose de cinq morceaux : le pre- 
mier placé sous le priorat d*Odon de Caussens et se rappor- 
tant à l'année 1295 ; le second appartenant au priorat de 
Bernard Gui lui-même, qui y parle comme témoin, et de 
l'année 1297 ; le troisième compris dans le priorat de Ber- 
trand de Clermont (Dordogne) et de Tannée 1303 ; le qua- 
trième, fort court, du priorat de Pons de Torreilles, de Vil- 
lemartin (Aude), et de l'année 1304 ; le cinquième du priorat 
de Géraud de Blomac et de l'année 1305. Les troubles racon- 
tés par Bernard Gui eurent leur origine immédiate dans les 
poursuites exercées contre Guillaume Garric et Guillaume 
Brunet, de Carcassonne, professeurs de droit, legum pro- 

1. Ge morceau se trouve à la suite de la Chroniqxjie de Guiihem 
Pelhisso dans l'édition que j'en ai donnée. Il est aussi dans Doat, 
XXXI, fol. 29 v<»-32, d'après un manuscrit autre que celui 
d'Avignon. Copie bonne. 



ecxlvj PmODCCTHHf. 

fes$ore$^ qui ouTrirent la lutte contre llnqnisitioii ; nue 
première répression ne calma pas les eqirits. ÀTec Jean de 
Piqnigni, Tidame d'Amiens, Bernard Délîcieiix» qui aoofflait 
le feu, et Hélie Patrice (Helya Patricii)^ qjià dominait 
Carcassonne, la situation empin beaucoap. Bernard Gm 
montre très bien le caractère poUtique de roppositioo frite 
à rinquisition, ou plutôt aux finères Prediears, juges délé- 
gués; en 1304, quarante habitants de Limoox forent pendus 
à Carcassonne « propter proditionem in qua oonsenserant 
contra regem Francie, ut terram redderoit régi altori. » 
Pour le même motif, Hélie Patrice et quatorze de ses com- 
plices subirent le dernier supplice à Carcassonne l'année 
suivante ^ 

Le récit des troubles d*Albi ne comprend qu'un morceau 
et s*étend à quatre années (1300-1304), Guillaume de Morères 
{de Moreriis) , de Toulouse , étant prieur du couvent de 
cette ville. C'est Texposé, sous une forme dramatique, des 
faits établissant la collusion des villes d'Âlbi et de Cordes 
avec Carcassonne contre rinquisition. A Âlbi notamment, 
les esprits s'élevèrent au diapason le plus inquiétant : les 
biens de Tévêque, Bernard de Castanet, furent occupés; et, 
comme il rentrait dans sa bonne ville, la foule proféra des 
menaces de mort : Ad mortem! Ad morteni! Moriatur 
proditor! Moriatur proditor! Les frères Prêcheurs, à 
leur tour, subirent toute sorte de sévices*. 

i . Priores in conventu Carcassonensi, bibi. de Bordeaux, ma. 780, 
fol. 71, 72; bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 157 v*, 158. — Hùto- 
riens de France, XXI, 743, 744. — Douais, VAUrigèisme et les frères 
Prêcheurs à Narbonne au XIII* siècle, 132-135. — Ce récit a été 
reproduit par Gompayrè, Études historiques sur l'Albigeois^ 237- 
239, d'après un extrait déposé aux archives du Tarn (Albi, 1841, 
in-4o). 

2. Priores in conventu Àlbiensi, bibl. de Bordeaux, ms. 780, 



INTRODUCTION. CCxivij 

Ces divers récits, depuis la Chronique de Guillaume de 
Paylaurens jusqu'aux notices de Bernard Gui, ont un rapport 
direct avec la poursuite exercée contre les hérétiques par yoie 
judiciaire. Leur intérêt, il me le semble, est des plus grands 
pour l'historien ; car ils répandent la yie à travers les pièces 
officielles, constitutions apostoliques, actes des évêques, 
interrogatoires et sentences des inquisiteurs, mandements 
royaux, opérations fiscales des agents des confiscations et 
manuels de procédure inquisitoriale. Sans doute, ils peuvent 
être considérés comme un simple appendice dans la longue 
série des documents d'inquisition, dont j'ai essayé d'esquLs^ 
ser le tableau ; mais c'est un appendice qui m'a paru néces- 
saire. 

fol. 97 vo, 98; bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 217 v<», 219 v. — 
Historiens de France, XXI, 747-749. — Douais, op, cit., 135-140. 



ecxWiij INTROIHJGTIOll. 



DEUXIÈBfE PARTIE. 

Liste et description des manubgeutb ou dbb pibceb 
publiés ici pour la première fois. 

Les pièces relatives à rhistoire de riBqaisition dans le 
Languedoc rempliraient plusieurs volumes si on les publiait 
intégralement. Le tableau, bien que très sommaire, qui vient 
d*en être présenté, le prouve ; et peut-être le lecteur lear 
attribue-t-il indistinctement, après cet exposé, une sérieuse 
valeur. Cependant, pour répondre au projet de la Société de 
l'Histoire de France, il a fallu se résigner à faire un choix. 
Un choix dans une série de documents qui se tiennent comme 
les anneaux d'une chaîne ne laisse pas d'être une chose déli- 
cate. J'espère cependant justifier celui auquel on s'est arrêté, 
en parlant maintenant de chacun de ceux qui en ont fait 
l'objet. 

L Se:itb.igbs de Bbe^card de Gaux et de Jeasi de SAmT-PruiB 

(4244-4248). 

Les deux inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint- 
Pierre, de l'ordre des frères Prêcheurs, ne sont pas des 
inconnus, bien que nous ignorions leur patrie*; car, indé- 

i. Sans doute, au zni« siècle, le second nom désigne le plus 
souvent le lieu d'origine. Mais il y a sept ou huit villages portanl 
le nom de Gaux dans autant de départements, Hérault, Aude, 
Ciorrèze, Lot, Puy-de-Dôme, Haute- Vienne, Somme. Quant aux 
localités du nom de Saint-Pierre, elles foisonnent. Peut-être ces 
deux frères Prêcheurs n'étaient-ils pas méridionaux, car leurs 
noms ne se rencontrent pas dans les Àcta capitulorum oréUnis /hi- 
trum Praedicatorum de la première province de Provence (1239- 



INTRODUCTION. ccxliz 

pendamment des Sentences^ nous avons de nombreux actes 
témoignant de leur activité comme inquisiteurs, à partir de 
l'année 1244 ^ L'année suivante, ils entendirent les dépo- 
sitions des habitants de cent quatre localités du Lauragais, 
environ quatre mille cinq cents personnes^. Les circons- 
tances à la suite desquelles ils furent nommés juges délégués 
expliqueraient au besoin tant de zèle, puisque ce fut au len- 
demain du massacre des inquisiteurs, Willem Arnaud et ses 
compagnons, à Âvignonet (Haute-Garonne), événement qui 
émotionna diversement, mais très profondément, tout le 
comté de Toulouse^. 

Le titre de leur délégation n'a pas été retrouvé ; de telle 
façon que nous ne pouvons pas dire avec la dernière préci- 
sion pour quel pays ils la reçurent et à quelles limites géo- 
graphiques elle s'étendait. Dans les sentences, ils prennent le 
plus ordinairement le titre de Inquisitores hereticae pra-- 
pitatis in civitate et dioecesi Tholosae; mais aussi ils s'in- 
^ixùeïii Inquisitores hereticae pravitatis in Tholosana et 
Caturcensi civitate et dioecesi (n** 12), et encore Inquisi-- 
tores hereticae pravitatis in Agennensi et Caturcensi 
dioecesibus^ de Villamuro et de Villalonga archidiaco- 
natibus (n^ 16). Et cependant les deux archidiaconés de 
Yillemur et de Yillelongue appartenaient au diocèse de Tou- 
louse. C'est que les condamnations prononcées par eux frap- 
paient dans chaque cas des hérétiques de l'un ou de l'autre 
des trois diocèses de Toulouse, de Cahors ou d'Àgen. Par là 

1302), que j'ai publiés (Toulouse, Privât, 1895). De plus, plusieurs 
des inquisiteurs du midi étaient venus du nord de la France. 
i. Voy. plus haut, p. cxLvm et suiv. 

2. Ms. 609 de la bibl. de Toulouse. 

3. C'est dans la nuit avant T Ascension de Tannée 1242 que ce 
massacre fut perpétré avec la complicité probable, ou tout au 
moins tacite, de Raymond VII, comte de Toulouse. 



ccl nfTBODUCnON. 

même, nons ne poaYons pas asBorar que leurs poaToin 
fussent délimités à ces diocèses. 

La première en date de lears sentences est da 26 aovt 
1244 (n"" 16). C'est flaire entendre toot de suite que ces seiH 
tences n*ont pas de rapport direct avec les aveux regus l'an- 
née suivante. Mais on ne peut en dire autant des actes des 
prédécesseurs de Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. 
Il était plus que naturel qu'aussitôt entrés en chai^pe ils 
prissent connaissance des procès engagés» des interrogatoires 
faits, des dépositions entendues. C'était leur devoir déjuge; 
et , sans songer à présenter les iaits suivants comme la 
preuve que plus d'une fois ils achevèrent un procès com- 
mencé, cependant on ne peut s'empêcher d'appeler Tatten- 
tion sur une coïncidence assurément remanpiahle. Par 
exemple, nous avons une déposition de W. Donadeu, de 
Mazac * , qui avait servi de compagnon aux hérétiques jus- 
qu'en Lombardie ; nous avons aussi la sentence par laquelle, 
relevé de l'excommunication, il fut condamné k la prison 
perpétuelle^ Bernard Âlzen, le jeune, subit la même peine oa 
pénitence; il avait caché la vérité aux prédécesseurs de 
Bernard de Caux et de Jean de Saint-Pierre*; sa dépositioD 
nous est parvenue, ei Bernard de Caux, avant de procéder 
contre lui, la remit sous ses yeux^. Isam Bonhomme, d'Haut- 
poul, chevalier, interrogé, avait nié autant devant Bernard 
de Caux et Jean de Saint-Pierre que devant frère Perrière 
et ce mensonge judiciaire, deux fois répété, s*ajoutant à 
d'autres délits, lui valut une condamnation*. 

i. Doat, XXm, fol. 209. 

2. No 12. 

3. No 13. 

4. Doat, XXm, fol. 304 v«-309. 

5. Ibid., fol. 226-233. 

6. No 29. 



INTRODUCTION. CClj 

Frère Ferrier et frère Pierre Durand, inquisiteurs, avaient 
entendu Bertrand d'Âlamans, une première fois, le 18 dé- 
oeinbrel243, une seconde fois, le 19 février 1245 (n. st.) ^ 
Ainsi, par le fait de son propre aveu, et aussi parce que 
divers témoins avaient déposé contre lui, il était juridique- 
ment suspect ; contumace, il fut condamné comme hérétique 
et excommunié le 4 novembre 1247 ^ Pons Botier avait 
menti en celant la vérité devant les uns et les autres inqui- 
siteurs. Interrogé le 18 décembre 1243^, cinq ans après, le 
23 mars 1248, il subit sa peines Dans l'intervalle, sa cause 
avait été reprise. De même, des dépositions déjà reçues four- 
nirent à Bernard de Caux et à Jean de Saint-Pierre la base 
de poursuites nouvelles, par exemple contre Austorge^^, 
Bstolt de Boqueville, chevalier*, Willem de Saint-Nazaire^ 
et les Bressols, qui étaient une famille d*hérétiques*. Nous 
les trouvons parmi les condamnés ^. 

Ainsi, le rapport général des sentences de Bernard de 
Canx et de Jean de Saint-Pierre, avec les poursuites com- 
mencées par leurs prédécesseurs, semble bien démontré ; ce 
qui, d'ailleurs, ne les empêcha pas d'informer contre de 
nouveaux prévenus. Par exemple, Pierre Garcias, contre 
lequel plusieurs témoins déposèrent en aoftt^<^ et en décembre ^^ 
1247, fut condamné par eux comme suspect d'hérésie le 

i. Doat, XXni, fol. 65-70. 

2. No 32. 

3. Doat, XXIII, fol. 100-102. 

4. N» 40. 

5. Doat, XXni, fol. 325 v«. 

6. Ibid., fol. 223. 

7. Ibid., fol. 309 v«». 

8. Doat, XXn, fol. 10 v«>, 38. 

9. No« 2, 7, 13, 16. 

10. Doat, XXn, fol. 92-106. 

11. Ibid., fol. 89-92. 



cclij INTRODUCTION. 

16 février 1248 ^ Qu'ils eussent, en entrant en charge, 
écarté les poursuites antérieures et déterminé les prooeià 
engager, c'eût été évidemment leur droit; ces actes ne po»* 
valent à aucun titre les obliger strictement; car ils n'éUient 
responsables que des poursuites qu'ils conduisaient. Ceitli 
raison pour laquelle il m'a paru bon de montrer les relatk» 
des sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint-Piam 
avec les dépositions antérieures à leur dâégation ; car, as 
lieu de ce perpétuel recommencement avec chaqoe juge non- 
veau, qui ressemble quelque peu à Tartiitraire, €ra le hiass 
craindre et même soupçonner, nous constatons l'esprit de 
suite, une tradition inquisitoriale, qui, au contraire, se pré- 
sentent comme une garantie d'impartialité et de justice; sau 
compter que parfois il se passait bien du temps entre ledâmt 
de l'instruction et le prononcé de la sentence. 

Cinquante-deux des sentences prononcées par Bernard de 
Caux et Jean de Saint-Pierre nous sont parvenues. EDei 
sont contenues dans le ms. lat. 9992 de la BQdiotbèqw 
nationale. Ce manuscrit (334"" X 222"") compte doiue 
feuillets de parchemin numérotés de 2 à 13. L'ancîeniie 
numérotation en chiffres romains de CLI à CLXII proirre 
que nous n'avons ici qu'un fragment d'un registre qui, à 
en juger par l'écriture, avait été établi vers le milieu du 
xm" siècle, vraisemblablement sous les yeux de Bernard 
de Caux et de Jean de Saint-Pierre, et par les soins de 
P. Aribert, leur notaire, scriptor dictorum inquisito- 
rum. Le fragment a été sauvé par l'abbé Magi, memlwe de 
l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de 
Toulouse, qui lui consacra un travail dans le tome lY des 
Mémoires de cette Académie sous le titre : Mémoire Uh 

\. No 36. 



INTRODUCTION. CCliij 

I torique sur r Inquisition de Toulouse au sujet de quel- 
1^ fues registres originaux de ce tribunal du XII P siècle ^ 
g au moyen desquels on établit des faits inconnus aux 
I historiens K Les marges du manuscrit portent des annota- 
is tioDS de sa propre main, entre autres celle qui se trouve 
^ fiacée à la marge du feuillet CLI (feuillet 2) : Cayer que 
I J*m retiré de chez un libraire qui s'en servait pour 
couvrir des alphabets, (T après lequel foi fait un 
L mémoire imprimé dans le 4^ vol. de V Académie des 
j êciences de Toulouse. 

. Le registre ne contenait-il que les sentences de Bernard 
^ de Caux et de Jean de Saint-Pierre? N'y avait-on pas inséré 
des sentences antérieures d'autres inquisiteurs, de Ferrier 
par exemple, qui déploya une activité remarquable? Il est 
impossible de répondre à ces questions. Plus tard, on y 
admit les lettres d'inquisiteur général données par les car- 
dinaux, en 1643, au frère Jean-Dominique Rey, vicaire 
général de la congrégation réformée de Saint-Louis, ordre 
des firères Prêcheurs*. On ne peut que regretter vivement la 

i. P. 14-43. Toulouse, 1790, in-4^ Ce travail fut lu en séance 
ordinaire de T Académie le 24 avril 1788. 

2. Voici les lettres : 

« Julius tituli sancte Prazédis Roma^, Âlphonsus tit. S. Bal- 
binae de la Gueva', fr. Antonius tit. S. Mariae Transtyberim 
Barberinus*, Bemardinus tit. B. Pétri ad vincula Spada^, Joh. 
fiapiista tit. S. Eusebii Pamphilius', Hieronymus tit. S. Agnetis 
in Âgone Varospius*, fr. Vicentius tit. S. démentis Maculanus^, 

1. Jules Roma, mort en 1652. 

2. Alphoose de la Caeva^ mort en 1655. 

3. Antoine Barberini, mort en 1646. 

4. Bernard Spada, mort en 1661. 

5. Jean-Baptiste Pamphili, plus tard Innocent X. 

6. Jérôme Verospi, mort en 1652. 

7. Vincent Maculano, mort en 1667. 



ccliv INTRODUCTION. 

perte des parties disparues de ce registre ; on n'a plus qu'an 
vague espoir de les retrouver jamais, car, en 1781, Tabbè 

presbiteri, Frahciscus 8. Laurentii in Damaso Barberinu8% et 
Martius 8. Angeli in foro Piscino Ginettas' diaconi, miseratione 
divina S. R. Ë. cardinales in universa repnblica christiana, 
adversus hereticam pravitatem générales inquisitores a sancta 
sede apostolica specialiter deputati, dilecto nobis in Ghrisio fratri 
Jo. Dominico A^^^to/ordinis Praedicatorum, vicario generali con- 
gregationis Sancti Ludovici ejasdem Ordinis, salutem in Domino 
sempiternam. 

a Gam nobis potissimum curae sit ut fides catholica ubique flo* 
reat et augeatur, atque omnis haeretica pravitas e cunctis mentibos 
depellatur, nostrae diligentiae studium diligenter adhibemus ot 
qui a causa Dominici gregis diabolica fraude seducantur, ad eam, 
aspirante Deo, reducantur, vel, si eorum damnato proposito obsti- 
nato animo pertinaciter perseverare intendant, ita... puniantur ut 
eorum pena aliis transeat in exemplum. Idcirco ut haeretica pra- 
vitas eo efficacius propellatur, quo illius inquisitores majori fue- 
rint auctoritate suffulti, te fratrem /o. Dominicum Reggium, de 
cujuB doctrina, pietate et prudentia plane confidimus, auctoritate 
apostolica nobis in hac parte commissa tenore presentium, nostrum 
et apostolice sedis in negotio inquisitionis hujusmodi in civitate, 
diocesi ac tota dictione Tolosana ac aliis locis solitis et consue- 
tis, Inquisitorem generaUm creamus, instituimus et deputamus, 
concedentes tibi in praemissis facultatem et potestatem et auc- 
toritatcm contra quoscumque haereticos et a fide christiana 
apostatas, aut cujusvis damnatae heresis sectatores, sortiiegia 
heresim sapientia, seu de heresi, vel de apostasia a fide suspeo- 
tos, divinationes et incantationes, aliaque diabolica maleficia, et 
prestigia contractantes, aut magicas et necromanticas artes ezer- 
centes, illorumque credentes, sequentes, acceptatores, fautores et 
defeusores, vel eis opem, consilium, auzilium, favorem directe vel 
indirecte, publice vel occulte praestantes, vel eorum libros vel 
scripta legentes aut retinentes, cujuscumque status, etiam regu- 
laris conditionis, dignitatis et praeminentiae fuerint, inquirendi 
et procedendi ac, praecedentibus legitimis conditiis, eos compre- 
heudendi seu capi, et comprehendi, atque carceribus mandpari 

1. François Barberini, mort en 1679. 

2. Martini GinetU, mort en 1671. 



INTRODUCTION. cclv 

Magi sauva ce qui en restait des mains d'un libraire de 
Toulouse qui en recouvrait des alphabets. Mais que sont 
devenus ces alphabets ? 

et, prout juris fueiit, rigoroso ezamini subjici et torqueri faciendi, 
et demum, servatis servandis, etiam per sententiam desuper cano- 
nice ferendam, si innocentes seu non culpabites reperti fuerint, in 
toto vel ab instantia judicii absolvendi et liberandi ; si vero col- 
pabiles deprehendantur, juxta canonicas sanctiones, prout qualitas 
exegeiit excessuum, condemnandi ac debitis poenis coercendi et 
puniendi, necnon procuratorem fiscaiem et notarios pubiicos, 
aliosque in bis necessarios offîciales, etiam clehcos saeculares seu 
quoscumque ordinum regulares deputandi, ac eis, ut onus illis 
injunctum, diligenter ezequantur et peragant in virtute sanctae 
obedientiae praecipiendi et injungendi ac mandandi et, si necesse 
fuerit, aliquem clericum etiam in sacris et praesbiteratus ordini- 
bus constitutum propter praemissa degradari, ad ejus actualem 
d^radationem per quemcumque catholicum antistitem, gratiam 
et communionem sanctae sedis apostolicae habentem, quem ad id 
duxeris deputandum, nisi ordinarius ioci ad id requisitus deputa- 
tionem hujusmodi facere maiuerit, procedendi et demum sic degra- 
datnm curie seculari relinquendi ; contradictores autem quoslibet 
et rebelles ac tibi in praemissis non parentes per censuras eccle- 
siasticas et poenas ac aliis juris remediis opportunis compescendi 
atque in bis ac praemissis omnibus et singulis auzilium bracbii 
seeularis invocandi et implorandi et ad veritatis lucem redire 
volentes (si alias relapsi non sint), accepta prius ab eis heresum et 
errorum suorum abjuratione, publice vel privatim, arbitrio tuo 
juxta heresum, factorum, locorum et personarum qualitatem 
facienda, prestito per eos juramento quod talia deinceps non 
eommittent, nec talia vel eis similia committentibus seu illis 
adhaerentibus opem, consilium, auxilium et favorem per se 
vel alium seu alios praestabunt, aut alias in forma ecclesiae 
eonsueta, ab eisdem haeresibus et erroribus ac quibuscumque sen- 
tentais, censuris, ac poenis ecclesiasticis ac etiam temporalibus 
in quas praemissorum causa et occasione qualibet incurrerant, 
injuncta inde eis pro modo culpae publica vel, si tibi videbitur, 
privata penitentia salutari, absolvendi et in gremium Sanctae Ma- 
tris Ecclesiae admittendi, recipiendi et reconciliandi, absolutionis 
receptionem et reconciliationem hujusmodi cum solemnitatibus a 
jure requisitis faciendi, ipsosque sic absolutos, receptos et recon- 



cchj INTRODUCTION. 

Le fragment ne laisse pas de présenter un solide intérêt : 
il fournit les renseignements les plus variés; quelques- 
uns même sont importants pour Thistoire de la justice inqui' 
sitoriale. 

Voici d'abord la date des sentences, rangées dans notre 
édition sous cinquante-deux numéros d'ordre : 

1244, 26 août, 16. 
1246, 18 mars, 1. 

26 mars, 2. 

11 avril, 4. 
6 mai, 3. 

17 mai, 5. 

25 mai, 6. 

28 mai, 7. 
3 juin, 8. 

10 juin, 9. 

24 juin, 10,11. 

ciliatos communioni sacramentorum ac unitati ûdelium admit- 
tendi, omniaque et singula alia quae ad hujusmodi hoereses et 
sortilegia, maleficia, dlvinationes et incantationes ac magicas sen 
necromanticas artes exercentes reprimendum et radicitus eztif- 
pandum juxta juris ordinem necessaria cognoveritis et opportuna 
et quae ad officium inquisitionis hujusmodi pertinent faciendi, 
gerendi, ordinandi, exercendi et exequendi, non obstantibus in 
contrarium facientibus quibuscumque ; in quorum omnium et 
singuiorum praemisBorum fidem ac testimonium inter litteras gra- 
tis expeditas par infrascriptum nostrum et dictae sanctae Inquisi- 
tionis QOtarium factas et manibus nostris suscriptas sigiiii ejusdem 
S. Inquisitionis quo in talibus utimur, jussimus et fecimus apponi 
et muniri. Datum Romae in Congregatione Generali S. Inquisitio- 
nis, Qonis februarii, Ânno a Nativitate Domini nostri Jhesu Ghristi 
millésime sexcentesimo quadragesimo tertio, pontificatus sanctis- 
simi Domini A. papae anno vigesimo. » 

Au dos de cette pièce est écrit : c Provision du Révérend Père 
Rex pour l'Inquisition de Toulouse. • 



INTRODUCTION. CClvij 

1246, SjuiUet, 12. 
15juiUet, 13. 

27 juiUet, 14, 15. 

1247, 11 août, 17. 
18 août, 19. 
22 août, 18. 
25 août, 20. 

l*"" septembre, 21,22. 
8 septembre, 23. 

15 septembre, 24. 

29 septembre, 25, 26. 
7 octobre, 27. 

13 octobre, 28. 

20 octobre, 29, 30. 

3 novembre, 31 . 

4 novembre, 32. 
10 novembre, 33. 

1248, 24 janvier, 34. 

2 février, 35. 

16 février, 36, 37. 
15 mars, 38. 

22 mars, 39, 40. 
29 mars, 41, 42. 

5 avril, 43. 

24 mai, 44, 45, 46, 47. 

28 mai, 48. 
31 mai, 49. 

14 juin, 50,51,52. 

On voit par ce tableau que les sentences se suivaient de 
es. Les inquisiteurs employaient à les préparer de longs 
ois, ou même des années, et, quand ils en avaient un cer- 



CClx INTRODUCTION. 

tnrt * et à de nombreux praelaW^, c'est-à-dire que, préalar 
blement, ils avaient pris l'avis des jurisconsultes et des supé- 
rieurs ecclésiastiques. Et si la sentence n'avait pas besoin 
de leur approbation pour être légalement valable et sortir 
tout son effet, elle recevait de cette consultation une grande 
valeur morale. Il convient d'ajouter que si les aveux iaits 
spontanément pendant le temps de grâce, tempus gratiae^ 
adoucissaient la rigueur inquisitoriale^, le mensonge, le 
refus d'accomplir une pénitence jurée ou même écrite^, le 
parjure l'armaient impitoyablement contre ces relaps volon- 
taires. La simple profession de l'hérésie n'exposait qu'à une 
pénitence assez douce comme étaient les pèlerinages mineurs ; 
il en allait tout autrement, si l'on retombait dans l'hérésie 
après l'avoir abjurée avec serment. 

Les sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint- 
Pierre peuvent être, quant à la pénalité, distribuées de la 
manière suivante : 

l"" Condamnation comme hérétique, ipsum hereticum 
condempnamus ^. La qualification juridique d' < héré- 
tique » entraînait l'excommunication. Ici cependant cette 
conséquence n'est pas énoncée. 

2^ Excommunication*. 

3° Condamnation comme hérétique avec sa double oons^ 
quence, confiscation des biens et excommunication^, ou seu- 
lement la confiscation des biens*. 

i. Nm i, 2, 3, 4, etc. 

2. N«» 2, 3, 4, etc. 

3. No» 7, 12, 13, 18, 20, 27. 

4. No 47. 

5. No* 44, 47 et 50. 

6. No 37. 

7. No«l,i4, 19,23,25,30,32,35. 

8. No» 38, 39, 41. 



INTRODUCTION. CClix 

maneS le bayle du comte' et de hauts seigneurs ecclésias- 
tiques, le prévôt de Saiot^Ëtienne de Toulouse^, qui se 
irouye à la tête d*une administratioD considérable^, le pré- 
vit de Sainte-Cécile d*AlbiS l'abbé de Montauban*, le 
prieur de Saint- Sernin^, le prieur de la Daurade^, l'official 
de Toulouse^ l'archidiacre de Villelongue*®, l'abbé d'Idrac", 
le prieur de Lavaur^', les consuls de Cahors^^, etc., etc. 

Plus d'un parmi les témoins portait probablement inté- 
rêt à l'un ou l'autre des accusés. Nulle part cependant 
nous ne trouvons de témoignage direct de cette sympa- 
thie. Les amis ou même les parents se tenaient à l'écart, 
ou du moins n'osaient pas manifester leurs sentiments. 
La cause était mauvaise, en effet, car non seulement les 
inquisiteurs avaient fourni aux prévenus les moyens de se 
tirer d'afiaire en leur remettant la carta de l'accusation et en 
les invitant à se défendre ^^ , mais encore ils n'avaient prononcé 
la sentence définitive qu'après l'avoir communiquée aux boni 

4.N»*i, 3,4, 5,6,7,8, 12, etc. 

2. No i, 4. 

3. No 32. 

4. Voy. le Liwre du 'grevât que j*ai publié pour la première fois. 
(Paris, Picard, i897, in-4o.) 

5. No 6. 

6. No 5. 

7. No» i, 3, 4, 5. 

8. No« i, 2. 

9. No i. 
iO. No 2. 
il. No 13. 

12. No 10. 

13. No 16. 

14. No* 5, 36, 48. — Cependant, les sentences nous fournissent 
un cas de condamnation sur le témoignage unique des témoins. 
Mais les inquisiteurs ont soin de dire qu'il c conste » du délit, 
n» 46. 



cclx INTRODUCTION. 

viri^ et à de nombrerm praelati^j c'est-à-dire que, préala- 
blement, ils avaient pris l'avis des jorisconsaltes et des sapé- 
rieurs ecclésiastiques. Et si la sentence n'avait pas besoin 
de leur approbation pour être légalement valable et sortir 
tout son effet, elle recevait de cette consultation une grande 
valeur morale. Il convient d'ajouter que si les aveux bits 
spontanément pendant le temps de grâce, tempus ffratiaej 
adoucissaient la rigueur inquisitoriale', le mensonge, le 
refus d'accomplir une pénitence jurée ou même éc^ite^ le 
parjure l'armaient impitoyablement contre ces relaps volon- 
taires. La simple profession de l'hérésie n'exposait qu'à une 
pénitence assez douce conmie étaient les pèlerinages mineurs; 
il en allait tout autrement, si l'on retombait dans l'hàrésie 
après l'avoir abjurée avec serment. 

Les sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint- 
Pierre peuvent être, quant à la pénalité, distribuées de la 
manière suivante : 

l"" Condamnation comme hérétique, ipsum hereticum 
condempnamus ^. La qualification juridique d' < héré- 
tique » entraînait l'excommunication. Ici cependant cette 
conséquence n'est pas énoncée. 

2^ Excommunication^. 

3° Condamnation comme hérétique avec sa double consé- 
quence, confiscation des biens et excommunication^, on Beor 
lement la confiscation des biens^. 

i. No» i, 2, 3, 4, etc. 

2. No» 2, 3, 4, etc. 

3. No» 7, 12, 13, 18, 20, 27. 

4. No 47. 

5. No* 44, 47 et 50. 

6. No 37. 

7. No» 1, 14, 19, 23, 25, 30, 32, 35. 

8. No» 38, 39, 41. 



INTRODUCTION. Cclxj 

4"^ Condamnation comme relaps; peine, la prison per- 
pétuelle^ 

5"^ Sentence de réintégration dans l'unité de l'Église {ad 
ecclesiasticam unitatem), avec injonction de pénitence, la 
prison perpétuelle'. 

6^ Sentence relevant de l'excommunication et prononçant 
la réintégration dans l'unité de l'Eglise, moyennant une 
pénitence qui est la prison perpétuelle^, ou la prison « quan- 
diu videbitur Ecclesie expedire^, » la prison pour quinze 
ans^, la prison pour dix ans^. 

7^ Deux sentences méritent d'être spécialement signalées 
à cause des particularités qu'elles présentent. La veuve de 
Bernard de la Tour, de Toulouse, religieuse du couvent de 
Lespinasse (Haute-Garonne), retombée dans l'hérésie, avait 
été enfermée dans une chambrette séparée « in aliqua came- 
mla separata, » de telle façon qu'elle ne pût voir personne 
ni rien recevoir du couvent, si ce n'est par une communica- 
tion extérieure. Les inquisiteurs firent à la prieure de Les- 
pinasse « mandement » d'y pourvoir : « Mandamus priorisse 
de Lespinassa quod sibi juxta predictum modum faciat pro- 
videri^. » — Alaman de Roaix, précédemment condamné 
comme hérétique par les deux inquisiteurs Etienne et Wil- 
lem Arnaud, est depuis six ans sous le coup de cette con- 
damnation ; injonction lui est faite de commencer le jour 
même sa prison, qui sera perpétuelle. En même temps, les 

1. No 22. 

2. No 49. 

3. No» 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 24, 
26, 27, 29, 30, 33, 40, 42, 43, 48. 

4. N<> 2. 

5. No 2. 

6. No 2. 
.7. Non. 



iv 




INTRODUCnON 


• 


Sentence 


12 


4 


condamnations. 


^- 


13 


6 


— 


— 


14 


3 


— . 


— 


15 


4 


— 


— 


16 


1 


— 


— 


17 


2 


— 


— 


18 


8 


— 


— 


19 


4 


— 


— 


20 


9 


— 


— 


21 


3 


— 


— 


22 


1 


— 


— 


23 


2 


— 


—> 


24 


2 


— 


— 


25 


2 


— 


— 


26 


2 


— 


— 


27 


1 


— 


— 


28 


1 


— 


— 


29 


5 


— 


— 


30 


2 


— 


— 


31 


1 


— 


— 


32 


1 


— 


— 


33 


1 


— 


— 


34 


1 


— 


— 


35 


1 


— 


— 


36 


1 


— 


— 


37 


1 


— 


— 


38 


4 


— 


— 


39 


5 


— 


— 


40 


3 


— 


— 


41 


3 


— 


— 


42 


1 


— 


«a. 


43 


1 


^^ 



Sentence 





INTRODUCTION. 


44 


1 condamnation. 


45 


1 — 


46 


1 — 


47 


1 — 


48 


1 — 


49 


1 ^- 


50 


1 — 


51 


1 — 


52 


4 «.^ 



eclxY 



Je ne m'arrêterai plus maintenant qu'à quelques indica- 
tions d'ailleurs très rapides. 

Parmi les condamnés nous relevons les grands noms des 
Alamans, de Roaix, de Roqueyille, de Latour, de Beau- 
fort, de Unaud, du seigneur de Taravel, de Pons de Game- 
Tille, d'Âuger de Yerfeil, chevalier, de plusieurs femmes, 
magnifiquement alliés avec les Villeneuve, les Rosengue ou 
Rosergue, les Mons, etc. 

Nous voyons les hérétiques s'évader de prison^ ou s'en- 
fiiir de Toulouse'. 

Qs rachètent leurs prisonniers^; ils obtiennent que tel qui 
a été pris soit délivré, moyennant la modique somme de deux 
sous^. Ils font des levées de deniers^; ils se promettent 
mutuellement de ne rien révéler aux inquisiteurs^. Ils se 
font accompagner en Lombardie'', qui reste le centre de la 
vie hérétique. Us ont et distribuent des encennia^; ils 



i. No 38. 

2. No 47. 

3. No 4. 

4. No 35. 

5. No 4. 

6. No 7 par exemple. 

7. No 12. 

8. No 8. 



cclxiv 




INTRODUCnOR. 


» 


SenteDce 


12 


4 


condamnations. 


— 


13 


6 


— 


— 


14 


3 


.^ 


— 


15 


4 


— 


— 


16 


1 


— 


— 


17 


2 


— 


— 


18 


8 


— 


— 


19 


4 


— 


— 


20 


9 


— 


— 


21 


3 


— 


— 


22 


1 


— 


— 


23 


2 


— 


— 


24 


2 


— 


— 


25 


2 


— 


— 


26 


2 


— 


— 


27 


1 


-» 


— 


28 


1 


— - 


— 


29 


5 


— - 


— 


30 


2 


— . 


— 


31 


1 


— . 


— 


32 


1 


— 


— 


33 


1 


— 


— 


34 


1 


— 


— 


35 


1 


— - 


— 


36 


1 


— 


— 


37 


1 


— 


— 


38 


4 


— 


— 


39 


5 


— . 


— 


40 


3 


-»- 


— 


41 


3 


— 


— 


42 


1 


— 


_ 


43 


1 


^^ 



INTRODUCTION. cdxvij 

II. MroaiTioNS gouteb Piibee Gaegus, du Bouifiuinr'-NAU, 

D£ Toulouse, ^1247. 

Pierre Gareias, du Bourguet-Nau, de Toulouse, dont le 
frère était religieux du couvent des frères Mineurs de la ville, 
professait publiquement Thérésie. Fréquentant beaucoup 
dans ce couvent, il ne craignait pas d'y soutenir des doc- 
trines fortement dualistes. Il finit par être poursuivi, et plu- 
sieurs frères Mineurs furent appelés à témoigner de ce qu'ils 
savaient ou avaient entendu. Ce qu'ils dirent est assez 
piquant : ils mettent sous nos yeux l'état du néo-dualisme 
à Toulouse au milieu du xin* siècle. L'on verra combien 
on s'y passionnait. Il faut ajouter que, si les frères Mineurs 
se montraient plus tolérants que les frères Prêcheurs, ce 
fat une divergence qui devint une cause d'animosité, et, plus 
tard, de rivalité acharnée entre les deux ordres. 

n m'a semblé que ces dépositions avaient ici leur place. 
Nous ne les avons, à la vérité, que d'après la copie de Doat. 
Elle n'est pas cependant tellement défectueuse qu'on ne puisse 
s'y fier. On s'est contenté de ramener le texte à l'orthographe 
du xm® siècle. C'est avec la plus grande discrétion et la plus 
sévère prudence que je me suis décidé à admettre ici ce texte 
de la fameuse collection languedocienne, dont tout le monde 
dit du mal tout en l'utilisant. J'espère qu'on ne me le repro- 
chera pas. 

III. Le registre du notairb ou grefhbr de l'Iivquisition 

DE Gargassonne, 4249-4258. 

Ce registre d'une extrême importance n'est autre aujour- 
d'hui que le manuscrit 160 de la bibliothèque de Clermont- 
Ferrand (papier, 185mill. Xl33 mill., reliure moderne, 



ccl X vj INTRODUCTION. 

reçoiveDi des legs^ « L*adoratioii » hérétique se ùli doq 
seulement fleœis genibus^ pratique universelle, mais encore 
prosùratis in terram manibus^, cérémonial très rare. 

Nous rencontrons les inquisiteurs à Saint-Félix de Gara- 
man (Haute-Garonne)^, et nous retenons la formule o^I uni- 
tatem Ecclesie redire, qui revient si souvent : elle prouve, 
à sa manière, l'unité de TÉglise étant alors la loi et comme 
le premier article du pacte social, que les inquisiteurs ne 
poursuivaient pas des faits de simple conscience. 

Des cinquante-deux sentences de Bernard de Caux et de 
Jean de Saint-Pierre une a été publiée» mais assez mal, 
par Dumège^; c'est celle qui est placée sous le n^ 48. 
Deux autres se trouvent dans le Mémoire /ustorigue sur 
r Inquisition de Toulouse de l'abbé Magi ^ : ce sont les 
jr^os 1^6 Qi 4g7^ L'abbé Magi donna encore les extraits qoi 
convenaient à son travail, mais avec plus d'une &usse lec- 
ture, par exemple Cancio pour Caucio (Bemardus de 
Caiccio). M. Cb. Molinier a réédité le n"" 11 ^ et lait de même 
quelques courtes citations dans l'étude du ms. qui contient 
les sentences^. 

1. No 48. 

2. No 48. 

3. No 48. 

4. Dans son édition de V Histoire générale de Languedoc, t. VI, 
Preuves des additions et des notes, p. 104. Toulouse, Paya, 1843, 
grand in-8o. 

5. T. IV des Mémoires de V Académie des sciences de Toulouse, 

6. Ibid,, p. 21, note 2. 

7. Ibid., p. 32, 33, 34. 

8. L'Inquisition dans le midi de la France, p. 71, note 2. 

9. Ibid,, p. 56 et suiv. 



INTRODUCTION. cclxvij 

II. DEPOSITIONS CONTRE PlERRE GàRGIAS, DU BoURGUÈT-NlU, 

DE Toulouse, ^1247. 

Pierre Gareias, du Bourguet-Nau, de Toulouse, dont le 
frère était religieux du couvent des frères Mineurs de la ville, 
professait publiquement l'hérésie. Fréquentant beaucoup 
Sans ce couvent, il ne craignait pas d*y soutenir des doc^ 
trines fortement dualistes. Il finit par être poursuivi, et plu- 
neurs frères Mineurs furent appelés à témoigner de ce qu'ils 
savaient ou avaient entendu. Ce qu'ils dirent est assez 
piquant : ils mettent sous nos yeux l'état du néo-dualisme 
k Toulouse au milieu du xiif siècle. L'on verra combien 
im 8*7 passionnait. Il faut ajouter que, si les frères Mineurs 
16 montraient plus tolérants que les frères Prêcheurs, ce 
bt une divergence qui devint une cause d'animosité, et, plus 
tard, de rivalité acharnée entre les deux ordres. 

n m'a semblé que ces dépositions avaient ici leur place. 
Nous ne les avons, à la vérité, que d'après la copie de Doat. 
ESlle n'est pas cependant tellement défectueuse qu'on ne puisse 
8*7 fier. On s'est contenté de ramener le texte à l'orthographe 
iu xm® siècle. C'est avec la plus grande discrétion et la plus 
sévère prudence que je me suis décidé à admettre ici ce texte 
le la fameuse collection languedocienne, dont tout le monde 
iit du mal tout en l'utilisant. J'espère qu'on ne me le repro- 
chera pas. 

m. Le registre du notaire ou grepher de l'Inquisition 

DE Carcassonne, '1249-'! 258. 

Ce registre d'une extrême importance n'est autre aujour- 
l'hui que le manuscrit 160 de la bibliothèque de Clermont- 
Ferrand (papier, 185mill. Xl33 milL, reliure moderne. 



cclxx INTRODUCTION. 

1250 (n. st.), 9 mars, n~ 59, 60. 

1251, 30 mars, n^Ôl. 

— 3 avrU, n^« 62, 63. 

— 9 mai, n° 64. 

— 12 mai, n° 65. 

— 20 mai, n« 66. 

— 15 juin, n° 67. 

— 4 septembre, n® 68. 

— 5 septembre, n® 69. 

— 8 septembre, n** 70, 71 , 72. 

— 9 septembre, n®' 73, 74. 

— 11 septembre, n® 75. 

— 16 septembre, n® 76. 

— 2 octobre, n«' 77, 78. 

— 5 octobre, n*» 79, 80, 81 . 

— 27 septembre, u^* 82, 83. 

— 29 septembre, n^ 84. 

— 6 octobre, n«* 85, 86, 88. 

— 9 octobre, n'*» 87, 89. 

— 14 octobre, n"* 90. 

— 20 octobre, n^ 91 . 

— 28 octobre, n*»' 92, 93. 

— 2 novembre, n** 94. 

— 8 novembre, n** 95. 

— 9 novembre, n*" 96, 97, 98. 

— 17 novembre, n® 99. 

— 20 novembre, n*» 100. 

— 23 novembre, n** 101. 

— 26 novembre, n® 103. 

— 29 novembre, n° 104. 

— 3 décembre, n«» 102, 105, 106. 

— 5 décembre, n** 107. 



INTRODUCTION. cclxxj 

1251, 14 décembre, n» 108. 

— 15 décembre, n^ 109. 
1252 (n. st.), 16 janvier, n^ 110. 

— — 19 janvier, n** 111. 

— — 21 janvier, n** 114. 

— — 22 janvier, n® 112. 

— — 23 janvier, n« 113. 

— — 28 janvier, n® 115. 

— — 2 février, n9 116. 

— — 6 février, u? 117. 

— — 9 février, n^* 118, 119. 

— — 10 février, n«' 120, 121. 

— — 23 février, n«» 122, 123. 

— — 24 février, n«» 123, 124. 

— — 1" mars, n? 125. 

— — 9 mars, n° 126. 

— — 11 mars, n*» 127. 

— — 15 mars, n*» 128. 

1252, 28 mars, n«* 129, 130. 

— 14 avril, nM31. 

— 15 avril, n° 132. 

— 17 avrU, n° 133. 

— 19 avril, n« 134. 

— 22 avril, n«' 135, 136. 

— 25 avril, n«» 137, 138, 139, 140, 141, 142. 

— 27 avril, no 143. 

— 22 mai, n« 144. 

— 14 juin, n" 146. 

— 17 juin, n^ 147. 

— 18 août, n° 148. 

— 25 août, n« 149. 

— 26 août, n^ 150. 



cclxiij INTRODUCnON. 

1252, 3 septembre, n** 150 bU, 151 , 152. 

— 2 octobre, n" 153. 

— 9 octobre, n** 154. 

— 11 octobre, n" 155, 156, 157. 

— 30 octobre, nM61. 

— 6 novembre, n^ 158. 

— 9 novembre, n® 150. 

— 11 novembre, n** 160. 

— 23 décembre, n* 162. 

1253 (n. st.), 3 mars, n« 163. 

— — 7 mars, n** 164. 

— — 8 mars, l9 165. 

— — 13 mars, n« 166. 

— — 18 mars, n» 167. 

— — 19 mars, n** 168. 

— — 21 mars, n** 169. 

1253, 29 mars, n^' 170, 171. 

— 1^ avril, n« 172. 

— 12 avril, n^ 173. 

— 16 avril, n^ 175. 

— 17 avrU, n° 174. 

— 14 juin, n^ 169 bis. 

— 5 août, n" 176. 

— 17 août, n^" 177, 178. 

— 2 septembre, n° 179. 

— 30 septembre, n*» 180. 

— 12 octobre, n«' 181 à 186. 

— 19 octobre, n^' 187, 188. 

— 20 octobre, n» 189. 

— 5 novembre, n*** 190, 191, 192, 193. 

— 20 novembre, n«' 194, 195. 

1254 (n. st.), 15 janvier, n«* 196, 197. 



INTRODUCTION . cclxxii j 

1254, 5 avril, n^ 198. 

— 9 avril, n° 199. 

— 2 mai, n« 200. 

— 16 juin, n" 202. 

— 1«' juillet, n° 201. 

— 29 octobre, n^ 204. 

— 1'*^ novembre, n* 203. 

— 2 novembre, n° 205. 

— 4 novembre, n*' 206, 207. 

— 18 novembre, n° 208. 

— 19 novembre, n° 209. 

— 17 décembre, n^' 201 bis, 210. 

1255 (n. st.), 5 janvier, n^ 211. 

— — 7 janvier, n^ 212. 

— — 19 janvier, n° 213. 

— — 19 février, n** 214. 

— — 18 mars, n^ 215. 

— — 20 mars, no 216. 

1255, 28 avril, n«' 217, 218. 

— 27 mai, n° 219. 

— 2 juin, n« 220. 

— 13 août, n° 221. 

— 21 août, n^ 222. 

— 17 octobre, n« 223. 

— 20 novembre, n® 224. 

1256 (n. st.), 19 février, n« 225. 

— — 23 février, n^ 226. 

— — 7 mars, n° 226 bis. 

— — 11 mars, n° 227. 

— — 24 mars, n® 145. 

1256, 28 mars, n^ 228. 

— 6 avili, n« 229. 



CclxxW INTRODUCTION. 

1256, 10 a-ml, n» 230. 

— 18 avril, n» 231. 

— 19 avra, n* 232. 

— 21 avril, n» 233. 

— 2juin, n»234, 

— 9 juin, n»' 235, 236, 237, 238, 239. 

— 16 juin, n» 241. 

— 23 juin, n» 242. 

— 24 juin, n« 243. 

— 27 juin, n" 244. 

— 9 juiUet, n» 240. 

— 16 juiUet, n» 245. 

— 15 novembre, n* 246. 

1257, 9 septembre, n» 247. 

— 19 [septembre ?], n" 248. 
1258 (n. st.), 23 janvier, n" 249, 250. 

— — 24 janvier, n" 251 à 258. 

— — 27 janvier, n" 263. 

— — 30janvier,n»259. 

— — 31 janvier, n" 260, 261. 

— — 5 février, n» 262. 

C'est à Garcassonne que la plupart de œs nombreux actes 
ont été passés. Le lieu n'est pas exprimé cependant; mais 
cela résulte de VActum : Actum fïtU hoc in preseneia 
domim episcopi Carcassonensis, in preseneia magi^ri 
Pétri, officialis Carcassonensis, et aussi de la sitoatioa 
sociale des témoins, chanoines de Garcassonne, curé de Saint- 
Vincent de Garcassonne, geôlier de la prison épisoopale, 
enfin de ce fait que, dans un grand nombre d'actes, on four- 
nit une caution pécuniaire pour obtenir la sortie de la pri- 
son de Garcassonne en faveur de tel on tel prisonnier. Les 



INTRODUCTION. cclxxv 

actes sont rédigés sur place, à Carcassonne, par consé- 
quent, s'il n*est pas fait mention d'un autre lieu. D'ailleurs 
Carcassonne apparaît quelquefois * et aucun autre lieu n*est 
nommé dans YActum. Les notaires sont Bomassip {Bont^ 
mancipit^y et P. Aribert (P. Ariberti^^. A coup sûr, 
le registre que nous étudions provient directement d'eux. 

La prison des condamnés était la prison même de l'évêque ; 
par exemple Pierre Benoit, Raymond Roquefère, G. Pages 
et P. de Tornadors, de la TouretteS se portent caution pour 
Guillaume Saleg, de la Tourette, capto in carcere domini 
episcopi^. Deux geôliers sont nommés : ce sont Brun {Bru- 
nus), custos immuratorum^^ et Raymond, carceraritis'' . 

Mais ce qui donne un grand intérêt à ce registre, c'est 
qu'il nous renseigne sur les juges. D'abord, il faut faire 
remarquer que nous ne trouvons parmi eux ni les frères 
Prêcheurs ni les frères Mineurs ; il n'y a que des membres 
du clergé séculier. La chose vaut la peine d'être notée. 
Ensuite — à tout seigneur tout honneur — le premier juge 
apparaissant ici est l'évêque de Carcassonne *, et cela explique 
que l'action en justice ne s'étende point au delà des limites 
mêmes de ce diocèse et que nous trouvions les condamnés 
dans la prison épiscopale. 

Entre les dates extrêmes du registre, 1249-1258, Car- 
cassonne eut deux évêques, Guillaume Arnaud (1248-1255) 
et Guillaume Radulphe(i2arfw//w^) (1255-1264). D'après le 

1. N*» 40, i50 bis, 203. 

2. No» 8, 9, 11, etc. 

3. N- 26, 27, 28, 29, 30, etc. 

4. Aude. 

5. N« 89. 

6. N« 27, 29. 

7. N* 48. 

8. N«« 1 à 76 notamment. 



cclxxvj INTRODUCnON. 

chanoine de YicS le premier aérait nunrt le 4 septembre 1255: 
« His peractis moritur Guillelmus Âmaldi, epiaoopas Cx> 
cassonensis, 4 die septembris anno Christi 1255, proat flden 
facit vêtus Marijrologiom yel Necrologiam eoclemae Ca^ 
cassonensis. » Date fausse, c'est avant le 11 avril priei- 
dent qu'il était mort^. H resta donc étranger aux acta 
survenus après cette date. Quant aux actes antèrieun, 3 
apparaît seul comme juge dans les soixante-^eize pramen 
et dans quelques-uns seulement des suivants; car, à partir 
du 2 octobre 1251, les inquisiteurs, nous verrons lesqnds, 
agissent pour leur compte. C'est donc du mois d*avril 1219 
au mois de septembre 1251 que Guillaume Arnaud a montré 
le plus d'activité dans l'office déjuge; il joue alors à Csp- 
cassonne le premier rôle. Il est en effet joge ordinaire; c'est 
à ce titre qu'il poursuit ; ce qui le prouve, c'est qne le pape 
l'a délégué pour l'afiaire de Raymond de Niort, qui s'était 
rendu à Rome ^. 

Si nous en croyons de Yic^, Guillaume Badnlpbe loi 
aurait succédé Tannée même de sa mort. Il aurait donc été 
élu tout de suite. Après le 21 août 1255, il y a interruption 
dans les actes, qui reprennent le 17 octobre suivant. H est 
vraisemblable qu'à cette seconde date Guillaume Radulphe 
était intronisé. Mais il n'apparaît dans aucun des actes sui- 
vants, qui vont du 17 octobre 1255 au 5 fi&vrier 1258 

1. Chronicon historicum episcoporum ac rêrum memorahiUntm 
ecclesiae Carcassonis, p. 105. Précédemment, cet évéqae était 
archidiacre mineur du chapitre de Garcaasonne. Voy. Mabul, 
Cartulaire et archives des communes de Vammdiisement de Carcas- 
sonne, t. Y, 417, où l'on voit réédité le sceau de cet éféque. Cet 
évéque appartenait à la famille noble de la Tour (n« 230). 

2. V. la seconde partie, n» LI. 

3. N» 51. 

4. Ibid., p. 105. 



INTRODUCTION . cclxx vij 

|l (n. st.). Les inquisiteurs seuls y sont désignés, dans des for- 
H mules générales d'ailleurs. Il est donc vraisemblable que 
jL Chiillaume Radulphe ne continua pas la tradition de son 
^ prédécesseur, et qu'il se borna à proroger les pouvoirs des 
I inquisiteurs pour les affaires engagées. Il apparaîtra sans 
1 doute une fois ou deux dans la seconde partie du registre^ ; 
jf mais ce sera exceptionnel. Aussi bien , l'état du registre, 
. où des feuiUets blancs attendaient la suite, montre bien 
r que la cour épiscopale laissa, après 1258, aux inquisiteurs 
dominicains tout le poids de la poursuite, dévolue précé- 
demment aux inquisiteurs épiscopaux, qui agissaient avec 
réivêque*. 

Ces inquisiteurs épiscopaux s'appelaient Radulphe, Ray- 
mond David et P. Aribert^. Ils ne nous sont d'ailleurs con- 
nus que par leurs fonctions de juges délégués épiscopaux, 
à moins qu'il ne faille voir dans Radulphe l'évêque lui- 
même, dans Raymond David le curé de Saint-Vincent du 
même nom^, et dans P. Aribert le notaire lui-même 5; ces 
trois identifications sont admissibles; mais on ne peut rien 

1. N«26. 

2. L'évêque Guillaume Radulphe est celui dont on voit le 
magnifique tombeau dans la chapelle adossée au flanc sud de 
Saint-Nazaire de la Cité. On y lit l'inscription suivante : 

-}- TITVLVS. MONYlIBIfTI. VEIfBRlBILIS. PATEIS. GVILLELlfl. RIDULPHI. 
DEI. GRITU. GAaCASSOIfEFrSIS. EPISCOPI. QVI. PRESETBlf. GAPBLL 

m. coifSTayxiT. et. in. £a. sacerdotbm . instityit. sbdit. avtem. 

19. BPISCOPATV. ANNIS. XI. DIBBVS. IIV. BT. DBFICIBIfS. 

OBIIT. IN. SBNBCTVTE. BONA. ET. MISERIGORDU. VBERI. ANNO. DOMI 
NI. MGCLXVI. VI. FERIA. KAL. OGTOB. HORA. VBSPERTINA. 

3. N<» 77 et suiv., n<» 89 et suiv. 

4. N« 23. M. Gh. Molinier (l'Inquisition dans le midi de la France, 
p. 279) l'appelle à tort Déodat. Le sigle dd = David. 

5. P. Aribert est qualifié Jnquisiior in dyocesi Carcassonensi, 



ccizzYiij INTRODUCTION. 

assurer. Il est du moins certain que les trois inquisitain 
n'appartenaient à aucun ordre reUgieox ; autrement, da- 
cun eût été appelé fraier^ tandis qu'ils sont qualifiés chacu 
du titre de magister^ ; ce qui fait penser avec juste rain 
qu'ils étaient gradués en théologie ou en droit canoD t 
qu'ils appartenaient au clergé séculier du diocèse de Ca^ 
cassonne. Dans nos actes, quand ils sont nommés, ik 
agissent tantôt deux ensemble*, tantôt séjMiTémentl Le 
protocole : promisit obedire mandatis InquisUonmi 
qui revient si souvent, désigne un engagement à l'égard de 
chacun d'eux , conjointement ou séparément , avec cette 
restriction qu'il n'y eut pas trois inquisiteurs épiaoopaia 
exerçant en même temps l'office de juge ; la délégation était 
donnée à deux juges. Et, en effet, P. Âribert apparaît quand 
Radulphe disparaît^. 

Les actes qu'ils ont laissés et qui sont contenus dans le 
manuscrit de Clermont-Ferrand ont une extrême importaDce 
pour l'étude de la procédure et de la pénalité inquisitoriale. 
Cependant ce n'est pas ici le lieu d'en exposer les règles, 
ce qu'il serait aisé de faire par le rapprochement et la com- 
paraison du registre du notaire de Tlnquisition de Carcas- 
sonne avec les traités spéciaux ou généraux. Il suffira, 
au surplus, pour faire connsûtre la nature de oes actes, de 
les présenter dans un classement méthodique; du même 
coup on en verra l'intérêt. 

La plupart sont des cautions pécuniaires données et 



1. Nt« i50 bis, 163, 173, 216, 230, etc. 

2. No» 111, 150 bis, 163, 173. 

3. N" 123, 124, 135, 148, 150, 153, 169, 216, 230. 

4. Ces inquisiteurs ont été inconnus de Bouges, Histoire eedi^ 
siastique et civile de la ville et diocèse de Carcassonne, p. 470471. 
In4s Paris, 1741. 



INTRODUCTION. cclxxiz 

p ipranties par des tiers en faveur d'un accusé ou d'un pri- 
I tonnier; et cela dans plusieurs cas. 
I )* L'accusé, par exemple, s'engage à obéir aux mandements 
i ée l'évêque ou des inquisiteurs : il se rendra au jour, ou 
l AUX jours qui seront axés, pour entendre la sentence ou 
p teoevoir la pénitence^; moyennant caution, il est libre. 
: Un autre promet de revenir à la simple monition de 
l*évêque'. Un autre enfin qui est sorti de prison y rentrera 
à tel moment déterminé^, la caution promise lui ayant per^ 
mis d'en sortir. 



r 

I 



f 

I La caution est donc admise en principe et en fait; les 
juges doivent, en effet, s'assurer que la justice ne perdra 
aucun de ses droits et suivra son cours régulier. 

Cela obtenu, ils accordent facilement en faveur du con- 
damné la sortie de prison, sortie temporaire, bien entendu. 
Nous voyons dans le Registre du notaire de l'Inquisition 
de Carcassonne que cette sortie fut obtenue moyennant 
caution : 1® pour cause de maladie ou d'infirmité^, à l'effet 

i. No* i, 3, 4, 6, 8, 9, 10, il, 42, 13, 15, 16, 17, 19, 21, 22, 23, 
24, 25, 26, 27, 28, 31, 32, 33, 35, 39, 40, 41 Ms, 42, 43, 44, 45, 
46, 47, 48, 49, 50, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 65, 68, 70, 71, 72, 
73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 82, 83, 84, 89, 91, 93, 94, 95, 96, 
97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 108, 109, 110, 112, 
115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 125, 127, 128, 132, 133, 
136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 144, 146, 151, 152, 154, 164, 
166, 167, 168, 170, 173, 175, 177, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 
186, 187, 188, 190, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 
204, 205, 206, 207, 208, 209, 211, 212, 213, 214, 215, 217, 219, 

220, 221, 222, 223, 224, 226, 228, 229, 233, 234, 241, 242, 243, 
245, 246, 247, 248, 249, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 
258,259,261,262,263. 

2. N~ 11, 20. 

3. No« 14, 61, 62. 

4. No» 14, 22, 24, 25, 63, 92, 94, 166, 176, 177, 178, 179, 200, 

221, 246, 247. 



cclzxz INTRODUCTION. 

de se faire soigner ; 2° pour faire un travail d'un caractère 
religieux; — par exemple, Ar. Narbonne» maçon, reçut 
un congé de deux ans pour aller se mettre à la disposition 
du monastère de RieunetteS où il y avait des construc- 
tions à faire'; — 3® pour accoucher >; 4® à la simple 
demande d*un tiers ^. Quelquefois même le motif n'est pas 
exprimé^. On se montrait donc facile pour autoriser cette 
sortie ; et la prorogation de temps s'obtenait sans trop de 
peine*. 

La défense, au cours de toute accusation, est de droit 
Mais on sait, et j*ai déjà fait remarquer, qu'à ce point de vue 
la procédure inquisitoriale présentait deux exceptions à la 
règle commune : l'avocat n'était pas admis, et le prévenu 
était privé de toute assistance judiciaire; les noms des 
témoins à charge, restant secrets, n'étaient point commu- 
niqués à l'accusé. Il ne s'ensuit pas qu'il y eût dans cette 
double disposition un double déni de justice. Car, d'abord, 
l'invitation à se défendre était adressée à l'accusé, qui 
acceptait^ ou refusait^. On invita même, par exemple, le fils 
à défendre son père ou sa mère^, le frère à défendre sa soMir '^ 

i. Gomm. de Saint- Hilaire, Aude. 

2. No 159. 

3. No 208. 

4. No 29. 

5. No» 61, 62, 64, 67. 

6. No 66. Il serait inutile de faire remarquer que la caatioD 
était exactement payée dans les cas où elle devait Tétre, si ce 
n'était pour expliquer par là les articles barrés par le notaire. 
No» 1, 29, 64, 65, 66, 67, 123, 149, 165, 166, 171, 172, 181, 18Î, 
187, 189, 191, 192, 193, 198, 199, 200, 202, 213, 216, 221, 244. 

7. No» 18, 30, 38, 41, 129, 135, 154, 210. 

8. No» 37, 90, 111, 123. 

9. No» 85, 86. 

10. No 232. 



INTRODUCTION. cclxxxj 

comme ayant cause, car la condamûation pouvait entraî- 
ner la confiscation des biens ^ ; et encore, dans ce cas, Tofire 
était acceptée^ ou refusée 3. Ensuite, on demandait invaria- 
blement à l'accusé s'il avait des ennemis^. S'il répondait 
que oui, il devait les déclarer et faire connaître les motifs 
de l'inimitié existant entre lui et celui qu'il nommait. Le 
motif de cette demande de déclaration d'inimitié saute aux 
yeux. Le témoignage de l'ennemi « mortel » était impitoya- 
blement écarté. En tout cas, l'accusé recevait la carta 
accusationiSy et jour lui était assigné « ad proponendum 
exceptiones et deffensiones suas légitimas^. » U se trouva 
des accusés qui jugèrent fort inutile de recevoir, encore moins 
de prendre les accusations écrites^. 

Le Registre du grefSer de Carcassonne ne nous fournit 
rien de spécial sur l'interrogatoire, bien qu'il contienne plu- 
sieurs exemples dignes d'attention''; on sait que le texte de 
la confiBssion était remis sous les yeux de l'accusé, qui devait 
dédarer s'il la reconnaissait pour vraie ou non^. Il ne nous 
dit non plus rien d'absolument particulier en ce qui regarde 
les dépositions des témoins^. Mais tout ce qui est relatif à la 
pénalité mérite d'être noté et retenu. 

Les peines infligées, penitentiae, sont : 

1° La prison*®; 

i. No» 85, 86. 

2. N*» 87, 231, 232. 

3. No« 48, 30, 38, 41, 129, 135, 154, 210. 

4. Quelquefois la preuve était faite, n»» 37, 200, 210. 

5. No 69. 

6. No 111. 

7. No» 155, 156, 157, 230. 

8. Cf. no 40 hU. 

9. No» 53, 53 bis, 53 ter, 53 quater. 

10. No» 133, 146, 204, etc. 



cclxzzij INTRODUCTION. 

2^ La visite des églises du bourg de Carcassonne» nudii 
pedibus, in camisia et hraccis^; 

3^ Les croix apparentes sur Thabit^ ; 

4^ Des pèlerinages^ ; 

5° Le service en Terre Sainte, passagiuniy tramitm 
ultramarinus^. Les sentences étaient prononcées dans 
réglise Saint-Michel ou l'église Saintr-Vinoent de Garca»- 
sonne*^. 

Ce sont là toutes les peines énumérèes dans le Registre du 
notaire de l'Inquisition de Carcassonne (première partie). 
On avouera qu'elles ne sont pas tellement épouvantaUss 
ou odieuses. Encore faut- il ajouter qu'il fonmit nombre 
d'exemples de grâce, gracia de crudbus^y gracia de 
peregrinationibus'^ , Si, d'ailleurs, le condamné était empê- 
ché légitimement de faire la peine ou pénitence, le juge se 
montrait accommodant, pourvu que satisfaction fut donnée, 
que le droit de la justice fut reconnu. Ainsi, Raymonde Bar- 
baisane n'avait point accompli les pèlerinages, la mort étant 
survenue : ses héritiers consentirent ut bona ipsius Bar- 
baisane annotarentur et scriberentur^ De même, pour 
le service en Terre Sainte, les exemples de recampensatio 



\. No» 2, 163. 

2. No* 81, 101, 143, 153, 163, 203, etc. 

3. No» 160, 161, 162, 165, 168, 199, 225, 226, 229. Le pénitent 
(lovait fournir des lettres testimoniales du pèlerinage accompli. 
Cf. no 36. — De même on donnait des lettres de purgaUon», Voy. 
une curieuse affaire à ce sujet, no 126. 

4. No» 81, 130, 147, 148, 149, 151, 164, 168, 169, 172, 173, 174, 
181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 191, 192, 193. 

5. No» 40 ter, 41 ter, 81. 

6. No» 36, 88, 165, 216, 235, 236, 237. 

7. No» 240, 244. 

8. No 225. Cf. no 199. 



INTRODUCTION . cclzzxiij 

passagii ne sont pas rares^ La gracia et la recompen- 
satio étaient accordées moyennant une amende dont le 
taux était âxé chaque fois. 

En outre, les inquisiteurs ne se refusaient pas à commuer 
la peine. Par exemple, P. Brice, de Montréal, ât demander 
par Tarchevêque de Narbonne d'être autorisé à passer en 
Terre Sainte au lieu de faire la prison, et il Tobtint'. Pour 
les pèlerinages, l'amende pouvait en tenir lieu^. Ou même 
par ce même moyen : Tamende considérée comme aumône, il 
était possible d'écarter une peine infamante : par exemple, 
Jean de Montaigut s'engagea à payer la somme de cin- 
quante livres tournois, « ita tamen quod penitentia mûri vel 
alla penitentia non injungatur patri suo pro crimine heretice 
prayitatis^. » Enân, la peine ou pénitence était parfois 
retardée à la simple demande d'un haut personnage sans 
caution ni amende. Par exemple, c'est à la prière de l'abbé 
de Montoulieu que Raymonde, femme de R. Maurel, avait vu 
l'imposition des croix, criLcesignatiOy différée, et par recon- 
naissance elle avait fait don à l'abbaye de pierres taillées ad 
apusjanue faciende^. Pierre Pelha de Coufoulens obtint 
la faveur de se dévêtir des croix, quoiisque redierit de 
Francia vbi vtUt ire •. 

Les adoucissements de peine étaient, on le voit, nom- 
breux, variés, de tous les jours, pour ainsi dire. C'est à se 
demander si l'évêque de Carcassonne ou les inquisiteurs 
n'auraient pas fléchi, se seraient maintenus à la hau- 



i.No»i30, 148, 149, 169, 199. 

2. N» 151. 

3. N«* 171, 216. 

4. No 164. 

5. N« 238. 

6. No 36. 



cclxxxiv INTRODUCmON. 

leur de leur mission. Le Registre nous fournit » du moins, 
un exemple d'intégrité assez remarquable. Bernard de la 
Tour, chevalier, raconta que, moyennant cent sous melgo- 
riens et un cens annuel de six deniers propter homaffium» 
il s'était engagé envers Raymond Sabatier, condamné à 
porter les croix, crucesigruUus , à intercéder auprès de 
l'évêque, son parent, pour en obtenir la remise, quod 
faceret ipsum decrucesignari. Mais l'évêque resta sourd, 
et P. Âribert refusa Targent que Raymond Sabatier lui fit 
offrir pour le même objet, pro négocia antedicto ^ Cet 
exemple permet de croire à l'honnêteté des juges d'inquisi- 
tion, qui, étant du pays, se voyaient très souvent sollicités. 
Il ne semble pas qu'ils se soient laissé circonvenir. 

Deuxième partie. — La dénomination de deuxième pai^ 
tie n'est pas arbitraire, car cette partie correspond à des 
dates dont quelques-unes sont postérieures aux dates de la 
première, et si dans la première nous rencontrons» à la 
date du 20 juin 1249, une caution fournie avec enga- 
gement que Guillaume Curt de Rieux-en-Val reste à la 
disposition de l'évêque', dans la seconde, à la date du 
14 mars 1250 (n. st.), il comparaît après citation et subit 
un interrogatoire^. 

La deuxième partie comprend vingt-six feuillets» l'ancien 
feuillet xiin manque et le texte en cet endroit présente une 
lacune^. En avant se trouve un tableau dans lequel le nom 
du lieu est suivi du nom des personnes poursuivies ou plutôt 

i. No 230. L'abbé de Montoulieu refusa aussi l'argent offert par 
P. Barte pour qull obtint grâce su^^ peregrinationibut, n9 235. 

2. No 12. 

3. Noli. 

4. Cf. no 24. 



INTRODUCTION. cclxxxv 

interrogées, car cette seconde partie se compose uniquement 
d'interrogatoires ^ ; il y en a cinquante-un. Les voici pré- 
sentés dans leur ordre chronologique : 

1249(?), 27 mars, n" 26. 

1250 (n. st.), 12 mars, n^' 30, 31, 32. 

— — 14 mars, n^' 1, 2, 3, 10, 11, 12, 13, 14. 

— — 15 mars, n^' 4, 5, 6, 14 bis, 24. 

— — 16 mars, n«» 7, 8, 9, 15, 16, 17, 18, 19, 

20,21,22,27. 

— — 17 mars, n^* 23, 24 Us. 

1250, 9 avril, n«' 33, 34, 35. 

— 11 novembre, n** 36. 

1251 (n. st.), 21 et 22 février, n* 37. 

1251, — n«'38, 39. 

— 11 avril, n^ 40. 

1253, 6 mai, n« 27 bis. 

— 7 mai, n<* 27 ter. 

1254, l*' mai, n« 6 Us. 

1255, 22 août, n* 38 ôw. 
1259, 7 avril, n*» 9 Us. 

— l®*" septembre, n® 9 ter. 

— 24 septembre, n** 9 quater. 

— 20 octobre, n* 9 quinquies. 

— 31 octobre, n* 25 bis. 
1267, 6 octobre, n** 37 bis. 
Date non exprimée, n^* 25, 28. 

Les prévenus appartiennent tous au diocèse de Carcas- 
sonne. Les interrogatoires sont faits : 

i. Titre mis au dos de la reliure moderne : Interrogatoires d^ hé' 
rétiques albigeois, 1250-4251. Ce titre ne répond qu'au contenu de 
cette deuxième partie; mais les dates extrêmes sont fautives. 



CclxxxTJ INTRODUCTION. 

1^ par révêque Guillaume Arnaud à Carcassonne mâme^ 
etàVillarièsS; 

2^ par son officiai, à Coufoulens'; 

S"" par 6. Martin, archiprêtre, et maître Robert, qui 
reçoivent une déposition d*Âlaïs {Aladaidis) de Bax, de 
mandat domini episcopi*; 

4"" par les inquisiteurs épisoopaux Badulphe, P. Aribert 
etR. David^ 

5o par firère G. (nom indéterminé) *, inquisiteur ; 

&" par firère Baudouin^ (le même, je pense, que Baudouin 
de Montfort^), inquisiteur. 

L'abbé de Fontfiroide occupe dans un interrogatoire* le 
second rang après l'évêque. Probabl^nent, il y assôsta sim- 
plement. 

Les notaires ou scribes sont Radulphe, clerc ^^, Bomassip ^S 
Guir. Trépas {Trepaciy* et Raynaud de Castres". Témoins 
de marque, 6. Martin, archiprêtre^^, Robert, médecin'*, 
R. David *«. 

Ces interrogatoires fournissent, avec le nom des prévenus 

1. N*» 1, 8, 9, 14, 22, 23, 25, 27, 36, 38. 

2. N« 6 bis, 

3. No» 23, 24 bU. 

4. N» 26. 

5. No» 38 bis, 41. 

6. N® 9 quinquies. 

7. N<» 9 ter. 

8. No 25 bù. 

9. No 23. 

10. No 1. 

11. No« 6 Wf, 25, 27, etc. 

12. N» 9 quinquies. 

13. No 25 bis, 

14. N- 9, 24. 

15. N* 9. 

16. No 36. 



INTRODUCTION. cclxxxvij 

et les charges contenues dans leurs aveux, des renseigne- 
ments utiles. 

A Carcassonne, les inquisiteurs autres que les inquisi- 
teurs épiscopaux, qui citaient les prévenus à la maison épis- 
copale, et dès lors les inquisiteurs dominicains Bernard de 
Caux et Jean de Saint^Pierre, si^eaient dans la maison du 
maréchal, in domo marescalli, vbi inquisitores stabant 
etinquirebant^. 

La présence de Ferrier, dominicain et inquisiteur, est 
signalée à Cannes (Aude)' et à Limoux (Aude), où il reçoit 
une abjuration '. 

Bernard de Caux et Jean de Saint^Pierre, que nous con- 
naissons, imposent une pénitence, étant à Cannes^, et nous 
rencontrons plusieurs fois Jean de Saint-Pierre à Carcas- 
sonne^. 

Enfin, ces interrogatoires font mention de nombreux cas 
d'abjuration faite en présence des « inquisiteurs^ » ou même 
entre les mains du curé de Saint^Michel de Carcassonne ". 

Comme fait curieux, et qui n'est pas dépourvu d'intérêt, 
citons le nom de Pierre Pollan, qualifié du titre d' « évêque 
des hérétiques, » et en même temps l'existence d'un capital 
faisant masse recueilli au sein de l'hérésie et restant la pro- 
priété des hérétiques. Pierre Pollan, ayant fiii clandestine- 
ment, avait caché ce trésor, qui fut retrouvé dans le bois 
de Mata (Mota, Lamothe?) et remis entre les mains de Ber- 
nard de Montoulieu et de Bernard Acier, alors à Cazalre- 

1. No 25 bis. 

2. No 10. 

3. No 6. Cf. no 38 bis. 

4. No 10. 

5. No« 12, 14, 24. 

6. No» 3, 4, 5, 13, 17, 21, 23, 28, 30, 31, 32, 37. 

7. N» 7. 



ccixxxviij INTRODUCTION. 

noux (Aude)^ On rencontre souvent dans les docomeats 
mention de levées faites par les hérétiques, tant pour soute- 
nir Trencavel dans sa révolte contre saint Louis que ponr 
venir en aide aux hérétiques réfugiés à Montségur (Âriège) 
et entretenir le culte, le service et les ministres. 

De ce rapide exposé du contenu du manuscrit 160 de la 
bibliothèque de Clermonfr-Ferrand, il résulte avec évidenœ 
qu'il l'emporte en intérêt sur tout autre pour Thistoire de 
l'Inquisition à Carcassonne. 

M. Ch. Molinier, qui l'a étudié longuement*, lai a &itde 
nombreux emprunts. En éditeur consciencieux, je dois faire 
le relevé de ces extraits. La chose est rendue £acile. par 
l'insertion des numéros d'ordre, qui rendent les citations 
commodes. 

Emprunts faits à la première partie : 

N^ CCXXXVI, en partie, page 300, note. 



— CCXLIII, 


entier. 


— 


301, note. 


— CCXTJV, 


entier. 


— 


302, note. 


— CCXU, 


entier. 


^ 


303, note. 


— CCXTJI, 


entier. 


^ 


304, note. 


— XCIX, 


en partie. 


• 


313, note 3. 


— CGVI, 


entier, 


^ 


321, note 1. 


— XXIX, 


entier. 


— 


325, note. 


— XXXVII, 


en partie, 


— 


340, note 1. 


— ccvm, 


entier. 


— 


342, note 1. 


— CXXIV, 


entier, 


^ 


343, note 1. 


— XXVIII, 


entier, 




345, notel. 


— CXXVI, 


entier. 


— 


347, notes 3, 4. 



— CXI, en partie (fin), — 348, note 1. 

2. L'Inquisition dans le midi de la France, p. 261 et suiv. 



INTRODUCTION. 



cclxxxix 



N« GXXXV, 

— XVIII, entier, 
^ CLIV, entier, 

— CXI» entier, 

— CXII, entier, 

— CCXin, entier, 
^ XXX, entier, 

— XXXVII, entier, 

— CCLXX, entier, 

— GCXXXVII, entier, 

— GCXXXVm, entier, 

— GLXX, entier, 

— CXLVm, entier, 

— CCXXX, entier, 

— GCXXXII, 

— CGXVIII, 

— GCXXVII, 
-XI, 



en partie (^n), page 348, note 1. 



— XX, 

— XVII, 

— CLXVI, 

— XL, 

— GLXXIV, 

— GLXXV, 

— GXLin, 

— GGL, 

-CI, 

— GXXX, 

— GGXXXIII, 

— CGXLVI, 

— GGI, 

— GLX, 



entier, 
en partie, 
entier, 
entier, 
en partie, 
entier, 
en partie, 
en partie, 
en partie, 
en partie, 
entier, 
entier, 
en partie, 
entier, 
en partie, 
entier, 
en partie, 
en partie. 



350, note 2. 

351, note 1. 

352, note 1. 
352, note 3. 
354, note. 

356, note 2. 

357, note 1. 
362, note 7. 
362, note 3. 
364, note 2. 
364, note 1 . 

364, note 1. 

365, notes 1, 2. 

366, notel. 

369, note 5. 

370, note 2. 
370, note 2. 
370, note 2. 
373, note 2. 
373, note 3. 
380, notel. 
386, note 2. 
386, note 3. 
388, note 2. 
391, note 1. 

391, note 3. 

392, note 6. 
394, note 2. 

394, note 3. 

395, note 1. 

396, notel. 



ccxc 



N" XXXVI, 

— GLXI, 

— CCXXXV, 

— LXXXI, 

— CXCXIII, 

— CLXXIV, 

— CLXXV, 

— CLXXVI, 

— CXLVII, 

— CLIV, 

— XXXVI, 

— LXXXVIII, 

-II, 

— CLXIV, 

— CLI, 

— XIV, 

— XXII, 

— LXI, 

— LXII, 

— LXIII, 

— LXIV, 

— xcxn, 

— CCXI, 



INTRODUCTION. 

en partie, page 401, note 2. 



entier, 

en partie, 

entier, 

entier, 

en partie, 

en partie, 

en partie, 

en partie, 

entier, 

en partie, 

en partie, 

entier, 

entier, 

en partie, 

entier, 

entier, 

entier, 

entier, 

entier, 

entier, 

en partie, 

entier. 



403, note 2. 

403, note 4. 

404, note 1. 
408, notel. 
408, note 2. 

408, note 2. 

409, note 2. 
409, note 3. 
412, note 3. 

415, note 1 . 

416, note 1. 
416, note 2. 
418, note 1. 
431, note 2. 
443, note 1. 

443, note 2. 

444, note 1. 
444> note 1 . 
444, note 1. 

444, note 3. 

445, note 2. 
445, note 3. 



Emprunts faits à la seconde partie : 



NM, 

— XLIII, 

— XXIX, 

— XXXIV, 



en partie, 
entier, 
en partie, 



page 328, note 3. 

— 329, note 2. 

— 336, note 1. 

— 387, note 3. 



en partie. 

Mais ces emprunts, qui, par leur nombre, représeaten 
comme une demi-édition de la première partie, n'ont pas éf 
faits d*une manière irréprochable, il s'en faut. C'est on 
véritable édition que je voudrais donner ici. 



INTRODUCTION. ccxcj 

lY. Commission pontificale (4306). 

Les troubles de Carcassonne et d'Albi et le procès contre 
les hérétiques poursuivi par Bernard de Gastanet, Nicolas 
d'Abbeville et Bertrand de Glermont, eurent leur épilogue, 
qui dura sept ans, et probablement tourna à la confusion des 
hérétiques. A peine Clément V eut-il été élevé au souverain 
pontificat, en efiet, que les communautés de Carcassonne, 
d'Albi et de Cordes se plaignirent des injustices, des vio- 
lences, des rigueurs excessives de Bernard de Castanet et 
des inquisiteurs envers les hérétiques emprisonnés. Les car- 
dinaux, le siège vacant, avaient été déjà informés. Par ses 
lettres en date du 12 mars 1306, Clément V chargea les car- 
dinaux Pierre Taillefer de la Chapelle, du titre de saint 
Vital, auparavant évêque de Toulouse, et Bérenger Frédol, 
du titre des saints Nérée et Achillée, évêque de Béziers, 
d'ouvrir une enquête sur les faits reprochés à Tévêque d'Albi 
et aux inquisiteurs. Mais ils ne purent s*en acquitter immé- 
diatement, à cause de l'opposition de droit faite par Ber- 
nard de Castanet. En attendant, ils procédèrent à la visite 
des prisons et des prisonniers de l'Inquisition suivant les 
termes mêmes de leur commission. 

Le procès-verbal de cette visite faite à Albi et à Carcas- 
sonne nous est conservé aux Archives municipales d'Albi. 
C'est un rouleau de parchemin mesurant 255 millimètres en 
largeur et 7 mètres 75 en longueur et classé GG 1 . , celui-là 
même qui a servi au copiste de Doat (XXXIV, fol. 45 v<*-80) *. 

Voici la série des actes et des pièces contenus dans ce 
document, qui présente un intérêt majeur : 

i. « Extrait et coUationné des copies en parchemin, scellées, 
trouvées aux archives de Phostel de ville d'Alby, » dit-il (fol. 80). 



ccidj lynooccnû». 

13i>4, 14 mars. — Prcpcaratio& dcnuiâEr par ks syziZj&^jn 

GODsalâ de Carcassûiuke à Anaiid Terns . Xrzjsrt 

de Caatres et BerLard Jean. 
1306. 24 janvier. — Procoratio3 donnée par Is coLiclsf. 

les sTij dics d* Albi â Philippe Olrîc, Beraard Fez^iia. 

Isar RavLaud, Bérenger Molîiûer, Jeaiî VïsEr^:. 

Barthélémy Maord, I%ilippe Sobôrmc et G^nx 

CoU. 
1306. 26 jaLvier. — Procoration do::iiée par Eercari i 

Castartet. evêque d'Albl, â GoillaïuDe Bereî. 
1306, 13 zc^rs. Chan>Iles. — Balle de Oêment V an csrii- 

Laax Pierre Taillefer de la Chapelle et Bocuff 

Frê»i jl. leur «ionnaLt oxnmissioii de faire une eLqpiu 

rjT le fait de rinqoisitioc. 
1306, xcar^avrll. — Les cariiiiaiix. étant â Careaaaxuke. 

visiicLt les prisons et lâs pr;ftinnifffs Ae l'IikqinsàM. 
13ij6. 27 arni. — Maître Jacques, principal geôbo'. est 

âéiL iiaiLteLQ parmi îe officien et Maiii ecis de II 

priâiiL. L prêîe senDe&t. 
190Ô. 2S a-rrll. — Le cariinal Bé^nger FTêdol s'excaâe: 

il le picrra être présent à Alhi pour eBtesdzv ks 

iLtéres5*e5<u jl£i*:iai:t5- 
130^*. 3 zL3iL. — Lrr'.Tn ù iDèzz>e À Yêhbè de Fontfinoide 

pyj.r le irler de dêsiriiâ* iin moine de raUttre. 

ItK^rl sera chi^rcé de pciorsoiTTe TaSûre des plai- 

£T.aiiï*. 
13ti6. jr^ziiers ; irs ie ziaî. — EarJiéleinT d'Ariat. ckre, 

ies rr.5i:L5 de T: -l;use. prête aermeot de 
.r rXAc.c'iijriî sii. CA-^oê ûe £aniien. 
- A Air:, le cariiiil Tailiefer de la Oiapdle 
le : r:». urr-r '.e l'ev-ê^-ue rAli: eX les pr:co- 



13^«e. 4r:^: 



r-.c. 



....^.•- j 



reuTs .îes o. i>;;l.s uc CJir«:;£$àk: i 



INTRODUCTION. ccxciij 

Le même jour. — Le cardinal visite les prisonniers. 

Lie même jour. — Les trois geôliers des prisons d*Albi 
prêtent serment qu'ils rempliront exactement leur 
charge de gardiens. 

1306, 5 mai. — L'inquisiteur Geoffroi d'Âbluses nomme ses 
procureurs en cour de Rome, qui sont Pierre d'Or- 
vieto, procureur général de Tordre des frères Prê- 
cheurs, Arnaud du Prat, frère Prêcheur, et Gruil- 
laume Revel, clerc, curé de Cazevielle. 

1306, 7 mai. — L'abbé de Fontfroide désigne et envoie 
deux religieux, qui sont Bérenger, sous-prieur, et 
Guillaume Vilar. 

1306, 11 mai. ^ A Montech, les consuls de Cordes pré- 
sentent leur plainte par écrit et demandent que l'af- 
faire ne se poursuive qu'avec le concours de l'abbé 
de Fontfroide. 

1306, 12 mai. — Les consuls de Cordes nomment leurs 
procureurs, qui sont Bérenger Faucilhard, Bernard 
Panât, Bertrand Salvi et Durand Faure. 

1306, 17 mai. — Les syndics des consuls de Cordes 
demandent le sauf-conduit à l'effet d'obtenir que 
suite soit donnée à leur plainte. 

Là s'arrête notre pièce. Pour le moment, l'affaire resta en 
suspens, Bernard de Castanet faisant toujours les opposi- 
tions de droit. Clément V accorda donc, par ses lettres du 
6 septembre 1309, les sauf-conduits nécessaires à Aymeric de 
Castro^ agent des hérétiques, pour poursuivre l'affaire*. Les 
choses avancèrent peu, si bien qu'Isarn Coll, Pierre Fransa, 
Jean Delport, Pierre Rayssac, Guillaume Salevert, Guil- 

i . J'ai publié cette lettre. Les Manuscrits du château de Merville, 
p. 54, note. 

s* 



ccxciv INTRODUCTION. 

laume Landas, Isar de Cardelhac, Jean Pays, GuillaoïK 
Borrel et Bernard Cases, d*Àlbi, toujours prisonniers, adres- 
sèrent une nouvelle réclamation au pape» qui s'empressa de 
donner des pouvoirs ad hoc au successeur de Bernard de 
Castanet, Bertrand Desbordes (1308-1311)» et aux inqaiâ- 
teurs^ Celui-ci ne bougea pas, si bien que le pape, par une 
troisième lettre en date du 19 avril 1313, dut renoavder 
la commission pour son successeur. Mais, un an après, 
le 20 avril 1314, Clément Y descendait dans la tombe. Les 
réclamants durent se résigner à leur sort, si triste ffit-il, 
mais légal apparemment. Tout le monde sait, aussi bien, 
que Jean XXII, successeur de Clément Y, ordonna le pro- 
cès de Bernard Délicieux, qui fut condamné à la prison per- 
pétuelle* ; il avait déjà donné la pourpre à Bernard de Cas- 
tanet. 
La commission pontificale est publiée ici d*après roriginal. 

i. Regestum Clementis papae 7, n^ 9463. 
2. Voy. plus haut, p. xlj. 



INTRODUCTION. CCXCV 



CONCLUSION GÉNÉRALE. 

Le lecteur voit mainteDant quel est Tobjet du travail que 
nous lui présentons. Ce n'est pas une histoire de l'Inquisi- 
tion dans le Languedoc que nous nous sommes proposé 
d'écrire, bien que nous ayons plusieurs fois touché aux 
grandes lignes de cet attachant et curieux sujet. Nous n'avons 
pas même voulu faire un exposé didactique de la procédure, 
dont cependant nous avons énoncé plusieurs points fonda- 
mentaux. Tout notre but a été de faire connaître la nature, 
l'importance, la valeur des matériaux dont l'historien devra 
faire une étude consciencieuse pour établir exactement les 
faits, les relier entre eux et les présenter en une synthèse 
qm ne pourra être sûre et lumineuse que si elle est pré- 
parée par une minutieuse analyse. Il a nécessairement 
fallu classer ces matériaux ; nous avons donc essayé de le 
faire d'après un double principe : l'ordre logique et l'ordre 
chronologique combinés ensemble. Encore avons-nous cru 
bon ou même nécessaire, en ce qui regarde l'ordre logique, 
de le déterminer non d'après la nature des matériaux, à 
l'exception des manuels et des récits, mais en nous attachant 
à chacune des autorités religieuses et sociales que Yinqui- 
sitio haereticae pravitatis mettait en mouvement : le pape 
et ses légats, les évêques et les conciles, le juge délégué, le 
roi , le sénéchal ou le procureur des confiscations pour hérésie. 
Puisque les deux pouvoirs, ecclésiastique et séculier, ont 
regardé comme un devoir impérieux de faire rentrer, par la 
voie d'un tribunal d'exception, dans l'unité chrétienne tous 
les dissidents, quels qu'ils fussent, ou du moins de réprimer 
tout mouvement séparatiste, le critique, l'historien, ou même 



ccxcvj INTRODUCTION. 

un simple éditeur de textes ne pourraient, sans manquera 
leur devoir, se limiter aux actes de l'une ou de Tautre de 
ces autorités, aux actes des inquiâteurs, par exemple. C^ 
toujours se tromper de quelque manière qne de se placer a 
un seul point de vue ; on ne montra qu'un côté des fieûts, alors 
que le tableau d'ensemble est seul objectivement vrai. 

Pour arriver à établir le fiait de la poorsaite contre te 
hérétiques, en fixer les causes, en circonscrire la base légis- 
lative, en voir les tenants et aboutissants, il n'y a d'autre 
moyen que de pénétrer au fond de chacune des pièces qui s v 
rapportent, afin d'en dégager, pour ainsi dire, la substanœ 
historique. Encore faut^il commencer par savoir où ces 
pièces se trouvent. Tel est l'objet de la premi^ partie de 
l'Introduction, où j'ai voulu principalement, sinon unique- 
ment, décrire les sources de l'histoire de l'Inquisition dans 
le Languedoc de 1229 à 1330. J'ai signalé les matériaux 
existants, ou aujourd'hui connus, sans m'interdire de recher- 
cher la connexion qu'ils ont entre eux, ou de dire pour queUe 
raison ils offrent un intérêt spécial. 

Mais il était naturel que, publiant quatre manuscrits oa 
séries de pièces fort capables d'aider l'historien, je m*7 arrê- 
tasse ; tel est l'objet de la seconde partie de TlntrodactioD. 

On trouvera peut-être que les sentences de Bernard de 
Caux et de Jean de Saint^Pierre sont un document mono- 
tone ; mais aucune sentence de juges n'échappe à ce début 
On ne saurait raisonnablement s'en plaindre. En tout cas, 
le lecteur leur sera indulgent en considération du registre du 
greffier de l'Inquisition de Carcassonne et de la conunission 
pontificale, qui, à n'en pas douter, compteront toujours 
parmi les documents principaux de l'histoire de Tlnquisition 
dans le Languedoc. 



TABLE DE L'INTRODUCTION 



Page» 

Division du sujet j 

PREMIÈRE PARTIE. 

FAITS ET DOCUMENTS. — TABLEAU D*EN8EMBLB. 

I. ACTES DBS PAPES YJ 

i. Grégoire IX. — Les légats Romain de Saint- 

Ange et Jean, archevêque de Vienne .... vj 

2. Innocent IV (1243-1254) xiij 

3. Alexandre IV (1254-1261) xxij 

4. Urbain IV (1261-1264) xxvj 

5. Les papes de Clément IV à Jean UII (1265-1334). xxvij 

II. ACTES DES ÉYÉQUES xlv 

I. Action collective des évêques xlvj 

II. Action individuelle des évêques Iviij 

1 . Les archevêques de Narbonne lix 

2. Les évoques de Toulouse Ixxiv 

3. Les évêques de Garcassonne Ixxxiij 

4. Les évoques d'Albi Ixxxvij 

5. Les évoques de Pamiers xcix 

6. Les évoques de Béziers, Lodève, Maguelonne, 

Agde, etc cxiij 

III. Actes des inquisiteurs cxxix 

i. Liste des inquisiteurs cxxix 

2. Perrier, Pons Garin, Guillaume Raymond, Fierre 

Durand (1229-1246) cxxxviij 

3. Willem Arnaud, Etienne de Saint "Thibéry 
(1235-1242) cxliv 

4. Pierre Cellani (1233-1242) cxlvij 

5. Bernard de CauxetJean de Saint'Pierre (i^ii' 

1256) cxlviij 



ccxcviij TABLE DE L'INTRODUCTION. 

6. Radulphe et Raymond David, inquisiteurs dio- 

césains de Garcassonne clx 

7. Amélius, curé de Saint'Étienne de Toulouse, 

Raymond Resplandi, maître Ar, de Goûtent . clij 

8. Rainaud de Chartres et Guillaume Bernard de 

Dax clxTJ 

9. Pons du Pouget (1263, 1264) clxvij 

10. Etienne de Gastine (1264-1276) clxix 

11. Ranulphe de Plassac et Pons de Pamac (1273- 

1279) clxiij 

12. Hugues de Boniols, Pierre Arsin, Hugues Amé» 

lius clxixj 

13. Jean Galand (1278-1293) clxxiij 

14. Guillaume de Saint-Seine (1286-1292) . . . 

15. Bertrand de Clermont et Nicolas d'AbbetHlle cxc 
(1293-1302) cxcj 

16. GeoffYoy d'Abluses, inquisiteur; Gérait de Blu^ 
mac et Jean du Paugoux, lieutenants de rtn- 
quisiteur (1308-1309) cxcviij 

17. Bernard Gui (1306-1323) cciij 

18. Jean de Beaune, Jean du Prat, Henri ChO" 

mayou et Pierre Brun (1318-1329) .... ccvj 

IV. Actes de la puissance séculière ccx 

I. Les actes des comtes ccxij 

1. Raymond "VII cciii 

2. Alfonse de Poitiers ccxiij 

3. Les comtes de Foix ccix 

II. Les actes des rois ccxvij 

1 . Saint Louis ccxxiv 

2. Philippe le Hardi ccxxvij 

3. Philippe le Bel ccxxviij 

V. Manuels inquisitoriaux ccxxxiij 

{. Processus inquisitionis (i^AA-i^bA) .... ccxxxiij 

2. f Practica » de Bernard Gui ccxxxvj 

3. La torture ccxxxviij 

VI. Les récits ccxiij 

{, La € Chronique » de Guillaume de Puylaurens. ccxiiij 

2, La € Chronique » de Guilhem Pelhisso . . . ccxiiij 



TABLE DE L'INTRODUCTION. CCZdx 

3. Les Albigeois jettent l'inquisiteur dans le Tarn, 

par un anonyme (1234) ccxliv 

4. Troubles de Carcassonne et cPAlbi, par Bernard 

Gui ccxlv 

DEUXIÈME PARTIE. 

LISTE ET DESCRIPTION DES MANUSCRITS OU DES PIEGES PUBLIÉS ICI 

POUR LA PREMIÈRE FOIS. 

I. Sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint' 

Pttfrrc (1244-1248) ccxlviij 

n. Dépositions contre Pierre Gardas du Bourguet-Nau, 

de Touloiue (1247) cclxvij 

m. Le registre du notaire ou greffier de VInquisition 

de Carcassonne (i2i9'i2bB) cclxvij 

Première partie : obligations, adoucissements 

de peines cclxviij 

Deuxième partie : interrogatoires cclxxxiv 

lY. Commission pontificale (1306) ccxcj 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 



DANS LE LANGUEDOC. 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A NOGENT-LB-ROTROU. 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



/HISTOIRE t DE L'INQUISITION 

DANS LE LANGUEDOC 
PUBLIAS poui il sociiii de l'histoieb db feaiice 

PAB 

M«« DOUAIS 

ÉVÊQUE DE BEAUVAI8. 



DEUXIÈME PARTIE : TEXTES. 




A PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LAURENS, SUCCESSEUR 

LIBEAIRE DE LA SOCIÉTÉ DB l'hIBTOIRE DE FRANGE 

RUE DB TOUBMOK, H* 6 

MDCGGG 

300 



-il r 



i. 



EXTRAIT DU RÈGLEMENT. 

Art. 44. — Le Conseil désigne les ourrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller Texécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé en tète de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable soussigné déclare que la deuxième 
partie des Documents pour SEavia a l'Histoire de l'Ipiquisition 
DA!fs LE Laugubdoc, préparée par M^ G. Douais, évoque de 
Beauvais, lui a paru digne d'être publiée par la Sociéii de 
l'Histoire de Frange. 

Fait à Paris, le 20 août 4900. 

Signé : Noël VALOIS. 



Certi/té : 

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 

A. DE BOISUSLB. 



DOCUMENTS 

POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 



DANS LE LANGUEDOC 



L 



SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE 
1244-1248 

BIBL. NâT., ms. lat. 9992. 



I. — 18 mars 1246 (n. st.), Toulouse, cloître de Saint-Sernîn. 
— Sentence par laquelle Pierre de Roais et Pons de Game- 
ville, bourgeois de Toulouse, refusant ensemble de se sou- 
mettre à la pénitence de l'Église, Pierre de Roais étant de 
plus retombé dans l'hérésie, sont condamnés comme héré- 
tiques, et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi. Amen. 
AnnoDomini M^CC^^XL*" quinto, xv kal. aprilis. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum B. de Caucio et Johan- 
nes de Sancto Petro*, inquisitores heretice pravitatis 
in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 

1. Pour Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, inquisi- 
teurSy voy. Introduction^ deuxième partie, 1. Renvoi fait une 
fois pour toutes. 

1 



2 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

deputati. Gum Petrus de Roacxio ^ et Poncius de Game- 
vila^, cives Tholose, de heresi plurimum dîfamati per 
confessiones proprias in judicio factas, in heresi mam- 
feste deprehensi, et propter hoc ad agendam peniteo- 
tiam oblige ti juramento prestito corporali» non vdiot 
ad arbitrium Ecclesie penitentiam fiicere pro crimioe 
memorato ; memoratus etiam Petrus de Roacxio, post 
acceptam ab inquisitoribus penitentiam de cnnÙDe 
heresis, sit relapsus in heresim abjuratam : die sibi ad 
audiendum diffinitivam sententiam super crimine here- 
sis peremptorie assignata, et aliis rite actis» commu- 
nicato bonorum virorum consilio, ipsos légitime cila- 
tos, set per contumaciam absentes, per diffinitivam 
sententiam tanquam hereticos condempnamus, et booa 
ipsorum decernimus occupanda, excommunicantes 
eos et omnes qui deinceps scienter eis dederi[n]t con- 
silium, auxilium vel favorem. Actum Tholose, in ciaus- 
tro Sancti Saturnini, in presentia venerabilium Ar. 
d'Arago, prioris Sancte Marie Deaurate» Helie» prioris 
Sancti Pétri de Goquinis, magistri Ar. de Gozeox, 
officialis Tholose, Ar., prioris Sancti Satumini, Ar. 
Begonis, Atonis Durban et P. de Drudas, canonicorum 

1. Les Roais étaient une famille nombreuse et puissante, dont 
plusieurs membres versèrent dans l'hérésie^ celui-ci notam- 
ment, et Alaman de Roais, qui recevait les hérétiques dans sa 
maison, à Toulouse, et fut condamné (Confessions reçues par 
Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierrey bibl. de la ville de 
Toulouse, ms. 609, fol. 58 v<>, 80 r«, 101 r«, 102 i*. Voy. la 
déposition ou confession de Raymond Saur, ibid,, fol. 234 r^j. 

2. Un Pons de Gainevillc apparaît dans les actes du consu- 
lat dès 1180 \Uist. gén, de Languedoc y VIII, 356; éd. Privai) 
et les années suivantes. G^était un ascendant de celui-ci vrai- 
semblablement. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 3 

Sancti Saturnini, Bertrandi Rainaldi, et W. de Sancto 
Paulo, monachorum Sancte Marie Deaurate, Raimundi 
deFerreriis, capellani ecclesie Deaurate, Fortis, capel- 
lani Sancti Saturnini, Geraldi Arnaldi, Bernardi de 
Quinibals, Raimundi Berengarii et Raimundi de Sancto 
Seserto^, capitulariorum Tholose, et Guillelmi Adam, 
baiuli pro domino comité Tholosano. 

n. — 25 mars 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence condamnant : 

1® Austorge, veuve de Pierre de Resengas, Raymond Gau- 
bert et Arnaud Guerrer, de Toulouse, Auger de Verfeîl, 
chevalier, Remard Donat, Remard de Saint-Jean et Ray- 
mond Calvet, de Verfeil, Jacques, d'Odars, Remard Daide, 
de Saint-Aignan, Arnaud Dorbert, de Lanta, relevés de Tex- 
communication, à la prison perpétuelle. 

2^ Austorge, veuve du seigneur de Baziège, Raymonde Rar- 
rau et Aiceline, sœurs, Willem Mercadier, de Toulouse, 
Hugues de la Canelle, Raymond de la Canelle, de Lanta, R. 
Faur, Peytevin le Vieux, Raymond de Suelh, de Toulouse, 
Remard de Lanta, Peyrone Escudier et Raymond de Ville- 
neuve, de Toulouse, Raymond Saur, Pons de Fa, Pons 
Pastre, Pierre du Cabanial, Willem du Cabanial, Remard 
Jean, de Saint-Julia, Willem Etienne, de Gaure, à la prison 
temporaire. 

3® Titborgs, femme de Pons de Gameville, de Toulouse, à 
quinze ans de réclusion. 

4® W. Armand, de Toulouse, Raymond Dupuy, Bernard 
Durand, Remard Gleise, d'Odars, à dix ans de réclusion. 

In nomine Domini nostri Jbesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno M^CC'XLV[If^ viii kal. aprilis. Nos, 

1. Ms. : de Sancto Serono ; correction d'une autre main, au- 
dessus : de Sancto Seserto. 

2. La faute est évidente, puisque Raymond Saur avait achevé 
sa confession le 20 décembre 1245 (Confessions y bibl. de la 
ville de Toulouse, ms. 609, fol. 234 r°). 



4 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

fratres ordinis Predicatonim Ber. de Gaucio et Joban- 
nes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis io 
civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. 

Quia constat nobis per confessiones * Austorge, 
uxoris quondam Pétri de Resengas', Raimuodi Gaus- 
berti et Arnaldi Guerrer', de Tholosa, Augerii de 
yiridi Folio, militis, Bernardi Douati, Bernardi de 
Sancto Johanne et Raimundi Calveti de Yiridi Folio, 
Jacobi de Odarcio^, Bernardi Daide de Sancto Aniaoo, 
Arn. Dorbert de Lantario, in judicio factas, ipsos 
herelicos pluries scienter vidisse , adorasse et eonun 
erroribus credidisse et, post abjuratam heresim, hère- 
ticos vidisse et eos adorasse, nunc vero saoiori usos 
consilio ad unitatem Ecclesie, prout assenint» redire 
volentes, ipsos in primis omni heretica pravitate abju- 
rata absolvimus, secundum formam Ecclesie» a vin- 
culo excommuriicationis quo ratione predicti criminis 
tenebantur astricti, si tamen ad ecclesiasticam unita- 

1. M s. ; confcssionem, 

2. La famille des Hesengas [Roscnguey Rosergue, Roserge\ 
(1*011 on a fait [)liis tard Roscrgiuniy Bernardus de Hosergio, 
par exemple, arche v<>que de Toulouse (1454-1471), était une 
des priiKripales tamilles du Lauraguais. Bien des charges 
pesaient sur \ustorge .et son mari, qui n*avaient cessé de 
montrer le plus grand attachement pour Thérésie [Confes- 
sions y hibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 2001^; 
Doaty X\III, fol. 325. Vov. sa confession, Dcat, XXIV» 
fol. 1). 

3. Voy. la sentence XXXVlll. 

4. Ce Jacques d'Odars, appelé aussi Guilabert, avait éleyé 
ses fils, P. Grand et Ar. Guilabert, dans Thérésie [Confessions^ 
bihl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 203 v^, 204 1^. Cf. sen- 
tence IXj. 



ET DE JEAN DE SÀINT-PKRRB. 5 

tem de corde bono redierint et mandata sibi injuncta 
compleverint. Et quia in Deum et in Sanctam Eccle- 
siam predictis modis temere deliquerunt, ipsos légi- 
time citatos, die sibi ad recipiendum penitentiam super 
crimine heresis peremptorie assignata, communica[to] 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem ipsos retrudi volumus et preci- 
pimus ibidem perpetuo comorari ; et quod istam peni- 
tentiam compleant injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere 
noluerint, ipsos excommunicationis vinculo inno- 
damus. 

Gum etiam constet nobis per confessiones Austorge, 
uxoris quondam domini VaseiaS Raimundc Barrave, 
et Âiceline, sorores («ûî), Willelmi Mercaderii, de Tho- 
losa, Hugonis de Ganela ^ et Raimundi de Ganela, de 
Lantario, in judicio factas, ipsos hereticos pluries 
vidisse, credidisse et adorasse, et post abjuratam 
heresim scienter hereticos vidisse et celasse ; 

Gum etiam constet nobis per confessiones B. Fabri, 
specier, Pictavini senioris, Raimundi de Suelh, de Tho- 
losa, Bernardi de Lantario, Pétrone Escudeira et Rai- 
mundi de Yilanova, de Tholosa, Raimundi Sauri^, Pon- 

1. Ce Vaseia était seigneur de Baziège, « Vazega, dominus 
de Vazega ; » il recevait les hérétiques dans sa maison de Tou- 
louse, d'accord avec Austorge, sa femme [ihid,, fol. 58 r**), et 
aussi dans sa maison de Baziège (ibid,, fol. 60 r^) et dans sa mai- 
son de Gardouch [ibid,, fol. 43 v°). 

2. Cet Hugues recevait les hérétiques dans sa maison de 
tantai (ibid, y fol. 211 v*»). 

3. Le 20 décembre précédent, il avait complété sa confes- 
sion (ibid.y fol. 234 ro). 



6 SENTENCES DE BERNARD DK GAUX 

cii de Fa^ Poncii Pastre, Pétri dels Gabanils*, Willelmi 
dels Gabanils et Bernard! Johannis, de Sancto Juliano, 
Willelmi Stephani, de Gaure^, in judicio factas, ipsos 
hereticos pluries vidisse et eos adorasse et veritatem 
super heresi celasse contra proprium juramentum, 
communicato multorum prelatonun et aliorum booo- 
rum virorum consilio, ipsos in carcere retrudi volumos 
et injiingimus, quamdiu Ëcclesie videbitur expedire, 
ad penitentiam pro dicto crimine peragendam. 

Gum constet nobis per confessioneai Titboncs, ma- 
ris Poncii de Gamevila, de Tholosa, in judicio factam, 
ipsam hereticos pluries scienter vidisse, adorasse et 
receptasse, pavisse, celasse, conduci fecisse, et postcoo- 
fessionem de heresi factam et heresim abjuratam coram 
inquisitoribus, ipsam hereticos in domo sua a pancis 
annis citra scienter vidisse, ascultasse el eos celasse, 
communicato multorum prelatorum et aliorum bono- 
rum virorum consilio, injungimus eidem in virtute 
prestiti juramenti, quod intret domum carceris, ibidem 
per XV annos moratura, ad penitentiam pro crimine 
heresis peragendam. 

Gum constet nobis per confessiones Yitalis de Salas 
et Fabrisse, uxoris Pétri Marchesii, de Tholosa, in judi- 
cio factas, ipsos hereticos pluries vidisse, adorasse et 
credidisse bonos homines ; 

Gonstet etiam nobis per confessionem W. Arcmandi, 
de Tholosa, in judicio factam, ipsum a paucis annis 
citra hereticos vidisse, credidisse et celasse; 

1. Ibid.y fol. 234 r«. Cf. Doal, XXIV, fol. 30 v*. 

2. Ihid,y fol. 215 rS 219 v<». Voy. sa confession, Doal, XXIV, 
fol. 24. 

3. Voy. sentence XTX. 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 7 

Gonstet etiam nobis per confessiones Raimundi de 
PodioS Bernardi Durandi, Bernardi de Ecclesia^, de 
Hodarcio, in judicio factas, ipsos hereticos scienter 
planes vidisse, adorasse, credidisse a paucis annis 
citra, communicato multorum prelatorum et aliorum 
proborum virorum consilio, injungimus eisdemin vir- 
tute prestiti juramenti quod intrent domum carce- 
ris, ibidem per x annos moraturi, ad penitentiam pro 
crimine heresis peragendam, retenta nobis et aliis 
inquisitoribus potestate augendi, diminuendi, mutandi 
et aliam penitentiam injungendi, cum nobis et aliis 
inquisitoribus videbitur expedire. Actum apud Tho- 
losam, in claustro Sancti Saturnini, in presentia vene- 
rabilis Patris R., episcopi Tholosani, Guillelmi Atho- 
nis, archidiaconi Ville Longe, Ariialdi, prions Sancti 
Saturnini, magistri Arnaldi Pelisso, Yitalis Aurioli, 
prions Sancti Stephani, Raimundi Garrigerii, sacriste 
Sancti Stephani, et fratris Johannis de Gambalhols, 
notarii domini episcopi Tholosani, magistri Athonis 
Âppamiarum, Willelmi Raimundi, Pétri de Drudas, 
canonicorum, Poncii de Avinione, canonici, Fortis, 
capellani Sancti Saturnini, Raimundi, capellani Béate 
Marie Deaurate, B. de Ladinhac et Nepotis de Davinia, 

1. Dans sa confession du 15 juillet suivant, Raymond Dupuy 
fils dit que, quatre ans auparavant, il avait vu les hérétiques 
dans la maison de son père avec son frère et sa mère (Con^ 
fessionsy bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 204 v®). 

2. Quatre ans auparavant, Bernard Gleize étant malade dans 
la maison de son propre frère Arnaud, à Odars, on amena le 
ministre dualiste Jean « Sabbater » et ses compagnons. Mais 
Arnaud' ne supporta point qu'il fût « hérétisé ». Leur mère et 
plusieurs membres de la famille pactisaient avec les hérétiques 
{ibid., fol. 204 r«). 



8 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

B. de Gaurs, P. Frezapa, P. Ariberti, scriptorum dic- 
torum iiiquisitorum, B., prioris de Yauro, et Silvestri, 
capellani de Yiridi Folio. 

III. — 6 mai 1246, Toulouse, cloître de Saînt-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Pons Bladier, Pierre d* Albigeois, Raymond 
Sabbatier, Pons Dominicpie, Raymond M aurin et Amande, 
sa femme, bourgeois de Toulouse, sont condamnés à la pri- 
son perpétuelle. Faculté est laissée à Raymond Sabbatier du 
rester auprès de son père, malade, pauvre et catholique, 
tant qu'il vivra, à la condition qu*il porte une mante noire 
avec une croix sur le vêtement. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi. Amen. Anno 
Domini W CC XL° sexto, u nonas maii . Nos, fratres 
ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tbolosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones Poncii Bladerii, 
Pétri de Albigesio et Raimundi Sabbaterii, in judicio 
factas, ipsos hereticos pluries scienter vidisse, pluries 
adorasse, eorum predicationem audivisse, et eosbonos 
homines credidisse, celasse veritatem contra proprium 
juramentum et relapsos [esse]^ in heresim abjuratam; 

Gonstat etiam nobis quod Poncius Dominici* vidit 

1. Ms. : relapsus in heresim, 

2. Esclarmonde, sa femme, s'était compromise par certaines 
fréquentations suspectes [Confessions, bibl. de la ville de Tou- 
louse, ms. G09, fol. 203 v^). — Pons Dominique avait été quelque 
temps enfermé au Château->'arbonnais, à Toulouse (« Dixit 
etiam quod audivit dici a Poncio Dominici, capto in Castro 
>iarbononsi... »), ou peut-être y était-il présentement (confes- 
sion d*£sclarmond(\ femme de Pons Bret, ibid.y fol. 62 r*. Voy. 
sentence IV -. Le ChÂteau-Narbonnais dut être mis à la disposi- 
tion dos inquisiteurs, qui, en effet, n'avaient pas de prison spé- 
ciale à cette date. 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 9 

pluries bereticos in pluribus locis, credidit esse bonos 
homines, audivit predicationem eorum, adoravit eos, 
pluries receptavit eos in domum suam, dédit eis de 
suo, interfuit bereticationi, comedit cum bereticis et, 
postquam fecit confessionem suam aliis inquisitoribus 
et abjura vit beresim, recepit bereticos in domum suam 
a paucis annis citra ; 

Quia vero Raimundus Maurini et Arnalda, uxor 
ejus, viderunt scienter pluries plures bereticos, et 
in pluribus locis, crediderunt esse bonos bomines, 
audierunt predicationem eorum, et adoraverunt eos, 
et receperunt eos in domum suam, et comederunt 
cum eis; et idem Raimundus duxit eos, et accepit 
pacem ab bereticis et negavit veritatem contra pro- 
prium juramentum ; dicta vero Arnalda interfuit apa- 
rellamento bereticorum, receptavit bereticam que 
obiit in domo sua, interfuit sépulture ejus : 

Ipsos cives Tbolosanos, nunc usos saniori consilio 
ad unitatem Ëcclesie, prout asserunt, redire volentes, 
in primis omni beretica pravitate abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ëcclesie, a vinculo excommunica- 
tionis quo ratione predicti criminis tenebantur astricti, 
si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierint et mandata sibi injuncta compleverint. Et 
quia in Deum et Sanctam Ëcclesiam predictis modis 
temere deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes 
légitime citatos die sibi ad recipiendam penitentiam 
super crimine beresis peremptorie assignata, commu- 
nicato multorum prelatorum et aliorum bonorum viro- 
rum consilio, ad peragendam condignam penitentiam 
in perpetuum carcerem retrudi volumus et precipi- 
mus ibidem perpetuo comorari ; et quod istam peni- 



iO SENTENCES DE BERNARD DB OAUX 

tentiam compleant, injungimus eis in viitute prédit 
juramenti. Si vero predictam penitentiam faoereDob 
rînt, ipsos excommuaicationis vinculo innodamu. 
Damus tamen licenciam Raimundo Sabbaterii qood 
maneat cum pâtre suo, qui valitudinarius est et catl»' 
licus et pauper, ut dicitur, quamdiu vixerit patcr 
suus, et intérim portet mantam nigram et cruœm io 
omni veste cum duobus bradiiis transversalibus, el 
provideat sicut poterit patri suo. Âctum Tholose, in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia W. Beniardi, 
abbatis d'Idrac, Ar. Aurioli, prioris Sancti Satar- 
nini, Poncii de Albione, Pétri de Drudas, canonico- 
rum Sancti Saturnini, Pétri, prioris de Gaslus Cabu^ 
censis diocesis, W., capellani de Manso Sanctanun 
Puellarum, Ar. de Brassaco, capellani de Besceta, 
R. Berengarii, et Bernardi d'Ëscalquenx, capitulario- 
rum, R. P. Ariberti, P. de Montbiza et Beniardi de 
Gau[r]s, scriptor[um] inquisitorum. 

IV. — 13 mai 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Aldrige, sœur de Pierre Laurent, Bernard 
Duprat, Jeanne, femme de W. du Solier, et Willelme do 
Mas, de Toulouse, Etienne Garric, de Lavaur, Esclarmonde, 
veuve de Pons Bret, de Goudourvielle, Arnaud de na Bor- 
gcsa, de Roqueserière, Etienne Faur, Pierre Faur, Amind 
Faur, Pierre Foule, Jourdain Ugole, Pons Jourdain, Amtod 
André, W. de Gouzens, de Saint-Martin-de-Lalande, Willem 
Sermenha, Pons Piqucl, W. Sérignan, de Fanjeaux, sont 
condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi cnicifixi. 
Amen. Anno Domini M^ GC W sexto, m^ idus maii. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaudo el 
Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravi- 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. il 

I tatis in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apos- 
k tolica deputati. Quia constat nobis per confessiones in 
à judicio factas Aldrige, sororis Pétri Laurencii, Ber- 
I nardi de Prato, Johanne, uxoris W. de Solario, Wil- 
i lelme de Manso, de Tholosa, Stephani Garric de 
i Yauro, Esclarmunde, uxoris quondam Poncii Bret, de 
É Godervilla, Arnaldi de na Borgesa de Roca Sereira, 
é Stephani Fabri, Pétri Fabri, Ar. Fabri, Pétri Foie, 
I Jordani Ugole, Poncii Jordani, Ar. Andrée, W. de 
I Gosenx, de Sancto Martino de Landa, Willelmi Ser- 
I menha, Poncii de Piquel et W. de Sirignano, de Fano 
I Jbvis, diocesis Tholose, 

Quod predicta Aldriga, uxor quondam Bernardi R\ 
cambiatoris, vidit pluries hereticos, adoravit pluries, 
oredidit hereticos esse bonos homines, predicationem 
eorum audivit, comedit de pane benedicto ab hereti- 
cis, hereticationi interfuit et celavit veritatem contra 
proprium juramentum ; 

Ptenominatus etiam Bernardus de Prato vidit plu- 
ries hereticos, adoravit eos pluries, credidit eorum 
erroribus, dédit et servivit hereticis, recepit eos in 
domum suam et, post abjuratam heresim, vidit nun- 
dum cujusdam heretice et eidem nuces émit ; 

Predicta etiam Johanna, uxor W. de Solario, vidit 
pluries hereticos, adoravit eos pluries, credidit here- 
ticos esse bonos homines, predicationem eorum audi- 
vit et eis servivit, et, post abjuratam h[er]esim vidit 
et adoravit hereticos, dédit eis de suo, predicationem 
eorum audivit et comedit cum eis ; 

Predicta etiam Willelma de Manso vidit pluries 
hereticos, adoravit eos pluries, credidit esse bonos 
homines, absolvit maritum suum hereticis et, post 



12 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

abjuratam heresim, vidit hereticos et oelavit eos; 

Predictus etiam Stephaous Garric de Yauro vidil 
pluries hereticos et eos pluries adoravit, crediA 
hereticos esse bonos homioes, mansit cum hereliœ 
et suebat pelles eorum, voluit dare denarios questori 
hereticorum pro heretico capto redimendo^, et celavï 
veritatem contra proprium jurameotum ; 

Prenominata etiam EsclarmuDda^, uxor quondam 
Poncii Bret de Godervilla, vidit hereticos, adoravit, 
credidit eos esse bonos homines et credidit salvari io 
fide eorum, et, si descederet, nisi in manibus hereti- 
corum, crederet dampnari, et comedit cum heretica, 
et negavit veritatem aliis inquisitoribus, et postmo- 
dum^ coram nobis contra proprium jurameotum; 

Predictus Arnaldus de na Borgesa de Roca Serein 
vidit hereticos pluries et in pluribus locis» adoravit 
eos pluries, audivit predicationem eorum, comedit 
cum hereticis et de pane benedicto ab eis, ioterfuit 
hereticationibus, credidit salutem esse cum heretids 
et erroribus hereticorum credidit, et veritatem celavit 
bis contra proprium juramentum ; 

Predictus etiam Stephanus Fabri^ vidit pluries her^ 

1. Ms. : redimento. 

2. Voy. ses confessions à la date du 1^' et du 3 juillet 1245. 
Le 11 mars 1246, elle comparut et nia tout. Le il et le 12 mai. 
veille de sa condamnation, ses confessions furent remises sous 
ses yeux, et elle les reconnut pour vraies [Confessions^ bibl. 
de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 62 r*>, 62 v«). 

3. Ms. : postmotum, 

4. Voy. sa confession à la date du 29 juin 1245 [ihid,, 
fol. 31 r**). — 11 avait été, avec d'autres, délégué auprès de 
Tabbé de Saint-Papoul pour obtenir la délivrance de prison- 
niers (cf. fol. 34 r**). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 13 

i tioos et in pluribus locis, adoravit eos pluries, credi- 
I dit esse bonos homines, audivit predicationem eorum, 
i associavit hereticos et credidit herroribus eorumdem 
I et, post abjuratam heresim, vidit hereticos, adoravit 
i et credidit ; 

I Prediclus ctiam Petrus Fabri^ vidit pluries hereti- 
} eos, credidit et adoravit a quinque annis cîtra post 
I heresim abjuratam, et mentitus est aliis inquisitoribus ; 
I Predictus etiam Ar. Fabri^ vidit hereticos et eos 
adoravit a vi annis citra post heresim abjuratam; 

Predictus etiam Petrus Foic^ vidit pluries hereticos 
a paucis annis citra, adoravit, associavit, credidit here- 
ticis et eorum erroribus et celavit veritatem aliis inqui- 
sitoribus contra proprium juramentum, et, post abju- 
ratam heresim, vidit, celavit, credidit et adoravit 
hereticos ; 

Predictus etiam Jordanus Hugole^ vidit pluries 
hereticos a paucis annis citra, adoravit, credidit, 
duxit et celavit veritatem aliis inquisitoribus contra 
proprium juramentum, et, post abjuratam heresim, 
vidit hereticos, celavit, credidit et adoravit; 

Prediclus etiam Poncius Jordani ^ vidit pluries here- 
ticos a paucis annis citra, credidit et adoravit et 

1. Pierre Faur recevait les ministres hérétiques dans sa mai- 
son de Saint-Martin-de-Lalande [ibid,y fol. 31 r®. Voy. sa con- 
fession, fol. 31 y^). En regard, à la marge du ms. : In muro est, 

2. Voy. sa confession à la date du 29 juin 1245 [ibid,, fol. 31 v*). 

3. Voy. sa confession à la date du 29 juin 1245 [ibid.y 
fol. 32 v^). A la marge du ms. : In muro est, 

4. Voy. sa confession, même date (ibid,, fol. 33 1^). A la marge 
du ms. : In muro est, 

5. Voy. sa confession à la date du 5 juillet 1245 [ibid.y 
fol. 37 v^). A la marge du ms. : In muro est. 



14 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

manulevavit denarios ab heretids et reddidit, eteonnn 
predicationem audivit, et, postquam fecit confessio- 
nem suam aliis inquisitoribus et abjuravit heresim, 
vidit et adoravit hereticos ; 

Predictus etiam Âr. Andréas^ vidit pluries hereticos 
et in pluribus locis a paucis annis citra, adoravit eos 
pluries, duxit eos pluries, predicationem eorumao- 
divit pluries, et negavit veritatem aliis inquisitoribus 
contra proprium juramentum, et credidit heretids et 
eorum erroribus, et, post abjuratam heresim, viifit 
et adoravit hereticos ; 

Predictus etiam W. de Guzenx' vidit pluries hert- 
ticos, adoravit, credidit hereticis et eorum erroribos, 
predicationem eorum audivit a paucis annis dtn, 
stetit per quinquennium cum hereticis et post al^o- 
ratam heresim vidit, credidit et adoravit hereticos; 

Predictus etiam W. Sermenha^ vidit pluries here- 
ticos a paucis annis citra, adoravit pluries, audivit 
predicationem eorum, credidit hereticos esse bonos 
homines ; 

1. Voy. sa confession à la date du 5 juillet 1245 {ibid„ 
fol. 38 v^). A la marge du ms. : In muro est, 

2. Dans sa confession à la date du 20 décembre 1245, Rav- 
monde, ûlle de Raymond Jougla, convertie, énonça plusieurs 
articulations contre W. de Gouzens, qui jouissait d'une fort 
mauvaise réputation (ibid,, fol. 40 v*^). Voy. la confession d'Aî- 
mengarde, femme de W. de Gouzens, reçue le même jour 
(ibid., fol. 41 r®). Voy. surtout sa propre confession (tbid,, 
fol. 30 b). A la marge du ms. : In muro est. 

3. W. Sermenha s'était compromis depuis longtemps (ibid,, 
fol. 154 r<», 155 \'<», 158 v<^, 161 r^», etc.). Voy. sa confession, qui 
lui fut lue le 12 mai 124G, et qu'il reconnut pour vraie (ibid,, 
fol. IGl r°). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 15 

l Predictus etiani Poncius de Piquel^ vidit pluries 

r hereticos, adoravit eos pluries et audivit predicatio- 

t Dem eorum, pacem accepit ab eis, receptavit, credi- 

\ dit hereticos esse bonos homines, ioterfuit apparella- 

I mento et relapsus est in heresim abjuratam ; 

\ Predictus etiani W. de Sirignano^ vidit pluries 

I hereticos, adoravit eos, audivit predicationem eorum 

I et credidit hereticos esse bonos homines, duxit here- 

I ticos, et interfuit hereticationi, et celavit veritatem 

t aliis inquisitoribus contra proprium juramentum, et 

[ relapsus est in heresim abjuratam : 

j Ipsos nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 

I sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 

\ beretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 

formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 

ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 

ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 

mandata sibi injuncta compleverint ; et, quia in Deum 

et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 

runt, ipsos coram nobis comparentes légitime citatos 

die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 

heresis peremptorie assignata, communicato multo- 

rum prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 

ad peragendam condignam penitentiam, in perpetuum 

carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 

petuo comorari ; et quod istam penitentiam compleant 

1. Voy. la confession de Pons de Piquel, qui, déjà aupara- 
vant, avait comparu devant l'inquisiteur Ferrier, à Limoux. 
Elle lui fut lue le 12 mai 1246 {ibid., fol. 166 r<>). 

2. Voy. sa confession (ibid., fol. 167 r**). Quelques années 
auparavant, il avait comparu devant Willem Arnaud, T inqui- 
siteur qui fut tué à Avignonet en 1242. 



16 SENTBNGES DE HBRNARD DE GAUX 

injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si ^m 
predictam penitentiam facere nolaerint, ipsos exooiih 
municationis vinculo iQQodamas. Actum Tholose, in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia R., prepoâti 
Sancti Stephani, magistri Âr. Pelisso, canoDicoroD 
Sancti Stephani, Âr. Aurioli, prions Sancti Saturaim. 
P. de Drudas, W. Ramundi, canoniconim Sancti 
Saturnini, Amelii, capellani Sancti Stephani, R., capel- 
lani Deaurate, F., capellani Sancti Saturninii Rm 
capellani Béate Marie Dealbate, W. Ade, baiuli domini 
comitis Tholosani, Poncii Astre, Ramundi de Sando 
Geserto, R. Rainerii, W. Hugonis Pellicerii, Boni Mao- 
cipi Maurandi et Jordani de Villa Nova, capitulariomm 
Tholose, et multorum aliorum. 

V. — 17 mai 1246. Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Etienne de Roais, Pierre Esquivât, dame 
Assaus, femme de Raymond de Castelnau, Raymonde, femnK 
d'Arnaud Onde, de Toulouse, et Pierre de Greissac, de Mon- 
tastinic, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M'^GG^XL^ sexto, xvi kal. junii. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johan- 
nes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis 
in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. Quia constat nobis, per confessiones in judi- 
cio factas Stephani de Roacxio, Pétri Esquivât, domine 
Assaus, uxoris Ramundi de Gastro Novo, et Ramunde, 
uxoris Arnaldi Unda, de Tholosa, et Pétri de Greissac, 
de Monte Astrug, 

Quod prenominatus Stephanus de Roaxio ^ vidit et 

1. Ktiennede Roais est souvent nommé dans les confessions 
(ms. 609 de la bibl. de Toulouse). 



_ ET DK JEAN DE SAINT-PIERRE. 17 

Ht 

adoravit pluries hereticos, predicationem eorum audi- 
YÏiy hereticationibus interfuit, quesivit hereticos et 
adduxit ad hereticationem faciendam et veritatem 
telavit contra proprium juramentum ; 

Prenominatus autem Petrus Esquivât vidit pluries 

hereticos, associavit, recepit cartam a fratre W. Ar. 

et socio suo, olim inquisitoribus, in qua continebatur 

quod adora verat hereticos, et, cum tenuisset cartam 

per quatuor vel quinque dies, recognovit coram dictis 

inquisitoribus illa que continebantur in dicta carta 

esse vera et pro illis supposuit se voluntati eorum ad 

recipiendam penitentiam perpetui carceris vel exilii, 

I Ye\ aliam quam sibi vellent injungere et ad hoc jura- 

I mento pro posse obligavit, et, postquam abjuravit 

I beresim, participavit sepius cum hereticis condemp- 

Datis comedendo, bibendo et eos associando ; 

Predicta etiam domina Assauts, uxor Ramundi de 
Castro Novo, vidit pluries hereticos et in pluribus locis, 
et pluries adoravit eos, et credidit esse bonos homi- 
nes, et post abjuratam heresim vidit pluries hereticos 
et pluries adoravit eos et receptavit in domo sua, et 
audivit predicationem eorum pluries a paucis annis 
citra; 

Predicta etiam Ramunda, uxor Ar. Unda, vidit 
pluries hereticos, adoravit, credidit et receptavit, 
hereticationi interfuit, predicationem audivit, dédit, 
recepit depositum ab hereticis, et comedit pluries 
cum hereticis et de pane benedicto ab eis et inter- 
fuit aparellamentis hereticorum in domo propria ; 

Predictus etiam P. de Greissac de Monte Astrug 
vidit pluries hereticos et in pluribus locis, adoravit 
eos pluries, celavit veritatem contra proprium jura- 

2 



18 SBNTENCKS DE BKRNARD DB OAUX 

mentum, misit heretioos ad quandam persoD» 
hereticandam, et fecit sacramentum de non revelanà 
heresi ; 

Ipsos, nuDC usos saniori consilio, ad unitatoi 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in prinK 
omni hcretica pravitate abjurata, absolvimus, secuD- 
dum formam Ecclesie, a viaculo excommumcatioù 
quo ratione predicti criminis tenebantur astricti» si 
tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde boDO redie- 
rint et manda[ta] sibi injuncta compleverint. Et qoia 
in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temeie 
deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes légitime 
citâtes die sibi ad recipiendam penitentiam super cri- 
mine heresis peremptorie assignata, communicato 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam io 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipiimis 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti jure- 
ment!. Si vero predictam penitentiam facere nolueriat, 
ipsos excommunicationis vinculo innodamus. Actum 
Tholose, in claustro Saneti Saturnini, in presentia Aida- 
fossi, abbatis Montis Albani, Ar., prioris Saneti Satur- 
nini, W. Ramundi, P. de Drudas, Ar. Bégonia, prions 
de Glisolis, Simonis, prioris de Blanbiaco, canonioo- 
rum Saneti Saturnini, F., capellani Saneti Saturnini, 
Amelii, canonici Saneti Stepbani, R., capellani Béate 
Marie Deaurate, Ber., capellani de Ladinhaco, Silves- 
tri, capellani de Yiridi Folio, Nepotis de Davinia, oie- 
rici, Hugonis de Roaxio, Grifi de Roaxio, W. Hugoois 
Pellicerii, Ramundi Berengarii, Ramundi Rainerii et 
R. de Sancto Sezerto, capitulariorum Tholose, et mul- 



V ET DE JEAN DE SAINT-PDIRRB. 19 

^ torum aliorum de clero et populo Tholosano io gene- 
V rali sermone. 

VI. — - 20 mai 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Arnaud Etienne, seigneur de Tarabel, et 
Willelme de Viviers sont condamnés à la prison perpétuelle. 

Id Domine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M'^CC^XL*' VF, xiii kal. junii. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas Arnaldi Stephani , domini de Taravello ^ , et Wil- 
lelme de Vivariis, diocesis Tholosane, 

Quod prenominatus Arnaldus Stephani, dominus 
de Taravello, vidit pluries hereticos et in pluribus 
locis, adoravit eos pluries, audivit predicationem 
eorum, paeem accepit ab eis, donavit et recepit ab 
eis, et duxit pluries hereticos et tenuit depositum 
eorum, comedit cum hereticis et de pane benedicto 
ab eis, hereticationibus interfuit, credidit hereticis et 
eorum erroribus, et relapsus est in heresim abjuratam ; 

Constat etiam nobis quod Willelma de Yivariis fuit 
heretica induta per très annos et, post reconciliationem 
suam, vidit hereticos et adoravit eos pluries in domo 
sua; 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 

1. Longue, dame de Tarabel, la mère peut-être d'Aj:naud 
Etienne, s'était, vers 1229, montrée favorable aux hérétiques, 
qu'elle soutenait, et auxquels elle envoyait des provisions {Con- 
fessions, bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 203 r®, 
205 r®). Quant à Arnaud Etienne, il est plusieurs fois nommé 
dans les Confessions y par exemple fol. 202 r®. 



20 SENTENCES DE BERNARD DB CAUZ 

sie, prout asserunt, redire volentes, in primis ooui 
heretiça pravitate abjurata, absolvimus, secundom 
formam Ecclesie, a vioculo excommunicationis quo 
ratioDC predicti crimiais tenebantur astricU, sî tamefi 
ad ecclesiasticam unitatem de corde booo redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deom 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique 
runt, ipsos coram nobis oomparentes légitime citato 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimioe 
heresis peremptorie assignata, conamuoicato multo- 
rum prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ad peragendam condignam penitentiam in perpetuuoQ 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem pe^ 
petuo comorari ; et quod istam penitentiam compleant, 
injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si vero 
predictam penitentiam facere nolueriat, ipsos exoom- 
municationis vinculo innodamus. Actum [Tholose], in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia B. de Gombret, 
prepositi Sancte Gecilie Albiensis, Âr., prions Sancti 
Saturnini, W. Raimundi, P. de Drudas, canonicorum 
Sancti Saturnini, B., prioris de Yauro, Silvestri, capei- 
lani de Yiridi Folio, F,, capeliani Sancti Saturnini, 
Amclii, capeliani Sancti Stéphanie B., capeliani de 
Ladinhaco, W. Hugonis Pellicerii, R. Rainerii, capitu- 
lariorum Tholose, et multorum aliorum de clero et 
populo Tholosano in generali sermone. 

vil. — 28 mai 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Ëstolt de Roque ville. Trois- Émines, de 
Montgiscard, Bernard de Roqueville, des Cassés , Pons 
Saquit, de Lan ta, Pierre Babau, W. Maurin, P. Bernard et 
Bernard Fournier, des Barelles, sont condamnés à la prison 
perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 21 

^ Amen. Anno Domini M°CC°XL°Vr, v kal. junii. Nos, 
I fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio et Johan- 
I nés de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis 
in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas Ëstolti de Rocovilla^ et domini Très Ëminas de 
Monte Guiscardo, Bernardi de Roco villa de Gassio, 
Poncii Saquit^ de Lantario, Pétri Babau, W. Mau- 
rini, P. Bernardi et Bernardi Furnerii, de Berrelis dio- 
cesis Tholose, 

Quod prenominatus Estoltus de Rocovilla vidit 
et adoravit pluries hereticos, dédit eis, reœpit ab 
eis munera, duxit et recepit eos in domum suam, 
hereticationibus interfuit, credidit hereticis et eorum 
erroribus, et post confessionem factam aliis inqui- 
sitoribus et abjuratam heresim vidit hereticos et locu- 
tus est cum eis et non cepit eos sicut juraverat ; 
Prenominatus etiam Très Ëminas ^ vidit et adoravit 

1. Les Roqueville, famille considérable, se déclarèrent en 
général pour l'hérésie. Estolt ou Estort de Roqueville recevait 
ouvertement les ministres hérétiques dans sa propre maison 
au Mas-Saintes-Puelles, à Montgiscard et à Toulouse. Son nom 
revient très souvent dans les confessions ou dépositions de 
répoque (bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 16 v<», 17 r«, 
43 r«, 64 v^, 67 v<», 124 r*», 124 v<», 200 v<» ; Doat, XXIII, fol. 223, 
XXIV, fol. 99 v**). Les inquisiteurs reçurent sa confession le 
20 juin 1245 (ms. 609, fol. 64 v<»). Le 25 mai 1246, ils la 
remirent sous ses yeux (ibid,, fol. 64 v**). 

2. Ms. : Saqt. Plus bas Saquit, 

3. Pierre Willem de Roqueville, surnommé Trois-Emines, 
Petrus W^^ de Rocovilla, miles y qui vocatur Très ëminas y frère 
du précédent, il s'était battu contre les armées de Simon de 
Montfort. Voy. sa confession, avec additions, du 1*' et du 9 mars 
1246 [ibid., fol. 66 v^, 67 r«). 



22 SENTENCES DE BERNABD m OAUX 

heretioos pluries, credidit esse bonos homines, ooo» 
dit cum eis, paoem ab eis acoepit, hereticatioai ioiff* 
fuit, veritatem negavit coram nobis ooatra propriv 
juramentum, et post abjuratam heresim vidit sdeblfl 
hereticum condempnatum et comedit cum eo; 

Prenominatus etiam Beraardus de Rocovilla^ viditd 
adoravit pluries heretioos, duxit et associavit eos, de& 
eis et recepit ab eis munera, comedit cum eis, predi- 
eationem eorum audivit, credidit esse bonos homioes. 
recepit eos in domum suam et negavit tempore gnfr 
inquisitoribus veritatem ; 

Prenominatus etiam Poncius Saquit' vidit et adon- 
vit pluries hereticos, duxit et receptavit eos pluries. 
apparellamentis et hereticationibus interfuit, credidit 
hereticis et eorum erroribus, et fuit Dutritus cum eb; 
et postquam abjura vit heresim aliis inquisitoribus, vidit 
duas hereticas in domo sua, celavit eas a pauds anois 
citra et non cepit eas, sicut tenebatur proprio jora- 
mento ; 

Prenominatus etiam P. Babau^ vidit et adoravit 
hereticos, audivil predicationem eorum, fecit condio- 

1. Bernard de Roqueville, seigneur des Cassés, avait, pen- 
dant près de quarante ans, tout fait pour se compromettre. 
Voy. sa confession du 25 mai 1246 (ibid,, fol. 228 r^. Cf. sen- 
tence XIV). 

2. Les Saquit ou Saquet, de Lanta, Arnaud, G. et Pons, frères, 
surtout, en grande ainitië avec les Roqueville, les Resengues. 
los lloais, les Unaud et Raymond Adémard de Lanta, soutiens 
avérés de Thërésie, lui avaient donné tous les gages possibles 
{ihid,^ fol. 200 v^ 201 t% 202 r^ 202 \\ 210 v»). 

IL Voy. ses diverses confessions {ibid,, fol. 48 r*, 185 i*). 
Plusieurs témoins avaient déposé contre lui {ibid,, fol. 48 v*, 
4î) ro, 40 v*»). 



|| BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 23 

lltiun de non revelando heresim, negavit scienter coram 
^Inobis veritatem et eandem celavit aliis inquisîtoribus 
gioontra proprium juramentum ; 
^ Prenominatus etiam W. Maurini^ vidit et adoravit 
il|hereticos« negavit veritatem coram nobis et eandem 
jg celavit aliis inquisitoribus contra proprium jura- 
If mentum ; 

Preuominati etiam P. Bernardi et B. Furnerii* vide- 
ront et adoraverunt hereticos, fecerunt condictum de 
non revelando heresim, negaverunt scienter coram 
nobis veritatem et eanden celaverunt aliis inquisito- 
ribus contra proprium juramentum; 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Ëccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ëcclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint 
et mandata sibi injuncta compleverint ; et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes légi- 
time citatos die sibi ad recipiendam penitentiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, com- 
municato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 
tentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 

1. Voy. sa confession [ibid,, fol. 184 v**). 

2. P. Bernard et B. Fournier s'étaient entendus pour ne rien 
révéler (ibid., fol. 185 r**). Voy. les confessions de P. Bernard 
[ibid., fol. 48 r°, 185 v<>), et de B. Fournier {ibid., fol. 49 v*>, 
185 v% 186 r**). Bien des témoins avaient déposé contre eux 
(ibid., fol. 48 r«-49 v«, 185 r«-186 r»). 



26 SENTENCES DE BERNAJRD I» GAUX 

heretica pravitate abjurata, absc^vimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astrîcU, si tameo 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rint et mandata sibi injuncta compleverint. Et quia 
in Deum et Sanctam Ecclesiam predîctis modis 
temere deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes 
légitime citatos die sibi ad recipiendam penitentiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, commu- 
nicato multorum prelatorum et aliorum boDomm 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 
tentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 
precipimus ibidem perpetuo oomorari; et quod 
istam penitentiam compleant, injungimus eis in virtute 
prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
facere noiucrint« ipsos excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum Tholose, in claustro Saocti Satur- 
niniy in presentia A.« prioris Sancti Saturnini, P. de 
Drudas, Ar. Begonis, Poncii, camerarii, canoDiconun 
Sancti Saturnini, B., capellani de Ladinhaco, F., 
capellani de Rupe, R., capellani Dealbate, F., capel- 
lani Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, B., prio- 
ris de Vauro, R., capellani de Fano Jovis, Bertrandi 
de Villa Nova, W. Hugonis, R. Rainerii, capiUilariorum 
Tholose, et multorum aliorum de clero, etc. 

IX. — 10 juin 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Jeanne, femme d'Alaman de Roais, W. 
d*Aurin et Riche, sa femme, de Toulouse, Ségar, femme 
d'Azémar d'Albiac, de Saussens, Algaia, veuve de François de 
Loubens, Arnaud du Rival, P. Grand, P. Audibert, Jacques 
Calvet, d'Odars, Etienne Faur et W. Grimaud, du Falga, 
sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 



ST DS JEAN DE SAINT-PIERRE. 27 

Amen. Ânno Domini M' GG' XL'' YI', mi' idus junii . Nos, 
firaAres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisi tores heretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tafti. Quia constat nobis per confessiones in judicio fao- 
tas Johanne, uxoris Aiamanni de Roaxio, W. de Auri 
et Riche, uxoris ejus, de Tholosa, Secure, uxoris Aze- 
marii de Albiaco, de Sancto Paulo de Bretas, Algaie, 
uoris quondam Francissi de Lobenx, Ar. de Rivali, 
Pétri Grandis, P. Audeberti, Jacobi Galveli, de Odar- 
cio, Stephani Fabri et W. Grimaudi, de Felgario, dyo- 
eesis Tholose, 

Quod prenominata Johanna, uxor Aiamanni de 
Roaxio^, vidit et adoravit pluries hereticos, predi- 
ntionein eorum audivit, pluries paravit comestio- 
tiemhereticis, comedit cum eiset de pane benedicto ab 
e», induxit maritum suum ad diligendum hereticos 
et dédit ei munera ut diligeret et receptaret hereticos, 
pacem accepit ab hereticabus, apparelhamentis here- 
tMX>rum interfuit, receptavit eos in domum suam, cre- 
lidit esse bonos homines et victualia misit eis, nega- 
vit veritatem contra proprium juramentum et post 
dbjuratam heresim vidit hereticos condempnatos ; 

Prenominati etiam W. de Auri et Rica, uxor ejus, 
post confessionem factam aliis inquisi toribus et abju- 
ratam heresim, viderunt et adora verunt pluries here- 
tioos et predicationem eorum audierunt et credide- 
runt hereticos ^sse bonos homines ; 

1. Le fameux Alaman de Roais, qui brava toutes les condam- 
nations, est dit, à la date de cette sentence, avoir pour épouse 
Lombarde (Confessionsy bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 200 v^, 
203 r^, 213 v«). Jeanne serait-elle la femme d'Alaman de Roais 
le jeune ? 



28 SENTENCES DE BERNARD DE OAUZ 

PreDominata etiam Secura, uxor Azemarii de Albiaoo, 
vidit et adoravit pluries hereticos, predicatioDem 
eorum audivit, pluries comedit cum eis, credidit eos 
esse bonos homines, recepit hereticas in domum 
suam, et, postquam fuit citata pro heresi ab aliis 
inquisitoribus, vidit, credidit, adoravit heretioos ; 

Prenominata etiam Algaia, uxor quondam Frao- 
cissi de Lobenx, fuit heretica induta per plures 
annos et tenuit sectam hereticorum quousque fuit 
capta; 

Prenominati etiam Arn. de Rivali^ P. Grandis', 
P. Audeberti et Jacobus Calveti^, de Odarcio, vide- 
runt pluries hereticos et in pluribus locis, adoravenint 
eos pluries, duxerunt et associaverunt eos et credide- 
runt hereticis et eorum erroribus a paucis annis citra ; 

Prenominati etiam Stephanus Faure et W. Gri- 
maudi, de Felgario, viderunt et adoravenint pluries 
hereticos, crediderunt hereticis et eorum erroribus a 
paucis annis citra, et negaverunt veritatem aliis inqui- 
sitoribus contra proprium juramentum : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Ecclesie, 
prout asserunt, redire volentes, in primis omni hereti- 
ca pravitate abjurata, absolvimus, secundum formam 
Ecclesie, a vinculo excommunicationis quô ratione pre- 
dicti criminis tenebantur astricti, si tamen ad ecclesias- 
ticam unitatem de corde bono redierint et mandata 
sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum et Sanctam 

1. Plusieurs fois nommé dans les confessions des habitants 
d'Odars et présenté comme affilié à l'hérésie (bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 203v^-205r»). 

2. Voy. sa confession (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 203 v*^). 

3. Même observation que pour Arnaud du Rival, note 1. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 29 

ïodesiam predictis modis temere deliquerunt, ipsos 
Hatos coram nobis comparentes die sibi ad recipien- 
tam penitentiam super crimine heresis peremptorie 
flsigData, communicato multorum prelatorum et alio- 
mn boDorum virorum consilio, ad peragendam con- 
lignaiii penitentiam in perpetuum carcerem retrudi 
idumus [et precipimus] ibidem perpetuo comorari ; 
t quod istam penitentiam compleant, injungimus eis 
i virtute prestiti juramenti. Si vero predictam peni- 
eotiara facere noluerint, ipsos vinculo excommunica- 
ionia innodamus. Actum Tholose, in claustro Sancti 
ttnmini, in presentia Ar., prioris Sancti Saturnini, 
ir« RS P. de Drudas, canonicorum Sancti Saturnini, 
^9 capellani ejusdem loci, R., capellani Deaurate, B., 
apdlani de Ladinhaco, R., capellani de Fano Jhovis, 
V.f capellani de Sancto Germerio, Bertrandi de Villa 
[ova, R. Berengarii, R. Rainerii, et multorum aliorum 
le dero et populo Tholosano in generali sermone, et 
lei P. Ariberti, qui bec scripsi. 

[. — 24 juin 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Ar. d'en Joan le Jeune, Jacques d*en 
Joan, son frère, de Toulouse, et Sebelia, de Saune, sont con- 
damnés à la prison perpétuelle. 

In Domine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
jnen. Anno Domini W CC" XL'VP, vni' kal. julii. Nos, 
lAres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
e Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in 
ivitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
eputati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
ictas Ar. d'en Joan junioris et Jacobi d'en Joan, fratris 
[os, de Tholosa, Sebelie de Saona diocesis Tbolosane, 



30 SBlfTBNGBS DB BKRNARD^DB GAUX 

Quod preDominatus Ar. d'en Joan vidit et adort- 
vit hereticos, dédit eis de suo et comedit cum eis a 
paucis annia dira ; 

Prenominatus etiam Jacobua d^en JoaD vidit et ado- 
ravit hereticos pluries et in pluribus locis, et comedit 
cum eis a paucis auDis citra ; 

Prenominata etiam Sibilia, uzor quondam Ar. W^ de 
Sauna, postquam abjuravit heresim et juravit perse- 
qui hereticos, vidit et adoravit hereticos et comedit 
cum eis : 

Ipsos, DUDC uses sauiori cousiUo ad unitatem Eccleaie, 
prout asseruDt, redire volentes, in primis heretica pra- 
vitate abjurata, absolvimus, secundum formam Eccle- 
sie, a vinculo [excommunicationis] quo tenebantur 
astricti ratione predicti criminis, si tamen ad eocle- 
siasticam unitatem de corde bono redierint et man- 
data sibi injuncta compleverint ; et, quia in Deum et 
Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos citatos coram nobis comparentes die sibi 
ad recipiendam penitentiam super crimine heresis 
peremptorie assignata, communicato multorum pre- 
latorum et aiiorum bonorum virorum consilio, ad 
peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus il3idem per- 
petuo comorari; et quod istam compleant peniten- 
tiam, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si 
vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus. Actum in 
claustro Sancli Saturnini, Tholose; testes, Ar., prior 
ejusdem loci, Fortis, capellanus ejusdem loci, R., capet- 
lanus Béate Marie Deaurate, Amelius, capellanus Sancti 
Stephani, R., capellanus Sancti Juliani, B., prior de 



ET ME JBàN de SAINT-PnmilB. 34 

Vauro, Nepos de Davinia clericus, P. Ariberti et P. Fre- 
apa, publici notani. 

XI. — 24 juin 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Sen- 
tence par laquelle Jeanne, veuve de B. de Latour, de Tou- 
louse, religieuse du monastère de Lespînasse, est enfermée 
dans une chambre séparée; la prieure pourvoira à son 
entretien. 

Item y aoDO et die predictis. Quia Joanna, uxor 
qaondam B. de Turre de Tholosa^ monialis nunc de 
LaspÎDassa^y vidit et adora vit pluries hereticos et in 
pluribus locis predicationem eorum audivit, pluries 
reoepit eos, dédit eis de suo, credidit esse bonos 
homines, dédit elemosinàs Yaldensibus et negavit veri- 
tatem contra proprium juramentum, includatur inFra 
aoepta monasterii de Lespinassa in aliqua camerula 
aeparata, ne alii ad ipsam nec ipsa ad alios accédât ; 
art ibidem exterius sibi necessaria ministrentur ; et 
mandamus priorisse de Lespinassa quod sibi juxta pre- 
dictum raodum faciat provideri. Testes predicti. 

Xn. — 8 juillet 1246, Toulouse, dans la maison commune. — 
Sentence par laquelle Gaubert, de Puylaurens, chevalier, 
Ermessende, femme de Bernard Mir Arezat, de Saint-Martin- 
de-Lalande, B.-R. Arquier, de Montauban, et W. Donadieu, 
de Mazerac, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 

1. Un B. de Latour figure comme témoin dans plusieurs 
actes (Teulet, Layettes du Trésor des chartes, II, 408, 466, 
548; Hist. gén, de Languedoc, VIII, 502). Un Bernard de Latour 
était consul de Toulouse en 1204 [ibid,, 506) et en 1205 (ibid., 
516, 527). 

2. Monastère de l'ordre de Fontevrault, au diocèse de Tou- 
louse. 



32 SSNTENCBS DE BERNARD DE GAUX 

Amen. Anno quo supra, ym idus julii. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatid in Tho- 
losana et Gaturcensi civitate^ et diocesi auctoritate 
apostolica deputati. Quia coDstat nobis per oonfe^ 
siones in judicio factas Gausberti de Podio Lauren- 
cii, militis, et Ërmersendis , uxoris Bernardi Mir 
Arezat , de Sancto Martino de Lalanda, diocesis Tho- 
lose, B. W Arquerii de Monte Albano, et W. Donadeu 
vel Nebias de Mazerac, diocesis Gaturcensis, 

Quod prenominatus W. de Podio Laurencii vidit et 
adoravit pluries hereticos et eorum predicationes 
audivit pluries, comedit et bibit cum eis multociens, 
associavit eos, recepit ab eis munera, credidit here- 
ticos esse bonos homines et [non] dixit tempore gratie 
coram aliis inquisitoribus plenariam veritatem ; 

Prenominata etiam Ermersendis, uxor Bernardi Mir 
Arrezad^, militis, vidit et adoravit multociens hereti- 
cos, predicationes eorum audivit multociens, credidit 
hereticis et eorum erroribus, hereticacioni interfuit 
et negavit coram aliis inquisitoribus veritatem contra 
proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Bernardus R^ Arquerii de 
Monte Albano vidit et adoravit multociens hereticos, 
et eorum predicationes audivit multociens, recepit 
hereticos in domum suam, fecit eis cabanam et porta- 

1. Ms. : cwitatum, 

2. Appelé aussi en Arrezat (Confessions , bibl. de Toulouse, 
ms. 609, 31 vS 33 r«, 33 v% 34 r»). Voy. la confession d*Ermes- 
sende (ibid,y fol. 35 v^). Elle était la nièce de Roger de Latour, 
hérétique qualifié [ibid,y fol. 140 v^j. Voy. la confession de Ber- 
nard Mir, qui vocatur Arezads [ihid.y fol. 30 r®). 



BT DS JEAN DE SAINT-PIERRE. 33 

vit eis pluries ad comedendum, duxit et associavit 
beretioos, et post abjuratam heresim vidit hereticos, et 
Kberavit eos^ et credidit hereticis et eorum erroribus; 

PreDominatus etiam W. Donadeu vel Nebias de 
Mazerac ^ vidit et adoravit multociens hereticos, cre- 
didit eos esse bonos homines, predicationes eorum 
audivit, oomedit cum eis multociens, duxit et associa- 
vit heretioos usque in Lumbardiam : 

Ipsos, Dunc usos saniori consilio ad unitatem 
Eoclesie, prout asserunt, redire volentes, in primis 
omoi heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis 
^lo tenebantur astricti ratione predicti criminis, si 
tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
riot et mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
<feliquerunt, ipsos citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis assignata, communicato multorum prelato- 
ram et aliorum bonorum virorum consilio, ad pera- 
gendam condignam penitentiam in perpetuum carce- 
rem retrudi volumus et precipimus ibidem perpetuo 
oomorari; et quod illam penitentiam compleant, injun- 
gimus eis in virtule prestiti juramenti. Si vero pre- 
dictam penitentiam facere noluerint, ipsos excom- 
municationis vinculo innodamus. Actum Tholose, in 
domo communi, in presentia Ar., prioris Sancti 
Saturnioi, F., capellani ejusdem loci, Amelii, capel- 
lani Sancti Stephani, R., capellani Deaurate, Silvestri, 

1. Voy. sa confession à la date du 3 mars 1245 (Doat, XXIII, 
fol. 209). 

3 



34 8ENTKNGBS DE BERNAID I» GACX 

capellanî de Viridi Folio, Âr., cq>eUaiii de Podio Lau- 
rencii, A., capellanî dels Caser», Nepotis, derid, 
R. Rainerii et Stephani Magiatri, capitulariorum, et 
multonim aliorum, etc. 

XIII. — 15 juillet 1246, Toulouse, clottre de Saint-Sernin. — 
Sentepce par laquelle Bernard Alzeu, W. de Saint-Nazaire^ 
Ermengardy femme de W. de Gouzens, de Saint-Maitm-de- 
Lalande, Raymond Sicard^ de Cambiac, Raymond Saumi- 
tier, de Laurac, et Bemarde, femme de Bomacip Manrand, 
de Toulouse, sont condamnes à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini quo supra, idibus julii. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaudo et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretîce pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica dépu- 
tât!. Quia constat nobis per confessiones in judido 
factas Bernardi Alzeu, filii quondam Ber. Alzeu, 
W. de Sancto Nazario, Ermengardis, uxoris W. de 
Gozenx, de Sancto Martine de Lalanda, R* Gicardi 
vel Vassaro de Gambiaco, R' Saumaterii de Lauraco, 
diocesis Tholose, et Bernarde, uxoris Boni Mandpii 
Maurandi, de Tholosa, 

Quod prenominatus Bernardus Alzeu * vidit et ado- 
ravit multociens hereticos, et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis et de pane benedicto ab eis, 
duxit et receptavit eos, credidit eos esse bonos homi- 
nés, negavit ventatem coram atiis inquisitoribus et 
relapsus est in heresim abjuratam ; 

1. Plusieurs témoins, de Saint-Martin-de-Lalande, avaient 
fait peser des charges sur lui (Confessions, bibl. de Toulouse^ 
ms 609, fol. 31 r«, 31 v<>, 32 r«, 33 r^, 34 v^, 39 v<>). 



BT DE JEAN DE SAINT-PIEIUtS . 35 

Prenominatus etiam W. de Sancto Nazario^ audivit 
et adoravit multociens hereticos et predicatioDem eo- 
rum audivit, receptavit eos et comedit cum eis, credi- 
dit eos esse boDOs homines, negavit veritatem ooram 
alîis inquisitoribus et relapsus est in heresim abju- 
ratam; 

Pr^ominata etiam Ërmengardis^, uxor W. de 
Gozenx, vidit et adoravit multociens hereticos et pre- 
dioalionem eorum audivit, recepit eos ia domum 
suam, comedit cum eis et dédit eis de suo, credidit 
hereticis et eorum erroribus et relapsus (sic) est in 
heresim abjuratam; 

Prenominatus etiam R. Gicardi vel Yasaro^ vidit et 
adoravit hereticos, credidit eos esse bonos homines, et 
negavit ooram nobis et aliis inquisitoribus veritatem 
eootra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam R""" Saumater^ vidit et ado- 
ravit multociens hereticos, comedit cum eis pluries, 
aervivit et ministravit eis, duxit eos et credidit eos 
esse bonos homines et relapsus est in heresim abju- 
ratam; 

Prenominata etiam Bernarda, uxor Boni Man- 
cipîi Maurandi, vidit et adoravit multociens here- 
ticos, et audivit multociens predicationem eorum, 
cum eis, dédit eis de suo, receptavit eos. 



Vf IIU^^II 



1. L*enquète avait révélé bien des méfaits à sa charge (ibid., 
fol. 31 r*», 31 vo, 32 v^, 33 v*, 35 r«, 38 r^, 38 v^). 

2. Elle avait été accusée dans plusieurs dépositions (ibid,, 
fol. 40 y^y 41 r**). Voy. sa confession (ibid,^ fol. 41 r°). 

3. Voy. la confession de Raymond Sicard [îbid,, fol. 239 r®). 

4. Voy. sa confession [ibid,, fol. 72 \^). A la marge du ms. : 



m9^M^m «%^««4ft 



36 SENTENCES DE BERNARD M GAUX 

credidit hereticos esse bonos homines, et doq dixit 
tempore gratie ooram aliis inquisitoribus plenariam 
veritatem : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad imitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in pri- 
mis oimii heretica pravitate abjurata, absolvinuis, 
secuDdum formam Ecclesie, a vinculo exoomimim- 
cationis quo ratioDe predicU crimiais tenebaotur 
astricti, si tamen ad ecclesiasticam UDitatem de corde 
bono redierint et mandata sibi injuncta oompleverint. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis 
temere deliquerunt, ipsos dtatos coram nobis oom- 
parentes die sibi ad recipiendam penitentiam super 
crimine heresis assignata, oommunicato nraltmiim 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, ad 
peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
pétue comorari ; et quod istam penitentiam compleant, 
injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si vero 
predictam penitentiam facere noluerint, ipsos exoom- 
municationis vinculo innodamus. Actum Tholose, in 
claustre Sancti Saturnini, in presentia Ar., prions 
ejusdem leci, Amelii, capellani Sancti Stephani, Fer- 
tis, capellani Sancti Saturnini, R., capellani Deal- 
bate, Silvestri, capellani de Viridi Folie, Nepotis de 
Davin[i]a clericî, Boni Mancipii Maurandi^, Pondi 
Magistri, Bertrandi d'Esqualquenx , capitulariorum 
Thelese, et multerum aliorum de clero, etc. 

1. Le même sans doute que le Bomacip Maurand, qui est par- 
tie dans un acte de 1243 (Teulet, Layettes, U, 507). 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 37 

XrV. — 27 juillet 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. 
— Sentence portant condamnation pour hérésie et pronon- 
çant la confiscation des biens contre Bernard de Roqueville, 
seigneur des Cassés, W. Marchant et Ck)rtèse, sa sœur, de 
Toulouse. 

In Domine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
AmeD. ÂDDO DomÎDi M° GG^ XL^ sexto, xi kal. augusti. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio 
et Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice 
pravttatis in civitate et diocesi Tholosana auctoritate 
apmtoliea deputati. Gum constet nobîs per confessio- 
nes proprias in judicio factas Bernardi de Rocovilla^ 
militis, domini dels Gassers, Tholosane diocesis, W. 
Mercatoris et Gortesie, sororis ejus, civium Tholose, 

Quod preDominatus Bernardus de Roco villa viderit 
et adoraverit pluries hereticos, duxerit et associaverit 
eos, dederit eis et receperit ab eis munera, comede- 
rit cam eis, predicationem eorum audiverit, credidit 
eo6 esse bonos homines, recepit eos in domum suam 
et negavit tempore gratie aliis inquisitoribus verita- 
tem et noluerit facere injunctam sibi a nobis peniten- 
tiam pro predictis ; 

Et quod prenominatus W. Mercator viderit et ado- 
raverit muUociens hereticos, comederit cum eis et 
dsdem servlerit, duxerit hereticos ad hereticandam 
quandam personam, et hereticationi interru[er]it et 
relapses sit in he[re]sim abjuratam; 

Et quod prenominata Gortesia, soror W. Mercatoris, 
viderit et adoraverit multociens hereticos, receptaverit 
eos, crediderit eos esse bonos homines, dederit eis de 

1. Voy. plus haut, sentence Vil. 



38 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

suo et relapsa sit in he[re]siin abjuratam ; et propter hoc 
ad agendam penitentiam obligati juramento prestito 
corporali non velint ad arbitrium Ecclesie facere peni- 
tentiam pro crimine memorato, die sibi ad audieûdaro 
diffinitivam sententiam super crimine heresis peremp- 
torie assignata et aliis rite actis, communicato [mul- 
torum prelatorum et aliorum] bonorum virorum coa- 
silio, ipsos légitime citatos, set per contumadain 
absentes, per diffinitivam sententiam tanquam here- 
ticos condempnamus et bona ipsorum decernimus 
occiipanda, excommunicantes eos et omnes qui dein- 
ceps scienter eis dederint consilium, auxilium vcl 
favorem. Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, 
in presentia Ste., arcbipresbyteri Lauriacensis, W. de 
Goncoutz, capellani Gaturci, P., prions de Narbooe 
Predicatoribus S Ar., prioris Sancti Saturnini, F., 
capellani cjusdem loci, R^ capellani Deaurate, Amelii, 
capellani Sancti Stephani et multorum aliorum de 
clero, etc. 

XV. — 22 juillet 1246, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — 
Sentence par laquelle Pierre Benoît, Raymond Alboara, 
Pierre-Raymond de Ravat, de Laurac, et Pons Pages, de 
Roumens, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Gliristi crucifizi. 
Amen. Anno quo supra, xi. kal. augusti. Nos, fratres 
ordines Predicatorum B. de Gaucio et Johaones de 



1. « Petrus de Caussa Mira \relatcnsis dictus Fortis Roboani 
et predicator bonus. » (Bernard Gui, Fundacio et priores con- 
vcntus Narboncnsisy dans mon opusc^ule : CAlbigéismc et les 
frères Prêcheurs à Nar bonne au XIIl" siècle, 114 p. Paris, 
Picard, 1894, in-8°.) 



8T DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 39 

Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et dyooesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio factas 
Pétri Benedicti, R* Alboarra, Pétri R^ de Ravato, de 
Lauraoo, et Pondi de la Paiesa de Romenx, Tholo- 
nne dyocesis, 

Quod prenominatus Petrus BenedictiS postquam 
•fajuravit heresim, vidit et adora vit multociens here- 
tioos et audivit predicationem eorum, comedit cum 
eis et de pane benedicto ab eis, dédit eis de suo, acce- 
pit paoem ab eis, credidit eos esse bonos homines, et 
negavit ooram aliis inquisitoribus veritatem contra 
pn^rium juramentum ; 

Prenominatus etiam R"^ Alboara^, filius Pétri 
Alboarra, vidit et adora vit multociens hereticos, 
aodivit predicationem eorum, pacem ab eis accepit, 
hereticationi interfuit, et credidit hereticos esse bonos 
homines a paucis annis citra ; 

Prenominatus etiam P. R^ de Ravato^ vidit multo- 
ciens hereticos, adoravit eos, audivit predicationem 
eorum multociens, credidit eos esse bonos homines et 
o^avit veritatem, et post abjuratam heresim vidit plu- 
ries hereticos et in pluribus locis ; 

Prenominatus etiam Poncius de la Pagesa^, post- 
quam abjuravit heresim, vidit et adoravit hereticos, 
portavit eis panem et vinum, credidit hereticos esse 
boooa homines et negavit coram nobis et aliis inqui- 

1. Yoj. sa confession (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 192 \^). 

2. Voy. sa confession (ibid., fol. 194 r°). Voy. aussi la confes- 
sion de son père (ibid., fol. 75 r**) et de sa tante (ibid,). 

3. Les Ravat étaient fort compromis (ibid, y fol. 72 r®). 

4. Voy. sa confession (ibid., fol. 220 r°). 



40 SENTENCES DE BERNARD DE OAUX 

sitoribus veritatem contra proprium jurameoUun : 
Ipsos, nuDC usos saniori coosilio ad uoitatem Ecde- 
sie, prout asseruot, redire volentes, in primis onmi 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secuDdum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione prcdicti criminis tenebantur astricti, si vero 
ad ecclesiasticam ûnitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Daim 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos coram nobis comparentes le^time citatos 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptoHe assignata, communicato multo- 
rum preîatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ad peragendam penitentiam condignam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per^ 
petuo comorari; et quod istam penitentiam com- 
pleant, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. ^ 
vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus. Actum Tho- 
lose, in claustro Sancti Saturnini, in presentia testium 
predictorum . 

XVI. — - 26 août 1244, Cahors, dans Téglise Saint-Etienne. — 
Sentence par laquelle Aymeric Bressols, de Castelsarrasin, 
est condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M^CC^XLMIir, vu* kal. septem- 
bris. Nos, fratres ordinis Predicatorum B. de Gauoio 
et Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pra- 
vitatis in Agennensi et Gaturcensi dyocesi, de Villa- 
muro et de Villalonga archidiaconatibus dyecesis Tho- 
losane auctoritate apostolica deputati. Quia constat 



m DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 41 

oobis per oonfessionem Âimerici de Bressols de Cas- 
tro SairaceoicoS dioœsis Tholose, in judicio fao- 
tam, ipsum hereticos adorasse, predicationem eorum 
andivisse et eorum erroribus credidisse, que omnia 
jwafais et requisitus sepius negaverat coram nobis, et 
postmodum metu probationis predicta omnia recogno- 
irit esse vera, coram nobis in judicio constitutus; nunc 
fera usum saniori consilio ad unitatem Ecclesie, prout 
«sserit, de corde [bono] et fîde non fîcta redire volen- 
tem, ipsum, in primis omni heretica pravitate abju- 
nta, absoWimus, secundum formam Ecclesie, a vinculo 
eKCommunicationis quo ratione predicti criminis tene- 
iiatiir astrictus*, si tamen ad ecclesiasUcam unitatem 
de bono corde redierit et mandata sibi injuncta ser- 
'vaverit. Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam pre- 
dictis modis temere peccaverit, ipsum légitime cita- 
tain die sibi ad audiendam difïinitivam sententiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, com- 
municato bonorum virorum consilio, ad peragen- 
dam condignam penitentiam in perpetuum carcerem 
retrudi volumus et precipimus ibidem^ perpetuo 
oomniorari ; et quia juravit stare mandatis nostris 
saper premissis, quod istam penilentiam compleat 
iojungimus ei in virtute prestiti juramenti. Si vero 
ipsam penitentiam facere noluerit, ipsum excommu- 
nicationis vinculo innodamus et omnes ipsum reci- 
pienteset dantes sibi consilium, auxilium vel favorem. 
Actum Gaturci, in ecclesia Sancli Stephani, présent i- 

1. Voy. Doat, XXII, fol. 10, 38, où se trouvent des accusa- 
tions formulées contre lui. 

2. M5. : tenehantur astricti, 

3. Ms. : eundem. 



42 SE!«n!(CES DB BEKIARD DB CAUX 

bus G. de Gordo, priore, Fwtaneno, anjlidiaoooo de 
Cornes, Hectore, sacrista, R. Arcambal, Bencher JoaD, 
B. Fabre, B. de Lues, ooosulibasS W. Aostorg. 
baiulo, W. de Sait, Bertraudo de Lart, burgeosibus 
Caturci, W. de Goncoutz, R., priore de Castro Sam- 
cenico, Ber. de Ladiohac, et pluribus aliis ^. 

XVII. — 11 août 1247, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — 
Sentence par laquelle Pons de Latour le Jeune et Sicard de 
Beaufort, de Laurac, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

Iii DonÛDe Domiai oostri Jhesu Christi crudfizi. 
Âmen . Aono Domini M^ CG° XL^ VIT, uf idus augusti. 
Nos, fralres ordinis Predicatonini Ber. de Gaucio et 
Johannes de Sancto Pelro, inquisitores heretioe pravi- 
latis in cîvitate et dyocesi Tholosaoa auctoritate apos- 
tolica deputati. Quia constat nobis per confessiones in 
judicio factas Poncii de Turre juvenis, filii quondam 
Rogerii de Turre, et Sicardi de Bello Forti vel de 
losula, de Lauraco, Tholosane diooesîs, 

Quod prenominatus Poocius^ vidit et adoravit mul- 
tociens hcreticos, predicationem eorum audiyit, oome- 
dit cum eis, credidit eos esse bonos homioes, et 
negavit veritatein coram nobis contra proprium junr 
mentum ; 

Prenominatus eliani Gicardus^ vidit et adoravit mul- 



1. Ms. : consulimus. 

2. Ms. : plures a Ni. 

3. Voy. sa confession, le 12 juillet 1245 (bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 71 v* . 

4. Seigneur de Montmaur. Il avait caché chez lui R. Barte. 
son parent, qui. ayant ê\ê arrêté par Tévéque de Lectoure, 
sVtait échappé ibid.^ fol. 131 v* . Voy. contre R. Barte, fol. 73r*, 
75 r^. Il avait pendu deux sergents de rarchiprétre du Laura- 



BT 0E JEAN DE SAINT-PIERRE. 43 

UxaeDS heretioos, predicationem eorum audivit, dédit 
ris de suo, comedit de pane ab eis benedicto, recep- 
tavit eos, credidit eos esse bonos homines et relapsus 
est in heresim abjuratam : 

Ipsos, nunc usos saniori coDsilio ad unitatem Eccle- 
lie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
Cmnani Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predieti criminis tenebantur astrieti, si tamen 
ad eoclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
inandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
fetSânctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
nuit, ipsos légitime citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
h^^esis assignata peremptorie, et aliis rite actis, com- 
monicato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
<nrorum consilio, ad peragendam condignam peni- 
tentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 
predpimus ibidem perpetuo commorari; et quod 
islam penitentiam compleant, injungimus eis in virtute 
prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
hcere noluerint, ipsos excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum apud Tholosam, in claustro Sancti 
Baturnini, in presentia Âr., prioris, R. de Vernaus, 
P. de Drudas, canonicorum, W., capellani de Manso, 
magistri P., archipresbyteri de Garamanno, archi- 
presbyteri de Monte AstrugS R., capellani Béate 

{uais parce qu'ils avaient arrêté sa mère avec six femmes 
Hérétiques (ibid., fol. 75 v«. Cf. fol. 76 r**). Voy. la confession 
le Sicard de Beaufort (ibid,, fol. 73 r®). 
1. Nom de Tarchiprètre de Montas truc omis. 



44 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

Marie Deaurate, F., capellani SancU Satumini, P. An- 
berti, et multorum aliorum. 

XVin. — 18 août 1247, Toulouse, clottre de Saint-Sernin. - 
Sentence par laquelle Raymonde, veuve de R.-Jean, Marie« 
veuve de Hugues, W. Atho, Bertrand de Latour, Bërengère, 
veuve d*Assalit de Monts, Lombarde, veuve de Raymond 
Aymeric de Causses, de Toulouse, Pons Barrau, du Mas- 
Saintes-Puelles , et Ermengarde, femme de Pons de LatooT; 
de Laurac, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crudfixi. 
Amen. Anno Domini M'^GG^XL® septimo, X¥ kal. sep- 
tembris. Nos, fratres ordinis Predicatorum B. de Gau- 
cio et Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice 
pravitatis in civitate et dyocesi Tholosana auctoritate 
apostolica deputati. Quia constat nobis per confes- 
siones in judicio factas Raimunde, uxoris quondam 
R* Johannis, Marie, uxoris quondam Hugonis, W. Atho- 
nis, Bertrandi de Turre, Berengarie, uxoris quondam 
Assalliti de Montibus, Lombarde, uxoris quondam 
R* Aimerici de Gossas, de Tholosa, Poncii Barravi, de 
Manso Sanctarum Puellarum, et Ermengardis, uxoris 
Poncii de Turre, de Lauraco, Tholosane diocesis, 

Quod prenominata Raimunda vidit pluries hereticos 
et adoravit eos, credidit eos esse bonos homines et 
celavit veritatem aliis inquisitoribus contra propriuro 
juramentum; 

Prenominata etiam Berengaria vidit et adoravit plu- 
ries hereticos, predicationem eorum audivit, reoepta- 
vit eos, hereticacioni interfuit, persolvit legatum cujus- 
dam perfecte hereticate hereticis, credidit hereticos 
esse bonos homines et celavit aliis inquisitoribus veri- 
tatem contra proprium juramentum ; 



KT DB JEAN DE SAINT-PIERRE. 45 

Prenominata etiam Lombarda de Gossas vidit et ado- 
ravit hereticos, hereticatioDi cujusdam persone inter- 
fuit, et noD venit tempore gratie coram aliis inquisi- 
loribus; 

Prenominafa etiam Maria vidit et adoravit multo- 
oieos hereticos, predicationem eorum audivit mul- 
locieos, receptavit eos, comedit cum eis, dédit eis 
de 8U0, accepit paeem ab eis, credidit eos esse 
bcMios homines, aparellamentis hereticorum interfuit, 
^t questum ad emendum pannum cum quo sepeli- 
retur quidam heretieus mortuus, et non venit tempore 
pvtie coram aliis inquisitoribus ; 

Prenominatus etiam Bertrandus de Turre vidit et 
idwavit multociens hereticos, audivit predicationem 
Borum, associavit eos, hereticationi interfuit, credidit 
heretioos esse bonos homines, celavit aliis inquisitori- 
bus veritatem et non venit tempore gratie coram eis ; 

Prenominatus etiam Poncius Barra vi^ vidit et ado- 

1. Les habitants du Mas-Saintes-Puelles qui firent leur con- 
iMsion ou déposition devant les inquisiteurs chargèrent beau- 
9oap cet hérétique de marque (bibl. de Toulouse, ms. 609, 
W, 1 r«, 7 r*, 8 r«, 15 r«, 18 r*>, 22 V>). Voy. sa déposition, 
loi. 25 r^. En regard, à la marge du ms. : a Suspectus est, et 
iitior quam aliquis de Manso. » Par ses lettres du 24 dé- 
sembre 1248 (anno sexto), Innocent IV le fit rendre à la 
iberté, lui et quelques autres, par son pénitencier : « Vene- 
rtiido in Christo Patri Dei gratia episcopo Tholosano, frater 
Ûpsius, domini Pape penitentiarius et capellanus, salutem 
a Domino. Noveritis nos Domini Pape récépissé litteras 
Il hac forma : Innocentius Episcopus, servus servorum Dei, 
iOecto fiiio fratri Aigisio, penitentiario et capellflmo nostro, 
lihilem et apostolicam benedictionem. Cum sicut quibus- 
lim ecciesiarum prelatis et aliis fide dignis accepimus inti- 
nantibusy Petrus de Sancto Michaele et Michaela filia sua, 



46 SENTBNGES DE BERNARD DE GAUX 

ravit hereticos, credidit hereticos esse bonos homioes, 
et negavit coram Dobis et aliis inquisitoribus yerib- 
tem contra proprium juramentum ; 
Prenominata etiam Ermengardis, uxor Pondi de 

Bemardus Hugonîs et Vesiada, uxor sna, Gaubertns de Podû 
Laurentio, Pontius Barravi et Amaldus de fliiglos Tholotane 
diocesis, sponte confessi hereticam pravitatem, ab inquisito- 
ribus pravitatis hujusmodi in illis partibus a Sede Apostolica 
deputatis fuerint immurati, et aliqui eorom jam sexagenarii 
asperîtatem carceris per quator annos et amplius, quidam noo 
(corr, : vero) per annum et dimidianii snstinnerint patienter, 
nos, corumdem prelatorum et aliorum supplicationibus incli- 
nati, presentium tibi auctoritate committimus prefatos P. et 
alios ab hujusmodi liberari carcere facias, ac eis per te vel 
per alios injungas, sicut animarum suamm saluti expedire 
videris, penitentiam salutarem, ita quod penam sustinere car- 
ceris, vel déferre crucem seu ultra mare proficisci, ex hojas- 
Inodi penitcntia minime teneantur, inquisitione, si qua contra 
ipsos auctoritate nostra est habita, non obstante. Datum Lug- 
duni, IX kls. januarii pontificatus [nostri]anno sexto. — Atten- 
dénies igitur angustias et langores que patiuntur, et [quod] 
mundo corde diu sub immurationis durîtia sustinendo famam 
preteriti temporis quorumdam obtractione perditam redeme- 
rint, cum super iide et credulitate recta per multos fide dignes 
laudabilibus testiuioniis commendentur, et apud nos Terre 
Sancte subveniri fecerint competenter, prout in aliis litteris, 
quas vobis per eosdem mittimus videbitis contineri, nt man- 
datum apostolicum juxta debitum exequamur, Patemitàti ves- 
tre auctoritate domini Pape qua fungimur in hac parte, com- 
mittimus quatenus predictos viros et mulieres a carcere nbi 
de mandato inquisitorum ipsorum inclusi detinentur facientes 
educi et eductos proprie libertati donari, eis injungatis que 
ipsorum saluti et Hdei firmitati videbitis expedire, ita tamen 
quod pena carceris, delatione crucis, transfretandi coactione, 
bonorum publicatione seu alla pena notabili contra eos nalla« 
tenus procedatis, inquisitione vel processn aliquibas nonobs* 
tantibus apostolica vel etiam ordinaria habitis contra eos» 



m DE JEAN DE SAINT-PIBRRB. 47 

Tiirre, vidit et adoravit multociens hereticos, audivit 
predicatioDem eorum et credidit hereticos esse bonos 
homines, postquam alii inquisitores venerunf apud 
lAuracum pro inquîsitione contra hereticos facienda : 
Ipsos, Dunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
iie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
fiHrmam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ntione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
•d ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rint et mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquerunt, ipsos légitime citatos coram nobis com- 
parentes die sibi ad recipiendam penitentiam super 
crimioe heresis peremptorie assignata, et aliis rite 
actis, communicato multorum prelatorum et aliorum 
booorum virorum consilio, ad peragendam condignam 
peoitentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus 
et predpimus ibidem perpétue commorari ; et quod 
Utam penitentiam compleant, injungimus eis in vir- 



Datom Lugdani, v. kls. januarii pontificatus domini Inno- 
centii Pape quarti anno sexto » (Doat, XXXI, fol. 152 v^). — 
Pierre de Saint-Biichel, Michaële, Bernard Hugues et Vesiade 
ATaient été condamnés à la prison perpétuelle par les inquisi- 
teurs Ferrier et Durand, Castres, 16 août 1244 (Doat, XXI, 
fol. 315). Plusieurs témoins avaient fait peser des charges sur 
Ganbert de Puylaurens (Doat, XXIV, fol. 128, 136 V>, 147), 
dont la sœur était hérétique (sa confession, ibid.^ fol. 135 v^). 
Pour Armand de Miglos, voy. ses confessions du 24 mai 1244, 
do 15 décembre 1246 et du 22 mars 1247 (n. st.) (Doat, 
XXIV, fol. 193, 246 v«, 248 v*). Sa fille Brunissende avait été 
poursuivie (sa confession du 29 janvier 1248 (n. st.), ibid,, 
fol. 264). 



48 SENTENCES DE BERNARD DE GàCX 

tute prestiti juramenti. Si vero predictam peniteotiam 
facere Doluerint, ipsos exoommuoicatioois vinculo 
inoodamus. Actum îd claustro Sancti Saturnini, Tho- 
lose, in presentia Ar., prions Saocti Saturoini, Ar., 
prioris de Savarduno, S., archipresbyteri de Lauraco, 
F., capellani Sancti Saturnini, R\ capellani de Faoo 
Jovis, P. Ariberti et multorum aliorum. 

XIX. — 18 août 1247, Toulouse, clottre de Saint-Semin. — - 
Sentence déclarant hérétiques Pierre Benott, de Laurac, 
P. Babau, des Barelles, W. Etienne, de Gaure, et Pons 
Pages, de Roumens, qui, condamnés à la prison perpétuelle, 
refusent de faire leur peine, et prononçant la saisie de leurs 
biens. 

Id Domine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini quo supra, xv kal. septembris. 
Nos, fratres ordinis Predîcatorum B. de Gaucio et 
Johannes de Sancto Petro, inquisitoires heretice pravi- 
tatis in civitate et dioœsi Tholosana auctoritate apoa- 
tolica deputati. Gum Petrus Benedieti^ de Lauraoo, 
P. Babali de Berrellis^, W. Stephani de Gaure' et 
Poncius de na Pagesa de Romenx^, Tholosane dioœsis, 
de heresi plurimum diflhmati, per confessiones pro- 
prias in judicio factas in heresi manifeste deprehensi, 
et propter hoc ad agendam penitentiam obligati et ad 
murum perpetuum condempnati juramento prestito 
corporali, non velint ad arbitrium Ecclesie injunctam 
sibi penitentiam facere pro crimine memorato, die 
sibi ad audiendam diffinitivam sententiam super cri- 

1. Sentence XV. 

2. Sentence VIL 

3. Sentence II. 

4. Sentence XY. 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 49 

mine heresis peremptorie assignats et aliis rite actis, 
oommunicato bonorum virorum consilio, ipsos légi- 
time citatos set per contumaciam absentes, per diffi- 
nitivam sententiam tanquam hereticos condempnamus 
et bona ipsorum decernimus occupanda, excommuni- 
cantes eos et omnes qui deinceps scienter eis dederint 
consilium, auxilium vel favorem. Testes propedicti in 
alia sententia. 

XX. — 25 août 1247, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — 
Sentence condamnant W. Bocadase, Raymond Belicens le 
Vieux, W., femme de Willem de Calhavel, de Fanjeaux, 
P. d'Alaman, P. Aibaric, du Mas-Saintes-Puelles, P. Donat, 
de Verfeil, Ar. des Plans, R. -Pierre des Plans, Pons des 
Plans, frères, de Toulouse, à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno quo supra, yiii kal. septembris. Nos, 
fralres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
deSanctoPetro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas W. Bocadase*, R* Belicen senioris, W®, uxoris 
Willelmi de Galhavello, de Fano Jovis, P. d'AIamans, 
P. Aibaric, de Manso Sanctarum Puellarum, Pétri 
Donati, de Viridi Folio, diocesis Tholosane, Ar. de 
Planis, R* Pétri de Planis et Poncii de Planis, fratrum, 
de Tholosa, 

Quod prenominatus W. Bocadase vidit, recepta- 
vit et adoravit multociens hereticos et audivit pre- 

1. Souvent accusé dans les confessions (bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 150 r«, 150 v^, 151 v% 152 r^ 154 r*>, 157 V>). Sa 
maison était le rendez-vous ordinaire des ministres dualistes. 



50 SENTKNCSS DS BBENARD DB GAUX 

dicatioDem eorum, comedit de pane beoedicto ab 
eis, credidit eos esse bonos homines, hereticatîoDi 
interfuit, negavit veritatem aliis inquisitoribus , et 
post heresim abjuratam vidit heretioos et oon oqpit 
nec révéla vit eos; 

PrenomiDatus etiam R"* Belisen senior^ vidit et 
adoravit multociens heretioos, receptavit eos, et audi- 
vit predicationem eorum, comedit cum eis, pacem ab 
eis accepit, credidit eos esse bonos homines, dédit eis 
et recepit ab eis, et post abjuratam heresim vidit here- 
ticos et misit eis multociens neccessaria; 

Prenominata etiam Willelma, uxor W. de Galha- 
vello', vidit et adoravit multociens hereticos, recepit 
eos in domum suam, comedit de pane benedicto ab 
eis, credidit eos esse bonos homines, hereticationibus 
interfuit et relapsa est in heresim abjuratam ; 

Prenominatus etiam P. d'Alamans' vidit et adoravit 
hereticos, credidit eos esse bonos homines et negavit 
veritatem coram nobis contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam P. Albaric^ vidit et adoravit 
hereticos, audivit predicationem eorum, credidit eos 

1. Voy. bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 151 r*, 155 r*. Con- 
fession de Raymond Belissens le Jeune, fol. 153 r^. 

2. Les Calhavel de Fanjeaux se montraient très partisans des 
hérétiques [ibid., fol. 154 r<», 155 r«, 155 v% 156 r«, 162 r«, 
163 V>, 166 r«). 

3. On trouve aussi la forme « Alamans » [ihid,,, fol. 12 r^), ou 
a Aiaman » (voy. une de ses confessions, ibid.y fol. 13 r^). Les 
Aiamans étaient deux frères, Pierre et Pons, également compro- 
mis. C'est Ar. Jorda qui avait arrêté Pons. A la marge du ms. : 
tt Frater Poncii Aiaman, quem tenere fecit Ar. Jorda, catho- 
licus. n 

4. 11 avait comparu précédemment devant Fr. Ferrier, à Sais- 
sac, Aude. Voy. sa confession [ibid,^ fol. 6v^). 



BT DB JBAN DE SAINT-PIERRB . 51 

boDOS homines et negavit coram nobis veritatem 
eontra proprium juramentum ; 

PrenomiDatus etiam P. Donati vidit et adoravit mol- 
todens hereticos, recepit eos in domum suam, credi- 
dit bereticis et eorum erroribus, et relapsus est in 
heresiin abjuratam; 

PreDomiiiatus etiam Ar. de Planis vidit et recepit 
in domo in qua manebat hereticos, adoravit eos plu- 
ries, et audivit predicationem eorum, comedit cum 
eis et habuit in cura sua quendam hereticum, negavit 
coram nobis et aliis inquisitoribus veritatem contra pro- 
prium juramentum et non venit tempore gratie coram 
aliis inquisitoribus pro confessione de heresi facienda ; 

Prenominatus etiam R"* Pétri de Planis^ vidit in 
domo in qua manebat multociens hereticos jacentes et 
oomedentes, et audivit predicationes eorum, associa- 
▼it eos et adoravit eos pluries, credidit bereticis et 
eorum erroribus, scripsit bereticis pro precio, negavit 
veritatem coram nobis contra proprium juramentum 
et non venit tempore gratie coram aliis inquisitoribus 
pro confessione de heresi facienda ; 

Prenominatus etiam Poncius de Planis vidit multo* 
ciens hereticos, adoravit eos, ut crédit, comedit^ cum 
eis, associavit eos et audivit predicationem eorum, 
credidit bereticis et eorum erroribus et negavit veri<* 
tatem coram nobis contra proprium juramentum et 
non venit tempore gratie coram aliis inquisitoribus 
pro confessione de heresi facienda : 

1. Ud Raimundus Petrus de Planis rédige une charte en 
1243, cartam istam scripsit (Teulet, Layettes y II, 514). Serait-ce 
le même ? 

2. Ms. : comedis. 



52 SENTENGBS DE BERNARD DE GAUX 

Ipsos, nuDC US08 saniori consilio ad imitatem Eodesie» 
prout asseruDt, redire volentes, in primis omni here- 
tica pravitate abjurata, absolvimus, secuadum for- 
mam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur aatricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde boDO redieriot et 
mandata sibi iojuDCta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanclam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos légitime citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimioe 
heresis peremptorie assignata, et aliis rite actis, oom- 
municato multorum prelatorum et aliorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et predpimus 
ibidem perpétue comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere nolue- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, in pre- 
sentia Âr., prioris Sancti Saturnini, F., capellani 
ejusdem loci, Ar., prioris de Savarduno, R., capel- 
lani Deaurate, P. de Drudas, canonid, P. Ariberti 
et multorum aliorum. 

XXI. — 1^' septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle W. Donat, de Toulouse, et 
Ray monde, sa mère, et Gauzio, de Cumiers, sont condamnés 
à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifix!. 
Amen. Anno quo supra, kal. septembris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 



BT me JEAN DE SAINT-PIEIIRS. 53 

Me et dyooesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
laÉi. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
iMtas W. Donati de Tholosa et Raimunde, matris 
qsB, et Gauzionis de Gutmerio Tholosane diocesis, 
Lii Quod prenominatus W. Donati vidit et adoravit 
■idtociens hereticos, credidit eis et eonim errori- 
hn, negavit veritatem coram nobis et relapsus est 
iÉ heresim abjuratam ; 

r'Prenominata etiam Raimunda vidit et recepit 
Inretioos in domum suam, adoravit eos multodens, 
[|idk eis ad comedendum, comedit cum eis in eadem 
et de pane benedicto ab eis, credidit hereticos 
boDOS homines et negavit veritatem coram nobis 
OODtra proprium juramentum ; 

Prenominata etiam Gauzio^ vidit, receptavit et ado- 
nmt multociens hereticos et audivit predicationem 
aonun, dédit eis de suo, comedit de pane ab eis 
benedicto, hereticationi interfuit, credidit hereticis et 
eommerroribus, et, postquamabjuravit heresim coram 
iliis inquisitoribus, vidit et celavit hereticos in domo 



Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Ecclesie, 
pffNit asserunt, redire volentes, in primis omni here- 
tiea pravitate abjurata, absolvimus, secundum formam 
Bodesie, a vinculo excommunicationis quo ratione pre- 
dicti criminis tenebantur astricti, si tamen ad ecclesias- 
ticam unitatem de corde bono redierint et mandata 
aibi injuncta compleverint. Et quia in Deum et Sanc- 
tam Ecclesiam predictis modis temere deliquerunt, 

1. Voy. sa confession (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 142 v^). 
Ette recevait les hérétiques dans sa maison du Mas-Saintes- 
PtaeUes (Doat, XXIV, fol. 120 y*). 



54 SENTElfCES DE BERNARD DE OAIIX 

ipsos légitime citatos ooram nobis oompareDtes die 
sibi ad recipiendam peDitentiam super crimioe bereaîs 
peremptorie assignata, et aliis rite actis, communicato 
multorum prelatoruni et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad perageûdam condigûam penitentiam io 
perpetuum carcerem retrudi volumus et predpimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peDiten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam faoere 
noiuerint, ipsos excommunicationis vinculo inooda- 
mus. Âctum Thoiose, in claustro Sancti Saturaini, io 
presentia Âr., prioris, F., capeliani Sancti Satur- 
nin!, R., capeliani Deaurate, A., capeliani Sancti Sté- 
phanie et multorum aliorum in generali sernfione. 

XXII. — f septembre 1247, Toulouse» cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle injonction est faite à R. -Pierre 
de Saint-Jean-rHerm d'avoir à purger sa condamnation à la 
prison perpétuelle. 

Anno et die predictis. Raimundo Pétri de Sancto 
Johanne de Heremo, quia vidit et adoravit hereticos, 
credidit eos esse bonos homines, fuit condempnatus 
pro heresi et relapsus est in heresim abjuratam, injun- 
gimus quod intret domum carceris, ibidem perpetuo 
moraturus ad penitentiam peragendam. Testes prope- 
dicti. 

XXIII. — 8 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nîn. — Sentence par laquelle W. de Salnt-Nazaîre, de Saint- 
Martin-de-Lalande, et R. Saumater, de Laurac, refusant de 
faire la peine de la prison prononcée contre eux, sont décla- 
rés hérétiques et leurs biens confisqués. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 



IT DK JEAN DK SAINT-PIIllia. 55 

àmen. Ànno quo supra, vi^ idus septembris. Nos, fra- 
Ira ordittis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
ie Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in 
Bmtate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
dtputati. Gain W. de Sancto Nazario de Sancto Mar- 
tkiodela Landa et R°* Saumaterii de Lauraco, dyocesis 
llKrfosane, ad murum perpetuum exigentibus suis cul- 
pii^ pro heresi condempnati, et diucius expectati, 
MO TeKnt penitentiam facere sibi datam, ad quam 
peragendam se obligaverunt juramento prestito cor- 
porali, communicato multorum prelatorum et aliorum 
bononun virorum consilio, ipsos légitime citatos, set 
per contnmaciam absentes, per diffinitivam senten- 
tiim tanquam hereticos condempnamus, et bona ipso- 
mm deoernimus occupanda, excommunicantes eos et 
onmes qui deinceps scienter eis dederint consilium, 
Mudlium vel favorem. Âctum Tholose, in claustro 
SiDCtî Saturnini, in presentia Âr., prions, F., capel- 
buD] Sancti Saturnini, R., capeiiani Deaurate, et mul- 
lonim aliorum in generali sermone. 

XXTV. — 15 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
tdtk. — Sentence par laquelle W. Guitaud, de Belcastel, et 
Herre Baret, de Saint- Anatholi, sont condamnés à la pri- 
son perpétuelle. 

lo Domine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno quo supra, xyii^ kal. octobris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et diocesi Thoiosana auctoritate apostolica deputati. 

1. Voy. sentence Xni. 



56 SBNTKNCES DE BERNARD DB GADX 

Quia coDstat nobis per confessiones in judido factas 
W. de Guitaud de Bello Castro et Pétri Baret^ de 
Sancto Anatholio, dyocesis Tholosane, 

Quod prenominatus W. vidit, reoeptavit et adoravit 
multociens hereticos, et audivit predicationem eorum, 
duxit et associavit eos, servivit eis, dédit et misit eis 
de 8U0, apparellamentis hereticorum interfuit, paoera 
ab eis accepit, comedit de pane ab eis benedicto mul- 
tociens, credidit hereticis et eorum erroribus et relap- 
sus est in heresim abjuratam ; 

Prenominatus etiam Petrus Baret vidit et adoravit 
multociens hereticos, audivit predicationem eorum, 
dédit eis de suo, recepit hereticos condempnatos 
in domum suam, credidit hereticis et eorum erro- 
ribus, negavit coram nobis et aiiis inquisitoribus 
veritalem contra proprium juramentum, et relapsus 
est in heresim abjuratam : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis, 
quo ratione predicti criminis tenebantur astricti, 
si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierint et mandata sibi injuncta compleverint. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis 
modis temere deh'querunt, ipsos légitime citatos 
coram nobis comparentes die sibi ad recipiendam 
penitentiam super crimine heresis peremptorie assi- 
gnata, et aliis rite actis, communicato multorum pre- 
laiorum et aliorum bonorum virorum consilio, ad 

1. Barot (sentence XXX). 



BT DK JEAN DE SAINT-PIERBB. 57 

peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
oarcerem retrudi volumus et predpimus ibidem per- 
petuo commorari; et quod istam penitentiam com- 
pleant, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. 
Si vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
exoommunicationis vinculo innodamus. Âctum Tho- 
loae, in claustro Saneti Saturnini, in presentia Ar., 
prioris, et P. de Drudas, canonicorum, R., capellani 
Deaurate, Pétri Ariberti et multorum aliorum. 

XXV. — 29 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle Isar Mercadier, de Montca- 
brier, et W. Sedasser, de Laurac, sont déclarés hérétiques 
et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen, Anno quo supra, m kal. octobris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisiiores heretice pravitatis in civitate 
et diocesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio factas 
bami Mercaderii de Monte Gaprerio et W. Gedacerii 
de Lauraco Tholosane diocesis, 

Quod prenominatus Isarnus vidit et adoravit mul- 
tociens hereticos et audivit predicationem eorum, 
duxit eos et portavit eis ad comedendum multo- 
ciens, credidit hereticis et eorum erroribus ; 

Prenominatus etiam W. Gedacerii^, postquam abju- 

1. Bernard Sedasser et chacun de ses quatre fils, Géraud, 
Bernard, Willem et Raymond, appartenaient à Thérésie corps 
et âme (Confessions^ bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 76 v«, 78 r*», 
79 V*). Voy. la confession de Raymond Sedasser (ibid.y fol. 77 v*. 
Cf. fol. 191 v^). Voy. aussi la confession de Bernard Sedasser le 



58 SETRNCKS DB BUNÂRD K GAUX 

ravit heresim coram aliis inquiflitoribus, vidit et ado* 
ravit pluries heretiooa, et cradidit hereticis et eomm 
erroribua ; 

Et propter hoc ad agendam penitentiain obligali 
juramento prestîto oorporali et légitime citati ad reci- 
piendam penitentiam super premissia, et aaaignata sibi 
die non comparuerint ooram nobis, ipsoa ad audiendam 
diffinitivam senteotiam pluries perenq>torie dtatos, 
set par oontumadam absentes, oommunicato multo- 
rum prelatorum et aliorum bonorum virorum ooosi- 
lio, per diffinitivam sententiam tanquam faereticosooD- 
dempnamus et bona ipsorumdecemimusoocupandaS 
excommunicantes eos et omnes qui scienter eis deio- 
ceps dederint consilium, auxilium vel (avorem. Àctum 
in clauslro Sancti Saturnini, Tholose, in presentia 
A., prions, F., capellani ejusdem loci, P. deDrudas, 
canonici, R., capellani Deaurate, P. Âriberti et mul- 
torum aliorum. 

XXVI. — 29 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle Ar. Orre, de Hautpoul, et Béa- 
trix, femme de Jourdain de Roquefort, de Montjoire, sont 
condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crudfixi. 
Amen. Ânno et die predictis. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaudo et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores herelice pravitatis etc., ut supra. Quia 

vieux [ibid.y fol. 73 r^), la confession de Bernard Sedasser le 
Jeune (t'btd.y fol. 73 v^), et surtout la confession de W. Sedasser, 
ici condamné, qui avait abjuré l'hérésie entre les maint de Wil- 
lem Arnaud {ibid.y fol. 73 v^). 
1. Ms, : occupata. 



BT me JKAN DE SAINT-PIKRR8. 59 

aMWtat oobis per coofessiooes in judicîo factas Ar. 
[hve de Alto pullo et domine Beatricis» uxom Jordani 
le Rupe Forti, de Monte Jovis, Tholosane dyocesis, 
•i'Quod prenominatus Âr. Orre^ vidit et adoravit mul* 
liBiîensheretioos, et audi vit predicationem eorum, dédit 
st portavit eis de suo, duxit et assooiavit eos, comedit 
9iun eis et de pane benedicto ab eis, recepit eos in 
idouim suani, pacem ab eis accepit, hereticationi et 
^fiparelhaiDentis hereticorum interfuit, et fuit cre- 
iens hereticorum^, ita quod, si moreretur in secta 
MTum, crederet salvari, et negavit veritatem coram 
Bito contra proprium juramentum ; 

Frenominata etiam domina Beatrix vidit et adoravit 
bereticos et hereticas, credidit eos esse bonos homines, 
Bl negavit veritatem coram nobis contra proprium 
joramentum : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
lie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
beretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
brtnam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ntttione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
id ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
3t Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
ront, ipsos légitime citatos coram nobis comparentes 
iie sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
meniorato assignata, et aliis rite actis, communicato 
smltorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
XMisilio, ad peragendam condignam penitentiam in 

1. Voy. sentence XXX. 

2. Ms. : hereticationis. 



60 SEIITBIICES DE BERNARD DB GAUX 

perpetuam caroerem retrudi volomus et precipiinus 
ibidem perpetuo commorari ; et quod iatam peniten- 
tiam oompleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam faoere nolae- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Âctum in dicto ioco. Testes predicti. 

XX VII. — 29 septembre 1247, Toulouse, maison de Fabbë de 
Saint-Semin. — Sentence par laquelle Algaia, femme de 
noble Pons de Villeneuve-la-Comptal, est condamnée à la 
prison perpétuelle. 

Ânno quo supra, nonis octobris. In nomine 
[Domini] nostri Jhesu Ghristi. Âmen. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis etc. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio fao- 
tas domine Âigaie \ uxoris nobilis viri Poncii de 
Villanova Gomitali, Tholosane dyocesis, quod ipsa 
vidit multociens et in multis locis hereticos, adora- 
vit eos multociens et audivit predicationem eorum, 
tenuit et receptavit eos multociens, dédit eis ad 
comedendum et comedit de pane ab eis benedicto, 
recepit osculum ab hereticabus multociens', credidit 

1. Les confessions des témoins de Villeneuve-la-Comptal, dis- 
tribuées en deux sections dans le ms. 609 de la bibl. de Tou- 
louse, fol. 143 r**-144 r^, 183 v<*-184 v«, ne fournissent aucun 
renseignement sur Algaia. 11 y a quelque chose dans Doat, 
XXIV, fol. 105 v% 106 vS 137 v^ 

2. Après la cérémonie de o Tadoration, » les hérétiques 
avaient Thabitude de se baiser, les hommes entre eux et les 
femmes entre elles : « osculabantur sese ad invicem bis in ore 
ex transverso » (Doat, XXIV, fol. 104 v*). Recevoir le baiser 
était faire acte d'hérésie. 



ST Dl JEAN DE SAINT-PIBRRB. 61 

boreticis et eorum erroribus, et post abjuratam hère- 
sim recepit in domum suam queodam hereticum 
oondempnatuiTi et comedit cum eo, et non venit tem- 
pore gratie coram aliis inquisitoribus pro confessione 
de heresi facienda : ipsam, nunc usam saniori consilio, 
ad unitatem Ëcclesie, prout asserit, redire volentem^ 
in primis heretica pravitate abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ecclesie, a vinculo excommunica- 
tionis quo ratione predicti criminis tenebatur astricta, 
si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierit et mandata sibi injuncta compleverit. Et quia 
ÎQ Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
ddiquit, ipsam légitime citatam coram nobis compa- 
rentem die ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptorie assignata, et aliis rite actis, com- 
municato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peniten- 
tiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et pre- 
cipimus ibidem perpetuo commorari; et quod istam 
peoitentiam compleat, injungimus ei in virtute pres- 
titi juramenti. Si vero predictam penitentiam facere 
noiuerit, ipsam excommunicationis vinculo inno- 
damas. Actum Tholose, in domo [abbatis] Sancti 
Satamini, in presentia Ar., prioris, F., capellani ejus- 
dem lod, Amelii, capellani Sancti Stephani, R., capel- 
lani Deaurate et P. Ariberti etc. 

XXVm. — 13 octobre 1247, Toulouse, maison de Tabbé de 
Saint-Semin. — Sentence par laquelle Ar. Got, de Lanta, 
est condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi cnicifisti. 
Amen. Anno quo supra, m^ idus octobris. Nos, fratres 



62 SENRlfCIS DE BERNARD DB GlUX 

ordiois Predîcatorum B. de Gaudo et Johannes de 
Sancto Petro, inquiaitores heretîoe pravitatia in cm- 
tate et dyooesi Tholosana auctoritate apoatolica depo- 
tati. Quia constat nobis per coofesaiouein in judicio 
factamÂr. GotodeLantario^ Tbolosane dyooeaia, quod 
ipse vidit et adoravit pluries heretioos, audivit predi- 
cationem eorum, credidit eos esse bonos homines et 
negavit veritatem ooram nobis contra propriam jora- 
mentum; ipsum nunc usum saniori oonsilio, etc., ut 
supra in sententia predicte Algaie. Actum in predicto 
loco. Testes predicti et muiti alii in geoerali aermone. 

XXIX. — 20 octobre 1247, Toulouse, clottre de Saint-Sernin. 
— Sentence par laquelle Isar Bonhomme , de Hantpooi, 
Pierre Grimaud, de Montjoire, Hugues de Montagnoî, de 
Saint-Aignan, Ar. Ërmengaud, de Lanta, Jalienne, veuve 
de Jean Testor, de Toulouse, sont condamnés à la prison 
perpétuelle. 

In nomine Domioi nostri Jhesu Ghristi cracifixi. 
Amen. Anno quo supra, xm kal. novembria. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio et Johan- 
nes de Sancto Petro, inquisitores heretioe pravitatis 
in civitate et dyocesi Tholosana auctoritate aposto- 
lica deputati. Quia constat nobis per confesaionea in 
judicio factas Isarni Boni hominis' de Alto Pullo, 
Pétri Grimaudi^ de Monte Jhovis, Uugonis de Mon- 
tanhol de Sancto Aniano, Ar. Ermengaudi de Lan- 
tario, Tbolosane diocesis, et Juliane, uxoris quondam 
Johannis Testons, de Tholosa, 

1. Voy. sentence XL Vil. 

2. Voy. sa confession (Doat, XXIII, fol. 226). 

3. Voy. sentence XLI. 



R m JBAN DE SA1NT«PIBRIUI. 63 

Quod preDominatus Isarnus Bonus Homo vidit mul- 
tocieiis et in multis locis hereticos, audivit predica- 
tionein eorum et adoravit eos, comedit cum eis in 
eadem mensa, dilexit eos et credidit esse bonos 
homines et negavit coram nobis et aliis inquisitoribus 
veritatem contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Petrus Grimaudi ^ vidit et 
adoravit hereticos, duxit eos et audivit predicationem 
eoram, tenuit et recepit per \iu? dies hereticos in 
domum suam, et negavit veritatem coram nobis con- 
tra proprium juramentum ; 

fhreoominatus etiam Hugo de MontanhoP vidit et 
adoravit hereticos, recepit eos in domum suam, cre- 
didit eÎ8 et eorum erroribus et relapsus est in heresim 
«t]juratam; 

Prenominatus etiam Âr. Ërmengaudi vidit et adora- 
vit multociens hereticos, predicationem eorum audivit, 
comedit de pane ab eis benedicto , multociens appa- 
relhamento eorum interfuit, credidit eos esse bonos 
hoaiines, tenuit xv diebus hereticos in domo sua et 
D^vit veritatem coram nobis contra proprium jura- 
mentum; 

Prenominata etiam Juliana vidit et adoravit multo- 
ciens hereticos, recepit eos in domum suam, credidit 
eos esse bonos homines et negavit veritatem coram 
nobis contra proprium juramentum : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in primis 
onmi heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 

i. Voj. sa confession (Doat, XXIV, fol. 15 v^). 
2. Un Pierre de Montagnol apparaît comme témoin ou partie 
dans quelques actes du temps (Teulet, Layettes y 11, 437, 439). 



64 SENTBlfCBS DE BERNARD DE OAUX 

dum formam Eoclesie, a vinculo 
ois quo ratioDe predicti criminia tenebantur aatridif 
si tamen ad ecclesiasticani uoitatem de corde booo 
redierînt et mandata sibi înjuDcta oompleverînt. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecdesiam predidis 
modis temere deliquerunt, ipsos legitime dtatos 
coram nobis comparentes die sibi ad recipieDdam 
penitentiam super crimine heresis peremptorie assi- 
gnata, et aliis rite actis, conumioicalo multonun 
prelatorum et aliorum bononim virorum consilio, ad 
pèragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
petuo com'orari; et quod istam penitentiam com- 
pleant, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si 
vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamua. Actum Tho- 
lose, in claustro Sancti Satumini, in presentia F., 
capellani ejusdem loci, R., capellani Deaurate, P. Ari- 
berti, notarii publici, et multorum aliorum in generali 
sermone. 

XXX. — 20 octobre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Semin. 
— Sentence par laquelle Ar. Orre, de Hautpoul, et Pierre 
Baret, de Saint-Anatholy, refusant de faire leur peine, sont 
déclarés hérétiques et leurs biens saisis. 

Anno et die predictis. In nomine Domini nostri 
Jhesu Ghristi cruciSxi. Amen. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores heretice pravitatis in civitate et dyocesi 
Tholosana auctoritate apostolica deputati. Gum Ar. 
Horre de Alto PuUo et Petrus Barot^, de Sancto Ana- 

1. Baret, sentence XXIV. 



m DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 65 

thdio, Tholosane dyocesis, per confessiones proprias 
in heresi deprehensi, exigentibus culpis suis ad murum 
perpetuum condempnati pro heresi ^ , et diucius expeo- 
tati non velint facere penitentiam sibi datam, ad quam 
peragendam se obligaverunt juramento prestito cor- 
porali, communicato multorum prelatorum et aliorum 
boDorum virorum consilio, ipsos légitime citatos, set 
per contumaciam absentes, per diffinitivam sententiam 
tanquam hereticos coadempnamus et bona ipsorum 
deoemimusoccupanda, exoommunicantes eos et omnes 
qui deioceps scienter eis dederint consilium, auxilium 
vd favorem. Âctum in dicto loco. Testes propedicti et 
molti alii in dicto sermone. 

XXXI. — 3 novembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Semin. 
— Sentence par laquelle Pons Jean, de Bax, est condamné à 
la prison perpétuelle. 

Anno quo supra, m nonas novembris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B . de Gaucio et Johannes de Sancto 
Petro, inquisitores heretice pravitatis, etc. Quia constat 
nobis per confessionem in judicio factam Poncii Joban- 
ois de Baucio, Tholosane dyocesis, quod ipse vidit et 
adora vit hereticos, et audivit predicationem eoruni, 
pacem ab eis accepit, apparelhamento eorum interfuit, 
credidit eos esse bonos homines et negavit coram nobis 
et aliis inquisitoribus veritatem contra proprium jura- 
meatum : ipsum, nunc usum saniori consiiio ad uni- 
tatem Ecclesie, prout asserit, redire volentem, in pri- 
mis omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ecclesie, a vinculo excommunica- 

1. Voy. sentences XXIV et XXVI. 



66 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

tionis quo ratione predicti criminis tcnebator astrio- 
tus, si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde 
bono redierit et mandata injuncta sibi compleverit. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis 
temere deliquit, ipsum légitime citatum ooram nobis 
oomparentem die sibi ad recipiendam penUeDtiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, et aliis 
rite actis, communicato multorum prelatonun et alio- 
rum bonorum virorum consilio, ad peragendam ood- 
dignam penitentiam in perpetuum carcerem retrudi 
volumus et predpimus ibidem perpetuo comorari; 
et quod istam penitentiam compleat, injungirous ei in 
virtute prestiti juramenti'. Si vero predictam faoere 
penitentiam noiuerit, ipsum excommunicationisviDCulo 
innodamus. Âctum in predicto ioco, in presentia Ar., 
prioris Saneti Saturnini, F., capellani ejusdem loci, 
Rm capellani Deaurate, P. Ariberti, et multorum 
aliorum. 

XXXII. — 4 novembre 1247, Escalquens. — Sentence par 
laquelle Bertrand d'Alaman, de Saint-Germier, contumax, 
est déclaré hérétique et ses biens sont saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, n nonas novembris. Nos, fra- 
tres predicti. Quia constat nobis per confessionem in 
judicio factam Bertrandi de Alamans, de Sancto Ger- 
merio, dyocesis TholosaneS quod idem Bertrandus de 

1. Les Alaman de Saint-Germier, Bernard et Raymond, 
appartenaient à Thérésie [Confessions y bibl. de Toulouse, 
ras. 609, fol. 174 r®. Voy. la confession de Bertrand d'AJaman. 
Doat, XXin, fol. 65). Bertrand d*Alaman avait fait une collecte 
à Cambiac pour le rachat de Raymond Fort, diacre hérétique, 



R DB JBAN DB SAINT-PIBRIIB. 67 

I heresi plurimum diffamatus, vidit pluries et in pluribus 
I lods heretioos, etaudivit predicationem eonim, adora* 
TÎt eos, liberavit très hereticos captos, duxit eos et fuit 
cndens hereticorum per multos annos, ita quod, si 
mor^retur in secta eorum, crederet salvari, et pluries 
peremptorie citatus in assigna tis sibi diebus non com* 
paruerit coram nobis, et de heresi ejusdem per plures 
testes nichilominus nobis constet, die sibi ad audien- 
dam difiBnitivam sententiam super crimine heresis 
peremptorie assignata, et aliis rite actis, communicato 
muitwum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, prenominatum Bertrandum légitime citatum, 
set per contumaciam absentem, per diffinitivam sen- 
tentiam tanquam bereticum condempnamus et bona 
ipaius decernimus occupanda, excommunicantes ipsum 
et omnes qui deinceps scienter ei dederint consilium, 
auxilium vel favorem. Actum apud Escalquenx, in 
presentiaR.^prepositiTholosani, magistri Ar. Pelisso, 
canonici Saneti Stephani Tbolose, Ar. d'Albihno, 
offidalis Tholose, Ar. prioris, F., capellani Saneti 
Satumini, R., capellani Deaurate, W. de Samata, 
capellani d'Ëscalquenx , magistri Benedicti, Aldrici 
Garabordas, P. W. de Sancto Romano, capitulariorum 
Tholose, et P. Ariberti. 

XKXIII. — 10 novembre 1247, Toulouse, cloître de Saint- 
Semin. — Sentence par laquelle Pons Garrigue, d'issel, est 
condamné à la prison perpétuelle. 

Anno quo supra, im"" idus novembris. In nomine 

captif, et avait toujours montré un grand zèle pour Thérésie 
(ms. 609, fol. 237 v«-240 r*>). 



68 SENTENCES DE NSHNARD DI CAJOJi 

Domini nostri Jhesu Ghristi cracîfizi. Amen. Nos, fra- 
tres ordinis Predicatorum B. de Gaudo et Johannes de 
Sancto Petro, inquisîtores heretioe pravitatis in civitate 
et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica depubti. 
Quia constat nobis per confessionem in judido factam 
Poncii Garriga^ de Exilio, Tholosane dyooesis, quod 
ipse vidît et adoravit multociens hereticos, et audivit 
predicationem eorum, dédit eis et recepit ab eis mu- 
nera, comedit cum eis, recepit eos in domuin suam, 
heriticationibus interfuit, credidit heretids et eorum 
erroribus, celavit aliis inquisitoribus veritatem et 
relapsus est in heresim abjuratam : ipsum, nuDC usum 
saniori consilio ad unitatem Ecclesie, ut asserit, redire 
volentem, in primis omni heretica pravitate abjurata, 
absolvimus, secundum formam Ecdesic, a vinculo 
excommunicationis quo ratione predicti criminis teoe- 
batur astrictus, si tamen ad ecclesiasticani unitatem 
de corde bono redierit et mandata sibi injuncta com- 
pleverit. Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam pre- 
dictis modis temere deliquit, ipsum Intime dtatum 
coram nobis comparentem die sibi ad redpîendam 
penitentiam super crimine heresis peremptorie assi- 
gnata, et aliis riteactis, communicato multorum preh- 
torum et aliorum bonorum virorum consilio, ad pera- 
gendam condignam penitentiam in perpetuum carcerem 
retrudi volumus et precipimus ibidem perpetuo com- 
morari; et quod istam penitentiam compleat, injon- 

1. Voy. ses confessions, fort intéressantes (Confessions, bibl. 
de Toulouse, ms. 609, fol. 126 r°-127 v<»). Cf. sentence XLI.Ce 
Pons Garrigue, soldat de Labécède, s'était employé à la déli- 
vrance de Willem Vital, diacre hérétique, prisonnier à Saint- 
Papoul. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 69 

gimus ei in virtute prestiti juramenti. Si vero predictam 
penitentiam facere ooluerit, ipsum excommunicationis 
yinculo innodamus. Âctum Tholose, in claustro Sancti 
Saturnioi, in presentia Âr., prions, F., capellani 
Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, Âr., capel- 
lani Sancti Stephani, et P. Âriberti. 

XXXrV. — 19 janvier 1248 (n. st.), Toulouse, dans la maison 
commune. — Sentence enjoignant à Alaman de Roais d*en- 
trer dans la prison de Saint-Etienne, Tobligeant à servir 
annuellement 50 sous tholsas pour l'entretien de Pons, com- 
pagnon de Raymond Scriptor, et à satisfaire les Hospitaliers 
de Saint- Jean pour ses rapines et autres dommages. 

Ânnoquo supra, luuf kal. februarii. Âlamannus^ de 
Roaxio, qui fuit de heresi condempnatus^, quia vidit et 

1. Ms. : Alamanno, 

2. De tous les membres de la famille des Roais qui se 
dévouèrent à l'hérésie, Alaman fut peut-être le plus actif, sou- 
tenant les condamnés, Raymond Roger, par exemple, donnant 
de son argent et de sa peine [Confessions y bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 47 r«, 58 rS 62 v«, 205 rS 205 v^ 206 r^. Cf. Doat, 
XXIV, fol. 88 v«, 93 v«, 97, 144 v«). Il ne craignait pas, étant 
condamné, de compromettre par des exigences journalières 
ses serviteurs et ses vassaux. Sa sentence de condamnation est 
du 26 mai 1237. Je la donne ici : 

« In nomine Domini nostri Jhesu Christi. Sit cunctis presenti- 
bos et futuris manifestum quod nos, frater Guillelmus Amaldi, 
de ordine [fratrum] Predicatorum , et frater Stephanus, de 
ordine fratrum Minorum, judices constituti a venerabili pâtre 
Johanne, Dei gratia Sancte Viennensis ecclesie [archiepiscopo], 
Apostolice Sedis legato, ad faciendum inquisitionem contra 
hereticos, fautores, deffensores, receptatores hereticorum in 
Tholosa et in tota diocesi Tholosana. Cum ex officio nobis 
injnncto inquisitionem faceremus in Tholosa, invenimus Ala- 
mannwm de Roaxio manifeste ac publice de heresi diffamatum ; 



70 SENTKNGES DE BERNARD DE OAUX 

adoravit multociens et in roullis lods heretioos et 
hereticas, tenuit et receptavit eos multodensy oome- 

qui etiam fuît per venerabilem patrem Romanum, Dei gntia 
Portuensem episcopum, tune in partîbus istis Apostolice Sedis 
legatum, crucesignatus, et prestito sacramento in signom peni- 
tentie salutaris debuit transfretare, in transmarinis partilMis 
statuto tempore moraturus; qui etiam, spreto sacramento pre- 
dicto, predictam sententiam contempsit adimplere; propter 
quod est excommunicationis vinculo innodatus. Cum igitur nos 
predicti inquisitores per diligentem inquisitionem manifeste 
invenerimus quod dictus Alamannus de Roaxio multotiens et 
in multis locis, infra Tholosam et extra, ante pacem et post 
paccm, heretioos in domo sua receptaverit, et eis multotiens 
ad comedendum donaverit et eorum predicationem multotiens 
audiverit, et eos pluries et fréquenter adoraverit, et ante Natale 
Domini et in Natali et citra eos diu et in domo sua tenuerit, 
eisque specîaliter latibulum fecerit, et insuper hereticationi 
faciende ab hereticis consilium et auxilium prcstiterit, et litte- 
ras hereticorum pro colligendis denariis legatis in testamentis 
hereticis portaverit, et nomine eorum denarios receperit, et 
fidem hereticorum approbaverit, et alia multa que ipsum sus- 
pectuni de heresi reddebant contra ipsum invenerint (corr. : 
invenerimus), quibus motus animi nostri légitime debuit infor- 
mari; habito diligenti consilio et tractatu, omnibus fideliter et 
diligentcr inspectis et prudenter intellectis, dicto Alamanno de 
Roaxio légitime citato et nichil rationabile proponente, assi- 
dcntibus nobis venerabili pâtre Raimundo, Dei gratia episcopo 
Tholosano, et domino Raimundo, abbate Moissiacensi, et fratre 
Johannc, ministro fratrum Minorum in Vasconia, et fratre Pon- 
cio, priore fratrum Predicatorum in Provincia, dictum Ala- 
mannum de Roaxio absentem et nolentem interesse, per diffi- 
nitivam sententiam esse (corr, : tanquam) hereticum condemp- 
namus, excommunicantes omnem hominem, tam virum quam 
mulierem, tanquam faulorem hereticorum et defTensorem, qui 
ei consilium vel auxilium prcstarct occulte vel manifeste aut 
juvamen. Ijata fuit hec sententia in claustro domus fratrum 
Predicatorum, in presentia et testimonio predictorum assesso- 
rum, et Martini, archidiaconi Gimonensis, et roagistri Amaldi, 



n DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 71 

dit cum eis et de pane benedicto ab eis multociens, 
multia apparelhamentis et hereticationibus multanun 
personarum interfuit, duxit et associavit eos multo* 
eiena, dédit eis et recepit ab eis munera multooieos, 
aocepit pacem ab eis multocieos, et audivit hereticos 
predicantes errores de visibilibus quod Deus non 
fedt ea, quod in baptismo et matrimonio non [est] 
salua, quod mortuorum corpora non résurgent, et 
quod sunt duo Dii, unus benignus et alius malignus; 
et ipse credidit predictis erroribus, sicut heretici 
dîoebant, credidit etiam posse salvari per ipsos, et sunt 
XXX anni quod credidit hereticos esse bonos homines, 
et dimisit illam credentiam ultimo die jovis post fes- 
tum beati Ylarii proximo preteritum; recognovit etiam 
qpiod omnia que objecta fuerunt sibi super heretica 
pravitate a bone memorie fratre Stephano de ordine 
Minorum et fratre Willelmo Ârnaldi de ordine fratrum 
Predicatorum quondam, inquisitoribus heretice pravi- 

precentoris ecclesie Sanctî Stephani, et fratris Raimundi, prio- 
ns de Pruliano ordinis fratrum Predicatorum, et fratris Rai- 
mundi de Paileriis, et fratris Arnaldi Aitii ordinis fratrum 
Minorum, et Vitalis, prions ecclesie Sancti Stephani, et... 
prioris ecclesie Sancti Saturninî, et... prioris de Coquinis, et 
magistri Nicolay, capellani ecclesie Béate Marie Deaurate, et 
magistri Raimundi, capellani ecclesie Sancti Stephani, et For- 
tis, capellani Sancti Saturnini, et capellani de Tauro, et capellani 
Goquinarum, et quamplurim[or]um aliorum, tam religiosorum 
virorum quam clerîcorum, et fratris Raimundi Carbonn[er]ii 
de ordine fratrum Minorum, publici notarii, qui, mandato pre- 
dictomm judicum inquisitorum , hoc scripsit, vu kal. junii, 
régnante Lodoyco Francorum rege, et Raimundo Tholosano 
comité, et dicto domino Raimundo Tholosano episcopo exis- 
tente, anno ab incarnatione Domini M* CO* XXXVII*. » (Doat, 
XXI, fol. 143-145.) 



n SB!miNCBS DE BBKNABD DB GADX 

tatis ^ , vera eraot, exoeptis quibusdam que facta fiieraot 
contra pacem, et ibi erat positom qiMkl poat paœm 
facta essent; sustinuit etiam sententîam coodempna- 
tionis de heresi per x anoos et amplios : oommunkito 
boDonim vironim consilio, iojuogimiis ei in virtute 
prestiti juramenti, quod hodie intret domimi carœris 
apud Sanctum Stephanum, ibidem perpetuo moratunis 
ad peragendam peDÎtentiam pro predîctis. lojungimus 
etiam eidem quod provideat Poncio, qui stetit quoD- 
dam cum Raimundo Scriptore^, pro victu et vestitu, 
quamdiu îpse Poncius vixerit, in quinquagînta solidis 
Tholosaoisannuatim. Item, quodsaUsfaciatHospitalariis 
Sancti Johannis super rapina quam ab ip«8 habuit, et 
aliis omnibus quibus dampna et injurias irrogavit. 
Âctum Tholose, in domo conununi, in presentia 
domini episcopi Tholosani, domini comitis Tholose, 
prepositi Sancti Stephani, W. Isami, R., prions fira- 
tnim Predicatorum, fratris R. de Paonac, Johannis de 
Sancto Gaudencio, et P. Âriberti. 

XXXV. — 2 février 1248 (n. st.), Toulouse, église Saint-Ser 
nin. — Sentence par laquelle Pons Alaman, de Lescure, et 
Raymond, son frère, contumax, sont déclarés hérétiques et 
leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Âmen. Ânno quo supra, im"* nonas februarii. Nos fra- 

1. Le tome XXI du fonds Doat contient plusieurs des actes 
de ces deux inquisiteurs, entre autres des sentences de con- 
damnation, fol. 147, 149, 153, 160, 163, 164 v«, 166, 179, 181, 
182, 183, etc. Cf. t. XXII, fol. 38 v^ L'inquisiteur Willem 
Arnaud est celui qui fut tué à Avignonet en 1242. 

2. Enveloppé dans le massacre des inquisiteurs, k Avignonet. 



KT DB JEAN DE SAINT-PQBRRB. 73 

très predicti. Quia Poncius Âlamanni del Ëscura^ 
Tholosane dyoccsis, diffamatus de heresî plurimum et 
auspectus vidit hereticos, et rogatus ab eis fecit dari 
eis ad comedendum et audivit predicationem eorum, 
dL noD dixit veritatem aliis inquisitoribus, mansit cum 
heretids condempnatis et receptavit eos pluries in 
domum suam, et dédit eis ad comedendum et come- 
dit cum eis ; quia etiam Raimundus, frater dicti Pon- 
cii, di&matus de heresi plurimum et suspectus, vidit 
hereticos et cum quodam socio suo cepit quandam here- 
ticam quam pro duobus solidis et dimidio postmodum 
diniiserunt; et constat nobis per plures testes preno* 
mioatos Poncium et Raimundum hereticos adorasse et 
dtati non comparuerint, nec se deffenderint coram 
Dobis, die sibi ad audiendam diffinitivam sententiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, et aliis 
riteactis, communicato prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ipsos légitime citatos, set per con- 
tunouiciam absentes, tanquam hereticos condempnamus 
et bona ipsorum decernimus occupanda, excommuni- 
cantes ipsos et omnes qui deinceps eis scienter dederint 
ooDsilium, auxilium vel favorem. Âctum Tholose, in 
ecdesia Sancti Saturnini, in presentia B. W^ P. Na- 
var., canonicorum Sancti Saturnini, B., capellani de 
Ladinhac, Berengarii de Promilhac, vicarii Tholose 
pro domino comité, R' Majoris, Johannis de Sancto 
Gaudencio, P. Âriberti et multorum aliorum. 

1. Voy. ms. 609, bibl. de Toulouse, fol. 79 r«. 



76 SBNTENCES DE BERNARD DK CkVX 

Prenominatus etiam W. de Vilars vidit in pltiribus 
locis hereticos et adoravit eos, audivit predicationem 
eorum et credidit hereticos esse bonos homines et 
habere booam fidem et negavit veritatem contra pro- 
prium juramentum ; 

Prenomioatus etiam Durandus Daury stetit cum heriti- 
cis per imum annum et adoravit eos multociens, oomedit 
cum eis, predicationem eorum audivit, associavit eos 
et credidit eos esse bonos homines et habere bonam 
(idem et quod posset salvari per ipsos; et ipsi légi- 
time citati ad recipiendam penitentiam super premis- 
sis, in assignata sibi die non comparuerint ooram 
nobis ; 

Quia etiam Raimundus de Syolh et Âr. Guerrerii^ 
de Tholosa, carceri deputati ad penitentiam pro 
heresi peragendam, neglecto proprio juramento, sine 
licentia Ecclesie carcerem exierunt, in suarum perdi- 
tionem animarum, et diutius expectati et légitime 
citati in assignatis sibi diebus non comparuerint coram 
nobis : 

Prenominatis omnibus die ad audiendam difiiniti- 
vam sententiam super crimine heresis peremptorie 
assignata, et aliis rite actis, communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ipsos légitime citatos, set per contumaciam absentes, 
tanquam hereticos condempnamus, et bona ipsorum 
decernimus occupanda. Âctum Tholose, in claustro 
Sancti Saturnini, in presentia abbatis ejusdem loci, et 
prions ejusdem loci, S., archipresbyteri de Lauraco, 
Amelii, capellani Sancti Stephani, R., capellani de 

1. Voy. sentence II. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 77 

Villa Nova, P. Âriberti, et multorum aliorum in gene- 
rali sermone. 



XXXIX. — 22 mars 1248 (n. st.), Toulouse, cloître de Saint- 
Semin. — Sentence par laquelle R. de la Tour, Peyrone, 
mère de Raymond Barot, et Bernarde, sa femme, R. Baret, 
de Lapomarède, R. Athon, Peyrone, sa femme, Guillaume 
Jean, Bernard Crast, Bemarde, sa femme, Pons et Pierre 
Vinade, Pierre de Solarioy et Raymonde, sa femme, de 
Dreuille, contumax, sont déclarés hérétiques et leurs biens 
saisis. 

In Domioe Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Âono quo supra, xi kal. aprilis. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 
Quia R. de Turre, Petrona, mater R* Barot et Ber- 
narda, uxor ejusdem R^ Barot, de Pomareda, R"" 
Othoois, Petrooa, uxor ejus, Guillelmus Johannis, 
Bernardus Grasto, Bernarda, uxor ejus. Pondus et 
Petrus Vinada, fratres, Petrus de Solario et Rai- 
munda, uxor ejus, de Drulia, Tholosane dyocesis, 
diffiunati de heresi et suspecti viderunt et adorave- 
runt hereticos a paucis annis citra, sicut per testes 
sufficientes nobis constat, et citati non comparuerint 
Dec deffenderint se coranoi nobis, prenominatis omni- 
bus die sibi ad audiendam diffinitivam sententiam 
super crimine heresis peremptorie assignata et aliis 
rite actis, communicato multorum prelatorum et alio- 
rum bonorum virorum consilio, ipsos légitime citatos, 
set per contumaciam absentes, per diflSnitivam senten- 
tiam tanquam hereticos condempnamus, et bona ipso- 



I 



78 SENTENCES DE BERNARD DB GAUX 

rum decernimus occupanda^ . Âctum Tholose, in claus- 
tro Sancti Saturnini, in presentia Ar.» prions ejuadem 
loci, À., capellani Sancti Stephani, R., capellani Dean- 
rate, R., capellani Dealbate, P. Âriberti, et multorum 
aliorum. 

XL. — 22 mars 1248 (n. st.], Toulouse, cloître de Saint-Se^ 
nin. — Sentence par laquelle Pons Boutîer, de VaDre, 
W. Guimet, de Dreuille, et Bernard Dupuy, de Fanjeaox, 
sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres predicti etc. 
Quia constat nobis per confessiones in judido factas 
Poncii Boterii de Bauro, W. de Graissenx vel Guimet 
de Drula et Bernardi de Podio de Fano Jovis, Tholo- 
sane dyocesis, 

Quod prenominatus Poncius Boterii' vidit et ado- 
ravit multociens hereticos et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis et de pane benedicto ab eis 
multociens, duxit et associavit eos, dédit eis de suo, 
credidit hereticis et eorum erroribus, celavit coram 
nobis et aliis inquisitoribus veritatem et relapsus est 
in heresim abjuratam ; 

Prenominatus etiam W. de Graisseux^ vidit et ado- 
ravit multociens hereticos et audivit predicationein 
eorum, comedit cum eis in eadem mensa, et de pane 
ab eis benedicto, receptavit eos in domum suam, 
dédit eis de suo, et recepit ab eis munera, ivit de 

1. Ms. : occupata, 

2. Voy. sa confession, Doat, XXIII, fol. 100. 

3. Voy. Confessions^ bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 2381^. 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 79 

mandato hereticorum apud Montem Securum^ credi- 
dit hereticos esse bonos homines et se posse salvari 
jper eos, et negavit veritatem contra proprium jura- 
mentum; 

Prenominatus etiam Bernardus de Podio^ vidit et 
adoravit multociens hereticos et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis et de pane ab eis benedicto mul- 
tociens, duxit eos, apparelhamento eorum interfuit et 
pacem accepit ab eis multociens, credidit hereticis et 
eorum erroribus, et relapsus est bis in heresim abju- 
ratam : 

Ipsos» Dunc usos saniori consilio ad unitatemEcclesie, 
at asserunt, redire volentes, in primis omni heretica 
pravitate abjurata, absolvimus, secundum formam 
Ecclesie, a vinculo excommunicationis , quo ratione 
predicti criminis tenebantur astricti, si tamen ad 
ecdesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
niDt, ipsos coram nobis comparentes, communicato 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
coDsilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem retrudi voluraus et precipimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere nolue- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Âctum in dicto loco. Testes propedicti. 

* 

1. Montségur, Ariège, le dernier refuge des hérétiques 
albigeois. 

2. Cf. ibid., fol. 150 r«, 150 V», 160 v«, 163 r», etc. 



80 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

XLI. — 29 mars 1248, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — 
Sentence par laquelle Arnaud Botier, de Vaure, Alazals, 
femme de Guiraud Sartory de Puylaurens, P. Grimaud, de 
Montjoire, et Pons Garrigue, dlssel, contumax, sont décla- 
rés hérétiques et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Âmen. Ânno quo supra ^ nn® kal. aprilis. Nos, fratres 
predicti etc. Quia Ar. Boterii de Bauro vidit et 
adora vit hereticos, et Âlazaicia, uxor Guiraudi Sarto- 
ris, de Podio, Laurencii, Tholosane dyocesis, difihmata 
de heresi plurimum et suspecta, vidit et adoravit here- 
ticos a paucis annis citra, sicut per testes sufficientes 
Dobis constat, et relapsa sit io heresim abjuratam ; et 
citati non comparuerint nec deffenderint se ooram 
Dobis; quia etiam P. Grimaudi de Honte Jovis et Pod- 
cius Garriga de Exilio diocesis Tholosane, mure per- 
petuo deputati^ ad penitentiam pro heresi peragen- 
dam, neglecto proprio juraraento, carcereai exierunt 
in suarum periculum animarum, et diutius ezpectati 
et légitime citati non redierint : prenominatis omni- 
bus die ad audiendam diffinitivam sententianoi super 
crimine heresis peremptorie assignata, et aliis rite 
actis, communicato multorum prelatorum et aliorum 
bonorum virorum consilio, ipsos légitime citâtes set 
per contumaciam absentes per diffinitivam sententiam 
hereticos judicamus et bona ipsorum decernimus occu- 
panda. Actum Tholose, in claustro Sancli Satumioi, 

1 . Dans le midi, Tannée commençait le 25 mars ; il faudrait 
donc substituer à cette formule courante l'année : Ammo 
Domini AP CC XLVIIP. 

2. Voy. sentences XXIX et XXXllI. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 8! 

io presentiaÂr., prioris ejusdem loci, Ber. W., sacriste 
' ejusdem loci, R., capellani Deaurate, Âr., capellani de 
^ Beceda, W. B*, capellani de Lager, et P. Ariberti. 

i 

XLII. — 29 mars 1248, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — 

Sentence par laquelle Esclarmonde de Sauzet, de Sainte- 

Apollonie, est condamnée à la prison perpétuelle. 

Ânno et die predictis. Nos, fratres ordinis Predica- 
torum B. de Gaucio et Jobannes de Sancto Petro, 
inquisitores beretice pravitatis in civitate et dyocesi 
Tholosaoa auctoritate apostolica deputati . Quia Esclar- 
munda de Sauzet, de parrocbia Sancte Alalonie, Tbolo- 
sane dyoœsis, vidit et adoravit bereticos, recepit eos 
io domum suam, coxit eis panem, credidit eos esse 
bonos bomines, non dixit aliis inquisitoribus verita- 
tem, sicut per oonfessionem ejus factam in judicio nobis 
constat; ipsam nunc usam saniori consilio, ad unitatem 
Eodesie, prouf asserit, redire volentem, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formain Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebatur astricta, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierit et 
mandata sibi injuncta compleverit. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere deli- 
quit, ipsam citatam coram nobis comparentem die sibi 
ad recipiendam diffinitivam sententiam [assignata], in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpetuo commorari; et quod istam peniten- 
tiam comp injungimus ei in virtute prestiti jura- 
menti. Si vero predictam penitentiam facere noluerit, 
ipsam excommunicationis vinculo innodamus. Âctum 
in dicte loco, in presentia predictorum. 



82 SE?rnE7ICBS DE BBB5ABD DB CAUX 

XLIll. — 5 avril 1248, Toulouse, cloître de Saint-Semin. - 
Sentence par laquelle W. del ETersen, de Montgiscard, est 
condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini oostri Jbesu Ghristi cnicifixi. 
Amen. Annoquo supra, nonis aprilis. Nos, fratres pré- 
dictif et cetera. Quia W. del Eversen, de Monte Giscardo 
Tholosane dyocesis^, vidit multodeDS et in nmltis lods 
hereticos, adoravit eos multocieos et andivit predica- 
tionem eorum, receptavit eos et aoœpît paœm ab eis, 
comedit de pane ab eis beoedicto, daxit et associavit 
eos, munus ab eis reoepit, credidit heretids et eoram 
erroribus et relapsus est in heresim abjuratam, sicut 
per confessionem ejus factam in judicio nobis oons- 
tat; ipsum nunc usum saniori consilio, ad unitatem 
Ecclesie, prout asserit, redire volenteni, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimos» aecun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excoaunonicationis 
quo ratione predicti criminis tenebatur astrictus, si 
tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rit et mandata sibi injuncta compleverit. Et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquit, ipsum légitime citatum eoram nobis com- 
parentem die sibi ad recipiendam penitentiam super 
crimine heresis assignata, et aliis rite actis, oommu- 
nicato multorum prelatorum et alicmim bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 

1. 11 avait précédemment comparu devant Willem Arnaud 
(Confessions^ bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 64 v^). En regard, 
à la marge du ms., on lit : « Hic fuit convictus apud Vilamur, 
et reddidit se ad murum eoram episcopo. » Cf. ibid,f fol. 65 r*. 
Voy. sa confession, fort intéressante (ibid.f fol. 65 r*). 



BT DE JEAN DE SAINT-PKRRE. 83 

teDtiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 
precipimus ibidem perpetuo comorari; et quod 
istam penitentiam compleat injungimus ei in virtute 
prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
facere noiuerit, ipsum excommunicationis vinculo 
innodamus. Âctum Tholose, in claustro Sancti Satur- 
nini, in presentia Âr., prioris ejusdem loci, Âr., 
capellani de Beceda, P. Âriberti, Johannis de Sancto 
Gaudencio, et multorum aliorum. 

XLIV. — 24 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle B. Bret, de Lapomarède, est déclaré 
hérétique. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno domini M^CC^XL^ Vlir, ix kal. junii. Nos, 
iratres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. QuiaB. Bret, dePomareda, Tholosanedyocesis, per 
oonfessionem propriam in judicio factam in heresi légi- 
time deprehensus, peremptorie citatus ad recipiendam 
penitentiam non comparuit corara nobis ; citatus etiam 
peremptorie ut veniret, super eodem crimine diffi- 
nitivam sententiam audiendus, in assignata sibi die 
non comparuit coram nobis ; communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ipsum per contumaciam absentem hereticum con- 
dempnamus. Actum Tholose, in claustro Sancti Satur- 
nini, in^ presentia venerabilis patris Guillelmi, Dei 
gratia episcopi Agennensis, Ar., prioris Sancti Satur- 
nini, magistri Boneti, canonici Agennensis, magistri 
W. de Puntis, W., capellani de Manso Sanctarum 



84 SENTENCES DE BERNARD DK GAUX 

Puellarum, B. Martini, Johanois de Sancto Gaudendo, 
P. Ariberti et multorum aliorum. 

XLV. — 24 mai 1248, Toulouse, clottre de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle R. Leuder et Ar. Leuder, de Saint- 
Paul-de-Gapdejous, sont déclarés hérétiques. 



In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi 
Amen. Nos, fratres predicti, etc. Quia R. Leuder, de 
Sancto Paulo de Gadajous, Tholosane dyocesis, per 
confessionem propriam in jure factam, etc. Omnia tU 
supra in predicta sententia B. Bret. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Âmen. Anno et die predictis. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores heretice pravitatis in civitate et dyocesi 
Tholosana auctoritate apostolica deputati. Quia Ar. 
Leuder de Sancto Paulo de Gadajous, Tholosane dyoce- 
sis, per confessionem propriam, etc. Omnia ut mpra 
in sententia Bernardi Bret. 

XLVl. ^ 24 mai 1248, Toulouse, clottre de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle W. de Valiers, de Saint-Félix, est 
déclaré hérétique. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres predicti, etc. 
Quia W. de Yaleriis ^ de Sancto Felice, Tholosane dyo- 
cesis, vocatus ut compareret coram nobis super facto 

1. « Dictus Willermus de Valeiras est diffamatus de heresi 
quamplurimum apud Sanctum Felicem et apud Sanctum Julit- 
num. D (Déposition d'un témoin. Bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 215 V». Cf. Doat, XXIV, fol. 27 v«, 31.) 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 85 

fidei responsurus, post jurameDtum Degavit se hereticos 
adorasse et per testes ydoDeos contra ipsum receptos 
légitime Dobis constat quod hereticos adoravit, die 
sibi ad audiendam diffinitivam sententiam super cri- 
mine heresis peremptorie assigna ta, communicato mul- 
torum prelatorum et aliorum bonorum virorum con- 
silio, ipsum presentem per difïinitivam sententiam 
hereticum condempnamus. Actum Tholose, in claustro 
Sancti Saturnini, in presentia venerabilis patris Guil- 
lelmi, Dei gratia episcopi Agennensis, Ar., prioris 
Sancti §aturnini, magistri Boneti, canonici Agennensis, 
niagistri W. de Puntis, W., capellani de Manso Sancta- 
rum Puellarum, Bernard! Martini, Johannis de Sancto 
Gaudencio, P. Ariberti et multorum aliorum. 

XLVn. — 24 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Ar. Cot, de Lanta, contumax, est 
déclaré hérétique. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Jobannes de Sancto Petro, 
etc. Quia Ar. Goto, de Lantario, Tholosane dyocesis, 
muro perpetuo deputatus ad penitentiam pro heresi 
peragendam^, neglecto proprio juramenlo contumax 
et inobediens in anime sue periculum, sine licencia 
Ecclesie recessit de Tholosa, nolens facere penitentiam 
memoratam ad quam faciendam se obligaverat per 
juramentum et publicum instrumentum, et citatus légi- 
time et dyucius expectatus non redierit, die sibi ad 
audiendam difïinitivam sententiam super crimine hère- 

1. Voy. sentence XXVIII. 



86 SENTENCES DE BERNARD DE GAUX 

sis peremptorie assignata, oommunicato multomm 
prelatorum et aliorum bononim virorum oonsOk), 
ipsum per coDtumaciam absentem hereticum cod- 
dempnamus. Actum Tholose, io claustro Sancti Satur- 
oini, in presentia testium qui sunt in sententia pre- 
dicti B. Bret. 

XLVIII. — 28 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-édenne. 
— Sentence par laquelle W. de Valiers, de Saint-Félix, est 
condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Âmen. Anno Domini Jf CC° XL° Vlir, V kal. junii. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, etc. Quia W. de Valeiras, de Sancto 
Felice, Tbolosane dyocesis, de heresi condempnatusS 
vidit multociens et in multis locis hereticos, visita- 
vit eos, receptavit eos multociens in domum suam, 
dédit eis ad comedendum et comedit cum eis in 
eadem mensa, eos associavit multociens, duxit eos 
ad hereticandum quasdam personas et hereticationi- 
bus illarum personarum interfuit, solvit le^ta here- 
ticis, apparelbamentis hereticorum interfuit, aooepit 
pacem ab eis, predicationem eorum audivil, adoravit 
eos tocies flexis genibus, prostratis in terra manibus, 
quod de numéro non potest recordari, credidit here- 
ticis et eorum erroribus, et crederet salvari, ai mo- 
reretur in secta eorum, et postquam abjuravit heresim 
coram aliis inquisitoribus apud Sanctum Felicem et 
iterum apud Tholosam in judicio constitutus, vidit et 
adoravit multociens hereticos et relapsus est in bere- 

1. Voy. sentence XL Vil. 



ST DB JBAN DE SAINT-PIEBBB. 87 

sim abjuratam ; postquam etiam recepit acta ab inqui- 
sitoribus et obtulit se deffeDsioni, vidit, credidit, 
recepit et adcM'avit hereticos in domum suam apud 
Valeiras et dédit eis ad comedendum et predicta 
negavit sepius interrogatus et in judicio oonstitutus 
contra conscienciam et proprium juramentum, sicut 
per confessionem ejus factam in jure nobis constat : 
ipsum nunc usum saniori consilio ad unitatem Ëccle- 
sie, prout asserit, redire volentem, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis, quo 
ratione predicti criminis tenebatur astrictus, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierit, et 
mandata sibi injuncta compleverit. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere deliquit, 
ipsum coram nobis comparentem ad recipiendam 
penitentiam super crimine heresis, communicato mul- 
tonmi prelatorum et aliorum virorum bonorum con- 
silio, ad peragendam condignam penitentiam in per- 
petuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleat injungimus ei in virtute prestiti jura- 
menti. Si vero predictam penitentiam facere noiuerit, 
ipsum excommunicationis vinculo innodamus. Âctum 
Tholose, in claustro Sancti Stephani, in presentia 
Ar., prioris Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, 
magistri P., archipresbiteri de Garamanno, Johannis 
de Sancto Gaudencio, P. Ariberti, et multorum 
alioram. 



88 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

XLIX. — 31 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — 
Sentence par lacpielle Peyrone, mère de R. Baret, de Lipo- 
marède, est condamnée à la prison perpétuelle. 

Anno quo supra, n kal. junii. Nos, fratres ordinis 
Predicatorum B. de Caucio et Johaones de Sancto 
Petro, inquisitores, etc. Quia Petroua, mater R' Barot, de 
Pomareda, Tholosane dyocesis, que fuit per diffinitivam 
sententiam de beresi condempnata, postquam abju- 
ravit beresim coram aliis inquisitoribus et juravit 
persequi hereticos, vidit et receptavit et adoravit 
hereticos, celavit eos, hereticationi cujusdam persone 
interfuit, et credidit bereticos esse bouos homines et 
babere bonam fidem a parvo tempore citra, sicut per 
confessionem ejus factam in jure nobis constat : ipsam 
ad ecclesiasticam unitatem redire volentem muro per- 
pétue deputamus ad condignam penitentiam pera- 
gendam. Âctum Tholose, in claustro SancU Satumioi, 
in presentia Ar., prioris ejusdem loci, W., capellani 
de Monte Albano, P. Ariberti, et multorum aliorum. 

L. — 14 juin 1248, Toulouse, cloître de Saint-Semin. — Trois 
sentences déclarant respectivement hérétiques Bertrand Cri- 
veller, de Lapomarède, Ar. de Lasale, de Roumens, et 
P.-W. Testor fils, de Montjoire. 

In nomine Domini nostri Jbesu Gbristi crucifîxi. 
Amen. Anno domini M'CC'XL" Vlir, xviii kal. julii. 
Nos, fratres predicti, etc. Quia Bertrandus CriveleriiS 
de Pomareda, Tbolosane dyocesis, super crimîne here- 

1. On trouve dans les Confessions un W, Criveler (bibl. de 
Toulouse, ms. 609, fol. 70 v^) ; un Petrus Criveller [ibid., 
fol. 229 r*) ; mais elles ne fournissent rien sur Bertrand. 



BT DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 89 

sis a nobis pluries citatus légitime, se per coDtuma- 
ciam absentavit, receptis et diligeDter examinatis 
testibus et in die ad hoc assignata atestationibus 
publicatis, die etiam peremptorie assignata ad difïini- 
tivam sententiam audiendam, ipsum perseverantem 
in sua contumacia secundum ea que de ipso inveni- 
mus, communicato prudentium virorum consilio, per 
difBnitivam sententiam hereticum condempnamus. 
Âctum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, in pre- 
sentia Ar., ofïicialis Tholose, Ar., prioris Sancti 
Satumini, AmeHi, capellani Sancti Stephani Tholose, 
W. Pétri, capellani Sancti Germerii, Ber. deCanaves, 
subvicarii Tholose, et P. Ariberti. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres, etc. Quia 
Ar. de Sala, junior S de Romenx, Tholosane diocesis, 
super crimine heresis pluries citatus légitime, et cetera, 
amnia ut in predicta sententia Bertrandi Ctivelerii. 

In nomine Domini, etc. Anno et die predictis. Nos 
fratres, etc. Quia P. W^ Textoris, filius P.'W. Tex- 
toris, de Monte Jovis, Tholosane dyocesis, super cri- 
mine heresis, pluries citatus légitime, etc., omnia ut 
in predicta sententia Bertrandi Crivellerii. 

1. n avait précédemment comparu devant Willem Arnaud, 
à Saint-Félix. Voy. sa confession (ibid,, fol. 219 r^ Cf. Doat, 
XXIV, fol. 31). 



DÉPOSITIONS CONTRE PIERRE GARCIAS 

DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE 
REÇUES PAR BERNARD DE GAUX ET JEAN DE SADiT-PIBBU 

22 AOUT-10 DÉCEMBRE 1247*. 



I. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Guillaume 
Cogoty Mineur. — Doctrines dualistes professées par Pierre 

Oarcias. 

In Domine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini jrCC*XL*Vir, xf kis. seplem- 
bris, frater Guillelmus Gogot de ordioe [fratrum] 
Minorum, requisitus super heresi meram et plenaoi 
dicerc veritatem, testisjuratus, dixit quod audivitPe- 
trum Garcia[m], de Burg[u]o Novo Tbolose^, diœntem, 
cum interrogaretur a fratre Guillelmo Garcia de ordine 
[fratrum] Minorum utrum essent duo dii, quod cum 
eo cum quo disputaverat per médium annum de hoc 
non potuit habere certitudinem usque modo ; et tune 
dictus P. Garcias et frater Guillelmus memoratus 
erant in scola fratrum Minorum Tholose'; et ipse tes- 

1 . Os dépositions sont rc[)roduitos ici d'après Doat, à défaut 
des originaux. On en a ramené Torthographe à celle du 
xni*^ siècle. 

2. Voy. plus haut, p. 74, n<» XXXVI. 

3. La fondation du couvent des frères Mineurs de Toulouse 
est placée à l'année 1222 par Wadding (Annales Minorum, U, 



DÉPOSITIONS CONTRE P. GARGUS. 91 

tis erat superius inter tectum et ipsos in loco de quo 
poterat ipsos audire et videre^ De circumstaDtibus 
dixit quod secum erant frater Deodatus Rutheoensis 
et frater Ârnaldus de Acio de Tholosa. Requisitus de 
tempore, dixit quod hoc anno in quadragesima. 

Item^ dixit quod, cum frater Guillelmus Garcias 
loqueretur de illa auctoritate^ Apostoli : < Deus qui 
sanctificat^ circumcisionem > [Ram.j III, 30], etc., 
audivit ipse testis dictum Petrum Garciam dicentem 
qaod lex. Moysi non erat nisi umbra et vanitas ; et ille 
Deus qui dederat illam legem erat galiator et mali- 
gous^. Et hoc dixit eodem tempore et loco ; et supra- 
dicti fratres erant cum eodem teste. 



p. 52, XXXIX, éd. Fonseca, Rome, 1732). Voy. Catel, Mémoires^ 
217 (Toulouse, 1633, in-fol.). 

1. Schmidt (Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou 
Albigeois, I, p. 328. Paris, 1849) n'a vu qu'un « guet-apens » 
dans la « conférence n du religieux et de l'hérétique. Le 
c guet-apens » n'est pas démontré. 

2. L'expression auctoritas désigne, au xiii® siècle, un passage 
de rÉcriture ou même des Saints Pères, mais plus rarement, 
clair, décisif, faisant autorité. Voy. mon étude : la Somme des 
autorités à V usage des prédicateurs méridionaux au XIII^ siècle, 
où j'ai publié cinq Sommes (Paris, Picard, 1896, in-8®). Au 
XIV* siècle, auctoritas avait le même sens : « Per auctoritates 
per eum supra allegatas et expressas » (confession de Raymond 
de Costa, faite devant Jacques Fournier, évêque de Pamiers 
en 1319. Bibl. du Vatican, fonds du Vatican, ms. 4030, non 
folioté). 

3. Justificat dans notre Vulgate et plus bas. 

4. Les néo-dualistes, à l'exemple des premiers manichéens, 
écartaient l'Ancien Testament, œuvre du dieu mauvais. Voy. la 
Somme des autorités. De même, pour les affirmations dualistes 
qui suivent, cf. Confessions, bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 40 T^, 43 V», 45 r», 51 v*, 55 vS 60 r«, 62 r«, 63 v«, 66 r«. 



92 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARGIAS 

Itenij cum dictus frater Guillelmus Garaias loquere- 
tur de illa auctoritate : c Sine ipso factum est nidiil > 
[Joan., 1, 3] cum Petro Garcia preooininato , ipse 
dixit quod illud nichil supponebat pro rébus visilHli- 
bus, que sunt nichil. — Dixit etiam idem Petnis 
hominem esse peccatum et nichil. De tempore, et looo 
[et] circumstantibus dixit idem quod supra. 

Item^ cum requireretur dictus P. Garcias a dido 
fratre Guillelmo Garcia si ille qui fiierat positus in 
cruce fecisset bec visibilia, respondit dictus Petnis 
quod non, quia ipse erat optimus, et nichil istorum 
visibilium est bonum. Ergo nichil horum fedt. De 
tempore, et loco [et] circumstantibus dixit idem quod 
supra. 

Itemy cum dictus frater Guillelmus Garcia[s] loquere- 
tur cum dicto Petro Garcia de illa auctoritate : < In 
ipso condita sunt universa que in celis et in terra 
sunt, visibilia et invisibilia > [Col. y I, 16], dixit idem 
Petrus quod sic debebat exponi : visibilia corde, et 
invisibilia oculis carnalibus. De tempore, et ioco et 
circumstantibus idem dixit quod supra. 

Iteiriy cum dictus frater Guillelmus Garcia[s] loquere- 
tur cum dicto Petro Garcia de illa auctoritate : c An- 
nunciantes vobis de bis vanis converti > [Act.^ XIV, 1i], 
etc., dixit idem Petrus quod Bertrandus de Roaxio^ 
erat in mari, hoc est in carcere ; et habebat meliores 
oculos interiores quam ipse frater Guillelmus Garcias; 
et multum commendavit ipsum Bertrandum. De 

69 r*», 72 r«, 134 r*>, etc. Voy. la confession de Willem Ferant 

(Doat, XXII, fol. 26); celle de R. Centolh (ibid., fol. 32), etc. 

1. Voy. sur les Roais, plus haut, p. 2, note 1 ; p. 16, note. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 93 

y tempore, et loco et circumstantibus, dixit idem quod 

il Itemy audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
H qaod omnes angeli et soli qui cecideraat de celo sal- 
1^ vabuntur. De tempore, et loco et circumstantibus, 
* idem quod supra. 

^ Aem, audivit dictum P. Garcia [m] dicentem quod 
^ Ghristus et Beata Yirgo et beatus Johannes Evange- 
i lista descenderant de celo et non erant de ista carne. 
^ De tempore, et loco et circumstantibus, idem quod 
I supra. 

î Item^ audivit dictum Petrum Garcia [m] dicentem 
I quod Johannes Baptista erat unus de majoribus dia- 
bolis qui unquam fuissent. De tempore, loco et cir- 
cumstantibus, idem quod supra. 

Item^ audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem, 
cum dictus frater Guillelmus Garcias requireret ab eo si 
caro resurgeret ostendens ei manum suam, dixit quold 
caro non resurgeret nisi sicut postis, percussiens pos- 
tem cum manu. De tempore, et loco et circumstanti- 
bus dixit idem quod supra. 

Item^ audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod Dominus Jhesus neminem extraxit de inferno. De 
tempore, et loco et circumstantibus dixit idem quod 
supra. 

Iteniy audivit Petrum dicentem quod matrimonium 
erat meretricium et quod nemo poterat salvari cum 
uxore sua, nec ipse cum uxore propria. De tempore, 
et loco et circumstantibus dixit idem quod supra. 

Itern^ audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod illud pomum vetitum primis parentibus fuit nichil 
aliud nisi delectatio carnalis cohitus, et illud pomum 



94 DÉPOSITIONS CONTRE P. OABCIAS 

porrexit Adam mulieri. De tempère, et loco et dr- 
cumstantibus, idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum 6arcia[m] dioentem 
quod nulle modo est facienda justida condempnaiido 
aliquem ad mortem^ De tempère, et leoe et drcums- 
tantibus, idem quod supra. 

hem, audivit dictum Petrum 6arda[m] dioentem 
quod si ofïicialis judicaret aliquem hereticum et ille 
ocdderetur tanquam hereticus, quod effidalîs erat 
homicida. De tempère et aliis, idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia [m] dioentem 
quod non erat missa celebrata in Ekx)lesia usque ad tem- 
pus beati Silvestri, nec Ecclesia habuerat possessiones 
usque ad illud tempus ; et quod Ekx)lesia deficiet dtra 
XX annos^ ; et quod missa nestra nicbil valet ; et quod 
omnes predicatores Gruds^ sunt homicide; et quod 
crux quam illi predicatores dant nicbil aliud est nisi 
parum de pellia super humerum ; idem cordula cum 
qua ligantur capilli. De tempère, et loco et drcumstan- 
tibus, idem quod supra. 

Item, cum esset dictus [Petrus Garcias] sepe adju- 
ratus et requisitus a dicte fratre Guillelmo Garda si 
ita crederet sicut dicebat de predictis, respendit 
jurande per fidem suam quod ita credebat ut dixerat. 
De tempore et aliis circumstantibus, idem quod supra. 

Item, cum requireretur dictus Petrus a dicte Wil- 
lelmo Garcia utrum mater ipsius P. fuerat heretica, 

1. La négation de la légitimité de la peine de mort est rare 
dans les dépositions. 

2. Cette foi à la fin prochaine de TËglise se rencontre rare- 
ment dans les dépositions. 

3. La croisade. 



DU BOURGUET-NAU DK TOULOUSE. 95 

dixit quod noD; set bene esset beretica, nisi ille Nicho- 
laus, quondam capellanus Béate Marie Deaurate ^ , impe- 
divisset. Et hoc fiiit hoc anno a Pascha citra. De loco 
et dreumstantibus, idem quod supra. — Requisitus 
ipee testis quid crédit de dicto Petro Garcia, respou- 
dit quod propter illa que audivit crédit ipsum fuisse 
credentem hereticorum. Hec deposuit memoratus fra- 
ter Guillelmus Gogot apud Tholosam coram fratribus 
B. et Johanne inquisitoribus. Testes frater Guiraudus, 
gardianus fratrum MiDorum Tholose, et frater Ste- 
phanus de Lunello ejusdem ordinis, et Petrus Âri- 
borli, pablicus notarius, qui hec scripsit. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 92-95. 

n. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Déodat de 
Rodez, Mineur. — Doctrines professées par Pierre Garcias. 
— Croisés à Auvilar. — Frédéric II. — Saint François. — 
Récit de la Passion en roman. 

Anno et die predictis [M" GG" XL" VIF, xf kis. sep- 
temtnris], frater Deodatus Ruthenensis de ordine 
fratrum Minorum, requisitus meram et plenam super 
heresi dicere veritatem, testis juratus, dixit quod 
vidit et audivit Petrum Garcia[m] de Burgueto Tholose 
loquentem cum fratre Guillelmo Garcia de ordine fra- 
trum Minorum in scolis eorumdem fratrum Tholose; 
et corn dictus frater Guillelmus Garcias requireret a 
dioto Petro Garcia si ipse crederet in sua fide quod 
esset unus Deus benignus qui creasset omnia, cum hoc 
inveniretur in Scripturis, respondit ipse Petrus quod 
hoc non credebat nec crederet ; set erat unus Deus 

1. La Daurade, Toulouse. 



% DÉPOSITIONS CONTU P. OAlCIilS 

benigDus qui creavit inoomiptibilia et permansura, 
et alius Deus erat maligous qui oomiptibilia et tran- 
sitoria [creavit]. Gum etiam dictus frater Guillelmas 
Garcias loqueretur cum eodem Petro de illa auctori- 
tate : < Deus qui justificavit drcumdsioQem, » etc. 
[Ram. y III, 30], dixit idem Petrus quod lez Moyû dod 
erat uisi umbra et vauitas ; et ille Deus qui dédit iUam 
erat galiator. Gum etiam dictus frater GuiUelmus Ga^ 
cias loqueretur cum dicto Petro Garcia de illa auctori- 
tate : < Sine ipso factum est uichil > [Joan.^ I, 3], dixit 
idem Petrus quod omnia visibilia sunt nichil et homo 
nichil est et peccatum. Dixit etiam idem Petrus quod 
ille qui fuit positus in cruce nichil fedt istonun visi- 
bilium, cum ille sit optimus et ista visîbUia non siot 
[bona] . 

hem y cum dictus GuiUelmus Garcias loqueretur cum 
dicto Petro de illa auctoritate : c In ipso condita sunt 
universa, etc., visibilia et invisibilia, » etc. [Col.^ 1, 
16], idem Petrus exposuit visibilia et invisibilia de 
celeslibus que sunt visibilia oculis oordis, invisibilia 
oculis carnis. /tem, idem Petrus dixit quod omnes illi 
angeli et soli qui ceciderant salvabuntur, et quod 
Christus et Beata Yirgo et beatus Johannes Evange- 
lista descendcrunt de celo et non fuerunt de ista carne; 
et quod Jhesus neminem extraxit de inferno, et quod 
matrimonium erat purum meretricium, et quod nemo 
poterat salvari in matrimonio habendo rem cum 
uxore, nec ipse cum propria uxore. 

Item^ de pomo vetito primis parentibus dixit idem 
per omnia ipse testis quod prediclus frater GuiUelmus 
Gogot ; et de justicia non facienda idem. 

Item, audivit ipse testis dictum Petrum 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 97 

quod missa Don fuerat celebrata usque ad tempus 
Silvestri et Ecclesia non habuerat possessiones usque 
ad illud tempus ; et quod Ecclesia deficiet citra xx an- 
oos. De predicatoribus Grucis et cruce, dixit ipse tes- 
tis idem quod predictus frater Guillelmus Gogol. 

Item^ cum requiretur et adjuraretur sepissime 
idem Petrus Garcias a fratre Guillelmo Garcia si ita 
crederet de predictis ut dicebat, respondit ju[reju]- 
rando per suam fîdem quod ita credebat ut dixerat. 
De inquirendo utrum essent duo dii et laborando per 
médium annum, dixit idem testis quod predictus fra- 
ter Guillelmus Gogot. Hec omnia audivit ipse testis 
hoc anno in quadragesima ; et erat existens super 
scolas fratrum Minorum Tholose inter tectum et pre- 
nominatos fratrem Guillelmum Garciam et P. Gar- 
cia [m] qui loquebantur in scola. Et erant cum ipso 
teste fratres ordinis Minorum Arnaldus de Acio de Tho- 
losa et Guillelmus Gogot. 

Itenij alia vice, in eodem loco ipse testis audivit 
dictum Petrum Garcia[m] dicentem quod ille qui tene- 
bat crucem in die Parasceves discooperiendo eam ulu- 
labat, et ubi dicebat : Ecce lignum [crucis]y deberet 
dicere : Ecce lignurriy cum nichil esset ibi de cruce. 

Iteniy dixit idem Petrus quod omnes illi qui ululabant 
in ecclesia cantando voce non intelligibili decipiebant 
populum simplicem ; et quod ipse habebat Passionem 
in domo sua in romano^ sicut fuerat in re. — Dixit 

1. U s'agit sans doute d'une traduction romane, et non d'un 
mystère de la Passion. Les confessions reçues par Bernard de 
Gaux et Jean de Saint-Pierre, par exemple, mentionnent un 
texte des Évangiles et des Ëpîtres que les hérétiques faisaient 
baiser (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 175 v^). Ils donnaient la 



98 DÉPOSITIONS CONTRE P. OAROIAS 

etiam idem Petrus quod illud quod Ecclesia Romaoa 
conjungebat, virum scilicet et mulierem, ut se et uxo- 

paix avec leur livre {ibid., fol. 185 v*, 230 V», 242 t*; 
Doat, XXII, fol. 108 v^ et suiv., 238 y« et suîv.). Ils fai- 
saient lire un livre, qu'ils expliquaient ensuite : « Legebant in 
quodam libro et dicti heretici exponebant illud quod ipsi 
dicebant » (ibid.y fol. 232 v^). Ils se transmettaient ce livre : 
ainsi Aymersens de Cambiac eut, pendant un certain temps, 
la garde du livre du diacre des hérétiques de Garaman [ibid.f 
fol. 237 v^]. Puis a Bertrandus Alamanni habnit supradîctam 
librum a predictis hominibns (ceux qui viennent d*étre nommés); 
et quesivit illum ex parte Austorge de Resengas, et ipsa Aymer- 
sens reddidit tune dictum librum dictis hominibus; et ipsi 
tradiderunt illum dicto Bertrando » (ibid.). Dans la confes- 
sion d'Aymersens du 22 décembre 1245, nous lisons : a Item, 
dixit quod bcne sunt m anni quod Jordanus Saicins portivit 
quendam librum ad domum ipsius testis, et dixit Willermo 
Vicario, viro ipsius testis, quod teneret in comenda dictam 
librum, et dixit ei quod dictus liber erat domini R. Fortz, 
diachoni hereticorum ; et tune ipsa testis dixit ei quod nnllo 
modo sustineret quod liber ille remaneret in dicta domo; et 
dictus Jordanus tune dixit ipsi testi convicia propter hoc, et 
commendavit dictum librum P. Vicario, ipsa teste vidente. 
Dixit etiam quod post unum mensem postea vénit quidam nun- 
cius Bertrandi Alamanni ad domum ipsius testis, et dixit ipsi 
testi quod ex parte Austorge de Resengas petebat unom 
librum R. Fortis, diachoni hereticorum, a Willermo Vicario, 
marito ipsius testis ; et tune ipsa testis dixit ei quod quereret 
P. Vicarium, qui daret sibi consilium de dicto libro ; et crédit 
quod inde recuperavit dictum librum » [ibid., fol. 239 v^). 
Vers 1209, Tabbé de Saint- Papoul avait engagé auprès de 
Willem Symon, de Casteinaudary, une bible pour la somme de 
100 sous thoisas. Willem Symon étant passé à l'hérésie et demeu- 
rant alors à Laurac, Tabbé s'empressa de la recouvrer (ibid.j 
fol. 252 v^) ; il craignait sans doute que celui-ci n'en abusAt. 
Fine, épouse d'Isam de Tauriac, dit cpi'elle avait amené Hugues 
Poers, « litteratus, ut legeret libros hereticorum et audiret 
quid dicerent » (Doat, XXII, fol. 65). Les ministres hérétiques 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 99 

rem suam Âymam, [est meretricium] : nullum est 
matrimoDium nisi inter animam et Deum; et vocavit 
Ëoclesiam Romanam meretricem dantem veDenum et 
potestatem veDeno [in] omDes credentes in ea. Et de 
quadam ecclesia sibi ostensa dixit illam non esse ëocle- 
siam , setdomum in qua dicuntur falsitates et tricharie. 

Dixit etiam idem Petrus quod non jacuerat carnali- 
ter cum uxore sua duo anni erunt in Pentecoste ; et 
cum diceret Petro frater Guillelmus Garcias quod hoc 
erat quia ejusdem fîdei erat cum ipso, dixit quod 
non; set erat bestia sicut ipse frater Guillelmus. 

Dixit etiam idem Petrus de miraculis quod nullum 
miraculum quod possit oculis videri aliquid est, et 
quod beatus Franciscus vel alius nullum fecit miracu- 
lum; et quod Deus non voluit justitiam quod aliquis 
judicaretur ad mortem, vituperans ex hoc quemdam 
fratrem predicatorem Grucis, qui cruce signaverat 
apud Âltum vilare^ bene septingentas personas, 
dicens quod non erat bonum cruce signâtes ire con- 
tra Fredericum^ nec contra Sarracenos, vel contra 

demandaient avant l'initiation au récipiendaire « utrum vellet 
se reddere Deo et Evangeiio » (voy., par exemple, la confes- 
sion de Galhard del Congost, Doat, XXII, fol. 154 et suiv. 
Cf. Doat, XXIII, fol. 4 \\ fol. 57 v<>). M. Clédat a publié le fac- 
similé du ms. de la traduction romane qui nous est parvenue : 
le Nouveau Testament traduit au XIII^ siècle en langue proven- 
çaUy suivi d'un rituel cathare (Paris, Leroux, 1887, in-8**). 

1. Ce fait ne nous est pas autrement connu. 

2. Les hérétiques avaient une autre raison de s'opposer à la 
croisade contre Frédéric : ils espéraient toujours être secourus 
par lui. Raymond VII leur en avait, sembie-t-il, donné l'assu- 
rance (voy. la déposition d'Imbert de Sales, Doat, XXIV, 



100 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIA8 

aliquod castrum simile Montisecuro quando erat ood- 
tra Ëcclesiam, vel contra aliquem locum ubi mors 
posset fieri. 

Gomendavit etiam idem Petrus Gardas RaimuD- 
dum Pétri de Planis de probitate et sagacitate et pni- 
dentia, et quod erat homo oelatus et ooopertus. 

Dixit idem Petrus fratri Guillelmo Garde quod non 
loqueretur de hujusmodi dicto Raimundo Pétri nisi 
per modum sabbatati. 

Item^ dampuavit idem Petrus Gardas omnem orA- 
nem prêter ordinem fratrum Minorum. Dixit tamen 
quod ille ordo nichil valebat, quia predicabat Crucem. 

Dixit etiam idem Petrus quod si teneret illum Deum 
qui de mille hominibus ab eo factis unum salvaret et 
omnes alios damnaret, ipsum dirumperet et dilacera- 
ret unguibus et dentibus tanquam perfidumet repu- 
tabat ipsum esse falsum et perfidum, et spueret in 
faciem ejus, addens : de gutta cadat ipse^ 

Itemy dixit idem Petrus quod tantum angeli qui ceci- 
derunt salvabuntur, set non omnes ut principales et 
assessores, set simplices tantum; ita quod de mille 
non dampnabitur unus. 

Item y dixit idem P. quod purgatorium non erat, et 
quod eleemosine facte a vivis non prosunt mortuo, et 
quod nullus salvatur nisi perfecte fecerit penitentiam 
ante mortem, et quod spiritus qui in uno corpore non 
poterat facere penitentiam, si deberet salvari, transi- 
bat in aliud corpus ad complendum penitentiam^. 

Dixit etiam idem P. quod pater et mater ejus, et 

1. Malédiction : Quil meure de la goutte, 

2. La métempsycose conditionnelle et restreinte à ceux qui 
seront sauvés se présente rarement dans les dépositions. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. iOi 

Petrus Gauzit ^ et pater Guillelme de Montaigo docue- 
nint eum talia. 

Hec omnia que sunt in illa pagina audivit ipse tes- 
tis hoc anno, in vigilia Pasche, in loco superius memo- 
rato inter tectum et scolas, presentibus fratribus 
Minoribus Arnaido de Acio Tholosano, Imberto Ruthe- 
nensi et Petro Raimundi de Tholosa, et fratre Guillelmo 
Garcia inferius in scola cum dicto Petro Garcia loquente. 

De hereticatione matris ipsius Pétri, dixit idem ipse 
testis quod predictus frater Guillelmus Gogot. 

Item, dictus Petrus Garcias commendavit multum 
Bertrandum de Roaxio et vitupéra vit fratrem R. Gros, 
et quod idem Raimundus dixerat ipsi Petro et Rai- 
mundo Pétri de Planis, quod in fraudem fecerat quod 
fecerat; et quod si prius venissent ad ipsum, per très 
dies non remansisset in ordine. Hoc audivit ipse tes- 
tis hoc anno a Pascha citra in dicto loco, presentibus 
fratribus Minoribus Willelmo Gogot et Arnaido de 
Ado de Tholosa. 

Requisitus ipse testis quid crédit de dicto Petro 
Garcia, respondit quod crédit ipsum fuisse credentem 
hereticorum propter illa que audivit ab ipso. Hec 
deposuit apud Tholosam, coram fratribus B. et 
Johanne inquisitoribus. Testes propedicti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 95 v«-100. 

m. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Guillaume 
Garcias, Mineur. — Doctrines professées par Pierre Gar- 
cias. Il réprouve la croisade et recommande Bernard Lamote, 
un des principaux ministres de l'hérésie. 

Anno et die predictis [M" CC^ XL^ \U\ \f kls. sep- 

1. Voy. page suivante, note 1. 



102 DtiPosrrioNS contre p. garcias 

tembris] , frater Guillelmus Garcias de ordîne fratrum 
Minorum, requisitus merain et plenam dicere verita- 
tem super crimine heresis, testis juratus, dixit quod, 
cum ipse loqueretur in scola fratrum Mioorum Tho- 
lose cum Petro Garcia, de Burguo Novo Tholose, viro 
Âyme filie B. de Gauzit^ quesivit ipse testis a dicto 
Petro utrum essent duo dii ; et ipse Petrus respondit 
quod sic, unus benignus et alius maligous. — Dixit 
etiam ipse P. quod lex Moysi erat umbra et vanitas; 
et Deus qui illam dederat erat galiator et malignus. 
Et hoc dixit cum ipse testis loqueretur de illa aucto- 
ritate < Deus qui justificat circumcisionem > [itom., lU, 
30] . Gum etiam ipse testis loqueretur cum dicto Petro 
de illa auctoritate : < Sine ipso factum esl nichil » 
[Joan., I, 3], dixit idem Petrus visibilia nichil esse, 
et hominem esse peccatum et nichil. -* Dixit etiam 
idem Petrus quod ille Deus qui fuit positus in cruoe 
non fecit visibilia, arguendo quod ille est optimus et 
nichil horum visibilium est bonum; ergo nichil horum 
fecit. — De illa auctoritate : < In ipso condita suot 
universa, etc., visibilia et invisibilia, > etc. [Col.j I, 
16], dixit idem ipse testis quod frater Guillelmus 
Cogot. 

1. Un Raymond Cauzit, du Mas-Saintes-Puelles, fréquen- 
tait fort les hérétiques (Confessions , bibl. de Toulouse, ms. 609^ 
fol. 1 V®, 6 V®, 10 r**, où se trouve sa confession). Le copiste de 
Doat peut bien avoir lu B pour R. Dans ce cas, R. Cauzit serait 
le beau-père de Pierre Garcias; ainsi s'expliquerait la men- 
tion qui est faite ici de lui. Mous aurions, de plus, un indice 
sérieux sur le lieu d'origine des Garcias, que nous trouvons 
à Laurac, non loin du Mas, et qui appartenaient à rhérésie 
(ibid., fol. 72 rS 72 v% 76 v% 78 r^, 78 v«, 79 r«, 118 r«, 
121 v°, 123 r^, 146 r^, 160 r^ Doat, XXII, fol. 62). 



DU B0UR6UET-NAU DE TOULOUSE. 103 

IteMy de illa auctoritate : < Annuociantes vobis ab 
his vanis converti i [Act.^ XIY, 14], et de comenda^ 
tione Bertrandi de Roaxio, dixit idem ipse testis quod 
predictus frater Guillelmus Gogot. 

Dixit etiam Petrus Garcias quod angeli et soli 
qui ceciderant salvabuntur ; et quod omnes qui non 
erant beretici fecerat diabolus in corpore et anima ; 
et quod Ghristus et Beata Yirgo et beatus Johannes 
Evangelista descenderunt de celo, et non erant de 
ista carne; et Ghristus adduxerat Beatam Yirginem 
et Johannem Ëvangelistam in testimonium; et quod 
Johannes Baptista fuit unus de majoribus diabolis qui 
unquam fuissent. De resurrcctione dixit idem quod 
frater Guillelmus Gogot. 

Iteniy dixit dictus P. quod Dominus Jhesus nemi- 
nem extraxit de inferno. — De matrimonio, et pomo 
vetito, et'justicia, et de officiali judicante hereticos, 
dixit idem ipse testis quod predictus frater Guillelmus 
Gogot. 

Itemj dixit idem P. quod consuluerat Guillelmo de 
Roaxio, dum esset consul^, quod nullo modo consen- 

1. Des divers membres de la famille de Roais qui furent 
consuls de Toulouse (membres du chapitre de la maison com- 
mune, plus tard capitouls], Pierre, appelé GrivuSy Tavait été 
en 1197, Arnaud en 1199, Hugues en 1201, Pierre en 1218, 
Bertrand en 1222 [Hist. gén. de Languedoc^ VIII, 447, 456, 
466, 709, 757), c'est-à-dire à un moment où il ne pouvait pas 
être question de la peine de mort. Grifus de Roais exerçait 
cette charge en 1235; il s'opposa avec les autres consuls à 
l'exercice de l'inquisition et consentit à la dispersion des 
frères Prêcheurs de la ville [Chronicon Guillelmi Pelisso, 102). 
Quant à Guillaume, il m'est inconnu. Sa présence au consulat 
doit être placée entre 1236 et 1246, si toutefois il n'y a pas 



104 DÉPOSITIONS CONTRE P. GAROIAS 

tiret in judicando in mortem alterius. Addidit eliam 
quod bene crediderat sibi idem Guillelmus. 

Item^ de missaet possessionibus Eoclesie, et deffectu 
Ëcclesie et predicatione Grucis, et eruoe, dîxit idem 
quod frater Guillelmus Gogot. 

Itenij ipse testis requisivit dictum Petrum Garciam 
adjurando sepissime si ita crederet de predictis ut 
dicebat, et ipse P. jurejurando per fidem suam res- 
pondit quod ita credebat ut dixerat. Hec omnia audi- 
vit ipse testis dictum Petram Garcia[m] dioentem io 
scolis fratrum Minorum Tholose, hoc anno, in qiu- 
dragesima . 

Requisitus de circumstantibus, dixit quod nullus 
erat in scola nisi ipsi duo, set supra ipsos, inter lec- 
tum et ipsos, erant fratres ordinis Minorum W. Gogot, 
Arnaldus de Acio, de Tholosa, et Deodatus Ruthenen- 
sis, et ipse testis sciebat eos esse in dicto loco, et 
vidit eos ibidem. 

Iteniy alia vice in scola, audivit ipse testis dictum 
Petrum Garcia[m] dicentem de illo qui tenet cruomi in 
die Parasceves et de illis qui cantant in eoclesia voce 
non intelligibili, et de Passione in romano, et de 
matrimonio inter virum et uxorem, et de Ecclesia 
Romana meretrice et ecclesia sibi ostensa, et quod 
non jacuit cum uxore sua per aliquod tempus, et de 

ici une faute. Les copies de Doat sont assez défectueuses; Gri- 
fus ou Gri vus y nom peu répandu, aura été pris pour GuiUel' 
mus. Dans ce cas, il s'agirait ici de Grifus de Roais, consul 
en 1235, et excommunié avec les autres consuls et le viguier 
comme fauteur des hérétiques (Doat, XXT, fol. 147 v*, 160) : 
ce qui aurait aggravé le cas de Pierre Garcias. — Les consuls 
de Toulouse jouissaient du droit régalien de haute justice. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 105 

miraculis [sancti] Francisci et aliorum, et utnim Deus 
vellet justiciam, et de cruce signatis apud Altum vilare, 
et de comendatioDe Raimundi Pétri de Planis, de 
reprobatione omnium religionum, et de illo Deo qui 
de mille hominibus unum salvaret, etc., et de salva- 
tione angelorum qui cecideruut et dampnatione prin- 
dpalîs et ascessorum, et de purgatorio, et quod nul- 
lus potest salvari nisi penitentiam compleverit ante 
mortem, et transitu spirituum et de illis qui docuerant 
eum talia, dixit idem per omnia quod predictus frater 
Deodatus Ruthenensis, excepto quod ubi posuit < pater 
Guillelme, » ipse testis posuit < pater Guillelmi. i De 
tempore, quod hoc anno in quadragesima, fratribus 
Minoribus existentibus supra ipsum testem et dictum 
P. loquentes. 

Item^ audivit ipse testis dictum Petrum Garcia[m] 
dicentem quod de guta caja^ qui crédit quod illi 
spiritus qui de novo creantur sint creati a Deo. De 
tempore et loco et circumstantibus, idem quod supra. 

Item y audivit dictum P. dicentem quod frater 
R. Gros obiit in fide hereticorum, et quod miserat 
Andream Barbitonsorem nuncium ad Raimundum 
Petrum de Planis, et, cum ipse non posset venire, 
idem P. venit ad ipsum Raimundum. 

Item^ ipse testis audivit multotiens dictum Petrum 
oomendantem fidem hereticorum et vituperantem 
fidem Ecclesie Romane, et quod nolebat mori nec 
vivere nisi in fide hereticorum. 

Itemy dixit quod dictus P. Garcia[s] adduxit ad ipsum 

1. Caja est le mot roman, au lieu du latin cadaty comme 
plus haut, p. 100, et plus bas, p. 107. 



106 DÉPOSITIONS CONTRE P. 0ARCIA8 

testem Raimundum Pétri de Planis, qui disputavit 
cum ipso teste de justicîa non fadenda et de crea- 
tione visibilium quod non erat a Deo, indooendo illam 
auctoritatem Evangelii : c Non potest bmia arbor 
fructus malos facere, i etc. [Matth.^ VU, 48] ; et sîini- 
litudinem de fonte, dicens quod hoc habuerat de Be^ 
nardo de Mota, heretîco^, qui multum hoc dioendo 
turbaverat eum. Hec deposuit apud Tholosam ooram 
fratre B. et Johanne inquisitoribus. Testes predicti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 100-103. 

IV. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Imbert, 

Mineur. 

Anno et die predictis [M"" GC ILL'' VIT, xT" kls. sep- 
tembris], frater Imbertus de ordine fratrum Mîdo- 
rum, requisitus meram et plenam dicere veritatem 
super heresi, testis juratus, dixit quod audivit Petrum 
Garciam, de Burg[u]o novo Tholose, genenim Bernardi 
Gausit', loquentem cum fratre Guillelmo Garcia de 
ordine fratrum Minorum in scolis eorumdem fratrum 
Tholose, et dicentem de iilo qui discooperiebat cru- 
cem in die Parasceves idem quod audivit frater Deo- 
datus Ruthenensis, excepte quod de Passione io 
romano nichil audivit. 

Dixit etiam tune dictus P. Gardas quod matrimo- 
nium nichil valebat, et quod non habuerat rem cum 
uxore sua duo anni erant, et quod stulta erat, sicut 

1. Un des chefs et des orateurs des néo-dualistes. Il prècht 
souvent à Montségur, rendez-vous des hérétiques (Doat, XXII, 
fol. 1 V®, 4, 9, 13, etc. Cf. Confessions, bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 203 r«, 207 r», 210 v«, 212 v«, 213 v*, 244 r»). 

2. Voy. plus haut, p. 102, note 1. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 107 

ipse frater Guillelmus Garcias; de miraculis dixit 
idem ipse testis quod dictus frater Deodatus. 
. Audivit etiam ipsum Petrum commeDdantem 
^ P. de Planis et R. Roger[ii] de heresi condemna- 
t08, quod multuin erant sapientes et cooperti, et quod 
Dirilus sciebat factum eorum. 

Itemy audivit ipsum Petrum dicentem quod ipse 
Mgabat illum Deum qui creabat mille animas, qua- 
mm UDa salvaretur et omnes alie condempnarentur ; 
Bt, si teneret ipsum, dilaniaret ipsum, addens quod de 
g^ta cadat ^ . 

Ipse audivit etiam ipsum Garciam dicentem quod 
mater sua et Raimundus de Montoti ^ docuerant ipsum 
talia et quod per xxv annos fuerat in credulitate 
b^^ticorum. 

Requisitus ipse testis quid crédit de dicto Petro, 
dixit quod crédit ipsum fuisse credentem beretico- 
rum propter predicta. — - De loco et circumstantibus 
et tempore, dixit idem ipse testis quod frater Deoda- 
tus Ruthenensis predictus. Hec deposuit apud Tholo- 
sam coram fratre Johanne inquisitore. Testes frater 
Stephanus de Lunello et Petrus Ariberti, notarius 
publicus, qui hec scripsit. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 103-104. 

y. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Pierre 

rfe Sancto Barcio, Mineur. 

Anno quo supra [M" CC^ XL^ VIF] , vn^ kls. septem- 
bris, frater Petrus Raimundi de Sancto Barcio de 
ordioe fratrum Minorum, requisitus meram et ple- 

1. Voy. plus haut, p. 100, note 1, p. 105, note 1. 

2. Voy. plas loin, VU. 



!08 DÉPOSITIONS CO?nm p. OARCIAS 

Dam dioere veritatem super heresi, testis jnratais, 
dixit quod vîdît in scola firatrum IfioMUOfi Tholose 
Petram 6arcia[in], de Burgueto Novo Tkolose, loqoeo- 
tem cum fratre Guillelmo Garcia de ordioe fratmm 
Minorum; et ipse testis erat inter tectum et îpsos 
super quodam tabulatu, de quo poterat ipsoa videre et 
audire. Et erant cum ipso teste frater Deodatus Ruthe- 
nensis, frater Arualdus de Ado, de Tholosa, fnler 
Imbertus de ordioe Minorum; et audivit dictum 
Petrum 6arcia[m] dicentem : c Si ego teDerem 
illum qui creavit multas animas et de illis paucas sal- 
vat, dilaniarem eum, > et quod angeli qui oecideruot 
de celo salvabuntur, set non omnes. Et hoc fuit boc 
anno in vigilia Pasche. Et propter illa que audivit cre- 
didit ipse testis dictum P. 6arcia[m] esse credenteni 
hereticorum. Hec deposuit coram fratre Johanne, 
inquisitore, apud Tholosam. Testes frater Stephanus 
de Lunello et Petrus Ariberti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 104-105. 

VF. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de R. Ferrières, 
curr^ de la Daurade. — Pierre Garcias ne se confesse ni ne 
communie. 

Anno quo supra [M^Cff XL^VIf], vu** kis. septem- 
bris, R. do FerreriisS capellanus Béate Marie Deau- 

1. Ferreriis, dans le reg. U Dominicains, 85, arch. de U 
Haute-Garonne ; Fcrrairas dans Doat. Ce curé de la Daartde, 
peu connu d'ailleurs, apparaît comme témoin dans plusieurs 
confessions reçues par les inquisiteurs, par exemple dans les 
confessions de Willem Raymond del Castlar^ 28 juin 1246 
(Doat, XXll, fol. 76 yo), de Bernard Martin, 30 novembre 1247 
(ibid., fol. 82 v**), de Pierre de Saint-Michel, chevalier, 27toAt 
1243 (Doat, XXIII, fol. 88), de Raimond Breseg des Cassés, 
19 juillet 1240 ^bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 226 r*), de 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. i09 

rate, requisitus meram et plenam dicere veritatem 
super beresi, testis juratus, dixit quod habet suspeo- 
tom de heresi Petrum Garcia [m], de Burguo Novo, 
quia audivit quod est diffamatus de heresi , née con- 
fessus est, née communicavit, quod ipse testis sciât, 
postquam fuit capellanus dicte ecclesie. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 105. 

Vn. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de Guillaume 
de Montoti. — Pierre Garcias est tenu pour suspect ; il ne 
voit plus sa femme, son père était hérétique et sa mère vau- 
doise. 

Aono et die predictis [M^ CC^ XL" VIP, vn« kls. sep- 
tembris], Guillelmus de Montoti requisitus meram et 
plenam dicere veritatem super beresi, testis juratus, 
dixit quod crédit Petrum Garcia [m], de Burguo Novo, 
suspectum de heresi, quia est diffamatus et quia babuit 
penitentiam pro beresi, ut audivit [dici], et quia pater 
ejus fuit credens bereticorum^ et mater fuit credens 
Yaldensium^ et quia babet cum suspectis et credenti- 

Willem Rogas, d'Arnaud de Juzes, de Pierre Piatre, de Ber- 
nard Audran, de Guillaume Fort, de Pierre Toter, de Jean 
Toter, 3 juillet 1245 (ibid., fol. 230 r^), de Guillaume Four- 
nier, 4 août 1256 (arch. de la Haute-Garonne, H Domini^ 
cainSy 85). 

i. Les hérétiques sont les cathares, et tous ceux qui s'y rat- 
tachent directement, comme les Albigeois. 

2. Les Vaudois, repoussés pour leur traduction de la Bible par 
Alexandre III, excommuniés par Lucius III, au synode de Vérone, 
en 1184, avaient essayé de se faire reconnaître, en envoyant une 
députation à Innocent III, en 1212. Celui-ci eût voulu régula- 
riser par la profession des vœux monastiques leur amour de 
la pauvreté ; mais ce fut en vain. Il résulta de cette action du 
pape que leur situation ne fut nettement définie que plus tard. 
Pendant assez longtemps, ils furent tolérés, protégés même 



iiO DÉPOSITIONS CONTRE P. 0ABGIÀ8 

bus hereticorum familiaritatem, et quia duo anni suot 
quod non tractavit uxorem suam maritaliter, ut dici- 
tur. Hec deposuit apud Thoiosam, ooram fratribus 
B. et Johanne, inquisitoribus. Testes R., capeUamis 
Deaurate, et P. Âriberti. 

Copie, Doaty tome XXII, fol. 105 v**. 

VIII. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de Bernard 
Prima. — Pierre Garcias a subi déjà une peine; il est sus- 
pect. 

Anilo et die predictis [BT CC^ XL** VIT, vn* kls. sep- 

par r Eglise. Ils profitèrent de cette bienveillance pour se 
répandre dans le comté de Toulouse, où ils vivaient d'anmônes 
recueillies à la porte des maisons. Us jouissaient de la liberté 
la plus entière et montraient le plus grand zèle pour le service 
religieux et contre les hérétiques. Par exemple, Willem de 
Saint-Michel, de Castelnaudary, dit dans sa confession « quod 
vidit apud Castrum Novum Valdenses publiée manentes et 
Icgentes et cantantes in ecclesia, et quod Willerma de Sancto 
Michaele, quondam mater ipsius testis, recepit eos in domam 
suam et dédit eis ad comedendum » (bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 252 V*). Michel Verger, d*Avignonet, Haute- 
Garonne, dit dans sa confession : « Quod Valdenses perseque- 
bantur dictos hereticos, et multociens fecit helemosinam dictis 
Valdcnsibus, quando querebant hostiatim amore Dei, et quia 
Ecclesia sustinebat tune dictos Valdenses; et erant cum cleri- 
cis in ipsa ecclesia cantantes et legentes; et credebat eos esse 
bonos homines; et sunt xxv anni vel xxx. » (bibl. de Tou- 
louse, ms. 609, fol. 136 r^). Le premier de ces faits se passait 
en 1205, le second entre 1215 et 1220. Il est vraisemblable que 
cette situation se maintint même après 1229, année probable 
de leur définitive condamnation par Grégoire IX (Potthast, 
9676). Car bien des confessions, qui ne remontent pas aussi 
haut, distinguent les deux moments, la tolérance et la con- 
damnation. Les Décrétales de Grégoire IX, appliquées dtns 
les tribunaux et portant leur condamnation (lib. V, tit. Vil, 
cap. xv), fixèrent définitivement Topinion. Dans le comté de 
Toulouse, elle fut lente à se rendre. 



DU BOURGUET-NAU DB TOULOUSE. 111 

tembris], Bernardus Prima requisitus meram et ple- 
Mm super heresi dicere veri tatem, testis juratus, dixit 
quod babet suspectum P. Garcia[m], de Burg[u]o novo, 
de heresi, quia est diffamatus, et quia habuit peni- 
tentiam pro heresi, et quia habet familiaritatem cum 
suspectis et diffamatis de heresi. Hec deposuit coram 
dictis inquisitoribus. Testes predicti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 106. 

IX. — 10 décembre 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Ar- 
naud Daitz, Mineur. — Doctrines professées par Pierre 
Garcias. 

Anne Domini M* CC« XL** VIP, im^ idus decembris, 
firater Arnaldus Daitz de ordine fratrum Minorum, 
testis juratus, [dixit] quod vidit Petrum 6arcia[m], de 
Burgueto Novo, in scola fratrum Minorum cum fratre 
Guillelmo Garcia de ordine fratrum Minorum ; et tune 
dictus Petrus dixit, ad requisitionem predicti fratris 
GuiUelmi, quod duo dii erant, unus bonus qui fecerat 
invisibilia, et alius malus qui fecerat visibilia. 

/tem, dixit dictus Petrus super illa auctoritate, 
c quem (corr. : quoniam) quidem unus Deus qui jus- 
tificavit circumcisionem ex fide i [Rom. y III, 30], etc., 
de lege Moysi quod non erat nisi umbra et vanitas. 
— Dixit etiam quod ille qui dederat illam legem erat 
galiator et malignus. 

Item, dixit super illo verbo < sine ipso factum est 
nichil » [Joan., I, 3], quod omnia visibilia nichil erant, 
et quod homo erat specialiter peccatum et nichil. 

Item, dictus Petrus requisitus a predicto fratre 
Guillelmo Garcia, utrum ille Deus qui fuit positus in 
cruce hec visibilia fecisset, respondit arguendo sicut 



1 \î DÉPOSITIONS CONTRB P. GAKCUS 

volens probare quod non, sic diœndo : c Ille ent 
optîmus et nichil horum est bonuoi. Ergo oichil horom 
fecit. » 

Item^ dixit dictus Petrus super illa auctoritate Pauli: 
c In ipso condita sunt universa, visibilia et invisibi- 
lia » [Colos.^ I, 16], etc., quod débet intelligi de 
celestibus que sunt visibilia corde et inviaibilia oculis 
carnalibus. 

Dixit etiam super illa auctoritate : c AnnunciaDtes 
vobis ab bis vanis converti i [Act.^ XIV, 14], etc., 
Bertrandum de Roaxio esse in mari [vocans mare 
carcerem]; et dixit ipsum habere meliores oculos 
interiores quam frater Guillelmus Gardas qui loque- 
batur ; et multum collaudavit dictum Bertrandum ; et 
dixit aliam terram esse prêter istam ^ . 

Item^ dixit idem Petrus de angelis quod omnes illi 
et soli qui ceciderant salvarentur. 

Item^ dixit quod Ghristus et beatus Johannes Evan- 
gelista et Beata Virgo descenderunt de celo et quod 
non erant de ista carne. 

Itemy dixit quod beatus Johannes Baptista erat udus 
de majoribus diabolis qui unquam fuissent; et de carae 
hominis, quod nunquam resurgeret plus quam postis, 
percussiens postem cum manu. 

Dixit etiam quod Dominus Jhesus neminem extraxit 
de inferno ; et quod matrimonium erat purum mere- 
tricium; et nullus poterat salvari habendo rem cum 
muliere, nec ipse cum uxore propria; et quod pomum 
vetitum primis parentibus nichil aliud fuit nisi ddec- 

1. Cet article ne se trouve point dans les Sommes des auto* 
rites. Plus haut, p. 91, note 2. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 113 

^ tatio Cubitus. Addidit quod ipsum pomum porrexit 

P Adam mulieri; et quod nuUo modo est facienda justi- 

I cîa aliquem condempnando ad mortem ; et quod of&- 

\ eialis erat homicida in judicando aliquem esse hereti- 

i eam, si postea interficeretur ; et quod missa nunquam 

! eelebrata fuit usque ad tempus Silvestri, née Ecclesia 

i babuerat possessiones usque ad illud tempus, et quod 

deficeret Ecclesia citra xx annos ; et quod missa nos- 

tra et sacrificium nichil valet; et quod predicatores 

Grucis sunt omnes homicide, et quod crux que predi- 

catur nichil aliud est nisi parum de pellia super 

faimerum. 

Et sepissime adjuratus dictus Petrus a predicto 
fratre Guillelmo Garcia si ita crederet ut dicebat, res- 
pondit jurando per fidem suam quod ita credebat, et 
quod nuUo modo aliter crederet quidquid aliter ore 
loqueretur. 

Et hec omnia predicta audivit ipse testis hoc anno 
in quadragesima predictum Petrum Garciam dicentem 
in scola fratrum [Minorum] Tholose. 

Requisitus de circumstantibus, dixit quod cum ipso 
teste erant frater Deodatus, frater Guillelmus Gogot 
de ordine Minorum super quendam parietem super 
soolas; de quo loco ipse testis videbat et audiebat 
predictum Petrum Garcia[m] loquentem cum fratre 
Guillelmo Garcia de ordine Minorum. 

item, vidit et audivit ipse testis memoratum Petrum 
Garciam alia vice loquentem cum prenominato fratre 
Guillelmo Garcia hoc anno in vigilia Pasche de illo qui 
tenebat crucem in die Parasceves, et de illo qui ulula- 
bat cantando, et de matrimonio quod Ecclesia Romana 
conjungebat, et Ecclesia Romana meretrix [erat], et 

8 



114 DÉPOSITIONS CONTRE P. GAACIAS. 

quod DOD jacuerat cum uxore sua ; et de miraculis, et 
de illo qui predicabat Grucem, et de justicia facienda, 
et de comendatione Raimundi Pétri de Planis, et quod 
dilaniaret Deum, et de angelis qui oeciderant, et quod 
pater et mater docuerant ipsum P., et alia, idem quod 
frater Deodatus Ruthe[De]Dsis, excepto quod non audi- 
vit dictum P. nominautem uxorem suam Âimam. De 
locOy dixit idem quod supra. 

Requisitus de circumstantibus ^ dixit quod frater 
Deodatus, frater Imbertus, frater Petrus Raimuodi. 
de Tholosa, de ordine Minorum. 

Audi vit etiam dictum P. dicentem quod mater ejus- 
dem P. fuisset heretica, nisi esset ille rusticus prodi- 
tor magister Nicholaus ^ • 

Iteniy audivit eum P. dicentem quod, quando venie- 
bat ad confessionem coram capellano suo magistro 
Nicholao, primo dicebat ei : < Ego sum in mala 
voluntate. i Et capellanus dicebat ei quod deponeret 
illam ; et ille dicebat quod nullo modo deponeret, et 
ita iicenciabat eum capellanus, et illudebat ita dictus 
P. capellano suo; et non confitebatur. 

Hec deposuit apud Tholosam, coram fratribus B. et 
Johaune, inquisitoribus. Testes frater B. de Murello de 
ordine Minorum et Petrus Ariberti, notarius publiais, 
qui hec scripsit. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 89-92. 

i. Nicolas, curé de la Daurade de Toulouse. 



m. 

REGISTRE DU NOTAIRE OU GREFFIER 

DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE 

1250-1267. 

BIBL. DB CLBRMONT-FBRRAND, MS. 160. 



PREMIERE PARTIE. 
Obligations. — Adoucissements de peines. 

1250-1258. 



I. — 25 novembre 1251, Carcassonne. — G. s'engage à payer, 
avant Noël, 30 sous melgoriens pour son père Bernard, des 
Martys * . 

Anne Domini M® CC® Lf, in festo béate Gaterine. 
G., filius Ber. de Martris promisit xxx sol. Melgo- 

1. Je crois devoir faire remarquer tout de suite, et une fois 
pour toutes, que les pièces qui suivent ne représentent que la 
note du notaire avant l'ordonné. On n'y trouve donc que les 
parties essentielles : date, objet, nom de l'hérétique, noms du 
juge et des témoins. C'est ainsi que s'expliquent l'absence des 
protocoles et la présence de nombreux etc, dans beaucoup de 
ces minutes. — Pour faciliter l'intelligence des Acta qui suivent, 
je place sous les yeux du lecteur le tableau rapide de la pro- 
cédure. Si des charges pèsent sur quelqu'un à la suite de 
témoignages reçus ou par le fait de la rumeur publique, ce 
quelqu'un doit se mettre à la disposition du juge; il le fait et 
reste libre moyennant des cautions ou fidejussores , qui 



116 REGISTRE DU GREFFIER 

renses^ usque ad Nathale pro pâtre suo; et fidejussit 
pro ipso, et constituit se debitorem fier. Segui. Testes 
Ber. Digon et Ber. Armen Junior, et P. Âriberti, oota- 
riuSy qui hec scripsit. 

II. — 26 janvier 1252 (n. st.], Garcassonne. — Ulysse yîsiten 
en pénitent les églises du bourg de Garcassonne le second 
dimanche du carême prochain. 

Ânno Domini M^GG^Lr, vu kal. februarii. IojurK> 
tum fuit Ulixi in penitentia per inquisitores pro perju- 
rio, quia non resumpsit cruces sicut juraverat, quod 
dominica post instantem dominicain in lxx^ veniat 
Garcassonam visitaturus omnes ecclesias Burgi Ga^ 
cassonensis^ nudis pedibus in camisia et braods, cum 

répondent de lui et engagent une somme d'argent. Quand 
rinstruction est avancée, il est cité pour recevoir communi- 
cation des témoignages, dire s'il a des ennemis (voy. n* XVIIIi 
note), s*il veut se défendre; alors il est ajourné, soit pour 
faire la preuve qu'il a des ennemis, soit pour se défendre, soit 
enfin pour entendre le prononcé de la sentence. Il subit une 
peine ou pénitence, pœnitcntia y croix à vêtir, pèlerinages 
mineurs ou majeurs (voy. n** LXXXI, note) à faire, incarcéra- 
tion. 11 peut obtenir des adoucissements, grâce des croix, 
sortie à temps de prison, et aussi des mutations de peines; 
par exemple, au lieu de la prison, il prendra passage « pour 
la Terre-Sainte, » c'est-à-dire ira combattre les Sarrasins pen- 
dant tant d'années. Si la peine ne peut être faite pour une rd- 
son légitime, une aumône est imposée à la place au condamné, 
ou k ses héritiers, s'il est mort. 

1. Les monnaies en cours dans le comté de Toulouse étaient 
les monnaies de Toulouse, de Cahors, de Morlaas et de Mel- 
gueil. Voy. plus bas, n°» CLXXXVII, CXaU et CCXV. 

2. Le bourg de Garcassonne ou ville basse, fondée par saint 
Louis, en 1247, en faveur des habitants des faubourgs de la 
place ou cité dispersés. La nouvelle ville avait au moins 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. H7 

virgis in manu, eundo de una ecclesia ad aliam; et 
idem faciat in prima dominica mensium singulorum 
quousque transeat ultra mare. Et hoc fuit ei injunctum 
ÎD virtute prestiti juramenti. 

in. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Pierre de Cau- 
cers, Vital, de Cavanac, Guillaume Aiguebeu, de Malviès, 
Raymond Tocaire, de Cavanac, se rendent caution devant 
Févêque de Carcassonne pour Sicre, de Cavanac, sous 
peine de 30 livres melgoriennes^. 

Anno Domini M<* CC' XLIX"", xvi kls. aprilis. Petrus 
de GaucerSy Yitalis de Gavanaco, qui moratur apud 
Garcassonam, Guillelmus Âigabeu de Malveriis, et 
R°*" Tocaire de Gavanaco fîdejusserunt domino epis- 
copo Garcassonensi pro Sicredo de Gavanaco sub pena 
xxx^ librarum Malgorensium, ut veniat ad diem et ad 
dies secundum mandatum ipsius, et penitentiam faciat 
quam ei duxerit injungendam ; et hoc predicti fîdejus- 
sares super sancta Dei Euvangelia juraverunt, et quili- 
bet per se in solidum absque parte alterius se et 
onmia bona sua obligavit. 

IV. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Sicre et Belason, 
sa sœur, de Cavanac, présentent leurs cautions. 

Anno Domini M"* GG® XLIX"*, xvi kls. aprilis. Idem 
juravit Sicredus et Belason, soror ejus, de Gavanaco; 
et dederunt fidejussores Guillelmum Ârnaudi, Ârnau- 

quatre églises en 1252 : les deux églises paroissiales de 
Saint-Michel et de Saint- Vincent, l'église des frères Prêcheurs 
et celle des frères Mineurs (Mahul, Cartulaire, VI, 1, 324, 
374, 447, 451). 

1. Voy. la confession de Sicre, deuxième partie, n** XXX. 

Cf. n* xxxn. 



f 18 REGISTRE DU GREFFIER 

dum de Porta, Bernardum Freserîi et Guillelmum 
Bruneti sub eadem pena. 

y. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Serment de Goil- 
iaume Barte, de V illefloure, s*engageant à obéir à l'évèque 
et à faire la pénitence qu*ii lui imposera. 

Ânno quo supra et die. Guillelmus Barta, de Villa- 
flurano juravit stare mandato domini episoopi seu 
mandatis, et facere penitentiam quam idem domious 
episcopus eidem duxerit injungendam. 

VI. — 24 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Guillaume Ferrel 
et Guiraud, de Palairac, se rendent caution devant Tévèque 
de Carcassonne pour Arnaud Pierre et Arnaud Garcias, de 
Preixan, sous peine de 50 livres melgoriennes. 

Ânno quo supra, ix° kls. aprilis. Guillelmus Ferrelli 
et Guiraudus, de Palairaco, fîdejussenint domino efis- 
copo Garcassonensi pro Ârnaudo Pétri et Amaudo 
Garcia , de Prichaino, sub pena l librarum Malgorensium 
ut vcniant ad diem et ad dies secundum mandatum 
ipsius domini episoopi, et penitentiam faciant quam 
eis duxerit injungendam ; et hoc predicti fidejussores 
super mi'"' Dei Euvangelia juraverunt ; et quisque per 
se in solidum absque parte alterius se et omnia bona 
sua obligavit. Et hoc fuit factum in preseocia domioi 
episcopi Garcassonensis et plurium aliorum et Boni 
Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

Vlï. — 24 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Pierre Pages el 
Raymond Pages, le vieux, Bernard Pages*, Guillaume Sîcre*, 
Raymond de Cuxac-Cabardès^, Raymond Pages, le jeune, de 



1. Voy. deuxième partie, n** XXlll. 

2. Voy. deuxième partie, n? XWI. 

3. Voy. deuxième partie, n** XXIÎI. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. il9 

Cornèze^, s'engagent par serment à se tenir aux ordres de 
l'évêque de Carcassonne et s'obligent in solidum à 100 liv. 
tfaolsas. 

Anno quo supra et die. Petrus Pagesii et R"**"" 
P&gesii senior, Bernardus Pagesii, Guillelmus Scicre, 
R*"" de Gutdaco et R"**"" Pagesii junior, de Gornazano, 
juraverunt stare mandatis domini episcopi Garcas- 
•onensis, et adimplere omnem penitentiam quam eis 
iojunget; et obligaverunt se in solidum in G libris 
Thol.; et unus tenetur pro alio quod predicta serva- 
biiDt. Âctum fuit hoc in presencia domini episcopi 
Carcassonensis et plurium aliorum, et Boni Mancipii, 
DOtarii, qui hec scripsit. 

vin. — 22 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Guillaume Fer- 
re! se rend caution pour Aladaïs Amiel et Raymonde, femme 
de Bernard Amiel, de Preixan. 

Anno Domini M" GG" XLIX^ xi kls. aprilis. Guillel- 
mus Ferrelli fidejussit domino episcopo G[arca]sso- 
nensi pro Âladaise Âmiela et R°^*, uxore Bernardi 
Amelii de Prexano, sub pena xxy librarum Malgoren- 
siom, ut compareat coram eodem domino episcopo die 
fl^bati post Pasquetam^. Âctum fuit hoc in presencia 
domini episcopi Garcassonensis et plurium aliorum, 
et Boni Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

IX- — 22 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Bernard Pascal, 
de Leuc, se rend caution pour Vergelia, femme de Raymond 
Gilles, du même lieu. 

Anno et die quo supra. Bernardus Paschalis de 
Leuco fidejussit domino episcopo Garcassonensi pro 

1. Voy. deuxième partie, n^ XXVI. 

2. Pasqueta = Quasimodo. Le samedi après Quasimodo 
tomba, cette année, le 17 avril. 



120 REGISTRE DU GREFFIER 

Vergelia, uxore R'''^ Ëgidii ejusdem loci, sub pena 
ce sol. Malgorensium, ut compareat coram eodem 
domino episcopo, die sabbati post Pasquetam ; et hoc 
juraverunt super nn sancta Dei Euvangelia. Actum foit 
hoc in presencia dominî episcopi Garcassonensi et plu- 
rium aliorum, et Boni Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

X. — 26 mars 1250, Carcassonne. — Cautions pour Raymond 

G as taire et Arnaud, de Lairière. 

Anno quo supra ^, vn kis. aprilis. Gavaier Porta- 
rius, de Garcassona, R°''°' Goiric, de Glaromonte, Guil- 
lelmus Bosca, de Yinea veteri, Âmaudus Arquerii, de 
Termino, Petrus Graudomic, de Laireira, et Guillelinus 
Levés, vel G. Ârnaudi fîdcjusserunt domino episcopo 
Garcassonensi pro R"*^"" Gastaire, et pro Arnaudo de 
Lareira, sub pena l librarum Malg., quod non exeaot 
civitatem sine licentia nostra ; et hoc predicti fidejus- 
sores super 01^"^ sancta Dei Euvangelia juraverunt, et 
quilibet per se in solidum absque parte alterius se et 
omnia bona sua obligavit. Actum fuit hoc in presencia 
domini episcopi Garcassonensis, magistri Pétri, oflS- 
cialis Garcassonensis, et magistri R°^ David et Hota 
Gastellani de Monteregalii (sic) et Boni Mancipii, 
notarii, qui hec scripsit. 

XI. — 26 mars 1250, Carcassonne. — Guillaume Cabane, 
Bernard Pascal et Pierre Amiel, de Leuc, s'engagent à rendre 
dans huit jours Raymond Gilles, de Leuc. 

Anno quo supra ^ et die. Guillelmus Gabana, para- 

1. L*année commençant dans le comt(^ de Toulouse le 25 mars, 
il faudrait ici : Anno Domini M^ CC^ L^, Cette remarque est con- 
firmée par la teneur du n*^ \1I : Anno quo supra. 

2. Même remarque que pour le numéro précédent. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 421 

tor, et Bernardus Paschalis et Petrus Âmelii, omnes 
de Leuco, quilibet nostrum in solidum te[ne]mur 
irobis domino G., Dei gratia Garcassonensi episcopo, 
quod reddemus vobis ad monitionem vestram ad diem 
et ad dies, et specialiter ab ista die sabbati in octo dies, 
Raimundum Ëgidii de Leuco, vel, si ipsum reddere 
non possemus, reddemus vobis pignora valentia 
L lîbras Malgorensium ; et hoc juramus super sacro- 
sancta Dei Euvangelia. Testis dominus prior Béate 
Marie, Bertrandus Blanchi, canonicus, et Philipot, 
lanitor domini Régis, et magister Ber. de Palma, et 
Gttillelmus Poncii. 

XH. — 20 juin 1250, Carcas sonne. — Cautions pour Guillaume 
Gurt, de Rieux-en-Val-de-Daigne, et pour Pierre David, du 
même lieu. 

Anno quo supra, xn kis. julii. Bernardus Âsalbert 
et Poncius Andrée, de Rivo in Valledanie, obligaverunt 
86 et sua, prestito juramento, pro Guillelmo Gurt, 
de Rivo, domino episcopo Garcassonensi, ut veniat 
ad diem et ad dies, ad mandatum prefati domini 
episcopi Garcassonensis. Iteniy Guillelmus Gurt obli- 
gat se pro Petro David, de Rivo, eodem modo quod 
supra. Âctum fuit hoc in presencia domini episcopi 
Garcassonensis, et Boni Mancipii, notarii, qui hec 
aoripsit. 

XIII. — 20 juin 1250, Carcassonne. — Caution pour Béren- 
gère, fille de Bernarde Maurin, de Rieux-en-Val-de-Daigne. 

Anne quo supra et die. Guillelmus de Senher, baju- 
lus Termenezii ^ , fîdejussit domino episcopo Garcasso- 

1. Le Termenès, pays commandé par le château de Termes, 



122 REGISTRE DU GREFFIER 

nensi pro Berengaria, filia Bernarde Maurine de RWo, 
sub pena xxv librarum MalgorenBium, ut veniat ad diem 
et ad dies, secundum mandatum ipsius. AcUim fuit 
hoc ia presencia ipsius domini episcopi Garcassoneii- 
sis, magistri P. de Baure, R'^^ Âban, militis, et Boni 
Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

XIV. — 16 avril 1250, Carcassonne. — Cautions pour Bernard 
Raymond, clerc de Conques, autorisé à sortir de prison 
« propter iniirmitatem. » 

Anno Domini M"" GC V^ xvi kis. madii. Augerius de 
GoDchis, Guillelmus Roca, Rogerius Isarni, Berinardiis 
(sic) Bardonerii, R"^" de Solier, Petrus Sagarda et 
Petrus K"^' Textoris, fîdejusseruat domino episcopo 
Garcassonensi pro Bernardo R'''^^ clerioo de Gonchis, 
sub pena l librarum Malgorensium, ut veniat ad diem 
et ad dies secundum mandatum ipsius ; qui Bemardus 
R""^' exivit carcerem propter infirmitatem quam habe- 
bat. Âctum fuit hoc in presencia domini episcopi Gar- 
cassonensis, et plurium aliorum, et Boni Mancipii, 
notarii, qui hec scripsit. 

XV. — 7 juin 1250, Carcassonne. — Cautions poor Pierre 

Tardi, le jeune. 

Ânno Domini M"" GG"" L^, vu idus junii. Poncius 
Margat, Petrus Rogerii de Rupe, et Bernardus Tardi, 
omnes de Goffolento, fîdejusserunt domino episcopo 
Garcassonensi pro Petro Tardi, juvene, sub pena 
xxv librarum Malgorensium, ut impleat penitentiam, 
quam ei est injungendam (sic). Testes magister Bar- 

aujourd'hui ruiné. Voy. Spruner-Menke, Hist. Handatlas, 
n<> 52. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. i23 

Jiolomeus de Podio Nauterio, fr. Guillelmus templa- 
rkis, et Boni Mancipii, notarius, qui hec scripsit. 

!tVI. — 13 juin 1250, Carcassonne. — Cautions pour Pierre 

Azalbert^ de Preixan. 

Anno Domini M" CC" L^ idibus junii. R»^"» Amelii, 
[l"*" Asalbert, et Petrus Mercerii, omnes de Prixano, 
idejusserunt domino episcopo Garcassonensi pro Petro 
idalberti de Prixano sub pena l librarum, ut pareat 
nandatis domini episcopi Garcassonensis. Âctum fuit 
loc in presencia domini episcopi Garcassonensis, et 
Airium aliorum, et Boni Mancipii, notarii, qui hec 
icripsit. 

XVn. — 20 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Arnaud Faure, de Saissac. 

Anno Domini M°GG°L°, xiii kal. septembris. Hugo 
>urfort9 Ber. Ar., Berengarius d'en Obra, de Saxiaco, 
idejusserunt domino episcopo Garcassonensi pro 
\x^ Fabro de Saxiaco quilibet in solidum, fîde ple- 
ôta» pro quinquaginta sol. Melg., ita quod, nisi idem 
ir. Fabri quem manulevaverunt non pareret manda- 
is omnibus et singulis domini episcopi, et non veni- 
"et ad diem vel ad dies sibi assignatas, omnes predicti 
enebuntur solvere dictam peccuniam cui dominus 
^piscppus voluerit. Testes Bonus Mancipius, magister 
^ de Baure, magister R. David, et P. Ariberti, publi- 
nis notarius, qui hec scripsit. 

CVffl. — 21 août 1250, Carcassonne. — Pierre Hot, de Ville- 
tritouls, déclare vouloir faire entendre sa défense et avoir 
des ennemis. Jour lui est assigné pour les faire connaître. 

Anno quo supra, xii kal. septembris. Gomparuit 



124 REGISTRE DU GREFFIER 

Petrus Hot, filius R^^ Hot, de Villa Tritols, ooram 
domino episcopo Garcassone ; et requisitus ai velit se 
defifendere de his que in iaquisitione inventa sunt 
contra eum, dixit quod sic. Item^ requisitus si habrt 
inimicos, dixit quod sic^; et est ei assignata instans 
feria yi^ in festo beati Ântonini ^ ad nominandum sucs 
inimicos, et dicendum causas inimiciciarum contra illos 
qui in inquisitione deposuerunt contra eum. Testes 
P. de Baure, magister R. David, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui bec scripsit. 

1. La procédure inquisitoriale est ici et dans la suite adop- 
tée par révoque de Carcassonne. Elle présentait une excep- 
tion par rapport à la procédure ordinaire : les noms des 
témoins qui avaient déposé n*étaient pas livrés au préveno. 
On voit pourquoi : les témoins eussent refusé de parler on 
suscité des vengeances. Ce point fut établi dès le premier jour 
(G. de Podio Laurentii, Chronicon, cap. xl) et confirmé par le 
saint-siège. Nous lisons dans un formulaire de Tëpoque, en 
usage dans le comté de Toulouse : « Nulli negamus defensio- 
nes légitimas, neque a juris ordine deviamus, nisî quod tes- 
tium non publicamus nomina, propter ordinationem Sedis 
Apostolice sub domino Gregorio provide factam et ab Inno- 
centio beatissimo papa nostro postmodum innovatam in privi- 
legium et necessitatem fidei evidentem, super quo habemus 
testimoniales litteras cardinalium aliquorum » (Madrid, bibl. de 
rUniversité, ms. 53). Le concile provincial de Béders de 1246 
avait aussi fixé ce point (Labbe, Act. conc, VII; 417-418). Le 
juge demandait donc au prévenu s*il avait des ennemis mortels, 
qui se trouvaient exclus du procès ; il lui livrait, par écrit, les 
charges qui pesaient sur lui ; il Tinvitait à se défendre par lui- 
même. Une décrétale d'Innocent III, édictée avant l'établisse- 
ment des juges délégués ou inquisitoriaux, interdisait formelle- 
ment aux avocats et aux notaires d'assister les hérétiques, de 
leur prêter leur ministère, sous peine d'infamie (Potthast, 2532. 
— Décret. Gregorii IX, lib. V, tit. VII, De haereticisy xi). 

2. Saint Antonin de Pamiers, dont la fête se célébrait le 
2 septembre, cette année un vendredi. 



DE L^INQUISmON DE GARCASSONNE. 125 

XIX. — 24 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour Arnaud 

Faure, de Montolieu^. 

Ânno quo supra, ne. kls septembris. Poncius 
Gabos, Bernardus Berengarii, et Bernardus Porcelli, et 
Arnaudus Gat, de Monte Olivo omnes, fidejusserunt 
pro Ârnaudo Fabro, de Monte Olivo, domino episcopo 
Garcassone sub pena l librarum Malg., ut veniat ad 
diem et ad dies secundum mandatum ipsius, et penitea- 
tiam faciat quam ei duxerit injungendam ; et hoc pre- 
dicti fidejussores super sancta Dei Euvangelia jurave- 
runt ; et quilibet per se in solîdum absque parte alterius 
se et omnia bona sua obligavit. Testes magister Helias, 
archidiaconus Reddesii, et dominus abbas Montis 
Olivi, et Bernatus, capellanus de Salsunano,,et Bonus 
Maocipus, notarius, qui bec scripsit. 

XX. — 4 juillet 1250, Carcassonne. — Guillaume Major, de 
Ventenac-Cabardès, Raymond, de Camo, et Raymond Fol- 
quier, de Pezens, s'engagent à rendre Pons de Pezens vif 
ou mort. 

Ânno quo supra, im'' nonas julii, Guillelmus Major, 
de Ventenaco, et R"^"" de Camo, et R"^" Folquier, 
ambo de Pizinco, fidejusserunt, prestito juramento, 
domino episcopo Garcassone, et omnia sua obli- 
gaverunt quilibet per se in solidum absque parte 
alterius pro Bernardo Poncii de Pezinco, quod debent 
reddere predicti fidejussores ipsum Bernardum Pon- 
cii vivum vel mortuum. Testes Petrus, capellanus de 
Drula, et Arnaudus R""^ de Pezinco, et Bonus Manci- 
pus, notarius, qui bec scripsit. 

1. Voy. plus bas, n<" CL et CLI. 



126 REGISTRE DU GREFFIER 

XX.I. — 15 juillet 1250, Carcassonne. — Cautions pour Pierre 

Requin, de Villetretouls. 

Ânno quo supra, idibus julii. Guillelmus Pagesii, et 
Petnis Pagesiî de Grassa et Valguerius de Villatritulis 
fidejusserunt , prestito iuramento, domÎDO episoopo 
Garcassone, quilibet in solidum, absque parte alte- 
rius, pro Petro Requiao de Villatritulis, sub peoa 
L librarum Malg., ut compareat ad diem et ad dies 
secundum mandatum domini episcopi Garcassooe. 
Âctum fuit hoc in preseacia domini episcopi Garcas- 
sone, et plurium aliorum, et Boni Mancipii, notarii, 
qui bec scripsit. 

XXIl. — 9 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour Bernard 
Mourgue, de Villarzei-du-Razès, malade, auquel l'évèque de 
Carcassonne permet de sortir de prison pour se soigner. 
Huit jours après sa guérison, il devra se reconstituer pri- 
sonnier. 

Anno quo supra, y idus augusti. Guillelmus Radulfi, 
de Yilarzello, et Guillelmus de Renterio, senior, de 
burgo Garcassone, (idejusserunt, prestito juramento, 
et obligaverunt se et sua in solidum, quilibet per se 
absque parte altcrius, domino episcopo Garcassone 
sub pena L librarum Malg., pro Bernardo Moi^e de 
Yilarzello, qui est infirmus in carcere^, cui prefatus 

1. L'archevêque de Narbonne, les évéques de Carcassonne, 
d'Elne, de Maguelonne, de Lodève, d'Agde, de Nîmes, d*Albi 
et de Béziers (t^lu), avec les abbés de Saint-Gilles, de Saint- 
Aphrodise de Béziers et de Saint-Benoît de Castres, répondant 
à des questions des inquisiteurs, en 1244 probablement, avaient 
posé en principe qu'il fallait user d'indulgence, tout en rëser* 
vaut, dans le cas de non-nécessité, Tautorité du saint-siège, 
tt A carcere vero nec vir propter uzorem licet juvenem, nec 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 427 

dominus episcopus dédit licenciam exeundi donec ab 
ipsa infîrmîtate esset liberatus, et post convalescen- 
ciam infra vm^ dies in statu pristino sine nostra licen- 
da revertatur. Testes fr. R°*** Barra vi, ordinis fratrum 
Minorum, et fr. R"^°' de Ganeto ejusdem ordinis, et 
Bonus Mancipus, notarius, qui bec scripsit. 

XXni. — 17 juin 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Bernard Raseire, de Pezens. 

Addo quo supra, xv kis. julii. Guillelmus Martini, 
Guillelmus Bernardi, barbitonsor, et Guillelmus Âr- 
men de Pezinco fidejusserunt quilibet per se in solidum 
absque parte alterius domino episcopo Garcassone 
pro Bernardo Raseire de Pezinco sub pena l libra- 
rum Malg., ut impleat penitentiam quam sibi est 
injungendum (sic). Testes magister Raimundus David, 

uxor propter virum, nec quisquam propter libères seu parentes 
seu aliter necessarîos, aut propter debilitatem vel senium vel 
aiiam liberam causam excusatur absque indulgentia sedis apos- 
tolice speciali, sic tamen ut uxori ad virum et e contrario sit 
liber accessus, ne cohabitatio denegetur eisdem sive ambo incar- 
cerandi fuerint sive alter; et si forte per incarcerandi absentiam 
evidens mortis periculum immineret liberis vel parentibus, 
obviare curetis periculo provideri talibus faciendo, si potestis 
aliunde, aut carceris penitentiam prudenter in aliam commu- 
tetis ; oportet enim in tali articulo rigorem mansuetudine miti- 
gari » (Doat, XXXI, fol. 155-168). Dans le cas présent, comme 
dans beaucoup de cas qui suivent, Tévèque de Carcassonne 
accorde des adoucissements ou des faveurs sans attendre' ni 
faire demander la permission du saint- siège. L'évêque de 
Rodez Vivien (1247-1274) eut, au contraire, recours au pape 
pour obtenir un adoucissement de peine dans un moment de 
rapports difficiles avec le sénécbal (voy. la lettre du sénécbal 
à Alfonse de Poitiers, J. de Laborde, Layettes du Trésor des 
chartes, UI, n« 4Ô39^ p. 581). 



128 REGISTRE DU GRSFPIBR 

capellanus Saacti ViaceDcii» et Petrus» capellanus de 
Drula. 

XXIV. — Veille de la Pentecôte (14 mai)*, 1250, CarctssoniK. 
— Cautions pour Arnaud Brunel, de Gouffoulens, malade, 
auquel Tévêque de Carcassonne permet de sortir de prison. 
Dans les huit jours qui suivront sa guérison , il devra se 
reconstituer prisonnier*. 

Ânno quo supra, in vigiiia Peniheoostes. Isarnus 
Guifre, Guillelmus Seguerii et Guillelmus Gros, omoes 
de Goffblento, fidejusserunt et omnia bona sua oblig»- 
verunt quilibet per se in solidum absque parte alte- 
rius, prestito juramento, domino episcopo Carca»- 
sone, sub pena l librarum Malg., pro Arnaudo 
Brunelli de Goffolento, qui est infîrmus in corpo^e^ 
oui prefatus dominus episcopus dédit iioentiam exeuadi 
donec ab ipsa infirmitate esset liberatus, et post ooo- 
valescentiam infra vin^ dies in statu pristino, noo 
expectante (sic) mandato nostro, in caroere revertatur. 
Actum fuit hoc in presentia domini episoopi Carca»- 
sone, et plurium aliorum, et Bpni Mancipii, notarii, qui 
hec scripsit. 

XXV. — 15 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour Amand 
Miraud, de Caunes, malade, auquel Tévéque de Carcassonne 
permet de sortir de prison. Dans les huit jours qui suivront 
sa guérison, il devra se reconstituer prisonnier. 

Anno Domini M° GG^ L°, in festo Assumptionis Béate 
Marie. Bernardus Oliba, de Lauracio, Guillelmus Gui- 
raudi et Petrus Sicardi, de Lauracio, fidejusserunt, 

1. En 1250, Pâques tomba le 27 mars. 

2. Voy. deuxième partie, n° XIX. 

3. Voy. n<> XXII, note. 



DE L'INQUISmON DE CARCASSONNE. 129 

prestito juramento, domino episcopo Garcassonensi, 
pro Ârnaudo Miroaudi de Gaunis sub pena G libr. Mal- 
gor., qui est inOrmus in carcere^ oui prefatus dominas 
episcopus dédit licentiam exeu[n]di donec ab illa infir- 
nûtate esset liberatus ; et post convalescentiam infra 
Tof dies in statu pristino, non expectante (sic) mandato 
oostro, in carcerem revertatur. Testes Gervaisa, baju- 
kis Gabardesii^ pro domino rege Francorum, Guillel- 
naus Stephani, Poncius FerroUi, et Bonus Mancipus, 
qui bec scripsit. 

XXVI. — 1®' septembre 1250^ Carcassonne. — Cautions pour 
Pierre Etienne, de Cornèze, qui comparaîtra le samedi avant 
la fête de saint Michel (24 septembre). 

Ânno quo supra, kal. septembris. P. Stephani de 
Comazano, et pro eo et mandato ejus R. de Gorano, 
R. Stephani, frater dicti P., GuillelmusdeGornazano, de 
CSarcassona, fîdejusserunt domino episcopo Garcassone 
qpiod idem Petrus Stephani veniet ad diem et ad dies 
sibi assignatas, et faciet et complebit omnem peniten- 
tiam quam pro crimine beresis dominus episcopus sibi 
duxerit jnjungendam ; et parebit mandatis omnibus et 
BÎDgulis ejusdem domini episcopi; quod nisi faceret, 
omnes prenominati obligaverunt se et sua quilibetjn 
soUdum, sub pena l librarum Malg., juramento 
prestito, ab eisdem persolvendarum ad omnimodam 
voluntatem domini episcopi memorati. Testes Ber. 
Martini, canonicus, P. de Baure, Bonus Mancipius, et 
P. Ariberti, notarius publions, qui bec scripsit. Et est 

1. Voy. n° XXII, note. 

2. Le Cabardès, commandé par le château de Cabaret, comm. 
de Lastours, cant. de Mas-Cabardès, Aude. 

9 



130 REGISTRE DU GREFFIER 

assignatum ei sabbatum ante festum beati Micahelis, 
ut compareat coram domino episoopo. 

XXVII. — 7 septembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Pierre Colom, de Rieux-en-Val, qui comparaîtra le samedi 
avant la fête de saint Michel (24 septembre). 

Anne que supra, yjf idus septembris. P^nis 
Golombi, de Rivo in Valle Danie, et pro eo et man- 
date ejus Johannes Fina, de Monte Lauro, Bernar- 
dus de Faia, de Rivo, Guillelmus Juliani, de Tauzerano, 
et Guiraudus Andrée, de Serviano, fidejusserunt domino 
G., episcopo Carcassone, et obligaverunt se et sua quî- 
libet in solidum, prestito juramento, sub pena L li- 
brarum Malg. solvendarum ad voluntatem domini 
episcopi, nisi idem Petrus Golumbi veniret ad diem et 
ad dies sibi assignatas et pareret mandatis omnibus 
et singulis domini episcopi; et est ei assignatum sab- 
batum ante instans festum beati Micahelis, ut compa- 
reat coram domino episcopo memorato. Testes frater 
Guillelmus, frater Bonetus, Brunus, custos immurato- 
rum, Poncius, bajulus panis et vini domini episcopi, 
Bonus Mancipius, et P. Ariberti, publions notarius, 
qui hec scripsit. Et banc obligationem recepit de man- 
date domini episcopi sepefati. 

XXVIII. — 11 septembre 1250, Carcassonne. — Cautions 
pour Pierre Ilot, de Villetritouls, auquel la veille de la fête 
de saint Mathieu (20 septembre) est fixée pour qu'il présente 
sa défense. 

Anno quo supra, m idus septembris. Petrus Hot, 
fîlius quondam R"*^' Uot, de Villa Tritulis, et pro eo et 
mandate ejus Guillelmus Ar. de Tauzerano, R"*"" Requini, 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 13! 

et Beraardus Hot*, frater dicti Petri, fidejusserunt 
domino G., episcopo Garcassone, et obligaverunt se et 
sua quitibet in solidum, juramento prestito, sub pena 
h librarum, quod idem Petrus Hot veniet ad diem 
et ad dies sibi assignatas et parebit mandatis omni- 
bus et singulis domini episcopi et faciet et complebit 
omnem penitentiam, quam eidem predictus dominas 
episcopus duxerit injungendam, et ducet causam 
suam coram eodem domino episcopo ; quod nisi face- 
ret, omnes prenominati sotvent dictam pecuniam ad 
voluntatem domini episcopi memorati, ita quod nul- 
lus eorum possit pro parte excusari. Et est ei assig- 
imta dies vigilia instantis festi beati Mathei ad pro- 
ponendum omnes exceptiones et deffensiones suas 
légitimas, si quas habet, coram eodem domino epis- 
copo, contra illa que in inquisitione inventa sunt contra 
eum. Testes P. de Baure, capellanus, magister P., 
officialis, R. P., Bonus Mancipius, et P. Ariberti, 
notarius publicus, qui hec scripsit. 



XXIX. — 13 septembre 1250, Carcassonne. — A la demande 
de Guillaume, abbé de Saint-Hilaire, Tévêque de Carcas- 
sonne permet à Alazaïs Sicre, de Gavanac, de sortir de pri- 
son jusqu'à la fête de la Toussaint. 

Anno quo supra, ydibus septembris. Ad instan- 



1. Un Bernard Oth [Bernardus Othonis), seigneur de Niort 
(dominas de Aniorto), avait fait sa confession ou aveu devant 
fr. Ferrier et fr. Willem Raymond, inquisiteurs, à Limoux et 
à Albi, en 1242, 1245 et 1246 (Doat, XXIV, fol. 83, 98, 102). 
Probablement, il n*avait de commun avec celui-ci que le nom; 
car les Hot de notre pièce ne paraissent pas avoir appartenu à 
une famille de chevaliers ou de seigneurs (voy. n® LUI). 



132 REGISTRE DU GREFFIER 

ciam G., abbatis Sancti YlariiS dominus G., episoopus 
Garcassone, dédit licenciam Alazaicie Sicrede de Gava- 
nacho, Garcassonensis dyocesis^, excundi carcerem, 
ubi erat immurata pro crimine heretice pravitatis ; et 
quod possit esse extra carcerem ubicumque voluerit 
usque ad instans festum OmDium Saoctorum, ita quod 
in illa die, non expectato mandato ipsius domini épis- 
copi, ad eumdem carcerem revertatur, ibidem mora- 
tura perpetuo ad penitentiam pro dicto crimine pera- 
gendam. Et hoc se factura et completura juravit supra 
sancta Dei Evangelîa predicta Alazaida in presenda 
predicti abbatis, et... monachi ejus, magistri P., ofiB- 
cialis, Bruni, custodis carceris, et multorum aliorum, 
et P. Ariberti, publici notarii, qui bec scripsit. 

XXX. — 14 octobre 1250, Villalier. — Pierre de Garda, de 
Conques, à Taudience, déclare vouloir se défendre ; il désire 
avoir par écrit ses accusations. Il nomme plusieurs de ses 
ennemis. Le vendredi suivant (21 octobre) lui est assigné 
pour qu*il comparaisse devant Tévéque. 

Anno Domini ]Vr GG^ L^, n idus octobris. Petnis de 
Garda, de Gonchis, comparuit apud Villarium coram 
domino G., episcopo Garcassone; et, requisitus si velit 
se dcffendere de his que in inquisitione inventa suot 
contra eum, dixit quod sic. Item, requisitus si vult 
ea in scriptis recipere, dixit quod sic. Item^ requisitus 
si habet inimicos, dixit quod sic; et tradidit eos in 
scriptis^; et plures inimicos non vult nominare, immo 

1. Guillaume Pierre, abbé de Saint-Hilaire, 1237-1263 [Gai- 
lia christ., VI, c. 1012). 

2. A la marge : Isia débet procurare intérim captum habere, 

3. Voy. plus haut, n® XVIÏ, note. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 133 

renuntîat, ut dicit, nominationi inimicorum. Testes 
dominus Guir[audus], P. de Baure, magister R. David, 
et P. Ariberti, notarius publicus, qui bec scripsit. 

Iterriy eadem die fuerunt sibi tradita dicta testium 
io scriptis, qui contra ipsum deposuerunt in inquisi- 
tione. Et est ei assignata instans feria yi^ ut compa- 
reat coram domino episcopo ubicumque sit in dyocesi 
Garcassonensi , ad proponendum, et exipiendum et 
dîcendum quod voluerit ad deffensionem suam. Testes 
magister R. David, P. de Baure, et P. Ariberti, nota- 
rius publions, qui hec scripsit. 

XXXI. — 12 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Bernard Jourdain, de Canecaude. 

Anno quo supra, n idus novembris. Bernardus Jor- 
danie de Ganacalida, et pro eo et mandato ejus, Petrus 
Daide et Arnaldus Daide et R*^"" Fabri, de Ganacalida, 
obligaverunt se et sua quilibet in solidum sub pena 
L librarum magistro P., officiali Garcassone, recipienti 
nomine domini episcopi, quod predictus Ber. Jordani 
veniet ad diem et ad dies sibi assignatas et parebit 
mandatis omnibus et singulis domini episcopi; et 
faciet et complebit omnem penitentiam quam sibi pro 
crimine heresis duxerit injungendam ; quod nisi face- 
ret, prenominati solverent dictam pecuniam ad volun- 
taiem domini episcopi per prestitum juramentum. 
Testes G. Poncii, R. Escuderii, clerici, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

XXXII. — 15 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Pierre Bonafos, de Canecaude. 

Anno quo supra, xvn kal. decembris. Petrus 



134 REGISTRE DU GREFFIER 

Bonafos, de Ganacalida, et pro eo et mandato ejus 
Guillelmus Ponairer, Âr. Romevi, kv. Bonafos, de 
Ganacalida, obligaverunt se et sua quilibet in soli- 
dum per juramentum et publicum instrumentum sub 
pena L tibrarum Petro Ariberti récipient! nomioe 
domini episcopi, quod dictas Petrus Bonafos faciet et 
complebit omnem penitentiam quam sibi pro crimiDe 
heresis dominus episcopus duxerit injungendam, et 
parebit mandatis omnibus et singulis domioi episcopi; 
quod nisi face[re]t, omnes prenominati solverent dic- 
tam pecuniam ad voluntatem domini episcopi mémo- 
rati. Testes Guillelmus Pétri de Gonchis, capeilanus de 
Fliurano, et Armannus, clericus ejus, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

XXXIII. — 15 novembre 1250^ Carcassonne. — Cautions pour 

Pierre Aimeric, de Canecaude. 

Anno et die predictis^ Petrus Aimerici, et pro eo 
et mandato ejus Guillelmus Poncii Sigui, Guillelmus 
Micahelis et R*^*" Gaufre, de Ganacaiida, obligaverunt se 
et sua quilibet in solidum sub pena L tibrarum, modo 
et forma propedicta. Testes R. Fabri, de Villamostauso, 
R. Faber, de Ganacalida, et multi alii, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

XXXIV. — 23 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Guillaume Miton, domicilié à Saint-Martin. 

Iteiriy anno quo supra, ix kls. decembris. Gompa- 
ruit Guillelmus Mitonis, quondam de Alsona, nunc stans 
apud Sanctum Martinum Garcassonensis diocesis; et 

1. De Ca[na\calida, à la marge. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 135 

joravit stare mandatis domini episcopi; et pro ipso 
Pe. Comte et Guillelmus Textor, ambo de Alsona ; et 
ad bec obligaverunt se et sua unusquisque in soUdum 
usque ad G libras Melgorensium. 

XXXV. — 15 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Bar. Textor, de Taurise * . 

Anno quo supra, xvn kal. decembris. G. Textor, 
R. Rog et Rogerius Bernardi, de Tauzirano, se et sua 
quilibet in solidum iuramento prestito obligaverunt 
sub pena l librarum pro Ber. Textoris, de Taurizano, 
quod idem Ber. Textoris faciet et complebit, et cetera, 
ut supra. Testes sunt R. Faber, de Yillamoustausso, 
R. Escuder, clericus, G. R. de Alzona, et P. Ariberti, 
DOtarius publions, qui hec scripsit. 

XXXVI. — 30 novembre 1250, Carcassonne. — Permission 
est donnée à Pierre Pelha, de Couffoulens, de dépouiller les 
croix jusqu'à son retour de France. 

Anno Domini M^ CC Vy ii kal. decembris. Data 
est licentia Petro Pelha, de Gofolento, deponendi cru- 
ces sibi pro heresi impositas^, quousque redierit 
de Francia ubi vult ire; et post rcditum suum, infra 
vm** dies débet se presentare domino episcopo Car- 
cassone, et ad omnimodam voluntatem suam débet 
illas cruces vel alias resumere sine omni nova causa ; 
et de peregrinationibus suis quas perfecerit débet 
eidem ostendere litteras testimoniales. Et predicta 

1. Voy. Deuxième partie, n** XLV. 

2. Ces croix d'étoffe recouvraient les vêtements sur la poi- 
trine et les épaules (concile de Béziers de 1246, cap. xxvi. 
Labbe, Acta concil.^ VII, c. 420). 



136 REGISTRE DU GREFFIER 

servare et se complere juravit supra Sancta Dei Enn- 
gelia; et concessit fîeri publicum instrumeDtum; b 
aliis vero que sibi injuncta sunt nichil est immutatiun. 
Testes sunt dominus Guir [audus] , capellanus de Âqni 
viva, P. de Vicinis, R. Pétri, G. Poncii, et multi alii, 
et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

XXXVII. — 5 décembre 1250, Carcassonne. — Arnaud Pages, 
de Moussoulens, à Taudience, déclare ne vouloir ni se 
défendre ni recevoir par écrit aucune accusation. Il nomme 
ses ennemis. 

Anno quo supra, nonis decembris. Amaudus P^ 
sii, de Mossolenx, comparuit apud Garcassonara coram 
domino episcopo Gareassone ; et requisitus si volt se 
deffendere de hiis que in inquisicione inventa sunt 
contra eum, respondit quod nullus pro vero potest 
aliquid dicere de ipso. Requisitus si velit ea in scrip- 
tis recipere, dixit quod non ; et aliter non vult se def- 
fendere. Iterriy requisitus si habet inimicos, dixit quod 
sic, Ber. Gausbert et Martinum Hontanerii^ ; set duI- 
lam legitimam causam inimicitiarum assignavit; et 
alios inimicos noluit nominare. 

XXXVIII. — 5 décembre 1250, Carcassonne. — R. Vital, de 
iVloussoulens, à l'audience, déclare qu'il veut se défendre ; il 
nomme ses ennemis et recevra par écrit les dépositions des 
témoins. 

Iteiïiy eadem die, comparuit R. Vitalis de Mosso- 
lenx ; et requisitus si volebat se deffendere de hiis que 
in inquisitione contra ipsum erant inventa, dixit quod 
sic. Itenij requisitus si habebat inimicos, dixit quod 

1. Voy. plus haut, n<> XVIII, note. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 137 

ie, Bertranaum Malet, fratrem A. Malet, et Vitalem, 
lororium ejus, et omnes homines de Caunis pro duello ^ 
iKi sui Vitalis; alios autem inimicos nesciebat nomi- 
|nre, vel nesciebat se habere, ut dicebat. Item^ requi- 
litus si vult scripta recipere depositionum testium, 
dftut quod sic. 

i|bXXIX. — 5 décembre 1250, Garcassonne. — G.-Ber. Faure, 
de Saint-Martin, s'oblige à obéir aux ordres de l'évéque et 
présente sa caution. 

Anno et die predictis. G. Ber. Faber, de Sancto 
Partino, et Ar. de Na Sicart, de Sancto Martino, pro 
ep et mandato ejus obligaverunt se et sua sub pena 
L librarum quilibet in solidum, quod dictus G. Ber. 
veniet ad diem et ad dies sibi assignatas ; et parebit 
mandatis omnibus et singulis domini episcopi. 

XL. — 3 décembre 1250, Garcassonne. — Ber. Gaune se porte 

caution pour le même. 

Itenij anno quo supra, m nonas decembris. Ber. 
Cauna obligavit se simili modo pro G. Ber. Fabri. 

XLI. — 3 décembre 1250, Garcassonne. — Gantions pour 
R. Vital et Arnaud Pages le jeune, de Moussoulens. Même 
jour, les dépositions des témoins leur sont données, avec 
assignation pour le samedi avant la fête de saint Thomas, 
apôtre (17 décembre). 

Anno quo supra, m nonas decembris. Guillelmus 
Amdieu, Bernardus Ghatbert, Guiraudus Ath, fîlius 
quondam Bernardi Ath, Poncius Guillelmi, Arnau- 
dus Barravi, G. Barravi, R. Bonet, P. Vaquerii, 
Bertrandus Cabos, Guillelmus Molinerii obligaverunt 

i. Guerre, lutte, conflit. 



138 REGISTRE DU GREFFIER 

se et sua, sub pena G librarum, magistro P., offidali, 
recipienti vice domini episcopi, pro R^ Vitalis et pro 
Ar^ Pagesii, juvene, de Hossolenx, quilibet io solidum, 
per juraraentum et publicum instrumentum» quod 
prenominati R. Vitalis et Araaudus Pagesii yenient ad 
diem et ad dies sibi assignatas ; et parebunt mandatis 
omnibus et singulis domini episcopi Garcassone ; quod 
nisi facerent, prenominati solvent dictam pecuniam 
ad omnimodam voluntatem domini episcopi ; et super 
hoc rcnunciaverunt omni juri scripto et oon scripto, 
quo mediante se possent juvare vel tueri, et spedali- 
ter curie domini Régis; et subposuerunt se oninino 
voluntati domini episcopi memorati. Testes Jordanus 
Pagani, Guillelmus Gaissias, vascho, Philipot, janitor, 
et P. Ariberti, notarius publicus, qui hec scripsit. 

Item, eadem die, predicti R. Vitalis et Ar. Pagesii 
comparuerunt Garcassone coram prefato donaino offi- 
ciali ; et fuerunt eis dicta testium qui in inquisitioue 
deposucrunt contra eos tradita in scriptis ; et fuit eis 
dies assignata dies sabbati ante instans feslum beati 
Thome, apostoli, ad audiendum sententiam vel man- 
datum domini episcopi super illis que de heresi 
inventa sunt contra eos et eisdem tradita in scriptis. 

\LU. — 17 décembre 1250, Carcassonne. — R. Vital, à l'au- 
dience, ne présente ni exception ni défense. Le prononcé de 
la sentence est renvoyé au lendemain, dans Téglise Saint- 
Vincent. 

Anno quo supra, xvi kal. januarii. Gomparuit 
R. Vitalis coram domino episcopo, et nullam legiti- 
mam exceptionem proposuit, nec dixit aliquid ad 
deffensionem suam legitimam ; et fuit dies hodieroa 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 139 

rilâdem contiauala ad audiendam seDtentiam memora- 
"Itltm ad diem crastinam in ecclesia Sancti Vinoencii. 

M- 

Él^jKLIII. — 8 décembre 1250, Carcassonne. — Alazals, femme 
gi i . 4e P. Barrau, de Moussoulens, déclare vouloir se défendre, 
u ^ nomme ses ennemis et reçoit par écrit les dépositions des 
témoins. Jour lui est assigné pour le vendredi après la Sainte- 
^ Luce (16 décembre). Elle s'oblige à se tenir à la disposition 
f de Tévéque. 

9 16 décembre 1250, Carcassonne. — Jour lui est assigné pour 
I le lendemain dans l'église Saint- Vincent pour la sentence 
I définitive. 

i Anno quo supra, vi idus decembris. Alazais, 
I oxor P. Barravi, de Mossolenx, comparuit apud Car- 
I cassonam coram domino episcopo; et requisita si 
: vult se deffendere de hiis que in inquisitione inventa 
sont contra eam et vult ea in scriptis recipere, 
dixit quod sic; et requisita si habet inimicos, dixit 
quod sic, Vitalem, sororium Âr. Malet, et Audiardis 
Pagesa; set nullam legitimam causam inimiciciarum 
assignavit ; et fuerunt sibi tradite in scriptis deposi- 
tiones testium qui in inquisitione deposuerunt contra 
eam ; et fuit sibi assignata dies feria vi^ post instans 
festum béate Lucie ad proponendum omnes excep- 
tiones et deffensiones suas légitimas, si quas habet. 
Àctum fuit hoc Garcassone, in presentia G., archi- 
diaconi, R., sacriste Sancti Nasarii, magistriR. David, 
magistri P., officialis, domini Guir[audi], capellani de 
Aqua Yiva, magistri R. de Monte Olivo, et multorum 
aliorum, et P. Ariberti, notarii, qui hec scripsit. 

Anno et die predictis. Predicta Alazais Barra va 
obligavit se et sua per juramentum proprîum et publi- 



140 REGISTRE DU GREFFIER 

cum instrumentum, quod ipsa veniet ad diem et ad 
dies sibi assignatas et parebit mandatis omnibus et 
singulis domini episcopi Carcassone; et quod itaoom- 
pleat obligavit se et sua pro ea Guillelmus Bairau sab 
pena l librarum in solidum; et renuDtiavit onmi 
juri scripto et non scripto et specialiter curie domini 
Régis. Testes Johannes Dauas^ Brunus, vasdio, 
G. Garsias, vascho, P. de Baure, capellanus, et P. Ari- 
berti, notarius qui hec scripsit. 

Anno quo supra, xvi[i] kal. januarii, predicta 
AJazais comparuit Garcassonam coram domino epis- 
copo ; et requisita si vult addicere vel proponere ad 
defensionem suam, dixit quod Martious Montanerii 
est inimicus suus pro bono quod fecerat ei, et quia 
defraudabat eam de quadam laborantia^; nichil aliud 
vult dicere; set petit quod assignetur sibi dies ad 
nominandum inimicos ; et fuit ei assignata dies cras- 
tina ad audiendum diffinitivam sententiam super cri- 
mine heresis in ecclesia Sancti ViDcencii. 

XLIV. — iO décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Ermengarde Roger, d'Arquettes. Elle est assignée au len- 
demain de la Circoncision (2 janvier) pour recevoir par 
écrit les dépositions des témoins. 

Anno quo supra, luf ydus decembris. Ermejar- 
dis (?) Rogeria, de Archis, et pro ea et mandato ejus 
P. Stephani, deFavers, P. Vitalis, de Rivo, etR, Fabre, 
filius dicte Ermejardis(?), obligaverunt se et sua, 
quilibet in solidum, domino episcopo Carcassone, 

1. Davas? 

2. Terre cultivée (Du Cange, au mot : Labor), 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 141 

^*Wb pena l librarum, quod ipsa Ermejardis (?) veniet 
*%d diem et ad dies sibi assignatas, et parebit man- 
iNbtis omnibus et singulis domini episcopi; et faciet 
■iél oomplebit penitentiam quam eidem injunget pro 
■ieriinîne heresis; quod nisi faceret, prenominati sol- 
Hl^eDl dictam pecuniam ad voluntatem omnimodam 
li^usdem domini episcopi; et super hoc abrenuncia- 
if terunt omni juri quo mediante se possent juvare vel 
::«ritaeri. Testes magister R. David, dominus Guir[audus], 
l||npellanus de Aqua Viva, et multi alii, et P. Ariberti, 
I|j0otanus, qui hec scripsit. Et est sibi assignata dies 
llcrastinum instantis festi Gircumcisionis Domini ad 
p TCcipiendum in scriptis dicta testium que in inquisi- 
i tk>De inventa sunt contra eam. 

t 

Il XLV. — 12 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
b Ar. Guillaume, de Moussoulens. 

f Anno quo supra, ii idus decembris. Ar. G., de 
Mossolenx, et pro eo et mandato ejus P. Ath, et Pon- 
dus de Mossolenx, et Petrus Oth obligaverunt se et 
sua, quilibet in solidura, sub pena L librarum, quod 
dictas Ar. W. parebit mandatis omnibus et singulis 
domini episcopi; quod nisi faceret, prenominati sol- 
vent pecuniam predictam ad voluntatem omnimodam 
domini episcopi Garcassone; et super hoc renunciave- 
rant omni juri scripto et non scripto, et specialiter 
curie domini Régis ; et sic servare et complere pro- 
miserunt per juramentum proprium et publicum ins- 
trumentum. Testes P. de Baure, capellanus, Jo. Dauas, 
G. Stephani, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 



142 REGISTRE DU GREFFIER 

XLVI. — 14 décembre 1250, Carcassonne. — G. Bérenger. 
Ber. Belon et Pierre Belon, d'Arzens, s'obligent k rester i 
la disposition de l*évéque. Ils sont assignés au lendemain de 
rÉpiphanie (7 janvier)*. 

Anno quo supra, xix kal. januarii. G. Berengarii, 
Ber. Belloni, et Petrus Belloni, de ÂrzÎDCo, obligaveroot 
se et sua domino episcopo Garcassone per juramenlum 
et publicum instrumentum quod ipsi parebunt man- 
datis omnibus et singulis domini episcopi, et venient 
ad diem et ad dies sibi assignatas; et pro eis fidejussit 
dominus G. Pétri sub pena L librarum pro quolibet. 
Testes Jo. Dauas, Brunus, et G. Gassias, vasco. Assig- 
nata est eis dies crastinum Epiphanie instantis. 

XLVII. — 20 décembre 1250, Carcassonne. — Caations pour 

Vital Amdieu. 

Anno Domini M'^GG^'L'', xiii kai. januarii. Vitalis 
Amdeu, filius R^' Vitalis, et pro eo et maodato ejus 
P. R. Ath, G. Barra, R. Nassau, Vitalis Stephani, 
Johannes de Villalonga et Ber. Tholsa obligaverunt 
se et sua, quilibet in solidum, domino episcopo Gar- 
cassone, sub pena L librarum per juramentum et 
publicum instrumentum, quod idem Vitalis Amdieu 
veniet ad diem et ad dies sibi assignatas et parebit 
mandatis omnibus et singulis domini episoopi, et 
faciet et complebit omnem penitentiam quam sibi 
dominus episcopus pro cri mine heresis duxerit injun- 
gendam; quod nisi faceret, omnes prenomînati sol- 
vent pecuniam ad omnimodam voluntatem domini 

1. Voy. plus bas, n«» CLXXIV, CLXXVI et CXCV. 



DE L'INQUISITION DE CARGASSONNE. !43 

episcopi; et super hoc renunciaverunt omni juri 
g scripto et non scripto et specîaliter curie Régis. Tes- 
i tes frater G. R., G. Stephani, Jo. de Rapassat, Johan- 
^ nés Dauas, et P. Âriberti, notarius publions, qui hec 

scripsit. 

XLVm. — 20 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Arnaud Cartel. 

Anno et die predictis. AH" Gartella et pro eo et 
mandato ejns obligaverunt se modo et forma pro- 
pedicta domino episcopo P. Vaquer, G. Barrau, 
R. Massa, Ber. Tolsani, quod idem Ar. faciet sicut 
dictum est de Vitali Amdieu. Testes Johannes de 
Rapassat, G. Gassias, vascho, et P. Ariberti, notarius, 
qui hec scripsit. 

XLIX. — 20 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. Rames, G. Rames et P. Rames, frères. 

Anno et die quo supra. Ar. Rames, et G. Rames 
et P. Rames, fratres, et pro eis et mandato eorum 
obligaverunt se et sua modo et forma superius expressa 
P. R. Ath, G. Barrau, R. Massa, Vitalis Stephani, 
Johannes de Yillalonga, Ber. Toisa, et P. Vaquer, pro 
quolibet ipsorum, sub pena l librarum juxta predic- 
tum modum. Testes propedicti, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

L. — 21 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Pierre Astre et Arnaud Martin. 

Anno quo supra, xii kal. januarii. Petrus Astre et 
Arnaudus Martini obligaverunt se et sua pcr juramen- 
lum et publicum instrumenlum quod ipsi venient ad 



144 REGISTRE DU GREFFIER 

diem et ad dies sibi assignatas ; et parebunt mandat 
omnibus et singulis domini episoopi ; et fadeat A 
complebunt penitentiam quam eis dominus episoopos 
pro crimine heresis duxerit injuDgendam ; et qood 
itâ servent et compleant fidejusserunt pro eis Ba^ 
tholomeus Martini, P. Rogerii, juvenis, G. Ameliit 
R. Auriol et R. Massa, sub pena G librarum persol- 
vendarum ad omnimodam voluntatem domini epis- 
copi ; et super hoc renuntiaverunt omoi juri scripto 
et non scripto, et specialiter curie domini Régis et 
orani alii juri quo se possent juvare et tueri. Testes 
Rainaudus, clericus de Mossolenx, Jo. Dauas, G. Gas- 
sias, et Rainaudus, carcerarius, et P. Ariberti, nota- 
rius publicus, qui hec scripsit. 

LI. — 24 décembre 1250 , Carcassoime. — Cautions pour 

Bernard Pons, de Pezens. 

Anno quo supra, ix kal. januarii. R. Folquerii, 
R. de Gamo, G. Rer., G. Manescot obligaverunt se et 
sua per juramentum et publicum instrumentum, qui- 
libet in solidum, sub pena l librarum, pro Bemardo 
Poncii de Pesinco, videlicet quod idem Ber. pard)it 
manda tis omnibus et singulis domini episoopi et véniel 
ad diem et ad dics sibi assignatas ; quod nisi faceret, 
prenominati solvent illam pecuniam ad omnimodam 
voluntatem domini episcopi ; et renundaveruot, etc., 
ut supra. Testes magister P. de Baure, G. Gassias, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LU. — 24 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. Garcias et Ar. Pierre, de Preizan. 

Anno et die predictis. Ar. Garcias et Ar. Pétri, de 



1 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 145 

Il Preissano, et pro eis et mandato eorum obligaverunt 
|i te et sua quilibet in solidum, per juramentiun et publi- 
^mm instrumentum, R. Preissani, de Preissano, et 
yMaDescot de Gaux, Ber. Roqua, de Alairaco, sub pena 
i» librarum pro quolibet, quod prenominati Âr. et 
^ Ar. parebunt mandatis omnibus et singulis domini 
' episcopi ; et super hoc renunciaverunt, etc., ut supra. 
y Testes G. Gassias, G. de Na Fina, et P. Âriberti, nota- 
.. rius, qui bec scripsit. 

» 

.( LUI. — Procès contre Raymond de Niort. 

I 

i* 1. — 3 janvier 1251 (n. st.), Pomas. — Interrogatoire de Ray- 
\ mond de Niort, chevalier, par l'évêque de Carcassonne, 
inquisiteur délégué à la cause. 

Anno Domini M°CC**L®, m nonas januarii. R^"" de 
ÂniortoS miles, requisitus de veritate dicenda tam 
de se quam de aliis, vivis et raortuis, super crimine 
heresis et Valdesie, testis juratus, dixit quod nun- 
quam vidit, adoravit hereticos, nec flexit genua sua 

i. Déjà quelques années auparavant, un procès pour hérésie 
avait été fait à Tun des membres de cette famille considérable, 
Bernard Aton (Doat, XXI, fol. 34-50), qui fut condamné comme 
hérétique le 13 février 1237 (n. st.) (voy. la sentence dans Doat, 
XXI, fol. 163). Le 2 mars suivant, Guillaume, son frère, fut 
condamné à la prison perpétuelle [ibid,, fol. 164); et le même 
jour, sentence contre Guillaume-Bernard de Niort, Géraud de 
Niort et Esclarmonde, leur mère, condamnés par contumace 
[ibid.y fol. 166). Un Raymond de Niort figure dans plusieurs 
actes du temps [Hist. gén, de Languedoc y VIII, 1062, 1065, 
1135, 1141, 1193, 1194, 1263). L'excommunication d'un Ray- 
mond de Niort par l'évêque de Carcassonne fut reprochée à ce 
prélat parle sénéchal [ibid,, 1421). Probablement, c'est celui-là 
même dont le procès se déroule ici. Cf. n° XVIII. 

10 



146 REGISTRE DU GRSFFIBl 

coram eis; nec dixit eis : Benedicitej nec feâtês 
aliquam revereDdam capite incliiiato. Item^ dixit quod. 
postquam fuit ad curiam domini Pape, non vidit here- 
tioos, nec dédit eis aliquid, nec misit, nec prediotio- 
nern eorum audivit, nec reoepit, nec recipi fedt, nec 
vidit nuncium eonim nec literam, nec misit hereticis 
literam nec nuncium suum ; Dec participatioDem oec 
familiaritatem habuit cum eis, Dec cum oondempuato 
aliquo pro heresi. Requisitus de tempore que fuit ad 
curiam, dicit quod vif idus septembris, anno Domioi 
M^ GG° XLIX^ ; utrum vero ante id tempus receperit 
hereticos in terra sua vol in domo sua, vel dederit 
eis aliquid, noiuit respondere, nisi de adoratione et 
de [his] que superius continentur, licet esset pluries 
requisitus. Diccbat enim idem R''*''^ quod non teneba- 
tur respondere alicui de tempore transacto, sdlioet 
antequam iret ad curiam domini Pape, quia de omni- 
bus illis dicit se fore absolutum per dominum Papam. 
Hec deposuit apud Pomars, diocesis Garcassonensis, 
coram venorabili pâtre G., Dei gratia CarcassoneDsi 
episcopo, inquisitore super hoc auctoritate apostolica 
deputato. Testes dominus Guiraudus, capellanus de 
Aqua Viva, magister R. David, capellaDus de Tauri- 
zano, magister Rotbertus, clericus domini episoopi, 
et Pe., capcllanus domini episcopi, notarius publicus, 
qui hec scripsit. 

Item^ dixit quod fuit confessus fratri Ferrario, ordi- 
nis Predicatorum, tune inquisitore; et hostendit quao- 
dam literam qua dicebat se absolutum fuisse per 
dominum Papam. Testes propedicti. 



3. — 1249-1250. Dépositions des témoins. 

Testes circa R"^""" de Aniorto * . 



DE L'INQUTSrnON DE CARGASSONNE. 447 

II 

1^ 2* — 125 ly Carcassonne. — Assignation à la femme de Ray- 

. , mond de Niort, pour le jeudi après les Cendres (2 mars). 

g Dies est assignats uxori R*" de Aniorto die jovis 
g post Gineres, qua veniat Carcassonam. 

» 

I 

' a. — 1250. — Méfaits commis par Raymond de Niort à Tour- 
( reilles et remontant à vingt-cinq ans. 

^ AoDo Domini WGCV. ... testis juratus, dixit se 
: vidisse apud Turrelhas in Reddesio, in donoio Marcialis, 
quod R"^" de Aniorto adoravit hereticos Bernardum 
Poncii et Arnaldum Poncii hereticos, ipso teste et 
Guillelma, uxore Marcialis, presentibus et videntibus ; 
et adjecit se vidisse quod idem Ar. Poncii hereticus 
fuit baiulus dicti R"''' de Aniorto in Icdda quam con- 
suevit recipere apud Quilanum ; et morabatur tune in 
domo Johannis de Vite. De tempore, xxv anni vel 
circiter. 

b. — 2 septembre [1250]. — Méfaits commis par Raymond de 
Niort à Tourreilles et remontant à vingt-cinq ans et au delà. 

Anno quo supra, nif nonas septembris. ••• testis 
jorata, dixit quod vidit apud Turrelhas, in domo sui 
ipsius testis, Bernardum Poncii et Ar. Poncii hereticos; 
et vidit ibi similiter cum dictis hereticis K"^^ de 
Aniorto et Guiilelmum de Fontaynas; et ibi idem 
f^Ddot jç Aniorto, ipsa teste vidente, adoravit dictos 

1. On ne manquera pas de remarquer que les noms des 
témoins dont les dépositions suivent ne sont pas donnés. La 
raison en a été déjà fournie. Plus haut, n*' XVIII, note. 



148 REGISTRE DU GREFFIER 

hereticos dicendo : BenedicilCj ter flexis genibus ante 
ipsos ; et heretici respondebant in quolibet Bénédicité^ 
Deus vos benedicat; et prefati heretici recipiebant et 
colligabant leddam in molendino pro R'^''^ de Aniorto, 
secundum quod ipsi narrabant et dicebant ipsi testi. 
De [tempore], xxv anni et ultra. 

c. — V^ mai 1249. — Autres méfaits du même remontant à 
quinze ans et accomplis dans son propre château (rupes), 

Anno Domini M^GG^XLIX, kis. madii... testis jurata, 
dixit quod dum ipsa testis staret apud rupem R*^^ de 
Aniorto cum Blanca de Paracols, avia R""" de Aniorto, 
hcretica, et cum filia ejus, similiter heretica, vidit ipsa 
testis pluries dictum R"''^ de Aniorto qui tenebat ibi 
dictas hereticas visitantem dictam Blancam de Para- 
cols, aviam suam, hereticam; et ibi, ipsa teste vidente, 
adoravit dictam hereticam dicendo ter : Benedicite^ 
flexis genibus ante ipsam. De tempore, xv anni vel 
circiter. 

d, — !•' octobre 1250. — Autres méfaits du même remon- 
tant à vingt ans, accomplis par le même dans son château 
(rupes) et à Lésignan. 

Anno Domini M'*CC°L^ kls. octobris... testis jura- 
tus, dixit quod vidit apud rupem R""** de Aniorto 
in saitu, quam tenebat R°*^" de Aniorto, R"**""* Agu- 
lerium et alios multos hereticos stantes ibidem et 
tenantes publiée domicilia sua; et ibi idem R'^^'" de 
Aniorto, ipso teste vidente et audiente, intrabat in 
domum dictorum hereticorum, et visitabat eos, et 
salutabat eos, et loquebatur familiariter cum eis. De 
tempore, circiter xx annos. Item^ dixit quod, cum 
R°**" de Aniorto predictus infirmaretur graviter qua- 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 149 

P dam vice apud Lesignanum, diocesis Narbonensis, in 
i domo ecclesie dicti castri, ipse testis et Guillelmus de 
f Fontaynas accedentes ad castrum de Asilhano assump- 
% flerunt inde duos hereticos, et adduxerunt eos apud 
il Lesignanum, et introduxerunt eos in domum prefatam 
' ante predictum R""^"" de Aniorto ; et tune idem R""**"" 

de Aniorto, ipso teste vidente, de lecto surgit. 

m 

" LIV. — 17 février 1251 (n. st.), Carcassonne. — Pons Guil- 
^ laume, de Preixan, s'oblige à se mettre à la disposition de 
I Tévêque et fournit sa caution. 

) Anno Domini M**CC**L**, xm kal. marcii. Pon- 
f dus Guillelmi, et pro eo et raandato ejus Bernar- 
i dus Gili, de Preissano, quilibet obligaverunt se in 
solidum sub pena l librarum, prestito prius jura- 
mento, quod idem Poncius faciet et complebit omnem 
pem'tentiam que sibi pro crimine heresis injungetur, 
et parebit mandatis omnibus et singulis domini epis- 
oopi. Testes P. de Baure, Ar. Pétri, de Preissano, et 
P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

LV. — 27 février 1251 (n. st.), Carcassonne. — Pierre Vassal, 
de Salsigne, s'oblige à se mettre à la disposition de l'évéque 
et fournit ses cautions. 

Anno quo supra, ii kal. marcii. P. Vassal, de Sal- 
sinhano, et pro eo et mandato ejus obligaverunt se et 
sua Ber. Miquel vel Sabbater, P. Ërmengaudi et Gal- 
hardus, frater dicti P. Vassalli de Salsinhano, quilibet 
in solidum, sub pena l librarum, prestito juramento, 
quod idem P. Vassalli parebit mandatis omnibus et 
singulis domini episcopi, et ad diem seu dies sibi 
assignatas comparebit, facietque omnem penitentiam 
quam sibi dominus episcopus injunget pro crimine 



150 REGISTRE DU GREFFIER 

heretice pravitatis. Testes Johannes Furnerius et Pod- 
cius, cellararius domini episoopi, et P. Âriberti, Dota- 
riuSy qui hec scripsit. 

LVI. — 7 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 
G. Garcias, du Bourg de Carcassonne (ville basse). 

Anno quo supra, nonis marcii. Amelius de Rabas- 
tenx, Ber. Roia, Ber. Esforsat et Ber. Morret, de 
Gonchis, et P. Garcias, de Bordis, obligaverunt modo 
et forma predicta se et sua per juramentum et publî- 
cum instrumentum, sub pena l lib^arum, pro G. Gar^ 
cias de Burgo; et idem G. eadem servare juravit. 
Testes Jo. Furnerius, Ghalhau, et P. Ariberti, nota- 
nus, qui hec scripsit. 

LVll. — 8 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 

Ar. Mir, d'Arzens. 

Anno quo supra, ym^ idus marcii. Ber. Mir et 
R. Laurencii obligaverunt se simili modo pro Ar. Mir 
de Arzinco, et idem Ar. eadem se servare juravit. 
Testes fratcr G. Porta, Amelius de Arzinco, Ghalau, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LVIII. — 8 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 

Ber. Bel, d*Arzens. 

Anno et die predictis. P. de Rozeriis, P. Faure, 
R. Uzalgerii obligaverunt se simili modo pro Ber. 
Bello de Arzinco ; et idem Ber. eadem se servare et 
complere juravit. Testes predicti. 

LIX. — 9 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 

Ber. Franc, d'Arzens. 

Anno quo supra, vu"* idus marcii. P. Amelii, Ar, de 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 15t 

i Barsa, et R*"^ de Mazet obligaverunt se et sua, et modo 
i et forma superius expressa, pro Ber. Franc de Arzinco ; 

el idem Ber. eadem se servare et complere juravit. 

Testes Jo. de Grasanis, capellanus, Jo., capellanus de 
^ Arzinco, et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 



LX. — 9 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Arnaud Jourdain 
cautionne pour Ber. Jourdain, d'Arzens. 

Anno et die predictis. Arnaldus Jordani obligavit 
se simili modo pro Ber. Jordani de Arzinco, fratre 
suo; et idem Ber. eadem se servare et complere jura- 
vit. Testes magister R. David, G. Poncii, et P. Ari- 
berti, notarius, qui bec scripsit. 

LXI. — 30 mars 1251, Carcassonne. — Cautions pour R. de 
Gordoy d'Alzonne, prisonnier, autorisé à sortir de prison 
jusqu'à Toctave de Pâques (23 avril). 

Anno Domini, WCC^hW nf kal. aprilis. G. de 
G<»rdo, G. Marini, G. Morrificat de Alzona fîdejusse- 
runt pro R. de Gordo de Alzona immurato, cui data 
est licencia exeundi murum et esse extra usque in 
octabis Pasche; et tune débet redire in eumdem 
murum sine omni nova causa, non expectato mandato 
nostro ; et quod ita compleat, omnes predicti obliga- 
verunt se, sub pena l librarum, quisque in solidum, 
per juramentum et publicum instrumentum. Testes 
Ber. de Dozinco, P. de Baure, Ber. Digon, et P. Ari- 
berti, notarius, qui bec scripsit. 

LXII. — 2 avril 1251, Carcassonne. — Cautions pour Guil- 
laume-Raymond Moncade autorisé à sortir de prison pour 
un temps indélini. 

Anno quo supra, im nonas aprilis. R. Isarni vel 



152 REGISTRE OU GREPFIKR 

de Âizona, P. Rogerii, R. Boneti, Ar. Jordani, de Hos- 
solinco, obligaverunt se et sua, quilibet in solidiun, sub 
pena l librarum, pro Guillelmo Ramundi Moncade 
immurato, cui data est licencia exeundi murum, ita 
quod reddeat ad eumdem murum quando sibi înjun- 
getur vel mandabitur per dominem episcopum vel 
per alium, de mandato ejusdem vel vice ipsius; et 
complebit et faciet idem G. R. omnia et mandata et 
singula prefati domini episcopi. Testes P. de Baure, 
Ber. Digon, et P. Âriberti, notarius, qui bec scripsit. 

L\in. — 2 avril 1251, Carcassonne. — Raymond 'Martin, 
d'Alzonne, malade, est autorisé à sortir de prison jusqu'à 
Toctave de Pâques (23 avril). 

Anno et die predictis. Data est licencia R'^ Martini, 
de Alzona, immurato exeundi murum usque ad octabas 
instanlis festi Pasche propter egritudinem; et tune, 
non expectato aliquo mandato, débet redire ad eum- 
dem murum ad peragendum penitentiam pro crimine 
heretice pravitatis. Testes predicti. 

L\1V. — mai 1251, Carcassonne. — Guillaume Sabbatier, 
de Capendu, est autorisé à sortir de prison jusqu'à l'octave 
de la Pentecôte (11 juin). 

Anno Domini ftr GC LV, vu idus maii. Data est 
licencia Guillelmo Sabbaterii, de Ganesuspenso, exeundi 
murum et esse extra ubicumque voluerit usque ad 
octabas instantis festi Penthecostes ; et tune, non 
expectato mandato domini episcopi, redire débet 
in eundem murum ad penitentiam pro heresi pera- 
gcndam, nisi remaneret de ejusdem licentia spécial! ; 
et hoc se complerc et servare juravit sub pena l li- 
brarum, obligans se et sua per publicum instrumen- 



I 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 153 

M tam; et débet adducere sufïicientes fîdejussores die 
M^domiDica ad fidejubendum pro se sub eadem pena 
li^iiiper premissis. Testes magister P., officialis, P. de 
Ér ftfture, Ber. Digon, et P. Ariberti, notarius, qui hoc 
Û tGripsit. 

i| LXV. — 12 mai 1251, Carcassonne. — Guillaume Sabbatier 
^ donne ses cautions. 

U Anno quo supra, un® idus maii. Gomparuit apud 
Garcassonam Guillelnjus Sabbaterii predictus, et dédit 
fidejussores pro se Pon. de Mora et Bernardum de 
Mairat de Ganesuspenso, qui obligaverunt se per jura- 
mentum et publicum instrumentum sub forma pre- 
dicta. Testes P. de Baure, Berengarius Leonis, Ber. 
DigOD et P. Ariberti. 

LXVI. — 20 mai 1251, Carcassonne. — Prorogation de liberté 
jusqu'au samedi suivant (27 mai) pour Raymond Valguier, 
de Villar-en-Val. 

Aono quo supra, xiii^ kal. junii. Gomparuit R'^" Val- 
guerii de Vilario Yalle Danie coram domino episcopo 
Garcassone, oui diem assignavit ad diem sabbati 
proximo venturum ad redeundum in murum unde exi- 
verat de licencia ejusdem domini episcopi; et bec 
prorogatio est sibi facta ad preces... monachi de Vil- 
laloDga. 

LXVn. — 15 juin 1251, Carcassonne. — Pagane, femme de 
Pons Arnaud, de Preixan, est autorisée à sortir de prison 
jusqu'à TAssomption (15 août). Caution, Pierre G., du Bourg. 

Anno quo supra, xvn kal. julii. Data est licencia 
Pagane, uxori quondam Poncii Arnaldi, de Preissano, 



156 REGISTRE DU GREFFIER 

tiam quam sibi idem dictus episcopus duxerit îdjuo- 
gcndam ; quod nisi faoeret, prenominati solvent illam 
pecuniam ad omnimodam voluntatem domini epb- 
copi. Testes magister Ber. de Alairaco, clerictis, 
G. Gucumerisy Ber. Digon, Johannes Furaerius, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LXXI. — 8 septembre 12519 Carcassonne. — Caudons pour 
Ar. de Rezes, de Villemoustoussou. 

Anno [et die] quo supra. Ar. de Rezes, et pro eo 
et mandato ejus Ber. Escuder et Ber. Fabre, de Villa- 
mostautione, obligaverunt se modo et forma predicta 
pro eodem Ar^^ de Rezes, de Villamostautione. Testes 
magister Robertus, et Ber. Digon, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

LXXII. — 8 septembre 1251, Carcassonne. — Guillanme 
de Rezes s*engage pour Ar. de Rezes, son père. 

Item, eadem die obligavit se Guillelmus de Rezes 
eodem modo pro Àr. de Rezes, pâtre suo. 

LXXIII. — 9 septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 

G. Raseire, de Pezens. 

Anno quo supra, y° idus septembris. G. Razeire, de 
Pezinco, et pro eo et mandato ejus R. Yitalis, P. R. 
Yitalis, et Nicohiaus de Pezinco obligaverunt se et 
sua, quilibet in solidum, per prestitum juramentum, 
sub pena L librarum, quod ipse G. parebit mandatis 
omnibus et singulis domini episcopi Garcassone ; alio- 
quin prenominati solvent illam pecuniam ad omnimo- 
dam voluntatem ejusdem domini episcopi. Testes 
frater G. Porta, Jo. Furnerius, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 155 

spuictum a domino episcopo vel ab alio, looo seu vice 
jjMius domini episcopi ; alioquin prenominati quilibet 
il» solidum solvent l libras pacifiée et quiète ad 
Mhintatem domini episcopi. Testes magister R. Da- 
pdy B. Gm capellanus de Sauzenx, et P. Âriberti, 
lotarius, qui hec scripsit. Hoc etiam se servare, facere 
É oomplere juraverunt supradicti Ber. Micahelis et 
Fiissallus ; et obligaverunt se et sua in presencia tes- 
iom predictorum et plurium aliorum. 

Î33X. — 5 septembre 1251, Carcassonne. — Vassal, de Sal- 
^•igne^ à Taudience reçoit communication des charges pesant 
sur lui et assignation pour la veille de la Saint-Mathieu 
(20 septembre) pour présenter sa défense. 

Item^ anno quo supra, nonis septembris. Comparait 
^assallus, de Salsinhano ; et fuerunt sibi tradita acta 
nventa in inquisitione contra ipsum ; et fuit sibi assig- 
Hita dies vigilia instantis festi beati Mathei apostoli, 
id proponendum exceptiones et deffensiones suas 
egitimas, si quas habet. Testes frater G. Porta, fra- 
«r Boneti, G. Faure, Ber. Digon, et P. Ariberti, nota- 
i08, qui hec scripsit, et multi alii. 

jXX. — 8 septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. Narbonne, de Villemoustoussou. 

Anno quo supra, vi idus septembris. Ar. Nar- 
lona, de Villamostautione et pro eo et mandato 
jus obligaverunt se et sua, sub pena L librarum, 
Ï.Veziani, privignus dieti Ar., B. de Turribus, B. Au- 
erii, P. Ar. et Pon. Furnerii, de Villamostautione, 
|uilibet in solidum, juramento interposito, quod ipse 
kmaklus NariK)na parebit mandatis omnibus et sin- 
^ulis domini episcopi, et faciet et complebit peniten- 



i58 REGISTRE DU GREFFIER 

bronda et Âlazais, uxor P. Barroti de Bui^, obligav^ 
runt se pro Guillelma Gasneira, de Villamostaotione, 
simili modo. Testes R. Garbonelli, et R. Pétri, et 
P. Aribertiy notarius, qui bec scripsît. 

LXXVII. — 2 octobre 1251, Garcassonne. — Ber. de Brao, 
domicilié à Conques^ détenu pour hérésie, s'oblige à obéir 
aux inquisiteurs et à la pénitence. Cautions. 

Anno quo supra, vi nonas octobris. Ber. de Bnm, 
de Gonchis, qui detinebatur pro beresi Garcassone, 
juravit stare mandatis omnibus et singulis inquisitonim 
et facere omnem penitentiam et complere quam sibi 
pro dicto crimine duxerint injuDgendam ; et quod ita 
observet fîdejusserunt pro ipso R. Bernardonus, R. de 
Baucio, Pon. Bertrandi, et Martinus de Bram de Goo- 
chis, sub pena l librarum, quisque in solidum per 
juramentum et publicum instrumentum. Testes Ber. 
Digon, Johannes Furnerius, Rogerius Saumaterius, et 
P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

LXXVIII. — 2 octobre 1251, Carcassonne. — Ber. de Curtibus 
de Rupefera s'engage comme le précédent. 

Eadem die. Ber. de Gurtibus de Rupefera juravit 
idem ; et fîdejusserunt pro ipso secundum modum et 
formam predictam P. Oliba, de Rupefera, et Ber. 
Fabri, de Priveirenga. Testes Ber. Digon, P. Ariberti, 
notarius, qui bec scripsit. 

LXXIX. — 5 octobre 1251, Carcassonne. — P. At, de Mous- 
soulcns, s'engage comme le précédent. 

Item^ anno quo supra, m^ nonas octobris. Idem 
juravit P. Atb. de Mossolenx ; et fidejusserunt pro 
ipso secundum modum et formam predictam Bertran- 
dus Malpuel, G. de Gastello, P. R. de Yentak), mili- 



DS L'INQUISITION D^ GARCASSONNE. 159 

.tes. Testes Ber. Digon, Tardi, Berengarius Leonis, et 
y P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

it 

^ IXXX. — Même jour. — Viguier, de Montolieu, et Bertrand 

Malpuel s'engagent à payer 150 sous, somme que P. At 

avait reçue des hérétiques. 

I Eadem die. Vicarius de Monte Olivo et Bertrandus 

• Malpuel obligaverunt se et sua inquisitoribus in cen- 

^ ttim L solidis persolvendis in tribus vicibus, videli- 

f. oet L sol. die jovis proxima, et alios L ad aliam diem 

g jovis sequentem, et alios L ad aliam diem jovis 

7. sequentem, pro Petro At, de Mossolinco, qui rece- 

pit dictos denarios àb hereticis; et sic servarë et 

oomplere juraverunt et concesserunt fîeri publicum 

instrumentum. Testes Sancius Morlana, P. R., deVen- 

taio, et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

LXXXI. — Même jour, dans l'église Saint- Michel de la 
ville basse de Carcassonne. — Injonction à ceux de Preixan, 
Coufoulens, Cavanac, Cornèze, Leuc et Villefloure qui ont 
reçu grâce des croix d'avoir à faire les pèlerinages mineurs 
dans huit jours, les pèlerinages majeurs dans quinze jours, 
et à passer ultra mare avec le premier passage. 

Eodem die. Injunctum fuit ab inquisi[toribus] in 
ecclesia Sancti Micahelis Burgi Garcassonensis homini- 
bus de Preissano, de Gofolento, de Gavanaco, de Gorna- 
zano, de Lieuco, et de Villa Fleurano quibus fuerunt 
imposite cruces pro heresi et quibus facta est gratia 
de crucibus, quod incipiant facere peregrinationes 
minores sibi injunctas pro dicto crimine usquc ad 
ym dies, et majores^ usque ad xv dies; et in primo 
passagio transeant ultra mare qui ad hoc sunt obligoti, 

1. D'après les condamnations contenues dnnii li* tnnii' \XI 



462 REGISTRE DU GREFFIER 

LXXXVI. — 6 octobre 1251, Carcassonne. — P. Borcel, 
d'Alzonne, à Taudience, déclare vouloir défendre Peyrone, 
sa mère, dont il est Théritier; il est ajourné du dimanche 
suivant en huit jours (15 octobre) pour entendre la sentence 
contre Peyrone. 

Anno et die predictis. P. Borœli, de AIzona, compa- 
ruit Garcassonam coram inquisitore citatus ; et requi- 
situs si volebat deffendere de heresi Petronam, matrem 
suam quondam, cujus diœbat se esse heredem, dixit 
quod volebat ipsam deffendere; et fuit ei assignata 
dies de die dominica in octo diebus ad audiendum 
diffinitivam sententiam super hiis que in inquisitione 
inveniuntur contra dictam Petronam. 

LXXXVII. — 9 octobre 1251, Carcassonne. — Guillaume 
Raymond, de Ventenac-Cabardès , renonce à défendre son 
père. 

Anno quo supra, yq idus octobris. Comparait dic- 
tus 6. R"** de Ycntenaco; et requisitus si volebat def- 
fendere Ber. de Yentenaco, patcem suum, super hiis 
que de heresi in inquisitione inventa sunt contra eum, 
dixit quod non. 

LXXXVIII. — 6 octobre 1251, Carcassonne. — Grâce des 
croix est faite par Tévéque à Ulysse, de Cabaret, jusqu'à 

Noël. 

Anno quo supra, u nonas octobris. Facta est gratia 
per dominum episcopum Ulixi de Gabareto de cruci- 
bus sibi pro heresi impositis usque ad instans festum 
Nativitatis Domini; et tune, non cxpectato mandato 
ejusdem vel alicujus alterius, débet iilas cruces resu- 
mere ; et sic juravit et concessit fîeri publicum instru- 
raentum. Testes Po. Benedicti, Rogerius, canonici Car- 
cassone, et P. Ariberti, qui hec scripsit. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 161 

LXXXin. — 27 septembre 1251, Carcassonne. — 

ItenZy Ber. Pastre. 

Auno et die predictis. Ber. Pastre jura vit, etc., ut 
wpra^ et fidejusserunt pro ipso sub pena l librarum 
G. de Serra, et Ar. Garric; et obligaverunt se, et 
cetera, ut supra. Testes predicti. 

LXXXrV. — 29 septembre 1251, Carcassonne. — P. Bel et 
Ber. Bel, frères, de Rupefera, s'obligent à obéir aux inquisi- 
teurs et donnent leurs cautions. 

Aono quo supra, nf kal. octobris. P. Bellus et Ber. 
Bellus, fratres, de Rupefera, juraverunt stare mandatis 
inquisitorum, et cetera, ut supra; et fidejusserunt pro 
ipsis sub pena centum librarum Ar. Vitalis, Pon. Yita- 
lis, Ber. Vitalis fratres, P. Aimerici de Insulis, Ber. 
de Sacumba, Ber. Faber, de Rupefera ; et obligaverunt 
86 et sua, quisque in solidum, per juramentum et 
publicum instrumentum. Testes Ber. Digon, et P. An- 
berti, notarius, qui bec scripsit. 

LXXXV. — 6 octobre 1251, Carcassonne. — Guillaume Ray- 
mond, de Ventenac-Cabardès, demande jour pour délibérer 
s*il défendra Bernard son père et est assigné au lundi sui- 
vant (9 octobre) ^ . 

Anno quo supra, u"" nonas octobris. Guillelmus R"** 
de Yentenaco comparuit citatus apud Garcassonam 
ooram inquisitore ; et requisitus si volebat defTendere 
Ber. de Yentenaco, patrem suum quondam, de heresi, 
cujus per instrumentum ostendebat se esse heredem, 
dixît quod volebat diem ad deliberandum ; et fuit sibi 
dies lune assignata. 

1. Voy. n* LXXXVII. 

11 



164 REGISTRE DU GREFFIER 

Rupefera, juravit stare mandatis omnibus et singulis 
domini episcopi et inquisitorum, et faoere et oompiere 
omnem penitentiam quam sibi pro crimine heresis 
duxeriiit injungendam ; et fidejusserunt pro ipso, sub 
pena l librarum, Ber. Combes, Adam de Rupefera, 
R. Maiofa, Ar. de Gazilhac, de Insulis, quisque in soli- 
dum ; et pcr juramentum obligaverunt se et sua, et 
concesserunt fieri publicum instrumentum. Testes Jo. 
Furnerius, et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

XCII. — 28 octobre 1251, Carcassonne. — Permission est 
donnée à Virgilie, de Couffoulens, malade, de sortir de pri- 
son et de rester hors jusqu*à sa guérison. Cautions asser^ 
mentées. 

Anno Domini &rGG''Lr, y kal. novembris. Data 
est licentia Vergilie de Gofolento exeundi murum 
ubi erat intrusa pro crimine heresis, quousque con- 
valuerit et sit liberata a sua egritudine^ ; et ex tune, 
non expectato alicujus mandato, débet redire io eum- 
dem murum ad penitentiam sibi injunctam pro dicto 
crimine peragendam ; et quod ita observet fidejusse- 
runt pro ipsa, sub pena l librarum, quisque in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum se 
et sua obligantes, G. R. Flessada, P. Ber. Garreria, de 
Burgo^, G. Ros et Ber. Ros, fratres, filii dicte Vii^ilie. 
Testes Ber. Gausberti, Ermengaudus de Monte Glaro 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus haut, n° XXII, note. 

2. Bourg de Carcassonne, par opposition à la Cité ou nou- 
velle ville. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 465 

XCm. — 28 octobre 1251, Carcassonne. — P. Sanha et Guil- 
lelme, sa belle- mère, femme de Jean Bonnel, de Cuxac- 
Cabardès, s'obligent à obéir à Tévêque et aux inquisiteurs. 
— Leurs cautions assermentées. 

Anno quo supra et die. P. Sanha et Guillelma, 
socrus ejus, uxor Johannis Bonelli, de Gutsiaco, jura- 
verunt stare mandatis omnibus et singulis domini epis- 
oopi et inquisitorum, et facere et complerc penitentiam 
quam sibi pro heresi duxerint injungendam ; et quod 
ita observent obligaverunt se et sua, quisque in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum, sub 
pena centum librarum, Ber. Glerici, G. Guiraudus, 
P. Mata, Jocobus de Gutsiaco, Ar. Lebrel et P. Gatala, 
de Gutsiaco, P. Vitalis et P. Ghatmar, de Yilardonello, 
et Guillelmus Glericus, de Yillanova. Testes capellanus 
de Gutsiaco, Jobannes Furnerius, et P. Ariberti, nota- 
riuSy qui bec scripsit. 

XCIV. — 2 novembre 1251, Carcassonne. — Permission est 
donnée à Guillaume Pages, de Rupefera, gravement malade 
dans la prison de la Cité, de prendre demeure dans le Bourg, 
d'où il ne doit point s'éloigner. — Ses cautions. 

Anno quo supra, iiii nonas novembris. Gum Guil- 
lelmus Pages, de Rupefera, detineretur captus in Givi- 
tate et graviter infirmaretur, est data sibi licencia 
morandi in Burgo in aliqua domo, quousque convalue- 
rit; et inde non débet recedere sine licencia inquisito- 
rum; et mandatis omnibus et singulis eorumdem parère 
débet sine fraude ; et quod ita observet fidejusserunt 
pro ipso, sub pena l librarum, Vitalis Pagesii, frater 
ejus, Guiraudus Aprilis, et Poncius Durandi, de Rupe- 
fera, et Ar. Gauzinb, de Insulis, obligantes se et sua, 



466 REGISTRE DU GREFFIER 

quisque in solidum, per juramentum et publicum Ids- 
trumentum. Testes Ber. Gausberti^ Jo. Fumerius, Ber. 
Digon, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsît. 

XGV. — 8 novembre 1251, Carcassonne. — P. Roussel, de 
la Bastide-Rougepeyre, s'oblige à obéir à l'évéque et au 
inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anne Domini M''GG*'Lr» vi'' idus novembris. P. Roe- 
selli, de Bastîda Rogerii Pétri, juravit stare mandatis 
omnibus et singulis domini episoopi et inquisitorum 
et facerc et complere omnem penitentiam quam sibi 
pro crimine heresis duxerint iojungendam ; et quod 
ita observet fidejusserunt pro ipso Ar. Gaumar et 
G. Gaumar, fratres, et P. Gauterii de dicta Bastida, 
per juramentum et publicum instrumentum, quilibei 
in solidum, sub pena l librarum, se et sua obligaa- 
tes. Testes G. Stepbani, Amelius de Arziooo, et Ame- 
lius Garcias, de Pezinco, et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

XCVl. — 9 novembre 1251, Carcassonne. — Jean Ronel, de 
Guxac-Cabardès, s'oblige comme le précédent. 

Anno que supra, y idus novembris. Johannes 
Bonelli, de Gutsiaco, juravit idem pro se quod dictos 
P. Rosselli; et fidejusserunt pro ipso, sub pena L li- 
brarum, quisque in solidum, per juramentum et publi- 
cum instrumentum, obligantes se et sua, H^ Bdluft- 
homo, Yitalis Rogerius, Johannes Vicarius, Ber. Maury, 
P. Ghatmar, Ar. Barta et Bernardus Glerici. Testes 
frater G. Porta, Ber. Gedor, Gauterius MorIana\ clerici 
domini episcopi et scriptores, Ber. Digon, et Johannes 
Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus bas, n« CCXLV. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 467 

à 

V XCVII. — 9 novembre 1251, Carcassonne. — Pierre Daide, 

'■ de Canecaude, s'oblige comme le précédent. 

* Anno et die predictis. Petrus Daide, de Canacalida, 
a juravit idem ; et fidejusserunt pro ipso juxta predio- 
i tum modum Ber. Jordani, G. Micabelis, de Ganaca- 
i lida, et P. Fabre, de Yilardonello. Testes Ber. Digon, 
I Johannes Furnerius, et P. Ariberti, notarius, qui bec 
I scripsit. 

i XCVni. — 9 novembre 1251, Carcassonne. — Ber. Gamozenc, 
j de la Tourette, s'oblige comme le précédent. 

i Anoo et die predictis. Ber. GaDiozenc, de Turreta, 

I juravit idem ; et fidejusserunt pro ipso juxta predio- 

f tum modum G. Darros et P. Lanet, de Miravalle, modo 

j predicto. Testes predicti. 



\ 



XQX. — 17 novembre 1251, Carcassonne. — Aimeric Faure, 
d'Alzonne, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et à comparaître, 
après citation, au simple appel de ses cautions. 

Adoo quo supra, xv kal. decembris. Âimericus 
Faber, de Âlzona, juravit stare mandatis omuibus et 
singulis inquisitorum et facere [et] complere omnem 
peoitentiam quam sibi pro crimine heresis duxerint 
injungendam ; et quandocumque citetur in ecclesia de 
Alzona» licet citatio non perveniat ad ipsum, débet 
comparere coram eisdem inquisitoribus ad vocatio- 
nem seu mandatum fidejussorum suorum infrascripto- 
rum ; et quod ita compleat et observet fidejusserunt 
pro ipso, sub pena centum librarum, Po. Isarni, 
P. Bos, Rogerius Segui, Ber. Segui et P. Donuzelli, de 
Âizona, quisque in solidum, se et sua per juramentum 
proprium obligantes. Testes P., capellanus de Blu- 



168 REGISTRE DU GRSFFUR 

maco, G. Gapitisville , clericus ejus, et P. Ariberti, 
Dotarius, qui hec scripsit. 

C. — 20 novembre 1251 , Garcassonne. — P. Bellaire, des 
llhes, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, xn^ kal. decembris. P. Bellaire de 
Insulis juravit stare mandatis omnibus et singulis 
inquisitorum et facere et complere omnem peniten- 
tiam quam sibi pro crimine heresis duxerint injungen- 
dam ; et quod ita compleat et observât fidejusseruot 
pro ipso, sub pena l librarum, Âr. Gauzîoh, Vitalis 
Besseda et Âr. Turc de Insulis, quisque in soUdum, 
se et sua per juramentum proprium obligaDtes. Testes 
frater G. Porta, Ber. Digon et P. Âriberti, notarius, 
qui hec scripsit. 

CI. — 23 novembre 1251, Garcassonne. — G. Panairer, de 
Canecaude, déjà condamné à vêtir les croix, s'oblige à obéir 
à révoque et aux inquisiteurs. — Ses cautions^. 

Anno quo supra, ix kal. decembris. 6. Paoairerii, 
de Ganacalida, pro heresi crucesignatus obligavit se et 
sua, et juravit stare mandatis omnibus et singulis 
domiiii episcopi et inquisitorum, et facere et oomplere 
omnem penitentiam quam sibi pro heresi duxmot 
injungendam ; et quod ita observet et compleat fide- 
jusserunt pro ipso, sub pena L librarum, P. W. Fur- 
nerii, Ar. Hugo, pelliparius de Bui^o, quisque in soli- 
duin, se et sua per juramentum obligantes. Testes 
P. de Baure, Johannes Furnerius et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus bas, n*» CVII. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 469 

Cil. — 3 décembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 

le précédent. 

Iteniy anno quo supra, in^ nonas deceDibris. P. Bo- 
nafos, Ar. Bonafos, 6. Po. Sigui, R. Bonet de Yilar- 
donel, Jo. Sabater, Jo. Neil, R. Gaufre, de Ganacalida, 
obligaverunt se et sua sub dicta pena modo et forma 
predicta, pro dicto G. Panairerii. Testes Jo. Furnerii, 
P. Sicard de Vilal[ier], P. Ariberti. 

CIII. — 26 novembre 1251, Carcassonne. — Ar. Romeu 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, yi kal. decembris. Ar. Romcvi 
juravit stare mandatis omnibus et singulis inquisito- 
rum, et facere et complere omnem penitentiam, quam 
sibi pro crimine beresis duxerint injungendam ; et 
quod ita observet fidejusserunt pro ipso, sub pena 
L librarum, quisque [in] solidum se et sua obli- 
gantes per juramentum et publicum instrumentum, 
P. Romevi, frater dicti Ar., P. Bonafos, Ar. Bonafos, 
G. Po. Sigui, de Ganacalida. Testes Jo. Furnerius, 
Berengarius Leonis, et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CIV. — 29 novembre 1251, Carcassonne. — Guillaume 
Vilaudran s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, ni^ kal. decembris. Guillelmus 
Vilaudran juravit stare, et cetera, ut supra; et quod 
ita observet fidejusserunt pro ipso Poncius de Gumba, 
de Rupefera, senior, Ar. de Delhols, deManso, G. Gle- 
rici, de Priveirenga, sub pena lx librarum, quisque 
in solidum se et sua obligantes per juramentum et 
publicum instrumentum. Testes magister P., officialis. 



170 REGISTRE DV GREFFIER 

Guiraudus, capellanus de Âqua Yiva, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

CV. — 3 décembre 1251, Carcassonne. ^- R. Fanre, de 
Canecaude, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, iif nonas deœmbris. R. Faber, de 
Ganacalida, juravît et obligavit, et cetera; et fidejusse- 
runt pro ipso, sub pena L librarum, P. Bonafos, 
G. Pc. Segui, Ar. Bonafos, et Ar. Daide, de Ganaci- 
li(Ja, quisque in solidum se et sua obligantes per 
juranientum et publicum instrumentum. Testes JohiD- 
nés Furnerius, P. Sicardi, de Vilalier, et P. G., de 
Burgo, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

(!VI. — 3 décembre 1251, Carcassonne. — Gantions pour 
Véziade, femme de Ber. Daide, de Canecaude. 

Anno [et die] quo supra. P. Sicardi de Viialier, 
Poncius Bernardi, de Bipparia, et G. de Vilario, de 
Salsinhano, obligaverunt se et sua per juramentum et 
publicum instrumentum, pro Veziada, uxore Ber. 
Daide, de Ganacalida, quod ipsa parebit maodatis 
omnibus et singulis inquisitorum, et faciet et compte- 
bit penitentiam quam ei pro crimine heresis duxerint 
injungendam; quod nisi faceret, prenominati solvent 
L libras melgorensium ad voluntatem inquisitorum. 

(]VII. — 5 décembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 

0. Panairer, de Canecaude ^ 

Anno Domini M^ GG^ Lr, nonis decembris. Micabel 
P. Aimerici, Ar. Daide, de Ganacalida, et Po. Gavauda, 
de Conchis, obligaverunt se et sua, quisque in solidum, 

!• Voy. plus haut, n? CI. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 174 

^ sub pena l librarum, per juramentum et publicum 
iDstrumentum, pro 6. Panairer, de GaDacalida, quod 
ipse pareat mandatis oDinibus et singulis domini épis- 

"t eopi et inquisitorum, et faciet et complebit penitentiam 

'^ quam sibi pro crimiae heresis duxerint injuDgendam ; 

H et de hac fidejussione absolvimus Ar. Hug, et P. 6. 

i Forner, de Burgo, qui alias fidejusserunt pro ipso. 

I Testes Ber. Goder et G. Amelii, et P. Ariberti, nota- 

f rius, qui bec scripsit. 



t 



CVin. — 14 décembre 1251, Carcassonne. — Audiardis Pages, 
de Moussoulens , s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xix kal. januarii. Audiardis Page- 
sia, de Mossoienco, juravit et obligavit se et sua, et 
cetera, ut supra; et fidejusserunt pro ipsa G. Barrau, 
P. Vaquer, Bertrandus Gabos, G. Marti, Guillelmus 
Boerii, sub pena centum librarum, quisquc in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum se 
et sua obligantes. Testes Ber. Digon, Jo. Furnerius, 
G. Trepati, et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

QX. — 15 décembre 1251, Carcassonne. — R. Ratmir, de 
Cuxac-Cabardès, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xvnf kal. januarii. R. Ratmir, de 
Gutsiaco, juravit et cetera ; et sunt pro ipso fidejusso- 
res, quisque in solidum, sub eadem pena, per jura- 
mentum et publicum instrumentum, G. Radulpbi, Ber. 
Jo., Jacobus Maury, Martinus Rogerii, Ber. Mauri, 
Ar. Barta, de Gutsiaco, se et sua obligantes. Testes G., 
archidiaconus Garcassone, G. Gucunerii et P. Ariberti 
predictus. 



172 BEGISTRE DU GREFFUB 

ex. — 17 décembre 1251, Carcassonne. — Rixendis, de 
Bram, et Sicarde, sa sceur, de Conques, s'obligent k obéir 
aux inquisiteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, xvi kal. febniarii. Rixendis de 
Bram et Sicarda, soror ejus, de Gondiis, juravcnuit 
stare, et cetera; et fidejusserunt pro ip»8, sub 
pena centum librarum, R. de Baucio, de Villaierio, 
Martinus de Brom, et R. Bemad, de Gonchis, se et 
sua obligantes, quisque in solidum, per juramentum 
et publicum instrumentum, modo et forma predicta. 
Testes Hugo, capellanus de Villaierio, Jo., capellanus 
de Gonchis. 

CXI. — 19 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne. — P. Morret* 
à Taudience, devant les inquisiteurs, déclare ne vouloir se 
défendre; mais il nomme ses ennemis. 11 est assigné au 
dimanche suivant (20 janvier), dans Téglise Saint-Vincent, 
pour entendre la sentence. 

Anno quo supra, xim'' kal. febniarii. P. Morret 
comparuit coram magistris Radulpho et R'^ David 
iriquisitoribus, apud Garcassonam ; et requiaitus si 
volebat se deffendere de hiis que in inquisitiooe 
inventa sunt contra eum, et si volebat ea in scriptis 
recipere, dixit quod non. Item^ requisitus, dixit quod 
babebat inimicos, videlicet Ber. de Brom et aorores 
ejus, pro eo quod habuit causam cum eis super qua- 
dam aissada^; tamen postmodum pacificatum fuit inter 
eos. Itefn, Ber. Seguini est inîmicus suus, quia inter- 
fecit aliquos de consanguinitate uxoris sue. /fem, Sau- 
rina est inimica sua, quia ipsa dicebat quod habuerat 

1. Hache. 




DE L'INQUISITION DE CARGASSONNE. 473 

cum filia sua. Et requisitus si aliud volebat dicere 
l^^vel proponere ad deffeDsionem suam, dixit se nichil 
ud scire ; et fuerunt sibi publicata dicta testium in 
uisitione contra ipsum inventa, in presencia domini 
^ppisoopi et dictorum inquisitorum, magistri P., ofli- 
iis, P., capellani de Rupefera, J., capellani de 
iosulis, et P. Ariberti, et multorum aliorum. Et facta 
Ipoblicatione, iterum fuit requisitus semel, secundo et 
tertio, si volebat aliquid aliud dicere ad deffensionem 
auam vel aliquas légitimas cxceptiones proponere, 
dixit quod non, nisi sicut dixit. Et fuit sibi assignata 
dies super hiis que inventa sunt contra eum in inqui- 
sitîone et sibi publicatis in presencia predictorum, hac 
f instanti die dominica, ad audiendum difïinitivam sen- 
' tentiam in ecclesia Sancti Vincencii in Burgo. 



CXII. — 22 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne. — P. Morret 
et Ber. Morret, de Conques, s'obligent à obéir à Tévêque et 
aux inquisiteurs. — Leurs cautions^. 

Anno Domini M^CC^LP, xf kal. februarii. P. Mor- 
ret et Ber. Morret, de Gonchis, obligaverunt se et 
sua per juramentum et publicum instrumentum quod 
ipsi parebunt mandatis omnibus et singulis inquisi- 
torum et domini episcopi, et facient et comple- 
bunt omnem penitentiam quam sibi pro crimine 
heresis duxerint injungendam; et fidejusserunt pro 
ipsis, sub pena centum librarum, B. R^', sabaterius, 
de Burgo, G. Garcias, P. Engarabou, et Poncius Enga- 
rabou, de Burgo, se et sua, quisque in solidum, obli- 
gantes per juramentum et publicum instrumentum. 

1. Voy. le n** suivant. 



474 REGISTRE DU GREPPRER 

Testes P. de Brugairolis, capellanus, magister Gu^ 
cîas, Jo. Furnerius et P. Âriberti, notarius, qui bec 
scripsit. 

CXIII. — 23 janvier 1252 (n. st.), Garcassonne. — Cantîoos 

pour les précédents. 

Anno quo supra, x kal. febraarii. Ber. Molinerii, 
R. de Arzinco, Âmelius de Rabastenx, P. Roia, de 
GoDchis, obligaverunt se pro dictis fratribus, modo et 
forma superius expressa. Testes Johannes Fornerii, et 
P. Âriberti, notarius, in presencia ioquisitorum. 

C\1V. — 21 janvier 1252 (n. st.), Garcassonne. — P. At, de 
Moussoulens , s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions * . 

Anno quo supra, xn kal. februarii. P. At., de Mos- 
solenco juravit stare mandatis inquisitorum, et facere 
et complere omnem pehitentiam quant sibi pro cri- 
mine hercsis duxerint iojungendam; et propter hoc 
obligavit se et sua sub pena œntum librarum per 
juramentum et publicum instrumeotum ; et fidejusse- 
runt pro ipso sub eadem pena Bertrandus Maipuelli, 
miles, Guillelmus Amelii, P. Vaquerii, de Mossolinco, 
Po. de Mossolinco, de Monte Regali, quisque se et sua 
in solidum obligantes per juramentum et publicum 
instrumentum. Testes magister P., officialis, R. Senber, 
de Arzinco,...^, capellanus Sancti Vincencii, et P. Ari- 
berti, notarius, qui bec scripsit. 

1. Voy. plus haut les n" XLV, LXXIX. 

2. Le nom du curé de Saint- Vincent manque dans le ms. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 4*75 

' CXV. — 28 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne. — Ermengaud 
* de Villatraver, de Montréal, s'oblige à obéir aux inquisi- 
teurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M^CC^Lf, v^ kal. februarii. Ermen- 
H gaudus de Yillatraverio, de Monte Regali, jura vit stare 
""1 et parère mandatis omnibus et singulis inquisitorum 
il et facere et complere omnem penitentiam quam sibi 
^1 pro crimine heresis duxerint injungendam ; et super 
î[ hoc obligaverunt se et sua per juramentum et publi- 
cum instrumentum, et Bdejusserunt pro ipso, sub pena 
L librarum, R. Senher, de Arzinco, et Guillelmus de 
Mirapisce, de Monte Regali, quisque in solidum se et 
i sua obligantes per juramentum et publicum instru- 
I mentum. Testes Sicardus de Yilatraver, Johannes 
Fornerius et P. Ariberti, qui bec scripsit. 

» CXVI. — 2 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Amelius 
1 Garcia, de Pezens, s'oblige comme le précédent. Il est cité 
I pour le lundi après Letare (11 mars). 

Anno quo supra, mf nonas februarii. Amelius Gar- 
cia, de Pezinco, juravit, et cetera ; et obligavit se et 
sua ad parendum mandatis omnibus et singulis inqui- 
sitorum; et fidejusserunt pro ipso, sub pena cen- 
tum librarum, quisque in solidum, Ber. de Puteo, de 
Fontiano, et R. de UImo, de Fontiano, se et sua per 
juramentum proprium et publicum instrumentum 
obligantes. Actum in presencia domini episcopi et 
inquisitorum, Ber. de Solerio et P. Ariberti, notarii. 
Et est dicto Amelio assignata dies feria ii* post Letare 
Jherusatem ad comparendum coram inquisitoribus 
apud Garcassonam, et confitendum super hiis que de 
heresi inveniuntur contra ipsum. 



176 RBCISTRE DU GREFFIBR 

CXVII. — 6 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Arnaud et 
Raymond y d^Aragon, s'obligent à obéir à l'évéque et an 
inquisiteurs. — Leurs cautions. 

Ânno quo supra, vnf idus febniarii. Amaudus et 
l|ndui pg]^^ fratres, de Âragone, obligaverunt se et saa 
per juramentum et publicum iDstrumentum quod ipsi 
parebunt mandatis omnibus et singulis inquisitorum 
et domini episcopi ; et facient et compiebunt peniteo- 
tiam quam ipsi pro crimine [heresis] eis duxerint îdjod- 
gendam ; et fidejusserunt pro ipsis sub pena centuin 
librarum Martror de Âragone, 6. Escafre, magisterAr. 
R., fier. Reissavi, Ar. Maur, 6. Boneti, de Aragone, et 
P. Régis, de Gaudabronda, quilibet in solidumseet 
sua obligantes per juramentum et publicum instru- 
mentum. Testes Johannes Fumerius et multi alii et 
P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

CXVllI. — 9 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Pons 
Gironde, de Saissac, s'oblige comme les précédents. 

Anno Domini M"" GG'' L"" V, v idus februarii. Pou- 
cius Gironda, de Saxiaco, juravit etc.; et fidejusserunt 
pro ipso sub pena l librarum Ber. Fabre de Graza- 
nis, de Burgo, G. Bonafilha, et Ar. de Caucer, de 
Saxiaco, se et sua etc. obligantes. Testes [Je] Mos- 
sairo, Ber. Gausberti, et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

CXIX. — 9 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — G. Martin» 
de Moussoulens, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis^ G. Martini, de Mossolinco, 

1. A la marge : De MossoUnco. 



DE L'INQUISITION DE CARGASSONNB. 177 

juravit, etc.; et fidejusserunt pro ipso sub pena l li- 
brarum Ber. Faure, Berengarius Bota, Ber. Martini, 
Johannes Martini, de Mossolinco, modo et forma pre- 
dicta. Testes Ber. Gausberti, Johannes Furnerius et 
P. Âriberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXX. — 10 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — P. Vesola 

s'oblige comme le précédent. 

Ânno quo supra*, mi® idus februarii. P. Vezola 
juravit stare, etc.; et pro eo fidejussit Johannes Mos- 
Éairo, Ber. Fabri de Grazanis, de Burgo, G. Bonafilia, 
de Saxiaco, sub pena l iibrarum modo et forma pre- 
dicta. Testes Ar. de Gaucer, R. Durandi, et Johannes 
Furnerius. 

CXXI. — 10 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — K, de Cancer 

s'oblige comme le précédent. 

Item^ anno et die predictis. R. de Gaucer juravit 
etc.; fidejussit pro ipso, sub eadem pena et forma, 
Johannes Mossairo, P. Vezola, Ber. Fabri de Grazanis, 
6. BonaQIia, et Arde Gaucer, et Johannes Furnerius, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXXII. — 23 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Gencer, 
veuve de Ber. Folquier, de Pezens, s'oblige comme le pré- 
cédent. 

Anno quo supra ^, yn^ kai. marcii. Gencer, uxor 
quondam Ber. Foiquerii, de Pezinco, juravit etobligavit 
se, etc.; et fidejusserunt pro ipsa sub pena L Iibrarum 
quisque in solidum, se et sua obligantes per juramen- 
tum et pubUcum instruraentum Johannes Basser, Ar. 

1. A la marge : De Saxiaco. 

2. A la marge : De Pezinco. 

12 



178 REGISTRE DU GREFFIER 

Gairais, Stephanus Barrot, de Burgo, et R. Folquerii, 
filius dicte Gencer. Testes Jobanoes Fomerius et 
P. Ariberti. 

CXXIII. ~ 24 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Ber. 
Tarassan, mercier du Bourg, à Taudience, déclare ne vou- 
loir pas se défendre; mais il nomme ses ennemis. 11 est 
assigné pour le mardi suivant (26 février). 

Anno Domini IVf CC* LP, yi** kal. mardi. Ber. Taras- 
sana, mercerius, de Burgo, comparuit coram magis- 
tro R. David, inquisitore; et requisitus si vult se 
deffendere de hiis que in inquisitione inventa sunt 
contra eum et vult ea in scripturis recipere, dixit 
quod non. Item^ requisitus si habet inimicos, dixit 
quod sic : Dulciam, uxorem Poncii Gairet, et ipsum 
Poncium; aiios inimicos non dicit se habere. Et fuit 
sibi dies martis proxima assignata ad proponendum 
et properandum (sic) causas iniinicitiarum predicAa- 
rum, et ad dicendum quioquid dicere voluerit ad def- 
fensionem suam. 

CXXIV. — 24 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Etienne 
Gairaud, de Villegly, non cité, corrige son ancienne confes- 
sion. 

Anno quo supra \ \f kal. marcii. Stephanus Gai- 
raudi, de Villaiglino, rediit per se non citatus nec 
vocatus coram magistro R. David, inquisitore; et dixit 
quod quondam confessus fuerat seu dixerat in confes- 
sione sua que non erant vera, videlicet quod G. Dozil 
numquam vidit cum hereticis, nec adorantem, nec 
eorum predicationes audientem, licet in oonfessioDe 
sua ipse testis hoc dixerat ad suggestionem Guillelmi 

1. En regard, à la marge : De VUaiglino. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 479 

Rogerii, qui dixit sibi in hune modum : c Dicatis quia 
^o dixi. > Et predicta revocat ipse testis propter hoc 
Cjuia, cum idem testis rediisset de confessione sua apud 
VillaigHnum , dictus G. Dozil quesivit ab ipso teste 
quid dixerat; oui ipse testis respondit quod posuerat 
ipsum in scripto; et tune G. predictus dixit : c Quis 
seductor potuit me ponere? > Et ipse testis respondit 
quod hoc fecerat de consilio G. Rogerii. Hec deposuit 
apud Carcassonam, coram magistro R. David, inqui- 
sitore. Testes Johannes Furnerius, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

CXXV. ^ !•' mars 1252 (n. st.), Garcassonne. — P. Gras, 
d* Aragon > s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — - Ses cau- 
tions. 

Ânno quo supra, kalendis marcii. P. Grassi de Ara- 
gone jura vit, etc.; et Bdejusserunt pro ipso P. Rogerii, 
de Vallegosa, R. Daide, Ber. Rogerii, G. Bonet, sub 
pena l librarum, se et sua obligantes per juramentum 
et publicufh instrumentum juxta predictum modum. 
Testes Je. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CXXVl. — 9 mars 1252 (n. st.), Garcassonne. — P. de Ber» 
riaco refuse de répondre sur l'authenticité de la lettre 
d'après laquelle Guillaume Nègre aurait purgé sa sentence ; 
retenu dans la prison épiscopale, il la dit fausse. Il est assi- 
gné au lundi après la Passion (18 mars). 

Anno Domini M'^CC® LP, vu'' idus marcii. P. de Ber- 
riaco comparuit coram inquisitoribus ; et requisitus si 
crédit litteram confectam super purgatione Guillelmi 
Nigri esse veram, noiuit respondere pluries requisi- 
tus; et est sibi injunctum, in virtute prestiti juramenti, 
quod non exeat domum episcopalem quousque res- 



480 REGISTRE DU GREFFIBR 

ponderit; et post aliquod intervallum respondit et 
dixit se non credere dictam litteram esse veram ; cré- 
dit tamen duo sigilla appensa esse vera, et scriptoreni 
qui eam scripsit esse verum et legalem ; et fuit sibi 
dies assignala die lune post dominicam de Passione 
ad probandas causas falsitatis predicte littere. 

CXXVII. — 11 mars 1252 (n. st.), Carcassonne. — Vital 
Amdeu s*oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions ^ 

Anno quo supra, v idus marcii. Vitalis Amdeu, 
filius quondam R. Vitalis, de Mossolinco, juravit stare 
mandatis inquisitorum et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas ; et fidejusserunt pro ipso Ar. Vitalis, 
Bertrandus Gabos et Guillelmus Barra vi, de Mossolinco, 
sub pena L librarum se et sua per juramentum obli- 
gantes juxta formam predictam. 

CXXVIII. — 15 mars 1252 (n. st.), Carcassonne. — Lombarde 
et Raymond Roger, de Preixan, s'obligent à obéir aux inqui- 
siteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, idibus marcii. LiOmbarda et R"*^' 
Rogerii de Preissano juraverunt^ etc.; et fidejusserunt 
pro ipsis sub pena et forma predictaP. V^. Gorralis, de 
Burgo, Ja. Suola, de Aladerno. Testes V^. F., capella- 
nus de Floirano, et P. Ariberti, coram inquisitoribus. 

CXXIX. — 29 mars 1252, Carcassonne. — Ar. de SoleriOy à 
Taudience, demande jour pour se défendre ou avouer. Il est 
assigné au lundi après Toctave de Pâques (8 avril). 

Anno quo supra ^, Y kal. aprilis. Ar. de Solerio 

1. Voy. plus haut, n« XL VIL 

2. Ms. : juravit, 

3. L'année commençant le 25 mars, il faudrait : Anno 
M<* ce* LIP. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 181 

oompaniit coram inquisitoribus; et requisitus si vult se 
deffendere de hiis que in inquisitione inventa sunt 
contra eum, et si vult ea in scriptis recipere, petiit 
diem ad deliberandum ; et est sibi assignata dies feria 
n^ post octabas Pasche, vel ad (^effendendum vel ad 
confitendum. 

CXXX. — 29 mars 1252, Carcassonne. — Ber. Buade et 
P. Buade frères, de Salsigne, s'obligent à payer 10 livres 
pour leur père mort, auquel il avait été ordonné de faire le 
voyage de Terre Sainte. 

Anno et die predictis. Ber. Buada et P. Buada, de 
Salsinhano, pro se et fratre suo, juraverunt se solutu- 
ros X libras pro pâtre suo defuncto, oui erat injunctus 
transitus transmarinus, in recompensationem illius 
transitus ; et hoc debent facere usque ad Âscentionem 
Domini; et fidejussit pro ipsis bona fide Pon. Ghatmar, 
de Rusticanis. Persolverunt totum. 

ex XXI. — 14 avril 1252, Carcassonne. — R. Sabatier, du 
Bourg, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M^CC^Lir, xwif kal. maii. R. Saba- 
terii, de Burgo Garcassone, juravit stare mandatis inqui- 
sitonim, et facere et complere penitentiam quam sibi 
inquisitores pro crimine heresis duxerint injungen- 
dam; et fidejusserunt pro ipso, sub pena centum 
librarum quisque in solidum per juramentum et publi- 
cum instrumentum, Poncius Faber, filius dicti R"", 
G. Ar., petrarius, Ar. de Baba, G. de Masselia, P. Ber., 
P. Bonus Homo. Testis G. Ar., scriptor, G. Martini, 
scriptor, Jobannes Furnerius, Galba vus et P. Ariberti, 
notarius, qui bec scripsit. 



182 REGISTRE DU GREFFIER 

CXXXII. — 15 avril 1252, Carcassonne. — Blanche, femoK 
de Ber. d'Alairac, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Ânno quo supra, xvn kai. maii. Blanqua, uxor Ber. 
de Âlairaco, de Âragone, comparuit coram inquisho- 
ribus et juravit se parituram omnibus mandalis et 
singulis inquisitorum et facere et complere penitentiam 
quam sibi proheresi injungetur; fidejussenint pro ipsa, 
sub pena L librarum, per juramentum et publicum 
instrumentum, Ber. de Alairaco predictus et Ber. Ton- 
deire, de Aragone. Testes R. Helias et P. Gat, de Monte 
Olivo, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXXXin. — 17 avril 1252, Carcassonne. — Etienne Gaynnd, 
de Villegly, détenu, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — 
Ses cautions. 

Anno quo supra, xvkal. maii. Stephanus Gainiadi, 
de Villaiglino, detentus pro heresi, juravit facere et 
complere penitentiam quam sibi pro heresi injungetur 
et parère mandatis omnibus et singulis inquisitorum. 
Fidejussores G. Gairaudi, Jordanus de Sancto Mameto, 
R. Quinta, de Villaiglino, G. Pagesii, de Vilari Longo, 
se et sua, quisque in solidum, per juramentum et 
publicum instrumentum obligantes, sub pena L libra- 
rum. Testes Jo. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

CXXXIV. — 19 avril 1252, Carcassonne. — G. Arnaud, 
notaire du Bourg, s\)l)ligc à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xui kal. maii. G. Ar., scriptor 
Burgi seu notarius, juravit parère mandatis ooinibus 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 183 

et singulis inquisitorum et domini episcopi sub pena 
oentum librarum; et sub pena illa fidejusserunt pro 
iipBO quisque in solidum per juramentum et publicum 
iostrumentum, P. Hug, de Tribus Bonis, P. Âr., R. de 
GaianOy Johannes Pelliterii et P. Martini. 

CXXXV. — 22 avril 1252, Carcassonne. — P. Bernard, de 
Montëgut, à l'audience, déclare vouloir se défendre ^ 

26 avril. — 11 nomme ses ennemis. 

29 avril. — Il reçoit les accusations par écrit, et est assi- 
gné au dimanche suivant (5 mai). 

4 novembre. — Il déclare s'en tenir à ce qui a ^té dit. Il 
est assigné au dimanche suivant (10 novembre), dans l'église 
Saint-Michel, pour recevoir sa pénitence. 

Anno Domini M^'GCLIP, x kal. maii. P. Bernardi 
de Monte Acuto comparuit coram inquisitoribus ; et 
requisitus si vult se deffendere de hiis que in inquisi- 
tione inventa sunt contra eum et si vult ea in scriptis 
redpere, dixit quod sic. 

Itenij requisitus si habet inimicos, dixit se nescire, 
8eft recordabitur, ut dicit. Et est ei assignata dies 
veneris ad nominandum inimicos et dicendum causas 
inimiciciarum et ad recipiendum dicta testium, qui in 
inquisitione deposuerunt contra eum. 

Iterriy dicta die comparuit P. Ber., et nominavit pro 
inimico suo Rogerium Bonum Mancipium, deBurgo, pro 
eo quod quadam vice habuit verba litigiosa secum pro 
lateribus^; et nuUum alium inimicum voluit nominare. 

Itenij requisitus, dixit quod non poterat probare 
dictas inimicicias. 

1. Voy. le numéro suivant. 

2. Caractères magiques probablement. Voir le mot Lateres 
dans Du Gange. 



184 REGISTRE DU GREFFIER 

Item^ requisitus si volebat acta recipere, dixit quod 
volebat de hoc deliberare. Dixit etiam quod duo aoni 
et dimidius suât vel m aaui, quod ipse habuit dic^ 
verba cum dicto Rogerio. Et est sibi dies lune assig- 
nata ad deliberandum utrum velit acta recipere et ad 
dicendum que dicere voluerit ad deffensionem suam. 

Qua die comparuit, et dixit quod volebat se def- 
fendere et recipere acta; et est sibi dies assignata 
usque ad diem dominicain quod possit dicere quicquid 
voluerit ad deffensionem suam qualibet die ; et infra 
illam diem non proposuit ad defensionem suam. Et 
postmodum plures assignationes sibi facte fuerunt ad 
proponendum quicquid vellet ad defensionem sui. 
Demum, feria iiii'' post festum Omnium Sanctorum, 
prediclus P. Ber. comparuit coram magistro R. David, 
inquisitore ; et requisitus si aliquid volebat proponere 
ad defensionem sui contra testes receptos in inquisi- 
tione contra ipsum, dixit quod non, nisi ea que supe- 
rius proposuerat. Et est sibi assignata dies dominica 
proxima ad recipiendum penitentium super crimine 
heresis in ecclesia Sancti Michaelis. Et ista assignatio 
fuit sibi facta sub pena G librarum et prestiti jura- 
menti. 

CXXXVI. — 22 avril 1252, Carcassonne. — P. Bernard, de 
Mont^^gut, s'oblige à obéir à l'évoque et aux inquisiteurs. — 
Ses cautions ^ 

Annoetdie predictis. P. Ber., de Monte Acuto, jura- 
vit stare et parère mandatis omnibus et singulis domini 
episcopi et inquisitorum, et facere et complere peni- 
tentiam quam ipsi pro heresi sibi duxerint injungen- 

1. Voy. le numéro précédent. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 185 

dam; et constituerunt pro ipso se fidejussores per 
juramentum et publicum instrumentum, sub pena cen- 
tum librarum, G. Ar., notarius, et Johannes de Monte 
Acuto, quisque in solidum. Testes G. Stephani et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXXXVII. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ar. Olier s'oblige 
à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, vu kal. maii. Ar. Olerii juravit 
parère mandatis omnibus et singulis inquisitorum. 
Fidejussores pro ipso, sub pena l librarum, per jura- 
mentum et publicum instrumentum, quisque in soli- 
dum, P. Pautus, R. Garini, W. Martini etW. Gairaudi. 
Testes Jo. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CXXXVIII. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ber. Pelât 

s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ber. Pelât juravit, etc.; et 
pro co, sub eadem pena, modo et forma predictis 
fidejusserunt R. Bertrit, Poncius de Baure, Ar. Robini. 
Testes predicti. 

CXXXIX. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ar. Benoît, de 
Villardonnel , s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno et die predictis. Ar. Benedicli, de Yilardonello, 
juravit, etc.; et pro eo fidejussit, sub eadem pena et 
forma, W. Amelii, P. Faber, Ber. Aosten, et Ber. 
Moscallo. Testes predicti. 

CXL. — 25 avril 1252, Carcassonne. — P. Barrot, de Ville- 
moustoussou, s'oblige comme le précédent. 

Anno Domini M"" GG'' LU'', vu kal. maii. P. Barroti, 



186 REGISTRE DU GREFFIER 

de Villamostautione, juravit, etc., ut supra. Fidejus- 
sores pro ipso sub peoa l librarum, quisque in solî- 
dum, per juramentum et publicum iDstrumentuaiy 
W. Barrot, Ber. Alegre, W. de Rezes, se et sua oblî- 
gantes. Testes Ber. Digon et P. Âriberti, notarius, 
qui bec scripsit. 

CXLI. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Roger Gayraud, de 
Pradelles-en-Val, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Rogerius Gairaudi, de Pradel- 
lis, juravit, etc.; et fîdejusserunt pro ipso, sub pena 
L librarum modo et forma predicta, Âr. Gairaudi, R. 
de Podio, Micahelis Regafre, Âr. Sirven, Ar. Aoiric, 
P. Gondalbert. Testes R., capellanus de Pradelis, Ber. 
Digon, et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

CXLII. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ber. Airover s'oblige 

comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ber. Airoverii juravit, etc.; 
et obligavit; et pro ipso fidejussores modo et forma 
predicta fîdejusserunt Ber. Arroverii et omnes prope 
dicti. Testes predicti. 

CXLIII. — 27 avril 1252, Carcassonne. — Imposition de 

croix à Fornière. 

Anno quo supra, v kal. maii. Injunctum est Forne- 
rie quod portet cruces débite quaatitatis, secundum 
quod ei injunctum est; alioquin a die lune in antea 
abstineat ab ingressu ecclesie. 

CXLIV. — 22 mai 1252, Carcassonne. — Barbairan, de la 
Bastide-Esparbeireiaque , s'oblige à obéir aux inquisiteurs. 
— Ses cautions^. 

Anno Domini M^CC^Lir, xi^ kal. junii. Barbairanus 

1. Voy. le numéro suivant. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 187 

I de Preveirenga juravit slare mandalis inquisitorum et 

i venire ad diem et ad dies sibi assignatas, et parère 

I mandatis omnibus et singulis eorumdem inquisitorum. 

I Fklejussores pro ipso, sub pena l librarum, per jura- 

I mentum et publicum instrumentum , Âr. Faber vel 

, Gapdefer, P. Faber, Bernada Fabressa, fratres dieti 

I Barbairani, et P. Cotellerii, de Preveirenga. Testes Jo. 

^ Fornerius, Ber. Digon, P. de Brugairolis, capellanus, 

I et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

î CXLV. — 24 mars 1255, Carcassonne. — Barbairan s'oblige 
à accomplir toute pénitence qui lui sera imposée. — Ses 
cautions ^ 

Anno Domini M^GG^LV^, in vigilia Annunciacionis 
Dominice. Barbairanus juravit, etc., ut supra, et com- 
plere omnem penitentiam sibi vice alia injungendam. 
Fidejussores pro ipso [per] juramenlum, P. Faber, 
nepos dicli Barbairani, et Pon. Molinerii, de Prevei- 
rencis, sub pena predicta. 

CXLVI. — 14 juin 1252, Carcassonne. — P. Guibert, de la 
Bastide-Esparbeirenque, détenu, s'engage à accomplir toute 
pénitence qui lui sera infligée. — Ses cautions. 

Anno Domini M'GG^LIf, xvm" kal. julii. P. Guit- 
berti, de Preveirenga, captus et detentus, juravit stare 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum et facere 
et complere omnem penitentiam quam sibi pro beresi 
duxennt injungendam. Fidejussores pro ipso, sub 
pena L librarum, Adalbertus, Pon. Agrefol, P. Johannis, 
Ber. Gandela, se et sua quisque in solidum obligantes. 
Testes P., capellanus domini episcopi, Hugo, sub- 

1. Voy. le numéro précédent. 



188 REGISTRE DU GREFFIER 

capellanus de Rupefera, et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

CXLVII. — 17 juin 1252, Carcassonne. — G. Roger, de Vill^ 
g\y, s'oblige à prendre passage pour deux ans. — Se* 
cautions. 

Anno quo supra, xvkaK julii. G. Rogerii, de Villai- 
glino, juravit se transfretaturum in proximo passagk) 
ad duos annos, sub pena centum libranim ; et fidejuy 
serunt pro ipso sub eadcm pena, per juramentuni et 
publicum instrumentum, G. de Turibus et R., filios 
ejus, et Ber. Aosten de Podio Nauterio, quisque io 
solidum se et sua obligantes. Testes Ber. Digon, P. R. 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

ex L VIII. — 18 août 1252, Carcassonne. — Pons Vital, de 
Conques, payera le samedi suivant (24 août) 20 livres tournois 
pour son oncle, Jean Vital, obligé au passage pour cinq ans. 

Anno quo supra, xy kal. septembris. Pontius Vitalis, 
deConchis, comparuit coram magistro R. David, inqui- 
sitore, et recognovit se esse heredem una cum P. Vi- 
tali, fratre suo nune defuncto, Johaonis Yitalis, avun- 
culi sui, cui injunctum fuerat ad quinquenniuin 
passagium transmarinum ; et mandatum fuit ei quod 
in sequenti die sabbati satisfaciat pro ipso pro reoom- 
pensatione ejusdem passagii in xx libns turonensium. 

CXUX. — 25 août 1252, Carcassonne. — Arnaud Aosten, 
de Villardonnel, s'engage à payer avant la Saint-Michel 
(29 sept.) 10 livres tournois « pro passagio transmarino. » 

Anno Domini »rCC°LIP, viii** kal. septembris. 
Arnaudus Aosten, de Yilardonello, juravit solvere pro 
se usque ad instans festum Sancti Micahelis pro pas- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNS. 489 

I sagio transmari no x libras turonensium vel melgo- 
. rensium. Fidejussit pro ipso [per] juramentum Ber. 
Aosten, frater ejus. 

* CL. — 26 août 1252, Garcassonne. — Ar. Faure, de Saissac, 
ajoute à sa confession précédente et déclare vouloir se 
défendre. Il est ajourné au lendemain ^ 

! Anno quo supra, yn'^ kal. septembris. Ar. Faber, 
quondam de Monte Olivo, nunc de Saxiaco, comparuit 
ooram magistro R. David, inquisitore ; et requisitus si 
volebat aliquid addere confessioni sue, dixit quod sic, 
Yidelicet quod apud Montem Olivum, in domo Ber. 
Gairveufe, vidit P. Fabrum et socium suum hereticos, 
presentibus dicto Ber. et Johanna, uxore ejus. Inter- 
rogatus dixit se non recordari si ibi adoraverunt dic- 
tes hereticos et si vidit alios adorantes. De tempore 
non recolit. 

Item^ apud Montem Olivum, in domo Ar. de Rivello, 
vidit propedictos hereticos, quos ipse testis et dictus 
Ber. Gairveufa adduxerunt ibi, presentibus dicto Ar. 
et Willelma, uxore ejus, et Willelma, uxore dicti Ar. 
Interrogatus dixit se non recordari si vidit se et aHos 
ibi adorantes. De tempore quod supra. 

Item, interrogatus si unquam alibi vidit hereticos, 
dixit quod sic, in domo Pétri Beg, propedictis hereti- 
cis presentibus, P. Beg et Ermessenda, uxore ejus. Et 
vidit ibi Ar. Bacia qui adduxit cum ipso teste dictos 
hereticos, quos Matheus Johannis tradiderat eidem 
testi apud portam dels QtULtre. 

Interrogatus si adoravit dictos hereticos et vidit 
alios adorantes, dixit se non recordari. Et post duos 

1. Voy. plus haut, n^ XIX. 



190 REGISTRE DU GREFFIER 

dies ipse testis et dictus Ar. eduxerunt inde illos here- 
ticos et tradiderunt eos Rainerio^ qui reoessit caro 
eîs. De tempore quod supra. 

Interrogatus dixît quod alibi non vidit heretioos, 
oec scit aliud de se vel de aliis, nisi sicut dictum est. 

Interrogatus dixit quod numquam vidit aliquam 
personam herelicam, nec interfuit hereticationi Guil- 
lelme Silve, sororis sue, uxoris quondam Willelmi 
Molinerii ; nec aliquo tempore vidit heretioos in domo 
ejusdem Willelmi. 

Requisitus si vult se deffendere de hiis que in inqui- 
sitione inventa sunt contra eum, dixit quod sic. lalet- 
rogatus si vult ea in scriptis recipere, dixit quod non. 
Et est dies crastina sibi assignata ad plura dicenda. 

GLI. — 3 septembre 1252, Garcassonne. — Arnaud Faore, de 

Saissac, ajoute à sa confession'. 

Item, anno quo supra, iif nonas septembris. Dictus 
Ar. testis juratus addidit confessioni sue dicens quod 
ipse testis et G. Molinerii, sororius suus, adduxerunt 
quadam vice ad domum ejusdem 6., apud Montem 
Olivum, P. Fabri et socium suum G. Carcasses, her&- 
ticos, ad hereticandum Willelmam Silvani, sororem 
suam, uxorem dicti G.; et ibi dicti heretid htretica- 
verunt secundum ritum suum eandem 6^ in egritu- 
dine qua decessit, presentibus dicto Guillelmo et ipso 
teste, qui faci[eb]at custodiam ad hostium domus ne 
aliquis posset ibi supervenire. De tempore, circiter 
xmi annos. ' 

1. Entre les lignes : M.^ qui signifie mortuua, 

2. Voy. le numéro précédent et le n^ GLI II. 



DE L'INQUISITION DE GÀRGAS80NNE. 191 

Itenij apud Montem Olivum Matheus Johannis ^ venit 
ad ipsum testem, quod accederet apud Palumberias 
ad dictum fratrem suum et Terrenum de Silva here- 
tioos; quod ipse testis fecit; et invenit dictos bereticos 
et adduxit eos inde in domum Pétri de Fontercio^ et 
Guillelme Isarne^, que recepit eos ad preces ipsius 
testis; et vidit ibi cum eis dictum P. et Isarnam, uxo- 
rem ejus, et dictam Guillelmam et Guillelmam Diur- 
oam, aocillam domus ; et ibi ipse testis adoravit dictos 
bereticos et vidit alios adorantes et bibit cum eis. Et 
post duos dies ipse testis et Willelmus Terreni eduxe- 
runt eos inde et associaverunt eos usque ad vineas de 
Cabrairissa ^ ; et ibi, in recessu, ambo adora verunt 
eos; et ipse testis accepit pacem ab eis. De tempore 
quod supra. 

Item^ de mandato Ber. Guilaberti, de Saxiaco, ipse 
testis venit apud Saxiacum ad dictum hereticum, 
qui tradidit sibi quoddam rest ^ de tructis ; et ambo 
iverunt ad domum Âr^^ Pondi ejusdem castri, ubi 
ÎQvenerunt P. Fabri et socium suum bereticos , et 
dederunt eis dictas tructas, presentibus dicto Ar. et 
Guillelma, uxore ejus; set ipse testis non adoravit nec 
vidit adorari; et de nocte ipse testis et dictus Ber. 
eduxerunt inde dictos bereticos et duxerunt eos ad 
domum ejusdem Ber.; et eadem nocte, ipso teste ibi 
rémanente, dictus Ber. recessit cum illis hereticis et 
duxit eos alicubi in villa. De tempore quod supra. 

1. Entre les lignes : M., qui signifie mortuus, 

2. Fonters-du-Razès, Aude. 

3. Entre les lignes : M., qui signifie mortua, 

4. Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (Aude). 

5. Botte, dans Raynouard. 



192 REGISTRE DU GREFFIER 

Itenij apud Montem Olivum, in domo Hathei Johao- 
nis, vidit propedictos hereticos, presentibus dicto 
Matheo ^ et R*^ Porcella, uxore ejus; set ipse testis non 
adoravit, nec vidit adorari; tamen bibit cum eis. Et 
fuit eodem tempore. 

Item^ apud Montem Olivum, in domo Marie Boilona, 
vidit propedictos heretioos, présente dicta Maria' et 
R^"" de Gaux et Rainerio^. Set non adora vit, nec vidit 
adorari. De tempore quod supra. Dixit etiam quod 
P. Lombardi vidit dictos hereticos in domo ipsius tes- 
tis, et adoravit eos, et misit per ipsum testem i cucur- 
bitam vini et i punheriam pisorum. De tempore quod 
supra. Dixit etiam quod ipse testis et Ber. Gourveufa 
adora verunt, in domo ejusdem Ber., dictos hereticos. 
De tempore quod supra. Âdjecit etiam se comedisse 
in domo sua cum dictis hereticis in eadem mensa, 
dicendo : Benedicite in principio cibi et potus et in 
quolibet génère cibi noviter sumpti, hereticis respon- 
dentibus : Deus vos benedicat. 

Item, audivit monicionem et predicationem dicto- 
rum hereticorum, et crédit ipsos esse bonos homines 
et veraces et amicos Dei et habere bonam fidem, et 
si dccederet in secta eorum crederet salvari. Et fuit 
per quinquennium in ilia credencia. Et recognovit 
quod maie fecit, quia olim, apud Montem Olivum, 
coram aliis inquisitoribus, et alia vice coram domino 
episcopo Garcassone, et postmodum coram magistris 
Radulpho et R. David inquisitoribus, multotiens in 
judicio requisitus, negavit veritatem contra proprium 

1. Entre les lignes : M,, qui signifie mortuus, 

2. Item. 

3. Item. 



DK L'INQUISITION DE GARCASSONNI. 193 

juramentum et scienter dejeravit. Requisitus quare 
negavit, dixit quod propter verecundiam et timorem, 
et quia cooduxerat cum Guillelmo Moliaerio se boa 
revelaturum ea que sciebat de ipso et de uxore ejus 
Willelma. 

hem^ dixit quod ante vidit dictos hereticos in domo 
Âr. de Rivello et in domo P. Beg, sicut dictum est; 
adora vit eos ut supra. Hec deposuit apud Garcassonam 
coram magistris Radulpho et R. David inquisitoribus, 
et P. Ariberti, notario, qui hec scripsit. 

CLII. — 3 septembre 1252, Carcassonne. — P. Brice, de 
Montréal, pour lequel la peine de la prison a été commuée, 
obtient de prendre passage en mars. 

Brice, son frère, s'engage de même à prendre passage * . 

Anno et die predictis. P. Briccii, de Monte Regali, 
oui facta fuit gratia de muro pro recompensatione 
passagii transmarini » juravit se transfretaturum in 
primo passagio marcii. Et ista prorogatio facta est 
sibi ad preces domini archiepiscopi^. Alioquin ex tune 
débet redire ad murum. 

Itenij juravit Bricdus, frater dicti P., quod in primo 
passagio similiter transfretabit. Alioquin redibit ad 
murum. 

CLIIT. — 3 septembre 1252, Carcassonne. — Ar. Faure, de 
Saissac, s'oblige à faire la pénitence qui lui sera imposée. 
Cautions. Il est assigné du vendredi suivant en trois 
semaines (27 septembre). 

Anno et die predictis. Ar. Faber, de Saxiaco, juravit 

1. Voy. plus bas, n« CLXXXIII. 

2. L'archevêque de Narbonne, Guillaume de la Broue (1245- 

1257). 

13 



494 BB6ISTRB DU GRKFFIBR 

stare et parère mandatis omnibus et siogulis inquisi- 
torum, et faoere et complere penitentiam , que sibi 
injungetur super crimiDe heretice pravitatis, sub pena 
L librarum melgoreosium ; et sunt fidejussores jurati 
pro ipso, sub eadem peua, Ber. Ar., Berengarius de 
Opéra et P. Borrelli, de Saxiaoo, quisque in soUdum, 
obligantes se et sua per juramentum et publioum ins- 
trumentum. Testes Poncius de Saxiaco, Ber. Digon, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. Assignats 
est sibi dies de die veneris proxima in très sepU- 
manas. 

CLIV. — 2 octobre 1252, Carcassonne. — Ray monde Main- 
fere, de Sauzens, explique comment elle ne porte pas les 
croix auxquelles elle est condamnée. 

Anno quo supra, yi^nonas octobris. R^Manifaoerîa, de 
Sauzinco, uxor quondam R^^ Gopieri, crucesignata pro 
crimine heretice pravitatis, comparuit coram magistro 
R. David inquisitore sine crucibus; et requisita quare 
non portabat cruces sicut tenebatur proprio juramento, 
dixit quod in tunica non portabat quia non habebat 
unde emeret, cum priores essent rupte. Dixit etiam 
quod in capa sua portabat cruces ; set Ava, uxor Lau- 
rentii Ghatmar, domina sua, cum qua moratur pro 
nutrice, inhibuil ai quod non portaret dictam capam 
cum crucibus, et tradidit sibi quamdam aliam capam 
portandam sine crucibus. 

CLV. — 9 octobre 1252, Carcassonne. — P. Gili et Guillaume 
Gili, de Fournes, à Taudience déclarent vouloir se défendre. 
Ils feront connaître leurs ennemis. Ils donnent leurs cautions 
qu'ils obéiront à l'évêque et aux inquisiteurs. 

Anno Domini M"" CC^ L1I% vu idus octobris. P. Gili 



DE L'iNQUISmON DE CARCASSONNE. 195 

et 6uillelinu8 Gili, de Fornas, comparuerunt apud Car- 
cassanam coram inquisitore, et jura venint se stare mao- 
datis domini episoopi et iaquisitorum, et venire ad 
diem et dies sibi assignatas vel assignandas et ducere 
caosam suam légitime coram ipsis super biis cpie obi* 
duntur eis de crimine hereseos, de quibu& dicunt et 
asserunt penitus se inmunes, licet contrarium ab 
inquisitoribus contra eos obponatur. Et requisiti si 
volebant se deffendere super hiis que in inquisitione 
inventa sunt contra eos et si volunt ea in scriptis reci- 
pere, dixerunt quod sic. 

Iterriy requisiti si habent inimicos, dixerunt quod 
sic, et iilos nominabunt ad diem sibi assignatam ; et 
quod predicta compleant dédit fîdejussores juratos 
Petrus GiK, sub pena l librarum, Roquam de Querio 
Serverio, Ar. Regina, de Fornas, P. Bessart, de Salella, 
et Âr. Boerii, de Fornas, pro se ipso ; et Guilielmus 
Gili dédit pro se fîdejussores juratos, sub pena l libra- 
rum, Ber. Pétri de Riparia, G. Sabater, de Insulis. 
Testes Ber. de Dozinco, Âdalbertus Glericus et R. Gal- 
veti, de Arzinco, et plures alii. 

CL VI. — 11 octobre 1252, Carcassonne. — Confession de 
G. Vilanère, de Salsigne, qui en appelle au témoignage de 
Pierre Buade et de R. Amiel. 

Aono quo supra, v idus octobris. G. Yilaneria, de 
Saiaînhano, testis juratus dixit quod numquam vidit 
hereticos apud Salsinhanum nec alibi; nec umquam 
credidit, nec adoravit, nec dédit, nec misit, nec duxit, 
nec receplavit, nec eorum predicationem audivit. 
Interrogatus dixit quod tempore illo quo Pelrus Pol- 
lanus et socius ejus heretici erant apud Salsinhanum, 



196 REGISTRE DU GREFFIER 

in domo matris ipsius testis, videlicet tempm*e guerre 
Vicecomîtis^ ipse non erat ibi, oec fuit ibî quamdiu 
illi heretici fueruut ibî ; et hoc probabit, ut dîcit, per 
Petrum Buada, de Vilaoeria, et R. Amelii, de Salsio- 
iiano. Interrogatus ubi erat illo tempore, dixit quod 
erat in quadam excubia' contra Gabaretum. 

CL vil. — Même jour. — R. Amiel, de Salsigne, donne son 

témoignage. 

Anno et die predictis. R. Amelii, de Salsinhano, 
testis juratus dixit quod Guillelmus Vilaneria, de Sal- 
sinhano, fuit bene per très septimanas cum ipso teste 
et multis aliis in excubia contra Gabaretum, tempore 
guerre Yicecomitis ; et tune comedebantur ficus et 
racemi. Interrogatus si scit quod dictus G. esset in 
dicta excubia quando P. Pollanus et socius heretici 
erant apud Salsinhanum in domo Bernarde Vilanerie, 
matris dicte Guillelme, dixit se nescire. 

CLVIII. — Même jour. — Pierre Buade de même. 

Anno et die predictis. Petrus Buada, de Vilaneria, 
testis juratus dixit idem quod proximus. 

eux. — () novembre 1252, Carcassonne. — Ber. Brice, de 
Montréal, s*oblige à obéir aux inquisiteurs. Il est assigné au 
quatrième jour après la Saint-Martin (15 novembre). 

Anno quo supra, yni idus novembris. Ber. Bricci, 
de Monte Regali, juravit se pariturum omnibus manda- 

1 . Probablement la levée de boucliers de Trencavel, qui mit 
le siège devant (iarcassonne en 1240, et non la croisade de 
1209. (Nist, génér. de Languedoc, tome VI, 718 et suiv.; Vlll, 
c. 1042 et suiv. Éd. Privât.) 

2. Garde, excubiare, faire la garde. 



DE L'INQUISITION DE CARGASSONNE. 197 

tîs et singulis inquisitorum et venire ad diem vel dies 
sibi assignatas vel assignandas ; et est sibi assignats 
dies feria mi^^ post feslum beati Martini. 

CLX. — 9 novembre 1252, Carcassonne. — Ar. Narbonne, 
détenu, sort de prison pour aller travailler, comme maçon, 
au couvent de Rieunette. — Ses cautions. 

Anno quo supra, v idus novembris. R. Auterii, 
R. Amelii, de Villamostautione, juraverunt et obligave- 
runt se et sua pro Ar. Narbona, qui cras débet educi 
de muro, sub pena xx librarum, quod idem Arnaldus 
serviet monialibus Rivi Nitidi bene et fideliter per duos 
annos in operibus earum de ofïicio seu ministerio suo, 
scilicet massionatus , nisi haberet legitimum impedi- 
mentum; alioquin ponerent aliquem loco ipsius, qui 
sciret et posset complere pro ipso tempus illud. Testes 
capellanus de Verzela et nepos ejus et P. Ariberti. 

Hoc idem jura vit Ar. Narbona. 

CLXI. — 11 novembre 1252, Carcassonne. — Vilarzel, des 
Ilhes, jure de commencer ses pèlerinages dans huit jours. 

Anno quo supra, m idus novembris. Vilarzellus de 
Insulis juravit se incepturum peregrinationes ^ sibi 
injunctas infra vin** dies et perfecturum pro viribus. 
Fidejussor R. Ghatmar, clericus de Gonchis. 

CLXII. — 30 octobre 1252, Carcassonne. — Auger, fils de Ar. 
Auger, de Montolieu, s'engage par serment à faire ses pèle- 
rinages au mois de mars. 

Anno quo supra, m kal. novembris. Augerius, filius 
quondam Ar. Augerii, de Monte Olivo, juravit se fao- 

1. Voy. plus haut, n° LXXXI, note. 



198 REGISTRE DU GREFFUR 

turum peregrioationes sibi injunctas pro Grimiiie 
beretice pravitatis menae marcii proximo venieoti. 

CLXIII. — 23 décembre 1252, Carcassonne. — G. Belon, d'Ar- 
zens, s'engage par serment à faire ses pèlerinages au com- 
mencement de mars. — Ses cautions. 

Anno quo supra, x^ kal. januarii. G. Belonis, de 
Arzinco, juravit sub pena xx librarum turonensium 
quod in principio mensis marcii inoobebit peregrina- 
tiones sibi injunctas. Proeo sunt fîdejussores P. Faber, 
de Arzinco, et R. de Monte Olivo, de Burgo, qui jura- 
verunt. Testes Ber. Digon et Gala vus. 

CLXIV. — 3 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Gallard Vassal, 
de Salsigne, relaps, est condamné à porter deux croix « in 
capucio » et à visiter en pénitent, chaque dimanche du 
carême qui vient, les églises du Bourg. 

Anno quo supra, v^ nonas marcii. Gallardus Yassal- 
lus, de Salsinhano, qui est relapsus in heresim bereti- 
cos adorando a feslo beati Micahelis citra post injuno- 
tam sibi alias penitentiam pro hiis que comiserat 
nequiter in eodem crimine, et qui propria temeritate 
cruces sibi impositas dimisit, juravit stare mandatis 
omnibus et singulis inquisitorum , et facere et com- 
plere quicquid sibi pro dicto crimine injuogetur. Et 
super hoc fidejusserunt pro ipso quisque in solidum, 
sub pena xxv librarum, se et sua obligantes, P. Gavae- 
rii, de Furnis, R. Abbatis, G. de Vilario, G. Bordas, de 
Salsinhano. Et fuit injunctum, in virtute prestiti jura- 
menti, dicto Gallardo, quod continuo résumât cruces, 
quas propria temeritate dimisit; et preterea portet 
perpetuo pro relapsu, quia recenter peccavit in heresi, 
duas cruces in capucio, qualibet unius palmi ; et non 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 199 

«t sine capucio induto et crucibus ibidem impositis 
îotra domum vel extra ; et per omnes dies domioicos 
istius quadragesîme visilel omnes ecclesias Burgi^ in 
camisia et braccis cum virgis in manu, nudis pedibus, 
et cum capucio induto antedicto. Hec injunctio fuit 
facta dicto Gallardo per magistros Radulphum et R. 
David inquisitores , qui instrumentum antedictum 
receperunt et obligationem. Testes Ber. Digon, P. R., 
et multi alii, et P. Âriberti, notarius, qui hec scripsit. 

CLXV. — 7 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Jean, de Mon- 
tégut, s'engage à payer 50 livres tournois pour obtenir que 
son père Pierre Bernard ne soit point condamné à une peine 
infamante.' 

Ânno quo supra, nonis marcii. Johannes, de Monte 
Âcuto, fîlius Pétri Bernardi, de Monte Acuto, juravit et 
obligavit se et sua pro eodem pâtre suo in quinqua- 
ginta libris turonensium et constituit se debitorem et 
persolutorem, ad voluntatem et mandatum domini 
epicopi et inquisitorum, quocienscumque et quando- 
cumque fuerit ab eisdem requisitus, ita tamen quod 
peoitentia mûri vel alia penitentia confusibilis vel 
publica non injungatur eidem patri suo pro crimine 
heretice pravitatis. Si autem moreretur idem P. ante- 
quam esset sibi penitentia injuncta, vel antequam fie- 
ret requisitio denariorum predictorum, nichilominus 
dictus Johannes pecuniam predictam solvere teneatur. 
Alioquin si Petrus Bernardi antedictus muro traderetur 
vel penitentia confusa sibi injungeretur, idem Johan- 
nes a solutione dicte pecunie penitus sit inmunis et 
minime teneatur. Fidejussoresconstituerunt seG. Ar., 

1. Voy. pltts haut, n^ II, note 2. 



?</i REGISTRE DC GREFFIKK 

notarius, et Bonetus Goostaotini, de Narbooa, oUi- 
gantes se et sua per jurameatom et publicum ÎBslni- 
mentum, quod dictus Johanoes predida oompleat d 
attefidat. Testes magister P., offidalis, Pon. Beoedidi. 
archipresbiter, G. Stephani, R. P., P. Debraod et 
P. Aribcrti, notarii, qui bec scripsit de mandato 
domini episcopi. 

CLWI. — 8 mars 1253 in. st.\ Carcassonne. — P. R. Xuét 
Miiussoulens. délivré de prison, s'oblige à faire ses pèleri- 
na^'es dans les deux années qui suivront la fête de Piques. 

Anno quo supra, vui idus inarcîî. P. R. At, de 
Mossolinco, cui facienda est gratia die crastina de cru- 
ci bus, juravit se complere et perOoere peregrinationes 
suas sicut sibi injunctum est a Pascba proximo ve- 
nienti^ usque ad duos annos; et dédit fidejussores 
pro se R. Hot, de Mossolinco, G. Peraoeta, de Pùdio 
Nauterio, sub pena xx librarum ; et juraverunt et se et 
sua quilibet obligarunt. 

CLXVII. — 13 mars 1253 ^n. st.)» Carcassonne. — Bernard 
Borrel, malade, est autorisé à sortir de prison, où ses cau- 
tions le feront rentrer à la réquisition des inquisiteurs ou 
quinze jours après sa guérison. 

Anno quo supra, in crastinum beati Gregorii. Bemar- 
dus Borrelli, juveiiis, P. Pages, G. Sicredi, P. R. Gooei- 
lis, dcBurgo, Ber. Arcambaudi, deGaunis,obUga\erunt 
se et sua et juraverunt sub pena l librarum quod ipsi 
tacient reddere ad inurum Bernardum Borrelli immu- 
ratum, cui datur licentia exeundi propter infirmita- 
tcm, quando fuerint requisiti vel post XY dies quando 

1. Cette année (i253\ Pâques tomba le 20 avril. 



DK L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 201 

I erit de egritudine liberatus; et Bernardus Borrelli 
I juveois débet alios predictos super hoc reddere in- 
I dempnes, qui amore ipsius et mandato se obligave- 
runt dicto modo. 

CLXVIIl. — 18 mars 1253 (n. st.) — Vital Pages s'oblige à 
obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions le rendront vif ou 
mort. 

ÂDDO quo supra, xv kal. aprilis. Âr. Gauzim, de 
SulisS P. Manhes, de Salsinhano, Guillelmus Belug, de 
Recafera, et R. Johannis, de Recaferra, obligaverunt se 
et sua, sub pena l librarum, quod Vitalis Pajesii pareret 
mandatis inquisitorum, vel redderent ipsum vivum 
vel mortuum; et quod veniat ad diem et ad dies; et 
hoc promisit unusquisque predictorum in solidum 
juramento prestito corporaliter; et ipse Vitalis pro- 
misît idem. Testes P. R. et Pe., capellanus domini 
episcopi, notarius publicus, qui bec scripsit. 

CLXIX. — 19 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Bernard 
Armen, le vieux, d'Alzonne, s'oblige à prendre passage. 
Ses cautions se portent aussi garants pour sa femme qu'elle 
accomplira ses pèlerinages. 

ÂDDO quo supra, xnii kal. aprilis. Bernardus Ar- 
oieD, senior, de Âizona, juravit stare mandatis inqui- 
sitorum super excommunicatione qua erat astrictus 
quia non compleverat penitentiam passagii trans- 
oiariDi; et illam faciet, complebit, ut dicit, quando- 
cumque sibi mandabilur prout sibi pro crimine here- 
sis est injunctum; fidejussores pro ipso, sub pena 
L librarum, jurati quisque in solidum, P. Ber., Po. Se- 

1. De Insulisf?), 



tm HKGISTBE DU GUFFIOI 

({uiiii, U. (le hivo, R. Armen et P. PolUoerii, de Alzooi. 
liem^ predidi iidejussores obligaverunt se sîmiliter 
pro uxon; dicli Iterriardi eodem modo, quod pere- 
KriiiiiliotieH^ HJbi injunctas similiter adimplebit. El hoc 
i|miuii jiiravil Alaxuis, uxor dicti Bernardi Armen. 

r.lA \ . *J() tiiars 125.') (n. st.], Carcassonne. — Les héritiers 
ili' JiMii \ ital, ili^fiiut, rnndaitiné au passage pour cinq ans. 
(liiiiiiriii ri'stiiiiiiiioii drsoii avoir, 20 livres. Ils sontassigiu^si 
liiiil jciiirs |KMii* la Hxaùoii de ce qu'ils devront donner «pro 
rrrttiiiprnsationr passagii. » 

Aniu» qtio supra, xiii^ kal. aprilis, Poncius Vitalis 
el ll*% uxor i|iioiulam Pelri Vitalis, de Gonchis, oom- 
pariiiTunl oorain inaj;istiH) R. David inquisitore, et 
iHHHt^iiox oinuit st' osse heivdes Johannis Vitalis defiincti, 
nu uijuuotiuu tuoi'at ad Y annos passagium traosma- 
riuuu). VtMHUUtainou dicta R'* noa est hères uisi 
uoiniuo \ iri sui piwlicti. Et est eis assigoata dies in 
ivtalus iHMti Boutxlioti, ad respondeodum quaDtiun 
tououl do luMViiitato dicti deluocti et quod potfsl 
\iilciv. 0^1*^ ^1^^' iVin^vanieinint et dixerant quod hère» 
siitïis piiNiiota valet \x libras. Et fuit ets iojuDCtiini 
vpuKl intra \ui dits adducant booos fidejusson» id 
sv'lxoïKiaui extiniatioDCtu que fiet super 
luMK* (vissa^cû viîvHi Johannis Vitatb. 



^ »." i .O" " . >.». "» i:-; VI <^yt lie ifiadste «sttinicuo. 






DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 203 

Miininati Poncius et R"^, et fuît eis injunctum quod 
IMra festum sancti Johannis veniant corani nobis satis- 
lloluri super dicta estimatione ; alioquin dimittant 
lotam illam hereditatem. 

CXiXXn. — 29 mars 1253, Carcassonne. — Guillaume Ber- 
u- nard Fanjaus s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Sa cam- 
- tion. > 

Anno Domini M^ CC Llir, ini kal. aprilis, Guil- 
leimus Bernardi Faniaus juravit coram inquisitoribus 
ie pariturum omnibus mandatis et singulis inqui- 
Éftorum, et se facturum et completurum penitentiam 
^e sibi injungetur. Fidejussor pro ipso juratus, sub 
pena l librarum, Ber. R. Faniaus, fraler ejus. 

CLXXin. — 29 mars 1253, Carcassonne. — G., de Vieille- 
Vigne, s'engage à payer 12 livres tournois pour sa péni- 
tence avant la Pentecôte (8 juin). 

Anno et die predictîs. G. de Vinea Veteri juravit 
se soluturum xn libras turonensium pro penitentia sua 
osque Penthecosten . Fidejussores pro ipso bona fide 
Ber. de Solerio et P. Âr. de Tribus Bonis, notarius. 

CLXXrV. — 1«' avril 1253, Carcassonne. — G. Bérenger, 
d'Arzens, s'oblige à prendre passage au mois d'août pro- 
chain. — Ses cautions * . 

, Anno Domini M"" GC" L"" III, kal. aprilis. G. Beren- 
garîi, de Arzinco, juravit se pariturum mandatis 
omnibus et singulis inquisitorum ; et fuit absolutus ûh 
exconununicatione qua erat astrictus propter contu- 
maciam; juravit etiam et promisit se transfretaturum 

1. Voy. plus haut, n*> XLVl, plus bas, n° CXCV. 



204 REGISTRE DU GREFFIER 

in primo passagio augusti, sub pena x librarum; tl(k- 
jussores pro ipso, sub eadein pena, Arîbertus de 
Arzinco, Matha, castellarius de Monte R^Ii, fide 
prestila, etR. Berengarii, qui juravit; et pena soluU. 
nichilominus compellatur ad transfretandum. 

CLXXV. — 12 avril 1253, Carcassonne. — Rey, d'Alzonne. 
s'oblige à prendre passage au mois d*août prochaine — 

Ses cautions. 

Ânrio quo supra, ii idus aprilis. Rex, de Alzona, 
juravit se transfretaturum in primo passagio augusli; 
et fuit absolutus ab excommunicatione. Fidejussor pro 
ipso juratus, sub pena l librarum, Ber. Gazanha, de 
Rive ; et i|)se Rex obligavit eidem propter hoc omnia 
boiia sua, presentibus magistris Radulpho et R. David, 
inijuisitoribus, et P. Ariberti, notario, qui hec scripsit. 

CLXXVI. — 17 avril 1253, Carcassonne. — Ber. Belon et 
Pierre Bclon, d'Arzens, frères, s'obligent à prendre passage 
d'ici à la Saint-Michel (29 septembre). — Leurs cautions ^ 

AiHio quo supra^, xy kal. maii. Ber. Bello et Petrus 
Bello^, fratres, de Arzinco, juraverunt et obligaveruot 
se et sua, sub pena xxx librarum tnronensium, se 
transfretaturos bine usque ad festum beati Micabelis, 
nisi remanercnt de mandato ecclesie speciali. Fide- 
jussores jurati quisque in solidum sub eadera pena 
P. de Rozers, R. Ferriolis et R. Bello, de Arzinco. Et 
solula pena, nichilominus teneantur transfretare didi 
fratres. 

1. Voy. plus bas, n" CLXXXV. 

2. Voy. plus bas, n" CXCV. 

3. A la riiargo : Anno Domini M"* CO V* IIP. 

4. Voy. plus haut, n*> LVIU. 



DE L'INQUISITION DE CARGAS80NNS. 205 

■LXXVII. — 17 mai 1253, Carcassonne. — G. Ber., maréchal| 
de Saint-Martin, s'oblige à obéir à Tévèque et aux inquisi- 
teurs. — Ses cautions. 

-^ Anno Domini M''GG''LIII% xyi kal. junii. 6. Ber., 
Uber, de Sancto Martino, juravit se facere et com- 
ilere, ad voluntatem domini episcopi et inquisitq^ ^ 
tim, penitentiam sibi injunctam pro heresi ; et parebit 
MBodatis omnibus et singulis eorumdem. Fidejusso- 
^es pro ipso jurati, sub pena l librarum quisque in 
irtidumG. Daide, Ber. Gaunas, P. Faber, G. Garcias, 
feb Sancto Martino. Testes Ber. Digon, G. Ber. de 
Ijrgenteria, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

3LXXyilI. — 5 août 1253, Carcassonne. — P. Bonafos, de 
Canecaude, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa 
guérison. 

Item^ anno quo supra, nonis augusti. Data fuit 
licencia P. Bonafos, de Ganacauda^ esse extra murum 
loousque convaluerit ; juravit se redditurum post con- 
nilescentiam. 

CLXXIX. — 17 août 1253, Carcassonne. — Raine, femme de 
P. Albert, de Couffoulens, est autorisée à rester hors de pri- 
son jusqu'à sa guérison. 

Anno quo supra, xyi kal. septembris. Data est 
liceDtia Raine, uxori P. Âdalbertide Gofolento, exeundi 
murum quousque convaluerit de egritudine sua; et 
lune sine omni monilione débet redire vel intérim, si 
mandaretur ei . Fidejussores proipsa, sub pena L libra- 
pura, P. Adalberti, Ar. Guifre, Ar. Willelmi, R. Ber., 
de Gofolento. 



206 REGISTRE DU GREFFIER 

CLXXX. — Même jour. — Même permission pour Willebne 

Gafuère, de ViUemoustoussou. 

Iteniy eadem die fuit data licentia Willelme Gafiiara, 
de Villamostautione, modo et forma predicta ; fidejus- 
sores pro ipsa eodem modo Adalaicis, filia ejus, ei 
P. Faucet, de Yillamostautione. 

CLXXXI. — 2 septembre 1253, Carcassonne. — Même per- 
mission pour P. G. de CallavellOy de Montréal ^ 

Item^ mi nonas septembris. Data fuit licencia P. G. 
[de] Gallavello, de Monte Regali, exeundi murum 
quousque convaluerit. 

CLXXXII. — 30 septembre 1253, Carcassonne. — R. Signier, 
de Moussoulens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et présente 
ses cautions. 

Anno Domini M^ CXj LIII^, in crastino Sancti Micabe- 
lis, Ar. Siguerii, de Mossolinoo, per juramentum pro- 
prium obligavit se et sua inquisitoribus, quod veni- 
ret ad diem et ad dies sibi assignatas et pareret 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum, et faoeret 
penitentiam que sibi pro heresi injungetur. Fidejus- 
sores pro ipso jurali sub pena l lîbrarum malgorea- 
sium quisque in solidum R. Seguerii de Hossolinco, 
f rater dicli R^S Bernardus de Monte Olivo, de Villa- 
secca Landa, Bernardus de ViUanova, laborator de 
Bram. 

1. Dans les Confessions de Fanjeaux reçues en 1245, il est 
souvent question de Bernard de Calhavello et de \V. de Calha- 
vel/o, qui sVtaient fort compromis (Bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 141) v*^ et suiv.). 



DE L'iUQUISmON DE CARGASSONNE. 207 

ÛLXXXin. — Dimanche, 12 octobre 1253, Carcassonne. — 
* ^Brice, de Montréal, s*élaît engagé à fournir ce jour-là ses 
cautions pour lui et son frère « super passagio. » H promet 
WJpar serment d'obéir aux inquisiteurs * . 

4^'Aiino quo supra, mi îdus octobris. Bricdus, de 
ttonte Regali, joravit se venturum hac instanti die 
AbmiiHca cum fidejussoribus quos decet dare ad volun* 
lÉtem înquisitorum super passagio sibi et Petro Brio- 
IKo« fratri suo, injuncto adimplendo. Fidejussores pro 
KtBoGr. de Arzinco, 6lius domine Marie. Qua die oom- 
iNoniit dictus Briccius et jura vit se pariturum omnibus 
iDandatis et singulis inquisitorum, obligando se et sua 
pro se et dicto fratre suo; et dédit fidejussorem jura- 
tuni sub [pena] l librarum W. Yergerii. 

CLXXXIV. — Même jour. — G. Barbier s'engage comme le 
' ' ' précédent *. 

Anno et die predictîs. G. Barberii juravit pro se 
l^m quod predictus. Fidejussor pro ipso bona fide 
JP. Mary, de Burgo. 



CiiXXXV. — Même jour. — Rey, d'Alzonne, s'oblige à obéir 
aux inquisiteurs « super passagio'. » 

Anno quo supra et die. Rex, de Alzona, juratus obli- 
gavit se et sua ad parendum mandatis inquisitorum 
puper passagio sibi injuncto. Fidejussores pro ipso 
jurati, sub pena L librarum, G. Segui, Adam Guila- 
bwti. 

1. Voy. plus haut, n^ CLH, et plus bas, n^ CXC. 

2. Voy. plus bas, n° CLXXXIX. 

3. Voy. plus haut, n^ GLXXV. 



210 REGISTRE DU GREFFUR 

obligavit se et sua, sub pena x libraram, pro Rogerio, 
fratresuo, de Savartesio, per juramentum et publicom 
instrumentum, quod idem Rogerius, de Preveireoga, 
parebit mandatis omnibus et singulis inquisîtorum ; et 
recipiet et complebit penitentiam que sibi ab inquisi- 
toribus pro crimine heresis injungetur. Quod idem 
Rogerius juravit se fîdeliter completurum. 

CXCIII. — 5 novembre 1253, Carcassonne. — Injonction est 
faîte à Ber., des Martys, Ber. Armen, le vieux, et P. Dal- 
bars, d*Alzonne, qu'ils aient à prendre passage en mars à 
Marseille ou à Aigues-Mortes. 

Anno et die predictis. Injuuetum fuit, sub pena 
L librarum, et in virtute prestiti juramentî, Ber. de 
Martris, Ber. Ârmen, seniori, et P. Dalbars, de Alzona, 
quod in isto passagio marcii transfretent ; et siot 
parati vel apud Aquas Mortuas, vel apud Hassiliam 
pro isto passagio incipiendo et perficiendo. 

CXCIV. — Môme jour. — Même injonction à Brice et à Pierre 

Brice, de Montréal. 

Anno et die predictis. Briccio et Petro Briccîo, de 
Monte Regali, fuit idem injunctum, in virtute prestiti 
juramenti et sub pena predicta. 

CXCV. — Même jour. — Même injonction k G. Bërenger, 

Ber. Bellon et à son frère * . 

Anno et die predictis. Idem fuit injunctum G. Be- 
rengario et Ber. Belloni et fratri ejus de Aradnco. 

1. Voy. plus haut, n«» CLXXIV et CLXXVI. 



DE LlNQUISmON DE CARCASSONNE. î\\ 

CXCVI. — 20 noYembre 1253^ Carcassonne. — P. Chabert, de 
Mupefèray s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

' Anno Domini M^GC'LIir, xii kal. decembris. P. 
Obatberti, de Rupefera, oblige vit se et sua per jura- 
mentum et publicum instrumentum ad parendum 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum, et ad reci- 
piendum et faciendum penitentiam ad voluntatem et 
maDdatum inquisitorum. Fidejussores jurati proipso, 
qaisque in solidum, sub eadem pena, Johannes Ghat- 
bert, Johannes Pastre, de Rupefera. 

GXCyn. *- Même jour. — Roger Gandel, de Rupefera, 
s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. JRogerius Gandela, de Rupe- 
fera, juravit facere et complere voluntatem inquisito- 
mni et recipere penitentiam sibi injungendam et 
oomplere pro crimine heretice pravitatis, et parère 
mandatis omnibus et singulis eorumdem. Fidejusso- 
res jurati, quisque in solidum, sub pena l librarum, 
P. Ghatbert, [Rai]naudus Mager, de Rupefera, Poncius 
Gandela. 

CXCVIII. — 15 janvier 1254 (n. st.), Carcassonne. — Albert, 
de la Bastide-Esparbeirenque, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, xvm kal. februarii. Adalbertus, de 
PreveirencaS juravit stare et parère mandatis omni- 
bus et singulis inquisitorum, et facere et complere 
penitentiam, quam sibi inquisitores pro crimine here- 
sis duxerint injungendam. Fidejussores jurati pro ipso, 

1. Au-dessus, entre les lignes : de Savartesio. 



212 REGISTRE DU GREFFIER 

quisque in solidum, sub pena l librarum. Bonus Homo, 
de Manso, et G. Moto, de Manso Gabardesio» jurati. 

CXCIX. — Même jour. — Adam de Arverio^ du même lieu, 

s'oblige de même. 

Anno [et die] quo supra. Adam de Arverio, de Pre- 
veirenca, juravit idem pro se. Fidejussor, sub eadem 
pena, juratus P. Martini, qui didtur Gotellerius, soro- 
rius suus. 

ce. — 5 avril 1254, Garcassonne. — Ber. Guilabert, du Bourg, 
s*oblige à obéir aux inquisiteurs et donne ses cautions. 

Anno Domini M^ GG^ LIIII®, nonis aprilis. Ber. Gui- 
laberti, de Burgo Garcassone, obligavit se et sua ad 
parendum mandatis omnibus et singulis inquisitorum, 
et ad recipiendum et perficiendum penitentiam sibi 
injungendam pro crimine heretice pravitatis. Fidejus- 
sores jurati pro ipso, sub pena xx librarum, Amelius 
Boerii, P. Amelii, basterius, de Burgo Garcassonne, 
quisque in solidum. 

CCI. — 9 avril 1254, Carcassonne. — Bernard, des Mar- 
lys ', demeurant à Alzonne, s'engage à payer 10 livres a pro 
recompensatione passagii » et pour les pèlerinages de sa 
femme Maraude, qui est infirme. 

Aimo Domini M° CG^LIIir, y idus aprilis. Bernardus 
de Martris, de AIzona, obligavit se et sua, per juramen- 
tum et publicum instrumentum, se soluturum x libras 
melg. vel luron., quarum medietatem persolvet in 
inslanti t'esto beati Johannis, et aliam medietatem in 

1. Peut-être le même que celui des n" I, CLXXXVIl et 
CXCIIl. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 213 

festo Omnium Sanctorum, pro recompensatione pas- 
sagii transmarini sibi injuncti et peregrinationibus 
Maraude^ uxoris sue, infirme. Fidejussores pro ipso 
fide plevita, subeadem pena, quisque in solidum, Rex, 
de AIzona, P. Danuselli, juvenis, fier. Segui, Bertran- 
dus Jordani, Bartholomeus de Andusia, et P. Ariberti, 
qui banc obligationem recepit. 

CCII. — 2 mai 1254, Carcassonne. — Arnaud Faure, de Sais- 
sac, malade, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa 
guérison. Il donne ses « fidejussores. » 

Anne Domini M^GC* LIIIP, vi nonas maii. Data est 
licencia Arnaudo Fabri, deSaxiaco, exeundi murum et 
essendi extra quousque convaluerit de egritudine sua, 
ita tamen quod post convalescentiam suam ibi rever- 
tatur, non expectato etiam mandato inquisitorum, per 
prestitum juramentum. Fidejussores super hoc pro 
ipso quisque in solidum, sub pena l librarum, Ber. 
Andorra, de Burgo, Petrus de Alairaco, de Podio Nau- 
terio, et Ar. Clary, junior, de Podio Nauterio, fide 
plivita se et sua obligantes. Testes Ber. Gedor, Ber. 
DigOD, Robertus Scriptor et P. Ariberti. 

CCIIL — 1^' juillet 1254, Carcassonne. — Limoux, de Sais^ac, 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anne que supra, kalendis julii. Limosus, de Saxiaco, 
juravit et obligavit se et sua ad parendum mandatis 
inquisitorum omnibus et singulis, et venire ad diem 
et ad dies assignatas sibi et facere et complere peni- 
tentiam sibi injungendam pro crimine heretice pravi- 
tatis. Fidejussor pro ipso JohannesMolsaire, qui débet 
ejus bona confiscare, si aliter se haberet. 



214 REGISTRE DU GREFFIER 

CCIV. — 17 décembre 1254^ Carcassonne. — Limoux, qui, cité, 
n'avait point comparu, s'excuse sur une maladie et fournit 
à nouveau ses cautions. 

Aono quo supra, xvi kal. januarii. Dictus limosus 
comparuit coram inquisitoribus ; et quia citatus dod 
comparuerat ad diem sabbati proximo transactam ad 
recipiendum penitentiam sicut juravit superius, fueruot 
requisiti iterum fidejussores ab eo propter contuma- 
ciam. Ipse vero excusa vit se propter infirmitatem. 
Tamen inquisitores non crediderunt ei super hoc, et 
ideo tidejussit pro ipso, sub pena G solidorum, jura- 
tus, modo et forma predicta Petrus Beuedicti, fîiius 
Pétri Benedicti, de Saxiacho. Testes Isamus de 
Pezenx, P. David, R. Buada. 

CGV. — 17 juin 1254, Carcassonne. — Déposition des témoins 
produits par Bernard Pons pour prouver rinimitié de sa 
femme pour lui. 

Testes quos produxit Bemardus Poncii ad probatir 
dum inimicicias inter se et uxorem suam. 

Anno Domini M'GG^'LIIir, xvkal. julii. Guillelmus 
Namdata, subcapellanus de Saxiacho, testis juratus 
dixit se audivisse dici, et fama est apud Saxiacum et 
apud Podium Laurentii, quod Arnauda, uxor Bernard! 
Poncii, fuit capta apud Podium Laurentii per eumdem 
virum suum cum R"*** Gueirejat, qui habebat rem 
secum, et non dimittit pro ipso quin adhuc habeat rem 
cum pluribus ; et etiam quidam tenet eam de Monte 
Olivo pro merelrice, sicut dicitur, et fama est apud 
Saxiacum. Nullam aliam causam requisitus ioimîcicia- 
rum scivit vel potuit assignare inter eos, nisi sicut 
dictum est. 



DB L'INQUISITION DE GARGA8S0NNB. 215 

P. de Opère, [testis] juratus, dixit. se audivisse dici a 
Bemardo Poncii quod quidam de Podio Laurencii 
•eœsMrat cum Âr^, uxore sua, et quod ip... a fuerat 
Nun et propter hoc verberavit eam, sicut ab aliis 
mdivit did. Dixit etiam se audivisse dici quod dicta 
\]^ est meretrix et non dimittit pro eodem viro suo 
lOÎD rem habeat cum pluribus, et quod quidam juve- 
nis de Monte Olivo adhuc tenet eam et cum ea adul- 
tentur. Interrogatus nullam aliam causam assignavit 
iiikniciciarum nisi sicut dictum est. 

R. Benedicti, testis juratus, dixit se audivisse dici ab 
AH*, uxore Bernardi Poncii, quod ipsa vellet quod dic- 
tât vir saus esset mortuus, ut posset habere in virum 
Pogoler de Monte Olivo, et quod etiam leprosam (sic) 
veUet effici, dummodo habere posset ipsum Pugoler in 
virum. De tempore, hoc anno. De loco, apud Saxia- 
cum in domo Bernardi Poncii. De circumstantibus, 
dixit quod quidam puer scolaris dicti Bernardi Poncii. 
De diffiunatione ipsius, dixit idem quod alii predicti 
per auditum. Interrogatus dixit se nichil aliud scire. 

OCVI. — 19 octobre 1254, Carcassonne. — Sentence condam- 
nant Goillaume Bérenger, d'Arzens, à 50 livres et à reprendre 
les croix. 

Cum Guillelmus Berengarii, de Arzincho, cui facta 
lait olim gratia de crucibus sibi pro heresi impositis, 
nqpere seu detinere noluerit nuper apud Limosum in 
bro R**" Monic, de Arzincho, quem sciebat pro heresi 
Itagitivum; nec etiam ad hoc faciendum prestitit ali- 
ifaod ooDSÎlium vel juvamen, sicut per confessionem 
EJua magîstro R[adulpho] et P[etro], inquisitoribus, 
plene constat, licet super hoc monitus fuerit per ma- 



?i6 REGISTRE DU GREFFIER 

gistrum Bartbolomeum de Arzincho in presentia plu- 
rimorum, illa bora qua hoc faciliter poterat adimplere; 
nos predicti inquisitores, veritate diligeoter super hoc 
inquisita et deliberato consilio pleniori, predicto G. 
citato apud Garcassonam, prius tamen tam ab eo quam 
a Guillelmo Berengario, filio ejus, et Ariberto de Arzin- 
cbo, fîdejussoribus pro eo Juramento recepto, subpeoa 
quinquaginta librarum et bonorum suorum, propter hoc 
obligationem injuncximus tanquam ingrate et indigno 
gratie sibi facte, quod résumât contiouo dictas cruces 
cum brachiis transversalibus in omni veste prêter 
quam in camisia perpetuo deportaturas. Actum fuit 
hoc Garcassone, xim kal: novembris^ anno Domini 
M^ GG^ Lllir. 

CCVII. — 29 octobre 1254, Carcassonne. — Ber. Amiel, do 
Puy, détenu, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cau- 
tions. 

Anno quo supra, im kah novembris. Ber. Amelii, 
de Podio, qui erat cap tus, juravit se stare mandatis 
inquisitorum, etc., et recipere et complere peniten- 
tiam, etc., sub obligatione omnium bonorum suorum. 
Fidejussores pro ipso fîde plivita Ber. Massabou, et 
R. Gavaerii, de Podio, sub pena l librarum, se et sua 
obligando. 

CCVÏII. — 2 novembre 1254, Carcassonne. — Ar. Baud, de 
Montréal, suspect, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, ini^ nonas novembris. Ar. Baud, 
de Monte Regali, suspectas de heresi pro eo quod ma- 
ter sua fuit hereticata a parvo tempore citra, unde, quia 
ipse visitabat eam fréquenter, et aliquando ei in neces- 



DE LiNQUISinON DE CARCASSONNE. 217 

sariis providebat, videtur in ipsius maliciam concens- 
siaae; propter quod jura vit stare mandatis omnibus 
et singuiis inquisitorum et obligavit omnia bona sua. 
Fidejussores jurati pro ipso, sub pena l librarum, P. 
Âmelii, de Pontilio, Engelbertus Benedicti, Johannes 
Goîrîci, Bartholomeus Goirici, P. de Casai Ranols, 
et R^', uxordicti Ar. Baud. 

CQX. — 4 novembre 1254, Carcassonne. — P. Amiel, d'Ar- 
zens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et présente ses cau- 
tions. 

Ânno quo supra, n nonas novembris. P. Amelii, de 
Ârzincho, obligavit se et sua per juramentum et publi- 
cum instrumentum inquisitoribus super mandatis 
omnibus et singulis eorum faciendis, et penitentia 
fadenda et recipienda super hiis que de heresi [in 
inquisilione inventa sunt] juxta voluntatem ipsorum. 
Fidejussores jurati pro ipso, sub pena l librarum, 
fier. Bos, de Monte Regali, et R. de Vallibus, de 
Gramasia. Testis Jo. Melsaire. 

CCX. — 4 novembre 1254, Carcassonne. — P. Raymond de 
Castillon, d'Arzens, s'oblige comme le précédent. 

Item, anno et die predictis. P. Ramundi de Gasti- 
lione» de Arzincho, obligavit se et sua per juramentum 
et publicum instrumentum inquisitoribus se recipere 
et complere penitentiam quam sibi pro heresi duxe- 
rint injungendam, et parère mandatis omnibus et sin- 
gulis eorumdem. Fidejussores jurati pro ipso, sub 
pena l librarum, Ber. Bos, de Monte Regali et R. de 
Vallibus, de Gramasia. 



218 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXI. — 18 novembre 1254, Garcassonne. — Permission est 
donnée à Rixende de sortir de prison pour (aire ses couches. 
— Ses cautions. 

Anno quo supra, xim^ kal. decembris. G. Megerii, 
Petrus Yalguerii, P. Pastoris obligaverunt se et sut 
par juramentum et publicum înstrumeDtum, sub pena 
L librarum, pro Rixenda, uxore Guillelmi Hualguerii, 
pro heresi immurata, cui data est liœncia exeundi 
murum et esse extra quousque perper[er]it, ita quod 
traDsacto mense post partum, ipsa, non expectato man- 
dato, sine omni contradictione et dilatîone, adcaroerem 
revertetur. Et preterea parebit mandatis omnibus et 
singulis inquisitorum. Testes Guillelmus et Astruc 
Gaulassa. 

CCXII. — 19 novembre 1254, Garcassonne. — Cautions pour 
Raymonde, fille de Payane Baude, de Montréal. 

Anno Domini M'' GG'' Lllir, xiii kal. decembris. Pro 
Raymunda, filia quondam Pagane Baude, de Monte Re- 
gali, obligaverunt se et sua, sub pena L librarum, per 
juramentum et publicum instrumentum, Ar. fiaud, 
Johanncs Goirici, Bartholomeus Goirici, frater ejus, 
Bernardus Gatalani, quod ipsa Raymunda non auffu- 
giat, set parcat mandatis omnibus et singulis inqui- 
sitorum super hiis que comisit in crimine heretice pra- 
vitatis, et penitentiam sibi injungendam recipiet et 
complebit. Testes P. de Gasals Ranols, Ber. Goirid, 
senior, G. Boerii et Guillelminus. 



DB L'INQUISITION DE GARCASSONNS. 219 

CSCXni. — 17 décembre 1254, Garcassonne. — Isam, de Pe- 
lenS) à l'audience, demande jour pour nommer ses ennemis; 
U est assigné au samedi suivant (19 décembre), puis au len- 
demain de l'Epiphanie ; à défaut de cautions, il présente des 
témoins pour prouver les inimitiés dont il est Tobjet. 

Addo quo supra, xvi kal. januarii. Isarnus, de Pe- 
BDCO, oomparuit coram inquisitoribus ; et requisitus si 
volebat se deffendere de hiis que inveniebantur in 
ioquisitione super facto beresis contra ipsum, dixit 
qood noo aliter nisi quod tradet nomina inimicorum 
laorum et causas inimiciciarum exprimet. 

Itenif requisitus si vult recipere in scriptis ea que 
inveniuDtur contra ipsum, dixit quod non ; set petit 
diem sibi assignari ad nomimandum inimicos et dicen- 
dum causas inimiciciarum. Et ad boc fuit dies sabbati 
proxima ex parte inquisitorum assignata. Qua die 
oomparuit dictus Isarnus et nominavit pro inimicis 
Rogerium Isarni, de Castro de Goncbis, fratrem quon- 
dam Pétri Isarni, Petrum Régis et R. Régis, fratres de 
CSoodiis, et amicos eorum, quia tempore quo idem 
barous de Pesinco morabatur cum R"^"" de Savarduno 
aimul cum Faure de Biraco, idem Faure fuit captus 
ib inimicis Ecclesie qui morabantur apud Gabaretum et 
ibi fuit adductus. Tandem ipse Isarnus ivit ad dictum 
castrum de Gabareto, et ibi locutus fuit, de mandato 
didi R. de Savarduno, [de] redemptione^ dicti Faure; 
et eduxit eum inde ; et fuit sibi dictum quod Petrus 
Isaroi predictus, armiger tune R"*^ de Savarduno pré- 
dictif vendiderat eum et procura verat captionem. Et 
hoc audito, dictus R"^^ de Savarduno fecit vocari et 

1. Ms. : rtdemptionem. 



220 REGISTRE DU GREFFIER 

vocavit dictum P. Isarni super hoc de prodicione; et 
fuit factum duellum; et in illo duello mortuus fuit 
P. Isarni sepedictus. Unde, cum Isarnus de Pesinoo 
esset tune pro parte predieti R. de Savarduno contra 
P. Isarni, crédit quod Rogerius Isarni, P. Régis, et 
j^das [legis, et alii amici dicti P. Isarni sunt inimici sui 
capitales. 

Item, R. Pagesii, de Gabareto, Rog. Gonterii, Pon- 
cius de Flassano et R. Durandi et Ulixes sunt inimici 
dicti Isarni, quia ipse Isarnus, ut dicit, procuravit eis 
multa maia tempore guerre, quo morabatur cum 
R**** de Savarduno. 

Item, requisitus pluries si volebat scripta contra se 
inventa in inquisitione recipere et cum eis deliberare, 
dixitquod non. 

Item, requisitus si volebat plures inimicos nomi- 
nare, dixit quod sic; et super hoc petit diem sibi assi- 
gnari; et fuit eidem assignata dies ad hoc in crastino 
Apparitionis Doinini, et ad probandum et dicendum 
causas inimiciciarum dictorum inimicorum, et dicen- 
dum et proponendum quicquid dicere vel proponere 
voluerit légitime ad deffensionem suam ; et tune débet 
dare fidejussores quod non auffugiet, set veniet ad 
diem et ad dies sibi assignatas et causam suam ducet 
coram inquisitoribus et parebit mandatis omnibus et 
singulis eorumdem. Quadie comparuit dictus Isarnus; 
et requisitus, dixit quod non poterat habere fidejus- 
sores, nec scivit nec voluit plures inimicos nominare. 
Verumtamen ad probandum inimicicias predictas et 
causas earumdem, produxit hos testes, scilicet G. Pi- 
cairola, R. Picairola, fratrem ejus, crucesignatum pro 
heresi, et R. Textoris, de Gonchis, qui in presentia 



DE LlNQUISmON DE GARCASSONNE. 221 

ecNrumdem juraverunt dicere veritatem. Et idem Isar- 
nus juravit se deffendere legittime et causam suam 
dooere coram inqùisitoribus sine fraude. 

OCXIV. — 26 décembre 1254, Garcassonne. — Dépositions 
des premiers témoins produits par Isarn, de Pezens, qui 
demande jour pour en produire de nouveaux. Il est ajourné 

. au jeudi suivant (31 décembre). 

^G. Picairola juratus dixit quod Rogerius Isaroi, 
firater quondam Pétri Isarni, P. Régis et R. Régis, 
ooosanguinei ejusdem Pétri, sunt inimici Isarni, de 
Pezinoo, militis, pro eo quia ipsi credunt quod dictus 
barnus procuravit necem predicti Pétri Isarni. Requi- 
situs quomodo scit quod ipse procuraverit, respondit 
8e nescire nec etiam crédit. Tamen bene audivit dici. 
Aliam causam inimiciciarum nescit, ut dicit, inter eos. 
Vidit tamen quod Petrus Régis et R. Régis salutave- 
mnt postmodum multotiens eumdem Isarnum; et 
locati fuerunt [cum eo fa]miliariter multociens. Set 
dictus Regerius non locutus fuit ei postea . 

R. Picairola, testis juratus, dixit idem. 

R. Textor, testis juratus, dixit idem. Dixit tamen 
amplius se credere quod dictus Isarnus procuravit 
dictam necem; et quod istud audivit dici a multis. 

Postmodum, eadem die, dictus Isarnus peciit aliam 
diem ad producendum super premissis plures testes ; 
que fuit sibi concessa, scilicet die jovis proxima pro 
secuoda produxione. Qua die comparu! t et produxit 
ho6 testes, videlicet P. Ar. et P. Grazit*. 



1. Dans la marge : Quere infra in ii® foL; aujourd'hui 
fol. 35 V». 



222 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXV. — 14 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Dépositions 
des nouveaux témoins produits par Isam, d'Arzens, qui est 
ajourné au lendemain de la Saint-Vincent (23 janvier). 

Anno Doraini M^ CC^ Lllir, xix kal. februarii. P. Ar., 
fîlius quondam Pétri Ar., testis juratus, dixit idem 
quod G. Picairola, excepto quod non vidit P. Régis 
et R. Régis in ter se coUoquentes. 

Anno et die predictis, P. Grazit, de Concbis, testis 
juratus, dixit idem quod proximus. 

Quibus testibus receptis, fuit assignata alia dies 
dicto Isarno, scilicet in crastinum festivitatis beati 
Yincencii pro tercia productione. Requisitus si volebat 
aliud dicere ad deffencionem suam, dixit quod non. 

CCXVI. — 5 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Ber. Pierre, 
d'Arzens, s'oblige à la pénitence « pro hiis que celaverat in 
crimine hereseos. » — Sa caution. 

Anno Domini M^ GG^ Lllir, nonis januarii. Ber. 
Pétri, de Arzinco, juravit stare mandatis omnibus et 
singulis inquisitorum et venire ad diem et ad dies 
sibi assigna tas et facere et complere penitentiam quam 
sibi inquisitores pro hiis que celaverat in crimine 
hereseos sibi duxerint injungendam, obligando super 
hoc se et sua. Fidejussor juratus pro ipso Guir. Rai- 
naud, frater ejus, sub penac solidorum, se etsuacum 
juramento propter hoc obligando. Testes Galiavus 
Ribaudus, Guilleiminus Glericus et quidam alii. 

CCXVII. — 7 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Guillaume 
Clerc, de la Bastide-Ësparbeirenque, s*oblige à obéir aux 
inquisiteurs. — Ses cautions^. 

Anno quo supra, vu idus januarii. Guillelmus 

1. Voy. plus bas, n^ CCUl. 



DB LlNQUISmON DE CARCASSONNE. - 223 

Glerici, de Preveirenca, juravit facere et complere peni- 
tentiam sibi pro heresi injungendam et parère man- 
datîs omnibus et singulis inquisitorum, se et sua per 
joramentum propter hoc obligando. Fidejussor pro 
ip60 juratus sub pena xx librarum, Petrus..., fréter 
qus, obligans se et sua. Testes coram inquisitoribus, 
GuillelmiDus Glericus, Guillelmus Picairola, Isarnus de 
PieœDx miles. 

GCXVm. — 19 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Roger 
Seguin, d'Alzonne, s'oblige comme le précédent. 

Amio quo supra, xun^ kal. februarii. Rogerius Se- 
gaini de Âlzona juravit se stare mandatis omnibus et 
siogulis inquisitorum et recipere et complere peniten- 
tiam quam sibi pro hiis que comisit in crimine heresis 
inquisitores duxerint injungendam, et venire ad diem 
et ad dies coram ipsis super eodem facto assignâtes. 
Rdejussores pro ipso Poncius Seguini, frater ejusdem 
Rogerii, Bertrandus Jordani, Ber. Armen, senior, Ber. 
de Martris, sub pena l librarum ; et super hoc obli- 
gaverunt omnia bona sua, vel stabunt Garcassone in 
hoetagiis, ad voluntatem inquisitorum, donec satisfe- 
oerit dictus Rogerius inquisitoribus antedictis. 

OCXIX. — 19 février 1255 (n. st.), Carcassonne. — Esclarmonde, 
femme de Raymond Amiei, de Preixan, s'oblige à obéir aux 
ÛMpiisiteurs et à se soumettre à la pénitence. — Ses cautions. 

Amio Domini M"" GG'' Lllir, xi kal. marcii. Ësdar- 
mondâ, uxor R^' Âmelii, de Prixano, juravit stare man- 
datis omnibus et singulis inquisitorum et venire ad 
diem et ad dies assignâtes, et facere, recipere et 
eomplere penitentiam sibi pro crimine heresis ab 
inquisitoribus injungendam. Fidejussores pro ipsa, 



224 REGISTRE DU GREFFIER 

sub pena x librarum, Beatrix, uxor quondam R^' Ra- 
mundi, de Âlairaco, mater dicte Esclarmuode^ et Ber. 
R. , sororius ejusdem Esclarmunde, de Âlairaoo. Testis 
P. Othonis. 

GCXX. — 18 mars 1255 (n. st.], Carcassonne. — Reine, veuve 
de P. Albert, de Couffoulens, s'oblige comme la précédente. 

Anno quo supra, xv kal. aprilis. Raina, uxor quon- 
dam P. Adalberti, de Gofolento, obligavit se jura- 
mento prestito et sua de parendo mandatis omnibus 
et singulis inquisitorum et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas et facere, recipere et complere quic- 
quid pro crimine heresis inquisitores sibi duxerint 
injungendum. Fidejussores pro ipsa, sub pena x libra- 
rum, Ar. Guillelmi Sarte et Ar. Guifre, fîlius Egidii 
Guifredi de Gofolento, obligando super hoc se et sua. 
Testes Ëbrardus, capellanus de Sauzinco, et Ar. et 
Bartholomeus Fabri et Guiilelminus Glericus. 

CCXXI. — 20 mars 1255 (n. st.), Carcassonne. — Pons Olmier, 
en reconnaissance de la grâce des croix, s'oblige spontané- 
ment à donner en aumône, à la prieure de Rieunette, 
150 sous. 

Anno Domini M*" GC LIIIP, xm kal. aprilis. Poncius 
Oimerii, de Limoso, obligavit se et sua in centum 
L solides, magistro P. Ariberti inquisitori in dyocesi 
Carcassone, quod ipse persolvet dictam pecuniam, 
amore Dei et béate gloriose Virginis Marie, priorisse 
monasterii Rivinitidi, quandocumque ab eadem prio- 
rissa vel dicte magistro P. fuerit requisitus, ad opus 
cujusdam hospicii faciendum in monasterio antedicto. 
Et sic juravit complere et perfîcere, sine omni oon- 
tradictione, ad voluntatem dicti magistri P. et prio* 



DB L'INQUISITION DE CARGASSONNE. 225 

risse antedicte. Et propter hujusmodi helemosinam 
quam ex devotione voluit sponte facere, dominus 
ardiiepisoopus Narbone comisit vices suas domino 
episoopo Garcassone super gratia sibi facienda de 
pa'^;rinatioDibus, visitationibus, quas, ex injuDcta sibi 
penitentia pro heresi, facere tenebatur. Fidejussor 
juratus pro ipso dominus Sicardus de Pomariis, 
capellanus. Testes dominus Yasco canonicus, P. Im- 
baud {sic)y sacerdos, R. Artaudi. 

OCXXn. — 28 avril 1255, Carcassonne. — R. Morlane, d'Ar- 
lenSy s'oblige à obéir aux inquisiteurs et à recevoir la péni- 
tence. — Ses cautions. 

Addo Domini M"" GG'' LV^, mi kal. maii. R. Morlana*, 
vd Textor, de Gaunis, qui fuit de Sancto Martino de 
Landa, de Ârzinco, obligavit se et sua per juramentum 
et publicum instrumentum, quod parebit mandatis 
omnibus et singulis inquisitorum et veni[e]t ad diem 
et ad dies sibi assignatas, et recipiet penitenliam ad 
voluntatem eorumdem ; et quod sic compleat Bdejos- 
senint jurati pro ipso quisque in solidum, sub pena 
CKX libr., fier. Bellonis, G. Bello et Garcassona, fra- 
Ks, deÂrzinco. Testes G. Glerici, Ber. Durandi, P. de 
jasalranols, Bartholomeus Goiric, et P. Ariberti, qui 
lec scripsit. 

XXXIII. — Même jour. — Arnaude, femme de Jean Goiric, 

s'oblige comme le précédent. 

Aono et die predictis. Ar^^, uxor Johannis Goirici, 
uravit et obligavit se et sua sicut R°**"* Morlana ante- 
lictus. Fidejussores jurati pro ipso, ut supra, dictus 
idumnes Goiric, Bartholomeus Goiric, fratres, P. de 

1. Voy. plus bas, n« CCXLV. 

15 



226 REGISTRE DU GREFFIER 

Gasalranols et R. Baud. Testes Ber. Betto et G. Bdlo, 
fratres, et plures alii. 

CCXXIV. — 27 mai 1255, Carcassonne. — Jean de VîUèle, de 
la Bastide -Esparbairenque, s'oblige à obéir aux inquisi- 
teurs et à faire la pénitence. — Ses cautions * . 

Ânno Domini M^GG^LV, vi kal. juoii. Johannes de 
Yilella, de Preveirenca, juravit stare maDdatis omnibus 
et singulis inquisitorum, et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas, et recipere, facere et complere peni- 
tentiam sibi pro crimine heresis injuDgendam ; et 
propter hoc obligavit se et sua. FidejusseruDt jurati 
pro ipso sub pena l librarum, quisque in solidum, per 
juramentum et publicum instrumentum obligantes se 
et sua, Âr. Vitalis de Insulis, Ber. Faber, R. de Yileila, 
et Ber. de Yiieila, fratres dicti Johannis, et P. Gotran 
de Gastanhs ; et est assignata dies dicto Johaoni usque 
ad XY dies ad confitendum negata. 

CCXXV. — 2 juin 1255, Carcassonne. — Raymond Molière, 
de la Tourette, s'oblige comme le précédent. 

Ânno quo supra, [i]v nonas junii. R'''^'" Moleira, de 
Turreta, juravit stare mandatis, etc., ut supra. Fide- 
jussores pro ipso jurati, quisque in soiidum, se et sua 
obligantes, Ber. Faber, de Turreta, et Marlinus Gairic, 
de Turreta, sub pena x librarum. Testes Ber., capel- 
ianus de Yalleta, Jo., capellanus de Insulis. 

CCXXVI. — 13 août 1255, Carcassonne. — Esclarmonde, 
veuve de fier. Sabatier, de Canecaude, malade, est autorisée 
à rester bors de prison jusqu*à sa guérison. — Ses cautions. 

Ânno quo supra, idibus augusti. Jo. Sabater, deGana- 

1. Voy. plus bas, n^ CCXXVII. 



DE L'INQUISITION DE CARGASSONNE. 227 

oauda, et P. Pages, de Gaudabrenda, obligaverunt se 
et sua per juramentum proprium et publicum instni- 
mentum, pro Esciarmunda , uxore quondam Ber. 
Sabateriiy de Ganacauda, pro heresi immurata, cui 
data est iicentia exire murum ex parte inquisitorum 
propter iofirmitatem et esse extra quousque convaiue- 
rit; et tune, non expectato mandato, débet redire ad 
murum; quod nisi faceret, predieti sub pena G soli- 
dorum fecerunt obligationem modo dictam. 
• 

œXXVn. — 21 août 1255, Carcassonne. — Jean de Villèle 

s'oblige à obéir aux inquisiteurs ^ . 

Anno quo supra, xn kal. septembris. Johannes de 
Vflella juravit stare mandatis omnibus et singulis 
inquisitorum, et propter hoc obligavit omnia bona 
8ua. Fidejussor juratus pro ipso, sub pena xx libra- 
mm, Bernardus Vezoia, de Gutsiaco. Testes 6. Faber, 
Guillelminus. 

CCXXVni. — 17 octobre 1255, Carcassonne. — P. Faure, 
<|uî, ajourné, ne s'est pas présenté pour recevoir la péni- 
tence, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Amio quo supra, xyi kal. novembris. P. Faber, 
filiuft Pétri Fabri, de Prixano, obligavit se et sua inqui- 
sitoribus, pro eo quod non venit ad recipiendum peni* 
tentiam die sibi assignata, dicens et asserens quod de 
cetero parebit mandatis omnibus et singulis inquisi- 
torum. Fidejussores jurati pro ipso R. Laboratoris, de 
Burgo, quondam de Prixano, sub pena xx librarum. 
Testes R. Escuderii, P. R. Egidii, de Prixano, et 
R. Artaut. 

1. Voy. plus haut, n° CCXXIV. 



^8 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXXIX. — 20 novembre 1255, Carcassonne. — Bernard 
Candel, de Ruscas, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et à faire 
la pénitence. — Ses cautions. 

Ânno Domini M^GG^LV, xn kal. decembris. Ber- 
nardus Gandela, de Ruscas, filius Bernardc Gandela de 
parochia de Rupefera, obligavit se et sua per jura- 
mentum et publicum instrumentum inquisitoribus ad 
parendum maDdatis omnibus et singulis eorumdem, 
et ad veniendum ad diem et ad dies sibi assignâtes, 
et penitentiam sibi pro crimine heresis injungendam 
facere et complere. Fidejussores jurât i pro ipso quis- 
que in solidum Petrus Glerici et Bernardus Gierici, con- 
sanguineus ejus, sub pena xx librarum. Testes Gari- 
nus et Guiilelminus. 

CCXXX. — 19 février 1256 (n. st.), Carcassonne. — Bernard 
Algay, Ar. Guillaume, Pons Gerda et Guillaume de Marcel- 
lenx déclarent vouloir a satisfaire » au sujet des pèlerinages 
de défunte Ray inonde Barbairane, et font connaître ce qu'ils 
ont reçu d'elle ^ . 

Ânno Domini M^GG^LV, xi kal. marcii. Bernardus 
Âlgay, Âr. Guillelmi, Poncius Gerdani et Guillelmus 
de Marcellenx citati comparuerunt ; qui requisiti super 
bonis R^® Barbairane defuncte, quondam pro heresi 
crucesignate , quod satisfacerent pro ipsa super eo 
quod non perfecerat peregrinationes sibi injunctas pro 
eodem crimine tempore quo vivebat, respooderunt 
quod volebant ut bona ipsius Barbairane annotarentur 
et scriberentur ; et fuit factum in hune modum. 

Ar. Guiilelmi juratus dixit se habere i culdtram de 
pluma, I auriculare et i pulvinar de bonis predictis. 

1. Voy. plus bas, n<> CCXXXII. 



DE L INQUISITION DE CARGASSONNE. 229 

AUa vero bona ipsius habent Bernardus Âlgai et Pon- 
dus Gerdani. 

Ber. Âlgay juratus dixit se habere de bonis predic- 
tis I archam, i capam vairiam cum pellibus agnorum, 
I Tanoam blancam, et filatum, u linteos, i saccum, 
I saumatam vini, m sestarios arraonis, caligas ipsius 
defuncte, mi solidos melgorenses et i savenam. 

Pondus Gerdani juratus dixit se habere de bonis 
predictis vu bestias cum lana, u capras, u edos, 
n agnos. 

«OCXXXI. — 24 février 1256 (n. st.), Carcassonne. — P. Bar- 
bier s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Sa caution. 

Anno quo supra, vi kal. marcii. P. Barberii juravit 
atare mandatis omnibus et singulis inquisitorum « et 
recipere et complere penitentiam sibi injungendam 
pro crimine heretice pravilatis et venire ad diem et 
ad dies sibi assignatas. Fidejussor pro ipso juratus 
R. Barberii, avuncuius ejus, sub pena x librarum. 
Testes Ber. Fornerii, Jo. Cassaire. 

CCXXXII. — 7 mars 1256 (n. st.), Carcassonne. — Algay, de 
Rennes-les-Bains, Ber. de Cavanac et Amblard Celler s'obli- 
gent à donner 40 sous avant Pâques (16 avril) pour les pèle- 
rinages de défunte Barbairane ^ . 

Anno quo supra, nonis marcii. Aigay, de Radolinco, 
et pro eo et mandato ejus Ber. de Gavanacho, sartor, 
et Aroblardus Geller promiserunt se daturos fide pli- 
vita XL solidos usque ad Pascha inquisitionis negotio de 
bonis Barbairane defuncte, pro eo quod non perfece- 
rat peregrinationes sibi injunctas pro heresi tempore 

1. Voy. plus haut, n<> CCXXX. 



230 REGISTRE DU GREFFIER 

quo vivebat. Veramtainen officialis GarcassoDe débet 
habere xx solidos de predicta summa, quia, ut didt, 
Barbairana predicta erat sibi debitis obligata ; et Algay 
antedictus débet servare ÎDdempnes super hoc fidejus- 
sores suos antedictos ; et hoc persoluto, bona predicta 
sint ex parte inquisitionis absolu ta. 

CCXXXIII. — 11 mars 1256, Carcassonne. — Bonet, de Mont- 
bel , donne 100 sous melgoriens aux frères Prêcheurs de 
Carcassonne. 

Ânno quo supra, v idus marcii. Bonetus de Monte* 
bello promisit gratis se daturum usque ad Pascha 
centum solidos melgorenses amore Dei fratribus Pre^ 
dicatoribus Garcassone pro adducenda quadam ara 
que est apud Âlzonam. Et hoc juraverunt pro ipso 
fide piivita Rusticanus de Burgo, sartor, et Ber. de 
Villanerîa, de Salsinhano. 

CCXXXIV. — 28 mars 1256, Carcassonne. — Raymond Amîel, 
de Preixan, s'oblige à la pénitence; il obéira aux inquisi- 
teurs. — Ses cautions. 

Arino Domini M^CC'LVP, V kal. aprilis. R"^" Ame- 
lii de* Prixano subposuit se omnimode voluntati 
inquisitorum ad recipiendum et ad faciendum peni- 
tentiam quam sibi duxerint propter heresim injuii- 
gendam; et venire ad diem et ad dies sibi assigua- 
tas promisit et stare mandatis omnibus et singulis 
eorumdem ; quod supra sancta Dei evangelia juravit. 
Fidejussores jurati pro ipso, quisque in solidum, sub 
pcna L librarum, R. Laboratoris, de Burgo, Pon. 
Berrelli, G. Bodus Ilominis (sic) et G. Boerii, de 
Prixano. Testes G. Faber, Guillalminus, et Ribaud et 
R. Artaudi. 



DE L'INQUISITION DE CARGASSONNE. 231 

OCKXXV. — 6 avril 1256, Carcassonne. — Bernarde, femme 
de Nicolas, s'oblige par serment à faire ses pèlerinages d'ici 
à la Saint-Michel (29 septembre). 

AoDO quo supra, feria v ante Ramispalmarum. 
Bemarda, uxor Nicholay, juravit se facere peregrina- 
tiones sibi injunctas pro heresi, usque ad instaDS fes- 
tum beati Micahelis. Fidejussores pro ipsa, sub pena 
L solidorum, R. Olmerii, Miletus Johannis, de Pesinco, 
se et sua obligautes quisque pro toto. 

CCKXXVI. — 10 avril 1256, Carcassonne. — Confession de 
Bernard de Latour, chevalier. Il s'était employé auprès de 
l'évéqne, son parent, à faire relever des croix Raymond 
Sabatier. 

Addo Domini M"" CC LVP, mi idus aprilis. Bernar- 
dos de Turre, miles, testis juratus et requisitus, dixit 
se nichil aliud scire super facto heresis nisi quod con- 
fessas est coram inquisitoribus Garcassone. 

Itemj requisitus dixit quod, cum Ramundus Sabate- 
rii esset cruce signatus pro heresi, locutus fuit cum 
ipso teste cum magna instancia, quia sciebat ipsum 
esse de parentela domini episcopi, quod tantum inter- 
cederet apud eumdem episcopum, quod idem R. amit- 
teret dictas cruces ; et promisit sibi propter hoc G solidos 
meigorenses et ampiius vi denarios annui census prop- 
ter homagium in perpetuum. Que omnia idem testis 
aoceptavit, et fecit pactum cum eodem R., quod face- 
ret ipsum de cruce signari per dominum episcopum 
antedictum. Et super hoc multum laboravit apud 
donoûnum episcopum et inquisitores quod possel hoc 
impetrare ; et fecit quod potuit, set non potuit opti- 
Dere, licet recepisset idem testis propter hoc xxxiii so- 



232 REGISTRE DU GMIFFISR 

iidos a R^° antedicto ; de quibus idem testis fecit oom- 
posicionem postea cum eodem R. quod restitueret sibi 
XX solidos, quia non potuit impetrare ; et mandavit 
precentori, sorori (sic) suo, quod traderet ei i modium 
ordei ; tamen non tradidit ei precentor niai vui sesta- 
rios ordei et eminam ordei, sicut iutellexit. 

Item^ dixit quod R. Sabaterii predictus tradidit 
sibi Y solidos ut afferret eos magistro P. Ariberti pro 
negocio ante dicto. Set noiuit idem magister recipere. 
Interrogatus si restituit illos quinque solidos predicto 
R., dixit se non recordari. Dixit etiam quod sacrista 
Sancti Nazarii et archidiaconus et precentor ejusdem 
loci rogaverunt multum dominum episcopum et inqui- 
sitores super dicta gratia crucum optinenda ex parte 
ipsius testis. De tempore n anni vel circa. 

Item^ dictus Ber. de Turre, miles, subposuit se 
omnino voluntati veuerabilis patris G., permissione 
divina Garcassone episcopi, et inquisitorum, ad facieo- 
dum seu observandum quicquid sibi duxerint injun- 
gendum, si in aliquo commisit de predictis; et prop- 
ter hoc se et sua obligavit per juramentum et publicum 
instrumentum. Hec deposuit coram dictis inquisito- 
ribus magistro Radulpho et P. Ariberti, inquisitori- 
bus. Testes P. Vasconis et G., capellanus de Querio 
Serverio. 

CCXXXVII. — 18 avril 125G, Carcassonne. — G. de Vente- 
nac, d*Alzonne, et G. d'Espagne déclarent ne pas vouloir 
défendre, le premier Bernard de Ventenac son père, le 
second dame Vige, de Villemoustoussou, sa mère. Cependant 
G. d'Espagne dit que sa mère avait communié avant de 
mourir. 

Anno Domini M'CC'LVr, xmi^ kal, maii. G- de Yen- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 233 

tenacOy de Alzona, hères patris sui Bernard! de Yente- 
naoo, et 6. de Yspania, hères de na Viga, de Vil- 
kuonostausso, comparuerunt coram inquisitoribus ; et 
requisiti si volebant prenominatos Bernardum et Yigam 
defiiDctos defendere de hiis que in inquisitione super 
facto heresis inveniuntur contra eos, dixerunt quod 
non. Tamen 6. de Yspania dixit quod mater sua com- 
municavit in morte et capellanus audivit îpsam in 
oonfessione. Tamen nescit si fuit sibi confessa super 
crimine memorato. De hiis que fecit in vita non vult 
eam defendere. 

CXIXXXVin. — 19 avril 1256, Carcassonne. — Pierre Amiel, 
d'Anens, renonce à défendre Riche Ferréol, sa sœur, dont 
il a héritéy et son mari. 

Item, Petrus Âmelii de Ârzinco comparuit xiii kal. 
mail coram inquisitoribus; et requisitus si volebat 
Ridiam Ferriolam, sororem suam, cujus est hères, 
et Pentium Ferreoli, virum ejus, defendere super hiis 
que in inquisitione inventa sunt de heresi contra eos, 
dixit quod non, quia non posset. 

CCKXXIX. — 21 avril 1256, Carcassonne. — Adalals Panère 
et Raymonde Faurès, sa sœur, s'obligent à obéir aux inqui- 
siteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, xi kal. maii. Âdalais Paneria, uxor 
Pétri Panerii, et R*** Fauressa, soror ejus, juravit (sic) 
stare mandatis inquisitorum et venire ad dfem et ad 
dies sibi assignandas, et recipere et facere penitentiam 
sibi pro crimine heresis injungendam ; et super hoc 
obligaverunt se et sua fidejussores jurati pro ip^s, 
8ub pena xx Hbrarum, quisque in solidum, G. Faber 
et P. Panerii, de Ârzinco. 



234 REGISTRE DU GREFFIER 

GCXL. — 2 juin 1256, Carcassonne. — Guiraud, fils de Âr. 
Escarbat, des Ilhes, s'oblige comme les précédentes. 

Ânno quo supra, un nonas junii. Guiraudus, fîlius 
Âr. Escarbat, de Insulis, juravit eodem modo ul dicta 
Adalais. Fidejussores jurati pro ipso sub pena xx li- 
brarum, Âr. Ëscarbat predictus, Ar. Durandi, qui^ 
que in solidum, se et sua obligantes per juramentum 
et publicum instrumentum. Testes R. Gonter, G. Ar. 
Bornhi, Guillalminus. 

CCXLI. — 9 juin 1256, Carcassonne. — Confession de P. Barte. 

Anno quo supra, v ydus junii. P. Barta juratus dixit 
quod ipse presentavit xx soiidos domino abbati Montis 
Olivi, quia rogavit inquisitores de gracia eidem super 
peregrînationibus facienda; set noluit recipere; et 
tune, irrequisito abbate et ipso inscio, dédit illos 
XX soiidos Guillelmo Jordani, nepoti suo. Interrogatus 
dixit quod numquam fecit pactum cum domino abbate 
vei cum alio de pecunia danda pro dicta gracia impe- 
tranda. Tamen quia audiebat fréquenter eumdem abba- 
tem conquerentem et dicentem publiée quod ipse 
laborabat et rogabat pro omnibus et nichil sibi ser- 
viebant, idem testis voluit sibi facere servicium ante- 
dictum. 

CCXLll. — Même jour. — Ber. Saissac, gracié des croix, dil 
avoir, à sa demande, donné pour cela 20 sous à R. d'Akan, 
moine de Montolieu. 

Anno et die predicLis. Ber. Saxiaci juratus dixit quod, 
cum dominus episcopus fecisset sibi gratiam de cru- 
cibus in quadam dominica Ramispalmarum, ad instan- 
ciam domini abbatis Montis Oiivi, R. de Alzauo niona- 



DE L'INQUISmON DE CARCASSONNE. 235 

dius petiit ab ipso teste propter hoc xx solidos, quos 
ei tradidit oontÎDuo idem testis. 

GCKLin. — Même jour. — Ar. Cat a donné à Guillaume Ar. 
Bomhi 20 sous pour avoir été gracié des croix * . 

Adoo et die predictis. Ar. Cat juratus dixit quod 
ipse testis dédit Guilielmo Âr. Bomhi xx solidos et 
cpiosdain sotulares, quia sibi gratiam apud inquisito- 
res de crucibus impetravit. 

CiCXXJV. *- Même jour. — R. Maurel dit que sa femme, 
ayanl obtenu un sursis pour l'imposition des croix, a acheté 
des pierres taillées pour la porte de Montolieu. 

AoDO et die predictis. R. Maurelli juratus dixit 
indiil. Dixit tamen quod, quia ad instanciam domini 
abbatis di£ferebatur crucesignatio R^®, uxoris sue, ipsa 
émit lapides scissos x solidorum ad opus janue faciende ; 
et dédit Guilielmo Jordani, nepoti domini abbatis. 

GCXXV. — Même jour. — Guillelme Bonet a donné quatre oies 
à Bérengère, qui avait promis de lui obtenir la grâce des 
croix. 

ÂDDO et die predictis. Guillelma Boneta jurata dixit 
qaod dédit m anceres Berengarie, uxori P. G. Mor- 
lana^, quia promiserat ei quod faceret sibi cruces 
auferri a domino episcopo. 

1. Voy. Deuxième partie, n® Ll. 

2. Ce nom rappelle des défections scandaleuses qui allaient 
se produire avant la fin du siècle. Guillaume-Arnaud Morlane, 
chanoine de Saint-Nazaire de Carcassonne, prieur du Mas- 
Cabardès, malade au Mas-Cabardès, se fit a hérétiser » peu 
avant de devenir évoque (Doat, XXVI, fol. 153 v^-fol. 154). En 
1283, Sanche Morlane, grand archidiacre, et Arnaud Morlane, 
son frère> forent l'âme du complot formé pour dérober les re- 
gistres des inquisiteurs de Carcassonne (Doat, XXVI, fol. 211 v**- 



236 REGISTRE DU GREFFIER 

CGXLVI. — 9 juillet 1256, Carcassonne. — Ar. de Solerio et 
GornetOy qui a donné pour le reliquaire de saint Antonin de 
Pamiers, est gracié de^ pèlerinages. 

Anno quo supra, yii îdus julii. Facta fuit gratia de 
peregrÎDationibus omnibus Âr. de Soierio de Gorneto 
sibi injunctis pro crimine heretice pravitatis, quia 
dédit VI libras melgorensium amore Dei operi capse 
beati martiris Antonini Appamiensis. 

CCXLVII. — 16 juin 1256, Carcassonne. — Rixendis, sœar de 
Jean Sabatier, de Canecaude, s'oblige à obéir aux inquisi- 
teurs pour la pénitence. 

Auno quo supra, xvi kal. julii. Rixendis, soror 
Johannis Sabaterii, de Ganacalida, obligavit ae et sua 
per juramentum et publicum instrumentum ad pareu- 
dum mandatis inquisitorum, ad veniendum ad diem 
et ad dies sibi assignatas vei assignandas ad redpien- 
dum et (aciendum penitentiam quam sibi inquisitores 
duxerint injungeDdam. Fidejussores pro ipsa, sub pena 
XV librarum, G. Faber de Vilardonello et G. Panairer. 
Et penam simili ter solverent si faceret se hereticam. 

CCXLVIII. — 23 juin 1256, Carcassonne. — Adalals Barrau 

s'oblige comme la précédente. 

Anno quo supra, ix kal. julii. Adalais Barrava jura- 
fol. 215, 264, 267 \^, 269). Arnaud Morlane, curé de Penauticr, 
assista h. Tinitiation dualiste de Castel Faur de Carcassonne 
{ibid.y fol. 258). Il ne jouissait pas d'une bonne réputation 
(ibid.y fol. 287, 288, 289). Il fut « hérétisé » en présence de 
Bernard et Raymond Morlane, ses neveux, et de son frère 
l'archidiacre {ibid., fol. 289 et 290; Doat, XXVIII, fol. 129- 
fol. 132, fol. 147 v<>-149). L'exhumation fiit plus tard, le 
23 février 1325 (n. st.), prononcée contre lui (Doêt, XXVIII, 
fol. 106, fol. 107). 



DB L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 237 

vit stare mandatis omnibus et singulis inquisitonim 
et alia facere que propedicta Rixendis, obligans super 
hoc 86 et sua. Fidejussor pro ipsa juratus, sub pena 
xlibrarum, R. Ghefol. 

GCXUX. — 24 juin 1256, Carcassonne. — Carcassonne, d*Ar- 
lenSy s'oblige à obéir aux inquisiteurs pour la pénitence. — 
Ses cautions. 

Addo quo supra, vni kai. julii. Garcassonna, de 
àradDCO, obiigavit se et sua ad parendum mandatis 
inquisitorum per juramentum et publicum instrumen- 
tnm et ad faciendum et ad recipiendum penitentiam, 
ijoam iidem inquisitores sibi duxerint injungendam. 
Kdqussores jurati pro ipsa, sub pena xxx librarum, 
quisque io soiidum, P. G. et R. Belio, fratres, et Ber. 
4rrufat, filius dicte Garcassone. 

QCL. — 27 juin 1256, Carcassonne. — G. Roque, vieux, don- 
nera 50 sous ai^lieu et place de ses pèlerinages. 

Addo quo supra, y kal. juiii. G. Roqua juravit se 
daturum l solidos pro peregrinationibus suis, quas 
Mm potest facere propter senectutem. 

QCLI. — 16 juillet 1256, Carcassonne. — P. Bertric et Jeanne, 
sa femme, s'obligent à obéir aux inquisiteurs pour la péni- 
tence. — Leurs cautions. 

ÂDDO quo supra, xvu kal. augusti. P. Bertric et 
Johaona, uxor ejus, obiigaverunt se et sua per juramen- 
tum et publicum instrumentum inquisitoribus ad 
parendum mandatis eorum universis et singulis ad 
veDieDdum ad diem et ad dies et recipiendum et 
raciendum penitentiam sibi pro crimine heresis injun- 
g^CDdam. Fidejussores pro ipsis quisque in solidum 



238 BEGISTRE DU ORKFFUR 

jurati Âr. Durandi et P. Buada, de Salsinhano, Ber. 
Aosten, Pon. Pelât, P. Faber, P. Ghatmar, P. Bâtard 
et G. Maurel, de Vilardonello, sub pena xxx libra- 
rum se et sua obligantes. 

CGLII. — 15 novembre 1256, Garcassonne. — Guillaume Clerc, 
malade, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa gué- 
rison. — Ses cautions^. 

Anno quo supra, xvn kal. decembris. Bernarda 
Glerica, de Preveireoca, et Rogerius, filius ejus, obliga- 
verunt se et sua per juramentum et publicum instru- 
mentum, sub pena quingentorum solidorum, quod 
Guiilelmum Glerici, fiiium ejusdem Bemarde, cui data 
est licencia exeundi murum propter egritudinem, 
facient redire ad murum post convalesoenciam* 

CCLI11. — 9 septembre 1257, Garcassonne. — Ber. Guilabert, 
malade, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa gué- 
rison. 

Anno Domini M"" GG° LVII^, in crastinum Nativitatis 
Béate Marie. Fuit data licencia Ber. Guilaberti îmrau- 
rato exeundi murum propter egritudinem ; et rever- 
tetur ibi post convalescenciam. Et hoc juravit Guillel- 
mus Guilaberti, de Monte Olivo, filius ejus, et obiiga- 
vit se et sua sub pena G solidorum. 

CCLIV. — 19 septembre 1257, Garcassonne. — Raymond 
Nègre, de Salsigne, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo [supra], xni kal. [octobris?]. R"*" Niger, 
de Salsinhano, juravit parère omnibus mandatis et sin- 

1. Voy. plus haut, n« GCXVll. 



DB LINQUISITION DE CARCASSONNB. 239 

gulis inquisktorum et vcnire ad diem et ad dies sibi 
aflôgnatas. Fidejussores pro ipso jurati 6. Peieti, de 
Bm^, W. Àimerici, A. Durandi, 6. Bordas et G. de 
Fomas, ita quod in universo tenentor pro XL libris 
mdgorensium quilibet pro parte sua; et obligave- 
roDt omnia bona sua. 

CCLV. — 23 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — G, de Area 

s'oblige comme le précédent. 

. Addo quo supra S x kal. februarii. G. de Ârea jura- 
mi stare, etc. Fidejussores pro ipso, sub pena xx libra- 
nim, Silvester Britouis et Ber. Gausinh, quilibet in 
aolidum; et juraverunt et obiigaverunt, etc. Testes 
magister Ber. de Porciano et B. Artaudi. 

OCLVI. — Même jour. — Grazide, femme de Pierre Vaqnier, 
de MoQSSoulens, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Grazida, uxor Pétri Vaquerii 
de Mossolinco, juravit, etc. Fidejussor pro ipsa Guil- 
Mmiis Vaquerii, sororius suus, sub pena corporis et 
rmun suarum, de parendo mandatis inquisilorum. 

OCLVII. — 24 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — Ar. Ver- 
nière, de la Tourette, s'engage comme le précédent. 

Anno Doniini M" CC* LVff , ix kal. februarii. Ar. 
Yemeira, de Turreta, juravit stare mandatis inquisito- 
mm, etc. Fidejussores pro ipso G. Miravaliis et 
P. Dental, sub pena G solidorum ; et obligaverunt se 
st sua propter hoc et juraverunt. 

i. C'est-à-dire anno M^ CC LVIP. Voy. plus bas, n^ CCLVII. 



240 REGISTRE DU GREFFIER 

CCLVIII. — Même jour. — G. Gamezenc, comme le précédent. 

Ânno et die predictis. G. Gamezenc juravit stare, etc. 
Fidejussores pro ipso P. Vaschonis et R. Escorro, sub 
pena centum solidorum. Et hoc juraverunt et obli- 
gaverunt se, etc. 

ceux. — Même jour. — Ar. de Tornade, de la Tourette, 

comme le précédent. 

Ânno et die predictis. Ar. de Tornade, de Turreta, 
juravit stare mandatis, etc. Fidejussores pro ipso Ber. 
de Gavanaco, de Miravalle, et Vitalis Costa, sub pena 
G solidorum ; et obligaverunt se, etc. 

CCLX. — Même jour. — Ar. Gauzinh, comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ar. Gauzinh juravit stare 
mandatis inquisitorum omnibus et singulis, et facere 
pcnitentiam quam sibi duxerint pro crimine heresis 
injungendam. Fidejussores pro ipso, sub pena l libra- 
rum, Ber. Gausinh, R. Abbas, Stephanus Boerii et 
P. Rosselli de Bastida ; et propter hoc obligaverunt se 
et sua. 

CCLXl. — Même jour. — P. Batarel et G. Garin, de Villar- 

donnel, comme le précédent. 

Anno et die predictis. P. Batarelli et G. Garini, de 
Yilardonello, juraverunt stare mandatis inquisitorum. 
Fidejussores pro ipsis R. Guiraudi, P. Ghatmar de 
Yilardonello et Ar. Maur de Aragone, sub pena xx li- 
brarum; et obligaverunt se et sua et juraverunt, etc. 

CCLXII. — Même jour. — P. de Alassacy converti, comme le 

précédent. 

Anno et die predictis. P. de Alassac, con versus de 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 241 

heresi, juravit stare, etc. Fidejussores pro ipso 
P. Batarelli, G. Garini et R. Gauterii, de Yilardonello, 
sub peoa rerum et corporum ; et obligaverunt se et 
sua par juramentum proprium et publicum iostru- 
meotum. 

CGLXin. — Même jour. — Mascarel^ comme le précédent. 

Aono et die predictis. Mascarellus juravit, etc. Fide- 
jussores pro ipso R. Acbert et G. Razeire, et Rog. 
Pétri, de Insulis, sub pena G]solidoruin; et obligave- 
ront se et sua, etc., et juraverunt. 

CCLXiy. — Même jour. — 'Àr. de Casillac, des Ilhes, comme 

le précédent. 

Anno et die predictis. Ar. de Gasillac, de Insulis, 
juravit stare mandatis inquisitorum, etc. Fidejusse- 
runt pro ipso Ber. de Gasillaco, de Gabrespina, frater 
ejus, et Jordana, uxor P. Sabaterii, de Miravalle, soror 
ejus, sub pena rerum et corporum. 

GCLXV. — 30 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — Guillelme 
Jutge, des Ilhes, et Rixendis, de Roquefère, s'engagent de 
même. 

Anno quo supra, m kal. februarii. Guillelma Jutga, 
de Insulis, et Rixendis [de] Roquafera, sorores, jura- 
verunt stare, etc. Fidejussor pro ipsis R. Judex, de 
Preveirenca, obligans omnia bona sua. 

CCLXVI. — 31 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — G. de 
Villar-en-Val, de Salsigne, comme les précédents. 

Anno quo supra, n kal. februarii. G. de Vilario, de 
Salsinhano, juravit stare mandatis inquisitorum. 



êO 



Uî REGISTRE DU OREPFIBE 

CCLXVII. — Même jour. — P. Sig^ier, comme le précédent. 

Anno quo supra et die. P. Siguerii juravit stare 
mandatis inquisitorum. Fidejussores pro predictis 
G. de Vilario et P. Siguerii, R. Fornerii, Ber. Baus, 
G. Bordas, Bartholomeus Richer, P. R., Tozet de 
Salsinhano, sub pena rerum et personarum ; et obli- 
gaverunt se et sua per juramentum, etc. 

CCLXVllI. — 5 février 1258 (n. st.), Carcassonne. — Pons 
Candely de RuschaSy comme le précédent. 

Ânno quo supra, uonis februarii. Poutius CSandeh, 
de Ruschas, juravit stare, etc. Fidejussor pro ipso 
juratus, sub pena x librarum, P. Johanoes, de Rupe- 
fera ; et obligavit se et sua, etc. 

GGLXIX. — 27 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — Ber. de 
Saint- Sébastien, de Guxac-Cabardès, s*oblige à obéir aux 
inquisiteurs, et donne ses cautions jurées. 

Anno quo supra, vi kal. februarii. Ber. de Sancto 
Sebastiano, de Gutsiaco, juravit stare mandatis inqui- 
sitorum et venire ad diem et ad dies sibi assignalas vel 
assignandas et facere quicquid ei preceperint inquisi- 
tores antedicti. Fidejussores jurati pro ipso, quisque 
in soiidum, sub pena l librarum, P. Guiraudi, frater 
dicti Ber., Guillelmus Guiraudi, Ber. Senia, Âr. Mar- 
tini, P. de Mata; et obligaverunt se et sua. Testes 
capellanus de Gu[t]siaco et Girardus, filius domine 
Nove(?). 



DE LlNQUISmON DE GARGASSONNE. 243 

CXLXX. — 6 mai 1252, Carcassonne. — Ber. Etienne Catala, 
à Taudience, assure qu'Arnaud Raymond, son frère, dont 
il est rhéritier, a confessé l'hérésie à son curé. 11 est ajourné 
à huitaine pour en faire la preuve et dire s'il veut le 
défendre ^ 

Anno Domini M^ GG^ LIF. Ber. Stephani Gatalani 
oomparuit n oonas ma[iij [co]ram magistro R. David, 
inquisitore ; et requisitus si erat hères Arnaudi Ray- 
mundi, fratris sui, dixit quod sic; et post mortem 
ipsius recepit de bonis suis tamquam hères. Et requi- 
situs si fuit confessus super facto heresis, dixit quod 
sic capellano, ut audivit ab eo. Et est sibi assigna- 
Um apatium yni^ dierum ad probandum confessio- 
nm dieti Ârnaudi et ad deliberandum utrum velit 
defiendere eumdem fratrem suum super heresi. 

1. La pièce se trouve placée à la seconde partie, fol. 22 r®. 
Ble a été mise ici comme se rattachant par son objet à la pre- 
mière partie. 



DEUXIEME PARTIE. 

bsTEAMOGATOnU * . 

1250-1267. 



I. — 14 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
de Guillaume Cabane, de Leuc, cité. 

G. Gabana, de Liogo. 

Anne Domini Ikf CC XL"" IX% if ydus mardi. Guil- 
lelmus Gabana, de Lioco, testis juratus super nn^'' Dé 
Evangelia quod super facto heresis vel Valdesie^ tam 
de se quam de omnibus aliis, vivis et mortuis, puram, 

1. Ici se trouve dans le ms. un tableau par noms de lieux 
des personnes interrogées. Les notaires de l'Inquisition avaient 
assez rhabitude de dresser de semblables tableaux, qui per- 
mettaient aux inquisiteurs de retrouver tout de suite un ren- 
seignement utile au milieu des confessions ou dépositions 
souvent compactes des témoins ou prévenus. Ces tableaux 
présentaient, ou bien les noms de ceux qui se trouvaient com- 
promis par la confession — c*est le cas du fragment de registre 
conservé par M. Louis Bonnet, de Béziers, — ou bien les noms 
de ceux qui avaient déposé, rangés par noms de lieux — c'est 
le cas des fragments de registres conservés aux archives de la 
Haute-Garonne ^H Dominicains, 85; et du registre du notaire 
de rinquisition de Carcassonne ici publié. Ces tableaux se 
trouvaient placés ou à la suite des confessions, ou à la fin du 
registre, ou en avant. Dans le ms. de Clermont-Ferrand, il est 
en avant. 

2. Les interrogatoires distinguent toujours Thérésie et la 
vaudoiserie. 



REGISTRE DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 245 

menaiD ac plenam diceret veritatem, dixit quod in 
domo Raymundi Egidii^ apud Liocuin primo vidit 
Bemardum Egidii hereticum, fratrem dicti R. Ëgi- 
dii. Et dictus R. Egidii venit ad dictum testem et 
iddoxit èum ad domum suam ubi erat dictus Bernar- 
éoB^ frater suus, hereticus; et dixit ipsi testi idem 
hnreticus si volebat intrare ordinem hereticorum ; et 
idem testis respondit ei quod pocius vellet quod ipse 
et cives alii essent suspensi. De tempore, dixit quod 
tempore comitis Montis Fortis, quando erat in re- 
cessu^. Et dum idem testis exiret de domo, obviavit 
Raymundo Amelii, ejusdem castri, qui ibat ad eumdem 
hereticum ; et vidit ipsum intrantem in domo ubi erat 
bo^cus antedictus; et vidit similiter Esclarmundam, 
nzorem quondam Guillelmi de Lioco^, intrantem do- 
mum antedictam. De tempore, idem quod supra. 
Amt, eodem tempore vidit duos Valdenses commo- 
nmtes in domo Guillelmi Martini, de Lioco. Item^ vidit 
in capella dicti castri quod heretici, quorum nomina 
ignorât, predicabant in eadem. Et erant ibi Bernardus 
Eogerii^, dicti castri, Petrus Adalberti^, Arnaldus 
GniDelmi, de Lioco*^. De tempore, idem ut supra. 
Requisitus si abjuravit heresim et Valdesiam apud 
Gaimas, dixit quod sic; et omnia supradicta fuit 

1. Voy. plus bas, n^' H, III, V, VI, VII. 

2. Voy. n«' V, VI. 

3. Allusion probable à la campagne de Simon de Montfort 
ïïïïT les bords du Rhône, en 1217, avant le siège de Toulouse, 
où il fut tué d'un coup de pierre (1218). 

4. Voy. no VII. 

5. Voy. plus bas, n«« VI, VII. 

6. Voy. plus bas, n® XX. 

7. Voy. plus bas, n^ XXXV. 



246 RSGISTRE DU OREFFISR 

[confessus] coram inquisitoribus heretice pravijtatis 
Dec postea fuit relaxus (ne). 

Hec omnia fuit coufessus Guillelmus Gabana aote- 
dictus coram domiDO episcopo, anoo et die quo 
supra, magistro Bereogario de Palma preseote et me 
Radulfo, clerico, qui hoc scripsi de maDdato domini 
episcopi. 

II. — Même jour. — Confession de Gaillaume de Liqueracoy 

de Leuc^ non cité. 

G. DE LiQUERAGO, DB LiOGO. 

Ânno quo supra, n ydus naarcii. Guillelmus de 
Liqueraco, de Lioco, dod dtatus, testis juratus, super 
mf "* sancta Dei Evangelia quod super fecto heresis et 
Yaldesie, tam de se quam de aliis, vivis et mortuis, 
puram, meram ac plenam diceret veritatem, dixit 
quod R. Egidii, de Lioco^, veoit ad domum dicti tes- 
tis, et dixit ei quod iret a[d] domum suam secum; et 
ivit. Et quando fueruot ibi, dictus testis invenit iïÀ 
duos hereticos quorum Domina, ut ipse dicit, ignorât; 
et vidit ibi cum eis in quodam paillerio* Âlazaidim, 
uxorem Jacobi Boerii, de Lioco, et Virgiliam', uxorem 
R. Egidii, et ipsummet R. Egidii, et duos filios par- 
vulinos dicti R. Egidii, quorum unus vocatur Bernar- 
dus, et Guillelma. Et quam cito vidit eoe, tam dto 
recessit; et non locutus fuit cum eisdem; et postea 
non vidit eos. De tempore, dixit a mi* aonis citra et 

1. Voy. n«« I, III, V, VI, VII. 

2. Grenier à pallie, ou peut-être cour où il y a des pailles, 
pailler. 

3. Voy. no V. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 247 

fimidio. Requisitus utrum abjuravit heresim et Yal- 
desiam, respondit quod sic, apud Gaunas, coratn fra- 
tribus ÎDquisitoribus ; et postea post abjuracionem 
fiMStam vidit et audivit predicta. Et interrogatus super 
aliiSy dixit se nichil aliud scire. 

ni. — Même jour. — Confession de Guillaume Boyer, 

de LeuCy non cité. 

G. BOYER, DE LiOCO. 

Addo quo supra, n ydus marcii. Guillelinus Boyer, 
de LioGO, d6d citatus, testis juratus super mf "^ sancta 
Dei Evangelia, quod super facto heresis et Valdesie, 
taon de se quam de aliis omnibus, vivis et mortuis, 
diœret veritatem, dixit quod Raymundus Ëgidii^ venit 
ad ipsum testem, et dixit ei quod iret ad domum 
nam, quia duo homines erant ibi qui eraut parentes 
iiZ0ri8 et volebant loqui cum eo ; et dictus testis ivit 
ad domum predicti R. Egidii et intravit domum ante- 
dictam et invenit ibi duos hereticos, quorum nomina 
ignorai, ut ipse dicit. Tamen dixit sibi dictus R. Egidii 
quod unus illorum vocabatur Ârnaldus de Ganeto^, 
qui fuit de Pomariis ; et salutaverunt ipsum, et dixe- 
mot eidem testi quod faceret eis bonum^, quoniam 
uzor dieti testis erat consanguinea dictorum heretico- 
ram, ut ipsi dicebant ; et dictus testis respondit quod 
non daret eis aliquid. Interrogatus quis erat cum eis, 
dixit quod uxor R. Egidii tantum. De tempore requi- 
situs, dixit quod a uu'''^ annis citra. Itenij interrogatus 

1. Voy. n~ I, n, V, VI, VH. 

2. Voy. n** XXIII, XL VI. 

3. Ms. : hanum. 



248 RB6ISTRE DU GRKFFIKR 

si abjuravit heresim et Valdesiam, respoodit quod sic, 
apud Gaunas, ooram fratribus inquisitoribus ; et post 
illam abjuracioDcm vidit omnia supradicta. Et ioter- 
rogatus super aliis, dixit se nichil scire. 

IV. -^ 15 mars 1250 (n. st.). — Confession de Jordane Biorel, 

de Leuc, non citée. 

JORDANA MORELLA, DE LiOGO. 

Anno quo supra, yd[ib]us marcii. Jordana Morelia de 
Lioco, non citata, testis jurata quod super facto here- 
sis vel Yaldesie, tam de se quam de omnibus aliis, 
vivis ac mortuis, plenam, puram ac meram diceret 
veritatem, dixit quod a xxx^ annis citra, postquam 
rex Francie fuit apud Avinionem ^ , non vidit heretioos 
vel Valdenses; et super hoc quod ante viderat fiiit 
confessa fratribus inquisitoribus apud Gaunas et peni- 
tentiam recepit ab ipsis ; et abjuravit heresim coram 
ipsis. 

V. — Même jour. — Confession de Lombarde, femme 
de Guillaume Albert, de Leuc, non citée. 

LOlfBARDA, DE LiOGO. 

Anno quo supra, yd[ib]us marcii. Lombarda, uxor 
Guillelmi Adalberti, de Lioco, non citata, testis jurata 
super un'''' sancta Dei Evangelia quod super facto 
heresis et Valdesie, tam de se quam de onmibus aliis, 
vivis et mortuis, puram, meram ac plenam diceret 
veritatem, dixit quod Raymundus Egidii^ venit ad 

1. Il s'agit ici de la campagne de Louis VIII sur les bords du 
Rhône. 

2. Voy. no* I, II, III, VI, VII. 



DB L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 249 

domam suam et duxit ipsam ad domum ipsius R. 
Egidii, obi erat Bernardus Egidii^ frater dieti R., 
hereticus, et quidam alius hereticus eujus nomen 
ignorât ; et dictus Beroardus reprehendit dictam tes- 
tem, quia ad ipsum siue aliquo nuncio uon venerat. 
InteiTogata si audivit predicacionem ipsorum, vel eos 
adoravit, vel aliud bonum eis fecerit, vel ab ipsis ali- 
quid receperit, respondit quod non. De tempore requi- 
sita, dixit quod xvu anni possunt esse. De circumstan- 
tibus, dixit quod ipsa testis, et R. Egidii, et Yii^ilia^, 
uxordictiR. Egidii, etGuillelmus Reg, qui mortuus est. 
Super aliis diligencius requisita, dixit se nichil aliud 
acire. Interrogata si abjuravit heresim et Valdesiam, 
dixit quod sic, apud Gaunas, coram fratribus inquisi- 
toribus ; et super premissis, dictis inquisitoribus cela- 
vit veritatem. Dixit tamen quod capellano suo fuit 
confessa. 

VI. — Même jour. — Confession d'Alazaïs, femme d'Arnaud 

Raymond, de Leuc, non citée. 

Alazaydis, uxor Arnaldi Raymundi, de Liogo. 

Anno quo supra, yd[ib]us marcii. Alazaydis, uxor Ar- 
naldi Raymundi, deLioco, non citata, testis jurata super 
im^'' sancta Dei Evangelia quod super facto heresis vel 
Valdesie, tam de se quam de omnibus aliis, vivis ac 
mortuis, puram, plenam ac meram diceret veritatem, 
dixit quod, quadam vice, cum domina Ësclarmunda, de 
Lioco, ivit ad domum R. Egidii, de Lioco; et intrave- 
mnt domum illara et invenerunt duos hereticos, quo- 

1. Voy. n«« l, VI. 

2. Voy. n« H. 



250 REGISTRE DU ORKFFDW 

rum UDus vocabatur Beraardus Egidii ; nomen alterios 
ignorât. Interrogata si audivit predicationem eorum, 
vel credidit secte eorum, dixit quod dod ; set statim 
recessit cum domina sua antedieta. Et cum dicta testis 
exiret, vidit intrantem Beroardum Rogerii ^ ; nesdebat 
tamen qua de causa iotravit. Interrogata de drcum- 
stantibus, respondit quod ipsa testis, et domina sua 
Esclarmunda, R. Egidii etVirgilia% uxor sua; super 
aliis circumstantibus diligenter interrogata, dixit se 
nichil aliud scire ; nec postea vidit hereticos vel Val- 
denses. Item, interrogata si abjuravit heresim vel 
Yadesiam, dixit quod sic, apud Limosom, coram fratre 
Ferrario^; et confessa fuit eidem super prenaîssis, et 
recepit penitentiam ab ipso. Item, requisita de tem- 
pore quando vidit predicta, dixit xvi anni et amplius 
possunt esse. 

VII. — 1^' mai 1254^ Villariès. — Alazals continue 

sa confession. 

AnnoDomini M^GG^LIIir, kalendis madii. Dicta Âla- 
daisisreddiit et adjecit citatainfra scripta, dicens quod 
quando vidit predictos hereticos in domo R. Egidii^ 
predicti, erant cum predictis hereticis Esclarmunda, 

1. Voy. n®* I, VII. — Entre les lignes : My qui signifie iwor- 
tuus. 

2. Voy. n«« I, V. 

3. Voy. n*>« XV, XLIX. — Voy., sur l'activité de frère Fer- 
rier, inquisiteur, à Limoux, dans le Narbonnais et le Carcas- 
ses, mon opuscule, VAlbigéisme et les frères Prêcheurs à 
Narhonne au XI IP siècle y notamment p. 41 (in -8**, Paris, 
Picard, 1894) et V Introduction y première partie, III, Actes des 
inquisiteurs. 

4. Voy. n<>» I, II, III, V, VI. 



DE LlNQUISITION DE GARCAS80NNE. 25i 

tDUMT quondam Guillelmi de Leuco, Âr. de PodioS 
et Beraardus Rogerii^, et RaymuDdus Geli, et Yer^ 
golift', uxor ejus ; et ibi ipsa testis et omnes alii pre- 
ékH adoravenint dictos hereticos ter flexis genibus 
WÊÊe ipsoSy et in qualibet genuflectione dicebat quili- 
bet per se : BenedicUe; et heretici respondebant in 
qiHiÛi)et benedictioDe : Deus vos benedicat; et adde- 
iMnt post ultimum Benedicite : Domini^ rogate Deum 
fro ista peccatore^ quod faciat me bonam christianam 
êtêueat me ad banum finem^; et heretici respondebant : 
Deus sit rogatus quod faciat vos bonam christianam et 
perducat vos ad bonam finem^. Et hoc facto, ipsa tes- 
tis et Esclarmunda predicta exiverunt inde; et here- 
tici remanserunt in domo predicta. De tempore, circa 
XY annos. Hec deposuit coram domino episcopo Gar^ 
cassone apud Yillaleriura. Testes Guillelmus Poncii et 
Bonus Mancipus, notarius, qui hec scripsit. 

VUl. — 16 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 

de Guillaume de Cornèze, cité. 

Guillelmus de Gornizano Garcassonensis. 

Anno quo supra, xvn kal. aprilis. Guillelmus de 
Gornizano de Garcassona, citatus, testis juratus super 

1. Voy. plus haut, n? L 

2. Voy. no« I, VI. 

3. Voy. n^XXXm. 

4. Voy. n*> XXXIII. 

5. C'était le rite ordinaire de V adoration hérétique. Les con- 
fessions contenues dans le ms. 609 de la Bibl. de Toulouse en 
présentent de très nombreux exemples. Il ne faut pas confondre 
Vadoratio avec Vhereticatio ou initiation, dont on trouve de 
nombreux exemples dans les tomes XXII et XXIIl de Doat. 



252 REGISTRE DU GREFFIER 

im'^ sancta Dei EvaDgelia quod super facto heresis et 
Valdesie, tam de se quam de omnibus aliis, vivis ac 
mortuis, puram, plenam ac meram diceret veritatem, 
dixit quod postquam rex Francie fuit dooiinus istius 
terre ^ non vidit hereticos vel Yaldenses. Interrogatus 
si abjuraverat heresim et Valdesiam, dixit quod sic, in 
manu capellani Sancti Micbaelis^, qui nunc est. Super 
premissis, tara de se quam de aliis, dixit se nidiil sdre. 

IX. — Même jour. «^ Confession d'Arnaud Pages, de Gomèse, 

cité. 

ArNALDUS PAGBSn, DE GORNIZANO. 

Ânno quo supra, xvn kal. aprilis. Arnaldus Pagesii» 
de Gornizano, citatus, testis juratus super im^ sancta 
Dei Evangelia, ut supra de aliis. Respondit super pre- 
missis se penitus nichil scire. Hec deposuit coram 
domino episcopo, testibus domino G. de Aqua Viva et 
G. Folquini. 

X. — Même jour. — Confession de dame Fais, de Comèze. 

Na Fais, de Gornezano. 

hta est intrusa. 

Anno et die quo supra. Na Fais, de Gornezano', 

citata, testis jurata, dixit quod, cura quadam die iret 

apud Gofolentum cum Petro de Gornezano^, idem 

Petrus cepit requirere ab ea si numquam vidisset ali- 

1. Par le traité de Meaux de 1229. 

2. Saint- Michel -du -Bourg de Carcassonne, aujourd'hui 
l'église cathédrale. 

3. Voy. no« XI, XII, XIH, XIV. 

4. Voy. n«' XII, XXUI. 



DE LlNQUISmON DE CARCASSONNE. 253 

qnos de his quos vocabant bonos homines^ et dicta 
tcstis respoodit quod non ; et tune dictus P. tantum 
FM t ig avit ei quod duxit eara ad domum Pétri Adal- 
berti, deCk>foleDto^, ad videndum duos hereticos quo- 
wmn Domina ignorât. Requisita si adoravit eos, dixit 
qfÊod ne/ ter flexis genibus, dicendo : Benedicite^ 
flaenodum morem eorum^. Interrogata si dédit eis 
•Eqoid, dixit quod sic, unam camisiam. De astantibus, 
dixit quod dictus P. de Gornezano et P. Adalberti 
cnnt présentes, et quod P. de Gornezano adoravit eos 
aun dicta teste. De tempore, dixit quod in maio erit 
aniHis et dimidius. Et hoc fecit post abjuratam here- 
flun apud Gaunas^. Interrogata per singula, tam de se 
qoam de aliis super his que ad formam inquisitionis 
pertinent, dixit se nichil amplius nescire. Hec depo- 
auit dicta testis in presencia doraini episcopi Garcas- 
mue. Testes sunt B. Martini, archipresbiter rainor 
Cftrcassone, et magister Robertus, medicus. 

/tem, eadem testis addidit confessioni sue eadem 
die, videHcet quod supradictus Petrus de Gornezano 
qoadam vice adduxit supradictos hereticos ad domum 
ipsius testis, et hospitati fuerunt ibi, et comederunt 
et biberunt de bonis ipsius testis; et ipsa testis in 
adventu et in recessu adoravit eosdem. Interrogata 
quis visitavit eos ibi, dixit quod Raymunda^, uxor 



1. C'est-à-dire les hérétiques. Voy. plus bas, n® XIX. 

2. Voy. n« XXX. 

3. Voy. n« VII. 

4. Entre les années 1235 et 1248, les inquisiteurs parurent 
souvent à Cannes. Mais leurs Acta ne nous sont pas parvenus, 
volés qu'ils furent par les hérétiques. 

5. Voy. n~ XU, XXIV. 



254 EEGISTBE DU ORKFFim 

Ber. Pagesii, visita vit eosdem et adoravit et dédit ei8 
unam anguillam ; et ipsa testia dédit eis iinam eminam 
frumenti. Dixit etiam quod dicti heretici predicave- 
ruDt eidem testi quod diligeret et adoraret bonos 
homines; et quesieruot ab ea quare non induxisfiet 
maritiim suum defunctum ad hoc ut haberet heretiooB 
in morte sua , et ipsa testis respondit quod non cre- 
debat quod ipse numquam habuisset fidem suam in 
eis. Âdjecit etiam quod fuit credens hereticorum drct 
duos annos, quod ante negaverat. Âdjecit etiam quod 
alter eorum vocabatur Âmaldus Gili ^ et alter Gatala- 
nus, quorum Domina superius se dixerat ignorare. 
Interrogata de tempore quo supradicti heretici jacue- 
runt in domo dicte testis, dixit quod in madio erit 
annus. Dixit etiam quod Ânatabis Gila misit eis unam 
eminam frumenti per Raymundum Fomerii, de Gor- 
nezano, quem sdebat esse familiarem ipsrniun. Hec 
deposuit coram domino episcopo Garcassone apod 
Garcassonam. Testes magister P., officialis, et magister 
Robertus, et Ber. de Farico. 

XL — 7 avril 1259. — Dame Fais, détenue, déclare n'avoir 

rien à ajouter. 

Anno Domini M^GG^LVIIII, vn idus aprilis. Dicta 
Fays^ carceri adducta requisita ut supra, testis jurata, 
dixit iiicliil aliud scire nisi illa que confessa fuit. 

Xll. — 1^' septembre 1259. — Dame Fals^ revenant, continue 

sa confession. 

Anno quo supra, kalendis septembris. Dicta Fays^ 

1. Voy. n° XXXI. 

2. Voyez le numéro précédent et les n®" XH, XIII et XIV. 

3. Voy. les n^* X, XI, XHI et XIV. 



ME LlNQUISITION DE GARGAS80NNE. 255 

ddiens, dîxit quod, cum Raimunda, uxor PoDcii de 
iwmazaDO de Limoso, infîrmaretur apud Limosum in 
Imbio Poncii de Ck>rnazano, maiîti sui, illa qua deoes- 
p|.cgriUidine« vidit ipsa testis in domo predicta rétro 
pMddam postatum Beroardum Acier hereticum ^ , et 
sniDt ibi simul cum dicto beretico Raimunda^, uxor 
Bemardi Pagesii, de Ck)rnazaDo^, mater dicte infirme. 
Il non adoravit eum nec vidit adorari, set ipsa testis 
Mlutavitei. Interrogata si dicta infirma fuitconsolata, 
ijadt se non vidisse. De tempore, a duobus annis citra. 
It^Wt dixit quod cum ipsa testis congregasset aliquam 
—Mrn'Wftyn pecunie ad dandum hereticis, sicut jamdu- 
dam Petrus Gornasani^ ad hoc induxerat ipsam tes- 
tam, supponens ipsa testis quod heretici erant in 
ÔQBOO Aroaudi Barbionis^, captata hora qua uxor 
Ajnoiaudi Barbionis erat absens a domo, ipsa testis, 
inventa dave dicte domus, aperuit domum et vidit ibi 
pre&toshereticos, quibus dédit cannam et dimidiam de 
fecaro (m) et ultra circiter xx solidos melgoriensium. 
Et bec facto, ipsa testis abiit viam suam. Et non ado- 
ravit eos, set salutavit. De tempore, quod supra. Itenij 
dixit quod ipsa testis dédit Bernarde, uxori quondam 
Guillelmi Pagesii, unam eminam de frumento ad 
opus hereticorum. De tempore, circiter duos annos. 
Et recognovit quod omnia predicta comisit postquam 
abjuravit heresim, et habuit penitentiam de hiis que 
cooiiserat ; unde fatetur se in abjuratam heresim reci- 

1. Voy. n~ XIV, XX, XXX, XXXII, XL VII. 

2. Voy. n*« X, XXIV. 

3. Voy. n<> XXIV. 

4. Voy. n^ X, XXIU. 

5. Voy. n* XXXD. 



258 REGISTRE DU GREFFIER 

de Rivo, citatus, testis juratus super nn^ sancta Dâ 
Evangelia quod super facto beresis et Valdesie, tam 
de se quam de aliis, vivis ac mortuis, puram ac ple- 
nam et meram diceret veritatem, super premissû 
dixit se uichil scîre diligenter pluries requisitus. 

XVII. — Même jour. — Confession de Jean Aubry, 

de Villetritouls, cité. 

JOHANNES ÂLBERIGI, DE YlLLATRISTOLX. 

ÂDDO quo supra, u ydus marcii. JohaDoes Alberid, 
de Yiiiatristolx Yaliis Âquitanie, fereus cruces de filero, 
citalus, testis juratus super iiu^'' sancta Dei Evangelia 
quod super facto beresis vel Yaldesie, tam de se quaoi 
de omnibus aliis, vivis ac mortuis, puram, meram ac 
plenam diceret veritatem, dixit quod, postquam fuit 
confessus fratri Jobanni ^ apud Garcassonam, non vidit 
bereticos vel Yaldenses, nec aliquid scit de facto ipso- 
rum; et de boc quod viderat, a predicto fratre 
Jobanne penitentiam recepit, prout in suis litteris' 
continetur, quas ostendit. 

XVin. — Même jour. — Confession de Guillelme BonnefiUe, 

de Taurize, citée. 

GUILLELMA BONFILLÀ, DE TàURIZANO. 

Anno quo supra, n ydus marcii. Guillebna Bonfilla, 
de Taurizano, citata, testis jurata super mi^'' sancta 

1. Jean de Saint-Pierre. 

2, C'étaient les lettres ou sauf-conduits que les inquisiteurs 
délivraient à ceux qui étaient obligés à la pénitence, pèleri- 
nages ou visites des églises. On en trouve de nombreux 
exemples dans Doat, t. XXI, fol. 169 et suiv. 



DB L'INQfUISinON DE GARGASSONNE. 257 

■bjuratam heresim recidisse. Hec déposait ooram fra- 
Ire Gm inquîsitore. Testes fratres J. de Gapitestagni, 
nbprior fratrum Predicatorum Narbone, et P. Ble- 
geriiy ordinis Predicatorum \ et Guir. Trepaci, nota- 
rios, qui hec scripsit. 

XV. — 14 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 

d*Arsendis, de Montlaur, citée. 

ÂRSENDIS, DE MONTE LAURO. 

ÂDDO quo supra, n ydus mardi. Ârsendis, uxor 
qnondam Bernardi Fabri, de Monte Lauro, citata, tes- 
tas jorata super mi^'' saucta Dei Ëvangeiia quod super 
hfdo heresis et Yaldesie, tam de se quam de omnibus 
■lus, puram, plenam et meram diceret veritatem, 
dbàl quod a xx^^ annis citra nichil de facto heresis vel 
?aldesie sciebat ; et de hiis que vidit vel audivit ultra 
ufi aonos, fuit confessa coram fratre Ferrario' apud 
GannaSy et postea fratri Bernardo et fratri Johanni^« 
el penitentiam recepit ab ipsis ; et abjuravit heresim 
ooram predictis fratribus apud Gaunas, nec postea 
oidiil vidit. 

XVI. — Même jour. — Confession de Guillaame Curt, 

de Rieux-en-Val, cité. 

G. Curt, de Rivo. 
Amio quo supra, n ydus marcii. Guillelmus Curt, 

1. Mort an couvent des frères Prêcheurs de Castres en 1269. 
[Douais, Acta Capitulorum provincialium ord. fratrum Prasdi- 
eatorum^ 145. In-8^, Toulouse, Privât, 1894.) 

2. Voy. n* VI et note. 

3. Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. 

17 



260 REGISTRE DU GREFFIER 

dixit quod îpse testis, et Guillelmus predictus; qui 
Guiileimus monebat dictum testem quod crederet dic- 
tis hereticoruin, quia boni homines erant. Interroga- 
tus de nominibus eorum, dixit se nescire. Interroga- 
tus quo iverunt vel quid postea feceruDt, dixit se 
nichil scire, nisi quod dimisit eos ibi. De tempore, 
dixit quod très anui possunt esse. Postea drca duos 
menses, Sycredus de Gavanadio^ veoit ad ipsum tes- 
tem et duxit ipsum ad domum suam; et dum ipse 
testis sederet cum familia predicti Sycredi, venit dio- 
tus Sycredus cum duobus hereticis qui erant in domo 
sua, et qui salutaverunt ipsum testem; et ipsi sede- 
runt juxta dictum testem, et predicabant ei et aliis 
qui erant ibi. Et dicti heretici interrogaverunt dictum 
testem, si scivisset eos ibi, si venisset; dixit quod 
non. Interrogatus si placebat ei predicacio eorum, 
dixit quod non ; tamen bene audiebat eos. Itenij inter- 
rogatus si adoravit eos, dixit quod non, nec comedit, 
nec bibit cum eis; de nominibus ipsorum non recor- 
datur. Interrogatus de astantibus, dixit quod Sycre- 
dus, Alazaydis, mater dicti Sycredi, et soror dicti 
Sycredi nomine Belesen^, et Guillelmus dePrixenel'. 
Item^ interrogatus si dédit eis aliquid vel fecit aliquid 
bonum, ad utrumque respondit quod non. Postea con- 
sequenter circa médium annum, cum veniret ad 
domum dicti Sycredi, in venit in eadem domo duos 
hereticos de quorum nominibus non recordatur, et 
audivit predicacionem predictorum hereticorum, que 
predicacio placuit ipsi; et credidit ipsos esse bonos 

1. Voy. n<>» XX, XXX. 

2. Voy. le numéro suivant. 

3. Voy. n" XX, XXX, XXXI, XXXH. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 261 

iMMoines et credebat in secta eorum se posse salvari. 
De circumstantibus, dixit quod predictus Sycredus et 
Alazaydis, mater 8ua^ et soror sua nomiDeBeliesen, et 
Gnillelmus [de] Prixenel, et ArnaldusBrunel, de Gonfo- 
lento*; et omnes isti audiverunt predicacionem eorum ; 
cpia predicacioue audita, dictus testis et Ar. Brunel, 
et Sycredus et Guilleimus Prixenel eadem nocte asso- 
csaverunt eos extra viliam de Gavanacho per aiiquan- 
tolum spacium. Et post dictus Arnaidus Bninei, de 
Goofoleuto, ivit cum eis apud Gonfolentum. Interroga- 
tUB si recepit aliquid ab eis, respondit quod nichil 
dédit eis vel aliquid non recepit ab eis. Itenij dixit 
quod in vindemiis hoc anno preteritis fuit annus quod 
ipse testis et Sycredus supradictus et Guilleimus de 
Prixenel iverunt apud Gonfolentum et intraverunt 
dcHDum Johannis de Gornudelx^, et invenerunt ibi 
duos hereticos ; et dicti heretici predicaverunt et mo- 
naeruDt dictum testem, et Sycredum et Guillelmum 
de Prixenel; et ibi diligenter audiverunt sermonem 
predictorum hereticorum. Et audito sermone, dicti 
heretici dederunt predicto testi et Sycredo et Guil- 
felmo de Prixenel ad manducandum panem et vinum ; 
et dixerunt dicti heretici quod Dominus remuneraret 
iOo6 qui bonum faciebant ipsi testi et Sycredo et 
Gaillelmo predictis et credentibus eorumdem. Post 
prandium vero supradictum, predictus testis et alii 
duo socii sui, junctis manibus, inclinaverunt se diclis 
hereticis, dicendo : Benedidte^ hereticis respondenti- 

1. Voy. n«- XIX, XXX. 

2. Voy. Première partie, n<> XXIV, et le n«» XXX de celle-ci. 

3. Voy. n« XXXI. 



262 REGISTRE DU GREFFIER 

bus : Par cite nobis^. Et dixerunt quod Dominus fiioe- 
ret dictum testem bonum christiaDum et alios sodos 
suos predictos ; et statim ab ipsis hereticis recesserunt 
et nichil dederunt eîs, iiec ipsî ab illis hereticis ali- 
quid receperunt, excepto prandio supradicto. Requi- 
situs de circumstantibus, dixit quod ipsi très supra- 
dicti, et Johannes de Gornudelx etheretici supradicti; 
de nominibus ipsorum hereticorum non recordatur; 
née postea vidit eos, nec scit quo îverunt. Item, ioter- 
rogatus si umquam abjuravit heresim, respoodit quod 
sic, apud Caunas, coram fratribus Predicatoribus et 
inquisitoribus heretice vel Valdesie pravitatis ; et pos- 
tea vidit et fecit omnia supradicta. 

XX. — 15 mars 1250 (n. st.). — Guillaume Villandriz 

ajoute à sa confession. 

Yd[ib]us marcii. Idem R'^"' Villandriz^ addidit quod in 
vindemiis preteritis fuit annus quod Sycredus supra- 
dictus venit ad dictum testem et dixit ei quod iret 
secum ad quemdam collum inter Gonfolentum et Cava- 
nacum, ubi vocatur Maiiolium Picace; et cum fuissent 
ibi, cxpectaverunt ibi duos hereticos qui debebant 
venire ad ipsos, sicut Sycredus predictus dixerat ipsi 
testi, et dicti heretici venerunt ad dictum locum de 
nocte; et Petrus Adalberti^ et Guillelmus Tholosa, de 
GonfolentOf venerunt cum ipsis, et salutaverunt dictum 
testem et Sycredum predictum ; et postea Petrus Âdal- 

1. La formule Parcite nohis se rencontre rarement. Elle 
réapparaît au numéro qui suit. 

2. Voy. le numéro précédent et le n® XXX. 

3. Voy. plus haut, n° I. 



DB L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 263 

nerti et Guillelmus Tbolosa dimiserunt ibi dictos here- 
kioos et recesserunt ; et postea dictus testis et Sycre- 
dos^ venerunt cum dictis hereticis; et dum ibi ibant, 
per viam predicabant eis ; et multum placebat eis dic- 
torum hereticorum predicacio; et interea predicando 
per viam intraverunt domum dieti Sycredi apud Gava- 
nsdioni; et cum intrassent domum, dictus testis et 
Sycredus flexis genibus et junctis manibus adorave- 
niot eos ibi, dicendo : Benedicite, et hoc fecerunt 
ter; et ipsi respondebant : Parcite nobis^; et dicebant 
quod Deus faceret eos bonos christianos et teneret 
iD sua virtute. Et dictus testis postea recessit. De 
circumstaDtibus , dixit quod Alazaydis, mater dicti 
Sycredi, et Rica, pediseca dicti Sycredi, et Petrus Ar\ 
dicti Sycredi frater, et soror ipsius Sycredi Belleseu 
Domine^; et omnes isti adora verunt dictos hereticos, 
quando idem testis eos adoravit ; et dixerunt idem ut 
aapra; et fuerunt ibi per duos dies. Requisitus quis 
providebat eis in victu vei aliis necessariis, dixit se 
iieadre. De uominibus requisitus, dixit se nescire; nec 
postea vidit eos. Item, dixit quod in introitu messium 
preseotis anni erit annus quod Guillelmus de Prixe- 
oel^ et Sycredus adduxerunt m hereticos apud Gava- 
mchum ad domum dicti Sycredi; et ipse Sycredus 
reaii ad dictum testem et dixit sibi quod faceret sibi 
ûeri unam camisiam, quam ipse testis habebat facien- 
dam ; dictus testis sciebat bene quod heretici aptarent 
camisiam. Et cum dicta camisia fuisset facta. 



i. Voy. n*» XIX, XXX. 

2. Voy. le numéro précédent. 

3. Voy. le naméro précédent. 

4. Voy. n^ XIX, XXX, XXXI, XXXH. 



264 REGISTRE DU GREFFIER 

ivit dictus testis ad domum dicti Sycredi et ioveoîtib 
illos très hereticos et salutavit eos et adoravit eu 
secundum morem ipsorum, ut supradictum est, d 
omnes illi qui eraut présentes, scilioet omnes supn- 
dicti de hospicio, et Guillelmus de Prixenel qui ent 
ibi. Interrogatus si dédit eis aliquid, dixit quodvole- 
bat eis dare precium camisie facieude; et Sycredos 
dixit ei quod nichil daret. Et fuerunt ibi per duos dîes. 
Et postea dictus testis et Sycredus et Guillelmus de 
Prixenel ({uadam nocte abstraxerunt eos de dido 
Castro et associaverunt eos usquead com^ de Gbusa. 
Itenij si sciebat quo ibant, dixit se nescire ; et dictas 
testis dimisit eos ibi cum Sycredo et Guillelmo de 
Prixenel ; et reversus fuit ad dictum castrum. loter- 
rogatus de nominibus ipsorum, dixit quod unus voca- 
batur Bernardus Acier, de Gonfolento - ; de Dominibiis 
aiiorum duorum non recordatur. Itetn^ dixit quod 
annus potest esse et amplius quod quadam Dode, 
dictus testis et Sycredus et Guillelmus de Prixenel 
abstraxerunt duos hereticos de domo dicti Sycredi et 
associaverunt usque ad mollendinum de SaiUenfore; 
et adoraverunt eos ibi secundum morem eorum ut 
supra ; quo iverunt penitus ignorât. Item^ dixit postea 
quod in festo Omnium Sanctorum fuit annus quod 
dictus testis cum Sycredo sepe dicto iverunt ad quem- 
dam locum qui vocatur ad Olivers Gaufridi inter 
Gavanachum et Gonfolentum; et ibi spectaverunt 
un''^ hereticos ; et venerunt cum eis duo homines quos 
non cognovit dictus testis. Interrogatus si sciebat 

1. CA)in, angle. 

2. Vo>. n»' \n, XIV, XXX, XXXII, XLVU. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 265 

onde dicti heretici vénérant, dixit quod de Gornizano, 
ut crédit; et dictas testis cum Sycredo adduxerunt 
esdein nocte duos de illis hereticis apud Gavanacum 
ad domum dicti Sycredi ; et aiii duo iverunt apud Val- 
lem Danie, set nescit ad quem locum speciaiiter irent ; 
iA tune dictus testis dimisit illos duos hereticos in 
domo predicta. Item^ de circumstantibus, dixit quod 
familia dicti Sycredi predicta. De nominibus predicto- 
mm hereticorum non recolit. Nec adoravit ibi hereti- 
cos antedictos illa vice. Item, dixit quod modo potest 
esse anous quod dictus testis et Guiilelmus Prixenei 
YÎdit (sic) Yi hereticos ad ecclesiam de Gasalx, et 
assodavenint eos usque ad passum Sancti Martini 
▼ersus Villam Florens ; et idem testis dimisit eos ibi, 
et Guiilelmus Prixenei associavit eos usque ad Valiem 
Âquitanie, in quodam nemore ubi dimisit eos, sicut 
postes dixit dicto testi. Interrogatus unde ilii dicti sex 
heretici vénérant illa nocte et qui erant illi qui eos 
associaverant, dixit se nescire. De nominibus ipsorum 
non recordatur, nisi quod unus iiiorum vocabatur 
Bernardus Acier, de Gonfolento. Interrogatus si ado- 
ravit eos tune, dixit quod non. Tamen diligenter 
aadivit eorum predicacionem dum irent per viam. 
De aliis circumstantibus diligenter requisitus, dixit se 
nidiil aliud scire. Itenij dixit quod citatus apud Gar- 
cassonam a fratre JohanneS inquisitore, cum aliis de 
Gavaoaco hoc anno in messibus erit annus, eidem de 
premissis celavit veritatem ; tamen quod non juravit, 
quia ipse erat in Burgo quando alii juraverunt. Item, 
didt se vidisse duas hereticas apud Vilantritols in 

1. Jean de Saint-Pierre. 



266 REGISTRE DU GREFFIER 

Valle Danie, in doroo Piquerii, quas ostendit filia 
Pîquerii eidem testi, et Sicrede, et Guillelmi de Pria- 
sanel. De tempore, n anni et dimidius; et non adora- 
vit eos. 

Hec deposuît coram domino episcopo. Testes ma- 
gisterG. Foiqui[ni], dominas Bertrandus Blanx (?) et 
magister Robertus de Farico. 

XXI. — 16 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
négative de G. Sicre, de Comèze, cité. 

G. SiGRE, DE CORmZÀNO. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Guillelmus Syore, 
de Gornizano^, citatus, testis juratus super uif sancta 
Dei Ëvangelia, ut supra de aliis. Super premissis de 
se et aliis, dixit se penitus nichil scire. 

XXII. — Même jour. — Confession de Pierre Etienne, 

de Comèze. 

Petrus Stephani, de Cornizano. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Petrus Stephani, 
de Gornizano, citatus, testis juratus super im^"* sancta 
Dei Evangelia, ut supra de aliis. Super premissis dili- 
genter pluries requisitus, dixit se penitus nichil scire. 

XXIII. — Même jour. — Confession de Raymond de Cuxac- 

Cabardès, demeurant à Comèze. 

R., DE GUTCHACO. 

hte est cruce signatus. 
Anno quo supra, xvn kal. aprilis. R. de Guchaco, 

1. Voy. no XXXII. 



DE LlNQUISITION DE GARGASSONNE. 267 

Le Cornizano^ testis juratus super mf sancta Dei 
Svangelia, etc., ut supra de aliis, dixitquod Bernar- 
]ii8 de Lagracee^, de Gonfolento, dixit eidem testi quod 
liio heretici erant in cabana Pétri de Gornizano^ et 
ijpiod iret secum ad illos et ducerent ipsos extra ter- 
annum de Gornizano ; quod fecit dictus testis. Et duxe- 
mut illos hereticos usque ad recum^ de Glausis; et 
idem testis et socius suus predictus ibi dimiserunt eos. 
De drcumstantibus, dixit quod socius suus predictus 
tantum. De tempore, dixit quod inter Nathale Domini 
et Gamipri vium fuerunt m anni . Interrogatus si abju- 
ravit heresim, respondit quod sic, apud Gaunas, coram 
inquisitoribus ; et postea fecit quod supra- 
est. Interrogatus super omnibus aliis que per^ 
tinent ad formani inquisicionis, dixit se nichil aliud 
sdre. 

Post confessionem suam adjecit quod P. Gornesani, 
sororius suus, fecit eum venire ad domum suam et 
ibi ostendit ei duos hereticos, scilicet Âr. de Ganeto^ 
et Ferier^ ; et adoravit eos ter secundum morem here- 
tioorum. Interrogatus si credebat ipsos esse bonos 
\j dixit quod non. Interrogatus de tempore, 
quod in festo Nativi[t]atis fuerunt m anni. 



i. Voy. Première partie, n® VII. 

2. Entre les lignes, d'ane autre main : Vel Adalbertj vel 
filius Poncii Adabert. 

3. Voy. no» X, XIL 

4. Ruisseaa. 

6. Voy. n*» III et XLVI. 
6. Voy. n<>» XXX, XXXI. 



268 REGISTRE DU GREFFIER 

XXIV. — Même jour. — Confession de Bernard Pages, 

de Comèze, cité. 

B. PàGESII, DE GORNEZÀNO. . 

Anno quo supra, XYU kal. aprilis. Bemardus Page- 
sii ^ de Gornezano, citatus, testis juratus super un*' 
saocta Dei Evangelia, iU supra de aliis. Super premis- 
sis pluries requisitus, dixit se nichil scire. Rediit vero 
et adjecit quod Raymunda*, uxor sua, misit hereticis 
unam eminam raonis^ per Raymuodum Fomerii ; quod 
non placuit ei, ut dixit. De tempore, dixit quod a 
messibus circa. 

Hec deposuit coram domino [episcopo]. Testes 
doniini Geraldus, R. David et Guillelmus Fulqoioi, 
qui hoc legit. 

XXV. — Même jour. — Confession de Guillaume Arnaud, 

de Comèze^ cité. 

Guillelmus Arnaldi, de Elegto. 

Anno quo supra, xvn kal. aprilis. Guillelmus Ar- 
naldi, de Gornizano vel Ëiecto, servieus capellani de 
Gornezano, citatus, testis juratus super mi^'' sancta Dei 
Evangelia, etc., ut supra de aliis. Super premissis dili- 
genter pluries requisitus, dixit se penitus nichil scire. 

XXVI. — Même jour. — Confession de Raymond Pages, 

de Cornèze, cité. 

R. Pagesii, de Gornizano. 
Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Raymuodus 

1. Voy. Première partie, n** VII, et plus haut, n* XII. 

2. Voy. no- X, XH. 

3. Mixture, d*où blé de regon. 



DB L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 269 

^agesii^ filius P. Pagesii, de Gornizano» citatus, tes- 
is juratus super nn^' sancta Dei Ëvangelia, etc., ut 
tmpra de aliis. Super premissis diligenter pluries 
l'equisitus, dixit se penitus nichil scire. 

XXVII. — A(éme jour. — Confession de Garsen Pélegrine, 

de Rustiques. 

Garsen Pelegrina, de Rustigano. 

Audo quo supra, xvn kal. aprilis. Garsendis Pele- 
Iprina, de Rusticano, testis jurata quod de se et aliîs, 
nvis et mortuis, super crimine beresis et Valdesie 
plenam et puram diceret veritatem, dixit se penitus 
nidiil scire super crimine heresis et Valdesie. Dixit 
tameo quod Gbristiano de Miiano^ querenti in Domine 
Domini et sancti Pétri multociens dederat heiemosi- 
nam. Âudierat tamen ipsumcommendantem Vaidenses 
et dicentem quod ipse hospitabatur eos et sustentabat 
de pannis quos querebat. Et hoc fuit post abjuratam 
horesim apud Gaunas. 

XXVIII. — Même jour. — Confession de Rixendis, 

de Villefloure, non citée. 

RIGSENDIS, DB VlLLAFLURAlNA. 

Anne et die quo supra. Ricsendis, de Villafluraina, 
tertis jurata et non citata, dixit quod cum Ber. 
Ulgaier de Vilario, maritus suus condam, positus in 
infirmitate, cum esset jam prope mortem venerunt 
chrca crepusculum duo homines cum baculis ; et dum 
ipsa procuraret de cena ipsius mariti, intraverunt ubi 

1. Voy. Première partie, n* Vil. 

2. Un Vaudois probablement. 



270 REGISTRE DU GREFFIER 

jacebat et locuti fuerant cum eo, ipsa leste absente, 
et postea recesserunt; et ipsa accessit ad eom, et cum 
instaocia peciit qui erant illi ; et tandem ipse respoD- 
dit ei quod eraot heretici et bene caveret sibi ne 
diceret alicui de villa. De astantibus, dixit quod ipse 
solus erat. De tempore, dixit quod in viodemiis eruot 
très anni. 

Hec deposuit c(M*am domino episcopo GarcassoDe. 
Testes magister Robertus, Bonus Hacip et Bertrandus 
de Farico * . 



XXIX. — 1 17 mars 1250 (n. st.), Gouffonlens. — Confession 

de Saisia, de Cavanac, non citée. 

Saisia, de Gayanàgo. 

Ista est crucesignata. 

Anno quo supra , XYi kal. aprilis. Saiwi de Gavanaoo 
non citata juravit super im^ sancta Dei Bvangelia 
coram magistro P., officiali, apud Gonfolentum; et 
tune interrogata per sacramentum ut de facto here- 
sis et Valdesie tam de se quam de aliis diceret id quod 
sciret, celavit penitus veritatem. Postmodum vero cum 
ducta fuisset apud Garcassonam et ibi aliquanto tem- 
pore dententa, dixit per sacramentum quod quadam 
die, dum a casa veniret ad domum sororis sue Ala- 
zaydis Sycrese, vidit ibi duos hereticos, de quorum 
nominibus non recordatur, et inclinavit se coram eis 
ponerido manus in terram ter dicendo : Benediàte; et 
dicti heretici respondebant : Damnw emendet vos 

1. Avant la déposition de Rixendis : Quere secundam con' 
fessionem istius in secundo libro, XLIII fol. 



DB L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 271 

âdwenms nos^. loterrogata de tempore, dixit quod 
duo anni possunt esse. Itenij interrogata de astaotibus, 
dixit quod predicta soror sua tantum. Interrogata si 
umquam audivit predicacionem eorum vel aliorum, 
dixit quod non. Interrogata si dédit eis aliquid vel 
reoepit ab ipsis, dixit quod non. Interrogata si soror 
sua, scilicet Âladaisis Scicreza, tune adoravit eosdem, 
dixit quod sic. Interrogata si credebat eos esse bonos 
homines et credebat se posse salvari in secta et mani- 
bus eorumdem, dixit quod non. De aliis breviter dixit 
se nicbil scire diligenter requisita. Interrogata si abju- 
raverit heresim, dixit quod sic, corani fratribus inqui- 
sitoribus apud Gaunas. 

Hec deposuit coram domino episcopo Garcassone et 
domino abbate Fontis Frigidi^, et fratre Petro d'Orto- 
kinas, monacho ejusdem monasterii, et Ber. Martini, 
ardiipresbitero Garcassone. 

Interrogata dixit quod ipsa testis abjuravit here- 
sim apud Garcassonam, coram fratre Johanne ^, 
inquisitore, et scienter celavit ei omnia predicta, et 
sdeoter dejeravit^. 

XXX. — 15 et 17 mars 1250 (n. st.), Couffoulens. — 
Déposition de Sycre, de Gavanac. 

SiCREDUS, DE GaVANACO. 

Iste est intrusiis. 
Ànno quo supra, id[ib]us marcii. Sicredus de Gava- 

1. Formule qui ne se retrouve pas ailleurs. 

2. Arnaud, 1243-1262. 

3. Jean de Saint-Pierre. 

4. Avant les dépositions de Saisia : Quere primam confessio- 
nem ejus in VP libro, XP folio. 



272 REGISTRE DU GREFFIER 

naco juratus dixit se super crimine heresis penitus 
nichil scire^ 

Sygredus, de Gayanago. 

Iste est intrusus. 

Ânno que supra, xvi kah aprilis. Sicredus' de 
Gavanacho ^ juravit coram magistro P. , officiali, apud 
Gonfolentum et tune celavit veritatem. Postmodum 
vero apud Gareassonam detentus, dixit per sacramen- 
tum quod ix anni sunt elapsi quod vidât in domo sua 
duos bereticos, seilicet Arnardum de Footerz ; de alio 
non recordatur ; quos Bernardus Âcîer, de GonfoleotoS 
adduxerat in domum predictam ; et tuoc oichil aliud 
ibi fecit. ftom, alia vice in eadem domo vidit eosdem 
bereticos et tune comedit cum eis. Interrogatus si 
tune adoravit eosdem, dixit quod non et tune simili- 
ter nicbil aliud fecit. Itenij dixit quod alia vice vidit 
duos bereticos, quorum unus vocabatur Baris npmine, 
quos Arnaldus Gibelin, de Gonfolento, adduxit ad 
puteum de Gavanaco ; et ibi idem testis et avunculus 
suus Petrus Sicredi receperunt eos et duxerunt ad 
domum Raymunde, socrus dicti Pétri Sycredi, que 
infirmabatur ; et tune beretici. locuti fuerunt cum 
eadem. Interrogatus quid fecerunt vel dixerunt tune, 
dixit se non audivisse. Interrogatus de astantibus, [dixit] 
quod Alazaydis, mater ipsius testis^, et Raymunda, 

1. Entre les lignes : Quere aliam ejus confessionem , in 
HP libro, XU fol, 

2. Entre les lignes : comhustus, 

3. Voy. Première partie, n°MII, IV, et ici lesn" XIX et XX. 

4. Voy. n<>» XII, XIV, XX, XXXH, \L\IL. 

5. Voy. n«» XIX, XX. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 273 

iDCor dictî P. Sicredi. Interrogatus de tempore, dixit 
quod yn anni possunt esse. Dixit etiam quod circa 
mediam ooctem ipse testis soius duxit eos hereticos 
asqiie ad collum de Gonfolento et ibi dimisit eos. 
Interrc^tus si io recessu adoravit eos, dixit quod 
noo. loterrogatus si aliquid dédit eis vel recepit, dixit 
i^nod noD. Item^ dixit quod alia vice Aroaldus Brunel, 
de Gonfolento S adduxit ad ipsum testem alios duos 
her et icos ad vineam de Picace, videlicet Âr'' Egidii^ 
et Ferrarium^; et ipse testis duxit illos hereticos ad 
lleiiHim suam ; et steterunt ibi per duos dies vel très. 
Uerrogatus si tune comedit cum eis, dixit quod non. 
itim, interrogatus si dédit eis aliquid, dixit quod non. 
Iilerrogatus si recepit ab eis aliquid, dixit quod unus 
iBonim dédit sibi vi denarios, alius très vel luf^. Inter- 
rogatus si tune adoravit eosdem, dixit quod non^. In- 
Idnrogatus si audivit predicacionem eorum, dixit quod 
me. Interrogatus si placebat ei predicatio eorum, dixit 
quod sic. Interrogatus si aliqui de villa de Gavanaco 
fel alinnde veniebant ad predicacionem eorumdem, 
dixit quod non vidit, nisi R"" de Villandriz, de Gava- 
naco, quem ipse testis introduxerat ad eosdem. Inter- 
rogatus si dictus R. de Yillandriz^ adoravit^ dictos 

1. Voy. n^ XIX. 

2. Voy. n« XXXVIl. 

3. Voy. n<»» XXIII, XXXI. 

4. En marge : Postea adjecit et correxit dictum suum, et in 
adveniu hereticorum et recessu adoravit eos, dicendo flexis geni- 
bus ter : Bknedigite ; et heretici respondebant : Deus benedicat 
vos. Et R. de Villandriz et G. de Prizanel fecerunt similiter. 

5. Voy. les n<»« XIX et XX. 

6. Renvoi à la note 4. 

18 



274 BS6ISTRE DU GREFFIER 

heretioos vel dédit tis aliquid vel recepit, dixit quod 
non, nisi quod audivit monitiones et predicacionem 
eorum. Item, dixit quod Guillelmum de Prixenel^ 
consanguineum suum, adduxit ad hereticos antedictos. 
Interrogatus si dictus Guillelmus adoravit ^ ipsos here- 
ticos, vel dédit vel reoepit aliquid ab eis, dixit quod 
ipse viderit nisi quia audivit predicacionem eorum. 
Dixit etiam quod hereticos antedictos reduxit ad locum 
ubi eos acceperat cum B. de Yillandriz, et tradidit 
Ârnaldo Brunelli antedicto. Interrogatus si in recessu 
dédit eis aliquid vel adoravit^ eos, dixit quod non. 
Interrogatus si dixerunt ei aliquid, dixit quod rogave- 
runt eum testem, ut si forte mitterent ad eum nun- 
dum, quod veniret ad eos ; et ipse promisit quod liben- 
ter faceret. Interrogatus de tempore, dixit quod 
mf'' anni possunt esse. Item, alia vice Petrus Âdalberti, 
de Gonfolento^, adduxit ad ipsum testem duos hereti- 
cos, quorum unus vocabatur Guillelmus Vincencii ; de 
alio non recordatur, et idem testis adduxit eos ad 
domum suam ; et ibi steterunt per duos vel très dies. 
Interrogatus si tune adoravit eosdem, dixit quod non. 
Item, si audivit predicacionem. 



1. Voy. no« XIX, XX, XXXI, XXXII. 

2. Renvoi à la note 4 de la page précédente. 

3. Renvoi à la note 4 de la page précédente. 

4. Voy. n<» X. 

5. La fin de cette déposition manque, le fol. xiiii (ancien), 
qui la contenait, ayant disparu. 



DB Linanmom m câicâMoiCTE. tih 



i;ZXI.— [17 Mrs 1250 (&. st.).] — Confession de GullauBe 

^cre, de CâTjLna.c. 

[GgILUXJIOS SiCaEDI.] 



1(0», dbdt quod qoadai □ e 

QbHs Ar. [Geli]* et Fcan i re i ;et i 
MA io quadam am, Vwg sxi^ t 

cftqpse fesUs et Vergiiia, ux Fer % tr t 

dblM lieretioo6 apiid Gortz ; et ciim e 
dtala Tergefie, ipse testis reoessit ab eis., et prêt b 
fmtgéKk omn predictis beretids intravit d m a. 
btaTOgatns, dixit quod ipse testis a ît - 
toa heretioos née dicta Vergelia, ip e ^ ni 

K hoc hdbOy ipse testis reoessit ab eis. De te ^ 

cÎKa dinudimn aonani. 

JEtec déposait ocH'aiii domiao episcopo Garcassone. 
Teales Bertraiidus de Farico, et G. Poodi et Booas 
Mancipas. 

ftem, dixit ipse testis qu quadam Docte abstraxe- 
nmt ipse testis et Guillelm s PrichaDel ' duos hère- 
tieos quorum Domina igiK , a domo ipsius testis ; 
et duxeniot eos usque ad U ^m de Yillafluras juxta 
Villafluras ; et inveueruot il Raymundum Juliani senio- 
rem et alium hominem ci nomen ignorât ; et ibi 
ipse testis et alii predicti ad< ivenint dictos heretioos, 
Ncot dictum est. Quo faoto, ipse testis et Guillelmus de 

1. Pour la même raison que ci-dessus, le commencement de 
cette déposition manque. Voy., pour Guillaume Sicre, Pre- 
mière partie, n® VII. 

2. Voy. D? X. 

3. Voy. n*- XIX, XX, XXX, XXXII. 



276 RBGISTRS DU GRKFFIKE 

Prichanel recesserunt a predictis hereticis ; et heretid 
remanserunt cum aliis predictis. De tempore, circa 
u annos et dimidium. Adjecit etiam quod ipse testis 
et Guillelmus de Prichanel in exitu domus ipsius testis 
adoraverunt dictos hereticos, sicut dictum est. 

Hec déposait apud Garcassonam, coram domino qpi»- 
copo Garcassone. Testes magister Guillelmus Folquioi, 
et Guillelmus Poncii et Bonus Mancipus, qui hec scripsiL 

Itemy dixit quod Johannes de Gornudels et Benuff^ 
dus de Na Genta, de Goffolento, adduxeruDt quadam 
nocte als Oliviers dels GuiSrezes Ferrarium^ et Ar. 
Geli hereticos ; et erant ibi ipse et Guilleknus de Pri- 
chanel, de Gavanaco ; et ibi ipse testis et oaioes alii pre- 
dicti adoraverunt dictos hereticos, sicut dictum est. 
Et hoc facto, ipse testis et Guillelmus de Prichanel 
tenuerunt viam suam cum dictis heretids et duxe- 
runt eos apud Gavanacum et intromiserunt eos in 
domum ipsius testis ; et Guillelmus de Prichanel reces- 
sit ab eis. Et steterunt ibi predicti heretici per duos 
dies et comederunt ibi de bonis ipsius testis et matris 
ipsius testis. Et erant ibi ipse testis et AJadaicis Soi- 
cresa, mater ipsius ; et ibi ipse testis adoravit eos. Et 
cum stetissent ibi per duos dies, ipse testis abstraxit 
predictos hereticos inde et duxit eos usque ad GoUem 
de Goffolento ; et ibi dimisit eos, et reversus fuit apud 
Gavanacum. Adjecit etiam quod Johannes de Gornu- 
dels ' et Bernardus de Na Genta predicti recesserunt a 
predictis hereticis de predicto loco. De tempore, circa 
m annos. 



1. Voy. no« XXm, XXX. 

2. Voy. n» XIX. 



DE L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 277 

Hec deposuit coram domino episcopo. Testis Bonus 
Huicîpus, qui hec scripsit. 

XXXn. — 31 octobre 1259, Carcassonne. — Guillaume Sicre, 

arrêté, continue sa confession. 

Guillelmus Sicredi, filius Adalaicie SicredeS de 
QivaDaoo, diocesis Garcassonensis, adductus captus, 
HWO Domini M^ GC" LVIIU% ii kal. novembris, adjecit 
tMtimonio^uo, dicens quod Âmblardus de Villa Longa 
laiasus a Bernardo Âcerii, ut dicebat, veniens Gava- 
iMOum, duxit inde ipsum testem apud Bellum Yi- 
jbre io domum Guillelme de Gramasia ad videndum 
iMfetioos ; et ibi ipse testis vidit eundem Bernardum 
lemi^ et socium suum hereticos, presentibus eodem 
Imblardo et Guilielma de Gramasia, sponsa sive uxore 
ejus; et ibi ipse testis solus adoravit dictos hereticos; 
let non vidit aHos adorantes. Et tune prefati heretici 
i|iie8iveruDt ab ipso teste de statu terre sue et creden- 
oom hereticorum ; et in crastinum ipse testis, adoratis 
heretîciSy et acceptis ab eis ex dono quinque solidis 
ladgcnensium, rediit in sua, dimissis hereticis in do- 
mo predicta. De tempore, circiter y annos. Itenij dixit 
quod ad dictum dicti Amblardi ipse testis ivit ad cas- 
tram de Rivo in Yalle Danie in domum Duranti Egi- 
dii*, et vidit ibi P. Fatis hereticum, presentibus dicto 
Duranto Egidii..., uxore ejus, et... filia ipsius Duranti 
etatîs vni annorum ; et ibi ipse testis in adventu et re- 
oessu adoravit dictos hereticos ; et prefati heretici ro- 
gaveruot ipsum testem quod receptaret eos ; et recessit 

1. Voy. n<» XIV. 

2. Voy. n" Xll, XIV, XX, XXX, XLVII. 

3. Voy. n« XLVI. 



278 REGISTRE DU GREFFIER 

ab eis. Et post lapsum aliquorum dienlm, prefati here- 
tici venerunt in domum ipsîus testis apud GavanacuiDy 
et fuerunt ibi per duos vel très dies, presentibus ipso 
teste et Adalaicia, matre ipsius testis, qui dederunteis 
ad comedendum. Et adoraverunt eosdem hereticos 
quolibet die mane et vespere, ut supra. Et post lapsum 
dictorum dierum, ipse testis duxit prefatos heretioos 
apud Gornazanum in domum Àrnaudi Bailiionis ^ , qui 
receptavit prefatos hereticos, présente Adalaicin» uxore 
ejus ; et ibi ipse testis et alii duo, ipso teste vidente, 
adoraverunt dictos hereticos, ut supra. Et hoc facto, 
ipse testis, dimissis ibi hereticis, rediit in propria. Et 
hoc fuit circa tempus predictum. Iterriy dixit quod, ad 
dictum Arnaudi Barbionis, de Gornazano, ipse testis 
exiens obviam prefatis hereticis assumpsit eos et ad- 
duxit eos in domum sui ipsius testis, ubi fuerunt per 
diem et noctem, presentibus ipso teste et Adalaicia, 
matre ipsius testis, qui receptaverunt eos et dederunt 
eis ad comedendum ; et adoraverunt eos ipse testis et 
mater ipsius testis in adventu et recessu eorum. Et post 
lapsum dicti diei, prefati heretici recedentes inde 
abierunt viam suam versus Yallem Danie. De tem- 
pore, circa mi annos et dimidium. 

Adjecit etiam quod post lapsum vm dierum, prefati 
heretici, sicut condixerant cum ipso teste, redierunt 
ad domum ipsius testis apud Gavanacum, et fuerunt 
ibi per duos dies, presentibus ipso teste et matre 
ipsius testis. Qui receptaverunt eos et dederunt eis ad 
comedendum et adoraverunt eos utroque die bis mane 
et vespere. Et vidit seu visita vit ibi prefatos hereti- 

1. Voy. no XII. 



DE L'II«QUISITION DE GARGA8S0NNE. 279 

006 Guiilelmus de Preixanello ^ , set non vidit eum ado- 
rtotem. Et post lapsum dictorum dierum, ipse testis 
acrfus assumens prefatos hereticos associavit eos usque 
ad locum vocatum GoUem de Gavanaco, ubi ipse tes- 
tiit adoratis hereticis, recessit ab eis. De tempore, 
qood supra. 

Uemj dixit quod, ad dictum Arnaudi Barbionis, ipse 
ttttis venit juxta aquam de Lieuco, ubi invenit prefa- 
tum Bernardum Acerii et socium suum hereticos, quos 
•dorans ibi duxit eos inde apud Gervianum Vallis 
Dtoie, in domum Arsendis, que receptavit eos; et in 
maoe ipse testis, sumpto prandio in cellario domus 
M erant heretici et dicta Arsendis cum eis, adoratis 
bereticis ab ipso et dimissis ibi hereticis, ipse testis 
rediit in sua. De tempore, circiter m annos. Itenij dixit 
qood, ad dictum dicti Arnaudi Barbionis, ipse testis 
▼eniens ad aquam de Lieuco, invenit ibi prefatos here- 
ticos, quos adorans duxit apud Gomelbas in domum 
Pétri de Gomelbis cum uxore dicti Pétri de Gomeibis ; 
dimissis hereticis in quodam paleirio^, rediit in pro- 
pria; et hoc fuit circa tempus predictum. 

Adjecit etiam quod post lapsum xv dierum, sicut 
ooodixerat, cum hereticis veniens ad passum de Vil- 
landriz, invenit ibi prefatos hereticos ; et, adoratis eis, 
duxit eos usque ad callam^ de Gavanaco, ubi recessit 
ab eis et adoravit eos ut supra. Item^ dixit quod, ad 
dictum Guillelmi de Paulmiano de Yesola, ipse testis 
venit extra Gavanacum ad quoddam mallolium ipsius 
testis, obi invenit Bernardum de Monte Olivo et Ber- 

1. Voy. n«» XIX, XX, XXX, XXXI. 

2. Voy. n*» U, note. 

3. Sentier, chemin. 



280 BSGISTRE DU GREFFIER 

nardum Acier hereticos, quos adoravit et duxit in 
domum sui ipsius testis, ubi fueruot per diem et noo- 
tem, presentibus ipso teste et dicta matre ipsius tes- 
tis ; qui recepta verunt prefatos hereticos et dederuot 
eis ad comedendum et adoraverunt eos ; et post lap- 
sum dicte diei, ipse testis eduxit inde prefatos here- 
ticos et associavit eos usque ad passum de Vilaudriz, 
ubi adorans eos recessit ab eis. De tempore, circa unum 
annum. Iterriy dixit quod Guillelmus de Yesola, veuiens 
apud Gavanacum, duxit ipsum testem apud Vesolam et 
inde ad nemus de Mata ad videndum hereticos ; et inde 
ipse testis, ad dictum juvenis prédictif ascendit in 
montem supra dictum nemus, ubi invenit Bernardum 
de Monte Olivo, hereticum» et cum eo Yitalem de 
Paulmiano de Vesola. Qui narraverunt ipsi testi quod 
PetrusPoUani, episcopus hereticorum, clam recesserat 
ab eis et absconderat totam pecuniam et totum the- 
saurum. Quo audito, ipse testis remansit ibidem cum 
eis per très dies ; et querentes per nejnus reppererunt 
prima die unam botillam subtus terram, ubi erant 
numéro xii vel xin librorum sterlinge, et secunda die, 
aliam botillam, in qua erant xim librorum sterlinge, 
et tertia die, tertiam botillam in qua erant xvm libre 
millarensium; quibus acaptis, venerunt insimul usque 
ad Gornasanum, ubi remansit Bernardus de Monte 
Olivo hereticus simul cum Arnaud[o] Barbionis, qui 
veniens exiverat ad eumdem hereticum ; et ipse testis 
et Vitalis de Paulmiano cum pecunia venerunt Gavana- 
cum in domum ipsius testis ; et post unum vel duos 
dies, ambo, ipse testis et dictus Vitalis, venerunt 
cum pecunia apud Gasals, ubi invenerunt Bernardum 
de Monte Olivo et Bernardum Acier et alium hereti- 



DE LlNQUISrriON DE GARGASSONNE. 281 

eum ; et adoraverunt eos ambo ; et hoc facto et redita 
eb pecuoia, ipse testis solus recessit ab hereticis et a 
ViUJedePau[l]miaoo, qui remaositcumeis. Detempore, 
oirca unum aonum. Itenij dixit quod post lapsum xv die- 
mm» ipse testis, sicut condixerat cum hereticis et cum 
létale, cum duobus libris quos heretici dimiserant in 
domo ipsius testis» venit apud Gervianum in domum 
Arseodis ; et iude Petrus, filius ipsius Arsendis, duxit 
ipamn testem apud Rivum in domum cujusdam mulie- 
fiSf que stat juxta portam ville versus circium^, cujus 
nomen ipse testis ignorât; ubi ipse testis et dictus P. 
eomedeniot ; et sero prefata mulier direxil ipsum tes- 
lem in quodam vico castri, dicens quod in extrema do- 
mo iliius vici inveuiret quod ipse testis querebat. Quo 
audito, ipse testis sequens illum vicum aperuit por- 
tam domus extrême, ubi invcnit Bernardum de Monte 
(Nivo, Bernardum Acier, et Petrum de Gamia et duos 
hereticos, quos primo ipse testis viderat simul cum 
Ptetro, filio Arsendis, in quadam vinea juxta Rivum et 
locutus fuerat cum eis de facto Vitalis de Paulmiano, 
qui non venerat, sicut promiserat hereticis ; et tune in 
domo predicta ipse testis adoravit dictos hereticos et 
dixit eis quod Vitalis de Paulmiano, quem ipse testis 
de mandato hereticorum iverat visum apud Vesolam, 
000 potuit venire, quia impedimentum habuerat idem 
Vitalis in genu et mandabat eis quod cogitarent de 
se ipsis, quia idem Vitalis nichil poterat facere eis; et 
post aliquantam moram, heretici dederunt ipsi testi 
XX solidos melgoriensium pro labore quem subierat et 
feoerat pro eis. Quibus acceptis, ipse testis rediens 

1. Le cersy c'est-à-dire le sud. 



282 BIGISTRE DU GREFFIER 

io domum dicte mulieris jacuit et pernoctavit ibi; 
et promisit hereticis io recessu ab eis quod si presen- 
tiret aliqua que possent eis intéresse, nunciaret eis. 

Âdjecit etiam quod in vinea ubi ipse testis vidit pre- 
fatos hereticos, ut predictum est, adoravit eos et red- 
didit eis dictos duos libros. loterrogatus si Petrus, 
filius ArseodiSy adoravit dictos hereticos, dixit quod 
non, neque vidit eos simul cum ipso teste. Item^ de 
tempore, quod supra. Itenij dixit quod ad dictum Ada- 
laicie, uxoris Àrnaudi Barbionis, quam ipse testis inve- 
nit in Burgo Garcassone, ipse testis ivit ad domum 
ipsius Arnaudi Barbionis apud Gornasanum, ubi vidit 
et visitavit Bernardum de Monte Olivo» Bernardum 
Acier, Petrum de Gamia et alium hereticum, présente 
Adalaicia, uxore ipsius Arnaudi Barbionis; et ibi ipse 
testis adoravit dictos hereticos. Et hoc facto, ipse tes- 
tis, de mandate hereticorum, ivit Yesolam ad Yitalem 
de Paulmiano, cui ipse testis dixit, ex parte heretico- 
rum, quod, si pecuniam quam simul cum Vitale et que- 
dam alia absconderant , quam heretici invenire non 
poterant, idem Yitalis sciret, certificaret eos ; et idem 
Yitalis respondit ipsi testi quod postea non fuerat in 
loco ubi pecunia fiierat absconsa, nec sciebat aliquid 
de illa pecunia. Quo audito, ipse testis renunciavit 
hoc et dixit hereticis apud Gornasanum in domo 
Arnaudi Barbionis, présente dicta Adalaicia, uxore 
Arnaudi Barbionis; et postmodum adoratis hereticis 
et dimissis ibidem, recessit ab eis. De tempore, hoc 
anno circa festum Nati vitatis Domini . 

Item^ dixit quod ad dictum Arnaudi Barbionis 
venientis apud Montem Olivum, ipse testis venit Gor- 
nasanum, ubi invenit Bernardum Acier et Petrum de 



DE LlNQUISmON DE GARCASSONNE. 283 

ia bereticos in quadam domuncula, quam osten- 
ipsi testi Adalaicia, uxor Arnaudi Barbionis ; et ibi 
e teatîs adora vit ipsos bereticos ; et boc facto, pre- 
i heretici rogaverunt ipsum testem quod recederet 
B ds et iret in Lombardiam ^ . Quibus ipse testis res- 
■dit et dixit se non iturum, quia non habebat dena- 
i paratos ; et sic recessit ab eis. De tempore, hoc 
10 circa mediam quadragesimam. Predictos hereti- 
I eredidit esse bonos homines, amicos Dei et vera- 
if bonamque fidem habere, seque et alios salvari 
lae in secta eorumdem ; et hic fuit in ista credencia 
0Mque ultimo recessit ab eis. Et recognovit quod 
na superius adjecta a principio adjectionis fecit et 
mniiait postquam fuit eductus de muro ubi intrusus 
I pro hiis que primo commiserat in heresi, et etiam 
it fiatctam sibi gratiam de crucibus in eductione 
ni ; unde confitetur se scienter in abjuratam hère- 
B reddisse. Item^ dixit quod Dies et Johanna hère- 
e fiierunt in domo ipsius testis et matris sue per 
nom et ultra continue comedentes et bibentes de 
oprio ipsarum hereticarum. Yerumtamen tam ipse 
itia quam mater ejus emondebant bladum eis ali- 
aiido, et aliquando emebant ab aliis. Et ambo» ipse 
rtia et mater ipsius testis, multociens adoraverunt 
stos bereticos ; et vidit et visitavit ibi dictos hereti- 
»; Guiilelmus de Preixanello pluries et multociens 
oravit eosdem bereticos, ipso teste vidente. 
Adjecit etiam quod post lapsum dicti criminis, ipse 
itis et Guiilelmus de Preixanello simul cum Petro Pa- 



1. Tout bon hérétique faisait le voyage de Lombardie, qui 
lit comme une autre terre sainte. 



d 
d aoucBivcraBâ d i ifi i— I eos aviBe ad 
Car^ Sohre g i; d la ipoc ted» d 
lie Prôuodk», ipso fade 
RcesKradab ds. De 
u aoDOft. Et hœ 9oa dbdt. qM 
bdor <|oiodo primo fiel eoÊttasm^ bem^ dbdt qaod 



cq^tos Carassomm d fiât 



Mafooffi, obi ioqàiBàans dahad d iiMf âie iMMt ; d 
la îpae tedîs io^enit Titilfi de fmkBÊaao ih li d— i 
eaptom. qoem ipse led» eoosalBÎt de fado Btiu a iJi 
Àâtr. Qm dÊdt ipaî ledi qaod cfidos BcmrdK 
Aâer coofitdbdor d kMados fiicnt de ipao Vitale: 
d filent propler hoc capta», d prasaoïebd qaod, sa 
■oodoiD locdns fiKnt de ipaotcdcqBodadhBcloqœ- 
fdor d rcrdard ipsom tesicni d fadoD ffM ; d OQo- 
solefaat ipso testi cpiod aofiigod d l e œd c td a terra. 
Qoo aodJIo. ipse testîs d CoilHiits de Prôxandio d 
Adahîda, mater îpsios ted& reeedentes a Castro de 
CaTaoaoo, veoenuit apod MalTerinni îo ^**mw^™^ j^^ 
bide, sororis ipsîos testis, ozoris GuîDelfni Àigabea« 
obi difoîssa nntre ipsîos lestis, ipse testîs d GoîUefanDS 
de Preîxaoeflo iremiit apod Ropem Amaters TÎskatain 
rrrirmm d oraloriom Bcale Marie Virgiois; d me- 
deotes iode, rediemot ad Forcîain- Baimondi Fer- 
raodi ioter MoolecD Rcgalem d Faoom Jo^is ; d iore- 
Dcniot ibî Adabidam , antrem îpsîos lestis: d 
postiDodoin Âdalaicia. soror ipsios lestis, d GuiDe}- 

1. La Force, dais TAade. 



M LiTIQUISmON DE CARGA8801I1II. 28S 

mus Aigabeu» vir ejus, de Malveriis, venientes îo 
domam Beraardi Deodati» sworii GuiUdmi Aigabeu» 
obi ipse testis et Guillelmus de PreixaoeUo erant, dixe- 
mot et Duodaverunt eis quod Bemardus Acier oon- 
v^rsos totum factiim ipsîus testis et alterius révéla- 
verat, dioentes eis quod aufugereot. Quo audito, ipse 
testis et Guillelmus de Preixanelloy dimissa ibi matre 
ipsius testis, «mul cum sorore et sororio ipsius testis 
aufugeruot et reœsseruot a terra. 

Hec deposuit Garcassooe» ocH'am fratre Baudouioo 
de Monte Forti, inquisitore. Testes fratres P. Blatgerii 
et Félix et Guillelmus Esoobillo, conversus de ordine 
Predicatorum, et Raioaldus de Castris, ootarius, qui 
subscripsit. 

Et juravit, et abjuravit et fîiit recouciliatus. 

XXXm. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 

d*AlasaIs de Bax, de Verzeille. 

ÂLASAIS DE BaX, DE VeRZALANO. 

CriAcesignata est. 

Addo Domini M''CG'XLynU% [x]yi kal. aprilis. Âla- 
daidis de Bax, de Yerzelano, testis jurata, dixit quod 
quedam coosanguioea sua, Ermesendis Domioe, de- 
functa, maodavit predicte testi ut veniret ad eam apud 
Leucum ; et dicta testis obviavit ei in porta de Leuco ; 
et tune dicta Hermesendis adduxit dictam testem ad 
domum R. Guilis^ de Leuco, et ibi ostendit ei duos 
hereticos, quorum nomina ignorât ; et dicta testis ado- 
ravit eos flexis genibus, dicens : Benedicite^ sicut moris 

1. Voy. n* VII et plus bas : Gilis. 



286 UGISTRE DU GREFFIER 

est hereticorum^; et alter eorum quesivit a dicta teste 
si reciperet eos io domo sua ad minus una nocte ; et 
ipsa respondit quod non auderet pro filiis suis. Item^ 
interrogata si comedit vel bibit cum eis, si audivit 
predicationem eoram, si dédit eis aliquid, si postea 
vidit eos vel alios hereticos, respondit ad singula quod 
non. De astantibus, dixit quod dictus R. Gilis et uxor 
ejus Yirgilia ^ erant présentes. De tempore, dixit quod 
sunt im anni et dimidius. Item^ interrogata si fuit cre- 
dens hereticorum, respondit quod sic in illo instanti 
quo adoravit eos. Set statim rediit ad cor et penituit 
eam intus. Itenty interrogata si confessa fuit de pre- 
dictis, dixit quod sic fratribus inquisitoribus apud 
Gaunas, et ibidem abjuravit heresim. Item, interro- 
gata si post abjurationem comisit in crimine heresis, 
respondit quod non. 

Hec deposuit coram domino B. Martini , archipres- 
bitero minon, et magistro Roberto, de mandato domini 
episcopi. Âliam audientiam non habuit, quia quasi 
innocens reputatur. 

XXXIV. — 16 mars 1250 (n. st.). — Confession de B. Car- 

cassèSy de VUlefloare, non cité. 

B. GaRGASES, de VOiAFLORANO. 

Iste est intrusus. 
Anno quo supra, xvn M- aprilis. B. Garcases, de 
Vilaflorano^, noncitatus, testisjuratus, dixit quod ipse 
duxit quamdam in uxorem que vocabatur Fabrisa^; 

1. Voy. n*^ VII. 

2. Voy. o? va. 

3. Voy. n«« XXXV et XXXVI. 

4. Voy. n« XXXVI. 



DB LlNQUISinON DE GARGASSONNE. 287 

et ipsa fuerat domisella R. de Casais S militis, qui 
diligebat hereticos et docuerat dicta[m] Fabrisam in 
•ecta hereticoram ; et ipsa postmodum seduxit dictum 
tettem, rogans ut diligeret hereticos. Dictus vero tes- 
tis mooitioni predicte resistebat. Postea dicta Fabrisa, 
dicto teste abscente, adduxit in domum suam quem- 
dam haretîcum qui vocabatur 6. de Casais. Qui tes- 
tity cum veoissety iratus super hoc verberavit dictam 
Fahrissam pro eo quod recepisset dictum hereticum 
iD donio. Dictus tameu hereticus moratus fuit ibi pos- 
tea par ebdomadam unam» ipso teste présente et sus- 
tineote, et per quindenam continue ipso absente, qui 
îbi eum dimiserat in resessu suo. Interrogatus si dédit 
te^etico ad comedendum, respondit quod dictus R. de 
Casais, frater dicti heretici» providebat [e]idem heretico 
in necessariis. Itemy interrogatus si aliqui de Yilaflo- 
noo visitabant dictum hereticum vel dabant ei aliquid, 
respondit quod non, ipso présente vel quod ipse sci- 
ret. Interrogatus de dicto heretico, quo ivit, respondit 
quod in Lombardiam. De tempore, dixit xx anni pos- 
sunt esse. Interrogatus si postea vidit hereticos vel 
Valdenses in domo sua vel alibi, respondit quod vidit 
in domo sua Rixendam de Âmelio heretica[m] ; et uxor 
sua Fabrisa faciebat ei quidquid boni poterat ; et stetit 
dicta heretica cum dicto teste et uxore sua Fabrisa in 
domo per annum. Postea dicta heretica recessit a domo 
dicti testis et mansit in domo neptis sue dicte here- 
tisce, que vocabatur Barmonda, quousque fuit capta 
et combusta cum quibusdam aliis hereticis apud Car- 
cassonam. De tempore, dixit quod tempore Andrée 

1. Voy. n« XXXV. 



Sgfi RSGISTRE DU 6REFFIIR 

Gahuleti, senescalli^ Interrogatus de 6. de Casais, 
quas vias tenuit, dixit quod intravit Lombardiam. 
Postea vero vidi[t] duos heretioos in domo R. Juliani 
de Yilaflurano, quorum nomina nesciebat ; qui dichis 
testis cum dicto R. Juliano duxit dictes heretioos 
usque Garcasobrega in terminio de Leuoo ; qui bere- 
tici veneruat versus Gofolentum; set tamen nesdt 
quam domum intraveruat. De tempère, dixit quod 
annus et dimidius. Postea uxer dicti testis iuœpit 
infirmari gravi infirmitate et peciit sibi addud here- 
ticos qui salvarent eam, quia modis omnibus volebat 
mori in manibus eorum et facto testamente et recepta 
Eucaristia^. Postea dictus testis addidit qued quidam 
hereticus tradidit uxori sue Fabrice v solides quosde- 
bebat dare P. Ânargila, qui erat hereticus de Vilatritol ; 
et dicta uxor dixit marito sue quod deportaret dictes 
denarios dicto heretico ; quod faoere noluit ; et tune 
dicta uxor tradidit dictes denarios R. Garcassesie, filio 
sue, ut deportaret ees dicte heretico apud Vilamtri- 
tol ; et dictus filius tradidit ees dicte heretico. Requi- 
situs de tempère, dixit qued bene sunt vn anni. 

XXXV. — 6 mai 1252. — Bernard Carcasses, de Villefloure, 

continue sa confession. 

Anne Demini M^ GG"" L"* secundo, n nenas maii. 
Bernardus Garcassesii^, de Yillafleirane, testis juratus, 

1. Appelé André Chaulcas par Mahul. Il aurait été tué vers 
1227. [Cartulaire, t. VI, première partie, p. 279.) 

2. Fait rarement mentionné et curieux mélange des deux 
cultes. 

3. Voy. no» XXXIV et XXXVI. 



DK LlNQUISITION DE GARGASSONNB. 289 

•ddidit confessioni sue, dicens quod apud Yillafloira- 
oam in domo R^^ de Casais^ vidit Benedictum de 
Terminio, 6. de Puteo, P. Torron, Stephanum de 
Guflhac, R. Âoiric, fratrem quondam capellani de 
Moote Lauro, predecessoris istius, et alios plures here- 
tioos muUociens; et vidit ibi cum eis Ber. Willelmi 
et Ar. Willelmi de Leuco^, fratres, [Guillelmum] Yal- 
lito', Aimericum de Solerio et multos alios de quibus 
miD recoiit. Set ipse testis non adoravit née vidit ado- 
rari; et tune Raymundus Âoiric predictus decessit, et 
fiiit sepultus in aperio^, sicut R. de Gazilhac^, bajulus 
Baymundi de Casais, et Guillamus^, nuncius ejusdem 
Baymundi, retulerunt ipsi lesti et hostenderunt sibi 
loaim; et sunt circiter xxx anni. Item y Guillelmus 
Yallato'^ tenuit in quadam domo sua per noctem et 
diem Àlazaiciam d'en Ârneil hereticam defunctam, 
quam heretici ibidem intromiserant de nocte ; et dic- 
tais G. sepelivit eam in reco de Rippis, sicut idem 
G. retuiit ipsi testi; etR. Yallato hostendit sibi locum; 
et hoc debent scire Guillelma, uxor dicti Guillelmi 
Yallato, et Alazaicia, et Fabrissa, filie ejus. Itemy W. 
de YallMF fuit hereticatus in obitu, et mater ejusdem 
aîmiliter, sicut R. de Gasillac predictus retuiit ipsi 
testi. 

1. Voy. n« XXXIV. 

2. Voy. plus haut, n® I. 

3. Entre les lignes : M, signifiant mortuus. 

4. Pour opertorio sans doute, tumulus, tumba. Du Gange. 

5. Entre les lignes : AT, signifiant mortuus. 

6. Item, 

7. Item. 



49 



290 REGISTRE DU GRBFFDCR 

XXXVI. — 7 mai 1253. — Bernard Carcasses^ de Villefloure, 

continae sa confession. 

Ânno Domini WC& L^ HP, nonis maii. Dictas Ber- 
nardus Carcasses^ citatus reddiit et adjecit quod ipse 
testis quadam die ivit apud Goffolentum de mandato 
Fabrisse^, quondam uxoris sue, pro querendis hereti- 
cis ad opus dicte Fabrisse, que infirmabatur illa infir^ 
mitate qua obiit; et intravit domum Bernardi Ros, 
senioris, et invenit ibi Yergeliam, uxorem Bernardi 
Ros predicti ; et ibi ipse testis locutus fuit cum ea de 
hereticis ; et tune predicta YergeUa dixit eidem testi 
si volebat eos videre, et ipse testis respondit quod 
non ; et tune condixerunt inter se quod in sero se- 
quenti ipse testis esset ad ecciesiam de Gazais et iiluc 
inveniret hereticos ; et ipse testis ivit ad predictum lo- 
cum, et invenit ibi duos hereticos quorum nomina igno- 
rât, et duxit eos apud Yillafluranum, et intromisit eos in 
domum ipsius testis ante Fabrissam, uxorem quon- 
dam ipsius testis, que infirmabatur; et cum essent 
ante dictam infirmam, ipse testis exivit inde et dimi- 
sit dictos hereticos cum predicta infirma ; et ipse tes- 
tis clausit hostium cum clave et custodit januam ne 
ahquis superveniret. Et ibi predicti heretici heretica- 
verunt dictam infirmam, uxorem ipsius testis, et lega- 
vit predictis hereticis vestes suas, quas predicti here- 
tici habuerunt antequam recédèrent a domo; et 
jacuerunt ibi predicti heretici per unam noctem; et 
in mane ipse testis abstraxit dictos hereticos a domo 

1. Voy. no» XXXIV et XXXV. 

2. Voy. n« XXXIV. 



DE L'INQUISITION DE CARGÀSSONNE. 291 

ipaîus testis, et duxit et intromisit eos îd domum Ar- 
oaudi Scicre, fabri de Yillaflurano ; et erant ibi quando 
ipse testis et heretici predicti iiitravieruDt, Rayinunda, 
VOLW Arnaudi Scicre, et Ërmengardis, uxor G. Âr. 
cpiondam. Interrogatus dixit quod ipse testis Dec pre- 
dide mulieres ood adoraveruDt dictos heretîcos ipso 
teste videote ; et steterunt ibi predicti heretici per diem 
et noctem ; et cum stetisseDt ibi per dictum tempus pre- 
dicti heretici, ipse testis extraxit eos ÎDde et duxit eos 
usque in locum qui dicitur Gargasobrega prope Leu- 
Gum; et ibi ipse testis adoravit dictos hereticos ter 
flexis genibus ante ipsos ; et in qualibet genuflectione 
dicebat ipse testis : Benedieite; et heretici responde- 
bant in qualibet benedictione : Deus vos benedicat; et 
addebat post ultimum Benedieite : Dondnij rogate Deum 
pro isto peccatorej quod faciat me bonum ôhristianum 
et per ducat me ad bonum finem^. Et hoc facto, ipse 
testis recessit ab eis et reversus fuit versus Yillaflura- 
niun; et heretici tenuerunt viam suam. De tempore, 
in festo sancti Johannis Baptiste proxime veniente erunt 
m anni. Item^ dixit se vidisse apud Yillafluranum in 
domo Raymundi^ de Gasals, Raymundum Oalric et so- 
cium ejus hereticos per très vices; et erant ibi ipse 
testis et Raymundus^ de Gasals et Ârnaudus^ Fer- 
roll, et Raymundus^ de Gasolac; et ibi ipse testis et 
omnes alii predicti qualibet vice et Fabrissa, uxor 

1. Voy. no VII. 

2. Entre les lignes : M, signifiant mortuus. 

3. Item. 

4. Item. 

5. Item. 



292 REGISTRE DU GREFFIER 

ipsius testis, et FlandinaS soror Raymundi de Casais, 
et Sicredus' de Casais, de Carcassona, adoraveruot 
dictos hereticos, sicut dictum est. De tempore, 
XL anni. Interrogatus , dixit quod ipse testis abju- 
ravit heresim apud Caunas coram ioquisitoribus, 
et sdenter celavit eis veritatem et sdenter dejeravit ; 
et postea recidavit et scienter dejeravit. Interrogatus, 
dixit quod ipse testis abjoravit heresim apud Carcas- 
sonam coram fratre Johanne, inquisitore^; et sden- 
ter celavit ei omnia predicta et scienter dejeravit. 

Hec deposuit apud Carcassonam coram domino 
episcopo Carcassone. Testes magister P., capellanus 
de Drula, et Bonus Mancipus, notarius. 

XXXVU. — [16 mars 1250.] — Confession de Pons Albert, 

de Ck)uffouIens. 

Pc. ÂDALBERTI, DE GOFOLENTO. 

hte est crucesignatus . 

Po. Âdalberti, de Coffolento, gratis veniens non cita- 
tus, testis juratus tam de se quam de aliis, vivis ac 
defunctis, super facto Yaldesie et pravitatis heretisce 
dicere veritatem, requisitus dixit quod quadam vice 
Âr. Pela, de Coffolento, major adduxit ad domum ipsius 
testis duos hereticos, videlicet Ar. Egidii^ et R. Va- 
lent ; et ibi tenuit eos per unum diem. Nocte sequenti 
idem testis reduxit eos ad domum dicti Âr. Pela ; quo 
iverunt postea nescit. Interrogatus [si adoravit], 

1. Entre les lignes : M, signifiant mortua. 

2. Entre les lignes : Af, signifiant mortuus, 

3. Jean de Saint-Pierre. 

4. Voy. n« XXX. 



DK L'INQUISITION DE GARGÀSSONNE. 293 

dixit quod [sic] ter flexis genibus discendo : BenediS" 
dte; et heretici respondebant : Deus vos benedicat^. 
Interrogatus si comedit cum eis, vel dédit eis aliquid, 
▼d recepit ab eis, vel comedit de pane ab hereticis 
benedicto vel audivit predicatioDem ab ipsis, vel 
ftoeepit pascem, vel monuit aliquem ad credendum 
vel benefaciendum hereticis, dixit quod non. Interro- 
gatus si credebat hereticos bonos esse bomines et bo- 
nam sectam tenere, dixit quod sic ; et si tune more- 
retur, credebat se posse salvare (sic) in erroribus 
eonundem. Interrogatus de tempore, dixit quod circa 
duos annos et dimidium potest esse. Dixit etiam quod 
alia vice vidit duos hereticos in domo B. Ruffi, de Cof- 
fcdento. Tamen non fuit locutus cum eis, nec misit, 
nec dédit eis aliquid. Interrogatus de tempore, dixit 
quod m anni possunt esse. Interrogatus si abjuravit 
heresim, dixit quod sic, secundum communem for- 
mam, fratribus inquisitoribus apud Gaunas. . 

XXXVm. — [16 mars 1250.] — Confession de G. Bonfils, 

de Taurize. 

[G. Bonus Filius, de Taurizano.] 

G. Bonus Filius, de Taurizano, testis juratus super 
&cto Yaldesie et heretice pravitatis, dixit se penitus 
nicbil sdre. 

XXXIX. — 12 mars 1250 (n. st.). — Ck)nfession de Pierre 

Bonfils, de Taurize. 

[Petrus Bonus Filius, de Taurizano.] 
Addo quo supra, im idus marcii. Petrus Bonus 

1. Voy. n* Vn. 



294 RBOISTRl DU GREFFIER 

Filius, de Taurizano Yallis Aquitanie, citatuft, de veri- 
tate diœDda requisitus de se et aliis, etc. , tesUs jura- 
tus, dixit se nichil scire penitus super crîmiDe here- 
sis et Yaldesie. Interrogatus diUgenter super articulis 
universis et singulis qui debent inquiri, dixit se nidûl 
scire. Dixit etiam qood abjuravit heresim et Valdeaam 
coram inquisitoribus apud Gaunas ; et quod ante oec 
post scivit aliquid de heresi vel Yaldesia. 

XL. — 12 mars 1250 (n. st.). — Confession de Goillanme 

Arnaud, de Taurize, cité. 

[GUILLELMUS ArNALDI, DE TAURIZÂNO.] 

Anno et die que supra. Guilleloius Amaldi, de Tao- 
rizano, citatus, requisitus, etc., testis juratus, dixit se 
super crimine heresis et Yaldesie nichil sdre. Interro- 
gatus super articulis universis et singulis qui ad crî- 
mina pertinent antedicta, dixit se penitus nichil scire. 
Dixit etiam quod abjuravit heresim coram inquisito- 
ribus apud Gaunas, et quod ante nec post scivit ali- 
quid de heresi nec Yaldesia. 

XLI. — 12 mars 1250 (n. st.). — Confession de Raymond 

Durand, de Taurize, cité. 

[Raymundus Durandi, de Taurizano.] 

Anno et die quo supra. Raymundus Durandi, de Tau- 
rizano, citatus, requisitus, etc., testis juratus, dixit se 
super crimine heresis et Yaldesie penitus nichil scire. 
Interrogatus super articulis universis et singulis qui ad 
crimina pertinent antedicta, dixit se penitus nichil 
scire. Dixit etiam quod abjuravit heresim ooram 



DK L'INQUISITION DE GARGASSONNE. 295 

aquisitoribus apud Gaunas, e( quod ante nec post 
Msivit aliquid de heresi nec de Yaldesia. 

Um. -« 8 avril 1250. — Confession de Raymonde, femme de 
Ber. Brunel Poteluc, de Coufibulens. 

[Raymunda, uxor Ber. Brunelli Potelug, 

de coffolento,] 

/tem, anno Domini M^GG^L®, vi idus aprilis. Ray- 
muida, uxor Ber, Brunelli Poteluc, de Goffolento, tes- 
tb jurata, dixit quod nunquam vidit bereticos nec Yal- 
denses, nec credidit, nec adoravit, nec dédit eis ali- 
quid, nec misit, nec predicacionem eorum audivit, 
nec participacionem nec familiaritatem babuit cum eis. 

XUn. -— 8 avril 1250. — Confession de Julienne, femme de 
Pierre de Gaja-la-Selve, de Preixan. 

[JULIANA, UXOR PeTRI DE GaIANO.] 

Itetriy anno et die quo supra. Juliana, uxor Pétri de 
Gaiano, de Prexiano diocesis Garcassonensis, requi- 
sita ut supra, testis jurata, dixit quod nunquam vidit 
bereticos nec Yaldenses, nec credidit, nec adora vit, 
Dec dédit eis aliquid nec misit, nec predicacionem 
ecMnun audivit. 

XUV. — 8 avril 1250. — Confession de Riche, femme de 
Pierre Pages, du Bourg de Carcassqnne. 

[Rica, uxor P. Pagesh.] 

Itemj anno et die quo supra. Rica, uxor P. Pagesii, 
de Borgo Garcassone, requisita ut supra, testis jurata, 
dixit quod nunquam vidit bereticos nec Vablenses, 



2% RIGI8TBE DU GREFFIER 

nec credidit, nec dédit eis aliquid, nec imsit, nec pre- 
dicadonem eoram audivit. 

XLV. — 11 novembre 1250. — Confession de Bernard Tester 

le vieux, de Taurize. 

[BERNARDUS TeXTOR, SEinOR, DE TAUZERAIfO.] 

Ânno Domini M^GG°L% nf idus novembris. Ber^ 
Dardus Textor, senior, de TauzeranoS testia juratus, 
dixit quod nuDquam vidit hereticos, nec adoravit, 
nec dédit, nec misit, nec duxit, nec recepit, nec 
eorum predicationem audivit, nec familiaritatem, nec 
participationem haboit cum hereticis nisi sicut dictum 
est ; de Yaldensibus, dixit se nichil scire. 

Hec déposait coram domino episcopo Garcassone. 
Testes magister P., officialis, magister R"^"* David, et 
P. Âriberti et plures alii. 

XLVI. — 21 février 1251 (n. st.). — Confession de R. Vital, 

de Rieux-en-Val. 

[R. VlTALïS, DE RiVO IN VALLE EQUITANIE.] 

Anno Domini WCG'V, ix kal. marcii. R. Yitalisvel 
Sutor, de Rivo in Yalle Ëquitanie, requisitus ut supra, 
testis juratus, dixit quod vidit Ber. Gausberti^, nunc 
conversum de heresi, Ar. de Ganeto^ et Petrum Gau- 
na, hereticos, in domo Guillelmi Fina apud Rivum; 
et vidit ibi cum dictis hereticis Guillelmum Fina, 
dominum domus, Brunam, uxorem dicti Guillelmi 

1. Voy. Première partie, n« XXXV. 

2. Voy. n«» XLVm, XLIX, L. 

3. Voy. no» III et XXm. 



DK LlNQUISmON DE CARCAS80NNE. ^7 

Fina, Araaudam, uxorem Durandi Egidii^ Set non 
•doravît nec vidit adorari quod recolit. De tempore, 
VI anni vel circa. Itemy in crastinum adjecit quod ado- 
iwH ibi dictos hereticos, flexis genibus ; set non reco- 
lit si vidit alios adorantes vel dicentes : Benedicite^. 
AKbi non vidit hereticos nec unquam credidit esse 
boDOS homines licet adoraverit eos, sicut dictum est ; 
oec familiaritatem, nec participacionem habuit cum 
hereticis, nisi sicut dictum est; et recognovit quod 
maie fecit, quia, postquam abjura vit heresim apud 
Gaanas coram aliis inquisitoribus, vidit et adoravit 
hereticos sicut dictum est. 

XLVn. — 6 octobre 1267. — Raymond Vital renouvelle sa 

confession. 

/tem, anno Domini M'' CC LX'' septimo, pridie nonas 
octobris. Dictus Raymundus Yitalis, veniens Carcasso- 
aam, citatus et requisitus ut supra, testis juratus, dixit 
qaod, postquam confessus fuit de heresi, non vidit here- 
ticos, nec dédit, nec misit eis aliquid, nec ab ipsis ha- 
buit aliquid nec recepit. Dicit tamen quod, cum ipse 
testis esset bajulus de Rivo Yallis Danie, Amcelinus 
de Maine villa, frater Odoardi, superior baiulus, et qui 
incursus' propter heresim tune temporis recipiebat 
pro domino rege, dixit ipsi testi quod ire[t] apud 
Graasam in domum cujusdam tinctoris, a quo reci- 
peret quasdam caligas Bernardi Âcerii^, heretici, que 

1. Cf. n* XXXII. 

2. Voy. n« VII. 

3. Les biens confisqués sur les hérétiques. Ce bayle n'est pas 
autrement connu. 

4. Voy. n*« XU, XIV, XX, XXX, XXXU. 



298 nOISTRS WJ GBEFFIBR 

ibi portate fuerant ad tingendum, satisfacto tincton 
primitus pro tinctùra; quas caligas dictus Amcelinus 
dabat ipai testi. Et postmodum ipse testis ivit apud 
Grassam et recuperavit dictas caligas ab illo tioctore 
Domine Bernardo Johannis; et dédit ei pro tinctùra 
Yi denarios ; et eas porta vit ipse testis donec fusant 
usate. Nec aliquis vel aliqua repetiit nomine h^reti- 
corum nec etiam alterius illas caligas ab ipso teste. De 
tempore, vn anni sunt et amplius, sicut oredit. 

XL vin. — 1251. — Confession d'Alemande Gal^ veuve de 

Pons Bernard, d'Arzens. 

[Alamanda Gâta.] 

Hec fuerunt dicta t empare gratte. 

Anno Domini M^CG^LF. Alamanda Gata^ uxor con- 
dam Pontii Bernardi de Ar[z]inco, testis jurata, adje- 
dt confessioni sue dicens quod vidit Yillanerium et 
socium ejus hereticos in domo Gnillelmi Garric^, de 
Arzinco, apud Arzincum, et vidit ibi cum eis Bernan- 
dum Moncanerium et Guillelmum Garric. Interroga- 
tus si adoravit ibi dictes hereticos, vel vidit alios ado- 
rantes, dixit quod non recordatur. Item^ dixit quod 
vidit Ber. Gausberti', nunc conversum de heresi, 
apud Arzincum in domo ipsius testis ; et vidit ibi cum 
dictis hereticis Raymudum Gat^, filium ipsius testis, 
qui infirmabatur de quadam infirmitate de qua con- 
valuit, et Navarram^, uxorem dicti Raymundi Gat, et 

1. Voy. n« L. 

2. Voy. n^ L. 

3. Voy. n«» XLVI, XUX, L. 

4. Voy. n« L. 

5. Voy. n«» XLIX, L. 



DE LlNOminON DE GARGÀS80NNE. 299 

Boineliiiuin Garric, qui ad preces dicti ii^mi adduxit 
Un dictos hereticos. Interrogata, dixit qood ipaa testis 
DOD adoravit ibi dictos hereticos, nec alii, ipsa teste 
vidente* /tem, interrogata dixit quod dictus infirmus 
non fîiit tune hereticatus, ipsa teste vidente nec 
Bcâente. De tempore, vni anni fuerunt hoc anno inter 
Natale Domini et carniprivium. 

Hee deposuit Garcassonne coram domino episcopo. 
Testes P. Âriberti, clericus, et magister Robertus, fisi- 
nis, et Petrus, capellanus domini Garcassonensis epis- 
Dopi, qui hec scripsit. 

SUX. — 22 août 1255. — Confession d'Alemande Gat, suite. 

Anno Domini M^'GCLV, xi^ kal. septembris. Dicta 
àlamanda testis jurata, citata comparuit et adjecit 
HNdfesuoni sue dicens quod apud Ârzincum, in domo 
Raymundi Ariberti, militis, vidit Petrum Pollani et 
Bemardum Gausberti^, socium ejus, hereticos, pre- 
wntibas NavarraS oxore Raymundi Gat quondam, 
Binrauda, uxore Guillelmi Gat, et ipsa teste, que 
Nniies intravemnt in soculum domus per quamdam 
trapam ad hereticos antedictos ; et erat ibi Alamanda, 
DDCor Raymundi Ariberti antedicti; et ibi omnes et 
ipsa testis adoraverunt dictos hereticos, ut supra. De 
tempore, xii vel xnn anni, vel circa. Requisita quare 
(«lavit predicta in aliis confessionibus, respondit quod 
credebat dixisse in confessione fratris Ferrarii^. 

1. Voy. n«» XLVI, XLVm, L. 

2. Voy. n*« XLVIII, L. 

3. Voy. n"^ XV et VI, note. 



300 REGISTRE DU GREFFIER 

Hec deposuit apud GarcassoDam , ooram magistro 
Radulpho et P. Âriberti, inquisitore^ 

L. — 22 août 1255. — Confession de Navarre, femme de Ray- 
mond Gaty d'Arzens. 

[Navarra, uxor R** Cat.] 

Hec fuerunt dicta tempore gratie. 

Ânno et die quo supra. Navarra, uxor condam 
Raymundi Gat^, militis, de Arzinoo Garcassonensis 
diocesis, testis jurata, dixit quod vidit Ber. Gaus- 
berti^ nunc conversum de heresi, apud Arzincum in 
domo ipsius testis; et vidit ibi cum dictis heretids 
Raymundum Gat^, maritum ipsius testis, qui iafi^ 
mabatur infirmitate de qua convaluit, Alamandam 
Gata^; set non adoravit nec vidit adorari. Interro- 
gâta dixit quod dictus infirmus non fuit herelicatus 
ipsa teste sciente vel vidente. Adjecit etiam quod 
Guillelmus Garric^ adduxit ibi dictos hereticos usque 
ad hostium domus ad preces dicti infirmi. De tem- 
pore , vm anni fuerunt inter Natale Domini et caroi- 
privium. 

Hec deposuit loco et die predicUs. Testes predicti. 

1. L'avis placé avant rarticle précédent : Hec fuerunt dicta 
tempore gratie, ne s'applique pas au n® XLIX. 

2. Voy. n*»» XLVIII, XLIX. 

3. Voy. n»» XLVI, XLVIII, XLIX. 

4. Voy. n*» XLVIII. 

5. Voy. n« XLVIII. 

6. Voy. ro XLVin. 



DE L'INQUISITION DE GARCASSONNE. 301 

U. — 11 avril 1255. — Ck)nfession de Guillaume-Arnaud Bomhi. 

[G. Ar. Bornhi.] 

Aqdo quo supra, ni idus aprilis. 6. Ar. Borahi, 
scriptorS testis juratus, dixit se nichil scire super 
focto heresîs. Dixit tamen requisitus quod, quia impe- 
travit et optinuit cum domino episcopo bone memo- 
rie Dunc defuncto' et inquisitoribus, quod Ar. Gat, de 
Monte Olivo, amitteret cruces, seu fieret sibi gracia de 
é»dein, habuit idem testis xx solidos ab eodem Ar.; 
deqoibusBernardusDeodati, de Monte Olivo, persolvit 
sibi partem. Et propter hoc idem testis obligavit se 
et sua ad parendum mandatis omnibus et singulis 
dcmiini epîscopi et inquisitorum , et ad observandum 
et tenendum quicquid propter hoc sibi duxerint injun- 
gendum. Testis magister R. Gras. 

{Ici se trouve dans le ms. le n^ CCLXX de la pre- 
mière partie j plus hautj p, 243.) 

1. Voy. Première partie, n* CCXLin. 

2. Guillaume-Arnaud, évêque de Carcassonne en 1248, qui 
apparat! dans les actes précédents et dans ceux de la Première 
partie. 



IV. 

COMMISSION PONTIFICALE 

■xicUT^B PAm un CAmDDfAUX 

TÀILLEFER DE LA CHAPELLE ET BâBENOER FRÉDOL. 



I. 

plaihte adressée aux cardinaux*, 
doat, t. xxxiv, fol. 44. 

Supplique des chapitres de Sainte-Cécile et de Saint-Sal^i 
d'Albi, de Tabbé et du monastère de Gaillac, au collège 
des cardinaux, le priant d'interposer son autorité dans le 
conflit survenu entre tout le pays et les inquisiteurs. 

Illustrissime dominationis patribus vcnerabilissimis 
dominis cardinalibus sacrosancte Romane Ecdesie 
sacroque celui eorumdem, capitulum et canonici 
ecclesie Albiensis, et capitulum et canonici eodesie 
Sancti Salvii de Âlbia, abbasque et monachi monaste- 
rii de Galliaco Âlbiensis diocesis, et alii religiosi quo- 
rum sigilla inferius sunt appensa, suarum sublimitatum 
imperiis subjectionem debitam et devotam. Juste patri 

1. Cette pièce ne porte point de date. Mais elle doit être 
placée entre la mort de Benoît XI (7 juillet 1304) et rélection 
de Clément V (6 mai 1305), puisqu'elle fut adressée au collège 
des cardinaux. 



GOlOnSSION PONTIFIGALS. 303 

Buplicatur a filiis, dum cernunt fluctus tumescere et, 
undis insiliantibus, ventis et flatibus ex adverso, nau- 
firagium imminere formidatur, presertim dum neces- 
sarianim exigente qualitate causarum salus non pateat, 
aut auxilium aliunde. verum. Nostra patria quantis sit 
ezposita precipiciis et ruinis propter questiones et dis- 
oensiones quibus ad invicem se collidunt patria et 
inquisitores heretice pravitatis, novit lUe qui nichil 
ignorât ; et adeo excrevit turbatio, ut idem populus ad 
iracundiam concitatus non videtur nichil^ aliud hane- 
kre, nisi ut discriminibus se committens deducat in ore 
gladii, nedum quos sibi putat adversarios, set et alios, 
ac ad talia se convertat, que non poterunt aliquatenus 
reparari. Yestre igitur Paternitatis pedibus provo- 
lati, humiliter suplicamus ut circa premissa sic saluti- 
fere et celeriter succurratis, quod, preclusa via peri- 
colis et ruinis, patria restituatur paci débite et quieti. 
Gcmstat^ enim nobis^ quod dictus populus et patria est 
catholica et fidelis, quantum nos humana fragilitas 
Dosse sinit, et populus civitatis Albie et patrie fidem 
caiholicam corde credensque ore profitetur eandem, 
ut ne perveniat ad salutem, et bonis operibus astruit 
et confirmât, pugnantque in istis partibus pro patria^. . . 
Pfttemitatem vestram conservet Altissimus Ecclesie 
saocte sue per tempora longiora. 

(Seize sceaux de cire verte, lacs de ruban de fil, et un de 
cire rouge'.) 

i. Ms. : et. 

2. Ms. : constet. 

3. Ms. : 9olns, 

4. Ms. : propriam, 

5. Note du copiste de Doat. 



304 COMMISSION PONTIFICALB. 



n. 



COMMISSION PONTIFICALB. 

15 AVRIL-l? MAI 1306. 

OBIGINAL. ABCHIVBS COMMUNALES D'aLBI, GgV 
COPIE, DOAT, XXXIVy FOL. 45 Y^-FOL. 80. 

I. — 15 avril 1306, Carcassonne. — Bernard Blanc et François 
Aymericy de Tordre des frères Prêcheurs, les syndics, pro- 
cureurs et consuls de Carcassonne et d'Albi, requièrent les 
cardinaux qu'ils procèdent à Tenquète ordonnée par les 
lettres apostoliques. 

f lo Nomine Domini. Amen. Anno ejusdem mille- 
simo treceotesimo sexto, pontificatus domini Glemea- 
tis pape quioti anoo primo, indictione quarta, mense 
aprilis, die xv, constituti apud Garcassonam coram 
venerabilibus patribus Dei gratia dominis P. tituli 
Sancti Yitalis^ et Berengario tituli Sanctorum Nerei et 
Achillei ^ presbiteris cardioalibus, executoribus, judi- 
cibus seu commissariis ad infrascripta a prefato 
domino Suirnno PoDtiQce deputatis, fratres Bernardus 

1. Pierre Taillefer de la Chapelle, promu cardinal-prétre le 
14 décembre 1305 par Clément V, qui avait été élu le 5 juin 
précédent, auparavant évêque de Carcassonne (1291-1298), 
puis de Toulouse (1298-1303), plus tard évêque de Palestrina 
(1307-1312), mort à Avignon en 1312. 

2. Bérenger Frédol, promu cardinal-prétre le 14 décembre 
1305 par Gément V, évêque de Béziers (1294-1305), évêque de 
Frascati en 1309, mort à Avignon en 1323. Fort renommé 
comme canoniste. 



i 



COMMISSION PONTIFICALE. 305 

Blanchi^ et FraDciscus Aymerici^ ordinis Predicato- 
rum, et Arnaldus Terrerii et Aymericus de Castro, 
ttodici seu actores, et B. Saturoini et magister Guir. 
Manent, consules uoiversitatis hominum Burgi Garcas- 
80oe, ut dicebant, ac Pbilippus Oalrici, sindicus, et 
magistri Arnaldus Gallinerii, P. Pros et Arnaldus Gar- 
ne', consules seu consiliarii ac prosecutores pro uni- 
venitate et hominibus de Albia infrascripti negotii, 
ut dioebant, exhibuerunt et presentarunt tam suo 
quanoi dictarum universitatum nomine prefatis domi- 
na cardinalibus, presentibus ibidem fratre Gaufrido 
de Âblusiis, inquisitore in partibus Garcassonnensibus 
heretice pravitatis^, et magistro G. Revelli, procura- 
tore domini episcopi Albiensis, prout in quadam 
patente littera quam exhibuit, cujus ténor continetur 

i. étadiant de philosophie [naturalia] au couvent de Nar- 
bonne en 1289; étudiant de théologie au couvent de Carcas- 
floime en 1290> au couvent de Toulouse en 1293 ; sous-lecteur 
m coovent de Béziers en 1296 ; lecteur au couvent de Nîmes en 
1299, ao couvent de Rieux en 1301 ; étudiant à l'Université de 
PUris en 1302 (Douais, Acta capitulorum provincialium ord. fr. 
Praed., p. 326, 334, 375, 404, 436, 458, 479). 

2. Ce frère Prêcheur est peu connu. La seule mention qui 
soit faite de lui est dans les Acta capitulorum, p. 459, où il est