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Full text of "Documents pour servir à l'histoire de l'Inquisition dans la Languedoc"

àa 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 

DANS LE LANGUEDOC. 



l^ 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 
A NOGENT-LE-ROTKOC. 



ni 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INOUISITION 



DANS LE LANGUEDOC 



PUBLIÉS POUE LA SOCIÉTÉ DE L'fllSTOiaE DE FRANCE 



PAR 



M«^ DOUAIS 

ÉVÊQUE DE BEAUVAIS. 



PREMIERE PARTIE : INTRODUCTION. 







\^ 



t« 



A PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LAURENS, SUCCESSEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANCE 

RUE DE TOURNON, N° 6 

MDCCCC 



299 



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EXTRAIT DU REGLEMENT. 

Art. Ut. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et 
choisil les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé en tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable soussigné déclare que la première 
partie des Documents pour servir a l'Histoire de l'I\quisitio\ 
DANS LE Languedoc, préparée par M^»" C. Douais, évêque de 
Beauvais, lui a paru digne d'être publiée par la Société de 
l'Histoire de France. 

Fait à Paris, le 20 août \ 900. 

Signé : Noël VALOIS. 

Certifié : 

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 
A. DE BOISLISLE. 



INTRODUCTION. 



L'Inquisition, qui a commencé à Toulouse en 1229, se 
rencontre encore dans le Languedoc' au xv°, au xvi*^ et 
même au xvif siècle'. Mais, à ces dates, elle était déjà fort 

1. La dénomination de Languedoc est appliquée dans le pré- 
sent ouvrage d'une manière unilorme au pays qui, aux débuts 
de l'Inquisition, s'appelait encore le comté de Toulouse. Mais 
celui-ci ne fut bientôt plus qu'une expression géographique. Il a 
paru naturel, et d'ailleurs fort commode, d'adopter une manière 
de parler commune à la fin du xm^ siècle et désignant une pro- 
vince bien nettement délimitée. 

2. Je citerai comme exemples : pour le xy« siècle, l'appel inter- 
jeté en cour de Rome par Jean Richard, précepteur de la maison 
de l'hôpital du Saint-Esprit de Millau, de la citation lancée contre 
lui par Pierre Turelure, inquisiteur, en juin 1440 '^Doat, XXXV, 
fol. 165-182); la bulle d'Eugène IV à l'archevêque de Narbonne 
et aux évêques de Garcassonne, d'Agde, d'Alet et de Saint-Pons 
en faveur de cet inquisiteur, du 1" juillet 1441 (Doat, XXXV, 
fol. 184-185) ; la révocation des serments que Raymond de Tilio, 
inquisiteur, avait fait prêter aux officiers de l'Inquisition à Albi, à 
l'insu de l'évèque, du 4 décembre 1423 (Doat, XXXV, fol. 187-197) ; 
les poursuites exercées contre le vicomte Jean d'Uzès, qui, con- 
damné, fut acquitté par une sentence de l'archevêque d'Embrun, 
agissant au nom du pape Pie II [1459-1462] (Arch. ducales d'Uzès, 
château d'Uzès, caisse 10, liasse 8) ; l'acte d'appel de Jean Rossi- 
nhol, religieux des frères Mineurs de l'Observance de Rodez, au 
nom de Charles de Verdun, religieux du môme couvent, signifié 
« in domo inquisitionis Tholose » et en présence « venerabilis et 
religiosi viri l'ratris Galhardi de Petra, ordiuis Beati Dominici, 

a 



ij INTRODUCTION. 

affaiblie. La période de sa plus grande activité — et alors 
cette activité fut vraiment intense — répond au xiif et au 

in sacra theologia professoris inquisitorisque sancte fidei catholice 
et heretice pravitatis ia ducatu Acquitanie, » du 24 avril 1494 
(Arch. des notaires de Toulouse, Ghavalon, notaire, reg. de 1492 
et années suiv.). Ce religieux avait été accusé, prêchant à Rodez, 
« mu lia dixisse et predicasse contra eosdem Mendicantes ac con- 
tra fidem catholicam. » — Pour le xwi" siècle, six arrêts du Par- 
lement de Toulouse, 1521-1594 (Doat, XXXV, fol. 198-205); les 
Ordonnances de la saincte Inquisition et court d'icelle séant à Tou- 
lose (Doat, XXXI, fol. 13-17); le procès d'Antoine Dumas, mar- 
chand d'Albi (Arch. des notaires de Toulouse, Giraudat, notaire, 
reg. de 1545, fol. 127 y°), et quelques actes prouvant la pleine 
activité du tribunal : [12 juillet 1545] Joseph Corrège, inquisiteur 
de Garcassonne, et Bernard Sacratis, lieutenant de l'inquisiteur 
de Toulouse , nomment leurs procureurs pour présenter au roi 
certaines requêtes « concernans la foy et offices desd. inquisiteurs » 
(ibid., fol. 128); [12 juillet 1545] Dominique Melhan, commissaire 
député par l'inquisiteur de Toulouse, déclare avoir « ouy en 
matière de ia foy contre toutz hérétiques et faulteurs d'iceulx de 
la diocèse de Castres » Jean Gombailh, régent des écoles de Mont- 
réal, diocèse de Garcassonne (ibid., fol. 128 \°); [19 août 1547] 
prise de possession de l'office d'inquisiteur par Esprit Rotier 
(même notaire, reg. de 1547, fol. 197 v°) ; [26 mai 1550] Jacques 
Fournier, prisonnier, fait présenter à frère Esprit Rotier, inquisi- 
teur, une nouvelle requête pour être élargi (môme notaire, reg. 
de 1550, fol. 70 v») ; [11 juillet 1550] réception de Guillaume de 
Labarde comme greffier de l'Inquisition de Toulouse « jusques à 
ce que M° Gerauld Pagesi soit en liberté d'iceluy greffe régir » 
(ibid., fol. 115); les lettres de Vidal de Becanis, de l'année 1540, 
enjoignant à tous de faire connaître ceux « du rolle des cinq cens 
nouveaux chrestiens de Tholose » (Doat, XXXV, fol. 206 vo-212); 
la forme du serment que les consuls des villes devaient prêter 
entre les mains des inquisiteurs, de l'année 1549 (Doat, XXXV, 
fol. 214) ; l'absolution accordée à Bernard Ycher par Joseph Gor- 
rège, inquisiteur (Doat, XXXV, fol. 216-219); les lettres de 
Henri III, du 20 janvier 1575, confirmant Pierre de Lalaine dans 
l'office d'inquisiteur (Doat, XXXV, fol. 220-221). — Pour le 
xvn« siècle, la poursuite par l'inquisiteur d'Avignon contre le curé 
des Angles, diocèse de Nîmes (les Angles, cant. de Villeneuve- 



INTRODUCTION. iij 

XIV* siècle, et même, pour préciser, aux années qui vont du 
pontificat de Grégoire IX à celui de Jean XXII, du règne de 
saint Louis aux règnes de Philippe le Bel et de Philippe VI. 
Du moins, c'est l'idée que suggèrent les documents spéciaux 
qui nous sont parvenus; et, vraisemblablement, cette idée 
n'est pas fausse. 

Cette période, en tout cas, a, aux yeux de l'historien et 
du légiste, une importance considérable et offre un intérêt 
qui ne se représente plus au même degré par la suite. L'on 
ne sera pas surpris que nous l'ayons prise comme un riche 
champ d'étude. Les faits n'appartiennent qu'à une ancienne 

lès- Avignon, Gard), pour la capture duquel le présidial de Nîmes 
accorda le pareatis. Enfermé dans les prisons d'Avignon, le curé 
des Angles s'échappa et fut trouvé « pendu et estranglé aux cordes 
du clocher » de son église, « ce qui fut cause qu'on conduisit au 
Parlement de Tholose bon nombre de prisonniers » (lettre du 
P. Dufour, inquisiteur, au R. P. Ranquet, provincial et inquisi- 
teur à Toulouse, datée d'Avignon le 17 mars 1654. Arch, de la 
Haute -Garonne, H Dominicains, Dominicains étrangers, 19). 
A cette date, le P. Rey était inquisiteur à Toulouse. On lit dans 
la même lettre : « Je crois que les edicts de paix pour la liberté 
des huguenots, qui lient les mains aux inquisiteurs dans les Estats 
du Roy, pour ne pouvoir procéder criminellement à la punition 
de leur impiété, ne les lient pas pour les pouvoir consoler et 
absouldre dans leur repentance. » Percin {Monumenta conventus 
Tkolosani ordinis FF. Praedicatorum, Inquisitio, in-fol., Toulouse, 
1693, p. 102-105) cite plusieurs exemples de poursuites au xv«, 
au xvi« et au xvn^ siècle. Le P. Ranquet avait été nommé inqui- 
siteur en 1635 (Doat, XXXV, fol. 222). — Au moment où je 
mets sous presse, j'apprends que MM. Doinel, archiviste de 
l'Aude, de Félice et Weiss publient VExtrait des registres de par-- 
lement du jeudy vingt quatriesme d'avril mil cinq cens trente quatre 
après Pasques, et VExtrait des procès, deppositions et registres de 
l'archevesché de Thoulouse et de l'inquisition en tant que touche les 
charges et suspitions de frère Arnauld de Dadeto, soxj disant inqui- 
siteur, 17 juin 1532-24 avril 1535 (Archives de l'Aude, H Notre- 
Dame de Prouille). 



iy INTRODUCTION. 

province de la France; mais si on les considère, abstrac- 
tion faite des personnes et des lieux, on ne manque pas de 
s'apercevoir qu'ils permettent de décrire en détail toute la 
procédure du trop fameux tribunal, ou même d'en reconsti- 
tuer à grands traits l'histoire. Ces faits, en un mot, ont une 
portée générale, bien capable, ce semble, de captiver l'atten- 
tion de l'historien des institutions anciennes. 

Je voudrais faire passer ici sous les yeux du lecteur 
le tableau d'ensemble des documents , imprimés ou manu- 
scrits, qui se rapportent à l'histoire de l'Inquisition dans le 
Languedoc. Il ne s'agit pas cependant d'énumérer une par 
une les innombrables pièces appartenant à ce sujet, qui rem- 
plissent plus de vingt volumes ou registres. Je ne prétends 
pas dresser un catalogue bibliographique ni un inventaire 
sommaire, qui, aussi bien, risqueraient fort l'un et l'autre 
d'induire en erreur, car ils ne mettraient pas suffisamment 
en lumière la part qui revient à chacune des autorités agis- 
sant dans la poursuite inquisitoriale. 

Ne perdons pas de vue, en effet, que l'inquisiteur ne fut 
qu'un juge délégué; si les actes de ce juge dépassent consi- 
dérablement en proportion numérique les lettres pontifi- 
cales, les commissions des légats, les statuts des conciles, 
ou même les actes des évêques, juges ordinaires, ils ne sau- 
raient les faire négliger sans un inconvénient grave : on 
s'exposerait, en ce cas, à montrer un juge faisant une pour- 
suite et prononçant des sentences, sans indiquer la source 
de ses pouvoirs exceptionnels, la législation qu'il avait 
charge d'appliquer, la procédure qu'il devait suivre. Il n'est 
que juste d'ajouter que le bras séculier, dont la compétence 
fut reconnue par le saint-siège en ce qui regarde la pénalité 
extrême de l'hérétique, lequel s'était mis hors de l'Eglise, 
acheva, par la confiscation des biens et par l'application de 



INTRODUCTION. V 

la peine du feu, un assez grand nombre de procès suivis de 
condamnation. La poursuite de l'hérétique établit ainsi des 
rapports spéciaux entre le roi de France ou ses officiers et 
les évêques ou les juges investis d'un pouvoir nouveau. 

Dans ce tableau d'ensemble, il m'a donc paru que, au 
lieu de me borner aux actes des inquisiteurs, je devais faire 
connaître, ne serait-ce que pour les caractériser, les actes 
de chacune des autorités ecclésiastiques ou séculières qui ont 
eu part à cette poursuite : papes et légats, évêques et con- 
ciles, inquisiteurs, rois. 

Il y a, en outre, des récits ou chroniques et des manuels 
écrits dans le Languedoc, qu'il est permis au juriste de 
négliger, mais auxquels l'historien doit attacher une réelle 
importance. J'en parlerai également dans la première partie 
de cette Introduction ayant pour titre : Faits et documents. 
— Tableau d'ensemble. La seconde partie sera consacrée 
à la description des registres ou pièces publiées ici pour la 
première fois. 



vj INTRODUCTION. 

PREMIÈRE PARTIE. 

Faits et documents. — Tableau d'ensemble. 

I. Actes des papes. 

1. Grégoire IX. — Les légats Romain de Saint- 
Ange et Jeayi, archevêque de Vienne (1229-1241). 

^--^ Les légats ont si souvent agi au nom du pape, et en vertu 
de leurs pouvoirs apostoliques, qu'on ne peut les séparer 
de lui. A les unir, on gagne de mieux saisir l'impulsion 
partie du centre même de la catholicité, c'est-à-dire de 
l'Eglise romaine, clef de voûte de l'unité ecclésiastique^, 
invariablement invoquée dans les sentences des inqui- 
siteurs. Ce principe a une application spéciale aux actes 
par lesquels l'Inquisition fut établie à Toulouse en l'au- 
tomne de 1229, puisque ces actes émanèrent du cardinal 
Romain de Saint-Ange, légat. 

C'est l'année précédente qu'envoyé pour traiter de l'af- 
faire des Albigeois et du comte de Toulouse, réduit à merci, 
il avait été investi de pleins et universels pouvoirs^. Le sta- 
tut Cupientes, édicté par le gouvernement du jeune roi pour 
les provinces que le traité de Meaux venait de faire tomber 
en son pouvoir, portait (art. II) que les hérétiques, post- 
quam fuerint de haeresi per episcopum loci, vel per 

1. Voy. Tocco (VEresia nel medio evo, iii-12, Florence, 1884), qui 
montre combien l'hérésie tendait à briser cette unité. 

2. Voy. les lettres de Grégoire IX au roi de Franco et les lettres 
de commission du pape, de mars-juillet 1228 [Registres de Gré- 
goire IX, par M. Auvray, en cours de publication, n»» 229, 230, 
232, 233, 234 ; Potthast, 8150, 8267). 



INTRODUCTION. vij 

aliamecclesiasticampersonam quae potestatem habeat, 
condemnati, seraient immédiatement punis^; et ne man- 
quons pas de remarquer l'expression vel per aliam eccle- 
siasticam personam, c'est-à-dire tout juge délégué, 
l'évêque étant juge ordinaire dans son diocèse. 

Au mois de novembre suivant, le légat réunit le fameux 
concile de Toulouse, auquel prirent part les archevêques 
de Narbonne, d'Auch et de Bordeaux, un grand nombre 
d'évêques et de prélats. Le cardinal y promulgua, en pré- 
sence de Raymond VII, du sénéchal de Carcassonne, des 
comtes et des barons du pays, un décret en quarante-cinq 
articles, dont les principales dispositions assuraient la liberté 
à l'Eglise dans le comté de Toulouse et ne tendaient à rien 
de moins que l'extirpation de l'hérésie; ce légat ordonna, en 
effet, une inquisitio contre toute personne suspecte ou 
soupçonnée d'hérésie, avec la réserve expresse, qui peut- 
être n'était pas inutile^, que celui-là seul pourrait être con- 
sidéré comme hérétique qui aurait été jugé tel par une 
personne d'Eglise ayant qualité^. Il infligea directement 
lui-même des pénitences à des personnes trouvées coupables; 
mais il refusa de livrer les noms des accusateurs et garda 
pour lui les rôles qui les contenaient; ainsi il introduisit 
dans la procédure une pratique qui, bien que formant une 
exception, ne laissa pas d'être maintenue plus tard, moyen- 
nant certaines précautions, dont il sera parlé. 

\. Voy. le texte dans Hardouin, Acta conciL, t. VII, col. 171 
(Paris, Irapr. royale, 1714). 

2. En février 1204, Pierre II, roi d'Aragon, étant à Carcassonne, 
avait abusivement rendu une sentence déclaratoire d'hérésie 
contre Bertrand de Cimorre (Arcli. de la Haute-Garonne, II Domi- 
nicains, 85). 

3. Art. VIII. Acla conciL, VII, col. 176-183. 



viij INTRODUCTION. 

Nous ne voyons pas cependant qu'il ait nommé des juges 
spéciaux. C'est que Yinquisitio contra haereticos, inau- 
gurée à Toulouse, fut d'abord strictement locale ; elle peut 
être considérée comme une sorte d'essai. 

Je n'irai pas toutefois jusqu'à prétendre que cet essai, qui 
semble avoir réussi, ait par lui-même amené le saint-siège 
à délé"-uer un juge contre l'hérésie dans chacune des grandes 
contrées de l'Occident. C'est à la vérité ce qu'il n'allait pas 
tarder à faire, et je me réserve d'exposer ailleurs les raisons 
de sa conduite ^ Grégoire IX y préluda par une sentence d'ex- 
communication fulminée, en février 1231, contre les héré- 
tiquesS voulant au surplus que l'édit d'Annibal, sénateur 
de Rome, fût gardé^ et approuvant sa conduite dans la 
poursuite de certains clercs de Rome hérétiques, contre les- 
quels il venait de prononcer la dégradation^. Les premières 
nominations d'inquisiteurs faites directement par Grégoire IX 
sont du 3 février 1232; les nouveaux juges étaient pris dans 
l'ordre des frères Prêcheurs et destinés à l'Allemagne^. 
C'est peu de temps après, sinon au même moment, qu'Albé- 
ric, des frères Prêcheurs, recevait les pouvoirs pour la 
Lombardie^. Le pape, aussi bien, exhortait les archevêques 
et évêques à poursuivre les hérétiques conformément aux 
nouveaux statuts — ce fut, par exemple, l'archevêque de Tar- 



1. Dans la première partie d'une Histoire de l'Inquisition, qui 
sera intitulée : Origines historiques de V Inquisition. 

2. Registres, x\° 539; Raynaldi, Annales, 1231, §§ 14-15. 

3. Registres, n^s 540, 541 ; Raynaldi, Annales, 1231, §§ 16-17. 
Cf. Registres, n» 659. 

4. Aragonius, Vita Gregorii papae II, dans Muratori, Rer. liai, 
script., III, 578, cul. i. 

5. Potthast, 8859, 8866. 

6. Lettres de Grégoire IX du 3 novembre 1232. Potthast, 9041. 



INTRODUCTION. ix 

ragone*, l'archevêque de Mayence-, l'archevêque de Sens^, 
l'évêque d'Auxerre^ etc. — ou même, il écrivait à tous les 
prélats du royaume de France pour leur annoncer qu'il 
envoyait vers eux les frères Prêcheurs avec la double mis- 
sion de prêcher et de procéder contre les hérétiques^. 

Ces dernières lettres apostoliques sont du 13 mars 1233. 
Grégoire IX ne s'était pas encore occupé spécialement de la 
répression de l'hérésie dans le comté de Toulouse ; il semble 
que les actes du légat Romain de Saint-Ange l'en dispen- 
saient. Quand il intervint, ce fut d'abord pour une cause 
particulière, je veux dire le procès des frères Niort, U., G. 
et G. Bernard, et de Bertrand, fils d'Othon (15 mars 1233)^, 
qui, suspects d'hérésie, avaient perpétré un véritable forfait 
à l'égard de l'archevêque de Narbonne'. Mais, à partir de 
ce moment, le pape, on peut le dire, se multiplie pour 
atteindre le mal dans le comté : il confie aux prélats la 
dégradation des clercs tombés dans l'hérésie*; il donne com- 

1. Potthast, 8932. 

2. Registres, n° 936; Potthast, 9031. 

3. Registres, n» 1078. 

4. Registres, n° 1044. 

5. Potthast, 9143. 

6. Registres, noll70. Voy. dans Doat, XXI, fol. 34-50, l'enquête 
ou inquisitio sur le cas d'hérésie contre B. Othon, ses frères et 
leur mère, au cours de laquelle furent entendus l'archevêque de 
Narbonne, les archidiacres de Narbonne, du Razès et des Cor- 
bières, l'abbé de Lagrasse, le prieur de Prouille, le précepteur de 
la maison de l'Hôpital de Pexiora (Aude) et un grand nombre de 
curés. 

7. Registres, n» 1284; Potthast, 9204. 

8. 19 avril 1233 : « Gregorius... venerabilibus fratribus Bituri- 
censi, Burdegalensi, Narbonensi, Auxitanensi, Viennensi, Arela- 
teusi, Aquensi et Ebredunensi archiepiscopis et eorum suffraga- 
neis... Quod si contra hereticam pravitatem... Laterani, xui« kls. 
mail, anno septimo » (Doat, XXXI, fol. 19-20). 



X INTRODUCTION. 

mission au prieur provincial de la province dominicaine de 
Provence de désigner des religieux pour entreprendre une 
praedicatio generalis contre l'hérésie (20 avril 1233) ; et 
Bernard Gui voyait dans cette lettre le premier titre des 
frères Prêcheurs à exercer l'Inquisition in partibus Tho- 
losanis, Albigensïbus et Carcassonensibus atque Agen- 
nensibus"-; enfin, il impose la prison perpétuelle pour péni- 
tence de leur faute aux hérétiques qui reviennent à l'Eglise^. 
Cette peine cependant allait passer par plusieurs fluctua- 
tions; on trouve, en effet, des exemples d'hérétiques con- 
damnés à la prison temporaire^, exemples rares cependant: 
la prison temporaire finit par être écartée. 

Grégoire IX, en outre, encourage le zèle à procurer le 
bien de la paix et de la foi dans la terre d'Albigeois^; il 
approuve sans réserve le statut récent par lequel le comte 
de Toulouse Raymond VII ordonne la saisie des biens des 
hérétiques^ et des biens de leurs défenseurs, receleurs, etç.«; 

1. Potthast, 9155, 9263. — La première province dominicaine de 
Provence s'étendait aux deux bassins de la Garonne et du Rhône, 
en aval de Valence. (Voy. Douais, Acta capiiulorum provincialium 
ordinis fratrum Praedicatorum. Toulouse, Privât, in-8», 1895.) 

2. Lettre du 25 avril 1233 aux évêques suffragants de Narbonne 
(Potthast, 9161 ; Doat, XXXI, fol. 27-28). 

3. Sentences de Bernard de Gaux et de Jean de Saint-Pierre 
(ci-après, p. 3). 

4. Par exemple, par ses lettres du 9 juillet 1223, il accorda à 
Raoul de Narbonne des revenus en nature à prendre sur les 
monastères de Lagrasse, de Saint-Pons, de Caune, de Montoulieu 
et de Saint-Thibéry (Registres, n^ 1457). Gf. n» 2155. 

5. Le mot hérétique, il sera peut-être bon de le faire remarquer, 
a toujours ici le sens d'homme judiciairement convaincu d'hérésie. 

6. Lettres du 13 janvier 1234 (Registres, n» 1719). Au mois de 
novembre suivant, il le félicita de son dessein d'extirper l'héré- 
sie (Registres, n" 2283; Potthast, 9771). 



INTRODUCTION. ^ 

il réclame contre la conduite des officiers royaux, en Albi- 
geois, qui refusent, entre autres choses, de jurer la paix 
selon le concile de Toulouse de 1229, c'est-à-dire selon les 
statuts du légat Romain de Saint- Ange ^ ; il exhorte le comte et 
la commune de Toulouse à fournir conduite, conseil et faveur 
aux frères Prêcheurs plus spécialement chargés de l'affaire 
de la foi^. Il règle aussi quelques affaires particulières qui lui 
sont déférées en appel ou autrement^. Enfin, pour mieux 
assurer l'exécution des constitutions apostoliques, il nomme, 
par ses lettres du 27 juillet 1233, l'archevêque de Vienne, 
Jean de Bouruin (1219-1266), son légat, avec la mission 
d'extirper l'hérésie dans le comté de Toulouse, la Gascogne, 
la Catalogne, etc^. Il est à noter d'ailleurs qu'il l'engage, 
et qu'il engage en même temps les évêques de Toulouse, 
Albi, Rodez, Agen et Cahors à procéder contre les héré- 
tiques, en général, dans un grand esprit de justice, avec 
modération ou même douceur; le comte de Toulouse, en par- 
ticulier, devra être traité avec des égards. Il paraît, en 
effet, que quelques inquisiteurs avaient excédé ; du moins, 
c'est la plainte que Raymond VII lui avait fait parvenir^. 
Mais s'il réprima des ardeurs intempestives, ce ne pouvait 
être, dans sa pensée, au préjudice de la poursuite inquisito- 
riale, puisqu'il écrivait à son légat d'avoir à se transporter à 
Montpellier pour y juger les hérétiques qui y avaient été 

1. Registres, n' 1909; cf. n^^ 1916, 1919, 1920-1922; Potthast, 
9452. 

2. Potthast, 9904. 

3. Potthast, 10598, 10599; Teulet, Layettes, n» 2712. 

4. Registres, n» 1472; cf. nos 1473-1486, 1913-1915, 1917, 1918, 
1923; Doat, XXXI, fol. 33 (lettre de Grégoire IX au roi d'Aragon, 
28 avril 1234). 

5. Registres, n° 2218 (lettre du 18 novembre 1234). 



xij INTRODUCTION. 

conduits* ; et le légat l'avait parfaitement compris, car il 
avait, à cet effet, délégué des inquisiteurs, par exemple 
Willem Arnaud, des frères Prêcheurs, et Etienne, des 
frères Mineurs"^; si bien que Willem Arnaud, par exemple, 
se trouva avoir reçu la délégation inquisitoriale de deux 
sources également légitimes : le légat pontifical et le prieur 
de la province dominicaine, auquel le saint-siège en avait 
donné le pouvoir 3. 

En résumé, le pape Grégoire IX consacra les statuts 
édictés par son légat en présence des évêques réunis à Tou- 
louse , en 1229 ; il nomma des inquisiteurs, sinon par lui- 
même, du moins par ses représentants, le prieur provincial 
des frères Prêcheurs et l'archevêque de Vienne, ce qui, 
aussi bien, répondait à sa résolution de poursuivre partout 
et par des juges délégués le crime d'hérésie ; il consacra un 
article important de la pénalité, je veux dire la prison per- 

1. Potthast, 10300. 

2. « Nos frater Guillelmus Arnaldi de ordine fratrum Predica- 
torum et frater Stephanus de ordine fratrum Minorum, inquisito- 
rcs constituti a venerabili Johanne, Dei gratia sancte Viennensis 
ecclesie archiepiscopo , Apostolice Sedis legato, ad faciendam 
inquisitionem contra hereticos eorumque credentes in Thoiosa, 
necnon in tota diocesi Tholosana » (sentence du 19 février 1238, 
n. st., Doat, XXI, fol. 149). Voy. d'autres sentences du 13 février 
précédent (Doat, XXI, fol. 163), du 2 mars de la même année 
(Doat, XXI, fol. 164 v°, fol. 166). Voy. de même les lettres 
de sauf-conduit accordées à divers hérétiques par les inquisi- 
teurs Willem Arnaud et Etienne (Doat, XXI, fol. 169, 171). 

3. Sentence d'excommunication fulminée, le 10 novembre 1235, 
contre les capitouls de Toulouse : « Caritati vestre volo lieri mani- 
festum quod venerabilis in Ghristo pater R., prior Predicatorum 
in Provincia aulliorilatc litterarum domini Pape constituit me 
judicem ad faciendum inquisitionem contra bereticos in Tholosana 
civitate... » (Doat, XXI, fol. 160). 



INTRODUCTION. xiij 

pétuelle et non temporaire. S'il encouragea efficacement 
Yinqiiisitio, ii voulut toutefois que cette juridiction nou- 
velle s'exerçât avec modération. Nous verrons, quand nous 
parlerons des inquisiteurs, quels furent les premiers résul- 
tats de l'institution et comment elle fut d'abord comprise. 

2. Innocent IV (1243-1254). 

Le pape Innocent IV, qui a été un des grands légis- 
lateurs de l'Inquisition, s'inspira du même esprit que Gré- 
goire IX. S'il s'empressa de casser la sentence d'excommu- 
nication fulminée par les inquisiteurs Ferrier et Guillaume 
Raymond contre le comte de Toulouse*, il ne manqua pas 
d'enjoindre au prieur de la province dominicaine de Pro- 
vence et aux inquisiteurs de poursuivre le crime d'hérésie, 
mais dans la forme que son prédécesseur avait déjà arrêtée'-; 
il manda aux archevêques et évêques de leur donner conseil 
et aide^; il renouvela, en faveur du prieur provincial, la 
commission de choisir les inquisiteurs dans son ordre^, don- 
nant aux frères Prêcheurs, avec le pouvoir de refuser d'être 
exécuteurs des causes ordinaires ou assesseurs, la fonction 
supérieure de juger de la foi=; il chargea le prieur du cou- 
vent des frères Prêcheurs de Paris de nommer des inquisi- 

1. Registres d'Innocent IV, par M. Berger, n* 697; Potthast, 
11390; Hist. génér. de Languedoc, YllI, col. 1142-1143. Voy. cette 
sentence (Ibid., col. 1143-1144). 

2. Lettre du 10 juillet 1243 (Potthast, 11083; Doat, XXXI, 
fol. 60 vo). 

3. Lettre du 10 juillet 1243 (Doat, XXXI, fol. 63-64. Inédite). 
Autre lettre du 23 janvier 1245 (Doat, XXI, fol. 69. Inédite). Autre 
lettre du 1" mars 1249 (Doat, XXXI, fol. 114-115). Autre lettre 
du 11 mai 1252 (Layettes, III, n»» 4000, 4001). 

4. Lettre du 20 juillet 1243 (Doat, XXXI, fol. 97-100. Inédite). 

5. Lettre du 9 février 1244 (Registres d'Innocent IV, n° 453). 



xiv INTRODUCTION. 

teurs pour les terres du comte de Poitiers et de Toulouse* et 
même il autorisa le général des frères Prêcheurs à révo- 
quer les inquisiteurs déjà nommés par le saint-siège et à leur 
en substituer d'autres^, pouvoir qui tendait à maintenir cet 
ordre dans le privilège et l'avantage d'avoir la délégation 
inquisitoriale, sinon d'une manière exclusive, du moins habi- 
tuellement. Et Innocent IV, en permettant aux inquisiteurs 
des provinces ecclésiastiques de Bordeaux, de Narbonne 
et d'Arles de citer dans des lieux sûrs pour eux les héré- 
tiques qui leur dressaient des embûches, prit le moyen qui, 
inspiré par les circonstances, pouvait leur permettre d'exé- 
cuter le plus exactement possible leur difficile mandat^. Il 
reste d'ailleurs fidèle à lui-même. Nous le voyons donner au 
provincial dominicain d'Aragon et à saint Raymond de Pena- 
fort commission de députer des inquisiteurs de leur nation 
pour la partie de la province ecclésiastique de Narbonne 
appartenant à l' Aragon^. Il défend à l'évêque de Garças- 
sonne de lancer l'interdit contre tout lieu suspect d'hérésie 



1. Lettre du 24 octobre 1253 (Doat, XXXI, fol. 90. Layettes, 
III, n°^4m, 4113). 

2. Lettre du 7 juillet 1246 (Doat, XXXI, fol. 73-74. Inédite). 

3. Lettre du 18 novembre 1247 (Registres, n» 3421 ; Potthast, 
12766). — Cependant, il avait, jusqu'à la décision du concile de 
Lyon, suspendu sur un point l'exercice de l'Inquisition. Expo- 
sant leur devoir aux inquisiteurs des diocèses do Narbonne, Car- 
cassonne, Béziers, Albi, Rodez, Elne et Monde, il distingua entre 
les hérétiques manifestes et les peines mineures, d'une part, — 
sur ce point les inquisiteurs durent procéder comme auparavant, 
— et les hérétiques condamnés à la prison, croix, confiscation 
des biens, pèlerinages majeurs, d'autre part; sur ce second point, 
les inquisiteurs durent surseoir jusqu'aux décisions du concile 
(bulle du 21 avril 1245. Layettes, n» 3344). 

4. Registres, n°4156; Potthast, 13057. — Le mêmejour, 20 octobre 
1218, le pape informe de cette commission l'archevêque et les 



INTRODUCTION. XV 

compris dans la province dominicaine de Provence ultra 
Rodanum, à moins que vigeat puhlica malitia^. Il per- 
met aux inquisiteurs de relever de toutes censures leurs 
domestiques et serviteurs 2. 

Des dispositions aussi bienveillantes à l'égard des frères 
Prêcheurs répondaient à une situation particulière. Sous le 
pontificat d'Innocent IV, les esprits commencèrent à s'exci- 
ter contre les inquisiteurs, qui, au surplus, avaient éprouvé 
bien des difficultés du côté des agents royaux. Les évêques, 
nous le verrons plus loin, les défendirent, et le pape les sou- 
tint, maintenant du même coup l'Inquisition et, au tribunal 
de l'Inquisition, les frères Prêcheurs comme juges. Par là 
s'explique en partie le zèle qui lui inspira un si grand 
nombre de bulles. 

Il ne se borne pas, d'ailleurs, à recommander en termes 
généraux la poursuite contre les hérétiques"^, ou même à 
encourager les juges, à l'occasion d'un vol et d'un brùlement 
de registres de l'Inquisition^. Mais encore il intervient dans 

inquisiteurs de Narbonne (Registres, n° 4157). Quelques jours 
auparavant, le 6 octobre, il leur avait interdit de citer les sujets 
du roi d'Aragon (Potthast, 13040). Cette lettre n'avait fait qu'étendre 
les dispositions de la bulle du 19 mars précédent adressée à Pierre 
Durand et à Bernard de Caux, inquisiteurs, qui reçurent défense 
de citer devant eux les sujets du roi d'Aragon (Doat, XXXI, 
fol. 94 vo-95. Inédite). Voy. plus bas, p. xxj, note 3. 

1. Potthast, 11092. 

2. Lettre du 2 mai 1245 (Doat, XXXI, fol. 70. Inédite). Inno- 
cent IV favorisa les divers officiers du tribunal où siégeait le 
frère Prêcheur. Par exemple, il les exempta a prestatmie subsidii 
Imperii Romani [Registres, n° 3423; Potthast, 12742). Mais il vou- 
lut que les serviteurs inutiles fussent supprimés (bulle du 14 mai 
1249. Doat, XXXI, fol. 81. Inédite). 

3. Lettre du 10 juin 1250 à l'archevêque de Narbonne et à ses 
suffragants (Layettes, III, no 3877). 

4. Lettre datée du 22 janvier 1248 (Potthast, 12830) dans VHist. 



XVJ INTRODUCTION. 

un assez grand nombre de cas particuliers : il révoque, nous 
l'avons vu, la sentence d'excommunication fulminée contre 
le comte de Toulouse par frères Ferrier et Guillaume Ray- 
mond, de l'ordre des frères Prêcheurs, inquisiteurs*; à la 
demande de l'évêque d'Elne et de l'inquisiteur, il confirme 
une sentence antérieure condamnant deux hérétiques-; il 
mande à Guillaume Raymond et à Pierre Durand, inquisi- 
teurs, d'absoudre Guillaume Fort, bourgeois de Pamiers^; 
à la prière du comte de Foix, il enjoint à l'archevêque de 
Narbonne d'avoir à punir six hérétiques, moyennant toute- 
fois le conseil et l'avis des inquisiteurs ^ ; il donne commis- 
sion à frère Algisius, son pénitencier, d'infliger à Arnaud de 
Xon, chevalier, du diocèse de Narbonne, à Willem Pons et 
Arnaud Bellion, ses sergents, une pénitence salutaire qui 
pourra être commuée 5; il remet en liberté plusieurs héré- 
tiques ayant subi une peine qu'il regarde comme suffi- 
sante^; il charge l'évêque d'Albi et l'abbé de Candeil de 
réintégrer dans la communion de l'Eglise Jean Fenassa, 
d'Albi, et Arsinde, sa femme, condamnés par Ferrier''. 

Il fait davantage encore. Il nomme légat l'élu d'Avignon, 
Zoën Tencarari (1242-1263), et l'annonce aux suffragants 
de Narbonne et aux évêques de Cahors, Rodez, Albi, Mende, 
le Puy, Lectoure, Agen, Bazas et Comminges*. Puis il lui 

génér. de Languedoc, VIII, col. 1239, du 3 février 1248 dans Doat, 
XXXI, fol. 105 v». 

1. Bulle du 16 mai 1244 {Registres, n» 697; Potthast, 11390). 

2. Bulle du 13 décembre 1244 (Registres, n° 799). 

3. Bulle du 24 juin 1245 (Doat, XXXI, fol. 103-104. Inédite). 

4. Bulle du 13 janvier 1248 [Registres, n° 3530). 

5. Bulle du 21 février 1248 [Registres, n" 4093). 

6. Bulle du 24 décembre 1248 (Doat, XXXI, fol. 152 v»). Publiée 
plus loin. 

7. Bulle du 5 août 1249 (Doat, XXXI, fol. 169-170. Inédite). 

8. Bulle du 19 juillet 1243 [Registres, n° 31). 



INTRODUCTION. xvij 

commande de remettre en prison plusieurs hérétiques qu"un 
autre légat, Sotayius, avait délivrés contre la volonté des 
inquisiteurs ' . Il étend, à toutes les terres du comte de Tou- 
louse, la juridiction de l'évêque d'Agen, juge ordinaire seu- 
lement pour son diocèse. Le comte de Toulouse s'est plaint 
de la mollesse des juges, du retard dans les condamnations 
des hérétiques, vivants ou morts, d'où est résultée une 
recrudescence de l'hérésie : ce prélat poursuivra donc, mais 
avec le conseil de l'évêque diocésain et des inquisiteurs^ Au 
besoin, il remplacera les inquisiteurs actuels 3. 

Le choix de l'évêque d'Agen Guillaume s'explique très 
bien par la confiance qu'il inspirait au comte de Toulouse. 
Et d'ailleurs son prédécesseur, Pierre de Reims (1245-1247), 
de l'ordre des frères Prêcheurs, écrivain estimé^, avait 
déjà été honoré de lettres du pape l'exhortant à procéder 
contre les hérétiques dans la forme prescrite par l'évêque 
d'Albano, Pierre de Colleraezzo (1245-1253) ^ 

Ici nous touchons à la procédure inquisitoriale ; de fait, 
les bulles d'Innocent IV relatives à la poursuite de l'hérésie 
dans le Languedoc contiennent de nombreuses dispositions 

i. Bulle du 20 juillet 1243 (Doat, XXXI, fol. 65 v<»-66). — 
A propos des prisonniers, je ferai remarquer que les exemples 
d'évasion ne sont pas rares. C'est sans doute la raison pour 
laquelle Innocent IV exhorta les archevêques de Narbonne, de 
Bordeaux et d'Arles à veiller à la garde des prisonniers (bulle 
du 1" mars 1249. Doat, XXXI, fol. 114-115). Voy., sur Zoën 
Tencarari, Hauréau, Quelques lettres d'Innocent IV, dans Notices et 
extraits des manuscrits, t. XXIV, 2« part. Voy. aussi M. Elle 
Berger, Saint Louis et Innocent IV, p. 64 et suiv. (Paris, Thorin, 
1893, in-8°). 

2. Bulle du 29 avril 1248 (Potthast, 12^13; Laijettes, III, n» 3649 ; 
Registres, n° 3867). 

3. Bulle du 30 avril 1248 {Registres, n» 3868; Layettes, u» 3651). 

4. Échard, Script, ord. fr. Praed., I, col. 115-117. 

5. Bulle du 24 juillet 1246 (Registres, n» 2043). 

b 



xviij INTRODUCTION. 

introduisant ou fixant des points de procédure qu'il est 
indispensable de faire connaître. 

D'abord, que la forme prescrite par l'évêque d'Albano 
ait été appliquée après 1246, cela me paraît résulter de la 
copie qui en existait aux archives de l'Inquisition de la cité 
de Carcassonne et qui servit à Doat*. C'est une lettre dans 
laquelle l'évêque, répondant à une consultation du prieur 
provincial des frères Prêcheurs de Lombardie, éclaircissait 
les points douteux et traçait la marche à suivre : 1*^ convoca- 
tion des habitants du lieu, temps de grâce, abjuration géné- 
rale de l'hérésie, serment déféré à ceux qui se présenteront 
pour avouer, avec engagement, moyennant caution, de faire 
la pénitence canonique qui pourra leur être infligée, mais 
qui ne sera jamais la mort^ la prison perpétuelle, ou un 
pèlerinage majeur, le cas de récidive excepté; 2° poursuite 
d'office contre ceux qui, suspects, ne se présenteront pas, et 
alors citation personnelle ou faite à l'église; si le prévenu 
ne répond pas, il sera puni comme il le mérite; s'il se pré- 
sente, il prêtera serment, fera connaître ses ennemis mortels, 
qui seront écartés de l'instruction ; S'' les témoignages écrits 
seront livrés, moins les noms des témoins, et, dans le cas 
de faute, la peine restera abandonnée à la prudence .des 
inquisiteurs qui apprécieront. 

Innocent IV, par ses bulles expédiées en Languedoc, con- 
firma cette forme générale de la procédure en usage en Lom- 
bardie, ou se borna à y ajouter quelques dispositions. Par 
exemple, il enjoignit aux inquisiteurs de la province de 
Narbonne et de l'Albigeois de fixer un terme pour l'ab- 
juration, lequel expiré, ils devaient appliquer les peines 
de droit'' : on reconnaîtra là le temps de grâce. Mais la 

L Doat, XXXI, fol. 5 vo-9. 

2. Bulledu 12 décembre 1243 {Registres, n» 317 ; Potthast, 11193). 



INTRODUCTION. xix 

lettre de l'évêque d'Albano, très générale, n'avait point 
prévu toutes les situations; elle restait muette sur la péna- 
lité à infliger aux hérétiques notoires, en particulier sur le 
point de savoir si une peine ou pénitence pourrait être com- 
muée en une autre peine ou pénitence. Or, par sa bulle du 
20 janvier 1245, Innocent IV permit aux inquisiteurs de la 
province dominicaine de Provence, qui, je le rappelle, com- 
prenait le comté de Toulouse dans ses limites, de commuer, 
du consentement des prélats, les pénitences infligées aux 
hérétiques'. Le 9 décembre 1247, il écrivait à l'archevêque 
d'Auch pour lui donner la faculté de commuer la prison en 
la croisade ou voyage d'outre-mer^, et, le 2 mars 1248, il 
faisait savoir à l'évêque d'Albi que les hérétiques de la terre 
de Philippe de Montfort, déjà en prison, pourraient être 
autorisés à prendre la croix 3; le 30 avril suivant, il confé- 
rait à l'évêque d'Agen le pouvoir de commuer, d'accord 
avec les inquisiteurs, certaines peines en la croisade^. Ainsi 
le principe de la commutation de la peine se trouva admis 
et consacré; en fait, il fut souvent appliqué. Le pape, 
cependant, écarta l'amende pécuniaire^ ; ce n'est que bien 
plus tard que l'aumône fut imposée comme pénitence ; on ne 
la trouve pas dans les exemples assez fréquents de prisonniers 

1. Doat, XXXI, fol. 68. Inédite. 

2. Registres, n» 3508 ; Layettes, III, n" 3625. Dans les Registres, 
cette bulle est datée du 9 décembre. 

3. Registres, n° 3677; Potthast, 12854. 

4. Registres, n'>3866; Potthast, 12914; Hist. génér.de Languedoc, 
VUI, col. 1240. — Mais Innocent IV interdit à l'évêque d'Agen et 
à deux inquisiteurs de Toulouse d'imposer des pèlerinages dispen- 
dieux en Terre Sainte (bulle du 26 mai 1248. Doat, XXXI, 
fol. 80 vo-81. Inédite). 

5. Registres, n'>5257; Layettes, III, n^^ 3946, 4000, 4001. — Cette 
amende avait été précédemment admise par lui (bulle du 19 jan- 
vier 1245. Doat, XXXI, fol. 71). 



XX INTRODUCTION. 

libérés sous Innocent IV; je dis libérés, car le pape, par sa 
bulle du 2 décembre 1247, êdicta que les prisonniers, ayant 
fait exactement leur pénitence, pourraient être rendus à la 
liberté*. Ce n'est pas tout. Se préoccupant de l'entretien 
des prisonniers, il reconnut que les biens des hérétiques 
condamnés à la prison pouvaient y être affectés^. Il ordonna 
aux inquisiteurs d'exhorter par eux-mêmes ou par d'autres 
les hérétiques k reconnaître et avouer enfin leurs erreurs^ ; 
car le retour de l'hérétique à l'unité chrétienne apportait un 
double bénéfice : pour l'Eglise une conversion, but supérieur 
invariablement poursuivi, pour l'hérétique, la liberté. Il con- 
sacra le principe, admis dès le premier jour, que les noms des 
témoins resteraient secrets. Mais il voulut, en outre, qu'ils 
fussent communiqués à quelques personnages^ c'est-à-dire 
— car cette disposition ne peut avoir d'autre sens — que 
les témoignages fussent rigoureusement examinés et pesés 
au poids du sanctuaire. Déplus, l'inquisiteur dut s'adjoindre 
deux personnes ou assesseurs pour l'examen des prévenus, 
et ne prononcer la sentence que conseil pris auprès' de 
l'évêque et de jurisconsultes prudents^ : de là cette formule, 
ou une autre formule équivalente, qui reviennent invaria- 
blement dans les sentences : Communicato multorwn 
praelatorum et aliorum bonorum virorum consilio^. 
Innocent IV régla encore quelques autres points intéres- 

1. Registres, n° 3454; Potthast, 12752. — Dans les Registres, cette 
bulle est datée du 3 décembre. 

2. Bulle du 19 janvier 1245 (Doat, XXXI, fol. 71-72. Inédite). 

3. Bulle du 12 novembre 1247 (Potthast, 12744; Registres, 
n° 3421). 

4. Bulle du 13 juillet 1254 (Layettes, III, n» 4112). 

5. Bulle du 11 juillet 1254 (Layettes, III, n» 4111. Cf. n° 4113). 

6. Voy. mon mémoire la Formule « communicato bonorum viro- 
rum, consilio » des sentences inquisitoriales (Paris, Bouillon, 1898). 



INTRODUCTION. xxj 

sants. L'hérésie avait pris une telle extension que dans bien 
des familles l'un des deux époux, le plus souvent le mari, 
lui appartenait ; il n'y vit un motif de séparation que dans 
deux cas : si la partie catholique était gravement exposée à 
offenser Dieu, ou bien si la séparation devait amener l'héré- 
tique à résipiscence*. La présence de l'hérésie dans la famille 
avait créé une autre situation non moins malheureuse, sur- 
tout pour la femme. On sait quelle était la conséquence de 
la condamnation pour hérésie : la prison perpétuelle entraî- 
nait la confiscation des biens ; de même, et à plus forte rai- 
son, l'abandon au bras séculier. Il était arrivé que la dot de 
la femme avait suivi le sort des biens du mari. Innocent IV 
voulut d'abord réparer, pour le passé, et empêcher, dans 
l'avenir, une telle injustice; par sa bulle du 12 novembre 
1247, adressée aux archevêques de Bordeaux, Narbonne et 
Arles, aux évêques de Toulouse, Cahors, le Puy, Mende, 
Albi et Rodez, il ordonna de rendre aux épouses catholiques 
les dots confisquées à cause ou à l'occasion de l'hérésie de 
leurs maris et de ne plus permettre qu'elles fussent saisies à 
l'avenir^. Sans aucun doute, un tel acte de haute sagesse 
honore la m-émoire de ce pontife. Enfin, il arrêta à nouveau 
que l'inquisiteur ou les inquisiteurs du comté de Toulouse 
ne devraient ni ne pourraient en aucun cas citer, poursuivre 
ou frapper les sujets du roi d'Aragon ^ 

1. Bulle du 12 mai 1246 en réponse à une consultation de l'ar- 
chevêque de Narbonne et de ses suffragants {Registres, n° 1844). 

2. Registres, n» 3422; Potthast, 12743. 

3. Cette mesure s'explique par cette considération que le diocèse 
de Narbonne comprenait, par exemple, le château et la vicomte 
de Fenouillèdes (comm. de Fenouillet, Pyrénées-Orientales). C'est 
du moins ce que prétendirent les héritiers de Pierre de Fenouillet 
dans le procès qu'ils intentèrent à l'Inquisition devant le pape 
Boniface VIII en revision d'une sentence do Pons du Pouget. 



xxij INTRODUCTION. 

En un mot, surveiller l'hérésie, mettre à l'abri des pour- 
suites ceux qui voulaient faire acte d'orthodoxie, contenir le 
zèle des inquisiteurs en précisant et réglant rigoureusement 
la procédure, et par là même préparer la pacification du Lan- 
guedoc, de la Garonne jusqu'au Rhône : telle fut la politique 
d'Innocent IV ; elle explique toute sa conduite à l'égard de 
l'Inquisition. 

3. Aleœandre IV (1254-1261). 

Je m'arrêterai moins sur le pontificat d'Alexandre IV, 
qui, bien qu'il ait renouvelé l'excommunication contre les 
Cathares, Pathares, Pauvres de Lyon et tous autres héré- 
tiques^ n'a pas exercé sur l'Inquisition dans le Languedoc 
une action aussi décisive que son prédécesseur. Il semble 
qu'il ait voulu le reconnaître tout le premier, car il lui est 
arrivé plus d'une fois de renvoyer les inquisiteurs aux con- 
stitutions d'Innocent IV pour les questions de procédure^. 

« In primis intendit probare idem procurator (Guillelmus Da- 
vini) quod et vicecomitatus Fenoledesii cum suo territorio, juris- 
dictione ot districtu et pertinentes ab antiquissimis temporibus 
et per ipsa tempora, et etiam quamdiu dominus P. de Feno- 
leto, avus dicti domini P. de Fenoleto, inilitis, tenuit castrum, 
vicecoraitatum et alia predicta, et diu post fuerunt situata in regno 
et infra fines regni Aragonie ac in districtu et de districtu Régis 
et rogni et de regno Aragonie... » (Doat, XXXII, fol. 130 v"-131. 
Cf. fol. 51 vo-52). Voy. plus loin, p. 32, la sentence de Pons du 
Pouget. 

1. Bulle du 25 avril 1260 (Potthast, 17840. Cf. 15425. Doat, 
XXXI, fol. 273-276). 

2. Bulle du 28 juillet 1255 (Potthast, 15958). Cette bulle eut 
pour destinataires frère Raynier de Plaisance et les autres inqui- 
siteurs de Lombardie. Mais nul doute que les inquisiteurs du 
Languedoc en aient suivi la direction, car ils en firent faire une 
copie; elle s'est retrouvée dans les archives de l'Inquisition de 
Garcassonne, d'où elle est passée dans Doat (XXXI, fol. 183 v"- 



INTRODUCTION. xxiij 

Il renouvela et confirma pour le maître général et le 
prieur de chaque province des frères Prêcheurs le pouvoir 
de rapporter la commission inquisitoriale et de nommer de 
nouveaux inquisiteurs pris dans l'ordre, qui, par ce seul 
fait, recevaient la délégation pontificale et, avec elle, le pou- 
voir de jugera II nomma lui-même le prieur des frères Prê- 
cheurs de Paris inquisiteur dans le comté de Toulouse^, non, 
je pense, que celui-ci se soit transporté sur les bords de la 
Garonne pour entendre des aveux et prononcer des sen- 
tences, mais parce qu'il pouvait être un instrument très 
utile, puissant même, car il était bien placé pour mener à 
bonne fin l'œuvre générale de la répression de l'hérésie. 
C'est ainsi qu'il lui envoya les pouvoirs d'accorder, par lui- 
même ou par ceux qu'il désignerait, une indulgence de trois 
ans en faveur des fidèles poursuivant les hérétiques et leurs 
fauteurs^; qu'il lui permit de déterminer le sens des statuts 
édictés contre les hérétiques, c'est-à-dire d'en donner une 
interprétation authentique ou faisant autorité^. Il lui confia 
le soin difficile de pourvoir à la juste correction de ceux qui 
auraient été relevés de la pénitence imprudemment ou par 
des gens sans mandata II le prit souvent pour intermédiaire, 

184). Cette observation pourrait s'appliquer à un grand nombre 
d'autres bulles d'Alexandre IV ou de chacun des papes du 
xnie siècle qui ont contribué à fixer la marche de l'Inquisition, 
uniforme à peu près partout. Voy., par exemple, Potthast, 15986, 
et Doat, XXI, fol. 184 vo-185. 

1. Bulle du 13 mai 1256 (Doat, XXXI, fol. 193 vo.l94). 

2. Cependant, on voit, par une bulle du 9 novembre 1256, 
qu'Alexandre IV lui confia l'affaire de l'Inquisition dans toute 
la France, les comtés de Toulouse et de Poitiers exceptés; en 
effet, il y avait déjà des inquisiteurs dans ces deux comtés (Pot- 
thast, 16611; Doat, XXXI, fol. 230-236). 

3. Bulle du 8 mars 1255 (Doat, XXXI, fol. 179-180). 

4. Bulle du 9 avril 1255 (Doat, XXXI, fol. 108 v-lSl). 

5. Bulledul5avrd 1255 (E>otthast, 15805; Doat, XXXI, fol. 182). 



xxiv INTRODUCTION. 

si je puis ainsi parler, c'est-à-dire qu'il adressa ses bulles au 
prieur des frères Prêcheurs de Paris et aux autres inquisi- 
teurs. Un exemple assez remarquable de cette façon de pro- 
céder est la bulle du 12 juin 1257 contenant la délégation 
en faveur des inquisiteurs du comté de Toulouse pour exer- 
cer l'Inquisition en Provence, avec la mention expresse 
que l'évêque d'Avignon, bien que légat, devra se garder de 
les troublera 

Alexandre IV, d'ailleurs, s'inspirant des circonstances 
et des besoins, ou bien confirme des dispositions de droit 
antérieures, ou bien en introduit de nouvelles. Ainsi il 
autorise les inquisiteurs à appeler auprès d'eux des hommes 
experts {periti), qu'ils consulteront sur les sentences à pro- 
noncera Comme ses deux prédécesseurs, il impose le secret 
en ce qui regarde le nom des témoins accusateurs : ceux-ci 
ne seront communiqués qu'à quelques personnes sages ^ Mais 
il veut que les enfants et neveux des hérétiques condamnés 
se voient exclure de toute charge et dignité ^ ; que les excom- 
muniés pour hérésie et autres soient admis à témoigner 
contre les hérétiques^ ; que les officiers excommuniés puissent 
procéder contre eux quand ils en seront requis^. Pourront 
être condamnés comme hérétiques ceux qui auront refusé 
de comparaître pendant l'année qui suivra l'excommunica- 

La même bulle porte semblable commission pour les autres inqui- 
siteurs des comtés de Toulouse et de Poitiers. 

1. Layettes, n» 4347; Doat, XXXI, fol. 239-240. 

2. Bulle du 15 avril 1255 (Potthast, 15804; Doat, XXXI, 
fol. 183; Registres, n° 372, par M. de la Roacièro. Collection de 
l'École française de Rome, 1895). Cette disposition fut renouvelée 
par une autre bulle du 27 avril 1260 adressée aux inquisiteurs de 
Franco (Doat, XXXI, fol. 204). 

3. Layettes, lil, n» 4221. 

4. Bulle du 9 avril 1255 (Doat, XXXI, fol. 180 vo-181). 

5. Bulle du 6 mai 1260 (Doat, XXXI, fol. 206). 

6. Bulle du 27 juin 1260 (Doat, XXXI, fol. 223-224. Cf. fol. 281). 



INTRODUCTION. xxv 

tion^. Il ne faudra pas refuser les sacrements de pénitence 
et d'eucharistie aux hérétiques qui seront livrés au bras 
séculier 2. 

Enfin Alexandre IV, répondant à des doutes proposés par 
les inquisiteurs de Toulouse, exposa plusieurs points de droit 
et de procédure importants ou curieux : 1" Sera considéré 
comme relaps celui-là seul sur lequel pèsera un grave soupçon 
d'hérésie avant son abjuration, ou qui pourra être considéré 
comme retombé dans une erreur précédemment professée; 
2° La divination et le sortilège n'appartiennent à la com- 
pétence de l'inquisiteur qu'autant que ces délits ont une rela- 
tion directe avec la foi ou l'unité; 3" Si un hérétique, ayant 
engagé ses biens, meurt avant d'avoir accompli sa pénitence, 
les héritiers restent ses répondants responsables et devront 
satisfaire; 4° Il en va tout autrement dans le cas où l'héré- 
tique meurt dans l'intervalle du temps qui sépare l'aveu de 
la sentence, la pénitence n'ayant pas été infligée, etc., etc.^. 

Cette bulle, c'est justice, doit être rangée à côté des 
grandes bulles de Grégoire IX, d'Innocent IV et de 
quelques-uns des papes qui vont suivre. 

\. Bulle (lu 4 mai 1260 (Doat, XXXI, fol. 279). 

2. Bulle du 30 avril 1260 (Potthast, 17845; Doat, XXXI, 
fol. 205). Il tempéra des pénitences (Registres, n° 773). 

3. Bulle du 9 décembre 1257 (Doat, XXXI, fol. 244-249). — 
Alexandre IV accorda aux inquisiteurs quelques privilèges facili- 
tant leur tâche : la faculté de prendre comme notaires des prêtres 
et autres clercs (bulle du 5 décembre 1257. Doat, XXXI, fol. 198 v») 

— notez que ce privilège fut accordé le 24 avril 1260 aux inqui- 
siteurs des pays soumis au roi de France (Doat, XXXI, fol. 271); 

— l'exemption à l'égard des délégués ou sous-dôlégués pontifi- 
caux, qui ne pouvaient frapper d'excommunication les inquisi- 
teurs, ni quatre de leurs notaires (Potthast, 17097); le pouvoir 
pour les -inquisiteurs de s'absoudre mutuellement des excommu- 
nications et irrégularités encourues, 27 avril 1260 (Doat, XXXI, 
fol. 277). 



XXVJ 



INTRODUCTION. 



4. Urbain IV [1261-1264). 

Urbain IV a peu légiféré sur l'Inquisition, soit que les 
circonstances ne l'aient pas amené à le faire, soit qu'il ait 
été absorbé par les intérêts de la Terre Sainte et l'inévitable 
croisade, soit que l'Inquisition, dans le Languedoc comme 
ailleurs, ait régulièrement suivi son cours. Le fait est qu'il 
adressa plusieurs lettres, soit aux inquisiteurs de Lorabar- 
die, qui semblent avoir alors éprouvé des embarras locaux 
considérables*, soit aux inquisiteurs d'Aragon, dont il élar- 
git les privilèges et auxquels, d'ailleurs, il envoya la réponse 
d'Alexandre IV, du 10 janvier 1260, aux inquisiteurs de 
Toulouse^. Je n'ai relevé que deux lettres qui aient eu pour 
destinataires les inquisiteurs du Languedoc*^. La première est 
du 28 mars 1263. Urbain IV leur enjoint de ne pas inquié- 
ter Guillaume Vital, de Limoux, Arnaud Embrin et Ber- 
nard Arnaud, frères, à cause de leur frère Bernard, qui a 
été empêcbé par l'âge d'accomplir le voyage d'outre-mer^. 
La seconde, du 2 août 1264, est adressée aux inquisiteurs 
des comtés de Toulouse et de Poitiers, de France et des pays 
hors de France, Avignon exceptée. Le pape rappelle les prin- 
cipes de la procédure : ne pas poursuivre sans les évêques, 
absoudre les prévenus qui avouent et acquiescent à une péni- 
tence « arbitraire », s'adjoindre deux personnes pour entendre 
les accusés, ne pas révéler aux prévenus les noms des dépo- 

1. Potthast, 18253, 18256, 18383, 1S418, 18422. 

2. Potthast, 18387, 18389, 18395, 18396. 

3. A l'heure où j'écris ces lignes, un seul fascicule des Registres 
d'Urbain IV, par MM. Dorez et Guiraud, a paru. Il comprend la 
première et la deuxième année de ce ponliûcat (Paris, Tliorin, 
in-8o raisin, 1892. Bibl. des Écoles françaises d'Athènes et de Ronie). 

4. Doat, XXXI, fol. 283 vo-284. 



INTRODUCTION. xxvij 

sants, mais les communiquer à des personnes prudentes, 
qu'il faut consulter avant de rendre la sentence, etc.^ 

5. Les papes de Clément IV à Jean XXII (1265- 
1334). 

Déjà le pape Urbain IV, nous venons de le voir, ne s'était 
occupé qu'incidemment de l'Inquisition languedocienne; il 
ne fut pas amené par les circonstances à régler un point ou 
un autre ayant une importance notable pour le fonctionne- 
ment du tribunal ou à décider des doutes sur la procédure. 
La même observation s'applique en partie à l'action des 
pontifes qui lui succédèrent jusqu'à Clément V et à Jean XXII, 
terme de notre étude. 

Clément IV (1265-1268) a laissé de nombreuses preuves 
de son zèle contre l'hérésie, en Italie^ surtout dans la Lom- 
bardie et la marche de Gênes ^, la marche d'Ancône^ et les 
Romagnes=. Il porta encore sa sollicitude en Bourgogne et 
en Lorraine^ et aussi en France {regnum Franciae), 
ayant soin ici d'excepter les terres du comte de Poitiers et 
de Toulouse' et du roi de Sicile^, c'est-à-dire tout le midi, 
Languedoc et Provence, dont les conditions politiques 

1. Bulle du 2 août 1264. — Boutaric [Saint Louis et Alfonse de 
Poitiers, p. 443, note 7) a l'air de croire que cette procédure date 
d'Urbain IV. « Il détermine, dit-il, les modes de procéder de l'In- 
quisition au milieu du xiii' siècle » (p. 443). Je n'ai pas besoin 
d'insister pour montrer qu'elle est antérieure à Urbain IV. 

2. Potthast, 19423, 19428, 19433. 

3. Doat, XXXI, fol. 296 v<'-304, 304-306; Potthast, 19522, 
19896. 

4. Potthast, 19905. 

5. Potthast, 19348. 

6. Doat, XXXII, fol. 15-16. 

7. Doat, XXXII, fol. 32 v°-30 ; Potthast, 19559. 

8. Ibid. 



xxviij INTRODUCTION. 

étaient assez particulières. Là cependant il agit : il mande au 
provincial des frères Mineurs de Provence d'instituer des 
inquisiteurs dans les diocèses d'Orange, d'Avignon et de 
Vaison ' ; il écrit aux archevêques et aux évêques des com- 
tés de Toulouse et de Poitiers de faire observer les statuts 
édictés contre les Juifs et les judaïsants, dont il veut que 
les inquisiteurs jugent désormais les causes^ : disposition 
nouvelle qui lui appartient. Les Juifs qui pullulent dans 
l'Aragon, sur le littoral de la Méditerranée et dans le midi^ 
ne seront plus admis désormais à prendre à leur service des 
chrétiens ; ils ne pourront point bâtir de nouvelles syna- 
gogues ; le vendredi saint, leurs maisons resteront fermées, 
portes et fenêtres closes; ils ne paraîtront en public ni 
les jours des Lamentations, ni le dimanche de la Pas- 
sion ; ils porteront des marques extérieures de leur condition 
de juifs^. A cette date, en effet, les Juifs furent pour la société 
chrétienne un véritable danger : n'avait-on pas vu l'ère ,des 
chrétiens judaïsants se rouvrir? Au temps de Bernard Gui 
elle n'était point encore fermée^. 

Clément IV cependant resta fidèle aux principes de modé- 
ration propres au saint-siège ; par exemple, il mitigea la 

1. Potthast, 20169. 

2. Potthast, 20095, 20082, 20081. 

3. Saige, les Juifs du Languedoc antérieurement au XIV^ siècle 
(Paris, Picard, 1881, in-8°). — Déjà, cependant, le concile de 
Béziers, en 1246, avait promulgué contre les Juifs une série de 
prohibitions. Mais Innocent IV et saint Louis s'étaient montrés 
tolérants pour eux. Toutefois, il faut noter la lettre d'Innocent IV 
à l'évoque de Maguelonne, du 7 juillet 1248, par laquelle il lui 
manda d'imposer aux Juifs de son diocèse un costume qui les fît 
reconnaître (Potthast, 12976). 

4. Doat, XXXII, fol. 4 v°-7. 

5. Practica, Quinta pars, V, VII, 9, 10, p. 288, 289, 299, 300, 
éd. Douais. 



INTRODUCTION. XXix 

peine infligée, dans le Venaissin, à Brémond de l'Ile {de In- 
sula) qui, condamné à la prison perpétuelle, y avait assez 
souffert, et dont les biens avaient été confisqués*. Ce fut dans 
une pensée d'ordre et pour maintenir l'esprit de suite au sein 
du tribunal qu'il introduisit cette disposition de droit, confir- 
mée plus tard, à savoir que les pouvoirs de l'inquisiteur, 
juge délégué, n'expiraient point à la mort du pontife 
ayant donné la délégation : ils étaient conférés à vie ou jus- 
qu'à révocation'. Ainsi le juge délégué fut autant que pos- 
sible rapproché du juge ordinaire. 

Grégoire X (1271-1276) ne mérite ici qu'une simple men- 
tion, car il s'inspira de Clément IV quand il excita le zèle 
des inquisiteurs in regno Franciae et renouvela les prin- 
cipes de la poursuite contre les Juifs et les judaïsants^. Cepen- 
dant il convient de signaler une lettre du cardinal de Saint- 
Nicolas in Carcere, Jean Gaetano Orsini, plus tard 
Nicolas III (1277-1281), par laquelle les inquisiteurs furent 
autorisés à faire transcrire les dépositions pour s'en servir 
ultérieurement selon les occurrences ^ mesure qui certaine- 
ment eut des efîets. 

Nicolas III (1277-1280) ne m'a rien fourni de spécial 

1. Bulle du 2 novembre 1266 adressée à frère Pierre de Euseto 
(Luseto?), des frères Prêcheurs, inquisiteur dans le Venaissin 
(Doat, XXXII, fol. 30-31). 

2. Potthast, 19379. 

3. Potthast, 20720, 20724, 20798; Doat, XXXII, fol. 91 vo-100. 
— Il convient de signaler ici les constitutions synodales de Ber- 
nard de Gapendu, évêque de Carcassonne, de l'année 1272, dont 
le eh. XX, De Judaeis, contient des dispositions curieuses : marque 
extérieure sur les vêtements, défense de paraître en public les 
jours des Lamentations et le dimanche de la Passion, etc. (Bouges, 
Hist. ecclésiastique et civile de la ville et diocèse de Carcassonne, 
Preuves, p. 596, 597. Paris, 1741, petit in-4°). 

4. Doat, XXXII, fol. 101-102. 



XXX INTRODUCTION. 

pour le Languedoc ; nous n'avons de lui que de rares actes 
relatifs à l'Italie ^ ■- ■ - <:. . 

Honorius IV (1285-1287), qui établit l'Inquisition en 
Sardaigne-, s'occupa quelque peu de l'Inquisition dans le 
Languedoc. Ses actes, sans parler de la bulle par laquelle il 
donnait au prieur des frères Prêcheurs de Paris le pouvoir 
de créer des notaires pour l'Inquisition à Carcassonne', pour 
être rares, sont loin d'être dépourvus d'intérêt. D'abord, à 
propos d'un haut personnage ecclésiastique que nous retrou- 
verons plus tard, Sanche dit Morlane, archidiacre de Car- 
cassonne, hérétique, soutien des hérétiques et qui eût voulu 
dérober et brûler les livres de l'Inquisition, le pape écrivit 
à l'inquisiteur Jean Galand : il demanda l'envoi des dépo- 
sitions faites contre Sanche Morlane^. Ensuite il s'opposa 
aux adversaires du tribunal^, à l'origine même du mou- 
vement qui , quinze ans plus tard , amena sur la scène 
l'agitateur Bernard Délicieux. 

Nicolas IV (1288-1292), qui, pendant un court pontificat 
de quatre ans, déploya une extrême activité contre l'hérésie 
et encouragea si fort la poursuite inquisitoriale*', qui rappela 

1. Potthast, 21455, 21575. 

2. Registres d' Honorius IV, publiés par M. Maurice Prou, n» 163 
(Paris, Thorin, 1888, in-B» raisin. Coll. de l'École de Rome); 
Potthast, 22307. 

3. Doat, XXXII, fol. 139-140; Potthast, 22548. 

4. Bulle du 13 décembre 1285 adressée à Jean Galand, inquisi- 
teur de Garcassonne (Doat, XXXII, fol. 136 v»-138). 

5. Bulle du 5 novembre 1285 adressée à Jean Galand et Jean 
Vigouroux, inquisiteurs, leur mandant de procéder contre ceux 
de la ville et du diocèse de Garcassonne qui font obstacle à l'In- 
quisition (Registres, n» 173; Potthast, 22322; Doat, XXXII, 
fol. 132-133). 

6. Notamment dans le Gomtat, la ville d'Avignon et les pro- 
vinces ecclésiastiques d'Arles, Aix et Embrun {Registres de Nico- 



INTRODUCTION. xxxj 

les constitutions de Frédéric II et condamna l'ordre des 
Apôtres*, qui fulmina l'excommunication contre les héré- 
tiques et leurs fauteurs ^ et édicta à nouveau la poursuite 
contre les chrétiens judaïsants et les Juifs d'abord convertis, 
mais revenus ensuite à la circoncision et au sabbat 3, qui 
renouvela les constitutions de ses prédécesseurs Innocent IV, 
Alexandre IV et Clément IV'*, n'eut que rarement à inter- 
venir dans les affaires du Languedoc. Je signalais tout à 
l'heure le cas de cet archidiacre de Carcassonne qui, au 
lieu de combattre les hérétiques, les soutenait. Sa famille 
avait fourni à l'hérésie une autre recrue importante, Éléazar 
de Lagravede Pejriac, chevalier. Condamné, celui-ci s'était 
évadé de prison, et, aux termes du droit, ses fils et ses 
neveux se trouvaient par là même exclus de toute charge. 
C'est ainsi que le pape fut prié de régulariser la situation de 
deux de ses neveux, dont le premier, Isarn Morlane, était 
archiprêtre de Carcassonne, et le second, Sanche Morlane, 
curé dans le diocèse^. Il leur fut accordé de pouvoir être 
promus à tous les ordres, charges et dignités^. 

las IV, par M. Langlois, no^318, 319, 320, 321, 367, 426, 427, 428, 
429, 430, 431, 432, 433, 2028, 2029, 2124, 2125, 2293; Potthast, 
22839, 22840, 22845,23170, 23185, 23201). Cf. ses autres actes rela- 
tifs à l'Inquisition {Registres, 241, 322, 1362, 1363, 1364, 2095, 2356, 
2357, 2777, 2778, 2779, 2913, 2914, 3378, 5425, 5723, 5724, 6896, 
6924 ; Doat, XXXII, fol. 153-154, 160 v°, 105-112; Potthast, 22692, 
23053, 23188, 23751, 23940, 23941). 

1. Registres, n» 4253. 

2. Registres, n» 434 ; Potthast, 22846. 

3. Registres, n° 322; Doat, XXXII, fol. 153-154. 

4. Registres, n»' 1362, 1363, 1364; Potthast, 23053. — Il s'agit 
dans ces bulles de l'Inquisition en Lombardie et dans la Marche 
de Gênes. 

5. Rector de Podio Therico. 

6. Registres, 4035, 4036. — Isarn Morlane, en faveur duquel 
Nicolas IV écrivit la première de ces deux bulles, n'est autre, je 



xxxij INTRODUCTION. 

On sait généralement que les hérétiques du Langue- 
doc, je veux dire les néo-dualistes et les Cathares, entre- 
tenaient avec ceux de Lombardie des relations journa- 
lières et intimes. Mais ce que l'on sait moins, c'est que la 
poursuite inquisitoriale produisit un mouvement d'émigra- 
tion languedocienne sur les rives du Pô à peu près continu. 
Plusieurs témoins signalèrent, dans leurs dépositions ou dans 
leurs aveux, des familles entières qu'ils y avaient rencon- 
trées. Nicolas IV, ayant appris la présence dans le diocèse de 
Vérone de nombreux hérétiques originaires de France, entre 
autres d'un évêque hérétique, ordonna à l'inquisiteur de la 
marche de Trévise d'avoir à les livrer au messager spécial 
qui allait être envoyé par les inquisiteurs in regno Fran- 
ciae ; ce messager les ferait conduire à leurs fraisa Or, les 
inquisiteurs de Garcassonne et de Toulouse portaient à cette 
date le titre de inquisitores in regno Franciae. Les héré- 
tiques qui allaient être ramenés étaient vraisemblablement 
des Languedociens ; et ce sont les inquisiteurs de Garcas- 
sonne et de Toulouse qui avaient obtenu du pape cet ordre 
souverain : conjecture confirmée par la présence dans les 
archives de l'Inquisition de Garcassonne de l'original de 
cette bulle^. Enfin, je me reprocherais de ne pas signaler 
un autre acte de Nicolas IV, celui par lequel il prononça 
que les procès pour hérésie conservaient toute leur valeur 
juridique à la mort du pape ayant délégué l'inquisiteur qui 

pense, qu'Isarn, archiprêtre de Garcassonne, qui fut, au mois 
d'août 1295, envoyé par Boniface VIII auprès d'Éric, roi de Suède, 
pour obtenir que l'archevêque de Sund et primat, Jean Grand, 
fût rendu à la liberté [Registres de Boniface VIII, publiés par 
M. Ant. Thomas, n» 360; Potthast, 24172). 

1. Bulle du 10 février 1289 (Doat, XXXII, fol. 155-156). 

2. Voy. l'avis du copiste de Doat, qui suit le texte de la pièce 
(Doat, XXXII, fol. 156 v»). 



w h 



INTRODUCTION. xxxiij 

l'aurait commencé; l'affaire, loin d'être suspendue, pouvait 
suivre son cours. Cette disposition était virtuellement com- 
prise dans la constitution de Clément IV conservant à l'in- 
quisiteur ses pouvoirs de juge à la mort du pape l'ayant 
institué. Nicolas IV y revint jusqu'à trois fois, le 29 juin et 
le 7 juillet 1290 et le 12 juillet 1291 '. Ainsi l'inquisiteur se 
trouva rapproché pour la seconde fois du juge ordinaire. 

Boniface VIII (1294-1303), on s'y attend, ne faillit pas 
en présence de l'hérésie, qui, d'ailleurs, prenait un visage 
nouveau-; au contraire 3. Indépendamment, en efïet, des 
actes témoignant d'une action locale ou particulière, ce pape 
exerça, quant à la poursuite, une action générale profonde 
dans toute la chrétienté; il édita, tout le monde le sait, 
le Sextus decretalium, où, au livre V, titre de haereti- 
cis, il posa des règles de droit appelées à être aussitôt ensei- 
gnées et mises partout en vigueur. En voici les dispositions 
principales : dans le cas d'hérésie, l'évêque diocésain peut, 
quoique seul, procéder à la dégradation d'un clerc cou- 
pable 4; sont excommuniés ceux qui ensevelissent les héré- 
tiques et leurs fauteurs, et les laïques qui disputent publique- 
ment de la foi ; ni les hérétiques, ni leurs fils, ni leurs neveux 
jusqu'à la seconde génération ne peuvent être promus à un 
bénéfice ecclésiastique ; nulle est l'émancipation faite par 

1. Registres, 2780, 2781, 5722; Potthast, 23302; Doat, XXXII, 
fol. 158. 

2. Avec la secte des spirituels, si répandue dans le Languedoc 
et sur le littoral de la Méditerranée. 

3. Voy., par exemple, Potthast, 24378 (condamnation de la secte 
des spirituels), 24510 (arrestation des bizoches d'Italie), 25211 
(l'inquisition à Padoue et à Vicence doit être faite avec activité et 
sans faiblesse), Doat, XXXII, fol. 272 ^-274 (main-forte doit être 
prêtée aux inquisiteurs), etc., etc. 

4. Gap. I (décrétale de Grégoire IX). 

c 



xxxiv INTRODUCTION. 

l'hérétique 1 ; ni les fils ni les héritiers d'un hérétique ayant 
demandé pendant la maladie la « consolation » des hérétiques 
ne sont admis à faire valoir qu'il n'était point sain d'esprit, 
si avant sa maladie il était suspect 2; les relaps seront livrés 
au bras séculier malgré leur repentir et leur retour à la 
foi ^ ; les excommuniés et les complices d'un crime ne sont 
plus frappés d'incapacité pour témoigner contre les héré- 
tiques^ ; les évêques ou leurs délégués et les inquisiteurs 
peuvent faire exécuter leurs sentences par les officiers de la 
puissance séculière ^ ; l'excommunié qui se refuse pendant 
un an à comparaître pour répondre de l'hérésie se met dans 
le cas d'être condamné comme hérétique^, etc., etc. 

Il y a là vingt chapitres formés avec des décrétales des 
papes Grégoire IX, Alexandre IV, Urbain IV', Clément IV 
et Boniface VHP, qui témoignent chez leur auteur d'une 

i. Gap. II (décrétale de Grégoire IX). 

2. Gap. III (item). 

3. Gap. IV (item). 

4. Gap. V (item). 

5. Gap. VI (item). 

6. Gap. VII (item). 

7. Potthast, 19379. 

8. Boniface VIII, cependant, ne se montra pas sans pitié. 
Son pontificat est un de ceux pendant lesquels furent revisés 
le plus de procès pour hérésie (Registres de Boniface VIII, publiés 
par MM. Thomas, Faucon et Digard, n^s 37, 1673, 2158, 
2577; Potthast, 24674, 25043; Doat, XXXIII, fol. 19-21). 
La bulle fournie par Doat, du 10 février 1301, était adressée à 
l'évoque d'Elne, à l'abbé de Fontfroide et au prieur do N.-D. de 
Gorncilla (de Gorniliano) ^ invités à citer l'inquisiteur Pons du 
Pouget (de Pogeto), qui, nonobstant la bulle d'Innocent IV défen- 
dant aux inquisiteurs du Languedoc de poursuivre les sujets du roi 
d'Aragon, avait connu du cas de Pierre de Fenouillet, chevalier. 
La sentence de Pons du Pouget, inquisiteur, du 5 septembre 1262, 
condamnant la mémoire de Pierre de Fenouillet et ordonnant 
l'exhumation de son cadavre pour être brûlé, avait fait l'objet d'un 



k i 



INTRODUCTION. XXXV 

haute capacité juridique, et qui facilitaient la tâche des 
inquisiteurs du Languedoc, où des cas douteux se produi- 
saient chaque jour. 

appel, qui fut, le lendemain, signifié à l'inquisiteur dans la salle 
capitulaire du couvent des frères Prêcheurs de Montpellier (Doat, 
XXXIII, fol. 124). Boniface VIII conOa l'affaire au cardinal Jean 
Le Moine. Le procès en nullité de la sentence de Pons du Pouget com- 
mença le 8 novembre 1300. En 1300, il n'était pas encore terminé. 
On en trouve la suite dans Doat, XXXIII, fol. 1-188. J'ignore si le 
cardinal a jamais rendu sa sentence. Il mourut en 1312. — Voici, 
d'après les actes du procès, la sentence prononçant l'exhumation 
contre Pierre de Fenouillet : « In nomine Patris et Filii et Spiri- 
tus Sancti. Amen. Quoniam nos fratcr Pontius de Pojeto de ordine 
fratrum Predicalorum, inquisitor heretice pravitatis in terris et 
dominio ac districtu régis Francie, qui sunt in provinciis Narbo- 
nensi et Arelatensi et diocesibus Albiensi, Ruthenensi, Gatur- 
censi et Petragoricensi, exceptis terris nobilis viri A., comitis 
Tholosani, autboritate apostolica deputatus, per inquisitionem 
invenimus, et per testes idonoos in judicio nobis constet quod Petrus 
de Fenoleto, dominus quondam de Fenoleto, Narbonensis diocesis, 
jam defunctus, cum viveret, vidit et visitavit hereticos et illos plu- 
ries et in multis locis, juxta ritum illorum dampnabilem, adoravit 
dicendo Benedicite ter flexis genibus ante ipsos et addendo : Domini, 
rogate Deum pro isto peccatore ut me facial bonum christiamim et 
perducat ad bonum finem, hereticis sibi respondentibus more suo, 
et audivit monitiones eorum et sermones, et quod iin»'" bcretici 
bini et biui venerunt ad hereticandum eum in egritudine qua 
decessit, hec et alia in dicto crimine committendo, per que cons- 
tat ipsum Petrum hereticorum erroribus dampnabiliter credidisse, 
nec quisquam illum deffenderit super his coram nobis, licct nos 
dies plures ad hoc canonice duxerimus assiguandos, nec ipsura 
Petrum appareat aliquatenus ante ipsius obitum de predicto cri- 
mine emendatum, et hoc crimen tam detestabile et énorme prop- 
ter sui immauitatem non solum in vivos, set in mortuos per jura 
promptissima vendicetur : habitis super his cum pluribus bonis 
viris sapientibus etdiscrctis diligenti consilio et tractatu, habendo 
in hoc pre oculis solum Deum, sacrosanctis Evangeliis positis 
coram nobis, die hac et pluribus aliis ad ferendam et audiendam 
difûnitivam sententiam in hoc negotio peremptorie assignatis^ 
predictum Petrum de Fenoleto sententiando diffinitive pronuncia- 



xxxvj INTRODUCTION. 

Dans cette province, à la vérité, Boniface VIII ne fut 
appelé à interposer son autorité qu'en de rares circonstances. 
Par exemple, il donna commission à Bernard de Castanet, 
évêque d'Albi, d'instituer inquisiteur pour Pamiers et Tou- 
louse l'un des cinq frères Prêcheurs qu'il lui désigna*. Il 
écrivit à l'inquisiteur de Carcassonne pour qu'il se rendît 
à Béziers, où de graves désordres venaient de se produire 
à l'occasion de la taille imposée au clergé, et en poursuivît 
les auteurs^. Cet acte ne tendait à rien moins qu'à étendre 
la compétence des inquisiteurs. 

Enfin, il obtint de Philippe le Bel des mandements qui 
modifiaient ses ordres antérieurs. En 1295 et 1296, le roi, sur 
des rapports qui venaient de lui arriver, avait ordonné à ses 
officiers de n'opérer d'arrestation que dans les cas et les 

mus crcdeatem hereticorum extitisse et per hoc illum hereticum 
decessisse, ossa ejus extumulanda, et a cimiterio fidelium, si dis- 
cerni valeant, separanda, et etiam comburenda nichilonjinus 
décernantes. Lata fuit ista sententia dicto modo apud Somedrium, 
in ecclesia Sancti Hontii, die martis ante festivitatem Nativitatis 
Béate Marie Virginis, anno Domini Mo CG» LXn°, in presentia 
et testimonio Pétri de Lunello, decani Somedrii, domini Guillelmi 
de Banneriis, jurisperiti, senescalli Bellicadri, Guillelmi de Moi^, 
castellani, Pontii Alamanni, presbitcri, magistri Johannis Provin- 
cialis, Stephani de Colo, notarii, Jacobi Albi, notarii, Johannis 
Bedocii, Jacobi de Agangio, Pontii Grosserii, Pontii Rivelli, nota- 
rii, et plurium aliorum burgensium de Somedrio ad hoc speciali- 
ter Yocatorum, et Guillelmi Caroli, procuratoris predicti, et mei 
Guillelmi Boteti, notarii Inquisitionis, qui sententiam istam scripsi » 
(Doat, XXXIII, fol. 122 vo-124). 

1. Registres, n° 606. 

2. Registres, n» 2141; Potthast, 24580. Sa bulle est du 12 oc- 
tobre 1297. Le 7 octobre précédent, il avait écrit à l'archevêque 
de Narbonne pour lui donner mandat de prononcer l'interdit 
contre la ville de Béziers et l'excommunication contre les consuls 
et les conseillers de la ville, qui, à l'occasion de tailles imposées 
au clergé, s'étaient portés à des violences contre lui {Registres, 
no 2140). 



INTRODUCTION. xxxvij 

conditions prévus par lui^ ; en 1298, voulant se conformer 
à la constitution du pape, il mit d'une manière plus abso- 
lue ses officiers à la disposition des inquisiteurs; il est 
assez piquant de trouver sous le même vidimus (6 février 
1299, n. st.) du juge de Carcassonne, Raymond Costa, la 
constitution du pape et la lettre du roi 2. 

Je ne retiendrai des regestes de Benoît XI (1303-1304) '^ 
que trois bulles. La première est du 2 mars 1304 : elle eut 
pour destinataires les inquisiteurs de Lombardie; mais les 
inquisiteurs du Languedoc la prirent certainement pour eux, 
puisqu'elle s'est retrouvée dans leurs archives. Elle conte- 
nait, aussi bien, une disposition qui portait sur le cas fré- 
quent de poursuites exercées à la fois par l'évêque diocésain 
et l'inquisiteur régional ; les deux juges durent se communi- 
quer leur procès respectif^. Par la seconde, du 10 mars 1304, 
Benoît XI conférait à Guillaume Sicard, de Carcassonne, 
ancien inquisiteur, un canonicat dans l'église d'Albi''; et, 
parla troisième, du 15 avril 1304, il ordonnait l'arrestation 
de Bernard Délicieux^, le fameux frère Mineur, ardent 

1. Doat, XXXII, fol. 267-271. 

2. Ibirl., fol. 275 vo-279. Cf. fol. 280. Parmi les actes de Boni- 
face VIII relatifs à l'Inquisition, il faut distinguer et citer sa cons- 
titution du 13 juin 1299, ordonnant aux inquisiteurs de rendre 
publics les noms des témoins et des accusateurs dans les procès 
des Juifs de Rome {Registres, n° 3063). 

3. Collection de l'École française de Rome, Registres de Benoît XI, 
publiés par M. Grandjean (Paris, Thorin, 1883-1885). 

4. Registres, n° 420; Potthast, 25381 ; Doat, XXXIV, fol. 11-12. 

5. Registres, n° 746. 

6. Doat, XXXIV, fol. 14-15. Commission adressée au provin- 
cial des frères iMineurs d'Aquitaine (B. Hauréau, Bernard Déli- 
cieux et l'Inquisition albigeoise, p. 190, in-12. Paris, Ilachette, 
1877). Les autres actes de Benoît XI relatifs à l'Inquisition pour 
d'autres pays que le Languedoc répondent aux numéros suivants 
des Registres : 169, 299, 508, 509, 659, 834 et 835. 



xxxviij INTRODUCTION. 

ennemi de l'Inquisition, et qui joua un rôle si considérable 
et si néfaste. L'arrestation cependant n'eut pas lieu. 

aément V (1305-1314), aussitôt élevé sur le siège pon- 
tifical, fut saisi de la supplique que les chapitres de Sainte- 
Cécile et de Saint-Salvi d'Albi, avec l'abbé et le monastère 
de Gaillac, venaient d'adresser aux cardinaux, les priant 
d'interposer leur autorité dans le grave conflit survenu entre 
tout le pays et les inquisiteurs, préparé depuis longtemps 
par Bernard Délicieux et arrivé à un état d'acuité extrême i. 
Les consuls d'Albi et de Cordes se plaignaient notamment 
que Bernard de Castanet, évêque d'Albi, et les inquisiteurs 
eussent poursuivi et condamné des innocents, dont la foi ne 
laissait rien à désirer et qui cependant étaient soumis à une 
détention très dure, que l'état des prisons rendait mortelle. 
Clément V donna donc aux cardinaux Taillefer de la Cha- 
pelle, successivement évêque de Carcassonne (1291-1298), 
de Toulouse (1298-1305) et de Palestrina (1307-1312), et 
Bérenger Frédol, ancien évêque de Béziers (1294-1305), 
ordre de pourvoir à l'état des prisons et aux besoins des 
prisonniers en attendant de faire droit à l'instance en revi- 
sion du procès contesté -. Les cardinaux remplirent exacte- 
ment leur mandat du 15 avril au 17 mai 1306. La visite 
des prisons de Carcassonne et d'Albi, faite par eux et dont 
nous avons l'original, fournit les renseignements les plus 
intéressants et que l'on peut tenir pour absolument sùrs^. 

1. Doat, XXXIV, fol. 44. ' 

2. Bulle du 13 mars 1306 donnée dans le procès- verbal de la 
commission remplie par les cardinaux (Arch. comm. d'Albi, 
GG 1). Cette bulle ne se trouve pas dans le Regestum papae Cle- 
menlis V, publié par les Bénédictins du Mont-Gassiu (impr. du 
Vatican. In-fol., 8 vol. Le dernier volume et les tables n'ont pas 
encore paru). 

3. Il est publié ici, p. 30 i. 



INTRODUCTION. xxxix 

Le cardinal Taillefer de la Chapelle procéda ensuite, sans 
aucun doute, à l'examen de la cause; nous en avons la 
preuve dans le Regestum de Clément V, où nous voyons 
d'abord que le même cardinal Taillefer de la Chapelle fut 
chargé d'informer sur les crimes imputés à l'évêque d'Albi', 
accusation intimement liée à la cause des hérétiques; le pape 
rendit ensuite, à la date du 12 août 1308, une constitution 
déclarant que, par la commission donnée aux deux cardi- 
naux, il n'avait entendu déroger en rien aux droits ni aux 
prérogatives des évêques, admis à connaître des causes des 
hérétiques leurs diocésains 2. En même temps, Clément V 
se préoccupa de trancher le différend qui avait éclaté entre 
le vidame d'Amiens et l'inquisiteur Geoffroy d'Abluses^, 
car la question était double : il fallait apaiser l'opinion 
et reviser le procès des prisonniers. Bernard de Castanet 
fut transféré au Puy^; le vidame relevé de l'excommu- 
nication s. Mais nous ne voyons pas que la poursuite contre 
les hérétiques, commencée par lui en 1286, ait jamais été 
reconnue comme entachée d'irrégularités. En tout cas, à la 
date de sa translation au Puy, on n'avait pas statué sur le 

1. Regestum, n°» 1753, 2309. 

2. Regestum, n" 2923; Doat, XXXIV, fol. H2-H3. 

3. Cette commission fut encore confiée aux cardinaux Taillefer 
de la Chapelle et Bérenger Frédol, avec le cardinal Etienne de 
Suisy, archidiacre de Bruges, chancelier de France, au titre de 
S. Cyriaque. Bulle du 15 juillet 1308 [Regestum, n» 3569). 

4. Le Regestum de Clément V contient plusieurs bulles rela- 
tives à l'affaire de Bernard de Castanet, évêque d'Albi (n»» 1753, 
2267, 2268, 2309, 2887, 2893, 3370). Il fut transféré au Puy le 
30 juillet 1308, quinze jours après la commission donnée en vue 
d'en Unir avec le différend de Geoffroy d'Abluses et du vidame 
d'Amiens, dont la main se trouve dans tous les embarras de l'In- 
quisition languedocienne pendant cette période. 

5. Voy. la sentence rendue par les cardinaux susdits (Doat, 
XXXIV, fol. 114 v<»-122). 



xl ^- INTRODUCTION. 

fond : à preuve, la bulle de Clément V, du 6 septembre 
1309, annonçant aux inquisiteurs de Carcassonne qu'il 
avait donné le sauf-conduit à Aymeric de Castro, procu- 
reur des plaignants*. L'affaire n'était pas terminée en 1310. 
Probablement elle était restée en suspens à cause du grand 
âge du cardinal Taillefer de la Chapelle, qui mourut en 
1312 âgé de 120 ans. En 1310, elle fut remise au nouvel 
évêque d'Albi, Bernard Desbordes (1308-1311), très aimé 
du pape Clément V^. Mais celui-ci ne voulut ou ne put 
point s'en charger; elle était trop délicate. Des pouvoirs 
furent donc de nouveau donnés à son successeur, Géraud de 
Farges'^. Il est probable que les choses en restèrent là : car 
le pape qui allait succéder à Clément V devait relever Ber- 
nard de Castanet et abaisser Bernard Délicieux. Du moins, 
dans la constitution de Clément V sur l'Inquisition édictée 
au concile de Vienne, on croit entendre l'écho des agita- 
tions tumultueuses du Languedoc, puisqu'il décréta qu'au- 
cune poursuite ne serait faite désormais sans le double con- 
cours de l'évêque diocésain et de l'inquisiteur, que les prisons 
seraient administrées par l'évêque et l'inquisiteur et munies 
de deux geôliers nommés l'un par l'évêque, l'autre par 
l'inquisiteur, chacun avec une clef différente, enfin que nul 

1. Douais, les Manuscrits du château de Merville, p. 51, note 1, 
où se trouve le texte de cette bulle, dont le liegestum, n» 4754, 
n'a donné que le résumé. 

2. Le 8 février 1310, le pape lui mande, ainsi qu'aux inquisi- 
teurs, de faire conduire à Albi les prisonniers détenus à Carcas- 
sonne depuis huit ans, et qu'il nomme, pour que leur cas soit 
examiné juridiquement (Regestiim, n° 5238; Doat, XXXII, 
fol. 60-62). Bulle attribuée faussement à Clément IV par le 
copiste de Doat et par Mabul [Cartulaire, V, 628), qui l'a suivi. 
Publiée par M. Hauréau [Bernard Délicieux ef l'Inquisition albi- 
geoise, p. 194). 

3. Bulle de Clément V du 19 avril 1313 (Regestum, n» 9163). 



INTRODUCTION. xlj 

ne pourrait recevoir la délégation inquisitoriale qu'il n'eut 
quarante ans révolus'. 

Jean XXII (1316-1334), aussitôt pape, créa cardinal- 
évêque de Porto Bernard de Castanet (1316-1317), qui, s'il 
eut l'honneur d'être de la première promotion, ne jouit pas 
longtemps de sa dignité, où il pouvait voir une réparation, 
avec la justification de toute sa conduite. Le 3 septembre 
1319 s'ouvrit à Castelnaudary le procès de Bernard Déli- 
cieux, que le pape, par sa bulle du 16 juillet précédent, 
avait ordonné et confié à l'archevêque de Toulouse, Jean 
Raymond de Comminges, assisté de l'évêque de Pamiers, 
Jacques Fournier (1317-1326), le futur Benoît XII, et de 
l'évêque de Saint-Papoul, Raymond de Mostuéjols (1319- 
1329)-. Ce procès, qui se termina le 8 décembre suivant 
par une sentence de condamnation à la prison perpétuelle 
rendue sur la place du marché du Bourg de Carcassonne^, ne 
peut être attribué à l'Inquisition en ce sens qu'il ne fut pas 
conduit par les titulaires du fameux tribunal ; mais les actes 
qui le composent appartiennent à son histoire, car il n'y a peut- 
être pas de document qui puisse mieux servir à reconstituer 

1. Clementinarum lib. V, tit. III, de haereticis, cap. I-II. — 
On peut dire que, en dehors de cette constitution générale, 
l'œuvre de Clément V, relativement à l'Inquisition, se résume en 
ce qu'il a fait pour le Languedoc. Il ne s'occupa qu'en passant de 
l'Inquisition à Langres (Regestum, n° 5813), à Lyon et à Besan- 
çon (ibid., n"5 8766, 8767). Nous ne voyons pas qu'il soit inter- 
venu dans aucune des autres contrées de l'Europe. 

2. L'archevêché de Toulouse avait été créé deux ans aupara- 
vant, en 1317, l'évêché de Pamiers en 1297 et l'évêché de Saint- 
Papoul en même temps que l'archevêché de Toulouse. La bulle 
de Jean XXII se trouve dans les Actes du procès de Bernard 
Délicieux (Bibl. nat., ms. lat. 4270, fol. 4). 

3. M. Hauréau {op. cit., p. 198) a publié cette sentence d'après 
le ms. lat. 4270 de la Bibl. nat. On la trouve aussi dans Bouges, 
op. cit., p. 610-620. 



/ 



xlij INTRODUCTION. 

la suite des longues agitations dont Carcassonne, Albi et 
même Toulouse furent le théâtre, pendant près de dix ans 
(1295-1304), grâce à ce franciscain et à ses complices. 
Nous ne les avons que d'après une copie du xvii'' siècle ^ 
C'est un regret pour l'éditeur. Ils restent curieux et im- 
portants pour l'historien, aux yeux duquel ils sont une 
preuve éclatante de la réaction que la mollesse de Clément V 
ne put manquer de produire. 

Nous trouvons d'ailleurs une autre preuve de cette réac- 
tion dans la bulle du 30 mars 1317^ par laquelle Jean XXII 
révoqua le sauf-conduit concédé par son prédécesseur à 
Aj^meric de Castro, bourgeois de Carcassonne, et à quelques 
autres, qui avaient obtenu également la protection des car- 
dinaux ; il engagea par là même les inquisiteurs de Carcas- 
sonne à entamer des poursuites contre eux^. Les consuls 
d'Albi, en leur nom et au nom de la ville, durent exprimer 
publiquement leur regret du passé et donner une satisfac- 
tion à l'Eglise^. Tout cela était très significatif. D'autant 
que Jean XXII, en combattant tout mouvement qui se rat- 
tachait à Bernard Délicieux, croyait avec raison frapper du 
même coup les spirituels, les fraticelles, les bizoches et 
autres théoriciens de la pauvreté universelle; car Bernard 
Délicieux n'avait cessé de se réclamer de son frère en reli- 
gion, Pierre-Jean d'Olive, qu'il avait souvent rencontré 
dans les couvents du midi, à Narbonne notamment, où ses 

1. Bibl. nat., ms. lat. 4270. Vol. de 307 feuillets, et feuillets A, 
B préliminaires. Papier, '209™'"X321°"°. Ancien Baluze 280 et 
Ileg. /i2G7''. 

2. 1318 (?). 111° kls. aprilis, anno secundo. 

3. Doat, XXXIV, fol. 138-140. 

4. Le 11 mars 1320 (n. st.). L'évêque d'Albi et l'inquisiteur 
leur en octroyèrent l'absolution publique dans le cimetière de 
Sainte-Cécile (Doat, XXXIV, fol. 170-180). 



INTRODUCTION. xliij 

adeptes et admirateurs, se rendant à son tombeau, célé- 
braient déjà sa fête'. Tout le monde sait combien fut vive et 
opiniâtre la lutte qui s'engagea entre ces nouveaux héré- 
tiques et Jean XXII, lequel déplorait leur extrême diffusion 
dans le midi, où ils pullulaient^. Nous verrons, quand nous 
parlerons des actes des inquisiteurs, que les spirituels et 
les fraticelles leur donnèrent assez de besogne. Ils ne 
furent pas alors les seuls à les occuper. Le néo-dualisme 
et le catharisme avaient baissé, mais pour se fondre dans 
le mysticisme anti-social de Joachim de Flore ou s'effon- 
drer dans de honteuses pratiques, sortilèges, sacrifices 
aux démons, simulation des sacrements. Jean XXII voulut 
que les inquisiteurs poursuivissent sans relâche de tels 
crimes contre la religion, qui, en effet, se rencontraient fré- 
quemment dans le Languedoc^; et ainsi, sans étendre leur 

1. Doat, XXVII, fol. 13-14-15. — On lui attribuait des miracles 
(Doat, XXYII, fol. 18). Voy. Douais, Sculptures Bitterroises du 
XI F« siècle, mémoire communiqué au Congrès des Sociétés savantes, 
le 13 avril 1898. 

2. Jean XXII, par sa bulle du 23 janvier 1317 (1318?), con- 
damna les spirituels, dont il énuméra les nombreuses erreurs 
(Doat, XXXIV, fol. 154 v°-167). Par une autre bulle du 6 no- 
vembre de la même année, il fit poursuivre les meneurs, religieux 
de l'ordre de saint François, qui n'en avaient que le nom, et qui 
se trouvaient alors en Provence (Doat, XXXIV, fol. 143-146). Le 
17 février 1331 (1332?), il fit dénoncer par l'inquisiteur et l'évêque 
de Carcassonne comme excommuniés les fraticelles, si répandus 
dans les diocèses de Carcassonne, de Toulouse, de Narbonne (Doat, 
XXXIV, fol. 147 vo-153). 

3. Nous avons une lettre du cardinal Guillaume -Pierre de 
Godin, évêque dr^ Sabine, qui, écrivant à l'inquisiteur de Tou- 
louse au nom de Jean XXII, le 22 août 1320, lui ordonnait de 
poursuivre tous les devins, adorateurs des démons et autres fai- 
seurs de sortilèges. Le 4 novembre 1331 (?), le pape, reproduisant 
cette lettre, réitéra ses ordres à rarchevêque de Toulouse et à 
l'inquisiteur (Doat, XXXIV, fol. 181 vo-183). 



xliv INTRODUCTION. 

compétence — car, à cette date, ils en connaissaient déjà — 
il porta leur attention et leur activité sur cette autre forme de 
l'hérésie, qui tendait, malgré son ridicule, à détruire, 
comme l'autre, l'unité chrétienne. 

Quelques autres actes du pape Jean XXII méritent encore 
d'être cités, bien qu'ils n'aient rapport qu'à des cas parti- 
culiers. Le 21 mars 1327, il mandait à l'inquisiteur de Pro- 
vence, Michel Lemoine {Michael Monachi), des frères 
Mineurs, de remettre entre les mains de Jean du Prat, 
inquisiteur de Carcassonne, Pierre Trencavel, de Lieuran- 
Cabrières, qui s'était évadé des prisons de Carcassonne, et 
Andrée, sa fille ^ Le même jour, il donnait ordre à Guillaume 
Astre, aussi inquisiteur de Provence et religieux Mineur, 
d'envoyer à Jean du Prat, qui l'avait demandée, une copie 
des aveux de Bernard Maurin, prêtre de Narbonne, aban- 
donné au bras séculier^. Le 16 septembre 1330, il adressait 
une bulle à l'inquisiteur de Carcassonne pour qu'il rendît 
au procureur général des frères Mineurs l'habit religieux de 
Barthélémy Brugère, expulsé de l'ordre, condamné comme 
hérétique et actuellement en prison 3. Il était naturel que 
l'ordre des Mineurs protégeât son habit, c'est-à-dire son 
honneur. 

' On ne recueillera pas, à ma connaissance, dans le bul- 
laire des successeurs de Jean XXII, des actes ou des faits 
notables ayant modifié ou même accéléré la marche de l'In- 
quisition^. Au contraire, elle va décliner, les causes faisant 



1. Doat, XXXV, fol. 18-19. 

2. Doat, XXXV, fol. 46-47. Voy. dans ce même volume de 
Doat, fol. 21 et suiv., les actes de la procédure ouverte contre cet 
hérétique. 

3. Doat, XXXV, fol. 87. 

4. Voici quelques-uns de leurs actes : 30 mars 1353. Inno- 



INTRODUCTION. xlv 

de plus en plus défaut. Il faut donc s'arrêter. J'en ai assez 
(lit, ce me semble, pour faire sentir l'intérêt spécial des 
décrétales. L'impulsion vient du saint-siège, qui arrête les 
formes du droit — nomination du juge et sa compétence, pro- 
cédure et pénalité, — et qui seul a qualité pour recevoir les 
appels et réformer les sentences. Parmi les papes qui ont le 
plus fait pour l'Inquisition languedocienne, il faut compter 
Grégoire IX, Innocent IV, Alexandre IV, Clément IV, Clé- 
ment V et Jean XXII. Si j'excepte Jean XXII, leurs Regesta 
sont publiés en partie ou en totalité. Celles de leurs bulles 
qui sont encore inédites, en petit nombre, se trouvent dans 
Doat. Je n'ai pas manqué de les signaler à l'attention du 
lecteur. 

II. Actes des évêqces. 

A première vue, ce titre peut sembler surprenant, car 
l'inquisiteur, étant un juge délégué par le pape, dont il 
tenait tous ses pouvoirs, n'avait rien à faire, ce semble, 
avec l'évèque diocésain, qui devait tout au moins l'ignorer, 
sinon le combattre. C'est une impression assez commune chez 
les savants et parmi le vulgaire que l'évèque et l'inquisiteur 

cent VI mande à l'inquisiteur de Garcassonne, Amedon de Langres, 
de Lingonis, de faire conduire ad Romanam Curiam Jean de Castil- 
\on et Fra.aQois de Arquata, religieux Mineurs, coupables de crime 
d'hérésie (Doat, XXXV, fol. 130-131). — 19 octobre 1363. Urbain V 
donne à l'évèque et aux inquisiteurs de Garcassonne la déléga- 
tion pour entendre et poursuivre plusieurs prévenus, dont il leur 
avait déjà confié la cause (Doat, XXXV, fol. 132-133), — 14 mai 
1370. Grégoire XI ordonne à l'inquisiteur de Garcassonne de 
libérer de la prison Bidon de Puyguilhem (Dordogne), qui a 
exactement accompli sa pénitence (Doat, XXXV, fol. 134-135). 
— 20 avril 1276. Grégoire XI ordonne aux inquisiteurs de procé- 
der contre tous ceux qui empêcheront la poursuite contre les 
hérétiques (Doat, XXXV, fol. 163-164). 



xlvj INTRODUCTION. 

ne cessèrent de se jalouser et de lutter l'un contre l'autre; 
quelques conflits, notamment l'excommunication de l'arche- 
vêque de Narbonne par l'inquisiteur, justifient pour plusieurs 
cette opinion. 

Que des divergences sur des points de détail se soient 
produites, c'est assez naturel, et je n'y contredirai pas. 
Qu'on ait, à un moment, poussé les évêques à prendre en 
main la poursuite, c'est certaine Mais les évêques du Lan- 
guedoc ne montrèrent pas d'hostilité à l'égard de l'Inquisi- 
tion ; au contraire, ils lui furent sincèrement favorables : ils 
exercèrent même sur ses destinées une influence réelle, que 
l'historien doit retenir. Pour l'apprécier, en mesurer l'éten- 
due et en saisir les effets, il est nécessaire de suivre les 
évêques dans les conciles provinciaux qui se sont tenus à 
l'occasion de la poursuite de l'hérésie et aussi de relever 
les actes de chacun d'entre eux en particulier. Qu'a fait 
l'épiscopat languedocien? Qu'a fait chaque évêque pris à part 
et considéré individuellement? La réponse à ces deux ques- 
tions donnera la clef de leur conduite. 

1. Action collective des évêques. 

En 1229, les évêques des trois provinces de Narbonne, de 
Bordeaux et d'Auch se réunirent à Toulouse, où le cardinal 
de Saint-Ange les convoqua. Je l'ai déjà rappelé; si j'y 
reviens, c'est pour faire remarquer simplement qu'à cette 
heure, certainement solennelle pour la province, les évêques 
s'opposèrent d'autant moins à la poursuite de l'hérésie qu'il 
n'était point question de créer un juge qui fût investi 
de pouvoirs extra-diocésains; les évêques présents furent 
invités à entendre les témoins produits par l'évêque de 

1. ot Temporc quo prelati tenebant inquisitionem, » lit-on dans 
plusieurs dépositions (Doat, XXVI, fol. 297, 308, 340 v°). 



INTRODUCTION. xlvij 

Toulouse, Foulques, et à recevoir leurs dépositions, qui 
devaient être consignées par écrit*. Les statuts proposés par 
le légat et qui sont tout ce concile'-' furent pleinement approu- 
vés par eux; ils trouvèrent la poursuite opportune ou même 
nécessaire; tout le monde, d'ailleurs, pensait de la sorte. 
Guillaume de Puylaurens, prêtre à la vérité, mais aussi 
chapelain du comte de Toulouse, et, à ce titre, favorable 
autant aux institutions locales qu'à l'esprit régnant dans le 
comté, donne bien la note de cette entente, qui réunit tous 
les esprits dans l'unité du but supérieur à atteindre. 

En 1235, les évêques s'assemblèrent à Narbonne, sous la 
présidence de l'archevêque de la ville, Pierre Amelius, qui 
avait déjà montré le plus grand zèle. Cette fois, les évêques, 
laissés à leur propre impulsion, légiférèrent directement et 
par eux-mêmes ; ils y furent provoqués par les inquisiteurs 
eux-mêmes. Dans l'intervalle, un grand fait s'était produit : 
Grégoire IX avait nommé des juges délégués, il avait confié 
au prieur provincial des frères Prêcheurs le soin de les 
choisir, et, bien que je regarde comme une erreur de croire 

1. Guillelmus de Podio Laurentii, Ghronicon, cap. XL. 

2. Labbe, Acta conciL, VU, p. 176 et suiv. Bibl. nat., ms. 
lat. lO-iOS, fol. 207, copie du concile de Toulouse ainsi annoncée: 
Ex bibliotheca Ilpni et R^i Philippi Gar^i^ Filouardi accepta a R^o 
Fran. Pena, nuper Rotte Romane decano, qui in aliquot capita con- 
cilii Tolosani prolixa commentaria cotiscripserat ad maleriam et 
causam Inquisitionis pertinentia. — Le concile d'Arles de 1234 
{ibid., 235 et suiv.) toucha au cas particulier du crime d'hérésie 
reconnu seulement après la mort. Il décida (can. xi) que le cadavre 
serait exhumé et livré au juge séculier, si eorum corpora vel 
ossa ab aliis discerni potuerint, extumulentur et saeciilari judicio 
relinquantur. A remarquer cependant que l'exhumation ne fut 
pas alors imaginée, pas plus qu'elle n'a été introduite à l'occasion 
de l'hérésie. On se borna à appliquer à l'hérésie une vindicte 
déjà admise pour les crimes de droit commun. 



xlviij INTRODUCTION. 

que jamais l'Inquisition ait été dominicaines cependant il 
faut reconnaître que, par le fait de cette commission, le 
juge délégué fut le plus souvent pris parmi les frères Prê- 
cheurs. Or, il arriva que les frères Prêcheurs, les supé- 
rieurs de la province ou les inquisiteurs eux-mêmes, se 
trouvant en présence de cas nouveaux, éprouvèrent des 
difficultés de plusieurs sortes quant à la pénalité, au pou- 
voir de la diminuer, à la culpabilité des relaps, etc. Le 
concile, répondant aux inquisiteurs eux-mêmes, dilec- 
tis et fidelibus in Christo ftliis, ordinis Praedicato- 
rum fratribus, inquisitoribus haereticorum, diriraa les 
doutes, dubitationes vestras, prout possumus, ampu- 
tantes, et fixa des règles qui sont contenues en vingt-neuf 
canons 2, et dont il convient de faire tout au moins remar- 
quer la convenance, puisqu'elles se retrouvent dans la légis- 
lation postérieure des papes. 

Il ne s'agissait pas de poursuivre un fait de conscience 
pure, mais des actes tendant à troubler l'ordre chrétien. 
Quels étaient ces actes cependant parmi les pratiques néo- 
dualistes ou vaudoises, fort variées ou sans rapport étroit 
avec l'hérésie? Il y fut répondu au canon xxix; on n'a qu'à 
rapprocher ce canon des interrogatoires ou aveux faits 
postérieurement, et qui nous sont parvenus en très grand 
nombre, pour voir que l'inquisiteur s'en inspira toujours. 

Chaque inquisiteur avait des pouvoirs égaux, et il arriva 
que la poursuite fut exercée dans les mêmes lieux par plu- 
sieurs inquisiteurs, les uns étant pontificaux, les autres dio- 

1. On trouve parmi les inquisiteurs délégués par le pape de nom- 
breux frères Mineurs. De plus, il y eut encore les inquisiteurs 
diocésains ou épiscopaux, qui souvent se joignirent aux premiers. 
Nous en rencontrerons de nombreux exemples dans le Languedoc. 

2. Acta conciL, VII, 251 et suiv. 



INTRODUCTION. xlix 

césains. Le concile voulut qu'un prévenu n'eût à répondre 
qu'à un seul juge et il fit un devoir à l'inquisiteur de commu- 
niquer les charges pesant sur ce prévenu à ceux des inqui- 
siteurs quibus idem culpaUlis sit astrictus (can. xxi). 
C'était plus sûr, et l'œuvre de salubrité sociale y trouvait 
son compte, tutius et sahibyius est, ut quisque culpabi- 
lis in quibuscumque locis deliquerit, uni et illi tantwn 
inquisitori permaneat obligatus (can. xx)^. 

La modération cependant était fort recommandée : la con- 
damnation ne devait être prononcée qu'à la suite d'un aveu 
formel ou en présence de preuves claires ou catégoriques, 
lucidis et apertis py^obationibus , car il est de beaucoup 
préférable de laisser un crime impuni que de frapper un 
innocent (can. xxiii) : recommandation qui empruntait une 
valeur spéciale au canon suivant, aTix termes duquel tout 
homme, quelle que fût sa situation juridique, était admis 
à déposer contre l'hérétique. Il convenait de tout peser 
rigoureusement pour éviter toute erreur judiciaire et toute 
injustice, mal aussi grand, sinon plus grand que le crime 
poursuivi. 

A la vérité, il n'entra nullement dans la pensée du con- 
cile de Narbonne de formuler des règles ayant une valeur 
absolue et décisive ; les inquisiteurs n'avaient-ils pas leurs 

1. Il semble que l'évèque de Pamiers, Jacques Fournier, et les 
abbés réunis à Garcassonne le 22 février 1325 (n. st.), pour une 
consultation inquisitoriale, se réglèrent, pour un cas, sur ce canon 
du concile. L'inquisiteur Jean du Prat demanda s'il ne devait 
pas surseoir à la sentence contre Bérenger Ilulart, do Narbonne, 
par la raison que celui-ci avait été interrogé par les vicaires de 
l'archevêque avant de l'être par lui. L'évèque et les abbés répon- 
dirent qu'il devait surseoir; et le cas de Bérenger Hulart ne 
fut pas traité dans la consultation qui suivit (Doat, XX VIII, 
fol. 101 v°-102). 

d 



1 INTRODUCTION. 

lumières propres et ne fallait-il pas réserver les droits sou- 
verains du siège apostolique? Du moins, il voulait aider les 
juges délégués, qui, aussi bien, portaient une part, non la 
moins délicate, de Vonus épiscopal, et, sans aucun doute, 
ses « conseils » furent écoutés ^ Les inquisiteurs et les 
évêques marchaient vers le même but : le negotium des 
premiers était le negotium des seconds, in ipso nostro 
negotio; c'est sur ce mot que finit la réponse des évêques 
de Narbonne'. 

\. Les évêques disaient en terminant : « Haecvobis scribimus, 
non ut vos veUmus nostris obiigare consiliis vel arctare, cum 
non deceat concessam vobis discretam arbitrii libertatem, alio- 
rum consiliis, formis seu regulis, quam Sedis Apostolicae, in 
ipsius negotii praejudicium coarctari; sed vestram devotionem 
cupimus adjuvare, sicut et nobis et ab ipsa Sede Apostolica est 
mandatum : ut qui nostra portatis onera, consilium a nobis et 
auxiiium in ipso nostro negotio caritate mutua reportetis. » 

2. Dans Doat, XXXI (fol 155 vo-168, copie d'après un registre 
en parchemin trouvé aux archives do l'Inquisition de la cité de 
Garcassonne), la réponse aux questions posées par les inquisiteurs 
est envoyée aux noms de feu Pierre [Amelius], archevêque de Nar- 
bonne, de G[larin], évêque de Garcassonne, B[ernard Berge], 
évêque d'Elne, Jean [de Montlaur], évêque de Maguelonne, G[uil- 
laume de Gazouls], évêque de Lodève, P[ierre-Raymond Faure], 
évêque d'Agde, Raymond [d'AmauryJ, évêque de Nîmes, Durant, 
évêque d'Albi, P., évêque élu de Béziers, Pons, abbé de Saint- 
Gilles, G., abbé de Saint-Aphrodise de Béziers, et G., abbé de 
Castres. D'après le recueil des conciles, cette réponse aurait été 
expédiée par les archevêques de Narbonne, d'Arles et d'Aix. Il 
faut noter ici cette variante, qui sans doute n'est due ni au hasard 
ni à une erreur. Pourquoi n'admettrions-nous pas que la réponse 
des évêques de Narbonne fut renouvelée avec le concours d'une par- 
tie de l'épiscopat languedocien? Il se trouve que quatre des évêques 
nommés ci-dessus ne furent évêques que plusieurs années après 
le concile de Narbonne et à peu près au même moment : Guil- 
laume de Gazouls, évêque de Lodève en 1241, Pierre-Raymond 
Faure, évêque d'Agde en 1242, Raymond d'Amaury, évêque de 
Nimes en 1242, et P., élu de Béziers en 1242 ou peut-être en 1244. 



INTRODUCTION. Ij 

En 1246, au mois d'avril, les évêques se réunirent en 
concile à Béziers sous la présidence de l'archevêque deNar- 
bonne, Guillaume de la Broue. C'était après le concile géné- 
ral de Lyon et à la suite d'une lettre de l'évêque d'Albano 
écrite au nom du pape Innocent IV à l'archevêque, pour lui 
mander de renouveler aux inquisiteurs la règle établie déjà 
de n'exercer la poursuite qu'avec le concours de l'évêque 
diocésain. A cette occasion, les évêques rédigèrent trente-sept 
articles relatifs à la procédure : Consilium concilii pro- 
vincialis archiepiscopi Narbonensis et suffraganeorutn 
suorum, qualiter sii in inquisitione procedendwyi con- 
tra haereticos. Temps de grâce rendu obligatoire, confes- 
sions reçues par les inquisiteurs, transcrites, mais ne devant 
pas être renouvelées, si ce n'est dans le cas de circons- 
tances nouvelles , citation contre les prévenus , examen 
des hérétiques « parfaits ou revêtus » avec le concours de 
personnes discrètes, bonté à l'égard de ceux qui se conver- 
tissaient, retard dans le prononcé de la sentence pour amener 
les prévenus à se convertir, — ce qui constituait un avan- 
tage pour eux, — et leur en donner le temps : converti 
nolentes, ubi commode poteritis, damnare tardetis, 
ipso s fréquenter tam per vos, quam per alios ad con- 
versionem monentes (cap. XVII), situation juridique des 
héritiers du criminel mort avant sa réconciliation, qui 
devaient satisfaire, ne tantum ac taie crimen remaneat 
in aliquibus impunitum (cap. XIX), cautions, pèleri- 
nages, service en Terre Sainte : tels furent les princi- 
paux points que le concile traita. Il ne s'arrêta point à 
la question des dépenses, frais d'entretien des prisonniers et 

La liste épiscopale de Béziers est fort confuse à cette date. Il 
reste acquis cependant qu'il faut placer vers 1242 ou 1244 la 
réponse renouvelée par les évêques. 



lij INTRODUCTION. 

émoluments des inquisiteurs : un précédent concile de Mont- 
pellier avait réglé ce point. Mais, en ce qui regarde les pri- 
sons, il tint à se conformer aux prescriptions pontificales qui 
avaient imposé le régime des cellules séparées (cap. XXIII); 
et, la prison temporaire étant écartée, il admit des adoucis- 
sements à la prison perpétuelle, comme l'élargissement tem- 
poraire dans l'intérêt des enfants ou des parents, ou même 
la remise complète de la peine moyennant une satisfaction, 
par exemple le service en Terre Sainte. Il voulut que le 
mari ou la femme, selon les cas, jouît toujours du libre accès 
de la cellule (cap. XXV) ^ 

Le concile tenu à Albi, en 1254, par les soins de Zoën 
Tencarari, évêque d'Avignon, légat apostolique, s'occupa 
assez de la poursuite et de ses conditions pour qu'il ait droit 
à être signalé ici^ Il renouvela les principales dispositions 
du concile de Toulouse de 1229; il ordonna notamment que, 
dans chaque paroisse, un prêtre et un laïque fussent char- 
gés de faire une recherche exacte des hérétiques et obligés 
de les dénoncer au bayle de l'archevêque ou de l'évêque ; 
il n'est pas question des inquisiteurs (can. i). Toute capture 
d'un hérétique valait à son auteur un marc d'argent, ou tout 

1. Acta conçu. , VU, 415-423; Doat, XXXI, fol. 126-138, Sus- 
cription dans Doat : a G., Dei gratia Narbonensis arcLiiepiscopus, 
dilcctis in Ghristo inquisitoribas contra hereticos in provincia 
Narbonensi, excepta diocesi Tholosana, et Albiensi, Ruthenensi, 
Mimatensi et Aniciensi diocesibus, auctoritate apostolica consti- 
tutis, fratribus ordiais Predicatorum... » Je pense que la restric- 
tion ici faite n'a pour objet que la délimitation de la province 
ecclésiastique de Narbonne; l'évoque de Toulouse, Raymond du 
Falga, fut, en effet, un des signataires du concile. — Bibl. nat., 
ms. lat. 10405, fol. 272, copie du concile de Béziers de 1246, pro- 
venant sans doute de la même source que la copie du concile de 
Toulouse. Plus haut, p. xlvij, note 2. 

2. Acta conciL, VII, 455-470. 



INTRODUCTION. liij 

au moins vingt sous tournois (can. ii). La maison dans 
laquelle un hérétique était trouvé était rasée (can. vi). 
Il dut être fait et tenu un double des registres de l'Inquisi- 
tion mis en lieu sûr (can. xxi). Le concours ou conseil judi- 
ciaire de l'avocat ne fut point admis, disposition déjà prise 
par le concile de Valence de 1248^ sous prétexte que 
la présence de l'avocat faisait toujours traîner l'affaire 
en longueur, etc. En un mot, le concile provincial 
d'Albi se proposa de continuer le concile de Toulouse, 
auquel il se rattacha directement ; de même, l'on peut dire 
que les conciles de Narbonne et de Béziers, tout en préci- 
sant certaines de ces décisions ou en y ajoutant, s'inspi- 
rèrent de son esprit. On n'hésitera pas à voir dans ces 
quatre conciles, tenus dans le court espace de vingt-six ans 
(1229-1254), le grand monument de la législation inquisi- 
toriale de l'épiscopat languedocien . 

Là ne se borna pas cependant l'action collective des 
évêques. Ils avaient accepté le principe de la poursuite, ils 
avaient assis la procédure : ils devaient soutenir les juges. 
Le 14 juin 1245, les évêques de Carcassonne, d'Elne, de 
Toulouse, d'Uzès, de Lodève, de Nîmes, d'Agde et de 
Béziers, avec les abbés de Saint- Aphrodise, de Saint-Jacques 
de Béziers et de Quarante, adressèrent de Béziers au pape 
Innocent IV, alors à Lyon, et au collège des cardinaux une 
lettre dont l'importance ne saurait échapper à personne^, 
bien qu'elle ne touchât qu'à deux points : l'établisse- 

1. Acta concil., VII, 426 (can. xi). Au moyen âge, on n'était 
pas disposé à croire qu'un avocat, dans un procès de doctrine, pût 
s'empêcher de partager la foi de son client. De plus, l'Église y 
voyait un danger immédiat pour l'avocat. 

2. Lettre au pape, Doat, XXXI, fol. 113-121; Hist. génér. de 
Languedoc, VIII, col. 1173-1175. Lettre aux cardinaux, ibid., 
Doat, XXXI, fol. 122-125; MahuK Cartnlaire, V, 627. 



liv INTRODUCTION. 

ment de l'Inquisition dans la province par le pape Gré- 
goire IX, qui l'avait confiée aux frères Prêcheurs ^ et les 
inconvénients graves qui avaient été la conséquence immé- 
diate de la cessation de la poursuite; ils voulaient n'y voir 
qu'une suspension, d'autant qu'à leurs yeux les frères 
Prêcheurs, juges délégués, n'avaient point excédé; au con- 
traire, ils avaient plutôt montré trop de modération : hac- 
tenus non sine multa mansuetudine et utinam non 
nimia, servato juris ordine, processerunt. 

Certes, au lendemain, pour ainsi dire, du massacre des 
inquisiteurs à Avignonet (1242), on ne pouvait faiblir, et 
les frères Prêcheurs, auxquels appartenait la principale 
victime, Willem Arnaud, n'eussent été abandonnés qu'au 
prix des plus graves intérêts. De fait, nous les trouverons 
à l'œuvre en cette année 1245. Mais il y avait alors une 
tendance à multiplier les inquisiteurs diocésains, et le 
registre du notaire ou greffier de l'Inquisition de Carcas- 
sonne des années 1250 et suivantes met surtout en action 
l'évêque de la ville et ses juges délégués-. Il est vraisem- 
blable qu'Alfonse de Poitiers, qui venait de trouver le comté 
de Toulouse dans l'héritage de sa femme par la mort de 
Raymond VII, jugea cette tendance fâcheuse; il semble 

1, Je mo réserve de traiter la question des origines de l'Inquisi- 
tion dans une Histoire de V Inquisition. M. Tanon, Histoire des tri- 
bunaux de VInquisition en France, p. 171 (Paris, Larose et Forcel, 
ia-8o, 1893), m'a fait dire que saint Dominique serait le fonda- 
teur de l'Inquisition. Je n'ai jamais professé une semblable opi- 
nion, qui serait une énormité. Je n'ai fait que résumer dans le 
passage discuté la bullo de Sixte-Quint, attribuant la charge d'in- 
quisiteur à saint Dominique. J'ai ajouté, en employant une forme 
dubitative : « Saint Dominique aurait ainsi reçu une délégation 
pontificale pour l'inquisition après l'année 1209. » Je discuterai 
ce point spécial dans l'ouvrage annoncé. 

2. Voy. plus bas, p. 115 et suiv., le texte inédit de ce registre. 



[NTRODUCTION. Iv 

qu'il ait voulu réagir contre elle. En juin 1252, les évêques 
de Toulouse, d'Agen, d'Albi et de Carpentras, réunis à Riom 
auprès d'Alfonse de Poitiers, écrivirent aux frères Prê- 
cheurs pour les confirmer dans le pouvoir de juger les héré- 
tiques de leurs diocèses ; ils déclarèrent s'en rapporter au 
trésorier de Poitiers ou à Gui Fulcoy pour le choix qui serait 
fait d'eux, car ils les substituaient à leur place ; ils s'enga- 
geaient à ne point faire opposition à leurs sentences qui 
seraient rendues dans les formes canoniques*. 

Si nous en croyons Gui de Sévérac, il fut encore décidé à 
Riom que l'on ne prendrait point rançon des hérétiques, 
lesquels ainsi ne pourraient se racheter à prix d'argents 
Des irrégularités s'étaient commises : cette résolution le fait 
entendre ; cela fut dit, l'année suivante, par l'archevêque de 
Narbonne, les évêques de Béziers, de Lodève et d'Agde dans 
une lettre qu'ils adressèrent de Béziers au comte Alfonse, le 
26 mai 1253. Ils lui signalaient un abus fréquent dans la 
région toulousaine notamment, in partibus Tholosanis 
inter alla, où les biens des hérétiques revenaient à leurs 
héritiers qui les rachetaient, au préjudice de la foi et con- 
trairement aux statuts du pape et du roi 3. Nous ne savons 



1. Hisi. génér. de Languedoc, VIII, col. 1313, 1314. Cette pièce me 
parait avoir une réelle importance à cette date. Elle se trouve 
aussi dans Doat, copie d'un registre de l'Inquisition de la cité de 
Garcassonne, XXXI, fol. 177-178. 

2. Lettre de Gui de Sévérac au roi : « ... après, sire, je vos fas 
saver que cura vos à Riom, aveque les prelaz et les baros de la 
comté de Tolose, ordenasez e establites que des hereges l'en ne 
preit reemson, mas que l'en lor feit fere la peneence qu'el en 
devret, selon dreit... » {Hist. génér. de Languedoc, VIII, col. 1471). 
Boutaric a réédité cette pièce d'après l'original qui est conservé 
au Trésor des chartes, J. 314, n» 69 (Saint Louis et Alfonse de 
Poitiers, p. 471-475). 

3. Layettes, n" 4054, III, 182, d'après l'original scellé conservé 



Ivj INTRODUCTION. 

pas quelle suite fut donnée à la plainte des évêques par le 
comte. Si Gui de Sévérac a été bien informé, la résolution 
de Riom, sorte de réponse anticipée, l'obligea à réprimer 
l'abus. Vraisemblablement il sévit; mais, dans la suite, 
cette jurisprudence ne prévalut point; nous verrons la 
femme et le fils de Guillaume Garric de Carcassonne, pro- 
fesseur de droit, acheter son hôtel de Carcassonne après la 
saisie qui suivit sa condamnation en 1302 ^ 

Après 1252, les textes qui nous sont parvenus ne signalent 
aucun autre fait d'intervention collective des évêques auprès 
du pouvoir séculier ou pontifical à l'occasion de l'Inquisi- 
tion. Du moins, ils apparaissent plus tard et en nombre res- 
pectable dans les sentences. Par exemple, le 18 décembre 
1300, nous trouvons à Carcassonne Bérenger Frédol, évêque 
de Béziers, Gaucelm de la Garde, évêque de Maguelonne, 
Raymond Coste, évêque d'Elne, et Bernard Saisset, évêque 
de Pamiers; ils assistent à la sentence qui livre Arnaud 
Embrin de Limoux au bras séculier ^ Le 3 décembre 1318, 
à Carcassonne encore, Déodat, premier évêque de Castres, 
Jacques Fournier, évêque de Pamiers (plus tard Benoît XII), 
Barthélémy, premier évêque d'Alet, siègent au tribunal qui 
rend la sentence d'exhumation contre Bernard -Arnaud 
Embrin de Limoux 3. Le 11 décembre précédent, le même 
évêque d'Alet, les vicaires de l'archevêque de Narbonne, 
Bernard de Farges, de l'évêque de Béziers, Guillaume Fré- 

au Trésor des chartes, J. 306. Toulouse, III, n° 87. — Hist. génér. 
de Languedoc, VIII, col. 1322-1324. Boutaric {Saint Louis et 
Alfonse de Poitiers, p. 443, note 6) place faussement cette pièce au 
7 juin; elle est bien du 26 mai, Vil. kalendas junii. 

1. Voy. mon mémoire Guillaume Garric, de Carcassonne, pro- 
fesseur de droit, et le tribunal de V Inquisition^ 1285-1329 (Toulouse, 
Privât, in-8o, 1898). 

2. Doat, XXXII, fol. 113 y<'-124, d'après un vidimus de 1331. 

3. Ibid. 



INTRODUCTION, Ivij 

dol, et de l'évêque de Castres, Déodat, avaient ensemble 
avec les deux inquisiteurs Henri Chamayou et P. Brun pro- 
noncé une commutation de peine en faveur de divers prison- 
niers appartenant aux diocèses de Narbonne, Béziers, 
Carcassonne, Castres, Alet, Nîmes et Lodève^. 

Ce fait d'évêques qui, par eux-mêmes ou par leurs vicaires, 
ne sont plus simplement présents aux sentences, mais encore 
les rendent de concert avec les inquisiteurs, n'est pas rare 
sous le pontificat de Jean XXII ; le tome XXVII de la col- 
lection Doat en fournit assez d'exemples pour que nous })uis- 
sions conclure à leur mutuel et universel concours. Nous en 
avons déjà fait connaître la raison canonique"'. 

Les inquisiteurs Henri Cliamayou et P. Brun, agissant 
tant en leur propre nom qu'au nom de l'évêque d' Agde, qui n'a 
pu se rendre à Carcassonne, Jean Gastanier {de Castanhe- 
rio), commissaire de l'évêque de Béziers, imposent des péni- 
tences ^ De même imposent des pénitences avec ces deux 
inquisiteurs les commissaires des évêques de Carcassonne, 
de Maguelonne, d'Albi, de Béziers, de Saint-Pons-de-Tho- 
mières^ L'évêque de Lodève, Bernard Gui, délègue Henri 
Chamayou et P. Brun, inquisiteurs, à l'effet de prononcer 
une sentence d'exhumation contre Manent Rose, femme de 
B. Sabatier, de Lodève, morte en prison, mais impénitente^. 

1. Doat, XX VII, fol. 3-7. 

2. Voy. plus haut, p. xl. 

3. Doat, XXVII, fol. 89 vo-91. 

4. Doat, XXVII, fol. 91 vo-94. 

5. Doat, XXVII, fol. 97-98. Voy. la déposition ou aveux de 
Manent Rose dans Doat, XXVII, fol. 79 vo-82. — L'ofGcial de 
Castres, au nom de l'évêque de la ville, prononce, avec les inqui- 
siteurs, une condamnation à la prison perpétuelle (Doat, ibid., 
fol. 98 v°-99); de même, les vicaires de l'archevêque de Narbonne 
et de l'évêque de Carcassonne (Doat, ihid., fol. 99 v''-107, 124, 
126, 128). Etc., etc. 



Iviij INTRODUCTION. 

Cet exemple est caractéristique, car il montre l'accord des 
diverses autorités et permet de saisir sur le vif la jurispru- 
dence qui prévaut. Le pape désigne l'inquisiteur, mais 
l'évêque est lui aussi juge ordinaire. Il ne peut y avoir d'op- 
position entre ces deux autorités : l'inquisiteur les unit en 
sa personne ; il agit au nom du pape, d'accord avec l'évêque 
diocésain, qui rend avec lui la sentence. C'est plus qu'un 
simple concours. Et même les évêques acceptent le principe 
d'une consultation large avant la sentence ; ainsi, l'évêque 
de Pamiers, Dominique Grima S l'évêque de Béziers, Guil- 
laume Frédol', l'archevêque de Narbonne, Bernard de 
Farges^. J'ai traité ailleurs la question des consultations 
inquisitoriales^. Je n'y insiste donc pas, d'autant que je 
viens de toucher à l'action individuelle des évêques lan- 
guedociens. S'ils prononçaient des sentences, s'ils consul- 
taient les docteurs et les hommes sages, c'est parce que, 
parmi les prévenus ou les condamnés, se trouvaient de 
leurs diocésains. Il faut donc maintenant les suivre les 
uns après les autres et les voir chacun à l'œuvre. 

2. Action individuelle des évêques. 

A la mort du pape Jean XXII, la région que j'étudie ici 
plus particulièrement comptait vingt-quatre évêchés'^; pen- 

1. Doat, XXVII, fol. 140-146. 

2. Doat, XXVII, fol. 157-162. 

3. Doat, ibid. 

4. Voy. mon mémoire : la Formule « communicato bonorum 
virorum consilio » des sentences inquisitoriales (Paris, in-8°, Bouil- 
lon, 1898). 

5. C'étaient Agde, Agen, Albi, Alet, Béziers, Gahors, Carcas- 
sonne, Castres, Lavaur, Lodève, Maguelonne, Mirepoix, Montau- 
ban, Narbonne, Nîmes, Pamiers, Perpignan (Elne), le Puy, Rodez, 
Saint- Papoul, Saint-Pons, Toulouse, Uzès, Vabres. On sait que 
Boniface VIII avait créé l'évêché de Pamiers et Jean XXII les 



INTRODUCTION. Hx 

dant le siècle qui va de l'année 1229 à l'année 1334 (mort 
de Jean XXII), cent soixante-dix titulaires environ se suc- 
cédèrent sur ces différents sièges. Il ne s'agit pas ici de peser, 
à la balance de l'histoire, la part d'influence qui revient à 
chacun d'eux dans la marche, le fonctionnement et les des- 
tinées de l'Inquisition languedocienne. Userait vraiment trop 
difficile de fixer les poids à mettre dans chaque plateau. Les 
renseignements manquent souvent. Nous ne savons rien des 
rapports de la plupart d'entre eux avec l'Inquisition. L'état 
actuel des documents peut seul ici tracer la marche. Je ne 
m'arrêterai donc à tel ou tel siège qu'autant qu'ils me le 
permettront. 

a. Les archevêques de Narbonne. Narbonne a été la 
seule métropole du Languedoc jusqu'en 1317, année de la 
création de l'archevêché de Toulouse. Il est donc assez natu- 
rel que ses titulaires aient joué dans la poursuite contre les 
hérétiques un rôle important aux moments décisifs et dans 
les affaires ou causes plus considérables'. Cela devait être, 
puisque, au surplus, ils présidèrent les conciles provinciaux 
dont on a pu apprécier l'esprit'. Au début de la poursuite 
inquisitoriale et dans le concile de 1229, il semble que le 
premier rôle revienne à Foulques, évêque de Toulouse; il 
est, du moins, de tous les évêques, celui qui montre le plus 

évêchés d'Alet, de Castres, de Lavaur, de Moatauban, de Mire- 
poix, de Saint-Papoul, de Saint-Pons et de Vabres. 

1. J'ai essayé d'expliquer ailleurs (l'Alhigéisme et les frères Prê- 
cheurs à Narbonne au XI 11^ siècle. Paris, Picard, in-S», 1894) com- 
ment la ville de Narbonne fut mise particulièrement à l'abri de 
l'hérésie. Cependant elle devint, à la fin du xiii« siècle, un des 
principaux champs d'action des fraticelles ou spirituels; et alors 
elle donna asile au catharisme languedocien, qui finit par se 
fondre dans le mouvement mystique parti de Joachira de Flore 
et développé sous l'intluGnce de Pierre-Jean d'Olive. 

2. Voy. plus haut, p. xlvij et suiv. 



Ix INTRODUCTION. 

d'activité. Mais Pierre Amelius, archevêque de Narbonne, 
inaugura pour son diocèse l'institution qui était appelée à 
occuper une place de premier ordre sur la scène du xnf siècle. 
Juge ordinaire, il avait le droit de nommer un juge délégué 
dans les limites de sa juridiction épiscopale; il usa de ce 
droit; il confia la poursuite à frère Ferrier, dominicain : 
c'est du moins l'affirmation qui est contenue dans la déposi- 
tion ou aveu de dame Florensa, femme de Pierre For- 
ners^. Rien ne permet d'y contredire. Ainsi, frère Ferrier 
fut institué juge délégué par l'archevêque de Narbonne 
avant de l'être par le pape. Il n'est que juste d'attacher de 
l'importance à cette initiative, qui était un exemple. Elle 
ne saurait, d'ailleurs, étonner de la part de Pierre Amelius, 
qui déploya toujours le plus grand zèle contre l'hérésie ; ses 
statuts édictés le l**" octobre 1234 le prouvent surabon- 
damment^. Il les rédigea dans l'esprit du concile de Tou- 

1. « Item, dixit quod, dura ipsa testis et Rd», soror sua, starent 
apud Narbonam, venerunt ad doraum ipsius testis et sororis sue 
quidam qui vocabatur W. Bertrand! cum aliis iiii°'" hominibus, 
et comederunt in domo ipsius testis; et dicti homines erant nun- 
cii hereticorurn et duxerant duos hereticos ad domum R^' Johan- 
nis de Narbona; set ipsa testis neque soror sua sciebant lioc; set 
postea audierunt dici, quando fuit captus dictus Rdus Johannis; 
et tune bailivus domini archiepiscopi Narbonensis cepit ipsam 
testera, et Raimundam, sororem suam, et duxit eas ad curiam 
domini archiepiscopi; et tune frater Ferrarius, qui tune erat 
inquisitor auctoritate domini archiepiscopi, reconciliavit ipsam 
testera et Rdam^ sororera ipsius testis » (Bibl. de la ville de Tou- 
louse, ras. 609, fol. 5 v°). Cette déposition fut reçue le l^"" juillet 
1245 par Bernard de Caux, inquisiteur; raais le fait en question 
doit être placé à l'année 1229 ou l'année 1230, puisque le témoin 
interrogé sur le temps répondit : « Sont xvi anni vel circa » 
(Ibid.). C'est vers 1230 qu'il faut placer les poursuites exercées 
par Ferrier à Limoux et à Saissac (ibid., fol. 18 vo-19). Voy. plus 
bas, à l'article des inquisiteurs. 

2. Hist. génér. de Languedoc, VIII, col. 981-983. 



INTRODUCTION. Ixj 

louse, dont il adopta plusieurs dispositions, par exemple 
l'article qui ordonnait la démolition des maisons où les 
hérétiques seraient capturés. Cependant c'est à son officiai, 
non à frère Ferrier, qu'il renvoya les hérétiques et autres 
prévenus d'hérésie, sans doute parce que déjà, à cette date, 
Ferrier avait reçu la délégation pontificale. En tout cas, ses 
officiers de justice semblent, à cette occasion, avoir redoublé 
de vigilance. Quant à lui, il n'hésita pas à venir déposer 
dans le procès de Bernard Othon de Niort (Aude), de sa mère 
et de ses frères, devant l'évêque de Toulouse, le prévôt de 
Saint-Etienne et l'archidiacre de Garcassonne délégués en la 
cause par le pape. Il n'hésita pas davantage à dire tout ce 
qu'il savait d'eux, et sa déposition nous le montre à l'œuvre 
contre l'hérésie, avec quelle ardeur, le lecteur va en juger. 

Hec est ixquisitio facta contra B. Othonem et fratres 

ejus et matrem. 

Dominus Archiepiscopus Narbonensis, diocesanus ipsorum, 
testis juratus et interrogatus an suprascripti nobiles sint here- 
ticorura publici defensores et an sint pubhce de heresi infamati, 
et an a catholicis heretici reputentur, et an maxima pars terre, 
illorum exemplo, inflci timeatur heretica pravitate, dixit quod 
hec omnia crédit firmiter et etiam scit. 

Interrogatus quomodo scit, dixit quod sicut diocesanus débet 
scire, et addidit cum scriptura, quam sub eodem tradidil jura- 
mento, hoc modo. 

Nos P., Dei gratia Archiepiscopus Narbonensis, tesUficamur 
Dec et vobis, domine episcope Tholosane, et vobis preposito 
ejusdem ecclesie, et vobis archidiacono Garcassone, inquisito- 
ribus dalis a domino papa contra matrem B. Othonis et eun- 
dcm B. Othonem et fratres suos in facto hereUce pravitatis. 

In primis dicimus, sub vigore juramenli, quod ipsa est here- 
tica perfecta etveslita; set modo propter metum hujus inquisi- 
tionis data est sibi licentia quod coraedal carnes, et mentiatur 



Ixij INTRODUCTION. 

et faciat quecumque volueril, ita tamen quod circa Mus ipsius 
sta[re]t hereticus qui consolaretur eam, si necesse esset. 

De B. Olhoiie et fratribus suis, dicimus quod credentes sunt, 
faulores et receptatores hereticorum. Omnia ista conslanl nobis 
per veridicam relationem multorum bonorum virorum et reli- 
giosorum. 

Dicimus eliam quod in Castro de Aniorto habitant quinque 
heretici publiée et aperte in officiis suis, sicut nos manifeste 
diximus sepe B. Othoni et G. de Aniorto ; et propter hoc non 
fuerunt remoti. 

Dicimus etiam quod in Castro de Dorn[h]a manet Navarra de 
Cerniano (Cerviano?) et illa domina de Garamanh, et cum ipsis 
bene circa xxx heretici; ad quod sciendum hoc anno misimus 
exploratores nostros et ita invenimus pro vero esse; et ista 
omnia B. Othonis et G. de Aniorto nunciavimus, [adicientes] 
quod eosdem nobis redderent-, et facere contempserunt. 

Quid autem apud Lauriacum et apud Belsplas de nuntiis 
comitis Tholosani et vestris, domine episcope, factum fuit et 
ablatione hereticorum et pluribus aliis circa eorumdem factum, 
vos melius nobis nostis, quando B. Otho apud Gastrum de Viri- 
difolio fuit aliqualiter vulneratus in fronte nec habuit requiem 
quousque Lauracum venit et habuit ibi congregatos omnes fra- 
tres suos, et postmodum quampiures hereticos ; et ex relatione 
multorum bonorum nobis constitit quod ibi publiée et aperte 
cum eo raulli heretici fuerunt visi; quod etiam potestis scire 
per multos in Castro de Lauriaco; senescallus Garcassone, 
Andréas Chaulets nomine, habuit unum de illis hereticis in 
carcere suo, qui manifeste coram multis dicebat quod ipse fue- 
rat ibi de mandato B. Othonis, et quod ipse B. Otho et mater et 
oranes fratres ejus de secta eorum sunt, sicut ex testimonio 
multorum bonorum virorum poteritis hoc scire; unde ille senes- 
callus, quia circumducebat illum hereticum, specialiter fuit 
propter hoc proditionaliter interfectus. 

Testificamur etiam quod B. Otho, petens a nobis consilium 
quomodo posset uxorem quam habet de Gabareto dimittere, 
dixit quod uxorem suam, Novam nomine, faceret nobis capi in 
caméra sua propria cum multis hereticis, si propter hoc posset 
dimittere eam. Requisitus quomodo hoc posset fieri, dixit quod 



INTRODUCTION. Ixiij 

« facile, quia die noctuque el omni hora in caméra mea cum 
ipsa habitant. » 

Audivimus etiam dominum Romanum cardinalem et domi- 
num Garcassone [episcopum] dicentes quod in inquisitione que 
facta erat Tholose contra herelicos et credentes, multa fuerant 
sufficienti fine probata contra B. Othoncm, que in ipsa inquisi- 
tione poterunt inveniri, quam vos, domine episcope. habcre 
debetis. Nos etiam in eadem multa enormia legiraus deeo fuisse 
probata. 

Preterea audivimus sepe rixantem dominum Simonem, comi- 
tem Montisfortis, bone memorie, cum G. de Aniorto, viro pre- 
dicte mulieris et pâtre dictorum maledictorum de Aniorto, 
impcrans [corr. : improperantem) ei quod fratrem, vel unum 
lilium, vel unam filiam ad fidem calholicam non confirmasset, 
qui dicebat se non posse et rogabat eum quod non vexaret eum 
super materia ista, asserens quod semper erat in pace extra 
domum propriam. 

Testificamur etiam quod nos in propria persona venimus 
apud Rocafolium, castrum illorum de Aniorto; et ibi inveni- 
mus Esclarmundam, matrem B. Othonis et fratrum suorum, 
nunciantes eidem quod ipsa minus bene faciebat in fide catho- 
lica, quod volebamus audire ab ipsa et inquirere utrum nosset 
articulos fidei, quia multum super hoc fuerat infamata; que res- 
pondit nobis quod melius credebat in fide quam nos vel omnes 
prelati de mundo; et nunquam aliter respondit nobis; et sic 
supra modum dimisimus eam iratam^ 

Cette déposition écrite paraîtra curieuse. Le meurtre 
d'André de Chaulet ou Calvet, qualifié sénéchal de Carcas- 
sonne, n'a pas sans doute échappé à l'historien de la pro- 
vince^ Mais nous y voyons, en termes explicites, que les 

1. Doat, XXI, fol. 34-35. L'orthographe de la pièce déligurée 
par le copiste a été ramenée aux formes du xm^ siècle. 

2. D. Vaissète, Hist. génér. de Languedoc, VI, p. 659, d'après 
Guillaume de Puylaurens, Chronicon, cap. XL : « In illis autem 
(liebup fuit interfectus Andréas Galveti, miles strenuus sencscal- 
lus Régis interceptus ab hostibus in bosco qui dicitur Geniena- 



Ixiv INTRODUCTION. 

Niort avaient trempé dans ce crime, et par là nous compre- 
nons l'importance qu'on attacha à leur poursuite, sans 
compter qu'ils avaient toujours appartenu à l'hérésie, dont 
ils partageaient les vues ambitieuses : il est trop clair qu'en 
soupçonnant et écartant la foi professée par le sacerdoce, 
elle voulait se substituer à l'Église. Quant à B. Othon, il 
n'était qu'à moitié convaincu. Il faisait bon marché de ses 
frères en hérésie, qu'il eût livrés gaiement pour se défaire de 
sa femme Nova. Il se considérait comme leur prisonnier; 
et comme Simon de Montfort lui reprochait de maintenir en 
dehors de la foi catholique son frère, son fils ou même sa 
fille, il lui répondit qu'il ne pouvait faire autrement. 

Cette déposition paraîtra curieuse encore parce que Pierre 
Amelius y soulève lui-même un peu le voile qui, malgré 
tout, le cache aux yeux de l'histoire. En relation avec 
Simon de Montfort avant son élévation à l'épiscopat, il 
partagea son ardeur contre l'hérésie; archevêque, il eût 
voulu la refouler loin du Narbonnais. C'est avec une sorte 
de curiosité inquiète, relevée chez lui par la conscience d'un 
grand devoir, qu'il en suivait tous les mouvements pour 
mieux l'atteindre, et peut-être est-ce à lui qu'il faut faire 
remonter l'arrestation d'Alasac, un hérétique de marque, 
remuant et trop écouté. Archevêque dès 1226, c'est cepen- 
dant après le concile de Toulouse qu'il mit en œuvre ses 
immenses ressources de zèle ; s'il s'engagea dans des que- 
relles pénibles avec le Bourg et le vicomte de Narbonne, ce 
fut pour faire triompher la liberté de l'Eglise; en soute- 



ria. » Ce meurtre arriva en 1230. D. Vaissète a eu tort, on le voit 
par la déposition de l'archevêque, de faire d'André Calvet un 
sénéchal de Toulouse. Cf. M. Petit-Dutaillis, Étude sur la vie et 
le règne de Louis VHI (1187-1226), p. 318, note 7 (Paris, Bouillon, 
in-8o, 1894). 



INTRODUCTION. Ixv 

nant la fondation, depuis plusieurs années entravée, du 
couvent des frères Prêcheurs, il n'eut d'autre but que d'as- 
surer des défenseurs à la foi et d'organiser des troupes contre 
un ennemi déjà séculaire. Il n'est dès lors nullement sur- 
prenant qu'il ait regardé toute l'œuvre de son épiscopat 
comme ruinée par le meurtre des inquisiteurs à Avignonet 
(1242); bien que ce lieu se trouvât dans le diocèse de Tou- 
louse, il n'hésita pas à fulminer l'excommunication contre 
ceux qui avaient tué les inquisiteurs zn Tolosa et diocesi 
Tolosana. Bien plus, il frappa comme fauteurs d'hérésie le 
comte de Toulouse et quelques-uns des plus puissants 
barons du pays, le comte de Comminges, le comte de Rodez, 
Olivier de Termes, Ayraeric de Clermont, Pons de Ville- 
neuve, Pons d'Olargues et quelques autres. Enfin, il excom- 
munia tout habitant du Minervois, du Narbonnais, du 
Razès et du Termenés qui désormais recevrait des héré- 
tiques (21 juillet 1242)*. Cette mesure, grave sans aucun 
doute, puisqu'elle frappait des hommes considérables avec x 
lesquels il fallait compter et qu'elle pouvait atteindre des 
contrées entières, nous donne la note de cette âme ardente, 
qui, à cette heure, unissait dans la même pensée les intérêts 
« de l'Eglise et du Roi, » puisqu'il sévit contre tous ceux 
qui adhéraient au comte de Toulouse « in prejudicium 
Ecclesie et Régis. » La sentence produisit son effet, au 
moins en ce qui regarde Raymond VII, qui dut mériter de 
se faire relever de l'excommunication^ par son dévouement, 
apparent du moins, au pape Innocent IV ^. En un mot, 

1. Hist. génér. ds Languedoc, VIII, col. 1000, 1091. 

2. Ibid., col. 1145-1146. Trésor des chartes, J. 306, original 
(14 mars 1244). 

3. Voy. l'ouvrage de M. Elle Berger, Saint Louis et Innocent IV, 
p. 14 et suiv,, p. 68 et suiv., p. 127, p. 145 et suiv., etc. (Paris, 
in-S», Thorin, 1893). 

a 



Ixvj INTRODUCTION. 

tous les documents que nous avons nous montrent l'arche- 
vêque Pierre Amelius absorbé par les pressants besoins de 
la situation actuelle, troublée et inquiétante, à laquelle il 
s'efforça de parer jusqu'à sa mort (20 mai 1245). 

Son successeur, Guillaume de la Broue (1245-1257), con- 
tinua cette tradition, qui paraîtra peut-être s'inspirer d'une 
rigueur excessive. Cela serait particulièrement vrai s'il 
nous était loisible de lui attribuer en toute certitude la 
réponse à une consultation' des inquisiteurs que le copiste 
de Doat a mise à tort sous le nom d'Arnaud, archevêque de 
Narbonne, lequel ne pourrait être qu'Arnaud Amauri, pré- 
cédemment légat, mort en 1226, avant l'établissement de 
l'Inquisition. Je serais assez porté à écarter, mais pour une 
autre raison, Pierre Amelius, car il y est question de dépo- 
sitions faites aux inquisiteurs précédents, et surtout il y est 
remarqué que les prévenus se plaisaient à dire qu'ils 
n'avaient pas à répondre sur des faits remontant à vingt 
ans, sans doute parce qu'à leurs yeux l'Inquisition ne 
devait connaître que des délits commis depuis son établisse- 
ment. Et si l'on songe que les évêques la faisaient remonter 
non au concile de Toulouse, mais à la bulle de Grégoire IX, 
conférant au provincial des frères Prêcheurs le pouvoir de 
donner à ses religieux la délégation inquisitoriale, il ne 
paraîtra pas trop téméraire de placer vers l'année 1253 ou 
1254 la réponse à la consultation des inquisiteurs, et, dans 
ce cas, elle sera de Guillaume de la Broue. 

Voici cette pièce inédite, qui, quel qu'en soit l'auteur, 
présente un réel intérêt : 

Ârnaldus [corr. : Guillelmus), Dei gralia sancte Narbonensis 
ecclesie archiepiscopus, InquisiLoribus herelicc pravilalis, clc. 
GonsuUalioni vesLre super fado Alberti de Monlecogul sic duxi- 
mus respondendum quod, si constat vobis quod post heresim 



INTRODUCTION. Ixvij 

abjuratam in eandcm relapsus fuerit, credimus, juxla decreta- 
lem Ad aholendum\ etc., illos quoque^, ipsum, sine audientia, 
seculari curie relinquendum. Si vero non constet quod heresim 
abjuraverit et postmodum rediens in eandem vere relapsus dici 
possit, ex quo in heresi deprehensus est et tociens de heresi 
condempnatus, nec etiam, ut asseritis, adhuc plene confiteatur, 
si talia per testes idoneos ultra suam confessionem invenianlur 
probata contra cum, de quibus verisimile sit eum maliciose 
tacere, credimus eum hereticum judicandum. 

Item, si plene suam heresim confiteatur et promittat se 
mandatis ecclesie in omnibus subjacere, ex quo deprehensus 
est in heresi credimus, juxta Decretalem Excommunicamus^ , 
eum in perpetuum carcerem detrudendum , maxime tempore 
{corr. : si forte) sua subterfugia et scelera [sint] manifesta. 

Circa illos vero qui dicunt se alias suas hereses veteres con- 
fessos fuisse aliis inquisitoribuS; si modo confessiones hujus- 
modi haberj non possunt per ipsos inquisitores, vel alias, et 
dicte persone dicunt se non recordari de commissis, sic credi- 
mus distinguendum, quod, si predicte persone sunt suspecte et 
de heresi infamate, juxta qualitatem personarum per durum car- 
cerem et vitam artara est ab eis confessio extorquenda ; et si 
sic extorqueri non potest, ex quo confitentur quod olim hereses 
suas confessi fuerint, cum presumatur quod per maliciam veri- 
tatem occultent, nec appareat quod penitentiam receperint, 
credimus eos ad crucem vel carcerem condempnandos, sicut dis- 
cretioni vestre et quaUtati negocii videbitur expedire. 

Illos vero qui a xx annis supra vel circiter possunt probabi- 
liter de heresi convinci, non credimus pretextu temporis posse 
cxcusari quin procedatur contra eos ad crucem vel ad carcerem, 
prout qualitas seu quantitas delicti hoc requiret. 

Contra illas vero personas que in morte fuerint hereticate vel 
ab hereticis consolate, non obstante nobiUlate vel potentia ali- 
qua, rogamus et consulimus quod sine acceptione persone viri- 

\. Décrétai. Gregor. IX, lib. V, tit. VII, De haereticis, G. 9. 

2. Ibid., Corpus juris canonici, Pars secunda (t. II), col. 781, 
éd. de Friedberg. Leipzig, 1881. 

3. Décrétai. Gregor. IX, lib. V, tit. VII, De haereticis, C. 15. 



Ixviij INTRODUCTION. 

liter, quantum secundum Deum et justiciam ac formam inqui- 
sitionis poteritis, procedatis. 

Item, domini qui commissa hereticorum recipiunt et bailivi 
eorum, ex quo emolumentum magnorum et divitum recipiunt 
compeili possunt et debent, ut et ipsorum et pauperum onus 
portent. 

Datura Narbone, 1111° kls. januarii<. 

Cette réponse à une consultation d'inquisiteurs qui restent 
inconnus provoque deux ou trois réflexions. D'abord, pour 
suivre l'ordre adopté par l'archevêque de Narbonne, la for- 
mule seculari curiae relinquendum avec la conséquence 
pénale que l'on sait est empruntée à la Décrétale Ad abo- 
lendam, qui, je le rappelle ici, fut édictée par Lucius III 
au concile de Vérone en 1184 2, Et cependant on l'attribue 
généralement à l'Inquisition qui, dans la réalité, s'est bor- 
née à en faire usage. Elle ne l'a pas inventée. 

Ensuite, la Décrétale Eœcommunicaynus , prononçant 
la prison perpétuelle, a pour auteur Grégoire IX, et Ray- 
naldi n'a pas hésité à la placer à l'année 1229-^. Personne 
ne songera donc à dire que la prison perpétuelle ait été une 
peine propre à l'Inquisition. Elle frappait d'une manière 
générale l'hérétique. Et même nous avons quelques sen- 
tences d'inquisiteurs condamnant à la prison temporaire, 
contrairement à cet esprit. 

Enfin, il n'est ici parlé que de la prison et des souffrances 

1. Doat, XXXI, fol. 57-59. 

2. Jaffé, 9635. Frédéric II plus tard (1224) prononça contre 
l'hérétique la peine du feu avec cette aggravation qu'il aurait la 
langue coupée. (Huillard-BréhoUes, Historia diplomatica Friderici 
secundi, t. II, p. 421, 111-4°. Paris, Pion, 6 vol., 1852-1861.) 

3. Ad an. 1228, § 37; Potthast, 9675, cf. 8445. Anathème 
renouvelé en 1231. Les Registres de Grégoire IX, n° 539 (publiés 
par M. Auvray). 



INTRODUCTION. Ixix 

de la détention employées comme moyens d'obtenir l'aveu, 
et de ces moyens on fait encore un large usage. La torture 
apparaît dans ce document, quin procedatur contra eos 
ad crucem. Mais j'aurai l'occasion de revenir sur le sujet 
de la torture, et je passe à une autre consultation et à la 
réponse qui la suivit. 

Cette consultation eut pour auteurs les inquisiteurs Ber- 
nard de Caux et Jean de Saint-Pierre, dont je publie ici 
les sentences connues. Plusieurs cas actuels les troublaient ; 
ils ne savaient comment les résoudre ni quelle issue ils 
devaient donner à tel procès engagé. Cet embarras venait 
en partie de ce que plusieurs des registres du tribunal, 
contenant des dépositions antérieures, avaient été dérobés 
et livrés au feu, par exemple à Caune et à Avignonet. Les 
prévenus avaient trouvé commode et facile de taire la 
vérité. On n'avait plus la preuve que tel fût mort ou non 
dans l'hérésie, et on ne savait pas s'il fallait ou non pro- 
noncer l'exhumation. Voici la réponse de Guillaume de la 
Broue, du l*"" octobre 1248 : 

G., Dei gratia sancte Narbonensis ecciesie archiepiscopus, 
viris religiosis fratribus ordinis Predicatorum B. de Gautio et 
Jobanni de Sancto Petro, inquisitoribus heretice pravilatis in 
provincia Narbonensi auctoritateapostolicaconstitutis, salutem 
in Domino Jiiesu Christo. — De Petro Guillelmi, de Aniorto, et 
uxore ejus, Arnaldo Sabaterii et Rixenda, uxore ejus, Guil- 
lelmo Arnaldi penchenerio et Guillelma, uxore ejus, etc., quo- 
rum quidam in culpam labis herelice abjuralam relapsi, qui- 
dam cum prias culpis suis exigentibus dampnali fuissent, ad 
cor postmodum redeuntes se mandatis Ecciesie subjecerunt, 
quidam cum in memorato crimine deliquissenl in tantum quod 
credentes eorum possent merito judicari citati post combustio- 
nem Ubrorum generaliter nequaquam infra terminum assigna- 
tum curaverunl venire, quidam veritatem de qua vobis vel per 
lestes vel per confessiones proprias ex libris combustis, aut 



Ixx INTRODUCTION. 

penitentiarum, aut aliis actis inquisitionis constare potest, sup- 
pressisse inventi sunt , consuliraus, si corde contrili plenam 
veritatem de se dicentes et alias humiliter ad ecclesiasticam 
redire unitatem el veslris voluerint obedire mandatis, eos juxta 
mandatum apostolicum in perpetao carcere detrudatis; quod 
si forte, oblata eis légitime defensionis copia, se non defende- 
rint, aut contumaciter vestris renuerint obedire mandatis, eos- 
dem hereticos judicantes secuiari judicio relinquatis. Gonsuli- 
mus eliam ut [corr. quod) quantumcumquc culpabilem in diclo 
crimine quemquam inveneritis, si vobis signis conversionis 
ejus et penitentie in fine habitis canonice constare poterit, ad 
ipsius defuncti condempnationem nullatenus procedatis, set ab 
eis ad quos bona devenerint ejusdem, acsi ipse vobis confessus 
decessisset penitenlia non injuncta satisfactionera congruam 
exigatis. Canonice autem de signis constare intelligimus, si 
confessor deposuerit quod ei confessus fuit defunctus se in 
dicto crimine deliquisse, vel si, confessoris ejusdem testatione 
incendio librorum vel aliter amissa, ipso confessore mortuo, 
notarius qui eam receperat juraverit ipsum confessorem in for- 
mam deposuisse predictam. Datum Narbone, kls. octobris, 
anno Domini M»CG"XLVIIP'. 

On remarquera sans doute la modération ou même la 
douceur de la partie de cette consultation relative aux 
exhumations. Pourrait-on en conclure que l'archevêque 
de Narbonne, qui n'aurait écarté cette peine qu'à la con- 
dition de se mettre en opposition avec le droit en vigueur 
dans les deux juridictions ecclésiastique et séculière, les 
voulait aussi rares que possible ? Il semble ne pas avoir été 
indifférent aux impressions de la foule et à l'effet produit 
sur l'opinion. Et, pour ce qui le regarde, on peut dire qu'il 
s'entoura de précautions minutieuses, autant par amour de 
la justice que par besoin de paix. 

Nous avons de lui une sentence qu'il prononça, le25 jan- 

1. Doat, XXXI, fol. 149-150. 



INTRODUCTION. Ixxj 

vier 1251, dans son église cathédrale' et par laqueUe il 
condamna à la prison perpétuelle deux femmes vaudoises du 
Bourg de Narbonne. Remarquez qu'archevêque, il avait 
la juridiction ordinaire, et c'est en vertu de sa qualité de 
juge ordinaire, ex jurisdictione ordinaria, qu'il instrui- 
sit leur cause. Cependant il adopta la procédure du juge 
délégué, en un point qui avait dès lors à ses yeux une 
sérieuse importance. Les sentences des inquisiteurs de cette 
date contiennent cette formule : communicato multorum 
praelatorum et aliorum virorum consilio; mais elle reste 
invariablement aussi simple et sommaire. Dans la sentence 
rédigée par Guillaume de la Broue, elle est au contraire 
analytique, et par là même fort instructive : Assidentibus 
nobis venerabilibus B. abhcde Sancti Pauli Narbone, 
P. Narbonensi, B. Corbariensi, magistro Helya lied- 
densi archidiaconis , S. Amelii precentore ecclesie 
Narbonensis, S. Johannini sacrista, Br. de Narbona 
succentore Narbone, et B. precentore Sancti Pauli 
Narbone. Voilà les viri que l'archevêque a consultés, et 
c'est d'après leur avis qu'il rend la sentence : de ipsorum 
et aliorum sapientum et bonorum virorum consilio. 
Les inquisiteurs ne devaient pas, ne pouvaient pas pronon- 
cer seuls; ils faisaient appel aux lumières diocésaines. Au 
premier abord, on serait assez porté à croire que cette dis- 
position fut adoptée pour ménager l'autorité du juge ordi- 
naire, qui avait droit à tout respect et qu'on ne pouvait 
récuser. Il y avait, ce semble, une autre raison. Si la 
consultation fut admise comme une règle dans les tri- 
bunaux de l'Inquisition, c'est sans doute à cause de la 
nature du délit. Il importait de ne pas se méprendre sur 

1. Hist. génér. de Languedoc, VIII, col. 1272, 1273. 



Ixxij INTRODUCTION. 

chaque cause, sur la gravité ou même l'existence de la faute 
commise contre la foi et l'unité de l'Église, sur la peine ou 
pénitence qu'elle comportait. Il est intéressant de voir que 
le principe de la consultation fut introduit dans les tribu- 
naux épiscopaux pour de semblables cas, mais seulement 
après l'établissement de l'Inquisition, comme si la nouvelle 
juridiction, en forçant l'attention, eût obligé à plus de pru- 
dence. 

Les inquisiteurs adressèrent encore des questions à un 
autre archevêque de Narbonne, Gui Fulcoy (1259), le 
futur Clément IV (1265-1268). Il ne faut pas s'en étonner, 
car bien des points restaient incertains, m.ême après les 
décrétales des papes, et ils désiraient ne pas s'écarter de 
l'esprit des règles posées. L'archevêque de Narbonne était 
appelé par sa haute situation à résoudre les doutes. Il n'est 
que juste d'ajouter que Gui Fulcoy, très apprécié par saint 
Louis, jouissait comme juriste d'une solide réputation. Sa. 
dignité et ses mérites personnels le désignaient également. 

Nous avons de lui quinze Quaestiones que Caréna a lon- 
guement commentées au xvif siècle^ : conflit de juridiction, 
temps de grâce'^ et comparutions spontanées, entretien des 
inquisiteurs et de leurs notaires, délégation, changement de 
domicile, absents, hérétiques morts avant la pénitence, 
témoins, etc., etc., tels sont les principaux points abordés ; 
ils le furent avec une compétence remarquable. 

Les réponses faites par Gui Fulcoy aux questions posées 

1. Tractatus de offîcio sanctissimae inquisitionis , p. 469-504 
(Lyon, in-40, 1649). — On trouve dans le Vat. lat. 3978 et dans 
Doat, XXXVI, fol. 204 et suiv., une copie des Quaestiones de 
Gui Fulcoy. 

2. Le temps de grâce assurait l'impunité en ce qui regarde la 
mort, la prison et la confiscation des biens : observatur impunitas, 
mortis videlicet, carceris et confiscationis. 



INTRODUCTION. Ixxiij 

par les inquisiteurs n'avaient pas à ses yeux la valeur d'une 
décision d'autorité ; il ne voulut pas leur donner cette impor- 
tance; c'est le docteur privé et non le juge qui parle : 
Sponte judicio meo redeunt, Consulerem quod. Credo 
de jure canonico posse pronunciari, etc. Mais elles se 
distinguent par la netteté des solutions et la force des rai- 
sonnements abondamment documentés. Tout y est rigou- 
reusement précis. Nul doute que les inquisiteurs s'en soient 
inspirés. 

Bernard de Farges (1311-1341), le dernier des arche- 
vêques de Narbonne dont j'aie à parler ici, nous transporte 
au temps du concile de Vienne où Clément V publia la 
constitution Midtorum querela, ordonnant entre autres 
choses que la poursuite inquisitoriale se ferait désormais tam 
per dioecesanos episcopos quam per inquisitores a sede 
apostolica deputatos^. C'est sans doute pour se conformer 
à cette règle que Bernard de Farges nomma successivement 
inquisiteurs pour la ville et le diocèse Jean de Beaune {de 
Belna), des frères Prêcheurs, Bertrand d'Auriac et Hugues 
de Badafolio, officiai de Limoux, puis Germain d'Alanh 
{de Alanhano), archiprètre de Narbonne et curé de Capes- 
tang (Hérault), qui, comme commissaire diocésain, approuva 
les lettres d'absolution concédées par Jean du Prat, inquisi- 
teur, à Jean d'Avignon, cardeur de draps de Narbonne ^ 
prononça des exhumations^ et autres sentences "• ou même 



1. Clementinarum lib. V, tit. III, De haereticis, G. 1. 

2. Les lettres sont du l*"" mars 1325 (n. st.), Garcassonne, et 
l'approbation du 12 mars suivant, Sigean (Doat, XXVIII, 
fol. 171-174). 

3. Doat, XXVII, fol. 99 v°, 107, 132, 133. 

4. Doat, XXVII, fol. 134-135 (11 décembre 1328), fol. 109-112, 
128-130, 131-132, 245 vo-247. 



Ixxiv INTRODUCTION. 

délégua ses pouvoirs déjuge'. D'autres commissaires furent 
encore nommés par l'archevêque avec mission d'assister à 
divers serrnones où le sort d'hérétiques narbonnais devait 
se décider. Quant à lui, entouré de ses officiers, il tint un 
sermo solennel à Narbonne, dans le cimetière Saint-Félix, 
le 11 décembre 1328, et, dans cette circonstance, il pro- 
nonça des grâces, excommunia, comme c'était l'usage, tous 
ceux qui pourraient oser faire obstacle à l'Inquisition et 
reçut le serment du vicomte Aymeric de poursuivre les 
hérétiques 2. 

b. Les évêques de Toulouse. Les sources historiques, 
dans leur état actuel, ne présentent que trois évêques de Tou- 
louse dont l'influence se soit fait sentir dans la poursuite de 
l'hérésie : ce sont Foulques, Raymond du Falga et Bertrand 
de l'Ile ; il est vrai qu'avec ce dernier nous descendons jus- 
qu'à l'année 1286. 

La conduite de Foulques (1205-1232), le célèbre ami de 
saint Dominique, revêt deux aspects bien marqués, en appa- 
rence assez différents, qui cependant se fondent dans l'unité 
du but, je veux dire la destruction de l'hérésie considérée 
comme le grand mal de l'époque. Les pièces les plus 
anciennes nous le montrent en rapport avec les hérétiques, 
fort nombreux assurément dans son diocèse. Alors, il n'est 
préoccupé que d'une chose, non les poursuivre, mais les 
réconcilier avec l'Eglise, et cela bien avant le concile de 
Toulouse. De tout temps, l'hérésie avait été tenue par la 
société chrétienne comme une faute publique, qui mettait le 
coupable en guerre contre elle. La faute appelait une péni- 

1. Doat, XXVII, fol. 137. 

2. Doat, XXVII, fol. 124-127. Cf. mon mémoire : la Formule 
« Communicato bonorwn virorum consilio » des senlences inquisi- 
loriales. 



INTRODUCTION. Ixxv 

tence, moyennant laquelle la réconciliation était accordée. 
Foulques s'inspira de ces règles et de cet esprit; il le raviva 
même. Les documents certainement incomplets ou trop rares 
qui nous sont parvenus fournissent cependant, en assez grand 
nombre, des exemples de réconciliation canonique faite par 
Foulques. Deux de ces réconciliations sont datées : ce sont 
la pénitence imposée à dame Brunissen en 1210^ et la 
réconciliation de Bernard de Saint-Martin en 1226'. Les 
autres appartiennent aux temps précédant le concile de 
Toulouse ; j'en ai relevé jusqu'à huit^ dans les seules déposi- 
tions ou aveux reçus en 1245 et 1246, à une époque où 
beaucoup de « témoins » n'étaient déjà plus, et pour le 
sud du diocèse de Toulouse seulement. Il y eut beaucoup 
d'autres réconciliations; nous en connaissons quelques-unes 
qui furent opérées par saint Dominique''. Que d'autres dont 
le souvenir s'est perdu ! 

1. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 118 v°. 

2. Ibid., fol. 173. 

3. Foulques réconcilia Raymond Gleize (de Ecclesia) de Renne- 
ville (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 55 vo), Etienne Scolar 
(ibid., fol. 70), Olivier de Guc, chevalier, qui se fit hospitalier 
(ibid., fol. 97 v°), Raymonde, mère de B. Borrel de Labécède 
(ibid., fol. 119), Ermengars, fille de Bernard de Saint-Félix 
(ibid., fol. 198 v»), Raymond Martin, de Damiac (ibid., fol. 208), 
Bernard Blanc, de Garabon (Tarn) (ibid., fol. 243), Pons Vital, de 
Baziège (ibid., fol. 59). Il faut joindre à ces exemples ceux de 
Bernarde Targueira, épouse de Pons Gran (Doat, XXII, fol. 2), et 
de Matfred de Paulhac, qui avait été quatorze ans hérétique 
« revêtu » à Verfeil (Doat, XXII, fol. 58). Foulques aurait voulu 
réconcilier Nadal, frère de Willem Raymond de Vaudreuille, 
mais cet hérétique s'enfuit devant lui (Bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 232 v°). Les pénitences imposées par Foulques étaient le jeune 
le plus ordinairement. 

4. Saint Dominique avait réconcilié dame Segure du Mas- 
Saintes-Puelles (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 20 v°), dame 
Ermengart, du même lieu (ibid.), dame Raymonde, du même lieu 



Ixxvj INTRODUCTION. 

Quels résultats au point de vue de la lutte contre rhérésie 
produisirent ces réconciliations? Foulques dut les juger 
insuffisants. Ils étaient, en tout cas, individuels; ils man- 
quaient de ce caractère d'ensemble et de cet esprit de suite 
qui accompagnent toute grande influence. Cela explique un 
peu qu'il ait joué un rôle prépondérant au concile de Tou- 
louse. Guillaume de Puylaurens ne signale pas d'autre 
évêque, qui, k son exemple, ait produit des témoins ; et si 
l'examen des dépositions revint aux évêques, mises par 
écrit, elles furent confiées à sa garde ; il les centralisa toutes 
ut sic passent multa brevi tempore expedire^. Nous 
pouvons donc assurer qu'il donna la main aux premières 
poursuites. Il se montra partisan résolu de la répression. 
C'est peut-être pour ce motif que le légat assembla le con- 
cile dans sa ville épiscopale. Il trouva en lui un appui éner- 
gique et un auxiliaire convaincu. 

(ibid., fol. 22 v»), P. Baudriga de Lasbordes (Aude) (ibid., 
fol. 114 vo), Saure, femme de Willem Bonet, de Villeneuve-la- 
Comtale (Aude) (ibid., fol. 143 r»), Willelme Martine, veuve de 
Willem Lombard, de Fanjeaux (Aude) (ibid., fol. 160 r*»), dame 
Covinens, de Fanjeaux (ibid., fol. 161 r°), Arnaude de Frémiac, 
veuve d'Armand de Frémiac (ibid., fol. 160 v»), Pons Autier, de 
Villepinte (Aude) (ibid., fol. 179 v°), Pons Marcel, de Bram (Aude) 
(ibid., fol. 189 r»), Willem Autier, de Villepinte, qui habita 
quelque temps Castelnaudary (ibid., fol. 251 r^), Marquèse, veuve 
de Bertrand de Brouille (Doat, XXIII, fol. 96). Nous avons les 
lettres de pénitence que saint Dominique accorda à Pons Roger 
(Bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 394 r»; publiées par Quétif et 
Echard, Scriptores ord. Praed., I, p. 8, par Mamachi, Monumenta, 
Instr., XVIII, et par le P. Balme, Cartulaire ou histoire diploma- 
tique de saint Dominique, p. 186). Le manuscrit de Gombefort 
(monastère de Brouille) contient la copie de la permission accor- 
dée par saint Dominique à Guillaume d'Auterive (Haute-Garonne), 
d'avoir et de garder chez lui Guillaume Hugotion, auparavant 
hérétique « revêtu ». 
1. Ghronicon, cap. XL. 



INTRODUCTION. Ixxvij 

Son successeur, Raymond du Falga de Miremont (1232- 
1270), précédemment prieur provincial des frères Prêcheurs 
et qui, avec Foulques, avait, après ses aveux, infligé la 
pénitence canonique à Raymond-Martin de DamiacS ne 
mollit pas, il s'en faut. Cependant, on serait peut-être 
injuste à son égard, si on le jugeait seulement par la con- 
damnation qu'il porta contre une femme hérétique le jour 
même où l'on célébra à Toulouse la première fête de saint 
Dominique qui suivit sa canonisation 2. S'il opéra des arres- 
tations^, s'il retint des prévenus dans ses prisons^ et enten- 
dit des aveux ^, il opéra aussi des réconciliations^; il ne se 
montra pas trop rigoureux dans les peines qu'il infligea; 
nous le voyons imposer des croix simplement (croix exté- 
rieures, posées sur le vêtement)^, même à des hérétiques qui, 
ayant précédemment reçu la pénitence, eussent pu être 
traités avec moins de modération ; car, qui eût empêché de 
les assimiler à des relaps ? Je cite comme exemple Willem 

1. « Anno Domini M" 00° XL" V, vu idus julii, Raruundus Mar- 
tini, de Damiaco, quondam hospitalarius hospitalis de Regina, 
quod est inter Vaseiam et Avinionem, testis juratus, dixit quod 
quadam die cum esset in dicto hospitali positus et institutus, vene- 
runt ad Ipsum duo heretici qui rogaverunt ipsum quod ostenderet 
eis viam versus Montera Esquivum ; quod et fecit, licet sciret 
ipsos esse hereticos ; et sunt xx anni. Et de hoc fuit sibi injuncta 
penitentia a bone memorie Fulcone, episcopo Tliolosano et a fra- 
tre Ramundo ordinis Predicatorum, priore provinciali, qui nunc 
est episcopusTholosanus. » (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 208.) 
Cette déposition est de 1245. Mais le fait délictueux et la péni- 
tence remontaient à 1220. 

2. Guilhem Pelhisso, Chronicon, p. 97, 98 (éd. Douais). 

3. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 1 v», 58 v». Cf. foi. 64 v«. 

4. Ibid., fol. 59 v». 

5. Ibid., fol. 70, 87. 

6. Ibid., fol. 70. 

7. Ibid., fol. 20, 20 v, 21, 22 v», 183 v, 184. 



Ixxviij INTRODUCTION. 

Gasc, dame Segure, autrefois réconciliés par saint Domi- 
nique ^ J'ai eu déjà l'occasion de mentionner les deux com- 
missions pontificales dont il fut honoré ; la première avait 
pour objet la revision du procès des Niort et la seconde la 
délivrance de prisonniers; et nous l'avons vu se joindre 
aux évêques du haut Languedoc qui demandèrent au pape 
Innocent IV que la liberté la plus large fut laissée aux frères 
Prêcheurs de poursuivre les hérétiques. Innocent IV, qui 
travailla activement à pacifier le Midi, le proclama le pro- 
tecteur et le défenseur de l'Inquisition 2. Cependant, après 
l'année 1252, où il assiste, à Montauban, à la promulgation 
des Statuts contre les hérétiques que Gui Fulcoy et Alfonse 
de Poitiers viennent d'arrêter, il s'efface; et pendant les 
dix-huit ans d'épiscopat qui lui restent encore, il semble se 
réfugier dans l'inaction. Probablement, on mit des entraves 
à son zèle ; et, sans aucun doute, la triple accusation de 
fratricide, de simonie et d'infamie portée contre lui devant 
Urbain IV ^ fut loin de l'aider. Il eut delà peine à écarter 
tout soupçon^; cette grave affaire absorba les dix dernières 

1. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 20 vo, 22 v°. 

2. GaU. christ., XIII, c. 27. 

3. Gall. christ., XIII, c. 28, 29. Cf. Beg. de Clément IV, n» 757 
(publiés par M. Jordan). 

4. On ne peut mettre que sur le compte de ses préoccupations, 
certes légitimes, ses consultations auprès d'un devin de marque, 
Raymond Dupuy, de Sorèze, si nous devons en croire ce devin 
lui-même. D'ailleurs, il parait que les consultations de ce genre 
n'étaient paâ une chose rare, même de la part des hauts digni- 
taires de l'Église. On va en juger par les dépositions elles-mêmes 
de Raymond Dupuy, le 5 juin et le 4 septembre 1277. 

« Anno Domini M" GG° LXXVII», die sabbati post festum 
Sanctorum Marcellini et Pétri, Raymundus de Puteo, de Sorici- 
n[iJo, constitutus in judicio, testis juratus, etc., recognovit quod 
ipso, juravit fratribus Johanni et Roginaldo de Garnoto, quondam 
inquisitoribus, quod ipse deinceps non servaret auguria nec 



INTRODUCTION. Ixxix 

années de sa vie et le détourna de la poursuite contre 
l'hérésie. 

daret consilium alicui persone, nec officio augurie uteretur ullo 
modo. Interrogatus si postea servavit auguria, dixit quod sic. 
Requisitus quotiens, dixit quod non rccordatur. Requisitus 
quibus porsonis inde postea consuluit, dixit quod pluribus clcri- 
cis, et religiosis et laicis. Interrogatus de personis, [dixit] quod 
domino Guillelmo Arnaldo, quondam episcopo Garcassonne, 
domino P. Raymundi, quondam abbati de Soricinfi]o, domino 
Uzalgercio, quondam abbati Electensi, et pluribus aliis tam cle- 
ricis et religiosis quara laicis de quibus modo non recordatur. — 
Item, requisitus quotiens consuluit domino episcopo, dixit quod 
semel tantum. Requisitus super quo facto, dixit quod super qua- 
dam infirmitate. Requisitus de loco ubi fuit locutus cum eo, 
dixit quod inter Saxiacum et Soricin[i]um in loco ubi vocatur al 
fau de Portel; et venerat ibi de quodam castro suo quod vocatur 
Lupateria ; et fuit nuntius ipsi testi ex parte episcopi Petrus de 
Podio Siurano, de Saxiaco, postea defunctus. De tempore, dixit 
quod sunt xn anni elapsi vel circa. De personis, dixit quod plu- 
res erant cum episcopo qui viderunt ipsum episcopum loquen- 
tem cum ipso teste in loco predicto. Set crédit ipse testis quod 
ignorabant de quo loquebantur. Item, requisitus quotiens consuluit 
predicto abbati Soricini[i], dixit quod quater et pluries. Requi- 
situs super quo, dixit quod super electione que facta erat in abba- 
tem Grassensem de ipso ; et dixit ei quod obtineret, et obtinuit. 
De tempore, dixit quod sunt x anni vel plures. De loco, dixit 
quodapud Soricin[i]um. Requisitus de personis, dixit quod nuUus 
alius audivit. Item, requisitus quotiens consuluit supradicto abbati 
Electensi, dixit quod bis requisitus; super quo negotio, dixit 
quod super discordia quam habebat cum domino Olivario de Ter- 
minis. Dixit etiara quod predicto abbati Electensi consuluit quod 
componeret de predicta discordia. Requisitus de loco, dixit quod 
apud Brugairolas in Redesio. Requisitus de tempore, dixit quod 
sunt xn anni vel circa. Requisitus de personis, dixit quod nuUus 
alius audiebat. — Item, interrogatus si habet aliquem librum de 
auguriis, dixit quod habet unum tantum qui incipit : Si vols saber 
que es cofres. — Item, dixit quod predictus liber est coopertus 
cooportura de vitulo rubea pilosa; et in fine libri loquitur de 
observatione ventorum. 

« Ilcc deposuit Tbolose, corani fratre Pontio de Parnaco, inqui- 



Ixxx INTRODUCTION. 

Son successeur, Bertrand de l'Ile (1270-1286), esprit 
cultivé, très ferme sur les droits de l'Église et la liberté 
ecclésiastique, consacra son épiscopat à la construction de 
Saint-Étienne, son église cathédrale ; il y employa sa for- 
tune, et c'est à lui que nous devons les quatorze belles cha- 
pelles qui se développent majestueusement dans les collaté- 
raux nord et sud du chœur. Les documents sont à peu près 
muets en ce qui regarde ses rapports avec les hérétiques. 
Un seul nous en entretient un peu, c'est la déposition d'Ar- 
naud Cimordan, de l'année 1276. Il s'était échappé des pri- 
sons de Toulouse, parce que l'évêque négligeait trop son 
entretien ; et pourtant l'évêque ne se fit pas faute de s'entre- 
mettre en sa faveur auprès du sénéchal et du bayle. Il y 

sitore, in presentia et testimonio fratris Pétri Raymundi Baran- 
honis, Jacobi de Saumeri[o], custodis mûri, et mei Athonis de 
Sancto Victore, publici notarii, qui hec scripsi. 

« Anno quo supra, ii non. septembris, predictus Raymundus 
de Puteo, de Soricin[i]o, testis juratus et requisitus ut supra, addi- 
dit confessioni sue dicens quod ipse testis servavit auguria aliquo- 
tieas pro domino Raymundo, quondam episcopo Tholosano, pro 
negotio quod habebat ulterio (sic) in Curia Romana. 

« Item, servavit auguria pro domino Guidone Fulcodii quon- 
dam primo super facto cardinalatus, secundo pro negotio papatus. 
Ipso vero dominus Guido nunquam fuit loqutûs ipsi testi de 
prcdictis, set predictus dominus P. Raymundi, factus postea 
abbas Grassensis loquebatur ipsi testi de premissis. Interrogatus 
si dominus Raymundus, episcopus Tholosanus, fuit locutus ipsi 
testi de observatione auguriorum super negotio suo in propria 
persona, dixit quod sic, apud Tholosam et apud Balmar [ ] 

et apud Sanctum Martinum de Landa; set nullus alius audiebat. 
Fuit tamen bis vel ter internuntius Petrus Pictavini, de Soricinio. 
Hec deposuit Tholose, coram fratre Pontio de Parnaco, inquisitore, 
in presentia et testimonio fratris Hugonis Amelii, prioris fratrum 
Predicatorum Tholose, fratris Ermengaudi Lauterii, Jacobi de 
Saumeri[o] custodis mûri, et mei Athonis de Sancto Victore, 
publici notarii, qui hec scripsi. » (Doat, XXV, fol. 272-274.) 



INTRODUCTION. Ixxxj 

apparaît comme un mélange d'indolence et de bontés II 

\. Je donne ici cette déposition, malgré sa longueur; car elle 
est pleine d'indications utiles pour l'histoire. 

« Anno et die quibus proximis, Arnaldus Cimordani, de Gas- 
conia, fugitivus de muro Tholose, reversus, assecuratus, testis 
juratus et roquisitus, etc., dixit quod ipse testis fuit confessus 
omnia que sciebat de heresi primo fratri B. de Gaucio, quondam 
inquisitori, a quo penitentiam habuit de crucibus et peregrina- 
tionibus, postmodum fratri Guillelmo Bernardi super eo quod 
dixit ei quod post predictam penitentiam receptam a fratre B., 
associavit Raymundum Labegiam hereticum, quoniam predicta 
associatio fuerat facta per ipsum testem ante predictam peniten- 
tiam injunctam ipsi testi a dicto fratre B. et eam tacuit fratri B. 
propter oblivionem. 

« Interrogatus si scit aliquid amplius de heresi quam confessus 
est predictis inquisitoribus, dixit quod non. 

« Interrogatus quare fugit de muro, dixit quod quia non habe- 
bat ibi necessaria; non enim providebatur sibi de bonis régis, 
quia incursus ipsius non pervenerat ad Regem, set ad episcopum ; 
nec providebatur ei de bonis opiscopi, quia non habebat nun- 
tium quem posset ita fréquenter mittere ad aulam episcopi pro 
pane, et, quando mittebatur ipsi testi panis de domo episcopi ad 
murum, mittebatur durus etnonpoterat comedere. Garebatetiam 
vestibus et aliis necessariis. 

« Interrogatus si, postquam fugit de muro, commisit aliquid in 
heresi, vel scivit de se vel de aliis, dixit quod non. Dixit tamen 
quod, quando ipse testis erat in muro, audivit Raymundum 
Ricardi, de honore Vauri, dicentem quod erant duo dii, qui pugna- 
verant alter contra alterum in celo, et quod sanguis ascenderat per 
murum civitatis, et alia \erba, de quibus non recolit. 

t Hec deposuit Tholose, coram fratre Pontio de Parnaco, inqui- 
sitore. Testes frater Bernardus de Villela et ego Atho de Sancto 
Victore, publicus notarius, qui hec scripsi. 

« Postmodum eadem die consulte ad presentiam dicti inquisi- 
toris, exposuit se misericordie et voluntati inquisitoris, et jura- 
vit stare mandatis eorum et agere penitentiam quam ei duxerint 
injungendam sub pena l librarum turon., pro quibus obligavil 
inquisitoribus omnia bona sua presentia et futura, renuncians 
omni defensioni et rationi quam posset proponere in contrarium; 
et fuit absolutus ab excomraunicatione quam incurreral propter 

f 



Ixxxij INTRODUCTION. 

resta sous la mitre le grand seigneur qu'il était ; il fut un 
ami des arts et de la haute culture intellectuelle. 

il '.■ > Il 
inobedientiara et fugam predictam. Testes frater P. R. Baranbo- 
nis ordinis Predicatorum, P. de Vaqueriis et ego Atho de Sancto 
Victore, publicus notarius, qui hec scripsi. 

« Et fuit ei assignata ad audiendum maiidatum inquisitoris 
dies jovis post instans festum sancti Albini. Qua die non compa- 
ruit, quia detentus erat in carcere apud Viridefolium ; set compa- 
ruit coram dicto inquisitore die lune sequenti liberatus a carcere, 
ut dicebat, dominica proxima precedenti, dicens quod senescallus 
et baiulus Viridisfolii retinuerunt cultellum suum et obligaverunt 
eum per juramentum ad solvendum ccx sol. turon. infra domini- 
cam Ramispalmarum ; et tenuerunt eum captum per viii dies 
postquam sciverunt quod ipse fuerat assecuratus a dicto inquisi- 
tore, nec permiserunt eum venire ad diem jovis predictam sibi 
assignatam ab inquisitore predicto in prejudicium negotii inqui- 
sitionis. i -i,i ; ■ 

« Postmodum dictus inquisitor interrogavit dictum Arnaldum 
per juramentum ab ipso prius super hoc sumptum quod nomi- 
naret personas illas que receperunt eum scientes ipsum fugitivum 
de muro ; qui respondit quod non recordabatur. Et fuit injunc- 
tum ei quod recogitaret et maue rediens responderet. 

« Rediit igitur mane sequenti, et respondit dicens quod, eum 
fugisset de muro, venit in Vasconiam, ad grangiam de Gimonte 
que vocatur Aqua bêla ; et invenit ibi fratrem Petrum de Fra- 
dens (sic), qui cognoscebat ipsum testem, set ignorabat statum 
ipsius testis, sicut crédit. 

« Interrogatus de personis quibus revelavit statum suum et quod 
erat fugitivusde muro inquisitor[ura], respondit quod P. Binhaco, 
prior[i] de Benito, eum quo moratus fuit de festo Sancti Pétri 
usque ad festum Omnium Sanctorum, serviens de coUigendis mes- 
sibus, et vindemiis et lignis apportandis eum quodam mulo ; et 
nichil retribuit ipsi testi; imo ipse testis dédit ei ultra dictum ser- 
vitium X sol. thol.; et hoc totum faciebat ipse testis, quia dictus 
prior dederat ei spem reconciliandi eum gratia domini cpiscopi et 
inquisitoris, vel saltem quod faceret posse suum ; de quo nichil 
fecit, quod ipse testis sciât. 

« Item, dominus Augerius, dum erat abbas Foliencii, et frater 
Sancius, do Palineriis, frater Vitalis Haros, et frater Raymundus 
Sancii, do l^liencio, et frater Adam, cellerarius, tune cognoverunt 



INTRODUCTION. Ixxxiij 

3. Les évêques de Carcassonne. Les évêques de ce 
siège ne m'arrêteront pas longtemps; car, à l'occasion du 

eumetscivenint fugam suam de muro, et nichilominus sustinue- 
runt eum in servitio domus pcr vu annos vel circa. Dixit otiam 
quod proraisit et obtulit abbati xv sol. morlanos, si tractaret 
reconciliationem ipsius testis ; ipse noiuit recipere; set finaliter 
respondit ipsi testi quod non videbat sibi remedium nisi de 
redeundo ad murum. Dixit etiam quod dodit ii sol. morlanos 
fratri Raymundo Sancii ut rogaret abbatem prcdictum quod recon- 
ciiiaret ipsum testera inquisltori. 

« Item, fuit apud Bastidam de Guimonte in diversis hospitiis, 
et habebat socium Raymundum de Abbas, deOmervilla, fugitivuoi 
propler quoddam homicidium, qui se faciebat vocari Raymundum 
Raversa; et sciebat bene fugam ipsius testis et causam fuge. 

« Item, fuit apud Albinellum per duos annos vel circa; et nul- 
lus scivit ibi statum suum. 

« Item, fuit in Astaraco apud Podium Lobrinum a festo Omnium 
Sanctorum usque ad carniprivium ; et ibi duxit uxorem ; et nul- 
lus scivit ibi factura ipsius testis. 

« Item, stetitincognitus de carniprivio usque ad festum Omnium 
Sanctorum apud Sanctum Felicem in Astaraco, et ibi Guillelmus 
de Gastronovo attemptavit eum capere, set evasi't. 

« Item, dixit quod fuit apud Banherias in Bigorra et in grangia 
de Bolbona, que vocatur Inter ambas aquas, et apud Sabonerias 
in Savesio, et in multis aliis locis, set incognitus apud omnes, 
cxceptis Bernarda, uxore ipsius testis, modo defuncta, et Petro, 
lilio ipsius testis. 

« Item, dixit quod procurante Bernarda, uxore ipsius testis, 
ipse testis venit de nocte prope Gasconiam ad ortale quod solebat 
esse ipsius testis; et ibi fuit locutus eum Arnaldo Escolani, tune 
capellano do Gasconia, qui recepit ibi v sol. thol. al) ipso teste ul 
reconciliaret eum inquisitoribus ; et si hoc faceret, debebat habere 
amplius x sol. et ii virgas de panno lineo pro camisiis; set nichil 
fecit inde. 

« Hec deposuit Tholose coram fratre Pontio de Parnaco, inqui- 
sitore. Testes frater P. Raymundi Baranbonis, et ego Atho de 
Sancto Victore, publicus nolarius, qui hec scripsi. 

« Injunctum est ei per dictum inquisitorem sub virlute jura- 
menti ab eodem Arnaldo prestiti, quod statim redeat ad murum 
unde fugerat, retenta sibi potestate imponendi sibi majorera peni- 



Ixxxiv INTRODUCTION. 

Registre du greffier du tribunal de Carcassonne, que je 
publie ici, il sera longuement question de deux d'entre eux, 
Guillaume Arnaud et Guillaume Radulphe. Je me bornerai 
à dire du premier qu'il m'apparaît comme un des plus 
ardents partisans de l'inquisition diocésaine, c'est-à-dire 
faite par les soins de l'évêque lui-même ou de ses délégués. 
Nous le voyons exerçant les fonctions de juge ordinaire à 
Carcassonne, à Villalier^ à VillardonneP, et aussi déjuge 
délégué pontifical à Pomars, où il interroge Raymond de 
Niort-'. Le Registre de son notaire contient des exemples 
d'adoucissements de peine significatifs et nombreux; il 
nous montre aussi l'importance et les bienfaits de la cau- 
tion moyennant laquelle l'accusé évitait la prison préven- 
tive. Il n'est que juste de signaler tout de suite ici ce Registre 
à l'historien futur de l'Inquisition dans le Languedoc; et cet 
évêque aura droit à occuper une large place dans son œuvre. 
Nous le retrouverons plus loin. 

Franchissons maintenant plusieurs lustres; nous rencon- 
trons à la date du 4 mars 1328 (n. st.) une pièce intéres- 
sante. 

Un conflit de juridiction et de compétence venait d'éclater 
entre l'évêque de Carcassonne Pierre Rodier et l'inquisiteur 
Jean du Prat, à l'occasion de Barthélémy Albert, notaire 

tentiam propler fugam predictam. Testes qui supra, et P. Boneti, 
capellauus de Gasconia, et VitaUs Faber de eodem loco. 

« Postmodum redditus est dicto Arnaldo Gimordani cuUelluset 
remissa obUgatio premissa a senescallo et baiulo supradictis, et 
aliud positum in suflicientia, scilicet de emenda, quia tenuorunt 
euni in prejudiciuiu iiiquisitionis. Et hoc factum est ob reveren- 
liam donnai episcopi Tliolosaui et instanliam magistri Bertrand! 
de Ferreriis, oflicialis sui » (Doat, XXV, loi. 220-225). 

1. D'après le Registre lui-même. 

2. Doat, XXVI, fol. 293. 

3. Voy. plus bas, p. 145. 



INTRODT'CTION. Ixxxv 

de l'Inquisition, qui, en raison de ses méfaits, avait été mis 
en état d'arrestation par moi Pierre Rodier, disait l'évêque, 
par moi Jean du Prat, alléguait l'inquisiteur ; ce dernier 
ajoutait, au surplus, qu'il lui appartenait déjuger le notaire 
de son tribunal. Il n'y avait pas de raison pour que cette 
contestation cessât; et cependant le malheureux notaire 
attendait , en prison , depuis deux ans l'issue du procès 
pendant, qui ne se terminait pas, uniquement parce qu'on 
restait indécis sur la question de savoir quel en devait être 
le juge. Il fallait en finir et ne commettre aucune irrégula- 
rité juridique; l'évêque et l'inquisiteur déléguèrent donc 
ensemble, et chacun pour sa partie, les pouvoirs de juge à 
Pierre Brun, inquisiteur en résidence à Toulouse. 

Nos Pelrus, permissione divina Garcassone episcopus, et fra- 
ter Johannes de PratoordinisPredicatorum, inquisitor lierelice 
pravitalis in regno Prancie auctoritale apostolica depuLatus, 
residens Garcassone, venerablli et discreto viro fralri Polro 
Bruni ordinis Predicatorum, inquisitori heretice pravitalis in 
regno Francie auctorilate apostolica deputalo, Tbolose comu- 
niler residenli, salutem in Domino sempiternam. Gum dudum 
Barlholomeus Adalberli^ nolarius inquisitionis heretice pravi- 
talis, pro quibusdam defeclibus et deliclis in officium suum, 
uli alicjuorum delalio assereba(, commissis, captus fucril et 
in mûri carcere positus et delenlus, nobis episcopo, ex una 
parte, asserenlibus eundem Bartholomeum de mandalo nostro 
et ad requisilionem nostram fuisse per diclum inquisilorem 
posilum in arreslo, cognilionemqueet punilionem dicli Barlho- 
lomei adnoslrumjusordinarium pertinere, nosque cum eodem 
inquisltore in cognilione habere el pugnilione concurrere et 
conjudicare debere; nobis vero inquisitore, ex parle allera, e 
contrario asserenlibus eundem Bartbolomeum de speciah 
mandalo nostro speeialiler esse captum el ejus correplionem 
ac pu[g]nirionem ipsius delicli, si quod per eum nolarium 
circa noslrum inquisitionis officium fuerit perpelralum, de jure 
et slilo, cursu, usu et privilegiis nostro officio et nobis aposlo- 



Ixxxvj INTRODUCTION. 

lica auctoritatc concessis ad nos dumtaxat et in solidum perti- 
nere; et ob hanc discordiam seu controversiam dictus Bartho- 
lomeus per duos annos continuos et amplius fuerit in eodem 
muro detentus, mulla occasione delentionis gravamina sui cor- 
poris et alia supportando, propler quod sibi compatimur, et, 
quantum, salvo jure cujuslibet nostrum, facere poterimus, de 
remedio sibi providere volumus opportuno; potissime quia nos, 
inquisitor prefaUis, de presenti habemus ad Romanam Curiam 
et in Franciam, dante Domino, necessario proficisci, ne discor- 
dia seu controversia hujusmodi et nostri inquisitoris absentia 
eidem Bartholomeo longius inférât nocumentum, protestato 
primitus per nos ambos episcopum et inquisitorem simul et 
equaliter de jure nostro, quod propler infrascripta que vobis 
committimus in aliquo non sit lesum, nec uni nostrum nec 
alteri valeat derogare aut etiam prejudicare, prerogativam vel 
possessionem inducere, nec jus uni plus quam alteri in negotio 
infrascripto inferre, set salvum remaneat utrique et illesum ilii 
nostrum dumtaxat et in solidum vel ambobus conjunctim et pro 
indiviso, si competat et eompetere debeat, de jure aut alias legi- 
timo tilulo sive juslo; sub premissis protestationibus antedictis 
et aliis opportunis, discretioni vestre et legalitati, de qua ambo 
insimul et quilibet in solidum, plenam in Domino fiduciam 
obtinemus, communi concordia et assensu equaliter simul et 
semei tenore presenlium committimus, ut pro illo nostrum 
dumtaxat vel ambobus insimul cui vel quibus cognitio et 
pu[g]nitio hujusmodi pertinere poterat etdebebat, eundem Bar- 
tholomeum de dicto carcere, si vobis visum fuerit, relaxare, 
sibique pro arresto et carcere, prestita prius [de] stando juri 
et mandatis vestris cautione ydonea, locum alium vel ccrtum 
terminum infra certos limites assignare, sibique postmodum 
de perilorum consilio absolutionis beneficium a sententia excom- 
municationis, si quam pro prediclis delictisqueperipsum com- 
missa fuisse dicunturincurr[er]it, impendere, penitentiam quo- 
(|ue salutarem imponere, et alias ad decisionem, dcclarationem 
et finalem determinationem dicti negotii scntentiaiiter procedere 
valeatis, prout vobis de ipsorum consilio perilorum visum fue- 
rit faciendum; in premissis enim et ea tangentibus, premissis 
et salvis prediclis protestationibus, ambo simul vobis equaliter 



INTRODUCTION. Ixxxvij 

commitlimus lenore prescnlium lotaliter vices nosLras. In quo- 
rum omnium premissorum teslimonium, sigilla nostra duxi- 
mus presentil3us apponenda. Datum in civitale Garcassone, 
die iiii^ mensis marlii, anno ab incarnatione Domini M° GGO"> 

XXV[I]I°'. 

C'est en vertu de ces pouvoirs, Jean du Prat étant déjà 
nommé évêque d'Évreux et son successeur comme inquisi- 
teur Henri Chamayou {de Chamayo) étant déjà arrivé, 
que Pierre Brun rendit, le 24 novembre 1328, sa sentence ; 
il délivrait de la prison le notaire coupable, mais^er duos 
annos et mnplius in dicto muro jam detentum, gravi 
infirmitate et diuturna maceratum ab ipso muro; et, 
en raison de ses méfaits, il lui imposait le jeûne, l'aumône, 
des pèlerinages. Il déclarait s'en être préalablement ouvert 
à Henri Chamayou, de l'avis duquel il avait ainsi prononcé, 
ayant égard, en même temps, au conseil des boni viri~. 
Dans cette sentence, le commissaire diocésain n'apparaît 
point; sa présence, à la vérité, avait été rendue inutile par 
la délégation de l'éveque de Carcassonne. 

4. Les évêques d'Albi. On rencontre fréquemment les 
évêquesd'Albi dans l'histoire de l'Inquisition ; c'est qu'ils ont 
vigoureusement agi dans l'affaire de la poursuite des héré- 
tiques ; et même, à la fin du xm^ siècle, ce siège porta, un mo- 
ment, le poids de la lutte engagée entre l'hérésie et l'Eglise; 
cela tient en grande partie aux titulaires qui l'occupèrent et 
aussi à l'état prospère de l'hérésie, dominant tout ce diocèse 
depuis de trop longues années, enfin à la situation féodale 

1. Doat, XXVII, fo!. 112, 113. — Je pense que M° OCG^XXVI^^, 
donné par la pièce, est une faute du copiste; sinon, il faudrait 
dire que la sentence destinée à délivrer Barthélémy Albert de ses 
souiTrances n'aurait été rendue qu'un an et demi après, hypo- 
thèse peu vraisemblable. 

2. Doat, XXVII, fol. 112-118. 



Ixxxviij INTRODUCTION. 

des évêques, qui, seigneurs de la ville, avaient, comme tels, 
qualité pour percevoir les confiscations pour hérésie*. 

Durand (1228-1254) avait vu le concile de Toulouse, 
ouvert au lendemain de son intronisation. On reconnaît 
sa main dans le concile d'Albi de 1254, qui en renouvela 
les dispositions principales. C'est déjà significatif. L'orga- 
nisation, en octobre 1243, d'une association ou confrérie 
contre les hérétiques et les Vaudois, dont Doat nous a con- 
servé les statuts^, n'est pas moins significative ; car la pre- 

1. Recueil des ordonnances, X^'I, p. 9. 

2. « In nomine Patris, et Filii et Spiritus Sancti. Amen. [Anno] 
ab iucarnatione Domini Mo GG° XLIII", mense octobris. Gono- 
guda causa sia a tots homes presens et endevenidors que nos 
Durans, per la grâce de Dieu avesque d'Alby, pessans et cossi- 
rans los endevenimens de las causas, et la malice del segle que 
creiss cascun dia, et los trebaills que nos et la gleia d'Alby avem 
sufferts sa enreires per defaillida de cosseill et d'aiuda, et quar 
non podiam tener drechura aissi coma nos degram, ad honor de 
Diu et de Ma Dona santa Maria et de Ma Dona santa Gecilia et de 
santa Fe, ad eissaussament de la fe de Jésus Ghrist et de la chres- 
tiantat et ad abaissament et encaussament d'eretguia et de Vau- 
dezia et de tota mala error, et a deffendement de drechura, et que 
nos poscam meils tener drechura al rie et al paupre de la ciutat 
d'Alby et de foras, agut cosseill de mots savis et de grands 
homes, avem establida cofrairia et compainnia ab nostres ciuta- 
das en aital forma. 

« Al comraensament nos avem establit que toig li cofraire que 
en aquesta cofrairia so ni seran per adenant, prometo amor et 
fezentat et garda et valenssa et compainnia et aiutori a tôt lor 
poder liaumenteta bona fe segon Deu et segon drechura per tots 
temps l'us à l'autre, et toig essems contra tots homes et contra 
totas femnas, salva nostra seinnoria et de nostres successors en 
totas causas; et la nuig de santa Gecilia, cadaus dels confraires 
aporte o fassa aportar sa luminaria aital com Deus li mettra ei 
coratgue a la gleia de Ma Dona santa Gecilia que es nostre caps, 
et que toig li confraire que presens seran en la vila sio lo dia a la 
messa, se per autra nécessitât no s'en laissavo. 

« Et avem mais establit que se negus dels confraires casia em 



INTRODUCTION. Ixxsix 

mière condition à remplir pour y entrer était la profession 
de la foi catholique et l'engagement de n'avoir aucune par- 

paubretat o em malautia et non âges del seu de ques pogues for- 
nir, que toig 11 cofraire li valguesso et vida et mort. 

« Etavem maisestablit que negus hom que sia sospeigz d'eret- 
guia ni de vaudezia no sia receubuts en aquesta confrairia; et 
se alcus qui fos receubuts n'era sospeigz, desque sera causa sau- 
buda, de mantenent fos fora de la cofrairia; et quant nos ou la gleia 
de Roma requerram los cofraires, eill nos seran tenguig d'aiudar a 
tût lor poder a deneaussar eretguia et vaudezia et a far justitia 
d'eretgues et de vandes desque serian jutgaig per la gleia et de 
totz lors valedors et lors deffendedors els enqueredors que seran 
establig per la gleia a far la enquesitio d'eretguia et de vaudezia, 
ell seran tenguig de gardar et défendre els coma lor cor meteiss. 

« Et avem mais establit que se per aventura per la forsa ou per 
la malicia d'alcus ou en qualque maneira nos no poguessem tener 
drechura ni far aver son dreig al paubre ' coma al rie, li confraire 
nos y aiudario a lor poder al semoniment que nos ou nostra cortz 
lor fariam ; et se alcus dels cofraires avia plaig ou contrast en 
alcuna maneira ab autre que no fos confraire et per sa forsa ou 
per son orguill no volia far al cofraire a conoguda d'amicqs ou 
drcig en cort, tôt li autre confraire li valguesso ad aver son dreg et 
a garar de forsa ; et se l'us cofraire fazia forsa a l'autre et no volia 
far a conoguda d'amies ou dreig en cort, negus dels cofraires no 
il fossa tenguts d'aiudar; et se per aventura era contrastz entre 
deux confraires d'alcuna causa l'us dels no volgues penre de l'au- 
tra conoguda d'amies ou dreig en cort far a l'autre, toig li autre 
confraire li fosse tenguig d'aiudar a son dreig retener contre 
aquell que no volria far dreig ou acordier desque lo cosseils ni la 
cofrairia Ion auria amonestat. Et tôt li cofraire que so ni seran en 
aquesta cofrairia per adenant an promes et prometon a nos que 
tôt essems et cadaus per si deffendran et aiudaran a deffendre a 
bona fe nostras drechuras et nostra sennoria contra totz homes 
enteirament et no la mermerau ni la laissaran mermar a lor 
poder. Et nos avem lor promes que nos, coma bos senner, lor ten- 
gam drechura et los deffendam a dreig contra tots homes et lor et 
lors causas a^ nostre poder; et eill an promes et prometran toig 
essems et cadaus per si que eill ab aiuda de nos delfendran et gar- 

1. Ms. : 50/1 dreig ailam de al paiihre. 

2. Ms. : el nostre. 



XC INTRODUCTION. 

ticipation avecrhérésie. Dans cet épiscopat, d'ailleurs, tout 
se tient. Que l'évêque réconcilie Bernard Jean, d'Albi, vers 

daran las franquesas et las drechuras de la ciutat d'Albi dedins et 
deforas segon Deu et segon dreig a lor poder, salva nostra sein- 
noria et totas causas ; et nos avem promes ad ells que nos las def- 
fendrem et las lor aiudarem a défendre lialment et a bona fe 
contre tots homes a nostre poder coma bos seinner. 

« Et avem stablit que negus hom que d'aici enant auciza home 
d'Albi ni degun home que fos d'aquesta cofrairia, negus hom nol 
pogues guidar ad Albi; et se negus hom raubaba home d'Albi 
d'aici enant, negus hom nol pogues guidar a la ciutat d'Alby, se 
nos non o faziam tro que aia emendat la raubaria. 

« Et avem establit que qui penra heretgue ni vaudes, el redra a 
nos et a la cofrairia, nos 11 farem pagar per nos et per la cofrairia 
un march d'argent, et toit li cofraire d'aquesta cofrairia que aras 
so ni per adenant seran an promes et prometran a nos que eill no 
fasso establiment negu ni neguna convenenssa entrels ni ab autres 
que sia contra nos ni contra nostra seinnoria ni per que nostre 
drechura se posca amermar; et se aigus los avia faigs, o fos con- 
fraira ou autre, al somoniment que nos lui faram no los Volia 
revocar, toig li cofraire ne serian tenguig de valer et d'aiudar a 
revocar aquels establiments et aquelas convenensas contre totz 
homes a lor poder; et an promes mai et prometran que eli no fasso 
negun autre establiment ni neguna autra convenensa entre lor 
ni ab autras senes nostra saubuda et senes nostra volontat. Et nos 
avem promes a lor que nos no fassam establiment ni conve- 
nenssa ab negun home que os contra lor ni contra lors establi- 
ments de la cofrairia que sobre escriut so. 

« Et avem establit que cant nos o nostra cortz auria ops dels 
cofrairas per alcune fazenda o per alcun besoing, que eill s'ajuste 
toig aqueill que seran preseng la on lo cosseills de la cofrairia 
los mandara, et lo cosseills es tengutz de lor mandar al somoni- 
ment de nos o de nostra cort. 

« Et avem mai establit que negus no sia receubutz en aquesta 
cofrairia d'aquesta hora adenant que aia na leig ad alcus dels 
cofrairas entro que s'en sia ab luy pauzatz per si o per jutgameut, 
et tôt li cofraire que aras so ni per adenant seran eu aquesta 
cofrairia juraran sober santz Evangelis que eill lialment a bona 
fe a lor poder tôt aisso que sobre escriut es gardaran et tendran; 
et en Durans do Foissenx, et en Peive Laurens, et en Bertrans 



INTRODUCTION. xcj 

1236', qu'il assiste comme témoin, en 1245, à l'interroga- 
toire de plusieurs femmes hérétiques, Arpais, Fays, Philip- 
pine, par exemple^, ou qu'il perçoive les confiscations^, il 
obéit à la même idée ; et cet évêque, très méridional de ten- 
dances, puisque, contrairement aux habitudes des chancel- 
leries épiscopales qui se servaient du latin, il faisait usage 
de la langue romane, combattait avec conviction les Vau- 
dois, les Cathares, les hérétiques de tout nom, dont la dis- 

de Caramaas, et en W. Grezas, et en Peire Boueills, et en Namat 
lo Fabre, en Cogorla mos fraire, et en Guiraud Audebertz, et en 
Esteves Goms, et en Johans de Martels, et en W. Salvi, et en 
Domeugue Barraus, et en Ramon de Soeill, et en Gui de Guc, 
nos loig essems per nos et per lots los autras cofraires que aras 
se ni per adenant seran en aquesta cofrairia ab commandament 
del seinner avesque soberdig, avem jurât sober Sanctos Evangelis 
tocatz corporalment que nos toig essems et cadaus per si tengam 
et gardera a bona fe scgon Deu et segon drechura a nostre poder 
aquesta amor et aquesta compaignia per aras et per tots temps, 
et totz aquetz establimentz et aquestas promissios que sobre 
escriut so; et toig aquel que volran esser en aquesta cofrairia 
faran aquest meteiss sagrament quant volran esser cofraire. Et 
nos Durans, avesque d'Alby sobredig, veseins et conoissens cer- 
tanament que aisso es faig ad honor de Deu et de Sancta Gleia 
et ad eissaussament de la fe et de la chrestientat et a mantenement 
de drechura, iaudam et autorgam et cofermam per nos et per nos- 
tres successors aquesta compaignia et aquesta cofrairia aissi co 
soberdig es, et totz los establimentz que sobre scriut so; et nos 
reddem caps et capdels d'aquesta cofrairia et ap durabla fermetat 
avem sagellada aquesta présent carta de nostre sagel » (Doat, 
XXXI, fol. 47-51). 

1. Doat, XXXIII, fol. 273. 

2. Doat, XXII, fol. 264, 296; XXIV, fol. 203. 

3. 30 avril 1248, Albi : quittance faite à W. de Foissenx pour 
des biens d'hérésie (Doat, XXXI, fol. 443-144). — 30 juin 1248, 
Albi : autre quittance pour des biens d'hérésie délivrée à W. Ro- 
ger fibid., fol. 146-147), Ces deux quittances sont rédigées en 
langue romane. 



xcij INTRODUCTION. 

parition devait fen jour aider a asseoir la puissance royale 
autant que servir à la pleine liberté de l'Eglise. Il créa ainsi 
une tradition qui fut suivie par Bernard de Combret, son 
successeur (1254-1271) S malgré les relations pénibles dé 
ce dernier avec le sénéchal de Carcassonne, et, partant, 
avec le roi^ Cette tradition fleurit surtout sous l'épiscopat 
de Bernard de Castanet (1275-1308). 

J'ai eu déjà l'occasion de parler de Bernard de Castanet, 
dont les rapports si tendus avec l'hérésie finirent par amener 
la commission pontificale de 1306 3; mais alors je n'ai rien 
dit de son action comm.e juge ordinaire ; car c'est comme 
tel que, avec l'inquisiteur, il procéda aux interrogatoires 
des prévenus dans sa maison épiscopale d'Albi. Les inter- 
rogatoires faits par lui ou en sa présence s'élèvent au total 
de cent vingt-neuf, sauf erreur, ce qui ne veut pas dire 
qu'il ait reçu les aveux de cent vingt-neuf personnes, la 
même personne revenant plusieurs fois pour compléter l'ins- 
truction de l'affaire''. Cette réserve faite, les interrogatoires 

1. Le H mars 4263 (n. st.), dans le cimetière de Lombers, il 
assiste à la sentence d'exhumation prononcée contre Guillelme, 
femme de Bernard Garsiprès, de Limoux, d'après un vidimus de 
1331 (Doat, XXXII, fol. 113 v-l^i). 

2. A propos d'une chevauchée faite par cet évoque malgré la 
défense du sénéchal, il fut ajourné devant la cour du roi saint 
Louis (1259), bien que l'archevêque de Bourges prétendît en con- 
naître comme métropolitain {les Olim, t. I, p. 460, vn). C'est peut- 
être dans un esprit de représailles qu'à la mort de l'évêque le 
sénéchal mit la main sur le temporel de l'évéché d'Albi, ce qui 
ne s'était jamais fait [Ibid., p. 881, i). 

3. Voy. plus haut, p. xxxvni. 

4. En réalité, Bernard de Castanet interrogea quarante-sept 
personnes. — Bernard de Castanet, originaire de Montpellier 
(« Quia Magalonensi diocesi et villa Montispessulani traxit origi- 
nem. » Charte ancienne rapportée par le Gallia christiana, I, 20, 
21; Bernard Gui, dans Baluze, Vitae pap. Aven., I, 719; Flores 



INTRODUCTION. xciij 

se distribuent de la manière suivante : dix sont de sep- 
tembre-octobre 1285 et nous sont fournis par Doat*; cin- 
quante-huit appartiennent au ms. lat. 12856 de la P^iblio- 

chron., dans Historiens de France, XXI, 603 ; Amalric Auger, 
dans Baluze, Vitae pap. Aven., I, 728), était auditeur du Sacré 
Palais, quand il fut promu à l'évêché d'Albi, au mois de mars 
1276. Trois traits distinguent son long dpiscopat : d'abord la 
magnificence des constructions ; Bernard de Gastanet bâtit, en 
elfet, la maison épiscopale, véritable palais, véritable forteresse 
aussi, dominant la rivière du Tarn; il commença Sainte-Cécile, 
que l'on peut regarder comme le chef-d'œuvre de l'architecture 
gothique dans le Midi ; il posa la première pierre de l'église des 
frères Prêcheurs d'Albi, qui ne fut pas sans gloire; — ensuite, 
une fermeté remarquable pour maintenir l'église d'Albi dans ses 
avantages temporels et assurer à son siège une place éminente 
dans l'édifice féodal ; il fit, en elfct, reconnaître par le roi sa 
juridiction sur un bon nombre de lieux et exigea de la ville 
l'hommage dû; — enfin, un grand zèle pour la pureté des mœurs 
chrétiennes et l'intégrité de la foi ; il prononça, en effet, des sen- 
tences rigoureuses contre un chanoine et un laïque coupables; 
usant de sa prérogative de juge ordinaire, il montra au sein de 
l'Inquisition une grande activité contre l'hérésie, encore assez 
répandue dans son diocèse. Cette fermeté et ce zèle lui valurent 
bien des tribulations : de la part des hérétiques, une émeute 
retentissante qui faillit emporter le palais épiscopal et mit 
l'évêque à deux doigts de la mort, puis des plaintes qui furent 
suivies d'une enquête ouverte par le pape Clément V; de la part 
de Philippe le Bel, la demande d'un procès canonique qui amena 
une suspension de fonctions, mais dont il sortit absous. Il fut 
transféré à l'évêché du Puy en 1308. Jean XXII, successeur de 
Clément V, se souvint cependant de ses épreuves; en 1316, il le 
créa cardinal-évêque de Porto; mais Bernard de Gastanet mourut 
l'année suivante, le 14 août 1317 [Gallia christiana, I, 20-22; Ber- 
nard Gui, Flor. chron., dans Historiens de France, XXI, 703 etsuiv.; 
Baluze, Vitae pap. Aven., 1, 134, 152, 165, 718, 719; Gariel, Séries 
praes. J/aya/., 446 ; Compay ré, Étude historique sur l'Albigeois, 75, 
246-249; Hist. génér. de Languedoc, IV, 660 et suiv.; V, 1347 et 
suiv.; Regestum Clementis papae V, n°' 2267, 2268, 2893, 3369, 
3370, 3371, 3372, 3373). 

i. XXVI, fol. 245-254, 255, 258, 260, 261, 2G6, 269, 275. 



xciv INTRODUCTION. 

thèque nationale'; ils vont de janvier 1286 à septembre 
1287; soixante-un, des années 1299 et 1300, sont contenus 
dans deux manuscrits originaux, le ms. de Merville, qui 
est le registre même dressé pourl'évêque, etlems. lat. 11847 
de la Bibliothèque nationale, provenant vraisemblablement 
du notaire de l'Inquisition 2. Ces interrogatoires ne se dis- 
tinguent pas des autres interrogatoires connus ; ils sont 
faits dans la même forme; s'ils portent plutôt sur les 
accointances de personnes que sur les doctrines, ils pré- 
sentent un réel intérêt pour l'histoire de l'albigéisme en 
Albigeois. 

Ces interrogatoires furent-ils suivis chacun d'une condam- 
nation? Les rôles des confiscations pour Albi pendant les pre- 
mières années du xrv^ siècle (1305-1313) fournissent des noms 
de condamnés. J'y relève^ Vital Vinhalz, d'Albi, dont le 
procès s'ouvrit devant Bernard de Caslanet, le 3 mars 1286 

1. Titre de ce ms. : Recueil d'interrogatoires d'hérétiques albigeois 
faits par l'évêque d'Albi, extraits par Barthélémy Planarutz, archi- 
prêtre de Lauzertz, le 26 octobre 151k, des archives de l'inquisition 
de Toulouse (1285-1303). — C'est un vol. in-foL, papier, 142 feuil. 
Bibliothèques Goislin et Saint-Germain, 396. Copie faite en 1574. 
D'après le titre, ce recueil descend jusqu'en 1303. C'est qu'il com- 
prend deux parties. La première embrasse les interrogatoires de 
janvier 1286 à septembre 1287, du fol. 1 au fol. 62. La seconde 
(fol. 64-141) fournit d'autres interrogatoires de 1299 à 1303, mais 
se trouve faire double emploi avec les originaux que nous possé- 
dons (voy. la note qui suit). La copie de la première partie est 
assez bonne et pourrait, telle qu'elle est, être publiée. 

2. In-fol., parchemin, 305 mill. X 217 mill. Début du xiv^ siècle. 
Bibliothèques Goislin et Saint-Germain, 395. Fac-similé dans le 
recueil des fac-similés de l'École des chartes, n" 98. J'ai décrit le 
registre du château de Merville : Manuscrits du château de Mer- 
ville, p. 30 (Paris, Picard, in-S"). Ces deux mss. contiennent les 
nouvelles dépositions de Guillaume de Salavert et de Isarn Coll, 
en 1319, lesquelles furent reçues par Jean de Beauno, inquisiteur. 

3. Doat, XXXm, fol. 258 v°. 



INTRODUCTION. XCV 

(n. st.) S et Pons Nicolas, d'Albi^, interrogé par l'évêque 
le 7 mars suivant^, puis, dans la seconde série des interro- 
gatoires (1299-1300), Bérenger Adémar^ Bérenger BrosS 
Bérenger Fumet^ Bertrand de Montégut', Galhard Fransa^ 
Guillaume Fenassa le Boiteux ^ Guillaume Goulfier*^ 
Jacques Fumet", Lambert de Fouissenx'S Pierre Rigaud*^, 
Pierre Taillefer", Raymond Auger*^, Raymond Hugues**^ et 
Raymond Garcias", tous bourgeois d'Albi; il faut y joindre 

1. Bibl. nat., ms. lat. 12856, fol. 37. 

2. Doat, XXXIII, fol. 267 v°. 

3. Bibl. nat., ms. lat. 12856, fol. 61. 

4. Doat, XXXIII, fol. 230 v», 253, 264, 271 ; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 33 v°; ms. de Merville, fol. 33 v». 

5. Doat, XXXIII, fol. 229, 249 v», 267 ; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 9; ms. de Merville, fol. 9. 

6. Doat, XXXIII, fol. 223, 249; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 24 V» ; ms. de Merville, fol. 24 v". 

7. Doat, XXXIII, fol. 227 v», 254; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 21 ; ms. de Merville, fol. 21. 

8. Doat, XXXIII, fol. 222, 250 v», 266 v», 271 ; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 22; ms. de Merville, fol. 22. 

9. Doat, XXXIII, fol. 207, 232, 268; Bibl. nat.,ms. lat. 11847, 
fol. 26; ms. de Merville, fol. 26. 

10. Doat, XXXIII, fol. 224, 252, 266 v°; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 23; ms. de Merville, fol. 23. 

11. Doat, XXXIII, fol. 219 v», 247 v», 265, 269 v»; Bibl. nat., 
ms. lat. 11847, fol. 20; ms. de Merville, fol. 20. 

12. Doat, XXXIII, fol. 220 v°, 255; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 36 ; ms. de Merville, fol. 36. 

13. Doat, XXXIII, fol. 226 v», 267 v» ; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 38 ; ms. de Merville, fol. 38. 

14. Doat, XXXIII, fol. 230, 257, 269 v»; Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, fol. 23 v»; ms. de Merville, fol. 23 v». 

15. Doat, XXXIII, fol. 227, 270 v»; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 8; ms. de Merville, fol. 8. 

16. Doat, XXXIII, fol. 255; Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. 26 V; 
ms. de Merville, fol. 26 v°. 

17. Doat, XXXIII, fol. 259 v° ; Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 32 v°; ms. de Merville, fol. 32 v». 



xcvj INTRODUCTION. 

Jean Baudier, dont les biens furent saisis en janvier-février 
1300(n. st.)'. 

Il résulte de cette constatation qu'un bon nombre des 
prévenus de 1299 et 1300 furent jugés coupables et con- 
damnés à la prison perpétuelle, qui entraînait la confisca- 
tion des biens. Par qui furent prononcées les sentences? Il 
est inutile de le rechercher, puisqu'elles ne nous sont pas 
parvenues. Probablement l'évêque n'y resta pas étranger, 
car il fut enveloppé dans l'opposition si résolue faite à Nico- 
las d'Abbeville, l'inquisiteur que nous trouvons à côté de 
lui à l'audience et qu'il s'efforça de soutenir* ; ainsi il appli- 
qua, bien avant le concile de Vienne, le principe de l'union 
des deux pouvoirs du juge ordinaire et du juge délégué, que 
Clément V devait rendre obligatoire. 

Je n'ai plus à signaler maintenant que trois pièces des 
années 1300 et 1301, qui nous montrent Bernard de Cas- 
tanet prenant une part des confiscations, tandis que le roi 
prenait l'autre^; situation délicate à l'égard d'un roi comme 
Philippe le Bel et qui ne porta pas bonheur au prélat. Encore 
aujourd'hui son nom évoque de bien sombres tableaux 
devant l'imagination de plus d'un habitant d'Albi ; il est 
une des trop nombreuses victimes de la légende. Ses enne- 
mis ne lui reprochèrent pas d'avoir livré des hérétiques 
soit d'Albi, soit de Cordes ou de Castres, au bras séculier; il 
employa la prison comme moyen d'obtenir les aveux. Un 
seul hérétique déclara devant un autre évêque d'Albi, 

1. Doal, XXXII, fol. 315 v% Bibl. nat., ras. lat. H847, fol. 25; 
ms. de Merville, fol. 25. 

2. Le 26 avril 1299, Bernard de Castanet, à Garcassonne, est 
présent aux propositions de Nicolas d'Abboville de relever le 
Bourg de l'excommunication et se porto son garant (I)oat, XXXII, 
fol. 283-288; Maliul, Carlulaire, V, 651). 

3. Doat, XXXII, fol. 189-190, 193-197, 315 vO-323. 



INTRODUCTION. xcvij 

Béraud de Farges, le 5 mars 1319 (n. st.), avoir autrefois 
fait sa confession à Bernard de Castanet et à Guillaume de 
Modères, inquisiteur, vi tormentorum^ expression légè- 
rement vague, qui ne signifie pas nécessairement la torture, 
d'ailleurs autorisée k cette date-; sans compter qu'Isarn 
CoU, l'hérétique en question, avait intérêt, pour révoquer 
cette confession, h. dire qu'il n'avait pas été libre en la fai- 
sant. Ne se trouvera-t-il donc personne qui entreprenne 
d'écrire sur Bernard de Castanet une monographie approfon- 
die? Le constructeur de Sainte-Cécile et de la superbe mai- 
son épiscopale n'aurait pas trop h. craindre de l'histoire impar- 
tiale ; par la hauteur et l'intégrité du caractère, il a mérité 
tout au moins son respect. Ce que c'est que de nous et comme 
les dispositions des hommes sont changeantes ! En 1320, les 
consuls et habitants d'Albi, assemblés au cimetière de Sainte- 
Cécile, où l'évêque de Castres leur prêcha, acceptèrent de 
révêque de la ville et de l'inquisiteur Jean de Beaune, non 
seulement l'absolution canonique qu'ils avaient demandée 
avec instance, mais encore les conditions posées, qui con- 
tenaient virtuellement le désaveu de la conduite de leurs 
prédécesseurs : réparation des torts faits à Bernard de Cas- 
tanet et aux inquisiteurs, et pour cela et en preuve, édifica- 
tion d'une chapelle dans l'église Sainte-Cécile ou au cime- 
tière, construction du portail de l'église des frères Prêcheurs, 
une aumône de 50 livres tournois pour être appliquée à la 
nouvelle église des Carmes, érection de deux monuments 

1. Bibl. nat., ms. lat. H847, fol. 43. — Le lendemain, 6 mars, 
l'évoque d'Albi et Jean de Beauno, inquisiteur, entendirent Guil- 
laume Salavert, de Cordes, qui, au contraire, conlirma les aveux 
faits antérieurement devant Bernard de Castanet, Nicolas d'Ab- 
Leville et Bertrand de Clermont, inquisiteurs (Bibl. nat., ms. 
lat. 11847, loi. 43; Ms. de Mervillc, fol. 30 v°). 

2. Il sera plus loin parlé de la torture. 

9 



xcviij INTRODUCTION. 

funéraires, l'un sur la tombe de Geoffroy d'Abluses au cou- 
vent des frères Prêcheurs de Lyon, l'autre sur la tombe de 
Foulques de Saint-George au couvent des frères Prêcheurs 
de Carcassonne, car ces deux inquisiteurs « in magna pau- 
pertate pro dictis persecutionibus decesserunt^ » Plus tard, 
le l*""" février 1349 (n. st.), les consuls de Cordes s'enga- 
gèrent à leur tour à construire une porte décente à la cha- 
pelle du lieu et à y placer trois statues représentant l'évêque 
d'Albi et les deux inquisiteurs 2. 

1. Doat, XXXIV, fol. 170-180. — Le 21 décembre 1320, Jean 
de Beaune, inquisiteur, accorda aux consuls d'Albi un sursis d'un 
an pour remplir leurs engagements (Doat, XXXIV, fol. 185). 

2. « In nomine Domini. Amen. Per presens publicum instru- 
mentum cunctis appareat evidenter quod, anno a Nativitate ejus- 
dem M» CGC" XLYIIIo, indictione prima, mensis februarii die 
prima, pontificatus sanctissimi patris domini démentis divina 
providentia pape sexti anno sexto, cum Azemarus de Salis et 
Petrus Raymuudi, de Tonaco, domiceUi, Benedictus Molinerii et 
Geraldus Matfredi, Guillelmus de Artallo et Raymundus de 
Grabde, consules castri de Cordua, diocesis Albieasis, necnon 
XII consiliarii secreti secretariique quos dicti consules habere 
dicuntur, ac etiam nominalim Paulus Molinerii et Petrus Rot- 
berti, consiliarii dictorum cousulum, essent litteraturie citati Tho- 
lose coram venerabili et religioso viro fratre Petro Sicardi, ordinis 
Predicatorum, vicario et locumtenenti domini inquisitoris Tholo- 
sani heretice pravitatis super quibusdam officium inquisitionis 
tangentibus responsuri, venerunt et se personaliter presentave- 
runt coram domino vicario et locumtenente predicto in capitulo 
fratrum Predicatorum Tholose, in presentia nostrorum notario- 
rum infrascriptorum, videlicet consules superius nominati, necnon 
Johannos de Nayaco, Johannes Gapusii, Paulus Molinerii, Petrus 
Rotberti et Bernardus de Artallo, consiliarii dictorum consulum 
castri de Cordua, pro se ipsis et nomine totius universitatis et 
communitatis et singularium personarum de universitette et com- 
munitate castri predicti de Cordua; et pluribus tractatibus habitis 
inter ipsum et dictum vicarium et locumtenentem, ac etiam reli- 
giosos viros fratres Raymundum de Duroforli, priorem provincia- 
lem provincie Tholosane, Guillelmum de Bellofario, priorem 



INTRODUCTION. xcix 

5. Les évêques de Pamiers. Je ne i)arlerai ici que de 
deux évêques de cette ville, Jacques Four nier et Dominique 
Grima ; leurs prédécesseurs ne paraissent pas s'être direc- 
tement occupés de la poursuite des hérétiques au moins 

conventualem Tholose, Bertrandum de Sancto Michaele, in sacra 
pagina prolessorem, ordinis fratrum Predicatorum, et venerabiles 
viros dominos Guillelmum iMontanerii, ordinis Sancti Johannis 
Jerosolimitani, et Guillelmum Froterii, ecclesie Tholosane cano- 
nicum, decretorum doctores, consiliarios dicti domini vicarii et 
locumtenentis domini inquisitoris Tholosani, ad hoc specialiter 
vocatos, prefati consules et consiliarii pro se ipsis et nominibus 
quibus supra, délibérations provida inter eos super hoc habita, 
promiserunt, sub ypotheca et obligatione omnium bonorum con- 
sulatus et totius universitatis dicti loci de Gordua, dominis epis- 
copo Albiensi et inquisitoribus Tholosano et Carcassone absenti- 
bus, et nobis notariis infrascriptis stipulantibus pro eisdem ; et 
amicabiliter convenerunt facere construere et edificare seu fieri 
construi et edilicari facere cum effectu in capella quam fecerunt 
claudi in dicto loco de Gordua de mandate superiorum suorum 
sub pénis maximis et gravibus eisdem impositis, ut dixerunt, 
dominis episcopo Albiensi et inquisitoribus predictis, ad quos 
hujusmodi capelle ordinatio pertinet minime requisitis, nec ad 
premissa \ocatis, unum portale lapideum decens et honorabile 
cum tribus ymaginibus lapideis novis et de novo faciendis, una 
videlicet in forma et figura reverendi in Ghristo patris domini 
episcopi Albiensis, et duabus una a dextera parte et altéra a 
sinistra inquisitoris Tholosani et Garcassone in forma et figura et 
habita ordinis Predic[aJtorum; que quidem ymagines ibidem in 
hostio dicte capelle seu supra poriale ejusdem perpetuo remaneant 
in signum et memoriam dominorum episcopi et inquisitoris pre- 
dictorum, supradicte universitatis et communitatis sumptibus et 
expensis. 

« Fuit etiam actum ibidem et concorditer conventum inter 
dominum vicarium et locumtenentem predictum ac prenomina- 
tos consules et consiliarios, nominibus quibus supra, quod fiât, 
construatur et edificetur de novo scala seu scalare de lapidibus 
per quam seu quod habeatur libère ingressus ad dictam capellam ; 
et quod predicta portale et scalare fiant et edificentur juxta ordi- 
nationem, voluntatem et arbitrium dominorum episcopi et inqui- 



C INTRODUCTION. 

par l'Inquisition. Bernard Saisset (1297-1308) eut assez 
à faire pour établir le siège nouvellement créé et se dépê- 
trer de la lutte ouverte à cette occasion entre Boniface VIII 
et Philippe le Bel, lutte dont il devait avec raison redouter 

sitorum Tholosani et Carcassone predictorum; et si contingeret 
dictas ymagines seu earum aliquam quocumque casu frangi, 
rumpi, destrui, aut in aliquo ledi, in vituperium aut vilipen- 
dium eoruradem, quod predicti consules et consiliarii, universitas 
et communitas loci predicti et eorum successores, qui pro tem- 
pore fuerint, teneaalur predictas ymagines fractas, ruptas, des- 
tructas aut iu aliquo lésas reficere de novo, seu refici facere dicte 
universitatis et communitatis sumptibus et expensis, et in loco 
destinato, scilicet in portali dicte capelle, reponere seu reponi 
facere honoritice et decenter infra très menses a tempore fractio- 
nis, ruptionis, destructionis et lesionis earumdem seu alicujus ex 
ipsis computandos, sub pena quineentarum librarum turonensium 
parvorum danda et aplicanda dominis episcopo Albiensi et inqui- 
sitoribus predictis, et per ipsos distribuenda in persequendo here- 
ticos, credentes, fautores et receptatores eorum et inimicos Eccle- 
sie et catholice fidei, et ad alla onera officii inquisitionis predicte 
supportanda juxta voluntatem et arbitrium eorumdem domino- 
rum episcopi et inquisitorum predictorum ; quam penam volue- 
runt incurrere si in predictis aut aliquo premissorum deficerent, 
eteandem solvere promiserunt dominis episcopo et inquisitoribus 
supradictis et nobis notariis infrascriptis, stipulantibus et recipien- 
tibus vice, loco et nomine eorumdem et aliorum quorum interest 
seu interesse potest aut poterit quomodolibet in futurum, sub ypo- 
theca et obligatione omnium bonorum dicti eorum consulatus et 
universitatis loci predicti de Cordua. 

« Promiserunt etiam domino vicario et locumtenenti predicto 
et amicabiliter convenerunt cum eodem prefati consules et consi- 
liarii nominibus quibus supra dictam capellam decenter et suffi- 
cienter dotare pro divino officio ibidem honoriflce celebrando ad 
expensas et ?umptus dicti eorum consulatus, universitatis et com- 
munitatis castri de Cordua supradicti et providere ministro sacer- 
doti de necessariis et condescentibus stipendiis victui suo, ut 
ibidem missas celebrando possit et valcat deservire, taxandas et 
taxandos per dictos dominos episcopum et inquisitores prout 
super hoc duxerint ordinandum ad eorum arbitrium, de bono- 



INTRODUCTION. çj 

les conséquences. J'ai déjà indiqué pourquoi, sous Clé- 
ment V, il se produisit une certaine accalmie dans la pour- 
suite des hérétiques. Quant à l'autre évêque de Pamiers, 

rum ac prohorum virorum consilio, et prout in instrumente seu 
instrumentis super hoc alias confecto seu confectis latius contine- 
tur; eandemque capellam teneantur ornare de vestimentiset para- 
raentis sacerdotalibus et altari condecentibus, et de calice et libro 
missali et aliis ornamentis et pictuTis congruis seu necessariis, 
prout in ordinationibus seu instrumentis super hoc dudum iactis 
et habitis plenius etiam et latius continetur. 

« Que ({uidem omnia et singula superius declarataetexpressata 
prefati consules et consiliarii, nominibus quibus supra, eorum 
spontanea voluntate et dextris manibus versus iiiio'' sancta Dei 
Evangelia elevatis, que dictus dominas vicarius et locumtonens 
in manu sua dextra tenebat aperta, juravcrunt tenere, servare et 
complere et in nulle contrafacere vel venire, per se vel alium seu 
alios, aut aliam interpositam personam, aliquo tempore in futu- 
rum, sub virtute per eos prestiti juramenti et sub pena predicta 
per eos, quibus supra nominibus, promissa et per nos infrascriptos 
notarios solempniter stipulata, quam incurrere voluerunt totiens 
quotiens deficerent aut contrafacerent in premissis aut aliquo 
premissorum. Si autem contra premissa aut aliquod premissorum 
facerent vel venirent publiée vel occulte, tacite vel expresse, 
voluerunt in aliquo non audiri et omne judicium et juris auxi- 
lium et audientiam super hoc sibi claudi et denegari super pre- 
dictis, tanquam venientibus contra proprium juramentum. Et si 
forte consules et consiliarii predicti aut aliquis ex ipsis de uni- 
versitate vel comraunitate castri predicti de Gordua in aliquo 
defecerunt contra officium inquisitionis Tholosane, quod non cre- 
dunt, ymo penitus diffidentur, tanquam fidèles et dicto officio 
inquisitionis et ejus preceptis obedientes, super quibus humiliter 
veniam postularunt, predictus dominus vicarius et locumtenens, 
attenta eorum devotione et affectione ac humiliatione, volens 
misericorditer agere cum eisdem, omnem olîensara et injuriam, 
si quam fecerunt vel commiserunt contra inquisitionem Tholosa- 
nam vel ofQcium ejusdem, quathenus ad eum spectat et potest et 
débet, de jure, vice et authoritate predicti domini inquisitoris 
Tholosani, misericorditer et gratiose remisit. De quibus omnibus 
tam dictus dominus vicarius et locumtenens cum consilio dicto- 
rum prioris et magistri, quam etiam consules et consiliarii prefati 



Cij INTRODUCTION. 

Pelfort {Pilusfortis) de Rabastens, il ne fit que passer sur 
ce siège (1315-1317), tandis que Jacques Fournier y fut 
appelé (1317-1326) au moment où, avec le pontificat de 
Jean XXII, la poursuite rendue nécessaire par le mouve- 

et superius nominati requisiverunt sibi retineri et fieri unum et 
plura, publicum seu publica instrumenta ejusdem continentie et 
tenoris inter eos distribuenda, dictandum seu dictanda, conficien- 
dum seu conficienda per nos notarios infra scriptos cum consilio 
sapientum veritatis su[b]stantia in aliquo non mutata. 

« Acta fuerunt hec in capitulo fratrum Predicatorum Tholose, 
anno, indictione, die et mense, pontificatu et anno predictis, 
circa horam meridiei, presentibus venerabilibus et religiosis viris 
fratribus Guillelmo de Bellofario, priore dicti conventus, magis- 
tro Bertrand© de Sancto Michaele predicto, Johanne Pasqueti 
ordinis Predicatorum, acetiam venerabili et religioso viro domino 
Guillelmo Froterii, canonico ecclesie Tholose, decretorum doctore, 
et domino Petro de Vallesor, presbitero, bacallario in decretis, 
oriundo de diocesi Tholosana, et magistro Roberto Fabri, sacro- 
sancte Romane Ecclesie authoritate ac etiam inquisitionis Tho- 
lose heretice pravitatis publico notario et jurato. Et ego Radulphus 
Valoti, publicus Tholose et officii inquisitionis predicte notarius 
ac juratus, premissis omnibus et singulis una cum testibus supra- 
scriptis et magistro Rotberto, notario predicto, presens interfui, et 
omnia premissa et singula una cum dicto notario recepi et stipu- 
latus fui cum eodem, inclito principe domino Phihppo, Franco- 
rum rege, régnante, et in banc publicam formam redegi, manuque 
mea propria scripsi, cum interliniariis dictionibus teneantur, alias 
fratribus, bacallario in decretis, requisitus atque in testimonium 
omnium premissorum signum meum apposui sequens. 

« Et ego Rotbertus Fabri, clericus, sacrosancte Romane Ecclesie 
authoritate et officii inquisitionis Tholose heretice pravitatis publi- 
cus notarius et juratus, premissis omnibus et singulis una cum 
eisdem testibus et magistro Radulpho Talati, publico Tholose et 
officii inquisitionis predicte notario interfui, et prcdictam stipula- 
tionem cum eodem notario recepi, ac presenti publico instru- 
mente per eum recepto et confecto manu propria me subscripsi 
et signum meum solitum apposui in eodem in fidem et testimo- 
nium premissorum, sub anno, indictione, die, mense, pontificatu 
et loco predictis, vocatus, rogatus et requisitus » (Doat, XXXV, 
fol. 122 v°-'129). 



INTRODUCTION. ciij 

ment des fraticelles allait recommencer de pius belle. Le 
fait est que le futur Benoît XII déploya une activité fort 
grande. Du mois d'octobre 1318 au mois d'octobre 1325, 
il instruisit des procès pour hérésie et entendit des con- 
fessions qui remplissent ensemble un énorme registre (Biblio- 
thèque du Vatican, fonds du Vatican, ms. 4030)'. Voici 
d'abord les procès avec les noms des témoins entendus : 

Conlra Jacobam d'en Garot d'Ax : 

Barlbolomeus de Ecclesia, presbyter de Suriaco. 

1. Reliure de bois couvert de veau vieux avec enluminures 
empreintes ; deux anciens fermoirs ; à l'intérieur, sur le plat : 
B. n. 14. Parchemin, 375 mill. X 260 mill.; 314 feuillets à deux 
colonnes, sans foliotation. Cinq feuillets préliminaires non folio- 
tés, qui contiennent une table des matières et trois lettres de 
Gilles Aycelin, archevêque de Narbonne (1290-1311), à Bernard 
Saisset, évoque de Pamiers, et aux abbés, prieurs, etc., portant 
communication de trois bulles de Clément V : 1° sur la convoca- 
tion d'un concile général; 2° contre les Templiers, avec les articles 
de l'enquête à faire sur eux ; 3"* contre les détenteurs des biens des 
Templiers. Fol. 1 (après les cinq feuillets préliminaires) : « Con- 
fessio Raymundi de Costa, heretici Valdensis et dyaconi in illa 
secta. » — Explicit, fol. 314 d : « Eadem originali transcripsi fide- 
liter et correxi. » Belle écriture du temps; état parfait. Les cata- 
logues anciens de la bibliothèque des papes, à Avignon, signalent 
deux manuscrits contenant des processus inquisitionis instruits 
par Jacques Fournier : « Item, processus domini Benedicti pape 
CONTRA HEREïicos, dum erat episcopus Appamiarum, coopertus 
corio albo, qui incipit in secundo folio post tabulam errorum : 
dictus, et finit in penultimo folio : in crimine. » — « Item, pro- 
cessus CONTRA HERETicos, coopcrti corio viridi, qui incipiunt in 
secundo folio : suam, et finiunt in penultimo folio : capellanos s 
(R. P. Ehrle, S. J., Historia biblioihecae Romanorum pontificum, I, 
p. 338 (n" 661), 358 (n*' 925). — M. Gh. Molinier a donné une des- 
cription et une analyse du ms. 4030 : Études sur quelques manu- 
scrits des bibliothèques d'Italie concernant l'Inquisition et les croyances 
hérétiques du XII^ au XVIl^ siècle, p. 89 et suiv., 181 et suiv. (Paris, 
Leroux, 1887, in-H». Extr. âos Archives des missions scientifiques et 
littéraires, t. XIII). 



Ci^ INTRODUCTION. 

Guinelmus Causo, monerius de Ax. 

Gualharda, filia Pétri de Canals, de Sauralo. 

Petrus Rubei, reclor ecclesie de Merenchis. 
Contra Arnaldum de Savinhaco, de Tharascone : 

Bertrandus Gorderii, de Appamiis. 

Petrus de Maishelaco, de Tarascone. 

Johannes Yfortus, de Tarascone. 
Contra Berexgaricm Scola, de Fuxo : 

Gentilis, uxor Pétri Scoia. 

Faber de Montealto. 

Guiihelmus Bauzeih, procurator rectoris ecclesie de 
Ventenaco. 

Gaufridus de Ventenaco. 
Contra Gcillelmdm Austatz, de Ornolaco : 

Gualharda, uxor Bernardi Ros, de Ornolaco. 

Alazaicis, uxor Pétri de Borda, de Ornolaco. 

Raymundus Barravi, clericus de Ornolaco. 

Julianus, clericus de Ornolaco. 

Barchinona, uxor Bernardi de Borda, de Ornolaco. 

Petrus de Borda, de Ornolaco. 
Contra Beatricem, uxorem Othonis de Ecclesia, Qeo?(DAM de 
Adalone : 

Guillelmus Rosselli, de Adalone. 

Guillelmus de Monte alto, rcctor de Adalone. 
Contra GuFLLERMAM, uxorem Bernardi Benêt : 

Alazaicis, uxor Pétri Munerii, de Ornolaco. 

Gentilis, filia Guillermi Ros, de Ornolaco. 

Raymundus Beneti, de Ornolaco. 
Contra Raïmdîvdum Valsiera, de Ax : 

Johannes Barra, de Ax. 

Petrus de Galhaco, de Tarascone. 
Contra personas nominatas a predicto Valsiera, contra Smo- 
NEM Barta : 

Guillerma, uxor Pradas Savinha, de Ax. 
Contra Bernarddm Franca, de Golerio, de Vie de Ses : 

Guillelmus Seguelati, de Golerio, parrocliia de Sos. 

Guillelmus Bertrandi, de Golerio, parrochia de Sos. 

Raymundus Mediaviile, de Golerio, parrochia de Sos. 



INTRODUCTION. CV 

Bcrnardus Maria, de Golerio, parrochia de Sos. 

Arnaldus Augerii, de Golerio, parrochia de Sos. 

Pclrus Babas, de Golerio, parrochia de Sos. 

Arnaldus Maurini, de Golerio, parrochia de Sos. 
Gonlra Raymundum de Area, alias Borde de Tinoaco : 

Guillernius de Gornellano, de Lordalo. 

Raymundus Seguini, de Tinhaco. 

Arnaldus Laufre, de Tinhaco. 
Contra x\r!valddm Tëxtorem, de Sellis : 

Guillelmus Perdiguator, de Sellis. 

Johannes de Sellis. 

Arnaldus Bertrandi, de Rupe Ulmesii. 

Pelrus Gilberti, de Sellis. 
Gontra Adalaicam, filiam Aicredi Boreti, de Caussone : 

Guillelmus d'en Home de Lassur. 
Gontra Raimdnddm Sicredi, de Asco : 

Bernardus Gumberti, de Ax. 

Joan Pétri Amclii, de Ascone. 

Bernardus Vincenlii. 

Asco de Podio, de Ascone. 

Bernardus Poncii, de Ascone. 
Contra Ar.xaldcm Savinhani, de Capite pontis Tarasconis : 

Vesianus Textoris, de Capite pontis Tarasconis. 

Guillermus Tibaldi, de Tarascone. 

Johannes MonLanerii, de Tarascone. 
Gontra Ameltum de Rivis, vicarium perpetuom de Unaco : 

Nicholaus de Prato, presbyter. 

Bartholomeus Ugonis de Savarduno, claverius priora- 
tus de Unaco. 
Contra Arnalddm de Vernhola, de Mercatali : 

Johannes Ferrerii, de Boregia. 

Guillermus Ros, de Rivobuxa. 

Guillermus Bernard! Jot, de Gauderiis, diocesis Mira- 
piscensis. 

Guillermus Bonrii, de Piano Vilarii. 

Guillermus Pecs, de Rivobuxa. 

Frater Petrus Recort, ordinis Carmelitarum. 
Omnes sludentcs Appamiis. 



cviij INTRODUCTION. 

seur de Jacques Fournier, lesquelles, — je parle de celles 
de 1329, — rendirent à la liberté plusieurs des hérétiques 
que Jacques Fournier avait condamnés au « mur. » 

Je viens de prononcer le nom de Limborch : tout le monde 
sait que nous lui devons l'édition du Liber sententiarum 
de Bernard Gui. Or, l'évêque de Pamiers a fait avec cet 
inquisiteur plusieurs actes de poursuite. C'est ainsi que le 
Liber sententiarum nous le montre à l'œuvre. 

1°. Le 8 décembre 1319, à Carcassonne, l'évêque de Pa- 
miers et l'évêque de Saint-Papoul, juges dans la cause en 
vertu d'un mandat apostolique, condamnent Bernard Déli- 
cieux à la prison perpétuelle et lui assignent pour cachot 
« strictum murum qui situs est inter civitatem Carcassonam 
et flumen Araris ' . » 

2°. Le 2 août 1321, à Pamiers, dans le cimetière Saint- 
Jean extra muros, Jacques, évêque de Pamiers, Bernard 
Gui et Jean de Beaune, inquisiteurs, prononcent quatre 
sentences, decrucibus, immurationis, contra relapsum, 
contra duos valdenses '-'. 

3". Les 4 et 5 juillet 1322, à Pamiers, dans le cimetière 
Saint-Jean extra ?nuros, Jacques, évêque de Pamiers, avec 
l'évêque de Mirepoix, Bernard Gui et Jean de Beaune, inqui- 
siteurs, et l'official de Rieux, tient un « sermo publicus, » 
où ils prononcent des grâces de croix, des délivrances de 
prison, des pénitences et des condamnations au « mur^. » 

4°. Le 19 juin 1323, à Pamiers, Jacques, évêque de 
Pamiers, Bernard Gui et Jean de Beaune, inquisiteurs, font 
un « sermo publicus^. » 

5". Les 4 et 5 juillet 1322, à Pamiers probablement, 

1. Limborch, Liber sententiarum, p. 268-273. 

2. Ibid., p. 286-289. 

3. Limborch, op. cit., p. 291-298. 

4. Ibid., p. 393. Les noms des intéressés sont seuls donnés. 



INTRODUCTION. cix 

Jacques, évêque de Pamiers, Bernard Gui et Jean de Beaune, 
inquisiteurs, rendent une sentence d'exhumation contre deux 
hérétiques morts dans l'impénitence^ 

Le fonds Doat fournit quelques autres indications utiles 
pour apprécier l'activité de Jacques Fournier comme juge. 
Le tome XXVII donne ce simple renseignement qu'il avait 
entendu le carme Pierre Record', que son successeur con- 
damna ; mais, dans le tome XXYIII, Jacques Fournier 
reprend ce grand zèle qui éclate dans lems. 4030 du Vatican : 

1". Les 7, 8, 9 et 22 août 1324, à Pamiers, in caméra 
episcopali, assisté de Jean du Prat, inquisiteur, il entend 
une dernière fois vingt-trois témoins ou prévenus dont l'ins- 
truction touche à sa fin ; ils confirment leurs aveux anté- 
rieurs^, contenus, plusieurs du moins, dans le ms. du 
Vatican. 

2". Les 9, 10 et 11 août 1324, à Pamiers, in caméra 
episcopali, assisté du même inquisiteur, il fait, en présence 
d'un grand nombre de conseillers, une consultation inquisi- 
toriale, qui occupe quatre séances et qui porte sur chacun 
des divers prévenus dont le sort va se décider^. 

3». Le 12 août 1324, à Pamiers, dans le cimetière Saint- 
Jean extra muros, l'évêque de Pamiers tient un sermo 
publicus dans la forme ordinaire de ces actes, serment des 
officiers séculiers, sentence d'excommunication contre ceux 
qui font obstacle à l'Inquisition, grâce des croix, délivrance 
de la prison, abjuration des condamnés qui reçoivent un allé- 
gement de peine, peine des croix, condamnation au« mur^. » 

1. Ibid., p. 333. Leur procès se trouve dans le ms. 4030 du 
Vatican. 

2. Fol. 150 v°. 

3. Fol. 39 V0.43. 

4. Fol. 43-56. 

5. Foi. 50-70. 



ex INTRODUCTION. 

4°. Le 13 août 1324, à Pamiers, dans l'église du Camp, 
révêquede Pamiers et JeanduPrat, inquisiteur, condamnent 
plusieurs faux témoins « ad standum in scala, » un dimanche, 
devant l'église du Mercadal ou du Camp, et, un jour ,de 
marché, sur la place, et à la prison, qu'ils feront aux AUe- 
mans^ Même jour, grâce des croix est faite à la femme 
Gausie ; et l'on procède à la dégradation de Guillaume Tra- 
ver ( Traverii) -. 

Même jour, sentence contre Bernard Clerc [Clerici) et 
Raymond de Garanone, condamnés, le premier, « ad stric- 
tum mûri Carcassone inquisitionis carcerem in vinculis fer- 
reis ac in pane et aqua, »le second, « ad murum largum de 
Alamannis^. » 

5°. Les 22 et 23 février 1325 (n. st.), à Carcassonne, 
l'évêque de Pamiers est présent et prend part à la consulta- 
tion inquisitoriale provoquée par Jean du Prat, inquisiteur^ 

6°. Le 24 février 1325 (n. st.), à Carcassonne, Marché 
couvert, l'évêque de Carcassonne, l'évêque de Pamiers, Jean 
du Prat, inquisiteur, avec les commissaires des archevêques 
de Narbonne et de Toulouse, des évêques de Béziers, de 
Mirepoix et de Saint-Pons, tiennent un sermo generalis, 
oiî sont intéressés plusieurs hérétiques du diocèse de 
Pamiers. 

Tel est l'exposé très sommaire des actes de Jacques Four- 
nier, poursuivant l'hérésie comme juge, entendant les dépo- 
sitions, condamnant, graciant ou prenant part aux sermo- 
nes où comme tel il devait paraître. De tous les évêques du 
Languedoc, il est bien celui qui, sous le pontificat de 

1. Fol. 76^-86. 

2. Fol. 86. 

3. Fol. 86 vo-93. ^ 

4. Fol. 96-107. 



INTRODUCTION. cxj 

Jean XXII, a déployé le plus de zèle. Le rang suprême 
auquel il est parvenu et la réputation de haute vertu qu'il 
a laissée ne donnent-ils pas une valeur particulière à toute 
sa conduite dans cette affaire? S'il fut un des hommes les 
plus saints et les plus honorables de son époque, n'est-on 
pas amené à penser que. la poursuite juridique des héré- 
tiques répondait à quelque besoin réel, à quelque idée de 
justice sociale? 

Son successeur, le dominicain Dominique Grima (1326- 
1347), fut, lui aussi, un homme de valeur. Théologien et 
exégète, il sut joindre à la science le goût le plus éclairé, 
puisqu'il fit construire au couvent de son ordre, à Toulouse, 
la chapelle de Saint-Antonin, dont les lignes sévères et élé- 
gantes furent relevées par des peintures du plus grand art*, 
que nous admirons encore même dans leur état de dégrada- 
tion. Il régla ses relations avec les hérétiques sur l'exemple 
de son prédécesseur et sur le droit public de l'époque, dont 
il n'eût pu s'écarter sans danger. Cependant, bien que son 
épiscopat ait duré vingt ans, les documents d'inquisition 
qui lui appartiennent ne sont rien en comparaison des actes 
se référant aux neuf années du pontificat de Jacques Four- 
nier : celui-ci aura fait le principal. Voici à quoi se réduisent, 
dans le fonds Doat, les actes de Dominique Grima : 

1°. Les 13 et 14 janvier 1329 (n. st.), à Pamiers, in aula 
episcopali, Dominique Grima, évêque de Pamiers, Henri 
Chamayou {de Chamayo) et Pierre Brun, inquisiteurs, 
appellent en consultation un grand nombre d'hommes qua- 

1. "Voy. mon volume : Organisation des études chez les frères Pré' 
chcurs, p. 103, il7, HO (Paris, Picard, 1884, in-8°). A l'époque 
où j'ai publié ce volume, je n'avais pas vu tous les manuscrits 
qui nous parlent de ce personnage et je l'avais, avec les Bénédic- 
tins, appelé Dominique Grenier. Voy. mon autre volume : Les 
frères Prêcheurs en Gascogne, p. 401. 



cxij INTRODUCTION. 

lifiés de la région auxquels ils proposent des cas avec les 
extraits des dépositions respectives ^ On me permettra de 
ne pas en dire plus long, car je me propose de consacrer un 
paragraphe spécial aux consultations inquisitoriales. 

2". Le 17 janvier 1329 (n. st.), à Pamiers, in aula epis- 
copali, Dominique Grima et les deux mêmes inquisiteurs 
rendent leur sentence contre le carme Pierre Record, con- 
vaincu de sorcellerie ; ils le condamnent à la dégradation et 
à la prison perpétuelle dans le couvent de son ordre à Tou- 
louse 2. 

3°. Les 16, 18 et 22 janvier 1329 (n. st.), à Pamiers, 
dans l'église du Camp et la maison épiscopale, l'évêque 
et les deux inquisiteurs font un sermo generalis ; ils pro- 
noncent la grâce des croix en faveur de quarante-deux héré- 
tiques ; ils délivrent de prison quatorze condamnés, dont ils 
reçoivent l'abjuration ; ils édictent une pénitence simple 
{penitencia arhitraria) sine crucibus contre quatre héré- 
tiques, cwn crucibus contre quatre autres ; ils condamnent 
à la prison huit hérétiques, prononcent l'exhumation contre 
trois défunts qui sont morts dans l'hérésie, l'échelle contre 
cinq faux témoins, la dégradation ecclésiastique contre le 
curé des Allemans^. 

En réalité, est-ce à ces trois actes que se borna tout 
l'épiscopat de Dominique Grima ? Vraisemblablement non. 
Il n'est pas impossible que d'autres documents soient décou- 
verts un jour. 

Nous avons vu, à côté de lui, les inquisiteurs Henri Cha- 
mayou et Pierre Brun. Avec Jacques Fournier avaient 
siégé Bernard Gui, Jean de Beaune et Jean du Prat, et, en 

1. Doat, XXVII, fol. 140 v«-146. 

2. Ibid., fol. 150 vo-156. 

3. Ibid., XXVII, fol. 146 ^-149. 



INTRODUCTION. cxiij 

outre, d'après le ms. du Vatican, Galhard de Pomiès {de 
Pomeriis), lieutenant de Jean de Beaune, et Guillaume 
Costa, son lieutenant également. C'est peut-être le moment 
d'insister sur un fait plusieurs fois énoncé déjà, je veux dire 
la présence au même tribunal et l'entente juridique néces- 
saire du juge ordinaire et du juge délégué. Les évêques 
dont il me reste à parler m'en fourniront encore l'occasion. 

6. Les évêques de Béziey^s, de Lodève, de Maguelonne, 
d'Agde, etc. Quand on parcourt les actes de l'Inquisition 
dans le Languedoc au xiif siècle, on ne manque pas d'être 
surpris de la petite part qui y est faite aux évêques des dio- 
cèses situés aux extrémités nord et est de la province. Les 
évêques de Cahors y apparaissent rarement, alors cepen- 
dant qu'au début l'Inquisition s'exerça avec une certaine 
intensité dans tout le Quercy. C'est à peine si les documents 
mentionnent quelques réconciliations canoniques, auxquelles 
ne peut-on encore fixer de date*. Nous apercevons, un 
moment, en 1253, Vivien, évêque de Rodez (1247-1274), 
à Najac « ubi fecit et adhuc facit fieri inquisitionem, » puis 
à Rodez, où il appelle six des habitants de Najac, à Ville- 
neuve d'Aveyron, à Millau; du moins un habitant de cha- 
cune de ces deux localités est condamné; mais les choses 
n'y sont pas menées jusqu'à la fin avec la vigueur première, 
au grand mécontentement du sénéchal du Rouergue^ Et 
c'est tout. 

A l'autre extrémité de la province, il en va de même : les 
renseignements manquent. Un acte de 1260 énonce sans 

1. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 203 ; Doat, XXIII, 
fol. 6 v°-7. — Un évêque de Lectoure avait aussi fait des réconci- 
liations (bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 231 v»). 

2. Voy. la lettre de Jean d'Arcis (de Arcisio] à Alfonse de Poi- 
tiers du 21 février 1253 (J. de Laborde, Layelles du Trésor des 
chartes, III, n» 4039^, p. 581). 

h 



cxiv INTRODUCTION. 

doute ce fait que le chapitre et l'évêque de Béziers avaient 
juré que les biens des hérétiques n'iraient point à leurs 
héritiers ^ conformément à la jurisprudence du moment, qui 
cependant ne réussit pas à s'établir. Mais plus rien dans tout 
le xiif siècle. Il faut descendre au 26 avril 1299 pour ren- 
contrer l'évêque de cette ville. C'est alors, en premier lieu, 
Bérenger Frédol (1294- 1305) ^ un canoniste de grande 
réputation. Il apparaît comme une sorte de conciliateur, 
puisqu'il exhorte les habitants du Bourg de Carcassonne à 
accéder aux conditions que l'inquisiteur propose avant de 
les relever de l'excommunication 3. Le 20 novembre 1305, 
il adresse de Lyon à l'archevêque de Narbonne, en faveur 
de Raymond Gayraud, d'Arqués (Aude), la lettre suivante, 
contenant l'exposé d'une situation qui n'était pas absolument 
unique :• 

Venerabili in Ghristo fratri Dei gratia archiepiscopo Nar- 
bone, vel ejus officiali, Berengarius, miseratione divina Bilter- 
rensis episcopus, salutem in Domino sempiternam. — Sua 
nobis Rairaundus Gayraudi, de Archis, vestre diocesis, lator 
presentium, humili et sponlanea confessione monstravit quod 
ipsc olim, a qalbusdam quos credebat orthodoxe fidei zelatores 
scductus, pluries a duobus annis citra participavit Andrée Jacobo, 

1. Hist. génér. de Languedoc, VIII, col. 1468, 1469. — Les habi- 
tants de Béziers écrivent au roi pour se plaindre que G. d'Ai- 
guesvives, qui se fait appeler G. de Lodèvc, soit entré en posses- 
sion des biens de son gendre, hérétique. 

2. Deux autres Frédol occupèrent le siège de Béziers au 
xiye siècle : Bérenger Frédol le jeune (1309-1312) et Guillaume 
Frédol (1314-1349). Ils appartenaient à une famille bitterroise qui 
donna d'autres dignitaires à cette église : Raymond Frédol, cha- 
noine en 1249, André Frédol, archidiacre (1323-1346), Bernard 
Frédol, chanoine en 1339, Pierre Frédol, etc. (Bibl. de Béziers, 
Ms. 6, fol. Ixvj, Ivij, Ixxxiij v°, Ixxxv, Ixxxvij v.) Ce registre du 
xv« siècle contient divers règlements de l'église de Béziers. 

3. Doat, XXXII, fol. 283-288; Mahul, Cartulaire, V, 651. 



INTRODUCTION. CXV 

de Savarlesio, ac quihusdamaliis hcreticis loquendo, bibeiido, 
comedendo cum eis; et eorum prcdicationes audivit, ipsosque 
adoravil et associavit muUolie[n]sgenibus flexis, BenediciteiQY 
dicendo, ac eis peccuniam et aliquaalia de suo proprio pro eorum 
necessitalibus minisLravit. Que omnia in scriptura coram nobis 
confecta plenius conlinentur. Unde errorem advertens quem 
sub specie recti iidem predicaverant sibi seductores, supplicavit 
humiliter sibi ab excommunicationis sententia, quam propterea 
noscitur incurrisse, absolutionis beneficium per Sedem Aposto- 
licam misericorditer impertiri et alias anime sue saluti' provi- 
der!. Nos autcm, ejusdem Raimundi confessione audita, pie 
malris Ecclesie, que non claudit gremium redeunti, vesligiis 
inhérentes, Ipsum Raimundum ab excommunicationis sententia, 
quam ex predictis causis sponte confessatis apud nos in scriptis 
remanentibus incurrit, auctoritate domini pape, cujus peniten- 
tiarii^ curam gerimus, duximus absolvendum secundum for- 
mam Ecclesie consuetam, abjurata per eum prorsus omni 
heretica pravitate; sibique penitcntiam injunximus, prout 
secundum Deum et anime sue saluti vidimus expedire; cir- 
cumspecLioni vestre auctoritate committentes prefata quatenus, 
si bona dicti Raimundi sunt per inquisitores Carcassone vel 
quosvis alios ex causis arrestata predictis, ipsa eidem Rai- 
mundo faclatis restitui indilate, nisi sit aliud canonicum quod 
obsislat. Datum Lugduni, xii° kls. decembris, ponlificatus 
domini démentis pape quinli anno primo ^. 

Le 5 décembre suivant, Bérenger Frédol accordait des 
lettres d'absolution à Guillaume Escannier, d'Arqués, qui 
obtenait par là même d'être remis en possession de ses biens ^. 

1. Ms. : salubriter. 

2. Ms. : paenitentiarius . 

3. Doat, XXXIV, fol. 87-88. Ramenée à l'orthographe du 
xm^ siècle. 

4. Lettre de Bérenger Frédol, évéque de Béziers et pénitencier 
du pape, à l'archevêque de Narboanc (Molinier, Éludes, p. 479). 
— Lettre du lieutenant de Pierre Radulphe, procureur du roi 
pour les confiscations, du 24 décembre 1305 (ibid., p. 179, 180). 



cxvj INTRODUCTION. 

Ces lettres n'infirment en rien l'observation déjà faite au 
sujet de l'action combinée des évêques et des inquisiteurs, car 
l'évêque agit au nom du pape. Les documents d'inquisition 
sont rares ici. Sans doute, on peut croire sans témérité 
que ce silence provient de lacunes trop étendues dans la 
suite des documents. Il reste vrai cependant que, durant 
tout le XIII'' siècle, l'effort principal de la poursuite s'accuse 
surtout à Toulouse, à Carcassonne et à Albi. Sous le pontifi- 
cat de Jean XXII, elle s'étend ; il est aisé de la suivre dans 
le bas Languedoc. J'en ai déjà, à plusieurs reprises, fait 
pressentir la raison , du moins la principale raison histo- 
rique. Elle remonte au mouvement fraticelle, qui eut son 
centre à Narbonne et troubla tout le rivage du golfe du 
Lion, ou même la chaîne dés Cévennes méridionales. Le 
fait, d'ailleurs connu, n'a jamais cependant été appro- 
fondi; il n'a pas été de la part des historiens l'objet de 
recherches spéciales. Les tomes XXVII et XXVIII du fonds 
Doat présenteraient pour ces recherches un intérêt sérieux ' . 

1. J'indique ici les principales confessions reproduites dans 
Doat in extenso ou par extraits : 

1320. — Confession de Mathieu, curé de Belbèze (Aude) (Doat, 
XXVII, fol. 85-87). 

1319-1322. — Confessions ou fautes {culpae) de huit béguins de 
Clermont-l'IIérault et de Lodève proposées au conseil réuni en 
consultation à Lodève, le 3 j uillet 1323 (Doat, XXVIII, fol. 1 1 vo-27). 

Avant 1325. — Confessions de douze béguins de Narbonne ou 
du Narbonnais et d'Olargues (Hérault) (ibid., fol. 116-136 v"»). 

1325. — Aveux de dame Prons Bonet, de Saint-Michel de La- 
cadière, diocèse de Nimes. Curieux et importants (Doat, XXVII, 
fol. 51-79). 

1325. — Aveux de Manent Rose, de Lodève (ibid., fol. 79 vo-82). 

Février 1325. — Aveux de Bernard Fenassa et de Pierre Astruc, 
d'Albi (ibid., fol. 32-35). 

Septembre et novembre 1325. — Aveux de Jean Orlach, de 
Montpellier (ibid., fol. 24-26). 



INTRODUCTION. cxvij 

On y trouve des dépositions fort circonstanciées de béguins, 
spirituels et fraticelles, qui, s'ajoutant aux pages consa- 

Octobre 1325. — Aveux do Raymond Jean, sorti de l'ordre des 
frères Mineurs, de Montréal (Aude) (ibid., fol. 35-42). 

Octobre 1325. — Aveux de Biaise Boyer, de Narbonne (ibid., 
fol. 83 vo-85). 

Novembre 1325. — Aveux d'Etienne Gramat, de Villeneuve- 
les-Béziers (ibid., fol. 9-10). 

Novembre 1325. — Aveux d'Alissète, habitant Montpellier 
(ibid., fol. 30-32). 

Novembre 1325. — Aveux d'Ermessinde Gros, femme de Jean 
Castanié, de Lodève, alors à Gignac (Hérault) (ibid., fol. 14-lG). 

Novembre 1325. — Aveux de Sibile Gazelle, veuve de Guil- 
laume Gazelle, de Gignac (ibid., fol. 16-18). 

Novembre 1325. — Aveux de Pierre Massot, de Béziers (ibid., 
fol. 12 vo-14). 

Décembre 1325. — Aveux d'André Bérenger, de Montagnac 
(ibid., fol. 11). 

Décembre 1325. — Aveux d'Agnès, femme d'André Bérenger, 
de Montagnac (ibid., fol. 11 v''-12). 

Août 1327. — Aveux de Guillelme Maze, de Calvairac, diocèse 
de Castres (ibid., fol. 82-83). 

Novembre 1327 et octobre 1328. — Confessions de Raymond 
Cathala, prêtre, de Roujan, diocèse de Béziers (ibid., fol. 42-45). 

1328. — Aveux de Guillaume Molinier, clerc, de Béziers (ibid., 
fol. 48 vo-51). 

Octobre 1328. — Déposition de Durand Bonnet, de Saint-Michel, 
diocèse de Nîmes (ibid., fol. 26-30). 

1325 et 1329. — Confessions de Guillaume Marcon, de Pézénas 
(ibid., fol. 210-212). 

Août 1327, janvier et septembre 1329. — Confessions de Barthé- 
lémy Pays, d'Albi (ibid., fol. 198-199). 

Janvier et février 1329. — Confessions de Raymond Garrigues, 
d'Albi (ibid., fol. 199 vo-200). 

Juin 1329. — Aveux de Raymond Boyer, de Yillemagne (ibid., 
fol. 200-201). 

Juillet 1329. — Aveux de Guillaume Benoit, de Gazouls-l'Hé- 
rault (ibid., fol. 212). 

Juillet 1329. — Confession de Jean Mauran, de Pézénas (ibid., 
fol. 212 ^-215). 



cxviij INTRODUCTION. 

crées par Bernard Gui à la description de leurs doctrines, 
permettraient de caractériser l'état d'âme des populations 

A titre d'exemple, je place sous les yeux du lecteur les aveux de 
Bernard Pastou {Pastoris), de Marseillan (Hérault), du 19 mai 1329. 

« Bernardus Pastoris, de Marcelhano, mercator, habitator Pede- 
nacii diocesis Agathensis, sicut per ipsius confessionem sub anno 
Domini M° CGC° XXIX», mense mail, xix^ die, factam et proces- 
sum inde habitum apparet, veniens spontanea voluntate, non 
vocatus nec citatus per episcopum nec inquisitorem, set per ali- 
quos alios complices suos inductus in domo episcopali Bitterris, 
ubi tune nos frater Henricus de Chamayo, ordinis Predicatorum, 
inquisitor Carcassone, eramus, quandam papiri cedulam scrip- 
tam nobis presentari et tradi per aliquos de familiaribus dicti 
domini episcopi procuravit et fecit, cujus ténor sequitur in hec 
verba : 

« Significatur religiose majestati domini inquisitoris heretice 
pravitatis in senescallia Carcassone, seu ejus locumtenenti, quod, 
cum eo anno Begguini heretici et de heresi dampnati fuissent 
combusti juxta castrum de Pedenacio mandato domini nostri 
Régis et domini inquisitoris, mandato Summi Pontiticis et dornini 
episcopi Agathensis, hinc est quod quidam perverso spiritu imbu- 
tus, adherens heretice pravitati, animum suura ad fidem eorum 
perversis operibus ac hereticis et dampnosis suasionibus immittens, 
eorum perversa opéra sequendo, quadam die, post combustionem 
heroticorum, et specialiter post combustionem cujusdam vocati 
Fornayro, et ejus sociorum, Bernardus Barleti, notarius, catholice 
fidei spernens doctrinam, et mandata apostolica et domini nostri 
Régis et dicta domini Agathensis episcopi, si potuisset, impu- 
gnando, et, quod deterius est, sibi adhérentes habuisset contra 
fidem catbolicam infringendo {sic), accessit ad locum ubi dictus 
Fornayro et alii superius uominati sunt combusti, et flexis genibus, 
lanquam adoraret eorum nequitiam, accepit de ossibus dictorum 
combustorum hereticorum et de lieresi dampnatorum et pro heresi 
juste mandato domini nostri Summi Pontificis ac domini nostri 
Régis légitime combustorum, et ipsa ossa in pallio sive sindonc 
involvens cum multa revercntia, ac si essent roliquie sanctorum, 
accepit et secum asportavit; et, cum per quosdam supervenientes 
peteretur a dicto Raymundo^ quid faciebat ibi, ipse Raymundus 

1. Plus haut : Bernardus. 



INTRODUCTION. cxix 

méridionales victimes d'un mysticisme social faux et subver- 
sif. Aussi voyons- nous les évêques ne pas connaître de 

respondit : « Ego colligo de ossibus istorum combustorum vere 
martirum, quia pro certo ipsi erant sanioris fidei quam illi qui 
eos fecerunt comburi, et de hoc habeo fidem meam; et ipsi erant 
optimi christiani, et cum magno prejudicio et contra jus sunt 
combusti et credo martires et eorum fidem laudo et credo quod 
sint in Paradiso. » Sic tune testes infrascripti ejus vesaniam et 
incredulitatem ac otiam hereticam pravitatem increpantes, dixe- 
runt dicto Raymundo : « Ut quid talia facitis et talia dicitis ac 
asseritis in rebellionem catholice fidei, quia certe nos credimus 
quod quidquid per sanctam Ecclesiam fit digne et juste fiât, quia, 
si non essent reperti lieretici et pro heresi dampnati, jam non 
devenissent ad talem senlentiam. » — Ad que respondens dictus 
Raymundus Barleti dixit hec verba vel similia : Vos janglayres 
près, que hieu teni per bos crestias et per verays martirs ; et d'ayso 
non poyria miiclar que hieu non cresa que sian estalz bos crestias. 
Et nichil aliud posset [sic] sibi dari intelligi contra suam opinio- 
nem predictam. Quare supplicatur vestre magnifies dignitati ut 
ex vestro officio super premissis, in augmentum et conservatio- 
nem ac etiam ad evitandum periculum scliismatis fidei chris- 
tiane, super premissis per vos adhibeatur remediura oportunum. 
Et ad informandum vos nomiuantur testes : Imbertus de Ruppe- 
fixa, domicellus, Johannes Maurandi. 

« Qua quidem cedula ut premittitur presentata et per nos recepta, 
dictum Bernardum ad nostri presentiam fecimus evocari. Qui in 
judicio constitutus, juratus de veritate dicenda, postmodum roco- 
gnovit se fecisse fieri et dictari eandem per magistrum Guillel- 
mum Lombardi, clericum et procuratorem, Pedenacii habitato- 
rem, et scribi per Petrum, clericum magistri Arnaudi Vasconis, 
notarii dicti loci, ad instantiam et instructionom Guillelmi Mas- 
conis, do Pedenacio, apotecarii, qui ipsam cedulam seu substan- 
tiam facti super quo formata fuit, consentientibus aliquibus aliis 
complicibus inferius nominandis, primitus scripsit manu propria 
in vulgari, et postmodum eam sic in vulgari scriptam fecerunt 
formari et transcribi in forma predicta. Vocatis autem Johanne 
Morenni, Guillelmo Mascone, Imberto de Ruppefixa, Durando de 
Podio, Guillelmo de Casulis, a quibus idem Bernardus primo 
asserebat se audivisse narrare factum predictum in dicta cedula 
expressum, et quod a principio, ut dixit, credebat fuisse verum, 



cxx INTRODUCTION. 

repos qu'ils n'aient réprimé de tels excès, dans lesquels 
donnaient tant le clergé séculier que le clergé régulier. 

et coram nobis inquisitore predicto uno post alium singulariter 
in judicio constitutis ac mpdio juramento interrogatis si sciebant 
factura, prout in ipsa cedula continebatur, fuisse verum, et primo 
respondentibus se nichil scire de ipso facto nisi per auditum dici 
alienum, excepte dicto Jobanne Mauranni, qui asseruit ipsum 
factura fore verum et deposuit de sciencia et de visu ; tandem 
prefatis Jobanne Mauranni et Iraberto de Ruppefixa in dicti Ber- 
nardi presentia affrontatis et in judicio constitutis et de veritate 
dicenda juratis, negaverunt unus post alium se dixisse predicto 
Bernardo factura predictum et aliquid scire de ipso facto, excepto 
dicto Imberto, qui cura dicto Jobanne Mauranni finaliter asse- 
ruit se scire et vidisse prout in culpa sua inferius postea recitanda 
plenius est expressum. 

« Quibus omnibus preraissis sic actis, babita suspitione per nos 
inquisitorem predictum ex verisimilibus coujecturis et circums- 
tantiis in eisdem tune notatis, de consilio discretorum ibidem pre- 
sentium, eosdem Bernardum, Johannem, Guillelmum et Imber- 
tum in carcere fecimus detineri. Qui omnes sic detenti et in 
carcere reclusi per paucos dies apud Bitterrim fuerunt auditi, 
interrogati et super premissa cedula plenius examinati; tandem- 
que post multas exhortationes, interrogationes et requisitiones 
eis factas, falsitatem et machinationem per eos factam inimicabi- 
liter et dolose contra dictum Raymundum apperuerunt unus post 
alium non tamen ex toto nec clare, donec fuerunt in dicto car- 
cere per dies multos detenti et apud Carcassonam adducti. Dictus 
tamen Imbertus fuit primus qui predictam falsitatem et macbi- 
nationem apperuit et detexit, non tamen ex integro, donec omnes 
predicti nno"", scilicet B. Pastoris, Jobannes Maurini, Imbertus 
et Guillelmus fuerunt apud Carcassonam adducti et in ipso muro 
detenti. Demum vero dictus Bernardus, post multas exborta- 
tiones, inductiones et deductiones, effusis lacrimis, modum et 
sériera totius tractatus et macbinationis predicte falsitatis, codule 
fabricationis et consontientes in eis corde gcmebundo detexit, ac 
confessus fuit quod, licet a principio dixisset se credere contenta 
in ipsa cedula fore vera, prout ab ipsis Jobanne Mauranni, Guil- 
Iclmo Mascon et Imberto predictis seaudivisseasser[eb]at, bnali- 
ter tamen bene perpendit ex dictis predictorum et circumstantiis in 
dicto tractatu habitis, et ita firmiter credidit quod predicta omnia 



INTRODUCTION. cxxj 

L'évêque de Magiielonne, André Frédol (1318-1328), pro- 

in ipsa cedula contenta, prout contra dictum Raimundum Bar- 
leti proposita orant, non esscnt vera set falsa, et eidem Raymundo 
Ba[rjleti impusita falso et niendaciter per malivolentiam et inimici- 
liam, qiiam ipse et alii predicti et quidam alii de Pedenatio quos 
nominat gerebant et habebant contra vel apud ipsum Raymun- 
dum Barleti, ex causis quas in sua confessionc expressit; et hoc 
etiam credebat et perpendebat antequam redderet ceduiam pre- 
dictam, sicut dixit; quodque in itinere, dum ipse qui loquitur et 
dictus Johannes Mauranni ibant apud Bitterrim ad reddendum 
ceduiam predictam, dixit ipse loquens dicto Johanni : Li cor mi 
rahuse formant de randre aquesta cedula; et dictus Johannes 
Mauran respondit quod bene redderet eam nisi esset ibi pro teste 
scriptus. Et hoc audito, ipse Bernardus respondit : « Melius est 
quod sitis testes, et ego ipsam presentabo, quia, quanto erunt 
plures testes, melius probabitur t'actum predictura. » 

« Item, quando fuerunt Bitterris, ipse B. Pastoris fecit dictum 
Johannem Mauran recedere et reverti Pedenatium, ne, si videre- 
tur per dominum inquisitorem, esset suspectus quod se ingereret 
in testem non vocatus nec citatus; et postea fecit enm cum aliis 
citari, et eisdem citatis minislravit expensas in cena, non tamen de 
pecunia sua, set aliorum consentientium in predictis. 

« Item, quandara informationem seu inquestam que fiebat in 
curia regia seu vicarii regii Bitterris contra dictum Raymun- 
dum Barleti super quibusdam casibus officium inquisitionis 
minime tangentibus tam ad expensas proprias quam aliorum, 
pro viribus persequebatur et ducebat in odium et malum 
dicti Raymundi Barleti, non obstante quod crederet contenta in 
ipsa cedula non esse vera, et quod etiam dixisset Johanni Mau- 
ranni et Guillelmo Mascon predictis se non credere ea fore vera 
nec adhibere ûdem dictis eorumdem, et quod etiam sibi respon- 
dissent : Que vous a que far, si est vray ou non, soûl que on vous en 
porte testimoni ? 

« Interrogatus quare ergo reddebat predictam ceduiam ex quo 
sciebat eam contirere falsitatem, respondit quod propter suum 
malum et son dezastre, ot quod volebat quod propter illa ipse 
Raymundus Barleti haberct inde malum et dampnum. 

« Interrogatus quare malum credebat inde eventurum dicto Ray- 
mundo Barleti, si ipsa cedula vel contenta in ea probarentur, res- 
pondit se nescire modum curie domini inquisitoris ; tamen sciebat, 



cxxij INTRODUCTION. 

cède à des interrogatoires et fait des arrestations*; les 
vicaires généraux de Jacques de Concoz, évêque de Lodève 
(1318-1322), poursuivent les béguins, qu'ils mettent en 
prison 2; à Béziers, les aveux faits « in curia episcopi » se 
multiplient^; à Narbonne, Germain d'Alanh [de Alan- 
haîîo), commissaire délégué de l'archevêque, se porte sur 
plusieurs points du diocèse ; et le petit diocèse d'Agde met 
en mouvement la police inquisitoriale. Des exécutions de 
béguins ont lieu à PézenasS à Agde^ à Béziers, à Capes- 
ut dixit, eadem contenta in ipsa cedula fore hereticalia, et quod 
dictus Raymundus propter hoc caperetur et in carcere poneretur 
et detineretur, et postmodum remitteretur domino episcopo Bit- 
terrensi, et quod ipse episcopus posset de ipso Raymundo facere 
a sa guiza, sciens tune, ut dixit, quod dictus dominus episcopus 
portabat tune eidem Raymundo Barleti malam voluntatem, et 
quod non fecisset sibi nisi malum et dampnum, credens tune, ut 
dixit, et desiderans quod ipse Raymundus condempnaretur ad 
perdendum officium suum, scilicet notariatus, et quod perderet 
magnam vel majorem partem bonorum suorum ; et quod hoc sibi 
dixerant aliqui de complicibus predictis et aliis hujus facti quod 
talia erant in dicta cedula, que, si probarentur et causa bene 
duceretur, dictus Raymundus perderet magnam partem bonorum 
suorum. 

« Gommittens premissa a xix» die maii predicta usque ad domi- 
nicam subsequentem que fuit xxî=» dics dicti mensis, et quedam 
alia que in circumstantiis dicti facti sunt, que tractatum peccu- 
nic habende pro dicta causa ducenda et dihgentia adhibenda res- 
piciunt et tangunt, que longum et tediosum esset referre, ac 
principio veritatem negavit et pluries dejeravit, asserens nunc 
penitere de premissis » (Doat, XXVII, fol. 204-210). 

1. Doat, XXVII, fol. 16, 20. — André Frédol, précédemment 
chanoine de Maguelonne et évêque d'Uzès, était de la même 
famille que les Frédol de Béziers. 

2. Doat, XXVIII, fol. 11 v°, 13, 15 v°, 21 v». 

3. Doat, XXVII, fol. 12 v°, 13 v», 14. 

4. Ibid., fol. 204. 

5. Doat, XXVIII, fol. 24 v». 



INTRODUCTION. cxxiij 

tang, à Narboime, à Lodève, à Lunel'. Chaque exécution 
excite la ferveur des adeptes, qui recueillent les restes des 
condamnés, les transportent dans leurs maisons, où ils les 
vénèrent comme des reliques, criant à la persécution, louant 
les vertus des victimes, répétant qu'elles appartenaient à la 
véritable Église. Cette situation, grave sans aucun doute, 
explique l'action d'ensemble, fondée d'ailleurs sur une règle 
de la procédure, des inquisiteurs et des autorités diocésaines, 
qui déploient une extrême activité. Rien, ce me semble, n'en 
donnera mieux la sensation que la suite chronologique de 
leurs actes communs. 

U novembre i 3<8, Garcassonne (?). — Sentence par laquelle 
Barthélémy, évêque d'Alet, Henri Ghamayou, inquisiteur de 
Garcassonne, Pierre Brun, inquisiteur de Toulouse, Germain 
d'Alanh {de Alanhano), vicaire de l'archevêque de Narbonne, 
Jean Gaslanié [de Castanherid] , vicaire de l'évèque de Béziers, 
Bertrand d'Auriac, vicaire de l'évèque de Garcassonne, et Pierre 
Déodat, vicaire de l'évèque de Gastres, commuent la peine en 
faveur de divers détenus appartenant aux diocèses de Nar- 
bonne, Béziers, Garcassonne, Alet, Nîmes et Lodève^. 

-10 décembre -1318, Garcassonne. — Jean de Beaune, inquisi- 
teur, écrit à révêque de Pamiers pour lui annoncer qu'il délègue 
auprès de lui comme son lieutenant Galhard de Pomiès, reli- 
gieux du couvent des frères Prêcheurs de la ville^. 

4 322. — Raymond d'Atho, évêque de Mirepoix, Bernard Gui 
et Jean de Beaune, inquisiteurs, condamnent des béguins au 
ot mur''. » 

-12 septembre -1322, Toulouse. — « Sermo publicus » par 
Bernard Gui, inquisiteur, assisté des commissaires des diocèses 

1. Doat, XXVII, fol. 9, 20, 21, 24, 30, 36; XXVIH, fol. 12, 
14, 14 vo, 15, 15 v», 16, 17, 18, 19, 20, 24 v», 26 v». 

2. Doat, XXVII, fol. 3-7. 

3. Lettre pul)liée par M. Molinier, Études sur quelques manus- 
crits des bibiiotkéques d'Italie, p. 175 (Paris, Leroux, 1887). 

4. Limborch, Liber senlentiarum, p. 330-333. 



cxxiv INTRODUCTION. 

de Montauban, Albi, Toulouse, Rodez, Auch, Mirepoix, Rieux 
et Saint-Papoul^ 

2 juillet ^1323, Lodève. — Jean de Beaune, inquisiteur, et les 
vicaires généraux de Tévèque de Lodève, Etienne Villatou, de 
Mende, et Bernard de Montégut, font une consultation inqui- 
sitoriale^. 

3 juillet -1323, Lodève, in cimiterio vel platea ante eccle- 
siam Beati Andrée. — Les mêmes font un « sermo publicus » : 
serment des officiers et barons, abjuration des hérétiques gra- 
ciés, imposition de croix, condamnations a ad murum, » dégra- 
dation sacerdotale de Bernard Perrolas^. 

45 octobre 4323, Narbonne. — L'archevêque de Narbonne 
donne à Germain d'Alanh [de Alanhano) ses pouvoirs pour 
procéder contre les hérétiques du diocèse''. 

Vers 4328, Carcassonne (?). — Henri Chamayou, inquisiteur 
de Carcassonne, Pierre Brun, inquisiteur de Toulouse, Hugues 
Auger, officiai de Narbonne, Durand Catherini, vicaire de 
l'évêque de Maguelonne, Hugues de Fontenilles, officiai d'Albi, 
Bertrand d'Auriac, vicaire de l'évêque de Carcassonne, et Jean 
Gastanié, vicaire de l'évêque de Béziers, reçoivent ensemble et 
chacun pour sa partie l'abjuration d'hérétiques des diocèses de 
Béziers, Agde, Maguelonne, Albi et Carcassonne^. 

Vers 4328, Carcassonne (?). — Henri Chamayou et Pierre 
Brun, inquisiteurs, Hugues Auger, officiai de Narbonne, Durand 
Catherini, vicaire de l'évêque de Maguelonne, rendent la sen- 
tence par laquelle Na Prons Bonet est livrée au bras séculier^. 

Vers 4328, Carcassonne (?). — Henri Chamayou et P. Brun, 
inquisiteurs, Bertrand d'Auriac, vicaire de Tévêque de Carcas- 
sonne, Hugues Auger, vicaire spécial de l'évoque de Saint-Pons, 
Durand Catherini, vicaire de l'évêque de Maguelonne, Hugues de 

\. Limborch, op. cit., p. 334-372. Cuipae ou dépositions des 
condamnés, p. 372-393. 

2. Doat, XXVIII, foL 3-8. 

3. Ibid., fol. 8-37. 

4. Ibid., fol. 146 vo-147. 

5. Doat, XXVII, fol. 87-89. 

6. Ibid., fol. 95-90. 



INTRODUCTION. cxxv 

Fonlenilles, vicaire de révè(juc d'Albi, et Jean Gastanié, vicaire 
de l'évêque de Béziers, fulminent l'excommunication contre 
divers hérétiques \ 

Vers ^328, Carcassonne. — Henri Chamayou, inquisiteur, 
en son nom et au nom de Bernard Gui, évêque de Lodève, 
P. Brun, inquisiteur, prononcent une sentence d'exliumation 
contre Manent Rose, morte en prison, mais hérétique'^. 

Vers ^328. — Henri Chamayou et P. Brun, inquisiteurs, 
Pierre Déodat, officiai de Castres, député par l'évêque, con- 
damnent Guillaume Maze à la prison perpétuelle^. 

Vers -1328, Carcassonne (?) . — Henri Chamayou et P. Brun, 
inquisiteurs, Bertrand d'Auriac et Germain d'Alanh [de Alan- 
hatio), vicaires épiscopaux de Carcassonne et de Narbonne, pro- 
noncent des sentences d'exhumation ^ 

20 février 1325 (n. st.), Mirepoix. — Raymond d'Atho, 
évêque de Mirepoix, écrit à Jean du Prat, inquisiteur, pour 
s'excuser de ne pouvoir assister au « sermo » qui se tiendra le 
dimanche suivant 24 à Carcassonne; il lui annonce qu'il a 
nommé son commissaire, qui s'y rendra à sa place, Bertrand 
de Roumengous [de Romengosio] ^. 

Même jour, Albi. — Béraud de Farges, évêque d'Albi, écrit 
pour le même objet; il a désigné pour assister au « sermo » 
Hugues de Fontenilles, son officiai, qui procédera avec l'inqui- 
siteur contre certains habitants de la ville épiscopale morts 
dans l'hérésie®. 

'2\ février •1325 (n. st.), Saint-Pons-de-Tliomières. — Ray- 
mond de Roquecorne, évêque de Saint-Pons, écrit à Tinquisi- 
teur pour le même objet : il a nommé son commissaire, qui 
assistera au « sermo » à sa place, Pierre de Saint-Hilaire, curé 
de Belbeze^ 

1. Doat, XXVII, fol. 91 v»-94. 

2. Ibid., fol. 97-98. 

3. Ibid., fol. 98 v<>-99. 

4. Ibid., fol. 99 v»-107. 

5. Doat, XXVIII, fol. 141 \o-142. 

6. Ibid., fol. 144-146. 

7. Ibid., fol. 143-144. 



cxxvj V INTRODUCTION. 

Même jour, Toulouse. — Les vicaires généraux de Tarche- 
vêque de Toulouse nomment commissaire pour assister au 
« sermo » du dimanche suivant, à Garcassonne, Barthélémy 
d'Albi, curé de Labèse^ 



22 février ^3252, Béziers. — L'évêque de Béziers, écrivant 
à l'inquisiteur Jean du Prat, s^excuse de même; il a nommé 
ses commissaires pour assister à sa place au « sermo » du 
dimanche suivant, Bernard Chabot, officiai, et Jean Gastanié [de 
Castanherio], préchantre de Saint-Aphrodise^. 

22 et 23 février ^ 325 (n. st.), Garcassonne. — Pierre Rodier, 
évêque de Garcassonne, et Jean du Prat, inquisiteur, font une 
consultation inquisitoriale, en vue du « sermo » du lendemain ^ 

24 février -1325 (n. st.), Garcassonne. — [L'évêque de Gar- 
cassonne, l'inquisiteur Jean du Prat et les commissaires épisco- 
paux font le « sermo » annoncé.] 

-1" mars 4325 (n. st.), Garcassonne, couvent des frères Prê- 
cheurs. — Jean du Prat, inquisiteur, délivre ses lettres d'abso- 
lution à Jean d'Avignon, cardeur de draps, de Narbonne, et lui 
impose des pèlerinages. Le i 2 mars suivant, à Sigean, le com- 
missaire épiscopal approuve l'absolution et les pénitences^., 

Décembre -1325. — Henri Ghamayou et P. Brun, inquisi- 
teurs, en leur nom et au nom de l'évêque d'Agde, Raymond 
Dupuy, qui s'est excusé par lettre, et Jean Gastanié [de Cas- 
tanherio), commissaire de l'évêque de Béziers, prononcent des 
peines (croix et pèlerinages) contre six hérétiques''. 

'I'^'" mars -1327 (n. st.), Garcassonne, Marché couvert. — 
« Sermo generalis » fait par les évêques de Garcassonne et 
d'Alet, les inquisiteurs Jean du Prat et P. Brun, les commis- 
saires épiscopaux de Narbonne, Béziers, Lodève, Castres et 
Albi^ 

1. Doat, XXVIII, fol. 138 vo-140. 

2. Chronologie propre de l'évôquc de Béziers, Guillaume Frédol. 

3. Doat, XXVIII, fol. 140 vo-14i. 

4. Ibid.j fol. 96-107. 

5. Ibid., fol. 171-174. 

6. Doat, XXVII, fol. 89 v°-9l. 

7. Doat, XXVIII, fol. 178-186. Suivent les dépositions des cou- 
pables, fol. 189 vo-252. 



INTRODUCTION. Cxxvij 

<328. — Les inquisiteurs Henri Giiamayou et Pierre Brun, 
avec les officiaux des diocèses de Béziers, de Narbonne, d'Albi, 
de Castres et de Garcassonne, accordent un adoucissement de 
peine (des pèlerinages au lieu de la prison) en faveur de dix 
prisonniers ' . 

^4 novembre -1328, Narbonne (?). — Henri Chamayou,' 
inquisiteur, et Germain d'Alanb [de Alanhano), archiprêlre 
de Narbonne, curé de Gapestang et inquisiteur épiscopal pour 
la ville et le diocèse, font remise à deux condamnés pour hérésie, 
Biaise Boyer et Matthieu, des peines qu'ils avaient encourues^. 

\\ décembre -1328, Narbonne, cimetière Saint-Félix. — L'ar- 
chevêque de Narbonne, l'inquisiteur apostolique Henri Cha- 
mayou et rinquisiteur diocésain Germain d'Alanh tiennent un 
a sermo, » où, entre autres, sont condamnés des hérétiques de 
Gapestang et de Gessenon (Hérault) ^. 

\'2 décembre <328, Narbonne, maison archiépiscopale. — 
Germain d'Alanh [de Alanhano), commissaire diocésain, donne 
ses pouvoirs à l'inquisiteur de Garcassonne [Henri Ghamayou], 
pour procéder contre Pierre de Arris, chartreux'''. 

■19 et 20 mai ^329, Béziers, in caméra episcopali. — Henri 
Chamayou et P. Brun, inquisiteurs, André, abbé de Saint- 
Aphrodise, commissaire épiscopal, se livrent à une consulta- 
tion inquisitoriale sur divers cas qu'ils exposent^. 

4 juin -1329, Béziers, in caméra episcopi. — Autre consul- 
tation inquisitoriale tenue par l'évêque et l'inquisiteur*'. 

5 juin 4329, Béziers, m aula episcopali. — L'évêque de 
Béziers délègue Henri Ghamayou, inquisiteur apostolique, dans 
la cause de Pierre Roger ^. 

() et 8 juin ^329, Béziers, in aula episcopali. — L'évêque 
de Béziers et Henri Chamayou, inquisiteur, reçoivent l'abjura- 
tion de Jean Roger, prêtre, d'Auriac (Corrèze), bénéficier de 

1. Doat, XXVII, fol. 193 vo-196. 

2. Ibid., fol. 109 v°-112. 

3. Ibid., fol. 124-136. 

4. Ibid., fol. 137. 

5. Ibid., fol. 157-162. 

6. Ibid., fol. 163-170. 

7. Ibid., fol. 177-178. 



cxxviij INTRODUCTION. 

Saiiit-Nazaire de Béziers. L'inquisiteur seul, agissant au nom 
de l'évêque, lui impose des pénitences ^ 

[8 septembre •1329], Carcassonne, Marché couvert. — Les 
évêques, les inquisiteurs et les commissaires diocésains reçoivent 
le serment du sénéchal et d'autres officiers; ils accordent des 
grâces, yraciae de crucibus^. 

-1329. — Les inquisiteurs et les commissaires épiscopaux 
prononcent des peines contre huit hérétiques appartenant aux 
diocèses de Maguelonne, de Carcassonne et d'Albi ^. 

^329. — Henri Ghamayou, inquisiteur, et Bertrand d'Au- 
riac, commissaire de l'évêque de Carcassonne, livrent au bras 
séculier Adam Baudit de Conques, diocèse de Carcassonne'^. 

-1329, — Les inquisiteurs de Carcassonne et de Toulouse, 
Bernard d'Auriac, inquisiteur diocésain de Carcassonne, et 
Hugues de Fontenilles, officiai d'Albi, livrent au bras séculier 
Guillaume Serre, de Carcassonne, et Isarn Rainaud, d'Albi^. 

4 329. — Les inquisiteurs Henri Chamayou et P. Brun et 
Galhard de Saint-Michel, officiai d'Alet, commissaire épiscopal, 
livrent Limoux Nigri au bras sécuUer^. 

4 329. — Les inquisiteurs et les commissaires diocésains 
condamnent « ad murum » des hérétiques des diocèses dWgde 
et d'Albi '. 

4329. — Les inquisiteurs Henri Chamayou et P. Brun, avec 
les commissaires épiscopaux de Narbonne et d'Albi, condamnent 
« ad murum strictum » des hérétiques de ces diocèses". 

4 septembre 1329, Carcassonne, place du Marché. — Les 
inquisiteurs et les commissaires épiscopaux d'Albi ordonnent 
que plusieurs maisons sises à Albi et une métairie près de 

1. Doat, XXVII, fol. 171-177. 

2. Ibid., fol. 188-190, 192. 

3. Ibid., fol. 228-230. 

4. Ibid., fol. 231-232. 

5. Ibid., fol. 232 vo-234. 

6. Ibid., fol. 234-235. Il avait fait se.s aveux en avril 1326, à 
Alet, in aula episcopi (ibid., fol. 216-225). 

7. Ibid., fol. 241 v<»-245. 

8. Ibid., fol. 245 ^-247. 



INTRODUCTION. cxxix 

Réalmonl, où se sont accomplis des rites hérétiques, seront 
rasées ^ . 

Cette énumération longue et partant fastidieuse ne laisse 
pas d'être éloquente. Dans tout le Languedoc, du nord au 
sud, l'entente entre les évêques ou leurs délégués et les 
inquisiteurs est constante ' et de droit ^. On dirait qu'il n'y 
a plus qu'un seul tribunal. De fait, on peut conclure à une 
seule justice, la justice inquisitoriale. 

Nous allons voir maintenant les inquisiteurs à l'œuvre. 



III. Actes di:s inquisiteurs. 

1. Les inquisiteurs. — Il me paraît utile de donner tout 
d'abord la liste chronologique des inquisiteurs. La voici 
telle que j'ai pu la dresser en suivant les documents un par 
un. Malgré tous mes efforts, elle présente probablement 
encore des lacunes. Elle est cependant la plus étendue et la 
moins incomplète de toutes celles qui, depuis Percin, ont été 
publiées; et si, pour quelques-uns de ces juges, la chronolo- 

1. Doat, XXVII, fol. 248-249. 

2. La réquisition faite, le l^r juillet 1324, par Jean du Prat, 
inquisiteur, à Germain d'Alanh, d'avoir à livrer Grégoire Bellou, 
prêtre et moine d'un monastère du Puy, arrêté à Montels, canton 
de Capestang (Hérault), ferait, au premier abord, croire à un con- 
flit. Mais il suffit d'une explication pour que l'inquisiteur apos- 
tolique se déclarât satisfait : l'inquisiteur diocésain avait déjà 
commencé le procès de cet homme qu'il détenait (Doat, XXXV, 
fol. 1-10). Pièce curieuse, qui permet de saisir sur le vif les rap- 
ports de l'Inquisition épiscopale et de l'Inquisition apostolique. 

3. Par exemple, pour que Henri Chamayou, inquisiteur, put, 
seul et sans le concours de l'ordinaire, exercer des poursuites à 
Montpellier, il dut y être autorisé par un rescrit apostolique. Voy. 
la bulle de Jean XXII du 27 avril 1330 (Doat, XXXV, fol. 85-86). 

i 



cxxx INTRODUCTION. 

gie reste quelque peu flottante, je crois pouvoir assurer qu'il 
n'y en a pas un seul qui soit sensiblement éloigné de sa place 
historique. De l'année 1230 à l'année 1349, j'ai pu en comp- 
ter soixante-quatorze, en comprenant dans ce nombre les 
lieutenants des inquisiteurs et les inquisiteurs épiscopaux. 

Ferrier, frère Prêcheur, d'abord inquisiteur épiscopal 
pour Narbonne, puis inquisiteur pontifical, 1230-1247. 

Pons de Saint-Gilles, frère Prêcheur, créé inquisiteur 
par l'archevêque de Vienne, légat, 1233. 

Arnaud Cathala, frère Prêcheur du couvent de Toulouse, 
créé inquisiteur pour le diocèse d'Albi, par l'archevêque de 
Vienne, légat, 1233. 

Guilhem Pelhisso, frère Prêcheur, inquisiteur avec le 
précédent à Albi, 1235. 

Pierre Gellani, frère Prêcheur, créé inquisiteur pour le 
Toulousain et le Quercy par l'archevêque de Vienne, légat, 
1233-1245. 

Willem Arnaud, frère Prêcheur, 1233-1242. 

Etienne de Saint-Thibéry (Hérault), frère Mineur, 1235- 
1242. 

Raymond Scriptor, archidiacre de Toulouse, délégué par 
Willem Arnaud et Etienne, 12.. -1242. 

Mascaron, prévôt de Toulouse, 12.. -1242. 

Willem Raymond, des frères Prêcheurs, 1235-1259. 

Le frère Jean de Navarre, 1236. 

Maître Arnaud de Gampranha 1236. 

Guillaume, grand archidiacre de Carcassonne, 1237. . 

Pierre d'Alais {de Alesto), frère Prêcheur, 1237. 

Pierre Durant ou Durand, frère Prêcheur, 1243-1248. 

Pons Garin, frère Prêcheur, 1243-1246. 

Bernard de Caux, frère Prêcheur, 1243-12... 

.Jean de Saint-Pierre, frère Prêclieur, 1243-1256. 



INTRODUCTION. cxxxj 

Arnaud Chancelier (w?a^^■■s^erAr. Cancellarius), 1245- 
1253. 

Maître Bernard, curé de Ladignac (Haute- Vienne), délé- 
gué par Bernard de Caux, 1246. 

Amelius, curé de Saint-Etienne de Toulouse, 1250- 
1256. 

Rainaud de Chartres, frère Prêcheur, 1250-1256-1263. 

Maître Radulphe, inquisiteur épiscopal de Carcassonne, 
1251-1254. 

Maître Raymond David, inquisiteur épiscopal de Car- 
cassonne, 1251-1254. 

Guillaume de Montreveil {de Monter evelli), frère Prê- 
cheur, inquisiteur, vers 1250(?)-1267. 

Guillaume de Puylaurens, lieutenant de l'inquisiteur, 
vers 1250. 

Maîtres., 1253. 

Raymond Resplandi, 1253-1255. 

G., 1254. 

Pierre Aribert, inquisiteur épiscopal de Carcassonne, 
1254. 

Maître Arnaud de Gouzens, inquisiteur épiscopal de Tou- 
louse, 1255. 

Arnaud de Brassac, inquisiteur épiscopal de Toulouse, 
1256. 

Bernard de Montaren [de Monte areno), chanoine de 
Lodève, inquisiteur d'Albi, 1256-1258. 

B[ernard] de Roquessels {de Rocossels), chanoine de 
Lodève, inquisiteur d'Albi, 1258. 

Pierre Auger, frère Mineur, inquisiteur, vers 1255. 

Baudouin de Montfort {Baudouinus de Monte forti), 
1259. 

Maître Arnaud Pelhisso, inquisiteur avec Amelius, curé 
de Saint-Etienne de Toulouse, vers 1255. 



cxxxij INTRODUCTION. 

Guillaume Bernard, de Dax, frère Prêcheur, inquisiteur, 
1258-1263-1267. 

Pons du Pouget {de Poieto), frère Prêcheur, inquisiteur, 
1262 et années suivantes. 

Etienne de Gastine {de Vasti7io), frère Prêcheur, inqui- 
siteur, 1264-1270-1276. 

Ranulphe de Plassac {de Placiaco), frère Prêcheur, 
inquisiteur, 1273-1275. 

Guillaume de Barda, frère Prêcheur, lieutenant de 
Ranulphe, inquisiteur, 1273. 

Pons de Parnac(Lot), frère Prêcheur, inquisiteur, 1274- 
1276-1277-1278-1279. 

Hugues de Boniols {de Boniolis), frère Prêcheur, inqui- 
siteur, 1276-1277-1278-1279. 

Hugues de Bonetis, le même que le précédent sans doute, 
1276. 

Hugues Amelius, frère Prêcheur, lieutenant des inquisi- 
teurs Pons de Parnac et Hugues de Boniols, puis inquisi- 
teur lui-même, 1277-1278-1279-1280. 

Pierre Arsin, frère Prêcheur, inquisiteur, 1277-1278. 

B[ernard] de l'Ile, lieutenant de l'inquisiteur, 1278. 

Jean Galand, frère Prêcheur, inquisiteur, 1278-1284- 
1286-1293. 

Jean Vigouroux, frère Prêcheur, inquisiteur, 1285-1286- 
1288-1289. 

Guillaume de Saint-Seine {de Sancto Sequano), frère 
Prêcheur, inquisiteur, 1286-1288-1289-1290-1292. 

Foulques de Saint-George, frère Prêcheur, d'abord socius 
de Guillaume de Saint-Seine, inquisiteur, puis inquisiteur 
lui-même, 1290-1300. 

Arnaud Jean, inquisiteur, 1298. 

Bertrand de Glermont, frère Prêcheur, inquisiteur, 1292- 
1304. 



A 



INTRODUCTION. cxxxiij 

Guillaume de Albariis, frère Prêcheur, inquisiteur, 
1293. 

Nicolas d'Abbeville, frère Prêcheur, inquisiteur, 1299. 

Geoffroy d'Abluses, frère Prêcheur, inquisiteur, 1287 (?)- 
1303-1308-1309. 

Sicard Faure, frère Prêcheur, lieutenant de Geoffroy 
d'Abluses, inquisiteur, 1303. 

Bernard Gui, frère Prêcheur, inquisiteur, 1306-1323. 

Géraud de Blumac, frère Prêcheur, lieutenant de l'inqui- 
siteur de Carcassonne, Geoffroy d'Abluses, 1308. 

Jean du Faugoux {de Falgosio), frère Prêcheur, lieute- 
nant de l'inquisiteur de Carcassonne, Geoffroy d'Abluses, 
1308. 

Jean de Beaune {de Behia), frère Prêcheur, inquisiteur, 
1318-1323. 

Galhard de Pomiès {de Pomeriis), frère Prêcheur, lieu- 
tenant de Jean de Beaune, 1318-1323. 

Guillaume Costa, lieutenant de Jean de Beaune, inquisi- 
teur, 1323. 

Germain d'Alanh {de Alanhano), inquisiteur épiscopal 
pour le diocèse de Narbonne, 1320-1329. 

Hugues de Badafolio , officiai de Limoux, inquisiteur 
épiscopal pour le diocèse de Narbonne, 1318. 

Jean du Prat, frère Prêcheur, inquisiteur, 1320 (?)-1328. 

Bernard Brice, frère Prêcheur, lieutenant de Jean du 
Prat, 1325. 

Henri Chamayou {de Chamayo), frère Prêcheur, inqui- 
siteur, résidant à Carcassonne, 1318-1329. 

Pierre Brun, frère Prêcheur, inquisiteur, résidant à Tou- 
louse, 1318-1329. 

H. Nigri, frère Prêcheur, inquisiteur, 1340. 

Aymon de Caumont, frère Prêcheur, inquisiteur de Car- 
cassonne, 1346. 



cxxxvj INTRODUCTION. 

rares, par exemple Raymond ScriptorS Mascaron^, Jean 
de Navarra^ Arnaud de Campranha^ Guillaume, grand 
archidiacre de CarcassonneS Pierre d'Alais, Arnaud 
Challcelier^ Bernard, curé de Ladinhac^ Guillaume de 
Puylaurens*, Arnaud de Gouzens-', Bernard de Montaren*", 
Bernard de Roquessels", Pierre Auger^-, Arnaud Pelhisso'^ 

1. Il avait, à Auriac, réconcilié W. Julien (Bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 89). 

2. Il avait réconcilié Raymonrle, mère de dame Flors, qui 
retomba dans l'hérésie (ibid., fol. 22). 

3. En 1236, il reçoit les aveux de Pons Grimoard, autrefois 
sénéchal de Cahors pour le comte de Toulouse (Doat, XXII, fol. 37). 

4. Compagnon de Jean de Navarra dans cet acte (ibid.). 

5. Le 13 février 1237, avec "Willem Arnaud, il condamne 
B. Othon (Doat, XXI, fol. 163-164), le 2 mars suivant, Guillaume 
Bernard, Géraud de Niort et Esclarmonde leur mère (ibid., 
fol. 166-167), et G. de Niort (ibid., fol. 164-166. Cf. Hist. gén. de 
Languedoc, VIII, col. 1014-1015; Mahul, Cartulaire, V, p. 626). 
Même jour, lettre de Raymond VII, lui ordonnant de saisir les 
biens des condamnés (Arch. nat., JJ 19, fol. 93). 

6. En novembre 1245, il met sa confession sous les yeux de 
R. Gros, d'Avignonet (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 136). Il 
avait condamné Raymond de Guc (ibid., fol. 253 v»). 

7. Le 28 juillet 1246, à Toulouse, il reçoit la déposition d'un 
habitant de Pexiora (Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 173). 

8. Vice-inquisiteur, il avait reçu les aveux de B. de Montes- 
quieu (Doat, XXV, fol. 162). C'est probablement l'auteur de la 
Chronique. 

9. Les 7 et 14 novembre 1255. Il entend la déposition de dame 
Saurine Rigaude (arch. de la Haute-Garonne, H Dominicains, 85). 

10. En 1256, il reçoit la déposition de Guiraud d'Auterive ot de 
Lombarde, sa femme (Doat, XXXII, fol. 241-242). Le 14 février 
1258 In. st.), avec Bernard de Roquessels, il impose des pénitences 
comme inquisiteur d'Albi (Doat, XXXI, fol. 256-257). 

11. Voy. la note précédente. 

12. A une date qui n'est pas donnée, il avait entendu la déposi- 
tion d'Isambard, de Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne), et lui avait 
imposé une pénitence (Doat, XXV, fol. 206 vo-208). 

13. A une date inconnue, mais après 1250, il avait, avec Ame- 



INTRODUCTION. cxxxvij 

Guillaume de Bay^da S Bernard de l'Ile 2, Guillaume 
de Albariis^, Sicard Faure^ Galhard de Pomiès^ 
Guillaume Costa «, Hugues de Badafolio\ H. Nigri», 
Etienne de l'Église ^ Arnaud Jean *°, Bernard Brice ", 

lius, curé de Saint-Étienne de Toulouse, entendu Raymond 
Arquier, auquel ils avaient ensemble imposé une pénitence 
(Doat, XXV, fol. 275-283). 

1. Le 15 juin 1273, il reçoit les aveux de Pétronille de Castanet 
de Verfeil, diocèse de Rodez (Doat, XXV, fol. 5-7). 

2. Le 27 mars 1278 (n. st.), comme lieutenant de l'inquisiteur, 
il entend la suite des aveux de Jean Clerc, de Sorèze, alors en 
prison (Doat, XXVI, fol. 4 vo-5). 

3. Avec Bertrand de Clermont, il reçoit, le 16 juillet 1293, de 
Pierre d'Aragon, la déclaration comme quoi celui-ci renonce aux 
avantages de la lettre d'Adam, inquisiteur de Rome (Doat, XXVI, 
fol. 150 v°-151). Cette lettre se trouve dans ce même volume, 
fol. 148 VO.150, et dans Mahul, Cartulaire, V, 649. 

4. Lieutenant de Geoffroy d'Abluses , inquisiteur, il entend 
Guillaume Salavert, de Corde, qui s'en rapporte à sa confession 
précédente (Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. 44). 

5. Il siège souvent avec Jacques Fournier, évèque de Pamiers 
(Bibl. du Vatican, ms. 4030). Voy. un acte de lui dans Molinier, 
Études, p. 177. Prieur du couvent de Pamiers en 1320 (Douais, 
Les frères Prêcheurs de Pamiers, p. 52, in-S», 1889). 

6. Délégué par l'inquisiteur, il siège une fois ou deux avec 
l'évêque de Pamiers, en 1323 (ibid.). 

7. Il prononce l'exhumation contre Bernard Arnaud Embrin, 
le 3 décembre 1318, avec Jean de Beaune et Bertrand d'Auriac 
(Doat, XXXII, fol. 113 vo-124). 

8. Le 10 mai 1340, il cite le vicaire de Grenade, diocèse de 
Toulouse (Bibl. de Toulouse, ms. 388, fol. 103 v"). 

9. En 1357, il délègue Etienne Delher, prieur du couvent des 
frères Prêcheurs de Montpellier, pour faire, avec le vicaire géné- 
ral du diocèse de Maguelonnc, une consultation inquisitoriale 
(Germain, Une comuUation inquisitoriale au XIV^ siècle. Montpel- 
lier, 1857, in-40). 

10. Le 2 mars 1298 (n. st.), il concède à la communauté des Juifs 
de Pamiers qu'ils jouissent de la liberté aux mêmes conditions 
que les Juifs de la province de Narbonne (Hist. gén. de Langue- 
doc, X, 347, 348). 

11. Le 28 octobre 1325, à Carcassonne, Bernard Brice entendit 



cxxxviij INTRODUCTION. 

Aymon de Caumont', Durand SalvanhS Pierre Sicard^. 

Enfin les inquisiteurs agissent le plus souvent deux par 
deux; du moins l'inquisiteur est escorté d'un « compa- 
gnon. » 

2. Ferrier, Willem Raymond, Pons Garin et Pierre 

Durand. — Nous avons de Ferrier'' des interrogatoires et 
des sentences ; il a reçu des confessions ou aveux ; il a infligé 
des peines, tantôt seul, tantôt avec Willem Arnaud, qui fera 
l'objet d'un article spécial, Pierre d'Alais, déjà signalé, Pons 
Garin et Pierre Durand. Délégué à la première heure par 
l'archevêque de Narbonne, il ne tarda pas à recevoir les 
pouvoirs apostoliques. Et alors c'est toujours avec la qua- 
lité de juge délégué pontifical qu'il se présente. Ici se 
place une pièce assez curieuse, du 23 octobre 1237. Elle est 
relative à l'Inquisition à Narbonne; nous y voyons que les 

Jean Manent et Jacques Gormond, religieux du couvent des 
frères Prêcheurs de Garcassoiine, au sujet de Pierre Tourneraire, 
prêtre de Montpellier, mort le 8 octobre précédent dans la prison 
de Garcassonne (Doat, XXXV, fol. 11-17). Plus tard, en 1357, la 
mémoire de ce prêtre, qui aurait partagé les doctrines de Pierre- 
Jean d'Olive, fut l'objet d'une consultation juridique (Germain, 
Une consultation inquisitoriale au XIV^ sièch. Montpellier, 1857, 
in-4o. Gf. le même, Inventaire inédit concernant les archives de 
l'Inquisition de Garcassonne, p. 15. Montpellier, 1856, in-4o). 

1. Le 16 avril 1346, il convoque l'official d'Albi pour un « sermo » 
qui se tiendra à Garcassonne le dimanche après l'octave de Pâques 
(Doat, XXXV, fol. 120-121). 

2. Il apparaît en 1371 dans une transaction avec les consuls de 
Garcassonne au sujet de l'exemption des tailles, dont les officiers 
de l'Inquisition jouissaient (Doat, XXXV, fol. 136-161). 

3. En 1349, il reçoit des consuls de Gordes l'engagement qu'ils 
prennent de faire construire un portail pour la chapelle du lieu 
et de l'orner des statues de l'évêque d'Albi et des deux inquisi- 
teurs (Doat, XXXV, fol. 122 vo-129). Voy. plus haut, p. xcviij. 

4. Voy., sur Ferrier, Doua.is , Acta capitulorum provincialium 
ord. frat. Praed., p. 46, 47, 58,66; l'Albigéisme et les frères Prê- 
cheurs à Narbonne, p. 36 et suiv. 



INTRODUCTION. cxxxix 

consuls du Bourg, qui avaient d'abord fait opposition à la 
poursuite, la désirèrent ensuite; l'inquisiteur, à la demande 
de l'archevêque et du vicomte, promet l'impunité à ceux 
qui viendront avouer. Cette impunité en ce qui regarde la 
peine afflictive (la prison) et les biens (la confiscation) fut 
appelée plus tard, nous l'avons vu, le temps de grâce. 

Letra testimonial de fraire Ferier, enqueridor. 

Noverint universi et singuli présentes litteras inspecluri 
quod, cum ego fraler Ferrerius de ordine Predicalorum, dalus 
inquisilor contra hereticos et Valdenses et eorum credentes, 
fautores, defensores et receplatores in Narbonensi et Helcnensi 
diocesibus, auctoritate Summi Pontificis, olim inquisitionem 
incepissem in burgo Narbone; nec homines dicti Burgi permi- 
sissent eandem inquisitionem in Burgo fieri memorato, et bac 
de causa me transtulissem pro facienda inquisitione ad partes 
diocesis Ilelenensis, consoles civitatis Narbone, videlicet Rai- 
mundus Pétri, et Petrus de Gruce, et Guillelmus Rubeus, et Rai- 
mundus de Porta Regia et Petrus de Grassa. michi suum nun- 
cium destinarunt supplicantes et bumiliter requirentes quod 
pro inquisitione facienda accederem ad eandem personaliter 
civitatem. 

Gum vero non pro inquisitione facienda prenominalam vil- 
iam Narbone processu temporis adiissem, prefati consules et 
quidam alii probi homines civitatis Narbone, pro tota universi- 
tate ejusdem civitatis ad meam accedentes presentiam, michi 
dévote et bumiliter supplicarunt ut inquisitionem modis omni- 
bus in eadem facerem civitate, exponentes sine conditione qua- 
libct se et totam universitatem civitatis memoratc Ecclesie et 
mcis mandatis universis et singuiis obedire et facere quccum- 
que eisdcm preciperem vel injungerem aliquatenus facienda; 
idcoque ego jam dictus frater Ferrerius, videns et attendens 
devotionem et instanciam non tantummodo consuium predicto- 
rum, sedetiara fcre tocius universitatis civitatis sepedicte volen- 
lium a se repellere hereticam pravitatem et adlierere ecclesias- 
tice uniLati; attendens nichilominus quod, cum eandem 



cxl INTRODUCTION. 

inquisilionem in eadem differem facere civilate, consules et 
quidam alii probi homines ejusdem civitalis a me non tantum 
semel et secundo, sed etiam tertio atque quarto et araplius ut 
inquisitionem ibi facerem cum instancia postularunt, asseren- 
tes se de me querimoniam coram superiore proposituros, nisi 
eam curarem incipere et complere, ad inquisitionem in eadem 
civilate Narbone processi studiosius faciendam et eandem prout 
potui curavi effectui mancipare, plurium confessiones et depo- 
sitiones tune temporis audiendo, aliis nichilominus injunjendo 
quod coram me deponerent quandocumque a me reciperent in 
maudatis. Et ego de auctorilate venerabilis palris P., Dei gra- 
tia Narbonensis archiepiscopi, et nobilis viri A., vicecomitis 
Narbone, inspecta et nichilominus considerata fîdelitale et 
devotione quam universitas predicte civitatis Narbone semper 
et ubique erga Deum et Ecclesiam et négocia pacis et fidei 
potenter et viriliter habuerunt, omnibus qui plene deponerent 
et plenam veritatem coram me de se et de aliis revelarent pro- 
misi impunitatem tam in corporibus quam in rébus, et eosdem 
tam a pena corporali quam a rerum jactura reddidi in perpe- 
tuum liberos et immunes. Actum fuit hoc apud Cannas, x ka^en- 
das novembris, anno Domini M° GG° XXX° VIP. In cujus rei 
testimonium, ego frater jam designatus présentes litteras sigillo 
meo muni tas duxi eisdem concedendas. 

(Original, parchemin, archives municipales de Narbonne'.) 

Les autres actes de cet inquisiteur sont contenus dans la 
collection Doat, dans le ms. 609 de la Bibliothèque de Tou- 
louse et dans V Histoire générale de Languedoc. 

1" La collection Doat : 

Tome XXI, fol. 313, 315. 

Tome XXII, fol. 35, 108, 140, 148 y\ 154, 172, 199, 
201 v°, 211 v°, 214, 229, 233, 238, 243 vo, 247 v% 250, 
258 v% 288. 

\. Dans les anciens inventaires des archives de Narbonne, cette 
lettre est cotée sous le titre : Inquisition, Caisson 2*, Liasse 1". 
L'en-tète est la cote écrite au revers de la pièce. 



INTRODUCTION. cxlj 

Tome XXIII, fol. 1, 9, 50 v°, 57 v% 65, 70, 76, 79 v°, 
86, 88, 94, 100, 102, 106, 116, 119, 121, 125, 127, 141, 
144, 150, 152, 154, 157 v°, 162, 180 v", 186, 197, 201, 
226, 233 V», 237 v% 239 v°, 243, 250 y», 257, 260, 274, 
292, 304 v% 309 v^ 312 v°, 336, 344 v». 

Tome XXIV, 1, 7 v", 11 v°, 15, 19, 23, 38 v°, 83, 102, 
103, 108, 117, 123, 125 v% 135, 144, 155 v", 100, 182 v", 
193, 197, 204, 208, 210 v°, 224 v». 

Cette série de pièces fort importante commence au 5 oc- 
tobre 1237 et finit au 3 mai 1245. 

Tantôt Ferrier est seul^ ; tantôt il apparaît avec d'autres 
inquisiteurs, Pierre d'Alais^ Pierre Cellani^, Willem Ray- 
mond^ Pierre Durand^, Pons Garin*', lesquels ne se montrent 
plus après. 

2° Le ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

Ce manuscrit contient les dépositions reçues par Bernard 
de Caux et Jean de Saint-Pierre. Il en sera plus amplement 

1. Doat, XXI, fol. 313; XXII, fol. 85, 154, 233, 288; XXIII, 
fol. 1, 57 v, 70, 116 V», 144, 150, 226, 233 v», 238, 239 v», 243, 
250 v», 274, 344; XXIV, fol. H v°, 15, 19, 35, 123, 425 v», 135, 
144, 155 vo, 160, 182 v, 193, 197, 204, 210 v°, 224 v». 

2. Doat, XXIV, fol. 108. 

3. Doat, XXIII, fol. 260 v». Déposition de Raymond Jean, 
d'Albi, où il est fait mention d'un livre des hérétiques appelé 
Textus. 

4. Doat, XXIV, fol. 83 v°, 102. En 1235, Guillaume ou Willem 
Raymond fut créé inquisiteur pour le diocèse d'Albi (Doat, XXI, 
fol."' 313). 

5. Doat, XXI, fol. 315; XXII, fol. 108 v^ 140, 148 \'°, 201 v», 
211 v, 21 i, 229, 243 v», 247 v°, 258 v»; XXIII, fol. 65, 76, 79 v°, 
86, lue, 127, 154, 157 v», 180 v», 186, 238, 247 v», 250, 257, 312 v», 
336; XXIV, fol. 1, 7 v». 

6. Doat, XXII, fol. 172 v», 199 v» ; XXIII, fol. 50 v°, 86 v°, 88, 
94, 100, 102 vo, 119, 121, 125, 141, 152, 162, 197, 201, 257, 292, 
304 vo, 309, 312 v% 336; XXIV, fol. 7 v°, 9, 23, 103, 117, 208. 



cxlij INTRODUCTION. 

parlé à l'article de ces deux inquisiteurs. Je n'ai à mar- 
quer ici que l'utilité qu'il présente pour apprécier la car- 
rière de Ferrier inquisiteur. 

Et, en effet, si ces dépositions commencent en 1245, les 
« témoins » ont été amenés à remonter la série des années, 
car les inquisiteurs ne manquaient pas d'interroger sur le 
temps; ils voulaient connaître le moment auquel le délit 
d'hérésie avait été commis. C'est ainsi qu'on y trouve de très 
nombreux faits de cette nature : bien des « témoins » ont 
dit, entre autres choses, qu'ils avaient avoué à fr. Ferrier, 
inquisiteur. Renseignement en lui-même fort utile; malheu- 
reusement, il n'est pas toujours aisé de préciser le moment 
avec la dernière rigueur. Nous pouvons toujours assurer 
que ces faits de poursuite ne sont pas antérieurs à l'an- 
née 1230; la plupart appartiennent aux années 1235 à 
1243'. Ferrier y opère à Laurac, Fanjeaux, Alet, Conques, 
Saissac et Limoux'-. 

3" Enfin Y Histoire générale de Languedoc. 

Ici trois pièces seulement : 

1243. — Ferrier et G. Raymond, inquisiteurs, fulminent 



1. Comme la date de la plupart d'entre eux reste, malgré tout, 
incertaine, je suis ici l'ordre des feuillets du ms. 609. Ferrier est 
mentionné aux feuillets suivants : fol. 1, 1 v°, 2, 2 v», 3, 5, 5 v», 
6, G v°, 7, 7 Y», 8 v», 9 v°, 10, 10 v<», li v°, 12, 12 v», 13, 13 v, 
14, 14 V», 15, 16, 16 v°, 17, 17 v°, 18, 18 \°, 19, 19 v», 20, 20 v°, 
21, 21 v°, 22, 22 v, 23, 24, 24 v», 25, 25 v», 26, 26 v», 28, 
28 V», 29, 29 v, 30 v% 31, 31 v», 32, 32 v°, 33, 33 v», 34 y», 35, 
35 Y°, 36, 38, 38 y», 39, 39 v% 40 v», 41 v», 42. 

2. Dans mon opuscule L'aWigéisme et les frères Prêcheurs à 
Narbonne au XIll^ siècle, p. 36-44, j'ai établi un classement des 
faits de poursuite appartenant à Ferrier d'après les dates déter- 
minées (quatre années seulement sont connues), d'après les lieux 
et années indéterminés, d'après les années indéterminées et les 
lieux déterminés. 



INTRODUCTION. cxliij 

rexcoramunication contre le comte de Toulouse comme fau- 
teur des hérétiques ^ . 

21 avril 1244. — Ferrier et Pierre Durand, inquisiteurs, 
entendent la confession ou les aveux de Bérenger de Lave- 
lanet'-. 

21 février 1245 (n. st.). — Ferrier, inquisiteur, reçoit 
la déposition ou les aveux de Pons Garbonel du Faget'^ 

L'activité de Ferrier comme inquisiteur cessa vers 1247, 
époque à laquelle il était prieur de Prouille. Puis il devint 
prieur des couvents de Carcassonne et de Béziers. Il serait 
mort à Perpignan, « ut audivi dici, » écrit Bernard Gui^ 
Au XIV* siècle, son nom seul inspirait encore de la frayeur 
aux hérétiques : « Nomen ejus qualiter gladiosum in auri- 
bus hereticalium resonat usque hodie^ » 

Il faut ajouter, en ce qui regarde plus spécialement Pierre 
Durand, inquisiteur, que du 3 mars 1244 (n. st.) au 3 mars 
1245 (n. st.), il reçut les dépositions de six « témoins". » 
La bulle d'Innocent IV absolvant Guillaume Fort, de 
Pamiers, lui fut adressée en même temps qu'à Guillaume 
Raymond; ensemble, ils furent chargés de l'exécuter'. 
Cependant, l'acte de l'absolution canonique ainsi accordée 
ne nous est pas parvenu. Le 3 mars 1245 (n. st.), Pierre 
Durand reçut les aveux de Gui de Castillon, chevalier*. 

1. VIII, col. 1143-1144. 

2. VIII, col. 1149-1150. DansDoat aussi (XXIV, fol. 38 v»-68). 

3. Vm, col. 1147-1149. Dans Doat aussi (XXIV, fol. 35-38). 

4. Prior. in conv. Carcassomnsi, Bibl. de Toulouse, ms. 480, 
fol. 156. Cf. fol. 259. — Acta capitulorum provincialium ord. frai. 
Praed., p. 46 (éd. Douais). 

5. Bernard Gui (ibid.). 

6. Doat, XXII, fol. 270; XXIII, fol. 209, 218, 224 v»; XXIV, 
fol. 68, 158. 

7. Doat, XXXI, fol. 103. Bulle du 24 juin 1245. 

8. Doat, XXIII, fol. 220 yo-224. 



cxliv INTRODUCTION. 

3. Willem Arnaud, Etienne de Saint-Thibéry. — 
Les sources de la poursuite inquisitoriale exercée par Wil- 
lem Arnaud^ et son « compagnon, » frère Etienne de l'ordre 
des Mineurs, sont à peu de chose près les mêmes que pour 
Ferrier : la collection Doat, le ms. 609 de la Bibliothèque de 
Toulouse, V Histoire générale de Languedoc, les archives 
de la Haute-Garonne. La Chronique de Guillem Pelhisso- 
fournit une première indication qu'il faut noter tout de suite ; 
en 1233, Willem Arnaud fut nommé inquisiteur pour le 
Toulousain et le Quercy par l'archevêque de Vienne, 
légat; c'est en 1235 que frère Etienne lui fut adjoint comme 
« compagnon. » Caractérisons maintenant chacune de ces 
sources. 

1° Collection Doat. Trente-sept pièces, qui se distribuent de 
la manière suivante : audition de témoins, condamnations, 
excommunication, lettres de pénitence, mutations de pèleri- 
nages, réconciliations. 

Tome XXI, fol. 147 v% 149, 153, 155 v^ 158, 163, 
164, 166, 167 r, 169, 170, 171, 172, 173, 175, 176, 
176 V", 177, 177 v°, 178, 178 v», 179, 181, 182 vM83 v°. 

Tome XXII, fol. 76 v», 78, 265. 

Tome XXIII, fol. 72, 114 v", 124, 143, 148, 155, 273 v^ 
311 v°. 

Le plus souvent, Willem Arnaud opère avec Etienne; il 
est quelquefois seul. Les sentences prononcées l'ont été à 
Carcassonne, place du Marché; à Toulouse, maison épisco- 
pale, devant la porte de l'église de Saint-Etienne, au cloître 
des frères Prêcheurs. Parmi les pénitences imposées, il faut 
signaler le jeûne au pain et à l'eau le vendredi, une aumône 
en nature pour cinquante pauvres, l'obligation de fournir 

1. Acta capitulorum, p. xc, 20, 23. 

2. P. 89, 95, 108 (éd. Douais). 



INTRODUCTION. cxlv 

des briques, de la chaux et du sable pour la construction 
des prisons des hérétiques ^ . 

La collection Doat présente un autre intérêt, qui se porte 
à peu près tout entier sur Willem Arnaud. De nombreux 
« témoins, » déposant plus tard devant d'autres inquisi- 
tions, ont dit avoir déjà précédemment avoué à Willem 
Arnaud : 

Doat, XXII, fol. 5, 13 v% 38, 44, 47, 56, 73, 74, 
80, 85, 88; XXIII, fol. 105 v^ 143, 179 v% 223, 335, 
337, 338, 339 v^ 340; XXIV, fol. 6, 15, 34 v; XXV, 
fol. 298; XXVI, fol. 60. 

Parmi les lieux où Willem Arnaud opéra, je relève Cas- 
telsarrasin^, Moissac^, Toulouse^. 

Ce genre d'intérêt est commun aux pièces de la collection 
Doat et au ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

2" Le manuscrit 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

Encore cette fois, je dois renvoyer à un autre paragraphe 
ce que je me propose de dire de spécial sur cet important 
manuscrit. Je me borne à indiquer les feuillets où Willem 
Arnaud apparaît soit seul, soit avec son « compagnon, » 
frère Etienne, ou avec ses « compagnons, » dont le nom 
n'est jamais donné, mais qui devaient être Bernard de 
Rupe Forti, Garcias de Aura et Raymond de Car- 
bonières {de Carboneriis), enveloppés avec lui dans le 
massacre d'Avignonet : fol. 2 v°, 19, 30 v", 31, 31 v°, 32, 
32 v% 33, 33 v°, 34, 34 v°, 35, 35 v°, 36, 38, 39 v°, 40 v% 
41 r, 43, 43 r, 44 v°, 46 v% 48 v% 49, 50, 50 v", 52, 
52 V", 53, 55 V", 56 v°, 57, 58 v°, 59, 60, 62, 64 v«, 65, 

1. Doat, XXI, fol. 172, 173 v», 177. 

2. Doat, XXII, fol. 44, 47. 

3. Ibid., fol. 47. 

4. Ibid., fol. 88. 



cxlvj INTRODUCTION. 

65 \% 66, 66 Y% 67 v", 68, 69, 70, 74 v°, 75, 87 (cf. fol. 117, 
117 v°, 118), 87 v% 91, 93 (cf. fol. 94), 93 v% 97 v°, 108 Y^ 
126. Grâce aux indications fournies par les « témoins, » on 
suit Willem Arnaud à Toulouse, Laurac (Aude), Castel- 
naudary (Aude), Saint-Martin-de-Lalande (Aude), Renne- 
ville (Haute-Garonne), Villemur (Haute-Garonne), Lavaur 
(Tarn), Auriac (Haute-Garonne), Gaja-la-Selve (Aude), 
Montesquieu -Villefranche ( Haute- Garonne ) , Labécède 
(Aude), Saint-Félix (Haute-Garonne), Fanjeaux (Aude) et 
Avignonet (Haute-Garonne). Il y est fort souvent question 
du massacre d' Avignonet, notamment aux fol. 6, 37, 66, 
85, 91, 130 v% 134, 136, 140. Mais, pour étudier ce fait 
particulier, il faudra consulter, de plus, les dépositions de 
Jean Vital (Doat, XXII, fol. 10 v°-12), d'Arnaud Roger, 
chevalier, de Mirepoix (Ariège) (ibid., fol. 108 v", 140), et 
de Pierre Vinol (ibid., fol. 250-258). L'impression qui, 
pour moi, résulte de la lecture de ces différentes pièces, c'est 
qu'elles pourraient permettre de reconstituer sûrement les 
circonstances du complot qui se termina par la scène de 
sauvagerie où succombèrent les inquisiteurs. 

'S'' Les archives de la Haute-Garonne. 

Ce riche dépôt possède (série H, Dominicains) un registre 
ayant pour titre : Acta Romam missa pro fratribus 
inquisitoribus. C'est l'ensemble des pièces envoyées par les 
frères Prêcheurs pour obtenir du saint-siège la reprise du cuite 
des martyrs d'Avignonet. Trois ont trait à Willem Arnaud, 
inquisiteur : le 10 novembre 1235, il fulmine l'excommuni- 
cation contre les consuls (plus tard capitouls) de Toulouse'; 
le 24 juillet 1237, frère Etienne et Willem Arnaud, inqui- 

\. Cette pièce se trouve aussi dans Bouges, Histoire ecclésias- 
tique et civile de la ville et du diocèse de Garcassonnc, p. 552, 555 
(Paris, 1741, petit in-4°). 



INTRODUCTION. cxlvij 

siteurs, fulminent l'excommunication contre le viguier et 
les consuls de Toulouse; le l^mars 1238 (n. st.), Willem 
Arnaud et frère Etienne, inquisiteurs, rendent une sentence 
de condamnation contre plusieurs hérétiques. 

4° Enfin V Histoire générale de Languedoc. 

Ici, six pièces à signaler : le 29 mars 1236, frère Etienne 
et Willem Arnaud imposent une aumône et des pèlerinages 
à Pons Grimoard, précédemment sénéchal de Gahors pour 
le comte de Toulouse' ; le 2 mars 1237, le grand archidiacre 
de Carcassonne et Willem Arnaud écrivent au comte de 
Toulouse qu'il ait à occuper les biens de B. Othon, de Niort 
(Aude), de ses frères et de leur mère, condamnés à la prison 
perpétuelle^ les 2 et 29 mars 1237, procédures des inqui- 
siteurs^; en 1238, aveux de Jeand'Albi^ le 12 mars 1241, 
aveux de Roger Bernard, comte de Foix, qui bénéficie du 
temps de gràce^ ; le 2 juin 1240 et le 12 mars 1241, aveux 
du comte de Foix, son absolution^. 

Tel est l'ensemble des documents qui nous font connaître 
les principaux travaux de Willem Arnaud et de ses compa- 
gnons, tués dans la nuit du 28 au 29 mai 1242". 

4. Pierre Cellani. — Pierre Cellani, celui-là même qui 
avait cédé à saint Dominique l'immeuble appelé plus tard et 
encore aujourd'hui la maison de l'Inquisition à Toulouse, 

1. VIII, col. 1015-1016. Aussi dans Doat, XXII, fol. 38 v°-40. 

2. VIII, col. 1014-1015. Aussi dans Mahul, Gariulaire, V, 
p. 626; encore Arch. nat., JJ 19, fol. 93. 

3. VIII, col. 1014-1017 (trois actes). Arch. nat., JJ 19, 
fol. 84 a. 

4. Vm, col. 1016-1017. 

5. VIII, col. 1034-1037. Aussi dans Doat, GLXX, fol. 126. 

6. VIII, col. 1034-1037. Aussi dans Doat, GLXX, fol. 112, 126. 

7. a In nocte Ascensionis Doraini. » [Acta capit. provinc. ord. 
frat. Praed., p. 20, note 7.) La fête de Pâques tomba le 20 avril 
en 1242, et l'Ascension le 29 mai. 



cxlviij INTRODUCTION. 

fut, en 1233, créé inquisiteur par le légat pour le Toulou- 
sain et le Quercy ^ Nous le rencontrons à Renneville (Haute- 
Garonne) ^ et à Gahors^, où il reçoit des aveux. Le tome XXI 
du fonds Doat est la principale, j'allais dire l'unique source 
à consulter sur cet inquisiteur. Les fol. 185 et suivants jus- 
qu'à la fin du volume font connaître les résultats des interro- 
gatoires relatifs au Quercy , région sur laquelle nous sommes 
imparfaitement renseignés. En 1241, la semaine avant 
l'Ascension (28 avril-4 mai), et pendant l'Avent (l'"-22 dé- 
cembre), en 1242 (n. st.), au Carême (9 mars-13 avril), il 
imposa des pénitences à sept cent trente-deux personnes 
coupables de fautes commises dans l'hérésie, qu'elles avaient 
désavouée, et appartenant aux localités suivantes : Gour- 
don, Aumont, Montcuq (Lot), Sauveterre, Montauban, 
Moissac, Montpezat-du-Quercy (Tarn-et-Garonne) et Bel- 
caire (Aude). Ces pénitences sont énumérées simplement 
avec les noms des coupables. Il ne faut pas chercher ici les 
sentences elles-mêmes. Ce n'est qu'un état ou tableau des 
peines avec le nom de chaque personne frappée. 

5. Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. — 
Bernard de Caux et Jean de Saint -Pierre durent être 
donnés pour successeurs à Willem Arnaud, puisqu'ils appa- 
raissent sur la scène dès le 30 novembre 1243. Leurs tra- 
vaux comme inquisiteurs se déroulent dans Doat, dans le 
ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse, dans un fragment de 

\. Guillem Pelhisso, Chronique, p. 89, 95, 109. Son nom a été 
fort défiguré par le copiste de Doat, qui l'appelle Sillanus, Silva- 
nus ou même Seilla (XXI, fol. 185; XXII, fol. 38, 42; XXIII, 
fol. 17; XXVI, fol. 63). Voy. sur ce religieux, Fratres qui cum 
beato Dominico regulam elegerunt, par Etienne de Salagnac et Ber- 
nard Gui, Bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 39 v». 

2. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 55 v°. 

3. Doat, XXm, fol. 217. 



INTRODUCTION. cxlix 

registre d'Inquisition appartenant à M. Bonnet, de Béziers, 
et dans le ms. lat. 9992 de la Bibliothèque nationale, qui 
est un recueil de leurs sentences. Comme ces sentences font 
partie des documents publiés dans le présent ouvrage, je 
me réserve de présenter ce recueil dans la seconde partie 
de l'Introduction. Je ne veux parler ici que des deux autres 
sources que je viens de signaler, le fonds Doat et le ms. 609 
de la ville de Toulouse. 

1" Le fonds Doat. Il contient soixante-trois pièces, qui se 
répartissent de la manière suivante : dépositions, aveux, lec- 
tures faites aux témoins de leurs confessions antérieures. 

Elles se trouvent : 

Tome XXII, fol. 1, 4, 13 v°, 26, 27, 30, 31 ^ 32, 33 v°, 
40 v°, 43, 44 v% 46 v°, 52 v^ 56 v°, 58, 62, 65, 69 v», 71, 
72, 76, 76 v°, 78, 80 v°, 82 v°, 84, 85 v". 

Tome XXIII, fol. 85 v°, 93, 256 \% 309, 343. 

Tome XXIV, fol. 15, 19, 196, 240, 246 v°, 249, 250 v», 
2552, 255 v% 257, 260, 261 v°, 264, 266, 271, 272, 273 v°, 
276v°, 278v°, 281. 

Tome XXXII, fol. 113 v°. 

En outre, il faut signaler la bulle adressée, le 19 mars 
1248, par Innocent IV à Bernard de Caux et à Pierre 
Durand, pour leur enjoindre de ne pas avoir à citer les 
sujets du roi d'Aragon^, dont les terres avoisinaient Nar- 
bonne, et nous avons vu plus haut quelle importance elle 
eut dans un appel célèbre, auquel elle servit de base. Rele- 
vons encore neuf dépositions contre Pierre Garcias, que je 

1. Confession de R. de Roâolos, qni se trouve aussi dans Vtlist. 
gén. de Languedoc, VIII, col. 1147. 

2. Déposition de R. de Montlaur, frère de l'abbé de Pamiers. 

3. Doat, XXXI, fol. 94. 



cl INTRODUCTION. 

publie ici*, et enfin, une sentence rendue à Pamiers, le 
21 avril 1247, par laquelle les deux inquisiteurs condam- 
nèrent à la prison perpétuelle Raymond Guillaume, de Lar- 
nat(Ariège), Raymond et Guillaume d'en Brenguier, Pierre 
Faure, Pierre Arnaud, Arnaud de Rabat, de Château-Ver- 
dun (Ariège), et Guillaume Daras, de Rabat (Ariège). Cette 
sentence complète la série des sentences connues de Bernard 
de Caux et de Jean de Saint-Pierre ; mais, comme elle n'ap- 
partient pas au ms. 9992 de la Bibliothèque nationale, elle 
n'a pu prendre place dans la seconde partie de cet ouvrage ; 
je la donne donc ici : 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi cmcirixi. Amen. 
Anne Domini M« GG° XL° VIP, xi° kls. maii. Nos fratres ordi- 
nis Predicatoi'um B. de Caucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisilores heretice pravitatls in civitale et diocesi Tholosana 
authoritate aposlolica deputati. Quia constat nobis per confes- 
siones in judicio factas Raymundi Guillelmi, de Larnato, Ray- 
mundi d'en Brenguier, Guillelmi d'en Brenguier, Pétri Fabri, 
P. Arnaldi, de Narapa, et Arnaldi, de Ravato, de Castro Ver- 
duno, et Guillelmi Daras-, de Ravato, Tholosane diocesis : 

Quod prenominatus R. Guillelmi, de Larnato, vidit et adora- 
vit multotiens hereticos, et audivit predicationem eorum, duxit 
eos, dédit eis de suo pluries, cre[di]dit hereticos esse bonos 
homines, et, postquam fecit confessionem suam coram aliis 
inquisitoribus et abjuravit heresim et juravit persequi hereticos, 
vidit, duxit, credidit et adoravit hereticos, et audivit predicatio- 
nem eorum, et dédit eis de suo, et negavit veritalem coram 
nobis contra proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Raymundus d'en Brenguier vidit et 
adoravit multotiens hereticos, et audivit predicationem eorum, 
comedit cum eis et de pane benedicto ab eis, pacem ab eis rece- 

1. P. 90. 

2. Ms. : Dajas. 



INTRODUCTION. clj 

pit, appardlamcntls herelicorum inlerfuil, credidit herclicis el 
coriim erroribus, et, postqiiam fecit confessionem suam de 
heresi coram aliis inquisiloribus et abjuravit heresim et jiira- 
vit pei'sequi berelicos, vidit et credidit et adoravit hereticos, et 
aiidivil predicationem eorum, et negavitveritatem coram nobis 
contra proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Guillelmus d'en Brenguier vidit et ado- 
ravit mullotiens hereticos, duxit et receptavit eos in donium 
suam, credidit herelicis et eorum erroribus, et, postquam abjura- 
vit heresim coram aliis inquisitoribus et juravit persequi iiere- 
licos, credidit et adoravit hereticos, et negavit veritateni coram 
nobis contra proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Petrus Fabri vidit et adoravit mullo- 
tiens hereticos, et audivit predicationem eorum, recepit eos in 
domum suam, et dédit eis de suo, credidit hereticis et eorum 
erroribus, et negavit verilatem coram nobis contra proprium 
juramentum-, 

Prenominatus etiam P. Arnaldi de Narapa vidit, duxit et 
receptavit multotiens hereticos, dédit et recepit ab eis, predica- 
tionem eorum audivit multotiens, comedit et bibit cum eis; 
credidit hereticos esse bonos homines et reddidit reverentiam 
multotiens capite inclinato; et, postquam abjuravit heresim 
coram aliis inquisitoribus et juravit persequi hereticos, vidit, 
duxit, receptavit, credidit hereticos esse bonos homines et nega- 
vit veritatem coram nobis contra proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Arnaldus de Ravato vidit et adoravit 
hereticos, et credidit eos esse bonos homines et negavit verita- 
tem coram nobis contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Willelmus Daras vidit et adoravit mul- 
totiens hereticos et audivit predicationem eorum, duxit et rece- 
pit hereticos, comedit cum eis et de pane benedicto ab eis; 
apparellamento hereticorum interfuit, pacem alj eisdem rece- 
pit, credidit hereticis et eorum erroribus, et negavit veritatem 
coram nobis contra proprium juramentum, et, postquam hoc 
anno coram nobis abjuravit heresim, vidit et duxit hereticos; 

Ipsos nunc usos saniori consilio ad unilatem Ecclesie, prout 
asserunt redire volentes, in primis omni heretica pravitate 
abjurata, absolvimus secundum formam Ixclesie a vinculo 



Clij INTRODUCTION. 

excommunicationis qua ratione predicti criminis lenebantur 
astricti, si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierint et mandata sibi injuncta compleverint; et, quia in 
Deum et Sanctara Ecclesiam predicti s modis temere delique- 
runt, ipsos légitime citatos coram nobis comparantes, die sibi 
ad rccipiendam penitentiam super crimine heresis peremptorie 
assignata, et aliis rite actis, communicato multorum prelato- 
rum et aliorum bonorum virorum consilio, ad peragendam 
condignam penitentiam in perpetuum carcerem retrudi volu- 
mus et precipimus ibidem perpetuo commorari; et quod istam 
penitentiam compleant, injungimus eis in virtule prestiti jura- 
menli; si vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus. Actum apud Appamias, 
in ecclesia de Mercadali, in presentia venerabilium patrum 
Appamiensium et Fuxensium abbatum*, magistri Arnaldi de 
Campranha, et cellararii Bolbone, prioris de Scossa, monachi, 
B., cellararii Sancti Anthonini, Arnaldi Gras, capellani, B., 
capellani de Ravato, B. de Salvola clerici, P. Ariberti, B. de 
Sanis, publicorum notariorum, etplurium aliorum in commun! 
sermone^. 

La collection Doat fournit enfin la mention de plusieurs 
confessions reçues par Bernard de Caux seuP ou avec son 
« compagnon » Jean de Saint-Pierre'*, et par Jean de Saint- 
Pierre seul^, la mention encore de croix et de pèlerinages 
imposés à Arnaud Cimordan , de Gascogne^. Elle nous 
apprend un fait intéressant : Bernard de Caux avait fait 
interrpger par son notaire Guillaume de Clues, à Montpel- 
lier, « ubi captus detinebatur''^. » Ce qui indique que les 



1. Ms. : Albiensium. 

2. Doat, XXXI, fol. 139v''-142. 

3. Doat, XXIIl, fol. 217; XXVI, fol. GO. 

4. Doat, XXV, fol. 04. 

5. Doat, XXVI, fol. 7 v. 

6. Doat, XXV, fol. 220. ' 

7. Doat, XXIII, fol. 217. 



INTRODUCTION. cliij 

inquisiteurs avaient tout pouvoir pour donner à distance 
commission à l'effet d'entendre des « témoins. » 

2" Le ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. 

Ce manuscrit (milieu du xiii« siècle, papier, 254 feuillets,. 
290 mill. X 230 mill.) ' nous apporte les dépositions de cinq 
mille six cents « témoins » environ appartenant à cent six 
localités de la Haute-Garonne, de l'Aude, du Tarn et de 
Tarn-et-Garonne2, mais, dans leur très grande majorité, à 
l'ancien Lauraguais. Les critiques y ont vu une sorte d'en- 
quête sur l'état religieux du pays; elle aurait été faite par 
les deux inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint- 
Pierre. Je l'ai moi-même écrit. Actuellement, y ayant 
regardé de plus près, après avoir suivi les dates des déposi- 
tions, je serai moins affirmatif. Car d'abord, c'est au cloître 
de Saint-Sernin de Toulouse que presque toutes les déposi- 
tions ont été reçues ; d'ordinaire, une enquête se faisait sur 
place. Ensuite, les dépositions qui ont commencé le 15 avril 

1. M. Gh. Molinier, l'Inquisition dans le midi de la France, 
p. 163-195 (Toulouse, 1880, in-8°), a décrit et analysé le manu- 
scrit, en forçant toutefois beaucoup le nombre des personnes enten- 
dues par les inquisiteurs. M. Aug. Molinier, Manuscrits de la 
bibliothèque de Toulouse, p. 358 (Paris, Impr. nat., 1883, in-40), l'a 
de même décrit. Dumège, dans son édition de VHistoire rjcnérale 
de Languedoc, t. VI, Additions, p. 5-9, 13-34, a donné la table 
trop souvent fautive des personnes entendues, nobles ou préten- 
dues telles. — Dusan, Revue archéologique du midi de la France 
(Toulouse, 1867), en a publié les onze premiers feuillets, et M. le 
baron Desazars des extraits, Histoire authentique des inquisiteurs 
tués à Avignonet en 12^12 (Toulouse, 1869, in-8°). Je l'ai utilisé 
moi-même dans un court mémoire ayant pour titre : Les héré- 
tiques du comté de Toulouse dans la première moitié du XIII'' siècle 
(Paris, Picard, 1891, in-8o). 

2. La liste en a été dressée par M. Baudouin, ancien archiviste 
de la Haute-Garonne, et placée en tête du manuscrit. 



Cliv INTRODUCTION. 

1245* se sont multipliées, dans des proportions paraissant 
parfois invraisemblables, jusqu'au 17 juillet suivant, pour 
reprendre, après une interruption de trois mois et demi, 
le 30 octobre suivant-, et alors se poursuivre avec la même 
intensité en novembre, décembre, janvier et février. N'est-ce 
pas la preuve que les inquisiteurs avaient accordé le tempus 
graciae d'avril à juillet d'abord, puis de la fin d'octobre 
jusqu'en février? Les habitants, voulant en profiter pour 
s'assurer l'impunité, accouraient en masse et exigeaient du 
notaire de l'Inquisition que leur déposition fut inscrite à 
l'effet de se précautionner contre l'avenir et d'infirmer 
d'avance des accusations toujours possibles. Ces considéra- 
tions sont corroborées dans une certaine mesure par ce fait 
que la poursuite contre des prévenus présumés coupables 
ne commence qu'en mars 1246 (n. st.) : la formule in judi- 
cio constitutus est étrangère aux dépositions d'avril k 
juillet et d'octobre à février. Il faut ajouter que, dans ces 
cas, non plus seulement un inquisiteur, mais les deux inqui- 
siteurs conduisent l'interrogatoire ou remettent la déposition 
sous les yeux du prévenu. C'est alors la preuve d'une action 
judiciaire. Je serais donc porté à voir dans le ms. 609 de la 
Bibliothèque de Toulouse le recueil des aveux faits sponta- 
nément pendant le temjms gratiae ; ils en composent la 
plus grande partie, les neuf dixièmes. Quelques-uns de ceux 
qui étaient venus avouer ayant été poursuivis dans la suite, 
le notaire a mis ensemble les aveux remontant au temps de 
grâce et les dépositions intervenues au cours de la poursuite, 
ce recueil ayant été formé postérieurement à l'année 1258''. 

1. Fol. 143. 

2. Fol. 144. 

3. Fol. 127 : complément des aveux de Pons Garrigue. 



INTRODUCTION. clv 

Voici, en effet, l'indication de quelques-uns des actes qui 

ont suivi : 

27 juin 1250, Toulouse. Jean de Saint-Pierre et Rainaud 
de Chartres, inquisiteurs, font lire à Bertrand de Quiders 
ses aveux des 6 et 7 février 1246*. 

23 février 1256 (ii. st.), Toulouse. Jean de Saint-Pierre 
et Rainaud de Chartres, inquisiteurs, font de même lire à 
Bernard de Scaupon ses aveux, qui étaient du mois de mai 
12452. 

4 décembre 1256, Toulouse. Jean de Saint-Pierre entend 
Pons Aigra, de Montauriol (Haute -Garonne), qui, en 
novembre 1245, avait déjà avoué 3. 

Bernard de Caux disparaît après 1248, tandis que Jean 
de Saint-Pierre continue à travailler huit ou dix ans encore; 
mais ce n'est plus l'activité d'autrefois, ce semble, quoi 
qu'on puisse conclure d'un fragment de registre de l'année 
1256, dont la description suit. 

3° Fragment de registre d'inquisition appartenant à 
M. Bonnet, de Béziers. 

M. Louis Bonnet, de Béziers, pendant son séjour à Tou- 
louse comme étudiant, il y a quelque trente ans, eut la très 
heureuse idée de recueillir, sur le marché volant de la place 
du Capitole, deux feuillets de parchemin du xiif siècle, 
épave d'un registre d'inquisition, qui, à n'en pas douter, 
était volumineux. Ces deux feuillets (342 mill. x254 mill.) 
sont, en effet, les feuillets cglxii et cclxxi de ce registre, 
qui se continuait après le feuillet cclxxi; sans compter 
qu'ils sont écrits page pleine sur une justification de 170 mill. 

1. Fol. 140 v». 

2. Fol. 246 v. 

3. Fol. 142. 



clvj INTRODUCTION. 

Le titre courant du premier porte : De Monte auriol; celui 
du second : DelsFortenenx. De Monte galhardo . Plusieurs 
lieux et communes répondent aujourd'hui au nom de Mon- 
tauriol : Montauriol, comm. de Gabre, cant. du Mas-d'Azil 
(Ariège) ; Montauriol, cant. de Céret (Pyrénées-Orientales) ; 
Montauriol, cant. de Castillonnès (Lot-et-Garonne) ; Mont- 
auriol, cant. de Pampelonne (Tarn); Montauriol, cant. de 
Salles-sur-L'Hers (Aude) ; Montauriol, comm. de Drémil- 
Lafage-et-Montauriol, cant. de Lanta (Haute-Garonne); 
Montauriol, cliâteau, comm. de Villemur (Haute-Garonne). 
Nous écartons tout de suite les Montauriol autres que ceux 
de l'Aude et de la Haute-Garonne comme étant trop éloi- 
gnés; encore faut-il rejeter le Montauriol de la commune de 
Villemur, qui n'appartient pas au Lauraguais; car, dans 
les interrogatoires, comme nous le verrons tout à l'heure, 
les inquisiteurs entendirent des habitants du Lauraguais. 
Enfin notre document dit : de Monte auriol Lauraguesii, 
de Monte auriol de Bello podio domini episcopi Tho- 
losani. Et par là se trouve écarté Montauriol (Aude). Il 
s'agit donc ici de Montauriol formant aujourd'hui une seule 
commune avec Drémil-Lafage. 

Quant à Fourtanens, qui apparaît dans le second de nos 
deux feuillets, c'était un consulat situé dans le voisinage 
de Mourvilles-Basses et des Varennes, arrondissement de 
Villefranche-de-Lauraguais (Haute-Garonne). Et par là 
même se trouve déterminé Montgaillard, canton de Ville- 
franche-de-Lauraguais. D'ailleurs, s'il pouvait y avoir une 
hésitation, il suffirait, pour la dissiper, de rapprocher 
notre interrogatoire du ms. 609 de la Bibliothèque de Tou- 
louse, où nous voyons que les inquisiteurs entendirent les 
habitants de Montgaillard (Haute-Garonne). Parmi ceux-ci. 



INTRODUCTION. clvij 

je relève le nom de Bertrand de Roque ville, chevalier', que 
nous retrouvons dans un des interrogatoires dont je m'oc- 
cupe en ce moment. C'est un renseignement dont on verra 
tout à l'heure le prix. 

Les inquisiteurs nommés sont Jean de Saint-Pierre et 
Rainaud de Chartres. Nous connaissons le premier ; le 
second écrivit, le 31 janvier 1257, à Alfonse de Poitiers, 
une lettre qui suffirait à rendre sa mémoire chère à la posté- 
rité. Il dénonçait à Alfonse, comte de Poitiers et de Tou- 
louse, les faits suivants : Jean de Saint-Pierre et lui, exer- 
çant l'inquisition dans le diocèse de Toulouse, avaient trouvé 
que, sous leurs prédécesseurs, le juge séculier s'emparait 
des hérétiques condamnés simplement à la prison perpé- 
tuelle et les livrait au bûcher ; et cependant les inquisiteurs 
ne réclamaient point. Pour eux, après avoir pris conseil, 
ils protestent, bien que l'on dise déjà que ne pas se prêter 
aux volontés du bras séculier c'est favoriser l'hérésie et 
détruire l'Inquisition; ils ont envoyé une consultation au 
pape; et, en attendant que la réponse arrive, ils se refu- 
seront à livrer les hérétiques retenus dans leurs prisons'-. 

Rien n'était plus juste ni plus humain ; vraisemblable- 
ment, plusieurs des hérétiques auxquels Bernard de Caux 
et Jean de Saint-Pierre avaient infligé la prison échap- 
pèrent ainsi au bras séculier. Nous avons le droit de penser 
que Rainaud de Chartres, que cette lettre nous montre si 
ferme et si exact observateur des règles et de la loi, ne se 
départit point de cet esprit de justice. II dut apporter dans 
l'exercice de ses fonctions toute la modération requise. 

Nos deux feuillets contiennent des interrogatoires d'habi- 
tants de Montauriol, Fourtanens et Montgaillard. Ces inter- 

1. Ms. 609 de la ville de Toulouse, fol. 43. 

2. Hist. gén. de Languedoc, VllI, col. 1409, 1410. 



clviij INTRODUCTION. 

rogatoires ressenablent par l'ensemble de leur teneur à ceux 
du ms. 609 de la Bibliothèque de Toulouse. Mais il me 
paraît qu'il faut y voir des pièces appartenant à une pour- 
suite proprement dite. Car, d'abord, les douze personnes 
entendues, dont cinq étaient de Monta uriol, deux de Four- 
tanens et cinq de Montgaillard, avaient été précédemment 
compromises. Rixendis avait même déjà fait des aveux 
devant Ferrier, à Conques (Aude)'; Esclarmonde, de Saint- 
Amadou (Ariège), avait été interrogée par les inquisiteurs 
del'évêque de Toulouse, au Mas-Saintes-Puelles (Aude)'; 
et Bertrand de Roqueville avait, le 1" juillet 1245, fait une 
première déposition^. S'il fut rappelé par Jean de Saint- 
Pierre et Rainaud de Chartres, le 2 novembre 1256^ s'il 
subit un nouvel interrogatoire, auquel il ne put se dérober, 
ce fut en raison d'une poursuite proprement dite, de nou- 
velles charges pesant sur lui ; et, en effet, en 1256, il ne 
s'enferma pas dans la déposition de 1245. Enfin, Bertrand 
de Roqueville reconnut avoir nié, une première fois, devant 
Bernard de Caux et son compagnon, une seconde fois, 
devant Jean de Saint-Pierre et Rainaud de Chartres ^ On 
ne comprendrait pas un troisième interrogatoire en dehors 
d'une poursuite judiciaire. 

Par là même, nous saisissons le rapport qui existe entre 
les interrogatoires de 1256 et les actes antérieurs des inqui- 
siteurs. 

1. Moatauriol, n° 2. 

2. Montauriol, n° 3. 

3. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 43. 

4. Le ms., Montgaillard, n" 3, porte : F» 7ion. novembris, par 
erreur sans doute; car, pour le mois de novembre, les nones ne 
comprenaient que quatre jours, du 2 au 5. Il faudrait donc lire : 
II Ho non. novembris. 

5. Montgaillard, n° 3. 



INTRODUCTION. clix 

Le second feuillet fournit la date du 2 novembre 1256. 
Or, le premier feuillet, qui ne contient aucune indication 
d'année, donne le 2 octobre : sexto norias octobres; entre 
les deux il y a une lacune de neuf feuillets seulement, lxii- 
Lxxi. Nous pouvons admettre, avec vraisemblance, qu'on 
n'y est point passé à une autre année; et que les douze 
interrogatoires fournis par les deux feuillets sont les uns et 
les autres de l'année 1256. Ils se placent aux jours suivants : 

1256 (?), , Montauriol. 

2 octobre, Montauriol. 

7 octobre, Montauriol. 

12 octobre, Montauriol. 

24 octobre, Montgailhard. 
1256, 2 novembre, Montgailhard. 

25 novembre, Montgailhard. 

, Fourtanens. 

1^'' décembres Fourtanens. 

Nous n'aurions pu nommer le lieu où ces dépositions ont 
été reçues que si le registre nous fût parvenu en entier. Les 
deux feuillets ne nous fournissent à ce point de vue que des 
renseignements très incomplets. C'est à Gaillac (Tarn) que 
Jean de Saint-Pierre reçut la déposition de Bérenger de 
Saint- Amadou, et celle de Pierre Bermond, de Montauriol, 
datée du même jour ; c'est à Toulouse qu'il interrogea et 
entendit Raymonde, femme de Pierre Fargues, de Fourta- 
nens. A Gaillac encore, Jean de Saint-Pierre et Rainaud de 
Chartres interrogèrent Arnaud Capella, de Montgailhard, 
et, vraisemblablement, Bertrand de Rocqueville, Galliard de 
Rocqueville et Lidia, femme de Bertrand de Roqueville. 

Les notaires s'appellent Bérenger Vernet {de Verneto), 

1. In crastinum sancti Aiidree. 



clx INTRODUCTION. 

Bertrand du Solier [de Solerio) et P[ierre], curé de 
Dreuilhe. 

Au bas de chaque déposition, ils eurent soin de ranger 
sur plusieurs colonnes les noms de ceux qui se trouvaient 
compromis dans la déposition. Le même nom revient à la 
suite de la même déposition, par la raison que, prononcé 
plusieurs fois par le témoin, il pouvait donner lieu à plu- 
sieurs recherches. C'est à titre de renseignement, en effet, 
que les noms furent de la sorte mis en vedette. Comme per- 
sonnes notables, je n'ai relevé que dame Blanche, femme de 
Bernard de la Tour, Pons-Guillaume de la Tour, Pierre de 
Resengas, Pierre de Mazeroles. Parmi les témoins, il n'y 
a à retenir que les noms de P. Blegier {Blegerii), domini- 
cain, mort en 1269', de Gilles, clerc du comte de Toulouse, 
et de Jean de Saint-Benoît, dominicain. 

Un dernier renseignement à noter : Esclarmonde de Saint- 
Amadou déclara avoir comparu devant les inquisiteurs de 
l'évêque de Toulouse à Belpech : fuit coram inquisitori- 
bus domini episoopi Tliolosani apud Bellum Podium. 
Ces inquisiteurs s'appelaient Ar. de Gouzens et Ar. de Bras- 
sac^ C'est deux ans auparavant, en 1254, qu'ils avaient 
entendu Esclarmonde. A cette date, l'évêque de Toulouse 
était Raymond du Falga^ dominicain, qui n'avait cessé 
jusque-là de déployer un grand zèle contre l'hérésie*. 

6. Radulphe et Raymond David, inquisiteurs diocé- 
sains de Carcassonne. 

Les travaux de ces deux inquisiteurs sont exposés tout au 
long et uniquement dans le Registre du greffier de l'Inquisi- 

1. Acta capit. provinc. ord. frat. Praed., p. 145 (éd. Douais). 

2. Moatauriol, n° 3. 

3. 1232-1270. 

4. Voy. plus haut, p. Ixxvij. 



INTRODUCTION. clxj 

tion de Carcassonne. Mais comme ce Registre fort impor- 
tant se trouve publié ici, je renvoie à la description et à 
l'analyse que j'en devrai donner plus bas ; et je passe aux 
inquisiteurs qui suivent dans l'ordre chronologique. 

7. Anielius, curé de Saint-Etienne de Toulouse, 
Raymond Resplandi, maître Ar. de Gouzens. 

Nous avons déjà rencontré Ar. de Gouzens, délégué dio- 
césain de Toulouse. Raymond Resplandi jouit du même titre, 
tandis qu'Amelius se présente comme le lieutenant des 
inquisiteurs Jean de Saint-Pierre et Rainaud de Chartres ; 
mais il opère principalement à Toulouse. Pour les suivre 
dans leurs travaux, il faut consulter d'abord le ms. 609 de 
la Bibliothèque de Toulouse, où ils entendent des confes- 
sions, remettent leurs dépositions sous les yeux des préve- 
nus, ou infligent des peines* ; puis Doat, qui, à la vérité, ne 
fournit ici qu'une indication 2, enfin et surtout le Registre 
qui se trouve aux archives de la Haute-Garonne, sous la 
cote H Dominicains, 85. 

Les archives de la Haute-Garonne, H Dominicains, 85, 
gardent dix feuillets de parchemin en une écriture du milieu 
du xiif siècle, qui, cousus, forment ensemble un cahier et 
sont numérotés de 1 à 10. On lit sur le premier les dates de 
1674 et 1675; sur le troisième, N° 25; sur le cinquième, 
N° 36; sur le septième, iV" 544; sur le neuvième, 1674 et 
1675, N" 197; ici et là se lisent des noms de lieux ou 
d'hommes et des relevés de sommes d'argent. Ces indica- 
tions diverses méritent d'être retenues : elles permettent de 

1. Pour Amelius, voy. aux fol. 31 v", 55 v°, 88 v», 116, 253 v°; 
pour Raymond Resplandi, voy. aux fol. 55 v», 215, 232, 253 v», 
254 \°. 

2. Tome XXV, fol. 275-283, confession ou déposition d'Arnaud 
Arquier, qui déclare avoir été entendu déjà par Arnaud Pelhisso 
et Amelius. 

k 



clxij INTRODUCTION. 

déterminer la provenance de ces feuillets, qui, en effet, 
d'après la note laissée par M. Baudouin, archiviste de la 
Haute-Garonne, « servaient de couverture à divers registres 
du contrôle des Exploits, » aux dates marquées. Cette des- 
tination doit être notée, car elle explique l'état de ces dix 
feuillets et permet de déterminer leur provenance primitive. 
Au premier abord, parce qu'ils présentent une grande simi- 
litude dans l'écriture, on se croirait autorisé à penser qu'ils 
appartenaient au même registre. En réalité, il n'en est rien. 
Les marges ont été rognées; il reste cependant encore un 
moyen matériel de vérifier ce point : c'est d'abord la jus- 
tification ou longueur des lignes, c'est ensuite le nombre 
de lignes à la page. Ce critérium paraîtra suffisant à tous 
ceux que l'étude des manuscrits a mis au courant des prin- 
cipes suivis par les scribes du moyen âge : les manuscrits 
et registres présentent la même régularité que le livre 
moderne pour la justification de la ligne et le nombre de 
lignes à la page. Voici maintenant, à ce double point de 
vue, l'état des dix feuillets conservés aux archives de la 
Haute-Garonne : 



Fol. 1, justification 152 mill., 48 lignes à la page. 



Fol. 2, 
Fol. 3, 
Fol. 4, 
Fol. 5, 
Fol. 6, 
Fol. 7, 
Fol. 8, 
Fol. 9, 
Fol. 10, 



id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 



152 
152 
152 
148 
148 
141 
144 
165 
155 



mill., 48 
mill., 48 
mill., 48 
mill., 45 
mill., 45 



id. 
id. 
id. 
id. 
id. 



et 144 mill., 45 lignes à la page, 
mill., 45 lignes à la page, 
mill., 45 id. 

et 165 mill., 45 lignes à la page. 



D'après la règle posée, nous aurions donc ici des frag- 



INTRODUCTION. clxiij 

ments de quatre registres : fol. 1-4, un premier registre; 
fol. 5-6, un second registre; fol. 7, un troisième registre; 
fol. 8, un quatrième registre. Cependant il faut joindre les 
fol. 7 et 8, l'irrégularité dans la justification du fol. 7 tenant 
à un simple accident; ce qui réduit à trois le nombre des 
registres démembrés; quant aux feuillets 8 et 9, ils appar- 
tenaient au même registre, puisqu'ils forment une seule 
feuille repliée, comme les fol. 1 et 2, les fol. 3 et 4, les fol. 5 
et 6 et les fol. 7 et 8. Mais je n'oserais pas affirmer qu'il 
faille les séparer des registres précédents, ou les joindre à 
l'un ou à l'autre de ces registres ; car ils ne contiennent que 
des listes de noms débordant sur les marges. Les fol. 3 et 4 
n'ont pas été écrits de la même main que les fol. 1 et 2 ; il y 
a même des différences dans les caractères, les abréviations *, 
et l'encre est ici plus noire. Je serais porté à les rattacher à 
un registre différent. 

En résumé, trois registres certains ; un quatrième et un 
cinquième probables. 

Cette constatation n'est pas dépourvue d'intérêt, puisque, 
au temps où le P. Benoît composa Y Histoire des Albigeois 
et des Vaudois ou Barbets, qui parut en 1691, on conser- 
vait, dans le couvent des frères Prêcheurs de Toulouse, 
« douze anciens registres, » où l'on voyait « les procédures 
que les inquisiteurs firent en différentes occasions contre les 
Albigeois et l'aveu de leur doctrine ^ » Nos feuillets ayant 
servi à recouvrir des registres du contrôle des Exploits, 
datés de 1675, nous pouvons en conclure que déjà, à cette 
date, la dilapidation des documents d'Inquisition avait non 
seulement commencé, mais fait de nombreux ravages. 

\. Par exemple, l'abréviatioa de m indiquée par un signe ayant 
la l'orme d'un 2 et non par le trait horizontal : Lûbarda^, loi. 3. 
2. T. I" D. 44. 



clxiv INTRODUCTION. 

Quelques-uns des dix feuillets sauvés ont conservé leur 
foliotation primitive : lxxxix, xg, pour les fol. 1 et 2; 
Lxxvi, pour le fol. 4 ; cm, pour le fol. 6 ; cxcvi, pour le 
fol. 7; GLiiii, pour le fol. 9; gxlv, pour le fol. 10. On le 
voit, les fol. 1 et 2 sont les seuls qui se suivent, de telle 
façon que, si nous avons ici des fragments de trois, et peut- 
être de quatre ou même de cinq manuscrits, le texte s'en 
trouve beaucoup plus coupé encore. Une première coupure 
comprend les fol. 1 et 2. Huit autres coupures sont formées 
par chacun des huit feuillets suivants. Dix folios nous 
apportent donc neuf fragments de textes ; un seul paraît ne 
pas être tronqué, c'est la Confessio Guillermi Furnerii, 
de Tholosa, conversi, fol. 8. 

Je viens de dire Confessio en reproduisant le titre du 
fol. 8. Je 23ense, en effet, que la teneur des autres morceaux 
nous autorise à les regarder comme autant de confessions 
faites et obtenues au cours de la poursuite ; car souvent le 
témoin interrogé revient, les jours suivants, pour ajouter à 
ses aveux et les compléter; et il ne revient pas spontané- 
ment : car cette circonstance eût été indiquée, selon l'usage et 
la pratique ordinaire des inquisiteurs, qui, voyant un indice 
de sincérité dans la spontanéité de l'aveu, en faisaient 
prendre bonne note par le notaire. 

Les inquisiteurs qui reçoivent les confessions, ou du 
moins qui se trouvent nommés dans quelques-unes d'entre 
elles, sont Raymond Resplandi, maître Ar[naud] de Gou- 
zens, Jean de Saint-Pierre et Rainaud de Chartres. Ame- 
lius, curé de Saint -Etienne de Toulouse, remplace, un 
moment, Rainaud de Chartres; il entend la confession de 
Guillaume Fournier ; il avait donc une sous-délégation. 
Vraisemblablement, Arnaud de Gouzens agit ici comme 
inquisiteur de l'évêque de Toulouse; nous lui avons déjà 



INTRODUCTION. clxv 

reconnu ce titre. Raymond Resplandi aura été de même 
juge délégué de l'évêque. Les notaires sont Bomassip, de 
Péyriac-Minervois (Aude), et Philippe Polier. 

Voici, en suivant l'ordre des feuillets dans le cahier des 
archives de la Haute-Garonne, les dates dejours ou d'années 
qu'on y relève : 



12.. 


15 novembre. 




27 novembre. 




8 décembre. 


1256 




1254 


8 juin. 


12.. 


25 juin. 


1256 


5 juillet. 




4 août. 




Lundi avant la fête de saint Laurent (7 août) 


— 


Octave de la fête de saint Laurent (17 août). 




20 novembre. 



Il faut signaler, parmi les témoins, Etienne Clavel, archi- 
prêtre de Laurac (Aude), et P. de Gouzens, diacre, parent 
sans doute de l'inquisiteur. 

Au point de vue géographique, les confessions ou déposi- 
tions se distribuent de la manière suivante : 

Le Lauraguais : premier, second, troisième et sixième (?) 
fragments. 

Lavaur ou la région de Lavaur : quatrième et cinquième 
fragments. 

Toulouse : septième fragment. 

L'Albigeois et le Querci : huitième et neuvième fragments, 
d'après l'énumération des lieux qui y sont donnés en regard 
des noms des personnes, plus ou moins accusées dans les 
dépositions. 



clxvj INTRODUCTION. 

Comme derniers renseignements, je retiendrai la présence 
de Ferrier à Limoux, pour y exercer l'Inquisition et les 
charges nombreuses que plusieurs dépositions font peser sur 
les Roqueville. Enfin, je signale la confession de Guillaume 
Fournier, comme particulièrement curieuse et intéressante 
pour connaître et mesurer les agissements de l'hérésie à 
Plaisance, Pise, Crémone et dans la Lombardie. Il est vrai 
qu'elle n'est pas inconnue : M. Belhomme, ancien archiviste 
de la Haute-Garonne, l'a publiée ^ avec un autre fragment 
important, la confession de Guillaume Carrière. Ces frag- 
ments mériteraient d'être intégralement édités : ils four- 
nissent quelques faits nouveaux, et contiennent deux listes 
d'accusés, dont il sera peut-être possible un jour de décrire 
les destinées grâce à des documents nouveaux. 

8. Rainaud de Chartres et Guillaume Bernard, de 
Daœ. — Rainaud de Chartres, déjà si avantageusement 
connus eut pour compagnons, d'abord Jean de Saint-Pierre, 
nous l'avons vu, puis Guillaume Bernard, de Dax. Quelque 
célèbres qu'aient été Rainaud de Chartres et Guillaume Ber- 
nard, de Dax, il ne nous est presque rien parvenu d'eux. 
C'est que la période de temps à laquelle ils appartiennent 
est celle qui répond aux dilapidations postérieures des 
archives de l'Inquisition, comme le prouvent les fragments 
de registres conservés aux archives de la Haute-Garonne, 
le fragment appartenant à M. Louis Bonnet, de Béziers, et 
un autre fragment resté inconnu, qui est conservé à la 
bibliothèque de Carcassonne et dont je parlerai en son lieu. 

Dans l'état actuel des documents, la lettre de Guillaume 

1. Documents inédits sur t' hérésie des Albigeois, dans les Mémoires 
de la Société archéologique du midi de la France, VI, p. 101-146. 
Le texte n'y est malheureusement pas correctement établi. 

2. Plus haut, p. clvij. 



INTRODUCTION. clxvij 

Bernard à Alfonse de Poitiers est, à n'en pas douter, son 
meilleur titre. Après, nous ne rencontrons que de rares indi- 
cations éparses ici ou là. Le 28 octobre 1258, à Toulouse, 
Guillaume Bernard entend la déposition comjilémentaire de 
Pons Garrigue*; le 10 juin 1263, Rainaud de Chartres et Guil- 
laume Bernard, de Dax, rendent, avec Philippe de Boissy, 
sénéchal du Rouergue, et maître Eudes, lieutenant du comte 
de Poitiers, une sentence arbitrale réglant la perception de 
la taille pour la construction de l'église de Najac^ encore 
faut-il reconnaître que la poursuite inquisitoriale n'est pour 
rien dans cette pièce ^. Enfin, à des dates incertaines, nous 
apprenons que Guillaume Bernard avait entendu les aveux 
d'Arnaud Cimordan, de Gascogne\ ceux d'Erablard Vassal 
à Castres^ de la femme Bona, de Prades, près de Puylau- 
rens (Tarn)^, de Pierre Ferrol, de Trébons (Haute-Garonne)'. 
Un « témoin, » Raymond Hugues, dit avoir comparu déjà 
devant Guillaume Bernard ^ 

9. Pons du Pouget {de Poieto, de Pogeto). — L'ob- 
servation faite au sujet de Rainaud de Chartres et de Guil- 
laume Bernard s'applique plus directement encore à Pons 
du Pouget; car une citation lancée par lui et cinq sentences 

1. Bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 127. 

2. Pièce publiée d'après l'original dans les Travaux pratiques 
d'une conférence de palco(jraphie à l'Institut catholique de Toulouse, 
p. 51-55 (Toulouse, 1892, in-S"). 

3. Pièces étrangères à l'Inquisition, do même que celles où 
Guillaume Bernard et Guillaume de Montréveil sont mêlés aux 
négociations de la ville de Toulouse avec Alfonse de Poitiers au 
sujet du fouage {Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1562-1564). 

4. Doat, XXV, toi. 220. 

5. Doat, XXV, fol. 183 et suiv. La pièce dit : avec son « com- 
pagnon, ï Rainaud de Chartres sans doute. 

6. Les deux inquisiteurs opérant ensemble (Doat, XXV, fol. 87). 

7. Les deux inquisiteurs ensemble (Doat, XXVI, fol. 64-66). 

8. Doat, XXV, fol. 114. 



clxviij INTRODUCTION. 

qu'il prononça — les seules pièces que nous ayons conser- 
vées — sont la preuve d'une poursuite exercée par cet inqui- 
siteur, mais dont le dernier acte seul nous est parvenu. Tout 
le reste a disparu ; il est vraisemblable, en outre, pour ne pas 
dire certain, que, pendant les trois années embrassées par 
ces sentences (1262-1264), Pons du Pouget n'avait pas 
limité son activité à cinq ou six affaires. 

Voici le résumé de ces pièces : 

14 août 1262, Carcassonne. — Pons du Pouget écrit à 
l'archiprêtre de Fenouillèdes qu'il ait h citer, pour compa- 
raître à Soramières, ultra Montempessulaniiyn, les héri- 
tiers de Hugues de Saissac et de Pierre de Fenouillet, son 
père, le lundi avant la Nativité de la Vierge (Doat, XXXIII, 
fol. 115VO-116). 

5 septembre 1262. — Pons du Pouget condamne la 
mémoire de Pierre de Fenouillet comme étant mort dans 
l'hérésie (Doat, XXXIII, fol. m v°, 122 v''-124). Cette 
sentence donna lieu plus tard, nous l'avons vu', à un procès 
en appel assez célèbre. 

11 mars 1263 (n. st.), cimetière de Lombers (Tarn). — 
Pons du Pouget, inquisiteur, prononce une sentence d'exhu- 
mation contre Guillelme, femme de Bernard Carsiprès, de 
Limoux (Aude). (D'après un vidimus de 1331, Doat, XXXII, 
fol. 113 v°-124.) 

14 mai 1264. — Lettres de Pons du Pouget, inquisiteur, 
relevant Guillaume du Puy, chevalier, des obligations de 
son père, mort dans l'hérésie, moyennant les aumônes sui- 
vantes : 150 1. t. à l'Inquisition, 251. t. à Sainte-Cécile 
d'Albi, 15 1. t. à Saint-Julien, 10 1. 1. à Saint-Salvi, 10 1. t. 
au couvent des frères Prêcheurs d'Albi (arch. de la Haute- 
Garonne, H Dominicains, 85; Doat, XXXI, fol. 292^-295). 

1. Plus haut, p. xxj, note 3, p. xxxiv, note 8. 



INTRODUCTION. clxix 

Date inconnue. — Pons du Pouget impose des croix à 
Pierre Laurac, de Montgaillard (Haute-Garonne), d'après 
la déposition de celui-ci (Doat, XXVI, fol. 70-72). 

10. Etienne de Gastine {de Vastino, de Vlastino, 
Vastinensis). — Etienne de Gastine, « inquisitor in pro- 
vincia Narbonensi*, » est célèbre par ses démêlés avec 
Roger, comte de Foix. Le 8 décembre 1264, il lui écrivit 
pour se plaindre que Pierre André, son baile, eût refusé de 
comparaître; il lui enjoignait de l'arrêter 2. Le même jour, 
le comte lui répondait qu'il avait ordonné son arrestation ^ 
Et cependant, quatre jours après, le 12, le comte en a])pe- 
lait au saint-siège ; il formulait ses griefs contre l'inquisi- 
teur, qui avait, disait-il, occupé la ville de Foix et opéré 
l'arrestation de Raymond André, indemne cependant de tout 
soupçon d'hérésie, etc.^. Quoi qu'il en soit de la justice de 
l'appel, nous y trouvons la preuve du zèle d'Etienne de 
Gastine. Il ressort également de la confession d'Emblard 
Vassal ^ ainsi que d'une remise de pèlerinages faite à Ray- 
mond Sans, de Rabat (Ariège)^, et enfin d'un fragment de 
registre dernièrement reconnu dans la bibliothèque de Car- 
cassonne''. 

Ce sont deux feuillets qui se suivent et qui ne portent 
aucune trace de foliotation ancienne; ils mesurent 373 mill. 

1. Bulle de Clément IV du 31 juillet 1265 (Potthast, 19293). 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1452, 1453. Aussi dans 
Doat, CLXXII, fol. 105. 

3. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1453. 

4. Ibid., col. 1544-1547. 

5. D'après sa propre confession, Etienne de Gastine l'aurait fait 
arrêter, puis relâché moyennant caution (Doat, XXV, fol. 183- 
192, sa confession entière). 

6. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1673. Aussi dans Doat, 
GLXXIII, fol. 95. 

7. Il m'a été signalé par M. Doinel, archiviste de l'Aude. 



clxx INTRODUCTION. 

X 278 mill. ; l'écriture est de la seconde moitié du xiii" siècle, 
sur une justification page pleine de 192 mill. Arrachés d'un 
registre des archives de l'Inquisition, ils ont servi, comme 
les fragments conservés aux archives de la Haute-Garonne, 
à recouvrir un livre de compte, portant pour cote : Registre 
des années 1701 , 1702 et 1703. Ils s'ouvrent sur une dépo- 
sition dont le commencement manque : de tewopore quod 
supra. Item, diœit quod... Cette déposition se termine, 
puis elle est reprise : Item, anno quo supra, v idus 
augusti, predictus Guillelmus de Bordaria adjecit 
testimonio suo dicens... Cette addition est coupée à la fin 
du second des deux feuillets. Guillaume de la Borderie {de 
Bordaria) fait ses aveux. C'est un ministre hérétique, 
puisqu'il va de lieu en lieu avec un compagnon, Guillaume 
de Muret {de Murello), qui ne se sépare pas de lui : on 
entend leur « prédication, » on les « adore » ensemble; ils 
bénissent le pain; et c'étaient là tout autant de privi- 
lèges ou d'attributions des ministres dualistes. Guillaume 
de la Borderie en savait long; il avait été appelé par 
les hérétiques en une multitude d'endroits que les inquisi- 
teurs, pour mieux s'y retrouver sans doute, ont fait noter à 
la marge et en regard du passage correspondant de la dépo- 
sition : Sancta Cruœ^, mansus de Lacalni^, rupis 
Sancti Projecti'^ mansus de Podio longo, Paidha- 
cwn\ Mons acutus^, Rabastenx^, Afflacum\ Romenœ^, 

1. Sainte-Croix, comm. de Castelnau-de-Lévis (Tarn). 

2. Lacalm, près de Sainte-Croix. 

3. Saint-Projet, comm. de Paulin (Tarn). Riipis, château fort. 

4. Paulhac, cant. de Montastruc (Haute-Garonne). 

5. Montégut, cant. de Ravel (Haute-Garonne). 

6. Rabastens (Tarn). 

7. Fiac, arr. de Lavaur (Tarn). 

8. Roumens, cant. de Revel (Haute-Garonne). 



INTRODUCTION. clxxj 

Tocille jjyope Baure^, Agrifolium^, Adalhertaria^, 
Villa franca'' . Cependant, ses deux dépositions tronquées 
ne fournissent rien de spécial sur les pratiques des héré- 
tiques. Elles montrent seulement une extrême activité de 
leur part dans la région de Lavaur et de Rabastens vers 
l'année 1268. 

Aucune année n'est indiquée; mais nous pouvons détermi- 
ner approximativement la date de ce fragment par la men- 
tion, parmi les témoins présents à l'interrogatoire, de Ray- 
mond Sicred, prieur du couvent des frères Prêcheurs de 
Carcassonne : Testis frater Raimundus Sicredi, prior 
fratrum Predicatorum Carcassone. Or, Raymond 
Sicred a été prieur de ce couvent de 1266 à 1270 ^ C'est 
donc entre 1266 et 1270 qu'il faut placer la déposition de 
Guillaume de la Borderie. 

Le nom de l'inquisiteur qui l'a reçue est resté en blanc : 
Hec deposuit Carcassone coram fratre... inquisitore. 
A cette date, Etienne de Gastine était inquisiteur « in provin- 
cia Narbonensi ; » à ce titre, il devait résider à Carcassonne. 
On ne peut pas assurer absolument qu'il ait entendu Guil- 
laume de la Borderie, mais la chose est infiniment probable, 

1. Vaure, comm. de Revel (Haute-Garonne). 

2. Aigrefeuille, cant. de Lanta (Haute-Garonne). 

3. L'Albertarié, comm. de Graulhet (Tarn). 

4. Villefranche-d' Albigeois (Tarn). 

5. « Septimus prior [in conventu Carcassonensi] frater Ray- 
mundus Sicredi, de Burgo Carcassonensi, successit i'ratri Guillelmo 
Garini ; prefuit annis quatuor, fuitque absolutus in capitule pro- 
vinciaii, anno Domini M» CCo LXX». » (Bernard Gui, Priores in 
conventu Carcassonensi, Bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 156 v°.) 
Voy. sur ce religieux, Acta capit. provinc. ord. [rat. Praed., p. 46, 
117, 148 (note), 151, 174 (note), 177, 195, 196, 225 (note), 228, 
233 (note). 



clxxij INTRODUCTIO>\ 

d'autant qu'il donnait encore carrière à son zèle en 1276'. 

11. Ranulphe de Plassac et Pons de Parnac. — La 
carrière de ces deux inquisiteurs, qui se déroule principale- 
ment entre les années 1273 et 1279, est relativement docu- 
mentée. Mais leurs actes nous sont fournis uniquement 
par le fonds Doat, dont ils remplissent, ou à peu près, le 
tome XXV. Voici, dans l'ordre chronologique, l'indication 
des pièces qui y sont contenues : 

21 mai 1273. — Déposition de Guillaume de Molières, 
prêtre, fol. 2. 

2 juin, 25 juin, 3 juillet 1273. — Dépositions de Pétro- 
nille, femme de Deide Bras, de Villefranche-du-Rouergue, 
fol. 4. 

30 juin 1273. — Dépositions de divers Bourguignons 
demeurant en Rouergue, fol. 9 v". 

25 juin et l^"" juillet 1273. — Dépositions de Pétronille de 
Castanet, de Verfeil, diocèse de Rodez, alors en prison, fol. 6. 

9 juillet 1273. — Déposition de Willem Fournier, de 
Toulouse, « qui manet juxta domum Trinitatis, » fol. 15 v», 

30 août 1273. — Déposition d'Alric, fils de Raymond 
Saich, de Garaman (Haute-Garonne), fol. 17 v°. 

9 octobre 1273. — Déposition de Saint-Saturnin, de 
Rouffiac (Aveyron), fol. 20 v°. 

31 octobre et 3 novembre 1273. — Dépositions de Gau- 
bert de Aula de Benacio, diocèse de Cahors, fol. 24. 

11 novembre 1273. — Déposition d'Etienne Roger, de 
Roumens (Haute-Garonne), fol. 27. 

1. Le 6 mai 1276, à Carcassonne, il rendit une sentence d'héré- 
sie contre Hugues de Gondat, Raymond Delboc et Guillaume 
Didier, d'Albi (Bibl. nat., ms. lat. 11847, fol. Gv"). La même 
année probablement, il livra au bras séculier Raymond Carbonel, 
de Graulhet (Doat, XXXII, fol. 242). 



INTRODUCTION. clxxiij 

12 novembre 1273, — Déposition de Guilabert de Saint- 
Michel, fol. 29. 

14 novembre 1273, die martis post festum Beati 
Martini*. — Déposition de Barthélémy Jourdain, de 
B.abastens (Tarn), fol. 35. 

11 janvier 1274 (n. st.). — Déposition de Bernard de 
Riv ali, j^risonmer, fol. 11. 

15 janvier 1274 (n. st.), die martis ante festum Beati 
Pétri ad Cathedram^. — Déposition de Gardouch {Gar- 
dubius), chevalier, fol. 64. 

22 janvier 1274 (n. st.). — Déposition de Guillaume de 
Rosergue, fol. 36 v". 

7 février 1274 (n. st.), die mercurii post festum Sancte 
Agathe. — Déposition de Guillelmine, femme de Thomas 
de Saint-Flour, demeurant h Toulouse, île de Tounis, 
fol. 37 y\ 

Même jour. — Déposition de Fabrisse, femme de Pierre 
Vital, de Limoux, demeurant à Toulouse, île de Tounis, 
fol. 43 v°. 

Peu après le 7 février 1274 (n. st.). — Nouvelle déposi- 
tion de Fabrisse, fol. 44 v''. 

11 février 1274 (n. st.), in crastino sancte Scolastice. 
— Déposition d'Arnaude, femme de Baymond Darasa, de 
Cordes (Tarn), alors à Saint- An tonin (Tarn-et-Garonue), 
fol. 55 V". 

13 février 1274 (n. st.). — Déposition de Raymond, curé 
de Cestayrols (Tarn), fol. 61 v». 

Même jour. — Déposition de Baymond Roca, de Cestay- 
rols (Tarn), fol. 62. 

7 mars 1274 (n. st.). — Déposition de Guillaume Ber- 

\. En 1273, la fête de Pâques tomba le 9 avril. 
2. En 1274, la fête de Pâques tomba le l«f avril. 



clxxiv INTRODUCTION. 

nard, damoiseau, fils de défunt Raymond Durfort, chevalier, 
de Fanjeaux (Aude), fol. 65. 

8 mars 1274 (n. st.), die veneris ante festum sancti 
Gregorii. — Déposition d'Esclarmonde, femme de Ray- 
mond de Durfort, fol. QQ v°. 

13 mars 1274 (n. st.), die jovis post festum sancti 
Gregorii. — Autre déposition de Guillelmine, femme de 
Thomas de Saint-Flour, fol. 41 v°. 

14 mars 1274 (n. st.). — Autre déposition d'Arnaude, 
femme de Raymond Darasa, de Cordes (Tarn), fol. 58. 

Avril 1274. — Dépositions de Philippine, fille de 
Fabrisse, femme de Raymond Maurel, demeurant à Tou- 
louse, île de Tounis, fol. 52. 

2 avril 1274. — Déposition de Bernard Hugues, frère de 
Raymond Hugues, de Roquevidal (Tarn), fol. 68, 90. 

2 avril 1274. — Déposition de Raymond Hugues, fils de 
Guillaume Hugues, de Roquevidal (Tarn), fol. 90. 

3 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 95. 

4 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 108. 
Même jour. — Autre déposition de Guillelmine, précé- 
demment entendue, fol. 43. 

7 avril 1274. — Autre déposition de Raymond Hugues, 
fol. 114. 

10 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 119. 

Même jour. — Autre déposition de Fabrisse, de Limoux, 
fol. 49. 

15 avril 1274. — Déposition de B. Fournier, de Saint- 
Paul de Capdejous (Tarn), fol. 151 v°. 

16 avril 1274. — Autre déposition du même, fol. 153. 
Même jour. — Autre confession de Bernard Hugues, 

fol. 78. 

Même jour. — Déposition de Bona, femme de Bernard 



INTRODUCTION. clxxv 

Dupuy de Prades, près de Puylaurens (Tarn), fol. 83. 
24 avril 1274. — Autre déposition de Bernard Fournier, 

fol. 155. 

27 avril 1274. — Confession de Raymond de Astanova, 
marchand, de Puylaurens (Tarn), fol. 156 v^ 

Même jour. — Autre confession de Bernard Dupuy, de 
Prades, fol. 125 v°. 

28 avril 1274. — Autre déposition de Bona, femme du 
précédent, fol. 84 v". 

2 mai 1274. — Autre déposition de Bona, fol. 85. 

7 mai 1274. — Déposition de Bernard de Montesquieu, 
fol. 159 v°. 

8 mai 1274. -— Autre déposition de Bernard Hugues, 
fol. 80 v°. 

9 mai 1274. — Autre déposition de Bernard Dupuy, de 
Prades, fol. 128 v". 

10 mai 1274. — Autre déposition de Bona, femme du 
précédent, fol. 87 v". 

11 mai 1274. — Autre déposition de la même, fol. 89. 

18 mai 1274. — Déposition de Pierre Guillaume de 
Roqueville, fol. 131. 

19 mai 1274. — Déposition de dameBezersa, fol. 164 v°. 
Même jour. — Confession de Bernard Molinier, de Trèbes 

(Aude), demeurant à Lescout (Tarn), fol. 166 v°. 

21 mai 1274. — Déposition de Jean de Torena, appelé 
aussi Jean d'en Hug, fol. 136. 

23 mai 1274. — Autre déposition de Bernard Molinier, 
fol. 170. 

Même jour. — Autre déposition de Jean de Torena, 

fol. 138. 

12 juin 1274. — Autre déposition de Bernard Molinier, 
fol. 170 v". 



clxxvj INTRODUCTION. 

13 juin 1274. — Autre déposition de Jean de Torena, 
fol. 139. 

Même jour. — Autre déposition de Raymond de Asta- 
nova, fol. 158. 

21 juin 1274. — Autre déposition de Pierre Guillaume, 
de Roqueville, fol. 134. 

23 juin 1274. — Déposition de Raymond Baussan, de 
Lagarde (Haute-Garonne), fol. 140 v°. 

Même jour. — Déposition de R. Gombert, de la Cas- 
sagne, fol. 147 v°. 

29 juin 1274. — Déposition de Jourdain, damoiseau, 
fils de Jourdain de Saissac, chevalier, fol. 149 v". 

15 juillet 1274. — B. de Montesquieu entend, à Toulouse, 
la lecture de sa déposition antérieure, fol. 161 v". 

16 juillet 1274. — Déposition d'Isarn Bonhomme, d'Aut- 
poul (Tarn), fol. 172. 

Même jour. — Déposition de Rixendis de Miraval, de 
Graulhet (Tarn), fol. 173. 

6 août 1274. — Autre déposition de la même, fol. 176. 
Même jour. — Déposition de Guillaume Orset, de Lespi- 

nasse (Haute-Garonne), fol. 178. 

Même jour. — Déposition de Guiraude, femme de Durand 
deRoufiac, fol. 181. 

7 août 1274. — Autre déposition de Raymond de Asta- 

nova, fol. 158 y°. 

10 août 1274. — Autre déposition de Bernard Fournier, 

fol. 154 r. 

25 septembre 1274, quarto die martis post festum 
sancti Mathei apostoli et evangeliste. — Déposition 
d'Emblard Vassal, de Ruppe Art fat, fol. 183. 

Même jour. — Déposition d'Etienne Vital, de Varagne 
(Tarn), fol. 193 v°. 



INTRODUCTION. clxxvij 

25 septembre 1274. — Déposition de Bernard-Raymond 
Baragnon, marchand, bourgeois de Toulouse, fol. 196 v°. 

29 septembre 1274. — Autre déposition d'Emblard Vas- 
sal, fol. 192 Y\ 

26 octobre 1274, die veneris ante festimi apostolorum 
Simonis et Jude. — Autre déposition de Rixendis de Mira- 
val, fol. 177. 

6 novembre 1274. — Autre déposition de Bernard-Ray- 
mond Baragnon, fol. 200. 

21 mars 1275 (n. st.). — Déposition d'Aymeric de Cas- 
telnau, d'Issel (Haute-Garonne), fol. 202. 

25 mai 1275. — Déposition d'Adémar Galofi, fol. 203. 

30 mai 1275. — Déposition d'Isambard de Saint-Anto- 
nin (Tarn-et-Garonne), fol. 206 v°. 

1®"" juin 1275, sahbcdo in vigilia Penthecostes. — 
Déposition de Bernarde, femme de Guillaume Fontaine, de 
Cantaleriis, fol. 209. 

30 septembre 1275, die lune in crastinum sancti 
Michaelis septe?nbris. — Autre confession de Bernarde, 
fol. 211. 

9 novembre 1275. — Déposition de Pierre Raymond, 
flis d'Isarn, de Saint-Paul-de-Cap-de-Jous (Tarn), fol. 213. 

20 novembre 1275, die mercurii post octavam sancti 
Martini. — Autre confession de Bernard-Raymond Bara- 
gnon, fol. 201 v°. 

10 janvier 1276 (n. st.), die sabbati postEpiphaniam. 
— Déposition de Pierre Engrin, de Puydaniel (Haute- 
Garonne), fol. 217, 

11 janvier 1276 (n. st.), dominica post octavam Epi- 
phanie. — Déposition de Pierre de Sella, de Montferrat en 
Lombardie, fol. 218 v°. 

Même jour. — Déposition d'Arnaud Cimordan. 

l 



clxxviij INTRODUCTION. 

11 janvier 1276 (n. st.). — Déposition de Guillaume 
Legran, fol. 225 \'\ 

20 janvier 1276, die ynartis post octavam Epiphanie. 

— Déposition de Hugues, archiprêtre de Gardouch (Haute- 
Garonne), fol. 214 v°. 

22 janvier 1276. — Déposition de Pierre Perrin, de Puy- 
laurens (Tarn), fol. 216. 

20 avril 1276, die lune ante festum sancti Mûrchi. 

— Confession de Rodrigue Ferrand, prêtre, du Portugal, 
fol. 227. 

11 mai (?) 1276. — Déposition de Bernard de Lambres, 
fol. 243. 

21 mai 1276. — Déposition de Raymond Bastier, de 
Caraman (Haute-Garonne), fol. 229. 

21 mai(?) 1276. — Déposition de Raymonde Ferrières, de 
Julio, fol. 241. 

11 octobre 1276. — Commission donnée au prieur du 
couvent des frères Prêcheurs de Montauban pour entendre 
les témoins appelés à déposer dans le procès de Bernard 
de Soulac, fol. 231 . 

13 octobre 1276. — Audition des susdits témoins, 
fol. 234 v°. 

14 avril 1277. — Déposition de Bernard Escolan, de 
Saint-Paul-de-Cap-de-Jous, fol. 244. 

24 avril 1277. — Déposition de Pierre Peytevin le Vieux, 
deSorèze(Tarn),fol. 248 v°. 

10 mai 1277. — Autre déposition du même, fol. 251 v°. 

2 juin 1277. — Déposition de Bernard Dupuy, de 
Sorèze. 

9 juin 1277, die mercurii ante festum sancti Bar- 
nabe. — Autre confession de Pierre Peytevin, de Sorèze, 
fol. 255 v°. 



INTRODUCTION. clxxix 

4 septembre 1277. — Autre déposition de IJernard 
Dupuy, de Sorèze. 

22 septembre 1277. — Déposition de Raymond Arquier, 
allas Baussan, fol. 275. 

2 décembre 1277. — Déposition de Bernard Barra, de 
Sorèze, fol. 292. 

10 janvier 1278 (n. st.). — Déposition de Pierre de Ben- 
vila, d'Avignonet (Haute-Garonne), fol. 298. 

13 janvier 1278 (n. st.). — Autre déposition du même, 
fol. 300 v^ 

Janvier 1278 (n. st.). — Autre déposition du même, 
fol. 310 v°. 

9 mars 1278 (n. st.). — Autre déposition de Raymond 
Arquier, fol. 283. 

13 mars 1278 (n. st.). — Autre déposition du même, 
fol. 283. 

16 mai 1278. — Autre déposition de Pierre Peytevin, de 
Sorèze, fol. 259 v«. 

17 mai 1278. — Autre déposition du même, fol. 265 v°. 

18 mai 1278. — Autre déposition du même, fol. 266 v°. 
1" juin 1278. — Autre déposition du même, fol. 268 v". 
27 septembre 1278. — Déposition d'Ermengarde, femme 

d'Isarn Pages, fol. 288 \\ 

15 novembre 1278. — Autre déposition de Pierre de 
Benvila, fol. 318 v°. 

18 novembre 1278. — Déposition de Guillaume d'en Ath, 
fol. 290 v^ 

22 novembre 1278. — Autre déposition de Pierre de 
Benvila, fol. 318 v". 

27 novembre 1278. — Autre déposition d'Ermengarde, 
fol. 290. 



Clxxx INTRODUCTION. 

5 décembre 1278. — Autre déposition de Pierre de Ben- 
vila, fol. 324 v°. 

6 décembre 1278. — Autre déposition du même, fol. 328. 

9 décembre 1278. — Autre déposition du même, 
fol. 322 v°. 

1279. — Autre déposition de Pierre Peytevin, de Sorèze, 
fol. 271. 

10 mars 1279 (n. st.). — Autre déposition de Pierre de 
Benvila, fol. 331. 

Ces pièces, comme on le voit, sont presque toutes des 
confessions ou aveux. Il semble, à ne s'en rapporter 
qu'à elles, que Ranulplie de Plassac opéra principale- 
ment du côté du Rouergue. Il faut signaler spécialement la 
présence dans cette région de Bourguignons émigrés qui 
eurent affaire à lui ; on retrouve bien plus tard des Bour- 
guignons dans les sentences de Bernard Gui. Cependant 
Ranulphe de Plassac poursuit à Toulouse, à Caraman, ou 
même dans le diocèse de Cahors, à Rabastens, à Saint- 
Antonin, etc. Il reprend la poursuite de Gardouch de 
Mauremont, entamée par Bernard de Caux et Jean de Saint- 
Pierre*. Pons de Parnac l'accompagne le plus ordinaire- 
ment. Ils entendent ensemble plusieurs dépositions; nous 
apprenons, par l'une d'elles, que les prisonniers non encore 
condamnés étaient détenus à la Tour-Blanche du Château- 
Narbonnais, à Toulouse^. Quand Pons de Parnac est seul, 
c'est dans la région de Puylaurens que nous le rencontrons, 
à Sorèze ou à Toulouse. Empêché de se rendre à Montau- 
ban, il donne commission au prieur des frères Prêcheurs de 
cette ville pour entendre les témoins à charge contre Bernard 

1. Doat, XXV, fol. 64. 

2. Doat, XXV, fol. 6G v». 



INTRODUCTION. clxxxj 

de Soulac : disposition assez rare pour mériter d'être par- 
ticulièrement notée. Enfin il opère aussi avec Hugues de 
Boniols {de Boniolis). 

12. Hugues de Boniols, Pierre Arsin, Hugues Aine- 
lius. — Le fonds Doat fournit tout ce qui nous reste des 
actes de chacun de ces trois inquisiteurs, soit qu'ils informent 
chacun seul et pour sa part, soit qu'ils opèrent deux par 
deux, ou même avec quelqu'un des inquisiteurs déjà nommés. 

D'abord, Hugues de Boniols (1276-1279) : Doat, XXXH, 
fol. 242 (ensemble avec Etienne de Gastine) ; XXV, fol. 229, 
251 v° (ensemble avec Hugues de Parnac), fol. 255 v", 
259 (ensemble avec Pierre Arsin); XXXH, fol. 113 v° 
(ensemble avec Jean Galand, que je vais avoir à faire con- 
naître); XXVI, fol. 50. 

Ensuite Pierre Arsin (1277-1278) : Doat, XXV, fol. 248 v" 
(ensemble avec Hugues Amelius, lieutenant des inquisiteurs 
comme lui), fol. 290, 292, 298; XXVI, fol. 3; XXV, 
fol. 259, 283, 284 (ensemble avec Hugues de Boniols), 
fol. 266 v°, 268 v" ; XXVI, fol. 8 v°; XXV, fol. 290. Tout 
se passe à Toulouse, excepté la déposition de Pierre Géraud, 
de Montjoire (Haute-Garonne), qui fut, le 22 juin 1278, 
reçue dans la maison du curé de ce lieu. 

Enfin, Hugues Amelius, prieur des frères Prêcheurs de 
Toulouse*, lieutenant de l'inquisiteur ou inquisiteur lui- 
même (1277-1280) : Doat, XXV, fol. 248 v° (ensemble 
avec Pierre Arsin), fol. 275, 310 v" (ensemble avec Pons 
de Parnac) ; XXVI, fol. 20, 32, 36 (ensemble avec Jean 
Galand) ; XXV, fol. 271, 288 v% 318 v", 322 v«, 324 v", 
328, 331 (ensemble avec Jean Galand) ; XXVI, fol. 1, 2 

1. Douais, Les frères Prêcheurs en Gascogne, p. 428. 



clxxxij INTRODUCTION. 

(ensemble avec Jean Galand), fol. 42 v°, 48, 49, 54 v", 56, 
56 v% 58, 58 v°, 60, 62, 63, 64, 66, 68, 70, 73, 77 y». 
Acte à relever : en mai 1279, Hugues Amelius promet la 
grâce de la prison à tous les détenus de Toulouse qui feront 
de plus amples aveux (Doat, XXVI, fol. 49) : preuve, entre 
mille autres, que la prison était le grand moyen employé 
pour obtenir l'aveu. Avec Hugues Amelius tout se passe à 
Toulouse ; plusieurs des prévenus qu'il entend appartiennent 
au Lauraguais. : 

13. Jean Galand (1278-1293). — Cet inquisiteur a 
fourni une carrière particulièrement longue et laborieuse. 
C'est à Carcassonne et à Albi qu'il a le plus ordinairement 
siégé. Le fonds Doat nous le montre à Carcassonne princi- 
palement, le ms. latin 12856 de la Bibliothèque nationale 
à Albi. 

Doat, XXVI, fol. 36; XXXH, fol. 113 v° (ensemble avec 
Hugues de Boniols) ; XXVI, fol. 44; XXXH, fol. 125 (et 
aussi dans Mahul, Cartulaire, V, 630); XXVI, fol. 80, 
98, 191, 193 (et aussi dans Mahul, Cartulaire, V, 637); 
XXVI, fol. 140, 157, 160, 162 v", 177 (cf. Mahul, Cartu- 
laire, V, 635), fol. 194 v°, 197, 203, 211 v° (cf. Mahul, 
Cartulaire, V, 638), 228 y\ 233 v% 236 v°, 242 v°, 
fol. 217 (Mahul, Cartulaire, V, 635), fol. 100 (Mahul, 
Cartulaire, V, 633), fol. 254 (Mahul, Cartulaire, V, 
641), fol. 255, 266, 269, 271 v» (cf. Mahul, Cartulaire, 
V, 643), fol. 276 v° (cf. Mahul, Cartulaire, V, 643), 
fol. 280 v° (cf. Mahul, Cartulaire, V, 643), fol. 215 V 
(ensemble avec les inquisiteurs Guillaume de Saint-Seine 
et Jean Vigouroux), fol. 220 v", 289 (Item), fol. 155 
(Mahul, Cartulaire, V, 050). 

Le 13 septembre 1285, Jean Galand est à Albi, dans la 



Lk: 



INTRODUCTION. clxxxiij 

maison épiscopale neuve, où il fait prendre connaissance de 
sa déposition à Bernard Lagarrigue, l'éYêque d'Albi étant 
présent (Doat, XXVI, fol. 254, 266). 

Mais c'est le ms. latin 12856 de la Bibliothèque natio- 
nale qui contient les indications les plus amples sur la part 
prise par Jean Galand à la poursuite des hérétiques d'Albi, 
en 1286 et 1287, de concert avec l'évêque de la ville. Il 
faut nous y arrêter quelque peu. 

Ce ras. (papier, copie du xvii^ siècle, 303 mill. X 210 mill. , 
142 feuillets, reliure parchemin) provient de la bibliothèque 
Coislin. On y a transcrit, au xvif siècle, les interroga- 
toires de Bernard de Castanet, évêque d'Albi, en 1286 et 
1287, en 1299 et durant les années suivantes. Les interro- 
gatoires de 1299 nous sont parvenus d'après deux manus- 
crits originaux, le ms. de Merville et le ms. lat. 11847 de 
la Bibl. nat. Il en sera question plus loin. Quant aux inter- 
rogatoires de 1286 et 1287, ils ne nous sont connus que 
par le ms. lat. 12856, où ils remplissent les feuillets 1 à 62. 
Le commencement manque : un cahier a été probablement 
arraché entre les feuillets 4 et 5. Les interrogatoires sont pré- 
cédés de la liste des personnes sur lesquelles les « témoins, » 
au nombre de onze, ont fait peser des charges (fol. 1-4). 
La fin de cette liste déplacée se trouve au feuillet 142 et 
dernier du manuscrit. 

Ces « témoins » sont déjà des accusés; et c'est comme pré- 
venus qu'ils subissent l'interrogatoire pour lequel ils ont été 
cités ou amenés de la prison épiscopale. Voici leurs noms avec 
la date des interrogatoires successifs subis par chacun d'eux : 

Ramundus de Baffinhaco. 

18 janvier 1286 (n. st.). 
20 janvier 1286 (n. st.). 



clxxxiv INTRODUCTION. 

21 janvier 1286 (n. st.). 

22 janvier [1286] (n. st.). 
25 janvier [1286] (n. st.). 

2 février [1286] (n. st.). 

3 février [1286] (n. st.). 

5 février [1286] (n. st.). 

7 février [1286] (n. st.). 

9 février [1286] (n. st.). 

10 février [1286] (n. st.). 

15 février [1286] (n. st.). 
1«^ avril 1287. 

3 septembre 1287. 

Arnaudus Agassa. 

l^-- février 1286 (n. st.). 

2 février 1286 (n. st.). 

3 février 1286 (n. st.). 

16 mars 1286 (n. st.). 

Ramundus Brin de Albia. 

6 février 1286 (n. st.). 

8 février 1286 (n. st.). 

9 février 1286 (n. st.). 
25 février 1286 (n. st.). 
15 mars 1286 (n. st.). 
l*"- janvier 1287 (n. st.). 

Arnaldus Canaix. 

11 février 1286 (n. st.). 
12février 1286 (n. st.). 
13 février 1286 (n. st.). 
15 février 1286 (n. st.). 
20 février 1286 (n. st.). 



INTRODUCTION. clxxxv 

le-- mars 1286 (n. st.). 
19 mars 1286 (n. st.). 

Ramundus Vinhalz. 

13 février 1286(11. st.). 

14 février 1286 (n. st.). 
19 mars 1286 (n. st.). 

Aymericus Grosset. 

14 février 1286 (d. st.). 

15 février 1286 (n. st.). 

Vitalis Vinhalz de Albia. 

3 mars 1286 (n. st.). 
5 mars 1286 (n. st.). 
7 mars 1286 (n. st.). 
15 mars 1286 (n. st.). 
19 mars 1286 (n. st.). 
5 mai 1286. 
28 mars 1287. 
17 avril 1287. 
30 avril 1287. 

Raimiindus Cogorla. 

15 mars 1286 (n. st.). 

16 mars 1286 (n. st.). 
23 mars 1286 (n. st.). 
26 mars 1286. 

l^r avril 1286. 
5 mai 1287. 

Ramundus Fumeti de Albia. 
3 mars 1287 (n. st.). 
5 mars 1287 (n. st.). 



clxxxvj INTRODUCTION. 

7 mars 1287 (n. st.). 

8 mars 1287 (n. st.). • 

9 mars 1287 (n. st.). 
11 mars 1287 (n. st.). 
22 mars 1287 (n. st.). 
21 avril 1237. 

19 septembre 1287. 

Poncius Nycolai de Albia. 
3 mars 1286 (n. st.). 
7 mai 1287. 

Rixendis de Belvezer. 

17 avril 1287. ' 

Du 18 janvier 1286 au 17 avril 1287, Bernard de Cas- 
tanet entendit les dépositions des onze prévenus déjà nom- 
més avec les inquisiteurs dominicains Jean Galand, Jean 
Vigouroux et Guillaume de Saint-Seine {de Sancto Secano) ; 
avec eux, se trouvait présent à l'interrogatoire le juge ordi- 
naire d'Albigeois qui n'est pas nommé. 

Jean Galand est qualifié du titre de « Inquisitor in regno 
Francie auctoritate apostolica deputatus. » Jean Vigouroux 
était un des religieux les plus considérables de l'ordre des 
frères Prêcheurs, puisque, peu de temps après la mort de 
saint Thomas d'Aquin, il avait reçu du chapitre général 
mission de se rendre en Angleterre pour y faire une enquête 
sur l'enseignement antithomiste'. Quant à Guillaume de 
Saint-Seine, il se trouvait dans le pays encore en 1292, 
année où le maître général de l'ordre l'honora de communi- 
cations pour la province^. .. 

1. Douais, Essai sur l'organisation des études dans l'ordre des 
frères Prêcheurs. — Acta capit., à l'Index les nombreux renvois. 

2. Douais, Acta capit., 370. 



INTRODUCTION. clxxxvij 

Sont présents aussi aux interrogatoires : Jean Moliuier, 
archiprètre de Castres, Guillaume de Montclar {de Monte 
dard), prieur du couvent des frères Prêcheurs d'Albi, dont 
Bernard Gui a écrit une notice dans son histoire de ce cou- 
vent*, Guillaume de Peyrelate, lecteur ou professeur dans 
ce même couvent, religieux d'une carrière honorable et d'un 
mérite reconnue D'autres frères Prêcheurs figurent parmi 
les témoins, par exemple Jean du Faugoux {de Falgesio), 
où je pense qu'il faut voir Jean du Faubet [de Falbetoy, 
sous-prieur à cette date du couvent d'Albi. 

Les notaires nommés sont Pierre Radulphe, qualifié du 
titre de notaire de l'Inquisition de Toulouse, Raymond de 
Malveriis [de Molières), notaire de l'Inquisition de Car- 
cassonne, un Guillaume Terrein (?) et Jean de Roucoules 
{de Rocolis), qui retient les dépositions. 

L'évêque s'entoure donc de personnages qui donnent de 
l'éclat au tribunal et en imposent; l'audience est solen- 
nelle. L'interrogatoire de Raymond Fumet, homme de lois, 
jiirisperitus, fait connaître la procédure suivie, et peut 
être présenté comme un procès type. Jean Carratier, huis- 
sier, nuncius, a fait la citation légale. Raymond Fumet 
comparaît au jour fixé. L'évêque avait proclamé le temps 
de grâce ; mais Raymond Fumet n'avait pas cru devoir en 
profiter, d'abord parce qu'il se savait convaincu par témoins, 
ensuite parce qu'il s'était proposé d'aller à Rome pour 
demander la pénitence. Il est interrogé dans la maison 

i. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 490. — Bibl. de la ville de 
Bordeaux, ms. 780. Cf. Acta capit., 175, 332 (note), 372 (note), 
383 (note), 389 (note), 395 (note). 

2. Douais, Acta capit., 103, 115, 162, 189, 192, 327, 332 (note). 

3. Douais, Acta capit., 296, 306, 325, 335, 353, 361, 384, 403, 
458, 479. 



clxxxviij INTRODUCTION. 

êpiscopale, comme, d'ailleurs, chacun des autres accusés; 
puis il est retenu et enfermé dans la prison de l'évêque, d'où 
il est ramené, les jours suivants, pour être de nouveau inter- 
rogé. Il l'est jusqu'à six fois, puis encore une fois un mois 
après; cinq mois plus tard, ses juges lui donnent communi- 
cation de ses dépositions antérieures, et il doit déclarer s'il 
les reconnaît vraies ou non. Il attend la sentence définitive, 
qui jusqu'alors n'a été que préparée et qui sera prononcée à 
une date ultérieure. 

Les interrogatoires pouvaient être répétés, repris, conti- 
nués à la discrétion du juge. 

Parmi les dépositions, quelques-unes ont été faites in 
domo episcopali veteri, d'autres in domo episcopali 
nova; mention qui nous permet de penser qu'en 1287 l'ins- 
tallation de l'évêque dans le palais nouvellement bâti était 
définitive. 

Il résulte de ces interrogatoires que l'hérésie avait encore 
dans l'Albigeois, à la fin du xnf siècle, une situation assez 
forte. Les ministres dualistes habitent en secret une maison 
aux portes d'Albi ; c'est là qu'on vient les chercher, c'est de 
là qu'ils rayonnent dans la ville et la région ; ils se rendent 
auprès des malades, qu'ils initient par l'imposition des mains 
ou du livre des Évangiles, par la récitation de l'Evangile de 
saint Jean ; ils se multiplient. Ce ne sont pas seulement les pay- 
sans, des gens de métier qui les appellent, les accompagnent 
ou les reçoivent. Ils ont des amis parmi les notaires, les avo- 
cats, les chevaliers, au sein du clergé régulier et séculier, qui 
sont pour eux de vrais fidèles, puisqu'ils vont jusqu'à les 
« adorer, » selon le rit duahste*. Les récits d'initiation héré- 

1. Ainsi un chanoine d'Albi, le clergé de Saint-Salvi, le prieur 
de Saint-Afric, le curé de Guitalenx, etc. 



INTRODUCTION. clxxxix 

tique y sont fort nombreux. Les hérétiques cependant redou- 
tent fort le clergé, qu'ils trouvent trop paissant; ils craignent 
surtout les frères Prêcheurs. Quelques-uns découragés esti- 
ment qu'il n'y a plus qu'une chose à faire, se retirer en Lom- 
bardie ; d'autres se rendent à Lombers (Tarn), un des berceaux 
de l'albigéisine, comme dans un abri sur contre l'Inquisition 
et les inquisiteurs. Ils s'entourent du plus grand secret, et, 
chose curieuse, c'est devant l'autel de Saint-Pierre, dans 
l'église Saint- Vincent de Castres, que Raymond Duval fait 
prendre à ses complices l'engagement de garder le silence sur 
le désir qu'il a de voir les hérétiques. Ils échangent entre eux 
des signes de passe. Bien que les inquisiteurs accordent la 
grâce promise, qu'ils se montrent faciles à relever les cou- 
pables de l'excommunication, on sent qu'il règne partout un 
mécontentement véritable; une sourde colère agite les esprits. 
La preuve en est dans la démarche faite par les consuls de 
Carcassonne auprès de ceux de Castres, auxquels ils com- 
muniquent leur appel contre l'Inquisition devant le pape et 
le roi ; ils leur demandent de se joindre à eux. C'était la 
première annonce du soulèvement qui, avec Bernard Déli- 
cieux et les fraticelles de Narbonne, allait mettre, douze 
ans plus tard, l'unité française en péril. 

Jean Galand fut témoin de ce grand mouvement régional 
à son origine. Il n'est pas impossible que son ordonnance 
du 3 juillet 1282, sur la garde des prisonniers, qu'il vou- 
lait rendre moins débonnaire, ait paru rigoureuse. En tout 
cas, il faut y voir un des actes principaux, peut-être le 
plus important de ce juge. En voici la teneur : 

Anno Domini M" (X" LXXXIl", sexla feria, sabbato {sic) infra 
oclavas Apostolorum Pelri et Pauli, fuit injunclum et dislricLe 
mandalum et per juramentum Radulpho. cuslodi immuraLo- 
rum et Bernarde, uxori sue, per fratrem Johannem Galandi, 



CXC INTRODUCTION. 

inquisitorem, in presentia fratris P. Régis, prioris, fralris Johan- 
nis de Falgosio et fratris [Hugonis] Archembaudi, quod de 
cetero non tenea[n]t scriptorem aliquem in muro necequos, née 
ab aliquo immuratorum recipiant, nec donum aliquod. Item, 
nec pecuniam illorum qui in muro decedunt retineant, nec ali- 
quid aliud; set statim inquisitoribus denuncient et reportent. 

Item, quod nullum incarceratorum et inclus[or]um extrahat 
de carcere. 

Item^ quod immuratos pro aliqua causa extra primam por- 
tam mûri nuilo modo extrahat, nec domum inlrent, nec cum eo 
comedant. 

Item^ nec servitores qui deputati sunt ad serviendum aiiis 
occupent in operibus suis, nec eos nec alios mitlant ad aliquem 
locum sine speciaii licentia inquisilorum. 

Item, quod dictus Radulphus non ludat cum eis ad aliquem 
ludum, nec sustineat quod ipsi inter se ludant. 

Et si in aliquo de predictis inveniantur culpabiles, ipso facto 
incontinenti de custodia mûri perpetuo sint expulsi. 

AcLum coram predicto inquisitore in testimonio predictorum 
et mei Pontii Prepositi, notarii, qui hec scripsi. 

(Doat, XXXII, fol. 125-126.) 

14. Guillaume de Saint-Seine {de Sancto Sequano, 
Seccano) (1286-1292). — Plusieurs fois déjà j'ai nommé cet 
inquisiteur. Le principal de son œuvre se trouve conservé 
dans Doat, XXVI, fol. 215 v", 220 r, 292, 301 v°, 302 v«, 
303, 309 V", 311 V" (Mahul, Cartulaire, V, 643), fol. 190, 
314 v° (Mahul, CartiUaire, V, 646), fol. 102, 108, 112, 
114 v°, 221, 224, 287 (Mahul, Cartulaire, V, 647), 
fol. 140 (Mahul, Cartulaire, V, 648), fol. 142 v^ 146 
(cf. Mahul, Cartulaire, V, 648); XXXII, fol. 241, 251 
(Mahul, Cartulaire, Y, 649). 

Presque au début de la carrière de Guillaume de Saint- 
Seine se place un acte du 16 avril 1286, qui, à cette date, 
indique une préoccupation curieuse; Guillaume de Saint- 



INTRODUCTION. CXCJ 

Seine, Jean Galaudet Jean Vigouroux ensemble publient les 
dépositions de Bernard Agassa d'Albin Pourquoi? Le motif 
est à noter : c'est pour enlever tout soupçon d'interpolation. 
Déjà on accusait l'Inquisition de dénaturer les aveux pour 
mieux atteindre les prévenus. L'Inquisition se précautionne. 

Autre remarque : Guillaume de Saint-Seine soumet un 
prévenu, Bernard Benoît, à la prison pour qu'il avouée 
Voilà encore une fois le grand moyen d'obtenir l'aveu, qui 
n'est pas la torture. 

Troisième remarque : le 25 juin 1292, à Carcassonne, 
Guillaume de Saint-Seine fait faire, à la demande du procu- 
reur du roi, des extraits ou copies dans les archives de l'In- 
quisition. La cour de Philippe le Bel est saisie de plusieurs 
plaintes. Le roi veut savoir ce qui se passe de ce côté, où un 
vent d'orage semble prêt à souffler. 

15. Bertrand de Clermont et Nicolas d'Ahbemlle 
(1293-1302). — La première partie delà carrière de ces deux 
inquisiteurs est assez faiblement documentée. Encore faut-il 
ajouter que les trop rares pièces qui lui appartiennent ont 
été publiées à l'exception de deux ; elles sont connues. J'ai 
eu, au surplus, l'occasion de signaler la lettre d'Adam, des 
frères Mineurs, inquisiteur de la province romaine, à Ber- 
trand de Clermont, en faveur de Pierre d'Aragon de Car- 
cassonne^. Les aveux de Bernard de Palairac et de Raymond 
Martin de Roquefère faits à Bertrand de Clermont, en août 
1293, avaient attiré l'attention de Mahul ^ et déjà D. Vaissète 
et D. Martène avaient, chacun pour son compte, publié la sen- 

1. Doat, XXVI, fol. 215 vo-216. 

2. Doat, XXVI, fol. 292. 

3. Doat, XXVI, fol. 148 vo-150, 150 vo-151 (cf. Mahul, Gartu- 
laire, V, 649). 

4. Doat, XXVI, fol. 151-154; Mahul, Cartulaire, V, 650. 



cxcij INTRODUCTION. 

tence par laquelle, à Carcassonne, le 8 octobre 1299, Nico- 
las d'Abbeville obligea les consuls et les habitants du Bourg 
à faire bâtir une chapelle en l'honneur de saint Louis dans 
la maison des frères Prêcheurs de la ville, moyennant quoi il 
leur accorda l'absolution de l'excommunication qu'ils avaient 
encourue ^ Le fonds ne contient que trois ou quatre autres 
actes de Nicolas d'Abbeville qui soient peu ou point connus. 
Ce sont la sentence du 18 décembre 1300, par laquelle, avec 
Foulques de Saint-George, il livra au bras séculier Arnaud 
Embrin, de Limoux^ ; la lettre par laquelle, le 30 août 1301, 
il nomma ses procureurs en cour de Rome pour l'affaire de 
Pierre de Fenouillet, à savoir Pierre d'Orvieto, procureur 
général des frères Prêcheurs, Jacques de Casais, camérier 
du cardinal Jean de Maine, et Hugues de Altaribus, méde- 
cin et chapelain du susdit cardinal'^; la poursuite d'un 
hérétique fort répandu, Bernard Benoît, qui, en 1289, avait 
fait des aveux^ ; enfin deux sentences de condamnation ad 
perpetuum carcerem stricti mûri, prononcées le 28 jan- 
vier et le 7 mars 1300 (n. st.), à Albi, contre vingt et un 
hérétiques-', qu'ils avaient précédemment entendus. 

Le ms. lat. 11847 de la Bibliothèque nationale nous 
informe, en effet, assez amplement sur les poursuites inten- 

1. Hist. gén. de Languedoc, t. IV, LXXVIII, 48 (éd. princeps) ; 
I). Martène, Amplùsima collectio, VI, 892; Doat, XXXII, 
fol. 299-307. 

2. D'après un vicUmus de 1331 (Doat, XXXII, fol. 113 v°-124). 

3. Doat, XXXIII, fol. 15-18. 

4. Doat, XXVI, fol. 312-313. — L'appel fait au saint-siège par 
les frères Mineurs de Carcassonne contre Nicolas d'Abbeville, qui 
voulait exhumer Gastcl Faure, enterré dans le couvent, comme 
étant mort dans l'hérésie (Doat, XXXIV, fol. 123-130), appartient 
à l'histoire de cet inquisiteur. 

5. Doat, XXXV, fol. 71-75. 



INTRODUCTION. Cxciij 

tées par ces deux inquisiteurs en 1299 et 1300. J'en ai déjh 
dit un mot en parlant de Bernard de Castanet; il est indis- 
pensable d'y revenir. 

Du mois de décembre 1299 au mois de mars 1300, Nico- 
las d'Abbeville et Bertrand de Clermont, inquisiteurs, enten- 
dirent, avec Bernard de Castanet, évêque d'Albi, les 
dépositions de trente-sept hérétiques, dont quinze furent 
plus tard condamnés. Deux notaires reçurent ces déposi- 
tions, dont la minute fut ensuite transcrite au moins en 
deux exemplaires : le ms. lat. 11847 de la Bibliothèque 
nationale et le manuscrit qui aujourd'hui se trouve au châ- 
teau de Merville. 

Deux des procès engagés en 1299 furent repris, vingt ans 
plus tard, en 1319. Voici, d'ailleurs, l'ordre chronologique 
des interrogatoires avec le nom des prévenus ou accusés : 

1299, 2 décembre, Guillaume de Mauran. 

20 décembre, 

1300 (n. st.), 18 janvier, 

1299, 4 décembre, Raymond Auger. 

17 décembre, 

1299, 4 décembre, Bérenger Brosa. 

20 décembre, 

1300 (n. st.), 17 janvier, 

1299, 4 décembre, Jean Constant. 

19 décembre, 

1299, 4 décembre, Guiraud Delort. 

16 décembre, 

18 décembre, 

1299, 5 décembre, Raymond Constant. 

12 décembre, 

1300 (n. st.), 17 janvier, 

m 



CXCiv INTRODUCTION. 

1300 (n. st.), 17 janvier, Etienne Mascot. 
1300 (n. st.), 18 janvier, Guillaume de Landas. 
1300 (n. st.), 20 janvier, Guiraud Austor. 

1300 (n. st.), 2 mars, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Raymond Calvier. 

1300 (n. st.), 25 janvier, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Jacques Fumet. 

1300 (n. st.), 5 février, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Bertrand de Montaigut. 

1300 (n. st.), 30 mars, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Galhard Fransa. 

1.300 (n. st.), 2 mars, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Guillaume Golfier. 

1300 (n. st.), 2 mars, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Pierre Talhafer. 

1300 (n. st.), 25 janvier, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Bérenger Fumet. 

1300 (n. st.), G février, 

1300 (n. st.), 20 janvier, Jean Beaudier. 

1300 (n. st.), 5 février, 

1300 (n. st.), 21 janvier, Guillaume Fenasse. 

1300 (n. st.), 26 janvier, 

1300 (n. st.), 21 janvier, Raymond Hugues. 

1300 (n. st.), 2 mars, 

1300 (n. st.), 23 février, Durand de la Sale. 
1300 (n. st.), 23 février, Isarn Cardelhac. 
1300 (n. st.), l""" mars, Garnier. 
1300 (n, st.), 1'^'" mars, Bérenger Sabbatier. 
1300 (n. st.), 2 mars, Guillaume Salavert. 

1303, 6 août, 

1319 (n. st.), 5 mars, 

1300 (n. st.), 2 mars, Bernard Audiguier. 



INTRODUCTION. CXCV 

1300, 30 mars, 

1300 (n. st.), 2 mars, Raymond Garsie. 
1300 (n. st.), 5 mars, Bonet de Carvas. 
1300 (n. st.), 9 mars, Bérenger Adémar. 

1300, 30 mars, 

1300 (n. st.), 9 mars, Guillaume Torayl. 

1300, 29 mars, 

1300 (n. st.), 9 mars, Lambert de Foyssens. 

1300, 29 mars, 

1300 (n. st.), 9 mars, Pierre Adémar. 

1300, 30 mars, 

1300, 28 mars, Pierre Rigaud. 

1300, 29 mars, Raymond Pagut. 

1300, 29 mars, Sicart Delort. 

1300, 30 mars, Sicard de Frayssenenx. 

1300 (n. st.), 2 mars, Guillaume de Mauran. 
1319 (n. st.), 5 mars, Isarn Col. 

La « déposition » de Pierre Tailhefer, d'Albi, peut être 
présentée comme le type de ces « confessions » : car les parti- 
cularités principales de la plupart des autres s'y rencontrent. 
Le témoin nie d'abord toute participation à l'hérésie ; puis il 
se ravise, et, quelques jours plus tard, il vient dire ce qu'il 
sait des hérétiques. Il les a vus en tel endroit et en tel 
autre; il les a « adorés; » il a assisté à une initiation, et il 
en expose en détail le rite, qui se fait toujours sur un 
malade. Le plus ancien des hérétiques qui entourent le 
malade tient ses mains jointes dans les siennes, pendant que 
les hérétiques prononcent les paroles ; puis ils font devant 
lui les génuflexions liturgiques. Ce rite n'est pas absolument 
invariable. Par exemple, maître Pierre de Medenco, pro- 
cureur du roi pour la sénéchaussée de Carcassonne et de 



cxcvj INTRODUCTION. 

Bêziers, malade dans sa métairie de Clioart, près de Rêal- 
mont (Tarn), fut reçu dans la secte par les hérétiques, dont 
un se tenait à la tête et l'autre aux pieds, pendant que les 
autres prononçaient les paroles. Le plus souvent le témoin 
ne spécifie pas les paroles du rite, qu'il déclare ne pas avoir 
comprises. Deux ou trois fois, c'est l'Évangile de saint Jean 
qui est lu, le livre étant ouvert sur la tête du malade. Deux 
fois il est question d'un cordon imposé au malade comme 
symbole de la secte. On n'y trouve rien de nouveau sur le 
rituel de 1' « adoration, » qui se faisait « flexis genibus, ter 
dicendo : Benedicite, » l'ancien répondant : « Dominus 
vos benedicat, sive Diaus vos benesiga. » 

Je signalerai la cérémonie de la bénédiction du pain, 
que les hérétiques mangeaient debout, et les mets dont leur 
repas se composait ordinairement : des poissons, des 
légumes, des fruits; les viandes, pour les chefs du moins, 
étaient hors d'usage, sinon interdites. 

Je noterai ensuite l'opinion favorable que, dans un certain 
milieu, l'on avait des hérétiques, je veux dire des ministres 
dualistes, qui étaient réputés pratiquer le jeûne, avoir la 
vraie foi, suivre la règle des apôtres, etc. 

Du reste, ils ne laissaient à personne le soin de recom- 
mander la secte. Ils vantaient beaucoup et élevaient très 
liant leur genre dévie, qu'ils rattachaient à saint Jean-Bap- 
tiste. Ils promettaient l'insensibilité dans les souffrances et 
un miracle en faveur des prisonniers, pour lesquels les 
portes des prisons devaient s'ouvrir. On ne peut avoir une 
confiance plus exaltée. 

Sicard Delort, de Réalmont, raconta la pénitence qui lui 
fut infligée, non par les inquisiteurs, mais par Arnaud, frère 
Mineur « grossus et antiquus » du couvent de Castres, qui 
l'obligea aux pèlerinages du Puy, de Vienne, de Montma- 



INTRODUCTION. cxcvij 

jour, des Saintes-Maries-de-la-Mer, de Saint-Gilles, de 
Vauvert, de Notre-Dame-des-Tables à Montpellier et de 
Sérignan, preuve évidente qu'au xiii° siècle comme aupara- 
vant bien des pénitences, imposées à titre de pénitences 
publiques, n'appartenaient pas en propre à la pénalité inqui- 
sitoriale. 

Sicard Delort était issu de la bourgeoisie d'une petite 
ville. Guillaume de Landas, Bérenger Brosa, Guillaume 
Dufour, de Graulhet (Tarn), Raymond Laval, de Lau- 
trec (Tarn), Gailhard Sabbatier, de Lombers (Tarn), Gail- 
hard Lavilate, de Lautrec, Bernard Rêveilhe, de Réalmont, 
Vital Vinhal et la plupart des autres hérétiques nommés 
dans les « dépositions » appartenaient de même à la bour- 
geoisie terrienne et commerçante du Castrais et de l'Albi- 
geois. On peut dire qu'entre les interrogatoires de 1287 et 
ceux de 1299, dans cet intervalle de douze ans, la situation 
de l'hérésie ne s'était pas sensiblement modifiée. A la fin du 
xiif siècle, la grande noblesse, qui l'avait d'abord sou- 
tenue, l'abandonnait. En revanche, l'hérésie continuait à 
avoir des appuis, des partisans et même des apôtres dans la 
classe intermédiaire entre la noblesse et la petite bourgeoi- 
sie, les notaires et les légistes par exemple. Le prévôt 
de Réalmont, le viguier d'Albi, le juge du seigneur évêque 
étaient inféodés à l'albigéisme. 

Enfin, je signale dans la « déposition » d'Etienne Mascot 
le curieux récit du voyage qu'à l'instigation de Bertrand 
de Montégut, revendeur ou marchand albigeois, il fit en 
Lombardio. 

Ces « dépositions » renferment des indications sans nombre 
et de haute valeur pour l'histoire religieuse du Languedoc ; 
publiées, elles feraient bonne figure parmi les textes méri- 
dionaux. 



<*l 



cxcviij INTRODUCTION. 

16. Geoffroy d'Abluses, inquisiteur, Gèraud de 
Blumac et Jean du Faugoux, lieutenants de l'inquisi- 
teur (1308-1309). — Bernard Gui fait remarquer, à la fin 
du récit qu'il nous a donné des troubles d'Albi, que l'oppo- 
sition faite à l'Inquisition pendant les premières années du 
XIV'' siècle amena une recrudescence de l'hérésie; pour lui, 
cela résultait des dépositions qui suivirent. Il ne pouvait, 
en parlant de la sorte, vouloir désigner les aveux reçus par 
Jacques Fournier, évêque de Pamiers, de 1318 à 1325, 
puisque la première rédaction de l'histoire du couvent d'Albi 
est de 1309 (ms. 490 de la bibl. de Toulouse) et la seconde 
de 1316 (ms. 780 de la bibl. de Bordeaux). C'est donc des 
dépositions de 1308 à 1309 qu'il voulait parler, d'autant 
plus qu'il n'y fut pas complètement étranger, puisqu'en 
une de ces dépositions il est nommé comme présent, et que 
les frères Prêcheurs qui les entendirent purent bien lui en 
donner communication. Comme inquisiteur, il y avait droit. 
Ces dépositions sont contenues dans le ms. lat. 4269 de 
la Bibliothèque nationale. 

Titre mis au xvii^ siècle sur le feuillet de garde et répété 

tant au haut du fol. ii qu'au dos du volume : Acta inquisi- 

tionis Carcassonensis contra Albigenses ann. 1308 et 

1309. 

Ms. en papier, 340""" X 253""", reliure veau plein aux 

armes de France. 

« Volume de QQ feuillets. Manquent les cotes vii-ix, xxv, 

XXVIII, xLviiii, LV, Lxi; les feuillets xx, lxv sont mutilés; 

les feuillets xlix, l, lui sont blancs » (note mise sur le 

feuillet de garde par les soins de l'administration de la 

Bibliothèque nationale, le 18 juillet 1894). 

Ce ms. a été démembré. Il contenait primitivement 

un bien plus grand nombre de dépositions et au moins 



INTRODUCTION. cxcix 

142 feuillets. On lit sur les marges les renvois suivants : 

Fol. V : Infra CXXX. 

Item CXXXII. 

Fol.XYiir: Infra CXXXI. 

Fol. XXVII v° : Infra CXLII. 

Fol. XXXI v° : Inf^a CXLI. 

Fol. XXXV v" : Infra C XX XI II. 

Ces renvois sont du temps même du ms., c'est-à-dire des 
années 1308 et 1309. 

Ce ms., en effet, est un original. Cela résulte de ce double 
fait que divers notaires ont transcrit de leur propre main les 
dépositions reçues par les inquisiteurs, et que Pierre Galhac, 
notaire de Tarascon, interrogé, a écrit lui-même sa propre 
déposition (fol. liiii, lvi v") : « Que omnia et singula supra- 
dicta per me Petrura de Galliaco predictum confessata et 
manu mea scripta in présent! libro. » (Fol. lxiv".) 

Les hérétiques interrogés sont au nombre de dix-huit ; 
ils le furent aux dates suivantes : 

I. — 1308, 10 mai, Geraldus de Rodesio de Taras- 
cone, fol. ii-v. 

25 juillet, le même, fol. v. 

II. — 1308, 21 mai, Philippus de Larnato, fol. vi 
(déposition mutilée). 

III. — 1308, 12 juin, Raymundus Auterii de Aœ, 

fol. X-XJI. 

24 octobre, le même, fol. xii. 

IV. — 1308, 13 juin, Guillelmus de Rodesio, de Taras- 
cone, fol. xiii-xvi. 

20 juillet, le même, fol. xvi. 
22 octobre, le même, fol. xvi. 
24 octobre, le même, fol. xvii. 

V. — 1308, 13 juin, Arnaldus Piqiierii, de Taras- 
chone, fol. xviii-xix. 



ce INTRODUCTION. 

23 juillet, le même, fol. xix. 

26 juillet, le même, fol. xix. 

23 octobre, le même, fol. xix-xx (mutilation). 

VI. — 1308, 15 juin, Guillelma alias vocata Guilla- 
mona, fol. xxi-xxiii. 

1309 (n. st.), 29 janvier, la même, fol. xxm-xxiv 
(mutilation). 

VIL — 1308, juin(?), Raymundus Valsieijra, fol. xxvi 
(mutilation) . 

1309 (n. st.), 30 janvier, le même, fol. xxvi-xxvii. 

9 avril, le même, fol. xxvn. 

VIII. — 1308, 26 juillet, Bïanca, uxor Guillelmi de 
Rodesio, fol. xxvm-xxxi. , .■ 

1309, 19 avril, la même, fol. xxxi. 

IX. — 1308, 2 août, Alamanda, uxor condam Ar- 
naldi de S os, fol. xxxii-xxxiii. 

1309, 8 avril, la même, fol. xxxiii. 

X. — 1308, 11 juillet, Petrus Tinhac, de Aœ, 
fol. xxxmi-xxxv. 

XI. — 1308, 12 août, Raymundus Issaura, fol. xxxv- 
XXXVII (mutilation), xxxix-xl. 

1309 (n. st.), 21 mars, le même, fol. xl-xli. 

XII. — 1308, 16 août, Petrus Issaura, de Lernato, 

fol. XLII-XLIIII. 

1309, 4 avril, le même, fol. xliiii-xlv. 

XIII. — 1308, 21 août, Arnaldus Issaura, de Ler- 
nato, fol. XLVi-xLVii (mutilation). 

XIV. — 1308, août (?), Atho de Castro, fol. li. 
1309, 6 août, le même, fol. li-lii. 

1319, 23 juin, le même, fol. lu. 

XV. — 1308, 23 octobre, Petrus de Galhaco, fol. uni 
(mutilation), lvi. 

23 octobre, le même, fol. lvi-lvu. 



INTRODUCTION. ccj 

24 octobre, le même, fol. lvii. 

1309, 18 avril, le même, fol. lvii-la^iii. 

18 avril, le même, fol. lviii. 

13 mai, le même, fol. lix. 

27 septembre, le même, fol. lix. 

XVI. — 1309 (n. st.), 26 janvier, Jacobus Garsendis, 
fol. Lx-Lxi (mutilation). 

XVII. — 1308, 28 novembre, Citatio Pétri de Luze- 
nacho, fol. lxii. 

1309 (n. st.), 19 janvier, Comparutio ejusdem, 

fol. LXIII-LXIIII. 

XVIII. — 1308 (?), X, fol. Lxvi. 

Cet état des hérétiques interrogés nous montre que cha- 
cun d'eux le fut au moins deux fois. D'abord les lieu- 
tenants de l'inquisiteur les entendirent ; ce fut ensuite l'in- 
quisiteur lui-même. Lieutenants de l'inquisiteur : Geraldus 
de Blumato (N"' i, ii, m, iv, v, vi, vu, x, xi, xii, xiv), 
Johannes de Felgosio (N"' i, ii, m, iv, v, vi, vu, viii, ix, 
X, XI, XII, xm, XIV, xv). Inquisiteurs : Gaufridus de 
Ablusiis (N"' i, m, iv, v, vi, vu, viii, ix, xi, xii, xiv^, xv, 
XVI, xvii), Bei-nardus Guidonis (N° vu), Johannes de 
Belna(N" xiv). 

Du Gange a connu ce ms., dont il a reproduit, au mot 
Cauna = fovea, un passage du fol. xvi. 

Aux marges se trouvent, à l'usage des inquisiteurs, des 
notules placées en regard du fait visé : Adoratio, asso- 
ciatio, reverentia, visio, hereticatio, contra B"^ Tur- 
7iern, etc. 

Ces dépositions furent reçues d'abord dans le couvent des 
frères Prêcheurs de Paraiers, puis à Carcassonne, soit dans 
le couvent des frères Prêcheurs, soit dans l'appartement {in 
caméra) de Jacques de Polomacho, curé de Caunes, gar- 



ccij INTRODUCTION. 

dien de la prison, soit même dans la salle appelée audien- 
tia de la maison de l'Inquisition. 

Les principaux notaires sont Guillaume Raymond, d'Alai- 
rac (Aude) {de Alayracho), chanoine de Saint- Aphrodise 
de Béziers, Jacques Marques et Barthélémy Adalbert. 

La plupart des témoins appartiennent à l'ordre des frères 
Prêcheurs. Ce fait est caractéristique. Car l'opposition 
menée contre eux par Bernard Délicieux ne tendait à rien 
moins qu'à leur enlever l'Inquisition. Philippe le Bel s'y 
refusa, et, après une sorte d'arrêt, qui avait duré sept ou 
huit ans, ils reprirent la poursuite contre l'hérésie. Les 
sentences de Bernard Gui sont la preuve qu'ils la condui- 
sirent vivement, plus encore que les dépositions du ms. 
lat. 4269 de la Bibliothèque nationale. 

Cependant ce n'est pas au dépouillement de ce manuscrit 
qu'il faut se borner si l'on veut connaître l'œuvre de Geof- 
froy d'Abluses. Le fonds Doat fournit plusieurs de ses actes 
comme inquisiteur, si nous remontons en arrière de quelques 
années. Le 10 août 1303, il faisait une déclaration d'après 
laquelle les consuls et les habitants du Bourg de Carcas- 
sonne n'avaient été ni excommuniés ni absous, bien que 
plusieurs d'entre eux fussent coupables d'avoir fréquenté 
les hérétiques ; ils n'étaient donc obligés à aucune peine ni 
pénitence^ Le 10 février 1304 (n. st.), il avait appelé Jean 
de Roucoules, curé de Notre-Dame de la Platée, à Castres, 
pour l'interroger sur l'arrestation dont celui-ci avait été vic- 
time : sur les ordres de l'inquisiteur, il avait déclaré excom- 
munié le vidame d'Amiens-. Le 21 juillet 1304, agissant au 
nom de l'évêque d'Albi, il conférait la cure de Saint-Pierre- 

1. Doat, XXXIV, fol. 21-24. , 

2. Pièce curieuse où Bernard Gui apparaît comme témoin (Doat, 
XXXIV, fol. 26-36). 



INTRODUCTION. CCiij 

d'Avit à Jacques Marques, notaire de l'Inquisition*. Le 
29 septembre 1305, il instituait ses lieutenants Jean du Fau- 
goux et Géraud de Blumac, et excitait leur zèle, les agisse- 
ments de l'hérésie réclamant ailleurs tous ses soins-. Et, le 
19 novembre suivant, il reconnaissait pour ses propres offi- 
ciers Geraud de Cortareyo et tous autres officiers que ses 
lieutenants nommeraient'^ Le 30 mai 1306, il déclarait résul- 
ter des documents contenus dans les archives de l'Inquisition 
que Bernard Faure, de Pezens, aïeul de Guillaume de Pezens, 
actuellement viguierd'Albi, avait, le 6 septembre 1251, fait 
à l'évêque de Carcassonne les aveux les plus formels au sujet 
de sa participation à l'hérésie ; plusieurs membres de sa famille 
avaient de même pactisé avec elle^. Cette déclaration dut 
produire son effet, car Guillaume de Pezens ne conserva pas 
la charge qu'il avait à Albi-'. 

17. Bernard Gui (13061323). — Bernard Gui, que nous 
retrouverons plus loin, est sans contredit le plus connu des 
inquisiteurs languedociens, grâce à sa carrière littéraire, qui 
a été des plus brillantes^. Je suis parla même dispensé de le 

1. Doat, XXXIV, fol. 38-40. Saint-Pierre-d'Avit, comm. de 
Castres (Tarn). 

2. Doat, XXXIV, fol. 83-84. 

3. Doat, XXXIV, fol. 85-86. Sa lettre est datée de Lyon. — 
Doat, XXXIV, fol. 94-102, renferme quatre dépositions allant 
de 1301 à 1305, mais ne donnant le nom ni des « témoins, » ni 
de l'inquisiteur ou des inquisiteurs. Il n'y est question que des 
doctrines dualistes. 144,000 anges seraient descendus en terre 
avec le fils de Dieu pour en ramener les âmes fidèles ; les âmes 
iraient de corps en corps jusqu'à la pénitence achevée; l'âme de 
saint Paul serait passée par trente-deux corps, etc. 

4. Doat, XXXIV, fol. 104-107. 

5. Doat, XXXIV, fol. 109-111. 

6. Voy. la notice que j'ai placée en tête de mon édition de la 
Practica (Paris, Picard, 1886. In-4o). 



Cciv INTRODUCTION. 

présenter ici au lecteur. Il suffira de rappeler les travaux 
de l'inquisiteur. 

Nous avons de lui trois oeuvres qui intéressent directe- 
ment l'histoire de l'Inquisition : les sentences qu'il prononça 
comme juge délégué, la Practica inquisitionis heretice 
pravitatis, ou manuel de l'inquisiteur, que mieux que per- 
sonne il était à même de composer, et un récit des troubles 
qui éclatèrent à Carcassonne et à Albi à la fin du xnf siècle, 
à l'occasion de la poursuite contre les hérétiques. Pour le 
moment, il n'est question que des sentences. 

Éditées par Limborch^ mais d'après une copie mau- 
vaise, elles sont contenues encore dans le ms. lat. 11848 de 
la Bibliothèque nationale, le seul que nous en ayons, copie 
défectueuse d'ailleurs, qui a été exécutée, au xvif siècle, 
pour Baluze. J'ai eu la curiosité de collationner ces deux 
textes. Les variantes sont numériquement assez considé- 
rables. Au fond, cependant, je serais fort embarrassé' si je 
devais me prononcer entre eux deux. Ils se valent. 

Bernard Gui a rempli les fonctions d'inquisiteur pendant 
dix-sept ans. Il a rendu les sentences qui nous sont parve- 
nues dans dix-huit « sermones, » dont le premier se place à 
la date du 3 mars 1308 (n. st.) et le dernier à la date du 
19 juin 1323. En 1314, il ne prononça aucune condamna- 
tion, en 1315 non plus, ni en 1317, 1318, 1320. Pendant 
cette longue carrière, il eut affaire à neuf cent trente cou- 
pables, dont deux faux témoins, quatre-vingt-neuf morts et 
quarante fugitifs. Il livra quarante-deux hérétiques au bras 
séculier. Pour simplifier cet exposé, je mets sous les yeux 
du lecteur le tableau de ses sentences. 

4. A la suite de son Historia inquisitionis, où elles remplissent 
394 pages (Amsterdam, cIo b c xcii (1692). Gr. in-8»). 





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CCVJ INTRODUCTION. 

En outre, M. Ch. Molinier a publié l'acte par lequel Ber- 
nard Gui et Jean de Beaune témoignèrent à Arnaud Cicre, 
d'Ax, leur satisfaction pour la manière dont il était parvenu 
à leur remettre Guillaume Belibasta, hérétique parfait : il 
l'avait amené de Catalogne dans la vicomte de Castelbon, 
où il l'avait arrêtée 

18. Jean de Beaune, Jean duPrat, Henri Chamayou 
et Pierre 5rzm (1318-1330). Les coiisultations inqui- 
sitoriales. — Le moment serait venu de décrire l'œuvre 
connue de chacun de ces quatre inquisiteurs, si je ne l'avais 
fait déjà, ou à peu près, en parlant des rapports des évêques 
du Languedoc avec l'Inquisition, sous le pontificat de 
Jean XXIP. Ils furent alors mêlés, nous l'avons vu, à tous 
les actes du tribunal et aussi aux diverses consultations 
inquisitoriales qui se produisirent; ce fait, je me borne 
encore à l'énoncer ici, car j'ai essayé d'exposer le méca- 
nisme de ces consultations dans un mémoire spécial 
ayant pour titre : La formule communicato bonorum 
viRORUM coNSiLio des sentences inquisitoriales. Je me 
permets d'y renvoyer le lecteur pour ne pas allonger 
davantage une Introduction qui atteint déjà des propor- 
tions considérables. Je me contenterai de mentionner, 
d'abord, les actes de Jean du Prat, du 5 avril 1732, à 
Conques (Aude), où il invitait les parents et héritiers de 
Comtesse, femme de Robert de Sens, à venir défendre sa 
mémoire entachée d'hérésie 3; puis j'analyserai une pièce 



1. Études, p. 178. Cette pièce est du 14 janvier 1322 (n. st.). 
Voy. le pacte passé avec Arnaud Cicre pour cet objet [Ibid., p. 177). 
Voy. encore l'extradition do Guillaume Maurs, de Montaillou 
(Ariège), réfugié on Catalogne (1321) [Ibid., p. 176). 

2. Voy. plus haut, p. cxxiij et suiv. 

3. « Dum vitam duceret in humanis, multa gravia et enormia 



INTRODUCTION. ccvij 

que j'ai passée sous silence dans le susdit mémoire, et qui 
m'est fournie par Doat, XXXII, fol. 164-240. 

Cette pièce se place, au plus tôt, en 1330, après la Saint- 
Martin d'hiver, car il y est dit qu'Henri Chamayou, inqui- 
siteur, donna aux héritiers des hérétiques, dont la mémoire 
était poursuivie, toute facilité pour les défendre en 1330, le 
lundi après l'Exaltation de la sainte Croix (17 septembre) 
et qu'on acheva d'entendre les défenses dans l'octave de la 
Saint-Martin d'hiver qui suivit*. Ces hérétiques apparte- 
naient aux diocèses de Narbonne et de Carcassonne; ils 
étaient au nombre de dix-huit ; les dépositions remontaient 
à quarante et quarante-six ans, à 1284 et 1290 2; ce qui 
permet de dater cette pièce de la fin de l'année 1330 ou des 
premiers mois de l'année 1331. Cette pièce débute ainsi : 
« Ad clariorem intellectum habendum eorum que in libro 
nobis tradito per inquisitorem Carcassone de mandato 
Sanctitatis Yestre continentur. sunt aliqua premittenda. » 
C'est donc le pape qui avait envoyé le liber de l'Inquisition 
de Carcassonne à une commission spéciale, et ce pape était 
Jean XXII. 



contra fidem catholicam comiserit in heretica pravitate, de qui- 
bus non apparet emendata penitens aut confessa fuisse, quin ymo 
presumitur et virisimiliter creditur in secta hereticorum damp- 
nabiliter, pro dolor! velut heretica impenitens decessisse b (Doat, 
XXXV, fol. 62. Pour les actes de Jean du Prat, ibid., fol. 61-66). 

1. « Liberis autem, heredibus, propinquisetpossessoribus bono- 
rum prcdictorum defunctorum fuerunt date deffensiones per fra- 
trem Henricum de Ghamayo, nunc inquisitorem Carcassone, 
anno Domini M» CGG° XXX», de mense septembris, die lune 
post festum Exaltationis Sancte Grucis, et fuerunt finite et ter- 
minate omnes, ac renunciatum et conclusum in causis dictarum 
delTensionum eodem anno de mense novembris infra octabas 
Beati Martini hiemalis j (Doat, XXXII, fol. 165 v°). 

2. Les délits remontaient à 47, ou môme à 62 ans en arrière. 



ccviij INTRODUCTION. 

Les commissaires ne se sont pas nommés. Ils adressèrent 
leur rapport au pape lui-même. 

Ce rapport n'est autre chose qu'une consultation provo- 
quée par l'inquisiteur Henri Chamayou, dont l'embarras 
est évident. L'éloignement où l'on était des dépositions 
reçues par Jean Galand, Guillaume de Saint-Seine, inqui- 
siteurs, et Bernard de Castanet, évêqued'Albi, formait une 
première difficulté. Geoffroy d'Abluses, en 1309, Jean de 
Beaune, en 1320, avaient entendu à nouveau certaines 
dépositions qui n'avaient rien ajouté aux dépositions 
antérieures. L'inquisiteur actuel avait lui-même, en 1330, 
reçu des aveux, qui n'avaient point mis l'accord entre ces 
divers témoignages. De telles divergences ne laissaient pas 
de l'inquiéter, comme de raison. Il avait donc fait faire la 
copie des originaux, intitulés Liber decimus et undecimus 
diocesis Carcassone, qui avaient autrefois soulevé tant 
de murmures et qui avaient été mis sous les yeux de Clé- 
ment V. Il demandait une consultation sur la valeur de 
ces dépositions. On ne peut nier que les commissaires les 
aient soumises à un examen minutieux, voire même 
subtil; ils multiplièrent les advertenda; ils groupèrent 
les témoignages d'après les circonstances, si bien que la 
preuve juridique parut insuffisante. La mémoire des dix- 
huit accusés y gagna d'en sortir indemne ; du moins, c'est 
vers cette conclusion qu'incline le rapport. Elle n'y est 
cependant pas formulée, puisqu'une décision définitive et 

1. « Qui supradicti libri Decimus et Undecimus Garcassone sunt 
illi Ubri, prout idem inquisitor asserit, de quibus a longo tem- 
pore est murmuratum, et qui, ut dicitur in principio instrumen- 
toruin positorum in principio libri nobis traditi, fuerunt ostensi 
felicis recordationis domino G[lemcnti] pape quinti et per eum 
signati signo Dominus in quolibet l'oiio » (Doat, XXXII, 
fol. 168 vû). 



INTRODUCTION. ccix 

ferme ne pouvait être donnée que par le pape. J'ignore si 
Jean XXII se prononça. Du moins nous avons dans cette 
pièce une nouvelle preuve de la réaction qui se produisit sous 
son pontificat contre l'indulgence excessive de Clément V 
à l'égard des hérétiques de Carcassonne. Cette réaction, 
remarquons-le, ne fut point aveugle; elle voulut rester 
juste. L'inquisiteur Henri Chamayou s'inspira des conseils 
d'une sage modération, et les commissaires n'eurent garde 
de conclure à une culpabilité qui ne leur parût pas établie ^ 

1. Le début du rapport expose les cas et donne les noms des 
accusés : « Primo est sciendum quod in dicto libro continentur 
depositiones testium receptorum in officio inquisitorum Garcas- 
sone contra decem et octo personas defunctas diocesum Garcas- 
sone et Narbone, que, ut dicitur, dum vivebant, in crimine here- 
sis commisserunt et non confesse in judicio, nec pénitentes quod 
appareat de his que commiserant decesserunt. Quarum quatuor- 
decira commiserunt, ut dicitur, in dicto crimine, quia présentes 
fuerunt in hereticatione aliquarum personarum et ibidem hereti- 
cos adoraverunt; très vero commiserunt, ut dicitur, in dicto cri- 
mine, quia in iufîrmitate de qua obierunt hereticate fuerunt et 
in sectam hereticorum recepte; unus vero hereticatus fuit, ut 
dicitur, in infirmitate de qua convaluit, et postmodum fuisse 
dicitur in hereticationibus aliorum et hereticos adorasse. 

« lUi autem qui commiserunt, ut dicitur, in heresi eo quod 
interfueruut hereticationi et ibidem hereticos adoraverunt, sunt 
isti : 

Arnalotus, olim serviens de Gabareto, 

Peronella, uxor Philippi de Montevilla, de Pisenchis, 

Bernardus de Lercio, de Ripperia Gaboroti (sic), 

Pctrus Raynaudi, de Tribus Bonis, 

Raymundus Regalis, olira rector ecclesie de Pradalis, 

Bernardus Regina, de Furnis, 

Raimundus Richardi, olim rector ecclesie de Querio Serverio. 
« Omnes isti sunt de diocesi Garcassonensi : 

Stephanus Gultellerii, de Gaunis, quondam rector ecclesie de 
Villa Lambert, 

Guillerma, mater Isarni de Gaunis. 
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ccx INTRODUCTION. 

IV. Actes de la puissaxce se'cclière. 

En droit et en fait, la puissance séculière était tenue à 
l'écart de la question d'hérésie, car elle n'avait pas qualité 
pour connaître de la doctrine. Son rôle était plus modeste, 
tout en restant considérable encore. D'abord elle était dans 
l'obligation de ne pas s'opposer à la répression de l'hérésie, 
et même elle devait obéir à la puissance ecclésiastique pour 

Bernardus Egidii, de Furnis, 
Bernarda Savortesia, de Bastida de Preverencha, 
Arnaldus Savortesii, filius dicte Bernarde, 
Arnaldus Regina, de Furnis. 
« Isti sunt Garcassoiiensis diocesis : 

Petrus Bernardi, de Laurano, diocesis Narbonensis. 
« Très vero infrascripti commississe dicunturin heresi, qui fue- 
runt hereticati in infirmitate de qua decesserunt : 
Jacobus, quondam rector de Insulis, 
Raymundus Gayraudi, quondam rector ecclesie de Rippefera, 

in Gabardesio diocesis Garcassonensis. 
Rogerius de Mansas, de Gauais, diocesis Narbonensis. 
« Ille qui bereticatus fuisse dicitur in intirmitate de qua con- 
valuit et postmodum interfuisse hereticationi aliorum et bereti- 
cos adorasse, est Pliilippotus de Montavilla, qui tamen ponitur 
secundus in série dicti iibri » (Doat, XXXII, fol. 164-165 v"). 

Ge même volume de Doat (fol. 289-298) contient une autre 
consultation non datée. Elle est relative au cas de Pierre Aymeric, 
d'Albi, dont la mémoire était l'objet de poursuites. Les déposi- 
tions remontaient aux années 1285 et 1287. Mais elles ne s'ac- 
cordaient point quant au temps, par exemple, du délit reproché. 
La conclusion fut la même : le délit ne pouvait être tenu pour 
prouvé. Seulement cette consultation émanait de deux juriscon- 
sultes, Arnaud Nouvel (Novelli) et Astruc Julien (Austrugus 
Juliani). Elle dut être vraisemblablement provoquée parla famille 
de Pierre Aymeric. Elle fut rédigée pour venir en aide aux inqui- 
siteurs. A remarquer le début : « Gum sacerdotes judices zelo Dei 
et Qdei crimen se prosequi profitentes indiscrète id agunt, sacri- 
legii incurrunt facinus... » 



INTRODUCTION. CCXJ 

quelques actes de la poursuite, les arrestations à opérer, par 
exemple. Si elle avait du zèle, elle demandait l'établisse- 
ment du tribunal ; elle signalait volontiers les délinquants 
au juge délégué. En tout cas et en principe, elle réprouvait 
l'hérésie; elle prenait toutes les mesures en son pouvoir qui 
pouvaient contribuer directement à l'extirper par la voie 
légale du sein delà société chrétienne. C'était pour elle un 
devoir étroit. 

Ensuite, elle avait des charges : elle pourvoyait à l'entre- 
tien des inquisiteurs ; elle fournissait les maisons d'arrêt, 
dont l'administration cependant dépendait de l'Inquisition ; 
et enfin, si l'hérétique lui était livré comme un homme dont 
on ne peut plus rien tirer, elle lui infligeait la peine du feu, 
qu'elle avait elle-même édictée. En revanche, elle percevait 
les biens provenant des confiscations pour hérésie. La 
poursuite n'apportait à l'Eglise qu'un bénéfice moral ; l'Etat 
y trouvait, selon les cas, un bénéfice matériel. C'est donc à 
lui que revenait toute la dépense. 

Tels sont les points principaux auxquels touchent les 
actes de la puissance séculière, et, quand je dis la puissance 
séculière, j'entends tout seigneur laïque ou ecclésiastique, 
roi, comte ou baron jouissant du haut domaine sur une terre, 
car c'est à ce seigneur que les biens confisqués faisaient retour. 

Dans le Languedoc, la puissance séculière est, au xiii° siècle, 
et indépendamment des seigneurs terriens, représentée par 
le roi et ensuite par les comtes de Foix et par les comtes 
de Toulouse. Seulement la dynastie des Raymond s'étei- 
gnit avec Raymond VII. Alfonse de Poitiers, qui, par sa 
femme Jeanne, hérita du comté, étant mort sans enfants, 
ce comté entra par voie d'héritage dans le domaine royal. 
Nous devons donc distinguer ici les actes des comtes et les 
actes des rois. 



ccxij INTRODUCTION. 

I. Les actes des comtes. 

1. D'abord Raymond VII. — Le malheureux comte Ray- 
mond VII n'eut qu'une idée, celle de refaire la fortune de 
sa famille. Le fait est qu'il essaya de tous les moyens pour 
y réussir. Mais il n'y apporta pas, chose singulière, un par- 
fait esprit de suite. Croyant peut-être trop avoir besoin de 
ses vassaux, favorables, en grande partie, au mouvement 
dualiste, il oscilla sans cesse entre l'Eglise et les influences 
hérétiques, sinon l'hérésie. C'est par là que s'expHquent, 
d'une part, son zèle ardent contre elle, et, d'autre part, ses 
froideurs à l'égard de l'Inquisition ou même ses démêlés 
avec elle. Le 20 avril 1233, il introduit l'Inquisition dans 
ses domaines^ et édicté des statuts contre les hérétiques^. Et 
cependant neuf ans après, le l*"" mai 1242, presque à la 
veille du massacre des inquisiteurs à Avignonet, il en est 
réduit à protester de son inébranlable résolution de vouloir 
chasser les hérétiques de ses terres ^ Il faut même que 
l'évêque d'Agen, Arnold de Galard, vienne à son secours 
et lui prête l'appui d'une déclaration directe dans ce 
sens^ Dans l'intervalle, des soupçons de mollesse ou même 
de complicité s'étaient fait jour, et la conduite d'Alfaro, 
son bayle à Avignonet (il fut l'âme du complot qui emporta 
les inquisiteurs) l'avait en quelque sorte compromis. C'est 
alors que, pour dissiper tous les bruits fâcheux, il en vint à 
adresser aux évêques du comté une sorte de sommation 
d'avoir à poursuivre l'tiérésie, à exercer l'Inquisition^. Sa 

1. Trésor des chartes, J 306, ii° 66. 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 963-969. — Ada concil., 
loc. cit., 203 et suiv. 

3. Hist. gén. de Languedoc, VUI, col. 1088; Doat, XXXI, fol. 40. 

4. Doat, XXXI, fol. 40-42. 

5. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1121-1122; Doat, XXXI, 
fol. 44 vM5. 



INTRODUCTION. CCïiij 

conduite témoigne d'une certaine incohérence. Au fond, 
cependant, il savait trop combien son père, le comte Ray- 
mond VI, avait pâti de sa faiblesse. Les hérétiques l'avaient 
perdu. Il fut contre eux, et l'Inquisition, qui ne rencontra 
en lui aucun obstacle sérieux, put se continuer. 

2. Alfonse de Poitiers. — Alfonse de Poitiers, qui trouva 
le comté de Toulouse dans l'héritage de sa femme, se mon- 
tra plus ferme que Raymond VII, et ses actes relatifs à la 
répression de l'hérésie témoignent d'un parfait esprit de 
suite. D'abord, qu'il ait eu un zèle ardent, son projet de 
bulle contre les hérétiques destiné k être présenté à Inno- 
cent IV ^ le prouve surabondamment. Ensuite, il n'hésite 
pas à passer à l'action. Il exhorte les évêques de Toulouse, 
de Cahors, d'Agen, d' Albi et de Rodez à appliquer les décrets 
du dernier concile de Béziers"^. Dès le début de son adminis- 
tration, il apprend avec plaisir que l'évêque de Toulouse 
est disposé à confier l'Inquisition aux frères Prêcheurs par- 
tout où son propre trésorier et Gui Fulcoy le voudront^. Il 
ordonne à ses officiers de jurer qu'ils poursuivront l'héré- 
sie^, de protéger les inquisiteurs'', et aux sénéchaux de cou- 
vrir leurs dépenses^. A la demande de Guillaume de Montre- 

1. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1333-1335; J. de Laborde, 
Layettes du Trésor des chartes, III, p. 214. Ce projet serait de mai 
ou de juin 1254. 

2. Doat, XXXI, fol. 250. Lettre du 26 juin 1256. 

3. Ch.-V. Langlois, Uîie lettre adressée à Alfonse de Poitiers [lettre 
de Thibaut d'Étampes, chapelain du comte, datée de Toulouse, 
24 mars 1251] [Dibl. de l'École des chartes, XLVI, 1885, p. 589-593). 

4. Mars 1257 (n. st.) (Doat, XXXI, fol. 252). Mars 1258 (n. st.) 
{Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1412, 1413; Doat, LXXXVII, 
fol. 35). 

5. Doat, XXXI, fol. 251 vo-252. Mandement de 1256 proba- 
blement. 

6. Ibid., fol. 250 \°-251. Mandement du 27 juin 1256. 



ccxiv INTRODUCTION. 

veil, inquisiteur, il assigne lui-même six deniers tholsas au 
notaire de l'Inquisition, et au sergent {servientï) quatre 
deniers par jour^ Quant à la peine infligée aux hérétiques, 
pèlerinages ou prison, elle devra être subie rigoureusement; 
il écarte toute idée de rançon ou de compensation pécu- 
niaire^. Il fournit aux inquisiteurs les prisons nécessaires. 
Deux pièces nous édifient pleinement à ce sujet : la première, 
du 13 janvier 1269, est une réponse à Jacques du Bois, son 
clerc, aux yeux duquel, à Lavaur, les prisons entraîne- 
raient moins de frais; si les prisons de Toulouse au château 
Narbonnais ne suffisent point, il mettra donc à leur dispo- 
sition le castrum de Lavaur 3. La seconde pièce, du même 
jour, est une lettre du comte aux inquisiteurs Pons du Pou- 
get et Etienne de Gastine, approuvant que le castrum de 
Lavaur soit approprié pour l'incarcération des hérétiques ^ 
Ces actes d'Alfonse de Poitiers sont caractéristiques. 
Comment eût-il pu se montrer plus favorable à l'Inquisi- 

i. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1573-1574. 

2. Cela résulte : 1° de la lettre du sénéchal de Rodez à Alfonse 
de Poitiers du 21 février 1253 : le sénéchal se plaint de l'évêque, 
qui dans plusieurs cas s'est contenté d'une compensation en argent 
(J. de Laborde, Layettes du Trésor des chartes, III, n» 40392, p. 581. 
Cf. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 454, 455, note 1); 
2° de la lettre de Gui de Sévérac à Alfonse de Poitiers, se plai- 
gnant de l'évêque de Rodez, qui a fait lever sur les hérétiques 
des rançons s'élevant à plus de 50,000 sous, contrairement aux 
ordonnances du comte et des évêques, aux termes desquelles 
chaque hérétique doit subir sa peine (J. de Laborde, Ibid., n« 4663, 
p. 570; Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1471). Lettre écrite 
vers 1260. 

3. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1584-1585; Aug. Molinier, 
Correspondance administrative d'Alfonse de Poitiers, t. I, p. 610 
(Collection des Documents inédits). 

4. Aug. Molinier, ibid., p. 611 ; Roularic, Saint Louis et Alfonse 
de Poitiers, p. 456, note 1. 



INTRODUCTION. CCXV 

tion? En cela, Alfonse répondait, à n'en pas douter, aux 
intentions du roi saint Louis, son frère. 

Il y a cependant un point du gouvernement d' Alfonse de 
Poitiers dont je n'ai rien dit encore; je veux parler de la 
saisie des biens des hérétiques et de l'administration finan- 
cière des biens confisqués, qui en était la conséquence. 

Nous le voyons, le 18 novembre 1254, mander au viguier 
de Toulouse, Oudard de Pomponne, de saisir les biens 
meubles et immeubles des hérétiques condamnés comme tels 
dans toute l'étendue du diocèse de Toulouse, alors très 
vaste ^ Et, à partir de ce moment, nous pouvons décrire, à 
l'aide des comptes de confiscations, cette branche de l'admi- 
nistration financière. En 1255, la recette « de heresibus de 
Tholosano » s'éleva à 541 liv. 9 s. 8 d. t. 2. Du 6 mai 1255 
au 2 février 1256, les recettes furent de 820 liv. 14 s. 6 d. 
et les dépenses de 832 liv. 19 s. 3 d.^. Les comptes du 
22 mai 1259 donnèrent : recettes, 244 liv. 11 s. et 1 obole; 

i. Arch. nat., JJ C, fol. 2; Doat, XXXI, fol. 238. Cf. Bouta- 
ric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 450, note 1. L'inventaire 
des biens saisis devait être toujours dressé. Quelques exemples 
prouvent qu'on n'y manquait pas. Le 15 mai 1261, l'inventaire 
des biens meubles saisis dans la maison de P. Bernard, de i'Isle, et 
d'autres hérétiques se monta à la valeur de 1,413 liv. tourn. (Tré- 
sor des chartes, J 306, n° 85). Voy. aussi le Supplément du Tré- 
sor des chartes, J 1040, n" 22, J 1041, n" 7, on se trouvent 
d'autres inventaires. 

2. « De heresibus de Tholosano per vicarium do toto anno : 
vc xLi 1., IX s., vni d. Tur. » (Hist. gén. de Languedoc, VIII, 
col. 1284). 

3. Compte dressé par Gilles Clerc (J. de Laborde, Layettes du 
Trésor des chartes, III, n" 4231, p. 284). En juillet 1251, Alfonse 
de Poitiers avait fait donation d'un fief à Gilles Clerc, « inquisi- 
tori de heresi in partibus Tholosanis » (Doat, XXXI, fol. 171). — 
— Pour Tannée 1256-1257, nous n'avons qu'une simple indica- 
tion (J. de Laborde, III, n° 4311, p. 343). 



CCXVJ INTRODUCTION. 

dépenses se décomposant comme il suit : pour la capture et 
le hrùlement d'hérétiques, 60 s. 10 d.; pour les inquisiteurs, 
11 liv. 5 s. 6 d.; pour l'entretien des prisonniers, 17 liv. 
17 s.*. Du 12 juin 1263 au 24 juin 1264, les comptes 
s'élevèrent à 216 liv. 9 s. 8 d. tholsas, à 100 liv. t., à 
1,700 setiers de grains {omnium bladorum), à 23 muids 
devint 

La gestion de tels revenus n'exigeait pas, ce semble, une 
grande administration. Cependant il y avait tout un person- 
nel ; à sa tête se trouvait le surintendant général des con- 
fiscations, duquel dépendaient, dans l'espèce, le viguier de 
Toulouse, qui les percevait à Toulouse, et le sénéchal, qui 
les percevait dans les sénéchaussées de Carcassonne et de 
Beaucaire^. Cette administration s'inspirait des principes, 
dont nous trouvons l'exposé dans un « Mémoire » à Jacques 
du Bois, surintendant général^ : les sénéchaux assistaient 
aux ventes ; les revenus devaient être soigneusement notés, 
et le tout était fait en deux exemplaires, l'un pour l'inten- 
dant général, l'autre pour le sénéchal. Les ventes ou 
les cessions ne devenaient définitives que par l'approbation 
du comte et de la comtesse, comme héritière de son père. 
Par exemple, en juin 1268, Alfonse de Poitiers et Jeanne, 
son épouse, approuvent ensemble la vente des biens de Ray- 
mond Pellipier et de Guillaume, son frère, de Cordes, pro- 
venant des confiscations pour hérésie ^ En janvier 1269, 

1. J. de Laborde, Layettes du Trésor des chartes, III, n» 4489, 
p. 463-464. On trouve dans cette pièce l'énumération des biens à 
vendre avec les noms des hérétiques. 

2. Trésor des chartes, J 192, n" 19. 

3. Voy. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 450-451. 

4. Ce mémoire est de l'année 1263. On le lit dans Boutaric, 
p. 450. 

5. Doat, XXXII, fol. 46-47. 



INTRODUCTION. CCXvij 

Alfonse concède à titre définitif h Gilles Camelin, son clerc, 
les biens de Raymond de Lavaur, hérétique, avec l'appro- 
bation de Jeanne, son épouse'. Au mois d'avril de cette 
année, il accorde, Jeanne le voulant bien, à Ispa de Mou- 
rèze (de Morosio) les biens de Pierre-Arnaud Alaman, sis 
à Lescure, les droits du seigneur éminent ou du haut domaine 
restant réservés 2, etc. 

Plusieurs des documents relatifs aux confiscations n'ont 
trait qu'à des aflfaires particulières, sans parler du mande- 
ment d'Alfonse aux sénéchaux et aux inquisiteurs d'établir 
un état des biens perçus ou à percevoir-^ ; ce sont, par 
exemple, la commission au juge de Lavaur et de Puylau- 
rens de faire une enquête sur les confiscations opérées à 
Monestiès et àMontirat (Tarn) (mars 1257)^; le mandement 
à Pierre de Landreville, sénéchal du Rouergue, de restituer 
à l'évêque d'Albi les décimes de Penne-du-ïarn échues pro 
haeresi et de reconnaître à l'évêque d'Albi son droit sur les 
confiscations à Monestiès et à Montirat^ (15 novembre 1258) ; 
le don à Guillaume de Chogesio de l'héritage d'Amaury 
de Mons {de Montibus) confisqué pour hérésie^ (mai 12G1) ; 

1. Doat, XXXII, fol. 57-59. 

2. Ibid., fol. 55-56. — Voy. quelques autres exemples, Doat, 
XXXU, fol. 67-68, 72-73, 74-76, 77-79, 80-82, 83-84. Cf. XXXI, 
fol. 237 : vente de biens d'hérésie à Pons Targen de Rabastens ; 
XXXI, fol. 254 : confirmation à Sicard Alaman de la donation 
des biens d'Hélie d'Aigrefeuille {De Egrifolio). 

3. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1454. Ce mandement se 
place vers 1260. 

4. J. de Laborde, Latjettes du Trésor des chartes, III, n° 4332, 
p. 586. 

5. J. de Laborde, ibid., III, n° 4452, p. 438. Boutaric (Saint 
Louis et Alfonse de Poitiers, p. 449) semble ne pas avoir exactement 
compris le sens de cette pièce. 

6. Trésor de?; chartes, reg. C, fol. 6 v». 



ccxviij INTRODUCTION. 

le transfert à Toulouse de Pierre Bernard, condamné pour 
hérésie dans le Venaissin, « pro habendo de eodem Petro de 
singulis bonis suis plenius veritatera^ » (1262) ; la plainte 
du vicomte de Lautrec contre Jacques du Bois, accusé de 
s'être, au désavantage du vicomte, emparé des biens d'un 
hérétique, « homme » de ce dernier ^ (16 juillet 1267); la 
plainte de Géraud de Puygermier et de ses frères contre 
Gilles Camelin, qui avait saisi les biens de leur père, bien 
que le comte Raymond les leur eût restitués ^ (17 juin 1268), 

etc., etc.^. 

Signalons ici un point délicat. Les affaires litigieuses 
étaient renvoyées au sénéchal, qui devait informer et décider, 
après avoir cependant pris conseil des inquisiteurs^. 
Cela n'était nullement dans leurs attributions déjuges délé- 
gués. Nous ne savons rien du rôle alors joué par eux. Mais 
si vraiment le sénéchal sollicita leur avis, ils ne durent pas 

1. Arch. nat., J 307, n» 55, fol. 3 v». 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. i 605-1606. Le sénéchal de 
Toulouse et d'Albigeois dut en connaître et en décider, 

3. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1641. 

4. Au mois de décembre 1268, Alfonse assigne les vignes de Pierre 
Gardas, condamné pour hérésie, comme fonds du revenu annuel 
de 100 liv. déjà accordé à la Trinité de Toulouse (Doat, XXXIÏ, 
fol. 51-52). — Même date : Alfonse cède et donne à Thomas de 
Novilla la terre de Raymond Calvet de Julo, près de Lavaur, et la 
terre de Gontelans, avec un moulin sur l'Agout, ayant appartenu 
à la femme de Pierre Fredel; terre et moulin provenant des con- 
fiscations pour hérésie (Doat, XXXII, fol. 53-54). — Avril 1270 : 
Alfonse donne un revenu de 15 liv. tourn. à prendre sur les biens 
de Pons Vigoureux, hérétique, pour la chapellenie de Sainte- 
Livrade d'Agen (Doat, XXXII, fol. 64-66). —Juin 1270 : Alfonse 
confirme en faveur des fils et héritiers de Bertrand de Ruaix, 
hérétique gracié par Innocent IV, la possession et jouissance de 
ses biens (Doat, XXXII, fol. 69-70). 

5. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1605-1606, 1677-1678, 
1682-1683. 



INTRODUCTION. ccxix 

y trouver un grand bénéfice moral. Déjà, en 1244, le cha- 
pitre provincial des frères Prêcheurs tenu à Cahors avait 
pris des mesures de prudence inspirées par la crainte des 
calomnies : il avait interdit toute aumône faite à l'ordre 
avec des biens provenant de confiscations'. 

3. Les comtes de Foix. — Les comtes de Foix avaient, 
on le sait, établi leur domination sur les deux versants des 
Pyrénées, où ils possédaient, au nord, le comté de Foix, 
compris dans le Languedoc, au sud, la seigneurie de Castel- 
bon, qui les rattachait à la juridiction spirituelle de l'évêque 
d'Urgel. Cette double situation de comtes de Foix et de sei- 
gneurs de Castelbon les mit en contact, pour la répression de 
l'hérésie, h la fois avec les juges du Languedoc et les juges de 
Catalogne, d'autant que Roger-Bernard II accordait assis- 
tance aux hérétiques dans ses terres de Catalogne comme 
dans celles du comté de Foix. Les débuts de leurs rapports 
avec l'Inquisition se signalent par un conflit entre Roger- 
Bernard II et l'évêque d'Urgel, Pons de Vilamur (1230- 
1257). L'évêque, exposé aux injures et aux insultes-, 

1. « Item, quod inquisitores non sustineant quod aliquid detur 
fratribus de negocio, quia possemus infaniari » [Ada capitulorum 
provincialium ord. frat. Praed., p. 27). — Voy. Introduction, 
p. Lxni, et, à l'Index, le mot inquisitio pour les renvois. Les pres- 
criptions des chapitres provinciaux en ce point témoignent toutes 
d'une extrême prudence (éd. Douais. Toulouse, Privât, 1895). 

2. Il le fut notamment à Eguils, comme il le dit dans un 
mémoire à Pierre de Albalat, archevêque de Tarragone : « Item, 
cum. essemus in terra eorum aput Eguils, causa visitationis, 
homines illius ville insurregerunt [sic] contra nos cum armis et 
expugnaverunt in quadam domo nos et familiam nostram, volen- 
tes interficere nos et vulneraverunt quemdam filium militis, con- 
sanguineum nostrum, quam injuriam noUcmus sustinuisse pro 
mille marchis argent! » (Baudon de Mony, Relations politiques 
des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'au commencement du 



CCXX INTRODUCTION. 

demandait à rechercher les hérétiques de la seigneurie de 
Castelbon. Le comte ne se prêta pas à cette poursuite. 
L evêque le frappa d'excommunication, sans pouvoir s'as- 
surer cependant que cette peine produirait l'effet voulu : car 
le comte pouvait infirmer virtuellement cette sentence en 
entretenant de bonnes relations avec l'Inquisition langue- 
docienne. L'évêque apprit bientôt que, malgré sa lettre à 
l'évêque de Toulouse, l'archevêque de Narbonne, Pierre 
Amelius, l'évêque de Carcassonne, Clarin, et les inquisi- 
teurs eux-mêmes, Ferrier et Willem Arnaud, n'avaient pas 
rompu avec l'excommunié; il s'en plaignit au légat du pape 
à Toulouse'. Cependant Roger de Foix, fils du comte, finit 
par consentir à ouvrir aux inquisiteurs la vicomte de Cas- 
telbon : ils y condamnèrent quarante-cinq hérétiques et y 
prononcèrent dix-huit exhumations. Quant à Roger-Ber- 
nard, prétendant qu'ayant remis la vicomte à son fils, il ne 
pouvait se considérer comme sujet de l'évêque d'UrgeP, il 
demanda à être relevé de l'excommunication. Une trêve fut 
conclue vers 1238 3, et le comte se tira de cette affaire épi- 
neuse. 

Cependant, en ce qui regarde les terres de Foix, il conti- 
nua, tout en louvoyant, à se montrer réfractaire à toute 
idée de répression; il se plaisait à y voir l'annonce de 
la domination du nord; il entra dans la ligue de Ray- 

XIV^ siècle, t. II, Pièces justificatives, p. 109). (Paris, Picard, 
1896, in-8°.) 

1. Sa lettre au légat du pape du 29 décembre (1238 probable- 
ment) a été publiée d'après les archives d'Urgel par Villanneva 
[Viage lUerario à las Iglesias de Espana, t. XI, p. 229). 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1010-1014. Textes curieux. 

3. Baudon de Mony, op. cit., t. Il, p. 111. Voy. (t. I, p. 167-171) 
l'exposé de ce démêlé. 



INTRODUCTION. CCXXJ 

mond VII contre le roi de France ^ Elle échoua assez misé- 
rablement à Carcassonne, que Trencavel se mêla d'assiéger, 
en attendant que le traité de Corbeil (il mai 1258), passé 
entre le roi d'Aragon et saint Louis, consacrât définitive- 
ment l'influence française sur plusieurs grands fiefs du midi 
et, entre autres, sur le comté de Foix. A cette date, aussi bien, 
Roger-Bernard II était mort depuis dix-sept ans (1241). 
Roger IV, son fils, qui lui succéda, n'eut rien de mieux à 
faire que d'entrer dans le mouvement des idées religieuses 
et conservatrices que l'Inquisition avait pour but de faire 
triompher. C'était son intérêt évident. Le 28 février 1261, il 
rendit une ordonnance interdisant l'accès des charges à tout 
hérétique condamné ou véhémentement suspecta II songea, 
au surplus, à laver la mémoire de son père ; il avait besoin de 
dissiper des soupçons qui inquiétaient ses meilleurs amis, de 
le faire regarder comme bon catholique ^ Il s'acquit tout 
au moins la bienveillance de l'Inquisition. Par exemple, le 
5 juillet 1284, il obtint de Jacques d'Aragon, agissant de 
l'avis de Pierre de Cadreyta, inquisiteur en Catalogne, la 
permission de remettre au fils de Bernard d'Alion^, Guil- 
laume de Son, la terre que son père, jadis condamné pour 

i. Hist. gén. de Languedoc, VI, p. 729, 730, 735. 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1479; Doat, GLXXI, 
fol. 292; Hist. gén. de Languedoc, X, 343. 

3. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1479-1483. Signalons 
(col. 1481-1482) une pièce curieuse : le 16 novembre 1263, à 
Boulbonne, Raymond Bernard de Flassaa, bayle de Mazères, à 
la veille de se remettre au pouvoir de Pons [du Pouget], inquisi- 
teur, à Carcassonne, où il a subi horribile tormentum et angus- 
tiam carceris et famis inediam pendant un mois et deux jours, 
déclare que Roger Bernard, comte de Foix, était mort en bon 
catholique. 

4. Sur la famille d'Alion, voy. l'ouvrage de M. Baudon, déjà 
cité, t. I et II. 



ccxxij INTRODUCTION. 

hérésie, avait possédée ' ; eu même temps Guillaume de Son 

1 . Voici cette permission donnée par le roi : 
« Attendentes preces quas vos Rogerius, Dei gratia cornes 
Fuxensis, fecistis nobis pro G. de Sono, filio Bernardi de Aiione 
quondam, super commendatione terre que fuit quondam ipsius 
Bernardi de Aiione, de consilio et voluntate fratris Pétri de Gadi- 
reta, inquisitoris heretice pravitatis in regno et dominio nostro 
auctoritate Seclis Apostolice deputati, volumus et permittimus 
vobis quod possitis commendare sive deponere pênes dictum 
G. de Sono totam terram que fuit quondam patris sui predicti, 
quam vos nunc tenetis, recepta securitate ab ipso, sub hoc pacto 
quod statim cum nos vel inquisitores qui pro tempore fuerint 
voluerimus, dictus G. de Sono terram predictam vobis, sicut modo 
eam tenetis, dimittere et desemparare sine conditione aliqua tenea- 
tur. Datum Ilerde, m non. julii, anno Domini M° CG« EXIIII» » 
(Arch. de Barcelone, Gorona de Aragon, reg. 7, Jacobi I, 2-13, 
fol. 194). 

Permission donnée à Guillaume de Son de recevoir la terre de 
son père : 

« Per nos et nostros indulgemus et concedimus tibi G. de 

Sono, filio Bernardi de Aiione quondam, quod tu, nonobstante labe 

criminis heretice pravitatis in quam pater tuus predictus incidit 

et sententialiter extitit condempnatus, nec etiam obstante quod 

Esclarmunda, mater tua, heretica sit perfecta, de nostre plenitu- 

dine potestatis possis capere omnes hereditates et successiones 

parentum, sicut restituantur, et proximorum tuorum ac etiam 

extraneorum, que tibi deferuntur (?) ex nunc ex testamento vel 

ab intestate, et omnia quoque justo titulo a quibuscumque perso- 

nis poteris adipisci ; possis etiam admitti ad honores et militaria 

sacramenta; possis etiam testari et contractus alios inire; resti- 

tuentos te in presenti de plenitudine nostre potestatis ex certa 

scientia ad omnia supradicta et etiam ad famam integram et 

omnes legitimos actus, non obstante lege illa sive jure, que pro 

hujusmodi crimine filios jubet paterno supplicio perire, in hiis 

in quibus paterni, hoc est hereditarii, criminis exempla meren- 

tur, nec aliquo alio jure, constitutionc vel consuetudine, sen- 

tentia qualibet, scriptura publica vel privata; predictam indul- 

gentiam tibi dicto Guillelmo facimus ad instantiam ot preces 

fratris P. de Gadireta, inquisitoris heretice pravitatis in toto 



INTRODUCTION. ccxxiij 

était rétabli dans tous ses droits. Il bénéficia lui-même de la 
bienveillance, intéressée peut-être, du roi d'Aragon : celui-ci 
lui abandonna ses droits sur la vicomte de Castelboii, à 
raison du crime d'hérésie imputé à Arnaud de Gastelbon et 
à Ermessinde, sa fille, ainsi que tous les droits à provenir 
d'une condamnation éventuelle. Cet abandon de droits, en 
effet, est du 11 mai 12G9, et, le 2 novembre suivant, les 
inquisiteurs Pierre de Gadreyta et Guillaume de Golonge 
{de Colonico) déclaraient hérétique Ermessinde et ordon- 
naient l'exhumation de ses cendres, après citation et com- 
parution de Roger-Bernard de Foix, son héritier*. 

En somme, les comtes de Foix surent entretenir avec 
l'Inquisition languedocienne de bonnes relations, bien que 
tout le comté fut ouvert à l'hérésie. Ils ne furent inquiétés 
que par l'Inquisition aragonaise, qu'ils finirent par rendre 
inoffensive à leur endroit, grâce à l'intérêt que le roi d'Ara- 
gon avait à les ménager. 

II. Les actes des rois. 

Avec les rois nous n'allons guère sortir du cadre déjà 
tracé par les actes d'Alfonse de Poitiers. Ils ont, et à plus 
forte raison, touché aux mêmes points, dirimaut les litiges 
de détail avec une autorité plus souveraine encore. Et 

regûo et domiaio nostro auctoritate Sedis Aposlolice deputati, 
qui de hoc ductus misericordia nos rogavit. In cujus rei testuno- 
nium, preseutcm cartam nostri sigilli pendentis munimiao l'cci- 
mus roborari. Dalum Ilerde, m non. juUi, anno Domini M" 00° 
LXIIII« » (Ibid., fol. 194). — Voy., dans l'ouvrage de M. Baudon 
déjà cité (t. II, p. 114, 115), les lettres de Jacques I«'', roi d'Ara- 
gon, remettant Guillaume de Son en possession des châteaux de 
Son et de Gheragut, confisqués pour hérésie. 

1. Baudon de Mony, op. cit., t. I, p. 212-215; t. II, p. 135, 140. 



ccxxiv INTRODUCTION. 

d'ailleurs, de saint Louis à Philippe YI, si l'on aperçoit 
dans l'administration une anarchie progressive, les prin- 
cipes ne changent point. Une unité vraie règne dans l'en- 
semble de la conduite des rois à l'égard de l'Inquisition du 
Languedoc. 

1 . Saint Louis. — Le statut Cupientes, édicté en 1228 par 
le gouvernement du jeune roi, a servi de fondement à toute 
la législation postérieure. Les articles II, III et IV sont par- 
ticulièrement importants ici; car ils contiennent toute la 
poursuite inquisitoriale avant l'institution du juge délégué, 
je veux dire qu'ils font entrer en scène la puissance sécu- 
lière, qui, pour ce qui la regarde, prend le ton de l'au- 
torité souveraine : extirpation de l'hérésie et châtiment 
immédiat des hérétiques, « postquam fuerint de haeresi 
per episcopum loci, vel per aliam ecclesiasticam personam, 
quae potestatem habeat, condemnati; » défense de rece- 
voir ou favoriser les hérétiques, sous peine d'être exclu des 
charges, de perdre le droit de tester ou d'hériter, de voir 
ses biens confisqués ; ordre aux barons et officiers de recher- 
cher les hérétiques, de les livrer à la puissance ecclésias- 
tique et de faire « quod debebunt » dans le cas de con- 
damnation ^ Le traité de paix passé le 12 avril 1229 
entre saint Louis et Raymond VII contenait l'engagement 
formel, de la part du comte, d'obéir aux ordres du légat 
apostolique en tout ce qui pourrait intéresser l'extirpation 
de l'hérésie^. Cependant, dans l'état actuel des documents, 
la main de saint Louis ne se montre qu'assez longtemps 
après le statut Cupientes. En juillet 1246, il met à la 
disposition des inquisiteurs ses prisons de Garcassonne et 

1. Labbc, Acta conciL, VII, col. 171. 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 883, 884. 



INTRODUCTION. ccxxv 

de Béziers'. Alfonse de Poitiers avait ordonné au séné- 
chal de Carcassonne de contraindre, par la confiscation 
des biens et l'arrestation des personnes, ceux qui étaient 
excommuniés à rentrer dans le sein de l'Eglise (8 avril 
1254). Saint Louis adoucit ces dispositions de rigueur 
par ses instructions aux enquêteurs (juillet 1259)2. Il 
apporta aussi quelque tempérament au statut Cupientes, 
tout en maintenant l'exclusion des charges publiques à 
l'égard des héritiers des condamnés ad murum'^. Il revint 
même sur ce dernier point. Les enquêteurs envoyés dans le 
Languedoc furent invités à rendre les biens confisqués pour 
hérésie, excepté dans trois cas : 1° hérétique dûment con- 
damné; 2" hérétique en fuite; 3° hérétique ayant donné 
asile k des hérétiques condamnés. Quant à la femme, en 
aucun cas elle ne pouvait être privée de ses biens. Exception 
était faite en faveur des héritiers de l'hérétique qui embras- 
saient la vie religieuse : ses biens leur revenaient alors ^. 
Nous avons déjà rencontré la disposition relative aux biens 
de la femme. Les autres mesures font soupçonner certains 
abus que le saint roi se préoccupa de corriger, tout en 
maintenant la poursuite et la vindicte contre les hérétiques''; 
il revint même sur l'article des prisons avec une précision 
qui ressemble à une sorte de disposition nouvelle. Le 14 oc- 

1. Hisl. gén. de Languedoc, "VIII, col. 1206; Mahul, Cartulaire, 
V, 627; Doat, GLIV, fol. 236. 

2. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1326, 1440-1441. 

3. llist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1440-1441 ; Doat, XXXI, 
fol. 263 ^-270. 

4. Recueil des Ordonnances, I, p. 62; Hist. gén. de Languedoc, 
III, Preuves, col. 494 (éd. princeps). 

5. En 1255, il renouvela ses ordonnances {Hist. gén. de Langue- 
doc. VIII, col. 1360). 





CCXXVJ INTRODUCTION. 

tobre 1258, il écrivit au sénéchal de Carcassonne pour lui 
ordonner de pourvoir à l'entretien des inquisiteurs et d'ache- 
ver les prisons. Et, à ce propos, il posa la règle suivante 
que l'entretien des prisonniers restait à la charge des sei- 
gneurs bénéûciaut des confiscations pour hérésie ^ 

Et, en effet, Philippe de Montfort les percevait 2; Pierre 
des Voisins les perçut « in ballivia Carcassone » jusqu'en 
juin 1260 3; l'évêque d'Albi eut le droit de s'emparer des 
biens des hérétiques de son diocèse qui ne seraient point 
vendus dans l'année après la condamnation^ : les saisies 
faites à Monestiès et à Montirat, eu particulier, lui furent 
adjugées par sentence du sénéchal du Rouergue (2 juin 
1260)^. Enfin, pour ne pas prolonger cette énumération, le 
sire de Mirepoix, jouissant du droit « comburendi hereti- 
cos terrae suae, » était par là même en droit de s'emparer de 
leurs biens ^, et c'est en vertu de ce droit que restitution 
fut faite à Gui de Lévis, maréchal d'Albigeois et seigneur 
de Mirepoix, des ossements des hérétiques qui furent 
brûlés sur la grève de l'Aude, à Carcassonne, en 1270'. 

1. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1435-1436; Mahul, Cartu- 
laire, V, 627; Doat, XXXI, fol. 260 vo-261. L'article relatif aux 
prisons ne se trouve pas dans le texte de Doat. 

2. Doat, XXXII, fol. 258-260. 

3. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1466. 

4. Doat, XXXIV, fol. 132. 

5. J. de Laborde, Layettes, III, n» 4608, p. 523. 

6. « Item, cum dictus marescallus, dorainus de Mirapiscis, pro- 
posuisset se fuisse in possessione paciûca comburendi hereticos 
terre sue, condempnatos ad ignem per inquisitores Garcassonen- 
ses, et habendi eciam earum mobilia, si in terra Régis exis- 
tant... » (Beugnot, les Olim, I, p. 317. Enquêtes de 1269). 

7. Archives de Lcran, fonds Lévis. Deux pièces communiquées 
par M. Pasquier, aujourd'hui archiviste de la Haute-Garonne, et 
publiées dans VUist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1674-1676. 



.1 



INTRODUCTION. ccxxvij 

Le comte de Foix afficha plus tard les mêmes préteu- 
tions*. 

Que le gouvernement de saint Louis ait eu pour les biens 
confisqués une comptabilité spéciale, cela va sans dire^. De 
là des opérations diverses : saisies, ventes, enquêtes, dona- 
tions, restitutions de biens, dont on trouvera les actes dans 
VHistoire générale de Languedoc^, dans les Layettes 
du Trésor des chartes*, dans le Cartulaire de Carcas- 
sonne^ ou même aux Archives du château de Léran^. 

2. Philippe le Hardi. — Le règne de Philippe le Hardi 
ne fournit point d'acte important. Le seul qui soit un peu 
considérable se place au début; encore faut-il recon- 
naître que Philippe le Hardi reproduit simplement et con- 
firme l'ordonnance de son père relative aux émoluments 
des inquisiteurs, à l'aménagement des prisons, qu'il importe 
d'achever, à l'entretien des prisonniers". Les autres pièces 
de ce règne sont des lettres de sauvegarde en faveur des 

1. Hist. gén. de Languedoc, X, 484-489, 659. En 1313, le vicomte 
de Lomagne, Bertrand de Got, obtint concession des confiscations 
pour hérésie {Ibid., 937). 

2. Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 451. 

3. VIII, col. 974, 1308 (Doat, CIII, fol. 67), 1360 (Doat, CLIV, 
fol. 59), 1361 (ibid., fol. 63 v»), 1421 (ibid., fol. 122). 

4. T. m, n» 4097, p. 208. Cf. n" 4282, p. 314. 

5. T. V, 628. 

6. Le 5 octobre 1268, Guillaume de Cohardon, sénéchal de Car- 
cassonne et de Béziers, vend à Aymeric de Boussagues, à Ray- 
mond de Senegra et au sacristain de Villemagne, pour le prix de 
30 liv. tourn., 40 sous tourn. de rente à percevoir sur le fief de 
Glairac, confisqué sur Bernard de Glairac pour crime de félonie et 
hérésie. (Pièce communiquée par M. Pasquier, qui connaît à mer- 
veille les archives de Léran.) 

7. Hist. gén. de Languedoc, VIII, col. 1436; Mahul, Cartulaire, 
V, 629 ; Doat, XXXI, fol. 261 vo-262. 



ccxxviij INTRODUCTION. 

inquisiteurs ou de recommandation aux archevêques et 
évêques pour ceux des frères Prêcheurs que le prieur du 
couvent de Paris désignera comme juges délégués, et envers 
lesquels il commande l'obéissance^ C'est bien peu, et cepen- 
dant c'est assez pour pouvoir caractériser l'action du règne : 
Philippe le Hardi a continué saint Louis son père ; il s'est 
montré favorable à l'idée que l'Inquisition fût confiée aux 
frères Prêcheurs. Il n'en fallait pas davantage pour ne pas 
contrarier le bon fonctionnement de l'institution. 

3. Philippe le Bel. — Je puis en dire autant de Philippe 
le Bel. Il suit la politique de son aïeul en ce qui regarde 
la poursuite des hérétiques. Cependant le monde a marché, 
et quelques points semblent nouveaux. Au début, Philippe 
le Bel montre qu'il entend ne pas fléchir : il prive du 
notariat Raymond Vital, d'Avignonet (Haute -Garonne), 
parce qu'il est le petit-fils de Roger Isarn, qui a été con- 
damné pour hérésie et brûlé^. La poursuite des Juifs date 
d'hier; nous avons vu les papes l'ordonner. Philippe le Bel 
s'y prête ; il veut que le sénéchal de Carcassonne obéisse 
aux inquisiteurs dans la cause^. Quand éclate le conflit 
entre Carcassonne, Albi et l'Inquisition, il prend une attitude 
plutôt digne que malveillante. Jusqu'alors les rapports des 
officiers royaux avec les inquisiteurs avaient été réglés par 
cette formule à peu près invariable : ils devaient simplement 

\. Doat, XXXII, fol. 85-86, 86-87, 87-88, 88-89. 

.2. Lettres du 2 août 1288, transcrites par les soins de Jean 
Vigoureux, inquisiteur, le 3 décembre de cette année (Doat, 
XXXII, fol. 151). 

3. Doat, XXXII, fol. 254 vo-255. Lettre du 3 décembre 1293. 
Cf. la lettre du sénéchal de Carcassonne au vicomte de Narbonne 
(l*^"" février 1294, u. st.), qu'il ait à exécuter les lettres de Phi- 
lippe le Bel et la bulle de Grégoire X contre les Juifs (Doat, 
XXXII, fol. 254-257). 



INTRODUCTION. ccxxix 

leur obéir. Maintenant ces rapports se modifient légère- 
ment. Philippe le Bel a déterminé les cas dans lesquels 
ses sujets pourront être arrêtés pour hérésie; il faut au 
moins une véhémente présomption ; il exige qu'on ne s'écarte 
point de la forme qu'il prescrit, car il a appris qu'on a fait 
des arrestations arbitraires*. C'était, sous des apparences de 
justice, contrarier la poursuite, ou du moins la gêner. Le 
sénéchal de Carcassonne, Henri, seigneur de Elisia, crut 
peut-être trop à un changement dans la politique royale, 
d'autant qu'il reçut de la part de Philippe le Bel l'assurance 
que les inquisiteurs n'obtiendraient de lui que des réponses 
conformes aux siennes en tout ce qui regardait les arresta- 
tions^. Le sénéchal devenait, pour ainsi dire, le maître. 
Les inquisiteurs firent valoir tout ce que cette situation 
contenait d'arbitraire et de méfiance. Boniface VIII inter- 
vint. Il faut bien avouer que, si le roi eût pu à son gré, 
même sous le facile prétexte des droits supérieurs de la jus- 
tice, fixer les conditions auxquelles seules une arrestation 
dût se faire à l'occasion d'un délit d'hérésie, il eût par 
là même connu indirectement de l'hérésie, cause qui 
n'appartenait en aucune façon à la juridiction séculière. 
Philippe le Bel le comprit : le 5 septembre 1298, il manda à 
ses barons et officiers d'obéir à l'évêque et à l'inquisiteur 
pour les arrestations à opérer, conformément à la constitu- 
tion du pape Boniface^. Le sénéchal n'était donc plus le 
juge des arrestations à faire. 

1. Doat, XXXIÎ, fol. 266-269; Hist. gén. de Languedoc, X, 
col. 273-281. 

2. Doat, XXXII, fol. 269 ; Mahul, Cartuîaire, V, 650; Cf. Doat, 
XXXII, fol. 269 v°-271; Mahul, Carlulaire, 650. 

3. Doat, XXXII, fol. 280-281. Autre lettre du 15 septembre 
1298 clans le même sens (Doat, XXXII, fol. 278-279). 



CCXXX INTRODUCTION. 

S'il finit par modifier son attitude, c'est sans doute parce 
qu'il comprit que les difficultés soulevées contre l'Inquisition 
donnaient de l'audace aux partis ; les intérêts de sa couronne 
ne pouvaient qu'en souâ'rir. En 1304, il se préoccupa de 
fortifier l'Inquisition*; en 1305 et en 1306, il dépouilla de 
leurs charges les officiers convaincus d'hérésie; il défendit 
qu'on fît des ligues ou qu'on levât des tailles pour s'opposer 
à l'Inquisition-. Malgré tous les agissements de Bernard 
Délicieux, il se refusa absolument à demander que les frères 
Prêcheurs en fussent désormais écartés. 

L'administration financière des biens confisqués sous 
Philippe le Bel reste ce qu'elle était précédemment. Cepen- 
dant on peut relever quelques faits particuliers assez 
curieux : par exemple des saisies et des ventes faites, à part 
égale, par les agents du roi et de l'évêque d'Albi, Bernard 
de Castanet'^; car l'évêque était déjà en possession des biens 
saisis dans son diocèse, et le roi lui confirma cette posses- 
sion, même pour les cas où il n'aurait pas fait procéder à la 
vente dans l'année suivant la condamnation^. 

Il existe des rôles de confiscations et des comptes : 1° de 
1302 à 1305«-; 2° de 1305 à 1309^ 3^ de 1309 à 1310'. 

1. Hist. gén. de Languedoc, X, 428-431. 

2. Doat, XXXIV, fol. 81-82, 109-111. 

3. Doat, XXXII, fol. 300, 315, 315 v»; XXXIIl, fol. 193. 

4. Doat, XXXn, fol. 132-133. Lettre du 17 août 1306. Ce point 
fut maintenu, sous Louis X, hormis le cas d'empêchement légi- 
time à procéder à la vente. Ordonnance du sénéchal de Garcas- 
sonne du 20 août 1316 (Doat, XXXIV, fol. 135-136). L'évêque 
d'Albi fut maintenu dans le droit sur les confiscations opérées 
dans .son diocèse par Philippe VI (Doat, XXXV, fol. 70, 80, 83). 
Voy., pour les arrangements survenus avec Alionor de Montfort, 
ibid., fol. 40, 100. 

5. Doat, XXXIIl, fol. 207-231. 

6. Ibid., fol. 232-260. 

7. Ibid., fol. 261-272. 



INTRODUCTIOIV. ccxxxj 

On peut par eux apprécier la fortune de chaque condamné : 
car c'est le revenu provenant des biens de chacun qui com- 
pose ces comptes. Pierre Radulphe {Radulphus) les dresse, 
comme procureur du roi pour les confiscations; il a pour 
lieutenant Guillaume Bernard*. 

Le nom des condamnés ajoute beaucoup à l'intérêt de ces 
comptes. Un certain nombre avaient été interrogés par Ber- 
nard de Castanet; par exemple, en 1285, Pons Nicolas, 
d'AlbiS et Vital Vinhols, d'Albi^; en 1299, Raymond 
Hugues^ Bérenger Adémar^ Bérenger Brossa^, Bérenger 
Fumet ^ Bertrand de Montégut^ Galhard Fransa^, Guil- 
laume Fenassa le Boiteux*^ Guillaume Goulfier", Jacques 

1. Pierre Milhau était le procureur de l'évêque d'Albi (quittance 
du 29 janvier 1301, n. st.; Doat, XXXIU, fol. 189). Philippe le 
Bel avait, par ses lettres du 17 novembre 1296, constitué Pierre 
de Pradines, curé de Saint-Étienne de Toulouse, son agent pour 
les biens d'hérésie; à ce titre, celui-ci procéda à la vente d'un pré 
et d'une vigne ayant appartenu à Pierre Rigaud, condamné (Doat, 
XXXIII, fol. 193-197). — A signaler spécialement parmi ces 
pièces la vente faite par Rainaud de Dugniaco et Pierre Imbaud 
de Plaigne [de Planhano)^ frères, de la seigneurie de Pechluna 
(Aude), confisquée à Pons Magrefort, Pons Guillaume et Pierre 
Roger de la Tour; vente approuvée par Eustache de Beaumar- 
chais, sénéchal, le 4 février 1293, n. st. (Doat, XXXII, 
fol. 244 v''-250). 

2. Doat, XXXm, fol. 267 v». 

3. Ibid., fol. 258 v». 

4. Ibid., fol. 255. 

5. Ibid., fol. 230 v», 258, 264, 271. 

6. Ibid., fol. 229, 249 vo, 267. 

7. Ibid., fol. 223, 249. 

8. Ibid., fol. 227 v», 254. 

9. Ibid., fol. 222, 250 v«, 266 v°, 270. 

10. Ibid., fol. 207, 232, 268. 

11. Ibid., fol. 224, 252, 266 v°. 



CCXXXiv INTRODUCTION. 

de douze ans, selon le sexe ; ensuite la citation individuelle 
contre tel ou tel. 

3° Mode d'abjuration avant l'interrogatoire. 

4° Formule de l'interrogatoire. 

5" Formule de la réconciliation et de la pénitence pour 
ceux qui rentrent dans l'unité ecclésiastique. 

6° Lettre de pénitence. 

7** Formule de sentence pour livrer l'hérétique au bras 
séculier. 

8" Formule de sentence contre ceux qui sont morts dans 
l'hérésie. 

Le tout se termine par un avertissement sur la nature 
des preuves admises et sur la conduite à tenir par les juges 
qui entendent ne s'écarter en rien de la ligne tracée par les 
constitutions apostoliques. 

Ce traité, fort court d'ailleurs, peut donc être regardé 
comme un formulaire : pour chaque cas, le juge n'avait 
qu'à introduire un nom dans la pièce. Il a été composé après 
1244, date de la lettre de Pons de Saint-Gilles, et avant 
1254, date de la mort d'Innocent IV; cela résulte du texte 
lui-même, où les inquisiteurs disent : « Testium non publi- 
camus nomina propter ordinationem sedis apostolice sub 
domino Gregorio provide factam et ab Innocentio, heatis- 
simo papa nostro, postmodum innovatam. » lia été rédigé 
dans le Languedoc par Guillaume Raymond et Pierre 
Durand, inquisiteurs, selon toutes les probabilités, ou par 
Bernard de Gaux et Jean de Saint-Pierre. 

Il est permis d'y voir une réponse à une consultation. 
Les inquisiteurs disent : facimus, injungimus , dampna- 
mus, etc., comme s'ils répondaient à des questions qui leur 
auraient été posées. 

Il est plus diflScile de nommer l'auteur ou les auteurs de 



INTRODUCTION. , ccxxxv 

ces questions. Ce traité, cependant, se trouve à Madrid, 
bibliothèque de l'Université, ms. 45*. On n'en connaît que 
ce manuscrit. Il semble qu'il aura été fait pour l'Espagne et 
pour les inquisiteurs de ce pays, je veux dire les inquisiteurs 
d'Aragon. L' Aragon et le Languedoc, en effet, échangeaient 
des consultations. Le traité rédigé par saint Raymond de 
Penafort, sous le nom de l'archevêque de Tarragone, en 
1242, sur la résolution de certains doutes, en est la preuve 
suffisante : il appartenait aux archives anciennes de l'In- 
quisition de Garcassonne, d'où il est passé dans Doat 
(t. XXXVIII). Les inquisiteurs du Languedoc, désireux de 
l'avoir, l'avaient donc demandé ; ils le conservèrent pour 
les lumières qu'ils pouvaient y trouver. Les titres des cha- 
pitres suffiront à édifier le lecteur : Queritur qui dicantur 
heretici, qui suspccti, et sic de singulis. — Queritur 
de hereticis dogynatisantibus et relapsis in credentiam 
quid sit agendum. — Queritur de forma ahjurationis . 
— Queritur de forma purgationis. — Qualiter com- 
purgatores jurare debeant. — Qualiter sacerdos débet 
inquirere in confessionibus de facto heresis'^. 

Trouvé par le R. P. Balme, des frères Prêcheurs, le for- 
mulaire languedocien a été publié dans la Nouvelle Revue 
historique de droit français (t. VII, p. 669 et suiv.); et 
M. Ad. Tardif l'a présenté dans une sorte d'avertissement 
substantiel sur la procédure per inquisitionem^ . Je ne 

\ . C'est le numéro du manuscrit qui a été donné par le P. Balme. 
Mais je l'y ai fait rechercher sans résultat. 

2. A Castres, un frère Mineur avait imposé des pèlerinages à 
la suite de la confession auriculaire (Bibl. nat., ms. lat. 11847, 
fol. 41). — Je prépare l'édition du traité de saint Raymond de 
Penafort. 

3. Le texte ne me paraît pas irréprochable. Je n'ai pas encore 



ccxxxvj INTRODUCTION. 

m'arrêterai plus que sur le dernier mot de ce Processus : 
« Si bene fieret justitia de dampnatis et relapsis, et bona 
publicarentur fideliter, et incarceratîs provideretur in 
necessariis competenter, in fructu inquisitionis gloriosus 
Dominus et mirabilis appareret. » L'Inquisition produirait 
de meilleurs résultats, si l'on pourvoyait exactement à 
l'entretien des prisonniers. Que peut signifier un tel lan- 
gage? L'auteur exprime, à n'en pas douter, un regret. Les 
prisons ou ne sont pas encore édifiées, ou ne peuvent rece- 
voir les condamnés. Les condamnés ou les prévenus sont 
laissés en liberté ou confiés à la garde de m.ains étrangères* : 
d'où résulte le mépris de la poursuite. Peut-être est-ce là 
le motif ou l'un des motifs de l'activité que nous avons vue, 
à plusieurs reprises , régner autour des prisons : il était 
urgent de les construire ou de les rendre habitables. 

2. « Practica » de Bernard Gui. 

Le second des traités dont j'aie à parler ici est la Practica 
de Bernard Gui. Dans ses grandes lignes, la Practica se pré- 
sente comme un écrit théorique, puisqu'elle donne la suite 
méthodique des actes constituant la poursuite. Mais chacune 
des pièces qui en composent les trois premières parties est 
sortie du greffe même de l'Inquisition : elle a servi. Il faut, 
comme pour le traité précédent, lui reconnaître un caractère 

réussi à en obtenir une collation sérieuse. Il est assez important 
pour mériter les iionneurs d'une réédition le jour où on en aura 
un texte bien établi. 

1. La législation inquisitoriale ne s'opposait nullement à un tel 
arrangement. Par exemple, Pons Garrigue avait reçu à Labécède 
(llaute-Garonno) deux iémmcs hérétiques, dont la garde lui fut 
confléc. Mais il les laissa aller (bibl. de la ville de Toulouse, 
ms. 609, fol. 127). 



INTRODUCTION. CCXXXvij 

historique; ce caractère est fortement accusé. Dès lors, nous 
pouvons dire : voilà comment on procédait dans le Langue- 
doc au commencement du xiv" siècle. Aux yeux de l'histo- 
rien, c'est un document d'un grand prix; le témoignage 
qu'il apporte lui paraîtra décisif. Quant à la cinquième par- 
tie, elle fait admirablement connaître ceux que l'on poursui- 
vait. Bernard Gui y a exposé les doctrines hérétiques, et, 
qu'on le remarque, dans leur rapport avec la poursuite. Il 
ne faut pas voir en lui, à proprement parler, un hérésiologue, 
comme le fut avant lui Benoît d'Alignan, l'auteur du Trac- 
tatus contra errores caiholicae fldei obviantes^. Son 
objet est d'ordre tout pratique. Il veut fournir à l'inquisi- 
teur pour lequel il écrit des précisions doctrinales qui l'éclai- 
rent dans la recherche de l'hérétique et servent de base à ses 
interrogatoires futurs. Il donne, si je puis ainsi parler, le 
corps du délit, et il décrit l'hérésie aux formes multiples, 
mais en tant qu'elle tombe sous le coup des constitutions 
apostoliques. C'est ainsi qu'on explique qu'il consacre un 
chapitre aux Pseudo-apôtres, un chapitre aux Béguins, un 
chapitre aux Juifs, deperfidia Judaeorum, un chapitre aux 
devins et ouvriers de sortilèges. Le lecteur en a, sans doute, 
plusieurs fois fait la remarque : dans les premiers temps, le 
juge délégué se bornait à poursuivre les Manichéens et les 
Vaudois ; à la fin du xiif siècle, il poursuivait encore ceux 
que je viens de nommer. 

En un mot, et pour tout dire sommairement, la Practica 

1. Bibl. nat., ms. lat. 4224. J'en ai donné quelques extraits 
dans un article de mélanges intitulé : les Hérétiques du midi 
au Xlll'^ siècle {Annales du Midi, t. III (1891), p. 367). Parmi 
ces extraits, à signaler : 1° Sub qua forma juret de heresi inqui- 
rendus; 2» Super quibus fiant interrogationes ; 3° De ydolatris et 
ydolatriis. 



ccxxxviij INTRODUCTION. 

de Bernard Gui doit être mise au premier rang des manuels 
à l'usage des inquisiteurs, soit que l'on considère le fond 
des choses, soit que l'on s'arrête à la personne de l'auteur. 
Et, comme elle est l'expression fidèle de la procédure inqui- 
sitoriale dans le Languedoc au xiv*' siècle, époque à laquelle 
celle-ci a atteint son apogée, elle constitue un des documents 
principaux dans toute la série, fort étendue malgré les 
lacunes, des pièces, registres et manuscrits dont j'ai parlé*. 

3. La tortura. 

La Practica de Bernard Gui est muette au sujet de la 
torture. Ce silence peut d'abord paraître assez naturel, 
puisque le juge d'église ne pouvait arracher la vérité aux 
clercs per tormenta, et aux laïques nisi per quaestiona- 
riumvel demandando civilijudici. Cependant, il ne peut 
laisser de surprendre, car nous n'avons aucune sentence 
remettant un reus au juge civil pour lui infliger la question ; 
aucun acte ne nous est parvenu par lequel, directement ou 
indirectement, le juge délégué aurait édicté la torture avec 
obligation pour le juge civil de l'appliquer. Et, cependant, 
Bernard Gui a voulu prévoir chacun des cas de la procédure 
et y répondre par avance. Encore une fois, il ne fait aucune 
allusion à cette voie de contrainte : car il s'agit, on le com- 
prend, de la torture employée comme moyen d'obtenir 
l'aveu. 

Je n'ai pas à traiter ici la question des origines de la tor- 
ture. Les auteurs les plus autorisés admettent qu'elle est 

1. Je l'ai publiée en 1886 (Paris, Picard, iii-4o). J'en prépare 
une seconde édition. On en trouve dans Doat (t. XXIX et XXX) 
une copie qui s'arrête à la constitution de Clément IV : Gum 
adversus hereticam pravitatem, V' partie, p. 304 de mon édition. 



INTRODUCTION. ccxxxix 

étrangère au droit canonique*; en même temps, ils affirment 
qu'il en fut feit usage, au xiii" siècle, dans la recherche du 
crime d'hérésie. « La torture, dit M. Esmein, devint un 
moyen ordinaire d'instruction. Ce fut le droit romain qui 
servit ici d'autorité. Le crime d'hérésie était regardé comme 
crimen laesae majestatis divinae , et, à partir du 
XIII'' siècle, on appliqua dans ces sortes de procès les règles 
du Digeste et du Code sur la mise à la question des accusés 
et des témoins dans le crimen majestatis ^. » Il est certain 
que la constitution d'Innocent IV, Ad eœtirpanda, du 
15 mai 1252, autorisa l'emploi de la torture citra membri 
diyninutionem et mortis periculum^; cette constitution 
fut renouvelée et confirmée le 30 novembre 1259 par 
Alexandre IV ^ et le 3 novembre 1265 par Clément IV ^ 
Et d'ailleurs, comme, dans l'intervalle, le 4 août 1262, 
Urbain IV donna aux inquisiteurs et à leurs socii le pou- 
voir de se relever mutuellement de tous les cas d'irrégularité 
qu'ils pourraient avoir encourus ^ M. Tanon en conclut que 
le seul obstacle, à savoir l'irrégularité canonique, pouvant 
s'opposer à ce que les inquisiteurs « fissent administrer 

1. Par exemple Biener, Geschichte des Inquisitions Processes, 
p. 55, 87 ; Paul Fournier, les Officialités au moyen âge, p. 249, 280 
(Paris, Pion, 1880, in-8°); Esmein, Histoire de la procédure crimi- 
nelle en France, p. 19, 77 (Paris, Larose et Forcel, 1882, in-8°). 
M. Tanon [Histoire des tribunaux de l'Inquisition en France, p. 362 
et suiv.) a exprimé une opinion opposée. Mais son argumenta- 
tion ne m'a point convaincu. 

2. Op. cit., p. 77, 78. 

3. Potthast, n° 14592. — M. Esmein l'attribue par erreur à 
Alexandre IV. 

4. Ibid., n» 17714. 

5. Ibid., n° 19433. 

6. Ibid., n» 18390. 



CCXl INTRODUCTION. 

eux-mêmes la question*, » était levé; et M. Esmein déclare, 
comme on l'a vu tout à l'heure, que la « torture devint un 
moyen ordinaire d'instruction. » 

Pour le Languedoc, cette affirmation est certainement 
outrée. La prison, telle était la voie de contrainte ordinai- 
rement employée. C'est le seul moyen d'obtenir l'aveu qui 
apparaisse soit dans le registre du greffier de l'Inquisition 
de Garcassonne^ soit dans les Sentences de Bernard Gui^; 
c'est le seul moyen d'aveu que Bernard Gui énonce dans la 
Practica*. Et par là les inquisiteurs du Languedoc don- 
naient la main aux inquisiteurs d'outre-Rhin^. 

Cependant, nos documents locaux contiennent quelques 
casde torture. D'abord, un peu avant 1243, Arnaud Bordeler, 
de Lauzerte (Tarn-et-Garonne) , « fuit levatus in eculeum ; 
set nichil dixit, nec potuit ab eo extorqueri^. » Après 1243, 
R. de Na Richa « fuit tractus Tholose et révéla vit eis'. » 
Isarn Coll dit avoir avoué « vi tormentorum, » à Bernard 
de Castanet, en 1299^ Je n'ai relevé que ces trois cas^. Encore 
faut-il ajouter que les deux premiers constituent une ano- 

1. Op. cit., p. 374. 

2. Plus bas, p. 115 et suiv. 

3. Par exemple, p. 105, 114, 120, 145. 

4. P. 107, 302. 

5. « Si autem recuset hoc facere (scilicet confiteri), recludatur in 
carcere et incuciatur ei timor, quod testes contra Ipsum habean- 
tur, et si per testes convictus fuerit, nuUa fiât ei misericordia, 
quin morti tradetur; et sustentetur tenui victu, quia timor talis 
humiliabit eum, et non permittatur aliquis accedere complicium 
suorum, ne roboret eum... » (David d'Augsbourg, Tractatus de 
inquisitione hereticorum, p. 43. Éd. Preger, Mayence, 1878). 

6. Déposition de Guillaume Faur (Doat, XXII, fol. 7). 

7. Bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 134. 

8. Bibl. nat., ms. lat. 11847, dernier feuillet. 

9. M. Tanon, qui les a ignorés, a prétendu en relever trois autres 



INTRODUCTION. CCxlj 

malie : la torture rendait irrégulier tout juge d'église qui 
l'ordonnait'; car la torture, prohibée dans les tribunaux 
d'Eglise, ne fut autorisée pour le cas d'hérésie qu'en 1252 
et à la condition qu'elle fût appliquée par le juge séculier. 
Son emploi dix ans plus tôt, sans être considéré comme 
impossible, ne laissera pas de paraître étrange-. Ne fau- 
drait-il pas plutôt l'attribuer à l'initiative du sénéchal? En 
1274, le sénéchal Eustache de Beaumarchais, ayant capturé 
Bernard Hugues, de Roquevidal (Tarn), le soumit aussitôt à 
la question lui-même et sans s'en entendre avec l'inquisiteur ; 
il voulait que Bernard Hugues révélât en quel lieu les héré- 
tiques se cachaient 3, sans doute pour exciter le zèle du juge ou 

dans la correspondance de Philippe le Bel (op. cit., p. 375, notes 1, 
2 et 3). Dans le premier, les expressions tormenta de novo exquisita 
ne peuvent signifier la question ou torture, qui était fort ancienne. 
Dans le second, le roi reproche à Foulques de Saint -George 
d'avoir agi contre le droit, terminos juris excedens et canonicas 
sanctiones super hec éditas non observans [Hist. gén. de Languedoc, 
VUI, col. 379). Mais en quoi et comment? Dans le troisième, il 
s'agit des prisonniers déjà condamnés, et non des prévenus que 
l'on veut faire parler. 

\. a His aquibus Doraini sacramenta tractanda sunt, judicium 
sanguinis agitare non licet... Quod si quisquam horum immemor 
praeceptorum aut in ecclesiae suae famulis, aut in quibuslibet 
porsonis taie aliquid fecerit, concessi ordinis privetur honore 
et loco... » (Décret. Gratiani, secunda pars, causa XXIII, 
quaest. VIII, cap. xxx). 

« In ipso causae initio non est a quaestionibus inchoandum. » 
Le titre du chapitre enlève toute équivoque à ce texte : « Tor- 
menta, judiciis non praecedentibus, inferenda non sunt » (Décret. 
Gregor. IX, lib. V, lit. xli, cap. vi). 

2. On dira peut-ôtre qu'en 1252 Innocent IV se borna à sanc- 
tionner un moyen d'aveu déjà on usage et à en donner les formes. 
Sa constitution n'autorise point cette hypothèse. Il n'y a pas la 
moindre allusion à cet usage. 

3. « Fuit captus et questionatus per dominum Eustachium, 

P 



Ccxlij INTRODUCTION. 

le prendre en défaut. Raymond Hugues, frère du précédent, 
passa de même par les affres de la torture, mais parce que 
le sénéchal l'y appliquai Encore une fois, il faudrait plus 
que s'étonner de l'emploi de la torture par le juge désigné 
en 1243 et en 1244. En tout cas, même en admettant ces 
deux exemples, nous sommes en droit de dire que l'usage en 
fut rare dans le Languedoc. 

VI. Les récits. 

Le midi de la France est pauvre en chroniques ; le Lan- 
guedocien loquace n'a cependant jamais aimé à écrire, à 
faire des récits, à raconter. Si cette observation est juste, il 
faut avouer qu'elle comporte, dans une certaine mesure, une 
exception pour ce qui touche la poursuite inquisitoriale. Et 
dès lors on serait autorisé à voir dans ces récits une preuve 
nouvelle de l'ébranlement profond qui, un moment, déso- 
rienta l'âme méridionale. Seulement c'est dans les rangs de 
l'Eglise que l'émotion aurait le plus gagné, à ne considérer 
que les auteurs de ces récits. 

1. La « Chronique » de Guillaume de Puylaurens . 
C'est d'abord Guillaume de Puylaurens, chapelain deRay- 

senescallum Tholosanum, quia non rcvelabat ei ubi erant here- 
tici » (Doat, XXV, fol. 78). 

t. « Fuit captus et positus ad questionom per dominum senes- 
calium » (Doat, XXV, fol. 113). — Faure Raseire, d'Auriac 
(Haute-Garonne), dit, dans sa déposition du ■l«''mars 124G, qu'ar- 
rêté à Toulouse « stetit in Castro Narbonensi captus per très 
septimanas pro heresi ; et fuit crucosignatus in fronte cum ferro 
calido » (bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 97 v"). Gela 
remontait à quatre ans. Je n'ai vu nulle part ailleurs que les 
hérétiques aient été raarqués au fer rouge au front. 



INTRODUCTION. CCxIiij 

raond VII, mort en 1270, mais dont la curieuse Chronique 
remonte jusqu'aux premiers grands événements où la lutte 
entre l'Eglise et l'hérésie s'engagea corps à corps. Au cha- 
pitre XL, abordant le concile tenu à Toulouse en 1229 et 
dont nous avons parlé, il dit ce qu'il avait appris des pre- 
mières poursuites : l'examen des témoins confié aux évêques, 
qui devaient tout renvoyer à Foulques, de Toulouse; le refus 
par le légat de communiquer les noms des témoins, etc. Si 
nous en savons quelque chose, c'est par ce chroniqueur seul. 
Ce chapitre xl, si court cependant, a une valeur très grande. 

2. La « Chronique » de Guilhem Pelhisso. 

Guilhem Pelhisso est un frère Prêcheur du couvent de 
Toulouse et vraisemblablement toulousain par sa famille : 
car son nom apparaît plusieurs fois dans les documents tou- 
lousains du xiir siècle. Procureur ou économe de son cou- 
vent, il a laissé deux écrits : dans l'un, il donne l'état des 
achats d'immeubles pour son étabhssement dans le quartier 
Saint-Sernin , et Bernard Gui l'a introduit dans la notice 
qu'il a écrite du couvent et des prieurs de Toulouse^; l'autre 
est le récit des incidents dramatiques qui se produisirent à 
Toulouse à la suite des premières poursuites des inquisiteurs 
contre les hérétiques, qui se sentaient soutenus par l'autorité 
municipale. Les frères Prêcheurs de la ville furent dispersés. 
Guilhem Pelhisso, témoin et victime, raconta ce qu'il avait 
vu, en marquant le rapport existant entre l'intervention des 
pouvoirs locaux et les premiers procès de l'Inquisition. 

La chronique de Guilhem Pelhisso est contenue dans le 
ms. 1437 (229, ancien fonds) de la bibliothèque d'Avignon, 

1. Bibl. de Toulouse, ms. 490; bibl. de Bordeaux, ms. 780. 



ccxliv INTRODUCTION. 

fol. 11-14, OÙ elle se trouve placée entre les deux écrits de 
Bernard Gui : Priores in monasterio Pruliani et Fun- 
dacio conventus Tholosani. C'est à lui, sans aucun 
doute, que nous en devons la conservation. Le manuscrit 
est des premières années du xrv^ siècle ; il en fournit une 
copie excellente. 

Cette chroniqpie, pittoresque, vivante, émue même, est de 
tous points curieuse. Sans doute, les faits relatifs à la pour- 
suite des hérétiques ne sont racontés que tout autant que les 
frères Prêcheurs s'y trouvèrent mêlés. Du moins, par cela 
même, l'auteur a élargi son cadre géographique. Après les 
incidents de Toulouse, il rapporte ceux d'Albi; il expose 
l'Inquisition à Moissac, dans le diocèse de Cahors ; et c'est 
par lui que nous savons que Pons de Saint-GiUes, provin- 
cial de son ordre, alla à Rome avec Raymond de Foix, pour 
exposer au pape Grégoire IX les travaux des premiers inqui- 
siteurs. La Chronique s'arrête à l'année 1235. L'on voit 
sans peine de quel prix elle est ' . 

3. Les Albigeois jettent Vinquisiteur dans le Tarn, 
par un anonyme (1234). 

Je signale en troisième lieu un anonyme, dont le récit des 
événements d'Albi en 1234 a pour titre (dans Doat, XXXI, 
fol. 29 v'') : Albienses impediunt, capiunt, verherant et 
trahunt ad Tarnum inquisitorem. L'auteur appartient 
vraisemblablement à l'ordre des frères Prêcheurs, circon- 
stance qui explique comment cette narration se trouve placée 
à la suite de la Chronique de Guilhem Pelhisso dans le 

1. J'ai publié cette chronique en 1881. Je prépare une édition 
des deux chroniques de Guilhem Pelhisso avec une notice bio- 
graphique. 



INTRODUCTION. ccxlv 

manuscrit d'Avignon. C'est, d'ailleurs, un morceau extrême- 
ment vivant. Tout moyen critique de contrôle nous fait 
défaut ; je veux dire que ce récit n'est corroboré par aucun 
témoignage direct. Du moins on y remarque un ton de sin- 
cérité ; et Bernard Gui, en le reproduisant, a suffisamment 
marqué combien il lui inspirait confiance*. 

4. Troubles de Carcassonne et d'Alhi, par Bernard 
Gui. 

Enfin, Bernard Gui a lui-même laissé un récit des 
troubles de Carcassonne (1295-1305) et d'Albi (1300-1304). 
C'est dans la notice des prieurs du couvent de chacune de 
ces deux villes qu'il a introduit sa narration, mettant à la 
suite de la notice de chaque prieur l'exposé des faits arrivés 
sous ce prieur : Notandum hic posteris incidenter . . . 
C'est ainsi que le récit des troubles de Carcassonne, pour 
parler du premier, se compose de cinq morceaux : le pre- 
mier placé sous le priera t d'Odon de Caussens et se rappor- 
tant à l'année 1295 ; le second appartenant au priorat de 
Bernard Gui lui-même, qui y parle comme témoin, et de 
l'année 1297 ; le troisième compris dans le priorat de Ber- 
trand de Clermont (Dordogne) et de l'année 1303 ; le qua- 
trième, fort court, du priorat de Pons de Torreilles, de Vil- 
lemartin (Aude), et de l'année 1304 ; le cinquième du priorat 
de Géraud de Blomac et de l'année 1305. Les troubles racon- 
tés par Bernard Gui eurent leur origine immédiate dans les 
poursuites exercées contre Guillaume Garric et Guillaume 
Brunet, de Carcassonne, professeurs de droit, legum pro- 

1. Ce morceau se trouve à la suite de la Chronique de Guilhem 
Pelhisso dans l'édition que j'en ai donnée. Il est aussi dans Doat, 
XXXI, loi. 29 vo-32, d'après un manuscrit autre que celui 
d'Avignon. Copie bonne. 



CCxIvj INTRODUCTION. 

fessores, qui ouvrirent la lutte contre l'Inquisition ; une 
première répression ne calma pas les esprits. Avec Jean de 
Piquigni, vidame d'Amiens, Bernard Délicieux, qui soufflait 
le feu, et Hélie Patrice {Helya Patricii), qui dominait 
Carcassonne, la situation empira beaucoup. Bernard Gui 
montre très bien le caractère politique de l'opposition faite 
à l'Inquisition, ou plutôt aux frères Prêcheurs, juges délé- 
gués; en 1304, quarante habitants de Limoux furent pendus 
à Carcassonne « propter proditionem in qua consenserant 
contra regem Francie, ut terra m redderent régi alteri. » 
Pour le même motif, Hélie Patrice et quatorze de ses com- 
plices subirent le dernier supplice à. Carcassonne l'année 
suivante ^ 

Le récit des troubles d'Albi ne comprend qu'un morceau 
et s'étend à quatre années (1300-1304), Guillaume de Morères 
{de Moreriis), de Toulouse, étant prieur du couvent de 
cette ville. C'est l'exposé, sous une forme dramatique,' des 
faits établissant la collusion des villes d'Albi et de Cordes 
avec Carcassonne contre l'Inquisition. A Albi notamment^ 
les esprits s'élevèrent au diapason le plus inquiétant : les 
biens de l'évêque, Bernard de Castanet, furent occupés; et, 
comme il rentrait dans sa bonne ville, la foule proféra des 
menaces de mort : Ad mortem! Ad mortem! Moriatur 
proditorl Moriatur proditor! Les frères Prêcheurs, à 
leur tour, subirent toute sorte de sévices 2. 

1. Priores in cofiventu Carcassonensi, bibl. de Bordeaux, ms. 780, 
fol. 71, 72; bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 157 v», 158. — Histo- 
riens de France, XXI, 743, 744. — Douais, CAlbigéisme et les frères 
Prêcheurs à Narbonne au Xlll^ siècle, 132-135. — Ce récit a été 
reproduit par Compayré, Études historiques sur l'Albigeois, 237- 
239, d'après un extrait déposé aux archives du Tarn (Albi, 1841, 
in-4''). 

2. Priores in conventu Albiensi, bibl. de Bordeaux, ms. 780, 



INTRODUCTION. ccxlvij 

Ces divers récits, depuis la Chronique de Guillaume de 
Puylaurens jusqu'aux notices de Bernard Gui, ont un rapport 
direct avec la poursuite exercée contre les hérétiques par voie 
judiciaire. Leur intérêt, il me le semble, est des plus grands 
pour l'historien ; car ils répandent la vie à travers les pièces 
officielles, constitutions apostoliques, actes des évêques, 
interrogatoires et sentences des inquisiteurs, mandements 
royaux, opérations fiscales des agents des confiscations et 
manuels de procédure inquisitoriale. Sans doute, ils peuvent 
être considérés comme un simple appendice dans la longue 
série des documents d'inquisition, dont j'ai essayé d'esquis- 
ser le tableau ; mais c'est un appendice qui m'a paru néces- 
saire. 

fol. 97 vo, 98; bibl. de Toulouse, ms. 490, fol. 217 v», 219 v. — 
Historiens de France, XXI, 747-749. — Douais, op. cit., 135-140. 



ccxlviij INTRODUCTION. 



DEUXIEME PARTIE. 

Liste et description des manuscrits ou des pièces 
publiés ici pour la premiere fois. 

Les pièces relatives à l'histoire de l'Inquisition dans le 
Languedoc rempliraient plusieurs volumes si on les publiait 
intégralement. Le tableau, bien que très sommaire, qui vient 
d'en être présenté, le prouve ; et peut-être le lecteur leur 
attribue-t-il indistinctement, après cet exposé, une sérieuse 
valeur. Cependant, pour répondre au projet de la Société de 
l'Histoire de France, il a fallu se résigner à faire un choix. 
Un choix dans une série de documents qui se tiennent comme 
les anneaux d'une chaîne ne laisse pas d'être une chose déli- 
cate. J'espère cependant justifier celui auquel on s'est arrêté, 
en parlant maintenant de chacun de ceux qui en ont fait 
l'objet. 

I. Senteivces de Berxard de Caux et de Jean de Saot-Pierbe 

(1244-1248). 

Les deux inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint- 
Pierre, de l'ordre des frères Prêcheurs, ne sont pas des 
inconnus, bien que nous ignorions leur patrie*; car, indé- 

1. Sans doute, au xiii« siècle, le second nom désigne le plus 
souvent le lieu d'origine. Mais il y a sept ou huit villages portant 
le nom de Caux dans autant do départements, Hérault, Aude, 
Corrèze, Lot, Puy-de-Dôme, Haute-Vienne, Somme. Quant aux 
localités du nom de Saint-Pierre, elles foisonnent. Peut-être ces 
deux frères Prêcheurs n'étaient-ils pas méridionaux, car leurs 
noms ne se rencontrent pas dans les Acta capitulorum ordinis fra- 
trum Praedicatorum de la première province de Provence (1239- 



1 t 



INTRODUCTION. ccxlix 

pendamment des Sentences, nous avons de nombreux actes 
témoignant de leur activité comme inquisiteurs, à partir de 
l'année 1244 ^ L'année suivante, ils entendirent les dépo- 
sitions des habitants de cent quatre localités du Lauragais, 
environ quatre mille cinq cents personnes 2. Les circons- 
tances à la suite desquelles ils furent nommés juges délégués 
expliqueraient au besoin tant de zèle, puisque ce fut au len- 
demain du massacre des inquisiteurs, Willem Arnaud et ses 
compagnons, à Avignonet (Haute-Garonne), événement qui 
émotionna diversement, mais très profondément, tout le 
comté de Toulouse 3. 

Le titre de leur délégation n'a pas été retrouvé ; de telle 
façon que nous ne pouvons pas dire avec la dernière préci- 
sion pour quel pays ils la reçurent et à quelles limites géo- 
graphiques elle s'étendait. Dans les sentences, ils prennent le 
plus ordinairement le titre de Inquisitores hereticae pra- 
vitatis in civitate et dioecesi Tholosae ; mais aussi ils ^'in- 
iiivLlenilnquisitores hereticae pravitatis in Tholosana et 
Caturcensi civitate et dioecesi [n" 12), et encore Inquisi- 
tores hereticae pravitatis in Agennensi et Caturcensi 
dioecesibus, de Villamuro et de Villalonga archidiaco- 
natibus (n" 16). Et cependant les deux archidiaconés de 
Villemur et de Villelongue appartenaient au diocèse de Tou- 
louse. C'est que les condamnations prononcées par eux frap- 
paient dans chaque cas des hérétiques de l'un ou de l'autre 
des trois diocèses de Toulouse, de Gahors ou d'Agen. Par là 

1302), que j'ai publiés (Toulouse, Privât, 1895). De plus, plusieurs 
des inquisiteurs du midi étaient venus du nord de la France. 

1. Voy. plus haut, p. cxlviii et suiv. 

2. Ms. 609 de la bibl. de Toulouse. 

3. C'est dans la nuit avant l'Ascension de l'année 1242 que ce 
massacre fut perpétré avec la complicité probable, ou tout au 
moins tacite, de Raymond Vil, comte de Toulouse. 



ccl INTRODUCTION. 

même, nous ne pouvons pas assurer que leurs pouvoirs 
fussent délimités à ces diocèses. 

La première en date de leurs sentences est du 26 août 
1244 (n" 16). C'est faire entendre tout de suite que ces sen- 
tences n'ont pas de rapport direct avec les aveux reçus l'an- 
née suivante. Mais on ne peut en dire autant des actes des 
prédécesseurs de Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. 
Il était plus que naturel qu'aussitôt entrés en charge ils 
prissent connaissance des procès engagés, des interrogatoires 
faits, des dépositions entendues. C'était leur devoir déjuge; 
et, sans songer à présenter les faits suivants comme la 
preuve que plus d'une fois ils achevèrent un procès com- 
mencé, cependant on ne peut s'empêcher d'appeler l'atten- 
tion sur une coïncidence assurément remarquable. Par 
exemple, nous avons une déposition de W. Donadeu, de 
Mazac', qui avait servi de compagnon aux liérétiques jus- 
qu'en Lombardie ; nous avons aussi la sentence par laquelle, 
relevé de l'excommunication, il fut condamné à la prison 
perpétuelle^. Bernard Alzen, le jeune, subit la même peine ou 
pénitence; il avait caché la vérité aux prédécesseurs de 
Bernard de Caux et de Jean de Saint-Pierre 3; sa déposition 
nous est parvenue, et Bernard de Caux, avant de procéder 
contre lui, la remit sous ses yeux''. Isarn Bonhomme, d'Haut- 
poul, chevaher, interrogé, avait nié autant devant Bernard 
de Caux et Jean de Saint-Pierre que devant frère Ferrier^; 
et ce mensonge judiciaire, deux fois répété, s'ajoutant à 
d'autres délits, lui valut une condamnation^. 

1. Doat, XXIII, fol. 209. 

2. N° 12. 

3. N» 13. 

4. Doat, XXIII, fol. 304 vo-309. 

5. Ibid., fol. 226-233. 

6. No 29. 



INTRODUCTION. cclj 

Frère Ferrier et frère Pierre Durand, inquisiteurs, avaient 
entendu Bertrand d'Alamans, une première fois, le 18 dé- 
cembre 1243, une seconde fois, le 19 février 1245 (n. st.) '. 
Ainsi, par le fait de son propre aveu, et aussi parce que 
divers témoins avaient déposé contre lui, il était juridique- 
ment suspect; contumace, il fut condamné comme hérétique 
et excommunié le 4 novembre 12472. po^g Botier avait 
menti en celant la vérité devant les uns et les autres inqui- 
siteurs. Interrogé le 18 décembre 12433, <Kinq ans après, le 
23 mars 1248, il subit sa peine^. Dans l'intervalle, sa cause 
avait été reprise. De même, des dépositions déjà reçues four- 
nirent à Bernard de Caux et à Jean de Saint-Pierre la base 
de poursuites nouvelles, par exemple contre Austorge^ 
Estolt de Roqueville, chevalier s, Willem de Saint-Nazaire' 
et les Bressols, qui étaient une famille d'hérétiques ^ Nous 
les trouvons parmi les condamnés^. 

Ainsi, le rapport général des sentences de Bernard de 
Caux et de Jean de Saint-Pierre, avec les poursuites com- 
mencées par leurs prédécesseurs, semble bien démontré ; ce 
qui, d'ailleurs, ne les empêcha pas d'informer contre de 
nouveaux prévenus. Par exemple, Pierre Garcias, contre 
lequel plusieurs témoins déposèrent en août*'' et en décembre" 
1247, fut condamné par eux comme suspect d'hérésie le 

1. Doat, XXIII, fol. 65-70. 

2. N° 32. 

3. Doat, XXIII, fol. 100-102. 

4. N» 40. 

5. Doat, XXIII, fol. 325 V. 

6. Ibid., fol. 223. 

7. Ibid., fol. 309 v. 

8. Doat, XXII, fol. 10 v», 38. 

9. N°» 2, 7, 13, 16. 

10. Doat, XXII, fol. 92-106. 

11. Ibid., fol. 89-92. 



cclij INTRODUCTION. 

16 février 1248^. Qu'ils eussent, en entrant en charge, 
écarté les poursuites antérieures et déterminé les procès à 
engager, c'eût été évidemment leur droit; ces actes ne pou- 
vaient à aucun titre les obliger strictement; car ils n'étaient 
responsables que des poursuites qu'ils conduisaient. C'est la 
raison pour laquelle il m'a paru bon de montrer les relations 
des sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint-Pierre 
avec les dépositions antérieures à leur délégation ; car, au 
lieu de ce perpétuel recommencement avec chaque juge nou- 
veau, qui ressemble quelque peu à l'arbitraire, ou le laisse 
craindre et même soupçonner, nous constatons l'esprit de 
suite, une tradition inquisitoriale, qui, au contraire, se pré- 
sentent comme une garantie d'impartialité et de justice; sans 
compter que parfois il se passait bien du temps entre le début 
de l'instruction et le prononcé de la sentence. 

Cinquante-deux des sentences prononcées par Bernard de 
Caux et Jean de Saint-Pierre nous sont parvenues. Elles 
sont contenues dans le ms. lat. 9992 de la Bibliothèque 
nationale. Ce manuscrit (324'"™ X 222°»'") compte douze 
feuillets de parchemin numérotés de 2 à 13. L'ancienne 
numérotation en chiffres romains de CLI à CLXII prouve 
que nous n'avons ici qu'un fragment d'un registre qui, à 
en juger par l'écriture, avait été établi vers le milieu du 
XIII® siècle, vraisemblablement sous les yeux de Bernard 
de Caux et de Jean de Saint-Pierre, et par les soins de 
P. Aribert, leur notaire, scripior dictorum inquisito- 
rum. Le fragment a été sauvé par l'abbé Magi, membre de 
l'Académie des sciences, inscriptions et belles -lettres de 
Toulouse, qui lui consacra un travail dans le tome IV des 
Mémoires de cette Académie sous le titre : Mémoire his- 

1.N0 36. 



INTRODUCTION. ccliij 

torique sur V Inquisition de Toulouse au sujet de quel- 
ques registres originaux de ce tribunal du XII F siècle, 
au tnoyen desquels on établit des faits inconnus aux 
historiens^. Les marges du manuscrit portent des annota- 
tions de sa propre main, entre autres celle qui se trouve 
placée à la marge du feuillet CLI (feuillet 2) : Caijer que 
fai retiré de chez un libraire qui s'en servait pour 
couvrir des alphabets, d'après lequel j'ai fait un 
mémoire imprimé dans le 4" vol. de V Académie des 
sciences de Toulouse. 

Le registre ne contenait-il que les sentences de Bernard 
de Caux et de Jean de Saint-Pierre? N'y avait-on pas inséré 
des sentences antérieures d'autres inquisiteurs, de Ferrier 
par exemple, qui déploya une activité remarquable? Il est 
impossible de répondre à ces questions. Plus tard, on y 
admit les lettres d'inquisiteur général données par les car- 
dinaux, en 1643, au frère Jean-Dominique Rey, vicaire 
général de la congrégation réformée de Saint-Louis, ordre 
des frères Prêcheurs^. On ne peut que regretter vivement la 

1. P. 14-43. Toulouse, 1790, ia-4°. Ce travail fut lu en séance 
ordinaire de l'Académie le 24 avril 1788. 

2. Voici les lettres : 

« Julius tituli sancte Praxedis Roma', Alphonsus tit. S. Bal- 
binae de la Gueva^, fr. Antonius tit. S. Mariae Transtyberim 
Barberinus3, Bernardinus tit. S. Pétri ad vincula Spada-*, Joh. 
Baptista tit. S. Eusebii Pamphilius^, Hieronymus tit. S. Agaetis 
in Agone Varospius^, fr. Vicentius tit. S. démentis Maculanus'^, 

1. Jules Homa, mort ea 1652. 

2. Alphonse de la Ciieva, inorl en 1655. 

3. Antoine Barberini, mort en 1646. 

4. Bernard Spada, mort en 1661. 

5. Jean-Baptiste Pamphili, plus tard Innocent X. 

6. Jérôme Verospi, mort en 1652. 

7. Vinceat Maculano, mort en 1667. 



ccliv INTRODUCTION. 

perte des parties disparues de ce registre ; on n'a plus qu'un 
vague espoir de les retrouver jamais, car, en 1781, l'abbé 

presbiteri, Franciscus S. Laurentii in Damaso Barberinus*, et 
Martius S. Angeli in foro Piscino Ginettus^ diaconi, miseratione 
divina S. R. E. cardinales in universa republica christiana, 
adversus hereticam pravitatem générales inquisitores a sancta 
sede apostolica specialiter deputati, dilecto nobis in Ghristo fratri 
Jo. Dominico Reggio, ordinis Praedicalorum, vicario generali con- 
gregationis Sancti Ludovici ejusdem Ordinis, salutem in Domino 
sempiternam. 

« Gum nobis potissimum curae sit ut fides catholica ubique flo- 
reat et augeatur, atque omnis haeretica pravitas e cunctis mentibus 
depellatur, nostrae diligentiae studium diligenter adhibemus ut 
qui a causa Dominici gregis diabolica fraude seducantur, ad eam, 
aspirante Deo, reducantur, vel, si eorum damnato proposito obsti- 
nato animo pertinaciter perseverare intendant, ita... puniantur ut 
eorum pena aliis transeat in exemplum. Idcirco ut haeretica pra- 
vitas eo eflicacius propellatur, quo illius inquisitores majori fue- 
rint auctoritate suffulti, te fratrem Jo. Dominicum Reggium, de 
cujus doctrina, pietate et prudentia plane confidimus, auctoritate 
apostolica nobis in hac parte commissa tenore presentium, nosirum 
et apostolice sedis in negotio inquisitiouis bujusmodi in civitate, 
diocesi ac tota dictione Tolosana ac aliis locis solitis et consue- 
tis, Inquisitorem generalem creamus, instituimus et deputamus, 
concedentes tibi in praemissis facultatem et potestatem et auc- 
loritatem contra quoscumque haereticos et a fide christiana 
apostatas, aut cujusvis damnatae heresis sectatores, sortilegia 
heresim sapientia, seu de heresi, vel de apostasia a fide suspec- 
tos, diviuationes et incantationes, aliaque diabolica maleficia, et 
prestigia contractantes, aut magicas et necromanticas artes exer- 
centes, illorumque credentes, sequentes, acceptatores, fautores et 
defensores, vel eis opem, consiiium, auxilium, favorem directe vel 
indirecte, publiée vel occulte praestantes, vel eorum hbros vel 
scripta legentes aut retinentes, cujuscumque status, etiam regu- 
lari.s conditionis, dignitatis et praeminentiae fuerint, inquirendi 
et procedendi ac, praecedentibus legitimis conditiis, eos comprc- 
hendendi seu capi, et comprohcndi, atque carceribus mancipari 

1. François Barbcrini, mort en 1679. 

2. Murlini Ginelli, mort en 1071. 



INTRODUCTION. Cclv 

Magi sauva ce qui en restait des mains d'un libraire de 
Toulouse qui en recouvrait des alphabets. Mais que sont 
devenus ces alphabets ? 

et, prout juris fuerit, rigoroso examiai subjici et torqueri faciendi, 
et demum, servatis servandis, etiam per sententiam desuper cano- 
nice ferendam, si inaocentes seu non culpabites reperti fuerint, in 
toto vel ab instantia judicii absolvendi et libcrandi; si vero cul- 
pabiles deprehendantur, juxta canonicas sanctiones, prout qualitas 
exegerit excessuum, condomnaudi ac debitis poenis coercendi et 
punieudi, necnon procuratorem liscaiem et notarios publicos, 
aliosque in his necessarios officiales, etiam clericos saeculares seu 
quoscumque ordinura regulares deputandi, ac eis, ut onus illis 
injunctum, diligenter exequantur et peragant in virtute sanctae 
obedientiae praecipiendi et injungendi ac luaudandi et, si necesse 
fuerit, aliquem clericum etiam in sacris et praesbiteratus ordini- 
bus constitutum propter praemissa degradari, ad ejus actualem 
degradationem per quemcumque cathoiicum antistitem, gratiam 
et communionem sanctae sedis apostolicae liabentem, quem ad id 
duxeris deputandum, nisi ordinarius loci ad id requisitus deputa- 
tionem hujusmodi facere maluerit, procedendi et demum sic degra- 
datum curie seculari relinquendi ; contradictores autem quoslibet 
et rebelles ac tibi in praemissis non parentes per censuras eccle- 
siasticas et poenas ac aliis juris remediis opportunis corapescendi 
atque in his ac praemissis omnibus et singulis auxilium brachii 
secularis invocandi et implorandi et ad veritatis lucem redire 
volentes (si alias relapsi non sint), accepta prius ab eis heresum et 
errorum suorum abjuratione, publice vel privatim, arbitrio tuo 
juxta heresum , factorum , locorum et personarum qualitatem 
facienda, prestito per eos juramento quod talia deinceps non 
committent, nec talia vel eis similia committentibus seu illis 
adhaerentibus opem , consilium , auxilium et favorem per se 
vel alium seu alios praestabunt, aut alias in forma ecclesiae 
cousueta, ab eisdem haeresibus et erroribus ac quibuscumque sen- 
tentiis, censuris, ac poenis ecclesiasticis ac etiam temporalibus 
in quas praemissorum causa et occasione qualibet incurrerant, 
injuncta inde eis pro modo culpae publica vel, si tibi videbitur, 
privata penitentia salutari, absolvendi et in gremium Sanctae Ma- 
tris Ecclesiae adraittendi, recipiendi et reconciliandi, absolutionis 
receptionem et reconciliationem hujusmodi cum solemnitatibus a 
jure requisitis faciendi, ipsosque sic absolûtes, receptos et recon- 



cclvj INTRODUCTION. 

Le fragment ne laisse pas de présenter un solide intérêt : 
il fournit les renseignements les plus variés; quelques- 
uns même sont importants pour l'histoire de la justice inqui- 
sitoriale. 

Voici d'abord la date des sentences, rangées dans notre 
édition sous cinquante-deux numéros d'ordre : 

1244, 26 août, 16. 
1246, 18 mars, 1. 

26 mars, 2. 

11 avril, 4. 
6 mai, 3. 

17 mai, 5. 

25 mai, 6. 

28 mai, 7. 
3 juin, 8. 

10 juin, 9. 

24 juin, 10, 11. 

ciliatos communioni sacramentorum ac unitati ûdelium admit- 
tendi, omniaque et singula alla quae ad hujusraodi hoereses et 
sortilegia, maleficia, divinationes et incantationes ac magicas seu 
necromanticas artes exerçantes reprimendum et radicitus extir- 
pandum juxta juris ordinem necessaria cognoveritis et opportuna 
et quae ad officium inquisitionis hujusmodi pertinent faciendi, 
gerendi, ordinandi, exercendi et exequendi, non obstantibus in 
contrarium facientibus quibuscumque ; in quorum omnium et 
singulorum praemissorum ûdem ac testimonium inter litteras gra- 
tis expeditas per infrascriptum nostrum et dictae sanctae Inquisi- 
tionis notarium factas et manibus nostris suscriptas sigilli ejusdem 
S. Inquisitionis quo in talibus utimur, jussimus et fecimus apponi 
et muniri. Datum Romae in Congregatione Generali S. Inquisitio- 
nis, nonis februarii, Anno a Nativitate Domini nostri Jhcsu Ghristi 
raillesimo sexcentesimo quadragosimo tertio, pontifîcatus sanctis- 
simi Domini A. papae anno vigesimo. » 

Au dos de cette pièce est écrit : « Provision du Révérend Père 
Rex pour l'Inquisition de Toulouse. » 



INTRODUCTION. cclvij 

1246, 8 juillet, 12. 
15 juillet, 13. 

27 juillet, 14, 15. 

1247, 11 août, 17. 
18 août, 19. 
22 août, 18. 
25 août, 20. 

1"^'' septembre, 21, 22. 
8 septembre, 23, 

15 septembre, 24. 

29 septembre, 25, 26. 
7 octobre, 27. 

13 octobre, 28. 

20 octobre, 29, 30. 

3 novembre, 31. 

4 novembre, 32. 
10 novembre, 33. 

1248, 24 janvier, 34. 

2 février, 35. 

16 février, 36, 37. 
15 mars, 38. 

22 mars, 39, 40. 
29 mars, 41, 42. 

5 avril, 43. 

24 mai, 44, 45, 46, 47. 

28 mai, 48. 
31 mai, 49. 

14 juin, 50,51, 52. 

On voit par ce tableau que les sentences se suivaient de 
près. Les inquisiteurs employaient à les préparer de longs 
mois, ou même des années, et, quand ils en avaient un cer- 

9 



cclviij INTRODUCTION. 

tain nombre de prêtes, ils les prononçaient à des jours rap- 
prochés; ils en rendaient habituellement une seule dans le 
même « sermon, » quelquefois deux, rarement trois ou 
quatre. Par là, ils réussissaient à frapper l'imagination, 
car le prononcé de la sentence revêtait un véritable éclat 
extérieur. Quarante-trois de nos sentences furent rendues 
dans le cloître de la grande abbaye toulousaine, Saint-Ser- 
nin*; deux dans l'église Saint-Sernin 2; trois dans la mai- 
son abbatiale de Saint-Sernin^ ; une dans la maison com- 
mune, in domo C07nmuni, de Toulouse^; une dans l'église 
Saint-Etienne ou cathédrale de Cahors'' ; une à Escalquens^, 
qui se trouve aux portes de Toulouse . 

Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, le peuple et 
le clergé se rendaient en foule à ces assises solennelles; 
les procès-verbaux signalent leur présence. Rien de plus 
naturel que cette curiosité, où se mêlait un peu d'inquié- 
tude et de passion. Car qui se fût alors désintéressé de la 
lutte engagée non entre l'Église et la conscience, mais 
entre l'hérésie et l'unité chrétienne, qui était tout le pivot 
de l'ordre social? Parmi les témoins nommés, on remarque 
des personnages qualifiés : l'évêque de Toulouse", l'évêque 
d'Agen^, le comte de Toulouse^, déchu sans doute, mais 
encore puissant, les membres du chapitre ou maison com- 

1. No* 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, M, 13, i-i, 15, 17, 18, 19 (?), 
20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31, 33, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 
45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52. 

2. No^ 35 et 36. 

3. N°=> 27, 28 et 37. 

4. N" 12. 

5. N° 16. 

6. N° 32. 

7. N°^ 34, 2. 

8. N°s 44, 46. 

9. N" 34. 



INTRODUCTION. cclix 

mune', le bayle du comte* et de hauts seigneurs ecclésias- 
tiques, le prévôt de Saint-Etienne de Toulouse'\ qui se 
trouve à la tête d'une administration considérable^ le pré- 
vôt de Sainte-Cécile d'Albi^ l'abbé de Montauban^ le 
prieur de Saint- Sernin', le prieur de la Daurade^ l'official 
de Toulouse'^ l'archidiacre de Villelongue*'*, l'abbé d'Idrac", 
le prieur de Lavaur*^ les consuls de Gahors*^ etc., etc. 

Plus d'un parmi les témoins portait probablement inté- 
rêt à l'un ou l'autre des accusés. Nulle part cependant 
nous ne trouvons de témoignage direct de cette sympa- 
thie. Les amis ou même les parents se tenaient à l'écart, 
ou du moins n'osaient pas manifester leurs sentiments. 
La cause était mauvaise, en effet, car non seulement les 
inquisiteurs avaient fourni aux prévenus les moyens de se 
tirer d'affaire en leur remettant la carta de l'accusation et en 
les invitant à se défendre *^ mais encore ils n'avaient prononcé 
la sentence définitive qu'après l'avoir communiquée aux boni 

1. N»M, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 12, etc. 

2. N° 1, 4. 

3. No 32. 

4. Voy. le Livre du "prévôt que j'ai publié pour la première fois. 
(Paris, Picard, 1897, in-40.) 

5. N° 6. 

6. N" 5. 

7. No^ 1, 3, 4, 5. 

8. Nos 1^ 2. 

9. N" 1. 

10. N° 2. 

11. N° 13. 

12. N° 10. 

13. No 16. 

14. N°s 5, 36, 48. — Cependant, les sentences nous fournissent 
un cas de condamnation sur le témoignage unique des témoins. 
Mais les inquisiteurs ont soin de dire qu'il « conste » du délit, 
no 46. 



cclx INTRODUCTION. 

viri^ et à de nombreux pt^aelati-, c'est-à-dire que, préala- 
blement, ils avaient pris l'avis des jurisconsultes et des supé- 
rieurs ecclésiastiques. Et si la sentence n'avait pas besoin 
de leur approbation pour être légalement valable et sortir 
tout son effet, elle recevait de cette consultation une grande 
valeur morale. Il convient d'ajouter que si les aveux faits 
spontanément pendant le temps de grâce, tempus gratiae, 
adoucissaient la rigueur inquisitoriale^, le mensonge, le 
refus d'accomplir une pénitence jurée ou même écrite ^ le 
parjure l'armaient impitoyablement contre ces relaps volon- 
taires. La simple profession de l'hérésie n'exposait qu'à une 
pénitence assez douce comme étaient les pèlerinages mineurs ; 
il en allait tout autrement, si l'on retombait dans l'hérésie 
après l'avoir abjurée avec serment. 

Les sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint- 
Pierre peuvent être, quant à la pénalité, distribuées de la 
manière suivante : 

1** Condamnation comme hérétique, ipsum hereticum 
condempnamus ^. La qualification juridique d' « héré- 
tique » entraînait l'excommunication. Ici cependant cette 
conséquence n'est pas énoncée. 

2° Excommunication^. 

3° Condamnation comme hérétique avec sa double consé- 
quence, confiscation des biens et excommunication'^, ou seu- 
lement la confiscation des biens^. 

\. Nos 1^ 2, 3, 4, etc. 

2. No^ 2, 3, 4, etc. 

3. Nos 7^ 12^ 13^ 18, 20, 27. 

4. No 47. 

5. Nos 44^ 47 et 50. 

6. N" 37. 

7. Nom, 14, 19, 23, 25, 30, 32, 35. 

8. N"' 38, 39, 41. 



INÏIIODUCTION. cclxj 

4° Condamnation comme relaps; peine, la prison per- 
pétuelle*. 

S** Sentence de réintégration dans l'unité de l'Église (ad 
ecclesiasticam unitatem), avec injonction de pénitence, la 
prison perpétuelle^. 

6" Sentence relevant de l'excommunication et prononçant 
la réintégration dans l'unité de l'Eglise, moyennant une 
pénitence qui est la prison perpétuelle ^ ou la prison « quan- 
diu videbitur Ecclesie expedire^ » la prison pour quinze 
ans^, la prison pour dix ans^. 

T Deux sentences méritent d'être spécialement signalées 
à cause des particularités qu'elles présentent. La veuve de 
Bernard de la Tour, de Toulouse, religieuse du couvent de 
Lespinasse (Haute-Garonne), retombée dans l'hérésie, avait 
été enfermée dans une chambrette séparée « in aliqua came- 
rula separata, » de telle façon qu'elle ne pût voir personne 
ni rien recevoir du couvent, si ce n'est par une communica- 
tion extérieure. Les inquisiteurs firent à la prieure de Les- 
pinasse « mandement » d'y pourvoir : « Mandamus priorisse 
de Lespinassa quod sibi juxta predictum modum faciat pro- 
videri^ » — Alaman de Roaix, précédemment condamné 
comme hérétique par les deux inquisiteurs Etienne et Wil- 
lem Arnaud, est depuis six ans sous le coup de cette con- 
damnation ; injonction lui est faite de commencer le jour 
même sa prison, qui sera perpétuelle. En même temps, les 

1. No 22. 

2. No 49. 

3. No^ 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 24, 
26, 27, 29, 30, 33, 40, 42, 43, 48. 

4. N° 2. 

5. No 2. 

6. No 2. 

7. Non. 



cclxij INTRODUCTION. 

inquisiteurs l'obligent à servir à Raymond Scriptor une 
pension annuelle de cinquante sous toisas pour la nourri- 
ture et le vêtement, à satisfaire les Hospitaliers de Saint- 
Jean de toute rapine, de tous dommages et injures*. 

Ainsi les inquisiteurs venaient de juger au civil, ce qui 
laisse entendre qu'il y avait eu une poursuite en dommages 
et intérêts. Des sentences de ce genre se présentent rare- 
ment dans l'histoire de l'Inquisition. J'en puis dire autant 
pour celle qui frappa la religieuse de Lespinasse; mais 
elle me cause moins de surprise, car cette religieuse, bien 
qu'hérétique, ne cessait d'appartenir au monastère, dont 
elle ne pouvait être enlevée; cette situation entraînait 
pour la prieure l'obligation de pourvoir à l'entretien de la 
prisonnière. 

8" Il faut noter une disposition humaine, qui était pour le 
moment un adoucissement apporté à la pénitence ou à la 
peine. Raymond Sabatier fut, avec cinq autres hérétiques, 
relevé de l'excommunication, le 6 mai 1246; mais, pour 
expier ses méfaits, il se vit, comme les cinq autres, con- 
damné à la prison perpétuelle. Seulement son père était 
malade; il fut autorisé à rester auprès de lui pour lui donner 
les soins nécessaires, car celui-ci était « catholicus et pau- 
per ; » il dut seulement revêtir la manta noire avec la croix 
sur tout l'habit'-. Simple précaution, ou mieux encore signa- 
lement significatif pour chacun ; on devait l'éviter. Cette dis- 
position, qui étonne, fait assez entendre que la prison était 
})lutôt un moyen d'isoler le mal et d'en préserver la popula- 
tion saine. D'ailleurs le manuscrit de Clermont nous offrira 
de nombreux exemples d'adoucissements de peine, desquels 

1. No 34. 

2. N» 3. 



INTRODUCTION. cclxiij 

il deviendra possible de dégager une doctrine juridique et 
pénale. 

Il est probable qu'à la date où nous sommes les inquisi- 
teurs n'avaient pas de prison à eux^ Les prisons com- 
munes, ecclésiastiques ou civiles, étaient mises à leur dis- 
position. Les sentences de Bernard de Caux et de Jean de 
Saint-Pierre ne fournissent qu'une seule indication à cet 
égard, c'est quand elles nomment la prison de Saint-Etienne 
de Toulouse, intret domum carceris apud Sanctum 
Stephanum^. 

Les hérétiques condamnés dans les sentences du manu- 
scrit 9992 s'élèvent au nombre de cent quatre-vingt-dix, 
sauf erreur; ce qui revient à dire que nous y trouvons cent 
quatre-vingt-dix condamnations. Elles se distribuent de la 
manière suivante : 

Sentence 



1 


2 


condamnations 


2 


33 


— 


3 


6 


— 


4 


18 


— 


5 


5 


— 


6 


2 


— 


7 


8 


— 


8 


5 


— 


9 


11 


— 


10 


4 


— 


11 


1 


__ 



1 . Voy. le mandemeat de saint Louis au sénéchal de Carcas- 
sonne d'avoir à mettre des prisons à la disposition des inquisiteurs 
[Hist. gin. de Languedoc, VIII, 1206). Peut-être cependant cons- 
truisit-on des prisons pour eux à Garcassonne [Ibid., 1409, lilO). 
Plus haut, p. ccxxiv, ccxxv, ccxxvij. 

2. No 34. 



cclxiv 




INTRODUCTION 




Sentence 


12 


-, . . 4 


condamnations 




13 


6 


— 


— 


14 


3 


— 




15 


- 4 


— 


— 


16 


1 


— 




17 


2 


— 


— 


18 


8 


— 


— 


19 


4 


— 


— 


20 


9 


— 


— 


21 


3 


— 


— 


22 


1 


— 


^— 


23 


2 


— 


— 


24 


2 




— 


25 


2 


— 


— 


26 


2 


— 


— 


27 


1 


— 


— 


28 


1 


— 


— 


29 




— 


— 


30 


2 


— 




31 


1 


— 


— • 


32 


1 


— 


— 


33 


1 




— 


34 


1 


— 


— 


35 


1 


— 


— - 


36 


1 


— 


— 


37 


1 


— 


— 


38 


4 


— 


— 


39 


5 


— 


-^ 


40 


3 


— 


' — 


41 


3 


— 


— 


42 


1 


— 


^^^^ 


43 


1 


— 



Sentence 





INTRODUCTION 


• 




44 




conda 


mnation 


45 






— 


46 








47 






— 


48 








49 






— 


50 






— 


51 






— 


52 






^^^ 



cclxv 



Je ne m'arrêterai plus maintenant qu'à quelques indica- 
tions d'ailleurs très rapides. 

Parmi les condamnés nous relevons les grands noms des 
Alamans, de Roaix, de Roqueville, de Latour, de Beau- 
fort, de Unaud, du seigneur de Taravel, de Pons de Game- 
ville, d'Auger de Verfeil, chevalier, de plusieurs femmes, 
magnifiquement alliés avec les Villeneuve, les Rosengue ou 
Rosergue, les Mons, etc. 

Nous voyons les hérétiques s'évader de prison* ou s'en- 
fuir de Toulouse 2. 

Ils rachètent leurs prisonniers^; ils obtiennent que tel qui 
a été pris soit délivré, moyennant la modique somme de deux 
sous^. Ils font des levées de, deniers^; ils se promettent 
mutuellement de ne rien révéler aux inquisiteurs^. Ils se 
font accompagner en Lombardie', qui reste le centre de la 
vie hérétique. Ils ont et distribuent des encennia^; ils 

1. N° 38. 

2. N» 47. 

3. N° 4. 

4. No 35. 

5. N° 4. 

6. N° 7 par exemple. 

7. N° 12. 

8. N» 8. 



cclxvj INTRODUCTION. 

reçoivent des legs^ « L'adoration » hérétique se fait non 
seulement flexis genibus, pratique universelle, mais encore 
prostratis in terram manibus^, cérémonial très rare. 

Nous rencontrons les inquisiteurs à Saint-Félix de Cara- 
raan (Haute-Garonne) 3, et nous retenons la îovmvXe ad uni- 
tatem Ecclesie redire, qui revient si souvent : elle prouve, 
à sa manière, l'unité de l'Eglise étant alors la loi et comme 
le premier article du pacte social, que les inquisiteurs ne 
poursuivaient pas des faits de simple conscience. 

Des cinquante-deux sentences de Bernard de Gaux et de 
Jean de Saint-Pierre une a été publiée, mais assez mal, 
par Dumège^; c'est celle qui est placée sous le n° 48. 
Deux autres se trouvent dans le Mémoire historique sur 
l'Inquisition de Toulouse de l'abbé Magi^ : ce sont les 
j^os j^|6 qi 4g7^ L'abbé Magi donna encore les extraits qui 
convenaient à son travail, mais avec plus d'une fausse lec- 
ture, par exemple Cancio pour Caucio [Bernardus de 
Caucio). M. Ch. Molinier a réédité le n° 11 ^ et fait de même 
quelques courtes citations dans l'étude du ms. qui contient 
les sentences^. 

•1. No 48. 

2. No 48. 

3. No 48. 

4. Dans son édition de V Histoire générale de Languedoc, t. VI, 
Preuves des additions et des notes, p. 104. Toulouse, Paya, 1843, 
grand 10-8°. 

5. T. IV des Mémoires de l'Académie des sciences de Toulouse. 

6. Ibid., p. 21, note 2. 

7. Ibid., p. 32, 33, 34. 

8. L'Inquisition dans le midi de la France, p. 71, note 2. 

9. Ibid., p. 56 et suiv. 



INTRODUCTION. CClxvij 

II. DÉPOSiTroNS coxtrh; Pierrk Garcias, dd Bodrgdet-Nad, 

DE Toulouse, ^247. 

Pierre Garcias, du Bourguet-Nau, de Toulouse, dont le 
frère était religieux du couvent des frères Mineurs de la ville, 
professait publiquement l'hérésie. Fréquentant beaucoup 
dans ce couvent, il ne craignait pas d'y soutenir des doc- 
trines fortement dualistes. Il finit par être poursuivi, et })lu- 
sieurs frères Mineurs furent appelés à témoigner de ce qu'ils 
savaient ou avaient entendu. Ce qu'ils dirent est assez 
piquant : ils mettent sous nos yeux l'état du néo-dualisme 
à Toulouse au milieu du xiii" siècle. L'on verra combien 
on s'y passionnait. Il faut ajouter que, si les frères Mineurs 
se montraient plus tolérants que les frères Prêcheurs, ce 
fut une divergence qui devint une cause d'animosité, et, plus 
tard, de rivalité acharnée entre les deux ordres. 

Il m'a semblé que ces dépositions avaient ici leur place. 
Nous ne les avons, à la vérité, que d'après la copie de Doat. 
Elle n'est pas cependant tellement défectueuse qu'on ne puisse 
s'y fier. On s'est contenté de ramener le texte à l'orthographe 
du xiii'' siècle. C'est avec la plus grande discrétion et la plus 
sévère prudence que je me suis décidé à admettre ici ce texte 
de la fameuse collection languedocienne, dont tout le monde 
dit du mal tout en l'utilisant. J'espère qu'on ne me le repro- 
chera pas, 

III. Le registre du notaire ou greffier de l'Inquisition 

DE Carcassonne, ^ 249-1258. 

Ce registre d'une extrême importance n'est autre aujour- 
d'hui que le manuscrit 160 de la bibliothèque de Clermont- 
Ferrand (papier, 185mill. Xl33 raill., reliure moderne, 



cclxviij INTRODUCTION. ' 

écriture très cursive). C'est la propre minute du notaire ou 
du scribe, prise au moment, et devant servir à la rédaction 
des actes. On y reconnaît facilement plusieurs mains, les 
blancs laissés pour recevoir les adjonctions postérieures 
ayant été garnis à différents moments ; ou même, le blanc 
ne suffisant pas, le complément de l'acte ou de la procédure 
a été rejeté à trois, quatre ou cinq folios plus bas, où il se 
trouve. 

Ce registre comprend deux parties, qui se distinguent même 
à première vue; car, les cahiers ayant été renversés, la 
première est dans un sens différent par rapport à la seconde. 
Il convient donc de les présenter chacune séparément. 

Première partie. — La première partie du manuscrit 
est numérotée de 1 à 44 ; les quarante premiers feuillets seuls 
sont écrits. Ils contiennent deux cent soixante-dix-huit 
articles, en comptant les Ms et les ter. Chaque article porte 
sa date ; ce qui nous permet d'en établir l'ordre chronolo- 
gique de la manière suivante : 

1249, 20 avril, n° 53 ter. 

1250, n^SS. 
1250 (n. st.), 17 mars, n*^^ 3, 4, 5. 

— — 22 mars, n"^ 8, 9. 

— — 24 mars, n"' 6, 7. 
1250, 26mars, n"MO, li. 

— 16 avril, n" 14. 

— 14 mai, n» 24. 

— 7 juin, n° 15. 

— 13juin, n«16. 

— 17 juin, no 23. 

— 20 juin, n<« 12, 13. 

— 4 juillet, n" 20. 



INTRODUCTION. cclxix 

1250, 15 juillet, n° 21. 

— 9 août, n» 22. 

— 15 août, n° 25. 
_ 20 août, n" 17. 

— 21 août, n° 18. 

— 24 août, n° 19. 

— l*"" septembre, n° 26. 

— 2 septembre, n" 53 bis. 

— 8 septembre, n" 27. 

— 11 septembre, n'' 28. 

— 13 septembre, n° 29. 

— l*"" octobre, n" 53 quater. 

— 14 octobre, n° 30. 

— 8 novembre, n'^' 41, 41 Us. 

— 12 novembre, u° 31 . 

— 15 novembre, n°* 32, 33, 35. 

— 23 novembre, n° 34. 

— 30 novembre, n° 36. 

— 3 décembre, n"^* 39, 40, 40 Us. 

— 5 décembre, n«^ 37, 38, 39. 

— 10 décembre, n" 42. 
_ 12 décembre, n° 43. 
14 décembre, n'' 44. 

— 17 décembre, n°« 40 ter, 41 ter. 
_ 20 décembre, n°« 45, 46, 47. 

— 21 décembre, n° 48. 

_ 24 décembre, n°' 49, 50. 
1251 (n. st.), 3 janvier, n°51. 

_ — 17 février, n" 54. 

— — 28 février, n° 55. 
— 7 mars, n" 56. 

— 8 mars, n"" 57, 58. 



cclxx INTRODUCTION. 

1250 (n. st.), 9 mars, n'' 59, 60. 

1251, 30 mars, n^ 61. 

_ 3 avril, n°^ 62, 63. 

— 9 mai, n" 64. '■ ■ 

— 12 mai, n" 65. 

— 20 mai, n° 66. 

— 15 juin, 11° 67. 

— 4 septembre, n° 68. 

— 5 septembre, n° 69. 

— 8 septembre, n°^ 70, 71, 72. 

— 9 septembre, n°' 73, 74. 

— 11 septembre, n° 75. 

— 16 septembre, n" 76. 

— 2 octobre, n"' 77, 78. 

_ 5 octobre, n"^ 79, 80, 81. 

— 27 septembre, n*'' 82, 83. 

— 29 septembre, n° 84. 

_ 6 octobre, n°^ 85, 86, 88. 

_ 9 octobre, n'" 87, 89. 

— 14 octobre, n° 90. 

— 20 octobre, no 91. 

_ 28 octobre, n"^ 92, 93. 

— 2 novembre, n° 94. 

— 8 novembre, n'' 95. 

— 9 novembre, n"^ 96, 97, 98. 

— 17 novembre, n" 99. 
20 novembre, n" 100. 

— 23 novembre, n" 101. 
26 novembre, n" 103. 

— 29 novembre, n" 104. 

— 3 décembre, n"^ 102, 105, 106. 

— 5 décembre, u" 107. 



INTRODUCTION. cclxxj 

1251, 14 décembre, n° 108. 

— 15 décembre, n° 109. 
1252 (n. st.), 16 janvier, n" 110. 

— — 19 janvier, n° 111. 

— — 21 janvier, n" 114. 

— — 22 janvier, n° 112. 
_ _ 23 janvier, n" 113. 

— — 28 janvier, n" 115. 

— — 2 février, n° 116. 

— — 6 février, n" 117. 

— — 9 février, n°^ 118, 119. 

— — 10 février, n''^ 120, 121. 

— — 23 février, n«^ 122, 123. 

— — 24 février, n°' 123, 124. 

— — 1"'" mars, n"* 125. 

— — 9 mars, n° 126. 

— — 11 mars, n*' 127. 

— — 15 mars, n" 128. 

1252, 28 mars, n'^^ 129, 130. 

— 14 avril, n" 131. 

— 15 avril, n" 132. 

— 17 avril, n° 133. 

— 19 avril, n° 134. 

— 22 avril, n°^ 135, 136. 

— 25 avril, n"^ 137, 138, 139, 140, 141, 142. 

— 27 avril, n° 143. 

— 22 mai, n° 144. 

— 14 juin, n" 146. 

— 17 juin, n« 147. 

— 18 août, u° 148. 

— 25 août, n'^ 149. 

— 26 août, nM50. 



cclxxij INTRODUCTION. 

1252, 3 septembre, n"' 150 Us, 151, 152. 

— 2 octobre, n" 153. 

— - 9 octobre, n° 154. 

— 11 octobre, n"^ 155, 156, 157. 

— 30 octobre, n° 161. 

— 6 novembre, n° 158. 

— 9 novembre, n° 159. 

— 11 novembre, n° 160. 

— 23 décembre, n" 162. 

1253 (n. st.), 3 mars, n" 163. 

— — 7 mars, n" 164. 

— — 8 mars, n° 165. 

— — 13 mars, n" 166. 
— 18 mars, n° 167. 

— — 19 mars, n° 168. 

— — 21 mars, n° 169. 

1253, 29 mars, n^^^ 170, 171. 

— l^"" avril, n° 172. 

— 12 avril, n° 173. 

— 16 avril, n° 175. 

— 17 avril, nM74. 

— 14 juin, n° 169 Ms. 

— 5 août, n° 176. 

— 17 août, n"^ 177, 178. 

— 2 septembre, n" 179. 

— 30 septembre, n" 180. 

— 12 octobre, n"' 181 à 186. 

— 19 octobre, n"' 187, 188. 

— 20 octobre, nM89. 

— 5 novembre, n'' 190, 191, 192, 193. 

— 20 novembre, n"' 194, 195. 

1254 (n. st.), 15 janvier, n"' 196, 197. 



INTRODUCTION. cckxiij 

1254, 5 avril, ii° 198. 

— 9 avril, n" 199. 

— 2 mai, n° 200. 

— 16 juin, n'' 202. 

— l^' juillet, n» 201. 

— 29 octobre, n" 204. 

— 1"' novembre, n*» 203. 

— 2 novembre, n° 205. 

— 4 novembre, n"^ 206, 207. 

— 18 novembre, n° 208. 

— 19 novembre, n" 209. 

— 17 décembre, n°' 201 bis, 210. 

1255 (n. st.), 5 janvier, n°211. 

— — 7 janvier, n° 212. 

— — 19 janvier, n*' 213. 

— — 19 février, n° 214. 

— — 18 mars, n° 215. 

— — 20 mars, n° 216. 

1255, 28 avril, n«» 217, 218. 

— 27 mai, n° 219. 

— 2 juin, n" 220. 

— 13 août, n° 221. 

— 21 août, n° 222. 

— 17 octobre, n° 223. 

— 20 novembre, n° 224, 

1256 (n. st.), 19 février, n" 225. 

— — 23 février, n'' 226. 

— — 7 mars, n" 226 bis. 

— — 11 mars, n" 227. 

— — 24 mars, n° 145. 

1256, 28 mars, n" 228. 

— 6 avril, n'' 229. 



Cclxxiv INTRODUCTION. 

1256, 10 avril, n" 230. ■ 

— 18 avril, 11° 231. . • 

— 19 avril, n" 232. 

— 21 avril, n*^ 233. , 

— 2 juin, n'» 234. 

— 9 juin, n°^ 235, 236, 237, 238, 239. 

— 16 juin, n» 241. 

— 23 juin, n» 242. 

— 24 juin, n° 243. 

— 27juin, n°244. - 

— 9 juillet, n° 240. 

— 16 juiUet, n° 245. 

— 15 novembre, n" 246. 

1257, 9 septembre, n° 247. 

— 19 [septembre ?], n" 248. 
1258 (n. st.), 23 janvier, n"^^ 249, 250. 

— — 24 janvier, n»^ 251 à 258. 

— — 27 janvier, n° 263. 

— — 30 janvier, n" 259. 

— — 31 janvier, n"^ 260, 261. 

— — 5 février, n° 262. 

C'est à Carcassonne que la plupart de ces nombreux actes 
ont été passés. Le lieu n'est pas exprimé cependant; mais 
cela résulte de Yxictum : Actum fuit hoc in presencia 
dojnini episcopi C arcassonensis , in presencia magistrH 
Pétri, offîcialis C arcassonensis , et aussi de la situation 
sociale des témoins, chanoines de Carcassonne, curé de Saint- 
Vincent de Carcassonne, geôlier de la prison épiscopale, 
enfin de ce fait que, dans un grand nombre d'actes, on four- 
nit une caution pécuniaire pour obtenir la sortie de la pri- 
son de Carcassonne en faveur de tel ou tel prisonnier. Les 



INTRODUCTION. cclxxv 

actes sont rédigés sur place, à Garcassonne, par consé- 
quent, s'il n'est pas fait mention d'un autre lieu. D'ailleurs 
Garcassonne apparaît quelquefois ' et aucun autre lieu n'est 
nommé dans VActum. Les notaires sont Boraassip [Bonus 
mancipius)' et P. Aribert (P. AriberHy. A coup sûr, 
le registre que nous étudions provient directement d'eux. 

La prison des condamnés était la prison même de l'évêque ; 
par exemple Pierre Benoît, Raymond Roquefère, G. Pages 
et P. de Tornadors, de la Tourette^ se portent caution pour 
Guillaume Saleg, delà Tourette, capto in carcere domini 
episcopi^. Deux geôliers sont nommés : ce sont Brun [Bru- 
nus), custos immuratorwn^, et Raymond, carcerarius'' . 

Mais ce qui donne un grand intérêt à ce registre, c'est 
qu'il nous renseigne sur les juges. D'abord, il faut faire 
remarquer que nous ne trouvons parmi eux ni les frères 
Prêcheurs ni les frères Mineurs ; il n'y a que des membres 
du clergé séculier. La chose vaut la peine d'être notée. 
Ensuite — à tout seigneur tout honneur — le premier juge 
apparaissant ici est l'évêque de Garcassonne®, et cela explique 
que l'action en justice ne s'étende point au delà des limites 
mêmes de ce diocèse et que nous trouvions les condamnés 
dans la prison épiscopale. 

Entre les dates extrêmes du registre, 1249-1258, Gar- 
cassonne eut deux évêques, Guillaume Arnaud (1248-1255) 
et Guillaume Radulphe(i?ac^w//M5) (1255-1264). D'après le 

1. N°MO, 150 bis, 203. 

2. N°5 8, 9, 11, etc. 

3. Nos 26, 27, 28, 29, 30, etc. 

4. Aude. 

5. N» 89. 

6. Nos 27, 29. 

7. No 48. 

8. Nos I à 76 notamment. 



cclxxvj INTRODUCTION. 

chanoine de Vie*, le premier serait mort le 4 septembre 1255 : 
« His peractis moritur Guillelmus Arnaldi, episcopus Gar- 
cassojiensis, 4 die septembris anno Christi 1255, prout fidem 
facit vêtus Martyrologium vel Necrologiura ecclesiae Gar- 
cassonensis. » Date fausse, c'est avant le 11 avril précé- 
dent qu'il était mort 2. Il resta donc étranger aux actes 
survenus après cette date. Quant aux actes antérieurs, il 
apparaît seul comme juge dans les soixante-seize premiers 
et dans quelques-uns seulement des suivants; car, à partir 
du 2 octobre 1251, les inquisiteurs, nous verrons lesquels, 
agissent pour leur compte. G'est donc du mois d'avril 1249 
au mois de septembre 1251 que Guillaume Arnaud a montré 
le plus d'activité dans l'office de juge ; il joue alors à Gar- 
cassonne le premier rôle. Il est en effet juge ordinaire; c'est 
à ce titre qu'il poursuit ; ce qui le prouve, c'est que le pape 
l'a délégué pour l'affaire de Raymond de Niort, qui s'était 
rendu à Rome ^. 

Si nous en croyons de Vic'% Guillaume Radulphe lui 
aurait succédé l'année même de sa mort. Il aurait donc été 
élu tout de suite. Après le 21 août 1255, il y a interruption 
dans les actes, qui reprennent le 17 octobre suivant. Il est 
vraisemblable qu'à cette seconde date Guillaume Radulphe 
était intronisé. Mais il n'apparaît dans aucun des actes sui- 
vants, qui vont du 17 octobre 1255 au 5 février 1258 

\. Chronicon historicum episcoporum ac reriim memorabilium 
ecclesiae Carcassonis, p. 105. Précédemment, cet évêque était 
archidiacre mineur du chapitre de Garcassonne. Voy. Mahul, 
Cartulaire et archives des communes de l'arrondissement de Garcas- 
sonne, t. Y, 417, où l'on voit réédité le sceau de cet évoque. Cet 
évoque appartenait à la famille noble de la Tour (n» 230). 

2. V. la seconde partie, u° LI. 

3. N°51. 

4. Ibid., p. 105. 



INTRODUCTION. Cclxxvij 

(n. st.). Les inquisiteurs seuls y sont désignés, dans des for- 
mules générales d'ailleurs. Il est donc vraisemblable que 
Guillaume Radulphe ne continua pas la tradition de son 
prédécesseur, et qu'il se borna à proroger les pouvoirs des 
inquisiteurs pour les affaires engagées. Il apparaîtra sans 
doute une fois ou deux dans la seconde partie du registre ^ ; 
mais ce sera exceptionnel. Aussi bien, l'état du registre, 
où des feuillets blancs attendaient la suite, montre bien 
que la cour épiscopale laissa, après 1258, aux inquisiteurs 
dominicains tout le poids de la poursuite, dévolue précé- 
demment aux inquisiteurs épiscopaux, qui agissaient avec 
l'évêque^ 

Ces inquisiteurs épiscopaux s'appelaient Radulphe, Ray- 
mond David et P. Aribert^. Ils ne nous sont d'ailleurs con- 
nus que par leurs fonctions de juges délégués épiscopaux, 
à moins qu'il ne faille voir dans Radulphe l'évêque lui- 
même, dans Raymond David le curé de Saint- Vincent du 
même nom^, et dans P. Aribert le notaire lui-même^; ces 
trois identifications sont admissibles; mais on ne peut rien 

1. No 26. 

2. L'évêque Guillaume Radulphe est celui dont on voit le 
magnifique tombeau dans la chapelle adossée au flanc sud de 
Saint-Nazaire de la Cité. On y lit l'inscription suivante : 

-|- TITVLVS. MONVMENTI. TENERABILIS, PATRIS. GVILLELMI. RADCLPHI. 
DEI. GRATIi. CARCASSO.XENSIS. EPISCOPI. QVI. PRESETEM. CAPELL 

AM. CONSTRVXIT. ET. IX. EA. SACERDOTEM. INSTITVIT. SEOrP. AVTEM. 
IN. EPISCOPATV. AJNNIS. XI. DIEBVS. XXV. ET. DEFICIENS. 

OBIIT. I.\. SENECTVTE. BONA, ET. MISERICORDIA. VBERI. AN\0. DOMI 
NI. MCCLXVI. VI. FERIA. KAL. OCTOB. HOKA. VESPLRTINA. 

3. N° 77 et suiv., n° 89 et suiv. 

4. N" 23. M. Gh. Molinier [l Inquisition dans le midi de la France, 
p. 279) l'appelle à tort Déodat. Le sigle dd = David. 

5. P. Aribert est qualifié Inqiiisitor in dyocesi Carcassonensi . 



cclxxviij INTRODUCTION. 

assurer. Il est du moins certain que les trois inquisiteurs 
n'appartenaient à aucun ordre religieux; autrement, cha- 
cun eût été appelé frater, tandis qu'ils sont qualifiés chacun 
du titre de magister ' ; ce qui fait penser avec juste raison 
qu'ils étaient gradués en théologie ou en droit canon et 
qu'ils appartenaient au clergé séculier du diocèse de Car- 
cassonne. Dans nos actes, quand ils sont nommés, ils 
agissent tantôt deux ensemble ^ tantôt séparément-^. Le 
protocole : promisit obedire mandatis Inquisitorum, 
qui revient si souvent, désigne un engagement à l'égard de 
chacun d'eux, conjointement ou séparément, avec cette 
restriction qu'il n'y eut pas trois inquisiteurs épiscopaux 
exerçant en même temps l'office déjuge; la délégation était 
donnée à deux juges. Et, en effet, P. Arihert apparaît quand 
Radulphe disparaît'^. 

Les actes qu'ils ont laissés et qui sont contenus dans le 
manuscrit de Clermont-Ferrand ont une extrême importance 
pour l'étude de la procédure et de la pénalité inquisitoriale. 
Cependant ce n'est pas ici le lieu d'en exposer les règles, 
ce qu'il serait aisé de faire par le rapprochement et la com- 
paraison du registre du notaire de l'Inquisition de Careas- 
sonne avec les traités spéciaux ou généraux. Il suffira, 
au surplus, pour faire connaître la nature de ces actes, de 
les présenter dans un classement méthodique; du même 
coup on en verra l'intérêt. 

La plupart sont des cautions pécuniaires données et 

1. N"' 150 bis, 163, 173, 216, 230, etc. 

2. N»^ 111, IbO bis, 163, 173. 

3. N"^ 123, 124, 135, 148, 150, 153, 169, 216, 230. 

4. Ces inquisiteurs ont été inconnus de Bouges, Histoire ecclé- 
siastique et civile de la ville et diocèse de Carcassonne, p. 470-471. 
In-4°, Paris, 1741. 



INTRODUCTION. cclxxix 

garanties par des tiers en faveur d'un accusé ou d'un pri- 
sonnier; et cela dans plusieurs cas. 

L'accusé, par exemple, s'engage à obéir aux mandements 
de l'évêque ou des inquisiteurs : il se rendra au jour, ou 
aux jours qui seront fixés, pour entendre la sentence ou 
recevoir la pénitence*; moyennant caution, il est libre. 
Un autre promet de revenir à la simple monition de 
l'évêque 2. Un autre enfin qui est sorti de prison y rentrera 
à tel moment déterminé^, la caution promise lui ayant per- 
mis d'en sortir. 

La caution est donc admise en principe et en fait; les 
juges doivent, en effet, s'assurer que la justice ne perdra 
aucun de ses droits et suivra son cours régulier. 

Cela obtenu, ils accordent facilement en faveur du con- 
damné la sortie de prison, sortie temporaire, bien entendu. 
Nous voyons dans le Registre du notaire de l'Inquisition 
de Carcassonne que cette sortie fut obtenue moyennant 
caution : 1" pour cause de maladie ou d'infirmité^, à l'efiet 

4. Nos 1, 3^ 4, 6, 8, 9, 10, H, 12, 13, 15, 16, 17, 19, 21, 22, 23, 
24, 25, 26, 27, 28, 31, 32, 33, 35, 39, 40, 41 bis. 42, 43, 44, 45, 
46, 47, 48, 49, 50, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 65, 68, 70, 71, 72, 
73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 82, 83, 84, 89, 91, 93, 94, 95, 96, 
97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 108, 109, 110, 112, 
115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 125, 127, 128, 132, 133, 
136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 144, 146, 151, 152, 154, 164, 
166, 167, 168, 170, 173, 175, 177, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 
186, 187, 188, 190, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 
204, 205, 206, 207, 208, 209, 211, 212, 213, 214, 215, 217, 219, 

220, 221, 222, 223, 224, 226, 228, 229, 233, 234, 241, 242, 243, 
245, 246, 247, 248, 249, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 
258, 259,261, 262,263. 

2. Nos 11, 20. 

3. Nos 14^ 61, 62. 

4. Nos 14^ 22, 24, 25, 63, 92, 94, 166, 176, 177, 178, 179, 200, 

221, 246, 247. 



cclxxx INTRODUCTION. 

de se faire soigner ; 2° pour faire un travail d'un caractère 
religieux; — par exemple, Ar. Narbonne, maçon, reçut 
un congé de deux ans pour aller se mettre à la disposition 
du monastère de Rieunette*, où il y avait des construc- 
tions à faire ^ ; — 3° pour accoucher ^ ; 4° à la simple 
demande d'un tiers ^ Quelquefois même le motif n'est pas 
exprimé 5. On se montrait donc facile pour autoriser cette 
sortie ; et la prorogation de temps s'obtenait sans trop de 
peine ^. 

La défense, au cours de toute accusation, est de droit. 
Mais on sait, et j'ai déjà fait remarquer, qu'à ce point de vue 
la procédure inquisitoriale présentait deux exceptions à la 
règle commune : l'avocat n'était pas admis, et le prévenu 
était privé de toute assistance judiciaire; les noms des 
témoins à charge, restant secrets, n'étaient point commu- 
niqués à l'accusé. Il ne s'ensuit pas qu'il y eût dans cette 
double disposition un double déni de justice. Car, d'abord, 
l'invitation à se défendre était adressée à l'accusé, qui 
acceptait' ou refusait^. On invita même, par exemple, le fils 
à défendre son père ou sa mère^, le frère à défendre sa sœur ^° 

\. Gomm. de Saint-Hilaire, Aude. 

2. N" 159. 

3. No 208. 

4. No 29. 

5. No» 61, 62, 64, 67. 

6. No 66. Il serait inutile de faire remarquer que la caution 
était exactement payée dans les cas où elle devait l'être, si ce 
n'était pour expliquer par là les articles barrés par le notaire. 
No- 1, 29, 64, 65, 66, 67, 123, 149, 165, 166, 171, 172, 181, 182, 
187, 189, 191, 192, 193, 198, 199, 200, 202, 213, 216, 221, 244. 

7. No^ 18, 30, 38, 41, 129, 135, 154, 210. 

8. Nos 37^ 90, m, 123. 

9. Nos 85, 86. 

10. No 232. 



INTRODUCTION. cclxxxj 

comme ayant cause, car la condamuatioii pouvait entraî- 
ner la confiscation des biens ' ; et encore, dans ce cas, l'offre 
était acceptée- ou refusée ^ Ensuite, on demandait invaria- 
blement à l'accusé s'il avait des ennemis '^ S'il répondait 
que oui, il devait les déclarer et faire connaître les motifs 
de l'inimitié existant entre lui et celui qu'il nommait. Le 
motif de cette demande de déclaration d'inimitié saute aux 
yeux. Le témoignage de l'ennemi « mortel » était impitoya- 
blement écarté. En tout cas, l'accusé recevait la carta 
accusationis, et jour lui était assigné « ad proponendum 
exceptiones et deffensiones suas légitimas -^ » Il se trouva 
des accusés qui jugèrent fort inutile de recevoir, encore moins 
de prendre les accusations écrites^. 

Le Registre du greffier de Carcassonne ne nous fournit 
rien de spécial sur l'interrogatoire, bien qu'il contienne plu- 
sieurs exemples dignes d'attention'; on sait que le texte de 
la confession était remis sous les yeux de l'accusé, qui devait 
déclarer s'il la reconnaissait pour vraie ou non^. Il ne nous 
dit non plus rien d'absolument particulier en ce qui regarde 
les dépositions des témoins ^ Mais tout ce qui est relatif à la 
pénalité mérite d'être noté et retenu. 

Les peines infligées, penitentiae, sont : 

1° La prison *" ; 

1. Nos 85, 86. 

2. No' 87, 231, 232. 

3. Nos 48, 30, 38, 41, 129, 135, 154, 210. 

4. Quelquefois la preuve était faite, n»* 37, 200, 210. 

5. No 69. 

6. No m. 

7. Noî» 155, 156, 157, 230. 

8. Cf. no 40 ft»5. 

9. Nos 53^ 53 f,ig^ 53 ^^^^ 53 ^^ater. 

10. Nos 133, 146, 204, etc. 



CClxxxij INTRODUCTION. 

2° La visite des églises du bourg de Carcassonne, nudis 
pedibus, in camisia et hracds^ ; 

3° Les croix apparentes sur l'habit ' ; 

4° Des pèlerinages 3; ' 

5° Le service en Terre Sainte, passagium, transitus 
ultramarinus^. Les sentences étaient prononcées dans 
l'église Saint-Michel ou l'église Saint-Vincent de Carcas- 
sonne^. 

Ce sont là toutes les peines énumérées dans le Registre du 
notaire de l'Inquisition de Carcassonne (première partie). 
On avouera qu'elles ne sont pas tellement épouvantables 
ou odieuses. Encore faut- il ajouter qu'il fournit nombre 
d'exemples de grâce, gracia de crucibus^, gracia de 
perégrinationibus"^ . Si, d'ailleurs, le condamné était empê- 
ché légitimement de faire la peine ou pénitence, le juge se 
montrait accommodant, pourvu que satisfaction fût donnée, 
que le droit de la justice fût reconnu. Ainsi, RaymondeBar- 
baisane n'avait point accompli les pèlerinages, la mort étant 
survenue : ses héritiers consentirent ut bona ipsius Bar- 
baisane annotarentur et scriberentur^. De même, pour 
le service en Terre Sainte, les exemples de recompensatio 



1. No* 2, 163. 

2. No« 81, 101, 143, 153, 163, 203, etc. 

3. N»^ 160, 161, 162, 165, 168, 199, 225, 226, 229. Le pénitent 
devait fournir des lettres testimoniales du pèlerinage accompli. 
Cf. n» 36. — De même on donnait des lettres de purgatione. Voy. 
une curieuse affaire à ce sujet, n» 126. 

4. N«^ 81, 130, 147, 148, 149, 151, 164, 168, 169, 172, 173, 174, 
181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 191, 192, 193. 

5. N°5 40 ter, 41 ter, 81. 

6. Nos 36, 88, 165, 216, 235, 236, 237. 

7. Nos 240, 244. 

8. No 225. Cf. no 199. 



INTRODUCTION. cclxxxiij 

passagii ne sont pas rares^ La gracia et la recompen- 
satio étaient accordées moyennant une amende dont le 
taux était fixé chaque fois. 

En outre, les inquisiteurs ne se refusaient pas à commuer 
la peine. Par exemple, P. Brice, de Montréal, fit demander 
par l'archevêque de Narbonne d'être autorisé à passer en 
Terre Sainte au lieu de faire la prison, et il l'obtint^. Pour 
les pèlerinages, l'amende pouvait en tenir lieu^. Ou même 
par ce même moyen : l'amende considérée comme aumône, il 
était possible d'écarter une peine infamante : par exemple, 
Jean de Montaigut s'engagea à payer la somme de cin- 
quante livres tournois, « ita tamen quod penitentia mûri vel 
alla penitentia non injungatur patri suo pro crimine heretice 
pravitatis^ » Enfin, la peine ou pénitence était parfois 
retardée à la simple demande d'un haut personnage sans 
caution ni amende. Par exemple, c'est à la prière de l'abbé 
de Montoulieu que Raymonde, femme de R. Maurel, avait vu 
l'imposition des croix, crucesignaiio, différée, et par recon- 
naissance elle avait fait don à l'abbaye de pierres taillées ad 
opus janue faciende^. Pierre Pelha de Coufoulens obtint 
la faveur de se dévêtir des croix, quousque redierit de 
Francia ubi vult ire ^. 

Les adoucissements de peine étaient, on le voit, nom- 
breux, variés, de tous les jours, pour ainsi dire. C'est à se 
demander si l'évêque de Carcassonne ou les inquisiteurs 
n'auraient pas fléchi, se seraient maintenus à la hau- 



\. Nos 130, 148, 149, 169, 199. 

2. N« 151. 

3. No' 171, 216. 

4. No 164. 

5. N» 238. 

6. No 36. 



cclxxxiv INTRODUCTION, 

teur de leur mission. Le Registre nous fournit, du moins, 
un exemple d'intégrité assez remarquable. Bernard de la 
Tour, chevalier, raconta que, moyennant cent sous melgo- 
riens et un cens annuel de six deniers propter ho7nagium, 
il s'était engagé envers Raymond Sabatier, condamné à 
porter les croix, crucesignatus , à intercéder auprès de 
l'évêque, son parent, pour en obtenir la remise, quod 
faceret ipsum dec7mcesignari. Mais l'évêque resta sourd, 
et P. Aribert refusa l'argent que Raymond Sabatier lui fit 
offrir pour le même objet, pro négocia antedicto^. Cet 
exemple permet de croire à l'honnêteté des juges d'inquisi- 
tion, qui, étant du pays, se voyaient très souvent sollicités. 
Il ne semble pas qu'ils se soient laissé circonvenir. 

Deuxième partie. — La dénomination de deuxième par- 
tie n'est pas arbitraire, car cette partie correspond à des 
dates dont quelques-unes sont postérieures aux dates de la 
première, et si dans la première nous rencontrons, à la 
date du 20 juin 1249, une caution fournie avec enga- 
gement que Guillaume Curt de Rieux-en-Val reste à la 
disposition de l'évêque 2, dans la seconde, à la date du 
14 mars 1250 (n. st.), il comparaît après citation et subit 
un interrogatoire^. 

La deuxième partie comprend vingt-six feuillets, l'ancien 
feuillet xiiii manque et le texte en cet endroit présente une 
lacune^. En avant se trouve un tableau dans lequel le nom 
du lieu est suivi du nom des personnes poursuivies ou plutôt 



1. N° 230. L'abbé de Montoulieu refusa aussi l'argent offert par 
P. Barte pour qu'il obtint grâce super peregrinationibus, n" 235. 

2. N° 12. 

3. Non. , 

4. Cf. n» 24. 



INTUODUCTION. cclxxxv 

interrogées, car cette seconde partie se compose uniquement 
d'interrogatoires'; il y en a cinquante-un. Les voici pré- 
sentés dans leur ordre chronologique : 

1249(?), 27 mars, n" 26. 

1250 (n. st.), 12 mars, n°^ 30, 31, 32. 

— — 14 mars, n"^ 1, 2, 3, 10, 11, 12, 13, 14. 

— — 15 mars, n"^ 4, 5, 6, 14 bis, 24. 

— — 16 mars, n°^ 7, 8, 9, 15, 16, 17, 18, 19, 

20,21,22,27. 
_ _ 17 mars, n"' 23, 24 bis. 

1250, 9 avril, n°^ 33, 34, 35. 

— 11 novembre, n° 36. 

1251 (n. st.), 21 et 22 février, n" 37. 

1251, — n»^38, 39. 

— 11 avril, n" 40. 

1253, 6 mai, n" 27 bis. 

— 7 mai, n<> 27 ter. 

1254, l®"" mai, n" 6 bis. 

1255, 22 août, n" 38 bis. 
1259, 7 avrQ, n" 9 bis. 

— 1'''' septembre, n" 9 ter. 

— 24 septembre, n" 9 quater. 

— 20 octobre, n" 9 quinquies. 

— 31 octobre, n** 25 bis. 
1267, 6 octobre, n" 37 bis. 
Date non exprimée, n°' 25, 28. 

Les prévenus appartiennent tous au diocèse de Carcas- 
sonne. Les interrogatoires sont faits : 

1. Titre mis au dos de la reliure moderne : 1 7} terrogatoir es d'hé- 
rétiques albigeois, 1250-1251. Ce titre ne répond qu'au contenu de 
cette deuxième partie; mais les dates extrêmes sont fautives. 



cclxxxvj INTRODUCTION. 

1° parTévêque Guillaume Arnaud à Carcassonne même^ 
et à Villariès- ; 

2° par son officiai, à Coufoulens^; 

3° par B. Martin, archiprêtre, et maître Robert, qui 
reçoivent une déposition d'Alaïs {Aladaidis) de Bax, de 
mandato domini episcopi * ; 

4° par les inquisiteurs épiscopaux Radulphe, P. Aribert 
et R. David 5; 

5° par frère G. (nom indéterminé)^, inquisiteur; 

6" par frère Baudouin'' (le même, je pense, que Baudouin 
de Montfort^), inquisiteur. 

L'abbé de Fontfroide occupe dans un interrogatoire^ le 
second rang après l'évêque. Probablement, il y assista sim- 
plement. 

Les notaires ou scribes sont Radulphe, clerc ^^ Bomassip", 
Guir. Hvè^d,^ {Trepaciy^ ei Raynaudde Castres *3. Témoins 
de marque, B. Martin, archiprêtre *^ Robert, médecin *% 
R. David *6. 

Ces interrogatoires fournissent, avec le nom des prévenus 

1. Nos 1, 8, 9, 14, 22, 23, 25, 27, 36, 38. 

2. N» 6 bis. 

3. N°^23, 24 bis. 

4. No 26. 

5. No5 38 bis, 41. 

6. N° 9 quinqiiies. 

7. N» 9 ter. 
S. N» 25 bis. 

9. No 23. 

10. N" 1. 

11. Nos 6 bis, 25, 27, etc. 

12. No 9 quinquies. 

13. No 25 bis. 

14. Nos 9, 24. 

15. No 9. 

16. No 36. 



INTRODUCTION. cclxxxvij 

et les charges contenues dans leurs aveux, des renseigne- 
ments utiles. 

A Carcassonne, les inquisiteurs autres que les inquisi- 
teurs épiscopaux, qui citaient les prévenus à la maison épis- 
copale, et dès lors les inquisiteurs dominicains Bernard de 
Caux et Jean de Saint-Pierre, siégeaient dans la maison du 
maréchal, in domo marescalli, ubi inquisitores stabant 
et inquirebant^. 

La présence de Ferrier, dominicain et inquisiteur, est 
signalée à Cannes (Aude)^ et à Limoux (Aude), où il reçoit 
une abjuration^. 

Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, que nous con- 
naissons, imposent une pénitence, étant à Caunes^, et nous 
rencontrons plusieurs fois Jean de Saint-Pierre à Carcas- 
sonne^. 

Enfin, ces interrogatoires font mention de nombreux cas 
d'abjuration faite en présence des « inquisiteurs^ » ou même 
entre les mains du curé de Saint-Michel de Carcassonne". 

Comme fait curieux, et qui n'est pas dépourvu d'intérêt, 
citons le nom de Pierre Pollan, qualifié du titre d' « évêque 
des hérétiques, » et en même temps l'existence d'un capital 
faisant masse recueilli au sein de l'hérésie et restant la pro- 
priété des hérétiques. Pierre Pollan, ayant fui clandestine- 
ment, avait caché ce trésor, qui fut retrouvé dans le bois 
de Mata (Mota, Lamothe?) et remis entre les mains de Ber- 
nard de Montoulieu et de Bernard Acier, alors à Cazalre- 

1. No 25 bis. 

2. N» 10. 

3. No 6. Cf. no 38 Ms. 

4. No 10. 

5. No5 12, 14, 24. 

6. Nos 3^ 4^ 5^ i3^ 17^ -21^ 23, 28, 30, 31, 32, 37. 

7. N» 7. 



cclxxxviij INTRODUCTION. 

noux (Aude)*. On rencontre souvent dans les documents 
mention de levées faites par les hérétiques, tant pour soute- 
nir Trencavel dans sa révolte contre saint Louis que pour 
venir en aide aux hérétiques réfugiés à Montségur (Ariège) 
et entretenir le culte, le service et les ministres. 

De ce rapide exposé du contenu du manuscrit 160 de la 
bibliothèque de Clermont-Ferrand, il résulte avec évidence 
qu'il l'emporte en intérêt sur tout autre pour l'histoire de 
l'Inquisition à Carcassonne. 

M. Ch. Molinier, qui l'a étudié longuement 2, lui a fait de 
nombreux emprunts. En éditeur consciencieux, je dois faire 
le relevé de ces extraits. La chose est rendue facile par 
l'insertion des numéros d'ordre, qui rendent les citations 
commodes. 

Emprunts faits à la première partie : 

N° GCXXXVI, en partie, page 300, note. 

— GCXLIII, entier, — 301, note. 

— GCXLIV, entier, — 302, note. 

— CGXLI, entier, — 303, note. 

— GGXLII, entier, — 304, note. 

— XCIX, en partie, — 313, note 3. 

— GGVI, entier, — 321, note 1. 

— XXIX, entier, — 325, note. 

— XXXVII, en partie, — 340, note 1. 

— GGVIII, entier, ~ 342, note 1. 

— GXXIV, entier, ~ 343, note 1. 

— XXVIII, entier, — 345, note 1. 

— GXXVI, entier, — 347, notes 3, 4. 

— GXI, en partie (An), — 348, note 1. 

1. N» 25 bis. 

2. U Inquisition dans le midi de la France, p. 261 et suiv. 



N" GXXXV, 

— XVIII, 

— CUV, 

— CXI, 

— CXII, 

— GCXIII, 

— XXX, 

— XXXVII, 

— CGLXX, 

— CCXXXVII, 

— GCXXXVIII, 

— CLXX, 

— CXLVIII, 

— CCXXX, 

— GCXXXII, 

— GGXVIII, 

— GGXXVII, 
-XI, 

— XX, 

— XVII, 

— GLXVI, 

— XL, 

— GLXXIV, 

— GLXXV, 

— GXLIII, 

— GCL, 
-CI, 

— CXXX, 

— CGXXXIII, 

— GGXLVI, 

— CCI, 

— GLX, 



INTRODUCTION. 

en partie (/în), page 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

entier, — 

en partie, — 

entier, — 

entier, — 

en partie, — 

entier, — 

en partie, — 

en partie, — 

en partie, — 

en partie, — 

entier, — 

entier, — 

en partie, — 

entier, — 

en partie, — 

entier, — 

en partie, — 

en partie, — 



cclxxxix 

348, note 1. 

350, note 2. 

351, note 1. 

352, note 1. 
352, note 3. 
354, note. 

356, note 2. 

357, note 1. 
362, note 7. 
362, note 3. 
364, note 2. 
364, note 1. 

364, note 1. 

365, notes 1,2. 

366, note 1 . 

369, note 5. 

370, note 2. 
370, note 2. 
370, note 2. 
373, note 2. 
373, note 3. 
380, notel. 
386, note 2. 
386, note 3. 
388, note 2. 
391, notel. 

391, note 3. 

392, note 6. 
394, note 2. 

394, note 3. 

395, note 1. 

396, notel. 

s 



ccxc 



N° XXXVI, 

— CLXI, 

— CCXXXV, 

— LXXXI, 

— CXCXIII, 

— CLXXIV, 

— CLXXV, 

— CLXXVI, 
-' CXLVII. 

— CLIV, 

— XXXVI, 



INTRODUCTION. 

en partie, page 401, note 2. 



entier, 
en partie, 
entier, 
entier, 
en partie, 
en partie, 
en partie, 
en partie, 
entier, 
en partie. 



— LXXXVIII, eu partie. 



-II, 

— CLXIV, 

— GLI, 

— XIV, 

— XXII, 

— LXI, 

— LXII, 

— LXIII, 

— LXIV, 

— XCXII, 

— CCXI, 



entier, 

entier, 

en partie, 

entier, 

entier, 

entier, 

entier, 

entier, 

entier, 

en partie, 



— 403, note 2. 

— 403, note 4. 

— 404, note 1. 

— 408, notel. 

— 408, note 2. 

— 408, note 2. 

— 409, note 2. 

— 409, note 3. 

— 412, note 3. 

— 415, note 1. 

— 416, note 1. 

— 416, note 2. 

— 418, note 1. 

— 431, note 2. 

— 443, notel. 

— 443, note 2. 

— 444, notel. 

— 444, note 1 . 

— 444, note 1. 

— 444, note 3. 

— 445, note 2. 

— 445, note 3. 



entier, — 

Emprunts faits à la seconde partie : 

N" I, en partie, page 328, note 3. 

— XLIII, entier, — 329, note 2. 

— XXIX, en partie, — 336, note 1. 

— XXXIV, en partie, — 387, note 3. 

Mais ces emprunts, qui, par leur nombre, représentent 
comme une demi-édition de la première partie, n'ont pas été 
faits d'une manière irréprochable, il s'en faut. C'est une 
véritable édition que je voudrais donner ici. 






INTRODUCTION. CCXCJ 

IV. Commission pontificale (^306). 

Les troubles de Carcassonne et d'Albi et le procès contré 
les hérétiques poursuivi par Bernard de Castanet, Nicolas 
d'Abbeville et Bertrand de Clermont, eurent leur épilogue, 
qui dura sept ans, et probablement tourna à la confusion des 
hérétiques. A peine Clément V eut-il été élevé au souverain 
pontificat, en effet, que les communautés de Carcassonne, 
d'Albi et de Cordes se plaignirent des injustices, des vio- 
lences, des rigueurs excessives de Bernard de Castanet et 
des inquisiteurs envers les hérétiques emprisonnés. Les car- 
dinaux, le siège vacant, avaient été déjà informés. Par ses 
lettres en date du 12 mars 1306, Clément V chargea les car- 
dinaux Pierre Taillefer de la Chapelle, du titre de saint 
Vital, auparavant évêque de Toulouse, et Bérenger Frédol, 
du titre des saints Nérée et Achillée, évêque de Béziers, 
d'ouvrir une enquête sur les faits reprochés à l'évêque d'Albi 
et aux inquisiteurs. Mais ils ne purent s'en acquitter immé- 
diatement, à cause de l'opposition de droit faite par Ber- 
nard de Castanet. En attendant, ils procédèrent à la visite 
des prisons et des prisonniers de l'Inquisition suivant les 
termes mêmes de leur commission. 

Le procès-verbal de cette visite faite à Albi et à Carcas- 
sonne nous est conservé aux Archives municipales d'Albi. 
C'est un rouleau de parchemin mesurant 255 millimètres en 
largeur et 7 mètres 75 en longueur et classé GG 1 . , celui-là 
même qui a servi an copiste de Doat (XXXIV, fol. 45 v°-80)i. 

Voici la série des actes et des pièces contenus dans ce 
document, qui présente un intérêt majeur : 

\. « Extrait et collationné des copies en parchemin, scellées, 
trouvées aux archives de l'hostel de ville d'Alby, » dit-il (fol. 80). 



ccxcij INTRODUCTION. 

1304, 14 mars. — Procuration donnée par les syndics et les 
consuls de Carcassonne à Arnaud Terrier, Aymeric 
de Castres et Bernard Jean. 

1306, 24 janvier. — Procuration donnée par les consuls et 
les syndics d'Albi à Philippe Olric, Bernard Fenassa, 
Isar Raynaud, Bérenger Molinier, Jean Vierne, 
Barthélémy Maurel, Philippe Sobeiran et Guiraud 
Coll. 

1306, 26 janvier. — Procuration donnée par Bernard de 
Castanet, évêque d'Albi, à Guillaume Revel. 

1306, 13 mars, Charolles. — Bulle de Clément V aux cardi- 
naux Pierre Taillefer de la Chapelle et Bérenger 
Frédol, leur donnant commission de faire une enquête 
sur le fait de l'Inquisition. 

1306, mars-avril. — Les cardinaux, étant à Carcassonne, 
visitent les prisons et les prisonniers de l'Inquisition. 

1306, 27 avril. — Maître Jacques, principal geôlier,' est 
seul maintenu parmi les officiers et serviteurs de la 
prison. Il prête serment. 

1306, 28 avril. — Le cardinal Bérenger Frédol s'excuse; 
il ne pourra être présent à Albi pour entendre les 
intéressés ou plaignants. 

1306, 3 mai. — Lettre du même à l'abbé de Fontfroide 
pour le prier de désigner un moine de l'abbaye, 
lequel sera chargé de poursuivre l'affaire des plai- 
gnants. 

1306, premiers jours de mai. — Barthélémy d'Arlat, clerc, 
geôlier des prisons de Toulouse, prête serment de 
remplir exactement son office de gardien. 

1306, 4 mai. — A Albi, le cardinal Taillefer de la Chapelle 
entend le procureur de l'évêque d'Albi et les procu- 
reurs des consuls de Carcassonne. 



INTRODUCTION. ccxciij 

Le même jour. — Le cardinal visite les prisonniers. 

Le même jour. — Les trois geôliers des prisons d'Albi 
prêtent serment qu'ils rempliront exactement leur 
charge de gardiens. 

1306, 5 mai. — L'inquisiteur Geoffroi d'Abluses nomme ses 
procureurs en cour de Rome, qui sont Pierre d'Or- 
vieto, procureur général de l'ordre des frères Prê- 
cheurs, Arnaud du Prat, frère Prêcheur, et Guil- 
laume Revel, clerc, curé de Cazevielle. 

1306, 7 mai. — L'abbé de Fontfroide désigne et envoie 
deux religieux, qui sont Bérenger, sous-prieur, et 
Guillaume Vilar. 

1306, 11 mai, — A Montech, les consuls de Cordes pré- 
sentent leur plainte par écrit et demandent que l'af- 
faire ne se poursuive qu'avec le concours de l'abbé 
de Fontfroide. 

1306, 12 mai. — Les consuls de Cordes nomment leurs 
procureurs, qui sont Bérenger Faucilhard, Bernard 
Panât, Bertrand Salvi et Durand Faure. 

1306, 17 mai. — Les syndics des consuls de Cordes 
demandent le sauf-conduit à l'effet d'obtenir que 
suite soit donnée à leur plainte. 

Là s'arrête notre pièce. Pour le moment, l'affaire resta en 
suspens, Bernard de Castanet faisant toujours les opposi- 
tions de droit. Clément V accorda donc, par ses lettres du 
6 septembre 1309, les sauf-conduits nécessaires à Aymeric de 
Castro, agent des hérétiques, pour poursuivre l'affaire*. Les 
choses avancèrent peu, si bien qu'Isarn Coll, Pierre Fransa, 
Jean Delport, Pierre Rayssac, Guillaume Salevert, Guil- 

1. J'ai publié celle lellre. Les Manuscrits du château de Merville, 
p. 51, note. 



CCXciv INTRODUCTION. 

laume Laodas, Isar de Cardelhac, Jean Pays, Guillaume 
Borrelet Bernard Cases, d'Albi, toujours prisonniers, adres- 
sèrent une nouvelle réclamation au pape, qui s'empressa de 
donner des pouvoirs ad hoc au successeur de Bernard de 
Gastanet, Bertrand Desbordes (1308-1311), et aux inquisi- 
teurs ^ Celui-ci ne bougea pas, si bien que le pape, par une 
troisième lettre en date du 19 avril 1313, dut renouveler 
la commission pour son successeur. Mais, un an après, 
le 20 avril 1314, Clément V descendait dans la tombe. Les 
réclamants durent se résigner à leur sort, si triste fût-il, 
mais légal apparemment. Tout le monde sait, aussi bien, 
que Jean XXII, successeur de Clément V, ordonna le pro- 
cès de Bernard Délicieux, qui fut condamné à la prison per- 
pétuelle 2; il avait déjà donné la pourpre à Bernard de Cas- 
tanet. 

La commission pontificale est publiée ici d'après l'original. 

1. Begestum Clementis papae V, n" 9163. 

2. Voy. plus haut, p. xlj. 



INTRODUCTION. CCXCV 



CONCLUSION GENERALE. 

Le lecteur voit maintenant quel est l'objet du travail que 
nous lui présentons. Ce n'est pas une histoire de l'Inquisi- 
tion dans le Languedoc que nous nous sommes proposé 
d'écrire, bien que nous ayons plusieurs fois touché aux 
grandes lignes de cet attachant et curieux sujet. Nous n'avons 
pas même voulu faire un exposé didactique de la procédure, 
dont cependant nous avons énoncé plusieurs points fonda- 
mentaux. Tout notre but a été de faire connaître la nature, 
l'importance, la valeur des matériaux dont l'historien devra 
faire une étude consciencieuse pour établir exactement les 
faits, les relier entre eux et les présenter en une synthèse 
qui ne pourra être sûre et lumineuse que si elle est pré- 
parée par une minutieuse analyse. Il a nécessairement 
fallu classer ces matériaux ; nous avons donc essayé de le 
faire d'après un double principe : l'ordre logique et l'ordre 
chronologique combinés ensemble. Encore avons-nous cru 
bon ou même nécessaire, en ce qui regarde l'ordre logique, 
de le déterminer non d'après la nature des matériaux, à 
l'exception des manuels et des récits, mais en nous attachant 
à chacune des autorités religieuses et sociales que Vinqui- 
sitio haereticae p7'avitatis mettait en mouvement : le pape 
et ses légats, les évèques et les conciles, le juge délégué, le 
roi, le sénéchal ou le procureur des confiscations pour hérésie. 
Puisque les deux pouvoirs, ecclésiastique et séculier, ont 
regardé comme un devoir impérieux de faire rentrer, par la 
voie d'un tribunal d'exception, dans l'unité chrétienne tous 
les dissidents, quels qu'ils fussent, ou du moins de réprimer 
tout mouvement séparatiste, le critique, l'historien, ou même 



CCXCYJ INTRODUCTION. 

un simple éditeur de textes ne pourraient, sans manquer à 
leur devoir, se limiter aux actes de l'une ou de l'autre de 
ces autorités, aux actes des inquisiteurs, par exemple. C'est 
toujours se tromper de quelque manière que de se placer à 
un seul point de vue ; on ne montre qu'un côté des faits, alors 
que le tableau d'ensemble est seul objectivement vrai. 

Pour arriver à établir le fait de la poursuite contre les 
hérétiques, en fixer les causes, en circonscrire la base légis- 
lative, en voir les tenants et aboutissants, il n'y a d'autre 
moyen que de pénétrer au fond de chacune des pièces qui s'y 
rapportent, afin d'en dégager, pour ainsi dire, la substance 
historique. Encore faut-il commencer par savoir où ces 
pièces se trouvent. Tel est l'objet de la première partie de 
l'Introduction, où j'ai voulu principalement, sinon unique- 
ment, décrire les sources de l'histoire de l'Inquisition dans 
le Languedoc de 1229 à 1330. J'ai signalé les matériaux 
existants, ou aujourd'hui connus, sans m'interdire de recher- 
cher la connexion qu'ils ont entre eux, ou de dire pour quelle 
raison ils offrent un intérêt spécial. 

Mais il était naturel que, publiant quatre manuscrits ou 
séries de pièces fort capables d'aider l'historien, je m'y arrê- 
tasse; tel est l'objet de la seconde partie de l'Introduction. 

On trouvera peut-être que les sentences de Bernard de 
Gaux et de Jean de Saint-Pierre sont un document mono- 
tone; mais aucune sentence de juges n'échappe à ce défaut. 
On ne saurait raisonnablement s'en plaindre. En tout cas, 
le lecteur leur sera indulgent en considération du registre du 
greffier de l'Inquisition de Carcassonne et de la commission 
pontificale, qui, k n'en pas douter, compteront toujours 
parmi les documents principaux de l'histoire de l'Inquisition 
dans le Languedoc. ■ 



TABLE DE L'INTRODUCTION 



Pages 

Division du sujet j 

PREMIÈRE PARTIE. 

FAITS ET DOCUMENTS. — TABLEAU D 'ENSEMBLE. 

I. Actes des papes vi 

1. Grégoire IX. — Les légats Romain de Saint- 
Ange et Jean, archevêque de Vienne .... \i 
2. /nnocen* 7F (1243-1254) xiij 

3. Alexandre IV (1254-1261) xxij 

4. i/rfcam /F (1261-1264) xxvj 

5. Les papes de Clément 1 Va Jean XXII (1265-1334). xxvij 

n. Actes des évêques xlv 

I. Action collective des évêques xlvj 

II. Action individuelle des évêques Iviij 

1. Les archevêques de Narbonne lix 

2. Les évêques de Toulouse Ixxiv 

3. Les évêques de Garcassonne Ixxxiij 

4. Les évoques d'Albi Ixxxvij 

5. Les évêques de Pamiers xcix 

6. Les évoques de Béziers, Lodève, Maguelonne, 

Agde, etc cxiij 

III. Actes des inquisiteurs cxxix 

1. Liste des inquisiteurs cxxix 

2. Février, Pons Garin, Guillaume Raymond, Pierre 

Durand (1229-1246) cxxxviij 

3. Willem Arnaud, Etienne de Saint-Thibéry 
(1235-1242) cxiiv 

4. Pierre Cellani (1233-1242) cxlvij 

5. Bernard de Gaux el Jean de Saint-Pierre (1244- 

1256) . ^ cxlviij 



CCXCviij TABLE DE L'INTRODUCTION. 

Pages 

6. Hadulplie et Raymond David, inquisiteurs dio- 

césains de Oarcassonne clx 

7. Amélius, curé de Saint-Étienne de Toulouse, 

Raymond Resplandi, maître Ar. de Gouzens . clxj 

8. Rainaud de Chartres et Guillaume Rernard de 

Dax clxvj 

9. Pons du Pouget (1263, 1264) clxvij 

10. Élien?ie de Gastine (1264-1276) clxix 

11. Ranulpke de Plassac et Pons de Parnac (1273- 

1279) clxxij 

12. Hugues de Roniols, Pierre Arsin, Hugues Amé- 
lius clxxxj 

13. Jean Galand (1278-1293) clxxxij 

14. Guillaume de Saint-Seine (1286-1292) . . . 

15. Rertrand de Clermont et Nicolas d'Abbeville cxc 
(1293-1302) cxcj 

16. Geoffroy d'Abluses, inquisiteur ; Géraud de Rlu- 
mac et Jean du Faugoux, lieutenants de Vin- 
quisiteur (1308-1309) cxcviij 

17. Bernard Gui (1306-1323) cciij 

18. Jean de Beaune, Jean du Prat, Henri Gha- 

mayou et Pierre Brun (1318-1329] .... ccvj 

IV. Actes de la puissance séculière ccx 

I. Les actes des comtes ccxij 

1. Raymond VU ccxij 

2. Alfonse de Poitiers ccxiij 

3. Les comtes de Foix ccix 

IX. Les actes des rois ccxvij 

1 . Saint Louis ccxxiv 

2. Pliilippe le Hardi ccxxvij 

3. Piiilippe le Bel ccxxviij 

V. Manuels inquisitoriaux ccxxxiij 

\ . Processus inquisitionis ({2ii-\2b'i) .... ccxxxiij 

2. « Practica » de Bernard Gui ccxxxvj 

3. La torture ccxxxviij 

YI. Les récits ccxiij 

1. La « Chronique » de Guillaume de Puylaurens. ccxliij 

2. La « Chronique » de Guilhem Pelhisso . . . ccxliij 



TABLE DE L'INTRODUCTION. ccxcix 

Pages 

3. Les Albigeois jettent V inquisiteur dans le Tarn, 

par un anonyme (1234) ccxliv 

4. Troubles de Carcassonne etd'Albi, par Bernard 

Gui ccxlv 

DEUXIÈME PARTIE. 

LISTE ET DESCRIPTION DES MANUSCRITS OU DES PIÈCES PUBLIÉS ICI 
POUR LA PREMIÈRE FOIS. 

I. Sentences de Bernard de Vaux et de Jean de Saint- 

Pierre (1244-1248) ccxlviij 

II. Dépositions contre Pierre Gardas du Bourguet-Nau, 

de Toulouse (1247) cclxvij 

III. Le registre du notaire ou greffier de llnquisition 

de Carcassonne [Wi'è-ïlh'i) cclxvij 

Première partie : obligations, adoucissements 

de peines cclxviij 

Deuxième partie : interrogatoires cclxxxiv 

IV. Commission pontificale (1306) ccxcj 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 

DANS LE LANGUEDOC. 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A NOGENT-LE-ROTROU. 



L li 



DOCUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 



DANS LE LANGUEDOC 



PUBLIES POUR LA SOCIETE DE l'hISTOIIIE DE FiiANCE 



PAR 



M«« DOUAIS 

ÉVÊQUE DE BEAUVAIS. 



DEUXIEME PARTIE : TEXTES. 




À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LAURENS, SUCCESSEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANCE 

RUE DE TOURNON, N" 6 



MDGCCC 



300 



EXTRAIT DU REGLEMENT. 

Art. ^/|. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, cl 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer el d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé en tôLe de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commismire responsable soussigné déclare que la deuxième 
partie des Documents pour servir a l'Histoire de L'l!VQUiS!TioiV 
DANS LE Languedoc, préparée par M?"" C. Douais, évêque de 
Beauvais, lui a paru digne d'être publiée par la Société de 
l'Histoire de France. 

Fait à Paris, le 20 août 4900. 

Signé : Noël VALOIS. 

Certifié : 
Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de I^'rance, 
A. DE BOISLISLE. 



DOCUMENTS 

POUR SERVIR A 

L'HISTOIRE DE L'INQUISITION 

DANS LE LANGUEDOC 

L 
SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE 

1244-1248 

BIBL. NAT., MS. LAT. 9992- 



I. — 18 mars 1246 (n. st.), Toulouse, cloître de Saint-Sernin. 
— Sentence par laquelle Pierre de Roais et Pons de Game- 
ville, bourgeois de Toulouse, refusant ensemble de se sou- 
mettre à la pénitence de l'Eglise, Pierre de Roais étant de 
plus retombé dans l'hérésie, sont condamnés comme héré- 
tiques, et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi. Amen. 
Anno Domini M°CC°XL° quinto, xv kal. aprilis. Nos, 
fratres ordinis Prodicatorum B. de Caucio et Johan- 
nes de Sancto Petro^, inquisilores heretice pravitatis 
in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 

1. Pour Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, inquisi- 
teurs, voy. Introduction, deuxième partie, 1. Renvoi fait une 
fois pour toutes. 



4 SENTENCES DE BERN.UID DE CAUX 

fratres ordinis Predicaloriim Ber. de Caucio et Johan- 
nes de Sancto Pelro, inquisitores heretice pravitatis in 
civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. 

Quia constat nobis per confessiones ' Austorge, 
uxoris quondam Pétri de Resengas^, Raimundi Gaus- 
berti et Arnaldi Guerrer^, de ïholosa, Augerii de 
Viridi Folio, niilitis, Bernardi Donati, Bernardi de 
Sancto Johanne et Raimundi Galveti de Viridi Folio, 
Jacobi de Odarcio^, Bernardi Daide de Sancto Aniano, 
Arn. Dorbert de Lantario, in judicio factas, ipsos 
hereticos pluries scienter vidisse, adorasse et eorum 
erroribus credidisse et, post abjuratam heresim, here- 
ticos vidisse et eos adorasse, nunc vero saniori usos 
consilio ad unitatem Ecclesie, prout asserunt, redire 
volentes, ipsos in primis omni heretica pravitate abju- 
rata absolvimus, secundum formam Ecclesie, a vin- 
culo excommunicationis quo ratione predicti criminis 
tenebantur astricti, si tamen ad ecclesiasticam unita- 

1. Ms. : confessionem. 

2. La famille des Resengas [Rosengue, Rosergue, Roserge), 
d'où on a lait plus tard Rosergium, Bernnrdus de Rosergio, 
par exemple, archevêque de Toulouse (1454-1471), était une 
des principales familles du Lauraguais. Bien des charges 
pesaient sur Austorge et son mari, qui n'avaient cessé de 
montrer le plus grand attachement pour l'hérésie [Confes- 
sions, bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 200 r°; 
Doat, XXIII, fol. 325. Voy. sa confession, Doat, XXIV, 
fol. 1). 

3. Voy. la sentence XXXVIII. 

4. Ce Jacques d'Odars, appelé aussi Guilabert, avait élevé 
ses fils, P. Grand et Ar. Guilabert, dans l'hérésie [Confessions, 
hihl. de la ville de Toulouse, ms. G09, fol. 203 v», 204 r°. Cf. sen- 
tence IX). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 5 

tem de corde bono redierint et mandata sibi injuncta 
compleverint. Et quia in Deum et in Sanctam Eccle- 
siam prediclis modis temere deliquerunt, ipsos légi- 
time citatos, die sibi ad recipicndum penitentiam super 
crimine heresis peremptorie assignata, communica[to| 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem ipsos retrudi volumus et preci- 
pimus ibidem perpetuo comorari ; et quod istam peni- 
tentiam compleant injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere 
noluerint, ipsos excommunicationis vinculo inno- 
damus. 

Gum etiam constet nobis per confessiones Austorge, 
uxoris quondam domini Vaseia\ Raimunde Barrave, 
et Aiceline, sorores (sic), Willelmi Mercaderii, de Tho- 
losa, ITugonis de Ganela - et Raimundi de Ganela, de 
Lantario, in judicio factas, ipsos hereticos pluries 
vidisse, credidisse et adorasse, et post abjuratam 
heresim scienter hereticos vidisse et celasse; 

Gum etiam constet nobis per confessiones B. Fabri, 
specier, Pictavini senioris, Raimundi de Suelli, de Tho- 
losa, Bernardi de Lantario, Pétrone Escudeira et Rai- 
mundi de Vilanova, de Tholosa, Raimundi Sauri^, Pon- 

1. Ce Vaseia était seigneur de Baziège, « Vazega, dominas 
de Vazega ; » il recevait les hérétiques dans sa maison de Tou- 
louse, d'accord avec Austorge, sa femme [ibid., fol. 58 r°), et 
aussi dans sa maison de Baziège [ibid., fol. 60 r") et dans sa mai- 
son de Gardouch [ibid., fol. 43 v°). 

2. Cet Hugues recevait les hérétiques dans sa maison de 
Lanta [ibid., fol. 211 v"). 

3. Le 20 décembre précédent, il avait complété sa confes- 
sion [ibid., fol. 234 r"). 



6 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

cii de Fa\ Poncii Pastre, Pétri dels Gabanils^, Willelmi 
dels Cabanils et Bernard! Johannis, de Sancto Juliano, 
Willelmi Stephani, de Gaure^, in judicio factas, ipsos 
hereticos pluries vidisse et eos adorasse et veritatem 
super heresi celasse contra proprium juramentum, 
communicato multorum prelatorum et aliorum bono- 
rum virorum consilio, ipsos in carcere retrudi volumus 
et injnngimus, quamdiu Ecclesie videbitur expedire, 
ad penitectiam pro dicto crimine peragendam. 

Cum constet nobis per confessionem Titborxs, uxo- 
ris Poncii de Gamevila, de Tholosa, in judicio factam, 
ipsam hereticos pluries scienter vidisse, adorasse et 
receptasse, pavisse, celasse, conduci fecisse, et post con- 
fessionem de heresi factam et heresim abjuratamcoram 
inquisitoribus, ipsam hereticos in domo sua a paucis 
annis citra scienter vidisse, ascultasse et eos celasse, 
communicato multorum prelatorum et aliorum bono- 
rum virorum consilio, injungimus eidem in virtute 
prestiti juramenti, quod intret domum carceris, ibidem 
per XV annos moratura, ad penitentiam pro crimine 
heresis peragendam. 

Cum constet nobis per confessiones Vitalis de Salas 
et Fabrisse, uxoris Pétri Marchesii, de Tholosa, in judi- 
cio factas, ipsos hereticos pluries vidisse, adorasse et 
credidisse bonos homines ; 

Constet etiam nobis per confessionem W. Arcmandi, 
de Tholosa, in judicio factam, ipsum a paucis annis 
citra hereticos vidisse, credidisse et celasse; 

i. Ibid., fol. 2341'". Cf. Doat, XXIV, fol. 30 v». 

2. Ihid., fol. 215 V", 219 v°. Voy. sa confession, Doat, XXIV, 
fol. 24. 

3. Voy. sentence XIX". 



I I 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 7 

Gonslet etiam nobis per confessiones Raimundi de 
Podio^, Beriiardi Durandi, Bernardi de Ecclesia^, de 
Hodarcio, iii judicio factas, ipsos hereticos scienter 
pluries vidisse, adorasse, credidisse a paucis annis 
citra, communicato multorum prelalorum et aliorum 
proborum virorum consilio, injungimus eisdemin vir- 
tute prestiti juramenti quod intrent donium carce- 
ris, ibidem perxannos moraturi, ad penitentiam pro 
crimine heresis peragendam, retenta nobis et aliis 
inquisitoribus potestate augendi, diminuendi, mutandi 
et aliani penitentiam injungendi, cum nobis et aliis 
inquisitoribus videbitur expedire. Actum apud Tho- 
losam, in claustro Saneti Saturnini, in presentia vene- 
rabilis Patris R., episcopi Tholosani, Guillelmi Atho- 
nis, archidiaconi Ville Longe, Arnaldi, prioris Saneti 
Saturnini, magistri Arnaldi Pelisso, Vitalis Aurioli, 
prioris Saneti Stephani, Raimundi Carrigerii, sacriste 
Saneti Stephani, et fratris Johannis de Cambalhols, 
notarii domini episcopi Tholosani, magistri Athonis 
Appamiarum, Willelmi Raimundi, Pétri de Drudas, 
canonicorum, Poncii de Avinione, canonici, Fortis, 
capellani Saneti Saturnini, Raimundi, capcllani Béate 
Marie Deaurate, B. de Ladinhac et Nepotis de Davinia, 

1. Dans sa confession du 15 juillet suivant, Raymond Dupuy 
fils dit que, quatre ans auparavant, il avait vu les hérétiques 
dans la maison de son père avec son frère et sa mère [Con- 
fessions, bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 204 v°). 

2. Quatre ans auparavant, Bernard Gleize étant malade dans 
la maison de son propre frère Arnaud, à Odars, on amena le 
ministre dualiste Jean « Sabbater » et ses compagnons. Mais 
Arnaud ne supporta point qu'il fût « hérétisé ». Leur mère et 
plusieurs membres de la famille pactisaient avec les hérétiques 
[ibid., fol. 204 r»). 



8 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

B. de Gaurs, P. Frezapa, P. Ariberti, scriptorum dic- 
torum iriquisitorum, B., prions de Vauro, et Silvestri, 
capellani de Viridi Folio. 

III. — 6 mai 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Pons Bladier, Pierre d'Albigeois, Raymond 
Sabbatier, Pons Dominique, Raymond Maurin et Arnaude, 
sa femme, bourgeois de Toulouse, sont condamnés à la pri- 
son perpétuelle. Faculté est laissée à Raymond Sabbatier de 
rester auprès de son père, malade, pauvre et catholique, 
tant qu'il vivra, à la condition qu'il porte une mante noire 
avec une croix sur le vêtement. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi. Amen. Anno 
Domini M° GC° XL° sexto, ii nonas maii. Nos, fratres 
ordinis Predicatoruni Ber. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones Poncii Bladerii, 
Pétri de Albigesio et Raimundi Sabbaterii, in judicio 
factas, ipsos hereticos pluries scienter vidisse, pluries 
adorasse, eorum predicationem audivisse, et eos bonos 
horninescredidisse, celasse veritatem contra proprium 
juramentum et relapsos [esse]^ in heresim abjuratam; 

Constat etiam nobis quod Poncius Dominici^ vidit 

1. Ms. : relapsus in heresim. 

2. Esclarmonde, sa femme, s'était compromise par certaines 
fréquentations suspectes [Confessions, ]iil)l. de la ville de Tou- 
louse, ms. 009, fol. 203 v°). — Pons Dominique avait été quelque 
temps enfermé au Ghâteau-Narbonnais, à Toulouse (a Dixit 
etiam quod audivit dici a Poncio Dominici, capto in Castro 
Narbonensi... )>), ou peut-être y était-il présentement (confes- 
sion d'Esclarmonde, femme de Pons IJrel, ibid., fol. 62 r". Voy. 
sentence IV). Le CluUeau-Narbonuais dut être mis à la disposi- 
tion des inquisiteurs, qui, en effet, n'avaient pas de prison spé- 
ciale à cette date. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 9 

pluries hercticos in pliiribus locis, credidit esse bonos 
homines, audivit prcdicationem eorum, adoravit eos, 
pluries receptavit eos in domurn suam, dédit eis de 
suo, interfuit hereticationi, comedit cum liereticis et, 
postquam fecit confessionem suam aliis inquisitoribus 
et abjuravit heresim, recepit hereticos in domum suam 
a paucis annis citra; 

Quia vero Raimundus Maurini et Arnalda, uxor 
ejus, viderunt scienter pluries plures hereticos, et 
in pluribus locis, crediderunt esse bonos homines, 
audierunt prcdicationem eorum, et adora verunt eos, 
et receperunt eos in domum suam, et comederunt 
cum eis; et idem Raimundus duxit eos, et accepit 
pacem ab hereticis et negavit veritatem contra pro- 
prium juramentum ; dicta vero Arnalda interfuit apa- 
rellamento hereticorum, receptavit hereticam que 
obiit in domo sua, interfuit sépulture ejus : 

Ipsos cives Tholosanos, nunc usos saniori consilio 
ad unitatem Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, 
in primis omniheretica pravitate abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ecclesie, a vinculo excommunica- 
tionis quo ratione predicti criminis tenebantur astricti, 
si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierint et mandata sibi injuncta compleverint. Et 
quia in Dcum et Sanctam Ecclesiam predictis modis 
temere deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes 
légitime citatos die sibi ad recipiendam penitentiam 
super criminc he»^esis peremptorie assignata, commu- 
nicato multorum prelatorum el aliorum bonorum viro- 
runi consilio, ad peragendam condignam penitentiam 
in perpotuum carcerem retrudi volumus et precipi- 
mus ibidem perpetuo comorari ; et quod istam peni- 



10 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

tentiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere nolue- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Damus tamen licenciam Raimundo Sabbaterii quod 
maneat cum pâtre suo, qui valitudinarius est et catho- 
licus et pauper, ut dicitur, quamdiu vixerit pater 
suus, et intérim portet mantam nigram et crueem in 
omni veste cum duobus bracîiiis transversalibus, et 
provideat sicut poterit patri suo. Actum Tholose, in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia W. Bernardi, 
abbatis d'Idrac, Ar. Aurioli, prioris Sancti Satur- 
nini, Poncii de Albione, Pétri de Drudas, canonico- 
rum Sancti Saturnini, Pétri, prioris de Gaslus Gatur- 
censis diocesis, W., capellani de Manso Sanctarum 
Puellarum, Ar. de Brassaco, capellani de Besceta, 
R. Berengarii, et Bernardi d'Escalquenx, capitulario- 
rum, R. P. Ariberti, P. de Montbiza et Bernardi de 
Gau[r]s, scriptor[um] inquisitorum. 

IV. — 13 mai 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence pai' laquelle Aldrige, sœur de Pierre Laurent, Bernard 
Duprat, Jeanne, femme de W. du Solier, et Willelme du 
Mas, de Toulouse, Etienne Garric, de Lavaur, Esclarmonde, 
veuve de Pons Bret, de Goudourvielle, Arnaud de na Bor- 
gesa, de Roqueserière, Etienne Faur, Pierre Faur, Arnaud 
Faur, Pierre Foule, Jourdain Ugole, Pons Jourdain, Arnaud 
André, W. de Gouzens, de Saint-Martin-de-Lalande, Willem 
Sermenha, Pons Piquel, W. Sérignan, de Fanjeaux, sont 
condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jbesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M° GG° XL" sexto, i\f idus maii. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum Ber. de Caucio et 
Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravi- 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. Il 

tatis in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apos- 
tolica deputati. Quia constat nobis per confessiones in 
judicio iactas Aldrige, sororis Pétri Laurencii, Ber- 
nardi de Prato, Johanne, uxoris W. de Solario, Wil- 
lelme de Manso, de Tholosa, Stephani Garric de 
Vauro, Esclarmunde, uxoris quondam Poncii Bret, de 
Godervilla, Arnaldi de na Borgesa de Roca Sereira, 
Stephani Fabri, Pétri Fabri, Ar. Fabri, Pétri Foie, 
Jordani Ugole, Poncii Jordani, Ar. Andrée, W. de 
Gosenx, de Sancto Martino de Landa, Willelmi Ser- 
menha, Poncii de Piquel et W. de Sirignano, de Fano 
Jovis, diocesis Tholose, 

Quod predicta Aldriga, uxor quondam Bernard! R', 
cambiatoris, vidit pluries hereticos, adoravit pluries, 
credidit hereticos esse bonos homines, predicationem 
eorum audivit, comedit de pane benedicto ab hereti- 
cis, hereticationi interfuit et celavit veritatem contra 
proprium juramentum; 

Prenominatus etiam Bernardus de Prato vidit plu- 
ries hereticos, adoravit eos pluries, credidit eorum 
erroribus, dédit et servivit hereticis, recepit eos in 
domum suam et, post abjuratam heresim, vidit nun- 
cium cujusdam heretice et eidem nuces émit ; 

Predicta etiam Jotianna, uxor W. de Solario, vidit 
pluries hereticos, adoravit eos pluries, credidit here- 
ticos esse bonos homines, predicationem eorum audi- 
vit et eis servivit, et, post abjuratam h[erlesim vidit 
et adoravit hereticos, dédit eis de suo, predicationem 
eorum audivit et comedit cum eis; 

Predicta etiam Willelma de Manso vidit pluries 
hereticos, adoravit eos pluries, credidit esse bonos 
homines, absolvit maritum suum hereticis et, post 



12 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

abjuratam heresim, vidit hereticos et celavit eos; 

Predictus etiam Stephanus Garric de Vauro vidit 
pluries hereticos et eos pluries adoravit, credidit 
hereticos esse bonos homines, mansit cum hereticis 
et suebat pelles eorum, voluit dare denarios questori 
hereticorum pro heretico capto redimendo^, et celavit 
veritatem contra proprium juramentum; 

Prenominata etiam Esclarmunda-, uxor quondam 
Poncii Bret de Godervilla, vidit hereticos, adoravit, 
credidit eos esse bonos homines et credidit salvari in 
fide eorum, et, si descederet, nisi in manibus hereti- 
corum, crederet dampnari, et comedit cum heretica, 
et negavit veritatem aliis inquisitoribus, et postmo- 
dum^ coram nobis contra proprium juramentum; 

Predictus Arnaldus de na Borgesa de Boca Sereira 
vidit hereticos pluries et in pluribus locis, adoravit 
eos pluries, audivit predicationem eorum, comedit 
cum hereticis et de pane benedicto ab eis, interfuit 
hereticationibus, credidit salutem esse cum hereticis 
et erroribus hereticorum credidit, et veritatem celavit 
bis contra proprium juramentum ; 

Predictus etiam Stephanus Fabri^ vidit pluries here- 

1. Ms. : redimento. 

2. Voy. ses confessions à la date du l*^'" et du 3 juillet 1245. 
Le 11 mars 1246, elle comparut et nia tout. Le 11 et le 12 mai, 
veille de sa condamnation, ses confessions furent remises sous 
ses yeux, et elle les reconnut pour vraies [Confessions, bibl. 
de la ville de Toulouse, ms. G09, fol. 62 r% 62 v"). 

3. Ms. : postmotum. 

4. Voy. sa confession à la date du 29 juin 1245 [ibid., 
fol. 31 r°). — Il avait été, avec d'autres, délégué auprès de 
l'abbé de Saint-Papoul pour obtenir la délivrance de prison- 
niers (cf. fol. 34 r"). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 13 

ticos et in pluribus locis, adoravit eos pluries, credi- 
dit esse boiios homines, audivit predicationem eorum, 
associavit hereticos et credidit herroribus eorumdem 
et, post abjuratam heresim, vidit hereticos, adoravit 
et credidit ; 

Prediclus etiam Petrus Fabri^ vidit pluries hereti- 
cos, credidit et adoravit a quinque annis citra post 
heresim ajjjuratam, et mentitus est ahis inquisitoribus ; 

Predictus etiam Ar. Fabri- vidit hereticos et eos 
adoravit a vi annis citra post heresim abjuratam; 

Predictus etiam Petrus Folc^ vidit pluries hereticos 
a paucis annis citra, adoravit, associavit, credidit here- 
ticis et eorum erroribus et celavit veritatem aliis inqui- 
sitoribus contra proprium juramentum, et, post abju- 
ratam heresim, vidit, celavit, credidit et adoravit 
hereticos ; 

Predictus etiam Jordanus Hugole^ vidit pluries 
hereticos a paucis annis citra, adoravit, credidit, 
duxit et celavit veritatem aliis inquisitoribus contra 
proprium juramentum, et, post abjuratam heresim, 
vidit hereticos, celavit, credidit et adoravit; 

Predictus etiam Poncius Jordani'' vidit pluries here- 
ticos a paucis annis citra, credidit et adoravit et 

1. Pierre Faur recevait les ministres hérétiques dans sa mai- 
son de Saint--Martin-de-LaIande iibicl., fol. 31 r°. Vov. sa con- 
fession, fol. 31 v°). En regard, à la marge du ms. : In niuro est. 

2. Voy. sa confession à la date du 29 juin 1245 («è/f/., fol. 31 v"). 

3. Voy. sa confession à la date du 29 juin 1245 {ibicL, 
fol. 32 v"). A la marge du ms. : In muro est. 

4. Voy. sa confession, même date [ibid., fol. 33 r°). A la marge 
du ms. : In muro est. 

5. Voy. sa confession à la date du 5 juillet 1245 {ibid., 
fol. 37 v°). A la marge du ms. : In muro est. 



U SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

manulevavit denarios ab hereticis et reddidit, et eorum 
predicationem audivit, et, postquam fecit confessio- 
nem suam aliis inquisitoribus et abjuravit heresim, 
vidit et adoravit hereticos ; 

Predictus etiam Ar. Andréas' vidit pluries hereticos 
et in pluribus locis a paucis annis citra, adoravit eos 
pluries, duxit eos pluries, predicationem eorum au- 
divit pluries, et negavit veritatem aliis inquisitoribus 
contra proprium juramentum, et credidit hereticis et 
eorum erroribus, et, post abjuratam heresim, vidit 
et adoravit hereticos ; 

Predictus etiam W. de Guzenx^ vidit pluries here- 
ticos, adoravit, credidit hereticis et eorum erroribus, 
predicationem eorum audivit a paucis annis citra, 
stetit per quinquennium cum hereticis et post abju- 
ratam heresim vidit, credidit et adoravit hereticos; 

Predictus etiam W. Sermenha'^ vidit pluries here- 
ticos a paucis annis citra, adoravit pluries, audivit 
predicationem eorum, credidit hereticos esse bonos 
homines ; 

1. Voy. sa confession à la date du 5 juillet 1245 [ibid., 
fol. 38 v°). A la marge du ms. : In muro est. 

2. Dans sa confession à la date du 20 décembre 1245, Ray- 
monde, fille de Raymond Jougla, convertie, énonça plusieurs 
arliculalions contre W. de Gouzens, qui jouissait d'une fort 
mauvaise réputation [ibid., fol. 40 v"). Voy. la confession d'Ai- 
mengarde, femme de W. de Gouzens, reçue le même jour 
[ibid., fol. 41 r"). Voy. surtout sa propre confession [ibid., 
fol. 30 b). a la marge du ms. : In muro est. 

3. W. Sermenha s'était compromis depuis longtemps [ibid., 
fol. 154 r% 155 v°, 158 v°, 161 r", etc.). Voy. sa confession, qui 
lui fut lue le 12 mai 1246, et qu'il reconnut pour vraie [ibid., 
fol. 161 r°). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 15 

Predictus etiani Ponciiis de PiqueH vidit plurics 
liereticos, adoravit eos pluries et audivit predicatio- 
nem eoriim, pacem accepit ab eis, receptavit, credi- 
dit hereticos esse bonos hoinincs, interfuit apparella- 
mento et relapsus est in heresim abjuratani ; 

Predictus etiam W. de Sirignano^ vidit pluries 
hereticos, adoravit eos, audivit predicationem eorum 
et credidit hereticos esse bonos homines, duxit here- 
ticos, et interfuit hereticationi, et celavit veritatem 
aUis inquisitoribus contra propriuni juramentum, et 
relapsus est in heresim abjuratam : 

Ipsos nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint ; et, quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos coram nobis comparentes légitime citatos 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptorie assignata, communicato multo- 
rum prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ad peragendam condignam penitentiam, in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
petuo comorari ; et qiiod istam penitentiam compleant 

1. Voy. la confession de Pons de Piquel, qui, déjà aupara- 
vant, avait comparu devant l'inquisiteur Ferrier, à Limoux. 
Elle lui fut lue le 12 mai 1246 [ibid., fol. 166 r°). 

2. Voy. sa confession [ibid., fol. 167 r°). Quelques années 
auparavant, il avait comparu devant ^yillem Arnaud, l'inijui- 
siteur qui fut tué à Avignonet en 1242. 



16 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

injuugimus eis in virtute prestiti juramenti. Si vero 
predictam penitentiam facere noluerint, ipsos excom- 
municationis vinculo innodamus. Actum Tholose, in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia R., prepositi 
Sancti Stephani, magistri Ar. Pelisso, canonicorum 
Sancti Stephani, Ar. Aurioli, prioris Sancti Saturnini, 
P. de Drudas, W. Ramundi, canonicorum Sancti 
Saturnini, Amelii, capellani Sancti Stephani, R., capel- 
lani Deaurate, F., capellani Sancti Saturnini, R., 
capellani Béate Marie Dealbate, W. Ade, baiuli domini 
comitis Tholosani, Poncii Astre, Ramundi de Sancto 
Ceserto, R. Rainerii, W. Hugonis Pellicerii, Boni Man- 
cipi Maurandi et Jordani de Villa Nova, capitulariorum 
Tholose, et multorum aliorum. 

V. — 17 mai 1246. Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Etienne de Roais, Pierre Esquivât, dame 
Assaus, femme de Raymond de Castelnau, Raymonde, femme 
d'Arnaud Onde, de Toulouse, et Pierre de Creissac, de Mon- 
tastruc, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M°GG^XL° sexto, xvi kal, junii. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum B, de Caucio et Johan- 
nes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis 
in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. Quia constat nobis, per confessiones in judi- 
cio factas Stephani de Roacxio, Pétri Esquivât, domine 
Assaus, uxoris Ramundi de Castro Novo, et Ramunde, 
uxoris Arnaldi Unda, de Tholosa, et Pétri de Creissac, 
de Monte Astrug, 

Quod prenominatus Stephanus de Roaxio^ vidit et 

1. Etienne de Roais est souvent nommé dans les confessions 
(ms. 609 de la hihl. de Toulouse). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 17 

adoravit pluries liercticos, predicationem eorum aiidi- 
vit, hereticationibus interfuit, quesivit hereticos et 
adduxit ad hereticationem faciendam et veritatem 
celavit contra proprium juramentum; 

Prenominatus autem Petrus Esquivât vidit pluries 
hereticos, associavit, recepit cartam a fratre W. Ar. 
et socio suo, olim inquisitoribus, in qua continebatur 
quod adoraverat hereticos, et, cum tenuisset cartam 
per quatuor vel quinque dies, recognovit coram dictis 
inquisitoribus illa que continebantur in dicta carta 
esse vera et pro illis supposuit se voluntati eorum ad 
recipiendam penitentiam perpetui carceris vel exilii, 
vel aliam quam sibi vellent injungere et ad hoc jura- 
mento pro posse obligavit, et, postquam abjuravit 
heresim, participavit sepius cum hereticis condemp- 
natis comedendo, bibendo et eos associando ; 

Predicta etiam domina Assauts, uxor Ramundi de 
Castro Novo, vidit pluries hereticos et in pluribus locis, 
et pluries adoravit eos, et credidit esse bonos homi- 
nes, et post abjuratam heresim vidit pluries hereticos 
et pluries adoravit eos et receptavit in domo sua, et 
audivit predicationem eorum pluries a paucis annis 
citra ; 

Predicta etiam Ramunda, uxor Ar. Unda, vidit 
pluries hereticos, adoravit, credidit et receptavit, 
hereticationi interfuit, predicationem audivit, dédit, 
recepit depositum ab hereticis, et comedit pluries 
cum hereticis et de pane benedicto ab eis et inter- 
fuit aparellamentis hereticorum in domo propria; 

Predictus etiam P. de Greissac de Monte Astrug 
vidit pluries hereticos et in pluribus locis, adoravit 
eos pluries, celavit veritatem contra proprium jura- 

2 



18 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

mentum, misit hereticos ad quandam personam 
hereticandam, et fecit sacramenlum de non revelanda 
heresi ; 

Ipsos, nunc usos saniori consilio, ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis 
quo ratione predicti criminis tenebantur astricti, si 
tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rint et manda[ta] sibi injuncta compleverint. Et quia 
in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes légitime 
citatos die sibi ad recipiendam penitentiam super cri- 
mine heresis peremptorie assignata, communicato 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti jura- 
menti. Si vero predictam penitentiam facere noluerint, 
ipsos excommunicationis vinculo innodamus. Actum 
ïliolose, in claustro Sancti Saturnini, in presentia Aldo- 
fossi, abbatis iVIontis Albani, Ar., prioris Sancti Satur- 
nini, W. Ramundi, P. de Drudas, Ar. Begonis, prioris 
de Glisolis, Simonis, prioris de Blanhiaco, canonico- 
rum Sancti Saturnini, F., capellani Sancti Saturnini, 
Amelii, canonici Sancti Stephani, R., capellani Béate 
Marie Deaurate, Ber., capellani de Ladinliaco, Silves- 
tri, capellani de Viridi Folio, Nepotis de Davinia, cle- 
rici, Ilugonis de Roaxio, Gritî de Roaxio, W. Hugonis 
Pellicerii, Ramundi Berengarii, Ramundi Rainerii et 
R. de Sancto Sezerto, capitulariorum Tholose, et mul- 



ET DE JEAN DE SAINT-PIEKKE. 19 

torum aliorum de clero et populo Tliolosano in géné- 
ral! sermone. 

VI. — 20 mai 1240, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Arnaud Etienne, seigneur de Tarabel, et 
AYillelme de Viviers sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M''GG°XL°Vr, xiii kal. junii. Nos, 
t'ratres ordinis Predicatorum B. de Caucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas Arnaldi Stephani, domini de Taravello*, et Wil- 
lelme de Vivariis, diocesis Tholosane, 

Quod prenominatus Arnaldus Stephani, dominus 
de Taravello, vidit pluries hereticos et in pluribus 
locis, adoravit eos pluries, audivit predicationem 
eorum, pacem accepit ab eis, donavit et recepit ab 
eis, et duxit pluries hereticos et tenuit depositum 
eorum, comedit cum hereticis et de pane benedicto 
ab eis, hereticationibus interfuit, credidit hereticis et 
eorum erroribus, et relapsus est in heresim abjuratam ; 

Constat etiam nobis quod Willelma de Vivariis fuit 
heretica induta per très annos et, post reconciliationem 
suam, vidit hereticos et adoravit eos pluries in domo 
sua; 

Ipsos, nunc usos saniori consiUo ad unitatem Eccle- 

1. Longue, dame de Tarabel, la mère peut-être d'Arnaud 
Etienne, s'était, vers 1229, montrée favorable aux hérétiques, 
qu'elle soutenait, et auxquels elle envoyait des provisions (Con- 
fessions, bibl. de la ville de Toulouse, ms. 009, fol. 203 r", 
205 r°). Quant à Arnaud Etienne, il est plusieurs fois nommé 
dans les Confessions, par exemple loi. 202 r". 



20 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predieti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitalem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos coram nobis comparentes légitime citatos 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptorie assignata, communicato multo- 
rum prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ad peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
pétue comorari ; etquod istam penitentiam compleant, 
injuiigimus eis in virtute prestiti juramenti. Si vero 
predictam penitentiam facere noluerint, ipsos excom- 
municationis vinculo innodamus. Actum [Tholose], in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia B. de Gombret, 
prepositi Sancte Gecilie Albiensis, Ar., prioris Sancti 
Saturnini, W. Raimundi, P. de Drudas, canonicorum 
Sancti Saturnini, B., prioris de Vauro, Silvestri, capel- 
lani de Viridi Folio, F., capellani Sancti Saturnini, 
Amelii, capellani Sancti Stephani, B., capellani de 
Ladinliaco, W. ïlugonis Pellicerii, R. Rainerii, capitu- 
lariorum Tholose, et multorum aliorum de clero et 
populo Ttiolosano in generali sermone. 

vil. — 28 mai 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Estolt de lloqueville, Trois- Kraines, de 
Montgiscard , Bernard de Roqueville, des Cassés, Pons 
Saquit, de Lanta, Pierre Babau, W. Maurin, P. Bernard et 
Bei^nard Fournier, des Barelles, sont condamnés à la prison 
perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 21 

Amen. Anno Domini ]VrGC°XL°Vr, v kal. junii. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum Ber. de Caucio et Johan- 
nes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis 
in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. Quia constat nobis perconfessiones in judicio 
factas Estolti de Rocovilla^ et domini Très Eminas de 
Monte Guiscardo, Bernardi de Rocoviila de Gassio, 
Poncii Saquit ^ de Lantario, Pétri Babau, W. Mau- 
rini, P. Bernardi et Bernardi Furnerii, de Berrelis dio- 
cesis Tholose, 

Quod prenominatus Estoltus de Rocoviila vidit 
et adoravit pluries hereticos, dédit eis, recepit ab 
eis munera, duxit et recepit eos in domum suam, 
herelicationibus inlerfuit, credidit hereticis et eorum 
erroribus, et post confessionem factam aliis inqui- 
sitoribus et abjuratam heresim vidit hereticos et locu- 
tus est cum eis et non cepit eos sicut juraverat; 

Prenominatus etiam Très Eminas'^ vidit et adoravit 

1. Les Roqueville, famille considérable, se déclarèrent en 
général pour l'hérésie. Estolt ou Estort de Roqueville recevait 
ouvertement les ministres hérétiques dans sa propre maison 
au Mas-Saintes-Puelles, à Montgiscard et à Toulouse. Son nom 
revient très souvent dans les confessions ou dépositions de 
l'époque (bibl. de la ville de Toulouse, ms. 609, fol. 16 v°, 17 r°, 
43 r°, 64 v°, 67 v°, 124 r°, 124 v°, 200 v° ; Doat, XXIII, fol. 223, 
XXIV, fol. 99 v"). Les inquisiteurs reçurent sa confession le 
20 juin 1245 (ms. 009, fol. 64 v°). Le 25 mai 1246, ils la 
remirent sous ses yeux [ibid., fol. 64 v°). 

2. Ms. : Saqt. Hus bas Saquit. 

3. Pierre Willem de Roqueville, surnommé Trois-Emines, 
Petrus l'F'"' de Rocoviila, miles, qui vocatur Très eminas, frère 
du précédent. Il s'était battu contre les armées de Simon de 
Montfort. ^ oy. sa confession, avec additions, du l'^'et du 9 mars 
1246 [ibid., fol. 66 v°, 67 r°). 



22 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

hereticos pluries, credidit esse bonos homines, come- 
dit cum eis, pacem ab eis accepit, hereticationi inter- 
fuit, veritatem negavit coram nobis contra proprium 
juramentum, et post abjuratam heresim vidit scienter 
hereticum condempnatiim et comedit cum eo; 

Prenominatus etiam Bernardusde Rocoviila^ vidit et 
adoravit pluries hereticos, duxitetassociaviteos, dédit 
eis et recepit ab eis munera, comedit cum eis, predi- 
cationem eorum audivit, credidit esse bonos homines, 
recepit eos in domum suam et negavit tempore gratie 
inquisitoribus veritatem ; 

Prenominatus etiam Poncius Saquit^ vidit et adora- 
vit pluries hereticos, duxit et receptavit eos pluries, 
apparellamentis et hereticationibus interfuit, credidit 
hereticis et eorum erroribus, et fuit nutritus cum eis ; 
et postquam abjura vit heresim aliis inquisitoribus, vidit 
duas hereticas in domo sua, celavit eas a paucis annis 
citra et non cepit eas, sicut tenebatur proprio jura- 
mento ; 

Prenominatus etiam P. Babau^ vidit et adoravit 
hereticos, audivit predicationem eorum, fecit condic- 

1. Bernard de Roqueville, seigneur des Cassés, avait, pen- 
dant près de quarante ans, tout fait pour se compromettre. 
Voy. sa confession du 25 mai 124G [ibid., fol. 228 r°. Cf. sen- 
tence XIV). 

2. Les Saquit ou Saquet, de Lanta, Arnaud, G. et Pons, frères, 
surtout, en grande amitié avec les Roqueville, les Resengues, 
les Roais, les Unaud et Raymond Adémard de Lanta, soutiens 
avérés de l'hérésie, lui avaient donné tous les gages possibles 
{ibid., fol. 200 v°, 201 r«, 202 r°, 202 v°, 210 v°). 

3. Voy. ses diverses confessions [ibid., fol. 48 r°, 185 r°). 
Plusieurs témoins avaient déposé contre lui [ibid., fol. 48 v°, 
49 r«, 49 V»). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 23 

tum de non revelando heresim, negavit scienter corarn 
nobis veritatem et eandem celavit aliis inquisitoribus 
contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam W. Maurini' vidit et adoravit 
herelicos, negavit veritatem coram nobis et eandem 
celavit aliis inquisitoribus contra proprium jura- 
mentum ; 

Preiiominati etiam P. Bernardi et B. Furnerii^ vide- 
runt et adora verunt hereticos, fecerunt condictum de 
non revelando heresim, negaverunt scienter coram 
nobis veritatem et eanden celaverunt aliis inquisito- 
ribus contra proprium juramentum ; 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint 
et mandata sibi injuncta compleverint ; et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquerunt, ipsos coram nobis comparentes légi- 
time citatos die sibi ad recipiendam penitentiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, com- 
municato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 
tentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 

1. Voy. sa confession [ibid., fol. 184 v°). 

2. P. Bernard et B. Fournier s'étaient entendus pour ne rien 
révéler {ibid., loi. 185 r°). Voy. les confessions de P. Bernard 
[ibid., fol. 48 r°, 185 v°), et de B. Fournier [ibid., fol. 49 v% 
185 v°, 186 t"). Bien des témoins avaient déposé contre eux 
[ibid., fol. 48 r°-49 v°, 185 r°-186 r«). 



24 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

precipimus ibidem perpetuo comorari ; et quod 
istam penitentiam compleant, injungimus eis in vir- 
tute prestiti jurarnenti. Si vero predictam peniten- 
tiam facere noluerint, ipsos excommunicationis vin- 
culo innodamus. Actum Tholose, in claustro Sancti 
Saturnini, in presentia A., prioris Sancti Saturnini, 
W. R', A. Begonis, Simonis, prioris de Blanhaco, P. de 
Drudas, canonicorum Sancti Saturnini, F., capellani 
Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, W., capellani 
de Coquinis, B., capellani de Ladinhaco, R. Beren- 
gerii, R. Rainerii, R. de Sancto Cezerto, capitulario- 
rum Tholose, et multorum aliorum de clero et populo 
Tholosano, in generali sermone, et mei P. Ariberti, 
notarii, qui hec scripsi. 

VIII. — 3 juin 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Piei're Brun, du Cabanial, P. Passamkr, de 
Labécède , Pierre Bofilh, des Cassés, Pierre Durand, de 
Saussens, et Ar. Doais, de Montjoire, sont condamnés à la 
prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifîxi. 
Amen. Anno Domini M° GG° XL°Vr, iif nonas junii. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio et 
Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravi- 
tatis in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apos- 
tolica deputati. Quia constat nobis per confessiones 
in judicio factas Pétri Bruni de Cabanili, P. Passa- 
mar de Besseta et Pétri Bofilh de Gassio, Pétri Duranti 
de Sancto Paulo de Bretas et Ar. Doaiss de Monte 
Jovis, diocesis Tholose, 

. Quod prcnominatus P. Bruni de Gabanili vidit et 
adoravit pluries hcrcticos et in pluribus locis, credidit 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 25 

hereticos esse bonos homines et celavit veritatem con- 
tra proprium juramentum; 

Prenorninatus etiam P. Passamar de Besceta vidit 
et adoravit pluries hereticos et in pluribus locis pre- 
dicationem eorum audivit, pluries comedit cum here- 
ticis et de pane benedicto ab eis pluries, recepit 
encennia ab hereticis, hereticationi interfuit, dilexit 
hereticos et credidit eos esse bonos homines, et nega- 
vit veritatem contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam P. Bofilh ' vidit et adoravit plu- 
ries hereticos, stetit cum hereticis, audivit predica- 
tionem eorum, pluries comedit cum eis et de pane 
benedicto ab eis, credidit hereticis et eorum erro- 
ribus, et negavit veritatem contra proprium jura- 
mentum; 

Prenominatus etiam P. Duranti vidit et adoravit 
pluries hereticos et in pluribus locis, et audivit pre- 
dicationem eorum, credidit hereticos esse bonos homi- 
nes, fecit condictum de non revelando heresim, et 
relapsus est in heresim abjuratam; 

Prenominatus etiam Ar. Doaiss vidit et adoravit 
pluries hereticos, et in pluribus locis prcdicationem 
eorum audivit, receptavit eos in domum suam, come- 
dit cum hereticis et de pane benedicto ab eis, dédit 
eis de suo, credidit esse bonos homines, negavit veri- 
tatem contra proprium juramentum : 

Jpsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 

1. Pierre Bofilh [Bonus Filius), dont le frère était diacre 
hérétique de Saint-Félix. Voy. sa confession, le 21 novembre 
1245 (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 225 v°. Cf. fol. 226 \\ 
228 r°, 223 v°). 



26 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rint et mandata sibi injuncta compleverint. Et quia 
in Deunfi et Sanctam Ecclesiam predictis modis 
temere deiiquerunt, ipsos coram nobis comparentes 
légitime citatos die sibi ad recipiendam penitentiam 
super crimine heresis peremptorie assignata,*commu- 
nicato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 
tentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 
precipimus ibidem perpetuo comorari; et quod 
istam penitentiam compleant, injungimus eis in virtute 
prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
facere noluerint, ipsos excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum Tholose, in claustro Sancti Satur- 
nini, in presentia A., prioris Sancti Saturnini, P. de 
Drudas, Ar. Begonis, Poncii, camerarii, canonicorum 
Sancti Saturnini, B., capellani de Ladinhaco, F., 
capeliani de Rupe, R., capellani Dealbate, F., capel- 
lani Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, B., prio- 
ris de Vauro, R., capellani de Fano Jovis, Bertrandi 
de Villa Nova, W. Hugonis, R. Rainerii, capitulariorum 
Tholose, et multorum aliorum de clero, etc. 

IX, — 10 juin 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Jeanne, femme d'Alaman de Roais, W. 
d'Aurin et Riche, sa femme, de Toulouse, Ségur, femme 
d'Azémard'Albiac, de Saussens, Algaia, veuve de François de 
Loubens, Arnaud du Rival, P. Grand, P. Audibert, Jacques 
Calvet, d'Odars, Ktienne Faur et W. Grimaud, du Falga, 
sont condamnés à la prison perpétuelle. 

ïn nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 27 

Amen. AmioDomiiii M'CG^XL'Vr, iiifidus junii. Nos, 
fratres ordinis Prcdicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores lieretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per conf'essiones in judicio fac- 
tas Johanne, uxoris Alamanni de Roaxio, W. de Auri 
et Riche, uxoris ejus, de Tholosa, Secure, uxoris Aze- 
marii de Albiaco, de Sancto Paulo de Bretas, Algaie, 
uxoris quondam Francissi de Lobenx, Ar. de Rivali, 
Pétri Grandis, P. Audeberti, Jacobi Galveti, de Odar- 
cio, Stephani Fabri etW. Grimaudi, de Felgario, dyo- 
cesis Tholose, 

Quod prenominata Johanna, uxor Alamanni de 
Roaxio^, vidit et adoravit pluries hereticos, predi- 
cationem eorum andivit, pluries paravit comestio- 
nemhereticis, comedit cum eisetde pane benedlcto ab 
eis, induxit maritum suum ad diligendum hereticos 
et dédit ei munera ut diligeret et receptaret hereticos, 
pacem accepit ab hereticabus, apparelhamentis here- 
ticorum interfuit, receptavit eos in domum suam, cre- 
didit esse bonos homines et victualia misit eis, nega- 
vit veritatem contra proprium juramentum et post 
abjuratam heresim vidit hereticos condempnatos ; 

Prenominati etiam W. de Auri et Rica, uxor ejus, 
post confessionein factam aliis inquisitoribus et abju- 
ratam heresim, vidcrunt et adoraverunt pluries here- 
ticos et predicationem eorum audierunt et credide- 
runt hereticos esse bonos homines; 

1. I^e fiiiiieux Alamari de Roais, qui brava toutes les condam- 
nations, est dit, à la date de cette sentence, avoir pour épouse 
Lombarde [Confessions, bibl. de Toulouse, ms. 009, fol. 200 v°, 
203 r°, 213 v°). Jeanne serait-elle la femme d'Alaman de Roais 
le jeune? 



28 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Prenominata etiam Secura, uxor Azemarii de Albiaco, 
vidit et adora vit pluries hereticos, predicationem 
eorum audivit, pluries comedit cum eis, credidit eos 
esse bonos homines, recepit hereticas in domum 
suam, et, postquam fuit cita ta pro heresi ab aliis 
inquisitoribus, vidit, credidit, adoravit hereticos; 

Prenominata etiann Algaia, uxor quondam Fran- 
cissi de Lobenx, fuit heretica induta per plures 
annos et tenuit sectam hereticorum quousque fuit 
capta ; 

Prenominati etiam Arn. de Rivali^ P. Grandis^, 
P. Audeberti et Jacobus Galveti^, de Odarcio, vide- 
runt pluries hereticos et in pluribus locis, adoraverunt 
eos pluries, duxerunt et associaverunt eos et credide- 
runt hereticis et eorum erroribus a paucis annis citra ; 

Prenominati etiam Stephanus Faure et W. Gri- 
maudi, de Felgario, viderunt et adoraverunt pluries 
hereticos, crediderunt hereticis et eorum erroribus a 
paucis annis citra, et negaverunt veritatem aliis inqui- 
sitoribus contra proprium juramenlum : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Ecclesie, 
prout asserunt, redire volentes, in primis omni hereti- 
ca pravitate abjurata, absolvimus, secundum formam 
Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo ratione pre- 
dicti criminis tenebantur astricti, si lamen ad ecclesias- 
licam unitatem de corde bono redierint et mandata 
sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum et Sanctam 

1. Plusieurs fois nommé dans les confessions des habitants 
d'Odars et présenté comme affilié à l'hérésie (bibl. de Toulouse, 
ms. G09, fol. 203v"-20or"). 

2. Voy. sa confession (bibl. de Toulouse, ms. G09, fol. 203 v"). 

3. Même observation que pour Arnaud du Rival, note 1. 



ET DE JEAN DE SAINÏ-PIERRE. 29 

Ecclesiam predicLis modis temere deliquerunt, ipsos 
citatos coram nobis comparentes die sibi ad recipien- 
dam penitentiam super crimine heresis pcremptorie 
assignata, communicato multorum prelatorum et alio- 
rum bonorum virorum consilio, ad peragendam con- 
dignam penitentiam in perpetuuni carcerem retrudi 
volumus [et precipimus] ibidem perpetuo comorari; 
et quod istam penitentiam compieant, injungimus eis 
in virtute prestiti juramenti. Si vero predictam peni- 
tentiam facere noluerint, ipsos vinculo excommunica- 
tionis innodamus. Actum Tholose, in claustro Sancti 
Saturnini, in presentia Ar., prioris Sancti Saturnini, 
W. R', P. de Drudas, canonicorum Sancti Saturnini, 
F., capellani ejusdem loci, R., capellani Deaurate, B., 
capellani de Ladinliaco, R., capellani de Fano Jhovis, 
W., capellani de Sancto Germerio, Bertrandi de Villa 
Nova, R. Berengarii, R. Rainerii, et multorum aliorum 
de clero et populo Tholosano in generali sermone, et 
mei P. Ariberti, qui hec scripsi. 

X. — 24 juin 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Ar. d'en Joan le Jeune, Jacques d'en 
Joan, son frère, de Toulouse, et Sebelia, de Saune, sont con- 
damnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M° GG° XL°VI°, viif kal. julii. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in 
civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas Ar. d'en Joan junioris et Jacobi d'en Joan, fratris 
ejus, de Tholosa, Sebelie de Saona diocesis Tliolosane, 



30 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Quod prenominatus Ar. d'en Joan vidit et adora- 
vit hereticos, dédit eis de suo et comedit cum eis a 
paucis annis citra; 

Prenominatus etiam Jacobus d'en Joan vidit et ado- 
ravit hereticos pluries et in pluribus locis, et comedit 
cum eis a paucis annis citra ; 

Prenominata etiam Sibilia, uxor quondam Ar. W' de 
Sauna, postquam abjuravit heresim et juravit perse- 
qui hereticos, vidit et adoravit hereticos et comedit 
cum eis : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Ecclesie, 
prout asserunt, redire volentes, in primis heretica pra- 
vitate abjurata, absolvimus, secundum formam Eccle- 
sie, a vinculo [excommunicationis] quo tenebantur 
astricti ratione predicti criminis, si tamen ad eccle- 
siasticam unitatem de corde bono redierint et man- 
data sibi injuncta compieverint ; et, quia in Deum et 
Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos citatos coram nobis comparentes die sibi 
ad recipiendam penitentiam super crimine heresis 
peremptorie assignata, communicato multorum pre- 
latorum et aliorum bonorum virorum consilio, ad 
peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
petuo comorari ; et quod istam compleant peniten- 
tiam, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si 
vero predictam penitentiam tacere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus. Actuni in 
claustro Sancti Saturnini, Tholose ; testes, Ar., prior 
ejusdem ioci, Fortis, capellanus ejusdem loci, R. , capel- 
lanus Béate Marie Deaurate, Amclius, capellanus Sancti 
Stephani, R., capellanus Sancti Juliani, B., prior de 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 31 

Vauro, Nepos de Davinia clericus, P. Ariberli et P. Fre- 
zapa, publici notarii. 

XI. — 24 juin 124G, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Sen- 
tence par laquelle Jeanne, veuve de B. de Latour, de Tou- 
louse, religieuse du monastère de Lespinasse, est enfermée 
dans une chambre séparée ; la prieure pourvoira à son 
entretien. 

Item, anno et die predictis. Quia Joanna, uxor 
quondam B. de Turre de Tholosa', monialis nunc de 
Laspinassa-, vidit et adora vit pliiries hereticos et in 
pluribus locis predicationem eorum audivit, pluries 
recepit eos, dédit eis de suo, credidit esse bonos 
homines, dédit elemosinas Valdensibus et negavit veri- 
tatem contra proprium jurannentum, includatur infra 
scepta nioiiasterii de Lespinassa in aliqua canierula 
sepai^ata, ne alii ad ipsam nec ipsa ad alios accédât; 
set ibidem exterius sibi necessaria ministrentur; et 
mandamus priorisse de Lespinassa quod sibi juxta pre- 
dictum modum faciat provideri. Testes predicti. 

XII. — 8 juillet 1246, Toulouse, dans la maison commune. — 
Sentence par laquelle Gaubert, de Puyiaurens, chevalier, 
Ermessende, femme de Bernard Mir Arezat, de Saint-Martin- 
de-Lalande, B.-B. Arquier, de Montauban, et W. Donadieu, 
de Mazerac, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 

1. Un B. de Latour figure comme témoin dans plusieurs 
actes (Teulet, Layettes du Trésor des chartes, II, 408, 460, 
548; Hist. gén. de Languedoc, VIII, 502). Un Bernard de Latour 
était consul de Toulouse en 1204 [ibid., 506) et en 1205 [ihid., 
516, 527). 

2. Monastère de l'ordre de Fontevrault, au diocèse de Tou- 
louse. 



32 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Amen. Anno quo supra, viii idus julii. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum Ber. de Caucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in Tho- 
losana et Gaturcensi civitate^ et diocesi auctoritate 
apostolica deputati. Qtiia constat nobis per confes- 
siones in judicio factas Gausberti de Podio Lauren- 
cii, militis, et Ermersendis, uxoris Bernardi Mir 
Arezat, de Sancto Martino de Lalanda, diocesis Tho- 
lose, B. R* Arquerii de Monte Aibano, et W. Donadeu 
vel Nebias de Mazerac, diocesis Gatnrcensis, 

Quod prenominatus W. de Podio Laurencii vidit et 
adoravit pluries hereticos et eorum predicationes 
audivit pluries, comedit et bibit cum eis multociens, 
associavit eos, recepit ab eis munera, credidit here- 
ticos esse bonos homines et [non] dixit tempore gratie 
coram aliis inquisitoribus plenariam veritatem ; 

Prenominata etiam Ermersendis, uxor Bernardi Mir 
Arrezad^, militis, vidit et adoravit multociens hereti- 
cos, predicationes eorum audivit multociens, credidit 
hereticis et eorum erroribus, hereticacioni interfuit 
et negavit coram aliis inquisitoribus veritatem contra 
proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Bernardus R' Arquerii de 
Monte Aibano vidit et adoravit multociens hereticos, 
et eorum predicationes audivit multociens, recepit 
hereticos in domum suam, fecit eis cabanam et porta- 

1. Ms. : cwitatum. 

2. Appelé aussi en Arreznt [Confessions, bibl. de Toulouse, 
ms. GOU, 31 v", 33 r°, 33 v", 34 r°). Voy. la confession d'Ermes- 
sende [ibid., fol. 35 v°). Elle était la nièce de Roger de Latour, 
helvétique qualifié [ibid., fol. 140 v**). Voy. la confession de Ber- 
nard Mir, qui l'ocatur Avezads [ibid., fol. 30 r"). 



ET DE JEAN DE SAINT-IMERHE. 33 

vit eis pluries ad comedendum, duxit et associavit 
hereticos, et post abjuratam heresim vidit hereticos, et 
liberavit eos, et credidit herelicis et eorum erroribus;. 

Prenominatus etiam W. Donadeu vel Nebias de 
Mazerac^ vidit et adoravit multociens hereticos, cre- 
didit eos esse bonos homines, predicationes eorum 
audivit, comedit cum eis multociens, duxit et associa- 
vit hereticos usque in Lumbardiam : 

I[)Sos, nunc usos saniori consiho ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis 
quo tenebantur astricti ratione predicti criminis, si 
tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rint et mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquerunt, ipsos citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis assignata, communicato multorum prelato- 
rum et aliorum bonorum virorum consilio, ad pera- 
gendam condignam penitentiam in perpetuum carce- 
rem retrudi volumus et precipimus ibidem perpetuo 
comorari; et quod illam penitentiam compieant, injun- 
gimus eis in virtute prestiti juramenti. Si vero pre- 
dictam penitentiam facere noluerint, ipsos excom- 
municationis vinculo innodamus. Actum Tholose, in 
domo communi , in presentia Ar., prioris Sancti 
Saturnini, F., capellani ejusdem loci, Amelii, capel- 
lani Sancti Stephani, R., capellani Deaurate, Silvestri, 

1. Voy. sa confession à la date du 3 mars 1245 ^Doat, XXIII, 
fol. 209). 

3 



34 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

capellani de Viridi Folio, Ar., capellani de Podio Laii- 
rencii, A., capellani dels Gasers, Nepotis, clerici, 
R. Rainerii et Stephani Magistri, capitulariorum, et 
multorum aliorum, etc. 

XIII. — 15 juillet 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Bernard Alzeu, W. de Saint-Nazaire, 
Ermengard, femme de W. de Gouzens, de Saint-Martin-de- 
Lalande, Raymond Sicard, de Cambiac, Raymond Sauraa- 
tier, de Laurac, et Bernarde, femme de Bomacip Maurand, 
de Toulouse, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. AnnoDominiquo supra, idibusjulii. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas Bernardi Alzeu, filii quondam Ber. Alzeu, 
W. de Sancto Nazario, Ermengardis, uxoris W. de 
Gozenx, de Sancto Martino de Lalanda, R' Gicardi 
vel Vassaro de Gambiaco, R' Saumaterii de Lauraco, 
diocesis Tholose, et Bernarde, uxoris Boni Mancipii 
Maurandi, de Tliolosa, 

Quod prenominatus Bernardus Alzeu' vidit et ado- 
ravit multociens hereticos, et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis et de pane benedicto ab eis, 
duxit et receptavit eos, credidit eos esse bonos homi- 
nes, negavit veritatem coram aliis inquisitoribus et 
relapsus est in heresim abjuratam; 

1. Plusieurs témoins, de Saint-Martin-de-Lalande, avaient 
fait peser des charges sur lui [Confessions, bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 31 r°, 31 v% 32 r°, 33 r", 34 v% 39 v°). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 35 

Prenominatus etiam W. de Sancto Nazario^ audivit 
et adoravit muUociens hereticos et predicationem eo- 
rum audivit, receptavit eos et comedit cum eis, credi- 
dit eos esse bonos homines, negavit veritatem coram 
aliis inquisitoribus et rela[)sus est in heresim abju- 
ratam ; 

Prenominata etiam Ermengardis-, uxor W. de 
Gozenx, viditet adoravit multociens hereticos et pre- 
dicationem eorum audivit, recepit eos in domum 
suam, comedit cum eis et dédit eis de suo, credidit 
hereticis et eorum erroribus et relapsus (sic) est in 
heresim abjuratam; 

Prenominatus etiam R. Gicardi vel Vasaro^ vidit et 
adoravit hereticos, credidit eos esse bonos homines, et 
negavit coram nobis et aliis inquisitoribus veritatem 
contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam R"^ Saumater'^ vidit et ado- 
ravit multociens hereticos, comedit cum eis pluries, 
servivit et ministravit eis, duxit eos et credidit eos 
esse bonos homines et relapsus est in heresim abju- 
ratam ; 

Prenominata etiam Bernarda, uxor Boni Man- 
cipii Maurandi, vidit et adoravit multociens here- 
ticos, et audivit multociens predicationem eorum, 
comedit cum eis, dédit eis de suo, receptavit eos, 

1. L'enquête avait révélé bien des méfaits à sa charge [ibid., 
fol. 31 r", 31 V, 32 v°, 33 v°, 35 r°, 38 r«, 38 v"). 

2. Elle avait été accusée dans plusieurs dépositions [ibid. y 
fol. 40 v°, 41 r°). Voy. sa confession [ibid., fol. 41 r°). 

3. Voy. la confession de Raymond Sicard [ibid., fol. 239 r°). 

4. Voy. sa confession [ibid., fol. 72 v°). A la marge du ms. : 
Relapsiis. 



36 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

credidit hereticos esse bonos homines, et non dixit 
tempore gratie coram aliis inquisitoribus plenariam 
veritatem : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in pri- 
mis omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ecclesie, a vinculo excommuni- 
cationis quo ratione predicti criminis tenebantur 
astrieti, si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde 
bono redierint et mandata sibi injuncta compleverint. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis 
temere deliquerunt, ipsos citatos coram nobis com- 
parentes die sibi ad recipiendam penitentiam super 
crimine heresis assignata, communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, ad 
peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
petuo comorari; et quod istam penitentiam compleant, 
injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si vero 
predictam penitentiam facere noluerint, ipsos excom- 
municationis vinculo innodamus. Actum Tholose, in 
claustro Sancti Saturnini, in presentia Ar., prioris 
ejusdem loci, Amelii, capellani Sancti Stephani, For- 
tis, capellani Sancti Saturnini, R., capellani Deal- 
bate, Silvestri, capellani de Viridi Folio, Nepotis de 
Davin[i]a clerici. Boni Mancipii Maurandi^ Poncii 
Magistri, Bertrandi d'Esqualquenx, capitulariorum 
Tholose, et multorum aliorum de clero, etc. 

1. Le même sans doute que le Bomacip Maurand, qui est par- 
tie dans un acte de 1243 (Teuiet, Layettes, II, 507). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 37 

XIV. — 27 juillet 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. 
— Sentence portant condamnation pour hérésie et pronon- 
çant la confiscation des biens contre Bernard de Roqueville, 
seigneur des Cassés, W. Marchant et Cortèse, sa sœur, de 
Toulouse. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifix! . 
Amen. Anno Domini ]VI°CG°XL° sexto, xi kal. augusti. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio 
et Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice 
pravitatis in civitate et diocesi Tholosana auctoritate 
apostolica deputati. Gum constet nobis per confessio- 
nes proprias in judicio factas Bernardi de Rocovilla^ 
militis, domini dels Gassers, Tholosane diocesis, W. 
Mercatoris et Gortesie, sororis ejus, civium Tliolose, 

Qiiod prenominatus Bernardus de Roco villa viderit 
et adoraverit pluries hereticos, duxerit et associaverit 
eos, dederit eis et receperit ab eis munera, comede- 
rit cum eis, predicationem eorum audiverit, credidit 
eos esse bonos homines, recepit eos in domum suam 
et negavit tempore gratie aliis inquisitoribus verita- 
tem et noluerit facere injunctam sibi a nobis peniten- 
tiam pro predictis; 

Et quod prenominatus W. Mercator viderit et ado- 
raverit multociens hereticos, comederit cum eis et 
eisdem servierit, duxerit hereticos ad hereticandam 
quandam personam, et hereticationi interf'u[er]it et 
relapsus sit in hefrejsim abjuratam; 

Et quod prenominata Gortesia, soror W. Mercatoris, 
viderit et adoraverit multociens hereticos, receptaverit 
eos, crediderit eos esse bonos homines, dederit eis de 

1. Voy. plus haut, sentence VIT. 



38 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

suo et relapsa sit in he[re]sim abjuratam ; et propter hoc 
ad agendam penitentiam obiigati juramento prestito 
corporali non velint ad arbitrium Ecclesie facere peni- 
tentiam pro crimine memorato, die sibi ad audiendam 
diffinitivam sententiam super crimine heresis peremp- 
torie assignata et aliis rite actis, communicato [mui- 
torum prelatorum et aliorum] bonorum virorum con- 
siiio, ipsos légitime citatos, set per contumaciam 
absentes, per diffinitivam sententiam tanquam here- 
ticos condempnamus et bona ipsorum decernimus 
occnpanda, excommunicantes eos et omnes qui dein- 
ceps scienter eis dederint consilium, auxilium vel 
favorem. Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, 
in presentia Ste., archipresbyteri Lauriacensis, W. de 
Goncoutz, capellani Gaturci, P., prioris de Narbone 
Predicatoribus ^ Ar., prioris Sancti Saturnini, F., 
capellani ejusdem loci, R', capellani Deaurate, Amelii, 
capellani Sancti Stephani et multorum aliorum de 
clero, etc. 

XV. — 22 juillet 1246, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Pierre Benoît, Raymond Alboara, 
Pierre-Raymond de Ravat, de Laurac, et Pons Pages, de 
Roumens, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, xi. kal. augusti. Nos, fratres 
ordines Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 

1. « Petrus de Caussa Mira A.relatensis dictus Fortis Roboam 
et predicator bonus. » (Bernard Gui, Fundacio et priores con- 
ventus Narbonensis, dans mon opuscule : C Albigéisme et les 
frères Prêcheurs à Narbonnc au XII I'^ siècle, 114 p. Paris, 
Picard, 1894, in-S".) 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 39 

Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et dyocesi Tholosaiia auctoritate apostolica deputati. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio factas 
Pétri Bencdicti, R' Alboarra, Pétri R' de Ravato, de 
Lauraco, et Poncii de la Paiesa de Romenx, Tholo- 
sane dyocesis, 

Quod prenominatus Petrus Benedicti^ postquam 
abjuravit heresim, vidit et adoravit muitociens here- 
ticos et audivit predicationem eorum, comedit cum 
eis et de pane benedicto ab eis, dédit eis de suo, acce- 
pit pacem ab eis, credidit eos esse bonos homines, et 
negavit coram aliis inquisitoribus veritatem contra 
proprium juramentum; 

Prenominatus etiam R"' Alboara^, fîlius Pétri 
Alboarra, vidit et adoravit muitociens hereticos, 
audivit predicationem eorum, pacem ab eis accepit, 
hereticationi interfuit, et credidit hereticos esse bonos 
homines a paucis annis citra; 

Prenominatus etiam P. R' de Ravato^ vidit muito- 
ciens hereticos, adoravit eos, audivit predicationem 
eorum muitociens, credidit eos esse bonos homines et 
negavit veritatem, et post abjuratam heresim vidit plu- 
ries hereticos et in pluribus locis; 

Prenominatus etiam Poncius de la Pagesa^, post- 
quam abjuravit heresim, vidit et adoravit hereticos, 
portavit eis panem et vinum, credidit hereticos esse 
bonos homines et negavit coram nobis et aliis inqui- 

1. Voy. sa confession (bibl, de Toulouse, ms. 609, fol. 192 v°). 

2. Voy. sa confession [ibicL, fol. 194 r°). Voy. aussi la confes- 
sion de son père [ibld., fol. 75 r") et de sa tante [ibid.]. 

3. Les Ravat étaient fort compromis [ibid., fol. 72 r"). 

4. ^oy. sa confession [ibid., fol. 220 r"). 



40 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

sitoribus veritatem contra proprium juramentum : 
Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis qiio 
ratione predicti criminis tenebanlur astricti, si vero 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos coram nobis comparentes légitime citatos 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptorie assignata, communicato multo- 
rum prclatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ad peragendam penitentiam condignam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
petuo comorari ; et quod istam penitentiam com- 
pleant, injungimus eis in virtute prestiti juramenli. Si 
vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus. Actum Tho- 
lose, in claustro Sancti Saturnini, in presentia testium 
predictorum. 

XVI. — 26 août 1244, Cahors, dans l'église Saint-Etienne. — 
Sentence par laquelle Aymeric Bressols, de Castelsarrasin. 
est condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M° CC'XL^Ilir, vii° kal. septem- 
bris. Nos, fratres ordinis Prcdicatorum B. de Caucio 
et Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pra- 
vitatis in Agennensi et Gaturcensi dyoccsi, de Villa- 
muro et de Villalonga archidiaconatibus dyecesis Tho- 
losane auctoritate apostolica deputati. Quia constat 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 41 

nobis per confessionem Aimerici de Bressols de Cas- 
tro Sarracenico', diocesis Tholose, in judicio fac- 
lam, ipsum hereticos adorasse, predicationem eorum 
audivisse et eorum erroribus credidisse, que omnia 
juratus et requisitus sepius uegaverat coram iiobis, et 
postmodum metu probationis predicta omnia recogno- 
vitesse vera, coram nobis in judicio constitutus; nunc 
vero usum saniori consilio ad unitatem Ecclesie, prout 
asserit, de corde [bono] et fîde non ficta redire volen- 
tem, ipsum, in primis omni heretica pravitate abju- 
rata, absolvimus, secundum formam Ecclesie, a vinculo 
excommunicationis quo ratione predicti criminis tene- 
batur astrictus^, si tamen ad ecclesiasticam unitatem 
de l^ono corde redierit et mandata sibi injuncta ser- 
vaverit. Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam pre- 
dictis modis temere peccaverit, ipsum légitime cita- 
tum die sibi ad audiendam diffinitivam sententiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, com- 
municato bonorum virorum consilio, ad peragen- 
dam condignam penitentiam in perpetuum carcerem 
retrudi volumus et precipimus ibidem'^ perpetuo 
commorari ; et quia juravit stare mandatis nostris 
super premissis, quod istam penitentiam compleat 
injungimus ei in virtute prestiti juramenti. Si vero 
ipsam penitentiam facere noluerit, ipsum excommu- 
nicationis vinculo innodamus et omnes ipsum reci- 
pientes et dantes sibi consilium, auxilium vel favorem. 
Actum Gaturci, in ecclesia Sancli Stephani, presenti- 

1. Voy. Doat, XXII, fol. 10, 38, où se trouvent des accusa- 
tions formulées contre lui. 

2. Ms. : tenebantur astricti. 

3. Ms. : eundein. 



42 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

bus G. de Gordo, priore, Fortanerio, archidiacono de 
Cornes, Hectore, sacrista, R. Arcambal, Bencher Joan, 
B. Fabre, B. de Lues, consulibus', W. Austorg, 
baiulo, W. de Sart, Bertrando de Lart, burgensibus 
Gaturci, W. de Goncoutz, R., priore de Gastro Sarra- 
cenico, Ber. de Ladinhac, et pluribus aliis^. 

XVII. — 11 août 1247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Pons de Latour le Jeune et Sicard de 
Beaufort, de Laurac, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M° GC^XL^VIf, iif idus augusti. 
Nos, fratres ordinis Predicatorum Ber. de Gaucio et 
Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravi- 
tatis in civitate et dyocesi Tholosana auctoritate apos- 
tolica deputati. Quia constat nobis per confessiones in 
judicio factas Poncii de Turre juvenis, filii quondam 
Rogerii de Turre, et Sicardi de Bello Forti vel de 
Insula, de Lauraco, Tholosane diocesis, 

Quod prenominatus Poncius^ vidit et adoravit mul- 
tociens hereticos, predicationem eorum audivit, come- 
dit cum eis, credidit eos esse bonos homines, et 
negavit veritatem coram nobis contra proprium jura- 
mentum ; 

Prenominatus etiam Gicardus^ vidit et adoravit mul- 

i. Ms. : consiilimus. 

2. Ms. : plurcs alii. 

3. Voy. sa confession, le 12 juillet 1245 (bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 71 v°). 

4. Seigneur de Montmaur. Il avait caché chez lui R. Barte, 
son parent, qui, ayant été arrêté par l'évêque de Lectoure, 
s'était échappé (/(Ç'iW., fol. 131 v'^j. Voy. contre R. Barte, fol. 73r% 
75 r°. Il avait pendu deux sergents de l'archiprêtre du Laura- 



ET DE JEAN DE SAIM-PIEIIRE. 43 

tocieiis hereticos, predicatioiiern eoruin audivit, dédit 
eis de suo, comedit de pane ab eis benedicto, recep- 
tavit eos, credidit eos esse borios homines et relapsus 
est in heresim abjuratam : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurala, absolvimus, secundum 
i'orniam Ecclesie, a vinculo excoinmunicationis quo 
ratione predicti crimiiiis tenebantur astrieti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos légitime citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis assignata peremptorie, et aliis rite actis, com- 
municato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 
tentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et 
precipimus ibidem perpetuo commorari; et quod 
istam penitentiam compleant, injungimus eis in virtute 
prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
facere noluerint, ipsos excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum apud Tholosam, in claustro Sancti 
Saturnini, in presentia Ar., prioris, R. de Vernaus, 
P. de Drudas, canonicorum, W., capellani de Manso, 
magistri P., archipresbyteri de Garamanno, archi- 
presbyteri de Monte Astrug\ R., capellani Béate 

guais parce qu'ils avaient arrêté sa mère avec six femmes 
hérétiques [ibid., fol. 75 v°. Cf. fol. 76 r°). Voy. la confession 
de Sicard de Beaufort [ibid., fol. 73 r*"). 

1. Nom de l'archiprêtre de Montastruc omis. 



44 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Marie Deaurate, F., capellani Sancti Saturnini, P. Ari- 
berti, et multorum aliorum. 

XVÏII. — 18 août 1247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Raymonde, veuve de R.-Jean, Marie, 
veuve de Hugues, W. Atho, Bertrand de Latour, Bérengère, 
veuve d'Assalit de Monts, Lombarde, veuve de Raymond 
Aymeric de Causses, de Toulouse, Pons Barrau, du Mas- 
Saintes-Puelles, et Ermengarde, femme de Pons de Latour, 
de Laurac, sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesii Christi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M^GC^XL" septimo, xv kal. sep- 
tembris. Nos, fratres ordinis Predicatorum B. de Gau- 
cio et Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice 
pravitatis in civitate et dyocesi Tholosana auctoritate 
apostolica deputati. Quia constat nobis per confes- 
siones in judicio factas Raimunde, uxoris quondam 
R* Johannis, Marie, uxoris quondam Hugonis, W. Atho- 
nis, Bertrandi de Turre, Berengarie, uxoris quondam 
Assalliti de Montibus, Lombarde, uxoris quondam 
R' Aimerici de Gossas, de Tholosa, Poncii Barravi, de 
Manso Sanctarum Puellarum, et Ermengardis, uxoris 
Poncii de Turre, de Lauraco, Tholosane diocesis, 

Quod prenominata Raimunda vidit pluries hereticos 
et adoravit eos, credidit eos esse bonos homines et 
celavit veritatem aliis inquisitoribus contra proprium 
juramentum; 

Prenominata etiam Berengaria vidit et adoravit plu- 
ries hereticos, predicationem eorum audivit, recepta- 
vit eos, hereticacioni interfuit, persolvit legatum cujus- 
dam perfecte hereticate liereticis, credidit hereticos 
esse bonos homines et celavit aliis inquisitoribus veri- 
tatem contra proprium juramentum ; 



ET DE JEAN DE SAINT-PIEURE. 45 

Prenominata etiam Lombarda de Cossas vidit et ado- 
ravit hereticos, hereticationi cujusdam persone inter- 
fuit, et non venit tempore gratie coram aliis inquisi- 
toribus; 

Prenominata etiam Maria vidit et adoravit multo- 
ciens hereticos, predicationem eorum audivit mul- 
tociens, receptavit eos, comedit cum eis, dédit eis 
de suo, accepit pacem ab eis, credidit eos esse 
bonos homines, aparellamentis hereticorum interfuit, 
fecit questum ad emendum pannum cum quo sepeli- 
retur quidam hereticus mortuus, et non venit tempore 
gratie coram aliis inquisitoribus ; 

Prenominatus etiam Bertrandus de Turre vidit et 
adoravit multociens hereticos, audivit predicationem 
eorum, associavit eos, hereticationi interfuit, credidit 
hereticos esse bonos homines, celavit aliis inquisitori- 
bus veritatem et non venit tempore gratie coram eis ; 

Prenominatus etiam Poncius Barra vi* vidit et ado- 

1. Les habitants du Mas-Saintes-Puelles qui firent leur con- 
fession ou déposition devant les inquisiteurs chargèrent beau- 
coup cet hérétique de marque (bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 1 r°, 7 v", 8 r", 15 r°, 18 r°, 22 v°). Voy. sa déposition, 
fol. 25 r°. En regard, à la marge du ms. : « Suspectus est, et 
ditior quam aliquis de Manso. » Par ses lettres du 24 dé- 
cembre 1248 (anno sexto), Innocent IV le fit rendre à la 
liberté, lui et quelques autres, par son pénitencier : « Vene- 
rando in Christo Patri Dei gratia episcopo Tholosano, frater 
Algisius, domini Pape penitentiarius et capellanus, salutem 
in Domino. Noverltis nos Domini Pape récépissé litteras 
in hac forma : Inxocentius Episcopus, servus servorum Dei, 
dilecto filio fratri Algisio, penitentiario et capellano nostro, 
salutem et apostolicam benedictionem. Cum sicut quibus- 
dam ecclesiarum prelatis et aliis fide dignis accepimus inti- 
mantibus, Pelrus de Sancto Michaele et Michaela filia sua, 



46 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

ravit hereticos, credidit hereticos esse bonos homines, 
et negavit coram nobis et aliis inquisitoribus verita- 
tem contra proprium juramentum ; 

Prenominata etiam Ermengardis, uxor Poncii de 

Bernardus Hugonis et Vesiada, uxor sua, Gaubertus de Podio 
Laurentio, Pontius Barravi et Arnaldus de Miglos Tholosane 
diocesis, sponte confessi hereticam pravitatem, ab inquisîto- 
ribus pravitatis hujusmodi in illis partibus a Sede Apostolica 
deputatis fuerint immurati, et aliqui eorum jam sexagenarii 
asperitatem carceris per quator annos et amplius, quidam non 
[corr. : vero) per annum et dimidium, sustinuerint patienter, 
nos, eorumdem prelatorum et aliorum supplicationibus incli- 
nât!, presentium tibi auctoritate committimus prefatos P. et 
alios ab hujusmodi liberari caixere facias, ac eis per te vel 
per alios injungas, sicut animarura suarum saluti expedire 
videris, penitentiam salutarem, ita quod penam sustinere car- 
ceris, vel déferre crucem seu ultra mare proficisci, ex hujus- 
modi penitentia minime teneantur, inquisitione, si qua contra 
ipsos auctoritate nostra est habita, non obstante. Datum Lug- 
duni, IX kls. januarii pontificatus [nostri] anno sexto. — Atten- 
dentes igitur angustias et langores que patiuntur, et [quod] 
mundo corde diu sub immurationis duritia sustinendo famam 
preteriti temporis quorumdam obtractione perditam redeme- 
rint, cum super fide et credulitate recta per multos fide dignos 
laudabilibus testimoniis commendentur, et apud nos Terre 
Sancte subveniri fecerint competenter, prout in aliis litteris, 
quas vobis per eosdem mittimus videbitis contineri, ut raan- 
datum apostolicum juxta debitum exequamur, Paternitati ves- 
tre auctoritate domini Pape qua fungimur in hac parte, com- 
mittimus quatenus predictos viros et mulieres a carcere ubi 
de mandato inquisitorum ipsorum inclusi detinentur facientes 
educi et eductos proprie liberlati donari, eis injungatis que 
ipsorum saluti et fidei firmitati videbitis expedire, ita tamen 
quod pena carceris, delationc crucis, transfretandi coactione, 
bonorum publicatione seu alia pena notabili contra eos nulla- 
tenus procedatis, inquisitione vel processu aliquibus nonobs- 
tantibus apostolica vel etiam ordinaria habitis contra eos. 



ET DE JEAN DE SAINT-PÎERRE. 47 

Tiirre, vidit et adoravit multociens hereticos, audivit 
predicationem eorum et credidit hereticos esse bonos 
homines, postquam alii inquisitores venerunt apud 
Lauracum pro inquisitione contra hereticos facienda : 
Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata , absolvimus , secundum 
formam Ecclesie, a vinciilo excommunicatioiiis quo 
ratione predicti criminis tenebantiir astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rint et mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deHquerunt, ipsos légitime citatos coram nobis com- 
parentes die sibi ad recipiendam penitentiam super 
crimine heresis peremptorie assignata, et ahis rite 
actis, communicato multorum prelatorum et aiiorum 
bonorum virorum consiho, ad peragendam condignam 
penitentiam in perpetuum carcerem retrudi volumus 
et precipimus ibidem perpetuo commorari ; et quod 
istam penitentiam compleant, injungimus eis in vir- 



Datuin Lugduni, v. kls. januarii pontificatus domini Inno- 
centii Pape quarti anno sexto » (Doat, XXXI, fol. 152 v°). — 
Pierre de Saint-Michel, Micliaële, Bernard Hugues et Vesiade 
avaient été condamnés à la prison perpétuelle par les inquisi- 
teurs Fenner et Durand, Castres, 16 août 1244 (Doat, XXI, 
fol. 315). Plusieurs témoins avaient fait peser des charges sur 
Gaubert de Puylaurens (Doat, XXIV, fol. 128, 13G v», 147), 
dont la sœur était hérétique (sa confession, ibid., fol. 135 v°). 
Pour Armand de Miglos, voy. ses confessions du 24 mai 1244, 
du 15 décembre 1246 et du 22 mars 1247 (n. st.) (Doat, 
XXIV, fol. 193, 246 v°, 248 v°). Sa fille Brunissende avait été 
poursuivie (sa confession du 29 janvier 1248 (n. st.), ibid., 
fol. 264). 



48 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

tute prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
facere noluerint, ipsos excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum in claustro Sancti Saturnini, Tho- 
lose, in presentia Ar., prioris Sancti Saturnini, Ar., 
prioris de Savarduno, S., archipresbyteri de Lauraco, 
F., capellani Sancti Saturnini, R', capellani de Fano 
Jovis, P. Ariberti et multorum aliorum. 

XIX. — 18 août 1247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence déclarant hérétiques Pierre Benoît, de Laurac, 
P. Babau, des Barelles, W. Etienne, de Gaure, et Pons 
Pages, de Roumens, qui, condamnés à la prison perpétuelle, 
refusent de faire leur peine, et prononçant la saisie de leurs 
biens. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini quo supra, xv kal. septembris. 
Nos, f'ratres ordinis Predicatorum B. de Caucio et 
Johannes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravi- 
tatis in civitate et diocesi Tholosana auctoritate apos- 
tolica deputati. Cum Petrus Benedicti* de Lauraco, 
P. Babali de Berrellis-, W. Stephani de Gaure^ et 
Pondus de na Pagesa de Romenx^, Tholosane diocesis, 
de heresi plurimum diffamati, per confessiones pro- 
prias in judicio factas in heresi manifeste deprehensi, 
et propter hoc ad agendam penitentiam obhgati et ad 
murum perpetuum condempnati juramento prestito 
corporaU, non vehnt ad arbitrium Ecclesie injunctam 
sibi penitentiam facere pro crimine memorato, die 
sibi ad audiendam diffinitivam sententiam super cri- 

1. Sentence XV. 

2. Sentence VII. 

3. Sentence II. , 

4. Sentence XV. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIËIIKE. 49 

mine lieresis peremptorie assignata et aliis rite actis, 
communicato bonoruni virorum consilio, ipsos légi- 
time citatos set per contiimaciam absentes, per diffi- 
nitivam sententiam tanquam hereticos condempnamus 
et bona ipsorum decerniinus occupanda, excommuni- 
cantes eos et omnes qui deinceps scienter eis dederint 
consilium, auxilium vel favorem. Testes propedicti in 
alia sententia. 

XX. — 25 août 1247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence condamnant W. Bocadase, Raymond Belicens le 
Vieux, W., femme de Willem do Calhavel, de Fanjeaux, 
P. d'Alaman, P. Albaric, du Mas-Saintes-Puelles, P. Donat, 
de Verfeil, Ar. des Plans, R. -Pierre des Plans, Pons des 
Plans, frères, de Toulouse, à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, vm kal. septembris. Nos, 
fratrcs ordinis Predicatorum B. de Caucio et Johannes 
deSanctoPetro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
late et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas W. Bocadase*, R^ Belicen senioris, W% uxoris 
Willelmi de Galliavello, de Fano Jovis, P. d'Alamans, 
P. Albaric, de Manso Sanctarum Puellarum, Pétri 
Donati, de Viridi Folio, diocesis Tholosane, Ar. de 
Planis, R' Pétri de Planis et Poncii de Planis, fratrum, 
de Tholosa, 

Quod prenominatus W. Bocadase vidit, recepta- 
vit et adoravit multociens hereticos et audivit pre- 

1. Souvent accusé dans les confessions (bibl. de Toulouse, 
I ms. 609, fol. 150 r", 150 v% 151 v", 152 r% 154 r», 157 v»). Sa 
maison élail le rondez-vous ordinaire des ministres dualistes. 

4 



50 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

dicationem eorum, comedit de pane benedicto ab 
eis, credidit eos esse bonos homines, hereticationi 
interfuit, negavit veritatem aliis inquisitoribus , et 
post heresim abjuratam vidit hereticos et non cepit 
nec revelavit eos; 

Prenominatus etiam R"' Belisen senior' vidit et 
adoravit multociens hereticos, receptavit eos, et audi- 
vit predicationem eorum, comedit cum eis, pacem ab 
eis accepit, credidit eos esse bonos homines, dédit eis 
et recepit ab eis, et post abjuratam heresim vidit here- 
ticos et misit eis multociens neccessaria; 

Prenominata etiam Willelma, uxor W. de Galha- 
velio^, vidit et adoravit multociens hereticos, recepit 
eos in domum suam, comedit de pane benedicto ab 
eis, credidit eos esse bonos homines, hereticationibus 
interfuit et relapsa est in heresim abjuratam; 

Prenominatus etiam P. d'Alamans^ vidit et adoravit 
hereticos, credidit eos esse bonos homines et negavit 
veritatem coram nobis contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam P. Albaric* vidit et adoravit 
hereticos, audivit predicationem eorum, credidit eos 

1. Voy. bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 151 r% 155 r''. Con- 
fession de Raymond Belissens le Jeune, fol. 153 r°. 

2. Les Calhavel de Fanjeaux se montraient très partisans des 
hérétiques [ibid., fol. 154 r", 155 r«, 155 v% 15G r°, 162 r°, 
163 v% 166 r°). 

3. On trouve aussi la forme « Alamans » [ibid., fol. 12 r°), ou 
« Alanian » (voy. une de ses confessions, ibid., fol. 13 r"). Les 
Alamans étaient deux frères, Pierre et Pons, également compro- 
mis. C'est Ar. Jorda qui avait arrêté Pons. A la marge du ras. : 
« Frater Poncii Alaman, quem tenere fecit Ar. Jorda, catho- 
licus. » 

4. Il avait comparu précédemment devant Fr. Ferrier, à Sais- 
sac, Aude. Voy. sa confession [ibid., fol. Gv"). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIEURE. 51 

esse bonos homines et negavit coram nobis verilatem 
contra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam P. Donati vidit et adoravit mul- 
tociens liereticos, rccepit eos in domum suam, credi- 
dit hercticis et eorum erroribus, et relapsus est in 
heresim abjuratam; 

Prenominatus etiam Ar. de Planis vidit et recepit 
in domo in qua manebat hereticos, adoravit eos plu- 
ries, et audivit predicationem eorum, comedit cum 
eis et habuit in cura sua quendam hereticum, negavit 
coram nobis et aliis inquisitoribus veritatem contra pro- 
prium juramentum et non venit tempore gratie coram 
aliis inquisitoribus pro confessione de heresi facienda; 

Prenominatus etiam R"* Pétri de Planis^ vidit in 
domo in qua manebat multociens hereticos jacentes et 
comedentes, et audivit predicationes eorum, associa- 
vit eos et adoravit eos pluries, credidit hereticis et 
eorum erroribus, scripsit hereticis pro precio, negavit 
veritatem coram nobis contra proprium juramentum 
et non venit tempore gratie coram ahis inquisitoribus 
pro confessione de heresi facienda; 

Prenominatus etiam Pohcius de Planis vidit multo- 
ciens hereticos, adoravit eos, ut crédit, comedit^ cum 
eis, associavit eos et audivit predicationem eorum, 
credidit liereticis et eorum erroribus et negavit veri- 
tatem coram nobis contra proprium juramentum et 
non venit tempore gratie coram aliis inquisitoribus 
pro confessione de heresi facienda : 

1. Un Raimundus Petrus de Planis rédige une ctiarte en 
1243, cartamistam scripsit (ïeulet, Layettes, II, 514). Serait-ce 
le même ? 

2. Ms. : comcdis. 



52 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Ecclesie, 
prout asserunt, redire volentes, in primis omni here- 
tica pravitate abjurata, absolvimus, secundum for- 
mam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticani unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos légitime citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptorie assignata, et aliis rite actis, com- 
municato multorum prelatorum et aliorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere nolue- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, in pre- 
sentia Ar., prioris Sancti Saturnini, F., capellani 
ejusdem loci, Ar., prioris de Savarduno, R., capel- 
lani Deaurate, P. de Drudas, canonici, P. Ariberti 
et multorum aliorum. 

XXI. — 1^'' septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle W. Donat, de Toulouse, et 
Raymonde, sa mère, et Gauzio, de Cumiers, sont condamnés 
à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jliesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno quo supra, kal. septembris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sanclo Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 



ET DE JEAN DE SATNT-PIERRE. 53 

tate el dyocesi Tholosana auctoritatc apostolica dcpu- 
tati. Quia constat nobis per confessiones in judicio 
factas W. Donati de Tholosa et Raimunde, matris 
ejus, et Gauzionis de Gutmerio Tholosane diocesis, 

Quod prenominatus W. Donati vidit et adoravit 
multociens hereticos, credidit eis et eorum errori- 
bus, negavit veritatem coram nobis et relapsus est 
in heresim abjuralam; 

Prenominata etiam Raimunda vidit et recepit 
hereticos in domum suam, adoravit eos multociens, 
dédit eis ad comedendum, comedit cum eis in eadem 
mensa et de pane benedicto ab eis, credidit hereticos 
esse bonos homines et negavit veritatem coram nobis 
contra proprium juramentum; 

Prenominata etiam Gauzio^ vidit, receptavit et ado- 
ravit multociens hereticos et audivit predicationem 
eorum, dédit eis de suo, comedit de pane ab eis 
benedicto, hereticationi interfuit, credidit hereticis et 
eorum erroribus, et, postquamabjuravit heresim coram 
aliis inquisitoribus, vidit et celavit hereticos in domo 
sua : 

Ipsos, nunc usos saniori consilioadunitatemEcclesie, 
prout asserunt, redire volentes, in primis omni here- 
tica pravitateabjurata, absolvimus, secundum formam 
Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo ratione pre- 
dicti criminis tenebantur astricti, si tamen ad ecclesias- 
ticam unitatem de corde bono redieriht et mandata 
sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum et Sanc- 
tam Ecclesiam predictis modis temere dehquerunt, 

1. Voy. sa confession (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 142 v°). 
Elle recevait 1rs hérétiques dans sa maison du Mas-Saintes- 
Puelles (Doat, XX1\ , fol. 120 v"). 



54 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

ipsos légitime citotos coram nobis comparentes die 
sibi ad recipiendam penitentiam super crimine heresis 
peremptorie assignata, et aliis rite actis, communicato 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consiiio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpétue comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere 
noluerint, ipsos excommunicationis vinculo innoda- 
mus. Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, in 
presentia Ar., prioris, F., capellani Sancti Satur- 
nini, R., capellani Deaurate, A., capellani Sancti Ste- 
phani, et multorum aliorum in generali sermone. 

XXII. — 1" septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle injonction est faite à R.-i?ierre 
de Saint-Jean-l'Herm d'avoir à purger sa condamnation à la 
prison perpétuelle. 

Anno et die predictis. Raimundo Pétri de Sancto 
Johanne de Heremo, quia vidit et adoravit hcreticos, 
credidit eos esse bonos homines, fuit condempnatus 
pro heresi et relapsus est in heresim abjuratam, injun- 
gimus quod intret domum carceris, ibidem perpetuo 
moraturus ad penitentiam peragendam. Testes prope- 
dicti. 

XXÏII. — 8 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle W. de Saint-Nazaire, de Saint- 
Martin-de-Lalande, et R. Saumater, de Laurac, refusant de 
faire la peine de la prison prononcée contre eux, sont décla- 
rés hérétiques et leurs biens confisqués. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 55 

Amen. Anno quo supra, vi° idus septembris. Nos, fra- 
tres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in 
civitate et diocesi Tholosana auctoritate apostolica 
deputati. Giini W. de Sancto Nazario de Sancto Mar- 
tino de la Landa et R"^ Saumaterii de Lauraco, dyocesis 
Tholosane, ad nnurum perpetuum exigentibus suis cul- 
pis^ pro heresi condempnati, et diucius expectati, 
non velint penitentiam facere sibi datam, ad quam 
peragendam se obligaverunt juramento prestito cor- 
porali, communicato multorum prelatorum et aliorum 
bonorum virorum consilio, ipsos légitime citatos, set 
per contumaciam absentes, per diffinitivam senten- 
tiam tanquam hereticos condempnamus, et bona ipso- 
rum decernimus occupanda, excommunicantes eos et 
omnes qui deinceps scienter eis dederint consilium, 
auxilium vel favorem. Actum Tholose, in claustro 
Sancti Saturnini, in presentia Ar., prions, F., capcl- 
lani Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, et mul- 
torum aliorum in generali sermone. 

XXIV. — 15 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle W. Guilaud, de Belcastel, et 
Pierre Baret, de Saint-Anatholi, sont condamnés à la pri- 
son perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, xvii*^ kal. octobris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, incjuisitores heretice pravitatis in civitate 
et diocesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 

1. V^oy. sentence XIII. 



56 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Quia constat nobis per confessiones in judicio factas 
W. de Guitaud de Bello Castro et Pétri Baret^ de 
Sancto Anatholio, dyocesis Tholosane, 

Quod prenominatus W. vidit, receptavit et adoravit 
multociens hereticos, et audivit predicationem eorum, 
diixit et associavit eos, servivit eis, dédit et misit eis 
de suc, apparellamentis hereticorum interfuit, pacem 
ab eis accepit, comedit de pane ab eis benedicto mul- 
tociens, credidit hereticis et eorum erroribus et relap- 
sus est in heresim abjuratam; 

Prenominatus etiam Petrus Baret vidit et adoravit 
multociens hereticos, audivit predicationem eorum, 
dédit eis de suo, recepit hereticos condempnatos 
in domum suam, credidit hereticis et eorum erro- 
ribus, negavit coram nobis et aliis inquisitoribus 
veritalem contra proprium juramentum, et relapsus 
est in heresim abjuratam : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire voientes, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis, 
quo ratione predicti criminis tenebantur astricti, 
si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierint et mandata sibi injuncta compleverint. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis 
modis temere deliquerunt , ipsos légitime citatos 
coram nobis comparentes die sibi ad recipiendam 
penitentiam super crimine heresis peremptorie assi- 
gnata, et aliis rite actis, communicato multorum pre- 
lalorum et aliorum bonorum virorum consilio, ad 

1. Barot (sentence XXX). 



[■, É 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 57 

peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
pétue commorari ; et quod istam penitentiam com- 
pleant, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. 
Si vero predictam penitentiam facere noiuerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus. Actum Tiio- 
lose, in claustro Sancti Saturnini, in presentia Ar., 
prioris, et P. de Drudas, canonicorum, R., capellani 
Deaurate, Pétri Ariberti et multorum aliorum. 

XXV. — 29 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Scr- 
nin. — Sentence par laquelle Isar Mercadier, de Montca- 
brier, et W. Sedasser, de Laurac, sont déclarés hérétiques 
et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, m kal. octobris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et diocesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio factas 
Isarni Mercaderii de Monte Caprerio et W. Cedacerii 
de Lauraco Tholosane diocesis, 

Quod prenominatus Isarnus vidit et adoravit mul- 
tociens hereticos et audivit predicationem eorum, 
duxit eos et portavit eis ad comedendum multo- 
ciens, credidit hereticis et eorum erroribus; 

Prenominatus etiam W. Cedacerii ^ postquam abju- 

1. Bernard Sedasser et chacun de ses quatre fils, Géraud, 
Bernard, Willem et Raymond, appartenaient à l'hérésie corps 
et âme [Confessions, bibl. de Toulouse, ms. 600, fol. 76 v°, 78 r°, 
79 v°). Voy. la confession de llayniond Sed3isser[ibid., fol. 77 v°. 
Cf. fol. 191 v°). Voy. aussi la confession de Bernard Sedasser le 



58 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

ravit heresim coram aliis inquisitoribus, vidit et ado- 
ravit pluries hereticos, et credidit hereticis et eorum 
erroribus ; 

Et propter hoc ad agendatn penitentiam obligati 
juramento prestito corporali et légitime citati ad reci- 
piendam penitentiam super premissis, et assignata sibi 
die non comparuerint coram nobis, ipsos ad audiendam 
diffinitivam sententiam pluries peremptorie citatos, 
set per contumaciam absentes, communicato multo- 
rum prelatorum et aliorum bonorum virorum consi- 
lio, per diffinitivam sententiam tanquam hereticos con- 
dempnamus et bona ipsorum decernimus occupandai, 
excommunicantes eos et omnes qui scienter eis dein- 
ceps dederint consiHum, auxiUum vel favorem. Actum 
in claustro Sancti Saturnini, Tholose, in presentia 
A., prioris, F., capellani ejusdem loci, P. de Drudas, 
canonici, R., capellani Deaurate, P. Ariberti et mul- 
torum aliorum. 

XXVI. — 29 septembre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle Ar. Orre, de Hautpoul, et Béa- 
trix, femme de Jourdain de Roquefort, de Montjoire, sont 
condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores heretice pravitatis etc., ut supra. Quia 

Vieux [ibid., fol. 73 r"), la confession de Bernard Sedasscr le 
Jeune [ibid., fol. 73 v°), et surtout la confession de W. Sedasser, 
ici condamné, qui avait abjuré l'hérésie entre les mains de Wil- 
lem Arnaud (i'ôiV/., fol. 73 v**). 
1. Ms. : occupata. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 59 

constat iiobis per conf'essiones in judicio factas Ar. 
Orre de Alto pullo et domine Beatricis, uxoris Jordani 
de Rupe Forti, de Monte Jovis, Tholosane dyocesis, 

Quod prenominatus Ar. Orre^ vidit et adoravit mul- 
tociens hereticos, et audivit predicationem eorum, dédit 
et portavit eis de suo, duxit et associavit eos, comedit 
cunn eis et de pane benedicto ab eis, recepit eos in 
domum suam, pacem ab eis accepit, hereticationi et 
apparelhamentis hereticorum interfuit, et fuit cre- 
dens hereticorum-, ita quod, si moreretur in secta 
corum, crederet salvari, et negavit veritatem coram 
nobis contra proprium juramentum ; 

Prenominata etiam domina Beatrix vidit et adoravit 
hereticos et hereticas, credidit eos esse bonos homines, 
et negavit veritatem coram nobis contra proprium 
juramentum : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserunt, redire volentes, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebantur astricti, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos légitime citatos coram nobis comparentes 
die sibi ad recipiendam penitentiam super crimine 
memorato assignata, et ahis rite actis, communicato 
multorum preiatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 

1. Voy. sentence XXX. 

2. Ms. : hereticationis. 



60 SENTENCES DE RERNARD DE CAUX 

perpetuam carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpétue commorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si veropredictam penitentiam facere nolue- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Actum in dicto loco. Testes predicti. 

XXVII. — 29 septembre 1247, Toulouse, maison de l'abbé de 
Saint-Sernin. — Sentence par laquelle Algaia, femme de 
noble Pons de Villeneuve-la-Comptal, est condamnée à la 
prison perpétuelle. 

Anno quo supra, nonis octobris. In nomine 
[Domini] nostri Jhesu Christi. Amen. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis etc. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio fac- 
tas domine Algaie ^ uxoris nobilis viri Poncii ' de 
Villanova Comitali, Tholosane dyocesis, quod ipsa 
vidit multociens et in multis locis hereticos, adora- 
vit eos multociens et audivit predicationem eorum, 
tenuit et receptavit eos multociens, dédit eis ad 
comedendum et comedit de pane ab eis benedicto, 
recepit osculum ab hereticabus multociens^, credidit 

1. Les confessions des témoins de Villeneuve-la-Comptal, dis- 
tribuées en deux sections dans le ms. 609 de la bibl. de Tou- 
louse, fol. 143 r'*-144 r°, 183 v'>-184 v", ne fournissent aucun 
renseignement sur Algaia. Il y a quelque chose dans Doat, 
XXIV, fol. 105 v°, 106 v°, 137 V. 

2. Après la cérémonie de « l'adoration, » les hérétiques 
avaient l'habitude de se baiser, les hommes entre eux et les 
femmes entre elles : « osculabantur sese ad invicem bis in ore 
ex transverso » (Doat, XXIV, fol. 104 v°). Recevoir le baiser 
était faire acte d'hérésie. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIEKRE. 61 

hereticis et eorum erroribus, et post abjuratam here- 
sim recepit in domum suam quendam hereticum 
condempnatuin et comedit cum eo, et non venit tem- 
pore gratie coram aliis inquisitoribus pro confessione 
de heresi facienda : ipsam, nunc usam saniori consilio, 
ad unitatem Ecclesie, prout asserit, redire volentem, 
in primis heretica pravitate abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ecclesie, a vinculo excommunica- 
tionis quo ratione predicti criminis tenebatur astricla, 
si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono 
redierit et mandata sibi injuncta compleverit. Et quia 
in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquit, ipsam légitime citatam coram nobis compa- 
rentem die ad recipiendam penitentiam super crimine 
heresis peremptorie assignata, et aliis rite actis, com- 
municato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peniten- 
tiam in perpetuum carcerem retrudi volumus et pre- 
cipimus ibidem perpetuo commorari; et quod istam 
penitentiam compleat, injungimus ei in virtute pres- 
titi juramenti. Si vero predictam penitentiam facere 
noluerit, ipsam excommunicationis vinculo inno- 
damus. Actum Tholose, in domo [abbatis] Sancti 
Saturnini, in presentia Ar., prioris, F., capellani ejus- 
dem loci, Amelii, capellani Sancti Stephani, R., capel- 
lani Deaurate et 1\ Ariberti etc. 

XXVIII. — 13 octobre 1247, Toulouse, maison de l'abbé de 
Saint-Sernin. — Sentence par laquelle Ar. Cot, de Lanta, 
est condamné à la prison perpétuelle. 

In nominc Domini nostri Jhesu Christi crucitixi. 
Amen. Anno quo supra, iii° idus octobris. Nos, l'ratres 



m SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

ordinis Predicatorum B. de Caucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. Quia constat nobis per confessionem in judicio 
factam Ar. GotodeLantario^ Tholosane dyocesis, quod 
ipse vidit et adoravit pluries hereticos, audivit predi- 
cationem eorum, credidit eos esse bonos homines et 
negavit veritatem coram nobis contra proprium jura- 
mentum; ipsum nunc usum saniori consilio, etc., ut 
supra in sententia pr édicté Algaie. Actum in predicto 
loco. Testes predicti et muiti alii in generali sermone. 

XXIX. — 20 octobre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. 
— Sentence par laquelle Isar Bonhomme, de Hautpoul, 
Pierre Grimaud, de Montjoire, Hugues de Montagnol, de 
Sainl-Aignan, Ar. Ermengaud, de Lanta, Julienne, veuve 
de Jean Testor, de Toulouse, sont condamnés à la prison 
perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, xiii kal. novembris. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum Ber. de Caucio et Johan- 
nes de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis 
in civitate et dyocesi Tholosana auctoritate aposto- 
Hca deputati. Quia constat nobis per confëssiones in 
judicio factas Isarni Boni hominis^ de Alto Pullo, 
Pétri Grimaudi^ de Monte Jhovis, Hugonis de Mon- 
tanhol de Sancto Aniano, Ar. Ermengaudi de Lan- 
tario, Tholosane diocesis, et Juliane, uxoris quondam 
Johannis Testons, de Tholosa, 

> 

1. Voy. sentence XLVII. 

2. Voy. sa confession (Doat, XXIIl, fol. 226). 

3. Voy. sentence XLl. 



ET DE JEAN l)E SAINT-PIEHUE. 63) 

Quod prenominatus Isarnus Bonus Homo vidit mul- 
tociens et in multis locis hereticos, audivit predica- 
tionem eorum et adoravit eos, comedit cum eis in 
eadem mensa, dilexit eos et credidiL esse bonos 
homines et negavit coram nobis et aliis inquisitoribus 
veritatem contra propriuni juramentum ; 

Prenominatus etiam Petrus Grimaudi * vidit et 
adoravit hereticos, duxit eos et audivit predicationem 
eorum, tenuit et recepit per viii'^ dies hereticos in 
domum suam, et negavit veritatem coram nobis con- 
tra proprium juramentum ; 

Prenominatus etiam Hugo de Montanhol^ vidit et 
adoravit hereticos, recepit eos in domum suam, cre- 
didit eis et eorum erroribus et relapsus est in heresim 
abjuratam ; 

Prenominatus etiam Ar. Ermengaudi vidit et adora- 
vit multociens hereticos, predicationem eorum audivit, 
comedit de pane ab eis benedicto, multociens appa- 
relhamento eorum interfuit, credidit eos esse bonos 
homines, tenuit xv diebus hereticos in domo sua et 
negavit veritatem coram nobis contra proprium jura- 
mentum ; 

Prenominata etiam Juhana vidit et adoravit multo- 
ciens hereticos, recepit eos in domum suam, credidit 
eos esse bonos homines et negavit veritatem coram 
nobis contra proprium juramentum : 

Ipsos, nunc usos saniori consilio ad unitatem 
Ecclesie, prout asserunt, redire volentes, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 

1. Voy. sa confession (Doat, XXIV, fol. 15 w"). 

2. Un Pierre de Monlagnol apparaît comme témoin ou partie 
dans quelques actes du temps ^Teulet, Layettes, 11, 437, 439). 



64 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicatio- 
nis quo ratione predicti criminis tenebantur astricti, 
si tamen ad ecclesiasticam unilatem de corde bono 
redierint et mandata sibi injuncta compleverint. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis 
modis temere deliquerunt, ipsos légitime citatos 
coram nobis comparentes die sibi ad recipiendam 
penitentiam super crimine heresis peremptorie assi- 
gnata, et aliis rite actis, communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, ad 
peragendam condignam penitentiam in perpetuum 
carcerem retrudi volumus et precipimus ibidem per- 
pétue comorari ; et quod istam penitentiam com- 
pleant, injungimus eis in virtute prestiti juramenti. Si 
vero predictam penitentiam facere noluerint, ipsos 
excommunicationis vinculo innodamus, Actum Tho- 
lose, in claustro Sancti Saturnini, in presentia F., 
capellani ejusdem loci, R., capellani Deaurate, P. Ari- 
berti, notarii publici, et multorum aliorum in generali 
sermone. 

XXX. — 20 octobre 1247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. 
— Sentence par laquelle Ar. Orre, de Hautpoul, et Pierre 
Baret, de Saint-Anatholy, refusant de faire leur peine, sont 
déclarés hérétiques et leurs biens saisis. 

Anno et die predictis. In nomine Domini nostri 
Jhesu Ghristi crucifixi. Amen. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores heretice pravitatis in civitate et dyocesi 
Tholosana auctoritate apostolica deputati. Gum Ar. 
Horre de Alto Pullo et Petrus Barot\ de Sancto Ana- 

1. Barct, sentence XXIV. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERIIE. 65 

tholio, Tholosane dyocesis, per confessiones proprias 
in heresi deprehensi, exigentibus culpis suis ad murum 
perpetuum coiidempnati pro heresi ', et diucius expec- 
tati non velint facere penitentiam sibi datam, ad quam 
perageiidam se obligaverunt juramento prestiLo cor- 
porali, communicato multorum prelatorum et aliorum 
bonorum virorum consilio, ipsos légitime citatos, set 
per contumaciam absentes, perdiffinitivam sententiam 
tanquam hereticos condempnamus et bona ipsorum 
deceriiimusoccupanda, excommunicantes eos et omnes 
qui deinceps scienter eis dederint consilium, auxilium 
vel favorem. Actum in dicto loco. Testes propedicti et 
multi alii in dicto sermone. 

XXXI. — 3 novembre i247, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. 
— Sentence par laquelle Pons Jean, de Bax, est condamné à 
la prison perpétuelle. 

Anno quo supra, m nonas novembris. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B . de Gaucio et Johannes de Sancto 
Petro, inquisitores heretice pravitatis, etc. Quia constat 
nobis per confessionem in judicio factam Poncii Johan- 
nis de Baucio, Tholosane dyocesis, quod ipse vidit et 
adora vit hereticos, et audivit predicationem eorum, 
pacem ab eis accepit, apparelhamento eorum interfuit, 
credidit eos esse bonos homines et negavit coram nobis 
et aliis inquisitoribus veiitatem contra proprium jura- 
mentum : ipsum, nunc usum saniori consilio ad uni- 
tatem Ecclesie, prout asserit, redire volentem, in pri- 
mis omni heretica pravitatc abjurata, absolvimus, 
secundum formam Ecclesie, a vinculo excommunica- 

1. Voy. sentences XXIV et XXVî. 



66 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

tionis quo ratione predicti criminis tenebatur astric- 
tus, si tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde 
bono redierit et mandata injuncta sibi compleverit. 
Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis 
temere deliquit, ipsum légitime citatum coram nobis 
comparentem die sibi ad recipiendam penitentiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, et aliis 
rite aclis, communicato multorum prelatorum et alio- 
rum bonorum virorum consilio, ad peragendam con- 
dignam penitentiam in perpetuum carcerem retrudi 
volumus et precipimus ibidem perpétue comorari ; 
et quod istam penitentiam compleat, injungimus ei in 
virtute prestiti juramenti. Si vero predictam facere 
penitentiam noluerit, ipsum excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum in predieto loco, in presentia Ar., 
prioris Sancti Saturnini, F., capellani ejusdem loci, 
R., capellani Deaurate, P. Ariberti, et multorum 
aliorum. 

XXXII. — 4 novembre 1247, Escalquens. — Sentence par 
laquelle Bertrand d'Alaman, de Saint-Germier, contumax, 
est déclaré hérétique et ses biens sont saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno quo supra, ii nonas novembris. Nos, fra- 
tres predicti. Quia constat nobis per confessionem in 
judicio factam Bertrandi de Alamans, de Sancto Ger- 
merio, dyocesis Tholosane^ quod idem Bertrandus de 

1. Les Alaman de Saint- Germier, Bernard et Raymond, 
appartenaient à l'hérésie [Confessions, bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 174 r°. Voy. la confession de Bertrand d'Alaman. 
Doal, XXIil, fol. 65). Bertrand d'Alaman avait fait une collecte 
à (^ambiac pour le rachat de Raymond Fort, diacre hérétique, 



Eï DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 67 

hercsi plurimum dilTamatus, vidit pluries et in pluribus 
locis hereticos, etaudivit prcdicationem eorum, adora- 
vit eos, liberavit très hereticos captos, duxit eos et fuit 
credens hereticorum per multos annos, ita quod, si 
moreretur in secta eorum, crederet salvari, et pluries 
peremptorie citatus in assignatis sibi diebus non com- 
paruerit coram nobis, et de heresi ejusdem per plures 
testes nichilominus nobis constet, die sibi ad audien- 
dam diffînitivam sententiam super crimine heresis 
peremptorie assignata, et aliis rite actis, communicato 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, prenominatum Bertrandum légitime citatum, 
set per contumaciam absentem, per diffmitivam sen- 
tentiam tanquam liereticum condempnamus et bona 
ipsius decernimus occupanda, excommunicantes ipsum 
et omnes qui deinceps scienter ei dederint consilium, 
auxilium vel favorem. Actum apud Escalquenx, in 
presentiaR., prepositiTholosani, magistri Ar. Pelisso, 
canonici Sancti Stepliani Tliolose, Ar. d'Albihno, 
officialis Tholose, Ar. prioris, F., capellani Sancti 
Saturnini, R., capellani Deaurate, W. de Samata, 
capellani d'Escalquenx , magistri Benedicti, Aldrici 
Garabordas, P. W. de Sancto Romano , capitulariorum 
Tholose, et P. Ariberti. 

XXXIII. — 10 novembre 1247, Toulouse, cloître de Saint- 
Sernin. — Sentence par laquelle Pons Garrigue, d'Issel, est 
condamné à la prison perpétuelle. 

Anno quo supra, iiii° idus novembris. In nomine 

captif, et avait toujours montré un grand zèle pour l'hérésie 
(ras. 009, fol. 237 v^-240r°j. 



68 SENTENCES DE JJERNARD DE CAUX 

Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. Amen. Nos, fra- 
tres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
SanctoPetro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 
Quia constat nobis per confessionem in judicio factam 
Poncii Garriga^ de Exilio, Tholosane dyocesis, quod 
ipse vidit et adoravit multociens hereticos, et audivit 
predicationem eorum, dédit eis et recepit ab eis mu- 
nera, comedit cum eis, recepit eos in domum suam, 
heriticationibus interfuit, credidit hereticis et eorum 
erroribus, celavit aliis inquisitoribus veritatem et 
relapsus est in heresim abjuratam : ipsum, nunc usum 
saniori consilio ad unitatem Ecclesie, ut asserit, redire 
volentem, in primis omni heretica pravitate abjurata, 
absolvimus, secundum formam Ecclesie, a vinculo 
excommunicationis quo ratione predicti criminis tene- 
batur astrictus, si tamen ad ecclesiasticam unitatem 
de corde bono redierit et mandata sibi injuncta com- 
pleverit. Et quia in Deum et Sanctam Ecclesiam pre- 
dictis modis temere deliquit, ipsum légitime citatum 
coram nobis comparentem die sibi ad recipiendam 
penitentiam super crimine heresis peremptorie assi- 
gnata, et aliis riteactis, communicato multorum prela- 
torum et aliorum bonorum virorum consilio, ad pera- 
gendamcondignam penitentiam in perpetuumcarcerem 
retrudi volumus et precipimus ibidem perpetuo com- 
morari; et quod istam penitentiam compleat, injun- 

1. Voy. ses confessions, fort intéressantes [Confessions, bibl. 
de Toulouse, ms. 609, fol. 126 rO-127 v°). Cf. sentence XLI. Ce 
Pons Garrigue, soldat de Labécède, s'était employé à la déli- 
vrance de Willem Vital, diacre hérétique, prisonnier à Saint- 
Papoul. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 69 

gimus ei in virtute prestiti juramenti. Si vero prediclain 
penitcntiam facere noluerit, ipsum excommunicationis 
vinculo innodamus. Actum Tholose, in claustro Sancti 
Saturnini, in presentia Ar., prioris, F., capellani 
Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, Ar., capel- 
lani Sancti Stephani, et P. Ariberti. 

XXXIV. — 10 janvier 1248 (n. st.), Toulouse, dans la maison 
commune. — Sentence enjoignant à Alaman de Roais d'en- 
trer dans la prison de Saint-Etienne, l'obligeant à servir 
annuellement 50 sous tholsas pour l'entretien de Pons, com- 
pagnon de Raymond Scriptor, et à satisfaire les Hospitaliers 
de Saint-Jean pour ses rapines et autres dommages. 

Annoquo supra, xiiif kal. februarii. Alamannus^ de 
Roaxio, qui fuit de heresi condempnatus^, quia vidit et 

1. Ms. : Alamanno. 

2. De tous les membres de la famille des Roais qui se 
dévouèrent à l'hérésie, Alaman fut peut-être le plus actif, sou- 
tenant les condamnés, Raymond Roger, par exemple, donnant 
de son argent et de sa peine [Confessions, bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 47 r«, 58 r°, 62 v°, 205 r% 205 v", 200 r°. Cf. Doat, 
XXIV, fol. 88 v°, 03 v°, 97, 144 v°). Il ne craignait pas, étant 
condamné, de compromettre par des exigences journalières 
ses serviteurs et ses vassaux. Sa sentence de condamnation est 
du 26 mai 1237. Je la donne ici : 

« In nomine Domini nostri Jhesu Christi. Sit cunctis presenti- 
bus et fuluris manifestum quod nos, frater Guillelmus Arnaldi, 
de ordine [fratrum] Predicalorura, et fraler Stephanus, de 
ordine frati'um Minorum, judices constituti a venerabili pâtre 
Johanne, Dei gratia Sancte Viennensis ecclesie [archiepiscopo], 
Apostolice Sedis legato, ad faciendum inquisilionem contra 
hcrelicos, fautores, defTensores, receptatores hereticorum in 
Tholosa et in tota diocesi 'J'holosana. ('um ex officio nobis 
injuncto inquisitionem faceremus in Tliolosa, invenimus Ala- 
mannum de Roaxio manifeste ac publiée de heresi dillamatum ; 



70 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

adoravit multociens et in multis locis hereticos et 
hereticas, tenuit et receptavit eos multociens, come- 

qui etiam fuit per venerabilem palrem Romanum, Dei gratia 
Portuensem episcopum, tune in partibus istis Apostolice Sedis 
legatum, crucesignatus, et prestito sacramento in signum peni- 
tentie salutaris debuit transfretare, in transmarinis partibus 
statuto tenipore njoraturus ; qui etiam, spreto sacramento pre- 
dicto, predictam sententiam contempsit adimplere ; propter 
quod est excommunicationis vinculo innodatus. Cum igitur nos 
predicti inquisitores per diligentem inquisitionem manifeste 
invenerimus quod dictus Alamannus de Roaxio multotiens et 
in multis locis, infra Tholosam et extra, ante pacem et post 
paceni, hereticos in domo sua receptaverit, et eis multotiens 
ad comedendum donaverit et eorum predicationem multotiens 
audiverit, et eos pluries et fréquenter adoraverit, et ante Natale 
Domini et in Natali et citra eos diu et in domo sua tenuerit, 
eisque specialiter latibulum fecerit, et insuper hereticationi 
faciende ab hereticis consilium et auxilium pi*estiterit, et litte- 
ras hereticorum pro coUigendis denariis legatis in testaraenlis 
hereticis portaverit, et nomine eorum denarios receperit, et 
fidem hereticorum approbaverit, et alia mulla que ipsum sus- 
pectum de heresi reddebant contra ipsum invenerint [corr. : 
invenerimus), quibus motus animi nostri légitime debuit infor- 
mari; habito diligenti consilio et tractatu, omnibus fideliter et 
diligenler inspectis et prudenter intellectis, dicto Alamanno de 
Roaxio légitime citato et nichil rationabile proponente, assi- 
dentibus nobis venerabili pâtre Raimundo, Dei gratia episcopo 
Tholosano, et domino Raimundo, abbate Moissiacensi, et fratre 
Johanne, ministro fratrura Alinonim in Vasconia, et fratre Pon- 
cio, priore fratrum f^redicalorum in Provincia, dictum Ala- 
mannum de Roaxio absentem et nolentem interesse, per diffi- 
nitivam sententiam esse [corr. : tanquam) hereticum condemp- 
namus, excommunicantes omnem hominem, tam virum quara 
mulierem, tanquam fautorem hereticorum et deffensorem, qui 
ci consilium vel auxilium prestaret occulte vel manifeste aul 
juvamen. Lala fuit hec senleulia in clauslro domus fratrum 
Pi'cdicatorum, in presentia et teslimonio predictorum assesso- 
rum, et Martini, archidiaconi Gimonensis, et magistri Arnaldi, 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 71 

dit cum eis et de pane benedicto ab eis multociens, 
multis apparelhamentis et hereticationibus multarum 
personarum inlerfuit, duxit et associavit eos multo- 
ciens, dédit eis et recepit ab eis munera multociens, 
accepit pacem ab eis multociens, et audivit hereticos 
predicantes errores de visibilibus quod Deus non 
fecit ea, quod in baptismo et matrimonio non [est] 
salus, quod mortuorum corpora non résurgent, et 
quod sunt duo Dii, unus benignus et alius nnalignus; 
et ipse credidit predictis erroribus, sicut heretici 
dicebant, credidit etiam posse salvari per ipsos, et sunt 
XXX anni quod credidit hereticos esse bonos homiries, 
et dimisit illam credentiann ultimo die jovis post fes- 
tum beati Ylarii proximo preteritum ; recognovit etiam 
quod omnia que objecta fuerunt sibi super heretica 
pravitatc a bone memorie fratre Stephano de ordine 
Minorum et fratre Willelmo Arnaldi de ordine fratrum 
Predicatorum quondam, inquisitoribus heretice pravi- 

precentoris ecclesie Sancti Stephani, et fratris Raimundi, prio- 
ns de Pruliano ordinis fratrum Predicatorum, et fratris Rai- 
mundi de Paileriis, et fratris Arnldi Aitii ordinis fratrum 
Minorum, et Vitalis, prioris ecclesie Sancti Stephani, et... 
prions ecclesie Sancti Saturnini, et... prioris de Coquinis, et 
raagistri Aicolay, capellani ecclesie Béate Marie Deaurate, et 
magistri Raimundi, capellani ecclesie Sancti Stephani, et For- 
tis, capellani Sancli Saturnini, et capellani de Tauro, et capellani 
Coquinarum, et quamplurim[or]um aliorum, tam religiosorum 
virorum quam clericorum, et fratris Raimundi Carbonn[er]ii 
de ordine fratrum Minorum, publici notarii, qui, mandato pre- 
dictorum judicum inquisitorum , hoc scripsit, vu kal. junii, 
régnante Lodoyco Francorum rege, et Raimundo Tholosano 
comité, et dicto domino Raimundo Tholosano episcopo exis- 
tente, anno ab incarnatione Domini M" CC° XXXVII». » (Doat, 
XXI, fol. 143-145.) 



72 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

tatis ^ vera erant, exceptis quibusdam que facta fuerant 
contra pacem, et ibi erat positum quod post pacem 
facta essent; sustinuit etiam sententiam condempna- 
tionis de heresi per x annos et amplius : communicato 
bonorum virorum consilio, injungimus ei in virtute 
prestiti juramenti, quod hodie intret domum carceris 
apud Sanctum Stephanum, ibidem perpetuo moraturus 
ad peragendam penitentiam pro predictis. Injungimus 
etiam eidem quod provideat Poncio, qui stetit quon- 
dam cum Raimundo Scriptore^, pro victu et vestitu, 
quamdiu ipse Poncius vixerit, in quinquaginta solidis 
Tholosanisannuatim. Item, quodsatisfaeiatHospitalariis 
Sancti Johannis super rapina quam ab ipsis habuit, et 
aliis omnibus quibus dampna et injurias irrogavit. 
Actum Tholose, in domo communi, in presentia 
domini episcopi Tholosani, domini comitis Tholose, 
prepositi Sancti Stephani, W. Isarni, R., prioris fra- 
trum Predicatorum, fratris R. de Paonac, Johannis de 
Sancto Gaudencio, et P. Ariberti. 

XXXV. — 2 février 1248 (n. st.), Toulouse, église Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle Pons Alanian, do Lescure, et 
Raymond, son frère, conturaax, sont déclarés hérétiques et 
leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno quo supra, iiif nonas februarii. Nos fra- 

1. Le tome XXT du fonds Doat contient plusieurs des actes 
de ces deux inquisiteurs, entre autres des sentences de con- 
damnation, fol. 147, 149, 153, 160, 163, 164 v% 166, 179, 181, 
182, 183, etc. Cf. t. XXII, fol. 38 v". L'inquisiteur Willem 
Arnaud est celui qui fut tué à Avignonet en 1242. 

2. Enveloppé dans le massacre des inquisiteurs, à Avignonet. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 73 

très predicti. Quia Poncius Aldmanni del Escura\ 
ïlîolosane dyocesis, diffamatus de heresi plurimum et 
suspectus vidit hereticos, et rogatus ab eis fecit dari 
eis ad cornedendum et audivit predicationem eorum, 
et non dixit veritatem aliis inquisitoribus, mansit cum 
hereticis condempnatis et reccptavit eos pluries in 
domum suam, et dédit eis ad cornedendum et come- 
dit cum eis; quia etiam Raimundus, frater dicti Pon- 
cii, diffamatus de heresi plurimum et suspectus, vidit 
hereticos et cum quodam socio suo cepit quandam here- 
ticam quam pro duobus soHdis et dimidio postmodum 
dimiserunt; et constat nobis per plures testes preno- 
minatos Poncium et Raimundum hereticos adorasse et 
citati non comparuerint, nec se deffenderint coram 
nobis, die sibi ad audiendam diffînitivam sententiam 
super crimine heresis peremptorie assignata, et aliis 
riteactis, communicato prelatorumet ahorumbonorum 
virorum consilio, ipsos légitime citatos, set per con- 
tumaciam absentes, tanquam hereticos condempnamus 
et bona ipsorum decernimus occupanda, excommuni- 
cantes ipsos et omties qui deinceps eis scienter dederint 
consilium, auxilium vel favorem. Actum Tholose, in 
ecclesia Sancti Saturnini, in presentia B. W', P. Na- 
var., canonicorum Sancti Saturnini, B., capellani de 
Ladinhac, Berengarii de Promilhac, vicarii Tholose 
pro domino comité, R' Majoris, Johannis de Sancto 
Gaudencio, P. Ariberti et multorum aliorum. 

1. Voy. ms. 609, bibl. de Toulouse, fol. 79 r°. 



74 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

XXXVI. — 2 février 1248 (n. st.), Toulouse, église de Saint- 
Sernin. — Sentence d'excommunication contre Pierre Gar- 
das, du Bourguet-Nau, bourgeois de Toulouse. 

Anno et die predictis. Nos, fratres etc. Quia per 
illa que in inquisicione invenimus per multos testes^ 
contra P. Garsiam de Burgeto Novo, civem Tholosa- 
num^, ipsum habemus suspectum de heresi, et licet 
ei dederimus in scriptis ea que in inquisitione inventa 
sunt contra eum, oblata sibi copia deffendendi, non 
vult se deffendere coi^am nobis, licet ad hoc citatus 
fuerit et diutius expectatus, ipsum tanquam de heresi 
suspectum et contumacem excommunicationis vin- 
culo innodamus. Actum Tholose, in ecclesia Sancti 
Saturnini. Testes predicti. 

XXXVII. — 16 février 1248 (n. st.), Toulouse, maison de 
l'abbé de Saint- Sernin. — Sentence d'excommunication 
contre W. Garnier, médecin, du Mas-Saintes-Puelles. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, xuii kal. marcii. Nos, fratres 
ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes de 
SanctoPetro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et in dyocesi Thoiosana auctoi^itate apostohca deputati. 
Quia constat nobis per testes sufïicientes quod W. Gar- 
nerii, medicus, de Manso Sanctarum Puellarum, Tholo- 
sane dyocesis^, vidit et adoravit hereticos, et, oblata 

1. Los dépositions de ces témoins seront données après les 
sentences do Bernard de Caux et de Jean de Saint-Pierre. 

2. Cf. Teulet, Layettes, II, 452. 

3. Voy. sa (;onfession (bibl. de Toulouse, ms. 600, fol. 13 r**). 
Sa maison avait pendant longtemps servi aux ministres dua- 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 75 

sibi copia cleffendendi ^ non [vult] se delTendere^ 
corani iiobis, et, assignata sibi die peremptorie ad 
audiendam diffinitivam sententiam, non comparuit 
coram nobis, ipsum tanquam diffamatum de heresi et 
suspectum et contumacem, excommunicationis vin- 
culo innodamus. Actum Tholose, in domo abbatis 
Saneti Saturnini, presentibus Ar., priore Sancti Satur- 
nini, Galhardo, priore Mansi Sanctarum Puellarum, 
Johanne Ricart, nionacho Sancti Tiberii, et P. Ari- 
berti et Johanne de Sancto Gaudencio scriptore. 

XXXVIIl. — 15 mars 1248 (n. st.), Toulouse, cloître de Saint- 
Sernin. — Sentence par laquelle Bernard de Gourvielle, de 
Lanta, W. de Vilars, de Saint-Anatholy, Durand d'Aurin, 
de Sainte -ApoUonie, Raymond de Syolh et Ar. Guerrer, 
de Toulouse, sont déclarés hérétiques et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Annoquo supra, id[ib]usmarcii. Nos fratres pre- 
dicti, etc. Quia constat nobis per confessiones in judi- 
cio factas Bernardi de Godervilla de Lantario, baiuli 
quondam W. Bernardi Unaudi^, et W. de Vilaris de 
Sancto Anatholio, et Durandi Daury deparrochia Sancte 
Malonie, Tholosane diocesis, 

Quod prenominatus B. de Godervilla vidit hereticos 
et adoravit eos multociens, servivit eos, misit eis vic- 
tualia, audivit prcdicationem eorum, credidit eorum 
erroribus et relapsus est in heresim abjuratam; 

listes [ibid., fol. 4 v°). Les Garnier pactisaient ouvertement avec 
eux [ibid., fol. 5 V, 6 v", 7 r°, 7 v", 8 v", etc.). 

1. Ms. : dcjfcndendum. 

2. Ms. : de/fcndcrct. 

3. La famille Unaud de Lanta, une des plus considérables du 
Lauraguais. 



76 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Prenominatus etiam W. de Vilars vidit in pluribus 
locis hereticos et adoravit eos, audivit predicationem 
eorum et credidit hereticos esse bonos honiines et 
habere bonam fidem et negavit veritatem contra pro- 
prium juramentum; 

Prenominatus etiam Durandus Daury stetit cum heriti- 
cis per unum annum et adoravit eos multociens, comedit 
cum eis, predicationem eorum audivit, associavit eos 
et credidit eos esse bonos homines et habere bonam 
fidem et quod posset salvari per ipsos; et ipsi légi- 
time citati ad recipiendam penitentiam super premis- 
sis, in assignata sibi die non comparuerint coram 
nobis ; 

Quia etiam Raimundus de Syolh et Ar. Guerrerii^ 
de Tholosa, carceri deputati ad penitentiam pro 
heresi peragendam, neglecto proprio juramento, sine 
Hcentia Ecclesie carcerem exierunt, in suarum perdi- 
tionem animarum, et diutius expectati et légitime 
citati in assignatis sibi diebus non comparuerint coram 
nobis : 

Prenominatis omnibus die ad audiendam diffiniti- 
vam sententiam super crimine heresis peremptorie 
assignata, et aliis rite actis, communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ipsos légitime citatos, set per contumaciam absentes, 
tanquam hereticos condempnamus, et bona ipsorum 
decernimus occupanda. Actum Tholose, in claustro 
Sancti Saturnini, in presentia abbatis ejusdem loci, et 
prioris ejusdem loci, S., archipresbyteri de Lauraco, 
Amelii, capellani Sancti Stephani, R., capeliani de 

1. Voy. sentence 11. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERUE. 77 

Villa Nova, P. Ariberti, et multorum aliorum in gene- 
rali sermone. 

XXXIX. — 22 mars 1248 (n. st.), Toulouse, cloître de Saint- 
Sernin. — Sentence par laquelle R. de la Tour, Peyrone, 
mère de Raymond Barot, et Bcrnarde, sa femme, R. Baret, 
de Laponiarède, R. Athon, Peyrone, sa femme, Guillaume 
Jean, Bernard Crast, Bernarde, sa femme, Pons et Pierre 
Vinade, Pierre de Solario , et Raymonde, sa femme, de 
Dreuille, contumax, sont déclarés hérétiques et leurs biens 
saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra, xi kal. aprilis. Nos, fratres 
ordinis Predicatonim B. de Gaucio et Johannes de 
Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civitate 
et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica deputati. 
Quia R. de Turre, Petrona, mater R* Barot et Ber- 
narda, uxor ejusdem R' Barot, de Pomareda, R"' 
Othonis, Petrona, uxor ejus, Guillelmus Johannis, 
Bernardus Grasto, Bernarda, uxor ejus, Poncius et 
Petrus Vinada, fratres, Petrus de Solario et Rai- 
munda, uxor ejus, de Druiia, Tholosane dyocesis, 
diffamati de heresi et suspecti viderunt et adorave- 
runt hereticos a paucis annis citra, sicut per testes 
sufficientes nobis constat, et citati non comparuerint 
nec deffenderint se coram nobis, prenominatis omni- 
bus die sibi ad audiendam diffinitivam sententiam 
super crimine heresis peremptorie assignata et aliis 
rite actis, communicato multorum prelatorum et alio- 
rum bonorum virorum consilio, ipsos légitime citatos, 
set per contumaciam absentes, per diffinitivam senten- 
tiam tanquam hereticos condempnamus, et bona ipso- 



78 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

rum decernimus occupanda^. Actum Tholose, in claus- 
troSancti Saturnini, in presentia Ar., prioris ejusdem 
loci, A., capellani Sancti Stephani, R., capellani Deau- 
rate, R., capellani Dealbate, P. Ariberti, et multorum 
aliorum. 

XL. — 22 mars 1248 (n. st.), Toulouse, cloître de Saint-Ser- 
nin. — Sentence par laquelle Pons Boulier, de Vaure, 
W. Guirnet, de Dreuille, et Bernard Dupuy, de Fanjeaux, 
sont condamnés à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Annoetdie predictis. Nos, fratres predicti etc. 
Quia constat nobis per confessiones in judicio factas 
Poncii Boterii de Bauro, W. de Graissenx vel Guimet 
de Drula et Bernardi de Podio de Fano Jovis, Tholo- 
sane dyocesis, 

Quod prenominatus Poncius Boterii- vidit et ado- 
ravit multociens hereticos et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis et de pane benedicto ab eis 
multociens, duxit et associavit eos, dédit eis de suo, 
credidit liereticis et eorum erroribus, celavit coram 
nobis et aliis inquisitoribus veritatem et relapsus est 
in heresim abjuratam ; 

Prenominatus etiam W. de Graisseux'^ vidit et ado- 
ravit multociens hereticos et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis in eadem mensa, et de pane 
ab eis benedicto, receptavit eos in domum suam, 
dédit eis de suo, et recepit ab eis munera, ivit de 

1. Ms. : occupata. 

2. Voy. sa confession, Doat, XXIII, fol. 100. 

3. Voy. Confessions, bibl. de Toulouse, ms. 009, fol. 238 r°. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIEURE. 79 

mandate hereticorum apud Montem Securum^, credi- 
dit hereticos esse bonos homines et se posse salvari 
per eos, et negavit veritatcm contra proprium jura- 
mentum; 

Prenominatus etiam Bernardus de Podio^ vidit et 
adoravit multociens hereticos et audivit predicationem 
eorum, comedit cum eis et de pane ab eis benedicto mul- 
tociens, duxit eos, apparelhamento eorum interfuit et 
pacem accepit ab eis multociens, credidit hereticis et 
eorum erroribus, et relapsus est bis in heresim abju- 
ratam : 

Ipsos, nunc usos saniori consilioad unitatemEcclesie, 
ut asserunt, redire volentes, in primis omni lieretica 
pravitate abjurata, absolvimus, secundum formam 
Ecclesie, a vinculo excommunicationis, quo ratione 
predicti criminis tenebantur astricti, si tamen ad 
ecclesiasticam unitatem de corde bono redierint et 
mandata sibi injuncta compleverint. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere delique- 
runt, ipsos coram nobis comparentes, communicato 
multorum prelatorum et aliorum bonorum virorum 
consilio, ad peragendam condignam penitentiam in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleant, injungimus eis in virtute prestiti 
juramenti. Si vero predictam penitentiam facere nolue- 
rint, ipsos excommunicationis vinculo innodamus. 
Actum in dicto loco. Testes propedicti. 



1. Montségur, Ariège, le dernier refuge des hérétiques 
jigeois. 

2. Cf. ibid., fol. 150 r», 150 v°, 160 v°, 163 r% etc. 



albigeois 



80 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

XLI. — 29 mars 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Arnaud Botier, de Vaure, Alazaïs, 
femme de Guiraud Sartor, de Puylaurens, P. Grimaud, de 
Montjoire, et Pons Garrigue, d'Issel, conturaax, sont décla- 
rés hérétiques et leurs biens saisis. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno quo supra ^, iiii° kal. aprilis. Nos, fratres 
predicti etc. Quia Ar. Boterii de Bauro vidit et 
adoravit hereticos, et Alazaicia, uxor Guiraudi Sarto- 
ris, de Podio, Laurencii, Tholosane dyocesis, diffamata 
de heresi plurimum et suspecta, vidit et adoravit here- 
ticos a paucis annis citra, sicut per testes sufficientes 
nobis constat, et relapsa sit in heresim abjuratam ; et 
citati non comparuerint nec deffenderint se coram 
nobis; quia etiam P. Grimaudi de Monte Jovis et Pon- 
cius Garriga de Exilio diocesis Tholosane, muro per- 
petuo deputati^ ad penitentiam pro heresi peragen- 
dam, neglecto proprio juramento, carcerem exierunt 
in suarum periculurn animarum, et diutius expectati 
et légitime citati non redierint : prenominatis omni- 
bus die ad audiendam diffinitivam sententiam super 
crimine heresis peremptorie assignata, et aliis rite 
actis, communicato multorum prelatorum et aliorum 
bonorum virorum consilio, ipsos légitime citatos set 
per contumaciam absentes per diffinitivam sententiam 
hereticos judicamus et bona ipsorum decernimus occu- 
panda. Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, 

1. Dans le midi, l'année commençait le 25 mars; il faudrait 
donc substituer à cette formule courante l'année : Anno 
Domini M" CC XLVIIP. 

2. Voy. sentences XXIX et XXXIII. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 81 

in presentia Ar., prioris ejusdem loci, Ber. W. , sacriste 
ejusdem loci, R., capellani Deaurate, Ar., capellani de 
Beceda, W. B', capellani de Lager, et P. Ariberti. 

XLII. — 29 mars 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Esclarmonde de Sauzet, de Sainte- 
ApoUonie, est condamnée à la prison perpétuelle. 

Anno et die predictis. Nos, fratres ordinis Predica- 
torum B. de Caucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores heretice pravitatis in civitate et dyocesi 
Tholosana auctoritate apostolica deputati. Quia Esclar- 
munda de Sauzet, de parrochia Sancte Malonie, Tholo- 
sane dyocesis, vidit et adoravit hereticos, recepit eos 
in domum suam, coxit eis panem, credidit eos esse 
bonos homines, non dixit aliis inquisitoribus verita- 
tem, sicut per confessionem ejus factam in judicio nobis 
constat; ipsam nunc usam saniori consilio, ad unitatem 
Ecclesie, prout asserit, redire volentem, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis quo 
ratione predicti criminis tenebatur astricta, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierit et 
mandata sibi injuncta compleverit. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere deli- 
quit, ipsam citatam coram nobis comparentem die sibi 
ad recipiendam diffinitivam sententiam [assignata], in 
perpetuum carcerem retrudi volumus et precipimus 
ibidem perpetuo commorari; et quod istam peniten- 
tiam compleat injungimus ei in virtute prestiti jura- 
menti. Si vero predictam penitentiam facere noluerit, 
ipsam excommunicationis vinculo innodamus. Actum 
in dicto loco, in presentia predictorum. 

6 



82 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

XLIII. — 5 avril 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle W. del Eversen, de Montgiscard, est 
condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifix! . 
Amen. Annoquo supra, nonis aprilis. Nos, fratrespre- 
dicti, et cetera. Quia W. del Eversen, de Monte Giscardo 
Tholosane dyocesis\ vidit multociens et in multis locis 
hereticos, adoravit eos multociens et audivit predica- 
tionem eorum, receptavit eos et accepit pacem ab eis, 
comedit de pane ab eis benedicto, duxit et associavit 
eos, munus ab eis recepit, credidit hereticis et eorum 
erroribus et relapsus est in heresim abjuratam, sicut 
per confessionem ejus factam in judicio nobis cons- 
tat; ipsum nunc usum saniori consilio, ad unitatem 
Ecclesie, prout asserit, redire volentem, in primis 
omni heretica pravitate abjurata, absolvimus, secun- 
dum formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis 
quo ratione predicti criminis tenebatur astrictus, si 
tamen ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redie- 
rit et mandata sibi injuncta compleverit. Et quia in 
Deum et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere 
deliquit, ipsum légitime citatum coram nobis com- 
parentem die sibi ad recipiendam penitentiam super 
crimine heresis assignata, et aliis rite actis, commu- 
nicato multorum prelatorum et aliorum bonorum 
virorum consilio, ad peragendam condignam peni- 

1. Il avait précédemment comparu devant Willem Arnaud 
[Confessions^ bibl. de Toulouse, ras. 609, fol. 64 v"). En regard, 
à la marge du ms., on lit : « Hic fuit convictus apud Vilamur, 
et reddidit se ad murum coram episcopo. » Cf. ibid., fol. 65 r". 
Voy. sa confession, fort intéressante (ibid., fol. 65 r"). 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 83 

tentiain in perpetuum carcereni retrudi volumus et 
|jrecipiinus ibidem perpetuo comorari ; et quod 
istam penitentiam compleat injungimus ei in virtute 
prestiti juramenti. Si vero predictam penitentiam 
facere noiuerit, ipsum excommunicationis vinculo 
innodamus. Actum Tliolose, in ciaustro Sancti Satur- 
nini, in presentia Ar., prioris ejusdem loci, Ar., 
capellani de Beceda, P. Ariberti, Johannis de Sancto 
Gaudencio, et multoriim aliorum. 

XLIV. — 24 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle B. Bret, de Laporaarède, est déclaré 
hérétique. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno domini M'CG^XL'' Vllf, ix kal. junii. Nos, 
fratres ordinis Predicatorum B. de Gaucio et Johannes 
de Sancto Petro, inquisitores heretice pravitatis in civi- 
tate et dyocesi Tholosana auctoritate apostolica depu- 
tati. QuiaB. Bret, dePomareda,Tholosanedyocesis, per 
confessionem propriam in judicio factam in heresi légi- 
time deprehensus, peremptorie citatus ad recipiendam 
penitentiam non comparuit coram nobis; citatus etiam 
peremptorie ut veniret, super eodem crimine diffi- 
nitivam sententiam audiendus, in assignata sibi die 
non comparuit coram nobis ; communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ipsum per contumaciam absentem hereticum con- 
dempnamus. Actum Tholose, in ciaustro Sancti Satur- 
nini, in presentia venerabilis patris Guiilelmi, Dei 
gratia episcopi Agennensis, Ar., prioris Sancti Satur- 
nini, magistri Boneti, canonici Agennensis, magistri 
W. de Puntis, W., capellani de Manso Sanctarum 



84 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

Puellarum, B. Martini, Johannis de Sancto Gaudencio, 
P. Ariberti et multorum aliorum. 

XLV. — 24 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle R. Leuder et Ar. Leuder, de Saint- 
Paul-de-Capdejous, sont déclarés hérétiques. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Nos, fratres predicti, etc. QuiaR. Leuder, de 
Sancto Paulo de Gadajous, Tholosane dyocesis, per 
confessionem propriam in jure factam, etc. Omnia ut 
supra in predicta sententia B. Bret. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Johannes de Sancto Petro, 
inquisitores heretice pravitatis in civitate et dyocesi 
Tholosana auctoritate apostolica deputati. Quia Ar. 
Leuder de Sancto Paulo de Gadajous, Tholosane dyoce- 
sis, per confessionem propriam, etc. Omnia ut supra 
in sententia Bernardi Bret. 

XLVI. — 24 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle W. de Valiers, de Saint-Félix, est 
déclaré hérétique. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifîxi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres predicti, etc. 
Quia W. de Valeriis ^ de Sancto Felice, Tholosane dyo- 
cesis, vocatus ut compareret coram nobis super facto 

1. « Dictus Willermus de Valeiras est dilfainatus de heresi 
quamplurimum apud Sanctum Felicem et apud Sanctum Julia- 
num. » (Déposition d'un témoin. Bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 215 v°. Cf. Doat, XXIV, fol. 27 v«, 31.) 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 85 

fidei responsurus, post juramentum negavit se hereticos 
adorasse et per testes ydoneos contra ipsum receptos 
légitime iiobis constat quod hereticos adoravit, die 
sibi ad audiendam diffinitivam sententiam super cri- 
mine heresis peremptorie assignata, communicato mul- 
torum prelatorum et aliorum bonorum virorum con- 
silio, ipsum presentem per diffinitivam sententiam 
hereticum condempnamus. Actum Tholose, in claustro 
Sancti Saturnini, in presentia venerabilis patris Guil- 
lelmi, Dei gratia episcopi Agennensis, Ar., prioris 
Sancti Saturnini, magistri Boneti, canonici Agennensis, 
magislri W. de Puntis, W., capellani de Manso Sancta- 
rum Puellarum, Bernard! Martini, Johannis de Sancto 
Gaudencio, P. Ariberti et multorum aliorum. 

XL VII. — 24 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Ar. Cet, de Lanta, contumax, est 
déclaré hérétique. 

In nomine Domini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres ordinis Pre- 
dicatorum B. de Gaucio et Johannes de Sancto Petro, 
etc. Quia Ar. Goto, de Lantario, Tholosane dyocesis, 
muro perpetuo deputatus ad penitentiam pro heresi 
peragendam*, neglecto proprio jurameiito contumax 
et inobediens in anime sue periculum, sine licencia 
Ecclesie recessit de Tholosa, nolens facere penitentiam 
memoratam ad quam faciendam se obligaverat per 
juramentum et publicum instrumentum, etcitatus légi- 
time et dyucius expectatus non redierit, die sibi ad 
audiendam difïinitivam sententiam super criminehere- 

1. Voy. sentence XXVIII. 



86 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

sis peremptorie assignata, communicato multorum 
prelatorum et aliorum bonorum virorum consilio, 
ipsum per contumaciam absentem hereticum con- 
dempnamus. Actum Tholose, in claustro Sancti Satur- 
nini, in presentia testium qui sunt in sententia pre- 
dicti B. Bret. 

XLVITI. — 28 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Etienne. 
— Sentence par laquelle W. de Valiers, de Saint-Félix, est 
condamné à la prison perpétuelle. 

In nomine Donaini nostri Jhesu Ghristi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M" GC XL" Vllf, v kal. junii. Nos, 
fralres ordinis Predicatorum B. de Caucio et Johannes 
de Sancto Petro, etc. Quia W. de Valeiras, de Sancto 
Felice, Tholosane dyocesis, de heresi condempnatus', 
vidit multociens et in multis locis hereticos, visita- 
vit eos, receptavit eos multociens in domum suam, 
dédit eis ad comedendum et comedit cum eis in 
eadem mensa, eos associavit multociens, duxit eos 
ad hereticandum quasdam personas et hereticationi- 
bus illarum personarum interfuit, solvit legata here- 
ticis, apparelhamentis hereticorum interfuit, accepit 
pacem ab eis, predicationem eorum audivil, adoravit 
eos tocies flexis genibus, prostratis in terra manibus, 
quod de numéro non potest recordari, credidit here- 
ticis et eorum erroribus, et crederet salvari, si mo- 
reretur in secta eorum, et postquam abjuravit heresim 
coram aliis inquisitoribus apud Sanctum Felicem et 
iterum apud Tholosam in judicio constitutus, vidit et 
adoravit multociens hereticos et relapsus est in here- 

1. Voy. sentence XLVII. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 87 

sim abjuratam ; postquam etiam recepit acta ab inqui- 
sitoribus et obtulit se deffensioni, vidit, credidit, 
recepit et adoravit hereticos in domum suam apud 
Valeiras et dédit eis ad comedendum et predicta 
negavit sepius interrogatus et in judicio constitutus 
contra conscienciam et proprium juramentum, sicut 
per confessionem ejus factam in jure nobis constat : 
ipsum nunc usum saniori consilio ad unitatem Eccle- 
sie, prout asserit, redire volentem, in primis omni 
heretica pravitate abjurata, absolvimus, secundum 
formam Ecclesie, a vinculo excommunicationis, quo 
ratione predicti criminis tenebatur astrictus, si tamen 
ad ecclesiasticam unitatem de corde bono redierit, et 
mandata sibi injuncta compleverit. Et quia in Deum 
et Sanctam Ecclesiam predictis modis temere deliquit, 
ipsum coram nobis comparentem ad recipiendam 
penitentiam super crimine heresis, communicato mul- 
torum prelatorum et aliorum virorum bonorum con- 
silio, ad peragendam condignam penitentiam in per- 
petuum carcerem retrudi voiumus et precipimus 
ibidem perpetuo comorari; et quod istam peniten- 
tiam compleat injungimus ei in virtute prestiti jura- 
menti. Si vero predictam penitentiam facere noluerit, 
ipsum excommunicationis vinculo innodamus. Actum 
Tholose, in claustro Sancti Stephani, in presentia 
Ar., prioris Sancti Saturnini, R., capellani Deaurate, 
magistri P., archipresbiteri de Garamanno, Johannis 
de Sancto Gaudencio, P. Ariberti, et multorum 
aliorum. 



88 SENTENCES DE BERNARD DE CAUX 

XLIX. — 31 mai 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — 
Sentence par laquelle Peyrone, mère de R. Baret, de Lapo- 
marède, est condamnée à la prison perpétuelle. 

Anno quo supra, ii kal. junii. Nos, fratres ordinis 
Predicatorum B. de Caucio et Johannes de Sancto 
Petro, inquisitores, etc. Quia Petrona, mater R' Barot, de 
Pomareda, Tholosane dyocesis, que fuit per difFinitivam 
sententiam de heresi condempnata, postquam abju- 
ravit heresim coram aliis inquisitoribus et juravit 
persequi hereticos, vidit et receptavit et adoravit 
hereticos, cela vit eos, hereticationi cujusdam persone 
interfuit, et credidit hereticos esse bonos homines et 
habere bonam fîdem a parvo tempore citra, sicut per 
confessionem ejus factam in jure nobis constat : ipsam 
ad ecclesiasticam unitatem redire volentem muro per- 
petuo deputamus ad condignam penitentiam pera- 
gendam. Actum Tholose, in claustro Sancti Saturnini, 
in presentia Ar., prioris ejusdem loci, W., capellani 
de Monte Albano, P. Ariberti, et multorum aliorum. 

L. — 14 juin 1248, Toulouse, cloître de Saint-Sernin. — Trois 
sentences déclarant respectivement hérétiques Bertrand Cri- 
veller, de Lapomarède , Ar. de Lasale, de Roumens, et 
P.-W. Testor fils, de Montjoire. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno domini IVf GG° XL" Vllf , xviii kal. julii. 
Nos, fratres predicti, etc. Quia Bertrandus Grivelerii^, 
de Pomareda, Tholosane dyocesis, super crimine here- 

1. On trouve dans les Confessions un VV. Criveler (bibl. de 
Toulouse, ras. 609, fol. 70 v°) ; un Petrus Criveller [ibid., 
fol. 229 r°); mais elles ne fournissent rien sur Bertrand. 



ET DE JEAN DE SAINT-PIERRE. 89 

sis a nobis pluries cilatus légitime, se per contuma- 
ciam absentavit, receptis et diligenter examinatis 
testibus et in die ad hoc assignata atestationibus 
publicatis, die etiam peremptorie assignata ad diffini- 
tivam sententiam audiendam, ipsum perseverantcm 
in sua contumacia secundum ea que de ipso inveni- 
mus, communicato prudentium virorum consilio, per 
diffinitivam sententiam hereticum condempnamus. 
Actum Tliolose, in ciaustro Sancti Saturnini, in pre- 
sentia Ar., officialis Tholose, Ar., prioris Sancti 
Saturnini, Amelii, capellani Sancti Stephani Tholose, 
W. Pétri, capellani Sancti Germerii, Ber. de Ganaves, 
subvicarii Tholose, et P. Ariberti. 

hi nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifîxi. 
Amen. Anno et die predictis. Nos, fratres, etc. Quia 
Ar. de Sala, junior*, de Romenx, Tholosane diocesis, 
super crimine heresis pluries citatus légitime, et cetera, 
omnia ut in predicta sentent ia Bertrcuidi Crivelerii. 

In nomine Domini, etc. Anno et die predictis. Nos 
fratres, etc. Quia P. W' Textoris, fîhus P. W. Tex- 
toris, de Monte Jovis, Tholosane dyocesis, super cri- 
mine heresis, pluries citatus légitime, etc., omnia ut 
in predicta sententia Bertrandi Crivellerii. 

1. Il avait précédemment comparu devant Willem Arnaud, 
à Saint-Félix. Voy. sa confession [ibid., fol. 219 r". Cf. Doat, 
XXIV, fol. 31). 



IL 

DÉPOSITIONS CONTRE PIERRE GARCIAS 

DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE 
REÇUES PAR BERNARD DE CAUX ET JEAN DE SAINT-PIERRE 

22 AOUT-10 DÉCEMBRE 1247 ^. 



I. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Guillaume 
Cogot, Mineur. — Doctrines dualistes professées par Pierre 
Garcias. 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi crucifixi. 
Amen. Anno Domini M° CG° XL" VIF, xf kls. septem- 
bris, frater Guillelmus Cogot de ordine [fratrum] 
Minorum, requisitus super heresi meram et plenam 
dicere veritatem, testisjuratus, dixit quod audivit Pe- 
trum Gama[m], de Burg[u]o Novo Tholose^ dicentem, 
cum interrogaretur a fratre Guillelmo Garcia de ordine 
[fratrum] Minorum utrum essent duo dii, quod cum 
eo cum quo disputaverat per médium annum de hoc 
non potuit habere certitudinem usque modo ; et tune 
dictus P. Garcias et frater Guillelmus memoratus 
erant in scola fratrum Minorum Tliolose^; et ipse tes- 

1. Ces dépositions sont reproduites ici d'après Doat, à défaut 
des originaux. On en a ramené l'orthographe à celle du 
xni" siècle. 

2. Voy. plus haut, p. 74, n" XXXVI. 

3. La fondation du couvent des frères Mineurs de Toulouse 
est placée à l'année 1222 par Wadding [Annales Minorum, II, 



DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS. 91 

tis erat superius inter tectum et ipsos in loco de que 
poterat ipsos audire et videre^ De circumstantibus 
dixit quod secum erant frater Deodatus Ruthenensis 
et frater Arnaldus de Acio de ïholosa. Requisitus de 
tempore, dixit quod hoc anno in quadragesima. 

Item, dixit quod, cum frater Guillelmus Garcias 
loqueretur de illa auctoritate- Apostoli : « Deus qui 
sanctificat^ circumcisionem » [Rom., III, 30], etc., 
audivit ipse testis dictum Petrum Garciam dicentem 
quod lex Moysi non erat nisi umbra et vanitas; et ille 
Deus qui dederat illam legem erat galiator et mali- 
gnus*. Et hoc dixit eodem tempore et loco; etsupra- 
dicti fratres erant cum eodem teste. 

p. 52, XXXIX, éd. Fonseca, Rome, 1732). Voy, Catel, Mémoires, 
217 (Toulouse, 1633, in-fol.). 

1. Schmidt [Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou 
Albigeois, l, p. 328. Paris, 1849) n'a vu qu'un « guet-apens » 
dans la « conférence » du religieux et de l'hérétique. Le 
« guet-apens » n'est pas démontré. 

2. L'expression auctoritas désigne, au xni® siècle, un passage 
de l'Ecriture ou même des Saints Pères, mais plus rarement, 
clair, décisif, faisant autorité. Voy. mon étude : la Somme des 
autorités à l'usage des prédicateurs méridionaux au XIIP siècle, 
où j'ai publié cinq Sommes (Paris, Picard, 1896, in-8°). Au 
xiv^ siècle, auctoritas avait le même sens : « Per auctoritates 
per eum supra allegatas et expressas » (confession de Raymond 
de Costa, faite devant Jacques Fournier, évêque de Pamiers 
en 1319. Bibl. du Vatican, fonds du Vatican, ms. 4030, non 
folioté). 

3. Justificat dans notre Vulgate et plus bas. 

4. Les néo-dualistes, à l'exemple des premiers manichéens, 
écartaient l'Ancien Testament, œuvre du dieu mauvais. Voy. la 
Somme des autorités. De même, pour les affirmations dualistes 
qui suivent, cf. Confessions, bibl. de Toulouse, ms. 609, 
fol. 40 r°, 43 v% 45 r°, 51 v°, 55 v», 60 r°, 62 r", 63 v», 66 r", 



92 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

Item, cum dictus frater Guillelmus Garsias loquere- 
tur de illa auctoritate : « Sine ipso factum est nichil » 
[Joan., I, 3] cum Petro Garcia prenominato, ipse 
dixit quod illud nichil supponebat pro rébus visibili- 
bus, que sunt nichil. — Dixit etiam idem Petrus 
hominem esse peccatum et nichil. De tempore, et loco 
[et] circumstantibus dixit idem quod supra. 

Item, cum requireretur dictus P. Garcias a dicto 
fratre Guillelmo Garcia si ille qui fuerat positus in 
cruce fecisset hec visibilia, respondit dictus Petrus 
quod non, quia ipse erat optimus, et nichil istorum 
visibilium est bonum. Ergo nichil horum fecit. De 
tempore, et loco [et] circumstantibus dixit idem quod 
supra. 

Item, cum dictus frater Guillelmus Garcia[s] loquere- 
tur cum dicto Petro Garcia de illa auctoritate : « In 
ipso condita sunt universa que in celis et in terra 
sunt, visibilia et invisibilia » [Col., I, 16], dixit idem 
Petrus quod sic debebat exponi : visibilia corde, et 
invisibiha oculis carnalibus. De tempore, et loco et 
circumstantibus idem dixit quod supra. 

Item, cum dictus frater Guillelmus Garcia[s] loquere- 
tur cum dicto Petro Garcia de illa auctoritate : « An- 
nunciantesvobis de hisvanis converti » [Act.,\YV, 14], 
etc., dixit idem Petrus quod Bertrandus de Roaxio^ 
erat in mari, hoc est in carcere ; et habebat meliores 
oculos interiores quam ipse frater Guillelmus Garcias; 
et multum commendavit ipsum Bertrandum. De 

69 r°, 72 r°, 134 r°, etc. Voy. la confession de Willem Feranl 
(Doat, XXII, fol. 26); celle de R. Centolh [ibid., fol. 32), etc. 
1. Voy. sur les Roais, plus haut, p. 2, note 1; p. 16, note. 



DU HOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 93 

tempère, et loco et circumstaritibus, dixit idem quod 
supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem. 
quod omnes angeli et soli qui ceciderant de celo sal- 
vabuntur. De tempore, et loco et circumstantibus, 
idem quod supra. 

Item, audivit dictum P. Garcia[m] dicentem quod 
Ghristus et Beata Virgo et beatus Johannes Evange- 
lista descenderant de celo et non erant de ista carne. 
De tempore, et loco et circumstantibus, idem quod 
supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod Johannes Baptista erat unus de majoribus dia- 
boîis qui unquam fuissent. De tempore, loco et cir- 
cumstantibus, idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem, 
cum dictus frater Guillelmus Garcias requireret ab eo si 
caro resurgeret ostendens ei manum suam, dixit quod 
caro non resurgeret nisi sicut postis, percussiens pos- 
tem cum manu. De tempore, et loco et circumstanti- 
bus dixit idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod Dominus Jhesus neminem extraxit de inferno. De 
tempore, et loco et circumstantibus dixit idem quod 
supra. 

Item, audivit Petrum dicentem quod matrimonium 
erat meretricium et quod nemo poterat salvari cum 
uxore sua, nec ipse cum uxore propria. De tempore, 
et loco et circumstantibus dixit idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod illud pomum vetitum primis parentibus fuit nichil 
aliud nisi delectatio carnalis cohitus, et illud pomum 



94 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

porrexit Adam mulieri. De tempore, et loco et cir- 
cumstantibus, idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod nullo modo est facienda justicia condempnando 
aliquem ad mortem^ De tempore, et loco et circums- 
tantibus, idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia[m] dicentem 
quod si officialis judicaret aliquem hereticum et ille 
occideretur tanquam hereticus, quod officialis erat 
homicida. De tempore et aliis, idem quod supra. 

Item, audivit dictum Petrum Garcia [m] dicentem 
quod non erat missa celebrata in Ecclesia usque ad tem- 
pus beati Silvestri, nec Ecclesia habuerat possessiones 
usque ad illud tempus ; et quod Ecclesia detîciet citra 
XX annos- ; et quod missa nostra nichil valet ; et quod 
omnes predicatores Crucis-^ sunt homicide; et quod 
crux quam illi predicatores dant nichil aliud est nisi 
parum de pellia super humerum ; idem cordula cum 
qua liganturcapilli. De tempore, et loco et circumstan- 
tibus, idem quod supra. 

Item, cum esset dictus [Petrus Garcias] sepe adju- 
ratus et requisitus a dicto fratre Guillelmo Garcia si 
ita crederet sicut dicebat de predictis, respondit 
jurando per fidem suam quod ita credebat ut dixerat. 
De tempore et ahis circumstantibus, idem quod supra. 

Item, cum requireretur dictus Petrus a dicto Wil- 
lelmo Garcia utrum mater ipsius P. fuerat heretica, 

1. La négation de la légitimité de la peine de mort est rare 
dans les dépositions. 

2. Cette foi à la lin prochaine de l'Eglise se rencontre rare- 
ment dans les dépositions. 

3. La croisade. 



DU BOURGUET-NAU DE TOl'LOUSE. 95 

dixit quod non; set bene esset heretica, nisi ille Nicho- 
laus, ([uondam capellanus Béate Marie Deaurate ' , impe- 
divisset. Et hoc fuit hoc anno a Pascha citra. De loco. 
et circumstantihus, idem quod supra. — Requisitus 
ipse testis quid crédit de dicto Petro Garcia, respon- 
dit quod propter illa que audivit crédit ipsum fuisse 
credentem hereticorum. Hec deposuit memoratus fra- 
ter Guilielmus Gogot apud Tholosam coram fratribus 
B. et Johanne inquisitoribus. Testes frater Guiraudus, 
gardianus fratrum Minorum Tholose, et frater Ste- 
phanus de Lunello ejusdem ordinis, et Petrus Ari- 
berti, publicus notarius, qui hec scripsit. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 92-95. 

II. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Déodat de 
Rodez, Mineur. — Doctrines professées par Pierre Garcias. 
— Croisés à Auvilar. — Frédéric II. — Saint François. — 
Récit de la Passion en roman. 

Anno et die predictis [j\r GG° XL° Vif, xf kls. sep- 
tembris], frater Deodatus Ruthenensis de ordine 
fratrum Minorum, requisitus meram et plenam super 
heresi dicere veritatem, testis juratus, dixit quod 
vidit et audivit Petrum Garcia[m] de Burgueto Tholose 
loquentem cum fratre Guillehno Garcia de ordine fra- 
trum Minorum in scoHs eorumdem fratrum Tholose; 
et cum dictus frater Guilielmus Garcias requireret a 
dicto Petro Garcia si ipse crederet in sua fîde quod 
esset unus Deus benignus qui creasset omnia, cum hoc 
inveniretur in Scripturis, respondit ipse Petrus quod 
hoc non credebat nec crederet; set erat unus Deus 

1. La Daurade, Toulouse. 



96 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

benignus qui creavit incorruptibilia et permansura, 
et alius Deus erat malignus qui corruptibilia et tran- 
sitoria [creavit]. Cum etiam dictus frater Guillelmus 
Garcias loqueretur cum eodem Petro de illa auctori- 
tate : « Deus qui justificavit circumcisionem, » etc. 
[Rom., III, 30], dixit idem Petrus quod lex Moysi non 
erat nisi umbra et vanitas ; et ille Deus qui dédit illam 
erat galiator. Cum etiam dictus frater Guillelmus Gar- 
cias loqueretur cum dicto Petro Garcia de illa auctori- 
tate : « Sine ipso factum est nichil » [Joan., I, 3], dixit 
idem Petrus quod omnia visibilia sunt nichil et homo 
nichil est et peccatum. Dixit etiam idem Petrus quod 
ille qui fuit positus in cruce nichil fecit istorum visi- 
bilium, cum ille sit optimus et ista visibilia non sint 
[bona]. 

Item, cum dictus Guillelmus Garcias loqueretur cum 
dicto Petro de illa auctoritate : <r In ipso condità sunt 
universa, etc., visibilia et invisibilia, » etc. [Col., I, 
16], idem Petrus exposuit visibilia et invisibilia de 
celestibus que sunt visibilia oculis cordis, invisibilia 
oculis carnis. Item, idem Petrus dixit quod omnes illi 
angeli et soli qui ceciderant salvabuntur, et quod 
Ghristus et Beata Virgo et beatus Johannes Evange- 
lista descendcrunt de celo et non fuerunt de ista carne ; 
et quod Jhesus neminem extraxit de inferno, et quod 
matrimonium erat purum meretricium, et quod nemo 
poterat salvari in matrimonio habendo rem cum 
uxore, nec ipse cum propria uxore. 

Item, de porno vetito primis parenlibus dixit idem 
per omnia ipse testis quod predictus frater Guillelmus 
Cogot; et de justicia non facienda idem. 

Item, audivit ipse testis dictum Petrum dicentem 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 97 

tjuod missa non fuerat celebrata us(|ue ad tempus 
Silvestri et Ecclesia non habuerat possessioncs usque 
ad illud tempus; et quod Ecclesia deficiet citra xx an- 
nos. De predicatoribus Grucis et cruce, dixit ipse tes- 
tis idem quod predictus frater Guillelmus Cogot. 

Item, cum requiretur et adjuraretur sepissime 
idem Petrus Garcias a fratre Guillelmo Garcia si ita 
crederet de predictis ut dicebat, respondit ju[reju]- 
rando per suam fidem quod ita credebat ut dixerat. 
De inquirendo utrum essent duo dii et laborando per 
médium annum, dixit idem testis quod predictus fra- 
ter Guillelmus Cogot. Hec omnia audivit ipse testis 
hoc anno in quadragesima ; et erat existens super 
scolas fraLrum Minorum Tholose inter tectum et pre- 
nominalos fratrem Guillelmum Garciam et P. Gar- 
cia [m] qui loquebantur in scola. Et erant cum ipso 
teste fratres ordinis Minorum Arnaldus de Acio de Tho- 
losa et Guillelmus Cogot. 

Item, alia vice, in eodem loco ipse testis audivit 
dictum Petrum Garcia[m] dicentem quod ille qui tene- 
bat crucem in die Parasceves discooperiendo eam ulu- 
labat, et ubi dicebat : Ecce lignum \crucis\, deberet 
dicere : Ecce lignum, cum nichil esset ibi de cruce. 

Item, dixit idem Petrus quod omnes illi qui ululabant 
in ecclesia cantando voce non intelligibili decipiebant 
populum simplicem; et quod ipse habebat Passionem 
in domo sua in romano' sicut fuerat in re. — Dixit 

1. 11 s'agit sans doute dune traduction romane, et non d'un 
mystère de la Passion, Les confessions reçues par Bernard de 
(;aux et Jean de Saint-Pierre, par exemple, mentionnent un 
texte des Evangiles et des Epîtres que les hérétiques faisaient 
baiser (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 175 v"). Ils donnaient la 

7 



98 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

etiam idem Petrus quod illud quod Ecclesia Romana 
conJLingebat, virum scilicet et muiierem, ut se et uxo- 

paix avec leur livre [ihid., fol. 185 v°, 230 v°, 242 v°; 
Doat, XXII, fol. 108 v° et suiv., 238 v" et suiv.). Ils fai- 
saient lire un livre, qu'ils expliquaient ensuite : « Legebant in 
quodam libro et dicti heretici exponebant illud quod ipsi 
dicebant » [ibid., fol. 232 v°). Ils se transmettaient ce livre : 
ainsi Aymersens de Cambiac eut, pendant un certain temps, 
la garde du livre du diacre des hérétiques de Caraman [ibid., 
fol. 237 v'^). Puis « Bertrandus Alamanni habuit supradictum 
librum a predictis hominibus (ceux qui viennent d'être nommés) ; 
et quesivit illum ex parte Austorge de Resengas, et ipsa Aymer- 
sens reddidit tune dictum libitum dictis hominibus; et ipsi 
tradiderunt illum dicto Bertrando » [ibid.). Dans la confes- 
sion d'Aymersens du 22 décembre 1245, nous lisons : « Item, 
dixit quod bene sunt m anni quod Jordanus Saicius portavit 
quendam librum ad domum ipsius testis, et dixit Willermo 
Vicario, viro ipsius testis, quod teneret in comenda dictum 
librum, et dixit ei quod dictus liber erat domini R. Fortz, 
diachoni hereticorum; et tune ipsa testis dixit ei quod nullo 
modo sustineret quod liber ille remaneret in dicta domo; et 
dictus Jordanus tune dixit ipsi testi convicia propter hoc, et 
commendavit dictum librum P. V^icario, ipsa teste vidente. 
Dixit etiam quod post unum mensem postea venit quidam nun- 
cius Bertrandi Alamanni ad domum ipsius testis, et dixit ipsi 
testi quod ex parte Austorge de Resengas petebat unum 
librum R. Forlis, diachoni hereticorum, a Willermo Vicario, 
marito ipsius testis; et tune ipsa testis dixit ei quod quereret 
P. ^ icarium, qui daret sibi consilium de dicto libro; et crédit 
quod inde recuperavit dictum librum » [ibid., fol. 239 v°). 
Vers 1209, ral)l)é de Saint-Papoul avait engagé aupx'ès de 
Willem Symon, de Castelnaudary, une bible pour la somme de 
100 sous iholsas. Willem Symon étant passé à l'hérésie et demeu- 
rant alors à Laurac, l'abbé s'empressa de la recouvrer [ibid., 
fol. 252 v°) ; il craignait sans doute que celui-ci n'en abusât. 
Fine, épouse d'Isarn de Tauriac, dit qu'elle avait amené Hugues 
Poers, « litteratus, ut legeret libros hereticorum et audiret 
quid dicerent » (Doat, XXII, fol. 05). Les ministres hérétiques 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 99 

rem suam Avmam, [est meretriciuml : nullum est 
matrimoniiim nisi inter animam et Deum; et vocavit 
Ecclesiam Romanam meretrieem dantem venenum et 
potestatem veneno [m] omnes credentes in ea. Et de 
quadam ecclesia sibi ostensa dixit illam non esse eccle- 
siam, setdomuin in qua dicuntur falsitales et tricharie. 

Dixit etiam idem Petrus quod non jacuerat carnali- 
ter cum uxore sua duo anni erunt in Pentecoste ; et 
cum diceret Petro frater Guillelmus Garcias quod hoc 
erat quia ejusdem fidei erat cum ipso, dixit quod 
non; set erat bestia sicut ipse frater Guillelmus. 

Dixit etiam idem Petrus de miraculis quod nullum 
miraculum quod possit oculis videri aliquid est, et 
quod beatus Franciscus vel alius nullum fecit miracu- 
lum; et quod Deus non voluit justitiam quod aliquis 
judicaretur ad mortem, vituperans ex hoc quemdam 
fratrem predicatorem Grucis, qui cruce signa verat 
apud Altum \ilare' bene septingentas personas, 
dicens quod non erat bonum cruce signatos ire con- 
tra Fredericum- nec contra Sarracenos, vel contra 

demandaient avant Tinitiation au récipiendaire « utrum vellet 
se rcddere Deo et Evangelio « (voy., par exemple, la confes- 
sion de Gaillard del Congost, Doat, XXII, fol. 154 et suiv. 
Cf. Doat, XXIII, fol. 4 v°, fol. 57 v°). M. Clédat a publié le fac- 
similé du ms. de la traduction romane qui nous est parvenue : 
te Nouveau Testament traduit au XIIP siècle en langue proven- 
çale, suivi d'un rituel catliare (Paris, Leroux, 1887, in-8"). 

1. Ce fait ne nous est pas autrement connu. 

2, Les hérétiques avaient une autre raison de s'opposer à la 
croisade contre Frédéric : ils espéraient toujours être secourus 
par lui. ilayniond VII leur en avait, semble-t-il, donné l'assu- 
rance (voy. la déposition dlmbert de Sales, Doat, XXIV, 
fol. 168 v°). 



100 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

aliquod castrum simile Montisecuro quando erat con- 
tra Ecclesiam, vel contra aliquem locum ubi mors 
posset fieri. . 

Gomendavit etiam idem Petrus Garcias Raimun- 
dum Pétri de Planis de probitate et sagacitate et pru- 
dentia, et quod erat Homo celatus et coopertus. 

Dixit idem Petrus fratri Guillelmo Garcie quod non 
loqueretur de hujusmodi dicto Raimundo Pétri nisi 
per modum sabbatati. 

Item, dampnavit idem Petrus Garcias omnem ordi- 
nem prêter ordinem fralrum Minorum. Dixit tamen 
quod ille ordo nichil valebat, quia predicabat Crucem. 

Dixit etiam idem Petrus quod si teneret illum Deum 
qui de mille hominibus ab eo factis unum salvaret et 
omnes alios damnaret, ipsum dirumperet et dilacera- 
ret unguibus et dentibus tanquam pertîdum et repu- 
tabat ipsum esse faisum et perfidum, et spueret in 
faciem ejus, addens : de gutta cadat ipse'. 

Item, dixit idem Petrus quod tantum angeli qui ceci- 
derunt salvabuntur, set non omnes ut principales et 
assessores, set simplices tantum; ita quod de mille 
non dampnabitur unus. 

Item, dixit idem P. quod purgatorium non erat, et 
quod eleemosine l'acte a vivis non prosunt mortuo, et 
quod nullus salvatur nisi perfecte fecerit penitentiam 
ante mortem, et quod spiritus qui in uno corpore non 
poterat facere penitentiam, si deberet salvari, transi- 
bat in aliud corpus ad complendum penitentiam 2. 

Dixit etiam idem P. quod pater et mater ejus, et 

1. Malédiction : Quil meure de la goutte. 

2. La métempsycose conditionnelle et restreinte à ceux qui 
seront sauvés se présente rarement dans les dépositions. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 101 

Petrus Cauzit* et pater Guillelme de Montaigo docue- 
runt eum talia. 

Hoc omnia que sunt in illa pagiria audivit ipse tes- 
tis hoc anno, in vigilia Pasche, in loco superius memo- 
rato inter tectum et scolas, presentibus fratribus 
Minoribus Arnaldo de Acio Tholosano, Imberto Ruthe- 
nensi et Petro Raimundi de Tholosa, et fratre Guiilelmo 
Garcia inferius in scola cum dicto Petro Garcia loquente. 

De hereticatione matris ipsius Pétri, dixit idem ipse 
testis quod predictus frater Guillelmus Gogot. 

Itetn, dictus Petrus Garcias commendavit multum 
Bertrandum de Roaxio et vituperavit fratrem R. Gros, 
et quod idem Raimundus dixerat ipsi Petro et Rai- 
mundo Pétri de Planis, quod in fraudem fecerat quod 
fecerat; et quod si prius venissent ad ipsum, per très 
dies non remansisset in ordine. Hoc audivit ipse tes- 
tis hoc anno a Pascha citra in dicto loco, presentibus 
fratribus Minoribus Willelmo Gogot et Arnaldo de 
Acio de Tholosa. 

Requisitus ipse testis quid crédit de dicto Petro 
Garcia, respondit quod crédit ipsum fuisse credentem 
hereticorum propter illa que audivit ab ipso. Hec 
deposuit apud Tholosam, coram fratribus B. et 
Johanne inquisitoribus. Testes propedicti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 95 v»-100. 

III. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Guillaume 
Garcias, Mineur. — Doctrines professées par Pierre Gar- 
cias. Il réprouve la croisade et recommande Bernard Laraote, 
un des principaux ministres de l'hérésie. 

Anno et die predictis [M" GG° XL° VIP, xi° kis. sep- 

1. Voy. page suivante, note 1. 



102 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

tembris], frater Guillelmus Gardas de ordine fratrum 
Minorum, requisitus meram et plenam dicere verita- 
tem super crimine heresis, testis juratus, dixit quod, 
eum ipse loqueretur in scola fratrum Minorum Tho- 
lose cum Petro Garcia, de Burguo Novo Tholose, vire 
Aymé filie B. de Gauzit', quesivit ipse testis a dicto 
Petro utrum essent duo dii; et ipse Petrus respondit 
quod sic, unus benignus et alius malignus. — Dixit 
etiam ipse P. quod lex Moysi erat umbra et vanitas; 
et Deus qui illam dederat erat galiator et malignus. 
Et hoc dixit cum ipse testis loqueretur de illa aucto- 
ritate « Deus qui justificat circumcisionem » [Rom., lll, 
30]. Gum etiam ipse testis loqueretur cum dicto Petro 
de illa auctoritate : « Sine ipso factum est nichil » 
[Joan., I, 3], dixit idem Petrus visibilia nichil esse, 
et hominem esse peccatum et nichil. — Dixit etiam 
idem Petrus quod ille Deus qui fuit positus in Cruce 
non fecit visibilia, arguendo quod ille est optimus et 
nichil horum visibilium est bonum; ergo nichil horum 
fecit. — De illa auctoritate : « In ipso condita sunt 
universa, etc., visibilia et invisibilia, » etc. [Col., I, 
16], dixit idem ipse testis quod frater Guillelmus 
Gogot. 

1. Un Raymond Cauzit, du Mas-Saintes-Puelles, fréquen- 
tait fort les hérétiques [Confessions, bibl. de Toulouse, ms. 609, 
loi. 1 v°, 6 v°, 10 r°, où se trouve sa confession). Le copiste de 
Doat peut bien avoir lu B pour R. Dans ce cas, 11. Cauzit sex^ait 
le beau-père de Pierre Garcias; ainsi s'expliquerait la men- 
tion qui est faite ici de lui. Nous aurions, de plus, un indice 
sérieux sur le lieu d'origine des Garcias, que nous trouvons 
à Laurac, non loin du Mas, et qui appartenaient à l'hérésie 
(ibàl., fol. 72 r», 72 v°, 76 v% 78 r% 78 v", 79 r", 118 r», 
121 v% 123 r", 146 r% 160 r«; Doat, XXII, fol. 62). 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 103 

Item, de illa auctoritate : « Annunciantes vobis ab 
his vanis converti » [Act., XIV, 14], et de comenda- 
tione Bertrand! de Roaxio, dixit idem ipse testis quod 
predictus frater Guillelmus Cogot. 

Dixit etiam Petrus Garcias quod angeli et soli 
qui ceciderant salvabuntur; et quod omnes qui non 
erant heretici fecerat diabolus in corpore et anima ; 
et quod Christus et Beata Virgo et beatus Johannes 
Evangelista descenderunt de celo, et non erant de 
ista carne ; et Christus adduxerat Bcatam Virginem 
et Johannem Evangelistam in testimonium; et quod 
Johannes Baptista fuit unus de majoribus diaboHs qui 
unquam fuissent. De resurrectione dixit idem quod 
frater Guillelmus Cogot. 

Item, dixit dictus P. quod Dominus Jhesus nemi- 
nem extraxit de inferno. — De matrimonio, et pomo 
vetito, et justicia, et de officiah judicante hereticos, 
dixit idem ipse testis quod predictus frater Guillelmus 
Cogot. 

Item, dixit idem P. quod consuluerat Guillelmo de 
Roaxio, dum esset consul \ quod nuUo modo consen- 

1. Des divers membres de la famille de Roais qui furent 
consuls de Toulouse (membres du chapitre de la maison com- 
mune, plus tard capitouls), Pierre, appelé Gi'ivus, l'avait été 
on 1197, xirnaud en 1199, Hugues en 1201, Pierre en 1218, 
Bertrand en 1222 [Hist. gcn. de Languedoc, VIII, 447, 456, 
466, 709, 757), c'est-à-dire à un moment où il ne pouvait pas 
êti'e question de la peine de mort. Grifus de Roais exei^çait 
cette charge en 1235 ; il s'opposa avec les autres consuls à 
l'exercice de l'inquisition et consentit à la dispersion des 
IVères Prêcheurs de la ville [Chronicon Guii/clmi Pclisso, 102). 
Quant à Guillaume, il m'est inconnu. Sa présence au consulat 
doit être placée entre 1236 et 1246, si toutefois il n'y a pas 



104 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

tiret in judicando in mortem alterius. Addidit etiani 
quod bene crediderat sibi idem Guillelnius. 

Item, de missaet possessionibus Ecclesie, et deffeetu 
Ecclesie et predicatione Crucis, et cruce, dixit idem 
quod frater Guillelmus Gogot. 

Item, ipse testis requisivit dictum Petrum Garciam 
adjurarido sepissime si ita crederet de predictis ut 
dicebat, et ipse P. jurejurando per fîdem suam res- 
pondit quod ita credebat ut dixerat. Hec omnia audi- 
vit ipse testis dictum Petrum Garcia [m] dicentem in 
scoiis fratrum Minorum Tholose, hoc anno, in qua- 
dragesima. 

Requisitus de circumstantibus, dixit quod nullus 
erat in scola nisi ipsi duo, set supra ipsos, inter tec- 
tum et ipsos, erant fratres ordinis Minorum W. Gogot, 
Arnaldus de Acio, de Tholosa, et Deodatus Ruthenen- 
sis, et ipse testis sciebat eos esse in dicto loco, et 
vidit eos ibidem. 

Item, alia vice in scola, audivit ipse testis dictum 
Petrum Garcia[m] dicentem de illo qui tenet crucem in 
die Parasceves et de illis qui cantant in ecclesia voce 
non intelligibili, et de Passione in romano, et de 
matrimonio inter virum et uxorem, et de Ecclesia 
Romana meretrice et ecclesia sibi ostensa, et quod 
non jacuit cum uxore sua per aliquod tempus, et de 

ici une faute. Les copies de Doat sont assez défectueuses; Gri- 
fiis ou Grivus, nom peu répandu, aura été pris pour Guillel- 
tnus. Dans ce cas, il s'agirait ici de Grifus de Roais, consul 
en 1235, et excommunié avec les autres consuls et le viguier 
comme fauteur des hérétiques (Doat, XXI, fol. 147 \°, 160) : 
ce qui aurait aggravé le cas de Pierre Garcias. — Les consuls 
de Toulouse jouissaient du droit régalien de haute justice. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 105 

miraculis [sancli] Francisci et aliorum, et utrum Deus 
vellet justiciam, et de cruce signatis apud Altum vilare, 
et de comendatione Raimundi Pétri de Planis, de 
reprobatione omnium rcligionum, et de illo Deo qui 
de mille hominibus unum salvaret, etc., et de salva- 
tione angelorum qui cecidcrunt et dampnatione prin- 
cipalis et ascessorum, et de purgatorio, et quod nul- 
lus potest salvari uisi peiiitentiam compleverit ante 
mortem, et transita spirituum et de illis qui docuerant 
eum talia, dixit idem per omnia quod predictus frater 
Dcodatus Ruthenensis, excepto quod ubi posuit « pater 
Guillelme, » ipse testis posuit « pater Guillelmi. » De 
tempore, quod hoc anno in quadragesima, fratribus 
Minoribus existentibus supra ipsum testem et dictum 
P. loquentes. 

Item, audivit ipse testis dictum Petrum Garcia[m] 
dicentem quod de guta caja^ qui crédit quod ilii 
spiritus qui de novo creantur sint creati a Deo. De 
tempore et loco et circumstantibus, idem quod supra. 

Item, audivit dictum P. dicentem ({uod frater 
R. Gros obiit in fide hereticorum, et quod miserat 
Andrcam Barbitonsorem nuncium ad Raimundum 
Petrum de Planis, et, cum ipse non posset venire, 
idem P. venit ad ipsum Raimundum. 

Item, ipse testis audivit multotiens dictum Petrum 
comendantem fidem hereticorum et vituperantem 
fidem Ecclesie Romane, et quod noiebat mori nec 
vivere nisi in fide hereticorum. 

Item, dixit quod dictus P. Garcia[s] adduxit ad ipsum 

l| 1. Caj'a est lé mot roman, au lieu du latin cadat, comme 

plus haut, p. 100, et plus bas, p. 107. 



106 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

testem Raimundum Pétri de Planis, qui disputavit 
cum ipso teste de justicia non facienda et de crea- 
tione visibilium quod non erat a Deo, inducendo illam 
auctoritatem Evangelii : « Non potest bona arbor 
fructiis inalos facere, » etc. [Matth., VII, 18] ; et simi- 
litudinem de fonte, dicens quod hoc habuerat de Ber- 
nardo de Mota, heretico^, qui multum hoc dicendo 
turbaverat eum. Hec deposuit apud Tholosam coram 
fratre B. et Johanne inquisitoribus. Testes predicti. 
Copie, Doat, tome XXII, fol. 100-103. 

IV. — 22 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Imbert, 

Mineur. 

Anno et die predictis [M° GG° XL° Vif, xi° kls. sep- 
tcmbris], frater Imbertus de ordine fratrum Mino- 
rum, requisitus meram et pienam dicere veritatem 
super heresi, testis juratus, dixit quod audivit Petrum 
Garciam, deBurg[u]onovo Tholose, generum Bernardi 
Gausit% loquentem cum fratre Guillelmo Garcia de 
ordine fratrum Minorum in scoHs eorumdem fratrum 
Thoiose, et dicentem de illo qui discooperiebat cru- 
cem in die Parasceves idem quod audivit frater Deo- 
datus Ruthenensis, excepto quod de Passione in 
romano nichil audivit. 

Dixit etiam tune dictus P. Garcias quod matrimo- 
nium nichil valebat, et quod non habuerat rem cum 
uxore sua duo anni erant, et quod stulta erat, sicut 

1. Un des chefs et des orateurs des néo-dualistes. Il prêcha 
souvent à Montségur, rendez-vous des hérétiques (Doat, XXII, 
fol. 1 v°, 4, 9, 13, etc. Cf. Confessions, hibl. de Toulouse, 
ras. 609, fol. 203 r°, 207 r°, 210 v°, 212 v% 213 v°, 244 r°). 

2. Voy. plus haut, p. 102, note 1. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 107 

ipse frater Guillelmus Garcias; de miraculis dixit 
idem ipse testis quod dictus frater Deodatus. 

Audivit etiam ipsum Petrum commendantem 
R. P. de Planis et R. Rogcr[ii] de heresi condenina- 
tos, quod multuni erant sapientes et cooperti, et quod 
nullus sciebat factum eoriim. 

Item, audivit ipsurn Petrum dicentem quod ipse 
negabat illum Deum qui creabat mille animas, qua- 
rum una salvaretur et omnes alie condempnarentur ; 
et, si teneret ipsum, dilaniaret ipsum, addens quod de 
gutta cadat ^ . 

Ipse audivit etiam ipsum Garciam dicentem quod 
mater sua et Raimundus de Montoti^ docuerant ipsum 
talia et quod per xxv annos fuerat in credulitate 
hereticorum. 

Requisitus ipse testis quid crédit de dicto Petro, 
dixit quod crédit ipsum fuisse credentem heretico- 
rum propter predicta. — De loco et circumstantibus 
et tempore, dixit idem ipse testis quod frater Deoda- 
tus Ruthenensis predictus. Hec deposuit apud Tholo- 
sam coram fratre Jolianne inquisitore. Testes frater 
Stephanus de Lunello et Petrus Ariberti, notarius 
publions, qui hec scripsit. 

Copie, Doal, tome XXII, fol. 103-104. 

V. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Pierre 
de Sancto Barcio, Mineur. 

Anno quo. supra [i\f GG° XL° Vif] , vif kls. septem- 
bris, frater Petrus Raimundi de Sancto Barcio de 
ordine fratrum Minorum, requisitus meram et ple- 

1. Voy. plus haut, p. 100, note 1, p, 105, note 1, 

2. Voy. plus loin, VII. 



108 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

nam dicere veritatem super heresi, testis jiiratus, 

dixit quod vidit in scola fratrum Minorum Tholose 

Petrum Garcia[m], de Burgueto Novo Tholose, loquen- 

tem cum fratre Guillelmo Garcia de ordine fratrum 

Minorum; et ipse testis erat inter tectum et ipsos 

super cjuodam tabulatu, de quo poterat ipsos videre et 

audire. Et erant cum ipso leste frater Deodatus Ruthe- 

nensis, frater Arnaldus de Acio, de Tholosa, frater 

Imbertus de ordine Minorum; et audivit dictum 

Petrum Garcia [m] dicentem : « Si ego tenerem 

illum qui creavit multas animas et de illis paucas sal- 

vat, dilaniarem eum, » et quod angeli qui ceciderunt 

de celo salvabuntur, set non omnes. Et hoc fuit hoc 

anno in vigiHa Pasche. Et propter illa que audivit cre- 

didit ipse testis dictum P. Garcia[m] esse credentem 

hereticorum. Hec deposuit coram fratre Johanne, 

inquisitore, apud Tholosam. Testes frater Stephanus 

de Lunello et Petrus Ariberti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 104-105. 

VI. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de R. Ferrières, 
curé de la Daurade. — Pierre Garcias ne se confesse ni ne 
communie. 

Anno quo supra [M° CG° XL° Vif] , Yii° kis. septem- 

bris, R. de Ferreriis^ capellanus Béate Marie Deau- 

1. Fcrreriis, dans le reg. H Dominicains, 85, arch. de la 
Haule-Garonne ; Fcn'airas dans Doat. Ce curé de la Daurade, 
peu connu d'ailleurs, apparaît comme témoin dans plusieurs 
confessions reçues par les inquisiteurs, par exemple dans les 
confessions de Willem Raymond del Castlar, 28 juin 1246 
(Doat, XXII, fol. 76 v"), de Bernard Martin, 30 novembre 1247 
[ibid., fol. 82 v"), de Pierre de Saint-Michel, chevalier, 27 août 
1243 (Doat, XXIIl, fol. 88), de Rainiond Brezeg des Cassés, 
19 juillet 1246 (bibl. de Toulouse, ms. 609, fol. 226 r°), de 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. i09 

rato, rcquisilus merani et plenam dicere veritatem 
super heresi, testis juratus, dixit quod habet suspec- 
tum de heresi Petrum Garcia[m], de Burguo Novo, 
quia audivit quod est diffamatus de heresi, née con- 
fessus est, nec communicavit, quod ipse testis sciât, 
postquam fuit capellanus dicte ecclesie. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 105. 

VII. — 20 août 1247, Toulouse. — Déposition de Guillaume 
de Montoti. — Pierre Garcias est tenu pour suspect ; il ne 
voit plus sa femme, son père était hérétique et sa mère vau- 
doise. 

Anno et die predictis [M° CG° XL° VIF, vii° kis. sep- 
tembris], Guillelmus de Montoti requisitus meram et 
plenam dicere veritatem super heresi, testis juratus, 
dixit quod crédit Petrum Garcia[m], de Burguo Novo, 
suspectum de heresi, quia est diffamatus et quia habuit 
penitentiam pro heresi, ut audivit [dici], et quia pater 
ejus fuit credens hereticorum^ et mater fuit credens 
Valdensium- et quia habet cum suspectis et credenti- 

Willem Rogas, d'Arnaud de Juzes, de Pierre Piatre, de Ber- 
nard Audran, de Guillaume Fort, de Pierre Toter, de Jean 
Toter, 3 juillet 1245 [ibid., fol. 230 r"), de Guillaume Four- 
nier, 4 août 1256 (arch. de la Haute-Garonne, H Domini~ 
cains, 85). 

1. Les hérétiques sont les cathares, et tous ceux qui s'y rat- 
tachent directement, comme les Albigeois. 

2. Les Vaudois, repoussés pour leur traduction de la Bible par 
Alexandre III, excommuniés par Lucius III, au synode de Vérone, 
en 1184, avaient essayé de se faire reconnaître, en envoyant une 
députation à Innocent III, en 1212. Celui-ci eût voulu régula- 
riser par la profession des vœux monastiques leur amour de 
la pauvreté ; mais ce fut en vain. Il résulta de cette action du 
pape que leur situation ne fut nettement définie que plus lard. 
Pendant assez longtemps, ils furent tolérés, protégés même 



110 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

bus hereticorum familiaritatem, et quia duo anni sunt 
quod non tractavit uxorem suam maritaliter, ut dici- 
tur. Hec deposuit apud Tholosam, coram fratribus 
B. et Johanne, inquisitoribus. Testes R., capellanus 
Deaurate, et P. Ariberti. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 105 v°. 

VllI. — 26 août 1247, Toulouse. — Déposition de Bernard 
Prima. — Pierre Garcias a subi déjà une peine; il est sus- 
pect. 
Anno et die predictis [M° GG° XL° VIF, vii° kls. sep- 

par l'Église. Ils profitèrent de cette bienveillance pour se 
répandre dans le comté de Toulouse, où ils vivaient d'aumônes 
recueillies à la porte des maisons. Ils jouissaient de la liberté 
la plus entière et montraient le plus grand zèle pour le service 
religieux et contre les hérétiques. Par exemple, Willem de 
Saint-Michel, de Castelnaudary, dit dans sa confession « quod 
vidit apud Castrum Novum Valdenses publice raanentes et 
Icgentes et can tantes in ecclesia, et quod Willerma de Sancto 
Michaele, quondam mater ipsius testis, recepit eos in domum 
suam et dédit eis ad coniedendum » (bibl. de Toulouse, 
ms. 609, fol. 252 v"). Michel Verger, d'Avignonet, Haute- 
Garonne, dit dans sa confession : « Quod Valdenses perseque- 
bantur dictos hereticos, et multociens fecit helemosinam dictis 
Valdensibus, quando querebant hostiatim amore Dei, et quia 
Ecclesia sustinebat tune dictos Valdenses; et erant cura cleri- 
cis in ipsa ecclesia cantantes et legentes; et credebat eos esse 
bonos homines; et sunt xxv anni vel xxx. » (bibl. de Tou- 
louse, ras. 609, fol. 136 r"). Le preraier de ces faits se passait 
en 1205, le second entre 1215 et 1220. Il est vraisemblable que 
celte situation se maintint raêrae après 1229, année probable 
de leur définitive condamnation par Grégoire IX (Potthast, 
9670). Car bien des confessions, qui ne remontent pas aussi 
haut, distinguent les deux moments, la toléi'ance et la con- 
damnation. Les Décrétales de Grégoire IX, appliquées dans 
les tribunaux et portant leur condamnation (lib. V, tit. VII, 
cap. xv), fixèrent définitiveraent l'opinion. Dans le comté de 
Toulouse, elle fut lente à se rendre. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. \\{ 

tembris], Bcrnardiis Prima requisitus meram et plc- 
nam super heresi dicere verilatem, testis juratus, dixit 
quod liabet suspectuni P. Garcia[m], de Burg[u]o novo, 
de heresi, quia est diffamatus, et quia habuit peni- 
tentiam pro heresi, et quia habet famiHaritatem cum 
suspectis et diffamatis de heresi. Hec deposuit coram 
dictis inquisitoribus. Testes predicti. 

Copie, Doat, loaie XXII, fol. 10(). 

IX. — 10 décembre 1247, Toulouse. — Déposition de fr. Ar- 
naud Daitz, Mineur. — Doctrines professées par Pierre 
Garcias. 

Anno Domini M° GC° XL° VIP, iiif idus deccmbris, 
frater Arnaldus Daitz de ordine fratrum Minorum, 
testis jui^atus, [dixit] quod vidit Petrum Garcia[m], de 
Burgueto Novo, in scola fratrum Minorum cum fratre 
Guillehno Garcia de ordine fratrum Minorum ; et tune 
dictus Petrus dixit, ad requisitionem predicti fratris 
Guillelmi, quod duo dii erant, unus bonus qui fecerat 
invisibilia, et alius malus qui fecerat visibilia. 

Item y dixit dictus Petrus super illa auctoritate, 
« quem Çcorr. : quoniam) quidem unus Deus qui jus- 
tifîcavit circumcisionem ex fide b [Roin., III, 30], etc., 
de lege Moysi quod non erat nisi umbra et vanitas. 
— Dixit etiam quod ille qui dederat illam legem erat 
gahator et malignus. 

Iteîïi, dixit super illo verbo « sine ipso factum est 
nichil » [Joan., I, 3], quod omnia visibilia nichil erant, 
et quod homo erat specialiter peccatum et nichil. 

Item, dictus Petrus requisitus a predicto fratre 
Guillelmo Garcia, utrum ille Deus qui fuit positus iu 
cruce hec visibilia fecisset, respondit arguendo sicut 



112 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS 

volens probare quod non, sic dicendo : « Ille erat 
optimus et nichil horum est bonum. Ergo nichil horum 
fecit. » 

Item, dixit dictus Petrus super illa auctoritate Pauli : 
« In ipso condita siint universa, visibilia et invisibi- 
lia » [Colos., I, 16], etc., quod débet intelligi de 
celestibus que sunt visibilia corde et invisibilia oculis 
carnalibus. 

Dixit etiam super illa auctoritate : « Annunciantes 
vobis ab bis vanis converti » [Act., XIV, 14], etc., 
Bertrandum de Roaxio esse in mari [vocans mare 
carcerem] ; et dixit ipsum habere meliores oculos 
interiores quam frater Guillelmus Garcias qui loque- 
batur; et multum coUaudavit dictum Bertrandum; et 
dixit aliam terram esse prêter istam ^ . 

Item, dixit idem Petrus de angelis quod omnes illi 
et soli qui ceciderant salvarentur. 

Item, dixit quod Ghristus et beatus Johannes Evan- 
gelista et Beata Virgo descenderunt de celo et quod 
non erant de ista carne. 

Item, dixit quod beatus Johannes Baptista erat unus 
de majoribus diabolis qui unquam fuissent; et de carne 
hominis, quod nunquam resurgerct plus quam postis, 
percussicns postem cum manu. 

Dixit etiam quod Dominus Jhesus neminem extraxit 
de inferno ; et quod matrimonium erat purum mere- 
tricium ; et nullus poterat salvari habendo rem cum 
muliere, nec ipse cum uxore propria; et quod pomum 
vetitum primis parentibus niciiil aliud fuit nisi delec- 

1. Cet article ne se "trouve point dans les Sommes des auto- 
rités. Plus haut, p. 91, note 2. 



DU BOURGUET-NAU DE TOULOUSE. 113 

tatio cohitus. Addidit quod ipsum pomum porrexit 
Adam mulieri; et quod nuUo modo est facienda justi- 
cia aliquem condempnando ad mortem ; et quod offi- 
cialis erat homicida in judicando aliquem esse hereti- 
cum, si postea interficeretur; et quod missa nunquam 
celebrata fuit usqne ad tempus Silvestri, nec Ecclesia 
habuerat possessiones usque ad illud tempus, et quod 
deficeret Ecclesia citra xx annos ; et quod missa nos- 
tra et sacrificium nichil valet; et quod predicatores 
Crucis sunt omnes homicide, et quod crux que predi- 
catur nichil aliud est nisi parum de pellia super 
humerum. 

Et sepissime adjuratus dictus Petrus a predicto 
fratre Guillelmo Garcia si ita crederet ut dicebat, res- 
pondit jurando per fidem suam quod ita credebat, et 
quod nullo modo aliter crederet quidquid aliter ore 
loqueretur. 

Et hec omnia predicta audivit ipse testis hoc anno 
in quadragesima predictum Petrum Garciam diceniem 
in scola fratrum [Minorum] Tholose. 

Requisitus de circumstantibus, dixit quod cum ipso 
teste erant frater Deodatus, frater Guillelmus Gogot 
de ordine Minorum super quendam parietem super 
scolas; de quo loco ipse testis videbat et audiebat 
predictum Petrum Garcia[m] loquentem cum fratre 
Guillelmo Garcia de ordine Minorum. 

Item, vidit et audivit ipse testis mcmoratum Petrum 
Garciam alia vice loquentem cum prenominato fratre 
Guillelmo Garcia hoc anno in vigilia Pasche de illo qui 
tenebat crucem in die Parasceves, et de illo qui ulula- 
bat cantando, et de matrimonio quod Ecclesia Romana 
conjungebat, et Ecclesia Romana meretrix [erat], et 

8 



114 DÉPOSITIONS CONTRE P. GARCIAS. 

quod non jacuerat cum uxore sua ; et de miraculis, et 
de illo qui predicabat Grucem, et de justicia facienda, 
et de comendatione Raimundi Pétri de Planis, et quod 
dilaniaret Deum, et de angelis qui ceciderant, et quod 
pater et mater docuerant ipsum P., et alia, idem quod 
frater Deodatus Ruthe[ne]nsis, excepto quod non audi- 
vit dictum P. nominantem uxorem suam Aimam. De 
loco, dixit idem quod supra. 

Requisitus de circumstantibus, dixit quod frater 
Deodatus, frater Imbertus, frater Petrus Raimundi, 
de Tholosa, de ordine Minorum. 

Audi vit etiam dictum P. dicentem quod mater ejus- 
dem P. fuisset heretica, nisi esset ille rusticus prodi- 
tor magister Nicholaus ^ 

Item, audivit eum P. dicentem quod, quando venie- 
bat ad confèssionem coram capellano suo magistro 
Nicholao , primo dicebat ei : « Ego sum in mala 
voluntate. » Et capellanus dicebat ei quod deponeret 
illam; et ille dicebat quod nullo modo deponeret, et 
ita licencial:)at eum capellanus, et illudebat ita dictus 
P. capellano suo; et non confitebatur. 

liée deposuit apud Tholosam, coram fratribus B. et 

Johanne, inquisitoribus. Testes frater B. de Murelio de 

ordine Minorum et Petrus Aribcrti, notarius publicus, 

qui hec scripsit. 

Copie, Doat, tome XXII, fol. 89-92. 

1. Nicolas, curé de la Daurade de Toulouse. 



III. 

REGISTRE DU NOTAIRE OU GREFFIER 

DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE 

1250-1267. 

BIIÎL. ])E GLERMONT-FERRAND, MS. 160. 



PREMIERE PARTIE. 

Obligations. — Adoucissements de peines. 

1250-1258. 



I. — 25 novembre 1251, Carcassonne. — G. s'engage à payer, 
avant ISoël, 30 sous inelgoriens pour son père Bernard, des 
Martys * . 

Anno Domini M" GG° Lf, in t'esto béate Gaterine. 
G., filius Ber, de Martris promisit xxx sol. Melgo- 

1. Je crois devoir faire remarquer tout de suite, et une fois 
pour toutes, que les pièces qui suivent ne représentent que la 
note du notaire avant l'ordonné. On n'y trouve donc que les 
parties essentielles : date, objet, nom de l'hérétique, noms du 
juge et des témoins. C'est ainsi que s'expliquent l'absence des 
protocoles et la présence de nombreux etc. dans beaucoup de 
ces minutes. — Pour faciliter l'intelligence des Acta qui suivent, 
je place sous les yeux du lecteur le tableau rapide de la pro- 
cédure. Si des charges pèsent sur quelqu'un à la suite de 
témoignages reçus ou par le fait de la rumeur publique, ce 
quelqu'un doit se mettre à la disposition du juge ; il le fait et 
reste libre moyennant des cautions ou fidejussores , qui 



116 REGISTRE DU GREFFIER 

renses'' usque ad Nathale pro pâtre suo; et fidejussit 
pro ipso, et constituit se debitorem Ber. Segui. Testes 
Ber. Digon et Ber. Armen, junior, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

II. — 26 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne. — Ulysse visitera 
en pénitent les églises du bourg de Carcassonne le second 
dimanche du carême prochain. 

Anno Domini M^GCLf, vu kal. februarii. Injunc- 
tum fuit Ulixi in penitentia per inquisitores pro perju- 
rio, quia non resumpsit cruces sicut juraverat, quod 
dominica post instantem dominicann in lxx^ veniat 
Garcassonam visitaturus omnes ecclesias Burgi Gar- 
cassonensis^ nudis pedibus in camisia et braccis, cum 

répondent de lui et engagent une somme d'argent. Quand 
l'instruction est avancée, il est cité pour recevoir communi- 
cation des témoignages, dire s'il a des ennemis (voy. n° XVIII, 
note), s'il veut se défendre; alors il est ajourné, soit pour 
faire la preuve qu'il a des ennemis, soit pour se défendi^e, soit 
enfin pour entendre le prononcé de la sentence. Il subit une 
peine ou pénitence , pœnitentia , croix à vêtir, pèlerinages 
mineurs ou majeurs (voy. n° LXXXI, note) à faire, incarcéra- 
tion. Il peut obtenir des adoucissements, grâce des croix, 
sortie à temps de prison, et aussi des mutations de peines; 
par exemple, au lieu de la prison, il prendra passage « pour 
la Terre-Sainte, » c'est-à-dire ira combattre les Sarrasins pen- 
dant tant d'années. Si la peine ne peut être faite pour une rai- 
son légitime, une aumône est imposée à la place au condamné, 
ou à ses héritiers, s'il est mort. 

1. Les monnaies en cours dans le comté de Toulouse étaient 
les monnaies de Toulouse, de Cahors, de Morlaas et de Mel- 
gueil. Voy. plus bas, n«^ CLXXXVII, CXCIII et CCXV. 

2. Le bourg de Carcassonne ou ville basse, fondée par saint 
Louis, en 1247, en faveur des habitants des faubourgs de la 
place ou cité dispersés. La nouvelle ville avait au moins 



I 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. H7 

virais in manu, eundo de una ecclesia ad aliam; et 
idem faciat in prima dominica mensium singulorum 
quousque transeat ultra mare. Et hoc fuit ei injunctum 
in virtute prestiti juramenti. 

III. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Pierre de Cau- 
cers, Vital, de Cavanac, Guillaume Aiguebeu, de Malviès, 
Raymond Tocaire, de Cavanac, se rendent caution devant 
l'évêque de Carcassonne pour Sicre, de Cavanac, sous 
peine de 30 livres melgoriennes ^. 

Anno Domini M°CC°XLIX°, xvi kls. aprilis. Petrus 
de Caucers, Vitalis de Cavanaco, qui moratur apud 
Carcassonam, Guillelmus Aigabeu de Malveriis, et 
j^ndus Xocaire de Cavanaco fîdejusserunt domino epis- 
copo Garcassonensi pro Sicredo de Cavanaco sub pena 
xxx^ librarum Malgorensium, ut veniat ad diem et ad 
dies secundum mandalum ipsius, et penitentiam faciat 
quam ei duxerit injungendani ; et hoc predicti fidejus- 
sores super sancta Dei Euvangeha juraverunt, et quih- 
bet per se in solidum absque parle alterius se et 
omnia bona sua obhgavit. 

IV. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Sicre et Belason, 

sa sœur, de Cavanac, présentent leurs cautions. 

Anno Domini M° CC° XLIX°, xvi kls. aprilis. Idem 
juravit Sicredus et Belason, soror ejus, de Cavanaco; 
et dederunt fidejussores Guillelmum Arnaudi, Arnau- 

quatre églises en 1252 : les deux églises paroissiales de 
Saint-Michel et de Saint- Vincent, l'église dos frères Prêcheurs 
et celle des frères Mineurs (Mahul, Cartulaire, VI, 1, 324, 
374, 447, 451). 

1. Voy. la confession de Sicre, deuxième partie, n" XXX. 
Cf. n« XXXII. 



H8 REGISTRE DU GREFFIER 

dum de Porta, Bernardum Freserii et Guillelmum 
Bruneti sub eadem pena. 

V. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne, — Serment de Guil- 
laume Barte, de Villefloure, s'engageant à obéir à l'évêque 
et à faire la pénitence qu'il lui imposera. 

Anno quo supra et die. Guillelmus Barta, de Villa- 
flurano juravit stare mandate domini episcopi seu 
mandatis. et facere penitentiam quam idem dominas 
episcopus eidem duxerit injungendam. 

VI. — 24 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Guillaume Ferrel 
et Guiraud, de Palairac, se rendent caution devant l'évêque 
de Carcassonne pour Arnaud Pierre et Arnaud Garcias, de 
Preixan, sous peine de 50 livres melgoriennes. 

Anno quo supra, ix° kls. aprilis. Guillelmus Ferrelli 
et Guiraudus, de Palairaco, fidejusserunt domino epis- 
copo Garcassonensi pro Arnaudo Pétri et Arnaudo 
Garcia , de Prichaino, sub pena l librarum Malgorensium 
ut veniant ad diem et ad dies secundum mandatum 
ipsius domini episcopi, et penitentiam faciant quam 
eis duxerit injungendam ; et hoc predicti fidejussores 
super mf'^ Dei Euvangelia juraverunt ; et quisque per 
se in solidum absque parte alterius se et omnia bona 
sua obligavit. Et hoc fuit factum in presencia domini 
episcopi Garcassonensis et plurium aliorum et Boni 
Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

VII. — 24 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Pierre Pages et 
Raymond Pages, le vieux, Bernard Pages*, Guillaume Sicre^, 
Raymond de Cuxac-Cabardès-', Raymond Pages, le jeune, de 

1. Voy. deuxième partie, n° XXIII. 

2. Voy. deuxième partie, n° XXXI. 

3. Voy. deuxième partie, n° XXIII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. H9 

Cornèze<, s'engagent par serment à se tenir aux ordres de 
l'évoque de Carcassonne et s'obligent in solidum à 100 liv. 
tholsas. 

Anno quo supra et die. Petrus Pagesii et R^dus 
Pagesii senior, Bernardus Pagesii, Guillelmus Scicre, 
R°<*"* de Gutciaco et R"''"' Pagesii junior, de Gornazano, 
juraverunt stare mandatis domini episcopi Garcas- 
sonensis, et adimplere omnem pcnitentiam quam eis 
injunget; et obligaverunt se in solidum in c libris 
TIiol.; et unus tenetur pro alio quod predicta serva- 
bunt. Actum fuit hoc in presencia domini episcopi 
Garcassonensis et plurium aliorum, et Boni Mancipii, 
notarii, qui hec scripsit. 

VIII. — 22 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Guillaume Fer- 
rel se rend caution pour Aladaïs Amiel et Rayraonde, femme 
de Bernard Amiel, de Preixan. 

Anno Domini W GG° XLIX", xi kls. aprilis. Guillel- 
mus Ferrelli fidejussit domino episcopo G[arca]sso- 
nensi pro Âladaise Amiela et R"''*, nxore Bernardi 
Amelii de Prexano, sub pena xxv librarum Malgoren- 
sium, ut compareat coram eodem domino episcopo die 
sabati post Pasquetam^. Actum fuit hoc in presencia 
domini episcopi Garcassonensis et plurium aliorum, 
et Boni Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

IX. — 22 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Bernard Pascal, 
de Leuc, se rend caution pour Vergelia, femme de Raymond 
Gilles, du même lieu. 

Anno et die quo supra. Bernardus Paschalis de 
Leuco fidejussit domino episcopo Garcassonensi pro 

1. Voy. deuxième partie, n° XXVI. 

2. Pasqueta = Quasimodo. Le samedi après Quasimodo 
tomba, cette année, le 17 avril. 



120 REGISTRE DU GREFFIER 

Vergelia, uxore R"**' Egidii ejusdem loci, sub pena 
ce sol. Malgorensium, ut compareat coram eodem 
domino episcopo, die sabbati post Pasquetam ; et hoc 
juraverunt super nu sancta Dei Euvangelia. Actum fuit 
hoc in presencia domini episcopi Garcassonensi et plu- 
rium ahorum, et Boni Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

X. — 26 mars 1250, Carcassonne. — Cautions pour Raymond 

Gastaire et Arnaud, de Lairière. 

Anno quo supra*, vu kls. aprilis. Gavaier Porta- 
rius, de Garcassona, R""^"' Goiric, de Glaromonte, Guil- 
lelmus Bosca, de Vinea veteri, Arnaudus Arquerii, de 
Termino, Petrus Graudomic, de Laireira, et Guillelmus 
Levés, vel G. Arnaudi fidejusserunt domino episcopo 
Garcassonensi pro R"''° Gastaire, et pro Arnaudo de 
Lareira, sub pena l librarum Malg., quod non exeant 
civitatem sine licentia nostra ; et hoc predicti fidejus- 
sores super iiii°'" sancta Dei EuvangeHa juraverunt, et 
quilibet per se in solidum absque parte alterius se et 
omnia bona sua obligavit. Actum fuit hoc in presencia 
domini episcopi Garcassonensis, magistri Pétri, offi- 
ciahs Garcassonensis, et magistri R"**' David et Mota 
Gastellani de Monteregalii (sic) et Boni Mancipii, 
notarii, qui hec scripsit. 

XI. — 26 mars 1250, Carcassonne. — Guillaume Cabane, 
Bernard Pascal et Pierre Araiel, de Leuc, s'engagent à rendre 
dans huit jours Raymond Gilles, de Leuc. 

Anno quo supra- et die. Guillelmus Gabana, para- 

1. L'année commençant dans le comté de Toulouse le 25 mars, 
il faudrait ici : Anno Domini M^ CC° L°. Cette remarque est con- 
firmée par la teneur du n° XII : Anno quo supra. 

2. Même remarque que pour le numéro précédent. 



t. ; 



DE L'INQUISITION DE CAIICASSONNE. 121 

tor, et Bernardus Paschalis et Petrus Amelii, omnes 
de Leuco, quilibet nostrum in solidum te[rie|mur 
vobis domino G., Dei gratia Garcassoncnsi episcopo, 
quod reddemus vobis ad monitioiiem vestram ad diem 
et ad dies, et specialiter ab ista die sabbati in octo dies, 
Raimundum Egidii de Leuco, vel, si ipsum reddere 
non possemus , reddemus vobis pignora valentia 
L libras Malgorensium; et hoc juramus super sacro- 
sancta Dei Euvangelia. Testis dominus prior Béate 
Marie, Bertrandus Blanchi, canonicus, et Phihpot, 
janitor domini Régis, et magister Ber. de Palma, et 
Guiilelmus Poncii. 

XII. — 20 juin 1250, Carcassonne. — Cautions pour Guillaume 
Curt, de Rieux-en-Val-de-Daigne, et pour Pierre David, du 
même lieu. 

Anno quo supra, xii kls. juhi. Bernardus Asalbert 
et Poncius Andrée, de Rivo in Vâlledanie, obligaverunt 
se et sua, prestito juramento, pro Guillelmo Curt, 
de Rivo, domino episcopo Garcassoncnsi, ut veniat 
ad diem et ad dies, ad mandatum prefati domini 
episcopi Garcassonensis. Item, Guiilelmus Gurt obli- 
gat se pro Petro David, de Rivo, eodem modo quod 
supra. Actum fuit hoc in presencia domini episcopi 
Garcassonensis, et Boni Mancipii, notarii, qui hec 
scripsit. 

XIII. — 20 juin 1250, Carcassonne. — Caution pour Béren- 
gère, fille de Bernarde Maurin, de Rieux-cn-Val-de-Daigne. 

Anno quo supra et die. Guiilelmus de Senher, baju- 
lus Termenezii', fidejussit domino episcopo Garcasso- 

1. Le Termenès, pays commandé par le château de Termes, 



122 REGISTRE DU GREFFIER 

nensi pro Berengaria, fîlia Bernarde Maurine de Rivo, 
sub pena xxv librarum Malgorensium, ut veniat ad diem 
et ad dies, secundum mandatum ipsius. Actum fuit 
hoc in presencia ipsius domini episcopi Garcassonen- 
sis, magistri P. de Baure, R'"^' Aban, militis, et Boni 
Mancipii, notarii, qui hec scripsit. 

XÏV. — 16 avril 1250, Carcassonne. — Cautions pour Bernard 
Raymond, clerc de Conques, autorisé à sortir de prison 
« propter infîrmitatem. » 

Anno Domini ]\rGG°L°, xvi kis. madii. Augerius de 
Gonchis, Guillelmus Roca, Rogerius Isarni, Berinardus 
(sic) Bardonerii, R"*^"* de Solier, Petrus Sagarda et 
Petrus R°''' Textoris, fidejusserunt domino episcopo 
Garcassonensi pro Bernardo R""", clerico de Gonchis, 
sub pena l Hbrarum Malgorensium, ut veniat ad diem 
et ad dies secundum mandatum ipsius ; qui Bernardus 
l^ndi gxivit carcerem propter infîrmitatem quam habe- 
bat. Actum fuit hoc in presencia domini episcopi Gar- 
cassonensis, et plurium aliorum, et Boni Mancipii, 
notarii, qui hec scripsit. 

XV. — 7 juin 1250, Carcassonne. — Cautions pour Pierre 

Tardi, le jeune. 

' Anno Domini M° GG° L°, vu idus junii. Poncius 
Margat, Petrus Rogerii de Rupe, et Bernardus Tardi, 
omnes de Goffolento, fidejusserunt domino episcopo 
Garcassonensi pro Petro Tardi, juvene, sub pena 
xxv hbrarum Malgorensium, ut impleat penitentiam, 
quam ei est injungendam (sic). Testes magister Bar- 

aujourd'hui ruiné. Voy. Spruner - Menke , Hist. Handatlas, 
n" 52. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 123 

tholomeus de Podio Nauterio, f'r. Guillelmus templa- 
rius, et Boni Mancipii, notarius, qui hec scripsit. 

XVI. — 13 juin 1250, Carcassonne. — Cautions pour Pierre 

Azalbert, de Preixan. 

Anno Domini M" CG° L°, idibus junii. R""^"^ Amelii, 
j^ndus ^salbcrt, et Petrus Mercerii, omnes de Prixano, 
fidejusserunt domino episcopo Garcassonensi pro Petro 
Adalberti de Prixano sub pena L librarum, ut pareat 
mandatis domini episcopi Garcassonensis. Actum fuit 
hoc in presencia domini episcopi Garcassonensis, et 
plurium aliorum, et Boni Mancipii, notarii, qui hec 
scripsit. 

XVII. — 20 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Arnaud Faure, de Saissac. 

Anno Domini M°GG°L°, xiii kal. septembris. Hugo 
Durfort, Ber. Ar., Berengarius d'en Obra, de Saxiaco, 
fidejusserunt domino episcopo Garcassonensi pro 
^pdo Yabvo de Saxiaco quilibet in solidum, fide ple- 
vita, pro quinquaginta sol. Melg., ita quod, nisi idem 
Ar. Fabri quem manulevaverurit non pareret manda- 
tis omnibus et singulis domini episcopi, et non veni- 
ret ad diem vel ad dies sibi assignatas, onrmes predicti 
tenebuntur solvere dictam peccuniam cui dominus 
episcopus voluerit. Testes Bonus Mancipius, magister 
P. de Baure, magister R. David, et P. Ariberti, publi- 
cus notarius, qui hec scripsit. 

XVIIT. — 21 août 1250, Carcassonne. — Pierre Hot, de Ville- 
tritouls, déclare vouloir faire entendre sa défense et avoir 
des ennemis. Jour lui est assigné pour les faire connaître. 

Anno quo supra, xii kal. septembris. Gomparuit 



124 ' REGISTRE DU GREFFIER " 

Petrus Hot, filius R*^' Hot, de Villa Tritols, coram 
domino episcopo Carcassone ; et requisitus si velit se 
defFendere de his que in inquisitione inventa sunt 
contra eum, dixit quod sic. Itetn, requisitus si habet 
inimicos, dixit quod sic^; et est ei assignata instans 
feria vi^ in festo beati Antonini^ ad nominandum suos 
inimicos, et dicendum causas inimiciciarum contra illos 
qui in inquisitione deposuerunt contra eum. Testes 
P. de Baure, magister R. David, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

1. La procédure inquisitoriale est ici et dans la suite adop- 
tée par l'évêque de Carcassonne. Elle présentait une excep- 
tion par rapport à la procédure ordinaire : les noms des 
témoins qui avaient déposé n'étaient pas livrés au prévenu. 
On voit pourquoi : les témoins eussent refusé de parler ou 
suscité des vengeances. Ce point fut établi dès le premier jour 
(G. de Podio Laurentii, Chronicon, cap. xl) et confirmé par le 
saint-siège. Nous lisons dans un formulaire de l'époque, en 
usage dans le comté de Toulouse : « NuUi negamus defensio- 
nes légitimas, neque a juris ordine deviamus, nisi quod tes- 
tium non publicamus nomina, propter ordinationera Sedis 
Apostolice sub domino Gregorio provide factam et ab Inno- 
centio beatissimo papa nostro postraodum innovatam in privi- 
legium et necessitatem fidei evidentem, super quo habemus 
testimoniales litteras cardinalium aliquorum « (Madrid, bibl. de 
L'Université, ms. 53). Le concile provincial de Béziers de 1246 
avait aussi fixé ce point (Labbe, Act. conc, VII, 417-418). Le 
juge demandait donc au prévenu s'il avait des ennemis mortels, 
qui se trouvaient exclus du procès ; il lui livrait, par écrit, les 
charges qui pesaient sur lui ; il l'invitait à se défendre par lui- 
même. Une décrétale d'Innocent III, édictée avant l'établisse- 
ment des juges délégués ou inquisitoriaux, interdisait formelle- 
ment aux avocats et aux notaires d'assister les hérétiques, de 
leur prêter leur ministère, sous peine d'infamie (Potthast, 2532. 
— Décret. Gregorii IX, lib. V, tit. VII, De hacredcis, xi). 

2. Saint Antonin de Pamiers, dont la fête se célébrait le 
2 septembre, cette année un vendredi. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 125 

XIX. — 24 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour Arnaud 

Faure, de Montolieu'. 

Anno quo supra, ix. kls septembris. Poncius 
Cabos, BernardusBerengarii, et Bernardus Porcelli, et 
Arnaudus Gat, de Monte Olivo omnes, fidejusserunt 
pro Arnaudo Fabro, de Monte Olivo, domino episcopo 
Garcassone sub pena L librarum Malg., ut veniat ad 
diem et ad dies secundum mandatum ipsius, et peniten- 
tiam faciat quam ei duxerit injungendam; et hoc pre- 
dicti fîdejussores super sancta Dei Euvangelia jurave- 
runt ; et quilibet per se in solidum absque parte alterius 
se et omnia bona sua obligavit. Testes magister Helias, 
archidiaconus Reddesii, et dominus abbas Montis 
Olivi, et Bernatus, capellanus de Saisunano, et Bonus 
Mancipus, notarius, qui hec seripsit. 

XX. — 4 juillet 1250, Carcassonne. — Guillaume Major, de 
Ventenac-Cabardès, Raymond, de Camo, et Raymond Fol- 
quier, de Pezens, s'engagent à rendre Pons de Pezens vif 
ou mort. 

Anno quo supra, iiii° nonas julii, Guillelmus Major, 
de Ventenaco, et R"'*"' de Gamo, et R°'*"* Folquier, 
ambo de Pizinco, fidejusserunt, prestito juramento, 
domino episcopo Garcassone, et omnia sua obli- 
gaverunt quilibet per se in solidum absque parte 
alterius pro Bernardo Poncii de Pezinco, quod debent 
reddere predicti fidejussores ipsuni Bernardum Pon- 
cii vivum vel mortuum. Testes Petrus, capellanus de 
Drula, et Arnaudus R""" de Pezinco, et Bonus Manci- 
pus, notarius, qui hec seripsit. 

1. Voy. plus bas, n"" CL et CLI. 



126 REGISTRE DU GREFFIER 

XXI. — 15 juillet 1250, Carcassonne. — Cautions pour Pierre 

Requin, de Villetretouls, 

Anno quo supra, idibus julii. Guillelmus Pagesii, et 
Petrus Pagesii de Grassa et Valguerius de Villatritulis 
fidejusserunt, prestito iuramento, domino episcopo 
Carcassone, quilibet in solidum, absque parte alte- 
rius, pro Petro Requino de Villatritulis, sub pena 
L librarum Malg., ut compareat ad diem et ad dies 
secundum mandatum domini episcopi Carcassone. 
Actum fuit hoc in presencia domini episcopi Carcas- 
sone, et plurium aliorum, et Boni Mancipii, notarii, 
qui hec scripsit. 

XXII. — 9 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour Bernard 
Mourgue, de Villarzel-du-Razès, malade, auquel l'évêque de 
Carcassonne permet de sortir de prison pour se soigner. 
Huit jours après sa guérison, il devra se reconstituer pri- 
sonnier, 

Anno quo supra, v idus augusti. Guillelmus Radulfi, 
de Vilarzello, et Guillelmus de Renterio, senior, de 
burgo Carcassone, fidejusserunt, prestito juramento, 
et obligaverunt se et sua in solidum, quilibet per se 
absque parte alterius, domino episcopo Carcassone 
sub pena L librarum Malg., pro Bernardo Morgue de 
Vilarzello, qui est infirmus in carcere'^, cui prefatus 

1. L'archevêque de Narbonne, les évêques de Carcassonne, 
d'Elne, de Maguelonne, de Lodève, d'Agde, de Nîmes, d'Albi 
et de Béziers (élu), avec les abbés de Saint-Gilles, de Saint- 
Aphrodise de Béziers et de Saint-Benoît de Castres, répondant 
à des questions des inquisiteurs, en 1244 probablement, avaient 
posé en principe qu'il fallait user d'indulgence, tout en réser- 
vant, dans le cas de non-nécessité, l'autorité du saint-siège. 
« A carcere vero nec vir propter uxorem licet juvenem, nec 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. i27 

dominus episcopus dédit licenciam exeundi donec ab 
ipsa infirmitate esset liberatus, et post convalescen- 
ciam infra viii° dies in statu pristino sine nostra licen- 
cia revertatur. Testes fr. R"''"" Barra vi, ordinis fratrum 
Minorum, et fr. R"''"' de Ganeto ejusdem ordinis, et 
Bonus Mancipus, notarius, qui hec scripsit. 

XXIII- — 17 juin 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Bernard Raseire, de Pezens. 

Anno quo supra, xv kls. julii. Guillelmus Martini, 
Guillelmus Bernard! , barbitonsor, et Guillelmus Ar- 
men de Pezinco fidejusseruntquilibet perse in solidum 
absque parte alterius domino episcopo Garcassone 
pro Berriardo Raseire de Pezinco sub pena l libra- 
rum Malg., ut impleat penitentiam quam sibi est 
injungendum (sic). Testes magister Raimundus David, 

uxor propter virum, nec quisquam propter liberos seu parentes 
seu aliter necessarios, aut propter debilitatem vel senium vel 
aliam liberam causam excusatur absque indulgentia sedis apos- 
tolice speciali, sic tamen ut uxori ad virum et e contrario sit 
liber accessus, ne cohabitatio dcnegetur eisdem sive ambo incar- 
cerandi fuerint sive alter; et si forte per incarcerandi absentiam 
evidens mortis periculum immineret liberis vel parentibus, 
obviare curetis periculo provideri talibus faciendo, si potestis 
aliunde, aut carceris penitentiam prudenter in aliam commu- 
tetis ; oportet enim in tali articulo rigorera mansuetudine miti- 
gai'i » (Doat, XXXI, fol. 155-168). Dans le cas présent, comme 
dans beaucoup de cas qui suivent, l'évoque de Carcassonne 
accorde des adoucissements ou des faveurs sans attendre ni 
faire demander la permission du saint -siège. L'évêque de 
Rodez Vivien (1247-1274) eut, au contraire, recours au pape 
pour obtenir un adoucissement de peine dans un moment de 
rapports difficiles avec le sénéchal (voy. la lettre du sénéchal 
à Alfonse de Poitiers, J. de Laborde, Layettes du Trésor des 
chartes, III, n° 40392, p. 581). 



kl 



128 REGISTRE DU GREFFIER 

capellanus Sancti Vincencii, et Petrus, capellanus de 
Drula. 

XXIV. — Veille de la Pentecôte (14 mai)% 1250, Carcassonne. 
— Cautions pour Arnaud Brunel, de Couffoulens, malade, 
auquel l'évêque de Carcassonne permet de sortir de prison. 
Dans les huit jours qui suivront sa guéï'ison, il devra se 
reconstituer prisonnier^. 

Anno quo supra, in vigilia Penthecostes. Isarnus 
Guifre, Guillelmus Seguerii et Guillelmus Gros, omnes 
de Goffolento, fidejusserunt et omnia bona sua obliga- 
verunt quilibet per se in solidum absque parte alte- 
rius, prestito juramento, domino episcopo Garcas- 
sone, sub pena l librarum Malg., pro Arnaudo 
Brunelli de Goffolento, qui est infirinus in corpore^, 
cui prefatus dominus episcopus dédit licentiam exeundi 
donec ab ipsa infirmitate esset liberatus, et post con- 
valescentiam infra vni° dies in statu pristino, non 
expectante (sic) mandato nostro, in carcere revertatur. 
Actum fuit hoc in presentia domini episcopi Garcas- 
sone, et plurium aliorum, et Boni Mancipii, notarii, qui 
hec scripsit. 

XXV. — 15 août 1250, Carcassonne. — Cautions pour Arnaud 
Miraud, de Caunes, malade, auquel l'évêque de Carcassonne 
permet de sortir de prison. Dans les huit jours qui suivront 
sa guérison, il devra se reconstituer prisonnier. 

Anno Domini JVf GG° L°, in festo Assumptionis Béate 
Marie. Bernardus Oliba, de Lauracio, Guillelmus Gui- 
raudi et Petrus Sicardi, de Lauracio, tîdejusserunt, 

1. En 1250, Pâques tomba le 27 mars. 

2. Voy. deuxième partie, n° XIX. 

3. Voy. n° XXII, note. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. i29 

prestito juramento, domino episcopo Garcassonensi, 
pro Arnaudo Miroaudi de Gaunis sub pena c libr. Mal- 
gor., qui est infirmus in carcere\ cui prefatus dominus 
episcopus dédit licentiam exeu[n]di donec ab illa infir- 
mitate esset liberatus; et post convalescentiam infra 
viifdies in statu pristino, non expectante (sic) mandate 
nostro, in carcerem revertatur. Testes Gervaisa, baju- 
lus Cabardesii' pro domino rege Francorum, Guillel- 
mus Stephani, Poncius Ferrolli, et Bonus Mancipus, 
qui hec scripsit. 

XXVI. — l""" septembi'e 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Pierre Etienne, de Cornèze, qui comparaîtra le samedi avant 
la fête de saint Michel (24 septembre). 

Anno quo supra, kal. septembris. P. Stephani de 
Cornazano, et pro eo et mandato ejus R. de Gorano, 
R. Stephani, frater dicti P. , Guillelmusde Gornazano, de 
Garcassona, tîdejusserunt domino episcopo Garcassone 
quod idem Petrus Stephani veniet ad diem et ad dies 
sibi assignatas, et faciet et complebit omnem peniten- 
tiam quam pro crimine heresis dominus episcopus sibi 
duxerit injungendam ; et parebit mandatis omnibus et 
singuhs ejusdein domini episcopi ; quod nisi faceret, 
omnes prenominati obligaverunt se et sua quihbet in 
sohdum, sub pena l librarum Malg., juramento 
prestito, ab eisdem persolvendarum ad omnimodam 
voluntatem domini episcopi memorati. Testes Ber. 
Martini, canonicus, P. de Baure, Bonus ÏVIancipius, et 
P. Ariberti, notarius pubHcus, qui hec scripsit. Et est 

1. Voy. n° XXIT, note. 

2. Le Cabardès, commandé par le château de Cabaret, coinra. 
de Lastours, cant. de iMas-Cabardès, Aude. 

9 



^30 REGISTRE DU GREFFIER 

assignatum ei sabbatum ante festum beati Micahelis, 
ut compareat coram domino episcopo. 

XXVII. — 7 septembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Pierre Colom, de Rieux-en-Val, qui comparaîtra le samedi 
avant la fête de saint Michel (24 septembre). 

Anno quo supra, vif idus septembris. Petrus 
Colombi, de Rivo in Valle Danie, et pro eo et man- 
dato ejus Johannes Fina, de Monte Lauro, Bernar- 
dus de Faia, de Rivo, Guillelmus Juliani, de Tauzerano, 
et Gniraiidus Andrée, de Serviano, fidejusserunt domino 
G., episcopo Carcassone, et obligaverunt se et sua qui- 
libet in solidum, prcstito juramento, sub pena L li- 
brarum Malg. solvendarum ad voluntatem domini 
episcopi, nisi idem Petrus Golumbi veniret ad diem et 
ad dies sibi assignâtes et pareret mandatis omnibus 
et singulis domini episcopi; et est ei assignatum sab- 
batum ante instans festum beati Micahelis, ut compa- 
reat coram domino episcopo memorato. Testes frater 
Guillelmus, frater Bonetus, Brunus, custos immurato- 
rum, Poncius, bajulus panis et vini domini episcopi. 
Bonus Mancipius, et P. Ariberti, publicus notarius, 
qui bec scripsit. Et hanc obligationem recepit de man- 
dat© domini episcopi sepefati. 

XXVIII. — 11 septembre 1250, Carcassonne. — Cautions 
pour Pierre Hot, de Villetritouls, auquel la veille de la fête 
de saint Mathieu (20 septembre) est fixée pour qu'il présente 
sa défense. 

Anno quo supra, m idus septembris. Petrus Hot, 
filius quondam R"**' Hot, de Villa Tritulis, et pro eo et 
mandato ejus Guillelmus Ar.de Tauzerano, R''"'Requini, 



io 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 131 

et Bernardus Hot\ frater dicti Pétri, fidejusserunt 
domino G., episcopo Carcassone, et obli|^averiint se et 
sua quilibet in solidum, juramento prestito, sub pena 
L librariim, quod idem Petrus Hot veniet ad diem 
et ad dies sibi assignatas et parebit mandatis omni- 
bus et singulis domini episcopi et faciet et complebit 
omnem penitentiam, quam cidem predictus doininus 
episcopus duxerit injungendam, et ducet causam 
suam coram eodem domino episcopo ; quod nisi face- 
ret, omnes prenominati solvent dictam pecuniam ad 
voluntatem domini episcopi memorati, ita quod nul- 
lus eorum possit pro parte excusari. Et est ei assig- 
nata dies vigilia instantis festi boati Mathei ad pro- 
ponendum omnes exceptiones et deffensiones suas 
légitimas, si quas habet, coram eodem domino epis- 
copo, contra illa que in inquisitione inventa sunt contra 
eum. Testes P. de Baure, capellanus, magister P., 
officialis, R. P., Bonus Mancipius, et P. Ariberti, 
notarius publicus, qui hec scripsit. 



XXIX. — 13 sepleiubre 1250, Carcassonne. — A la demande 
de Guillaume, abbé de Saint-Hilaire, l'évêque de Carcas- 
sonne permet à Alazaïs Sicre, de Cavanac, de sortir de pri- 
son jusqu'à la fête de la Toussaint. 

Anno quo supra, ydibus septembris. Ad instan- 



1. Un Bernard Olh [Bernardus Ot/ionis), seigneur de Niort 
[dominas de Aniorto), avait fait sa confession ou aveu devant 
fr. Ferrier et fr. Willem Raymond, inquisiteurs, à Limoux et 
à Albi, en 1242, 1245 et 1246 (Doat, XXIV, fol. 83, 98, 102). 
Probablement, il n'avait de commun avec celui-ci que le nom ; 
car les Ilot de notre pièce ne paraissent pas avoir appartenu à 
une famille de chevaliers ou de seigneurs (voy. n° LUI). 



132 REGISTRE DU GREFFIER 

ciamG., abbatis Sancti Yiarii\ dominus G., episcopus 
Garcassone, dédit licenciam Alazaicie Sicrede de Gava- 
nacho, Garcassonensis dyocesis^, exeundi carcerem, 
ubi erat immurata pro crimine heretice pravitatis ; et 
quod possit esse extra carcerem ubicumque voluerit 
usque ad instans festum Omnium Sanctorum, ita quod 
in illa die, non expectato mandato ipsius domini epis- 
copi, ad eumdem carcerem revertatur, ibidem mora- 
tura perpetuo ad penitentiam pro dicto crimine pera- 
gendam. Et hoc se factura et completura juravit supra 
sancta Dei Evangelia predicta Alazaicia in presencia 
predicti abbatis, et... monachi ejus, magistri P., offi- 
cialis, Bruni, custodis carceris, et multorum aliorum, 
et P. Ariberti, publici notarii, qui hec scripsit. 

XXX. — 14 octobre 1250, Villalier. — Pierre de Garda, de 
Conques, à l'audience, déclare vouloir se défendre ; il désire 
avoir par écrit ses accusations. Il nomme plusieurs de ses 
ennemis. Le vendredi suivant (21 octobre) lui est assigné 
pour qu'il comparaisse devant l'évêque. 

Anno Domini jVrGG°L°, ii idus octobris. Petrus de 
Garda, de Gonchis, comparuit apud Viilarium coram 
domino G., episcopo Garcassone ; et, requisitus si velit 
se defïendere de his que in inquisitione inventa sunt 
contra eum, dixit quod sic. Item^ requisitus si vult 
ea in scriptis recipere, dixit (juod sic. Item, requisitus 
si habet inimicos, dixit quod sic ; et tradidit eos in 
scriptis^; et plures inimicos non vult nominare, immo 

1. Guillaume Pierre, abbé de Saint-Hilaire, 1237-12G3 [Gal- 
lia christ., \\, c. 1012). 

2. A la marge : Ista débet procurare intérim captum habere. 

3. Voy. plus haut, n" XVII, note. 



: I 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 133 

renuntiat, ut dicit, nominationi inimicoriim. Testes 
dominus Guir[audiis], P. de Baure, magister R. David, 
et P. Ariberti, notarius publicus, qui hec scripsit. 

Item, eadem die fuerunt sibi tradita dicta testium 
in scriptis, qui contra ipsum deposuerunt in inquisi- 
tione. Et est ei assignata instans feria vi'' ut compa- 
reat coranm domino episcopo ubicumque sit in dyocesi 
Carcassonensi, ad proponendum, et exipiendum et 
dicendum quod volucrit ad deffensionem suam. Testes 
magister R. David, P. de Baure, et P. Ariberti, nota- 
rius publicus, qui hec scripsit. 

XXXT. — 12 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Bernard Jourdain, de Canecaude. 

Anne quo supra, ii idus novembris. Bernardus Jor- 
dani, de Ganacalida, et pro eo et mandato ejus, Petrus 
Daide et Arnaldus Daide et R"""^ Fabri, de Ganacalida, 
obligaverunt se et sua quilibet in solidum sub pena 
L librarum magistro P., officiali Garcassone, recipienti 
nomine domini episcopi, quod predictus Ber. Jordani 
veniet ad diem et ad dies sibi assignatas et parebit 
mandatis omnibus et singulis domini episcopi ; et 
faciet et complebit omnem penitentiam quam sibi pro 
crimine heresis duxerit injungendam ; quod nisi face- 
ret, prenominati solverent dictam pecuniam ad volun- 
tatem domini episcopi per prestitum juramcntum. 
Testes G. Poncii, R. Escuderii, clerici, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

XXXII. — 15 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Pierre Bonafos, de Canecaude. 

Anno quo supra, xvii kal. decembris. Petrus 



134 REGISTRE DU GREFFIER 

Bonafos, de Canacalida, et pro eo et mandate ejus 
Guillelmus Ponairer, Ar. Romevi, Ar. Bonafos, de 
Canacalida, obligaverunt se et sua quilibet in soli- 
dum per juramentum et publicum instrumentum sub 
pena l librarum Petro Ariberti recipienti nomine 
domini episcopi, quod dictus Petrus Bonafos faciet et 
complebit onnnem penitentiam quam sibi pro crimine 
heresis dominus episcopus duxerit injiingendam, et 
parebit mandatis omnibus et singulis domini episcopi ; 
quod nisi fàce[re]t, omnes prenominati solverent dic- 
tam pecuniam ad voluntatem domini episcopi memo- 
rati. Testes Guillelmus Pétri de Gonchis, capellanus de 
Fliurano, et Armannus, clericus ejus, et P. Ariberti, 
notarius, qui bec scripsit. 

XXXIII. — 15 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Pierre Aimeric, de Canecaude. 

Anno et die predictis^ Petrus Aimerici, et pro eo 
et mandate ejus Guillelmus Poncii Sigui, Guillelmus 
Micahelis et R''"' Gaufre, de Ganacalida, obligaverunt se 
et sua quilibet in solidum sub pena L librarum, modo 
et forma propedicta. Testes R. Fabri, de Villamostauso, 
R. Faber, de Ganacalida, et muiti alii, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

XXXIV. — 23 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Guillaume Miton, domicilié à Saint-Martin. 

Item, anno quo supra, ix kls. decembris. Gompa- 
l'uit Guillelmus Mitonis, quondam de Alsona, nunc stans 
apud Sanctum Martinum Garcassonensis diocesis; et 

1. De Ca[na]calida, à la marge.. • 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 135 

juravit stare niandatis domini episcopi ; et pro ipso 
Pe. Comte et Guillelmus Textor, ambo de Alsona; et 
ad hec obligaverunt se et sua unusquisque in solidum 
usque ad c libras Melgorensium. 

XXXV. — 15 novembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Ber. Textor, de Taurise ^ . 

Anno quo supra, xvii kal. decembris. G. Textor, 
R. Rog et Rogerius Rernardi, de Tauzirano, se et sua 
quilibet in solidum iuramento prestito obligaverunt. 
sub pena l librarum pro Rer. Textoris, de Taurizano, 
quod idem Ber. Textoris faciet et complebit, et cetera, 
ut supra. Testes sunt R. Faber, de Villamoustausso, 
R. Escuder, clericus, G. R. de Alzona, et P. Ariberti, 
notarius publicus, qui hec scripsit. 

XXXVI. — 30 novembre 1250, Carcassonne. — Permission 
est donnée à Pierre Pelha, de Couffouiens, de dépouiller les 
croix jusqu'à son retour de France. 

Anno Domini M° CG" L", ii kal. decembris. Data 
est licentia Petro Pelha, de Gofolento, deponendi cru- 
ces sibi pro heresi impositas', quousque redierit 
de Francia ubi vult ire; et post reditum suum, infra 
Vlif dies débet se presentare domino episcopo Gar- 
cassone, et ad omnimodam voluntatem suam débet 
illas cruces vel alias resumere sine omni nova causa; 
et de pcregrinationibus suis quas perfecerit débet 
eidem ostendere litteras testimoniales. Et predicta 

1. Voy. Deuxième partie, n° XLV. 

2. Ces croix d'étoffe recouvraient les vêtements sur la poi- 
trine et les épaules (concile de Béziers de 1246, cap. xxvi. 
Labbe, Acta concil., VII, c. 420). 



136 REGISTRE DU GREFFIER 

servare et se complere juravit supra Saricta Dei Evan- 
gelia ; et coneessit fieri publicum instrumentum ; in 
aliis vero que sibi injuncta sunt nichil est immutatum. 
Testes sunt dominus Guir[audus], capellanus de Aqua 
viva, P. de Vicinis, R. Pétri, G. Poncii, et multi alii, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

XXXVII. — 5 décembre 1250, Carcassonne. — Arnaud Pages, 
de Moussoulens , à l'audience, déclai'e ne vouloir ni se 
défendre ni recevoir par écrit aucune accusation. Il nomme 
ses ennemis. 

Anno quo supra, nonis decembris. Arnaudus Page- 
sii, deMossolenx, comparuit apud Garcassonam coram 
domino episcopo Garcassone ; et requisitus si vult se 
deffendere de hiis que in inquisicione inventa sunt 
contra eum, respondit quod nuUus pro vero potest 
aliquid dicere de ipso. Requisitus si velit ea in sçrip- 
tis recipere, dixit quod non; et aliter non vult se def- 
fendere. Item, requisitus si habet inimicos, dixit quod 
sic, Ber. Gausbert et Martinum Montanerii^ ; set nul- 
lam legitimam causam inimicitiarum assignavit; et 
alios inimicos noluit nominare. 

XXXVIII. — 5 décembre 1250, Carcassonne. — R. Vital, de 
Moussoulens, à l'audience, déclare qu'il veut se défendre ; il 
nomme ses ennemis et recevra par écrit les dépositions des 
témoins. 

Item, cadem die, comparuit R. Vitalis de Mosso- 
lenx; et requisitus si volebat se deffendere de hiis que 
in inquisitione contra ipsum erant inventa, dixit quod 
sic. Item, requisitus si habebat inimicos, dixit quod 

1. Voy. plus haut, n" XVIIÏ, note. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 137 

sic, Bertrandum Malet, fratrem A. Malet, et Vitalem, 
sororium ejus, et omnes homines de Gaunis pro duello ^ 
fîlii sui Vitalis; alios autem inimicos nesciebat nomi- 
nare, vel nesciebat se habere, ut dicebat. Item, requi- 
situs si vult scripta recipere depositionum testium, 
dixit quod sic. 

XXXIX. — 5 décembre 1250, Carcassonne. — G.-Ber. Faure, 
de Saint-Marlin, s'oblige à obéir aux ordres de l'évêque et 
présente sa caution. 

Anno et die predictis. G. Ber. Faber, de Sancto 
Martino, et Ar. de Na Sicart, de Sancto Martino, pro 
60 et mandato ejus obligaverunt se et sua sub pena 
L librarum quilibet in solidum, quod dictus G. Ber. 
veniet ad diem et ad dies sibi assignatas ; et parebit 
mandatis omnibus et singulis domini episcopi. 

XL. — 3 décembre 1250, Carcassonne. — Ber. Caune se porte 

caution pour le même. 

hem, anno quo supra, m nonas decembris. Ber. 
Gauna obligavit se simili modo pro G. Ber. Fabri. 

XLI. — 3 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
R. Vital et Arnaud Pages le jeune, de Moussoulens. Même 
jour, les dépositions des témoins leur sont données, avec 
assignation pour le samedi avant la fête de saint Thomas, 
apôtre (17 décembre). 

Anno quo supra, m nonas decembris. Guillelmus 
Amdieu, Bernardus Chatbert, Guiraudus Ath, filius 
quondam Bernardi Ath, Poncius Guillelmi, Arnau- 
dus Barravi, G. Barravi, R. Bonet, P. Vaquerii, 
Bertrandus Cabos, Guillelmus Moliiierii obligaverunt 

1. Guerre, lutte, conflit. 



138 REGISTRE DU GREFFIER 

se et sua, sub pena c librarum, magistro P., officiali, 
recipienti vice domini episcopi, pro R"^" Vitalis et pro 
^pdo pagesii, juvene, de Mossolenx, quilibet in solidum, 
per juramentum et publicum instrumentum, quod 
prenominati R. Vitalis et Arnaudus Pagesii venient ad 
diem et ad dies sibi assignatas; et parebunt mandatis 
omnibus et singulis domini episcopi Carcassone; quod 
nisi facerent, prenominati solvent dictam pecuniam 
ad omnimodam voluntatem domini episcopi ; et super 
hoc renunciaverunt omni juri scripto et non scripto, 
quo mediante se possent juvare vel tueri, et speciali- 
ter curie domini Régis; et subposuerunt se omnino 
voluntati domini episcopi memorati. Testes Jordanus 
Pagani, Guillelmus Gaissias, vascho, Philipot, janitor, 
et P. Ariberti, notarius publicus, qui hec scripsit. 

Item, eadem die, predicti R. Vitalis et Ar. Pagesii 
comparuerunt Carcassone coram prefato domino offi- 
ciali; et f'uerunt eis dicta testium qui in inquisitione 
deposuerunt contra eos tradita in scriptis ; et fuit eis 
dies assignata dies sabbati ante instans festum beati 
Thome, apostoli, ad audiendum sententiam vel man- 
datum domini episcopi super illis que de heresi 
inventa sunt contra eos et eisdem tradita in scriptis. 

XLII. — 17 décerabre 1250, Carcassonne. — R, Vital, à l'au- 
, dience, ne présente ni exception ni défense. Le prononcé de 
la sentence est renvoyé au lendemain, dans l'église Saint- 
Vincent. 

Anno quo supra, xvi kal. januarii. Gomparuit 
R. Vitalis coram domino episcopo, et nullam Jegiti- 
mam exceptionem proposuit, nec dixit aliquid ad 
deffensionem suam legitimam ; et fuit dies hodierna 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 139 

eidem contiiiuala ad audiendam sententiam memora- 
tam ad diem crastinam in ecclesia Sancti Vincencii. 

XLIII. — 8 décembre 1250, Carcassonne. — Alazaïs, femme 
de P. Barrau, de Moussoulens, déclare vouloir se défendre, 
nomme ses ennemis et reçoit par écrit les dépositions des 
témoins. Jour lui est assigné pour le vendredi après la Sainte- 
Luce (16 décembre). Elle s'oblige à se tenir à la disposition 
de l'évêque. 

16 décembre 1250, Carcassonne. — Jour lui est assigné pour 
le lendemain dans l'église Saint-Vincent pour la sentence 
définitive. 

Anno quo supra, vi idus decembris. Alazais, 
iixor P. Barravi, de Mossolenx, comparuit apud Gar- 
cassonam coram domino episcopo; et requisita si 
vult se deffendere de hiis que in inquisitione inventa 
sunt contra eam et vult ea in scriptis recipere, 
dixit quod sic; et requisita si habet inimicos, dixit 
quod sic, Vitalem, sororium Ar. Malet, et Audiardis 
Pagesa; set nullam legitimam causam inimiciciarum 
assignavit ; et fuerunt sibi tradite in scriptis deposi- 
tiones testium qui in inquisitione deposuerunt contra 
eam ; et fuit sibi assignata dies feria vi"* post instans 
festum béate Lucie ad proponendum omnes excep- 
tiones et deffensiones suas légitimas, si quas habet. 
Actuin fuit hoc Garcassone, in presentia G., archi- 
diaconi, R., sacriste Sancti Nasarii, magistriR. David, 
magistri P., officiaHs, domini Guir[audi], capellani de 
Aqua Viva, magistri R. de Monte Olivo, et multorum 
aliorum, et P. Ariberti, notarii, qui hec scripsit. 

Anno et die predictis. Predicta Alazais Barrava 
obligavit se et sua per juramentum proprium et publi- 



140 REGISTRE DU GREFFIER 

cum instriimentum, quod ipsa veniet ad diem et ad 
dies sibi assignatas et parebit mandatis omnibus et 
singulis domini episcopi Carcassone; et quod ita com- 
pleat obligavit se et sua pro ea Guillelmus Barrau sub 
pena l librarum in solidum; et renuntiavit omni 
juri scripto et non scripto et specialiter curie domini 
Régis. Testes Johannes Dauas^ Brunus, vascho, 
G. Garsias, vascho, P. de Baure, capellanus, et P. Ari- 
berti, notarius qui hec scripsit. 

Anno quo supra, xvi[i] kal. januarii, predicta 
Alazais comparuit Garcassonam coram domino epis- 
copo ; et requisita si vult addicere vel proponere ad 
defensionem suam, dixit quod Martinus Montanerii 
est inimicus suus pro bono quod fecerat ei, et quia 
defraudabat eam de quadam laborantia^; nichil aliud 
vult dicere; set petit quod assignetur sibi dies ad 
nominandum inimicos; et fuit ei assignata dies cras- 
tina ad audiendum diffinitivam sententiam super cri- 
mine heresis in ecclesia Sancti Vincencii. 

XLIV. — 10 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Ermengarde Roger, d'Arquettes. Elle est assignée au len- 
demain de la Circoncision (2 janvier) pour recevoir par 
écrit les dépositions des témoins. 

Anno quo supra, iiif ydus decembris. Ermejar- 
dis(?) Rogeria, de Archis, et pro ea et mandato ejus 
P. Stepliani, deFavers, P. Vitalis, de Rivo, etR. Fabre, 
filius dicte Ermejardis (?), obligaverunt se et sua, 
(juilibet in solidum, domino episcopo Carcassone, 

1. Davas? 

2. Terre cultivée (Du Cange, au mot : Lahor). 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. \M 

sub pena l librariim, quod ipsa Ermejardis (?) venict 
ad diem et ad dies sibi assignatas, et parebit man- 
datis omnibus et singulis domini episcopi; et faciet 
et complebit penitentiam quam eidem injunget pro 
crimine heresis; quod nisi faceret, prenominati sol- 
vent dictam pecuniam ad voluntatem omnimodain 
ejusdem domini episcopi; et super hoc abrenuncia- 
verunt omni juri quo medianle se possent juvare vel 
tueri. Testes magister R. David, dominus Guir[audus], 
capellanus de Aqua Viva, et muiti alii, et P. Ariberti, 
notarius, cjui bec scripsit. Et est sibi assignata dies 
crastinum instantis festi Gircumcisionis Domini ad 
recipiendum in scriptis dicta testium que in inquisi- 
tione inventa sunt contra eam. 

XLV. — 12 décembre 1250, Carcassonnc. — Cautions pour 
Ar. Guillaume, de Moussoulens. 

Anno quo supra, ii idus decembris. Ar. G., de 
Mossolenx, et pro eo et mandato ejus P. Ath, et Pon- 
cius de Mossolenx, et Petrus Oth obligaverunt se et 
sua, quilibet in solidum, sub pena L librarum, quod 
dictus Ar. W. parebit mandatis omnibus et singulis 
domini episcopi ; quod nisi faceret, prenominati sol- 
vent pecuniam predictam ad voluntatem omnimodam 
domini episcopi Garcassone; et super hoc renunciave- 
runt omni juri scripto et non scripto, et specialiter 
curie domini Régis ; et sic servare et complere pro- 
miscrunt per juramentum proprium et publicum ins- 
trumentum. Testes P. de Baure, capellanus, Jo. Dauas, 
G. Stephani, et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 



142 REGISTRE DU GREFFIER 

XLVI. — 14 décembre 1250, Carcassonne. — G. Bérenger, 
Ber. Belon et Pierre Belon, d'Arzens, s'obligent à rester à 
la disposition de Tévêque. Ils sont assignés au lendemain de 
l'Epiphanie (7 janvier)^. 

Anno quo supra, xix kal. januarii. G. Berengarii, 
Ber. Belloni, et Petrus Belloni, de Arzirico, obligaverunt 
se et sua domino episcopo Carcassone par juramentum 
et publicum instrumentum quod ipsi parebunt man- 
datis omnibus et singulis domini episcopi, et venient 
ad diem et ad dies sibi assignatas; et pro eis fidejussit 
dominus G. Pétri sub pena l librarum pro quolibet. 
Testes Jo. Dauas, Brunus, et G. Gassias, vasco. Assig- 
nata est eis dies crastinum Epiphanie instantis. 

XLVII. — 20 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Vital Amdieu. 

Anno Domini M" GG° L°, xii[ kal. januarii. Vitalis 
Amdeu, fîlius R^' Vitalis, et pro eo et mandato ejus 
P. R. Ath, G. Barra, R. Massau, Vitalis Stephani, 
Johannes de Villalonga et Ber. Tliolsa obligaverunt 
se et sua, quilibet in solidum, domino episcopo Gar- 
cassone, sub pena L librarum per juramentum et 
publicum instrumentum, quod idem Vitalis Amdieu 
veniet ad diem et ad dies sibi assignatas et parebit 
mandatis omnibus et singulis domini episcopi, et 
t'aciet et complebit omnem j)enitentiam quam sibi 
dominus episcopus pro crimine heresis duxerit injun- 
gendam; quod nisi faceret, omnes prenominati sol- 
vent pecuniam ad omnimodam voluntatem domini 

1. Voy. plus bas, n^^ CLXXIV, CLXXVI et CXCV. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. \\3 

episcopi ; et super hoc renunciaverunt omni jiiri 
scripto et non scripto et specialiter curie Régis. Tes- 
tes frater G. R., G. Stephaiii, Jo. de Rapassat, Johan- 
nes Dauas, et P. Ariberti, notarius publicus, qui hec 
scripsit. 

XLVIII. — 20 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 

Arnaud Cartel. 

Anno et die predictis. Ar*^"' Gartella et pro eo et 
mandato ejus obligaverunt se modo et forma pro- 
pedicta domino episcopo P. Vaquer, G. Barrau, 
R. Massa, Ber. Tolsani, quod idem Ar. faciet sicut 
dictum est de Vitali Amdieu. Testes Johannes de 
Rapassat, G. Gassias, vascho, et P. Ariberti, notarius, 
qui hec scripsit. 

XLIX. — 20 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. Rames, G. Rames et P. Rames, frères. 

Anno et die quo supra. Ar. Rames, et G. Rames 
et P. Rames, fratres, et pro eis et mandato eorum 
obh'gaverunt se et sua modo et forma superius expressa 
P. R. Ath, G. Barrau, R. Massa, Vitalis Stephani, 
Johannes de Villalonga, Ber. Toisa, et P. Vaquer, pro 
quohbet ipsorum, sub pena l librarum juxta predic- 
tum modum. Testes propedicti, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

L. — 21 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Pierre Astre et Arnaud Martin. 

Anno quo supra, xii kal. januarii. Petrus Astre et 
Arnaudus Martini obhgaverunt se et sua per juramen- 
tum et pubh'cum instrumentum quod ipsi venient ad 



144 REGISTRE DU GREFFIER 

diom et ad dies sibi assignatas ; et parebunt mandatis 
omnibus et singulis domitii episcopi ; et facient et 
complebunt penitentiam quam eis dominus episcopus 
pro crimine heresis duxerit injungendam ; et quod 
ita servent et compleant fidejusserunt pro eis Bar- 
tholomeus Martini, P. Rogerii, juvenis, G. Amelii, 
R. Auriol et R. Massa, sub pena G librarum persol- 
vendarum ad omnimodam volunlatem domini epis- 
copi ; et super hoc renuntiaverunt omni juri scripto 
et non scripto, et specialiter curie domini Régis et 
omni alii juri quo se possent juvare et tueri. Testes 
Rainaudus, clericus de Mossolenx, Jo. Dauas, G. Gas- 
sias, et Rainaudus, carcerarius, et P. Ariberti, nota- 
rius publicus, qui hec scripsit. . 

LI. — 24 décembre 1250, Carcassonne, — Cautions pour 
Bernard Pons, de Pezens. 

Anno quo supra, ix kal. januarii. R. Folquerii, 
R. de Gamo, G. Ber., G. Manescot obligaverunt se et 
sua per juramentum et publicum instrumentum, qui- 
iibet in solidum, sub pena l librarum, pro Bernardo 
Poncii de Pesinco, videlicet quod idem Ber. parebit 
mandalis omnibus et singulis domini episcopi et veniet 
ad diem et ad dies sibi assignatas; quod nisi faceret, 
prenominati solvent illam pecuniam ad omnimodam 
voluntatem domini episcopi; et renunciaverunt, etc., 
ut supra. Testes magister P. de Baure, G. Gassias, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

1^11. — 24 décembre 1250, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. Garcias et Ar. Pierre, de Preixan. 

Anno et die predictis. Ar. Garcias et Ar. Pétri, de 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 145 

Preissano, et pro eis et mandato eorum obligaverunt 
se et sua quilibet in solidum, per juramentum et publi- 
cum instrumentum, R. Preissani, de «Preissano, et 
Manescot de Gaux, Ber. Roqua, de Alairaco, sub pena 
L librarum pro quolibet, quod prenominati Ar. et 
Ar. parebunt mandalis omnibus et singulis domini 
episcopi ; et super hoc renunciaverunt, etc., ut supra. 
Testes G. Gassias, G. de Na Fina, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

LUI. — Procks contre Raymond dk Niort. 

1. — 3 janvier 1251 (n. st.), Pomas. — Interrogatoire de Ray- 
mond de Niort, chevalier, par l'évêque de Carcassonne, 
inquisiteur délégué à la cause. 

Anno Domini M°GG°L°, m nonas januarii. R**"' de 
Aniorto^ miles, requisitus de veritate dicenda tam 
de se quam de aliis, vivis et mortuis, super crimine 
heresis et Valdesie, testis juratus, dixit quod nun- 
quam vidit, adoravit hereticos, nec flexit genua sua 

1. Déjà quelques années auparavant, un procès pour hérésie 
avait été fait à l'un des membres de cette famille considérable, 
Bernard Aton (Doat, XXI, fol. 34-50), qui fut condamné comme 
hérétique le 13 février 1237 (n. st.) (voy. la sentence dans Doat, 
XXI, fol. 163). Le 2 mars suivant, Guillaume, son frère, fut 
condairiné à la prison perpétuelle [ibid., fol. 164); et le même 
jour, sentence contre Guillaume-Bernard do Niort, Géraud de 
Niort et Esclarmonde, leur mère, condamnés par contumace 
[ibid., fol. 166). Un Raymond de Niort figure dans plusieurs 
actes du temps [Hist. gcn. de Languedoc, VIU, 1U62, 1065, 
1135, 1141, 1193, 1194, 1263). L'excommunication d'un Ray- 
mond de Niort par l'évêque de Carcassonne fut reprochée à ce 
prélat parle sénéchal [ibid., 1421). Probablement, c'est celui-là 
même dont le procès se déroule ici. Cf. n" XVIII. 

lu 



146 REGISTRE DU GREFFIER 

coram eis; nec dixit eis : Benedicite; nec fecit eis 
aliquam reverenciam capiteinclinato. Iteuiy dixit quod, 
postquam fuit ad curiam domini Pape, non vidit here- 
ticos, nec dédit eis aliquid, nec misit, nec predicatio- 
nem eorum audivit, nec recepit, nec recipi t'ecit, nec 
vidit nuncium eorum nec literam, nec misit hereticis 
literam nec nuncium suum ; nec participationem nec 
familiaritatem habuit cum eis, nec cum condempnato 
aliquo pro heresi. Requisitus de tempore quo fuit ad 
curiam, dicit quod vif idus septembris, anno Domini 
M° CG°XLIX"; utrum vero ante id tempus receperit 
hereticos in terra sua vel in domo sua, vel dederit 
eis aliquid, noluit respondere, nisi de adoratione et 
de [his] que superius continentur, licet esset pluries 
requisitus. Dicebat enim idem R"^"* quod non teneba- 
tur respondere alicui de tempore transacto, scilicet 
antequam iret ad curiam domini Pape, quia de omni- 
bus iliis dicit se fore absolutum per dominum Papam. 
Hec deposuit apud Pomars, diocesis Garcassonensis, 
coram venerabili pâtre G., Dei gratia Carcassonensi 
episcopo, inquisitore super hoc auctoritate apostolica 
deputato. Testes dominus Guiraudus, capellanus de 
Aqua Viva, magister R. David, capellanus de Tauri- 
zano, magister Rotbertus, clericus domini episcopi, 
et Pe., capellanus domini episcopi, notarius publicus, 
qui hec scripsit. 

Iteiiiy dixit quod fuit confessus fratri Ferrario, ordi- 
nis Predicatorum, tune inquisitore; et hostendit quan- 
dam literam qua dicebat se absolutum fuisse per 
dominum Papam. Testes propcdicti. 



DE L'TNQUFSITION DE CARCASSONNE. i^û 

2. — 1251, Carcassonne. — Assignation à la femme de Ray- 
mond de Niort, pour le jeudi après les Cendres (2 mars). 

Dics est assignata uxori R'^' de Aniorto die jovis 
post Gineres, qua veniat Carcassonam. 

o. — 1249-1250. Dépositions des témoins. 

Testes circa R'"*""' de Aniorto ^ . 

a. — 1250. — Méfaits commis par Raymond de Niort à Tour- 

reilles et remontant à vingt-cinq ans. 

Anno Domini M°GG"L°. ... testis juratus, dixit se 
vidisseapud Turrclhas in Reddesio, in domo Marcialis, 
quod R°''"^ de Aniorto adoravit hereticos Rernardum 
Poncii et Arnaldum Poncii hereticos, ipso teste et 
Guillelma, uxore Marcialis, presentibus et videntihus; 
et adjecit se vidisse quod idem Ar. Poncii hereticus 
fuit baiulus dicti R"'*' de Aniorto in ledda quani con- 
suevit recipere apud Quilanum ; et morabatur tune in 
domo Johannis de Vite. De tempore, xxv anni vel 
circiter. 

b. — 2 septembre [1250]. — Méfaits commis par Raymond de 
Niort à Tourreilles et remontant à vingt-cinq ans et au delà. 

Anno quo supra, iiii° nonas septembris. ... testis 
jurata, dixit quod vidit apud Turrelhas, in domo sui 
ipsius testis, Rernardum Poncii et Ar. Poncii hereticos; 
et vidit ibi similiter cum dictis hereticis R""*""" de 
Aniorto et Guillehnum de Fontaynas ; et ibi idem 
j^ndus jg Aniorto, ipsa teste vidente, adoravit dictos 

1. On ne manquera pas de remarquer que les noms des 
témoins dont les dépositions suivent ne sont pas donnés. La 
raison en a été déjà fournie. Plus haut, n" XVIII, note. 



148 REGISTRE DU GREFFIER 

hereticos dicendo : Benedicite, ter flexis genibus ante 
ipsos ; et heretici respondebant in quolibet Benedicite, 
Deus vos benedicat; et prefati heretici recipiebant et 
colligabant leddam in molendino pro R'"^° de Aniorto, 
secundum quod ipsi narrabant et dicebant ipsi testi. 
De [tempore], xxv anni et ultra. 

c. — 1" mai 1249, — Autres méfaits du même remontant à 
quinze ans et accomplis dans son propre château [rupes). 

Anno Domini M°GG°XLIX, kls. madii... testis jurata, 
dixit quod dum ipsa testis staret apud rupem R'"*' de 
Aniorto cum Blanca de Paracols, avia R"'*' de Aniorto, 
heretica, et cum fîlia ejus, similiter heretica, vidit ipsa 
testis pluries dictum R"'*"" de Aniorto qui tenebat ibi 
dictas hereticas visitantem dictam Blancam de Para- 
cols, aviam suam, hereticam; et ibi, ipsa teste vidente, 
adoravit dictam hereticam dicendo ter : Benedicite, 
flexis genibus ante ipsam. De tempore, xv anni vel 
circiter. 

d. — l*"" octobre 1250. — Autres méfaits du même remon- 
tant à vingt ans, accomplis par le même dans son château 
[rupes] et à Lésignan. 

Anno Domini IvrCG^L", kls. octobris... testis jura- 
tus, dixit quod vidit apud rupem R""' de Aniorto 
in saltu, quam tenebat R"^"^ de Aniorto, R""^""" Agu- 
Icrium et alios multos hereticos stantes ibidem et 
tenentes publiée domicilia sua ; et ibi idem R"**"^ de 
Aniorto, ipso teste vidente et audiente, intrabat in 
domum dictorum hereticorum, et visitabat eos, et 
salutabat eos, et loquebatur familiariter cum eis. De 
tempore, circiter xx annos. Item, dixit quod, cum 
j^ndu8 ^Q Aniorto predictus infirmaretur graviter qua- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 149 

dam vice apud Lcsignanum, diocesis Narbonensis, in 
domo ecclesie dicLi castri, ipse testis et Guillelmus de 
Foiitaynas accedentes ad castrum de Asilhano assump- 
serunt inde duos hereticos, et adduxerunt eos apud 
Lesi<;nanum, et introduxerunt eos in domum prefatam 
ante predictum R'"'™ de Aniorto ; et tune idem R""*"' 
de Aniorto, ipso teste vidente, de lecto surgit. 

LIV. — 17 février 1251 (n. st.), Carcassonne. — Pons Guil- 
laume, de Preixan, s'oblige à se mettre à la disposition de 
l'évêque et fournit sa caution. 

Anno Domini xM° GG° L°, xiii kal. marcii. Pon- 
dus Guillelmi, et pro eo et mandato ejus Bernar- 
dus Gili, de Preissano, (juilibet obligaverunt se in 
solidum sub pena l librarum, prestito prius jura- 
mento, quod idem Poncius faciet et complebit omnem 
penitentiam que sibi pro crimine heresis injungetur, 
et parebit mandatis omnibus et singulis domini epis- 
copi. Testes P. de Baure, Ar. Pétri, de Preissano, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LV. — 27 février 1251 (n. st.), Carcassonne. — Pierre Vassal, 
de Salsigne, s'oblige à se mettre à la disposition de l'évêque 
et fournit ses cautions. 

Anno quo supra, ii kal. marcii. P. Vassal, de Sal- 
sinhano, et pro eo et mandato ejus obligaverunt se et 
sua Ber. Miquel vel Sabbater, P. Ermengaudi et Gal- 
hardus, frater dicti P. Vassalli de Salsinhano, quilibet 
in solidum, sub pena L librarum, prestito juramento, 
quod idem P. Vassalli parebit mandatis omnibus et 
singulis domini episcopi, et ad diem seu dies sibi 
assignatas comparebit, facietque omnem penitentiam 
quam sibi dominus episcopus injunget pro crimine 



150 REGISTRE DU GREFFIER 

heretice pravitatis. Testes Johannes Furnerius et Pon- 
dus, cellararius domini episcopi, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

LVI. — 7 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 
G. Garcias, du Bourg de Carcassonne (ville basse). 

Anno quo supra, nonis marcii. Amelius de Rabas- 
tenx, Ber. Roia, Ber. Esforsat et Ber. Morret, de 
Gonchis, et P. Garcias, de Bordis, obligaverunt modo 
et forma predicta se et sua per juramentum et publi- 
cum instrumentum, sub pena l librarum, pro G. Gar- 
cias de Burgo; et idem G. eadem servare juravit. 
Testes Jo. Furnerius, Ghalhau, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

LVIl. — 8 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 

Ar. Mir, d'Arzens. 

Anno quo supra, viii° idus marcii. Ber. Mir et 
R. Laurencii obligaverunt se simili modo pro Ar. Mir 
de Arzinco, et idem Ar. eadem se servare juravit. 
Testes frater G. Porta, Amelius de Arzinco, Chalau, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LVIH. — <S mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 

Ber. Bel, d'Arzens. 

Anno et die predictis. P. de Rozeriis, P. Faure, 
R. llzalgerii obligaverunt se simili modo pro Ber. 
Bello de Arzinco ; et idem Ber. eadem se servare et 
complere juravit. Testes predicti. 

LIX. — 9 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Cautions pour 

Ber. Franc, d'Arzens. 

Anno quo supra, \u° idus marcii. P. Amelii, Ar. de 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 151 

Barsa, et R""*"' de Mazet obligaverunt se et sua, et modo 
et forma superius expressa, pro Ber. Franc de Arzinco ; 
et idem Ber. eadem se servare et compîere juravit. 
Testes Jo. de Grasanis, capellanus, Jo., capellanus de 
Arzinco, et P. Ariherti, notarius, qui hec scripsit. 

LX. — 9 mars 1251 (n. st.), Carcassonne. — Ai-naud Jourdain 
cautionne pour Ber. Jourdain, d'Arzens. 

Anno et die predictis. Arnaldus Jordani obligavit 
se simili modo pro Ber. Jordani de Arzinco, fratre 
suo ; et idem Ber. eadem se servare et compîere jura- 
vit. Testes magister R. David, G. Poncii, et P. Ari- 
berti, notarius, qui hec scripsit. 

LXI. — 30 mars 1251, Carcassonne. — Cautions pour R. de. 
Gordo, d'Alzonne, prisonnier, autorisé à sortir de prison 
jusqu'à l'octave de Pâques (23 avril). 

Anno Domini, M" GG° Lf, iif kal. aprilis. G. de 
Gordo, G. Marini, G. Morrificat de Alzona fidejusse- 
runt pro R. de Gordo de Alzona immurato, cui data 
est licencia exeundi murum et esse extra usque in 
octabis Pasche ; et tune débet redire in eumdem 
murum sine omni nova causa, non expectato mandato 
nostro ; et quod ita compleat, omnes predicti obliga- 
verunt se, sub pena l librarum, quisque in solidum, 
per juramentum et publicum instrumentum. Testes 
Ber. de Dozinco, P. de Baure, Ber. Digon, et P. Ari- 
berti, notarius, qui hec scripsit. 

LXII. — 2 avril 1251, Carcassonne. — Cautions pour Guil- 
laume-Raymond Moncade autorisé à sortir de prison pour 
un temps indéfini. 

Anno quo supra, un nonas aprilis. R. Isarni vel 



152 REGISTRE DU GREFFIER 

de Alzona, P. Rogerii, R. Boneti, Ar. Jordani, de Mos- 
solinco, obligaverunt se et sua, quiiibet in solidum, sub 
pena L librarum, pro Guillelmo Ramundi Moncade 
immurato, oui data est licencia exeundi murum, ita 
quod reddeat ad eumdem murum quando sibi injun- 
getur vel mandabitur per doniinem episcopum vel 
per alium, de mandate ejusdem vel vice ipsius; et 
complebit et faciet idem G. R. omnia et mandata et 
singula prefati domini episcopi. Testes P. de Baure, 
Ber. Digon, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LXIII. — 2 avril 1251, Carcassonne. — Raymond Martin, 
d'Alzonne, malade, est autorisé à sortir de prison jusqu'à 
l'octave de Pâques (23 avril). 

Anno et die predictis. Data est licencia R**° Martini, 
de Alzona, immurato exeundi murum usque adoctabas 
instantis festi Pasclie propter egritudinem ; et tune, 
non expectato aliquo mandate, débet redire ad eum- 
dem murum ad peragendum penitentiam pro crimine 
heretice pravitatis. Testes predicti. 

LXIV. — 9 mai 1251, Carcassonne. — Guillaume Sabbatier, 
de Capendu, est autorisé à. sortir de prison jusqu'à l'octave 
de la Pentecôte (11 juin). 

Anno Domini M° GG° Lf, vu idus maii. Data est 
licencia Guillelmo Sabbaterii, deCanesuspenso, exeundi 
murum et esse extra ubicumque voluerit usque ad 
octabas instantis festi Penthecostes ; et tune, non 
expectato mandato domini episcopi, redire débet 
in eundem murum ad penitentiam pro heresi pera- 
gendam, nisi remaneret de ejusdem licentia speciali ; 
et hoc se com[)lere et servare juravit sub pena l li- 
brarum, obligans se et sua per publicum instrumen- 



La. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. i53 

tum ; et débet adducere siifïicientes fidejussores die 
dorninica ad fidejubendum pro se sub eadem pena 
super premissis. Testes magister P., officialis, P. de 
Baure, Ber. Digon, et P. Ariberti, notarius, qui hoc 
scripsit. 

LXV. — 12 mai 1251, Carcassonne. — Guillaume Sabbatier 

donne ses cautions. 

Anno cjuo supra, iiii° idus maii. Gomparuit apud 
Garcassonam Guillelnius Sabbaterii predictus, et dédit 
fidejussores pro se Pon. de Mora et Bernard um de 
Mairat de Gaiiesuspenso, qui obligaverunt se pei' jura- 
mentum et publicum instrumentum sub forma pre- 
dicta. Testes P. de Baure, Berengarius Leonis, Ber. 
Digon et P. Ariberti. 

LXVI. — 20 mai 1251, Carcassonne. — Prorogation de liberté 
jusqu'au samedi suivant (27 mai) pour Raymond Valguier, 
de Villar-en-Val. 

Anno quo supra, xiii° kal. junii. Gomparuit R*^"' Val- 
guerii de Vilario Valle Danie coram domino episcopo 
Garcassone, cui diem assignavit ad diem sabbati 
proximo venlurum ad redeundum in murum unde exi- 
verat de licencia ejusdem domini episcopi ; et hec 
prorogatio est sibi facta ad preces... monachi de Vil- 
lalonga. 

LXVII. — 15 juin 1251, Carcassonne. — Pagane, femme de 
Pons Arnaud, de Preixan, est autorisée à sortir de prison 
jusqu'à l'Assomption (15 août). Caution, Pierre G., du Bourg. 

Anno quo supra, xvii kal. julii. Data est licencia 
Pagane, uxori quondam Poncii Arnaidi, de Preissano, 



154 REGISTRE DU GREFFIER 

exeundi miirum', et quod esset extra usque ad ins- 
tans festum Assumptionis Béate Marie; et tune, non 
expectato aliquo mandate, débet redire in eumdem 
murum per juramentum prestitum ; et fidejussit pro 
ea Petrus G., de Burgo Garcassonensi, sub pena l libra- 
rum, obiigans se et sua per juramentum et publicum 
instrumentum. Testes magister G., rector ecelesie de 
Villanova, Jo. Fornerius, et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

LXVIII. — 4 septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Bernard Michel ou Sabbatier et Vassal, de Salsigne; qui 
s'obligent en outre pour Vassal, « quod ipse ducet causam 
suam. » 

Anno Domini M° CG° LF, ii nonas septembris. 
R. Amelii, Ar. Gausinh, P. Ermengaudi, G. Boerii, 
P. Sabbater, P. Manher, Bartholomeus Leret et 
R. Abbatis de Salsinhano obligaverunt se et sua per 
juramentum prestitum et publicum instrumentum 
quiiibet in solidum, domino episcopo Garcassonensi, 
sub pena centum librarum , pro Ber. Michaelis 
vel Sabbaterii et Vassallo de Salsinhano, quod ipsi 
parebunt mandatis omnibus et singulis domini epis- 
copi et complebunt et facient penitentiam quam idem 
dominus episcopus pro crimine heresis eis duxerit 
injungendam; quod nisi facerent, prenominati solve- 
rentillam pecuniam ad omnimodam voluntatem domini 
episcopi memorati; et obligaverunt se insuper pro 
dicto Vassallo, quod ipse ducet causam suam, et non 
absentabit se nec fugiet, et veniet ad diem et ad dies 
sibi assignatas, et faciet et complebit mandatum sibi 

1. Voy. noXXII, note. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 155 

injunctum a domino cpiscopo vel ab alio, loco scii vice 
ipsius (iomini episcopi ; alioquin prenominati quilibet 
in solidum solvent l libras pacifiée et quiète ad 
voluntatem domini episcopi. Testes nmagister R. Da- 
vid, B. G., capellanus de Sauzenx, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. Hoc etiam se servare, facere 
et complere juraverunt supradicti Ber. Micahelis et 
Vassallus ; et obligavemnt se et sua in presencia tes- 
tium predictorum et plurium aliorum. 

LXIX. — 5 septembre 1251, Carcassonne. — Vassal, de Sal- 
signe, à l'audience reçoit communication des charges pesant 
sur lui et assignation pour la veille de la Saint-Mathieu 
(20 septembre) pour présenter sa défense. 

Item, anno quo supra, nonis septembris. Comparuit 
Vassallus, de Salsinhario ; et fuerunt sibi tradita acta 
inventa in inquisitione contra ipsum; et fuit sibi assig- 
nata dies vigilia inslantis festi beati Mathei apostoli, 
ad proponendum exceptiones et deffensiones suas 
légitimas, si quas habet. Testes frater G. Porta, fra- 
ter Boneti, G. Faure, Ber. Digon, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit, et multi alii. 

LXX. — 8 septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. Narbonne, de Villemoustoussou. 

Anno quo supra, vi idus septembris. Ar. Nar- 
bona, de Yillamostautione et pro eo et mandato 
ejus obligaverunt se et sua, sub pena L librarum, 
R. Veziani, privignub dicti Ar., R. de Turribus, R. Au- 
terii, P. Ar. et Pon. Furnerii, de Villamostautione, 
tiuilibet in solidum, juramento interposito, (juod ipse 
Arnaldus Narbona parebit mandatis omnibus et sin- 
gulis domini episcopi, et faciet et complebit peniten- 



156 REGISTRE DV GREFFIER 

tiam quam sibi idem dictus episcopus duxerit injun- 
gendam; quod nisi faceret, prenominati solvent illam 
pecuniam ad omnimodam voluntatem domini epis- 
copi. Testes raagister Ber. de Alairaco, clericus, 
G. Cucumeris, Ber. Digon, Johannes Furnerius, et 
P. Ariberli, notarius, qui hec scripsit. 

LXXI. — 8 septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Ar. de Rezes, de Villemoustoussou. 

Anno [et die] quo supra. Ar. de Bezes, et pro eo 
et mandate ejus Ber. Escuder et Ber. Fabre, de Villa- 
mostautione, obligaverunt se modo et forma predicta 
pro eodem Ar*^° de Rezes, de Villamostautione. Testes 
magister Robertus, et Ber. Digon, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

LXXII. — 8 septembre 1251, Carcassonne. — Guillaume 
de Rezes s'engage pour Ar. de Rezes, son père. 

Item, eadem die obligavit se Guillelmus de Rezes 
eodem modo pro Ar. de Rezes, pâtre suo. 

LXXIII. — 9 septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
G. Raseire, de Pezens. 

Anno quo supra, v" idus septembris. G. Razeire, de 
Pezinco, et pro eo et mandato ejus R. Vitalis, P. R. 
Vitalis, et Nicohiaus de Pezinco obligaverunt se et 
sua, quilibet in solidum, per prestitum juramentum, 
sub pena l librarum, quod ipse G. parebit mandatis 
omnibus et siiigulis domini episcopi Carcassone; alio- 
(|uin prenominati solvent illam pecuniam ad omnimo- 
dam voluntatem ojusdem domini episcopi. Testes 
frater G. Porta, Jo. Furnerius, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 157 

LXXÏV. — 9 septembre 1251, Carcassonne. — G. Espagne, 
de Villemoustoussou, s'oblige à la pénitence et présente ses 
cautions. 

Anno et die predictis. G. de Yspania, de Villamos- 
tautione, et pro eo et mandato ejus R. Sicre, de Gon- 
chis, Bernardus Menestral, de Villarier, obligaverunt 
se et sua quilibet in solidum, prestito juramento, sub 
pena l librarum, quod idem G. faciet et complebit 
penitentiam quam dominus episcopus sibi duxerit 
injungendam ; et parebit mandatis omnibus et singulis 
ejusdem domini episcopi ; quod nisi faceret, preno- 
minati solvent illam pecuniam ad omnimodam volun- 
tatem domini episcopi. Testes magister P. de Villa- 
mostautione, magister Robertus, et P. Ariberti, 
notarius, qui bec scripsit. 

LXXV, — 11 septembre 1251, Carcassonne. — Guillelme 
Vital s'engage par serment à obéir aux inquisiteurs et four- 
nit ses cautions. 

Anno quo supra', m idus septembris. Guillelma 
Vitalia juravit stare et obedire mandatis omnibus 
inquisitorum per prestitum juramentum ; et fidejus- 
serunt pro eo, sub pena L librarum, R. Gerdani 
et Pon. de Rivo, de Pezinco, obligantes se et sua per 
juramentum et publicum instrumentum. Testes magis- 
ter P. de Saisis, archidiaconus Fenolleti, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

LXXVI. — IG septembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Guillelme Gasneire, de Villemoustoussou. 

Anno quo supra, xvi kal. octobris. G. [de] Gauda- 

1. Au haut du fol., en marge : De Pezinco. 



158 . REGISTRE DU GREFFIER 

bronda et Alazais, uxor P. Barroti de Burgo, obligave- 
runt se pro Guillelma Gasneira, de Villamostautione, 
simili modo. Testes R. Garbonelli, et R. Pétri, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LXXVII. — 2 octobre 1251, Carcassonne. — Ber. de Bram, 

domicilié à Conques, détenu pour hérésie, s'oblige à obéir 
aux inquisiteurs et à la pénitence. Cautions. 

Anno quo supra, vi nonas octobris. Ber. de Bram, 
de Gonchis, qui detinebatur pro heresi Garcassone, 
juravit stare mandatis omnibus et singulis inquisitorum 
et facere omnem penitentiam et complere quam sibi 
pro dicto crimine duxerint injungendam ; et quod ita 
observet fîdejusserunt pro ipso R. Bernardonus, R. de 
Baucio, Pon. Bertratidi, et Martinus de Bram de Gon- 
chis, sub pena l librarum, quisque in solidum per 
juramentum et publicum instrumentum. Testes Ber. 
Digon, Johannes Furnerius, Rogerius Saumateriiis, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LXXVIII. — 2 octobre 1251, Carcassonne. — Ber. «s^e Curdbus 
de Rupefera s'engage comme le précédent. 

Eadem die. Ber. de Gurtibus de Rupefera juravit 
idem ; et fidejusserunt pro ipso secundum modum et 
formam predictam P. OHba, de Rupefera, et Ber. 
Fabri, de Priveirenga. Testes Ber. Digon, P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

LXXIX. — 5 octobre 1251, Carcassonne. — P. At, de Mous- 
soulens, s'engage comme le précédent. 

Item, anno quo supra, iii° nonas octobris. Idem 
juravit P. Ath. de Mossoienx ; et fidejusserunt pro 
ipso secundum modum et formam predictam Bertran- 
dus Malpuel, G. de Gastello, P. R. de Ventaio, mili- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 159 

tes. Testes Ber. Digon, Tardi, Berengarius Leonis, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LXXX. — Même joui\ — Viguier, de Montolieu, et Bertrand 
Malpuel s'engagent à payer 150 sous, somme que P. At 
avait reçue des hérétiques. 

Eadem die. Vicarius de Monte Olivo et Bertrandus 
Malpuel obligaverunt se et sua inquisitoribus in cen- 
tum L solidis persolvendis in tribus vicibus, videli- 
cet L sol. die jovis proxima, et alios L ad aliam diem 
jovis sequentem , et alios L ad aliam diem jovis 
secjuentem, pro Petro At, de Mossolinco, qui rece- 
pit dictos denarios ab hereticis; et sic servare et 
complere juraverunt et concesserunt fieri publicum 
instrumentum. Testes Sancius Morlana, P. R., de Ven- 
taio, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

LXXXI. — Même jour, dans l'église Saint -Michel de la 
ville basse de Carcassonne. — Injonction à ceux de Preixan, 
Coufoulens, Cavanac, Cornèze, Leuc et Villefloure qui ont 
reçu grâce des croix d'avoir à faire les pèlerinages mineurs 
dans huit jours, les pèlerinages majeurs dans quinze jours, 
et à passer ultra mare avec le premier passage. 

Eodem die. Injunctum fuit ab inquisi[toribus] in 
ecclesia Sancti Micahelis Burgi Carcassonensis homini- 
bus de Preissano, de Gofolento, de Cavanaco, de Corna- 
zano, de Lieuco, et de Villa Fleurano quibus fuerunt 
imposite cruces pro heresi et quibus facta est gratia 
de crucibus, quod incipiant lacère peregrinationes 
minores sibi injunctas pro dicto crimine usque ad 
VIII dies, et majores^ usque ad xv dies; et in primo 
passagio transeant ultra mare qui ad hoc sunt obligati. 

1. D'après les condamnations contenues dans le tome XXI 



160 REGISTRE DU GREFFIER 

LXXXII. — 27 septembre 1251, Carcassonne. — Ar. Moret 
et Rixendis, sa mère, s'obligent à la pénitence. Cautions. 

Anno quo supra, v kal. octobris. Ar. Moreti 
et Rixendis, mater ejus, juraverunt stare man- 
datis omnibus et singulis inquisitorum et facere 
et complere omnem penitentiam quam sibi pro cri- 
mine heresis duxerint injungendam, et quod ita com- 
pieant et observent fidejusserunt pro ipsis, quilibet in 
solidum, sub pena centum librarum, R. Guiraudi, 
G. de Fornes, G. Capellani, G. Bordas, G. de Vilario, 
R. de Siriers, filius dicte Rixendis; et obligaverunt se 
et sua per juramentum et publicum instrumentum. 
Testes Ber. Digon, et Johannes Furnerii, et P. Ari- 
berti, notarius, qui bec scripsit. 

de Doat et antérieures au registre du greffier de Carcassonne, 
les pèlerinages mineurs étaient le Puy, Saint-Gilles, Rocama- 
dour, Soulac, Saint-Antoine de Vienne, Saint-Denis, Verde- 
lais, Saint-Sauveur de Asturia, Saint-Pierre de Générés, Saint- 
Martial de Limoges, Saint-Léonard; et les pèlerinages majeurs, 
Saint-Jacques de Compostelle, Rome, Saint-Thomas de Can- 
torbéry. — Plus tard, au temps de Bernard Gui, inquisiteur 
(1306-1323), les pèlerinages mineurs fuirent Rocamadour, le 
Puy, Vauvert, jNotre-Dame-des-ïables à Montpellier, Sérignan 
(Hérault), Saint -Guilhem- du -Désert, Montmajour, Sainte- 
Marthe de Tarascon, Sainl-Maximin, Saint-Antoine de Vienne, 
Saint -Martial et Saint -Léonard du Limousin, Saint -Denis, 
le tombeau de saint Louis à Saint-Denis, Chartres, Notre- 
Dame de Paris, Boulogne-sur-Mer, Pontoise, Saint-Séverin 
de Bordeaux, Soulac, Conques (Aveyron), Saint-Paul de Nar- 
bonne. Saint- Vincent de Castres et Saint-Dominique de Bologne ; 
et les pèlerinages majeurs, Rome, Saint-Jacques de Compos- 
telle, Saint-Thomas de Cantorbéry et les Trois-Rois de Cologne. 
{Practica, p. 37, 39, 97. Éd. Douais. Paris, 1886. Doat, XXVII, 
fol. 5; Histoire générale de Languedoc, VIII, c. 985.) 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. KJl 

LXXXIII. — 27 septembre 1251, Carcassonne. — 
Item, Ber. Pastre. 

Anno et die predictis. Ber. Pastre jura vit, etc., ut 
supra, et fidejusserunt pro ipso sub pena l librarum 
G. de Serra, et Ar. Garric; et obligaverunt se, et 
cetera, ut supra. Testes predicti. 

LXXXIV. — 29 septembre 1251, Carcassonne. — P. Bel et 
Ber. Bel, frères, de Rupefera, s'obligent à obéir aux inquisi- 
teurs et donnent leurs cautions. 

Anno quo supra, iii° kal. octobris. P. Bellus et Ber. 
Bellus, fratres, de Rupefera, juraverunt stare mandatis 
inquisitorum, et cetera, ut supra; et fidejusserunt pro 
ipsis sub pena centum librarum Ar. Vitalis, Pon. Vita- 
lis, Ber. Vitalis fratres, P. Aimerici de Insulis, Ber. 
de Sacumba, Ber. Faber, de Rupefera ; et obligaverunt 
se et sua, quisque in solidum, per juramentum et 
publicum instrumentum. Testes Ber. Digon, et P. Ari- 
berti, notarius, qui bec scripsit. 

LXXXV. — 6 octobre 1251, Carcassonne. — Guillaume Ray- 
mond, de Ventenac-Cabardès, demande jour pour délibérer 
s'il défendra Bernard son père et est assigné au lundi sui- 
vant (9 octobre) ^ . 

Anno quo supra, if nonas octobris. Guillelmus R"' 
de Ventenaco comparuit citatus apud Carcassonam 
coram inquisitore ; et requisitus si volebat deffendere 
Ber. de Ventenaco, patrem suum quondam, de heresi, 
cujus per instrumentum ostendebat se esse heredem, 
dixit quod volebat diem ad deliberandum ; et fuit sibi 
dies lune assignata. 

1. Voy. n" LXXXVII. 

H 



162 REGISTRE DU GREFFIER 

LXXXVI. — 6 octobre 1251, Garcassonne. — P. Borcel, 
d'Alzonne, à l'audience, déclare vouloir défendre Peyrone, 
sa mère, dont il est l'héritier; il est ajourné du dimanche 
suivant en huit jours (15 octobre) pour entendre la sentence 
contre Peyrone. 

Anno et die predictis. P. Borceli, de Alzona, compa- 
ruit Carcassonam coram inquisitore citatus ; et requi- 
situs si volebat deffendere de heresi Petronam, matrem 
suam quondam, cujus dicebat se esse heredem, dixit 
quod volebat ipsam deffendere ; et fuit ei assignata 
dies de die dominica in octo diebus ad audiendum 
diffinitivam sententiam super hiis que in inquisitione 
inveniuntur contra dictam Petronam. 

LXXXVII. — 9 octobre 1251, Garcassonne. — Guillaume 
Raymond, de Ventenac-Gabardès , renonce à défendre son 
père. 

Anno quo supra, vu idus oetobris. Comparuit dic- 
tas G. R'"' de Ventenaco ; et requisitus si volebat def- 
fendere Ber. de Ventenaco, patrem suum, super hiis 
que de heresi in inquisitione inventa sunt contra eum, 
dixit quod non. 

LXXXVIII. — 6 octobre 1251, Garcassonne. — Grâce des 
croix est faite par l'évêque à Ulysse, de Gabaret, jusqu'à 
Noël. 

Anno quo supra, ii nonas oetobris. Facta est gratia 
per dominum episcopum Ulixi de Cabareto de cruci- 
bus sibi pro heresi impositis usque ad instans festum 
Nativitatis Domini ; et tune, non expectato mandato 
ejusdem vel alicujus alterius, débet illas cruces resu- 
mere ; et sic juravit et concessit tîeri publicum instru- 
mentum. Testes Po. Benedicti, Rogerius, canonici Car- 
cassone, et P. Ariberti, qui hec scripsit. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 163 

LXXXIX. — 9 octobre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Guillaume Saleg, de la ïourette, détenu à la prison épisco- 
pale : il obéira aux inquisiteurs. 

Anno quo supra, vii idus octobris. P. Benedicti, 
Ramundus Roquafera, G. Pagesii et P. de Tornadors, 
de Turreta, obligaveruntse et sua, quisque in solidum, 
sub pena l librarum, per juramentum et publicum 
instrumentum, pro Guillelino Saleg, de Turreta, capto 
in carcere domini episcopi, quod ipse pareat manda- 
tis omnibus et singulis inquisitorum. Testes Johannes 
Furnerii, Poncius de Gomba, senior, de Roquafera, et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

XC. — 14 octobre 1251, Carcassonne. — Bernard Ferrand et 
Arnaud, son fils, de la Tourette, sont assignés pour entendre 
la sentence au samedi après la Saint-Luc (21 octobre). 

Anno quo supra, ii idus octobris. Gomparucrunt 
BernardusFerrandi et Ar., filiusejus, de Turreta, coram 
inquisitore Garcassonensi ; et requisiti si volebant se 
defïendere de hiis que in inquisitione inveniebantur 
contra eos et si ea volebant in scriptis recipere, dixe- 
runt quod non. Item, requisiti si habebant inimicos, 
dixerunt se nescire. Et est eis dies assignata peremp- 
torie sabbatum post instans festum beati Luche, 
evangeliste, ad audiendunn diffinitivam sententiam 
super hiis que de heresi in inquisitione inventa sunt 
♦ contra eos. 

XCI. — 20 octobre 1251, Carcassonne. — G. Vilaudran, de 
Rupefera, s'engage par serment à obéir à l'évéque et aux 
inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra , xiii kal . novembris . G . Vilaudran , de 



164 REGISTRE DU GREFFIER 

Rupefera, juravit stare mandatis omnibus et singulis 
domini episcopi et inquisitorum, et facere et complere 
omnem penitentiam quam sibi pro crimine heresis 
duxerint injungendam ; et fidejusserunt pro ipso, sub 
pena L librarum, Ber. Combes, Adam de Rupefera, 
R. Maiofa, Ar. de Cazilhac, de Insulis, quisque in soli- 
dum ; et per juramentum obligaverunt se et sua, et 
concesserunt fieri publicum instrumentum. Testes Jo. 
Furnerius, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

XCII. — 28 octobre 1251, Carcassonne. — Permission est 
donnée à Virgilie, de Couffoulens, malade, de sortir de pri- 
son et de rester hors jusqu'à sa guérison. Cautions asser- 
mentées. 

Anno Domini M^GCLf, v kal. novembris. Data 
est licentia Vergilie de Gofolento exeundi murum 
ubi erat intrusa pro crimine heresis, quousque con- 
valuerit et sit liberata a sua egritudine' ; et ex tune, 
non expectato alicujus mandato, débet redire in eum- 
dem murum ad penitentiam sibi injunctam pro dicto 
crimine peragendam ; et quod ita observet fidejusse- 
runt pro ipsa, sub pena L librarum, quisque in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum se 
et sua obligantes, G. R. Flessada, P. Ber. Garreria, de 
Burgo^, G. Ros et Ber. Ros, fratres, filii dicte Virgilie. 
Testes Ber. Gausberti, Ermengaudus de Monte Glaro 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus haut, n° XXII, note. 

2. Bourg de Carcassonne, par opposition à la Cité ou nou- 
velle ville. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 165 

XCIII. — 28 octobre 1251, Carcassonne. — P. Sanha et Guil- 
lelrae, sa belle-mère, femme de Jean Bonnel, de Cuxac- 
Cabardès, s'obligent à obéir à l'évêque et aux inquisiteurs. 
— Leurs cautions assermentées. 

Anno quo supra et die. P. Sanha et Guillelma, 
socrus ejus, uxor Johannis Bonelli, de Gutsiaco, jura- 
verunt stare mandatis omnibus et singulis domini epis- 
copi et inquisitorum, et facere et complere penitentiam 
quam sibi pro heresi duxerint injungendanm ; et quod 
ita observent obligaverunt se et sua, quisque in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum, sub 
pena centum librarum, Ber. Glerici, G. Guiraudus, 
P. Mata, Jocobus de Gutsiaco, Ar. Lebrel et P. Gatala, 
de Gutsiaco, P. Vitalis et P. Ghatmar, de Vilardonello, 
et Guillelmus Glericus, de Villanova. Testes capellanus 
de Gutsiaco, Johannes Furnerius, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

XCIV. — 2 novembre 1251, Carcassonne. — Permission est 
donnée à Guillaume Pages, de Rupefera, gravement malade 
dans la prison de la Cité, de prendre demeure dans le Bourg, 
d'où il ne doit point s'éloigner. — Ses cautions. 

Anno quo supra, lUi nonas novembris. Gum Guil- 
lelmus Pages, de Rupefera, dctineretur captus in Givi- 
tate et graviter infirmaretur, est data sibi licencia 
morandi in Burgo in aliqua domo, quousque convalue- 
rit; et inde non débet recedere sine licencia inquisito- 
rum ; et mandatis omnibus et singulis eorumdem parère 
débet sine fraude ; et quod ita observe! fidejusserunt 
pro ipso, sub pena l librarum, Vitalis Pagesii, frater 
ejus, Guiraudus Aprilis, et Poncius Durandi, de Rupe- 
fera, et Ar. Gauzinh, de Insulis, obligantes se et sua. 



166 REGISTRE DU GREFFIER 

quisque in solidum, per juramentum et publicum ins- 
trumentum. Testes Ber. Gausberti^ Jo. Furnerius, Ber. 
Digon, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

XCV. — 8 novembre 1251, Carcassonne. — P. Roussel, de 
la Bastide-Rougepeyre, s'oblige à obéir à l'évêque et aux 
inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M°GC°Lr, vi° idus novembris. P. Ros- 

selli, de Bastida Rogerii Pétri, juravit stare mandatis 

omnibus et singulis domini episcopi et inquisitorum 

et facere et complere omnem penitentiam quam sibi 

pro crimine heresis duxerint injungendam ; et quod 

ita observet tidejusserunt pro ipso Ar. Gaumar et 

G. Gaumar, fratres, et P. Gauterii de dicta Bastida, 

per juramentum et publicum instrumentum, quilibet 

in solidum, sub pena l librarum, se et sua obligan- 

tes. Testes G. Stephani, Amelius de Arzinco, et Ame- 

lius Garcias, de Pezinco, et P. Ariberti, notarius, qui 

hec scripsit. 

XCVI. — 9 novembre 1251, Carcassonne. — Jean Bonel, de 
Cuxac-Cabardès, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, v idus novembris. Johannes 
Bonelli, de Cutsiaco, juravit idem pro se quod dictus 
P. Rosselli; et fidejusserunt pro ipso, sub pena L li- 
brarum, quisque in solidum, per juramentum et publi- 
cum instrumentum, obligantes se et sua, R''"^ Bellus- 
homo, Vitalis Rogerius, Johannes Vicarius, Ber. Maury, 
P. Ghatmar, Ar. Barta et Bernardus Clerici. Testes 
frater G. Porta, Ber. Gedor, Gauterius Morlana\ clerici 
domini episcopi et scriptores, Ber. Digon, et Johannes 
Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus bas, n° CCXLV. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 167 

XCVII. — 9 novembre 1251, Carcassonne. — Pierre Daide, 
de Canocaude, s'oblige comme le précédent. 

Anne et die predictis. Petrus Daide, de Ganacalida, 
juravit idem ; et tîdejusserunt pro ipso juxta predic- 
tum inodum Ber. Jordani, G. Micahelis, de Ganaca- 
lida, et P. Fabre, de Vilardonello. Testes Ber. Digon, 
Johannes Furnerius, et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

XCVIII. — 9 novembre 1251, Carcassonne. — Ber. Gamozenc, 
de la Tourelle, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ber. Gamozenc, de Turreta, 
juravit idem ; et fidejusserunt pro ipso juxta predic- 
tum modum G. Darros et P. Lanet, de Miravalle, modo 
predicto. Testes predicti. 

XCIX. — 17 novembre 1251, Carcassonne. — Aimeric Faure, 
d'Alzonne, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et à comparaître, 
après citation, au simple appel de ses cautions. 

Anno quo supra, xv kal. decembris. Aimericus 
Faber, de Alzona, juravit stare mandatis omnibus et 
singulis inquisitorum et facere [et] complere omnem 
penitentiam quam sibi pro crimine heresis duxerint 
injungendam ; et quandocumque citetur in ecclesia de 
Alzona, licet citatio non perveniat ad ipsum, débet 
comparere coram eisdem inquisitoribus ad vocatio- 
nem seu mandatum fidejussorum suorum infrascripto- 
rum ; et quod ita compleat et observet fidejusserunt 
pro ipso, sub pena centum librarum, Po. Isarni, 
P. Bos, Bogerius Segui, Ber. Segui et P. Donuzelli, de 
Alzona, quisque in solidum, se et sua per juramentum 
proprium obligantes. Testes P., capellanus de Blu- 



168 REGISTRE DU GREFFIER 

maco, G. Capitisville , clericus ejus, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

C. — 20 novembre 1251, Carcassonne. — P. Bellaire, des 
Ilhes, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, xii° kal. decembris. P. Bellaire de 
Insulis juravit starc mandatis omnibus et singulis 
inquisitorum et facere et complere oninem peniten- 
tiam quam sibi pro crimine heresis duxerint injungen- 
dam ; et quod ita compleat et observet fîdejusserunt 
pro ipso, sub pena l librarum, Ar. Gauzinh, Vitalis 
Besseda et Ar. Turc de Insulis, quisque in solidum, 
se et sua per juramentum proprium obligantes. Testes 
frater G. Porta, Ber. Digon et P. Ariberti, notarius, 
qui hec scripsit. 

CI. — 23 novembre 1251, Carcassonne. — G. Panaire'r, de 
Canecaude, déjà condamné à vêtir les croix, s'oblige à obéir 
à l'évêque et aux inquisiteurs. — Ses cautions'. 

Anno quo supra, ix kal. decembris. G. Panairerii, 
de Ganacalida, pro heresi crucesignatus obligavit se et 
sua, et juravit stare mandatis omnibus et singulis 
domini episcopi et inquisitorum, et facere et complere 
omnem penitentiam quam sibi pro heresi duxerint 
injungendam ; et quod ita observet et compleat fîde- 
jusserunt pro ipso, sub pena l librarum, P. W. Fur- 
nerii, Ar. Hugo, pelliparius de Burgo, quisque in soli- 
dum, se et sua per juramentum obligantes. Testes 
P. de Baure, Johannes l^urnerius et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus bas, n" CVII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 169 

Cil. — 3 décembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 

le précédent. 

Item, anno quo supra, iif nonas decembris. P. Bo- 
naf'os, Ar. Bonafos, G. Po. Sigui, R. Bonet de Vilar- 
donel, Jo. Sabater, Jo. Neil, R. Gaufre, de Ganacalida, 
obligaverunt se et sua sub dicta pena modo et forma 
predicta, pro dicto G. Panairerii. Testes Jo. Furnerii, 
P. Sicard de Vilal[ier], P. Ariberti. 

cm. — 26 novembre 1251, Carcassonne. — Ar. Romeu 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, yi kal. decembris. Ar. Romevi 
juravit stare mandatis omnibus et singulis inquisito- 
rum, et facere et complere omnem penitentiam, quam 
sibi pro crimine heresis duxerint injungendam ; et 
quod ita observet fidejusserunt pro ipso, sub pena 
L librarum, quisque [in] solidum se et sua obli- 
gantes per juramentum et publicum instrumentum, 
P. Romevi, frater dicti Ar., P. Bonafos, Ar. Bonafos, 
G. Po. Sigui, de Ganacalida. Testes Jo. Furnerius, 
Berengarius Leonis, et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CIV. — 29 novembre 1251, Carcassonne. — Guillaume 
Vilaudran s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, uf kal. decembris. Guillelmus 
Vilaudran juravit stare, et cetera, ut supra; et quod 
ita observet fidejusserunt pro ipso Poncius de Gumba, 
de Rupefera, senior, Ar. de Delhols, deManso, G. Gle- 
rici, de Pi'ivcirenga, sub pena LX librarum, quisque 
in solidum se et sua obligantes per juramentum et 
publicum instrumentum. Testes magister P., officialis, 



170 REGISTRE DU GREFFIER 

Guiraudus, capellanus de Aqua Viva, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

CV. — 3 décembre 1251, Carcassonne. — R. Faure, de 
Canecaude, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, iii° nonas deceinbris. R. Faber, de 
Ganacalida, juravit et obligavit, et cetera; et fidejusse- 
runt pro i[)so, sub pena l librarum, P. Bonafos, 
V G. Po. Segui, Ar. Bonafos, et Ar. Daide, de Ganaca- 
lida, quisque in solidum se et sua obligantes per 
juramentum et publicum instrumentum. Testes Johan-* 
nés Furnerius, P. Sicardi, de Vilalier, et P. G., de 
Burgo, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CVI. — 3 décembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
Véziade, femme de Ber. Daide, de Canecaude. 

Anno [et die] quo supra. P. Sicardi de Vilalier, 
Poncius Bernard!, de Ripparia, et G. de Vilario, de 
Salsinhano, obligaverunt se et sua per juramentum et 
publicum instrumentum, pro Veziada, uxore Ber. 
Daide, de Ganacalida, quod ipsa parebit mandatis 
omnibus et singulis inquisitorum, et faciet et comple- 
bit penitentiam quam ei pro crimine heresis duxerint 
injungendam ; quod nisi faceret, prenominati solvent 
L libras melgorensium ad voluntatem inquisitorum. 

CVII, — 5 décembre 1251, Carcassonne. — Cautions pour 
G. Panairer, de Canecaude ^ 

Anno Domini ]\P GG° Lf, nonis decembris. Micahel 
P. Aimerici, Ar. Daide, de Ganacalida, et Po. Gavauda, 
de Gonchis, obligaverunt se et sua, quisque in solidum, 

1. Voy. plus haut, n° CI. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 171 

sub pena l librarum, per juramentum et publicum 
instrumentum, pro G. Panairer, de Ganacalida, qiiod 
ipse pareat mandatis omnibus et singulis domini epis- 
copi et inquisitorum, et faciet et complebit penitentiam 
quam sibi pro criinine lieresis duxerint injungendam; 
et de hac fidejussione absolvimus Ar. Hug, et P. G. 
Forner, de Burgo, qui alias fidejusserunt pro ipso. 
Testes Ber. Goder et G. Amelii, et P. Ariberti, nota- 
rius, qui hec scripsit. 

CVIII. — 14 décembre 1251, Carcassonne. — Audiardis Pages, 
de Moussoulens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xix kal. januarii. Audiardis Page- 
sia, de Mossolenco, juravit et obligavit se et sua, et 
cetera, ut supra; et fidejusserunt pro ipsa G. Barrau, 
P. Vaquer, Bertrandus Gabos, G. Marti, Guiilelmus 
Boerii, sub pena centum librarum, quisque in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum se 
et sua obligantes. Testes Ber. Digon, Jo. Furnerius, 
G. Trepati, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CIX. — 15 décembre 1251, Carcassonne. — R. Ratmir, de 
Cuxac-Cabardès, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xviif kal. januarii. R. Ratmir, de 
Cutsiaco, juravit et cetera ; et sunt pro ipso fidejusso- 
res, quisque in solidum, sub eadem pena, per jura- 
mentum et publicum instrumentum, G. Radulphi, Ber. 
Jo., Jacobus Maury, Martinus Rogerii, Ber. Mauri, 
Ar. Barta, de Cutsiaco, se et sua obligantes. Testes G., 
archidiaconus Carcassone, G. Gucunerii et P. Ariberti 
predictus. 



172 REGISTRE DU GREFFIER 

ex. — 17 décembre 1251, Carcassonne. — Rixendis, de 
Bram, et Sicarde, sa sœur, de Conques, s'obligent à obéir 
aux inquisiteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, xvi kal. februarii. Rixendis de 
Bram et Sicarda, soror ejus, de Gonchis, juraverunt 
stare, et cetera; et tidejusserunt pro ipsis, sub 
pena centum librarum, R. de Baucio, de Villalerio, 
Martinus de Brom, et R. Bernad, de Gonchis, se et 
sua obligantes, quisque in solidum, per juramentum 
et publicum instrumentum, modo et forma predicta. 
Testes Hugo, capellanus de Villalerio, Jo., capellanus 
de Gonchis. 

CXI. — 19 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne. — P. Morret, 
à l'audience, devant les inquisiteurs, déclare ne vouloir se 
défendre; mais il nomme ses ennemis. Il est assigné au 
dimanche suivant (20 janvier), dans l'église Saint- Vincent, 
pour entendre la sentence. 

Anno quo supra, xiiif kal. februarii. P. Morret 
comparuit coram magistris Radulpho et R""" David 
inquisitoribus, apud Garcassonam ; et requisitus si 
volebat se deffendere de hiis que in inquisitione 
inventa sunt contra eum, et si volebat ea in scriptis 
recipere, dixit quod non. Item^ requisitus, dixit quod 
habebat inimicos, videlicet Ber. de Brom et sorores 
ejus, pro eo quod habuit causam cuni eis super qua- 
dam aissada^; tamen postmodum pacitîcatum fuit inter 
eos. Item, Ber. Seguini est inimicus suus, quia inter- 
fecit aliquos de consanguiiiitate uxoris sue. Item, Sau- 
rina est inimica sua, quia ipsa dicebat quod habuerat 

1. Hache. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 173 

rem cum lilia sua. Et requisitiis si aliud volebat dicere 
vel proponere ad deffensionem suam, dixit se nichil 
aliud scire ; et fuerunt sibi publicata dicta testium in 
inquisitione contra ipsum inventa, in presencia domini 
episcopi et dictorum inquisitorum, magistri P., offi- 
cialis, P., capellani de Rupefera, J., capellani de 
Insulis, et P. Ariberti, et multorum aliorum. Et facta 
publicatione, iterum fuit requisitus semel, secundo et 
tertio, si volebat aliquid aliud dicere ad deffensionem 
suam vel aliquas légitimas exceptiones proponere, 
dixit quod non, nisi sicut dixit. Et fuit sibi assignata 
dies super hiis que inventa sunt contra eum in inqui- 
sitione et sibi publicatis in presencia predictorum, bac 
instanti die dominica, ad audiendum difïinitivam sen- 
tentiam in ecclesia Sancti Vincencii in Burgo. 

CXII. — 22 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne, — P. Morret 
et Ber. ^lorret, de Conques, s'obligent à obéir à l'évêque et 
aux inquisiteurs. — Leurs cautions^. 

Anno Domini M°GG°LI°, xi° kal. februarii. P. Mor- 
ret et Ber. Morret, de Conchis, obligaverunt se et 
sua per juramentum et publicum instrumentum quod 
ipsi parebunt mandatis omnibus et singulis inquisi- 
torum et domini episcopi , et facient et comple- 
bunt omnem pcnitentiam quam sibi pro crimine 
heresis duxerint injungendam ; et fidejusserunt pro 
ipsis, sub pena centum librarum, B. R*^', sabaterius, 
de Burgo, G. Garcias, P. Engarabou, et Poncius Enga- 
rabou, de Burgo, se et sua, quisque in solidum, obli- 
gantes per juramentum et publicum instrumentum. 

1. Voy. le n° suivant. 



174 REGISTRE DU GREFFIER 

Testes P. de Brugairolis, capellanus, magister Gar- 
cias, Jo. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CXIII. — 23 janvier 1252 (n. st.), Cai^cassonne. — Cautions 

pour les précédents. 

Anno quo supra, x kal. februarii. Ber. Molinerii, 
R. de Arzinco, Amelius de Rabastenx, P. Roia, de 
Conchis, obligaverunt se pro dictis fratribus, modo et 
forma superius expressa. Testes Johannes Fornerii, et 
P. Ariberti, notarius, in presencia inquisitorum. 

CXIV. — 21 janvier 1252 (n. st.), Garcassonne. — P. At, de 
Moussoulens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions^. 

Anno quo supra, xii kal. februarii. P. At., de Mos- 
solenco juravit stare mandatis inquisitorum, et facere 
et complere omnem penitentiam quam sibi pro cri- 
mine heresis duxerint injungendam; et propter hoc 
obligavit se et sua sub pena centum librarum per 
juramentum et publicum instrumentum ; et fidejusse- 
runt pro ipso sub eadem pena Bertrandus Malpuelli, 
miles, Guillelmus Amelii, P. Vaquerii, de Mossolinco, 
Po. de Mossolinco, de Monte Regali, quisque se et sua 
in solidum obligantes per juramentum et publicum 
instrumentum. Testes magister P., officialis, R. Senher, 
de Arzinco,... % capellanus Sancti Vincencii, et P. Ari- 
berti, notarius, qui hec scripsit. 

1. Voy. plus haut les n"' XLV, LXXIX. 

2. Le nom du curé de Saint-Vincent manque dans le ms. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. i75 

CXV. — 28 janvier 1252 (n. st.), Carcassonne. — Ermengaud 
de Villatraver, de Montréal, s'oblige à obéir aux inquisi- 
teurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M'CG^Lf, v° kal. februarii. Ermen- 
gaudus de Villatraverio, de Monte Regali, juravit stare 
et parère mandatis omnibus et singulis inquisitorum 
et facere et complere omnem penitentiam quam sibi 
pro crimine heresis duxerint injungendam ; et super 
hoc obligaverunt se et sua per juramentum et publi- 
cum instrumentum, et fidejusserunt pro ipso, sub pena 
L librarum, R. Senher, de Arzinco, et Guillelmus de 
Mirapisce, de Monte Regali, quisque in solidum se et 
sua obligantes per juramentum et publicum instru- 
mentum. Testes Sicardus de Vilatraver, Johannes 
Fornerius et P. Ariberti, qui hec scripsit. 

CXVI. — 2 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Amelius 
Garcia, de Pezens, s'oblige comme le précédent. Il est cité 
pour le lundi après Letare (11 mars). 

Anno quo supra, iiii° nonas februarii. Amelius Gar- 
cia, de Pezinco, juravit, et cetera; et obligavit se et 
sua ad parendum mandatis omnibus et singulis inqui- 
sitorum ; et fidejusserunt pro ipso , sub pena ccn- 
tum librarum, quisque in solidum, Ber. de Puteo, de 
Fontiano, et R. de Ulmo, de Fontiano, se et sua per 
juramentum proprium et publicum instrumentum 
obligantes. Actum in presencia domini episcopi et 
inquisitorum, Bei-. de Solerio et P. Ariberti, notarii. 
Et est dicto Amelio assignata dies feria il" post Letare 
Jherusalem ad comparendum coram inquisitoribus 
apud Garcassonam, et confitendum super hiis que de 
heresi inveniuntur contra ipsum. 



176 REGISTRE DU GREFFIER 

CXVII. — 6 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Arnaud et 
Raymond, d'Aragon, s'obligent à obéir à l'évéque et aux 
inquisiteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, vin° idus februarii. Arnaudus et 
l^ndus pgiat fratres, de Aragone, obligaverunt se et sua 
per juramentum et publicum instrumentum quod ipsi 
parebunt mandatis omnibus et singulis inquisitorum 
et domini episcopi ; et facient et complebunt peniten- 
tiam quam ipsi pro crimine [heresis] eis duxerint injun- 
gendam; et fidejusserunt pro ipsis sub pena centum 
librarum Martror de Aragone, G. Escaf're, magister Ar. 
R., Ber. Reissavi, Ar. Maur, G. Boneti, de Aragone, et 
P. Régis, de Gaudabronda, quilibet in solidum se et 
sua obligant.es per juramentum et publicum instru- 
mentum. Testes Johannes Furnerius et multi alii et 
P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

CXVIII. — 9 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Pons 
Gironde, de Saissac, s'oblige comme les précédents. 

Anno Domini M° CG° V 1°, v idus februarii. Pon- 
cius Gironda, de Saxiaco, juravit etc.; et fidejusserunt 
pro ipso sub pena l librarum Ber. Fabre de Graza- 
nis, de Burgo, G. Bonafîlha, et Ar. de Gaucer, de 
Saxiaco, se et sua etc. obligantes. Testes [Jo.] Mos- 
sairo, Ber. Gausberti, et P. Ariberti, notarius, qui 
bec scripsit. 

CXIX. — 9 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — G. Martin, 
de Moussoulens, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis^. G. Martini, de Mossolinco, 

1. A la marge : De Mossolinco. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 177 

juravit, etc.; et fidejusserunt pro ipso sub pena l li- 
brarum Ber. Faure, Berengarius Bota, Ber. Martini, 
Johannes Martini, de Mossolinco, modo et forma pre- 
dicta. Testes Ber. Gausberti, Johannes Furnerius et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXX. — 10 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — P. Vesola 
s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra', iiii° idus februarii. P. Vezola 
juravit stare, etc.; et pro eo fidejussit Johannes Mos- 
sairo, Ber. Fabri de Grazanis, de Burgo, G. BonatiHa, 
de Saxiaco, sub pena L librarum modo et forma pre- 
dicta. Testes Ar. de Gaucer, R. Durandi, et Johannes 
Furnerius. 

CXXI. — 10 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — R. de Cancer 
s'oblige comme le précédent. 

\tem^ anno et die predictis. R. de Gaucer juravit 
etc.; fidejussit pro ipso, sub eadem pena et forma, 
Johannes Mossairo, P. Vezola, Ber. Fabri de Grazanis, 
G. Bonafilia, et Arde Gaucer, et Johannes Furnerius, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXXII. — 23 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Gencer, 
veuve de Ber. Folquier, de Pezens, s'oblige comme le pré- 
cédent. 

Anno quo supra ^, vif kal. marcii. Gencer, uxor 
quondam Ber. Foiquerii, de Pezinco, juravit et obhgavit 
se, etc.; et fidejusserunt pro ipsa sub pena L hbrarum 
quisque in soUdum, se et sua obhgantes per juramen- 
tum et pubUcum instrumentum Johannes Basser, Ar. 

1. A la marge : De Saxiaco. 

2. A la marge : De Pezinco. 

12 



178 ' REGISTRE DU GREFFIER 

Gairais, Stephanus Barrot, de Burgo, et R. Folquerii, 
filius dicte Gencer. Testes Johannes Fornerius et 
P. Ariberti. 

CXXIII. — 24 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Ber. 
Tarassan, mercier du Bourg, à l'audience, déclare ne vou- 
loir pas se défendre; mais il nomme ses ennemis. Il est 
assigné pour le mardi suivant (26 février). 

Anno Domini M°GC°LI°, vi° kal. marcii. Ber. Taras- 
sana, mercerius, de Burgo, comparuit coram magis- 
tro R. David, inquisitore; et requisitus si vult se 
deffendere de hiis que in inquisitione inventa sunt 
contra euni et vult ea in scripturis recipere, dixit 
quod non. Item, requisitus si habet inimicos, dixit 
quod sic : Dulciam, uxorem Poncii Gairet, et ipsum 
Poncium; alios inimicos non dicit se habere. Et fuit 
sibi dies martis proxima assignata ad proponendum 
et properandum (sic) causas iiiimicitiarum predicta- 
rum, et ad dicendum quicquid dicere voluerit ad def- 
fensionem suam. 

CXXIV. — 24 février 1252 (n. st.), Carcassonne. — Etienne 
Gairaud, de Villegly, non cité, corrige son ancienne confes- 
sion. 

Anno quo supra \ \f kal. marcii. Stephanus Gai- 
raudi, de Villaiglino, rediit per se non citatus nec 
vocatus coram magistro R. David, inquisitore; et dixit 
quod quondam confessus fuerat seu dixerat in confes- 
sione sua que non erant vera, videlicet quod G. Dozil 
numquam vidit cum hereticis, nec adorantem, nec 
eorum predicationes audientem, licet in confessione 
sua ipse testis hoc dixerat ad suggestionem Guillelmi 



1. En regard, à la marge : De Vilaiglino. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 179 

Rogerii, qui dixit sibi in hune modum : « Dicatis quia 
ego dixi. » Et predicta revoeat ipse testis propter hoe 
quia, eum idem testis rediisset de confessione sua apud 
Viliaiglinum, dictus G. Dozil quesivit ab ipso teste 
quid dixerat; cui ipse testis respondit quod posuerat 
ipsum in scripto; et tune G. predictus dixit : « Quis 
seductor potuit me ponere? » Et ipse testis respondit 
quod hoc fecerat de consilio G. Rogerii. Ilec deposuit 
apud Carcassonam, coram magistro R. David, inqui- 
sitore. Testes Johannes Furnerius, et P. Ariberti, 
notarius, qui hec scripsit. 

CXXV. — !«■• mars 1252 (n. st.), Garcassonne. — P. Gras, 
d'Aragon, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cau- 
tions. 

Anno quo supra, kaleadis marcii. P. Grassi de Ara- 
gone juravit, etc.; et fidejusserunt pro ipso P. Rogerii, 
de Vallegosa, R. Daide, Rer. Rogerii, G. Bonet, sub 
pena l hbrarum, se et sua obhgantes per juramentum 
et publicum instrumentum juxta predictum modum. 
Testes Jo. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CXXVl. — 9 mars 1252 (n. st.), Garcassonne. — P. de Ber- 
riaco refuse de répondre sur l'authenticité de la lettre 
d'après laquelle Guillaume Nègre aurait purgé sa sentence ; 
retenu dans la prison épiscopale, il la dit fausse. Il est assi- 
gné au lundi après la Passion (18 mars). 

Anno Domini M° GC° LP, vif idus marcii. P. de Ber- 
riaco comparuit coram inquisitoribus ; et requisitus si 
crédit litteram confectam super purgatione Guillehni 
Nigri esse veram, noluit respondere pluries requisi- 
tus; et est sibi injunctum, in virtute prestiti juramenti, 
quod non exeat domum episcopalem quousquc res- 



180 REGISTRE DU GREFFIER 

ponderit; et post. aliquod intervallum respondit et 
dixit se non credere dictam litteram esse veram; cré- 
dit tamen duo sigilla appensa esse vera, et scriptorem 
qui eam scripsit esse verum et legalenn ; et fuit sibi 
dies assignata die lune post dominicann de Passione 
ad probandas causas falsitatis predicte littere. 

CXXVII. — 11 mars 1252 (n. st.), Carcassonne. — Vital 
Amdeu s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions ^ 

Anno quo supra, v idus marcii. Vitalis Amdeu, 
tilius quondamR. Vitalis, de Mossolinco, juravit stare 
mandatis inquisitorum et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas ; et tidejusserunt pro ipso Ar. Vitalis, 
Bertrandus Gabos et Guilielmus Barravi, de Mossolinco, 
sub pena l librarum se et sua per juramentum obli- 
gantes juxta formam predictam. 

CXXVIII. — 15 mars 1252 (n. st.), Carcassonne. — Lonibarde 
et Raymond Roger, de Preixan, s'obligent à obéir aux inqui- 
siteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, idibus marcii. Lombarda et R''"^ 
Rogerii de Preissano juraverunt^ etc.; et fîdejusserunt 
pro ipsis sub pena et forma predicta P. W. Corralis, de 
Burgo, Ja. Suola, de Aladerno. Testes W. F., capella- 
nus de Floirano, et P. Ariberti, coram inquisitoribus. 

CXXIX. — 29 mars 1252, Carcassonne. — Ar. de Solerio, à 
l'audience, demande jour pour se défendre ou avouer. Il est 
assigué au lundi après l'octave de Pâques (8 avril). 

Anno quo supra ^, v kal. aprilis. Ar. de Solerio 

1. Voy. plus haut, n° XLVII. 

2. Ms. : juravit. 

3. L'année commençant le 25 mars, il faudrait : Anno 
M° ce LIP. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 181 

comparuit coram inquisitoribus; et requisitus si vult se 
deffendere de liiis que in inquisitione inventa sunt 
contra eum, et si vult ea in scriptis recipere, petiit 
diem ad deliberandum ; et est sibi assignata dies feria 
11^ post octabas Pasche, vel ad defïendendum vel ad 
confilendum. 

CXXX. — 29 mars 1252, Carcassonne. — Ber. Buade et 
P. Buade frères, de Salsigne, s'obligent à payer 10 livres 
pour leur père mort, auquel il avait été ordonné de faire le 
voyage de Terre Sainte. 

Anno et die predictis. Ber. Buada et P. Buada, de 
Salsinhano, prose et fratre suo, juraverunt se solutu- 
ros X iibras pro pâtre suo defuncto, oui erat injunctus 
transitus transmarinus, in recompensationem iliius 
transitus; et hoc debent facere usque ad Ascentioneni 
Domini; et fidejussit pro ipsis bona fide Pon. Ghatmar, 
de Rusticanis, Persolverunt totum. 

CXXXI. — 14 avril 1252, Carcassonne. — R. Sabatier, du 
Bourg, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno Domini ArCG°Lir, xviif kal. maii. R. Saba- 
terii, de Burgo Garcassone, jura vit slare mandatis inqui- 
sitorum, et facere et complere penitentiam quain sibi 
inquisitoires pro crimine heresis duxerint injungen- 
dam ; et tidejusserunt pro ipso, sub pena centum 
librarum quisque in soiidum per juramentum et publi- 
cum instrumentum, Poncius Faber, tîlius dicti R**', 
G. Ar., petrarius, Ar. de Baba, G. de Masseiia, P. Ber., 
P. Bonus Homo. Testis G. Ar., scriptor, G. Martini, 
scriptor, Johannes Furnerius, Galba vus et P. Ariberti, 
notarius, qui liée scripsit. 



182 REGISTRE DU GREFFIER 

CXXXII. — 15 avril 1252, Carcassonne. — Blanche, femme 
de Bar. d'Alairac, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Aiino quo supra, xvii kal. maii. Blanqua, uxor Ber. 
de Alairaco, de Aragone, comparuit coram inquisito- 
ribus et juravit se parituram omnibus mandalis et 
singulis inquisitorum et facere et complere penitentiam 
quam sibi proheresi injungetur ; fîdejusseruntpro ipsa, 
sub pena l librarum, per juramentum et publicuni 
instrumentum, Ber. de Alairaco predictus et Ber. Ton- 
deire, de Aragone. Testes R. Helias et P. Cat, de Monte 
Olivo, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXXXIII. — 17 avril 1252, Carcassonne. — Etienne Gayraud, 
de Villegly, détenu, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — 
Ses cautions. 

Anno quo supra, xvkal. maii. Stephanus Gairaudi, 
de Villaiglino, detentus pro heresi, juravit facere et 
complere penitentiam quam sibi pro heresi injungetur 
et parère mandatis omnibus et singulis inquisitorum. 
Fidejussores G. Gairaudi, Jordanus de Sancto Mameto, 
R. Quinta, de Villaiglino, G. Pagesii, de Vilari Longo, 
se et sua, quisque in solidum, per juramentum et 
publicum instrumentum obligantes, sub pena L libra- 
rum. Testes Jo. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

CXXXIV. — 19 avril 1252, Carcassonne. — G. Arnaud, 
notaire du Bourg, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xiii kal. maii. G. Ar., scriptor 
Burgi seu notarius, juravit parère mandatis omnibus 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 183 

et singulis inquisitorum et domini episcopi sub pena 
centum librarum; et sub pena illa fidejusserunt pro 
ipso quisque iii solidum per juramentum et publicum 
instrumentiim, P. Ilug-, de Tribus Bonis, P. Ar., R. de 
Gaiano, Johannes Pelliterii et P. Martini. 

CXXXV. — 22 avril 1252, Carcassonne. — P. Bernard, de 
Montégut, à l'audience, déclare vouloir se défendre ^. 

26 avril. — Il nomme ses ennemis. 

29 avril. — Il reçoit les accusations par écrit, et est assi- 
gné au dimanche suivant (5 mai). 

4 novembre. — Il déclare s'en tenir à ce qui a été dit. Il 
est assigné au dimanche suivant (10 novembre), dans l'église 
Saint-Michel, pour recevoir sa pénitence. 

Anno Domini M°CC°LII°, x kal. maii. P. Bernardi 
de Monte Acuto comparuit coram inquisitoribus ; et 
requisitus si vult se delTendere de hiis que in inquisi- 
tione inventa sunt contra eum et si vult ea in scriptis 
recipere, dixit quod sic. 

Iteuiy requisitus si habet inimicos, dixit se nescire, 
set recordabitur, ut dicit. Et est ei assignata dies 
veneris ad nominandum inimicos et dicendum causas 
inimiciciarum et ad recipiendum dicta testium, qui in 
inquisitione deposuerunt contra eum. 

Item, dicta die comparuit P. Ber., et nominavit pro 
inimicosuoRogeriumBonumMancipium, deBurgo, pro 
eo quod quadam vice habuit verba litigiosa secum pro 
lateribus^; et nullum alium iniraicum voluit iiominare. 

Item, requisitus, dixit quod non poterat probare 
dictas inimicicias. 

1. Voy. le numéro suivant. 

2. Caractères magiques probablement. Voir le mot Lateres 
dans Du Gange. 



184 REGISTRE DU GREFFIER 

Item, requisitus si volebat acta recipere, dixit quod 
volebat de hoc deliberare. Dixit etiam quod duo anni 
et dimidius sunt vel m anni, quod ipse habuit dicta 
verba cum dicto Rogerio. Et est sibi dies lune assig- 
nata ad deliberandum utrum velit acta recipere et ad 
dicendum que dicere voluerit ad deffensionem suam. 

Qua die comparuit, et dixit quod volebat se def- 
fendere et recipere acta ; et est sibi dies assignata 
usque ad diem dominicam quod possit dicere quicquid 
voluerit ad deffensionem suam qualibet die ; et infra 
illani diem non proposuit ad defensionem suam. Et 
postniodum plures assignationes sibi facte fuerunt ad 
proponendum quicquid vellet ad defensionem sui. 
Demum, feria un' post festum Omnium Sanctorum, 
predictus P. Ber. comparuit coram magistro R. David, 
inquisitore; et requisitus si aliquid volebat proponere 
ad defensionem sui contra testes receptos in inquisi- 
tione contra ipsum, dixit quod non, nisi ea que supe- 
rius proposuerat. Et est sibi assignata dies doniinica 
proxima ad recipiendum penitentium super crimine 
heresis in ecclesia Sancti Michaelis. Et ista assignatio 
fuit sibi facta sub pena G librarum et prestiti jura- 
menti. 

CXXXVI. — 22 avril 1252, Carcassonne. — P. Bernard, de 
Montégut, s'oblige à obéir à l'évêque et aux inquisiteurs. — 
Ses cautions'. 

Annoetdie predictis. P. Ber., de Monte Acuto,jura- 
vit stare et parère mandatis omnibus etsingulis domini 
episcopi et inquisitorum, et facere et complere peni- 
tentiam quam ipsi pro heresi sibi duxerint injungen- 

1. Voy. le numéro précédent. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 185 

dam ; et constituerunt pro ipso se fidejussores per 
juranientum et publicum iiistrumentum, sub peua cen- 
tum librarum, G. Ar., notarius, et Johannes de Monte 
Acuto, quisque in solidum. Testes G. Stephani et 
P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXXXVII. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ar. Olier s'oblige 
à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, vu kal. maii. Ar. Olerii juravit 
parère mandatis omnibus et singulis inquisitorum. 
Fidejussores pro ipso, sub pena l librarum, per jura- 
mentum et publicum instrumentum, quisque in soli- 
dum, P. Pautus, R. Garini, W. Martini et W. Gairaudi. 
Testes Jo. Furnerius et P. Ariberti, notarius, qui hec 
scripsit. 

CXXXVIII. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ber. Pelât 
s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ber. Pelât juravit, etc.; et 
pro eo, sub eadem pena, modo et forma predictis 
fidejusserunt R. Bertrit, Poncius de Baure, Ar. Robini. 
Testes predicti. 

CXXXIX. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ar. Benoît, de 
Villardonnel, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno et die predictis. Ar. Benedicti, de Vilardonollo, 
juravit, etc.; et pro eo fîdejussit, sub eadem pena et 
forma, W. Ameîii, P. Faber, Ber. Aosten, et Ber. 
Moscallo. Testes predicti. 

CXL. — 25 avril 1252, Carcassonne. — P. Barrot, de Ville- 
moustoussou, s'oblige comme le précédent. 

Anno Domini M°GG°Lir, vu kal. maii. P. Barroti, 



186 REGISTRE DU GREFFIER 

de Villamostautione, juravit, etc., ut supra. Fidejus- 
sores pro ipso sub pena l librarum, quisque in soli- 
dum, per juramentum et publicum instrumentum, 
W. Barrot, Ber. Alegre, W. de Rezes, se et sua obli- 
gantes. Testes Ber. Digon et P. Ariberti, notarius, 
qui hec scripsil. 

CXLI. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Roger Gayraud, de 
Pradelles-en-Val, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Rogerius Gairaudi, de Pradel- 
lis, juravit, etc.; et fidejusserunt pro ipso, sub pena 
L librarum modo et forma predicta, Ar. Gairaudi, R. 
de Podio, Micahelis Regafre, Ar. Sirven, Ar. Aolric, 
P. Gondalbert. Testes R., capellanus de Pradelis, Ber. 
Digon, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXLII. — 25 avril 1252, Carcassonne. — Ber. Airover s'oblige 

comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ber. Airoverii juravit, etc.; 
et obligavit; et pro ipso tîdejussores modo et forma 
predicta fidejusserunt Ber. Arroverii et omnes prope 
dicti. Testes predicti. 

CXLIII. — 27 avril 1252, Carcassonne. — Imposition de 

croix à Fornière. 

Anno quo supra, v kal. maii. Injunctum est Forne- 
rie quod portet cruces débite quantitatis, secundum 
quod ei injunctum est ; alioquin a die lune in antea 
abstineat ab ingressu ecclesie. 

CXLTV. — 22 mai 1252, Carcassonne. — Barbairan, de la 
Bastide-Esparbeirenque, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. 
— Ses cautions'. 

Anno Domini M°CG°Lir, xi° kal. junii. Barbairanus 
1. Voy. le numéro suivant. 



DE L'INQUISITION DE CAUCASSONNE. 187 

de Preveirenga juravit stare maiidatis inquisiLoruni el 
venire ad diem et ad dies sibi assigiiatas, et parère 
mandatis omnibus et singulis eorumdem inquisitorum. 
Fidejussores pro ipso, sub pena l librarum, per jura- 
mentum et publicum instrumentum, Ar. Faber vel 
Gapdefer, P. Faber, Bernada Fabressa, fratres dicti 
Barbairani, et P. Gotellerii, de Preveirenga. Testes.)©. 
Fornerius, Ber. Digon, P. de Brugairolis, capeilanus, 
et P. Ariberti, notarius, qui bec scripsit. 

CXLV, — 24 mars 1255, Carcassonne. — Barbairan s'oblige 
à accomplir toute pénitence qui lui sera imposée. — Ses 
cautions ^ 

Anno Domini M° CC LV", in vigilia Annunciacionis 
Dominice. Barbairanus juravit, etc., ut supra, et conti- 
plere omnem penitentiam sibi vice alia injungendam. 
Fidejussores pro ipso [per] juramentum, P. Faber, 
nepos dicti Barbairani, et Pon. Molinerii, de Prevei- 
rencis, sub pena predicta. 

CXLVI. — 14 juin 1252, Carcassonne. — P. Guibert, de la 
Bastide-Esparbeirenque, détenu, s'engage à accomplir toute 
pénitence qui lui sera infligée. — Ses cautions. 

Anno Domini M°GG Lll°, xviif kal. julii. P. Guit- 
berti, de Preveirenga, captus et detentus, juravit stare 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum et facere 
et complere omnem penitentiam quam sibi pro lieresi 
duxerint injungendam. Fidejussores pro ipso, sub 
pena L librarum, Adalbertus, Pon. Agrefol, P. Johannis, 
Ber. Gandela, se et sua quisque in solidum obiigantes. 
Testes P., capeilanus domini episcopi, Hugo, sub- 

1. Voy. le numéro précédent. 



188 REGISTRE DU GREFFIER 

capellanus de Rupefera, et P. Ariberti, notarius, qui 
hec scripsit. 

CXLVII. — 17 juin 1252, Carcassonne. — G. Roger, de Ville- 
gly, s'oblige à prendre passage pour deux ans. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, xvkal. julii. G. Rogerii, de Villai- 
glino, juravit se transfretaturum in proximo passagio 
ad duos annos, sub pena centum iibrarum ; et fidejùs- 
serunt pro ipso sub eadem pena, per juramentum et 
publicum instrumentum, G. de Turibus et R., filius 
ejus, et Ber. Aosten de Podio Nauterio, quisque in 
solidum se et sua obligantes. Testes Ber. Digon, P. R. 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CXLVIIl. — 18 août 1252, Carcassonne. — Pons Vital, de 
Conques, payera le samedi suivant (24 août) 20 livres toui'nois 
pour son oncle, Jean Vital, obligé au passage pour cinq ans. 

Anno quo snpra, xv kal. septembris. Pontius Vitalis, 
deConchis, comparuit coram magistro R. David, inqui- 
sitore, et recognovit se esse heredem una cum P. Vi- 
tali, fratre suo nunc defuncto, Johannis Vitalis, avun- 
culi sui , cui injunctum fuerat ad quinquennium 
passagium transmarinum ; et mandatum fuit ei quod 
in sequenti die sabbati satisfaciat pro ipso pro recom- 
pensatione ejusdeni passagii in xx libris turonensium. 

CXLIX. — 25" août 1252, Carcassonne. — Arnaud Aosten, 
de Villardonnel, s'engage à payer avant la Saint-Michel 
(29 sept.) 10 livres tournois « pro passagio transmarino. » 

Anno Domini M" CG° LII°, vm° kal. septembris. 
Arnaudus Aosten, de Vilardonelio, juravit solvere pro 
se usque ad instans festum Sancti Micalielis pro pas- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 189 

sagio transmari no x libras turonensium vel melgo- 
rensium. Fidejussit pro ipso [per] juramentum Ber. 
Aosten, frater ejus. 

CL. — 26 août 1252, Carcassonne. — Ar. Faure, de Saissac, 
ajoute à sa confession précédente et déclare vouloir se 
défendre. Il est ajourné au lendemain ^ 

Anno quo supra, \if kal. septembris. Ar. Faber, 
quondam de Monte Olivo, nunc de Saxiaco, comparuit 
coram niagistro R. David, inquisitore ; et requisitus si 
volebat aliquid addere confessioni sue, dixit quod sic, 
videlicet quod apud Montem Olivum, in domo Ber. 
Gairveufe, vidit P. Fabrum et socium suum hereticos, 
presentibus dicto Ber. et Johanna, uxore ejus. Inter- 
rogatus dixit se non recordari si ibi adoraverunt dic- 
tes hereticos et si vidit alios adorantes. De tempore 
non recolit. 

Item, apud Montem Olivum, in domo Ar. de Rivello, 
vidit propedictos hereticos, quos ipse testis et dictus 
Ber. Gairveufa adduxerunt ibi, presentibus dicto Ar. 
et Willeima, uxore ejus, et Willelma, uxore dicti Ar. 
hiterrogatus dixit se non recordari si vidit se et ahos 
ibi adorantes. De tempore quod supra. 

Item, interrogatus si unquam aHbi vidit hereticos, 
dixit quod sic, in domo Pétri Beg, propedictis hereti- 
cis presentibus, P. Beg et Ermessenda, uxore ejus. Et 
vidit ibi Ar. Bacia qui adduxit cum ipso teste dictos 
hereticos, quos Matheus Johannis tradiderat eidem 
testi apud portam dels Quatre. 

Interrogatus si adoravit dictos hereticos et vidit 
ahos adorantes, dixit se non recordari. Et post duos 

1. Voy. plus haut, n" XIX. 



190 REGISTRE DU GREFFIER 

dies ipse testis et dictus Ar. eduxerunt inde illos here- 
ticos et tradiderunt eos Rainerio^ qui recessit cum 
eis. De tempore quod supra. 

Interrogatus dixit quod alibi non vidit hereticos, 
nec scit aliud de se vel de aliis, nisi sicut dictum est. 

Interrogatus dixit quod numquam vidit aliquam 
personam hereticam, nec interfuit hereticationi Guil- 
lelme Silve, sororis sue, uxoris quondam Willelmi 
Molinerii; nec aliquo tempore vidit hereticos in donio 
ejusdem Willelmi. 

Requisitus si vult se deffendere de hiis que in inqui- 
sitione inventa sunt contra eum, dixit quod sic. Inter- 
rogatus si vult ea in scriptis recipere, dixit quod non. 
Et est dies crastina sibi assignata ad plura dicenda. 

CLl. — 3 septembre 1252, Carcassonne. — Arnaud Faure, de 
Saissac, ajoute à sa confession^. 

Item, anno quo supra, iii° nonas septembris. Dictus 
Ar. testis juratus addidit confessioni sue dicens quod 
ipse testis et G. Molinerii, sororius suus, adduxerunt 
quadam vice ad domum ejusdem G., apud Montera 
Olivum, P. Fabri et socium suum G. Carcasses, here- 
ticos, ad hereticandum Willelmam Silvam, sororem 
suam, uxorem dicti G.; et ibi dicti heretici heretica- 
verunt secundum ritum suum eandem G^"" in egritu- 
dine qua decessit, presentibus dicto Guillelmo et ipso 
teste, qui faci[eb]at custodiam ad hostium domus ne 
aliquis posset ibi supervenire. De tempore, circiter 
xiiii annos. 

1. Entre les lignes : M., qui signifie mortuus. 

2. \ oy. le numéro précédent cl le n° CLIII. 



I 
bk 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 191 

Item, apud Montem Olivum Matheus Johannis^ venit 
ad ipsum testem, quod accederet apud Palumberias 
ad dictum fratrem suum et Terrenum de Silva here- 
ticos; quod ipse testis fecit; et invenit dictos hereticos 
et adduxit cos inde in doinum Pétri de Fontercio^ et 
Guillelme Isarne^, que recepit eos ad preces ipsius 
testis; et vidit ibi cum eis dictum P. et Isarnam, uxo- 
rem ejus, et dictam Guillelmam et Guillelmam Diur- 
nam, ancillam domus ; et ibi ipse testis adoravit dictos 
hereticos et vidit alios adorantes et bibit cum eis. Et 
post duos dies ipse testis et Willelmus Terreni eduxe- 
runt eos inde et associaverunt eos usque ad vineas de 
Gabrairissa ^ ; et ibi, in recessu, ambo adoraverunt 
eos; et ipse testis accepit pacem ab eis. De tempore 
quod supra. 

Item, de mandato Ber. Guilaberti, de Saxiaco, ipse 
testis venit apud Saxiacum ad dictum hereticum, 
qui tradidit sibi quoddam rest^ de tructis; et ambo 
iverunt ad domum Ar'*' Poncii ejusdem castri, ubi 
invenerunt P. Fabri et socium suum hereticos, et 
dederunt eis dictas tructas, presentibus dicto Ar. et 
Guillelma, uxore ejus; set ipse testis non adoravit nec 
vidit adorari ; et de nocte ipse testis et dictus Ber. 
eduxerunt inde dictos hereticos et duxerunt eos ad 
domum ejusdem Ber.; et eadem nocte, ipso teste ibi 
rémanente, dictus Ber. recessit cum illis hereticis et 
duxit eos alicubi in villa. De tempore quod supra. 

1. Entre les lignes : M., qui signifie mortuus. 

2. Fonters-du-Razès, Aude. 

3. Entre les lignes : M., qui signifie nwrtiin. 

4. Saint-Laurenl-de-la-Cabrerisse (Aude). 

5. Botte, dans Raynouard. 



192 REGISTRE DU GREFFIER 

Item, apud Montem Olivum, in domo Mathei Johan- 
nis, vidit propedictos hereticos, presentibus dicto 
Matheo* et R'^^ Porcella, uxore ejus; set ipse testis non 
adoravit, nec vidit adorari; tamen bibit cum eis. Et 
fuit eodem tempore. 

Item, apud Montem Olivum, in domo Marie Boilona, 
vidit propedictos hereticos, présente dicta Maria "^ et 
R'*'' de Gaux et Rainerio^ Set non adoravit, nec vidit 
adorari. De tempore quod supra. Dixit etiam quod 
P. Lombardi vidit dictos hereticos in domo ipsius tes- 
tis, et adoravit eos, et misit per ipsum testem i cucur- 
bitam vini et i punheriam pisorum. De tempore quod 
supra. Dixit etiam quod ipse testis et Ber. Gourveufa 
adora vcrunt, in domo ejusdem Ber., dictos hereticos. 
De tempore quod supra. Adjecit etiam se comedisse 
in domo sua cum dictis hereticis in eadem mensa, 
dicendo : Benedicite in principio cibi et potus et in 
quohbet génère cibi noviter sumpti, hereticis respon- 
dentibus : Deus vos benedicat. 

Item, audivit monicionem et predicationem dicto- 
rum hereticorum, et crédit ipsos esse bonos homines 
et veraces et amicos Dei et habere bonam fidem, et 
si decederet in secta eorum crederet salvari. Et fuit 
per quinquennium in illa credencia. Et recognovit 
quod maie fecit, quia ohm, apud Montem Ohvum, 
coram aliis inquisitoribus, et alia vice coram domino 
episcopo Garcassone, et postmodum coram magistris 
Radulpho et R. David inquisitoribus, multotiens in 
judicio requisitus, negavit veritatem contra proprium 

1. Entre les lignes : M., qui signifie mortuus. 

2. Item. 

3. Item. 



\«i 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 193 

juramentum et scienter dejeravit. Requisitus quare 
negavit, dixit quod propter verecundiam et timorem, 
et quia conduxerat cum Guillelmo Molinerio se non 
revelaturum ea que sciebat de ipso et de uxore ejus 
Willclma. 

Itetn, dixit quod ante vidit dictos hereticos in domo 
Ar. de Rivelio et in domo P. Beg, sicut dictum est; 
adoravit eos ut supra. Hec deposuit apud Carcassonam 
coram magistris Radulpho et R. David inquisitoribus, 
et P. Ariberti, notario, qui hec scripsit. 

CLII. — 3 septembre 1252, Carcassonne. — P. Brice, de 
Montréal, pour lequel la peine de la prison a été commuée, 
obtient de prendre passage en mars. 

Brice, son frère, s'engage de même à prendre passage ' . 

Anno et die predictis. P. Briccii, de Monte Regali, 
cui facta fuit gratia de muro pro recompensatione 
passagii transmarini , juravit se transfretaturum in 
primo passagio marcii. Et ista prorogatio facta est 
sibi ad preces domini archiepiscopi^. Alioquin ex tune 
débet redire ad murum. 

Item, juravit Briccius, frater dicti P., quod in primo 
passagio simiiiter transfretabit. Alioquin redibit ad 
murum. 

CLIÎI. — 3 septembre 1252, Carcassonne. — Ar. Faure, de 
Saissac, s'oblige à faire la pénitence qui lui sera imposée. 
Cautions. Il est assigné du vendredi suivant en trois 
semaines (27 septembre). 

Anno et die predictis. Ar. Faber, de Saxiaco, juravit 

1. Voy. plus bas, n° CLXXXIII. 

2. L'archevêque de ISarbonne, Guillaume de la Broue (1245- 
1257). 

13 



If4 REGISTRE DU GREFFIER 

stare et parère mandatis omnibus et singulis inquisi- 
torum, et facere et complere penitentiam, que sibi 
injungetur super crimine heretice pravitatis, sub pena 
L librarum melgorensium ; et sunt fidejussores jurati 
pro ipso, sub eadem pena, Ber. Ar., Berengarius de 
Opéra et P. Borrelli, de Saxiaco, quisque in solidum, 
obligantes se et sua per juramentum et publicum ins- 
trumentuiïi. Testes Poncius de Saxiaco, Ber. Digon, 
et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. Assignata 
est sibi dies de die veneris proxima in très septi- 
manas. 

CLIV. — 2 octobre 1252, Carcassonne. — Raymonde Main- 
fere, de Sauzens, explique comment elle ne porte pas les 
croix auxquelles elle est condamnée. 

Anno quo supra, vi°nonas octobris. R'^^Manifaceria, de 
Sauzinco, uxor quondam R*^' Gopieri, crucesignata pro 
crimine heretice pravitatis, comparuit coram magistro 
R. David inquisitore sine crucibus; et requisita quare 
non portabat cruces sicut tenebatur proprio juramento, 
dixit quod in tunica non portabat quia non habebat 
unde emeret, cum priores essent rupte. Dixit etiam 
quod in capa sua portabat cruces; set Ava, uxor Lau- 
rentii Chatmar, domina sua, cum qua moratur pro 
nutrice, inhibuit ei quod non portaret dictam capam 
cum crucibus, et tradidit sibi quamdam aliam capam 
portandam sine crucibus. 

CLV. — 9 octobre 1252, Carcassonne. — P. Gili et Guillaume 
Gili, de Fournes, à l'audience déclarent vouloir se défendre. 
Ils feront connaître leurs ennemis. Ils donnent leurs cautions 
qu'ils obéiront à l'évêque et aux inquisiteurs. 

Anno Domini M° GG° LIP, vu idus octobris. P. Gili 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 195 

et Guillelmus Gili, de Fornas, comparuerunt apud Car- 
cassonain coram inquisitore, et juraverunl se stare man- 
datis domini cpiscopi et inquisitorum, et venire ad 
diem et dies sibi assignatas vel assignandas et ducere 
causam suam légitime coram ipsis super hiis que obi- 
ciuntur eis de crimine liereseos, de quibus dicunt et 
asseruiit penitus se inmunes, licet contrarium ab 
inquisitoribus contra eos obponatur. Et requisiti si 
volebant se defïendere super hiis que in inquisitione 
inventa sunt contra eos et si volunt es in scriptis reci- 
pere, dixerunt quod sic. 

Item, requisiti si habent inimicos, dixerunt quod 
sic, et illos nominabunt ad diem sibi assignatam ; et 
quod predicta compleant dédit fidejussores juratos 
Petrus Gili, sub pena l librarum, Roquam de Querio 
Serverio, Ar. Rcgina, de Fornas, P. Bessart, de Salella, 
et Ar. Boerii, de Fornas, pro se ipso ; et Guillelmus 
Gili dédit pro se fidejussores juratos, sub pena L libra- 
rum, Ber. Pétri de Riparia, G. Sabater, de Tnsulis. 
Testes Ber. de Dozinco, Adalbertus Clericus et R. Gal- 
veti, de Arzinco, et plures alii. 

CL VI. — 11 octobre 1252, Carcassonne. — Confession de 
G. Vilanère, de Salsigne, qui en appelle au témoignage de 
Pierre Buade et de R. Amiel. 

Anno quo supra, v idus octobris. G. Vilaneria, de 
Salsinhano, testis juratus dixit quod numquam vidit 
hereticos apud Salsinhanum nec alibi ; nec umquam 
credidit, nec adoravit, nec dédit, nec misit, nec duxit, 
nec receptavit, nec eorum predicationcm audivit. 
Interrogatus dixit quod tempore illo quo Pelrus Pol- 
lanus et socius ejus heretici erant apud Salsinhanum, 



196 REGISTRE UU GREFFIER 

in domo matris ipsius testis, videlicet tempore guerre 
Vicecomitis^, ipse non erat ibi, nec fuit ibi quamdiu 
iili heretici fuerunt ibi ; et hoc probabit, ut dicit, per 
Petrum Buada, de Vilaneria, et R. Amelii, de Salsin- 
hano. Interrogatus ubi erat illo tempore, dixit quod 
erat in quadam excubia^ contra Gabaretum. 

CLVII. — Même jour. — R. xYmiel, de Salsigne, donne son 

témoignage. 

Anno et die predictis. R. Amelii, de Salsinhano, 
testis juratus dixit quod Guillelmus Vilaneria, de Sal- 
sinhano, fuit bene per très septimanas cum ipso teste 
et multis ahis in excubia contra Gabaretum, tempore 
guerre Vicecomitis ; et tune comedebantur ficus et 
racemi. Interrogatus si scit quod dictus G. esset in 
dicta exculjia quando P. Pollanus et socius heretici 
erant apud Salsinhanum in domo Bernarde Vilanerie, 
matris dicte Guiilehne, dixit se nescire. 

CL VIII. — Même jour. — Pierre Buade de même. 

Anno et die predictis. Petrus Buada, de Vilaneria, 
testis juratus dixit idem quod proximus. 

CLIX. — 6 novembre 1252, Carcassonne. — Ber. Brice, de 
Montréal, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. Il est assigné au 
quatrième jour après la Saint-Martin (15 novembre). 

Anno quo supra, viii idus novembris. Ber. Bricci, 
de Monte Regah, juravit se pariturum omnibus manda- 

1. Probablement la levée de boucliers de Trencavel, qui mit 
le siège devant Carcassonne en 1240, et non la croisade de 
1209. [Hist. génér. de Languedoc, tome VI, 718 et suiv.; VIII, 
c. 1042 et suiv. Éd. Privât.) 

2. Garde, e.rcubiare, faire la garde. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 107 

tis et singulis inquisitorum et venire ad diem vel dies 
sibi assignâtes vel assignandas ; et est sibi assignata 
dies feria iiii^' post festum beati Martini. 

CLX. — 9 novembre 1252, Carcassonne. — Ar. Narbonne, 
détenu, sort de prison pour aller travailler, comme maçon, 
au couvent de Rieunette. — Ses cautions. 

Anno qiio supra, v idus novembris. R. Aulerii. 
R. Amelii, de Villamostautione, juraverunt etobligavc- 
runt se et sua pro Ar. Narbona, qui cras débet educi 
de muro, sub pena xx librarum, quod idem Arnaldus 
serviet monialibus Rivi Nitidi bene et fideliter per duos 
annos in operibus earum de officio seu ministerio suo, 
scilicet massioiiatus, nisi haberet legitinnum impedi- 
mentuni; alioquin ponerent aliquem loco ipsius, (jui 
sciret et posset complere pro ipso tempus illud. Testes 
capellanus de Verzela et nepos ejus et P. Ariberti. 

Hoc idem juravit Ar. Narbona. 

CLXI. — 11 novembre 1252, Carcassonne. — Vilarzel, des 
Ilhes, jure de commencer ses pèlerinages dans huit jours. 

Anno quo supra, m idus novembris. Vitarzellus de 
Insulis juravit se incepturum peregrinationes ' sibi 
injunctas infra viii" dies et perfecturum pro viribus. 
Fidejussor R. Chatmar, cicricus de Conchis. 

CLXÏl. — 30 octobre 1252, Carcassonne. — Auger, fils de Ar. 
Auger, de Montolieu, s'engage par serment à faire ses pèle- 
rinages au mois de mars. 

Anno quo supra, m kal. novembris. Augerius, filius 
quondam Ar. Augerii, de Monte Olivo, juravit se fac- 

1. Voy. plus haut, n° LXXXI, note. 



198 REGISTRE DU GREFFIER 

turum peregrinationes sibi injunctas pro crimine 
heretice pravitatis mense marcii proximo venienti. 

CLXIII. — 23 décembre 1252, Carcassonne. — G. Belon, d'Ar- 
zens, s'engage par serment à faire ses pèlerinages au com- 
mencement de mars. — Ses cautions. 

Anno quo supra, x° kal. januarii. G. Belonis, de 
Arzinco, juravit sub pena xx librariim turonensium 
quod in principio mensis marcii incohebit peregrina- 
tiones sibi injunctas. Proeo sunt tîdejussores P. Faber, 
de Arzinco, et R. de Monte Olivo, de Burgo, qui jura- 
verunt. Testes Ber. Digon et Galavus. 

CLXIV. — 3 mars 1253 (n. st.), Carcassonne, — Gallard Vassal, 
de Salsigne, relaps, est condamné à porter deux croix « in 
capucio » et à visiter en pénitent, chaque dimanche du 
carême qui vient, les églises du Bourg. 

Anno quo supra, v" nonas marcii. Gallardus Vassal- 
lus, de Salsinhano, qui est relapsus in heresim hereti- 
cos adorando a festo beati Micahelis citra post injunc- 
tam sibi alias penitentiam pro hiis que comiserat 
nequiter in eodem crimine, et qui propria temeritate 
cruces sibi impositas dimisit, juravit stare mandatis 
omnibus et singulis inquisitorum, et facere et com- 
plere quicquid sibi pro dicto crimine injungetur. Et 
super hoc fidejusserunt pro ipso quisque in solidum, 
sub pena xxvlibrarum, se et sua obligantes, P. Gavae- 
rii, de Furnis, R. Abbatis, G. de Vilario, G. Bordas, de 
Salsinhano. Et fuit injunctum, in virtute prestiti jura- 
menti, dicto Gallardo, quod continuo résumât cruces, 
quas propria temeritate dimisit ; et preterea portet 
perpetuo pro relapsu, quia recenter peccavit in heresi, 
duas cruces in capucio, qualibet unius palmi ; et non 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 199 

sit sine capucio induto et crucibus ibidem impositis 
intra domum vcl exlra ; et per omnes dies dominicos 
istius quadragesime visitet omnes ecclesias Burgi^ in 
camisia et braccis cum virgis in manu, nudis pedibus, 
et cum capucio induto antedicto. Hec injunctio fuit 
fada dicto Gailardo per magistros Radulphum et Pi. 
David inquisitores , qui instrumentum antedictum 
receperunt et obligationem. Testes Ber. Digon, P. R., 
et muiti alii, et P. Ariberti, notarius, qui liée scripsit. 

CLXV. — 7 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Jean, de Mon- 
tégut, s'engage à payer 50 livres tournois pour obtenir que 
son père Pierre Bernard ne soit point condamné à une peine 
infamante. 

Anno quo supra, nonis marcii. Johannes, de Monte 
Acuto, filius Pétri Bernardi, de Monte Acuto, juravit et 
obligavit se et sua pro eodem pâtre suo in quintjua- 
ginta libris turonensium et constituit se debitorem et 
persolutorem, ad voluntatem et mandatum domini 
epicopi et inquisitorum, quocienscumque et quando- 
cumque fuerit ab eisdem requisitus, ita tamen quod 
penitentia mûri vel alia penitentia confusibilis vel 
publica non injungatur eidem patri suo pro crimine 
heretice pravilatis. Si autem moreretur idem P. ante- 
quam esset sibi penitentia injuncta, vel antequam fie- 
ret requisitio denariorum predictorum, nichilominus 
dictus Johannes pecuniam predictam solvere teneatur. 
Alioquin si Petrus Bernardi antedictus muro traderetur 
vel penitentia confusa sibi injungeretur, idem Johan- 
nes a solutione dicte pecunie penitus sit inmunis et 
minime teneatur. Fidejussores constituerunt se G. Ar., 

1. Voy. plus haut, n" II, note 2. 



200 REGISTRE DU GREFFIER 

notarius, et Bonetus Constantini, de Narbona, obli- 
gantes se et sua per juramentum et publicum instru- 
mentum, quod dictus Johannes predicta compleat et 
attendat. Testes magister P., officialis, Pon. Benedicti, 
archipresbiter, G. Stephani, R. P., P. Debraud et 
P. Ariberti, notarii, qui hec scripsit de mandato 
domini episcopi. 

CLXVI. — 8 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — P. R. At, de 
Moussoulens, délivré de prison, s'oblige à faire ses pèleri- 
nages dans les deux années qui suivront la fête de Pâques. 

Anno quo supra, viii idus mardi. P. R. At, de 
Mossolinco, cui facienda est gratia die crastina de cru- 
cibus, juravit se complere et perficere peregrinationes 
suas sicut sibi injunctum est a Pascha proximo ve- 
nienti^ usque ad duos annos; et dédit fidejussores 
pro se R. Hot, de Mossolinco, G. Peraceta, de Podio 
Nauterio, sub pena xx librarum; et juraverunt et se et 
sua quilibet obligarunt. 

CLXVII. — 13 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Bernard 
Borrel, malade, est autorisé à sortir de prison, oîi ses cau- 
tions le feront rentrer à la réquisition des inquisiteurs ou 
quinze jours après sa guérison. 

Anno quo supra, in crastinum beati Gregorii. Bernar- 
dus Borrelli, juvenis, P. Pages, G. Sicredi, P. R. Gocel- 
tis, deBurgo, Ber. Arcambaudi, deCaunis, obligaverunt 
se et sua et juraverunt sub pena l librarum quod ipsi 
facient reddere ad murum Bernardum Borrelli immu- 
ratum, cui datur licentia exeundi propter infîrmita- 
tem, quando fuerint requisiti vel post xv dies quando 

1. Cette année (1253), Pâques tomba le 20 avril. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 201 

erit de egritudine liberatiis; et Bernardus Borrelli 
juvenis débet alios predictos super hoc redderc in- 
dempnes, qui amore ipsius et mandato se obligave- 
runt dicto modo. 

CLXVIII. — 18 mars 1253 (n. st.) — Vital Pages s'oblige à 
obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions le rendront vif ou 
mort. 

Anno quo supra, xv kal. aprilis. Ar. Gauzim, de 
Sulis^ P. Manhes, de Salsirihano, Guillelmus Belug, de 
Reeafera, et R. Johannis, de Recaferra, obligaverunt se 
et sua, sub pena l librarum, quod Vitalis Pajesii pareret 
mandatis iiiquisitorum, vel redderent ipsum vivum 
vel mortuum ; et quod veniat ad diem et ad dies ; et 
hoc promisit unusquisque predictorum in solidum 
juramento prestito corporaliter ; et ipse Vitalis pro- 
misit idem. Testes P. R. et Pe., capellanus domini 
episcopi, notarius publicus, qui hec scripsit. 

CLXIX. — 19 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Bernard 
Armen, le vieux, d'Alzonne, s'oblige à prendre passage. 
Ses cautions se portent aussi garants pour sa femme qu'elle 
accomplira ses pèlerinages. 

Anno quo supra, xiiii kal. aprilis. Bernardus Ar- 
men, senior, de AIzona, juravit stare mandatis inqui- 
sitoruni super excommunicatione qua erat astrictus 
quia non compleverat penitentiam passagii trans- 
marini; et illam faciet, complebit, ut dicit, quando- 
cumque sibi mandabitur prout sibi pro crimine here- 
sis est injunctum; fidejussores pro ipso, sub pena 
L librarum, jurati quisque in solidum, P. Ber., Po. Se- 

1. De Insulis(?). 



202 REGISTRE DU GREFFIER 

guini, R. de Rivo, R. Armen et P. Pollicerii, de Alzona. 
Item, predicti fidejussores obligaverunt se similiter 
pro uxore dieti Bernard! eodem modo, quod pere- 
grinationes^ sibi injunctas similiter adimplebit. Et hoc 
Ipsum juravit Alazais, uxor dieti Bernardi Armen. 

CLXX, — 20 mars 1253 (n. st.), Carcassonne. — Les héritiers 
de Jean Vital, défunt, condamné au passage pour cinq ans, 
donnent l'estimation de son avoir, 20 livres. Ils sont assignés à 
huit jours pour la fixation de ce qu'ils devront donner « pro 
recompensatione passagii. » 

Anno quo supra, xiii^ kal. aprilis, Poncius Vitalis 
et R'^% uxor quondam Pétri Vitalis, de Gonchis, com- 
paruerunt coram magistro R. David inquisitore, et 
recognoverunt se esse heredes Johannis Vitalis defuncti, 
oui injunctum fuerat ad v annos passagium transma- 
rinum. Verumtamen dicta R*** non est hères nisi 
nomine viri sui predicti. Et est eis assignata dies in 
octabis beati Benedicti, ad respondendum quantum 
tenent de hereditate dieti defuncti et quod potest 
valere. Qua die comparuerunt et dixerunt quod here- 
ditas predicta valet xx libras. Et fuit eis injunctum 
quod infra viii dies adducant bonos fidejussores ad 
solvendam extimationem que fiet super recompensa- 
tione passagii dieti Johannis Vitalis. 

CLXXI. — 14 juin 1253, Carcassonne. — Les susdits reçoivent 
injonction d'avoir à satisfaire au sujet de ladite estimation. 

Anno quo supra, xviii kal. julii. Comparuerunt pre- 

1. Voy. plus haut, n" LXXXI, note, 

2. Ms. : XII, date fautive, puisque l'octave de saint Benoît 
tombe le 20 mars, XIII kal. aprilis. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 203 

nominati Poncius et R''% et fuit eis injunctum quod 
infra festum sancti Johannis veniant coram nobis satis- 
facturi super dicta estimatione; alioquin dimittant 
totam illam hereditatem. 

CLXXIl. — 29 mars 1253, Carcassonne. — Guillaume Ber- 
nard Fanjaus s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Sa cau- 
tion. 

Anno Domini M° GG° Lllf, iiii kal. aprilis, Guil- 
Iclmus Bernardi Faniaus juravit coram inquisitoribus 
se pariturum omnibus mandatis et singulis inqui- 
sitorum, et se facturum et completurum penitentiam 
que sibi injungetur. Fidejussor pro ipso juratus, sub 
pena l librarum, Ber. R. Faniaus, frater ejus. 

CLXXIll. — 29 mars 1253, Carcassonne. — G., de Vieille- 
Vigne, s'engage à payer 12 livres tournois pour sa péni- 
tence avant la Pentecôte (8 juin). 

Anno et die predictis. G. de Vinea Veteri juravit 
se soluturum xii libras turonensium pro penitentia sua 
usque Penthecosten. Fidejussores pro ipso bona fide 
Ber. de Solerio et P. Ar. de Tribus Bonis, notarius. 

CLXXIV. — 1" avril 1253, Carcassonne. — G. Bérenger, 
d'Arzens, s'oblige à prendre passage au mois d'août pro- 
chain. — Ses cautions^. 

Anno Domini M°GG°L°II1, kal. aprilis. G. Beren- 
! garii, de Arzinco, juravit se pariturum mandatis 

omnibus et singulis inquisitorum ; et fuit absolutus ab 
1 excommunicalione qua erat astrictus propter contu- 

niaciam; juravit etiam et promisit se transfretaturum 

1. Voy. plus haut, n° XLVI, plus bas, n" CXCV. 



204 REGISTRE DU GREFFIER 

in primo passagio augusti, sub pena x librarum; fide- 
jussores pro ipso, sub eadem pena, Aribertus de 
Arzinco, Matha, castellarius de Monte Regali, fîde 
prestita, etR. Berengarii, qui juravit; et pena soluta, 
nichilominus compellatur ad transfretandum. 

CLXXV. — 12 avril 1253, Carcassonne. — Rey, d'Alzonne, 
s'oblige à prendre passage au mois d'août prochain^. — 
Ses cautions. 

Anno quo supra, ii idus aprilis. Rex, de Alzona, 
juravit se transfretaturum in primo passagio augusti ; 
et fuit absolutus ab excommunicatione. Fidejussor pro 
ipso juratus, sub pena l librarum, Ber. Gazanha, de 
Rivo ; et ipse Rex obiigavit eidem propter hoc omnia 
bona sua, presentibus magistris Radulpho et R. David, 
inquisitoribus, et P. Ariberti, notario, qui hec scripsit. 

CLXXVI. — 17 avril 1253, Carcassonne. — Ber. Belon et 
Pierre Belon, d'Arzens, frères, s'obligent à prendre passage 
d'ici à la Saint-Michel (29 septembre). — Leurs cautions^. 

i\.nno quo supra ^, xv kal. maii. Ber. Bello et Petrus 
Bello^, fratres, de Arzinco, juraverunt et obligaverunt 
se et sua, sub pena xxx librarum turonensium, se 
transfretaturos hinc usque ad festum beati Micahelis, 
nisi remanerent de mandato ecclesie speciali. Fide- 
jussores jurati quisque in solidum sub eadem pena 
P. de Rozers, R. Ferriolis et R. Bello, de Arzinco. Et 
soluta pena, nichilominus teneantur transt'retare dicti 
fratres. 

1. Voy. plus bas, n° CLXXXV. 

2. Voy. plus bas, n° CXCV. 

3. A la marge : Anno Domini M° CC° LP IIP. 

4. Voy. plus haut, n° LVlIi. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 205 

CLXXVII. — 17 mai 1253, Carcassonne. — Ç. Ber., maréchal, 
de Saint-Martin, s'oblige à obéir à i'évêque et aux inquisi- 
teurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M°GG°LIIF, xvi kal. junii. G. Ber., 
faber, de Sancto Martino, jura vit se facere et com- 
plere, ad voluntatem domini episcopi et inquisito- 
rum, penitentiam sibi injunctam pro heresi; et parebit 
mandatis omnibus et singulis eorumdem. Fidejusso- 
res pro ipso jurati, sub pena l librarum quisque in 
solidum G. Daide, Ber. Gaunas, P. Faber, G. Garcias, 
de Sancto Martino. Testes Ber. Digon, G. Ber. de 
Argenteria, et P. Ariberti, notarius, qui hec scripsit. 

CLXXVIII. — 5 août 1253, Carcassonne. — P. Bonafos, de 
Canecaude, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa 
guérison. 

Item, anno quo supra, nonis augusti. Data fuit 
licencia P. Bonafos, de Ganacauda, esse extra murum 
quousque convaluerit; juravit se redditurum post con- 
valescentiam. 

CLXXIX. — 17 août 1253, Carcassonne. — Raine, femme de 
P. Albert, de Couffoulens, est autorisée à rester hors de pri- 
son jusqu'à sa guérison. 

Anno quo supra, xvi kal. septembris. Data est 
licentia Raine, uxori P. Adalberti de Gofolento, exeundi 
murum quousque 'convaluerit de egritudine sua; et 
tune sine omni monitione débet redire vel intérim, si 
mandareturei. Fidejussores proipsa, sub pena l libra- 
rum, P. Adalberti, Ar. Guifre, Ar. Willelmi, R. Ber., 
de Gofolento. 



208 REGISTRE DU GREFFIER 

CLXXXVI. — Même jour. — Ber. Armen le Vieux, d'Alzonne, 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs « super penitentia de pas- 
sagio transraarino. » 

Item, anno et die predictis. Ber. Armen, senior, de 
Alzona, juravit et obligavit se et sua ad parendum 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum super 
penitentia sibi injuncta de passagio transmarino. Fide- 
jussores jurati pro ipso, sub pena l libraruni, R. 
Armen, filius ejus, et P. Pecellus, de Alzona. Et 
injunctum fuit dicto [Ber. Armen] in virtute prestiti 
juramenti. 

CLXXXVII. — Même jour. — Ber., des Martys, s'oblige 
comme le précédent'. 

Item, anno et die predictis. Ber. de Martris juratus 
obligavit se etc. pro passagio complendo ad volunta- 
tem inquisitorum. Fidejussores jurati pro ipso G. Rai- 
naudi, G. Aostenh, G. de Martris. 

CLXXXVIII. — Même jour. — P. Dalbars s'oblige comme le 

précédent^. 

Item, anno et die predictis. P. Dalbars juravit et 
obligavit se etc., pro passagio complendo ad volunta- 
tem inquisitorum. Fidejussores pro ipso jurati P. Blan- 
quer, P. Pecol, Johannes Dalbars, filius dicti Pétri. 

CLXXXIX. — 19 octobre 125.3, Carcassonne. — G. Barbier 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions 2. 

Anno quo supra, xiiii kal. novembris. G. Barberii 

1. Voy. plus haut, n" I, et plus bas, n"' CXCIII et CCI. 

2. Voy. plus bas, n° CXCIII. 

3. Voy. plus haut, n" CLXXXIV. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 209 

juravit stare mandatis omnibus et singulis inquisito- 
rum super passagio sibi injuncto perficiendo, obligando 
se et sua. Fidejussores pro ipso quisque in solidum, 
sub pena l librarum, G. Faber et R. Maisine , de 
Monte Regali, jurati. 

CXC. — 19 octobre 1253, Carcassonne. — Brice, de Montréal, 
s'oblige pour lui et son frère à obéir aux inquisiteurs « super 
passagio transmarino^ » 

Anno et die predictis. Briccius, de Monte Regali, 
juravit pro se et P. Briccio, t'ratre suo, quod parebunt 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum super pas- 
sagio transmarino sibi injuncto perficiendo, obligando 
se et sua. Fidejussor pro ipsis juratus, sub pena 
L librarum, G. Vergerii. Et débet dare alios fidejusso- 
res die jovis. Qua die adduxit G. de Mairevila, qui 
juratus obligavit se pro ipsis sub eadem pena. 

CXCI. — 20 octobre 1253, Carcassonne. — P. Martin, du 
Bourg, s'engage à donner « pro penitentia » 8 livres melgo- 
riennes . 

Anno quo supra, xiii kal. novembris. P. Martini 
frenerii {sic), de Burgo, juravit se daturum pro peni- 
tentia sua VIII libras melgorensium, quarum medie- 
tatem persolvet infra mensem, et aliam medietatem 
persolvet ad voluntatem inquisitorum. 

CXCII. — 5 novembre 1253, Carcassonne. — P., de Sabar- 
thès, se porte caution que son frère Roger, de la Baslide- 
Esparbeirenque, obéira aux inquisiteurs. 

Anno quo supra, nonis novembris. P., deSavartesio, 

1. Voy. plus haut, n"^ CLII et CLXXXIII, et plus bas, 
ïi"' CXCIV et CCI. 

14 



210 REGISTRE DU GREFFIER 

obligavit se et sua, sub pena x librarum, pro Rogerio, 
fratresuo, de Savartesio, per juramentum et publiciim 
instrumentum, quod idem Rogerius, de Preveirenga, 
parebit mandatis omnibus et siiigulis inquisitorum; et 
recipiet et complebit penitentiain que sibi ab inquisi- 
toribus pro crimine heresis injungetur. Quod idem 
Rogerius juravit se fideliter completurum. 

CXCIII. — 5 novembre 1253, Carcassonne. — Injonction est 
faite à Ber., des Martys, Ber. Armen, le vieux, et P. Dal- 
bars, d'Alzonne, qu'ils aient à prendre passage en mars à 
Marseille ou à Aigues-Mortes. 

Anno et die predictis. Injunctum fuit, sub pena 
L librarum, et in virtute prestiti juramenti, Ber. de 
Martris, Ber. Armen, seniori, et P. Dalbars, de AIzona, 
quod in isto passagio marcii transfretent ; et sint 
parati vel apud Aquas Mortuas, vel apud Massiliam 
pro isto passagio incipiendo et perficiendo. 

CXCIV. — Même jour. — Même injonction à Brice et à Pierre 

Brice, de Montréal. 

Anno et die predictis. Briccio et Petro Briccio, de 
Monte Regali, fuit idem injunctum, in virtute prestiti 
juramenti et sub pena predicta. 

CXCV. — Même jour. — Même injonction à G. Bérenger, 
Ber. Bellon et à son fi'ère * . 

Anno et die predictis. Idem fuit injunctum G. Be- 
rengario et Ber. Bclloni et fratri ejus de Arzinco. 

1. Voy. plus haut, n"^ CLXXIV et CLXXVI. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 21! 

CXCVI. — 20 novembre 1253, Carcassonne. — P. Chabert, de 
Rupefera, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M° GG° Lllf, xii kal. decembris. P. 
Chatberti, de Rupefera, obligavit se et sua per jura- 
mentum et publicum instrumentum ad parendum 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum, et ad reci- 
piendum et faciendum penitentiam ad voluntatem et 
mandatum inquisitorum. Fidejussores jurati pro ipso, 
quisque in solidum, sub eadem pena, Johannes Chat- 
bert, Johannes Pastre, de Rupefera. 

CXCVIl. — Même jour. — Roger Candel, de Rupefera, 
s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Rogerius Candela, de Rupe- 
fera, juravit facere et complere voluntatem inquisito- 
rum et recipere penitentiam sibi injungendam et 
complere pro cri mi ne heretice pravitatis, et parère 
mandalis omnibus et singulis eorumdem. Fidejusso- 
res jurati, quisque in solidum, sub pena l librarum, 
P. Ghatbert, [Raijnaudus Mager, de Rupefera, Poncius 
Candela. 

CXCVITI. — 15 janvier 1254 (n. st.), Carcassonne. — Albert, 
de la Bastide-Esparbeirenque, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, xviii kal. februarii. Adalbcrtus, de 
Preveirenca\ juravit stare et parère mandatis omni- 
bus et singulis inquisitorum, et facere et complere 
penitentiam, quam sibi inquisitores pro crimine here- 
sis duxerint injungendam. Fidejussoresjurati pro ipso, 

1. Au-dessus, entre les lignes : de Savartesio. 



210 REGISTRE DU GREFFIER 

obligavit se et sua, sub pena x libramm, pro Rogerio, 
fratresuo, de Savartesio, per juramentum et publicum 
instrumentum, quod idem Rogerius, de Preveirenga, 
parebit mandatis omnibus et singulis inquisitorum ; et 
recipiet et complebit penitentiam que sibi ab inquisi- 
toribus pro crimine heresis injungetur. Quod idem 
Rogerius jura vit se fideliter completurum. 

ex cm. — 5 novembre 1253, Carcassonne. — Injonction est 
faite à Ber., des Martys, Ber. Armen, le vieux, et P. Dal- 
bars, d'Alzonne, qu'ils aient à prendre passage en mars à 
Marseille ou à Aigues-Mortes. 

Anno et die predictis. Injunctum fuit, sub pena 
L librarum, et in virtute prestiti juramenti, Ber. de 
Martris, Ber. Armen, seniori, et P. Dalbars, de Aizona, 
quod in isto passagio marcii transfretent ; et sint 
parati vel apud Aquas Mortuas, vel apud Massiliam 
pro isto passagio incipiendo et perficiendo. 

CXCIV. — Même jour. — Même injonction à Brice et à Pierre 

Brice, de Montréal. 

Anno et die predictis. Briccio et Petro Briccio, de 
Monte Regali, fuit idem injunctum, in virtute prestiti 
juramenti et sub pena predicta. 

CXCV. — Même jour. — Même injonction à G. Bérenger, 
Ber. Bellon et à son frère ' . 

Anno et die predictis. Idem fuit injunctum G. Be- 
rcngario et Ber. Belloni et fratri ejus de Arzinco. 

1. Voy. plus haut, n°^ CLXXIV et CLXXVI. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 211 

CXCVl. — 20 novembre 1253, Carcassonne. — P. Chabert, de 
Rupefera, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno Domini M° GG° Lllf, xii kal. decembris. P. 
Ghatberti, de Rupefera, obligavit se et sua per jura- 
mentum et publicum instrumenluni ad parendum 
mandatis omnibus et singulis inquisitorum, et ad reci- 
piendum et faciendum penitentiam ad voluntatem et 
mandatuni inquisitorum. Fidejussores jurati pro ipso, 
quisque in solidum, sub eadem pena, Johannes Chat- 
bert, Johannes Pastre, de Rupefera. 

CXCVII. — Même jour. — Roger Candel, de Rupefera, 
s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Rogerius Candela, de Rupe- 
fera, juravit facere et complere voluntatem inquisito- 
rum et recipere penitentiam sibi injungendam et 
complere pro crimine heretice pravitatis, et parère 
mandatis omnibus et singulis eorumdem. Fidejusso- 
res jurati, quisque in solidum, sub pena l librarum, 
P. Ghatbert, [Rai]naudus Mager, de Rupefera, Poncius 
Gandela. 

CXCVIII. — 15 janvier 1254 (n. st.), Carcassonne. — Albert, 
de la Bastide-Esparbeirenque, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, xviii kal. februarii. Adalbertus, de 
Preveirenca\ juravit stare et parère mandatis omni- 
bus et singulis inquisitorum, et facere et complere 
penitentiam, quam sibi inquisilores pro crimine here- 
sis duxerint injungendam. Fidejussores jurati pro ipso, 

1. Au-dessus, entre les lignes : de Savartesio. 



212 REGISTRE DU GREFFIER 

quisque in solidum, sub pena l librarum, Bonus Homo, 
de Manso, et G. Moto, de Manso Gabardesio, jurati. 

CXCIX. — Même jour. — Adam de Arverio, du même lieu, 

s'oblige de même. 

Anno [et die] quo supra. Adam de Arverio, de Pre- 
veirenca, juravit idem pro se. Fidejussor, sub eadem 
pena, juratus P. Martini, qui dicitur Gotellerius, soro- 
rius suus. 

ce. — 5 avril 1254, Carcassonne. — Ber. Guilabert, du Bourg, 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs et donne ses cautions. 

Anno Domini M*' GG°LIIIP, nonis aprilis. Ber. Gui- 
laberti, de Burgo Garcassone, obligavit se et sua ad 
parendum mandatis omnibus et singulis inquisitorum, 
et ad recipiendum et pertîciendum penitentiam sibi 
injungendam pro crimine heretice pravitatis. Fidejus- 
sores jurati pro ipso, sub pena xx librarum, Amelius 
Boerii, P. Amelii, basterius, de Burgo Carcassonne, 
quisque in solidum. 

CCI. — 9 avril 1254, Carcassonne. — Bernard, des Mar- 
tys ', demeurant à Alzonne, s'engage à payer 10 livres « pro 
recompensalione passagii » et pour les pèlerinages de sa 
femme Maraude, qui est infirme. 

Anno Domini M° GG°LIIir, v idus aprilis. Bernardus 
de Martris, de Alzona, obligavit se et sua, per juramen- 
tum et publicum instrumentum, se soluturum x libras 
melg. vel turon., quarum medietatem perso! vet in 
instanti festo bcati Johannis, et aliam medietatem in 

1. Peut-être le même que celui des n"" I, CLXXXVIÏ et 
CXCIII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 213 

festo Omnium Sanctorum, pro recompensatione pas- 
sagii transmari ni sibi injuncti et peregrinationibus 
Maraude, uxoris sue, infirme. Fidejussores pro ipso 
fide plevila, subeadempena, quisque in solidum, Rex, 
de Aizona, P. Danuselli, juvenis, Ber. Segui, Bertran- 
dus Jordani, Bartholomeus de Andusia, et P. Ariberti, 
qui hanc obligationem recepit. 

CCIT. — 2 mai 1254, Carcassonne. — Arnaud Faure, de Sais- 
sac, malade, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa 
guérison. Il donne ses « fidejussores. » 

Anno Domini M° CG° LIIIP, vi nonas maii. Data est 
licencia ArnaudoFabri, deSaxiaco, exeundimurum et 
essendi extra quousque convaluerit de egritudine sua, 
ita tamen quod post convalescentiam suam ibi rever- 
tatur, non expectalo etiam mandato inquisitorum, per 
prestitum juramentum. Fidejussores super hoc pro 
ipso quisque in solidum, sub pena l librarum, Ber. 
Andorra, de Burgo, Petrus de Alairaco, de Podio Nau- 
terio, et Ar. Clary, junior, de Podio Nauterio, fide 
plivita se et sua obligantes. Testes Ber. Gedor, Ber. 
Digon, Robertus Scriptor et P. Ariberti. 

CCIII. — 1" juillet 1254, Carcassonne. — Limoux, de Saissac, 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Annoquo supra, kalendis julii. Limosus, de Saxiaco, 
juravit et obligavit se et sua ad parendum mandatis 
inquisitorum omnibus et singulis, et venire ad diem 
et ad dies assignatas sibi et facere et complere peni- 
tentiam sibi injungendam pro crimine heretice pravi- 
tatis. Fidejussor pro ipso JohannesMolsaire, qui débet 
ejus bona confiscare, si aliter se liaberet. 



214 REGISTRE DU GREFFIER 

CCIV. — 17 décembre 1254, Carcassonne. — Limoux, qui, cité, 
n'avait point comparu, s'excuse sur une maladie et fournit 
à nouveau ses cautions. 

Anno quo supra, xvi kal. januarii. Dictus Limosus 
comparuit coram inquisitoribus ; et quia citatus non 
comparuerat ad diem sabbati proximo transactam ad 
recipiendum penitentiam sicut juravit superius, fuerunt 
requisiti iterum fidejussores ab eo propter contuma- 
ciam. Ipse vero excusavit se propter infîrmitatem. 
Tamen inquisitores non crediderunt ei super hoc, et 
ideo tidejussit pro ipso, sub pena c solidorum, jura- 
tus, modo et forma predicta Petrus Benedicti, filius 
Pétri Benedicti, de Saxiacho. Testes Isarnus de 
Pezenx, P. David, R. Buada. 

CCV. — 17 juin 1254, Carcassonne. — Déposition des témoins 
produits par Bernard Pons pour prouver l'inimitié de sa 
femme pour lui. 

Testes quos produxit Bernardus Poncii ad proban- 
dum inimicicias inter se et uxorem suam. 

Anno Domini IvrCCLIIir, xv kal. julii. Guillelmus 
Namdata, subcapellanus de Saxiacho, testis juratus 
dixit se audivisse dici, et fama est apud Saxiacum et 
apud Podium Laurentii, quod Arnauda, uxor Bernardi 
Poncii, fuit capta apud Podium Laurentii per eunidem 
virum suum cum R^° Gueirejat, qui habebat rem 
secum, et non dimittit pro ipso quin adhuc habeat rem 
cum pluribus; et etiam quidam tenet eam de Monte 
Olivo pro meretrice, sicut dicilur, et fama est apud 
Saxiacum. Nuliam aHam causam rcquisitus inimicicia- 
rum scivit vel potuit assignare inter eos, nisi sicut 
dictum est. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 215 

P. de Opère, [testis] juratus, dixit se audivisse dici a 
Bernardo Poncii quod quidam de Podio Laurencii 
recesserat cum Ar'^'', uxore sua, et quod ip... a fuerat 
eum et propter hoc verberavit eam, sicut ab aliis 
audivit dici. Dixit etiam se audivisse dici quod dicta 
Ar**^ est meretrix et non dimittit pro eodem viro suo 
quin rem habeat cum pluribus, et quod quidam juve- 
nis de Monte Olivo adiiuc tenet eam et cum ea adul- 
teratur. Interrogatus nuUam aliam causam assignavit 
inimiciciarum nisi sicut dictum est. 

R. Benedicti, testis juratus, dixit se audivisse dici ab 
Ar'^% uxore Bernardi Poncii, quod ipsa veliet quoddic- 
tus vir suus esset mortuus, ut posset habere in virum 
Pugoler de Monte Olivo, et quod etiam leprosam (sic) 
veliet effici, dummodo habere posset ipsum Pugoler in 
virum. De tempore, hoc anno. De loco, apud Saxia- 
cum in domo Bernardi Poncii. De circumstaiitibus, 
dixit quod quidam puer scolaris dicti Bernardi Poncii. 
De diffamatione ipsius, dixit idem quod alii predicti 
per auditum. Interrogatus dixit se nichil aliud scire. 

CCVI. — 19 octobre 1254, Carcassonne. — Sentence condam- 
nant Guillaume Bérenger, d'Arzens, à 50 livres et à reprendre 
les croix. 

Cum Guillelmus Berengarii, de Arzincho, cui facta 
fuit olim gratia de crucibus sibi pro heresi impositis, 
capere seu detinere noluerit Jiuper apud Limosum in 
foro R'*"'° Monic, de Arzincho, quem sciebat pro heresi 
fugitivum; nec etiam ad hoc faciendum prestitit ali- 
quod consilium vel juvamen, sicut per confessionem 
ejus magistro R[adulpho] et P[etro] , inquisitoribus, 
plene constat, licet super hoc monitus fuerit per ma- 



216 REGISTRE DU GREFFIER 

gistrum Bartholomeum de Arzincho in presentia plu- 
rimorum, illa hora qua hoc faciliter poterat adimplere ; 
nos predicti inquisitores, veritate diligenter super hoc 
inquisita et dehberato consiho pleniori, predicto G. 
citato apud Garcassonam, prius tamen tam ab eo quam 
a Guillelmo Berengario, filio ejus, et Ariberto de Arzin- 
cho, fidejussoribus pro eo, juramento recepto, subpena 
quinquaginta Ubrarum etbonorumsuorum, propterhoc 
obHgationem injuncxinnus tanquam ingrato et indigno 
gratie èibi facte, quod résumât continuo dictas cruces 
cum brachiis transversalibus in omni veste prêter 
quam in camisia perpetuo deportaturas. Actum fuit 
hoc Garcassone, xiiii kal. novembris, anno Domini 
M" GG° Lllir. 

CCVII. — 29 octobre 1254, Carcassonne. — Ber. Amiel, du 
Puy, détenu, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses, cau- 
tions. 

Anno quo supra, iiii kal. novembris. Ber. Amehi, 
de Podio, qui erat captus, juravit se stare mandatis 
inquisitorum, etc., et recipere et complere peniten- 
tiam, etc., sub obligatione omnium bonorum suorum. 
Fidejussores pro ipso fîde plivita Ber. Massabou, et 
R. Gavaerii, de Podio, sub pena l librarum, se et sua 
obligando. 

CCVIIl. — 2 novembre 1254, Carcassonne. — Ar. Baud, de 
Montréal, suspect, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo supra, iiif nonas novembris. Ar. Baud, 
de Monte Regali, suspectus de heresi pro eo quod ma- 
ter sua fuit hcreticata a parvo tempore citra, unde, quia 
ipse visitabat eam fréquenter, et aliquando ei in neces- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 217 

sariis providebat, videtur in ipsius rnaliciam conccns- 
sisse; propter quod juravit stare mandatis omnibus 
et singulis inquisiloruni et obligavit omnia bona sua. 
Fidejussores jurali pro ipso, sub pena l librarum, P. 
Amelii, de Pontilio, Engelbertus Benedieti, Johannes 
Goirici, Bartholomeus Goirici, P. de Casai Ranols, 
et R'^*, uxordieti Ar. Baud. 

CCIX. — 4 novembre 1254, Carcassonne. — P. Amiel, d'Ar- 
zens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et présente ses cau- 
tions. 

Anno quo supra, ii nonas novennbris. P. Amelii, de 
Arzincho, obligavit se et sua per juramentum et publi- 
cum instrumentum inquisitoribus super mandatis 
omnibus et singulis eoruni faciendis, et penitentia 
facienda et recipienda super hiis que de heresi [in 
inquisitione inventa sunt] juxta voluntatem ipsorum. 
Fidejussores jurati pro ipso, sub pena L librarum, 
Ber. Bos, de Monte Regali, et R. de Vallibus, de 
Gramasia. Testis Jo. Melsaire. 

CCX. — 4 novembre 1254, Carcassonne. — P. Raymond de 
Castillon, d'Arzens, s'oblige comme le précédent. 

Item, anno et die predictis. P. Ramundi de Casti- 
lione, de Arzincho, obligavit se et sua per juramentum 
et publicum instrumentum inquisitoribus se recipere 
et complere penitentiam quam sibi pro heresi duxe- 
rint injungendam, et parère mandatis omnibus et sin- 
gulis eorumdem. Fidejussores jurati pro ipso, sub 
pena L librarum, Ber. Bos, de Monte Regali et R. de 
Vallibus, de Gramasia. 



218 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXl. — 18 novembre 1254, Carcassonne. — Permission est 
donnée à Rixende de sortir de prison pour faire ses couches. 
— Ses cautions. 

Anno quo supra, xiiif kal. decembris. G. Megerii, 
Petrus Yalguerii, P. Pastoris obligaverunt se et sua 
per juramentum et publicum instrumentum, sub pena 
L librarum, pro Rixenda, uxore Guillelmi Hualguerii, 
pro heresi immurata, cui data est licencia exeundi 
murum et esse extra quousque perper[er]it, ita quod 
transacto mense post partum, ipsa, non expectato man- 
dato, sine omni contradictione et dilatione, ad carcerem 
revertetur. Et preterea parebit mandatis omnibus et 
singulis inquisitoruin. Testes Guillelnius et Astruc 
Gaulassa. , 

CCXII. — 19 novembre 1254, Carcassonne. — Cautions pour 
Rayraonde, fille de Payane Baude, de Montréal. 

Anno Domini M°CG°LIIir, xili kal. decembris. Pro 
Raymunda, filia quondam Pagane Baude, de Monte Re- 
gali, obligaverunt se et sua, sub pena L librarum, per 
juramentum et publicum instrumentum, Ar. Baud, 
Johannes Goirici, Bartholomeus Goirici, frater ejus, 
Bernardus Catalani, quod ipsa Raymunda non auffu- 
giat, set pareat mandatis omnibus et singulis inqui- 
sitorum super hiis que comisit in crimine heretice pra- 
vitatis, et penitentiam sibi injungendam recipiet et 
complebit. Testes P. de Casais Ranols, Ber. Goirici, 
senior, G. Boerii et Guiilelminus. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 219 

CCXIII. — 17 décembre 1254, Carcassonne. — Isarn, de Pe- 
zens, à l'audience, demande jour pour nommer ses ennemis; 
il est assigné au samedi suivant (19 décembre), puis au len- 
demain de l'Epiphanie ; à défaut de cautions, il présente des 
témoins pour prouver les inimitiés dont il est l'objet. 

Anno quo supra, xvi kal. januarii. Isarnus, de Pe- 
zinco, comparuit coram inquisitoribus; et requisitus si 
volebat se deffendere de hiis que inveniebantui^ in 
inquisitione super facto heresis contra ipsum, dixit 
quod non aliter nisi quod tradet nomina inimicorum 
suorum et causas inimiciciarum exprimet. 

Item, requisitus si vu!t recipere in scriptis ea que 
inveniuntur contra ipsum, dixit quod non; set petit 
diem sibi assignari ad nomimandum inimicos et dicen- 
dum causas inimiciciarum. Et ad hoc fuit dies sabbati 
proxima ex parte inquisitorum assignata. Qua die 
comparuit dictus Isarnus et nominavit pro inimicis 
Rogerium Isarni, de Castro de Conchis, fratrem quon- 
dam Pétri Isarni, Petrum Régis et R. Régis, fratres de 
Conchis, et amicos eorum, quia tempore quo idem 
Isarnus de Pesinco morabatur cum R''' de Savarduno 
simul cum Faure de Riraco, idem Faure fuit captus 
ab inimicis Ecclesie qui morabantur apud Gabaretum et 
ibi fuit adductus. Tandem ipse Isarnus ivit ad dictum 
castrum de Cabareto, et ibi locutus fuit, de mandato 
dicti R. de Savarduno, [de] redemptione^ dicti Faure; 
et eduxit eum inde; et fuit sibi dictum quod Petrus 
Isarni predictus, armiger tune R*^' de Savarduno pre- 
dicti, vendiderat eum et procuraverat captionem. Et 
hoc audito, dictus R"*"' de Savarduno fccil vocari et 

1. Ms. : redemptionem. 



220 REGISTRE DU GREFFIER 

vocavit dictum P. Isarni super hoc de prodicione ; et 
fuit factum duellum; et in illo duello mortuus fuit 
P. Isarni sepedictus. Unde, cum Isarnus de Pesinco 
esset tune pro parte predicti R. de Savarduno contra 
P. Isarni, crédit quod Rogerius Isarni, P. Régis, et 
R''"^ Régis, et alii amici dicti P. Isarni sunt inimici sui 
capitales. 

Item, R. Pagesii, de Cabareto, Rog. Gonterii, Pon- 
cius de Flassano et R. Durandi et Ulixes sunt inimici 
dicti Isarni, quia ipse Isarnus, ut dicit, procuravit eis 
multa mala tempore guerre, quo morabatur cum 
R*^" de Savarduno. 

Item, requisitus pluries si volebat scripta contra se 
inventa in inquisitione recipere et cum eis deliberare, 
dixit quod non. 

Item, requisitus si volebat plures inimicos nomi- 
nare, dixit quod sic; et super hoc petit diem sibi assi- 
gnari ; et fuit eidem assignata dies ad hoc in crastino 
Apparitionis Domini, et ad probandum et dicendum 
causas inimiciciarum dictorum inimicorum, et dicen- 
dum et proponendum quicquid dicere vel proponere 
voluerit légitime ad deffensionem suam ; et tune débet 
dare fidejussores quod non auffugiet, set veniet ad 
diem et ad dies sibi assignatas et causam suam ducet 
coram inquisitoribus et parebit mandatis omnibus et 
singulis eorumdem. Quadie comparuit diclus Isarnus; 
et requisitus, dixit quod non poterat habere fidejus- 
sores, nec scivit nec voluit plures inimicos nominare. 
Verumtamen ad probandum iuimicicias predictas et 
causas earumdem, produxit hos testes, scilicet G. Pi- 
cairola, R. Picairoia, fratrem ejus, crucesignatum pro 
heresi, et R. Textoris, de Gonchis, qui in prescntia 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNË. 221 

eorumdem juraverunt dicere veritatem. Et idem Isar- 
nus juravit se defïendere legittime et causam suam 
ducere coram inquisitoribus sine fraude. 

CCXIV. — 26 décembre 1254, Carcassonne. — Dépositions 
des premiers témoins produits par Isarn, de Pezens, qui 
demande jour pour en produire de nouveaux. Il est ajourné 
au jeudi suivant (31 décembre). 

G. Picairola juratus dixit quod Rogerius Isarni, 
frater quondam Pétri Isarni, P. Régis et R. Régis, 
consangiiinei ejusdem Pétri, sunt inimici Isarni, de 
Pezinco, militis, pro eo quia ipsi credunt quod dietus 
Isarnus procuravit necem predicti Pétri Isarni. Requi- 
situs quomodo soit quod ipse procuràverit, respondit 
se nescire nec etiam crédit. Tamen bene audivit dici. 
Aliam causam inimiciciarum nescit, ut dicit, intereos. 
Vidit tamen quod Petrus Régis et R. Régis salutave- 
runt postmodum multotiens eumdem Isarnum ; et 
locuti fuerunt [cum eo fajmiliariter multociens. Set 
dietus Regerius non locutus fuit ei postea . 

R. Picairola, testis juratus, dixit idem. 

R. Textor, testis juratus, dixit idem. Dixit tamen 
amplius se credere quod dietus Isarnus procuravit 
dictam necem; et quod istud audivit dici a mullis. 

Postmodum, eadem die, dietus Isarnus peciit aliam 
diem ad producenduin super premissis plures testes; 
que luit sibi concessa, scilicet die jovis proxima pro 
secunda produxione. Qua die comparuit et produxit 
hos testes, videlicet P. Ar. et P. Grazit^ 



1. Dans la marge : Quere infra in n° fol.; aujourd'hui 
fol. 35 V. 



222 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXV. — 14 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Dépositions 
des nouveaux témoins produits par Isarn, d'Arzens, qui est 
ajourné au lendemain de la Saint-Vincent (23 janvier). 

Anno DominiM^GG" LlIIf, xixkal. februarii. P. Ar., 
filius quondam Pétri Ar., testis juratus, dixit idem 
quod G. Picairola, excepto quod non vidit P. Régis 
et R. Régis inter se coUoquentes. 

Anno et die predictis, P. Grazit, de Gonchis, testis 
juratus, dixit idem quod proximus. 

Quibus testibus receptis, fuit assignata alia dies 
dicto Isarno, scilicet in crastinum festivitatis beati 
Vincencii pro tercia productione. Requisitus si volebat 
aliud dicere ad deffencionem suam, dixit quod non. 

CCXVI. — 5 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Ber. Pierre, 
d'Arzens, s'oblige à la pénitence « pro hiis que celaverat in 
crimine hereseos. » — Sa caution. 

Anno Domini i\r GG" Lllir, nonis januarii. Ber. 
Pétri, de Arzinco, jura vit stare mandatis omnibus et 
singulis inquisitorum et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas et facere et complere penitentiam quam 
sibi inquisitoires pro hiis que celaverat in crimine 
hereseos sibi duxerint injungendam, obhgando super 
hoc se et sua. Fidejussor juratus pro ipso Guir. Rai- 
naud, frater ejus, sub pena c solidorum, se et sua cum 
juramento propter hoc obligando. Testes Gallavus 
Ribaudus, Guillelminus Glericus et quidam ahi. 

CGXVII. — 7 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Guillaume 
Clerc, de la Bastide-Esparbeirenque, s'oblige à obéir aux 
inquisiteurs. — Ses cautions'. 

Anno quo supra, vu idus januarii. Guillelmus 
1. Voy. plus bas, n" CCLll. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 223 

Clerici, de Preveirenca, juravit facere et complere peni- 
tentiam sibi pro heresi injungendam et parère man- 
datis omnibus et singulis inquisitorum, se et sua per 
juramentum propter hoc obligando. Fidejussor pro 
ipso juratus sub pena xx librarum, Petrus..., frater 
ejus, obligans se et sua. Testes coram inquisitoribus, 
Guillelminus Glericus, Guillelmus Picairola, Isarnus de 
Pezenx miles. 

CCXVIII. — 19 janvier 1255 (n. st.), Carcassonne. — Roger 
Seguin, d'Alzonne, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, xiiii" kal. februarii. Rogerius Se- 
guini de Alzona juravit se stare mandatis omnibus et 
singulis inquisitorum et recipere et complere peniten- 
tiam quam sibi pro hiis que comisit in crimine heresis 
inquisitores duxerint injungendam, et venire ad diem 
et ad dies coram ipsis super eodem facto assignatas. 
Fidejussores pro ipso Poncius Seguini, frater ejusdem 
Rogerii, Bertrandus Jordani, Ber. Armen, senior, Ber. 
de Martris, sub pena l librarum; et super hoc obli- 
gaverunt omnia bona sua, vel stabunt Carcassone in 
hostagiis, ad voluntatem inquisitorum, donec satisfe- 
cerit dictus Rogerius inquisitoribus antedictis. 

CCXIX. — 19 février 1255 (n.st.), Carcassonne. — Esclarmonde, 
femme de Raymond Amiel, de Preixan, s'oblige à obéir aux 
inquisiteurs et à se soumettre à la pénitence. — Ses cautions. 

Anno Domini M'CG^LIlIf, xi kal. marcii. Esclar- 
munda, uxor R*^' Amelii, de Prixano, juravit stare man- 
datis omnibus et singulis inquisitorum et venire ad 
diem et ad dies assignatas, et facere, recipere et 
complere penitentiam sibi pro crimine heresis ab 
inquisitoribus injungendam. Fidejussores pro ipsa, 



224 REGISTRE DU GREFFIER 

sub pena x librarum, Beatrix, uxor quondam R*^' Ra- 
mundi, de Alairaco, mater dicte Esclarmunde, et Ber. 
R., sororius ejusdem Esclarmunde, de Alairaco. Testis 
P. Othonis. 

CCXX. — 18 mars 1255 (n. st.), Carcassonne. — Reine, veuve 
de P. Albert, de CoufFoulens, s'oblige comme la précédente. 

Anno quo supra, xv kal. aprilis. Raina, uxor quon- 
dam P. Adalberti, de Gofolento, obligavit se jura- 
mento prestito et sua de parendo mandatis omnibus 
et singuiis inquisitorum et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas et facere, recipere et complere quic- 
quid pro crimine heresis inquisitoires sibi duxerint 
injungendum. Fidejussores pro ipsa, sub pena x libra- 
rum, Ar. Guillelmi Sarte et Ar. Guifre, tîlius Egidii 
Guifredi de Gofolento, obligando super hoc se et sua. 
Testes Ebrardus, capellanus de Sauzinco, et Ar. et 
Bartholomeus Fabri et Guillelminus Glericus. 

CCXXI. — 20 mars 1255 (n. st.), Carcassonne. — Pons Olmier, 
en reconnaissance de la grâce des croix, s'oblige spontané- 
ment à donner en aumône, à la prieure de Rieunette, 
150 sous. 

Anno Domini W GG°LIIII°, xiii kal. aprilis. Poncius 
Olmerii, de Limoso, obligavit se et sua in centum 
L solidos, magistro P. Aribcrti inquisitori in dyocesi 
Garcassone, quod ipse persolvet dictam pecuniam, 
amore Dei et béate gloriose Virginis Marie, priorisse 
monasterii Rivinitidi, quandocumque ab eadem prio- 
rissa vel dicto magistro V. fuerit requisitus, ad opus 
cujusdam hospicii t'aciendum in monasterio antedicto. 
Et sic jura vit complere et perficere, sine omni con- 
tradictione, ad voluntatem dicti magistri P. et prio- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 225 

risse antedicte. Et propter hujusmodi helemosinam 
quaiii ex devolioue voluit sponte facere, dominus 
archiepiscopus Narbone comisit vices suas domino 
cpiscopo Carcassone super gratia sibi facienda de 
peregrinationibus, visitationibus, quas, ex injuncta sibi 
penitentia pro heresi, facere tenebatur. Fidejussor 
juratus pro ipso dominus Sicardus de Pomariis, 
capellanus. Testes dominus Vasco canonicus, P. Im- 
baud (sic), sacerdos, R. Artaudi. 

CCXXII. — 28 avril 1255, Carcassonne. — R. Morlane, d'Ar- 
zens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et à recevoir la péni- 
tence. — Ses cautions. 

Anno Domini >r CC LV°, iiii kal. maii. R. Morlana», 
vel Textor, de Gaunis, qui fuit de Sancto Martino de 
Landa, de Arzinco, obligavit se et sua per juramentum 
et publicum instrumentum, quod parebit mandatis 
omnibus et singulis inquisitorum et veni[e]t ad diem 
et ad dies sibi assignatas, et recipiet penitentiam ad 
voluntatem eorumdem ; et quod sic compleat fidejus- 
serunt jurati pro ipso quisque in solidum, sub pena 
XXX libr., Ber. Bellonis, G. Bello et Garcassona, fra- 
tres, de Arzinco. Testes G. Glerici, Ber. Durandi, P. de 
Casalranols, Bartholomeus Goiric, et P. Ariberti, qui 
hec scripsit. 

CGXXIII. — Même jour. — Arnaude, femme de Jean Goiric, 
s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ar*^^, uxor Johannis Goirici, 
juravit et obligavit se et sua sicut R'"'"' Morlana ante- 
dictus. Fidejussores jurati pro ipso, ut supra, dictus 
Johannes Goiric, Bartholomeus Goiric, fratres, P. de 

1. Voy. plus bas, n° CCXLV. 

15 



226 REGISTRE DU GREFFIER 

Casalranols et R. Baud. Testes Ber. Bello et G. Bello, 
fratres, et plures alii. 

CCXXIV. — 27 mai 1255, Carcassonne. — Jean de Villèle, de 
la Bastide -Esparbairenque, s'oblige à obéir aux inquisi- 
teurs et à faire la pénitence. — Ses cautions '. 

Anno Domini M°CG°LV°, vi kal. junii. Johannes de 
Vilella, de Preveirenca, juravit stare mandatis omnibus 
et singulis inquisitorum, et venire ad diem et ad dies 
sibi assignatas, et recipere, facere et complere peni- 
tentiam sibi pro crimine heresis injungendam ; et 
propter hoc obligavit se et sua. Fidejusserunt jurati 
pro ipso sub pena l librarum, quisque in solidum, per 
juramentum et publicum instrumentum obligantes se 
et sua, Ar. Vitalis de Insulis, Ber. Faber, R. de Vilella, 
et Ber. de Vilella, fratres dieti Johannis, et P. Gotran 
de Gastanhs ; et est assignata dies dicto Johanni usque 
ad XV dies ad confitendum negata. 

CCXXV. — 2 juin 1255, Carcassonne. — Raymond Molière, 
de la Tourette, s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra, [i]v nonas junii. R""^"^ Moleira, de 
Turreta, juravit stare mandatis, etc., ut supra. Fide- 
jussores pro ipso jurati, quisque in solidum, se et sua 
obligantes, Ber. Faber, de Turreta, et Martinus Gairic, 
de Turreta, sub pena x librarum. Testes Ber., capel- 
lanus de Valleta, Jo., capellanus de Insulis. 

CCXXVI. — 13 août 1255, Carcassonne. — Esclarmonde, 
veuve de Ber. Sabatier, de Canecaude, malade, est autorisée 
à rester hors de prison jusqu'à sa guérison. — Ses cautions. 

Anno quo supra, idibus augusti. Jo. Sabater, de Gana- 
1. Voy. plus bas, n° CCXXVII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 227 

cauda, et P. Pages, de Caudabrenda, obligaverunt se 
et sua per juramentum proprium et publicum instru- 
mentum, pro Esclarmunda, uxore quondam Ber. 
Sabaterii, de Canacauda, pro heresi immurata, cui 
data est licentia exire murum ex parte inquisitorum 
propter intirmitatem et esse extra quousque convalue- 
rit; et tune, non expectato mandato, débet redire ad 
murum; quod nisi faceret, predicti sub pena G soli- 
dorum fecerunt obligationem modo dictam. 

CCXXVIl. — 21 août 1255, Carcassonne. — Jean de Villèle 
s'oblige à obéir aux inquisiteurs^. 

Anno qiio supra, xu kal. septembris. Johannes de 
Vilella juravit stare mandatis omnibus et singulis 
inquisitorum, et propter hoc obligavit omnia bona 
sua. Fidejussor juratus pro ipso, sub pena xx libra- 
rum, Bernardus Vezola, de Gutsiaco. Testes G. Faber, 
Guillelminus. 

CCXXVIII. — 17 octobre 1255, Carcassonne. — P. Faure, 
qui, ajourné, ne s'est pas présenté pour recevoir la péni- 
tence, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses cautions. 

Anno quo supra, xvi kal. novembris. P. Faber, 
filius Pétri Fabri, de Prixano, obligavit se et sua inqui- 
sitoribus, pro eo quod non venit ad recipiendum peni- 
tentiam die sibi assignata, dicens et asserens quod de 
cetero parebit mandatis omnibus et singulis inquisi- 
torum. Fidejussores jurati pro ipso R. Laboratoris, de 
Burgo, quondam de Prixano, sub pena xx librarum. 
Testes R. Escuderii, P. R. Egidii, de Prixano, et 
R. Artaut. 

1. Voy. plus haut, n^' CCXXIV. 



228 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXXIX. — 20 novembre 1255, Carcassonne. — Bernard 
Candel, de Ruscas, s'oblige à obéir aux inquisiteurs et à faire 
la pénitence. — Ses cautions. 

Anno Domini j\rGG°LV°, xii kal. decembris. Ber- 
nardus Candela, de Ruscas, filius Bernarde Candela de 
parochia de Rupefera, obligavit se et sua per jura- 
inentum et publicum instrumentum inquisitoribus ad 
parendum mandatis omnibus et singulis eorumdem, 
et ad veniendum ad diem et ad dies sibi assignatas, 
et penitentiam sibi pro crimine heresis injungendam 
facere et complere. Fidejussores jurati pro ipso quis- 
que in solidum Petrus Clerici et Bernardus Clerici, con- 
sanguineus ejus, sub pena xx librarum. Testes Gari- 
nus et Guillelminus. 

CGXXX. — 19 féwier 1256 (n. st.), Carcassonne. — Bernard 
Algay, Ar. Guillaume, Pons Cerda et Guillaume de Murcel- 
lenx déclarent vouloir « satisfaire » au sujet des pèlerinages 
de défunte Raymonde Barbairane, et font connaître ce qu'ils 
ont reçu d'elle ' . 

Anno Domini M^GG^LV, xi kal. marcii. Bernardus 
Algay, Ar. Guillelmi, Poncius Gerdani et Guillelmus 
de Marcellenx citati comparuerunt ; qui requisiti super 
bonis R*^^ Barbairane defuncte, quondam pro heresi 
crucesignate , quod satisfacerent pro ipsa super eo 
quod non perfecerat peregrinationes sibi injunctas pro 
eodem crimine tempore quo vivebat, responderunt 
quod volebant ut bona ipsius Barbairane annotarentur 
et scriberentur ; et fuit factum in hune modum. 

Ar. Guillelmi juratus dixit se habere i culcitram de 
pluma, I auriculare et i pulvinar de bonis predictis. 

i. Voy. plus bas, n" CCXXXII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 229 

Alia vero bona ipsius habent Bernardus Algai et Pon- 
cius Cerdani. 

Ber. Algay juratus dixit se habere de bonis predic- 
tis larcham, i capam vairiam cum pellibus agnorum, 
I vanoani blancam, et tîlatum, ii linteos, i saccum, 

I saumatam vini, m sestarios arraonis, caligas ipsius 
defuncte, un solidos melgorenses et i savenam. 

Poncius Cerdani juratus dixit se habere de bonis 
predictis vu bestias cum lana , ii capras , ii edos, 

II agnos. 

CCXXXI. — 24 février 1256 (n. st.), Carcassonne. — P. Bar- 
bier s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Sa caution. 

Anno quo supra, \i kal. marcii. P. Barberii juravit 
stare rnandatis omnibus et singulis inquisitorum, et 
recipere et complere penitentiam sibi injungendam 
pro crimine heretice pravitatis et venire ad diem et 
ad dies sibi assignatas. Fidejussor pro ipso juratus 
R. Barberii, avunculus ejus, sub pena x librarum. 
Testes Ber. Fornerii, Jo. Gassaire. 

CCXXXII. — 7 mars 1256 (n. st.), Carcassonne. — Algay, de 
Rennes-Ies-Bains, Ber. de Cavanac et Amblard Celler s'obli- 
gent à donner 40 sous avant Pâques (16 avril) pour les pèle- 
rinages de défunte Barbairane^. 

Anno quo supra, nonis marcii. Algay, de Radolinco, 
et pro eo et mandato ejus Ber. de Gavanacho, sartor, 
et Amblardus Celler promiserunt se daturos fide pli- 
vita XL solidos usque ad Pascha inquisitionis negotio de 
bonis Barbairane defuncte, pro eo quod non perf'ece- 
rat peregrinationes sibi injunctas pro heresi tempore 

1. Voy. plus haut, n° CCXXX. 



230 REGISTRE DU GREFFIER 

quo vivebat. Verumtamen ofïicialis Carcassone débet 
habere xx solidos de predicta summa, quia, ut dicit, 
Barbairana predicta erat sibi debitis obligata; et Algay 
antedictus débet servare indempnes super hoc fidejus- 
sores suos antedictos ; et hoc persoluto, bona predicta 
sint ex parte inquisitionis absoluta. 

CCXXXIII. — 11 mar-s 1256, Carcassonne. — Bonet, de Mont- 
bel, donne 100 sous raelgoriens aux frères Prêcheurs de 
Carcassonne. 

Anno quo supra, v idus marcii. Bonetus de Monte- 
bello promisit gratis se daturum usque ad Pascha 
centum solidos melgorenses amore Dei fratribus Pre- 
dicatoribus Carcassone pro adducenda quadam ara 
que est apud Alzonam. Et hoc juraverunt pro ipso 
fide plivita Rusticanus de Burgo, sartor, et Ber. de 
Villaneria, de Salsinhano. 

CCXXXIV. — 28 mars 1256, Carcassonne. — Raymond Araiel, 
de Preixan, s'oblige à la pénitence ; il obéira aux inquisi- 
teurs. — Ses cautions. 

Anno Domini ]VPGG"LVP, v kal. aprihs. R""^"' Ame- 
lii de Prixano subposuit se omnimode voluntati 
inquisitorum ad recipiendum et ad t'aciendum peni- 
tentiam quam sibi duxerint propter heresim injun- 
gendam; et venire ad diem et ad dies sibi assigna- 
tas promisit et stare mandatis omnibus et singulis 
eorumdem ; quod supra sancta Dei evangeh'a juravit. 
Fidejussores jurati pro ipso, quisque in solidum, sub 
pena l librarum, R. Laboratoris, de Burgo, Pon. 
Berrelli, G. Bonus llominis (sic) et G. Boerii, de 
Prixano. Testes G. Faber, Guillalminus, et Ribaud et 
R. Artaudi. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 231 

CCXXXV. — 6 avril 1256, Carcassonne. — Bernarde, femme 
de Nicolas, s'oblige par serment à faire ses pèlerinages d'ici 
à la Saint-Michel (29 septembre). 

Anno quo supra, feria v ante Ramispaimarum. 
Bcrnarda, uxor Nicholay, juravit se facere percgrina- 
tiones sibi injunctas pro heresi, usque ad instans fes- 
tum beati Micahelis. Fidejussores pro ipsa, sub pena 
L solidorum, R. Olmerii, Miietus Johannis, de Pesinco, 
se et sua obligantes quisque pro toto. 

CCXXXVI. — 10 avril 1256, Carcassonne. — Confession de 
Bernard de Latour, chevalier. Il s'était employé auprès de 
l'évoque, son parent, à faire relever des croix Raymond 
Sabatier. 

Anno Domini M°CG°LVr, iiii idus aprilis. Bernar- 
dus de ïurrc, miles, testis juratus et requisitus, dixit 
se nichil aliud scire super facto heresis nisi quod con- 
fessus est coram inquisitoribus Carcassone. 

Item, requisitus dixit quod, cum Ramundus Sabate- 
rii esset cruce signatus pro heresi, locutus fuit cum 
ipso teste cum magna instancia, quia sciebat ipsum 
esse de parentela domini episcopi, quod tantum inter- 
cederet apud eumdem episcopum, quod idem R. amit- 
teret dictas cruces ; et promisit sibi propterhocc solidos 
melgorenses et amplius vi denarios annui census prop- 
ter homagium in perpetuum. Que omnia idem testis 
acceptavit, et fecit pactum cum eodem R., quod face- 
ret ipsum de cruce signari per dominum episcopum 
antedictum. Et super hoc multum laboravit apud 
dominum episcopum et inquisitores quod posset tioc 
impetrare; et fecit quod potuit, set non potuit opti- 
nere, licet reccpisset idem testis propter iioc xxxiii so- 



232 REGISTRE DU GREFFIER 

lidos a R*^" antedicto ; de quibus idem testis fecit com- 
posicionem postea cum eodem R. quod restitueret sibi 
XX solidos, quia non potuit impetrare ; et mandavit 
precentori, sorori (sic) suo, quod traderet ei i modium 
ordei ; tamen non tradidit ei precentor nisi viil sesta- 
rios ordei et eminam ordei, sicut intellexit. 

Item, dixit quod R. Sabaterii predictus tradidit 
sibi V solidos ut afferret eos magistro P. Ariberti pro 
negocio ante dicto. Set noiuit idem magister recipere. 
Interrogatus si restituit illos quinque solidos predicto 
R., dixit se non recordari. Dixit etiam quod sacrista 
Saneti Nazarii et archidiaconus et precentor ejusdem 
loci rogaverunt multum dominum episcopum et inqui- 
sitores super dicta gratia crucum optinenda ex parte 
ipsius testis. De tempore ii anni vel circa. 

Item, dictus Ber. de Turre, miles, subposuit se 
onmino voluntati venerabilis patris G., permissione 
divina Garcassone episcopi, et inquisitorum, ad facien- 
dum seu observandum quicquid sibi duxerint iiijun- 
gendum, si in aliquo commisit de predictis; et prop- 
ter hoc se et sua obligavit per juramentum et publicum 
instrumentum. Hec deposuit coram dictis inquisito- 
ribus magistro Radulpho et P. Ariberti, inquisitori- 
bus. Testes P. Vasconis et G., capellanus de Querio 
Serverio. 

CCXXXVII. — 18 avril 125G, Carcassonne, — G. de Vente- 
nac, d'Alzonne, et G. d'Espagne déclarent ne pas vouloir 
défendre, le premier Bernard de Venlenac son père, le 
second daiue Vige, de V'illeniousloussou, sa mère. Cependant 
G. d'Espagne dit que sa mère avait communié avant de 
mourir. 

Anno Domini M°CG°LV1°, xiiii° kal. maii. G. de Ven- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 233 

lenaco, de Alzona, hères patris sui Bernardi de Vente- 
naco, et G. de Yspania, hères de na Viga, de Vil- 
lamostausso, comparuerunt coram inquisitoribus; et 
requisiti si volebant prenominatos Bernardum et Vigam 
defunctos dcfendere de hiis que in inquisitione super 
facto heresis inveniuntur contra eos, dixerunt quod 
non. Tamen G. de Yspania dixit quod mater sua com- 
municavit in morte et capellanus audivit ipsam in 
confessione. Tamen nescit si fuit sibi confessa super 
crimine memorato. De hiis que fecit in vita non vult 
eam dcfendere. 

CCXXXVIII. — 19 avril 1256, Carcassonne. — Pierre Amiel, 
d'Arzens, renonce à défendre Riche Ferréol, sa sœur, dont 
il a hérité, et son mari. 

Item, Petrus AmeUi de Arzinco comparuit xiii kal. 
maii coram inquisitoribus ; et requisitus si volebat 
Richam Ferriolam, sororem suam, cujus est hères, 
et Pontium Ferreoh, virum ejus, defendere super hiis 
que in inquisitione inventa sunt de heresi contra eos, 
dixit quod non, quia non posset. 

CCXXXIX. — 21 avril 1256, Carcassonne. — Adalaïs Panère 
et Raymonde Faurès, sa sœur, s'obligent à obéir aux inqui- 
siteurs. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, xi kal. maii. Adalais Paneria, uxor 
Pétri Panerii, et R'*'' Fauressa, soror ejus, juravit (sic) 
stare mandatis inquisitorum et venire ad diem et ad 
dies sibi assignandas, et recipere et facere penitentiam 
sibi pro crimine heresis injungendam ; et super hoc 
obligaverunt se et sua fidejussores jurati pro ipsis, 
sub pena xx hbrarum, quisque in soiidum, G. Faber 
et P. Panerii, de Arzinco. 



234 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXL. — 2 juin 1256, Carcassonne. — Guiraud, fils de Ar. 
Escarbat, des Ilhes, s'oblige comme les précédentes, 

Anno quo supra, iiii nonas junii. Guiraudus, fîlius 
Ar. Escarbat, de Insulis, juravit eodem modo ut dicta 
Adalais. Fidejussores jurati pro ipso sub pena xx li- 
brarum, Ar. Escarbat predictus, Ar. Durandi, quis- 
que in solidum, se et sua obligaiites per juramentum 
et publicum instrumentum. Testes R. Gonter, G. Ar. 
Bornhi, Guillalminus. 

CCXLI. — 9 juin 1256, Carcassonne. — Confession de P. Barte. 

Anno quo supra, v ydus junii. P. Barta juratus dixit 
quod ipse presentavit xx solidos domino abbati Montis 
Olivi, quia rogavit inquisitores de gracia eidem super 
peregrinationibus facienda ; set noluit recipere ; et 
tune, irrequisito abbate et ipso inscio, dédit illos 
XX solidos Guillelmo Jordani, nepoti suo, Interrogatus 
dixit quod numquam fecit pactum cum domino abbate 
vel cum alio de pecunia danda pro dicta gracia impe- 
tranda. Tamen quia audiebat fréquenter eumdem abba- 
tem conquerentem et dicentem publiée quod ipse 
laborabat et rogabat pro omnibus et nichil sibi ser- 
viebant, idem testis voluit sibi facere servicium ante- 
dictum. 

CCXLII. — Même jour. — Ber. Saissac, gracié des croix, dit 
avoir, à sa demande, donné pour cela 20 sous à R. d'Alzan, 
moine de Montolieu. 

Anno et die prediclis. Ber. Saxiaci juratus dixit quod, 
cum dominus episcopus fecisset sibi gratiam de cru- 
cibus in quadam dominica Ramispalmarum, ad instan- 
ciam domini abbatis Montis Olivi, R. de Alzano mona- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 235 

chus petiit ab ipso teste propter hoc xx soHdos, quos 
ei tradidit continuo idem testis. 

CCXLIII. — Môme jour. — Ar. Cat a donné à Guillaume Ar. 
Bornhi 20 sous pour avoir été gracié des croix ^. 

Anno et die predictis. Ar. Cat juratus dixit quod 
ipse testis dédit Guillelmo Ar. Bornhi xx soHdos et 
quosdam sotulares, quia sibi gratiam apud inquisito- 
res de crucibus impetravit. 

CCXLIV. — Même jour. — R. Maurel dit que sa femme, 
ayant obtenu un sursis pour l'imposition des croix, a acheté 
des pierres taillées pour la porte de Montolieu. 

Anno et die predictis. R. MaurelU juratus dixit 
nichil. Dixit tamen quod, quia ad instanciam domini 
abbatis ditTerebatur crucesignatio R'^'^, uxoris sue, ipsa 
émit lapides scissos x solidorum ad opus janue faciende ; 
et dédit Guillelmo Jordani, nepoti domini abbatis. 

CCXLV. — Même jour. — Guillelme Bonet a donné quatre oies 
à Bérengère, qui avait promis de lui obtenir la grâce des 
croix. 

Anno et die predictis. Guillelma Boneta jurata dixit 
quod dédit m anceres Berengarie, uxori P. G. Mor- 
lana^, quia promiserat ei quod faceret sibi cruces 
auferri a domino episcopo. 

1. Voy. Deuxième partie, n° LI. 

2. Ce nom rappelle des défections scandaleuses qui allaient 
se produire avant la fin du siècle. Guillaume-Arnaud Morlane, 
chanoine de Saint-Nazaire de Carcassonne, prieur du Mas- 
Cabardès, malade au Mas-Cabardès, se fit « hérétiser « peu 
avant de devenir évêque (Doat, XXVT, fol. 153v°-fol. 154). En 
1283, Sanche Morlane, grand archidiacre, et Arnaud Morlane, 
son frère, furent l'âme du complot formé pour dérober les re- 
gistres des inquisiteurs de Carcassonne (Doat, XXVI, fol. 211 v"- 



236 REGISTRE DU GREFFIER 

CCXLVI. — 9 juillet 1256, Carcassonne. — Ar. de Solerio de 
Gornelo, qui a donné pour le reliquaire de saint Antonin de 
Pamiers, est gracié des pèlerinages. 

Anijo quo supra, vu idus julii. Facta fuil gratia de 
peregrinationibus omnibus Ar. de Solerio de Gorneto 
sibi iiijunclis pro crimine heretice pravitatis, quia 
dédit VI libras melgorensium ainore Dei operi capse 
beati martiris Antonini Appamiensis. 

CCXLVII. — 16 juin 1256, Carcassonne. — Rixendis, sœur de 
Jean Sabaticr, de Canecaude, s'oblige à obéir aux inquisi- 
teurs pour la pénitence. 

Anno quo supra, xvi kal. julii. Rixendis, soror 
Johannis Sabatcrii, de Canacalida, obligavit se et sua 
per juramentum et publicum instrumentum ad paren- 
dum mandatis inquisitorum, ad veniendum ad diem 
et ad dies sibi assignatas vel assignandas ad recipien- 
dum et Caciendum penitentiam quam sibi inquisitores 
duxerint injungendanni. Fidejussores pro ipsa, sub pena 
XV libraruni, G. Faber de Vilardonello et G. Panairer. 
Et penam similiter solverent si faceret se hereticam. 

CCXLVIII. — 23 juin 1256, Carcassonne. — Adalaïs Barrau 
s'oblige comme la précédente. 

Anno quo supra, ix kal. julii. Adalais Barrava jura- 
fol. 215, 264, 267 v% 269). Arnaud Morlane, curé de Penauticr, 
assista à l'initiation dualiste de Castel Faur de Carcassonne 
[ihid., fol. 258). Il ne jouissait pas d'une bonne réputation 
[ibid., fol. 287, 288, 289). FI fut « hérétisé » en présence de 
Bernard et Raymond Morlane, ses neveux, et de son frère 
l'archidiacre [ibid., fol. 289 et 290; Doat, XXVllI, fol. 129- 
fol. 132, fol. 147 v°-149). L'exhumation fut plus tard, le 
23 février 1325 (n. st.), prononcée contre lui (Doat, XXVIII, 
fol. 100, fol. 167). 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 237 

vit stare mandatis omnibus et singulis inquisitorum 
et alia facere que propedicla Rixendis, obligans super 
hoc se et sua. Fidejussor pro ipsa juratus, sub pena 
X librarum, R. Chefol. 

CCXLIX. — 24 juin 1256, Carcassonne. — Carcassonne, d'Ar- 
zens, s'oblige à obéir aux inquisiteurs pour la pénitence. — 
Ses cautions. 

Anno quo supra, viir kal. julii. Garcassonna, de 
Arzinco, obligavit se et sua ad parendum mandatis 
inquisitorum pcr juramentum et publicum instrumen- 
tum et ad faciendum et ad recipiendum penitentiam, 
quam iidem inquisitoires sibi duxerint injungendam. 
Fidejussores jurati pro ipsa, sub pena xxx librarum, 
quisque in solidum, P. G. etR. Bello, fratres, et Bcr. 
Arrufat, tîlius dicte Garcassone. 

CCL. — 27 juin 1256, Carcassonne. — G. Roque, vieux, don- 
nera 50 sous au lieu et place de ses pèlerinages. 

Anno quo supra, v kal. julii. G. Roqua juravit se 
daturum l solides pro peregrinationibus suis, quas 
non potest facere propter senectutem. 

CCLT. — 16 juillet 1256, Carcassonne. — P. Bertric et Jeanne, 
sa femme, s'obligent à obéir aux inquisiteurs pour la péni- 
tence. — Leurs cautions. 

Anno quo supra, xvii kal. augusti. P. Bertric et 
Johanna, uxor ejus, obligaverunt se et sua per juramen- 
tum et publicum instrumentum inquisitoribus ad 
parendum mandatis eorum universis et singulis ad 
veniendum ad diem et ad dies et recipiendum et 
faciendum penitentiam sibi pro crimine heresis injun- 
gendam. Fidejussores pro ipsis quisque in solidum 



238 ; REGISTRE DU GREFFIER 

jurati Ar. Durandi et P. Buada, de Salsinhano, Ber. 
Aosten, Pon. Pelât, P. Faber, P. Ghatmar, P. Batarel 
et G. Maurel, de Vilardonello, sub pena xxx libra- 
rum se et sua obligantes. 

CCLII. — 15 novembre 1256, Carcassonne, — Guillaume Clerc, 
malade, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa gué- 
rison. — Ses cautions^. 

Anno quo supra, xvii kal. decembris. Bernarda 
Glerica, dePreveirenca, et Rogerius, fîlius ejus, obliga- 
verunt se et sua per juramentum et publicum instru- 
mentum, sub pena quingentorum solidorum, quod 
Guillelmum Glerici, fiiium ejusdem Bernarde, oui data 
est licencia exeundi murum propter egritudinem, 
facient redire ad murum post convalescenciam. 

CCLIII. — 9 septembre 1257, Carcassonne. — Ber. Guilabert, 
malade, est autorisé à rester hors de prison jusqu'à sa gué- 
rison. 

Anno Domini M^GG^LVIP, in crastinum Nativitatis 
Béate Marie. Fuit data licencia Ber. Guilaberti immu- 
rato exeundi murum propter egritudinem ; et rever- 
tetur ibi post convalescenciam. Et hoc juravit Guillel- 
mus Guilaberti, de Monte Olivo, fîlius ejus, et obliga- 
vit se et sua sub pena c solidorum. 

CCLIV. — 19 septembre 1257, Carcassonne. — Raymond 
Nègre, de Salsigne, s'oblige à obéir aux inquisiteurs. — Ses 
cautions. 

Anno quo [supra], xm kal. [octobris?]. R""*"^ Niger, 
de Salsinhano, juravit parère omnibus mandatis et sin- 

1. Voy. plus haut, n° CCXVII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 239 

gulis hiquisiLorum et venire ad diem et ad dies sibi 
assignatas. Fidejussores pro ipso jurati G. Peleti, de 
Burgo, W. Aimerici, A. Durandi, G. Bordas et G. de 
Fornas, ita quod in universo tenentur pro XL libris 
melgorensium quilibet pro parte sua; et obligave- 
runt omnia bona sua. 

CCLV. — 23 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — G. de Area 
s'oblige comme le précédent. 

Anno quo supra^ x kal. februarii. G. de Area jura- 
vit stare, etc. Fidejussores pro ipso, sub pena xx libra- 
rum, Silvester Britonis et Ber. Gausinh, quilibet in 
solidum ; et juraverunt et obligaverunt, etc. Testes 
magister Ber. de Porciano et R. Artaudi. 

CCLVI. — Même jour. — Grazide, femme de Pierre Vaquier, 
de Moussoulens, s'oblige comme le précédent. 

Anno et die predictis. Grazida, uxor Pétri Vaquerii 
de Mossolinco, juravit, etc. Fidejussor pro ipsa Guil- 
lelmus Vaquerii, sororius suus, sub pena corporis et 
rerum suarum, de parendo mandatis inquisitorum. 

CCLVII. — 24 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — Ar. Ver- 
nière, de la Tourette, s'engage comme le précédent. 

Anno Domini W CG<' LVir, ix kal. februarii. Ar. 
Verneira, de Turrcta, juravit stare mandatis inquisito- 
rum, etc. Fidejussores pro ipso G. Miravaliis et 
P. Dental, sub pena c solidorum; et obligaverunt se 
et sua propter hoc et juraverunt. 

1. C'est-à-dire anno M» CC LVIP. Voy. plus bas, n° CCLVII. 



240 REGISTRE DU GREFFIER 

CCLVIII. — Même jour. — G. Gamezenc, comme le précédent. 

Anno et die predictis. G. Gamezenc juravit stare, etc. 
Fidejussores pro ipso P. Vaschonis et R. Escorro, sub 
pena centum solidorum. Et hoc juraverunt et obli- 
gaverunt se, etc. 

CCLIX. — Même jour. — Ar. de Tornade, de la Tourelle, 
comme le précédent. 

Anno et die predictis. Ar. de Tornade, de Turreta, 
juravit stare mandatis, etc. Fidejussores pro ipso Ber. 
de Gavanaco, de Miravalle, et Vitalis Costa, sub pena 
c solidorum; et obligaverunt se, etc. 

CCLX. — Même jour. — Ar. Gauzinh, comme le précédent, 

Anno et die predictis. Ar. Gauzinh juravit stare 
mandatis inquisitorum omnibus et singuhs, et facere 
penitentiam quam sibi duxerint pro crimine heresis 
injungendam. Fidejussores pro ipso, sub pena l hbra- 
rum, Ber. Gausinh, R. Abbas, Stephanus Boerii et 
P. Rosselli de Bastida ; et propter hoc obhgaverunt se 
et sua. 

CGLXI. — Même jour. — P. Batarel et G. Garin, de Villar- 
donnel, comme le précédent. 

Anno et die predictis. P. Batarelli et G. Garini, de 
Vilardonello, juraverunt stare mandatis inquisitorum. 
Fidejussores pro ipsis R. Guiraudi, P. Ghatmar de 
Vilardonello et Ar. Maur de Aragone, sub pena xx li- 
brarum; et obligaverunt se et sua et juraverunt, etc. 

CCLXII. — Même jour. — P. de Alassac, converti, comme le 

précédent. 

Anno et die predictis. P. de Alassac, conversus de 



DE L'INQUISITION DK CARCASSONNE. 241 

heresi, juravit stare, etc. Fidejussores pro ipso 
W Batarelli, G. Garini et R. Gauterii, de Vilardonello, 
sub pena reniai et corporum ; et obli^averunt se et 
sua per juramentum proprium et publicum instru- 
mentum. 

CCLXIII. — Même jour. — Mascarel, comme le précédent. 

Anno et die predictis. Mascarellus juravit, etc. Fide- 
jussores pro ipso R. Acbert et G. Razeire, et Rog. 
Pétri, de Insulis, sub pena c solidorum; et obligave- 
runt se et sua, etc., et juraverunt. 

CCLXIV. — Même jour. — Ar. de Casillac, des Illies, comme 

le précédent. 

Anno et die predictis. Ar. de Casillac, de Insulis, 
juravit stare mandalis inquisitorum, etc. Fidejusse- 
runt pro ipso Ber. de Gasillaco, de Cabrespina, frater 
ejus, et Jordana, uxor I^. Sabaterii, de Miravalle, soror 
ejus, sub pena rerum et corporum, 

CCLXV. — 30 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — Guillelme 
Julge, des Ilhes, et Rixendis, de Roquefère, s'engagent de 
même. 

Anno quo supra, m kal. februarii. Guillelma Jutga, 
de Insulis, et Rixendis [de] Roquafera, sorores, jura- 
verunt stare, etc. Fidejussor pro ipsis R. Judex, de 
Preveirenca, obligans omnia bona sua. 

CCLXVI. — 31 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — G. de 
Villar-en-Val, de Salsigne, comme les précédents. 

Anno quo supra, ii kal. februarii. G. de Vilario, de 
Salsinliano, juravit stare mandatis inquisitorum. 

IG 



242 REGISTRE DU GREFFIER 

CCLXVII. — Même jour. — P. Siguier, comme le précédent. 

Anno quo supra et die. P. Siguerii juravit stare 
mandatis inquisitorum. Fidejussores pro predictis 
G. de Vilario et P. Siguerii, R. Fornerii, Ber. Baus, 
G. Bordas, Bartholomeus Richer, P. R., Tozet de 
Salsinhano, sub pena rerum et personarum ; et obli- 
gaverunt se et sua per juramentum, etc. 

CCLXVIII. — 5 février 1258 (n. st.), Carcassonne. — Pons 
Candel, de Ruschas, comme le précédent. 

Anno quo supra, nonis februarii. Pontius Gandela, 
de Ruschas, juravit stare, etc. Fidejussor pro ipso 
juratus, sub pena x librarum, P. Johannes, de Rupe- 
fera ; et obligavit se et sua, etc. 

I 

CCLXIX. — 27 janvier 1258 (n. st.), Carcassonne. — Ber. de 
Saint-Sébastien, de Cuxac-Cabardès, s'oblige à obéir aux 
inquisiteurs, et donne ses cautions jurées. 

Anno quo supra, vi kal. februarii. Ber. de Sancto 
Sebastiano, de Gutsiaco, juravit stare mandatis inqui- 
sitorum et venire ad diem et ad dies sibi assignatas vel 
assignandas et facere quicquid ei preceperint inquisi- 
tores antedicti. Fidejussores jurati pro ipso, quisque 
in solidum, sub pena l librarum, P. Guiraudi, frater 
dicti Ber., Guillelmus Guiraudi, Ber. Senia, Ar. Mar- 
tini, P. de Mata ; et obligaverunt se et sua. Testes 
capellanus de Gu[t]siaco et Girardus, filius domine 
Nove(?). 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 243 

CCLXX. — () mai i252, Carcassonne. — Tîer. Etienne Calala, 
à l'audience, assure qu'Arnaud Raymond, son frère, dont 
il est l'héritier, a confessé l'hérésie à son curé. Il est ajourné 
à huitaine pour en faire la preuve et dire s'il veut le 
défendre ^ 

Anno Domini M° GG° Llf. Ber. Stephani Gatalani 
comparait ii nonas ma[iij [co]ram magistro R. David, 
inquisitore; et requisitus si erat hères Arnaudi Ray- 
mundi, fratris sui, dixit qiiod sic; et post mortem 
ipsius recepit de bonis suis tamquain hères. Et requi- 
situs si fuit confessus super facto heresis, dixit quod 
sic capellano, ut audivit ab eo. Et est sibi assigna- 
tum spatium viii° dierum ad probandum confessio- 
nem dicti Arnaudi et ad deliberandum utrum velit 
deffendere eumdem fratrem suum super heresi. 

1. La pièce se trouve placée à la seconde partie, fol. 22 r°. 
Elle a été mise ici comme se rattachant par son objet à la pre- 
mière partie. 



DEUXIEME PARTIE. 

Interrogatoires ^ . 
1250-1267. 



ï. — 14 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
de Guillaume Cabane, de Leuc, cité. 

G. Cabana, de Lioco. 

Anno Domini M°CG°XL°IX", if ydus marcii. Guil- 
lelmus Gabana, de Lioco, testis juratus super 1111°'^ Dei 
Evangelia quod super facto heresis vel Valdesie- tam 
de se quam de omnibus aliis, vivis et mortuis, puram, 

1. Ici se trouve dans le ms. un tableau par noms de lieux 
des personnes interrogées. Les notaires de l'Inquisition avaient 
assez l'habitude de dresser de semblables tableaux, qui per- 
mettaient aux inquisiteurs de l'etrouver tout de suite un ren- 
seignement utile au milieu des confessions ou dépositions 
souvent compactes des témoins ou prévenus. Ces tableaux 
présentaient, ou bien les noms de ceux qui se trouvaient com- 
promis par la confession — c'est le cas du fragment de registre 
conservé par M. Louis Bonnet, de Béziers, — ou bien les noms 
de ceux qui avaient déposé, rangés par noms de lieux — c'est 
le cas des fragments de registres conservés aux archives de la 
Haute-Garonne (Il Dominicains, 85) et du registre du notaire 
de l'Inquisition de Carcassonne ici publié. Ces tableaux se 
trouvaient placés ou à la suite des confessions, ou à la fin du 
registre, ou en avant. Dans le ms. de Clermont-Ferrand, il est 
en avant. 

2. Los interrogatoires distinguent toujours l'hérésie et la 
i'audoiserie. 



REGISTRE DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 245 

meram ac plenam diceret veritatem, dixit quod in 
domo Raymundi Egidii' apiid Liocum primo vidit 
Bernardum Egidii hereticum, fratrem dicti R. Egi- 
dii. Et dictus R. Egidii venit ad dictum testem et 
adduxit eum ad domum suam ubi erat dictus Bernar- 
dus- frater suiis, hereticus; et dixit ipsi testi idem 
hereticus si volebat intrare ordinem hereticorum ; et 
idem testis respondit ei quod pocius vellet quod ipse 
et cives alii essent suspensi. De tempore, dixit quod 
tempore comitis Montis Fortis, quando erat in re- 
cessu\ Et dum idem testis exiret de domo, obviavit 
Raymundo Amelii, ejusdemcastri, qui ibatad eumdem 
hereticum; et vidit ipsum intrantem in domo ubi erat 
hereticus antedictus; et vidit similiter Esclarmundam, 
uxorem quondam GuillehTii de Lioco^, intrantem do- 
mum antedictam. De tempore, idem quod supra. 
Item, eodem tempore vidit duos Valdenses commo- 
rantes in domo Guilielmi Martini, de Lioco. Iteniy vidit 
in capella dicti castri quod heretici, quorum nomina 
ignorât, predicabant in eadem. Et erant ibi Bernardus 
Rogerii^, dicti castri, Petrus Adalberti^, Arnaldus 
Guillehui, de Lioco ^. De tempore, idem ut supra. 
Requisitus si abjuravit heresim et Valdesiam apud 
Gaunas, dixit quod sic; et omnia supradicta fuit 

1. Voy. plus bas, n°^ II, III, V, VI, VII. 

2. Voy. n"' V, VI. 

3. Allusion probable à la campagne de Simon de Montfort 
sur les bords du Rhône, en 1217, avant le siège de Toulouse, 
où il fut tué d'un coup de pierre (1218). 

4. Voy. n« VII. 

5. Voy. plus bas, n°^ VI, VIT. 

6. Voy. plus bas, n° XX. 

7. Voy. plus bas, n» XXXV. 



246 REGISTRE DU GREFFIER 

[confessus] coram inquisitoribus heretice pravitatis 
nec postea fuit relaxus (sic). 

Hec omnia fuit confessus Guillelmus Gabana ante- 
dictus coram domino episcopo, anno et die quo 
supra, magistro Berengario de Palma présente et me 
Radulfo, clerico, qui hoc scripsi de mandato domini 
episcopi. 

II. — Même jour. — Confession de Guillaume de Liqueraco, 

de Leuc, non cité. 

G. DE Liqueraco, de Lioco. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. Guillelmus de 
Liqueraco, de Lioco, non citatus, testis juratus, super 
iiif "" sancta Dei Evangelia quod super facto heresis et 
Valdesie, tam de se quam de aliis, vivis et mortuis, 
puram, meram ac plenam diceret veritatem, dixit 
quod R. Egidii, de LiocoS venit ad domum dicti tes- 
tis, et dixit ei quod iret a[d] domum suam secum; et 
ivit. Et quando fuerunt ibi, dictus testis invenit ibi 
duos hereticos quorum nomina, ut ipse dicit, ignorât; 
et vidit ibi cum eis in quodam paillerio^ Alazaidim, 
uxorem Jacobi Boerii, de Lioco, et Virgiliam ^, uxorem 
R. Egidii, et ipsummet R. Egidii, et duos fîlios par- 
vulinos dicti R. Egidii, quorum unus vocatur Bernar- 
dus, et Guillelma. Et quam cito vidit eos, tam cito 
récessif ; et non locutus fuit cum eisdem ; et postea 
non vidit eos. De tempore, dixit a iiif annis citra et 

1. Voy, n"^ I, m, V, VI, VIL 

2. Grenier à paille, ou peut-être cour où il y a des pailles, 
pailler. - 

3. Voy. n« V. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 247 

dimidio. Requisitus utrum abjuravit Iieresim et Val- 
desiam, respondit qiiod sic, apud Caunas, coram fra- 
tribus inquisitoribus; et postea post abjuracionem 
factam vidit et audivit predicta. Et interrogatus super 
aliis, dixit se nichil aliud scire. 

III. — Même jour. — Confession de Guillaume Boyer, 
de Leuc, non cité. 

G. Boyer, de Lioco. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. Guillelmus Boyer, 
de Lioco, non citatus, testis juratus super iiif sancta 
Dei Evangelia, quod super facto heresis et Valdesie, 
tam de se quam de aliis omnibus, vivis et mortuis, 
diceret veritatem, dixit quod Raymundus Egidii* venit 
ad ipsum testem, et dixit ei quod iret ad domum 
suam, quia duo homines erant ibi qui erant parentes 
uxoris et volebant loqui cum eo; et dictus testis ivit 
ad domum predicti R. Egidii et intravit domum ante- 
dictam et invenit ibi duos hereticos, quorum nomina 
ignorât, ut ipse dicit. Tamen dixit sibi dictus R. Egidii 
quod unus illorum vocabatur Arnaldus de Ganeto-, 
qui fuit de Pomariis; et saiutaverunt ipsum, et dixe- 
runt eidem testi quod faceret eis bonum^, quoniam 
uxor dicti testis erat consanguinea dictorum heretico- 
rum, ut ipsi dicebant ; et dictus testis respondit quod 
non daret eis aliquid. Interrogatus quis erat cum eis, 
dixit quod uxor R. Egidii tantum. De tempore requi- 
situs, dixit quod a 1111°'" annis citra. Item, interrogatus 

1. Voy. n°» I, II, V, VI, VII. 

2. Voy. n"" XXIII, XLVI. 

3. Ms. : banum. 



248 REGISTRE DU GREFFIER 

si abjuravit heresim et Valdesiam, respondit quod sic, 
apud Caunas, coram fratribus inquisitoribus ; et post 
illam abjuracionem vidit omnia supradicta. Et inter- 
rogatus super aliis, dixit se nichil scire. 

IV. — 15 mars 1250 (n. st.). — Confession de Jordane Morel, 

de Leuc, non citée. 

JORDANA MORELLA, DE LiOCO. 

Anno quo supra, yd[ib]us marcii. Jordana Morella de 
Lioco, non citata, testis jurata quod super facto here- 
sis vel Valdesie, tam de se quam de omnibus aliis, 
vivis ac mortuis, plenam, puram ac meram diceret 
veritatem, dixit quod a xxx'^ annis citra, postquam 
rex Francie fuit apud Avinionem^, non vidit hereticos 
vel Valdenses; et super hoc quod ante viderat fuit 
confessa fratribus inquisitoribus apud Caunas et peni- 
tentiam recepit ab ipsis ; et abjuravit heresim coram 
ipsis. 

V. — Même jour. — Confession de Lombarde, femme 
de Guillaume Albert, de Leue, non citée. 

Lombard A, de Lioco. 

Anno quo supra, yd[ib]us marcii. Lombarda, uxor 
Guillelmi Adalberti, de Lioco, non citata, testis jurata 
super iiii"'" sancta Dei Evangeha quod super facto 
heresis et Valdesie, tam de se quam de omnit)us aliis, 
vivis et mortuis, puram, meram ac plenam diceret 
veritatem, dixit quod liaymundus Egidii- venit ad 

1. 11 s'agit ici de la campagne de Louis VIII sur les bords du 
Riiône. 

2. Voy. n«' 1, H, III, VI, VII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 249 

domum suam et duxit ipsam ad domum ipsius R. 
Egidii, ubi erat Bernardus Egidii\ frater dicti R., 
hereticLis, et quidam alius hereticus cujus nomcn 
ignorât ; et dictus Bernardus reprehendit dictani tes- 
tem, quia ad ipsum sine aliquo nuncio non venerat. 
Interrogata si audivit predicacionem ipsorum, vel eos 
adoravit, vel aliud bonum eis fecerit, vel ab ipsis ali- 
quid receperit, respondit quod non. De tempore recjui- 
sita, dixit quod xvii anni possunt esse. De circumstan- 
tibus, dixit quod ipsa testis, et R. Egidii, et Virgilia^, 
uxor dicti R. Egidii, etGuillelraus Reg, quimortuusest. 
Super aliis diligencius requisita, dixit se nichil aliud 
scire. Interrogata si abjuravit heresim et Valdesiam, 
dixit quod sic, apud Caunas, coram fratribus inquisi- 
toribus ; et super premissis, dictis inquisitoribus cela- 
vit veritatem. Dixit tamen quod capellano suo fuit 
confessa. 

VI. — Même jour. — Confession d'Alazaïs, femme d'Arnaud 
Raymond, de Leuc, non citée. 

Alazaydis, uxor Arnaldi Raymundi, de Lioco. 

Anno quo supra, yd[ib]us marcii. Alazaydis, uxor Ar- 
naldi Raymundi, de Lioco, non citata, testis jurata super 
im°' sancta Dei Evangelia quod super facto heresis vel 
Valdcsie, tam de se quam de omnibus aliis, vivis ac 
mortuis, puram, plenam ac meram diceret veritatem, 
dixit quod, quadam vice, cum domina Esclarmunda, de 
Lioco, ivit ad domum R. Egidii, de Lioco ; et intrave- 
runt domum illam et invenerunt duos hereticos, quo- 

1. Voy. n»" I, VI. 

2. Voy. n° II. 



250 REGISTRE DU GREFFIER 

rum unus vocabatur Bernardus Egidii ; nomen alterius 
ignorât. Interrogata si audivit predicationem eorum, 
vel credidit secte eorum, dixit quod non; set statim 
recessit cum domina sua antedicta. Et cum dicta testis 
exiret, vidit intrantem Bernardum Rogerii^ ; nesciebat 
tamen qua de causa intravit. Interrogata de circum- 
stantibus, respondit quod ipsa testis, et domina sua 
Esclarmunda, R. Egidii etVirgilia% uxor sua; super 
aliis circumstantibus diligenter interrogata, dixit se 
nichil aliud scire ; nec postea vidit hereticos vel Val- 
denses. Item, interrogata si abjura vit heresim vel 
Vadesiam, dixit quod sic, apud Limosum, coram fratre 
Ferrario^; et confessa fuit eidem super premissis, et 
recepit penitentiam ab ipso. Item, requisita de tem- 
pore quando vidit predicta, dixit xvi anni et amplius 
possunt esse. 

VII. — 1'^'' mai 1254, Villariès. — Alazaïs continue 
sa confession. 

AnnoDomini M^GCLIIir, kalendis madii. Dicta Ala- 
daisisreddiitet adjecit citatainfra scripta, dicens quod 
quando vidit predictos hereticos in domo R. Egidii^ 
predicti, erant cum predictis hereticis Esclarmunda, 

1. Voy. n"' I, VII. — Entre les lignes : M, qui signifie mor- 
tuus. 

2. Voy. n°« I, V. 

3. Voy. n»^ XV, XLIX. — Voy., sur l'activité de frère Fer- 
rier, inquisiteur, à Limoux, dans le Narbonnais et le Carcas- 
ses, mon opuscule, VAlbigéisme et les frères Prêcheurs à 
Narbonne au XJIP siècle, notamment p. 41 (in-8°, J*aris, 
Picard, 1894) et V Introduction, première partie, 111, Actes des 
inquisiteurs. 

4. Voy. n°« I, II, III, V, VI. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 251 

uxor quondam Guillelmi de Leuco, Ar. de Podio*, 
et Bernardus Roj^erii-, et Raymundus Geli, et Ver- 
gelia^, uxor ejus; et ibi ipsa testis et omnes alii pre- 
dicti adoraverunt dictos liereticos ter flexis genibus 
ante ipsos, et in qualibet genuflectione dicebat quili- 
bet per se : Benedieite; et heretici respondebant in 
qualibet benedictione : Deus vos benedicat; et adde- 
bant post ultimum Benedieite : Domini, rogate Deum 
pro ista peecatore, qiiod faeiat me bonam ehristianam 
et ducat me ad bonwn fmem^; et heretici respondebant : 
Beus sit rogatus quod faeiat vos bonam ehristianam et 
perducat vos ad boniim finem^. Et hoc facto, ipsa tes- 
tis et Esclarmunda predicta exiverunt inde ; et here- 
tici rennanserunt in domo predicta. De tempore, circa 
XV annos. Hcc deposuit coram domino episcopo Gar- 
cassone apud Villalerium. Testes Guillelmus Poncii et 
Bonus Mancipus, notarius, qui hec scripsit. 

VIII. — 16 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
de Guillaume de Cornèze, cité. 

Guillelmus de Gornizano Carcassonensis. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Guillelmus de 
Gornizano de Carcassona, citatus, testis juratus super 

1. Voy. plus haut, n" I. 

2. Voy. n"^ I, VI. 

3. Voy. n° XXXIII. 

4. Voy. n° XXXIÎI. 

5. C'était le rite ordinaire de Vadoradon hérétique. Les con- 
fessions contenues dans le ms. 609 de la Bibl. de Toulouse en 
présentent de très nombreux exemples. 11 ne faut pas confondre 
Vadoratio avec V/icreticntio ou initiation, dont on trouve de 
nombreux exemples dans les tomes XXII et XXIII de Doat. 



252 REGISTRE DU GREFFIER 

1111°' sancta Dei Evangelia <iuod super facto heresis et 
Valdesie, tam de se quam de omnibus aliis, vivis ac 
mortuis, puram, plenam ac meram diceret veritatem, 
dixit quod postquam rex Fraiicie fuit dominus istius 
terre^ non vidit liereticos vel Valdenses. Interrogatus 
si abjuraverat heresim et Valdesiam, dixit quod sic, in 
manu capellani Sancti Michaelis-, qui nunc est. Super 
premissis, tam de se quam de aliis, dixit se nichil scire. 

IX. — Même jour. — Confession d'Arnaud Pages, de Cornèze, 

cité. 

Arnaldus Pagesii, de Gornizano. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Arnaldus Pagesii, 
de Gornizano, citatus, testis juratus super iiif sancta 
Dei Evangelia, ut supra de aliis. Respondit super pre- 
missis se penitus nichil scire. Hec deposuit coram 
domino episcopo, testibus domino G. de Aqua Viva et 
G. Folquini. 

X. — Même jour. — Confession de dame Fais, de Cornèze. 

Na Fais, de Gornezano. 

Ista est intrusa. 

Anno et die quo supra. Na Fais, de Gornezano^, 

citata, testis jurata, dixit quod, cum quadam die iret 

apud Gofolentum cum Petro de Gornezano'*, idem 

Petrus cepit requirere ab ea si numquam vidisset ali- 

1. Par le traité de Meaux de 1229. 

2. Saint- Michel -du- Bourg de Carcassonne, aujourd'hui 
l'église cathédrale. 

3. Voy. n»» XI, XII, XIII, XIV. 

4. Voy. n«« XII, XXIII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 253 

quos de his quos vocabant bonos homines*, et dicta 
testis respondit quod non ; et tune diclus P. tantuin 
rastigavit ei quod duxit eam ad domum Pétri Adal- 
berti, de Gofolento-, ad videndum duos hereticos quo- 
rum nomina ignorât. Requisita si adoravit eos, dixit 
quod sic, ter tlexis genibus, dicendo : Benedicite. 
secundum morem eorum^ Interrogata si dédit eis 
aliquid, dixit quod sic, unam camisiam. De astantibus, 
dixit quod dictus P. de Cornezano et P. Adalberti 
erant présentes, et quod P. de Cornezano adoravit eos 
cum dicta teste. De tempore, dixit quod in maio erit 
annus et dimidius. Et hoc fecit post abjuratam here- 
sim apud Gaunas^. Interrogata per singula, tam de se 
quam de aliis super his que ad Ibrmain inquisitionis 
pertinent, dixit se nichil amplius nescire. Hec depo- 
suit dicta testis in presencia domini episcopi Garcas- 
sone. Testes sunt B. Martini, archipresbiter minor 
Garcassone, et magister Robertus, medicus. 

Item, eadem testis addidit conf'essioni sue eadem 
die, videhcet quod supradictus Petrus de Gornezano 
quadam vice adduxit supradictos liereticos ad domuni 
ipsius testis, et hospitati fuerunt ibi, et comederunt 
et biberunt de bonis ipsius testis; et ipsa testis in 
adventu et in recessu adoravit eosdem. hiterrogata 
quis visitavit eos ibi, dixit quod Raymunda\ uxor 

1. C'est-à-dire les hérétiques. Voy. plus bas, n° XIX. 

2. Voy. n'* XXX. 

3. Voy. n° VII. 

4. Entre les années 1235 et 1248, les inquisiteurs parurent 
souvent à Caunes. Mais leurs Acta ne nous sont pas parvenus, 
volés qu'ils furent par les hérétiques. 

5. Voy. n"' XII, XXIV. 



-254 REGISTRE DU GREFFIER 

Ber. Pagesii, visitavit eosdem et adoravit et dédit eis 
unam anguillam ; et ipsa testis dédit eis unam eminam 
frumenti. Dixit etiam quod dicti heretici predicave- 
runt eidem testi quod diligeret et adoraret bonos 
homines; et quesierunt ab ea quare non induxisset 
maritum suum defunctum ad hoc ut haberet hereticos 
in morte sua , et ipsa testis respondit quod non cre- 
debat quod ipse nuraquam habuisset fidem suam in 
eis. Adjecit etiam quod fuit credens hereticorum circa 
duos annos, quod ante negaverat. Adjecit etiam quod 
alter eorum vocabatur Arnaîdus Gili ^ et alter Gatala- 
nus, quorum nomina superius se dixerat ignorare. 
Interrogata de tempore quo supradicti heretici jacue- 
runt in domo dicte testis, dixit quod in madio erit 
annus. Dixit etiam quod Anatabis Gita misit eis unam 
eminam frumenti per Raymundum Fornerii, de Gor- 
nezano, quem sciebat esse familiarem ipsorum. Hec 
deposuit coram domino episcopo Garcassone apud 
Garcassonam. Testes magister P., officialis, et magister 
Robertus, et Ber. de Farico. 

XI. — 7 avril 1259. — Dame Fais, détenue, déclare n'avoir 

rien à ajouter. 

Anno Domini M°GG°LVIin, vu idus aprilis. Dicta 
Pays- carceri adducta requisita ut supra, testis jurata, 
dixit nichil ahud scirc nisi illa que confessa fuit. 

XII. — l*^"" septembre 1259. — Dame Fais, revenant, continue 

sa confession. 

Anno quo supra, kaiendis septembris. Dicta Fays^ 

1. Voy. no XXXI. 

2. Voyez le numéro précédent et les n°* XII, XIII et XIV. 

3. Voy. les n°^ X, XI, XIII et XIV. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 255 

rediens, dixit quod, cum Raimunda, uxor Poncii de 
Gornazano de Limoso, infirmaretur apud Limosum in 
domo Poncii de Gornazano, mariti sui, illa (jua deces^ 
sit egritudine, vidit ipsa lestis in domo predicta rétro 
quoddam postatum Bernardum Acier hereticum*, et 
erant ibi simul cum dicto heretico Raimunda', uxor 
Bernardi Pagesii, de Gornazano^, mater dicte intîrme. 
Et non adoravit eum nec vidit adorari, set ipsa testis 
salutavitei. Interrogata si dicta infirma fuit consolala, 
dixit se non vidisse. De tempore, a duobus annis citra. 
Itetn, dixit quod cum ipsa testis congregasset alic(uam 
summam pecunie ad dandum hereticis, sicut jamdu- 
dum Petrus Gornasani* ad hoc induxerat ipsam tes- 
tem, supponens ipsa testis quod heretici erant in 
domo Arnaudi Barbionis^, captata hora qua uxor 
Arnaudi Barbionis erat absens a domo, ipsa testis, 
inventa clave dicte domus, aperuit domum et vidit ibi 
prefatos hereticos, quibus dédit cannam et dimidiam de 
lecuro (sic) et ultra circiter xx solidos melgoriensium. 
Et hoc facto, ipsa testis abiit viam suam. Et non ado- 
ravit eos, set salutavit. De tempore, quod supra. Item, 
dixit quod ipsa testis dédit Bernarde, uxori quondam 
Guillehui Pagesii, unam eminam de frumento ad 
opus hereticorum. De tempore, circiter duos annos. 
Et recognovit quod omnia predicta comisit postquam 
abjuravit heresim, et habuit penitentiam de hiis que 
comiserat; unde fatetur se in abjuratam heresim reci- 

1. Voy. n°^ XIV, XX, XXX, XXXII, XLVII. 

2. Voy. n°« X, XXIV. 

3. Voy. n° XXIV. 

4. Voy. n»« X, XXIII. 

5. Vov. n° XXXII. 



256 REGISTRE DU GREFFIER 

disse. Predictos hereticos credidit esse bonos homi- 
nes, amicos Dei et veraces, bonamque fidem habere, 
seque et alios salvari posse in secta eorum. Hec 
déposait coram fratre Baud[oino], inquisitore. Testes 
fratres P. Blegerii et Félix ordinis Predicatorum, et 
Guir. Trepaci, notarius, qui hec scripsit. 

XIII. — 24 septembre 1259. — La même, en prison depuis 

longtemps, ajoute à sa confession. 

Item, anno quo supra, viii kal. octobris. Dicta 
detenta diu in carcere adjecit testimonio suo dicens... 

(Deest.) 

XIV. — 20 octobre 1259. — La même ajoute à sa confession. 

Item, anno quo supra, xiii kal. novembris. Dicta 
Fays rediens adjecit testimonio suo dicens, quod cum 
venisset Gavanacum in domum Adalaicis Sicrede*, 
prefata Adalaicia ostendit ipsi testi in quadam domum- 
cula Bernarduni Acier- et socium suum hereticos; et 
ibi ipsa testis sola adoravit dictos hereticos, dicendo : 
Bejiedicite, flexis genibus ante ipsos. Et hoc facto, 
ipsa testis abiit viam suam. De tempore, circiter duos 
annos, scilicet postquam abjuravit heresim et fuit 
educta a muro; unde fatetur in abjuratam se heresim 
recidisse. Item, dixit se intrasse per clanagueriam et 
vidisse in domo Guillemi Johannis de Gornasano Ber- 
narduni Acier et socium suum hereticos, quibus ipsa 
testis dédit unam poneriam pisorum. De tempore, 
circa annum et dimidium. Et in actu isto fatetur se in 

1. Voy. n» XXXII. 

2. Voy. n«^ XII, XX, XXX, XXXII, XLVII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 257 

abjiiratam heresim recidisse. Hec deposiiit coram fra- 
tre G., inquisitore. Testes fratres J, de Gapitestagni, 
subprior fratrum Predicatorum Narbone, et P. Ble- 
gerii, ordinis Predicatorum^, et Guir. Trepaci, nota- 
riiis, qui hec scripsit. 

XV. — 14 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
d'Arsendis, de Montlaur, citée. 

Arsendis, de Monte Lauro. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. Arsendis, uxor 
quondam Bernardi Fabri, de Monte Lauro, citata, tcs- 
tis jurata super iiii°'' sancta Dei Evangeiia quod super 
facto heresis et Valdesie, tam de se quam de omnibus 
aliis, puram, plenam et meram diceret veritatem, 
dixit quod a xx^' annis citra nichil de facto heresis vel 
Valdesie sciebat; et de hiis que vidit vel audivit ultra 
xx'' annos, fuit confessa coram fratre Ferrario^ apud 
Gaunas, et postea fratri Bernardo et fratri Johanni^, 
et penitentiam recepit ab ipsis ; et abjuravit heresim 
coram predictis fratribus apud Gaunas, nec postea 
nichil vidit. 

XVI. — Même jour. — Confession de Guillaume Curt, 
de Rieux-en-Val, cité. 

G. GURT, DE RiVO. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. Guillelmus Gurt, 

1. Mort au couvent des frères Prêcheurs de Castres en 12G9. 
(Douais, Acta Capitulorum provincialium ord. fratrum Prsedi- 
catorum, 145. In-8°, Toulouse, Privât, 1894.) 

2. Voy. n° VI et note. 

3. Rernard de Caux et Jean de vSaiut-Pierre. 

17 



258 REGISTRE DU GREFFIER 

de Rivo, citatus, testis juratus super iiif sancta Dei 
Evangelia quod super facto heresis et Valdesie, tam 
de se quam de aliis, vivis ac mortuis, puram ac ple- 
nam et meram diceret veritatem, super premissis 
dixit se nichil scire diligenter pluries requisitus. 

XVII. — Même jour. — Confession de Jean Aubry, 
de \ illetritouls, cité. 

JOHANNES AlBERICI, DE ViLLATRISTOLX. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. Johannes Alberici, 
de Villatristolx Vallis Aquitanie, ferens cruces de filero, 
citalus, testis juratus super iiii°' sancta Dei Evangelia 
quod super facto heresis vel Valdesie, tam de se quam 
de omnibus aliis, vivis ac mortuis, puram, meram ac 
plenam diceret veritatem, dixit quod, postquam fuit 
confessus fratri Johanni ^ apud Garcassonam, non vidit 
hereticos vel Valdenses, nec aliquid scit de facto ipso- 
rum ; et de hoc quod viderat , a predicto fratre 
Johanne penitentiam recepit, prout in suis litteris^ 
continetur, quas ostendit. 

XVIII. — Même jour. — Confession de Guillelme Bonnefille, 

de Taurize, citée. 

GUILLELMA BONFILLA, DE TAURIZANO. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. Guillelnia Bonfilla, 
de Taurizano, citata, testis jurata super mi°' sancta 

1. Jean de Saint-Pierre. 

2. C'étaient les lettres ou sauf-conduits que les inquisiteui's 
délivraient à ceux qui étaient obligés à la pénitence, pèleri- 
nages ou visites des églises. On en trouve de nombreux 
exemples dans Doat, t. XXI, fol. 1C9 et suiv. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 259 

Dei Evangelia, ut supra de aliis continetur, super pre- 
missisdiligeiiter pluries requisita dixitsenichil [scire]. 
Dixit etiam se abjurasse heresim et Valdesiam apud 
Gaunas, coram in(|uisitoribus heretice pravilatis^ 

XIX. — Même jour. — Confession de R. Villandriz, 
de Cavanac, non cilé. 

R. Villandriz, de Cavanacho. 

Anno quo supra, ii ydus marcii. R*^"* de Villandric, 
de Cavanacho-, non citatus, testis juratus super im"'^ 
sancta Dei Evangelia quod super facto heresis et Val- 
desie, tam de se quam de omnibus aliis, vivis ac 
mortuis, plenam, puram ac meram, diceret veritatem, 
dixit quod, cum ipse esset quadam nocte in platea 
apud Gavanachum, Guillelmus de Villandriz, de Gava- 
nacho, venit ad dictum testem; et dixit ei quod duo 
homines erant in domo sua et volebant loqui cum 
dicto teste; et cum dictus testis ivisset ad domum 
predicti Guillelmi, dictus Guillelmus dimisit ipsum ibi 
et ivit et adduxit secum duos hereticos. Et cum 
intrassent domum, invenerunt dictum testem ibi et 
salutaverunt ipsum proprio nomine nominando ipsum 
testem ; et dixerunt dicto testi quod ipse non cognos- 
ceret eos nisi ipsi manifestarent se ei; et dixerunt 
quod erant boni homines qui vocantur heretici et qui 
persecuntur ab Ecclesia non pro malo quod faciant. 
Et audivit ibi monitiones quas predicti heretici facie- 
bant, et placebant sibi. Interrogatus si adoravit eos, 
respondil quod non. Item, interrogatus de aslanlibus, 

1. Probablement Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. 

2. Voy. le numéro suivant et le n" \XX. 



260 REGISTRE DU GREFFIER 

dixit quod ipse testis, et Guillelmus predictus; qui 
Guillelmus monebat dictum testem quod crederet dic- 
tis hereticorum, quia boni homines erant. Interroga- 
tus de nominibus eorum, dixit se nescire. Interroga- 
tus quo iverunt vel quid postea fecerunt, dixit se 
nichil scire, nisi quod dimisit eos ibi. De tempore, 
dixit quod très anni possunt esse. Postea circa duos 
menses, Sycredus de Cavanacho^ venit ad ipsum tes- 
tem et duxit ipsum ad domum suam; et dum ipse 
testis sederet cum familia predicti Sycredi, venit dic- 
tus Sycredus cum duobus liereticis qui erant in domo 
sua, et qui salutaverunt ipsum testem; et ipsi sede- 
runt juxta dictum testem, et predicabant ei et aliis 
qui erant ibi. Et dicti heretici interrogaverunt dictum 
testem , si scivisset eos ibi , si venisset ; dixit quod 
non. Interrogatus si placebat ei predicacio eorum, 
dixit quod non ; tamen bene audiebat eos. Item, inter- 
rogatus si adoraviteos, dixit quod non, nec comedit, 
nec bibit cum eis; de nominibus ipsorum non recor- 
datur. Interrogatus de astantibus, dixit quod Sycre- 
dus, Alazaydis, mater dicti Sycredi, et soror dicti 
Sycredi nomine Belesen'^ et Guillelmus de PrixeneP. 
Item, interrogatus si dédit eis altquid vel fecit aliquid 
bonum, ad utrumque respondit quod non. Postea con- 
sequenter circa médium annum, cum veniret ad 
domum dicti Sycredi, invenit in eadem domo duos 
hereticos de quorum nominibus non recordatur, et 
audivit predicacionem predictorum hereticorum, que 
predicacio placuit ipsi; et credidit ipsos esse bonos 

1. Voy. n°« XX, XXX. 

2. Voy. le numéro suivant. 

3. Voy. n«* XX, XXX, XXXI, XXXIl. 



DE L'INQTIISITIOX DE CARCASSONNE. 261 

homines et credebat in secta eorum se posse salvari. 
De circumstantibus, dixit quod predictus Sycredus et 
Alazaydis, mater sua', et soror sua nomineBellesen, et 
Guillelmus [de] Prixenel, et ArnaldusBrunel, de Gonfo- 
lento^; et omnes isti audiverunt predicacionem eorum; 
qua predicacione audita, dictus testis et Ar. Brunel, 
et Sycredus et Guillelmus Prixenel eadem nocte asso- 
ciaverunt eos extra villam de Cavanacho per aliquan- 
tulum spacium. Et post dictus Arnaldus Brunel, de 
Confolento, ivit cum eis apud Gonfolentum. Interroga- 
tus si recepit aliquid ab eis, respondit quod nichil 
dédit eis vel aliquid non recepit ab eis. Item, dixit 
quod in vindemiis hoc anno preteritis fuit annus quod 
ipse testis et Sycredus supradictus et Guillelmus de 
Prixenel iverunt apud Gonfolentum et intraverunt 
domum Johannis de Cornudelx^, et invenerunt ibi 
duos hereticos ; et dicti heretici predicaverunt et mo- 
nuerunt dictum testem, et Sycredum et Guillelmum 
de Prixenel; et ibi diligenter audiverunt sermoncm 
predictorum hereticorum. Et audito sermone, dicti 
heretici dederunt predicto testi et Sycredo et Guil- 
lelmo de Prixenel ad manducandum panem et vinum ; 
et dixerunt dicti heretici quod Dominus remuneraret 
illos qui bonum faciebant ipsi testi et Sycredo et 
Guillelmo predictis et credentibus eorumdem. Post 
prandium vero supradictum, predictus testis et alii 
duo socii sui, junctis manibus, inclinaverunt se dictis 
hereticis, dicendo : Benedicite, hereticis respondenti- 

1. Voy. n°' XIX, XXX. 

2. Voy. Première partie, n° XXIV, et le n° XXX de celle-ci. 

3. Voy. n° XXXI. 



262 REGISTRE DU GREFFIER 

bus : Parcite nobisK Et dixerunt quod Dominus face- 
ret dictum testem bonum christianum et aiios socios 
suos predictos ; et statim ab ipsis hereticis recesserunt 
et nichil dederunt eis, nec ipsi ab illis hereticis ali- 
quid receperunt, excepto prandio supradicto. Requi- 
situs de circumstantibus, dixit quod ipsi très supra- 
dicti, et Johannes de Gornudelx et heretici supradicti; 
de nominibus ipsorum hereticorum non recordatur; 
nec postea vidit eos, nec scit quo iverunt. Item, inter- 
rogatus si umquam abjura vit heresim, respondit quod 
sic, apud Caunas, coram fratribus Predicatoribus et 
inquisitoribus heretice vel Valdesie pravitatis ; et pos- 
tea vidit et fecit omnia supradicta. 

XX. — 15 mars 1250 (n. st.). — Guillaume Villandriz 
ajoute à sa confession. 

Yd[ib]us marcii. Idem R*^"' Villandriz- addidit quod in 
vindemiis preteritis fuit annus quod Sycredus supra- 
dictus venit ad dictum testem et dixit ei quod iret 
secum adquemdam collum inter Confolentum et Cava- 
nacum, ubi vocatur Mallolium Picace; et cum fuissent 
ibi, expectaverunt ibi duos hereticos qui debebant 
venire ad ipsos, sicut Sycredus predictus dixerat ipsi 
testi, et dicti heretici venerunt ad dictum locuni de 
nocte; et Petrus Adalberti^ et Guillelmus Tholosa, de 
Gonfolento, venerunt cum ipsis, et salutaverunt dictum 
testem et Sycredum predictum ; et postea Petrus Adal- 

1. La formule Parcite nobis se rencontre rarement. Elle 
réapparaît au numéro qui suit. 

2. Voy. le numéro précédent et le n° XXX. 

3. Voy. plus haut, n" I. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 263 

berti et Guillelmus Tholosa dimiserunt ibi dictos here- 
ticos et recesserunt ; et postea dictus testis et Sycre- 
dus^ venerunt cum dictis hereticis; et dum ibi ibant, . 
per viam predicabanteis; et mulliim placebat eis dic- 
torum hereticorum predicacio; et interea predicando 
per viam intraverunt domum dicti Sycredi apud Cava- 
nachum; et cum intrassent domum, dictus testis et 
Sycredus llexis genibus et junctis manibus adorave- 
runt eos ibi, dicendo : Benedicite, et hoc fecerunt 
ter; et ipsi respondebant : Parcite nohis-; et dicebant 
eis quod Deus faceret eos bonos christianos et teneret 
eos in sua virtute. Et dictus testis postea recessit. De 
circumstantibus, dixit quod Alazaydis, mater dicti 
Sycredi, et Rica, pediseca dicti Sycredi, et Petrus Ar", 
dicti Sycredi frater, et soror ipsius Sycredi Bellesen 
nomiue^ ; et omiies isti adora verunt dictos hereticos, 
quando idem testis eos adoravit ; et dixerunt idem ut 
supra; et fuerunt ibi per duos dies. Requisitus quis 
providebat eis in victu vel aliis necessariis, dixit se 
nescire. De nominibus requisitus, dixit se nescire; nec 
postea vidit eos. Item, dixit quod in introitu messium 
presentis anni erit annus quod Guillelmus de Prixe- 
nel* et Sycredus adduxerunt m hereticos apud Gava- 
nachum ad domum dicti Sycredi; et ipse Sycredus 
venit ad dictum testem et dixit sibi quod faceret sibi 
fieri unam camisiam, quam ipse testis habebat facien- 
dam; dictus testis sciebat bene quod heretici aptarent 
dictam camisiam. Et cum dicta camisia fuisset facta, 

1. Voy. no^ XIX, XXX. 

2. Voy. le numéro précédent. 

3. Voy. le numéro précédent. 

4. Voy. n°' XIX, XXX, XXXI, XXXII. 



264 REGISTRE DU GREFFIER 

ivit dictus testis ad domum dicti Sycredi et invenit ibi 
illos très hereticos et salutavit eos et adoravit eos 
secundum morem ipsorum, ut supradictum est, et 
omnes illi qui erant présentes, scilicet omnes supra- 
dicti de hospicio, et Guillelmus de Prixenel qui erat 
ibi. Interrogatus si dédit eis aliquid, dixit quod vole- 
bat eis dare precium camisie faciende ; et Sycredus 
dixit ei quod nichil daret. Et fuerunt ibi per duos dies. 
Et postea dictus testis et Sycredus et Guillelmus de 
Prixenel quadam nocte abstraxerunt eos de dicto 
Castro et associaverunt eos usque ad corn^ de Glausa. 
Item, si sciebat quo ibant, dixit se nescire; et dictus 
testis dimisit eos ibi cum Sycredo et Guillelmo de 
Prixenel ; et reversus fuit ad dictum castrum. Inter- 
rogatus de nominibus ipsorum, dixit quod unus voca- 
batur Bernardus Acier, de Gonfolento ' ; de nominibus 
aliorum duorum non recordatur. Item, dixit quod 
annus potest esse et amplius quod quadam nocte, 
dictus testis et Sycredus et Guillelmus de Prixenel 
abstraxerunt duos hereticos de domo dicti Sycredi et 
associaverunt usque ad mollendinum de Saillenfore; 
et adoraverunt eos ibi secundum morem eorum ut 
supra ; quo iverunt penitus ignorât. Item, dixit postea 
quod in festo Omnium Sanctorum fuit annus quod 
dictus testis cum Sycredo sepe dicto iverunt ad quem- 
dam locum qui vocatur ad Olivers Gaufridi inter 
Gavanachum et Gonfolentum ; et ibi spectaverunt 
1111°'" hereticos; et venerunt cum eis duo homines quos 
non cognovit dictus testis. Interrogatus si sciebat 



1. Coin, angle. 

2. Voy. n°* XII, XIV, XXX, XXXII, XLVII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 265 

undo dicti heretici vénérant, dixit quod de Cornizano, 
ut crédit; et dictus testis cum Sycredo adduxerunt 
eadem nocte duos de illis hereticis apud Cavanacum 
ad domum dicti Sycredi ; et alii duo iverunt apud Val- 
icm Danie, set nescitad quem locum specialiter irent; 
et tune dictus testis dimisit illos duos hereticos in 
domo predicta. Itejn, de circumstantibus, dixit quod 
familia dicti Sycredi predicta. De nominibus prcdicto- 
rum hereticorum non recolit. Nec adoravit ibi hereti- 
cos antedictos illa vice. Item, dixit quod modo potest 
esse annus quod dictus testis et Guillelmus Prixenel 
vidit (sic) VI hereticos ad ecclesiam de Casalx, et 
associaverunt eos usque ad passum Sancti Martini 
versus Villam Florens ; et idem testis dimisit eos ibi, 
et Guillelmus Prixenel associavit eos usque ad Vallem 
Aquitanie, in quodam nemore ubi dimisit eos, sicut 
postea dixit dicto testi. Interrogatus unde illi dicti sex 
heretici vénérant illa nocte et qui erant illi qui eos 
associaverant, dixit se nescire. De nominibus ipsorum 
non recordatur, nisi quod unus illorum vocabatur 
Bernardus Acier, de Confolento. hiterrogatus si ado- 
ravit eos tune, dixit quod non. Tamen diligenter 
audivit eorum predicacionem dum irent per viam. 
De aliis circumstantibus diligenter requisitus, dixit se 
nichil aliud scire. Item, dixit quod citatus apud Car- 
cassonam a fratre Johanne^ inquisitore, cum aliis de 
Gavanaco hoc anno in messibus erit annus, eidem de 
premissis celavit veritatem ; tamen quod non juravit, 
quia ipse erat in Burgo quando alii juraverunt. Item, 
dicit se vidisse duas hereticas apud Vilantritols in 

1. Jean de Saint-Pierre. 



266 REGISTRE DU GREFFIER 

Valle Danie, in domo Piquerii, quas ostendit fiiia 
Piquerii eidem testi, et Sicrede, et Guillelmi de Pris- 
sanel. De tempore, ii anni et dimidius; et non adora- 
vit eos. 

Hec deposuit coram domino episcopo. Testes ma- 
gisterG. Folqui[ni], dominas Bertrandus Blanx (?) et 
magister Robertus de Farico. 

XXI. — 16 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
négative de G. Sicre, de Cornèze, cité. 

G. Sicre, de Cornizano. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Guillelmus Sycre, 
de Cornizano*, citatus, testis juratus super im'"^ sancta 
Dei Evangelia, ut supra de aliis. Super premissis de 
se et aliis, dixit se penitus nichil scire. 

XXII. — Même jour. — Confession de Pierre Etienne, 

de Cornèze. 

Petrus Stephani, de Cornizano. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Petrus Stephani, 
de Cornizano, citatus, testis juratus super iiii°' sancta 
Dei Evangelia, ut supra de aliis. Super premissis dili- 
genter pluries requisitus, dixit se penitus nichil scire. 

XXIII. — Même jour. — Confession de Raymond de Cuxac- 
Cabardès, demeurant à Cornèze. 

R., DE CUTCIIACO. 

Iste est cruce signatus. 
Anno quo supra, xvii kal. aprilis. R. de Cuchaco, 

1. Vov. n° XXXII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 267 

de Cornizano', testis juratus super iiif sancta Dei 
Evangelia, etc., lU supra de aliis, dixit quod Bernar- 
dus de Lagracce^, de Gonfolento, dixit eidem testi quod 
duo heretici erant in cabana Pétri de Cornizano-^ et 
quod iret secum ad illos et ducerent ipsos extra ter- 
minum de Gornizano ; quod fecit dictus testis. Et duxe- 
runt illos hereticos usque ad recum^ de Glausis; et 
idem testis et socius suus predictus ibi dimiserunt eos. 
De circumstantibus, dixit quod socius suus predictus 
tantum. De tempore, dixit quod inter Natliale Domini 
et carniprivium fuerunt m anni. Interrogatus si abju- 
ravit heresim, respondit quod sic, apud Gaunas, coram 
fratribus inquisitoribus ; et postea fecit quod supra- 
dictumest. Interrogatus super omnibus aliis que per- 
tinent ad formam inquisicionis, dixit se nichil aliud 
scire. 

Post confessionem suam adjecit quod P. Gornesani, 
sororius suus, fecit eum venire ad domum suam et 
ibi ostendit ei duos hereticos, scilicet Ar. de Ganeto^ 
et Ferier^ ; et adoravit eos ter secundum morem here- 
ticorum. Interrogatus si credebat ipsos esse bonos 
homines, dixit quod non. Interrogatus de tempore, 
dixit quod in festo Nativi[tjalis fuerunt m anni. 

1. Voy. Première partie, n° VII. 

2. Entre les lignes, d'une auti'e main : Vel Adalbert, vel 
filius Poncii Adabert. 

3. Voy. n°^ X, XII. 

4. Ruisseau. 

5. Voy. no« III et XL VI. 

6. Voy. n"' XXX, XXXI. 



268 REGISTRE DU GREFFIER 

XXIV. — Même jour. — Confession de Bernard Pages, 
de Cornèze, cité. 

B. Pagesii, de Cornez ano. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Bernardus Page- 
sii ^ de Cornezano, citatus, testis juraUis super iiii°'' 
sancta Dei Evangelia, ut supra de aliis. Super premis- 
sis pluries requisitus, dixit se nichil scire. Rediit vero 
et adjecit quod Raymunda^, uxor sua, misit hereticis 
unam eminam raonis'^ per Raymundum Fornerii ; quod 
non placuit ei, ut dixit. De tempore, dixit quod a 
messibus circa. 

Hec deposuit coram domino [episcopo]. Testes 
domini Geraldus, R. David et Guillelmus Fulquini, 
qui hoc legit. 

XXV. — Même jour. — Confession de Guillaume Arnaud, 

de Cornèze, cité. 

Guillelmus Arnaldi, de Electo. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Guillelmus Ar- 
naldi, de Cornizano vel Electo, serviens capellani de 
Cornezano, citatus, testis juratus super 1111°'^ sancta Dei 
Evangelia, etc., ut supra de aliis. Super premissis dili- 
genter pluries requisitus, dixit se penitus nichil scire. 

XXVI. — Même jour. — Confession de Raymond Pages, 

de Cornèze, cité. 

R. Pagesii, de Cornizano. 
Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Raymundus 

1. Voy. Première partie, n" VIT, et plus haut, n° XII. 

2. Voy. no« X, XII. 

3. Mixture, d'où blé de regon. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 269 

Pa^csii', filius P. Pagesii, de Gornizano, citatus, tes- 
tis juratus super iiii°'" sancta Dei Evangelia, etc., ut 
supra de aliis. Super premissis diligenter pluries 
requisitus, dixit se penitus nichil scire. 

XXVII. — Même jour. — Confession de Garsen Pélegrine, 

de Rustiques. 

Garsen Pelegrina, de Rusticano. 

Anno quo supra, xvii kal. aprilis. Garsendis Pele- 
grina, de Rusticano, testis jurata quod de se et aliis, 
vivis et mortuis, super crimine heresis et Valdesie 
plenam et puram diceret veritatem, dixit se penitus 
nichil scire super crimine heresis et Valdesie. Dixit 
tamen quod Ghristiano de Milano- querenti in nomine 
Domini et sancti Pétri multociens dederat helemosi- 
nam. Audierat tamen ipsumcommendantem Valdenses 
et dicentem quod ipse hospitabatur eos et sustentabat 
de pannis quos querebat. Et hoc fuit post abjuratam 
heresim apud Gaunas. 

XXVIII. — Même jour. — Confession de Rixendis, 
de Villefloure, non citée. 

RiGSENDIS, DE VlLLAFLURAlNA. 

Anno et die quo supra. Ricsendis, de Villafluraina, 
testis jurata et non citata, dixit quod cum Ber. 
Ulguier de Vilario, maritus suus condam, positus in 
infirmitate, cum esset jam prope mortem venerunt 
circa crepusculum duo homines cum baculis ; et dum 
jpsa procuraret de cena ipsius mariti, intraverunt ubi 

1. Voy. Première partie, n** VII. 

2. Un Vaudois probablement. 



270 REGISTRE DU GREFFIER 

jacebat et locuti fuerant cum eo, ipsa leste absente, 
et postea recesserunt; et ipsa accessit ad eum, et cum 
instancia peciit qui erant illi ; et tandem ipse respon- 
dit ei quod erant lieretici et bene caveret sibi ne 
diceret alicui de villa. De astantibus, dixit quod ipse 
solus erat. De tempore, dixit quod in vindemiis erunt 
très anni. 

Hec deposuit coram domino episcopo Garcassone. 
Testes magister Robertus, Bonus Macip et Bertrandus 
de Farico^. 

XXIX. — 17 mars 1250 (n. st.), Couffoulens. — Confession 
de Saisia, de Cavanac, non citée. 

Saisia, de Cavanaco. 

Ista est crucesignata. 

Anno quo supra, xvi kal. aprilis. Saisia de Gavanàco 
non citata juravit super iiii°' sancta Dei Evangelia 
coram magistro P., officiali, apud Gonfolentum; et 
tune interrogata per sacramentum ut de facto here- 
sis et Valdesie tam de se quam de aliis diceret id quod 
sciret, celavit penitus veritatem. i^ostmodum vero cum 
ducta fuisset apud Garcassonam et ibi aliquanto tem- 
pore dententa, dixit per sacramentum quod quadam 
die, dum a casa veniret ad domum sororis sue Ala- 
zaydis Sycrese, vidit ibi duos hereticos, de quorum 
nominibus non recordatur, et inclinavit se coram eis 
ponendo manus in terram ter dicendo : BenecUcite; et 
dicti heretici respondebaiit : Dominiis emendet vos 

1. Avant la déposition de Rixendis : Quere secundam con- 
fessionem istius in secundo libro, XLIII fol. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 271 

adversus 7iosK Interrogata de tempore, dixit quod 
duo anni possunt esse. Item, interrogata de astantibus, 
dixit quod predicta soror sua tantum. Interrogata si 
umquam audivit predicacionem eorum vel aliorum, 
dixit quod non. Interrogata si dédit eis aliquid vel 
recepit ab ipsis, dixit quod non. Interrogata si soror 
sua, scilicet Aiadaisis Scicreza, tune adoravit eosdem, 
dixit quod sic. Interrogata si credebat eos esse bonos 
homines et credebat se posse salvari in secta et mani- 
bus eorumdem, dixit quod non. De aliis breviter dixit 
se nichil scire diligenter requisita. Interrogata si abju- 
raverit heresim, dixit quod sic, coram fratribus inqui- 
sitoribus apud Gaunas. 

Hec deposuit coram domino episcopo Carcassone et 
domino abbate Fontis Frigidi^, et fratre Petro d'Orto- 
lanas, monacho ejusdem monasterii, et Ber. Martini, 
archipresbitero Carcassone. 

Interrogata dixit quod ipsa testis abjuravit here- 
sim apud Garcassonam, coram fratre Johanne ^, 
inquisitore, et scienter celavit ei omnia predicta, et 
scienter dejeravit^ 

XXX. — 15 el 17 mars 1250 (n. st.), Couffoulens. — 
Déposition de Sycre, de Cavanac. 

SiCREDUS, DE GâVANACO. 

Iste est intrusus. 
Anno quo supra, id[ib]us marcii. Sicredus de Gava- 

1. Formule qui ne se retrouve pas ailleurs. 

2. Arnaud, 1243-1262. 

3. Jean de Saint-Pierre. 

4. Avant les dépositions de Saisia : Quere primam confessio- 
nem ejus in VP libro, XP folio. 



272 REGISTRE DU GREFFIER 

naco juratus dixit se super crimine heresis penitus 
nichil scire^ 

Sygredus, de Cavanago. 

Iste est intrusus. 

Anno quo supra, xvi kal. aprilis. Sicredus^ de 
Cavanacho ' juravit coram magistro P., oificiali, apud 
Confolentum et tune celavit veritatem. Postmodum 
vero apud Carcassonam detentus, dixit per sacrameii- 
tum quod ix anni sunt elapsi quod vidit in domo sua 
duos hereticos, scilicet Arnardum de Fonterz ; de alio 
non recordatur ; quosBernardus Acier, deConfolento^, 
adduxerat in domum predictam ; et tune nichil aliud 
ibi fecit. Item, alia vice in eadem domo vidit eosdem 
hereticos et tune comedit cum eis. Interrogatus si 
tune adoravit eosdem, dixit quod non et tune simiU- 
ter nichil ahud fecit. Item, dixit quod aha vice vidit 
duos hereticos, quorum unus vocabatur Baiis nomine, 
quos Arnaldus Gibehn, de Gonfolento, adduxit ad 
puteum de Cavanaco ; et ibi idem testis et avunculus 
suus Petrus Sicredi receperunt eos et duxerunt ad 
domum Raymunde, socrus dicti Pétri Sycredi, que 
infirmabatur ; et tune heretici locuti fuerunt cum 
eadem. Interrogatus quid fecerunt vel dixerunt tune, 
dixit se non audivisse. Interrogatus de astantibus, [dixit] 
quod Alazaydis, mater ipsius testis^, et Raymunda, 

1. Entre les lignes : Quere aliam ej'iis confessionem , in 
IIP Ubro, XII fol. 

2. Entre les lignes : combustus. 

3. Voy. Première partie, n^^Il, IV, et ici lesn»' XIX et XX. 

4. Voy. n»"* XII, XIV, XX, XXXII, XLVII. 

5. Voy. n°' XIX, XX. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 273 

uxor dicti P. Sicredi. Iiiterrogatus de temporc, dixit 
quod VII anni possunt esse. Dixit etiam quod circa 
mediam noctem ipse testis solus duxit eos hereticos 
usque ad collum de Confblento et ibi dimisit eos. 
Interrogatus si in recessu adoravit eos, dixit quod 
non. Interrogatus si aliquid dédit eis vel recepit, dixit 
quod non. Item, dixit quod alia vice Arnaldus Brunel, 
de Gonfolento^ adduxit ad ipsum testem aiios duos 
hereticos ad vineam de Picace, videlicet Ar™ Egidii^ 
et Ferrarium^; et ipse testis duxit illos hereticos ad 
domum suam ; et steterunt ibi per duos dies vel très. 
Interrogatus si tune comedit cum eis, dixit quod non. 
Ite7n, interrogatus si dédit eis ahquid, dixit quod non. 
Interrogatus si recepit ab eis aliquid, dixit quod unus 
illorum dédit sibi vi denarios, alius très vel IIIl°^ Inter- 
rogatus si tune adoravit eosdem, dixit quod non"^. In- 
terrogatus si audivit predicacionem eorum, dixit quod 
sic. Interrogatus si placebat ei predicatio eorum, dixit 
quod sic. Interrogatus si aliqui de villa de Gavanaco 
vel aliunde veniebant ad predicacionem eorumdem, 
dixit quod non vidit, nisi R"' de Villandriz, de Gava- 
naco, quem ipse testis introduxerat ad eosdem. Inter- 
rogatus si dictus R. de Villandriz ^^ adoravit^ dictos 

1. Voy. n°XIX. 

2. Voy. n" XXXVII. 

3. Voy. n<" XXIII, XXXI. 

4. En marge : Postea adjecit et correxit dictum suuin, et in 
adventu licreticorum et recessu adoravit eos, dicendo fle.ris geni- 
bus ter : Benedicite; et heretici respondebant : Deus benedicat 
\os. Et R. de Villandriz et G. de Prizanel fecerunt sirniliter. 

5. Voy. les n°» XIX et XX. 

6. Renvoi à la note 4. 

18 



274 REGISTRE DU GREFFIER 

hereticos vel dédit eis aliquid vel recepit, dixit quod 
non, nisi quod audivit monitiones et predicacionem 
eorum. Item, dixit quod Guillelmum de Prixenel^ 
consanguineum suum, adduxit ad hereticos antedictos. 
Interrogatus si dictus Guillelmus adoravit ^ ipsos here- 
ticos, vel dédit vel recepit ahquid ab eis, dixit quod 
ipse viderit nisi quia audivit predicacionem eorum. 
Dixit etiam quod hereticos antedictos reduxit ad locum 
ubi eos acceperat cum R. de Villandriz, et tradidit 
Arnaldo Brunelli antedicto. Interrogatus si in recessu 
dédit eis aliquid vel adoravit^ eos, dixit quod non. 
Interrogatus si dixerunt ei aliquid, dixit quod rogave- 
runt eum testem, ut si forte mitterent ad eum nun- 
cium, quod veniret ad eos; et ipse promisit quod liben- 
ter faceret. Interrogatus de teinpore, dixit quod 
iiif anni possunt esse. Item, alia vice Petrus Adalberti, 
de Gonfolento^, adduxit ad ipsum testem duos hereti- 
cos, quorum unus vocabatur Guillelmus Vincencii ; de 
alio non recordatur, et idem testis adduxit eos ad 
domum suam ; et ibi steterunt per duos vel très dies. 
Interrogatus si tune adoravit eosdem, dixit quod non. 
Item, si audivit predicacionem. 



1. Voy. n«« XIX, XX, XXXI, XXXII. 

2. Renvoi à la note 4 de la page précédente. 

3. Renvoi à la note 4 de la page précédente. 

4. Voy. n" X. 

5. La fin de cette déposition manque, le fol. xnii (ancien), 
qui la contenait, ayant disparu. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 275 

XXXI. — [17 mars 1250 (n. st.).] — Confession de Guillaume 

Sicre, de Cavanac. 

[GUILLELMUS SiCREDI.] 

Item, dixit quod quadam nocte duxit ipse teslis ad 
Cortz Ar. [Geli]~ et Ferrarium hereticos; et cum fuis- 
sent in quadam area, Vergelia exivit ad ipsum testem ; 
et ipse testis et Vergilia, uxor Ferrier, intromiserunt 
dictos hereticos apud Cortz ; et cum essent ad hostium 
dicte Vergelie, ipse testis recessit ab eis, et predicta 
Vergelia cum predictis hereticis intravit domum suam. 
Inlerrogatus, dixit quod ipse testis non adoravit dic- 
tos hereticos nec dicta Vergelia, ipso teste vidente. 
Et hoc facto, ipse testis recessit ab eis. De tempore, 
circa dimidium annum. 

Hec deposuit coram domino episcopo Garcassone. 
Testes Bertrandus de Farico, et G. Poncii et Bonus 
Mancipus. 

Item, dixit ipse testis quod quadam nocte abstraxe- 
runt ipse testis et Guillelmus de Prichanel ^ duos here- 
ticos quorum nomina ignorât, a domo ipsius testis; 
et duxerunt eos usque ad fontem de Villafluras juxta 
Villafluras; etinvenerunt ibi Raymundum Julianisenio- 
rem et alium hominem cujus nomen ignorât ; et ibi 
ipse teslis et alii predicti adoraverunt dictos hereticos, 
sicut dictum est. Quo facto, ipse testis et Guillelmus de 

1. Pour la môme raison que ci-dessus, le commencement de 
cette déposition manque. Voy., pour Guillaume Sicre, Pre- 
mière partie, n° VII. 

2. Voy. n° X. 

3. Voy. n»^ XIX, XX, XXX, XXXII. 



276 REGISTRE DU GREFFIER 

Prichanel recesserunt a predictis hereticis ; et heretici 
remanserunt cum aliis predictis. De tempore, circa 
II annos et dimidium. Adjecit etiam quod ipse testis 
et Guillelmiis de Prichanel in exitu domus ipsius testis 
adoraverunt dictos hereticos, sicut dictum est. 

Hec déposait apud Garcassonam, coram domino epis- 
copo Carcassone. Testes magister Guillelmus Folquini, 
etGuillelmusPonciietBonus Mancipus, qui hec scripsit. 

Item^ dixit quod Johannes de Gornudels et Bernar- 
dus de Na Genta, de Cofïolento, adduxerunt quadam 
nocte als OHviers dels GuifFrezes Ferrarium* et Ar. 
Geh hereticos ; et erant ibi ipse et Guillehiius de Pri- 
chanel, de Cavanaco ; et ibi ipse testis et omnes alii pre- 
dicti adoraverunt dictos hereticos, sicut dictum est. 
Et hoc facto, ipse testis et Guillelmus de Prichanel 
tenuerunt viam suam cum dictis hereticis et duxe- 
runt eos apud Gavanacum et intromiserunt ebs in 
domum ipsius testis ; et Guillelmus de Prichanel reces- 
sit ab eis. Et steterunt ibi predicti heretici per duos 
dies et comederunt ibi de bonis ipsius testis et matris 
ipsius testis. Et erant ibi ipse testis et Aladaicis Sci- 
cresa, mater ipsius ; et ibi ipse testis adoravit eos. Et 
cum stetissent ibi per duos dies, ipse testis abstraxit 
predictos hereticos inde et duxit eos usque ad Golleni 
de Goiïblento; et ibi dimisit eos, et reversus fuit apud 
Gavanacum. Adjecit etiam quod Johannes de Gornu- 
dels^ et Bernardus de Na Genta predicli recesserunt a 
predictis hereticis de predicto loco. De tempore, circa 
m annos. 



1. Voy. n°^ XXIII, XXX. 

2. Voy. n° XIX. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 277 

Hec deposuit coram domino episcopo. Testis Bonus 
Mancipus, qui hec scripsit. 

XXXII. — 31 octobre 1259, Carcassonne. — Guillaume Sicre, 
arrêté, continue sa confession. 

Guillelmus Sicredi, filius Adalaicie Sicrede', de 
Gavanaco, diocesis Garcassonensis, adductus captus, 
anno Domini M°GG°LVIIir, ii kal. novembris, adjecit 
testimonio suo, dicens quod Amblardus de Villa Longa 
missus a Bernardo Acerii, ut dicebat, veniens Gava- 
nacum, duxit inde ipsum testem apud Bellum Vi- 
dere in domum Guillelme de Gramasia ad videndum 
hereticos ; et ibi ipse testis vidit eundem Bernardum 
Acerii^ et socium suum hereticos, presentibus eodem 
Amblardo et Guillehna de Gramasia, sponsa sive uxore 
ejus; et ibi ipse testis solus adoravit dictos hereticos; 
set non vidit ahos adorantes. Et tune prefati heretici 
quesiverunt ab ipso teste de statu terre sue et creden- 
cium hereticorum ; et in crastinum ipse testis, adoratis 
hereticis, et acceptis ab eis ex dono quinque solidis 
melgoriensium, rediit in sua, dimissis hereticis in do- 
mo predicta. De tempore, circiter v annos. Item^ dixit 
quod ad dictum dicti Amblardi ipse testis ivit ad cas- 
trum de Rivo in Valle Danie in domum Duranti Egi- 
dii", et vidit ibi P. Fatis hereticum, presentibus dicto 
Duranto Egidii..., uxore ejus, et... fîHa ipsius Duranti 
etatis VIII annorum ; et ibi ipse testis in adventu et re- 
cessu adoravit dictos hereticos ; et prefati heretici ro- 
gaverunt ipsum testem quod receptaret eos; etrecessit 

1. Voy. n° XIV. 

2. Voy. n«^ XII, XIV, XX, XXX, XLVII. 

3. Voy. n" XL VI. 



278 REGISTRE DU GREFFIER 

ab eis. Et post lapsumaliquorum dierum, prefati here- 
tici venerunt in domutn ipsius testis apud Gavanacum, 
et fuerunt ibi per duos vel très dies, presentibus ipso 
teste et Adalaicia, matre ipsius testis, qui dederunteis 
ad comedendum. Et adoraverunt eosdem hereticos 
quolibet die mane et vespere, ut supra. Et post lapsum 
dictorum dierum, ipse testis duxit prefatos hereticos 
apud Gornazanum in domum Arnaudi Barbionis^ qui 
receptavit prefatos hereticos, présente Adalaicia, uxore 
ejus ; et ibi ipse testis et alii duo, ipso teste vidente, 
adoraverunt dictos hereticos, ut supra. Et hoc facto, 
ipse testis, diniissis ibi hereticis, rediit in propria. Et 
hoc fuit circa tempus predictum. Item, dixit quod, ad 
dictum Arnaudi Barbionis, de Cornazano, ipse testis 
exiens obviam prefatis hereticis assumpsit eos et ad- 
duxit eos in domum sui ipsius testis, ubi fuerunt per 
diem et noctem, presentibus ipso teste et Adalaicia, 
matre ipsius testis, qui receptaverunt eos et dederunt 
eis ad comedendum ; et adoraverunt eos ipse testis et 
mater ipsius testis in adventu et recessu eorum. Et post 
lapsum dicti diei, prefati heretici recedentes inde 
abierunt viam suam versus Vallem Danie. De tem- 
pore, circa un annos et dimidium. 

Adjecit etiam quod post lapsum viii dierum, prefati 
heretici, sicut condixerant cum ipso teste, redierunt 
ad domum ipsius testis apud Gavanacum, et fuerunt 
ibi per duos dies, presentibus ipso teste et matre 
ipsius testis. Qui receptaverunt eos et dederunt eis ad 
comedendum et adoraverunt eos utroque die bis mane 
et vespere. Et vidit seu visitavit ibi prefatos hereti- 

1. Voy. n« XII. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 270 

cos Guillelmiis de Preixanello^ set non vidit eunn ado- 
rantem. Et post lapsum dictorum dierum, ipse testis 
solus assuniens prefatos hereticos associavit eos usque 
ad locum vocatuni CoUein de Gavanaco, ubi ipse tes- 
tis, adoratis hereticis, recessit ab eis. De tempore, 
quod supra. 

Item, dixit quod, ad dictum Arnaudi Barbionis, ipse 
testis venit juxta aquam de Lieuco, ubi invenit prefa- 
tum Bernardum Acerii et socium suum hereticos, quos 
adorans ibi duxit eos inde apud Gervianum Vallis 
Danie, in domum Arsendis, que receptavit eos; et in 
mane ipse testis, sumpto prandio in cellario domus 
ubi erant heretici et dicta Arsendis cum eis, adoratis 
hereticis ab ipso et dimissis ibi hereticis, ipse testis 
rediit in sua. De tempore, circiter m annos. Itein, dixit 
quod, ad dictum dicti Arnaudi Barbionis, ipse testis 
veniens ad aquam de Lieuco, invenit ibi prefatos here- 
ticos, quos adorans duxit apud Gomelbas in domum 
Pétri de Gomelbis cum uxore dicti Pétri de Gomelbis ; 
dimissis hereticis in quodam paleirio^, rediit in pro- 
pria ; et hoc fuit circa tempus predictum. 

Adjecit etiam quod post lapsum xv dierum, sicut 
condixerat, cum hereticis veniens ad passum de Vil- 
landriz, invenit ibi prefatos hereticos ; et, adoratis eis, 
duxit eos usque ad callam^ de Gavanaco, ubi recessit 
ab eis et adoravit eos ut supra. Item, dixit quod, ad 
dictum Guillelmi de Paulmiano de Vesola, ipse testis 
venit extra Gavanacum ad quoddam mallolium ipsius 
testis, ubi invenit Bernardum de Monte Olivo et Ber- 

1. Voy. n»" XIX, XX, XXX, XXXI. 

2. Voy. n° II, note. 

3. Sentier, chemin. 



280 REGISTRE DU GREFFIER 

nardum Acier hereticos, quos adoravit et duxit in 
domum sui ipsius testis, ubi fuerunt per diem et noc- 
tem, presentibus ipso teste et dicta matre ipsius tes- 
tis; qui receptaverunt prefatos hereticos et dederunt 
eis ad comedendum et adora verunt eos; et post lap- 
sum dicte diei, ipse testis eduxit inde prefatos here- 
ticos et associavit eos usque ad passum de Vilandriz, 
ubi adorans eos recessit ab eis. De tempore, circa unum 
annum. Item, dixit quod Guillelmus de Vesola, veniens 
apud Cavanacum, duxit ipsum testem apud Vesolam et 
inde ad nemus de Mata ad videndum hereticos ; et inde 
ipse testis, ad dictum juvenis predicti, ascendit in 
montem supra dictum nemus, ubi invenit Bernardum 
de Monte Ohvo, hereticum, et cum eo Vitalem de 
Paulmiano de Vesola. Qui narraverunt ipsi testi quod 
PetrusPoliani, episcopus hereticorum, clam recesserat 
ab eis et absconderat totam pecuniam et totum the- 
saurum. Quo audito, ipse testis remansit ibidem cum 
eis per très dies ; et querentes per nemus reppererunt 
prima die unam botillam subtus terram, ubi erant 
numéro XII vel xiii librorum sterlinge, et secunda die, 
aliam botillam, in qua erant xiiii librorum sterlinge, 
et tertia die, tertiam botillam in qua erant xvili libre 
millarensium; quibus acaptis, venerunt insimul usque 
ad Cornasanum, ubi remansit Bernardus de Monte 
Olivo hereticus simul cum Arnaud [o] Barbionis, qui 
veniens exiverat ad eumdem hereticum ; et ipse testis 
et Vitalis de Paulmiano cum pecunia venerunt Cavana- 
cum in domum ipsius testis ; et post unum vel duos 
dies, ambo, ipse testis et dictus Vitalis, venerunt 
cum pecunia apud Casais, ubi invenerunt Bernardum 
de Monte Olivo et Bernardum Acier et alium hereti- 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 281 

cum ; et adoraverunt eos ambo ; et hoc facto et retlita 
eis pecunia, ipse testis solus recessit ab hereticis et a 
Vitale dePau[l]miano, qui remansit cumeis. De tempore, 
circa unum annum. Item, dixit quod post lapsum xvdie- 
rum, ipse testis, sicut condixerat cum hereticis et cum 
Vitale, cum duobus libris quos heretici dimiserant in 
domo ipsius testis, venit apud Gervianum in domum 
Arsendis; et inde Petrus, fîlius ipsius Arsendis, duxit 
ipsum testem apud Rivum in domum cujusdam mulie- 
ris, que stat juxta portam ville versus circium^ cujus 
nomen ipse testis ignorât; ubi ipse testis et dictusP. 
comederunt ; et sero prefata mulier direxit ipsum tes- 
tem in quodam vico castri, dicens quod in extrema do- 
mo illius vici inveniret quod ipse testis querebat. Quo 
audito, ipse testis sequens illum vicum aperuit por- 
tam domus extrême, ubi invenit Bernardum de Monte 
Olivo, Bernardum Acier, et Petrum de Camia et duos 
hereticos, quos primo ipse testis viderat simul cum 
Petro, filio Arsendis, in quadam vinea juxta Rivum et 
locutus fuerat cum eis de facto Vitalis de Paulmiano, 
qui non venerat, sicut promiserat hereticis ; et tune in 
domo predicta ipse testis adoravit dictos hereticos et 
dixit eis quod Vitalis de Paulmiano, quem ipse testis 
de mandato hereticorum iverat visum apud Vesolam, 
non potuit venire, quia impedimentum habuerat idem 
Vitalis in genu et mandabat eis quod cogitarent de 
se ipsis, quia idem Vitalis nichil poterat facere eis; et 
post aliquanlam moram, heretici dederunt ipsi testi 
XX solidos melgoriensium pro labore quem subierat et 
fccerat pro eis. Quibus acceptis, ipse testis rediens 

1. Le cers, c'est-à-dire le sud. 



282 REGISTRE DU GREFFIER 

in domum dicte mulieris jacuit et pernoctavit ibi; 
et promisit hereticis in recessu ab eis quod si presen- 
tiret aliqua que possent eis interesse, nunciaret eis. 

Adjecit etiam quod in vinea ubi ipse testis vidit pre- 
fatos hereticos, ut predictum est, adoravit eos et red- 
didit eis dictos duos libros. Interrogatus si Petrus, 
tîlius Arsendis, adoravit dictos hereticos, dixit quod 
non, neque vidit eos simul cum ipso teste. Item, de 
tempore, quod supra. Item, dixit quod ad dictum Ada- 
laicie, uxoris Arnaudi Barbionis, quam ipse testis inve- 
nit in Burgo Garcassone, ipse testis ivit ad domum 
ipsius Arnaudi Barbionis apud Gornasanum, ubi vidit 
et visitavit Bernardum de Monte Olivo, Bernardum 
Acier, Petrum de Gamia et alium hereticum, présente 
Adalaicia, uxore ipsius Arnaudi Barbionis; et ibi ipse 
testis adoravit dictos hereticos. Et hoc facto, ipse tes- 
tis, de mandate hereticorum, ivit Vesolam ad Vitàlem 
de Pauhniano, cui ipse testis dixit, ex parte heretico- 
rum, quod, si pecuniam quam simul cum Vitale et que- 
dam aUa absconderant, quam heretici invenire non 
poterant, idem Vitahs sciret, certificaret eos ; et idem 
VitaHs respondit ipsi testi quod postea non fuerat in 
loco ubi pecunia fuerat absconsa, nec sciebat ahquid 
de illa pecunia. Quo audito, ipse testis renunciavit 
hoc et dixit hereticis apud Gornasanum in domo 
Arnaudi Barbionis, présente dicta Adalaicia, uxore 
Arnaudi Barbionis ; et postmodum adoratis hereticis 
et dimissis ibidem, recessit ab eis. De tempore, hoc 
anno circa festum Nativitatis Domini. 

Item, dixit quod ad dictum Arnaudi Barbionis 
venientis apud Montem Olivum, ipse testis venit Gor- 
nasanum, ubi invenit Bernardum Acier et Petrum de 



DE L'INQUISITION DK CARCASSONNE. 283 

Gamia hereticos in (juadam domunciila, quam osten- 
dit ipsi testi Adalaicia, uxor Arnaudi Barbionis ; et ibi 
ipse testis adoravit ipsos hereticos; et hoc facto, pre-. 
fati heretici rogavenint ipsum testern quod recederet 
cum cis et iret in Lombardiam ^ Quibus ipse testis res- 
pondit et dixit se non iturum, quia non habebat dena- 
rios paratos ; et sic recessit ab eis. De tempore, hoc 
anno circa mediam quadragesimam. Predictos hereti- 
cos credidit esse bonos homines, aniicos Dei et vera- 
ces, bonamque fidem habere, seque et alios salvari 
posse in secta eorumdem ; et hic fuit in ista credencia 
quousque ultimo recessit ab eis. Et recognovit quod 
omnia superius adjecta a principio adjectionis fecit et 
commisit postquam fuit eductus de muro ubi intrusus 
fuit pro hiis que primo commiserat in heresi, et etiam 
post factam sibi gratiam de crucibus in eductione 
mûri ; unde confitetur se scienter in abjuratam here- 
sim recidisse. Item, dixit quod Dies et Johanna here- 
tice fuerunt in domo ipsius testis et matris sue per 
annum et ultra continue comedentes et bibentes de 
proprio ipsarum hereticarum. Verumtamen tam ipse 
testis quam mater ejus emondebant bladum eis ali- 
quando, et ahquando emebant ab aliis. Et ambo, ipse 
testis et mater ipsius testis, multociens adoraverunt 
dictos hereticos ; et vidit et visitavit ibi dictos hereti- 
cos; Guillelmus de Preixanello pluries et multociens 
adoravit eosdem hereticos, ipso teste vidente. 

Adjecit etiam quod post lapsum dicti criminis, ipse 
testis et Guillelmus de Preixanello simul cum Petro Pa- 



1. Tout bon hérétique faisait le voyage de Lombardie, qui 
était comme une autre terre sainte. 



284 REGISTRE DU GREFFIER 

raire et alii heretici eduxerunt inde prefatos hereticos 
et associaverunt et eduxerunt eos usque ad podium 
vocatum Garga Sobregii ; et ibi ipse testis et dictus 
Guillelmus de Preixanello, ipso teste \idente, ado- 
ratis hereticis, recesserunt ab eis. De tempore, cir- 
citer XI annos. Et hoc non dixit, quia non recorda- 
batur quando primo fuit confessus. Item, dixit quod, 
postquam Bernardus Acier hereticus fuit adductus 
captus Garcassonam et fuit conversus, ipse testis, au- 
dita conversione ejus, venit Garcassonam in domum 
Marescalli, ubi inquisitores stabant et inquirebant ; et 
ibi ipse testis invenit Vitalem de Paulmiano detentum 
captum, quem ipse testis consuluit de facto Bernardi 
Acier. Qui dixit ipsi testi quod dictus Bernardus 
Acier confitebatur et locutus fuerat de ipso Vitale; 
et fuerat propter hoc captus, et presumebat quod, si 
nondum locutus fuerat de ipso teste, quod adhuc loque- 
retur et revelaret ipsum testem et factum ejus ; et con- 
sulebat ipso testi quod aufugeret et recederet a terra. 
Quo audito, ipse testis et Guillelmus de Preixanello et 
Adalaicia, mater ipsius testis, recedentes a Castro de 
Gavanaco, venerunt apud Malverium in domum Ada- 
laicie, sororis ipsius testis, uxoris Guillelmi Aigabeu, 
ubi dimissa matre ipsius testis, ipse testis et Guillelmus 
de Preixanello iverunt apud Rupem Amaters visitaturi 
ecclesiam et oratorium Béate Marie Virginis ; et rece- 
dentes inde, redierunt ad Forciam ' Raimundi Fer- 
randi intcr Montem Regalem et Fanum Jovis ; et inve- 
nerunt ibi Adalaiciam , matrem ipsius testis ; et 
postmodum Adalaicia, soror ipsius testis, et Guillel- 

1. La Force, dans l'Aude. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 285 

mus Aigabeu, vir ejus, de Malveriis, venientes in 
donium Bernardi Deodati, sororii Guillelmi Aigaheu, 
ubi ipsc testis et Guillelmus de Preixanello crant, dixc- 
runt et nunciavcriint eis quod Bernardus Acier con- 
versus tolum factum ipsius testis et alterius revela- 
verat, dicentcs eis quod aufugerent. Quo audito, ipse 
testis et Guillelmus de Preixanello, dimissa ibi matre 
ipsius testis, simul cum sorore et sororio ipsius testis 
aufugerunt et recesserunt a terra. 

Hec deposuit Garcassone, coram fratre Baudouino 
de Monte Forti, inquisitore. Testes fratres P. Blatgerii 
et Félix et Guillelmus Escobillo, conversus de ordine 
Predicatorum, et Bainaldus de Gastris, notarius, qui 
subscripsit. 

Et juravit, et abjuravit et fuit reconciliatus. 

XXXIII. — 17 mars 1250 (n. st.), Carcassonne. — Confession 
d'Alasaïs de Bax, de Verzeille. 

Alasais de Bax, de Verzalano. 

Crucesignata est. 
Anno Domini M°GG°XLVIlir, [x]vi kal. aprilis. Ala- 
daidis de Bax, de Verzelano, testis jurata, dixit quod 
quedam consanguinea sua, Ermesendis nomine, de- 
functa, mandavit predicte testi ut veniret ad eam apud 
Leucum ; et dicta testis obviavit ei in porta de Leuco; 
et tune dicta Hermesendis adduxit dictam testem ad 
doinum R. Guilis' de Leuco, et ibi oslendit ei duos 
hereticos, quorum nomina ignorât; et dicta testis ado- 
ravit eos flexis genibus, dicens : Benedicite, sicut moris 

1. Voy. n° VII et plus bas : Gilis. 



286 REGISTRE DU GREFFIER 

est hereticorum^; et aller eorum quesivit a dicta teste 
si reciperet eos in domo sua ad minus una nocte; et 
ipsa respondit quod non auderet pro filiis suis. Item, 
interrogata si comedit vel bibit cum eis, si audivit 
predicationem eorum, si dédit eis aliquid, si postea 
vidit eos vel alios hereticos, respondit ad singula quod 
non. De astantibus, dixit quod dictus R. Gilis et uxor 
ejus Virgilia^ erant présentes. De tempore, dixit quod 
sunt iiii anni et dimidius. Item, interrogata si fuit cre- 
dens hereticorum, respondit quod sic in illo instanti 
quo adoravit eos. Set statim rediit ad cor et penituit 
eam intus. Item, interrogata si confessa fuit de pre- 
dictis, dixit quod sic fratribus inquisitoribus apud 
Caunas, et ibidem abjuravit heresim. Item, interro- 
gata si post abjurationem comisit in crimine heresis, 
respondit quod non. 

Hec deposuit coram domino B. Martini, archipres- 
bitero minori, et magistro Roberto, de mandato domini 
episcopi. Aliam audientiam non habuit, quia quasi 
innocens reputatur. 

XXXIV. — 16 mars 1250 (n. st.). — Confession de B. Car- 
casses, de Villefloure, non cité. 

B. Gargases, de Vilaflorano. 

Iste est intrusus. 
Anno quo supra, xvil kal. aprilis. B. Garcases, de 
Vilaflorano^, non citatus, testisjuratus, dixit quod ipse 
duxit quamdam in uxorem que vocabatur Fabrisa^; 

1. Voy. n° VII. 

2. Voy. n« VII. 

3. Voy. n«' XXXV et XXXVI. 

4. Voy. n« XXXVI. : ' 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 287 

et ipsa fuerat domisella R. de Casais \ militis, qui 
diligebat hereticos et docuerat dicta[m] Fabrisam in 
secta hereticorum; et ipsa postmodum seduxit dictum 
testem, rogans ut diligeret hereticos. Dictus vero tes- 
tis moiiitioni predicte resistebat. Postea dicta Fabrisa, 
dicto teste abscente, adduxit in domum suam quem- 
dam hereticum qui vocabatur G. de Casais. Qui tes- 
tis, cum venisset, iratus super hoc verberavit dictann 
Fabrissam pro eo quod recepisset dictum hereticum 
in domo. Dictus tamen hereticus moratus fuit ibi pos- 
tea per ebdomadam unam, ipso teste présente et sus- 
tinente, et per quindenam continue ipso absente, qui 
ibi eum dimiserat in resessu suo. Interrogatus si dédit 
heretico ad comedendum, respondit quod dictus R. de 
Casais, frater dicti heretici, providebat[e]idem heretico 
in necessariis. Item, interrogatus si aliqui de Vilaflo- 
rano visitabant dictum hereticum vel dabant ei aliquid, 
respondit quod non, ipso présente vel quod ipse sci- 
ret. Interrogatus de dicto heretico, quo ivit, respondit 
quod in Lombardiam. De tempore, dixit xx anni pos- 
sunt esse. Interrogatus si postea vidit hereticos vel 
Valdenses in domo sua vel alibi, respondit quod vidit 
in domo sua Rixendam de Amelio hereticajm] ; et uxor 
sua Fabrisa faciebat ei quidquid boni poterat ; et stetit 
dicta heretica cum dicto teste et uxore sua Fabrisa in 
domo perannum. Postea dicta heretica recessita domo 
dicti testis et mansit in domo neptis sue dicte here- 
tisce, que vocabatur Barmonda, quousque fuit capta 
et combusta cum quibusdam aliis hereticis apud Gar- 
cassonam. De tempore, dixit quod tempore Andrée 

1. Voy. n" XXXV. 



?88 REGISTRE DU GREFFIER 

Gahuleti, senescalli^. Interrogatus de G. de Casais, 
quas vias tenuit, dixit quod intravit Lombardiam. 
Postea vero vidi[t] duos hereticos in domo R. Juliani 
de Vilaflurano, quorum nomina nesciebat ; qui dictus 
testis cum dicto R. Juliano duxit dictos hereticos 
usque Garcasobrega in terminio de Leuco ; qui here- 
tici venerunt versus Gofolentum ; set tamen nescit 
quam domum intraverunt. De tempore, dixit quod 
annus et dimidius. Postea uxor dieti testis incepit 
infirmari gravi infirmitate et peciit sibi adduci here- 
ticos qui salvarent eam, quia modis omnibus volebat 
mori in manibus eorum et facto testamento et recepta 
Eucaristia^. Postea dictus testis addidit quod quidam 
hereticus tradidit uxori sue Fabrice v solidos quos de- 
bebat dare P. Anargila, qui erat hereticus de Vilatritol ; 
et dicta uxor dixit marito suo quod deportaret dictos 
denarios dicto heretico; quod facere noluit; et tune 
dicta uxor tradidit dictos denarios R. Garcassesio, filio 
suo, ut deportaret eos dicto lieretico apud Vilamtri- 
tol ; et dictus fîHus tradidit eos dicto heretico. Requi- 
situs de tempore, dixit quod bene sunt vu anni. 

XXXV. — 6 mai 1252. — Bernard Carcasses, de Villefloure, 
continue sa confession. 

Anno Domini M° GG° L° secundo, ii nonas maii. 
Bernardus Garcassesii^, de Viliafloirano, testis juratus, 

1. Appelé André Chaulcas par Mahul. Il aurait été tué vers 
1227. [Cartulaire, t. VI, première partie, p. 279.) 

2. Fait rarement mentionné et curieux mélange des deux 
cultes. 

3. Voy. n°^ XXXIV et XXXVI. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 289 

addidil coiifessioni sue, dicens qiiod apud Villafloira- 
num in domo Pi**' de Casais^ vidit Benedictum de 
Terminio, G. de Piiteo, P. Torron, Stephanum de 
Gazilhac, R. Aolric, fratrem quondam capellani de 
Moule Laiiro, predecessoris istius, et alios plures here- 
ticos multocieus; et vidit ibi cum eis Ber. Willelmi 
et Ar. Willelmi de Leuco^, fratres, [Guillelmum] Val- 
lato^, Aimericum de Solerio et multos alios de quibus 
non recolit. Set ipse testis nou adoravit nec vidit ado- 
rari ; et tuuc Raymuudus Aolric predictus decessit, et 
fuit sepultus in aperio^, sicut R. de Gazilhac^, bajulus 
Raymundi de Gasals, et Guillamus'^^ nuncius ejusdem 
Raymuudi, retulerunt ipsi testi et hostenderuut sibi 
locum; et sunt circiter xxx anni. Item, Guillelmus 
Vallato" tenuit in quadam domo sua per noctem et 
diem Alazaiciam d'en Arneil hereticam defunctam, 
quam heretici ibidem intromiserant de uocte ; et dic- 
tus G. sepelivit eam in reco de Rippis, sicut idem 
G. retulit ipsi testi; etR. Vallato hostendit sibi locum; 
et hoc debeut scire Guillelma, uxor dicti Guillelmi 
Vallato, et Alazaicia, et Fabrissa, filie ejus. Item, W. 
de Vallato fuit hereticatus in obitu, et mater ejusdem 
similiter, sicut R. de Gasillac predictus retulit ipsi 
testi. 



1. Voy. n° XXXIV. 

2. Voy. plus haut, n° I. 

3. Enti^e les lignes : M, signifiant mortuus. 

4. Pour opertorio sans doute, tumulus, tumba. Du Gange. 

5. Entre les lignes : M, signifiant mortuus. 
G. Item. 

1 . Item. 



19 



290 REGISTRE DU GREFFIER 

XXXVI. — 7 mai 1253. — Bernard Carcasses, de Villefloure, 
continue sa confession. 

Anno Domini M°CG°L° Ilf, nonis maii. Dictus Ber- 
nardus Carcasses^ citatus reddiit et adjecit quod ipse 
testis quadam die ivit apud Goffolentum de niandato 
Fabrisse-, quondam uxoris sue, pro querendis hereti- 
cis ad opus dicte Fabrisse, que infîrmabatur illa infir- 
mitate qua obiit; et intravit domum Bernard! Ros, 
senioris, et invenit ibi Vergeliam, uxorem Bernard! 
Ros predicti ; et ibi ipse testis locutus fuit cum ea de 
hereticis; et tune predicta Vergelia dixit eidem testi 
si volebat eos videre, et ipse testis respondit quod 
non ; et tune condixerunt inter se quod in sero se- 
quenti ipse testis esset ad ecclesiam de Gazais et illuc 
inveniret hereticos; et ipse testis ivit ad predictum lo- 
cum, et invenit ibi duos hereticos quorum nomina igno- 
rât, etduxiteos apud Villafluranum, et intromisit eos in 
domum ipsius testis ante Fabrissam, uxorem quon- 
dam ipsius testis, que infîrmabatur; et cum essent 
ante dictam infirmam, ipse testis exivit inde et dimi- 
sit dictos hereticos cum predicta infirma ; et ipse tes- 
tis clausit hostium cum clave et custodit januam ne 
ahquis superveniret. Et ibi predicti heretici heretica- 
verunt dictam intîrmam, uxorem ipsius testis, et lega- 
vit predictis hereticis vestes suas, quas predicti here- 
tici habuerunt antequam recédèrent a domo ; et 
jacuerunt ibi predicti heretici per unam noctem; et 
in mane ipse testis abstraxit dictos hereticos a domo 

1. Voy. nO" XXXIV et XXXV. 

2. Voy. n» XXXIV. 



DE L'INQUISITION DE CAUCASSONNE. 291 

ipsius tcstis, et duxit et intromisit eos in domum Ar- 
naud! Scicre, fabri de Villailurano; et erant ibi quando 
ipse testis et heretici predicti intraverunt, Rayiniinda, 
uxor Arnaudi Scicre, et Ermengardis , uxor G. Ar. 
quondam. Interrogatus dixit quod ipse testis nec pre- 
dicte mulieres non adoraverunt dictos hereticos ipso 
teste vidente ; et steterunt ibi predicti heretici per diem 
et noctem ; et cum stetissent ibi per dictum tempus pre- 
dicti heretici, ipse testis extraxit eos inde et duxit eos 
usque in locum qui dicitur Gargasobrega prope Leu- 
cum; et ibi ipse testis adoravit dictos hereticos ter 
flexis genibus ante ipsos ; et in qualibet genuflectione 
dicebat ipse testis : Bcnedicite; et heretici responde- 
bant in qualibet benedictione : Deus vos benedicat; et 
addebat post ultimum Benedicite : Donmii, rogate Deum 
pro isto peccatore, quod faciat me honum christianiim 
et perducat me ad honum fmeinK Et hoc facto, ipse 
testis recessit ab eis et reversus fuit versus Villaflura- 
num ; et heretici tenuerunt viam suam. De tempore, 
in festo sancti Johannis Baptiste proxime veniente erunt 
m anni. Item, dixit se vidisse apud Villafluranum in 
domo Raymundi ' de Gasals, Raymundum Oalric et so- 
cium ejus hereticos per très vices; et erant ibi ipse 
testis et Raymundus'^ de Gasals et Arnaudus'^ Fer- 
roll, et Raymundus'' de Gasolac; et ibi ipse testis et 
omnes alii predicti qualibet vice et Fabrissa, uxor 

1. Voy. n° VII. 

2. Entre les lignes : M, signifiant mortuus. 

3. Item. 

4. Item. \ 

5. Item. 



292 REGISTRE DU GREFFIER 

ipsius testis, et Flandina^ soror Raymundi de Casais, 
et Sicredus^ de Casais, de Carcassona, adoraverunt 
dictos hereticos, sicut dictum est. De tempore, 
XL anni. Interrogatus , dixit quod ipse testis abju- 
ravit heresim apud Caunas coram inquisitoribus, 
et scienter celavit eis veritatem et scienter dejeravit ; 
et postea recidavit et scienter dejeravit. Interrogatus, 
dixit quod ipse testis abjuravit heresini apud Carcas- 
sonam coram fratre Johanne, inquisitore^ ; et scien- 
ter celavit ei omnia predicta et scienter dejeravit. 

Hec deposuit apud Carcassonam coram domino 
episcopo Carcassone. Testes magister P., capellanus 
de Drula, et Bonus Mancipus, notarius. 

XXXVII. — [16 mars 1250.] — Confession de Pons Albert, 

de Couffoulens. 

Po. Adalberti, de Cofolento. 

Iste est crucesignatus . 
Po. Adalberti, de Coffolento, gratis veniens non cita- 
tus, testis juratus tam de se quam de aliis, vivis ac 
defunctis, super facto Valdesie et pravitatis heretisce 
dicere veritatem, requisitus dixit quod quadam vice 
Ar. Pela, de Coffolento, major adduxit ad domum ipsius 
testis duos hereticos, videlicet Ar. Egidii^ et R. Va- 
lent; et ibi tenuit eos per unum diem. Nocte sequenti 
idem testis reduxit eos ad domum dicti Ar. Pela ; quo 
iverunt postea nescit. Interrogatus [si adoravit], 

1. Entre les lignes : M, signifiant mortiia. 

2. Entre les lignes : M, signifiant mortuus. 

3. Jean de Saint-Pierre. 

4. Voy. n° XXX. 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 293 

dixit quod [sic] ter flexis genibus discendo : Benedis- 
cite; et lieretici respondebant : Deus vos benedicat^. 
Interrogatus si comedit cum eis, vel dédit eis aliquid, 
vel recepit ab eis, vel comedit de pane ab hereticis 
benedicto vel audivit predicationem ab ipsis, vel 
accepit pascem, vel monuit aliquem ad credendum 
vel benefaciendum hereticis, dixit quod non. Interro- 
gatus si credebat hereticos bonos esse homines et bo- 
nam sectam tenere, dixit quod sic ; et si tune more- 
retur, credebat se posse salvare (sic) in erroribus 
eorumdem. Interrogatus de tempore, dixit quod circa 
duos annos et dimidium potest esse. Dixit etiam quod 
alia vice vidit duos hereticos in domo B. Ruffi, de Gof- 
folento. Tamen non fuit locutus cum eis, nec misit, 
nec dédit eis aliquid. Interrogatus de tempore, dixit 
quod III anni possunt esse. Interrogatus si abjuravit 
heresim, dixit quod sic, secundum communem for- 
mam, fratribus inquisitoribus apud Gaunas. 

XXXVIII. — [16 mars 1250.] — Confession de G. Bonfils, 

de Taurize. 

[G. Bonus Filius, de Taurizâno.] 

G. Bonus Filius, de Taurizâno, testis juratus super 
facto Valdesie et heretice pravitatis, dixit se penitus 
nichil scire. 

XXXIX. — 12 mars 1250 (n. st.). — Confession de Pierre 

Bonfils, de Taurize. 

[Petrus Bonus Filius, de Taurizâno.] 
Anno quo supra, iili idus marcii. Petrus JBonus 

1. Voy. n« VII. 



294 REGISTRE DU GREFFIER 

Filius, de Taurizano Vallis Aquitanie, citatus, de veri- 
tate dicenda requisitus de se et aliis, etc., testis jura- 
tus, dixit se nichil scire penitus super crimine here- 
sis et Valdesie. Interrogatus diligenter super articulis 
universis et singulis qui debent inquiri, dixit se nichil 
scire. Dixit etiam quod abjuravit heresim et Valdesiam 
coram inquisitoribus apud Caunas ; et quod ante née 
post scivit aliquid de heresi vel Valdesia. 

XL. — 12 mars 1250 (n. st.). — Confession de Guillaume 
Arnaud, de Taurize, cité. 

[GUILLELMUS ArNALDI, DE TAURIZANO.] 

Anno et die quo supra. Guillelmus Arnaldi, de Tau- 
rizano, citatus, requisitus, etc., testis juratus, dixit se 
super crimine heresis et Valdesie nichil scire. Interro- 
gatus super articulis universis et singulis qui ad cri- 
mina pertinent antedicta, dixit se penitus nichil scire. 
Dixit etiam quod abjuravit heresim coram inquisito- 
ribus apud Caunas, et quod ante nec post scivit ali- 
quid de heresi nec Valdesia. 

XLÏ. — 12 mars 1250 (n. st.). — Confession de Raymond 
Durand, de Taurize, cité. 

[Raymundus Durandi, de Taurizano.] 

Anno et die quo supra. Raymundus Durandi, de Tau- 
rizano, citatus, requisitus, etc., testis juratus, dixit se 
super crimine heresis et Valdesie penitus nichil scire. 
Interrogatus super articuhs universis et singulis qui ad 
crimina pertinent antedicta, dixit se penitus nichil 
scire. Dixit etiam quod abjuravit heresim coram 



DE L'INQUISITION DE CARCASSONNE. 295 

inquisitoribus apud Caunas, et quod ante riec post 
scivit aliquid de heresi nec de Valdesia. 

XLII. — 8 avril 1250. — Confession de Raymonde, femme de 
Ber. Brunel Poteluc, de Couffoulens. 

[Raymunda, uxor Ber. Brunelli Poteluc, 
de goffolento.] 

Item, anno Domini ]VrGG°L°, vi idus aprilis. Ray- 
munda, uxor Ber. Brunelli Poteluc, de GofFolento, tes- 
tis jurata, dixit quod nunquam vidit hereticos nec Val- 
denses, nec credidit, nec adoravit, nec dédit eis ali- 
quid, nec misit, nec predicacionem eorum audivit, 
nec participacionem nec familiaritatem habuit cum eis. 

XLIII. — 8 avril 1250. — Confession de Julienne, femme de 
Pierre de Gaja-Ia-Selve, de Preixan. 

[JULIANA, UXOR PeTRI DE GaIANO.] 

Item, anno et die quo supra. Juliana, uxor Pétri de 
Gaiano, de Prexiano diocesis Garcassonensis, requi- 
sita ut supra, testis jurata, dixit quod nunquam vidit 
hereticos nec Valdenses, nec credidit, nec adoravit, 
nec dédit eis aliquid nec misit, nec predicacionem 
eorum audivit. 

XLIV. — 8 avril 1250. — Confession de Riche, femme de 
Pierre Pages, du Bourg de Carcassonne. 

[Rica, uxor P. Pagesii.] 

Item, anno et die quo supra. Rica, uxor P. Pagesii, 
de Burgo Garcassone, requisita ut supra, testis jurata, 
dixit quod nunquam vidit hereticos nec Valdenses, 



296 REGISTRE DU GREFFIER 

nec credidit, nec dédit eis aliquid, nec misit, nec pre- 
dicacionem eorum audivit. 



XLV. — 11 novembre 1250. — Confession de Bernard Textor 

le vieux, de Taurize. 

[Bernardus Textor, senior, de Tauzerano.] 

Anno Domini iVrCCL", iif idus novembris. Ber- 
nardus Textor, senior, de Tauzerano ^ testis juratus, 
dixit quod nunquam vidit hereticos , nec adoravit, 
nec dédit, nec misit, nec duxit, nec recepit, nec 
eorum predicationem audivit, nec familiaritatem, nec 
participationem habuit cum hereticis nisisicut dictum 
est ; de Valdensibus, dixit se nichil scire. 

Hec deposuit coram domino episcopo Garcas