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Full text of "Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers"



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ENCYCLOPÉDIE, 

o u 

DICTIONNAIRE RAISONNÉ 

. DES SCIENCES, 

DES ARTS ET DES MÉTIERS, 

TROISIEME EDITION. 
TOME QUATRIEME. 






I C l 



ENCYCLOPÉDIE, 

u 

DICTIONNAIRE RAISONNÉ 

DES SCIENCES, 

DES ARTS ET DES MÉTIERS, 

PAR UNE SOCIÉTÉ DE GENS DE LETTRES. 

Mis en ordre et publié par M. DIDEROT; 
Et quant a la partie Mathématique, par M. D'ALEMBERT. 

Tantum ferîes junffuntque f>oi(er , 
Ttr.iùm de tnedio fumfrtis xccedlr honirii \ HORAT. 

T R O I S I E ME ÉDITION. 



**= 



*» 



TOME QUATRIEME. 




A G E N E r E, 

Chez Jean-Léonard Pellet, Imprimeur de la République. 

A N EU T C U AT E L, 

Chez la SOCIÉTÉ TYPOGRAPHIQUE. 



M. DCC. L XX VI IL 



ADAlflS 




ENCYCLOPÉDIE, 



o u 



DICTIONNAIRE RAISONNÉ 

DES SCIENCES 9 

DES ARTS ET DES MÉTIERS 

» ^ — = = »» 




A U 

U , ( Ge'og. ) mot allemand 
qui veut dire la plaine , & 
qui , dans ce fens , eft le 
nom propre de pluiieurs 
bourgs, châteaux & cou- 
vents peu confidérables 
de l'empire , auffi-bien que 
celui de quelques-uns des environs de Caflel , 
de Munich & autres villes. ( C. A. ) 

* AU , ( Gram. ) Quant à fa valeur 
dans la compofition des mots , c'eft un 
fon fimple & non dipthongue ; il ne 
diffère de celui de la voyelle o , qu'en ce 
qu'il eft un peu plus ouvert : quant à fa 
valeur dans le difcours , voye\ l'article 
Article. 

§ AVA , ( Ge'og. ) ce royaume d'Afie 
Tome IV. 



A V 

eft borné à l'oueft par le royaume dAr- 
racan & la mer ; au fud par le Pe'gu , 
à l'eft par une chaîne de montagnes ; Se 
au nord par le pays de Kemarat. Ce royau- 
me fait partie des états du roi de Pégu. On 
y trouve du mufe , de l'aloës , de bon ver- 
nis , & des rofeaux d'une groffeur pro- 
digieufe. Les rubis qui en viennent font 
fort eftimés , de même que les chameaux 
& les élephans que l'on y nourrit. Sa 
capitale eft Ava : c'eft une ville aflez 
grande , aflez peuplée , percée de rues 
fort droites & garnies d'arbres , mais bâtie 
de maifons toutes de bois ; fon palais 
royal eft le feul conltruit de pierres , & 
pafle même pour très-vafte & pour trèi-; 
riche en dorure. 

A 



<. 



2 A V A 

A leur teint près , qui eft olivâtre , 
les habitans d'Ava font beaux & bien 
faits : les femmes y font petites , mais 
agréablement prifes dans leur taille , & 
plus blanches , pour l'ordinaire , que n'y 
font les hommes. Elles ont les cheveux 
noirs , & s'habillent d'étoffes de coton 
du plus léger tilTu , & de la coupe la 
plus négligée. A chaque mouvement 
qu'elles font en marchant , on prétend 
que leur nudité fe découvre , & l'on 
ajoute que cette immodeftie de véte- 
mens leur fut prefcrite par la fagefle 
d'une fouveraine de leur propre fexe , 
qui , dans un temps où le nôtre portoit 
l'horreur à fon comble , eflàya par cette 
ordonnance de ramener aux vues de la 
nature , les brutaux qui s'en écartoient. 

La religion de ce pays-là , eft en géné- 
ral celle des gentons ou idolâtres , dont 
les brachmanes & les faquirs font les 
prêtres ; mais il y a beaucoup de maho- 
métans parmi les fujets &A va , & des 
chrétiens en aflez petit nombre. La fé- 
rocité n'eft pas , comme on le dit , 
leur caractère ; il en a peu coûté , à la 
vérité , aux Tartares de les infulter & 
de les conquérir ; mais s'ils n'ont pas la 
valeur de ce peuple dur & courageux, 
ils en ont du moins l'hofpitalité. (-f) 

Ava ou Ayala , (Ge'ûg.) rivière 
d'Afie dans la Natolie ; elle tombe dans 
la mer Noire ; fon nom Turc eft Safari , 
ou Sakaria , & celui que les Grecs & 
les latins lui donnoient étoit Sagaris , 
ou Sangarius (C. A.) 

* AVACCARI , (Hift. naubot.) petit 
arbre qui croît aux Indes , & qui a la 
feuille , la fleur & la baie du myrte ; 
fa baie eft feulement un peu plus aftrin- 
gente. 

* AVAGE , f. m. ( Jurifprud.) c'eft le 
nom qu'on donne au droit que les exé- 
cuteurs lèvent ou en argent ou en natu- 
re, fur plufieurs marchandifes. Us n'ont 
pas ce droit par-tout ni tous les jours ; 
mais feulement dans quelques provinces, 
& certains jours de marché. 

AVAILLES , (Ceog.y bourg de Fran- 
ce , dnns la Marche , fur la rivière de 
Vienne , à douze lieues , nord - oueft , 
de Limoges. Il y a près de ce bourg une I 



AVA 

fource d'eaux minérales , limpides & fa- 
lées , qui ont quelque réputation. (-}•) 

AVAL , (Ge'ogr.) grand baillage de 
France , dans la Franche-Comté ; il com- 
prend les fubdélégations de Poligny , de 
Salins } d'Arbois , de Pontarlier & d'Or- 
gelet. (C. A.) 

AVAL, (Comm.) c'eft une fouferip- 
tion qu'on met fur une lettre de change 
ou fur une promefle d'en fournir quel- 
qu'une ; fur des ordres ou fur dm ac- 
ceptations ; fur des billets de change nu 
autres billets , & fur tous autres a&es 
) de femblable efpece , qui fe iont entre 
marchands & négocians ; par laquelle ou 
s'oblige d'en payer la valeur ou le con- 
tenu , en cas qu'ils ne loient pas acquit- 
tés à leur échéance par ceux qui les ont 
acceptés , ou qui les ont fignés. C'eft 
proprement une caution pour faire va- 
loir la lettre , la promefle , &c. 

On appelle ceux qui donnent ces for- 
tes de cautions , donneurs u'aval , les- 
quels font tenus de payer folidairemenc 
avec les tireurs , prometteur* , endof- 
feurs & accepteurs , encore qu'il n'en 
foit pas fait mention dans Vaval. Ordonn. 
de i6ji , art. 33, du tir. v. 

Suivant l'article 1 du titre vij de la 
même ordonnance , les donneurs d'aval 
peuvent être contraints par corps. 

Ceux qui fouferivent & donnent leur aval 
fur les lettres & billets , ne peuvent préten- 
dre ni réclamer le bénéfice de difeuflion de 
divifion : mais ils peuvent d'abord être con- 
traints par corps au payement , ainfi qu'il a 
été jugé au parlement du Paris. 

Les courtiers des marchandifes ne peu- 
vent ligner aucune lettre de change par 
aval , mais feulement certifier que la li- 
gnature des lettres eft véritable. Ordonn. 
de 1673 , art. 1 , tit. xj. 

Il femble qu'il en devrait être de même 
à l'égard des agens de change & de ban- 
que, puifque par l'article 1 du tit. j de 
la même ordonnance , il leur eft détendu 
de faire le change ^ la banque pour leur 
compte perfonnel. (Cr) 

AVAL, (W) terme de rivière , oppofé â 
d'amont. Vaval & Yamont font relatifs 
au cours de la rivière , ôc à la ^ofition 
d'un lieu fur fes bords ; l'aval de la 



A V A 
rivière fuit la pente de fes eaux ; V amont 
remonte contre le cours : le pays d'aval 
eft celui où l'on arrive en fuivant le 
cours de la rivière ; le pays à'amont 
eft celui où l'on arrive en le remontant. 
Ainii des marchands qui viennent de 
Charenton à Paris , navigent aval , mais 
viennent du p;ys d'amont; & pareille- 
ment ies ba:eaux qui viennent de Rouen 
â Paris , & remontent la rivière , navi- 
gent amont , mais viennent du pays d'aval. 

AVAL AGE, f. m. terme de Tonnelier ; 
c'eft l'action par laquelle les maîtres Ton- 
neliers defcendent les vins dans les caves 
des particuliers. Voye\ TONNELIER. 

AVALANT ; participe , en terme de 
Rivière , c'eft la même chofe que def- 
cendant. On dit d'un bateau qu'il va en 
avalant en pleine rivière ; que le mon- 
tant doit céder à V avalant en pont ; & 
qu'en pertuis, c'eft le contraire. On dit 
aufli d'une arche qu'elle eft avalante pour 
marquer que le courant des eaux y eft fort 
rapide. 

AVALÉE , f. m. terme de manufacture 
en laine ; c'eft la plus grande quantité 
d'ouvrage que l'ouvrier puifle faire , fans 
dérouler fes enfuples ; celle de devant 
pour mettre deflus l'ouvrage fait , celle 
de derrière pour lâcher de la chaîne. 
On dit aufli levée. Avalée & levée font 
fynonymes à fajfure : mais fajfure n'eft 
guère d'ufage que dans les manufactures 
en foie. 

Avalée , fe dit encore dans les mê- 
mes manufactures , de la quantité d'étoffe 
comptife depuis la perche jufqu'au fau- 
•det , dans l'opération qu'on appelle le 
lainage ; d'avalée en avalée , la pièce fe 
trouve toute lainée. Voye\ Lainer , 
Faudet , Draperie. 

* AVALER , v. ad. ( Phifiologie. ) 
Voyê\ Déglutition. 

On voit parmi les raretés qu'on con- 
ferve à Leyde , dans l'école d'anatomie , 
un couteau de dix pouces de long , qu'un 
payfan avala , & fit fortir par Ion efto- 
mac. Ce payfan vécut encore huit ans 
après cet accident. 

Une dame dont M. Greenhill parle 
dans les Tranf actions philofophiques , 
eut une tumeur au nombril , pour avoir 



A V A 3 

avalé des noyaux de prunes. La tumeur 
étant venue à s'ouvrir d'elle - même , 
quelque terns après elle les rendit : mais 
elle mourut malgré le foin qu'on en prit. 
Une fille âgée de dix ans , qui ciemeuroit 
auprès d'Halle en Saxe , avala en jouant 
un couteau de fix pouces & demi d~' long , 
la curiolité du fait engagea \voteang 
Chrift Wcferton , médecin de l'électeur 
de Brandebourg , à en prendre foin ; le 
couteau changea de place plufieurs fois , 
& cefià d'incommoder cette fille au bout 
de quelques mois : mais un an après on 
ne le fentit prefque plus , tant il avoit 
diminué : enfin il forcit par un abcès que 
fa pointe avois caufé , trois travers de 
doigt au-deflous du creux de l'eftomac , 
mais il étoit extrêmement diminué , &c 
la fille fut entièrement rétablie. Tranf. 
phil. n°. 319. Voye\ aujjï les Mém. de 
l'acad. de Chir. 

« Plufieurs perfonnes ( dit M. Sloane , 
à l'occafion d'un malheureux qui avoit 
avalé une grande quantité de cailloux , 
pour remédier aux vents dont il étoic 
affligé , lefquels ayant refté dans fon ef- 
tomac , l'avoient réduit à un état pitoya- 
ble ; ) « s'imaginent lorfqu'ils voyent que 
» les oifeaux languhTent , à moins qu'ils 
» n'avalent des cailloux ou du gravier , 
» que rien n'eft meilleur pour aider à la 
» digeftion que d'en avaler : mais j'ai 
» toujours condamné cette coutume , car 
» l'eftomac de l'homme étant tout- à-fait 
» différent des géfiers des oifeaux , qui 
» font extrêmement forts , mufculeux , 
» & tapifles d'une membrane qui fert avec 
» ces petits cailloux à broyer les alimens 
y> qu'ils ont pris ; les cailloux ne peuvent 
» manquer de faire beaucoup de mal. 
» J'ai connu , continue cet auteur , un 
» homme , qui , après avoir avalé pendant 
» plufieurs années neuf ou dix cailloux par 
» jours aufli gros que des noifettes , mou- 
» rut fubitement , quoiqu'ils ne lui euf- 
» fent fait aucun mal en apparence , & 
j> qu'ils euflènt toujours paflJ. » 

Avaler, v. ad. (Comm.) Avaler une 
lettre de change , un billet de change ; 
c'eft y mettre fon aval , le fouferire , en 
répondre : cette expreflion eft peu ufitée. 
(G) 

A a 



4 A V A 

AVALER la ficelle , terme de Chapelier; 
c'eft faire defcendre , avec l'inftrument 
appelle avaloire , la ficelle depuis le haut 
de la forme d'un chapeau jufqu'au bas , 
qui fe nomme le lien. Voye\ CHAPEAU 
& Avaloire. 

Avaler du vin dans une cave 3 terme 
de Tonnelier , c'eft le defcendre dans la 
cave par le moyen du poulain. Voye\ 
Avalage & Poulain. 

AVALI , f. m. ( Hift. nat. Botaniq. ) 
plante du Malabar , allez bien gravée 
fous fon nom Malabare, kal-Isjerou pa- 
nel , par Van - Rheede dans fon Hortus 
JtfaL.baricus , volume V,page 33 , plan- 
che XVII. Les Brames l'appellent avali- 
apacaro ; les Portugais pao cofius da 
ferra menor 3 & les Hollandois bergheyl- 
If^ortel. 

C'eft un arbrifleau toujours verd y tou- 
jours chargé de fleurs & de fruits, haut 
de quatre à cinq pieds , à tige haute de 
deux à trois pieds , furmontée d'une cime 
hémifphérique de quatre à cinq pieds de 
diamètre. 

Sa racine eft courte , à branches al- 
ternes , écartées fous un angle de 45 
dégrés. 

Ses branches font alterjies lâches , aflez 
longues , cylindriques , menues , ouver- 
tes fous un angle de 45 dégrés , cou- 
vertes de feuilles alternes , aflez écartées , 
difpofées toutes fur un même plan , ellip- 
tiques, pointues, aux deux bouts, entiè- 
res , trois à quatre fois plus longues que 
larges , ouvertes prefque horizontalement, 
relevées en-deflbus d'une nervure à neuf 
ou dix côtes alternes de chaque côté , & 
portées fur une pédicule cylindrique aflez 
courte. 

Les fleurs font folitaires ou raflemblées 
au nombre de deux ou trois en un co- 
rymbe qui termine les branches , com- 
pofées chacune d'un calice épais à trois 
divifions , d'une corolle à flx pétales 
égaux , elliptiques } concaves , une fois 
plus longs que larges , & de cent éta- 
mines très-courtes , raflemblées en une 
fphere deux fois plus courte que la co- 
rolle , autour de flx à quinze ovaires 
pédicules , mais peu apparens : ces ovai- 
res , en mûriflànt , deviennent autant de 



A VA 

baies fphéroïdes à une loge , contenant 
chacune une graine fphéroïde , élevée ou 
attachée droite , par une plaque difcoïde 
imprimée fur la partie inférieure. 

Qualités. L'avali a une odeur fuave 
& aromatique dans toutes fes parties. Il 
croît communément au Malabar , dans 
les lieux montueux & pierreux t voifins 
de Paracaro. 

U/ages. La poudre de l'écorce de fa 
racine fe boit dans l'eau pour arrêter 
les dyflenteries ; on la boit aufli dans 
les fièvres ardentes , en y joignant un 
peu de fucre ; fa décoction fe prend en 
bain pour les douleurs des articulations ; 
celle qu'on pile dans l'eau falée ou de 
mer , fert à frotter le ventre pour tuer 
les vers nés de la putréfaction des hu- 
meurs : l'huile tirée de fa racine appaife 
les ardeurs du foie , & guérit les gerçures 
de la bouche. 

Remarques. Vavali eft , comme l'on 
voit , une efpece d'apocaro , & vient par 
conféquent dans la famille des anones. 
(M. Adanson.) 

* AVALIES , f. f. ( Commerce & Ma- 
nufacture. ) c'eft ainfl qu'on appelle les 
laines qu'on enlevé des peaux de mou- 
tons au fortir des mains du boucher. 
On conçoit aifément que ces laines étant 
d'une qualité fort inférieure à celles de 
toifon , on ne peut guère les employer 
qu'en trames. 

AVALIS , ( Ge'ogr. ) ancien nom du 
golphe & du port de Zeyla , en Afrique , 
dans le royaume d'Adel , vers l'entrée 
de la mer Rouge. ( C. A. ) 

AVALOIRE, f. f. outil dont les Cha- 
peliers fe fervent pour avaler la ficelle, 
ou la faire defcendre depuis le haut de 
la forme jufqu'au bas. Voye\ Chapeau. 

"Vavahire eft un infiniment moitié de 
bois & moitié de cuivre ou de fer : la 
partie qui eft compofée de bois a cinq 
ou flx pouces de longueur, deux de lar- 
geur , & deux ou trois lignes d'épaif- 
feur : mais elle eft plus large par en-bas 
que par en-haut ; le bas eft garni dans 
toute fa longueur d'une rainure , pour 
mieux embrafler la ficelle: la partie de 
X avaloire , qui eft de fer , lui tient lieu 
de manche , & eft garnie par fa partie 



A V A 
fupêneure d'une petite plaque de fer fur 
laquelle le Chapelier appuie le pouce en 
avalant la ficelle. Voye\ Chapeait. 

AvALOIRE iïembas , f. f. terme de 
Bourrelier ; c'eft une partie du harnois 
du cheval , qui confifte en une large bande 
de cuir double , affujettie par les deux 
bouts à deux grands anneaux de fer à 
l'extrémité des reculemens ; & foutenue 
par deux bandes de cuir qui defcenden* 
du fur-dos , & qui la tiennent en une 
pofition horifontale dans laquelle elle 
règne autour des cuhTes du cheval : l'a*»* 
loire d'embas fert à faire reculer le car- 
relle au moyen des bandes de côté qui 
tirent les chaînettes , & par conféquent 
le timon en arrière. 

§ AVALON ou AvALLON , {Géogr.) 
ville de Bourgogne , en Auxois , fur le 
Coufin. Le favant M. Pelegrin a décou- 
vert une médaille du onzième fiecle, fur 
laquelle on lit Aballo. ^itinéraire d'An- 
tonin , & la table de Peutinger , placent 
cette ville entre Saulieu & Auxerre : c'étoit 
une place forte dès 931 , puifque Flodvard 
la nomme Avallonem caftrum ; elle fut 
elle-même au feptieme fiecle le chef lieu 
d'un pagus ou canton , régi par un Comte. 
L'acte de partage de l'empire François par 
Charlemagne , & le capitulaire de Charles 
le Chauve , en parlent fous le nom de 
pagus Avalenfis. 

Cette ville n'a qu'une paroifle & une 
collégiale , fondée au huitième ou neuvième 
fiecle ; le collège , occupé par des Doctri- 
naires , doit fon établiflement au pré- 
sident Odebert en 1654:1e bailliage eft 
ancien. 

Avedlon a fouffert plufieurs fieges ; 
Emme , femme du roi Raoul , l'afTîégea 
& la prit en 931 ; le roi Robert s'en 
empara après trois mois de fiege en 
1005 ; fon fils Robert , depuis Duc de 
Bourgogne , la prit en 103 1 , & la garda 
avec le duché ; Charles Vil s'en rendit 
maître , mais Philippe le bon la reprit 
en 1433. 

Le commerce SAvallon eft en futailles , 
bois , bled & vins , dont quelques coteaux 
font renommés : les bois & les vins fe 
tirent pour Paris. 

Pierre Foreftier , & Lazare Boquillot , 



A V A î 

favans Chanoines , ont fait honneur à 
leur patrie , fur-tout le dernier , par fes 
ouvrages : il eft mort en 1727. 

Avallon eft à 20 lieues de Dijon , à 16 
d'Autun , & à 3 de Vezelay. Long. 21 , 22 ; 
lat. 47, 28. (C) 

Il y a dans l'ille de Terre-neuve , Amé- 
rique feptentrionale , une province de 
même nom. 

^ AVALURE , f- f. ( Manège & Maré- 
chal. ) c'eft un bourrelet , ou cercle de 
corne , qui fe forme au fabot d'un cheval 
quand ce dernier a été blelTé , & qu'il 
vient de la nouvelle corne qui poufle 
l'ancienne devant elle ; c'eft proprement 
la marque de l'endroit où la nouvelle 
corne touche l'ancienne. 

Les ai'alures n'arrivent que par acci- 
dens & bleflures à la corne : lorfque celle- 
ci a été entamée par une blefTure , ou par 
quelque opération , il fe fait une avalure , 
c'eft-â-dire , qu'il croît une nouvelle corne 
à la place de celle qui a été emportée ; 
cette nouvelle corne eft plus raboteufe , 
plus grofliere &plus molle que l'ancienne; 
elle part communément de la couronne , 
& defcend toujours chaffant la vieille de- 
vant elle : lorfqu'on voit une avalure » 
on peut compter que le pied eft altéré. 

AVANACU , f. m. {Hifl. nat. Botan.) 
efpece de ricin , ainfi nommée au Mala- 
bar , & fort bien gravée par Van-Rheede , 
dans fon Hortus Malabaricus , volume II > 
page 57 , planche XXXII , fous le nom 
d'uvanacoe , les Malabares l'appellent en- 
core cit avanjcu , & les Brames erando ,* 
félon Jean Commelin , c'eft le ricinus 
vulgaris de Gafpard Bauhin. M. Linné 
l'appelle ricinus , commuais } foliis pel- 
tatis f fubpalmatis , ferratis , dans fon 
Syflema naturx } édition 1 z- , imprimée 
en 1767 ,page 636 , n v . 1. 

C'eft un arbriflèau qui s'élève à la 
hauteur de neuf à dix pieds , ayant une 
tête fphérique , portée fur un tronc de 
quatre à cinq pieds de hauteur , fur trois à 
quatre pouces de diamètre , noueux , com- 
me articulé , à bois peu épais , blanc , 
mou , léger , creux au-dedans , rempli 
d'une moelle fongueufe , blanc-jaunâtre , 
féparée & comme coupée à chaque arti- 



5 A V A 

culation , par une cloifon aufli fongueufe 

6 blanchâtre , mais plus folide , & recou- 
vert d'une e'corce cendrée grife , les bran- 
ches font alternes , affez ferrées , ouvertes 
fous un angle de 4.5 degrés femblables au 
tronc , mais plus tendres , charnues & cou- 
vertes d'une écorce verte & lifte. 

La racine eft courte , fibreufe & blan- 
châtre. 

Les feuilles font difpofées alternative- 
ment & circulairement le long des bran- 
ches à des diftances d'un à deux pouces , 
rondes , de huit à neuf pouces de dia- 
mètre , palmées , c'eft-à-dire , décou- 
pées jufqu'au milieu de leur demi -dia- 
mètre , en fept à huit lobes rayonnans 
en étoiles , mais inégaux , les antérieurs 
étant une fois plus grands , triangulai- 
res , une fois plus longs que larges , 
bordés chacun d'une trentaine de dente- 
lures aiguës de chaque côté ; elles font 
molles , minces , liffes , verd-obfcures 
en-deflus verd-clair en-deffous, rele- 
vées de fept à huit côtes rayonnantes 
qui , partant de l'extrémité de chaque 
lobe , vont fe réunir un peu au-delà du 
centre de la feuille , au fommet d'un pé- 
dicule auffi long qu'elles , qui les fou- 
tient à peu-près comme un parafol. Ce 
pédicule eft parfaitement cylindrique , 
marqué à fa furface fupérieine & anté- 
rieure d'un fillon peu fenlible , duquel 
partent quelques glandes orbiculaires peu 
relevées & luifantes. A l'oppofé de ce 
pédicule , on apperçoit , comme dans le 
figuier commun , une grande ftipule mem- 
braneufe , verte , triangulaire , qui en- 
vironne la branche à fon origine , qui 
enveloppe le bourgeon des feuilles , fous 
la forme d'un capuchon conique , & qui 
tombe au moment de leur premier dé- 
veloppement : les feuilles font pliées dans 
le bourgeon en autant de doubles qu'elles 
ont de nervures ou de côtés. 

Les branches font terminées par une 
panicule en épi de quinze à vingt fleurs 
vertes , de quatre à cinq lignes de dia- 
mètre , portées chacune fur un pédun- 
cule de leur longueur. Celles de ces 
fleurs qui occupent le centre de la pa- 
nicule , font femelles , pendant que les 
inférieures font mâles : ce font donc ces 



A V A 
fleurs inférieures qui fécondent les fupé- 
rieures , quoique leur panicirle le fou- 
tienne droite comme une pyramide. Cha- 
que fleur confifte en un calice caduc p 
à cinq feuilles vertes , fans aucune ef- 
pece de corolle , les étamines des fleurs' 
mâles , au nombre de cent , font réunies 
par la moitié inférieure de leurs filets 
en une colonne pleine , qui occupe le 
centre du calice , & ces filets font éta- 
ges de manière que ceux du milieu font 
les plus longs; les anthères qui les ter- 
minent font fphériques , d'un jaune-clair , 
marquées de quatre filions longitudinaux 
en croix , & s'ouvrent en deux loges 
par les deux filions latéraux , qui répan- 
dent une poufliere génitale , compofée 
de molécules ovoïdes , d'un jaune foufié 
& luifantes. Le piftil confifte en un ovaire 
feflile , fans aucun difque ; fphérique , 
verd , hériffé de pointes coniques , mol- 
les , couchées , terminé par trois ftyles 
partagés en deux, de manière qu'ils for- 
ment fix ftigmates cylindriques , velus , 
rougeâtres. 

L'ovaire , en mûriffanr , devient une 
capfule fphéroïde , longue de fix lignes , 
verte , comme poudrée d'une rofée bleuâ- 
tre , marquée extérieurement de trois 
filions , & hériffées de pointes coniques 
fort longues , molles , & compofées de 
deux fubltances , l'une qui eft une peau 
verte , charnue , qui fe feche & fe dé- 
tache de la fubftance intérieure , qui efè 
cartilagineufe , très - élaftique , & qui 
forme , à proprement parler , la capfu- 
le ; elle eft partagée intérieurement en 
trois loges , qui font comme formées 
par la réunion de trois capfules ovoï- 
des , réunies autour d'une colonne com- 
mune , qui s'élève jufqu'à la moitié de 
leur longueur ; chacune de ces loges 
s'ouvre , dans fa maturité , en deux val- 
ves ou battans égaux ; de forte que la 
capfule eft à fix valves , qui font fi élaf- 
tiques , qu'elles lancent au loin les grai- 
nes qui font au nombre de trois dans 
chaque fruit , c'eft-à-dire , une dans cha- 
que loge. Chaque graine eft ovoïde , 
longue de quatre lignes , à quatre lignes 
& demi , de moitié moins large , com- 
primée de devant en arrière , blanche 



A V A 

dans le Commerce , a dif- ferens fens. Il fignifie i° - faire les frais d'une entrepiife avant que le tems foit venu de s'en rembourfer ; ainfi l'on dit qu'un homme a avancé tous les frais d'une manufacture : z°. il fe prend pour prêter de l'argçnt ou fournir à crédit des marchandifes : 3 a . en fait de paye- ment , on dit avancer un payement , c'eft-à-dire , le faire avant l'échéance. Voye\ Avance. ( G. ) AVANCER , en terme de Tireur d'or ,• c'eft donner au fil d'or le quatrième ti- rage pour le mettre en état d'être fini dans la dernière opération qui fe fait par les tovtfoçufes. Voye^ Tireur d'or. A VA AVANCEUR , f. m. ouvrier employé à une opération particulière dans le ti- rage de l'or. Voye\ AVANCER & TlRER L'OR. * AVANIE , outrage , affront , in fui- te , ( Grammaire. ) termes relatifs à la nature de procédés d'un homme envers un autre. Vin fuite eft ordinairement dans le difeours ; l'affront dans le refus ; l'ou- trage Se l'avanie dans l'action : mais l'in- fulte marque de l'étourderie ; l'outrage , de la violence ; & l'avanie , du mépris. Celui qui vit avec des étourdis , eft ex- pofé à des infultes ; celui qui demande â un indifférent ce qu'on ne doit atten- dre que d'un ami , mérite prefqu'un affront. Il faut éviter les hommes vio- lens fi l'on craint d'effuyer des outrages ,' & ne s'attaquer jamais à la populace , fi l'on eft fenfible aux avanies. AVANIE , ( Hijl. mod. & Commerce. ) ce terme eft particulièrement ufité dans le Levant & dans tous les états du Grand- Seigneur , pour lignifier les préfens ou les amendes que les Bâchas Se les Doua- niers Turcs exigent des marchands Chré- tiens , ou leur font payer injuftemenc Se fous de faux prétextes de contraven- tion. Quand les avanies regardent toute une nation , ce font les Ambafladeurs ou les Confiais qui les règlent , & qui enfuite en ordonnent la levée fur les marchands & particuliers de la nation , mais ordi- nairement de l'avis & avec la participa- tion des principaux d'entr'eux. Pour les avanies particulières , chacun s'en tire au meilleur marché qu'il lui eft pofîible , en employant toujours néan- moins le crédit & 1 entremife des Am- bafladeurs ou des Confuls , dont le prin- cipal emploi à Conftnntinople , Se dans les échelles de la Méditerranée , eft de protéger le commerce & les négocians , & de prévenir ou de faire ceffer les ava- nies. (G) AVANT , ( Grammaire. ) prépofition, qui marque préférence & priorité de tems ou d'ordre , & de rang : il eft ar- rivé avant moi : il faut mettre le fujet de la prépofition avant l'attribut : fe faire payer avant l'échéance : n'appelles perfonne A VA perfonne heureux ayant la mort : nous devons fervir Dieu , & l'aimer avant tou- tes chofes : la probité & la juftice doivent aller avant tout. M. l'Abbé Girard , dans fon traité des fynonymes , obferve qu'avant eft pour l'ordre du tems , & que devant efl pour l'ordre des places. Le plutôt arrivé fe place avant les autres ; le plus confidé- rable fe met devant eux. On eft expofé à attendre devant la porte quand on s'y rend avant l'heure. Devant marque aufli la préfence : il a fait cela devant moi ; au lieu qu'il a fait cela avant moi , marquerait le temps ; fa maifon eft devant la mienne , c'eft- à-dire , qu'elle eft placée vis-à-vis de la mienne ; au lieu que fi je dis , fa mai- fon eft avant la mienne , cela voudra dire que celui à qui je parle arrivera à la maifon de celui dont on parle , avant que d'arriver à la mienne. Avant fe prend aufli adverbialement , & alors il eft précédé d'autres adverbes ; il a pénétré fi avant , bien avant , trop avant , affe\ avant. Il faut dire , avant que de partir ou avant que vous partie\. Je fais pourtant qu'il y a des auteurs qui veulent fup- primer le que dans ces phrafes , & dire avant de fe mettre à table , &c. mais je crois que c'eft une faute contre le bon ufage ; car avant étant une prépofition , doit avoir un complément ou régime immédiat ; or une autre prépofition ne Tauroit être ce complément : je crois qu'on ne peut pas plus dire avant de , qu'avant pour , avant par , avant Jur : de ne fe met après une prépofition que quand il eft partitif , parce qu'alors il y a ellipfe ; au lieu que dans avant que 3 ce mot que , hoc quod , eft le complé- ment , ou , comme on dit , le régime de la prépofition avant ,• avant que de , c'eft-à-dire , avant la chofe de , &c. Avant que de vous voir , tout flattoit mon envie , dit Quinault , & c'eft ainfi qu'ont parlé tous les bons auteurs de fon tems , ex- cepté en un très-petit nombre d'occafions où une fyllabe de plus s'oppofoit à la mefure du vers : la poéfie a des privi- Tome IV. A V A 9 leges qui ne font pas accordés à la profe. D'ailleurs , comme on dit pendant que , après que , depuis que , parce que , l'ana- logie demande que l'on dife avant que. Enfin , avant eft aufli une prépofition inféparable qui entre dans la compofition de plufieurs mots. Par prépofition infépa- rable , on entend une prépofition qu'on ne peut féparar du mot avec lequel elle fait un tout , fans changer la fignifica- tion de ce mot : ainfi on dit avant-gar- de , avant-bras , avant-court , avant- goût , avant-hier , avant-midi , avant- main , avant-propos , avant - quart , avant- train ; ce font les deux roues qu'on ajoute à celle de derrière ; ce mot eft fur-tout en ufage en Artillerie : on dit aufïi en ArchiteSure , avant-bec ; ce font les pointes ou éperons qui avan- cent au-delà des piles des ponts de pier- re , pour rompre l'effort de l'eau contre ces piles , & pour faciliter le pafîàge des bateaux. (F) AVANT (aller en) , terme de Pratique, ufité fingnliérement dans les avenir qui fe lignifient de procureur à procureur : il fi- gnifie pourfuïvre le jugement d'une affaire. (■#)■ Avant , a différentes fignificacions en Marine, h' avant du vaifleau ou la proue , c'eft la partie du vaifleau qui s'avance la première à la mer. On entend aufli par V avant , toute la partie du vaifleau comprife entre le mât de mifaine & la proue , le château d'avant , ou le gaillard d'avant. Voye\ CHATEAU d'avant. Vaiffeau trop fur l'avant , c'eft-à- dire, qui al' 'avant trop enfoncé dans l'eau. Etre de l'avant , fe mettre de l'avant , fe dit d'un vaifleau qui marchant en com- pagnie , avance des premiers. Etre de l'avant , fe dit aufli lorfque l'on fe trouve arrivé à la vue d'une ter- re , quand par l'eftime de fes routes , on croit en être encore éloigné. Voye\ Estime. Le vent fe range de l'avant , c'eft-à- dire , qu'il prend par la proue & devient contraire à la route. (Z) AVANT - BEC , f. m. en Architecture : nom qu'on donne aux deux éperons de B io A V A . la pile d'un pont. Leur plan eft le plus ] fouvent un triangle équilatéral , dont la pointe fe préfenre au fil de l'eau pour la brifer & l'obliger à palTer fous les ar- ches. L' avant-bec d'aval eft le plus fou- vent rond , comme au pont de Pontoife. Les Romains faifoient quelquefois Va- vant-bec d'amont rond , comme au pont Saint- Ange à Rome ; & quelquefois à angle droit , comme au pont antique de Rimini en Italie. \.' avant-bec d'amont eft oppofé au fil de l'eau y & celui d'aval eft au-deflbus. Cette pointe d'une pile qu'on appelle V avant-bec , eft ordinairement garnie de dales à joints recouverts. (P) Avant-bras , f. m. partie du métier à faire des bas. Voye\ Bas au métier. AVANT-BRAS, (Anat.) partie du corps qui fe prend vulgairement pour le bras , mais que l'on diftingue en Anato- mie , d'avec le bras proprement dit : c'eft cette partie qui s'étend depuis le pli du coude jufqu'au poignet. Il eft compote de deux os qui en forment la charpente ; fayoir : de l'os du coude , & de celui du rayon. Celui-ci eft fupérieur , l'autre eft intérieur. Ces deux os font recouverts par les mufcles pronateur & fupinateur , par les fléchifîburs & les extenfenrs du poi- gnet , par le fubîime & le profond de la main , & dont la fleur eft d'un blanc blafard , qui poufîè peu de bois, & qui n'eft pas beau ; la maturité de Y avant - pêche , précède d'un- mois ou environ celle des bonnes pêches ; elle prend chair , groflit , & mû- rit dès le commencement de Juillet , elle eft fort fujette aux fourmis ; la pri- meur fait fon mérite principal ; elle n'eft guère bonne qu'en compote : la compote s'en fait comme celle de tous les fruits verds. AvANT-PIED , f. m. en terme de Bot- tier , c'eft le defius du foulier ; ce que les Cordonniers appellent empeigne. V. Empeigne. AVANT-PIEU , f. m. en Architecture, eft un bout de bois quarré , qu'on met fur la couronne d'un pieu pour l'entre- tenir à-plomb , lorfqu'on le bat avec la fonnette pour l'enfoncer. On nomme aulîî avant-pieu , un mor- ceau de fer rond pointu par un des bouts , A V A qui fert à faire des trous pour planter des piquets , des jalons & des échalas de treillage , lorfque la terre eft ferme. (P) AVANT -TERRE , en terme de rivière, eft fynonyme à rivage ; c'eft dans le même fens qu'on appelle les arches de ponts qui tiennent aux deux culées , les arches avant-terre. On dit aufll de deux ba- teaux qui font à côté l'un de l'autre , que celui qui eft près le rivage , eft avant-terre. A VANT-TRAIN , c'eft , che\ les char- rons , la partie antérieure d'un carrofle : elle eft compofée d'une fellette dans la- quelle eft encaftré un eflieu qui paflè par les moyeux des petites roues , d'un timon , d'une fourchette , de deux ére- monts , & de quatre jantes de rond. C'eft aux deux côtés du timon que font attachés les chevaux qui tirent le carrofle. Avant-train, comme qui diroit, train de devant ; il fert dans l'Artillerie à mener le canon en campagne : quant aux parties dont il eft compofé , voye\ V article précédent. Il fe joint à laffut avec une cheville de fer , nommée cheville ouvrière , qui entre dans ce qui s'appelle la lunette de V entre toife de l'affût. l^oye\ Affût. (Q) * A VAN r AGE, profit, utilité, (Gram- maire.) termes relatifs au bien-être que nous tirons des chofes extérieures. U avan- tage naît de la commodité ; le profit , du gain ; & Yutilité , du fervice. Ce livre m'eft utile ; ces leçons me font profita- bles ; ^oi\ commerce m'eft avantageux : fuyez les gens qui cherchent en tout leur avantage, qui ne fongent qu à leur pr fit, & qui ne font d'aucune utilité aux autres. AVANTAGE , f. m. terme de Junfpru- dence , eft ce qu'on accorde à quelqu'un au-delà de la part que l'ufage ou la loi lui attribuent. Ainfi on appelle avantage ce qu'un teftateur donne à un de les héritiers au-delà de la portion des autres ; ce qu'un mari donne à fa femme , ou la femme à fon mari , au-delà de ce qui eft réglé par le droit ou la coutume du lieu. Dans les coutumes d'égalité , on ne peut faire aucun avantage à l'un de làs héritiers , au préjudice des autres ; dans A V A 13 celle de Paris , les conjoints ne peuvent s'avantager directement ni indirectement pendant le mariage. Voye\ Egalité ù Conjoint. AVANTAGE, enftyle de Pratique oit de Palais , eft un défaut obtenu contre une partie non comparante , foit par le demandeur ou le défendeur. Cet avantage coniifte dans l'adjudication des conclu- rions de la partie comparante , fauf au défaillant à revenir par oppofition con- tre le jugement obtenu contre lui par défaut. Voye\ JUGEMENT & OPPOSI- TION. (H) Avantage , éperon, poulaine ; c'eft en termes de marine , la partie de l'avant du vaifl'eau , qui eft en faillie fur l'étrave. Voye\ Eperon. Avantage du vent ; voye\ VENT & Disputer le vent. (Z) AVANTAGE être monté à fon avan- tage ; c'eft en manège , être monté fur un bon ou grand cheval : monter avec avantage ou prendre de l'avantage pour monter à cheval , c'eft fe fervir de quel- que chofe fur laquelle on monte avant de mettre le pied à l'étrier. Les fem- mes , les vieillards & les gens infirmes fe fervent ordinairemant d'avantage pour monter à cheval. ( V) AVANTAGE , f. m. en terme de jeu; on dit qu'un joueur a de l'avantage , lorf- qu'il y a plus à parier pour fon gain que pour fa perte , c'eft-à-dire , lorfque fon eipérance furpafl'e fa mife. Pour éclaircir cette définition par un exemple trés-fim- ple ; je fuppofe qu'un joueur A parie contre un autre B , d'amener deux du premier coup avec un dez , & que la mile de chaque joueur foit d'un écu ; il eit évident que le joueur 5, aun grand avantage dans ce pari , car le dez ayanc lix laces , peut amener iix chiffres difte- rens , dont il n'y en a qu'un qui fafle- gagrier.Ie joueur A,? ainli la mife tctale- étarit deux écus, il y a cinq contre un à. parier q-:c le joueur B gagnera. Donc i dvérance de ce joueur eft égale à - de la* mife totale , c'eft-à-dire , à — d'écu , puifque la mife totale eft deux écus. Or i-d'écu valent un écu &: deux tiers. d'écu» *4 A V A Donc puifque la mife du joueur B eft un écu , fon avantage , c'eft-à-dire , l'excès de ce qu'il efpere gagner fur la fomme qu'il met au jeu , eft | d'écu. De façon que fi le joueur A , après avoir fait le pari , vouloit renoncer au jeu , & n'ofoit tenter la fortune , il faudrait qu'il rendit au joueur B fon e'cu , & outre cela deux livres, c'eft-à-dire, \ d'écu. Voye\ Part, Jeu, Dez , Probabilité , &c. ( O ) AVANTAGE, en terme de jeu, fe dit encore d'un moyen d'égalifer la partie entre deux joueurs de ibree inégale. On donne la main au piquet; le pion & le trait , aux échecs ; le Dez , au trictrac. Le même terme fe prend dans un au- tre fens à la taume. Lorfque les deux joueurs ont trente tous les deux; au lieu de dire de celui qui gagne le quinze fui- vant , qu'il a quarante- cinq , on dit qu'il a l'avantage. AVARES , f. m. pi. {Hifl.) Les Ava- res , peuple Tartare , ont été quelquefois confondus avec les Huns , parce qu'ils habitoient les mêmes régions & avoient les mêmes mœurs & les mêmes ufages. Le titre de Topa , qu'on donnoit au chef de la famille royale, fignifioit maître de la terre. Cç n'eft que vers l'an 260 de J. C. qu'ils commencent à fe faire con- noître par leurs guerres civiles. Ce peu- ple ne devint confidérable qu'au commen- cement du cinquième fiecle , fous le rè- gne de Tou-lun , qui rangea fous fon obiiflance un grand nombre de Hordes Tartares , & qui fe vît fouverain de tou- tes les contrées qui font entre la Corée & la rivière d'Ili ; une partie de la Sibé- rie & de la Tartane le reconnut pour fouverain ; il poufla fes conquêtes juf- qu'aux frontières de l'Europe. Il prit alors Je titre de Khan , qui eft devenu celui de tous les princes du Turkeftan. Ses fiijots étoient les plus ignorans & les plus greffiers de toute la Tartane. L'art d'écrire & de compter leur étoit entière- ment inconnu. Ils fe fervoient de crotes d.i chèvres difpofées d'une certaine fa- çon pour exprimer leurs penfées. Leur averfion pour les arts était fi forte que , quoiqu'ils enflent des relations intimes «veç les Chinois , ils refirent conftarrv- A V A ment enfevelis fous le voile de la barbarie. Tou-lun Tarifait d'avoir des fujets obéif- fans , dédaigna de les éclairer : il fimpli- fia feulement l'art de lire & de calculer. Il fubftitua aux crotes de chèvres des tailles & des incilîons fur le beis. Los Avares ne figurent dans l'hiftoire que fous l'empire de Juftinien , qui leur ordonna de lui envoyer des ambafladeur?. On fut étonné de voir arriver à Conftan- tinople des hommes hideux , qui paroif- foient moins propres à négocier qu'à inf- pirer de l'horreur. Leurs cheveux flot- tans étoient trèfles avec des rubans , & etoient la feule différence qu'on remar- quât entr'eux & les autres Huns. Ils fu- rent reçus avec les honneurs qu'on fe croybir obligé de rendre à une nation bel- liqueufe qui avoit la réputation d'être in- vincible , & dont l'alliance promettoit de grands avantages aux Romains. Ils consentirent à faire une guerre perpétuelle aux barbares qui infeftoient les provin- ces de l'Empue , &: fur leur parole on leur accorda des établiflemens dans une contrée fertile , avec un fubfide annuel ; les Avares , fortifiés du fecours des Ro- mains , attaquèrent fucceifivement tous les peuples Tartares qui habitoient le nord de la Circaflie , qu'il fatiguèrent par des incurfions multipliées. Juftinien , pour les récompenfer , leur offrit des établiflemens dans la Pannonie , mais ils r.e vouloient pas abandonner la Scy- thie ; & rebutés d'efliiyer des refus , ils fe déclarèrent contre les Romains. Alors la nation fe partagea. Une partie fe fixa dans les montagnes de la Circaflie , & l'autre s'établit dans la Pannonie. Ceux- ci firent des incurfions jufque dans les Gaules , ou ils fe rendirent odieux par leurs brigandages , fous le nom de Huns , fous le règne de Clovis premier. Les au- tres , difperfés dans la Circaflie , y por- tèrent leur langue tk leurs mœurs , qui n'avoienr aucune conformité avec celles de leurs voifins. Leurs bourgades , qui ne font qu'un afîemblage de tentes , font fituées fur des montagnes ; chaque can- ton a fon chef, dont aucun n'a un pou- voir arbitraire. C'eft cette efpece de gou- vernement qui fait la félicité des peuples A VA fauvages : leurs mœurs antiques fe font confervées dans leurs defcendans qui fe nourriffent de leur bétail dans une terre avare de fes productions ; mais bornes dans leurs defirs , ils n'inquiètent que rarement leurs voifins. Ils fe fervent in- distinctement d'armes à feu , d'arcs , de flèches & de fabres. En 1717 , ils fe fournirent aux Rudes qui feuls pouvoient les protéger. Leur Sept , qui les fit con- fentir à cette révolution , fe fiattoit qu'en prenant de tels protecteurs il réduiroit fous fon obéifTànce les autres Hordes in- dépendantes. La famille de cet ambitieux gouvernoit depuis long-temps les Avares , & un de fes ancêtres avoit été rétabli dans la fouveraineté de fon pays par un des fils de Gengis-Kan. Les Avares de Pannonie menacèrent d'exercer de nouveaux ravages , fi l'on n'augmentoit les fubfides ; quoiqu'on leur fît un refus injurieux , il n'en eft pas moins vrai que leurs menaces déceloient la confiance qu'ils avoient dans leurs for- ces. Dans finvafion qu'ils firent en Auf- trafie , ils firent paroître des fpectres qui mirent le défordre dans l'armée Françoi- fe ; ce qui prouve qu'ils étoient d'adroits impofieurs , ou que les François étoient d'une crédulité imbécille : au refte tous les Tartares adonnés à la magie pouvoient avoir des fecrets éblouifTans. Les Romains vécurent en paix avec les Avares , lorf- que Tibère , qui avoit éprouvé leur valeur , fut parvenu à l'Empire. Mais les barbares cherchant à furprendre les Ro- mains , firent conftruire fur la Save un pont qui leur ouvrait un paffage dans les provinces de l'Empire. Envain ils pro- tefterent qu'ils n'avoient que des vues pacifiques , Tibère exigea des fermens pour gages de leurs promeffes. Le Khan tira fon épée en difant : je veux périr avec toute ma nation , je veux que la voûte du ciel nous écrafe , que les mon- tagnes & les forêts tombent fur nos tê- tes , que la Save nous engloutiiïè fous fes eaux , fi nous avons l'intention de porter la guerre dans l'Empire ; enfin , pour mieux tromper les Romains , il ufa de la formule de leurs fermens , & jura £ur l'Evangile ; il ne fut perfide qu'avec A V A ï? plus d'éclat. Il fit paiïêr le pont à fon armée ; & Tibère étonné de leurs progrès, n'en arrêta le cours qu'en leurs accordant un fubfide annuel dont ils reçurent trois années d'avance. Plus ils obtencient , plus ils ofoient exiger. Dès qv.c Maurice eut été élevé à l'Empire , ils demandèrent une augmentation de vingt mille livres d'or que l'Empereur , mal affermi , n'ofa leur refufer. Les Avares liés par les trai- tés en violèrent bien-tôt la teneur. Leur grand prêtre ayant féduit une des fem- mes du Khan , fe réfugia chez les Ro- mains dans l'efpoir d'y trouver l'impu- nité. Il en réfulta une guerre dont le pré- lude fut glorieux pour les Romains ; mais la méfintelligence s'étant mife parmi leurs généraux , ils furent battus , & leur dé- faite rendit les Avares maîtres de la Thra- ce ; & ils euffent étendu plus loin leurs ravages fi la pefte , qui leur fit fentir fon fléau , ne les eût déterminés à la paix. Les Avares , dans l'efpoir de s'enrichir des dépouilles de Rome , entrèrent pour la première fois dans l'Italie, l'an 190 , ils ravagèrent la Vénerie & tous les pays par où ils pafferent ; ils parvinrent juf- qu'à Fréjus , qui leur fut livré par Ro- milde , femme du roi des Lombards , que leur chef avoit promis d'époufer pour prix de fa trahifon. Mais dès qu'il fut maître de la ville, il fit empaler cette époufe perfide. Sous les règnes de Pho- cas & d'Héraclius , ils portèrent les ra- vages jufqu'aux murs de Conftantinople. A force de vaincre ils épuifoient leur puifïànce , & ils ne firent que des conr- fes pailàgeres jufqu'au règne de Charle- magne , qui , allarmé de leur voifinage , forma le defiêin de les fubjuguer. Il fut profiter de la divilion de leurs chefs pour étendre fa domination jufqu'à la rivière du Rab. Le Duc de Frioul les voyant dans l'impuifiànce de réfilîer , s'empara de Ringue , qui étoit leur principal bou- levard , où il fit un butin immenfe. Ce fut Pépin qui frappa les derniers coups. Il leur fit une guerre où tous leurs chefs périrent ; la nation entière fut difperfée & détruite. Tel fut le deftin de ce peu- ple fauvage qui forti des rives du fleuve Amour , parcourut en vainqueur la Chine x6 A V A & la Tartarie , s'établit à l'orient du Vol- ga , d'où il pafla dans la Pannome. L'Em- pire Romain dans fa décadence n'eut point d'ennemi plus redoutable. Après avoir dé- folé l'Italie & les Gaules , ils furent en- fin détruits par les François. Ce fléau dura pendant quatre cens quatre-vingt-neuf ans. La Pannonie , par une deftinée malheureu- fe , fut fuccefTivement occupée par les Huns , les Avares & les Turcs , qui tous avoient une commune origine. ( T-n ) AVARICE , f. f. ( Morale. ) Ainfi que la plupart des pallions , l'amour défor- donné des richeflès n'eft vice que par fon excès : corrigé par une fage modération , il redeviendrait une affection innocente. L'or ou l'argent étant , en conféquence d'une convention générale , la clé du com- merce & l'inftrument de nos befoins , il n'eft pas plus criminel d'en défirer , que de fouhaiter les chofes mêmes qu'on ac- quiert avec ces métaux. Tout amour immodéré des richefTes eft vicieux , mais n'eft pas toujours avarice. U avare , à proprement parler , eft celui qui , pervertiflant l'ufage de l'argent , deftiné à procurer les néceftités de la vie , aime mieux fe les refufer , que d'altérer ou ne pas groflir un tréfor qu'il laifle inutile. L'illufion des avares eft de pren- dre l'or & l'argent pour des biens , au lieu que ce ne font que des moyens pour en avoir. Ceux qui n'aiment l'argent que pour le dépenfer , ne font pas véritablement avares ; V avarice fuppofe une extrême dé- fiance des événemens , & des précautions exceflîves contre les inftabilités de la for- tune. L'avarice produit fouvent des effets contraires : il y a un nombre infini de gens qui facrifient tout leur bien à des efpé- rances douteufes & éloignées ; d'autres méprifent de grands avantages i venir pour de petits intérêts préfens. (X) AVARIES , f. f. pi. terme de Police de mer ; ce font les accidens & mauvaifes aventures qui arrivent aux vaifleaux & aux marchandifes de leurs cargaifons , de- puis leur chargement & départ , jufqu'à leur retour & déchargement. Il y a trois fortes iï avaries , de fimples A V A ou particulières , de grofles ou commu- nes , & des menues. Les fimples avaries confiftent dans les dépenfes extraordinaires qui font faites pour le bâtiment feul ou pour les mar- chandifes feulement ; & alors le dommage qui leur arrive en particulier , doit être fupporté & payé par la chofe qui a fouf- fert le dommage ou caufé la dépenfe. On met au nombre des fimples avaries , la perte des cables , des ancres , des voi- les , des mâts & des cordages , arrivée par la tempête ou autres fortynes de mer ; & encore le dommage des mar- chandifes caufé par la faute du maître ou de l'équipage. Toutes ces avaries doivent tomber fur le maître , le navire & le fret ; au lieu que les dommages ar- rivés aux marchandifes par leur vice pro- pre , &c. doivent tomber fur le proprié- taire. La nourriture & le loyer des mate- lots , lorfque le navire eft arrêté en voyage par ordre d'un fouverain , font auflï ré- putés fimples avaries , lorfque le vaifleau eft loué au voyage , & non au mois , &c c'eft le vaifleau feul qui les doit porter. Les grqfies ou communes avaries , font les dépenfes extraordinaires faites , & le dommage fouffert pour le bien & le falut commun des marchandifes & du vaifleau ; telles que les chofes données par compo- fition aux pirates pour le rachat du na- vire & des marchandifes ; celles jettées en mer j les cables & mâts rompus ou coupés ; les ancres & antres effets aban- donnés pour le bien commun du navire & des marchandifes , &c. Tontes ces grof- fes avaries doivent tomber tant fur le vaifleau que fur les marchandifes , pour être déduites au fou la livre fur le tout. Les menues avaries font les lamanages , tonages , pilotages , pour entrer dans les havres ; , rivières , ou pour en fortir ; & elles doivent être fupportées , un tiers par le navire , & les deux autres tiers par les marchandifes. On ne compte point parmi les avaries les droits de congé , vi- fite , rapport , balife , &c. qui doivent être fupportés par le maîrre du vaifleau. On peut voir toutes ces avaries dans YOrdonnance de la Marine du mois d'Août 1681. au tit. vij. du lit: III. (G) Avaries A V A Av:.rie s'emploie auiïi pour fignifier un droit qui fe paie pour l'entretien d'un port , par chaque vaifïeau qui y mouille. AVARU , f. m. {Hijh nat. Botaniq.) nom que les Cingales, habitans de l'iile de Ceylan donnent à l'eipece d'indigo , figurée aviez bien fous le nomMalabare amen , par Van-Rheede dans fon Hortus Malabaricus, vol. I, pag. ioi , pi. LIV. Les Brames l'appellent nely , les Ce>lanois aviari , félon Hermann. C'eft Yindigofera de Munting. M. Linné l'appelle indigvfera , tincloria , leguihinibus arcuatis iucanis , racentis folio brevioribus , dans fon fyflema n^tume , e'dit. 12, imprimée en 1767, pag. 4.96 , «.1. C'eft un arbrifleau qui croît dans les terreins fablonneux & pierreux , & qui s'élève à la hauteur de cinq à fix pieds , fous la forme d'un buifibn fphéroïde. Sa racine eil blanche, ligneufe, couverte de fibres denfes & très- rapprochées. Sa tige a l'épaifleur du bras , c'eft-à- dire , deux bons pouces de diamètre , & le bois allez dur. .Ses branches font alter- nes , allez denfes , menues , écartées fous un angle qui a à peine 30 à 40 degrés d'ouverture. Ses feuilles r ont alternes, allez ferrées , difpoiées fur les branches circulairement & horifontalement à des diftances d'un pouce environ , ailées une fois , com- pofées de cinq à fept folioles oppofées avec une impaire , elliptiques , obtu- fes aux deux bouts , longues de huit à onze lignes , une fois moins larges , min- ces , ternes , verd-bleu foncé en-deflus , plus clair en-defTous , portées fur un pé- dicule très-court. Le pédicule commun qui les fourient depuis le quart de fa longueur jufqu'à fon extrémité , a trois pouces de longueur ; il elt cylindrique , avec un fillon en-deflus , & un renflement à fon origine , qui elt accompagnée de deux ftjpules. De l'âiflelle de chaque feuille , fort un épi conique, droit, élevé, une fois plus court qu'elles. Il porte dans les deux tiers fupérieurs de fa longueur environ 25 à 30 rieurs papillionacées , couleur de rofe foncé , d'une largeur à-peu-près égale à Tome IV. A V A 17 leur longueur qui ell de près de trois lignes , portées horizontalement fur un peduncule deux à trois fois plus court. Avant leur développement , elles forment un bouton ovoïde , pointu aux deux ex- trémités & un peu applati fur fon côté fupérieur. Elles confident chacune en un calice d'une feule pièce formée en tube divifé jufqu'à fon milieu en cinq parties égales , deux fois plus court que la corole qui efl: à cinq pétales inégaux , & repré- fentans par leur difpofition un papillon, qui vole. Dans les deux pétales inférieurs, qui font rapprochés & téunis en partie pour former un carène , font cachées dix étamines , dont neuf font réunies par leurs filets en un faifceau , ou en un tube fendu fur toute fa longueur en - defius d'une fente , dans laquelle efl couché le dixième filet. L'ovaire enfile le cylindre des étamines , & efl porté fur un difque alongé en cylindre. Cet ovaire , en mûrif- fant , devient une gouflè cylindrique , lon- gue d'un pouce environ , dix à douze fois moins large , prefque droite ou fort peu courbée , verte d'abord , enfuite brune , pendante à un peduncule fort court , articulée ou marquée de dix à douze étranglemens légers , qui indiquent autant de cloifons & de loges , qui contiennent chacune une graine ovoïde , brune ÔC luifante. Qualités. \Javaru fleurit deux fois l'an ; favoir , dans la faifon pluvieufe & dans celle de la féchereffe. Ses fleurs n'ont pas d'odeur. Ses feuilles ont une faveur un peu amere , & produifent une légère chaleur dans la bouche , lorfqu'on les mâche long- temps. Ufages. La déco&ion de fa racine dans l'eau fe boit pour appaifer les douleurs néphrétiques. La même dans l'eau de coco fe boit pour les morfures venimeufes. Ses feuilles s'appliquent pilées en cataplafme , fur le ventre dans les difficultés d'urine. Son principal ufage dans l'Inde , efl de j tirer de fes feuilles une fécule bleu-outremec ou célefte , qui efl: fi eflimée pour la teinture qu'on appelle indigo en Europe , pour indiquer le lieu de fon origine. Cette fécule s'applique fur les tumeurs pour les fécher. C iS A V A Remarques. M. Linné confond enfemble trois efpeces d'inHigo qui font très-difTe- re.-tes, & dont nous donnerons la dêfcrip- tion à leur place 5 favoir , l'indigo du Malabar dont il eft ici queftion; ceki du Sénégal que les Nègres Oualofes appellent ngangè , qui a les graines verdâtres ; & celui d'Amérique , qui a la gonfle une fois plus courte , extrêmement courbée , & les graines cubiques ou parallélipipedes noirâtres , & dont la fécule eft d'un bleu violet comme purpurin & cuivré. L'awari de Ceylan examiné avec atten- tion , fera peut - être encore une autre efpece ; au moins Herman femble-t-il l'indiquer, en difant que fa fécule eft bien inférieure à celle qu'on fait au Malabar, à Coromandel , & à Négapatan. J 'ai cultivé au Sénégal celui d'Amérique en allez grande quantité pour en tirer la fécule , & je fuis certain qu'il eft différent à tous égards de celui du Sénégal qui approche davantage de l'awari du Malabar , mais qui en diffère encore , & qui eft vraifemblablement Yavaru de Ceylan. On verra de plus amples éclairciilemens à ce fujet à l'article de chacune de ces plantes. Au refte la defcription que M. Linné rend commune à toutes ces efpeces qu'il confond , ne peut convenir à l'indigo en queftion ; car il n'a pas les gouffes blan- ches non plus que les autres. Enfin les fleurs des unes & des autres ne forment pas des grappes racemis jolio Irevioribus , comme le dit M. Linné , elles font difpo- fées en épi , comme il a été dit. ( M. jiDAjsrson.) A VASTE , en Marine , fe dit pour ajfe \ , arrite\-vous. (Z) AVAU (SAINT-) , autrement SAINT- Avod , (Ge'ogr.) petite ville & châtel- lenie de France en Lorraine. Cette ville fut long-temps poffédée par les évêques de Metz ; mais les fouverains du pays l'ont acquife d'eux , à prix d'argent , il y a près de deux fiecles. (C A.) * AVAUX , {Ge'ogr.) comté en Cham- pagne , dans le territoire de Rheims. * AVAZANE , (Hift. nau bot.) forte •de noifettes fore douces & d'une odeur agréable quand elles font broyées, qu'on A V B trouve fur un arbriffeau du Brefil , dont on ne donre point la defcription , & qui fe confervent confites dans le fucre ; c'eft un des meilleurs fruits du Brefil. Il n'eft pas néceflaire d'avertir que cette defcrip- tion eft tirée d'un voyageur ou d'un hifto- rien , & non pas d'un naturalifte. AUBADE , f. f. (Miifique.) concert qui fe donne en plein air fous les fenêtres de quelqu'un à l'aube du jour. (S) * AUBAGNE , {Geog.) ville de France en Provence , fur le Veaune. Long. 23,2x5 lat. 43 , 17. „ , AUBAIN , f. m. eft un étranger qui féjourne dans le royaume fans y être natu- ralifé. Voye\ NATURALISATION. Si Yaubain meurt en France , fes bieni font acquis au roi , fi ce n'eft qu'il en ait fait donation entre-vifs , ou qu'il laiflè des enfans nés dans le royaume. Voye\ Aubaine. Les enfans d'un François qui a féjouné en pays étranger , n'y font point aubains. Quelques peuples alliés de la France ne font point non plus réputés aubains : tels font les Suifles , les Savoyards , les Ecof- fois , les Portugais & les Avignonois , qui font réputés naturels- & regnicoles , fans avoir befoin de lettres de naturalité. Les Anglois même font exempts du droit d'au- baine , au moins pour ce qui eft mobilier, en vertu de l'art. 13 du traité d'Utrecht. Un étranger qui ne féjourne en France qu'en partant , & qui ne s'y domicilie point, comme un marchand venu à une foire , un particulier venu à la pourfuite d'un procès , un ambaflâdeur pendant tout le temps de fa réfidence , ne font point cenfés aubains. Nous avons aufli un édit de 1569 , qui exempte du droit d'aubaine tous étrangers allant & venant , ou retournant des foires de Lyon , demeurant , féjournant ou réfi- dent en la ville de Lyon , & négociant fous la faveur & privilège d'icelle , fans toutefois y comprendre les immeubles réels , ni les rentes conftituées. Voye\ Étranger. (H) AUBAINE , f. f. ( Jurifprud. ) eft le droit qui appartient au fouverain exclufi- vement à tout autre , de fuccéder aux étrangers non naturalifés , morts dans le royaume ; à moins que l'étranger n'ait des A U B enfans nés en France , ou qu'il ne foie de quelqu'un des pays alliés avec le nôtre , qui font cenfés naturalifés , & jouiflent de tous les droits des fujets naturels , tels que les Savoyards , lesEcoffois, les Portugais , & quelques-uns mêma, de privilèges exor- bitans , tels que les Suifles , dont la condi- tion eft de beaucoup meilleure en France, que celle des naturels du pays. Voye\ Naturalisation & Aubain. Ménage dérive ce mot du latin , alibi natus ; Cujas d'advena, comme eft appelle tout étranger dans les capitulaires de Chai lemagne ; Ducange veut qu'il vienne à'albanus , Ecofïois ; & pour ceux qui ne feroient pas contens de cette dernière étymologie , il leur permet de le dériver du mot Irlandois. N. B. Pour que les fujets des pays alliés continuent de jouir du droit de naturalité , il en faut une confirmation nouvelle , toutes les fois que le fceptre change de main ; parce que ce droit eft inaliénable, &: conféquemment toujours réverfible à la couronne. Le prétexte du droit d' 'aubaine eft d'em- pêcher que les biens du royaume ne paf- fent en pays étrangers : je dis prétexte ; car fi c'étoit là l'unique ci rentable canfe , pourquoi Y au bain ne pourroit - il pas , comme le bâtard , difpofer de fon bien par teframent , du moins en faveur d'un regnicole ; ce qui pourtant ne lui eft pas permis. Voye\ ETRANGER. (H) AUBAN , t. m. terme de coutume , eft un droit qui fe paye ou au feigneur ou aux officiers de police, pour avoir permif- fion d'ouvrir boutique. On appelle anfïi aubj.n cette permifïion mime. (H) AUB ANS , Voyei Haubans. AUBE , f. f. vêtement de lin ou de toile blanche qui defcend jufqu'aux talons , & que le prêtre porte à l'autel par-deftus fcs haoits ordinaires & fous fa chafuble ; le diacre , foudiacre & les induts , font au/fi en aube fous leurs dalmatiques. Autrefois les eccléfiaftiques portoient des aubes ou tuniques blanches au lieu de furplis.Koyq SURPLIS. On croit que dans la primitive Eglife , c'étoit leur vêtement ordinaire. Depuis on voit qu'il étoit or- donné aux clercs de la porter pendant le AUB r 9 fervice divin feulement. Concile de Nar- bonne, can. il. Dans les ftatuts de Riculphe , évéque de Soiflons , donnés en 889 , il défend aux clercs de fe fervir dans les facrés myfteres , de M aube qu'ils portent ordi- nairement ; ce qui prouve que jufque-là les eccléfiaftiques portoient toujours une aube fur leur tunique pour marque de leur état ; c'eft pourquoi il en falloit une particulière pour l'autel , afin qu'elle fûe plus propre. Fleury , Hift. ecclef. tom. XI. {G) Aube , en Marine , c'eft l'intervalle du temps qui s'écoule depuis le foucer de l'équipage jufqu'à ce qu'on prenne le premier quart. Voye\Q\JART. (Z) Aube , f. f. (Bydraul.) les aubes font par rapport aux moulins à eau , & aux roues que l'eau fait mouvoir , ce que font les ailes des moulins à vent ; ce font des planches fixées à la circonférence de la roue, & fur iefquelles s'exerce immédiate- ment l'impulfion du fluide qui les chafle les unes après les autres , ce qui fait tourner la roue. Voye\ PALETTE. (O) * Si l'on confidere que la vîtefTe de l'eau n'eft pas la même à différentes pro- fondeurs , & plufieurs autres circonftan- ces , on conjecturera que le nombre & la difpofition les plus favorables des aubes fur une roue , ne font pas faciles à déter- miner. i°. Le nombre des aubes n'eft pas arbitraire : quand une aube eft entièrement plongée dans l'eru, & qu'elle a la pofi- tion la plus avantageufe pour être bien frappée , qui eft naturellement le perpen- diculaire au fil de l'eau , il faut que l'aube qui la fuit & qui vient prendre fa place , ne fafte alors qu'arriver à la furface de l'eau , & la toucher ; car pour peu qu'elle y plongeât , elle déroberoit à la première aube une quantité d'eau proportionnée , qui n'y feroit plus d'imprelTion ; & quoi- que cette quantité d'eau fît imprefTion fur la féconde aube , celle qui feroit perdue pour la première ne feroit pas remplacée par - là ; car l'imprefllon iV.r la première eût été faite fous l'angle le plus favorable, & l'autre. ne peut l'être que fous un angle qui le foit beaucoup moins. On doit donc faire en forte qu'une... C a ao A U B aube étant entièrement plongée dans l'eau, elle ne foit nullement couverte par la fuivante ; & il eft vifible que cela de- mande qu'elles aient entr'elles un certain intervalle ; & comme il fera le même pour les autres , il en déterminera le nombre total. Les aubes attachées chacune par fon milieu à un rayon d'une roue qui tourne , ont deux dimenfions , l'une parallèle , l'autre perpendiculaire à ce rayon ; c'eft la parallèle que j'appellerai leur hauteur; fi la hauteur eft égale au rayon de la roue , une aube ne peut donc plonger entièrement, que le centre de la roue , ou de l'arbre qui la porte , ne foit à la furface de l'eau ; & il eft néceflàire qu'une aube étant plongée perpendiculairement au courant , la fuivante , qui ne doit nullement la couvrir , foit entièrement couchée fur la furface de l'eau , & par conféquent fade avec la première un angle de 90 degrés ; ce qui emporte qu'il ne peut y avoir que quatre aubes : d'où l'on voit que le nombre des aubes fera d'autant plus grand que leur largeur fera moindre. Voici une petite table calculée par M. Pitot , du nombre & de la largeur des ■aubes. Nombre des aubes , 4 , •$ , 6,7,8, 9, 10, 11 , li, 13, 14, 15 , 16, 17, 18 , 19 , 20. Largeur des aubes , le rayon étant de 1000, icoo, 691, 500, 377, 293, 2 34> 19 1 » J 59> J 34> "4. 99, 86 » 76 , 6 7 , 61 , 54, 49. 2°. Il faut diitinguer deux fortes d au- bes : celles qui font fur les rayons de la roue , & dont par conféquent elles fuivent la direction félon leur largeur ; celles qui font fur des tangentes tirées à différens points de la circonférence de l'arbre qui porte la roue , ce qui ne charge rien au nombre : les premières s'appellent aubes en rayon ; les fécondes aubes en tangentes. L'aube en rayon & Yaube en tangente entrent dans l'eau & en fortent en même temps , & elles y décrivent par leur extré- mité un arc circulaire , dont le point de milieu eft la plus grande profondeur de l'eau à laquelle Yaube s'enfonce. On peur A U B prendre cette profondeur égale à la largeur des aubes. Si on conçoit que Yaube en rayon arrive à la furface de l'eau , & par conféquent y eft aufti inclinée qu'elle puifïe, Yaube en tangente qui y arrive aufti , y eft nécefïàirement encore plus inclinée ; & de-là vient que quand l'aube en rayon eft parvenue à être perpendiculaire à l'eau , l'aube en tangente y eft encore inclinée , & par conféquent en reçoit à cet égard , & en a toujours jufque - là moins reçu d'imprefîion. Il eft vrai que cette plus grande partie de Yaube en tangente a été plongée ; ce qui fembleroit pouvoir faire une compenfation : mais on trouve au contraire que cette plus grande partie plongée reçoit d'autant moins d'impref- îion de l'eau , qu'elle eft la plus grande par rapport à la partie plus petite de Yaube en rxyon plongée aufti ; & cela à caufe de la différence des angles d'incidence. Jufque-là l'avantage eft pour Yaube en rayon. Enfuite Yaube en tangente parvient à être perpendiculaire à l'eau: mais ce n'eft qu'après Yaube en rayon ; le point du milieu de l'arc circulaire qu'elles décrivent eft paflé ; Yaube en rayon aura été entièrement plongée , & l'aube en tangente ne le peut plus être qu'en partie ; ce qui lui donne du délavaatage encore , dans ce cas même qui lui eft le plus favorable. Ainfi Yaube en rayon eft toujours préférable à Yaube en tangente. 3°. On a penfé à donner aux aubes la difpofition des ailes à moulin à vent , & l'on a dit : ce que l'air fait , l'eau peut le faire. Au lieu que dans la difpofition or- dinaire des aubes , elles font attachées à un arbre perpendiculaire au fil de l'eau , ici elles le font à un arbre parallèle à ce fil. L'impreftion de l'eau fur les aubes dif- pofées à l'ordinaire , eft inégale d'un inf- tant à l'autre : fa plus grande force eft dans le moment où une aube étant per- pendiculaire au courant , & entièrement plongée, la fuivante va entrer dans l'eau, & la précédente en fort. Le cas oppoié eft celui où àeux aubes font en même temps également plongées. Depuis l'inftant du premier cas , jufqu'à l'inftant du fécond , la force de l'impreflion diminue toujours; & il eft clair que cela vient originairement AUB de ce qu'une aube pendant tout fon mou- vement y eft toujours inégalement plon- gée. Mais cet inconvénient cefleroit à l : égard des aubes mifes en aîlcs de moulin à vent ; celles-ci étant toute entières dans l'air , les autres feraient toujours entière- ment dans l'eau. Mais on voit que Pimpref- fion doit être ici décompofée en deux for- ces ; l'une parallèle , & l'autre perpendicu- laire au fil de l'eau , & qu'il n'y a que la per- pendiculaire qui ferve à faire tourner. Cette ibrce étant appliquée à une aube nouvelle, qu'on auroit faLe égale en furface à une autre pofJe félon l'ancienne manière , il s'eft trouvé que Yjube nouvelle qui reçoit une imprefnon confiante , en eût reçu une im peu moindre que n'auroit fait Yaube ancienne dans le même cas. D'ailleurs , quand on dit que la plus grande viceffè que puifle prendre une aube ou aiie mue par un fluide , eft le tiers de la vkeffe de ce fluide , il faut entendre que cette vuefTe réduite au tiers eft uni- quement celle du centre d'impulfion , ou d'un point de la furface de Yaube où l'on conçoit que fe réunit toute Timpreifion faite fur elie. Si le courant fait trois pieds en une féconde , ce centre d'impulhon fera un pied en une féconde ; &: comme il eft néceffairement placé fur le rayon de la roue , il y aura un point de ce rayon qui aura cette vîtcffe d'un pied en une féconde. Si ce point étoit l'extrémité du rayon qui feroit , par exemple , de dix pieds , auquel cas if feroit au point d'une circonférence de foixante pieds , il ne pourrait parcourir que foixante pieds , ou la roue qui porterait les aubes ne pourrait luire un tourqu'en foixante fécondes , ou en une minute. Mais fi ce même centre d'impreffion étoit pofé fur fon rayon à un pied de diftance du centre de la roue & de 1 arbre , il parcourrait une circonfé- rence de fix pieis , ou feroit un tour en fix fécondes; & par conféquent la circon- férence de la roue feroit auffi fon tour dans le même temps , & auroit une vîtefie dix fois plus grande que dans le premier cas : donc moins le centre d'impreffion eft éloigné du centre de la roue , plus la roue tourne vite. Quand une furface pa- rallélojjrammaàque mue par un fluide , A U B 21 tourne autour d'un axe immobile auquel elle eft fufpendue , fon centre d'impref- fion eft , à compter depuis l'axe , aux deux tiers de la ligne qui la divife en deux félon fa hauteur. Si la roue a dix pieds de rayon , Yaube nouvelle qui eft entièrement plongée dans Peau 3 & dont la largeur ou hauteur eft égale au rayon , a donc fon centre d'impreffion environ à fix pieds du centre de la roue. Il s'en faut beaucoup que la largeur ou hauteur des aubes anciennes ne foit égale au rayon , & par conféquent leur centre d'impreffion eft toujours plus éloigné du centre de la roue ; & cette roue ne peut tourner que plus lentement. Mais cet avantage eft détruit par une compeufation prefque égale : dans le mouvement circulaire de Yaube , le point immobile ou point d'appui eft le centre de la roue ; & plus le centre d'impreffion auquel toute la force eft appliquée eft éloigné de ce point d'appui , plus la force agit avamageufe- ment, parce qu'elle agit par un long bras de levier. Ainfi quand une moindre diftance du centre d'impreffion au centre de la roue fait tourner la roue plus vite , & fait gagner du temps , elle fait perdre du côté de la force appliquée moins avantageufement , & cela en même rai- fon : d'où il s'enfuit que la pofition du centre d'impreffion eft différente. La propofition énoncée en général eût été fort étrange ; & on peut apprendre par beaucoup o'cxemples à ne pas rejetter les paradoxes fur leur première apparence. Si l'on n'a pas fongé à donner aux ailes de moulin à vent les difpofitions des aubes , comme on a fongé à donner aux aubes la difpofïtion des allés de mou- lin , c'tft que les ailes de moulin étant entièrement plongées dans le fluide , fon impreffion tendoit à renverferla machine, en agifiànt également fur toutes fes parties en même temps , & non à produire un mouvement circulaire dans quelques-unes. Voye- x VHiftoire de VAcadém. & les Aie m. ann. 1729. pag. Si. 253. 265. ann. ! 7 Z Î- P a g- 8° & fuiv. Au refte , le problême pour la folution duquel on vient de donner d'après M. Pitot quelques principes , demanderait une phy- 22 AUB fiqua très-exacte, & une três-fubtile géo- métrie , pour être réfolu avec piecifior». En premier lieu , l'effort du fluide contre chaque point de l'aile dépend de deux chofes ; de la force d'impuliion du fluide , & du bras de levier par lequel cette force agit : ces deux chofes varient à chaque point de l'aile. Le bras de levier eft d'autant plus grand , que le point de l'aîle eft plus éloigné du centre de rota- tion ; & à l'égard de la force d'impulfion , elle dépend de la vîteffe refpective du fluide par rapport au point de l'aile ; or cette vîteffe respective eft différente â chaque point : car en fuppofant même que la vîteffe abfolue du fluide foit égale à tous les points de l'aîle , la vîtelle des points de l'aîle eft plus grande ou plus petite , félon qu'ils font plus loin ou plus près du centre de rotation. Il faut donc prendre l'impulfion du fluide fur chaque point de l'aile ( ce qui demande encore quelque attention pour ne point fe trom- per ) , & multiplier par cette impulfion le bras de levier , enfuite intégrer. Dans cette intégration même il y a des cas finguliers où l'on doit prendre des pré- cautions que la géométrie feule ne fuffit pas pour indiquer. Voye\ le Traité des Fluides, Paris 1744, art. 367. En fécond lieu , quand on a trouvé ainfi l'effort du fluide contre l'aube , il ne faut pas croire que la Phyfique ne doive altérer beaucoup ce calcul : i°. les loix véritables de l'impulfion des fluides font encore très-peu connues : i q . quand une aîle eft fuivie d'une autre , le fluide qui eft entre deux n'a ; it pas librement fur celle des deux qui précède , parce qu'il eft arrêté par fon impulfion même fur la fuivante. Toutes ces circonftances dé- rangent tellement ce calcul , d'ailleurs très-épineux fans cela même , que je crois qu'il n'y a que l'expérience feule qui foit capable de réfoudre exactement le problè- me dont il s'agir. Une des conditions que doit avoir une roue chargée d'aubes , c'eft de tourner toujours uniformément ; & pour cela , il faut qu'elle foit telle que dans quelque fituation que ce foit de la roue , l'effort du fluide contre toutes les aubes ou AUB parties d'aubes actuellement enfoncées , foit nul ; c'eft-à-dire, que la fomme des efforts poficifs pour accélérer la roue , foit égale à la fomme des efforts négatifs pour la retarder. Ainfi le problême qu'il faudrait d'abord réfoudre , ce feroit de favoir quel nombre d'aubes il faut donner , pour que dans quelque fituarion que ce foit de la roue , l'effort du fluide foit nul. Il y a ici deux inconnues ; la vîteffe de la roue , & le nombre d'aubes ,• & la condi- tion de la nullité de l'effort devrait don- ner une équation entre la vîteffe de la roue & le nombre des aubes , quelle que fût la fituation de la roue : c'eft un pro- blême qui paroît digne d'exercer les Géo- mètres. On pourrait enfuite tracer une courbe , dont les abfcifles exprimeraient le nombre des roues , & les ordonnées de la vîteffe ; & la plus grande ordonnée de cev.Q courbe donnerait la folution du problême. Je ne donne ici pour cela que des vues fort générales , & aftez vagues : mais quand la folution de ce problème ferait poffible mathématiquement , ce que je n'ai pas fuffifamment examiné , je ne doute pas que les considérations phyfi- ques ne l'altéraiTent beaucoup , & peur- être même ne la rendaient tout- à -fait inutile. (O) * Aube , ( Géog. ) rivière de France qui a fafource à l'extrémité méridionale du bois d'Auberive , traverfe une partie de la Cham- pagne , & fe jette dans la Seine. * AUBENAS , (Géog.) ville de France en Languedoc , dans le bas Vivarais , fur la rivière d'Ardefche , au pied des Ce- vennes. Long. 22. 2. lat. 44. 40. * AUBEN TON , ( Géog. ) ville de France en Picardie dans la Thiérache , fur l'Aube. Long. 21. 55. lat. 43. jl. AUBEPINE ou AUBEP1N , oxyacan- tha. ISépir.e-bhnche ou aubépine , appel- lée par le peuple noble épine , forme un arbriffeau d'un bois fort uni , armé de piquans ; fcs feuilles font dentelées , & d'un fort beau verd : fes fleurs d'une odeur agréable , & d'un blanc aftez écla- tant , mêlé d'un peu de rouge , font ra- maftees par des bouquets faits en étoile : fes fruits font ronds , rongeâtres , difpo- fés en ombelles , & renfermant la graine. A U B Cet arbriffeau croît fort vite , & fert à planter des haies , dont il défend l'appro- che par fes pointes. On en fait aufTi des paliffades tondues au cifeau , qui font l'ornement des jardins. L'aubépine eft très-fujette aux chenil- les } & vient de graine ordinairement. On la voit ordinairement en fleur au mois de Mai. U faut la rapporter au genre appelle ne/lier. (K) * Par lanalyfe chimique, cette plante, outre plufieurs liqueurs acides , donne un peu d'efprit urineux , poinf de fel volatil concret , mais beaucoup d'huile & beau- coup de terre. Ainfi il y a apparence que Y épine blanche contient un fel femblable au Cgi de corail , enveloppe de beaucoup de foufre , tk mêlé avec un peu de fel ammoniac. Tragus affure que l'eau diftillée de fes fleurs , ou l'efprit que l'on en tire en les diflillant avec le vin dans lequel elles ont macéré pendant trois jours , foulagent beaucoup les pieu rétiques & ceux qui ont la colique. Voye\ Hift. des Plant, des cnv. de Paris. AUBER ou AUBERE , . ( Manège. ) cheval poil fleur de pêcher , ou cheval poil de mille -fleurs , c'eft-à-dire , qui a le poil blanc , mais varié & femé par tout le corps de poil alefan & de bai. Le che- val aubère eft fujet à perdre la vue , & peu eftimé dans les Manèges. Il n'a pas non plus beaucoup de fenfibilité à la bouche ni aux flancs. (V) AUBERGE , f. f. ( Hift, mod. ) lieu où les hommes font nourris & couchés , & trouvent des écuries pour leurs montures & leur fuite. L'extinction de l'hofpitalité a beaucoup mulciplié les auberges ; elles font favorifées par les loix à caufe de la commodité publique. Ceax qui les tien- nent ont aîtion pour le paiement de la dépen r e qu'on y a faite, fur les équipages & far les hardes ; pourvu que ce ne foient point celles qui font abfolwment néceffai- res pour fe couvrir. Les hôtes y doivent être reçus avec affabilité , y demeurer en pleine iécurité , & y être fournis de ce dont ils ont befoin pour leur vie & celle de leurs animaux , à un jufte prix. Les ■anciens ont eu des auberges comme nous. A U B 2} Les nôtres ont leurs loix, dont les princi- pales font de n'y point recevoir les do- miciliés des lieux , mais feulement les paffans & les voyageurs ; de n'y point donner retraite à d«s gens fufpefts , fans avertir les officiers de police : de n'y fouffiir aucuns vagabons , gens fans aveu « &: Llafphémateurs , & de veiller à la fureté des chofes & des perfonnes. Voye\ le traité de la Police , p. 727. Dans la capitale , l'aubergifte eft encore obligé de porter fur un regiftre le nom & la qua- lité de celui qui entre chez lui , avec la date de fon entrée & de fa fortie , & d'en rendre compte à l'infpecteur de police. II y a des auberges où l'on peut aller manger fans y prendre fa demeure. On paie à tant par tête , en comptant ou fans compter le vin ni les autres liqueurs. Auberge, voye\ Alberge. (K) AUBERGISTE , f. m. celui qui tient auberge. Voye\ Auberge. AUBETERRE , ( Géog. ) ville de France dans l'Angoumois , fur la Dronne. Long. 17. 40. lat. 45. l'y. AUBETTE , ( Géog. ) petite rivière de France , qui a fa fource à Epinay en Nor- mandie , & fon embouchure dans la Seine , près de Rouen , après un cours d'environ trois lieues. On a remarqué que l'eau de cette petite rivière ne gelé jamais , quel- que froid qu'il fafte , ce qui eft très- avantageux à diverfes ufines qu'elle fait mouvoir. (-{-) AUBIER , arbriffeau , voy. Obier. (I) * AUBIER, f. m. (Hift. nat. Jardinage.) C'eft une couronne ou ceinture plus ou moins épaiffe , de bois blanc, imparfait, qui dans prefque tous les arbres fe dif- tingue aifément du bois parfait qu'on ap- pelle le escur , par la différence de fa cou- leur & de fa dureté. Elle fe trouve immé- diatement fuus Pécorce } & enveloppe le bois pariait, qui dans les arbres fains eft à- peu-près tovtt de la même couleur, depuis la circonférence jufqu'au centre. Le double ou faux aubier eft une cou- ronne entière de bois imparfait , remplis & recouverte par de bon bois , dans les arbres attaqués par des gelées violentes , le bois parfait fe trouve féparé par ure couronne de beis blanc ; en forte que fur 2\ AUB la coupe du tronc d'un de ces arbres , on voit alternativement une couronne ^au- bier , puis une de bois parfait , enfuite une féconde couronne d'aubier , enfin un mafTif de bois parfait. -Ce défaut eft plus ou moins grand , & plus ou moins com- mun , félon les différens terrçins & les différentes fituations. Dans les terres for- tes & dans le touffu des forêts , il eft plus rare & moins coniidérable que dans les clairières & les terres 1 .'gères. A la feule infpection de ces couronnes de bois blanc , on voit qu'elles font de mauvaife qualité; & on les trouve telles pac l'expérience. Voyei l'article Arbre. Voyelles Me m. de l'Acad. 1737, p. 276. » AUBIERE , ville de France en Au- vergne , à une lieue de Clennont. AUBIFOIN, f. m. (Hijl.. nat. bot.) p! nte qui doit fe rappoiter au genre ap- pelle bluet. Voyei BLUET. (/) * Carr.erarius allure qu'en Saxe on fait boire à ceux qui ont la jauniife & la réten- tion d'urine , un verre de bierre dans le- quel on fait bouillir une poignée de cette herbe. Pour faciliter la fortie des dents aux petits er.fans , le même auteur leur faifoit baflîner les gencives avec l'e:.u diftillée de çyanus , mêlée avec le lue d'écrevifle. Il dit que la poudre des fleurs de cette plante fait réfoudre l'éréfipele du vifar:. Tragus prétend qu'un demi-gros de graine de bluet purge affez bien ; que l'eau dif- tillée de fa fleur eft bonne pour la rougeur & fin fl animation des yeux. On la rend plus active en y ajoutant le camphre & le lafran. La décoction de cyanus eft diuré- tique & emménagogue. Hijl. des Plant, dei er.v. de Paris. * ALBiGNY, (GSog.) ville de France dans le Bcriy, fur la Nerre. Long. 20. 6. ht. 47. 29. 1 j. AUBIN , f. m. (Manège. ) allure qui tient de l'amble & du galop. Un cheval qui va Yaubin eft peu efti- mé, parce que cette allure vient affez fouvent de foiblefïe des reins & des jam- bes , qu'elle n'e't propre ni pour le train ni pour le carrofîe. , & qu'elle ne peut durer. ( V) * AUBIN DE POUANCE (Saint-), AUB ville de France en Anjou , dans l'élection d'Angers. Aubin du Cormier (Saint-), ville de France en Bretagne. Long. 16. i<. lat. 4«- 15. ( AUBINET ( SAINT-) , f. m. Marine ; c'eft un pont de cordes foutenu par des bours de mâts pofés de travers fur le plat bord à l'avant des vaifïeaux mar- chands ; il couvre leur cuiiine , leurs marchandifes & leurs perfonnes : mais on l'ôte ordinaiiement dans le gros temps , parce qu'il empêche de manœuvrer : on die qu'il y a un pont coupé , quand il y a un faint-aubinet à l'avant , & un fufain à l'autre bout. Voyei PONT. (Z) * AUBONNE , ( Geog. ) Ville de SuifTe au canton de Berne , fur la rivière du même nom , dans le pays de Vaux. Lo ? .g. 23. Ç7. la:. 48. 30. AUBOURS , ( Hijl. nat. bot. ) arbre mieux connu fous le nom d'ebe'ne'e, ou de faux ébénie. Voyei EBENIER. (i) AUBRAC , ( Geog. ) montagne lauvage & efearpée de France , dans le Rouergue , au diocele de Rhodez. Il y a un établif- fement appelle domerie , dont le chef fous le nom de dom , jouit de 40000 liv. de rente , & les religieux qui font de l'ordre de Sr. Auguftin de i^cco livres. Cette domerie rend outre cela 6cco liv. pour l'entretien des malade?. C'étoit au- trefois un hôpital , qu'Alard , vicomte de Flandres, dota & enrichit pour le fuula- gement des pauvres , & pour exercer l'hofpi- talité. (A. C.) ' AUBRIER , f. m. (Hijl. nat. Ornitho- logie.) oifeau de proie mieux connu fous le nom d'hobereau. Voyez HOBEREAU. (/) AUBRON ou AU BERON , f. m. (Serru:erw.) c'eft une efpece de crampocet à-peu-près en 1er à cheval , lequel entre dans la tête du palatre d'une ferrure à pêne en bord , & qui reçoit les pênes & gâchettes de ladite ferrure. Il fe rive fur une plaque de fer de même largeur & longueur , que la tête du palatre de la ferrure , & s'attache au couvercle du coffre, AUBRONNIERE ou Auberonnie- RE ; c'eft, en Serrurerie , l'ail emblage de la A U C la plaque rie même longueur & largeur que la tête «in palatre & de l'aubron. * ALBUSSON , (Géog.) ville de France dans la Marche , aux confins du Limofin , fur la Creufe. Long. iy. 45. lac. 45. 58. _ AL'CAES , ( Ge'og. ) peuple de l'Amé- rique Méridionale , voiiin du détroit de Magellan , mais originaire , s'il en iàut juger par Ion langage , & par fes mœurs , des frontières du Paraguay ( C ) AUÇAGUREL , (Géog ) ville d'Afri- que , capitale du royaume d'Adel , iur une montagne. Long. 61. 55. lac. 9. 10. * AUCH , ( Ge'og.) ville de France , ca- pitale du comte' d'Aimagnac , & métro- pole de toute la Gafcogne , proche la rivière de Gers. Long. 18. 10. Lu. 43. 40. AUCTION , f. i ( Hift. anc. ) efpece de vente chez les Romains qui fe faifoit par un crieur public fub hafiâ , fous une lance attachée des deux bouts à cet effet , & par l'autorité du magiftrat qui garan- tifioit la vente en livrant les chofes ven- dues : cela s'appeîloit auclio , accroifle- rr.ent ; parce que , fuivatit Sigonius , le: biens écoit vendus à l'enchère , ei nempe qui plurimam rem augeret. C'eft de-là que vient le verhefubà.ftdre , vendre er, public , & \e (ubûinûf fubhaflario , vente ainfi exécutée , qu'on a francifé. Voye\ SUBHASTATION. (H) *A\JDACE,hardieffe,effronterie(Gramy. terme relatifs à la nature d'une action , à l'état de l'ame de celui qui l'entreprend , & à la manière avec laquelle il s'y porte. La harditffe marque du courage ; Yjudace de la hauteur ; V effronterie de la déraifon & de l'indécence. Hardieffe fe prend tou- jours en bonne part ; audace & effronterie fe prennent toujours en mauvaife. On eft hardi dans le danger , audacieux dans le difeours , effronté dans fes proportions. AUDATH A , ( Ge'og.) ville de l'Arabie Déferte dont parle Ptolomée. On croit que c'eft aujourd'hui Hadith ou Hadice , grande ville bâtie fur l'Euphrate & par- tagée par ce fleuve. ( C. A. ) * AUDE , rivière de France dans le bas Languedoc : elle a fa fource dans les monts Pyrénées , palTe à Carcaflbnne , & fe jette dans la Méditerranée. Tome LV. A U D 25 AUDENA , {Géog) rivière d'Italie, qui a la fource dans l'Apennin , & ion embouchure dans la Magia , rivière de la côte de Gènes. P. Mutius vainquit fur fes bords ceux qui avoient pillé les Pi- fans. (C) AUDIENCE , f. f. en général eft l'at- tention qu'on donne à quelqu'un qui parle. Ce mot eft dérivé du verbe latin audio , qui lignifie entendre ou écouter. AUDIENCE , en terme de Palais , ligni- fie l'amftance des juges au tribunal , à l'effet d'ouir les plaidoyers des parties ou de leurs avocats : c'eft en ce fens qu'on dit demander , folliciter Yaudienee , don- ner audience , lever ï audience. Une af- faire ou caufe & audience , eft celle qui eft de nature à être plaidée , qui n'eil pas une caufe de rapport. Voye\ RAPPORT. On appelle aulfi audience le lieu même où s'aflemblent les confeillers pour ouïr les plaidoyers ; c'eft en ce fens qu'on dit venir à Yaudienee , fortir de Yaudienee : des êtres à qui elles font arrivées ; d demande une épi— thete pour indiquer quelque choie de plus que l'exiflence des chofes ; le chan- gement dans la valeur des efpeces eft un événement : mais qu'eft cet événement ? Il eft avantageux pour quelques particuliers , fâcheux pour l'Etat. Accident a rappors à un fait unique , ou confidéré comm» tel , ck à des individus , & marque tou- jours quelque mal phyiique. Il eft arrivé un grand accident dans ce village , le tonnerre en a brûlé la moitié. Aventura eft auffi indéterminé qu'événement , quant à la qualité des chofes arrivées : mais événement eft plus général , il le dit des êtres animés & des êtres inanimés ; & aventure n'eft relatif qu'aux êtres ani- més : une aventuie eft bonne ou mauvaife, ainfi qu'un événement : mais il femble qu« la caufe de Y aventure nous foit moins in- connue , & fon exiftence moins inopinée que celle de l'événement &c de Yaccident. La vie eft pleine Sévénemens , dit M. l'abbé Girard ; entre ces événemens , com- bien à'accidens qu'on ne peut ni préve- nir , ni réparer ? On n'a pas été dans le monde fans avoir eu quelque aventure. . AVENTURE , f. f. événement extra- ordinaire ou furprenant , foit réel , foit imaginaire. Voje\Y ABLE. Certains poèmes contiennent les aven- tures des héros , comme TOdylLée & l'E- néide , celles d'Ulyfiè & d'Enée. Les nou- velles & les romans font des relations circonftanciées d'aventures imaginaires qu'on attribue à des cavaliers , des amans, bc. Voyez NOUVELLE, ROMAN , &C (G) AVENTURE , f. f. ( Commerce. ) mettre de l'argent à la grojfe aventure. C'eft le placer fur un vailfeau , où l'on court rifque de le perdre par le naufrage ou par les corfaires , li ce n'eft qu'on ait pris une afturance. V. ASSURANCE & ASSU- REUR. (G) Aventures , f. f ( Art. milit. ) dans nos anciens auteurs lignifie tournois , 5© AVE exercices militaires qui fe font à cheval. Voye\ Tournoi. {Q) A Y ENTUR1ER , fub. m. dans h Com- merce , le dit d'un homme fans caractère & fans domicile , qui le mé!e hardiment d'affaires , & donc on ne l'auroit trop fe défier. Aventurier , eft encore le nom que les Anglois donnent à ceux qui prennent des actions dans les compagnies formées pour l'établiflement de leurs colonies d'Amérique ; ce qui les diftingue de ceux qu'ils nomment planteurs , c'efr-à-dire , des habitans qui y ont des plantations. Les derniers s'occupent à planter & à cultiver les terres ; les autres portent leur argent } & , pour ainli dire , le mettent à l'aventure dans l'efpérance des profits qu'ils en doivent retirer par des dividen- des ; ceux-ci font proprement ce qu'on nomme en France , actionnaires ; 'ceux-là ce qu'on y appelle habitant colons & concejjlonnaires. Dans ce fens , on trouve dans le recueil des Chartres d'Angleterre les aventuriers & planteurs de la Virgi- nie ,• les aventuriers ù planteurs de la Nouvelle Angleterre , les Chart