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Full text of "Erpétologie générale, ou, Histoire naturelle complète des reptiles"

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GÉNÉRALE 

ou 

- HISTOIRE NATURELLE 

COMPLÈTE 

DES REPTILES 

TOME PREMIER. 



Mnrs. — isirniMEniE ii'i.MÉntn S4i>tix, r'E «.vint jicqves, n. 58. 



^ ÔW 



GENERALE 



œMPLETE 



^^*^ 



Pau A^^M. C. DUMÉRïL , 

MEMBRE DE l'iWSTITUT, PROFESSEUR A L\ FACULTE DE MEDECINE, 

rROFESSEun. et administrateur du muséum d'histoire waturktxe, etc. 

ET PAR Gf BIBRON, 

AIDE KAIOBiLISTE iO MUSÉUM b'uISTOIHE NiTlKELLE. 



TOME PREMIER. 

CONTENANT LES GÉNÉRALITÉS D:-: l'hISTOIRE DES REPTILES 
ET CELLES DE l'oRDRE DES CHÉLONIENS OU DES TORTUES 



OUVRAGE ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES^ cf Con.-y^r" 



V"' 



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ï^ 






RUE HAUTEFEUILLE, k" 1 BIS. 



1854. 



k,\ 



i\i »i . .- 



DISCOURS PRELIMINAIRE. 



l'Histoire naturelle est sans contredit celle de 
toutes les sciences positives qui doit recueillir et clas- 
ser le plus grand nombre de faits et d'observations. 
Cette branche des connaissances humaines est main- 
tenant cultivée avec tant de méthode et de succès, 
que ses progrès sont devenus immenses, principale- 
ment depuis une quarantaine d'années. Les décou- 
vertes des corps , qui étaient restés inconnus jusque 
là, se sont succédées si rapidement; elles ont été 
réunies, analysées et décrites en si prodigieuse 
quantité , qu'il est devenu impossible aux facultés 
de l'homme le plus heureusement organisé, de les 
suivre toutes également, d'en conserver le souvenir, 
de se les représenter dans leur ensemble, et en outre 
de les connaître sous tous le§= rapports que la science 
exige aujourd'hui. -^ 

Autrefois, en effet , cette partie de THistoire natu- 
relle qui se livre à la connaissance des matières mi- 
nérales, ou plutôt des substances non organisées, 
s'occupait seulement de l'examen des caractères ex- 
térieurs des solides , de leurs propriétés et de leurs 
usages les plus généraux; maintenant il est indispen- 

REPTILES TOME I." d 



ij DISCOURS 

sable que tout minéralogiste joigne aux premières 
études de ces corps celles de leur structure physique, 
de leur composition chimique, des causes proba- 
bles de leur formation et de leur gisement. 

La science des botanistes n'est pas moins complexe. 
Il ne leur suffit plus de reconnaître les plantes, de les 
distinguer les unes des autres, de les nommer et d'être 
instruits de quelques unes des propriétés qu'on leur a 
attribuées. La Botanique a pris un plus grand essor : elle 
a pénétré dans le mécanisme général de la structure des 
végétaux et de celle de leurs diverses parties', en dé- 
veloppant leur tissu, en se livrant à l'anatomie de la 
fleur, du fruit et de la graine. Elle a recherché les 
causes et reconnu les effets des modifications qu'ont 
éprouvées ces différens organes. Elle en a expliqué 
les fonctions, et c'est ainsi qu'elle est parvenue à 
établir, sur des bases bien plus solides, les rapports 
qui lient les familles des plantes entre elles et les 
particularités qui les distinguent. En combinant une 
classification facile avec les arrangemens en séries 
indiquées par les analogies évidentes dans l'organi- 
sation, on a créé pour la science des végétaux une 
véritable méthode naturelle. Mais il faut avouer cepen- 
dant que si cette admirable disposition satisfait com- 
plètement l'esprit éclairé du naturaliste, elle exige 
aujourd'hui des études générales plus profondes qui 
naguère étaient encore considérées comme acces- 
soires, mais qui sont maintenant jugées tout-à-fait 
nécessaires et reconnues comme les vraies bases de 
la science des végétaux . 



ïuéliminaire; îij 

Quoique la Zoologie ait profité de l'heureuse im- 
pulsion communiquée d'abord à la Botanique, ses 
recherches ont pénétré plus profondément dans la 
nature intime des animaux, et ses observations ont 
obtenu des résultats plus importans. Comme elle 
s'exerçait sur des êtres d'une structure plus compli- 
quée, dont les fonctions étaient modifiées davantage^ 
les causes et les effets de ces dissemblances observées 
ont pu être, par cela même , beaucoup mieux appré- 
ciés. L'étude des animaux étant devenue le sujet 
d'examens innombrables, de curieuses observations 
et même de découvertes positives, l'Anatomie et la 
Physiologie comparées ont indiqué les seuls fonde- 
mens solides sur lesquels pouvaient être établies de 
nos jours les classifications zoologiques. La structure 
des animaux et les modifications particulières que 
l'Anatomie a fait connaître dans les instrumens de la 
vie et dans les fonctions diverses auxquelles chacun 
de ses organes se rapporte, ont autorisé, nécessité 
même des distinctions de classes jusque là négligées 
ou confondues entre elles , quoiqu'elles soient main- 
tenant reconnues comme parfaitement d'accord avec 
l'ensemble de l'organisation et surtout avec les détails 
de la conformation extérieure. Cette utile collabora- 
tion de la science de l'organisme et de la Zoologie , 
dont elle ne pourra plus être séparée désormais, date 
seulement de notre époque. Cette voie, frayée d'abord 
par Aristote , semblait abandonnée , mais elle est de- 
Yenue une route large et facile sous la direction de 
J'ïBiïBOiflel Cuvier, notre savant maître et ami? sa% 



iV DISCOURS 

travaux duquel nous avons eu le bonheur de nous 
associer et de contribuer peut-être pour notre faible 
part. 

Dans l'étude de ces trois divisions de l'histoire na- 
turelle, le but principal est la connaissance complète 
des corps ou des objets matériels qui se rapportent à 
chacune de ces branches. Conime leur nombre s'élève 
à plusieurs millions de séries d'individus, qu'il fallait 
cependant désigner par des noms divers, pour les in- 
diquer , les inscrire dans les livres de la science et 
pour les faire reconnaître au besoin; c'était une 
grande difficulté ; mais on est parvenu à la vaincre 
par le procédé le plus admirable d'une nomenclature 
soumise à des règles fixes , qui ont contribué à faci- 
liter le travail de la mémoire et à transmettre rapide- 
ment les connaissances acquises. 

Malheureusement, la même marche n'a pas été 
suivie dans toutes les parties de la science ; ainsi les 
chimistes et les minéralogistes n'ont pu s'accorder ni 
entre eux ni avec ceux des naturalistes qui se livraient 
à l'étude des êtres vivans : ils n'ont pas donné la même 
définition des corps, qu'ils désignent sous les noms 
cV Espèces et de Variétés ; tandis que pour le règne 
organique , on est généralement convenu de réunir 
sous la dénomination collective d'espèce, un groupe 
d'individus qui se reproduisent avec des qualités, 
une structure et des propriétés absolument sembla- 
bles. L'idée que l'on attache au nom de Genre, quoi- 
que plus arbitraire et de convention, suppose cepen- 
dant une grande conformité dans une multitude de 



PRÉLIMINAIRE. V 

rapports de formes , de divisions semblables dans les 
parties, d'analogies déstructure entre des espèces qui 
constituent une première association d'individus, com- 
parés à beaucoup d'autres dont ils diffèrent et qui sont 
d'ailleurs semblables entre eux sous certains rapports. 
Il en est de même des Familles qui rassemblent les 
genres , des Ordres qui réunissent les familles , et 
enfin des C/^^5"e^qui comprennent les ordres. 

On a cherché à énoncer par des notes simples ou 
plus composées, mais toujours courtes et formant 
un sens complet, d'abord les conformations que 
pouvaient présenter certaines espèces considérées 
isolément ; puis s'élevant à des idées plus générales , 
quelques phrases ont servi à exprimer les rapports 
communs observés dans les divers degrés de la subor- 
dination de ces êtres vivans. Les termes, les phrases, 
ou les expressions succinctes propres à indiquer ces 
particularités ont reçu le nom de caractères, et ils 
ont été gradués pour distinguer les espèces , les gen- 
res , les familles , les ordres et les classes. 

Trois modes principaux de classement, de distri- 
bution ou d'arrangement ont été adoptés : on les dé- 
signe sous les noms de système, de méthode^ de 
marche analytique. 

Le système est une sorte de classification dans 
laquelle on n'examine qu'un certain nombre de par- 
ties auxquelles on convient d'avance de donner une 
grande importance. Mais ces considérations indiquent 
rarement quelles sont les analogies réelles entre les 
individus ainsi rapprochés, et elles ne permettent pas 



f« DISCOURS 

de les étudier d'une manière générale, quoiqu'elles 
facilitent beaucoup la reclierclie et la découverte 
des noms donnés aux objets, lorsqu'ils ont été déjà 
décrits dans les livres qui deviennent des sortes de 
vocabulaires raisonnes. 

La méthode naturelle chercbe au contraire à coU* 
server tous les rapports et toutes les affinités qui lient 
les êtres entre eux ; à faire connaître leurs points de 
eontaet et ceux par lesquels ils diffèrent, en les com- 
parant, en les étudiant dans leur structure la plus 
intime, afin de rapprocber autant qu'il est possible 
les individus qui présentent la plus grande analogie. 
Cet arrangement, s'il pouvait être achevé complète- 
ment , serait la pei-feciion de la science ; aussi est-il 
le but auquel tendent les travaux de tous les natura- 
listes ; mais il n'est point encore atteint , et il ne le 
sera pas de long-temps, parce que nous sommes loin 
de Connaître tous les corps de la nature. 

La marche analytique, telle que nous l'avons adoptée 
depuis plus de trente ans, pour transmettre les faits de 
laseience dans nos ouvrages, dans nos cours publics et 
pour nos études particulières, est une sorte de système 
artificiel qui consiste à désigner de suite un être isolé 
et à le faire retrouver dans la foule de ceux qui lui 
ressemblent, pourvu qu'il ait été déjà observé ou dé- 
crit ; de manière cependant qu'en se livrant aux re- 
cherches nécessaires à la classification, on parvienne 
à connaître rapidement tout ce que cet individu pré- 
sente d'important dans sa conformai ion spéciale et à 
l0 trôôyer placé dans l'ordre le plus naturel , auprès 



PRÉLiMîNAïRE, Vi| 

de eeux qui paraissent en être le plus voisins pour 
la configuration, la structure et les facultés. 

Cette méthode artificielle consiste à offrir constam- 
iïientà l'observateur, qui examine un objet, le choix 
entre deux propositions contradictoires dont l'une , 
reconnue vraie , exclut nécessairement l'adoption 
de l'autre. Elle avait d'abord été employée dans quel- 
ques ouvrages de Botanique ; mais la route directe 
n'avait pas été tracée , les points de départ étaient 
trop arbitraires, les recherches exigeaient trop de 
temps. Souvent pour arriver au nom d'une seule 
plante, les observations devaient être successivement 
dirigées sur des particularités de la configuration si 
peu imporlantes, les renvois se succédaient en si 
grand nombre, et la comparaison, le rapprochement 
entre les espèces étaient si bizarrement amenés, que 
ces livres, d'ailleurs très utiles aux commençants, ne 
purent être réellement considérés que comme de 
simples catalogues commodes, mais trop arbitraire- 
ment rédigés ; semblables à ces dictionnaires de nos 
divers idiomes où les mots sont disposés dans un ordre 
alphabétique, sans aucun égard pour le sens qu'on 
leur assigne ; qui n'enseignent ni à parler ni à écrire 
correctement dans une langue dont ils ne renfer- 
ïnent aucun précepte ; et qu'on ne consulte que pour 
connaître la signification des termes , sans avoir be- 
soin de conserver le moindre souvenir du procédé 
employé pour parvenir à ce simple résultat. 

Ce n'est pas ainsi que nous avons cru devoir pro- 
céder dans l'ouvrage que nous avons publié, il y a 



yiîj Discotins 

déjà près de trente ans, sous le titre de Zoologie ana- 
lytique ^ ou Méthode naturelle de classification des 
animaux rendue plus facile à l'aide de tableaux 
synoptiques. Comme ce sont les mêmes idées qui nous 
ont dirigé dans le travail que nous soumettons au- 
jourd'hui à l'examen des naturalistes , nous devons 
leur donner quelques explications à ce sujet. 

Les moyens que nous avons employés sont fondés 
sur des observations majeures , sur les faits les plus 
positifs de la science de l'organisation. Nous nous 
étions familiarisé par de longues études 'avec les di- 
verses branches de la Zoologie, car nous nous sommes 
voué constamment à son culte depuis près d'un demi- 
siècle. 

Cette méthode analytique, telle que nous l'appli- 
quons, a pour but et pour résultat certain de résoudre 
complètement un problème complexe ainsi conçu : 
Parmi les animaux , chacun devant présenter une 
conformation et une structure qui appartiennent ex- 
clusivement à son espèce, diriger l'observation sur 
1 un d eux, qu'on suppose avoir maintenant sous les 
yeux et que l'on veut connaître , de manière à ren- 
dre évidentes les particularités qui le caractérisent. 
En faisant méthodiquement apparaître et saillir les 
marques les plus certaines qui sont propres à cet in- 
dividu, parvenir par ce moyen à le faire désigner 
sous le nom qui lui a été imposé, en même temps qu'on 
indiquera la place qu'il paraît devoir occuper près 
des êtres avec lesquels il a le plus de rapports , 
et en le distinguant d'avec ceux dont il diffère et 



PRÉLIMINAIRE. JX 

s'éloigne, par des caractères qui pourront ainsi de- 
venir successivement moins importans. 

Depuis que nous avons publié la Zoologie analyti- 
que, nous avons fait l'application de ses procédés à 
l'élude de l'Entomologie , et c'est ainsi que nous avons 
complètement rédigé, sur des bases tout-à-fait nou- 
velles, le manuscrit de toute l'histoire des Insectes 
qui se trouve maintenant disséminée dans les soixante 
volumes du Dictionnaire des Sciences naturelles. 
En 1 825 , nous avons repris quelques uns de ces arti- 
cles et particulièrement les résultats de l'analyse ap- 
pliquée à la méthode naturelle , pour les faire paraître 
séparément en un volume in-8° qui avait pour titre : 
Considérations générales sur les Insectes , dont 
nous avons vu avec satisfaction les bases adoptées et 
reproduites depuis , dans plusieurs autres ouvrages. 

Nous devons dire aussi que nous avions communi- 
qué à notre savant élève et ami M. le docteur Hippoly te 
Cloqdet les notes et les tableaux synoptiques qui ser- 
vaient de texte aux leçons sur les Reptiles et les Pois- 
sons que nous donnions depuis long-temps au Mu- 
séum d'histoire naturelle ; il s'en est servi pour rédiger 
dans le Dictionnaire que nous venons de citer, tous 
les articles d'Erpétologie et d'Ichthyologie, de sorte 
que cette partie de la disposition méthodique doit être 
regardée comme le résultat de nos propres travaux, 
ainsi qu'il s'est fait un devoir de le proclamer. Enfin , 
M. Oppel à Munich et M. Fitzinger à Vienne , ont 
également adopté notre méthode de classification. 

Nous venons aujourd'hui, après trente années de 



^ ÊiSfcOtRS 

professorat sur l'Erpétologie , présenter aux nàtuta* 
listes un Traité complet de l'histoire des Reptiles, qui 
réunit pour la première fois , en un corps d'ouvrage, 
le résultat de nos études , dont les détails et les pro- 
grès n'avaient guère été exposés que verbalement à 
nos auditeurs , car nous n'avons publié nous-même 
que quelques mémoires isolés sur les animaux de 
cette classe. 

Il nous eût été impossible d'entrer dans les recher- 
ches immenses que ce travail exige pour la détermi- 
nation et l'arrangement de toutes les espèces , si nous 
n'avions trouvé dans l'un de nos élèves, M. Bibron, 
que nous avons choisi pour notre collaborateur, et qui 
était déjà depuis long-temps notre aide et notre pré- 
parateur au Muséum, un naturaliste très instruit, 
doué de beaucoup de zèle et d'activité et d'un vrai 
talent pour l'observation , dont il nous a fait souvent 
profiter. Comme il connaissait les Reptiles aussi bien 
que nous-même, il a consenti à se charger des détails 
relatifs à la détermination , cà la synonymie et à la 
description des nombreuses espèces que nous avions 
à faire connaître. Indépendamment de quelques ren- 
seignemens précieux qu'il nous a fournis pour rédiger 
toutes les généralités, il s'est chargé de diriger les 
dessins dont les gravures doivent accompagner cet 
ouvrage , et que nous désirons faire toujours exécu- 
ter d'après les objets mêmes qui sont tous à notre 
disposition. 

La collection des Reptiles du Muséum d'histoire 
naturelle de Paris, qui a été placée sous iiotte direc- 



PRÉLïiMINAlHE. Xj 

tÏQii de^ttis l'année 4 802 , époque à laquelle M. de 
Lacépède nous a procuré l'honneur et le grand avan- 
tage de le suppléer dans les fonctions de professeur, a 
obtenu de tels accroissements dans ces trente der- 
nières années, que sans crainte d'être taxé d'exagé- 
ration, nous pouvons avancer que le nombre des es- 
pèces qu'elle renferme aujourd'hui a été porté au 
delà des deux tiers en sus de celui qu'elle possédait 
alors ; et pour en fournir la preuve , il nous suffira de 
citer et de rapprocher les faits suivans. Nous avons 
fait le relevé du nombre des espèces distinctes que le 
Musée possède , et nous l'avons inscrit dans un tableau 
en parallèle avec celui qui résulte du dépouillement 
des catalogues fournis par trois des principaux au- 
teurs généraux sur la classe des Reptiles^ qui étaient 
loin d'avoir pu étudier par eux-mêmes les animaux 
dont ils ont parlé (a). 



(a) Tableau comparatif du nombre des espèces de Reptiles 
inscrites dans 





Lacépède 


Daubiïî 


Merrem 


!a Collection du Musée 




en 1790. 


en 1805. 


en 1820. 


en 1834. 


CHÉLONIENS 


24 


62 


62 


97 


SAURIENS. . 


56 


88 


83 


168 


OPHIDIENS. . 


172 


315 


348 


391 


BATRACIENS 


40 


9Î 


87 


190 




292 


556 


580 


846 



Xij DISCOtJRS 

Nous devons, à cette occasion, rendre un témoi- 
gnage authentique de reconnaissance à la mémoire de 
notre célèbre collègue et ami M. Cuviee, pour le haut 
intérêt qu'il a su inspirer au gouvernement et la grande 
influence qu'il a exercée en excitant le zèle et l'ému- 
lation des naturalistes voyageurs , qui tous se sont 
empressés de déposer dans cet admirable Musée les 
magnifiques collections qu'ils avaient faites dans les 
différentes parties du monde, ainsi que nous allons 
l'indiquer. 

Nous devons citer en première ligne les richesses 
zoologiques recueillies par Pérou , si bien secondé 
par Le Sueur dans la durée de l'expédition célèbre 
dont ils faisaient partie (i ) , l'un comme naturaliste^ 
l'autre comme dessinateur. Ces collections étaient les 
plus considérables qui fussent encore parvenues au 
Muséum ; elles lui ont procuré un grand nombre 
d'espèces nouvelles de Reptiles, dont une grande 
partie, surtout parmi les Lézards et les Serpens, 
sera décrite dans notre ouvrage. 



(1) Les deux vaisseaux envoyés aux Terres Australes par ordre du 
premier Consul, sur la proposition de l'Iustitut, étaient la corvette 
le Géographe, capitaine Baudin, commandant de l'expédition, et la 
corvette le Natuialiste, capitaine Hamelik. Ces deuxbâtimens firent 
voile du Havre le 1 9 octobre 1 800 ; ils relâchèrent à l'île de France, où 
commencèrent les recherches scientifiques. La côte occidentale de 
la Nouvelle-Hollande fut explorée dans le même but ; six semaines 
passées à Timor, les cotes de Diémen furent visitées; cinq mois de 
séjour au port Jackson ; retour à Timor par le détroit de Bass 
et de cette île, arrivée en France en débarquant à Lorient le 
25 mars 4804. 



Quoique Péron n'ait rien publié ênt l'Erpétologie , 
cpmme la plupart des espèces nouvelles que le Mu- 
séum doit à ce naturaliste portent encore aujourd'hui 
les noms qu'il leur avait donnés et que nous avons 
conservés autant que cela était possible , nous aurons 
souvent occasion de citer cet illustre voyageur. Les 
espèces les plus remarquables dont s'est enricbi notre 
Musée par cette expédition, sont une Chélodine à 
long cou de la Nouvelle-Hollande qui vécut quelques 
années à la ménagerie ; l'Agame barbu , espèce tout- 
à-fait nouvelle dont nous possédons deux individus ; 
un Dragon de Timor qui n'est encore connu des natu- 
ralistes que par la courte description qu'en a donnée 
Kubl ; le Caméléon des Séchelles ; de nombreuses 
espèces de Geckos et de Scinques ; le genre Hytérope 
voisin des Seps ; celui du Tétradactyle que Pérou avait 
établi ; un grand nombre de Serpens et notamment 
ce beau Python que Cuvier a décrit sous le nom 
du naturaliste voyageur qui l'avait découvert; enfin, 
beaucoup d'espèces parmi les Batraciens Anoures 
et Urodèles. 

D'autres voyages autour du monde ont aussi en- 
richi nos collections ; quelques espèces très inté- 
ressantes recueillies par Riche dans le voyage de 
d'Entrecasteaux , et que nous devons à la générosité 
de notre collègue et ami M. Alexandre Brongniart, 
dont le nom et les travaux se lient à l'histoire et aux 
progrès de l'Erpétologie, 

Un grand nombre d'espèces nouvelles nous ont été 



Xiv DISCOtJRS 

remises par MM. Quoj et Gaimard (1), à la suite 
des deux grands voyages qu'ils ont entrepris, l'un, 
sous le commandement du capitaine Freycinet avec 
les vaisseaux l'Uranie et la Physicienne ; l'autre suy 
l'Astrolabe avec le capitaine Durville. Ces messieurs, 
n'ayant rien publié sur l'Erpétologie dans la relation 
de leur dernier voyage, ont bien voulu nous promet- 
tre de nous communiquer les faits qu'ils ont re- 
cueillis sur la classe des animaux qui nous occupent. 
MM. Garnot etLesson, qui ont fait de précieuses ré- 
col tes sous le commandement du capitaine Z>w/?erre^, 
avec le vaisseau la Coquille , en ont généreusement 
déposé des échantillons dans le Musée confié à nos 
soins. MM. Busseuil , à son retour de son voyage 
sous le commandement du capitaine Bôugainville ; 
Reyiiaud , après la navigation sur la Chevrette et 
Eydoux sur la corvette la Favorite, se sont aussi 
empressés de faire hommage au Muséum des espèces 
de Reptiles qu'ils avaient recueillies. 



(1) La Corvette l'Uranie , partie de Toulon vers le milieu de no- 
vembre 18! 7, après avoir relâché au cap, aux îles de France et de 
Bourbon, se rendit à Timor ; visita les îles Mariannes , le port 
Jackson, où elle séjourna plus d'un mois. Ayant fait naufrage sur les 
côtes des îles 31alouiues , l'expédition fut ramenée sur la Physicienne 
par Monic-Video, Rio-Janeiro, et rentra en France en oclobre 
4820. L'Astrolabe quitta Toulon en avril 1826, fit route pour le 
port du Roi-Georges, à la terre de Nuitz, au port Jackson, la Nou- 
velle-Irlande , la Nouvelle-Guinée ; se dirigeant par Amboine , il visita 
la terre de Van-Diémen, Hobarts-Town, Vanikoro ; puis des îles Ma- 
riannes , il s'arrêta à Amboine de nouveau, aux Célèbes, à Batavia ; à 
son retour , il relâcha à l'île de France, auCap, àrUe de l'Ascension. 



ï>RÉLiaîlSfAlE.Ë4 j£f 

Les dep^ Amériques, l'Afrique et l'Asie, nous ont 
aussi procuré un grand nombre d'espèces, comme 
nous allons l'indiquer. 

Amérique méridionale. — Du Brésil, nous avons 
eu la collection que Delalande y a faite de 1 81 6 à 
\ 81 7, et cinq ou six envois qui nous furent suc- 
cessivement adressés par M, Auguste de Saint- 
Hilaire, depuis 181 6 jusqu'en 1822. En 1825, on 
reçut de M. Ménestriés une caisse de Reptiles parmi 
lesquels se trouvaient deux Cécilies. En 1 827, il en 
parvint une autre qui provenait de M. Galot, jeune 
naturaliste parisien, qui est mort à Rio-Jaiieiro. 
M. Gaudichaud, pharmacien de la marine et savant 
botaniste, vient de nous rapporter également du 
Brésil une petite collection de Reptiles fort intéres- 
sante par le nombre des espèces nouvelles qu'elle 
renferme. En nous permettant de les publier dans cet 
ouvrage, ce zélé naturaliste a bien voulu nous com- 
muniquer sur ce sujet tous les renseignemens qu'il 
s'était procurés dans le pays. 

Une autre collection formée à Rio-Jaiieiro ou aux 
environs , par M. Vautier, qui en a cédé une partie 
au Muséum , nous fournira aussi, surtout pour l'or- 
dre des Batraciens , de beaux supplémens à ce que 
nous possédions déjà. 

On sait ce qu'ont produit les huit années passées 
par M. d'0rZ>ig"/2^, soit au Brésil, soit dans l'état de 
Buenos-Ayres ou les provinces du Chili. Ce voyageur 
a mis complètement à notre disposition le résultat de 
sfi# çléçQuyertes e» Erpétologie. 



XVJ DISCOtJRë 

Nous devons beaucoup de gratitude a M. Gcif, bo- 
taniste qui a passé plusieurs années au Chili, d'où il 
nous a rapporté une collection non moins remar-* 
qUablc par le nombre que par la rareté des espèces qui 
la composent. A l'aide de ce que nous possédions déjà 
du même pays par la générosité de M. Gaudicbaud, 
nous pourrons faire connaître une belle suite de Rep- 
tiles de cette partie de l'Amérique méridionale. Avec 
d'aussi grandes ressources on nes'étonnera pas de voir 
plus que doublé le nombre des espèces que Spix et le 
prince Maximiiien de Neuwied ont publiées sur les 
Reptiles de cette région. MM. Desesséet Mocino nous 
ont fourni cjueiques Reptiles du Mexique, et en parti- 
culier le genre Chirote, dont nous u'avions alors que 
le seul individu, en très mauvais état, qui avait éié 
décrit sous le nom de Bipède cannelé. 

Les productions erpétologiques de la Martiuique , 
de Porto-Rico et de la Guadeloupe nous sont parti- 
culièrement connues par les belles récoltes que 
M. Fiée a faites dans ces îles. La collection qu'il nous 
a transmise est d'autant plus intéressante que chacun 
des individus qui la composent, porte un numéro cor- 
respondant à celui d'un catalogue qui renferme des 
renseignemens précieux. M. Moreau de Jonnès nous 
avait donné déjà quelques Reptiles qu'il avait observés 
à la Martinique. 

Il nous a été aussi envoyé des Reptiles de la Guade- 
loLipeparM. Z'^e/'mm/e/^etM. A. 7?/corJ, quia exercé 
la médecine à Saint-Domingue pendant plusieurs an- 
nées, nous en a adressé d'autres qui ne sont pas sans in- 



Î'ÎIÉLIMINAIRÊ. Xvij 

téret. Enfin , liotis possédons plusieurs espèces rares 
de la Havane et de Cuba , qui nous ont été données 
par M. Poej. 

L'Erpétologie delà Guyane ne se trouvait guère 
représentée dans nos collections que par les Reptiles 
recueillis autrefois par Richard et Leblond à 
Cayenne et par ceux que l'on avait acquis de Levaillant 
à son retour de Surinam, lorsqu'on \ 820, un premier 
et ricîie envoi , qui fut suivi de deux autres , mais 
bien moins considérables, arriva de Cayenne par les 
soins de M. Poiteau, chargé alors en cbef des cultures 
de cette colonie. En \ 823, M. le baron Milius, gouver- 
neur de cette île, en fit aussi parvenir quelques uns. 
Enfin en \ 824, MM. Lescheîiaultet Adolphe Dowmerc 
déposèrent dans notre Musée la colieclion de Reptiles 
qu'ils venaient de former dans ce même pays. 

Pour l'Amérique septentrionale, nous devons 
beaucoup au zèle de M. MiLhert, artiste qui, sans 
être naturaliste de profession , a cependant rendu les 
plus grands services à la science. Pendant les huit an- 
nées qu'il a habité les États-Unis , il a fait plus de cin- 
quante envois, et nos collections sont riches de ses ré- 
coltes. Nous en avons aussi reçu un grand nombre de 
M. Lesueur, et M. Leconte a généreusement donné 
au Muséum un exemplaire au moins de toutes les es- 
pèces qu'il a décrites dans sa Monographie des Tor- 
tues de cette partie de l'Amérique. M. Harlan a 
également fait passer à cet établissement les genres 
Ménopome et Ménobranche, Batraciens curieux dont 
les échantillons lui manquaient. Nous sommes rede- 

REPTILES TOME I 6 



XVllJ DISCOURS 

vables aussi à M. Teinturier de plusieurs Reptiles 
de la Louisiane. 

l'Afrique nous a fourni un grand nombre de Rep- 
tiles ; c'est à Delalande, à cet habile et infatigable 
collecteur, formé dans nos laboratoires de zoologie, 
que nous devons la plus grande partie des espèces de 
ce pays. Le nombre de celles qu'il a rapportées en 
'ISSO s'élevait à 4 36, et celui des individus à 522. 
Précédemment Péron et Lesueur, dans leur voyage, 
ayant fait relâcbe au Cap , y avaient rassemblé 
une petite collection. Il nous en était aussi par- 
venu quelques uns , par les soins de M. Catoire^ et 
MM. Quoj et Gaimard ont encore contribué à 
augmenter nos riclaesses. M. J. Verreaux^ neveu 
de Delalande , qui l'avait accompagné dans son 
voyage, est aujourd'hui établi au Cap, d'où il fait 
souvent des envois d'animaux parmi lesquels nous 
trouvons toujours quelques individus intéressans. 

Il existait bien dans nos collections quelques Repti- 
les qui provenaient du voyage ^Adanson au Séné- 
gal ; mais M. Roger, lorsqu'il y était gouverneur de 
nos établissemens , a envoyé plusieurs espèces cu- 
rieuses avec les Poissons qu'il a adressés à M. Cuvier. 
Nous en devons d'autres à M. Per/'offef, jardinier bota- 
niste attaché au ministère de la marine dans cette colo- 
nie. M. Julien Desjardins, qui habite l'île de France, 
nous a envoyé plusieurs Sauriens fort intéressans, et 
notamment des Scinques. 

Les matériaux qui nous serviront à faire connaître 



PRÉLIMINAIRE. XÎX 

l'Erpétologie de Madagascar se composent des Reptiles 
de cette île que Delalande s'était procurés au Cap ; 
(le ceux que MM. Quoj et Gaimard y ont recueillis; 
d'une collection qui nous a été envoyée par M. Sgan- 
zin , capitaine d'artillerie de la marine , et enfin de 
quelques espèces qui ont été acquises de M. Gondot, 
qui en arrive pour la seconde fois. 

Depuis l'occupation d'Alger, nous avons reçu par 
diverses personnes plusieurs envois qui nous ont mis 
en mesure de prendre quelques idées de l'Erpétologie 
de cette partie des côtes méditerranéennes de l'Afri- 
que. Ces envois sont dus à MM. Rozet, ingénieur, 
Marloj, chirurgien de la marine, et à MM. Gérard 
et Stenheil. 

Mais c'est surtout de l'Egypte que le Musée a reçu 
en 4802, de précieuses et intéressantes récoltes 5 il 
les doit en grande partie à l'expédition française , et 
particulièrement à M. le professeur Geoffroj Saint- 
Hilaire , qui procura le Trionyx , le Crocodile et le 
Monitor du Nil, le Monitor terrestre , le Fouette- 
Queue, que l'on ne connaissait encore que parla des- 
cription qu'en avait donnée Bélon -, des Stellions, des 
Geckos , des Scinques qu'on n'a pas rapportés depuis, 
un grand nombre d'Ophidiens, qui tous sont repré- 
sentés dans le grand ouvrage sur l'Egypte , et notam- 
ment rHaje , espèce de Naja ou Serpent à lunettes. 

Aux Reptiles qui provenaient en outre du voyage 
(ÏOlwier dans l'empire Ottoman, en Perse et en 
Egypte, beaucoup d'autres sont venus se joindre, qui 
ont été procurés par M. Thédenat-Duvant . et sur- 



XX DISCOURS 

tout des doubles de la collection erpétologique qu'a- 
vait rassemblée M. Ruppel pendant son voyage en 
Egypte , en Nubie et en Abyssinie. D'autres récoltes 
ont encore été faites en Egypte , et généreusement 
offertes au Muséum par M. Cheruhini, fils du célèbre 
compositeur, qui accompagna M. Champolliori) et par 
M. Alexandre Lefeh're, entomologiste zélé, qui visita 
l'Egypte à peu près à la même époque que les mem- 
bres de la commission archéologique. La collection 
qu'on a acquise de M. Bové, jardinier fort intelligent, 
qui fit un voyage en Arabie Pétrée, après avoir de- 
meuré plusieurs années au Caire chargé d'y diriger 
des cultures pour le compte du Pacha , nous a pro- 
curé plusieurs espèces d'un grand intérêt. 

Enfin , MM. de Joannis et Jorès, officiers de ma- 
i-ine embarqués à bord du Louqsor, ont déposé au 
Muséum le résultat de leurs recherches sur les bords 
du Nil. D'un autre côté, M. Caillaud, auteur du 
Voyage au fleuve Blanc et à Méroë, a fait présent à 
notre établissement de deux Crocodiles embaumés. 

Pour l'Asie, ce que nous possédons en Reptiles 
provenant des Indes orientales est immense. Outre 
ce que nous devons aux médecins naturalistes qui 
«nt fait partie des voyages de circumnavigation , il 
nous en a été remis des collections considérables. 
J^'abord par Lesclienault de la Tour à Java, à Ccy- 
lan et sur la côte de Coromandel où il a séjourné 
cinq années; ensuite, par MM. Dlard et Alfred Du- 
vaucelj qui avaient recueilli ces objets soit en com- 
mun, soit séparément, au Bengale, à Java , à Sumatra 



•PRÉLIMINAIRE- XXJ 

et aux îles de la Sonde , et enfin par M. Bélanger , 
qui a visité la côte du Malabar et celle de Coromandel. 

M. Dussumier , négociant et armateur de Bor- 
deaux, qni a rapporté des collections zoologiques si 
nombreuses de plusieurs voyages qu'il a faits à la 
Chine et aux Indes , qu'on aurait pu croire qu'il ne les 
avait entrepris que dans l'intention de s'occuper ex- 
clusivement de recherches d'histoire naturelle ; l'en- 
voi qu'il vient de nous adresser est le sixième que 
nous recevons de lui. 

Enfin, M. Lamarre Piguot a. -pevmïs qu'on choisît 
parmi les doubles de sa collection toutes les espèces 
qui manquaient à la nôtre. 

Notre Europe aussi a procuré à peu près toutes 
les espèces connues. Elles sont, à la vérité, en petit 
nombre dans le climat de Paris ; car il n'y existe au- 
cun Chélonien. Nous n'avons que quelques espèces 
du genre Lézard, à peine six espèces de Serpens, et 
une douzaine d'espèces de Batraciens avec ou sans 
queue. Mais nous avons rassemblé toutes les espèces 
décrites dans les auteurs, et en particulier, nous 
avons nous-même recueilli dans nos voyages les 
Reptiles de l'Espagne ; M. Bihron, ceux de la Sicile, 
qui, joints aux espèces que M. Constant Préi^ost a 
aussi rapportées de cette île; celles que M. Savignj 
avait rassemblées en Italie, nous mettront à même, 
avec la riche collection faite en Morée par les natu- 
ralistes de l'expédition dont M. Bory de Saint- 
Vincent était le chef, d'éclaircir l'Erpétologie du 
midi de l'Europe, qui est encore aujourd'hui si peu 
connue. 



XXIJ DISCOURS 

Ce n'est pas sans intention que viennent d'être 
énumérées avec autant de détails les circonstances 
favorables dans lesquelles nous avons eu le bonheur 
d'être placé, et les ressources immenses que nous 
a fournies la riche collection d'animaux rassemblés de 
toutes les parties du monde avec tant de frais au 
Muséum d'histoire naturelle de Paris. C'est parce que 
nous pouvons en disposer complètement pour en 
faire jouir aujourd'hui les naturalistes, en leur don- 
nant ainsi une puissante garantie que l'ouvrage auquel 
nous livrons tous nos soins depuis bien des années , a 
été rédigé entièrement sur les objets mêmes que nous 
avons pu voir et étudier sons tous les rapports. 

Indépendamment des recherches anatomiques et 
physiologiques auxquelles nous nous sommes livré , 
nous avons dû profiter de la magnifique galerie d'a- 
natomie comparée , pour laquelle en particulier les 
squelettes de la plupart des genres de Reptiles avaient 
été préparés , par les soins et sous la direction de 
Cuvier son illustre fondateur. Aussi notre savant 
collègue, M. de Blainville, s'efforce-t-il de perfec- 
tionner et de compléter ce précieux dépôt qui lui est 
maintenant confié , parce qu'il est bien persuadé que 
l'anatomie comparée est la seule base solide sur la- 
quelle puisse être fondé l'édifice de la science zoolo- 
gique. 

On sait de quelle importance ont été pour l'expli- 
cation des étonnantes révolutions que notre planète 
terrestre semble avoir éprouvées, les découvertes 
faites dans ces derniers temps par les débris fossiles 
des différens genres de Reptiles , de ces créatures si 



PRÉLIMINAIRE. XXlij 

bizarrement organisées, que par leur existence même 
elles semblent indiquer les grandes catastropbes 
auxquelles aurait été soumis ce globe sur lequel 
nous vivons. Alors en effet des espèces analogues à 
nos grands Lézards pouvaient voler et planer dans 
les airs, comme les Cbauve-Souris et les Hirondelles ; 
tandis que d'autres étaient forcées de séjourner con- 
stamment dans le vaste sein des mers, comme les 
Cétacés et les Requins. Tous ces reliefs antiques , ces 
empreintes de formes qui paraissaient à jamais anéan- 
ties, se trouvent aujourd'hui rassemblés dans leurs 
débris, de manière à être rapproches, reproduits et 
restitués authentiquement dans nos collections géo- 
logiques, où elles serviront également à nos descrip- 
tions, quand nous aurons à parler de ces espèces de 
Reptiles perdus. 

Aucun ouvrage important ne nous a manqué ; car 
le petit nombre de livres que nous n'avions pu nous 
procurer, et qui pouvaient nous être utiles, ont été 
généreusement mis à notre disposition par toutes les 
bibliothèques publiques, au nombre desquelles nous 
nous plaisons à citer celles de l'Institut et du Muséum 
d'histoire naturelle ; cette dernière surtout, à cause 
de l'accroissement considérable qu'elle vient de re- 
cevoir par l'acquisition des livres et la belle collection 
de mémoires zoologiques qu'avait su réunir notre 
savant collègue Cuvier , dont la perte sera long- 
temps pour la science une calamité déplorable. 

Pour les langues du nord avec lesquelles nous 
n étions pas assez familiarisés, nous avons eu recours 



XÎV ÎDISCOUP.S PRÉLIMINAIRES 

à des analyses parfaitement exactes , qui nous ont été 
fournies par quelques uns de nos anciens disciples , 
parmi lesquels nous devons citer MM. les docteurs 
Jour dan et Cocteau^ auxquels nous témoignons ici 
notre gratitude. 

Nous profiterons aussi , pour la faire connaître au 
public par des copies exactes, de la belle collection 
de peintures en couleur sur vélin, exécutée en grande 
partie sous nos yeux, etsur des Reptiles vivans, par les 
artistes les plus babiles attachés à l'établissement du 
Muséum; et pour les faire apprécier, il nous suffira 
de rappeler ici les noms de Barrahand, de Huet et 
de MM. Redouté jeune et Chazal. 

Nous ne devions négliger aucun des moyens qui 
étaient en notre pouvoir pour réunir tous les faits 
importans de la science erpétologique , et pour les 
présenter dans l'ordre qui leur convenait. IN ous avons 
employé tous nos efforis pour arriver à ce but dans 
cet ouvrage, que nous présentons par cela même avec 
confiance aux naturalistes , dans l'espoir de faciliter 
leurs études et de les aider surtout efficacement dans 
les recherclies auxquelles ils pourront avoir à se 
livrer par la suite. 

Au Muséum d'Histoire naturelle de Paris , 
le 20 mai 1834. 



HISTOIRE NATURELLE 

DES 

REPTILES. 



LITRE PREMIER. 



1>ES REiPTIIiES EIff OENERAIm i£T DE Z.EVR 
ORGASTISATIOM*. 



Il n*y a pas long-temps que les naturalistes ont 
déterminé d'une manière précise les limites de la 
classe dans laquelle ils sont unanimement convenus 
aujourd'liu?! d&^anger les animaux qu'ils désignent 
sous le nom de Pveptiles. 

Les auteurs les plus anciens , lorsqu'ils voulaient en 
parler d'une manière générale, avaient emprunté 
d'Aristote (i) les distinctions, les seules alors néces- 



(1) Arislote, Histoire des animaux et dans tous ses ouvrages. 
TsTpù-Koûx diozô/.x /.ai àfftç, Hist. anim, , lib. y., cap, xxvn, t^i 
drupèdes owipari et serpentes. 

REPTILES, TOMJS I. I 



2 DES REPTILES 

saires, dé (juadrùpèdes ovipares et de serpeiis. Ces 
dénominations se sont même conservées dans nos 
ouvrages français les plus modernes. Linné est le 
premier qui ait réuni ces animaux en deux groupes, 
sous le nom collectif d' Amphibies. 

C'était une erreur de cette époque ; car quelques-uns 
de ces animaux seuleriient sont doués de la faculté de 
vivre , tout à la fois ou successivement , dans l'air et 
dans l'eau , et aucun ne jouit en même temps et con- 
stamment pendant sa vie des deux modes suivant les- 
quels la respiration s'opère dans lu'n ou dans l'autre 
de ces fluides. 

Hermann avait pris dans la langue grecque un mot 
composé, fort difficile à prononcer, et qui heureuse- 
ment ne fut pas adopté ; car il aurait propagé des 
idées fausses qui ont existé trop long-temps, et qui 
font encore aujourdliui proscrire indistinctement par 
le vulgaire toute cette race d'animaux (l). 

Lyonet d'abord (2), puis Brisson (3), proposèrent le 
nom de Reptiles , en avouant qu'ils n'employaient cette 
expression qu'à défaut d'une autre qu'ils auraient dé- 
sirée , et qui aurait mieux caractérisé toutes les espèces 



(1) Tabulée iif/inilatum a/iimalium , pag. '2i'38. fy^o & 
Kryerozoa, des mois xpusphç et 'ÇSJov, animal froid, livide, dégoû- 
tant. 

(2) Théologie des insectes de Lesser, tom. 1 , pag. 91 , note 5. 
Paris, 1745. 

« Mais , dira-t-on, à quelle classe faudra-t-il rapporter les animaux 
que je viens de nommer ? Je ne ferais aucune difficulté d'en faire 
ime classe à part, que l'on pourrait nommer, faute d'un nom plus 
convenable, les Reptiles, en prenant ce mot dans un sens un peu 
moins vague que celui qu'on lui donne ordinairement. « 
(3) Règne animal divisé en neuf classes. Paris, 4756. 



ET DE LEUR OKGANÏSATION. 3 

d'animaux réunis sous cette dénomination. En effet, 
le nom de Reptiles, quoique dérivé d'un verbe latin 
qui signifie 7*6 rampe, pouvait être appliqué sans res- 
triction à tous les animaux qui se traînent sur le 
ventre, soit par l'absence des pattes, comme les ser- 
pens , soit à cause de leur brièveté , comme les lé- 
zards et les tortues. 

C'est par suite de l'adoption de cette dénomination 
de P\.eptiles, imposée à toute une classe d'animaux, 
que la partie de la Science zoologique, qui s'en occupe 
d'une manière spéciale, a reçu le nom grec d'ERPÉ- 
TOLOGiE, qui signifie Traité des Reptiles (1). 

Dans l'état actuel de la science , les zoologistes 
caractérisent les Reptiles par la phrase suivante, qu'ils 
appellent diagnose, c'est-à-dire px^opre à les faire re- 
connaître : animaux 'Vertébrés , à poumons; à tem- 
pérature variable ou inconstante; sans poils, ni 
plumes, ni mamelles. 

En développant les termes de cette définition , on 
voit que ces êtres animés, c'est-à-dire doués de la fa- 
culté de se mouvoir et de sentir, ont une écliine ou 
colonne centrale , formée d'os empilés qui servent 
à la fois de base à tout le squelette pour déterminer 
la foi^me du corps et pour en faciliter le transport d'un 
lieu à un autre , en même temps que ces os recouvrent 
et protègent les organes nerveux principaux par les- 
quels se transmettent les sensations et les ordres de 
la volonté : que, de plus, ces animaux attirent l'air 
dans des poumons , appareils membraneux dans les- 
quels une petite quantité de fluide atmosphérique pé- 



(1) Du mot kp-nrnto-j , reptile, et liyoi , discours, traité. Le verbe 
£/5TO£v signifiant ramper, serpenter. 



I. 



A DES REPTILES 

nètre et se trouve médiatement mise en contact avec 
un sang de couleur rouge, dont la clialeur^ ainsi que 
celle de la totalité du corps, est modifiée dans ses 
degrés par la température du milieu dans lequel ils 
sont appelés à vivre. Ces poumons intérieurs distin- 
puent en outre les reptiles des poissons qui respirent 
l'eau sur des brancliies, c'est-k-dire à l'extérieur de 
lames membraneuses sur lesquelles le fluide liquide 
agit à peu près de la même manière que l'air dans les 
poumons. De même, pour séparer au premier aperçu 
les reptiles d'avec les mammifères , on se rappellera 
que ceux-ci nourrissent leur progéniture du lait qui 
se sécrète dans des organes spéciaux dont l'existence 
se manifeste toujours au-dehors cliez les femelles, et 
dont il reste aussi quelques traces chez les mâles ; en- 
fin, chez tous les oiseaux, le plumage est un carac- 
tère distinctif et qui ne peut laisser aucun doute. 

Les Reptiles n'ont pas d'autres qualités communes 
et générales que celles dont nous venons déparier; 
cependant parle grand nombre des particularités qu'ils 
offrent en outre sous le rapport de l'organisation et 
des facultés qui en dépendent, ils diffèrent de tous 
les autres animaux. Mais pour ne les comparer encore 
qu'avec ceux dont ils se rapprochent le plus par la 
présence d'un squelette intérieur, nous énoncerons 
d'abord les résultats de l'observation qui dénotent des 
différences importantes dans tout le reste de leur 
organisation, modifications sur les détails desquelles 
nous serons obligés de revenir par la suite. 

Ainsi , quoique les Pveptiles respirent l'air en nature 
et par des poumons , comme les mammifères et les oi- 
seaux, ils diffèrent de ceux-ci, parce que leur sang 
n'est pas en totalité poussé dans ces organes , afin que 



ET DE LEUR ORGANISATION. 5 

toute la masse de cette humeur soit mise successi- 
vement et nécessairement en rapport avec l'atmo- 
sphère. Leur circulation pulmonaire est partielle ; il 
n'y a qu'une portion de leur sang qui pénètre dans les 
poumons ; et c'est probablement k cette cause qu'on 
doit attribuer les variations de la température de leur 
corps , qui se met presque constamment en équilibre 
avec celle du milieu dans lequel ils sont plongés. C'est 
surtout à cette particularité de leur mode de respira- 
tion aérienne qu'il faut rapporter la faculté qu'ils 
ont de la rendre pour ainsi dire arbitraire; de sorte 
qu'ils peuvent en modérer l'action , la retarder, l'ex- 
citer, l'accélérer, la suspendre même pendant un es- 
pace de temps plus ou moins long, et continuer de 
vivre ainsi sans respirer en apparence, même quand 
ils sont plongés sous l'eau, ou quand ils sont forcés 
de séjourner dans une atmosphère viciée et non res- 
pirable. 

Quoique les organes de la respiration, parleurs 
formes apparentes, semblent établir une ligne de dé- 
marcation bien tranchée entre les Reptiles et les Pois- 
sons ; sous d'autres rapports , les limites qui séparent 
ces deux ordres d'animaux sont peut-être moins évi- 
dentes ; à tel point que linné lui-même, partageant 
l'erreur qui lui avait été transmise par quelques 
hommes habiles d'ailleurs , mais peu versés dans les 
recherches d'anatomie comparée , a pu croire que 
quelques poissons, tels que les Diodons, chez les- 
quels on avait décrit comme des poumons tantôt le 
tissu des reins , tantôt la vessie natatoire à plusieurs 
poches, étaient de véritables Reptiles j ou, comme 
il les désignait, des Amphibies nageans. Il faut 
même reconnaître que la transition se trouve indi- 



6 DES REPTILES 

quée par la conformation presque identique , la struc- 
ture analogue et les habitudes semblables dans quel- 
ques espèces appartenant à l'une ou à l'autre de ces 
classes. Le mode de circulation , par exemple , est fort 
différent, puisque cbez les Poissons la totalité du sang 
est obligée de passer, dans un temps donné , par les 
nombreuses ramifications des vaisseaux dont sont pé- 
nétrées les lames de leurs branchies, et cependant 
l'effet produit est à peu près le même ; car, soit comme 
une conséquence de la moindre oxygénation du sang 
par l'eau , soit a cause de la lenteur de l'impulsion 
communiquée au sang par le cœur, soit par suite de 
toute autre cause, la chaleur du corps est dans les 
Poissons comme chez les Reptiles , constamment en 
équilibre avec la température du milieu dans lequel 
ces animaux sont appelés à vivre. 

Il ne restera donc plus de difficultés sur la classi- 
fication des animaux qui nous occupent, quand il 
faudra les comparer avec d'autres vertébrés. Nous 
avons peine à croire que dans l'état actuel des connais- 
sances acquises en histoire naturelle , on puisse au- 
jourd'hui ranger les Serpens avec les Vers ou les 
Anneîides , comme l'a fait Klein, dans le milieu du 
siècle dernier, par cela seul que leur manière de 
ramper était à peu près la même; car il fut un temps 
dans lequel le classement et le rapprochement des 
animaux étaient déterminés par la seule analogie des 
habitudes ; et beaucoup d'auteurs anciens nous ont 
laissé des traces de cet an^angement systématique, 
qui pouvait suffire alors, vu le petit nombre des faits 
observés et la confusion qui régnait dans la science. 

Maintenant tous les naturalistes sont convenus de 
réunir dansla classe des Reptiles un très grand nombre 



ET DE LEUR ORGANISATION. "J 

d'espèces d'animaux qui ont les caractères communs 
que nous avons précédemment indiqués , mais qui ce- 
pendant peuvent se trouver distribués commodément 
pour l'étude en quatre ordres principaux , corres- 
pondant chacun à un genre naturel dont on a modifié 
le nom pour qu'il put servir à une désignation com- 
mune. Ces genres sont ceux des Tortues , des Lézards, 
des Serpens et des Grenouilles, qui étaient en effet 
à peu près les seuls que reconnaissaient les auteurs , 
ainsi qu'on peut le voir encore dans les premiers ou- 
vrages de Linné. 

Ces quatre genres principaux sont devenus les types 
des ordres faciles à dénoter par des caractères précis 
en très grand nombre, dont il nous suffira pour le 
moment d'indiquer ceux que l'on peut mettre aisé- 
ment en opposition , et qui nous serviront à établir 
la disposition méthodique d'après laquelle nous nous 
proposons d'en présenter l'histoire dans le cours de 
cet ouvrage. 

Ainsi, les Tortues ont l'échiné ou la colonne ver- 
tébrale presque tout à fait au dehors d'un corps court, 
le plus ordinairement ovale ou arrondi, au moins dans 
la région moyenne , où toutes les pièces sont soudées 
entre elles et le plus souvent avec les côtes et le ster- 
num , de manière que le cou qui supporte la tête et que 
les pièces qui composent la queue sont seules libres 
et mobiles. Les pattes sont au nombre de quatre et 
manies d'ongles. Jamais les Tortues n'ont de dents 
aux mâchoires ; elles ont des paupières mobiles comme 
la plupart des animaux d'un ordre plus élevé dans 
l'échelle des êtres. Toutes pondent des œufs fécondés 
d'avance, et les petits animaux qui en proviennent 
sortent de la coque calcaire qui les revêt avec les 



8 BES REPTILES 

formes et les mœurs qu'ils conserveront pendant le 
reste de leur existence. 

Les Léz àrds ont les vertèbres mobiles dans toute leur 
étendue, et le nombre en est très considérable, moins 
cependant que dans les Serpens; c'est ce qui donne 
en général beaucoup de longueur k leur corps. Leur 
peau est le plus ordinairement écailleuse ou chagri- 
née ; leur cou est peu distinct ; leurs pattes , le plus or- 
dinairement courtes, sont distantes les unes des autres ; 
leurs doigts sont le plus souvent munis d'ongles cro- 
chus. La plupart ont des paupières mobiles, un tym- 
pan ; des dents implantées dans les mâclioires, dont 
les branches sont soudées entre elles ; des côtes ser- 
vant à la respiration et réunies entre elles en avant 
sur un sternum. Sous la plupart des autres rapports, 
les Lézards ressemblent aux Tortues. 

Les Serpens ont le cor-ps excessivement allongé et 
étroit , le plus souvent cylindrique , absolument sans 
pattes et sans cou ; leur peau a beaucoup de rapports 
avec celle de quelques Lézards ; jamais ils n'ont de 
paupières ni de tympan ; leurs mâchoires sont garnies 
de dents enchâssées, pointues et coui-bées en cro- 
chets ; l'inférieure est le plus ordinairement formée 
de deux branches séparées, souvent susceptibles de 
s'écarter l'une de l'autre. Tous ont des côtes nom- 
breuses ; mais elles ne sont pas articulées en avant sur 
un sternum; elles servent k la respiration, qui s'opère 
dans un seul poumon très étendu. Leurs œufs, fé- 
condés k l'intérieur, sont ovales, allongés et recou- 
verts d'une croûte peu solide, mais k grains calcaires; 
quelquefois ils éclosent dans l'intérieur du corps de 
la mère. 

Les Grenouilles, ainsi que quelques autres genres 



ET ÏDE LEUR ORGANISATION. Q 

qui en diffèrent beaucoup par la forme extérieure, 
qui est à peu près celle des Lézards, avec lesquels on 
les avait même rangées autrefois, ont toujours la peau 
nue , sans carapace ni écailles ; la plupart ont quatre 
pattes à doigts distincts, mais constamment sans on- 
gles. Elles n'ont pas de côtes, ou quand il y en a elles 
sont très courtes , et ne se joignent jamais au ster- 
num, qui est très développé. Presque tous ces animaux 
ont des paupières, quand ils ont des yeux; mais leur 
caractère principal est tiré de leur mode de repro- 
duction. La plupart pondent des œufs à coque molle, 
qui ne sont fécondés qu'après qu'ils sont sortis du 
corps de leur mère, et le fœtus qui en provient subit 
des transformations, une véritable métamorpliose qui 
se manifeste dans la plupart des organes , et ensuite 
par les plus grands clîangem.ens dans les mœurs et la 
manière de vivre. 

En analysant toutes les observations et les faits que 
nous venons d'énoncer, dans ce qii'ils'ont de plus 
remarquable cliez les animaux que nous avons choisis 
comme types , dana des genres bien connus , nous 
avons vu qu'il y avait dans leur organisation et dans 
leurs formes extérieures des différences très nom- 
breuses. C'est ce qui a fait sentir la nécessité d'établir 
parmi les Reptiles quatre ordres ou sous-classes. Pour 
les désigner d'une manière générale , il a fallu créer 
des termes nouveaux ; on l'a fait en empruntant du grec 
des mots ayant une signification presque semblable aux 
noms des genres principaux, afin d'indiquer par cette 
généralisation les grands rapports qui existent réel- 
lement entre les espèces ainsi réunies pour en former 
quatre sous-classes. Les tableaux suivans permettent 
de saisir, à la première inspection, les notes essen- 



10 DES REPTILES 

tielles et distinctives qui caractérisent cliacun des or- 
dres. Disons cependant d'avance que les Tortues se- 
ront appelées Chélobtiens ; les Lézards, Sauriens; les 
Serpens, Ophidiens; et les Grenouilles Batuaciens, 

CLASSIFICATION DES REPTILES. 



Premier tableau synoptique. ORDRES. 

■ une carapace . . Chéloniens. 
, des membres , paupières , 
à carapace, à éoaiUes | ^ «»"= carapace . . SmiiiBNS. 

ou anneaux , 
CORPS \ n'ayant ni pattes , ni nageoires , ni paupières . Ophidiens. 

.nu, sans carapace , ni écailles, paUes sans ongles Baibaciens. 



Second tableau synoptique. ORDRES. 

des dents Sauisibks. 



. des ongles , 



'a panes ou nageoires, 



. pas de dents Chéloniens. 



REPTILES \ P^* d'ongles BiinAciENs. 

sans pattes, ni nageoires, ni paupières, ni tympan Ophidiens. 



M li ml II I."" ' T "1fr^'"'*"" " ^—*»— .—« ^■.■™ ". "-. '. » . i" "—»'-^": ! '^ — I flii ii'sf, ' f'^Mjnijii,"i i nw ff i 



REPTILES 




Troisième tableau synoptique. ORDRES. 

• toujours subissant des transformations ou métamorphoses. 

Corps nu, sans carapace, écailles, ni ongles . . . Batraciens. 



des membres ; paupières /' en bec corné , un test. Chéloniens. 
ou tympans; à bouche. ) 

\ sans métamorphoses, , f i •• . . c 

' "*' \ '^ dentée , sans test . . . bAuniExs. 

sans membres, ni paupières , ni tympans .... Ophidiens. 



ET DE LEUR ORGANISATION. li 

Nous avions besoin d'exposer ainsi, dans une sorte 
d'analyse, ces principaux résultats de la comparaison 
que la simple observation, bien dirigée, rend facile 
et qui permet de distinguer promplement, et avec 
certitude, les Reptiles, d'abord de tous les autres 
animaux vertébrés ; et ensuite de les diviser entre eux 
pour les rapporter comme à des sortes de modèles con- 
nus , qui puissent servir d'exemples ou de patrons ori- 
ginaux. Nous pourrons maintenant poursuivre plus 
aisément notre examen, en indiquant successivement 
les modifications que les êtres de cette classe nous 
présenteront dans l'étude rapide que nous allons faire 
de leurs grandes fonctions animales; car celles-ci sont 
constamment en rapport avec les facultés dont ils sont 
doués : elles les font prévoir, et portent à conjecturer 
d'avance, avec une sorte de certitude, quelles seront 
les mœurs et les habitudes. 

C'est dans ce but que nous jetterons un coup d'oeil 
rapide sur les diverses modifications que subissent 
les principales fonctions chez les Reptiles , en les exa- 
minant dans l'ordre qui nous paraît exercer le plus 
d'influence sur la conformation , sur les fonctions et 
sur la manière de vivre : i° la faculté qu'ils ont de 
se mouvoir en tout ou en partie et les dispositions qui 
permettent ou produisent chez eux les différentes sor- 
tes de mouvement; 2° la faculté de sentir, ou les di- 
verses modifications qu'ont éprouvées les instrumens 
à l'aide desquels ils perçoivent l'action que les autres 
corps peuvent exercer sur eux ; 3° tout ce qui tient à 
leur manière de se nourrir, de se développer, à la cir- 
culation , h la respiration, à la production de la voix 
et aux diverses sécrétions; 4" enfin les singularités que 
présentent les Reptiles dans la manière dont leur race: 
se trouve propagée. 



12 ORGANISATION DES REPTILES. 

Ce sera l'objet des différens chapîtres de ce livre, 
dans lequel nous ne désirons que familiariser nos lec-» 
teurs avec les no ms des Rep tiles, dont les particularités, 
énoncées ici pour la première fois, se trouveront par 
la suite développées avec tous les détails nécessaires. 



CHAPITRE PREMIER. 

DE LA MOTILITÉ CHEZ LES REPTILES. 

On est convenu de désigner sous le nom d'organes 
de la motilité , tous les instrumens que la nature pa- 
raît avoir accordés aux animaux, seuls parmi tous les 
autres êtres, pour leur donner le pouvoir de changer 
à volonté de lieu, en tout ou en partie. Les instrumens 
de la vie rapportés par les physiologistes à cette faculté 
de se mouvoir, sont de deux sortes. Les uns passifs, 
sont destinés à recevoir directement, puis à trans- 
mettre, faciliter, et à limiter les mouvemens : tels 
sont les os, les ligamens,les tendons, les aponévroses. 
Les autres sont des agens directs; ils sont composés 
de fibres douées de la propriété de se contracter , de 
se raccourcir : les faisceaux de ces fibres qui sont des- 
tinés à produire une même action ou à y coopérer 
sont regardés comme des moteurs directs ; on les 
nomme alors des muscles. 

Il y a parmi les Reptiles, sous le rapport des fa- 
cultés locomotrices , autant de diversités que chez les 
mammifères. La plupart, à la vérité, sont terrestres, 
ou appelés à vivre sur la surface solide du globe que 
nous habitons; mais il eu est, comme certains Lézards 
ou Sauriens, qu'on nomme Dragons, qui peuvent s'é- 
lancer dans l'air et s'y soutenir plus ou moins long- 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. l3 

temps, à l'aide de membranes disposées en manière 
de paracîiule, ainsi que le font les Polalouches. D'au- 
tres, dont la race, il est vrai, n'existe plus aujourd'hui 
à ce qu'il paraît, mais dont on retrouve des débris 
fossiles, pouvaient probablement se mouvoir dans l'air 
avec une grande vitesse et par une sorte de vol , à 
l'aide d'un mécanisme et d'une structure analogue à 
celle que nous observons dans les Chéiroptères ou 
Chauves-Souris. Il est encore des Reptiles qui vivent 
habituellement dans l'eau et peuvent y nager parfai- 
tement, soit avec des pattes aplaties, allongées et 
changées en nageoires , comme dans les Phoques , 
telles sont les tortues aquatiques qu'on a nommées 
Chélonées, Trionyx et Emydes; soit en faisant usage 
d'une queue déprimée à son extrémité , comme celle 
des cétacés, tels sont les Sauriens nommés Uroplates, 
ou comprimée sur les côtés, à peu près comme celle 
des Poissons. Ce dernier exemple nous est offert 
par les Crocodiles et les Tupinambis parmi les Lé- 
zards, et par quelques Batraciens à queue, comme les 
Protées , les Tritons, et les Sirènes. Enfin il existe 
quelques Reptiles qui ont la forme des Serpens, qui 
vivent sous la terre dans des conduits qu'ils s'y creu- 
sent à la manière des Lombrics, telles sont les Cécilies 
et les An?.phisbèries ou double marcheurs. Celles-ci se 
retirent dans des cavités souterraines pratiquées par 
des insectes industrieux dont elles font leur nourriture 
principale. 

Quant aux autres modes de mouvemens généraux 
ou de transport , nous les observons a peu près tous , 
mais opérés par des espèces différentes de Reptiles , 
depuis la marche la plus lente, qui est pour ainsi dire 
passée en proverbe dans la Tortue de terre , jusqu'à la 
vitesse de la course, dans la rapide agilité du Lézard. 



1^ ORGANISATION DES REPTILES. 

Parmi les Sauriens qui ont des doigts allongés, dis- 
tincts, séparés, terminés par des ongles ci^oclius et 
qu'on nomme des Eumérodes, la plupart peuvent 
grimper avec prestesse et célérité , tels sont les Igua- 
nes , les Anolis ; d'autres , tels que les Caméléons , 
sont , comme quelques oiseaux , et en particulier 
les perroquets ouïes pics, grimpeurs par excellence. 
Ils semblent en effet construits essentiellement dans 
ce but; les doigts de cbacune de leurs pattes sont 
réunis jusqu'aux ongles en deux faisceaux ou pa- 
quets opposables, ce qui leur donne la facilité de 
saisir parfaitement, d'empoigner les branches sur les- 
quelles ils se fixent; mais cette conformation des pattes 
est plus propre à affermir leur station sur des corps 
cylindriques ou saillans, qu'à faciliter leur progres- 
sion, qui se fait toujours avec lenteur sur des plans 
horizontaux. 

Chez d'autres Sauriens très agiles, comme les Gec- 
kos, la solidité de la station est en général favorisée 
spécialement par la singulière disposition des doigts ; 
les phalanges étant élargies , aplaties en dessous et 
garnies de petits coussinets mous , qui remplissent le 
même office que les pelotes qu'on observe sous les 
tarses de quelques mouches. C'est ce qui permet à ces 
animaux d'adhérer et de marcher sur les corps les plus 
lisses, et même de courir sous des plans solides, où 
ils restent à volonté immobiles, suspendus contre leur 
propre poids. Quelques uns même ont en outre des 
ongles crochus , rétractiles comme ceux des chats , 
pour n'en pas user la pointe et ne s'en servir qu'au 
besoin. 

Cette même faculté de se soutenir ainsi avec les 
pattes et de vaincre la gravité naturelle du corps , se 
retrouve dans les Rainettes , du groupe des Batraciens 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL, i5 

sans queue, qui s'attaclient et semblent se coller sous 
les feuilles les plus lisses et les plus ît lohiles des ar- 
bres , où elles se mettent en embuscad e pour épier et 
saisir les insectes ; mais dans ce cas,, l'adliérence s'o- 
père à l'aide de la seule extrémité de ^^eurs doigts, élar- 
gis en forme de disques cbarnus , q ui peuvent deve- 
nir concaves au centre , pour pr©< luire ainsi l'effet 
d'une soupape ou d'une ventouse. 

Il est des Pveptilesqui ne peuveniK jamais quitter vo- 
lontairement les plans solides sur lesquels ils se traî- 
nent, qu'en se laissant précipiter ; telles sont les Tor- 
tues et quelques Sauriens , qui n'oi it pas de pattes ou 
qui les ont très courtes. Il en est d e même des Batra- 
ciens qui ont une queue ; mais d'au1 ,res s'élancent dans 
l'air, en exécutant de véritables ■: sauts qu'ils produi- 
sent par des mécanismes divers. C Ihez les Grenouilles 
et les Rainettes , c'est à l'aide des pattes postérieures 
très développées, et ici les os et lie s muscles représen- 
tent des leviers et des puissances (!( antla force est si pro- 
digieuse que l'animal peut s'éle-T' er à une liauteur qui 
excède au moins de vingt fois lai, sienne , et parcourir 
dans l'air un espace qui peut av^a ir plus de cinquante 
fois l'étendue de son corps. Cbe l quelques Serpens , 
ce sont les vertèbres nombreoss s et très mobiles qui 
permettent à l'animal de se roïrJ (er en spirale et de se 
débander tout-k-coup et avecvii olence, en s'appuyant 
sur le sol pour s'élaucer dans Yi ;space. Cbez les Anolis 
et les Dragons, parmi les Saurie ns, la totalité du corps 
et des membranes, concourt a c e mouvement de pi^o- 
jection , par une extension su ibite et simultanée de 
toutes les puissrmces motrieeSv 

Comme certains mammifère s à queue préhensile , 
quelques uns des animaux qui :nous occupent peuvent 



i6 xORGÀNlSATION DES REPTILES. 

se suspendre par les dernières pièces de leur échine 
à quelque corps solide j ils se donnent ensuite un 
mouvement de balancement oscillatoire, dont ils sa- 
vent profiter pour se jeter dans une direction qu'ils 
semblent avoir déterminée d'avance. Tels sont les Ca- 
méléons et quelqu es Boas , sortes de Serpens dont le 
ventre est plus étro itque le dos, et qui, par cette circon- 
stance, ont la plus grande peine a ramper sur un plan 
horizontal, quand ils ne trouvent pas h s'accrocher, 
mais qui parvienne nt , dit-on , avec une rapidité in- 
concevable aux cin les les plus élevées des arbres et 
aux sommités des b ranches flexibles , en les envelop- 
pant d'une sorte d( i spire concave , par les circonvo- 
lutions successives des longues sinuosités de leur 
corps. 

On peut dire , d 'une manière absolue , que les 
membres des reptile s sont disposés et conformés de 
telle sorte qu'ils sont peu favorables à l'exécution et à 
la facilité des mou vemens progressifs. D'abord , 
quand ils existent , es ir tous les Serpens en sont pri- 
vés , les os des bras ei L des cuisses et toutes les autres 
parties de ces extrémJ Ités antérieures et postérieures, 
sont très peu développ ées en longueur; par leur mode 
d'articulation sur les épaules et sur les hanches , les 
membres se trouvent ( lirigés en dehors et se joignent 
au corps en formant , avec la longue échine , un 
angle presque droit. Cl lez la plupart, les mouvemens 
des pattes s'exécutent ( lans nn sens perpendiculaire à 
l'axe de la colonne vei tébrale ; et comme elles sont 
très courtes , elles pem /ent à peine soutenir le poids 
du corps. Les coudes et les genoux ne peuvent s'éten- 
dre ou se redresser com iplètement, leurs articulations 
restent constamment fl^échies, et chez presque tous, 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. I>j 

comme nous l'avons déjà énoncé , le corps porte sur la 
terre, il est à peine soulevé et la marche devient très 
fatigante par suite du frottement qu'elle exige. Mais 
parmi les Reptiles, ceux dont les membres sont le 
moins bien conformés pour la progression sur la 
terre, ce sont les Cliéloniens , dont les pattes sont trop 
courtes et trop éloignées du centre. Aussi est-il telle 
circonstance où l'animal , étant renversé sur le dos , 
ne peut se redresser et se replacer sur les pattes. Au- 
cun ne peut ginmper dans une direction verticale, et 
dans les Tortues proprement dites , les pieds sont 
de véritables moignons dont les doigts ne sont indi- 
qués, comme cbez les éléplians, que par la présence 
des sabots placés à leur pourtour, et ne servent que 
comme des croclieîs destinés a les arrêter sur le ter- 
rain. Cependant d'autres espèces, appelées à se mou- 
voir dans l'eau , comme les Cliélonées et les Spbargis, 
y nagent rapidement , et avec la plus grande facilité , 
a l'aide de leurs pattes transformées en véritables 
rames aplaties. 

Dans la plupart des espèces , les pattes de devant 
sont plus courtes que celles de derrière ; cependant 
plusieurs genres les ont à peu près égaies en longueur. 
Chez quelques Batraciens sans queue les membres 
postérieurs offrent en étendue le double ouïe triple 
de ceux de devant , et l'animal , que cette dispropor- 
tion rend peu propre à la marche, ne peut avancer que 
par bonds et par sauts. Chez quelques uns il n'y a que 
deux paires de membres ; tantôt les antérieurs seuls 
existent , comme dans les Ghirotes et les Sirènes , tan- 
tôt ce sont les postérieurs comme dans les Hystéropes. 

Ainsi que nous venons de le voir, non seulement les 
membres sont généralement courts et articulés d'une 

I. 2 



l8 ORôA.WlâATîO» ÏJÊS AlttlLES. 

manière désavantageuse pour la rapidité de la pro- 
gression, et surtout relativement à la durée de la mar- 
clie qui doit être très fatigante pour l'animal, lors- 
qu'elle est prolongée ; mais en outre récartement, oU 
le grand espace qui reste entre les deux paires de pat- 
tes, ne permet que des impulsions latérales successives, 
toujours distantes les unes des autres, et le corps 
poussé alternativement à droite et à gauclie , ayant 
souvent Lesoin à chaque pas d'être aidé de l'action 
impulsive de la queue, n'éprouve qu'une allure lente, 
vacillante et tortueuse, qui caractérise la démarclie de 
la plupart de ces animaux. Les Caméléons sont peut- 
êti^e les seuls Reptiles dont les pattes alongées élèvent 
assez le tronc pour empêcher le ventre de porter sur 
le plan qui supporte le corps de l'animal dans la station 
et dans la marche. 

L'action de ramper dans les Serpens et chez les 
Sauriens qui n'ont pas de pattes, ou qui les ont trop 
courtes, s'opère par d'autres procédés. L'échiné seule, 
au moyen de ses muscles forts et très contractiles et 
des os nombreux qui la constituent , produit l'impul- 
sion de toute la masse alongée du corps par des sinuo- 
sités successives imprimées alternativement k droite 
et à gauche, et quelquefois par des ondulations qui ont 
lieu de haut en bas ou dans le sens vertical. Car ces 
deux modes de reptation nous sont offerts par diverses 
espèces. 

Quant a ceux des Serpens qui vivent dans l'eau , les 
uns nagent à la surface avec le corps gonflé d'air et 
difficilement submei^sible, et alors les ondulations ra- 
pidement imprimées aux diverses parties de la lon- 
gueur du corps suffisent pour le faire avancer. Les Cou- 
leuvres à collier de notre pays nous offrent un exemple 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. ig 

de cette manière de nager avec le corps émergé. 
D'autres, vivant liabituellement plongés sous l'eati, 
comme les Pélamides et les Hydrophides, ont une 
queue mince, longue, comprimée sur les côtés, et 
élargie, qui fait l'office d'une rame mue avec vitesse 
à droite et à gauche, afin de pousser ainsi leur corps en 
le dirigeant. C'est par un mécanisme analogue que les 
mouvemens des Sirènes, des Pilotées et des autres 
Batraciens à queue s'exécutent au milieu du liquide 
dans lequel ils sont appelés à vivre. 

Après avoir indiqué les mouvemens généraux et 
variés par lesquels le corps des Pieptiles se transporte 
en totalité d'un lieu dans un autre, il nous reste peu 
de faits à exposer sur les actions particulières que leurs 
membres peuvent exercer. Il n'en est pas (les Camé- 
léons exceptés) dont les pattes soient assez avantageu- 
sement conformées pour saisir avec facilité et retenir 
solidement les objets mobiles; aussi ne montrent-ils 
guères d'adresse ni d'industrie, soit pour se procurer 
des abris ou des retraites commodes; soit même pour 
construire des nids , ou plutôt pour préparer les lieux 
dans lesquels ils doivent déposer leurs œufs. Souvent 
le jeu des mâchoires et des dents, les mouvemens 
particuliers du cou ou de la queue , garnie d'écaillés 
ou d'épines, viennent aider les pattes dans les moyens 
d'attaque ou de défense que l'animal est obligé de 
développer. 

Mais un phénomène très singulier, sur lequel nous 
aurons occasion de revenir par la suite, c'est l'effet 
que produit chez les Reptiles l'élévation ou l'abaisse- 
ment de la température de l'atmosphère dans laquelle 
ils sont plongés , sur l'exercice de leur faculté loco- 
motrice et sur la plupart de leurs autres fonctions. 



20 ORGANISATION DES TxEPTILES. 

Tous, par l'action du froid , semblent tomber dans 
une sorte d'engourdissement ou de îétliargie coma- 
teuse qui détermine l'immobilité, et paraît les rendre 
insensibles à tout ce qui se passe autour d'eux. Dans 
nos climats tempérés, nous en avons des exemples 
frappans qui nous sont offerts par les Grenouilles, les 
Salamandres , les Tortues terrestres, les Lézards et les 
Couleuvres; mais, ce qu'il y a d'étonnant, c'est que 
des effets absolument semblables paraissent être pro- 
duits par une cause tout-à-fait inverse chez les espèces 
qui vivent sous les brûlans climats situés au-delà de 
l'équateur, comme M. de Humboldt l'a observé pour les 
Crocodiles et les Caïmans. Ij'existence de ces animaux 
paraît ainsi limitée dans certainslieux par leur organi- 
sation; et ceux qui Avivent dans nos régions s'engour- 
dissent , perdent la faculté de se mouvoir tant que 
dure l'hiver, et semblent alors disparaître pendant 
plusieurs mois de l'année. C'est ce qui est cause encore 
que les animaux de cette classe sont beaucoup moins 
nombreux , et surtout que les genres et les espèces de 
Reptiles sont beaucoup plus rares dans les pays du 
nord, que vers le midi. Ce qui a fait dire à Linné, 
dans son style toujours pittoresque et rarement anti- 
thétique, ce sont des animaux froids qui vivent dans 
les pays chauds : « Ftigida œstuantiuvi aninialia. » 

Telles sont les modifications principales que pré- 
sente la faculté locomotrice dans les Reptiles; mais le 
transport du corps est essentiellement déterminé parla 
fornre générale de leur corns, et surtout par la struc- 
ture de ses diverses parties , sous le seul point de vue 
des mouvemens qu'elles permettent et qu'elles peu- 
vent exécuter. Il n'en est pas des Reptiles comme des 
Oiseaux et des Poissons , qui paraissent être presque 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. 21 

tous construits, comme d'après un raiêine modèle, pour 
voler ou pour nager. Ici nous avons quatre plans ou 
types différens. D'abord, les uns n'ont pas de mem- 
bres , et par conséquent ils ne peuvent s'en aider dans 
la progression. D'autres ont des membres, mais leur 
échine est en grande partie immobile, et ils ne peu- 
vent se traîner qu'avec des pattes trop courtes et mal 
articulées. Ensuite chez plusieurs l'inégale étendue 
en longueur et la distance respective et trop considé- 
rable des membres , rend ceux-ci peu convenables à 
la marche. Enfin , nous dirons que les dimensions 
relatives offrent les plus grandes dissemblances et 
entraînent par conséquent d'avance la nécessité d'un 
mode différent de transport , qu'on pourrait prévoir 
pour ainsi dire à priori. 

Il en est quelques uns dont le corps arrondi dans 
son épaisseur est, dans certains cas, cent fois plus 
long qu'il n'est large ou élevé ; c'est ainsi que sont 
construites plusieurs espèces de Serpens. On observe 
peu de Pvepliles dont la largeur l'emporte sur la lon- 
gueur ou qui lui soitmême égale; mais il en est qui sont 
beaucoup plus larges qu'ils ne sont épais, et qui pré- 
sentent ainsi une surface applatie. Tels sont les Pipas 
dans l'ordre des Batraciens, quelques Chéloniens ou 
Tortues marines , celles qu'on nomme molles ou trio- 
nyx, les Chélydes. Les Uroplates , les Crocodiles et 
plusieurs Geckos entre les Sauriens , ont le tronc éga- 
lement épais dans ces deux sens principaux; tandis 
que les Caméléons et quelques Boas nous offrent une 
disposition inverse , leur corps ayant habituellement 
plus de hauteur que de largeur, et paraissant ainsi 
comprimé. Enfin, quelques Tortues terrestres pré- 
sentent presque autant de largeur que de longueur, 



23 ORGANISATION DES REPTILES. 

ayant en outre un corps extrêmement bombé, en 
forme de voûte; d'autres, comme les Crapauds, ont 
également le corps court , fort large et comme tron- 
qué, parce qu'ils sont tout-à-fait privés de queue. On 
conçoit comment l'allure de ces animaux se trouve 
correspondre à ces variétés dans les dimensions du 
corps. 

Ouant h la composition et ru% mouvemens des par- 
ties qui constituent l'ensemble de leur corps, nous 
nous bornerons à exposer , sous un point de vue com- 
mun et général, toutes les pièces qui servent de base 
au tronc et aux membres quand ils existent. Ainsi 
pour le tronc, nous relaterons les différences essen- 
tielles que nous offrent les Reptiles dans leur échine 
et dans les régions où les vertèbres sont distribuées. 
Nous indiquerons les formes et les mouvemens de 
la tête , du cou , de la poitrine, des lombes et de la 
queue , et pour les membres, leur organisation, leurs 
formes, leur disposition mécanique. Nous traiterons 
enfin des phénomènes qui se passent dans la repro- 
duction, ou la réintégration des parties qui peuvent 
avoir été perdues. 

Le tronc des B.eptiles est toujours formé par une 
tige centrale, composée de vertèbres dont le nombre, 
la forme , la longueur , la nature des mouvemens va- 
rient à l'infini. Les Batr-aciens sans queue sont ceux 
dont la colonne vertébrale est composée d'un moindre 
nombre de pièces; car dans les Pipas on n'en compte 
que huit imniédiatement après la lêfe, et dix dans les 
Grenouilles j tandis que beaucoup deSerpens en ont un 
nombre prodigieux. Il est de trois cents , par exemple, 
et au-delà dans le Boa devin , et presque constamment 
au-dessus de deux cents dans la plupart des espèces 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAI,. 23 

de cet ordre des Ophidiens ; aussi a-t-on dit des Ser- 
pens 5 que c'étaient les animaux le plus et le mieux 
vertébrés. 

Quoique destinées à protéger la moelle nerveuse, 
qui se prolonge dans le canal qu'elles lui forment, la 
plupart de ces vertèbres sont ^très mobiles. 11 faut ce- 
pendant excepter les Cbéloniens, qui tous, dans la 
partie moyenne ou centrale de l'échiné, ont ces os 
soudés entre eux et avec les côtes , de manière à pro- 
téger tous les viscères, qu'ils logent ainsi dans une 
cavité osseuse et sous une voûte très solide ; tandis que 
les régions du cou et de la queue sont les seules desti- 
nées aux mouvemens généraux du tronc. 

Les articulations réciproques de ces os n'offrent pas 
moins de différences. Dans la plupart des Sauriens, 
par exemple, la colonne vertébrale présente dans les 
pièces qui la constituent , et au point où s'opère leur 
jonction, autant de fibro-cartilages courts qui ne per- 
mettent que des mouvemens fort bornés, le plus sou- 
vent à droite et à gauche ou sur les côtés. Les Camé- 
léons et quelques espèces, en petit nombre dans ce 
même ordre des Sauriens, peuvent se servir de la queue 
pour s'accrocher et se suspendre. Les vertèbres ici ont 
leurs mouvemens principaux vers la région inférieure, 
ce qui permet à l'animal de s'enrouler ou de s'entor- 
tiller autour des branches. Quelques Boas offrent une 
disposition semblable. 

Dans tous les Serpens , la mobilité de l'échiné est 
permise ou développée à un haut degré par une struc- 
ture dont aucun autre animal à vertèbres n'a présenté 
jusqu'ici d'exemple. Le corps ou la partie la plus 
épaisse de chacune des pièces de la colonne, examinée 
dans le sens vertical de sa jonction articulaire, est 



24 ORGANISATION DES REPTILES. 

creusée en avant d'une cavité liémispliérique , enduite 
de cartilages d'encroûtement et d'une memÎDrane syno- 
viale, pour recevoir une portion de splière en saillie 
qui provient de la vertèLre qui précède immédiate- 
ment ; l'ensemble est fortifié en dehors par un surtout 
de fibres ligamenteuses, de sorte que cliaque vertèbre 
dans les Serpens offre une articulation en genou, telle 
que la reproduisent les mécaniciens , quand ils veulent 
faire exécuter à un levier des mouvemens dans tous les 
sens ; ils emboîtent alors une portion de splière dans 
une concavité ou dans une calotte correspondante , 
maintenue en contact immédiat, avec unepression telle 
que la pièce mobile ne s'y meuve qu'autant qu'elle y 
est forcée ; car elle y glisse par frottement. 

Enfin dans les Sirènes et les Protées , les corps des 
vertèbres sont articulés entre eux , à peu près comme 
cliez les Poissons ; ce sont deux cônes creux qui se 
correspondent, en étant appliqués base à base. Une 
matière fibro - cartilagineuse , compressible , flexible , 
mais non susceptible d'extension , remplit tout cet 
espace formé par deux concavités ; la solidité et la ré- 
sistance y vont en décroissant de la circonférence au 
centre, parce qu'il n'y a effectivement d'efforts à sup- 
porter qu'au-deliors des points de jonctions qui de- 
viennent ainsi les centres d'action sur lesquels peu- 
vent se mouvoir tantôt les parties de Téchine qui cor- 
i^espondent à la tête, tantôt celles qui se terminent par 
la queue. 

Nous ne considérerons pour le moment la tê(e des 
Reptiles que dans son ensemble, et uniquement sous 
le rapport de, ses mouvemens généraux, le crâne ne 
devant être naturellement étudié qu'avec le cerveau 
qu'il renferme , et avec les nerfs auxquels il présente 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL» ag 

un abri et des canaux par lesquels ces organes de la 
sensibilité sont transmis au-deliors. Il en sera de même 
de la face et des os c|iu îa composent, parce qu'ils se 
trouvent en rapport, ainsi que les mâchoires, les uns 
avec les organes des sens qu'ils logent et protègent ; 
les autres avec les organes de la digestion ; car les for- 
mes, les proportions et le mouvement des mâchoires 
dépendent des organes destinés à la préhension des 
alimens et à la mastication. 

11 suffira donc de rappeler que dans les Chéloniens 
et chez la plupart des Sauriens, l'ensemble de la face 
et du crâne forme un tout continu et sans articula- 
tions mobiles, et qu'il en est à peu près de même chez 
tous les Batraciens sans queue ; mais dans les Serpens 
et chez les derniers Batraciens à queue, les os de la 
face sont plus ou moins mobiles sur le crâne et même 
les uns sur les antres, et que de plus , les branches de 
la mâchoire inférieure sont séparées et snsceptibles de 
s'éloigner l'une de l'autre pour élargir l'entrée et la 
cavité de la bouche dans sa totalité. 

Quant k l'articulation de îa tête avec les vertèbres, 
au moyen de l'atlas , elle a lieu le plus souvent par un 
seul condyle, formant un tubercule k plusieurs fa- 
cettes, ce qui gêne considérablement les raouvemens 
de l'ensemble sur l'échiné. Les Batraciens sont à peu 
près les seuls Reptiles chez lesquels l'articulation de 
la tête se fasse par deux condyles occipitaux, comme 
chez les mammifères, et comme îa tête est en général 
très peu mobile sur îe cou, il est rare que la partie 
postérieure de l'os de l'occiput présente des crêtes 
osseuses ou des protubérances destinées aux attaches 
des muscles ; cependant il j en a une très prononcée 
chez la plupart des Chéloniens. 



26 ORGANISATION DES REPTILES. 

Les vertèbres du cou varient beaucoup par Jeur 
nombre. Il n'y en a pas du tout dans les Serpens ni 
dans les Batraciens comme les Grenouilles et les Am- 
pliiouraes ; les Caméléons n'en ont que deux; mais il 
y en a sept dans les Crocodiles , dans la plupart des 
Sauï-iens , et au moins ce nombre dans les Cbéloniens. 
La première vertèbre qui vient après la tête, et que 
l'on nomme l'atlas, est toujours conformée de manière 
à s'articuler en avant avec l'os occipital ou la partie la 
plus postérieure de la tète au-dessous du trou qui 
livre passage à la moelle épinière. Dans les Serpens, ce 
mode d'articulation est absolument semblable à celui 
qui s'observe dans les vertèbres suivantes , par un vrai 
genou des mécaniciens; mais il en est autrement chez 
la plupart des autres Reptiles, dont les os de l'écliine 
ne présentent pas un mode uniforme de jonction et 
de mobilité, ainsi que nous l'avons indiqué ci-dessus. 
Dans les Tortues , par exemple , la région cervicale 
étant la partie la plus mobile du tronc, à peu près 
comme dans les Oiseaux , le corps des vertèbres per- 
met des mouvemens très variés qui se prêtent à la 
protraction et a la rétraction de l'ensemble, quand 
l'animal veut faire sortir ou rentrer la tête sous la 
voûte de sa carapace et dans l'intervalle ménagé au- 
dessus du plastron formé par le sternum. Dans cer- 
taines races de Reptiles, l'atlas est composé de pièces 
qui restent presque toujours distinctes; on en compte 
trois dans les Monitors , quatre dans les Cbéloniens , 
et même six dans les Crocodiles. 

La poitrine, ou la portion du tronc qui vient im- 
médiatement après le cou, est la région qui présente 
chez les Reptiles les modifications les plus remar- 
quables; elle est à peu près, comme chez les Oiseaux, 



DU MOUVEMENT EN OÉNÉRAL. 2n 

disposée de manière que par Tabsence d'un diapliragme 
intérieur, elle recouvre non seulement les poumons 
et le coeur; mais qu'elle contient en outre les premiers 
viscères propres à la digestion tels que l'estomac , le 
foie, la rate. Cette circonstance établit, par le fait, 
une grande différence d'une part entre les Mammi- 
fères qui ont en arrière cette cloison charnue séparant 
la cavité de l'abdomen de celle qui contient les princi- 
paux organes de la circulation et de la respiration ; et 
d'autre part avec les Poissons , cliez lesquels les bran- 
chies sont sous la tête et séparées des côtes par une 
membrane analogue, une autre sorte de diaphragme 
semblable à celui des Mammifères^ mais situé au-de- 
vant du creux de l'abdomen. 

Â.U reste, tous les Eepîiîes n'ont pas de côtes : tels 
sont en particulier les Batraciens sans queue comme 
les Grenouilles; et mêifie ceux qui ont une queue, 
comme les Salamandres , les Sirènes et les Protées , 
les ont tellement courtes que ce sont plutôt des apo- 
physes transverses vertébrales mobiles que de vérita- 
bles côtes, et en effet elles ne servent en aucune ma- 
nière k l'acte de la respiration. Chez tous les Sajiriens 
les côtes sont toujours très grandes et fort distinctes ; 
la plupart de ces os se joignent, au moins intermé- 
dipirement, par des cartilages k un sternum, pièce 
pectorale osseuse opposée aux vertèbres au-dessous 
desquelles cet os se trouve placé immédiatement sous 
le ventre et dans la ligne moyenne. Cependant dans 
les Crocodiles et les Tupinambis les côtes antérieures 
sont, comme on l'a dit, fausses ou afsternales, parce 
qu'elles ne se prolongent pas assez en avant pour at- 
teindre l'os pectoral. Dans les Dragons, les côtes 
offreut une autre particularité bien plus surprenante : 



28 ORGrANïSÀTlOH Ï)ES REPTILES. 

on voit toutes celles qui viennent immédiatement 
après la cinquième et la sixième , de l'un et de l'autre 
côté, se porter tout-h-fait en dehors de la poitrine, et 
se placer entre deux feuillets de la peau des flancs 
destinée à devenir une sorte de parachute, auquel 
elles servent de soutien , comme les touches minces 
que l'on introduit entre les feuillets du papier qui 
forment la partie large de certains éventails. Les Ca- 
méléons et les Polychres dans cet ordre sont privés 
d'un sternum, et les cartilages de leurs côtes, fort 
développés d'ailleurs, se portent directement sous le 
corps , et finissent par se souder les uns aux autres 
sous la ligne médiane. 

Les Serpens sont ceux de tous les animaux verté- 
brés connus qui sont munis du plus grand nombre de 
côtes ; car on en compte chez quelques uns plus de 
cent cinquante paires. Ces os offrent en outre une 
particularité; c'est que, quoique fixés en arrière sur 
les vertèbres et courbés de manière à protéger les 
viscères et à facililer l'acte mécanique de la respira- 
tion, ils ne s'unissent ni entre eux, ni au sternum; 
car l'absence de ce dernier os est, comme nous l'a- 
vons dit, un des caractères qui distinguent les Ophi- 
diens des espèces assez voisines, qui sont cependant 
rangées avec les Sauriens, comme les Orvets, les 
Ophisaures et quelques autres Lézards. La forme de 
ces côtes est toujours subordonnée a celle du corps. 
La plupart les ont courbées en demi-cercle, parce que 
leur corps est^ peu près cylindrique. Cependant elles 
sont à peine fléchies dans la partie antérieure de la 
poitrine des Najas ou Serpens à coiffe, dont le devant 
du corps est ainsi considérablement élargi, et dans 
les Boas à ventre comprimé, comme dans le Bojobij 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. 2C> 

ces côtes sont évidemment surbaissées dans leur 
courbe. 

Dans les Cliéloniens, les côtes offrent également 
un caractère distinctif des plus remarquables et tout- 
a-fait insolite en ce qu'il ne s'observe chez aucun 
autre animal vertébré. Elles sont soudées h la masse 
immobile de la portion dorsale de l'écbine , aux 
pièces de laquelle elles correspondent par le nombre ; 
puis elles sont tellement larges et plates, qu elles se 
joignent entre elles par leurs bords antérieur et pos- 
térieur, au moyen d'un engrenage de dentelures et de 
pénétration réciproque , de manière k constituer des 
sutures analogues h celles qu'on observe entre les os 
du crâne des Mamnaifères , k tel point que quelques 
géologues ont pris autrefois des débris fossiles de ca- 
rapaces de Cliéloniens, pour des portions de crâne 
provenant de quadrupèdes vivipares. 

Le sternum ou os pectoral est k peu près dans le 
même cas que les côtes : extrêmement développé dans 
les Cliéloniens , il protège plutôt les viscères qu'il 
n'est utile auxmouveraens , cependant les pièces qui le 
constituent sont quelquefois mobiles comme des sortes 
de battans qui s'appuient sur des cliambranles formés 
parles côtes; c'est ce qu'on observe dans les Sterno- 
lliyres et les Tortues a boite. Cet os sternum n'existe 
pas dans les Serpens, qui n'en ont aucune trace; et 
nous avons dit que dans les Caméléons il n'y en avait 
pas, j'jarce que les cotes se soudaient entre elles en 
avant sous le tronc. Dans les Batraciens , qui n'ont pas 
de côtes, le sternum est fort développé ; il est très 
souvent en grande partie cartilagineux ; il reçoit en 
avant ou dans sa portion moyeîinne les deux clavi- 
cules qui elles-mêmes se joignent à l'omoplate, et 



3o ORGANISATION ISËS RÉtTILES. 

lie tout forme tiiie sorte de ceinture qui supporte sur 
les côtés les pattes antérieures , quand elles existent 
en avant, et un disque prolongé qui fait l'office d'un 
levier pour soutenir la gorge , et servir ainsi à la dé- 
glutition et par cela même à la respiration. Un autre 
disque porîé en arrière protège les viscères abdomi- 
naux. 

Presque tous les Sauriens, les Caméléons exceptés , 
ont aussi un sternum qui reçoit les os claviculaires 
de l'épaule , et en outre la plupart des côtes ; c'est 
même un des caractères qui les distinguent des Ser- 
pens. Cet os peclox^al se prolonge dans les Crocodiles 
jusqu'aux os pubis. C^est surtout cliez les Chéloniens 
que le sternum est remarquable par son excessif dé- 
veloppement et par ses usages. Cet os, en effet, qui 
est tout-k-fait extérieur , constitue ce qu'on nomme 
le plastron dans les Tortues. Il est étendu en forme 
de croix dans les Emysaures ; dans les Cliélydes 
et dans les Emydes, il forme une immense plaque 
entièrement unie à la carapace ou à la totalité des 
côtes qui sont soudées entre elles. Dans les Pyxides 
ou Tortues à boîte, les pièces du sternum sont mo- 
biles, ce sont des sortes de portes ou de battans 
qui s'appliquent sur la carapace, et en forment ainsi 
tme sorte de coffret qui peut renfermer à volonté 
les pattes, le cou, la tête et la queue, seules parties 
mobiles de l'animal qui se trouve par là mis à l'abri, 
comme le limaçon dans sa coquille. Le sternum des 
Cliélonées ou Tortues marines, ainsi que celui des 
Trionyx, présentent d'autres particularités non moins 
remarquables pour les naturalistes, comme nous 
le dirons par la suite en traitant de cette famille. 
11 résulte de ce qui précède que les Serpens ont des 



DU liïÔUVEMENT ÉÎST GÉNÉRAL. 3l 

côtes très raobiles et pas de sternum ; que les Batra- 
ciens ont un grand sternum cartilagineux , très flexi- 
hle , et pas de côtes ; que les Sauriens ont des côtes 
et un sternum mobiles ; enfin , que toutes ces parties , 
très développées dans les Cliéloniens, ne sont mo- 
biles que dans un certain sens , et qu'elles ne peuvent 
en particulier servir à la respiration comme dans les 
autres Reptiles. 

La dernière partie du tronc qui nous reste à exa- 
miner sous le rapport de sa composition chez les 
Reptiles, c'est leur sacrum et leur qaeae qui est for- 
mée par les vertèbres coccygiennes ou caudales. L'os 
sacrum ou pelvial n'existe réellement que cliez les 
espèces de Reptiles qui ont un bassin ou des pattes 
postérieures. Ainsi il n'y en a pas dans les Opliidiens 
et dans les dernières espèces de Sauriens et de Batra- 
ciens ; en général cet os pelvial est étroit ; dans les Cbé- 
loniens il fait partie de la carapace. Le Reptile cbez 
lequel il offre le plus de développement est un Batra- 
cien sans queue qui forme le genre Pipa ; il est très 
élargi pour s'unir par symphyse k un os des îles fort 
développé. 

Les seuls Batraciens dits Anoures sont ainsi 
nommés , parce qu'ils sont totalement privés de la 
queue en apparence, lorsqu'ils ont subi leur dernière 
transformation ; cependant il leur reste k l'intérieur 
une véritable pièce coccygienne, le plus souvent mo- 
bile, allongée, mais qui n'a plus du tout la forme 
d'une vertèbre. Les Gécilies, qu'on a long-temps ran- 
gées avec les Serpens, en sont aussi privées. Les Si- 
rènes, au contraire , et même les Salamandres, les 
Tritons ont cette partie de l'écliine plus longue que 



32 0K.GAN1SATI0N DES REPTILES. 

tout ce qui précède. C'est surtout parmi les Sauriens 
que les os de la queue prennent un développement 
considérable , comme on le voit dans les Lézards , les 
Tupinambis , les Iguanes , les Crocodiles , les Ca- 
méléons, enfin dans presque tous les genres, et surtout 
cliez les Tacliydromes, qui ont cette région cinq ou 
six fois plus longue que le reste du coi^ps. ' 

Chez toutes les espèces, les vertèbres de la queue 
vont en diminuant de grosseur de la base à la pointe ; 
quand il n'existe pas de bassin , elles ne se distinguent 
de celles da dos que parce qu'il n'y a pas de côtes ar- 
ticulées. En effet , on ne peut y reconxiaître des lom- 
bes qu'autant qu'il y a des os coxaux et privation 
de côtes dans la région qui précède les lianclies. Les 
vertèbres caudales sont en général peu développées 
chez les Ghéloniens, surtout dans les Tortues marines 
et terrestres; mais déjà clans les Emydes et surtout 
dans les Émysaures, cette partie de la colonne ver- 
tébrale prend beaucoup d'ex!,ension en longueur. Ce- 
pendant les vertèbres delà queue étant, avec celles du 
cou, les seuls os mobiles de i' échine , leur corps ou 
partie moyenne offre des articulations analogues à 
celles des Mammifères et des Oiseaux. 

On conçoit que la forme des vertèbres de la queue 
doit participer de celle de la partie qu'elles contri- 
buent à produire. Aussi les apophyses épineuses su- 
périeures et inférieures sont-elles très allongées dans 
les espèces a queue comprimée; d'autres, ayant la 
queue déprimée ou conique et arrondie, ont des os 
coccygiens applatis ou presque aussi larges que 
hauts. Dans les Crotales même, nommés Serpens 
à sonnettes, c'est la dernière vertèbre qui a fourni , 



pu MOUTEMENT EN GÉNÉRAL. 3S 

pour ainsi dire, le moule sur lequel se sont formés 
ces étuis de corne retenus entre eux par les étrangîe- 
mens des apophyses transverses. 

Les membres des Reptiles, le plus souvent au 
nombre de quatre, manquent en entier, comme nous 
l'avons déjà dit, dans les Serpens ainsi que dans quel- 
ques Sauriens, et parmi ceux-ci il est des espèces 
qui , comme les Hystéropes, les Pygopes, sont privées 
de pattes antérieures ; d'autres , tels que les Chirotes, 
les Sirènes, n'ont que celles-ci. Enfin, les membres 
eux-mêmes sont à peine développés, et on les voit 
pour ainsi dire disparaître, soit en totalité comme dans 
les Opliisaures et les Orvets, soit dans quelques-unes 
de leurs parties qui semblent comme avortées, et 
c'est le cas du Protée anguillard , des Seps et des 
Clialcidcs. 

Nous parcourrons rapidement la composiiion des 
diverses parties de ces membres dans Tépaale, le 
bras, l'avant-bras et enfin dans le carpe et dans les os 
qui le suivent et qui composent les doigts. 

L'épaule en général chez les Reptiles forme une 
sorte de demi-ceinture autour du tronc, qu'elle n'em- 
brasse pas en entier du côté de l'échiné, dont elle est 
souvent assez éloignée ainsi que du crâne, différence 
notable avec les poissons. Cependant dans les Chélo- 
niens, la partie supérieure de l'os qui correspond à 
l'omoplate est retenue par un ligament à l'iuLérienr 
de la carapace, sous la deuxième côte ; chez toutes les 
espèces qui ont une épaule , les pièces supérieures ou 
celles qu'on rapporte au scapulum sont unies intime- 
ment aux os qui, placés inférieurement, senties ana- 
logues des clavicules. C'est au point de leur jonction 
que se trouve la cavité glénoïde destinée à recevoir la 
I. 3 



34 ORGANISATION DES REtTILSS. 

tête de l'os du bras, à peu près de même que dansleâ 
oiseaux; et, comme on le conçoit, le tout simule le 
même appareil qu'on retrouve dans le bassin , où les 
trois pièces de l'os coxal forment aussi une sorte d'an- 
neau qui termine l'abdomen au-dessus des pattes pos- 
térieures. 

L'os du bras ou l'humérus est unique dans toutes 
les espèces de Reptiles qui ont des pattes antérieures ; 
proportionnellement aux os de l'avant-bras, l'humé- 
rus est plus long dans les Grenouilles , plus court 
dans les Chéloniens, et à peu près égal dans les Sau- 
riens. Le mouvement de l'articulation scapulaire est 
presque constamment borné à une sorte de ginglyme 
avec une légère rotation ; mais c'est plutôt parla dis- 
position des muscles que ce mouvement est déterminé, 
que par celle des surfaces qui auraient pu permettre 
le mouvement en fronde. Dans les Chéloniens, l'os 
du bras est courbé sur son axe , de manière que la 
concavité qu'il présente s'accorde avec l'échancrure 
qui se trouve entre la carapace et le plastron. Aussi 
est-il moins arqué dans les Chélydes et chez les 
Chélonées proprement dites, que dans les Tortues 
terrestres et les Emydes. Dans les Crocodiles, l'hu- 
mérus présente une double courbure en sens opposé ; 
l'extrémité brachiale est le plus souvent dilatée en 
deux sortes d'éminences ou de condyles, l'une interne 
et antérieure pour l'articulation du radius, et l'autre 
plus en arrière pour recevoir l'os du coude. 

Les os de l'avant-bras sont généralement distincts 
et séparés ; le radius correspond au bord interne ou 
au doigt inteinie, et le cubitus au bord externe de la 
patte antérieure. Dans les Batraciens Anoures cepen- 
dant ils sont unis dans toute leur longueur, et un 



DU MOUVEMENT E® GÉNÉRAL. 3fv 

simple sillon, qui règne sur les deux faces opposées , 
annonce leur présence. L'os du rayon est en général un 
peu plus long ; celui du coude , en apparence plus 
court, se prolonge en arrière en une espèce d'olécrane. 
Quelquefois cette apophyse est distincte , et constitue 
une sorte d'os sesamoïde dans l'épaisseur du tendon 
des muscles extenseurç,et simule alors, pour le der- 
rière du coude , la rotule qui se trouve au-devant du 
genou, au bas du fémur. Les Pipas, les Tortues et la 
plupart des Sauriens sont ainsi conformés. 

Le poignet ou les os du carpe et ceux du métacarpe 
ne pourront nous offrir un grand nombre d'observa- 
tions générales. Dans les Tortues marines, tous les 
os delà main et du carpe sont aplatis, et tellement 
peu mobiles qu'ils simulent ce qui a lieu dans les 
pattes des Cétacés. Deux genres de Reptiles fossiles 
assez voisins de celui des Crocodiles, les Iclithyosaures 
et les Plésiosaures, offrent le même caractère. 

Les os qui forment les doigts et principalement les 
phalanges varient beaucoup par le nombre et la dis- 
position ; c'est ce qui a servi a distinguer et k carac- 
tériser tantôt les genres, tantôt les espèces : nous 
aurons par cela même à nous en occuper de nouveau 
par la suite. En général les doigts sont parallèles , et 
quoiqu'ils diffèrent en longueur, on les trouve chez 
quelques-uns à peu près égaux ; à cet égard cepen- 
dant, les Sauriens Eumérodes ou k pieds bien con- 
formés offrent des doigts inégaux-, dans les Camé- 
léons , ils sont disposés en deux paquets ou faisceaux 
opposés, étant réunis jusqu'aux ongles, et ils forment 
deux séries qui font l'office de pinces. Les Iguanes, 
les Basilics et la plupart des Lézards ont les deux 
doigts externes formés par quatre ou cinq phalanges , 

3. 



36 ORGANISATION DES REPTILES. 

ce qui est un exemple presque unique parmi les ani- 
maux à vertèbres ; la forme de la dernière phalange 
est subordonnée à celle de la corne qui les recouvre. 
C'est une sorte d'étui plat chez les Cbélonées , un 
sabot réel dans les Tortues à pieds d'éléphant, des 
ongles tranchans et courbés dans les Emydes, tout 
droits dans les Trionyx; et dans les Batraciens, qui 
sont tous privés d'ongles , la forme de la dernière pha- 
lange est en général épatée. Le nombre des doigts 
varie et par conséquent celui des phalanges; il n'y en 
a qu'un seul dans les Chalcides , deux dans quelques 
Seps, trois dans le Protée anguillard, quatre chez 
plusieurs Scinques et quelques Tritons, cinq chez la 
plupart des autres espèces. 

Nous allons considérer d'une manière aussi géné- 
rale la disposition des membres postérieurs, en indi- 
quant la forme et la structure du bassin, de la cuisse, 
de la jambe et des pattes, toutes ces parties ayant 
beaucoup de rapport devant et derrière. 

Les os des hanches, qui forment le bassin, et sur les- 
quels s'articulent les membres postérieurs , diFfèrent 
essentiellement de ceux de l'épaule , parce qu'ils sont 
unis à la colonne vertébrale sur la région de l'os sacrum 
ou pelvien. Noussavons déjà que tous les Reptiles n'ont 
pas celte partie , parce qu'ils sont privés de membres 
postérieurs. Ainsi , il n'y en a pas du tout chez la plu- 
part des Ophidiens, quoiqu'on ait trouvé quelques 
rudimens des os de la patte postérieure dans les Boas, 
les Pythons, les Clôthonies, les Amphisbènes (1), et 



(1) Mayer, de Bonn. Annales des Sciences naturelles, tom. yu , 
pag. 470, pi. yijfig. 1 à 13. 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. S^ 

même dans la plupart des Sauriens urobènes , comme 
l'Orvet, rOpliisaure , les Typhlops, les Giirotes. 
Mais dans aucun de ces genres , les os des hanches ou 
coxaux ne se Joignent, soit entre eux sous la ligne 
médiane par des pubis; soit à la colonne vertébrale, 
par des os ilions. 

Chez toutes les espèces qui ont un bassin bien dis- 
tinct , les trois pièces de l'os coxal sont unies intime- 
ment, et au point de jonction se trouve la cavité ar- 
ticulaire destinée à recevoir la tête de l'os de la 
cuisse. 

Dans les Chéloniens, le cercle osseux qui soutient 
les membres postérieurs est des plus complets. Dans 
les Tortues de terre et les Émydes , qui ont le corps un 
peu gros, l'os des îles est alongé et arrondi dans sa 
partie moyenne ; il est plus court et aplati dans les 
Tortues marines , et ressemble davantage à un omo- 
plate. Les pubis et les ischions, situés presque horizon- 
talement en dessous > sont larges et très développés. 
Dans la plupart des Chéloniens , la hanche est articu- 
lée d'une manière mobile sur le sacrum , à peu près 
comme dans les Grenouilles. Cependant quelques es- 
pèces, et en particulier les Chélydes, ont les os des îles 
soudés intimement , par une surface plate , aux deux 
portions internes de la carapace, qui, par leur jonc- 
tion à l'échiné, représentent les deux dernières côtes ; 
et chez ces mêmes espèces , le pubis se trouve joint 
également par une symphyse à la partie interne et pos- 
térieure du plastron ou sternum. 

Dans les Sauriens , dont les parties postérieures son t 
bien constituées, on retrouve le cercle pelvien formé 
des trois pièces , mais qui paraissent rester séparées 
pendant toute la vie. Les ilions ne sont pas mobiles sur 



38 ORGANISATION DES REPTILES. 

l'échine. Les os pubis et les ischions se joignent entre 
eux par une sorte de symphyse longitudinale fibro- 
cartilaglneuse. 

Nous avons déjà dit que chez les Ophidiens, qui 
manquent absolument de pattes, il n'y avait pas de 
bassin , mais qu'on en avait retrouvé quelques rudi- 
mens dans les ergots qui sortent sur la marge du 
cloaque, dans quelques Boas et autres Serpens voisins 
de ces derniers ; et que les os pelviens se retrouvaient, 
jusqu'à un certain point, dans quelques petites 
pièces osseuses cachées sous la peau , et dans l'épais- 
seur des muscles de plusieurs Sauriens serpentiformes, 
chez lesquels ces traces presque oblitérées des pattes 
correspondent soit à la cuisse ou àla jambe, soit même 
au tarse et aux dernières phalanges des doigts. 

Les Batraciens sans queue ont le bassin fort déve- 
loppé, mais il présente de grandes différences suivant 
les genres. Ainsi, dans les Grenouilles et les Bai- 
nettes, les ilionssont allongés, articulés d'une manière 
mobile sur le sacrum , très rapprochés en bas vers la 
cavité cotyloïde : de sorte que les deux têtes des fémurs 
semblent être mises en contact , circonstance qui in- 
flue beaucoup sur la manière dont l'action des pattes 
postérieures s'exerce sur le tronc dans le double mou- 
vement du nager et du saut. Dans le Pipa ou Tédon de 
Surinam, les os des îles sont excessivement élargis 
dans le point de leur jonction avec le sacrum, qui 
lui-même est dilaté , pour s'y unir par une véritable 
symphyse fort solide. 

Chez les Urodèles, le bassin est très petit, surtout 
dans la région de l'ilion , où il a très peu d'étendue. Il 
forme , avec les os pubis et ischions , un anneau com- 
plet , sur les parties latérales duquel s'articulent les 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. ^g 

têtes des os des cuisses à une distance notable l'une 
de l'autre , ce en quoi ils diffèrent beaucoup des Ba- 
traciens sans queue. 

L'os delà cuisse est à peu près dans le même cas que 
l'humérus, toujours unique; il est reçu sur les os 
coxaux comme il reçoit ceux de la jambe. Chez les 
Chélonicns , il est arqué a peu près de la même ma- 
nière , mais en sens inverse de celui du bras. Dans les 
Batraciens , il est excessivement allongé et courbé lé- 
gèrement en S dans les Grenouilles et les Rainettes , 
un peu plus court dans les Crapauds ; il est aplati dans 
le Pipa. Dans les autres ordres , il n'offre rien de re- 
marquable. 

Les os de la jambe , le tibia et le péroné, sont géné- 
ralement distincts et séparés ; cependant, dans les Ba- 
traciens sans queue, comme la Grenouille, les Rai- 
nettes, le Pipa, ils se soudent tellement entre eux 
pour former une seule articulation avec le fémur et 
avec le tarse qu'ils semblent ne faire qu'un seul os 
lrèsa,;ongé, qu'on a même voulu considérer comme un 
os surnuméraire, un second fémur. C'est évidemment 
une erreur que démontre surtout l'insertion des mus- 
cles. Une particularité de l'articulation du genou ou 
tibio-fémorale dans les Reptiles , c'est que les os de la 
jambe ne peuvent jamais s'étendre sur une même ligne 
que le fémur, de sorte que les pattes sont toujours 
disposées en dehors. Par cela même, le poids du corps 
agit constamment sur elles, et la marche qu'elles pro- 
duisent est toujours vacillante, oblique ou sinueuse. 

Les pattes postérieures , considérées dans leur en- 
semble , sont généralement plus développées que les 
antérieures. C'est ce qui est évident pOur les Batra- 
ciens et chez la plupart des Sauriens et des Chéloniens. 



4o ORGANISATION DES REPÏILESi 

Dans les Tortues terrestres cependant, leur grosseur 
respective, leur disposition sont à peu près semblables. 
Dans la plupart des Reptiles, ce sont les orteils qui 
sont plus longs que les doigts. Dans les Batraciens sans 
queue , le tarse est tellement prolongé qu'on a voulu 
considérer ses premiers os comme un péroné ou un ti- 
bia. Ces pièces du tarse sont aussi fort nombreuses 
dans les Cbéloniens et chez les Sauriens. Le métatarse 
se compose ordinairement du même nombre d'os que 
celui des orteils qu'ils supportent. Dans les Tortues 
terrestres, ces os sont très courts, et fort longs au 
contraire dans les Tortues marines. Le nombre dès 
phalanges varie comme la longueur des orteils; par 
leurs formes elles correspondent à celles de la totalité 
du doigt, et les dernières sont toujours en rapport 
avec la disposition et les usages des ongles dans les es- 
pèces qui en sont pourvues. 

Nous entrerons dans peu de détails sur les moyens 
actifs que la nature a concédés aux Reptiles pour mou- 
voir les différentes pièces de leur squelette, dont 
les articulations diverses, précédemment indiquées, 
ont déjà fait préjuger, pour ainsi dire d'avance, les 
actions qu'elles pourront permettre , et le sens dans 
lequel elles s'exerceront. Les particularités que nous 
aurons à faire connaître se représenteront par la suite, 
nous ne négligerons pas de les indiquer, elles seront 
aîoi^s en leur lieu et mieux appréciées ; quant à pré- 
sent nous nous bornerons à exposer quelques consi- 
dérations générales sur la myotilité des animaux de 
cette classe. 

Les muscles des R.epliles ont en général des fibres 
courtes^ peu colorées, et disposées par trousseaux pla- 
cés entre dés cloisons fibreuses, ou adhéiens au tissu 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. ^1 

souvent aponévro tique de la peau. Les mouvemens 
qu'ils produisent dépendent de leur mode d'insertion 
ou de terminaison sur les pièces solides du squelette. 
Les muscles des Reptiles conservent plus long-temps 
encore leur irritabilité que ceux des poissons* Nous 
avons vu des Crapauds, des Salamandres, des Tortues, 
des Serpens privés de la tête et dépouillés de leur 
peau depuis plusieurs jours, et maintenus humides, 
produire encore des mouvemens pendant des semaines 
entières; une Tortue terrestre du poids de près de 
4o kilogrammes, morte depuis plusieurs jours, dont le 
cou était tombé dans cette sorte de flaccidité, suite de 
la raideur qui survient après la mort, dont les yeux en 
particulier avaient la cornée desséchée, manifester des 
mouvemensparla contraction et la rétraction des mem- 
bres, toutes les fois qu'on stimulait, en les piquant, les 
muscles des membres postéi^ieurs. On sait d'ailleurs 
que la queue des Lézards et des Orvets dont les vertè- 
bres se désunissent si facilement au moment où on 
les saisit, conserve son mouvement pendant un temps 
plus ou moins long. Swammerdam, dans sa Bible de 
là nature, nous a laissé des descriptions et desiigures 
qui prouvent qu'il pouvait dès cette époque (i66o) 
démontrer dans les muscles de la Grenouille celte 
sorte d'effet galvanique qui a donné lieu, comme nous 
le rappellerons en traitant des nerfs, à tant de décou- 
vertes faites ultérieurement sur l'action et les phéno- 
mènes de l'électricité voltaïque. 

En général dans les Reptiles les muscles de l'échiné 
sont disposés de manière à déterminer des mouvemens 
latéraux qu'ils impriment aux vertèbres, en les faisant 
agir les unes sur les autres à droite et à gauche, ce qui 
produit des courbes sinueuses dont les convexités et 



^2 ORGANISATION DES REPTILES. 

les concavités se succèdent tour à tour. C'est ce qu'on 
peut observer dans les Ophidiens, chez le plus grand 
nombre des Sauriens, surtout dans la région de leur 
queue, de même que chez les Batraciens Urodèles. Les 
Anoures et les Chéloniens diffèrent à cet égard, en ce 
que chez les premiers les mouvemens de l'échiné sont 
très bornés, et que chez les Tortues les deux régions 
du cou et de la queue sont seules susceptibles de mou- 
vement dans presque tous les sens, en haut, en bas et 
latéralement. 

Chez la plupart des Reptiles , les éminences ou apo- 
physes qui surmontent les vertèbres ou qui sont pla- 
cées en dessous et la disposition de leurs facettes arti- 
culaires qui s'emboîtent, s'opposent aux mouvemens 
de la colonne centi'ale dans le sens de sa hauteur. 
Chez les Serpens les os de l'échiné étant à peu près 
tous semblables , ou de la même forme dans toute sa 
longueur, les puissances motrices sont à peu près les 
mêmes que chez les poissons voisins des Anguilles. 
C'est sur les apophyses transverses des vertèbres, et sur 
les côtes qui en sont de véritables prolongemens, que 
viennentaboulir les faisceaux de fibres contractiles qui 
paraissent être presque constamment la répétition les 
uns des autres ; de sorte que connaissant les mouve- 
mens de l'une des vertèbres, on peut en déduire ceux 
de la totalité, et par conséquent concevoir ceux de 
toute la masse du Serpent. 

Cependant il y a dans les ordres de Reptiles de 
fort grandes différences sous le rapport des muscles 
de l'échiné; les vertèbres des Chéloniens, par exemple, 
étant soudées entre elles dans la partie moyenne du 
tronc, leur sternum étant aussi resté en dehors, on 
conçoit que les muscles destinés ailleurs à mouvoir les 



DU MOUVEMENT EN GÉNÉRAL. 4^ 

OS de cette région aient été oblitérés', et que ceux qui 
agissent sur la tête, sur la queue et même sur les mem- 
bres aient du trouver à l'intérieur de la carapace les 
points solides sur lesquels leurs fibres se contracte- 
ront pour mouvoir ces diverses parties. De là sont 
résultées pour ces muscles d'autres apparences , d'au- 
• très situations ; quoique par le fait leur analogie avec 
ceux qui leur correspondent, et surtout leurs usages 
soient restés à peu près les mêmes. 

Nous croyons devoir encore relater quelques autres 
particularités. Ainsi cbez les Batraciens Anoures 
comme cbez les Grenouilles, ce sont les muscles du 
bas-ventre, comparativement à ceux delà même région 
cbez les autres Reptiles, qui ont pris le plus de déve- 
loppement : et en ce point ces animaux offrent quel- 
que analogie pour les parois de l'abdomen avec celles 
des Mammifères. On peut d'ailleurs concevoir d'avance 
que cbez les Chéloniens les muscles abdominaux soient 
peu étendus et même que ceux des côtes n'existent pas 
du tout. D'un autre côté, cbez ces mêmes Tortues 
le muscle carré des lombes , qui cbez les mammifères 
paraît principalement mouvoir les vertèbres lombaires 
qu'il trouve fixes ici, agit en sens inverse en tirant à lui 
l'os des îles qui est mobile, de même que le muscle 
droit qui s'étend du pubis au sternum vient au con- 
traire mouvoir toute la banche dans la plupart des 
Cbéloniens. 

Les muscles destinés à mouvoir les différentes por- 
tions des membres présentent un trop grand nombre 
de variétés pour que nous essayons de les faire con- 
naître ici. Il nous suffira de rappeler que ceux des 
pattes antérieures manquent absolument dans les 



4.4 ORGANISATION SES REPTILES. 

Opliidiens; mais que déjà on commence à en obser- 
ver des radimens , au moins pour l'épaule f dans les 
Orvets et les Opliisaures ; que les Ghéloniens ont leurs 
muscles de l'épaule attachés au-dedans de la poitrine, 
h l'intérieur de la carapace, ce qui change entière- 
ment les rapports d'insertion , puisque l'origine de 
chacun de ces faisceaux musculaires est tout-à-fait dif- 
férente de celle de leurs analogues dans tous les au- 
tres animaux à vertèbres. 

Enfin, une des singularités les plus curieuses nous 
est offerte par la disposition des muscles de la cuisse 
et de la jambe dans les Grenouilles et dans les au- 
treis genres de Batraciens sans queue. Là, en effet, la 
forme de l'ensemble et de chacun des muscles en par- 
ticulier présente la plus grande analogie avec ce qu'on 
peut observer dans l'homme lui-même. Cette cuisse 
est arrondie , allongée, conique; le genou peut s'é- 
tendre tout-à-fait dans la direction du fémur, et le 
gras de la jambe, bien prononcé, se trouve formé par 
le ventre de véritables muscles jumeaux ou gastro- 
cnémiens ; de plus, le mouvement horizontal que l'ani- 
mal, plongé dans l'eau, reçoit dans l'axe de son corps 
par l'impulsion subite de ses pattes palmées, dans Tac- 
lion du nager, correspond complètement par son 
effet à celui que produit le saut vertical sur la totalité 
du corps dans l'espèce humaine. 

On peut encore concevoir d'avance que le muscle 
peaucier général, qui se retrouve chez la plupart des 
Ophidiens et des Sauriens, et qui est surtout remar- 
quable dans les Amphisbèues , dans les Najas et dans 
les Caméléons, ne se retrouve plus du tout dans la 
partie moyenne du corps des Ghéloniens > et qu'il a 



DU MOUVEMENT m ^IwÉIIAL. 4^ 

été, pour ainsi dire, transporté et mieux développé 
autour des muscles du cou pour leur fournir une sorte 
de gaine. 

Par une autre circonstance, ce muscle peaucier 
nianque également dans les Batraciens sans queue, 
comme les Grenouilles, qui tous ont la peau entière- 
ment séparée delà couche des muscles, qu'elle recouvre 
comme une sorte de sac mobile , isolé et insensible , et 
dans les Urodèles, où, par une disposition inverse, 
les légumens donnent insertion à presque tous les or- 
ganes actifs du mouvement. 

Mais ce sont surtout les organes et le mode de la 
déglutition qui , variant dans les différens ordres de la 
classe des Reptiles , paraissent avoir exigé un dévelop- 
pement et une disposition toute particulière des mus- 
cles destinés à agir dans ces fonctions. Ainsi, pour ava- 
ler et respirer, ces fonctions pai'aissent exiger, comme 
nous aurons occasion de le faire connaître par la suite, 
l'emploi simultané de ces puissances actives ; or, 
c'est le cas des Batraciens d'une part, et de l'autre ce- 
lui des Chéloniens, cliez lesquels les côtes, par des 
causes fort différentes, comme leur absence ou leur 
soudure , ne peuvent pas servir à la partie mécanique 
de l'acte respiratoire. 

En rapportant à chacun des ordres des Reptiles pris 
en particulier les faits principaux que nous venons 
d'énoncer dans ce chapitre, sur les mouvemens divers 
que ces animaux peuvent exercer, nous présenterons 
le résumé suivant. 

Les Chéloniens se meuvent lentement, au moins 
sur la terre ; leurs pattes sont trop éloignées du centre 
de gravité de leur corps , et trop distantes pour sou- 
lever leur tronc pendant la marche ; souvent ils sont 



46 ORdrANiSATlON DÈS REPTILES. 

obligés de chanceler. Ils ne peuvent se redresser 
quand ils ont été renversés. Ils ne grimpent pas. A 
peine quelques espèces peuvent-elles se creuser des 
terriers. Les individus de certains genres sont parfai- 
tement construits pour nager avec facilité au milieu 
ou à la surface des eaux. 

La partie moyenne de leur échine est le plus ordi- 
nairement formée de huit vertèbres soudées avec seize 
côtes élargies ; elle constitue une sorte de test nommé 
carapace. La partie inférieure , ou le plastron , est 
produite par le sternum très élargi et plus grand que 
dans aucun autre animal. Les vertèbres du cou et de 
la queue sont seules susceptibles de mouvement. 

Les membres ont des doiffts tantôt réunis très soli- 
dément en une palette qui fait l'office de rame ; tantôt 
rapprochés au moyen de membranes lâches et exten- 
sibles qui leur permettent des mouvemens comme 
ceux des pattes des Canards ; tantôt enfin toute la 
masse des pieds est restée informe , et semble n'être 
qu'ébauchée a l'extérieur, comme ceux de l'éléphant. 

La forme du corps des Sauriens semble être en rap- 
port avec les circonstances et la nature des lieux dans 
lesquels ils sont appelés a vivre, et avec leurs différens 
modes de progression sur l'eau, sur la terre ou sur les 
arbres. Les uns marchent, courent, s'élancent et se 
suspendent dans l'air ; d'autres grimpent , s'accro- 
chent ; il en est beaucoup qui , à l'aide de leurs pattes 
et souvent de leur queue , peuvent très bien nager, et 
quelques-uns qui ne se traînent sur la terre qu'à la 
manière des Serpens , et par les sinuosités alter- 
natives qu'ils impriment à toute la longueur de leur 
corps. 

Le tronc, chez la plupart, est lourd et trapu j c'est 



Dtr Mot) VEMENT EN GÉNÉRAL. 4^ 

la queue qui lui donne beaucoup d'étendue. Les bras 
et les cuisses , articulés trop en dehors , ne peuvent 
supporter tout le poids du corps dans la station, leurs 
avant-bras et leurs jambes étant trop coudés. Les mus- 
cles de leurs membres sont trop faibles, et, en géné- 
ral, les pattes sont trop courtes pour élever assez le 
tronc , et pour empêcher le ventre de traîner sur la 
terre. 

Leur queue , comprimée ou déprimée , devient un 
instrument aplati'qui indique la nécessité où ils sont de 
vivre souvent sur le bord des eaux. Quand elle est ar- 
rondie et conique , tantôt elle se trouve formée d'an- 
neaux simples , écailleux , disposés par verticilles 
lisses ou armés d'épines aiguës et solides qui devien- 
nent une arme défensive , ou enfin elle est propre à 
s'enrouler sur les branches pour y tenir l'anim^al sus- 
pendu et le maintenir ainsi accroché à diverses hau- 
teurs , comme fait le Caméléon. 

Les Ophidiens rampent, glissent, s'accrochent , se 
suspendent, gravissent en s'aidant de la totalité de leur 
corps , sautent , s'élancent , bondissent , nagent et 
plongent. Cependant , tous ces mouvemens ne peu- 
vent avoir lieu qu'à l'aide de circonvolutions , de si- 
nuosités successives et rapides. Les pièces de leur 
échine , en beaucoup plus grand nombre que chez les 
autres animaux , peuvent exécuter les unes sur les au- 
tres de très petits mouvemens sur place, mais qui 
deviennent très évidens à une certaine distance de 
ce point, et le transport s'opère par la force prodi- 
gieuse dont sont doués leurs innombrables muscles. 

Aussi le Serpent a-t-il un corps tout en tronc ; une 
tige centrale isolée qui supporte une tête sans col, des 
côtes en très grand nombre , et une queue dont l'ori- 



^8 ORerAWISATlÔIï DES E^^TILES. 

gine se confond avec le reste du corps. Toutes ses ver- 
tèbres ont, pour ainsi dire, la même forme, depuis 
l'articulation de la tête jusqu'à la dernière pièce du 
coccyx. Elles ont la plus grande solidité osseuse, et 
la forme, ainsi que la disposition de leurs éminences 
ou apophyses, influe beaucoup sur la nature des 
mouvemens produits, et sur ceux qu'elles modifient. 

Dans les Batraciens , la présence de la queue, chez 
l'animai parfait, indique des mouvemens et un mode 
de transport absolument différens. Quand elle existe, 
elle fait prévoir que l'être qui la porte habitera les lieux 
aquatiques, et qu'il sera le plus souvent plongé dans 
l'eau. 

LesBatraciens sans queue , ou Anoures , marchent , 
courent, grimpent, sautent par des procédés divers*, 
la plupart nagent très bien, le corps étendu hoinzonta- 
lement, et par un mécanisme particulier dans l'articu-- 
lation, la forme et les mouvemens deleurspattes posté- 
rieures uniquement. Les Urodèles, au contraire, mar- 
chent avec peine et nagent facilement à l'aide de leur 
queue souvent comprimée, et à la manière des Poissons. 

Le squelette des Batraciens semble avoir été con- 
struit primitivement sur un même plan, qui aurait été 
modifié dans certains cas d'une manière toute spéciale , 
ce qui a porté la plus grande influence sur la totalité 
du corps et sur ses mouvemens. Aussi le système loco- 
moteur , dans les os et dans les muscles, offre les plus 
grandes différences. Aucun Batracien n'a de véritables 
côtes destinées à l'action mécanique de la respiration. 
Les articulations de leurs vertèbres ont la plus grande 
analogie avec celles des Poissons. Leur tête s'unit h 
l'échiné le plus souvent par deux condyles. Leurs 
pattes varient par leur nombre , leur situation , et 



îïE LA SENSIBILITÉ. 49 

surtout par la disposition et la structure de leurs 
doigts. 

Telles sont les principales modifications desorganes 
du mouvement dans la classe des Reptiles ; nous allons 
maintenant poursuivre l'examen de leur organisation, 
en faisant sommairement connaître les parties de leur 
structure destinées à les mettre en rapport avec les 
agens extérieurs , en indiquant les modifications que 
présente la faculté sensitive, et les inslrumens par les- 
quels la sensibilité s'exerce dans cette classe d'ani- 
maux. 



CHAPITRE IL 

DE LA SENSIBILITÉ CHEZ LES REPTILES, 

La faculté qui donne aux animaux les organes né- 
cessaires pour percevoir ou éprouver* l'action que les 
autres corps de la nature peuvent exercer sur eux par 
leurs qualités est ce qui constitue la sensibilité. Cette 
faculté est complexe: tantôt elle est passive, la per- 
ception qu'elle permet se manifeste, à la vérité, chez 
l'individu par des sensations internes, mais dont la 
cause ou le mobile est en debors; tantôt la sensibilité 
est active, elle est le produit d'une puissance inté- 
rieure qui dirige et gouverne l'action, la fait se répé- 
ter, et la met en rapport avec tous les autres organes : 
c'est ce que l'on nomme l'innervation. 

Comme nous éprouvons nous-mêmes des sensations, 
nous nous en rendons parfaitement raison et nous ex- 
pliquons, du moins jusqu'à un certain point, les actions 

I. 4 



5ïi ORGANISATION DES REPTILES. 

pliy siques qui se passent en nous , lorisque les percep- 
tions viennent de l'extérieur. Il n'en est plus de même 
lorsque nous voulons concevoir la cause de la voli- 
tibii , ou de l'acte par lequel le pouvoir de la volonté se 
détermine et se transmet avec une rapidité extrême à 
toutes les parties qui paraissent sous la dépendance du 
cerveau et des nerfs qui en sont le prolongement ; jas- 
^u'ici cette opération pliysiologiqué est restée un mys- 
tère difficile à comprendre. 

C'est parce que les animaux sont sensibles, c'est 
parce qu'ils ont la conscience de leur existence , et 
qu'ils éprouvent le besoin de la conserver, qu'ils res- 
sentent tantôt le bien-être et le plaisir, tantôt le mal- 
aise et la douleur. Tels sont en effet les deux grands 
mobiles qui les portent à cbercber et à se procurer 
toutes leurs aises , comme à éviter ou à fuir le danger 
et la souffrance pour se conserver dans l'intégrité de 
leur manière de vivre. 

Les appareils, ou les organes appelés spécialement à 
i'ééevoir par l'intérieur des impressions qu'on appelle 
sensations, ont été accordés à chaque être animé et 
vivant. C'est par leur entremise qu'il peut apprécier, 
comme dans mie sorte d'éprouvette, cliacune des qua- 
lités d'un corps par le contact le plus intime. Il s'o- 
père dans ce cas sur la pulpe nerveuse, déployée dans 
l'organe spécialement affecté à cet emploi, une sorte 
d'application immédiate de la substance même de l'ob- 
jet ou des émanations de la matière modifiée qui devient 
comme une image ou représentation qui en repro- 
duit l'idée. Cette perception a lieu, quelle que soit la 
forme que les molécules des corps puissent affecter ; 
des sens différens sont appropriés , par leur disposi- 
tion mécaiiique, physique ou chimique, à leur nature 



DE LA SÉNSI^iLITÉ. 51 

diverse, et à leur consistance qtlànd ils sont solides, 
liquides, ou même fluides élastiques et impondérés. 

Lés instrumens, admirablement construits pour 
rendre les perceptions possibles, sont par cela même 
appelés organes des sens. Cliacun d'eux, avec une dis- 
position, une structure qui a du varier suivant la nature 
et les diverses qualités appréciables des corps, est 
pourvu d'une partie sentante. Celle-ci est toujours un 
prolongement de la moelle nerveuse, c'est un cordon 
defilamens blancliâlres réunis, qu'on nomme un nerf; 
il contient évidemmelit la matière pulpeuse, prolon- 
gement des rayons médullaires qui, provenant du 
centre commun , semblent destinés à aboutir dans 
cet organe, afin qu'il puisse communiquer en quelque 
manière à l'extérieur, ou avec la superficie, du corps 
de l'animal. 

Cette même moelle nerveuse produit ou reçoit en- 
core d'autres nerfs qui constituent un système général 
de filamens qui sont en apparence éparpillés, entre mê- 
lés, entre-croisés, mais qui ont tous cependant leur 
destination prévue et disposée d'avance. Chacune des 
parties du corps de l'animal vivant est ainsi régie par un 
centre unique, et mise avec lui en rapport récipro- 
que par une sorte de consentement mutuel. Il y a là 
une action centrifuge et une réaction centripète, il en 
résulte que tous les organes qui entrent dans la struc- 
ture d'un même animal , forment un tout individuel , 
percevant dans toutes ses parties des sensations souvent 
diverses; mais qui correspondent entre elles, et qui 
aboutissent à un point commun , central et unique. 

En outre il est un second système nerveux, lié con- 
stamment au premier cbez les animaux qui jouissent 

4- 



52 ORGANISATION DES AEPÏILES. 

d'un plus grand nombre de facultés ou qui sont d'un 
ordre plus élevé dans l'échelle des êtres. Il réside égale- 
ment dans la présence de filamens blancs, mais dont la 
structure paraît fort différente. Ce sont des nerfs ce- 
pendant par lesquels la sensibilité se transmet. Ils 
forment un ensemble de filets, de réseaux continus, 
correspondans, dans presque toute la longueur du 
tronc et à l'intérieur, à deux cordons latéraux symé- 
triques qui s'unissent entre eux et avec la plupart des 
autres nerfs de la moelle épinière et de l'encéphale , 
en éprouvant une sorte de renflement dans chacun de 
leurs points d'union. En raison de cette disposition, 
cet appareil nerveux particulier a reçu le nom de sys- 
tème ganglionnaire , et comme on lui a principalement 
attribué la faculté de mettre en rapport d'actions et de 
sensations tous les organes, on l'a désigné encore sous 
le nom 4e nerf grand sympathique . 

C'est donc par l'intermédiaire des nerfs que les 
sensations sont perçues, et que les ordres de la volonté 
sont transmis aux organes. Mais ces actions ne parais- 
sent pas s'exécuter dans les filets nerveux mêmes ni 
dans leur terminaison pulpeuse , ils ne sont que les in- 
strumens de transmission. C'est ce qui est manifeste 
en particulier pour les cinq sens , dont chacun admet 
et permet localement une action diverse et distincte, 
mais qui réellement ne fait que transmettre la sensa- 
tion, et dans le cas seulement où l'organe, disposé 
pour la recueillir, communique librement avec le 
centre commun. 11 en est de même des muscles qui 
reçoivent par les nerfs l'ordre et la faculté de se con- 
tracter ou de se relâcher. Dans ces deux cas ce ne sont 
pas les nerfs eux-mêmes dans leur terminaison ou 



DE LA SENSIBILITÉ. 53 

dans leur substance qui sentent; de même que le mou- 
vement du muscle n'est pas produit par la matière 
même du nerf. 

Après avoir rappelé ces idées générales sur la sensibi- 
lité et sur les organes par lesquels cette faculté s'exerce 
et se produit, nous allons indiquer les principales mo- 
difications que présentent à cet égard les animaux de 
la classe des Reptiles. Organisés sur le modèle des 
Mammifères et des Oiseaux , ils ont leur système ner- 
veux double et complet. D'une part , un appareil gé- 
néral sensitif, composé i° de l'encéphale qui comprend 
le cerveau, le cervelet et la moelle allongée; 2° de la 
moelle épinière ou vertébrale ; 3° enfin de tous les 
nerfs qui proviennent de ces diverses régions , et qui 
vont se rendre aux organes des sens et à toutes les au- 
tres parties du corps de l'individu. D'autre part , les 
Reptiles ont aussi un système nerveux ganglionnaire 
ou un double nerf grand sympathique. 

C'est dans l'ordre suivant que nous allons expo- 
ser la disposition et les principales variétés du système 
nerveux dans les Reptiles. Nous ferons d'abord con- 
naître d'une manière générale les enveloppes solides 
et membraneuses : le crâne, le canal vertébral et les 
méninges; puis l'encéphale, la moelle épinière, les 
nerfs; enfin le système ganglionnaire. Cependant nous 
traiterons àpart, dans desarticles spéciaux etavec beau- 
coup plus de détails , de chacun des organes des sens. 

On retrouve dans le crâne des Reptiles à peu près 
les mêmes os et à la même place que chez les Mammi- 
fères. Ils forment une cavité solide et protectrice de 
l'encéphale, et ils semblent s'être moulés à l'intérieur 
sur cet organe, dont ils ont reçu l'empreinte. Mais en 
dehors, ils ont des formes et des prolongemens tout- 



54 ORGANISATION DES REPTILES. 

à-fait variables ; ce qui tient à la conformation de la. 
lêle en général , et surtout à celle de la face que le 
crâne doit supporter. 

C'est surtout cliez les Crocodiles que les os de la lête 
sont faciles h distinguer les uns des autres, parce que 
les parties qui, chez les jeunes animaux, éjaient seu- 
lement séparées dans le premier âge , restent appa- 
rentes pendant toute la vie, en laissant voir les sutures 
qui les réunissent les unes aux autres. Cependant , 
malgré ce grand nombre de pièces, les anatomistes, et 
en particulier M. Cuvier , les rajiportent à sept os 
principaux, savoir : le frontal, le pariétal, l'occipi- 
tal 5 le temporal, le sphénoïde et l'ethmoïde; mais la 
plupart de ces pièces osseuses sont formées de parties 
séparées ou subdivisées, et quelques unes considéra- 
blement diminuées dans leurs proportions relatives. 

Le frontal occupe la partie antérieure du crâne. Il 
est le plus souvent composé de cinq parties. Une im- 
paire moyenne ou centrale dans le Crocodile, mais 
quelquefois double aussi dans les autres genres. Celle- 
ci est creusée pour loger la partie supérieure et anté- 
rieure du cerveau ; mais elle s'articule en avant avec 
deux os distincts qu'on a regardés comme les ana- 
logues des deux apophyses orbitaires internes , et il y 
a de pins , en arrière et en dehors , deux autres pièces 
osseuses formant le bord postérieur du cadre orbi- 
taire. Ce sont les os post-orbitaires ou apophyses or- 
bitaires externes. 

Le pariétal, dans les Crocodiles, est seul et impair. 
C'est à son peu de développement dans ce reptile et 
dans quelques autres, qu'on peut attribuer en générai 
l'élroitesse du crâne. Cependant , dans quelques Ché- 
ïoniens, les deux parties du pariétal sont très déve- 



PÇ LA ?ENSIÇ3(I;I:eÉ. 5S 

loppées.Ge sont deux grands os situés sur le sommet de 
la tête, entre le frontal et l'occipital , et qui, par leur 
face externe , donnent attache sur les côtés au muscle 
crotaphite ou temporal. 

L'os occipital, dont le nom indique la position, 
forme la partie la plus postérieure de la tête , celle par 
laquelle s'opère son articulation avec l'écliine. Par sa 
face interne, cet os loge et protège la partie postérieure 
de l'encéphale et donne attache aux muscles. Jl est 
formé, comme chez les jeunes Mammifères, de quatre 
pièces qui restent ici distinctes : deux médianes et deux 
latérales. 

Le sphénoïde, placé au-dessous , entre le frontal et 
l'occipital, occupe la ligne moyenne de la base plu 
crâne sous le cerveau ; il reçoit la glande pituitaire , et 
c'est par les trous dont il est percé que sortent les 
paires de nerfs analogues à ceux auxquels ce même os 
livre passage chez les Mammifères. Mais ses quatre 
ailes ont pris beaucoup plus de développement que le 
corps même de l'os. Elles sont regardées par quelques 
auteurs comme des os particuliers. Les deux anté- 
rieures correspondent à la fois aux apophyses frontales 
et temporales; elles font partie de l'orbite. Les deux 
postérieures ou ptérygoïdiennes sont surtout très dé- 
veloppées chez les Crocodiles, où elles forment, en 
s'unissant l'une à l'autre en haut et en bas , une sorte 
de conduit qui termine celui des narines postérieures. 
Il y a de plus, de l'un et de l'autre côté du crâne, en 
dessous et en avant de ces grandes apophyses ptéi'y- 
goïdiennes , un os destiné à joindre la face au crâne. Il 
occupe l'espace compris entre l'os mapdibulaire en 
arrière , le frontal postérieur en dedans , et l'os malaire 
ou jugal en dehors. Nous n'en parlons ici que parce 



56 ORGANISA.TION DES REPTILES. 

que M. Cuvier l'a regardé comme un os du crâne , car 
il n'en fait réellement pas partie. C'est un os propre 
aux Reptiles , qui ne se retrouve pas dans les autres 
animaux. Il se montre ici constamment, mais sous des 
formes très variées. Nous croyons qu'il correspond 
plutôt à la portion zygomatique de l'os des tempes, 
qu'aux annexes du sphénoïde. 

Les temporaux sont tous les deux composés de 
quatre pièces ; une caisse, un rocher, une portion 
mastoïdienne et une partie temporale ou zygoma- 
tique. 

La caisse porte le cadre de la membrane du tympan ; 
elle reçoit l'osselet de l'ouïe ; elle admet le conduit 
guttural de l'oreille, et de plus , elle sert à l'articula- 
tion de la mâchoire inférieure ; elle porte une sorte de 
condyle destiné à cet usage, et représente, sous ce 
rapport, jusqu'à un certain point, l'os carré des Oi- 
seaux ; elle tient lieu de la branche montante de la mâ- 
choire. On a nommé cette portion du temporal Vos 
tjmp unique. 

Le rocher enveloppe tout l'organe membraneux de 
l'oreille ; il est souvent caché dans le crâne ; il corres- 
pond tout-à-fait à la portion pierreuse du temporal 
chez les Mammifères. 

La portion mastoïdienne est unie le plus souvent au 
rocher, qu'elle enveloppe et recouvre. Elle est creusée 
de cellules à l'intérieur, et l'air y pénètre. 

La partie correspondante à l'apophyse zygomatique 
de l'os temporal est peut-être cet os intermédiaire à 
l'apophyse ptéry goïdienne postérieure qui unit le crâne 
à la face , et dont nous avons parlé plus haut à l'article 
du sphénoïde. 

En général , l'os ethmoïde est cartilagineux dans sa 



DE LA SENSIBILITÉ. 57 

portion médiane interne ou crânienne; cette portion 
est encliâssée dansl'échancrure que laissent entre eux 
les frontaux et les os moyens du sphénoïde. Les por- 
tions plus osseuses de l'ethmoïde font partie des os de 
la face , t sont placées dans les fosses nasales , quand 
celles-ci ont quelque étendue. 

Nous indiquerons les autres variations principales 
des os du crâne , quand nous aurons occasion de faire 
l'histoire des Reptiles des différens ordres, et même 
celle de certains genres , lorsque ceux - ci offriront 
quelques particularités importantes , soit dans les mo- 
difications des os eux-mêmes, soit dans les organes 
qu'ils concourront à former ou à faire changer de si- 
tuation et de volume. 11 suffira de rappeler ici que le 
crâne des Reptiles, comparé à celui des Poissons, est 
composé d'un m.oindre nombre d'os; nous dirons en ou- 
tre que, relativement a ce qu'on observe dans les Mam- 
mifères et dans les Oiseaux, il est proportionnellement 
moins volumineux que la face : ce qui paraît dépendre 
du mode de la préhension des alimens. Comme chess 
les animaux des deux premières classes , la cavité in- 
terne du crâne est moulée à peu près sur la superficie 
de l'encéphale , excepté chez les derniers Batraciens , 
qui se rapprochent à cet égard des Poissons, surtout 
quand ils ne quittent pas l'eau et qu'ils n'ont pas de 
grands chocs à soutenir : de sorte que du plâtre ou 
de la cire qui se seraient solidifiés ou qu'on pourrait 
faire durcir dans l'intérieur du crâne, représenteraient 
à peu près la forme générale du cerveau, comme on 
l'a vu dans quelques cas de pétrifications. 

C'est dans les Chéloniens que la hauteur verticale 
de la capacité du crâne est la plus considérable ; mais 
dans les Tortues marines , la masse de l'encéphale ne 



58 ORGAKIS.A.TIQN DES IlEPTILES. 

la remplit pas tout entière , et les os extrêmement 
voûtés sont plutôt destinés à servir, d'une part, de 
points solides de résistance au Lee supérieur ; et de 
l'autre, à l'action violente des muscles qui agissent 
sur la mâchoire inférieure. 

Dans les Opliidiens , le crâneest très petit, allongé 
et fort étroit ; les os en sont très solides. Dans aucun 
le diploé ou le tissu osseux placé entre les deux lames 
n'offre un grand développement, car il n'est pas en 
communication avec l'air qui pénètre par les narines, 
et il y a très peu de cellules mastoïdiennes pour aug- 
menter la capacité de l'organe de l'ouïe. Les Ampliis- 
bènes, les Eryx, les Rouleaux, les Typlilops , dont 
les mandibules sont solides et quelquefois absolument 
immobiles, outle crânebien plus large que les espèces 
dont les mâchoires sont dilatables et susceptibles de 
se porter en avant, surtout quand il y a des crochets 
ou dents a venin. 

Dans les Sauriens il y a presque autant de variétés 
pour le crâne que déformes diverses dans la totalité de 
la tête. Les Crocodiles , les Caméléons, les Iguanes, 
les Scinques, les Orvets ontle crâne de forme extérieure 
très différente , et cependant quand on l'étudié com- 
parativement on voit que ce sont les mêmes os dont les 
dimensions ont été modifiées. 

Enfin dans les Batraciens le crâne est très aplati, 
pt quoique sa cavité cérébrale soit très petite , elle n'est 
pas encore remplie par l'encéphale. En général elle 
est plus étroite et plus allongée dans les espèces qui 
conservent la queue que chez les Anoures. 

Chez tous les Reptiles le canal formé par les vertè- 
bres commence à la partie la plus postérieure de la tête, 
le plus souvent au-dessus du condyle unique formé 



pç LA aENSIBILITÉ. 5p 

p£^r lia portion basiliaire de l'os occipital, ^es seuls Ba- 
traciens offrent une exception , en cequ'ils ont , comme 
les Piaies, les Squales et les Mammifères, deux condyles 
distincts placés sur les côtés du trou vertébral. Ce 
canal, a, la formation duquel concourent toutes les 
vertèbres, varie autant en longueur, comme il est facile 
de le concevoir, que diffère le nombre des vertèbres. La 
cavité intérieure paraît de même calibre dans toute son 
étendue chez les Serpens, qui n'ont pas de membres ; 
il en est de même chez les têtards des Grenouilles et des 
Salamandres, qui offrent au contraire des différences 
à cet égard quand ces membres se sont développés. 
LesHystéropes et les Chirotes parmi les Sauriensayant 
les uns des pattes postérieures seulement, etlesaulres 
des membres antérieurs uniquenient, présentent dans 
la cavité vertébrale des dilatations correspondantes 
à celles qu'éprouve dans ces l'égions la moelle épinière, 
au moment on elle fournit les nerfs destinés a porter 
la vie et la sensibilité dans les membres. 

Les enveloppes membraneuses de l'encéphale dans 
les Mammifères et les Oiseaux, sont, comme on sait, 
une mépinge fibreuse, véritable périoste interne, ap- 
pliquée exactement sur toute la concavité des os du 
crâne. Ici en particulier cette membrane , analogue 
à la dure-mère, n'offre aucun de ces replis libres, qui 
séparent dans la longueur les lobes du cerveau en- 
tre eux, ni cette lame transversale qui s'insinue, sous le 
nom de tente, entre cette portion de l'encéphale et le 
cervelet. 11 est probable qu'il existe une membrane 
séreuse, mais elle est tellement unie d'une part à la 
face concave de la membrane fibreuse, et del'autre à la 
convexité de la lame vasculaire appelée la pie-mère , 
qu'pn ne peu|.ren distinguer! soit parce qu'il n'y a pîis 



6o ORGANISATION DES REPTILES. 

de scissures ni de sillons formés par les circonvolutions, 
comme cela a lieu dans les Mammifères et les Oiseaux ; 
soit parce qu'il n'existe pas de tissu adipeux comme 
dans les Poissons. Cependant cette matière huileuse 
et mucilagineuse se retrouve en petite quantité au- 
tour de la masse encéphalique dans les Chéloniens 
aquatiques et chez les Batraciens, surtout dans les 
Urodèles. 

Le canal vertébral des Reptiles est aussi garni à l'in- 
térieur d'un tube fibreux analogue à la dure-mère , 
dont il est le prolongement. Collé sur les os , il 
forme un étui aponévrotique maintenu à une certaine 
distance de la moelle épinière, parce que celle-ci ne le 
remplit pas complètement. Cependant elle n'est pas 
libre et flottante , car elle est retenue à droite et k 
gauche par les nerfs intervertébraux qui sortent du 
canal par chacun des trous de conjugaison que lais- 
sent entre eux les corps de toutes les vertèbres. Chez 
les têtards de Batraciens le canal vertébral, qui existait 
dans toute la longueur de l'échiné quand ils avaient 
une queue, diminue peu à peu de longueur , quand la 
moelle épinière se contracte , et l'os coccyx allongé n'en 
garde plus de vestige. 

En général la partie médullaire du système ner- 
veux qui est contenue dans la cavité du crâne des 
Reptiles est peu développée (1). Chez la plupart , la 
masse de la moelle épinière, comparée à celle que ren- 
ferme le crâne, est beaucoup plus volumineuse. C'est 



(1) Dans une Tortue de mer, du poids de 29 livres, la totalité 
de l'encéphale ne pesait que 2 gros ; c'est-à-dire que la masse du 
cerveau correspondait à la 1 856« partie du poids total de l'animal. 



DE LA SENSIBILITÉ. 6l 

surtout ce qu'il est impossible de ne pas remarquer 
dans les Serpeus. Nous avons déjà dit que la surface 
du cerveau n'offre pas de sinuosités, qu'elle est à peu 
près lisse et sans circonvolutions. Les lobes en sont 
distincts, disposés par paires et quelquefois réunis, 
placés à la suite les uns des autres sans se recouvrir. 
Quoique la masse de l'encépbale soit plus allongée 
dans les Serpens, plus ramassée dans les Tortues, 
toutes les portions se correspondent. 

On remarque que les lobes antérieurs ou cérébraux 
sont plus développés que les autres ; cependant il y a 
quelques différences à cet égard entre les diverses es- 
pèces de Reptiles. Chez ceux qui ont les nerfs destinés 
à l'odoration fort allongés et comme pédicules, les lobes 
antérieurs sont un peu plus grêles, et c'estle cas des Lé- 
aards et des Serpens. Les lobes optiques viennent im- 
médiatement après , ils sont également d'un volume 
proportionnel à celui des nerfs qu'ils reçoivent ou pro- 
duisent. Généralement ils sont petits, parce que l'œil 
est de petite dimension. C'est surtout chez les Serpens 
qu'ils ont le moins de volume, l'entrecroisement des 
jtterfs optiques a lieu chez ces animaux avant leur sor- 
tie du crâne ; tantôt il y a une fusion réelle des deux 
nerfs, comme dans la plupart des Lézards et des Tor- 
tues; tantôt, comme dansles Grenouilles et les Serpens, 
les nerfs passent au-dessus l'un de l'autre en secroisant, 
celui de droite passant sur celui de gauche. Dans les 
CéciliesetlesProtées, qui ont un œil rudimentaire ca- 
«hé sous la peau, on trouve aussi un filet nerveux atro- 
phié qui correspond au nerf optique. C'est derrière la 
jonction ou le croisement des nerfs optiques qu'on voit 
s'insérer, sur les pédoncules du cerveau , les nerfs de 
k troisième paire destinés aux muscles du globe de 



6è ORGANISATION ÏDES REPTILES. 

l'oeil. Les autres paires de nerfs, quant à leur origine, 
sont à peu près semblables à ceux des Mammifères et des 
Oiseaux. Gomme les organes des sens sont peu déve- 
loppés, les brandies du nerf de la cinquième paire ont 
de très petites dimensions. 

Le cervelet des Reptiles est très petit, à peine dis- 
tinct; cette sorte d'atropbie est d'autant plus marquée 
que les lobes cérébraux sont plus développés. La cou- 
leur ou l'apparence extérieure est généralement plus 
grise ou plus rouge dans l'état frais, que celle des lobes 
du cerveau . 

Une remarque importante qui peut être faite sur 
les animaux de cette classe, c'est que, relativement au 
volume de l'encépliale , les nerfs qui en proviennent 
sont assez grosvtaais comparés à ceux qui sont produits 
par la moelle vertébrale, ils sont infiniment moins déve- 
loppé~S^, C'est peut-être en raison de cette cause que les 
Reptiles en général manifestent beaucoup d'irritabilité 
et semblent éprouver peu de sensations ; de sorte que 
l'influence nerveuse est cliez eux plus marquée sur les 
organes du mouvement et de la nutrition, que sur là 
sensibilité générale , et que l'engourdissement et la 
torpeur des muscles semble avoir agi davantage en- 
core sur la vie de rapports ou plutôt paraît en pro- 
venir. 

Lés nerfs qui sortent du cerveau et de la moelle 
épinière n'offrent rien de bien particulier, au moins 
quant à leur structure , qui est à peu près la même que 
celle qu'on a observée dans les autres animaux verté- 
brés ; ils ont beaucoup de consistance, et relativement 
aux dimensions des parties dans lesquelles ils se ter- 
minent, ils sont fort gros. Ils indiquent assez, parleur 
plus ou moins de développement , l'énergie ou la 



DE tk SÈNSIBitiTiÈ. 63 

faiblesse des organes auxquels ils aboutissent. Pour ce 
qui concerne leur distribution , nous aurons occasion 
de faire connaître quelques unes de leurs particula- 
rités, en décrivant les organes dés sens et ceux des di- 
verses fonctions auxquels ils portent les ordres de la 
volonté et les élémens de leur manière d'agir. Quelque- 
fois leur névrilème est coloré par des points noirs ou 
l'ougeâtres, et même par une couclie métallique ar- 
gentée. 

Le grand sympathique ou la série des nerfs ganglion- 
naires, que l'on désigne sous le nom de grand intercos- 
tal , existe bien certainement dans tous les Reptiles. 
On voit, d'après les bonnes figures queBojanusa don- 
nées de ce nerf à la planche 23 de son ouvrage sur 
l'anatomie de l'Émyde d'Europe, que le système gan- 
glionnaire se comporte à peu près comme dans tous les 
autres animaux vertébrés ; qu'il établit d'une part des 
rapports sympathiques avec les nerfs encéphaliques et 
vertébraux , et de l'autre qu'il fait communiquer en- 
tre elles les deux parties latérales et symétriques du 
corps , en même temps que ses filets se distribuent et 
s'entremêlent en plexus nombreux autour des princi- 
pales artères destinées à la nutrition des viscères inté- 
rieurs. Oh a retrouvé ce grand sympathique, et on l'a 
décrit dans les Serpens, dans les Lézards, et surtout 
dans le Caméléon. 

Des oYganes des sens chez les Meptiles. 

Nous avons déjà dit plus haut, en traitant de la sen- 
sibilité en général, que c'était par l'entremise de cer- 
tains organes, admirablement construits pour recevoir 
des impressions spéciales, que l'existence des corps 



64 OIIGANISATION t)ES HEPTILES. 

extérieurs se manifestait et se faisait apprécier par les 
animaux. Ceux-ci en ont la conscience par une per- 
ception qui est le résultat d'une sorte de contact plus 
ou moins intime et direct de l'objet même, ou média- 
tement de ses qualités diversement modifiées , sur les 
extrémités variables de quelques uns de leurs nerfs 
en particulier. L'objet lui-même , quoique souvent 
immobile, semble être transporté dans l'espace par 
son image, sa représentation, ou par quelques unes 
de ses émanations , pour venir s'appliquer ainsi sur 
des surfaces nerveuses établies dans ce but au centre 
des instrumens confectionnés de la manière la plus 
parfaite , pour en recueillir jusqu'aux moindres effets. 

Nous ne connaissons dans les animaux que cinq ap- 
pareils principaux , à l'aide desquels ils peuvent ap- 
précier la nature des autres corps, et avoir ainsi la 
connaissance de leur pxésence plus ou moins rappro- 
cb.ée de leur être ; en un mot, de la réalité des objets 
dont l'existence est perçue. Encore nous autres, créa- 
tures pensantes, nous ne pouvons concevoir le mode 
de cette sensation que parce que nous l'éprouvons , 
que nous avons les mêmes organes, et que par là nous 
pouvons en juger par comparaison ou par analogie. 

Les organes des sens sont évidemment accordés aux 
animaux pour qu'ils puissent rapidement, et même à 
distante , être instruits de toutes les circonstances qui 
peuvent être utiles ou nuire à leur existence dans leur 
vie animale et végétative, en déterminant leurs mou- 
vemens pour tout ce qui tient à la nutrition et à la 
reproduction. C'est par les sens en outre que la vo- 
lonté et le non vouloir sont déterminés cbez l'animal, 
el que toutes ses actions se trouvent ainsi produites. 
C'est par les sens que les aliraens sont dénoncés , dé- 



DE LA SENSIBILITÉ. 65 

couverts, poursuivis, appréliendés et explorés dans 
leur nature intime; que les rapprocliemens s'opèrent 
entre les individus, et que les éloignemens sont déter- 
minés par la crainte du danger. Quelles que soient la 
solidité des corps, leur mobilité et la nature même 
impondérable de certains agens, l'animal est si bien 
organisé, qu'à l'aide des sens dont il est pourvu , il en 
conçoit, comme malgré lui, des idées exactes, en 
éprouvant des sensations qui lui indiquent leur pré- 
sence plus ou moins éloignée. 

Ces sens sont le toucher qui résulte du contact réel 
et matériel des objets, plus ou moins solides, appliqués 
à la surface du corps animé ; le goût qui perçoit les 
saveurs des liquides ou des substances qui peuvent 
être liquéfiées ; l'odorat qui recueille les émanations 
vaporeuses ou gazeuses, quand elles s'échappent ou 
proviennent de certaines matières ; l'ouïe destinée à 
apprécier les vibrations de tous les corps qui sont en 
mouvement, qui tendent à se mouvoir, ou dont les 
molécules ébranlées semblent résister au déplacement, 
en le communiquant aux corps environnans; et enfin 
la vue qui admet dans des instrumens d'optique et 
perçoit tous les phénomènes dus à la présence de la 
lumière, et les modifications que ce fluide éprouve à la 
surface des objets placés à distance ou dans l'intérieur 
des corps qu'elle traverse. Dans ces trois dernières 
circonstances , le corps perceptible est placé hors du 
contact de l'attouchement possible ; quoique matériel- 
lement en place, ses qualités, ou les modifications 
qu'elles éprouvent par les divers agens de la nature, se 
transportent dans l'espace, traversent les milieux pour 
se présenter d'elles-mêmes et s'appliquer, s'étendre 

REPTILES ,1. 5 



66 ORGANISATION DES REPTILES. 

sur un nerf qui est là comme une sorte de sentinelle 
toujours au guet et en observation. 

C'est dans l'ordre précédemment énoncé que nous 
allons examiner chez les Reptiles lés principales mo- 
difications que ces organes ont pu éprouver. 

Organes du Toucher chez les Reptiles. 

Le touclier, est, comme nous venons de le dire, le 
sens qui donne à l'animal la faculté de percevoir , de 
sentir le contact, l'attoucliement d'un objet, d'une 
matière , enfin de toute substance dont l'application , 
ainsi éprouvée ou appréciée, devient un cai^actère de la 
nature des corps. Quoique le plus grossier de tous 
les sens, il est le plus nécessaire; car il corrige les 
erreurs de tous les autres ; aussi est-il le dernier à 
s'oblitérer, ou plutôt on ne conçoit pas l'existence 
d'un animal qui en serait absolument privé, et il existe 
dans toutes les parties sentantes de l'être animé. 

On est obligé de reconnaître deux sortes de sensa- 
tions dans le toucber ; tantôt, en effet, si le corps tan- 
gible est poussé, ou vient s'appliquer de lui-même 
sur quelque point de la surface de l'être animé, c'est 
une sorte de taction passive. Cette action semble 
s'exercer avec plus ou moins d'énergie sur toutes les 
parties de la superficie de l'animal : elle est univer- 
selle. Tantôt c'est l'être vivant qui se met activement 
et successivement en rapport de contact avec les dif- 
férens points de l'étendue d'un corps, pour explorer 
quelques unes des qualités, telles que le volume, la 
figure, la consistance, le poids, le repos, le mouve- 
ment , la chaleur ou le froid relatifs , de même que la 



SENSIBILITÉ, TOUCHER. , 67 

sécheresse ou l'humidité, surtout la distance réelle , 
les limites , enfin toutes les qualités dites tactiles. 
Aussi cette dernière faculté active a-t-elle été appelée 
le facif. Elle est d'autant plus parfaite, que l'animal 
peut, en même temps, mettre certaines parties mobiles 
de son corps en rapport avec des points différens 
d'un objet dont il veut connaître la nature. 

Cette distinction, nécessaire à établir entre le toucher 
passif et le tact, nous permet de considérer les Reptiles 
sous ce double rapport; premièrement en indiquant la 
nature des tégumens qui terminent tous les points de 
leur superficie, et ensuite en considérant les diverses 
parties mobiles que l'animal peut appliquer active- 
ment à la surface des corps, comme les doigts, les 
divers appendices tels que la trompe oTi la queue, 
quand cette extrémité du tronc peut , ainsi qu'on l'ob- 
serve chez les Caméléons et chez plusieurs Boas, s'en- 
rouler autour de quelque partie. 

En général dans les animaux à vertèbres, le corps 
est recouvert d'une peau dans la structure de laquelle 
on distingue plusieurs couches : i° un derme ou cuir, 
membrane solide, fibreuse, le plus souvent appliquée 
sur les muscles ou sur les os ; 2° une couche de ma- 
tière muqueuse souvent colorée, retenue dans les in- 
terstices d'une membrane vasculaire et papillaire , 
c'est-à-dire composée de vaisseaux et d'un lacis formé 
par les extrémités des nerfs cutanés; 3" enfin un épi- 
derme ou couche tout-à-fait superficielle , le pl»s 
souvent protégée par dçs lames , des plaques , des tu- 
bercules cornés et même osseux, quelquefois en forme 
d'écaillés, mais jamais par de véritables poils. 

Ces couches de la peau varient dans les diverses 
espèces de Reptiles. 

5. 



68 ORGANISATION DES REPTILES. 

Quant au derme , il est remarquable que chez la 
plupart des Cliéloniens il n'existe pas sur certaines 
parties du corps, ou qu'il est réduit à une lame fibreuse 
excessivement mince, appliquée comme un simple pé- 
riostesurles os de la tête et sur les parties externesdes 
vertèbres du dos , des côtes et du sternum. Les Tor- 
tues molles , telles que les Trionyx et les Spbargis , 
diffèrent seules à cet égard, comme nous le dirons 
bientôt. Cependant le cou, les pattes , et le plus sou- 
vent une grande partie de la queue , sont revêtus d'un 
véritable derme flexible. Chez la plupart des Sauriens 
et des Ophidiens le derme est encore exactement collé 
sur les os externes de la tête ; mais partout ailleurs il 
est flexible et presque toujours adhérent aux muscles» 
Les Batraciens sans queue, tels que les Grenouilles, les 
Rainettes, les Crapauds, forment seuls une exception 
àcet=égard,leurpeau constituant une sorte de sac dans 
lequel le corps est libre, l'adhérence ne se trouvant 
qu'aux bouts des doigts, aux aines et aux mâchoires. 

Le corps mu queux est très variable pour les cou- 
leurs dans les Reptiles ; en étudiant les espèces, on 
peut y retrouver disséminées toutes les nuances que 
forme le prisme qui décompose la lumière ; ces cou- 
leurs sont plus ou moins foncées et se joignent au 
noir,, au blanc et quelquefois à l'éclat métallique, 
moins brillant, a la vérité, que chez certains Poissons ; 
mais cependant fort éclatantes dans quelques genres de 
Serpens et de Lézards. Ces couleurs au reste varient 
dans les divers individus , suivant l'âge , le sexe et les 
époques de la vie. Quelques uns, comme les Mar- 
brés et les Caméléons , semblent pouvoir a volonté en 
changer les nuances, les teintes et la disposition. 
D'autres qui, comme les Prolées, quelques Amphis-^ 



SENSIBILITÉ, TOUCIIEîl, 69 

bènes, sont appelés à vivre dans l'obscurité, présentent 
cette sorte d'étiolement qui résulte de la privation de 
la lumière, comme on l'observe dans les plantes, les 
larves d'insectes et les vers intestinaux. 

L'épiderme, ou la couche la plus superficielle, est le 
plus souvent corné. Il est surtout remarquable par sa 
nature dans quelques espèces de Tortues de mer qui 
fournissent l'écaillé pour les arts. Les lames de corne 
et quelquefois de matière osseuse sont tantôt placées 
en recouvrement les unes sur les autres comme les 
écailles de poisson, et elles sont quelquefois disposées 
en quinconce comme dans les Orvets , les Scinques , 
les Typblops, ou placées régulièrement les unes à côté 
des autres, de manière à former des anneaux ou des 
verticilles comme dans les Opbisaures et les Chalcides. 
Dans les Tupinambis ce sont de petits tubercules 
granulés , distribués de la manière la plus régulière 
sur la surface de la peau; au centre on voit une 
sorte de plaque bom^bée, ovalaire, encbâssée dans un 
cercle de petits grains, à la manière des pierres dans 
les mosaïques. D'autres Sauriens, comme dans les 
Dragonnes et les Crocodiles , portent des écussons sur 
le dos, des boucliers cornés ou osseux à carène ou 
arête saillante , ciselés , imprimés à la surface de 
scissures , d'excavations régulières. Quelquefois ces 
écussons osseux, munis d'épines, se trouvent réunis en 
verticilles sur la queue, comme dans les Cordyles , ou 
sur les cuisses ou sur la nuque. Dans d'autres cas elles 
forment des lames verticales minces, placées le long du 
cou , du dos et même de la queue, pour produire une 
sorte de crinière chez les Iguanes, les Lopbyres. 
Dans les Lézards , de grandes écailles arrondies sont 
disposées sous le cou comme des perles ou de pe- 



yO ORGANISATION DES REPTILES. 

tites granulations pour former un collier. Dans les 
Iguanes, de grandes plaques arrondies s'observent 
sur les tempes. Ces formes que prend l'épiderme 
corné varient à l'infini ; dans les Serpens il est dissé- 
miné par petits tubercules de figure variable sur 
l'étendue du corps, de manière cependant que le 
derme puisse se prêter à de grandes extensions ; géné- 
i^alcment sous le ventre des Serpens il est distribué par 
lames larges, entuilées, qui peuvent se relever et s'ac- 
croclier sur le plan pour aider à la reptation. D'autres 
plaques carrées analogues, mais rangées parallèle- 
ment par verLiciîles, garnissent le dessous del'abdomen 
des Crocodiles , des Sauvegardes et des Lézards pro- 
prement dits. 

La forme particulière et très variable des plaques 
qui sont appliquées sur diverses parties du corps dans 
les trois premiers ordres de Reptiles, a permis de 
désigner ces paires de lames sous des noms parti- 
culiers qui servent, comme nous le verrons par la 
suite, à la détermination des genres et des espèces. 
Généralement les tubercules de la peau ont été indi- 
qués par les naturalistes comme caractères 5 c'est ainsi 
que la peau chagrinée des Caméléons, l'apparence ver- 
ruqueuse de celle des Crapauds, des geckos, des 
Agames, et surtout les plaques carrées, molles et 
veriiciliées des Ampliisbènes et des Chirotes , devien- 
nent des notes très importantes pour aider à la classifi- 
cation. C'est dans le même but qu'on a remaixjué les 
étuis cornés ou épidermiques qui recouvrent les ap- 
pendices pédiformes qui sortent du cloaque des Boas, 
les cornes surcilières de la Vipère Céraste , la saillie 
nasale et cornée d'une espèce d'Iguane. 

Cet épiderme se renouvelle plusieurs fois dans l'an- 



SENSIBILITÉ, TOUCHER. ni 

née, le plus souvent en totalité et en une seule pièce ; 
c'est une sorte d' exfoliation des lames cornées. A cha- 
que mue les couleurs , qui semblaient avoir été ter- 
nies par cet étui, paraissent en ce moment plus vives 
et plus brillantes. Cette succession dans le changement 
d'épiderme reste, pour ainsi dire, inscrite chez les 
Serpens à sonnettes ou du genre Crotale, par le nom- 
bre de petits étuis de corne qui recouvraient la der- 
nière vertèbi^e de la queue , et qui sont restés en gainés 
à la suite les uns des autres. 

Cette exfoliation de la surpeau est très remarquable 
chez les Reptiles ; elle avait été d'abord observée dans 
les Serpens , et on avait cru qu'elle n'avait lieu qu'une 
seule fois dans l'année au printemps (i) ; mais on s'est 
assuré depuis, que certaines circonstances atmosphé- 
riques , telles que les variations dans la sécheresse et 
l'humidité , déterminaient cette sorte de dépouille- 
ment ou de mue, analogue à celle qu'éprouvent les 
larves d'insectes et particulièrement les Chenilles. 
Nous en avons été convaincus en voyant ce fait se ré- 
péter chez quelques espèces de Sauriens et d'Ophi- 
diens dont nous observions les mœurs en les tenant 
en captivité. Nous avons eu aussi occasion de constater 
ce renouvellement de l'épiderme corné chez une jolie 
petite espèce d'Emyde, dont nous avons suivi les habi- 
tudes pendant plusieurs années consécutives, et nous 
avons conservé la plupart des plaques qui garnissaient 
sa carapace. Enfin chez les Batraciens la totalité de 
l'épiderme muqueux paraît se renouveler fort souvent; 

(1) Serpentes primo vere exeunles exuunl cxuuias scu sencctam. 
LiN^Ei Syslema naturœ. 



^2 okganisàtion ôës reptiles, 

mais on a peu d'occasions de l'observer , parce que l'a- 
nimal lui-même , ou ceux de la même espèce , avec 
lesquels il se trouve plongé dans l'eau, avalent avec 
une sorte d'avidité cette matière muqueuse. Cette dé- 
pouille conserve tellement les formes de l'animal qu'il 
semble qu'elle en soit l'ombre ou le spectre : comme 
nous le faisons voir k nos auditeurs en leur faisant 
passer sous les yeux des papiers sur lesquels Tépiderme 
forme une sorte de dessin au lavis. Au reste, nous 
aurons occasion de revenir, dans les généralités qui 
précéderont l'histoire de chacun des ordres , sur les 
détails que comporte ce sujet curieux d'observations. 
La peau présente encore quelques particularités sur 
certaines régions du corps des Reptiles ; ainsi elle est 
frangée ou munie d'appendices mobiles sur les flancs 
des Uroplates et sur les parties latérales du cou et de la 
tête dans la Ghélyde Matamata. Elle se prolonge sur 
les flancs et se trouve soutenue dans sa duplicature par 
les côtes allongées dans les Sauriens du genre Dragon. 
Dans les Anolis , les Iguanes et chez quelques autres 
Sauriens, il existe des replis simples ou doubles de la 
peau qui forment des fanons, des goitres, surtout chez 
les mâles à l'époque de la reproduction. La peau offre 
des pores ou cryptes glanduleux qui sécrètent ou lais- 
sent suinter des humeurs plus ou moins odorantes sous 
la gorge des Crocodiles, à la marge du cloaque chez les 
Amphisbènes , sur les bords internes des cuisses dans 
plusieurs espèces de Sauriens , ou qui semblent pro- 
venir de très grosses glandes placées au-dessus des 
oreilles dans les Crapauds et les Salamandres terres- 
tres. La peau est surtout très perméable k l'humeur de 
la perspiration dans les Batraciens sans queue, qui 



SENSIBILITÉ, TOUCHER. iy3 

maintiennent par l'évaporation qui s'opère à leur sur- 
face , l'équilibre de leur température , quand ils sont 
exposés à une vive clialeur. 

D'après Texamen que nous venons de faire des mo- 
difications qu'éprouvent les tégumens cliez les Rep- 
tiles , il est facile de concevoir que le toucher passif 
doit être réellement peu développé dans cette classe 
d'animaux. Les seules espèces à peau molle et sans 
écailles pourraient tout au plus percevoir rapidement 
l'idée du contact immédiat des corps environnans ; 
mais quand on réflécliit que la plupart de ces espèces 
vivent dans l'eau comme les Batraciens etlesTrionyx, 
on conçoit que ce fluide peut tout au plus communi- 
quer vivement l'excès relatif ou le défaut de tempéra- 
ture, quand elle est différente de celle de l'animal. 
Mais nous verrons par la suite que tous les Reptiles 
n'ont pas un degré constant de chaleur qui leur soit 
propre, et que, par conséquent, ils doivent juger 
moins facilement du calorique qui leur est enlevé ou 
de celui qui leur est communiqué, à moins qu'il ne 
leur soit fourni d'une manière très rapide. Quant aux 
autres modes de perception qui leur sont accordés par 
cette nudité de la peau , ils se rapportent très proha- 
blem^ent à l'action chimique. C'est ainsi que le tabac en 
poudre , les acides , certains gaz paraissent agir im- 
médiatement parle contact sur la peau de ces animaux, 
comme quelques écoliers trop cruels en ont fait quel- 
quefois l'expérience sur des Grenouilles et des Rai- 
nettes. Les Crapauds, les Geckos, les Caméléons, 
dont la peau seri-ée et rugueuse est couverte et proté- 
gée par un épiderme plus desséché , ont certainement 
encore un peu moins de sensibilité produite dans le 
cas d'un attouchement passif. Enfin cette sorte de 



'j^ ORGANISATION DES REPTILES. 

sensation doit être très émoussée chez la plupart des 
Pxepliles écailleux , et surtout dans les Tortues. 

11 reste donc à examiner la tactilitéj si nous osons 
hasarder de faire usage de ce terme pour exprimer la 
faculté qu'ont les animaux de toucher activement, de 
palper la nature des corps pour les reconnaître par le 
tact , afin de l'opposer à la faction ou à l'état tout-à- 
fait passif de la sensation dont nous venons de 
parler. 

Quand un animal peut appliquer à la fois , et pour 
ainsi dire dans le même espace «le temps, des parties 
diverses de son corps à la surface d'un ohjet, il en ac- 
quiert une connaissance plus complète, et il paraît 
alors être doué d'un toucher plus parfait. C'est le cas 
de tous les animaux qui ont les doigts mous, allongés, 
distincts et très mobiles , qu'ils peuvent promener ra- 
pidement et mouvoir ça et là sur tous les plans d'un 
corps pour en explorer la nature et les limites. Sous ce 
rapport, les Reptiles semblent avoir été très peu favo- 
risés par la nature ; et, quand on y réfléchit, on con- 
çoit que cette faculté tactile leur eut été plutôt nuisible 
que réellement utile. Leurs doigts sont en général 
courts, liés entre eux et peu mobiles, et quand ils 
présentent une autre disposition, il est aisé de recon- 
naître qu'elle est plutôt destinée à faciliter le transport 
et surtout l'action de grimper; car dans ce cas-là sur- 
tout, les écailles qui recouvrent chacune de leurs ar- 
ticulations et leur peu de flexibilité ne doivent pas 
permettre l'exercice d'une sensation rapide dans le 
contact. Peu d'espèces sont munies soit de lèvres char- 
nues, mobiles, soit d'une trompe ou prolongement 
des narines assez étendue pour saisir les corps ou les 
envelopper. Quelques uns ont la queue préhensile, 



SENSIBILITÉ , TOUCHEll^ )|j5 

mais dans ce cas même elle n'est pas encore un organe 
du tact, comme nous allons le voir en parcourant sous 
cepoint de vue l'organisation des Reptiles des diverses 
familles. 

Ainsi, parmi les Tortues, les unes ont des doigts 
réunis jusqu'aux ongles et absolument immobiles, 
quelquefois aplatis et formant une sorte de palette 
ou de nageoire, comme dans les Cliélonées et les 
Sphargis ; ou toute la patte se termine par un moignon 
informe, arrondi comme le pied d'un Elépliant, au 
pourtour duquel des ongles plats ou de petits sabots 
recèlent les derniers os des doigts qu'ils indiquent ou 
dont ils font soupçonner l'existence. D'autres Tortues, 
comme les Emydes, les Trionyx et les Gbéiydes, ont 
des doigts fort distincts, mais cependant réunis par 
des membranes, et en général leurs pattes sont plutôt 
organisées d'une manière convenable aux différens 
modes de transport, que pour s'accommoder a la per- 
ception du tact. Dans cette même famille, une espèce, 
la Matamata, a bien le nez prolongé en forme de 
trompe mobile; mais le but de cette conformation 
semble être plus propre à favoriser le mode obligé de la 
respiration, qu'à permettre cette sorte de tâtonnement 
exercé par le groin des Porcs ou le museau cbarnu des 
Taupes et de quelques Musaraignes. 

Nous trouvons encore plus de' diversité dans la fa- 
mille des Sauriens. Les Crocodiles , par exemple, ont 
les pattes à peu près semblables à celles des Tortues 
d'eau douce , dont les doigts sont réunis par des mem- 
branes ; mais dans les Lézards , les Tupinambis , les 
Iguanes, les doigts sont très allongés, composés d'un 
grand nombre de phalanges coniques, très mobiles: 
on les croirait destinés à procurer à i'animal un tou-:- 



^6 ORGANISATION DES REPTILES, 

clier fort développé, et cependant jamais ils n'ont cette 
faculté, ils semblent leur avoir été donnés pour faci- 
liter l'action de grimper, pour s'accroclier sur les 
corps solides , car aucun ne s'en sert pour porter les 
alimens a la bouche. 

Dans les Caméléons les pattes, quoique formées 
chacune de cinq doigts, ne peuvent servir que comme 
des pinces. Les phalanges sont jointes jusqu'aux on- 
gles par une peau épaisse qui en fait deux paquets ou 
faisceaux opposables l'un à l'autre. La face inférieure 
de ces pattes , celle dite plantaire ou palmaire , est 
molle et munie en apparence de papilles qui pour- 
raient faire connaître à l'animal la nature des objets 
sur lesquels les pattes sont appliquées ; mais comme 
elles restent alors immobiles , il est probable que la 
température variable pourrait seule être appréciée, 
et dans ce cas-là même, le corps de l'animal ne pour- 
rait pas en connaître ; car sa chaleur est la même que 
celle des matières avec lesquelles il est plongé dans 
l'atmosphère qu'il habite. La queue de toutes les es- 
pèces de ce genre étant susceptible de s'enrouler et. de 
se courber en dessous , on observe dans toute la lon- 
gueur de la région inférieure d'autres papilles ou tu- 
bercules mous , qui sont uniquement destinés à s'ac- 
commoder à la surface des corps pour y contracter 
une adhérence plus intime. Quelques espèces du genre 
Agame offrent, dans leur queue également préhensile, 
une disposition analogue. 

Tous les Geckos et les genres voisins ont les doigts 
conformés d'une manière toute spéciale , et qui sem- 
blerait aussi devoir donner à leur tact une fort grande 
énergie. Ces doigts , à peu près égaux en longueur , 
bien distincts et très aplatis en dessous, sont beau- 



SENSIBILITÉ , ÏOUCHER. '^'J 

coup plus larges qu'ils ne sont épais ; leurs bords sont 
souvent comme frangés , mais quand on les examine 
avec plus d'attention , on voit qu'ils sont munis en 
dessous d'une rangée simple ou double de lamelles 
molles , susceptibles de se relever et de s'appliquer 
les unes sur les autres. C'est à l'aide de ces plaques que 
l'on voit l'adhérence des pattes sur les corps les plus 
lisses s'opérer avec tant de force que l'animal peutmar- 
clier et courir rapidement sous des plans horizontaux, 
contre son propre poids , ses doigts faisant alors l'of- 
fice de ventouses. Dans les Anolis on voit aussi les 
doigts de toutes les pattes dilatés , mais seulement 
dans une partie de leur longueur, et cette structure 
est encore un attribut qui leur est plutôt accordé pour 
leur donner la faculté d'adhérer solidement , que 
pour leur faire apprécier la nature des plans sur les- 
quels ils s'accrochent. 

Enfin dans les Scinques , les Seps et les Chalcides 
et surtout dans les Hystéropes , les doigts diminuent 
successivement en nombre et en longueur^ et souvent 
ils sont si peu développés que l'on peut à peine les 
distinguer les uns des autres. Il n'en existe plus du 
tout dans lesOphisaureset les Orvets, qui sous ce rap- 
port sont tout-à-fait semblables aux Serpens. 

Quant aux Serpens, dont la totalité du corps peut 
s'enrouler autour des objets , on conçoit que ces ani- 
maux peuvent acquérir , par ce contact qui s'opère en 
même temps sur les différens points de leur être sen- 
tant , la conscience de l'étendue et de la nature des 
surfaces. Quelques uns , comme les Boas , ont la 
queue préhensile et propre à s'entortiller et à s'en- 
rouler en dessous ; mais cette structure paraît uni- 
quement destinée à faire accrocher ainsi l'animal; pour 



nS ORGANISATION DES REPTILES. 

qu'il reste suspendu aux solides qu'il embrasse. 
Les doubles tentacules écailleux que l'on voit au- 
devant du museau de l'Erpéton et le prolongement 
triangulaire qu'offre la peau du devant du nez de la 
Couleuvre nasiqne et de la Vipère ammodyte , sont 
plutôt des instrumens destinés à d'autres usages ou 
circonstances de la vie de ces Reptiles , qu'à l'action 
de palper et de reconnaître la nature des corps sur 
lesquels ces "parties peuvent être appliquées. 

Nous avons déjà dit que les Batraciens ayant la peau 
entièrement nue , à épidémie muqueux, paraissaient 
doués, beaucoup mieux qu'aucun animal delà même 
classe , de la faculté de percevoir passivement l'action 
physique ou chimique de la plupart des objets avec 
lesquels leur corps pouvait être mis en contact. 
Leurs pattes, généralement courtes et à doigts mous 
et toujours privés d'ongles à leur extrémité, s'appli- 
quent aussi assez exactement aux surfaces ; mais chez 
la plupart, ces doigts sont dilatés ou réunis entre eux 
par des membranes destinées à la natation. Leur séjour 
dans l'eau, dont la température ne varie guère, ne 
paraissait pas demander qu'ils pussent avoir le besoin 
d'apprécier les légères différences que leur corps doit 
éprouver très rapidement à sa surface quand elle est 
plongée dans ce liquide. 

Nous devons noter cependant que les Grenouilles 
ont les doigts plus longs et plus effilés que les Cra- 
pauds, et que parmi les espèces voisines de ceux-ci 
les Pipas ont une sorte de museau prolongé en pointe 
molle, et que leurs doigts, beaucoup plus longs, plus 
coniques , sont terminés par de petits appendices 
charnus; que dans les Rainettes les extrémités de tous 
les doigts sont dilatées en forme de disques mous et 



SENSIBILITÉ, GOUT. '^g 

diarïïus , qui font l'office de plaques ou de ventouses 
qui adhèrent par leur circonférence , ce qui leur 
donne la faculté de niarclier et de s'accrocher dans 
toutes les directions sur les plans solides , même les 
plus lisses. 

Organes du Qoût chez les Reptiles. 

La faculté de goûter les substances qui doivent en- 
trer dans le corps comme matières alibiles , est une 
des perceptions les plus importantes pour les ani- 
maux ; puisque de ce j ugement dépend la conservation 
de l'individu qui se trouve ainsi dirigé , dans le plus 
grand nombre des circonstances , pour le discerne- 
ment des matières propres a sa nourriture. Les sub- 
stances sapides, considérées en elles-mêmes, peuvent 
être regardées comme formées de molécules maté- 
rielles, susceptibles de se dissoudre , soit dans un 
état naturel de fluidité , soit suspendues dans un li- 
quide. Elles peuvent être arrêtées, saisies au passage, 
quand elles sont mises à nu et en contact direct avec 
les ramifications nerveuses placées, pour ainsi dire, en 
vedette , dans les endroits les plus convenables , pour 
les désigner promptement à la conscience de l'animal 
qui sait les juger etles apprécier. Toutes les matières 
qui agissent de cette manière doivent être nécessaire- 
ment liquides ou être susceptibles de le devenir , c'est 
alors, et c'est seulement alors, qu'elles manifestent 
leurs qualités ou qu'elles produisent les sensations 
que nous nommons saveurs, dont la nature intime, 
souvent inconnue , peut dépendre cependant de leurs 
propriétés physiques ou chimiques. 

Chez presque tous les animaux vertébrés , la sapi- 



8o ORGANISATION Ï3ES HEPTILES. 

dite des liquides est perçue dans la bouche et parti- 
culièrement à la surface d'un organe unique , charnu , 
mou et humide à sa surface, qu'on nomme la langue, 
et qui est toujours destiné en même temps à un autre 
usage. 

La plupart des Reptiles avalent leurs alimens sans 
les mâcher, aussi leur bouche est-elle comme calibrée 
d'après la grosseur de la proie qu'elle doit admettre, 
6t , ainsi que nous le prouverons eu traitant des or- 
ganes de la nutrition, on peut distinguer ces animaux 
en ceux qui mâchent , divisent et écrasent leurs ali- 
mens, et en ceux qui avalent leur proie tout entière 
sans la séparer par morceaux. Chez ces derniers, il ne 
peut se développer dans la bouche d'autre saveur 
que celle qui proviendrait de la surface de la matière 
solide, et dans le plus grand nombre des cas, il ne doit 
exister qu'une sorte de sensation analogue au tou- 
cher. 

Les Tortues en général sont obligées de couper 
leurs alimens , et elles ont les mâchoires armées pour 
cela d'une sorte de bec de corne tranchant ; leur 
langue large, charnue, h papilles très distinctes, 
comme celle de quelques Mammifères, porte à penser 
qu'elle est destinée à savourer réellement les sucs des 
matières végétales ou les humeursdes substances ani- 
males qui servent à leur nourriture. Dans quelques 
espèces, comme les Trionyx, on voit au dehors du bec 
des sortes de lèvres charnues qui retiennent les sucs 
qui peuvent s'échapper des matières incisées. Dans 
la Chélyde Matamata , comme le bec corné n^existe 
plus , il est probable que l'excessive étendue de la 
bouche permet à l'animal d'avaler tout d'une fois la 
proie qu'il a saisie. 



SENSIBILITÉ, GOUT. 8l 

Dans les Crocodiles , qui déchirent leurs alimens , 
la langue est à peine mobile , et les tégumens qui la 
recouvrent ne paraissent pas devoir être très propres 
à la gustation , car la surface en est lisse et sans pa- 
pilles évidentes. 

La plupart des Sauriens ont une langue cliarnue ^ 
fendue ou fourchue à son extrémité libre qui est exer- 
tile , ou susceptible de sortir volontairement de la 
bouche pour être portée au dehors sur les bords 
des mâchoires, dont les lèvres sont toujours recou- 
vertes d'écaillés cornées ; cependant il est très évident 
que les Lézards, les Tupinambis, les Iguanes, les 
Geckos, les Scinques, les Orvets savourent les portions 
de la proie qu'ils divisent, quand celle-ci laisse écou- 
ler quelques humeurs. 

Les Caméléons semblent nous offrir une singula- 
rité à cet égard ; car leur langue , très protractile, res- 
semble à une sorte de ver cylindrique , allongé , ter- 
miné par un disque charnu , concave et gluant que 
l'animal peut lancer à plusieurs pouces de sa bouche, 
sur les insectes et les petits animaux qu'il saisit de 
cette manière, mais qu'il avale le plus ordinairement 
tout entiers, ou sans les mâcher. 

Chez les Serpens , la langue est presque toujours 
cylindrique , très étroite et fourchue à son extrémité 
libre. Elle peut sortir également de la bouche et vibrer 
rapidement dans tous les sens. Elle est constamment 
humide, souvent colorée. La gaine qui l'enveloppe s'al- 
longe et se raccourcit comme une sorte de fourreau qui 
rentre en dedans , dans l'acte de la déglutition. Ainsi 
cette langue ne paraît pas destinée à servir à la dégus- 
tation ; en effet la proie est toujours avalée par les 
Serpens, sans être en aucune manière divisée. 

REPTILES, I. 6 



8a ORGANISATION DES REPTILES. 

Dans l'ordre des Batraciens, il y a de grandes diffé- 
rences entre les espèces h queue permanente ou les 
Urodèles, comme les Salamandres qui, pour la plu- 
part, ont, ainsi que les Crocodiles, la langue adhérente 
dans la concavité delà mâchoire inférieure , et les es- 
pèces dites Anoures ou sans queue , comme les Gre- 
nouilles , les Crapauds , les Rainettes. Ici la langue est 
molle, charnue, très humide, très contractile et sur- 
tout très visqueuse j elle est attachée par la base, ou 
la partie large , h la concavité antérieure de la mâ- 
choire; mais cet instrunaent si mou, si sensible en 
apparence , est évidemment destiné à un mode parti- 
culier de préhension des alimens , comme nous l'ex- 
pliquerons en traitant des organes de la digestion. 
Les Pipas ou les Tédons offrent aussi quelques dif- 
férences à cet égard , leur langue étant à peine di- 
stincte. Dans leur jeune âge, tous les têtards de 
Batraciens ont, pour la plupart, la bouche armée de 
mâchoires cornées et de lèvres mobiles, comme les 
Tortues dites Trionyx ; peut-être ont-ils comme elles 
la faculté de savourer les particules des matières ali- 
mentaires, qu'ils divisent alors, au lieu d'avaler la tota- 
lité de la proie sans la mâcher, comme le font ces 
animaux lorsqu'ils sont adultes ou parfaits. 

Organes de l'Odorat dans les Reptiles. 

Les odeurs sont à l'air atmosphérique ou aux gaz , 
ce que les saveurs sont à l'eau ou aux liquides; elles 
sont essentiellement constituées, comme on peut le 
prouver, par des molécules matérielles infiniment 
ténues de fluides aériformes gazeux ou vaporeux, sus- 
pendues dans l'air, qui leur sert de véhicule. Chez les 



SENSIBILITÉ, 015011A.T. 83 

animaux qui perçoivent la sensation des odeurs, on 
observe que l'instrument destiné à éprouver cette 
action est toujours situé sur le trajet que l'air doit 
traverser avant de pénétrer dans les voies pulmo- 
naires, et le plus souvent à leur entrée même . L'organe 
évidemment chargé de cette fonction est disposé de 
manière que l'air atmosphérique est obligé de parcou- 
rir des conduits plus ou moins anfractueux , sur la 
surface desquels une membrane humide , enduite 
d'une matière muqueuse , se trouve étalée de manière 
à arrêter et retenir les molécules odorantes. 

On croit que cette action des odeurs s'exerce princi- 
palement par une combinaison, par une sorte d'affinité 
avec la matière muqueuse, qui en donne aussitôt con- 
naissance aux extrémités des nerfs subjacens, destinés 
à ce mode de perception, et qui les reconnaît tantôt 
comme agréables et salutaires, tantôt comme ingrates 
et nuisibles. 

Cette sensation des odeurs est liée évidemment chez 
les animaux aux deux fonctions de la nutrition et de 
la reproduction ; c'est par son interinédiaire que les 
émanations qui s'échappent de la matière alimentaire 
vivante ou morte, se font reconnaître à distance, ainsi 
que l'existence des individus dont le rapprochement 
pour l'acte de la fécondation est absolument et réci- 
proquement nécessaire; de sorte que l'air est le guide 
invisible qui dirige alors l'animal, et c'est par le mi- 
lieu même du fluide dans lequel il respire , qu'il se 
trouve averti de la présence des corps qui peuvent 
subvenir à ses besoins. 

Dans tous les animaux vertébrés qui respirent l'air 
en nature, on sait que l'organe de l'odoralion ou de 
l'olfaction est double, ou qu'il forme deux cavités pai- 

6. 



84 ORGANISATION DES REPTILES. 

res, distinctes, très rapprocliées , l'une à droite et 
l'autre à gauche ; c'est ce qu'on nomme les fosses na- 
sales , dont les orifices extérieurs sont les narines. 
Quoique ces organes soient très différens pour la 
structure et les dimensions dans les Mammifères et 
les Oiseaux . on trouve cliez tous une membrane mu- 
queuse, dite pituitaire , qui tapisse leurs cavités, et 
on y observe , par la dissection , les dernières expan- 
sions d'un nerf mou , spécial, le premier qui se déta- 
elle de l'encéphale pour se terminer entièrement dans 
la membrane ; on le nomme le nerf olfactif . 

Mais, quand on y réfléchit, les Reptiles se trouvent 
dans une condition toute particulière, si on les com- 
pare aux animaux des deux classes supérieures que 
nous venons de nommer. Chez ceux-ci, la respiration 
s'opère constamment d'une manière régulière et con- 
tinue, même pendant le sommeil; dans ce cas l'air, 
dépouillé de ses molécules odorantes au moment de 
son entrée, avertit l'animal de la qualité du fluide 
respiré. Chez les Reptiles , comme nous le verrons 
plus tard , la respiration est arbitraire, et jusqu'à un 
certain point volontaire; l'animal, dans le plus grand 
nombre des cas, fait, à de longs intervalles, parvenir 
de l'air en très grande quantité dans ses vastes pou- 
mons , et l'action de ceux-ci s'exerce très lentement ; 
en outre, l'entrée et la sortie de cet air a lieu très 
brusquement; l'animal n'en apprécierait guère la na- 
ture ou les qualités que pendant cette courte période 
de temps et dans des espaces éloignés. En outre, 
quand on observe les mœurs de ces animaux , il est 
facile de reconnaître qu'il est bien peu de circonstances 
où les Reptiles soient dirigés par l'odorat dans la re- 
cherche et le choix de leurs alimens, et même pour la 



SENSIBILITÉ, ODORAT. 85 

découverte des individus de leur race, à l'époque où les 
sexes différens éprouvent le besoin de se faire con- 
naître mutuellement leur existence dans les mêmes 
lieux. 

Aussi l'appareil destiné à l'organe de l'odorat est-il 
très peu développé chez les Reptiles -, les modifications 
mêmes que présentent la disposition de leurs fosses 
nasales sont-elles plutôt en rapport avec les différences 
dans la manière dont s'opèrent cliez eux la déglutition 
et la respiration, qu'avec le besoin de percevoir les 
odeurs, comme nous allons le voir en parcourant 
dans chacune des familles l'organisation des fosses 
nasales. 

Dans les Tortues, dont la respiration s'opère par 
de petits mouvemens successifs de déglutition, l'air 
pénètre, dans ce mode d'inspiration, par des conduits 
simples, mais revêtus de la membrane pituitaire; il 
n'y a pas de sinus pratiqués dans l'épaisseur des os 
voisins ; l'ouverture des narines, toujours humide, est 
quelquefois munie d'une sorte de soupape mobile que 
l'animal clôt à volonté. Dans quelques genres, comme 
dans ceux des Trionyx et de la Matamata, le museau 
se prolonge en une sorte de trompe courte , mais que 
l'animal peut diriger à la surface de l'eau pour y 
respirer l'air, pendant que son corps est entièrement 
submergé. Il est ici bien évident que le mode particu- 
lier dont s'opère la respiration dans les Tortues qui 
ont les côtes soudées entre elles , avec l'échiné et sou- 
vent avec le sternum , a seul modifié ces organes. La 
perception des odeurs n'aurait d'ailleurs été chez ces 
animaux que d'un bien faible usage , relativement 
à celui qu'on doit naturellement lui attribuer chez les 
espèces qui en avaient un si grand besoin. 



86 ORGANISATION DES REPTILES. 

Dans les Crocodiles , un autre mode de respiration 
qui s'opère par un thorax dont les pièces sont nom- 
breuses et très mobiles, et surtout le mécanisme de la 
préhension des alimens et de leur déglutition , ont dû 
changer la disposition des narines ; leur orifice exté- 
rieur se voit encore sur la ligne médiane, à l'extré- 
mité antérieure du museau; c'est une sorte débourse 
charnue dont les orifices mobiles et en valvules sont 
ouvertes en croissant , et peuvent se fermer complè- 
tement à l'aide de muscles particuliers et d'un méca- 
nisme assez compliqué. Un long canal osseux se dirige 
dans toute la longueur du museau qui est presque de 
toute l'étendue de la tête , surtout dans les Gavials ; il 
vient se terminer dans la cavité du pharynx ou de 
l'arrièrc-bouche ; c'est un cas unique parmi les Rep- 
tiles et qui a quelque analogie avec ce qu'on remarque 
dans les Mammifères. On trouve dans ce long canal , 
tapissé de la membrane olfactive, des replis osseux, 
de véritables cornets et des concavités sinueuses pra- 
tiquées dans l'épaisseur des os qui constituent l'organe 
olfactif le plus parfait qu'on ait encore reconnu dans 
cette classe. 

Chez les autres Sauriens les deux narines sont gé- 
néralement séparées et portées à droite et à gauche sur 
les parties latérales du museau ; le canal osseux est 
court ; l'orifice interne se voit vers le milieu ou le tiers 
antérieur du palais ; on y trouve peu de replis formés 
parla membrane pituitaire, qui est le plus souvent 
colorée. LesSerpens ont le canal des narines organisé 
à peu près comme celui des Lézards ; cependant dans 
la plupart des espèces, celles qui ont des mandibules 
dilatables, il est en général beaucoup plus court et il 
se termine dans la bouche par un orifice médian qui 



SENSIBILITÉ, ODOrAÏ. Sjf 

semble unique. On conçoit que les Serpens , privés de 
sternum, respirent fortement tout d'un trait et à longs 
intervalles. Quand l'air est expiré brusquement , 
comme cela arrive le plus souvent, il sort en totalité 
par la bouche, dont les mâcîioires s'écartent et restent 
béantes , tandis que l'inspiralion peut s'opérer lente- 
ment par les canaux des narines qui offrent à l'exté- 
rieur quelques modifications qui ont même servi de 
caractères dans l'établissement de plusieurs genres 
d'Opliidiens. Si quelques espèces présentent à l'orifice 
des narines, dés sortes de soupapes, leur usage est très 
probablement de s'opposer k l'entrée de l'eau lors- 
qu'ils plongent, ou dans quelque autre circonstance 
toute particulière de leurs mœurs. Nous ne pouvons 
guère prévoir de cas où ces animaux auraient besoin 
de flairer ou d'odorer avec attention; la proie dont ils 
se nourrissent est aussitôt saisie que l'animal s'en est 
approché- Cependant, comme quelques espèces por- 
tent elles-mêmes, et surtout à certaines époques , 
beaucoup d'odeurs, peut-être leur existence réci- 
proque se maiiifêstë-t-elle dé dette matiièrè , quand lé 
besoin impérieux de reproduire lèiir race les forcfe à 
se rechercher et à se rapprocher. 

C'est dans l'ordre des Batraciens que nous retrou- 
vons, pour ainsi dire, les dernières ébauches de l'or- 
gatie de l'odorat; ce n'est souvent qu'un simple per- 
luis, percé d'outre en outre, du bout du museau au 
devant du palais , derrière la lèvre supérieure ; c'est le 
cas en particulier des Grenouilles, des Crapauds et des 
Rainettes. Une membrane mobile, charnue et concave, 
se voit a l'extérieur; elle est toujours humide, et ses 
mouvemens dénotent les différens temps du mécanisme 
propre de leur mode respiratoire. Il en est à peu 



88 ORGANISATION DES REPTILES. 

près de même des Salamandres et des Tritons. Enfin , 
il semble que l'organe s'oblitère tout-à-fait dans le 
Protée Anguillard et dans la Sirène, qui ne respirent 
plus par cette voie des narines, mais seulement par la 
bouche ; aussi leur organe olfactif paraît-il avoir plus 
de rapports avec celui des Poissons, chez lesquels il n'y 
a pas la moindre communication entre les fosses 
externes des narines et les cavités buccales et pliaryn^ 
giennes. 

De l'organe de l'Ouïe dans les Reptiles. 

Les Reptiles perçoivent les sons , ou d'une manière 
plus générale , entendent les bruits par un mécanisme 
semblable à celui qu'on retrouve dans les autres ani- 
maux à vertèbres qui respirent l'air en nature, et par 
un double organe dont la structure est fondamenta- 
lement la même que chez les Mammifères et les Oi- 
seaux. 

On sait que tout corps auquel le mouvement est 
communiqué , oscille dans l'ensemble de sa masse et 
dans toutes ses parties , avant de reprendre son état 
de repos. Ce mouvement d'allée et de venue en sens 
contraire est ce qui constitue la vibration; cet ébran- 
lement est perceptible à la vue et au toucher lorsqu'il 
est produit par le choc dans certaines matières dont 
les molécules sont très mobiles et très élastiques, et 
celles-ci le communiquent aux corps voisins qui de- 
viennent alors des sortes de conducteurs. Les solides , 
les liquides et les fluides élastiques , communiquent 
ainsi ou transmettent l'effet mécanique produit par 
l'ébranlement des molécules des corps. 

C'est par cette raison que l'air atmosphérique sert 



SENSIBILITÉ, OUÏE. 89 

de véhicule ou de moyen de transport à cette action 
que le mouvement détermine dans certains corps , et 
la sensation qui en est le résultat est appelée un son; 
quand ce phénomène est transmis de toute autre ma- 
nière par les liquides et les solides, on le nomme un 
bruit. 

Les physiciens , les musiciens , les physiologistes 
ont beaucoup étudié ces effets des vibrations impri- 
mées aux différens corps de la nature et qui sont 
transmis par l'air jusqu'à l'oreille. Ils ont reconnu que 
certaines matières étaient plus sonores que d'autres, 
sans que cette propriété parut dépendre ni de la pe- 
santeur ni de l'élaslicité de leurs molécules(i); que 
le son était d'autant plus aigre que les vibrations se 
répétaient plus rapidement dans un même temps ; que 
le son acquiert plus de force et se porte plus vite dans 
un air condensé; qu'il se propage en ligne droite, 
quand il ne rencontre pas d'obstacles ; que dans ce cas 
il change de direction ; qu'il se réfléchit comme la 
lumière sous un angle égal à celui d'incidence j 
qu'il peut être condensé ; que par la forme donnée à 
certains instrumens, les rayons sonores peuvent être 
dispersés ou converges, dirigés vers une sorte de 
foyer. 

L'oreille des animaux vertébrés aériens est un instru- 
ment organisé de manière à recueillir, à transmettre, à 
faire apprécier la nature, la force, la vitesse, la direction 
dessons; c' estai' aide du sens del'ouïe qu'ils entendent, 
qu'ils acquièrent la connaissance des mouvemens qui 



(1) L'or et le plomb sont moins sonores que le verre ou l'airain. 
La matière du caoutchouc, qui est élastique par excellence, ae 
produit aucun son par le choc qu'elle reçoit. 



90 ORGANISATIOW DES REPTILES. 

s'opèrent autour d'eux ; qu'ils jugent de leur nature et 
de la distance des points de l'espace où ils ont lieu ; 
qu'ils préjugent des dangers ou des avantages que peu- 
vent leur procurer les corps qui se meuvent; qui les 
met par la voix , ou par les sons qu'ils produisent , en 
rapport entre eux comme individus, ou avec les autres 
espèces j pour se fuir ou se rapprocher au besoin. 

Chez ces mêmes animaux qui entendent dans l'air, 
l'oreille est double ; mais comme elles sont toutes 
deux organisées de la même manière et tout-h-fait sy^ 
métriques, les sensations étant absolument sembla- 
bles, l'impression est unique ; les deux organes sont 
situés sur les côtés de la tête et creusés dans l'épais- 
seur de l'os temporal du crâne , dans la région qu'on 
nomme le rocher. On distingue dans l'oreille trois 
portions ; la première est extérieure , destinée le plus 
souvent à recueillir ou à admettre les rayons sonores , 
et à les diriger Sur une sorte de membi-ane tendue, 
vibratile , qu'on nomme le tympan ; la seconde est in- 
terne, c'est une cavité remplie d'un gaz destiné à repro- 
duire tous les mouvemens de l'air extérieur en petit j 
c'est un instrument répétiteur qu'on nomme oreille 
moyenne; enfin il en est une troisième, tout-à-fait 
profonde, qui reçoit le nerf auditif par excellence ; 
c'est le siège réel de l'audition ; on la nomme l'oreille 
interne. Les physiologistes pensent qu'il se passe là 
trois actions : une physique, une mécanique, et une 
troisième tout-k-fait nerveuse et vitale, qui produit la 
perception animale. On a démontré en effet que chez 
ces animaux il y a recueillement rapide , identique et 
isochrone des sons produits à distance , transmission 
ensuite et répétition similaire, interne, d'une sorte 
d'imacule ou de représentation imitative en petit du 



SENSIBILITÉ, OÙÏÈ. gi 

mouvement vibra tile qui s'est opéré en dehors jusque 
dans les moindres détails. 

Considérée en général dans les Reptiles , l'oreille , 
comparée à celle des Mammifères et des Oiseaux , est 
au moindre degré de développement. Jamais il n'y a 
en dehors de véritable conque ou de cornet externe 
destiné à recevoir les sons et à les diriger vers le 
tympan , quand cette membrane est apparente ; car 
dans la plupart des Tortues, des Serpens et des Batra- 
ciens à queue, elle n'existe pas, au moins au dehors 
du crâne. Le plus souvent, quand le tympan est vi- 
sible, il est à nu, à fleur de tête, ou peu enfoncé, 
comme dans les Oiseaux. La caisse ou cavité moyenne 
communique constamment , ou à quelques exceptions 
près , avec l'air extérieur par un canal qui s'ouvre 
dans la gorge; mais il n'y a qu'un seul osselet de 
l'ouïe. Quant à l'oreille interne , on y retrouve une 
sorte de limaçon ou de conduit spiroïde et surtout les 
trois canaux semi-circulaires, creusés dans l'épaisseur 
des os ; mais ils sont beaucoup moins développés que 
dans les Poissons. 

D'après ces données , nous allons indiquer les prin- 
cipales modifications que les différens ordres de Rep- 
tiles peuvent nous offrir, en les parcourant successive- 
ment. Nous avons déjà dit que les Tortues n'ont pas 
de tympan apparent; cependant elles sont douées de 
l'organe de l'ouïe; mais son existence n'est pas mani- 
feste au dehors. Le seul genre de la Chélyde ou Ma- 
tamata offre une sorte de prolongement triangulaire 
formé par les tégumens du crâne ; c'est une espèce de 
valvule ou de soupape qui paraît pouvoir s'abaisser 
sur l'orifice d'un conduit auditif osseux , qui est évasé 
en dehors et dans l'intérieur duquel on voit un cadre 



g2 ORGANISATION DES REPTILES. 

sur lequel la peau est tendue pour faire l'office de 
tympan. Dans les Chéloniens, les Émydes elles Tor- 
tues , on trouve sous les écailles solides qui garnissent 
les parties latérales et postérieures de leur tête , une 
portion d'un tissu cellulaire lâche qui remplit un 
canal osseux. C'est au milieu de cette substance qu'on 
trouve une plaque plus ou moins osseuse, terminaison 
en dehors d'un osselet unique prolongé en un stylet 
grêle, jusque dans l'intérieur de la caisse, où il s'é- 
largit de nouveau pour obturer le canal qui mène à 
l'oreille interne et que l'on nomme le vestibule. Chez 
toutes les autres Tortues, on voit que la caisse ou la 
cavité du tympan communique très librement avec la 
gorge ou dans l'arrière-bouche , et l'on trouve dans 
l'intérieur de l'oreille interne , qui souvent est con- 
tenue dans une substance comme cartilagineuse, les 
trois canaux semi-circulaires qui viennent se l'endre 
au vestibule commun , après avoir éprouvé chacun un 
léger renflement. On y voit aussi une sorte de rudi- 
ment de la cavité qu'on nomme le limaçon ; toutes ces 
parties internes ne contiennent pas d'air, mais un 
liquide visqueux , albumineux ; c'est là que viennent 
aboutir les dernières ramifications du véritable nerf 
acoustique, portion molle de l'auditif (i). 

Intérieurement il y a beaucoup de différence pour 
l'oreille , entre les divers genres de Sauriens ; les 
uns , en plus grand nombre , ayant un tympan ; les 
autres n'en présentant nulle apparence, aucun indice : 
tels sont en particulier les Caméléons , les Chirotes , 
les Orvets , les Hystéropes , ces derniers étant d'ail- 

(1) Toutes ces parties ont été décrites et figurées par Bojanus, 
pi, xxyi, n°5 ^148 à 155, 



SENSIBILITÉ, OtIÏË. ^3 

leurs si voisins des Ophisaures qui ont un conduit 
auditif externe. D'ailleurs tous les Sauriens ont leur 
caisse ou oreille moyenne en communication avec la 
gorge 5 la membrane muqueuse y participe même de 
la couleur de celle-ci , mais les osselets qui s'y trou- 
vent présentent quelques différences pour la forme et 
pour le nombre. 

Dans le Crocodile , l'oreille externe a quelques rap- 
ports avec celle delà Matamata. On y voit une sorte 
de tympan cacbé par un repli de la peau qui retombe 
sur un canal longitudinal, comme une petitesoupape, 
et qui paraît être mobile à la volonté de l'animal. On y 
retrouve la gi'ande cavité du tympan , un osselet uni- 
que évasé aux deux extrémités par lesquelles il 
adhère d'une part au vestibule et de l'autre au tym- 
pan. 

Cliez les autres Sauriens toutes ces parties de l'o- 
reille moyenne et interne sont analogues à celles que 
nous avons indiquées d'une manière générale. Ce- 
pendant le mode d'articulation de l'osselet de la caisse 
diffère pour pouvoir communiquer obliquement le 
mouvement du tympan , dont l'étendue varie , au ves- 
tibule sur l'entrée duquel il semble évasé en forme de 
petite trompe. 

Les Serpens sont tous dans le cas des Orvets et des 
Hysléropes ; ils n'ont ni conduit auditif externe ni 
apparence de membrane de tympan , cependant on 
retrouve un canal guttural qui mène du pharynx à la 
caisse, et là on observe un osselet qui est encore uni- 
que y allongé et évasé à ses deux bouts. D'ailleurs l'o- 
reille interne est à peu près organisée comme celle 
des Sauriens. 

Parmi les Batraciens il y a dans la structure de l'o- 



g4 ORGANISATION DES REPTILES. 

reille de très grandes différences ; ainsi les Pipas ont 
sur le tympan une sorte de valvule semblable à celle 
de la Tortue Matamata et des Crocodiles, très proba- 
blement dans le but de protéger aussi la membrane 
contre la pression de l'eau , lorsque l'animal plonge 
à de grandes profondeurs , comme nous la retrouvons 
également dans quelques Mammifères. Mais dans les 
autres genres privés également de la queue , les uns 
ont un tympan distinct , au moins pour la couleur 
ou la finesse de la peau , des autres tégumens de la 
tète, comme dans les Grenouilles et les Rainettes; 
mais dans les Crapauds et dans toutes les espèces 
Urodèles ou qui conservent la queue et même dans 
les Cécilies , il n'y a plus de tympan apparent. 

Les osselets de l'ouïe sont distincts et articulés en 
angles. L'un est situé en travers et adbère au tympan, 
les autres se suivent et transportent le mouvement en 
bascule à travers la caisse sur l'orifice vestibulaire. 
Cbez tous, la caisse communique avec la gorge; on 
retrouve cbez eux des canaux semi- circulaires qui 
vont en diminuant graduellement d'étendue dans les 
derniers genres, ceux qui semblent se rapprocber le 
plus de la classe des Poissons , où cependant ces canaux 
sont développés à un très liaut degré. 

De V organe de la V^ue dans les Reptiles. 

La faculté de voir ou d'apercevoir , de connaître 
les couleurs , l'étendue, la figure, la situation, la dis- 
tance , les mouvemens des objets , réside cbez les 
animaux dans un ou plusieurs organes qu'on nomme 
les yeux. La structure en est si admirable que la lu- 
mière, répandue dans l'espace et qui se comporte di- 



sÊsrsiBitïTÉ, vue. 95 

versement sur la surface ou dans l'intérieur descorps^ 
vient représenter dans cet instrument la totalité de 
ses phénomènes et y peindre en petit toutes les images 
des objets réels ou de leurs apparences. Ici la percep- 
tion n'est pas due , comme dans quelques autres 
sens , au contact matériel ou réel d'un corps ou de ses 
particules ; elle provient d'une répétition, d'une sorte 
d'imitation fictive, mais cependant tout- à- fait dé- 
pendante de causes physiques appréciables. 

L'action de voir, le jugement que porte la con- 
science de l'animal, d'après l'impression qu'elle reçoit 
ou de l'idée qu'elle conçoit , est un mode particulier 
de sensation qu'on nomme la vision ; l'acte qui s'o- 
père dans ce cas est la vue; linstniment chargé de 
cette fonction est l'œil , et comme il y en a presque 
constamment deux distincts et séparés dans les ani- 
maux , on appelle ces organes les yeux. 

La vue est une des sensations les plus importantes 
pour la conservation des êtres animés qui se meuvent 
dans un milieu où la lumière peut pénétrer ; car elle 
établit des relations à distance avec des objets souvent 
fort éloignés , et qui , quoique immobiles , semblent 
venir , par l'imitation de leurs apparences , se porter 
sur la surface sentante , de sorte que l'organe sert de 
guide à l'animal quand il doit pourvoir h ses besoins , 
ou quand il a tout à craindre d'une aggression. 

L'intermède de la visibilité ou le moyen qui rend 
les objets susceptibles d'être vus, est un agent répandu 
dans la nature, un fluide impondéré qu'on nomme la 
lumière. Nous croyons devoir rappeler ici que ce 
fluide répandu dans l'espace ne se manifeste que 
lorsqu'il passe d'un corps dans un autre, soit qu'il 
émane des substances qui l'émettent et qu'on dit à 



g6 ORGANISATION DES REPTILES. 

cause de cela lumineuses; soit, de celles qui en reçoivent 
l'effet et que l'on regarde alors comme éclairées. Tout 
corps visible porte donc à supposer qu'il est placé 
à une certaine distance de l'œil , et qu'il y a de la lu- 
mière dirigée vers l'oeil par cet objet. 

La lumière se porte toujours en ligne droite; cba^ 
cun des points des surfaces qui la reçoivent, sans en 
être traversé, en fait jaillir comme du sommet d'un 
cône , une masse de rayons dont la base arrive à l'œil. 

L'étude de la lumière, qu'il est si important de con- 
naître pour le physiologiste, fait l'objet de cette partie 
de la physique qu'on nomme l'optique. On a con- 
staté la marche de ses rayons à travers l'espace et les 
différons milieux qu'elle traverse ou à la surface des 
corps quand elle rencontre des obstacles. De sorte 
que l'agent qui donne lieu à la sensation a été parfai- 
tement étudié dans tous les phénomènes qu'il produit, 
à tel point qu'on a pu reproduire artificiellement 
un instrument absolument semblable à l'œil, et com- 
parer en tous points les phénomènes qui s'y passent , 
moins la perception dont il est doué. 

Dans la plupart des animaux à vertèbres, l'œil con- 
siste essentiellement en un globe ou grande portion 
de sphère qui représente une cavité obscure, mais per- 
méable à la lumière dans une seule partie delà circon- 
férence qu'où nomme ouverture pupillaire. Par une 
disposition admirable de l'organe, les objets éclairés 
ou lumineux, placés à distance vis-à-vis cette ouver- 
ture , qui peut être elle même dirigée vers ces points , 
y font pénétrer des rayons. Ceux-ci éprouvent, entra- 
versant divers liquides ou humeurs variables pour la 
consistance et la configuration , des dispositions telles 
que l'apparence de l'objet lui-même vient s'y repro- 



SENSIBILITÉ, VUE. ^'^ 

duîre en petit. C'est, pour amsi dire,la plus exiguë de 
toutes les miniatures qui vient s'élaler sur la pulpe 
d'un nerf spécial déployé là, comme le tain derrière la 
glace d'un miroir, pour y éprouver la sensation de 
l'application de l'image. 

Les yeux des Reptiles sont organisés de la même 
manière à peu près que ceux des animaux qui appar- 
tiennent aux classes supérieures. On y retrouve une 
structure et des dispositions semblables , savoir : le 
globe ou l'instrument spécial de la vision et les parties 
accessoires destinées a le protéger, h l'humecter à sa 
surface , enfin à le mouvoir. Ces dernières parties sont 
le plus sujettes à varier. 

Le globe oculaire ou le bulbe de l'œil est constitué 
en dehors par trois tuniques ou membranes orbicu- 
laires qui sont successivement placées les unes sur les 
autres. On distingue d'abord et sans dissection une 
membrane fibreuse qui semble formée par une sorte 
d'aponévrose : on la nomme sclérotique dans toute la 
partie qui est opaque; car en avant on observe une 
portion diaphane, comme enchâssée dans son épais- 
seur, et formée par un autre tissu translucide qui 
complète et ferme le bulbe antérieurement , c'est la 
coimce transparente. Immédiatement au-dessous , on 
trouve, sous la sclérotique, uixe autre membrane plus 
fine qui paraît entièrement constituée par un lacis de 
Vaisseaux et pénétrée par une matière colorée : c'est 
ce qu'on nomme la choroïde. Celle-ci se réfléchit en 
avant, devient libre et forme une demi-cloison qu'on 
nomme Viris ^ dont le centre, tout-à-fait libre et mo- 
bile , laisse une sorte d'orifice ou d'ouverture libre et 
mobile, de forme variable, par laquelle la lumière 
peut pénétrer plus avant dans l'oeil : c'est la pupille^ 

HEPTILES, I. 7 



^8 ORGANISATION DES REPTILES. 

La troisième tunique est produite par une expansion 
du nerf optique, dontla pulpe sembles'être étalée sur 
une sorte de réseau : ce qui lui a fait donner le nom de 
rêÂine. C'est la couche membraneuse la plus interne, 
celle qui touche ou qui est en contact avec la plus 
grande surface des humeurs de l'oeil. 

Les humeurs sont également au nombre de trois , 
qu'on distingue par leur position , leur consistance et 
la forme qu'affecte la totalité de leur masse et dont 
chncnne est contenue dans un espace limité. Celle qui 
est la plus liquide ou dont la densité est à peu près la 
même que celle de l'eau distillée, est dite humeur 
aqueuse. Elle remplit dans le globe de l'oeil l'espace 
compris entre la concavité de la cornée transparente 
et la convexité antérieure de la seconde humeur, celle 
qui est la plus solide des trois et qui est nommée cris- 
tallin. C'est dans la masse de l'humeur aqueuse que 
se trouve immergée la portion réfléchie de la choroïde, 
qu'on nomme l'iris; elle y fait la fonction d'une cloison 
ou d'un diaphragme troué au centre pour laisser com- 
muniquer l'humeur aqueuse d'un espace à l'autre , en 
constituant ce que l'on désigne sous le nom de cham- 
bres antérieure et postérieure. Le cristallin se trouve 
constamment situé entre les humeurs aqueuse en de- 
vant et vitrée en arrière. Sa masse a, le plus ordinai- 
rement, la forme d'une lentille ou d'un disque trans- 
parent biconvexe, ou dont l'épaisseur diminue du 
centre a la circonférence. La matière consistante qui 
forme le crislaiiin est renfermée dans une sorte de 
capsule membraneuse d'une ténuité excessive. Cette 
portion de l'organe fait l'office d'une loupe pour réu- 
nir d'abord les rayons lumineux , les diriger ensuite 
dans l'humeur placée derrière, afin de les faire conver- 



SENSIBILITÉ, VUE. go 

ger vers un foyer d'où les rayons se dispersent ensuite, 
en allant aboutir sur la membrane nerveuse dite la ré- 
tine. La troisième liumeur interne de l'œil est la plus 
abondante; elle remplit au moins les deux tiers de 
la cavité du globe, et se trouve dans l'espace compris 
entre la rétine et la face postérieure de la lentille cris- 
talline qui semble pénétrer dans son épaisseur. Cette 
humeur est peu diffluente , parce qu'elle paraît conte- 
nue dans des sortes de mailles vésiculeuses à parois 
d'une excessive ténuité. L'ensemble forme une masse 
tellement translucide , qu'on l'a comparée à celle du 
plus beau cristal : c'est ce qui l'a fait nommer humeitr 
vitrée. 

Des vaisseaux , des nerfs servent à la nourriture , 
au développement, à la sensibilité propre de cliacune 
de ces parties ; mais on a évidemment constaté que le 
nerf principalement destiné à la perception est celui 
qu'on nomme optique ou oculaire. Il provient de Ten- 
cépbale, et c'est la seconde paire qui se sépare du cer- 
veau en avant. Il sort du crâne par un trou particulier 
pratiqué dans l'épaisseur du sphénoïde. Arrivé dans 
l'orbite , il pénètre à la partie postérieure de la scléro- 
tique qu'il traverse, ainsi que la choroïde, pour venir 
s'étaler autour de Thumeur vitrée , sous la choroïde , 
où il prend la forme d'une membrane très molle, 
comme pulpeuse, et constituant ainsi la rétine , qui est 
le point sur lequel s'opère évidemment la sensation. 

Chez les animaux vertébrés qui vivent et qui respi- 
rent dans l'air, les parties accessoires de l'org^ane de la 
vue sont les paupières, les voies lacrymales, les mus- 
cles de l'oeil et de ses annexes, et enfin les cavités os- 
seuses de la face , dans lesquelles les yeux sont reçus, 
et qu'on nomme les orbites. 



lÔÔ ÔRÔANÎSATÎÔK DIS îlEfTlLlS. 

Les paupières sont des replis de la peau qui se 
trouve comme fendue ou trouée dans la région où sont 
les yeux. Elles font l'office de voiles mobiles ou de ri^ 
deaux qui peuvent se placer au devant de l'œil pour 
protéger sa surface contre les froltemens des corps ex- 
térieurs, et pour s'opposer plus ou moins à l'entrée 
d'une lumière trop vive , et à en modérer ainsi l'action. 
On distingue deux sortes de paupières : les unes sont 
évidemment la continuité de la peau extérieure amin- 
cie , soutenue par de petits cartilages, et mises en mou- 
vement par des fibres charnues. Elles sont revêtues du 
côté de l'oeil par une membrane particulière qui sé- 
crète une humeur muqueuse, et l'on trouve souvent 
sur les bords de ces paupières, des pores par lesquels 
suinte une humeur grasse. H y a une autre sorte de 
paupière à chaque œil; celle-ci est simple et plus trans- 
parente, on la nomme nyctitante ou clignotante; elle 
se meut transversalement aux autres , et de dedans en 
dehors au-dessous d'elles. Cette paupière peut recou- 
vrir le globe en entier, même quand les extérieures 
restent écartées. 

Tout le devant de l'œil et les parois internes des paU' 
pières doubles ainsi que les deux surfaces de l'impaire 
sont, dans le plus grand nombre des espèces h yeux 
mobiles et vivant dans l'air, recouverts par une mem- 
brane muqueuse qui est toujours humide et entretenue 
dans cet état au moyen d'une humeur limpide sécrétée 
pardcs glandes particulières qu'on nomme lacrymales. 
Une partie de ce liquide s'évapore, et ce qui en reste , 
uni h une matière muqueuse, passe à travers des ca- 
naux pratiqués dans l'épaisseur des paupières qui en 
dirigent l'écoulement dans les cavités des narines ou 
de la bouche. 



SENSIBILITÉ, VUE. ÎOI 

Les mouvemens des paupières et Aa globe oculaire 
sont déterminés par autant de faisceaux de fibres char- 
nues, qui souvent forment des appareils assez compli- 
qués pour agir sur les paupières et surtout sur le bulbe 
de l'œil , que ces muscles font mouvoir sur son axe et 
dans tous les sens. 

Les orbites sont des cavités pratiquées sur les parties 
antérieures ou latérales de la face, et protégées par 
des os dont le nombre et, la disposition varient infini- 
ment dans les différentes classes, et quelquefois même 
dans les genres et les espèces. 

Toutes les parties dont nous venons de parler se re- 
trouvent en général dans les Reptiles ^ mais avec des 
modifications que nous pourrions suivre successive- 
ment dans l'ordre que nous venons d'exposer j maïs 
nous ne clierchons ici qu'à indiquer les grandes diffé- 
rences. Nous aurons occasion de les faii'e connaître 
avec plus de détails par la suite, en en étudiant suc- 
cessivement les ordres , parce qu'alors les modifica- 
tions pourront offrir plus d'intérêt. 

On peut dire en général que les yeux sont petits et 
peu développés, souvent incomplets dans leurs an- 
nexes; qu'ils manquent même, en apparence au moins, 
dans les Typlilops , les Cécilies, leProtée Anguillard 
et les Ampliioumes; qu'on trouve les yeux plus 
grands dans les Tortues, les Crocodiles, les Camé- 
léons , les Geckos; et les plus petits dans les Serpens, 
les Pipas et les Ampbisbènes ; qu'ils sont latéraux cliez 
la plupart, mais quelquefois comme verticaux dans 
les Crocodiles , les Crotales, les Pipas. Une des parti- 
cularités les plus notables est la disposition de l'œil 
dans les Serpens, car la coi^née transparente fait en 



102 ORGANISATION DES REPTILES. 

apparence partie de la peau et de l'épiderme avec le- 
quel elle se déiaclie h chaque mue. 

Le globe de l'oeil est généralement peu saillant ; le 
plus souvent il est arrondi en dehors, quelquefois de 
forme ovale allongée. Il n'y a pas en apparence de con- 
jonctive dans les Ophidiens ; cependant , par la dissec- 
tion, on l'a relroiivée derrière la cornée qui tient lieu 
des paupières , lesquelles se seraient soudées, et le sac 
que forme cette membrane muqueuse reçoit l'humeur 
des larmes, et les conduit de l'orbite dans les na- 
rines. 

Ou trouve dans l'épaisseur de la cornée chez les Tor- 
tues et les Geckos, des écailles ou lames osseuses ana- 
logues h celles des Oiseaux ; la choroïde varie pour 
les couleurs ainsi que l'iris ; la pupille, le plus sou- 
vent arrondie, est quelquefois anguleuse ou linéaire 
dans les espaces qui sont nocturnes; les Crocodiles, 
les Geckos, les Crapauds sont dans ce cas. Les hu- 
meurs de l'œil varient quant à leurs proportions dans 
les diffcrens g'enres; on a observé que le cristallin est 
d'une plus grande densité et d'une figure plus appro- 
chante delà sphérique, chez les espèces aquatiques. 

Les orbites sont en général incomplètes, quelque- 
fois protégées par un repli osseux du frontal, comme 
dans les Crocodiles, ou par des lames d'une peau 
épaissie comme dans les Crapauds cornus, tels que les 
Cératophrys et les Otilophes. Chez la plupart il n'y a 
pas de plancher , et la cavité osseuse n'est pas fermée 
du côté du palais. 

Nous avons déjà dit qu'il n'y avait pas de paupières 
apparentes dans les Serpens, et que ces animaux sem- 
blent, par cela même, avoir l'œil fixe et être toujours 



SENSIBILITÉ, VUE. Io3 

éveillés ; on en voit deux dans la plupart des Lézards et 
des Orvets, l'inférieure paraît plus grande et plus mo- 
bile ; il y en a trois dans la plupart des Tortues et les 
Crocodiles, et une seule, très singulière, dans les Ca- 
méléons. On n'en peut pas distinguer dans les espèces 
qu'on a séparées des Scinques, pour en formerles genres 
Blépliaris, Gymnoplillialme, et dans quelques Geckos. 

Les muscles du globe de l'œil et des paupières, 
n'oFfrent c|ue des variétés dépendantes de leur plus ou 
moins de longueur, ou de largeur; mais en général 
ils sont les mêmes pour tous et déterminent des mou- 
vemens analogues. Ceux des Caméléons offrent cette 
particularité qu'ils n'agissent pas simultanément, et 
que l'un des yeux peut se porter en liant, un autre en 
Las ; et de m.ême l'un en avant , l'autre derrière et dans 
tous les sens que l'animal paraît pouvoir déterminer. 
C'est un cas presque unique parmi les animaux verté- 
brés. 

L'humeur dite lacrymale se retrouve dans presque 
toutes les espèces ; elle est sécrétée par des glandes 
situées dans la même fosse qui loge le bulbe de Vûeil , 
et cliez tous cette humeur passe de la conjonctive dans 
la cavité des narines. On trouve deux de ces glandes 
chez les Tortues et chez quelques Lézards. Nous avons 
déjà dit que dans les Serpens, la peau extérieure passe 
tout entière au devant des yeux, de sorte que leur 
surface est sèche et paraît dénuée de paupières; mais 
derrière cette sorte de cornée correspondante aux 
paupières, qui se seraient réunies et seraient devenues 
transparentes, on rencontre un sac formé par les deux 
portions de la conjonctive oculaire convexe et palpé- 
brale concave , qui permet au globe de se mouvoir 
réellement et en totalité sous la partie antérieure ; 



Î04 ORGANISATION DES KEPTILES. 

l'humeur des larmes y arrive et se porte de la dans les 
narines. Quelques Serpens, comme les espèces des 
genres Trigonocépliale et Crotale, ont au-dessous de 
l'œil des cavités externes qu'on a considérées comme 
des larmiers analogues à ceux des Ruminans; mais ils 
n'ont de rapport que par la situation , car ils ne reçoi- 
vent pas de larmes et leur cavité est toujours sèche ; 
nous ignorons leur usage. Dans les Batraciens sans 
queue et dans les Salamandres il y a des glandes lacry- 
males et une conjonctive percée de manière à per- 
mettre aux larmes de se rendre dans la cavité de la 
bouche ; mais ces parties seront mieux étudiées par la 
suite. 

Nous terminons ici l'examen des organes destinés à 
mettre les Reptiles en rapport avec les corps exté- 
rieurs. Nous allons étudier maintenant les organes de 
la nutrition et de la repi-oduçtion. 



CHAPITRE m, 

DE LA NUTRITION CHEZ LES REPTILES- 

Nous avons déjà dit que les emplois dont s'acquit- 
tent les organes, ou les fonctions principales de la vie, 
se rattachent chez les animaux à deux séries de 
phénomènes essentiels à leur existence. Nous venons 
d'indiquer les premiers, qui se rallient à la vie de rap- 
ports, par les effets qu'ils peuvent seuls produire ou 
manifester. C'est ce qui les distingue et les caractérise 
parmi tous les êtres organisés, en leur donnant le pou- 
voir d'agir, de changer de lieu en totalité ou en partie. 



DE lA NUTRITION EN GÉNÉRAL. lo5 

en un mot la motilité ; ainsi que la faculté de per- 
cevoir ou d'éprouver l'action que les autres corps 
peuvent exercer sur eux, à l'aide d'éprouvcltes ou 
d'instrumens particuliers qui conslituenî, les organes 
des sens, dont ils reçoivent les impressions par leur 
sensibilité. 

Ces deux facultés dans les Reptiles, comme dans 
tous les autres animaux , ne sont jamais complètement 
isolées ou séparées. Kon seulement elles exercent 
l'une sur l'autre la plus grande influence; mais elles 
concourent à modifier essentiellement les deux fonc- 
tions principales qui nous restent à étudier, savoir la 
faculté de s'accroître ou de se développer, en s'incor- 
porant d'autres substances qui participent pour un 
temps à l'action de la vie, ce qu'on nomme la nutri- 
tion ; et celle de reproduire leur race ou d'engendrer 
d'autres individus semblables a eux, ou la faculté gé" 
nératrice. 

Nous allons étudier la première de ces facultés. 

On sait que dans les animaux la nutrition s'opère 
en dedans , par des pores intérieurs qui font l'office de 
ceux que l'on a vus au dehors sur les racines des vé- 
gétaux. Le premier acte de cette grande opération 
exige donc que les alimens , ou les substances qui peu- 
vent servir à la nourriture, soient introduits dans une 
cavité interne où ces matières premières sont reçues, 
et peuvent ainsi être transportées avec le corps de 
l'animal d'un lieu dans un au crevette action de por- 
ter avec soi ça et là les alimens a été nommée la di- 
gestion ; mais cette opération de la vie est liée avec 
beaucoup d'autres dont elle exige le concours, et le 
plus souvent elle se complique considérablement. 

Ainsi d'abord et avec l'aide des sens, les alimens 



Ïô6 ORGANISATION DES REPTILES. 

doivent être découverts, explorés, ajîpréciés, recon- 
nus; ensuite, par l'intermède des organes moteurs, 
ils doivent être rapprochés de l'animal, saisis, souvent 
divisés, puis introduits dans la cavité digestive, et là , 
par des opérations diverses et successives, ils doivent 
être altérés, décomposés, recomposés, absorbés, re- 
vivifiés, pais employés en parties pour servir soit au 
développement, soit aux actions à produire, ou enfin 
rejelés tout-à-fait hors de l'économie. 

La nutrition est donc la fonction la plus générale , 
la plus indispensable aux êtres vivans , pour qu'ils 
puissent conserver leur existence et produire les effets 
ouïes actions qu'ils exécutent. Les alimens procurent 
aux instrumens de la vie, aux organes , les matériaux 
nécessaires à leur développement , k leur réparation , 
à roffice dont ils sont chargés et qu'ils doivent rem- 
plir; car il ne se fait rien de rien. Ces alimens, ces 
substances ingérées, doivent enlrer dans la masse, dans 
la composition de l'individu. Une fois employés, ces 
matériaux doivent êîre sans cesse renouvelés. Ils sont 
repris, empruntés, choisis parmi les corps euviron- 
nans , tantôt comme matière première et pour ainsi 
dire primitive, parmi les élémens de la nature, et 
toujours pour les animaux dans d'autres matières or- 
ganisées qui ont fait successivement partie d'autres 
êtres vivans (1). Dans tous les cas, il faut que les ali- 



(]) Nous avons plusieurs fois, dans nos cours au Jardin du Roi, 
essayé de faire connaître à nos auditeurs les transformations pos- 
sibles de la masière ainsi méîaniorphosée et passant successivement 
dans les différens corps vivans. 

Nous supposons qu'un sable pur, formé de petits lîiorceaux de 
c[uartz ou de silice en fragmens , pouvait se trouver expose aux 



DE LA KiTTRITION EN GÉNÉRAL, 107 

mens soient soumis à une décomposition préliminaire; 
qu'ils soient ramenés , pour ainsi dire, par la dissolu- 



variations de l'atmosphère, à l'action de la lumière, de la cha- 
leur , de la sécheresse, de l'humidité; qu'il tomberait nécessaire- 
ment à sa surface des corpuscules , des atomes pulvérulens de ceux 
qu'on voit répandus et flottans dans l'air; que l'action liygromé- 
trique appellerait bientôt l'humidité sur cette poussière, qu'il s'y dé- 
velopperait de petites moisissures , des filameiis de matièi'C orga- 
nique entrelacés , qu'on nomme bjssus; que ceux-ci se détruiraient; 
que sur leurs débris ou détritus on verrait se produire des lichens 
crustacés, qui seraient à leur tour altérés par les vicissitudes des 
saisons; qu'à leurs places et sur leurs débris, il ne tarderait pas à 
naître des mousses; que lorsque celles-ci périraient, elle laisseraient 
un peu plus de cette terre première végétale, qu'on nomme humus et 
dans laquelle peuvent tomber les germes de c[ue\quesybugèrcs ; qu'en- 
fin, sur le terreau produit par la décomposition de celles-ci , mêlé avec 
la silice, naîtraient des bruyères , puis des graminées, des liliacées, 
diverses plantes annuelles dicotyîédonées , des arbrisseaux, et en 
dernier lieu, peut-être de très grands arbres; car telle est la suc- 
cession des végétaux. 

Mais sur ces plantes, disions-nous, se nourriront des variétés in- 
nombrables d'animaux. Pour n'en suivre qu'une seule race, que 
nous supposerons avoir été déposée sur les feuilles d'un peuplier, 
et que nous nommerons des Pucerons , nous ne tarderons pas à dé- 
couvrir parmi ce troupeau ou dans cette famille d'insectes suceurs 
des larves de Coccinelles ou de cette espèce d'iîémérobe qu'on nomme 
Lion des Pucerons, qui s'en gorgent et s'en nourrissent unique- 
ment; mais ces derniers, à l'état parfait, seront saisis au vol par 
des Asiles, sorte de diptères, qui sont aux insectes mous, ce que les 
Eperviers sont aux petits oiseaux. Ces Asiles eux-mêmes tombe- 
ront dans les filets tendus par les Araignées qui en suceront les hu- 
meurs. Ces Araignées , trouvant une foule d'autres êtres qui en sont 
avides, deviennent la proie des Hirondelles et des Moineaux; ceux- 
ci, s'ils n'ont pas été manges par d'autres oiseaux carnassiers, ser- 
viront à la nourriture des Chats; mais les Chats eux-mêmes, par 
les débris de leurs cadavre? et par le résidu de leurs aliraens , peu- 
vent alimenter un très grand nombre d'autres animaux. On voit 



108 ORGANISATION DES REPTILES. 

lion, OU par une analyse vitale intérieure, à l'état de 
matière première, afin que leurs élémens primiliÊs 
soient disjoints, désagrégés, tenus à distance les 
uns des autres, pour être recomposés de nouveau; 
car aucune des parties animales ne passe directement, 
sous cette forme, dans les organes analogues à ceux 
qu'elles composaient et qu'elles pouvaient peut-être 
constituer clxez un autre individu. La chair des mus- 
cles ne forme pas la claair; tout est nouveau et recon- 
struit à neuf, avec des éléniens impérissables et qui 
sont par cela même inépuisables. 

On comprend sous le nom d'organes de la nutri- 
tion , un très grand nombre de parties qui dépendent 
en effet de cette fonction principale ; mais celle-ci 
exige beaucoup d'actions particulières que nous allons 
énumérer. Il y a d'abord la digestion, dont les or- 
ganes admettent les alimens et les préparent complè- 
tement , de manière à être absorbés sous forme de 
fluides. Là commence une autre opération ; c'est l'acte 
qui met en mouvement et dirige dans des canaux di- 
vers l'humeur nourricière ; c'est ce qui constitue la 
circulation. Le plus souvent cette humeur est sou- 
mise , dans des organes particuliers , et par portions 
successives , à l'action chimique et vitale des fluides 
ambians , cet acte de la fonction se nomme la respi- 
ration. Avant ou après cette opération , l'humeur 
nutritive, considérée dans son ensemble et qu'on ap- 
pelle le sang- , est poussée dans des instrumens divers 
où sont séparées et formées des humeurs différentes, 



donc que , sous un certain point de vue matériel , la métempsychose 
de Pythagore et les opinions des Bracbmanes et des idolâtres 
Chinois n'étaient pas établies sur des idées tout-à-fait ineptes. 



DE LA NtïRÎÏ'IOÏf Eîî GÊNiftAL. ïdg 

telles que la Mie, la salive, ruiiiie, , le lait, le 
sperme;, etc. On désigne Ces opérations diverses sous 
le nom commun de sécrétions. Enfin toutes les par- 
ties du corps, retirent évidemment du sang les maté- 
riaux nécessaires;, non seulement a leur accroissement, 
aux réparations qu'elles exigent , mais surtout aux élé- 
mens de l'action qu'elles produisent : c'est ï assimila- 
tion qui transforme en la propre substance des organes 
les particules absorbées. 

Cet ordre d'énumération sera celui que nous sui- 
vrons dans l'étude à laquelle nous allons nous livrer ; 
en commençant ainsi par la digestion, nous indique- 
rons comment sont disposées, d'une manière générale , 
toutes les parties par lesquelles les alimens sont saisis 
et divisés. Nous traiterons d'abord des diverses struc- 
tures de la bouche, des lèvres , des mâchoires, des 
dents, de l'os hyoïde, delalangueet dequclquesparties 
accessoires , telles que celles qui fournissent de la sa- 
live, de la mucosité, une humeur vénéneuse; puis 
nous indiquerons les muscles qui servent à mouvoir 
les parois de la bouche et les principales modifications 
de celles qui reçoivent, transportent la matière alimen- 
taire, l'élaborent , en font une sorte d'analyse , ou de 
départ en plusieurs porlions , dont les unes doivent 
être absorbées et les autres expulsées sous forme de 
résidu. Opérations diverses qui sont désignées sous les 
noms de déglutition, digestion proprement dite, chy- 
lification , absorption, défécation. 



IIO ORGrANISATION DES REPTILES. 

De la Digestion. 

Les Reptiles étant considérés d'une manière géné- 
rale d'après les différens modes dont ils s'alimentent 
ou pourvoient à leur nourriture , on observe qu'ils 
mangent et qu'ils boivent fort peu ; qu'ils peuvent sup- 
porter de longs jeunes et de grandes abstinences ; 
qu'en particulier les espèces carnivoressont peut-être 
celles qui extraient le plus complètement et avec le 
plus grand avantage tout ce qui est susceptible de 
nourrir dans la proie avalée , qu'ils n'ont besoin de 
remplacer qu'à de forts longs intervalles. 

Bien peu d'espèces se nourrissent uniquement de 
substances végétales, telles sont cependant quelques 
Cliélonées ou Tortues marines et plusieurs de celles 
qu'on nomme terrestres et d'eau douce, ainsi que la 
plupart desBatraciens sans queue, mais seulement dans 
leur premier âge, ou lorsqu'ils sont têtards. Alors la 
disposition de leurs mâchoires , qui sont tranchantes 
et garnies de corne, facilite la division de l'aliment, de 
sorte que l'orifice de leur bouche a pu être fort rétréci. 

La plupart des autres Reptiles sont carnivores, et 
presque tous sont obligés de saisir et d'avaler leur 
proie sans la diviser; parmi ceux-là il en est peu qui 
recherchent les cadavres. Pour le plus grand nombre, 
la proie vivante peut seule exciter la faim; elle doit 
être poursuivie agissante , attaquée et blessée à mort 
pour être avalée ensuite presque entière et d'une seule 
pièce. 11 en est qui ont la boucbe largement fendue, et 
qui peuvent y engloutir des animaux vertébrés ; tels 
sont, parmi un grand nombre, les Chélydes, lesCroco- 
diles, lesSerpens, les Crapauds, quelques grosses Gre- 



NUTRITION, OIGESTIOa-. llî 

nouilles , les Pipas : d'autres ont la boucte pour ainsi 
dire calibrée; ils doivent se contenter en avalant de 
petits animaux invertébrés , comme des Mollusques, 
des Insectes, des Annélides ; tels sont les Lézards , les 
Dragons, les Caméléons, les Scinqiies, les Orvets , 
les Tritons , les Protées. 

Aucune espèce n'a des lèpres véritablement char- 
nues et mobiles ; les Trionyx ou Tortues des fleuves 
ont cependant des replis de la peau destinés a recou- 
vrir des mâclioires tranclianteSj et peut-être a fermer 
la bouche plus complètement. Il en est de même de la 
plupart des têtards do Batraciens, et dans l'état adulte 
ceux-ci ont, pour le pi us grand nombre, la mâchoire in- 
férieure reçue ou eng.igée sous une peau molle qui re- 
couvre et borde la mandibule. D'ailleurs chez presque 
toutes les espèces des autres ordres, la peau qui corres- 
pond aux lèvres est solidement fixée aux os et presque 
constamment revêtue d'écaillés cornées, qui doivent 
émousser considérablement la sensation du toucher 
qui réside dans ces mêmes parties , chez la plupart 
des Mammifères. Celte privation des lèvres est une 
circonstance qu'il faut noter, car elle sert à expliquer 
pourquoi les Reptiles ne peuvent opérer la succion 
des liquides, comme on l'a dit de quelques Serpens , 
que l'on a faussement accusés de venir teter les vaches 
ou d'autres femelles de Kuminans. 

La bouche des Reptiles , comme celle de tous les 
véritables animaux vertébrés , présente une fente 
transversale ou horizontale , située le plus souvent 
à l'extrémité ou a la partie la plus antérieure de la 
face. Chez quelques espèces elle est placée un peu 
en dessous ou cachée sous un prolongement du mu- 
seau ; mais on n'en a pas encore observé chez lesquels 



il2 OBÔÀNISÀTION DÉS REPTILES. 

cette ouverture soît dirigée tont-a-fait en desStîS , 
comme cela a îieii dans quelques Poissons. Elle est très 
large et fendue au-delà des yeux et même des oreilles 
dans la Ghélyde Maîamata , les Crocodiles, les Geckos, 
lesUroplates , les Caméléons, le plus grand nombre 
Serpens, les Crapauds, les Grenouilles et surtout les 
Strombes, comme cliez la plupart des autresBatraciens; 
tandis qu elle est petite et peu étendue dans les Am- 
pbisbènes , les Typhlops , les Cliirotes , les Orvets et 
les Opliîsaures. 

Les mâchoires offrent les plus grandes différences 
dans la classe des Reptiles, non seulement pour la 
région supérieure qui fait continuité du crâne et qu'on 
nomme la mandibule j mais encore pour la mâcboire 
proprement diie ou l'inférieure; mais il y a tant de 
diversité dans la manière dont elles sont armées, 
dans les usages auxquels la nature les a destinées, et 
pour la composition des parties qui les constituent, 
que nous serons obligés , pour en donner une idée gé- 
nérale, de les considérer successivement dans cbacun 
des ordres. Cependant nous dirons d'avance que la 
mandibule fait une portion continue de la face, solide- 
ment fixée aux os du crâne dans les Cbéloniens, les 
Sauriens et la plupart des Batraciens, qu'elle est au 
contraire formée de pièces mobiles, articulées , sépa- 
rables, protractiles, rétractiîes et dilatables dans les 
véritables Serpens et quelquefois dans les derniers 
des Batraciens à queue ; que la mâcboire inférieure 
diffère constamment de celle des Mammifères et se rap- 
procbe de celle des Oiseaux, par son mode d'articula- 
tion garnie d'une fossette, couverte de cartilages pour 
agir, comme un véritable condyle , sur un os distinct , 
quelquefois soudé au crâne , mais le plus souvent mo- 



SïtTRITION, DIGESTION. Iï3 

bile lui-même et inter-arlîenlaîre, comme l'os carré 
des Oiseaux; que dans lesSerpens, les deux brandies 
qui la composent ne sont presque jamais jointes entre 
elles par une sympliyse , et qu'au contraire elles peu- 
vent se séparer , s'écarter et se disjoindre pour élargir 
et raccourcir énormément la cavité de la Louclie, et 
qu'enfin, le plus souvent, elles ne servent qu'à rete- 
nir la proie et non à mâcher. 

Dans les Tortues en général, les Cbélydes ou Mata- 
matas exceptées, la mâchoire supérieure, et même 
l'inférieure, ont beaucoup de rapports avec le bec de 
la plupart des Oiseaux, pour la forme, la structure et 
même les usages. Les pièces principales qui bordent 
la bouche sont formées par des os recouverts d'un étui 
de corne tranchante destinée à diviser les alimens. La 
totalité de la mâchoire supérieure , quoique composée 
d'un assez grand nombre d'os, est fort solidement 
articulée avec la portion antérieure du crâne qui se 
prolonge jusqu'au bout du bec. Toutes ces parties 
de la face se joignent entre elles et avec les os qui for- 
ment la boîte cérébrale, par des articulations immo- 
biles , dont les traces ou les sutures s'effacent presque 
toujours avec l'âge. Cependant on voit qu'il n'y a pas 
d'os du nez proprement dits; que les frontaux anté- 
rieurs s'étendent jusqu'à Torifice des narines; que les 
incisifs ou prémandibulaires sont très peu dévelop- 
pés, situés sur la ligne moyenne de l'arcade buccale 
dont ils commencent le plancher en bordant aussi 
en devant les trous des narines ; que l'ouverture posté- 
rieure de ces conduits se voit au palais , vers son tiers 
antérieur, et qu'ils se trouvent divisés en droit et en 
gauche par la lame postérieure du vomer ; que la 
mandibule forme tout le reste du bord tranchant de 

REPTILES, I. 8 • 



Il4 ORGANISATIOîf DES REPTILES. 

la joue, en s'appuyant sur J'os malaire ou jugal, qui 
lui-même transporte tous les efforts qu'il reçoit, d'une 
part, sur le fx'ontal postérieur en dedans, et de l'au- 
tre, en dehors, sur la portion écailleuse du temporal. 
On voit enfin que les Tortues de terre et celles de mer 
ont en général la tête plus bombée que lesEmydes, 
et que la face s'aplatit tellement dans les Chélydes , 
qu'elle ressemble à celle des Pipas et des Crapauds , 
d'autant plus que les mâchoires sont plates et les or- 
bites portées en avant. 

Dans aucun R^eptile , peut-être , les os qui forment 
la face ne sont-ils mieux et plus long-temps distincts 
que dans les Crocodiles; ce qui a permis de les étudier 
avec facilité , et de s'en servir, pour ainsi dire, comme 
d'un type dans les comparaisons qu'on en a pu faire 
avec les autres Sauriens, et même avec les espèces des 
ordres différens. On sait que chez tous le museau 
est fort allongé, toujours aplati, assez large dans les 
Crocodiles et les Caïmans , et fort étroit, au contraire, 
dans les Gavials. Chez les Sauriens, l'orifice des na- 
rines se trouve placé tout-à-fait en avant et au-dessus 
du museau ; le pourtour osseux de cette ouverture est 
formé presque en entier par les os incisifs ou prcman- 
dibulaires, pièces qui terminent le museau en avant 
et supportent les premières dents. La mandibule, 
proprement dite , borde en dehors le palais qu'elle 
forme dans la plus grande partie de son étendue ; c'est 
dans son bourrelet externe que se trouvent creusés 
les trous profonds ou les alvéoles dans lesquels les 
dents nombreuses sont logées. On retrouve ici des os 
nasaux, jugaux, palatins; ces derniers occupent la 
partie de la voûte de la bouche , et servent ainsi d'in- 
termédiaire pour joindre les os maiidibulaires aux 



NUTB.ITIPH, ElIGESTIOJV. ii5 

apophyses ptérygoïdes, qui sont très dilatées et au 
dessus desquelles s'ouvrent, comme nous l'avons dit , 
les arrière-narines; on y distingue, déplus, un os 
particulier qui , sous diverses formes , se retrouve 
dans tous les Reptiles et qui sert à joindre cette même 
apopliyse ptérygoïde à l'os jugal et à la mandi- 
bule (i). 

Les os de la face et des mâclioires sont h peu près 
les mêmes dans les autres Sauriens, quoique leurs 
formes, leurs proportions varient à l'infini ; ainsi , il 
n'y a dans le Varan du Nil qu'un osprémandibulaire, 
mais il se porte en arrière en une longue apophyse qui 
pénètre dans une écliancrure d'un nasal également im- 
pair et unique , lequel étant lui-même fendu ou four- 
chu en arrière , admet là une avance commune et 
médiane des deux os frontaux antérieurs, qui reçoivent 
ensuite les deux pointes de la fourche dans des mor- 
taises disposées en queue d'aronde. Les mandihulaires 
sont en général très développés, car ils reçoivent les 
dents dont le nombre et la grosseur varient ; aussi 
forment-ils la plus grande étendue de l'ouverture de 
la bouche. On retrouve d'ailleurs presque tous les 
autres os de la face ; on les reconnaît , au moins par 
leurs articulations , comme les analogues de ceux que 
nous avons tout à l'heure indiqués avec plus de détails 
dans les Crocodiles. 

Quoique les os de la face dans les Ophidiens soient 
à peu près les mêmes que ceux des Saurions, ils en 
diffèi'ent essentiellement en ce que les mandihulaires , 
les palatins et l'os particulier qui unit ceux-ci à l'apo- 

(1) Voyez Cuvier, Ossemens fossiles, tomev, 2" partie, pi. m , 
fig. 2, lettre d, et pi. xvi, fig. 3, lettre u. 



Ïl6 ORGÀJS'ISATîOSr DES îllfTitlS. 

pliyse ptérygoïde, jouissent d'une sorte de moMlité 
entre eux et nvec ïe crâne. Cette conformation a quel- 
que analogie avec ce qu'on connaît dans les Perroquets 
et chez quelques autres oiseaux qui peuvent mouvoir 
leur bec supérieur et qui le soulèvent quand leur mâ- 
cîioire inférieure vient à s'abaisser. Au reste , cette 
disposition ne se retrouve que cliez ceux qui ont les 
mâclioires dilatables , et c'est le plus grand nombre; 
les Ampliisbènes , les Tortrix , les Typblops étant 
presque les seuls vrais Serpens qui ne soient pas 
doués de cette faculté , qu'on voit surtout très déve- 
loppée dans les espèces àcrocbets protractiles, comme 
les Vipères, les Crotales. 

En général les os de la face sont faibles ; ils sont 
comme suspendus sous le crâne, où les quatre bran- 
dies longitudinales glissent sur un point articulaire 
qui leur permet de faire des mouvemens de bascule et 
d'écartement ; ils ne servent pas réellement à la masti- 
cation ; ils sont destinés à saisir et a retenir la proie, 
souvent à la blesser ; mais ils n'offrent pas une très 
grande force ; l'os jugal manque ; on retrouve un petit 
os lacrymal, percé d'un trou pour livrer passage aux 
larmes -, les os palatins et ptérygoïdiens forment une 
double ligne sur laquelle des dents acérées sont im- 
plantées dans un espace étroit et allongé ; ils consti- 
tuent une sorte de mandibule interne qui transmet en 
même temps le mouvement aux os incisifs dont le 
mécanisme sera développé par la suite, en traitant des 
crocliels venimeux. Il y a , en outre , des os mandibu- 
laires hérissés également de dents très pointues, cour- 
bées en arrière , qui font l'office d'une sorte de herse ; 
ces os bordent les lèvres et soutiennent la peau , qui 
est le plus souvent adhérente et écailleusè. 



NUTRITION, DIGESTION. II-;^ 

Enfin , dans les Batraciens l'ensemble des os de la 
face réunit les dispositions de ce qui existe dans les 
Tortues et dans les Sauriens; au moins dans les Cra- 
pauds, dans la plupart des Anoures, ainsi que dans 
les Salamandres, les os de la face font partie du 
crâne; on y distingue une arcade continue, formée 
parles mandibulaires et les incisifs ; cependant il y a 
d'assez grandes différences dalis les dernières espèces, 
celles qui se rapprochent des Poissons, comme les 
Sirènes, le Prolée Anguiilard, les Amphisbènes. Ua 
caractère particulier des os de la face chez la plupart 
des Batraciens sans queue, c'est que vus en dessous, 
du côté du palais, on remarque une ligne moyenne 
correspondante à la base du crâne , puis deux grands 
espaces libres bordés en dedans par les palatins, en 
devant et en dehors par les mandibules, en arrière par 
le sphénoïde ; mais toutes ces pièces osseuses varient 
considérablement suivant les genres et même dans les 
diverses espèces. Il en est à peu près de même chez les 
Salamandres et les Tritons; mais, ainsi que nous ve- 
nons de le dire, chez les dernières espèces, comme 
les Sirènes, les arcades mandibulaires se raccourcissent 
et s'oblitèrent à un tel point, qu'on en reti^ouve à peine 
quelques rudimens suspendus dans les chairs ; on 
distingue seulement les prémandibulaires et les ar- 
cades palatines , et souvent même, à la place des os du 
palais, de petites plaques osseuses garnies de pointes 
ou de crochets rapprochés , très serrés et disposés par 
bandes, ou rangés en quinconce, à peu près comme 
dans quelques espèces de Poissons. 

La mâchoire inférieure dans les Reptiles, quoique 
articulée à peu près de la même manière que dans les 
Oiseaux , c'est-à-dire par une cavité qui reçoit une 



Il8 ORGANISATION DES REPTILES, 

proémincrxe de l'os temporal ou une pièce inter-arti- 
culaire qui correspond à l'os carré , offre cependant 
de très grandes différences dans les ordres et même 
dans les genres. D'aLord, il est très rare qu'elle pré- 
sente une véritable apopliyse coronoïde au devant du 
Condyle, et cKez un assez grand nombre on voit au 
contraire une éminence osseuse , au-delà de cette ca- 
vité articulaire qui donne en arrière attache à des 
muscles destinés à ouvrir la boucbe. 

Une circonstance notable de l'articulation ainsi 
portée en arrière et de l'absence de l'apopliyse coro- 
noïde 5 c'est que les brandies des os sus et sous-maxil- 
îaire peuvent s'appliquer ainsi parallèlement dans la 
plus grande parlie de leur longueur , et que leur écar- 
tement réciproque peut devenir très considérable; 
comme on le voit dans les Crocodiles, les Uroplates et 
lesSerpens,qui ont la bouche fendue au-delà des yeux 
et des oreilles. 

Dans les Chéloniens, les arcs maxillaires sont soudé.s 
entre eux par une symphyse j leur bord supérieur ne 
porte jamais de dents ^ quoiqu'il y ait souvent une rai-- 
nure médiane et des enfoncemens el saillies denticu- 
lées , mais constamment il est recouvert d'un étui 
corné , excepté dans les Chélydes ; on retrouve bien 
les rudimens des pièces osseuses, qui sont beaucoup 
plus distinctes dans les Crocodiles ; mais ici elles sont 
soudées plus tôt, et on n'en voit les traces que vers le 
(rou interne et postérieur qui livre passage aux nerfs 
et aux vaisseaux internes. 

C'est peut-être un caractère particulier aux Croèo- 
diles d'avoir une mâchoire inférieure véritablement 
plus longue que la tête proprement dite. Elle dépasse 
en effet le crâne au-delà de l'articulation Côndylienne, 



WXJTRITION , DIGESTION» îl^ 

qui est déjà très rejetée en arrière. On distingue dans 
les deux branches , qui sont unies par une véritable 
suture, six pièces dont les traces restent visibles : une 
supérieure et antérieure qui constitue le bord alvéo- 
laire dans lequel les dents sont enfoncées : c^est à celte 
portion que correspond la symphyse; une lame con- 
vexe qui recouvre le canal dentaire, avec trois autres 
lames osseuses qui entrent également dans la compo- 
sition de ce canal osseux ; enfin une sixième et dernière 
pièce reçoit la cavité articulaire enduite de cartilages, 
et se prolonge en arrière pour former une apophyse 
sur laquelle s'insère le muscle digastrique. 

La mâchoire inférieure des autres Sauriens présente 
beaucoup de modifications pour la forme , la longueur 
et les bords alvéolaires dans chacun des genres; mais 
en comparant les pièces qui concoui^ent à la constituer, 
on y reconnaît , au moins pour le mode de jonction , à 
peu près les mêmes parties que chez les Crocodiles. 

Il en est bien autrement de l'os sous-maxillaire des 
Ophidiens , au moins chez ceux qui ont les mandibules 
susceptibles de s'écarter. Car dans ce cas la mâchoire 
inférieure est elle-même composée de deux branches 
non soudées vers le point qui formerait à la symphyse. 
Ces os sont à peu près droits et correspondans aux 
mandibulaires. Chez les Amphisbènes, qui se rappro- 
chent des Sauriens parce que les branches sont sou- 
dées et courbées en parabole , on remarque une sorte 
d'apophyse coronoïde destinée a l'insertion du muscle 
crotaphite. 

Enfin chez les Batraciens les branches de l'os 
maxillaire inférieur sont rarement soudées à la sym- 
physe. Quelquefois il n'y a dans ce point de jonction 
qu'un cartilage qui permet une sorte de mobilité, 



120 ORGANISATION DES REPTILES. 

comme on le voit dans les Grenouilles et les Rainettes. 
Le nombre des pièces qui composent cliacune des 
branches varie; il y en a trois dans les Grenouilles et 
dans les Urodèles- Une des pièces correspond à la sym- 
physe : elle est armée de dents ; la seconde sert à l'ar' 
ticulation , et la troisième est située en arrière et se 
prolonge en dessous. On en distingue quatre dans la 
Sirène, deux de ces pièces sont garnies de petites dents. 

Nous avons déjà dit que constamment la mâclioire 
inférieure était articulée sur un condyle saillant qui 
est fixé sur le temporal dans les Tortues et les Croco- 
diles , et qui est une pièce distincte chez quelques Sau- 
riens , toujours dans les Ophidiens et le plus souvent 
dans les Batraciens. Mais le mécanisme que remplit 
cet os inler-articulaire, qui correspond "a celui qu'on 
nomme carré dans les Oiseaux, varie beaucoup suivant 
les genres et même dans les espèces. Il est toujours lié 
aux mouvemens que peut produire la bouche pour 
saisir et retenir la proie avant qu'elle soit avalée. 

Les dents j chez les Reptiles, n'existent pas con- 
stamment ; il n'y en a jamais dans les Tortues ; et chez 
les autres ordres , on en trouve rarement qui soient 
réellement composées d'un cément et d'une partie ébur- 
née propres à moudre ou à écraser. Nous ne connais- 
sons même que les Dragonnes, parmi les Sauriens, qui 
aient des dents à tubercules mousses. Les Iguanes et 
quelques Monitors les ont tranchantes sur les bords et 
quelquefois comme crénelées. Chez la plupart, elles 
sont coniques. Mais comme en général on a emprunté 
de la forme et du nombre des deuts, ainsi que de leur 
position et de leur longueur respective , les caractères 
des genres, nous ne les indiquerons pas ici. Nous re- 
marquerons seulement qu'outre les dents dont sont 



MUTE.ITION, DIGESTION. 121 

garnis les bords alvéolaires des os de l'une et de l'autre 
mâchoire, il en existe encore d'autres qui sont im-° 
plantées sur les os palatins et les ptérygoïdiens. C'est 
ce qu'on observe dans plusieurs Sauriens , comme les 
Iguanes , les Anolis , quelques Lézards et plusieurs 
Scinques. On retrouve ces mêmes crochets beaucoup 
plus prononcés sur le palais des Couleuvres et de la 
plupart des Serpens à mâchoires dilatables. On en voit 
également sur la voûte palatine de plusieurs Batra- 
ciens sans queue ; mais ces dents sont pointues et non 
tuberculeuses, ainsi qu'on l'avait cru en désignant plu- 
sieurs variétés de dents de poissons fossiles , comme 
provenant de Ci^apauds , en les désignant sous le nom 
de Bufonites. Elles sont également très fines et en cro- 
chets dans les Urodèles , et en particulier dans les Si- 
rènes, le Protée Axoloth et les Gécilies. Un caractère 
particulier des dents coniques des Crocodiles , c'est 
qu'elles sont creuses à la base, et que, dans cette ca- 
vité de la base se développe le germe de la dent qui 
doitsuccéder ; de sorte qu'à quelque âge qu'on observe 
ces animaux , sauf la grosseur et toutes les autres di- 
mensions, le nombre des dents est toujours le même, 
et la disposition semblable dans chaque espèce. Dans 
les autres Sauriens, les dents ne sont pas enfoncées 
dans des alvéoles ; elles semblent être soudées par la 
base et faire la continuité des os, et quand elles doi- 
vent être remplacées, elles sont en partie détruites à 
la base et poussées par d'autres germes qui se déve- 
loppent latéralement. Dans les Batraciens et les Ophi- 
diens, les dents coniques du palais et des mâchoires 
font partie des os auxquels elles se sont soudées, comme 
cela s'observe aussi dans les Poissons. 

Nous ne parlons pas ici des crochets à venin des 



i22 ORGÀNISAtrON DES REPÏ-ILES. 

Vipères et des Crotales , et des dents canalieulées dé 
quelques autres espèces de Serpens venimeux. Ce sont 
bien des sortes de dents creusées dans leur longueur: 
mais on doit plutôt les considérer comme des instru- 
mens propres à inoculer une sorte de poison , et leur 
disposition sera indiquée par la suite en traitant de la 
glande venimeuse qui le sécrète, et surtout quand 
nous traiterons de ce groupe d'Opliidiens dans l'his- 
toire générale de cette famille. 

La langue, que nous devrions maintenant faire 
connaître, est principalement mise en action par uti 
appareil osseux qui le plus souvent pénètre dans 
l'intérieur de cet organe, en lui servant de base en 
mêiiie temps qu'il aide à son action , ainsi qu'à la dé- 
glutition et à la respiration. Nous avons cru nécessaire 
de présenter ici quelques notions générales sur cet 
appareil. Son ensemble est ordinairement désigné 
comme un seul os qu'on nomme hyoïde ; mais il est 
formé de pièces distinctes qui sont encore plus com- 
plexes que dans les Oiseaux. En effet, chez les Rep- 
tiles il commence à prendre les formes et les usages 
qu'on lui reconnaît dans les Poissons. 

Cet appareil hyoïdien varie tellement dans les 
genres et même d'une espèce à l'autre , qu'il nous a 
paru impossible d'en faire connaître ici tous les dé- 
tails ; mais nous indiquerons par la suite les ouvrages 
où on pourra les trouver; nous dirons seulement qu'il 
consiste en deux régions ; l'une moyenne, formée de 
pièces souvent impaires qu'on nomme le corps de l'os, 
et en pièces latérales symétriques qu'on nomme les 
cornes : la plupart de ces portions restent cartilagi- 
neuses , ou ne s'ossifient que dans certains points. Le 
corps , ou la partie centrale , présente un grand 



NUTRIÏIOiï, DIGESTION. 123 

nombre de variétés depuis une pièce unique jusqu'à 
sept , et constamment l'impaire située en avant se 
porte sous la langue. Des os latéraux , qu'on nomme 
les cornes , les uns correspondent aux styloïdiens et 
servent à l'articulation avec le crâne en formant ou 
entourant aussi l'entrée du canal cliarnu qui mène 
de la Louclie à l'estomac ; les autres se portent en 
bas et soutiennent une sorte de goitre ou de pocbe gut- 
turale; enfin les dernières se prolongent dans le sens 
de la tracbée qui conduit aux poum.ons. Nous nous 
bornerons à indiquer les modifications principales 
offertes par les quatre ordres de Reptiles. 

Dans les Chélonées , l'os moyen de l'hyoïde est im- 
pair et unique, en forme de bouclier, prolongé en 
avant en une pointe sous-linguale ; les deux cornes an- 
térieures sont fort courtes, non articulées ; celles du 
milieu ou intermédiaires sont plus longues et plus so- 
lides; les postérieures sont moyennes en longueur et 
presque cartilagineuses. Dans îesCliélydes, la portion 
médiane est formée de deux régions; l'antérieure, plus 
large , reçoit les quatre premières cornes , à peu près 
comme dans quelques Batraciens ; les antérieures sont 
très courtes, soudées, et formant des apophyses ; les 
suivantes sont longues, articulées , composées de trois 
pièces coudées, la seconde pièce centrale est grêle, 
étroite , prismatique, et supporte à son extrémité 
libre la troisième paire de cornes, qui sont longues et 
forment un stylet courbé en arc , dont la pointe reste 
cartilagineuse. Dans les Trionyx, il y a sept pièces 
moyennes et seulement quatre grandes cornes arti- 
culées. 

Dans le Crocodile, î' hyoïde est analogue à celui des 
Chélonées. Il est formé au centre d'une large plaque 



124 ORGANISATION DES REPTILES. 

cartilagineuse, bombée en dehors ou en dessous, et 
concave supérieurement pour loger le larynx ; il ne 
porte que deux cornes articulées bien distinctes. Chez 
les autres Sauriens , l'iiyoïde a généi^alement beau- 
coup plus de rapports avec celui des Oiseaux (i). Le 
corps est grêle et pénètre en devant dans la langue; 
il porte deux ou trois paires de cornes grêles , cartila- 
gineuses, souventrecourbées sur elles-mêmes, surtout 
celles qui soutiennent la peau du fanon ou du goitre 
chez les Iguanes, Dragons, Lophyres, etc. ; c'est dans le 
Caméléon que la partie antérieure qui pénètre dans 
la cavité de la langue à sa base, offre le plus de lon- 
gueur et de ténuité. 

Dans les Ophidiens, l'os hyoïde a les plus grands 
rapports avec celui des dernières espèces de Sauriens , 
seulement la partie antérieure est double , et les deux 
longs filets osseux qui la forment se terminent par 
des cartilages pointus , qui s'introduisent parallèle- 
ment dans le tissu charnu de la langue , et qui se trou- 
vent séparés entre eux par le muscle hypoglosse. 

Dans les Batraciens, qui offrent , comme chacun le 
sait aujourd'hui, le passage évident de la classe des 
Reptiles à celle des Poissons , la conformation de 
l'hyoïde et les changemens qui s'y opèrent à l'époque 
où ces animaux prennent une autre manière de res- 
pirer, est très curieuse à étudier ; elle a donné lieu à 
de savantes recherches publiées successivement par 
M. Cuvier (2) , et par MM. Dugès (3) et Martin 



(1) Voyez Cuvier, Reptiles fossiles, tome v, 2° partie, pag. 280, 
pi. xvxi du n° 1 à 8. 

(2) Jdem, ibidem , page 396 , du n" 8 à 27, 

(3) Dugès, Mém. des Sayans étrangers, Institut, pi. 3, 13, i 4, 15. 



JJUÏRITÏÔN, DiaÈSTlOïf. IsS 

Saint-Ange (i)- On peut dire, d'une manière géné- 
rale, que, sous l'état parfait, les parties centrales et 
latérales peuvent être comparées à celles des autres 
Reptiles, mais les modifications sont trop nombreuses 
pour qu'elles puissent être indiquées dans cet exposé 
général. 

La langue , dont nous avons déjà indiqué les dispo^ 
sîtions et les variétés les plus remarquables en traî^ 
tant de l'organe du goût, ne sera considérée ici que 
sous le rapport de ses mouvemens et comme aidant 
soit à saisir rapidement les alimens , soit à les mouvoir 
dans la bouclie avant qu'ils soient avalés. A cet égard, 
les Reptiles varient beaucoup entre eux, d'après les 
ordres auxquels ils se rapportent , et même dans ces 
groupes quelques uns, comme ceux des Sauriens et 
des Batraciens, présentent-ils d'assez grandes dissem- 
blances. 

Les Cliéloniens ont pour la plupart la langue cliar- 
nue , à peu près comme celle des Perroquets ; elle 
remplit toute la partie inférieure de la bouche , et se 
trouve pour ainsi dire moulée dans la concavité du 
bec inférieur; c'est même dans cet ordre que le tissu 
de la langue est le plus cliarnu ; et comme elle a pins 
de largeur et d'épaisseur, quoiqu'elle soit courte , les 
différens muscles qui la forment sont-ils plus faciles 
à distinguer. 

Parmi les Sauriens, les Crocodiles ont une langue 
large, mais très peu mobile, car elle paraît adhé- 
rente par la membrane muqueuse qui provient des 
gencives et parce qu'elle estretenue également par l'os 



(^) Martin Saint -Ange, Annales des Sciences nalurelles, 
tome xxiY, décembre ISSi , pi. 19 , 20 , 21 , 25 , 26. 



Ï26 ORGANISÂ-TION DES REPTILES. 

liyoïde. Les autres genres offrent de nombreuses dif- 
férences. Ainsi dans quelques Geckos, et particulière- 
ment dans les Tockaies et les Uroplates , cet organe 
a de grands rapports avec ce qui existe dans les Cro- 
codiles et dans les Salamandres ; tandis que dans les 
Iguanes , les Dragons , les Sauvegardes et même les 
Lézards , la langue peut sortir de la bouclie , servir 
à laper et se mouvoir en dehors pour netloyer les lè- 
vres. Enfin dans les Caméléons la langue est un appa- 
reil très singulier : c'est quelque sorte un îuyau 
cliarnu , cylindrique, semblable à un ver de terre, 
qui peut sortir de la bouche et être lancé rapidement 
à une distance presque égale à celle de la longueur du 
corps; son extrémitélibresetermineparun disque con- 
cave, visqueux , qui sert de moyen d'attraction , parce 
que, poussé sur les insectes et les autres petites proies 
vivantes, celles-ci y adhèrent, et l'animal retirant rapi- 
dement la langue , les amène ainsi dans la bouche pour 
y être divisées par les dents ou avalées tout entières , 
le fourreau de la langue dans lequel pénètre l'hyoïde 
se repliant et formant alors un bourrelet charnu sur 
le plancher de la bouche. Quoique la forme de la 
langue soit bien différente dans les Mamniifères qu'on 
nomme Fourmiliers , et dans les oiseaux du genre 
des Pics , il y a de l'analogie dans la manière dont 
cette langue est portée au dehors et par le fourreau 
charnu qui la revêt et qui la fait rentrer dans la 
bouche , oii elle se replie de la même manière. 

Chez les Serpens, c'est une disposition analogue, 
mais bien moins développée. Il y a aussi une gaine cy- 
lindrique charnue; mais l'extrémité de cette langue 
est fourchue ou divisée en deux pointes mobiles, vi- 
brantes , susceptibles de se mouvoir indépendamment 



HUÏRITION , DIGESTIOBT. la'J 

l'une de l'autre, de s'écarter et d'être lancées pour ainsi 
dire : ce qui la fait regarder par le vulgaire comme une 
sorte de dard auquel même quelques peintres ont donné 
dans leurs tableaux la forme d'un fer de flèclie. Le vrai 
est que celte langue est molle , humide , très faible, et 
quelonafait des conjectures, plutôt surles usages aux- 
quels on l'a cru destinée, que sur l'utilité réelle dont 
elle peut être aux Serpens dans l'acte de la déglutilion; 
car les Serpens ne mâchent jamais leurs alimens. 

Dans les Batraciens, on trouve deux dispositions 
principales pour la langue. Chez la plupart des Anou- 
res, ou de ceux qui sont privés de la quene , la struc- 
ture est tout-a-fait anomale , ainsi que son mode d'in- 
sertion, dont il n'y a aucun exemple chez les autres 
animaux vertébrés. Cette langue, qui est très molle, 
presque entièrement charnue , n'est pas soutenue a sa 
base par l'os hyoïde. Son attache est tout-a-fait inverse 
de celle qu'on retrouve partout; elle est fixée dans la 
concavité que forment, parleur rapprochement vers 
la symphyse, les deux brarfches de la mâchoire. Dans 
l'état de repos , et lorsque la bouche est fermée , l'ex- 
trémité libre de la langue correspond à l'ari^ière- 
gorge , au devant de l'ouverture des voies aériennes ; 
mais lorsque l'animal la fait sortir de la bouche, il l'ai- 
longe considérablement et il la lance vivement comme 
en la crachant par une sorte d'expuition , et il la porte 
à une assez grande distance en la renversant sur elle- 
même, de manière que la face inférieure devient su- 
périeure et récipi-oquement. Cette langue est enduite 
d'une viscosité tenace, et lorsqu'elle s'applique sur 
une proie, elle y adhère si fortement que celle-ci est 
entraînée lorsqu'elle rentre dans la bouche. La, le plus 
souvent, cette proie se trouve comprimée, engluée 



128 ORGAïïISÀTÏOÏî DES HEPTILES. 

de nouveau par une Lave glutineuse, et soumise pres- 
que immédiatement à l'acte de la déglutition. Nous 
avons déjà annoncé que dans les Salamandres , les 
Tritons et les autres Batraciens Urodèles 5 la langue 
ressemble à celle des Crocodiles. Elle n'est pas libre, 
et cette adhérence au plancher de la bouche semble 
être d'accord avec la manière dont les animaux saisis- 
sent leurs alimens sous l'eau. 

Les dernières parties de la bouche qui nous restent 
à examiner dans les Pveptiles, sont destinées à fournir 
les matières muqueuses et liquides, en particulier 
cette sorîe de bave qui suinte des diverses surfaces, 
qui non seulement lubrifient l'intérieur de la cavité, 
mais même en recouvrent les matières alimentaires qui 
y sont introduites pour être avalées plus facilement. 

L'humeur muqueuse provient de cryptes ou folli- 
cules dont toute la membrane interne de la bouche est 
garnie , principalement sur la langue , aux gencives et 
même sur le palais. On n'en a pas fait une étude spé- 
ciale, mais on les a supposées par analogie. 11 n'en est 
pas de même des véritables glandes salwaires. Celles-là 
ont été décrites. Telles sont les sublinguales, les sus- 
mandibulaires , les sous-maxillaires , auxquelles il faut 
ajouter les glandes qui sécrètent le poison chez cer- 
tains Serpens venimeux, et celles qui, après avoir 
fourni à la surface de l'œil l'humeur des larmes , lais- 
sent pénétrer ce liquide dans la bouche, dont il peut 
conti^buer a humecter les parois. 

La position , la structure et le volume de ces glandes 
varient beaucoup , suivant que les espèces de Reptiles 
sont obligées de couper ou. de diviser les alimens dans 
la bouche : ce qui exige une certaine quantité de salive 
pour en former une pâte, comme dans les Tortues, ou 



KtJTRITION, DIGESTION. lâQ 

suivant que la proie est avalée tout entière , sans être 
altérée k sa surface : circonstance qui n'exige que la 
production d'une matière gluante pour rendre le glis- 
sement plus facile, comme on l'observe dans certaines 
espèces de Serpens , tels que les Couleuvres et les 
Boas. 

Une circonstance plus importante à faire connaître , 
et qui intéresse beaucoup la physiologie , c'est la sécré- 
tion de l'humeur venimeuse dont sont armées certaines 
espèces de Serpens. Qu'il nous suffise d'indiquer ici 
que dans les Vipères, les Crotales, et dans plusieurs 
autres, ce venin est sécrété par une glande dont le 
tissu n'est pas conglobé, ou formé de petits grains réu- 
nis. Il est produit par une sorte de tissu mou, aréole 
et comme spongieux , d'où provient un canal unique 
qui aboutit k la base d'un crocliet canaliculé ou creusé 
à l'intérieur par un conduit correspondant aune rai- 
nure qui se prolonge jusqu'à la pointe d'une dent 
souvent supportée par une pièce osseuse. Celle-ci se 
meut , afin que la dent puisse se redresser ou se cacher 
dans une cavité qui lui a été ménagée sur les parties 
latérales du palais. La glande sécrétoire, enveloppée 
d'un tissu fibreux, est pour ainsi dire comprimée mé- 
caniquement par les os de la mandibule et par le 
muscle crotaphite, lorsque les mâciioircs tendent 
à se rapprocher. On a retrouvé depuis quelque temps 
d'autres dents canaliculées propres à insérer le poi- 
son et placées sur d'autres parties de la bouche. Nous 
les ferons mieux connaître lorsque nous traiterons de 
ces genres de Serpens venimeux (i). 



(1) DuvERNOY, Annales des Sciences naturelles, tomexxvi , page 
413, pi. ô, lO^et tome xxx, pi. 4. 



REPTILES, I. 



|3o ORGANISATION DES REPTILES. 

Les muscles j ou les agens qui sont destinés à mou- 
voir tous les os, les cartilages et les autres parties de 
la bouche que nous venons d'énumérer, agissent en 
particulier sur la mâchoire, quelquefois sur les os de 
la mandibule et sur la langue, soit directement, soit 
par l'intermédiaire de l'hyoïde. Au reste, parmi les 
os de la face , il n'y a guère que la mâchoire inférieure 
qui soit mobile, à l'exception de la plupart des Ser- 
pens. Les faisceaux de fibres charnues sont à peu près 
analogues. Ainsi on retrouve un ou plusieurs crota- 
plîites ou temporaux qui naissent des parties latérales 
du crâne, et qui viennent en grande partie s'insérer sur 
le bord supérieur de la mâchoire , en avant de l'articu- 
lation condylienne. Ce muscle est très fort chez la 
plupart, parce qu'il remplace le plus souvent le mas- 
séfer. Dans les grandes Tortues de mer, et chez beau- 
coup d'autres Chéloniens, il est placé sous la voûte 
que forment par leur réunion l'os jugal «avec le frontal 
postérieur j aussi ces animaux ont-ils une force pro- 
digieuse lorsqu'ils serrent un corps solide entre leurs 
mâchoires. Les ptérygoïdiens, qu'on retrouve très dis- 
tinctement dans les Serpens qui font mouvoir leurs 
mâchoires de devant en arrière , sont généralement à 
peine indiqués chez ceux des Reptiles dont les mâ- 
choires , par leur mode d'articulation , ne peuvent 
exécuter aucun mouvement de protraction ou de ré- 
traction. Il en est autrement du muscle digastrique ou 
mastoïdo-maxillaire. C'est en général un muscle court 
et très fort qui ne s'insère pas vers la jonction des 
branches de la mâchoire , mais tout-à-fait en arrière 
de leur articulation , sur un prolongement de l'os, qui 
est surtout très remarquable,comme nous l'avons dit, 
chez les Crocodiles, où cet os a réellement plus de 



NUTRITION, DIGEÔTION. l3l 

longueur que le crâne auquel il sert de point d'appui, 
lorsque la bouclie vient à s'ouvrir. La mâchoire infé- 
rieure ne pouvant s'abaisser, c'est la supérieure qui 
s'élève. Ce même muscle offre de semblables insertions 
dans les Tortues, chez la plupart des Sauriens et jus- 
que cîiez les Batraciens. 

Il y a trop de modifications des muscles des mâ- 
choires chez les Serpens , pour que nous essayions de 
les faire connaître ici. On conçoit qu'il a fallu des 
agens pour porter en avant les mandibules et les pré- 
mandibulaires sur lesquels sont soudés les crochets 
à venin ; que d'autres étaient nécessaires pour les ra- 
mener dans l'état primitif; qu'il y en a pour rapprocher 
et pour écarter les os mandibuîaires et toute l'articu- 
lation maxillaire. Aussi en trouve-î-on de très parti- 
culiers qui proviennent des vertèbres , des côtes (i). 

Les muscles qui agissent sur la langue et sur l'os 
hyoïde ne sont pas moins compliqués ; ils présentent 
des variétés en si grand nombre dans les ordres et 
même dans les différens genres , que nous avons craint 
d'entrer ici dans ces détails, qui sont tout-à-fait ana- 
tomiques et exposés ailleurs avec beaucoup de préci- 
sion (2). 

Après avoir indiqué ainsi la structure de la bouche 
et des parties qui concourent à la former, nous allons 
raconter, d'après nos propres observations, comment 
s'exécutent, dans chacun des ordres, la préhension 
des alimens et les actions diverses qui sont exercées 



(1) DuvERNOY, Annales des Sciences naturelles, tome xïvi , 
1830jpage113,pl. 5 àlO. 

(2) DoGÈs , même ouvrage, tome xii, 1827, page 337 ; Cuvzer, 
Leçons d'Anatomie comparée, tome m, page 252. 



iSa ORGANISATION DES REPTILES. 

sur eux avant qu'ils soient introduits dans le canal qui 
mène de la bouclie à reslomac. Nous devons rappeler 
cependant que, dans le plus grand nombre des Rep- 
tiles, le conduit des narines aboutit non en arrière, 
mais dans la partie moyenne du palais, quelquefois 
même tout-à-fait en devant , et qu'il n'y a pas de voile 
mobile , les Crocodiles faisant presque seuls exception 
à cet égard. Il faut aussi savoir que la glotte, ou l'ou- 
verture du larynx dans la bouche, n'est pas recouverte 
d'une soupape ou d'une épiglotte, ni même d'une 
sorte de berse cartilagineuse , comme dans les Oiseaux, 
et que son orifice correspond à peu près à la terminai- 
son des arrière-narines. Ces circonstances sont impor- 
tantes à connaître , parce qu'elles sont en rapport avec 
le mode de déglutition et avec celui de la respiration ; 
aucun animal n'employant autant de temps à avaler, 
que n'en mettent la plupart des Reptiles. 

A l'exception des Chélydes, toutes les Tortues for- 
ment une section à part parmi les R.eptiles, par la 
structure de leur bouche qui est un véritable bec tran- 
chant, recouvert d'une substance cornée, propre à 
couper par fragmens l'aliment saisi, de manière qu'il 
n'en reste dans la cavité de la bouche que ce qu'elle 
peut contenir ; aussi , ces animaux sont-ils presque les 
seuls qui puissent se nourrir de matières végétales; 
les Chélonées ou Tortues marines, et les véritables 
Tortues de terre, ont même une sorte de préférence 
pour cette nature d'aliment qu'on leur voit attirer avec 
la langue et couper entre leurs mâchoires qui , quoi- 
que cornées , offrent des rainures, des enfoncemens 
et des saillies faisant l'office de dents ; d'autres , 
comme les Trionyx et les Émydes, semblent plus 
spécialement rechercher les aoimaux vivans , qu'elles 



KtTTRITION, DIGESTION. l33 

saisissent à l'aide du tranchant de leur bec, et qu'elles 
déchirent avec les ongles acérés et coupans dont leurs 
pattes antérieures sont armées ; quelques unes lan- 
cent, pour ainsi dire, leur tête, supportée par un long 
cou , jusque sur la proie ; ou après s'être avancées en 
tapinois, comme les chats, jusqu'à la distance calculée, 
elles étendent subitement toutes ces parties pour que 
l'action de leurs mâchoires puisse s'exercer d'une ma- 
nière certaine. Cependant les Chélydes, dont les mâ- 
choires sont plates, sont obligées d'avaler la proie 
qu'elles ont saisie, sans la diviser; sous ce rapport, 
comme par la conformation générale de la tête et de l'os 
hyoïde, elles se rapprochent des Crapauds et surtout 
des Pipas; comme eux, elles sont forcées de se contenter 
d'une proie de petite dimension, etpour ainsi dire cali- 
brée sur l'entrée de la bouche, qui est fort large, à la vé- 
rité. Une circonstance importante, à ce qu'il paraît, 
dans les mœurs de ces animaux, c'est qu'ils ne se dé- 
cident à saisir la proie qu'autant qu'ils ont pu s'assurer 
par les mouvemens qu'elle produit , qu'elle est bien 
vivante, car ils ne s'attaquent jamais aux cadavres. 

Parmi les Sauriens on trouve de fort grandes dif- 
férences , suivant les genres, pour la manière dont la 
nourriture est saisie et avalée ; on sait que les Croco- 
diles et les Tupinambis poursuivent et attaquent les 
animaux vivans, qu'ils s'efforcent de submerger, 
et que lorsqu'ils les ont noyés, ils font en sorte de 
les diviser par portions , à l'aide des dents , ou de 
les broyer de manière à ce que les fragmens puissent 
passer à travers l'isthme du gosier. Les Iguanes , les 
Sauvegardes , et presque tous les Lézards , dont les 
mâchoires sont garnies de dents, saisissent également 
leur proie vivante ; ils la secouent vivement et l'étour- 



l34 ORGANISATION DES REPTILES. 

dissent par desmouvemenis brusques et réitérés quand 
elle veut s'échapper ; les crochets qu'on voit à leur 
palais retiennent cette substance, et aident ainsi à la 
déglutition ; leur langue charnue et exertile leur sert 
également pour en recueillir les débris, ainsi que pour 
leur donner les moyens de boire en lapant ou en 
léchant les corps humectés. Chez les Geckos, la gueule 
est très fendue, et la proie calibrée est reçue tout 
entière dans sa cavité, qui se referme ensuite complè- 
tement; ainsi emprisonnée et fortement comprimée, 
souvent écrasée par l'action des muscles de l'os hyoïde, 
elle se trouve alors poussée en arrière par la langue 
et engagée dans le canal charnu, qui sous le nom 
d' œsophage la dirige flans F estomac. Dans le Camé- 
léon, la langue vermiforme et gluante s'applique sur 
les Insectes , les Annelides, les Mollusques, avec tant 
de prestesse et de rapidité, qu'on a vu ces Reptiles 
saisir en passant les Insectes ailés qui voltigeaient à 
une assez grande distance et dans une sorte d'atmo- 
sphère qui semblait les attirer. Nous n'avons jamais vu 
de R.eptiîes Sauriens se nourrir de végétaux ou de 
fruits; on le dit cependant des Iguanes et surtout de 
la Dragonne, seule espèce qui ait les mâchoires gar- 
nies de dents tuberculeuses, mousses; c'est ce qui 
reste à vérifier ; il est cependant bon de noter que là 
plupart des Sauriens peuvent réellement mâcher ou 
diviser leurs alimens par portions qu'ils avalent suc- 
cessivement, en recueillant les restes solides on li- 
quides qui s'échappent ou s'écoulent de leur bouchco 
Quant aux véritables Serpens , il n'en est pas qui 
mâchent réellement, de même qu'il est évident qu'au- 
cun ne peut sucer ou opérer le vide dans la bouche, 
et que, par conséquent, c'est un préjugé de croire que 



NUTRITION, DIGESTION. l35 

plusieurs de ces animaux, comme les Boas et les Cou- 
leuvres , puissent téîer les vaches j outre l'absence des 
lèvres charnues , le défaut de voile du palais et de 
l'épiglotte qui rendraient la succion impossible , il 
est évident que les crochets acérés et recourbés en 
arrière, qui garnissent leurs mâchoires et leur palais, 
s'accrocheraient comme des hameçons aux tétines des 
Mammifères et qu'ils ne pourraient s'en détacher. 
Quoiqu'on ignore le véritable usage de la langue hu- 
mide et charnue que les Serpens brandissent et font 
continuellement sortir de la bouche et vibrer dans l'air, 
il est facile de concevoir, qu'à cause de sa forme cylin- 
drique , et de son étroitesse, elle ne pourrait faciliter 
la mastication, quand même les dents seraient propres 
à cet usage. Tout au plus , cette langue fort longue 
sert-elle, comme on l'a observé quelquefois, à faire 
pénétrer un peu de liquide dans la bouche, car nous 
avons vu nous-même des couleuvres laper ainsi l'eau 
que nous avions placée auprès d'elles, dans la cage 
où nous les tenions renfermées pour les observer à 
loisir. La mobilité des mâchoires , l'écartement dont 
elles sont susceptibles , par une sorte de déduction 
naturelle et volontaire qui permet à la bouche de s'é- 
largir en même temps que sa longueur diminue, doi- 
vent être rappelés ici pour faire concevoir comment 
la nourriture est saisie par les Serpens. Au moment 
où l'animal se jette rapidement sur sa proie , il écarte 
vivement les deux mâchoires, et la gueule béante, 
hérissée de pointes , il l'applique sur la proie qu'il 
attaque. Si la peau de la victime est molle, les cro- 
chets pointus y pénètrent comme des griffes, ils la 
déchirent ou la retiennent comme des grappins, et 
dans ce cas, si l'animal résiste , il est bientôt étranglé 



l36 ORGANISATION DES KEÏTILES. 

OU étouffé 5 écrasé même dans quelques cas, et ses os 
sont rompus par les replis elles contractures du corps 
du Serpent. Alors seulement l'action alternative de 
l'une et l'autre màcîioire s'exerce, comme les deux pa- 
lettes d'une carde ; les pointes crocliues dont elles sont 
armées font peu a peu avancer vers le gosier la proie 
sur la surface de laquelle se dépose une bave gluante , 
qui la lubrifie pour la faire glisser plus aisément. 

Chez les Batiaciens, la nourriture, toujours de na- 
ture animale , est saisie diversement par les espèces , 
suivant qu'elles appartiennent aux Urodèles qui con- 
servent leur queue pendant toute leur vie, comme les 
Salamandres , les Tritons , les Protées , ou qu'elles 
en sont privées ; comme les Grenouilles et les autres 
qu'on nomme Anoures ; les premières saisissent les 
animaux avec les bords des mâchoires et les retien- 
nent à l'aide des dents crochues dont elles sont gar- 
nies, et à la suite de mouvemens successifs, elles les 
attirent peu à peu vers le fond de la bouche pour les 
faire engager dans l'oesophage sans pouvoir les divi- 
ser. Dans les Grenouilles, les Crapauds, les Rainettes, 
la bouche est énorme par son ampleur et la largeur 
de son orifice; mais ici, c'est la langue gluante et si 
bizarrement organisée, comme nous l'avons dit, qui 
peut être lancée, comme par une sorte d'expuition, 
allongée et portée à une grande distance dans une po- 
sition renversée et rapidement rétractée, puis ramenée 
dans la bouche comme pour être avalée, pour ainsi 
dire, avec la proie saisie qui s'y est collée et se trouve 
transportée comme avec une pelle. Le petit animal 
englué, écrasé, ou fortement comprimé, ne tarde pas 
à franchir le gosier, et aussitôt commence l'acte de la 
déglutition , qui s'opère avec une rapidité extrême. 



NUTRITION, DIGESTION. 187 

Cet acte de la déglutition a déjà commencé dans la 
bouche, et se continue jusqu'à ce que la proie ou 
l'aliment soit parvenu dans l'esiomac. Dans les Mam- 
mifères ou nomme pliarynx, ou cavité du gosier, la por- 
tion du canal commun qui offre à la fois les orifices des 
arrière-narines, de la bouche, des trompes de l'oreiile, 
du canal aérien des poumons, enfin de celui des ali- 
mens , qu'on nomme œsophage. Chez les Reptiles il 
n'y a pas de véritable pharynx : car les narines , ainsi 
que la glotte, s'ouvrent dans la bouche , et l'oesophage 
commence immédiatement après les mâchoires ; ce sont 
les muscles de ces parties , de la langue et surtout de 
l'os hyoïde, qui commencent l'acte de la déglutition. 
Cela est tellement évident chez les Chéloniens et les 
Batraciens, que ces animaux emploient , comme nous 
le ferons connaître par la suite , le mécanisme de Fac- 
tion d'avaler afin de forcer l'air destiné à la respiration 
de pénétrer par gorgées dans la glotte et de là dans la 
trachée, pour en charger la cavité des poumons. 

Le canal qui porte le manger ou l'œsophage est plus 
ou moins allongé; c'est la première portion du tube 
intestinal : il est composé de fibres contractiles , 
disposées par couches entrelacées en longueur et en 
travers ou obliquement circulaires , qui ont une très 
grande force. Dans le plus grand nombre des cas il 
ne présente pas de portion dilatée d'une manière 
constante , comme ce qu'on nomme le jabot dans 
les Oiseaux ; cependant il est susceptible de beaucoup 
d'extension ; dans les Serpens en particulier, il peut 
admettre une proie d'un très grand diamètre et s'élar- 
gir considérablement. 

Parmi les particularités les plus notables , nous in- 
diquerons les papilles cartilagineuses, comme cornées 



l38 ORGAUISATION DES REPTItES. 

et coniques, qui semblent garnir l'intérieur de l'oeso- 
pliage chez les Tortues de mer, où cette sorte de sur- 
face hérissée de pointes toutes flottantes , dont l'extré- 
mité libre est dirigée vers l'estomac , semble s'op- 
poser au retour de la matière alimentaire. Dans 
le plus grand nombre des autres Reptiles , la portion 
oesophagienne du tube digestif ressemble tout -à-fait 
à celle de l'estomac qui en est la continuité, et qu'on 
nomme cardiaque, pour la distinguer d'une autre qui 
est un peu rétrécie, souvent plus épaisse , et qu'on ap- 
pelle pylorique. 

On remarque que les intestins sont d'autant plus 
courts et moins flexueux, que l'animal est plus carnas- 
sier ; ce qui est démontré d'ailleurs d'une manière 
positive par l'observation deschangemens qui arrivent 
dans ce canal chez les têtards des Grenouilles et des 
autres Batraciens sans queue, lesquels , à l'époque de 
leur vie fétale , se nourrissent de matières végétales 
et ont un tube digestif excessivement allongé, tandis 
que sous l'état parfait , l'animal étant carnassier , 
perd les quatre cinquièmes de la longueur de ses in- 
testins qui se sont ainsi raccourcis. Cette disposition est 
l'inverse de ce qu'on observe chez d'autres animaux , et 
spécialement chez quelques larves d'Insectes , en par- 
ticulier de celles des grands Hydrophiles d'eau douce , 
qui , de carnassiers qu'ils étaient lorsqu'on les nom- 
mait des vers assassins et qu'ils avaient un tube digestif 
de la longueur du corps , offrent au contraire une am- 
pliation extrême, et un développement des intestins 
tel que, sous létat parfait, il acquiert cinq ou six 
fois la longueur primitive. 

Les Tortues, qui se nourrissent plus particulière- 
ment de végétaux , ont aussi les intestins très longs 



JNUïrxITIO» , DIGESTION. iSq 

et fort sinueux, tandis que les Serpens et beaucoup de 
Sauriens ont , proportionnellement à la longueur de 
leur corps 5 des intestins très courts et peu flexueux. 

L'estomac , considéré isolément, est courJ3é et un 
peu dirigé en travers eîiez les Tortues et les Batraciens 
sans queue ; il est arrondi dans les Crocodiles , en 
forme de poire conique , non courbé et plus large vers 
l'oesophage dans le Dragon, petit et recourbé sur lui- 
même dans les Caméléons ; dans les Salamandres il 
est plus large au milieu , allongé, fusiforme. Cliez les 
Sirènes le tube intestinal semble de même longueur 
dans toute son étendue, et il a les plus grands rapports 
avec celui des Serpens ; chez ceux-ci la portion dila- 
tée , qui correspond à l'estomac , parait composée de 
deux parties ; l'une plus large qui semble terminer 
une sorte de cul-de-sac , et l'autre plus étroite, plus 
épaisse, correspondante à la région pylorique. 

On peut , jusqu'à un certain point , distinguer deux 
régions dans le reste de l'étendue du tube diges- 
tif, ou dans la portion du canal qui suit l'estomac. 
L'une correspond aux intestins grêles , et une autre , 
plus large et qui commence là où ceux-ci paraissent 
se replier en formant une valvule circulaire, qu'on 
retrouve chez presque tous , mais plus particulière- 
ment dans l'Iguane. Cependant il n'y a réellement 
ni véritable coecum, ni aucun appendice, ce qui les 
distingue des parties correspondantes chez les Mam- 
mifères et les Oiseaux. Cette portion dilatée repré- 
sente le rectum ouïe dernier intestin ; on trouve dans 
son intérieur des replis circulaires , des espèces de 
cloisons mobiles , sortes de valvules conniventes qui 
sont surtout fort évidentes dans quelques Serpens, 
et dont la dernière forme une poche à part très re- 
marquable dont nous allons parler. 



ï4o ORdrÀNISÀTION DES REfTILES. 

Chez tous les Reptiles, le tube digestif se termine à 
l'extrémité du ventre , au-delà du bassin, par une seule 
ouverture correspondant , comme dans les Oiseaux, 
à une sorte de poclie où aboutissent les organes géni- 
taux, quelquefois des canaux qui établissent une com- 
munication avec la cavité du péritoine dans l'abdo- 
men, les uretères ou conduits qui amènent riiumeur 
sécrétée par les reins et le résidu , le plus souvent so- 
lide, des alimens ; cette cavité commune est nommée 
le cloaque, son orifice extérieur varie pour la forme et 
pour la position. Dans les Tortues, par exemple, ainsi 
que cîiez les Batraciens sans queue , comme les Cra- 
pauds, les Grenouilles et danslesCécilies, l'ouverture 
du cloaque est arrondie et plissée ; tandis qu'elle pré- 
sente une fente ou ligne, tantôt suivant le sens de la 
longueur du corps dans les Batraciens à queue comme 
les Salamandres, et le plus souvent une fente en tra- 
vers garnie d'une sorte de valvule dans tous les Ser- 
pens et le plus grand nombre des Saui-iens. Chez 
les Tortues , le cloaque s'avance et se termine sous la 
base de la queue , tandis que chez les Batraciens 
Anoures il se voit immédiatement au dessous d'un 
coccyx mobile , qui lui-même s'appuie au dessus des 
cuisses , de sorte qu'il parait supérieur au tronc. Chez 
les Serpens, le cloaque s'ouvre vers la fin de l'abdo- 
men , au dessus de l'origine de la queue qui est sou- 
vent très longue ; dans les Batraciens Urodèles et les 
Sauriens, quoique placé de même, il se voit immé- 
diatement après les cuisses et toujours vers le point 
de leur jonction. 

Les alimens introduits dans le canal, dont nous ve- 
nons d'indiquer les principales dispositions depuis la 
bouche jusqu'au cloaque , y éprouvent diverses alté- 
rations j séjournant d'abord dans l'œsophage et l'es- 



NtlTRITION j DIGESTION, I^I 

tomaC) si ce sont des animaux vivans, ils y sont bien- 
tôt comprimés , suffoqués. Leur corps ainsi privé de 
la vie ne tarde pas à être macéré par l'action chimique 
et vitale de sucs qui suintent de toutes les parois du 
canal. Cette sorte de décomposition rend liquides, ou 
du moins change en une espèce de bouillie, les matières 
organiques qui les formaient, et qui se trouvent alors 
forcées de passer au-delà du pylore, sous l'appa- 
rence de chyme. Bientôt abondent dans le canal de 
nouveaux sucs, qui aident encore à cette action qu'on 
appelle digestive. Ce sont des glandes spéciales qui 
fournissent ces humeurs qu'on nomme en particulier 
la bile et le suc pancréatique. Pendant tout ce trajet, 
la portion la plus nutritive des humeurs qu'on désigne 
sous le nom de chyle, se trouve pompée, absorbée 
soit par des pores , soit à travers les parois des intes- 
tins, par une sorte d'imbibition qu'on a appelée en- 
dosmose. Bientôt ces sucs passent dans les radicules 
de petits vaisseaux dont les uns sont nommés chyli- 
fères, parce que le chyle paraît y cheminer sans mé- 
lange; tantôt il pénètre dans les petits canaux veineux 
pour se mêler immédiatement au sang et pour être 
transporté avec lui dans le cours de la circulation , 
comme nous l'indiquerons plus tard. 

Nous allons doue faire connaître d'une manière gé- 
nérale ces organes accessoires de la digestion dans la 
classe des Reptiles, en traitant successivement du foie 
et des canaux qui transmettent la bile , ainsi que de la 
rate , qui semble tenir coname en réserve les matériaux 
de cette sorte de sécrétion , et enfin du pancréas , qui 
fournit, pour être mêlée au chyme , une humeur ana- 
logue à celle de la salive. 

he/bie existe dans les Reptiles comme chez tous les 



ï42 ORGANISATION DES REPTILES. 

autres animaux vertébrés ; il a lés mêmes fonctions. 
C'est la plus grosse de toutes les glandes. Elle offre un 
appareil de sécrétion tout particulier^dans lequel l'hu- 
meur "semble provenir, non du sang rouge ou actif, 
mais de celui qui a déjà circulé ou qui est passé à l'é- 
tat veineux. Cet organe paraît destiné à dépouiller ce 
sang, qui provient, en grande partie des intestins, de 
certaines parties acres , avant qu'il soit sonnais par la 
respiration à l'action chimique du fluide ambiant. Les 
granulations dont la masse du foie est composée, sépa- 
rent chacune du sang qui y arrive , une certaine quan- 
tité de l'humeur qu'on nomme la bile. Les petits con- 
duits particuliers qui en proviennent, se réunissent 
bientôt, comme les divisions de la rafle d'une grappe 
de raisin , en un dernier canal qu'on nomme hépati- 
que. Celui-ci, le plus ordinairement , avant d'arriver à 
l'intestin, fournit une branche appelée cystique, qui 
aboutit à une vésicule ou réservoir membraneux, où la 
bile reste en provision , jusqu'à ce qu'elle se rende soit 
directement dans l'intestin par un canal séparé, soit 
qu'elle retourne par la première voie jusqu'au premier 
canal, qui se continue et prend alors le nom de cholé- 
doque. 

Toutes les parties que nous venons de nommer se 
retrouvent dans les Reptiles , mais avec quelques va- 
riations dans le volume, la forme et la position rela- 
tive, tant du foie lui-même que de ses parties acces- 
soires. 

Dans les Tortues et les Crocodiles , le foie forme 
deux masses ou lobes placés en travers , au dessous 
du cœur et au devant de la jonction de l'oesophage 
avec l'estomac. Dans les Batraciens sans queue , il a gé- 
néralement trois lobes. Chez la plupart des Sauriens et 



2ÏUTR1ÏI0K, DIGESTION. I^i 

chez tous les Ophidiens, il n'y a qu'un lobe de forme 
allongée, placé à droite ou dans la région moyenne, 
au devant du long œsophage, et il accompagne l'es- 
tomac en fournissant des canaux hépatiques et cysti- 
ques tout-à-fait distincts. Dans les Batraciens Urodèles, 
et particulièrement dans la Salamandre terrestre, le 
foie n'a également qu'un seul lobe; mais il est court, 
de forme presque tricuspide , concave du côté de l'es- 
tomac, sur lequel il s'applique ; il est échancré en haut 
pour recevoir la poche du péricarde , et allongé en bas 
pour s'unir à un réservoir aqueux dont nous parlerons 
en plusieurs occasions. 

On obsei^ve une vésicule du fiel contenant une bile 
verdâtre ou brune dans tousles Reptiles. Quelquefois, 
comme nous l'avons dit, et en particulier dans les 
Serpens, le canal cystique provient du foie directe- 
ment, et se trouve tout-à-fait distinct de l'hépatique ; 
de sorte que chacun a son insertion séparée , mais rap- 
prochée, dans l'intestin qui correspond au duodénum. 
Dans les Tortues et les Batraciens, la vésicule est 
adhérente et cachée dans la concavité du foie, très haut 
chez les Grenouilles et les Salamandres, et presque 
tout-à-fait en bas dans les Tortues et les Crocodiles. 
Dans les Serpens, la vésicule du fiel est tout-à-fait sé- 
parée du foie et à une assez grande distance de son 
lobe long et unique. Souvent les canaux cystique et 
cholédoque se joignent en un seul qui s'insinue obli- 
quement dans les parois de l'intestin. 

La rate y chez les Reptiles, est en général réduite à 
de très petites dimensions; elle est le plus souvent 
fort éloignée du foie et même de l'estomac ; quelque- 
fois à droite , plus souvent dans la région moyenne ou 
tout-à-fait à gauche. Sa forme est ordinairemeot ar- 



l44 ORGANISATION DES REPTILES. 

rondie et sa couleur d'un rouge foncé qui contraste 
avec la teinte des intestins sur lesquels elle repose, s'y 
trouvant liée par beaucoup de vaisseaux. Dans quel- 
ques Tortues, on Fa observée près du cœcum et du côté 
de l'écliine. Dans les Serpens , on l'a trouvée à droite, 
près de l'insertion du canal cbolédoque. Dans le Cra- 
paud, la Grenouille, elle est arrondie, située dans la 
région moyenne, sous le lobe intermédiaire du foie; 
tantôt adhérente au duodénum, tantôt placée au côté 
gauche de l'estomac , et de forme allongée , comme on 
l'a vue dans la Salamandre. 

J^e pancréas est une autre glande dont la structure 
est analogue à celle des salivaires. Il a été l'econnu 
dans presque tous les B.eptiles- Il est situé immédiate- 
ment sous la jonction de l'intestin avec le sac stoma- 
chal sous le péritoine. Le conduit qui verse l'humeur 
qu'il a sécrétée est quelquefois double , triple et même 
plus divisé. Ces tuyaux s'abouchent en général assez 
près de ceux qui y apportent l'humeur biliaire. 

Dans les considérations générales par lesquelles 
nous avons cru devoir faire précéder l'étude de la di- 
gestion chez les PieptiJes, nous avons énoncé que ces 
animaux supportaient pendant très long-temps la pri- 
vation des alimens ; qu'ils en consommaient en gé- 
néral très peu, et qu'ils en extrayaient tous les sucs. 
C'est en effet une particularité fort curieuse que celle 
de l'excessive faculté absoi^bante dont sont doués les 
intestins des Serpens en particulier, quand on exa- 
mine ce qui est survenu à îa proie qu'ils ont avalée. Il 
n'est pas rare de rencontrer dans nos bois ces sortes 
de déjections fécales. Elles offrent pour ainsi dire 
l'extrait sec d'un animal tout entier, dont les seules 
parties qui n'ont pu être liquéfiées se retrouvent 



NUTRITION, DIGESTION. ï45 

inaltérées, absolument dansla même situation qu'elles 
occupaient dans le cadavre , avant que celui-ci eût 
parcouru toute la longueur du tube digestif. Si c'é- 
tait un Rat , par exemple, on reconnaît, dans cette 
masse sèche et informe , la place qu'occupait le mu- 
seau de l'animal , les longues moustaclies qui gar- 
nissaient ses joues , le duvet qui recouvrait les minces 
cartilages de ses oreilles, les poils de diverses longueurs 
et couleurs qui correspondaient au dos , au ventre et 
surtout à la queue ; enfin jusqu'aux ongles qui sont 
restés dans leur état d'intégrité absolue. Tout ce qui 
était chair ou matière molle dans ce corps, a été complè- 
tement absorbé ; cependant le sel terreux qui donnait, 
par son union avec la gélatine , de la consistance aux 
os, indique encore par sa présence et surtout par sa 
couleur, la place que ceux-ci occupaient. C'est donc 
l'analyse la plus complète , opérée par la voie de la 
dissolution^ delà compression et de l'absorption, dont 
on retrouve le résidu, dans cette matière desséchée qui 
pourra cependant encore devenir, en grande partie^ 
la pâture de quelques larves d'insectes de la famille 
des Dermestcs. 

Il y a un grand rapport de structure dans la termi- 
naison des voies digesîives entre les Oiseaux et les 
Reptiles , en tant que chez tous il existe un cloaque* 
Mais les Oiseaux , qui mangent beaucoup plus et qui 
répètent plus souvent leurs repas , ne paraissent point 
tirer de leurs alimens un aussi grand profit. En géné- 
ral, les Reptiles mettent autant de lenteur à expulser 
le résidu de cette sorte d'analyse digestive , qu'ils en 
ont montrée dans l'action d'avaler ou dans l'acte de la 
déglutition. C'est pour eux, à ce qu'il paraît, un tra- 
vail long et difficile , car il s'opère à des intervalles 

REPTILES, I, 10 



l46 OAGANISAÏION DES AEftItES. 

souvent plus éloignés encore que ceux de leurs repas , 
qui sont très rares. 

Nous avons vu les changemens qu'éprouve la sub- 
stance alimentaire engagée dans les voies digestives ; 
comment, après avoir été dissoute et réduite en pulpe 
dans l'estomac , elle se trouve ensuite combinée avec 
les sucs salivaires et gastriques, et ultérieurement en- 
core avec les îiumeurs sécrétées par le pancréas et le 
foie. Alors, elle est tellement dénaturée que les 
matériaux qui la composaient, soumisà une force chi- 
mique et vitale de désorganisation , se trouvent désa- 
grégés, isolés et comprimés avec violence, et devien- 
nent aptes k se combiner de nouveau et de toute autre 
manière sous forme liquide, pour produire un com- 
posé nouveau qu'on nomme le chyle. C'est la matière 
nutritive élémentaire qui a besoin de nouvelles actions 
vitales avant d'être déposée dans les organes où elle 
sera employée à leur nutrition, à l'accroissement, à la 
réparation, et à leurs fonctions particulières ; car nous 
aimons à le répéter , il ne se fait rien de rien , il n'y a 
pas d'effet sans cause , ni d'action sans agent. 

Jusqu'ici , on n'a pas découvert dans les animaux la 
première introduction du chyle. On suppose que les 
pores qu'il traverse sont trop ténus pour qu'on ait pu 
les observer ; mais on ne tarde pas à en reconnaître la 
présence dans les vaisseaux particuliers qui le con- 
tiennent , et qu'on nomme veines chyiifères. Ils sont 
situés dans l'épaisseur ou la duplicature d'une mem- 
brane séreuse très ténue , qu'on nomme le péritoine. 
Cette merobrane recouvre toutes les parties renfermées 
dans la cavité de l'abdomen. Elle enveloppe le tube 
intestinal , de la surface duquel elle se replie pour 
former le mésentère. Ces vaisseaux ont été reconnus et 



KtJTRÏÎION, DIGESTION. l^^j 

démontrés par un mode d'injections que nous avons in- 
diqué pour les rendre perceptibles à l'aide du lait qu'on 
y introduit et qu'on rend solide ensuite par l'action de 
l'eau acidulée. On les a décrits d'après des Torlues , 
des Crocodiles , des Couleuvres et même dans les Gre- 
nouilles. Tous ces faits portent à penser, par consé- 
quent , qu'ils existent dans les Reptiles en général. Le 
liquide qu'ils renferment n'est pas du sang : c'est un 
fluide presque tout-à-fait translucide et aqueux dansles 
Chélonées , mais d'une teinte blanche et laiteuse chez 
les espèces qui se nourrissent de matières animales. Les 
canaux par lesquels il chemine, aboutissent dans d'au- 
tres vaisseaux analogues qu'on nomme lymphatiques , 
et qui proviennent du tronc et des membres ; ils se ren- 
dent dans de grosses veines sanguines , et mêlent ainsi 
cette humeur à celle du sang avant qu'il soit parvenu 
vers l'agent générai d'impulsion qu'on nomme le cœur. 
Telles sont les voies qui dirigent la matière nutritive 
dans la masse du sang pour servir à la réparation géné- 
rale, à l'accroissement, aux sécrétions et à toutes les 
fonctions qui s'exécutent dans l'économie animale. 

Maintenant que nous avons terminé l'examen de 
cette première partie de l'acte de îa nutrition, et indi* 
que les modifications principales des organes digestifs 
dans la classe des Pieptiles , il sera assez utile de résu- 
mer les particularités les plus notables que chacun des 
ordres nous a offertes. C'est cette analyse que nous 
allons présenter. 

Les Chéloniens peuvent jeûner très long-temps. 
Nous avons vu une Émyde à long col rester plus d'une 
année sans prendre de nourriture , et beaucoup d'es- 
pèces de genres différens ont offertla même particula- 
rité. Les Chélonées et les Tortues préfèrent en général 

10. 



î48 ÔRGANÏSAtriÔN BÉS REPTILES. 

les végétaux ; les Trionyx et les Chéîydes rechercîieiït 

les Poissons et les petits oiseaux aquatiques ; les 
Émyciés attaquent les animaux faibles, tels que les Mol- 
lusques , les Crustacés, les Vers , les Insectes. Tous les 
Cliélonieus ont un bec sans dents. Ils mordent sans 
lâcîier prise. Leur mâcboire inférieure est seule mo- 
bile, l'os carré ou intra-articuîaire étant soudé au 
crâne. Leurs muscles temporaux sont très forts étant 
divisés en plusieurs faisceaux qui ont des attaches 
étendues sur les os du crâne et de la face. Les Trionyx 
sont les seuls Reptiles dont les mâchoires soient mu- 
nies d'une peau molle en forme de lèvres , et les Ché- 
îydes les seules Tortues dont les mâchoires soient 
plates et la bouche très fendue. Tous les Ghéloniens 
ont la langue charnue, peu exsertile, à papilles ner- 
veuses très distinctes. L'œsophage des Chélonées est 
garni intérieurement de pointes cartilagineuses diri- 
gées de devant en arrière dans le sens de l'estomac. 
Celui-ciest dans une position traiisverse.Les intestins 
sont longs ; le foie est volumineux, à deux lobes , lo- 
geant en haut le cœur, et dans sa concavité la vésicule 
du fiel ; la rate est arrondie , médiane et fort éloignée 
du foie. Le pancréas est une très grosse glande. Chez 
tous les Ghéloniens , le cloaque est arrondi , situé sous 
la queue; on trouve dans son intérieur l'orifice de ca- 
naux qui aboutissent dans la cavité du péritoine. 

Les Sauriens offrent d'assez nombreuses variétés 
dans leurs organes de la digestion, à cause de la diver- 
sité de leurs mœurs ; en général ils mangent et boivent 
peu , ils digèrent lentement; quoiqu'on ait dit de 
quelques uns qu'ils étaient herbivores ou frugivores, 
la plupart sont très carnassiers. Les Crocodiles, les 
Gavials, les Varans se nourrissent de Poissons, de 



NUTRITION, DIGESTION. l49 

petits Mammifères et autres vertébrés ; les Monitors , 
les Iguanes , les Dragonnes reclierclient les nids des 
Oiseaux pour en dévorer les œufs ou la progéniture ; 
les Lézards , les Dragons , les Caméléons poursuivent 
les Insectes et font la chasse aux Lombrics, aux Clie- 
nilles ; les Geckos attaquentles Mollusques et d'autres 
petites espèces d'animaux. Tous lapentl'eau et lesang; 
aucun ne peut sucer ou faire le vide dans la bouche ; 
leur mâclioire inférieure est le plus souvent la seule 
mobile , quoique l'os carré ou temporal-maxillaire ne 
soit pas uni solidement au temporal , mais par ce 
mode d'articulation, la mâchoire inférieure peut avan- 
cer ou reculer en totalité sur la supérieure ; les Croco- 
diles font exception, car chez eux l'os carré étant soudé 
en arrière du crâne, ils peuvent soulever la mâ- 
choire supérieure quand l'inférieure, étant arrêtée, 
lui offre un point d'appui. Les dents des Sauriens 
varient beaucoup pour la forme dans les différens gen- 
res ; cependant elles sont toujours simples ou non 
composées et sans cément intermédiaire dans la cou- 
ronne ; quand elles sont coniques , elles ne servent 
qu'à retenir ou à transpercer la proie ; quand elles 
sont tranchantes ou dentelées en scie, elles servent à 
mâcher les chairs. Les seules Dragonnes ont des dents 
à tubercules mousses. Outre les dents qui garnissent 
l'une et l'auti^e mâchoires, les Iguanes, les Lézards, 
les Anoiis et plusieurs autres genres en ont aussi qui 
sont implantées sur les os palatins et sur les ptérygoï- 
diens. La langue est charnue et pr-otractile , souvent 
fendue à l'extrémité, excepté dans les Crocodiles, où 
elle est adhérente aux gencives. A l'exception de ces 
mêmes Crocodiles , aucun Saurien n'a de voile du pa- 
lais , aucun n'a d'épiglotte ; chez aucun la glotte ne 



l5o 0RGAN1SA.TION DES REPOPlLES. 

s'ouvre dans le pharynx. L'os hyoïde a le plus souvent 
six cornes ou appendices osseux et cartilagineux, deux 
se portent vers îe goîtFe , quand cette poche gutturale 
existe : c'est le cas des Iguanes et des Dragons, qui y dé- 
posent des Insectes comme dans des abajoues. Le foie 
offre beaucoup de variétés pour le développement et le 
nombre des lobes , ainsi que pour la position et le vo- 
lume de la vésicule du fiel j le cloaque est constam- 
ment h deux lèvres mobiles, et présente une fente dont 
le grand diamètre est en travers. 

Les Serpens sont tous carnassiers et n'avalent qu'une 
proie vivante ou qu'ils viennent de blesser; mais ils dif- 
fèrent beaucoup entre eux, suivant qu'ils s'attaquent 
h des animaux d'un grand ou d'un petit volume ; ceux 
qui sont dans ce dernier cas ont en général de moin- 
dres dimensions ; leur peau n'offre guère d'écaillés 
de formes et de grandeur différentes entre elles; leur 
bouche est a peine dilatable, car les branches de leur 
mâchoire inférieure sont, le plus souvent, soudées par 
une symphyse ; jusqu'ici on n'a pas trouvé d'espèces 
venimeuses parmi ces derniers. Les Serpens à bouche 
dilatable ontleui^s mâchoires supérieure et inférieure 
mobiles par la singulière disposition de l'os carré qui 
pousse en haut l'une et la fait avancer, quand l'autre 
s'abaisse et recule , et réciproquement. Leurs dents 
maxillaires et palatines sont toujours coniques, poin- 
tues, courbées etnepeuventservir à mâcher, mais elles 
agissent seulement coîume des crochets pour retenir 
la proie. Ces Serpens sont plus actifs et plus souples, 
ou bien ils sont doués d'une force prodigieuse. La forme 
de leurs écailles est très différente ; celles du ventre 
forment en général de grandes plaques ; aucun n'a de 
voile du palais ni d'épiglotte et par conséquent ne 



MUTRIXION , DIGESTION. l5l 

peut faire le vide dans la bouche. Leur langue est 
cylindrique; elle est formée par un tuyau cîiarnu 
rétractile; elle est fendue et se divise en deux pointes 
molles à l'extrémité, qui peut se porter hors de la 
bouche et y vibrer. La plupart, au moment oii ils 
avalent la proie entière, sécrètent beaucoup de salive 
ou une bave gluante dont ils enduisent la surface de 
leur victime ; leur oesophage est large : c'est une sorte 
de jabot ou de premier estomac ; leur tube intestinal 
est court, à peine d'un tiers plus long que l'abdomen ; 
leur foie, composé d'un seul lobe, est de forme oblon- 
gue, il recouvre le haut du tube digestif. Il y a chez eus 
un canal hépatique et un autre distinct pour la vési- 
cule du fiel, qui est toujours fort éloignée du foie ; mais 
la bile arrive par ces deux conduits vers le même point 
du tube intestinal après l'estomac; c'est au dessous de 
ce point qu'on observe la rate, qui est arrondie et située 
sur la ligne moyenne de l'abdomen. Le cloaque est à 
l'origine de la queue ; il offre une fente transversale à 
peu près comme dans les Oiseaux ; les deux lèvres 
mobiles qui le bordent sont garnies d'écaillés de for- 
mes diverses. La Cécilie, sous ce rapport, et sous 
beaucoup d'autres, fait seule exception à cette règle, 
son cloaque étant arrondi , comme dans tous les Ba- 
traciens sans queue , telles que les Grenouilles. 

Les Batraciens , et surtout ceux qui ne conservent 
pas la queue, diffèrent beaucoup, sous le rapport 
des organes de la digestion, suivant qu'ils sont encore 
têtards ou sous la forme d'embryons, ou lorsqu'ils 
sont parvenus à leur dernier état. Dans le premier 
âge , ils ont une bouche munie de lèvres et de pièces 
cornées ou coupantes qui leur servent de mâchoires 
pour diviser par fragmens les matières végétales dont 



ï52 ORGANISATION DES REPTILES. 

ils font leur principale nourriture , et alors leur tube 
intestinal se recourbe et se roule en spirale dans la 
capacité d'un ti'ès vaste abdomen arrondi ; mais ces 
mêmes animaux, lorsqu'ils sont parvenus à l'état par- 
fait, sont tout-à-fait changés au dedans comme au 
dehors, ainsi que dans leurs mœurs et dans leurs ha- 
bitudes obligées. Ils ont la bouche excessivement large, 
fendue au-delà des yeux ; ils avalent leur proie vi- 
vante et tout entière ; ils peuvent supporter long- 
temps la privation presque absolue des alimens ; ils 
croissent lentement, et leur vie se prolonge considé- 
rablement ; c'est sous ce dernier état que nous les 
avons considérés jusqu'ici et que nous allons rappeler 
les principales observations auxquelles ils ont donné 
lieu. La peau qui borde leurs mâchoires est molle, elle 
forme une espèce de gencive ou de lèvre extérieure. 
Leur mâchoire inférieure est reçue dans une sorte 
de rainure qui règne dans toute la longueur de la supé- 
rieure , et ses deux branches sont légèrement mobiles 
vers la symphyse ; cette jonction des deux mâchoires 
est complète et se ferme hermétiquement comme la 
gorge d'une tabatière par son couvercle. Cette mollesse 
des bords maxillaires est encore plus notable dans la 
Sirène et le Protée Anguillard, chez lesquels la man- 
dibule est incomplète en devant ; la plupart ont les 
mâchoires munies de petites dents coniques, aiguës, 
égales entre elles ; on en voit d'autres distribuées 
symétriquement et sur plusieurs rangs, soudées aux 
os du palais, des prémandibulaires ou des os ptérygoï- 
diens. Chez tous la langue existe, mais elle offre une 
particularité dans les espèces qui sont privées de 
queue, à l'exception des Pipas, cette langue est très 
contractile, quoiqu'elle adhère par sa base non à l'os 



WTJTRITION, DIGESTION. i53 

hyoïde en arrière , mais vers la concavité des deux 
branches de l'os sous-maxiilaire , et l'animal , lorsqu'il 
la porte au dehors, la renverse et la retourne, pour la 
retirer ensuite avec la proie qui se trouve entraînée et 
comme en fournée sur une pelîe qui l'abandonne quand 
son service est fini. Les Batraciens à queue , telles que 
les Salamandres, ont, au contraire, la langue adhérente 
aux gencives ; ils ne peuvent la porter au-dehors, et c'est 
un des caractères qui les distingue. Chez tous l'œso- 
phage est un canal large, mince, à replis longitudinaux, 
c'est une sorte de jabot ou de premier estomac qui 
ne se distingue guère du véritable que par la position, 
celui-ci étant transversal dans les espèces sans queue, 
comme dans quelques Tortues. En général le tube 
digestif est très court, à peine a-t-il une fois et demie 
la longueur totale du corps , tandis que dans les té- 
tards il avait plus de sept fois cette étendue ; cette 
modification suivant la nature des alimens est un des 
faits physiologiques des plus intéressans. 

Le foie est très gros dans les Batraciens , il est ordi- 
nairement formé de trois lobes au-dessous desquels on 
voit la vésicule du fiel qui y est adhérente ; la rate est 
ronde surtout dans les Anoures, car dans la Salamandre 
elle est de forme allongée et adhérente à l'estomac. On 
trouve chez les Batraciens des replis très singuliers 
du péritoine dans l'épaisseur desquels se dépose ou se 
sécrète une matière grasse, ordinairement colorée en 
jaune qui varie beaucoup pour la disposition dans les 
diverses espèces; on a regardé ces corps jaunes et la 
la matière adipeuse qu'ils contiennent , comme des 
sortes de rései'voirs, dans lesquels la nature a fait 
déposer une substance nutritive qui sera employée 
à l'époque où ces animaux , coraxae nous le verrons 



l54 OKGANISÀTipjf p]£S REPTILES. 

plus tard , éprouvent une sorte d'engourdissement ou 
de sommeil léthargique pendant les saisons les plus 
froides, car au printemps ces masses frangées ont di- 
minué considérablement de grosseur. La forme du 
cioaque présente encore un caractère tout particulier 
dans les Batraciens ; quoique essentiellement disposé 
de même , son orifice extérieur est très différent. 
Dans les Anoures, comme les Grenouilles, les Cra- 
pauds , il est dp forme arrondie comme dans les Tor- 
tues ; mais il est placé à l'extrémité du dos et presque 
au dessus des cuisses, tandis que dans les Salaman- 
dres, lesTritons, les Sirènes, les Ampliisbènes, il est de 
foi^me allongée avec deux lèvres latérales qui se tu- 
méfient et se colorent diversement à certaines époques 
de l'année, et c.ette fente est toujours placée au dessous 
et a l'origine de la queue , immédiatement après les 
pattes postérieures. 

De la Circulation. 

Le chyle, ou Fliumeur extraite des alimens par l'acte 
de la digestion, est le principe nutritif par excellence ; 
car c'est seulement sous la forme liquide que la ma- 
tière nouvelle peut s'introduire dans les corps orga- 
nisés pour s'identifier, pour servir aux développemens 
de leurs parties , à leur réparation , a l'accroissement 
de l'ensemble, etpour fournir sans cesse desniatériaux^ 
aux glandes qui sécrètent, et aux divers organes qui 
ont des fonctions à remplir. Nous avons dit par quelles 
voies le cliyle extrait des intestins cbezles Reptiles, à 
travers leurs parois, se trouvait transporté, cli9rrié par 
les vaisseaux absorbans pour pénétrer dans la masse 
des autres humeurs , et en particulier daiïs cette por- 



NUTRITION, CIRCULATION. l55 

tion du sang qui cheminait dans d'autres canaux qu'on 
nomme des veines ou conduits veineux. Ces veines 
qui contiennent du sang ayant déjà servi , ou dont les 
organes ont déjà retiré les matériaux qui convenaient 
à leur action, est mélangé avec d'autres humeurs précé- 
demment absorbées. Toutes ces veines viennent abou- 
tir à un organe creux , formé de fibres charnues con- 
tractiles 5 sorte de muscle creux jouissant de la double 
faculté de pouvoir se distendre et de se dilater pour 
recevoir une quantité déterminée de ce sangj; pouvant 
ensuite se resserrer avec force, contracter ses parois de 
manière à pousser ce sang dans d'autres canaux ap- 
pelés des artères. Cet organe, faisant l'office d'une 
pompe aspirante et foulante, qui est destiné à produire 
ce mécanisme d'attraction et d'impulsion , se nomme 
le cœur. Enfin ce mouvement continu par lequel le 
sang parvenu au cœur au moyen des veines se trouve 
de nouveau poussé dans toutes les parties du corps , 
se nomme la circulation. 

Pour faire mieux comprendre les modifications 
principales que cette fonction secondaire éprouve 
dans les différens ordres de la classe des Reptiles , il 
nous devient indispensable de rappeler , en peu de 
mots , comment elle s'exécute chez les animaux verté- 
brés. Nous dirons même comment elle s'opère chez 
riiomme, afin de reproduire en même temps les déno- 
minations dont nous aurons besoin pour désigner les 
variations des différentes parties du système d'or- 
ganes destinés à cet te importante opération, qui four- 
nit un véhicule ou des moyens de transport aux maté- 
riaux de la nutrition , et qui se trouve liée à plusieurs 
autres modifications dans les organes respiratoires. 

La structure du cœur varie beaucoup , quoique le 



l56 ORGANISATION DES REPTILES. 

mécanisme suivant lequel il agit reste à peu près le 
même; le cœur est toujours placé, chez les animaux 
vertébrés, près des organes respiratoires et renfermé 
dans unepoclie membraneuse, véritable sac en partie 
fibreux , dans lequel il peut se mouvoir librement , 
c'est ce qu'on nomme le péricarde. Le sang qui arrive 
au cœur par les vaisseaux qu'on nomme les veines, 
est d'abord admis dans un ou deux appendices , sortes 
de cavités à parois muscuîeuses et minces qui sont ca- 
librées de manière à n'admettre qu'une portion fixe et 
déterminée de cette humeur. Ce sont des vestibules, ou 
chambres d'attente, garnis à l'entrée et à la sortie de sou- 
papes , de clapets ou de valvules qui s'abaissent ou se 
soulèvent pour laisser entrer le sang d'un côté et per- 
mettre sa sortie par l'autre; c'est ce qu'on nomme les 
oreillettes ou les sinus du cœur; les parois, quoique 
peu épaisses, sont cependant très contractiles; ces 
oreillettes sont appliquées sur la masse charnue du 
cœur qui consiste en un ou deux muscles creux prin- 
cipaux, à fibres très compliquées, dont les cavités 
adossées l'une contre l'autre sont tantôt tout-k-fait 
distinctes , et tantôt communiquent entre elles ; c'est 
ce qu'on nomme les ventricules an cœur; leurs pa- 
rois sont beaucoup plus épaisses et ont beaucoup 
plus de force. Les orifices par lesquels le sang arrive 
ou sort de ces ventricules sont également munis de 
soupapes membraneuses disposées de manière que le 
sang qui les a soulevées pour passer dans un sens , les 
abaisse ou les ferme s'il tend à revenir dans le cours 
inverse ou k retourner d'où il vient. 

On nomme artères les vaisseaux qui proviennent du 
cœur et qui sont destinés a recevoir le sang qui a tra- 
versé les ventricules par lesquels il est poussé avec force 



KUTÏIÎTIOÎÎ, CiRCtJLAÎ'ÏOBf. ïSt 

dans les organes; ces canaux ont des parois plus épaisses, 
élastiques ; ils vont toujours en diminuant de calibre 
quand ils s'éloignent du cœur, ils n'ontpas de cloisons 
ou de soupapes à l'intérieur, excepté à leur origine ; 
ils vont en se divisant et en se ramifiant à l'infini; le 
sang y circule du tronc aux brandies. 

On est convenu d'appeler veines les vaisseaux dont 
l'origine , d'après le cours ou la direction de l'hu- 
meur qu'ils contiennent, semble commencer par des 
racines qui naissent de toutes les parties par des ca- 
naux excessivement déliés et qui se réunissant succes- 
sivement en rameaux , en branches et en troncs , 
viennent aboutir au cœur. Il y a des veines fort diffé- 
rentes les unes des autres ; telles sont celles du foie , 
des organes respiratoires , des intestins ; aucune de 
celles-ci n'a de cloisons mobiles ou de soupapes à 
l'intérieur ; mais la plupart des autres en sont munies, 
de manière que le sang ou le fluide nutritif qu'elles 
charrient ne puisse rétrograder. Les veines sont distin- 
guées en lymphatiques, en chylifères et en sanguines ; 
celles-ci renferment toujours un sang plus foncé en 
couleur, ou moins rouge que celui qui est poussé par 
les artères. 

Le système des organes circulatoires est constam- 
ment lié au mode de respiration , ou peut-être ré- 
ciproquement les organes respiratoires sont-ils modi- 
fiés par ceux de la circulation. Aucun animal ne le 
prouve mieux qu'un Reptile , car nous verrons que les 
principales modifications dans les organes de la circu- 
lation , sont toujours dépendantes de la manière dont 
s'opère l'acte de la respiration dans les différens ordres 
de cette classe. 



iS8 ORGANISATION DES REPTILES. 

Afin de mieux faire apprécier les changemens que 
l'acte de la circulation éprouve dans les Reptiles, nous 
allons d'abord en faire connaître le mécanisme géné- 
ral. Nous avons dit que le sang parvient au cœur par 
les veines, qui toutes se dirigent comme un fleuve vers 
cet agent d'impulsion ; il y arrive avec les matériaux 
divers qui ont été puisés dans la masse des organes ; 
mais ce sang n'est admis que par portions mesurées , 
et en quantités déterminées, dans la cavité de l'oreil- 
lette qui se dilate au moment où le sang, pénétrant 
dans son intérieur, force une valvule qui lui livre 
ainsi passage. Aussitôt que cette oreillette est remplie, 
elle se contracte, et pendant cette action comprimante 
sur la dose du sang veineux , ainsi mesurée , il s'opère 
deux effets : la valvule qui a servi à l'introduction se 
trouve repoussée contre le cours du sang veineux, et 
une autre valvule, qui s'ouvre du côté du ventricule, y 
est abaissée de sorte qu'il y a une communication libre 
avec l'oreillette. Bientôt cette portion de sang admise 
dans le ventricule le force à se contracter à son tour, 
et il se produit là également un double effet; les val- 
vules situées du côté de l'oreillette se trouvent soule- 
vées et oblitèrent complètement cette ouvei"ture ; mais 
en même temps d'autres soupapes , placées à l'origine 
du. tronc des artères, le plus ordinairement au nom- 
bre de trois, viennent à se soulever et à permettre au 
sang de pénétrer avec violence dans le canal des artè- 
res : celles-ci ont des parois élastiques qui se prêtent 
d'abord à une légère dilatation , mais revenant bientôt 
sur elles-mêmes, elles réagissent sur le sang, les trois 
valvules qui lui ont livré passage se réunissent en s'ap- 
pliquant les unes contre les autres, et le sang est ainsi 
forcé de cheminer par la seule voie libre qui lui reste 



ouverte jusqu'aux dernières extrémités oU vers la ter- 
minaison de ces vaisseaux. 

Nous avons dit que la couleur du sang contenu 
dans les artères était d'une teinte rouge-vif; mais cette 
couleur s'altère, se ternit quand les dernières arté- 
rioles s'abouchent dans les veinules correspondantes , 
ou quand les radicules des veines pompent cette hu- 
meur dans les organes où il s'est opéré quelque nutri- 
tion , quelque sécrétion ; le sang est alors de couleur 
Lieue ou d'un rouge-brun violet, il a en effet cette 
apparence quand il arrive au cœur. 

Nous venons de donner une idée de ce qu'on nommé 
la circulation générale; mais chez tous les animaux 
qui ont un cœur , et particulièrement dans ceux qui 
ont des vertèbres, le sang est poussé soit en totalité, 
soit en partie dans des organes spéciaux où il est sou- 
mis , à travers les pax'ois des vaisseaux , à l'action du 
fluide gazeux ou liquide qui sert à la respiration. Là , 
comme nous le ferons connaître avec plus de détails 
par la suite , lé sang veineux change de nature et de 
propriétés ; sa teinte devient d'un rouge plus vif; enfin 
il prend tous les caractères du sang artériel : c'est ce 
qu'on nomme l'hématose. Ainsi modifié, il est re- 
pompé par des veines qui se réunissent peu à peu en 
branches plus grosses, pour se rendre enfin dans l'une 
des oreillettes du cœur, au moins chez les animaux 
qui respirent dans l'air. Ce sang alors rentre dans la 
circulation générale, et il est de nouveau mis en mou- 
vement par la contraction du ventricule , comme 
nous venons de l'exposer plus haut. 

Il était nécessaire de rappeler ces généralités avant 
de faire connaître comment la circulation s'opère dans 
la classe des Reptiles , et pour faire apprécier les mo- 



ï6o ORGANISÀTIOH DES REPTILES. 

dificalions que cet acte de la vie présente dans chacun 
des ordres. 

Dans les Mammifères et les Oiseaux, il y a une 
double circulation complète. La totalité du sang vei- 
neux est forcée de passer par les vaisseaux des pou- 
mons pour y recevoir les caractères et les propriétés 
du sang artériel , avant d'être cliasséede nouveau dans 
le système circulatoire général ; de manière que l'acte 
de la respii-ation est continuel, régulier ; qu'il ne peut 
être suspendu long-temps sans que le sang ne soit 
complètement altéré. Or, on a acquis la preuve posi- 
tive que le sang complètement veineux ne peut servir 
à maintenir l'action régulière des organes ; de sorte que 
cliez tout animal dans lequel la masse du sang est obli- 
gée de passer en entier dans les poumons , quoique 
par portions successives, la vie cesse dès le mo- 
ment où la respiration est tout-k-fait arrêtée. Il n'en 
est pas de même des Reptiles , cliez lesquels les pou- 
mons ne reçoivent qu'une partie fractionnée de la 
masse du sang veineux; de sorte que leur respiration 
n'agit jamais sur cette humeur que d'une manière par- 
tielle, car une grande portion du sang retourne aux 
parties avant d'avoir éprouvé ce changement ou cette 
modification de veineuse en artérielle , qu'on appelle 
l'hématose. Cette circonstance semble exercer la plus 
grande influence sur leur mode d'existence. D'abord 
leur circulation s'opère généralement avec lenteur, 
et se trouve influencée d'une part parleur volonté, en 
tant qu'ils peuvent respirer plus ou moins lentement , 
et d'autre part, d'après l'état de l'atmosphère dans la- 
quelle ils vivent, parce que l'action en est accélérée par 
la chaleur et ralentie par le froid. De là l'inconstance 
çula variabilité de la chaleur propre de leur corps, La, 



NUTRITION, CIRCULATION. l6l 

température ne restant pas la même , comme dans les 
animaux dits à sang chaud ;, c'est ce qui les a fait dési- 
gner à tortsous le nom d'iiémacrymes ou à sang froid; 
leur chaleur s'élevant lieaucoup dans quelques cas et 
s'abaissant presque comme celle des milieux dans les- 
quels ils sont plongés. Dans le premier cas, leur cir- 
culation semble être plus active, et par suite leur res- 
piration, ainsi que toutes les autres fonctions ; dans 
l'autre, les facultés paraissent se ralentir et même 
pouvoir être suspendues. On a vu en effet des Rep- 
tiles vivre encore Irèslong-lemps après avoir été privés 
du cœur ou de l'agent destiné k mettre leur sang 
en mouvement. 

Cependant tous les Reptiles ont un coeur renfermé 
dans un péricarde. Il est constamment situé au dessus 
du foie et à la base ou sous Vorigine des poumons. Cet 
organe présente des variations quant au nombre des 
oreillettes et k leur situation relative, et surtout quant 
aux cavités ou loges plus ou moins complètes et dis- 
tinctes dont le ventricule est composé. Chez tous on a 
observé des vaisseaux lymphatiques, chylifères, vei- 
neux et artériels, et dans ces derniers un mouvement 
de pulsation, savoir : un mouvement de resserrement 
ou de systole et un autre de diastole, c'est-à-dire de re- 
lâchement ou de dilatation. C'est même chez les Gre- 
nouilles et dans l'épaisseur des membranes minces qui 
réunissent les doigts des pattes postérieures que l'on a 
pu,k raison de leur transparence et k l'aide du micro- 
scope , bien constater comment s'opère le passage du 
sang artériel dans les premières racines des veines. 

Nous n'entrerons pas dans les détails anatomiques 
de la distribution des vaisseaux artériels et veineux 
chez les Reptiles , car elle a beaucoup de rapports avec 

REPTILES, I. II 



l6^ ORGANISATION DES REPTILES. 

ce qu'on en connaît dans les animaux d'un ordre plus 
élevé ; mais comme l'agent de cette circulation pré- 
sente d'assez grandes différences dans trois de ces 
ordres , nous allons les faire connaître, au moins dans 
ce qu'ils offrent de plus remarquable. 

Le cœur des Tortues , par sa forme et sa structure 
tout-à-fait singulières, a excité les recherclies de grands 
anatomistes^qui en ont donné de très bonnes figures(i ). 
La masse en est généralement courte et épaisse, elle 
offre surtout beaucoup de largeur transversale ; le 
ventricule unique en apparence quand il est vu au 
dehors, occupe la partie inférieure du péricarde, qui 
est logé lui-même dans une excavation de la région 
médiane et supérieure du foie ; la partie inférieure de 
la masse cbarnue ou ventriculaire est convexe, arron- 
die; les principaux vaisseaux qui en naissent, et les 
oreillettes , sont situés dans la région supérieure. Il y 
en a deux qui sont adossées et séparées par une cloi- 
son moyenne qu'on n'aperçoit point au dehors ; elles 
ont de très grandes dimensions et elles peuvent ad- 
mettre beaucoup plus de sang que la cavité du ventri- 
cule ne peut en contenir. C'est dans l'oreillette droite 
que viennent aboutir les grandes veines générales du 
corps, tandis que celles qui proviennent des poumons, 
pour en rapporter du sang rouge, se rendent dans 
l'oreillette gauche qui est un peu plus petite. Bien 
qu'il y ait deux oreillettes séparées complètement, le 
ventricule n'a cependant qu'une cavité commune, et 
les deux sangs, veineux et artériel, quoique passant 



(1) DuvERNEY et MÉRY, Mémoircs de l'Académie des Sciences. 
Pai'is, 1699, 1703. 
BoJANus , AtJalome Testudinis Europe» , pi. axix, fig. 160 à 169. 



NUTRITION, CIRCULATION. l63 

par des trous munis de soupapes différentes , se trou- 
vent bientôt unis et confondus par leur mélange, en 
traversant le tissu fibreux musculaire qui cloisonne 
les parois de ce ventricule ; de manière que la ma- 
jeure partie du sang artérîalisé se dirige vers les gros 
troncs qui correspondent à l'aorte, et que le sang vei- 
neux pénètre dans une sorte de loge, qui par ses con- 
ti^actions le pousse plus spécialement vers le tronc 
commun des artères pulmonaires pour y être soumis 
à Faction vivifiante de l'air atmosphérique. 

Dans les Crocodiles la structure du cœur est encore 
plus compliquée que cliez les Tortues; il y a aussi deux 
oreillettes , mais le ventricule est ovalaire ou conique. 
On trouve dans l'intérieur de cette partie cliarnue des 
poches incomplètes ou dont les parois sont percées de 
trous par lesquels le sang communique de TuBe s l'au- 
tre ; l'une de ces loges en particulier correspond à 
l'oreillette droite , par laquelle arrive tout le sang vei- 
neux du corps. La majeure partie de ce saug, au mo- 
ment où s'opère la systole , ou le mouvement de, 
contraction , se trouve poussée dans le tronc de l'aorte 
descendante gauche, qui se distribue entièrement aux 
viscères abdominaux : les deux autres loges admettent 
des portions de ce sang veineux, mais surtout celai 
qui revient des poumons , et ce sang ainsi revivifié 
prend de suite une autre route ; il se rend dans î'aorte 
descendante droite , laquelle fournit les artères des 
membres , en même temps que celles de la tête ou les 
carotides. 

Dans les autres Sauriens le cœur n'est plus en gé- 
néral aussi voisin du fo e; sa forme est conique, il a 
deux oreillettes et deux loges qui communiquent entre 
lies, creusées dans le ventricule, l'une très grande 



ï64 ORGtAKISATIOK des REP-tlLES. 

qui admet tout le sang veineux , et l'autre pluspetitè> 
qui reçoit le sang artérlalisé dans l'épaisseur des pou- 
mons , est destinée a le diriger ainsi à son retour et di- 
rectement dans les organes de la vie animale, c'est- 
à-dire aux muscles et au système nerveux , à peu près 
comme dans les Crocodiles. 

Il y a trop peu de différences entre le cœur des Ser- 
pens et cel lù de la plupart des Sauriens, pour que nous 
croyions nécessaire de les rappeler ici. 

Mais dans les Batraciens , les organes qui servent à 
la circulation présentent les modifications les plus re- 
marquables. Cet acte de la fonction nutritive s'opère 
par un mécanisme qui varie suivant les époques de la 
vie de l'animal quand il subit des métamorphoses , et 
c'est le cas du plus grand nombre. Dans les premiers 
temps de leur existence, la totalité de leur sang est 
chassée par le cœur dans les vaisseaux desbrancbies, et 
alors le mode de la circulation est absolument le même 
que celui des Poissons, au moins chez les espèces que 
l'on a pu bien étudier; ainsi il n'y a qu'une oreillette 
au cœur, ou plulôt la cloison qui s'y trouve vers le 
point où le sang artérialisé y arrive par les veines 
pulmonaires, est à peine distincte, et le sang veineux 
qui y parvient parla grosse veine cave, pénètre de suite 
dans un ventricule unique; celui-ci , en se contrac- 
tant, pousse le sang dans un seul tronc artériel qui 
porte à sa base, près des valvules, une sorte de bulbe 
ou de renflement contractile. Cette artère contient du 
sang noir ou veineux , elle se divise alors en deux 
troncs , cliacun de ceux-ci se porte l'un à droite, l'au- 
tre à gauche, et alors ils se subdivisent en deux, 
en trois ou quatre branches, selon le nombre des 
houppes ou fcuijlets branchiaux en suivant leurs 



NUTRITION, CIRCULATION. 1 65 

arceaux; là ces vaisseaux , dans leurs dernières extré- 
mités, s'abouclient avec des troncs veineux, mais 
déjà le sang a pris la couleur et les propriétés de celui 
des artères. Ces veines artérieuses se réunissent suc- 
cessivement pour foi'mer, par deux gros troncs princi- 
paux , l'origine d'une aorîe eu grosse artère unique , 
descendante, qui, dès sa formation, se trouve placée 
sous la tête, à laquelle elle fournit beaucoup de ra- 
meaux, et le plus ordinairement à l'un et à l'autre 
membre antér-îeur; cette grosse artère continue de 
descendre au devant de la colonne vertébrale. Nous 
venons par conséquent de rappeler ce qui a lieu dans 
la plupart des Poissons. Nous avons suivi nous-même 
les détails de cette circulation. C'est ainsi que Rusconi 
les a figurés dans ses rechercbes anatomiques sur le 
Protée Anguiliard, et que Cuvier les a décrits cliez 
la Sirène, l'Axolotl, les larves des Salamandres et 
dans les têtards des autres espèces de Batraciens sans 
queue. 

Nous avions besoin d'exposer d'avance ces particu- 
larités qui se trouvent dans la dépendance du mode de 
la respiration, pour expliquer les modifications que 
présentent la structure des principaux organes de la 
circulation et la distribution des vaisseaux dans les 
Batraciens, lorsqu'ils ne respirent plus uniquement 
que par des poumons. A cette époque, et à mesure que 
les branchies du têtard se détruisent et se trouvent 
absorbées, les artères veineuses qui s'y distribuaient 
diminuent de calibre , et finissent enfin par s'oblitérer 
complètement : mais alors l'une d'elles, qui est la 
première, se développe et reçoit l'une à droite, l'autre 
à gauche, la totalité de ce sang, et de là proviennent 
des troncs principaux au i^ombre de trois, l'un pour 



Ï$Ô ORGAMISATION DES REPTILES. 

îa tête correspondant à la carotide , un autre pour les 
membres antérieurs ou une Lracliiale , et enfin, une 
plus grosse pour le poumon celluleux ou aérien , qui 
prend un très grand développement. Le reste du tronc 
principal se rapproclie de la ligne médiane , se réunit 
à son congénère pour constituer la véritable aorte qui 
fournit aux viscères et aux autres parties, et spéciale- 
ment aux membres abdominaux, qui acquièrent de très 
grandes dimensions k cette époque. 

Nous résumerons ces principales variations des or- 
ganes circulatoires dans les Reptiles, quand nous 
aurons fait connaître les différences qu'ils offrent dans 
ceux de la respiration. 

De la Respiration. 

Chez tous les animaux dont les organes de la respi- 
ration sont bien connus, on sait que le cîiyle, ou 
riiumeur nutritive par excellence, qui provient des 
alimens, a besoin d'être soumis a l'action du fluide 
dans lequel ces êtres se trouvent appelés à vivre, pour 
y acquérir d'autres qualités, et surtout de nouvelles 
propriétés. Des instrumens particuliers sont consa- 
crés à cette grande opération, que l'on nomme la 
respiration. Ce cliyle, d'abord renfermé dans des 
vaisseaux spéciaux, vient à être versé dans des veines; 
il est là mélangé avec du sang noir qui a déjà circulé 
dans le reste du corps, où il avait été poussé par les 
artères , après avoir abandonné certaines parties 
constitutives, et s'être chargé aussi de diverses hu- 
meurs, qui ont été absorbées ou reprises dans les dil- 
férens organes où leurs racines sont plongées. 

Aucun être organisé ne peut vivre sans air j les vé- 



NUTRITION, RESPIRATION, 167 

gétaux et les animaux aquatiques le retirent de l'eau. 
L'oxygène sert à la vie comme à la combustion, et le 
feu s'éteint, comme l'existence, lorsque l'oxygène est 
usé. L'air qui en a été épuisé par la respiration n'agit 
plus sur le sang. La couleur du sang artériel lient à 
cette action, car il devient noir chez un animal que 
l'on empêche de respirer. Chez le fœtus , qui n'a pas 
reçu l'air, le sang est noir; et du sang veineux devient 
rouge quand il est mis en contact avec l'oxygène. 
L'acte de la respiration consiste en ce que le sang est 
étalé sur une grande surface ; là, malgré les parois des 
vaisseaux, il éprouve une sorte de combustion lenle. Il 
devient propre à exciter l'irritabilité de la fibre orga- 
nique, et d'autant plus que la circulation est plus ra- 
pide. Quand la respiration est suspendue, elle amène 
l'engourdissement et la léthargie. 

Les organes respiratoires diffèrent dans les animaux 
vertébrés, suivant la nature du fluide à l'action du- 
quel le sang doit être soumis. Quand c'est l'air atmo- 
sphérique, ce gaz pénètre dans l'intérieur de vésicules 
membraneuses, dont les parois , d'une ténuité excessi- 
ve , sont presque entièrement formées de ramifications 
vasculaires. La masse totale de ces vésicules aériennes 
porte le nom àe poumons. Chez les espèces auxquelles 
l'eau sert à la respiration , les instrumens de la vie ap- 
pelés à remplir cette fonction forment des appareils 
membraneux qui ont l'apparence de feuillets , de 
houppes ou de panaclics ramifiés, dans l'épaisseur des- 
quels le sang se distribue par des divisions et subdivi- 
sions nombreuses de vaisseaux ; mais c'est toujours 
sur la surface de ces membranes appelées branchies j 
que l'eau fournit les principes de l'hématose, ou que 
s'opère le changement du sang veineux noir qui de- 
vient rotige et artérieL 



l68 ORGANISATION DES RÊfTILES. 

Dans les deux modes principaux de la respiration 
que nous venons d'indiquer, il se passe trois ordres 
de pliénoraènes ou d'effets naturels , qui s'exercent 
constamment ; ils varient beaucoup , surtout parmi 
les Reptiles. Les premiers sont tout-à-fait mécani- 
ques, mais ils dépendent de la disposition appropriée, 
mais variable , des os et des muscles , qui font l'of- 
fice de leviers et de puissances actives mises en jeu 
pour attirer successivement des portions du fluide, 
et pour les mettre en contact avec les vaisseaux des pou- 
mons ou desbrancîiies. Ils agissent ensuite pour les ex- 
pulser, et pour en appeler de nouvelles quantités dans 
le même but. Aux seconds, que nous avons nommés 
chimiques, se rapportent les modifications que le sang 
éprouve dans l'acte respiratoire, pendant lequel du 
gaz oxygène est absorbé, tandis que de l'eau et du gaz 
acide carbonique sont dégagés dans des proportions 
qui varient d'après le nombre et la grosseur des ca- 
naux par lesquels le sang noir est poussé dans des 
poumons ou dans des branchies dont l'étendue est su- 
jette à varier, et dans des intervalles de temps plus ou 
moins rapprochés ou éloignés. La troisième circon- 
stance qu'il faut apprécier est l'influence que doivent 
exercer sur l'existence de l'animal ces actions physi- 
ques et chimiques, en tant qu'elles excitent ou ralen- 
tissent la plupart des phénomènes de la vie ; la circula- 
tion étant modifiée par la respiration , et déterminant 
ainsi plus ou moins de mouvemens , d'excitation dans 
la sensibilité, d'abondance et de variétés dans les sé- 
crétions, de chaleur naturelle, ou de résistance au 
froid, etc. 

Les faits principaux relatifs à ces phénomènes se- 
ront exposés, et résulteront de l'étude que nous al- 
lons faire d'abord de la fonction respiratoire dans la 



NUTRITION, RESPIRATION. 169 

classe des Reptiles, comparée à celle des Mammifères 
et des Oiseaux d'une part, et de l'autre k celle des Pois- 
sons, animaux avec lesquels certaines espèces sem- 
blent former une sorte de passage ou de liaison natu- 
relle. Nous indiquerons ensuite les particularités qui 
pourront être offertes dans chacun des ordres que 
nous serons obligés d'examiner successivement, tant 
ils pi'ésentent de différences. 

L'un des principaux caractères qui distinguent les 
Reptiles d'avec les Oiseaux et les Mammifères est le 
mode de leur respiration, et les conséquences qu'il 
entraîne. On sait en effet que dans ces trois premières 
classes d'animaux vertébrés , la respiration s'opèx^e 
dans des poumons, organes vésiculaires dans lesquels 
l'air atmosphérique entre et sort par une seule et même 
ouverture; que ces gaz, mis ainsi en contact médiat 
avec le sang veineux , le font changer de nature en lui 
donnant tous les attributs qui le rendent propre à par- 
courir de nouveau l'économie animale , pour exercer 
son influence sur toutes les parties dans lesquelles il 
est distribué. Chez les animaux à mamelles et chez les 
Oiseaux , le coeur est composé de deux appareils dis- 
tincts, mais tellement rapprochés qu'ils semblent se 
confondre. Ce sont cependant , à vrai dire , deux 
coeurs ; l'un veineux , occupant la partie droite , 
formé d'un ventricule et d'une oreillette , reçoit tout 
le sang noir et le chasse en entier dans les poumons, 
sans interruption et de la manière la plus régulière et 
la plus constante. Mais dans le même temps et pour 
ainsi dire par un seul mouvement, le second appareil 
formant la partie gauche du coeur, qu'on nomme aor- 
tique ou artérielle, et qui est également composée 
d'une oreillette et d'un ventricule , reçoit d'abord et 



I^O ORGANISATION DES REPTILES. 

uniquement le sang vivifié dans les poumons; puis il 
le pousse en lotalilé dans un tronc commun qui four- 
nit par suite toutes les artères destinées à se distribuer 
dans les diverses parties du corps. 

C'est a cette disposition et à ce jeu régulier des or- 
ganes de la circulation , que les physiologistes attri- 
buent le besoin qu'ont les animaux de ces deux classes 
de respirer d'une manière continue , et la faculté dont 
ils sont doués de conserver et de produire un degré de 
cîialeur qui reste presque constamment le même dans 
des températures plus basses ou plus élevées. 

Dans les Reptiles, plusieurs circonstances modifient 
cet état de clioses. D'abord, comme nous l'avons dit, 
il n'y a réellement pas deux cœurs distincts ; ensuite, 
la totalité du sang veineux n'est pas poussée dans leurs 
poumons. Il en résulte que chez ces animaux, la res- 
piration peut être ralentie , suspendue même complè- 
tement, sans que pour cela la circulation se trouve 
arrêtée. De sorte que la plupart peuvent plonger 
très long-temps, être ensevelis sous la terre, et conti- 
nuer de vivre pendant un espace de temps considé- 
rable. 

Le mécanisme de la respiration aérienne des Reptiles 
diffère beaucoup de celui qu'on a observé dans les 
deux classes supérieures , et que nous croyons néces- 
saire de rappeler pour en faire mieux apprécier les mo- 
difications. 

D'abord , chez les Mammifères en général , la cavité 
qui renferme les poumons et le cœur, et qu'on nomme 
la poitrine ou ie thorax, est tout-à-fait close en bas, 
quoique séparée sur sa longueur en deux portions h 
peu près égaies. La région du dos reçoit autant de 
côtes qu'il y a de verlèbres. Ces côtes elles-mêmes se 



JNCTRITION , RESPIRATION, j 'J i 

joignent en avant et sur la ligne médiane, par l'inter- 
mède de cartilages, à un ou plusieurs os qui constituent 
le sternum. Les espaces compris entre ces côtes sont 
complètement remplis par des membranes et des 
muscles, et au bas de la poitrine se trouve constam- 
ment une cloison musculeuse qui la sépare de la cavité 
de l'abdomen: c'est ce que l'on nomme le diaphragme. 
Le mécanisme de toutes ces pièces est tel qu'il repré- 
sente un véritable soufflet pneumatique, et que, par 
leurs mouvemens combinés, tantôt l'espace intérieur 
qu'elles enclosent tend à être augmenté ou agr-andi en 
diverses dimensions, et qu'alors le vide viendrait à 
s'opérer; mais un caiiai qui communique avec l'air ex- 
térieur, et qu'on nomme la trachée, s'oppose à cet ef- 
fet. Cette trachée , dont les ramifications dans les pou- 
mons sont appelées bronches , vient se terminer 
du côté de l'arrière-bouche, dans un appareil parti- 
culier nommé le larynx ; et là, ce canal se trouve en 
communication avec l'air atmosphérique, qui pénètre 
par son poids dans la cavité des narines avec d'autant 
plus de facilité, qu'il s'y trouve pour ainsi dire attiré 
par l'action du vide qui a lieu dans la poitrine. Voilà 
comment s'opère le mouvement inspiratoire. L'effet 
contraire, ou l'expiration, est produit par le même 
mécanisme, agissant en sens inverse. La capacité de 
la poitrine venant à diminuer, les poumons se trouvent 
comprimés et l'air en est chassé par la même route qui 
lui avait livré passage. 

Quoique dans les Oiseaux cet arrangement soit un 
peu différent, l'action est à peu près la même. Les 
côtes sont moins mobiles , il est vrai , sur l'échiné ; 
mais le mouvement est surtout déterminé par i'éloi- 
gaem@^t et le rapprochement alternatif du sternum et 



I^a ORGANISATION DES REPTILES. 

des pièces osseuses qui joignent cet os aux c6tes, les- 
quelles sont à peu près fixes. Les poumons ne sont pas 
non plus renfermés dans une cavité particulière; ce- 
pendant le vide tend aussi à se produire sur leur sur- 
face : ce qui les fait gonfler en attirant l'air qui y pé- 
nètre également dans des bronclies et par une trachée 
dont les dispositions varient Leaucoup, mais pour un 
autre usage; car elle communique toujours avec la 
bouche par une glotte ou par une ouverture mobile, et 
elle reçoit également l'air qui y pénètre par les arrière- 
narines, dont l'orifice extérieur se voit au-dessus du 
bec. 

Le tissu des poumons, dans ces deux classes, est 
entièrement composé de vaisseaux et de membranes 
formant des vésicules dont les cellules sont excessive- 
ment déliées. Quelquefois cependant, comme dans la 
plupart des Oiseaux , ces organes communiquent avec 
des sacs aériens qui se portent dans divers organes; 
de plus, l'action de ces poumons est continue et reste 
absolument la même pendant toute la durée de la 
vie. 

La structure et le mécanisme des organes respira- 
toires que nous venons de rappeler ne sont plus abso- 
lument les mêmes chez les Reptiles. Il y a bien quel- 
ques dispositions générales de structure analogues, et 
qui se retrouvent dans le plus grand nombre , de sorte 
que l'effet produit est à peu près semblable chez tous ; 
mais l'action mécanique , ou les procédés suivant les- 
quels la respiration s'opère , présentent de si grandes 
différences dans chacun des quatre ordres de cette 
classe , que nous sommes obligés d'aller les y étudier 
successivement. 

Les poumons des Reptiles ne sont pas conformés de 



WUTRIÏIOW, RESPIRATIOÎfi Ï'J$ 

maiiière à recevoir la totalité du sang veineux qui ar- 
rive au cœur ; ils n'en admettent que des portions dé- 
terminées dans chaque mouvement de systole. Il n'y a 
même pas de nécessité absolue que le sang y pénètre ; 
car le défaut de dégorgement n'arrête pas la circulation 
générale. C'est ce qui fait que la respiration de ces ani- 
maux est pour ainsi dire incomplète, et jusqu'à un 
certain point volontaire ; qu'elle est ralentie ou accé- 
lérée arbitrairement, suivant qu'ils veulent bien y faire 
pénétrer plus rarement ou plus fréquemment l'air at- 
mosphérique. Tout porte à croire que c'est à cette dif- 
férence dans le mode de la circulation pulmonaire 
qu'on doit attribuer le peu de constance, la variabilité 
de la température de leur corps, qui tend sans cesse a 
se mettre en unisson avec la chaleur des objets qui les 
avoisinent ou des fluides dans lesquels ils sont plon- 
gés. De sorte qu'aucun de ces animaux ne peut déve- 
lopper de chaleur artificielle, soit pour la communi- 
quer à sa progéniture, comme le font les Mammifères, 
soit pour couver ses oeufs, ainsi que nous le voyons 
dans la plupart des Oiseaux. 

Les espèces qui ont des poumons n'offrent jamais 
de véritable diaphragme ; mais leurs poumons sont 
en général plus libres dans la cavité abdominale que 
chez les Oiseaux. Le plus souvent, leur trachée ne 
s'y divise pas en bronches, et les cellules qui les for- 
ment présentent dans leurs dimensions, toujours ap- 
préciables , des modifications nombreuses. Aucun n'a 
de véritable épiglotte destinée à recouvrir le larynx; les 
seuls Crocodiles semblent avoir une sorte de voile du 
palais mobile sur les arrière-narines. Chez tous les 
autres , en effet, la glotte s'ouvre dans la bouche et non 
dans l'arrière-gorge, comme dans les Mammifères. 



ir^ ORGANISATION DES REPÎILES. 

Quoique îe mécanisme de la respiration ait , dans 
quelques cas, assez de rapports avec celui des Oiseaux, 
les différences sont le plus souvent très notables, ainsi 
que nous allons l'exposer. 

Les Lézards et les Serpens sont véritablement les 
seuls Reptiles qui puissent respirer mécaniquement 
avec les os de la poitrine, ou plutôt à l'aide des côtes 
qui sont mobiles sur l'écliine, et qui semblent soutenir 
et faire mouvoir les parois d'un soufflet. Encore y a-t- 
il de grandes différences, sous ce rapport, entre les 
deux ordres ; les Sauriens ayant les côtes réunies par 
leur partie antérieure, soit entre elles, soit avec un 
sternum plus ou moins large , et dont la mobilité va- 
rie; et les Opliidiens ayant toujours les côtes libres à 
l'extrémité antérieure : ce qui permet ainsi au ventre 
de se dilater considérablement. 

Dans les Cheloniens et les Batraciens, jamais les 
côtes ne sont employées à l'acte de la respiration. D'a- 
bord, danslesTortr.es, tous ces os sont soudés entre eux 
etavecl'écliinejleplus souvent même avec le sternum, 
pour former la carapace et le plastron ; ensuite, dans 
les Grenouilles , les Salamandres et les autres genres 
voisins, ou les côtes n'existent pas , ou bien elles sont 
trop courtes pour être employées à cet usage. En effet, 
dans l'une ou l'autre circonstance, le mécanisme de 
la respiration est complètement changé ; il se rappro- 
clie tout-à-fait du mode qui a été observé dans les 
Poissons. L'inspiration s'opère par de petits mouve- 
mens successifs d'une sorte de déglutition de l'air. 

Après avoir ainsi rappelé ces dispositions générales 
des organes de la respiration des Reptiles , nous allons 
les étudier dans cliacun des ordr-es. 

Toutes les Tortues ont deux poumons situés dan» 



îfUÏRïTÏON, EESPIRÀTÏON. 1^5 

l'intérieur et au dessous de la carapace , au dessus des 
viscères abdominaux, l'un à droite et l'autre h gauclie. 
Quand ils sont gonflés, ils occupent un très grand es- 
pace , et ils peuvent ainsi contenir beaucoup d'air, 
comme dans une sorte de réservoir. La tracliée four- 
nit à cbacun d'eux une bronclie principale cylindrique, 
mais dontlespai'ois élastiques, quoiquecartilagineuses, 
ne sont pas soutenues par des anneaux ou bandes 
circulaires , ou en demi-cercles. îl existe là une sorte 
de réseau solide qui disparaît aussitôt que les embran- 
cliemens pénètrent dans une des grandes cellules qui 
semblent être séparées les unes des autres par des 
cloisons membraneuses dont les traces sont même le 
plus ordinairement apparentes au deliors , surtout 
quand les poumons sont dilatés par l'air. Chacune de 
ces grandes cellules se trouve creusée d'autres petites 
cavernes dans les parois membraneuses desquelles se 
ramifient des vaisseaux sanguins en très grand nombre. 
Des artères veineuses y pénètrent et sont fournies par 
les troncs, qui sont sous l'impulsion de la loge pulmo- 
naire du ventricule du cœur. Les veines artérieuses 
qui en sortent viennent aboutir dans l'oreillette gau- 
che; mais le sang qu'elles y apportent se trouve en 
grande partie mêlé avec celui des veines, et c'est ainsi 
qu'il est poussé dans les grosses artères. 

L'air ne peut arriver dans ces poumons que par un 
mécanisme particulier, si nous nous rappelons que 
les côtes et le sternum ne sont pas en général suscep- 
tibles de mouvement ; qu'il n'y a ni épiglotl e , ni voile 
du palais, ni diaphragme ; que la glotte qui s'ouvre par 
une fente longitudinale se voit dans la bouche , un peu 
en arrière de la langue, dont la base peut la recouvrir 
lorsqu'elle se dirige en arrière , et lui communique au 



t'jÔ 0R&AÎÎI8A,XI0N DES REPTILES. 

contraire plus de longueur lorsqu'elle se porte en 
avant. Il résulte de cette conformation et de la manière 
dont les narines s'ouvrent sous la partie antérieure de 
la voûte palatine , que l'air doit pénétrer facilement 
dans la cavité buccale, car la partie inférieure , ou le 
plancher mobile compris dans la concavité et l'écarte- 
ment des brandies de la niiiclioire, peut d'abord s'a- 
baisser, puis se relever par la contraction des muscles 
qui agissent sur l'os liyoïde. Dans le premier cas, la 
bouclie est remplie d'air, et la partie libre et cliarnue 
de la langue s'applique, comme une soupape, sur les 
orifices des arrière-narines. Le gaz introduit se trouve 
donc emprisonné et comprimé ; il est forcé d'entrer 
dans la trachée par l'orifice de la glotte , qui s'élargit 
et puis se ferme ; de manière qu'à chacun des mouve- 
mens de ces sortes de déglutition d'air, le poumon s'en 
trouve successivement chargé, comme la crosse d'un 
fusil à vent est remplie à l'aide de coups de piston. 
Toutes les autres modifications de l'acte respiratoire 
des Tortues, dans ce qui est relatif à sa suspension 
momentanée ou prolongée , à la formation de la 
voix, etc., rentre dans les circonstances générales 
que nous aurons à reproduire pour tous les autres 
Reptiles. 

Chez les Sauriens , le mécanisme des os de la poi- 
trine est complet, et c'est par les mouvemens des côtes 
et du sternum que s'exécutent les deux actions qu'exige 
la respiration ; d'unepart, quand le sternum étantéloi- 
gné de l'échiné , les arceaux qui ceignent la poitrine se 
trouvent distendus; et de l'autre, lorsque pendant 
l'expiration, les diamètresde la cavité diminuent. C'est 
par conséquent à peu près le cas des Oiseaux, et, 
«quoiqu'il y ait d'assez grandes différences entre le^ 



NUTRITION, RESPIRATION. I^'^ 

espèces de Sauriens dans le nombre et la forme des 
côtes, dans la nature de leurs mouvemens, et surtout 
dans la disposition et le mode de leurs jonctions avec 
le sternum, ce n'est pas sous ce rapport que la respi- 
ration offre le moins de différences. Il nous suffira de 
citerdansles Crocodiles le sternum abdominal, qui s'é- 
tend depuis les épaules jusqu'aux os pubis; dans les 
Caméléons et lesLopliyres, laplupart des côtes se joi- 
gnant entre elles par des cartilafjes très flexiblesvers la 
ligne médiane; et enfin dans les Dragons , comment 
quelques unes des côtes grêles, très prolongées et insi- 
nuées dans la duplicature de la peau des flancs, comme 
les touclies flexibles d'un éventail entre les deux 
lames de l'étoffe ou du papier qui les garnit, servent 
ainsi à soutenir l'animal dans l'air a l'aide d'un véri- 
table parachute. 

Au reste, c'est un des caractères distinctifs des 
Reptiles de cet ordre d'avoir un sternum entre les 
côtes, quoiqu'il se trouve réduit, pour ainsi dire, à un 
simple rudiment dans les dernières espèces , celles 
qui , comme les Opliisaures et les Orvets , ont été même 
rangées pendant long- temps avec les Serpens, parce 
qu'elles sont en outre privées de membres articulés. 

Un autre caractère, non moins constant, c'est d'a- 
voir deux poumons distincts et à peu près de même 
volume , placés k droite et a gauche au-dessus des vis- 
cères. En général ils sont moins prolongés vers le 
bassin que chez les Tortues, et même dans les Croco- 
diles ils ne pénètrent pas dans la cavité abdominale. 
Les Caméléons et les Lophyres ont ces organes ex- 
cessivement développés et munis, en outre, d'appen- 
dices frangés qui s'insinuent entre les viscères conte- 
nus dans la même cavité. La trachée se comporte à peu 

REPTILES, I. 12 



1*)S ORGlWISATIOîr DÉS REPtILEâ. 

près comme dans les Tortues ; cependant dans les Cro- 
codiles elle est membraneuse en arrière , et les bron- 
clies cartilagineuses restent plus long-temps distinctes 
dans le tissu des poumons. Ceux-ci forment, dans la 
plupart des Sauriens, deux sacs coniques , dans l'inté- 
rieur desquels on observe des cellules polygones qui 
vontsuccessivement en augmentant d'étendue vers les 
parties les plus éloignées de celles par lesquelles l'air 
pénètre dans la tracbée. 

Dans quelques genres, comme les Anolis, les Camé- 
léons, il existe une sorte de pocbe sous la gorge, qui 
communique avec la tracbée et qui représente un goi- 
tre analogue à celui des Iguanes et des Dragons ; mais 
cliez ceux-ci , cette loge est destinée à remplir l'office 
d'abajoue , de garde-manger , ou de réservoir pour les 
alimens. 

Au reste , cbez tous les Sauriens la circulation pul- 
monaire est à peu près la même que cbez les Tortues , 
et les résultats de la respiration ont les plus grands 
rapports. 

Les Serpens sont les seuls animaux à poumons qui 
aientde longues ettrès nombreuses côtes toutes osseu- 
ses, absolument libres en devant , et qui soient totale- 
ment privés de sternum. Quelques espèces, comme le 
Boa devin, en ontmêmeaudelàdecinqcents, deux cent 
cinquante au moins de cbaque côté de l'écbine. Ces 
côtes sont très mobiles sur le corps des vertèbres cor- 
respondantes, les ligamens qui les retiennent vers les 
articulations sont élastiques , leurs fibres tendent à re- 
venir sur elles-mêmes ou à se raccourcir quand elles ont 
été allongées, de sorte que tous ces os font effort pen- 
dant la vie pour s'écarter d'un côté à l'autre, et par 
conséquent pour dilater la cavité dont ils constituent 



îftJTRlTlOîî, RESPIRATION. I79 

l'enceinte. Des muscles intercostaux et d'autres qui 
sont situés dans les gouttières vertébrales sont desti- 
nés à mouvoir les côtes, soit en rapprocliant les plus 
voisines de devant en arrière et réciproquement , soit 
dans le sens transversal; il résulte de ces mouvemens 
combinés, d'unepart la dilatation générale ou partielle 
de la cavité abdominale , et de l'autre son resserre- 
ment ; ce qui suffit pour opérer les deux actes obligés 
d'an soufflet pneumatique. 

Un autre caractère fourni parles organes respiratoi- 
res chez les Serpens,c'estqu'ils n'ont réellement qu'un 
seul poumon, l'autre se trouvant représenté par un 
rudiment, oucommeavorté.Cepoumonestun sac extrê- 
mement dilatable et d'une grande longueur, car il 
occupe toute l'étendue de l'écliine au dessous de cette 
long'ue partie de la colonne vertébrale qui porte les 
côtes; c'est une sorte de vessie conique dont les parois 
fibro-membraneuses sont très vasculaires à l'intérieur ; 
des replis nombreux et courts y forment un réseau 
admirable de mailles lâches, très fines, qui sont elles- 
mêmes creusées de petites cellules , ce qui donne h la 
totalité l'aspect d'un tissu spongieux. 

La tracliée artère est courte, presque membraneuse, 
elle ne se divise pas en bronches ; mais elle pénètre 
directement dans le poumon unique qui commence 
derrière l'œsophage. 

Le mode de respiration des Serpens est très facile 
a concevoir; leur glotte , qui est h deux lèvres et qui 
représente un larynx très simple , s'ouvre dans la 
bouche derrière le fourreau de la langue ; au moyen 
des muscles de l'hyoïde qui la poussent, elle s'élève 
pour se présenter dilatée sous les arrière-narines; le 
vide opéré par l'action des côtes dans le ventre , 

12. 



l8o OUGÀHISATION Ï3ES RËPTtLÈS. 

tend à dilater le poumon qui , par l'intermédiaire 
de sa tracliée, admet aussitôt l'air; celui-ci s'introduit 
pendant que se continue une inspiration qui s'opère 
lentement, et qui dure plusieurs secondes. Cet air, 
quand il a rempli son but et qu'il a été dépouillé de 
son oxygène , est chassé de la même manière , mais 
par un mécanisme inverse qui est tout-à-fait dû à l'ac- 
tion des muscles qui tendent à rapprocher les côtes 
les unes des autres. Lorsqu'il est poussé un peu plus 
vivement, il laisse entendre une sorte de vibration 
qui, le plus souvent, ne consiste que dans le bruit 
d'un soufflement. La respiration étant volontairement 
accélérée ou i^etardée, les actions chimique et vitale 
qui en résultent doivent être naturellement excitées 
ou ralenties par cette cause. 

Les Batraciens, sous le rapport des organes respi- 
ratoires, foi^ment, comme nous l'avons dit, le passage 
naturel de la classe des Reptiles à celle des Poissons ; 
tous , dans le jeune Age, avalent l'eau, ou du moins la 
font passer dans la cavité de la bouche avant de la 
pousser sur les vaisseaux des branchies ; c'est un 
mode particulier de respiration sur lequel nous allons 
bientôt revenir. Cependant il est important de recon- 
naître qu'il existait ainsi, car le mécanisme suivant 
lequel s'opère, pendant le reste de leur vie , l'entrée 
de l'air dans les poumons, est resté le même et n'a 
pas été modifié autrement que par l'oblitération de 
certaines parties et par le développement de quelques 
autres. 

Tous les Batraciens, lorsqu'ils ont acquis la forme 
qu'ils doivent conserver, ont deux poumons à l'inté- 
rieur, dont la configuration, le volume et la structure 
varient j mais comme leurs côtes, ou n'existent pas, 



NUTRITION, RESPIRATION. l8l 

OU sont trop courtes , elles ne peuvent être mises en 
action ni pour dilater ni pour resserrer la capacité de 
ces organes; aussi l'appareil destiné à faciliter la déglu- 
tition a-t>il été 5 plus évidemment encore que chez les 
Tortues, employé k l'acte de la respiration. Les mus- 
cles qui agissent sur l'os hyoïde et qui occupent la 
partie inférieure de la bouche, dans l'espace compris 
entre les deux branches de la mâchoire, sont les puis- 
sances mises en jeu pour faire mouvoir le plancher de 
cette cavité. Nous avons dit comment les narines s'ou- 
vrent presque direclement par de simples trous , 
au devant du palais ; comment la langue, dans les es- 
pèces sans queue, telles que les Grenouilles, vient s'ap- 
pliquer comme une soupape sur les arrière-narines ; 
comment la trachée se termine par une glotte dans la 
bouche. Rien donc n'est plus simple que la manière 
dont l'air est attiré dans cette cavité , dont il s'y 
trouve emprisonné et obligé de passer dans cette glotte 
à chaque Jiiouvement de déglutition pour en charger 
les poumons , par autant de coups de piston , de sorte 
que , comme l'a exprimé Laurenti (l ), la gorge produit 
l'inspiration. Tous les faits observés démontrent cette 
particularité de l'organisation , ainsi que nous aurons 
occasion de le prouver par la suite. ChezlesBatraciens 
qui conservent la queue, ouUrodèles, la langue, 
quoique autrement disposée, facilite aussi ce mode 
de respiration gulaire, et nous ne devons pas être plus 
étonnés de voiriciladéglutitionservir à la respiration, 
que quand nous voyons l'Éléphant , lorsqu'il veut 
boire , employer le mécanisme de ses organes respira- 
toires pour aspirer l'eau dans sa trompe et pour la 

(1) Synopsis Beptilium, page 28 ; Vicaria gula. 



l82 ORGrAWISATION DES REPTILES. 

refouler à l'aide d'une prompte et violente, expiration 
qui la pousse dans l'œsophage pour être ainsi avalée. 

Les poumons, dans les deux familles de Batraciens, 
ont une sîrucî ure différente ; chez les Anoures ils sont 
très arpples, et les cellules tellement distinctes , 
qu'elles ont permis aux physiologistes d'y suivre beau- 
coup mieux que dans aucun autre animal vertébré , les 
phénomènes de la transformation du sang veineux et 
artériel, d'autant plus que quand l'abdomen d'une 
Grenouille est ouvert, les parties supérieures restant 
entières , on voit les poumons se remplir et se gonfler 
d'air, ce qui ne peut arriver dans aucun animal des 
deux classes supérieures. Dans les Salamandres et 
autres genres voisins, les poumons sont deux simples 
sacs, dans les parois desquels on distingue seulement 
des celîulosités analogues à celles dont nous avons 
parlé en traitant des Serpens. 

Quant à la distribution du sang veineux, elle est à 
peu près la même que dans les Tortues et les Lézards; 
cependant l'action des muscles du bas-ventre sur les 
poumons a permis quelques modifications importantes 
pour la formation de la voix. 

Mais dans leur jeune âge, les Batraciens ont un 
autre mode de respiration : à celte époque de leur vie, 
tous ont des branchies et ne respirent que par l'eau ; 
il en est même quelques uns , comme les Sirènes et 
les Protées , qui paraissent rester avec cette organisa- 
tion. Dès le moment où les Batraciens sortent de l'oeuf, 
ces branchies sont apparentes au dehors, elles repré- 
sentent des espèces de franges ou de panaches colorés 
situés sur les parties latérales du cou , et attachés sur 
les bords des fentes qui correspondent à la gorge; elles 
persistent sous cette forme, dans tous les Batraciens 



WUTRITIOII, RESPIRA-TIOW. l83 

qui conservent leur queue, tant que leurs poumons ne 
sont pas assez développés pour servir uniquement à la 
respiration. Dans les Grenouilles et autres genres voi- 
sins sans queue, le premier état ne dure que pendantun 
temps très court. Bientôt l'animal prend une autre 
forme , celle d'un têtard à ventre énorme confondu 
avec la tête et avec une longue queue. Lesbrancliies 
sont alors cachées et contenues dans une cavité : l'eau 
arrive dans la bouche par les orifices des narines qui 
ont des valvules -, renfermée dans la cavité de la bouche 
qui se trouve close de toutes parts, excepté dans la 
gorge où sont les fentes branchiales, elle traverse ces 
espaces et baigne ainsi les branchies pour en sortir, au 
moyen de la contraction des muscles qui les couvrent,par 
destroussimplesou doubles; lesangquiestpoussédans 
ces branchies , s'y distribue absolument comme chez 
les Poissons; il passe des vaisseaux artériels veineux 
dans les veines artérielles qui se réunissent pour for- 
mer une aorte. Mais toute cette conformation, si im- 
portante à connaître pour les physiologistes, exigerait 
beaucoup de détails qu'il conviendra mieux d'exposer 
dans les généralités qui précéderont l'histoire des Ba- 
traciens, dans le dernier volume de cet ouvrage. 

Comme dans les animaux, la respiration pulmonaire 
se trouve liée d'une manière très directe avec certaines 
facultés, telles que la production de la voix, l'action 
qui excite la chaleur et qui fait résister au froid , la 
possibilité de suspendre cet acte respiratoire; nous al- 
lons nous occuper d'abord de ces particularités. Nous 
traiterons ensuite des autres petites modifications qui 
serallient àla circulation, tellesqueTabsorption, l'exha- 
lation , les sécrétions et les excrétions diverses. 



ï84 ORGAWISAXIOW DES REPTILES, 

De la Voix, 

Les animaux qui ont des poumons peuvent seuls 
produire des sons appréciables, en poussant sur des 
points rétrécis et mobiles de leurs voies respiratoi- 
res, l'air qu'ils y avaient attiré, afin de l'y faire vibrer. 
De sorte que, dans ce cas, les organes de la respi- 
ration font l'office des soufflets dans les instrumens 
à vent, en attirant d'abord l'air atmosphérique, puis 
en le comprimant pour le faire passer avec rapidité 
dans un canal ou par un trou , à l'entrée ou à la sortie 
desquels se trouvent disposées ou appliquées des lan- 
guettes, des lames élastiques qui peuvent osciller ou 
être ébranlées comme les pièces d'une anche de clari- 
nette et de basson , ou comme les lèvres qui vibrent à 
l'embouchure d'un clairon. 

La voix véritable n'est réellement produite que par 
les animaux à poumons ; les sons émis par quelques 
autres , comme les Insectes , sont des bruits qu'ils font 
entendre et qui dépendent d'un tout autre mécanisme. 
La transmission du mouvement ainsi imprimé à l'air 
par les animaux, leur est d'une très grande utilité. 
C'est par ce moyen qu'ils se communiquent leurs 
craintes , leurs désirs , leurs besoins ; qu'ils s'appellent 
ou cherchent à se fuir. Et le plus ordinairement,la voix, 
les chants ou les cris, mettent en rapport les espèces 
entre elles, et souvent des sons ainsi produits sont 
destinés à faire connaître réciproquement à des indi- 
vidus de sexe divers leur existence plus ou moins éloi- 
gnée , pour faciliter leur rapprochement. 

La plupart des Reptiles sont à peu près dans le 



WUTPaXION, RESPIRATION, VOIX. l85 

même cas que les Mammifères , sous le rapport du mé- 
canisme à Taifle duquel ils peuvent émettre des sons. 
C'est à l'extrémité supérieure de leur trachée , vers la 
glotte, que l'air chassé du poumon vient à vibrer. 
Cette glotte, comme nous l'avons dit, n'est pas recou- 
verte d'une épiglotte,ni le plus souvent située sous un 
voile du palais 5 et quoique leur voix ne puisse être 
modifiée dans la cavité de la bouche , ni à son orifice 
extérieur, puisqu'il n'y a jamais de véritables lèvres 
charnues, les sons produits sont véritablement guttu- 
raux , car ils sont souvent formés sans que la bouche 
soit ouverte; et quand l'air en sort, ce qui n'arrive pas 
constamment , il n'y a ordinairement d'issue réelle 
que par les trous des narines. 

En apparence , la glotte des Pœptiles a la plus grande 
analogie avec le larynx supérieur des Oiseaux; mais 
chez ceux-ci , la voix n'est que modifiée par les bords 
de cette glotte qui ferme la trachée à l'endroit où elle 
se termine dans la bouche : les sons ayant été vérita- 
blement produits par un larynx inférieur qu'on retrouve 
au point de jonction des deux branches qui forment, 
l'origine de la trachée. Quand les voies aériennes des 
Reptiles émettent des sons, ils sont spécialement pro- 
duits vers le larynx unique, où se trouve la glotte. 
Ces sons ne peuvent être modifiés que par des circon- 
stances autres que celles qui dépendraient de l'épi- 
glotte, du voile du palais ou des lèvres mobiles, puis- 
que la plupart de ces parties n'existent pas, ou sont 
'a peine indiquées. 

Cependant, dans quelques Tortues , on voit, der- 
rière la langue et à sa base, une lame membraneuse 
flottante qui peut-être est soulevée et mise en vibration 
quand l'air est chassé brusquement des poumons, et 



l86 ORGANISATION PES REPTILES. 

quand l'animal porte alors la langue en arrière. C'est 
probablement à ce frôlement qu'on doit attribuer les 
cris que produisent, dit-on, certaines Tortues dans 
des circonstances assez rares , comme on le rapporte 
des Spbargis et de plusieurs Tortues terrestres. 

Dans quelques Crocodiles, on trouve un larynx su- 
périeur assez compliqué, car il est composé de cinq 
pièces cartilagineuses qui correspondent à peu près à 
celles des Mammifères; mais leurs formes sont assez 
différentes. H y a une sorte de glotte et, comme nous 
l'avons vu, un voile du palais; aussi dit-on que ces 
animaux poussent des cris très aigus. Chez les autres 
Sauriens , peu d'espèces ont de la voix. On dit cepen- 
dant que certains Geckos, tels que le Tockaie et le 
Sputateur, émettent des sons particuliers. On sait que 
d'autres, comme les Anoîis et en particulier le Pvoquet, 
les Caméléons, les Lopîiyres, ont des sacs à air qui 
communiquent avec leur bouclie , et dans lesquels très 
probablement la voix doit être modifiée. 

Quant aux Serpens, nous avons peine a croire qu'ils 
puissent, comme on le dit de quelques Couleuvres, 
produire des sifflemens ou des sons bien aigus à l'aide 
de leurs poumons ; car, quoique ceux-ci aient une 
grande capacité et qu'ils puissent fournir long-temps 
de l'air, nous n'avons jamais pu entendre qu'une sorte 
de soufflement , tel que celui qui résulterait de l'issue 
rapide d'un filet d'air par un tuyau simple comme celui 
d'une plume. 

Il en est autrement des Batraciens : le coassement 
des Grenouilles, très différent dans son mécanisme, 
suivant les diverses espèces j les cris des Rainettes et 
surtout ceux des mâles ; les sons flûtes et quelquefois 
analogues à ceux qui sont émis, au moment du clioc, 



NUTRITION, FACULTÉS ANNEXES. 187 

par les timbres métalliques ; une sorle de grognement 
ou de ventriloquie dont sont douées certaines espèces 
de Crapauds ; le gargouillement qui est produit par la 
plupart des Batraciens à queue, sont de véritables voix 
émises au-dessus du larynx , dans la cavité buccale ou 
dans quelques poches accessoires ; mais le mécanisme 
en est si varié que nous croyons devoir en renvoyer 
les détails à l'histoire particulière de cet ordre de Rep- 
tiles, qui est fort intéressante sous ce rapport comme 
sous beaucoup d'autres. 

Nous verrons , quand nous aurons occasion de trai- 
ter de la reproduction , que chez la plupart des E.ep- 
tiles, comme dans les Oiseaux, la voix n'est produite 
qu'à certaines époques de l'année, et principalement 
par les mâles , pour déceler leur présence , afin de 
mettre en rapport les individus de sexe différent, pour 
se faire connaître réciproquement leurs besoins. Aussi 
ces mâles ont-ils des instrumens sonores, variés, a 
l'aide desquels ils peuvent produire leurs chants d'a- 
mour, pour entonner ces sortes d'épithalames , en 
nous servant de l'expression de Plularque , qui , dans 
les Batraciens, sont si prolongés, si monotones, et par 
lesquels ils espèrent rendre leurs femelles sensibles à 
leurs vœux , à leurs besoins. 

De quelques Facultés annexes de la Respiration. 

Nous avons annoncé que nous ferions connaître 
quelques circonstances de la vie des Reptiles qui se 
lient à la circulation et à la respiration, telles que la 
chaleur et le refroidissement, l'absorption de l'air et 
de l'eau, l'exhalation , la transpiration. Mais avant do 
traiter de chacune de ces actions, il nous parait conve- 



l88 ORGANISATION DES REPTILES. 

nable d'exposer quelques faits qui nous mettront à 
même de mieux en apprécier les effets et les causes. 

Sous le rapport de la fonction respiratoire et de son 
importance sur toute l'économie des animaux verté- 
brés, il y a une très grande différence entre ceux qui 
peuvent conserver une température constante et ceux 
qui n'ont de chaleur que celle du milieu dans lequel 
ils sont appelés à vivre. Dans les premiers, la vie se 
trouve détruite presque aussitôt qu'il y a cessation 
complète delà circulation ou de la respiration pulmo- 
naire. Chez les autres animaux à poumons, on a re- 
connu que, par l'ablation du cœur, des poumons, ou 
par d'autres expérimentations analogues, telles que la 
ligature des vaisseaux sanguins principaux ou de la 
trachée , l'excitabilité nerveuse et l'irritabilité muscu- 
laire persistaient dans l'ensemble de l'économie, et 
même pendant un temps assez prolongé, dans des par- 
lies totalement séparées du corps de l'animal. Des 
Tortues, des Crocodiles, des Serpens, des Tritons , 
des" Grenouilles, auxquels on avait tranché la tête, 
excisé le cœur, enlevé les poumons, ou qui étaient 
véritablement privés de la vie depuis quelques jours, 
ont encore donné des signes de sensibilité ou de moti- 
lité partiels , soit par l'action des stimulans chimiques, 
soit par l'emploi des irritans mécaniques. 

On a reconnu que, chez les Batraciens en particulier, 
dont la peau est tout-k-fait nue , les tégumens peuvent 
agir sur l'air et remplir à peu près les fonctions des 
poumons ; que l'eau aérée peut .lussi servir à cette 
sorte de respiration cutanée. Des Grenouilles forcées 
de séjourner dans des vases et sous une eau chargée 
d'air et qu'on avait soin de renouveler; des Crapauds, 
des Salamandres adultes, qu'on a tenus submergés dans 



NUTRITION , CHAIEUR ANIMALE. l8g 

des filets plongeant dans une eau courante et à basse 
température , y ont vécu des mois entiers sans avoir 
les moyens de respirer l'air atmosphérique. Quelques 
faits semblent aussi prouver que des Tortues , des Ser- 
pens et même des Lézards peuvent , à l'aide de l'action 
de l'air sur leurs tégumens, se passer de la respiration 
pulmonaire; mais des observations 1:rès curieuses, 
consignées dans les annales de la science par des au- 
teurs consciencieux (i), et répétées depuis avec les 
soins les plus éclairés et les plus scrupuleux (2), ont 
prouvé que des Reptiles enfermés dans des corps so- 
lides, et qu'on y a retrouvés vivans long-temps après, 
avaient pu y subsister à l'aide de la porosité de la ma- 
tière de leurs enveloppes, et par d'autres circonstances 
qu'on est parvenu k apprécier. Ce sont principalement 
des Grenouilles, des Crapauds, des Vipères qui ont été 
le sujet de ces observations. 

La température du milieu dans lequel vivent les 
Reptiles , et surtout l'état hygrométrique de l'air, in- 
fluent beaucoup sur les phénomènes de leur respira- 
tion ; mais plusieurs circonstances dépendantes de 
l'organisation, telles que les facultés de transpirer et 
d'absorber, viennent encore modifier ces résultats. 

De la Chaleur animale. 

On Sait que les Mammifères et les Oiseaux conséi'- 
vent une température élevée et qui reste à peu près la 
même sous tous les climats et dans toutes les saisons. 



(1) GuETTARD , Mémoire sur clifférenles parties des Sciences et 
des Arts, 1771 , lome iv, page 615 et suiv. , et page 685. 

(2) W. F. Edwards, de l'Iafluenccdes agens physiques sur la vie» 
Paris, 4824 , in-S" , page 15. 



igo ORGASISATIOW DES REPTILES. 

On croit généralement que cliezeux, la chaleur animale 
est produite ou entretenue par l'acte de la respiration 
qui admetla totalité du sang veineux misen circulation; 
que cette chaleur libre est le résultat de l'absorption 
du gaz oxygène contenu dans l'air, qui disparaît en 
effet et qui , devenu fiuide , en se mêlant au sang qu'il 
artérialise , abandonne, au moment où la combinaison 
est intime, la matière de la chaleur qui le gazéifiait. 
C'est ainsi que ces animaux réparent continuellement 
le calorique qu'ils peuvent perdre par le contact des 
corps m.oîns chauds avec lesquels ils sont en rapport. 
Les physiologistes sont aussi à peu près d'accord pour 
penser que le calorique, lorsqu'il est en excès, se 
trouve enlevé par l'évaporation des liquides , effet qui 
s'opère plus ou moins rapidement par les surfaces de 
la peau ou des poumons. 

Les Reptiles, d'après ce que nous avons fait con- 
naître du mode de leur respiration et de leur circula- 
lion , ne pouvaient pas être régis par les mêmes cir- 
constances, puisque leur sang ne passe qu'en partie 
parleurs poumons, et que ceux-ci sont arbitraires, ou 
n'agissent pas d'une manière régulière et constante. 
Il en résulte que dans nos climats tempérés , où l'air 
atmosphérique est rai-ement élevé à une température 
qui égale celle de l'homme, la plupart des Reptiles que 
nous venons à saisir nous impriment une sensation de 
perte de chaleur qui les a fait quelquefois désigner 
sous le nom d'animaux à sang froid (Hémacrymes). Ce- 
pendant , quand un Lézard ou un Serpent a été exposé 
pendant quelques heures aux rayons d'un soleil ar- 
dent, la peau de l'animal , par la chaleur qu'elle com- 
munique à nos mains, témoigne qu'elle a subi et con- 
servé cet excès de calorique. 



NtfTRlTIO», CHAtEtJil AïflMALÈ. ïQÎ 

Une autre particularité notable , qui dépend du dé- 
faut de caloricité, c'est que les Reptiles ne peuvent 
subsister que dans les climats dont la température est 
élevée, au moins pendant un certain temps de l'année ; 
que les animaux de cette classe n'habitent que les ré- 
gions hyperboréennes ; que la plupart des genres , et 
même des espèces , paraissent avoir leur existence 
limitée aux latitudes chaudes ou tempérées ; que ceux 
qui se trouvent dans les lieux où les degrés de chaleur 
s'abaissent et s'élèvent par trop , a certaines époques 
de l'année , suspendent alors , et pour ainsi dire volon- 
tairement, leurs fonctions vitales, par uiie sorte de 
sommeil ou de léthargie déterminéspar ces retours ré- 
guliers d'hivernation ou d'estivation. La températui^e 
des Reptiles se modifie dans certaines limites , à peu 
près comme celle des milieux oii leur corps est plongé. 
La nature leur a concédé les moyens de s'opposer au 
froid , qui suspend leur vie en les engourdissant ; 
comme à l'action trop vive d'une chaleur interne lors- 
qu'elle n'est pas trop prolongée , ou lorsque les varia- 
tions n'en sont pas trop subites. 

C'est l'exhalation des fluides aqueux par la peau, ou 
l'évaporation rapide de certains liquides absorbés, pour 
l'accumulation desquels la nature leur a accordé des 
réservoirs particuliers , qui donne à quelques espèces, 
et, par exemple, aux Grenouilles , les moyens de ré- 
sister à la chaleur. Ces animaux, plongés dans une 
eau dont on élèverait la température à quarante degrés 
centigrades, ne pourraient y vivre plus de deux mi- 
nutes, même lorsqu'ils peuvent respirer librement, 
tenant la tête hors du liquide ; tandis qu'ils supportent 
ractiond'unairhumide,kcette même chaleur, pendant 
plus de cinq heures consécutives. Ce fait, observé 



ipa ORGÀNISÂTIOBT DES REPTÏLES. 

par Blagden, a été depuis beaucoup mieux établi par 
MM. Delarocbe et Berger; de sorte que la résistance 
aux effets nuisibles d'une trop grande cbaleur, ouïe 
refroidissement des Reptiles, tient à une cause pby- 
sique dont les moyens sont fournis par l'organisation 
spéciale ; c'est le résultat de l'évaporation d'un li- 
quide, de la matière de la transpiration, dont la 
quantité augmente en raison de ce que la cbaleur 
extérieure est plus considérable. L'animal résiste à la 
cbaleur tant qu'il n'est pas dessécbé par l'air. Il périt 
quand il ne peut plus réparer les pertes desa madéfac- 
tion, par une nouvelle absorption de liquides qui s'o- 
père avec une rapidité extrême, au moyen d'une sorte 
d'endosmose ou de perspiration à travers la peau. 
Sous ce rc'!oport , les Grenouilles ont été comparées 
aux alcarazas, vases dans lesquels on met de l'eau à 
rafraîcbir, par l'effet de la transsudation que permet la 
matière poreuse avec laquelle on les confectionne. Le 
refroidissement de l'animal tient à une cause essen- 
tiellement pbysique, quoiqu'elle soit aidée par la dis- 
position des organes. 

Nous avons dit que la transition brusque d'une 
température basse à une plus élevée, fait subitement 
périr ces animaux. Nous avons fait nous-même cette 
expérience , et depuis il a été constaté que des Gre- 
nouilles périssaient lorsqu'elles passaient d'un liquide 
dans un autre, élevé seulement de six degrés centi- 
grades. L'activité de la respiration croît en raison de 
l'élévation de la température de l'air environnant, de 
sorte que les phénomènes chimiques sont augmentés 
ou diminués par des circonstances extérieures, comme 
par la volonté même de l'animal. Delaroche a observé 
que les Grenouilles exposées à une température 



NUTRITION, ANNEXES, CHA-LECR ANIMALE. îg3 

de vingt-sept, degrés centigrades absorbaient quatre 
fois plus d'oxygène que lorsqu'elles étaient soumises 
à l'action d'une température élevée de six ou sept 
degrés seulement. 

D'autres expériences positives ont démontré que 
dans les Reptiles, et surtout chez les Batraciens, la 
peau remplit évidemment les fonctions des poumons. 
Les Rainettes et les Crapauds ont même un plus 
grand besoin de la respiration cutanée que de la pul- 
monaire. Dans les Tortues et les Serpens, la respira- 
tion qui s'opère dans les poumons, suffit pendant l'été. 

De V Absorption de Vair et de Veau ; de l'Exhalation 
et de la Transpiration. 

On s'est assuré, comme nous l'avons dit, que l'air 
atmosphérique est décomposé par la peau des Rep- 
tiles qui en absorbe l'oxygène ; que de l'eau conte- 
nant ce même gaz, et mise en contact avec les tégu- 
mens de ces animaux, en est bientôt dépouillée ; de 
manière qu'il s'opère ici une sorte de respiration ex- 
terne, analogue à celle qui a lieu sur les feuilles et les 
parties vertes des végétaux. Mais c'est principalement 
l'absorption de l'eau par la peau , surtout dans les Ba- 
traciens , qui a été démontrée comme un fait positif, 
et ensuite comme une nécessité de leur manière de 
vivre (l). 

Les Grenouilles , les R^ainettes , les Salamandres né 
boiventpas ; elles n'avalent guère de matières liquides, 
et cependant elles rendent, dans beaucoup de circon- 

(1) Robert TowN SON , Observaiiones physiologicae de Amphibiis. 
Fragmentutn de Àbsorptione. Gottipgae, 1795 , in-4°. 

IlErTIl.ES, I. S 3 



ig4 ORGANISATION DES REPTILES. 

Stances, une humeur aqueuse, abondante, et surtout 
elles ont la faculté de transpirer considérablement, 
afin de maintenir leur température au dessous de 
celle d'une atmosphère trop cliaude. Quand une Gre- 
nouille ou tout autre Batracien est privé long-temps 
d'humidité, ou quand il l'abandonne à des corps qui en 
sont très avides, on le voit s'amaigrir, pour ainsi dire, 
à vue d'œil, et diminuer, sans exagération, de plus de 
la moitié de son poids primitif. Si quelque Grenouille 
intimidée , ou prise au dépourvu , veut s'échapper par 
un saut rapide, elle se hâte de s'alléger, en lançant 
une assez grande quantité d'un liquide aqueux qui s'é- 
chappe de son cloaque. Cette humeur est aussi pure que 
de l'eau distillée ; on sait qu'elle est contenue dans une 
poche, ordinairement à deux lobes , située dans la par- 
tie inférieure de î'abdonren , sous les viscères. Il y a 
tout lieu de croire qu'elle est apportée là par des vais- 
seaux particuliers qui ne sont certainement pas les 
uretères ou les canaux urinaires provenant des reins, 
dont l'issue particulière se retrouve plus bas dans ce 
même cloaque. On s'est assuré que cette eau est absor- 
bée avec rapidité par les diverses parties de la peau, 
mais surtout chez les Rainettes, par la partie infé- 
rieure du ventre ; de là elle passe dans l'économie , et 
vient se mettre en dépôt dans la poche que l'on a re- 
gardée d'abord et figurée comme la vessie urinaire ; 
c'est cette humeur qui est réellement employée pour la 
transpiration, laquelle s'opère d'autant, plus vite, que 
l'animal a besoin de combattre la chaleur extérieure ; de 
sorte que le procédé employé dans cette circonstance 
parla nature, est absolument le même que celui dont 
elle a fait usage pour les Mammifères en général , et 
pour l'homme eu particulier, qui jouit aussi de la faculté 



de transpirer; car quand le corps est échauffé, aussitôt 
arrive la sueur qui rafraîchit, et le besoin des boissons 
qui fournissent à cette transsudation. Seulement, dans 
ce cas, c'est par une autre voie que le liquide pénètre. 

On a reconnu que les Crapauds , les Salamandres , 
absorbent de la iiiême manière les gouttelettes d'eau 
qui sont déposées par la rosée pendant la nuit , et que 
ces animaux ont l'instinct de s'enfouir dans le sable ou 
dans la terre humide pour en pomper ainsi lesportions 
liquides qui leur sont absolument nécessaires. 

Il paraît que la nature, dans le même but que nous 
venons de faire connaître, c'est-à-dire pour obvier 
à l'élévation de la température des Pveptiles dans 
Vair, aurait accordé aux Tortues, aux Crocodiles, et 
peut-être à d'autres espèces, le moyen d'introduire de 
l'eau dans une toute autre cavité, pour fournir à la 
transpiration par un procédé fort différent. Déjà 
Townson avait indiqué (l) le fait que les Tortues 
font entrer de l'eau dans leur cloaque : nous avions 
vunous-même une petite Tortue faire entrer et sortir, 
par ce même orifice , le liquide dans lequel elle était 
plongée; et depuis on a décrit et fait connaître, par 
des figures (2), les canaux qui, du cloaque sous- 
caudal de la poche commune, dans laquelle aboutis- 
sent tous les organes sécréteurs, viennent se rendre 
dans la cavité du péritoine, par des orifices qui ne pa- 
raissent pas avoir de valvules. C'est ce qui a porté a 



('!) Loco citato , pag. 59. Sugit aquam per anum , cum ttgmen 
pariim aptum sit ad ahsorbendum. 

(2) IsiD. Geoffroï et Mabtin Saint-Akge, Annales des Sciences 
naturelles, 1828 , tome xiii, page 4 53. Sur les canaux péritoneaux 
de la Tortue et du Crocodile. 

i3. 



196 OKGÀNïSATÎON DES REPïILES. 

penser (juè cette eau ainsi pompée pouvait être etû" 
ployée à la transpiration , lorsque l'animal qui en 
avait fait provision se trouvait exposé dans l'air à la 
dessicalion ou a une température trop élevée, dont il 
aurait a combattre les effets nuisibles. 

Des Sécrétions. 

Le dernier résultat, le but, pour ainsi dire essen- 
tiel de la nutrition , est la séparation qui doit s'opérer 
dans toutes les parties du corps , des humeurs absor- 
bées, destinées, non seulement au développement 
matériel, à la réparation continuellement exigée; 
mais qui doivent en outre fournir h l'exei^cice de la 
fonction particulière de chacun, des organes qui ont 
été douanes dans ce but à l'être vivant. 

Dans les animaux d'un ordre élevé ou dont l'orga- 
ïaisation est plus compliquée, tels que ceux qui ont 
desagens moteurs et de véritables canaux propres à la 
circulation, c'est du sang mêmeeten nature, le plus or- 
'dînairement après qu'il a été soumis à l'influence de la 
Tespii'ation , que se sont séparées ces humeurs diverses 
*qu'on dit sécrétées; et les opérations très variées qui les 
produisent ont été désignées sous le nom de sécrétions. 

Tous les êtres organisés doivent leur existence aux 
séorëlions. Ils ont été eux-mêmes produits par cette 
voie-, oar leurs élémens ont été primitivement liqui- 
des, et tous les phénomènes de la vie sont, en dernière 
analyse, pour le philosophe, ou pour l'homme qui dé- 
•sire connaître l'origine des choses, des décompositions 
cet des combinaisons nouvelles des élémens ou des 
Pï^incipes de la matière. 

Tantôt les matériaux introduits dans les organes y 



NUXniTlON, SÉCRÉTIONS. igy 

restent momentanément, ou pour un temps limîté; ou 
bien ils en deviennent partie constituante; ils y sont 
assimilés; tantôt, destinés à une nouvelle composition, 
ils doivent être employés à des usages nouveaux ; ou 
Lien enfin ils sont élaborés derecbef , et la plus grande 
partie en est extraite, quand elle doit être éliminée 
ou expulsée de l'économie, comme pouvant lui nuire, 
ou lui étant désormais inutile. 

La nutrition proprement dite, cet acte de la vie par 
lequel le principe nourrissant des alimens pénètre 
dans le tissu des organes pour l'augmenter, le réparer, 
et fournir à leurs actions, est due à la digestion et à 
tous les annexes de cette fonction, qui finissent par 
permettre l'assimilation de certaines parties du sang. 
Dans le partage qui résulte du bénéfice de la nutrition 
c'est le premier et principal lot de cette suite ou suc- 
cession d'actions qui nous reste à énumérer. 

Viennent ensuite en effet les sécrétions qu'on a 
nommées excrémentitielles , parce que l'humeur sé- 
parée dans quelques organes pour être empfoyée à cer- 
tains usages , après avoir rempli cet office, paraît de- 
voir être expulsée en partie , ou pénétrer de nouveau 
dans le torrent de la circulation. Nous avons déjà eu 
occasion d'indiquer ces sortes de sécrétions, et même 
de les faire connaître avec détail, en traitant des au- 
tres fonctions. C'est pourquoi nous n'y reviendrons 
pas ici; il suffira de rappeler qu'en traitant de la vi- 
sion , nous avons parlé des larmes et des glandes la- 
crymales qui les produisent ( pag. io3); qu'à l'occa- 
sion de la digestion, nous avons traité des glandes sa- 
livaires, muqueuses (pag. 128), venimeuses (pag. 122), 
du pancréas (pag. i44); ^^ ^oi^ (p^g* ^4^)) *l^^ sécrète 
la bile, et de la rate (pag. î43); qu'en faisant connaî- 



198 ORGANISATION DES REPTILES. 

tre comment les Reptiles résistent au froid, nous avons 
parlé de l'îiumeur de la transpiration (pag, 193). Mais 
il nous reste encore à faire connaître plusieurs orga- 
nes sécrétoires importans, tels que les reins et leurs 
annexes, qui sécrètent, conduisent ou retiennent les 
urines en dépôt; beaucoup d'organes qui sontpropresà 
la reproduction, et qui sont fort différens dansles mâles 
et dans les individus femelles , dont nous croyons 
devoir renvoyer l'examen au moment où nous étu- 
dierons la génération ou cette dernière fonction ani- 
male. Cependant nous aurons à faire connaître ici la 
sécrétion de la graissé ou d'une humeur analogue, et 
un grand nombre d'excrétions particulières qui s'opè- 
rent au-deliors de l'animal, telles que la matière mus- 
quée de la mâchoire des Crocodiles, les glandes anales 
fétides des Serpens, les pores des caisses ou du cloa- 
que de plusieurs Sauriens, les paroîides des Crapauds 
et des Salamandres, et les émonctoires par lesquels 
s'échappent des humeurs acides, alliacées, sulfureu- 
ses , que plusieurs Batraciens emploient comme 
moyens de défense. Enfin il nous restera à parler d'un 
effet bien singulier de la nutrition, c'est la force repro- 
ductrice qui fait réparer les portions du corps qui ont 
été soustraites à l'animal dans certaines circonstances. 

Des Reins et de la Sécrétion des Urines. 

Chez tous les animaux à vertèbres j il y a des organes 
destinés a sécréter ou à retirer du sang une humeur 
particulière chargée de sels, qu'on nomme V urine j 
et qui doit être éliminée de l'économie au moyen de 
tuyaux de conduite qui aboutissent vers des cavités 
membraneuses où cette humeur s'accumule peu à peu 



NUTRITION, SÉCRÉTIONS, URINES. I gg 

pendant que s'opère la sécrétion ou la filtration, jusqu'à 
ce qu'elle soit réunie en assez grande quantité pour être 
cliassée au deliors. Ces organes sécrétoires, appelés 
les reins y sont deux glandes ordinairement situées 
dans l'abdomen, le long de la colonne vertébrale, 
sous le péritoine, l'une à droite, l'autre a gauclie. 
Leur forme et leur volume varient beaucoup, ainsi 
que la nature apparente du fluide ou delà matière qui 
s'y trouve élaborée. 

Le parencliyme des reins est évidemment composé 
de granulations réunies dont cliacune reçoit une pe- 
tite quantité de sang pour en séparer une portion dis- 
tincte qui passe de là par des séries de canaux , à peu 
près comme la rafle d'une grappe de raisin se rend à clia- 
cune des petites baies qu'elle soutient. Le dernier de 
ces canaux , qui réunit tous les autres , se nomme 
\ uretère. Celui-ci aboutit soit dans un réservoir mem- 
braneux spécial qu'on appelle vessie uriiiaire , soit 
dans le cloaque qui termine l'intestin rectum, et où 
viennent se déposer toutes les matières qui sortent par 
l'orifice du tube intestinal opposé à la bouclie. 

Tous les Reptiles sans exception ont deux reins, 
mais de forme, de grosseur et de structure variées ; 
ils ont également tous des uretères , mais la terminai- 
son de ceux-ci est différente dans les divers ordres et 
même dans quelques genres de ces mêmes divisions. 

Dans les Tortues, par exemple, les reins sont 
courts, arrondis, quoique légèrement comprimés; 
plats d'un côté, convexes de l'autre, à plusieurs échan- 
crures ; sur le bord externe , leur surface est comme 
vermiculée. Onvoitaussi le long de leur bord interne, 
une sorte d'appendice granulé correspondant à la 



200 ORGANISA-TIGN DES REPTILES, 

capsule surrénale. Les petits canaux qui en provien- 
nent, et qui senties origines des uretères, se réunis- 
sent de cliaque côté en un seul tronc aboutissant pres- 
que de suite à la partie inférieure de la vessie urinaire, 
vers la portion rétrécie qui en forme le col. Dans quel- 
ques espèces même, les uretères se terminent direc- 
tement dans le cloaque; cependant Bojanus (fig.lSô) a 
représenté la première disposition dans l'Emyde d'Eu- 
rope. Cette vessie, qui est tout-à-fait distincte et remar- 
quable dans cet ordre , offre plus de largeur en travers 
que dans le sens longitudinal. Au reste^les Cliéloniens 
sont presque les seuls Reptiles qui offrent une véritable 
vessie urinaire. Les espèces des autres ordres sont à 
peu près dans le même cas que les Oiseaux ; car il n'y 
en a point dans lesSerpens, les Lézards, ni les Batra- 
ciens , quoique tous ces animaux aient des reins et des 
uretères. Les Sauriens ont ces glandes placées très près 
du bassin ou au moins de la terminaison du tube in- 
testinal. Dans les Serpens, les reins ne sont point 
aussi adhérens à la colonne vertébrale ; ils suivent les 
mouvemens des intestins , étant compris dans la du- 
plicature du péritoine, et ils sont beaucoup plus al- 
longés. Chez les Batraciens, ils sont courts et situés 
sur la région des lombes avec les testicules. On a de 
plus observé que, dans les Salamandres, les canaux 
déférens, provenant des testicules, semblent être les 
mêmes que ceux qui ont pris leur naissance dans le 
tissu des reins, car ils en sont la continuité. 

Nous avons déjà dit, en parlant de la transpiration, 
que la prétendue vessie urinaire des Grenouilles , des 
Rainettes et des Crapauds, ainsi que celle des Saîa- 
naandjes , est une sorte de citerne où une humeur 



NUTraTIOW, SÉCRÉTIONS, GRAISSE. 201 

aqueuse, presque pure, destinée à l'exlialation cuta- 
née, semble êlre apportée, soit par les veine.s san- 
guines, soit par les lympiiatiques. 

Quant à la nature de Turine elle-même, c'est, dans 
les Sauriens et les Ophidiens , une sorte de bouillie 
blanchâtre qui contient, à peu près comme celle des 
oiseaux, des sels à base de chaux ou d'ammoniaque. 
On prétend même qu'on a recueilli en Egypte cette 
sorte de matière d'une blancheur extrême et k molé- 
cules très déliées, pour en préparer une espèce de fard 
qui était vendu sous le nom de cordylées (1). Nous 
avons déjà dit que dans certaines circonstances, les 
Grenouilles et les Crapauds, pour rendre leur fuite 
plus facile, se débarrassent de l'eau déposée dans le 
réservoir de l'humeur de la transpiration , mais que ce: 
n'est pas une urine véritable. 

Sécrétion de la graisse. 

Chez les Mammifères et les Oiseaux on trouve dé- 
posée dans les mailles écartées du tissu cellulaire, xïxiq 
matière grasse ou huileuse qui semble séjourner là 
comme dans un dépôt où elle pourra être résorbée ou 
reprise par la suite, afin de subvenir aux besoins de 
l'alimentation ; ce sont surtout les animaux destinés à 
subir des jeûnes ou des abstinences prolongées par l'ef- 
fet de l'engourdissement du sommeil d'hiver, ou p^r 
de longs voyages d'émigration , qui semblent faire une 
plus ample provision de cette matière nutritive qui se 
trouve repompée quand ils sortent de leur léthargie , 



(1) Ex stercore caiididissimo ,friahUi , ad faciem erugandam uii' 
guentum meritrices parabant, Pli.nii , Hislor. nat,^ lib. 28 , cap. 8. 



a02 ORGANISATION DES REPTILES. 

OU à l'époque de leur retour périodique dans nos cli- 
mats tempérés. On ignore comment s'opère cette sé- 
crétion, mais on conçoit parfaitement le but de son 
absorption , qu'on voit même s'opérer cliez la plupart 
de ces animaux à la suite de leurs maladies ou de leurs 
longues abstinences. 

Les Reptiles ont peu de graisse généralement, et 
celle qui se développe chez eux en quantité plus no- 
table se rencontre dans les replis de leur péritoine, 
dans l'épaisseur du mésentère et dans quelques ap- 
pendices particuliers qu'on a regardés comme corres- 
pondsns aux épiploons. 

Cependant les Chélonées ont aussi de la graisse dé- 
posée dans le tissu cellulaire , principalement dans les 
intervalles des muscles destinés à mouvoir les parties 
supérieures de leurs mâclioires. Cette graisse varie 
pour la couleur , pour la consistance , et même pour 
l'odeur, dans les diverses espèces. ]>ans les Tortues en 
général, elle est d'une teinte verdâtre et presque 
fluide dans les cellules, comme une liuile à peine figée. 

Dans les Crocodiles et dans les Caméléons , où nous 
l'avons rencontrée , et très probablement dans les 
Iguanes , le tissu cellulaire qui occupe les intervalles 
des muscles de l'écliine en présente quelquefois en 
assez grande abondance. 

Chez les Serpens , nous n'avons guère observé de 
graissesolide que dansTépaisseur desmésentères; quoi- 
que leurs muscles soient imprégnés d'une matière 
grasse huileuse qui quelquefois même transsude à tra- 
vers leurs tégumens îoi'sqiî'ils sont exposés à l'action 
du soleil au premier printemps, comme nous nous en 
sommes assurés en les maniant avec des linges qui en 
sont restés imbibés. 



NUTRITION, SÉCRÉTIONS, EXCRÉTIONS. 2o3 

Mais dans les Batraciens cette matière {jrasse se 
trouve isolée et déposée constamment dans les appen- 
dices frangés qui flottent dans la cavité du péritoine , 
et dont la configuration et le volume varient pres- 
que autant que ceux des différentes espèces des genres 
Grenouilles, Crapauds, Rainettes, Salamandres et 
Tritons, de sorte qu'il nous serait impossible d'entrer 
ici dans ces détails. Il nous suffira de dire d'avance 
que ce tissu se trouve en rapport avec les organes de 
la reproduction mâles et femelles, par leur adhérence 
à la capsule des reins , des testicules et des ovaires ; 
que sa couleur varie beaucoup dans toutes les tein- 
tes, depuis le jaune pâle jusqu'à celle de l'orangé le 
plus foncé ; que cependant on retrouve ces appen- 
dices frangés même dans les têtards; que leur forme 
varie ou est différente après la métamorphose; que 
leur volume augmente considérablement à l'époque 
de l'hivernation, et qu'il diminue notablement après 
la ponte. Enfin il convient de rappeler que vers celte 
époque de l'année, les Batraciens, quoique très mo- 
tiles , se passent presque entièrement d'alimens , ou 
semblent soumis à un jeûne absolu. Cette opinion, qui 
est celle de Ratke (1) , n'a pas été adoptée par Funk, 
qui pense que ces corps jaunes sont destinés a fournir 
la matière colorante de la peati (2). 

Excrétions dwerses. 

Beaucoup de Reptiles portent de l'odeur, la plu- 
part paraissent la produire par l'évaporation d'humeurs 



(1) Ratke ( Heinrich ), de Salamandrarum corporibus adiposis. 
Berlin, 1818, in-4', 

(2) FtiNK, page 30 et 52, de Salamandra terrestri; in-f°. Ber- 
Ua, 1827, 



2o4 ORGANISATION DES REPTILES. 

volatiles qu'ils sécrètent en diverses parties du corps; 
mais surtout qu'ils émettent par l'orifice du cloaque , 
dans certaines circonstances. On trouve en effet dans 
presque toutes les espèces, sur la marge de l'anus et à 
l'intérieur , dans l'épaisseur de la base de la queue , 
deux poches ou vésicules plus ou moins étendues, 
remplies d'une humeur particulière que l'on désigne 
sous le nom de bourses anales. Elles ont été très bien 
décrites par Bojanus, et dans les Crocodiles, par le 
père Plumier. Ce dernier dit positivement que dans 
l'état frais, ces sacs sont remplis d'une humeur jau- 
nâtre, épaisse, qui porte une odeur de musc. Presque 
tous les Sauriens et les Ophidiens en présentent de 
semblables ; aussi , quand on saisit les Couleuvres , les 
Vipères, et même les Orvets, ces animaux, par l'effet 
d'une crainte salutaire, se hâtent-ils de laisser échap- 
per cette humeur, dont l'odeur pénétrante, désagréable 
et très tenace, dégoûte la plupart des animaux qui les at- 
taquent. On n'a pas observé ces poches, ou du m.oins 
elles n'ont pas été indiquées dans les Batraciens ; ce- 
pendant chez les Urodèles, les lèvres longitudinales du 
cloaque qui se tuméfient et se colorent si diversement 
à certaines époques, contiennent, dans leur épaisseur, 
un amas de cryptes ou de petites glandes qui fournis- 
sent une humeur particulière, dont l'odeur varie, et 
qui dans certaines espèces deTritons, ressemble un peu 
à celle que répandent les Insectes Coléoptères qu'on 
nomme Coccinelles. Les Crapauds, les Salamandres 
terrestres ont, outre les verrues poreuses dont la 
peau de leur corps est parsemée , deux masses glandu- 
leuses situées sur les parties latérales de la tête , qu'on 
a nommées des parotides, et qui, lorsqu'on les com- 
prime , laissent sortir, par de petits trous, des goutte- 
lettes d'une humeur jaunâtre et épaisse , qui porte une 



NUTRIÎION, SÉCnÉTIONâ, EXCRÉTIONS. èo5 

odeur de musc. D'autres Reptiles ont des pores nom- 
breux répandus sur la surface du corps, situés autour 
ou au centre même des écailles, disposés de la manière 
la plus régulière. Les plus remarquables sont ceux 
qui sont placés sur une même ligne, le long de la 
partie interne des cuisses des Sauriens ; ils ont servide 
caractères pour les genres par leur présence , et aux 
espèces par leur nombre, qui varie de douze à vingt- 
quatre; on les nomme des pores fémoraux. Les écailles 
qui les supportent ont une autre forme que celles qui 
les avoisinent, et souvent les bords du trou ou l'é- 
caille elle-même , sont d'une couleur différente. Ces 
m^êmes pores se retrouvent sur la marge antérieure du 
cloaque dans les Ophidiens qu'on appelle Ampliîs- 
bènes , et dans un genre de Sauriens qu'on trouve au 
Brésil, et qui n'a que des pattes antérieures, nommé 
à cause de cela Ghirote. On a encore décrit dans les 
Crocodiles, d'autres glandes qui existent sous la mâ- 
choire inférieure et qui sécrètent une matière onc- 
tueuse, comme une pommade d'un gris noirâtre dont 
l'odeur rappelle celle du musc ; elle est contenue dans 
une poche qui s'ouvre au dehors par une petite fente. 
Parmi les odeurs qui émanent du corps des Reptiles, 
il n'en est peut-être pas de plus remarquables que 
celles qui sont produites par les diverses espèces du 
genre des Crapauds. Déjà Roësel en a fait connaître 
quelques- unes dans son grand ouvrage, et il les aconi- 
parées tantôt à l'odeur de l'ail ou de sulfure d'arsenic 
volatilisé, tantôt à celle du foie de soufre ou hydrosul- 
fure, ou même de la poudre à canon brûlée j pour 
d'autres espèces, il a indiqué une odeur aigre qu'il a 
dit analogue à la sensation que produit dans le nez la 
yapeur du raifort, de la moutarde ou de la feuille 



2o6 ORGÀNISATIOSî DES REPTILES. 

fraiclie de la capucine froissée entre les doigts. Il a 
reclierclié inutilement, et par des dissections soignées, 
quelle pouvait être la source de ces émanations. Il en 
a indiqué plusieurs dont il n'était pas certain. Dans 
un seul cas, à l'article de l'espèce qu'il nomme aqua- 
tique , et qu'on a désignée depuis sous le nom de Cra- 
paud de Ptoësel , il énonce comme très probable que 
cette odeur provient du cloaque. C'est aussi ce que 
nous pensons d'après quelques expériences et obser- 
vations que nous ferons connaître plus tard. Nous di- 
rons cependant ici que nous nous sommes assurés que , 
dans certains cas , l'eau dans laquelle quelques uns de 
ces animaux avaient été déposés, puis irrités ou excités 
à dessein, était devenue tellement acide que des té- 
tards de Grenouilles et de Salamandres qu'on avait 
tenus renfermés dans les mêmes bocaux, n'avaient 
presque pas survécu à cette sorte d'immersion. 

De la Reproduction des Membres. 

Il nous reste à faire connaître à la suite, et comme 
une conséquence de la fonction nutritive , l'un des 
faits pliysiologiques les plus curieux, c'est la faculté 
dont jouissent certains animaux, et les Reptiles en 
particulier, de reproduire ou d'opérer îa régénération 
des parties du corps qu'ils ont perdues par accidens ou 
quand on les leur a retrancîiées dans certaines expé- 
riences. L'observation en a été faite de tout temps : on 
a reconnu que cliez les Lézards , les Scinques et les; 
Orvets , qui sont sujets à perdre la queue, soit en tota- 
lité, soit en partie, cette portion du corps paraisse 
renaître et se reformer peu à peu ; de manière à ce que 
cette mutilation semble disparaître complètement. 



NUTRITION , KEPRODUCTION DÈS MEMBRES. 20f 

On trouve ce fait consigné dans les plus anciens au- 
teurs (i); mais ce n'est que dans ces derniers temps 
qu'on a suivi avec exactitude tous les détails de cette 
reproduction, non seulement de la queue; mais des 
membres qui se sont complètement réintégrés sotis les 
yeux des observateurs. Nous-mêmes nous avons répété 
quelques unes de ces expériences, dont les résultats 
ont été constatés par des pièces conservées que nous 
pouvions soumettre à l'examen des personnes devant 
lesquelles nous avions , comme ici , l'occasion de ra- 
conter les faits principaux que nous allons exposer. 

Blumenbacli (2) a répété l'expérience du fait indiqué 
par Pline j en détruisant avec une pointe de fer les 
yeux d'un Lézard vert, et en plaçant cet animai dans 
un vase de terre neuf qu'il a ensuite déposé dans la 
terre liumide, et, au bout de très peu de temps, les 
yeux ont été tout- à-fait reproduits ( i/i integruni resti- 
tiitos) . 

Des Lézards et des Sciiiques ^ dont la queue avait été 
cassée accidentellement et reproduite, comme il était 
facile de le reconnaître , à la forme particulière et à la 
couleur de leurs plaques écailleuses, ont été disséqués, 
etl'anatomie a démontré que dans leur squelette les 
vertèbres avaient été remplacées par des substances 
cartilagineuses analogues qui peut-être ne reprennent 
jamais complètement la nature ni la solidité des os. 
Quelques uns même de ces animaux, qui sont conser- 
vés dans nos collections , ou dont les figures ont été 



(4) Pline , Histoiùa mundi, lib. xxix,chap. 38. ^lien, XIspï Çwwv 
iliàrriTOi, édit. de Schneider , Lipsiœ, 1784, lib. v, 47. 

(]) BLUMKKBiiCH, Speciiiien Physiologiee comparativae , Gotting., 
1787, pag. 31. 



ao8 ! ÔAGÀNISATîtiN DES REPTÏLÈS. 

graVéïes, offrent, au lieu de la queue primitive qu'ils 
àvaieiiiteue d'abord, une queue double dont les pointes 
semblaient se rapprocher comme les branches d'une 
piïlce ; mais les faits principaux ont été recueillis sur 
lesSq.lamandres elles Tritons par Plateretti, Spallan- 
2ani,!Murray (i) et surtout par Bonnet (2). Voici l'a- 
ilalyse des faits principaux consignés et figurés par ce 
patiemt et consciencieux observateur. 

Dans plusieurs expériences, les bras ou les cuisses 
ont été coupés à des Salamandres aquatiques ou Tri- 
tons, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, ou d'un 
même côté à la fois : constamment le membre am- 
puté îî'est reproduit, et les doigts se sont peu à peu 
reformés et ont pris du mouvement. La queue de ces 
mêmes animaux a été retranchée à diverses hauteurs, 
et constamment aussi elle s'est renouvelée en poussant 
peu à peu de la base. 

L'auteur a eu la patience de faire reproduire le 
même membre jusqu'à quatre fois consécutives sur le 
même animal , qu'il a observé pendant bien long- 
temps avec des précautions infinies et un soin ex- 
trême. 

Dans toutes ses recherches, il a observé que cette 



(1) Plateiietti, Su le reproducione délie gambe, e dclla coda 
délie Salamandre aquajuole. Scella di opuscul, inleres. , vol. xxvii, 
pag. 18. 

Spai-lanzani , Sopia le reproduzloiil animal! ; Fisîca animale e 
vegetabile, 1768. 

MuRRAï , Commentalio de redintegratione partium neiu suo 
solularum rel amissaruni , GoUing. , in-4°, 1787. 

(2) Cbarles Bonket , OEuvres d'Histoire naturelle et de Philoso- 
pbie, tome v, Ire partie, 177. Sur la reproduction des membre» 
de la Salamandre aquatique. 



NUTRITIoN , ïlÉPtVODUCTiOA' DES MÈMEnK;?. Î20p 

t'égénération était favorisée par îa chaleur et retardée 
au contraire par le froid. 

Il a eu occasion de reconnaître que les parties de 
membres ainsi altérées par des excisions se reprodui- 
saient souvent avec des altérations notables, soit par 
le défaut, soit par l'excès ou l'exubérance de certaines 
parties, qui prenaient alors des formes tout-a-fait singu- 
lières; que chez plusieurs espèces de Tritons, les os 
longs des membres détacbés de leur principale articu- 
lation , et y restant suspendus par quelques points qui 
les faisaient encore tenir aux chairs , se trouvaient en 
peu de jours complètement consolidés. Mais l'une 
des observations les plus étonnantes est celle qu'il 
a consignée sur l'extirpation complète de l'œil : cet 
organe s'étant tout-à-fait reproduit et parfaitement 
oi'ganisé au bout d'une année. 

Qu'il nous soit permis de consigner ici une de nos 
expériences : nous avons emporté avec des ciseaux 
les trois quarts de la tête d'un Triton marbré. Cet ani- 
mal, placé isolément au fond d'un large bocal de cristal 
où nous avions soin de conserver de l'eau fraîche à la 
hauteur d'un demi-pouce, en prenant la précaution de 
la renouveler au moins une fois chaque jour , a con- 
tinué de vivre et d'ag-ir lentement. C'était un cas bien 
curieux pour la ])hysiologie ; car ce Tinton privé de 
quatre sens principaux, les narines, la langue, les 
yeux et les oreilles, était réduit à ne vivre extérieure- 
ment que par le toucher. Cependant il avait la con- 
science de son existence ; il marchait lentement et 
avec précaution ; de temps à autre, et a de grands in- 
tervalles , il portait le moignon de son cou vers la 
surface de l'eau, et da ns les premiers jours on le voyait 
faire des efforts pour respirer.Nous avons vu, pendant 
KEPTILBS, I. >'4 



2IO ORGANISATION pES E.EPTILES. 

au moins trois mois, se faire un travail de reproduction 
et de cicatrisation telle qu'il n'est resté aucune ouver- 
ture ni pour les poumons, ni pour les alimens. Par 
malheur , cet animal a péri au bout des trois premiers 
mois d'observations suivies, peut-être par le défaut de 
soins d'une personne à laquelle nous l'avions recom- 
mandé pendant une absence. Mais on a conservé le 
sujet dans les collections du Muséum , et quand nous 
en parlons dans nos cours , nous le faisons voir à nu 
pour qu'on puisse constater la singularité du fait d'un 
animal qui a vécu sans tète , et surtout pour démon- 
trer la possibilité et la nécessité, même cbez les Ba- 
traciens , d'une sorte de respiration par la peau. 

Une autre circonstance importante, relatée par Bon- 
net, et que nous avons eu aussi fort souvent occasion 
de constater, c'est que, dans le cas de plaies chez les 
Tritons , il faut avoir le soin de renouveler souvent 
l'eau dans laquelle on tient ces animaux pour les ob- 
server, et de leur en fournir de bien aérée; car autre- 
ment il se forme sur les surfaces dépouillées de leur 
peau, une sorte de moisissure qui est due à une matière 
organisée transparei|te, rameuse et vivante, qui ronge 
les chairs comme une gangrène humide , et qui s'é- 
tend et ferait bientôt périr l'animal , si l'on n'avait l'at- 
tention de l'enlever avec un petit pinceau ou, comme 
nous l'avons fait, dans l'idée que nous avions à détruire 
un animal zoophyte, en touchant ces filamens avec un 
léger acide minéral, et en renouvelant l'eau, avec beau- 
coup plus de soins encore, dans les vases où nous 
tenions les anipaaux que nous voulions observer. 



REPRODUCTION. ait 



CHAPITRE IV. 

DE LÀ PROPAGATION CHEZ LES REPTILES. 

L'observation a démontré que tout être vivant est 
né, qu'il a fait nécessairement partie d'un individu 
semblable à lui-même , dont il a été séparé, détaché à 
une époque souvent fixe et déterminée. La propaga- 
tion, la reproduction des corps organisés n'est donc 
que le développement successif d'une série d'indivi- 
dus qui se ressemblent, une filiation progressive des 
mêmes espèces qui se continuent, qui s'engendrent. 

L'acte par lequel la vie se communique , se propage 
dans les individus, est le complément ou la consé- 
quence de la nutrition ; il n'a lieu le plus ordinaire- 
ment qu'à l'époque où le plus grand développement 
s'est opéré. Quelquefois c'est seulement vers la fin na- 
turelle des individus même , comme on le voit pour 
les Insectes et pour les plantes dites annuelles, et 
jnême dans tous les végétaux, la reproduction entraîne 
toujours la perte des organes ou de la totalité de la 
fleur qui est destinée à cette fonction. 

Le but évident de la génération , cliez les êtres or- 
ganisés, est de perpétuer les races, les espèces, et de 
faire succéder d'autres individus absolument identi- 
ques avec ceux que la mort détruit, caria vie n'est que 
tempoi^aire , et tout être vivant doit mourir ; l'individu 
périt , mais il n'y a pas de fin pour sa race. 

Dans les animaux il y a des organes spécialement 
affectés à la fonction reproductrice , à la génération , 
et ces parties , tout-k-fait distinctes , sont en rudimens 

i4- 



dans les embryons, elles se développent parla suite 
et elles persistent dans leur existence, autant que les 
individus eux-mêmes. Les unes préparent les germes , 
les sécrètent très probablement par suite d'un excès 
de nutrition ; ces rudimens d'un nouvel être sont 
disposés de manière à ce que leur vivification puisse 
s'opérer; des organes les protègent, les conservent 
pendant un temps plus ou moins long avant leur sé- 
paration du corps de l'individu qui les a produits ou 
sécrétés; les autres sont destinées à séparer des flui- 
des nourriciers une liumeur dite prolifique , engen- 
drante, ou vivifiante, avec une grande diversité de 
moyens ou d'instrumens propres à la transmettre , ou 
à la diriger sur les germes. 

Chez les Reptiles, comme dans tous les animaux 
vertébrés d'un degré supérieur, les organes, suivant 
leur nature, constituent les sexes; ils caractérisent 
les individus en maies et en femelles , par leur unique 
présence ; mais le plus souvent aussi par d'autres dif- 
férences pliysiques et constitutives. Comme dans la 
plupart des espèces d'Oiseaux , les mâles sont plus pe- 
tits , plus brillans de couleur, ou plus ornés ; ils ont en 
général plus de force et de vivacité. 

A l'exception des Batraciens, qui tous, à ce qu'il 
paraît, se retirent dans l'eau pour opérer le grand 
oeuvre de ia reproduction, sans union intime des indi- 
vidus, ou sans intromission des parties mâles dans 
les organes femelles, tous les autres Reptiles ont un 
accouplemei ^t réel ; le mâle et la femelle s'unissent 
dans l'acte de ' la génération ; il y a intromission di- 
recte, introdui "-lion active delà liqueur séminale dans 
le corps de la fe. 'ïielle et à une certaine époque de l'an- 
née seuleiaient. 



REPRODUCTION. ai3 

Les Reptiles en général ne forment pas d'union du- 
rable ou de monogamie : le seul besoin de la repro- 
duction est une nécessité instinctive qu'ils satisfont; 
c'est pour l'un et l'autre sexe une excrétion à opérer , 
un but matériel à atteindre ; aussi celte fonction natu- 
relle ne paraît point avoir exercé la moindre influence 
sur l'état social des individus. 11 n'y a parmi eux , au 
moins bien rarement , et alors peut-être par suite 
d'autres causes, aucune communauté de désirs ni 
d'affections, ni même aucun attachement momentané 
du mâle pour la femelle qui n'est presque jamais sa 
compagne. Le seul besoin de l'amour physique les 
rapproche , et quand il est satisfait, ils se fuient, s'é- 
loignent, et ne se reconnaissent plus. 

Le plus ordinairement les germes fécondés se sé- 
parent du corps de la femelle avec une certaine provi- 
sion de nourriture enveloppée avec l'embryon , sous 
une membrane commune plus ou moins solide : ce 
sont de véritables œiik. Il est rare que les mâles se 
joignent aux femelles, afin de préparer un nid ou une 
place convenable pour les y déposer. Comme les Rep- 
tiles ne développent pas de chaleur, ils ne couvent 
pas les œufs , dont les petits , à l'exception de ceux de 
la famille des Batraciens, sortent le plus ordinaire- 
ment assez agiles, avec la forme qu'ils doivent con- 
server, et pouvant déjà subvenir par eux-mêmes à 
leurs premiers besoins. Quelquefois cependant la mère 
cherche à les protéger dans le premier âge, mais ceux- 
ci ne paraissent bientôt plus la reconnaître, et ils de- 
viennent fort indifférens à elle-même, de sorte qu'elle 
n'a que les inquiétudes et non les jouissances de la 
maternité. 

La plupart ne construisent pas de nidsj la femel|e 



314 ORGANISATION SES REPTILES. 

se contente de déposer ses œufs dans un lieu abrité et 
dans des circonstances convenables, pour que la tem- 
pérature ne soit pas trop basse ou l'humidité trop 
grande, et afin que les jeunes animaux qui en pro- 
viendront ne deviennent pas la proie des espèces 
carnassières , contre lesquelles ils ont peu de moyens 
de défense. 

Quelques femelles conservent leurs œufs dans l'in- 
térieur du corps, jusqu'à ce que les petits sortent de la 
coque molle qui les contenait dans un oviducte ou 
conduit destiné à les recevoir , comme dans une sorte 
de matrice; alors ces espèces semblent être vivipares 
comme les Mammifères. On a cru pendanl. long-temps 
que les Vipères seules, parmi les Serpens, étaient 
dans ce cas ; mais depuis on a reconnu que plusieurs 
autres Opliidiens, de genres très différens, offraient 
la même disposition, ainsi que quelques Sauriens, en 
particulier les Orvets , et même parmi les Batraciens, 
les Salamandres terrestres ; on a nommé alors ces ani- 
maux ovovivipares, ou faussement vivipares. 

Les cas généraux que nous venons d'indiquer ne 
sont cependant pas sans exception. Sans faire men- 
tion des Bati^aciens qui, sous ce rapport, doivent, 
comme nous l'avons déjà annoncé, être étudiés à part ; 
nous rappellerons que des voyageurs ont dit que les 
Spliargis ou Tortues à cuir, et quelques espèces de 
Trionyx, s'appariaient, et que les deux individus, 
de sexesdivers, restaient constamment réunis dans les 
mêmes lieux. On sait que les grandes Tortues de mer , 
dites Cliélonées , et. les Crocodiles, viennent cbaique 
année, et à des époques fixes, déposer leurs œufs dans 
les sables des bords de la mer et des fleuves, voisins 
de parages peu inclinés j que là, les femelles construi- 



REPRODUeTION. 2l5 

sent iifie sorte de four ou d'espace creux et voiilé bîèn 
solidenïent, afin que l'ardeur du soleil, ainsi concen- 
trée, liâte l'éclosion des embryons qui se développent 
tous à peu près de la même manière et dans le même 
temps, comme par une véritable couvée extrinsèque , 
la cbaleur dont ces œufs avaient besoin n'ayant pu 
être communiquée par le corps de la mère, ainsi que 
cela a lieu cbez les Oiseaux. 

Nous sommes obligés de traiter h part de la famille 
ou de l'ordre des Batraciens qui, eous le rapport de 
la fonction reproductrice , s'éloigne complètement , 
comme nous l'avons déjà annoncé , de l'organisati&n 
observée cbez tous les Pveptiles. 

D'abord, il n'y a pas cbez eux de véritable conjonc- 
tion 011 de copulation réelle , les mâles étant privés de 
parties saillantes érectiles propres a l'intromission di- 
recte et active de la liqueur séminale dans les organes 
externes des femelles. Ces animaux se trouvent donc 
à peu près dans les liiêmes circonstances que la plu- 
part des Poissons. Cependant les maies des Anoures 
ou des espèces qui ont des pattes et qui sont privées 
de la queue, montent sur le corps de la femelle et 
l'embrassent fortement au dessous des aisselles avec les 
pattes antérieures pour féconder, par l'érnission de 
leur liqueur spermatique, les œufs que souvent ils 
aident la femelle à expulser du cloaque. 

Ces œufs sont constamment enveloppiés d'Étne co- 
que, ou membrane mince, muqueuse, et perméable ; 
le plus souvent ils sor.t agglomérés, liés entre eux et 
réunis, soit en masse, soit en cbapeîets ; ils grossis- 
sent considérablement lorsqu'ils sont plongés dans 
l'eau. Cette sorte de fécondation extérieure, ou de vi- 
vification , a offert aux pbysiologistes des sujets très 



ai6 ORGANISATIOM DES REPTILES. 

curieux d'observations et de recherches importantes 
sur l'influence de l'humeur séminale, dans le dévelop- 
pement des germes. C'est ce que nous ferons connaître 
avec détails, quand par la suite nous exposerons spé- 
cialement l'histoire de cet ordre de Reptiles. 

Quant aux espèces de Batraciens qui conservent la 
queue, et que nous avons nommées Urodèles, il y a 
cette grande différence que les mâles ne saisissent pas 
le corps de la femelle. Tantôt les deux sexes se i-ap- 
prochent intimement, les orifices de leur cloaque sont 
à peu de distance ; tout porte à croire que la liqueur 
séminale , abandonnée par l'un , est absorbée par l'au- 
tre , et portée sur les œufs, qui sont ainsi fécondés à 
l'intérieur , soit immédiatement avant la ponte qui ne 
tarde pas à s'effectuer, soit même dans les oviductes, 
oùjl'on a trouvé des petits éclos, et prêts à sortir vi- 
vans , et d'autres dans des états plus ou moins rap- 
prochés du développement qui rendait l'animal viable. 
Tantôt le mâle , qui excite la femelle à pondre par ses 
agacemens , se presse d'aller féconder successivement 
chacun des œufs dont il épie la sortie. Les Salaman- 
dres dites terrestres sont dans le premier cas , c'est 
ce qui les a fait regarder comme vivipares ; mais dans 
la plupart des autres genres , les œufs éclosent au de- 
hors, et toujours dans l'eau, et le mode du dévelop- 
pement des germes qu'ils contiennent, présente des 
différences notables d'avec celui des têtards qui pro- 
duisent les Anoures. 

Cependant, chez tous les animaux de cet ordre, les 
embryons que renferment les œufs vivifiés, éclosent 
avec une forme tout-k-fait différente de celle qu'ils 
prendront par la suite. Ils subissent, comme les Insec- 
tes, des mJlamorphoses ou des transformations suc- 



KEPRODUCTIOW. aii} 

cessives. En outre, cette première conformation que 
présente l'animal à sa sortie de l'œuf, se trouve encore 
modifiée de diverses manières , suivant que le foetus 
doit produire des Batraciens Anoures, ou des Uro- 
dèles , comme nous allons l'indiquer. 

Dans le premier âge ils ont tous, à ce qu'il paraît, 
le corps allongé, avec une longue queue comprimée 
sur les côtés j semblable à celui d'un petit Poisson, 
seulement ils ont des branchies extérieures ; le plus 
souvent ils sont aveugles, leur petite bouche est alors 
munie de crochets ou d'une sorte de bec corné qui 
leur permet de se nourrir de matières végétales qu'ils 
doivent couper. 

Chez les uns , ce sont les Anoures , les branchies 
externes et visibles disparaissent , elles se trouvent 
recouvertes par une membrane, placées dans une sorte 
de sac sous la gorge, et l'animal respire tout-à-fait de la 
même manière que les Poissons. Seulement son ventre 
est énorme par la grande étendue du canal digestif, sa 
tète se trouve confondue avec le tronc -, il a des yeux , 
des narines ; il est globuleux en devant avec une large 
queue qui lui sert de nageoire ; on le désigne alors 
sous le nom de têtard ^ tant sa tête paraît volumineuse. 
Ses pattes postérieures semblent pousser lentement à 
l'origine de la queue, et se développent d'abord, en- 
suite les antérieures; la queue s'amincit, se raccourcit, 
se détruit peu à peu et semble être absorbée ; la bou- 
che se fend, perd ses mâchoires cornées, elle s'élargit 
considérablement; les yeux prennent des paupières; 
le ventre s'allonge et diminue de grosseur; les in- 
testins eux-mêmes se raccourcissent ; les poumons in- 
térieurs se développent ; les branchies intérieures se 
détruisent; la circulation est tout-à-fait changée, et 



ilS ORGANISATION DES REPTILES. 

ï'animal est dévenu terrestre et carnassier, d'aquatique 
et d'herbivore qu'il était. 

Chez les autres, qui sont les Urodèles, les bran- 
chies externes du têtard persistent ; elles ne devien- 
nent jamais intérieures ; elles restent à découvert 
comme des franges collaires; elles s'oblitèrent seule- 
ment a mesure que les poumons aériens se développent 
dans l'abdomen, et qu'ils admettent l'air extérieur. 
L'animal, d'abord aveugle, prend des yeux, sans 
paupières mobiles. Mais dans cette famille, ce sont lés 
pattes de devant qui se montrent les premières , puis 
paraissent celles qui sont à l'origine de la queue; le 
plus souvent les branchies s'oblitèrent ou s'effacent 
insensiblement, en laissant leurs traces, à mesure que 
les poumons se développent à l'intérieur, mais la 
queue ne disparaît jamais; la bouche et les intestins 
subissent à peu près les mêmes transformations que 
chez les Anoures. 

Quelques genres parmi les Urodèles semblent con- 
server , pendant la durée de leur existence , cet état 
embryonnaire dont nous vènoiïs de faire connaître les 
phases. Ainsi les Sirènes gardent leurs branchies 
et n'ont que les deux pattes antérieures ; chez les Pro- 
téesetlesAmphioumes, on voit des pattes postérieures 
à l'état plus ou moins rudimentaire; mais dans les 
Salamandres , les Ménopomes et les Tritons , les bran- 
chies finissent par disparaître complètement. 

Nous avons dit déjà que, dans tous les Reptiles , il 
n'existe qu'une seule issue pour le résidu des alimens, 
le liquide sécrété par les reins et pour les organes gé- 
nitaux. C'est l'orifice extérieur du cloaque, dont la 
forme varie et devient jusqu'à un certain point une 
sorte de caractère naturel. îl est en effet arrondi dans 



REPRÔDUCTIOW. Hi'g 

la plupart des Chéloniens et chez les Batraciens sans 
queue ; tandis qu'il présente une fente tantôt transver- 
sale, comme dans les Sauriens et les Ophidiens, tan- 
tôt au contraire tout-à-fait en longueur dans les Ba- 
traciens Urodèles. 

Chez les mâles qui ont des organes apparens au 
dehors, dans quelques circonstances, on peut établir 
cette distinction que les uns , comme les Tortues et les 
Crocodiles, ont un pénis unique protraclile et rétrac- 
tile dans le cloaque, avec des muscles destinés a pro- 
duire ces mouvemens. Le tissu qui les forme est vas- 
culaire , de la nature de ceux qu'on nomme érecliïes. 
Cette tension et ce relâchement sont dus à l'abord ra- 
pide du sang qui peut y stagner. La surface de ce corps 
qui correspond au gland, est couverte de papilles 
molles, douées très probablement d'une grande sensi- 
bilité. On voit au milieu un sillon longitudinal le long 
duquel, par la disposition de l'organe, l'humeur proli- 
fique peut s'insinuer et glisser de manière à être lancée 
dans un canal pratiqué au milieu d'un gorgeret insi- 
nuateur. 

Chez les Serpens et les Lézards, la semence paraît 
être dégorgée directement du cloaque du mâle dans 
celui de la femelle, et le rapprochement intime des 
deux individus être facilité et maintenu par deux ap- 
pendices érectiles qui sortent des parties latérales du 
cloaque du mâle , et qui sont hérissées d'épines ou de 
jDetits crochets rudes recourbés, destinés à être re- 
tenus dans les parties correspondantes de celui de la 
femelle. 

' Nous n'avons pas besoin de répéter qu'il n'y a aucun 
organe externe mâle , pas d'apparence de pénis dans le 
^cloaque des Batraciens. 



520 ORGANISATION DES REPTILES. 

Les oi^ganes internes de la génération cliez les mâleâ 
sont de véritables testicules qu'on retrouve constam- 
ment situés dans la cavité de l'abdomen, le long de la 
région de l' échine , au dessous des reins dans les Tor- 
tues et les Batraciens Anoures , et au-dessus dans les 
Serpens et les Lézards. Dans les Salamandres terres- 
tres, ils sont des plus composés, formant de chaque 
côté de la colonne vertébrale une série de deux ou trois 
ganglions réguliers , liés entre eux par des vaisseaux 
et les canaux déférens qui se terminent dans le cloa- 
que , de l'un et de l'autre côté par un petit tubercule 
qu'on croit susceptible d'érection. Les testicules, chez 
la plupart des Reptiles, sont formés par un assemblage 
de petits canaux pelotonnés , repliés sur eux-mêmes , 
aboutissant à un épididyme etse terminant par des 
canaux déférens plus ou moins sinueux et allongés qui 
s'ouvrent enfin dans le cloaque, adroite et à gauche, 
au dessous des uretères , avec lesquels ils se trouvent 
quelquefois confondus. 

Dans les femelles, on trouve des ovaires qui, par leur 
situation, correspondent à peu près au siège des testi- 
cules. Leur volume est considérable , surtout dans cer- 
taines espèces. On trouve aussi de longs canaux mem- 
braneux ou des oviductes analogues à ceux des Oiseaux. 
Leur volume et leur étendue varient dans les diverses 
espèces et suivant les époques de l'année. Leur extré- 
mité libre forme une sorte de trompe ou de pavillon , 
l'autre aboutit au cloaque, et c'est par cet orifice 
qu'arrivent les oeufs, qui ne tardent pas à être pondus. 
Les œufs que pondent les Reptiles sont faciles à re- 
connaître dans les différens ordres. Ainsi, dans les 
trois premiers, leur coque est membraneuse, mais re- 
couverte d'une matière calcaire plus ou moins solide j 



tandis que cKez les Batraciens ils n'ont jamais d'enve- 
loppes crétacées. Dans les Chéloniens , elle est géné- 
ralement solide ; sa forme est globuleuse ou celle d'un 
cylindre court, également arrondi à ses extrémités. 
Dans les Sauriens, cette coque est aussi, selon les espè- 
ces, plus ou moins résistante ; sa forme ovalaire, allon- 
gée, avec cette particularité que les deux bouts en sont 
à peu près de même grosseur. Chez la plupart des 
Ophidiens , la coque , quoique crétacée , est mollasse, 
légèrement flexible, comme celle des œufs dits har- 
Jé^^ que certaines poules pondent dans un même jour, 
ou quand elles n'ont pu se procurer dans leurs alimens 
et fournir ainsi assez de substance calcaire. Ces œufs 
de Serpens sont en outre liés entre eux par une sorte 
de matière visqueuse qui se coagule et les tient réunis 
en chapelet. Ces œufs sont ordinairement d'une même 
couleur, d'un blanc jaunâtre ou grisâtre (i). Les Ba- 
traciens Anoures pondent des œufs à coque molle , de 
forme sphérique , liés entre eux ou comme agglomérés 
par paquets. Quelques Crapauds et les Pipas présen- 
tent à cet égard des particularités que nous indiquerons 
bientôt. Dans les TJrodèles, dont les germes éclosent 
après avoir été pondus, les œufs sont le plus souvent 
libres ou isolés les uns des autres , et leur forme est 
allongée. 

Le nombre des œufs varie beaucoup. Les Tortues 
de mer en pondent jusqu'à cent à la fois ; dans les Sau- 
riens et les Ophidiens , il y en a au-delà de trente , et 
on en a compté plus de deux cents dans les Grenouilles. 
Dans tous ces œufs , on trouve une glaire verdâtre ou 



(1) Arittote le* désigne ainsi : /u«AaxoSo/»juoy, /^0y£;^dy. 



Î^â2 OhGAIflSiTlGN DES REPÏILES; 

un albmï}en qui se coagule difficilement. Le jaune ovt 
vitellus est absorbé par l'embryon ; une cicatrice abdor 
niinale indique l'ombilic dans les jeunes individus. Il 
n'est pas rare de rencontrer des germes doubles dans 
une même coque ; la plupart de celles-ci avortent ou 
ne se développent pas ; mais quelques unes produisent 
des monstres par excès, tels que des hermaphro- 
dites, des individus à deux têtes, à six membres, à 
deux queues. 

Le rapprochement ou l'acte de la fécondation dure 
plus ou moins long-temps, selon les espèces et la sai- 
son. On l'a vu, chez des Ghéloniens et des Batraciens 
Anoures, se prolonger de dix -huit a ti-ente-un jours et 
au-delà, sans que le mâle ait quitté sa femelle. Mais 
dans quelques Sauriens, et en particulier chez les Lé- 
zards , la copulation est de très courte durée, souvent 
répétée, il est vrai , mais presque instantanée comme 
dans les Oiseaux. 

Dans nos climats tempérés , c'est le plus ordinaire- 
ment aux premiers jours du printemps que les indivi- 
dus des deux sexes , après une longue abstinence et à 
peine sortis de leur engourdissement d'hiver, aban- 
donnent leurs habitations ordinaires et se dirij>:ent, 
par une sorte d'instinpt, vers des lieux qui semblent 
comme convenus d'avance, et où on les rencontre seu- 
lement alors réunis en très grand nombre pour y célé- 
brer leurs noces en cpmmun. C'est au moins ce qu'on 
a observé chez la plupart des Batraciens, qui éprouvent 
le besoin d'émigrer pour se rendre dans les eaux tran- 
quilles où doivent s'opérer leur fécondation et leur 
ponte. 

Les mâles, dans certaines espèces, se reconnaissent 
par quelques .caraictères particuliers qui sont liés ^ la 



HEPRontrcTioâ. àaB 

fécondation ; car souvent ils disparaissent après cette 
époque. Cependant, dans les Cbéloniens, cette indi- 
cation est durable ; car la plupart des mâles ont leur 
plastron ou la partie inférieure du ventre concave , et 
cette courbure correspond à peu près à celle de la 
convexité de la carapace cliez les femelles. Cependant 
on a reconnu que dans quelques individus feraelies , 
le plastron était aussi légèrement creusé, et l'on s'est 
assuré du sexe par des recherches anatomiques qui 
ont fait découvrir des œufs ou du moins l'existence 
des ovaires fécondés. Dans quelques Sauriens , 
comme dans les Basilics , les Lophyres , les Iguanes , 
les Dragons, les Anolis, on voit les mâles ornés de 
crêtes particulières qui régnent le long du dos , de 
goitres sous la gorge ou de fanons sous le cou, et de 
couleurs très vives qui les distinguent des individus fe- 
melles. 

Chez les Serpens , on reconnaît aisément la diffé- 
rence des sexes, dans la saison des amours, par la 
grosseur de la queue, le gonflement particulier du 
cloaque et la petitesse relative des individus mâles; 
tandis que dans les femelles le poids et le volume sem- 
blent doublés 5 le ventre est plus large , îa queue plus 
miince à sa base , et c'est ce qu'on observe lorsqu'on 
les trouve entortillés, ou entrelacés à peu près comme 
on les représente dans le caducée de Mercure. 

Mais c'est surtout parmi les Batraciens que la 
distinction des mâles est facile a établir. Ainsi , 
dans les Grenouilles vertes , les mâles font sortir de la 
commissure de la bouche deux vessies globuleuses 
dans lesquelles s'introduit l'air au moment où ils 
coassent. Les mâles de la Grenouille rousse ont , k 
l'époque de la fécondation , les pouces des pattes an- 



'ait4 ORdrANiSÀTlON MS îlfePTILËS. 

lérieures considérablement gonflés et recouverts d'une 
peau noire et rugueuse. Dans la Grenouille verte, la 
gorge s'enfle et se colore cliez les mâles, au moment 
où ils produisent leurs chants d'amour. L'espèce de 
Crapaud qu'on nomme l'accouclieur embarrasse au- 
tour de ses membres postérieurs le chapelet d'oeufs 
qu'il féconde et qu'il dispose en huit de chiffre, en se 
chargeant de les porter jusqu'à l'époque où les germes 
qu'ils contiennent seront assez développés pour qu'ils 
puissent éclore aussitôt qu'ils seront portés à l'eau. 
Dans le Pipa qu'on nomme Dorsigère, et dont on a cru 
que la femelle faisait ses petits par le dos , on sait que 
les œufs ont été rangés là parle mâle , et qu'ils se sont 
développés dans des espèces d'alvéoles dont les parois 
membraneuses paraissent être une sorte de résultat 
d'une éruption inflammatoire. Enfin on a reconnu qu'à 
l'époque des amours , un grand nombre d'espèces de 
Batraciens Urodèles , et en particulier les Tritons 
mâles, s'ornaient de crêtes diversement colorées, de 
franges , de membranes lisérées de teintes les plus va- 
riées et très vives , qui s'effacent, se détruisent et dis- 
paraissent complètement après la fécondation. 



LlYRE SECOND. 



XNSICATÏOK 2IES OUTRAGES GîlNERAirX 



Ce livre est destiné à faire connaître les sources 
principales dans lesquelles on pourra puiser, avec 
avantage, des faits et des considérations générales re- 
latives à l'étude inétliodique de la classe des Reptiles ; 
car nous nous proposons d'indiquer ici successive- 
ment, dans l'ordre de la date à laquelle les auteurs 
ont publié leurs ouvrages , les systèmes et les métho- 
des qu'ils ont imaginés pour faire parvenir facilement 
à la connaissance des ordres, des genres et des espè- 
ces. Nous ferons ensuite i'énumération , par ordre 
alphabétique, des auteurs dont les ouvrages ont rap- 
port aux Reptiles en général. Les monographies ne 
seront indiquées que quand nous aurons occasion de 
traiter des ordres, des genres ou des espèces. 

On conçoit que les premiers ouvrages généraux sur 
la classe des Reptiles doivent être les mêmes que ceux 
qui traitent de l'histoire naturelle en général , et sur- 
tout de celle des animaux ; cependant il est bon de 
savoir que les premiers auteurs avaient déjà remarqué 
les rapports qui existent entre les espèces qu'on range 
encore aujourd'hui dans les quatre ordres des Ter- 

REPTILES, I. i5 



â26 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

tues, des Lézards , des Serpens et des Grenouilles. îl 
n'y a pas de doute , par exemple , que les niœurs de 
ces différens Reptiles ne fussent connues des anciens 
Egyptiens , et surtout de leurs prêtres , car on trouve 
sculptées, sur les antiques monumens de ces peuples, 
des figures fort remarquables de ces diverses espèces, 
et souvent avec l'indication de leurs principales habi- 
tudes . 

Aristote. Quoiqu'on trouve dans les anciens histo- 
riens hébreux et grecs, cités principalement dans Hé- 
rodote et dans Athénée, plusieurs passages et des 
notions précises sur quelques espèces d'animaux de la 
classe des Reptiles, c'est spéciapalement dans les li- 
vres d' Aristote , et surtout dans deux de ses grands 
ouvrages sur l'histoire naturelle des animaux et sur 
leurs diverses parties (i), qu'on peut lire des phra- 
ses qui dénotent combien étaient vastes et précises 
ses idées sur les véritables rapports qui existent entre 
les animaux des quatre ordres de cette classe. Voici 
quelques unes des citations que nous avons cru de- 
voir relever pour confirmer ce que nous venons d'an- 
noncer. 

1. Tout animal terrestre ayant du sang, qui pond 
des œufs , a quatre pieds , ou n'en a pas du tout (2). 

2. Les Quadrupèdes Ovipares, tels que les Tortues 
de terre et de mer, les Crocodiles, les Lézards, et 
les autres du même genre. Les Serpens, si l'on veut 
les comparer à ces animaux ovipares qui ont des 
pieds , peuvent être mis à côté des Lézards ; ils leur 



(1) Tlspï Çwwv (ïToptaj. — Uspi Çwwv uopMV. 

(2) Oùùkv Ss Cft070xû ;»;îp5î«^cy /.où vjxtjj.O'^ ij:h Tsxpànow ov, >? ânouv. 
Lib. n, cap. X. 



ÀtlîËtJRS GÉNÉRAUX. H^rj 

ressemblent presque en tout, en supposant à ceux-ci 
plus de longueur, et en leur retranchant les pattes (i). 

3. Parmi les Quadrupèdes qui ont du sang rouge , 
et qui pondent des œufs , il nomme les Tortues , les 
Crocodiles , les Lézards , et puis les Serpens , entre 
lesquels il cite la Vipère, qui, dit-il, engendre exté- 
rieurement un animal vivant , après avoir produit in- 
térieurement un œuf (2). 

4. Après avoir indiqué à quels animaux convient le 
nom d'amphibies , il désigne encore les Tortues , les 
Crocodiles et les différentes espèces de Grenouilles , 
qui vivent dans l'eau , naais qui y seraient suffoqués 
s'ils y restaient trop long-temps (3). 

5. Très souvent il cite nominativement les genres 
des Tortues , des Serpens , des Grenouilles (^). 

Partout dans ses ouvrages, Aristote prouve qu'il 
connaissait parfaitement les formes , la structure et les 
habitudes des Reptiles. S'agit-il des mouvemens, il 
dit : « Ils se meuvent à la surface de la terre, tantôt en 



(1) Ev TS-ipànoBi diOTÔxoiç ûYi , oTov j/sAwv»? ysp^aict, xaï •/^■ÀÛr/i Ôa.j.a.z'ïioc, 
xat accbpa, xxï roïç xpo^oùtlloii, xal Tr5«» è'Aws xoii TOtovroiç, 

To ùs Tfiiv ojsccov ysvoi op^otôv èazt, xaù éj^sj TiapaTzXriSix ap/sSovirâvra zûv 
TtîÇû)' xat dioxôxMV lolî tjaiipoii , sï ti^ f^ôxo? dîtoocàoùi aùroïî, dfsXoi tous 
Tïoûas. Lib. II, cap. xvii. 

(2) Karà rsTpxnoàoL y.cà svociy.x xat diorôxx y^sXcUvfi E/aÙj y.poxoosD.oi oi 
yspnouoi y.oà oi T:ozxy.oi. T&iv Zs ofso)v, b /j.sv è'yii s'ica ^oiozoxsï iv ubria 
npGiTOV wotôzvjok;. 

(3) Oiov aï ts xaAoy/Asvaî Oa.li:Tito!.L j^sAûvatj xoà xpo/.olsi).ot oTov au. "t* 
Ëfj.uos; xat TO -zSiv jSpxrpùyoi'j yivoi, Taûxa yàp ot.-nv.vzo: , ji-h Sià iivoi àva- 
nvsvija.vi:cc. -/pôvo'j cJTroTrvtysTat. 

(4) Kat yàp rj x^Xc^vn t&v foXiZuz&v iari xatE//.ùj. Lib. viii, cap. xvir. 
Tûiv auupSiv yêvoç. Lib. V, cap. iv. Oi Ss xXXoi oipsa l^w. Lib. v, cap. m. 
Tûv ^onpàxuv yéno?. Lib. viir, cap. 2. 

i5. 



asB HÎStOîîlÉ tîTÏÉilAÎUÈ. 

« marcîiant, tantôt en rampant, ou en se i?ouîant (î). « 
S'il parle des Serpens, il décrit parfaitement leur 
conformation exlérieure et leur structure anatomique, 
leur échine, leurs mouvemens, leurs écailles, leurs 
Voies digestives , la situation du cœur, leur poumon 
unique, la glotte, la langue , leur voix , les œufs qu'ils 
pondent en cliapelet après l'accouplement ; il les 
compare aux Lézards. Parmi le grand nombre de ceux- 
ci , on trouve beaucoup de détails sur les mœurs et 
la structure, ainsi que sur les habitudes des Croco- 
diles terrestres et aquatiques. Son histoire du Camé- 
léon prouve qu'il avait très bien observé les particu- 
larités que présente cet animal; il le compare aux 
Lézards ; il fait connaître la courbure de son échine, 
le mécanisme des mouvemens de sa queue, le défaut 
de sternum, et la disposition de ses côtes, la singu- 
lière conformation de ses pattes, dont les doigts sont 
réunis en deux paquets, et qui gênent sa marche en 
facilitant l'action de grimper et de s'accrocher ; son 
allure bizarre; les particularités de la forme des yeux 
et de leurs mouvemens indépendans. 

Il en est de même des Tortues et des Grenouilles. 
Pour les premières, il en distingue de trois sortes, de 
mer, de terre et d'eau douce, et il leur donne des 
noms différens ; il décrit très bien leur carapace, leur 
plastron, leurs écailles, la lenteur de leur marche , 
la structure intérieure de leurs viscères, de leurs 
poumons en particulier, de la vessie, du cloaque ; et, 
pour les secondes , on voit qu'il distingue et sépare les 
Grenouilles des marais ou aquatiques, des Crapauds 

('\ ) Ko-.t Twv Tce^&v , zà /j.ïv fïOfjîuraà , t« ci êpTivcxiy.ù , tù, ok ^ûrfçi^à ; 
Hisl. anjm., lib. i, chap. i, 



AUTEURS GÉNÉRAUX, 2â^ 

et des Rainettes , et que la plupart des faits principaux 
qui concernent l'histoire de ces animaux n'ont point 
échappé k ses observations. 

Pline. Après Aristote , dont les œuvres sont rem- 
plies de faits et de vérités, à peine pouvons-nous, 
après un intervalle de près de quatre siècles, citer 
Pline le naturaliste. Son ouvrage est une véritable 
compilation : c'est un mélange d'observations posi- 
tives et réelles , recueillies de toutes parts sans discer- 
nement, et remplies par conséquent de fables et 
d'erreurs. L'auteur, crédule au dernier degré, les ra- 
conte surtout avec complaisance , mais daus un style 
admirable pour la diction et l'élégance. Ses livres sont 
écrits sans ordre et sans aucun plan ; il ne parle des 
objets que par occasion, et toujours sans méthode ; il 
dénature souvent les idées qu'il emprunte , et il a ainsi 
introduit dans la science un grand nombre de préju- 
gés qui persistent encore aujourd'hui et qui se retrou- 
vent dans les croyances du vulgaire. 

Ainsi, dans le livre VIII où il traite des formes, des 
habitudes et des moeurs, la principale division des 
animaux, celle qui s'applique également h l'histoire 
des Reptiles , est tirée de leur séjour. Il les distingue 
en terrestres, aquatiques et aériens. Il y traite des 
Tortues diverses, et ce qu'il en dit est évidemment 
emprunté d'Aristote. Dans quelques chapitres , il fait 
connaître les diverses espèces de Lézards, de C^^roco- 
diles,deScinques; voici un article extrait de son ouvra- 
ge, qui est évidemment une compilation d'Aristote (i), 



(1) Caii Plikii HiSTORiA NATURALis, lib. VIII, cap. 5'1. Figura et 
maguiludo erat lacertce , nisi crura esseiit recta et excelsiora. hâtera 
ventri junguntur ut piscibus , et spiiia simili modo eminet. Rostrum 



2i3o HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

et dans lequel, parmi un grand nombre de faits exacts, 
nous aurons soin de souligner les erreurs. 

« La forme et la taille du Caméléon seraient à peu 
près celles du Lézard, s'il ne tenait pas les pattes 
droites et plus élevées; le corps est comprimé; ses flancs 
sont réunis au ventre, comme dans les Poissons, et 
son échine est trancîiante de la même manière; son 
museau avance , comme celui d'un petit cochon ; sa 
queue, qui est longue, diminue insensiblement, et se 
contourne en dessous, comme celle des Vipères; il a 
des ongles crochus; ses mouvemens sont aussi lents 
que ceux de la Tortue; son corps est rude au toucher, 
comme la peau du Crocodile ; les yeux , enclavés dans 
un orbite, sont très gros , de la couleur du corps ; il 
ne peut les fermer complètement ; on n'y voit pas le 
mouvement de la pupille; mais il peut faire tourner 
la totalité de l'oeil pour voir de toutes parts. Quand il 
est perché , il reste la bouche ouverte ; il est le seul 
des animaux qui puisse se passer d'alimens solides oit 
liquides y et qui se nourrisse d'air; il nest dange- 



ut in pai'i'o , haiid absimile suillo : caiida prœlojjga in tenuitateni de- 
sinens et impUcaiis se viperinis orhibus ; un gués adu/ici j motus tardior 
lit icstudini ; corpus asperum ceu crocodilo; ocuU in recessu ccwo , 
tenui discrimine prœ grandes , et corpori concolores ; numcjuàm eos 
operit , Jiec pupillœ inotu , sed totius oculi versatione circumspicit. 
Ipse celsus, liianti semper ore, solus animalium, nec ciho, nec potu ali- 
tur, nec alio quam aeris alimento : circà capriflcos Jerus , innoxius alio- 
Cjui. Et coloris natura mirahilior ; mutât namque eum siibinde et oculis 
et caudd et toto corpore , redditque semper cjucmcumque proximè al- 
tingit, prœter rubrum candidumque. Defuncto pallor est. Caro in capite 
et maxillis et ad commissuram caudce admodùm exigua , nec alibi 
toto corpore ; sanguis in corde et circà oculos tantùm ; viscera sine 
spleiie. Hibernis mensibus latet ut lacerlœ. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. sSl 

reiix que lorsquil est perché sur les caprieî's. Dans 
toute autre position , il est innocent ; il prend la cou- 
leur de tout ce qui l'approclie , excepté le rouge et le 
blanc. Après sa mort, il est pâle; il a peu de cliair à 
la tête, aux mâclioires, et à la réunion de la queue, 
au tronc, et même dans toutes les autres parties du 
corps. On ne lui trouue de sang que dans le cœur et 
autour des yeux. Il na pas de rate. Comme les Lé- 
zards , il se caclie pendant les mois d'hiver. « 

Dans le livre onzième , qui est tout entier consacré 
à une sorte d'anatomie comparée, Pline examine suc- 
cessivement toutes les parties du corps dans les di- 
vers animaux ; il décrit très bien les dents venimeuses 
des Serpens (i), leur langue, celle des Lézards (2) 
et des Grenouilles (3) ; il donne des idées justes de la 
voix chez la plupart des Reptiles (4) ; mais tous ces 
faits sont exposés sans ordre, et mêlés souvent aux er- 
reurs les plus évidentes, et quelquefois opposées à des 
circonstances qu'il a détaillées ailleurs avec un grand 
talent. C'est, comme le dit Cuvier (5) : « Un auteur 
« sans critique , qui , après avoir passé beaucoup de 
« temps à faire des extraits , les a rangés sous certains 



(1) Lib. XI , cap. 62. Similes Aspidi et Serpentibus j sed duo insu- 
perd parte ^ dexterd , lœi^dque longissimi , tcnui fîstula perforati , ut 
Scorpioiium aculei , venenum iiifundentes. 

(2) Ibid. cap. 63. Lhigua non omnibus eodem modo, tenuissima 
Scvpeu.libus et trisulca ,vibraus , al ri coloris j et si extrahas prœlo/iga ; 
Lacertis bifida. 

(3) Ibid. , ibid. Ranis prima cohœret, intima absoluta à gutlurc. 

(4) Ibid., cap. 112. 0>-a parientibus sibilus , Serpentibus longus , 
Testudini abruptus , fianis sonus sui generis , qui mox in are conci- 
pitur non in pectore. 

(5) Biogiaphie universelle, (omexxxv, article Pline. 



232 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

« chapitres, en y joignant des réflexions qui ne se 
« rapportent pas à la science proprement dite ; mais 
« qui offrent alternativement les croyances les plus 
« superstitieuses unies aux déclamations d'une philo- 
ce Sophie chagrine. » 

Gesner.I1 existeune grande lacune dans l'histoiredes 
sciences depuis le quatrième jusqu'au neuvième siècle, 
époque à laquelle les Arabes traduisirent heureuse- 
ment du grec les meilleurs ouvrages, et conservèrent 
v.ainsi la tradition des faits les plus curieux, principa- 
lement parmi ceux qui pouvaient avoir quelques rap- 
ports avec la médecine ; mais dès la première moitié 
du seizième siècle parurent quatre grands naturalistes: 
Belon et Rondelet , en France ; Salviani , Italien , et 
surtout Conrad Gesner, Suisse d'origine, qui, parmi 
ses nombreux ouvrages, a consacré deux de ses li- 
vres (i) à l'histoire naturelle des Reptiles. Cet auteur 
est si célèbre dans les langues et dans les sciences 
qu'on l'a surnommé le Pline de l'Allemagne, que 
Boerhaave le désigne comme un prodige d'érudition 
(inoiistrum eruditionis) , et Touriiefort comme le père 
de toute l'histoire naturelle , celui dont les oeuvres of- 
frent le magasin le mieux fourni {totiiis historlœ na- 
turalis parens ac veluti promptuariuin). 

Ces ouvrages, dans lesquels on trouve des figures 
gravées sur bois, presque toutes copiées, sont dispo- 
sés par ordre alphabétique ; mais dans chacune des 
histoires , l'auteur a suivi une méthode qui, par cela 
aussi qu'elle estpresqueconstamnientla même, donne 



(1) Hisioria animalium , lib. ii^ de Quadrupedibus ouiparis, Tiguri, 
1554, F. Lib, v, de Serpentàun fuiturd,Ti§un^ '1587, çdit. pos- 
ihuro. , i\ 



AUTEURS GiWÉRA.UX. a3â 

beaucoup de facilités pour les reclierclies qui sont 
très savantes. Ainsi , il disserte longuement sur la no- 
menclature ancienne et nouvelle; il donne une des- 
cription fort détaillée de la forme, du lieu natal, des 
moeurs^ des habitudes, des particularités anatomi- 
ques , des usages économiques et médicinaux , et enfin 
il rappelle l'histoire mythologique de chacun des ani- 
maux dont il parle. 

Aldrovandi. Vers la fin du même siècle vécut Al- 
drovandi , qui collecta pendant cinquante ans des ob- 
jets d'histoire naturelle, qui entreprit dans ce but de 
grands voyages, et qui fit dessiner et peindre pendant 
trente années consécutives les animaux qu'il put ob- 
server. Il mourut aveugle à l'âge de soixante-dix-huit 
ans , en i6o5. Les quatorze volumes in-folio qui com- 
posent ses œuvres ne furent publiés qu'après sa mort, 
et par divers éditeurs. Ce fat en particulier en i64o 
que Bartholomée Ambrosinî, professeur à Bologne, 
publia, sous le forma tin-folio avec des figures en bois, 
les deux livres sur les Serpens et les Lézards (i). 
Vingt-deux chapitres sont consacrés aux Sei^pens et 
six seulement aux Basilics , aux Dragons et autres Lé- 
zards la plupart fabuleux. 

L'auteur est un compilateur ; il a extrait des ou- 
vrages grecs et arabes la plupart de ses descriptions, 
qui sont très souvent incomplètes. Il s'étend beau- 
coup sur la synonymie , la valeur étymologique des 
noms. 11 se montre toul-k-fait diffus et sans ordre, 

(1 ) Ulyssis Aldrovakdi Serpentium et Dracouum historiœ lihri duo, 
Boiionise , cum indice memorabiliuni necnon variarum lin^uarum 
locupletissimo. 



a34 " HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

sur tout ce qui tient à la simple observation ; mais il a 
recueilli beaucoup de citations très savantes sur les 
épitbètes données à chaque Reptile , les emblèmes , les 
symboles qu'il a représentés d'après les médailles, les 
Hiéroglyphes, les emplois faits en médecine des di- 
verses parties de ces animaux. 

JowsTow. J. Jonston , qui a consacré, dans son 
Théâtre des animaux (î), tout le quatrième livre aux 
quadrupèdes digités ovipares , et les deux livres de la 
sixième partie du même ouvrage aux Serpens, est à peu 
près dans la même catégorie qu'Aldrovândi, et il pré- 
sente encore moins d'observations qui lui soient pro- 
pres. Cependant l'ordre qu'il suit dans son exposition 
est exact, comme on va le voir par l'énumération des 
chapitres. Ainsi il traite d'abord des Crapauds, des 
Grenouilles, des Rainettes ; puis des Lézards, tels que 
îesGhaîcides, les Iguanes; desTupinambis, des divers 
Lézards d'Amérique , de la Salamandre , du Stellion , 
du Scinque , du Cordyle , du Caméléon , du Crocodile ; 
des Tortues de terre , d'eau douce et de mer. Il en est 
à peu près de même pour les Serpens. Après avoir 
exposé leur histoire générale, il consacre autant de 
chapitres à la Vipère , à l' Ammodyte , au Céraste , k 
THémorrhous, au Seps, à l'Aspic, l'Amphisbène, la 
Cécilie, le Cenchris, etc., etc. 

Ray, Le premier des auteurs généraux véritablement 
systématiques est John Rayou Wray, théologien an- 
glais , qui a donné un essai de classification en 1698. 
C'est une méthode informe, à la vérité, où, sous le 



(1 ) Theatrum universale omnium animalium, cura Heniici Ru ysch, 
Arastcrd., tom. 11. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. âiSS 

titre de Tableau synoptique des animaux quadru- 
pèdes ^ de ceux du genre des Serpejis ( i ), il présente un 
arrangement d'après le mode de respiration , le vo- 
lume des œufs, leur couleur , etc. : caraclères insuffi- 
sans et peu naturels auxquels il n'a ajouté aucun dé- 
tail sur les moeurs , ni sur l'organisation des Reptiles 
dont il parle. 

Linné. C'est à Linné qu'est due la distribution prin- 
cipale de la classe des Reptiles en ordres, en genres 
et en espèces , qu'il a compris , dans la partie de son 
Système de la nature, parmi les êtres du règne animal. 
Mais alors, comme nous l'avons déjà indiqué, il les 
désignait sous le nom dH amphibies , et il les caractéri- 
sait , dans son style laconique et en latin , par ces trois 
notes principales : lo corps nu ou écailieux ; 2" dents 
aiguës , pas de molaires-, 3° point de nageoires à rayons. 
Il les divisait en deux ordres. î. Les Serpens qui n'ont 
pas de pattes. IL Les Reptiles qui ont des pattes. A. 
celte époque 5 ces caractères suffisaient, parce qu'on 
connaissait peu d'espèces. Plus îai"d, et nous racontons 
seulement cette circonstance pour l'histoire de la 
science, trompé par les reclierches anatomiques du 
docteur Garden , qui avait fait des observations sur la 
structure de quelques Poissons de la Caroline du Sud, 
et qui avait pris la vessie natatoire d'un Diodon, la- 
quelle est bilobée, pour un double poumon, il rangea 
non seulement ce Poisson ,mais la plupart des cartilagi- 
neux , parmi les Ampliibies , dont il fit un ordre sous 
le titre (^ Amphibia nantes. Linné explique lui-même 



(1) John RaYj Synopsis melhocUca animalium quadrupedum et 
serpenti generis , Londini , 1 693 , in-8° ; deux autres éditions en 
1724 et 1729. 



a36 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

la cause de ceLte modificalion, qu'il apporte au sys- 
tème d'Artédi, dont il avait auparavant complètement 
adopté les bases (i). 

Nous ne répéterons pas ici les caractères assignés 
par lui à la classe et aux ordres, la plupart de ces an- 
notations générales sont aujourd'hui réellement fau- 
tives, parce qu'on a mieux connu les organes de la cir- 
culation et de la respiration , et ceux de la génération , 
sur lesquels portaient en particulier les erreurs. Nous 
verrons que, dans les dernières éditions du Système de 
la nature, et spécialement dans la douzième et dans la 
treizième publiée par Gmeiin en i'j88, cet arrange- 
ment systématique a subi de très heureux changemens. 
Il n'en faut pas moins reconnaître que c'est principa- 
lement à Linné et à son école qu'on doit l'avantage de 
la nomenclature méthodique, où chaque genre est dé- 
signé par un nom substantif et se trouve dénoté par des 
caractères positifs, et les espèces par d'autres noms dits 
triviaux, tirés de diverses particularités que représen- 
tent des épithètes ou des adjectifs toujours réunis pour 
indiquer en même temps le genre et l'espèce : méthode 
de nomenclature d'abord appliquée aux plantes et en- 
suite à tous les autres objets de l'histoire naturelle. 

Voici l'extrait de la classification des Reptiles dans 
la dernière édition du Sjstema naturœ j publiée par 
Gmeiin en l'année 1788, et dans laquelle cependant 



(1) Cap.oli a Likke Systema natorjE ; Ilolmise , 1766, tome i, 
pag. 348. Lilteris, à D. D. Garden in Americd liabitanti ,petwi vellet 
dissecare Diodontis respiratioiiis organa et iiujuirere nùmne pulmoties 
haherent ; sîupefactus ipse dissecuit pisces, repcrhque et bratichias ex- 
teriias et pulmoiies iiiiernos cjuos descriptos et coiiseivatos remisit, 
unde coiistitit eos adnumerandos nantibus. 



il resté êticôre quelques erreurs que des études ulté- 
rieures ont dû corriger. 

Classe troisième. Les amphibies sont dés animaux 
froids des pays chauds, à peau nue pour la plupart (î), 
caractérisés par un coeur à une seule oreillette et à un 
seul ventricule; à poumons arbitraires (au moins dans 
ceux qui sont rangés dans le premier ordre) , à organe 
mâle externe double (parmi ceux du second ordre), 
et a mâchoires mobiles. Nous pouvons dire maintenant 
qu'aucun de ces caractères n'est positif, caria plupart 
ont deux oreillettes au cœur, et le ventricule à plu- 
sieurs loges communicantes. Les Serpens n'ont qu'un 
seul poumon, et l'organe mâle est simple dans les 
Tortues, les Crocodiles, et il n'y en a point dans les 
Batraciens. 

Cette classe comprend deux ordres : les Reptiles, 
qui respirent par des poumons , qui ont quatre pattes 
et l'organe mâle simple ; les Serpens, dont le corps ar- 
rondi, sans col distinct, se meut par ondulations, 
dont les mâchoires dilatables ne sont pas solidement 
articulées, et qui n'ont ni pieds, ni nageoires, ni 
oreilles externes. 

11 y aurait encore ici beaucoup d'erreurs à relever, 
car plusieurs Reptiles n'ont que deux pattes, et, comme 
nous venons de le dire, les organes externes mâles ne 
sont pas toujours simples. 

Quatre genres seulement étaient établis dans l'ordre 
des Reptiles , savoir : ceux de la Tortue, du Dragon , 



(1) Nuda pleraque ifrtgida cesiuantium animalîa ) corde unilocU'- 
lari, uni aurito , pulmùJiibus {primi ordinis) arbitrariis , petie [secutidi 
ordinis ) dupllci, maxillis mobilibus , dignoscuntur. 



ââê HISTOIRE tlTTÉRAlRÈ. 

du Lézard et de la Grenouille ; et six dans l'ordre des 
Serpens : les Crotales, les Boas, les Couleuvres, les 
Orvets, les Ampliisbènes et les Cécilies. La plupart 
de ces genres sont subdivisés en espèces , surtout ceux 
qui sont très nombreux, et ils ont donné lieu à la for- 
mation d'autres qui sont aujourd'hui généi-alement 
adoptés. 

Klein. Nous croyons devoir seulement indiquer le 
titre de l'ouvrage de Klein, émule, critique et contem- 
porain de Linné, qui donna, en 1765, un petit vo- 
lume in-8° dans lequel il ne traite que des Serpens , 
quoiqu'il l'ait inûtulé Tentamen hei'petologiœ; maisil 
range dans la même catégorie les Lombrics, les Ténias 
et les Sangsues. 11 est vrai que cet auteur avait traité 
d'une manière bien générale des Quadrupèdes ovipares 
dans un autre ouvrage publié in- 4° à Leipsic , en 1 7 5 1 , 
sous le titre de Quadrupedum dispositîo bres^isque 
historia natiiralis. 

Laurejvti (Joseph-Nicolas). Celui de tous les au- 
teurs auquella connaissance des Reptiles doit ses pre- 
miers progrès était médecin à Vienne , en Autriche ; 
c'est là qu'en 1768 , pour obtenir le grade de docteur, 
il présenta comme sujet de thèse un petit volume 
in-8" sous le titre (i) de Tableau des Reptiles, etc. 
Cet ouvrage très remarquable , comme nous le verrons 
par les détails dans lesquels nous allons entrer , a été 
attribué depuis à l'un de ses camarades d'études, à 
Winterl, chimiste distingué à Vienne, mais dont le 



(1) J. Ni Laurenti, Spécimen medicum , exhibeiis synopsiii Repti- 
lium emeiidatam cum experimentis circà venena et ajitidota Reptilium, 
Austriacorum. Vieimce , 1768;, in-8° , 214 pag., cum fig. œneis. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 33^ 

iiom n'est cité qu'à la dernière page de l'ouvrage, 
comme ayant été son collaborateur dans ses expériences 
de thérapeutique. 

L'ouvrage est écrit en latin et se trouve partagé en 
deux parties à peu près égales en étendue ; l'une, qui 
est tout-à-fait relative à l'histoire naturelle et aux ca- 
ractères des genres , est la seule que nous ayons l'in- 
tention de faire connaître ici ; l'autre est consacrée aux 
descriptions des espèces et à l'exposition des essais ou 
des expériences qu'il a faites pour reconnaître l'exis- 
tence d'un venin dans quelques unes, et à l'action des 
remèdes qu'il a employés dans certains cas. 

L'auteur n'a point du tout parlé des Tortues. Voici 
la traduction des caractères qu'il assigne à la classe des 
Reptiles. Ce sont des animaux froids, privés de poils 
et de mamelles, ayant des poumons qui agissent sans 
diaphragme et presque sans le secours des côtes, chez 
lesquels la gorge en fait les fonctions , en attirant l'air 
d'abord et le poussant ensuite dans le poumon. Pen- 
dant l'hiver, ils s'engourdissent très long-temps ; ils 
ne mâchent pas, avalent leur proie entière et la digè- 
rent très lentement. Ils supportent le jeûne (souvent 
pendant six mois); ils restent long-temps accouplés; 
ils se rajeunissent en se dépouillant; ils sont d'un as- 
pect suspect pour l'homme et pour les Mammifères (i). 



(1) Opus citatum, pag. 20. Aiiimalia frigida , pilis mammisque 
carentia ; pulmoiie iiistruda , sine diaphragmate et ferè sine costis , at 
vicaria gula , quœ alternalim aerem haurit et contracta in pulmonem 
propellit. Diutissimè hyhernantia ; non masticantia , cibum iniegrum 
deglutitum tardissimè digerantia; famem tolerantia (per médium 
sœpè annum ); copuld diit cohcerentia ; exuuiis positis senectam exuen- 
tia. Suspecti ( no^is omjiibusque mammalibus ) habitûs. 



a^'o fiïSÏOlRÈ LITTÉRAIRE. 

Laufèûli , sans comprendre lès Tortueà dans la 
classe des Reptiles, partage ceux-ci en trois ordres , 
sous les noms de Sauteurs {Salientia), de Marcheurs 
'( Gradientia) , et de Rampans {Serpentia). 

Les Reptiles Sauteurs sont ainsi caractérisés : pattes 
postérieures propres au saut, corps sans écailles, à 
épiderme muqueux , les oreilles cachées par une 
membrane , point de dents , ni d'ongles. L'auteur 
iajoute ici en parenthèse (excepté le Pipa ) , mais c'est 
une erreur ; pas d'organes sexuels dépassant le cloa- 
que ; chute de la queue par suite de la métamorphose. 

Quatre genres principaux sont rangés dans ce pre- 
mier ordre; les caractères en sont parfaitement 
tracés, et avec beaucoup de détails. Ce sont : i° les 
Pipas ; 2° les Crapauds ; 3° les Grenouilles ; et 4° If's 
Rainettes. L'auteur y ajoute le genre Protée , dont il 
présente les caractères, mais il n'y inscrit qu'une 
seule espèce d'après mademoiselle de Mérian , c'est la 
larve ou le têtard d'une Grenouille , que l'on suppo- 
sait se changer en Poisson , et qu'on nomme la Jackie 
(JR.ana Paradoxa) , figurée aussi dans Séba. 

Le second ordre, celui des Marcheurs , a pour ca- 
ractères, quatre pattes propres h la marche, qui ne 
peut s'opérer qu'autant que l'abdomen est soulevé de 
terre, et chez lesquels on distingue un cou et une 
queue. 

C'est au commencement de cet ordre que se trou- 
vent placées les espèces du cinquième genre, celui 
des Prêtées j dont les pattes postérieures ne sont pas 
allongées, qui ont la peau sans écailles, la fente du 
cloaque longitudinale; puis 6° les Tritons, ou Sala- 
mandres aquatiques; -y" les Salamandres terrestres; 
viennent ensuite les genres Fouette-Queue, 8* {Cau- 



ATTTEtJRS GÈNtRAVX. ^^l 

diuei'Bera) , qui correspondent aux Uroplates ; 9° les 
Geckos; 10° les Caméléons-, 11° les Iguanes; 12° les 
Basilics; i3°les Dragons ; i4° les Cordyles, qui corres- 
pondent aux Agames ; i5° les Crocodiles; 16° les 
Scinques; l'j» les Stellions; 18° enfin les Seps, qui con- 
duisent insensiblement à l'ordre suivant. Nous au- 
rons souvent occasion, par la suite, de reconnaître 
combien sont exactes la plupart des observations qui 
sont présentées ici d'une manière simple et concise 
pour servir aux caractères génériques. 

L'ordre troisième, celui des Serpens, est ainsi ca- 
ractérisé : corps arrondi, dans lequel se trouvent con- 
fondus le cou, le tronc et la queue; j>rogression , 
dégluliîion s' opérant à l'aide de certaines contorsions, 
et j)ar des frottemens inégaux en avant, en arrière sur 
l'inégalité du terrain (d'après les termes de la Genèse) ; 
mâclioires dilatables, n'étant pas solidement arlicu- 
lées; œsopliage très extensible pour recevoir et avaler 
une proie du double plus large; organes génitaux 
opposés et placés sur les marges du cloaque, pouvant 
garder leur équilibre en grimpant. 

Cet ordre commence aussi par un genre qui lient 
encore de la forme des Lézards, mais dont les pattes 
sont trop courtes pour servir à la marche ; c'est 19° ce- 
lui des Clialcides; viennent ensuite 20° les Céciiies , 
puis 21° les Âmpliisbènes; 22° les Oryels(^7iguis)', 
23° les jNageurs (iYrtï/'/x); 24° les Cérastes; 25" les 
Coronelles; 26° les Boas; 27° les Dipsades ; 28" les 
Najas ou Serpens à coiffe ; 29° les Serpens à sonnettes 
(Caudisona) ; So" les Couleuvres ; 3i° les Vipères; 
Sa" les Cobras ; 33° les Aspics ; 34" les Constricteurs; 
enfin 35° les Queues-Plates (Laticauda). 

Nous le répétons, malgré les inconvéniens du plan, 

REPTILES ,1. 16 



2^2 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

l'omission de l'ordre des Chéloniens, et le classe- 
ment, des Tritons et des Salamandres, placés à la suite 
des Batraciens Anoures, dans un ordre différent, 
l'indication du genre Clialcide parmi les Serpens ; ces 
ordres sont assez naturels et se rapprochent beaucoup 
des divisions adoptées aujourd'hui. Dans l'histoire 
particulière des espèces, l'auteur a suivi également une 
marche régulière : après avoir donné la description 
qui fait suite au caractère essentiel, il fait connaître 
les figures , les variétés, l'habitation , les mœurs et les 
expériences qu'il a tentées avec chacune des espèces. 
L'ouvrage de Laurenti restera comme un monument 
précieux dans l'histoire de la science. 

ScopoLl. Quoique nous placions ici l'indication de 
l'ouvrage de Scopoli parmi ceux des auteurs généraux 
qui ont écrit sur l'erpétologie, on ne trouve réellement 
que quelques pages sur les Reptiles, dans son Intro- 
duction à l'histoire naturelle, qu'il publia en 1777. 
Elève de Linné, dont il a imité le style et la conci- 
sion , il a fait des Auiphibies sa dixième tribu du rè- 
gne animal dans l'ordre inverse , car il commence par 
les înfusoires et finit par les Mammifères. Adoptant 
les idées premières de Linné, il partage les Amphi- 
bies en légitimes, qui sont les Reptiles et les Serpens, 
et en faux ou Ichthyomorphes , qui comprennent les 
Poissons Chondroptérygiens ; ce qui l'a empêché , 
comme on le conçoit aisément , de présenter des con- 
sidérations générales bien exactes sur la tribu entière. 
Quoiqu'il en soit , il divise les Amphibies légitimes 
en Serpens et en Reptiles , et ceux-ci en deux ordres, 
ceux qui ont une queue et ceux qui en sont privés 
{ecaudata). Les genres sont absolument les mêmes 
que ceux de Linné ; les caractères en sont seulement 



Auteurs généraux. ^43 

présentés en d'autres termes, mais d'une manière trop 
brève et tout-à-fait incomplète. 

Lacépède. En 1^88 et l'jgo parut l'ouvrage de La- 
cépède, pour faire suite à l'histoire générale et parti- 
culière de Buffon, sous le titre d'Histoire Naturelle 
des Quadrupèdes Ovipares et des Serpens. Voici le 
plan de classification que l'auteur a suivi : il partage 
ces animaux , i ° en Quadrupèdes Ovipares qui ont une 
queue; 2° en ceux qui n'ont pas de queue; 3° en Rep- 
tiles Bipèdes ; 4° en Serpens. 

Dans la première classe des Quadrupèdes Ovipares 
qui ont une queue, le premier genre est celui des 
Tortues partagées en deux sections, celles dont les 
doigts sont réunis, inégaux, aplatis en nageoires, 
dites de mer; et celles dont les doigts sont courts, mo- 
biles, presque égaux, comme celles qui sont filuvia- 
tiles ou terrestres : en tout vingt-quatre espèces. 

Le second genre est celui des Lézards dont le corps 
est sans carapace , et qui sont divisés en huit sections 
ou sous-genres ; les Crocodiles et les Tupinambis , les 
Iguanes, les Lézards, les Caméléons , les Geckos, les 
Chalcides, les Dragons et les Salamandi'es : en tout 
cinquante-six espèces. 

Dans la seconde classe des Quadrupèdes Ovipares , 
sont rangés les Grenouilles, les Raines et les Cra- 
pauds : en tout trente-trois espèces en trois genres. 

Les Bipèdes Ovipares qui ont des écailles, deux 
pieds , et une queue , constituent le sixième genre de 
la troisième classe; celle-ci se partage en deux sections, 
dont l'une réunit les espèces munies de pattes anté- 
rieures, et l'autre les Bipèdes qui n'ont quales pattes 
de derrière. 

La quatrième classe , celle des Serpens ou des Bep- 

16. 



244 HISTOIRE LITTÉRÂllit:. 

tiles Ovipares, sans pattes et sans nageoires, se dom- 
pose de neuf genres dont voici les noms : Couleuvres , 
Boas, Serpens à sonnettes, Erpétons, Anguis, Am- 
pliisbènes, Ibiares, Laugalias , Acrocliordes. Mais 
depuis, M. de Lacépède a ajouté plusieurs genres de 
Reptiles qu'il a fait connaître principalement dans les 
Annales du Muséum. 

Alex. Brongwiakt. La méthode de M. Alexandre 
Brongniart, que nous adoptons, a été communiquée 
à l'Académie des sciences, en l'année 1799; d'abord 
insérée en extrait dans le Bulletin des sciences (i) , ce 
n'est que deux ans après que le mémoire a été imprimé 
parmi ceux de l'Institut national. En voici l'extrait: 
Les naturalistes, dans la classification des Reptiles , 
avaient jusqueîà eu plus d'égard aux caractères 
extérieurs trancliés, mais de peu d'importance, qu'à 
ceux tirés de l'organisation et des habitudes; ils n'a- 
vaient considéré que la présence de la queue et des 
pattes, en négligeant ceux qui pouvaient être emprun- 
tés du mode de génération et de celui du développe- 
ment. D'après ces considérations, il a fait remar- 
quer que l'ordre des Tortues se rapproche de celui 
des Lézards , et même de celui des Serpens ; mais il a 
dit le premier qu'il fallait faire un ordre h part des 
Grenouilles, des Crapauds et des Salamandres. En 



(1) N"' 35 et 36 , pluvioE-î et veinose an xni (1800) , puis copWe 
dans le Ma^rnsin encyclopédique , enfin publiée en entier parmi les 
Mémoires des savons étrangers de l'Institut en 1803. C'est dans cette 
même année et absolument à la même époque que, dans le troisième 
tableau du premier volume des Leçons d'Anatomic comparée, nous 
avons fait connaîire ccUe division avec les noms assignés par notre 
ami M. Brona-niart. 



AUTEURS GÉNÉRAUX, 245 

conséquence, il a partagé la classe en quatre ordres, 
qu'il a caractérisés comme il suit : 

Ordre 1"'. Les Chéloniens (il renferme les Tor- 
tues ). Ils n'ont pas de dents enchâssées, et leurs mâ- 
clioires sont revêtues d'une matière cornée tranchante : 
leur corps est couvert d'une carapace; il est bombé ; 
ils ont deux oreillettes au cœur • un estomac plus 
volumineux que les autres Reptiles, un canal intesti- 
nal muni d'un cœcum ; ils s'accouplent et pondent des 
oeufs à coquille calcaire solide ; ils se nourrissent en 
grande partie de végétaux. 

Ordre IL Les Sauriens ( comprenant les Lézards ) 
ont des dents enchâssées, deux oreillettes au cœur, 
des côtes et un sternum. Le mâle a un organe extérieur 
de la génération ; ils s'accouplent réellement, pondent 
sur la terre des œufs à coquille calcaire , d'où sortent 
des petits qui ne subissent pas de m.éLamorpîioses ; ils 
ont des plaques écailleuses ou des écailles sur le dos. 

OuDRE III. Les Ophidiens (renfermant les Serpens). 
Ils ont de longues côtes arquées; le mâle a un organe 
intérieur de la génération ; ils s'accouplent réellement 
et pondent des œufs à coquille calcaire , d'où naissent 
des petits en tout semblables à leurs parens ; mais ils 
diffèrent des Sauriens en ce qu'ils n'ont qu'une oreil- 
lette au cœur, point de sternum ; que les mâles ont une 
verge double ; qu'ils pondent des œufs à coquille cal^ 
Caire molle, et qu'ils n'ont pas de pattes. 

Ordre IV. Les Batraciens. Us diffèrent autant des 
trois premiers ordres qu'ils se conviennent entre eux. 
Tous n'ont qu'une oreillette au cœur, point de côtes, 
ou seulement des rudimens. Leur peau est nue, sans 
écailles ; ils ont des pattes. Le mâle n'a aucun organe 
extérieur de la génération ; il n'y a pas d'accouplement 
réel ; le plus souvent les œufs sont fécondés ^u dehor? 



1^6 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

du corps de la femelle ; ils sont sans coquille et pondus 
dans l'eau ; les petits qui en sortent ont desLrancliies 
à peu près comme les Poissons , et diffèrent de leurs 
parens dans les premiers momens de leur existence. 
Ils forment le passage naturel à la classe des Pois- 
sons. 

Il partage l'ordre des Chéloniens en deux genres, 
les Cliélones et les Tortues (i). Les Sauriens réunis- 
sent les Crocodiles, dont la langue adhérente et les 
doigts palmés sont présentés comme les caractères les 
plus notables ; les Iguanes, les Dragons , les Stellions, 
les Geckos , les Caméléons , les Lézards , les Scinqucs , 
les Clialcides. Danscliacun de ces genres, l'auteur cite 
les espèces principales; il tire les principaux carac- 
tères de la forme et des attaclies de la langue, de la 
forme du corps, des tégumens , de la disposition des 
doigts, de leur nombre, et il décrit plusieurs espèces 
nouvelles dont il donne de très bonnes figures, entre 
autres celles de l'Iguane à bandes, du Caméléon à 
nez fourcliu, du Gecko à bandes d'Hottuyn. Dans 
le troisième ordre , l'auteur admet six genres, qui sont 
ceux des Orvets, des Ampliisbènes, des Crotales, des 
Vipères, des Couleuvres et des Boas. Il hésite à y pla- 
cer les Cécilies, le Langaha et l'Acrochorde. Dans le 
quatrième ordre, il admet les trois genres, Grenouille, 
Crapaud et Raine, ainsi que le genre Salamandre, 
dont il établit très bien les caractères. Il donne une 
figure et une très bonne description du Crapaud ac- 
coucheur. 

Nous n'avons rien voulu changer aux détails des 
caractères assignés aux quatre ordres dans la méthode 

(î) Dans les Mémoires des sayans étrangers, il donne le nom 
è'Emys aux Tortues fluyiatiles. 



AUTEXJKS GÉNÉRAUX. 247 

naturelle proposée par M. Brongniart. C'est là son 
premier travail ; des recherclies et des études plus ap- 
profondies sur l'organisation des Reptiles, auxquelles 
on s'est livré depuis , auraient fait adopter par l'au- 
teur quelques modifications qui étaient en effet de- 
venues nécessaires. 

Latreille. Latreille, qui connaissait le travail de 
M. Brongniart en 1801 (i), quand il publia VHùtoire 
naturelle des Reptiles^ en quatre petits volumes in-i 2, 
n'a point adopté sa méthode. Il a suivi à peu près celle 
de Lacépède, avec quelques légères modifications. 
Dans sa première division , il place les Quadrupèdes 
vipares, dont le corps est pourvu de pattes, et il en fait 
deux sections, suivant que les doigts sont unguiculés 
ou qu'ils n'ont pas d'ongles, et que leur peau est sans 
écailles. Les Serpens forment, la deuxième division , et 
dans une troisième, sous le nom de Pneumo-bran- 
cliiens, il placeles genres Protée et Sirène, ainsi qu'un 
autre sous le nom d'îcbtbyosaure, mais qui n'est qu'un 
têtard. Nous croyons devoir parler ici, mais seulement 
pour l'indiquer, d'une autre classification proposée 
beaucoup plus tard, en iSaS, par le même auteur, dans 
l'ouvrage qu'il a publié sous le titre de Familles du 
Règne animal. L'auteur a donné des noms aux divi- 
sions déjà adoptées ou indiquées par la plupart de ses 
contemporains. Nous ne pouvons en présenter une 
idée plus précise qu'en réduisant son travail par l'ana- 
lyse à une sorte de îableaa synoptique que nous allons 
faire placer sur les pages qui suivent. 



(1) Puisqu'il en donne un long extrait , tome i, page 7 et suiv., 
an X , édition dite de Délerville , tome 42. 



248 



HISTOIRE LITTÉRAIRE. 



DIVISION DES 

D'APKÈS LE SYSTÈME DE 

HÉMACRYMES 



CLASSES. SECTIOKS. 



REPTILES. 



écailleux. 



AMPHIBIES . 



Sauriens . 



^Ophidiens. , 



ORDRES. 

f CuÉLOÎÎIEUS 

( ÉMYDOSAUniEKS . . . 

/ Lacertiformes . . . 

\^ Akguiforbies 

Idiophides 

\ BATRACHOrHXDES . , 

Caducibranches . . , 
pérennxbranches. . , 



AUTEURS GÉNÉRAUX, 



^49 



REPTILES 

LATPtEILLE EN 1825, 

PULMONÉES. 



FAMILLES. 



j Gryptopodes. 

(Gjmuopodes. 

Crocodilieiis . 



/ Laccrliens . 
Iffuaniens . 



Geckolieris. . ; 

^Caméléoniens. 

l Tétrapodes.. . 

\ Dipodes 

[ Apodes 



/ Ampbisbéniens 

l Cylindriques 

« Colubcriens î^. 

1 Anguivipères . . 

( Yipcridcs. 

Gymnpphides 



5 Anoures . . . 
( Urodèles. 
Ichlliyoïdes 



GENEES. 

Torlue , Eroyde , Terrapène. 

a Saurochélyde , Chélonée, Ghélys, b Trionyx. 

Gavial_, Crocodile, Caïman. 

Monitor, Dragon , Sauvegarde , Améiva , Lézard, 

Tachydrome. 
Cordyle, Steliion, Fouette-queue, Agame, Tapaye, 

Trapèle, Galéole, Lophyre, Basilic, Dragon, 

Iguane , Polyclire , Anolis. 
Phyllure^ Hémidaclyle, Gecko, Uroplate, Tlié- 

cadaclyle , Platydactyle. 
Caméléon. 

Scinque , Seps , Chalcide. 

Bipède, Bimane. 

Orvet , Ophisaure , Acontias. 

Aniphisbèue, Typhlops. 

Rouleau. 

Acrochorde , Erpélon , Ery.t , Boa , Python , Hur- 

ria. 
Eongare, Trimésérure, Hydroplvis, Pélamide, 

Cliersydre, Couleuvre, Dipsas. 
Crotale, Scytale, Acanlhophis, Langalia, Trigono- 

céphale, Cobra, Vipère , Plature, Naja, Elaps. 
Gécilie. 

Pipa, Crapaud, Grenouille, R.ainetle. 
Salamandre Triton^ Axolotl. 
Prêtée , Sirène. 



a5o HISTOIRE MTTÉRA.IRE. 

Daudiw. L'un des principaux ouvrages français sur 
les Keptiles , après celui de Lacépède, est sans contre- 
dit le Traité général publié en 1802 et i8o3, par 
Daudin, qui mourut l'année suivante. Ce travail, 
composé trop rapidement, est contenu en huit vo- 
lumes in-8^ qui fout suite à l'édition de Buffon, publiée 
par Sonniui. L'auteur y a fait connaître plusieurs 
genres nouveaux qu'il a établis , soit par ses propres 
reclierches , soit par l'analyse des ouvrages anglais et 
allemands qui avaient été publiés le plus récemment, 
surtout par B.ussel , sur les Serpens de la côte de Co- 
romandel. Il y a dans cet ouvrage une centaine de 
planches gravées, mais peu soignées. La plupart sont 
des copies dessinées par des artistes qui n'étaient pas 
naturalistes; elles manquent d'exactitude; quelques 
unes sont cependant tout-h-fait originales, d'après des 
dessins coloriés faits sur les objets, par madame 
Daudin , qui mourut elle-même peu d'années après. 
On trouve à la fin du huitième volume un tableau, mé- 
thodique des Reptiles, qui est le résumé complet de 
l'ouvrage. En voici l'analyse. 

Les Reptiles y sont divisés en quatre ordres, d'après 
la méthode de M. Alexandre Brongniart. Dans celui 
des Chéloniens, que l'auteur divise en trois sections 
d'après Linné , il inscrit cinquante-sept espèces qu'il 
désigne par des noms triviaux, et qu'il caractérise 
chacune par une phrase spécifique. Dans l'ordre des 
Sauriens , il adopte le genre Crocodile et ses trois sous- 
genres ; il y place ensuite les genres Dragonne, Tupi- 
nambis , dans lequel il indique plusieurs espèces jus- 
que ia non décrites. Vient ensuite le genre Lézard, 
subdivisé en Améivas , en Lézards à collier, rubannés, 



ADTBUIIS GÉNÉRAUX. aSi 

taclietés , gris , Dracénoïdes et Striés : en tout trente» 
une espèces. Il adopte les genres Tachydrome , Dra- 
gon , Basilic et Agame. Ce dernier genre est subdivisé 
en cinq sections. Les Seps et les Cliaîcides complètent 
l'histoire de cetordre des Sauriens. Le troisième ordre, 
celui des Opliidiens , est aussi partagé en genres nom- 
breux et fort naturels. On y trouve inscrits les Boas, au 
nom^bre de dix-liuit espèces, divisés en quatre sec- 
tions , d'après le nombre des plaques ventrales. Puis 
les genres Pytlion , Coralie, Bongare, Hurriak , Acan- 
tliopbîs, dont les noms sont, ainsi que les caractères, 
empruntés de divers auteurs. Les Crotales, les Scytales, 
Lacliésis , Cencliris , précèdent les Vipères, parmi les' 
quelles sont inscrites cinquante-quatre espèces di- 
verses. Dans le seul genre Couleuvre, on trouve cent 
soixante-douze espèces ; mais les quatre genres suivans 
n'en comprennent cîiacun qu'une seule ou deux : ce 
sont ceux des Platures , Enliydre , Langaba , Erpéton 
Viennent ensuite les Eryx, Clothonies, Orvets, Opbi-, 
saures, Pélamides , Hydropliides et Céciîies , par les- 
quelles l'histoire de cet ordre de Serpens est termi- 
née. Le quatrième ordre est celui des Batraciens , dont 
l'auteur venait de faire un sujet très particulier de ses 
recherches, surtout pour les espèces sans queue, et 
dont il avait donné une Histoire particulière en un 
volume in-4o5 orné de trente-huit planches représen- 
tant cinquante-quatre espèces , la plupart dessinées 
d'après nature. Tout ce travail se trouve répété ici. 
L'auteur inscrit dans un seul genre les Salamandres 
et les Tritons, et il ne décrit qu'une seule espèce dans 
chacun des deux genres Protée et Sirène. 

En résumé j l'auteur déclare qu'il a pu examiner et 
étudier d'après nature cinq cent dix-sept espèces. Nous 



aSa HISTOIRE LiTTÉUÀIRE. 

le répétons , il est fâcheux que l'auteur de cet ouvrage 
ait été forcé par le libraire de travailler aussi rapide- 
ment. Quoiqu'il y ait quelques doubles emplois et quel- 
ques erreurs dans ces liuit volumes, on y trouve des 
extraits des meilleurs auteurs, et quelques unes de ses 
figures seront citées; malheureusement, les gravures 
ne répondent pas à la beauté des dessins, dont les 
meilleurs avaient été exécutés sur nature parBaraband 
et par madame Daudin. 

CuviER. M. Cuvier publia en l'an vi (l'jgS) son 
Tableau élémentaire de V Histoù^e naturelle des ani- 
maux j dans lequel il consacra une vingtaine de pages 
à celle des Reptiles, qu'il divisa, comme Lacépède, 
en Quadrupèdes ovipares, en Serpens et en Reptiles 
bipèdes. C'était alors un simple abrégé dans lequel 
l'auteur s'était borné à rectifier quelques-unes des 
erreurs introduites par tradition dans la science et 
surtout à donner, idée de l'organisation des animaux , 
comme pour servir de base à leur classification. Ce- 
pendant on peut y remarquer quelques vues nouvelles 
sur les divi'oions des ordres et plusieurs rectifications 
importantes dans les caractères assignés jusqu'alors à 
certains genres. Mais deux années après , nous pla- 
çâmes dans le premier volume de ses Leçons d' Ana- 
tomie comparée un tableau synoptique de classifica- 
tion dans lequel nous adoptâmes les dénominations de 
M. Alex. Brongniart, eu séparant les Batraciens 
comme un ordre distinct et indiquant les genres prin- 
cipaux connus à cette époque. 

En 1817, par conséquent après un espace de vingt- 
un ans , cet auteur donna , dans le tome second de la 
première édition de l'ouvrage qu'il a publié sous le titre 
de Règne animal ^ distribué d'après son organisation , 



AUTEURS GÉNiÊRAUX. aSS 

tîti nouvel arrangement des Pieptiles que les décou- 
vertes faites dans cet intervalle de temps parais- 
saient exiger. Notre ami, M. Cuvier, abandonne ici 
tout- à-fait les divisions systématiques qu'il avait pré- 
cédemment adoptée dans son Tableau élémentaire ; 
toutes ses classifications sont fondées sur la structure 
des animaux et sur leur conformation tant intérieure 
qu'extérieure. Sa mélliode générale est. établie sur la 
subordination des caractères , en étudiant et con»pa- 
rant sans cesse les rapports et les différences de forme 
et d'organisation , pour en tirer des moyens d'arran- 
gement et de classement d'après une série naturelle. 
Nous ne devons cependant pas dissimuler qu'à cette 
époque, et déjà depuis plus de douze années, nous 
étions chargé, au Muséum d'Histoire naturelle de 
Paris, de professer l'Histoire des Reptiles ; que nous 
avions classé, nommé les objets mêmes d'après les di- 
visions principales que nous exposions dans nos leçons 
publiques sur ces animaux; que l'ouvrage de Oppel , 
cité souvent par l'auteur du Règne animal, était réel- 
lement un abrégé de nos leçons reproduites sous la 
forme des tableaux synoptiques que nous avions tracés 
devant nos auditeurs, ainsi que ce dernier auteur se 
plaît à l'avouer de la manière la plus loyale. 

Eniîn, en 1829, dans la seconde édition du même 
ouvrage, Cuvier fit quelques légères corrections à son 
travail , dont nous allons essayer de donner un aperçu 
dans le Tableau synoptique qui suit et qui conduit d'a- 
bord aux familles. Pour faciliter l'exécution typogra- 
phique de ce tableau , nous l'avons partagé de manière 
à indiquer par des numéros de renvoi , placés à la suite 
des noms de familles, les divisions particulières que 
cbacune d'elles a éprouvées dans sa distribution en 
genres principaux et quelquefois en sous-genres, 



2 54 



HISTOIRE LlTxiftAlKE. 

TABLE SYNOPTIQUE 




ORDRES. 

/ de corne , 
sans dents : . .CHÉLONIENS. 



des membres : 
mâchoires 



COEUR 



dentées SAURIENS pieds 



/ 



A / double ; 



OREILLETTE 



pas de membres OPHIDIENS .... peau 



unique BATRACIENS. 



««MKH»aM««Mni«pHBHW««^MHDaMBn«IMi«ap«liqV 



■«■MiWi«l«|M|in"!(<9C9P^«*>"W^ 



AtTEtrîlS GÉNÉRAUX. Îi55 

DE M. George CUVIER. 



FAMILLES. 
. ChÉlowiens(I) 



''cinq devant , quatre derrière Crocodilieîts (2) 

' bifurqiiée , extensible Lacertïem3 (3) 

ordinaires ; 

doigts au 

noiabre de . 

\ /ordinaire Iguaniews (4) 

cinq aux I non y 

quatre < extensible ; \ 

pieds : 1 corps • • • f 

langue. . . I Wplati Geckotiens (o) 

\ vermiforme , très extensible . . . Caméléoniens (6) 

\lrès courts , ou au nombre de moins de quatre Scikcoïdiens (7) 

à trois paupières Anguis (8) 



' écailleuse : œil ■ 



^ sans troisième paupière Vrais Serpens (9) 



^ nue , Serpeks nus (1 0) 

Batraciens (11) 

( yoir ci-après les notes correspondantes aux numéros de cette Table. ) 



250 HISTOIRE tïï^^TÉRAIRE. 

iVbtéS delà Table synoptique précédente, présentant les sous-dmsions des /amillss. 

S cornées ; pattes , 
non cornée 



("^) 



(3) palais. 



sans dents 

à deux rangs de dénis. 



/pas de crêie dorsale ; 

\ queue 

/ sans goitre ; < 
sans dents : | j une crête tranchante sur le dos 

gorge . . . . ] ^ ou la queue 

(4) palais. . . .} \h goîlre : des espèces d'ailes 

f ' , ï . 1 • , ( non dilatés 

\ arme de dents : doigls ) 

( dilatés 

(5) > 



(6) 



/ . , .„ ( imbriquées : corps . 
1 quatre : eciiules. . < ' ' 



(7) pieds au nombre de . 



deux. 



(8) 



rcclangidaires, en bandes, 
en arrière seulement . , . . 
en avant seulement . . . . . 



/ presque terminal ; 'P'^ tribu : Doubles-Marcheurs : écailles 

'pas de piaqnes sous 
le corps - 

, des plaques sous le 
corps 



(9) Anus 



/non venimeux. 



en avant 

d'une longue 

queue : 

2« tribu, 

Vrais 
Serpens. , . 



à crochets à 
s venin . . 



des écailles tubercu- 
leuses sur tout le corps 

, . ,, ( sous le venii-e, et 

tioh isoles ; j . , 

, \ simples sous 

plaques / ^ 



nulles. 
/ à grelots cornés .... 

isolés ; ; 

queue. . . i sans grelots; 

\ plaques 



(10) 



(1 \ ) queue . 



nulle. 



longue; pieds au nombre àtrrr 



! quatre . . . ;. . . .'. 
deux .... 4 . . . . . 



> i nimij^>nii< ii n ii n. nii ||)ii iewww^»W»i j'W i »n 



AUTEURS GÉIVÉRAUX. 



257 



GENRES. SOUS-GENRES. 

Teû moignon TorUie de ferre. 

< à doigts séparés Tortue d'eau douce. Tortue d'eau douce ; Tortue à Ijolte. 

^ en nageoires Tortue de mer. 

Cliéivdc. 



Trionvx. 



Crocodile Gavial, Crocodile , Caïman. 

Moaitor Monilor , Dragonne , Sauvegarde , 

Améiva. 

Lézard Lézard, Tachydrome. 

f à écailles épineuses Slellioii . Cordyle, Stellion, Fouette-queue, 

I sans épines Agame Agame , ïapaje, (Changeant , Galéote, 

Lophyre , Gonocéphale , Lyriocé- 
phale , Brachyloplie , Istiure. 

Basilic. 

Dragon Siîane , Ptérodactyle. 

( une crête dorsale Iguane Ophryèse, Oplure. 

( pas de crêle dorsale Marbré. 

Anolis. 

Gecko Platydaciyle , Ilémidaclyle, Théca- 

dactyle, Plyodaclyle, Uroplate, 
Phyllure, Sphériodaciyle , Sténo- 
dactyle ^ Gymnodactyle. 

Caméléon. 

Sfusiforme Scinque. 
des plus allongés Seps. 

Chalcide. 

Bipède. 

Bimane. 

Orvet Ophisaure , Orvet , Acontias, Pseu- 

dope. 

( non imbriquées Amphisbène. 

( imbriquées. .. .' Typhlops. 

Rouleau Uropeltis. 

l simples sous la queue .... Boa Boa , Eryx , Erpéton , Scytale. 

( doubles sous la ueue. . . Couleuvre Python, Hurriab, Dipsas, Couleuvre, 

Cerbère, Xenopellis, Hétérodon, 
Dryinus, Dendiophis, Dryophis, 
Oligodon. 

, Acrocliorde. 

( toute la queue. Bougare. 

I la base de la queue Trimérésure. 

Hydre Hydropliis , Pékimide , Chersydj'c. 

Crolale. 

/simples sous la queue. . . . Scytale. 

\ doubles auboutdela queue. Acaulhophis. 

■» nulles au bout de la queue. Langalia. 

\^ doubles sous toute la queue. Vipère Trigonocéphale, PlaIure,Naja, Elaps, 

■Vipère. 

Cécilie. 

Grenouille ...... Grenouille, Cératophrys, Dactylèthre, 

Rainette, Crapaud, Bombinator, 
Rbinelie, Olilophes, Pipa. 

(poumons sans Lrancliies.. Salamandre Salamandres terrestres et aquatiques, 
Ménopome, Amphiume. 
des branchieSjdes poumons. Protée Axolotl. 

Sirène 



REPïItES; I. 17 



258 HISTOIRE LITTÉRAÎRË. 

DuMÉaiL. Nous ne ferons qu'indiquer ici nos pro- 
pres travaux sans les analyser. Les circonstances les 
plus heureuses nous ayant favorisé dans nos études 
depuis plus de trente années que nous avons eu l'avan- 
tage de suppléer, comme professeur, M. le comte de 
Lacépède, au Muséum d'histoire naturelle 5 les Rep- 
tiles ont fait le sujet plus particulier de nos études. 
Nous en avons publiquement exposé les résultats dans 
nos leçons, et MM. Scliw'eigger, Roser, Oppel et de 
Blainville, ont fait connaître quelques uns de leurs 
résultats , qui sont maintenant introduits dans la 
science. Nous avons eu aussi occasion de les repro- 
duire dans quelques uns des ouvrages que nous avons 
successivementpubriés(i).Cependantnousne croyons 
pas devoir énumérer ici en détail les changemens suc- 
cessifs que nous avons apportés à la méthode ; ce serait 
un double emploi. D'ailleurs, le présent ouvrage en 
donnera la dernière et la meilleure expression ; car , 
après avoir exposé la méthode naturelle que. nous 
avons adoptée pour chacun des ordres, nous avons 
le dessein d'en offrir un tableau complet à la fin du 
dernier volume , quand notre travail sera tout-à-fait 
terminé. 

Oppel. M. Michel Oppel, naturaliste bavarois, qui 
suivait nos cours en 1807 et eux 808, à Paris, avec beau- 
coup d'assiduité ainsi que M. Roser , publia d'abord 



(1) Traité élémentaire d'Histoire naturelle, 1 vol. in-S" , 1804; 
2 vol. 1807. 

Élémens des Sciences naturelles, 2 vol. in-S° , 1825 ; autre, 1830. 

Zoologie analytique , 1 vol. in-8° , Paris, 1805. 

Mémoires de Zoologie et d'Anatomie comparée , in-S" , Paris , 
1 807 , en pariicwljer sur la division des Reptiles Batraciens. 



ÂUTEUES GÉNÉRAUX. 269 

dans les Annales du Mu-éum de Paris, toaieXiX, 
deux mémoires : l'un sur les Ophidiens , l'autre sur les 
Batraciens. Mais, en 1811 , il donna en allemand un 
petit volume in-4° (i) sur les ordres , les familles , et 
les genres des Reptiles; c'était le prodrome d'un plus 
grand ouvrage, dont il voulait seulement présenter 
l'aperçu, et les distributions principales. L'auteur y 
suit absolument la marclie et le mode d'arrangement 
que nous avions adoptés pour nos leçons, dont nous lui 
avions communiqué les notes. Au reste , il l'a déclaré 
dans le plus grand nombre des cas , et nous devons 
à sa mémoire de la gratitude , par cela même qu'il a 
consigné presque partout les sources où il avait puisé 
ses connaissances. 

L'auteur a adopté la disposition synoptique dont 
nous avions fait usage dans la Zoologie analytique , et 
dans les tableaux de distribution des familles que nous 
employons pour servir de texte à nos leçons du Mu- 
séum d'histoire naturelle de Paris. Voici l'analyse de 
la métbode de M. Oppel. 

Il ne distingue parmi les Reptiles que trois or- 
dres : les Testudinés , les Ecailleux, et les jWis. 

Il divise les Testudinés en deux familles : les Ghélo- 
niens et les Amydes. Il inscrit dans la première le seul 
genre Chélonée , qu'il subdivise en espèces à carapace 
cornée , et en celles qui l'ont osseuse. Les Amydes 
comprennent quatre genres distingués, par un tableau 
dichotomique, en Trionyx, Chélyde, Tortue, Emyde. 

Le second ordre, celui des Ecailleux, est partagé en 



(1) Die Ordnungen , Familien und Gatiuagen der Reptilien als 
Prodrom einer Naturgeschichte derselben. Von Michael Oppel , 
Munich, 1811, in^". 



aÔO HISTOIRE LITTÉnAIKÉ. 

deux sections d'jsprès le siernum, les pattes, les ma-' 
choires. Ce sont les Sauriens et les Opliidiens. 

Les Sauriens se subdivisent en six familles, dont 
les noms sont empruntés de celui de chacun des gen- 
res principaux qui en forment le type : ce sont les 
Crocodiliens 5 les Geckoïdes, les Iguanoïdes, les Lé- 
zardins, les Scincoïdes et les Chalcidiens. 

Les Crocodiles, Gavials, Caïmans, forment la pre- 
mière famille ; la seconde comprend les genres Gecko, 
Stellion et Agame ; la troisième , les Caméléons , Dra- 
gons, Iguanes, Basilics, Lopliyres, Anolis; la qua- 
trième, les Tupinambis, Dragonnes, Lézards, Tacliy- 
dromes ; la cinquième, lesScinques, Seps, Slieltopusik, 
Anguis, Orvets; et la sixième enfin, les Clialcides, 
Bimane, Bipède, et Ophisaure. Les caractères des 
genres établis dans un ordr, sont toujours compara- 
tifs, et l'indication des principales espèces se trouve 
exposée en langue latine. 

La seconde section des Ecailleux, ou les Opliidiens, 
se subdivise en sept familles qui sont les Anguiformes, 
les Hydres, les Crotalins. les Vipérins, les Boas ou 
Constricteurs, les Pseudovipcres, et les Couleuvrées. 
Dans la première famille sont inscrits les trois gen- 
res P\.ouleaux, Ampnisbènes et Typhlops; dans la 
deuxième, les Boas et les Eryx-, dans la troisième, 
les Platures et les Ilydropbides; dans la quatrième, 
les Acrocliordes et les Erpétons; dans la cinquième, 
les Crotales et les Trigonocéphales; dans la sixième, 
les Vipères et les Pseudoboas; et dans la septième , 
les Couleuvres et les Bongares. Cliacune de ces fa- 
milles est distribuée, par des caractères dicliolomiques 
mis également en opposition, dans de petits tableaux 
qui conduisent à chacun des genres, dopt les priaci- 



Auteurs généraux. 261 

pales particularités sont exposées avec beaucoup de 
méthode, et toujours comparativement. 

L'ordre troisième , celui des Reptiles nus ou Ba- 
traciens , se divise en trois familles , les Apodes 
comme les Gécilies ; les Kcaudés ou Â.noares , tels que 
les Grenouilles ; et ceux à queue ou Urodèles, comme 
les Salamandres. C'est dans ce dernier ordre que l'au- 
teur a suivi plus particulièrement nos divisions. Déjà 
nous avions indiqué , comrae devant se rapporter à 
cet ordre, le genre Cécilie , dont l'organisation est 
tout-à-fait différente de celle des Serpens (i). Parmi 
les Batraciens Urodèles sont rangés les genres Sirène, 
Pilotée, Triton, Salamandre; et parmi les Anoures, 
ceux du Crapaud , du Pipa, de la Grenouille et de la 
Rainette. 

Voici d'ailleurs un tableau synoptique qui figure cet 
arrangement, et que nous laissons en langue latine. 




' Testudinata 



**?«S»f^^'S»i«««*#?<SÇsç=»:KB 



'Saurii. 



REPTILIA. . /Squammala . . . 



OraiDii. 



I TApoda. 

■■Nu4a. ,..,,,.] Caud^ta. 
{ Ecaudjtla, 



/ Crocodilini. 
I Geckoides. 

Ilguanoides. 
Lacertini. 
Scincoides. 
Chalcidici. 

/ Anguiformes. 
l Hydri. 
\ Crotalini. 
■ \ Viperini. 
j Constriclores. 
! Pseudoviperœ. 
\ Colubiini, 



!^W¥'W^'''?'™r'i5»!W?»5?¥B^«3»iCT^^ 






202 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Merrem. En 1790 , Blasius Merrem publia un pre- 
mier cahier in-4°, sousîe titre allemand de Matériaux 
pour l'histoire naturelle des Amphibies, dont il donna 
d'autres cahiers successifs, en 1820 et 1821 : il y 
traite principalement des Serpens, et dans le dernier, 
de plusieurs genres de Sauriens, tels que des Agames, 
des Geckos, des StelHons, du Caméléon , et de quel- 
ques Scinques. Cet ouvrage est accompagné d'une 
quarantaine de planches coloriées. Mais c'est en 1800, 
qu'à la sollicitation de Bechstein, traducteur allemand 
de l'Hisîoire des Reptiles de Lacépède, Merrem publia 
une première édition de son Système des Amphibies ; 
il donna une deuxième édition en 1820 (i), celle dont 
nous allons présenter l'analyse. Malheureusement, 
l'auteur ne s'est pas mis bien au courant de la science 
et de tout ce qui avait été écrit dans cet espace d'une 
vingtaine d'années, pendant lesquelles l'erpétologie a 
fait d'immenses progrès et s'est enrichie de nombreuses 
découvertes. Il avoue lui-même qu'il y a peu de cor- 
rections et d'augmentations (2), et qu'il n'a pu mal- 
heureusement étudier, sur les objets même, que cent 
soixante-dix espèces au plus. 

Nous voyons d'abord que l'auteur ne présente son 
ouvrage que comme un essai de classification systé- 
matique des Amphibies. Dans un premier chapitre , 
il compare les Amplûbies aux autres animaux , pour 
en exposer les différences; il les sépare en deux 
classes : I. les Pliolidotes , nom qu'il emprunte à 



('! ) Blasius Merrem , TeiUamen systematis Ampliibionmi. Marburgi, 
^820,unvol.in-8°. 

(2) « Paiicis adjectis emendationihus et augmentis trado {^inprœ/a- 
" tione) . Milii datum non fuit in plusquàm \ 60-1 70 Amphibiorum spe- 
« des accuratius inquirere. » 



AUTEURS GÉNÉRAUX. ft63 

Aristote , et qui comprend ceux qui ont le corps pro- 
tégé par une peau cornée ou coriace; II. les Batra- 
ciens f ainsi désignés par M. Brongniart , dont la peau 
est molle , lisse et muqueuse. 

Les Pliolidotes sont partagés en trois ordres : les 
Tesludinés, les Cuirassés et les Ecailleux. 

Le premier ordre, celui des Tortues , est subdivisé 
en celles dont les pattes sont en nageoires, et qui for- 
ment les deux genres Caret et Spliargis ; et en celles 
qui ont des doigts distincts , tels que les genres Trio- 
nyx et Tortues. Ces dernières sont subdivisées en 
Matamala, Émyde, Terrapène et Chersine. 

Les Cuirassés (^Loricata) ne comprennent que le 
genre Crocodile, et les trois sous -genres Caïman, 
Campse et Gavial. 

L'ordre troisième , celui des Ecailieux ( Squam- 
mata ), réunit presque tous les autres Reptiles de la 
même classe des Pliolidotes. L'auteur les distribue en 
cinq tribus principales : I. les Marcheurs ( Gradien- 
tia)y IL les Rampans {Repentia) ylll. les Serpens 
{Serpentia'); IV. les Cliirotes {hicedentia); et V. 
les Saisissans (Prendentia). 

Chacune de ces tribus , à l'exception des deux der- 
nières qui ne comprennent chacune qu'un seul genre, 
se subdivise en races, qu'il novanieStirpes, 

Dans la première iribu des Gradientia^ il existe 
toujours des pattes postérieures , et dans le plus grand 
nombre , il y en a aussi nulérieurement. Il les divise 
de la manière suivante : A. les Ascalabotes, tels que les 
Geckos, les Anolis , les Basilics, les Dragons , les Igua- 
nes, les Polychres, les Pneustes, les Lyriocéphaîes, les 
Calotés, les Agames, les Fouette-queue (Z7/'077z«j'fj/-x), 
les Zonures ; B. les Sauriens , tels que les Varans , les 



( 



264 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Teyous (Tejiis), les Lézards {Lacertce)^ les Tachy- 
dromes ; C. les Chalcidiens {Chalcidici), comme les 
Scinques, les Gymnocépliales, les Seps, les Tétra- 
dactyles , les Glialcides, les Goîobes, les Monodacly- 
es, les Bipèdes , les Pygodactyles, les Pygopes et les 
Pseudopes. 

La seconde tribu , celle des Rampans ( Repentia ), 
caractérisée par l'absence des pattes et la présence des 
paupières , comprend les trois seuls genres nommés 
Hyalin , Orvet et Acontias. 

La troisième tribu , celle des Serpens , renferme 
toutes les espèces de Pbolidotes qui n'ont ni pattes, ni 
paupières. Les genres y sont nombreux ; il les par- 
tage en deux sous-tribus : A. les Glutones, dont la tête 
et le tronc sont écailleux et l'abdomen à plaques {scu~ 
tatum)^ et ceux-ci sont encore subdivisés en non 
venimeux (innocui), et en venimeux {venenati). 
Parmi les premiers sont rangés les genres Acrocborde, 
Rliinopire, Pvouleau, Ét'yx, Boa, Python, Scytale, 
Couleuvre, Hurriaii , Natrix , Dryinus ; et parmi les 
seconds, ceux qu'on nomme Bongare, Trimésérure, 
Hydre, Pélamide, Enliydre, Plature, Elaps, Sépé- 
don, Opliryas, Naja, Pélias, Vipère, Ecliis, Ecbidne, 
Copbias, Crotale et Langaha. La seconde sous-tribu 
B. comprend les Typblins {Typhlini) qui ont des 
plaques sur la tète, et dont la queue et le corps sont 
annelés ou également écailleux en dessus et en des- 
sous ; tels sont les Typlilops et les Ampbisbènes. 

La quatrième et la cinquième tribu ne contien- 
nent, comme nous l'avons dit, chacune qu'un seul 
genre , les Ciiirotes et les Caméléons, 

La seconde classe, celle des Batî^aden;?, est paria-' 
0e fïi tr9isQf4fÇs \ i^ leg 4p^4^s qui ^efçeoivfpf; qq,f 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 265 

le genre Cécîlle -, 2° les Sauteurs (Salîentia), parmi 
lesquels sont compris les genres Calamité ou Rainette, 
Grenouille, Bréviceps , Bombinateur, Pipa et Cra- 
paud; 3" les Marclieurs (Gradientia), partagés en 
deux tribus, les uns ayant des paupières {Mutahilîa), 
tels que les genres Salamandre et Molge ou Triton ; 
les autres qui en sont privés {Amphipneusta) , qui 
comprend les genres Hypoclitlion ou Protée, et celui 
des Sirènes. 

Le tableau synoptique suivant donne une idée exacte 
de cette classification adoptée par Merrem , qui est en 
grande partie, comme on vient de le voir, empruntée 
à Oppel. 

MERREMII SYSTEMA ERPETO LOGIC UM. 




SUBDIVISIONES. 
( Penniforniibus. 



' I Digitatis. 



^Testudinikata : pedibusj 

LORICATA. 

ÎAscalabotae. 
Saura. 
Chalcidici. 
Repentia. 

i Gulones. . < 

; j venenali, 

( Typhiini. ' 

Iiicedentia. 



^ Squammata.,. .\ Serpenlia. 



Prendentia. 
Apoda. 

BATRACHIA . < Salientia. 

Gradienlia, , , , 




266 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

De Blainville. M. le professeur Ducrotat de 
Bl AIN VILLE, quia été aussi pendant plusieurs années 
l'un de nos auditeurs les plus assidus , a publié au 
mois de juillet 1816, dans le nouveau Bulletin des 
sciences de la Société pliiîomatique, le prodrome d'une 
distribution systématique du règne animal qu'il a re- 
produit ensuite, en iSaa/dans un tableau placé sous 
le n° 5 du tome P' de ses Principes d'Anatomie compa- 
rée, qui ont aussi pour titre : de V Organisation des 
animaux. Voici l'analyse de ce travail. 

L'auteur établit deux classes pour les Reptiles qu'il 
place dans le type des Ostéozoaires et dans le sous-type 
des Ovipares ou Amastozoaires. Il nomme l'une des 
classes les Eeptiîes , ou Squammifères ornitlioïdes , 
écailleux ; et les autres AmphibiensouNudipellifères^ 
Iclithyoïdes nus. 

La première classe, celle des Reptiles, est partagée 
en trois ordres : 1° les Cliéloniens , et il y range les six 
genres Tortue, Émyde et Cliélyde, Trionyx, Chéio- 
née et Dermochelys , qui sont les Spbargis; li" les 
Emydo-Saui^iens ou Crocodiles, divisés en trois sous- 
genres ; 3° les Sauropîiiens ou Bipéniens , qu'il partage 
en deux sous-ordres : A les Sauriens , et B les Opby- 
diens. 

A. Les Sauriens sont subdivisés en cinq familles qui 
ont été ainsi désignées : Geckoïdes , Agamoïdes, 
Ts-ormaux, comme FAgame et le Basilic, et en Anor- 
maux, comme le Caméléon et le Dragon. Viennent en- 
suite les Iguanoïdes, les Tupinambis et les Lacertoïdes, 
qu'il partage en Tétrapodes , Dipodes et Apodes. 

B. Les Opbydiens sont divisés en Dipodes , comme 
les Bimanes, et en Apodes avec ou sans dents veni- 
meuses. Les premiers sont les Pélaraides, les Hydro- 



AUTEURS GÉNÉRAUX. ^67 

pliides, les Vipères et lesLéthifères. Les seconds com- 
prennent les Ampliisbènes , les Grimpeurs ou. Boas et 
les Couleuvres. 

La seconde classe , celle des A.mpliibiens iclitliyoï- 
des ou Nudipellifères, se compose de quatre ordres : 
1° les Batraciens , qui réunissent les quatre genres 
sans queue, lesquels sont ou Aquipares ou Dorsipares, 
comme les Pipas , et forment ainsi deux sous-ordres ; 
2° les Pseudo-Sauriens ou Salamandres ; les Sub- 
Ichtliyens ou Amphibiens proprement dits, comme 
les Prolées et les Sirènes , et enfin les Pseudophydîens 
ou Céciîies. 

Gray. En 1825, le docteur Gray ( Jolin-Edward) 
publia , dans les Annales philosophiques de Phila- 
delphie , un aperçu des genres de Pieptiîes et d'Am- 
pliibies de l'Amérique du Nord. Voici une analyse 
abrégée de la distribution qu'il propose pour ce qu'il 
regarde comme deux classes. 

Dans la première, celle des Pieptiles, il institue cinq 
ordres : L Les Emydo-Sauriens. IL Les Sauriens. 
IIL Les Sauropbidiens. IV. Les Ophidiens. Et V. Les 
Cliéloniens. 

Les Emydo-Sauriens ou les Cuirassés (^Loricata) 
ont le corps couvert de plaques , les jambes distinctes 
et propres à la marche, les oreilles operculées. Il y 
établit trois familles , les Crocodiles , les îclitliyosau- 
res et les Plésiosaures : ces deux dernières compre- 
nant seulement des animaux dont on a découvert des 
débris fossiles. 

Les Sauriens se partagent aussi en familles distri- 
buées en deux groupes. Dans le premier sont renfermés 
les genres à langue non extensible, tels sont les Stei- 
lionides, subdivisés en Agamides et en Geckoïdes. 



268 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Les genres dont la langue est extensible, ou les Sau- 
riens proprement dits, forment trois autres familles ; 
les Tupinambidés , les Lacertoïdes et les Gaméléo- 
nidés. 

Les Sanropbidiens forment trois sections , savoir : 
les espèces à écailles imbriquées, à cloaque transversal 
et à langue extensible. La sont rangées deux familles, 
les Scincoïdés et les Anguidés. Dans la seconde sec- 
tion , qui ont les écailles également entuillées et dont 
le cloaque est terminal, il n'y a que la famille des 
Typlilopidés ; dans la troisième section, les espèces 
ont le corps revêtu d'écaillés carrées; elle comprend 
deux familles, celle des Ampliisbénés et celle des 
Chalcidicés. 

Le quatrième ordre, celui des Serpens ou Ophi- 
diens, se partage en deux grands groupes, suivant 
qu'il y a des dents venimeuses ou qu'il n'y en a pas. 
Dans le premier sont les deux familles des Crotalidés 
et des Vipères. Trois autres familles appartiennent au 
deuxième groupe : ce sont les Hydridés , les Colubri- 
dés et les Boïdés. Chacun de ces noms indique les 
genres principaux qui s'y rallient, et leurs désignation 
noms y sont placées en effet. 

Le dernier ordre est celui des Chéloniens ; il est 
partagé en cinq familles : les Testudinés, les Emydés, 
les Trionycidés , les Sphargidés et les Chéloniadés. 

Nous avons dit que M, Gray fait une classe à part 
des Amphibies, dans laquelle il place tous les Batra- 
ciens. Il y établit quatre ordres : les Anoures, qu'il 
appelle Eanadés; les Urodèles, parmi lesquels il ne 
comprend que les Sala,mandres et les Tritons , sous îe 
îîom 4e Sdamaeddclés | les SirèBes j qu'il divise en Si" 



AUTEtîRS GÉNÉRAtJXi 269 

Pseudopîiidiens, qui ne comprennent que le seul genre 
des Cécilies. 

Tous ces groupes sont fort naturels. On voit que 
l'auteur a emprunté la plupart de ses divisions à ses 
devanciers, et principalement à Merrem et à Oppel. 

En i83i, le même M. Gray a publié, à la suite de 
l'édition anglaise du Règne animal de Cuvier, dans le 
tome IX, un Synopsis des espèces de la classe des 
Reptiles (i). Il y a apporté quelques cliangemens à sa 
première classification. 

Dans la première section, qu'il appelle les Cuirassés 
{^Catapliracta) y il met au premier rang l'ordre des 
Tortues, et il distribue les genres à peu près de la 
même manière que dans un autre ouvrage qu'il a pu- 
blié à part, et où il a traité des Cliéloniens en particu- 
lier (2). 

L'ordre des Émydo-Sauriens comprend les trois 
genres des Crocodiles , en commençant par le Gavial. 
Il le fait suivre des genres qu'il réunit sous le nom 
d'Énialosaures, d'après Conybeare, et il inscrit le 
genre Saurocépbale de Harlanz ou Saurodon d'Hay. 

Dans la seconde section, qu'il nomme Écailleux 
ÇSc/uanimata) , il établit les ordres de Sauriens, d'O- 
pliisaures et de Serpens. 

Parmi les Sauriens , il adopte les divisions de Wa- 
gler pour la forme de la langue et la manière dont les 
dents sont placées sur les mâchoires. Il rapporte h la 
première , qui comprend les genres dont la langue est 



(1) The animal Kingdom arrangée! in conformily wilh its organi- 
sation. By Edward Griffiih. Volume the niulh. 

(2) Synopsis Picptillum or shert descriptions, etc. In-8°, 



^^O HISTOÎRB LITTÉRAIRE. 

longue ettrès fendue : il en distingue quatre principaux 
qu'il subdivise , mais qu'il désigne d'abord sous les 
noms de Monitor, Holoderme, Tejus, Lézard et Ta- 
cliydrome. A la seconde, qui ont la langue courte, 
contractile et légèrement éeliancrée, sont rapportés les 
grands genres, également subdivisés pour la plupart , 
qu'il nomme Iguanes , Geckos, Caméléons, Agames 
et Sitanes. 

Le second ordre, les Ophiosaures, forment dix 
genres et trenie-un sous-genres. Les genres qu'il in- 
dique sont ceux des Zonures , Opbisaures , Chalcides, 
Arapliisbènes, Scinques, Bipèdes, Orvets, Rouleaux, 
Aconlias et Typlilops. 

Le troisième ordre des Ecailleux est celui des Oplii- 
diens. 11 les divise en deux sous-ordres : les venimeux, 
tels que les Crotales , Vipères et Najas, dont la mâ- 
clioire supérieure est sans dents , mais armée de grands 
crocliets ; et les non venimeux , dont la mâclioire su- 
périeure est dentée, mais sans crocliels ou avec de fort 
petits , comme les Couleuvres , les Boas et les Hy- 
dres. 

Chacun de ces grands genres, caractérisé d'abord 
par la forme de la tête et par la nature des écailles, 
est subdivisé en sous-genres, et des espèces particu- 
lières y sont indiquées en même temps que les parties 
du monde dans lesquelles on les a observées. Mais nous 
n'entrerons pas ici dans ces détails que nous réservons 
pour les placer mieux aux articles généraux que cha- 
cun des ordres exigera de notre part. 

Les Amphibies forment encore une classe à part. Il 
les divise, comme Fitzinger, en genres qui subissent 
des métamorphoses , niutabilia , et qui ont des bran- 



ciliés caduques. Ce sont les Ranœ ^ qu'il subdivise en 
Mana , Ceratophrjs ^ Hyla , Bufo , et Rhinella. 
Viennent ensuite les genres Dactyletlira , Bombina- 
tor^ StrQmhuSj Brei^icepSj eiAsterodactjleson Pipas, 
Le second grand genre est celui des Salamandres, qu'il 
partage en sections d'après le nombre et la disposition 
des doigts aux deux pailles de pattes. 

Dans la seconde section , qu'il appelle les Amphi- 
pneustes , et qui ne subissent pas de métamorpîiose , 
sont placés les genres Protée , qui comprend les Hy- 
pochton , Ménobranclies , Pliyllidres ou Sirédon ; puis 
le genre Sirène , auquel il rapporte aussi les Pseudo- 
branches ; puis les Ampliioumes,dont il rapproche les 
Ahranches ou le Protonopsis de Barton , et enfin les 
Cécilies , tels que les Siplionops de Wagler , les 
Icîalliyopliis de Filzinger , et les Epicriuni de Wa- 
gler. 

Mais dans la dernière partie de cet ouvrage , qui 
fourmille de fautes typographiques, quoique impri- 
mé avec le plus grand luxe et avec un très grand 
nombre de figures , dont très peu ont été gravées d'a- 
près des dessins originaux, on ne trouve que la simple 
désignation des noms d'espèces , sans aucune descrip- 
tion. C'est une liste destinée à rappeler quelques sou- 
venirs. 

C'est à peu près vers la même année que les divisions 
zoologiques de MM. Carus et FiciNus ont paru; mais, 
pour la classe des Beptiles , ces auteurs ont adopté 
à peu près la classification de Merrem et les vues 
d'Oken. 

Harlan. m. le docteur Harlan a publié dans le 
journal de l' Académie des Sciences de Philadelphie, 



2']^ HISTOIRE LITTÉB.A1RE. 

également en iSaB (i) , un mémoire ayant pour titre : 
Genres et Synopsis spécifique des Reptiles d'Améri- 
que j dont voici les principales classifications. L'au- 
teur adopte les quatre ordres, savoir : les Batraciens, 
les Opliidiens , les Sauriens et les Chéloniens. 

Le premier ordre est subdivisé en trois, d'après la 
manière dont la respiration s'opère. Dans le premier 
sous-ordre , les opercules sont indiqués par une sorte 
de fente dans la peau : tels sont les Ampliiouraes et les 
Ménopomes , dont plusieurs espèces sont ici décrites 
avec beaucoup de soin , et leur synonymie bien éclair- 
cie. Dans la deuxième division, les branchies persistent 
etla peau offre sur le col plusieurs fentes séparées. Elis 
renferme deux genres : le genre Sirène avec trois es- 
pèces, et celui des Ménopomes avec deux. Enfin, dans 
la troisième division , les espèces ont des poumons 
uniquement à l'état adulte, de sorte que les brancliies 
et leurs fentes disparaissent ; la queue persiste , et il y 
a des dents aux deux mâchoires. C'est là que viennent 
se ranger le genre Salamandre avec neuf espèces et dix 
Tritons aquatiques, et toutes ces espèces sont propres 
àTAmérique. Viennent ensuite les genres Grenouille, 
Rainette et Crapaud. Cette partie de l'ouvrage est la 
plus remarquable, et présente le plus grand intérêt aux 
naturalistes. 

Les Ophidiens comprennent les genres Ophisaure, 
Couleuvre avec trente -cinq espèces; les Vipères, 
Cenchris, Scytale et Crotale , sont indiquées avec 
le petit nombre d'espèces d'Amérique qui s'y rap- 
portent. 



(t) R. Harlak. Journ. of the Acad. of nat. sciences, of Philadelphie. 
Tome V, page 525 , et lome YI, pages 7 et 53. 



AUTEURS Gl^JÎJÉIlAUX. 2t|^3 

Dans l'ordre des Sauriens sont inscrits les genres 
Améiva , Scinque, Agame , Anolis , Lézard et Croco- 
dile 5 et peu d'espèces y sont relatées. 

L'auteur divise en sept genres l'ordre des Chélo- 
niens. Il y fait connaître un grand nombre d'espèces , 
en indiquant les ouvrages où leur description et sou- 
vent les figures se trouvent insérées. Ce sont les genres 
Tortue, Cistude , Emyde , Chélonure, Trionyx, 
Chélonée et Coriudo. Ce dernier genre est le même 
que celui qu'on a désigné sous le nom de Spliargis. 

Haworth. Cet auteur anglais s'est particulière- 
ment occupé d'appliquer la métliode analytique à 
l'étude des végétaux et des animaux, et il a inséré 
dans ce but un grand nombre de Mémoires dans le 
E^ecucil périodique que nous citons (i). Après avoir 
établi l'utilité de la méthode dicbotomique ou binaire 
en prouvant qu'elle rapprocliait autant que possible 
et faisait ainsi comparer les productions qui ont entre 
elles le plus d'analogie; il a indiqué un autre avantage 
que les naturalistes peuvent en retirer, en remontant, 
dans l'étude de ces tableaux, des derniei-s termes ou des 
genres auxquels l'aiialyse aboutit, aux divisions précé- 
dentes dont l'ensemble fournit une connaissance com- 
plète de l'objet soumis à l'examen de l'observateur. 

Nous allons présenter, dans le tableau synoptique 
suivant, l'arrangement ou la classification proposée 
par M. Haworth. Les numéros qui suivent chacune 
des divisions seront les mêmes que ceux que nous 
indiquerons ensuite ici dans le texte. 



(1) Pliilosopîiical magazin. 1823 , mai, page 372. Lettre sur un ar- 
rangement binaire de la classe des Repliles. x\. H. Haworth. Esq. 

REPTILES, I. l8 



2^4 



HISTOIRE LITTÉRAIRE. 









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AUTEURS eéNÉRAUX. 275 

Ainsi , les Amphibies sont partagés en Ecailleux ou 
Pholidotes et en Batraciens. Les Ecailleux ou sont 
voûtés ou ne le sont pas. Les voûtés se subdivisent en 
espèces dont les doigts ne sont pas distincts comme 
les genres (i) Caret et Sphargis, et en ceux dont les 
doigts sont marqués, tels que (2) les genres Tortue^ 
Matamata, Eniyde, Terrapène et Cliersine. Les non 
voûtés {Efornicatd) se partagent en Cuirassés et ea 
Ecailleux. Les Cuirassés forment deux divisions • les 
fossiles marins (3) , tels que les Icbthyosaures , Plésio- 
saures, Mégalosaures; et les Crocodiliens (4); comme 
les Caïmans, les Crocodiles et les Gavials. 

Les Ecailleux, ou ont des pattes, ou n'en ont pas. 
Parmi les premiers , il en est qui peuvent grimper (5), 
tels sont les Caméléons, et d'autres qui marchent; 
ceux-ci, ou ont quatre pattes, ou nen ont que deux. 
Dans les genres qui ont quatre pattes, les uns les ont de 
longueur ordinaire, et les autres très courtes. Parmi 
les genres qui ont les pattes a peu près ordinaires , il 
en est dont la langue ne peut pas s'allonger (6) , et là 
se trouvent inscrits les genres suivans : Gecko , Ano- 
lis , Basilic, Di^agon , Iguane, Polychre , ' Pneuste , 
Lyriocéphale , Calote, Uromastyx, Zorne ; et parmi 
ceux dont la langue peut sortir de la bouche (7), les 
Vai^ans, Téjus, Lézards et Tachydromes. Les genres 
à pattes courtes (8) sont les Scinques , les Gym- 
nophthalmes , les Tétradactyles , les Chalcides et les 
Monodactyles. Ceux qui n'ont que deux pattes, ou 
ont des doigts comme ceux (9) des Bipèdes et des Py- 
godactyles ; ou n'en ont pas (10) , comme les Pygopes 
et les Pseudopes. 

Les Ecailleux qui n'ont pas de pattes correspondent 
aux Serpens, mais les uns ont des paupières (ii), 

18. 



Ê'JÔ HISTOIRE LtTTléRÀIÎlt. 

comme les trois genres, Hyalin , Orvet, AcôntiaS ; les 
autres n'ont pas de paupières, ce sont les vrais Ser- 
pens, divisés en Goulus (Gulojiia) et en Typlilins. 
Les Goulus, ou sont vénéneux, ou ne le sont pas (12); 
c'est parmi ceux-ci que se rangent les genres Acro- 
dère , Rliinopire , Rouleau, Eryx, Boa, Python, 
Scytale, Couleuvre et Dryinus. Les genres qui ont 
des crocliets à venin, ou ont des dents fixes (i3), 
comme les Bongares , les Trimésérures et les Hydres ; 
ou ils les ont mobiles (i4)? ainsi que les Platures , 
Elaps, Opliryas, Najas, Pélias , Vipères, Cophias , 
Crotales et Langalias. 

Les Batraciens, ou sont sans pattes (16), comme 
ceux du genre Cécilie, ou ils ont des pattes; et tantôt 
ils peuvent sauter (l'j) , comme les Pipas, Pv.ainetles , 
Crapauds, Bombinateurs, Bréviceps et Grenouilles; 
tantôt ils ne peuvent que marclier, et ceux-ci se par- 
tagent suivant qu ils sont obligés de subir des mé- 
tamorphoses (18), comme les Salamandres et les 
Tritons (il/o/^'e); ou qu'ils n'en subissent pas (19), 
comme les Prolces ou Hypochthons , et les Sirènes. 

On voit, par cette analyse, qu'elle n'est que l'ex- 
pression figurée des travaux prôcédens et surtout de 
Merrem; l'auteur, d'ailleurs, l'indique lui-même 
dans la lettre qui précède cette exposition. 

FiTziNGEu. 11 a paru à Vienne en Autriche , en 
1826, un ouvrage allemand, de M. L. I. Fitzingcr, 
portant pour titre : Nouvelle Classification des Rep- 
tiles (x), pour servir d'introduction à un catalogue 



(1) Neue Ciasslficaiion dor Picptilien^ von L. 1. Fitzikger; un 
petit volume in-4° avec un tableau figurant les affinités des geflreç 
des Reptiles, 



AXJTEUnS GÉNÉnAUX. a'J'J 

des animaux de cette classe que renferme le Musée 
zoologique de cette capitale. Ce travail est très impor- 
tant pour la science, et nous avons cru devoir en 
présenter une analyse détaillée. Dans les considéra- 
tions anatomiques et physiologiques qui précèdent son 
travail, l'auteur montre une saine critique et expose 
avec métliode l'histoire abrégée de l'erpétologie. Après 
avoir émis son opinion sur les divisions proposées par 
les auteurs modernes, et quoique adoptant par le fait 
la classification de M. Brongniart, modifiée par Oppel, 
il conserve les dénominations de Klein et de Merrem. 
A la fin de ce catalogue raisonné , on trouve un 
tableau destiné h faire voir d'un seul coup d'oeil les 
afinités que peuvent avoir entre eux et avec d'autres 
animaux, les différens genres des Reptiles dont 
les noms sont joints, à des distances plus ou moins 
éloignées, par des lignes horizontales, verticales, ou 
plus ou moins obliques. Ainsi, pour les Mammifères, 
on voit venir toucher aux Chauve-Souris les genres de 
Beptiles perclus. Ptérodactyle et Ornithocéphale, par 
l'intermédiaire des Dragons et des Anolis ; d'un autre 
côté, par les Gavials et les grand Sauriens fossiles, ou 
voit les Lézards unis aux Dauphins , et quelques Ché- 
loniens faire le passage aux Monotrèmes, tels que le 
Phatagin et l'Echidné; de même encore que, par le 
Caret , cet ordre semble se lier h quelques Oiseaux des 
genres Macareux et Manchot. Enfin, par cette échelle 
ingénieuse, l'auteur fait descendre , avec les Cécilies 
et les Sirènes , aux Aptérichtes parmi les Poissons. 
Faisant provenir de deux souches les Chéloniens et les 
Crocodiles, il indique les liaisons des genres les uns 
avec les autres , et il fait voir clairement comment les 
Lézards conduisent aux Serpens d'une part, et de 
l'autre aux Batraciens, 



27^ HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Cette sorte de projection, qui représente à l'oeil 
l'ensemble des animaux d'une même classe, en indi- 
quant tout à la fois leurs rapports et les modifications 
qui semblent les avoir fa-it disperser, afin d'aller à la 
rencontre d'autres races, est une idée très ingénieuse 
que nous avons dû faire remarquer. 

L'auteur a adopté pour la distribution des animaux 
de cette classe, la voie que nous avons employée 
dans la zoologie analytique , et il l'avoue lui-même. 
Il a profilé aussi des recberclies d'Oppeî, dcMerrem, 
et de M. Cuvier. Nous donnons de sa méthode un 
tableau figuré; et, comme dans l'article précédent , 
nous nous servirons de numéros pour faire connaître 
les subdivisions de familles et de genres qui nous au- 
raient embarrassés , pour en donner une idée précise. 

Les Reptiles, dans cette méthode, sont partagés 
en deux classes, les Monopnés et les Dipjm^és, noms 
imaginés par Leuckart (Isis, année 1821 ), pour indi- 
quer la différence du mode de respiration , qui est 
simple, ou uniquement pulmonaire dans les premiers, 
et double chez les seconds , au moins pendant un cer- 
tain temps de l'existence. On voit que c'est ce qui 
répond aux Reptiles et aux Amphibies , classes distin- 
guées par quelques auteurs qui divisent ainsi la classe 
de Linné. 

La classe première, celle des Monopnés, se par- 
tage en quatre tribus ou ordres : les Testudinés, les 
Cuirassés, les Écailleux et les Nus. 

Les Testudinés comprennent cinq fiimilîes : les 
Carettoïdes (i), tels que les genres Caret et Sphargis; 
les Testiidinoïdes (2) qui ne renferment que le genre 
Tortue; les Émjdoïdes (3), là sont inscrits les quatre 
genres Terrapène, Émyde, Chélodine, Chélydrejles 
Chélydoïdes (4); pour le genre Chélyde ; et les Trio- 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 2'J9 

nîchoïdes (5), pour les Trionyx ou Tortues molles. 

Le second ordre, celui des Cuirassés, comprend 
deux familles : dans l'une (6), les pattes sont impar- 
faites , ce sont les Ichthjosauroïdes ; dans l'autre , les 
doigts sont parfaitement distincts (7), on les nomme 
Crocodiloïdes. Les genres Iguanodon, Plésiosaure, 
Saurocépliale , et Ichtliyosaure , appartiennent à la 
première; et les Téléosaures, les Sténéosaures, les 
Gavials , les Crocodiles et les Alligators ou Caïmans, 
h la seconde famille. 

La troisième famille est la plus considérable , puis- 
qu'elle réunit vingt-deux familles. Il est vrai que 
l'auteur a rapporté aux Écailîeux la plupart des Sau- 
riens et des Ophidiens, qu'il dislingue entre eux par 
la manière dont leur mâclioire inférieure se trouve 
conformée ; chez les uns , les pièces qui la composent 
sont unies par une symphyse; et chez les autres, elle 
est formée de deux os distincts. 

Ceux dont la mâchoire est unique ont des paupiè- 
res , ou n'en ont pas ; cette dernière division comprend 
la famille des Geckos, sous le nom ^Ascalahotoïdes. 
Tous les autres genres ont les yeux munis de deux 
paupières ; parmi ceux-ci , les uns ont la gorge dila- 
table ou pouvant se gonfler, et tantôt ils ont un tym.- 
pan, à peine distinct sous la peau , et alors on trouve 
chez les uns une langue très longue, comme dans les 
Caniéléonides ; ou cette langue est courte : tels sont 
les Pneustoïdes. Chez les autres, il y a un tympan 
bien distinct; ou ils ont de plus un manteau, comme 
les Dragonoïdes , ou ils n'en ont pas, comme les 
Againoïdes ; ceux-ci n'ont pas la gorge susceptible 
de se dilater; ils ont avec des écailles disposées en 
anneaux, un tympan visible et la langue fendue à la 



a80 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

pointe ; elle est longue comme dans les AméipoïdeSf 
ou courte comme dans les Lacertoïdes ; car elle est 
simplement écliancrée dans les Scincoïdes ; enfin le 
tympan est caclié dans les Anguinoïdes . 

Les espèces à mâchoire formée d'une seule pièce, 
et qui n'ont pas de paupières , ont tantôt les yeux ca- 
c nés sous la peau, et le corps est, ou verticillé, comme 
cnez les Amphishénoïdes , ou non annelé comme 
dans les Tjphlopoïdes; tantôt les yeux sont visibles 
apparens, ce sont les Gymjiophthaïlmodes . 

Quand la mâclioire inférieure est formée de deux 
pièces séparées, ce sont les véritables Serpens ; les uns 
ont la langue courte, tels sont les Ilisoïdes , ou bien 
elle est longue. Parmi ceux-ci , il en est qui n'ont 
pas de dents venimeuses à la mâclioire supérieure , et 
on y distingue les Pjthonoïdes qui ont des ergots au 
cloaque, tandis qu'on n'en observe pas dans les Colu- 
broïdes. Les espèces à dents veniraeu:3es les ont, tantôt 
unies avec des dents solides, comme les Bongaroïdes ; 
tantôt sans autres dents solides , et alors on voit des 
enfoncemens près des narines sur le front, comme 
dans les Vipéroides. 

Nous ne ferons pas suivre ici , sous les noms de 
chacune des familles, ceux des genres qui s'y trouvent 
indiqués par l'auteur, dans autant de petits tableaux 
synoptiques. Nous verrons plus tard, lorsque nous 
exposerons le travail systématique de Wagler , quels 
sont ceux que Fitzinger a proposés; nous éviterons 
par là un double emploi. Il en sera de même dans les 
autres familles qui nous restent h indiquer, pour faire 
connaître les bases de cette classification. 

La quatrième tribu des Monopnés , dont la peau 
est nue, ne comprend que les Céciîoïdes (3o) que l'au- 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 28 1 

teur divise en deux genres, suivant que le tronc est 
déprimé, ce qui constitue celui des Ichtliyophis , ou 
qu'il est arrondi, et c'est alors celui des Cécilies. 

La deuxième classe , celle des Dipnés , se partage 
en deux tribus; ceux qui ont des métamorplioses et 
ceux qui n'en éprouvent pas. 

La première tribu , qu'il désigne sous le nom col- 
lectif de Mutahilla , se partage en cinq familles , dont 
une seule , la cinquième, qui comprend les Salaman- 
droïdes (35), conserve la queue pendant toute la durée 
de la vie des individus. Les autres correspondent k 
nos Anoures, ils n'ont de queue qu'à l'état de têtards. 
Chez les uns , comme dans la quatrième famille, celle 
des PipoîdesÇ^^), il n'y a pas de langue , tandis qu'on 
en voit une distincte dans les trois autres : dans celle 
qu'il nomme des Bombinatoroïdes (33)^ le tympan est 
caché, tandis qu'on l'aperçoit à.a.n?>\e&Bufonoïdes(?»'î), 
qui n'ont pas de dents et qui se distinguent, par cela , 
des Pianoïdes (Si)^ où les dents sont distinctes. 

Chacune de ces familles réunit un nombre variable 
de genres à l'indication desquels de petits tableaux 
synoptiques conduisent également. 

La seconde tribu des Dipnés comprend les genres 
qui ne subissent pas de métamorphoses, et qu'il 
nomme hninutahilia ; deux familles y sont établies : 
les unes ont les branchies cachées , ce sont les Crjpto- 
branchoïdes (36) ; elles sont libres, au contraire , dans 
les Phanérobranchoïdes (3'^). 

Voici un tableau qui présente, sous le point de 
vue général , l'arrangement systématique proposé par 
M. Fitzinger. 



aSa HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Classification des Reptiles par M. L. J. Fitzinger. 



CLASSES. ORDRES. 



'l. Testudinata . 



Ilî. Loricala. 



, MOWOPÎIOA.. / 



m. Squamiiiata... 



FAMILLES. 
'1. Carettoides, 

2. Testudinoides. 

5. Emydoides. 

4. Chelydoides. 

\5. Trionyclioides. 

i'6. Icliihyosauroides. 

I 7. Crocodiloides. 

Il y a ici vingt-deux familles 
qui comprennent lous les 
Sauriens et lous les Ophi- 
diens. Nous allons indi- 
quer leurs noms ea note*. 



IV. Nuda. 30. Ceciîoides. 

'31. Ranoides. 

32. Bufonoides. 

V. Mutabilia < 33. Bombinatoroides. 

54. Pipoides. 

^35. Salamandpoides. 

/^36. Cryptobranchoides. | 

(^37. Phanerobranclioides. 



, DiPKOA 



."Vî. Imaniiabilia . 



* 8 Ascalabotoïdes. 

Gamélconides. 
10 Pneustoïdes. 
'I '1 Draconoïdcs. 
12 Agamoïdes. 
4 3 Cordyloïdes. 
'14 ïachydromoïdes. 
15 Ophisauroïdes. 



\Q ChalcidcïJes. 


24 Ilysioïdes. 


17 Aniéivoïdes. 


23 Pythonoïdes 


18 Lacertoïdes. 


26 Colubroïdes. 


19 Scincoïdes. 


27 Bungnroïdes 


20 Anguinoïdes. 


28 Vipéroïdcs. 


2 i Amphisbénoïdes. 


29 Grotaloïdes. 


22 ïyphlopoïdes. 




23 Gyainoptithalmoïdes. 





AUTEURS GÉNÉRAUX. 283 

RiTGEN. On trouve dans les Nouveaux actes des cu- 
rieux de la nature pour 1828, une autre classification 
des Reptiles proposée par Rilgen, et dont nous allons 
présenter l'analyse. Gomme l'auteur emploie Leau- 
coup de nouveaux noms, nous serons dans le cas d'en 
donner l'explication. 

Il établit d'abord trois ordres parmi les Reptiles : 
les Ophidiens , ou a corps tordu , qu'il nomme strepsi- 
cHROTEs; les Gbéloniens, ou sTERRicuriOTEs, c'est-k- 
dire à corps solide ; et les campsichrotes, ou à corps 
qui se plie, comme les Sauriens. 

Les Opîiidiens sont divisés en trois sous- ordres ; 
ceux qui sont semblables à des vers, scolécodes , dont 
la peau est nue, comme les Gécilies. Il nomme encore 
ce sous-ordre les Derinatophides ; et comme les espè- 
ces Ont la peau plissée, il propose aussi le nom de 
Stolidophides . 

Les Serpens écailleux forment le second sous-ordre, 
sous le nom de Pholidopliides ; mais il propose trois 
autres dénominations, pour exprimer qu'ils n'ont que 
peu d' écailles ou qu'ils sont à demi nus, Drsgymno- 
phides; qu'ils. ne peuvent se rouler qu'incomplète- 
ment, Djsgjriophides ; ou que leur peau est grenue, 
Chondrites. Ce sous-ordre se subdivise en deux grou- 
pes : ceux dont les dents ne sont pas percées, ou qui 
n'ont pas de crocbetsa venin, et il les nojïinxeAtî'jpto- 
dontopholidophides ; et ceux dont les mâchoires sont 
garnies de crochets à venin , ce sont les Chalinopholi- 
dophides. Ce second groupe se subdivise en ceux qui 
vivent sur la terre, et qu'il nomme, à cause de cela, 
ChersophoUdophides f tel est le genre Acrochorde ; 
et comme les autres vivent dans l'eau, il les désigne, 
par opposition , sous le nom dH HjdropJwlidophideSj 



a84 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

OU parce qu'ils sont venimenx, Cacopîiolidophidesi 
tel est le genre Chersydre. 

Nous ne suivrons pas plus loin toutes ces dénomi- 
nations, qu'Horace désigne comme des sesquipedalia; 
mais nous indiquerons les distributions successives 
des autres subdivisions. 

Ainsi dans le troisième sous -ordre des Serpens 
écailleux, dont le nom le plus court est celui dUAspis- 
tesj qui annonce qu'ils ont de grandes écailles sous le 
ventre, ou des sortes de plaques, il y a trois sous-di- 
visions, que nous allons indiquer par des numéros. 

1 . Les Holodontaspistes , qui ont les dents entières, 
non percées, et qui se subdivisent en ceux qui ont 
une petite boucbe, Sténostomates , comme les espèces 
du genre Amphisbène, et en Serpens à grande bouche, 
Macrostomates , comme les Couleuvres et les Boas. 
Enfin les Rhinostomates ^ qui ont la bouclie sous un 
museau, comme les espèces du genre Rliinopire. 

2. Les Dolospistes , qui comprerment les Serpens à 
plaques recourbées et à dents venimeuses ; il distin- 
gue le groupe des aquatiques, Hydrolopes, et celui 
des terrestres, Chersolopes. 

3. Enfin dans la division des Chalinaspistes , ou des 
espèces qui ont toute la mâclioire supérieure garnie 
de dents venimeuses, il fait trois groupes des genres, 
d après la forme ou la disposition de l'extrémité de la 
queue. Ceux qui l'ont plate, Platjcerques; ceux qui 
l'ont arrondie, Strongjrlocerûues ; et ceux qui l'ont 
garnie d'étuis, Épicerques ^ comme les Crotales. 

Les Chéloniens ou Sterricbrotes forment trois gran- 
des sections : les marins, Èrctmo ou Haljchélones ; 
les aquatiques, Phjllopodo ou Cliersy cliélones ; et 
les terrestres, Podo ou Chersochélones. 



AUÎËURS GÉNÉÎlAtJX, 285 

Les Campsîclaroles 5 qui forment le troisième ordre 
sous un second nom, celui de Molges ^ tiré du mot 
grec qui désignait la salamandre^ comprennent les 
Sauriens et les Batraciens. lis sont divisés en trois 
sous-ordres, dont le premier ne comprend que les 
dragons, sous le nom de Ptcroinolges ; le second les 
Sauriens et les Batraciens Urodèles, sous le nom 
(ï Urojnolges ; et le troisième les Anoures, sous ce- 
lui de Pjgoinolges. 

Les Uromolges se subdivisent en véritaLles Sau- 
riens, qui respirent par des poumons, et qui ont une 
queue, Pneumaturomolgœi , en Salamandres à bran- 
chies, Branchiuromolgœi; et les Salamandres qui 
perdent ces organes en subissant une niétamorphose, 
ou Morphuroinolgœi. 

Les Sauriens sont subdivisés en trois groupes : I. les 
nageurs, EretmosaureSj à pattes en palettes plates, ce 
sont les Icblbyosaures ; IL \&s Phyllopodosaures ,\i 
pattes palmées, ce sont les Crocodiles; et IIL en espè- 
ces à pattes propres à la marche, ou les Podosaures. 
Ces derniers se subdivisent en Anahènes ^ qui grim- 
pent, comme les Caméléons; ^nBénosaures,àQ\\\.\ç^^ 
pattes sont propres à la marche, et qui sont partagés 
en quatre autres groupes, suivant la disposition des 
écailles ou des plaques, des pattes, de la queue, de la 
tête, du ventre, ou du dos, d'après autant de noms 
empruntés du grec. 

Les genres dont les pattes sont plus ou moins im- 
parfaites sont nommés Colosaures ou ColodactyleSj 
et partagés d'après le nombre, la foi-me, ou la dispo- 
sition des membres. 

Les Branchiuromolges, c'est-à-dire ceux qui con- 
servent leurs branchies, sont les Sirènes, qui ont les 



286 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

pattes antérieures, 67zz:>oJwmoZ^fe/^etlesHypocîitîions 
ou Protces, qui ont' quatre pattes, Pododismolgœi. 

Enfin les Salamandres sont divisées en terrestres 
ou Géomolges y et en aquatiques oa Hjdromolges. 

Les Batraciens Anoures ou Pjgomolges sont les 
Rainettes, Bdallipodobatrachieiis^ les Grenouilles, 
PhjlîopodobatrachienSj et les Crapauds, Diadacty- 
lohatrachiens . 

Nous n'avons donné qu'une idée bien incomplète 
de cette disposition , dont les idées prejnières sont ce- 
pendant exactes, mais dans ce système l'auteur a voulu 
réunir trop de particularités distinctives sous un mê- 
me nom ; ce qui rend sa méthode tout-à-fait inadmis- 
sible. 

Jean Wagler. La science zoologique vient de 
perdre ce jeune naturaliste, c[ui lui avait rendu les 
plus grands services : d'abord en publiant, en 182^ 
et années suivantes , le Sjstenia auiuin , qui est un 
des ouvrages les plus complets sur l'ornitliologie sys- 
tématique ; puis par les descriptions et les figures des 
Amphibies ; enfin par le travail qu'il avait entrepris sur 
les Serpens, à l'occasion de la publication de l'ouvrage 
de Spix , sur les animaux du Brésil ; mais nous devons 
lui consacrer un article très particulier pour le grand 
ouvrage qu'il venait de publier, lorsqu'un affreux 
malheur le fît périr dans une partie de chasse : c'est 
un Traité complet et systématique de la classe des 
Reptiles (i). 

L'arrangement qu'il propose est essentiellement 
fondé sur l'organisation. Il établit huit ordres dans la 



(1) Naturaliches System der Amphibien , von D. John Wagler, 
4 vol. in-8°. Munich , 1 850 , avec uu atlas in-fol. de planches. 



AUTEUnS GÉNÉRAUX. 28'j 

classe des Amphibies. En voici les dénominations : 
I. Les Testudinides. II. Les Crocodiliens. III. Les 
Lézardins. IV. Les Serpens. V. Les Orvets. VI. Les 
Cécilies. VIL Les Grenouilles. Et VIII. Les Icli- 
thyodes. 

I.LesToRTUES (Testudines) sont caractérisées ainsi : 
pattes attachées au tronc sous les côtes; narines ou- 
vertes au devant du bec ; pénis simple. 

Il n'y a qu'une famille dans cet ordre ; il la nomme 
Heclœr'oglosscBj c'est-k-dire ayant la langue attachée a 
toute la concavité de la mâchoire. 

Cette famille se subdivise en trois tribus, d'après la 
forme des pattes, qui sont i°en nageoires immobiles, 
aplaties et de longueur inégale, dans les Oiacopodes ; 
2° palmées ou à doigts mobiles, mais réunis par une 
membrane lâche, ce sont les Stégajzopodes ; et 3° les 
moignons, les doigts étant immobiles, de même lon- 
gueur, et enveloppés dans la peau des pattes : il les 
nomme Tylopodes. 

L'auteur indique ensuite les genres et les espèces 
qui appartiennent à ces divisions ; il en fait connaître 
la synonymie, les figures et les habitations. Nous ne 
devons pas entrer ici dans tous ces détails , sur lesquels 
nous aurons occasion de revenir par la suite; nous ne 
ferons que désigner les noms de ces genres. 

A la première tribu se rapportent les Ghélonëes et 
les Sphargis. A la seconde, on trouve inscr-its un très 
grand nombre de genres établis nouvellement soit par 
lui-même , soit par les auteurs qu'il a toujours le soin 
de faire connaître. Voici leurs noms : Aspidonectes , 
Trionyx, Ghélys, Rhinemys, Hydromedusa, Podo- 
cnemis , Platemys , Phrynops, Pelomedusa, Ghelydra, 
Clemmys , Staurotypus , Pelusios , Kinosternon , 



288 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Emys. A la troisième tribu sont rapportés les genres 
Kinixys, Pyxis , Chersus et Tesludo. En tout, par 
conséquent, vingt-un genres. 

ÎI. Les Crocodiles ont pour caractères : le corps 
cuirassé ; les denîs implantées dans les mâchoires ; Tos 
carré {os tjnipani) s,ouàé au crâne; le pénis simple. 
L'auteur n'y inscrit aussi qu'une seule famille, les /îTe- 
drœogîosses , parce qu'ils ont la langue adhérente k 
toute la concavité de la mâchoire inférieure. 

Il n'y rapporte que les trois genres i° des Caïmans , 
qu'il nomme Cainpsa ; 2° des Crocodiles, et 3° des Ga- 
vials , qu'il appelle Rampliostoma. Il reconnaît qu'il 
devrait y réunir les genres de Reptiles fossiles nom- 
més Téiéosaure et Siénosaure, et en outre les Saui^o- 
céphales et les Phytosaures. 

III. Le troisième ordre, celui des Lézards, a pour 
caractères : les os des mandibules réunis en avant; les 
dents insérées sur le sommet des os ou adhérentes à leur 
bord interne; l'os carré descendant directement et 
libre ; pénis double. 

Cet ordre se partage en quatre familles , d'après la 
forme et la disposition de la langue. Dans la première, 
celle des Platyglosses ^ elle est cliarnue, plane, libre 
à sa pointe. Dans la seconde, celle des Pachjglosses ^ 
elle est épaisse et presque totalement adliéi^ente à la 
concavité de la mâclioire. Dans la troisième, qu'il 
nomme Antarchoglosses , la langue est grêle, libre, 
extensible; mais elle n'est pas renfermée dans une 
gaine à sa base. Enfin, dans la quatrième, celle des 
Thécoglosses ^ la langue, qui est exsertile, rentre à sa 
base dans une sorte de fourreau. 

Les genres rapportés h cet ordre sont extrêmement 
nombreux. Quelques familles sont partagées en tribus, 



AUTEUHS GÉKÉRAtJX. 289 

d'après îâ forme du corps ou d'après là manière dont 
les dents sont disposées sur les bords des mâchoires. 
Il serait trop difficile de présenter ici dans le texte 
cette série de noms de genres ; nous avons pensé que 
nous ferions mieux de les énumérer dans une suite de 
notes que nous rattacherons à chacune des divisions 
principales, (i) 

Ainsi , dans les Platyglosses , sont placés les genres 
que nous indiquons sous le n" i , et qui tous sont ca- 
ractérisés par une phrase très courte , avec l'indication 
des espèces principales qui ont été décrites ou figurées. 
L'auteur a soin de faire connaître également l'élymo- 
logie du nom et d'indiquer le naturaliste qui l'a em- 
ployé d'abord. 

, La seconde tribu , celle des Pachyglosses , se divise 
en deux sous-tribus , suivant que le corps ou plutôt 
le tronc est déprimé ou aplati : ce sont les Platy- 
coRMEs ; ou suivant qu'il est comprimé, c'est-à-dire 
plus étroit de droite à gauche, qu'il n'est élevé en hau- 
teur : ce sont les Sténocormes. Chacune de ces sous* 



(1) Ptycozoon (Kuhl), dertTÙ^, Çowv, animal plissé. 
Crossurus (Wagler), de xpossb?, oùpv. , queue frangée. 
Rhacossa (Wagler) , px-Koasa , vêtement grossier. 
Thecodactjlus (Cuvier). 
Platydactyius{Ç.ny\et). 

Anoplopus (Wagler), «votîAoî ttou? , patte non armée. 
Hemidactylus (Cuvier). 
Ptyodactylus (Cuvier). 
Sphcerodactylus (Wagler, Cuvier). 
Ascalabotes (Lichtenstein , Pline). 
Eublepharls (Gray) , Ijelle paupière. 

Gonyodactylus (Kuhl) , doigt anguleux. Cyrloâactylus (Grrya). 
Gymnodactylus (Spix) , doigt nu. 
En tout treize genres. 

ABPTILES, I. 19 



290 HISTOIRE LITTÉRiilîlE. 

tribus se trouve encore subdivisée, suivant la manière 
dont les dents sont placées sur les bords des mâchoires; 
ainsi il nomme -^croc^ow^e^ les genres qui les ont im- 
plantées sur le sommet, etPleurodontes ceux ctez les- 
quels elles sont attachées aux bords internes des mâ- 
choires. 

Les Pachyglossesplaty formes acrodontes réunissent 
les huit genres que nous indiquons encore ici en no- 
tes (i); les Pleurodontes comprennent treize autres 
genres dont nous faisons connaître également les 
noms (2). 

Viennent ensuite les Sténocormes ou les genres à 



(1) Phrynocephalus (Kaup) , yfjvvai , xsjskAv) , tête de Crapaud. 

Trapelus (Cuvier). 

StelUo (Daudin). 

XJromastyx (Merrem). 

XJrocentron (Kaup) , ovpà., xévrpov, queue, aiguillon. 

Phrjriosoma (Wiegraann). 

Platynotus (Wagler), TT^.aTÙvwToj , dos plat. 

Tropidurus (Neuwied), T/sorris oùpy., queue carénée. 
{^)Cfclura (Harlan). 

Hypsilophus (Wagler) , byilofoi , qui porte une créle dressée. 

Metopoceros (Wagler) , [jAtomov , xe^ag , cornç au front. 

Emhlyrhincus (Bell) , large museau. 

Basiliscus (Laurenti). 

OEdicoryphus (Wiegmann) , y.op\)f>i olléoi, vertex renflé. 

Dactyloa (Wagler). 

Anolis (Duméril). 

Draconura (Wagler). 

iVb/'o/Ji (Wagler), vw^oi^, éclatant. 

Polychrus (Cuvier). 

Ophryessa (Boïé), èfpuû<;o) , je suis sourcilleux. 

Enyalius (Wagler), huàXioi, belliqueux. 

Jlypsibatus (Wagler) , qui a le pas relevé. 

Otocryptis (Wiegmann) , oreille cachée. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 291 

tronc comprimé qui se subdivisent en Acrodontes (i), 
qui forment neuf genres. Il n'y a pas de genres connus 
qui aient été rapportés par l'auteur à la seconde division 
ou Pleurodontes. 

La troisième tribu, celle des A ntarchoglosses ^ ou à 
langue grêle, libre, extensible, se partage également 
d'après la disposition des dents sur les mâchoires, en 
Acrodontes (2) et en Pleurodontes (3). Sept genres ap- 



{]) Lyriocephalus (Merrem) , tête en lyre. 
Gonyocephaliis (Kaup) , tète anguleuse. 
Brachylophus (Cuvier). 
Physignathus (Cuvier), mâchoire gonflée. 
Lophure (Gray) , queue crétée. 
Chlamydosaurus (Gray) , Lézard à cuirasse. 
Calâtes (Cuvier). 

Semiophorus (Wagler) , porte-signe. 
Draco (Linnseus). 

(2) Thorecîes (Wagler) , armé d'une cuirasse. 
Crocodilurus (Spix), queue de Crocodile. 

Podinema (Wagler), irooïjvs/jios, à pieds agiles. Monitor (Filzinger). 
Ctenodon (Wagler) , xtsIs oloùç , dent pectinée. 
Cnemidophorus (Wagler) , xvn/j.ilofopoç , porte-jambarts , hotte. 
Acrantus (Wagler), ày.pwroi, manchot , mutilé. Tejus (Fitzinger). 
Trachjgaster (Wagler) , ventre rude. 

(3) Zacerfa (Linnseus). 
Zootoca (Wagler) , Vivipare. 
Podarcis (Wagler) , bon coureur, 
Aspistis (Wagler) , cuirassé. 
Zonurus (Merrem). 

Psammuros (Wagler) , gardien des sables. 
Ablepharus (Fitzinger), sans paupières. 
Gymnophthalmus (Merrem) , oeil nu. 
Lepidiosoma (Spix) , corps écailleux. 
Chirocolus (Wagler) , x^'i-p '«ôAo; ,°^main mutilée. 
Chamcesaura (Fitzinger) , petit Lézard. 
Tachydromus (Daudin), marche yite, 

19- 



292 HISTOIRE lilTTÉRÀIKE. 

partiennent à la première division et trente a la se- 
conde , qui est la plus considérable de l'ordre. 

La quatrième tribu, celle des Thécoglosses , ou à 
langue protraclile engaînée, se partage en deux sous- 
tribus , les Acrodontes, qui ne renferment qu'un 
genre (i), qui est celui du Caméléon, et les Pleuro- 
dojites (2)^ où il y en a cinq, dont un est fossile. 

L'ordre quatrième , celui des Serpens^ est caracté- 
risé par la non soudure des branches des maclioires , 
qui sont liées par un ligament. Comme ils ont tous la 

Cercosaura (Waglei) , Lézard à longue queue. 

Gerrhonotus (Wiegmann) , dos écussonné. 

Gerrhosaurus (Wiegmann), yéppo-J , aa.upoi, écusson , Lézard. 

Saurophis (Fitzinger). 

Bipes (Oppel)./()'-5«e/o/j««(Duméril). 

Ophiosaurus (Duméril) , Serpent , Lézard. 

^nguis (Lianœus). 

Ophiodes (Wagler) , Serpentifonne. Pygopus (Spix). 

Pygodactylus (Fitzinger) , Truy»), SixTui^o; , doigt à la fesse. 

Pygopus (Merrem) , pieds de derrière. 

Zygnis (Wagler). iSce/oie* (Fitzinger). 

Seps (Daudin). 

Lygosoma (Gvay) , ^ûyo«, <jw/-'«, corps en bâton. 

Sphœnops (Wagler) , face en coin. 

Scincus (Fiizinger). 

Euprepis (Wagler) , eÙTtpsnrii , bien orné. 

Gongylus (Wagler) , arrondi. Mahuya (Fitzinger). 

Cyclodus (Wagler), /.ii/loç, èSoù;, dent arrondie. 

Trachysaurus (Gray) , Lézard rude. 

(1) Caineleo (Laurenti). 

(2) Geosaurus (Cuvier) , Lézard de terre. 
Heloderma (Wiegmann) , peau à clous. 

Hydrosaurus {WstglQr) , Lézard d'eau. Tupi/iambis (Fitzinger). 
Polydœdalus (Wagler) , travaillé avec beaucoup d'art. 
Psammosaurus (Fitzinger) , Lézard des sables. 
En tout (juatre-vingt-sept genres de Iwézards, 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 298 

langue grêle, fourchue, protractile et reçue dans un 
fourreau , ils ne forment qu'une seule famille qui com- 
prend quatre-vingt-dix-sept genres dont nous présen- 
tons ici la liste (i). 



{\) Hydrophis (Wagler), Serpent d'eau. 
Hjdrus (Wagler). 
Eiihydris (Wagler), aquatique. 
Platurus (Lalreille) , queue plate. 
Pelamys (Daudin). 

Enjgrus (Wagler), qui reste dans l'eau. 
Eunectes (Wagler) ^ bon nageur. 
Xiphosoma (Wagler) , corps en épée. 
Boa (Linnaeus). 

Epicrates (Wagler), très fort, puissant. 
Python (Cuvier). 
Cotistrictor (Wagler). 
Chersydrus (Cuvier). 
Acrochordus (Hornstedt) , verruqueux. 
ErpeloTi (Lacépède) , Replile. 
Homalopsis (Kubl) , face plate. 
Hypsirrhina (Wagler) , narines en dessus, 
Hydrops (Wagler) , semblable à l'Hydre. 
Helicops (Wagler) , qui regarde de travers. 
Pseudechis (Wagler) , fausse Vipère. 
Heterodon (Lalreille), singulières dents. 
Rhiiiostoma (Fitzinger) , bouche , nez. 
Xenodoii (Boïé), dent extraordinaire. 
Ophis (Wagler), Serpent. 
Acanthophis (Wagler), Serpenta épine. 
CflMiMS (Wagler) , nom d'un Serpent venimeux. 
Sepedon (Merrem). 

Vrœus (Wagler) , nom de la Vipère haie. 
Aspis (Wagler). 
Alecto (Wagler). 

Trigoiiocephalus (Oppel) , tête triangulaire. 
Megœra (Wagler). 
Bothrops (Wagler) , visage enfoncé. 



294 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Le cinquième ordre correspond aux Orvets ; l'atl- 
teur le désigne sous le nom ^ Angaes ; Wagler leur 
assigne les caractères distinctifs qui suivent : les bran- 
ches des mâclioires réunies par une symphyse ; ni os 

Atropos (Wagler). 

Tropidolœmus (Wagler), gueule carénée, 

Lachésis (Daudin). 

Cenchris (Daudin). 

Caudisona (Fitzinger) , queue sonnante. 

TJropsophus (Wagler) , queue sonore. 

Crotalus (LinnsEus) , grelot. 

Echis (Merrem). 

Echidna (Wagler) , hérissé. 

Vipera (Wagler). 

Pelias (Merrem). 

Cérastes (Wagler). 

Dasypeltis (Wagler). 

Tropidonotus (Kuhl) , dos caréné. 

Spilotes (Wagler), espèce de Serpent. 

Calubes (Linnaeus). 

Herpetodrys (Boïé), Reptile des bois. 

Dipsas (Boïé). 

Pareas (Wagler). 

Drjophylax (Wagler) , gardien des arbres. 

Thamnodynasies (Wagler) , maître des buissons. 

Macrops (Wagler), gros yeux. 

Telescopus (Wagler) , qui voit loin. 

Dendrophis (Boïé) , Serpent d'arbre. 

Leptopliis (Boïé) , Serpent étroit. 

Oxybelis (Wagler) , portant uxie lance pointue. 

Dryophis fBoïé) , Serpent de bois. 

Tragops (Wagler) , œil de bouc. 

Gonyosaura (Wagler), Lézard rond. 

Chlorosoma (Wagler) , corps verdâtre. 

Philodryas (Waglei) , qui aime les bois. 

Oxyrliopus (Wagler) ,qui rampe avec vitesse. 

Lycodon (Boïé). 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 2^5 

temporal , ni os carré ( os tympani ) libre ; orifice du 
cloaque en travei^s. Il n'y a qu'une famille, celle des 
Antarcho glosses jce&i-di-àxre, à langue îancéoléej dé- 
primée , fourchue, libre, et ne rentrant pas dans un 



Rhynobothryum (Wagler), nez à fosseï tes. 

Ophites (Wagler). 

Erythrolamprus (Boïé) , rouge brillant. 

Clœlia (Fitzinger). 

Scytale (Wagler), fouet, Serpent venimeux. 

Liophis (Wagler), Serpent lisse. 

Zamenis (Wagler), fortement colère. 

Chrysopelea (Boïé) , noir-doré. 

Psammopliis (Boïé) , Serpent des sables. 

Cœlopeltis (Wagler), bouclier gravé. 

Periops (Wagler) , autour des yeux. 

Zacholus (Wagler) , colérique. 

Brachyorrhus (Kubl), courte-queue. 

Homalosoma (Wagler) , corps plane. 

Aspidura (Wagler) , queue à écussons. 

Cercaspis (Wagler) , figure de queue. 

Oligodon (Boïé) , petite dent. 

Caîamaria (Boïé), étui à plumes. 

Eryx (Daudin). 

Gongylophis (Wagler) , figure ronde. 

Aspidocloiiion (Wagler), épine du dos à boucliers. 

Elaps (Schneider). 

Ilysia (Hemprich). 

Uropehis (Wagler) , queue à bouclier. 

Catostoma (Wagler) , bouche en dessous. 

Elapoïdis (Boïé). 

Xejiopeltis (Reinwardt). 

Cylindrophts (Wagler) , Serpent rond. 

Typhlops (Schneider) , aveugle. 

Bhinophis (Hemprich), Serpent à nez. 

Typhlina (Wagler) , aveuglé. 



2g6 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

fourreau. Il n'y a que six genres inscrits dans cette 
famille (i). 

Dans le système de Wagler , le sixième ordre , celui 
des Cécilies ( CœciUœ), ne comprend que trois genres 
qu'il rapporte à une famille unique sous le nom d'Hé- 
dréoglosses, parce que la langue est adhérente à toute 
la longueur de la mâchoire inférieure ; cette famille 
a pour caractères : corps sans queue ^ nu; os carré 
( tympani ) soudé au crâne ; deux condyles occipi- 
taux ; orifice du cloaque arrondi , situé à l'extrémité 
du corps. Les genres sont les suivans (2) : 

Le septième ordre, celui des Grenouilles ( Rance) y 
est ainsi caractérisé : point de pénis, une métamor- 
phose ; il est divisé en deux familles , les genres qui 
n'ont pas de langue (aglossœ) , et ceux qui en ont 
une (phanej'oglossce); il y a vingt-huit genres inscrits 
dans cette dernière famille, et un seul dans la pre- 
mière (3); il les subdivise en ceux qui n'ont pas de 
queue, et en genres qui en ont une. 



(1 ) Acontias (Cuvier). 

Chirotes (Duméril) , qui a de bonnes mains. 

Chalcis (Daudin). 

Lepidosternon (Wagler). 

Amphisbœna (Linnseus). 

Blanus (Wagler). Bravos, Lippus , grosses paupières. 

(2) Siphonops (Wagler) , visage en tube. 
Ccecilia (Linnaeus). 

Epicrium (Wagler) , èniy.piov , antenne , palpe. 

(3) Asterodactyius (Wagler). Pipa (Spix), doigt étoile. 
Xenopus (Wagler), lûvoiy inusité , bizarre ; novs, patte. 
Microps (Wagler) , petits yeux. 

Calamités (Fitzinger). 
Hypsiboas (Wagler). 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 2g« 

Dans le huitième ordre, que Wagler a nommé 
IchthyodeSj à cause de la ressemblance que la plupart 
des espèces ont avec les Poissons voisins des Anguil- 
les, et qu'il caractérise par la présence d'une ouver- 
ture sur chaque côté du cou, et par l'existence con- 
stante des branchies; il n'y a qu'une seule famille , 
celle des Hédréoglosses , ou à langue adhérente à la 
mâchoire , mais elle est divisée en deux tribus ; dans 
l'une, il n'y a pas de branchies extérieures; le? deux 
premiers genres y sont rangés, et les quatre au- 
tres appartiennent à la seconde tribu", celle des bran- 
chiaux (i). 

Auletris (Wagler) , flùteuse. 
Hyas (Wagler) , qui annonce la pluie. 
Phyllomedusa (Wagler) , qui fait céder les feuilles. 
iS'c/wao: (Wagler) , agile sauteur. 
Dendrobates (Wagler) , qui grimpe aux arfcres. 
Phyllodjtes (Wagler) , qui se cache soué les feuilles. 
Eiiydrobius (Wagler) , qui vit dans l'eau. 
Oystignathus (Wagler) , vessie sous la mâchoire. 
Rana (Linnaeus). 
Pseudis (Wagler), trompeuse. 
Ceratophrys (Boié) , sourcil cornu. 
Megalophrys (Kuhl) , grand sourcil. 
Hemiphractus (Wagler) , à demi-cuirassé. 
Systoma (Wagler), petite bouche. 
Chaunus (Wagler), boursoufflé. 
Paludicola (Wagler), habitant des marais. 
Pelobates (Wagler) , qui habite les marais. 
Alytes (Wagler), celui qui lie (licteur). 
Bombinator (Merrem). 
Bufo (Linnœus). 

Brachycephalus (Fitzinger) , petite tète. 
Salamandra (Laurenti). 
Triton (Linnseus). 
{^) Salamandrops (SVàgleï), Cryptohranchus (Leuckart). 



298 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

MuLLER. Le dernier ouvrage systématique que nous 
ayons h. faire connaître a été publié en 1882, par le 
professeur John Muller de Bonn (i), sous le titre de 
Recherches sur l'Anatomie et l'Histoire naturelle des 
amphibies, en allemand. 

Quoique l'ouvrage soit rempli de détails très inté- 
ressans, d'abord sur l'histoire des animaux de cette 
classe , il n'y traite cependant réellement que des deux 
ordres des Batraciens et des Serpens. 

L'auteur divise les Amphibies en deux grands or- 
dres, les Ecailleux et les Nus, qu'il met en opposi- 
tion de la manière suivante, qui n'est, au reste, que 
la répétition des caractères par lesquels nous avions 
séparé , dans un mémoire particulier , les Batraciens 
de tous les autres Reptiles. Voici ces caractères mis 
en opposition : par Une comparaison suivie , dans la- 
quelle les amphibies à corps nu sont toujours placés 
au second terme. 

Condyle occipital simple. — Double. 

Côtes véritables. -— Nulles ou avortées. 

Oreillette du cœur double. — Simple (2)* 



Amphiuma (Garden). 
Siredon (Wagler). Axolotl (Humboldt). 
Hypochthoji (Merrem). Protœus (Laurenti). 
Nccturus (Rafinesque) , queue nageuse. 
Menohrajichus (Harlan). 
Siren (Linnœus). 

En fout la classe comprend deux cent quaf ante-huit genres dans ce 
système. 

(1) Zeitschrift fur Physiologie von Tiedemann Treviranus. Heidel- 
BERG , in-4''. Beilrage fur anatomie und naturgelschitê der Ampîii- 
bien , n° 1 9 , pag. 1 90. 

(2) Les observations de M. J. Davy, insérées en 1828 dans leNou- 



AUTEURS GÉNÉRAUX. ag^ 

Oreille interne à fenêtres ronde et ovale. — • Ovale 
seulement. 

A limaçon distinct. — Nul. 

Pénis des mâles , simple ou double. — Nul. 

Métamorphose nulle. — Le plus souvent distincte. 

Branchies nulles. — Distinctes ou à trous persistans 
ou non permanens. 

Peau écailleuse , écussonnée ou cuirassée. — Nue. 

Comme nous l'avons dit, l'auteur a principalement 
traité des Serpens et des Batraciens. 

Il a divisé les premiers d'après leur structure anato- 
mique; il a, en particulier, donné de bonnes figures 
des espèces qu'il place dans la division des Microsto- 
mes, ou à bouche non dilatable , qui correspondent à 
peu près à cette division que nous avions nommée les 
Homodermes. Il les divise en quatre familles , Sa- 
voir : 1° les Amphîsbœnoides qui n'ont pas de dents , 
et il y place les genres Ghirotes, Céphalopeltis , Lëpi* 
dosternon, Amphisbsena , Trogonophis et Blanus ; 
2° les Tjphlopins j qui n'ont de dents qu'au palais, 
tels sont les Typhlops 5 3° les Uropeltacés qui n'ont 
de dents qu'aux mâchoires et aux mandibules ; 4° les 
Tortricins qui ont toutes les sortes de dents , comme 
les Rouleaux et les Cylindrophis. 

De très bonnes figures d'anatomie ostéologiqne , et 
quelques unes au trait, font connaître les détails qui 
ont servi aux caractères de cette famille, ou de ce pre- 
mier sous-ordre. 



veau journal philosophique d'Edimbourg j page 1 60 , ont depuis fait 
connaître que l'oreillette du cœur , qui paraît simple, est par le fait 
séparée en deux par une cloison complète, comme l'ont confirmé de- 
puis MM. Martin Saint-Ange et Wébert. 



300 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Bans le second, sont réunis les Macrostomes qui 
correspondent aussi à nos Hétérodei'ines de la Zoolo- 
gie analytique. H y a sept familles rapportées à cet 
ordre, et leurs caractères sont tirés principalement 
de la forme et de la disposition des dents : i ° les Oligo- 
dontes n'ont pas de dents ; 2° les Holoàontes , comme 
les Pythons, ont les quatre sortes de dents maxillaires, 
inter-maxillaires , mandibulaires et palatines; 3° les 
Isodontes n'ont que trois sortes de dents, et les man- 
dibulaires sont simples, tels sont les genres Boa^Pseu- 
doboa, Erjx , Ej^éton, Ceibérus^ Hurriah , Dryinus, 
Couleuvres j 4° les Hétéro doutes^ semblables aux pré- 
cédens , ont les dents mandibulaires antérieures plus 
grandes que les moyennes ou les postérieures, et elles 
ne sont pas sillonnées. L'auteur y rapporte les genres 
Trepidonotus j Coronella, Xénodon ^ Dendrophis; 
5° dans la cinquième famille, qu'il nomme les Am- 
phiboles , les dents mandibulaires postérieures sont 
sillonnées : où doute qu'elles soient vénéneuses; 
l'auteur y réunit les genres Drjopliis , Dipsas, Ly- 
codon j Homalophis ; 6° dans la sixième famille, 
celle des Antioclialinaj les dents mandibulaires an- 
térieures sont perforées, sillonnées, venimeuses, et 
les postérieures, simples; là sont inscrits les genres 
Trimésérurej Bongare^ Naja, Plature , Hydrophîs, 
Pelamis, Chersjdre , Acanthopliis , Causus , Sept' 
don , Uracus , Alecto, Aspis ; 7° enfin, dans la sep- 
tième famille, les Serpens qui ont trois sortes de dents, 
et chez lesquels toutes les mandibulaires sont per- 
forées et vénéneuses , tels sont les genres Elaps, Scj- 
talcj Crotale , Vipère , Trigonocéphale , Cophias, 
PeliaSj Oplocéphale et Langaha. 

Nous ne faisons connaître ici le travail deMuUer, 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 3oi 

parmi les ouvrages généraux systématiques, que parce 
qu'il présente des vues nouvelles et des considéra- 
tions importantes, tirées de l'observation anatomique, 
et appuyées par de très bons dessins , qui offrent 
plus particulièrement des détails sur l'organisation , 
spécialement sur l'ostéologie de la tête des petites 
espèces de Serpens à mâchoires non dilatables, en 
particulier des Cécilies, des Ophisaures j Seps ,OivetSj 
Amphisbènes , Chirotes j Tjplilops , Acontias , Uro~ 
pelîisj etc. 

C'est par cet auteur que nous terminerons cette 
partie de l'histoire littéraire, parce qu'elle arrive, en 
effet , à l'époque où nous écrivons nous-méme. 

Nous avions eu d'abord l'intention de ne faire con- 
naître dans cette partie du travail livrée à l'impres- 
sion , que les ouvrages généraux publiés par les natu- 
ralistes classificateurs, systématiques ou méthodiques, 
dont nous aurions à citer le plus souvent les titres. 
Cet exposé suffisait jusqu'à un certain point, car il 
contenait en même temps l'histoire littéraire abrégée 
de cette branche de la science. C'est même la marche 
que nous suivons ordinairement dans nos cours , où 
nous exposons cette analyse à nos auditeurs, en met- 
tant sous leurs yeux les ouvrages même dont nous 
parlons , en nous réservant de faire voir les autres 
livres principaux quand nous avons quelque occasion 
importante de parler des faits qui y sont consignés. 

Cependant nous avons pensé depuis , que nous fe- 
rions mieux de présenter ici de suite l'énumération 
de tous les naturalistes qui ont traité des Reptiles en 
général, et non spécialement d'un ordre, d'une fa- 
mille , d'un genre ou d'une espèce en particulier. Ces 
derniers feront le sujet d'une courte Monographie 



3o2 HISTOIRK LITTÉRAIRE. 

bibliograpilique, qui sera toujours placée au com- 
mencement de l'histoire particulière de chacun des 
quatre ordres. 

On conçoit qu'il n'y aurait point eu d'utilité à 
suivre encoi'e la série chronologique des ouvrages 
d'après l'époque de leur publication. Nous avons 
adopté la marche qui est la plus simple et qui sera la 
plus commode pour faciliter les indications et les re- 
cherches ; nous avons rangé les noms des auteurs 
dans l'ordre alphabétique. Il est à craindre que nous 
n'en ayons oublié plusieurs ; mais nous réparerons 
cette omission, en prenant note de ceux qui man- 
queront, quand nous aurons occasion de les citer. 
A la fin de cette histoire des Reptiles, nous donne- 
rons une liste supplémentaire , afin de relater les 
noms et les titres des ouvrages de tous les auteurs 
qui seront parvenus h notre connaissance. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 3oâ 

LISTE 

DES AUTEURS GÉNÉRAUX 

PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE. 



ADANSON (michel), né le 7 avril 1727, à Aix 
en Provence, d'une famille écossaise, mort h Paris , 
en 4806, membre de l'Académie des sciences. 

Histoire générale du Sénégal. Paris, 1757, in-4. 

ALBERT-LE-GR AND , né en Souabe en 1205, mort 
à Cologne en 1282. 

Opus de Animalibus. Rome, 4478, in-fol. -— Man- 
toue, 1749, in-12. 

C'est un recueil d'observations prises pour la plu- 
part dans les anciens , mais dont plusieurs , qui con- 
cernent les animaux du nord , sont propres à cet 
auteur. On a pensé qu'en écrivant ce commentaire 
sur l'Histoire des animaux d'Aristote, Albert avait 
eu entre les mains les traductions de quelques uns 
des livres du philosophe grec qui se sont perdus de- 
j)uis (ï). 

ALPINO (prosper), médecin, né à Marostica, dans 
(J) Mém. de la Soe* des Se. de Gottiogue, tome xii , page 94. 



3o4 HISTOIRE LlTTÉRÀIRt. 

ia Lombardie vénitienne, en 15âSj mort a Padoue, 
en 1617. 

Hislorice JEgypti naturalis pars prima qua conti- 
nentur rerum ^ gyptiâcarum lihri quatuor. Leyde, 
1735, in-4, â vol. 

Cet ouvrage ne fut imprimé qu'après la mort de 
l'auteur, par les soins du seul de ses quatre fils qui 
embrassa sa profession. La seconde partie est consa- 
crée à l'Histoire des plantes. 

ARNAULD DE NOBLEVILLE (louis-daniel) , 
médecin, né à Orléans en 1710, mort dans la même 
ville en 1778. 

Histoire naturelle des animaux, pour seruir de 
continuation à la matière médicale de Geoffroy > 
Paris, 1756,6 vol. in-12. i^Des Amphibies ^ tome 2, 
page 11.) 

ASTRUC (jean), médecin y né en 1684, à Sauve, 
gros bourg du Bas-Languedoc, mort à Paris en 1766. 

Mémoires pour sentir à l'Histoire naturelle du 
Languedoc. Paris, 1740, in-4, 

ATHENEE, célèbre grammairien de la ville de 
Naucratis , en Egypte , vivait à Rome sous le règne 
d'Antonin. 

AstTTvoffoyta-Tat^ sis^e Deipnosophistarum lihri XF^. 
Venise, 1514, in-fol. ; — Bâle, 1555, in-fol. j — 
Heidelbergj 1597, in-fol. ; — Lyon, 1612, in-fol. ; — 
Strasbourg, 1801 à 1807,4vol. in-8. 

Il y a encore d'autres éditions, mais celle que nous 
venons de citer en dernier lieu est la meilleure de tou- 
tes ; elle contient une traduction latine de Schweigb- 
œuser , avec des remarques de Casaubon. Cet ouvrage 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 3o5 

est principalement remarquable par les citations qu'on 
y trouve, à l'occasion de quelques uns des animaux 
dont nous nous occupons; elles sont prises dans les 
auteurs dont les ouvrages sont maintenant tout-k-fait 
perdus pour la science. 

AUDOUIN (vicTOu), professeur au Muséum d'his- 
toire naturelle, né à Paris , le 27 avril 1797. 

Explication sommaire des planches de Reptiles 
(supplément) publiées par J. César Savigny dans le 
grand ouvrage sur l'Egypte. Paris, édition in-fol., 
tome 1 , édition in-8, tome 24. 



BÂ.LK ( LAURENT ), élève de Linnseus. 

Muséum yidolpho-Fridericîanum j dissert. prœs. 
C. Linnœo. Holmiœ, 1746, in-4. — Amoenit. Acad., 
tome \ des trois éditions. 

BELON (pierre), médecin du Mans, né en 1517, 
mort en 1564, professeur au Collège de France. 

Portraits d' Oiseaux , animaux , Serpens j lierhes et 
arbres, hommes et femmes d'Arabie et d'Egjpte. 
Paris , 1 557 , in-4. 

Ce sont des figures gravées sur bois, avec une expli- 
cation en rimes françaises, et des quatrains sous 
chacune. 

BESCHTEIN (jean-matthieu). 

Getreue Abbildung natur - historischer Gegen^ 
stande. Leipzig, 1795-1810, 8 vol. 

Lacepede's Natur geschichte der Amphibieji aus 
dem, Franzosischer ûbersetz. Weimar, 1800-1802, 5 
vol. in-8 

REPTILES, I. 20 



3o6 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

BESLER ( BASILE), pliarmacien de Nuremberg, né 
en 1561 , mort en 1629. 

Fasciculus rariorum et adspectu dîgniorum <varii 
generis historiœ naturaîis , cura jiguris œneis. Nu- 
remberg, 1622, in-4. 

BISCHOPFF (lud.-wilh). 

Conimentatio de nervi accessoriTFillisii anatomica 
et physiologie a. Darmstadii, 1852, in-4 (Pieptiles, 
page 48 , planche 4). 

BLUMENBACH (jeaw-frédéric), professeur de 
médecine et d'histoire naturelle à Gœttingue, né à 
Gotha, en 1752. 

Bejtraege zur JYaturgeschichte. ÏjSl dernière édition 
est de 1811. Gœttingue, 2 vol. in-8. 

Il y a une traduction française de cet ouvrage par 
Soulange Artaud, elle a pour titre : Manuel d'his- 
toire naturelle. Metz , an Xï (1805), 2 vol. in-4. 

BOCHART( SAMUEL). 

Hierozoicon , seu de animalibus sacrœ scripturœ. 
London , 1655 , 2 vol. in-fol ; — Lipsiœ , 1794. 

Dans le quatrième livre de la première partie se 
trouve l'histoire des Quadrupèdes Ovipares ; dans le 
sixième , celle des Serpens. 

BODDAERT (pierre), médecin et officier muni- 
cipal de Flessingue en Zélaiide. 

Ahhandlungen ijon Amphibien. (Schr. der Berlin 
Ges. natur. Fr. 2"' band, page 569-587). 

BOIE , naturaliste -voyageur du Musée de Leyde, 
mort à Java, en 1827. 

Corrections au Mémoire de Kaup ^ intitulé : Re- 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 807 

lîiarques sur l'Erpétologie de Merrem (Isis, 1825, 
page 1089). 

On a donné l'analyse de ce mémoire dans le Bulletin 
universel des Sciences, tome 7, page 545. 

Remarques sur l^ essai d'un système des Reptiles de 
3Ierrem (Isis, 1827, page 508). On en trouve égale- 
ment l'analyse dans le Bulletin universel, tome 15, 
page 557. 

Caractères de quelques espèces de Reptiles du Ja- 
pon (Isis, tome 19, page 205). Bulletin universel des 
Sciences, tome 10, page 160. 

Lettre à J . fVagler sur quelques Reptiles de Jaua 
(Isis, tome 20, page 724). BuUet. univ. des Sciences , 
tome 16, page 127). 

Erpétologie de Java. 

Cet ouvrage, dont des circonstances particulières 
ont jusqu'à pi^ésent retardé l'impression, n'est connu 
que par l'analyse qu'en a donnée M. Sclilegeî, de Leyde, 
dans le Bulletin universel , tome 9 , page 255. 

Bien qu'en grande partie rédigé d'après les notes 
laissées par Kulil et Van Hasselt, tous deux aussi 
morts à Java , victimes de leur zèle pour la science , ce 
travail renferme cependant des observations fort inté- 
ressantes, qui sont propres à Boïé. 

BONAPARTE (charles-luciew), prince de mu- 

SI&NANO, FILS DU PRINCE DE CANINO. 

Saggio di una distrihuzione metodica degli ani- 
mali vertebrati. Roma , 1851-1852 , in-8. 

BONNATERRE (l'abbé), professeur d'histoire na- 
turelle à TuUe^ mort à Saint-Geniez , à l'âge de cin- 
quante-deux ans, est l'auteur du texte qui accom- 
pagne les planches des Reptiles dans l'Encyclopédie , 
sous le titre de : 20. 



3o8 HISTOIRE LITTIÈRÀIRE. 

Tableau encyclopédique et méthodique dei tî'ois 
règnes de la nature (Erpétologie et Ophiologie). Pa- 
ris, 1789-1790, in-4". 

Les figures, qui, pour la plupart, ont été copiées de 
l'ouvrage de Séba , sont peut-être les plus mauvaises 
de tout le recueil; néanmoinson les cite assez souvent, 
mais on ne fait aucun cas de la partie littéraire , qui 
n'est qu'une mauvaise compilation. 

BONTIUS (j ACQUEs), médecin hollandais qui habita 
l'île de Java pendant un grand nombre d'années , au 
commencement du dix-septième siècle. 

Historiée naturalis et medicœ Indice orientalis , 
lihri VI y imprimé à la suite de l'ouvrage de Pison : 
De Indice utriusque re naturali et medica. 

BORLASE (Guillaume) , ecclésiastique anglais ,- né 
dans le pays de Cornouailles, en 1698, mort en 1772. 
Natural historj ofComwall. Oxford, 1758, in-fol. 

BOPvY DE SAINT-VIT^ CENT (le colonel) , mem- 
bre correspondant de l'Académie des Sciences, pré- 
sident de la Commission d'histoire naturelle en Morée, 
né à Agen en 1772. 11 a publié plusieurs observa- 
tions intéressantes relatives aux Reptiles dans une 
relation intitulée : 

Voyage dans les quatre principales îles des mers 
d'Afrique, de\^Q\ à 1802. Paris, 1804, 5vol. in-8° avec 
atlas. ^ 

La plupart des articles d'erpétologie du Diction- 
naire classique dliistoire naturelle, dont il était le 
principal directeur. Paris, 1824-1850, 17 vol.in-S", fig. 
gravées. 

Résumé d'erpétologie ou Histoire naturelle des 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 3oQ 

i?e;7ifi7e^ (Encyclopédie portative). Paris, 1828, în-12, 
fig. lithog. 

BOSC ( LOUIS- AUGUSTIN-GUILLAUME ) , membre de 
l'Académie des Sciences, professeur au Muséum d'his- 
toire naturelle, né à Paris le 29 janvier 4759, mort au 
Jardin des Plantes en novembre 1828 , a rédif^é les ar- 
ticles d'ei'pétologîe du Nouueau Dictionnaire d'his- 
toire naturelle (Déterville). Paris, 1816-'l819, 56 vol. 
n-8, fig. gravées. 

BOSMANN (GUILLAUME) , négociant hollandais au 
dix-septième siècle. 

Voyage en Guinée. Utrecht, 1705, 1 vol. in-8. 

BRESCHET (gilbert), chef des travaux anatomi- 
ques delà Faculté de Médecine de Paris. 

Ëtudes anatomiques et physiologiques sur V organe 
de Vouie et sur t audition dans Vhomme et les ani- 
maux vertébrés. Paris, 1855, 1 vol. in-4 avec 6 pi. 
gravées. 

BROWNE(pATRicE),médecin et botaniste Irlandais, 
naquit , vers l'année 1720 , dans le comté de Mayo , oii 
il mourut en 1790, après avoir fait six fois le voyage des 
Antilles. 

The civil and naturalhistorj ofJamaica. London, 
1756, in-fol. — Ibid., 1789 , in-fol. 

On trouve dans cet ouvrage la description de plu- 
sieurs Reptiles, et, en particulier, celle de la Chélyde 
Mataraata. 

BROWN (pierre), peintre anglais. 

New illustrations of zoology, London, 1776, in-4, 



3 10 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

avec 50 planclies enluminées d'animaux de diverses 
classes , toutes assez médiocres. 

BROWN, voyageur anglais. 

Trcwels in Africa ^ jEgypt and Sjria, London , 
1792-1798, ïn-4. 

BRUCE (jAMEs) , célèbre voyageur écossais , né en 
1750, à Kinnaird, mort en 1794. 

Voyage aux sources du Nilj en Nubie et en Ahys- 
sijiie j de 1768 à 1772 , traduit de l'anglais. Paris, 1790, 
5 vol. in-4 avec atlas. 

BRUNELLI (GABpaEL). 

De Reptilium organo auditus (Comment, institut. 
Bonon., tome 7, page 501). 

BRUNNICH (martinus-thrane). 

Spolia e mari Adriatico reportata (imprimé avec 
son Ichtliyologie de Marseille), Hafniœ et Lipsise, 1768, 
in-8. 

BURGUNDUS ou BOURGOINGNE (vincent). 
Spéculum quadruplex naturale , doctrinale , mo- 
rale^ historiale , etc. Douai , 1624, 4 vol. in>-fol. 
Dans le livre XX'', l'auteur traiie des Reptiles. 

BUSTAMENTINI ou BUSTAMENTE DE LA 
CAMARA (jean) , né à Alcala de Henarez, docteur 
en médecine et professeur de l'Université de cette 
ville. 

De Reptilibus vere animantibus sacrœ scripturœ j 
opus exiniiœ eruditionis et utilitatis , cum theologis ^ 
tam scholasticis , quam concionatoribus sacris , scrip- 
turœque interpretibus, tum medicis, philosophis^ etc., 
maxime necessarium. Alcala de Henarez, 1595, in-4, 
-—Lyon , 1620, in-8. 



AUTEïTEiS GÉNÉRAUX. 



Bocliart a beaucoup profité de cet ouvrage dans son 
Hierozoicon. 



CA.TESBY (marc), né en 1680, mort en 1749 ; voya- 
geur dans l'Amérique septentrionale. 

The natural history of CaroUna , Floriàa , and the 
Bahaina Islands. London, 1751 and 1754 , 2 vol. in-foL 
avec 120 pi. grav. color. Il en a été publié à Nuremberg 
une édition latine et allemande qui a pour litre : 

Piscium et Serpentum imagines quas Marcus Ca- 
teshy tradidit. 1750-1777, 2 vol. in-fol., 109 pi. grav. 

CAlVOLINI (Philippe), médecin et naturaliste a 
Naples. 

Fragment inédit sur la génération des amphibies 
(Atti délia Academia délie Scienze di JNapoli). 

CETTI (frawcesco) , Amphibi e pesci di Sardegna. 
Sassari, 1777, in-12, fig. grav. 

GLOQUET (hippolyte) , médecin à Paris, a rédigé 
d'après les notes des cours du professeur Duméril, les 
articles d'erpétologie du Dictionnaire des sciences 
naturelles (Levrault). Paris, 1816-1829, 60 vol. in-8, 
fig. grav. 

COLUMNA (fabio), d'une des plus illustres familles 
d'Italie,naquitaNaplesen1567,etmourutdanslamèine 
ville en 1650. Médecin et célèbre botaniste, il n'est 
connu comme zoologue que par la publication de deux 
livres, dont l'un est complètement étranger à l'erpé- 



3l2 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

tologie ; le second , au contraire , renferme plusieurs 
observations qui ont trait à cette science. On le trouve 
à la suite de X Ecphrasis ; il a pour litre : 

Aquatiliuni et terrestrium aliquot anitnalium alia- 
riimque naturalium rerum obseruationes .Yvome, 1606, 
in-4. — Ibid., 1616, in-4. 

COMMERSON ( Philibert) , savant naturaliste- 
voyageur, né à Dombes ( Ain) en 1727, mort à l'Ile-de- 
France en 1775, a laissé des manuscrits et des dessins 
qui n'ont point été publiés ; les uns et les autres sont 
déposés à la bibliothèque du Muséum d'histoire na- 
turelle , où l'on peut les consulter. 

COMTE ( ACHILLE ) , docteur en médecine de la Fa- 
culté de Paris, professeur d'histoire naturelle au Col- 
lège de Charlemagne. 

Le Règne animal de Cuiller ^ disposé en tableaux. 

Paris, in-fol. (Rept. ) 

COOK ( JACQUES), né en 1728, tué aux îles San- 
dwich, en 1779. Nous citerons quelquefois les rela- 
tions des trois grands voyages de ce célèbre naviga- 
teur , à propos d'observations faites sur divers 
Reptiles, parles naturalistes qui l'ont accompagné , 
notamment par Banks et Solander. 

CUPANI (francesco), Sicilien, naquit en 1657, 
étudia la médecine , l'abandonna pour la théologie , 
et se fit , en 1681 , moine de l'ordre de saint François. 

Botaniste plutôt que zoologiste^ il décrivit cepen- 
dant plusieurs animaux de son pays, parmi lesquels 
se trouvent deux ou trois Reptiles. 

Historia nafnralisplantarum Siciliœ, seu pamphj" 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 3l3 

tum siculunij etc. (ouvrage non terminé). Naples, 
171^, in-fol. 



DAUBENTON ( louis-jean-marie ), né à Mont- 
barcl en 4 716, mort, à Paris en 1800, professeur au 
Muséum d'histoire naturelle et au Collège de France , 
membre de l'Institut, collaborateur de Buffon. 

Les Quadrupèdes Ouipares et les Serpens, Diction- 
naire des animaux vertébrés. (Tome 2, part, de l'En^ 
cyclop. métbod. ). 

DAUDIN (f.-m.), outre son Histoire naturelle des 
Reptiles , dont on a précédemment donné l'analyse , 
a publié plusieurs articles d'erpétologie dans les pre- 
miers volumes du Dictionnaire des sciences naturelles 
de Levrault. 

DESBOYS ( DE LACHESWAYE ) , Dlctionnaive des 
animaux. Paris, 1770, 4 vol. in-4. 

DESMOULINS ( antoine ) , médecin , né à Rouen , 
mort dans la même ville , en 1828. 

Anatomie des systèmes nerueux des animaux ver- 
tébrés. Paris , 1825 , in-4, pi. litbog. 

DESMOULINS (charles). 

Erpétologie des en<^irons de Bordeaux. ( Bulle- 
tin de la société Linnéenne de Bordeaux , tome 1 , 
page 60 ). 

DUTERTRE (jean-baptiste), moine dominicain , 
missionnaire aux Antilles , né en 1610. 

Histoire générale des Antilles habitées par les 
Français. Paris, 1656-1671, 4 vol. in-.4 



3l4 HISTOIRE lilTTÉRAlRE. 

Dans le deuxième volume, qui contient l'Histoire 
naturelle , on trouve quelques bonnes observations 
sur les Reptiles. 



EDWARDS (Frédéric), né à la Jamaïque en 1777. 
De V Influence des agens physiques su/' les animaux 
'vertébrés. Paris, 1819, in-8. 

EDWARDS ( Georges) , naturaliste anglais , mem- 
bre et bibliothécaire de la Société royale de Londres , 
né en 1694, mort en 1775. 

Histoire naturelle des Oiseaux rares (en anglais et 
en français). Londres, 1751, 4 vol. in-4 , pi. grav. , 
color. 

Cet ouvrage , malgré son titre , renferme plusieurs 
figures de Reptiles. 

Glanures d'histoire naturelle (en anglais et en 
français). Londres, 1758, 5 vol, in-4, pi. grav., color. 

EKSTAND (CAROLUS-HENRICUS ). 

Fauna Brasiliensis . Dissertât, prœsid. Thunberg. 
Upsaîise, 1825, i vol. in-4. 

EHREMRERG (johannes). 

Historia Naturœ, Antuerpise, 1655, in-fol. 

ESCHCHOLTZ (friedericus). 
Zoologischer atlas , 5 caliiers, fig. litliog., colôr. 
Berlin, 1852, in-foL 



FABER ( JEAN ) , médecin de Bambert qui vivait 
au dix-septième siècle. 



AUtEUHS GÉNÉKAtJX. 3l5 

De Aninialibus indicis apiid Mexicum. Rome , 
1628, in-fol. 

FABRICIUS (philippe-cowhad), médecin. 

De animalibus quadrupedibus ^ avihus , anvphibiis ^ 
piscibus et insectis TVeterauiœ indigents. Helra.stadii , 
1749, in-8. 

FERMIN ( Philippe), médecin, né à Maestriclit, 
devint membre du conseil municipal de cette ville à 
son retour de Surinam , où il avait séjourné dix an- 
nées. 

Histoire naturelle de la Hollande équinoxiale. 
Amsterdam, 1765, in-8. 

Description de la Colonie de Surinain. Amster- 
dam, 1769, 2 vol. in-8. 

FEUILLÉE ( LOUIS ) , minime , compagnon et pla- 
giaire de Plumier , né en 1 660 , mort en 1 752. 

Journal d'obseruations faites sur les côtes orien- 
tales det Amérique. Paris, 1714, 2 vol. in-4. 

Suite au Journal d' observations , etc. Paris, 1725, 
in-4. 

Cette relation renferme plusieurs observations re- 
latives aux Reptiles, et notamment la description de 
l'Uroplate. 

FLEMING (j.) 

An History of British animais exhibiting , their 
descriptive characters. Edimbourg. 1828, in-8. 

FORSK AEL (pierre), savant naturaliste et célèbre 

voyageur suédois, né en 1754, mort en Orient en 1765. 

Descriptiones animalium^ avium , amphibiorum , 



3l6 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

pisciuntj însectoruni y vermiuirij quœ initinere occi^ 
dentali obseruamt. Copenhague, 1775, in-4. 

Les noms des Reptiles , comme ceux des autres ani- 
maux que l'auteur a décrits dans cet ouvrage, sont en 
latin, en grec et en arabe. 

Icônes rerum nataralium quas in itinere orientait 
depingi curauit. Copenhague, 1776, in-4. 

Cet ouvrage n'est composé que de deux feuilles de 
texte, avec quarante-trois planches, dont vingt re- 
présentent des plantes , et vingt-trois des animaux , 
parmi lesquels se trouvent plusieurs Reptiles. 

FORSTER ( jean-keinhold), d'origine écossaise, 
naquit à Dirchau, petite ville de la Prusse orientale, 
le 28 octobre 1729 , accompagna Cook dans son 
deuxième voyage, comme naturaliste, fut ensuite 
professeur à Halle , oii il mourut en -1798. 

Zoologice indicce rarioris spicilegium. Londres, 
1790, in-4. 

Catalogue of the animais of north America with 
short directions for collecting^preseruing, and trans- 
porting ail kinds of natural curiosities, Londres, 
1771, in-8. 

Faunula Sinensis, or an Essay towars a Catalogue 
oftlie animais of China , imprimé dans le deuxième 
volume du voyage d'Osbeck a la Chine. 

FRANZIUS (wolfang). 

Historia animalium sacra. Wittember^i 1615, in-8. 

FRICKER(awt.). 

De Oculo Reptilium. Tubingae, 1827, in-4. 



ÀtrTEtJRS GÉKÉRAtX- . 3l7 



GAIMARD ( JOSEPH-PAUL ), cliirurgien major de la 
Marine royale , est le collaborateur de M. Quoy pour 
la partie zoologique du voyage de l'Uranie. ( Voy. 
Quoy ). 

GEISSLER(elias). 

Dlssertatio de Ampliihiis. Lipsiœ, 1676, in-4, 2 pi. 

GEOFFROY (étienne-louis), médecin et natura- 
liste, né à Paris, en 1725, mort en 1810. 

Dissertation sur l'organe de l'ouïe de l'homme j 
des Reptiles et des Poissons. Amsterdam et Paris , 
1778, in-8. 

GEOFFROY- SAINT -HIL AIRE (étiejvne), né à 
Etampes, en 1772, professeur au Muséam d'histoire 
naturelle, membre de l'Académie des Sciences. 

Ohsen^ations sur la concordance des parties de 
l'hyoïde dans les quatre classes des animaux 'verté- 
brés , accompagnant , à titre de commentaire , le 
tableau synoptique , oit cette concordance est expri- 
m.éejigurativement. (Nouvelles Annales du Muséum, 
tome 1 , page 521 ). 

Philosophie anatomique : Des organes respira- 
toires sous le rapport de l'identité et de la détermi- 
nation de leurs pièces osseuses. Paris, 1818, in-8; 10 
pi. in-4. 

GEOFFROY-SAINTHILAIRE (ISIDORE), fils du 
précédent, né à Paris en 1805, membre de l'Académie 
des Sciences , aide naturaliste au Muséum d'histoire 
naturelle, a donné la description des Reptiles Jigurés 



3l8 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

dans le grand ouurage surrÉgj-pte^moins le Trîonyx 
et le Crocodile, dont l'histoire est due à M. Geoffroy 
père. 

Description de t Egypte : Histoire naturelle, tome 
1 , page l^'l. 

Il a aussi rédigé un grand nombre d'articles d'erpé- 
tologie dans les derniers volumes du Dictionnaire 
classique d'histoire naturelle. 

GMELIN ( SAMUEL-THÉOPHILE ), médccin et voya- 
geur, né à Tubinge le 25 juin 4745, mort en prison à 
Achmetkent, dans le Caucase, en 1774. 

Reise durcît Russland , zu Untersuchung der 
drej Naturreiche. Saint-Pétersbourg, 1771-1784, 4 vol. 
in-4. 

Le troisième volume de cet ouvrage contient l'His- 
toire naturelle de la Russie. 

GMELIN (jEAw-FRÉDÉRic), né à Tubinge en 1748, 
professeur de chimie à Goettingue , mort en 1804. 

Nous le citons ici comme auteur de la treizième 
et dernière édition du Sjstema naturœ de Linnseus. 

GOEZE ( JEA-K-AUGusTE-ÉPHRAïM ) , médccin et na- 
turaliste allemand fort célèbre, né en 1751 , mort en 
1795. 

Europaeische Fauna y oder Naturgeschichte der eu- 
ropaeischen Thiere,inangenehmen Geschichten, etc. 
Leipzig, 1791-1805, 9 vol. in-4. 

GîlAVENHORST(jEAN-Louis-cH ARLES); de la so- 
ciété de physique de Goettingue, etc. 

Deliciœ inusei zoologici Vratilaviensis. Lipsise, 
1829, in-fol. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. SlQ 

GRAY (edwakd-witaker). 

Obsejvations on the class of animais called , hy 
Linnœus , Ampliibia. (Philosophical transactions, 
tome 79, pages 21 -56, et Journal de pliysique, tome 57, 
pages 521-551. 

GRAY ( JOHN-EDWARD ), auteur du Synopsis Repù^ 
lium, ouvrage dont on a présenté l'analyse dans la 
prem.ière partie de ce livre. 

Illustrations of Indian T^oology. London , 1850, 
caliiers in-fol. 

GREEN (jacob), naturaliste américain. 

Description of several species ofnorth American 
Amphihia, accom,panied with observations. (Journal 
of the Academy of natural sciences of Philadelpliy , 
tome 1 , page 548). 

GREW (wEHEMiAs), célèbre botaniste, secrétaire 
de la Société royale de Londres , né en '1628 , mort en 
-1771. 

Muséum regalis societatis. London , 1681 , in-fol. 

GRONOVIUS ( LAURENT-THÉODORE ), officier muni- 
cipal de Leyde , né en 1750, mort en 1777. 

Amphibiorum animalium historia zoologica exhi- 
bens amphibiorum, j quœ in museo ej'us assert^antur 
descriptiojies. 

Cet ouvrage fait partie du second volume du Mu- 
séum ichthyologicum du même auteur , publié à 
Leyde , 1756 , in-fol. 

Zoophylacium Gronoi^ianum exhibens animalia _, 
Quadrupeda amphibia, etc. Leyde, 1765-1781 , Fasci- 
culi très. 



320 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

GUERIN ( FRANÇOIS-EDOUARD ) 5 peintre et natura- 
liste , membre de plusieurs sociétés savanles. 

Iconographie du règne animal de Cuuier. Paris y 
1850 et suiv. 

Dans les trente planclies de ce Recueil qui sont con- 
sacrées aux Reptiles, se trouvent représentés tous les 
genres établis ou adoptés par Cuvier , dans le Règne 
animal. 

H 

HAST (barth.-rudolph. ). 

udmphihia Gyllenhorgiana. Dissertât, prœsid. 
C. Lijinœo. Upsaliae, 1745, in-4. ( Amœnitates Aca- 
demicaede Linnseus, tome 1, n" 5, page 520-556). 

HAMMER (cnrasTOPHE). 

Fauna Noruegica. Kiobenliavn, 1775, in-8. 

HARRIS(th.)- 

The natural history ofthe Bible. Boston, 1820. in-8; 
London, 1824, in-8. 

Pour ce qui concerne les Reptiles, l'auteur a tout 
emprunté de Bocliart et de Sclieuclizer. 

HASSELQUIST ( Frédéric ) , naturaliste suédois , 
un des premiers élèves de Linnœus , né en 1722, à 
Toernvalle en Ostrogotbie, mort à Sm^rne, en 1752. 

Iter Palestinum , eller resa til heliga landet fœr- 
raettad ifran 1749, til 1752 med heskrifwingar , roen 
annierhningar cefwer de Muerkwaerdigaste natii- 
ralir. Slockbolm, 1757, in-8 ; traduit en français, Paris, 
1769,in-12. 

Cette relation , dans laquelle on trouve la descrip- 



AÙ'TÉUÏIS GÉNÉRAtJX. Sa I 

tion d'un grand nombre d'animaux de toutes les 
classes, a été rédigée et publiée par Linnseus, d'après 
le Journal et les notes manuscrites de Hasselquist. 

HASSELT (j.-c. van), jeune médecin et natura- 
liste hollandais , mort à Java , en 1822, quelques mois 
après KuHL , dont il était le collaborateur et l'ami. 
{Foy.KvBh). 

HERMANN ( jean), savant naturaliste, professeur 
à Strasbourg , né à Bar en 1758, mort en 1800. 

Tahulœ affinitatum, animalium. Strasbourg, 1785, 
in-4. 

— Eodem Prœsidej dissertatio : Amphibiorum 
virtutis medicatce defensio înclioata^ respond. J. God. 
ScHNEiTER. Argentoraù, 1787, in-4. 

Idem, Amphibiorum 'virtutis medicatce defensio 
eontinuata 3 Scinci m,axime historiam expendens ; 
respond. Frid. Schweighoeuser. Ibid, 1749, in-4. 

Obsejvationes zoologicœ posthumœ. Strasbourg et 
Paris, 1804, in-4. 

HERNANDEZ ( François), médecin en chef du 
Mexique sous Philippe IL 

JYowa plantarum,, animalium et mineraliuni Mexl- 
<canorum historia, à F. Hernandez in Indid primiim 
collecta y dein à Nardo Antonio Reccho in volumine 
digesta: à Jo. Terentio et Fabio Columna. Lynceis ^ 
notis et additionibus illustrata , cui accessere aliquot 
ex principis Cœsii frontispiciis tlieatri naturalis phj- 
losophicœ tabulée , unâ cum plurimis iconibus. 
Rome, 1648-1651 , 2 vol. in-fol. 

Cet ouvrage est un mélange singulier de fragmens 

REPTILES, I, 21 



Saa HISTOIRE LITTÉRAIRE, 

de l'auteur, de figures faites par d'autres, et de com- 
mentaires des éditeurs, qu'il faut lire avec soin (i). 
On y trouve la description de plusieurs Reptiles d'A- 
mérique , et notamment celle du Tapayaxin ou 
Agame cornu. 

HE WSON ( GUILLAUME ), habile anatomiste anglais, 
né en -1759 , mort en 1774. 

Oiiaccount ofthe Ijmphatic sjstem in Amphihious 
q,iiiinq.ls and inFishes (Philosopli. Transact., tome 1, 
page 198). Journal de Physique, introduction, tome 1, 
page 550 et 401. 

HUMBOLDT (Alexandre de), né à Berlin en 1769, 
membre de l'Académie de cette ville, associé étranger 
de l'Institut de France, etc. 

Recueil à' observations de zoologie et d'anatomie 
comparée. Paris, 1811-1821 , 2 vol. in-4, fig. grav. 

HOST (NICOLAS). 

Aniphibiologica. (Jacquini collectanea, tome 4, 
page 549.) 

HUSGHKE(G.). 

Sur les glandes parotides de quelques Amphibies^ 
en allemand (Zeitschrift fur Physiologie). Tiedemann 
et Treviranus, tome 4, page 115, pi. 6, fig. 7 et 8. 



JACOBSON (louis). 

Recherches anatomiques et physiologiques sur un 

(1 ) CcYiEB j Règïie gfiin^j tome in. 



Auteurs généraux. SaS 

système veineux particulier aux Reptiles. ( Nouv. 
Bullet. des Scienc. , par la Société pliilomatique de 
Paris, avril 'îSSS). 

JOSSELYN(john). 

New England's j^ar ities. luonàon , 1673, in-8, fig. 
Il y a un extrait de cet ouvrage dans le tome 8 , 
n" 82, des Transactions pliilosopliiques. 



K. 



KAUP, naturaliste allemand. 

Remarques sur T Erpétologie de Merrem , V ou- 
vrage de Spix j et celui du prince Maximilien de 
Neuwied. (Isis , 1825, page 589.) 

On trouve l'analyse de ce mémoire dans le Bullet. 
univ. des Sciences , 1826 , tome 7, page 440. 

Monographies zoologiques (Isis, 1827, page 610). 
Bullet. univ., tome 15, n''62. 

KJELLER (ANDREAS). 

Fauna Cayennensis : Dissert, pcersid. Thunberg. 
Upsalise, 1825, in-4. 

KNORR ( GEORGE-woLGANG ) , gravcur de Nurem- 
berg, né en 1705, mort en 1761 , a publié un ouvrage, 
dont il y a des éditions en plusieurs langues, intitulé, 
en allemand, J^ergnûgungenj, etc.; en latin, Deli- 
cice nat.y etc.; et en français, Amusemens des yeux et 
de l'esprit y etc.; en 6 vol. in-4. Nuremberg, 1760-1775. 

KUHL (henri), jeune naturaliste, né à Hanau en 
^797, mort en 1821 à Batavia, où, conjointement avec 

21. 



$24 flîStrOlRE LITTIÈRAIHE. 

Yan-Hasselt , îl faisait des recîierclies zoologîques 
principalement pour le Musée de Leyde. 

Beitrœge zur Zoologie und vergleichenden Ana" 
totnie. Frankfurtam Mein, 1820, 4 vol. in-4. 

KUeL ET VAN HASSELT. 
Lettres sur les Pœptiles de Java (Ballet, univ. des 
Sciences, -1824 5 tome 2 , pages 79 , 570, 571, 574). 



LABAT(j.-B. LE pfeRE), religieux dominicain. 

Nouveauvoyage aux Antilles, contenant l'histoire 
naturelle , e«c. Paris, 1722, 6 vol. in-12, et 1742, 8voL 
in-12. — La Haye, 1724, 2 vol. in-4, fig. 

LEGUAT (fp.awçois), protestant bourguignon, ré- 
fugié en Hollande. 

F'oyage et Aventures de F. Léguât et de ses com- 
pagnons en deux îles désertes des Indes orientales , 
avec la relation des choses les plus remarquables 
qu'ils ont observées dans l'île Maurice _, à Batavia ^ 
au cap de Bonne-Espérance , etc. Londres, 1708 , in-8, 
2 vol. 

LEPÉCHIN (iwan) , docteur en médecine adjoint à 
l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg. 

Descriptiones quoi^mdam animalium (Nov. Com- 
ment,, Acad . Petropol . , tome 1 4, part. I, pages 498-51 1 ) . 

Tagebuch der Reise durch verschiedene Provinzen 
des Mussischen Reiches in den Jahren 1768 und 1769, 
traduit du russe en allemand, par Ch.-H. Hase. 
Altenburg, 1774, 2 vol. in-4, fig. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. SaB 

LESSON (rené-primevère), professeur a l'École 
de Médecine navale de Rocliefort , membre correspon- 
dant de l'Académie des Sciences. 

Observations générales sur les Reptiles observés 
dans le voyage autour du monde de la corvette la 
Coquille (Annales des sciences naturelles, 4828, 
page 269). 

La partie erpétologique j dans le voyage de Bélan- 
ger aux Indes orientales, de 1825 à 1829. Paris, 4851 et 
suiv., vol. in-8 , atlas grand in-4. 

Reptiles gui font partie d'une collection zoologique 
recueillie dans Vlnde continentale ou en Afrique^ 
par M. Lamarre-Piquot (Bullet. univ. des Sciences, 
tome 25, page 4 4 9). 

Centurie zoologique. Paris, 4829 et suiv., fig. grav. 
color. 

LESSON ET GARNOT ont rédigé la partie rela- 
tive à Y Erpétologie j dans la relation du voyage au- 
tour du monde de la corvette la Coquille. Paris , 4829, 
in-4, atlas in-fol., fig. grav. col. 

LEUCKART (frédéric-sigismund). 
Fragmens zoologiques, Helmstadt, 4819. 

LICHTENSTEIN (henri), professeur à Berlin. 

Verzeichnîss derDoubletten des zoologischen Mu" 
seums der Universitcet zu Berlin. Berlin , ^1825, in-4o 
(Amphibien , pages 94-407). 

La partie de ce catalogue relative à l'Erpétologie 
renferme quelques remarques critiques intéressantes, 
et la description de plusieurs espèces îiouvelles. 



3^6 HISTOIKE LITTÉRAIRE. 

LINDAKER (johanne-thaddeus). 

Sfstematisches V erzeichniss der Bœhmischen Am- 
phibien mit Beobachtungen Bœhmische ( Gesellsch. 
der Wissenscliaft. Abliandlung, tome 1, page lOO). 

LlNNiEUS (CHARLES). 

Fainia Suecicaj 1 vol. in-8, prem. édit., Stocîdiolm, 
1746; deuxième édition, ibid., 1761; troisième par 
Retzius, Leipzick, 1800. 

Muséum yidolphi Fredei^ci régis. Stockholm^ 1754, 
i vol. in-fol. avec 55 pi. 

Muséum Ludouicœ Ulricœ reginœ, Stockholm, 
1764, 1 vol, in-8. 

Amœnitates Academ,icœ ^ recueil de thèses, en 10 
Vol. in-8, de 1749 à 1790. 

LïNOCIER (GEOFFROY). 

Histoire des animaux à quatre pieds , des Oiseaux , 
des Poissojis , des Serpens , etc. Paris , 1 584 , in-12 , fig. 
en bois. 

LOGHNER (michel-frédéric et jean-hewri). 

Rariora musei Besleriani commentata , illustrata 
à J .- H. Lochnero luci publiée commisit M. -F. 
Lochner. Nuremberg, 1716, in-fol., fig. (Rept., pi. 11, 
12, 15, 14 , 15 , 16 , 56, 59). 

LUDOLPHI (iob), ou Leutholf. 

Histoiia JEtliiopica siue descriptio reg/ii Habessi- 
niorum. Francfort sur le Mein, 1681, in-fol., fig. (Les 
Reptiles , liv. 1, cliap. 15). 



AUTEURS GÉNÉalUX. 827 

MAGENDIE (francois), né k Bordeaux en 1785 , 
médecin à Paris. 

Mémoire sur plusieurs organes particuliers qui 
existent chez les Oiseaux et les Reptiles (Bullet. So- 
ciété pliilomat., 1819, page 145). 

MALPIGHI (marcel), médecin italien, né en 1628, 
mort en 1694. 

Letter concerning some anatomical observations 
ahout the structure ofthe lungs of Frogs, Tortoises 
and perfecter animais ^ lias also, etc. (Pliilosopli. 
Transact., 1671, tome 6 , page 2149). 

MARGGRAV DE LIEBSTADT (georges) , méde- 
cin et voyageur, né en 1610 , mort en Guinée en 1644). 

G. Marggravii historiœ reruni naturaliwn Brasi- 
lia; libri octo. Amsterdam, 1648 , in-fol. 

C'est dans le sixième livre qu'il est traité des Rep- 
tiles. 

MARSIGLI (louis-ferdinand), 

Danuhiuspannonico-mjsicus cum ohservationihus . 
Hagse comitum, 1726 et suiv., 6 vol. in-fol.; traduit en 
fràriçais à La Haye, 1744, 6 vol. in-fol. Le tome 6 
traite des Reptiles. 

MARTIN SAINT-ANGE (gaspard-joseph), né à 
Nice en 1805, docteur en médecine de la Faculté de 
Paris. 

Tableau de la circulation dans les quatre classes 
d'animaux vertébrés. Paris, 1853, in-fol., pi. grav. 
color. 



328 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

MÉNESTRIÉS (édouaud) , jeune naturaliste fran- 
çais , attacîié au Musée de Saint-Pétersbourg. 

Catalogue raisonné des objets de zoologie recueillis 
dans un voyage au Caucase et jusqu aux frontières 
actuelles de la Perse , entrepris par ordre de S. M. 
r empereur. Saint-Pétersbourg, 1832, \ vol. in-4. 

MERREM (blaise) , né à Bremen , professeur d'his- 
toire naturelle à Marpurg, déjà cité comme auteur 
d'un système erpétologique particulier, a encore 
produit les deux écrits suivans : 

Beitrœge zur Naturgescliichte der Amphibien 
(Matériaux pour l'histoire naturelle des Reptiles) , 5 
cahiers formant ^ vol. in-4, fig. grav. col. Duisbourg 
etLemgo, 1790. 

Spicilegia Amphibiologica (Veteravise Annalen , 
tome l), 

MEYER (fréd.-alb.-ant.). 

Synopsis Reptilium nouant ipsorum sistens gene- 
rum methodum j, neo non Gottingensium hujus ordi-> 
nis animalium enumerationem. Gottingse, 1795, in-8. 

MICHAHELLES. 

Neue sudeuropœische Amphibien ( Isis , 1 830 , 
page 806). 

Veber einige Dalmatische vertebrata die zugleich 
in Westlichen OrCen vorkommenen (Isis, 1 830,pag. 809) , 

MIKAN, 

Delectus Florœ et Faunœ brasiliensis. Ymdohonx, 
I820,in-fol. 



AUTEmS GÉNÉRAUX. 829 

MOLINA (jean-igjîAce), jésuite. 
Essai sur l'histoire naturelle du Chili , traduit en 
français par Grus^el. Paris, 1785, in-8. 

MULLER (oTTON-FRÉBÉRic) , savaïit naturaliste da- 
nois, né à Copenhague en 1750, mort dans la même 
ville en 1784. 

Zoologice danicœ prodromus. Copenliague , 1 776 , 
in-8. 

Zoologia danica. Copenhague et Leipzick, 1779- 
1784, 2 vol. in-8. 



^ 



NEUWIED (le prince maximilien de). 

Beitrœge zur Naturgeschichte von Brazilien. Wei- 
mar, 1825 et suiv. , 6 vol. in-8, fig. (Amphibia, 
tome l). 

Abbildungen zur Naturgeschichte von Brazilien 
(en allemand et en français) .Weimar, 1822-1851 , in-fol., 
fig. grav. col. 

Reise nach Brazilien. Francfurt, 1820-1821, 2 vol. 
in-4 avec atlas. 

NITZSCH (chrétien-louis) , professeur à Halle. 

Commentatio derespiratione animalium. Viterber- 
gae, 1807, in-4. 



o 



OLEARIUS (adam) , voyageur, né en 1605, mort en 
1671. 

Die Gottorfische Kunstkemmer TVorinnern aller- 



33o HISTOIE.E LITTÉRllRE. 

hand ungemeine sachen; so theils die Natur, etc. 
Jahrenbesclirieben , -1666, in-4 oblong. 

OLIVIER (antoijVE-guillaume) , né à Draguignan 
en 1756;, mort en 1814, membre de l'Académie des 
Sciences. 

Voyage dans l'empire Ottoman, l'Egypte et la 
Perse. Paris, 1807, 5 vol. in-4 avec fig. grav. 

OSBECK (pierre), élève de Linnœus, aumônier 
d'un vaisseau suédois qui alla à la Chine en 1750. 

Voyage dans les gi^andes Indes en 1750 (en suédois). 
Stockholm, 1 757, in-8 (traduit en allemand par Georgi). 
Rostock, 1765, in-8. 



PALLAS (piERRE-siMow), célèbre voyageur et grand 
naturaliste, naquit k Berlin en 1741 , et y mourut en 
1811. 

Spicilegia zoologica , 14 cahiers in-4. Berlin, 1767- 
1780. 

Miscellanea zoologica , 1 cahier in-4. La Haye, 
1766. 

Reise durch verschiedeneProi^inzen des Russischen 
Reichs. Saint-Pétersbourg, 1771-1776, 5 vol. in-4. — 
Traduit en français par Gautier de la Peyronie, Paris, 
1788-1795, 5 vol. in-8. Ibid., 1794, 8 vol. in-8 avec des 
notes de Langlès et de Lamarck. — En russe , Saint- 
Pétersbourg , 1775, in-4. 

Neue nordische Beitrœge , etc. (nouveaux maté- 
riaux du Nord pour la géographie , etc.). Saint-Péters- 
bourg et Leipzick , 1 781-1 796. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 33 1 

Zoographia Russo-Asiatica, 5 vol. in-4, ouvrage 
que l'on n'a pu encore rendre public , parce que les 
Cuivres en sont égarés. Néanmoins, l'Académie de 
Pétershourg a bien voulu en accorder le texte à quel- 
ques naturalistes (l). 

PANIZZA ( BARTOLOMEO ) , profcsscur d'anatomie 
humaine à l'Université de Pavie. 

Sopra il sistema Unfatico dei Rettili ricerche zoo~ 
tomiche. Pavie, 1855, in-fol. avec 6 pi. 

PENNANT (thomas) , médecin et naturaliste an- 
glais, né k Downing^ le M juin 1726, mort le 16 dé- 
cembre 1798. 

British zoology. Chester, 1769 , 1 vol. in-fol. , fig. ; 
et 4 vol. in-8 et in-4 , fig. 

Les Reptiles sont décrits et représentés dans le troi- 
sième volume. 

Indlaii zoology j in-4. 

Arctic zoology y in-4, 2 vol. Ouvrage incomplet, 
avec 12 planches coloriées. 

The Indian Faunula. Londres, 1790, in-4, avec 
46 planches. 

PETIVER (jacob) , pharmacien et naturaliste an- 
glais, mort le 20 avril 1718. 

Musei Petweriani centuricB X, rariora continentes . 
Londres, 1695-1705 , in-8, 

Gazophylacii naturœ et artis décades. Londres, 
1702, in-fol., avec 100 planches en cuivre. 

PHILLIP (arthue) , Allemand , gouverneur de Bo- 
tany-Bay pour les Anglais. 

(1) CutiER, Règne animal, tome m. 



332 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

The Voyage of govemor Phillip toBotany-Bay^ 
etc. London, 4 789, in-4j avec 55 pi. col. 

La partie de cette relation relative a l'histoire natu- 
relle a été rédigée par Latham. 

Il en existe une traduction française sans planclies. 
Paris, 1791, 1 vol. in-8. 

PISON (Guillaume) , médecin Hollandais du dix- 
septième siècle, accompagna le prince Maurice de 
Nassau , au Brésil, emmenant avec lui, pour l'aider 
dans ses recherclies d'histoire naturelle, deux jeunes 
Allemands, Marggrav etKranitz. 

De Indice utriusque re naturali et medicind lihri 
quatuordecim.. Amsterdam, 4658, in-fol. 

C'est la seconde édition d'un ouvrage qui avait déjà 
paru en 1648 , par les soins de Jean Laet, à la suite de 
l'Histoire naturelle du Brésil de Marggrav , où il por- 
tait le litre de : De medicind Brasiliensi lihri qua- 
tuor. 

PLUMIER (chaules), moine del'ordre des Minimes, 
très savant naturaliste dans toutes les parties, né à 
Marseille en 1646, mort en 1704, au port Sainte-Marie, 
près de Cadix , au moment où il se préparait à faire , 
pour la quatrième fois, le voyage d'Amérique. 

Outre les différens ouvrages de botanique que ce 
religieux a publiés , il a laissé une grande quantité de 
manuscrits qui étaient restés à la bibliothèque des 
Minimes de la place Royale , et qui sont déposés au- 
jourd'hui à la bibliothèque nationale et à celle du 
Muséum d'histoire natui^elle. La première collection , 
qui se trouve au cabinet des estampes Za , 42-62 , se 
compose de 21 vol. in-fol. et d'un ijQ-4. Le seizième 



ItfïEtRS GÉNÉRArX. 333 

contient , avec une préface en latin , des dessins au 
trait , souvent fort exacts , d'animaux de diverses 
classes , parmi lesquels on remarque six Sauriens et 
un Serpent. En fait de Pveptiles , il n'y a que des Ophi- 
diens dans le dix-septième volume ; mais le vingt- 
unième, qui est intitulé Tétrapodes j renferme des 
portraits de Lézards et de Tortues. Des neuf volumes 
qui forment la seconde collection , celle qui fait partie 
de la bibliothèque du Jardin des Plantes, un seul offre 
encore quelques figures de Reptiles : c'est celui qui a 
pour titre : Botanicum Americanum seu historia 
plantarum in Ainericanis insulis nascentîum. Enfin 
il existe un autre manuscrit de Plumier, qui est inti- 
tulé : Zoographia Americana , pisces et "volatilia 
continens , auctore R. P. C. Plumier j, dans lequel 
l'auteur a décrit et représenté, avec beaucoup d'autres 
animaux, et particulièrement des Poissons, plusieurs 
espèces de Chéloniens et de Batraciens , et donné l'a- 
natomie du Crocodile d'Amérique , ainsi que celle 
d'une Tortue de mer. Mais on ignore ce qu'il est de- 
venu à la vente des livres de Blocli , qui l'avait acheté 
dans un encan à Berlin, où, suivant M. Cuvier, il 
avait été porté par un Français au service de Prusse. 

POURFOUR-DUPETIT , médecin , né à Paris , le 
24 juin 1664 , mort dans la même ville le 18 juin 1741. 

Description anatoinique des yeux de la Grenouille 
et de la Tortue (Mémoires de l'Académie des Sciences 
de Paris, 1755, page 142). 



QUOY (jEAN-RENÉ- constant), profcsseur à l'École 
de médecine navale de Rochefort , correspondant de 



334 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

l'Académie des Sciences, est l'auteur, avec M. Gai- 
mard , de la Zoologie du voyage autour du inonde 
sur les bâtimens ïUranie et la Physicienne ^ de 1817 
à 1820, sous les ordres du capitaine Freycinet. (Zoo- 
log., 1 vol. in-4 avec atlas in-foî., 1824.) 



RAFINESQUE SCHMALTZ (c.-s.), naturaliste 
qui a long- temps habité la Sicile , et qui est mainte- 
nant établi aux États-Unis. 

Caratteri di alcuni nuoui generi e nuoue specie di 
animali e piante délia Sicilia. Palermo, 1810, 1 vol. 
in~8avecpl. 

RATKE (jE^s). 

Beshrivelse over den Kneedrede Rooskilpadde 
(Neue saml. ofdet norske Videnskaps selek. Sckrif., 
tome 1, page 255). 

RAZOUMOWSKI. 

Histoire naturelle du Jorat et de ses enuirojis. 
Lausanne, 1789, 2 vol. in-4, fig. 

RETZIUS, naturaliste suédois , professeur à Lund , 
en Scanie. 

Auteur d'une édition fort augmentée du Fauna 
Suecica de Linnseus. 

RISSO(a.), naturaliste à Nice, de l'Académie de 
Turin. 

Histoire naturelle des principales productions de 
l'Europe méridionale et particulièrement de celles 
des enfuirons de Nice. Paris, 1826, 5 vol. in-8 avec 
figures. 



AUTEURS GÉNÉRAUX. 335 

Les Reptiles se trouvent dans le deuxième vo- 
lume. 

ROCHEFOB.T (n.), ministre protestant en Hol- 
lande. 

Histoire naturelle et morale des Antilles de l'A- 
mérique. Rotterdam^ -less. 

ROUSSEAU (Emmanuel), né en 1788, aide-natura- 
liste et chef des travaux an atomiques au Muséum 
d'histoire naturelle. 

Anatom.ie comparée du système dentaire chez 
l'homme et les principaux animaux .Vnv'is, 1827, in-8, 
50 pi. grav., page 250, pi. 50. 

RUPPEL (Edouard), naturaliste de Francfort. 

Atlas zu der Reise in nordlichen Africa. Franc- 
furt am Mein, 1827, in-fol. 

La partie erpétologique de cet ouvrage est due à 
E. H. Van Heyden. 

RUYSCH ( HENRI ), fils de Frédéric, célèbre ana- 
tomiste, mort avant son père. 

Theatrum animalium. Amsterdam, 1718, 2 vol. 
in-fol. 

Cet ouvrage est tout simplement une édition de 
celui de Jonston , à laquelle l'auteur a ajouté une 
copie des dessins de Poissons du Recueil de Renard et 
Valentin. 

RYSTEDT (frédéric-melchior). 
Fauna Americœ meridionalis. Dissert prœsid. 
Thunberg, Upsalise, 1825; in-4. 



336 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 



SANDEB.(ttENM). 

Beitrœge zur Anatomie der Amphihien (In Seiae 
klein scliriften, 1 band., page 216. 

SAVIGNY ( jules-césar), membre de l'Acadéfiàie 
des Sciences. 

Il a dirigé le dessin et la gravure des Reptiles (sup- 
plément) dans l'ouvrage de l'expédition française en 
Egypte. 

SAY ( THOMAS ), naturaliste laborieux, établi aux 
États-Unis , qui sera souvent cité par la suite. 

Notes on Erpetology (Silliraan Journal of sciences, 
tome 1 , page 256-265, 1818). 

Notes on professor Greens paper on the Amplii- 
bia, publislied in tlie september number of tlie Jour- 
nal of the Academy of natural Sciences of New-Yorck. 

SCALïGER (juLEs-cÉsAu), médecin italien, né en 
1484, au cbâieau de Ripa dans le territoire véronnais, 
mort en France en 1558. 

Exercitationum exotericarum lihri XT^ de suhtili- 
tate ad Cardanum. Paris, 1557, in-8. — Francfort, 
1592 et 1607, in-8. 

Arlstotelis historia de aninialibus Scaligero inter- 
prète cum commentariis . Toulouse, 1619, in-fol. ; 
publiée par les soins de Pliilippe-Jacques Moussar. 

SCHEUCHZER (jean-jacques), médecin de Zu- 
rich , né en 1672, mort en 1755. 

Historiœ naturalis Heluetiœ prolegomena. Zurich, 
1700, in-4. 



ArTEURS GÉNÉRAUX. 887 

Où^sfftyotTïjç Helveticus , seu itinera Alpina tria , in 
quihas incolœ , animalla , plantœ , aquœ medicatce , 
etc.; exponujitur et iconibus illustrantur. Zurich, 
1702, in-4. — Londres, 1706; Ibid, 1706, in-4. 

Bihliotheca scriptorum historiée naturalis omnium 
terrce regionum insen^ientium. Historice naturalis 
Heli^etice Prodromus. Zurich, 1716, in-8; ibid, 1751 , 
in~8. 

Pliysica sacra iconibus œneis illustrata. Amster- 
dam, 1752, 5 vol in-fol. 

Ce livre, qui est une explication de toutes les ma- 
tières de physique et d'histoire naturelle qui se 
trouvent dans la Bible, intéresse l'erpétologie par le 
grand nombre d'espèces de Serpens qui y sont repré- 
sentées. 

SCHINZ ( H. -T.), secrétaire delà Société d'histoire 
naturelle de Zurich. 

Naturgeschichte und Abbildmigen der Reptilien, 
Leipzick , 1853, 4 cahiers grand in-4. 

Le même auteur a aussi traduit en allemand le 
règne animal de Cuvier. 

SCHLEGEL. 

Notices erpétologiques (Isis, tome 20 , page 281 ). 

SCHMIDT (franz-willibad). 
Uber die Bœhmischen Schlan genarten (Abhand- 
lungen der Boehm. Gese., 1788, page 81 ). 

SCHNEIDER (jean-gottlob) , célèbre helléniste 
et naturaliste, né a Calm, près de Wurzen , en 1752 , 
professeur k Francfort sur l'Oder , anjourd'liui a 
Breslau. 

REPTILES, I. aa 



338 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Amphihiorum physiologiœ specim. I et II. Zulli- 
chow, 1797, 2 cahiers in-4, 

Amphibiorum naturalis et litterariœ fasciculus 
primus j continens Ranas , Calamitas ,Bufones , Sa- 
lamandras et Hydres , in gênera et species descriptos 
notisque suis distinctos. Jense, 1799, in-8. 

Fasciculus secujidus j continens Crocodilos , Scin- 
cos , Chamœsauros , Boas, Pseudoboas, Elapes, An- 
gués , Amphisbœnas , Cœcilias. Jenœ, ISOI , in-8. 

SCHOTTl (p. GASPARD), jésuite. 
Ph-ysica curiosa sipe mirabilia naturaïia. Paris, 
4 667, 2 vol. in-4 

SGHWENKFELD ( gaspard ) , fondateur d'une 
secte religieuse , né en Silésie en 1490, mort à Ulm en 
1561. 

Theriotropheion Silesiœ , in quo aniinalium 
H . E. Quadrupedum , Pieptiliuîn , Auiwn, Piscium 
et Insectoruni natura , ms et usus sex libris prestrin- 
gunîur. Licgnitz, 1603, in-4. — Ibid, 1604, in-4. 

SEBA ( ALBEPiT ) , pharmacien d'Amsterdam , né en 
1665 , mort en 1756. 

Locupletissimi rerum naturalium tliesauri accurata 
descriptio et iconibus artijiciosissimis expressio , per 
unii^ersam plijsices historiam. Amsterdam, 1754-1765, 
4 vol. în-fol. , avec 449 planches gravées, coloriées ou 
noires. 

Cet ouvrage est un de ceux que les erpétologistes 
citent encore le plus souvent aujourd'hui, à cause du 
grand nombre de Pveptiles et particulièrement d'O- 
phidiens qui s'y trouvent représentés. 

Les figures, sans être fort exactes, sont néanmoins 



AUTEURS GÉNÉRAUX. SSq 

assez reconnaissables , mais le texte étant écrit sans 
jugement ni critique, ne jouit d'aucune autorité. 

SERRES (étienne-renaud-augustin), médecin en 
chef de la Pitié, membre de l'Académie des Sciences , 
né à Cîayrac (Lot et Garonne), en 1780. 

Anatomie du cerveau dans les quatre classes des 
animaux 'vertébrés ^ appliquée à la physiologie et à 
la pathologie. Paris, 1827,2 vol. in-8, avec atlas in-4. 

SHÂ.W (thomas), théologien d'Oxford, mort le 15 
août 1751. 

Travels and observations relatives to several ports 
of Barbary and the Levant. Oxford, 1758-1746, in- 
foL , trad. en français. Laliaye , 1745 , in-8. 

SHAW (georges), médecin anglais, aide-bibîiotlié- 
caire du Musée britannique, mort en 1815. 

Muséum Leverianum, containing sélect spécimens 
from the Muséum of the late sir Aston Lever. Lon- 
don, 1792, in-4. 

The naturalistes Misccllanj. London, 1 792 et suiv., 

in-4. 

Nombreux Px.ecueil de figures enluminées. 

La plupart sont copiées , mais plusieurs aussi sont 

originales. 

Zoology ofNew-Holland. London , 1794 et suiv. , 

in-4. 

Cet ouvrage est resté incomplet. 

General Zoology. London, 1800 et suiv,, 8 vol. 
in-8 , avec des figures , la plupart copiées. 

Le tome m, r' et 2' partie, contient les Reptiles. 

SLOANE (hahs), premier médecin du roi Georges I, 

22. 



34o HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

président de la Société royale de Londres , né dans le 
comté de Down, en Irlande, le 16 avril 1660 , mort en 
1755. 

A J^ojage to the Islands Madera , Barhados , 
Nieves y ChristophersandJamaica^ with the natural 
histojy of the herbs and trees , four- footed beasts y 
FisheSy Birdsj Insectes j Reptiles j etc. y ofthe last of 
those Islands. London, 1707, 2 vol. in-fol. avec fig. 

SONNERâT (pierre) , naturaliste- voyageur , né à 
Lyon vers 1745, mort à Paris en 1814. 

f^oyage àla Noiwelle-Guinèe. Paris, 1776, 1 vol. 
in-4 avec 120 pi. 

Voyage aux Indes orientales et à la Chine , depuis 
M74t jusquen 1781. Paris, 1782, 2 vol. in»4 avec 140 pi. 

SONNINI DE MANONCOURT(cHARLEs-NicoLAs- 
sigisbert) , ingénieur, né en 1751 , mort en Valacliie en 
1814, 

Voyage dans la Haute et Basse-Egypte. Paris , 
1799 , 5 vol. in-8 avec un atlas de 40 pi. 

SPARMANN (andré) , naturaliste et voyageur sué- 
dois , élève de Linnseus , né en 1748. 

Voyage au cap de Bonne-Espérance , traduction 
française. Paris, 1787, 5 vol. in-8. 

SPIX (jean), naturaliste bavarois, membre de l'A- 
cadémie de Munich. 

Species nouœ Testudinum et Ranarum quas in iti- 
nere per Brasiliani annis 1817-1820 collegit et descrip- 
sitfascicuîus. Monacliii, 1824, in-4, pi. lilhog., enlu- 
minées. 

Species noi^œ LaceHarum ^ etc. Moïiacliii, 1825, 
in-4, pi. litliog, enluminées. 



AUTEURS ÊÉNÉRàUX. 34 1 

Histoire naturelle des espèces nouvelles de Serpens^ 
décrites d'après les notes du voyageur, parJ. TFagler 
(en latin et en français). Munich, 1825, in-4, pi. li- 
lliog. enluminées. 

STEDMANN (jeaw-gabkiel) , né en Ecosse en 1 748 , 
mort àTiverton en 1797. 

Voyage à Surinam et dans l'intérieur de la 
Guyane, 

STURM (jacob), naturaliste et peintre allemand. 

Deutschland Fauna. Nuremberg, 1807, 2 vol. in-8 
avec d'excellentes figures. 

Deutschland Fauna in Ahhildungen nach derNa- 
tur mit Besclireihungen. Nurnberg, 1828, plusieurs 
calîiers in-12. 



TOPSELL (EDWARD). 

Thehistory offour Beasts and Serpents. London, 
1658, in- fol. 

TOWNSON(kobeiit). 

Observationes physiologie ce de udmphibiis : pars 
prima, de respiratione . Gœttingse, 1794, in-4, fig. 

Idem, De respiratione continuatio , accedit,part. 2, 
de ahsorptione y fragmentant. Ibidem, 1795, in-4, 
figures. 

TREVIRANUS (g.-r.). 

Sur les hémisphères postérieurs du cerveau des Oi- 
seaux j des Amphibies et des Poissons (en allemand). 
(Dans le Zeitsclirift fur Physiologie, par Tiedemann 
et Treviranus, tome 4 , page 59 , fig. 1 et 4, 1852.) 



342 • HISTOIRE LITTÉRAIRE, 



VALENTINI (michel-bernard), médecin et natu- 
raliste, né à Giessen en 4 657, mort dans la même ville 
en 1729. 

jimphitheatrum zootomicum. Gissœ, 1720, in-fol. 

VALENTYW (francois), pasteur à Amboine. 

Description de VInde orientale ancienne et nou- 
velle. Amsterdam , 4 724-1 726 , 5 vol. in-fol. 

De la page 262 à la page 297 du tome 5, on trouve 
des détails sur les animaux. 

VALMOWT DE BOMARE (jacques-christophe), 
né a Rouen en 1751, mort en 1807. 

Dictionnaire d'histoire naturelle. Paris, 1765, 5 vol. 
in-S. — Yverdun, 1768-1770, 6vol.in-8. —Paris, 1775^ 
9 vol. in-8, et 1791, 15 vol. in-8. 

VANDELLI (DOMINIQUE), naturaliste italien, di- 
recteur du cabinet de Lisbonne. 

Florce et Faunce et Lusitanicœ Spécimen (Memorias 
da Academia real das Sciencias de Lisboa, tomel, 1780- 
1788. Lisboa, 1797, in-4. 

VANDER HOEVEN (jeaw) , professeur à Leyde. 

Handboek der Dierkunde , of Grondbeginsels der 
naturljke geschiednis von Het Dierenrijk. Amster- 
dam, 1855, 1 vol. in-8 avec atlas. 

Les Reptiles, de la page 270 à la page 550. 

VOIGT (god.). 

Traduction en allemand de la seconde édition du 
Règne animal de Cui^ier, 



AUTEURS GÉMÉRÀUX. 343 



WAGLER. 

De rehus naturalihus ac medicis quorum in scrip- 
turis sacris mentiofit. lïelmstadt , 1 681 , in-4, 

WAGLEPv (jeah) , auteur du système naturel des 
Amphibies (en allemand), dont nous avons donné un 
extrait dans ce voiume, page 286. 

Icônes et descriptionesAjnpliibîoruin.Mnxïich, \ 830, 
2 caliiers in-fol. 

Cet ouvrage esi resté incomplet par la mort de l'au- 
teur. 

Explication des planches d'erpétologie contenues 
dans les deux premiers volumes du cabinet de Séha , 
avec des remarques critiques (îsis, 1855, 9" caliier, 
page 885). 

WALGOTT(joi3w). 

The figures and description exotic of animais 
comprised under the classes Amphihia andPisces oj 
Linnœus. London , 178S , 46 feuilles, fig. grav. 

WATSON (FRÉDÉRIC). 

The animal world displaj éd. London , 1754, i vol. 
in-8,fig. 

WEISS (EMMANUEL). 

3îémoire sur le mouvement progressif de quelques 
Reptiles (Académie liclvctiquc , tome 5, pngc 575). 

V/HITE (jeah) , cliiruî-gien de l'élablissenient an- 
glais de Botany-Bay. 

Journal of a voyage to new South IF aies. Lon- 
don , 1790 , 1 vol. in-4 avec 65 pi. 

11 paraît que la partie zoologique de cet ouvrage a 
été rédigée par Jean Hunier, le célèbre anatomiste. 



344 HISTOIRE LITTÉRAIRE. 

Dans la traduction française qu'on en a publiée, Paris, 
i795, 1 vol. in-8, on a ajouté des notes inutiles, et sup- 
primé l'histoire naturelle et les planches. 

WIEDEMANN (guillaume-rodolphe-chrétien ) , 
habile anatomiste et chirurgien , né à Brunswick en 
1770. 

Archw fur Zoologie und Zootomie. Berlin, 1800- 
1805, 4 vol. in-8. 

WIEGMANN (a. -F.). 

Matériaux pour l'erpétologie (Isis , 1828 , tome 22 , 
page 564). 

On trouve l'extrait de ce mémoire dans le Bulletin 
des sciences naturelles, tome 17, page 295, n. 855. 

Zoologische Notizien (Isis, 1831, page 282). 

WINDISGHMANN (carl.). 

De perdtiori auris structura in Amphibiis, Bonee, 

1831. 

WOLFF. 

Ahhildungen und Beischreibung merk vurde Na^ 
turgeschichte Gegenstende. 

WORMIUS (oLAus) , célèbre médecin et littérateur 
danois , né à Arhusen , dans le nord du Jutland , le 13 
mai 1 588 , mort en 1 654. 

Muséum W.ormianum,seu Historia /^erum rariorum 
tàm naturalium quant exoticarum ^ quceHafniœ Da- 
norum in œdibus autoris ser^^antur^ variis et accu- 
ratis , iconibus illustrata. Leyde, 1655 , iu-fol. 

WULF (jean-christophe). 

Ichthyologia Borussica j, cum Amphibiis. Regio- 
monti, 1765, in-8. 



LITRE TROISIEME. 

CHAPITRE PREMIER. 

DE LA DISTRIBUTION MÉTHODIQUE DES CHÉLONIEWS 
EN FAMILLES NATURELLES ET EN GENRES. 



Les Reptiles dont nous allons exposer l'histoire ont 
une organisation si complètement différente des autres 
animaux de la même classe , qu'on en a formé avec 
raison, et au grand avantage de la science, un ordre 
tout-à-fait distinct. Toutes les espèces connues avaient 
été réunies d'abord en un seul genre par Linné ; mais 
en observant avec plus de soin celles qu'on a successi- 
vement recueillies, en les comparant entre elles, on a 
bientôt reconnu qu'elles différaient beaucoup pour les 
formes, la structure, les habitudes et les mœurs. On a 
donc été conduit à les distribuer en un assez grand 
nombre de genres, qui ont été eux-mêmes rapportés 
à quatre petites familles correspondantes à trois des 
divisions principales déjà indiquées par Aristoteetpar 
Linné, d'après la configuration des pattes, et le genre de 
vie qui en résulte, ou auquel elles semblent être desti- 
nées. Les espèces qui habitent la mer, et qui ne peuvent 
pas marcher, ayant les pattes inégales en longueur, 



34^ DES REPTILES. 

aplaties en nageoires et les doigts solidement réunis en 
une sorte de palette ; les Tortues aquatiques, des fleuves 
ou d'eau douce, dont les pattes sont palmées, à doigts 
distincts, mobiles, garnis d'ongles pointus, mais réu- 
nis entre eux , au moins à la base , par des membranes ; 
et enfin les Tortues terrestres, proprement dites, dont 
les pattes sont arrondies, comme tronquées ou termi- 
nées par un moignon au pourtour duquel on aperçoit 
seulement les étuis de corne qui correspondent aux 
extrémités des doigts, qu'ils enveloppent comme des 
sabots. 

Déjà Klein avait proposé de réunir tous ces animaux 
sous le nom général de Testiiddnata^ expression latine 
que quelques auteurs ont conservée depuis sous celle 
de Testudinoïdes. Cependant c'est à M. Alexandre 
Brongniart qu'on doit la dénomination actuellement 
adoptée par la plupart des naturalistes. Dans cette no- 
menclature les quatre ordres principaux de la classe 
des Pieptiîes ont été désignés par des noms emprun- 
tés de la langue grecque, et qui correspondent à l'un 
des genres principaux que cliacun d'eux comprend. 
C'est ainsi que le terme de chélowiens est dérivé de 
l'expression employée par Aristole pour désigner les 
Tortues (ï). 

Afin de faire mieux saisir les détails de mœurs et 
d'organisation que les animaux de cet ordre pourroat 
nous offrir dans les généralités par lesquelles nous 
croyons devoir faire précéder riiistoire des Gbéloniens, 
nous avons pensé qu'il serait utile de rappeler d'abord 
leurs caractères généraux et essentiels, en les met- 

(1) Aristote, Histoire des Animaux, liv. u , cliap. 17. Sdciv/;, 



CHÉLONIENS EN GÉNÉRAL. 347 

tant en parallèle ou en opposition avec ceux qu'on 
a assignés aux animaux des autres classes. Nous 
indiquerons ensuite les motifs pour lesquels on a cru 
nécessaire de diviser les Chéloniens en groupes natu- 
rels, ou en familles^ dont les formes et les habitudes 
sont, pour ainsi dire, dénotées par quelques caractères 
extéi^ieurs. Enfin pour avoir occasion de citer utile- 
ment des exemples dans les modifications des parties 
que peuvent présenter quelques espèces rapportées à 
certains genres, et d'accoutumer d'avance aux déno- 
minations employées pour désigner ceux-ci, nous 
commencei^ons par exposer l'analyse détaillée de cette 
distribution métliodique, en nous bornant cependant 
à l'indication des caractères les plus importans, dont 
nous finirons l'examen par un résumé qui se réduira 
en une sorte de tableau synoptique. 

On peut distinguer les Chéloniens de tous les autres 
animaux vertébrés , en voyant le double bouclier con- 
stitué cliez eux par les os extérieurs de l'écliînej des 
côtes et du sternum, qui sont presque à nu , et qui, 
dans la région du tronc, ne permettent ordinairement 
de mobilité qu'à la tète, au cou, à la queue et à une 
grande portion des membres. Cependant, au premier 
aperçu, ces animaux semblent liés aux vertébrés des 
trois autres classes. 

D'abord ils ressemblent à quelques Mammifères, 
comme aux Tatous, auxClilamyphores,auxPangc>lins, 
dontla peau, soitosseuse, soit garnie d'ccailles épaisses, 
devient également unecuirassequiserfc de refuge et d'a- 
sile protecteur à l'animal au moment du danger. Mais 
tous sont des Mammifères vivipares 5 ils ont les os de 
leur échine libres , non soudés aux côtes; et tous les 
autres caractères de la classe, ceux qui sont tirés de la 



348 DES REPTILES. 

présence des mamelles , du diaphragme , du mode de 
circulation, etc. 

Quelques analogies dans l'organisation intérieure 
peuvent aussi lier les Chéloniens aux Oiseaux , dont ils 
s éloignent évidemment par le genre de vie, les tégu- 
mens, le mode de respiration, de circulation. Il faut 
reconnaître en effet qu'il existe des rapports de struc- 
ture dans la disposition et le jeu des mâchoires, la 
mobilité des vertèbres du cou , la soudure de celles du 
dos et des lombes, l'élargissement du sternum, la ma- 
nière dontles os de l'épaule se joignent entre eux pour 
fournir une articulation au bras, et surtout parle 
mode de fécondation et de reproduction ovipare. 

Parmi les Poissons, qui tous ont des branchies , et 
qui par là s'éloignent si évidemment des Tortues, il y 
a cependant quelques espèces, comme les Coffres ou 
Ostracions, les Loricaires, et les Hypostomes, dont 
tout le corps est protégé par des plaques osseuses, sou- 
vent soudées entre elles, et qui ne laissent de mouve- 
ment possible qu'aux parties qui font l'office de na- 
geoires. 

C est seulement aussi sous le rapport de l'enveloppe 
solide, destinée à pi-oléger le corps, que les Chéioniens 
semblent avoir quelques ressemblances , mais bien 
éloignées, avec plusieurs classes d'animaux inverté- 
brés tels que les Crustacés, les Échinodermes et les 
Insectes dont les croûtes calcaires ou cornées sont 
destinées à fournir des attaches aux organes du mou- 
vement et à garantir les parties molles qui appartien- 
nent à l'organisation intérieure. 

Il est plus important de rappeler ici les caractères 
principaux, et en assez grand nombre, qui distinguent 
l'ordre des Tortues, des trois autres groupes d'ani- 



CHÈLOWIEKS EN GÉNÉRAL. 34^ 

maiîx rangés dans cette même classe des Reptiles ; d'a- 
bord de tous les autres genres par la structure de leur 
squelette, dont les pièces qui constituent le tronc sont 
extérieures. Les vertèbres du dos, des lombes et du 
bassin étant soudées et solidement articulées , non 
seulement entre elles, mais avec les côtes et quelque- 
fois avec le sternum, par de véritables sutures, ou unies 
par cette sorte d'engrenage que l'on nomme sjnar- 
throse ; le toutforme ainsi une sorte déboîte, de cof-rre 
solide, une carapace ( cljpeus ), une voûte résistante, 
osseuse, sous laquelle peuvent se retirer, le plus sou- 
'vent, en avant la tête et le cou, en arrière la queue , 
et sur les parties latérales les quatre membres. La 
partie inférieure du corps est également protégée par 
des pièces osseuses, correspondantes à un sternum, 
dont l'ensemble porte le nom de plastron {pectorale). 

Cet ordre des Ghéloniens diffère ensuite de ceux 
dans lesquels on a réuni les Sauriens et les Ophidiens, 
qui ont toujours les mâchoires armées de dents ou de 
pièces osseuses à nu. Quelques Sauriens cependant, 
comme les Crocodiles, semblent lier les deux ordres 
par plusieurs ressemblances dans l'organisation et les 
mœurs et surtout par les parties destinées à la repro- 
duction; en outre, quelques Chéloniens, à cou très 
gros et h queue très longue, comme l'Emysaure et les 
Chélydes, semblent former un anneau de cette liaison. 

Quant aux Serpens, l'absence totale des membres, 
des paupières et du tympan , les organes de la repro- 
duction doubles chez les mâles, établissent des dis- 
semblances telles , qu'on ne pourrait les confondre ; 
il faut cependant avouer que la tête, par sa forme 
aplatie, la disposition des yeux et surtout par la Ion- 



y 



35o DES REPTILES. 

gueur du cou, permet de comparer plusieurs espèces 
de la sous-famille des Pîeurodères, les Chélodines 
par exemple, avec quelques espèces de Couleuvres. 

Pour les Batraciens, il suffira de rappeler le dé- 
faut de méîamorpliose, l'absence absolue des ongles et 
des écailles , la brièveté des côtes , et surtout le mode 
de reproduction par lequel les œufs, à coque molle, 
sont presque toujours fécondés liors du corps de la 
mère, les mâles étant même privés d'un organe exté- 
rieur de la génération. Voilà un grand nombre de ca- 
ractères propres h les distinguer d'avec lesGliéloniens. 
Il y a cependant parmi les Anoures les genres Pipa, 
Cératophrys et Héniipliracte , qui par la nudité du 
corps , la forme de la bouclie et des narines , les pla- 
ques osseuses qu'on observe sur leur dos, offrent 
une sorte de rapports avec les espèces de Cliéloniens 
qui appartiennent aux genres Trionyx et Cliéîyde. 

Avant de faire connaître avec dét£iils, comme nous 
en avons l'intention, l'organisation toute particulière 
des animaux de cet ordre , nous croyons devoir indi- 
quer les motifs qui ont engagé les naturalistes à rap- 
procher certaines espèces pour en établir des genres 
dont les formes et les îiabitudes étaient a peu près 
les mêmes ; et ensuite comment ces genres ont pu être 
lieurensement groupés, ou distribués en familles 
naturelles ; puisqu'on a obtenu par ce procédé un 
moyen commode et utile d'en faciliter l'examen, et 
même d'en abréger l'étude, en la rendant plus com- 
plète. 

La première observation a dû naturellement se di- 
riger sur les différences que présentent les pattes des 
Cliéloniens , dans leurs formes générales et dans la 



CHÉLONIENS EN GÉNÉRAL. 35 1 

disposition particulière des doigts qui les terminent; 
car c'estlàquese trouvent, pour ainsi dire, inscritesles 
habitudes et la manière de vivre des animaux, surtout 
parmi ceux qui ont les os de l'écliine à l'intérieur. On 
a aussitôt reconnu que toutes les espèces de cet ordre 
pouvaient être partagées en deux grandes sections pri- 
mitives. Que dans l'une venaient se ranjjer toutes les 
espèces dont les doigts sont tellement enveloppés par 
la peau , que leurs mouvemens particuliers deviennent 
impossibles ou qu'ils sont du moins excessivement 
gênés; que dans l'autre, au contraire, on pouvait placer 
les espèces dont les doigts sont libres, et faciles à dis- 
tinguer par la mobilité de leurs articulations. 

Quand les doigts, qui constituent la plus grande 
partie de chacune des pattes, sont à peu près privés 
de mouvement, l'animal ne peut guère se servir des 
membres que pour transporter la totalité de son 
corps. Cette circonstance est très fâcheuse pour les 
espèces qui vivent constamment et uniquement sur 
la terre. Par cela même que les pieds, en proportion 
de la grosseur et du poids relatifs du corps qu'ils sup- 
portent, sont faibles, courts et peu étendus, leur pro- 
gression devient excessivement lente et difficile ; et en 
effet leurs pattes i-essemblent tout-a-fait aux pieds des 
Eléplians, avec cette différence que les paumes ou les 
plantes en sont moins molles, et que l'animal ne mar- 
che guère que sur les bords du limbe, dont le pour- 
tour se trouve garni de lames, de pointes, ou de sabots 
de corne qui indiquent à peu près la position des der- 
nières phalanges. Telle est en effet la structure et le 
caractère principal qui distinguent la première fa- 
mille des Ghéloniens, les véritables Tortues terrestres, 



352 DES ÊEPTILES. 

que l'on a nommées aussi Chersites (i), dont la cara- 
pace est très Lomljée et quelquefois même aussi 
élevt^e en hauteur qu'elle présente de largeur. 

Quoique l'immobilité presque absolue des doigts 
soit un grand obstacle pour la marche, il n'en est pas 
de même pour la natation. Aussi, malgré que les es- 
pèces de Chéloniens, qui atteignent les plus grandes 
dimensions, soient à peu près dans ce cas, et que 
leurs pattes soient aplaties, déprimées, étalées comme 
des rames, ou des palettes allongées, on retrouve dans 
leur structure, les os du poignet et du tarse et ceux 
qui sont intermédiaires aux phalanges qu'on y ren- 
contre elles-mêmes, mais sous une forme tellement 
comprimée qu'on aurait peine h la reconnaître. Ces 
espèces vivent toutes au milieu des mers ; elles ne 
s'approchent des rivages que pour y pondre, et là leur 
progression est des plus pénibles. D'abord leurs pattes 
sont d'inégale longueur; elles sont si peu propres à 
s'accrocher, que si l'animal est renversé sur le dos , 
il éprouve la plus grande difficulté et souvent une 
impossibilité absolue, pour se redresser et se replacer 
sur le ventre. En général dans les espèces qui appar- 
tiennent à cette famille qu'on appelle les marines, ou 
les Thalassites (i), la carapace est très large, peu 
bombée et cordiforme. 

Toutes les autres espèces de Chéloniens laissent 
apercevoir dans l'épaisseur de leurs pattes, la pré- 
sence des doigts dont les phalanges sont mobiles, 
quoiqu'elles soient réunies entre elles, le plus souvent, 
par des membranes. Ces Tortues marchent, et le plus 

(1) Xs^ocxlà, , yspatvoi, terrestre ; in locis incultis iiasccfis aut degcjis, 
(1) 0«A«(r5ws, ô«Aott£9s, maria j mmarifrequens. 



CHÉLONIEWS EN GÉNÉRAL. 353 

souvent nagent avec assez de facilité. Elles forment 
deux familles tout-à-fait distinctes par la structure 
générale, et par les habitudes. 

Dans l'une, les mâchoires, dont les os sont presque 
à nu, sont recouvertes par un repli de la peau, qui 
remplit l'office de véritables lèvres charnues, exemple 
unique dans la classe des Pxeptiles. Chez toutes les 
espèces la carapace et le plastron sont recouverts 
d'une peau lisse, molle, coriace et tout-à-fait à nu. 
Le corps est fortement déprimé, et les bords en sont 
en général mous et flexibles. Le sternum est joint à 
la carapace par un cartilage : les pattes sont très apla- 
ties, elles renferment cinq doigts, dont trois seule- 
ment sont armés d'ongles longs, droits et solides, ce 
qui les a fait d'abord désigner sous le nom deïrionyx. 
Toutes les espèces connues jusqu'ici vivent dans les 
grands fleuves des pays chauds; c'est pourquoi on 
les a nommées les Fluviales ou Potamites (i). 

Enfin dans la seconde et dernière famille on a 
rangé un très grand nombre de genres, qu'on a même 
subdivisés en deux sous-familles , pour en faciliter 
l'étude. Tous ayant les doigts distincts et mobiles, à 
plus de trois ongles, ont aussi les mâchoires cornées 
et dépourvues de lèvres charnues. Comme les pattes 
sont munies d'ongles crochus, elles servent en gé- 
néral à la marche ; mais de plus elles sont propres à 
faciliter le nager, car les doigts sont réunis entre eux 
par une membrane plus ou moins lâche ; c'est ce qu'on 
nomme des pattes palmées. Toutes ces espèces peu- 
vent vivre sur la terre et dans l'eau, recherchent les 
lieux humides, aquatiques, les marécages, ou les 

(1) aozûfjAo?, ■norxiJ.bç, fluvial, flexive. Fluvicdis^nnuiicus. 
REPTILES, I. 23 



354 ^^^ REPTILES. 

Lords des petites rivières. La plupart plongent et na- 
gent avec facilité, c'est ce qui leur a valu le nom de 
Paludines, ou d'ÉLODiTES (i). 

Comme nous venons de le dire, cette division réunit 
un très grand nombre d'espèces qui ont pu être faci- 
lement distribuées en deux sous-familles , d'après la 
manière dont la tête et le cou de ces animaux se pla- 
cent entre la carapace et le plastron, au moment où la 
rétraction s'en opère, ainsi que celle des membres. 
La forme générale de la tête et la disposition des yeux 
se joignent encore pour autoriser cette sorte de dis- 
tinction. 

Dans l'une des sous-familles en effet, celle qu'on 
nomme les Cr.ypTODÈiiEs (2), ou à cou caché, la tête est 
conique, très élevée, souvent quadrangulaire, les yeux 
sont latéraux , le cou n'est pas très long, et il se brise 
ou se plie, pour ainsi dire en Z, pour faire rentrer la 
tête dans la ligne moyenne , au devant de la carapace , 
qui est peu écliancrée sur les côtés. 

Dans l'autre sous-famille, celle des Pleurodères(3), 
ou à cou sur le côté ; la tête est généralement aplatie, 
déprimée, les yeux sont en dessus et quelquefois pres- 
que verticaux ; l'intervalle entre la carapace et le 
plastron est fort étendu dans le sens de la largeui-, et 
a peu de hauteur verticale, et c'est dans cet intervalle 
que vient se loger le cou, en général allongé et 
aplati , qui se courbe et se contourne dans le sens ho- 
rizontal. 



(1) 'Éloç , marais; s^wce; , i/i paludes qui versatur. 

(2) K^iuTîTo; , caché; occultas , abditus, tegendus; Bsi'p , cou; col- 
lum anterius, cerfix. 

(3) nX;upo>, de côté ; ad latus ; ôsipri , cou. 



CHÉLONIENS EN* GÉNÉRAL. 355 

Voilà donc quatre grandes familles dont les carac- 
tères sont assez nettement prononcés ; mais , d'après 
l'examen que nous venons d'en faire , l'ordre naturel 
n'est point indiqué , et les rapports que les espèces 
peuvent avoir les unes avec les autres et même avec 
celles des ordres qui suivent, ne servaient pas con- 
servés. C'est pour obvier à cet inconvénient du sys- 
tème, que nous placerons dans l'ordre qui va suivre , 
l'énumération de ces familles et des genres qui s'y 
rapportent. 

D'abord les Tortues terrestres, les véritables Tor- 
tues ou Chersites : la conformation de celles-ci con- 
duit , d'une manière presque insensible , aux formes 
de plusieurs espèces aquatiques ou Élodites , par le 
genre qu'on a nommé Cistude , et (Jui est rapporté à 
la sous-famille des Cryptodères. L'un des genres placé 
le dernier dans ce groupe, mène également à la sous- 
famille des Pleurodères; parmi celles-ci les Maîa- 
matas ou Gliélydes, dont la carapace est très déprimée 
et dont les mœurs sont tout-à-fait aquatiques, les os 
des mâchoires presque à nu et le nez prolongé en 
trompe, semblent faire le passage aux Tortues molles 
ou Trionyx, autrement dites des fleuves ou Potamites. 
Enfin celles-ci ont beaucoup de rapports de mœurs 
et d'iiabitudes avec les Tortues marines , ou Tlialas- 
sites, qui elles-mêmes, comme nous le dirons quand 
nous traiterons des Cbélonées , paraissent avoir quel- 
ques ressemblances dans leur organisation avec les 
premiers Sauriens, ceux de la famille des Crocodiles. 

Les Chersites, ou Tortues terrestres, ont pour ca- 
ractères essentiels les particularités suivantes : i^ les 
pattes courtes , arrondies en moignon , dont les doigts 
ne sont point distincts en dehors j 2" les mâchoires 

23. 



356 DES REPTILES.' 

nues , coïnéeâ , tranchantes ou dentelées -, 3° le tympan 
visible ; 4° ^^s yeux latéraus , k paupière inférieure 
plus haute que la supérieure j 5° la langue papil- 
îeuse. 

Par toutes ces notes , les animaux de cette famille 
diffèrent de ceux des trois autres greupes princi- 
paux. 

D'abord des Thalassites, qui ont aussi les doigts im- 
mobiles , mais dont les pattes sont aplaties en nageoi- 
res. Ensuite des Potamites et des Élodites, dont les 
doigts sont distincts et mobiles, surtout dans leurs 
dernières articulations. Les mâchoires cornées et à nu 
les éloignent des Potamites, qui ont les os k découvert 
et des lèvres charnues. Le tympan visible les sépare 
des Tortues marines et fluviales, chez lesquelles l'o- 
reille est cachée sous la peau du crâne. La position des 
yeux et la forme des paupières les fait reconnaître 
d'avec les Elodites Pleurjodères, qui ont, comme les 
Cryptodères, les paupières k peu près égales en hau- 
teur, les yeux étant verticaux chez les premières, ou 
placés obliquement en dessus, comme dans les Pota- 
mites. Les papilles de la langue, dans ces espèces ter- 
restres, offrent un caractère qui les éloigne des Elo- 
dites , chez lesquelles elle est lisse , quoique formant 
des plis longitudinaux, et des Potamites, qui l'ont éga- 
lement imie k la surface et amincie sur les bords. La 
forme de la carapace, qui est fort élevée, sert encore k 
les distinguer de prime-abord des Thalassites, des 
Potamites et de la plupart des Pleurodères; comme la 
rétractilité de la tête et du cou sert à les faire recon- 
naître d'avec les Thalassites et d'avec ces mêmes Elo- 
dites k cou contourné et k carapace déprimée. 

Les genres qu'on a jusqu'ici ralliés k la famille des 



CHÉLONIENS EN GÉNÉRAL. 3^'J 

Chersites , présentent quelques caractères essentiels 
qu'on peut résumer ainsi : tous , à l'exception d'un 
seul genre, ont les pattes antérieures à cinq doigts dis- 
tincts; ils sont en même nombre aux pattes posté- 
rieures , cependant on n'y voit réellement que quatre 
ongles. Parmi ces espèces, le plastron présente deux 
différences ; ainsi il est mobile ou offre une sorte d'ar- 
ticulation en devant dans le genre Py.xis , tandis que 
toutes les pièces du sternum sont solidement soudées 
entre elles dans deux autres genres voisins, celui des 
Tortues proprement dites , dont la carapace est égale- 
ment formée d'une seule pièce, et celui des Clnixys , 
dont le bouclier offre une mobilité notable dans sa 
partie postérieure. Le seul genre des Homopodes n'a 
que quatre doigts à toutes les pattes , et chacun d'eux 
est garni d'un ongle (t). 

Les Tortues qui vivent dans les lieux liumides ou 
marécageux, et que nous désignons sous les noms de 
Paludines ou d'ÉLoniTEs , peuvent être caractérisées 
d'une manière générale par les dispositions particu- 
lières des organes que nous allons énumérer : x°\e,s 
pattes plus ou moins étalées, a doigts au nombre de 
cinq , mobiles , le plus souvent réunis par des mem- 
branes ou palmés ; i° les mâclioires presque constam- 
ment cornées , tranchantes et k nu ; 3° le tympan vi- 
sible ; 4° ^6S yeux à paupières d'égale hauteur; 5" la 
langue k surface lisse ; mais présentant des plis longi-' 
ludinaux. 

Ainsi les Tortues de cette famille se distinguent par 



(1 ) L'ordre naturel semble devoir faire placer ces genres dans la 
série suivante : 1 Tortue {Testudo) ; % Cinixys ; 3 Pyxis ; A Homo- 
pode (Homopus), 



358 DES REPTILES. 

les pattes , des Tlialassites qui les ont en rames, et des 
Qiersites , cliez lesquelles les pieds sont semblables à 
ceux des Elépliansj le nombi^e de leurs ongles les 
éloigne des Polamites, qui n'en ont que trois, et 
dont les mâclioires sont osseuses, bordées par des 
sortes de lèvres. Le tympan distinct les fait séparer 
tout à la fois desThalassites et des Potamites , qui l'ont 
caché, La hauteur à peu près semblable dans l'une et 
l'autre paupière externe sert encore à les distinguer 
des Chersites et des Tlialassites ; enfin la langue lisse 
à sa superficie; plissée en longueur et d'égale épais- 
seur, les fait mettre à part des Chersites, qui l'ont 
papilleuse, et des Potamites, qui l'ont beaucoup plus 
mince sur les bords. 

Cette famille réunit beaucoup de genres qui forment 
réellement deux groupes naturels de sous-familles , 
dont la première distinction peut être faite par la 
simple inspection delà forme de la tête, de la situation 
des yeux, et par la manière dont cette tête et le cou 
qui la supporte se trouvent placés sous la carapace, 
quand l'animal en opère la rétraction. 

En effet , chez les uns , la tête est conique, quelque- 
fois presque aussi haute que large ; les yeux sont alors 
placés sur les parties latérales , ou tout-k-fait de côté ; 
le cou qui la supporte est court, gros, arrondi, enve- 
loppé d'une peau lâche , non adhérente, qui forme au- 
tour de la tête une sorte de palatine engainante, au 
moment où l'animal la retire sous la partie antéineure, 
dans la région moyenne de la carapace , et entre les 
pattes. De sorte que le cou, comme rompu et plié en Z, 
et la majeure partie de la tête se trouvent tout-k-fait 
cachés : ce qui leur a fait donner, comme nous l'avons 
dit, le nom de Gryptodères. 



CHÉLONIENS EN GÉNÉRAL. SSg 

Chez les autres , la tête est plus large que haute j elle 
est déprimée, les mâchoires sont en général heaucoup 
plus larges, moins cornées, et l'ouverture de la bouche 
est proportionnellement plus étendue ; les yeux sont 
plus rapprochés de la ligne médiane vers le dessus 
de la tête ; le cou est long, souvent très gros , légère- 
ment déprimé pour venir se placer entre la carapace 
et le plastron, en se contournant latéralement au lieu 
de se briser , de se courber de haut en bas dans le sens 
de son axe longitudinal; la peau qui le recouvre est 
adhérente aux muscles, et suit les mouvemens de la 
série des vertèbres. Tels sont les Pleurodères. 

On s'est servi de la difFérence que présente la mobi- 
lité du plastron dans la première sotis-famille, pour la 
subdiviser en genres. Parmi les espèces dont le sternum 
est formé de pièces articulées les unes sur les autres, 
il en est qui n'ont qu'une seule portion mobile , et c'est 
en avant du côté de la tête. Tel est le genre Sterno- 
thère, chez lequel on a d'ailleurs observé que chaque 
patte est armée de cinq ongles. Deux autres genres 
ont en outre la partie postérieure du sternum mobile, 
tantôt sur une seule et même charnière, tel est le genre 
Cistude ; tantôt les àenx pièces mobiles du sternum 
se meuvent sur une troisième qui est fixe; de sorte 
qu'il y a réellement deux charnières distinctes : c'est 
ce qu'on remarque dans le genre Cinosterne. Les autres 
espèces de Cryptodères ont le plastron formé d'une 
seule plaque non mobile ; tantôt il est étroit, prolongé 
dans la longueur, et traversé par une bande qui se 
porte vers la carapace; de sorte que la tête, les pattes 
et la queue, qui est très longue, ne sont pas cachées par 
la carapace ; tel est le genre Énijsaure. Tantôt ce plas- 
tron est large et ovale : c'est ce qu'on observe dans les 



360 DES REPTILES. 

deux genres des Émydes et des Podocnémydes , dont 
les plaques que l'on voit sous le sternum varient pour 
le nombre , étant de douze cliez les premières et de 
treize cliez les secondes (i). 

La seconde sous-famille, celle des Pleurodères, a 
fourni dans le nombre des ongles dont les pattes sont 
armées , un moyen de séparer de suite les espèces qui , 
avec d'autres caractères, n'ont présenté en particulier 
que quatre ongles à tous les pieds : tel est le genre Ché- 
lodine. Les autres en ont cinq : tantôt aux pattes de 
devant et à celles de derrière , comme les espèces du 
genre Pentonyx ; tantôt aux pattes antérieures seule- 
ment, car il n'y en a que quatre postérieurement; 
mais chez celles-ci, ou bien les narines sont prolongées 
en une sorte de tube ou de trompe, comme dans le 
genre Chéljde ou Matamata , et la tête est plate , con- 
sidérablement déprimée , bordée de franges; ou enfin 
les narines sont simples, le museau est arrondi, et 
c'est alors le genre Platénijde (2). 

Les Tortues qui ne vivent que dans les grands fleu- 
ves des pays cbauds de l'Asie, de l'Afrique et de 
l'Amérique, et que l'on a rangées dans la famille des 
PoTAMiTES, sont tout-à-fait distinctes, par leurs for- 
mes et par leurs mœurs , de toutes les autres espèces 
de l'ordre des Chéloniens. Voici leurs principaux ca- 
ractères : d'abord leur carapace osseuse est cacbée 



(1) Voici l'inclication de la série naturelle des six genres qui com- 
posent cette sous-famille : 5 Cistude; 6 Émyde ; 7 Émysaurej 8 Cy- 
noslerne ; 9 Podocnémyde ; 1 Sternothère. 

(2) C'est dans l'ordre suivant que ces genres paraissent devoir 
être rangés pour former une série naturelle ; \\ Platémyde; 12 Ché- 
lodine; 15 Pentonyx; 14 Cbélyde. 



CHÉLONIENS EN GÉNÉRAL. 36t 

SOUS une peau molle , nue, sans écailles , à bords libres 
et flexibles, détacliés du sternum; secondement, la 
tête est revêtue d'une peau molle, sans apparence de 
tympan au deliors ; les narines sont prolongées enxine 
sorte de boutoir ; les yeux sont obliques , presque ver- 
ticaux ; les mâcboires sont presque à nu, garnies en 
dehors de replis de la peau , qui simulent des sortes 
de lèvres flottantes et mobiles ; la langue est épaisse , 
amincie sur les bords; le cou est long, cylindrique, 
rétractile , à peau lâche ,> non adhérente; enfin les 
membres aplatis et recouverts d'une peau sans aucune 
écaille, étant composés de cinq doigts, n'ont réel- 
lement que trois ongles , très forts , très solides, légè- 
rement convexes en dehors, quoique presque droits , 
et ils sont canaliculés en dessous , suivant leur lon- 
gueur. Ces ongles sont si remarquables qu'ils avaient 
fait donner au premier genre, qu'on a bien décrit, le 
nom de Trionyx , et que la famille a pu être désignée 
sous celui de Triony chidées . 

Toutes les particularités que nous venons d'énumé- 
rer suffisent pour faire distinguer cette famille de 
tous les autres genres ; les pattes palmées , à trois on- 
gles, les séparent des Chersites qui les ont en moi- 
gnon arrondi , et des Thalassites qui les offrent allon- 
gées en palettes. Les lèvres charnues qui garnissent 
les mâchoii^es, les dénotent, à la première inspection , 
comme étant différens de tous les Chéloniens. Cepen- 
dant cette famille forme évidemment la transition 
naturelle des Élodites, d'un côté par la Chélyde ou 
Matamata , qui a les os des mâchoires presque à nu , 
la carapace molle et presque flexible , le nez prolongé 
en tube; et d'un autre côté, avec les Thalassites^ et 



302 DÈS REPTILES. 

en particulier avec le genre Spliargis , par la nudité 
de la carapace et la vie tout-k-fait aquatique. 

Deux genres seulement appartiennent à cette fa- 
mille ; ils ont entre eux la plus grande analogie ; 
cependant la conformation du plastron est assez dif- 
férente ; puisque dans l'une les pattes ne sont pas 
rétractiles et ne peuvent être cachées entièrement sous 
la carapace , ce sont les Gjninopodes ^ ou le premier 
genre indiqué sous le nom de Trionyx. 

Dans le second genre, les pattes peuvent se retirer 
sous le plastron, dont la peau offre quatre ouvertures 
recouvertes cliacune d'une portion de peau libre, qui 
fait l'office d'un opercule , de sorte que l'animal peut 
rétracter toutes les parties de sgn corps sous la peau 
molle de la carapace , pour les abriter et les renfer- 
mer , comme dans une boîtCs ce qui a fait nommer ce 
gen re Crjptopode ( i ) . 

La quatrième et dernière famille comprend les Tor- 
tues mariçies, les plus grandes espèces, celles que 
nous désignons sous le nom de Thalassites , qu'on a 
appelées aussi les Chélonoïdes. Elles peuvent être 
ainsi caractérisées : leur carapace est très déprimée, 
en forme de cœur ; leur tête est pyramidale, terminée 
en avant par un bec crochu , garni ou recouvert de 
lames cornées , semblable à celui de certains Oiseaux 
de proie; leur tympan n'est pas visible, et elles rien 
ont réellement aucune trace au dehors ; leurs mem- 
bres sont aplatis en manière de rames ; les antérieurs 
sont beaucoup plus développés, et d'un tiers au moins 



(I) Dans la série naturelle, les Trionyx forment le genre 1 5c, sous 
le nom de Gymnopode (Gymnopus), et celui qui suit ou le 10", 
qu'on a appelé Cryptopus. 



CHÉLONIENS EN GÉNÉRAL. 363 

plus longs que les postérieurs; les nageoires ne peu- 
vent pas être retirées sous la carapace ; les doigts en 
sont très allongés, confondus dans la masse, non 
distincts au dehors , seulement on ohserve encore les 
traces d'un ou deux ongles sur le bord externe. Cette 
dernière circonstance de leur organisation les distin- 
gue de tous les autres genres ; et par conséquent, des 
trois autres familles avec lesquelles il devient superflu 
de les comparer, quoiqu'il y ait cependant beaucoup 
d'autres caractères distinctifs. 

D'après la forme de la carapace et la nature de ses 
enveloppes , on a partagé les esj:»èces de cette famille 
en deux genres : les unes l'ont couverte d'une peau 
coriace, ce sont les Sphargjs ou Coriudes; les autres 
l'ont couverte d'écaillés coi^nées ; on les désigne sous 
le nom générique de Chélonées. 

Nous venons d'exposer la manière dont tous les 
animaux de l'ordre qui comprend les Tortues, peu- 
vent être rangés les uns à la suite des autres, suivant 
leurs plus grandes affinités ; nous les avons distribués 
méthodiquement selon la série naturelle que les ob- 
servations faites jusqu'ici semblaient avoir indiquées. 
Pour diriger les recherches et faciliter la mémoire, 
nous allons maintenant appliquer à cet arrangement 
les procédés du système , ou les moyens que les natu- 
ralistes emploient si avantageusement en figurant 
dans un tableau analytique, la marche qui conduit , à 
l'aide de coupes dichotomiques, à la détermination 
des genres. 

C'est une sorte de résumé , réduit à ses plus sim- 
ples expressions, que nous présentons dans le tableau 
suivant ; 



364 



DES REPTILES. 



r TABLEAU SYNOPTIQUl 

PREMIER ORDRE 

Corps court, ovale j bomhé j, couvert d'une carapac 






' nageoires ou rames aplaties : 

IV. MARINES ou THAXASSITES. 



a carapace. 



V moignons arrondis , garnis de sabots : 
I. TERRESTRES ou CHERSITES 



pattes à . 



^à lèvres charnues; trois ongles : 

III. FLUVIALES ou POTAMITES à plastron. 



nues ; à plus de trois ongles : 
II. PALUDINES ou ÉLODITES 
à tête et cou rétractiles .... 



au milieu et sous la carapace ; 
à tête conique , yeux ialérau; 

CRTPTOVÈRES : 

à plastron . . . 



; sur les côtés; tête déprimée ; 
yeux en dessus : 

ULEURODÈRES , 

à OBgles , , 



CHÉLOIflÉNS £17 GÉNÉRAL. 365 

DES REPTILES. 

LES CHÉLONIENS. 

?£ dfun plastron : quatre pattes : point de dents. 



1^ cornée , écailleuse 18. Chélohék. 

^couverte d une peau coriace 17. Sphargts. 

/ non mobile : ( d'une seule pièce . 1 . Tortue, 
cinq doigts, dont un sans ongles l Carapace \ 

poslérieurement ; plastron. . < \ mobile derrière.. 2. Cinixts. 

\ mobile antérieurement 3. Pyxis. 

quatre doigts seulement , tous onguiculés. 4. Homopode. 

large, prolongé devant et derrière par des appendices formant 

la carapace 1 6. Cryptopode. 

étroit, sans appendices; peau de la carapace libre flottante sur 

les bords ..15, Gymnopode. 

( étroit, cruciforme; queue très longue 7. Émtsaure, 

non mobile? 

( large , ovale : f douze G. Émydk. 

à plaques au nombre de< 

( treize 9. Podocnémyhe 



raob"! ^seulement; cinq ongles i toutes les pattes 10. Sterkothère. 

I f une charnière unique 5. Cistude. 

\et en arrières 

(^deux cbarnières sur une pièce fixe. . . 8. Cihûsterne, 



.'en devant; quatre /^triangulaire : narines en trompe . . , . 14. Chélyde. 
t derrière : tête . . l 
cinq < (^ obtuse : narines simples 11. Platémyde. 

\à tous les pieds ; vingt-quatre plaques marginales 13. Pektonyx. 

quatre à tous les pieds ; vingt-cinq plaques marginales 42. Chélodine, 

m ,|--||, ,,v ' i r'r 'i ii fwi-T-irrT~— ™— — ~™*'— — '"°™""''"™"— °" 



366 CHÉLONIElSrS. 



CHA-PITRE II. 

DE l'organisation et des MOEURS DES CHÉLONIENS 
EN GÉNÉRAL. 

Déjà nous avons indiqué les caractères des Reptiles 
Chéloniens ; mais nous reproduisons ici, pour les 
faire ressortir davantage , les particularités suivantes 
et tout-à-fait distinctives : 

Corps à quatre pattes dont les formes sont varia- 
bles et à doigts le plus ordinairement garnis d'ongles. 

Tronc toujours plus large que haut, représentant 
en dessus une sorte de boîte résistante, formée par 
les vertèbres , et les côtes élargies , toutes soudées 
entre elles pour produire ainsi un bouclier, un test 
ou carapace solide , contenant en dedans les os de 
l'épaule et ceux du bassin ; protégé en dessous par un 
sternum large, solide , ou plastron osseux. 

Tête, cou et queue mobiles, souvent rétractiles, ou 
se cacbant en grande partie sous la carapace; à mâ- 
choires toujours sans dents; des yeux à paupières 
toujours au nombre de trois; jamais de cavité ou de 
conduit auditif externe libre ; narines antérieures ; 
simples ou tubulées; langue cliarnue , déprimée, 
courte 5 épaisse. 

Cloaque sous la queue, à orifice arrondi, plissé ; or- 
gane génital du mâle simple; oeufs ronds, à coque 
calcaire ; pas de métamorphose. 

Cette conformation des Chéloniens, si différente 
dans son ensemble , et par quelques unes des modifi- 



ORGANISATION DU MOUVEMENT. 36"] 

calions qu'elle présente , de celle des animaux qui 
appartiennent à la même classe , a dû exiger d'autres 
mœurs , déterminer d'autres Jiabitudes ; de sorte que 
leur manière de vivre est , pour ainsi dire , obligée , 
et même dénotée d'avance par la disposition de leurs 
organes. 

C'est pour arriver h cette connaissance, qu'à l'aide 
des observations fournies par l'étude de la structure , 
nous allons parcourir successivement, dans les ani- 
maux de cet ordre des Reptiles, les diverses fonctions 
qui seront examinées suivant la métbode que nous 
avons déjà employée , et que nous avons l'intention 
de suivre dans tout le cours de cet ouvrage, en com- 
mençant par les organes du mouvement, dans leur 
structure et leur action , et par suite en étudiant ceux 
de la sensibilité , de la nutrition et de la reproduction. 

Des Organes du Mouvement. 

La forme si particulière du corps, dans les Tor- 
tues en général, dépend évidemment de la disposition 
de leur charpente osseuse , qui est en grande partie 
extérieure ; de sorte que tous les organes actifs de 
l'animal sont réellement pi^otégés par une espèce de 
coffre ou de test, dont la carcasse est en dehors et 
peut recevoir, même souvent cacher entièrement la 
tête, le cou , les pattes et la queue ; ce qui leur a , dit- 
on , valu le nom sous lequel on les désigne (i). L'im- 
mobilité absolue de toutes les parties de ce tronc ; la 
longue persistance à l'état de repos, volontaire ou 
non , dont les Tortues sont douées ; la brièveté et le 

{^) A testdqm tegitur, Testudo nomçn l^h^i, Pline. 



368 tHÉLONIENS. 

grand écàrtemerit réciproque fie leurs pattes, qui ont 
beaucoup de force à employer non seulement pour 
soulever avec peine cette sorte de maison fort lourde , 
mais à la traîner lentement sur la terre , donnent à 
leur allure un caractère pliysiognomonique tout par- 
ticulier. 

On ne s'élonnera pas de retrouver dans les organes 
du mouvement cliez les Cliéloniens beaucoup de par- 
ticularités qui les distinguent de tous les autres ani- 
maux vertébrés. Ce sont, il est vrai, les mêmes pièces 
qui composent leur squelette; mais elles ont été con- 
sidérablement modifiées dans leurs formes, leurs 
jonctions, et même dans leurs usages. 

Ainsi l'écbine, qui porte la tête antérieurement, et 
qui se termine par la queue, n'est réellement mobile, 
le plus ordinairement^ que vers ces deux extrémités. 
La partie moyenne correspondant aU dos, aux lombes, 
et au sacrum, est formée d'os confondus et liés en une 
seule masse voûtée, à laquelle les côtes, considérable- 
ment élargies, se sont elles-mêmes réunies par des 
sutures engrenées, qui ont ainsi laissé la trace des 
pièces diverses qui leur correspondenî. 

Comme la région moyenne est la plus singulière, et 
que de ses formes dépend celle du reste du corps, 
nous allons en faire connaître la disposition d'une ma* 
nière générale. Elle est composée, avons-nous dit, de 
vertèbres dorsales ou tlioraciques, dont le nombre est 
presque constamment de buit; mais elles sont telle- 
ment jointes à celles des lombes ou du bassin, qu'on 
ne peut distinguer ces dernières que parce qu'elles 
donnent attaclie aux os des liancbes ou coxaux. Ces 
vertèbres sont réellement composées d'un corps ou 
portion située à l'intérieur au devant, ou plutôt au des- 



eUGAHES DU MOUVEMENT. 36^ 

Sous (îu canal racllidien , qui contient la moelle ner- 
veuse. Ce corps est légèrement comprimé de gauclie à 
droite, rétréci au milieu, oulégèrement renflé aux deux 
extrémités antérieure et postérieure, par lesquelles 
il s'articule avec celles des vertèbres qui précèdent ou 
qui suivent. C'est sur le point ou la ligne de cette 
jonction, qui n'est souvent indiquée cliez les jeunes in- 
dividus que par une marque transversale, sans carti- 
lage intermédiaire, que sont reçues, et toujours sou- 
dées cliez les adultes , de petites avances étroites des 
côtes. Cette série des corps vertébraux forme ainsi une 
ligne continue le long de la partie moyenne concave 
de la carapace. La portion supérieure ou intracanali- 
culaire du corps de cliaque vertèbre est légèrement 
creusée sur la longueur, et porte deux lames minces 
longitudinales, qui correspondent aux parties latérales 
de l'arc osseux postérieur ou. épineux des vertèbres. 
Mais ici toutes les apophyses manc[uent , les transver- 
sales , les articulaires, et les spinales : le tout est rem- 
placé par une large plaque , épaisse , solide , qui vient 
former la portion centrale de îa carapace. Ces plaques 
sont constam.ment au nombre de huit, comme les ver- 
tèbres , mais on ne peut les distinguer que dans le 
squelette, car dans l'état naturel elles sont cachées 
sous de grandes plaques de corne ou d'écailîe , poly- 
gones , plus ou moins épaisses , au nombre de cjuatre 
seulement dans la plupart des espèces, ou par une 
peau molle ou coriace, comme on l'observe cîiez les 
Potamites et dans les individus du genre Spliargis. Les 
vertèbres des Cliéloniens présentent encore d'autres 
particularités dans la région dorsale et sacrée. Elles 
livrent bien passage, entre les lames des arcs poste- 
rieurs et lesapnendices des côîcs,aux nerfs vertébraux 

REPTILES, I. 24 



3'JO CHÉLOKIENS. 

qui sortent du canal racliidien ; mais comme les côtes 
s'articulent chacune sur deux vertèbres différentes , la 
plaque qui forme la portion extérieure , ou qui revêt 
le canal vertébral, se prolonge en arrière, de manière 
que par ce bord postérieur cbacune d'elles recouvre 
près d'un tiers de la partie antérieure du corps de la 
vertèbre suivante, et que la désarticulation des clefs 
de cette sorte de voûte devient presque impossible, 
même par la macération ou l'ébullition la plus pro- 
longée, surtout dans les carapaces des Tortues adultes. 
Au reste, la forme de ces vertèbres, la disposition 
de leur corps , et surtout celle de la superficie des pla- 
ques dorsales, varient à l'infini dans les genres et dans 
les espèces, et se trouvent pour ainsi dire moulées sous 
les écailles ou sous la peau qui les recouvre , et elles en 
conservent les empreintes. > 

La portion postérieure de la carapace est terminée 
par les veitèbres sacrées ou pelviales, au nombre de 
deux ou trois pièces ou segmens réunis entre eux très 
solidement du côté du dos ; mais dans la région con- 
cave, les corps de ces vertèbres et leurs masses ou 
apophyses transversales les font distinguer. 

Les vertèbres du cou sont assez constamment au 
nombre de huit, quoique cette région soit sujette à 
varier en longueur ; mais dans ce cas, la différence est 
compensée par la plus ou moins grande étendue de 
chacune des pièces osseuses. On peut dire en général 
que les vertèbres cervicales ressemblent beaucoup à 
celles des Oiseaux ; elles permettent en effet des mou- 
vemens analogues. Quoique très mobiles, la solidité de 
leur union réciproque est assurée d'abord par des li- 
gamens nombreux , et favorisée par la disposition des 
apophyses obliques ou articulaires , et leur mobilité 



eKGAWES DU MOUVEMENT. St! 

est rendue très facile, soit dans le sens latéral, par le 
défaut des a popliyses transverses et par les écliancrures 
que laissent les trous de conjugaison par lesquels sor- 
tent les nerfs trachéliens ; soit dans la direction verti- 
cale, par la non courbure et le peu d'étendue en lon- 
gueur des apophyses épineuses postérieures , qui 
correspondent aux crêtes antérieures que chacun des 
corps porte en avant, et qui sont destinées aux attaches 
des muscles. 

C'est surtout le mode d'articulation intervertébral 
qui dénote, dans les diverses espèces, la manière dont le 
cou peut être retiré sous la carapace; tantôt dans le sens 
vei-tical , tantôt en se contournant latéralement. Dans 
les Elodites Cryptodères et dans les Cliersites, quoi- 
que les articulations intervertébrales aient lieu à peu 
près comme dans les Serpens , c'est-à-dire par des sur- 
faces concaves qui reçoivent des convexités enduites 
de cartilages , et qui sont recouvertes d'une membrane 
ou d'une capsule synoviale, il y a de très grandes diffé- 
rences dans chacune des vertèbres en particulier. Bo- 
janus(i),quilesa fait complètement connaître dans les 
figures qu'il a données de l'anatomie de l'Eniyde d'Eu- 
rope , a assigné des caractères à chacune de ces vertè- 
bres , qui sont très remarquables pour les suivantes. 

La huitième vertèbre du cou, la dernière mobilesiir 
la carapace , est reçue dans une cavité unique; elle ne 
porte en effet en arrière qu'un condyie, tandis qu'en 
avant, son corps offre deux convexités cori-espondantes 
aux, deux concavités de la septième vertèbre, qui est 
également creusée en avant de deux fosses pour recevoir 



(1) Tabula XIV ■, fig. SI, S2 , expliquées page 50. 



Si^â chêlûnîens. 

les deux eondyles postérieurs de la sixième vertèbre, 
laquelle a deux concavités en avant. On conçoit par Ik 
qu'il doit y avoir deux eondyles ou têtes convexes en 
arrière de la cinquième ; mais celîe-ci n'est creusée en 
avant que d'une seule fossette ; caria quatrième, qui la 
précède, porte devant et derrière un condyle unique , 
et c'est un caractère remarquable. La ti^oisième porte 
en avant un condyle et en arrière un creux. La seconde, 
qui est l'épistropliée , et qui porte l'os isolé qui corres- 
pond à l'apophyse odontoïde , la reçoit sur une petite 
convexité ; mais elle est creusée en arrière pour s'ap- 
puyer, comme nous venons de le dire, sur la troi- 
sième. Le petit os odontoïde qui vient s'articuler dans 
l'arc de l'atlas ou de la première vertèbre cervicale , 
offre une particularité, en ce que son extrémité supé- 
rieure s'élargit enforme deT, pours'accroclier en haut 
sur l'atlas, la tête étant fixée par son condyle à trois 
faces, et se mouvant ainsi avec l'atlas sur cette petite 
érainence comme sur un pivot. Reste donc la première 
vertèbre, qui est composée de trois pièces distinctes, 
même cliez les adultes. 

On voit en avant la fosse qui reçoit le condyle occipi- 
tal à trois facettes et les deux arcs postéiûeurs qui n'ont 
pas d'arête ou de crête postérieure, mais qui portent 
deux apopliyses transverses ainsi que les vertèbres sui- 
vantes. Telle est la structure remarquable de cette ré- 
gion, qui dénote d'assez gi^andes diiïérences dans les 
muscles destinés aux mouvemens de ces diverses piè- 
ces et qui sont très variables dans les espèces à cou 
non rétractile, ou quand le mouvement s'opère latéra- 
lement, comme dans les Pleurodères de la famille des 
Éloditcs. 

Les vertèbres de la queue varient beaucoup en nom- 



ORGANES DU MOUVEMENT. S^jS 

Lre , en longueur et même dans les formes , suivant les 
espèces. En général , comme les mâles ont cette région 
plus longue que les femelles, on remarque que ce pro- 
longement est dû à l'étendue plus considérable du 
corps des vertèbi'es qui en font partie. Le nombre total 
varie de vingt à quarante. Elles vont en diminuant de 
grosseur ; celles de la base ressemblent aux pelviales , 
avec cette différence qu'elles sont tout-h-fait libres et 
indépendantes delà carapace^ sous laquelle elles se 
meuvent. On y distingue un arc postérieur formé de 
trois ou quatre pièces qui entourent la moelle verté- 
brale, et qui correspondent aux lames des apopbyses 
épineuses et aux transverses, dont les premières sont 
très élargies. On voit, en avant ou au dessous, le corps 
qui sert aux articulations ; l'anneau disparaît complè- 
tement dans les deux tiers de la longueur de cette por- 
tion raclaidienne. Chaque os de la queue est alors réduit 
à un noyau osseux à peu près quadrilatère. C'est dans 
les Ghélonées et les Chersites que la queue est la plus 
courte , et dans les Emysaures qu'elle offre le plus de 
développement. Outre la longueur et la largeur de la 
queue , qui supporte les organes génitaux cbez les 
mâles , cette région offre dans quelques espèces des 
particularités notables. Ainsi, cliezla Tortue grecque, 
toutes les dernières vertèbres coccygiennes semblent 
confondues en un seul os qui occupe un grand tiers de 
la queue, vers son extrémité, tandis que dans la fe- 
melle ces pièces sont mobiles. 

Les côtes des Cbéloniens sont tout-à-fait remar- 
quables et différentes de celles de tous les autres ani- 
maux vertébrés. Elles ne servent plus du tout à la 
respiration, ni aux mouvemens, car toutes sont sou- 
dées entre elles et avec les vertèbres du dos , par des 



374 CHÉLONIEWS. 

articulations solides qui se pénètrent réciproquement 
à l'aide des enfoncemens et des saillies inverses que 
leurs bords présentent sur la tranche. Chacune d'elles , 
considérée isolément, se compose d'une portion large, 
ordinairement plus étroite de devant en arrière et 
allongée de dedans en dehors. Leur courbure varie 
suivant la convexité de la carapace dont elles font par- 
tie. Elles ont deux extrémités dontl'une est vertébrale 
et l'autre sternale. La première offre deux points d'ar- 
ticulation distincts pour se Joindre a trois vertèbres. 
Par l'une 5 qui est plus étroite et à l'intérieur de la ca- 
rapace , elle s'appuie sur le point de jonction de deux 
corps; et par l'autre, qui est beaucoup plus large, à 
la portion dorsale élargie de deux autres vertèbres. Il 
arrive de là, par exemple, que la deuxième côte se 
joint en dedans aux corps de la première et de la se- 
conde vertèbre, et en dehors aux portions dorsales élar- 
gies de la deuxième vertèbre et de la troisième. Cet en- 
grenage est, comme nous l'avons déjà indiqué, très 
fermement retenu par des bords absolument de même 
épaisseur : il en est de même des lames moyennes qui se 
joignent entre elles par des sutures dentelées, quelque- 
fois dans la totalité de leur longueur. D'après la forme 
générale de la carapace, les côtes antérieures et les posté- 
rieures sont ordinairement plus larges et plus courtes. 
C'est surtout par l'extrémité antérieure que les côtes des 
Tortues présentent de grandes différences. Il faut sa- 
voir d'abord que la carapace de la plupart des Tortues 
est bordée à sa circonférence par des pièces osseuses 
qui répondent vraisemblablement à ces cartilages ou à 
ces prolongemens osseux qui joignent le sternum aux 
côtes chez les Oiseaux. Mais ici les pièces forment un 
anneau complet, de sorte que plusieurs ne correspon- 



ORGAMES DU MOUVEMEICT. 3^5 

dent pas aux côtes , puisque celles-ci sont au nombre 
de huit et qu'il existe huit ou dix pièces surnuméraires 
et quelquefois au-delà ; cependant dans le plus grand 
nombre des espèces les huit pièces latérales de chaque 
côté reçoivent dans des cavités qui sont propres à cha- 
cune d'elles, et par unbord élargi, l'extrémité externe 
ou sternale de la côte. De cette manière, tout le bord 
de la carapace est formé par ces lames costo-sternales. 
Dans les Thalassites et les Potamites , surtout lorsque 
les individus sont encore jeunes, les côtes sont beau- 
coup plus étroites et non soudées entre elles vers les 
extrémités sternales; tandis qu'au contraire elles le 
sont constamment et dès le plus jeune âge chez les 
Chersitesetla plupart des Elodites.Chez lesTrionyx, 
ou plutôt dans toute la famille des Potamites, il n'y a 
pas de ces pièces osseuses du limbe, que nous nom- 
merons marginales. Dans la plupart des carapaces, 
ces os limbaires ou marginaux sont au nombre de 
vingt-cinq à vingt-six. Les moyennes antérieures sont 
nommées /zMcAa/ej", elles sont quelquefois impaires; il 
en estde même delà postérieure, qu'on appelle suscau- 
J«Ze; les autres sont paires : deux ou trois antérieures 
de chaque côié sont articulées surlebord antérieurde 
la première côte; de même pour les pièces paires voi- 
sinesde la plaque suscaudale. Celles qui sejoignentaux 
côtes s'y soudent complètement ; mais dans quelques 
individus elles sont véritablement engrenées. 

Au reste , les pièces osseuses du limbe qui corres- 
pondent aux cai^tilages costaux, quoique en nombre à 
peu près constant, varient considérablement pour la 
forme dans les familles , dans les genres et dans les 
espèces; c'est ce que nous aurons le soin d'indiquer 
aux articles qui les concerneront. 



876 CHÉLOWlEKfS. 

Le plastron des Chéloniens, qui est un véritable 

sternum extérieur très développé, présente les mo- 
difications les plus importantes : aussi la plupart des 
genresont-ilsemprunté leurs caractères et quelquefois 
leur nom, de ses formes et de ses usages variés. En gé- 
néral il couvre toute la pai-tie inférieure de l'abdomen, 
et il vient occuper complètement l'espace que laisse 
transversalement la carapace dans sa plus grande lar- 
geur : à cet égard, il y a quelque analogie avec le ster- 
num des Oiseaux, surtout cliez les Palmipèdes. Nous 
verrons par la suite que les Crocodiles , beaucoup de 
Batraciens Anoures , ont aussi un sternum prolongé 
sur les viscères du ventre pour les protéger. 

Le plus souvent le sternum est formé de neuf pièces, 
quatre paires latérales et une antérieure qui est symé- 
trique ou impaire. Leurs formes varient à l'infini. On 
peut dire cependant que l'impaire est le plus souvent 
renfermée comme un coin entre les quatreantérieures. 
Pour en prendre une idée exacte, nous conseillerons 
de consulter les figures qu'en ont données, dans les 
ouvrages cités, MM. Cuvier (i) et Bojanus(2). 

Dans toutes les Cliersites et cliez la plupart des 
Elodites, le sternum est solide dans sa totalité lors- 
que l'animal est adulte; mais dans les Thalassites et 
les Potamites , les pièces antérieures paires et les pos- 
térieures sont très grêles et étroites. Elles forment 
un cadre appuyé latéralement sur les pièces ïnoyennes; 
elles sont plus larges et profondément dentelées , de 



(1) Cuvier , Recherches sur les ossemens fossiles. In-4° , 1S24, 
Tome V, 2" panie , p. 203 , pi. xii et xm. 

(2) BojAKUs, Anatome Testudims Europeœ , t^\. m, fïg. 7, et iv, 



ORGAKES DU MOUVEMENT. 3']'] 

manière à simuler , jusqu'à un certain point, dans les 
grandes espèces , cette portion élargie des cornes ou 
des bois de quelques Cerfs , comme dans les Daims et 
les Élans , et ce qu'on nomme des empanmures. A tel 
point qu'un géologiste a fait figurer dans l'iiistoire de 
la montagne de Saint-Pierre de Maêstreiclit les restes 
fossiles d'une Cliélonée comme des portions de Lois 
d'Elan. Les Potaniites ont le sternum non entièrement 
osseux au milieu ; mais les plaques latéi^ales , à l'op- 
posé des Thalassites , sont beaucoup plus larges que 
longues. 

C'est dans les Cliersites , ou Tortues terrestres , que 
le plastron présente le plus de solidité et tout à la 
fois des différences plus notables. Ainsi dans toutes 
les espèces il est, comme nous venons de le dire, 
complètement osseux et en même temps uni h la cara- 
pace par une large surface , quelquefois légèrement 
mobile; mais le plus souvent tout-h~fait soudé par une 
symphyse. Presque toujours il offre une écbancrure 
devant et derrière ; quelquefois cependant il est tron- 
qué ou prolongé en pointe et non arrondi jcomme dans 
les Elodites. 

Il en est à peu près de même pour l'articulation dans 
les Elodites Cryptodères , chez lesquelles le sternum 
est presque tout-k-fait immobile sur la carapace , à 
l'exception du genre Cistude. Cependant, les pièces 
qui le composent peu /eut se mouvoir transversalement 
les unes sur les autres , comme sur une charnière. 
Ainsi , dans le genre Cinosterne , le plastron offre deux 
battans mobiles, l'un devant et l'autre dei^rière ; mais il 
y a une pièce fixe, intermédiaire ; de sorte qu'il existe 
réellement deux charnières. Dans la Sternothère , le 
plastron n'offre qu'un seul battant mobile. Dans la 



878 CHÉLONIEKS. 

Cistude 5 le plastron n'a qu'une articulation moyenne, 
et les battans sont mobiles sur une^ même et seule 
ligne transversale. 

Parmi les Elodites Pieurodères, la foi'me et la 
composition du sternum présentent de grandes diffé- 
rences. Dans la Cliélyde ou Matamata , le plastron est 
étroit, allongé, solidement articulé sur les pièces 
costales du limbe ; en dessus , ou du côté de l'abdo- 
men , il offre une particularité en ce qu'il est soudé 
aux parties des os du bassin qui représentent l'ischion 
et le pubis. 

Dans l'Ëmysaure, le plastron ne protège plus l'ab- 
domen que d'une manière très incomplète : il est 
étroit , terminé en avant et en arrière par une pointe 
enveloppée de la peau ; il s'élargit dans la partie 
moyenne pour aller rejoindre les bords de la carapace. 

Au reste, les différences les plus notables qu'offre 
le plastron , viennent de la manière dont il s'unit aux 
bords libres de la carapace. Ainsi, dans les Tlialas- 
sites, il est continu aux pièces du limbe par de simples 
fibres cartilagineuses; cliez les Poîamites, le plastron 
est entièrement débordé par les lames flottantes de 
la peau du bouclier. Les Elodites offrent des modifi- 
cations suivant les genres. Cbez la plupart desCrypto- 
dères, le bord externe du sternum se joint au limbe en 
formant avec lui un angle trancliant. Les Pieurodères 
varient beaucoup à cet égard ; mais dans les Cliersites, 
le plastron est constamment uni à la carapace par des 
pièces larges , arrondies au point de leurs jonctions. 
Aussi l'a-t-on désigné par le nom de cruciforme. 

Cette portion centrale du tronc étant, par sa con- 
formation tout-à-fait particulière et surtout par sa 
position , la cause des principales modifications que 



ORGANES DU MOtTVEMENT. S^g 

les Gliéloniens présentent, et dans leurs mouvemens, 
et dans les organes actifs qui les produisent, nous 
croyons devoir en parler d'abord, pour étudier en- 
suite les parties du squelette qui forment les mem- 
bres et les muscles qui en déterminent les mouve- 
niens. 

Toutes les pièces de l'écliine , dans la région du dos 
et des lombes , éXant soudées , et par conséquent im- 
mobiles , à l'exception , peut-être , de ce qui doit être 
dans les individus du genre Cinixys que nous n'avons 
pas eu occasion d'étudier, il en résulte qu'il n'y a 
réellement pas de muscles spinaux dans celte région. 
Cependant Bojanus a figuré un muscle qui, de l'inté- 
rieur de la carapace', attaclié aux intervalles compris 
entre les côtes et les vertèbres sous leur bifurcation, 
vient, en se dirigeant de derrière en devant, se porter 
sur l'arc postérieur de la dernière cei"vicale , qu'il doit 
tendre à relever par ses contractions. 

Les muscles du cou sont à peu près semblables à 
ceux des Oiseaux, et toute la puissance des autres 
muscles oblitérés semble s'être transpoilée sur cette 
région, qui est en effet la plus cliarnue et la plus mobile. 
Car c'est le support de la tête, que l'animal doit pou- 
voir diriger dans tous les sens possibles. Les animaux 
de cet ordre présentent une triple manière de mou- 
voir cette partie , suivant que la tête est toujours 
au dehors de la carapace , sans pouvoir y rentrer, ou 
suivant qu'elle est rétraclile de deux façons; tantôt de 
liaut en bas, le cou se pliant deux fois en Z, d'a- 
bord au moyen de la dernière cervicale sur l'échiné, 
dans la région du dos ; puis à la jonction de la qua- 
trième vertèbre avec la cinquième. Dans le troisième 
mode , le cou peut se contourner latéralement à droite 



380 , CHÉLONIEKTS. 

OU à gauche, comme nous l'avons déjà indiqué, en 
parlant des Elodites Pieurodères. 

Nous ne décrirons pas ici tous ces muscles. On les 
trouvera parfaitement indiqués dans les deux ou- 
vrages de Meckel et de Bojanus (i), nous dirons seu- 
lement d'une manière générale qu'ils correspondent 
en grande partie à ceux des Mammifères. Nous les 
avons décrits nous-mêmes avec assez de soin , dans le 
premier volume des leçons d'Anatomie comparée de 
M. Cuvier (2), d'après une Cliélonée. Les modifica- 
tions sont d'ailleurs trop nombreuses pour qu'il soit 
possible de les exposer dans un ouvrage tel que celui- 
ci, où nous ne devons que faire connaître les formes 
de l'organisation générale et les mœurs. 

Dans la plupart des espèces de Cliéloniens on ob- 
serve un muscle de la peau, excessivement développé, 
dans la région du cou. Il a des fibres disposées pres- 
que transversalement, et il donne à celte partie du 
corps un aspect tout-à-fait singulier, lorsqu'il est mis 
à nu par la dissection. C'est à ce muscle peaucier du 
cou, qui s'attache au crâne, aux mâchoires d'une 
part , et d'autre part à la carapace et au sternum , 
pour former ensuite une gaine à fibres circulaires au- 
tour des muscles du cou, qu'est due cette disposition 
de la peau qui permet h la tête d'y rentrer et de s'en 
recouvrir comme d'une sorte de capuchon , pouvant 
se resserrer suivant la nécessité et le danger que peut 
prévoir l'animal. 



(1) Meckel (J.-F.) , Traité général d'Anatomie comparée, traduc- 
tion française , lome V, page 234. — Bojakus, ouvrage cité, pi. xvii, 
xviii, XIX et XX. 

(2) Tome i*^"-, pag. 193 et 238. 



ÔRdrANÈS VXi MOUVEMENT. 38 î 

Les muscles destinés à mouvoir la queue sont ana- 
logues à ceux des Mammifères ; ils sont propres a dé- 
terminer le redressement ou l'extension , la flexion ou 
l'abaissement, et les mouvemens latéraux. Ils varient, 
comme on le conçoit , d'après la longueur et le déve- 
loppement de la queue. C'est chez les Tortues terres- 
tres qu'ils sont le moins développés , et dans les 
Émysaures, où leur énergie est plus apparente. Au 
reste, la grosseur et la force de la queue, qui sont plus 
remarquables cbez les mâles, dépendent de la circons- 
tance que le cloaque se trouve à sa base , et que c'est 
là où est logé l'organe unique qui sert à la transmission 
de riiumeur prolifique dans l'acte de la copulation. 

On doit présumer que les muscles du bas-venire 
sont peu développés chez les Chéloniens. Cependant 
quelques espèces , pouvant dans certains genres mou- 
voir les battans mobiles de leur plastron , des muscles 
assez forts produisent cet effet par leur contraction, 
mais souvent ils n'ont pas d'antagonistes; la seule 
élasticité des fibres ligamenteuses ramenant la pièce 
dérangée à son état primitif. Quelques uns aussi sont 
destinés à agir sur les os du bassin , quand cette par- 
tie est mobile, ce qui est le cas le plus ordinaire. Les 
Chéloniens offrent même une circonstance toute par- 
ticulière ; c'est qu'il reste chez eux une sorte de rudi- 
ment de diaphragme qui est à la vérité incomplet 
dans sa portion antérieure, où ses fibres viennent se 
perdre de l'un et de l'autre côté sur le péricarde et sur 
le péritoine; mais les poumons sont en arrière, et 
quelques expansions de ce muscle se fixent même à 
la plèvre qui recouvre ces organes. 

Les membres des Pveptiles Chéloniens diffèrent 
beaucoup par leur position, leurs formes et leurs mus- 



382 CHÉLONIENS. 

des , de ceux de la plupart des animaux vertébrés des 
classes supérieures. D'abord, pour les membres an- 
térieurs, la singulière situation des os de l'épaule dans 
la cavité même des côtes, et leur attaclie sous la co- 
lonne vertébrale, est un exemple unique parmi les 
animaux ; il en est de même des os du bras qui se 
trouvent ainsi renfermés dans la poitrine, entre le 
plastron et les côtes. Bojanus (i) et M. Guvier (2), ont 
donné d'excellentes figures qui feront mieux com- 
prendre les détails dans lesquels nous allons entrer. 

Les os de l'épaule ressemblent jusqu'à un certain 
point a un bassin. Ils paraissent formés de trois pièces; 
deux supérieures, le plus ordinairement allongées, 
grêles, dont l'une correspond à l'omoplate ou scapu- 
îum, et l'autre à une apopliyse acromion excessivement 
développée. Ces deux pièces se joignent pour faire par 
tie de la cavité glénoïde; mais cette articulation se 
trouve complétée par une troisième pièce qui cor- 
respond probablement a la clavicule. Cette portion 
des os de l'épaule est la plus large, elle va surtout, en 
s'étendant comme une lame, se joindre au plastron, 
vers la région correspondante à la pièce impaire, qui 
est la neuvième dont nous avons parlé. Dans les 
Ciiersites cette portion est courte; elle n'a guère que 
le tiers en longueur des deux autres pièces ; dans les 
Thalassiles elle a plus du double en étendue, et pro- 
portionnellement elle est beaucoup plus étroite : chez 
la plupart des Élodites Cryptodères elle est à peu 
près égale en longueur. Son extrémité libre ou ster- 



(1) Ouvrage cité sur l'analomie de la Tortue, pi. ym et siy. 

(2) Recherches sur les ossemens fossiles, tome v, 2° partie, pi. 
XII, page 210. 



ORGANES DU MOUVEMENT. 383 

nale est large , aplatie et simule l'omoplate des Mam- 
mifères ; dans les Potamites cette portion sternale est 
encore plus développée. 

L'os du bras, dans tous les Cliéloniens, paraît être 
contourné sur lui-même , et courbé sur sa longueur 
pour s'accommoder à la cavité de la carapace : il res- 
semble un peu à un fémur, par la saillie que fait en 
dehors la tête articulaire reçue dans la cavité des os 
de l'épaule, et surtout par le développement des tu- 
bérosités destinées à l'attache des muscles, et qui re- 
présenteraient ici un véritable trochanter. La partie 
moyenne de l'os est souvent aplatie. L'extrémité infé- 
rieure, celle qui est destinée a l'articulation des os de 
l'avant-bras, présente une poulie peu concave sur la- 
quelle s'articulent en même temps le radius et le cubi- 
tus , chacun sur une sorte de condyle. Ces deux os de 
l'avant bras sont en général aplatis eux-mêmes , et ne 
peuvent se mouvoir l'un sur l'autre. L'os du rayon 
descend un peu plus bas du côté du carpe, il est 
souvent plus grêle que celui du coude , qui dans l'ar- 
ticulation humérale est plus élevé. 

C'est principalement dans la région qui correspond 
h la main, que les Chéloriiens présentent, comme il 
était présumable, les plus grandes différences dans 
les os. Chez les Thalassites toute la nageoire, déprimée, 
a laissé des traces d'aplatissement au poignet, au mé- 
tacarpe et aux phalanges. Il y a jusqu'à neuf os au 
carpe ; deux fort larges sur une première rangée ; 
deux petits font une seconde rangée destinée à rece- 
voir le pouce et le deuxième doigt, par l'intermé- 
diaire de l'un des cinq os de la troisième rangée ; parmi 
ceux-ci il en est un plus gros , libre et hors de rang ; 
il est situé du côté du petit doigt ou du cubitus. 



384 C,B:éLOHlËNS. 

Les os des doigts sont plats , allongés, lenï" iioïnirê 
varie dans les cinq doigts , il y en a quatre pour les 
trois intermédiaires, quoique de longueur diverse, 
puisque le troisième est le plus étendu, puis le qua- 
trième et enfin le second. Le pouce et le petit doigt, 
qui ne diffèrent que pour la largeur, n'ont cliacun que 
trois phalanges, en regardant comme telle l'os du mé- 
tacarpe, ainsi que nous venons de le faire pour les 
autres doigts. 

Dans les Cîiersites, ou Tortues terrestres , on trouve 
une disposition de la main tout- à-fait inverse. Quoique 
les os de l'avant-bras soient très larges , le carpe qui 
les suit n'est composé que de trois osselets : l'un , 
plus large et court, qui reçoit les trois doigts inter- 
nes ; un autre semblable pour les deux externes ; le 
ti'oisième est intra-articulaire;ii est enclavé au centre 
des quatre os, savoir : les deux de l'avant-bras et les 
deux du carpe. Les plialanges, qui sont excessive- 
ment petites et presque cubiques , sont cbacune dis- 
posées sur trois rangées et au nombre de trois. Les 
os du métacarpe qui les soutiennent sont encore plus 
courts qu'elles-mêmes. C'est une conséquence de la 
forme rabougrie du moignon. 

Cliez les Élodites , les formes de la main varient ; 
mais les doigts étant généralement plus mobiles, le 
carpe et le métacarpe sont formés par des os mieux 
conformés pour le mouvenient. Le nombre des plia- 
îanges est à peu près le même que dans les Cbélonées, 
et les Potamites ne diffèrent que parce que les os on- 
guéaux des trois doigts internes sont excessivement 
développés, et ont presque le double en longueur des 
phalanges qui les précèdent ; tandis que ces mêmes 
os qui terminent les deux doigts internes, sont excès- 



ORGANES DU MOVVEMENT. 385 

sivêment petîts , parce qu'ils sont dénués d'ongles et 
cachés dans l'épaisseur de la peau. 

Nous indiquerons de suite les particularités que 
présentent les Chéloniens dans la composition des 
diverses régions de leurs membres postérieurs, qui 
ne diffèrent essentiellement des antérieurs que par la 
structure et la position des os du bassin. 

Comme dans les Mammifères , on y observe les 
trois os de la hanche : l'iléon , Tischion et le pubis, 
qui concourent à la formation de la cavité cotyloïde 
destinée à recevoir la tête du fémur. Celui de ces os 
qui se fixe solidement dans quelques cas , ou qui s'ar- 
ticule dans d'autres avec les vertèbres du sacrum, 
quelquefois avec la huitième côte , est l'os iléon. Cet os 
est court , large et épais dans la Chélyde Matamata et 
dans les Chersites; mais en général c'est celui qui est 
le plus long : les os pubis et ischion sont dirigés vers le 
sternum ; ils se soudent entre eux en laissant au mi- 
lieu de la largeur qu'ils présentent un espace libre 
ovalaire qui est le trou sous-pubien. Cependant dans 
les Thalassites et les Potamites, les ischions sont 
petits relativement aux pubis, et le trou sous-pubien 
est une grande ouverture. De tous les bassins de Ché- 
loniens, celui des Chélydes est le plus remarquable, 
en ce qu'il unit le plastron d'une manière solide avec 
la partie postérieure de la carapace. 

L'os de la cuisse pourrait être confondu au pre- 
mier aspect avec celui d'un Mammifère ; il offre 
une tête, des trochanters, souvent une crête saillante 
destinée à l'attache des muscles qui meuvent cet os sur 
le bassin. Son autre extrémité se termine par un 
double condyle peu prononcé qui reçoit les deux pe- 
tites cavités des os de la jambe. En proportion des os 
REPTILES, I. a5 



386 CHÉLONIENS. 

du bras correspondans, les fémurs sont plus longs cliez 
les mêmes espèces, et un peu plus courbés dans le 
sens qui répond aux articulations supérieures et infé- 
rieures. 

Quant aux os de la jambe, le tibia et le péroné, 
qui ont la plus grande analogie de forme et d'usage 
avec ceux de l'avant-bras, ils sont relativement plus 
allongés et un peu plus séparés l'un de l'autre. 

Comme les os des pattes postérieures ont de grands 
rapports de forme et de structure avec ceux des mains, 
il n'y a pas d'autres différences que celles des pro- 
portions qui sont fort notables dans les Tlialassites, 
dont les nageoires antérieures ont un développe- 
ment double ou triple de celui des postérieures. 

Les muscles destinés à mouvoir les diverses parties 
des membres, ont éprouvé des modifications impor- 
tantes cliez les Cliéloniens, principalement ceux qui 
se fixent aux os de l'épaule et du bassin. Le déve- 
loppement excessif de ces os est en rapport avec le 
volume des faisceaux de fibres qui s'y fixent, soit 
pour y trouver de la résistance ou un point fixe , 
soit pour communiquer le mouvement. Ces muscles 
ont été parfaitement décrits et figurés par Bojanus (i) 
d'après l'Emyde d'Europe ; mais on conçoit qu'ils 
ont dii varier suivant que les pattes sont disposées en 
nageoires, ou qu'elles se terminent par des moignons, 
comme cliez les Tortues terrestres. 

On comprend que les muscles du bassin et de l'é- 
paule, et même ceux du baut du bras et de la cuisse, 
doivent avoir leurs fibres souvent atlacliées aux os de 
la carapace ou du plastron; de sorte que ce sont des 

(1) Ouvrage cité, planches xv xvi, xvni, xix et xx. 



ORGANES DU MOUVEMENT. 887 

muscles internes, analogues pour leurs attaches a 
ceux des Crustacés et des Insectes. 

Il nous est impossible d'entrer dans ces détails, 
qui n'intéressent au reste que les anatomistes. Nous 
en avons donné davantage sur les os, parce que la 
structure de ces animaux peut faire reconnaître, dans 
les débris fossiles, des fragmens de parties qui dé- 
notent à l'instant même le caractère et la nature de 
ces sortes de monumens qui ont transmis à la pos- 
térité les marques visibles des grandes catastrophes 
que notre globe a éprouvées. Car il est arrivé 
trop souvent que des portions de carapace ont été 
prises, en raison de leur courbure et de leurs su- 
tures dentelées, pour des fragmens de crânes énor- 
mes ; que les omoplates, les pubis élargis ou les 
pièces dentelées du plastron de quelques Thalassites 
ont été regardés et décrits comme des merrains ou 
des empaumures d'énormes Cerfs : et de là des hypo- 
thèses sur la nature des terrains enfouis tantôt par 
une révolution volcanique, tantôt par un événement 
neptunien. 

En définitive , les organes du mouvement chez les 
Ghéloniens sont parfaitement d'accord avec leurs ha- 
bitudes, et dénotent d'avance la différence de leurs 
mœurs et de leurs modes de progression. 

Les Thalassites et les Potamites nagent facilement 
à l'aide de leurs bras et de leurs pattes postérieures 
changées en rames et douées d'une très grande force 
musculaire. 

Les Chersites ne peuvent que se traîner lentement 
sur la terre; elles périraient dans les eaux si elles 
vivaient dans leur voisinage : aussi ne les rencontre- 
t-on que sur des terrains très secs. 

35. 



388 cfîÉLôîîiÉi^s. 

Les Éloditeâ sont peur ainsi dire intermédiaires 5 
et parmi elles il est des espèces qui sont plus aqua- 
tiques que terrestres, et dont la structure indique 
des habitudes inverses. 

Hous l'avons déjà dit, cliez toutes les espèces, les 
pattes sont trop éloignées du centre de pesanteur; 
elles sont trop courtes pour pouvoir soutenir long- 
temps le poids du corps ; de sorte que ces animaux 
se meuvent en se traînant, le plastron appuyé presque 
toujours sur le sol, et à cliaque mouvement de progres- 
sion ils cliancellent , et leur marche est incertaine 
et d'une lenteur extrême. 

'Des Organes de la Sensibilité. 

En traitant de l'organisation des Reptiles en géné- 
ral, nous avons fait connaître la disposition du système 
nerveux et de chacun des sens en particulier, dans les 
différens ordres. Nous n'aurons donc à exposer ici 
que les modifications principales , offertes par les 
espèces deChéloniens qui nous présenteront les varié- 
tés les plus importantes. 

Nous commencerons par rappeler que les animaux 
de cet ordre , par la nature et la disposition bizarre 
de leurs tégumens , paraissent privés , en grande par- 
tie, de la sensibilité extérieure, générale et passive , 
car chez les espèces terrestres , et même dans le plus 
grand nombre de celles qui vivent constamment dans 
l'eau , le corps est protégé en dehors par une sub- 
stance écailleuse, étalée en grandes plaques sur les 
os ; cette matière est insensible par elle-même , puis- 
qu'elle est privée de nerfs, et que, par conséquent , 
elle doit recevoir peu d'influences de la part des 



SENSIBILITÉ. 389 

agens généraux de la nature , tels que celles de la 
lumière, de l'éleciricité, et surtout du calorique, dont 
elle n'est pas conductrice. 

Nous répéterons également que l'action nerveuse 
intérieure, ce qu'on a nommé la sensibilité organi- 
que, semble , au contraire, développée a un très haut 
degré; de sorte que, dans quelques circonstances, les 
organes , malgré qu'ils aient été isolés de la masse 
de 1 individu, conservent encore long-temps quelques 
unes de leurs facultés. En effet, l'irritabilité muscu- 
laire , celle dont nous pouvons mieux apprécier l'ac- 
tion , se manifeste par des mouvemens dans les 
extrémités et sur d'autres parties très charnues , plu- 
sieurs jours après la mort apparente de l'animal, et 
même dans quelques uns de ses membres lorsqu'ils 
sont séparés du tronc. 

Il y a certainement des variétés nombreuses dans 
les foi-mes et les proportions de la masse du cerveau , 
du cervelet et de la moelle nerveuse ; mais ces diffé- 
rences n'offrent rien d'essentiel. Elles dépendent, en 
général, de la conformation de la tête plus ou m.oins 
étendue en hauteur ou en largeur, et encore la cavité 
du crâne ne participe-t-elle pas toujours à ce que sem- 
ble indiquer l'apparence extérieure (1). L'origine des 
nerfs cérébraux, leur sortie du crâne et leur distribu- 
tion dans les organes, ne nous ont rien offert de très 
important à noter ici. Bojanus (2) qui a suivi avec 
beaucoup de soins tous les détails decette partie de l'or- 
ganisation dans l'Émyde , et qui en a donné d'excel- 



(i) Voyez dans ce présent volume, pages 57 et 60. 
(2) Ouvrage cité, planches xxii, xxui, xxiv, et xxv, pages 95 et 
suivantes. 



Sgo CHÉLONIENS. 

lentes figures, ne nous apprend rien de particulier à 
cet égard. Cependant comme ce travail est complet , 
il doit être consulté pour toutes les reclierclies anaio- 
miques que l'on pourra faire ultérieurement sur les 
Chéloniens. 

Quant aux organes des sens, les Pveptiles dont nous 
faisons Fliistoire offrent des particularités nombreu- 
ses que nous allons relater. 

4° Le Toucher. La plupart des Chéloniens sont réel- 
lement ou paraissent au moins devoir être peu im- 
pressionnés par le contact matériel et passif des objets 
extérieurs, et même leur tact, ou leur touclier actif, 
est bien peu favorisé par la conformation des membres 
ou des autres appendices qui pourraient leur suppléer. 
Les tégumens qui correspondent au tronc sont le 
plus souvent entièrement osseux et recouverts de pla- 
ques cornées dont l'épaisseur et la disposition varient. 
Ces régions du corps , ainsi revêtues d'un épiderme 
insensible, sont presque à l'abri de l'action physique 
des corps qui les environnent et dont elles paraissent 
isolées. Les Potamites et les Spliargis ont seules la 
carapace et le plastron revêtus d'une peau coriace, 
épaisse, ridée, plus ou moins tuberculeuse. Dans 
tous les autres Chéloniens on voit les os de l'échiné 
dorsale, lombaire et sacrée j les côtes, leurs prolon- 
gemens , et les pièces du sternum, couverts constam- 
ment de plaques de formes diverses , mais à peu près 
constantes pour la disposition et le nombre , de ma- 
nière que les naturalistes ont désigné ces plaques sous 
des noms divers, et qu'ils ont empruntés des caractères 
de leur configuration et de leui's rapports réciproques, 
comme nous le ferons connaître bientôt. 

Dans la plupart des Chéloniens les os de la tête 



SENSIBILITÉ j TOUCHER. 89 1 

sont aussi immédiatement recouverts, soit par une 
peau très épaisse, soit par des écailles ou des plaques 
divisées en petits compartimens qui semblent être 
sertis entre eux par leurs Lords. On n'aperçoit que 
les lignes de démarcation auxquelles on a donné des 
noms qui , pour la plupai-t , indiquent leur position 
sur les diverses régions du crâne , de la face des mâ- 
clioires , etc. 

Les seules parties du corps recouvertes de la peau 
flexible , d'un véritable cuir , sont les régions du cou , 
de la queue , de la partie postérieure de l'abdomen et 
de l'origine des membres, quelquefois dans la totalité 
de leur étendue. 

Cette peau est véritablement coriace, cependant on 
a suivi dans son éoaisseur la distribution des nerfs , 
et il est évident qu'elle est sensible au contact et à 
l'action des irritans. Quelques genres parmi les Élo- 
dites Pleurodères, telles que les Cliélydes , ont des 
lambeaux de leur peau flottans sous le cou, sous le 
menton , et même des sortes d'appendices charnus 
vers les oreilles 5 il faut remarquer que ce sont des 
espèces très aquatiques. Le prolongement des narines 
en une sorte de tube mobile chez les Potamites et dans 
la Matamata , peut aussi donner à ces animaux quel- 
ques impressions tactiles ; mais son principal usage 
est, comme nous le verrons, de faciliter le mode de 
respiration aérienne, lorsque tout le corps est plongé 
sous l'eau. 

Nous avons déjà vu que les pattes des Gbéloniens, 
comparées à celles des autres Reptiles , étaient le moins 
bien conformées pour procurer la tactilité. En effet, en 
examinant leur disposition dans les quatre familles , 
on reconnaît que chez les Thalassites les doigts sont 



SgS CHÉLONIENS. 

aplatis, enveloppés d'une sorte de cuîr épais , fibreux, 
souvent protégés par des plaques solides qui^donnent 
à ces organes la forme d'une palette élargie qui fait 
l'office de rames. Dans les Potamites , ces mêmes pat- 
tes sont encore des nageoires , et quoique les doigts 
s'y distinguent mieux et que trois d'entre eux, et quel- 
quefois quatre, soient munis d'ongles très longs et 
fort acérés, la peau qui les unit, et qui souvent les dé- 
borde, empêche qu'ils puissent s'appliquer sur la 
surface des corps , pour en explorer les qualités tan- 
gibles. Nous devons rappeler que les Cliersites ou 
Tortues de terre ont les pattes plus mal conformées 
encore sous le rapport du toucher, puisque tous leurs 
doigts sont réunis en une seule masse informe en ap- 
parence , qui paraît être un membre tronqué , un véri- 
table moignon difforme, qui fait que l'animal est pied- 
bot des quatre pattes. Il ne reste donc quelesElodites, 
chez lesquelles les doigts soient distincts et passable- 
ment mobiles ; encore le plus souvent, entre les pha- 
langes sont placées des membranes qui empêchent la 
patte de s'appliquer sur la surface des corps dont 
elle pourrait reconnaître la nature ; ainsi , il est évi- 
dent que les Chéloniens sont à peu près privés du 
sens du toucher actif. 

Cependant, puisque nous venons de parler de la 
peau des animaux de cet ordre , nous saisirons cette 
occasion de faire connaître la nature particulière des 
plaques cornées qui recouvrent la carapace et le plas- 
tron. La matière qui les forme doit être sécrétée d'une 
manière régulière , car très souvent il reste sur leur 
superficie des lignes alternativement enfoncées et 
saillantes parfaitement disposées en quadrilles qui dé- 
notent leur mode d'accroissement par ces sortes de 



SENSIBILITÉ, TOUCHER. SqS 

couches successives. Cette disposition est surtout re- 
marquable dans les plaques carrées qui garnissent le 
centre de la carapace dans les Tortues de terre. Nous 
avons quelques raisons de croire que , chez quelques 
Emydes au moins, cette matière cornée se renouvelle 
en entier à certaines époques ; car sur un jeune indi- 
vidu que nous avons conservé vivant pendant plus de 
trois années, nous avons vu s'opérer cette sorte de 
mue, et quand toutes les écailles ont été détachées, 
nous avons remarqué qu'il en existait d'autres en des- 
sous beaucoup plus fines et mieux colorées. Peut-être 
était-ce le résultat d'une maladie, car l'animal est 
mort en effet quelques mois après. Quoi qu'il en soit, 
cette matière cornée, cet épiderme singulier est com- 
posé d'une matière diversement colorée. C'est une 
corne très -fine dans sa texture, remarquable par les 
nuances diverses plus ou moins transparentes et régu- 
lières que prennent ses couleurs j elle est, comme on 
le sait, susceptible du plus beau poli en même temps 
qu'elle résiste au frottement. C'est à cause de ces qua- 
lités précieuses qu'on la recherche dans les arts pour 
en composer de petits meubles, ou pour en orner les 
surfaces qu'elle rend imperméables. La chaleur la 
ramollit, la rend flexible, et, quoique cassante, elle 
résiste à la compression. Les lames que l'on emploie 
sont extraites principalement du Caret , espèce de 
Chélonée ou Tortue marine, chez laquelle cette ma- 
tière est disposée par lames placées en recouvrement 
les unes sur les autres, comme les tuiles d'un toit. Ces 
plaques n'ont guère que deux à trois lignes d'épais- 
seur, et il n'est pas rare d'en rencontrer qui présentent 
des altérations : ce qui dénote sans doute quelques 



394 CHÉLONIENS. 

particularités dans la manière dont la sécrétion s'en 
est opérée. 

Ces plaques sont à peu près disposées de la même 
manière dans toutes les espèces ; mais leur figure et 
leur étendue varient considérablement. Aussi s'en est- 
on servi avec avantage pour caractériser les espèces 
dans certains genres. C'est même afin de pouvoir ex- 
primer ces différences qu'on a assigné des noms à 
cliacune d'elles. Nous avons fait figurer sur les plan- 
ches II et 12 de cet ouvrage la disposition des plaques 
de la carapace et du plastron , telles que nous allons 
les faire connaître. 

On distingue sur la carapace de toutes les espèces 
qui l'ont couverte d'écaillés, une portion centrale ou 
un disque. Elle est couverte de grandes plaques con- 
stamment au nombre de treize. S'il y a quelques va- 
riétés, elles sont accidentelles , quelques portions s'é- 
tant séparées ou réunies dans certains cas. Ce sont les 
plaques qu'on nomme centrales. L'autre portion, celle 
qui borde la carapace dans tout son pourtour, se 
trouve composée régulièrement h droite et k gaucîie 
de vingt-trois à vingt-cinq autres plaques dites margi- 
nales ou du limbe. 

En apparence , ces plaques paraissent correspondre 
aux os qui composent la carapace. Cela est vrai jus- 
qu'à un certain point, et cependant il y a des diffé- 
rences pour la manière dont ces lames sont disposées, 
par rapport aux os dont elles ne suivent pas les limites. 
A-insi, de même que nous avons reconnu dans les 
lames postérieures de cbaque vertèbre du dos les érai- 
nences correspondantes aux épines et aux apopîiyses 
transverses , qui anticipaient par derrière sur la ver- 



SE»aiBILITÉ, TOUCHER. SqS 

tèbre suivante, comme elles en étaient recouvertes 
dans la partie antérieure par celles qui les précédaient, 
de même aussi les plaques cornées recouvrent beau- 
coup plus de surfaces , et par là elles semblent desti- 
nées à consolider les sutux^es de plusieurs des pièces 
osseuses entre elles. 

Ainsi, ordinairement, il y a cinq plaques impaires, 
régulières , symétriques , situées dans la partie 
moyenne et longitudinale, et ces lames sont dites 
vertébrales. On les distingue par leur ordre numéri- 
que : une centrale , qui est la troisième , deux anté- 
rieures et deux postérieures. Le plus souvent, ces 
plaques portent , comme nous l'avons dit, le nom de 
vertébrales, quoiqu'elles recouvrent une partie des 
lames costales. On conçoit que leur pourtour doit va- 
rier beaucoup. Le plus ordinairement , elles sont à six 
pans ou hexagones plus ou moins réguliers ; mais il 
en est qui n'ont que quatre ou cinq côtés. Ainsi ces 
plaques sont à peu près en nombre moitié de celui 
des vertèbres du dos et du sacrum. Ces plaques verté- 
brales sont unies devant et par derrière avec celles du 
limbe ou de la circonférence ; mais , sur les parties 
latérales, elles se joignent h d'autres grandes plaques 
centrales au nombre de quatre, rarement de cinq (l). 
Il y en a donc en tout liuit. Cliacune d'elles répond à 
deux ou trois côtes qu^elle recouvre en partie. C'est 
ce qui les a fait généralement désigner sous le nom de 
plaques costales. 

Les plaques du limbe ou de la circonférence , celles 



(1) Parmi les Thalassites, les Chélonées dans les espèces dites 
l'une Caouanc, l'autre de Dussumier, ont quinze plaques cen- 
trales au lieu de treize, ce sont deux plaques costales en surplus. 



396 CHÉLONIENS 

qui garnissent le pourtour de la carapace , sont , 
comme nous l'avons dit, en même nombre que les os 
qu'elles recouvrent, dix paires sur chaque bord : la 
médiane antérieure toujours impaire est dite nu- 
chale y parce qu'elle correspond à la base du cou, 
quelle recouvre, et la postérieure, appelée suscau- 
dale j est simple ou double. Les buit aniérieures re- 
couvrent une petite portion de la côte correspondante. 
Les deux postérieures répondent à la dernière plaque 
vertébrale. 

Quand le plastron s'unit largement à la carapace , 
on voit de chaque côté, dans l'échancrure antérieure, 
une plaque dite axillaire , et une autre sur la lame 
postérieure dite inguinale. 

Le plastron, ou l'ensemble des os qui composent le 
sternum, est également recouvert de plaques écailleu- 
ses plus ou moins épaisses, formant des compartimens 
très variables pour les figures. Leur nombre est presque 
constamment de douze, rarement de onze ou de treize ; 
elle^ sont disposées régulièrement à droite et a gauche ; 
de manière à laisser une ligne médiane en longueur. 
Il serait impossible d'assigner des formes à ces lames ; 
elles varient quelquefois d'une espèce à l'autre, et dans 
iemême genre, quoique leur disposition soit constam- 
ment semblable dans les individus d'une même espèce. 
Les plaques qui garnissent la partie moyenne anté- 
rieure du plastron sont dites les gulaires. Il est remar- 
quable qu'on ne trouve plus dans ces pièces cornées , 
qui sont a peu près en même nombre que celles du plas- 
tron osseux , la portion impaire que nous avons dit 
exister toujours dans la partie intérieure. Il est no- 
table encore que , dans le genre Chélonée , toutes les 
espèces ont au plastron, dans la portion par laquelle 



SENSIBILITÉ, ODOP.AT. Sg^ 

ce sternum s'unit à la carapace, quatre plaques cor- 
nées intermédiaires de cliaque côté. 

2° JJ Odorat. Ce sens est généralement très peu dé- 
veloppé chez les Chéloniens. Les organes qui lui sont 
assignés ont d'une part très peu d'étendue , et d'une 
autre, la respiration s'opère à de si longs intervalles , 
que les émanations des corps seraient rarement appré- 
ciées. D'ailleurs, on conçoit aisément que cliez ces 
animaux , les occasions de faire usage de ce sens ne 
doivent pas se présenter souvent d'après leur genre 
de vie. 

C'est sur la partie la plus antérieure du Lee ou delà 
mandibule que sont j)lacés les orifices des narines ; ils 
sont très rapprochés l'un de l'autre et comme percés 
à l'extrémité du museau. Chez les Potaniites et dans la 
Cliélyde Matamata, l'orifice des narines est prolongé 
en une sorte de trompe courte et mobile que l'animal , 
à ce qu'il paraît, peut porter à la surface des eaux , 
entre les larges feuilles de quelques plantes naïades , 
au dessous desquelles il se trouve caché lorsqu'il épie 
dans l'eau les petits Oiseaux ou les Poissons dont il se 
nourrit. Chez tous les autres Chéloniens , les trous des 
narines sont percés presque directement dans les os 
de la face , et on n'aperçoit même pas de soupape char- 
nue ou de membrane pour faire l'office de soupape. A 
la partie opposée , dans la bouche , les trous sont pla- 
cés \evs> la partie moyenne de la voûte palatine , quel- 
quefois même vers son tiers antérieur. Bojanus a très 
bien décrit cet organe (l). Les cavités nasales de l'un et 
de l'autre côté sont très petites ; elles sont séparées 
complètement par une lame verticale du vomer et de 

(1) Page 139, planche xxvr, figures 144-146. 



SgS CHÉLOWIENS. 

son cartilage de prolongement. La membrane pituî- 
laire est molle , muqueuse, et le plus souvent colorée 
en noir. Le nerf olfacdf s'y distribue en entier, et on y 
a aussi trouvé des rameaux de la cinquième paire, pro- 
venant de la brandie oplitîialmique. Il n'y a pas de si- 
nus dans l'épaisseur des os , et à peine trouve-t-on des 
rudimens de cornets , l'os ethmoïde étant lui-même 
peu étendu. 

5° Le Goût. Cet organe , cliez les Chéloniens, est 
évidemment plus propre h la perception des saveurs 
que dans les autres Reptiles , et cela tient à cette cir- 
constance que l'animai mâche réellement la nourriture 
et qu'il doit pouvoir savourer ses alimens. La langue 
est toujours épaisse , cliarnue , très motile et formée 
par des muscles nombreux; cependant elle ne sort pas 
de la bouclie ,, dont elle remplit toute la cavité^ et pro- 
bablement elle est destinée à s'appliquer sur les ar- 
rière-narines, pour favoriser la déglutition de l'air 
dans l'acte de la respiration. 11 y a des glandes sali- 
vai res et des nerfs provenant, comme dans les animaux 
supérieurs, du grand hypoglosse, du rameau lingual, 
de la cinquième paire et du glosso-pharyngien. D'ail- 
leurs, la surface de cette langue offre d'assez grandes 
différences de texture dans les espèces de chacun des 
genres. Ainsi , dans les Thalassites , elle est lisse à sa 
surface; elle est longue, relativement à sa largeur, et 
son extrémité libre est arrondie. Dans les Potamites , 
comparativement à sa longueur, la langue est plus 
large, et quoique assez épaisse au milieu, elle s'a^ 
mincit sur les côtés ; sa surface est lisse ou très fai- 
blement plissée , mais dans le sens longitudinal. Les 
Elodites ont la langue courte , triangulaire , molle et 
épaisse, et on remarque généralement beaucoup de 



SENSIBILITÉ, GOUT, OUÏE, VUE. ^QQ 

plis dans sa longueur. C'est dans les Chersites que la 
surface de la langue présente le plus cette apparence 
villeuse ou papiîleuse qui s'observe chez les animaux 
dont le sens du goût paraît êlre le plus parfait : la pointe 
en est aiguë, et l'épaisseur de la totalité est remarquable. 

4° Le sens de l'Ouïe. Quoiqu'il n'y ait point d'o- 
reilles apparentes chez les Chéloniens , l'organe n'en 
existe pas moins, et il est parfaitement développé. La 
caisse intérieure contient de l'air qui y pénètre par la 
gorge. Il y a un long osselet qui se rend de l'intérieur 
d'un canal osseux jusque sous la peau du crâne où son 
extrémité est élargie en une sorte de disque cartilagi- 
neux, et se confond avec la masse du tissu qui bouche 
cette sorte de conduit auditif. L'autre bout de cet osse- 
let de l'ouïe, »qai est grêle au milieu , pénètre dans la 
caisse et s'y élargit également pour remplacer l'étrier. 
On y trouve un rudiment de limaçon , des canaux sé- 
micirculaires au nombre de trois, un labyrinthe, un 
véritable nerf acoustique et plusieurs rameaux ner- 
veux accessoires. 

Cependant en apparence , les Tortues ne paraissent 
pas douées de la finesse de l'ouïe. 11 est vrai que la plu- 
part n'ont pas la faculté de produire des sons : comme 
elles sont souvent placées dans l'eau, la transmission 
du bruit se fait peut-être d'une toute autre manière 
que chez les animaux aériens qui , pour la plupart , 
ont un conduit auditif interne, souvent augmenté au 
dehors par un cornet acoustique qu'ils peuvent diri- 
ger vers les lieux d'où partent les sons. Enfin tous 
les Chéloniens sans exception sont pi^ivés non seule- 
ment de ce cornet , mais même de tympan extérieur. 

5° La J^ue. Toutes les espèces connues dans 
l'ordre des Chéloniens sont douées de ce sens; il est 



4oô êHÉLONlÉlSrS. 

même mieux organisé que cîiez beaucoup d'autres' 
Reptiles. Sa disposition est à peu près analogue à celle 
qu^on remarque dans la classe des Oiseaux , et c'est 
une singularité dans ces rapports, en raison de la 
grande différence du séjour habituel des uns dans 
l'air et souvent à de liantes régions, tandis que les 
autres sont évidemment fixés à la surface de la terre 
et des eaux. 

Les orbites, dans lesquelles les yeux sont placés et 
protégés le plus souvent par un cadre osseux complet, 
sont situées sur les parois latérales de la mandibule, 
le plus souvent en avant de la cavité crânienne et en 
arrière des fosses nasales. Dans le plus grand nombre 
des genres , on remarque sur la tête , dépouillée de 
ses parties molles , que les orbites sont percées d'outre 
en outre en ligne droite, sans cloison interorbitaire. 
Dans la Cliélyde Matamata , les orbites sont très pe- 
tites ; elles touchent l'ouverture des fosses nasales et 
sont placées tout-à-fait en avant sur le devant du mu- 
seau. Dans les autres Elodites Pleurodères, qui ont 
aussi la tête déprimée, comme écrasée, les fosses orbi- 
taires sont alors dirigées de manière que l'axe de l'œil 
soit porté en dessus. Cuvier a donné sur la planche 
XI de la seconde partie du cinquième volume de 
ses Recherches sur lesossemens fossiles, d'excellentes 
figures des parties que nous décrivons. 

L'oeil des Chéioniens est toujours muni de trois 
paupières : deux extérieures, qui font partie des tégu- 
mens communs, mais dont les proportions varient 
dans les différens ordres; et une paupière interne ou 
nyctitante , a peu près comme dans les Oiseaux. Il y a 
des muscles destinés a les mouvoir, semblables à ceux 
des autres animaux. 



SEÎJgiBîLIÏÉ, VUE. 4^1 

Le globe Je rœîl est généralement arrondi ; mais il 
est placé cie manière que son bord interne devient an- 
térieur, et que par conséquent c'est par derrière, ou 
du côté du cou, que correspond l'angle externe des 
paupières. Sa surface est recouverte d'une membrane 
muqueuse ou conjonctive sur laquelle arrivent les 
larmes sécrétées par deux glandes lacrymales très 
bien développées, et placées l'une en avant sur le 
globe même, celle-ci est plus petite ; l'autre en arrière 
est plus grosse et plus allongée : les granulations qui 
les forment sont très distinctes. 

On trouve dans la structure du globe de l'œil toutes 
les parties constituantes de celui des Oiseaux ; il y a 
même dans l'épaisseur du bord de la sclérotique des 
lames osseuses, placées en recouvrement les unes 
sur les autres, de manière à former un cercle complet. 
C'est vers ce point que viennent se terminer les ten- 
dons des quatre principaux muscles qu'on appelle 
droits, et dont la position est tout-k-fait changée. 

Chez la plupart des espèces l'iris, dont la couleur 
varie d'un individu à un autre de la même espèce, 
quoiqu'on ait cru distinguer par les nuances diffé- 
rentes de cette partie le mâle d'avec la femelle, l'iris 
présente une ouverture centrale pupillaire, de forme 
arrondie et rarement linéaire, quoique plusieurs es- 
pèces soient réellement nocturnes et lucîFuges. 

On a cru remarquer que le cristallin, dont îa forme 
est toujours lenticulaire, était cependant plus épais 
dans les espèces tout-à-fait aquatiques, comme les 
Thalassiles et les Potamites. 

Bojanus, dans la plancîie xxvi de son ouvrage et 
dans les explications qui l'accompagnent , a parfaite- 
ment fait connaître la structure de l'oeil dans l'Émyde 

REPTILES, I, 26 



402 CHÉLONIEHS. 

d'Europe; cette organisation se retrouve avec quel- 
ques légères différences dans les autres espèces du 
même ordre. 

Quoique les yeux des Cliélonîens soient de petite 
dimension, on ne peut cependant se refuser a i^econ- 
naîlre qu'ils sont aussi parfaits que dans la plupart 
des autres animaux vertébrés , et que même , parmi 
leurs organes des sens, la vue est peut-être celui qui 
présente les dispositions les plus favorables à la per- 
ception des qualités des corps extérieurs. 

Des Organes de la Digestion. 

Les Reptiles Cliéloniens faisant peu de mouvemens 
et les exécutant lentement, n'étant pas obligés d'em- 
ployer l'adresse ou la force pour se procurer la nourri- 
ture qui se présente le plus souvent elle-même à leurs 
besoins , il en résulte que ces animaux mangent très 
peu, et quils ne prennent absolument de substances 
alimentaires qu'en raison de leurs pertes : ce qui les 
fait regarder comme des êtres très sobres. D'ailleurs, 
leurs tégumens, revêtus d'écaiiles imperméables à l'eau 
et s'opposant à toute exhalation perspiratoire, les 
Tortues n'éprouvent pas la nécessité naturelle d'ava- 
ler des liquides. Dans quelques circonstances , forcées 
par l'excessive cîialeur ou parle froid de se renfermer 
complètement dans leur carapace, comme certains 
Mollusques dans leurs coquilles , les Tortues , surtout 
celles de terre ou de la famille des Gliersites , tombent 
dans une sorte d'engourdissement ou de léthargie 
pendant lequel on ne leur voit exécuter aucun mou- 
vement : ce qui leur permet de garder une abstinence 
volontaire ou forcée pendant des espaces de temps con- 



BÎUTRITION , DIGESTION. ^od 

sidérabieSj qu'on croit même avoir été prolongés au 
delà d'une année. Ce fait était déjà connu par Aristote; 
mais depuis il a été constaté par Rédi , Blaës , Gautier, 
et nous-mêmes avons pu le vérifier sur une espèce de 
Cliélodine, rapportée vivante de la Nouvelle-Hollande, 
par Péron. Cependant, comme nous le verrons plus 
tard , les espèces qui vivent dans l'eau ont peut-être 
d'autres moyens de faire pénétrer ce liquide dans leur 
corps. 

Les espèces de quelques genres parmi les Thalas- 
sites et plusieurs Ghersites , ne mangent uniquement 
que des végétaux ; tandis que les Potamites et plusieurs 
Élodites se nourrissent d'animaux divers, quelques- 
unes de ces dernières mêlent même les deux sortes 
d'alimens , suivant que les circonstances les y obligent 
ou les leur fournissent plus abondamment. 

Nous allons indiquer successivement la disposition 
des voies digestives , en suivant l'ordre naturel de la 
fonction pour la préhension des alimens et leur broie- 
ment ou leur division plus ou moins complète, pour 
la déglutition , la digestion stomacale et intestinale 
avec leurs annexes, et enfin pour la défécation. 

Nous n'aurons pas besoin de rappeler que la bouclie 
des Cliéloniens diffère de celle de tous les autres Rep- 
tiles par la disposition des mâcboires , tant inférieure 
que supérieure , qui sont presque entièrement à nu , 
recouvertes seulement de lames cornées qui, dans la 
plupart des espèces , ressemblent au bec des Oiseaux , 
parce que les bords en sont tranclians. L'inférieure est 
reçue ordinairement par le bord de la supérieure, qui 
la recouvre dans toute son étendue , quand ces pièces 
sont rapprochées. Toutes lesTlialassites, les Ghersites 



4o4 èB^LOSîîË-ïirè. 

et îa plupart des Élodîtes Cryptodèreâ Sont dans ce 
cas. Il n'y a de différences notables que pour les Potâ- 
mites, dontlabouclie se trouve munie, le long de l'une 
et de l'autre mâclioire , d'une sorte de repli cliarnu re- 
présentant des lèvres qui caclient en effet les os quand 
lesmâclioires sont complètement rapprocliées; et dans 
quelques genres des Pleurodères, comme les Cliélo- 
dines , dont les mâclioires sont aplaties sur leurs bords 
correspondans aux alvéolaires, et surtout dans la Clié- 
lyde Matamata, qui offre encore cette arcade plus plate 
en dessus et plus arrondie vers la sympliyse médiane. 

Le mode de l'articulation de la mâchoire inférieure 
avec le crâne présente aussi une particularité impor- 
tante qu'il est bon de rappeler ici. Comme l'os carré, 
que l'on a nomnié assez improprement l'os du tympan, 
est entièrement soudé au temporal , au lieu d'être mo- 
bile comme dans les Oiseaux et la plupart des autres 
Reptiles , à l'exception des Batraciens , la mâchoire 
inférieure se meut sur lui par une double facette con- 
dylienne qui s'oppose à tout mouvement de protrac- 
tion , de rétraction et de latéralité ; de sorte que cette 
articulation est des plus fixes et des plus solides. 
Aussi , quand les animaux de cet ordre ont saisi un 
corps, comme leurs muscles élévateurs sont fort dé- 
veloppés dans cette région des mâchoires ; il est pres- 
que impossible de leur faire lâcher prise, et, soit dit 
par occasion , c'est un moyen que l'on a employé sou- 
vent pour transporter à plusieurs lieues de distance de 
fort grosses Tortues auxquelles on avait fait saisir un 
bâton par le milieu, tandis que deux hommes se char- 
geaient de les soulever ainsi. 

Une apophyse coronoïde très courte, qui est presque 



DIGESTION. 4^^ 

toujours une pièce distincte de la mâclioire inférieure, 
se trouve placée à peu de distance de l'articulation 
postér-ieure et donne attaclie au muscle crotapliite ou 
temporal formé de plusieurs faisceaux distincts qui 
correspondent peut-être en partie au masseter : toïls 
s'insèrent d'autre part sous la large voûte des os de la 
joue, derrière la fosse orbitaire. Un autre muscle inter- 
ne , correspondant aux ptérygoïdiens , agit également 
pour produire le même effet du rapprocliement des 
mâclioires. Un seul petit muscle, placé en arrière de 
l'articulation, s'étend de la tubérosité mastoïdienne à 
1 extrémité de la mâchoire, et sert à la faire abaisser : 
c'est l'analogue du digastrique. 

La langue, outre son muscle propre et l'iiyoglosse, 
est déterminée dans ses mouvemens par les génio- 
hyoïdiens, qui la portent en avant; par les mylo- 
hyoïdiens, qui la font appliquer sur la voûte du palais , 
et par les omo-byoïdiens et byo-maxillaires , qui la 
portent en arrière. Car, ainsi que nous l'avons déjà an- 
noncé , la langue des Chéloniens est peut-être une des 
plus complexes, si on compare son organisation à celle 
de la plupart des autres Reptiles. 

Cuvier, dans son ouvrage sur les ossemens fossiles , 
a figuré, sur la planche xii de la seconde partie du cin- 
quième volume , les os hyoïdes de plusieurs genres de 
Tortues, et l'on voit qu'ils varient considérablement 
pour la forme. Us portent le plus ordinairement de 
quatre à six cornes ou appendices destinés aux attaches 
des muscles qui , par cela niême , doivent présenter de 
très grandes variétés dans leurs formes et leurs pro- 
portions. 

On a observé des glandes sublinguales et salivaires 



4o6 CHÉLONIENS. 

avec des canaux destinés à porterie liquide qu'elles sé- 
crètent dans l'intérieur de la Louche. Bojanus en a 
aussi donné des figures (i). 

Nous savons qu'il n'y a ni voile du palais , ni épi- 
glotte cliez les Tortues , et que la cavité de leur bouclie 
est disposée de manière que l'air qui y pénètre par les 
narines doit s'y trouver renfermé en petites quantités 
successives , c[ui^ par l'acte de la déglutition, opéré 
principalement par les muscles de l'os liyoïde, sont 
forcées de passer dans l'ouverture de la glotte , laquelle 
est située à la base de la langue , mais dans un espace 
qui peut s'allonger ou se raccourcir; que là, verslabase 
de la langue, on remarque un repli qui fait l'office 
d'épiglotte dans l'acte de la déglutition. C'est en effet 
ainsi que les animaux peuvent avaler les solides et en 
même temps opérer, par un autre mécanisme, la dé- 
glutition de l'air, qui prend la route delà tracbèe pour 
arriver aux poumons. 

L'œsopîîage a beaucoup de longueur dans les Tor- 
tues ; il règne le long du cou et varie comme lui en 
étendue. Il est placé au dessous de la trachée, et mène 
de l'arrière-bouche à l'estomac. Nous avons déjà dit 
que dans les Thalassites , on trouve ce conduit garni 
intérieurement de pointes cartilagineuses dont les 
bords libres sont dirigés en arrière vers l'estomac , et 
qu'on présumait que l'usage de ces appendices éîait de 
s'opposer au retour de la matière alimentaire : ce qui 
est assez singulier, car toutes ces espèces se nourrissent 
de varecs et de plantes marines qu'on désigne, même 

(l) BojAKus , Ouvrage cité, pi. xvi, fig. 66, H, et pi. xxvi,no» 140 
et 141. 



DIGESTIOK. 407 

dans les parages où elles liabileat^ sous le nom général 
d'herbes à la Tortue. Dans plusieurs individus d'es- 
pèces diverses de Cliersites et d'Elodites que nous 
avons disséqués, nous n'avons plus rencontré ces 
pointes, qui sont si remarquables dans les Ghék>nées 
en particulier. 

L'estomac, dans la plupart des espèces que l'on a 
examinées , n'a présenté d'autres différences entre 
l'œsopbage et le reste du tube intestinal , que parce 
qu'il est situé en travers et. légèrement dilaté. Cki n'y 
distingue réellement ni cai^dia, ni pylore h l'extérieur, 
et ce n'est que par leurs relations avec les organes voi- 
sins qu'on en a décrit les régions , et surtout après l'a- 
voir ouvert j car alors ondistingueàFintérieur un petit 
bourrelet cîiarnu et une disposition de la tunique in- 
terne, qui est comme maillée dans le duodénum , tan- 
dis que l'estomac laisse voir la continuation des plis 
longitudinaux qui existent le long de Tœsopbage. 

Tout le reste du tube digestif et forts étendu et pré- 
sente un grand nombre de circonvolutions ; son dia- 
mètre est très rétréci vers le point où il aboutit au 
cœcum ou plutôt au rectum, car il n'y a qu'un seul gros 
intestin très court. On observe là une petite valvule 
qui doit s'opposer à la rétrogradation des matières qui 
ont parcouru Jes intestins, et à l'autre extrémité, cette 
dernière portion du !ube vient se terminer dans le 
cloaque, où aboutissent également les organes géni- 
taux dans les deux sexes, les bourses anales elle méat 
urinaire de la vessie. 

Le foie est généralement très volumineux-, il est 
composé de deux lobes principaux, l'un à droite et 
l'autre à gauche. C'est entre ces deux lobes et sur leur 
convexité que se trouve le péricarde, etpar conséquent 



4o8 CHÉLONIENS. 

le ventricule du cœur. C'est sous le lobe droit et dans 
son épaisseur qu'est logée la vésicule du fiel. On y re- 
connaît un canal cystique et un cliolédoque qui abou- 
tissent au duodénum. On a décrit aussi un pancréas 
avec ses canaux et une rate. Celle-ci est arrondie et 
placée entre le cœcum et le pancréas , dans l'épaisseur 
du mésentère. 

De la Circulation. 

Bojanus a décrit et figuré tous les vaisseaux des di- 
verses painies dans la Tortue , artères , veines et lym- 
phatiques, lien adonné d'excellentes figures qu'il sera 
toujours nécessaire de consulter (i). 

Déjà, en traitant de l'organisation des Reptiles en 
général, nous avons fait connaître la structure du 
cœur des Tortues, page 162. Nous n'aurons donc pas 
besoin d'y revenir ici ; mais nous présenterons quel- 
ques détails sur leur circulation. .Rappelons d'abord 
que le mouvement du cœur s'opère très lentement ; et 
quoique son ventricule ait plusieurs loges, et même 
quatre en réalité , deux veineuses et deux artérielles , 
la totalité du sang qu'elles compriment n'est pas obli- 
gée de traverser les poumons, comme dans les Oiseaux 
et dans les Mammifères. 

En général , le ventricule est plus large que long; 
il occupe la région inférieure du péricarde, et il reçoit 
les oreillettes et les gi-os vaisseaux , par sa base qui est 
en avant , ou du côté de la tête. Le mécanisme de son 
action est assez compliqué. Bojanus a figuré avec beau- 
coup de détails celte organisation, sur la planche 

(1) Ouvrage cité, pi, xxx, n" 179; pi. sxyr, n" 154. 



CIRCULATION. 4^9 

XXXVII de son ouvrage. Il a fait connaître le jeu de 
ses valvules qui sont renforcées par de petites lames 
osseuses , placées dans leur épaisseur. On voit que les 
veines pulmonaires ou artérieuses aboutissent h l'o- 
reillette gauche, comme la grosse veine générale se 
rend dans celle de droite. Ces deux oreilleLies ont 
leurs parois minces, faibles, membraneuses et très 
dilatables ; cependant on y distingue des faisceaux de 
fibres musculaires, comme réticulées, destinées à en 
produire la contraction. Il n'y a pas de soupape vers le 
point où arrivent les veines pulmonaires ou arté- 
rieuses dans cette oreillette gauclie ; mais on en voit 
une à l'entrée du ventricule correspondant. Les vei- 
nes caves ou générales se réunissent pour former un 
sinus commun qui abouîit à l'oreillette droite ; il se 
trouve la deux valvules représentant des paupières 
qui, par leur rapprocbement, s'opposent au retour 
du sang dans la route où il a trouvé passage , au mo- 
ment où l'oreillette droite se contracte. 

Quoique les ventricules du cœur paraissent ainsi dis- 
tincts, ils communiquent réellement entre eux. En 
effet le sang contenu dans la cavité gauche, c[ui reçoit 
c[ui celui a été ariérialisé dans les poumons, passe par 
une ouverture pratiquée dans la cloison , et vient 
ainsi se mêler avec le sang veineux. Cependant la plus 
grande portion de ce fluide est dirigée vers les troncs des 
artères dites aortes, et au contraire le sang veineux 
est poussé par une autre portion du ventricule dans 
les artères pulmonaires, qui sont, comme nous l'avons 
dît, des vaisseaux destinés au sang noir. 

11 nous est impossible d'entrer ici dans le détail de 
la distribution des vaisseaux 5 il suffira de dire qu'il y 
a des artères , des veines et des vaisseaux lympliati- 



4lO CHÉLOWIEMS. 

ques , et que leur répartition est à peu près la même 
que dans les autres Reptiles. 

De la Respiration. La stî-ucture des poumons des 
Cbiéloniens et la manière dont le sangles pénètre et en 
revient lorsqu'il a été soumis à l'action de l'atmosphè- 
re ; la nécessité dans lacjuelle se sont trouvés ces ani- 
maux d'employer la déglutition à l'acte de la respira- 
tion, en raison de l'immobilité des côtes et de leur sou- 
dure entre elles, avec les vertèbres et avec les os du 
sternum ; la disposition de la glotte, celle des arrière- 
narines , des cellules pulmonaires , et la manière dont 
les bronclies s'y ramifient , ont été exposées à la page 
ï'^4 ^6 c^ volume, de sorte que nous n'avons pas 
besoin d'y revenir. 

La masse des poumons, qui est très volumineuse, est 
située au dessus du péritoine, liors de sa cavité, sous la 
carapace ; le muscle du diaphragme la recouvre en avant 
et en arrière. Ces poumons sont placés de l'un et de 
l'autre côté, sous le muscle qui répond au transverse- 
du bas-ventre. Gomme leur capacité est considérable, 
l'animal peut y admettre et y conserver une très grande 
quantité d'air, aussi peut-il plonger des heures entiè- 
res, et vivre dans une atmosphère non respirable et 
même nuisible, pendant un très long espace de temps. 

La plupart des espèces n'ont réellement pas de 
voix. Nous avons eu très souvent occasion d'exciter 
de grosses espèces de Chersites , et parmi les Elodites 
des Emydes diverses et des Émysaures , le seul son 
que nous leur ayons entendu produire est un souf- 
flement ou une expiration légèrement bruyante et 
prolongée; nous répéterons cependant que quelques 
observateurs ont parlé des cris des Potamiles, et des 
plaintes bruyantes de quelques individus du genre 



RESPIRATION 5 VOIX, SÉCRÉTIONS. 4^1 

que l'on a même désigné à cause de cette particularité 
sous le nom de Spliargis (i). Mais les Tortues ne se 
mettenl pas en communication les unes avec les au- 
tres par la voix; aussi les regarde-t-on comme tout-k- 
fait muettes. 

Des Sécrétions. Nous avons eu déjà occasion de 
parler des liumears que sécrètent, les Ghéloniens, d'a- 
bord dans les généralités relatives à l'organisation des 
Pieptiles, et ensuite en traitant des diverses fonctions ; 
ainsi , de l'humeur des larmes à l'article de la vue ; 
de la salive, de la Lile, du suc pancréatique, en expo- 
sant les détails delà digestion. Ce que nous avons dit 
sur l'exlialation , la perspiralion, la graisse et l'urine , 
dans l'exposé des fonctions j doit naturellement se re- 
porter ici. 

Nous avons bien indiqué a la page 2o4 l'existence 
de certaines poclies, placées à la base de la queue et 
s'ouvrant dans le cloaque, que l'on désigne sous le nom 
de vésicules anales; mais comme leur développement 
est considér-abîe dans les Gliéloniens, et qu'elles se 
retrouvent dans la plupart des autres Reptiles, nous 
devons leur donner une plus grande attention. On les 
observe dans l'un et dans l'autre sexe : il paraît qu'il 
s'opère une sorte d'excrétion dans les parois mêmes des 
membranes, car il n'y a aucun conduit destiné à mener 
l'iiumeur qu'elles contiennent dans cette sorte de ré- 
servoir, qui s'ouvre lui-même de cliaque côté par une 
fente longitudinale dans l'intérieur du cloaque, ou 
dans la cavité commune aux canaux péritonéaux, au 
rectum , aux organes génitaux doubles chez les mâles, 
comme chez les femelles, à la vessie ou aux uretères. 

(1 ) SjJK^ttytÇco , je crie à plein gosier ; dislenco gutture sonum edo.^ 



4l2 CHÉLOIiflENS 5 GÉWÉP.A.TION. 

Nous savons de plus que l'eau clans laquelle plongent 
ces animaux est attirée dans ce cloaque; peut-être est 
elle absorbée en partie , peut-être sert-elle aux mou- 
vemens, comme on le sait pour d'autres animaux 
qui prennent aussi de l'eau dans le dernier intestin 
garni de branchies , et qui nagent en repoussant cette 
eau brusquement ; c'est ce qui s'observe dans les lar- 
ves des Libellules, et ce que Townson a aussi indiqué 
dans ses reclierclies sur l'absorption, où il raconte 
qu'ayant placé deux Tortues vivantes dans de l'eau 
colorée , il vida , à l'aide d'un tuyau, la cavité du cloa- 
que qui était, remplie de ce liquide , dont la teinte 
faisait reconnaître la nature. 

De la Génération. Les mâles sont en général plus 
petits que les femelles \ la fécondation n'a lieu qu'une 
fois dans l'année ; l'accouplement ou le rapproclie- 
ment des individus de sexes divers est une sorte de 
monogamie; l'organe mâle est unique, il est composé 
d'un corps fibreux qui enveloppe un tissu vasculaire , 
dit caveimeux, sillonné dans sa longueur et très érec- 
tile; il est muni de muscles protracteurs qui le font 
sortir de la cavité du cloaque, où il peut rentrer et res- 
ter renfermé à toute autre époque. Cet organe varie 
pour la forme et les proportions dans les diverses espè- 
ces. C'est le long du sillon qu'il présente, que coule la 
liqueur spermatique qui lui est fournie par les canaux 
déférens , lesquels sont eux-mêmes la continuité des 
canaux testiculaires qui vont aboutir à l'épididyme. 

Les organes femelles offrent aussi des trompes uté- 
rines , de véritables oviductes qui se rendent au cloa- 
que, d'une part, et qui, de l'autre, se terminent par 
un pavillon plus ou moins frangé. Les grappes d'œufs 
que contiennent les ovaires, y déposent successive- 



AUTËUHS SPÉCIAUX. 4^^ 

îîieîit les gértaes qui viennent s'y placer à la suite les 
uns des autres pour y recevoir l'enveloppe crétacée et 
solidej dans l'intérieur de laquelle on trouve le germe, 
l'albumine et le vitellus. 

Nous verrons par la suite de quelle nature se trou- 
vent ces humeurs contenues dans l'œuf, et les modifi- 
cations que la ponte semble présenter suivant les 
diverses espèces. 



CHAPITRE IIÎ. . 

DES AUTEURS QUI OKT ÉCRIT SUR LES CHÉLONIEWS. 

Nous avons l'intention de faire connaître dans ce 
cbapitre les ouvrages principaux qui sont relatifs a 
l'histoire des Tortues. Nous n'indiquons pas les titres 
des livres dont les auteurs ont été éuumérés parmi 
ceux qui ont ti\aité de la zoologie en général , ou de 
la classe des Pveptiles , parce que nous en avons déjà 
parlé. Nous rappellerons seulement leurs noms , qui 
seront cités bien souvent par la suite ; tels sont ceux 
de LiwNÉ, de Lacépède , de DaudiNj de Cuvieu , 
d'OppEL, de Mereem, de Shaw, de Wagler , de 
Spix, etc. 

Trois sections diviseront ce chapitre ; dans la pre- 
mière nous rangerons les auteurs dont les ouvrages 
sont spécialement consacrés k l'histoire des Tortues 
qu'ils ont décrites d'une manière générale ; ce sont les 
chélonographes principaux. 

Nous ferons connaître dans la seconde section les 
mémoires ou les descriptions spécialement destinés à 
quelques genres ou à certaines espèces. 



4l4 CHÉLONIENS. 

Enfin , la troisième section sera destinée à l'indica- 
tion des envisages ou des mémoires qui renferment 
des faits anatomiques et physiologiques observés sur 
une ou sur plusieurs espèces de Tortues. 

§ i"'. Chélono graphes principaux. 

Quatre auteurs principaux se sont occupés de l'or- 
dre des Tortues. Oo conçoit que , d'après la série des 
dates , ceux qui ont éciit en dernier lieu ont du profi- 
ter des observations publiées précédemm^ent, de sorte 
que leurs ouvrages ont successivement gagné parles 
recliercbes et les découvertes qui se sont opérées dans 
cet intervalle de temps ; nous allons les indiquer dans 
Tordre clironologique de leurs publications. Ce sont 
quatre Allemands. 

Le premier est Walbaum (Jean-Georges), né en 
i'j2.^, dans le duclié de Brunswick; il avait fait ses 
études à Gœttingue sous Haller ; c'est là qu'il fut reçu 
docteur en médecine. Il est mort en 1799. H a rendu 
de très grands services a la zoologie. Il a donné une 
très belle édition de l'Iclitliyologie d'Artédi, qu'il a 
beaucoup augmentée. Il a également soigné et revu 
avec détails une édition de Klein , et beaucoup de mé- 
moires d'histoire naturelle -, malheureusement ces der- 
niers sont en langue allemande. Son plus grand ou- 
vrage sur les Reptiles est intitulé : Chelonographia 
oder heschreihiuig einiger Scliildkrœteii; il a été publié 
à Lubeck et à Leipzick en 1 782. C'est un petit volume 
in-4° , avec une planche gravée. Il a aussi publié sur 
quelques Tortues des mémoires qui ont été insérés 
parmi ceux des naturalistes de Berlin; l'un d'eux, sous 
forme de Lettre à Bloch , a pour titre , BrieJ du dosen 



AUTEURS SPÉCIAUX. 4^5 

Schildkrœte hetreffend; et deux autres : Beschreibung 
der Spenglerischen, — Der farchichten Biesenschild- 
krœte. 

Le second auteur spécial, par ordre cîironologique, 
est Schneider (Jean Gottlob), très érudit et savant 
naturaliste dont nous avons déjà indiqué les princi- 
paux ouvrages sur la pliysiologîe et l'histoire nata- 
relle , et les belles éditions d'Oppian , d'Elien , a pu- 
blié à Leipzick, en 1783, in-8° de 3o5 pages, une 
histoire générale des Tortues en allemand avec des 
planches , sous ce titre : Allgemeine Natargeschiclite 
der Schildkrœten j nebst einem systernatischen F er- 
zeichnisse der einzelnen arten , et plusieurs autres 
mémoires dans le Magasin de Leipzick , et parmi ceux 
des naturalistes de Berlin , également en langue alle- 
mande. 

Vient en troisième lieu l'ouvrage de Schoepf (Jean- 
David), médecin bavarois, voyageur naturaliste, mort 
en 1800. Il avait entrepris un très grand ouvrage sur 
les Tortues, mais il n'a pu le terminer. 11 est écrit en 
latin. Il n'en a paru que six cahiers in-4° q^ii compren- 
nent 3i planches. Il a été publié à Erlangen de 1792 à 
1801. M. Sclîv^eigger avait le dessein de le continuer; 
son ûXxç, ç,?>\.Histoj'ia Testudinuin iconibus illiistrata. 
Les planches en sont bonnes en général , et seront sou- 
vent citées par nous. 

Le quatrième auteur général est un jeune et savant 
botaniste de Kœnisberg , professeur d'histoire natu- 
relle dans cette ville et directeur du jardin botanique. 
ScHWEiGGER (Auguste-Frédéric) , qui a publié de très 
beaux mémoires sur différens points de botanique et 
de zoologie dans les archives de Kœnisberg, et parti- 



4î6 CHÉLOWIESS* 

culièrement un ouvrage général sur les animaux inver- 
tébrés , ï vol. in-8° de près de 800 pages, imprimé en 
1820 àLeipzick. Il s'était livi-é d'une manière particu- 
lière à l'étude de la zoologie. 11 a suivi nos cours au 
Muséum, d'histoire naturelle de Paris, en 1 808 et 1809, 
époque à laquelle il présenta à l'Institut de France, 
au mois de mai , le prodrome de sa Monographie des 
Tortues. Il avait beaucoup voyagé dans l'intérêt de la 
science , pour visiter les principaux musées de l'Eu- 
rope, où il avait fait dessiner les espèces de Tortues qui 
n'étaient pas figurées dans l'ouvrage de Scboëpf . Il fut, 
mallieureusement pour la science, assassiné par un 
guide pendant un voyage qu'il faisait en Italie. 

C'est dans le volume des archives de Kœnisberg pour 
l'année 181 2 , qu'il a publié le prodrome de sa Mono- 
graphie des Tortues en latin. Comme c'est le dernier 
ouvrage général sur ce sujet, et qu'il renferme l'état 
de la scieïice à cette époque, nous nous proposons de 
le faire connaître ici dans une courte analyse : ce re- 
cueil étant d'ailleurs fort rare en France. 

Dans une préface , l'auteur annonce qu'il avait éta- 
bli , dans le mémoire présenté à l'Institut, le genre 
Ainida ^ dont il avait tracé les caractères positifs 
lorsque les commissaires de l'Institut firent leur rap- 
port ; mais M. le professeur Geoffroy, qui avait déjà 
reconnu la nécessité de former ce genre d'après une 
espèce qu'il avait rapportée et observée en Egypte, pu- 
blia son mémoire sur les Tortues molles, auxquelles 
il imposa le nom de Trionyx (i). Notre jeune auteur se 



(1) Annales du Musée d'Hist. nat. , tome siVj page 15', fîg. 4, 



AUTEURS SPÉCIAUX. ^l^ 

loue eh particulier de i'accueil bienveillant qu'il a reçu 
a Paris de la part des naturalistes, qui lui ont procuré 
toutes les facilités pour se livrer à ses études favorites. 

Dans un avant-propos, l'auteur examine la structure 
du squelette des Tortues. Il établit que , d'après la 
manière dont les os se développent cbez les différens 
genres , il convient de commencer l'arrangement natu- 
rel parles Tortues molles, qui semblent faire le pas- 
sage aux espèces marines, de même que celles-ci mè- 
nent successivement aux aquatiques et aux terrestres. 
Il adopte en cela l'opinion de Blumenbacb. Comme les 
caractères sont tirés de la forme des pièces osseuses, il 
les décrit d'abord pour montrer que les genres se dis- 
tinguent surtout par les os de la carapace, du sternum 
et des pattes ; puis il établit les différences que pré- 
sentent les plaques qui recouvrent ces parties dans les 
divers genres, qu'elles servent même à distinguer. 

Le second chapitre est consacré à l'énumération des 
Tortues, qu'il considère comme formant un ordre, 
celui des Chéloniens de M. Brongniart. Il en présente 
les caractères naturels tirés de l'organisation ; il les 
trace de la manière la plus concise. Chacun des genres, 
au nombre de six, qui sont ceux des Trionyx, des 
Chélonées , des Chélydres et des Cliélydes, des Emys 
et des Tortues, se trouve ensuite exposé d'après les 
caractères naturels, indiqués par le genre de vie et 
d'habitation , et enfin par des notes essentielles. 

Sept espèces sont rangées dans le genre Trionyx , 
chacune d'elles porte une phrase spécifique avec l'indi- 
cation de la principale figure ou de la description qui 
en a été donnée, des observations sur le pays dans 
lequel on les a recueillies, sur les connaissances déjà 
acquises, et même sur les variétés. 

REPTILES, I. 27 



4l8 CHÉLOKIEMS. 

ScllWeigger place dans le genre Cliélonée six es- 
pèces et beaucoup de variétés ; il l'établit sur des 
caractères très précis. Il en fait deux sous-genres, 
dont le premier correspond au genre Spliargis. 11 y 
rapporte également les trois espèces dont les carapaces 
et les parties osseuses des plastrons ont été trouvées 
dans l'état fossile. 

Le genre Cliélydre, traité de la même manière, 
ainsi que celui des Cliélydes , ne comprennent qu'un 
très petit nombre d'espèces. Le premier, dont nous 
avons changé le notn en celui d'Emysaure , à cause de 
la trop grande analogie de consonnanceavec celui des 
Chélydes , que nous avions nous-mêmes établi , et qui 
a été adopté par l'auteur, ne comprend que deux es- 
pèces; tandis qu'une seule, qui est laMatamata, est 
rangée dans le second. 

Dans cet arrangement, quarante-quatre espèces sont 
rapportées aux.Emydes, et leurs descriptions sont 
présentées avec autant de précision que celles qui pré- 
cèdent. 

Enfin , dans le septième genre , qui comprend les 
Tortues terrestres, il y a dix-sept espèces décrites 
avec beaucoup d'annotations importantes. 

L'auteur, dans un troisième chapitre, donne des 
descriptions infiniment plus détaillées des espèces 
tout-h-fait nouvelles et de quelques unes de celles qui 
étaient jusqu'à cette époque beaucoup moins connues. 
Chacune d'elles est examinée avec détail ; les propor- 
tions en sont indiquées. Nous aurons soin de relater 
ces espèces lorsque nous en présenterons l'histoire. 

Enfin , dans un quatrième chapitre que M. Schweig- 
ger a intitulé : Illustration des sjrnojvymes ^ il a cher- 
ché à débrouiller toutes les difficultés que peuvent 



AUTEURS SPÉCIAUX. 4^9 

présenter les descriptions diverses d'une même espèce 
faites par les auteurs. C'est un travail de recliercîies 
extrêmement précieux qui a dû exiger beaucoup de 
peine, et que l'auteur a exécuté avec une grande at- 
tention , en suivant une métliode constamment régu- 
lière , qui est de commencer l'exposé des citations par 
ordre de date, c'est-à-dire en indiquant d'abord les au- 
teurs les plus anciens, et en descendant successivement 
jusqu'aux plus nouveaux. 

§.2. Chélono graphes spéciaux qui nont traité que 
des espèces d'un même genre ^ ou de quelques unes 
en particulier. 

Nous mettons au premier rang , parmi ces auteurs , 
M. Thomas Bell, médecin et naturaliste anglais, pro- 
fesseur d'anatomie comparée au Guy's Hospital à 
Londres, lequel a commencé l'histoire complète d'une 
monographie des Tortues, dont il n'a paru encore que 
trois livraisons composées chacune de quatre feuilles 
de texte et de cinq planches lithographiëes et parfai- 
tement coloriées. Le texte est en anglais (i). C'est sans 
contredit le premier ouvrage dans cette partie de 
l'erpétologie. Il est admirablement exécuté, et le petit 
nombre de descriptions qui nous sont parvenues, sont 
faites avec une précision et une exactitude que nous 
ne pouvons trop louer. Il est fâcheux pour la science 
que nous n'ayons pu profiter de l'ensemble de ce tra- 
vail. D'ailleurs, l'auteur avait déjà publié d'excellens 



(1) A Monograph of the Testudinata, By Thomas Bell. F. R. S. 
in-fol. 

27. 



420 CHÉLOHïËMâ. 

travaux sur les Tortues, dans le Journal zoologiquè^ 
d'abord sur trois nouvelles espèces de Tortues de 
terre (i), ensuite sur le genre Hydraspis (2), sur 
ceux des Pjxis et Kinixjs (3) , sur les espèces à 
Lattans mobiles, et enfin sur les caractères de l'ordre, 
des familles et des genres parmi les Tortues (4). L'au- 
teur adopte le nom Testudinata au lieu de Cbélo- 
niens. Il expose les caractères naturels et anatomi- 
ques de l'ordre qu'il divise en deux sous-ordres, les Di- 
gittés et les Pinnés. Trois familles sont rangées dans le 
premier sous-ordre, savoir : les Testudinidés, qui sont 
terrestres herbivores, dont il donne les caractères; il y 
place les trois genres Testudo^ Pjxis et Kinixys. 
La seconde fanaille, sous le nom d'EMYDES_, qui sont 
carnivores, fluviatiles ou lacustres, et dont les carac- 
tères sont comparativement exprimés de manière à les 
faire bien distinguer, comprend deux divisions, sui- 
vant que le plastron est mobile ou qu'il est immobile. 
Les espèces à sternum mobile sont rapportées à trois 
genres Terrapène , Sternotlière et Kinosterne ; il y a 
quatre autres genres inscrits également parmi les es- 
pèces à plastron immobile ; ce sont ceux des Hydras- 
pis j, EnijSj Chélonure et Chéljde. 

La troisième famille des Digités est celle des Trio- 
nycliidées, qui sont fluviatiles et carnivores , dont il 
pi^ésente aussi les caractères essentiels , et il n'y inscrit 
que le genre Trionjx. 



(1) Zoological Journal , n° xi, page 419. 

(2) Ibidem, u" xii, 4 828, page 511. 

(3) Ibidem, tome xv, page 592, fig. pî, xvi, xvir, 

(4) Ibidem, tonaexii, page 515. 



AUTEURS SPÉCIAUX. ^2Î 

Le second sous-ordre , celui des espèces à pattes en 
nageoires, Pinnata , comprend deux familles : la pre- 
mière, celle des Sph argidje, ne renferme qu'une espèce 
unique qui forme un genre ; la seconde est celle des 
Chélonidés , qui ne consiste également qu'en un seul 
genre, où sont réunies plusieurs espèces. 

On voit que cette division est absolument la même 
que celle de Fitzinger et de Merrem , mais le docteur 
Jolm-Edward Gray en avait aussi consigné les bases, 
en 1825, dans les Annales pliilosopliiques, septembre, 
n" 57, page 198. 

Après ces travaux importans de Bell , nous n'avons 
guère de monographies de genres de Cliéloniens que 
celle de M. le professeur Geoffroy Saint- Hilaire, 
qu'il a insérée dans les Annales du Muséum d'histoire 
naturelle, tome xiv, page 1 5, sous le titre de Mémoire 
sur les Tortues molles , nouveau genre sous le nom 
de Trionyx. Nous avons déjà vu que Sclivveigger 
avait établi les caractères de ce genre, en 1809, dans 
le Mémoire qu'il avait présenté à l'Institut, où il l'avait 
désigné et caractérisé sous le nom à'yliriyde, em- 
prunté de Galien. M. le professeur Geoffroy a donné 
aussi une très bonne figure et une description très 
détaillée de la Trionyx du Nil ou de l'Egypte dans le 
grand ouvrage sur ce pays , page 1 1 5 à 120. 

Un autre travail important sur les Tortues est celui 
de Spix (Jean), naturaliste bavarois, dont nous avons 
déjà fait connaître le grand ouvrage in-4 , publié à 
Munich, en 1824, sur la zoologie du Brésil. L'une des 
sections, écrite en langue latine, fait connaître par des 
descriptions et des figures lithographiées, assez bien 
enluminées, les espèces nouvelles de Tortues en même 



422 CHÉLOWIENS. 

temps que celles des Grenouilles, qui ont été obser- 
vées dans cette partie da monde (i). 

Les autres écrits sur les Ghéloniens se rapportent 
aux descriptions ou aux observations particulières qui 
ont été faites sur quelques espèces; nous aurons occa- 
sion de les citer en parlant de cliacune d'elles ; mais 
nous pouvons dire d'avance quels sont, parmi ces au- 
teurs, ceux qui ont fourni à la science quelques con- 
naissances importantes, et nous les indiquerons dans 
l'ordre des genres auxquels les espèces observées se 
rallient. 

Ainsi, snr les Spbargis ou Tortues marines à cuir, 
nous citerons dans l'ordre alphabétique : 

Amoreux, médecin de Montpellier, qui a consigné, 
en 1799, dans le Journal de physique de [l'abbé Ro- 
zier, tome 11, page 65 à 68, des Observations sur une 
Tortue à cuir , prise dans les parages'du port de Cette. 

BoDDAERT (Pierre), de Flessingue. Relation d'une 
Tortue à cuir que des pêcheurs avaient trouvée dans la 
mer de Toscane, 1761 , Gazette de Santé , n" 6. 

BoRLASE, qui dans son Histoire naturelle des Cor- 
nouailles, 1758 , in-fol. , a figuré, planche 27, cette 
Tortue, et qui Fa fait connaître , page 285. 

Delafont, dont les observations sur un individu 
observé à l'embouchure de la Loire, près de Nantes , 
en 1729, sont consignées dans les Mémoires de l'Aca- 
démie des Sciences, page 8. 

FouGEROux DE BoNDAROi avait également parlé de 
cette espèce en 1765, comme on le voit page 44 ^^ 
1 Histoire de l'Académie des Sciences pour cette an- 

(1) Spix et MartixjSj Ouvrage déjà cité dans es volume, page 340. 



AUTEURS SPÉCIAUX. 4^3 

née-là. Observations sur une Tortue prise sur les 
côtes de Bretagne , et qu'on croit originaire de la 
Chine i 

Gravenhorst a établi deux espèces dans ce genre , 
en 1829 j dans l'ouvrage sur le Musée de Ratisbonne, 
premier caliier in-fol. Deliciœ. Musei V ratislcwiensis . 
On en trouve une analyse dans le Bulletin des Sciences 
naturelles , tome xxi^ page i45, n° gS, 

Vawdelli , directeur de l'Académie de Lisbonne , 
dans une lettre adressée à Linné , et imprimée à Pa- 
doue, en itôi , décrit cette espèce et la fait connaître 
par une figure. 

Nous cileronsparmi les écrivains qui ont publié des 
observations sur quelques espèces de Gbélonées , etc., 
d'abord sur la Tuilée (C. inibricata): 

Broww, dans son Histoire delà Jamaïque, en anglais, 
sous le nom de Haw^ksbill Turtîe, page 164. 

Dampier, dans son Voyage autour du monde, 
tome I , page i35 et suiv. Les traducteurs français ont 
décrit cette espèce sous le nom de Bec à Faucon. 

DuîERTRs , dans son Voyage aux Antilles, Labat et 
RocHEFORT , ainsi que Fermin , l'ont fait connaître 
sous le nom de Caret. 

KwoRR la désigne de même dans ses Deliciœ natu- 
rœ, tome 11 , page 1 24 ? s*^ ^^ représente à la plauclie 5o. 

Thuwbeug , professeur a Upsal, a décrit la Cliélonce 
du Japon, 1787, dans l'ouvrage danois qui a pour 
. litre : Vetensk. akad. nya bandlingar, page 17'j. 

Toutes les autres espèces de Ghélonées ont été aussi 
le sujet d'observations particulières que nous ferons 
connaître en détail, aux articles que nous leur consa- 
crerons ou que nous avons déjà indiqués, tels que 
le Voyage de Bruce en Abyssinie ; l'Histoire naturelle 



424 CHÉLOIÎIENS. 

de la Caroline par Catesby; la Dissertation alle- 
mande sur les parties externes et internes de la 
Caouane, publiée en allemand, à Nuremberg, en 1781, 
in-4 avec dix planches , par Gottwald (Christophe). 

Les Tortues molles , que nous nommons les Pota- 
mites, ont été également le sujet de recherches et de 
descriptions faites par quelques naturalistes 5 nous ci- 
terons : 

Baktkâm. Voyage dans les parties du sud de l'Amé- 
rique septentrionale, traduit de l'anglais, 1779, a vol. 
in-8. Philadelphie, 1784? page 176, planches 4 et 5. 

BoDDÂEiiT , Epistola de Testudine cartilaginea , 
in-4,fig. Amsterdam, 1770. 

FonsKAEL. Faun. yirah. C'est l'espèce qui vient du 
Nil, qui , décrite d'abord sous le nom de Triunguis , 
a fourni celui du genre Trionyx que M. le professeur 
Geoffroy a nommé j^gypdacus , et qu'il a figuré 
dans le tome xiv des Annales du Muséum , et ensuite 
dans la description de l'Egypte, Histoire naturelle , 
tome I, pi. I. 

Le Sueur (Charles- Alexandre), naturaliste, l'un 
des collaborateurs de Pérou, dans l'expédition du ca- 
pitaine Baudin autour du monde , et actuellenrent fixé 
dans l'Amérique du noi^d , a publié dans le tome xv 
des Mémoires du Muséum d'histoire naturelle de Pa- 
i-is , en 1827 , une note et des figures sur deux nou- 
velles espèces de Trionyx des environs de New-Har- 
mony, dans l'Amérique septentrionale. 

Olivier , dans son Voyage en Perse , tome tii , 
page i53, a décrit une espèce de l'Euphrate qu'il a 
figurée planche [\\. 

Pennant (Thomas) , dans les Transactions philoso- 
phiques pour 1771 j vol. 61 , partie première ; dans la 



AUTEURS SPÉCIAUX. 4^5 

Zoologie britannique, et dansleSupp. ofart. Zoolog. 
p. 'jS, a fait, un des premiers, connaître l'une des 
espèces que l'on a décrites sous le nom àe fej^ox. 

Parmi les Elodites, un grand nombre d'espèces ont 
été aussi le sujet de descriptions particulières qu'il 
deviendrait inutile d'indiquer ici d'une manière spé- 
ciale. Nous ne parlerons que des auteurs qui ont fait 
connaître quelques espèces intéressantes dans les 
genres Emysaure, Cliélyde ; les genres Hydraspis, 
Pyxis, Kinixys, Sternotbyre , établis dans ces der- 
niers temps , ne seront indiqués qu'aux chapitres 
particuliers qui leur seront consacrés. 

Le genre Emysaure, que Scbweigger a nommé Cbé- 
lydre, et qui ne comprend que deux espèces, a donné 
lieu k deux descriptions particulières, l'une par Linné, 
dans le Musée du prince Adoïplie Frédéric , et l'autre 
par ScHWEiGGER, dans un Mémoire particulier et 
d'après un individu du Muséum d'Histpire natu relie de 
Paris , que nous avons vu vivant et fait figurer. 

Fleming, en 1822, a décrit ce genre sous le nom 
de Chelonura dans un ouvrage anglais, publié à Edim- 
bourg en 2 volumes in-8, sous le titre de Philosophia 
de la Zoologie. 

M. Say, de Pliiladelpbie , dont nous citerons plus 
bas un grand travail sur les Tortues d'Amérique, a 
aussi parlé de cette espèce. 

La Chélyde Matamata a été d'abord et successive- 
ment décrite par : 

Fermiw , dans son Histoire naturelle de la Hollande 
équinoxiale, page 5i, sous le nom deRaparapa, qu'on 
lui donne k Surinam. 

Bruguière, médecin de Montpellier, l'auteur du 
Dictionnaire des Vers, dans l'Encyclopédie métbodi- 



426 CHÉLONIENS. 

que, mort en 1799, à son retour de Perse. Description 
d'une nouvelle espèce de Tortue de Cayenne ; Jour- 
nal d'Histoire naturelle de Paris, n° 7, 1792, pape 
253 , avec une excellente figure in-4 , sous le n° i3. 

Baruèke l'a également décrite et il a indiqué ses 
mœurs dans son Essai sur l'Histoire naturelle de la 
France équinoxiale, page 60. Paris, 1741 ? in-12. 

Enfin, comme naturalistes spéciaux qui ont fait 
connaître quelques individus du genre Tortue, nous 
citerons : 

Perrault, qui a donné la figure et la description 
de la Tortue des Indes dans les Mémoires in-fol. de 
l'Académie des Sciences de 1666 à 1669, partie 2'' du 
tome III, page 177. 

Màrgraff, qui, en i648,adonné, dans lelivre in- 
titulé : Historiœ rerum naturaliiun Brasilicey in-fol, , 
page 241 , une figure assez exacte quoique gravée sur 
bois, et une descrîplion de la Tortue géométrique. 

Cetti (Francisco), qui, dans son Histoire de Sar- 
daigne déjà citée, a fait connaître, tome m, page 9, 
l'espèce de Tortue de terre laquelle est évidemment 
celle qu'on nomme la Grecque, qui a été également 
décrite par Brukwich. dans les Dépouilles de la mer 
Adriatique, page 92. 

Un grand nombre d'autres auteurs ont fait connaî- 
tre des espèces diverses ^ ou bien ils ont présenté des 
observaîions critiques sur la détermination des es- 
pèces, ^'est ainsi qu'on trouve dans l'ïsis, tome xxi , 
1828, page ii5o, nn Mémoire de Kaup qui critique 
le travail de Spix, relatif à la détermination des 
Tortues qui ont été décrites dans la Faune Brésilienne. 
On en trouve un extrait dans le tome xviii du Bulle- 
tin universel des Sciences naturelles, u° 69. 



AUTEURS SPÉCIAUX. ^2*] 

Quant aux auteurs qui ont fait des descriptions ou 
des observations spéciales, nous les présenterons dans 
l'ordre alphabétique de leurs noms comme les suivans. 

BapcTram , dans son Voyage au sud de l'Amérique 
septentrionale , dont le titre a cté indiqué à l'occasion 
des Potamites, a fait connaître la Tortue Polyplième , 
page i8 , Trauels. through Carol, etc. 

Bell (Tliomas), outre son grand ouvrage sur la 
monograpliie des Tortues, a inséré plusieurs Mé- 
moires importans dans des recueils périodiques que 
nous avons cités au commencement de cet article , 
page 420 , sur les Tortues à battans ou sternum mo- 
bile; sur de nouvelles espèces de Terrapènes j telles 
que celles qu'il a nommées Carolina^ Maculata; sur 
des Tortues terrestres, telles que Pardalis ^ Actino- 
deSy Tentorla, et sur les nouveaux genres qui se trou- 
vent décrits dans le grand travail qu'il publie actuel- 
lement. 

Bloch , qui a inséré dans les Mémoires des natura- 
listes de Berlin, tome viii, page 18 de la deuxième 
parlie , un très bon Mémoire sur les Tortues a battans 
mobiles. 

Nous devons encore répéter le nom de Broww, déjà 
cité pour avoir décrit une espèce de Cliélonée, mais 
qui a donné de bonnes observations dans ce même 
ouvrage sur l'histoire naturelle de la Jamaïque, 
page 466 , î-elativement à YEmjs centraîa. 

Gautier, dans ses Observations sur l'histoire natu- 
relle , in-4 , Paris , 1757, tome I, partie troisième, 
page 1 5 , a donné la description de la Tortue à mar- 
queteries , et il l'a figurée sur la planche 100. 

Gray ( J. Edward), naturaliste attaché au Muséum 
britannique, a inséré dans les Spicilegia zoologica 



428 CHÉLONIENS. 

la description d'une Tortue qu'il a fait connaître sous 
le nom spécij&que de Bellli. 

Hagstroem ( Jolian. Otto) a fait connaître dans les 
Nouveaux actes de l'Académie de Stockliolm (Vetensk. 
Acad. Handling), 1784, page 47? n° 6, l'espèce de 
Tortue grecque qu'il a désignée sous le nom de Pu- 
silla. 

Hâulan, médecin, naturaliste, professeur à Phila- 
delphie , a donné , tome v, page 88 du journal of 
tlie Acad. of naturalist. of tlie Sciences , la descrip- 
tion de la Tortue à pieds d'éiépliant, Elephcuitopus. 

Hërbst (Johan. Friedericli Willem), prédicateur 
h Berlin, a donné en 17843 dans le Recueil {Neue 
Schwedische Akadem. abaiidlungen , des observa- 
tions sur une Tortue des Indes orientales. 

On trouve dans le Zoological, journal anglais, tome 
IV 5 page 825, des détails sur la Tortue à marquetei-ie. 
{Note taken duringthe exaininatlon ofa spécimen of 
Testudo tabulata), par Holberton (Thomas-Henri). 

KoLBE, dans sou Voyage au Cap de Bonne-Espé- 
rance, tome II , page 198 , a parlé d'une espèce de Tor- 
tue carrelée, qui est l'Homopode aréole et qui paraît 
être la même que celle dont La,caille a parlé dans la 
relation de son voyage au Gap , page 35o. 

Le Comte, naturaliste, officier d'artillerie au ser- 
vice des États-Unis, adonné une Monographie com- 
plète de toutes les Tortues de l'Amérique du Nord 
dans les Annales du Lycée d'histoire naturelle de 
New-Yorck, tome m, page 91 à i3i. 

Le Sueur, dont nous avons cité le nom en parlant 
des Trionyx de New-Harmony, a décrit l'Emyde 
géographique dans le Journal cité plus haut , tome 
I , page 86 , planche 5 ; son Mémoire a pour titre : 



AtTTÊtllS SPÉCIAUX. 4^^ 

An acôouni of an American species of ToHoises^ 
not Jîoticed in the System. 

Margrav ( André-Sigismond) , dans les nouveaux 
Mémoires de l'Acadérnie de Berlin pour 1770, p. i , 
a fait, un des premiers, connaître l'Émyde d'Europe 
sous le titre suivant : De Testudine aquarum dal- 
cium nostrarum regloninn, seu Testudine orhiculari . 

MiCHAHELLEs a publié en 1829, dans le Journal 
allemand l'Isis, caîiier 12, page 1295, un Mémoire 
sur une nouvelle espèce de Tortue d'Espagne cpii ap- 
partient au genre que Wagler a fait connaître sous le 
nom de Cleinmys , parce que le plastron est solide- 
ment fixé à la carapace. 

On trouve dans l'ouvrage anglais publié par Porter 
(David), sous le titre de Journal of a cruise ruade ta 
the pacifie Océan , in the st. Jregate Essex , dans les 
années 1812 a i8i4j de la page 161 à 221^ des détails 
sur la Tortue Elépîiant. 

Say (Thomas) a donné , dans le tome iv du Journal 
de l'Académie des Sciences naturelles de Pbiladel- 
pliie pour l'année 1825, un Mémoire très curieux sur 
les Tortues terrestres et d'eau douce de Pliiladelpliie. 
Il y a fait mention de la Cliélonui-e ou Emysaure, des 
Trionyx, d'un grandnombre d'espèces d'Elodies Cry p- 
todères, dont une, indiquée sous le nom.de Biguttataj, 
est peut-être une simple variété de la Gistude d' Amé- 
mérique. Son travail est analysé dans le tome vi du 
Bulletin des Sciences naturelles de M. Férussac , page 
27 1 , sous le n" 217 (bis); il y a des détails très curieux 
sur les moeurs des diverses espèces de Cliéloniens. 

Stoeoeus (Kilian) a publié dans les Actes de littéra- 
ture et des Sciences de Suède pour 1780 , page 8 , la 
description d'une Tortue terrestre qui paraît être la 
Géométrique, qu'il a appelée Tesselata, 



430 CHÉLOWIENS. 

Stedman (Jean-Gabriel), écossais, dans la rela- 
tion de son voyage à Surinam , tome ii de la traduc- 
tion française, page 257 , a fait connaître la Tortue à 
marqueteries sous le nom de terrestris Surinamensis . 

Stubbe (Henri), qui* avait été, en 1661 , à la Jamaï- 
que, a publié en 1669, dans les Transactions pliilo- 
sopliiques , page 493 , des observations faites sur des 
Tortues. 

Enfin il y a dans les Mémoires des naturalistes de 
Berlin plusieurs descriptions faites parWALBAxjM, en 
langue allemande, de quelques espèces de Tortues, 
en particulier de celle de Spengler, tome vi, page 122, 
planclie 3. 

Nous allons citer ici les nomS et les titrés d'ouvra- 
ges de quelques auteurs qui ont écrit sur les Tortues, 
mais dont nous ne connaissons pas les ouvrages, quoi- 
que nous les ayons trouvés cités; tels sont Duhamel 
du Monceau, qui a inséré des observations sur les 
Tortues dans les Mémoires de l'Académie des Sciences 
de Paris. 

Iperen ( Josua Von) qui a publié en hollandais dans 
les Mémoires de Flessingue, vi deel. , page 820, un 
Mémoire sous le titre suivant : Bericht Wegens cène 
Schildpodde von de Kust F an Zeeland. 

RoESEL (ALUguste-Ioseph). 

Die Scliildkrote oder einige teile derselhen VersL- 
elnest Geffunden JF erden tinius gemeinutz aband- 
lungeii, 7Z0 12. 

Enfin un Mémoire contenant des reclierclies arcbéo- 
logiques de Maurer (Félix), inséré sous forme de 
Lettre dans le tome iv des Transactions pbilosoplii- 
ques,page 178, avec figures sur l'invention de la Lyre, 
d'après les passages des auteurs grecs, etc- 



AUTEURS ÀNÀTOMISTES OU PHYSIOLOGISTES. 4^1 

§.3. Des Auteurs qui ont publié des Oui^rages ou des 
Mémoires sur l'organisation des Chéloniens. 

Nous distinguerons deux sortes d'écrivains qui se 
sont occupés de l'organisation des Gliéloniens. Les 
uns n'ont fait connaître que leur structure en gé- 
néral, ou même se sont bornés à eo décrire quelques 
points, nous les appellerons anatomistes; les autres ont 
fait des reclierclies ou des observations sur les fonc- 
tions j nous les désignerons sous le titre de plivsioîo- 
gistes. 

Nous ne parlerons pas ici des ouvrages généraux 
sur l'anatomie comparée dans lesquels les diverses 
modifications que les organes ont dû éprouver cliez les 
Gliéloniens se trouvent nécessairement indiquées, tels 
sont en particulier les livres importans publiés par 
Cuvier et Meckel j notre intention est de faire con- 
naître les auteurs monograplies sur l'anatomie et sur 
la physiologie des Tortues. 

Parmi les anatomistes , il en est qui ont traité de 
toutes les parties de l'organisation; tels sont en parti- 
culier, I Perrault et surtout 2 Bojanus. D'autres 
n'ont donné que des descriptions succinctes des or- 
ganes qu'ils ont observés dans quelques espèces, 
tels sont les auteurs dont les noms suivent : 3 Bla- 
sius, 4Galdesi, 5 Goiter, 6 Gottewald , 7 Severino, 
8 Valentini, 9 Velscliius. Plusieurs auteurs même 
ne se sont occupés que de quelques régions ou de 
quelque système d'organes. Ainsi les uns n'ont parlé 
spécialement que du squelette dans son ensemble , tel 
que 10 Lacbemund, ii Guvierj d'autres de la tête 



432 CBÉtÔIÏIÈI^*S. 

osseuse, comme 12 Brouwn, i3 Gauder,'ï4 Gatîi- 
rie, î 5 Merck, îôSpix, 17 Ulricli, 18 Wiedemami. 

1. Peurault (Claude) a donné, dans les premiers 
Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Paris, 
dans les volâmes qui ont été puîaliés de 1666 à 1699, 
tome III, partie 2% page 172, une description très 
détaillée de la grande Tortue terrestre, qu'il a regar- 
dée comme provenant de la côte de Coromandel. Il y 
a joint deux planches, fnne qui représente l'animal et 
qui est plutôt remarquable par le paysage, que par le 
dessin de la Tortue ; sur la seconde on voit figurés 
les organes de la circulation, le cœlir , le foie, les 
organes génitaux de l'espèce mâle, et beaucoup de 
détails que le texte fait connaître parfaitement. Ce 
travail a été traduit en latin et inséré dans l'ouvrage 
de Valentini, dont nous parlerons ci-après. 

2. BojAJvus (Louis-Henri), médecin et professeur 
d'anatomie comparée à Vilna , mort en 1828 , est sans 
contredit le premier et le principal auteur anatomiste. 
11 a fait ses reclierclies sur une seule espèce qui est 
la Cistude d'Europe ; il a peint lui-même et donné la 
description de toutes les parties en un volume in-foL, 
publié à Vilna en 1819 et 1821, sous le titre XAna- 
tome Testudinis Europeœ , avec trente-une planches 
dont neuf sont doubles et au trait pour faciliter la 
pose des signes et des lettres de renvoi. C'est un ou- 
vrage admirablement exécuté dans son ensemble et 
dans ses détails. Le texte est en latin ; c'est une simple 
explication des planches ; mais il y a tant d'ordre dans 
l'indication des parties , qui sont représentées par les 
mêmes signes et par la fidélité des renvois explicatifs, 
qu'il n'y a peut-être aucun autre livre d'anatomie mo- 



AXJTEXJIIS ANATOMISTES OU PHYSIOLOGISTES. 4^^ 

nographique qu'on puisse lui comparer pour la per- 
fection. Malheureusement l'auteur ne s'est livré à au- 
cune vue ou explication physiologique. 

3. Blasius ou Blàes (Gérard ), médecin d'Amster- 
dam, dans son Recueil, imprimé en 1681 dans cette 
dernière ville, sous le titre âH Anatome animalium fi- 
guris 'variis illustrata , a inséré non seulement des tra- 
ductions des travaux de ses prédécesseurs , tels que 
de Severino, Coiter, Velschius, dont nous parlerons 
ceux plus tard; mais il a donné de plus, à la page 118, 
une description anatomique de la Tortue terrestre, et 
il a fait représenter ses parties intérieures à la planche 
XXX , page 4i6 de ce même ouvrage. 

4. Caldesi (Giovanni) a publié à Florence, en 
1687, un petit volume in-4° de 91 pages seulement, 
avec neuf planches , sous ce titre : Ossen^azioni ana- 
tomiche intorno aile Tartaruglie maritime d'acqua 
dolce 3 e terrestri. 

5. CoiTER (Volcherus) a publié en 15^5, dans un 
volume in-fol. imprimé à Nuremberg, comme Supplé- 
ment aux Leçons de Fallope, des explications tirées 
de l'anatomie des animaux ; et là se trouvent quelques 
observations sur l'anatomie de la Tortue grecque. 
Blasius en a donné un extrait à la page 5o4 de l'ou- 
vrage que nous avons indiqué plus haut. 

6. Gottwald (Christophe), cité par un grand 
nombre d'auteurs, a publié en 1781, à Nuremberg, 
un petit ouvrage in-4° , avec figures ; mais nous ne le 
connaissons pas ; nous savons seulement qu'il a pour 
titre : Phjsikalisch anatomische Bemerkungen ûber 
die Schildkrœten. 

>]. Severino ( Marc-Aurèle ) a donné, à la page 3ao 
de la Zootomia Democritea ^ en i645, une anatomie 

REPTILES, I. 28 



434 CHÉLONIENS, 

bien succincte, ou ses observations sur la structure 
d'une Chélonée ou Tortue Marine. 

8. Valemtiwi (Micliel-Bernard ), qui a publié, en 
11^20, une compilation de tout ce qui avait été écrit 
jusqu'alors sur l'anatomie des animaux, en un volume 
in-fol. , avec figures, a réuni dans cet ouvrage les des- 
criptions de Perrault, § 54> page 2i4; celles de Bla- 
sius, page 22 5; de Fabri, page 227 ; et de Severino, 
page 23o. 

9. Velschius (George- Jérôme) a donné en 1649, 
dans les Mémoires des Curieux de la Nature, centu- 
rie i'% observât. 47e j P^S^ 62, l'anatomie de la Tor- 
tue des bois. Ces observations ont été reproduites à la 
page 3o4 de l'ouvrage de Blasius, cité plus liaut. 

D'autres anatomistes, avons-nous dit, ont étudié 
particulièrement le squelette : le premier qui ait fixé 
l'attention sur la singularité de sa structure, et qui 
en a donné une figure, est 

10. Lachmund (Frédéric), qui, en 16'j'd, publia dans 
les Épliémérides des Curieux de la Nature , décade 1*^% 
an IV et v, page 240, une observation et une figure 
très informe , mais qui cependant a été souvent re- 
produite, de la carapace ouverte d'une Cistude, avec 
ce titre : Testudo ex suo scuto , ut 'vulgus putat, 
exire non potest. 

11. CuviER (George) est celui de tous les natura- 
listes qui a le mieux et le plus complètement fait con- 
naître l'ostéologie des Tortues dans ses Rechei^ches 
sur les Ossemejis fossiles, 1^ édition, 1824, tome v, 
2" partie, in-4; page 17 5 pour les Tortues vivantes, 
et 220 pour les espèces fossiles. A la planclie xi, sont 
représentées les têtes des différens genres; sur la xii, 
les os hyoïdes et les plastrons; et sur les trois sui-. 



AUTEURS ANA.TOMISTES OU PHYSIOIiOGISTES . 4^5 

vantes, les carapaces des espèces vivantes et fossiles. 
C'est le travail le plus important qui ait été publié 
sur ce sujet. 

12. Brown (Henri) a inséré dans les Nouveaux 
Actes des curieux de la Nature, tome xv, page 201, 
planches lxiii et lxiv, des observations sur un squelette 
de Tortue fossile , sous ce titre : Testudo antiqua 
eine subwaser Gypse von hohen miter gegangen. 

i3. Gautier (Jean-Antoine), en lyBy, a donné 
dans sa collection de planclies d'Histoire naturelle 
en couleur, sous le format in-4% planclie 34, des 
observations anatomiques sur la tête de la Tortue, 

i4- GuTHRiEs. On trouve sous le nom de cet auteur 
dans le Zoolog. Journal , tome iv , page 822 , un Mé- 
moire sur la tète d'une Tortue terrestre ; il a pour 
titre : Obseruations on the structure of tlie head of 
Testudo indica. 

i5. Merck (Jean-Henri). On n'a de cet auteur 
qu'une très grande estampe dessinée et gravée par 
F. Goût en 1785, qui i^eprésente, sur de grandes di- 
mensions , la tête d'une Tortue franclie des Indes. 

16. Spix (Jean), Bavarois, déjà cité pour son 
grand ouvrage sur les Pvepliles du Brésil, a publié une 
dissertation sous le titre de Cephalogenesis ^ dans la- 
quelle il donne des descriptions et des figures de la 
tête de plusieurs espèces de Gliéloniens. 

17. Ulrich (Aug.-Léopold.), médecin à Jena, a 
publié une dissertation particulière sur les os de la 
tête, en 1806 , in-4°, avec deux planches gravées; elle 
est vaXiivUée jdnnotationes quœdam de sensu ac signijî- 
catione ossium capitis speciatim de capite Testudinis. 

18. Wjedemajn^n a décrit dans les Archives zoologi- 

28. 



2[36 CHÉLONIÉNS. 

cpesjvol. II 5 cali. ^, page i8i , les os de la tète de là 
Tortue à marqueteries (Testudo tabulata). 

19. M. Geoffroy Saiwï-Hilaire a décrit, dans les 
Annales du Muséum, tome xiv, page 16, et dans sa 
Pliilosopliie anatomique, page io4, les os qui com- 
posent le sternum ou le plastron des Tortues. 

Tels sont les principaux ouvrages sur l'ostéologie 
des Chéloniens ; c'est la partie de leur organisation 
qui a été le plus étudiée. Vient ensuite la fonction 
circulatoire , dont les premières idées ont été provo- 
quées par la description du coeur de la Tortue , pu- 
bliée en i65i par Fabri (Josepli) , dans l'Histoire du 
Mexique par Hernandez, mais qui est devenue l'objet 
des reclierclies et des observations d'un grand nombre 
d'anatomistes , et qui a donné lieu à de grandes dis- 
cussions entre les célèbres anatomistes Duverney et 
Méry; mais ensuite Baglivi et Bussière s'en sont 
aussi occupés-, nous allons faire connaître leurs tra- 
vaux. 

20. DuvERWEY (Josepb);, membre de l'Académie 
des Sciences , professeur au Jardin du roi de Paris , a 
publié en 1699 , dans les Mémoires de l'Académie des 
Sciences, pages 34 et 227, une dissertation ayant pour 
titre : Description du cœur de la Tojtue ; et dans ses 
OEuvres analomiques, tome 11, page 458 à 488. 

21. Méry (Jean), dans les mêmes Mémoires pour 
1703, page 345? a inséré plusieurs dissertations sur 
le même sujet j d'abord^ l'Examen des faits observés 
par Duverney; puis, Réponse à la critique de M. Du- 
verney ; enfin, Description du cœur d'une Tortue de 
mer et de celui d'une Tortue de terre d'Amérique. 

22. Bussière (Paul) a inséré dans le volume xxvn 



AUTEURS ANÀTOMISTES OU PHYSIOLOGISTES. 4^7 

des Transactions pMlosopliiques , page 170, un Mé- 
moire qui a pour titre : Anatoniical description of 
the heart of tlie land Tortoises front America. 

23. Baglivi (Georges) avait déjà, en 1700, publié 
dans ses ouvrages , et en particulier dans celui qui a 
pour titre en latin , sur la Fibre motrice , une disser- 
tation qu'il a ainsi intitulée : De Circulatione san- 
guinis in Testudine experimentaj cum ej'iis animalis 
cordis anatome. 

Nous avons peu de dissertations particulières sur 
les organes de la respiration des Chéloniens , cepen- 
dant nous citerons Parsons, Méry et Bonvicini. 

24- Pausojvs (James) a fait connaître la structure de 
la tracliée-artère, dans le volume lvi des Transactions 
pliîlosopliiques , page 2o3, An account ofsome pecu- 
liar advantages in the structure ofthe asperce arteriœ 
and in the land Tortoise. 

25. Méry, déjà cité, a donné dans les Mémoires de 
l'Académie des Sciences, d'abord tome i, page 43o, 
des observations sur un sac ou lobe des poumons de 
la Tortue de mer, et ensuite tome 11, page 75, une 
dissertation intitulée : Pourquoi le fœtus et la Tortue 
vivent très long-temps sans respirer. 

26. Bonvicini (Giuseppe) a publié en italien, dans le 
tome xviT des Opuscoli scelti j, page 212, une lettre 
sulla voce délia Tcstuggine. 

Sur les organes des sens nous ne pouvons citer 
qu'une dissertation particulière , c'est celle de 

27. PouRFOuE. DupETiT, qui a donné en 1737 , dans 
les Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris , 
page 142 , la Description anatomique des jeux de la 
Tortue. 



J^3S CHÉLONIENS. 

Sur la température , nous ne connaissons que celle 
de notre défunt beau-frère, 

28. Delaroche (François-Michel), qui a fait con- 
naître en 1808 , dans le nouveau Bulletin des Sciences 
de la Société pliilomatique , n° de juillet, des expérien- 
ces sur la température propre d'une Chélonée franche, 
olîservée par lui à Iviça, l'une des îles Baléares. 

28 (Lis). EwT (Georges), savant médecin et ha- 
bile anatomiste anglais, avait inséré en lôgt, page 533, 
des observations curieuses sur le poids comparé d'une 
Tortue terrestre, lorsqu'en automne elle était sur le 
point de se cacher dans la terre pour y passer l'hiver , 
et lorsqu'elle en sortit au printemps suivant. 

29. Nous citerons encore quelques observations cu- 
rieuses sur une maladie des écailles de la Tortue, faites 
par GuETTARD (Jean-Etienne), insérées en i<j66 dans 
les Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris, 
page 59, ainsi indiquées : Observations sur l'écaillé 
d'une Tortue garnie dans son milieu d'une cheville 
osseuse. 

Les organes génitaux, les œufs et la génération 
elle-même, ont donné lieu à quelques recherches 
dont nous allons indiquer les titres et les auteurs. 

30. Geoffroy Saiwt-Hilaire, professeur au Mu- 
séum, a donné, dans les Mémoires de cet établissement, 
tome XV, page 46, la description et la figure, planche 2j 
de Y Appareil urétro-sexuel de la Tortue à boîte. 

3i. Treviranus (Godefroy-Reinhold), professeur 
à Brème , a publié en 182'^ , page 282 , Zeitscliriftfar 
Physiologie, tome 11, un Mémoire sur les organes 
génitaux mâles des Tortues en général et de VEmjs- 
serrata en particulier. 



AUTEURS ANATOMISTES OU PHYSIOLOfilSTES. 4^9 

32. Geoffroy (Isidore), fils, membre de l'Acadé- 
mie des Sciences, de l'Institut, a publié, avec M. Mar- 
tin Saint- Ange , docteur en médecine, dans les An- 
nales du Muséum pour 1828, pages i53 et 201, des 
B.ecberclies anatomiques sur deux canaux qui mettent 
la cavité du péritoine en communication avec les 
corps caverneux cbez la Tortue femelle. 

33. Féry a inséré, en 1828, dans le tome xxi de 
l'Isis , une observation curieuse d'œufs qui ont été 
pondus ou expulsés par l'oviducie excisé d'une Tortue. 

34. Helbïg (Jean-Otton) , en 1680, avait donné 
dans ses observations sur les cboses curieuses obser- 
vées aux Indes, imprimées dans les Epliémérides d'Al- 
lemagne , an IX et x , à la page 463 , une petite note 
sur la génération des Toi^tues. 

35. TowNSON (B.obert), déjà cité a la page 34i de 
ce volume , a consigné dans ses observations sur la 
respiration des E.eptiles , de curieuses remarques sur 
la faculté absorbante dont jouissent les Tortues par 
certaines parties de leur corps. 



FIN DU TOME PREMIER. 



TABLE METHODIQUE 

DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS CE PREMIER VOLUME. 



LIVRE PREMIER. 

DES REPTILES EH GÉNÉnAX. ET DE LEUR ORGAIVISATION. 

Généralités : des noms de Reptiles et d'Erpétologie. i 

Développemens des caractères essentiels de ces ani- 
maux. 3 

Division de la classe en quatre groupes : les Tortues , 
les Lézards, les Serpens et les Grenouilles. 7 

Tableaux de leur classification en quatre ordres : les 
Chéloniens, les Sauriens, les Ophidiens et les Ba- 
traciens. 10 

Organisation et moeurs des Reptiles, étudiées d'après 
leurs quatre fonctions principales. ï i 

CHAPITRE l". 

DE LA MOTILITÉ CHEZ LES REPTILES, 

Considérations générales sur cette faculté. 13 

Des divers mouvemens que produisent les Reptiles 

des différens ordres. i3 

De la structure de leurs parties solides. aa 

Des os de l'échiné et de leurs articulations. aS 



442 TABLE MÉTHODIQUE 

De la tête et âe sa composition. 24 

De la poitrine et des côtes. 26 

Du sternum. „ 29 

Du sacrum et de la queue. 3i 

Des membres en général. 33 
De l'épaule ;, du bras^ de î'avant-bras et de la patte 

antérieure. 34 
Du bassin^ de la cuisse^ de la jambe et de la patte 

postérieure. 35 

Des muscles en général. 4^ 

De ceux du tronc , des membres et de la peau. ^i 
Résumé des mouvemens généraux que produisent les 

Reptiles. 4^ 

CHAPITRE II. 

DE LA SENSIBILITE CHEZ LES REPTILES, 49 

Considérations sur cette faculté , sur les nerfs et le 

système nerveux. 5o 
Des enveloppes solides et membraneuses des nerfs. Sa 

Des os du crâne. 53 

De l'encéphale et de la moelle épinière. 6'o 

Du nerf grand sympathique. 63 

Des organes des sens. 64 

Du toucher, des tégumens et des doigts. 66 

Du goût et de la langue. 79 

De l'odorat et des narines. 82 

De l'audition et de l'oreille. 88 

De la vision et des yeux. 94 

CHAPITRE ni. 

DE LA NUTRITION CHEZ LES REPTILES. ïo4 

Considérations générales sur cette fonction. io5 

De ia digestion. îio 



DES MATIÈRES. 44^ 

De la bouche, des mâchoires et des dents. 112 

Delà langue. isa 

De l'hyoïde. i23 

Des glandes salivaires. 128 

De la déglutition et de la digestion stomacale. i32 

De restomac et des intestins. i38 

Du foie. 142 

De la rate , du pancréas. i43 

Du cloaque chez les Reptiles. i45 
Résumé des particularités des organes de la digestion 

dans les différens ordres des Reptiles. i48 
De la circulation. i54 
Des deux sortes de circulations générale et pulmo- 
naire. 167 
Du cœur et de sa structure particulière. i5i 
Des principaux vaisseaux. i65 
De la respiration. 166 
Des deux sortes de respirations pulmonaire et bran- 
chiale. 167 
Des poumons dans chacun des ordres. i']2 
Du mécanisme variable de l'acte respiratoire. i'j4 
De la voix. • 184 
De quelques facultés annexes de la respiration. 187 
De la chaleur animale. 189 
De l'absorption de l'air et de l'eau. 193 
De l'exhalation et de la transpiration. 195 
Des sécrétions en général. 196 
, Des reins et de l'humeur qu'ils sécrètent. 198 
De la graisse. 201 
Excrétions diverses, matières grasses , acides, odo- 
rantes. 2o3 
De la reproduction des membres et autres parties 
perdues. . 206 



444 TABLE MÉTHODIQUE 

CHAPITRE IV. 

DE LA PROPAGATION. 210 

De la génération considérée d'une manière générale. 212 

— Dans chacun des ordres en particulier. 2i3 

— Chez les Batraciens. 2i5 
— ■ Chez les Chéloniens et les Ci'ocodiles. 2ï8 

— Chez les autres Sauriens et les Ophidiens. 219 

— Des ovaires et des œufs. 223 

LIVRE SECOND. 



INDICATION SES OUVRAGES GENERAUX B.EI.ATIFS 
A L'HISTOIRE SES REPTILES. 



Des auteurs principaux, classificateurs , méthodistes 

ou syste'matiques , qui ont écrit sur les Reptiles , 

rangés dans l'ordre chronologique. 225 

Aristote. 226 

Pline le naturaliste. 229 

Gesner. . 282 

Aldrovandi. 233 

Jonston et Ray. 234 

Linné. 235 

Klein et Laurenti. 238 

Scopoli. 242 

Lacépède. 343 

Brongniart ( Alexandre ). 244 * 

Latreille. 247 

Daudin. 25o 

Cuvier. 202 

Duméril et Oppel. ' 258 

Merrem. ' 262 

De Blainville. 366 



toES MATIERES. 44^ 

Gray. 267 

Haworth, 278 

Fitzinger. 276 

Ritgen. 283 

Wagler. 286 

Muller. ' 298 

Liste par ordre alphabétique des auteurs généraux 

qui n'ont pas publié d'ouvrages systématiques ou 

méthodiques. 3o3 

LIVRE TROISIÈME. 

DE L'ORDRE DES TORTVES ÛU SES CHÉLOKIEKS. 
CHAPITRE I" 

DE LA DISTRIBUTION METHODIQUE DES CHELONIENS 

EN FAMILLES NATURELLES ET EN GENRES. 344 

Caractères généraux des Reptiles de cet ordre. 347 

De leur division en quatre familles naturelles. 35 1 
Des Chersites ou Tortues terrestres. ihid. 

Des Thalassites ou Tortues marines. 352 

Des Potamites ou Tortues fluviales. 353 
Des Élodites ou Tortues paludines^ subdivisées en 
deux sous-familles : les Cryptodères et les Pleu- 

rodères. 354 
Résumé général de cette classification en familles et 

de leur distribution en genres. 355 

Tableau synoptique de cette classification. 365 

CHAPITRE n. 

DE l'organisation ET DES MOEURS DES CHe'lONIENS. 366 

Des organes du mouvement. 367 

Des organes de la sensibilité. 388 

Du toucher et des tégumeias. Sgo 



44^ TABLE MÉTHODIQUE 

De l'odorat. 3g-j 

Du goût. 398 

De 1 ouïe. 899 

De la vision. 45o 

Des organes de la digestion. 402 

Des organes de la circulation. 4o8 

Des organes respiratoires. 4^0 

Des organes des sécre'tions. 4ii 

Des organes de la génération. 4^2 

CHAPITRE III. 
DES AUTEURS QUI ONT ECRIT SUR LES CHELONIENS. 5l3 

§ i*^'. Des Chélonograplies généraux. 4 '4 
Walbaum , Schneider, Schœpf, Schweigger. 4^^ 



2. Des Chélonograplies spéciaux qui n'ont écrit 
que sur quelques genres ou quelques espèces. 4^9 

Sur un ou plusieurs genres : Bell, Geoffroy Saint- 
Hilaire, Spix. ^'lo 

Sur quelques espèces de Thalassites : Âmoreux , 
Boddaert , Borlase , Delafont, Fougeroux de Bon- 
daroi , Gravenhorst, Vandelli , Brown , Dampier, 
Dutertre , Knorr, ïhunberg, Bruce, Catesby, 
Gottwald. 421 

Sur des Potamites : Bartram, Boddaert, Forskael, 
Geoffroy , Le Sueur, Olivier, Pennant. 4^4 

Sur des Elodites : Schweigger, Fleming, Say, Fer- 
min , Bruguière , Barrère. SaS 

Sur des Chersites : Perrault , Margraff, Cetti, Raup. 4^6 

Liste alphabétique des auteurs qui n'ont donné que 
des observations détachées sur quelques espèces. 427 



DES MATIÈRES. 44^ 

3. Des auteurs qui ont publié des Ouvrages ou des 
Mémoires sur l'anatomie ou la physiologie des 
Chéloniens. 4^1 

1° Des Anatomistes généraux : Perrault, Bojanus , 
Blasius, Caldesi, Coiter, Gottwald , Séverine, 
Valentini, Velscliius. 432 

2° Des Anatomistes spéciaux : 

Sur le squelette : Lachmund, Cuvier, Brown , 
Gautier , Guthries , Merck , Spix , Ulrich , Wie- 
demann, Geoffroy Saint-Hilaire. 4^4 

Sur la circulation , la respiration , la voix : Fahri , 
Duverney, Méry, Bussière, Baglivi , Parsons , 
Bonvicini. 436 

3° Des Auteurs qui ont écrit sur quelques points 
de la physiologie des Chéloniens : Delaroche , 
Guettard, Treviranus , Isidore Geoffroy, Féry, 
Helbig, Townson. 438 



FIN DE LA TABLE. 



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