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Full text of "Esquisses zoologiques sur la côte de Guiné ... le partie, les mammifères"

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ESQUISSES DE ZOOLOGIE. 



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ESQUISSES ZOOLOGIQUES 



SUR LA 



COTE DE GlI^E 



^ 



PAR 



C. J. TEMMINCK, 



MEMBRE CORRESPONDANT DE I,'I^.STITDT DE FRANCE. 



I^ fiJnrtic, lf5 ittammifcrre. 



LEIDEN , 

Chez E. J. BRILL 

1833. 




AVANT-PROPOS. 



Ayant fourni, conjointement avec M. M. de 
Haan et Schlegel , un apperçu synoptique d'u- 
ne partie de la Faune du Japon, et fait con- 
naître d'une manière spéciale quelques mam- 
mifères , un grand nombre d'oiseaux^ de pois- 
sons et de crustacées originaires des îles de 
cet Empire , ainsi qu'après avoir publié mon 
Coup-d'oeil général sur les possessions néer- 
landaises dans l'înde archipélagique , ouvrage 
dans lequel l'histoire naturelle des grandes îles 
de la Malaisie n'a pu être traité qu'en forn^e 
d'apperçu fort secondaire : nous aventurons 
maintenant la publication de quelques détails 
nouveaux ou peu connus, sur une partie de la 
Faune des contrées tropicales de l'Afrique oc- 
cidentale , circonscrite dans le rayon des facto- 
reries que le Gouvernement néerlardais possède 
sur la côte de Guiné. 



VI 



Le Musée des Pays-Bas a obtenu les objets 
acconipag:nés des observations qui en font par- 
tie^ et qui serviront de matériaux à ces esquis- 
ses , par les soins de l'un des employés de notre 
établissement; dont la persévérance et le dé- 
vouement ne peuvent guère être surpassés par 
ceux d'aucun autre naturaliste voyageur. 

M. Pel, jeune encore, débuta dans sa car- 
rière par un goût décidé pour les travaux rela- 
tifs à la Zoologie, et une prédilection particu- 
lière pour rétude des animaux vertébrés. S'é- 
tant voué pendant quelques années a cette étu- 
de pratique , l'occasion lui fut oiferte de visi- 
ter et d'explorer une partie du littoral occiden- 
tal de l'Afrique, dans le rayon des factoreries 
de l'État à la côte de Guiné , afin d'y collecter, 
pour le nnisée, le grand nombre d'animaux re- 
marquables, sur lesquels on n'était parvenu 
jusqu'alors à obtenir que quelques indices va- 
gues , ou des indications très-superficielles. En 
effet, après BosMAN,quifut chargé en 1688, d'ex- 
plorer ces contrées, et qui a publié en 1703, 
quelques notices sur un fort petit nombre d'a- 
nimaux de la Fantie, aucun autre ne s'est oc- 
cupé depuis ce temps de l'étude des êtres remar- 
quables , qui vivent sur cette terre classique 
pour l'histoire naturelle. 

Avec ce goût persévérant pour la science. 



— vu — 

M. Pel a su mettre à profit les connaissances 
acquises dans l'art! ^^ ^^ taxidermie ; à ces quali- 
tés, indispensables pour le naturaliste voyag^eur, 
il joitit un coup d'oeil excercé , et la connais- 
sance exacte des lacunes à remplir ainsi que 
des besoins à satisfaire dans notre établissement 
national, où il fit ses premières études. Ce qui 
fait surtout honneur à la droiture du carac- 
tère de notre voyageur , c'est que, par un dé- 
vouement bien louable et un désintéressement 
fort rare adjourd-liui , il ait consacré une par- 
tie de son temps à rassembler des collections 
pour le musée, en faisant abnégation complète 
d'intérêt persomiel et pécuniaire. 

Admis depuis quelques années dans le cadre 
des fonctionnaires de l'État à la côte de Gui- 
né, M. Pel, au lieu de se livrer (comme le font 
tous les employés des factoreries néerlandaises 
établis sur cette côte) à un commerce toléré 
par le Gouvernement , notre naturaliste a 
meiux aimé sacrifier des revenus pécuniaires 
qu'il aurait pu se créer par le commerce ^ au 
désir ^ sans cesse présent à sa mémoire, de té- 
moigner sa reconnaissance à l'établissement qui 
l'avait accueilli et protégé dès le début de sa 
carrière. 

Je remplis un devoir bien cher à mon coeur, 
en rendant hommage au mérite et au désinlé- 



— VIII — 

resscmenl de mon ami. il près «ne absence de 
plusieurs années il est venu passer quelques 
mois au sein de sa famille , et vient de retour- 
ner au poste qu'il occu[)e en Afrique ; il s y 
rend de nouveau dans Fintention d'étendre ses 
pérég:rinations , et de les mettre à profit pour 
agrandir le domaine de nos connaissances sur 
les contrées de l'Afrique centrale , si éminem- 
ment intéressantes à étudier, et encore peu ou 
point explorées aujourd'hui. 

11 aurait sans doute été^dans l'intérêt de la 
science de mettre à profit le temps du séjour 
de M. Pel en Europe, pour rédiger et prépa- 
rer pour la publication, les résultats de ses 
recherches dans ces contrées, afnsi que les ob- 
servations faites sur les animaux qui y vivent, 
et qu'à ces documents sur le pays des Aschan- 
tes , dont il visita Coumassie la capitale, l'on eut 
joint un atlas de planches, comprenant aussi 
les genres nouveaux, ainsi que les espèces les 
plus remarquables d'animaux qui habitent ces 
contrées. Çuelque intéressante qu'aurait été 
une entreprise de cette nature , les frais qu'elle 
nécessiterait, ne sauraient être couverts sans 
des secours pécuniaires, fournis par le Gouver- 
nement: mais, celui-ci, responsable de l'emploi 
des deniers nationnaux , ne peut autoriser des 



dépenses qu'une stricte économie ne saurait lé- 
gitimer; hors donc, des plans de cette nature, 
quelque désirables qu'ils soyent pour les scien- 
ces , ne peuvent , pour le moment , être pris en 
considération sérieuse, et nous n'en faisons men- 
tion que sous forme de voeu lég^itime , à réali- 
ser plus tard en des temps plus favorables pour 
les finances de l'Etat. 

Ajoutons aussi le voeu non moins ardent, de 
voir rétablir dans ses attributions , sous quelque 
forme org^anique que ce soit , et sous telle di- 
rection ou dénomination que l'on jugera conve- 
nable, la commission supprimée des naturalis- 
tes explorateurs, dans nos possessions de l'Inde 
archipélagique. Cette commission scientifique 
n'a point fait défaut à sa destination ; elle 
n'a non plus manqué à ses devoirs. Sans vou- 
loir énumérer ici les services qu'elle a rendu à 
des sciences , en quelque sorte secondaires ^ , ie 
dernier des membres encore en vie ^ , vient de 



î) Voir , Vcrhandelingen over de Natuurlijke Gcsc/iiedenis der 
Nedcrlandsche Overzeesche Bezittingen. Cet ouvrage en in folio, 
comprend , partie historique et ethnographique accompagnées 
de vues , de plans et de cartes , un volume ; Zoologie, un vo- 
lume avec atlas de planches. Botaniques, un volume et planches. 
Par les membres de la commission scientifique , dissoute main- 
tenant ! 

') Le champ des morts à Java, à Sumatra, à Amhoinc et 
a Tiinor a vu s'ouvrir des tombeaux pour dix de ces natura- 



publier une partie, et continue la publication 
de son précieux travail sur la constitution phy- 
sique de File de Java , dont le complément 
sera la grande carte topograpliique de cette île. 
Ces travaux remarquables, dus à M. le Dr. 
JujNGHUHN , lui promettent une place marquan- 
te parmi les savants de notre époque. Feu le 
Dr. ScnwA^ER a doté le gouvernement de l'In- 
de, de la découverte précieuse de dépots houil- 
liers dans les parties Sud-Ouest de Bornéo : 
dans les manuscrits nombreux du défont , ain- 
si que dans ceux de feu le Dr. Forsten, Ton 
a recueilli des documents tres-intéressants rela- 
tifs à l'ethnologie et à la topographie de Bor- 
néo et des parties INord de Célébes 

Convenons, qu'un excédent de vmgé millions 
en bénéfice annuel^ que l'ïnde compte à la Mère- 
Patrie , peut légitimement faire admettre la dé- 
pense minime de quarante mille floHns pour 
une commission, chargée d'explorer scientifi- 
quement et matériellement les riches et fertiles 
possessions tropicales , que nos ayeux négligè- 
rent de faire étudier pendant plus de deux 
siècles et demi , et dont les immenses richesses 



listes, dans la fleur de l'âge. — Les pierres sépulcrales qui 
couvrent les restes mortels de mes jeunes amis , nous conser- 
vent les souvenirs de leurs travaux, et elles, servent à con- 
stater leur dévouement ainsi que le zèle persévèrent dont ils 
étaient animés. 



— XI — 

du sol, pour peu qu'elles soient mieux connues, 
pourront être rendues tributaires au commerce 
et à l'industrie du mondée 

A défaut d'écrits périodiques pour l'histoire 
naturelle, qui manquent complètement dans ce 
pays, il est un autre moyen de satisfaire au be- 
soin qu'éprouve en ce moment le musée des 
Pays-Bas pour faire apprécier au monde savant 
les richesses qui s'ytrouvent déposées , plus par- 
ticulièrement celles delà côte de Guiné, obte- 
nues par les soins du naturaliste , jadis attaché 
à cet établissement. 

JNous croyons rendre service à la science, 
en publiant les résultats les plus remarquables 
de ces découvertes sous forme de Prodrome , 
pouvant servir de base à un travail scientifique 
pins général, et qui comprendra pour-îors, sous 
le titre de Faune de l^ Afrique, les matériaux 
nombreux publiés dans les relations des voya- 
ges de découvertes , ainsi que ceux compris dans 
la présente notice , surtout dans les grands ou- 
vrages de zoologie , qui font connaître un nom- 



1) Pour les détails sur cette matière importante, voir, mon 
Coup-d'oeil général sur les possessions néerlandaises dans l'Inde 
arcJiipclagiqiie: aux articles qui font connaître les productions 
du sol ainsi que les aperçus sur l'histoire naturelle ; spéciale- 
ment pages 82*, 94, 224,422 et 465 du second volume, ainsi 
que pages 504 et 409 du troisième volume. 



— XII — 

bre déjà Irès-consîdérable d'animaux des difie- 
renles contrées explorées de cette vaste partie 
du monde. — Ces esquisses pouiront tenir lieu 
de jalons, placés sur la route scientifiqne, con- 
duisant à la connaissance plus parfaite de l'A- 
frique. 

Nous n'avons pour le présent aucun autre 
but, que de fournir quelques indications suc- 
cinctes sur les animaux rassemblés par notre 
voyageur. Cliez le plus g:rand nombre de ceux- 
ci , les notions relatives aux moeurs laisseront 
nécessaiiement des lacunes à remplir ; on pou- 
vait s'attendre à un tel résultat ;, vu que plu- 
sieurs mammifères et oiseaux ay.^nt été captu- 
rés par des chasseurs îndig^ènes , M. Pel n'a pu 
recueillir de ses nègres salariés^ aucune obser- 
vation scientifique de quelque importance , et 
qu'effectivement il n'a été que le préparateur 
et le conservateur des dépouilles de ces ani- 
maux. Remarquons en-outre^ qu^un bon nombre 
des mammifères propres à l'Afrique, sont des 
espèces dont le genre de vie est nocturne ; de 
jour elles peuvent se soustraire aux poursuites 
des animaux carnassiers ainsi qu'aux perquisi- 
tions de l'observateur , en se cachant dans leurs 
retraites souterraines ; ou bien elles se dérobent 
à la vue dans l'épaisseur des troncs- des arbres 
vermoulus ; ce qui fait que leur capture est due, 



— XTIÎ — 

le plus souvent , h des cas fortuits. Le plus 
grand nombre des oiseaux africains se retire 
de jour sous l'ombre protectrice des vastes fo- 
rêts vierges , accessibles aux indigènes , qui seuls 
connaissent les sentiers tortueux ^ frayés par 
eux au coutelas ^ dans ces masses de végétaux 
qui se croisent dans tous les sens. 

11 n'est dès-lors guère présumable que le na- 
turaliste puisse trouver le moyen d'étudier ces 
êtres dans leur manière de vivre et de se nour- 
rir. Toutefois , grâces à son zèle et à sa persé- 
vérance , M. Pel est parvenu à réunir plusieurs 
observations fort intéressantes, sur les moeurs 
et les habitudes de quelques espèces remarqua- 
bles ou nouvelles pour la science: nous publi- 
ons ces notices d'après les renseignements qu'il 
vient de nous communiquer à cette fin. 

JXous commençons par fournir l'énumération 
de toutes les espèces de mammifères et d'oiseaux, 
recueillies par M. Pel dans ses excursions, et 
qu'il a expédié successivement au musée; dans 
ce nombre plusieurs sont connues , décrites, ou 
illustrées par de bonnes figures; nous ne ferons 
point mention spéciale de celles ci , que pour 
autant qu'il sera nécessaire de relever des er- 
reurs, ou bien lorsque nous aurons des ren- 
seignements nouveaux à communiquer sur leur 



— XIV — 

compte. Les espèces qu^après examen attentif, 
nous présumons être inédites, seront compa- 
rées au besoin à celles déjà connues. Les ré- 
présentants des genres qui nous semblent nou- 
veaux porteront Findication de leurs caractères 
distinctifs. 

Mon intention est de faire paraître cet écrit 
en deux parties ou livraisons ; la première com- 
prendra les mammifères , la seconde les oiseaux ; 
ni Fune ni Fautrc ne sera accompagnée de plan- 
ches; toutefois, ayant le projet de publier un 
troisième volume des Monographies de Mam- 
Tnalogie , dont deux voient le jour depuis quel- 
que temps j je destine la partie de cet écrit, 
comprenant les mammifères de la Guiné, à for- 
mer la première livraison de ce troisième volu- 
me, et à laquelle, pour lors, un nombre in- 
déterminé de planches seront jointes. Ces es- 
quisses sur les mammifères de la Guiné me 
serviront aussi à faire connaître quelques espè- 
ces nouvelles deHoifsseûtes, de Carnassiers et 
d* écureuils de Fïnde, qui n'ont point encore 
été publiés dans les catalogues méthodiques 
qui me sont connus. 



CATALOGUE 

DES ESPÈCES DE 

MAMMIFÈRES 

DE LA COTE DE GUINÉ QUE LE MUSÉE 
DES PAYS-BAS 

A REÇU PAR LES SOINS DE M. H. S. PeL , RESIDENT DU 
GOUVERNEMENT ET DÉLÉGUÉ DU MUSEE. 



Troglodytes niger , dans le 
jeune âge. 

COLOBUS URSINUS, 

» FULIGINOSUS. 

» VERUS. 

CeRCOPITHECUS DIANA, 

» PETAURISTA. 

» ALBOGULARIS. 

» CAMBELLI. 

» LUNULATUS. 

OCTOLICNUS PeLI. 
Perodicticus POTTO. 
Pteropus stramineus. 
Pachisoma whitei. 
Phillorhina vittata. 

» CYCLOPS. 

» FULIGINOSA. 

» CAFRA. 



RniNOLOPHUS ALCYONE. 

Megaderma frons. 
Taphosous peli. 
Felis celidogaster. 
Viverra civetta. 

» gennett01des. 
Herpestes loempo. 

» pluto. 

» BADIUS. 

Crossarchus obscurus. 
Paradoxurus binotatus. 
Xerus congicus. 
sciurus caniceps. 

» EBI. 

» maculatus, 

» leucostigma. 

» punctatus. 

» musculinus. 



— XV ï — 



Anomalurus peli. 

» FRASERI. 

» LANIGER. 

MVOXUS COUPEI. 
Mus VITTATUS. 
» BARBARUS. 
» TRIVIRGATUS. 
i> SIKAPUSI. 
» ERYTHROLEUCOS. 
— » MUSCULOIDES. 

» RUFINUS. 
CrICETOMYS GAMBIENSIS. 



Majnis LONGICAUDATUS. 

» tricuspis. 
Hyrax sylvestris. 
Tragelaphus scriptus. 
Calotragus spiwger. 
Cephalophus pluto. 

» OGILBYI. 

» dorsalis. 

» rufilatus. 

» maxwelli, 

Bos brachyceros. 



TROGLODITE GORILLE et CHIMPANSÉ. 

TROGLODYTES GORILLA et NIGER. 



Quoique inscrivant collectivement ces deux noms dans 
un même article , nous n'avons point l'intention d'insis- 
ter sur la réunion de ceux-ci comme formant une seule 
et même espèce; le premier représentant l'état parfait 
ou l'adulte, le second le jeune-âge. Convenons toutefois, 
que le doute qu'on a émis jusqu'ici sur l'existence de 
deux grands singes anthropomorphes africains, et l'éloig- 
nement manifesté par plusieurs naturalistes (dont j'ai 
partagé l'opinion) d'admettre dans le rayon de la zone 
tropicale de cette partie du monde deux espèces dis- 
tinctes de ces grands animaux, se trouvait être pour le 
moins fort spécieux, et qu'il paraissait même évident ^ 
envisagé sous le point de vue des rapports et de l'ana- 
logie qu'on observe entre le type africain TroglodUe 
chimpansé , et VOrang-Oelan de Bornéo. 

La certitude de l'existence de deux de ces grandes 
espèces de quadrumanes dans le rayon tropical de l'Afri- 
que, est fondée maintenant sur des faits incontestables, 
ainsi que sur des documents du plus grand intérêt; les 



uns et les autres ont été fournis par M. le Prof. Owen 
sur des crânes de ces animaux ^ et ils viennent d'obtenir, 
fort récemment, une confirmation évidente par M. le 
Professeur Isidore Geoffroy , sur des sujets à l'état a- 
dulte, conservés à l'esprit de vin 2. Ces données ne lais- 
sent plus aucun doute sur ce fait, d'une haute portée 
scientifique. 

Nous tâcherons de réunir dans le présent article tout 
ce qui a été dit relativement à ces deux espèces , en in- 
diquant sommairement les données nouvelles , qui vien- 
nent en quelque sorte rendre la vie et l'être à des ani- 
maux, connus déjà longtemps avant les premiers âges de 
notre ère; mais sur lesquels des siècles se sont écoulés 
avant d'avoir été portés de nouveau à la connaissance et 
soumis à rinvestisration des naturalistes. 



'5^ 



Le plus grand de ces deux quadrumanes auquel le nom 
de Troglodytes gorilla vient d'échoir en partage , paraît 
être le même animal que celui signalé sous cette epi- 
thète par le navigateur cartaginois Hannon, Pline eu a 
fait mention sous le nom de gorgone. Nous arrivâmes, 
dit Hannon, «dans le golfe appelé la corne du Sud 3; 
«dans le fond de ce golfe était une île semblable à la 



1) Transact. Zool. Soc. v. 3. p. 281. pi. 61. 62 et 63. 

2) Comptes rendus de V Académie des Sciences du 19 Janvier 1852. 
Revue Zoologiq^ie 1852. p. 37. et Revue id. année 1853. n". 2 et 3. 
Les objets du plus grand intérêt pour la science , viennent d'être ac- 
quis au Musée de Paris par les soins de M. Gautier la Bouiaie; du 
Commandant de la frégate l'Eldorado , H. Penaud ; ainsi que par M. 
Franquet, Chirurgien de la marine française. 

^) Le Golfe de Guiné probablement. 



— 3 — 

«première, qui avait un lac, et dans ce lac était une 
«autre île remplie d'hommes sauvages'. En beaucoup 
«plus grand nombre étaient les femmes velues, que nos 
«interprètes appelaient gorillas. Nous les poursuivîmes; 
»raais nous ne pûmes prendre les hommes, tous nous 
«échappaient par leur grande agilité. Nous ne primes 
«que trois femmes qui, mordant et déchirant ceux qui 
«les emmenaient, ne voulurent pas les suivre: on fut 
«forcé de les tuer. Nous les échorchames et portâmes 
«leurs peaux à Carthage, car nous ne navigames pas 
«plus en avant" ^. 

Les peaux de ces Gorilles furent en effet transportées 
à Carthage, et déposées par Hannon dans le temple de 
Junon-Astarte , et le rapport atteste qu'il fut consa- 
cré et scellé dans le temple de Saturne, où, lors de la 
prise de la ville (146 avant J. C.) , les romains trouvè- 
rent les dépouilles de Gorgones suspendues dans le tem- 
ple de Junon. Pline qui avance ce fait, dit, que Han- 
NON pénétra dans les îles Gorgades habitées par les Gor- 
gones. Ce qui m'a fait dire dans l'introduction de la 
troisième partie du Manuel d'Ornithologie, pag. xxxviii ; 
parlant de l'origine des collections d'histoire naturelle. . . . 
»Le carthaginois Hannon, consacra ainsi dans le temple 
«de Junon une peau de gorgone, qu'on peut soupçonner 
«être la dépouille de quelque grand singe d'Afrique, pro- 
«bablement le Cynocephalus hamadryas." • — Les faits ré- 



*) C'était probablement le delta à l'embouchure d'un grand fleuve. 
-) Traduction de M. Bureau de i,.\. Malle, citée par M. Aucafitaine, 
dans la Revue Zoolojjique , 1853. 

1* 



cemmenl mentionnés dans la revue, servent à constater 
que ces peaux de Gorgones, suspendues à la voùtc du 
temple de Junon, étaient les dépouilles des Gorilles fe- 
melles, consacrées par Hannon lors de son retour de 
la célèbre expédition nautique des Carthaginois, vers les 
côtes occidentales de l'Afrique. 

Il paraît que les peuples nègres de l'intérieur , débitè- 
rent aux navigateurs du siècle dernier des contes exagé- 
rés, trop empreints de merveilleux pour qu'on ait pu se 
permettre d'ajouter foi à leur témoignage, et que sur ces 
assertions dépourvues de toute espèce de preuves à l'ap- 
pui, les naturalistes n'ont pu se permettre d'établir ces 
espèces sur de simples données, empreintes d'une origine 
aussi fabuleuse. Les nègres qui habitent aujourd'hui 
la côte de Guiné n'ayant conservé de ce grand singe 
qu'une idée confuse (attendu que l'espèce ne se mon- 
tre plus vers les parties du littoral), leurs traditions en 
fournissent encore quelques indices; car elles signalent 
un animal du nom de Sammanlam, qui atteindrait la 
hauteur de sept pieds, et qui serait plus fort et plus 
grand que l'homme. Ce Sammanlam est pour ces peu- 
ples un être fantastique, un esprit, dont les apparitions 
nocturnes ont souvent lieu sur le bord des rivières , où 
il se rend de temps en temps pour pécher; il utiliserait 
ks longs poils bruns dont son crâne est revêtu, en guise 
de nasse ou d'appât, pour se rendre maître du poisson, 
dont ces peuples prétendent qu'il se nonrrit. M. Pel 
qui m'a communiqué ce fait , m'assure en même temps 
que parmi les nègres , dans le rayon de nos factoreries 
de la côte de Guiné, n'existe plus aucun souvenir de 



l'existence du grand animal , dont leurs traditions font 
mention; toutefois, il paraît indubitable que les carac- 
tères et tous les faits de moeurs, attribués à leur Sam- 
mantam , conviennent bien plus au Gorille , qu'ils n'ont 
rapport au Chimpansé. 

Il paraît que du temps de Bosman, en 1705, les deux 
espèces se voyaient de temps en temps comme objets de 
curiosité à la factorerie néerlandaise de la Mina. 11 dit 
que le peuple les nomme Smillen (forgerons); qu'ils 
parviennent à une taille surprenante; j'en vis moi-même 
un qui avait cinq pieds de liant, et de bien peu moins 
grand que l'homme. Ils sont méchants et très-forts ; un 
marchand m'a conté , que dans le voisinage du fort de 
Wimba, le pays est occupé par un très-grand nombre 
de ces singes, qui sont de force à attaquer l'homme, ce 
dont on citait des exemples '. Le même auteur dit en 
parlant de la seconde espèce, que ces singes sont laids de 
iigure , qu'ils ressemblent aux premiers , mais que , à 
eux quatre , ils sont à peine aussi gros que l'un des 
premiers 2. Ce que l'on trouve de mieux dans cette 
sorte de singe , c'est qu'on peut leur apprendre , à peu- 
près tout ce que l'on veut ^. 
Peut on raisonnablement blâmer les naturalistes moder- 
nes de n'avoir admis qu'une seule et même espèce, d'après 
ces renseignements, fournis par Bosman. 



^) Cette partie du récit de Bosman a rapport au Gorille. 

"-) Ici il est évidemment question du très-jeune Chimpansé. 

^) Bosman, beschrijoing van Guiné , dernière édition 1737. pag. 34. 



— 6 — 

Le passage, dans Gauthier Schouten, où il fait men- 
lioii (le singes qu'il dit être presque de la même figure 
et de la même grandeur que les hommes, mais qu'ils ont 
le dos et les reins couverts de poils ^ ; a été appliqué 
erronément au Gorille; ce cinge vu par Schouten , était 
un Orang-Oetan de Bornéo. La citation de Bontius pag. 
85 , doit également être portée dans la synonimie de 
rOrang de Bornéo. Il en est de même de V Oran-Outan 
du Capitaine Beakmans, travel. 1718; quant au singe de 
Grosse, voyage aux Indes Orientales 1738, c'était un 
Gibbon (Hylobates entelloides). 

Déduction faite des indications de Buffon sus mention- 
nées, empruntées aux auteurs du commencement du dix- 
liuitiême siècle, toutes les autres qui se trouvent citées 
par lui dans l'article du Pongo et du Jocko , doivent 
être classées soit avec le Gorille , soit sous la rubrique 
du Chimpansé. Toutefois , il sera difficile de ne point 
commettre quelque méprise dans cette classification des 
données , fournies sur ces deux espèces , dont le plus sou- 
vent les jeunes seulement ont été observés ; vu que , 
depuis Buffon jusqu'à nos jours, l'on n'a eu aucune idée 
de l'existence bien constatée, de deux espèces de grands 
singes anthropomorphes, dans les parties Ouest de l'Afrique. 

Nous devons probablement, dit M. Aucapitaine 2 , voir 
dans le Gorille la seconde espèce de singe citée et non 
décrite par Tyson s. Nous avons encore un autre docu- 



^) Schouten voy, Amsterd. 1707. 
2) Revue Zool. 1853. n». 2. p. 53. 
^) T]ie aimt. of a 2^llS^"-> Lond. 1699. 



ment cité par Buffon, c'est la lettre d'un médecin fran- 
çais résidant en Guiné , qui écrivit au savant Peirese, 
dont BuFFOxN donne le passage suivant. 

» Il y a en Guiné des singes vénérables par leurs longs 
» poils touffus et leur barbe velue; leur allure est lente, 
»et ils paraissent avoir plus d'esprit que les autres; ils 
«sont très-grands et on les nomme Barris; ils se distin- 
nguent surtout par le jugement; lorsqu'on leur met lui 
«vêtement ils marchent incontinent sur les pieds de der- 
»rière; ils jouent avec habileté de la flûte, de la lyre 
»et autres instruments". A part l'exagération , ce Barris 
ne peut être que le Gorille. 

BuFFON cite encore Nierenberg * , Dappert description de 
l'Afrique pag. 249 , et la relation de Battell de son Pongo, 
Il assure, «qu'il est dans toutes ses proportions sembla- 
))ble â l'homme, seulement qu'il est plus grand; grand 
» dit-il, comme un géant; qu'il à la face comme l'homme, 
«les yeux enfoncés, de longs cheveux aux côtés de la 
«tête, le visage nu et sans poil, aussi bien que les oreil- 
»les et les mains; le corps légèrement velu, et qu'il ne 
«diffère de l'homme à l'extérieur que par les jambes, 
«parce-qu'il n'a que peu ou point de mollets;' que cepen- 
«dant il marche toujours debout; qu'il dort sur les ar- 
«bres et se construit une hutte, un abri contre le soleil 
«et la pluie; qu'il vit de fruits et ne mange point de 
«chair; qu'il ne peut parler, quoiqu'il ait plus d'enten- 
» dément que les autres animaux; que quand les nègres 



*) NiERE\E. : I/ist. nat. percg. lib. 9. Cap. 44 et 45. Voir aussi PcR- 
i;hass. Ilist. des vorj. \. 3. p. 295. 



~ 8 — 

«font du feu dans les bois, ces singes viennent s'assoir 
i> autour et se chauffer; mais qu'ils n'ont pas assez d'es^ 
»prit pour entretenir le feu en y mettant du bois; qu'ils 
»vont de compagnie et tuent quelquefois des nègres dans 
»des lieux écartés; qu'ils attaquent même l'éléphant, le 
«frappent à coups de bâton et le chassent de leurs bois; 
«qu'on ne peut prendre ces Pongos vivant, par ce qu'ils 
«sont si forts que dix hommes ne suffiraient pas pour 
«en dompter un seul; l'on ne peut donc qu'attraper les 
«petits tous jeunes; que la mère les porte marchant de- 
«bout et qu'ils se tiennent attachés à son corps avec les 
«mains et les genous. Il dit comme très-remarquable, 
«qu'il y à deux espèces de ces singes très- ressemblant à 
»l'homme, le Pongo qui est aussi grand et plus gros 
«que l'homme, et l'Enjocko qui est beaucoup plus petit." 
Ce qui prouve que Battell avait connaissance de deux 
espèces, et les distinguait nettement. C'est aussi sur ce 
récit que Buffon a établi les indications de son Pongo et 
de son Jocko, ou le Gorille et le Chimpansé ; adoptés par 
nos naturalistes , seulement depuis peu de temps , vu le 
manque, jusqu'à cette époque, de preuves à l'appui ainsi 
que de pièces convainquantes, qui servent maintenant à 
constater ce fait. 

Les premières indications certaines, accompagnées de 
documents qui ne laissent subsister aucun doute sur 
l'existence du grand quadrumane signalé par les narra- 
tions des anciens, ont élé fournies, en 1847, par le 
missionaire Savage ^ , qui fît part de ses recherches sur 



') Notice of Troglodytes goiilla a new spccies oi" Oraug of Gabooii river 



— 9 — 

ce primate voisin de l'homme, dans le travail que nous 
venons de citer, et qui est accompagné de quatre bonnes 
planches, représentant la crânalogie complète du Gorilla. 
Ce mémoire est suivi d'un tableau comparatif de la gran- 
deur des crânes des Simia satyrus, Troglodytes niger, 
Troglodytes gorilla et de l'homme. 

Un mémoire du plus grand intérêt pour la science os- 
téologique du Gorille et du Chimpansé , a été publié par 
M- le Prof. Ow^EN ^. Cette recherche savante du célèbre 
Professeur anglais est illustrée par six planches, d'une 
exécution parfaite; elles fournissent, de grandeur natu- 
relle, l'image fidelle des différences ostéologiques des crâ- 
nes du Gorille et du Chimpansé. 

Viennent en dernière analyse les renseignements nou- 
veaux, obtenus sur ce grand singe anthropomorphe, par 
M. le Professeur Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , annon- 
cés d'abord dans l'extrait des comptes rendus des séan- 
ces de l'Académie des Sciences de Paris, du 19 Janvier 
1852 , et dans lequel il fait part de l'arrivée d'un indi- 
vidu adulte du Troglodyte Gorille, offert au musée de 
Paris par M. Pennaud, commandant de la frégate V Eldo- 
rado, ainsi qu'un crâne et un squelette , obtenus , en 1849 
de M. Gautier la Boulaye , et qui ont servi de matériaux 
à l'illustre savant que nous venons de nommer, pour 
établir ses études sur les primates, dans son cours de 
Zoologie de 1833, tenu au musée de Paris: études, dont 



hy Thomas Savage, et voir Journ. of JVat. Hist., Boston 1847. vol. 5. 
p. 419. 

^) Transac. Lin, Soc, vol. 3. p. 381 particuliùrcmcnt p. 418 et 
suivantes. 



— 10 — 

M. II. AucAPiTAiNE s'esl chargé de Iburnir l'analyse, clans 
la Bévue Zoologique n°. 2 et 3 de Tannée courante, et 
dont nous empruntons les données les plus remarqua- 
bles , dans les notices que nous publions sur ces deux 
singes. 

La hauteur du Gorille dépasse cinq pieds; sa taille est 
donc la moyenne de l'homme ; mais ses autres propor- 
tions sont colossales ; la largeur de ses épaules et le peu 
de longueur de ses membres inférieurs en font un animal 
disproportionné, tandis qu'un autre caractère qui lui est 
particulier, lui donne un air féroce : c'est une longue 
touffe, ou plutôt crinière de poils, le long de la suture 
sagittale, qui rencontre postérieurement une crête trans- 
versale semblable, un peu moins élevée, laquelle entourre 
le derrière de la tête en s'étendant d'une oreille à l'autre. 
Le Gorille peut à son gré hérisser ou faire mouvoir celte 
crinière, et, quand il est furieux il contracte les poils, 
en abaissant sa crête et relevant sa chevelure. 

Le museau est long et proéminent ; quelques poils gris 
épars entourent le menton ; oreille et face nue , d'un 
brun foncé. La lèvre inférieure est très-mobile , pen- 
dante sur le menton quand l'animal est irrité. Son cou 
est épais ; la poitrine et les épaules atleingnent prés du 
double de la taille de celle de l'homme , et tout à fait 
double de celle du Troglodyte chimpansé; l'avant bras un 
peu court ; le bras et surtout les mains , très-longs ; les 
pouces sont beaucoup plus gros que les doigts, compara- 
tivement courts, pourvus partout d'ongles plats. Abdo- 
men très-large , proéminent et couvert d'un pelage plus 
lin que celui du dos. Les membres postérieurs sont i)lus 



— 11 — 

pelits que chez l'homme, mais d'un volume double. La 
marche n'est pas franche ; car il s'avance le haut du 
corps en avant et les bras avancés. Cette espèce n'a ni 
queue ni callosités ; le coccyx est terminé par une pe- 
tite touffe de poils. M. Savage fait aussi mention de la 
marche et de la manière dont le Gorille fléchit les doigts, 
mais ceci peut dépendre plus ou moins de la conforma- 
tion des individus. Nous renvoyons pour les détails in- 
téressants, mais nombreux sur l'anatomie, au mémoire 
du Professeur Owen. 

Les renseignements sur les moeurs et les habitudes de 
cet animal , ont été communiqués à M. Savage par les 
naturels. C'est, dit-il, dans le pays accidenté, arrosé 
par le fleuve Gaboon , depuis son embouchure jusqu'à 
cinquante ou soixante milles dans l'intérieur des terres , 
pays appelé Mpongwra , qu'habite le Gorille, que sa fé- 
rocité , redoutée des naturels , a sans doute empêché de 
connaître plus-tot. Le nom de Ponge employé par Buf- 
FON , est très-probablement originaire de l'idiomen de ce 
pays ; les naturels du Gadoon lui donnent le nom à'Enge- 
ena, et les Portugais qui y sont établis, le nomment El 
Salvago. Cet animal vit en troupes, parmi lesquelles, 
en général, il n'y aurait qu'un petit nombre de mâles 
pour un plus grand nombre de femelles; ce fait, dit 
M. Bureau de la Malle , confirme parfaitement le récit de 
Hannon dont il est fait mention ci dessus. Tous les 
voyageurs s'accordent à attribuer une force redoutable 
à ce quadrumane , M. le Chirurgien Gautier dit , qu'on 
n'a pu })rendrc vivant un seul Gorille mâle adulte , car 



__ 12 — 

il est plus fort à lui seul que dix nègres. Son cri de 
bataille est un son terrible, Keh-ah , prolongé, lugu- 
bre, et perçant. M.Savage dit, que leurs habitudes 
agressives , jointes à l'aspect féroce que leur donne leur 
crête velue et leur chevelure hérissée, font considérer 
parmi les nègres, comme un acte de grand courage, 
d'avoir abattu un de ces animaux. Quant aux éléphants 
assommés à coups de massues et aux femmes enlevées 
par ces animaux, ce sont des contes, que M. Savage 
nie complètement. Les canines, dit le Professeur Owen, 
sont si grandes et ses mâchoires si puissantes, que les 
blessures qu'elles font, sont très-dangereuses; mais sa 
principale force est, comme chez V Orang-oetan , dans 
la vigoureuse étrinte de ces longues mains, avec lesquel- 
les il étrangle rapidement son ennemi ; aussi s'il n'est 
pas tué sur-le-champ, les nègres prennent-ils immédia- 
tement la fuite. La femelle a des dents canines plus 
petites que celles du mâle ; pendant que celui-ci engage 
le combat avec les nègres elle se cache avec son jeune. 
Ces primates ont la singulière habitude de se construire 
une sorte , non pas d'habitation , mais de nid , composé 
de ramées et de bâtons pour y passer la nuit. La ma- 
jorité des indigènes considère le Gorille comme un homme , 
ce qui ne les empêche pas d'en faire un met que la 
rareté ne fait que plus rechercher. Ces animaux font 
leur nourriture habituelle de la pulpe acide d'une espèce 
i{^ Amonum , la tige du Sacoarum officinarum , le fruit de 
VElais guinensis, ou palmier à huile, des Carica papaya, 
Musa sapienlum, et plusieurs autres plantes. 

Il paraît (|ue la vraie patrie du Gorille est la basse 



-- 13 - 

Gainé , à partir tle réciiiateur ; et que le Chimpansê vit. 
plus au nord dans la haute Guiné, peut-être jusque dans 
la Sénégambie. Ces quadrumanes ont leur habitat étendu 
jusqu'au centre de l'Afrique; mais il paraît qu'ils ne 
dépassent point cette limite centrale , vu que les voya- 
geurs qui ont pu pénétrer du littoral Est dans l'intérieur, 
par les côtes de Mossambique et de Zanzibar , ne font 
aucune mention de singes anthropomorphes , dans ces 
contrées. 

Il me paraît probable que les changements opérés par 
l'âge chez cet animal , ont fait supposer, par les natu- 
rels, la possibilité de l'existence de plusieurs espèces 
différentes. Il est à craindre que ces idées chimériques, 
autant que les noms divers , donnés à ce quadrumane , 
ne fassent croire à la réalité de celte supposition , et 
qu'elle n'aboutisse, en fin de compte, à la formation 
d'espèces purement nominales, absolument comme il s'est 
fait que les mêmes causes ont servis à fournir des résul- 
tats semblables , dans la création de plusieurs espèces , 
chez le type anthropomorphe asiatique de rOrang-oetan 
de Bornéo, qui est, et demeure la seule espèce, répen- 
due dans cette île de l'Archipel de la Malaisie i. Je 



^) Si en effet il est avère que les indigènes de l'Afrique centrale, 
distinguent ce singe par des noms différents qu'ils donnent à cet ani- 
njal , selon l'âge ou la taille des individus , cette habitude serait pour 
lors exactement conforme à celle des Daiaks de Bornéo, qui ont aussi 
plusieurs noms pour désigner leur grand singe. Orang-hoetan est son 
nom dans les parties méridionales ,• plus vers le nord on le nomme 
Orang-Kuheio ; puis ils désignent le vieux mâle par le mot Salampang ^ 
les femelles par celui de Bnekoe , et ils nomment les jeunes Pendekk. 



— 14 — 

partage au reste complètement l'opinion de M. Auca- 
piTAiNE, qui est d'avis que, jusqu'à plus amples détails, 
l'on doit regarder comme prématurée la seconde espèce 
de Gorille annoncée par quelque naturalistes. J'ajoute 
même que non-obstant les données écrites, les traditions 
des naturels, et les faits de moeurs observés, l'on peut 
affirmer que le Gorille pas plus que le Chimpansé, n'est 
aujourd'hui quMmparfailement indiqué et décrit: bien 
que leur existence soit clairement démontrée d'après les 
objets acquis à Londres et à Paris; mais ces documents 
quelque précieux qu'ils soyent pour l'anatomie et surtout 



Au reste, je n'ai jamais ajouté foi, et nonobstant l'oppinion con- 
traire, je ne crois point encore à l'existence de plusieurs espèces d^Orang- 
oetans dans l'île de Bornéo. L'existence spécifiquement distincte d'un 
autre grand Orang-Octan, peut se trouver réalisée dans le singe anthro- 
pomorphe, de la partie Kord-Est de l'île de Sumatra; mais, cet animal 
est trop imparfaitement indiqué pour qu'on puisse juger des différena 
ces ou reconnaître l'identité. 

Mes observations, sur un grand nombre de dépouilles de VOrang- 
Oetan de Bornéo , me portent à admettre comme hypothèse spécieuse ; 
que les excroissances de matière adipeuse aux joues, placées sur la région 
des arcades zygomatiques dans les mâles , sont en connexion directe avec 
l'époque de la puberté. Le mâle adulte en est pourvu ; l'état semi- 
adulte en porte les indices ; la femelle , quelque soit son âge , de même 
que les jeunes n'en montrent aucune trace. L'on trouve aussi des mâ- 
les à l'état d'adulte , même des individus très-vieux , chez lesquels ces 
protubérances adipeuses sont plus ou moins développées. De tous ces 
faits bien constatés , l'on se voit porté à conclure , que ces excroissan- 
ces ne se montrent chez les mâles qu'à l'âge de puberté , et qu'elles 
sont plus ou moins apparentes , en rapport avec l'époque éloignée ou 
rapprochée du rut. Puis , qu'on peut les assimiler aux crêtes , barbil- 
lons et carroncules dont les mâles , dans quelques genres d'oiseaux sont 
pourvus ; car , ce sont aussi des substances adipeuses , qui prennent un 
développement plus ou moins considérable vers l'époque, ou dans la 
saison des amours. 

Je borne à dessein ces remarques à l'exposé sommaire des faits , 
ainsi qu'à l'indication succincte des conséquences probables. Je ne 
résous pas la question , je la pose. 



— 15 — 

pour l'osléologie de l'espèce, la Zoologie n'y a pu trouver 
aucune part, attendu que nous n'avons point encore, à 
ce que je sache, obtenu dans aucun des musées connus, 
les dépouilles parfaites de sujets à l'état adulte, et que 
par consequant , nous ne pouvons pas fournir , pour le 
moment, de description positive du pelage ou de la livrée 
'propre à ces espèces, dans les périodes les plus mar- 
quantes de leur vie , ni savoir quelles sont les différences 
qui peuvent exister chez elles selon le sexe des indi- 
vidus. 



Le Chimpansé (Troglodytes n i g e r) , ou la seconde 
espèce de singe anthropomorphe de l'Afrique , doit avoir 
habité primitivement une grande partie du littoral de la 
Guiné etd'Angole; toutefois, il est certain que les progrès 
de la civilisation et l'établissement des Européens dans ces 
contrées , l'ont refoulé dans les parties de l'intérieur 
où , selon les renseignements fournis par les nègres , on 
le rencontre, de temps en temps dans les grandes masses 
des forêts qui bordent les rivières. Les nègres assurent 
qu'on le trouve plus rapproché de la côte dans les districts 
au nord de nos établissements , tels que le Grand-Bassam 
et le Jack- Jack; contrées, desquelles ont été apportées à 
Elmina les individus dans le jeune-âge qui se trouvent 
au Musée des Pays-Bas ; M. Pel qui à passé plus de douze 
ans dans nos factoreries de la côte , n'a point encore eu 
occasion de voir l'adulte de cette espèce. Les nègres de 
la côte donnent , dans leur idiome , le nom d'Arappie au 
jeune; ils désignent l'adulte par un autre nom, qui ne 



— 16 — 

nous est point connu. De la Brosse assure qu'à la cote 
d'Angole, les naturels lui donnent le nom de Quimpesé, 
dont ont a fait Chimpansé, dénomination généralement 
adoptée aujourd'hui. 

L'on doit au Docteur Tyson ^ l'anatomie exacte d'un 
jeune, tout au plus âgé d'un an, Trails en fournit aussi 
des détails dans les mémoires de la société Wernérienne,* 
vol. Z. pag. 1. Ce sont particulièrement aux travaux du 
célèbre Professeur Owen , que la science est redevable de 
tous les détails ostéologiques, que cet anatomiste anglais 
a publié dans le vol. 1. pag. 544 des Transactions de la 
Société Zoologique: détails qui reposent sur l'examen du 
squelette d'un individu parfaitement adulte , envoyé de 
Sierra-Leone à M. Walker, Chirurgien anglais, chez qui 
M. OvvEN trouva ce précieux sujet, dont il s'est servi 
pour établir les premières indications sur la charpente 
osseuse de ce Singe '^. 

Nos connaissances en fait des caractères Zoologiques 
sur cette espèce , ne sont guère plus riches en détails 
que celles qu'on a pu rassembler sur le Gorille; elles se 
bornent à ce qu'on a pu étudier sur les dépouilles de jeu- 
nes individus, à peine âgés d'un ou de deux ans. A part 
le squelette de l'adulte , que le hasard fit trouver par M. 
OwEN dans une collection appartenant à un particulier 
de Londres, l'on ne possédait, il y à peu de temps seu- 



1) Aiiatomy of a pygmie , 2 edit. pag. 84. 

-) Voyez. Transact. oftheZool. Soc. vol. 1. pi. 48 et 50; l'adulte et 
le jeiinc, et pi. 51 et 53," ci'âne de l'advlte. 



— 17 - 

lement, aucune connaissance conslalôe par des preuves à 
l'appui, (le l'existence positive de cette espèce; bien plus, 
il nous manque môme des indications précises sur ce 
premier représentant du singe le plus voisin de l'homme 
sous le rapport de l'ensemble de son organisation; l'on 
ne connaît point tous les faits de moeurs, non plus que 
les détails sur la nature du pelage et des couleurs de la 
robe dans les deux sexes. Pour les détails d'anatomie et 
d'ostéologic du Chimpnnsé , nous renvoyons aux écrits 
précieux , riches en faits , publiés sur ces parties , sur- 
tout au mémoire du savant OwE^f, qui ne laisse rien à 
désirer. Nous faisons grâce au lecteur de la monotonne 
et arride nomenclature, qu'on trouve réunie dans les 
catalogues méthodiques. La synonimie du Chimpansc , 
me paraîsant exacte dans l'ouvrage de Wagner Sghreber, 
Supplément, l'on peut y avoir recours au besoin i. Il 
nous reste à enregistrer ici la figure passable, publiée 
par Lesso.n , Illustrations de Zoologie pi. 32 sous l'épi- 
Ibète de Chimpansé à coccix hlanc "^,^1x1^1 que la descrip- 
tion prise sur un jeune individu, portant en hauteur 26 
pouces C lignes. 

Les mâchoires sont renflées, saillantes, munies de 
dents de môme forme que celles de l'homme, et recou- 
vertes par des lèvres minces, très-fendues, à commissure 
linéaire. Le nez est rentre, comme perforé par des na- 



') Toutefois excepté le Pongo de Buffon, et la planche I des Singes 
d'ÂUDEBERT , qu'on doit classer comme jeune du Gorille. 

2) Le blanc-jaunâtre de la toufTe de poils au coccix existe dans tou- 
tes les périodes de l'âge chez le CliimiKinso ; le petit dès sa naissance 
en porte le stigmate. 

2 



— 18 — 

rines tres-oiivcrles , ovalaircs, isolées par une mince 
cloison. Les yeux sont oblongs, séparés par un inter- 
valle plane , garnis de cils , surmontés d'arcades arron- 
dies , à peine proéminentes. Le front est légèrement 
bombé, puis déclive. Le menton est convexe, souvent 
légèrement barbu et couvert de poils rares et blancs. 
Toute la face est nue , ayant quelques poils sur les pom- 
mettes qui sont peu saillantes; des poils épais couvrent 
les joues. La tête est arrondie , couverte de poils peu 
touffus, puis longs sur l'occiput et courts sur le sommet 
de la tête. Les oreilles sont larges , hautes , médiocre- 
ment déjettées en arrière, à conque rebordée, à pavillon 
dessiné comme chez l'homme. Les bras sont alongés , 
à faisceaux musculaires assez robustes, couverts de poils 
dirigés de haut en bas sur les bras et de bas en haut 
sur l'avant-bras ; la main est longue , à doigts nus , à 
pomme épaisse, à pouce court et étroit; tous les ongles 
sont aplatis, blanchâtres. Les fesses sont sans aucune 
callosité , les jambes courtes épaisses ; les pieds ont le 
pouce opposable , un peu plus prononcés qu'aux mains ; 
ils sont dénudés, calleux sur le bord externe. 

Le pelage est entièrement rude, flexueux , peu serré, 
excepté sur le dos, les épaules et la face extérieure des 
membres; ils sont beaucoup plur rares sur le thorax, le 
ventre et en dedans des membres. Le pelage est noir 
profond partout, excepté le pourtour de l'anus, qui est 
plus où moins largement bordé de poils, blanc-jaunâtre, 
plus ou moins longs. 

Les jeunes individus d'un ou de deux ans , hauts de 2 
■pieds, que le musée des Pays-Bas à obtenu par M. Pel, 



— 19 — 

ressemblent (le tout point à cette description ; plus ils 
sont jeunes moins ils sont couverts de poils sur les dif- 
férentes parties du corps et des membres. 

Deux de ces individus ont été apportés vivants à EN 
mina par les nègres de l'intérieur; ils ont été capturés 
dans les districts au nord de nos établissements de la 
côte, dans le Jack-Jack et le grand Bassani. 



Dans la famille des singes à longue queue grêle et non 
prenante qui comprend les espèces de l'ancien continent, 
divisées méthodiquement en Semnopilhèques de l'Asie et 
de ses Archipels, et en Colobe et Guenons, toutes de 
^Afrique, il est nécessaire de constater que le sexe et 
l'âge produisent des différences plus ou moins remarqua- 
bles dans la nature et dans les couleurs de leur pelage, 
comme dans le développement des poils accessoires , tels 
que touffes terminales à la queue , développement des fa- 
voris aux joues , et longueur relative des poils sur diffé- 
rentes parties du corps ; les jeunes , dans la première pé- 
riode de leur vie , ressemblent même si peu aux parents 
que le plus grand nombre des indications chez les au- 
teurs anciens , même parmi ceux plus récents , indui- 
sent en erreur par le nombre multiplié des espèces qu'ils 
forment d'une seule, selon l'âge premier, l'état adulte 
ou semi-adulte et le développement parfait dans l'extrême 
vieillesse. Ceux qui ont publiés des portraits de singes, 
ayant le plus souvent omis de constater l'âge des indi- 
vidus, soit par l'examen des dents ou bien par celui des 
sutures du crâne, il en est résulté des difTicullés pour 



— 20 — 

déterminer quelques espèces , ou bien pour réunir entre 
elles des indications de celles qui sont purement nomi- 
nales ; mais, les auteurs sont fort excusables des erreurs 
que nous venons de signaler; car, en eflet, comment peut-on 
soupçonner le moindre rapport entre la livrée d'un noir 
parfait que porte le Semnopithèque Maure adulte , et celle 
du jeune animal, qui est d'un roux vif; entre le Coîobe 
Guereza tout noir , orné d'un camail de poils blancs , fort 
longs, et son petit revêtu d'un pelage cotonneux, tota- 
lement blanc; entre le iVa«^î<e parfaitement développé, et 
son petit, dont l'on a fait une espèce, tandis que l'ani- 
mal à l'état de semi-adulte a subi le même sort. L'on 
peut consulter aussi, la partie Zoologique de l'ouvrage 
sur nos possessions dans l'Inde , planches 11 etl2i, pour 
se convaincre de la disparité remarquable qui existe en- 
tre les jeunes et les adultes des espèces de Semnopithe- 
eus Ruhicundus , Chrysomelas , Cristatus et Mitraius , de 
l'Archipel malais. 

Plusieurs guenons, dans le jeune Age, diffèrent aussi 
notablement, parle pelage, de celui qui est propre à l'a- 
dulte ; tandis que de cet état au développement parfait 
de la vieillesse, on remarque encore quelques différen- 
ces, à la vérité sans influence directe sur la détermi- 
nation exacte de l'espèce. 



') Vcrhandelingen over de Nutmirlijke gcschicdcnis dcr Nedcrlund' 
sche Overzeesche Bezittingen , Zoologie. 



— 21 



GOLOBE OURSIN. COLOBUS URSINUS. 

Les espèces de Colobes qui habitent les cotes de Giiinc 
et d'Angole ressemblent par leurs formes sveltes , leur lon- 
gue queue grêle , ainsi que par les moeurs et les habitu- 
des , aux espèces nombreuses de Semnopithèques de l'Inde 
et de ses Archipels. Ils vivent en petites familles ou 
par paires; abandonnent fort rarement les lieux les plus 
touflus et les moins accessibles des grandes forêts , et se 
tiennent de jour habituellement vers la cime des plus 
hauts arbres. Leur nourriture consiste principalement 
en fruits et en feuilles , mais aussi en gros insectes; quel- 
quefois les petits oiseaux deviennent leur proie. Ils fran- 
chissent par des sauts réitérés des espaces considérables , 
et parcourent ainsi les arbres de la forêt sans descendre 
â terre. 

BosMAN parle de cette espèce dans sa description de 
Guiné , page 55 ; il la désigne sous le nom de Baardmau- 
netje (petit homme barbu). Il dit que ces animaux sont 
extraordinairement beaux ; ils parviennent à la hauteur de 
deux pieds; leur pelage est plus long qu'un doigt de la 
main et d'un noir de jais , avec une barbe blanche , assez 
longue. On fabrique de leur peau les bonnets pour les 
Ticlics que les nègres payent jusqu'à 4 rijksdaaldcrs , 22 
francs environ. 

L'Effoe, nom sous lequel ce Colobe est connu des 
nègres de la côte , habile en grand nombre les forêts de 



— 22 — 

l'in teneur, iwais on se le procure difTicilcmeut en raison 
(le son exlrcmc défiance, de sa vie solilaire et de son 
séjour habituel à la cime des arbres les plus loulfus. Les 
nègres de l'intérieur se servent de la peau du corps pour 
en faire des sacs et en couvrir les batteries de leurs fu- 
sils ; ces peaux privées de la tête , des membres et de la 
queue, nous viennent quelquefois ainsi mutilées par la 
voie du commerce ; dans cet état elles paraissent avoir 
servies au texte de quelques courtes notices; car, nous 
présumons que le Fullhotlom monkey de Pennant , repose 
sur des indices vagues, ainsi que sur une figure inexac- 
te , tracée à tout hasard sur des souvenirs incorrects. 

Il paraît que jusqu'ici on a seulement eu connaissance 
des peaux mutilées de cette espèce, et que le premier in- 
dividu adulte, en état parfait, à été observé par le voya* 
geur Fraser; car, l'indication d'OciLBY de son Colobiis 
ursinus, repose sur une partie de la dépouille d'un sujet 
adulte, manquant de tête et de pieds; puis, Semnopithe- 
eus vellcrosus de Geoffroy, à été établi sur une dépouille 
également mutilée et absolument semblable à celles qu'on 
obtient ici par le commerce ; peaux , dont les nègres font 
usage aux fins que nous venons d'indiquer. 

Le Colohe oursin n'ayant point encore été décrit sur des 
dépouilles parfaites , les indications succinctes des deux 
sexes et de l'âge moyen ne seront point jugées superflues. 

Le mâle adulte ou vieux atout le corps , les par- 
ties postérieures de la tète et les quatre membres d'un 
noir parfait et lustré ; sur le dos, les flancs et les limbes 



— 23 — 

ces poils sont longs de 5 à 7 et jusqu'à 8 pouces, selon 
le sexe ou l'âge des individus ; ces poils noirs couvrent 
le dos et les lianes en forme de camail ou de mantille , 
absolument à l'instar de ceux d'un blanc pur dont le 
Colobe guereza d'Abyssinie est révétu ^ Une grande ta- 
che grise occupe la partie supérieure des cuisses et elle 
s'étend jusqu'à la base de la queue; la queue est d'un 
blanc pur , terminée par une houppe de poils plus longs ; 
la face nue est noire; les côtés de la tête, la gorge et le 
menton sont garnis de poils longs et d'un blanc parfait, 
ceux du menton forment barbe. 

Longueur totale du bout du nez à l'extrémité de la 
queue 4 pieds 8 pouces , dont la queue prend 2 pieds 8 
à 9 pouces ; longueur des poils du camail 8 pouces ; sou- 
vent plus chez les vieux ; 4 pouces ou moins pour les fe- 
melles et dans l'âge moyen ; 3 pouces seulement au pre- 
mier âge, revêtu de la livrée de l'adulte. 

La femelle a les poils qui tombent le long des flancs 
beaucoup plus courts que ceux du mâle, mais elle lui res- 
semble du reste complètement. 

Les jeunes passés l'âge d'un an, ressemblent aux 
vieux pour la distribution des couleurs de pelage : celui-ci 



^) En faisant mention de ce singe propre à l'Abyssinie , nous saî- 
sisons l'occasion de faire connaître la livrée que porte le jeune de l'an- 
née , de cette belle espèce. Le pelage a cette période est d'un blanc 
terne , sur toutes les parties du corps et des membres ; ce n'est qu'a- 
près avoir revêtu sa seconde livré© , ou à l'âge d'un ou de deux ans , 
que son pelage prend la couleur propre à l'état adulte ; toutefois , sans 
être pourvu à cet âge du camail blanc . ni du gros flocon au bout de- 
là queue. 



24 

est parlout jdus court et moins lustré. Le jeune dans 
la première période de l'âge ne nous est pas connu. 

CoLOBus iiRsiNus, F r a S e r. Zool. iyp. pl.l. 
Figure parfaile de l'adulte. 

Patrie. Plusieurs individus des deux sexes, le sque- 
lette et des jeunes nous sont successivement parvenus ; 
ils ont été pris dans les forêts de l'intérieur, près Da- 
Locrom. 



COLOBE FULIGINEUX. COLOBUS 
FULIGÏNOSUS. 

C'est sous ce nom que M. Ogilby a donné en un cou- 
ple de lignes ^ , l'indication de cette espèce , parfaitement 
caractérisée par ce peu de mots ; longtemps avant lui , 
KuHL en avait fourni une indication exacte , sous le nom 
de Colobus Temminc/à^ , sur un sujet très vieux, acquis 
par moi à Londres lors de la vente du cabinet de Bul- 
loclv , et qui se trouve maintenant dans nos galeries , où 
se voit aussi le crâne du même sujet. Quelques natu- 
ralistes ajoutent encore à ces synonymes l'indication très- 
succincte de PeniNandt^, de son Bay monkey , mais les 
couleurs du pelage que l'auteur anglais signale en peu 
de mots, ne sauraient légitimer celte réunion; surtout 



î) Procecd. of the Zoolog. Soc. 1835, pag. 97. 

^\ Bcitr'dgc zur Zoologie , 1820. p. 7. 

''') Colohis /crriigino3us Geoff, Pcim. Quad. p. 313. 



— 25 — 

depuis que nous avons reçu d'Elmine i»lusieurs peaux, 
à la vérité plus ou moins mutilées, mais exactement sem- 
blables par leur pelage , â l'individu décrit par Kuhl ; 
au-reste , l'individu parfait quoique non adulte , obtenu 
récemment de la cote de Guiné par notre voyageur Pel, 
vient de lever tous les doutes sur l'identité parfaite, com- 
me sur l'origine et la patrie de notre Colobe. Nous en 
donnons le signalement sur les peaux mutilées , ainsi que 
d'après les deux sujets parfaits de notre musée. 

Les auteurs qui ont créé les espèces nominales se rap- 
portant toutes à la nôtre, n'ont point pris notice de l'âge 
des individus ; le pelage de ceux-ci variant plus ou moins, 
selon l'époque de la vie. 

Pelage, de longueur moyenne sur toutes les parties du 
corps; très-lustré sur le dos dans l'adulte, terne chez les 
jeunes. De longs poils divergents autour du front. 

L'adulte, dans les deux sexes, a le cinus frontal 
garni de longs poils noirs ; le sommet de la tête est d'un 
roux-noirâtre ; la nuque , le dos, les épaules et les flancs 
sont d'un noir plus ou moins intense et lustré ; cette cou- 
leur passe , par derai-tcintes , en un gris-noiràtre , princi- 
palement à la partie postérieure du dos , aux cuisses et a 
la base de la queue ; le gris-noirâtre des flancs passe 
aussi par teintes, en un roux ardent qui couvre la partie 
inférieure des côtés du corps , et celte couleur vive cou- 
vre également les joues , le menton , la face extérieure 
des membres , les mains et la queue , à partir de quel- 
que distance de sa base ; celle-ci n'est point terminée 
par im flocon; la face iiilerne des membres est d'un 



— 26 - 

roux clair ; la poitrine el le ventre sont d'un roux blan- 
châtre. 

Longueur totale 4 pieds 7 pouces, dont la queue prend 
5 pieds 1 pouce, sur un très vieux maie. Les sujets de 
taille moyenne n'ont que 5 pieds de longueur totale. Un 
jeune, problablement âgé de plus d'un an , a en longueur 
totale 2 pieds, dont la queue prend 13 pouces. 

Un jeune qui n'a pas atteint l'âge de deux ans, aies 
poils du cinus frontal assez longs ; son pelage est terne 
et plus ou moins laineux. Le sommet de la tcte est 
hrun noirâtre ; toutes les parties du dos qui sont d'un 
noir brillant et lustré dans l'adulte, portent une teinte 
noire-grisâtre, qui devient plus grise vers le croupion et 
aux flancs; les joues et les membres sont d'un roux ter- 
ne ; la face intérieure de ces membres , ainsi que tout le 
ventre, sont d'un blanc pur; la queue est d'un brunnoi- 
râtre. La livrée dans le premier âge , ne m'est pas 
connue. 

CoLOBUS FERRUGiNEUS Wagu. S c h r c b. Suppl. p. .508. 
— CoLODUs Pemvanti du même auteur , est établi sur des 
peaux manquant les quatre pieds, une partie du ventre 
et le bout de la queue ; elles sont exactement semblables 
aux dépouilles qui nous arrivent en assez grand nombre 
de la côte par le commerce; ce sont des sujets à l'âge 
moyen. 

Patrie. Ce Colobe habite les vastes forêts de l'inté- 
rieur des parties occidentales de l'Afrique, le musée pos- 
sède aussi une très-vieille femelle, tuée à Sierra-Leone. 



— 27 — 



COLOBE TYPE. COLOBUS VERUS. 

Sous ce nom , bien mal choisi , M. van Beneden a dé- 
crit la troisième espèce de Colobe qui habite , ainsi que 
les deux premiers, les contrées occidentales de l'Afrique. 
M. Pel, quoique ayant séjourné près de dix ans à la 
côte de Guiné, n'a eu qu'une seule fois l'occasion de se 
procurer ce singe pendant le séjour de deux années, qu'il 
fit à Dabocrom : un de ces nègres envoyé dans les vastes 
forêts de voisinage , le mit à môme de nous envoyer la 
dépouille de l'espèce; c'est une femelle d'âge moyen; 
l'individu décrit par M. van Beneden paraît être plus jeu- 
ne, ce qui fait que l'état adulte n'est point encore connu. 

Van Beneden , Ballet, de l'Acad. de Brux. vol. 5 , p. 347, 
avec pi. — CoLOBiJs olivaceus Wagn. Schreb. Suppl. 
p. 309. — CoLOBUs VERUS Pel Bydrag. Nat. Art. Mag. 
avec une figure parfaite. 

A juger d'après le crâne, il paraît que cette espèce 
est moins grande que la précédente. Il paraît aussi que 
le pelage du sommet de la tôle est disposé de manière à 
s'élever en crête coronale , partant du cinus frontal jusqu'à 
l'occiput ; l'individu que nous possédons a ce caractère 
bien marqué ; je l'indique ici avec doute et pour être vé- 
rifié sur des sujets adultes et vieux , lorsque ceux-ci se- 
ront connus. 

Le sommet de la tôle, les joues, la nuque, le dos et la 



— 28 — 

base de la queue sont couverts de poils de longueur ino» 
yenne , d'un brun roux à pointe noire; cette teinte brune 
passe par nuances en un gris-terne , dont les parties ex- 
térieures des membres , les mains et la queue sont cou* 
verts ; l'extrémité de cette dernière partie est un peu 
plus foncée ; la partie inférieure des joues , les côtés du 
cou , la face intérieure des membres et tout le dessous 
du corps sont couverts d'un pelage clair-semé et d'un 
blanc cendré ; la face noire est entourée de quelques poils 
longs et noirs. 

Longueur totale 2 pieds 6 pouces , dont 17^ pouces pour 
celle de la queue. 

L'individu du musée de Paris ainsi que celui de Lei- 
de , les seuls sur lesquels repose la description de cette 
nouvelle espèce, ne sont point encore parvenus à l'état 
parfait , quoiqu'ils soient peu éloignés de l'état adulte. 

Patrie. Notre individu à été tué dans les forêts 
qui couvent le pays, non loin du village nègre Dabo- 
crom, dans le pays des Fautes. 



Les Guenons (C e r c op i t b èc u s) comptent plusieurs 
espèces dans les contrées littorales de l'Afrique occiden- 
tale ; les côtes de Guiné , de la Senégambie et d'Angolc 
sont les plus riches en représentants de ce genre. 

Les espèces qui s'y trouvent soit à demeure ou acci- 
dentellement , habitent les forêts dans le voisinage des 
rivières , où elles vivent réunies en grandes troupes ; agi- 
les et remuantes, mais le plus souvent farouches, d'ap- 



— 29 — 

proche difficile et se jcllant dans l'épaisseur du bois ou 
du feuillage, à la moindre indice du danger; surtout les 
vieux qui sont d'une méfiance extrême. 



GUENON DIANE. CERCOPITHECUS DIANA. 

Celte espèce , la plus richement décorée par les belles 
couleurs de son pelage et par sa longue barbe blanche 
au menton, est trop bien connue, décrite et figurée pour 
en faire plus ample mention. Les peaux plates , assez sou- 
vent mutilées de la tête , des membres et de la queue , 
arrivent en Europe par le commerce et sont utilisées à 
divers usages; les nègres les employent également pour 
couvrir les bateries de leurs fusils et à plusieurs autres fins. 

Les vieux mâles portent en longueur totale 4 pieds 1 
ou 2 pouces, dont la queue prend 2 pieds 5 ou 6 pou- 
ces ; les poils de la barbe sont longs de 3 à 4 pouces. 

Les jeunes de l'année , dont la longueur totale ne 
dépasse pas 20 pouces, sur lesquels la queue prend 12 
pouces , ont déjà à cet âge les poils blancs de la barbe 
faiblement prolongés , tandis que la bande frontale est in- 
diquée. Tout le pelage est cotonneux et terne ; celui 
du dos noir, unicolore et mat, sans aucun indice du 
marron vif et lustre à l'épine , même sans annclures aux 
autres poils du dos ; celui des membres d'un noir grisâ- 
tre; la queue fauve, à sa base et son extrémité noirâ- 
tre ; parties inférieures d'un blanc jaunâtre tern. 



30 



Le Roloway de Buffon est une Diane à l'âge d'un ou 
de deux ans. 
Pairie. Habite les grandes forêts de l'intérieur, mais 
se montre rarement dans le voisinage de la côte. Les 
sujets obtenus au musée , par M. Pel , sont tous de Dabo- 
crom , aux confins du pays des Aschantes. 



GUENON HOCHEUR. CERCOPITHECUS 
mCTITANS. 

Décrite et figurée dans plusieurs ouvrages ; déjà con- 
nue de Marcgrave et très-exactement figurée par F. Cu- 
viER sur un sujet adulte. Elle est du petit nombre des 
espèces qui n'ont point encore été obtenues de notre 
voyageur; mais que le musée possède depuis longtemps, 
d'un envoi d'objets recueillis dans le pays des Aschantes. 
Il est probable que cette Guenon vit fort loin dans l'in- 
térieur et qu'elle se montre rarement à la côte. 



GUENON BLANC-NEZ. CERCOPITHECUS 
PETAURISTA. 

Sous l'épithète de Blanc-nez se trouvent indiqués 
dans le plus grand nombre des écrits, de jeunes indivi- 
dus , tandis que ceux à l'état adulte et les vieux , por- 
tent le nom de Guenon ascagne. C'est l'une des espèces 



— 31 — 

les plus communes à la côte ; on la trouve fréquemment 
par bandes le long des bords de la rivière Doulry. Les 
vieux sont très méfiants et se laissent rarement appro- 
clier d'assez près pour les tuer. 

Les dimensions de très-vieux sujets sont de 3 pieds 4 
pouces; dont la queue prend 2 pieds dans le mâle. La 
femelle mesure seulement 5 pieds, sur lesquels la queue 
prend 1 pied 8 pouces. 



GUENON MOUSTAC. CERCOCEPHALUS CEP H US. 

Cette espèce , quoiqu'on disent les auteurs , ne vit point 
à la côte de Guiné; elle babite plus vers le nord, à la 
côte de Sierra-Leone , d'où les deux sujets du musée des 
Pays-Bas sont aussi originaires. 

Wagner dans Schreder Siipp. est le seul auteur qui 
donne la description du pelage parfait de l'adulte. 



Cergopithecus erythrotis , figuré par Fraser , Zool. typ. 
pi. 4, n'a non plus été trouvé par M. Pel ; cette espèce, 
quoique assez voisine par ses formes de la Guenon mous- 
tac , en diffère néanmoins essentiellement ; elle consti- 
tue une espèce distincte qui babite vers le sud, dans l'île 
de Fernando-po, 



— . 32 — 



GUENON A GORGE BLANCHE. CERCOPITHECUS 
ALDOGULARIS. 

Le colonel Sykes et le professeur Owen ont fait con- 
naître , en 1850, cette espèce rare dans les collections 
et peu connue des naturalistes ; mais on n'a pu s'assu- 
rer jusqu'ici de la demeure certaine de l'espèce; les uns 
indiquent Madagascar, les autres Zanzibar comme lieu 
de provenance. Les sujets envoyés récemment par M. Pel, 
servent à constater que cette Guenon habite les côtes 
occidentales de l'Afrique , et ils peuvent servir aussi à 
nous assurer de la parfaite identité spécifique du C. Al- 
bogularis , décrit par le colonel Sykes et du C. Monoides, 
décrit par le professeur Geoffroy , sur un individu vivant 
au jardin des plantes; mais dont l'habilal n'était point 
connu. 

Celte espèce ressemble par la nature du pelage, par 
la taille et par les formes, au Ccrcopilhecus chimango de 
la côte orientale d'Afrique ; espèce découverte dans la 
Caffrcrie par M. Wahlberg, et décrite par le professeur 
SuNDEVALL *, mais ces deux Guenons diffèrent essentielle- 
ment par les couleurs du pelage ; celui du présent arti- 
cle, ayant le dos annelé de roux et de noir, tandis que 
le Chimango est rayé de gris et de noir. 

Le mâle, très-vieux, a en longueur totale 5 pieds 8 
ou 9 pouces , dont la queue prend 4 ou 5 pouces. 

CERCoriTHEcus ALBOGULARis S v Iv C S , F r a SG r Zool. tijp. 



— 33 — 

pi. 2 , figure peu soignée. — Cergopithecus monoides ^ 
Geoff. Archiv. du Mus. pag. 588, pi. 31, figure très- 
exacte. 

Patrie. Plusieurs individus ont été reçu au musée; 
deux de ceux-ci sont de M. Pel et viennent de la rivière 
Boutry ; un autre provient des factoreries anglaises de 
la côte de Guiné. 



GUENON DE CAMBEL. CERGOPITHECUS 
CAMBELLI. 

Le premier qui ait fait mention de cette espèce , en- 
core peu connue, est le voyageur anglais Fraser; il eu 
donne une fort bonne figure accompagnée d'indications , 
auxquelles nous ajoutons les détails nécessaires, pour qu'on 
ne confonde point cette Guenon avec le Cercopithecus Mona 
des méthodes. 

Fraser dit que la Cambelli ne diffère de la Mona que 
par le grand espace blanc à l'origine de la queue ; nous 
ajoutons à ce caractère unique , ceux non moins caracté- 
risliques des dimensions , à âge égal plus fortes chez la 
première ; la queue est proportionnellement beaucoup plus 
longue que dans la seconde ; la plus grande partie du dos 
et tout le train de derrière sont d'un noir parfait ; les 
poils des abajoues ou les favoris, sont plus touffus; ils 
sont gris annelés de noir, à bout terminal jaunâtre; tan- 
dis que chez la Mona ces favoris ont moins d'ampleur 



— 34 - 

et que la couleur du pelage est jaunâtre à pointe noire; 
les poils du front sont blanchâtres chez celle-ci et rous- 
sâlres dans la Camhell; elle a toute la queue d'un noir par- 
fait; la Mone a la grande moitié terminale de ce mem- 
bre d'une teinte g''ise, entremêlée de poils noirs ; celle-ci 
nous vient de la Sénégambie et la Camhell de la Guiné. 

Longueur totale 5 pieds 5 ou 6 pouces, sur laquelle la 
queue prend 2 pieds 1 ou 2 pouces. 

Cercopitmecus Cambelli Wa terh. proc. Zool. Soc. 1838 , 
pag. 61. — Fraser Zool. typ. pi. 5 , ligure exacte, faite 
sur un individu qui n'était pas encore complètement dé- 
veloppé et dont le pelage n'avait point acquis tout son 
lustre. 

Les individus à l'état de semi-adulte, dont la longueur 
totale porte 2 pieds 9 à 10 pouces, sur laquelle la queue 
prend 17 à 18 pouces, ont le pelage de la tête, du cou 
et du dos , annelé de roux et de noir , sur un fond gris- 
cendré, tandis que les flancs sont colorés plus distincte- 
ment par cette dernière teinte; la partie postérieure du 
dos , la base et la plus grande partie de la queue, ainsi que 
la face extérieure des pieds postérieurs sont d'un noir 
terne , légèrement grisâtre , cette dernière teinte étant 
plus ou moins apparente vers l'extrémité des poils; mi- 
lieu de la queue d'un cendré roussâtre entremêlé de 
poils noirs; les favoris sont peu touffus, d'un cendré 
clair à bout terminal roussâtre ; tout le reste du pelage 
est comme chez les vieux. 

Les jeunes de l'année, ne portant que 17 pouces 6 
lignes en longueur totale, sur laquelle 11 pouces pour la 



— 35 — 

queue, ont tout le dos, à partir de l'occiput à la base 
de la queue, d'un roux foncé, à pointe des poils noire; 
la première moitié de la queue d'un roux très- clair, 
l'autre noire; les quatre membres extérieurement gris- 
cendré à pointe des poils roussâtre ; sommet de la tête , 
gris roussâtre , mêlé à claire-voie de poils noirs ; front 
roussâtre clair. La face nue dans l'adulte , est d'un bleu- 
noirâtre et les lèvres sont couleur de chair ; chez les 
jeunes, elle est totalement de cette dernière teinte. 

Patrie. Le musée des Pays-Bas en a reçu plusieurs 
individus des deux sexes et dans tous les âges ; ils ont 
été tués sur les bords de la rivière Boutry , côte de Guiné. 



GUENON DIADEME. CERCOPITHECUS. 
LEUCAMPYX. 

Je fais ici mention de cette belle espèce de l'Afrique 
occidentale , quoiqu'elle ne nous soit point parvenue par 
les soins du voyageur, dont nous publions les travaux. Les 
deux individus, mâle et femelle à l'état parfait d'adul- 
te, ont été obtenus au musée de la côte d'Angole; c'est 
aussi de cette contrée que le musée de la Société Zoolo- 
gique de Londres a reçu l'individu indiqué par une cour- 
te diagnose de M. Gray , et qu'il nomme Cerc. pluton ; 
il en donne, dans l'édition illustrée des Proceedings , une 
ligure parfaite. F. Cuvier en a fourni une figure moins 
correcte, sous le nom de Diane femelle. Ces guenons 



— 3G — 

portaient depuis bien des années, dans notre musée, le 
nom de dilophos , sous lequel M. Ogilby en a fait mention 
dans la ménagerie des singes , pag. 345. Nous en don- 
nons ici la description plus complète. 

Tête, cou, partie du dos correspondante à l'omoplate; 
cuisses, face interne et externe des membres, les mains, 
le ventre et la queue d'un noir parfait ; le dos , â partir 
de l'omoplate jusqu'à la base de la queue, ainsi que les 
flancs, sont couverts de longs poils régulièrement annelés 
de gris cendré et de noir, couvrant ces parties d'un am- 
ple camail ; les favoris des joues , touffus et annelés de 
blanchâtre et de noir; menton d'un blanc pur; une large 
bande blanche surmonte le cinus frontal du mâle; la fe- 
melle a cette bande d'un gris-cendré; face noire, mais 
les paupières claires. 

Taille de la guenon Diane , mais plus voisine des Man" 
gabeys par les paupières colorées d'une teinte livide. 

Longueur de l'adulte 3 pieds 3 à 4 pouces , sur laquelle 
la queue prend 1 pied 9 lignes. 

Cercopithecus LEUCAMPYX Fisch. Syn.Mam. — Cerco- 
piTHEGUs PLUTO Gray Proc. Zuol. Soc. 1848. p. 66. — 
GiiEiNON DIADÈME F. C u V. Mamm. avec une bonne Dgure. — 
Cercopithecus DILOPHOS Ogilby Monkeys , pag. 543. — 
Cercopithecus diadematus. Voy. Geoff. dans Bérang. 
Yoy. pag. 51. 

Patrie. Habite la côte d'Angole. 



~ 37 - 



GUENON LUNULEE. CERCOPITHECUS 
LUNULATUS. 

Espèce distincte dans le groupe des Mangabeys , qu'il 
ne faut point confondre avec le Mangabey de Hassel- 
quist, à peu-près unicolore, qui habite l'Ethiopie orien- 
tale, ni avec le Mangabey à collier blanc et calotte rou- 
geâtre , qui vient de l'Ethiopie occidentale. 

Pelage long, soyeux et peu fourni; une grande tache 
de poils fauves à l'occiput. Sommet et parties posté- 
rieures de la tête d'un gris noirâtre, à l'occiput une 
grande tache de longs poils d'un fauve roussâtre ; toutes 
les autres parties supérieures d'un gris de souris ou fau- 
ve grisâtre , sans autres dessins qu'une bande noire sur 
l'épine dorsale ; celle-ci s'étend à partir de la nuque et 
aboutit à l'origine de la queue; partie supérieure de la 
queue , noire ; l'inférieure blanche ; parties supérieures 
du corps et face intérieure des membres , couverts de 
poils clair-semés et d'un blanc terne. Les doigts sont 
couleur de chair; la face est de couleur livide à teinte 
orange; les lèvres et l'arrête du nez sont brunes; les 
paupières ont une teinte rose livide. Les adultes et les 
vieux. 

Lesjeunes ont, dès le premier âge , la tache occipi- 
tale bien dessinée; elle est alors d'une teinte légèrement 
roussâtre ; il n'en est pas de même de la bande sur l'é- 
pine dorsale , qui n'est point ou bien faiblement tracée ; 



— 38 - 

tout le pelage tles parties supérieures du corps, des mem- 
l)res et de la queue est d'une teinte roussâlre claire. 

Longueur de l'adulte 3 pieds 5 ou 4 pouces , sur la- 
quelle la queue prend 1 pied 7 pouces, mesure prise 
sur plusieurs sujets adultes ; mais à système dentaire 
point encore totalement développé, 

Patr le. Habite les forets qui bordent la rivière Bou- 
Iry , côte de Guiné. 



Le genre Papio , ou les singes Cynocéphales, paraît 
avoir aussi un représentant sur les côtes occidentales 
de l'Afrique , comme il en a dans les parties méridiona- 
les , dans les espèces du Papio sphinx et porcarius , ainsi 
que par les Papio Tholh , Hamadryas et Cynocephalus des 
parties orientales et du nord de ce continent; du moins, 
M. Pel nous a communiqué avoir vu à Acra un singe 
cynocéphale , dont il négligea de prendre la description 
et que depuis il n'a pu se procurer , quoique les rensei- 
gnements obtenus par les nègres, soyent venu confirmer 
l'existence probable d'un animal de ce genre, à la côte 
de Guiné. 

Ce n'est qu'avec doute que je hasarde de signaler, 
comme un habitant de cette partie de l'Afrique , une es- 
pèce décidément, nouvelle qui depuis 1820, fait partie 
de nos collections et dont l'origine certaine ne m'est 
point connue ; mais que je sais avoir été apporté dans 
ce pays, par un vaisseau qui avait fait échelle dans les 
possessions anglaises , danoises et hollandaises de la côte 
occidentale. 



— 39 — 

Il me paraît intéressant de fournir ici la description 
de ce singe nouveau, dont l'habitat n'est point déter- 
miné , mais qui sans nul doute , est d'Afrique ; je le dé- 
signe provisoirement sous le nom de : 

CYNOCÉPHALE ROUGE. PAPIO RUBESCENS. 

Pelage long , garni de poils soyeux plus longs que ceux- 
là : la queue terminée en pinceau ; des poils soyeux et 
longs couvrent les doigts et dépassent les ongles des mem- 
bres postérieurs. 

Le museau n'est pas aussi proéminent que dans les 
autres papions; la face est d'un gris blafard et le pour- 
tour des yeux d'une teinte livide. De longs poils garni- 
sent le cinus frontal. Un brun rougeâtre couvre le som- 
met de la tête ainsi que l'espace entre les yeux et les 
oreilles ; mais la région des abajoues est blanchâtre ; 
tout le pelage des parties supérieures du corps , les flancs , 
les bras et les cuisses ont une teinte rousse rougeâtre; 
les poils soyeux , longs de 4 a 5 pouces qui couvrent ces 
parties , sont annelés de larges bandes rousses claires et 
brunes ; le pelage des avant-bras et du bas de la jambe, 
des mains et de la queue est court et d'une teinte rousse 
plus décidée; les doigts des quatre mains sont garnis, à 
claire-voie , de longs poils d'un cendré blanchâtre , et 
ceux-ci dépassent de quelques lignes les ongles des ex- 
trémités postérieures : la queue est terminée par une pe- 
tite touffe de poils ; les parties inférieures du corps , 
ainsi que la face intérieure des membres , ont le pelage 
clair-semé , d'un gris blanchâtre. 



— 40 — 

Voici les dimensions prises sur un individu femelle, 
somi-adulle , dont les canines ne sont développés que 
jusqu'au niveau des incisives. 

Dislance du bout du museau à l'origine de la queue 
17 pouces 6 lignes; de la queue 14 pouces 6 lignes; du 
bout du museau à l'occiput 5 pouces 6 lignes. 

Patrie. Habile l'Afrique occidentale , mais on ignore 
quelle partie de celle grande étendue des côtes. 



GALLAGO D'ALLEN. OTOLICNUS ALLENL 

Jusqu'à ces derniers temps , l'on n'a trouvé dans les 
parties occidentales de l'Afrique, dont nous nous occupons, 
que l'espèce de Galago, indiqué sous le nom de Otolicnus 
senegalensis , qu'AoANSON découvrit au Sénégal , et dont 
ScHREBER a fait son Lemiir galago , espèce que Smith ren- 
contra depuis dans la Caffrerie occidentale , et à laquelle 
il donna le nom à' Otolicnus moholi , sans se douter, qu'il 
imposait un nom nouveau à une espèce connue depuis 
longtemps. Notre musée a obtenu un de ces sujets pris 
par Smith en Caffrerie ; il m'a servi à constater l'iden- 
tité parfaite de son animal avec celui de la Sénégambie , 
ainsi qu'avec celui d'Egypte et du Sennaar : tous sont 
pourvus de quatre incisives supérieures, et non pas de 
deux, comme ce nombre se trouve indiqué dans les 
systèmes. 

Depuis ce temps, l'on a trouvé dans la partie occiden- 



- 41 - 

laie arrosée par la Gambie, une autre espèce indiquée 
Irès-succinctement dans les proceedings sous le nom Olo- 
licnus Alleni, et récemment une troisième, décrit dans 
l'article suivant. 

Oclolicnus Alleni est environ d'un quart plus grand 
dans toute les dimensions que Senegalensis , la queue est 
touffue, depuis la base jusqu'à la pointe; le pelage est 
très-cotonneux et les teintes en sont sombres. Le nom- 
bre des dents est absolument le môme que dans Senega- 
lensis , c'est à dire 4 incisives par paires à la mâchoire 
supérieure et 6 déclives et minces à l'inférieure. 

Le pelage long , cotonneux et feutré est , pour les par- 
ties supérieures du corps, d'un brun légèrement nuancé 
de roussâtre, l'extrême pointe seulement des poils étant 
de cette dernière teinte; les parties supérieures des qua- 
tre membres sont plus rousses , en ce qu'une plus gran- 
de étendue de l'extrémité des poils porte cette teinte cou- 
leur de rouille. La tête, la face et la nuque sont noires 
à bout des poils grisâtre. Toutes les parties inférieures 
du corps , ainsi que la face interne des membres , sont 
d'un blanc-grisâtre. La queue , pourvue dans toute sa 
longueur de poils longs et touffus , est noire. Les très- 
grandes oreilles sont nues et de même que la partie nue 
du museau noires. 

Longueur totale 18 pouces, sur laquelle la queue prend 
11 pouces ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe 
du nez 8 et demi lignes; hauteur des oreilles 1 pouce 
5 lignes. 

Otolicnus Alleni, Waterh. Proceed. Zool. Soc. — 
Otolicnus GARNETTi , g i 1 b. Procced. Zool. Soc. 1838. — 



— 42 — 

Galago ALLENi , Scliintz, Synop. Mamm. Vol. I. p. 111. 
sp. 3. 

Patrie. Habite l'Afrique occidentale. Waterhouse 
donne comme lieu de provenance l'île de Fernando-po. 
L'individu du musée des Pays-Bas est une vieille fe- 
melle , portant indication de Cape-Coast. 



GALAGO DE PEL. OCTOLICNUS PEU. 

J'ai été longtemps indécis sur le choix du nom , pour 
désigner cette espèce avant de l'introduire ,, comme nou- 
velle, dans le cadre méthodique des animaux. Un jeune 
individu de l'année, sans aucune détermination de patrie 
que notre musée possède depuis bien des années , m'a- 
vait toujours paru représenter l'animal indiqué, fort su- 
perficiellement , par M. Fischer de Moscou , sous le nom 
de Galago de Demidoff'^. Toutefois, cette espèce adoptée 
sous ce nom dans les catalogues méthodiques, n'a j'a- 
mais été vue depuis par aucun naturaliste; ce fut aussi 
sans parvenir à quelque donnée concluante que je fis 



*) L'auteur cité en donne la note suivante. — Elle a la grosseur 
d'une souris , des oreilles nues , et une longue queue très-touffue. 
Son poil est roussâtre , son dessous grisâtre et le cou noirâtre. Des 
poils très-longs en forme de moustache couvrent les coins de la bou- 
che, les joues et le coin de l'oeil. Voir Fischer, 3Iémoires de la so- 
ciété des naturalistes de Vunivcrsitè impériale de Moscou , Vol. 1. 
pag. 24 , année 1806 et pi. 



— 43 - 

(les recherches, pour tacher de découvrir dans les col- 
lections le type , sur lequel le naturaliste russe avait 
établi sa diagnose , lorsque par les soins de notre voya- 
geur M. Pel , nous sont parvenus deux très-jeunes in- 
dividus, absolument semblables à celui que le musée pos- 
sédait , ainsi qu'un troisième sujet dans l'âge de semi- 
adulte , et récemment un vieux mâle et une vieille femelle 
de cette espèce. Dès lors , certain de l'habitat de notre 
animal, le doute m'est resté relativement à l'espèce; 
mais , en comparant mes trois jeunes individus , qui 
sont en effet de la taille d'une souris, à la courte notice 
publiée par M. Fischer, de son Galago de Demidoff' , qu'il 
dit être de cette taille et originaire du Sénégal , je n'ai 
pu trouver sur aucun de nos sujets , des poils très-longs 
en forme de moustache , couvrant les coins de la bouche , 
les joues et le coin de l'oeil , ainsi que le marque l'au- 
teur russe ; par contre , il ne fait point mention dans sa 
description, d'une bande blanche sur le nez, caractère 
prononcé et remarquable dans tous les âges sur les in- 
dividus de notre espèce ; ces deux indices , dont l'un po- 
sitif et l'autre négatif, me portent à donner à notre ani- 
mal, comme espèce encore inédite, le nom du jeune na- 
turaliste qui vient de la découvrir. 

Le pelage de ce Galago est cotonneux, frisé et bien 
fourni ; ses oreilles sont grandes et noires ; une petite 
raye blanche est placée sur l'arrête du nez; la queue est 
longue , très-velue. 

■Sommet de la tête, nuque, dos et face extérieure des 
membres d'un brun roussâtre terne, ayant la base des 
poils d'un gris-noirâlre mat; une petite bandelette blan- 



— 44 — 

che est étendue sur le nez, à partir des naseaux jus- 
qu'au niveau des sourcils; la partie inférieure du cou, 
le ventre , les flancs et la face intérieure des membres 
sont d'un roux clair, nuancé sur la poitrine d'une légè- 
re teinte orange qui domine aussi au-dessous des oreil- 
les, en une bande longitudinale; la queue, plus longue 
que le corps et la tête, est couverte de poils soyeux, 
longs et bien fournis , d'un brun foncé à pointe argen- 
tine ; oreilles grandes et nues ; l'ongle du doigt indicateur 
postérieur relevé en éperon. 

Longueur 15 pouces 3 lignes, sur laquelle la queue 
prend 7 pouces. Mesure prise sur un mâle et une femel- 
le , adultes. 

Un autre individu semi-adulte , de sexe féminin , a le 
dessus du corps et la tête d'une teinte plus roussâtre 
que le précédent ; la base de la queue est colorée aussi 
de la même teinte; les poils de cette queue sont plus 
courts et non lustrés à la pointe. 

Longueur totale 7 pouces 6 lignes. Les jeunes de l'an- 
née, de la taille d'une souris, sont longs seulement de 
6 pouces 2 ou 3 lignes. 

Tout leur pelage supérieur , celui des membres et toute 
la queue sont d'un roux ardent ; les poils de cette der^ 
nière partie sont de longueur égale à ceux du dos ; les 
parties inférieures ainsi que la face intérieure des mem- 
bres d'un blanc roussâtre; la bande blanche sur le nez 
n'est que très-faiblement tracée, mais distincte. 

La manière de vivre de cette espèce est complètement 



— 45 — 

nocturne; de jour elle ne se montre point, se tenant alors 
blottie et enroulée sur elle-même dans les trous des ar- 
bres forestiers. M. Pel ne trouva dans l'estomac que 
des débris d'insectes. C'est dans les forêts non loin de 
Dabocrom , ou village nègre de Dabo , qu'il en fit la cap- 
ture. 



LE POTTO DE BOSMAN. PERODICTICUS POTTO. 

Il est peut-être utile de rappeler à la mémoire , qu'en 
donnant aux singes d'Afrique qui manquent de pouce au 
pieds de devant, le nom de Colobus , c'est afin de les di- 
stinguer de ceux classés dans le genre Semnopithecus de 
l'Inde, munis d'un pouce distinct; il est aussi nécessaire, 
pour peu qu'on veuille se montrer conséquent , de don- 
ner à l'espèce qui nous occupe ici , un nom générique qui 
puisse servir à l'isoler des espèces comprises dans le genre 
Slenops , avec lesquels il conviendrait de le réunir mé- 
thodiquement, s'il ne présentait point d'anomalie dans 
l'extrême brièveté du doigt indicateur des pieds de de- 
vant , ainsi que de quelques vertèbres déplus à la queue, 
seuls caractères par lesquels notre quadrumane s'éloi- 
gne des vrais Stenops de l'Inde. 

Car, d'ailleurs, la présence d'un pouce aux mains, son 
absence totale, ou bien l'état rudimentaire de ce mem- 
bre ne peuvent influer sur les moeurs , les habitudes, ni 
le genre de vie de ces animaux ; personne ne nous con- 
testera ces faits ; mais c'est tout simplement un moyen 



— 46 — 

artificiel qui , employé zoologiquement , est fort convena- 
ble comme sous-genre , et lorsqu'on veut qualifier pai- un 
substantif, une coupe secondaire dans un groupe bien 
déterminé. Hors donc que Ton isole le Polto de Bos- 
man sous le nom de Perodicticus , ou bien qu'on en 
forme une section sous celui de Stenops , il n'en appar- 
tiendra pas moins à cette dernière coupe , composée d'es- 
pèces ayant le même genre de vie, des habitudes identi- 
ques , une même formule dentaire et des formes annalo- 
gues ^ 

LePotto, cet animal remarquable, dont parle Bosman et 
qu'il indique superficiellement dans la relation de la côte 
de Guiné, ouvrage que cet employé du Gouvernement 
néerlandais a publié en 1703, est demeuré inconnu aux 
naturalistes pendant plus d'un siècle. Gmelin , il est vrai, 
en a fait mention sous le nom de Lemur potto , dans la 
13° édition du Systemanaturae de Linné , publiée en 1788, 
et il le classa à tout hasard dans cette coupe générique , 
guidé seulement par les indices superficiels puisés à la 
source indiquée. En 1851, la Société Zoologique de 
Londres obtint le premier individu parvenu en Europe 
depuis la mention que Bosman en avait fourni. Cet indi- 
vidu , quoique très-jeune , à peine parvenu à la moitié 
du développement parfait, put, non obstant, servir à 
constater l'existence d'un animal , au sujet duquel plu- 



*) Ce n'est pas la preiuière fois que je fais part de cette idée ; 
elle se trouve déjà adoptée dans mon Tableau méthodique des mammi- 
fères, voir page xvi , genre Stenops, 1827. 



— 47 — 

sieurs naturalistes commençaient à émettre le doute , et 
qu'on croyait fabuleux i. Ce ne fut qu'en 1833, que 
notre musée obtint un jeune individu, à peu-près de 
même âge que celui reçu à Londres ; le même dont 
M. le Professeur van der Hoeven a fait mention et dont 
il donne une figure ='. En 1848 nous parvint, par les 
soins de M. Pel, un mâle adulte conservé à l'esprit de 
vin , dont 31. van der Hoeven obtint également la commu- 
nication , et sur lequel il établit son mémoire cité dans 
nos synonymes. En 1850 M. Pel nous adressa le troi- 
sième individu , une très-vieille femelle , ainsi que le 
squelette de cet animal remarquable. Ces matériaux me 
servent à établir définitivement les caractères zoologi- 
ques qui font le sujet du présent article ; l'ostéologie et 
la partie anatomique se trouvent suffisamment indiquées 
dans le travail de M. van der Hoeven. La Société Zoolo- 
gique d'Amsterdam vient de publier dans ses actes, un 
portrait colorié et de grandeur naturelle, du bel indi- 
vidu femelle, déposé dans notre musée. Ces matériaux 
réunis ne laisseront plus guère à désirer relativement à 
la connaissance exacte d'un être aussi curieux que l'est 
le PoTTo de Bosman. 

Pelage cotonneux , abondant , serré , de longueur mo- 
yenne et frisé vers la pointe des poils. 

Le mâle adulte a le pelage de la tête , des joues , 



1) Voyez, Proceed. Zool. Soc. 1831, pag. 109. 
-) Voir, Bijdragen van de Lemur , Tijdschri/t voor Natuurkuude eu 
Physiologie, Vol. II, 



— 48 — 

de la nuque , du dos , des membres poslérieurs ainsi que 
la queue , d'un roussâtre elair ; sur toutes les parties du 
dos cette couleur est nuancée de teintes plus foncées 
d'un brun roussâtre vif; mais la fine pointe des poils est 
plus claire et comme lustrée. La face extérieure de l'hu- 
mérus est d'un roux vif ; la partie supérieure de l'avant 
bras est d'une nuance moins foncée, tandis qu'à sa par- 
tie inférieure la pointe des poils est lustrée. Le dessous 
du corps et la face intérieure des membres ont un pe- 
lage moins abondant quoique frisé , et toutes ces parties 
sont d'un blanc roussâtre. La queue est terminée en 
forme du pinceau , et cette pointe est noire. Les oreil- 
les trés-arrondies et dépassant peu le pelage , sont nues ; 
quelques poils courts et clair-semés en garnissent le bord 
supérieur. 

La femelle adulte se distingue par les teintes bru- 
nes, dont le pelage est nuancé, tandis que la livrée du 
mâle porte différentes teintes rousses. La base des poils 
est d'un cendré foncé, puis d'un brun clair; ils passent au 
brun noirâtre, et leur fine pointe est d'un brun argentin 
ou lustré ; cette teinte argentine est plus évidente sur la 
partie inférieure de l'avant bras, ainsi qu'aux mains, 
vu qu'une plus grande étendue de l'extrémité est ainsi 
colorée; toutes les parties inférieures qui chez le mâle 
sont nuancées de roussâtre , portent nne teinte blanchâ- 
tre terne chez la femelle. 

La taille des individus à l'état adulte , dépasse celle 
des deux espèces de Stcnops de l'Inde. — Le plus grand 
de nos sujets porte en longueur totale 15 pouces 7 lig- 
nes , sur laquelle la (jueue prend 5 pouces 6 lignes. Hau- 



— 49 — 

tèur de l'oreille 7 lignes ; distance du bord antérieur des 
yeux à la pointe du nez 7 a 8 lignes. 

Un jeune individu, à l'état de semi-adulte, me- 
surant seulement en longueur totale 9 pouces, dont la 
queue prend 2 pouces 5 lignes, est couvert d'une livrée 
plus touffue et plus longue que ne l'est celle des vieux ; 
ce qui lui donne une apparence plus ébourifée ou frisée. 
L'individu que nous avons sous les yeux étant du sexe 
féminin, son pelage porte déjà des teintes cendrées, tan- 
dis qu'un fragment de peau d'un sujet mâle de même 
âge , offre des teintes généralement rousses ; mais la diffé- 
rence entre les jeunes et l'adulte se remarque principa- 
lement, en ce que chez les premiers, tout le pelage à 
partir du cou jusqu'à l'extrémité des membres et de la 
queue, est pourvu de longues pointes d'un blanc lustré. 
Il est présumable que les bouts de ces poils disparais- 
sent en s'usant , vu que le pelage de l'adulte est plus 
court et que seulement la fine pointe des poils est lu- 
strée. 

Lemur potto Gmel. Linn. Syst. Nal. — Nycticebus potto 
Geoff. Ann. Mus. Vol. 19. p. 665. — Galago guineensis 
Des m. Mamm. p. 104, n''127. - Perodigticus Geoffroyi 
Benn. Proceed. Zool. Soc. 1851, p. 109. — Perodigticus 
potto Wagn. Schreb. Sdug. supp. p. 288. — Luiaard 
potto Bosman , Beschrijv. van Guinea , p. 31. tab. fîg. 4. 
Lemuridae et PRosiMii vau der Hoeven Tijdschr. voor 
Nat. Gescli. en Physiol. Vol. 11. pag. pi. un jeune in- 
dividu. — • OvER DE Potto van Bosman id. Verhand. van 
het Instit. Vol. 4 , avec deux planches , Anat. et Osléol. — 



- 50 — 

Stenops potto Pel, Bijdr. tôt de dierkunde , pi. Le 
mâle grandeur naturelle. 

Patrie. M. Pel a obtenu les sujets que nous venons 
de décrire , de la Fantie , dans les forêts voisines , de 
Dabocrom , côte de Guiné. 

Un individu adulte , vivant , tenu captif pendant quel- 
ques mois par notre voyageur , l'a mis à même d'obser- 
ver, qu'en l'état de repos il s'enroule, en portant la tête 
sur la poitrine et passant autour de la nuque les quatre 
jambes, en les croisant les unes sur les autres; il passe 
ainsi, sans bouger, la plus grande partie du jour; ce n'est 
que vers le déclin du soleil qu'il paraît abandonner l'état 
de torpeur et qu'il dégourdit les membres en les éten- 
dant alternativement ; mais , lorsque la nuit est venue , 
il se met en mouvement, sans discontinuer un seul in- 
stant de se remuer dans tous les sens ; dès-lors ses mou- 
vements loin d'être lents et difficiles , comme le dit Bos- 
MAN , sont plutôt incessants , mais réfléchis et précis , et 
sous ce rapport Bosman a été mal inspiré en l'associant 
par rapport à ces allures lentes, aux tardigrades. 

On le nourrisait durant sa captivité de fruits , princi- 
palement de ceux du Bannanier et du Papayer; il paraît 
aussi que les fruils forment sa nourriture habituelle à 
l'état de liberté. Son naturel et ses habitudes le portent 
à choisir pour demeure , pendant le jour , les lieux les 
plus solitaires de la forêt ; il se dérobe alors à toutes les 
poursuites en se cachant dans les cavités des gros arbres 
séculaires, qui, le plus souvent, ne tombent que sous la 
hache du temps; il s'en suit que sa rencontre de jour 



— 51 — 

dépend de circonstances extraordinaires, tandis que sa 
capture pendant la nuit est accompagnée de maintes dif- 
ficultés. Il n'est dès-lors point étonnant qu'il soit rare et 
peu connu, même dans les contrées où il paraît se trou- 
ver réuni en grand nombre. Du reste l'expérience en 
fait foi ; vu que, non obstant les promesses de récom- 
penses faites par M. Pel à ses nègres, il ne put obte- 
nir que deux individus pendant le séjour assez long 
qu'il fît dans l'intérieur ; encore ces captures ne furent- 
elles dues qu'a des circonstances fortuites. 



Les chéiroptères frugivores paraissent être 
moins nombreux en Afrique qu'ils le sont dans l'Inde 
continentale ; tandis que leurs troupes voraces se trou- 
vent encore bien plus multipliées en nombre comme en 
espèces dans les îles de l'Archipel malais , contrée du 
globe qu'on peut citer , à juste-titre , comme séjour de 
prédilection de ces animaux destructeurs des fruits. Cette 
grande abondance d'espèces de chéiroptères frugivores 
réunies dans cette partie tropicale de l'Asie, s'y trouve 
en raison de la diversité remarquable, ainsi que de la 
quantité d'arbres fruitiers, composant les vastes masses 
de forêts qui couvrent la majeure partie de ces îles ver- 
doyantes , toutes couvertes de nombreuses espèces de fi- 
guiers (ficus) , dont les fruits succulents servent de nour- 
riture principale aux Roussettes. 

En comparant ces moyens d'existence eî ces resources 
alimentaires que peuvent offrir aux chéiroptères les voû- 
tes sombres mais riches en arbres fruitiers de l'Archipel, 



— 52 — 

au nombre bien plus limité de ces arbres qui croissent 
dans les plaines boisées de l'Afrique , où la végétation 
forestière restreinte, ne se montre vigoureuse et gran- 
diose que dans le voisinage des fleuves et des amas d'eau; 
on peut dès-lors attribuer à ces disparités locales , la cause 
du manque de grandes espèces de roussettes en Afrique ; 
comme aussi l'existence en bien petit nombre , de celles 
de taille intermédiaire. Le grande île de Madagascar, 
couverte d'imenses forêts , mais dont la Faune nous est à 
peu-près inconnue , se trouve être la première terre dé- 
pendante du continent Africain, où se voient des rousset- 
tes d'une dimension , approchant de celle des espèces de 
l'Archipel, parmi lesquelles on en trouve plusieurs de 
fort grande taille , portant une envergure de trois et de 
quatre pieds. 

En effet , comparativement au grand nombre d'espèces 
de Roussettes et de Pachysomes de l'Inde et de ces Archi- 
pels, que nous avons pu énumérer successivement dans 
nos mémoires , publiés sous le titre de Monographies de 
mammalogie ^ , il ne s'en trouve jusqu'ici qu'un nombre 
bien minime qui habitent le continent africain, ainsi que 
les îles disséminées le long de la vaste étendue de ses 
côtes. Trois habitent les parties méiidionales ; le nord 
ne nous en fournit que deux , et la longue filière des co- 
tes orientales et occidentales, de fait encore peu explo- 
rées par les naturalistes , n'en comptent pas au-de-là de 
quatre bien déterminées. Des deux espèces qui ont été 



1) Monographies de mammalogie , Vol. 1, pag. 157 et Vol. 2. pag. 
09 et 359. 



— 53 — 

trouvées à la côte de Guiiié , la primière , Pteropiis slra- 
mineus, nous était déjà connue par des sujets originaires 
du Sennar ainsi que du Sénégal; la seconde, Pachysoma 
Whileî, paraît être toute aussi répandue quoique moins 
connue; on la trouve depuis la Guiné jusqu'au Congo, ainsi 
qu'à la côte orientale, peut-être encore plus vers le 
midi, dans la Cafïrerie ; cette dernière a été décrite et 
figurée par M. Benjset, sur un sujet unique, de sexe mas- 
culin K Nous avons obtenu ces espèces en individus des 
deux sexes ainsi que dans le jeune-âge, ce qui nous met 
à même de compléter les indications fournies sur leur 
compte dans les Monographies de mammalogie. Pour 
ce qui concerne les deux autres espèces de la côte occi- 
dentale , indiquées par M. Ogilby , voir Proceedings , et 
dont nous fimes textuellement mention dans les Mono- 
graphies, sous les noms de Pteropus gambianus et macrocc- 
phaliis , nous ne les connaissons encore jusqu'ici que par 
les susdites indications de notre savant ami , sous le nom 
duquel elles se trouvent de nouveau inscrites dans ces 
esquisses. Toutefois, en consultant de nouveau l'article 
des Proceedings où il est fait mention , par M. Ogilby , du 
système [dentaire des deux Pteropus indiqués , nous leur 
trouvons le même nombre et la même forme de dents 
molaires , absolument semblable à ce que nous avons exa- 
miné dans Pteropus Whitei ; et concluons d'après ces 



*) Les individus que notre musée vient de recevoir de la Guine', 
ainsi qu'une vieille femelle capturée par le zélé voyageur suédois 
M. Wahlberg , dans la Caffrerie me mettent à même de constater que 
le Whitei n'est pas un Pteropus , mais qu'il doit être classé dans le 
genre Pachysoma ; voir notre article Pachysoma Whitei. 



— 54 — 

donnés , que les deux espèces mentionnées sont de vrais 
Fachysomes ; ce qui nous les fait classer ici dans cette 
coupe. 



ROUSSETTE PAILLEE. PTEROPUS 
STRAMINEUS. 

Plusieurs individus conservés à l'esprit de vin , reçus 
de la Guiné, nous mettent à même d'ajouter encore 
quelques détails zoologiques propres à cette espèce , dé- 
crite dans les Monographies vol. 2pag. 84, sur des sujets 
originaires du Sénégal et du Sennar. 

La membrane alaire des flancs prend son attache au 
corps , à petite distance de l'épine dorsale , ce qui fait 
que le dos n'est couvert de poils, qu'en un ruban large 
d'un pouce environ. La queue est très-courte, terminée 
par un tubercule. Tout le pelage est lisse , très-court 
et rare. 

Le mâle a la région des côtés et du devant du cou 
ornés d'un demi collier , jaune-doré à pinceaux de poils 
onctueux un peu plus longs, et qui sont divergents d'un 
centre commun; ces touffes de poils, plus ou moins dis- 
tinctes et longues selon l'âge des individus , ont une 
teinte jaunâtre; chez de très-vieux individus elles sont 
d'un jaune-rougeâtre. En dessus , le pelage est d'un 
jaunâtre terne ou d'un blanchâtre terne, à pointe des 
poils brune ou cendrée; milieu du dos ainsi que la croupe 



— 55 — 

d'une teinte brune, circonscrite de chaque côté par une 
petite bande de poils jaunâtres placée sur la ligne de jonc- 
tion de l'aîle avec le corps. 

La femelle et les jeunes des deux sexes man- 
quent de tout vestiges de touffes ou de longs poils diver- 
gents aux côtés de la poitrine. Les jeunes ont partout 
des teintes plus cendrées et les nuances jaunâtres sont 
plus pâles. 

Nous avons indiqué les dimensions pour les sujets de 
tres-forte taille , à 8 pouces en longueur totale ; enver- 
gure 2 pieds 6 pouces ; antibrachium 4 pouces 5 lignes ; 
ceux-là sont du Sennar. Les sujets du Sénégal ont gé- 
néralement des dimensions moins fortes , et ceux de Gui- 
né sont encore moins grands que ces derniers. Longueur 
totale 7 pouces ; envergure 2 pieds ; antibrachium 3 pou- 
ces 1 1 lignes. Le tout à période égale de l'âge ; car les 
jeunes n'ont pas plus d'un pied , huit à dix pouces d'en- 
vergure. 



Les acquisitions importantes faites par le musée des 
Pays-Bas, en espèces nouvelles de roussettes des îles de 
l'Archipel, de l'Asie et de l'Australie, et dont plusieurs 
ont été découvertes par notre infortuné compatriote 
FoRSTEN , me mettent à même de fournir un supplément 
remarquable à la monographie du genre Pteropus. 

Attendu que nous n'avons à inscrire dans ce travail , 
qu'une espèce déjà décrite , et qu'elle est la seule connue 
jusqu'ici parmi les vraies roussettes, qui soit propre aux 
côtes occidentales de l'Afrique , je crois pouvoir me liât- 



— 56 — 

ter que les naturalistes me sauront gré de leur fournir 
ici les descriptions des espèces nouvelles de Roussettes 
de l'Archipel malais. En les intercalant dans ces pages, 
je m'écarte en quelque sorte du plan de n'admettre dans 
ce travail, que les espèces de mammifères qui habitent 
une partie de la côte occidentale de l'Afrique ; toutefois 
ces compléments aux deux mémoires sur les chéiroptères 
Irugivores précités , ne me paraissent point déplacés ici. 
Les espèces se trouvant classées par ordre de grandeur , 
l'on pourra les intercaler à leurs places respectives dans 
le dernier de nos mémoires ou onzième monographie, 
vol. 2. pag. 49 à 112 ; travail auquel je n'ai du reste rien 
à ajouter. 

Je ne fais point mention du système dentaire de ces 
espèces nouvelles , vu que dans toutes , l'état normal 
n'offre aucune exception. 



ROUSSETTE PLUTON. PTEROPUS PLUTON. 

Elle n'est guère moins grande et à membranes du vol 
moins amples , que VEdulis ou Roussette kalang de Java. 

Pelage des parties inférieures assez long et touffu, à 
poils rudes , un peu frisés ou contournés à leur bout ; 
lisses , droits et plus rares ou clair-seraés aux parties 
supérieures du corps , quoique la région du coccyx soit 
garnie de poils un peu frisés. 

La presque totalité du pelage d'un noir parfait, par- 



— 57 — 

semé en dessus de quelques poils fauves et rares. Sur 
la nuque une grande tache d'un brun-roussàtre foncé , 
et qui n'est point encadrée par une bande nuchale; tout 
le reste des parties supérieures , d'un noir parfait et lus- 
tré. Toutes les membranes sont nues et noires , en 
dessous elles sont couvertes , à claire-voie , de poils noirs , 
disposés seulement le long des flancs , ainsi que sur 
l'humérus et une partie de l'antibrachium ; membrane 
interfémorale large et développée, portant au coccyx 14 
lignes en largeur. Oreilles longues , pointues et noires. 

Envergure 4 pieds 7 pouces; antihrachium 8 pouces; 
tibia 4 pouces : sur de très-vieux individus des deux 
sexes. Le jeune et l'état intermédiaire ne me sont poiu 
connus. 

Patrie. Les îles de Bali et de Lombok. 



ROUSSETTE A LUNETTES. PTEROPUS 
CONSPICILLATUS. 

M. GouLD vient de faire connaître cette belle espèce, 
trouvée par M. Mac Gillivray dans les parties orientales 
de l'Australie. Elle se trouve désignée en ces termes : 

Sa taille et ses formes sont les mêmes que chez le 
P. poliocephalus ; mais la tête est plus grande ; le système 
dentaire est plus fort et plus massif. Des taches dispo- 
sées en forme de lunettes servent aussi de caractère dis- 
tinctief , facile à vérifier. 

Sommet de la tête noir, parsemé de quelques poils 



— 58 - 

f oux ; un roux brunâtre entoure les paupières , il produit 
l'effet d'une paire de lunettes affublant l'organe de la 
vue; la bande roussâtre est prolongée sur les côtés de la 
face et vient aboutir aux lèvres. Sur la nuque se trouve 
dessiné un large croissant d'un roux foncé; cette teinte 
couvre également les côtés du cou et elle forme un collier 
interrompu sur la poitrine. Toutes les autres parties du 
corps ont des teintes noires ; mais elles sont variées sur 
le dos par des poils grisâtres, clair-semés, et à la poi- 
trine ainsi que sur les autres parties inférieures, par 
des poils roux. 

Les dimensions ne sont point indiquées. 

Pteropus gonspicillatus Gould. Proc. of Zool. Soc. 
1849, pag. 109. — Id. Mamm. of Austra , avec une 
planche. 

Patrie. L'île Fitsroy, non loin de la côte orientale 
de l'Australie. 



ROUSSETTE ALECTON. PTEROPUS ALECTON. 

Nous avons quelques nouvelles données zoologiques à 
fournir sur cette espèce, décrite dans les Monographies, 
Vol. 2 , page 75 , où elle se trouve fondée sur la connais- 
sance d'un seul individu, originaire de l'île Célèbes; le 
musée en a obtenu plusieurs autres depuis cette publica- 



— 59 — 

tiou. C'est par erreur que cette espèce est iiouimé P. ater- 
RiMUS dans le Coup- d'oeil sur les possessions néerlandaises 
dans l'Inde archipèlagique , Vol. 1. p. 333. 

L'Alecton à l'état adulte, est à peu-près d'un tiers moins 
grande que la Funèbre ; ses oreilles sont proportionellement 
moins longues et le museau est plus court. La mem- 
brane interfémorale chez cette dernière est plus large 
que la distance entre le Lord postérieur des yeux et la 
pointe du nez , et cette membrane entoure toute la ré- 
gion de coccyx; dans l'Alecton elle est remarquablement 
plus courte que ne l'est cette distance ; puis cette mem- 
brane se trouve interrompue et n'entoure point la sus- 
dite région. Les dimensions en longueur totale et celles 
de l'antibrachium servent aussi à les distinguer ; les ailes 
de VAlecton ne sont pas aussi longues ; elles offrent moins 
de largeur ; tout le système cutané est d'un noir par- 
fait, tandis que la. Funèbre de même que VEdule ou Kalong, 
ont les ailes larges et la couleur des membranes est brune. 
La nuque est d'un brun bai terne , quelquefois brun- 
noirâtre et le petit mantelet est séparé du noir profond 
du dos, par une bande noirâtre et lustrée. 

Les dimensions de nos sujets les plus forts sont : lon- 
gueur totale 8 pouces 6 lignes; longueur de la tête 2 
pouces 7 lignes ; distance du bord antérieur des yeux à 
la pointe du nez 1 pouce ; hauteur des oreilles 10 lignes ; 
envergure 3 pieds 1 ou 2 pouces, antibrachium 3 pouces 
6 lignes. 

Patrie. Cette espèce ne vit point à Java; on la trou- 



— 60 — 

ve en grand nombre dans une petite île fort peu distan- 
te nommée Bawean , et depuis là jusqu'à Célèbes , d'où 
plusieurs individus ont été obtenus. Les individus de 
Célèbes ont été envoyés au musée par M. Forsten ; ceux 
de Bawean sont dûs à M. Diard. 



ROUSSETTE LEUCOPTERE. PTEROPUS 
LEUCOPTERUS. 

J'ai parcouru tous les systèmes, proceedings, bulletins 
et annales à la recherche d'une indication ou de l'insig- 
nifante diagnose, afin de ra'assurer si l'espèce du pré- 
sent article est décrite ou seulement indiquée , ne fusse 
que par quelques mots. Mes recherches ayant été vai- 
nes , je me décide , quoique toujours avec quelque dou- 
te à la présenter comme nouvelle. Le seul individu 
que j'ai pu examiner, à été acquis d'un marchand 
d'histoire naturelle qui m'a assuré l'avoir obtenu des îles 
Philippines. 

Cette grande espèce, facile à reconnaître du premier 
coup-d'oeil de toutes ses congénères , par les teintes clai- 
res du pelage et par le peu d'épaisseur des membranes 
du vol , terminées par un grand espace blanc à peu-près 
diaphane, peut être définie ainsi : 

Le pelage gris- cendré de toutes les parties du corps 
suffit de moyen pour la distinguer des autres roussettes. 
Cette teinte cendrée dominante est seulement un peu 
plus claire sur la nuque et aux épaules. 



-^ 61 ~ 

Patrie, incertaine, l'on présume l'une des îles Phi- 
lippines. 



ROUSSETTE HYPOMELANE. PTEROPUS 
HYPOMELANUS. 

Taille et formes du P. pallidus * ; mais l'attache des 
membranes au corps , la nature du pelage , ainsi que la 
distribution des couleurs offrent plus de ressemblance 
avec P. Edwardsii ^. 

Face , joues et occiput d'un gris-blanchâtre , mais non 
pas général , vu que des poils noirs , à la vérité très-clair- 
semés en rompent l'uniformité ; menton noir ou d'un 
brun-foncé ; nuque , côté de cou et haut de la poitrine 
d'un roux-foncé et vif, moins intense chez quelques in- 
dividus qui ont ce pelage roux-ardent, entermélé de poils 
bruns. Le thorax et tout le ventre d'un roux jaunâtre; 
cette teinte est comme encadrée par du brun noirâtre qui 
s'étend , à partir des aisselles , en un large ruban , cou- 
vrant les flancs et entourant la région du coccyx. Le 
pelage du dos très-lisse et celui de la croupe frisé est 
partout couvert de poils noirs et gris, entremêlés irré- 
gulièrement. Le système cutané est noir ; seulement un 
étroit ruban , caché par le pelage , entoure le coccyx. 
Les adultes dans les deux sexes. 



^) Monogr. de mamm. Vol. 1. pag. 105 , et Vol. 2, pag. 77. 
'^) Ibld. Vol. 2, pag. 61. 



— 62 — 

Parmi plusieurs individus adultes s'en trouve un de la 
même localité , dont la région thorachique et abdomina- 
le , ne sont point encadrées par une bande foncée ; toutes 
les parties inférieures étant couvertes de poils roux-jau- 
nâtrcR et bruns , entremêlés irrégulièrement ; tout le dos 
l'est également de poils bruns et jaunâtres. L'on voit en 
ceci la preuve renouvellée des différences, que présen- 
tent les couleurs du pelage chez les espèces de chéi- 
roptères frugivores. 

Longueur totale de 7 à 8 pouces ; envergure 2 pieds 
6 à 7 pouces ; antibrachium 4 pouces 2 lignes. 

Patrie. L'île de Ternate, d'où M. Forsten en a en- 
voyé plusieurs individus ; elle y dévaste les vergers et ne 
se nourrit que de fruits. 



ROUSSETTE DOGUIN. PTEROPUS MOLOSSINUS. 

Cette espèce remarquable et dont le musée ne possède 
que l'individu qui nous sert à tracer ces lignes , diffère 
essentiellement du plus grand nombre de celles décrites 
nians nos deux monographies sur le genre Pteropus. Elle 
est caractérisée d'une manière toute particulière ; par 
sa petite tête courte et son museau obtus , par des 
oreilles fort étroites et courtes , se montrant à peine d'un 
couple de lignes, d'entre l'épaisse fourrure dont la tête 
ainsi que les autres parties du corps sont pourvues. Elle 
est encore remarquable par la présence de touffes onctu- 



— 63 ~ 

euses aux côtes du cou, et dont les poils vont en diver- 
gent d'un centre commun : puis les membres postérieurs 
de cette roussette sont complètement nus, et la mem- 
brane interfémorale n'est que rudimentaire ; celle-ci en- 
toure le coccyx en un ruban fort étroit , caché par le 
pelage abondant de cette partie au corps. 

Le pelage de cette roussette ressemble, par son abon- 
dance , à celui dont P. dasymallus et P. pselap/ion sont 
pourvus ; il est serré , cotonneux et frisé ; indépendam- 
ment de ce feutre, d'autres poils soyeux et longs, repar- 
tis à claire-voie , couvrent toutes les parties du corps. 
Le museau est garni de poils ras; l'antibrachium en 
dessous de même que toute la région tibiale , sont totale- 
ment privés de poils. Les touffes qui prennent naissan- 
ce des glandes onctueuses des côtés du cou, ont des 
poils longs et rudes , d'un brun-clair. Le museau, le 
chanfrein et le menton sont aussi d'un brun clair; le 
feutre du dessous du corps est d'un brun-noirâtre uni- 
forme , mais les poils soyeux très-clair- semés , sont d'un 
jaunâtre lustré; la tête et le cou portent des teintes un 
peu plus foncées que le sont celles du ventre; le dos 
est d'un brun plus clair, nuancé de jaunâtre, vu que 
les poils soyeux de celte partie y sont plus abondam- 
ment repartis qu'aux parties inférieures du corps. Les 
petites oreilles, en forme de feuille de saule, ne mon- 
trent que leur pointe au-dessus du pelage ; elles sont 
nues et noires ; tout le système membraneux est de cette 
teinte. 



— 64 - 

Longueur totale prise du sommet du crâne au coccyx 
3 pouces 2 ou 3 lignes; longueur de la tête 1 pouce 5 
lignes ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe 
du nez 6 lignes; envergure 22 pouces ; antibrachiura 3 
pouces 3 lignes. 

La patrie de cette espèce n'est point connue; nous 
n'avons vu que l'individu mâle de notre musée; mais 
les inductions qu'on peut tirer de l'abondance ainsi que 
de la nature cotonneuse et feutrée du pelage , font con- 
jecturer que cette roussette n'habite point les contrées 
tropicales, patrie du plus grand nombre des espèces de 
ce genre ; mais qu'elle vit dans une des îles de l'Asie 
septentrionale , où habitent aussi les P. Dasy malins et 
P. Pselaphon , munies comme notre Molossinus , d'un pe- 
lage abondant et feutré. 



Le genre Pachysoma , qu'à l'exemple du professeur 
Geoffroy de St. Hilaire , nous avons établi dans la famille 
de chéiroptères frugivores ^ , s'y trouve admis , principa- 
lement en raison de la différence dans le système den- 
taire, comparé à celui du genre Pleropus. On saft que 
les pachysomes manquent d'arrière molaire à toutes 
les mâchoires et que les roussettes en sont pourvues , ce 
qui fait que dans le genre Pleropus on compte 32 dents 
persistantes , et dans Pachysoma seulement 28 ; indé- 
pendamment de ce caractère zoologique , ils ont le 



1) Monographie de mammalogie , Vol. 1. pag. 157. 



— 65 — 

pouce engagé jusqu'à moitié de sa longueur, dans la 
membrane policaire. Leur régime alimentaire, ainsi que 
la manière de vivre, offrent aussi quelques différences. 
Les Pachysomes ne font point consister uniquement leur 
nourriture en fruits ; ils y joignent aussi celle des in- 
sectes ; ils ne volent jamais que pendant le crépuscule du 
jour ou du soir; au lieu de se suspendre aux branches 
des arbres à l'ombre du feuillage , ils choissent pour re- 
traite pendant la clarté du jour , les trous des arbres 
vermoulus, ou bien les fentes des roches et les souter- 
rains pour s'y cacher. Plusieurs espèces de ce groupe 
vivent dans les îles de l'Archipel indien , et nous les 
avons mentionnées dans les mémoires précités. Quant 
aux Pachysomes qu'on trouve en Afrique , ils ont été 
classés jusqu'à présent parmi les vraies Roussettes; de 
ce nombre sont ceux indiqués sous les noms de Pleropus 
Wliitei , lahiatus , gamhianus et macrocephalus > , qu'on 
retrouve ici dans le groupe Pachysoma , dont ils portent 
les caractères. 



PACHYSOME DE WHITE. PACHYSOMA WHITEI. 

Pteropus Whilei a été établi par M. Bennet , sur un 
mâle adulte en peau sèche j remis à la Société Zoologi- 
que de Londres par M. Rendall ; l'individu a fourni à 



*) Voyez Proceed. Zool. Soc. 183 5. pag. 100, et Monographies de 
fnammalogie , Vol. 2 , pag. 83. 



— C6 - 

M. Bennet quelque doute relativement au système den- 
taire ainsi qu'a la position naturelle des ailes ; celui qu'il 
a décrit se trouvant dans un état de dissécation, qui ne 
lui permettait pas d'établir son jugement d'une manière 
exacte: dès-lors il a pu être indécis sur la position 
naturelle de cet organe du vol. Pour ce qui concerne 
les dents , il renvoie à des observations à faire sur cette 
espèce , lorsque l'occasion se présentera de l'étudier sur 
le vivant ou sur des individus conservés à l'esprit de 
vin. 

Notre voyageur Pel vient de nous mettre à même 
de remplir les lacunes signalées par le naturaliste an- 
glais, et d'y ajouter comme complément la connaissance 
de la femelle et du jeune âge de cette espèce. 

De l'examen des dents ainsi que par les autres indices 
zoologiques, en rapport avec les moeurs et le genre de 
nourriture de cette espèce, il resuite que les caractères 
génériques ne diffèrent point de ceux des Pachysomes de 
l'Inde ; ceux-ci ont le museau plus obtus que ne l'est 
celui de l'espèce dont nous nous occupons ; mais cette 
iorme plus alongée des deux mâchoires, dépend unique- 
ment de la manière dont les dents , quoique en nombre 
parfaitement égal, s'y trouvent néanmoins différemment 
distribuées; en effet ces dents sont contigues même ser- 
rées les unes à côté des autres chez les Pachysomes de 
l'Inde ; tandis que ceux de l'Afrique les ont plus ou moins 
à l'aise, selon que ces espèces ont le museau plus ou 
moins long. 

Le pelage de cette espèce est serré et laineux quoique 
assez court et lisse ; la teinte générale en est d'un brun 



- 67 - 

pâle à nuance roussâtre ; celte couleur règne sur toutes 
les parties supérieures; mais elle est un peu plus claire sur 
la croupe. A la base des oreilles se trouvent deux taches 
d'un blanc pur, l'une au bord antérieur, l'autre à sa par- 
tie postérieure. Tout le dessous du corps , le milieu du 
ventre excepté, est d'une teinte moins foncée que le dos, 
et nuancée de gris ; la partie médiane du ventre est d'un 
blanc terne. De chaque côté de la poitrine se trouve une 
ample touffe de poils blancs , longs et naissant d'un cen- 
tre commun , et ils s'écartent en pannache. Le système 
cutané est d'un brun-noiràtre. Le mâle vieux. 

La femelle a les parties supérieures de la tête et 
du corps d'un roux terne nuancé de teintes plus claires; 
ce roux est teint de brun sur la partie poilue de l'anti- 
brachium. Deux taches blanches marquent la région auri- 
culaire, l'une à la face antérieure , l'autre à la partie pos- 
térieure de la conque. Le dessous du corps est d'un gris • 
roussâtre ; le milieu de l'abdomen est blanchâtre ; cette 
nuance se voit aussi sur le devant du cou, ainsi qu'aux 
côtes du thorax, là, où le mâle porte les touffes blan- 
ches. Les membranes sont de couleur feuille-morte. 

Longueur totale 6 pouces 4 ou 3 lignes; celle de la 
tête 2 pouces 3 lignes ; distance du bord antérieur des 
yeux à la pointe du nez 1 pouce 1 ou 2 lignes ; enver- 
gure 18 pouces 1 ; antibrachium 5 pouces. 



*) La description du naturaliste anglais fait mention de 12 pou- 
ces ; il y a évidemment erreur dans cette indication . puisque les di- 
mensions dans la figure donnent effectivement les 18 pouces que 
nous signalons. 

5* 



- 68 - 

Les jeunes mâles de 15 à 15 pouces d'envergure, n'ont 
à cet âge aucun indice de touffes humérales ; la région 
ou elles doivent se former est couverte de poils blancs , 
un peu plus longs que ne le sont les autres poils du 
corps , mais couchés et non pas réunis en touffe ; le mi- 
lieu du ventre est blanc et les autres parties inférieures 
sont d'un cendré-brun. Les parties supérieures du corps 
ont , pour la tête et le cou , une teinte cendrée claire , 
et pour le reste d'un brun-cendré , toujours en des tein- 
tes ternes. Les taches blanches au devant et derrière les 
oreilles paraissent dès le premier-âge ; elles peuvent ser- 
vir de marque caractéristique pour cette espèce. 

Pteropus WmiEi Benn. Transa, Zool. Soc, Vol. 2, 
pag. 51 , pi. 6, — Temm. Monograph. de marnm. , Vol. 2 , 
pag. 560. 

Patrie. Diflérentes parties de la côte occidentale de 
l'Afrique. 



PACHYSOME LABIAIRE. PACHYSOMA LABIATA, 

Lorsque je fis connaître cette espèce remarquable * , 
son système dentaire ne m'était connu que par l'examen 
des incisives; les deux dépouilles à ma disposition man- 
quaient de tout vestige de molaires ; depuis , ayant eu 
l'occasion de voir la forme et le nombre des dents , il ne 



*) Sous le nom de Pteropus labiatus, Monograph. do Mamm. Vol. 2 , 
pag. 83 , pi. 39. 



— 69 — 

me reste plus de doute sur son identité spécifique avec 
les pachysoraes à molaires au nombre de 5 à la mâchoire 
supérieure et de 5 à l'inférieure, nombre normal dans 
l'état adulte; mais, qui chez les jeunes est augmenté 
par une fausse molaire de plus à la mâchoire supérieure. 
Cette espèce , facile à reconnaître du premier coup- 
d'oeil, est caractérisée par un prolongement assez étendu 
de la livre supérieure ; ainsi que par deux longues touf- 
fes de poils blancs à la poitrine. Nous omettons ici les 
indications plus détaillées de forme et de coloration du 
pelage , qu'on trouve dans la description publiée dans les 
Monographies citées. Nous ne faisons mention de ce 
cheiroptère de l'Afrique orientale (Abyssinie) , que pour 
rectifier l'erreur de classification qui vient d'être signalée. 



PACHYSOME GAMBIEN. PACHYSOMA 
GAMBIANUS. 

Cette espèce et la suivante , classées jusqu'ici ainsi 
que la précédente , dans le genre Pteropus , doivent en 
être distraites , pour se trouver réunies dans le groupe 
Pachijsoma. Celle-ci et son congénère dont nous ferons 
mention, habitent la côte occidentale, et selon toute pro- 
babilité se trouvent aussi à la Guiné; toutefois nous ne 
les avons pas reçues de celte contrée , et nous ne pou- 
vons en fournir le signalement , que sur le témoignage 
récommanddble du naturaliste anglais, Ogilby. 11 résulte 



- 70 - 

de l'examen des dents que leur nombre correspond à 
celui des autres espèces de pachysomes. 

Le P. garabien à le pelage fin et cotonneux, à-peu-près 
partout d'une teinte cendrée roussâtre , seulement plus 
pâle sur les cotés du cou et au ventre. Les ailes sont 
amples et nues; mais les cuisses et l'antibrachium sont 
poilus et d'un brun^clair. La membrane interfémorale 
rudimentaire n'entoure point le coccyx ; elle garnit seu- 
lement les pieds d'un ruban large, à peu-près de six lig- 
nes , couvert en dessus de poils. Les oreilles sont pe- 
tites , nues, droites et de forme elleptique; les yeux en 
sont plus rapprochés et par là plus distants de la pointe 
du nez. 

Longueur totale 6 pouces 9 lignes , dont la tête prend 
1 pouce 9 lignes; envergure 1 pied 8 pouces; mesure 
anglaise. 

Pteropus gambianus Ogilb. Proceed. Zool. Soc. July 
1855, pag. 150. 

Patrie. M. Rendall a trouvé cette espèce sur les 
bords de la Gambie. 



PACHYSOME A GROSSE TETE. PACHYSOMA 
MACROCEPHAIA. 

La couleur, les formes et l'ensemble sont au total 
semblables â l'espèce précédente, mais celle-ci est re- 
marquable par la grandeur de la tête et par la couleur 
des membranes du vol, qui sont d'un brun-noir, très- 



- 71 — 

prononcé. Les canines et la tête sont plus grandes, el 
le rudiment de membrane tenant lieu d'interfémorale est 
plus étroit. 

Longueur totale 6 pouces dont la tête prend 2 pou- 
ces ; envergure 1 pied 5 pouces. 

Pteropus macrocephalus Ogilb. Proceed. ZooL Soc. 
loco cit. 

Patrie. La même localité que le précédente. 



Les espèces de Rhinolopliidées qu'on à trouvées jusqu'ici 
en Afrique, pouvant toutes prendre rang dans l'une ou 
dans l'autre des deux sections, que j'ai adopté dans ce 
groupe des Chéiroptères insectivores , voir Monographies 
de mammaloyie , Vol. 2 , pag. 1; nous n'aurons qu'à rap- 
peler à la mémoire les caractères sur lesquels reposent 
les deux divisions, ou bien si l'on veut les deux 
genres dont ce groupe est formé. 

La première section est composée des espèces dont la 
grande feuille nasale est simple, transversale et plus ou 
moins arrondie ; ils n'ont point de lobe ou d'oreillon mo- 
bile ; ce sont le Phyllorrhines. La seconde section com- 
prend les espèces à feuille nasale compliquée ; celle pos- 
térieure élevée en fer-de-lance ayant un socle naissant 
au centre de fer-à-cheval ; ils ont un lobe mobile à la 
base de l'oreille; ce sont les Rhinolophes. Le système 
dentaire est le môme dans les deux sections. 



TL — 



Première Section. 

PHYLLORRHINE A BANDE. PHYLLORRIIINA 
VITTATA. 

Cette grande et belle espèce nous est parvenue dans 
le dernier envoi, adressé par M. Pel de la côte de Guiné; 
jugeant qu'elle était encore inédite, le nom de Phyllorr- 
hine polphèine lui fut donné. Vers cette même époque 
nous arriva la visite de 31. Peters de Berlin, revenu de- 
puis quelque temps en Europe, d'un voyage de décou- 
verte vers les côtes orientales de l'Afrique. Le désir de 
comparer ses acquisitions faites dans les possessions por- 
tugaises de Zanziber et de Mossambique , aux matériaux 
recueillis par M. Pel , à la côte occidentale de cette vaste 
partie du monde , le conduisait à Leiden , dans le but 
d'étudier les productions de ces deux côtes , opposées , 
à peu-près à distance égale de l'équateur, l'une au nord 
l'autre au midi ; tandis qu'elles sont distantes par l'é- 
tendue considérable de toute la largeur de ce continent, 
dont une grande partie est probablement envahie par de 
vastes déserts. 

Au nombre des observations intéressantes auxquelles 
cette comparaison donna lieu, M. Peters me fit voir, 
que le grand Rhinolopbidé, dont il est fait mention dans 
le présent article , se trouve être semblable à celui cap- 
turé par lui à la côte de Mossambique. Je constatai en 
effet d'après la ligure que me remit M. Peters , l'iden- 



- 73 — 

tilc j)aifaite de forme de ces deux individus , quoique 
obtenus à une dislance aussi considérable. Toutefois, je 
ne suis pas aussi certain de leur ressemblance parfaite 
sous le rapport des couleurs du pelage. 

Ce cheiroptère , découvert à peu-près en même temps 
par M. Peters â la côte orientale et par M. Pel à la côte 
occidentale , est une espèce qui porte tous les carac- 
tères , tant ostéologiques que zoologiques de ce genre ; 
par les formes des appendices membraneux du nez , il 
ne diffère point de ses congénères, classés dans notre 
première section des Rhinolophes, décrits dans les Mono- 
graphies de maramalogie , et pour lesquelles nous adop- 
tons le nom de Phyllorrhine. 

C'est l'espèce la plus grande connue aujourd'hui, non 
seulement dans ce genre, mais aussi dans toute la fa- 
mille de Chéiroptères insectivores. Un large syphon en 
bourse , poilu intérieurement , s'ouvre sur le front ; c'est 
dans cette poche , observée dans le mâle , que se forme 
la matière odorante. 

Le pelage fin et soyeux ne revêt que les différentes 
parties du corps, laissant â nu les pieds ainsi que tout 
le système du derme , qui est très-développé. La queue 
est longue , adhérente au derme et libre sur le tiers de 
son étendue. 

Le sommet de la tête et la face sont d'un gris-terre- 
d'ombre ; au front du mâle s'ouvre une poche marquée 
par un liséré nu, garni de poils contournés; les parois 
internes en sont poilus ; au devant de ce syphon s'élève 
la grande membrane transversale , terminée en dôme , 



- 74 — 

un bourelet nu donne attache à la grande membrane 
en fer-à-cheval , dans laquelle s'ouvrent les narines , tan- 
dis que deux plis latéraux du derme s'étendent sur les 
lèvres dans la direction du fer-à-cheval. Les oreilles 
sont longues, pointues, elleptiques et nues. Le pelage 
de la nuque est légèrement frisé; les poils de cette es- 
pèce de collier sont bruns à leur base et terminés de 
brun-jaunâtre. Les épaules, ainsi que toutes les parties 
du milieu du dos et de la croupe , sont d'un brun 
uniforme; cette teinte est bordée, à partir de l'humérus 
jusqu'au fémur, d'une large bande de poils d'un gris- 
jaunâtre. Aux parties inférieures, le pelage est cendré 
et prend une teinte blanchâtre le long des flancs ; les 
épaules sont blanches ; sur cette teinte claire est peint 
une large bande longitudinale ou chevron, d'un brun vif. 
Tout le système cutané est d'un brun-noirâtre. Le mâle 
très-vieux. 

Longueur du bout du museau à la pointe de la queue 
6 pouces; tête 1 pouce 7 lignes; hauteur des oreilles 8 
lignes; queue 1 pouce; envergure de 22 à 25 pouces; 
antibrachium 3 pouces 9 ou 10 lignes. 

Le crâne présente une élévation remarquable de la crête 
coronale , très-mince et formant un quart de cercle ; les 
arcades zygomatiques sont fortes et larges. Les dents 
sont en même nombre que chez tous les autres rhinolo- 
phes ; deux très-petites incisives écartées existent dans 
le cartilage mobile , puis quatre trilobées à la mâchoire 
inférieure ; la trés-pelite fausse molaire supérieure est 
poussée en dehors de la rangée , par le développement du 
talon des canines. 



- 75 — 

Phyllorrhina viTTATA P G 1 6 1' S , Voyoges de découv. en 
Afrique , avec une planche du mâle adulte. 

La vieille femelle, inédite , est un peu moins gran- 
de que le mâle ; son envergure diffère seulement d'un 
pouce , et loules les autres dimensions sont en propor- 
tion de celle-là. Elle est remarquablement disparate de 
l'autre sexe, par le manque d'orifice ou de syphon au 
front, seulement indiqué par un repli de la peau, ainsi 
que par la coloration différente de son pelage: du brun 
en teintes variées domine dans le mâle, le roux-ardent 
en nuances plus claires, colore la livrée de la femelle. 

Un roux ardent couvre les parties supérieures ; la ban- 
de qui s'étend de l'humérus au fémur est un peu plus 
claire; la tête et les joues sont d'un roux très-clair; la 
gorge et la poitrine sont d'un roux un peu plus foncé et 
la région des épaules est claire ; sur cette teinte est peint, 
en roux-marron, la bande ou le chevron longitudinal; 
tout le reste des parties inférieures est d'un roux de 
rouille. Le système cutané est brun. 

Patrie. M. Pel a trouvé les deux individus dont 
nous venons de fau-e mention , dans les fortifications du 
château à Elmina, côtes de Guiné. Nous ignorons dans 
quelle localité M. Peters a trouvé l'individu mâle , qu'il 
a rapporte de Mossambique. 



PHYLLOURHINE CYCLOPE. PHYLLORRHINA 
CrCLOPS. 

Cette espèce parait habiter de préférence les rivts 



— 76 — 

boissées des eaux ; elle vole , pendant le crépuscule , à la 
lisière des forêts voisines des rivières. Elle est facile à 
distinguer Je ses congénères, par son pelage cotonneux, 
frisé et comme ébourifé partout. Le mâle , un peu en 
arrière de la feuille compliquée du nez , est muni d'un 
large sypbon , qui s'ouvre sur le front; la femelle porte 
simplement le stigmate d'une ouverture, sans qu'il con- 
duise à une bourse. La membrane interfémorale est dé- 
coupée en demi cercle , et la courte queue qui s'y trouve 
engagée, n'a que sa pointe libre. Les oreilles sont lon- 
gues , pointues et sans oreillon mobile. 

Tout le pelage supérieur et inférieur est d'une même 
nuance , et il n'existe sous ce rapport aucune différence , 
qui puisse servir de moyen pour distinguer les sexes. 

Le pelage supérieur est brun-noirâtre, mais le bout 
frisé de tous les poils est jaunâtre; en dessous il est brun- 
bistre , à bout des poils également jaunâtre. La feuille 
transversale qui prend naissance entre le pelage touffu 
du front, s'élève en deux lobes, séparés par une écban- 
crure, de laquelle sort une petite feuille très- étroite ; sur 
le bourrelet s'élève une autre petite feuille, à laquelle vient 
aboutir le large derme du fer-à-cheval , accompagné en 
dessous d'une seconde membrane. L'ouverture au front 
du mâle est entourée par le pelage laineux et enbourifé; 
la poche est également tapissée de poils onctueux. La 
moitié de l'antibrachium est couvert par le pelage. 

Longueur du bout du museau à la pointe de la queue 

5 pouces 6 lignes; hauteur des oreilles 1 pouce; queue 

6 lignes; envergure 12 pouces 6 a 9 lignes ; antibrachium 
1 pouce 6 lignes. 



- 77 - 

Patrie. L'on trouve cette espèce sur la rivière Bou- 
try , côte de Guiné. 



PHYLLORRHINE FULIGINEUX. PIIYLLORRHINA 
FULIGINOSA. 

L'espèce nouvelle décrite ici sur un sujet unique , de 
sexe féminin, de toutes celles qui me sont connues est 
la moins affublée de membranes ou de feuilles nasales ; 
les oreilles sont grandes et larges, et leur bord antérieur 
interne est garni de poils. La membrane interfémorale 
est ample et longue; la queue s'y trouve engagée tota- 
lement. Tout le système cutané est nu. 

Parties supérieures du pelage d'un roux de rouille vif, 
mais la base de tous les poils est peinte de roux-doré ; 
la tête , le devant du cou , toutes les parties inférieures 
ainsi que le ruban latéral , le long des flancs , sont d'un 
roux-doré vif. Pour toute membrane l'on voit seule- 
ment une feuille transversale, peu apparente, d'où se dé- 
tacbe le petit fer-à-cbeval en liséré, qui est un peu plus 
large vers le muffle , et qu'accompagnent deux petits 
plis , à peine visibles. La base postérieure , ainsi que le 
bord antérieur interne des grandes oreilles , sont cou- 
verts de poils. Les membranes sont nues et noires. 

Longueur 5 pouces 4 lignes ; dont la queue prend 1 
pouce 3 lignes; envergure 11 pouces 6 lignes; antibra- 
cbium 2 pouces. 



— 78 — 

Sur la vue d'un seul individu /eme//e ; ce qui fait qu'on 
ne peut indiquer , s'il y a ou non différence de coloration 
du pelage dans les sexes, ni s'il est certain que le mâle 
soit pourvu d'un syphon. 

Patrie. La côte de Guiné. 



PHYLLORRHINE CAFFRE. PHYLLORRHINA 
CAFFRA. 

Sous ce nom nous à été envoyé , par M. le professeur 
SuNDEVALL de Stoliliolm , la petite espèce de rhinolophe 
qui fait le sujet du présent article ; cet individu ainsi 
que plusieurs autres , provenaient de la grande collection 
d'objets d'histoire naturelle, rassemblée dans le pays des 
Caffres , par les soins du naturaliste suédois Wahlberg. 
Nous reçûmes, à peu-prés en même temps au musée, 
un individu capturé au Congo , et vers la même époque 
nous en parvint un grand nombre de la côte de Guiné , 
faisant partie des collections de M. Pel. La comparaison 
minutieuse de ces individus, de contrées différentes, ne 
m'a pas offert la plus légère disparité à signaler. Je 
laisse, quoique à regret, à ce petit vespertilionide, trè 
abondant le long du littoral occidental , le nom , sans 
contredit très-improprement appliqué , selon lequel on se- 
rait porté a lui donner comme patrie exclusive, la côte 
Sud-Est de ce continent. L'on voit par ce fait se re- 
produire l'inconvénient en nomenclature , dans le choix 
vicieux d'un nom, emprunté d'une contrée; dénomina- 



- 79 - 

lion dont les naturalistes ont toujours été si prodigues, 
et que je me suis permis de blâmer si souvent. Il nous 
paraît nonobstant inexplicable comment il se fait qu'une 
espèce aussi minime de taille, ait pu se répandre dans 
des contrées éloignées , séparées par des déserts , dont 
l'étendue semble opposer une barrière infranchissable à 
leurs moyens de locomotion. 

Ce petit Rhinolophidé, un peu plus grand que le Ves' 
pertilio pipistrelhis d'Europe , porte tous les caractères des 
espèces comprises dans cette section ; la feuille transver- 
sale est petite et peu saillante d'entre le pelage, qui en 
cache la base ; le fer-à-cheval n'offre qu'un pli du derme , 
entouré par le pelage abondant des joues et des mâchoi- 
res. Derrière la feuille transversale se trouve , dans le 
mâle seulement , un petit syphon ne conduisant point à 
une bourse ou poche. Les oreilles ont la conque très- 
développée en largeur , quoiqu'elles soyent peu hautes , 
mais elles sont étendues d'une part sur le front , de l'au- 
tre vers les joues. La queue est aussi longue que l'in- 
terfémorale. 

Pelage long , fin et soyeux , bicolore aux parties su- 
périeures, unicolore en dessous. Les poils du dessus du 
corps et de la tête sont blanchâtres à leur base, et l'au- 
tre moitié est d'une teinte brun-marron ; toutes les par- 
ties inférieures sont grises. Les oreilles sont très-poi- 
lues à leur base et un lobe également poilu extérieure- 
ment tient lieu de tragus. Membranes d'un brun-noi- 
râtre. Les dents sont comme dans les autres rhinolo- 
phes. 



— 80 — 

Je n'ai pu trouver chez les sexes aucune autre dif- 
férence que dans le manque du syphon chez la femelle. 

Longueur totale jusqu'au bout de la queue 2 pouces 
8 lignes ; la queue à peu-près 1 pouce ; envergure 9 pou- 
ces 3 lignes; antibrachium 1 pouce 7 lignes. 

Patrie. L'on vient de faire la remarque que cette 
espèce est très répandue à la Giiiné et commune à la 
côte Sud-Est. 



Seconde Section. 



RHINOLOPHE ALCYONE. RHINOLOPHUS 
ALCrONE. 

C'est la seule espèce de cette section qui ne soit par^ 
venue de la partie littorale de l'Afrique , dont nous nous 
occupons. Elle est munie d'une folicule en fer- de-lance, 
large à sa base, mais peu haute et munie de deux ran- 
gées de petites caritées; un socle repose sur le bourrelet 
et est entouré du large fer-à-cheval bordé d'un petit plis 
du derme. Les oreilles sont grandes et hautes, terminées 
par un oreillon mobile. 

Nous n'avons pu observer qu'une femelle ; il est dès-lors 
incertain s'il faut attribuer l'existence d'un syphon, dans 
le mâle. 

Le pelage de la femelle est pour toutes les parties su- 



— 81 — 

périeures , d'un rouge-vif couleur de briques cuites ; en 
dessous d'une teinte plus claire, couleur de rouille. Les 
oreilles n'ont que la base poilue; leur pointe est recour- 
bée en dehors ; celles-ci , de même que toutes les autres 
parties du derme sont noires. 

Longueur jusqu'au bout de la queue 3 pouces; la queue 
seule 9 lignes; envergure 11 pouces; antibrachium 1 
pouce 9 lignes. 

Patrie. La rivière Boutry à la Guiné. 



L'espèce du genre Megaderma qui habite la Guiné, 
est la même qu'on trouve plus au nord dans toute la 
Sénégambie, et au midi jusques au Congo: c'est celle 
bien connue décrite et figurée sous le nom de 

MEGADERME FEUILLE. MEGADERMA FRONS. 

Daubenton en fît mention le premier, sur un sujet 
rapporté du Sénégal par Adâjvson ; Geoffroy père le clas- 
sa en tête de sa monographie des Mégadermes ^ 

Depuis l'époque de cette publication , aucune autre es- 
pèce nouvelle n'est venu enrichir ce petit genre , composé 
primitivement de M^frons d'Afrique, de M. lyra de l'Inde 
continentale, puis de deux autres, sous M. spasma et 
trifoliiim, dont l'une forme double emploi de l'espèce 
commune à Java , à Célèbe et Ternate ; ce que nous pou- 



*) 3Iémoires du Mus. d'Hist. Nat. Vol. 15. pag. 187. 



— 82 ~ 

vons donner comme Irès-positif, ayant o])lenu conslam» 
ment et en niasse , la même espèce de toutes ces îles, 
il/, spasma, comme le plus ancien de ces noms , devra être 
conservé à la troisième espèce de l'Inde arcliipélagique. 

Il en est des Mégadermes comme des Nyctères ; l'une 
et l'autre de ces coupes ne comptent qu'un très-petit 
nombre d'espèces; tandis que les Phylostomes, tous d'A- 
mérique, sont dans cette partie du monde les réprésen- 
tants des deux genres précités qui vivent dans l'ancien 
continent. 



La grande famille des chéiroptères insectivores, dont 
le genre Taphozous fait partie , compte aussi une espèce 
nouvelle et remarquable sur les côtes occidentales de 
l'Afrique : elle est la plus grande de ce groupe et se 
rapproche le plus par l'ensemble de son organisation, du 
type asiatique, connu sous le nom de Taphozous sacco- 
laimus ; comme celui-ci, elle a le menton entouré d'une 
poche, formée par un repli du derme et de laquelle suinte 
la matière fétide qui répand une odeur si pénétrante, en 
trahissant au loin les demeures où se retirent ces ani- 
maux. L'espèce étant inédite , nous lui donnons le nom 
de notre voyageur. 

TAPHIEN DE PEL. TAPHOZOUS PEU. 

Pelage peu abondant , très-court et lustré ; couvrant 
seulement le corps et la tête, et laissant complètement 



— 83 — 

à nu toutes les parties postérieures, de même que tout 
le système cutané. 

Le pelage du corps , du cou et de la tête est en des- 
sus d'un marron vif et lustré, en dessous d'une teinte 
un peu plus claire et terne. Sous le menton qui est à 
nu, s'ouvre une poche, dans les replis de laquelle s'o- 
père la sécrétion de la matière onctueuse. La face n'est 
couverte que de quelques poils rares et noirs. Les oreil- 
les sont grandes; à leur base se forme un prolongement 
du derme , dirigé sur les joues ; le tragus est grand , en 
fer-de-liache. La queue assez longue, perce la mem- 
brane interfémorale vers le milieu de son étendue ; tou- 
tes les autres parties du derme sont nues et noires. Les 
dents sont ëil tout semblables et en même nombre que 
dans les autres Taphiens; les quatre incisives inférieu- 
res sont trilobées. 

Longueur de la pointe du museau au bout de l'inter- 
fémorale 6 pouces ; de la queue 1 pouce 4 lignes , dont 
6 lignes de libre; envergure 19 à 20 pouces; anlibra- 
chium 5 pouces 1 ou 2 lignes. 

Patrie. Cette espèce nouvelle a été tuée sur la ri- 
vière de Boutry , côte de Guiné. 



Le genre Dysopus ou des Molosses , n'a point encore 
fourni de représentant dans cette partie du littoral de 
l'Afrique, et \q^ Vespertilions proprement-dits, si répan- 
dus dans toutes les régions du globe , mais surtout très- 
nombreux en espèces distinctes dans les contrées inter- 



— 84 — 

tropicales, ne nous ont non plus oflerls jusqu'ici une 
seule , originaire des côtes occidentales ; tandis que vers 
la pointe méridionale et dans l'Est, on en compte plu- 
sieurs appartenant à ces deux groupes ; quelques-unes sont 
décrites et figurées dans la Zoologie d'Afrique de M. Smith. 



Maintenant nous allons nous occuper des animaux car- 
nassiers, trouvés par M. Pel, dans les contrées occi- 
dentales comprises entre les deux degrés au dessous de 
l'équateur, et étendus jusqu'aux confins orientaux du 
pays des Aschantes. 

L'ordre des Carnassiers nous offre â peu-près partout , 
du nord au midi de l'Afrique centrale , une série de 
genres , composée d'espèces en aussi grand nombre que 
l'Inde et ses Archipels en peuvent énumérer. Nous bor- 
nant à indiquer celles comprises dans le rayon géogra- 
phique très-limité du littoral , dont nous donnons ici 
une partie de la Faune , nous aurons à enregistrer les 
genres ci-après désignés, savoir: Les Chais qui comptent 
deux espèces ; une Hyène ; les Civettes deux ; les Crossav' 
ques une; les Mangoustes quatre, et un Paradoxure. Ce 
nombre est encore remarquable dans une contrée pres- 
que partout couverte de forêts et de broussailles , où les 
grands carnassiei's ne sauraient trouver à satisfaire à 
leurs besoins , et parmi lesquelles habitent plusieurs es- 
pèces de singes, aux allures pétulantes et agiles, se dé- 
robant facilement aux poursuites de leurs ennemis ; puis, 
un grand nombre de rongeurs, auxquels les arbres de 



— 85 - 

haute futaye , offrent une retraite assurée ; c'est aussi a 
l'abri de ces fourrés impénétrables des grands bois, que 
vivent en très-petites bandes , même le plus souvent par 
couple, les espèces d'Antilopes de petite taille, jusqu'à 
celles infiniment petites, qui sont les pygmées des herbi- 
vores. Tous les habitants de ces vastes forêts sont une 
proie dédaignée par les grands carnassiers et recher- 
chée seulement par les petites espèces de cet ordre; 
aussi, dans ces contrées dont nous venons de tracer 
les limites, ne s'élèvent point de vastes plateaux couverts 
de pâturages; des valées étendues et profondes, sillon- 
nées de larges cours d'eau, dont les bords se couvrent 
d'une végétation puissante , ne s'y trouvent non plus ; 
les grandes plaines, où l'abondance des pluies périodi- 
ques renouvelle la fertilité , manquent également. 

Cette constitution physique et locale du pays tient 
éloignée de ses limites, les bandes nombreuses en espè- 
ces et innombrables en individus des Antilopes ; géné- 
ralement tous les herbivores se réunissant en grands 
troupeaux , de même que les grandes espèces de Pachy- 
dermes, toutes ces puissantes bandes nomades sont re- 
léguées dans les vastes solitudes de l'intérieur. 

Il est conséquemment fort naturel, que les parties des 
côtes occidentales, dont nous nous occupons, se trouvent 
à l'abri des rapines qu'exercent ailleurs les grands car- 
nassiers, ainsi que ceux de moindre taille, dont l'in- 
stinct les porte à se réunir plusieurs pour satisfaire en 
commun aux besoins, sans cesse renaissants, de leur 
appétit sanguinaire. 



— 86 — 

Quant aux carnassiers insectivores , quoique nous so- 
yons d'avis qu'il s'en trouve à la Guiné , leur existence 
dans cette contrée n'est toutefois point encore clairement 
démontrée; car, jusqu'à présent M. Pel ne nous a four- 
ni aucun animal de cette tribu dans les envois adressés 
à notre musée ; aussi n'en fait-il point mention dans ses 
notes. 

Deux espèces de la tribu des carnivores viennent d'être 
indiquées , comme se trouvant habituellement , quoique 
en petit nombre, à la Guiné. L'un, Felis Jeopardus , si 
commun dans toute l'Afrique , ne l'est effectivement ici 
que dsms le pays des Aschantes , quoiqu'il exerce aussi, 
de temps en temps, ses déprédations le long des côtes, 
où les nègres le désignent sous le nom de Jahin ; l'au- 
tre, beaucoup plus petite, est 

FELIS A VENTRE TACHETÉ. FELIS 
CELIDOGASTER. 

Espèce de chat-tigre, dont j'ai donné la description 
dans la monographie comprenant tous les Felis connus à 
cetle époque ^ Le chat, acquis à Londres, lors de la 
vente du cabinet de Bullock , s'y trouvait sans indica- 
tion de patrie ; j'en fis mention en laissant son origine 
indéterminée. Les renseignements obtenus par M. Pel 
et l'envoi qu'il nous fit d'une peau , me donnèrent les 
éclaircissements nécessaires à ce sujet. Voici la descrip- 
tion de l'individu reçu de Guiné ; elle ne diffère point 
de celle faite sur le sujet déjà indiqué. 



^) Mo)iogra.phies de mammalogie , Vol. 1. pag. 73. 



— 87 — 

Taille, du renard d'Europe; face large, obtuse, queue 
un peu plus courte que la moitié de la longueur du 
corps et de la tête; oreilles médiocres ; moustaches noires , 
à pointe blanche; toutes les parties inférieures couvertes 
de grandes taches foncées et rondes. 

Le pelage est court , lisse et lustré ; tout le fond de la 
robe est d'un gris légèrement teint de rougeâtre, mar- 
qué de taches pleines d'un brun-vif, couleur chocolat; 
les taches pleines disposées le long de l'épine dorsale, 
sont de forme un peu oblongue ; les autres sont rondes ; 
de petites taches brunes sont disposées sur les joues elles 
lèvres , dont le fond est blanchâtre ; six ou sept rangées 
de bandes brunes, demi-circulaires, couvrent le fond 
grisâtre de la poitrine. Toutes les parties inférieures du 
corps et la face intérieure des quatre membres sont d'un 
blanc pur, symétriquement tachetées de grandes plaques 
rondes, d'un brun-chocolat; deux bandes de cette couleur 
couvrent la face intérieure des pieds de devant ; elles for- 
ment quatre bandes semblables sur les pieds postérieurs ; 
la queue est d'un brun-bai , annelée de brun plus clair , 
et terminée de brun-noirâtre. La face extérieure des 
oreilles est noire ; les ongles sont blancs. 

Longueur 3 pieds 4 pouces , dont la queue prend 14 
pouces ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe 
du nez 1 pouce 6 lignes; hauteur au garot 12 pouces 
6 lignes. 

Felis celidogaster Temm. Monograph. de mammal. 
Vol. 1, pag. 140. — Felis calybeata Gr if f., Anim. Kingd. 
Vol. 2, pi. ;9eM exacte, — Wagner, Schreb. Saûget. suppl. 
Vol. 2 , pag. 508. 



— 88 — 

Patrie. La cote de Giiiné , où on la voit rôder de 
temps en temps; mais elle est plus abondante dans le 
pays des Ascliantes. 



Une troisième espèce de chat-tigre, Felis servalina 
Ogilby, est indiquée dans les Proceedings année 1859, 
pag. 94 , sur une peau mutilée , venant de Sierra-Leona. 
Cette espèce reposant uniquement sur des données super- 
ficielles, il n'en sera fait aucune autre mention ici. 



L'Hyène tachetée, Hyaena crocuta, connue des nègres 
de la côte sous le nom de Patakoe, est très-commune 
partout où le littoral est en plaine ; elle s'y construit des 
tanières dans lesquelles elle se relire de jour. C'est ab- 
solument la même espèce que celle propre à toute l'A- 
frique centrale et méridionale ; sa manière de vivre est 
aussi exactement la même que partout où elle étend ses 
déprédations nocturnes. 



VIVERRIN CIVETTE. VIVERRA CIVETTA. 

Les dépouilles des Civettes reçues de la Guiné , sont 
femarquables par la taille ; mais je n'ai pu découvrir au- 
cune autre différence entre ces individus et ceux qui pro- 
viennent des autres parties de l'Afrique; les dimensions 
plus fortes des sujets mentionnés sont dues probable- 



89 — 



ment à leur âge plus avancé; car, en effet, le crâne et 
les dents trahisent leur vieillesse extrême. Les nègres de 
la côte lui donnent le nom de Kankans. 



VIVERRIN RERBE OU GENETTOIDE. VIVEMA 
GENETTOIDES, 

Le Berbé de Bosman*, est indubitablement une va- 
riété ou race constante de la Genetle du midi de l'Euro- 
pe et de l'Afrique , qu'on doit toutefois se résoudre à ad- 
mettre comme espèce distincte, pour ne pas retomber 
dans les mêmes errements , accrédités du temps de Buf- 
FON, qui après avoir établi quelques espèces types, le 
plus souvent basées sur celles d'origine européenne, fai- 
sait pulluler les descendants de ces espèces primordiales 
sur toute la surface du globe ; de façon , à rendre à peu- 
près nulle toute disparité spécifique d'ailleurs très lacile 
à constater. L'on se permettait alors d'attribuer à l'in- 
fluence des climats et des contrées, non seulement les 
moyens d'altérer plus ou moins les teintes du pelage dans 
les mammifères et du plumage chez les oiseaux ; mais , 
l'on soumettait aussi à l'influence de ces agents , des ca- 
ractères différentiels d'une plus haute portée; tels que 
les couleurs de la livrée , les dimensions du corps et des 
membres, voire même les diflérentes formes sous les- 
quelles se présentent les parties principales, dont les 



f) Voyez BosMAN , Voi/, Guiné , pag. 31 , fig. 5. 



— 90 — 

iiuliccs disparates nous servent aujourd'hui de base, pour 
établir les coupes arlifîciellcs des genres , ainsi que de 
moyen pour distinguer les espèces. 

L'on ne peut disconvenir des rapports nombreux qui 
existent dans l'ensemble des formes et dans la distribu- 
tion totale de la coloration du pelage, entre les Gcnetles 
du midi de l'Europe et de l'Afrique méridionale, com- 
parées à notre Genettoide de la côte occidentale d'Afri- 
que; mais par contre, eu égard à la nature différente 
du pelage , à la distribution invariable des taches et 
des teintes de cette livrée, ainsi qu'au nombre des an- 
neaux à la queue, on se verra porté à admettre la Genel- 
toide, comme formant une espèce distincte, quoique très- 
rapprochée de la viverra Genetta des catalogues méthodi- 
ques. Quelques détails comparatifs nous serviront à faire 
aprécier ces différences, bien mieux que ne pourraient 
les rendre une discription , fut- elle même minutieuse. 

Des individus de la Genette du midi de l'Europe, com- 
parés à ceux des parties Sud de l'Afrique , ne m'ont of- 
ferts aucune différence notable, ni dans les formes tota- 
les, ni dans la nature du pelage, pas môme dissemblance 
de quelque valeur dans les teintes de leur livrée. Mais, 
en comparant ces mômes individus Sud-africains et eu- 
ropéens, à ceux qui nous sont venus des parties centra- 
les de l'Afrique , situées sous l'Equateur ; nous trouvons 
constamment les mêmes dissemblances entre ces espèces 
des contrées tropicales , et celles originaires des zones 
plus tempérées des deux hémisphères. 
C'est d'après les résultats acquis par ces comparai- 



— 91 — 

sons, que nous donnons à l'espùcc de l'Afrique centrale 
le nom de Genettoide , comme première indice] de ces 
rapports entre les deux espèces. 

Les Geneltes des contrées méridionales de l'Europe et 
de l'Afrique, ont une livrée composée de poils laineux 
et de poils soyeux; par la nature de ces derniers, elle 
est longue et bien fournie de feutre. La robe de la Genet- 
toide manque de poils laineux, et les poils soyeux n'ont 
de feutre qu'a leur base seulement; ces poils soyeux 
sont à peu-près de moitié moins longs que ceux de la 
Genette , ce qui rend sa fourrure plus courte et donne 
plus de lustre à son pelage; mais, ces livrées si essen- 
tiellement disparates de leur nature, se ressemblent d'ail- 
leurs assez exactement; elles sont peintes absolument de 
la même manière par des taches et des bandes , gran- 
des et petites , distribuées toutes en même nombre , de 
la même couleur, et reparties sur les parties correspon- 
dantes du corps et des membres ; de façon que le si- 
gnalement minutieux conviendrait à peu-près à l'une 
comme à l'autre espèce. 

Les caractères différentiels indiqués jusqu'ici, pourraient 
fort bien se trouver en rapport avec la double livrée 
ou le changement périodique du pelage. Si en effet , il 
^n était ainsi , la Genettoide ne serait qu'une Genette 
en habit d'été ; toutefois , cette supposition ne peut 
être admise , en raison des différences plus essentielles 
qui existent entre ces deux espèces; car les oreilles 
de la Genettoide sont plus petites , étant moins larges 
et moins longues que celles de la Genette, La queue , 



— 92 - 

qui n'est point touffue, est beaucoup plus longue (a 
peu-prés de trois pouces), que celle de la Genette, chez 
laquelle ce membre est pourvu de poils longs et touf- 
fus, régulièrement annelés jusqu'au bout, de bandes 
égales, noires et blanches ; tandis que dans la Genetloidc , 
les poils sont à peu-près de moitié moins longs; les an- 
nelures sont irrégulières, celles noires , étant plus larges 
que les blanches , et le dernier tiers vers le bout de la 
queue , se trouvant être noir , avec des demis anneaux 
bruns , en-dessous seulement. Au total, la couleur du 
fond, tant du corps que des membres dans la Genelle , 
est généralement d'une teinte blanche grisâtre , tandis 
que la fourrure de la GeneUoide est d'un gris-jaunâtre. 

Le signalement comparatif que nous venons de four- 
nir , servira mieux pour distinguer ces espèces , que ne 
pourrait le faire une description plus minutieuse de leur 
livrée. J'ai trouvé ces caractères dans toutes les pério- 
des de l'âge, et les ai même observé sur des individus 
très-jeunes, de 9 et 11 pouces en longueur totale. 

Il est inutile d'indiquer ici les différences de forme et 
de coloration entre notre espèce nouvelle et Yiverra se- 
negalensis et felina: la première se trouve dans la Séné- 
gambie et la Nubie , l'autre vers le Sud , dans le pays 
des Cafres. Ces trois espèces sont très- faciles à distin- 
guer entre-elles. 

Les dimensions de la GeneUoide , prises sur des sujets 
très-vieux, sont: longueur totale 52 à 55 pouces, sur 
laquelle la queue compte pour 15 pouces 6 lignes; dis- 



— 93 — 

lance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez 1 
pouce 5 lignes ; hauteur des oreilles 1 pouce 5 lignes. 

Patrie. Ce carnassier est indiqué par Bosman, sous 
le nom de Berbé , ou buveur de vin , vu qu'il est friand 
du suc du palmier. C'est probablement Genetta poensis 
de Waterh. Proc. 1838, p. S9 ^ On la trouve assez 
communément sur toute la côte de Guiné. Nos individus 
sont de Rio-boutry et de la Mina. 



MANGOUSTE LOUMPO. HERPESTES LOEMPO. 

Cette grande mangouste, dont la taille et les dimen- 
sions sont les mêmes que dans Herpcsles leitcunis et albi- 
caiidus , porte , parmi les nègres de Guiné , le nom de 
Loempo (mangeur d'hommes) , dont Bosman , dans sa 
relation de la côte, a fait Arompo. Les indigènes, dit-il, 
lui donnent ce nom de mangeur d'homme , par ceque de 
nuit il rôde dans le voisinage des sépulcres, et que s'il 
parvient à déterrer un cadavre ou bien qu'il en trouve 
un dans les bois, il en fait sa pâture. 

Quant aux formes du crâne, des dents , des pieds et du 
nombre de leurs doigts, ainsi que des autres parties du 
corps , elles sont absolument semblables à celles des gran- 
des espèces de ce genre; toutefois, le Loempo ressemble 



') La Genetta pardina de G." Cuvier, Mammifères^ forrae-t'elle une 
espèce distincte ? 



- 94 — 

plus parliculièremcnt, par la forme de sa queue, à l'espèce 
propre à la Nubie et à la Cafrerie , décrite dans les sys- 
tèmes sous les noms de Leiicunis et Albicaudus ; sa queue 
se trouvant très-amplement poilue depuis la hase jusqu'à 
la moitié est pointue à son extrémité ; sous ce rapport, 
c'est une répétition des caractères du petit sous-groupe 
Ichneiimia , formé par M. Isidore Geoffroy * , mais avec un 
système dentaire noi'mal. 

La livrée est comme chez toutes les grandes Mangous- 
tes composée d'un pelage feutré, compacte et long, gar- 
ni, mais à claire-voie, de poils soyeux hien plus longs 
que ceux-là. Le pelage cotonneux ou feutré est de cou- 
leur ocre très-clair, ayant la pointe des poils lustrée: 
tous les longs poils soyeux sont d'un noir parfait et lui- 
sant , ce qui forme une bigarrure irrégulière , jaunâtre 
et noire sur les parties du corps , du cou et de la tête, 
le noir dominant principalement sur le dos et la nuque. 
La base de la queue est variée comme le corps ; \ë reste 
de cette queue touffue est, jusqu'au bout, pourvu de 
longs poils noirs, lustrés, mais dont la hase seulement 
est colorée d'ocre clair. Les quatre jambes sont d'un 
noir parfait. 

Les individus , dont les poils soyeux noirs n'ont pas 
atteint toute leur longueur, laissent apercevoir , dans leurs 
interstices , la pointe ocracée des poils laineux , ce qui 
fait qu'ils paraissent avoir des annelures ocracées, remar- 
quables sourtout le long du dos et à la base de la queue. 



') Magasin de zoologie , 1839. 



— 95 — 

Je présume que cette anomalie dans la couleur du pela- 
ge est due à la saison, soit d'été ou bien d'hiver; elle 
peut dépendre aussi de l'âge ; quoique tofts nos individus 
soient adultes , quelques-uns offrant les indices de vieil- 
lesse extrême , par les fortes crêtes occipitales , ainsi que 
par leurs dents usées. 

Les jeunes de l'année non plus que ceux à l'âge 
moyen , ne me sont pas connus. 

Longueur totale des vieux, de 33 à 34 pouces, sur 
lesquels la queue, jusqu'au bout du flocon terminal, prend 
15 pouces; distance du bord des yeux à la pointe du nez 
1 pouce 6 lignes. Longueur des poils soyeux sur le dos 
1 pouce 6 lignes ; ceux de la base de la queue ont 3 pouces. 

L'Arompo de B o s m a n , Beschrijv. van Guiné , pag. 35, 
fig. 8. 

Patrie. Cette espèce ne se montre que de nuit; de 
jour elle paraît se retirer dans les creux des grands ar- 
bres ; on la trouve sur toute la côte de Guiné. 



MANGOUSTE PLUTON. HERP ESTES PLUTO. 

Elle est moindre , dans toutes ses dimensions , que la 
précédente; mais la tête et le museau sont plus longs. 
Sa queue est plus courte et elle n'est couverte que de 
poils aussi longs que ceux du corps. Toutes les par- 
lies du corps, les membres ainsi que la queue sont 
d'un noir intense et lustré; il le paraît d'autant plus, vu 
que les poils lain'îux sont aussi d'une teinte sombre ou 



— 96 - 

brun-foncé ; celle dernière revêt aussi le menlon et la 
gorge ; on voit sur le noir des joues quelques maculatu- 
res très-fines et jaunâtres ; tout le reste du pelage est 
d'un noir parfait. Les vieux. 

Les individus qu'on peut supposer être revêtus du pe- 
lage d'été, ou bien ceux d'un âge intermédiaire, ont 
tout le corps marqueté de mouchetures trés-fînes et 
claires , produites par de petites annelures disposées sur 
les poils soyeux. Les jeunes à l'état de semi-adulte ont, 
indépendamment de ces annelures , le bout des poils so- 
yeux marqué de couleur ocre-clair. 

Des jeunes, dont la longueur totale n'est que de 7 pou- 
x;es , conséquemment âgés de quelques jours seulement , 
sont partout d'un brun-noirâtre , finement piqueté de brun 
plus clair; à cet âge le pelage cotonneux est déjà dépas- 
sé par les poils soyeux , qui ont une teinte brune plus 
foncée. . 

Longueur totale des vieux de 27 à 28 pouces, sur 
laquelle la queue prend 11 pouces; distance du bord an- 
térieur des yeux à la pointe du nez 1 pouce 7 lignes.^ 

Patrie. Les vieux ont été pris à Dabocrom , aux 
confins du pays des Fantes ; les jeunes près de la riviè- 
re Boutry. Cette espèce nouvelle ne se montre aussi que 
de nuit. 



- 97 — 



MANGOUSTE DE SMITH. HERPESTES SMITHI. 

En procédant par ordre de grandeur dans la classifi- 
cation méthodique des espèces , celle-ci prend rang après 
le Pluton de l'article précédent. Notre ^langouste de 
Smith m'est parvenue dans une collection d'objets ac- 
quis à Londres, portant pour lieu d'origine Cape-Coast, 
factorerie anglaise à la côte de Guiné; au dessous de l'éti- 
quette portant le nom de cette localité , se trouvait mar- 
qué au crayon le nom de Smith, ce qui me fit présumer 
que l'espèce avait été décrite par ce savant naturaliste 
anglais , dans ses Illustrations de zoologie d'Afrique ; ne 
l'y trouvant point, et ayant parcouru en recherches vai- 
nes tous les catalogues méthodiques, proceedings, revues 
zoologiques, je découvris enfin , qu'un Herpestes Smithi, 
avait été signalé par M. GRAY,dans le London magazine. 
Vol. 10, pag. 578; où, en effet se trouvent les quelques 
mots , traduits dans la note ci-jointe *. 

Cette espèce est bien caractérisée par le noir parfait 
des quatre extrémités, ainsi que par le grand bout ter- 
minal de la queue avec son pinceau , qui sont de cette 



1) Herpestes Smithii Gray: moucheté de couleur ybwcee , noir, blanc 
et gris. Face, cou et pieds variés de roussâtie ; puis encor, pieds 
et bout de la queue noirs. — Je m'abstiendrai de toute remarque 
sur cette diagnose scientifique ! La priorité de date lui revient de 
droit. 



— 98 — 

couleur. Des nuances d'un rouge de brique sont repar- 
ties sur différentes parties du pelage. 

Celle livrée est longue et touffue; le feutre, ou pelage 
cotonneux est blanchâtre sur toutes les parties du corps. 
Les longs poils soyeux se trouvent annelés de blanchâtre 
et de noir, tandis que leur pointe est rougeâtre; cette 
teinte domine particulièrement aux épaules , à la nuque , 
puis s'étend sur les poils du cou et sur les tarses ; la 
tête est plus également teinte de rouge , vu que les ma- 
culatures noires et ocracées sont très-petites et fines. 
Le menton, la gorge, la poitrine et la partie médiane 
du ventre sont d'un roux de rouille. L'extrémité des 
quatre membres et celle de la queue sont d'un noir par- 
fait. Le sujet du musée est une vieille femelle. 

Longueur totale 2 pieds 2 pouces et jusqu'au bout du 
ffocon de la queue 27 pouces , sur laquelle ce membre 
prend 13 pouces, y compris le flocon terminal; distance 
du bord antérieur des yeux à la pointe du nez 1 pouce 
1 ligne. Hauteur au train de devant 5 pouces 7 lignes. 
Longueur de la partie noire de la queue et du flocon 3 
pouces 3 lignes. 

Patrie. Il est probable qu'elle habile la côte de Guiné. 



MANGOUSTE KOUKEBOU. HERPESTES BÀDIUS. 

Le seul moyen de bien définir une espèce, puis de 
consigner les caractères invariables qui doivent servir de 



— 99 — 

moyen pour la distinguer de ses congénères , c'est d'en 
soumettre à l'examen comparatif, des individus de sexe 
et d'âge divers, originaires des différentes localités où 
on la trouve , et tués à des époques différentes de l'an- 
née. C'est sous ces conditions seulement , qu'on peut se 
former une idée juste de la disparité entre des espèces 
dont l'analogie paraît évidente , et qu'on parvient à re- 
connaître l'identité spécifique dans les individus , entre 
lesquels la différence est spécieuse. 

Ces moyens , il faut en convenir , se trouvent fort 
rarement réunis sous les yeux du zoologiste ; le hasard , 
toutefois, me les à offerts dans l'espèce qui fait le sujet 
de cet article ; ils vont me servir pour réunir quelques 
doubles emplois d'espèces , dans lesquelles je crois re- 
connaître celle dont nous nous occupons. Car, ce ne 
sont en effet que différents états du pelage, colorés se- 
lon l'époque de l'année , et qu'on peut généraliser sous 
le nom de pelage de saison , absolument comme Muslela 
crminea en fournit l'exemple le plus remarquable en 
Europe. 

Si les moyens se présentaient toujours aux naturalis- 
tes de réunir sous leurs yeux le nombre strictement 
nécessaire d'individus de chaque animal, afin de les com- 
parer entre-eux, combien, pour lors, serait considérable 
le chiffre des espèces , en double et triple emploi , qu'on 
parviendrait à rayer de nos catalogues méthodiques , si 
indigestes sous tant de rapports. — Prenant pour mo- 
delle le genre Herpesles , dont nous nous occupons ici , 
l'on peut se demander, s'il ne serait pas convenable de 



— 100 - 

rtîunir //. pharaonis el cafra ^ , sous leur double pelage 
(le saison, en une même espèce? //. ruber et major ne 
diffèrent point; H. leucurus et albicaudus sont tout au 
plus des variétés locales , du nord et du midi de l'A- 
frique ; leurs divers états de pelage sont sujets à varier 
au point que je n'en vis jamais trois individus exacte- 
ment semblables. II. galera et pulverulenlus , Alilax van- 
sire, peut-être H. urinalrix et palndinosits , paraissent 
être très-voisines comme variétés locales ou de saison. 
Herpesles penicillalus et Cymclis Stedmanni diffèrent seu- 
lement par leur pelage de saison; et, pour en revenir 
à l'espèce . dont nous faisons le sujet du présent article , 
H. badius, punclatus et Cynictis melanura ne sont, à mon 
avis, que des citations des différentes livrées de notre 
Mangouste koukebou , connue sous ce nom par Bosman , 
depuis environ un siècle et demi. 

Au reste , les naturalistes qui ont introduits dans les 
systèmes ces citations en double emploi , me paraissent 
fort excusables de les avoir produites ; à leur place 
j'en eusse peut-être fait autant , et sous ce rapport je 
confesse mes erreurs, commises à peu-près de la même 
manière. Il n'en est pas moins vrai que des erreurs de 
ce genre , où l'empressement de publier porte le natura- 
liste à négliger l'étude comparative , font plus tard le 
tourment de ceux qui s'occupent du travail raonograpbi- 
que d'un genre d'animaux. Car, ce mode de publica- 



^) Herpestcs Widdringtoni trouvée en Andalousie, voyez Annul. und 
Mag. Nat. Ilist. Vol. 9 , pa,<j. 49 ; est-ce une espèce ou bien une va- 
riété locale ? 



— 101 — 

lion, est le seul possible aujourd'hui, pour arriver à la 
connaissance exacte des espèces. 

Les difficultés sont nombreuses et les erreurs presque 
inévitables dans quelques genres de mammifères , chez 
lesquels la livrée est sujette à des changements remar- 
quables des teintes, même des couleurs du pelage, non 
seulement dans les différentes époques de l'âge , mais 
aussi dans les saisons de l'année , peut-être encore sous 
influence des climats. Ces changements paraissent avoir 
lieu par l'effet de l'usure du bout des poils laineux , 
combiné avec la chute d'une partie des poils soyeux , 
dont le pelage laineux est plus où moins garni , ou qu'il 
recouvre , soit totalement ou bien en partie seulement ; 
ils peuvent avoir également pour cause l'action con- 
stante que les tissus lymphatiques exercent sur la colo- 
ration du pelage, et dépendre de l'abondance ou bien de 
la disette en produits alimentaires, auxquelles les espè- 
ces sont peut-être assujetties périodiquement , et sur 
lesquelles la température et les saisons exercent leurs 
influences, d'une manière à nous inconnue. 

Le genre Mustela avec les sous-genres voisins four- 
nissent des exemples nombreux d'espèces, qui entrent 
dans la catégorie des mammifères à pelage très-varia- 
ble ; non seulement pour la coloration de leur robe, 
mais aussi par la nature de ce pelage, qui varie au point 
adonner une valeur numérique différente, entre les four- 
rures d'été et celles d'hiver de certaines espèces ; quali- 
tés que le commerce des pelleteries sait apprécier et 
qu'il exploite à son profit, h^'s, Mangoustes , avec les sous 
genres voisins, qui sont, sous plusieurs rapports, les re- 



— 102 — 

préseiilants des Muslelles dans les climats chauds , sont 
soumises aussi , à un haut degré , à ces changements 
périodiques de leur livrée; toutefois, sans que les dé- 
pouilles aient pour le commerce la valeur réelle ou de 
mode , qui fait qu'on recherche celles des carnassiers de 
l'Asie , de l'Europe et de l'Amérique septentrionales. 

L'espèce qui nous occupe est, parmi celles propres à 
l'Afrique , l'une des mieux choisies pour faire apprécier 
ces changements dans les couleurs du pelage, ainsi qu'à 
en faciliter la recherche dans les autres espèces ; il en 
est de celle-ci comme de VHermine et de la Zibeline 
d'Europe , chez lesquelles cette différence dans la couleur 
du pelage est le mieux prononcée. 

Je me trouve avoir sous les yeux sept individus (tous 
à l'état adulte) de notre Mangouste koukehou ; dans ce 
nomhre , deux seulement sont exactement semblables par 
les couleurs de leur robe, et comme fait remarquable, 
l'un de ces sujets à été tué dans le pays des Cafres ama- 
zoulous , partie Sud de l'Afrique orientale ; l'autre , à la 
côte occidentale de Guiné ; le troisième , sans provenance 
certaine , a vécu quelque temps dans la ménagerie du 
jardin zoologique à Amsterdam ; lorsqu'on en fit l'acqui- 
sition , il se trouvait revêtu du pelage tel que le décrit 
M. Gray ï , sous le nom de Herpestes punctatus ; il est mort 
quelques mois plus tard, portant la livrée sous laquelle 
M. Smith =^ décrit et donne la figure de son Herpestes badins. 



1) Procccdings , Zool. Soc. 1849, pag 11. 

^) Illustrations, Zool. of Sontli-Africmamm. pi. 4. 



— 103 — 

Les quatre autres individus adultes olfrent beaucoup 
de disparités entre- eux par les couleurs du pelage; 
tous sont de la côte de Guiné. La crainte de paraître 
minutieux m'aurait fait omettre de dire, que des deux 
jeunes individus , âgés de quelques jours seulement et 
parfaitement semblables entre-eux , l'un est du pays des 
Cafres , l'autre de Guiné. 

Nous trouvons dans cette identité spécifique une preu- 
ve nouvelle , qu'on suppose à tort et que plusieurs na- 
turalistes partagent l'opinion erronée , qu'en règle gé- 
nérale, la même espèce ne saurait habiter simultané- 
ment des contrées très-distantes; surtout, lorsque les 
communications entre les deux pays sont entravées, soit 
par la vaste superficie des plaines désertes , soit par des 
chaînes montueuses couronnées de plateaux étendus, ou 
bien que des fleuves d'une largeur considérable semblent 
opposer des barrières infranchissables à la migration 
des animaux , qui n'ont point l'espace des airs pour do- 
maine de locomotion. Parlant de ce principe, des na- 
turalistes qui manquent de moyens comparatifs , et qui 
mettent trop d'empressement à publier leurs travaux, 
commettent des erreurs qu'on ne parvient à reconnaître, 
qu'à la suite de comparaisons et de recherches assidues , 
le plus souvent accompagnées de beaucoup de perte de 
temps. 

11 nous semble que le grand nombre des écrits pério- 
diques , s'empressant à publier ces premières impressions, 
nées d'un travail superficiel, contribuent pour leur part, 
à augmenter la confusion. Parmi ceux-ci, il en est qui 



— 104 — 

me l'onl l'eilet d'une arène ouverte, l'on dirait un pari 
engagé de la course aux clochers : on s'y lance avec im- 
pétuosité , dans la crainte de ne pas arriver à temps 
pour prendre date d'une découverte! 

Toute la science est comprise dans quelques lignes, 
souvent insignifiantes ; elles paraissent comme garantie 
de priorité, avec date du jour, du mois et de l'année, 
et servent à sanctionner l'oeuvre. Malheur à celui qui 
vient de passer son temps à des recherches ; qui s'est 
permis de comparer avant d'écrire et qui a fait interve- 
nir l'étude dans son travail: il arrive toujours trop lard; 
il ne pourra obtenir que l'accessit , sous le titre de sy- 
nonyme ! 

Notre espèce , revêtue de l'une des livrées de saison , 
qu'on peut admettre comme étant celle de l'été de ces 
climats (vu le peu de longueur des poils laineux et le 
petit nombre des soyeux) , peut être caractérisée ainsi : 

Pelage court, lisse, plus ou moins lustré. Parties su- 
périeures d'un roux-vif , plus ou moins variées, selon les 
individus et leur âge, d'aunelures fines ou assez larges 
et noirâtres ; elles sont plus nombreuses sur le dos qu'aux 
côtés et sur les membres. La gorge, la poitrine et le 
dessous du corps portent une teinte uniforme rousse 
claire. Les poils soyeux de la queue sont roux -pur, ou 
annelés de noir; le dernier quart de cette queue est d'un 
noir parfait. — Dans cet état du pelage on reconnaît 
Herpestes badius Smith, Illustrât. Zool. of Afr. mamm. 
pi. 4. 

Un second individu, également en pelage d'été, a le 



— 105 — 

bout des poils soyeux plus long que le précédent ; il est 
aussi d'un roux plus vif, particulièrement à la queue, 
aux flancs et au ventre; la teinte rousse du dos est va- 
riée d'annelures noires , plus nombreuses , en raison de 
ce que les poils soyeux ont leur bout terminal marqué 
de noir , tandis que chez l'autre individu , la fine pointe 
est colorée de roux. Cette légère difi'érence dans la lon- 
gueur des poils en produit une bien plus marquée dans 
la teinte dominante, suivant que la partie terminale qui 
disparaît en s'usant, attaque, soit un anneau roux ou 
bien un anneau noir; couleurs qui alternent sur tous 
les poils. 

La livrée qu'on peut admettre comme pelage d'hiver , 
vu que les poils laineux sont abondants et longs , est rayée 
à peu près sur toutes les parties du corps, de peti- 
tes bandes rousses , noires et jaunâtres ; cette dernière 
teinte occupant le bout terminal des poils, la livrée se 
trouve variée d'annelures transversales , ofi'rant une bi- 
garrure de ces trois couleurs. Lorsque l'extrémité jaune 
de ces poils disparait , la teinte noire est pour lors do- 
minante; la rousse se montre au fur et à mesure que 
les poils, en s'usant, deviennent plus courts et que la robe 
devient moins touffue; tandis qu'elle augmente en lustre, 
attendu que les poils laineux sont totalement couverts 
et cachés par les soyeux. — Sur la tête , les joues , la 
gorge et le ventre la teinte roussâtre continue à régner 
sans mélange; la queue conserve aussi sa partie termi- 
nale noire. — On reconnaît dans cette livrée Herpestes 
puNCTATus Gray, Proceed. ZooL Soc. 1849, pag. 11. 
La troisième livrée remarquable et qui me paraît être 



— lOG — 

pliilôl accidciilellc que coiistanle et régulière , esl abso- 
lument celle (lu mélanisme , qu'on observe dans le genre 
Felis et qui atteint aussi quelques espèces du genre 
Muslela ; toutefois, il se pourrait que ce soit une livrée 
constante de saison, ce que je ne saurais me permettre 
de décider sur la vue dhm seul individu. Il est néan- 
moins positivement reconnu, qu'il est de la même espèce 
que les autres individus , tués par M. Pel , à la côte de 
Guiné. 

Pelage court, lustré, noirâtre , pointillé de roux vif, 
la fine pointe de tous les poils étant de cette dernière 
couleur. Tous les poils soyeux de la queue sont courts 
et marqués des mêmes teintes ; le grand bout terminal 
de cette queue est d'un noir parfait, absolument comme 
dans les autres individus. La gorge , la poitrine , ainsi 
que les autres parties inférieures sont d'une teinte rous- 
se noirâtre. Nous remarquons , que la livrée de cet in- 
dividu serait d'un roux plus décidé , si le bout terminal 
des poils, ainsi colorés, était un peu moins usé. Cynigtis 
MELANURA Frascr , Zool. typ. pi. 9 , en fournit une figure 
exacte. 

On observe dans cet individu tous les détails de for- 
me, de couleur et de dimension, tels qu'ils sont indi- 
qués dans la notice , fournie par M. Martin ^ , du Cynic- 
tis melanura ; la forme des dents et la nudité du tarse 
sont en rapport exact avec les parties correspondantes 



1) Proceed.Zool. Sec. 1836, pag. 56, voyez aussi Procced. 1838, 
pag. 5 , où se trouve l'indication d'un Ilerpcstes melanura , rapporté 
du Dammara (côte Sud-Ouest) , par le capitaine Alexander ; dans cette 
citation ce n'est plus un Cynictis ! 



~ 107 — 

de notre individu ; mais M. Martin en fait une espèce 
du genre Cynictis , par conséquent, n'ayant que quatre 
doigts au lieu de cinq aux pieds postérieurs ; quoi- 
qu'il lui attribue des tarses nus, tandis que les vrais Cy- 
nictis ont les tarses garnis de poils, et que notre espèce 
a cinq doigts, exactement comme toutes celles du genre 
Herpesies. Toutefois , il se pourrait , même il me paraît 
probable, que M. Martin s'est vu induit en erreur par 
l'examen d'un individu mutilé , manquant de cinquième 
doigt ; ainsi que j'ai été à même d'en voir mutilés de la 
même manière. Le musée possède une espèce diflerente 
de celle-ci, qui, par l'un des pieds est un Cynictis à 
quatre doigts, et par l'autre un Herpestes à cinq doigts, 
vu que , par manque de soin du préparateur en le dé- 
pouillant, le très-petit doigt, placé assez haut sur le tar- 
se, a été enlevé par le scalpel; accident qui peut facile- 
ment avoir lieu sur un membre si petit et placé aussi 
haut sur le tarse. Quoiqu'il en soit , du Cynictis mêla- 
nura, il nous est clairement prouvé, autant par la des- 
cription de M. Martin, que par la figure publiée par 
M. Fraser , que l'individu de notre Herpesies badins , in- 
diqué ci-dessus, est exactement le même animal que le 
leur. Toutefois je puis m'abuser, n'ayant pas vu en na- 
ture l'individu décrit par M. Martin. 

Nos individus ont les dimensions suivantes. Longueur 
totale de 21 à 22 pouces 6 lignes; sur laquelle la queue 
porte de 10 à 11 pouces; le bout terminal de la queue 
revêtu de poils noirs, est long jusqu'à l'extrémité du 
flocon de 5 pouces environ; ceux qui ne sont point par- 



~ 108 - 

iailement adulte ont im pouce et quelques lignes de 
moins. 

Les jeunes, longs de 10 ou de 12 pouces, ont le 
pelage presque totalement cotonneux; les poils soyeux 
sont rares, très-fins et à claire- voie. Leur livrée est 
grisâtre, faiblement annelée de cendré plus foncé; elle 
est teinte de roussâtre clair sur le dos; la tête et la 
nuque sont d'un roux jaunâtre ; le grand bout terminal 
de la queue est noir dès la première période de l'âge. 

Patrie. Cette espèce est très-commune dans toutes 
les parties de la côte de Guiné ; on la trouve aussi dans 
le pays des Gafres , depuis Natal jusqu'à Latakoe. Les 
nègres de Guiné lui donnent le nom de koukeboe. C'est 
l'ennemi redouté dans les basse-cours ; elle cbasse de 
jour comme de nuit , détruit quantité d'oeufs et fait 
aussi sa proie de petites espèces de rongeurs. 



MANGOUSTE 3IULT1P0INTEE. HERPESTES 
PUNCTATISSIMUS. 

L'espèce nouvelle, dont nous allons faire mention, n'est 
point due aux recherches de M. Pel à la côte de Guiné ; 
elle habite plus vers le Sud de nos possessions , et vit 
dans la partie où coule le fleuve de Gabon ; elle a été 
trouvée aussi dans le pays des Cafres , à port Natal , où 
on l'avait apportée de l'intérieur. 

Notre espèce , que je crois être inédite , se rapproche , 
quant aux formes , ainsi que par les coleurs du pelage , à 



— 109 — 

celle trouvée en Abyssine , par M. Ruppell , et que cet 
auteur à décrit et figuré sous le nom de Herpestes gra- 
cilis ; mais la nôtre est d'un quart plus grande par le 
corps, quoique sa queue se trouve être plus courte que 
dans le gracilis ; celle-ci porte au bout de la queue un 
grand espace noir , dont on ne voit aucune trace dans 
le puncialissimus ; les dents très-fortes et plus grosses 
que dans les espèces plus grandes de taille qu'elle , ser- 
vent aussi à la faire reconnaître de toutes les autres 
Mangoustes. 

Pelage généralement court , si ce n'est à la base de la 
queue, où les poils sont du double plus longs que ceux 
du corps ; le bout terminal de cette queue est rous- 
sâtre. 

Parties supérieures du corps, de la tête et des mem- 
bres d'une teinte jaunâtre-clair, mouchetée d'annelures 
très-fines , d'un brun-noirâtre et couvrant toutes les par- 
ties , en exceptant toute-fois le menton , ainsi que la 
partie médiane du cou et du ventre, qui sont d'un blanc 
terne; les poils de la queue sont couverts d'annelures 
nombreuses et elles en occupent toute la longueur , jus- 
qu'à la pointe extrême , qui porte des poils d'un rous- 
sâtre clair. 

Longueur totale 19 pouces 6 lignes, sur laquelle 9 
pouces seulement pour la queue ; distance du bord an- 
térieur des yeux à la pointe du nez 8 lignes. 

Patrie. l'Afrique centrale et la côte occidentale. 



110 — 



MANGOUSTE PARVULE. HERPESTES 
PARVULUS. 

Décrite sous ce nom par M. le professeur Sujsdevall 
et découverte par le voyageur suédois Wahlberg, dans 
la Cafrerie; se trouve indiquée ici comme acquisition ré- 
cente pour la science, et vu qu'elle n'a point encore été 
admise dans les catalogues méthodiques les plus récents; 
notre musée en a reçu un individu par M. Suindevall. 
C'est l'espèce la plus petite du genre mangouste ; la queue 
est aussi longue que le corps, couverte de poils courts 
et sans pinceau terminal ; son pelage est noir sur toutes 
les parties ; il est finement pointillé de brun-clair. Cette 
courte diagnose suffit pour la distinguer de toutes ses 
congénères. 

La longueur totale des vieux est de 14 pouces , sur 
laquelle la queue prend 7 pouces; distance du bord an- 
térieur des yeux à la pointe du nez 7 lignes. 

Patrie. l'Afrique méridionale. 



Pour rendre ce travail plus complet et publier en 
quelque sorte un aperçu de la monographie du genre 
Herpesies , nous faisons suivre ici la description d'une 
espèce, qu'au fait nous n'avons pu voir en nature , qu'on 
trouve dans les districts de la Gambie , et qui , selon 
des renseignements obtenus, vit aussi à la Guiné. Cette 



— 111 — 

espèce est désignée succinctement par M. Ogilby , dans 
les Proceedings de 1852 , pag. 102 , en ces termes : 

Herpestes gambianus paraît être nouvelle pour la scien- 
ce . mais elle est en quelque sorte voisine de //. vilticollis de 
l'Inde J , elle est toutefois beaucoup plus petite que celte 
espèce, ne mesurant que 17 pouces du nez à la base 
de la queue , tandis que cette longueur est de 23 pouces 
dans Yilticollis;sdi(\viQ\\e. est longue de 13 pouces, tandis 
que celle du Gambianus n'a que 9 pouces 6 lignes. La 
couleur générale est formée d'annelures grises et brunes, 
plus claires à la tête, au cou et aux épaules, et mêlée 
de beaucoup de rouge sur la croupe et les cuisses; ces 
dernières le sont presque totalement. La queue a beau- 
coup de noir et elle est terminée par une petite touffe 
d'un noir pur , sans que ce noir soit plus étendu sur cet 
organe. La gorge et les cotés du cou sont d'un brun- 
pâle argentin; la poitrine, le ventre et la face interne 
des membres sont rougeâtres ; la partie inférieure de la 
jambe ou les pieds seulement, sont noirs; elle porte en- 
core comme caractère marquant, une bande brune sur 
les cotés du cou; celle-ci s'étend à partir des oreilles 
jusqu'aux épaules. 



^) Voir Ben NET , Proceed. 1335, pag. 66, et Fraser Zool. typ, pi, 
8 , figure-très exacte de la livrée uniforme , non annellée de l'adulte. 
Le jeune de cette espèce, long de 12 pouces, porte, dès cette pre- 
mière période de la \ie , la bande longitudinale brune sur les cotés 
du cou , et le dernier quart de la queue est déjà d'un noir parfait. 
Son pelage est long et touffu ; il est brun sur le corps et aux mem- 
bres , ayant le bout des poils d'une teinte roussâtre claire ; la croupe 
et la base de la queue sont d'un roux vif. Nos individus sont de Tra- 
vancoor , côte occidentale de l'Inde. 



— 112 — 

Nous lerminons cet aperçu monographique par la des- 
cription de deux mangoustes, probablement nouvelles, ainsi 
que par les indications des espèces , trouvées par M. Pe- 
TERs à la côte orientale de l'Afrique, et qu'il vient de pu- 
blier dans a zoologie de son voyage à Mossambique ; 
ouvrage dont nous empruntons ce peu de lignes au mo« 
ment de mettre sous presse. 



MANGOUSTE FRANGEE. HERPESTES 
FIMBRIATUS. 

Cette espèce qui me paraît inédite , est facile à recon- 
naître de toutes celles connues aujourd'hui: les teintes 
très-claires dont tout le pelage est revêtu, jointes à une 
bande de couleur isabelle encadrant la queue, servent 
à la distinguer. Le nom donné à cette mangouste est 
emprunté à cette espèce de frange, dont tous les poils 
latéraux de la queue sont pourvus ; l'individu parfaite- 
ment adulte, déposé depuis peu de temps dans les gale- 
ries du musée , m'est parvenu dans une collection d'ani- 
maux , tous originaires de l'Inde , ce qui me porte), quoi- 
que sous toute réserve, à l'admettre comme habitant de 
cette contrée du globe. 

Les teintes claires à peu-près blanchâtres de la robe, 
proviennent de ce que le feutre est blanc dès son origine , 
et que les poils soyeux sont annelés de bandes blanches 
et noires, toutes à bout terminal blanc; les parties infé- 
rieures sont aussi d'un blanc-terne. Les anneaux noirs 



~ 113 - 

et blancs ont une largeur plus considérable sur les poils 
soyeux de la queue , dont les soies latérales ainsi que 
celles du flocon sont terminées par une large bande de 
teinte isabelle ; les extrémités des quatre membres sont 
d'un brun clair pointillé de blanc. 

Longueur totale 22 pouces, y compris le flocon termi- 
nal de la queue, cette partie est longue de 11 pouces 
hauteur au train de devant 3 pouces 6 lignes; distance 
du bord antérieur des yeux à la pointe du nez 10 lignes. 

Patrie. Probablement l'Inde, mais sans habitat bien 
déterminé. 



MANGOUSTE MICROCEPHALE. HERPESTES 
MICROCEPHALUS. 

Les dimensions très-minimes de la tête , en rapport 
avec les autres parties du corps et des membres de cette 
mangouste, servent à la faire remarquer du premier 
coup-d'oeil, pai'mi toutes ses congénères. 

Ce n'est pas seulement la petitesse du crâne , jointe 
à la flnesse des dents, qui sert à caractériser notre es- 
pèce, ses oreilles sont aussi plus rapprochées des yeux, 
puis le museau est plus court et plus fluet que dans les 
autres espèces connues ; quant au reste de ses formes , 
c'est la répétition de toutes celles des autres carnassiers 
de ce groupe ; les couleurs du pelage n'offrent non plus 
quelque disparité ou dessin remarquable; c'est du reste 
sur la vue d'un seul sujet adulte, conservé dans nos ga- 
leries, que repose notre indication. J'en fis l'acquisition 

8 



— 11/1 ^ 

au Havre chez un marchanel naturaliste qui n'a pu me 
dire d'où il l'avait obtenu. 

Le pelage de notre individu est finement rayé et poin- 
tillé partout , de brun foncé et de couleur ocre-terne ; au- 
cune des parties du corps ou des membres ne présente 
un autre dessin, si ce n'est le dessous du corps, dont le 
pelage est d'un blanc terne , dépourvu de rainures. 

La robe est feutrée et les poils soyeux dépassent les 
cotonneux du bout seulement. Ce pelage cotonneux est 
cendré à la base et terminé par une large bande d'une 
teinte ocre-terne; les poils soyeux sont annelés, à partir 
de leur base jusqu'au bout, de petites stries ocracées et 
d'un brun noirâtre. Les anneaux formés par ces deux 
couleurs sont un peu plus larges sur les poils de la queue , 
et l'uniformité de teinte règne même jusqu'au pinceau ter- 
minal, rayé de la même manière. 

Longueur totale 19 pouces 6 lignes, sur laquelle la 
queue prend 9 pouces 6 lignes. Longueur du crâne 1 
pouce 7 lignes; distance du bord antérieur de l'oreille 
au museau 1 pouce 4 lignes; du bord antérieur des yeux 
au museau 8 lignes. 

Patrie, Inconnue. 



L'examen analytique des espèces nouvelles de man- 
goustes, observées par M. Peters dans les contrées 
orientales de l'Afrique, termine notre aperçu sur ce 
groupe. L'ouvrage qui les comprend porte le titre indi- 



— 115 - 

que dans la note ci-jointe i. L'histoire des mammifè- 
res de cette contrée est la seule partie du voyage qui 
voit le jour : c'est un travail remarquable et conscien- 
cieux , dans lequel les détails anatomiques et zoologiques 
des animaux découverts et observés par M. Peters, sont 
décrits de la manière la plus parfaite. 

Des quatre espèces de mangoustes nouvellement dé- 
crites par M. Peters , deux , sous le nom de Bdeogale , 
forment un sous-genre remarquable en ce que tous les 
pieds sont munis de quatre doigts seulement ; elles dif- 
fèrent sous ce rapport des Herpestes , dont le nombre des 
doigts est de cinq partout ; tandis que les Cynictis , au- 
tre sous-genre connu dans ce groupe , ont les pieds de 
devant munis de cinq doigts et ceux de derrière de qua- 
tre. Le système dentaire est le même dans toutes ces 
espèces. M. Peters désigne ces petits carnassiers sous 
les noms de Bdeogale crassigaudata et puisa, voyez plan- 
ches 27 et 28 de l'ouvrage précité. 

Par la nature du pelage ainsi que par les couleurs de 
leur robe , ces deux espèces ressemblent à celles munies 
de cinq doigts, que nous venons de décrire sous les 
noms Herpestes loempo et pluton. 

Dans le dit ouvrage se trouvent encore décrits et figu- 
rés , pi. 25 et 26, deux mangoustes à cinq doigts: Her- 
pestes UNDULATUS ct Herpestes ornatus. La première est 
nouvelle, quoique voisine par les formes et par l'ensem- 



^) Naturwissenschaftliche Reise nach Mossambique auf Befehl seiaer 
Majestat des Konigs Friedrich Wilhelm IV. Zoologie , ^A\t. I, Sâuj'e- 
thiere mit 46 Tafeln. 

8* 



- UG - 

l)le (les couleurs du pelage avec notre Herpesles micro- 
cephahis , elle en diffère nonobstant par les proportions 
relatives des parties correspondantes, surtout de la tête ; 
elle est aussi moins grande, et le pelage , rayé à peu-près 
de la même manière, porte, toute-fois, des teintes dif- 
férentes , même dans celles du feutre dont le corps est 
couvert. 

La seconde , Herpestes ornatus , figurée pi. 26 , n'est 
point nouvelle ; c'est la livrée de saison sous laquelle se 
montre Herpestes miitgigella de Ruppell K Parmi les in- 
dividus de cette espèce que possède notre musée, s'en 
trouve un, exactement semblable à celui figuré parM. Pe- 
TERS ; un autre individu , revêtu en partie du pelage 
uniformément brun-noirâtre , tel que Ruppell décrit la 
Mangouste mutgigella, et en partie semblable à la Man- 
gouste ornée de la planche 26 précitée, m'a servi à 
constater le changement de livrée que je viens de signa- 
ler. Nos deux individus sont de l'Abyssinie ; ayant 
été acquis très-récemment, M. Peters n'en a pu pren- 
dre connaissance lors du séjour qu'il fit à Leiden. Com- 
me synonyme du mutgigella dans ce pelage de saison , 
doit encore être cité Herpestes ochraceus de Gray , Ann. 
and Mag. Nat. Hist. Vol. 4 , série 2 , pag. 376 ; il est 
aussi d'Abyssinie. 



Les Crossarques ou mangoustes à groin , ont été dis- 



1) Neue Wirbelt. Jhyss. pag. 29. pi. 9. fig. 1. 



— 117 - 

traits par F. Cuvier du grand genre Viverra de Linné; 
ils forment aujourd'hui un sous-genre composé de deux 
espèces , l'une de l'Afrique , l'autre de l'Inde continentale. 
Ces espèces à muffle proéminent sont totalement planti- 
grades , comme le Suricate (Rhyzaena) , dont ils ont aussi 
la formule dentaire. 

L'espèce propre à l'Afrique ne vit point à la côte de 
l'Est, mais elle est commune à celle de l'Ouest; M. Pel 
nous en a envoyé de Guiné, et le musée en a reçu des 
individus tués à Siera-Leona. 

CROSSARQUE OBSCUR. CROSSARCHUS 
OBSCURUS. 

Aevisa est le nom que cette espèce porte parmi les 
nègres de la côte occidentale; on la dit fort répandue 
vers le nord comme au midi. Cet animal se creuse des 
terriers très-profonds, à plusieurs issues; il s'empare 
aussi deséminences élevées par les termites, en s'y con- 
struisant des galeries et des issues; son muffle proémi- 
nent et ses pieds fouisseurs , munis d'ongles longs et cro- 
chus, lui sont d'un grand secours pour creuser sous terre. 
Il chasse plus habituellement de jour que de nuit, et on 
le voit souvent escalader les arbres. Il se nourrit de 
petits mammifères et d'insectes; lorsque ces proies lui 
manquent, il peut vivre également de fruits; en captivité 
l'on peut le nourrir de bananes ; mais on ne s'en soucie 
guère, vu l'odeur qu'il exhale par la sécrétion puante 
de la poche anale. 

Tout le pelage est d'un brun-foncé, assez uniforme; 



— 118 — 

les poils sont durs, un peu relevés et courts; la lête et 
la gorge sont garnies de poils très-courts, d'un brun-cen- 
dré clair; le dessous du corps est d'une teinte plus claire 
que le dos. Les individus non adultes se distinguent 
des vieux , en ce que la pointe des poils bruns du corps 
et de la queue est terminée de couleur ocre*claire. 

Longueur totale de l'adulte 24 pouces 6 lignes à 26 
pouces, sur laquelle la queue compte pour 9 à 10 pou- 
ces ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du 
nez 1 pouce 6 lignes. 

Crossarchus obscurus. Cuv. Règne. Anim. pag. 158. — 
Martin, Proceed. Zool. Soc. 1854, p. 113, Anatomie. — 
Wagner, Schreb. Sàugeth. Supp. p. 229. — Schinz. 
Syst. Verz. Sdug. , Vol. 1 , p. 379. — Le mangue, F. Cuv. 
Mamm. livr. 47. 

Patrie. Les côtes occidentales de l'Afrique centrale. 



Le genre Paradoxurus repose aujourd'hui sur un tra- 
vail, comprenant les espèces qui peuvent être classées 
avec certitude dans ce groupe des carnassiers semi-fru- 
givores; j'en ai publié en 1853 la monographie, dans le 
2e vol, des Menogr. de mammalogie , p. 512. M. Wagner, 
dont le supplément à l'ouvrage de Schreber a paru en 
1840, semble n'avoir eu aucune connaissance de ce tra- 
vail, vu que son genre des paradoxures se trouve encore 
encombré des citations nombreuses en double emploi , 
toutes empruntées aux indications fournies de temps en 
temps par les auteurs; ce qui fait, qu'on y trouve 15 



— 119 — 

espèces décrites et 7 autres indiquées comme douteu- 
ses. M. ScuiNz, qui publia son système en 1844, n'a- 
dopte que les sept espèces bien constatées, décrites dans 
ma monographie précitée , plus quatre autres , sur l'ex- 
istence desquelles le doute avait été émis dans leur 
signalement. 

Le paradoxure trouvé par M. Pel à la côte de Guiné 
est au nombre de ceux précédemment connus ; il se 
trouve indiqué sous le nom de hinotatus dans les cata- 
logues méthodiques. Il a pour synonyme reconnu et 
adopté par M. Gray , l'indication de Paradoxurus Hamil- 
TONi , Gray, Proceed.^. 67, et Hardw. Illuslr. Ind. 
Zool. avec une figure exacte , c'est mon Paradoxurus bino- 
TATus , Monogr. de mamm. Vol. 2 , p. 356 , et les figures 
du crâne, pi. 65, fig. 7, 8 et 9. L'on est prié de recti- 
fier dans l'indication de patrie , que l'espèce se trouve à 
la côte de Guiné et non pas dans l'Inde, côte de Coro- 
mandel. 

Pour la description du pelage de cette espèce , nous 
renvoyons à celle , fournie dans la monographie précitée. 



Depuis la publication de mon mémoire sur le genre 
paradoxure. Vol. 2 des monographies, le musée des Pays- 
Bas à obtenu une espèce nouvelle de Bornéo , due aux 
recherches récentes, faites dans cette île par M. ScHWA^'ER : 
nous en donnons la description succincte, afin de porter 
ce genre au niveau des renseignements les plus récents. 
Les acquisitions dans ce groupe portent le chillVe des es- 



— 120 — 

pèces, bien déterminées au nombre de celles inscrites 
ci-dessous et rangées par ordre de grandeur. 

Les espèces marquées d'un Ç^) sont représentées , dans 
notre musée , par des sujets à l'état adulte. 
(*) Paradoxurus LEucoMYSTAx. Sumatra et Bornéo. 

» Ogilbyi. Fraser, Zool. typ. pi. 

(*) » LARVATus. (Grayi, Nipalensis et Laniger) 

Himalaya et Tbibet. 
(*) » TYPicus. Bengale. 

(*) » MUSANGA. (Grossi et Pallasii Hard. pi.). 

Java, Timor, Bornéo, Sumatra et Ma- 
lacca, 
(*) » pREHENsiLis. Hard. pi. (variété constante 

du précédent). Java. 
» LEucopus. Inde. 

[") » BONDAR. (Pennanti, Hard. pi.). Népaul. 

(*) » BiNOTATus. Guiné. 

(*) » TRiviRGATus. Java et Sumatra. 

» pmLippENSis. Luçon. 

(*) » STiGMATicus. Boméo. 



PARADOXURE PEINT. PARADOXURUS 
STIGMATICUS. 

Cette espèce inédite, repose sur la vue d'un individu 
unique , très-vieux et de sexe masculin ; il est de la taille 
du P. trivirgaiiis , auquel il ressemble par les formes. 



— 121 — 

La livrée de ce sujet paraît être celle d'été, le pelage 
étant court et lisse. 

Tout le pelage de la nuque , des parties supérieures du 
corps , des flancs , des quatre membres et de la queue 
sont d'un brun roux, couvert d'un lustre argentin, en 
ce que les poils soyeux de toutes ces parties sont ter- 
minés de blanc-jaunâtre. La tête porte une teinte brune 
noirâtre à bout des poils d'un fauve lustré. Une bande 
longitudinale , d'un blanc pur , est étendue depuis le 
front jusqu'à l'origine du muffle et couvre l'arrête du nez. 
Les oreilles sont nues intérieurement et poilues à leur 
face extérieure à la base seulement. L'extrémité des 
pieds ainsi que le bout de la queue sont de couleur cho- 
colat. 

Longueur totale 3 pieds , sur laquelle la queue prend 
19 pouces; distance du bord antérieur des yeux à la 
pointe du nez 1 pouce 5 lignes. 

Patrie. Trouvé par M. Sghwaner, sur le fleuve Doe- 
son , dans les parties méridionales de l'île de Bornéo. 



L'ordre des rongeurs {glires ou rodcnlia) est composé 
d'animaux répandus dans tous les climats et dans presque 
toutes les contrées du globe, même jusque sous les gla- 
ces du pôle. Dans cette grande famille des mammifères 
se rencontrent les espèces , dont l'organisation leur don- 
ne la faculté de se soustraire , par la torpeur , soit à la 
rigueur des frimats , soit aux privations qu'entraîne le 
manque périodique des fruits ou des végétaux dont elles 



— 122 — 

se nourissent. Par sa position comme par la nature de 
son climat, l'Afrique n'étant point exposée aux variations 
subites ou périodiques d'un froid rigoureux , il était ra- 
tionnel de supposer qu'on n'y trouve aucune espèce , douée 
de la faculté si remarquable, de tomber dans un état 
d'engourdissement complet; toutefois, le Loir (myoxus), 
qui vit dans les régions de l'Equateur, est soumis à la 
torpeur périodique, absolument de la même manière que 
cet état à lieu chez les espèces de l'Europe, de l'Asie et 
de l'Amérique septentrionale. 

Quoique l'Afrique équatoriale ne soit pas fort riche 
en genres et en espèces de rongeurs , on en compte tou- 
tefois plusieurs, très-remarquables , dont l'habitat parait 
avoir pour limites les contrées tropicales de ce vaste 
continent; tels sont les genres Anomahirus, Aulacodus , 
Saccostomys et Cricelomys. Le genre des écureuils [sciu- 
rus) , s'y montre en espèces très-nombreuses ; ces con- 
trées , de même que celles de l'Océan archipélagique et 
de l'Amérique du Sud, sont d'une richesse remarquable 
en espèces de cette famille. Il n'en est point ainsi des 
petits genres fort nombreux de rongeurs , dont les de- 
meures souterraines dérobent leur présence aux recher- 
ches durant la clarté du jour, et qui ne quittent leurs 
conduits obscurs, qu'afin de satisfaire aux besoins de 
leur existence. Animaux nocturnes , toujours difficiles à 
trouver, même dans les contrées où les espèces douées de 
ce genre de vie sont très-abondantes. 

Jusqu'ici l'Afrique tropicale , plus spécialement la Gui- 
né et la côte d'Angole, n'en ont offerts qu'un petit nom- 



— 123 — 

bre; il est loiilefois probable qu'on eu trouvera plusieurs 
autres , dont la découverte sera vraisemblablement due à 
des cas fortuits, comme le sont presque toutes les cap- 
tures des espèces de rongeurs subterranéens. 

Nous venons de dire , que le genre Sciurus compte une 
série nombreuse de représentants en Afrique. Les es- 
pèces qui me sont connues comme habitants du littoral 
de l'Ouest, se montent au chiffre de 14, bien constatées; 
parmi lesquelles il s'en trouvent deux, qui paraissent 
s'éloigner des écureuils proprement dits par leurs habi- 
tudes subterranéennes. Nous en avons sous les yeux 
une série d'individus, tués à différentes époques de l'an- 
née ainsi que dans les divers états de l'âge, ce qui nous 
met à même de constater , que la double variété du pe- 
lage, propre au plus grand nombre de ces rongeurs, et 
dont les modifications opèrent des changements périodi- 
ques, très-remarquables, dans les couleurs de la robe de 
ces animaux qui vivent en Asie et dans ses archipels, 
ainsi qu'en Amérique , ne produit point des variations 
de cette importance sur le pelage des écureuils de l'Afri- 
que et de l'Europe: leur livrée à une plus forte tendance 
à la fixité ; elle se renouvelle en effet périodiquement , 
mais sans apporter des modifications très-marquantes 
dans les couleurs du pelage des deux saisons, et elle 
se reproduit, à quelques faibles nuances près, sous les 
mêmes conditions de la nature des poils ainsi que des 
couleurs de la robe. L'âge n'y apporte point non plus 
de différence notable , car les jeunes en quittant leur 
premier pelage , revêtent , dès la seconde mue , celui 



— 124 - 

propre à l'état adulte ; pour lors ils ne diffèrent de leurs 
parents que par la taille seulement. Le pelage des écu- 
reuils de l'Afrique est formé , pour la plus grande partie, 
de poils soyeux longs et couverts de lustre ; le feutre ne 
s'étend point au delà de leur base ; quelques espèces de 
ces rongeurs , les Xerus , manquent complètement de 
feutre ou de pelage cotonneux ; ils n'ont que des poils 
soyeux rudes et repartis à claire-voie sur la peau , to- 
talement nue dans les interstices de ces poils *. 

Nous remarquons encore, qu'en Afrique, les écureuils 
paraissent avoir un habitat très-circonscrit , leur demeure 
dans certaines limites dépend sans doute de la constitu- 
tion physique de ces contrées, qui ne sont point couver- 
tes d'une continuité de forêts ; mais où celles-ci se trou- 
vent entrecoupées de plaines et de déserts. 

Les espèces exactement déterminées, trouvées sur les 
côtes occidentales de l'Afrique , sont : 
(*) Xerus erythropus. Sénégambie et Egypte. 
(*) » coA'GiGus. Guiné et Congo. 
(*) SciuRus cAiNicEPS. Guiué. 
(*) » EBii. Guiné. 
i^) » ERiTHROGENYS. Femaudo-po. 

(*) » MACULATUS. Guiué. 

i^) » PYRRHOPUS. Gambie. 

(*) » LEUCOSTIGMA. Guiué. 



1) Ces espèces sont : Sciurus Setosus , — Erythropus ou Lucouni' 
brinus , — Congicus , — Rutilus Cretchm ou BracJiyotus Vj\\t emh. , 
Flamvittis Peter s et Getulus. Nous les réunissons dans un petit 
groupe , en adoptant le nom de Xerus , proposé par EHBEJUfERG. 



— 125 — 

(*) SciuRus RUFOBRACHiATUs. Gambie. 
Ç^) » ANNULATus. Sénégaiiibie. 
(*) » puNGTATus. Guiné. 
(*) » GAMBiANus. Gambie. 
(*) » poENsis. Fernarido-po. 
(*) » MuscuLiNUS. Guiné. 

Nous donnons à la fin de ces mémoires et comme ap- 
pendice , quelques espèces d'Ecureuils et de Taguans nou- 
veaux, que le musée des Pays-Bas à obtenu des natura- 
listes voyageurs dans l'Inde archipélagique. 



XERUS DU CONGO. XERUS CONGICUS. 

Celte espèce, obtenue par M. Pel en plusieurs exem- 
plaires des deux sexes, comme aussi en individus d'âge 
divers , nous paraît nouvelle pour la science. Après 
avoir parcouru, en recherches vaines, tous les catalogues 
méthodiques, nous présumons que Kuhl en a fait men- 
tion sur un jeune qu'il vit à Londres, dans le musée 
britannique , ce qui nous fait adopter , quoique à regret , 
le nom d'une contrée. L'espèce est sans-doute peu con- 
nue et point encore répandue dans les collections. Elle 
prend rang parmi les écureuils terrestres et fouisseurs, 
dont le genre de vie les porte à se creuser des demeures 
souterraines entre les racines des grands arbres. Leur 
robe est dépourvue de feutre et formée seulement de poils 
soyeux , longs et rudes. 



— 126 - 

CeXerus ressemble plus à son congénère, S.erylhropus 
qu'au S. setosus, puisque les orifices des oreilles ont un 
lobe distinct , même assez proéminent. Les poils rudes 
et longs du dos et de la base de la queue, ainsi que 
ceux plus courts de la tête et de la nuque , ont une ap- 
parence brune-noirâtre , tous étant annelés de ces deux 
teintes et terminés de brun-roux. Sur les flancs une 
bande blancbe , au dessous de laquelle le pelage est noi- 
râtre ; les poils de cette partie , de même que ceux des 
côtes du cou , étant noirs , terminés de roux et de blanc. 
Les cuisses portent des annelures rousses et noires. La 
queue a des bandes assez larges, blanches et noires, à 
base roussâtre , ayant du blanc à la pointe. Les parties 
inférieures , poilues à claire-voie , sont blanches. 

Longueur totale 17 à 18, un seul 19 pouces; sur ce, 
la queue compte 8 pouces , ou 6 lignes en plus , suivant 
l'âge des individus. Des jeunes de 12 , de 10 et de 8 
pouces en longueur totale, portent le même pelage que 
l'adulte dans les deux sexes. 

Patrie. Elle est commune sur une grande étendue 
de la côte, partout où les forêts touchent aux champs 
cultivés. Elle vit de millet et autres graines, est très- 
farouche et se retire de jour dans les réduits souterrains 
aux pieds des arbres , ou bien parmi les buissons. 



127 — 



ECUREUIL A TETE GRISE. SCIURUS 
CANICEPS. 

Dans le groupe des écureuils proprements-dits, qu'on 
trouve dans les parties du littoral de l'Ouest, celle-ci est 
la plus grande; elle est à peu-près de la taille des espè- 
ces de l'Inde et de l'Archipel malais. La queue est très- 
longue et distique; les oreilles sont arrondies; les parties 
inférieures, mal couvertes de poils, sont à peu-près nues. 

Les joues et toutes les parties du dessus de la tête 
paraissent colorées d'une teinte grisâtre , les poils étant 
d'un noirâtre annelé de blanc, et cette dernière couleur 
en occupant le bout. La nuque , les parties supérieures et 
latérales du corps et des membres, ainsi que la base 
arrondie de la queue sont couverts de poils soyeux, an- 
nelés de roux-vif et de noir ; ce pelage moucheté est sé- 
paré de celui du ventre par une bande blanche, tracée 
sur les flancs entre les pieds , où elle vient aboutir ; 
derrière les oreilles une tache rousse. Toutes les parties 
inférieures et la face intérieure des membres sont garnies , 
à claire-voie , de poils blancs. 

La partie distique de la queue est large, formée de 
poils soyeux très-longs , annelés en dessus de larges ban- 
des noires et d'autres plus étroites , d'un gris-blanc ; 
en dessous elle est annelée de larges bandes rousses et 
de noires de moitié plus étroites; ces poils sont tous 
terminés de blanc pur. 



~ 128 — 

Telle est la livrée parfaite de l'une des saisons de 
l'année; celle constante dans la saison opposée de ces 
climats, nous ofire un pelage plus long, mieux garni 
de feutre ; tous les poils du corps , des membres et de la 
base de la queue sont noirs, à très-fines annelures d'un 
roussâtre clair, et cette teinte colore une grande portion 
de leur pointe, ce qui fait que cette livrée paraît être 
plus rousse que noire ; la première de ces teintes domine 
seule sur les quatre membres. Le sommet de la tête 
et les joues conservent la même nuance cendrée noirâtre , 
indiquée pour la livrée de l'autre saison ; le ventre est 
aussi garni de la même manière de poils rares et courts ; 
la bande latérale des flancs, de blanche qu'elle était dans 
l'autre livrée , est d'un gris mêlé de quelques poils bruns. 
La queue demeure annelée en dessous de bandes noires, 
fort larges , lesquelles alternent avec des bandes grises , 
plus étroites de moitié; en dessous elle est annelée dia- 
gonalement de fines bandes noires et grises, de largeur 
égale. 

Dans cette livrée il se pourrait que ce soit Sgiurus 
Stangeri , Waterb. Proc. année 1842, et Fraser Zool. 
typ. pi. 25; mais la description trop succincte et la fi- 
gure peu soignée , ne peuvent nous servir de guide. 

Longueur totale jusqu'au bout du flocon terminal de 
la queue, de 24 à 23 pouces, dont 12 à 13 pouces pour 
la longueur de la queue. 

Patrie. M. Pel a trouvé cette espèce dans les gran- 
des forêts vers les confins du pays des Fautes ; elle ne se 
montre point dans le voisinage des côtes. Le musée a 
reçu plusieurs individus dans les deux livrées de saison. 



129 



ECUREUIL EBIEN. SCIURUS EBII. 

Moins grand qiîe le précédent; queue distique jusqu'à 
la base ; oreilles en demi cercle. 

Tête , joues , oreilles ainsi que les quatre membres 
d'un roux de rouille ardent ; nuque , dos et flancs très- 
finement pointillés de jaune et de noir ; le dessous du 
corps et la partie intérieure des membres d'un roussâtre 
clair. La première moitié du dessous de la queue est 
annelée de bandes de largeur égale , noires et blanches , 
vers leur bout se trouve une bande noire fort large et 
leur pointe est blanche ; la pointe terminale de cette 
queue est rousse, une bande noire entoure cette couleur 
et le bout de tous les poils est blanc. 

Longueur totale de 21 à 22 pouces; dont tl à 12 pour 
celle de la queue. 

Patrie. Vit dans les grandes forêts de la Guiné , et 
se trouve dans les mêmes localités que l'espèce précé- 
dente, mais parait être moins abondante dans les parties 
boisées de Dabocrom. Le musée a obtenu deux indivi- 
dus tués dans le mois de Juin; la livrée que porte 
l'espèce dans une autre période de l'année ne nous est 
point connue. 



130 



ECUREUIL A JOUES ROUSSES. SCIURUS 
ERYTIIROGENYS. 

Le roux ardent dont les joues sont colorées, ainsi que 
la blancheur pure des parties inférieures et de la face in- 
térieure des membres, permettent la distinction facile de 
cet écureuil parmi le nombre de ses congénères. 

Le pelage est court et soyeux. Les parties supérieures 
paraissent d'un noirâtre brun , les poils se trouvant co- 
lorés à leur base de noir bleuâtre , et une large bande 
terminale, d'un roux-jaunâtre, en occupant la pointe. 
Sur ce pelage se voit une petite bande longitudinale 
d'une teinte claire, partant des épaules et aboutissant aux 
flancs. Les pieds sont annelés de noir et de blanc-jau- 
nâtre. La queue n'est pas fort longue ni trèspoilue; 
en dessus les poils sont noirs terminés de blanc, puis 
roux à leur base; en dessous la queue est d'un roux ar- 
dent , et vers le bout des poils elle est noire. 

Longueur totale de 14 à 15 pouces, sur laquelle la 
queue porte 6 pouces 6 lignes. 

SciuRus ERYTUROGENYS, Watcrh. Proceed. Zool. Soc. 
1842, pag. 129. — Fraser Zool. typ. pL 25. 

Patrie. L'île de Fernando-po. 



ÉCUREUIL MOUCHETÉ. SCIURUS MACULATUS. 
Dans un des premiers envois de M. Pel , le musée en a 



j — 131 — 

reçu plusieurs sujets de sexe et d'âge différents , revê- 
tus d'une même livrée et qui ont été tués dans une 
même époque de l'année , probablement celle du rut ; 
leur pelage est approchant en tout point semblable par 
la nature des poils comme pour les couleurs de ceux ci. 
Quelques autres individue tués dans la saison opposée , 
diffèrent plus ou moins par le pelage. La queue de cette 
espèce est fort longue, distique dans la saison du rut, 
arrondie durant le reste de l'année. 

Vue à distance on la prendrait pour une espèce à li- 
vrée complètement noire, parce que la majeure partie 
du pelage est en effet de cette teinte; mais vue de près, 
ce pelage est couvert partout de petits points couleur 
ocre, l'extrémité de tous les poils en étant peinte; lors- 
qu'on relève ces poils , leur base feutrée est d'un noir- 
bleuâtre , puis ils ont une teinte jaunâtre-terne , suivie 
d'une seconde bande noire intense et lustrée, la pointe 
extrême est ocre : la tête , le corps , les membres et la 
base de la queue portent cette marqueterie. La queue 
est annelée partout de bandes noires, qui alternent avec 
des stries très-fines et grises ; du rouge châtain couvre 
la partie postérieure et intérieure des pieds de devant , 
ainsi que l'abdomen et la partie intérieure des pieds de 
derrière. Le ventre est d'un noir-cendré et la poitrine 
ainsi que la gorge sont annelées de roussâtre et de noir. 
La tête est grande et de forme ovoïde ; les incisives sont 
grandes , lisses et de couleur châtain. 

Dans la saison plus ou moins éloignée de celle du rut, 
le pelage est plus abondamment garni de feutre, sans 

0* 



— 132 — 

que celui-ci offre des teintes disparates. La pointe seu- 
lement des poils soyeux est couverte d'un grand espace 
roux-jaunàlre , ce qui fait que la livrée paraît moins 
noire , attendu que ce bout terminal roussâtre cache en 
partie la couleur noire du fond. La queue est de forme 
arrondie. 

Longueur totale des vieux, de 20 à 21 pouces, dont 
la queue prend 11 à 12 pouces. Nous avons des jeunes 
de 14 à 15 pouces; leur pelage ne diffère de ceux à 
l'état adulte que par des teintes moins vives, mais il 
est moucheté partout de la même manière. 

Patrie. La Guiné, sur les bords des rivières couverts 
de forêts. 



ÉCUREUIL AUX PIEDS ROUX. SCIUMS 
PYRRIIOPUS. 

F. CuviER a fait connaître l'écureuil de cet article ; il 
le décrit sur l'individu vivant , parvenu à l'état adulte , 
offert à la ménagerie de Paris par M. F. Prévost qui 
l'avait reçu de M. Mortemart. Cet individu adulte, fait 
partie aujour d'hui du musée de Paris ; le musée des 
Pays-Bas possède aussi un sujet de cette espèce, prove- 
nant de la même localité que celui de Paris; mais dont 
la taille est moins forte, n'étant parvenu qu'à l'état de 
semi-adulte. La description de F. Cuvier, prise sur l'a- 
dulte, est comme suit. 



— 133 — 

Toutes les parties supérieures du corps , depuis la 
nuque jusqu'à la queue, ont une teinte verdâtre qui ré- 
sulte de poils annelés de noir et de jaune ; ces poils 
sont noirs depuis la base, sans annelures qu'à leur pointe 
où ils en ont d'un jaune-verdâtre ; celte teinte devient 
un peu plus claire sur les flancs, et une bande blanche 
étroite , composée de poils uniformément blancs , naît à 
l'épaule et se prolonge en s'aff'aiblissant jusqu'au dessus 
des membres postérieurs. La queue à sa base en dessus 
est de la couleur du dos; elle est d'un gris foncé dans 
tout le reste de sa longueur, les anneaux jaunes des poils 
étant devenus blancs, et ces anneaux ont dans tous les 
poils de la queue ainsi que les anneaux noirs, une bien 
plus grande largeur que dans les poils du dos. La tête 
à l'exception de la mâchoire inférieure , la moitié des 
bras, les avant-bras, les mains, les cuisses, les jambes et 
les pieds en dessus, sont d'un fauve vif et brillant. Tou- 
tes les parties inférieures ainsi que la face interne des 
membres sont blanches avec une légère teinte rousse. 

Longueur totale 16 pouces sur la quelle la queue compte 
pour 7 pouces. 

SciuRus PYRRHOPUS F. Cuv. Manitii. V. 4. liv. 66. — 
Wagn. Schreb. Supp. Mann. p. 215, sp. S9. 

Patrie. L'île de Fernando-po, côte de Guiné. 



ECUREUIL A LOBE BLANC. SCIURUS 
LEUCOSriGMA. 

Sur dix individus de celte espèce nouvelle , trouvés 



— 134 — 

dans des localités différentes de la Guiné, savoir sur la 
rivière Boutry et dans les forêts de l'intérieur, aucun 
ne diffère remarquablement par les couleurs du pelage ; 
tous sont à l'état d'adulte parfait ; aussi ont-ils été 
tués à peu-près dans la même saison de l'année. Mai 
et Juin , ce qui fait qu'on ne saurait dire positivement 
que les couleurs de leur pelage , dont la description se 
trouve notée ici , soit invariablement la même dans tou- 
tes les saisons de l'année, ni quelle différence cette livrée 
peut offrir dans le jeune-âge. 

Sommet de la tête, parties supérieures du corps et de 
la queue noirs , à bout terminal des poils d'une teinte 
cendrée roussâtre , ou Isabelle foncé ; tous ceux du des- 
sus de la queue noirs à long bout terminal d'un blanc 
pur. Une petite bande couleur isabelle part de l'omo- 
plate et aboutit à la cuisse. Le museau, les joues, les 
côtés du cou , les flancs, les pieds et la face extérieure des 
membres sont d'un brun terne , couleur chocolat. Toutes 
les parties inférieures sont d'un blanc parfait. La queue , 
un peu distique, est d'une teinte roussâtre depuis l'ori- 
gine jusqu'à la moitié de la longueur des poils , puis 
elle est noire, le bout terminal de tous les poils est 
blanc. La partie extérieure du lobe des oreilles est d'un 
blanc pur, un petit liséré brun en marque le contour. 

J'avais écrit ces lignes lorsque me parvinrent trois 
fiutres individus, tués par M. Pel, en Février et Mars; 
ils diffèrent , par les teintes de leur pelage , des dix men- 
tionnés ci dessus; ils arrivent juste à temps pour complé- 
ter les indications relatives à cette espèce. 

Le pelage de ces trois individus est plus abondamment 



— 135 — 

garni de poils laineux et les soyeux sont plus longs que 
dans ceux tués en été. Quoique la couleur du fond de 
la robe n'ait éprouvé aucune altération, toutefois, le 
bout terminal des poils soyeux a pris une autre teinte 
que celle propre aux individus tués en Juin et Juillet , 
ce qui fait qu'ils varient d'une manière remarquable les 
uns des autres , principalement par les teintes différen- 
tes du bout des poils ; ce dont résulte une coloration plus 
ou moins disparate dans la livrée des deux saisons de 
l'année. 

Ceux-ci diffèrent des précédents, en ce que la teinte 
isabelle du bout des poils est remplacée pas une couleur 
jaune-clair. La petite bande latérale des flancs, de cou- 
leur isabelle qu'elle était , est devenue d'un roux-clair. 
Les parties latérales du corps et des membres , indi- 
quées ci-dessus comme peintes de brun terne , le sont d'un 
roux ardent et lustré. Les parties inférieures du corps, 
la queue ainsi que le lobe extérieur des oreilles, portent 
exactement les mêmes teintes que celles indiquées dans 
la description de l'autre livrée de saison. 

Longueur totale des individus de la plus forte taille 
14 pouces, sur laquelle 6 pouces 8 â 9 lignes pour la 
queue. 

Patrie. La Guiné, sur les bords de la rivière Boutry 
et dans les forêts de la côte jusqu'aux confins du pays des 
Aschantes. 



— 136 



ECUREUIL A BRAS ROUGES. SCIURUS 
RUBROBRACHIATUS. 

Sans prétendre attacher quelque importance systéma- 
lique à la forme de la queue dans le genre Sciurus , nous 
eu faisons usage pour grouper ensemble un petit nom- 
bre de ces rongeurs , chez lesquels ce membre se pré- 
sente sous cette forme plus ou moins arrondie, dans tou- 
tes les saisons de l'année, et sans qu'on puisse trouver 
d'indice , que les poils de la queue s'écartent latérale- 
ment vers l'époque du rut, et qu'ils forment pour lors une 
queue plus ou moins applatie, qu'on est convenu de 
nommer distique. 

L'espèce décrite ici, ainsi que celles dont il sera fait 
mention , ont en effet la queue plus ou moins de forme 
arrondie; nos individus acquis à Londres portent ce ca- 
ractère , indiqué aussi par M. Waterhouse dans la diagnose 
de cet écureuil, et réproduit dans la figure de Fraser; 
des individus capturés par ce naturaliste font partie du 
niusée des Pays-Bas; ceux-ci, de même que les dépouil- 
les dont les naturalistes anglais font mention , parais- 
sent avoir été tués dans l'époque la plus éloignée du temps 
du rut; vu que leur livrée est garnie de poils feutrés, 
longs et d'apparence terne. 

La tête est courte, à peu-près arrondie; les incisives sont 
grêles et d'un brun ombre ; les supérieures ont une fai- 
ble rainure , par laquelle on peut distinguer cet écureuil 
de tous ses congénères. 



— 137 — 

Le roux clair et le noir parlait sont distribués d'une 
manière uniforme , ils forment des annelures de largeur 
égale sur la tète, sur tout le corps et ses membres , ainsi 
que sur la partie basale de la queue ; l'abondance du feu- 
tre fait que cette livrée paraît terne , quoique les poils 
soyeux se trouvent être lustrés. Le menton, la gorge, la 
poitrine et la partie médiane du ventre sont d'un jaunâtre 
terne, mais sur les flancs cette couleur est nuancée de 
cendré ; la partie intérieure des quatre membres est 
peinte de roux-rougeâtre , et cette couleur sert de mar- 
que distinctive à l'espèce. La queue, à partir de quel- 
que distance de la base , est annelée de bandes noires 
et roussâtres. 

Longueur totale jusqu'au bout du flocon de la queue 
22 pouces, sur laquelle celle-ci prend 15 pouces. Les 
dimensions dans les Proceedings sont celles des individus 
à l'état de semi-adulte. 

SciuRUS RUBROBRAGUiATus W a t c r h. Proc. Zool. Soc. 
1842 , p. 128. — Fraser Zool. typ. pi. M,Jigure exacte. 

Patrie. M. Fraser a trouvé cette espèce dans l'île 
de Fernando-po, côte de Guiné. 



ÉCUREUIL A QUEUE ANNELÉE. SCIURUS 
ANNULATUS. 

L'espèce décrite ici n'est pas nouvelle ; connue depuis 
bien des années, elle a été indiquée en 1820 par Des- 
MAREST , sous Ic uom porté en tête de notre article ; le 



~ 138 — 

lieu (le provenance n'ayant pu être déterminé , il en est 
résulté que l'espèce n'a point été admise dans les catalo- 
gues méthodiques; toutefois, celui publié par M. Scniiviz, 
cite Vannulatus de Desmarest , en le classant avec doute , 
parmi les espèces des deux Amériques; Wagner Sciire- 
BER supplément, le rapproche de Sciurus Lewini du Mis- 
souri; son habitat, bien déterminé aujourd'hui , est la côte 
occidentale de l'Afrique. Il fait partie d'un petit groupe, 
auquel, indépendamment des espèces citées ici, viennent 
se réunir Sciurus muUicolor de Ruppell , trouvé en Abys- 
sinie et Sciurus cepapi de Smith , du pays des Cafres. 

Cet écureuil a le pelage d'un gris-verdâtre clair, pro- 
venant de ce que les poils sont gris à la base et termi- 
nés de jaune-roussâtre ; tous sont annelés , à partir de 
la base, d'une large bande jaunâtre, suivie d'une noire 
plus étroite, que termine une bande jaune roussâtre. 
Menton, devant du cou, poitrine, ventre, et pattes d'un 
blanc assez pur ; oreilles ovales , noires au bout et inté- 
rieurement; queue très-longue, ronde, annelée en tra- 
vers de noir et de blanc. 

Longueur totale de 17 à 20 pouces, sur laquelle on 
compte de 10^ à 11 pouces pour la queue. 

Sciurus ANNULATus, Des m. Tab.meth. des Mamm. ,i^[xg. 
558 , sp. S46. 

Patrie. La Sénégambie, très-commun au Sénégal. 



ÉCUREUIL POINTILLÉ. SCIURUS PUNCTATUS. 
A juger d'après huit individus, tués à des époques 



— 139 — 

flifférenles , quoique assez rapprochées, de l'année, l'on 
pourrait présumer que l'espèce conserve la coloration de 
sa livrée dans toutes les saisons; si un neuvième indivi- 
du, tué à une date plus éloignée d'un mois environ des 
huit autres, ne nous avait lourni la preuve d'une dou- 
hle livrée, à la vérité peu disparate de l'autre, mais 
qui produit cette différence du pelage, dans les deux 
saisons opposées de l'année , probablement par l'usure ou 
le dépérissement du bout des poils. 

Sur quatre de ces individus , l'on ne voit entre-eux au- 
cune différence de coloration. Le corps, la tête, les 
membres et la base de la queue sont d'un noir parfait, 
pointillé , sur toutes ces parties , de petites taches d'un 
roux clair ; ces mouchetures proviennent de ce que cha- 
que poil est annelé de deux petites bandes noires et de 
deux autres rousses, la dernière terminale, produit les 
petites taches disséminées à peu-près sur toutes les par- 
ties. La face est d'un roux clair et les moustaches y 
prennent naissance. Tout le dessous du corps, du cou, 
ainsi que la face interne des membres sont d'un blanc 
paraissant terni , vu que la base des poils est d'un teinte 
foncée. La base de la queue est colorée comme le dos, 
le reste est annelé de bandes noires, assez larges, et par 
d'autres plus étroites, d'un roux clair; leur bout terminal 
est blanc ; la pointe extrême de la queue est roussàtre. 

Un individu , revêtu de ce pelage sur la majeure par- 
tie du corps , nous a offert aux joues et sur les côtés du 
cou les indices du changement de la livrée. Les parties 
mdiquées sont annelées, à dislance égale, de petites stries 



— 140 - 

noires et blanches, la strie terminale de cette cou- 
leur produit des mouchetures plus claires , sur ce fond 
toujours noir de la robe , qui est pour lors régulièrement 
annelée de noir et de blanc. 

Longueur totale des vieux 14 pouces ou 6 lignes en 
plus , dont la queue prend 9 pouces. 

Patrie. L'espèce est commune dans toutes les forêls 
de la Guiné, mais elle semble choisir de préférence cel- 
les du bord des rivières. 



ECUREUIL DE GAMBIE. SCIURUS GAMBIANUS. 

Encore un de ces noms de lieu, de district ou de 
rivière, dont les naturalistes anglais sont si prodigues dans 
les épithètes, qu'ils donnent aux animaux, notés par eux 
dans les Proceedings , voir année 1855 , p. 103 ; où l'espèce 
est indiquée en ces termes. 

Cet animal appartient au groupe des écureuils à oreil- 
les arrondies, non touffues, et qui ont une queue cylin- 
drique, couverte de poils courts, non distiques. 

La partie supérieure du corps et la base de la queue , 
sont d'une couleur brune uniforme de souris, avec une 
légère teinte de jaune rougeâtre , partout pointillée 
de gris , vu que les poils sont annelés de noir et de 
blanc jaunâtre. La queue est longue , couverte de poils 
courts , ayant à sa base la même couleur uniforme du 
dos; mais annelée ou rayée depuis là jusqu'au bout de 
bandes nombreuses noires et d'un gris-brun clair, exac- 



— 141 — 

tement , est-il dit , comme est marqué le dos de la Ry' 
zena et de Herpestes fasciatus. Toute la longueur du 
corps est de 9^ pouces et la queue de même. 

Il est difficile d'émettre une opinion sur cette espèce, 
qui parait être voisine de la précédente ; mais elle est 
plus grande et différente par les teintes du pelage. Son 
nom indique qu'on la trouve sur la rivière de Gambie: 
est-ce à la source où bien vers l'embouchure de ce fleuve 
qu'il faut la chercher ? 



ÉCUREUIL POENSIS. SCIURUS POENSIS. 

Sans doute nommé ainsi par abréviation de Fernando- 
po, nom d'une petite île non loin de la côte de Guiné , 
sur laquelle une factorerie anglaise est établie? L'espèce 
est indiquée par le Dr. Smith, dans l'un ou l'autre écrit 
périodique , à nous inconnu ; le nom seulement a été cité 
dans les Proceeding s de 1855, à l'article du Sciwms gam- 
hianus , où il est dit , que ce Poensis diffère du Gambia- 
niis par sa petite taille , ses couleurs disparates et sa queue 
non annelée ; dès lors j'ai cru que ce pouvait être la 
même espèce, que celle obtenue en plusieurs individus de 
la Guiné ; espèce que nous décrivons maintenant ci-dessous, 
au risque de fournir double emploi d'un nom nouveau 
dans un genre , qui en comprend déjà un chiffre si remar- 
quable: de plus heureux que nous dans la recherche du 
Poensis , pourront trancher la question d'identité ou de 
différence spécifique. 



— 142 



ÉCUREUIL SOURISSE AU. SCIURVS MVSCVLIISUS. 

Dans le premier pelage de saison , les poils cotonneux 
ou le feùlre étant plus abondant que dans l'autre pelage, 
il en résulte quelque différence , à la vérité peu remar- 
quable dans les deux livrées de cet écureuil. Toutes 
les parties du corps, de même que laqUeue, sont d'une 
teinte grise-noirâtre uniforme , quoique très-finement poin- 
tillée de roux. La queue est longue, arrondie, unicolore, 
mais pourvue de poils longs ; le ventre est teinté légère- 
ment de roussâtre clair. 

Le feutre qui domine dans l'une des saisons est d'un 
noir bleuâtre, les poils soyeux plus rares, sont finement 
annelés de roux et terminés de noir. 

Le feutre moins fourni dans une autre période de l'an- 
née, est caché par les poils soyeux plus abondants; ceux- 
ci sont couverts de lustre et finement annelés de roux ; 
leur pointe extrême est d'un roux vif; ce qui fait que 
ces petits points sont mieux marqués. 

Longueur totale 11 pouces 6 ou 8 lignes, sur laquelle 
6 pouces 6 ou 7 lignes pour la queue. 

Le pelage des jeunes de l'année , dont la longueur to- 
tale ne dépasse pas 6 pouces, est partout de couleur de 
souris , sans aucune moucheture. 

Patrie. Répandu dans toutes les localitées boisées 
de la Guiné. 



143 — 



Le genre Pteromys peut-être subdivisé convenablement 
en trois sections ou sous-genres; savoir, les Anomalures, 
les Taguans et les Polatouches. L'Afrique nourrit dans 
ses contrées équatoriales les trois espèces distinctes du 
premier de ces groupes; espèces remarquables, connues 
depuis peu et qui ont longtemps échappé aux recher- 
ches faites dans les contrées qu'elles habitent. Celle de 
taille intermédiaire a été introduite dans le système par 
le naturaliste anglais Waterhouse, sous le nom Ano- 
malurus Fraserii, type de ce sous-genre , et que le na- 
turaliste Fraser a rapporté de l'expédition sur le fleuve 
Niger. L'autre, plus forte de taille, approchant de celle 
des grands Taguans de l'Inde , a été trouvée par notre 
voyageur Pel , dans le pays des Fantes ; plusieurs indi- 
vidus ainsi que des. squelettes ont été envoyés par lui à 
notre musée. La troisième ou la plus petite de ce groupe 
nouveau , n'a point encore été introduite dans les cata- 
logues de nomenclature. A l'exemple de M. Water- 
house, qui donna à l'espèce type le nom du naturaliste 
anglais, aux recherches duquel la connaissance en a été 
due ; je me suis empressé à faire hommage de notre 
acquisition nouvelle à M. Pel , qui en fît la capture dans 
ses pérégrinations à la Guiné , et pour que nul autre ne 
nous ravit cette découverte récente, seulement en lui im- 
posant un autre nom, l'espèce à été publiée immédiate- 
ment sous celui A' Anomalurus Pelii, dans la monographie 
du genre Pteromys; travail que M. M. Sghlegel et Muller 
publiaient à cette époque, dans une des livraisons de 



— 144 — 

l'ouvrage sur la Zoologie de nos possessions dans l'Inde'. 

Le genre Anomahirus a été fondé par M. Waterhouse, 
sur des caractères osteologiques plus ou moins disparates 
de ceux reconnus aux Pleromys. Leur crâne est plus 
long quoique formé sur un modelle semblable ; les dents 
en nombre égal ont aussi la même forme. Les Anoma- 
lurus manquent de tout vestige d'arcade post-orbitale ; 
l'orifice anteorbital est grand et de forme ovalaire , l'ar- 
cade zygomatique est aussi plus grêle que dans les Ple^ 
romys. La colonne vertébrale compte 10 vertèbres dor- 
sales et 15 côtes , tandis que chez les Pleromys il n'y à 
que 7 dorsales et 12 côtes; ces derniers ont 4 vertèbres 
lombaires et les Anomahirus en ont 5 ; ceux-ci ont à la 
queue 32 vertèbres, tandis que les Pleromys n'en ont que 
26 seulement. Le tendon servant de soutien à la grande 
membrane des flancs, trouve attache , dans \q^ Pleromys, 
aux os métacarpiens; dans les Anomahirus, ce tendon est 
uni au coude et prend attache à l'apohyse de l'olécrane. 

Les caractères zoologiques présentent aussi des diffé- 
rences , au moyen desquelles il est facile de reconnaître les 
espèces de ces deux groupes de rongeurs , munis d'un pa- 
rachute. Le caractère le plus saillant se voit dans les 
écailles cornées, nues et rugueuses, au nombre de 14 
à 16, dont le dessous de la queue est garni, à partir 
de la base jusqu'à peu-près la moitié de sa longueur; 
ces écailles alternent entre-elles et sont superposées les 



') VerhandcHngen ovcr de JVat. Gesch. der Nederl. Bczitt. pag. 108. 

• 



— 145 — 

unes sur les autres comme des tuiles ; leur extrémité 
saillante est en forme d'arête pointue, tournée en dehors, 
afin qu'elle puissej fournir à l'animal un soutien dans 
l'ascension du tronc des arbres qu'il veut escalader. Une 
autre forme disparate de celle propre à tous les Pteromys, 
existe dans le point d'attache da fort tendon, servant de 
support à la grande membrane des flancs; ce tendon, 
au lieu d'aboutir aux os métacarpiens, est fixé â l'apo- 
physe olécrane , ce qui fait que les Anomalurus ont tout 
l'avant-bras et la main libres , tandis que les Pleromys 
n'ont de libre que l'extrémité de ce membre ; dans tout 
le reste des formes extérieures, l'on ne voit aucune dif- 
férence organique entre les espèces de ces deux grou- 
pes , si ce n'est dans la forme des oreilles , courtes et 
arrondies chez les Pteromys , longues et ovoïdes chez les 
Anomalurus. 

Les moeurs et la manière de se nourrir, des uns et 
des autres , sont à peu-près les mômes. Les Anomalu- 
rus sont seulement doués de moyens plus puissants de 
support du corps , surtout lorsqu'ils veulent monter au 
tronc perpendiculaire des arbres , dont les couronnes por- 
tent les fruits qui leur servent de nourriture : dans cet 
acte d'ascension , la partie écailleuse et rugueuse de la 
queue leur sert de point d'appui, ainsi que de moyen 
plus prompt pour s'élever, par des bonds et des sauts, 
sur l'écorce des arbres , contre laquelle ils se cramponnent 
au moyen de leurs pieds; pour lors ils agissent absolu- 
ment à la manière des pics, aidés à cette fin de leur 
queue à pennes raides et élastiques. Leur chute du faîte 
d'un arbre qu'ils veulent abandonner pour en escalader 

10 



— 146 — 

un autre, a lieu exaclemcnt de la même manière que le 
font les Pleromys; les uns et les autres étendent à cette 
fin leurs membranes de support , ils parviennent ainsi , 
soutenus et à l'aide de ce parachute, a atteindre le point 
voulu du pied de l'arbre voisin qui doit leur servir à en 
escalader le sommet. Leurs demeures habituelles sont 
les grandes forêts, à la lisière desquelles ils se rendent 
vers l'entrée du crépuscule: de jour, ils se retirent à l'a- 
bri des voûtes sombres, où ils se cachent dans les trous 
vermoulus des grands arbres. On les voit le plus habi- 
tuellement par paires, rarement plusieurs réunis. Ils 
se nourrissent de fruits. 



ANOMALURE DE PEL. ANOMALURUS PELIL 

Pelage long , lisse , bien fourni , très-doux et manquant 
de poils soyeux , dont est composée la queue seulement ; 
moustaches très-longues. Livrée noire et blanche. 

Toutes les parties supérieures du corps , la majeure 
partie des membranes, les membres en dessus, la tête 
et le devant du cou d'un noir profond et couvert de 
lustre. Le chanfrein , une touffe derrière l'oreille , le 
bord extérieur de la membrane des flancs , celui plus 
étendu de la membrane caudale et la base de la queue 
d'un blanc parfait. Tous les poils soyeux de la queue 
sont d'un blanc teint légèrement de roussâtre; ils sont 
rudes, longs, particulièrement ceux vers le bout qui est 
terminé par un pinceau de poils très-longs. 



- 147 — 

Les oreilles sont longues , nues , mais poilues à leur 
base extérieure , d'où naissent les touffes blanches. Le 
dessous du corps est couvert d'un pelage abondant , de 
couleur grise , à extrémité des poils noirâtre. Les mem- 
bres en dessous , ainsi que les membranes n'ont que des 
poils rares et blanchâtres. L'iris des yeux est brun. 
Les sexes n'offrent pas la plus légère différence dans les 
teintes du pelage ; celui que porte le jeune âge ne nous 
est point connu. 

Longueur de l'adulte de forte taille à peu-près 3 pieds , 
sur lesquels la queue jusqu'au bout du pinceau , prend 
20 pouces. Distance du bord antérieur des yeux à la 
pointe du nez 1 pouce 2 lignes. Hauteur des oreilles 18 
lignes. 

Patrie. M. Pel a trouvé cette espèce remarquable 
pendant le séjour qu'il fit à Dabocrom , dans les contrées 
boisées du pays des Fautes et vers les confins de celui 
des Aschantes. 



ANOMÂLURE DE FRASER. ANOMALURUS 
FRASERII. 

D'un quart moins grand, dans toutes ses dimensions, 
que le précédent ; la queue plus courte que le corps. Nature 
du pelage et formes comme ce dernier ; des poils soyeux 
raîdes couvrent une partie de la membrane des flancs. 

Pelage de toutes les parties supérieures du corps , des 

10* 



— 148 - 

membres, de la tête, de la première moitié de la queue 
et des membranes d'une ternie noirâtre, nuancée de fau- 
ve, les poils étant noirs depuis leur base et terminés de 
fauve-roussâtre ; cette dernière couleur domine sur l'é- 
paule , où elle forme , de chaque côté , une grande tache 
produite par l'étendue plus considérable de la teinte 
fauve à la pointe de ces poils. A la partie basale de 
l'oreille se trouve une toufle de poils, d'un noir parfait; 
ce noir profond couvre aussi les joues et entoure les or- 
bites des yeux, mais chez les vieux individus seulement: 
ceux-ci ont le bout des poils du dos d'un roux plus 
foncé que les jeunes. Les poils qui garnissent la membra- 
ne des flancs vers le tendon de soutien , sont rudes et d'un 
noir parfait. La queue , depuis la moitié de sa longueur 
jusqu'au bout, est garnie de longs poils rudes et noirs. 
La gorge est d'un gris-noirâtre. Le dessous du corps 
est blanchâtre jusqu'à l'âge de semi-adulte , et plus ou 
moins roussâtre chez les vieux. Les deux sexes ont le 
même pelage. Les oreilles nues ainsi que le museau sont 
couleur de chair. 

Longueur totale de l'adulte de très-forte taille 24 
pouces, sur laquelle la queue compte 10 pouces; dis- 
tance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez 
1 pouce; hauteur des oreilles 13 lignes. 

Anomalurus Fraserii. Waterh. Proc. Zool. Soc, 1842, 
p. 124. — Fraser, Zool. typ , pi. 22. — Pteromys Der- 
BiANUs. Gray , Ann. and. Mag. Nat. Hisf. 1842, p. 262. — 
Pteromys squamicaudus. s c h i n t z , Syst. Verz. Mamm. , 
p. 58, sp. 20. 

Patrie. Trouvé par M. Pel dans les mêmes localités 



— 149 — 

habilées per l'espèce précédente, mais elle y est bien 
plus rare que son congénère. M. Fraser a rapporté de 
l'île Fernando-po les individus du musée britannique , et 
le musée des Pays-Bas en possède aussi de la même lo- 
calité. 



ANOMALURE LAINEUX. ANOMALURUS 
LANIGER. 

Nous établissons cette espèce sur l'examen d'une seu- 
le dépouille, obtenue sans désignation précise, dans l'un 
des envois adressés par M. Pel au musée des Pays-Bas , 
il nous marque l'avoir obtenue d'occasion ; quoique mal 
préparée elle est d'ailleurs en bon état de conservation ; 
le lieu de provenance n'est pas connu ; toutefois , l'on 
peut présumer qu'elle vient de l'une ou de l'autre facto- 
rerie de la côte , plutôt que de l'intérieur , vu que les 
peaux préparées par les nègres indigènes sont toujours 
mutilées et sans aucun os , tandis que dans celle-ci le 
crâne et quelques os des membres sont demeurés in- 
tacts. 

Cet anomalure nouveau , moins grand que le précé- 
dent, lui ressemble par les formes ; mais la nature du 
pelage ainsi que les couleurs offrent des disparates re- 
marquables. L'indication succincte suffira pour s'en 
convaincre. 

Pelage court, touiïu , ébouriffé , laineux et crépu partout, 



— 150 — 

hormis à la queue, couverte de poils soyeux, courts et 
rares; celle-ci est terminée par des soies un peu plus 
touffues et plus longues. La membrane qui unit la queue 
aux membres postérieurs garnie, sur le bord, de poils 
soyeux , disposés à claire-voie et la dépassant. 

Couleurs des parties supérieures du corps, des mem- 
branes et des membres d'un gris terne, paraissant com- 
me saupoudré de blanchâtre, tous les poils étant gris 
depuis leur base et terminés de blanc terne ; cette teinte 
grise-cendrée prend un ton roussâtre-clair le long de l'é- 
pine dorsale et sur la nuque , tandis que des teintes plus 
blanches se voient aux côtés du cou et à la région de 
l'omoplate. Sur ce pelage cotonneux se trouvent repar- 
tis quelques poils soyeux , disséminés à claire-voie ; ceux- 
ci sont plus rapprochés et forment bordure de la mem- 
brane qui unit la base de la queue aux membres posté- 
rieurs. La gorge et la poitrine sont d'un roux de rouil- 
le , et le reste des parties inférieures du corps d'un blanc 
roussâtre. La partie libre de la queue est couverte de 
poils bruns, rares et courts; le bout terminal en porte de 
plus longs, noirâtres et formant un pinceau court. 

L'individu du musée des Pays-Bas est le seul observé 
jusqu'ici, il paraît n'avoir point atteint son développe- 
ment parfait, il se trouve à l'état de semi-adulte. 

Longueur totale 16 pouces, sur laquelle 7 pouces pour 
la queue ; hauteur des oreilles 9 lignes. 

Patrie. La contrée où habite cette espèce nouvelle 
n'est pas exactement connue , on peut cependant lui 



— 151 — 

donner, en toute sécurité, la côte occidentale comme lieu 
de provenance. 



LOIRE DE COUPÉ. MYOXUS COUPEI. 

Je n'ai pas été à même d'examiner le nombre néces- 
saire d'individus du Loire murin du cap Sud, non plus 
que d'un autre à gorge rousse , pour m'assurer de l'i' 
dentité spécifique , qu'on présume avoir lieu entre les 
indications du Myoxus erythrohronchus de Smith * , et 
Myoxus murinus de DeSxMarest ^. Quelques naturalistes 
croient que ces indications doivent être réunies. M. Smuts 
du Cap concidère le murinus comme le jeune de l'ery- 
throbronchus ; je ne saurais toutefois, affirmer ni le pour 
ni le contre; il ne m'est non plus clairement démontré 
que ce sont deux livrées de saison de la môme espèce, 
et que ces deux livrées auraient pu donner lieu au dou- 
ble emploi de nom. L'opinion émise par M. Smuts me pa- 
raît spécieuse ; toutefois , dans le doute sur l'identité ou 
la disparité de fait , il paraît convenable de laisser provi- 
soirement subsister les deux noms, admis aujourd'hui dans 
les catalogues systématiques. 

Il paraît que le genre Graphiurus , formé parF. Cuvier, 
et dans lequel deux espèces se trouvent énumérées, est 
une de ces coupes artificielles, comme il s'en trouve 



*) Smith , Zool. Journ. 4 , pag. 
2) Mammal. pag. 542. 



438. 



— 152 — 

plusieurs dans les systèmes, créées par le génie de l'in- 
novation et que le compilateur admet sans examen préa- 
lable ; ce n'est qu'un démembrement arbitraire du genre 
Myoxus , établi sur la forme des dents moins fortes, usées 
et plus lisses de couronne que celles du Lérot muscar- 
din. M. Ogilby et les autres naturalistes anglais n'ad- 
mettent non plus le genre Graphiurus. 

Notre Coupei de la côte occidentale de l'Afrique , res- 
semble par la taille et par la structure totale à son con- 
génère Sud-africain; mais il s'en éloigne par la forme 
des oreilles, qui sont plus petites, à lobe moins baut, 
surtout moins large, de forme ovoïde, un peu droit et 
sans replis ; il a aussi toutes les parties supérieures de la 
tête , du corps , ainsi que la queue en totalité , d'un gris- 
clair uniforme', un peu rembruni le long de l'épine dor- 
sale ; les joues, à partir du bord inférieur des yeux, le 
menton et toutes les parties inférieures sont d'un blanc 
pur. Les poils de la queue sont graduellement plus longs 
à partir de la base vers la pointe , où ils diminuent de 
nouveau en longueur jusqu'au bout; tous ces poils ont 
une couleur grise uniforme , absolument de la même 
teinte que le dos. Les jeunes. L'adulte ne nous est 
point connu. 

Longueur totale 7 pouces, sur laquelle 3 pouces 6 
lignes pour la queue ; hauteur des oreilles 4 lignes ; lar- 
geur 5 lignes. 

Myoxus COUPEI. F. Cuvier ,Mamm, Vol. 2, pi. fujure 



— Î53 — 

exacte du jeune. — Isid. Geoff. Dicl. class. Vol. 9, 
pag. 484. — Wagn. Schreb. Sàug. Suppl. Vol. 3, 
pag. 275. 

Patrie. La Sénégambie et la Guiné. 



Quoique le genre 3hs, tel qu'il a été établi par le 
premier fondateur du système de la nature, ait été di- 
visé et subdivisé depuis ce temps en un très-grand nom- 
bre de genres et de sous-genres ; que les découvertes im- 
portantes d'espèces inconnues à Linné , ignorées même 
de ses premiers disciples , soient venu augmenter de 
plus du double et bien près du triple , le cbiflre des pe- 
tits rongeurs qu'on réunissait jadis en un seul grand 
groupe; le genre 31us , tel qu'il est réduit aujourd'hui 
en des limites mieux circonscrites , n'en demeure pas 
moins une des coupes méthodiques de la famille des ron- 
geurs, encore fort nombreuse en espèces distinctes; ce 
chiffre augmenterait considérablement par une moisson 
abondante d'espèces inédites, si les voyageurs qui exploi- 
tent des contrées encore imparfaitement connues , sous le 
rapport de leurs productions en histoire naturelle, vou- 
laient se donner la peine de prendre plus de soin et de 
diriger mieux leurs travaux, pour l'acquisition des petits 
animaux dont la vie est nocturne ; ceux-ci , cachés pen- 
dant la clarté du jour dans leurs conduits souterrains, 
échappent toujours à leur investigation ; aussi n'est ce , 
le plus souvent , que grâce au hasard qu'on est parvenu 
à faire leur capture. Les procédés à employer pour se 
rendre maître d'un grand nombre de petits carnassiers 



— J54 — 

insectivores fouisseurs , ainsi que des petits rongeurs sub- 
terranéens sont cependant bien faciles , l'application en 
a été recommandée souvent. 

Ils consistent à faire choix de quelques grands vases 
en terre cuite, dont l'ouverture soit bien large, d'un pied 
ou plus en circonférence ; l'intérieur en doit être vernis ; 
la profondeur pourra satisfaire au but, lorsqu'ils pourront 
contenir trois ou quatre pouces d'eau , laissant un ou deux 
pouces entre l'eau et le bord du vase. Lorsqu'on se sera 
assuré de la présence des petits mammifères nocturnes, 
soit dans les champs ensemencés , dans les bois ou bien 
dans les sentiers, l'on enfouira ces vases de manière à 
ce que leur bord soit à niveau du terrain , ou mieux de 
quelques lignes au-dessous de ce niveau. Les petits mam- 
mifères courant çà et là, tombent dans ces vases, s'y 
noyent , ou bien ne peuvent s'en échapper, vu le poli de 
leur bord. 

En faisant usage de ce procédé , ou bien en disposant 
convenablement des lacets de crin , l'on ne ferait plus 
dépendre d'occasions purement fortuites , les moyens de 
se procurer les petits mammifères dont l'existence, le 
plus souvent, n'est même pas soupçonnée, tandis que 
la chance probable de les étudier se présentera plus fré- 
quemment. 

Les petits mammifères insectivores de la Guiné ne 
sont point encore parvenus à notre connaissance ; ceux 
du Damara , contrée située plus au Sud sur cette même 
côte occidentale de l'Afrique, ont fait l'objet principal des 
recherches du capitaine Alexander. Les espèces nouvel- 



~ 155 — 

les de ces contrées ont été indiquées par M. Ogilby , 
voir Proceedings of the Zoological Society , année 1838, 
pag. 5 , où on les trouve décrites sous les noms de Ma- 
crocelides Alexanderi , M. melanotis et Chrysochloris da- 
marensis: parmi les petits rongeurs rapportés par le même 
capitaine anglais , se trouvent cités Bathyergus damaren- 
sis et Myoxus elegans. 

Notre voyageur à la côte de Guiné , nous en a adressé 
quelques uns de cette famille , à la vérité en bien petit 
nombre , mais parmi lesquels il ne s'en trouvent que 
deux connus et décrits ; les cinq autres n'ont point 
encore été mentionnés; ils servent de preuve renou- 
vellée que partout , dans quelque contrée du globe que 
ce soit , les naturalistes peuvent compter de faire des 
captures intéressantes d'espèces inédites de rongeurs sub- 
terranéens; parmi lesquelles nous trouverons indubita- 
blement des formes nouvelles à faire connaître. Les cinq 
espèces que nous allons décrire , appartiennent toutes au 
genre Mus. Indépendamment de celles-ci, on trouve en- 
core généralement répandu, sur toute la côte de Guiné, 
Mus raltus , Mus decumanus et Mus musculus d'Europe, 
dont la livrée ainsi que le genre de vie sont demeurés 
les mêmes que dans les contrées, d'où elles tirent leur 
origine. 

RAT A DOS RAYÉ. MUS VITTATUS. 

Le plus grand nombre des naturalistes, ceux même 
qui ont décrit et publié des figures de cette espèce , lui 
ont toujours donné le nom de Muspiimilio de Sparman, 



— 156 — 

sans qu'ils se soient doutés des différences remarquables 
entre ces deux espèces. Elles sont en effet marquées , 
l'une et l'autre, de quatre bandes dorsales, on les trouve 
dans la même partie méridionale le l'Afrique , mais du 
reste, elles sont essentiellement distinctes. Le Dr. Wagner 
a fait le premier cette remarque , et les caractères qu'il 
indique pour reconnaître ces deux espèces sont très-exacts. 

En effet , le pumilio se distingue du villatus par sa 
taille moins forte; par sa queue plus courte que le corps, 
totalement nue; les quatre bandes du dos naissent d'une 
grande tache noire , couvrant la nuque ; l'orbite des yeux 
est entouré d'un espace plus clair que le reste du pela- 
ge , et le museau l'est de même. Ce Mus pumilio est 
plus rare au Cap de Bonne Espérance que l'espèce dis- 
tincte dont nous allons donner le signalement. 

Le rat à dos rayé ou Mus villatus, est bien plus ré- 
pandu au Cap que son congénère dont il à emprunté le 
nom ; on le trouve partout dans la colonie et dans le pays 
des Cafres ; M. Pel vient de l'envoyer de la Guiné , où il 
est très-commun et ne diffère point de ceux qui nous 
viennent des autres contrées plus méridionales. 

Le pelage des parties supérieures du corps est géné- 
ralement d'un fauve-grisâtre, nuancé irrégulièrement en 
teintes claires ou brunes. Quatre bandes parallèles cou- 
vrent le dos, à partir des omoplates jusqu'à la base de 
la queue; ces bandes sont d'un noirâtre mêlé de teintes 
roussâtres, l'entre-deux de ces bandes est grisâtre. Les 
oreilles , de grandeur moyenne, sont rondes , couvertes in- 
térieurement de petits poils roux, et leur bord antérieur 



»^ 157 - 

esl marqué d'une tache noire. La queue est plus lon- 
gue que le corps, elle dépasse le bord antérieur des 
oreilles ; elle est couverte de petites écailles , médiocre- 
ment poilues et noires en-dessus, plus abondamment gar- 
nie en-dessous de poils bruns , puis terminée par un 
mince pinceau noir. — Les jeunes ont des teintes plus 
claires, mais leur robe est peinte de la même manière 
que celle des vieux. 

Longueur totale, prise sur des individus très-vieux, 
9 pouces , sur laquelle 4 pouces 5 lignes pour la queue ; 
hauteur des oreilles un peu plus de 6 lignes. 

Mus viTTATUS. W a g n. S c h r e b. Sdiig. Suppl. , p. 435. 
— Mus PUMiLio. Brants, JJuizen, p. 105. — Smuts, 
JJamm. , p. 30. — Smith, llluslr. Zoolog. of Souih- 
Afric, pi. 46 , fig. 1. — Rat a dos rayé F. C uv. , Mamm. 
planche , figure exacte. 

Patrie. Depuis le Cap jusques sous l'Equateur. 



RAT BARBARESQUE. MUS BARBARUS. 

De la taille du précédent, auquel il ressemble aussi 
au total par ses formes, si ce n'est que celui-ci a les 
doigts des pieds de devant très-courts ; de prime abord 
l'on ne découvre que trois doigts , vu que les latéraux 
n'existent qu'à l'état rudimentaire; ajoutez encore que les 
oreilles sont moins larges et par là de forme ovoïde. 



- 158 — 

Pelage des parties supérieures jusqu'au delà des 
flancs, d'un brun noirâtre, passant au roux-mordoré à 
la croupe et aux cuisses. Cette livrée est peinte d'une 
large bande dorsale , noire et lustrée , partant de l'occi- 
put et terminée en pointe à la base de la queue ; six pe- 
tites bandes parallèles à celle du dos , couvrent les flancs 
de chaque côté, en passant sur les cuisses; ces bandes 
sont iormées par une série des petites taches jaunâ- 
tres , faisant l'efl'et d'une robe couverte de maculatures. 
Les oreilles seraient totalement glabres, si leur bord in- 
terne supérieur n'était point couvert de poils très-courts 
et roux. La queue , aussi longue que le corps , est cou- 
verte de petites écailles , dans les interstices desquelles 
naissent des poils courts et rudes. La gorge, les parties 
médianes du cou et du ventre , ainsi que la face interne 
des membres sont d'un blanc pur. Les moustaches sont 
courtes et brunes. 

Longueur totale 8 pouces 2 ou 5 lignes , sur laquelle 
pour la queue 5 pouces 6 ou 8 lignes ; hauteur des oreil- 
les 6 lignes. 

Mus BARBARUS. Linn. Syst. Impart. 2 add. — Schreb. 
Wagn, Suppl. Vol. 5 , pag. 453. — Brants, Muizen , 
p. 120. — Benn. Gard, and menagr., p. 29. — Wagn. 
Reizen in Alger. Vol. 5 , p. 55 , tab. 1. — Rat de barbarie, 
Desmar. Mamm. , pag. 504, sp. 485. 

Patrie. Cette espèce à robe peinte avec recherche, 
vit dans les broussailles non loin des champs en culture; 
on la voit le plus souvent par couple , mais rarement de 



— 159 - 

jour ; à la Giiiné , elle ne vit que dans les districts éloig- 
nés de la côte. 



RAT TRIBANDE. MUS TRIVIRGATUS, 

De la taille du précédent , mais la queue plus courte, 
totalement glabre , à peine aussi longue que le corps , et 
à oreilles petites et courtes. 

Le pelage est court, lisse, lustré et couleur de souris 
à teinte brune-roussâtre ; sur celte robe se trouvent trois 
bandes noires, de longueur inégale; celle du centre prend 
origine au sommet de la tête entre les yeux , passe sur 
la nuque , puis devenant plus large , suit la direction de la 
colonne vertébrale en se terminant en pointe vers la base 
de la queue ; la petite bande des deux côtés naît derrière 
l'omoplate et aboutit à la croupe. Les oreilles sont pe- 
tites , de forme ovoïde , couvertes intérieurement de poils 
d'un roux-ardent et ayant une petite touffe de cette cou- 
leur à leur base antérieure. La queue est nue et lisse. 
Le dessous du cou et du corps , de même que la face 
interne des membres sont d'un blanc légèrement teint de 
roussâtre. Les ongles de tous les pieds sont blancs, et 
les moustaches brunes. 

Les dimensions précises des sujets, dans leur dévelop- 
pement parfait, nous manquent; mais à juger de ceux 
reçus à l'état de semi-adulte , ces dimensions ne peuvent 
dépasser celles de l'espèce précédente. 

Patrie. La côte de Guiné , dans les environs de Da- 
bocrom. 



— 160 - 



RAT SIKAPUSI. MUS SIKAPUSL 

Cette autre espèce nouvelle, est d'un bon tiers plus 
forte que la souris d'Europe; elle en a les formes, moins 
celle de la queue , qui est beaucoup moins longue , at- 
teignant à peine la partie postérieure de l'omoplate. 

Les couleurs du pelage des parties supérieures du 
corps et de la tête , diffèrent aussi fort peu , par leurs 
teintes uniformes, de celles de la souris commune; ce 
sont des nuances plus ou moins foncées de noir cendré 
ou de gris noirâtre , mêlé de roussâtre ; mais ces teintes 
sombres colorent la moitié seulement du pelage; en le 
relevant l'on s'apperçoit que leur partie basale est d'un 
roux clair; cette couleur couvre aussi toutes les parties 
inférieures du corps jusqu'à l'anus. Les pieds sont 
bruns, munis d'ongles blancs. Les oreilles sont courtes, 
nues et arrondies. La queue est nue , couverte jusqu'au 
bout d'anneaux parfaits ; elle est noire en-dessus et grise 
en-dessous. Les moustaches sont courtes et noires. 

Longueur totale 7 pouces, dont à déduire pour la 
queue 5 pouces ; hauteur des oreilles 15 lignes. 

Patrie. La même localité que l'espèce précédente. 



SOURIS ROUSSE-BLANCHE. MUS ERYTHRO- 
LEUCUS. 

Commune dans les champs , cette souris semble se 



— IGl — 

plaire à la Guiné , comme notre Mus syivalicus d'Europe 
dans les plaines cultivées , donnant la préférence à cel- 
les ensemencées de millet ; elle a aussi les mêmes moeurs 
et ses formes ne diffèrent point , mais il y a disparité 
marquée dans la couleur du pelage. 

Les parties supérieures du corps et de la tête sont 
d'un rougeâtre clair , paraissant terni ; en relevant les 
poils de Jces parties , leur base est d'un beau gris clair ; 
les joues, les cotés du cou, les flancs et les cuisses ont 
des teintes cendrées rougeâtres; toutes les parties infé- 
rieures sont blanches. Les oreilles sont arrondies , nues 
et d'un brun clair. La queue, aussi longue que le corps 
et la tête, est couverte d'écaillés blanches, garnies de 
poils ras. Les pieds et leurs ongles sont d'un blanc pur. 

Longueur totale 7 pouces 5 ou 4 lignes, sur laquelle 
5 pouces 7 lignes pour la queue; hauteur des oreilles à 
peu-près 6 lignes. 

Patrie. Dans toutes les parties cultivées de la Guiné. 



SOURIS SOURISSEAU. MUS MUSCULOIDES, 

Ce pygraée dans la famille des rongeurs , par l'exiguité 
de ses formes, ressemble sous plusieurs rapports à une 
autre espèce infiniment petite, découverte récemment 
dans le pays des Cafres , inscrite sous le nom de Mus 
minuloides de Smitu. Notre musée ayant obtenu du 



11 



— ]G2 -^ 

voyageur Wahlberg un individu de celte petite souris 
de la côte orientale de l'Afrique , nous sommes à môme 
d'établir , par la comparaison , les diagnoses caractéristi- 
ques de ces deux espèces. 

La dimension totale de l'une et de l'autre espèce est 
approchant la même ; minutoides ne porte que 3 pouces 
7 lignes, et notre miisculoides a seulement 2 lignes en 
plus. Le premier a les oreilles grandes , larges et hautes 
de 4 lignes; le second les a petites, arrondies et hautes 
de lignes; l'un a le tarse long de 4| lignes, l'autre 
de o| lignes. Le premier a la queue couverte à claire- 
voie de poils courts et rudes ; le second a une queue to- 
talement nue. En relevant les poils des parties supé- 
rieures de l'un , leur base est couleur de plomb , à la 
quelle succède une annelure couleur ocre et leur pointe 
est noire; chez l'autre, la base des poils est aussi cou- 
leur de plomb, mais l'autre moitié jusqu'à la pointe, est 
d'un brun-noirâtre. Ce sont là les différences les plus 
marquantes dans la comparaison en détail ; il n'est guère 
possible d'en indiquer d'aussi tranchées dans l'ensemble , 
ni dans la distribution des couleurs du pelage. 

Il résulte de la coloration des poils dans minutoides , 
que tout le dos ainsi qu'une partie des flancs , sont teints 
de noir ou de noir mêlé de roux ; cette dernière couleur 
devient dominante sur les flancs , aux joues et sur les 
parties extérieures des membres, où elle forme démar- 
cation nette et tranchée , avec le blanc parfait de toutes 
les parties inférieures. Les pieds sont gris et les ongles 
blancs. 



— 103 — 

Par la même cause des leintes moins compliquées de 
chaque poil , il s'en suit que musculoidcs a des cou- 
leurs plus pâles et plus ternes. Toutes les parties su- 
périeures sont d'un brun foncé, qui prend une nuance 
roussâtre sur les flancs et les membres antérieurs, sans 
revêtir les cuisses ; la démarcation tranchée du roux des 
flancs et du blanc pur des parties inférieures est la même 
dans les deux espèces. Les pieds et leurs ongles sont 
d'un blanc parfait. Tels sont les résultats de l'examen 
comparatif, sur un sujet seulement, de chacune de ces 
espèces. 

Je ne connais point , du moins pour l'avoir vu en na- 
ture, une autre petite espèce décrite par Wagner sous 
le nom de Mus modestus ; on lui donne en longueur totale 
3 pouces 5 lignes , des oreilles hau es de 5^ lignes et les 
tarses ont 7 lignes. 

Patrie. Notre musculoides est de la côte de Guiné. 



RAT ROUSSARD. MUS RUFINUS. 

Cette espèce nouvelle appartient à la section des rats , 
dont notre Mus decumanus forme le type; sous certains 
rapports elle ressemble à ce rat d'Europe, même jusqu'à 
provoquer l'idée que ce pourrait être une variété de climat 
de notre espèce commune , si toutefois, nous n'avions 
point la preuve certaine que notre rat desman , trans- 
porté par les navires européens à la Guiné , ainsi que 
dans plusieurs autres contrées du globe , continuait à 



- 164 — 

pulluler sous ces climats divers en conservant partout le 
caractère primitif de son espèce ; la conviction nous en 
est fournie encore , par la comparaison de ce rat nou- 
veau de la Guiné , aux individus du decumanus , obtenus 
de cette partie de l'Afrique. 

Les différences notables entre cette espèce inédite et le 
rat desman, se trouvent dans la forme plus allongée du 
crâne ; la queue est plus grêle , quoique aussi longue , et 
les oreilles sont bien plus grandes en bauteur, surtout 
en largeur; le pelage est mieux fourni et les poils sont 
rudes et plus longs. 

La tête, les joues, la nuque, les côtés du cou, les pieds 
de devant, le dos jusqu'à la croupe, les flancs et la 
partie antérieure des cuisses , sont d'un roux terne , en- 
tremêlé irrégulièrement de noirâtre, vu que chaque poil, 
depuis la base , est d'une teinte foncée avec la pointe rous- 
sâtre. La croupe , la base de la queue et la partie pos- 
térieure des cuisses sont d'une teinte rousse-rougeâtre. Le 
ventre et la gorge paraissent être gris , parce que le pe- 
lage peu abondant, dont ces parties sont couvertes, est 
foncé à la base et blanchâtre à la pointe. La queue est 
noire en dessus et blanchâtre en dessous. 

Nous ne pouvons déterminer les dimensions de cette 
espèce à l'état du développement parfait , nos deux in- 
dividus ne l'ayant point encore atteint ; ils sont à l'état 
de semi-adulte; ils présentent les dimensions en longueur 
totale savoir, 11 pouces, sur laquelle 3 pouces pour la 
queue; hauteur des oreilles 9 lignes, leur largeur 7 lig- 
nes ; hauteur du tarse 9 lignes. 

Patrie. Elle infeste les demeures dans toutes les 



— 165 — 

parties de la Guiné ; sa manière de vivre est la môme 
que celle du Mus decumanus. 



Parmi les rongeurs qui nuisent^ aux ]>ecoltes, et dont 
les dévastations sont un des grands fléaux pour l'agri- 
culture dans les contrées , où cette industrie commence à 
prendre quelque développement , on peut citer deux en- 
nemis redoutables aux progrès des cultures , dans les 
contrées tropicales de l'Afrique dont nous nous occupons : 
Cricetomys gambianiis et Aulacodus Swinderianus. 

Le premier, décrit en 1840, à peu-prés en même 
temps , par M. 31. Waterhous et Ruppell; le second, dont 
j'ai fourni l'indication , en 1827 , sur un jeune indivi- 
du, et que Bennet a fait connaître en 1831 , à l'état de 
développement parfait. Ces deux grandes espèces, mu- 
nies de poches ou d'abajoues , forment chacune le type 
d'un genre distinct dans la famille des rongeurs. L'une 
et l'autre paraissent avoir échappées longtemps à la con- 
naissance des naturalistes, aussi leurs dépouilles sont 
elles rares dans les collections zoologiques. Des indivi- 
dus des deux sexes , parfaitement adultes, viennent d'être 
obtenus au musée par les soins de M. Pel. Ici nous fe- 
rons mention des caractères ostéologiques, du moins de 
ceux du crâne et des dents de ces deux types , pour n'a- 
voir qu'à décrire les formes et la couleur de leur pelage 
dans leurs articles respectifs. 

Le crâne du Cricetomys est remarquable par sa lon- 
gueur, aucun des autres types de la famille des rongeurs 
ne lui est comparable sous ce rapport ; elle provient de 



— 166 — 

rallongement des os du nez. Le trou entre-orbital est 
très grand et a une forme plus ou moins triangulaire. 
Les arcades zygomatiques sont moins développées et 
plus droites que dans les rats; les caisses auditives ont 
aussi un moindre volume. Les dents sont, â quelques 
faibles modifications près, de la môme forme que dans 
les rats , leur nombre est égal. Les pieds et les doigts 
sont comme dans les rats, mais les doigts latéraux, 
de chaque côté , posent à terre et sont un peu moins 
longs seulement que les trois doigts du milieu , qui 
se trouvent être presque égaux. Le caractère le plus 
remarquable dans ce type, c'est l'existence d'un dou- 
ble appareil mammaire , dont j'ai été à même de vérifier 
la présence sur deux très-vieilles femelles; l'une d'elles 
nous est parvenu en peau , conservée à l'esprit de vin ; 
l'individu était évidemment dans l'époque de l'allaitement, 
vu que les boutons des mamelles se trouvaient dans un 
état de développement extraordinaire. Il résulte de l'exa- 
men de ces individus, qu'indépendamment des quatre 
mamelles ventrales il s'en trouvent encore quatre autres 
à la poitrine , entre les jambes de devant ; il est probable 
que ce double appareil sert à l'allaitement , tous les 
boutons de notre individu étant également développés. 

D'une part , le Criceiomys est voisin des Cricetus , en 
ce que , comme ceux-ci , il est muni de poches labiaires, 
d'autre part, par le crâne, moins sa longueur dispro- 
portionnée, ainsi que par les dents et leur nombre, il 
ne diffère point des vrais 3Iiis, tandis que le système 
d'allaitement combiné avec sa grande taille, servent à l'i- 
golcr parfaitement de tous les autres rongeurs. 



— 167 



Le genre Aidacodus est une coupe dans cette famille, 
établie par moi , pour y classer ce rongeur de forme anor- 
me , qu'à l'époque où parut cette définition systématique, 
je n'ai pu mentionner que sur un individu fort jeune ; 
depuis ce temps , le naturaliste anglais Bennet c'est vu 
à même de compléter mes indications sur des individus 
dans leur développement parfait. 

Aidacodus a le crâne solide et fort. La crête occipi- 
tale est très-haute , de même que l'inlerpariétale , ces 
crêtes sont tranchantes ; les frontaux sont séparés par 
une rainure prolongée jusqu'entre les os du nez, for- 
més en deux tubes accolés. L'ouverture entre-orbitale 
est très-grande, de forme ovoïde. Les arcades zygoma- 
liques sont de longueur et de force remarquables, par 
contre les orbites sont petites et les caisses auditives peu 
développées. Le nombre des molaires est de quatre aux 
deux mâchoires ; leurs couronnes émaillées sont carrées 
et il s'y forment des plis transversalement. Les incisi- 
ves supérieures sont puissantes, en forme de demi-cer- 
cle ; seulement la moitié intérieure de leur émail est si- 
lonnée de trois rainures profondes , les inférieures ont la 
même largeur, mais elles sont lisses. La plus forte lon- 
gueur de la tête est de 3 pouces 6 lignes ; sa largeur 
aux arcades est de 2 pouces 4 lignes. 

Pour les autres détails du crâne ainsi que relative- 
ment à ceux du squelette dans le premier âge, l'on peut 
consulter Monogr. de Mamm. Vol. 1 , p. 243 , et la pi. 2i5. 



— 168 — 



CRICETOMYS GAMBIEN. CRICETOMYS 
GAMBIENSIS. 

Les catalogues méthodiques ayant adopté ce nom , em- 
prunté d'une rivière ^ , il nous sert à désigner l'espèce 
remarquable, jusqu'ici la seule connue dans cette coupe 
méthodique; en 1840, 31. Waterhous en donna le pre- 
mier la notice dans une séance de la société zoologique 
de Londres ; presque en même temps , M. Ruppell en 
faisait graver le portrait sur un individu obtenu de Sierra- 
Leona , déposé dans le musée de Francfort ; il lui don- 
na le nom de Mus golialh. M. Pel vient de nous envoyer 
quelques individus, sous le nom de Boetie, qu'il porte à 
la Guiné, et sous lequel on le trouve indiqué dans Bos- 
MAN ; par conséquent priorité de nom d'un siècle et demi 
environ , que toutefois , nous ne revendiquons point. 

A voir le Cricetomys de prime abord , on le prendrait 
pour un rat de forme gigantesque , tant il ressemble à ces 
espèces de rongeurs par les formes totales , ainsi que par 
quelques détails de son organisation extérieure; cepen- 
dant , quelques formes moins apparentes lui ont valu à 
juste titre d'être distrait des rats, pour former un type 
distinct dans la grande famille des rongeurs ; nous venons 
de mentionner ces caractères, dont le plus remarquable, 



') Il n'est pas dit, si c'est de la source ou de reniLouchuic de 
cette rivière que provient l'individu ; comme lieu de provenance , ces 
localités peuvent cependant offrir une grande distance. 



— IGO — 

sans doiile, est celui du double appareil mammaire, 
qu'il serait intéressant de mieux constater par des re- 
cherches à faire sur des individus en fonction d'allaite- 
ment. 

Le Cricelomysdi le pelage court, lisse, absolument com- 
me les rats , un peu lustré et dépourvu de feutre. Sa 
queue est comme celle des rats, longue et nue; ses 
oreilles sont droites, plus hautes que larges et totalement 
nues. Le sommet de la tête, la nuque, le milieu du 
dos et la base de la queue sont d'un brun-noirâtre , cou- 
vert de lustre; cette teinte sombre devient graduellement 
plus claire sur les flancs et sur les côtés de la tête; la 
partie inférieure des flancs , les cuisses et les jambes 
sont d'un brun-clair; la partie inférieure des pieds, les 
doigts, la face intérieure des membres, toutes les par- 
lies inférieures ainsi qu'une grande partie du bout de la 
queue , sont d'un blanc pur. La région des moustaches 
est nue et celles-ci sont noires. Les sexes ne diflerent 
point par les couleurs du pelage. Les jeunes ont des 
poils courts et fort rares sur la face extérieure des oreil- 
les et de la queue. 

Longueur totale des individus à l'état du développe- 
ment parfait, 2 pieds 2 pouces, sur laquelle 14 pouces 
pour la queue; hauteur des oreilles 1 pouce 2 lignes; 
longueur de la tête 5 pouces. 

CiucETOSiYS GAiMBiANUs.'gW a t c r h. Proc. Zool. Soc. 1840 , 
p. 1. — Wagn. Schreb, Sàufj. Suppl. p. 545. — Mus 



— 170 — 

GOLIATH, liuppell, Muse. Senckcnb. 3. p. 114, pi. 9 et 
10. — BoETiE, dans B os m an. 

Patrie. Une grande partie de la côte occidentale; 
commun à la Guiné, où ils se montrent souvent dans les 
habitations, même jusque dans les forts; ils l'ont de 
grands dégâts dans les magasins et dévastent les champs 
de mais. 



AULACODE SWINDERIEN. AULACODUS 
SWINDERIANUS. 

Ce rongeur de la taille du chat sauvage , a toutes les 
parties du corps revêtues de poils soyeux , rudes , dépri- 
més et rainures , élastiques et à pointe piquante. La 
longueur de la queue ne dépasse pas celle de la moitié 
du corps. Les oreilles sont courtes , presque rondes , dé- 
passant à peine le pelage. Les ongles sont longs, lar- 
ges, bombés en dessus, évasés en dessous. 

Tous les poils portent des annelures noires et rousses , 
qui alternent, il s'en suit que les couleurs de la robe 
offrent un mélange de ces deux teintes; mais la base 
des poils ainsi que leur face interne sont d'une teinte 
blanchâtre. Le ventre est couvert de poils blanchâtres an- 
nelés de brun ; ceux du museau, de la partie inférieure 
des joues, de la gorge et de l'abdomen sont d'un blanc 
pur. Les moustaches sont en partie brunes et blanches. 
En dessus la queue est noire cl roussâtre en dessous. 



- 171 — 

Longueur totale de 26 à 28 pouces, sur laquelle 7 
pouces 7 à 10 lignes pour la queue; distance du bord 
antérieur des yeux à la pointe du nez 2 pouces ; hauteur 
des oreilles 10 lignes, 

AuLACoDus swiNDERiANus. Tcmm. Monogr. de Mamm. 
Vol. 1, p. 243, pi. 23 , le jeune. — Benn. Proc. Zool. 
Soc. 1850, p. 111. — Wagn. Schreb. Sdug. Suppl. 
pag. 528. — Waterh. Mamm. Rodent. Vol. 1 , pag. 536, 
pi. 16. 

Patrie. Une grande partie de l'Afrique centrale et 
littorale, depuis le pays des Cafres jusqu'à la côte de 
3Iossambique, les côtes de Guiné etd'Angole. Ils y por- 
tent le nom de cochon de terre , rat de terre et rat 
des bois. Les dévastations qu'ils font dans les champs de 
maïs sont immenses. 



Nous avons encore à citer deux rongeurs , au sujet 
desquels il ne m'est parvenu pour toute notice , que la 
certitude de leur existence à la côte de Guiné; l'un, du 
genre Hystrix ou Porcépic , est probablement Hyslrix cris- 
talus , l'espèce commune en Europe et qu'on trouve aussi 
dans les parties septentrionales et méridionales de l'A- 
frique ; l'autre est du genre Lepus; mais cette espèce de 
Lièvre de la Guiné , se trouve seulement inscrit pour mé- 
moire dans les notices de M. Pel ; il y est dit, qu'à Apam 
et à Acra , il a vu un Lièvre , de la taille de notre Lapin 
d'Europe , à oreilles très-longues. Le musée , n'ayant 
obtenu aucune dépouille de ces deux rongeurs comme 



— 172 — 

moyen de comparaison propre à constater l'espèce, nous 
en sommes réduits , pour le présent , à signaler leur pré- 
sence sans autre détermination spécilique. 



Parmi les Â/anis , genre de l'ordre Edenlala , ou des 
mammifères dépourvus de dents incisives , se trouvent à 
la Guiné trois espèces peu communes dans leur pays 
natal, et fort rares dans nos collections zoologiques; deux 
sont du nombre des animaux récemment inscrits dans 
nos catalogues de nomenclature ; ce n'est que depuis les 
recherches faites en Afrique , il y a quelques années , que 
la certitude a été acquise , qu'une de ces espèces, décrite 
par M. Smuts 1 sous le nom de Manis Temmincki, dif- 
fère essentiellement de Manis laticaudata ou Pangolin de 
BuFFON, du continent de l'Inde, avec laquelle on l'avait 
confondue par erreur, dans les synonymes du Pentada- 
clyla de Linné. Que l'autre , Manis iricuspis , d'abord 
prise pour le jeune-âge d'une autre espèce Africaine , a 
été citée comme identique du Pangolin à longue queue 
ou Phatagin de Buffon, mais depuis ^reconnue comme 
formant un espèce distincte , citée par M. M. Rafinesque 
et SuNDEVALL. Ellcs sc trouvcut inscrites maintenant , 
l'une et l'autre, sous les noms indiqués dans les traités 
zoologiques les plus récents. 

Les individus de ces deux espèces, lorsqu'ils sont par- 
venus à l'état parfait d'adulte , deviennent de plus en 



Mammulcgia ccqicnsis . pag. 64. 



— 173 — 

plus rares dans la partie du liltoral de l'Afrique , là , 
surtout, où la civilisation et l'agriculture font des pro- 
grès rapides parmi les indigènes. Ces animaux à allures 
lentes et de moeurs inoffensives , se dérobent difficile- 
ment aux poursuites des habitants , qui en font une 
grande destruction, soit pour se nourrir de leur chair, 
soit pour les dépouilles qu'ils employent à divers usages. 
Il paraît que la première de ces espèces se creuse des 
tanières , ou bien elle se cache dans les monticules éle- 
vés par les légions de termites , vrais fléaux de ces con- 
trées, et parmi lesquelles ce Manis fait une grande des- 
truction. La seconde vit toujours sur les arbres , où 
les fourmis forment aussi sa pâture; elle parvient à se 
dérober à la poursuite de ses ennemis en se retirant, 
de jour , dans les trous des arbres vermoulus. Le Pha- 
tagin ou Pangolin à longue queue, le même que Manis 
longicaudala de Shaw , se trouve aussi à la côte occiden- 
tale ; notre musée possède trois individus de forte taille, 
l'un rapporté du Sénégal , l'autre de la côte de Sierra- 
Leona, le troisième de la Guiné. 



MANIS DE TEMMINCK. MANIS TEMMINCKL 

Elle est parfaitement caractérisée et facile à distinguer 
de ses congénères , par sa petite tète , par la largeur 
considérable du corps, par celle de la queue, d'une venue 
à peu-près et de la même largeur que le corps ; cette 
queue conserve sa forme dilatée jusqu'au bout , où elle 
est arrondie , on dirait munie tronquée. 



— 174 — 

Les écailles ^ de la tête ont une forme ovalaire ; celles 
des parties supérieures du corps sont très-grandes, épais- 
ses , marquées de rainures à leur base , mais lisses vers 
le bout; la grandeur de ces écailles en diminue le nombre 
total, comparativement aux espèces qui en ont de moins 
grandes, ou dont les dimensions des écailles sont fort 
petites. Comme nombre comparatif l'on peut admettre , 
que dans cette espèce on en compte seulement 20, de 
la tête au bout de la queue , tandis que dans Manis la- 
iicaudata de l'Inde, l'on peut porter leur nombre à 30, 
ou à ce chiffre approximativement pour la môme distan- 
ce. Les écailles latérales de la queue sont très-fortes et 
proéminentes , leur pointe est un peu contournée en-de- 
hors ; la partie inférieure de cette queue a des écailles 
moins grandes de moitié que celles de dessus ; toutes 
sont d'une teinte brune- verdâtre, puis jaunâtre à leur bord. 
Les parties inférieures sont nues; la peau est d'un brun- 
jaunâtre. Les pieds sort courts, revêtus d'écaillés jus- 
qu'aux ongles; les deux du milieu aux pieds de devant 
sont les plus forts, très-courbés et évasés en dessous. 

Longueur totale du squelette, 29 pouces Clignes, dont 
la queue prend 14 pouces. Des deux sujets montés du 
musée, l'un porte en longueur totale 52 pouces, dont 
15 pour la queue; l'autre 23 pouces, dont 12 pour la 



') Il est nécessaire qu'on soit prévenu , que le nombre des écailles 
par bande transversale , non plus que par série longitudinale , ne peu- 
vent prendre ran^ parmi les caractères essentiels , propre à distinguer 
les espèces. Le chiffre au total , où bien le dénombrement par série 
des écailles, varie individuellement et selon l'âge, dans toutes les es- 
pèces connues. 



— i/i> — 

queue. Les écailles du dos sont longues de 5 pouces 
6 à 8 lignes et leur largeur est de 2 pouces 1 ou 2 lig- 
nes. La largeur de la queue à la base est de 9 pouces 
6 lignes; à petite distance du bout elle porte 5 pouces;, 
mesure prise en suivant la courbure de ce membre. 

Manis TEMMmcKi. S mut s, Mamm. Capens. , p, .54. — - 
Benn. Proc. Zool. Soc. 1854. pag. 81. — Sund. Acad. 
Handb. 1842. pag. 260. tab. 4. fig. 2-9. — Wagner, 
Scbreb. Sàuget. Suppl. pag. 224. 

Patrie. Il paraît que celle espèce était fort répan- 
due anciennement dans plusieurs parties de l'Afrique , 
aujourd'hui , partout où on la trouve encore, elle est ra- 
re, surtout le long des côtes fort peuplées, moins à 
l'intérieur, vu qu'elle y est plus à l'abri des poursuites; 
elle habite depuis le pays des Cafres jusque sous l'Equa- 
teur. 



MANIS PHATAGIN. JJANIS LONGICAUDATA. 

Les Manis à longue queue , dont on connaît aujourd'hui 
deux espèces, ont les forêts pour demeure habituelle; là 
elles peuvent se soustraire facilement aux poursuites, sous 
cette ombre protectrice, soit en se cachant de jour dans 
les gîtes que leur offrent les troncs des vieux arbres, ou 
bien à l'enfourchure des grosses branches , où elles se 
roulent en boule. Sur les arbres comme à terre, leur 
allure lente , mais assidue , est sans cesse à la quête 
des termites , qu'elles poursuivent jusque dans les trous 



— 17G — 

vermoulus , les sondant au moyen de leur langue exten- 
sible. Ces Manis , mieux organisés que les autres espèces 
pour monter aux troncs des arbres , sont munis d'une 
longue queue , dans laquelle elles trouvent leur point d'ap- 
pui; leurs pieds de devant, dépourvus d'écaillés, à peu- 
près jusqu'à l'épaule , permet à ces membres plus de li- 
berté de mouvement, aussi s'en servent-ils pour escala- 
der les troncs. 

Indépendamment de sa taille et de sa longue queue, 
cette espèce est caractérisée par la grandeur , l'épaisseur 
et la nature solide des écailles ; elles sont de forme ob- 
longue , ovoïde et lisse au bout , ce bout est d'un jaune- 
Gcre , leur partie basale est noire , couverte de rainures 
rapprochées et n'allant point jusqu'au bout. Les pieds 
de devant , à partir de l'épaule , sont couverts de poils 
rudes et noirs ; le ventre en est aussi garni , mais à 
claire-voie. 

Longueur totale, prise sur le plus grand des trois in- 
dividus du musée, 3 pieds 5 pouces, sur laquelle pour 
la queue 22 pouces 6 lignes. Écailles à l'épine dorsale, 
longues de deux pouces ou 2 pouces 5 lignes; leur lar- 
geur est de 1 pouce 3 lignes. 

Manis longicaudata. Shaw, Gen. Zool. Vol. 1. p. 183. 
pi. 55. — Sun de V. Acad. Handl. 1842. pag. 231. — 
Wagner, Scbreb. Sâug. Suppl. p. 213. — Pholidotus 
LONGicAUDATUS. Briss. Règii. anim. p. 31. — Manis tetra- 
DACTYLA. Linn. Scbreb. tab. 70. — Manis macroura et 
AFRicANA. Erxl. et Des m. — Piiatagin. Buff. Vol. 10. 



— 177 



pag. 180. pi. 35. — Pangolin a longue queue , Cuv. Règn. 
Anim. pag. 233. 

Patrie. Le littoral de l'Afrique occidentale entre les 
tropiques ; assez commun à la Guiné. 



MANIS TRIDENTE. MANIS TEICUSPIS. 

Les écailles , dont la tête et le corps sont revêtus , pré- 
sentent des formes et une texture três-disparates de celles 
de l'espèce précédente. Elles sont minces , flexibles et 
élastiques; leur forme est longue, droite, peu large et le 
bout est terminé par trois pointes, dont celle du centre 
est la plus longue ; celles de la queue sont plus larges et 
plus courtes toutes à extrémité tridentée. Les écailles 
sont rainurées jusqu'au bout; elles ont une teinte brune 
très-claire. Les pieds de devant, à partir du coude, n'ont 
point d'écaillés : la peau est nue , parsemée de quelques 
poils noirs. Toutes les parties inférieures soni couvertes 
de poils rudes et blancs. 

Longueur indiquée par M. Fraser , en totalité 50 pou- 
ces dont IS pour la queue. Le plus grand des individus 
de notre musée a 24 pouces , sur laquelle pour la queue 
15 pouces. La longueur des écailles du dos est de 1 pou- 
ce 2 ou 5 lignes , et leur largeur de 7 lignes. 

Manis tricuspis. Rafin. Ann. des Scienc. Nat. Vol. 7. 
pag. 213. — Sundev. , Acad. Handl. 1842. pag. 252. — 
Wagn. Schreb. , Sâuget. SuppL p. 217. — Jeune pha- 
TAGiN Daub. Buff. , Vol. 15. pag. 194. — Manis multi- 



12 



— 178 - 

SGUSTATA. Gray, Proc. ZooL Soc. 1845. pag. 22. — Fra- 
ser, Zool. tijp. pi. 28. 

Patrie. La côle de Guiné et l'île Fernando-po. 



Il paraît que dans l'ordre des Pachydermes , l'Éléphant, 
le Rhinocéros et l'Hippopotame, ne peuvent plus être ad- 
mis comme habitants des parties tropicales du littoral de 
l'Afrique. Ces grands mammifères, en bute à des pour- 
suites incessantes, se trouvent aujourd'hui refoulés, de 
plus en plus , vers les contrées de l'intérieur où l'usage 
des armes à feu n'a point encore remplacé les moyens 
de destruction , inventés par les aborigènes pour se ren- 
dre maître de ces grands animaux; l'on ne cite plus de 
nos jours d'exemple de l'apparition d'un éléphant dans le 
rayon des factoreries eiu^opéennes de ces côtes; l'ivoire 
qui y est apporté par les caravanes de l'intérieur, ne 
forme plus un article de commerce aussi important et lu- 
cratif, qu'ill'était encore au siècle dernier; aussi les de- 
mandes de dents d'éléphant pour compte européen , dé- 
passent remarquablement, dans toutes les factoreries, 
les moyens de faire face à cette branche importante de 
trafic. 

Les genres Phascochaeres , Sus et Htjrax , sont parmi 
les Pachydermes les représentants de cet ordre à la 
Guiné ; les deux premiers , Phascochaeres Aeliani et Sus 
larvatus , peuvent même prendre rang au nombre des 
espèces rares, toujours peu nombreuses partout le long 
de la côle. 



— 179 — 

PHASCOCHAÉRE D'AELÏAN. PHASCOCHAERES 
AELIANL 

Cette espèce , connue depuis un petit nombre d'années , 
difTère essentiellement de celle type du genre, décrite 
par Pallas sous le nom Ethiopiens ; au défaut des caractè- 
res ostéologiques servant à constater la disparité , les for- 
mes extérieures de ces deux espèces suffiraient, à elles 
seules, pour les déterminer exactement. La différence 
principale entre Phascochaeres Ethiopiens et Aeliani est 
que le premier n'a point d'incisives supérieures et qua- 
tre très-petites à la mâchoire inférieure , qui tombent dans 
un âge avancé; le second a deux fortes incisives à la 
mâchoire supérieure , et six persistantes à l'inférieure. 

Cette espèce est à peu-près nue sur toutes les parties 
du corps; la peau briine , de couleur de terre, est par- 
semée de quelques soies rares. Entre les oreilles naît 
une crinière de soies très-longues et touffues , qui revêt 
la nuque ainsi qu'une partie de l'épine dorsale; les soies, 
dont elle est composée sont brunes, réunies en petits fais- 
ceaux de trois à six crins, sortant d'un centre commun. 
Le bord de la mâchoire inférieure est ombragé par une 
barbe de crins blancs , contournés et relevés. Deux pe- 
tites verrues s'élèvent sur la face , l'une au dessous de 
l'oeil, l'autre sur la joue. La queue est droite, nue, 
terminée par une touffe de crins. Les défences à la 
mâchoire supérieure sont longues et fortement courbées ; 
les inférieures sont plus droites. 



t2 



— 180 — 

Longueur du bout du museau à la hase de la queue. 
4 pieds 4 à 6 pouces; de la queue 1 pied 5 à 6 pou- 
ces ; hauteur aux épaules 2 pieds 2 pouces. 

Sus AELiANi. Wagn. Schreb. Vol. 6. pag. 483. pi. 
526 A. — Kretschm. Atl. Rupp; Vo\j. pi. 25 et 26. — 
Ph. Harvia. Ehrenb. Sijmh. Phijs. pi. 20. — Schintz, 
Saugelh. Vol. 2. pag. 534. 

Patrie. Il paraît que cette espèce est répandue, en 
nombre plus ou moins considérable, depuis le Nord de 
l'Afrique jusque sous l'Equateur ; tandis que le Ph. Ae- 
tliiopicus vit depuis les colonies du Cap jusqu'au tropi- 
que. Elle a été trouvée par Ruppell dans le Kordofau , 
mais en plus grand nombre dans les parties orientales de 
l'Abyssinie; à la Guiné on ne la rencontre qu'en petites 
troupes dans les forêst; elle est de difficile approche, ce 
qui fait qu'on la voit rarement. 



SANGLIER MASQUE. SUS LARVATUS. 

L'espèce de Sanglier de la Guiné est du nombre des 
animaux qu'on ne saurait déterminer rigoureusement. 
Les premiers européens établis dans les contrées tropi- 
cales de l'Asie et de l'Afrique, n'ont vus dans toutes 
ks espèces , trouvées dans ces climats divers , que le seul 
type , à eux connu , du sanglier européen ; en effet , nous 
voyons Rosman partager la même opinion , ce qui fait 
que , jusqu'ici , l'on a toujours cru à l'existence de no- 



— 181 — 

tre Sus scrofa d'Europe, non seulement en Afrique, mais 
à peu-près partout dans l'Asie orientale , au Japon, aux 
Philippines, dans les îles de l'Archipel asiatique , jusqu'à 
la Nouvelle-Guiné. Nous avons déjà fourni ailleurs la 
preuve , que dans toutes ces contrées , les espèces du 
genre Sus qui s'y trouvent , sont bien différentes de no- 
ire sanglier sauvage d'Europe. Pour ce qui est de l'es- 
pèce des parties occidentales de l'Afrique, plus particu- 
lièrement de celle de la Guiné , nous ne pouvons, pour 
le moment, en rien dire avec quelque certitude , n'ayant 
pu jusqu'ici examiner la dépouille d'un Sus de celte con- 
trée. M. Pël nous marque dans ses notes , qu'à juger 
par la vue d'une peau mutilée, il croit reconnaître dans 
le sanglier des forêts de la Guiné , la même espèce que 
celle du Cap et des côtes orientales , connue sous le nom 
de Sus larvalus. Dans tous les cas, dit-il, l'espèce est 
rare dans les forêts de la côte, et les nègres ne la tuent 
que de temps en temps. — Ce n'est conséquemment 
qu'avec doute , que le nom de Sus larvatm peut être 
appliqué à cet habitant de la partie de l'Afrique, dont 
nous nous occupons ; espèce qu'il nous tarde d'être mis 
à même d'examiner en nature , et sur laquelle M. Pel 
est invité à faire des recherches suivies. 



Le genre Hyrax est composé, jusqu'ici , de trois espè- 
ces distinctes ; ce sont Hyrax syriacus , Hyrax capensis 
et Hyrax arhoreus ; la première du Nord et les deux au- 
tres des parties Sud de l'Afrique. Le naturaliste prus- 
sien Ehrenberg , en enumère encore trois autres, sous 



— 182 — 

les noms de ruficeps , dongolensis et habessinieus : celles- 
ci purement nominales , doivent être réunies , les deux 
premières comme pelage de saison du wdii Damati Israël, 
tandis que la troisième ne diffère point du Daman du 
Cap. Notre voyageur Pel vient d'ajouter une quatrième 
espèce à celles précédemment connues; elle nous à été 
envoyée sous le nom de Hyrax arhoreus , mais elle est es- 
sentiellement différente. 

Quoique cette espèce nouvelle présente par ses for- 
mes extérieures tous les caractères reconnus à ce genre 
d'animaux, que même, sa manière de vivre, ainsi que 
toutes ses habitudes soyent exactement les mêmes que 
dans Hyrax arhoreus du Cap ; quelques formes organiques 
marquantes lui sont particulières; celles-ci pourraient 
même servir à isoler notre espèce comme représentant 
d'un genre nouveau , si , en effet , la science pouvait y 
gagner quelque chose, en augmentant l'échaffaudage mé- 
thodique d'un nom générique de plus. Nous nous bor- 
nons à placer ce Daman nouveau , comme espèce voisine 
du Daman des arbres, auquel nous allons le comparer. 

DAMAN DES FORÊTS. HYRAX SYLVESTRIS. 

Le crâne de ce Daman à l'état parfait d'adulte, com- 
paré au crâne d'un Hyrax arhoreus du Cap , de même 
âge et égal de taille , offre ces différences, que celui 
de Hyrax sylveslris est plus court, tandis qu'il pré- 
sente plus de largeur aux arcades; le nombre des mo- 
laires aux deux mâchoires est de six dans Sylveslris ; 
dans Arhoreus, ainsi que chez les autres espèces , l'état 



— 183 — 

normal est de sept partout. La mémo disparité se re- 
trouve aussi ches les jeunes, lorsqu'ils sont munis de 
leurs dents de lait: Si/lveslris dans cet état, a trois 
molaires seulement , tandis que dans Arboreus l'on en 
trouve quatre. Les pieds , dans Sylvestris , sont plus 
robustes, les doigts plus longs et plus gros que chez 
Arboreus ; celui-ci a le doigt externe des pieds de devant 
rudimentaire; ce doigt est distinct et plus long dans Syl- 
vestris. 

A ces caractères s'en joignent quelques autres, pure- 
ment zoologiques ; Hyrax sylvestris a le museau , le men- 
ton et la région qui entoure les yeux, nus; ces parties 
sont couvertes de poils dans Hyrax arboreus. Le premier 
a la partie intérieure des oreilles parfaitement nue ; chez 
îe second les oreilles sont totalement poilues , même gar- 
nies de longues touffes blanches. La longue touffe de 
poils blancs qui recouvre la nudité glanduleuse du dos , 
et qui est propre aux deux espèces , forme une bande 
étroite dans Arboreus ; chez Sylvestris elle est plus éten- 
due ; les poils très-longs sont de deux couleurs , et la 
nudité glanduleuse occupe une espace plus considérable. 

Pelage rude , long , mais peu garni de feutre. Les poils 
soyeux sont d'un brun noirâtre à leur base, et de là 
jusqu'à la pointe ils sont noirs, annelés de roux-foncé 
la face extérieure du lobe des oreilles est abondamment 
garni de poils de la même couleur , mais la face inté- 
rieure est complètement nue. Vers la région des vertè- 
bres lombaires existe une grande tache , dont les poils 
très-longs sont d'un blanc pur à la pointe, et noir à la 
base; ils couvrent une partie de la croupe ; un large cer- 



— 184 — 

cle autour de l'orbite des yeux, tout le museau et le 
menton manquent de poils , si ce n'est les longues mous- 
taches noires dont les lèvres sont garnies; des crins longs 
et noirs naissent au dessus des yeux. La gorge est 
brune-noirâtre; le reste des parties inférieures du corps 
est d'un brun-clair. Quelques longues soies noires se 
trouvent reparties , cà et là , sur ce pelage d'une teinte 
très-sombre. 

Les jeunes de l'année ont le même pelage que dans 
l'adulte; il est seulement moins foncé, à teinte grisâtre; 
la tache du dos est plus petite , entourée de poils noirs ; 
ceux-ci couvrent aussi toute l'épine dorsale ainsi que le 
sommet de la tête. 

Longuewr totale 15 pouces ; du bord antérieur des yeux 
à la pointe du nez 1 pouce 7 lignes ; de toute la tête 4 
pouces 6 lignes; longueur de la plante des pieds de de- 
vant , depuis le talon au bout de l'ongle du plus grand 
des doigts, 1 pouce 10 lignes; des pieds postérieurs, 
2 pouces 5 lignes. Les dimensions de la plante nue des 
pieds, prises sur un Hijrax arhoreus de la même taille, 
donnent pour les pieds de devant, 1 pouce 7 lignes; 
pour les postérieures , 2 pouces 4 lignes. 

Eiwia est le nom nègre de ce Daman ; les indigènes le 
désignent ainsi par immitation du cri assidu et per- 
çant, dont, pendant la nuit, retentissent les forêts; il le 
répète incessamment , surtout lorsqu'il escalade le trono 
des arbres chargés des fruits dont il se nourrit, et qu'il 
va chercher jusqu'au faîte ; aussi ne le trouve t'on que 
dans les grandes forêts. De jour il s'abrite dans les trous 



_ 185 - 

vermoulus des arbres les plus gros ; ceux-ci servent de 
demeure à sa progéniture; il ne sort de cette cachette 
qu'à la chute du jour ; au clair de lune , les sons aigus 
qu'il répète sans cesse, décèlent sa présence, et le tra- 
hissent aux chasseurs. 

Patrie. Cette espèce est fort abondante, depuis la 
côte jusque dans le pays des Aschantes ; on la trouve 
partout où le pays est couvert de forêts. 



Le genre Antilope , tel qu'il a été établi par les natu- 
ralistes du siècle dernier , ne satisfait plus de nos jours 
aux besoins de la science ; il ne se trouve plus en har- 
monie avec les autres coupes méthodiques dans la classe 
des mammifères ; car, sous ce nom sont venus se grou- 
per successivement une multitude d'espèces nouvelles , 
montant en total approximatif au chiffre de 90 , distinc- 
tes et bien déterminées , parmi lesquelles il s'en trou- 
vent plusieurs qu'on ne peut, sans inconvénient, réunir 
en masse dans un même cadre générique. Convaincus 
par ce fait et sentant la nécessité de soumettre ce 
grand genre à une révision méthodique , plusieurs na- 
turalistes se mirent en devoir de proposer des classifica- 
tions nouvelles , basées sur des coupes plus ou moins ri- 
goureusement applicables aux espèces qu'ils réunissent 
dans ces divisions artificielles; celles-ci fondées sur des 
caractères empruntés à des formes ostéologiques très-va- 
riables selon les espèces, comme selon la nature des 
contrées qu'elles habitent , ont été prises de la forme 
des larmiers, des pores inguinaux, d'un mufle nu ou 



— 186 — 

couvert de poil , selon le nombre des mamelles , même 
sur la présence ou l'absence de brosses au genou. Ces 
formes plus ou moins modifiées , à peu-près dans chaque 
espèce , ou manquant totalement dans quelques-unes, 
ayant été employées comme caractères essentiels de divi- 
sion pour les groupes , ont du , nécessairement , conduire 
insensiblement à un luxe de genres, de sous-genres et 
de sections, conséquence inévitable des détails très-mi- 
nutieux , sur lesquels on a voulu les fonder. Des carac- 
tères essentiels empruntés de ces formes, sont en effet 
propres à être appliqués avec succès aux espèces entre- 
elles , mais l'on ne saurait les adopter strictement, dans 
la coupe générique de plusieurs espèces réunies dans un 
tout générique. En somme , le naturaliste n'est guère 
plus satisfait de cette classification morcelée, hérissée de 
noms, qu'il ne l'était de la réunion des Antilopes en 
masse, sous une seule dénomination générique. Toute- 
fois, ce ne sont point des naturalistes de second ordre 
qui ont pris part à ce travail de révision ; nommer Geof- 
froy , Smith , de Blainville , Ogilby , Sundevall et Gray , 
c'est citer les hommes les plus éminents, sommitées ré- 
connues dans l'étude des sciences naturelles. Il paraît 
que ces naturalistes ont eu le tort d'attacher une im- 
portance trop grande, même prépondérante , souvent 
exclusive, à l'emploi d'un caractère unique, pour eux 
essentiel , sur lequel ils essaièrent d'établir l'échaffaudage 
méthodique de leurs groupes nouveaux. Les coupes, quoi- 
que multipliées de manière à ne comprendre dans cha- 
que cadre, qu'un nombre très-borné d'espèces, souvent 



— 187 — 

deux ou trois , ou bien une seulement ^ , renferment 
non obslant des espèces , que l'observateur de la nature 
est surpris de voir réunies dans une même coupe généri- 
que , et que celui qui s'occupe de la classification d'une 
collection , se refuse d'admettre à cette place indiquée 
lorsqu'il veut repartir les espèces, et faire ainsi l'appli- 
cation de la méthode à l'arrangement de la série natu- 
relle des êtres. — Ces coupes trop nombreuses, offrent 
aussi l'inconvénient de surcharger la mémoire fort inu- 
tilement, d'une série de noms vuide de sens, d'hérisser 
la classification de difficultées et de doutes sur la place 
que l'espèce doit occuper; puis de multiplier indéfini- 
ment les coupes dans une famille, lorsque celle-ci s'en- 
richit par là découverte d'espèces encore indéterminées. 

Après m'être mis au courant de toutes les vues nou- 
velles, publiées sur la classification des Antilopidèes , je 
n'ai pu adopter complètement et sans réserve aucune des 
méthodes proposées par mes devanciers. Pour le métho- 
diste elles peuvent offrir des principes et des indications 
fort recommandables , qu'on peut apprécier dans un li- 
vre, mais que le naturaliste, appelé à comparer la mé- 
thode avec la nature, ne trouve pas toujours en har- 
monie avec ce grand ensemble de la création. 

Le musée des Pays-Bas m'a offert dans sa riche col- 
lection d'antilopes, que je suis parvenu à réunir dans 
nos galeries , le moyen de comparer en nature , à peu de 



^) A force d'établir des divisions et des subdivisions , l'on en est 
venu aujourd'hui à n'admettre qu'une seule espèce dans la coupe mé- 
thodique Antilope , c'est le Pallah d'Afrique , A. melampus à laquelle 
cette faveur est échue en partage. 



- 188 - 

lacunes près, le plus grand nombre des espèces connues, 
décrites ou figurées ; j'ai vu réunis sous mes yeux , le 
plus souvent les deux sexes , ainsi que les états difïérents 
produits de l'âge, ou dans les époques de la mue. Sans 
m'arrèter à aucune classification faite a priori , et basée 
sur tel ou tel caractère principal , j'ai groupé les espè- 
ces selon l'effet du coup-d'oeil comparatif sur l'ensemble 
des formes; et je vais soumettre ici au jugement des natu- 
ralistes la classification, qui me paraît la plus naturelle 
à suivre. Le tableau ou l'exposé succinct que j'en donne 
dans cet écrit, n'est qu'une analyse du travail systhèma- 
lique, réservé pour une autre publication ^ ; c'est un es- 
sai, un prodrome que j'offre à la sanction des naturalistes. 
Les Antilopidées peuvent se diviser en deux grandes 
familles. Celles dont les femelles manquent de cornes, 
et celles chez lesquelles celles-ci portent des cornes plus 
grêles ou moins fortes que dans les mâles; plus rare- 
ment une touffe de poils , sans cornes. Dans la série 
naturelle des mammifères, ces quadrupèdes doivent pren- 
dre rang après le genre des Cerfs {Cervus) , et les der- 
nières sousdivisions forment le passage aux genres des 
Boucs {Capra) et des Boeufs {Bos). Parlant de ce sys- 
tème les espèces se présentent comme suit. 



') Dans le troisième volume de mes Monographies de Mammalogie. 



189 



Preynière famille^. 

Femelles manquant de cornes. 

LES DICRANOCÉRES. GENUS DICRANOCERUS. 
(*) Antilope furcifer. [Palmata), Auct. 



LES KEMAS. GENUS KEMAS. 

(*) Antilope hodgsoni. (Chiru, Less.). 



LES SAÏGAS. GENUS SAÏGA. 

(*) Antilope saïga. {S. tatarica). 



LES NYLGHAU. GENUS PORTAX. 

(*) Antilope tragocamelus. {Picta),leNilghaut de Buffon. 



') Toutes les espèces marquées entête par un (*), existent dans les- 
galeries de notre musée. Le plus grand nombre s'y trouve représenté 
par les deux sexes et le jeune, trois par le crâne et les cornes seu- 
lement. 



190 



LES TRAGÉLAPHES. GENUS TRAGELAPHUS. 

(') Antilope strepsiceros. 

(*) » EURYCEROS. [Trommô , des Mandingues). 

» ANGASII. 

{^) » SYLVATIGA. 

(*) » SGRIPTA. {Gtiib , de Buffon). 

(*) » DECULA. 

Pour mémoire comme espèce douteuse , établie sur l'exa- 
men d'un fragment de dépouille , sans tête ni pieds , in- 
diquée sous les noms de Doria et de Zébra. Lorsqu'elle 
sera mieux connue l'on pourra la classer dans l'une ou 
l'autre de nos genres, La manie de faire des espèces 
doit être bien entraînante, pour en établir, même sur des 
lambeaux de dépouille d'un animal, qu'on doute encore 
que se soit effectivement une Antilope. 



LES ANTILOPES. GENUS ANTILOPE. 

['*') Antilope gutturosa. 

(') » PIGTICAUDATA. {Pro-copra , Hodg.). 

(*) » KOB. {Adenota aequïloen). 

(*) » CERVIGAPRA. [Adenola bezoartica). 

(*) » MELAMPus. {Le Pallah). 



— 191 - 



LES ÉLEOTRAGUES. GENUS ELEOTRAGUS, 

Antilope ellypsiprimna. (Water-bok). 
» DEPASSA. [Sing-sing , B e n n e t). 

» ISABELLINA. [Afzelius) ^. 

» ARUNDiNACEA. [Ekotragus , Lie h t.) \ 
» REDUNCA. [Oiireby , Cuv.). 
» BOHOR. (Ruppell). 



Le KoBus LECHE de G r a y ne m'est point connu , je 
le classe ici pour mémoire. 



LES CALOTRAGES. GENUS CALOTRAGUS. 

(') Antilope capreolus. (Lanata, Desm.). 

(*) » quadricornis. [Choiika, Sund.). 

» subquadricornutus . (E 1 1 i 1) . 

(*) » hastata. (Peter s. Mossamh,). 

(*) » oureby, {Scoparia,h\Q,\\X.) 

(*) » MONTANA, 

(*) » sALTATRix, C. d. B. Esp. [Oreotragus). 
(') » SALTATRixoiDEs. ( Abyssinic , R u p p e 1 1) 2. 



M C'est, le Riet-bok des colons du Cap. de B, E, 
2) C'est , le Roode-rhcbok ou Kleinc rietbok des colons , A, Lalandei. 
5) Diffère autant et plus de l'espèce du cap Sud , que Bubalis py- 
garga diffère de Biilalis albifrons. 



— 192 — 

(") Antilope tragulus. [Sleen-bok). 

(*) » RUFESCENS. (Vlakte Sleen-bok en Bleek-hok). 

(*) » MELANOTis. [Grijs-bok). 

(*) » SALTiANA. (Jlemprichi). 

(*) » MOSGiiATUs. (Genus Nesolragus) ! 

(*) » spiiviGER. (Genus Nanotragus) ! 



Seconde famille. 

Femelles munies de cornes, ou de touffes. 

LES AIGOCÈRES. GENUS AIGOCEROS. 

{^) Antilope nigra. [Harris), 

(*) » EQUINA. 

(*) » LEUcoPHAEAi. {Blaauiv-boh). 



LES OAEAS. GENUS OREAS. 
(*) Antilope canna. [Oreas , Auct.). 

» DERBYIANA. 

(*) » ORYX. (Gems-bok). 

» BEISA. 

(*) » LEUCORYx. (Algazella). 

(*) » DEPRESsicoRNis. {Plalyceros). 



') Le mâle adulte du muse'e est l'individu type de la description 
fournie par Pallas, Nous avons le squelette d'un mâle très-vieux. 



— 193 — 



LES GAZELLES. GENUS GAZELLA. 



(*) Antilope addax. (Nasomaculata , Blaiii. 



n 
n 

n 

n 



n 
n 
n 
n 
n 



RUFicoLLis. [Dama , L i c h t.) . 

HAMATA. [Aftjtilopes, Seulement Ic crâne) 

SOMxMERINGI. 

MOHRR. (Dama, Pall.). 

SUBGUTUROSA. 

EUCHORE. {Proiik-hok) . 
LEUcoTis. (Lie 11 t. Peter s.) ^. 
LEPTocEROs. (Mus. Par. Cuv.). 
BENAETTi. {Chikara, Inde). 
HAZENNA. {Jaquemonl , Voyage). 
DORCAS. [Isabella , Gr3i y). 
ARABICA 3. {Dorcas, ou Vera, Gray). 
KEVELLA. [Corinna , Sénégal). 



*) Hamilton Smith a donné une figure très-exacte des cornes et du 
crâne dans l'article Antilope mytilopes , qui est l^ Addax. 

2) M. SciiLEGEL a TU Cette espèce inédite dans les galeries du musée 
de Berlin. Il m'en a donné les indications suivantes. Les cornes for- 
tement courbées en dehors et contournées en dedans vers leur pointe 
couvertes de 26 anneaux. Taille de PEucUore , mais à pelage plus 
long ,• partout d'un beau brun rougeâtre ; oreilles , gorge et côté de la 
tête blancs ; toutes les parties inférieures , la face interne des pieds et 
le devant des tarses d'un blanc pur. Cornes d'un brun jaunâtre. 

^) Voyez aussi Cineraceiis ou le Kevcl-gris de F. Cpvier. 

15 



— 194 — 



LES CEPHALOPHES. GENUS CEPHALOPIWS, 

Antilope silvicultrix. 

(*) » MERGENS. [Grimmia! Gray). 

» CORON ATA. (Gray). 

» ALTiFRONS. (Pc t er S , Mossaiiibique), 

» CAMBELLiAE. [Quid F Gray). 

(*) » ocuLARis. (Peter S, Mossambique)o 

(*) » MADOQUA. (Abyssin., Rupp.). 

(*) » PLUTON. [Niger, Gray.). 

(*) » NATALENSIS. 

(*) » OGILBYI. 

(*) » DORSALIS. 

(*) » RUFiLATUs. [Grimm , Cuv. , Jeune). 

(*) » MAXWELLi, [Guevi , Cuv.). 
(*) » PYGMEA. (Monticola! Gray)^ 

» MELANORRHOEUS. 

» PUNCTULATUS. 

L^on ne saurait classer ici ni ailleurs les espèces nommées 
Cephalophus Whitfieldi et quadriscopa de M. M. Gray et 
Smith, fondées, comme elles le sont, sur des indications suc- 
cinctes et vagues , et poiiant sur l'examen déjeunes individus. 



LES CAPRICORNES. GENUS CAPRICORNIS. 
(*) Antilope bubalina, [A. Thar, Hodgs.). 

(*) » SUMATRANA. 



1) C'est , le Blamw-lokje ou Noemetje des coIotis du Ck>j>, 



— 195 — 

(') Antilope gohal. {Bouc du Népal, Ciiv.). 
(*) » AMERicANA. [Mazamo). 

(*) » CRISPA. 



LES CHAMOIS. GENUS RVPICAPRA, 

Ç) Antilope rupicapra. (Alpina). 

(*) » PYRENAICA. 



LES BUBALES. GENUS BUBALIS. 

(*) Antilope bubalis. [Mûuritanica). 

C^) » CAAMA. {Harleheest). 

[*) » lichtensteini ^. (P e ter s , Berlin)* 

(*) » SENEGALENSIS. [Kohu , Erxl.). 

C) » lunata. (Bastard-hartebeest). 

(*) » PYGARGA. (Bonte-hok). 

(*) » albifrons, (Bles-bok). 



LES GNUS. GENUS CATOBLEPAS. 

(*) Antilope gnu. [Wilde-beest). 

(*) » GORGON. {Blauw wilde-beest). 



') Espèce nouvelle , indiquée sous ce nom par M. Peters. Elle est 
voisine des B. Mauritanica et Caama , mais les cornes sont beaucoup 
plus larges et différemment contournées que dans ces espèces. Cou- 
leur généralement d'un brun-maron luisant, flancs d'un brun-jaunâtre. 
Extrémité du museau , lèvres et partie antérieure des pieds noirs. Le 
grand flocon noir de la queue s'étend jusqu'au tarse. Voyez Peters 
Voy.Mossamb. Vol. 1. p. 190. pi. 44. 

15* 



— 196 — 



Dans ce tableau des Anlilopidées se trouvent plusieurs 
espèces indiquées dans les écrits des naturalistes sur les 
données fournies par les voyageurs , et qu'on énumère 
comme habitants de la côte occidentale de l'Afrique tro- 
picale; plusieurs des grandes espèces sont notées comme 
provenant de ces contrées ; mais nous savons positive- 
ment qu'elles ne vivent point jusque vers le bord litto- 
ral, couvert, fort avant dans l'intérieur, d'un ruban de 
vastes forêts , sous l'ombrage desquelles les grandes an- 
tilopes ne vont point chercher asile; celles-ci vivent reti- 
rées dans l'intérieur sur les grands plateaux montueux, 
ou bien dans les plaines très-étendues, dont ces parties 
de l'Afrique centrale sont couvertes ; les dépouilles de 
ces animaux arrivent seulement de temps en temps , 
comme objets de commerce aux factoreries européennes 
de la côte , et c'est seulement par cette voie que le ha- 
sard nous en fournit la connaissance. Nous ne pouvons 
dès-lors comprendre ces espèces dans le cadre de cet 
écrit sur la côte de Guiné , et nous bornons nos indica- 
tions aux espèces reçues par les soins de notre voyageur, 
ou bien qui ont été observées par les naturalistes an- 
glais dans les parties de la côte occidentale , prises pour 
limites dans ce travail. Ces renseignements porteront 
sur deux espèces de taille moyenne ; les autres indica- 
tions se bornent aux petites espèces qui vivent dans les 
forêts du littoral, dont le plus grand nombre fait partie 
du sous-genre Cephalophiis , et parmi lesquelles il s'en 
trouvent dont la découverte est fort récente. 



197 — 



TRAGELAPHE GUIB. TRAGELAPIIUS SCRIPTUS. 

L'une des espèces les mieux connues et des plus ré- 
pandues dans les collections , quoique son habitat soit 
borné aux limites équatoriales, qu'elle ne dépasse point 
dans ses migrations ; on la voit rarement quitter les plai- 
nes , et son apparition à la lisière des vastes forêts dont 
les côtes sont bordées, n'est nullement fréquente. 

Cornes longues, droites, un peu comprimées, à deux 
arêtes , tordues en spirale sur leur axe , avec l'extrémité 
ronde et pointue sans anneaux. Un petit mulle. Point 
de larmiers. Oreilles très-grandes. Point de brosses aux 
poignets. 

Pelage généralement fauve ouroussâtre, plus ou moins 
foncé , marqué de taches et de lignes blanches nombreu- 
ses. Tête fauve; couleur du front et une ligne sur le 
chanfrein noirâtre; oreilles brunes en dehors; une petite 
tache blanche en avant de l'oeil et près du chanfrein , une 
autre sous l'oeil, puis une troisième plus bassa encore; 
bout de la lèvre supérieure et dessous de la mâchoire 
blancs ; cou fauve , sans taches , plus clair en dessous 
qu'en dessus. Une ligne dorsale, en continuation de cri- 
nière , tout le long de l'épine ; elle est formée de poils 
raides, longs et noirs , entremêlés de poils blancs. Queue 
fauve en dessus, blanche en dessous, noire au bout. 
Flancs , épaules et cuisses marqués de sept à neuf ban- 
des blanches, transversales, partant de la ligne dorsale, 
traversées longitudinalement par une bande blanche , por- 



— 193 — 

tant obliquement du haut de l'épaule au pli de la cuisse 
et croisant les lignes transversales ; quelques taches 
hlanches, plus ou moins nombreuses, sont reparties sur 
les cuisses. Le ventre est plus ou moins noirâtre ; cette 
teinte est étendue aux cuisses, qui sont plus ou moins 
foncées selon l'âge des individus. Le mâle vieux. 

La femelle manqué de cornes et de longs poils noirs 
et blancs le long de l'épine dorsale ; cette espèce de cri- 
nière n'est bien développé que chez le mâle âgé de qua- 
tre ans. 

Les jeunes de l'année , ceux reçus du Sénégal comme 
ceux obtenus de la Guiné , portent les mêmes marques 
distinctives des adultes ; chez les mâles la crinière dor- 
sale est indiquée par des poils plus longs , blancs et noirs ; 
une petite touffe de poils contournés marque la place que 
les cornes doivent occuper ; le ventre est roussâtre et 
sans aucun indice de teinte noirâtre. Les sujets du Sé- 
négal ont en général des teintes d'un roux plus terne 
et plus pâle que ceux de la Guiné. 

Longueur totale , mesurée depuis le bout du museau 
jusqu'à l'anus, 4 pieds 6 à 8 pouces; hauteur du train 
de devant 2 pieds 6 pouces; du train de derrière 2 pieds 
8 pouces ; longueur des oreilles 5 pouces. La hauteur 
des cornes chez les vieux mâles est de 9 pouces ; celles 
des mâles âgés de 4 ans ou plus jeunes, n'est que de 5 
à 6 pouces. 

Tragelaphus scripta. Hamilton. — Gray, Knows. 
Mcnaij. pag. 28. — Antilope scripta. Pall, MiscelL Zool. 



— 199 — 

1. pag. 8. — Schinz, Sdtiget. Vol. 2. p. 428. — Wagu. 
Schreb, Sduget. Suppl. Vol. 4. pag. 442. — Le guib. 
Biiff. Vol. 12. p. 305 et 327, pi. 40 et 41 fera. — Cuv. 
Mamm. Vol. 4. femelle. Vol. 6, mâle vieux, parfait. — 
Harness ANTILOPE. Peniî. Sijn. p. 27. — Schreb. Sduget. 
pi. 21Î8. mâle jeune. 

Patrie. La Sénégarabie, le pays des Aschantes et 
la Gambie, où elle vit en grandes troupes. Il n'est nul- 
lement prouvé qu'on l'ait aussi tué dans l'Afrique méri- 
dionale; sa demeure habituelle est l'Afrique centrale. 



ANTILOPE KOB. ANTILOPE KOB. 

Une espèce peu connue et fort rare dans les collec- 
tions; elle à été admise dans les systèmes sur l'indica- 
tion fournie par Buffon sur la Petite vache brune d'ADAN- 
soN, qui en a rapporté un crâne muni de cornes, trouvé 
par lui au Sénégal , et dont Buffon donne une bonne figure 
pi. 34. fig. 1 , sous le nom de Koh; nom emprunté aux 
nègres mandingues. Sur ces données a reposé jusqu'ici 
l'animal , dont nous donnons une description plus détail- 
lée. Ce nom de Kob a été donné depuis Buffon à quel- 
ques autres espèces distinctes ; mais nous devons à M. Gray 
les premières indications exactes, et à M. Fraser, la fi- 
gure coloriée de cette belle et rare espèce, que nous 
allons décrire sur le mâle adulte, obtenu récemment au 
musée. 



— 200 — 

Taille approchant de celle du Cervus dama : formes 
massives; queue de médiocre longueur; terminée en un 
pinceau de poils assez longs. Des larmiers peu étendus 
et un petit mufle nu. Pelage grossier , abondant , de 
Jongueur moyenne et Lien fourni; les poils du dos, à 
partir des os du basin jusqu'à l'omoplate, contournés en 
avant. 

Pelage des parties supérieures du corps , des cuisses , 
de la partie extérieure des pieds , du cou et de la tête 
d'une même teinte couleur de rouille ou roussâtre vif, 
qui devient moins intense vers la région ventrale et la 
région des yeux ; celle-ci est blanche ainsi que la base et 
la partie interne des oreilles ; les lèvres , le menton , la 
poitrine, le ventre, la partie intérieure des cuisses, ainsi 
que celle des pieds de devant sont d'un blanc pur ; la 
face extérieure des oreilles est d'un roux-clair et leur 
pointe est terminée par un croissant noir. La partie 
supérieure de la queue est d'un roux-clair; en dessous 
et au flocon terminal elle est d'un blanc pur. Les pieds 
de devant sont marqués dans toute leur longueur , et 
ceux de derrière depuis la moitié du tibia seulement , 
par une large raie noire qui couvre les genous ; elle vient 
aboutir au large bracelet blanc dont les sabots sont en- 
tourés. Les cornes s'étendent obliquement en arrière et 
•en dehors; puis elles sont courbées en dedans et se re- 
courbent en haut à la pointe; les anneaux sont obliques, 
larges sur le devant, où leurs interstices sont marqués 
de stries longitudinales; ces anneaux au nombre de 14 
à 16, sont peu apparents sur les cotés; par derrière il 
n'en reste que des vestiges en rainures. 



— 201 — 

La femelle manque de cornes ; son pelage ne diffère 
point de celui du mâle; elle a plus de blanc aux joues. 

Longueur totale de l'anus au museau 5 pieds 8 pou- 
ces; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du 
nez 8 pouces ; longueur de la queue 8 pouces et du flo- 
con terminal 2 pouces et demi; hauteur des cornes 11 
pouces 6 lignes; oreilles 5 pouces 6 lignes; hauteur du 
Irain de devant 2 pieds 8 pouces ; du train de derrière 
2 pieds 6 pouces. 

La petite vache brune du Sénégal. A dan s. Buff. Hist. 
■ Nat. Vol. 12. pi. 54. fig. 1. le crâne. — Antilope kob. 
Erxl. — Wagn. Schreb. Sdiigeth. Vol. 4. p. 455. — 
Desra. J!/amm. Es p. 700. — Ogilby. ProceecL Zool. Soc. 
1856. — Fraser, Zool. typ. pi. 20; bonne figure du 
mâle à l'état parfait. — Antilope adenota. H. Smith. 
Anim. Kingd. pi. — Adenota kob. Gray, Glean. Knowsl. 
pLl4etlS. 

Patrie. Les bords de la Gambie et du Sénégal, à 
plus de cinquante lieues dans l'intérieur de l'Afrique 
tropicale. 



CALOTRAGE EPINEUX. CALOTRAGUS 
SPINIGER. 

L'on ne saurait admettre pour exacte et certaine , 
aucune des citations établies dans les systèmes comme 



— 202 — 

synonyme de la très-petile espèce d'anlilopidéc que Bos« 
MAN, en 1705, indique dans son livre sur la Guiné et 
qu'il désigne dans le texte sous le nom de Très-petit cerf. 
»Ce sont", dit-il, » des animaux très-jolis , portant de pe- 
«tites cornes noires, dont les pieds passablement longs 
«sont si extraordinairement minces, qu'ils ne dépassent 
«pas en grosseur le tuyau d'une pipe; l'on en fait des 
» cures pipes, et je vous en envoyé un échantillon monté 
»en or" ^ 

C'est là textuellement tout ce qui en a été dit à cette 
époque; non obstant l'insignifiance du récit, les compi- 
lateurs s'en sont emparés pour inscrire une espèce de 
plus , dans leurs tables méthodiques ; les uns en la clas- 
sant dans le genre Moschus ou Tragulus , les autres dans 
le genre Cervus. 

Seba, ce collecteur infatiguable de toutee sortes d'ob- 
jets dans les trois règnes de la nature ^ , aurait été â 
même de fournir des renseignements plus certains sur cet 
animal dont Bosman fait un cerf; il dit dans son Thésau- 
rus, qu'il en possède trois individus, le plus grand, peut- 
être un jeune Moschus , ou Lien un foetus d'Antilope ou 
de Cerf, se trouvait être de sexe féminin, et non muni 



1) Voyez Seba, Vol. 1, pi, 43. &s.aetb. et Botfon, Sijst. Vol. 12. 
pi. 45. fig. 5 et 6. 

2) Seba rassemblait sans choix ni ordre systématique , toutes sortes 
d'objets curieux ; parmi les mammifères , les monstres et les foetus 
étaient les plus nombreux : toute sa collection , conservée à l'esprit de 
\in dans des bocaux de verre , était , après sa mort , en grande partie 
détériorée. 



— 203 — 

(le cornes ; les deux autres étaient probablement de très- 
jeunes individus de notre espèce ^ Le manque de cor- 
nes dans le plus grand des individus figurés par Seba, 
Vol. 1. pi. 45. fig. 1, le porta sans doute à en faire la 
femelle d'un Cerf, qu'il nomme Cerva parva. 

L'on voit par ces détails , le degré de confiance qu'on 
doit accorder aux indications fournies par les auteurs an- 
ciens des premiers temps du ISieme siècle, et à quel ti- 
tre l'on peut les citer dans la synonymie des espèces 
qu'on publie aujourd'hui. 

Les recherches faites par le professeur Suindevall de 
Stockholm , dans les collections de Suède , ont conduit 
à des résultats semblables à ceux que j'ai pu faire dans 
nos collections anciennes et dans les écrits hollandais. 
Le Cervus guinensis du musée royal d'ADOLPiiE Frédéric , 
pag. 52, ainsi que Capra perpusilla du même ouvrage, 
reposent sur des individus détériorés et décolorés , pla- 
cés depuis un siècle dans la collection royale, où ils sont 
conservés à l'esprit de vin dans des bocaux. M. Sunde- 
VALL présume que ce sont des jeunes de Moschus Java- 
niciis. 

Il nous reste à faire mention de citations plus mo- 
dernes, qu'on prétend classer dans la série des synony- 
mies de notre petite antilopidée. D'abord les descriptions 



*) Il y a pîussieurs années , (cinquante ans à peu-près) , que je fis 
l'acquisition de quelques bocaux , provenant des débris des collections 
de Seba; dans ce nombre se trouvait un très-jeune individu de notre 
Spiniger ; il était totalement décoloré et à peine reconnaisable. Ce sujet 
qu'on a monté, se trouve dans nos galeries. C.est peut-être l'individu 
type du Cervus perpusillus ou bien de Cervus pergracilis de Seba. 



— 208 — 

des Chevrotai ns de Buffo.n , Vol. 12 , pag. 51o ; elles sont 
prises de jeunes individus de deux ou trois espèces diffé- 
rentes de petites antilopes du Sénégal et du Cap, ainsi 
que d'un Moschus de l'Inde ; toutes ces données reposent 
sur un amalgame des descriptions superficielles de Bos- 
MAN , de KoLBE , de Démarchais , de Knox et de l'abbé 
Prévôt. Pour ce qui est de l'indication de son Chevro- 
tain de Guiné, Buffon , Vol. 12. p. 541, cet article com- 
mence par la description d'un très-jeune individu de no- 
ire Spiniger , semblable à ceux que Seba a fait figurer, 
pi. 43. fig. 2 et 3 ; puis , Buffon décrit comme l'adulte 
de son Chevrotain de Guiné, ni plus ni moins que le Mo- 
schus Javanicus, dont il a fait figurer la tête pi. 45. 
fig. 1 ; tandis que cette même planche nous montre dans 
la figure 2, la corne d'un Blaauwhokje (Ant. pygmea) 
du Cap. 

Pour en finir avec cette planche 45 , nous y trouvons 
représenté, très-exactement, sous les numéros 5 et 4, 
le pied de devant et de derrière de notre Spiniger adul- 
te; n° 7 et 8 représentent ces mêmes parties dans le jeu- 
ne de l'année, tandis que n" 5 et 6 font voir la manière 
usitée du temps de Bosman , de garnir en or la partie in- 
férieure des pieds de ce petit animal, pour s'en servir 
en guise de bourre et de cure-pipe ; des ustensiles sembla- 
bles sont figurés par Seba, pi. 43 , a et b. Le texte, 
dans Buffon ne fait point mention de ces débris de dé- 
pouilles ni de ces ustensiles. 

Vient en dernière analyse , l'indication superficielle de 
Pennaist , de son Royal a.ntilope, Penn. Quad. Vol. 1, 



~ 205 — 

pag. 82 , que le slérile compilaleur Erxleben a inlro- 
tluit dans le système sous le nom Antilope reçjia , p. 278. 
Ce sont quelques lignes compilées sur le texte insigni- 
fiant de BosMAN , combinées avec des données incorrectes 
sur le Guevi , ou Antilope Maxwelli. Toutefois, le na- 
turaliste un peu au courant de son étude, ne peut pas 
s'y méprendre; car l'indication des cornes , donnée par 
Pennant, suffit pour éloigner le doute; Antilope Maxwelli di 
en eflet des cornes noires , longues de deux pouces en- 
viron , et telles que PeNxNant les décrit ; tandis que les 
mâles de mon Antilope spitiiger , même ceux de taille 
très-forte , ont des cornes fluettes , brunes , ne dépassant 
point le maximum de treize lignes ; leur longueur ordi- 
naire ne dépasse guère neuf lignes. Le reste est un 
amalgame insignifiant des deux espèces citées. Toute- 
fois M. Gray, dans sa revue des Anlilopidées, Glean. 
Knows. hall., pag. 12, paraît se contenter de ce récit 
incorrecte et superficiel de son compatriote , car il lui 
attribue la priorité de nom , sous la rubrique de son JSa- 
nolrarjus regiiis. 

Desmarest, dans sa Mammalofjic , pag. 428, fait men- 
tion de ce petit ruminant , auquel il donne le nom de 
Moschus pygmaeus ; en disant que toutes ses formes sont 
celles du cerf, il va même jusqu'à mettre en doute son 
origine africaine , car dit-il , Buffon nous apprend très- 
positivement , que l'espèce qu'il décrit vient de l'Inde. 

Nous venons de parcourir analytiquement et en remon- 
tant à leur origine, toutes les indications que les auteurs 
de systèmes et les compilateurs continuent d'inscrire com- 
me synonymes de notre espèce ; tâcbe difficile et ingra- 



— 206 — 

te, qu'il serait nonobstant fort utile d'entrependre sur 
toutes les espèces inscrites d'ancienne date, dans nos 
catalogues méthodiques. Par ce moyen l'on parviendrait 
à écarter une foule de citations incorrectes d'espèces 
imaginaires, surtout de noms d'auteurs obscurs, n'ayant 
d'autre mérite que d'avoir compilé leurs devanciers, et 
qui , sans avoir jamais rien vu ni observé par eux mêmes , 
n'ont de titre scientifique à faire valoir que par l'épithète 
latine , mise en tête des descriptions d'hommes érainents 
dans les sciences naturelles et d'observateurs consciencieux 
de la nature , qui ont pu négliger de publier leurs travaux , 
sous le patronnage d'une dénomination de racine grecque 
ou latine. Le temps voué à des recherches de cette na- 
ture serait dans doute employé plus utilement pour la 
science , que celui qu'on prodigue aujourd'hui à la re- 
cherche stérile du nom le plus ancien, sous lequel telle 
ou telle espèce se trouve notée dans des catalogues de 
nomenclature , relégués depuis longtemps dans l'oubli. 

Il y a plus, en adoptant sans examen préalable le 
nom le plus ancien , l'on court la chance de perpétuer 
l'erreur, autant que l'on peut risquer de prêter matière 
au ridicule. La preuve de ce que nous avançons ici, 
n'est pas fort éloignée de l'objet qui nous occupe ; car , 
en admettant les épithètes de Pygmea et de Rex , les 
erreurs de Buffon , de Brisson et de Pennant se trouvent 
sanctionnées et perpétuées. Dans les noms de Pusilla 
ou de Perpiisilla f l'on aboutit au risible, en trouvant 
une espèce établie sur la partie inférieure de la jambe 
de devant, d'un très-jeune animal; parcelle de pied que 



I 



- 207 — 

BosMAN fit garnir en or, et qu'il envoya, dans cet état, 
en cadeau à un membre de la Compagnie des Indes hol- 
landaises : définitivement sur un cure-pipe. 

Pour en revenir à l'espèce dont nous nous occupons , 
il est Lon de constater, qu'en 1824, notre musée obtint 
de la factorerie néerlandaise à la côte de Guiné , les 
premiers individus parfaits du Spiniger ; l'espèce était re- 
présentée par deux mâles à l'état adulte et par le sque- 
lette de la femelle. Dès-lors je fis part > , qu'une très- 
petite espèce d'Antilope avait été indiquée par Linné 
sous le nom de Moschus pygmaeus, et que cette citation 
devait être rayée comme espèce du genre Moschus. De- 
puis ce temps M. Sundevall trouva dans les collections 
de Stockholm un très-jeune maie, conservé dans la li- 
queur , portant des cornes très-courtes , cachées par les 
poils du crâne. Il se peut , il est même probable que 
ce même individu a servi à Linné , pour décrire son 
Moschus pygmaeus ; l'existence des cornes n'avu^a point 
été observée par lui , vu qu'elles se trouvent cachées dans 
le sujet susmentionné. Plus tard , lorsque notre voyageur 
M. Pel est parti pour la cote de Guiné , je lui recom- 
mandai spécialement de faire des recherches pour arri- 
ver à la connaissance plus exacte de cette espèce ; c'est 
après un séjour de dix ans à la côte, que M. Pel par- 
vint à s'en procurer successivement trois individus, un 
vieux mâle, une femelle et un jeune, trouvés par lui 
vers les confins du pays des Aschantes. Sur ces maté- 



*) Monographies de Mammalogie ,\o\. 1. pag. xxx du tableau métho- 
dùjve, Je négligeai alors de donner une diagnose de mon Spinigera. 



— 208 — 

riaux reposent les descriptions que nous donnons main- 
lenanl. 

Pelage assez long , bien fourni , serré , lisse et lustl-é ; 
de deux couleurs, blanc à la base et d'un roux foncé lé- 
gèrement annelé de brun à la pointe. Toutes les parties 
supérieures du corps, le baut des cuisses et les lianes 
d'un roux annelé de brun ; partie inférieure des cuisses 
et partie moyenne des flancs, d'un roux clair nuancé de 
blancbàtre ; cette teinte est produite par le blanc pur de 
la base des poils, dont la pointe seulement est rousse; 
les pieds , la croupe , la poitrine , le devant du cou et les 
joues sont d'un roux pur; le menton, toute la gorge, le 
devant de la poitrine , le ventre et l'abdomen d'un blanc 
pur. L'on voit du blanc pur sur le devant des cuisses 
et à la partie intérieure des jambes de devant, comme 
aussi vers la région des sabots. Tout le sommet de 
la tête, la nuque ainsi que les oreilles ont une teinte 
noirâtre ; ces dernières portent une petite tacbe blanche 
à leur base extérieure; en dedans elles sont nues et bor- 
dées par un liséré blanc. La queue est courte, terminée 
en pinceau , rousse en dessus et blanche en dessous. Les 
cornes naissent derrière l'orbite ; elles fuient en arrière , 
sont minces, droites, lisses, brunes, à pointes acérées, 
et noires : ces cornes ressemblent exactement aux épines 
d'accacia. Le mâle très-vieux. 

La femelle ne porte point de cornes; son pelage est 
d'une teinte moins foncée , généralement plus roussâtre 
que dans le mâle. 

Les jeunes de l'année sont à peu-près partout d'un 



ij 

i 



mi 



— 209 — 

nuance rousse uniforme ; ils manquent les teintes inter- 
médiaires des adultes. A cet âge leur longueur totale 
est de 7 à 8 pouces. 

Les dimensions de l'adulte sont: longueur totale de 
16 pouces ou 6 lignes de plus ; distance du hord anté- 
rieur de l'orbite des yeux à la pointe du museau 2 pou- 
ces 6 lignes; hauteur au train de devant 9 pouces 6 
lignes; celui de derrière 10 pouces 6 lignes. Oreilles 1 
pouce 5 lignes. Cornes 1 pouce 1 ligne , souvent 9 lignes 
seulement. 

Antilope spiNiGERA. Wagn. S chr eh. , Sàugeih. Vol. 4. 
pag. 457. — S cil i n z. , Syn, A/amm. Vol. 2. pag. 421. — 
Neotragus pygmea. Smith. Griff., Animal. Kingd. Vol. 4. 
pag. 270, en partie seulement. — Nanotragus spiniger. 
Sundev., Pecora , Acad. Handl. 1845. p. 508. — Nano- 
tragus regius. Gray, Glean. Knows. hall. p. 12. 

Patrie. Les forêts de la côte de Guiné ; ils aban- 
donnent rarement les fourrés les plus épais, vivent par 
paire ou bien isolément. Leur agilité est remarquable , 
ils partent de leur retraite au moindre bruit, et ils 
s'élancent au loin par des bonds et des sauts , à des dis- 
lances comme à des hauteurs considérables. 



CALOTRAGE MUSQUÉ. CALOTRAGUS 
MOSCHATUS. 

Cette autre espèce d'antilopidée, découverte depuis peu 
de temps par le voyageur prussien von Duben , nous offre 



— 210 -> 

des formes et des caractères exactement semblables à 
ceux du petit ruminant qui fait le sujet de l'article pré- 
cédent ; toutefois sous des dimensions totales d'un cin- 
quième plus fortes. 

Par l'exiguité de ses formes , ainsi que par les carac- 
tères les mieux apparents de son organisation elle paraît 
tenir , parmi les anlilopidées de la côte orientale de 
l'Afrique, le même rang que notre Spiniger occupe le 
long de la côte occidentale; tandis que l'Antilope prjg- 
maea ou le Blaauw-hokje du Cap Sud S offre le modelle 
de ces nains des ruminants dans les contrées méridio- 
nales , et que V Antilope Saltiana ou Hemprichi * les re- 
présente dans les parties septentrionales de ce vaste con- 
tinent. 

Nous avons de prime abord à constater, que M. von 
DuBEN a donné à sa découverte récente pour nom gé- 
nérique , l'épithète de Nesolragus , litéralement traduit 
île-bouc , ou un animal essentiellement insulaire ; appa- 
remment vu que l'ayant découvert dans une île dépendan- 
te du littoral de Zanzibar, il présumait son habitat très- 
limité; mais depuis que M. Peters, voyageur prussien, 
a retrouvé fort récemment , cette même espèce sur le 
continent africain , à Mossambique et dans l'intérieur 



^) Cette espèce est la plus grande, pour la taille, parmi les quatre 
mentionnés. On la trouve rangée par Sundevall avec les Sylvicapra. 
Gra-Y la distingue sous le nom de Cephalophus monticola ; nom em- 
prunté à Thunberg , dans un article où il confond le Guevi de la côte 
de Guiné avec le Blaauw-bokje du Cap ; mieux vaudrait le nom de Coe- 
riilea de Smith ; mais pourquoi ne pas lui laisser celui de Pygmaea ? 
nom sous lequel l'espèce est connue partout. 

2) H. Smith, Sundevall et Gray en font le seul représentant du 
genre Neotragris. 



— 211 — 

jusqu'à Tele, ce nom de Nesotragus devient un contre- 
sens. Toutefois M. Sundevall a adopté ce nom de gen- 
re dans la revue qu'il donne des ruminants ^ , et M. Gray 
le reproduit aussi dans l'énumération systématique des 
espèces d'antilopidées qui accompagne les figures publiées 
dans les Gleanings from Knowsly hall. 

Quoique respectant la manière de voir de mes devan- 
ciers et de mes collègues, ils me permettront de n'être 
pas complètement de leur avis sur ce point, et de ne 
voir dans l'animal découvert récemment par M. Duben, 
qu'une espèce modelée exactement sur l'organisation ex- 
térieure de notre espèce décrite ci-dessus; je conviens, 
qu'il y a une différence, fort légère, dans la forme et 
dans l'étendue des fosses lacrymales des crânes de ces 
deux espèces; mais cette différence est du domaine de 
l'anatomie comparée; en zoologie, on ne peut point l'ad- 
mettre comme caractère générique essentiel ; or une 
forme qui ne se trouve pas indiquée dans l'organisation 
des parties extérieures des animaux , ne saurait être pri- 
se en considération dans la diagnose générique: en l'in- 
troduisant en zoologie, du moins comme caractère essen- 
tiel , cette science devra s'interdire désormais toute clas- 
sification, qui n'aura point l'anatomie pour base; elle 
ne pourra plus devancer dans sa marche, essentiellement 
ralentie , les investigations moins fréquentes réservées 
aux anatomistes, auxquels la zoologie a servi , jusqu'ici. 



*) Methodiek oversigt af idislade djuren , Linnés pecora , in Kon. 
Vet. Akad. handl. 1845, p. 265. 

14* 



— 212 — 

Je guide et de flambeau dans leurs reclierclies. 

Après avoir réuni en un même genre ces deux espè- 
ces voisines, munies de caractères d'une identité par- 
faite, et en les classant dans un même groupe avec les 
autres Calolrages , tels que nous venons de les indiquer 
dans le tableau des antilopidées , passons maintenant à 
la description de la petite espèce qui fait le sujet de cet 
article. Elle est représentée dans nos galeries du musée 
par une femelle parfaitement adulte , obtenue des collec- 
tions, fruits du voyage de M. Peters à Mossambique et à 
Madagascar: une paire se trouve dans le musée de Ber- 
lin et une autre dans celui de Stokholm. 

Nature du pelage absolument la même que dans l'es- 
pèce précédente ; il est bicolore , mais cendré à la base et 
roux-clair à la pointe. Couleurs du dos , des cuisses, delà 
partie supérieure des flancs , de la nuque et du sommet 
de la tête, d'un roux-bai vif, faiblement nuancé de brun 
à la fine pointe des poils ; partie inférieure des flancs , 
joues, côtés du cou et les pieds d'un isabelle clair; gorge, 
poitrine, ligne médiane du ventre et partie inférieure 
tlu haut des quatre membres, d'un blanc pur. La queue, 
de longueur médiocre , est couverte de poils longs , puis 
terminée par une large touff'e de ces mêmes poils : elle est 
brune-noiràtre en dessus et blanche en dessous. Sur le 
chanfrein existe une bande noirâtre qui ne dépasse point 
le bord antérieur des yeux. Les oreilles sont grandes, 
rondes, mais de forme ovoïde vers le bout; elles sont 
couvertes extérieurement de poils ras, d'un brun-noirâtre, 
et leur base interne est bordée de blanc. Les cornes , 



ï 



— 213 — 

tlonl je ne saurais préciser la forme , n'ayant qu'une 
lemelic sous les yeux, sont, suivant M. Sundevall , cou- 
chées en arrière, d'une venue avec le chanfrein, pre- 
nant leur origine du bord postérieur de l'orbite, anne- 
lées, à pointe longue et lisse. 

Dimensions de notre femelle adulte. Longueur du bout 
du museau à l'anus 19 pouces; queue à peu-près 5 pou- 
ces, et les poils du flocon terminal 1 pouce 5 lignes; 
hauteur du train de devant 11 pouces 8 lignes; de celui 
de derrière 12 pouces 7 lignes. 

Nesotragus MoscHATUs. vou Dubcn, Velensc. Akadem. 
ofvers. 1846. pag. 221. — Sundevall, Kon. Vet. 
Akad.Hand. 1845. pag. 522. — Gray, Glean. Knoivs. 
hall, pag. 8. 

Patrie. Les côtes orientales de l'Afrique, Zanzibar 
et Mossambique. L'espèce a été admise dans cet écrit , 
en raison de son affinité spécitique avec le Spiniger de 
la côte de Guiné. 



Les Cephalophus ont été distraits récemment , et dans 
un but scientifique parfaitement bien vu , du grand 
genre Antilope. Hamilton Smith et Gray les ont réunis 
sous le nom indiqué; Ogilby et Sundevall les classent 
dans le genre Srjlvkapra. 

Les espèces que nous comprenons dans le sous-genre 
Céphalophe, ont les forêts et les buissons pour demeu- 
re habituelle; ils ne vivent point en grandes troupes. 



— 214 — 

mais par paire ou isolément , sous l'ombrage des forêts 
qu'ils abandonnent rarement. On les distingue des es- 
pèces des autres groupes , en ce que les cornes prennent 
naissance à l'occiput; elles sont arrondies, à peu-près 
droites, pointues et d'une venue avec le chanfrein; ces 
cornes sont très-courtes, obtuses, ou remplacées par des 
touffes de poils chez les femelles; elles sortent de l'enve- 
loppe cutanée au centre d'une ample touffe de poils longs 
et rudes, et dont la place est indiquée, dès le jeune-âge, 
par une agglomération de poils. Au dessous de l'or- 
bite des yeux se trouve une ligne oblique ou bande glan- 
dulaire, qui recouvre les larmiers, dont les fosses sont 
profondes. Ils ont un muffle rugueux, des oreilles mé- 
diocre et arrondies, et leurs pieds ne sont point munis 
(le brosses. 

CÉPHALOPHE PLUTON. CEPHALOPHUS 
PLUTO. 

Cette espèce n'était pas connue à l'époque, fort récen- 
te, où nous parvinrent les premiers individus expédiés 
par M. Pel au musée des Pays-Bas. Je m'empressai d'en 
faire parvenir un individu à 31. Gray à Londres et un 
?iutre au professeur Sunoevall à Stokholm; ils leur furent 
«nvoyés sous le nom provisoire à' Antilope nigra : rubri- 
que employée par M. Gray dans ses Gleanings de Knows- 
ley hall. Cependant , réflexion faite , ce nom me parut 
trop vague , et comme on l'avait déjà appliqué à deux 
autres espèces de la famille des Antilopidées, il me sem- 
ble plus convenable de donner à ce ruminant nouveau, 



— 215 — 

une dénominalion plus caraclérislique , moins sujelle à 
produire quelque méprise. Ce qui me fait solliciter de 
remplacer cette épithète par celle mise en tête de notre 
article. 

Une partie de la robe de notre pluton est couverte 
d'un pelage long, unicolore, peu fourni, môme rare; 
l'autre partie est trés-rase et à claire-voie. Les touffes des 
poils raides de l'occiput sont à peu-près de la longueur 
des cornes ; celles-ci se trouvent cachées dans les toufles , 
chez les femelles. 

Depuis les omoplates à l'anus ainsi que sur les cuis- 
ses , le pelage est long , peu abondant , d'un noir parfait 
et lustré; sur les flancs, au ventre et à la poitrine, il 
est moins long et d'un noir-cendré ; la partie abdomi- 
nale et celle intérieure des cuisses sont nues; les pieds 
sont noirs ou noirâtres, sans autre dessin; les hanches, 
le cou , la nuque et les joues sont couverts de poils courts, 
très-rares, d'un gris-noirâtre; les poils raides du chan- 
frein sont noirs; ils déviennent plus longs sur la tête et 
très-longs à l'origine des cornes , surtout vers l'occiput; 
leur couleur est d'un roux-ardent. Les oreilles de forme 
arrondie par le bout , sont à peu-près nues ; les poils qui 
les recouvrent à leur partie extérieure sont noirs et 
roux ; ceux de leur partie intérieure sont blancs et 
clair-semés. La queue , de longueur moyenne , est noire 
en dessus, blanche à la pointe et en dessous. Les cor- 
nes droites sont rugueuses à leur base , pointues et 
lisses. Le mâle vieux. 

La femelle porte des cornes courtes , obtuses , cachées 



— 21G — 

dans la grande touffe de poils de l'occiput. Son pelage 
est à peu-près coloré comme celui du mâle; toutefois le 
noir est moins parfait, et toutes les teintes sont lavées de 
çendré-noiràtre. 

Les jeunes ont des teintes plus ternes que celles de 
la femelle; la grande touffe du milieu de laquelle les 
cornes doivent s'élever, est composée en partie de poils 
contournés, d'un roussâtre terne, et de poils noirs raides. 

Longueur des individus de forte taille, de l'anus à 
la pointe du nez, 2 pieds 8 à 9 pouces; de la queue 6 
pouces 6 lignes, et de son ample flocon terminal 1 pouce 
7 lignes ; distance du bord antérieur des yeux à la 
pointe du nez 4 pouces 4 lignes. Hauteur au train de 
devant 18 pouces 6 à 7 lignes; à celui de derrière 19 
pouces 8 lignes ; longueur des cornes 3 pouces 6 à 7 lignes. 
Nous avons des mâles à l'état adulte de 29 pouces et de 
27 pouces, dont les cornes ont 3 pouces. Les cornes 
des femelles n'ont guère plus d'un pouce. 

Cephalophus NIGER. Graï , Gleau. Knows. hall , 
p.. 50 , pi. 8. 

Patrie. Habite une grande étendue de la côte de 
4juiné ; très-commun dans les forêts voisines des facto- 
reries néerlandaises , surtout vers les confins du pays 
des Aschanles , près Chama et Dabocrom. 



lû 



— 217 



CÊPHALOPHE OGILBY. CEPHALOPHUS OGILBYL 

Les trois espèces de ces ruminants, dont nous tâche- 
rons de faire apprécier les caractères au moyen desquels 
Ton pourra les distinguer, offrent entre-elles plusieurs 
traits de ressemblance, tant par la couleur de leur robe 
que par la distribution de ces couleurs; toutefois, on 
les reconnaît les unes des autres à la bande dorsale 
noire, plus ou moins étendue sur les parties du corps, 
ou bien d'un noir plus ou moins profond ; à la largeur 
■de cette bande ; aux teintes d'un roux plus ou moins vif, 
ainsi qu'à quelques autres marques distinctives. 

La nature et la longueur du pelage sur les différentes 
parties du corps , sont absolument les mêmes dans VOgilby 
que chez le Pluton; il est long aux parties postérieures; 
très-ras et à claire-voie sur les antérieures. Les flancs 
sont d'un roux pâle et grisâtre, vu que l'origine des poils 
porte cette dernière teinte; croupe, partie postérieure 
des cuisses , et base de la queue d'un roux plus vif; une 
large bande, d'un noir parfait et lustré, couvre l'épine 
dorsale et s'étend depuis les bords postérieurs des omo- 
plates jusque vers la croupe, où elle aboutit en formant 
pointe; ventre, devant des cuisses et face intérieure des 
pieds de devant blancs ; les sabots des quatre mem bres 
(entourés d'une large bande blanche ou blanchâtre, ceux 
de devant marqués jusqu'au dessus du genou par une 
raie brune , et ceux de derrière jusqu'à mi-jambe seu- 



— 218 — 

lemeut. Le cou, le menton et les joues garnis de poils 
ras, clair-semés et d'un roussâtre terne; le chanfrein et 
le front couverts de poils longs , noirs et roux ; les touffes 
de l'occiput longues et d'un roux vif. Cornes noires, 
massives , courtes et rugueuses à leur base. Le vieux mâle. 

La femelle a des cornes moins longues et obtuses, tou- 
tefois dépassant les touffes. Elle a des teintes plus pâles 
que le mâle , mais la bande dorsale est comme chez 
celui-ci, d'un noir parfait et lustré. 

Le jeune-âge ne m'est point connu. 

Longueur des vieux: de l'anus à la pointe du nez 2 
pieds 7 pouces; queue 4 pouces 7 lignes, et du petit 
pinceau terminal 1 pouce 2 lignes; distance du bord an- 
térieur des yeux à la pointes du nez 4 pouce 6 lignes ; 
hauteur du train de devant 17 pouces 2 lignes, du train 
de derrière 18 pouces. 

Cephalophus Ogilbyi. Gray, Ann. and mag. nat. hist. 
1842. — Fraser, Zool.typ. mauvaise figure, mal colo- 
riée. — Gray, Glean. Knows. hall. p. 10. — Antilope 
Ogilbyi, W a ter h. Proc. Zool. Soc. v. 6. p. 60, — Wagn. 
Schreb. Sdiig. Suppl. v. 4 pag. 446. 

Patrie. On la dit très-commune dans l'ile de Fer- 
nando-po. Elle est bien plus rare sur le continent ; on 
la trouve isolément dans les forêts voisines du pays des 
Aschantes. 



CÉPHALOPHE DORSAL. CEPHALOPHUS DORSALIS, 

Plus basse sur jambes et moins grande que les deux \i 



— 219 — 

précédentes; pelage de la même longueur sur toutes les 
parties du corps. Cornes pointues dans les deux sexes , 
fluettes et lisses; faiblement rugueuses à la base. La 
bande médiane du dos étendue , sans interruption , du 
chanfrein à la pointe de la queue. 

Pelage de toutes les parties du corps long, rude et 
peu al)ondant. Les touffes au milieu desquelles naissent 
les cornes, petites, courtes et droites. Une bande noire, 
d'un noir parfait et lustré, prend origine au chanfrein, 
s'étend sur le front entre les cornes , se dirige le long de 
la nuque sur les épaules, où elle augmente en largeur, 
parcourt ainsi toute l'épine dorsale , devient même un 
peu plus large sur la croupe et est prolongée en bande 
étroite jusqu'au bout de la queue. Tout le reste du pe- 
lage du corps, de la partie supérieure des cuisses, des 
jambes de devant, de la poitrine et des côtés du cou 
sont d'un beau roux, très-ardent et lustré. De larges 
bandes surcillaires rousses, occupent les côtés du chan- 
frein ; elles sont prolongées jusqu'aux touffes , dont les 
poils raides sont roux et noirs. Les lèvres, une partie 
de la conque interne des oreilles, la gorge, la face inté- 
rieure du haut des quatre membres et l'abdomen ont des 
poils blancs, clair-semés. La partie médiane du ventre 
■est brune. Les pieds sont d'un brun-pourpré , sans aucune 
marque ni autre dessin. La queue grêle est terminée 
en un pinceau effilé et pointu ; elle est noire en dessus , 
blanche à la pointe et en dessous. Les cornes sont droi- 
tes , noires, lisses, légèrement rugueuses à la base et 
sortant de petites touffes de poils raides. Le vieux mâle. 



— 220 — 

La vieille femelle ne diffère presque point du mâle par 
les couleurs du pelage; ses cornes quoique assez longues, 
sont grêles et pointues. 

La livrée du jeune-âge de cette belle espèce ne m'est 
pas encore connue. Il paraît que l'individu décrit par 
M. Gray est un jeune mâle ; s'il en est ainsi , les jeunes 
diffèrent pour-lors bien peu de l'adulte. 

Longueur : de l'anus à la pointe du museau 2 pieds 1 à 

5 pouces ; queue 5 pouces et du pinceau terminal 1 pouce 

6 lignes; distance du bord antérieur des yeux à la 
pointe du museau 5 pouces 4 lignes; hauteur au train 
de devant 15 pouces 6 lignes; à celui de derrière 16 
pouces 3 lignes ; hauteur des cornes du mâle 5 pouces 
2 lignes ; de la femelle à peu-près 2 pouces. 

Le crâne dans cette espèce est proportionnellement plus 
large que chez les autres Céphalophes ; il est aussi moins 
long et le chanfrein est plus arrondi. 

Cephalophus dorsalis. Gray, Ann. and Mag. Nat. HisL 

1846. Id. Glean. Knows. halL p. 10. pi. 7. fig. 2. bonne 

figure d'un jeune mâle. 

Patrie. Les forêts de l'Aschantie et de Sierra-Leona ; 
l'espèce est fort rare dans les forêts du littoral, où elle 
ne se montre guère que de nuit. 



221 — 



GEPHALOPHE ROUSSARD. CEPIIALOPHUS 
RUFILATUS. 

Constamment plus petite et plus grêle de formes , cette 
autre espèce ressemble beaucoup à la précédente par les 
couleurs de la robe et par la distribution de celles-ci ; 
ils est néanmoins facile de la distinguer dans les états 
différents du sexe et de l'âge; d'abord, à la couleur delà 
bande dorsale , puis à la forme du flocon terminal de la 
queue. La bande dorsale , dans les deux espèces précé- 
dentes , est d'un noir de jais; chez celle-ci cette bande 
est d'un brun-grisâtre légèrement pourpré. Les deux 
premières ont la queue terminée en pinceau ; le Roiis- 
sard a la bout de la queue en houppe ou en touffe. 

Pelage abondant, serré et raide sur toutes les parties 
du corps. La bande dorsale prend naissance à la nuque, 
puis passe sur les épaules ; vers l'épine du dos elle devient 
plus large et couvre toute la croupe, ainsi que la base 
de la queue; cette bande est d'un gris-noirâtre ayant 
une légère teinte pourprée. Les flancs, les cuisses et le 
haut des jambes sont d'un roux nuancé de brun; le 
cou , les joues ainsi que les larges sourcils sont roux ; le 
chanfrein , le front , l'occiput et sa longue touffe de 
poils raides , sont noirs ; les quatre membres , à partir 
de leur insertion au corps jusqu'aux sabots , sont d'un 
gris-pourpré foncé et sans aucun dessin; le bord des lè- 
vres, la gorge et la partie interne des membres sont cou- 



— 222 — 

verls de poils rares et blancs; cette dernière teinte cou- 
vre la conque intérieure des oreilles ; elles sont noires ex- 
térieurement. La queue est noirâtre en dessus; le large 
flocon dont elle est terminée est aussi de cette teinte ; 
sa base en dessous est rousse. Les cornes sont en cône 
long, faiblement annelées à leur base, un peu recourbées 
en avant à la pointe. Le mâle adulte. 

La femelle a les couleurs de la robe d'une teinte plus 
pâle, mais leur distribution est la même que cbez le 
mâle ; les cornes sont obtuses et cachées par la grande 
toufie de poils noirs, de laquelle elles naissent. 

Les jeunes de l'année , ou ceux un peu plus âgés, ont 
les couleurs du pelage distribuées de la même manière 
que chez les sujets à l'état adulte , mais elles ont des 
teintes plus claires. La bande dorsale a le même par- 
cours , mais les poils sont d'un gris-pourpre clair; cette 
nuance domine aussi sur toute l'étendue des quatre mem- 
bres. Le flocon de la queue est coloré de même, et le 
bout des poils est blanc ; le chanfrein et la touffe de poils 
de l'occiput sont plus foncés ; les teintes rousses de tou- 
tes les autres parties du corps sont beaucoup plus claires, 
d'un roux jaunâtre ^ 



^) Attendu que cet individu nous vient de Sénégal , et que Rtifila- 
tus adulte est de Guiné , il se pourrait que ce jeune forme une espèce 
distincte. F. CirviER en donne une figure d'une ressemblance parfaite 
avec notre individu, mais sous le nom vicieux de Grimmc, F. CimER, 
Vol. 2 pi. Car la Grimmia de Pallas diffère essentiellement de la Grimme 
de BiTFFON et de F. Cuvier. Si l'on parvient à constater la difiërence entre 
ces jeunes sujets à teintes pâles et le Rvjilatus que nous venons de 
décrire , l'on pourrait donner à l'espèce notée ici , le nom de Cephalo- 
vJiiis pallidus. 



— 223 — 

Longueur de l'adulte, de l'anus au museau 22 ou 25 
pouces ; de la queue 5 pouces et de son flocon terminal 
1 pouce 6 lignes; distance du bord antérieur des yeux 
à la pointe du nez 2 pouces 10 lignes; hauteur au train 
de devant 12 pouces 6 lignes; à celui de derrière, à peu- 
près 14 pouces; hauteur des cornes chez le mâle 2 pou- 
ces ; de la femelle 6 à 7 lignes. 

Cephalophus rufilatus. Gray, Ann. and Mag. Naf. 
Hist. 1846. — Id. Glean. Knows. hall. p. 10, pi. 2. jeune 
mâle, bonnes Jigur es. — Antilope Grimmia, H. Smith, 
Griff. Anim. King. v. 5. Vol. 266. — La Grimme dont 
BuFFON a fait figurer le crâne et une partie de la tête 
avec les cornes, ne doit point trouver place parmi les 
synonymes de Rufilatus; l'on doit les citer comme jeune- 
âge du Guevi du Sénégal et de la Guiné. 

Patrie. Très-rare le long de la côte de Guiné; plus 
commun dans les forêts de Sierra Leona. L'un de nos 
sujets est de Dabocrom , Aschantie. 



CEPHALOPHE GUEVI. CEPHALOPHUS MAXWELL!, 

Les noms de Guevi et de Grimme sont des épithètes 
dont les naturalistes ont été prodigues depuis nombre 
d'années, et qu'ils ont donné à plusieurs espèces de pe- 
tites antilopidées qui leur sont tombés sous la main , 
surtout , lorsque celles-ci étaient nouvelles pour eux. 



— 224 — 

De la confusion des noms l'on en est venu à la confusion 
des espèces , de manière que les naturalistes ne savent 
plus, à laquelle ces noms reviennent de droit, et sous 
lesquels il sera convenable de les porter dans un catalogue 
méthodique , sérieux ; mieux vaudrait sans doute , les 
vouer à l'oubli, en ne les citant plus, surtout pour ce 
qui concerne le second de ces noms , étant né de la 
confusion d'espèces distinctes, classées sous l'indication 
d'une patrie supposée, mais inexacte. Pour que l'on 
puisse s'en former une idée , il sera nécessaire de re- 
monter à la source de ces erreurs; ce que nous ferons 
le plus succinctement possible dans la notice qui suit. 

Le docteur Grimm, d'origine allemande, médecin au 
service de la Compagnie des Indes hollandaises, à son 
retour du Cap de Bonne Espérance, où il avait exercé 
son art , rapporta de cette contrée la description d'une 
Antilope femelle , sans cornes ^ , qu'il publia d'une ma- 
nière tres-superficielle , en l'accompagnant d'une figure 
pas trop mauvaise pour le temps où elle parut dans les 



*) Si , comme l'indique la figure publiée par Grijim , cette femelle 
manque de cornes , remplacées par un long toupet de poils , elle pourrait 
appartenir à une espèce encore inconnue de nos jours aux naturalistes, 
ou Lien méconnue par eux , que les colons et les chasseurs africains 
nomment Kuif-duiker ; celle-ci habite vers la limite nord de la colonie : 
son toupet de poils longs et raides couvre l'occiput, et la femelle ne 
porterait aucun indice de cornes ; tandis que la femelle du Duiker-hok, 
connue des boers des environs du Cap , porte de très-petites cornes , 
courtes et obtuses , cachées dans une petite touffe de poils. Ce Diii- 
ker-hok est Antilope mcrgens àe nos catalogues méthodiques. Hors donc, 
à laquelle de ces deux espèces doit-on rapporter la femelle dont parle 
le docteur Grimm ? Si en effet c'est un Kuif-duiker , tous les nomen- 
clateurs modernes sont en défaut , car leur Grivimia repose sur un 
Diiiker'bok des environs du Cap. 



— 225 - 

premières années du 18me siècle; woiv Ephémérides des 
curieux de la nature, année 4, p. 134, fîg. 15. Les natu- 
ralistes de la fin du siècle dernier s'empressèrent d'ins- 
crire cet animal sous le nom de Capra sijlveslris afri- 
cana , épithète déjà bien longue, mais à laquelle Raye, 
Sijn. Avim. p. 80 ajoute encore le nom de Grimmii ; 
Brisson en fait son Chevrotain d'Afrique [Tragulus afri- 
canus) , tout en le confondant avec une espèce du Séné- 
gal. BuFFON en décrivant la grimme femelle, lui associe 
comme mâle une espèce , qu'il tenait d'AoANSON , qui est 
le Guevi, Antilope Maxwelli du Sénégal. — Notre ani- 
mal toujours inconnu aux naturalistes, prit rang comme 
espèce et parut dans la lOme édition de Lin.né, sous le 
nom de Capra Grimmia. Jusqu'à cette époque l'on 
n'avait aucune diagnose spécifique , qui put servir à re- 
connaître cette Grimmia des autres antilopes ; les seuls 
caractères empruntés au toupet du crâne, ainsi que ceux 
pris des larmiers, décrits très-longuement par Grimm, 
servirent d'indice spécifique dans cette édition de Linné ^ 
Pallas aussi prit part à cette confusion ; il l'augmenta même 
par un incident nouveau. Le séjour qu'il fit en Hollande, 
lui fournit l'occasion de voir dans la ménagerie du prince 
d'Orange, l'antilope que Vosmaer, directeur du cabinet 
d'histoire naturelle du Stadhouder, présumait lui être 
parvenu de la côte de Guiné , et qu'il se proposait de pu- 
blier sous le nom de Petit houe damoiseau ^. Pallas, pré- 



*) Il y est dit: Grimmia Capra /ascicula tophoso , ca vitale infraocti- 
los ; phrase qui convient à toutes les espèces connues dans le groupe 
des Cephalophus , tel qu'il est composé aujourd'hui. 

^) Voyez Vosmaer , Descript. du cab. du Prince d'Orange , p. 3. pi. 
cnl. fleure parfaite , très-bien coloriée. 



- 226 - 

siimant que ce pouvait être un individu de la même 
espèce que celle vue par Grimm , au Cap de B. Esp. , crût 
bien faire en donnant le nom de Grimmia à cette anti- 
lope de VosMAER ^ Dès-lors, l'on se mit en devoir de 
retrouver la Grimm, non pas au Cap, mais dans les para- 
ges de l'Afrique occidentale , ce qui fut la cause des er- 
reurs commises depuis ce temps par les naturalistes mo- 
dernes , auxquels l'on vit donner le nom de Grimmia à 
des espèces, n'ayant aucune ressemblance, ni avec l'ani- 
mal indiqué par le Dr. Grimm , ni avec celui décrit par 
VosMAER. C'est qu'alors l'on ignorait encore, que les dif- 
férentes et nombreuses espèces d'Antilopes d'Afrique , 
ont leur habitai borné en des limites géographiques fort 
circonscrites, qu'elles ne dépassent point ou bien très-ra- 
rement, soit vers le Nord, soit vers le Sud. 

11 est de fait que Terreur commise par Pallas, avait eu 
lieu sur l'indication fautive de Vosmaer, qui présumait, que 
son Antilope lui avait été envoyée directement de la 
côte de Guiné, tandis qu'effectivement elle venait du Cap 
Sud 2. C'était tout simplement un Duiker-bok du Cap , 
mais non pas un vrai Mer gens, tel qu'on le trouve décrit 
par les naturalistes modernes: c'était une de ces varié- 
tés du Mergens , à pelage pâle ou cendré-jaunâtre , à la- 
quelle quelques naturalistes donnent le nom d'Antilope 



^) Miscell. Zool. anim. pag. 12. pi. 1. 

2) Les vaisseaux de la Compagnie des Indes , à leur retour du Sud 
de l'Afrique , abordaient ordinairement la rade foraine de St. George 
de la Mina , factorerie principale de cette Compagnie à la côte de Guiné. 
Au reste , du temps de Vosmaer , l'on se souciait bien peu dobtenir des 
renseignements exacts sur l'origine et la patrie certaine des animaux. 



— 227 — 

Burchelli , qu'on trouve au Cap et dans le pays de Na- 
tal , d'où nous avons reçu au musée des individus par- 
faitement identiques avec le Bouc damoiseau , décrit par 

VOSMAER. 

On le voit , par cette course au clocher à la pour- 
chasse du nom le plus ancien , donné à une espèce , 
l'étude de la nature pas plus que la classiflcation sys- 
tématique ne saurait en tirer quelque profit ; leurs pro- 
grès en sont même retardés et ralentis. Il arrive le plus 
souvent que ces épithètes, auxquelles l'on prétend accor- 
der la priorité , n'ont de titre réel et scientifique à faire 
valoir, que la date sous laquelle le nom grec ou latin 
(toute autre langue étant proscrite) se trouve puhlié dans 
un catalogue où l'on cherche le plus souvent en vain , 
une diagnose tant soit peu caractéristique , qui puisse 
servir à la connaissance seulement superficielle de l'es- 
pèce que le nom indique. Nous trouvons, toutefois , plu- 
sieurs naturalistes prévenus en faveur de cette recher- 
che stérile à tant d'égards , et qui préfèrent ces noms 
anciens par leur date, recouvrant de leur autorité et 
sous le drapeau d'une épithète grecque ou latine , des in- 
dications incomplètes , stériles , quelquefois mensongères , 
souvent donnant prise à l'erreur, à ceux plus récents, 
il est vrai , mais qui peuvent faire valoir en leur faveur 
l'étude sérieuse, jointe aux détails nécessaires , et qui sou- 
vent, au défaut de renseignements plus complets dans 
le texte descriptif, y ont suppléé, en illustrant leurs 
puhlications par les figures des animaux , dont ils établis- 
sent ainsi la connaissance parfaite et l'image fidelle. Ce 



— 228 — 

que nous redoutons dans cette course inconsidérée, pous- 
sée à rextrème par quelques naturalistes , c'est qu'elle 
n'aboutisse à sanctionner et à perpétuer les erreurs com- 
mises sous ces noms, et qu'elle ne tende à susciter des 
embarras nouveaux dans l'étude de la nature. Elle aug- 
mentera indubitablement les travaux accessoires de cette 
étude, et la rendra difficile, si non impossible pour le 
naturaliste, privé des moyens de consulter les grandes 
bibliothèques. 

Je pourrais citer à l'appui de cette opinion , indépen- 
damment des exemples que les antilopidées, ici décrites, 
viennent de nous fournir, plusieurs autres exemples 
empruntés à toutes les classes du Règne animal; nous 
en donnons un seul comme type dans la classe des oi- 
seaux , sous la note ci-jointe ^ L'on me pardonnera cette 



') Du temps que le Gouvernement néerlandais semblait prendre 
quelque intérêt à l'exploration scientifique et matérielle de ses belles 
et fertiles possessions d'outre-mer , et que la commission des natura- 
listes voyageurs , chargée de ce soin , existait encore dans l'Archipel 
malais, feu le Dr. Forsten, membre de cette commission atijourd'hui 
supprimée, fit parvenir au musée parmi un grand nombre d'objets 
nouveaux , un oiseau gallinacée remarquable , portant chez les indigè- 
nes de la baie de Gorontalo (île de Célèbes) , le nom de maleo , dé- 
rivé de la langue portugaise et qui signifie marteau ou martelet , vu 
que cet oiseau a l'occiput muni d'une forte protubérance osseuse , im- 
mitant en quelque sorte la tète d'un marteau. Comme ce gallinacée 
nouveau offre dans l'ensemble de son organisation des formes toutes 
particulières, je lui donnai pour nom de genre et d'espèce ceux de 
Megacephalon inaleo. M. Gkay , qui vit cette belle espèce et qui en 
obtint un individu pour le musée britannique , en a publié depuis un 
j)ortrait , dans son Gênera of hirds , pi. 123; mais, avant d'adopter ce 
nom de vialeo , il se mit en quête à la recherche d'un nom , qui 
pouraît être plus ancien que celui donné récemment par moi. M. GraT 
crût , fort heureusement pour la science , mettre la main sur une priorité .' 
11 trouva que , dans la Zoologie de V Astrolabe ,*p. 23 , pi. 25 , se voit 
décrit et figuré un jeune , un poussin du inaleo , que M. M. Quoy 



— 229 — 

«ligression en faveur du but de ces remarques , que je 
crois utiles pour la science. 

Le premier des noms, ci-dessus indiqués, est celui 
qui définitivement est demeuré à l'espèce du présent ar- 
ticle. En effet , l'on voit que l'épithète de Guevi a été 
donnée par quelques naturalistes au Blnauw-hokje ou noe- 
mefje {Antilope pygmea) , du Cap Sud , par d'autres il a 
été attribué à notre Antilope Maxivelli. Thunberg, n'a- 
yant eu connaissance exacte que de la petite espèce , le 
Blaaim-bokje du Cap , et depuis son retour à Slokbolm , 
ayant vu le Guevi du Sénégal, crût erronément que ce 



et Gauhard , qui n'avaient aucune connaissance de l'animal à l'état 
adulte, avaient jD?î* eironèment pour le jeune-âge de mon 3Iegapodius 
rubripes de mes planches coloriées 411. Dès-lors, par droit Ag priorité 
inscrite le nom de rubripes prévalut sur celui de tnaleo ; auquel 
toutefois , l'on ne pouvait disputer raisonnablement son orip-ine anti- 
que , comme prenant date de l'occupation de l'île de Célèbes par le 
Portugal, ce qui eut lieu , si je ne me trompe, l'an de grâce 1540; 
mais ce nom ne se trouvait point buriné sur une planche , ni inscrit 
en langue latine , dans un livre. Toutefois M. Gray se crût sans 
doute dispensé de lire le texte de M. M. Quoy et Gaimard , à l'article de 
leur Mégapode à pieds rotiges ; il y eut puisé des renseignements sur 
ce jeune individu , qu'eux réunissent à une espèce différente de genre 
qui habite une toute autre partie de l'Archipel , et qui est effective- 
ment mon Megapoditis rubripes de ma planche 411 précitée. Il faut 
convenir et il est incontestable , que jamais nom ancien ou moder- 
ne , ne pouvait être plus mal choisi que celui de rubripes pour dé- 
signer le Megaceplialon nialeo , attendu que les pieds de cet oiseau sont 
d'un cendré noirâtre. Il est vrai , que pour ne pas faire remarquer 
l'incohérence du nom avec la figure, pi. 123 du Gênera (en admet- 
tant que celle-ci eut été reproduite selon la nature, avec des pieds 
noirs), le dessinateur s'est tiré d'affaire, en imaginant de colorer en 
rouge les pieds , le cou . et la tète ; sans doute pour faire concorder 
le portrait de ce Megacephalon rubripes, sic, avec le nom systémati- 
que adopté comme ayant droit de priorité par sa date supposée. Au 
reste , ce nom eut il même été d'une priorité reconnue , il n'en se- 
rait pas moins inadmissible pour désigner l'espèce mentionnée. 



— 230 — 

pouvait ctrc la même espèce; ce qui lui fit confondre ces 
deux animaux, for distincts, en un même article, sous le nom 
à' Antilope monticola, épithète que M. Gray veut donner à 
V Antilope pygmaea , parceque sa date, quoique couvrant une 
erreur, est plus ancienne que celle de pygmaea, sous la- 
quelle, nonobstant tous les naturalistes , lui seul excepté , 
reconnaissent le Blaauw-bokje du Cap. F. Cuvier décrit 
et donne une figure exacte delà femelle de notre Guevi, 
vol. 2 pi. , mais il lui impose le nom latin de pygmaea , le 
confondant de la sorte avec le Guevi du Cap, qui est le 
Blaauw-bokje. L'on connaît les erreurs de Brisson et de 
BuFFON relativement à l'emploi fautif de ce nom de 
Guevi. 

Je n'entame point à l'exemple de quelques uns de mes 
collègues , de discussion sérieuse sur la date de l'année, 
du mois ou du jour de la priorité d'inscription ou de 
publication du nom latin , donné à notre Guevi ; ils sont 
trois en nombre , Phylantomba , Maxwelli et Frederici ; 
le second de ces noms étant admis par M. Gray, nous 
sommes sur qu'il est le plus ancien. 

Nous passons de cette recherche sur la nomenclature 
systématique , à la description de cette espèce ; elle est 
parvenue au musée en plusieurs exemplaires des deux 
sexes et dans tous les âges; ils ont été envoyés de la Guiné 
par M.Pel; il nous marque, qu'elle y est fort répandue 
le long de la côte. 

Pelage de toutes les parties supérieures du corps , de 
celles de la queue, du cou et de la tête, d'une teinte 
brune plus ou moins grisâtre; la nuance en est toujours 
\\\\ peu plus foncée sur le sommet de la tête, ainsi que 



— 231 — 

^ers les loiilTes de poils qui recouvrent la base des cor- 
nes. Le brun de la tête est bordé d'une large bande, 
parlant de la base des cornes et se dirigeant en forme 
de sourcil au dessus des paupières. La couleur brune ou 
teinte-suie du dos devient plus claire , selon qu'elle se 
rapproche des parties abdominales ; celles-ci , la face in- 
térieure des membres, la poitrine, le devant du cou 
ainsi que la gorge sont d'un blanc pur. Les pieds sont 
d'un brun-grisâtre; ils ont, pour marque distinctive , une 
grande tache de teinte plus pâle ou blanchâtre , placée 
des deux côtés , un peu au dessus des sabots. Les poils 
de la longue queue sont en dessus d'un brun noir, en 
dessous blancs. Les oreilles portent de larges bordures 
blanches le long de leur contour interne. Les cornes ont 
une forme conique, larges dès leur base, munies d'an- 
nelures profondes jusque vers la pointe, légèrement re- 
courbées en avant et lisses. Le vieux mâle. 

La femelle ressemble au mâle par la couleur et les 
teintes du pelage ; elle n'en diffère que par de très-peti- 
tes cornes, souvent obtuses, ou comme perdues, et ca- 
chées dans les touffes, d'où elles prennent naissance. 

Les jeunes de l'année ont en général un pelage plus 
foncé que les adultes ; quelques parties de leur robe ont 
les poils terminés de roussâtre. Les jeunes, à l'état de 
semi-adulte, surtout les femelles, ne portent que de fai- 
bles indices de cornes, ou bien elles en manquent encore 
à cet âge ; les touffes de poils sont alors plus distinctes 
et plus longues. 

Je me flatte que cette description servira à la cou- 



— 232 — 

naissance exacte de l'espèce, el que celle-ci ne pourra 
plus être confondue avec le Guevi du Cap , noire Cepha- 
lophus pygmaea. 

Longueur de l'anus à la pointe du museau 20 pouces 
2 à 6 lignes; distance du Lord antérieur des yeux au 
nez 2 pouces 10 lignes; queue 5 pouces. Hauteur au 
train de devant 12 pouces 6 lignes; du train de derrière 
15 pouces 6 lignes. Cornes chez le mâle 1 pouce 8 à 10 
lignes; largeur à la base 7 à 8 lignes. 

Antilope maxwelli. H. Smith , Griff. , Anim. Kingd. 
Vol. 4 , p. 26. — Gray, Glean. Knowsl. hall. p. 11. — 
Antilope FREDERici. Lsiurl. Dict. Univ.d'IIist.Nat.^.6'2,o, — 
Wagn. Schreb. Sdugeth. Suppl. Vol. 4. pag. 454. — 
Antilope PHYLANTOMBA. Smith, Synop. 3Iamm. pag. 424. 
sp. 58. — Ogilby, Zool.proc. 1856. p. 121. — Antilope 
pygmaea. F. Cuvier, 3Iamm. Vol. 5 pi., figure exacte 
de la vieille femelle. 

Patrie. La Guiné, le Sénégal et la Gambie, par- 
tout où les côtes sont couvertes de forêts. On les voit 
rarement plus de deux ou trois réunis. 



Après être entré dans tous les détails nécessaires à la 
connaissance exacte des espèces , que le musée des Pays- 
Bas a reçu successivement des différentes parties de la 
côte occidentale, nous lâcherons de compléter ces indica- 
tions par quelques renseignements sur les autres espè- 
ces , qu'on énumère encore dans le groupe des Cephalo- 
phcs , el «lui habilenl les côtes de celle partie tropicale 



— 233 — 

de l'Afrique. — L'occasion nous ayant manquée jusqu'ici 
(le voir ces espèces en nature, puis de les comparer à celles 
qui nous sont connues , il sera nécessaire d'avoir recours 
aux descriptions plus ou moins succinctes de mes colla- 
ioraleurs , auxquelles je m'en réfère complètement. 

CÉPHALOPHE DES BUISSONS. CEPHALOPIWS 
SYLVICULTRIX. 

Tête ovale, à museau fin; cornes pointues, luisantes^ 
tout-à-fait dans la direction du front , très-droites, assez 
finement ridées en travers dans une hauteur de six 
lignes depuis leur base, ensuite couvertes d'inégalités et 
de petits enfoncements dans une étendue d'un pouce en- 
viron , et lisses dans le restant, n'étant pas parallèles 
entre-elles, mais s'écartant l'une de l'autre vers la pointe. 
Oreilles situées très-près des cornes , à peu-près aussi 
longues qu'elles , arrondies vers l'extrémité , garnies de 
cils épais. Queue pendante,, touffue. Jambes fines, point 
de brosses aux poignets : deux mammelles seulement. 

Pelage généralement composé de poils assez doux , cou- 
chés et luisants, ayant pour couleur dominante le brun 
foncé, devenant plus pâle sur les flancs et le cou , mêlé 
de gris sur les cuisses et à l'anus, presque jaunâtre vers 
la gorge et le gosier, d'un jaune isabelle sur une bande 
s'é tendant le long de l'épine et qui s'élargit beaucoup 
sur la région des lombes , où les poils ont la longueur 
de deux pouces. Poils de la tête très-courts ; partie an- 
térieure des joues , côté du museau et menton d'un blanc 
jaunâtre sale; chanfrein et front d'un brun-clair; ce der- 



— 234 — 

nier étant surmonté d'une touffe de poils raides, longs 
d'un pouce et demi, qui couvre la base des cornes; face 
externe des oreilles, de couleur brune et l'interne grisâ- 
tre. Queue noirâtre. Jambes couvertes de poils courts et 
d'un brun châtain. Le mâle. La femelle n'est pas connue. 
Il paraît que ni le mâle adulte ni la femelle n'existent 
dans aucun des musées qui me sont connus. 

Longueur totale de l'anus à la pointe du museau 5 
pieds ; de la queue avec la touffe 6 pouces. Hauteur au 
train de devant un peu moins de 3 pieds; train de der- 
rière 3 pieds 2 pouces; hauteur des cornes 14 pouces. 
Un jeune mâle du musée britannique, porte en longueur 
totales pieds 5 pouces; sa hauteur est de 18 pouces. 

Antilope sylvigultrix. Afselius, Act. Nov. Upsal. 
Vol. 7. pag. 265. — Desm. Mamm. pag. 462. — Laur. 
Dict. Univ.d'Hist. Nat. Vol. 1. p. 624. — Wagn. Schreb. 
Sàugeth. Vol. 4. pag. 446. — Schintz, Spi. Mamm. 
p. 41S. — Gray , Glean. Knowsl. hall. p. 10. pi. 8. fîg. 1. 
sous le nom de punctulatus. — Busch antilope. Smith, 
Griff. Anim.Kingd. p. 228 et planche. 

Patrie. Les montagnes de Sierra-Léona et les ré- 
gions septentrionales des fleuves Pongas et Guia ; habite les 
plaines couvertes de buissons dans les pays montueux. 
Elle ne sort des broussailles pour se rendre aux pâtura- 
ges , que vers l'aurore. Ayant les jambes courtes propor- 
tionellement à la longueur de son corps , elle ne saurait 
courir avec la vélocité des autres espèces. 



— 235 — 



CEPHALOPHE COURONNE. ŒPHALOPHUS 
CORONATLS. 

M. Gray a fait mention de cette espèce dans un ou- 
vrage que nous ne possédons pas , Ann. and Mag. Nat. 
Ilist. 10, 1842 et 1846 , ce qui nous fait donner ici la 
traduction de la diagnose, contenue dans ses Gleanings 
from the ménagerie and aviary at Knowsley hall. 

Le Céphalophe couronné a le pelage d'un brun-jaunâ- 
tre pâle; le milieu du dos, ainsi que la partie antérieure 
des pieds de devant variés de poils clair-semés, noirs; 
sommet de la tête de couleur bay intense ; touffe d'un 
brun-noirâtre; les pieds et une bande sur le chanfrein 
noirâtre; face interne des oreilles, menton, devant du 
cou , poitrine , ventre et face intérieure des pieds blan- 
cliâtres. Cornes courtes , coniques ; les oreilles pointues , 
à peu-près moitié de la longueur de la tête. 

Un mâle à l'état de semi-adulte et deux jeunes femelles 
font partie du musée britannique. 

Cephalophus coronatus. Gray, Glean. Knows. hall, p. 9. 
pi. 6 , le mâle jeune. 

Patrie. Les côtes de l'Afrique occidentale; le fleuve 
Gambie et l'ile Macarthy. 



— 236 — 



GEPHALOPHE CROUPE-NOIRE. CEPIIALOPHUS 
MELANORIIAEUS. 

Nous devons la connaissance de cette espèce à l'autçur 
précité , qui en donne l'indication conçue en ces termes. 

Pelage d'un gris-brun, gorge et flancs plus pâles; 
croupe et partie supérieure de la queue d'un noir par- 
fait; menton, poitrine, abdomen, face antérieure et pos- 
térieure des cuisses, ainsi que le dessous de la queue 
d'un blanc pur; une bande étroite et blanche au dessus 
des yeux; pieds de la couleur du dos; pelage doux, d'un 
gris pâle entremêlé de poils raides et noirs. L'on dis- 
lingue facilement notre espèce de ses congénères, par la 
teinte noire de la croupe. 

Cephalophus melanorhaeus. g r a y, Glean. Knowsl. hall, 
p. 11. pi. 10. — Cephalophus philantomba. Gray, Caial. 
Mamm. Brit, Mus. pag. 163. 

Patrie, L'île de Fernando-po; côte occidentale de 
l'Afrique. 



GEPHALOPHE POINTILLE. CEPHALOPHUS 
PUNCTULATUS. 

Pelage peint de trois couleurs, gris à la base, brun 
sur le reste de sa longueur et terminé par des anneaux 



- 237 — 

jaunâtres. En dessus d'un brun fuligineux foncé , flancs 
et pieds plus pâles ; une bande étroite brune passe au 
dessus des yeux en forme de sourcil; face interne des 
oreilles d'un brun pâle; menton, gorge, poitrine , ventre, 
devant des cuisses et dessous de la queue d'un blanc 
pur ; le dessus brun. 

Cephalophus puncttulatus. Gray, Ann. and Mag. Nat. 
HisL 1846. — Id. Glean Knowsl. hall. p. 11. pi. 11. fig. 1, 
paraît être un jeune individu , sans détermination de sexe. 

Patrie. La Sierra-Léone, côte occidentale d'Afrique. 

Dans cette courte notice se trouve résumé tout ce que 
nous savons sur cette espèce nouvelle , représentée dans 
les galeries du musée britannique par un jeune indivi- 
du, oIFert par le colonel Sabiine. La notice donnée par 
M. Gray de son Cephalophus whitfieldi , Glean. knowsl. 
hall., pag. 12, repose aussi uniquement sur un très- 
jeune sujet, figuré grandeur naturelle planche 11, fig. 2. 
La diagnose inserrée dans le dit ouvrage , le signale com- 
me suit. 

Pelage d'un cendré-jaunâtre; la partie antérieure des 
limbes et la partie postérieure du dos plus foncées ; oreilles 
et sommet de la tête d'un brun-jaunâtre ; une bande au 
dessus des yeux; joues, devant du cou, ventre, face 
intérieure des limbes, ainsi qu'un anneau couvrant les 
sabots, d'un cendré-blanchâtre. Les poils sont d'un gris- 
cendré , terminés de brun sur le dos , avec leur pointe 
extrême jaunâtre. 

Cette espèce est plus pâle et plus jaunâtre que la 



— 238 — 

précédente. Le jeune sujet du musée britannique a été 
trouvé sur les bords de la Gambie. Dans ces deux der- 
nières espèces il nous manque encore la connaissance de 
l'état adulte de l'un et de l'autre sexe. 



Le genre Bos ou des Boeufs est représenté dans cette 
partie tropicale de l'Afrique par une espèce de buffle, 
moins grande d'un quart à peu-près que le buffle du Cap 
Sud, connu sous le nom de Bos ca fer. Ce sont des es- 
pèces très-voisines, à tel point même que l'oeil peu 
exercé à saisir les rapports et les caractères différen- 
tiels que présentent si souvent des animaux du même 
genre, pourrait bien se trouver en défaut; vu que, sur- 
tout de prime abord , l'on peut se méprendre au point 
de ne voir dans le Bos hrachyceros de la côte occidentale 
de l'Afrique, qu'une de ces races plus petites et rabou- 
gries du Bos cafer , des parties Sud de ce continent. Tou- 
tefois, la comparaison plus exacte entre les crânes mu- 
nis de cornes, et provenant les uns et les autres de mâ- 
les très-vieux , sert à éloigner toute idée en faveur de 
rapports d'identité spécifique ; mais elle tend aussi à 
rendre très-évidente l'unité générique de ces espèces , 
que nous n'avons point encore été à même de confron- 
ter entre elles sur des individus parfaits, soit sous le 
rapport de leur charpente osseuse complète, soit sous ce- 
lui de leurs dépouilles montées; attendu que M. Pel ne 
nous a fait parvenir jusqu'ici de la Guiné , que deux 
têtes de mâles à l'état adulte; elles servent, toutefois, à 
établir celte comparaison sur des bases solides. M. Pel 



~~ 239 - 

s'est chargé lui-même de cette tâche dans un mémoire, 
offert à la Société Royale Nalura Arlis Ma istra ; travail 
que nous réproduisons d'après le texte hollandais , publié 
par ce voyageur plein de zèle et de soins assidus pour 
notre établissement zoologique, qu'il ne cesse d'enrichir 
par des envois d'objets de ces contrées , encore peu ex- 
plorées sous le rapport de leurs produits dans le domaine 
des sciences naturelles. 

BUFFLE BRACHYCÈRE. BOS BRACHYCEROS. 

Ce Buffle ressemble sous plusieurs rapports à celui du 
Cap, mais il n'atteint point la taille de ce dernier. Son 
crâne osseux présente des différences remarquables et 
constantes. Le devant du mufle est beaucoup plus étroit; 
les os du nez sont plus bombés; les orbites des yeux 
ont leurs bords moins proéminents; le front n'est pas à 
beaucoup près aussi bombé que dans le buffle du Cap, 
tandis que l'occiput est plus proéminent. Les cornes 
présentent des disparitées non moins remarquables; elles 
sont en général moins fortes, plus planes en dessus et 
courbées d'une toute autre manière. Vues en dessus 
elles sont en croissant , et ressemblent par leur courbe 
à celles du buflle ordinaire. Vues de côté, l'on remar- 
que , que dès leur base la courbure est moins inclinée 
en dessous, que dans le buffle du Cap, qu'ensuite elles 
remontent un peu, et que leur pointe lisse et arrondie 
est faiblement courbée en dedans et retournée en arrière. 



La chasse du Buffle est entourée de dangers aussi nom- 



— 240 — 

breux que celle du Léopard. On ne les trouve point en 
grand nombre à la côte; cependant ils se montrent de 
temps en temps dans les environs de Boutry et de Cha- 
ma, en troupes de douze ou de quatorze individus. Ils 
fréquentent rarement les fourrés épais et sombres des 
forêts , que lorsque la troupe cbange de pâturage ; ces 
animaux liantent ordinairement les lieux découverts , où 
croissent de hautes herbes entre-coupées de buissons. 
Les nègres prennent beaucoup de précautions à cette 
chasse, quoiqu'elle ait le plus souvent lieu par un seul 
individu, armé de son fusil; s'il parvient à tuer un buf- 
fle , son premier soin est de se soustraire aux regards du 
reste de la troupe , soit en se cachant dans les buissons, 
soit en escaladant un arbre. Il arrive souvent , qu'un 
chasseur se voit réduit à la nécessité de demeurer jus- 
qu'à la nuit dans ces retraites, vu les soins assidus des 
buffles à ne pas s'éloigner de l'arbre , sur lequel leur en- 
nemi s'est soustrait à leur fureur ; leur colère les porte 
à des charges contre l'arbre ; ils labourent le sol de leurs 
cornes et enlèvent des mottes de terre dansl'air ; souvent 
ils s'en prennent à leurs compagnons ou bien ils assou- 
vissent leur rage sur le buffle térassé. Les dangers auxquels 
l'homme est en but dans cette chasse sont cause, que les 
nègres tuent rarement des buffles ; l'européen bien moins 
agile que le nègre, craint de s'y livrer, ce qui fait qu'on 
parvient rarement à s'en procurer un individu K 

J{o\]Liîs,Dicl.Univ. , Vol. 2. pag, 767, donne quelques 



*) Comparez à cette notice , ce qui est dit relativement à la chasse 
du Bosca/er, dans le voyage du naturaliste Delegorgce, Vol. 2. p. 262. 

Voyage duns l'Afrique Avstrale. 



- 241 — 

détails sur une femelle de celte espèce, observée par lui 
dans la ménagerie du jardin des plantes à Paris ; le 
squelette de ce même individu se trouve aujourd'hui 
dans les galeries d'anatomie comparée. Le sujet rap- 
porté d'Abyssinie par M. Ruppell, et qui a été déposé 
par ce voyageur dans les galeries du musée de Franc- 
fort , est sans doute un Bos hrachyceros , car l'individu 
découvert dans le Soedan par Clapperton et Denham, était 
de cette espèce. 

M. Whitfield, lors de son retour de la Gambie, en 
1846, en a rapporté un individu vivant, qui est mort 
dans la traversée, et dont le squelette existe maintenant 
dans le musée britannique; c'était une femelle. M. Wmi- 
FiELD dit , que le vieux mâle à de longues touffes de poils 
aux pieds de devant. 

Bos BRACHVGERUS. Gray, Ann. Nat. Ilist. Vol. 2,pag. 
284. pi. 15. — Id. Glean. Knows. hall. p. 46. — Pel, 
Bijdrage tôt de dierh. livr. 5 , avec deux figures très-ex- 
actes de la tête d'un vieux mâle. — Bos bubalis Clapp ; 
Voy. — Bos CAFER var. Sundev. 

Patrie. Il paraît qu'elle babite toute la côte occiden- 
tale du Sénégal à la Gambie; elle se trouve aussi répan- 
due vers les parties orientales dans le Soedan et l'Abys- 
sin ie. 



16 



APPENDICE ZOOLOf.IQUE 

SUR LE GENRE SCIURUS. 



J'ai dil page 125 de ces esquisses, que plusieurs écu- 
reuils nouveaux trouvés dans l'Archipel malais ainsi qu'à 
Malacca , ont été déposés par nos voyageurs dans le mu- 
sée des Pays-Bas ; ces espèces viennent augmenter le 
chifl're des rongeurs connus dans le genre Sciurus. Nous 
allons les indiquer succinctement , en partie comme sup- 
plément du travail de M. S. Muller sur les écureuils de 
l'Inde archipélagique ^ et en partie comme découvertes 
faites dans la Péninsule de Malacca. 

ÉCUREUIL DE RAFFLES. SCIURUS RAFFLESI. 

Les naturalistes néerlandais qui ont publiés les ren- 
seignements les plus récents sur les mammifères trouvés 
par eux dans les parties méridionales de Bornéo qu'ils 
ont parcourues, semblent avoir cru reconnaître dans l'es- 
pèce très-commune d'écureuil , qui vit dans cette con- 



^) Voir Verliandelingen over de Natiivrl. Geschied. der Nederl. 
Overs. Bezittingen , Zool. pag. 88. 



— 2^3 — 

Irée, la même que celle propre à la presqu'île de Malac- 
ca , désignée dans les systèmes sous le nom de Sciurus 
Rafflesi , tandis que l'écureuil trouvé par eux à Bornéo 
diffère spécifiquement de son congénère de la Péninsule 
de l'Inde et de Sumatra. C'est une erreur, à laquelle 
nous mêmes étions sur le point d'ajouter notre sanction , 
en confondant , à leur exemple , les deux espèces distinc- 
tes sous une même rubrique. Nous l'eussions fait comme 
eux , si le hasard ne nous eût offert dans la collection 
recueillie plus tard par le Dr. Sghwaner, dans les parties 
du littoral Sud de Tile mentionnée , ce même écureuil , 
mais sous une livrée différente, et tué dans une autre sai- 
son de l'année que les sujets rapportés antérieurement 
par M. MuLLER de Bornéo. Un assez grand nombre d'in- 
dividus, fruits des deux expéditions faites à deux épo- 
ques différentes de l'année, m'ont servi de preuve cer- 
taine de la disparité entre ces deux espèces citées ; les- 
quelles, d'ailleurs, se ressemblent plus ou moins par 
les formes du corps et des membres ^ : nous indiquons 
dans le présent article les différences principales dans les 
couleurs du pelage des deux espèces, telles qu'on les ob- 
tient lorsqu'elles se trouvent revêtues de leur livrée de 
noces ou à l'époque du rut; puis, nous fournirons dans 
l'article suivant, la description des deux livrées, sous les- 
quelles se montre l'écureuil de Bornéo , auquel le nom 
de Sciurus redimilns a été donné dans les catalogues mé- 
thodiques. 



1) Wagner, Suppl. pag. 195 , s'en rapportant aux données fournies 
])ar McLLER, Verhandcl, pag. 56 , a confondu coiunie lui ces deux es- 
pèces d'écureuils. 

16* 



— 244 — 

Sciurus Rafjlesi de Malacca et son congénère Sciurus re- 
dimilus de Bornéo, se ressemblent exactement dans toutes 
les proportions du corps et des membres , si ce n'est que 
la première a la queue moins longue ; mais ces deux écu- 
reuils dilFèrent plus spécialement par la coloration con- 
stamment disparate des teintes de leur pelage. 

Dans la livrée parfaite, qui doit être celle de l'époque du 
rut , notre Rafflesi est élégamment peint de blanc très- 
pur , à partir de la pointe du nez jusqu'aux talons des 
jambes postérieures ; cette bande d'un blanc parfait est 
étendue sur les joues et prolongée sur le haut des mem- 
bres antérieurs; elle devient plus large tout le long des 
flancs, se dirrige sur les cuisses et de là jusqu'aux ta- 
lons. Les longs poils soyeux de la queue sont jusqu'à 
leur extrémité d'un noir rougeâtre , et le flocon terminal 
est rougeâtre foncé. 

Le pelage de la même saison dans Redimiius , n'a de 
blanc pur qu'à la pointe du nez , et seulement la bande 
peu large des flancs porte celte teinte pure. Les longs 
poils soyeux de la queue sont jusqu'à mi-partie noirs, et 
tous sont terminés de blanc jaunâtre. 

Sciurus rafflesi a été décrit exactement par Vigors 
et Horsfield, Zool. Journ. Vol. 4. p. 115 , et pi. 4 une 
bonne figure. Voyez aussi Schintz, Synops. Mam^n. 
sp. 58. — Comme figure parfaite Tab. 9 des Mémoires 
de la Soc. des Scienc. Nat. de Neuchatel. — D e s m a- 
rest, Mamm. , pag. 653, en fait mention sous le nom 
de Sciurus Prevosli. 

Patrie. Malacca et Sumatra. , 



— 2*^5 — 



ECUREUIL A FRAISE. SCIURUS REDIMJTVS. 

Un individu dans l'âge semi-adulte , conservé depuis 
nombre d'années dans la liqueur spiritueuse , à pelage 
plus ou moins décoloré par l'action de l'alcohol et manquant 
d'indication de patrie , a servi de type à la description 
et à la figure fournies par M. van der Boon Mesch dans 
les Annales de V Institut des Pays-Bas de 1829, Vol. 2, 
pag. 243. L'espèce ayant été adoptée dans les catalo- 
gues méthodiques sous le nom porté en tête du présent 
article, nous en faisons usage dans les indications plus 
spéciales sur cet écureuil : il nous est mieux connu main- 
tenant sur des individus parfaits, des deux sexes, tués 
à différentes époques de l'année et révêtus de leur pelage 
variable des deux saisons. Ces objets ont été acquis au 
musée par les voyageurs naturalistes qui ont visités les 
parties Sud de l'île de Bornéo. 

M. MuLLER a cru voir dans notre Redimilus une simple 
variété de climat du Rafflesi de Sumatra et de 3îalacca , 
et il le décrit sous ce dernier nom dans la zoologie de 
son voyage. Nous venons de faire la remarque dans l'ar- 
ticle précédent, que ce rapprochement est erroné , atten-- 
du que notre Redimilus , sous sa double livrée de sai- 
son , diffère constamment de l'espèce avec laquelle M. Mul- 
LER le réunit. Son écureuil de Bornéo , capturé dans la 
saison du rut , a le pelage coloré comme suit. 

Sommet de la tête , joues , nuque , toutes les parties 



— 24G — 

du liauL du dos et la base de la queue à sa partie su- 
périeure , d'un noir profond; parties latérales du dos, et 
les cuisses avec les talons y compris , d'un gris-jaunâtre 
pointillé de gris-brun ou de roussâtre; parties supérieu- 
res des pieds de devant, gorge, poitrine, ventre, abdo- 
men, face antérieure de tous les pieds d'un rougeâtre 
ardent et vif; chez quelques individus l'extrémité de ces 
membres ont aussi cette couleur ; région des moustaches, 
ainsi que la bande étendue le long des flancs, depuis 
les membres antérieurs aux postérieurs, sont d'un blanc 
pur ; au dessous de cette bande peu large , s'en trouve 
une plus étroite et noire; les poils touffus de la queue 
sont noirs et terminés de blanc jaunâtre. — C'est alors 
SciURUs RAFFLEsi Mullcr et Schlegel, Ver/iand. ZooL 
pag. 85. — En partie Sgiurus Prevosti , Wagner, Suppl. 
pag. 195. — Son redimitus est un individu à l'âge de 
semi-adulte. 

La livrée propre à cette espèce dans la saison opposée 
à celle du rut , n'a point encore été indiquée ; nous la 
signalons sur une multitude d'individus , parmi lesquels 
il s'en trouve un dans le passage de l'une à l'autre li- 
vrée. 

Dans le pelage parfait, le noir pur couvre seulement 
une partie de la tête , à partir du museau jusqu'au de là 
des yeux; tout le reste du crâne, les joues, la nuque, 
toutes les parties du corps jusqu'aux flancs, le haut des 
jambes et de la base de la queue sont couverts de poils 
d'un cendré noirâtre, qui est annclé de petites bandes 
d'un cendré jaunâtre , et qui ressemble plus ou moins 



— 247 — 

au pelage pelit-gris des fourreurs ; deux bandes , de lar- 
geur égale à peu-près, la supérieure blanche et celle de 
dessous noire sont étendues sur les flancs , d'une jambe 
à l'autre; toutes les parties inférieures qui sont d'un 
rouge ardent dans le pelage de la saison du rut , sont 
d'un rougeàtre plus terne; les quatre extrémités sont 
d'un noir plein et les poils moins longs de la queue sont 
noirs totalement. 

Longueur totale 20 pouces, sur laquelle 11 pouces 
pour celle de la queue. 

Les jeunes de l'année sont revêtus à peu-près des mê- 
mes teintes, que celles que nous a offert le pelage qui 
vient d'être indiqué. — A cet âge il serait possible qu'on 
les confondit avec l'adulte du Sciiirus villalus , qui vit 
aussi à Bornéo ; toutefois , il est facile de les reconnaî- 
tre; d'abord à la plus grande longueur de la queue dans 
le jeune Redimitus, puis aux parties totalement noires 
de la tête , et , en ce que les pieds et la queue sont 
aussi de cette couleur. Dans Vitlatus la bande noire des 
flancs est beaucoup plus large que chez le jeune-âge du 
Redimitus ; puis toute la tête , les quatre extrémités et 
la majeure partie de la queue sont de la même couleur 
que le dos. 

Patrie. Très-répandu dans quelques parties méridio- 
nales de l'ile de Bornéo. 



— 248 — 



ÉCUREUIL ÉRYTIIPtOMÉLANE. SCIURUS 
EBYTIIROMELAS. 

Il ust heureux que nous ayons pu recevoir cel écu- 
reuil nouveau dans son pelage des noces ou à l'époque 
du rut , en même temps que nous sont parvenus , de la 
même contrée, des individus tués dans la saison opposée 
de l'année ; obtenus séparément et capturés dans des lo- 
calités différentes, nous aurions pu hésiter à les réunir 
sous une rubrique, tant est remarquable la différence 
que ces deux livrées présentent. 

Dans celle de la saison du rut , la queue est pourvue 
de poils longs , plus ou moins distiques. Seulement deux 
couleurs principales revêtent le pelage; un noir très-pro- 
fond et comme enduit de vernis couvre toute la tête, 
les parties du corps jusqu'à mi-côte, le haut des quatre 
membres et la queue ; toutes les parties du dessous du 
corps , la face intérieure des jambes , une partie des flancs, 
et les extrémités des pieds sont d'un rouge foncé, très-vif; 
les moustaches prennent naissance au centre d'une petite 
tache grise. 

Le pelage parfait dans la saison opposée à celle du 
rut, est peint avec plus de recherche et les teintes en 
sont plus variées. La queue a des poils moins longs et 
sa forme est arrondie. Le pelage du sommet de la tête, 
les parties supérieures du cou et du corps jusqu'aux 
flancs , de la lace extérieure des membres et de la to- 



— 249 - 

lalité de la queue, soiit annelés de Landes noires, qui 
alternent avec d'autres plus petites et moins larges de 
moitié, et qui sont d'un roux-foncé; la région des yeux 
et des moustaches ainsi que les joues portent une teinte 
rouge-claire; le menton, la gorge, les parties inférieures 
du corps et celles intérieures des membres sont d'un 
roux foncé, mais terne ; les extrémités des jambes sont 
noires; sur les flancs à mi-côte, et d'une jambe à l'au- 
tre, se voient deux bandes; la supérieure, assez étroite, 
est peinte d'ocre-grisâtre , l'inférieure très-large est d'un 
noir profond^: ces bandes disparaissent vers le temps 
du rut; la supérieure vient se fondre dans le noir plein 
du dos, et l'inférieure prend la teinte rouge intense des 
autres parties du dessous du corps ; les anneaux d'un 
roux foncé aux parties supérieures disparaissent par le 
frottement et l'usure du bout des poils. 

L'on conçoit que les individus dans le passage de l'une 
à l'autre de ces livrées , offrent des variétés intermédiai- 
res, qui ont plus ou moins de ressemblance avec cel- 
les de l'élât parfait, dans les deux saisons opposées de 
l'année. 

Longueur totale de 17, 18 à 19 pouces, sur laquelle 
la queue prend 10 ou 9| pouces. 

Patrie. Les parties septentrionales de Célèbes, Go- 
rontalo et Kema. 



~ 250 — 



ÉCUREUIL CANNELLE. SCIURUS CINNA- 
MOMEUS. 

Le musée ne possédant que trois sujets , de pelage plus 
ou moins différent les uns des autres , et manquant d'in- 
dication précise sur l'époque de l'année dans laquelle ils 
ont été obtenus , nous ne saurions dire avec certitude, 
laquelle de ces livi-ées doit être prise comme livrée des 
noces; nous présumons que le pelage décrit ci-dessous 
est celui que porte l'espèce à l'époque du rut ; les deux 
autres sont probablement des livrées de passage ou in- 
termédiaires , entre celles des deux saisons opposées. 

Le pelage de toutes les parties du corps et des mem- 
bres est coloré de différentes teintes rousse-rougeâtres , 
plus ou moins vives. La tête, la nuque, la partie su- 
périeure du dos et plus des deux tiers de la queue sont 
d'un rouge-cannelle très-foncé et couvert de lustre; le 
bout terminal de la queue est d'un rouge plus clair ; les 
joues , les côtés du cou et du corps , ainsi que la face 
extérieure des pieds sont roux de rouille ; le devant du 
cou et la face intérieure des membres sont d'un roux 
clair; le ventre et l'abdomen portent une Teinte rougeâtre 
plus décidée. 

Un autre individu diffère de celui que nous venons de 
signaler , en ce que les poils lustrés du dos , de la tête et 
de la queue portent toujours la même couleur indiquée 
ci-dessus, mais ils sont tous terminés de noir luisant, 



i 



— 251 - 

les joues , les côtés du cou et du corps ainsi que les 
membres sont d'un gris trés-foncé, mais le bout des 
poils est d'un roux clair ; le ventre et l'abdomen sont 
d'un rougeâtre mat ; les pieds ont une teinte noirâtre. 

Le pelage du troisième individu ressemble plus à ce- 
lui du premier qu'à la livrée du second; c'est absolu- 
ment une robe de passage de l'un à l'autre pelage. 

Longueur totale des trois individus à l'état adulte, 16 
pouces, dont 7 pouces 9 lignes pour la queue. 

Patrie. La Péninsule deMalacca, dans les environs 
de Camboge. *• 



ECUREUIL BIMAGULE. SCIURUS BIMACULATUS. 

Je ne connais qu'une seule des livrées propre à cette 
espèce nouvelle, dont un seul individu, celui déposé dans 
nos galeries a servi à ces recherches ; l'époque de l'année 
dans laquelle cet individu a été capturé n'est non plus 
venu à ma connaissance. 

L'espèce sera facile à reconnaître, dans toutes les sai- 
sons et dans tous les âges, à la double maculature du 
bout de la queue ; ces deux taches terminales du pein- 
ceau , dont l'une d'un noir profond et l'autre d'un blanc 
pur, ne sont pas de nature à subir quelque altération 
de couleur , vu que ces poils longs et soyeux portent une 
même teinte, depuis leur base jusqu'à la pointe ; les 
oreilles sont plus hautes que larges et terminées par une 
petite touffe de poils. 



— 252 — 

Les parties supérieures de la lôte , du cou , tout le 
dos et la queue jusque vers la pointe , portent un pelage 
soyeux , régulièrement annelé de cendré et de noir ; ces 
deux teintes forment de petites bandes transversales sur 
la queue , qui porte une grande tache noire et dont le flo- 
con terminal est blanc ; les côtés du cou , le haut des 
jambes et les flancs sont d'un roux de rouille ; toutes les 
parties inférieures sont d'un gris blanchâtre. 

Longueur 15 pouces, sur laquelle la queue prend 8 
pouces. 

Patrie. La Péninsule de Malacca. 



Nous mentionnons encore ici et pour mémoire seule- 
ment, les trois autres espèces d'écureuils qui ont été en- 
voyés au musée des Pays-Bas par feu le Dr. Forsten , et 
qu'il a découvert dans les parties Nord de Célèbes. 

Ces espèces sont indiquées par de courtes diagnoses, 
dans le travail de M. Muller sur les écureuils de l'ar- 
chipel malais ; voir , Verhandelingen over Neclerlandsch 
Indien , Zoologie , p. 86 , sp. 5 , 9 et 1 1 , où on les trouve 
sous les noms de Sgiurus rubriventer, leugomus et mu- 

RINUS. 



TAMIAS A OREILLES BLANCHES. TAMIAS 
LEUCOTIS. 

Le caractère le plus saillant auquel, de prime-abord, 
l'on peut reconnaître celle petite espèce, se voit dans 



— 253 — 

la manière dont est peinte le lobe exlériciir des oreilles; 
ce bord est garni de poils assez longs , ils sont noirs de- 
pufs la base et d'un blanc pur à la pointe , ce qui forme 
une petite touffe blanche , surmontant, de quelques lignes, 
le bord de cet organe. 

Indépendamment du caractère saillant qui vient d'être 
mentionné, le pelage de ce petit Tamias est encore re- 
marquable par les bandes dorsales ; celles du milieu le 
long de la colone vertébrale est d'un noir plein ; elle est 
bordée de chaque côté par une bande grise, puis s'en 
trouve une brune , et la bande rapprochée des flancs est 
d'un jaune-blanchâtre ; celle-ci est étendue à partir de 
la pointe du nez, passe sur les joues et les flancs, et 
vient aboutir au coccyx en suivant la même direction 
que les autres bandes ; le sommet de la tête , les flancs 
et les quatre membres sont d'un gris plus ou moins varié 
de roussâtre ; toutes les parties inférieures sont d'un blanc 
légèrement roussâtre. La queue arrondie porte des poils 
de longueur moyenne; ils sont roux à leur base, puis noirs, 
et terminés de roux-jaunâtre. 

Telle est la livrée d'un individu tué en Mai; unaulre 
individu capturé en Décembre, ressemble au précédent 
par les touffes surmontant les oreilles , ainsi que par la 
coloration des poils de la queue et des membres ; mais il 
diflère par la teinte des bandes ainsi que des parties in- 
férieures du corps; la bande qui passe sur l'épine dor- 
sale demeure toujours noire; celle qui suit sa direction 
de chaque côté est d'un jaune-roussâtre ; puis une plus 
large qui est brune, suivie de celle extérieure de chaque 
côté , dont la direction de même que la teinte sont ab- 



op;4 

II 

solument semblables à la bande dans l'individu dont nous " 

venons de fournir le signalement; le dessous du cou el 
du corps sont d'un roux rougeâtre clair. 

L'on ne peut attribuer cette différence dans les tein- 
tes du pelage de ces deux individus, pas plus au sexe 
qu'à l'âge ; tous les deux sont mâle et dans l'état adulte; 
il faut donc admettre cette différence dans la catégorie 
des changements dus à l'influence des saisons ou des 
deux moussons qui régnent dans ces climats. 

Longueur totale 8 pouces 5 ou 3 lignes, sur laquelle 
5 pouces 6 ou 8 lignes pour la queue. 

Patrie. La Péninsule de Malacca. 



INDICATIOIV 

DES MATIÈRES CONTENUES DANS CES ESQUISSES. 



Troglod\tus gorill.v. . . , Pag. 1. 

» NIGEK » 15. 

COLOBUS UBSINCS «21. 

» FULiGiaosus » 24. 

» VERUS » 27. 

CeRCOPITHECIUS DIANA » 29. 

» NICTITANS. . . . )' 30 

» ÏETAUXISTA. . . » 30. 

» CEPH0S » 31. 

» ERITHROTIS. . . » 31. 

» ALBOGULARIS. . . » 33. 

» CAMBELLI. ...» 33. 

» LEUCAIHPIX. . . » 35. 

» LUNUtATUS. . . . » 37. 

Papio rubescens » 39. 

octolicnds alleni » 40. 

» PELI » 42. 

Pekolicticus potto » 45. 

Les Chéiroptères frugivores. » 51. 

Pteropus stramineus » 54. 

Les Chéiroptères de l'Iiule. . » 5 5, 

Pteropus pluto » 56. 

» conspicillatcs. ...» 57. 

» ALECTOR » 58. 

» LEtrCOPTERUS » 60. 

» iivpomelakus » 61. 

» moiossimjs » 62. 

Paciiï-soma wiiitei » 65. 

» labiata » 68. 

» gambiana » 69. 

» macrocepiiala. . . » 70. 

PmLLORRirmA vittata » 72. 

» CYCLOPS » 75. 

» FULUGINOSA. . . » 77. 



PlULLORRUINA CAFRA Pag. 78. 

RlllNOIOPllUS ALCYONE » 80. 

Megaberma frons » 81. 

TaPHOSOUS PELI » 82. 

Genre Dysopes » 83. 

Ordre des Carnassiers. . . » 84. 

Felis leopardus » 86. 

» celidogaster » 86. 

» servalina » 88. 

HyAENA CROCUTA » 88. 

VlVERR.\ CIYETTA )) 88. 

» gexettoides. ...» 89. 

Herpestes loempo » 93. 

» PLUïO » 95. 

» SMITHI » 97. 

» BADIUS » 98. 

» PKVCTATISSIMUS. . . » 108. 

» PARVULUS » 110. 

» GAMBIANUS » 1 1 1 . 

» FIMBRIATUS » 112. 

» MIGROCEPHALUS. . . » 113. 

Mangoustes de la côte oc- 
cidentale » 114. 

Crossarchus obscurls » 117. 

Paradoxhrcs binotatus. . . . » 119. 

Tableau des Paradoxures. . » 120. 

PaRABOXURCS STIGMATICeS. . . » 120. 

Ordre des rongeurs et Ta- 
bleau des Ecureuils de 

la Guiné » 131. 

Xerus erythropus » 134. 

» congicus » 135. 

sciurus caniceps » 127. 

» EBI » 139, 



250 



SCIURUS ERYTIIROGENYS. . . Pag. loO. 

» MA.G0LATUS » 130. 

» PYRRHOPUS » 132. 

» lEUGOSTIGÏÏA » 133. 

» RUFIBRACHIATUS. . . . » 13 G. 

» ANNULATUS » 137. 

» PXffiCTATUS » 138. 

» GAMBIAWUS » 140. 

» POENSIS )) 141. 

» MUSCULOUS » 142. 

Sur le genre Pteromys. . . » 143. 

Anojialurus peli » 146. 

» FRASERI » 147. 

» LANIGER » 149. 

Myoxus coupei «151. 

Sur le genre Mus » 153. 

Mus VITTATUS » 155. 

» BARBARUS » 157. 

» TRIVIRGATUS » 1 5 9 . 

» SIKAPCSI » 160. 

» EKYTHOLEUCOS )J 160. 

» MUSCULOIBES » 1 6 1 . 

» RUFINUS » 163. 

Genres Cricetomys et Aula- 

codus » 165. 

Cricetomys gambiessis. . . . » 108. 

aulacodus swindekianus. . . » 170. 

Manis temmincki » 173. 

» longicauuatus » 175. 

» tricuspis » 177. 



Phascochaerus aeliam. . . Pag 


.179. 


Sus LARVAinS » 


180. 


Hyrax 


3YLVESTRIS » 


182. 


Sur la famille des Antilopes 




et le tableau synoptique. » 


185. 


TRAGEL.iPHUS SCRIPTA )) 


197. 


Antilope kob » 


199. 


Calotragus spiniger » 


201. 


» 


5I0SCHATUS. . . . » 


209. 


Cephalophcs pluto » 


214. 


» 


OGILBYI.' .... » 


217. 


» 


DORSALIS » 


221. 


» 


RUFILATUS. . . . » 


223. 


» 


MAX^VELLI. . . . » 


225. 


» 


SILYICULTRIX. . . » 


238. 


» 


CORONATUS. . . . » 


235. 


» 


MELANORRHOEUS. . » 


236. 


» 


PUNCTULATUS. . . » 


236. 


BOS BRACIIYCEROS » 


239. 


Appenc 


ice sur le genre Sci- 








242. 


SciURUS 


RAFFLESI » 


242. 


» 


REBIMITUS » 


245. 


» 


ERITIIROMELAS. . . . » 


248. 


» 


CINIVAMOMEUS » 


250. 


» 


BIMACULATUS » 


251. 


y> 


RUBRIVEINTER » 


252. 


)) 


LEUGOMUS » 


252. 


)) 


ÎIURINCS » 


252. 


Taibias 


LEUCOTIS » 


252. 



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