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Full text of "Essai de grammaire kabyle renfermant les principes du langage parlé par les populations du versant nord du Jurjura et spécialement par les Igaouaouen ou Zouaoua, suivi de notes et d'une notice sur quelques inscriptions en caractères dits tifinar' et en langue tamacher't"

tt\ ESSAI 

DE 



GRAMMAIRE KABYLE 

RENFERMANT 

LES PRINCIPES DU LANGAGE PARLÉ 

PAR LES POPULATIONS DU VERSANT NORD DU JURJURA 

ET SPÉCIALEMENT 

PAR LES IGAOUAOUEN OU ZOUAOUA 

SUIVI 
DE NOTES ET D'UNE NOTICE 

Sur quelques Inscriptions en caractères dits Tifiuar' et eu langue Tauiacher't 



A. HANOTEAU 

GÉNÉRAL DE BRIGADE EN RETRAITE 

COMMANDEUR DE LA LÉGION D'HOXNEIR 

ANCIEN COMMANDANT DES SUBDIVISIONS DE DEI.LV^^ 

MILIANA ET ORLÉANSMLLE 



DEUXIEME ÉDITION 



ALGER 

TYPOGRAPHIE ADOLPHE JOURDAN 

IMPRIMEUR?LIBRAIRE DE l'ACADÉMIE 

4, Place du Gouvernement, 4 

1906 



ESSAI 



GRAMMAIRE KABYLE 



ESSAI 

DE 



GRAMMAIRE KABYLE 



RENFERMANT 



LES PRINCIPES DU LANGAGE PARLÉ 

PAR LES POPULATIONS DU VERSANT NORD DU JURJURA 

ET SPÉCIALEMENT 

PAR LES IGAOUAOUEN OU ZOUAOUA 



DE NOTES ET D'UNE NOTICE 

Sur quelques luscriplions en caractères dits Tifinar' et en langue Taniaciier't 



Par 



A. HANOTEAU 



GENERAL DE BRIGADE EN RETRAITE 

COMMANDEUR DE LA LÉGION d'HONNELR 

ANCIEN COMMANDANT DES SUBDIVISIONS DE DELLYS, MILIANA ET ORLÉANSVIKLE 



DEUXIÈME ÉDITION 



ALGER 

TYPOGRAPHIE ADOLPHE JOURDAN 

IMPRIMEUR-LIBRAIRE DE l'aCADÉMIE 
4, Place du Gouvernement, 4 

1906 



A 

MONSIEUR LE COMTE RANDOX 

MARÉCHAL DE FRANCE 

SÉNATEUR 

GOUVERNEUR GÉNÉRAL DE L'ALGÉRIE 

HOMMAGE DE RESPECT 
ET TÉMOIGNAGE DE RECOxNNAISSANCE 

DE SON TRÈS HUMBLE 
ET TRÈS DÉVOUÉ SERVITEUR 



A. Hanoteau. 



PRÉFACK 



p R E :\i 1 1: R E p: D I T I O X 



La population du Nord de l'Afrique se compose de 
deux éléments bien distincts : la race Arabe, implantée 
dans le pays par la conquête, et la race que l'on a appelée 
Berbère ('^ Si cette dernière n'est pas aborigène des 
contrées qu'elle habite, elle y est, au moins, établie depuis 
une époque qui échappe aux traditions historiques. 

La communauté de religion, les rapports journaliers 
de commerce et d'intérêt n'ont pu amener une fusion 
complète entre ces deux races, et, dans beaucoup de 
localités, nous les trouvons, après plusieurs siècles de 
contact, aussi dissemblables par leurs caractères physio- 
logiques, leurs instincts et leurs aptitudes, qu'elles pou- 
vaient l'être quelques années après l'invasion arabe. De 
tous les conquérants qui se sont succédé en Afrique, le 
peuple arabe paraît être, cependant, celui qui a exercé 

(1) Je ne reviendrai pas sur l'origine des mots Berber et Kabyle. Ces 
questions ont été traitées: par M. le baron de Slane dans son Appen- 
dice à l'Histoire des Berbers, et par M. le général Daumas dans son 
ouvrage intitulé : « La Grande Kabylie. » 

Pour me conformer à un usage reçu, j'ai écrit Kabyle, et non K'ebail 
qui représenterait mieux la vraie prononciation. 



— VIFI — 

rinfliience la plus grande sur l'clémenl berber. Sa religion 
est adoptée partout sans conteste, ce qui n'a jamais eu lieu 
pour le Polythéisme romain, ni même pour le Christia- 
nisme, et la langue du Coran a pénétré profondément 
plusieurs dialectes berbers, se substituant même à eux 
dans plusieurs contrées, tandis qu'on retrouve à peine, 
dans ces dialectes, quelques traces incertaines du latin et 
du grec. 

Si donc, malgré ces éléments puissants d'assimilation, 
la distinction entre les deux races s'est maintenue au degré 
que nous pouvons constater aujourd'hui, ne sommes-nous 
pas en droit d'en conclure que la race berbère est restée 
plus étrangère encore aux différents peuples envahisseurs 
qui ont précédé les Arabes ? 

Cette persistance de la race berbère à conserver sa 
physionomie particulière, sa langue, son individualité 
et, le plus souvent même, son indépendance, au milieu 
des vicissitudes et des révolutions sans nombre qui ont 
bouleversé son pays, n'est pas un des faits les moins 
remarquables de Thistoire africaine, et le peuple qui a 
donné l'exemple d'un instinct de nationalité aussi vivace 
mérite, certainement, de fixer l'attention de l'observateur. 

A une époque que personne ne saurait préciser, sans 
doute, ce peuple a dû être maître de tout le Nord de 
l'Afrique. A défaut de témoignages historiques pour 
justifier cette opinion, nous avons celui du langage. 

La langue berbère, en effet, a été parlée ou l'est encore 
deTetouan (du berbère TiCt'aoïdn, les yeux ou les sources) 
jusqu'aux confins de l'Egypte >^', et d'Alger jusqu'au 

(1) Voir la note n" 1, pag-e 339. 



— IX — 

Sénégal '''. Là où elle a cessé d'être en usage, on retrouve 
son empreinte caractéristique dans les noms de localité, 
qui restent pour attester les droits antiques du peuple 
berber à la propriété du sol. 

Depuis longtemps, toutefois, ce peuple ne forme plus 
un tout homogène ; les invasions successives, et surtout 
la conquête arabe, l'ont morcelé en divers groupes de 
population , séparés les uns des autres par de vastes 
étendues de terrain. Nous connaissons aujourd'hui ces 
groupes sous les dénominations, arabes pour la plupart, 
de Kabyles, Chaoïda, Chelouh, Beraber, Zenatia, Béni 
Mzab et Touareg. 

Aucun de ces noms n'appartient à la langue des peuples 
qu'ils désignent. Plusieurs de ces peuples, cependant, les 
Kabyles par exemple, les ont adoptés et ont oublié leur 
nom national. Mais, partout où les populations berbères 
ont été à l'abri du contact et de l'influence arabes, elles 
ont conservé des noms appartenant à leur idiome. Elles 
s'appellent : Imazir'en ^-^, pluriel de Amazir', à R'edamès 
et au Maroc ; Imajer'en ou Imajar'en, pluriel de Amajer, 
chez les Touareg du Sud, et Imomhaf, pluriel de Amachef, 
chez ceux du Nord. 

Toutes ces dénominations ne sont, en réalité, que des 
variantes de prononciation d'un même nom ; car, en 
berber, les sons du Z, du J, du CH se substituent l'un à 

(1) Voir le rapport du Gouverneur du Sénégal, au Moniteur uni- 
l'orsel du 25 juillet 1857. 

(2) Des doutes ayant été émis, en France, sur la véritable pronon- 
ciation du c. arabe, que j'ai représenté par R', je crois devoir prévenir 
qu'en berber, comme en arabe, du reste, au moins en Algérie, le son 
de cette lettre est celui d'un K. fortement srassevé, et non celui du G. 



l'autre, suivant les localités, dans un mot, sans en chang-er 
la signification. C'est ainsi que, chez les Touareg, ergez et 
ergech signifient également marcher ; ichenga et izenga, 
ennemis; azger et achger, bœuf; tar'chamt et tar'ejamt, 
maison ; échedh et éjcdh, âne. 

Il faut ajouter que les mots imazifcn et imouchar' sont 
deux formes de pluriel qui s'appliquent très souvent au 
même nom <''. 

Je pense donc que , si on voulait restituer à la race 
berbère son véritable nom national, il faudrait l'appeler 
la race Tamazir't ou Tamachefl (féminins de amazif et 
amachef). Le même nom s'appliquerait à la langue. 

Ce qui me paraît établir qu'on serait dans la vérité en 
généralisant cette dénomination, restreinte, il est vrai, de 
nos jours, à quelques fractions du peuple berber, c'est que 
les seules populations où elle ne se retrouve plus sont, 
précisément, celles qui ont perdu le souvenir de leurs noms 
nationaux, pour accepter ceux que les Arabes leur ont 
donnés, ou qui n'ont conservé que des noms de tribus, 
comme les Béni Mzah , qui, entre eux, s'appellent .1*7 
Aoubau, ou Ikig Aoiibau , pluriel de ag Aoiiban, fils 
d'Aouban. 

Quelques personnes ont donné au mot amazif le sens 
de noble, Jiommc de condition libre, sur la foi, sans doute, 
de Léon l'Africain qui traduit par noble langage les mots 
aqual amazif, qu'il faut lire plutôt aoual amazif. Je ne 
saurais partager cette opinion, et l'on ne doit, à mon avis, 
attribuer à ce mot d'autre signification que celle que lui 
donnent les peuples chez lesquels il est en usage, et qui 

(l) Xoïv plus loin, page 22 et suivantes. 



— XI — 

s'en servent seulement pour désigner un individu de la 
nation des Imazir'en. Lorsque les Touareg veulent dire 
qu'un homme est de condition libre ou qu'il est distingué 
par ses manières et son éducation, ils emploient les mots 
iklli et amounan, et non amajer' ou amacher'. 

De nombreuses et savantes recherches ont été faites 
pour remonter à l'origine du peuple berber ; mais elles 
n'ont guère abouli qu'à constater l'ignorance où l'on est 
à cet égard. L'histoire est muette ou n'ofïre que des tra- 
ditions fabuleuses, et la philologie seule pourra peut-être 
jeter quelque lumière sur cette question, en permettant de 
rattacher la race berbère à l'une des grandes divisions de 
la famille humaine. 

A ce point de vue, l'étude de la langue parlée par cette 
race offre déjà un véritable intérêt historique ; mais cette 
étude présente des difficultés de plusieurs natures. D'abord, 
la langue berbère ne s'écrit pas ; au moins, ne possédons- 
nous, jusqu'à présent, aucun document sérieux et correct 
écrit dans cette langue. En second lieu, elle se divise en 
plusieurs dialectes, assez différents les uns des autres pour 
que les gens qui les parlent ne puissent se comprendre. 
Enfin, ces dialectes sont disséminés sur une étendue consi- 
dérable de pays, et l'étude de leur ensemble ne peut être 
l'œuvre d'un seul homme. 

De là résulte Tobligation d'apprendre chacun de ces 
dialectes séparément, pour pouvoir ensuite les comparer 
entre eux, ^t de s'astreindre à un travail pratique, long 
et pénible, consistant à interroger des gens la plupart 
du temps d'une ignorance profonde, et incapables tou- 



— XII — 

jours de donner les indications grammaticales les plus 
élémentaires, quel que soit d'ailleurs leur degré d'in- 
struction. 

Il ne faut pas, néanmoins, s'exagérer l'importance de 
ces difficultés, car, quelque dissemblables que paraissent 
de prime abord les dialectes berbers, leur discordance est, 
je crois, plus apparente que réelle, et je ne doute pas, 
lorsqu'on sera parvenu à en posséder deux ou trois dans 
tous leurs détails, qu'on n'arrive facilement à la connais- 
sance de tous les autres. 

Leurs divergences portent surtout, d'une part, sur des 
différences dans les vocabulaires et dans l'acception des 
mots, et de l'autre, sur des variantes de prononciation 
analogues à celles dont nous avons eu occasion de parler 
à propos des mots imazir'en, imajer'en et imouchaf. 

L'isolement dans lequel ont vécu les tribus berbères 
suffirait, à lui seul, pour expliquer les premières. Dans 
toutes les langues, on trouve souvent deux ou plusieurs 
mots pour exprimer la même pensée ou désigner le même 
objet. Il n'est donc pas extraordinaire que telle expression 
ait prévalu au Maroc^ par exemple, tandis que dans la 
Kabylie du Jurjura elle soit tombée en désuétude et ait été 
remplacée par un synonyme. Mais ce qui a contribué 
surtout à porter la confusion dans les vocabulaires, c'est 
l'introduction des mois arabes. La langue berbère se 
prête à ces néologismes avec une facilité extrême, et 
certaines tribus en ont abusé au point de la défigurer et 
de la rendre inintelligible pour celles qui se sont montrées 
plus sobres d'emprunts à l'idiome de leurs voisins. Chez 



— Xlll — 

quelques populations, l'arabe a iiièine remplacé complèle- 
ment la langue primitive. 

Quant aux variantes de prononciation, elles ne sont 
certainement pas sans de nombreux exemples dans les 
autres langues. En arabe, le ^ et le ~ prennent le son du 
G dans plusieurs contrées; en français, les Gascons pro- 
noncent B comme V ; les Marseillais donnent à CH le son 
de rS, à l'R celui du p arabe, et il serait facile de con- 
stater dans chaque langue une foule d'altérations de même 
nature. Nulle part, cependant, elles ne présentent, je 
crois, un caractère de généralité aussi étendu qu'en 
berber, où tous les sons ont une incroyable tendance à se 
substituer les uns aux autres <•'. En somme, ces modifi- 
cations phonétiques, bien que nombreuses et quelquefois 
étranges au premier abord, ne portent aucune atteinte 
aux caractères généraux de la langue. 

L'envahissement de l'idiome arabe aurait pu devenir la 
cause d'altérations plus graves. Heureusement, les Berbers, 
tout en donnant accès dans leur vocabulaire aux radicaux 
étrangers, ont respecté leur grammaire et ont appliqué, 
en général, ses règles aux mots qu'ils empruntaient. Leur 
langue est ainsi restée à peu près intacte, dans sa struc- 
ture générale et ses formes essentielles. Le même phéno- 
mène s'observe pour la langue turque, qui, tarlare par sa 
grammaire, a composé en grande partie son dictionnaire 
de mots arabes et persans. 

(1) Voir, pour plus de détails, la note n" 2, page 34i. 



— XIV — 

Si l'on compare, en elfet, deux dialectes berbers, dont 
l'un est resté à peu près pur, comme celui des Touaregj 
tandis que l'autre est déjà fortement mélangé d'arabe, on 
est frappé de l'analogie qu'ils présentent dans les carac- 
tères des genres et des nombres, dans la formation des 
pluriels, dans les pronoms, la conjugaison et les formes 
dérivées du verbe, en un mot, dans toutes les parties 
fondamentales de la grammaire. Les vocabulaires môme, 
en écartant les éléments étrangers et tenant compte des 
variantes de prononciation, offrent la plus grande ressem- 
blance, et de nombreux indices portent à croire qu ils ont 
été originairement d'un usage général et commun à toutes 
les fractions du peuple qui nous occupe. 

Une étude plus approfondie et une comparaison raison- 
née des divers dialectes berbers conduiront donc, je pense, 
à cette conclusion : qu'ils ont tous pour tronc commun 
une langue unique et autrefois générale, dont il sera facile 
d'opérer la reconstruction. 

Peut-être même arrivera-t-on à reconnaître que son 
unité a commencé à se rompre seulement à l'époque de 
l'invasion arabe, et que saint Augustin ne faisait qu'énon- 
cer une opinion admise et reconnue vraie de son temps, 
quand il disait : « In Africa barbnras gnites in una 
)) linyua plurimas novimiis. n 

Je ne prétends certainement pas avancer que la langue 
berbère ait jamais offert ce caractère d'unité que la civi- 
lisation et une littérature riche et cultivée peuvent seules 
produire. Chaque province a dû avoir, de tout temps, ses 
locutions préférées, sa prononciation particulière et son 



— XV —'" 

accent. Je veux dire, seulement, que les divergences de 
langage étaient assez peu considérables pour que les 
individus des contrées les plus éloignées pussent se 
comprendre; en un mot, que le berber réunissait les 
conditions d'unité que nous pouvons constater dans 
l'arabe parlé de nos jours ''*. 

Ibn Khaldoun et les généalogistes musulmans qui ont 
traité de l'origine des peuples berbers, admettent qu'à 
partir de Berr, leur ancêtre commun, ces peuples se 
divisent en deux grandes branches, issues : l'une de 
Madr'is, et l'autre de Bernés, fils de Berr. 

Bien qu'à mon avis, on ne doive accorder qu'une très 
médiocre importance à ces généalogies bâties de toutes 
pièces, sans preuves à l'appui, qui font descendre tout un 
peuple d'un seul homme, il est naturel, cependant, de 
se demander si, à ces divisions, ne correspondent pas des 
langages différents, ou plutôt, si ce n'est pas une différence 
sensible et constatée dans les idiomes qui a motivé cette 
classification de l'historien arabe. 

Je crois pouvoir répondre négativement à cette ques- 
tion. J'ai comparé le dialecte des Zouaoua qui, d'après 
Ibn Khaldoun '-^ appartiennent à la postérité de Madr'is, 
avec celui des Touareg, peuple de race sanhadjienne 
issu de Bernés, et les divergences que j'y ai observées 
me paraissent secondaires et ne sont nullement de nature 

(1) Voir, pour la comparaison des dialectes, la note n" 3, page 301. 

(2) Voir l'Introduction à l'Histoire des Berbers, par M. le baron 
DE Sl.\NE. 



— XVI — 

à venir à l'appui de l'opinion des i^énéalogisles , tant 
berbers qu'arabes. 

Une autre question, qui se présente d'elle-même et dont 
l'importance est encore plus grande au point de vue de 
la science ethnographique et de la philologie, c'est celle 
du classement de la langue berbère. Appartient-elle à 
la famille indo-européenne ou à la famille sémitique ? 
ou bien doit-elle prendre place, comme M. le docteur 
Judas a cherché à le démontrer ('), parmi les langues que 
M. Ernest Renan propose d'appeler Cliamiliques, et qui 
comprendraient le copte et les dialectes non sémitiques 
de l'Abyssinie et de la Nubie ? 

M. Renan , dont l'opinion en cette matière a tant 
de poids, n'hésite pas à l'exclure de la famille sémi- 
tique '-* : « La position du berber, vis-à-vis de cette 
)) famille, est, dit-il, à peu près la même que celle du 
)) copte. Tout en présentant avec l'hébreu de nombreuses 
» affinités grammaticales, il en est complètement distinct 
» par le dictionnaire. Il a subi, d'ailleurs, une longue 
» influence sémitique, par suite de ses rapports avec le 
» carthaginois et l'arabe. » 

Je laisserai à de plus savants le soin de résoudre le 
problème, me contentant de la tâche plus modeste d'en 
recueillir les données. Il est un fait, cependant, que la 
prati(jue m'a mis à même d'observer souvent, et je crois 
devoir le signaler, tout en m'abstenant d'en tirer aucune 



11) Voir la liccuo de l'Orient, livraisons do mai el août 1857. 

(2) Ernest Henan, Histoii-c des langues séniitùjues. liv. I, ch. il, p. 81. 



— XVII — 

conclusion. Je veux i);u'ler de la facilité, i'clali\-c ijicn 
entendu , avec laquelle on peut traduire de l'arabe en 
berber, et réciproquement. La construction de la phrase 
est la même, l'emploi du verbe et des pronoms présente 
de grands rapports, et l'expression équivalente, qu'on 
chercherait souvent en vain dans nos langues européennes, 
s'offre à la pensée comme d'elle-même et pour ainsi dire 
sans effort. Le dialecte des Touareg, quoique très différent 
de l'arabe par le vocabulaire, est surtout remarquable à 
cet égard. 

L'étude de la langue berbère, outre l'intérêt qu'elle 
présente au point de vue scientifique, a pour nous, en 
Algérie, un but plus pratique et une utilité plus immédiate 
sous le rapport de l'administration et de la domination 
du pays. D'après les derniers renseignements recueillis 
par les soins du Bureau politique des affaires arabes, le 
chiffre des populations qui, en Algérie, parlent encore le 
berber, s'élève à 759,900, c'est-à-dire à peu près au tiers 
du nombre total des habitants. Ce chiffre se répartit ainsi 
par provinces : 

Gonstantine : iJ33,749; Alger : 220,178; Oran : 5,973. 

Parmi ces populations, plusieurs sont restées consti- 
tuées en groupes très compacts, sans mélange d'éléments 
étrangers, et, par l'effet de leur isolement, l'idiome berber 
est encore dominant, quelquefois même exclusivement 
parlé dans leur pays. 

Tels sont, par exemple, les Kabyles du Jurjura. Quel- 



— XVIII — 

qiies-uns d'eiiti-o eux, qui voyagent pour leur commerce, 
apprennent bien à parler l'arabe ; leurs tolba étudient, 
dans cette langue, la science du droit et des traditions 
islamiques ; mais la masse du peuple, toutes les femmes, 
sans exception, et les hommes qui vivent sédentaires, ne 
parlent et ne comprennent que le kabyle. Pendant la 
dernière expédition de M. le Maréchal Randon, la tribu 
des Béni Iraten avait fourni soixante-trois otages pris 
parmi les gens les plus influents de tous les villages et, 
sur ce nombre, deux seulement pouvaient s'exprimer en 
arabe d'une manière à peu près intelligible. 

Tant que nos relations avec ces peuples se sont bornées 
à traiter des intérêts généraux des tribus, la connaissance 
de la langue arabe a pu nous suffire, car il se trouve 
toujours parmi elles des gens qui la comprennent ; mais 
à mesure que les progrès de la conquête nous ont mis en 
contact plus direct avec les individus, et que notre admi- 
nistration a été appelée à s'occuper des intérêts particu- 
liers, on n'a pas tardé à reconnaître rinsufTisance de 
l'arabe comme moyen de communication, et la nécessité 
d'avoir recours à des interprètes kabyles. Malheureu- 
sement, le nombre des sujets capables de remplir ces 
fonctions est très restreint et ne peut répondre aux 
exigences du service. On parviendra, sans doute, avec le 
temps, à l'augmenter ; mais, en attendant, on est forcé, 
au grand détriment quelquefois de notre influence, de se 
servir d'intermédiaires offerts par le hasard et qui, sans 
caractère officiel ni position reconnue, ne présentent pas 
toujours les conditions de moralité désirables. 



— XIX — 

Cet clat de choses ne saurait se prolonger^ el les oITiciers 
chargés du commandement des populations kabyles recon- 
naissent, plus que personne, l'intérêt qu'il y aurait, pour 
eux et pour le bien de tous, à pouvoir communiquer 
directement avec leurs administrés et à traiter leurs 
affaires sans intermédiaires. Mais les moyens d'étude 
manquent, et la pratique seule et sans guide offre des 
difficultés qui découragent quelquefois, dès le début, les 
plus studieux. Ce genre de travail exige, d'ailleurs, plus 
de temps que ne peuvent généralement lui en consacrer 
des officiers absorbés par les détails journaliers d'un ser- 
vice souvent pénible. 

Le Gouvernement, justement préoccupé des avantages 
que devait présenter un jour, au point de vue pratique, 
la connaissance de la langue berbère, avait, depuis long- 
temps, pensé à en faciliter l'étude à ses fonctionnaires. 
Une décision du Ministre de la guerre, en date du 22 avril 
1842, arrêta la formation d'une commission chargée de 
la rédaction d'un dictionnaire et d'une grammaire de la 
langue berbère. Cette commission était composée de la 
manière suivante : 

M. le chevalier Amédée Jaubert, pair de France, 
membre de l'Institut, président ; 

M. J.-D. Delaporte père, ancien consul du gouverne- 
ment du roi, à Mogador ; 

M. E. DE NuLLv, secrétaire-interprète attaché au Minis- 
tère de la guerre (division de l'Algérie) ; 



— XX — 

M. Cil. BuossELAiU), membre de la Société asiatique, 
ex-secrétaire des commissariats civils de Bougie et de 
Blida ; 

Sid Ahmed ben el IIad.j Alf, imam de Bougie. 



Après deux années de travail, cette commission publia 
un dictionnaire français-berber, mais la grammaire qu'elle 
avait annoncée n'a jamais paru. Le programme tracé par 
le Ministre restait donc inachevé; j'ai cherché à le com- 
pléter, dans les limites de mes forces, en entreprenant 
l'Essai de Grammaire que j'offre aujourd'hui au public. 

Cet ouvrage, soumis en manuscrit au jugement éclairé 
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, par M. le 
Maréchal Vaillant, Ministre de la guerre, a été examiné 
par une commission nommée à cet effet, par l'Académie, et 
composée de MM. Quatremère, Jomard, Mohl, de Saulcy, 
Caussin de Perceval, et de M. Reinaud, rapporteur. 

Sur le rapport (^' bienveillant de cette commission si 
éminemment compétente, rapport lu à l'Académie, dans 
sa séance du 26 juin 18o7, par le savant orientaliste 
M. Reinaud, m. le Ministre de la guerre a bien voulu en 
autoriser l'impression. 

Je n'ai pas cru devoir, dans un premier essai, embrasser 
Fensemble des dialectes parlés en Kabylie : ce travail sera 
facile plus tard ; mais, pour être complet, il devra être 
précédé de l'examen détaillé et séparé de chacun d'eux. 

(1) On peut lire ce rapport dans le Moniteur luiicorsel du 6 août 
1857, et dans le numéro du mois de septembre 1857 de la Renie de l'Orient. 



— XXI — 

Ces dialectes ne présentent, d'ailleurs, que de faibles 
divergences, et je me suis convaincu, par expérience 
personnelle, que lorsqu'on en connaît un, l'étude des 
autres n'offre plus de difficulté sérieuse. 

Je me suis donc borné à exposer les règles gramma- 
ticales de l'un d'eux, et j'ai choisi celui des Igaouaouen, 
plus connus sous le nom arabe de Zouaoua, parce qu'il 
passe, parmi les Kabyles, pour le plus pur et le plus 
difficile à comprendre. Cette pureté est, néanmoins, toute 
relative, car il est déjà très mêlé d'arabe, et les personnes 
familiarisées avec cette langue pourront juger, par la 
proportion des mots arabes qu'elles y rencontreront, de 
celle que renferment les autres dialectes réputés plus 
altérés. Elles pourront également remarquer que les 
racines arabes sont souvent dénaturées et détournées de 
leur signification. 

Ce dialecte est compris des populations des deux ver- 
sants du Jurjura et même de celles qui habitent l'Oued 
Sahel et les montagnes à l'Est de cette rivière. On ren- 
contre bien, dans certaines tribus, quelques variantes de 
prononciation, mais on se rend vite compte des modifi- 
cations qu'elles apportent dans le langage. Quant aux 
divergences de vocabulaire, peu nombreuses du reste, 
c'est une question de mémoire qui ne peut présenter de 
difficultés réelles. Plus tard, lorsque le kabyle aura été 
étudié dans les diverses localités où il se parle, on pourra 
faire un dictionnaire général qui viendra en aide à la 
pratique et aplanira les derniers obstacles. 

Les lyaouaouen ou Zouaoua habitent les contreforts 



— XXII — 

les plus élevés du versant Nord du Jurjura, près du coude 
que fait la crête de cette chaîne en s'abaissant vers la mer, 
dans la direction du Nord-Est. Ils occupaient déjà les 
mêmes positions à l'époque d'Ibn Khaldoun qui cite, 
comme les tribus les plus marquantes des Zouaoua ''^ : les 
Béni Idjer, Béni Menguellat, Béni Itroun (il faut lire Béni 
Betroun), Béni Yenni, Béni bou B'ardan, Béni Itourar', 
Béni bou Youcef, les Béni Chaib (lisez Béni bou Chaib), 
les Béni Eïci, les Béni Sadk'a, les Béni Ghobrin (lisez Béni 
R'oubri) et les Béni Guechtola (lisez Guechtoula). 

Ces tribus sont voisines, en efïet, des Zouaoua ; mais, 
de nos jours, elles n'appartiennent pas toutes à leur confé- 
dération qui ne se compose, d'après eux, que des tribus 
suivantes : 

Aith Ouasiff, AitJi bon Akkach, Aith lenni, Aith Bon- 
drar, Aith Ak'bil, Aith bon Youcef, Aith Mengueîlath, 
Aith Attaf. 

Les quatre premières formant la K'bila des Aith 
Bethroun, et les dernières la K'bila des Aith Mengueîlath. 

A mesure qu'on s'éloigne du Jurjura, les Kabyles don- 
nent le nom de Zouaoua aux tribus qui les séparent de la 
confédération que nous venons d'indiquer. C'est ainsi que, 
pour les Guechtoula, les Béni Sedk'a sont des Zouaoua, et 
que les Guechtoula, à leur tour, reçoivent le même nom 
des Plissa et des Béni Khalfoun. Un Kabyle des Alouzaia 
ou des Béni Menacer comprendra sous la dénomination 

(1) Tome I, page 256 de la traduction de M. le baron de Slane. 



— XXUI — 

de Zoiiaoua toutes les tribus à l'Est de Tisser. Il est donc 
bon d'être fixé sur la valeur véritable de ce nom. 

Je me suis renseigné, autant que possible, auprès des 
nombreux Kabyles avec lesquels mes fonctions me mettent 
journellement en rapport; mais la présence au Bureau 
politique des affaires arabes de Si Said ben Ali, de la 
tribu des Aitb Boudrar, et interprète kabyle, m'a été 
surtout très utile. Avec lui, j'ai pu donner plus de suite 
à mes recherches, et sa connaissance de la langue arabe 
écrite m'a permis d'obtenir de lui des indications que 
j'aurais en vain demandées à ses compatriotes moins 
lettrés. 

Pendant le cours de mon travail, M. Bresnier, profes- 
seur d'arabe à la chaire d'Alger, a bien voulu m'éclairer, 
avec une inépuisable complaisance, des excellents conseils 
de sa longue expérience et de sa profonde connaissance 
de la grammaire générale des langues. Je ne saurais lui 
en exprimer assez vivement ma reconnaissance. 

Qu'il me soit permis, également, d'offrir Fexpression de 
ma gratitude à M. le Colonel de Neveu, chef du Bureau 
politique des affaires arabes, pour les encouragements 
bienveillants qu'il n'a cessé de me donner, et les moyens 
d'étude qu'il a toujours cherché à mettre à ma disposition. 

Je ne me fais pas illusion sur la valeur de cet ouvrage, 
qui n'est qu'un essai, comme son titre Tindique. Je n'ai 
pas la prétention de le croire complet, encore moins 
exempt d'erreurs. Tel qu'il est, néanmoins, peut-être 
pourra-t-il servir de point de départ pour une étude plus 



— xxiv — 

approfondie du kabyle, et même des autres dialectes 
berbers. S'il atteint ce but, je croirai encore avoir fait une 
chose utile, et je ne legretterai ni le temps que j'y ai 
consacré, ni le travail qu'il m'a coûté, travail dont les 
personnes habituées à recueillir des renseignements des 
Indigènes pourront seules apprécier les ennuis et les 
fatigues. J'espère, du reste, qu'on voudra bien me tenir 
compte des ditïîcultés de la tache et de la nouveauté d'un 
sujet qui n'avait pas encore été traité. Si, plus tard, lorsque 
de nouvelles recherches auront élargi le champ des études 
berbères, on me reprochait l'imperfection et l'insuffisance 
de mes premiers essais, je pourrais répondre avec Mon- 
taigne : 

« Il n'est que de trouver le bout du fil, on en desvide 
» tant qu'on veult, et y a plus loing de rien à la plus 
)) petite chose du monde, qu'il n'y a de celle-là jusques à 
)) la plus grande. » (Essais, liv. III, chap. xi.) 

Alger, mars 1838. 



ESSAI 



GRAMMAIRE KABYLE 



OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES 



DU MODE DE TRANSCRIPTION ADOPTÉ DANS CET OUVRAGE 

Les Kabyles ont eu peut-être jadis un système d'écriture 
analogue à celui qui s'est conservé chez les Touareg, mais 
ils en ont perdu tout souvenir, et l'on ne peut faire à cet 
égard que des conjectures. L'introduction de l'islamisme 
parmi eux, en rendant obligatoire l'étude du Coran, leur a 
fait connaître l'écriture arabe. Plus tard, les marabouts et 
tous les gens qui se livrent à l'étude, ne pouvant s'occuper 
que des connaissances déjà acquises par les Arabes, 
puisque, selon la doctrine musulmane, toute science 
humaine émane du Coran, ont été forcément amenés à 
adopter la langue et le système graphique des Arabes. Par 
suite, l'ancienne écriture, peu répandue, sans nul doute, 
si elle existait, a du être bientôt abandonnée. Peu à peu, 
elle est tombée dans l'oubli, et, depuis longtemps, la 
langue kabyle n'a pas de caractères à elle propres pour 
représenter ses sons. Les gens qui la parlent empruntent 
à l'alphabet arabe ses caractères , lorsqu'ils veulent 

1 



2 

exprimer par ccril leurs idées dans leur langue, ce qu'ils 
ne font, du reste, que très rarement, et toujours avec une 
certaine répugnance. Le kabyle, disent-ils, se parle et ne 
s'écrit pas ; et, en effet, chacun employant ces caractères 
étrang-ers, sans règle fixe et de la manière qui lui paraît le 
mieux représenter les sons, il en résulte une absence 
complète d'orthographe, qui rend le plus souvent inintel- 
ligibles les écrits kabyles pour tout autre que celui qui en 
est l'auteur. Aussi arrive -t-il très fréquemment que 
lorsqu'un Kabyle, pour une raison ou pour une autre, 
écrit dans sa langue à un de ses compatriotes, le destina- 
taire ne peut pas lire la lettre. 

On comprend aisément qu'il doit en être ainsi , en 
examinant de combien de manières différentes les mêmes 
sons voyelles d'une langue étrangère peuvent être repré- 
sentés au moyen des caractères arabes <*'. 

Le son A peut, en effet, se représenter de quatre 
manières : 

1" Par un hamza surmonté d'un fatlia (^); 

2° Par un alif de prolongation ( ' ) ; 

3° Par un fatha placé sur la consonne qui forme syllabe 
avec le son A ; 

4° Par un ya (^). 

Le son I se représente : 

1° Par un ]ann:a affecté du kesra ( ^ ) ; 

2'^ Par un kcsra sur la consonne qui précède ce son ; 

3° Par un ya (^). 



(1) Je suppose que le lecteur connaît au moins la forme et la valeur 
des caractères arabes. 



Le son OU se représente ('.ualemenl de trois manières : 

1° Par un hamza affecté du dhamma ( ^) ; 
2° Par le dhamma sur la consonne ; 
3° Par un ouaou (^ ). 

Si, à ces causes de confusion, on ajoute l'habitude prise 
des Arabes de ne pas indiquer les voyelles, et d'autres 
encore, comme, par exemple, de remplacer par un lam ( J) 
la première consonne des mots où se trouvent placées 
consécutivement deux lettres solaires arabes, on se fera 
une idée des difficultés de lecture des écrits kabyles. 

Ces difficultés, qu'on ne pourrait éviter qu'en se posant 
des règles de convention, c'est-à-dire en créant une 
orthographe fictive dans laquelle on risquerait souvent de 
s'égarer, m'ont fait renoncer à l'idée d'employer les 
caractères arabes pour représenter les sons de la langue 
kabyle. 

Nous sommes à la vérité forcés, en nous servant des 
lettres françaises, d'avoir recours à des signes de conven- 
tion pour représenter les caractères arabes dont le son se 
trouve en kabyle ; mais la langue kabyle a aussi des sons 
qui n'existent pas en arabe, et pour lesquels on est obligé 
d'employer des caractères également de convention. Le 
mode de transcription au moyen des caractères arabes ne 
dispenserait pas, d'ailleurs, de la transcription française : 
ce serait donc un double travail, sans utilité pour le 
lecteur, puisque chacune des deux méthodes n'offre pas 
plus de garantie d'exactitude que l'autre. 

La langue kabyle, telle qu'elle se parle aujourd'hui, est 
si mélangée de mots arabes, que, naturellement, tous les 
sons de l'alphabet arabe s'y retrouvent. Quelques-uns, 
cependant, de ces sons se reproduisent assez rarement 
pour faire douter qu'ils soient d'origine kabyle. Mais le 



moment n'esl pas encore venu où l'on pourra se prononcer 
à cet égard ; il faut, je pense, que les divers dialectes 
berbers aient été auparavant appris par la pratique, 
étudiés avec soin et comparés entre eux. 

Les Kabyles n'ayant pas d'alphabet, je me suis attaché 
surtout à reproduire les sons aussi exactement que pos- 
sible, sans, toutefois, me flatter d'avoir toujours réussi. 
Pour les sons de l'alphabet arabe que nous n'avons pas en 
français, j'ai adopté les signes conventionnels suivants : 



(1) 



^ 


th 


z 


h' 


t 


kh 


m i 


d' 


J. 


e 


u^ 


ç 


J* 


d/i 


t 


â. 


t 


r' 


^ 


k' 


s 


h 



(1) Le son de cette lettre est exactement celui du tli anglais dur, 
dans les mots t/)in/,\ thi.flc J'ai cru devoir le représenter par î/>, qui 
rappelle un son déjà connu. 

(2) Il est essentiel, en kabyle, de faire la distinction entre ce son et 
celui du (/ ordinaire; c'est pourquoi je l'ai indiqué par un accent. 



Outre les sons de ralphabet arabe, les Kabyles ont 
encore les suivants : 

1° Le son du J, qu'ils représentent par -^ , et qui est 
exactement reproduit par notre J ; 



^ 



2° Le son du G, qu'ils indiquent par S . Je l'ai repré- 
senté par notre G, et, pour éviter la multiplication inutile 
des voyelles, j'ai supposé que le G serait toujours dur. On 
devra donc prononcer (]P, gi, comme s'il y avait giic, gui ; 

3° Le son tch, qu'ils représentent tantôt par ~ , tantôt 
par ij^. Je n'ai pas adopté de signe particulier pour ce 
son qui est facilement rendu par nos lettres françaises ; 

4° Le son du ch allemand, qu'ils représentent par -S' ''>. 

J'ai dû désigner aussi ce son par K, ponr éviter la 
confusion avec le ch ordinaire dont il s'éloigne plus que 
du K. Ainsi, dans le mot kabyle ::ik, qui signifie bientôt, 
de bonne heure, le K doit se prononcer comme le ch dans 
le mot allemand sich. Ce son est, du reste, assez peu 
fréquent en kabyle pour qu'on puisse laisser à la pratique 
le soin d'apprendre les mots où il se trouve. 

Dans la transcription française des mots kabyles, l'S 
devra toujours être prononcé dur, et jamais comme Z. 
Ai devra être prononcé comme s'il y avait un tréma sur 
l'I, (II. 



(1) Cette manière particulière de prononcer le A' est, je pense, toute 
locale. Dans le dialecte des Touareg, on retrouve le mot v/A, et le k 
y a la prononciation ordinaire. 



— 6 — 

Remahque *''. — Le B devant certaines articulations 
fortes, comme ou et dh , par exemple, prend un son 
emphatique, qui est à celui du B ordinaire ce que le son 
du fjs est à celui du ^ ; est-ce une lettre particulière, ou 
l'emphase n'est-elle due qu'à l'influence des articulations 
fortes? J'incline vers cette dernière opinion, et, dans 
l'incertitude, je n'ai pas adopté de signe particulier pour 
ce son, qui est indiqué par les Kabyles par le v^ ordinaire. 
On en aura un exemple en faisant prononcer par un 
Kabyle les mots ibouid, il a apporté, ebbodhcr', ibbodii, 
je suis arrivé, il est arrivé. 



PARTICULARITES DE L EUPHONIE EN KABYLE 

Avant de commencer l'étude de la langue kabyle, il est 
bon de connaître certaines particularités euphoniques, 
dont quelques-unes se représentent très fréquemment. 
Lorsqu'on n'est pas prévenu à l'avance, on risque de 
perdre beaucoup de temps en cherchant à s'en rendre 
compte ; nous allons donc indiquer ici celles que nous 
avons observées. 



(1) Dans la prononciation de tjuelques mots, les Zouaona donnent 
au B un son qui se rapproclie de celui du V. C'est une nuance de 
prononciation peu sensible, du reste, et dont nous avons des exemples 
en France. Il n'y a pas lieu, je crois, de s'y arrêter. 

.Te n'ai trouvé le son du V bien accentué que dans le Temaiir't de 
R'edamés, par exemple dans les mots suivants : 



Arina, 


datte. 


Tacinaout. 


dattier. 


Tadeccot, 


bague. 


Tacest, 


petit sabre. 


Arercn. 


farine. 


Eœdh. 


uuit. 



— 7 — 

1° Lorsque le th est précédé criin X ou iriin L, il prend 
toujours le son du T dur. 

Exemples : 

nr'an t, pour nr'aii th, ils ont tué lui. 

ageUid' ne temourth, pour agellid' ne themourth, le 
roi du pays. 

argaz ne temet't'outh, pour argaz ne thcmet'l'outh, le 
mari de la femme. 

thamellalt, pour thamellalth, œuf. 

thar'iouU, pour Ihafioullh, ânesse. 

Dans plusieurs tribus de l'Oued-Sahel, chez les Beni- 
Abbès, par exemple, le /// prend encore le son du T dur 
après le ch, \s et le J ; mais les Zouaoua lui conservent le 
son ordinaire. 

2'' Si le tli est précédé d'un d' ( - ) , les deux sons, en se 
combinant, donnent le son du T dur ; souvent même, les 
deux lettres prennent le son du T dur devant le nom 
féminin. 

Exemples : 

atefkedh, pour ad'thefkedh, tu donneras. 

argaz a temet't'outh ia, pour argaz ad'themel't'outh is, 
l'homme et la femme de lui. 

thagi ettamdint ougellid', pour thagi ad'thamdint 
ougellid', celle-ci, c'est la ville du roi. 



3° Si le tJi est précédé d'un dh (<_/=), il résulte de la 
combinaison des deux sons, celui du f emphatique (is). 

Exemples : 

thefkiC , pour thefkidJi //^ tu as donné lui, tu l'as 
donné. 

tkajah'nif, pour thojalùiidh (h, petite queue. 



4° Deux th qui se suivent donnent le son du T dur. 

Exemple : 

uiir tefkidli ara, pour our th thcfkidk ara, tu ne l'as 
pas donné. 

5° Lorsque deux dh se suivent, ils se changent généra- 
lement en r (is ). 

Exemple : 

bel't'oii, partage, pour hcdhdhou, venant de cbdhou, 
partager. 

Les deux lettres fortes (/// {^j=) et t' (i=) se changent 
très souvent l'une dans l'autre. Dans beaucoup de localités, 
à Bougie, par exemple, on emploie le t' partout où les 
Zouaoua se servent du dit . 

6° Le (/', devant un /^ prend le son d'». 

Exemples : 

annaf. nous trouverons, pour ad'naf. 
anncfk, nous donnerons, — ad'iiefk. 



7° L'S prend souvent le son du z, surtout lorsqu'il doit 
être placé au commencement d'un mot où se trouve un j. 

Exemples : 

zenz, vendre, pour scuz. 

zebzeg, mouiller, — sebzeg . 

zell azekka, après-demain, — seldazekka. 

8° Lorsque deux sons I se rencontrent, l'un d'eux se 
change généralement en (j . 

Exemples : 

ai goufa, il a trouvé, pour ai ioufa. 

ai gella, il a été, pour ai illa. 

g irgazen, des hommes, pour ii irgazen. 

achhal ai g ezgaren, combien de ba:>ufs, pour achlial 

aiizgarcn. 

9° Lorsque deux sons ou se rencontrent, l'un d'eux, et 
quelquefois tous les deux, se changent ordinairement en B. 

Exemples : 

ibouid, il a apporté, pour iououid. 
ibbodii, il est arrivé, — iououdli. 
bourgaz, de l'homme, — ouourgaz. 

Chez les Beni-Abbès, c'est en G que se change le son ou ; 
ainsi, ils disent g ourgaz, au lieu de b ourgaz . 

Dans beaucoup de tribus, le son ou ne change pas. Chez 
les Zouaoua même, ce changement du son ou en B n'est 
pas général, car ils disent ououther' , j'ai frappé, iououth, 
il a frappé. 



— 10 — 

10° Lorsque deux R' ( -•' ) doivent se suivre, ils se 
changent en K'. 

Exemples : 

nek'k'er', je tue habituellement, pour ncfr'ef. 
rck'k'er', je brûle habituellement, — rcr'r'er'. 

En i^''énéral, les deux sons R' et K' se changent souvent 
l'un dans l'autre. 



11° Le D et l'L, l'L et l'R se confondent quelquefois ; 
ainsi elli et cldi signifient également ouvrir, et s'emploient 
l'un pour l'autre. On dit zell azckka pour scld azekka ; — 
armi ou aluii, jusqu'à. 

12° L'M et l'N se confondent aussi quelquefois; endi et 
emdi signifient tous les deux : tendre un piège ; le premier 
se dit chez les Zouaoua, le second à Bougie. 

13° Le B se change quelquefois en Z. 
On dit azzoïKj, humidité, pour abzomj, dérivé de ebzeg, 
être humide. 

14° Le B, précédé de Is, devient souvent A. 
Exemples : 

tsaddcd'cr\ je me tiens debout habituellement, 
pour hheddcd'cr\ 

tsageser', je me ceins les reins habituellement, 
pour Isclxjcsrr' . 

tsazegef, je suis mouillé habituellement, 
pour Hchzcgcr\ 



— 11 — 

15° Lorsque, par la forme d'un mol, le //* précède un S, 
il en résulte quelquefois le son de ts. 

Exemple : 
tsedhila, action de raser, pour Ih scCila . 

Dans cet exemple, le T' s'est changé en dli. 

16° Le th est remplacé, dans beaucoup de localités, par 
ts, et même, chez les Zouaoua, on trouve souvent ts pour 
//*, surtout à la fin des noms féminins. 

17° Lorsque ts est suivi de dh, il en résulte souvent le 

son du T' (Ij). 

Exemple : 
Vafarcf , je suis habituellement, pour ts diuifarer'. 

18° On rencontre des exemples du ch changé en T, 
comme ketdicmer', j'entre habituellement, pour kechche- 
mef ; et du D changé en B, comme a6(/o?/:r, pilon, pour 
addouz, dérivé de eddez-, piler. 



Tous ces faits rentrent dans l'analogie euphonique de 
presque toutes les langues, et n'ont rien qui puisse nous 
étonner. Ne voyons-nous pas, par exemple, en français, 
le D prendre le son et la forme des consonnes qui le 
suivent, dans les mots : apporter, pour adporter, afférent, 
pour adférent ; et en arabe, le lani de l'article prendre le 
son de toutes les lettres solaires ? 



— 12 



OBSERVATION GENERALE 



11 est très difficile de fixer l'orthographe d'un grand 
nombre de mots, à cause des sons voyelles qui se rap- 
prochent plus ou moins de Ve muet, suivant la position 
du mot dans la phrase, et même suivant l'individu qui le 
prononce. On ne sera donc pas étonné de voir certains 
mots écrits tantôt par un a, un i ou un ou, et tantôt par 
un e. Par exemple : {hamd'iiit et themd'int, tliawct't'outh 
et thcmet't'outh, anjaz et cvijaz. 

La pratique seule peut faire apprécier la valeur de ces 
sons. 



LIVRE PREMIER 



DU NOM, DU PRONOM ET DE LA QUALIFICATION 



CHAPITRE PREMIER 



DU NOM 



Les noms kabyles ont deux genres : le masculin et le 
féminin ; — deux nombres : le singulier et le pluriel. 

La presque totalité des noms masculuis singuliers com- 
mence par un des sons voyelles a, e, i, ou. Ceux qui 
s'écartent de cette règle sont très rares. 

Les noms masculins pluriels commencent généralement 
par le son I. On trouve cependant les exceptions suivantes : 



1** Les noms commençant par ou au singulier conservent 
ordinairement ce son au pluriel. 

Exemples : 



Singulier. 






Pluriel. 


oud'em, 


visage, 




oud'emaouen 


oui, 


cœur, 




oulaoun. 


ouchchen, 


chacal, 




ouclichanen. 


ougel, 


dent incisive, 


ouglan. 


ouchchai, 


lévrier. 




ouchchain. 


orner, 


palmier 


nain, 


ousran. 



- 14 - 

i" D'autres noms singuliers, ne commeneant pas par 
ou, prennent ce son initial au pluriel. 



Singulier 
(ISS, 



Exemple 
jour, 



Pluriel. 

oussan. 



3° Un certain nombre de noms masculins singuliers 
commençant par le son 1, le changent en A au pluriel. 

Exoniples : 



Singulier. 




Pluriel. 


ichch, 


corne, 


achchioun 


iken , 


jumeau, 


akniouen. 


ikcrri, 


mouton. 


akraren. 


inzer, 


nez, 


anzaren. 


ichcher, 


ongle, 


achcharen. 


ifer, 


feuille, aile, 


afrioun. 


idh. 


nuit, 


adhan. 



4° D'autres, commençant par A, conservent ce son au 

pluriel. 

Exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


aoual, 


mot, 


aoualen. 


(iggour, 


mois. 


aggouren. 


aroui, 


porc-épic. 


arouien. 


aloudh, 


boue. 


aloudhen. 


akli, 


nègre, 


aklan. 




œil. 


allen, yeux. 




eau, 


aman (coii. piur. 



— 15 - 

J.es noms féininiits coiniiiencent par un ih, au siiiji^'ulier 
et au pluriel. 

Il y a quelques exceptions très rares, comme illi, fille; 
issi, filles ; oultema, sœur ; inHcthma, sœurs ; oulU, brebis '•'. 

Les sons initiaux des noms kabyles ont une valeur qu'on 
ne peut méconnaître. 

Je ne pense pas qu'ils représentent les modifications de 
Tarticle, mais je suis disposé à les regarder comme servant 
à indiquer les genres et les nombres des substantifs. 



(1) Cette reproduction des mêmes sons aux places qu'occupe ordi- 
nairement l'article, porte naturellement à regarder les- lettres qui 
représentent ces sons comme les modifications de l'article pour le 
masculin, le féminin et le pluriel des deux genres. 

L'usage de placer ces mêmes lettres devant les mots que le kabyle 
emprunte à l'arabe semblerait venir à l'appui de cette opinion ; ainsi, 
du mot arabe hammal (f^L^s^) portefaix, on fait en kabyle ahammal, 
pluriel ihammalen ; de mcdina (iJv.oJsai) ville, on fait tliemdint, pluriel 
titimdinin. 

Si l'on ne met pas ces initiales kabyles, c'est l'article arabe lui-même 
qu'on emploie. — Ex. : themourtli el //ebail, le pays des Kabyles. 

Cependant, on ne fait pas, eu kabyle, la distinction de l'article déter- 
miné et de l'article indéterminé. Le mot argas, par exemple, signifie 
en même temps l'Iiomme et un homme ; ii'(jcuen, les hommes et des 

hommes. 

Exemples : 

argaz enni diousan id/ielli, Vliomme qui est venu bier. 

arga^ Ma isda emm.is, un homme existait, il avait un fils. 

zerir' arfjaz enni ini-'an arjellid', j'ai vu l'Itomvie qui a tué le roi. 

serir' ai'gas d'eg oubrid', j'ai vu un homme sur le cbemin. 

zerir' irgasen enni diousan, j'ai vu les hommes qui sont venus. 

zerir' irgazen d'eg ouhrid', j'ai vu des hommes sur le chemin. 

L'idée partitive ne se rend, en kabyle, par aucun mot. 
Exemples : 
efk iy ar'eroum, donne-moi du pain. 

isâa iserd'ian, il possède des mulets. 

L'article, s'il existe, n'a donc pas, en kabyle, la valeur qu'on est 
habitué à lui attribuer dans les autres langues. 



— 16 — 



Je crois donc que 



1° Le signe distinctif du substantif masculin sin/i'ulier 
est le son A, qui se conserve toutes les fois qu'il n'est pas 
euphoniquement influencé par une voyelle qui le suit. 

2° Le signe du substantif masculin pluriel est I, initial. 
Ce n'est que par exception que les pluriels des noms 
masculins commencent par un autre son. 

3° Le signe distinctif du substantif féminin singulier et 
pluriel est le th initial. 

Remarque. — A l'appui de cette opinion , je ferai 
observer qu'on retrouve ces sons avec les mêmes valeurs 
dans les pronoms suivants : 



ouagi, 


celui-ci ; 


ouahi. 


celui-là. 


ouigi, 


ceux-ci ; 


ouihi, 


ceux-là . 


îhagi, 


celle-ci ; 


thahi, 


celle-là. 


tkigi, 


celles-ci ; 


thihi, 


celles-là. 


anoua, 


quel ? 


netsa. 


lui. 


anoui, 


quels ? 


nitheni. 


eux. 


enta o, 


quelle ? 


netsath, 


elle. 


enti, 


quelles? 


nilhenti, 


elles. 




Du 


Genre 





Il y a en kabyle, comme nous l'avons dit, deux genres : 
le masculin et le féminin. 

Le nom masculin singulier commence généralement par 
un des sons a, e, i, ou. 



(1) Les mots enta, enti, nithenti, sont pour entha, entin, nit/ienthi. — 
Voir page 7. 



- 17 - 

Pour former It^ fi' in in in sinfjidicr, on met un ih devant 
le nom masculin et un autre à la fin. 

Quelquefois, le tli final devient ts. Dans certaines loca- 
lités, c'est même la règle générale. 

Exemples de féminins : 



Masculin. 




F'éminin. 


amr'ar, 


vieillard, 


thamr'arth. 


abarer', 


renard. 


Ihabarerlh, 


amcrgou, 


g-rive. 


thamergouts. 


igider, 


aigle, 


thigiderth. 


agoujU, 


orphelin. 


tliagoujilt. 


agendouz, 


veau, 


tliagendouzth. 


ascrd'oun. 


mulet. 


thaserd'ount. 


ak'joun, 


chien. 


tJiak'jount. 


Hkbir, 


pigeon, 


thithbirth. 


inisi, 


hérisson. 


thinisith. 


izirdi, 


raton, 


thizirdilh. 


ouchchen, 


chacal, 


thouchchent. 


ouchchai, 


lévrier, 


thouchchaith. 


ar'ioul, 


âne. 


tharioull. 



Quelques noms de femelles se forment aussi par la 
terminaison a, mais ils sont rares, et, le plus souvent, le 
féminin régulier par lli final existe en môme temps ; ainsi : 
agerfiou, corbeau, fait au féminin tJtagerliouth et tliagerfa. 

Beaucoup de noms féminins, cependant, ne se terminent 
pas par le th ; les terminaisons a et i surtout sont très 



— 18 - 

Iréquenlcs. Mais il esl à remarquer que la plupart de ces 
noms, ne caractérisant aucun sexe, n'ont pas de masculin. 



thimes, 

thizi, 

tlnirsi, 

thiziji, 

///////, 

thiziri, 

îluira, 

1 1l al a, 

tham, 

thagersa, 

thamfem, 

thamegra, 

thomer, 

themelell, 

therzeg, 

thefeses, 

thisemin, 



Exemples : 

feu. 

col, dépression de terrain. 

nœud. 

foret, broussailles. 

trou. 

clair de lune. 

vigne. 

fontaine. 

foie. 

soc de charrue. 

noce. 

moisson. 

vieillesse. 

blancheur. 

amertume. 

légèreté. 

envie, jalousie. 



Ces exemples, qu'on pourrait multiplier, montrent qu'en 
kabyle, comme dans les autres langues, le genre féminin 
n'est pas exclusivement attribué aux êtres femelles : 
l'usage seul peut apprendre de quel genre est un nom. 

Mais lorsqu'on entend prononcer un nom kabyle, il ne 
peut y avoir incertitude sur le genre. S'il commence par 



— 19 — 

un des sons a, c, i, ou, il est masculin ; si c'est par lit, il 
est féminin. 

Comme dans toutes les langues, un certain nombre de 
masculins ont pour féminins des noms d'une origine diffé- 
rente, ou qui sont les féminins de noms oubliés dans le 
pays. 

Exemples : 



argaz ('^ homme, 

azgar, bœuf, 

aâoud'iou, cheval, 
ikerri, oufrik, mouton, 
izem, lion. 



tJiamet't'outh, femme . 

thafounast '-), vache. 

thagmartli '-', jument. 

thikhsi, brebis. 

thasedda '•'', lionne. 
ih'aik'el, perdrix mâle, thasekkourt , perdrix femelle. 

ak'elouach, bouc, thafaV, chèvre. 



(1) Le mot arfia<. prononcé arcl/aj par les Béni Mzab, vient, je crois, 
du verbe ei-fies ou orgcc/i, marcher, employé encore par les Touareg. Il 
signifierait alors un piéton, et ce ne serait que par extension que les 
Kabyles et les Béni Mzab l'auraient employé pour désigner l'homme, 
de même que, dans beaucoup de localités de l'Algérie, les Arabes ont 
donné le même sens au mot terras { ^\j J). 

Les Touareg appellent l'homme aies, et les Zenatia du Touat aougid. 
Dans le dialecte des Touareg, le mot piéton se traduit par amergaz ou 
amergach. 

(2) Les mots afounas et aijmar sont encore employés par les Chaouia, 
pour désigner le bœuf et le cheval. 

Les Béni Mzab, les Béni Menasser et quelques tribus des environs 
de Sétif appellent le cheval iis. Ce mot paraît être son vrai nom en 
berber. Les Touareg l'appellent ais. 



(3) Thasedda vient sans doute de l'arabe ased. 



— 20 - 

Des Nombres 
II y a en kabyle deux nombres : le singulier et le pluriel. 

SINGULIER 

Dans le nombre singulier kabyle, on doit distinguer : 
1*^ L'idée collective du genre ou de l'espèce, comme : 

Exemples : 

dzemmour, l'espèce olivier greffé. 

aslen, le frêne . 

oulmou^^\ Forme. 

ouffal, espèce d'ombellifères [fonda firulago] 

thaidJa, le pin. 

thid'ekth, lelentisque. 



2° L'idée d'individualité, comme : 

Exemples : 

thazemmourth , un olivier greffé. 
thaslent, un frêne. 

tJioulmouts, un orme. 

Ainsi qu'on le voit, l'idée d'individualité, dans beaucoup 
de noms kabyles, s'exprime, comme en arabe, par la 
forme féminine. 

Les noms gcncrique.^ ou collectifs peuvent avoir la forme 
masculine ou la forme féminine. 

Les noms collectifs de la forme féminine sont en même 
temps noms d'unité; ainsi, tJuiid'a signifie à la fois 

(1) On remaniuera l'analogie de ce mot avec le mot latin ulinus. 



— 21 — 

l'espèce d'arbres appelée pin, el un pin en parliculier; on 
dira donc : 

thaid'a thcsegem d'i Ihcmourlh ennar'. 
L'espèce pin pousse dans pays de nous. 

et r'ouri thaid'a d'eg ourthi c iou. 
J'ai un pin dans le jardin de moi. 

Beaucoup de noms de substances et autres sont collectifs. 

Exemples : 



ou:.:al, 


le fer. 


aifki, 


le lait. 


ir'i, 


le lait aigre. 


akal, 


la terre. 


alim, 


la paille broyée . 


ir'lel, 


la paille longue. 


thad'out', 


la laine. 


ad'if, 


la moelle des os, 


thazarth, 


les figues sèches 


thagouth. 


le brouillard. 


thouga, 


le fourrage. 


thaoïda, 


la fièvre. 



Les noms collectifs, bien que représentant logiquement 
l'idée du pluriel, sont singuliers par rapport à leur syn- 
taxe ; on dira donc : 

illa ouzcmmoiir at'as d'i (hcmoiirth en uoucn. 

Existe olivier beaucoup dans pays de vous. 
(Il y a beaucoup d'oliviers dans votre pays.) 

thella thaid'a at'as. 
Existe pin beaucoup. 
(Il y a beaucoup de pins.) 

(1) Ourthi, jardin, verger, en latin hortu.'<. 



90 



PLURIEL 



Le pluriel des noms masculins peut se diviser en deux 
grandes classes : 

1° Le pluriel dont le signe caractéristique est N ajouté 
à la fin du nom singulier ; 

2° Le pluriel dont le signe caractéristique est le son A 
placé, soit avant la dernière articulation, soit en rempla- 
cement du son voyelle final du singulier. 

Ces deux modes de formation, en se combinant entre 
eux, donnent naissance à des formes secondaires où les 
deux signes caractéristiques du pluriel se trouvent réunis. 

RÈGLE GÉNÉRALE "'. — Lcs SOUS voijelles A, E, placés ail 
commencemeyit des noms masculins singuliers, se changent 
en I au jAuriel. 

Nous avons indiqué plus haut, pages 13 et 14, les excep- 
tions à cette règle. 

PLURIEL PAR N FINAL 

Cette forme est la plus générale de toutes ; elle s'applique 
aux noms de toute espèce, et on pourrait l'appeler la forme 
régulière du pluriel. 

La terminaison N, qui caractérise cotte forme, devient, 
suivant les besoins euphoniques de la prononciation, EN 
ou IN. 



/(l) Cette règle se trouve chez les Touareg, les Béni Mzab, les Chaouia, 
les Zenatia du Touat : je n'ai trouvé d'exceptions que dans le Tema- 
iir't de R'edamès, où 1'/ initial du pluriel est supprimé. Ainsi : 

(ibrid, chemin, fait au pluriel berdan. 
ar'il, bras, — r'ellen. 

cdoKin. rliameau, — loutinnnn. 



23 — 



Lorsque le nom est terminé par une consonne, c'est 
toujours EN, 

Exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


aouar'zeniou, 


ogre, 


iouar' zenioun 


agerfîou, 


corbeau, 


igerfioun. 


amr'ar, 


vieillard, 


imr'aren. 


argaz. 


homme, 


irgazcn. 


azgar, 


bœuf, 


izgaren. 


agoujil. 


orphelin, 


igoujilcn. 


ak'elouach, 


bouc, 


ik'douachen. 


akhkham, 


maison. 


ikhkhamen. 


adhar, 


pied, - 


idharen. 


asiouan, 


milan, 


idouanen. 


asennan, 


épine, 


isennanen. 


ctjedjig, 


fleur, 


ijedjigen. 


arzaz, 


guêpe. 


irzazen. 


amselai, 


parole. 


imselaien. 


akhilouan, 


ricin, 


ikhilouanen. 


amezzouf, 


oreille, 


imezzour'en. 


ar'erd'a, 


rat, souris, 


ir'crd'ain. 


agoud'ou, 


tas de fumier, 


igoud'ouin. 


abek'si, 


écuelle en bois, 


ibek'siin. 


ar'ilas, 


panthère. 


ir'ilasen. 


iffis, 


hyène, 


iffisen. 


ilemzi, 


jeune homme, 


ikmzicn. 


addainin, 


écurie, 


iddaininen. 


amnai, 


cavalier, 


imnaien. 


abid'i, 


burnous. 


ibid'iin. 


acherchour, 


cascade. 


icherchouren. 


ad'far, 


pierre, 


id'r'aren. 


ithbir, 


pigeon, 


itilbiren. 



QLie](]ues pluriels prennent, par euphonie sans doute, 
un th avant la terminaison EN, mais cette forme est rare ; 
en voici des exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


agouglou. 


fromage, 


igougloiithen. 


agouyli, 


id. 


igouglilhcn. 


arououri, 


sureau, 


irouourUhcn. 


abek'k'a, 


soufïlet. 


ibek'k'athcn. 


amcur'i, 


combat, 


imenr'itJio). 



D'autres placent le son ou ou iou avant la terminaison EX. 



Singulier. 




ameksa, 


berger, 


ar'endja, 


cuiller, 


ichch, 


corne, 


ifer, 


feuille,' 


iken, 


jumeau 


agaoua. 


homme 



Exemples : 

Pluriel. 

imcksaoïien. 
ir'endjaouen. 
aclirhioun. 
afrioun. 
akniouen. 
homme des Zouaoua, igaouaouen. 



PLURIEL PAR A 

Le pluriel par A consiste : 

1^ A changer en A la voyelle i^'écédant la consonne 
finale de certains singuliers. 



Exemples 



Singulier. 




Pluriel. 


aserd'oun, 


mulet. 


iserd'an 


amckich, 


chat, 


imchach 



2° A remplacer par A la roijclle finale de certains 
singuliers. 

Exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


amer (j OU, 


grive, 


imerga. 


azaglou, 


joug. 


izougla. 



Les sons K et I, qui se rencontrent immédialement avant 
la terminaison de quelques singuliers, se changent géné- 
ralement en ou. 





Exemples : 




Singulier. 




Pluriel. 


abarer', 


renard. 


ibouraf 


igid'er, 


aigle, 


igoud'ar 


agazou, 


grappe, 


igouza. 



APPLICATIONS DES PLURIELS 

PREMIÈRE FORME DE PLURIEL P.\R A 

Singulier. Pluriel. 

ak'joun, chien, ik'jan. 

ar'ioid, âne, ir'ial. 

aouthoui, lièvre, iouthal. 

abrouch, petit des animaux, ibrach. 

adjed'àoun, poulain, idjediian. 

ar'boub, hécasse, ir'bab. 

ak'elk'oul, linot, ik'elk'al. 

amk'erk'our, grenouille, inik^erk'ar. 

azourket'Vif, merle, izourket't'af. 

achlouh, lente, irhloli. 

azagour, dos, izougar. 



— 26 — 



Singulier. 

ak'aboub, 

ak'amoum, 

abagoiis, 

ahàoiich, 

ameddakoul, 

agad'ir, 

ajar'ir', 

ih'aik'el, 

enijel, 

amad'af, 

afarcz, 

ar'anim, 

asalas, 

aiazidh, 

araref, 

ajajilC, 

abbouch, 

aârous, 

amkan, 

ajah'nidh, 

amârouf, 

ak'abouch, 

asammcr, 



bec, 

bec, 

ceinture, 

insecte, 

ami, 

escarpement, 

geai, 

perdrix mâle, 

ronce, 

ronce, 

jaune d'œuf, 

roseau, 

faîte, 

coq, 

meule de moulin, 

flamme, 

membre viril, 

escargot, 

lieu, 

queue des animaux, 

mendiant, 

tas d'ordures, 

versant dune montagne 
exposé au soleil, 



Pluriel. 

ik'oubab. 

ik'oumam. 

iboufjas. 

ibâacJi. 

imeddoukal. 

igoud'ar. 

ijoiifaf . 

ih'ouk'al. 

inoujal. 

imoiid'ar'. 

ifouraz. 

ir'ounam. 

isoulas. 

iiouzadh. 

ir'ouraf. 

ijoujah'. 

ibbach. 

iâouras. 

imoiikan. 

ijah'nadh. 

imâmf. 

ik'oubach. 

isoummar. 



DEUXIÈME FORME DE PLURIEL PAR A 



Singulier. 

athemmou, 
azczzou, 



meule de paille, 
genêt épineux, 



Pluriel. 

ithemma. 
izezza . 



- 27 — 



Singulier. 






Pluriel. 


azrou, 


rocher, pierre, 




izra. 


acjoufjloii, 


fromage, 




ûjougla. 


asafou, 


tison, 




isoufa. 


amalou, 


versant dune montagne 
qui ne reçoit pas le soleil, 


i moula. 


asakoii, 


sac de crin, 




isouka. 


asenfou, 


tuyau pour la fumée, 


isenfa. 


amellazou, 


affamé, 




imeUouza. 


amzouarou. 


antérieur, 




imzououra 


aneijgarou, 


postérieur. 




ineggoura. 


amerzagou, 


amer. 




imerzouga. 


amezzallou, 


homme qui prie. 




imezzoulla. 



PLURIELS COMBINES 



1" Quelques noms forment le pluriel en changeant en A 
la voyelle qui précède la consonne finale du singulier, et 
en ajoutant la terminaison N. 



Exemples : 

Singulier. Pluriel. 

a fous, main, ifassen. 

if m, bras, crête de montagne, ir'allcil. 

asiff, rivière, isaffcn. 

iziuicr, agneau, izamarcn. 

ouchchen, chacal, ouchclianen. 

inzer, nez, anzaren. 

ichchcr, ongle, achcharen. 

aseglef, aboiement, iscglafen. 



28 



2° Beaucoup de noms singuliers terminés en I changent, 
au pluriel, cet I en A et y ajoutent aussi la caractéristique N. 





l'".xciiiplcs : 




Singulier. 




riuriel. 


Ibki, 


singe, 


ibkan. 


izi. 


mouche, 


izan. 


?.S"/''/, 


percnoptère. 


i^r'an. 


iUli, 


laurier-rose, 


m km. 


ifri, 


caverne, 


ifran. 


anagi, 


témoin. 


inagan. 


aid'i, 


chien, 


iid'an. 


akli, 


nègre, 


aklan. 


ithri, 


étoile. 


ithran. 


idi. 


fiancé, 


islan . 


arjouni, 


plateau d'une montagne. 


igounan. 


imcfifjidji, 


nomade, 


imcggidjan 


ouiilii. 


jardin, verger, 


ourllian. 


immr'i. 


germe, 


innuran. 



3° D'autres noms terminés par une consonne forment 
aussi leur pluriel par la linale combinée AN. 



Exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


agerz, 


talon. 


igerzan. 


aourcz, 


talon. 


iourzan. 


i ni rem, 


figue sèche. 


inirman. 


ilef. 


cochon, sanglier. 


il fa n . 


ougel, 


dent incisive, 


ouglan. 


ouser. 


palmier nain. 


ousran. 


iger c. 


champ. 


igran. 



([) On remarquera l'analogie du mot if/rr avec le latin «f/c/-. 



- 29 - 



Singulior. 




Pluriel. 


azrcm, 


serpent. 


izerman. 


ad bref, 


sillon, 


idiierfan. 


abrid', 


chemin, 


iberd'an. 


ir'zer, 


ruisseau, 


ir'ezran. 


aglim, 


peau. 


igelman. 


ajr'ed', 


boyau, intestin, 


ijer'd'an. 


agechchoul, 


gros soufflet, 


igoiichlan. 


icldem. 


écorce d'arbre, 


ichehua)) . 


alr'oum. 


chameau. 


ilour'inan. 


amzour, 


bandeau de clieveux, 


imezran. 


amger, 


faucille, 


imegran. 


azek'k'our, 


pièce de bois, 


izourcran 


aglaf, 


essaim d'abeilles, 


igelfan. 


ifker, 


tortue, 


ifekran. 


azar, 


nerf, racine. 


izouran. 


adhad', 


doigt, 


idhoud'an. 


idh, 


nuit, 


adhan. 


ass, 


jour, 


omsan. 



Cette terminaison AN nous semble être produite, en 
général, par les deux indices du pluriel A et N combinés, 
parce qu'au féminin le th s'intercale entre l'A et l'N ; c'est 
pour cela que nous ne la confondons pas avec les pluriels 
exclusivement par N. 

Il est à noter aussi que, dans les pluriels des noms 
commençant par une voyelle suivie de deux consonnes, 
comme azrem, ir'zer, aiyoïim, etc., les deux consonnes se 
trouvent, au pluriel, séparées par un son voyelle eupho- 
nique ; ainsi, l'on dit izerman, ir'ezran, ilour'man, etc. 



On remarquera également que la voyelle pénultième se 
change quelquefois en ou, comme dans izouran, idlioud'an. 



- 30 — 

4° Enfin, certains noms singuliers interposent le son OU 
entre A et N du pluriel. 

Exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


izem , 


lion, 


izmaoun. 


ùem, 


nom, 


mnaoun. 


oiuVem, 


visage, 


oud'emaouen. 


inebgi, 


hôte, 


inebgaoun. 


izirdi, 


raton, 


izirdiaoun . 


inisi, 


hérisson. 


inisiaoun. 


amouseni, 


savant, 


imousenaoun 


imi, 


bouche. 


imaoun. 


iri, 


bord, 


iraoun. 


imet't'i, 


larme. 


imctl'noun. 


oud'i, 


beurre, 


oud'aoun. 


iddou, 


singe, 


iddaoun. 


ibiou, 


fève. 


ibaoun. 


afourk, 


branche d'arbre, 


ifourkaoun. 


irf, 


tête, 


iffaoun. 


oui, 


cœur, 


oulaoun. 


îles, 


langue, 


ilsaoun. 



On rencontre aussi le son ou placé devant la termi- 
naison AN. 

Exemples : 



Singulier. 




Pluriel. 


aâzzi, 


rouge-gorge, 


iâzzouan. 


azekka, 


tombeau, 


izekkouan. 


igenni, 


ciel, 


igenouan. 


azet't'a, 


métier à tisser, 


izedhouan. 



- 31 - 



PLURIEL FEMININ 



Règle générale. — // se forme en plaeant th devant le 
pluriel masculin, et en changeant en /.Y la terminaison N 
ou EN, quand elle s'y trouve. 



Exemples 



Plur. masc. 




Plur. fém. 


iouar'zenioun, 


ogres, 


thiouaf zeniouin 


igerfioun. 


corbeaux, 


thigerfiouin. 


imr'aren, 


vieillards, 


thimrarin. 


igoujilen. 


orphelins. 


thigoujilin. 


isiouanen. 


milans mâles. 


tliisiouanin. 


ilemzien. 


jeunes gens, 


tliilemziin. 


imchach, 


chats mâles. 


t h imchach. 


ihouraf, 


renards mâles, 


thibouraf. 


igoudar. 


aigles mâles. 


thigoudar. 


ir'ial, 


ânes, 


thir'ial. 


iouthal. 


lièvres mâles, 


thiouthal. 


imerga, 


grives mâles. 


thimerga, 


imellouza, 


affamés. 


thimellouza. 


imerzouga, 


amers, 


thimerzouga. 


imzououra, 


antérieurs, 


thimzououra . 


izamaren, 


agneaux. 


thizamarin. 


ouchchanen, 


chacals mâles, 


thouchchanin. 


inebgaoun, 


hôtes. 


thinebgaouin. 


izirdiaoun. 


ratons mâles, 


thizirdiaouin. 


iddaoun, 


singes mâles, 


thiddaouin. 


akniouen, 


jumeaux, 


thakniouiti. 



— M'? — 



ExcEi'TION : Les pluriels masculins lorminés en AN 
changent, au féminin, cette terminaison en athin. 

Exemples : 



Plur. masc. 

ibkan, 
isr'an, 
inagan, 

islan, 
H fan. 



singes maies, 
pei'cnoptères mâles, 
témoins, 
fiancés, 
codions mâles, 

Uoitr'man, chameaux, 

ik'jati, chiens, 

iserd'an, mulets, 

izerman, serpents mâles, 



Plur. iém. 

tJiibkathin. 
thisr' athin. 
thinaguthin. 
tliialathin. 
Ihilf athin. 
thilour'mathm. 
thik'jathin. 
thmnV athin. 
Ihizermathin. 



Les substantifs féminins non dérivés de noms masculins 
prennent, au pluriel, Tune des formes que nous venons 
d'indiquer, sans suivre généralement de loi rigoureuse : 
l'usage seul peut guider en cette circonstance. 

Quelques noms féminins, cependant, ont des formes 
plus précises. 

Ainsi, par exemple, ceux qui sont terminés en A font 
généralement leur pluriel en iouin ou ouin, et plus 
rarement en oua. 

Exemples : 



Singulier. 

thaourga, 

thaoukka, 

thameUa, 

thaïe [sa, 

thaninna, 

tJiagerfa, 

thaid'a, 

tJiassam, 

thanouga, 



fourmilière, 

ver, 

tourterelle, 

vipère, 

faucon femelle, 

corbeau femelle, 

pin, 

chevron, 



Pluriel. 

thiourgiouin. 
thioukkiouin. 
thimelliouin. 
tJiih'fsiouin. 
thi)(inn iouin. 
thigerfiouin. 
thiid' iouin. 
thissariouin. 



pince à l'usage des voleurs, thinougouin. 



— 33 



Singulier. 

thakena '", 

thar'ma, 

thamd'a, 

thasa, 

thagersa, 

thaiouga, 

thamr'era, 

thanichcha, 

thabanta, 

thad'ela, 

thala, 

tJiarga, 

thara, 

tharouka, 



jumelle, 
cuisse, 

endroit dune rivière 
profond et encaissé, 

foie, 

soc de cliarrue, 

paire, couple, 

noce^ 

silex, 

tablier de cuir, 

javelle, 

fontaine, 

conduite d'eau, 

vigne, 

quenouille. 



I^luriel. 

Ihakniouin. 

ikar'miouin. 

thimcd'oiiin. 

Ihasouin. 

ihigersiouin . 

thiougiouin. 

thimer'riouiii. 

thinichchiouin. 

thibantiouin. 

tliad'eliouin. 

thilioua. 

thiregoiia. 

thirioua. 

thiroukouin. 



Plusieurs noms féminins singuliers, terminés par i 

et itJi, chang-ent cette terminaison en A. 

Kxemples : 

Singulier. Pluriel. 

Iliizizouith, abeille, thizizoua. 

Ihifeuzilh, sabot des bifurques, tJiifenza. 

Ihaoujdith, poteau de bois, tltioujda. 

l h a g ejd il h, i d . th ig cjda . 

thargitJi, rêve, thirga. 

thazaUith, prière, thizilla. 

Ihik'ilit, goutte de liquide, Ihik'k'a. 

thifli, trou, thifla. 
tluzi, col, dépression de terrain, thlZZd. 

thizgi, forêt, thizagoua . 



(1) Lorsqu'un homme a plusieurs femmes, chacune d'elles est t/ia/îena, 
par rapport aux autres. 

3 



- 34 — 



Quelques noms féminins singuliers dont le dernier son 
voyelle est ou, font le pluriel en changeant le th final 
en a. 

Exemples : 



Singulier. 

thainourtli, 
thabbourlli, 
thalouflh, 
tJiagoust, 



pays, 

porte, 

souci, chagrin, 

cheville, piquet, 



l'iui'iel. 

thimoui-a. 
thiboura. 
thiloufa. 
thigousa. 



Remarque. — Il est bon d'observer 
mots kabyles, est souvent consonne ; c' 
se conserve dans les circonstances qui 
raître s'il était voyelle. 

Exemples ; 



Singulier. 

amaig, 

ak'erroui, 

agelzim, 

agerthil, 

l hait s, 

thakhabith, 

thazigraizth, 

thaûrth, 

tkaza'uih, 



joue, 

tête, 

hache, 

natte, 

épaule, 

jarre pour l'huile, 

bergeronnetle, 

moulin, 

cep de vigne. 



que ri, dans les 
est pour cela qu'il 
le feraient dispa- 



Pluriel. 

imouiag. 

ik' ouvrai. 

igclziam. 

igerlhial. 

Ihouiath. 

thikhoubai. 

thizigt'ouia: 

tlii>iiar. 

tliizouiar. 



Enfin, plusieurs noms singuliers ont pour pluriels des 
noms d'origine différente. 



Singulier. 




egma ''), 


frère. 


ou, 


fils, 



Exemples : 



Pluriel. 

athmathen. 
ath, ailh. 



• (1) Egma est formé de ag, fils, encore en usage chez les Touareg, et 
de nid. mère. 



— 35 — 



Singulier. 




Pluriel. 


emmi, 


fils, 


arraou. 


oultma (", 


sœur, 


issetkma. 


ak'ckich, 


enfant, 


arme II et ik'chichm 


thamcV t'ont II, 


femme, 


thoulaonin (-) et thi- 
scd'nan. 


thafounast, 


vacbe. 


thisitha, thistini. 


adhouggal, 


beau-père, b. -frère, 


idhoulan. 


thagmarth. 


jument. 


thir'aUin. 


tbikhsi, 


brebis. 


oulli. 


thazck'k'a, 


maison, 


thizcr'ouin. 


un, ' 


fille, 


issi. 


thir, 


œil, 


allcn. 



On dit aussi : tliattiouin, yeux. 

Remarque. — In certain nombre de noms ([ue nous 
sommes habitués à voir au sing-ulier en français, sont 
pluriels en kabyle, comme : 

aman, l'eau. 

id'ammen, le sang-. 

ibezdhau, ibechchan, l'urine. 

ildain, la bave. 

ilfdlian, la saleté. 

irinui, la matière vomie, les déjections. 

izzaii, idlicrgati, la matière fécale. 

tliisomaf, la salive. 

Le sing-ulier thasousiftli, de tliisousaf, salive, signifie 
une partie de salive, un crachat. 

(1) Oultma, formé de ouït, liUe, usité chez les Touareg, et de ma. 

(2) Thoulaouin est le diminutif de oulaoun, cœurs. 



— 36 — 



DEPENDANCE DES NOMS 



Les substantifs kabyles, bien qu'invariables dans leurs 
désinences, présentent, dans l'emploi de quelques-uns 
d'entre eux, une modification qu'il est important de 
constater. 

Celle modification n'a lieu qu'au singulier, dans la 
plupart des noms subissant une influence et commençant 
par a, pourvu qu'ils ne soient pas employés au vocatif, 
ni comme régimes directs d'un verbe. 

Elle consiste dans le changement de l'A initial en OU : 



'O' 



1° Toutes les fois que le substantif sujet de la propo- 
sition est précédé, dans l'ordre de la phrase, d'un mot 
quelconque. 

Exemple : 

ifka ias oiigcllid' id'rimcn. 

A donné à lui le roi de l'argent, 

(Le roi lui a donné de l'argent.) 

2° Lorsque le substantif est placé sous l'influence de 
certaines particules, notamment des prépositions h, i, seg, 
plaçant le mot dans les rapports indiqués par le génitif, le 
datif et l'ablatif des Latins. 

Ce changement, joint à l'emploi des prépositions qui 
indiquent les rapports les plus ordinaires, semble, au 
premier abord, constituer une déclinaison qui n'existe 
pas en réalité. 

Ainsi, dans l'application de ce principe, le mot argaz, 
homme, employé suivant les cas attribués à la déclinaison 
latine, fera : 



— 37 — 



Nominatif. . . 



OïOdZ (311 coinmencpmont 
de la proposition!, 



"iiomme. 

ourgaz câpres un nioli, l'iiommo. 

Génitif b ourgaz, de l'iiomme. 

Datif i ourgaz, à l'homme. 

Accusatif.... argaz, l'homme. 

Vocatif ai argaz, ô homme. 

Ablatif seg ourgaz, de l'homme. 

Observation.s. — Les noms pluriels et tous les singu- 
liers commençant par i et ou, ne chan,£;ent aucunement 
leurs voyelles initiales. 

Certains noms singuliers et tous les pluriels commençant 
par A conservent le son A, en le faisant précéder de ou, 
aux nominatif, génitif et datif. 

Ainsi, à ces cas : 

devient 



asiff, rivière, 

adhou, vent, 

ass, jour, 

alim, paille broyée, 

akal, terre, 

aggour, lune, mois, 

aggouren, lunes, mois, 

aman, eau, 

aoual, aoualen, mot, mots, 

akli, nègre, pi. aklan, 

allen, yeux, 

akniouen, jumeaux, 

akraren, moutons, 

adhan, nuits, 

achchioun, cornes, 

anzaren, nez, 

achcharen, ongles, 

afrioun, feuilles, ailes, 



ouasiff. 

ouadhou. 

ouass. 

oualim. 

ouakal. 

ouaggour. 

ouaggourcn. 

ouainaii . 

ouaoual, ouuoualcn. 

ouakli, ouaklan. 

ouallen. 

ouakuiouen. 

ouakrarcn. 

ouadhau. 

ouachchioun. 

ouanzaren. 

ouachcbaren. 

ouafrioun. 



Du Génitif 

Le rapport d'annexion, aiitremenl dit l'action d'un 
substantif sur un autre (g-énitif des Latins), s'exprime des 
manières suivantes : 

GÉNITIF PAR B 

Dans les noms commençant par A et OU, en plaçant 
devant le substantif gouverné la préposition B, de, qui se 
prononce ou dans beaucoup de localités et G chez les 
Beni-Abbès. 

Exemples : 

(illcn b ouchchoi, les yeux du chacal. 

fhasirth b ouadhou, le moulin du (à) vent. 

ihimczlioulli b oudkiareïi, l'ég-org-ement des moutons. 
oturrm b ourgnz, le visag-e de l'homme. 

Le B indiquant le génitif paraît appartenir spécialement : 

1° Aux noms commençant directement par OU, comme : 

allen b ourlirhen, les yeux du chacal ; ourhrhen , 

chacal. 
izouran b oui, b oiduoun, les veines du cceur, des 

cœurs ; oui, cœur. 

ajah'nidh b ouchchai, b ouchcJialti, la queue du lévrier, 
des lévriers ; ouchchai, lévrier. 

the^nelel b ougel, b ouçjlan, la blancheur de la dent, 
des dents ; ougcl, dent. 

thezouer b oud'em, b oud'emaoue)!, la rougeur du 
visage, des visages ; oud'em, visage. 



— 39 — 

2° A ceux dont l'A initial se conserve avec ou de la 
construction, comme : 

thasiiih b ouadhou, le moulin de (à) vent ; ailliou, 

vent. 
aman b ouasiff, l'eau de la rivière ; asiff, rivière. 
athemmou b oiialim, la meule de paille; alim, paille. 
iraggoun b ouakal, les vapeurs de la terre ; nkal, 

terre. 
ir'fb ouaggour, le commencement du mois ; oggour, 

mois. 
ouglan b ouakli, les dents du nègre ; tihli, nègre. 
iscnnanen b ouaroui , les piquants du porc-épic; 

aroui, porc-épic. 

3"^ Aux noms pluriels commençant par A et OU, comme : 

thimediouth b ounkniren, l'ég-orgement des moutons ; 

akraren, moutons. 
oud'cmaoïien b oiiaknkmoi, les visages des jumeaux ; 

akniouen, jumeaux. ,^^ 

thizct' b ouaman, la douceur de l'eau ; aman, eau. 
ir'faoun b ouachrJiiuun, les extrémités des cornes; 

adichioun, cornes. 
ouglan b ouaklan , les dents des nègres ; aklan , 

nègres. 
isennanen b ouarouien, les piquants des porcs-épics ; 

arouicn, porcs-épics. 
imeUaoun b ouallcn, les larmes des yeux ; allen, yeux. 
asemmidli b ouadhan, le froid des nuits; adlian, nuits. 
kera b oussan, chose de jours (quelques jours) ; oussan, 

jours. 



— 40 — 

4° Aux noms masculins sin.2:uliers où l'A initial est 
suivi de deux consonnes consécutives, comme : 

oud'em b ourgaz , le visage de l'homme ; argaz , 

homme. 
ihabbourllt b oukhkhani, la porte de la maison ; 

aklikhinn, maison. 
achrliioun b ouzgar, les cornes du bœuf ; azgar, 

bœuf. 
ajah'nidh b ouk'joini, la queue du chien ; ak'jonn, 

chien. 
ir'ill b ouzroii, la crête du rocher (nom de village) ; 

(fzrou, rocher. 
Ihouk'k^csa b ourzaz, la piiiûre de la guêpe; arzaz, 

guêpe. 
thilsets b ouzirni. la langue du serpent; azrcm, ser- 
pent. 
rich b ouijUm, le poil de la peau ; aglim, peau. 

achchinrn b ountcliich, les grifïes du chat; amchich, 

chat. 
thikejjarin b oumk'crk'our, les pattes de la grenouille ; 

amk'erk'oiir, grenouille. 

ak'aboub b our'boub. le bec de la bécasse ; afboiib, 

bécasse. 
thigousa b ouchlouh, les piquets de la tente ; achlouh, 

tente. 
thour'mas b ouid'i, les dents molaires du chien ; aid'i, 

chien. 
imczzoïiren b ouoiilJioiil, les oreilles du lièvre ; nou- 

thoul, lièvre. 
thouddczd b ouoiizi, la mouture de la semoule ; aouzi, 

semoule. 



— 41 — 

fhiiriklli h oiinnioi, la sello du cavalier ; (imuai, cava- 
lier. 

aith b oud'rar, les fils d»^ la monlag-nc (nom de tribu) ; 
ncrray, montag-ne. 

Remaroue. — L'I et l'OU sont très souvent consonnes, 
ainsi que nous l'avons déjà fait observer pour l'I, page 34. 

Exception. — Les noms dont la première consonne est 
entre deux voyelles, comme aharef, renard; ascnl'oiui, 
mulet, etc., ne prennent pas, en général, le B au génitif. 

Exemples : 

aj(Uiidh oi(b(irei-\ la queue du renard; abani' , renard. 

thnbcrd'a ouftcrd'oun , le bat du mulet; aserd'oun, 
mulet. 

achchioun oulxclouach, les cornes du bouc ; ak'elouach, 
bouc. 

ir'fougendouz, la tète du veau; agcndouz, veau. 

izouran oiifous, les veines de la main ; afom, main. 

aman oucherchoiir, l'eau de la cascade ; acherchour, 
cascade. 

irsan oudhar, les os du pied ; adlinr, pied. 

afthath oufarcz, le morceau du jaune d'œuf ; afarcz, 
jaune d'œuf. 

akraren oumekm, les moutons du berger; ameksa, 
berger. 

rich oujar'iy, les plumes du geai ; ajar'ir , geai. 

aman ougelmim, l'eau de l'étang ; agelmim, étang. 

ak'aboub ouk'clk'oid, le bec du linot ; ak'cWoul, linot. 

Ihebrrek ougetfou, le noir du corbeau ; agerfiou, cor- 
beau. 



— 42 — 

////::/ ouzrzzoK, le col du genêt épineux (nom de lieu) ; 

(izczzou, g-en(M. 
ihizi oiijaboub, le col du roseau (nom de localité); 

(ijaboub, roseau. 
lUouku oumalou, les Illoulen du versant qui ne reçoit 

pas le soleil ; (nualoK, versant qui ne reçoit pas le 

soleil. 
lUouJen oiisammri\ les Illoulen du versant qui reçoit 

le soleil ; (isaihniri\ versant qui reçoit le soleil. 

GÉNITIF PAR G 

Les noms singuliers et pluriels commençant par I sont 
précédés, au génitif, du son (i, <pii, dans plusieurs localités, 
se prononce ii. 

Exemples : 

ir'ill (j Ifri. la crête de la caverne (nom de village). 

thafdlli ij ilhri, la lumière de l'étoile. 

aniiin q ir'zcr, l'eau du ruisseau. 

///// (j izi'ni, la gueule du lion. 

thnnicfiiii (J i(jc)\ la moisson du cliamp. 

Le (î s'applique spécialement aux noms d'une seule 
syllabe, non compris l'I initial, et à ceux dont l'I initial 
est suivi de deux consonnes consécutives. 

Exemples : 

Uni Q izrm, la gueule du lion ; izcm, lion. 

Ihanicfira g igcr, la moisson du champ ; ifjcr, champ. 

tltifcrranuin g izi, g izau, les ailes de la mouche, des 

mouches; /r/, mouche, i zini , mouches . 
rirh g ilcf, les soies du sanglier ; ilef, sanglier. 
ouglan g uni, les dents de la bouche ; imi, bouche. 



— 43 — 

iKlJim (j ir'id'. la peau du chevreau ; ii'ld', clicvrcau. 
ir'ffi irhch, le bout de la corne ; /(7((7/, corne. 
oud'cw (j ikoi, le visag-e du jumeau ; ikcn, jumeau. 
Ili((d'()}({' (/ ilis, la laine de la toison ; ilia, toison. 
ir'faoun g idhnii, les tètes des chiens; idhan, chiens. 
arioul g idh, l'âne de la nuit (nom de l'engoulevent) ; 

idh, nuit. 
Ihafath g ithri, g itlnriii. la lumière de rrtoile,,des 

étoiles; ithri, étoile, illinni, étoiles. 
ir'f g iffh, la tète de l'hyène ; iffis, hyène. 
ir'faoK}) g iffisen, les tètes des hyènes ; iffisen, hyènes. 
amrni g Ir'zer, l'eau du ruisseau ; ifzcr, ruisseau. 
/7V7( g ilfdn, les soies des sangliers; ilfaii , sangliers. 
idliarrii g ibki, les pieds du singe ; ihki, singe. 
idhnrrii g iddnu, les pieds du singe; iddou, singe. 
ak'amoum g iinr'ioiil, le bec du guêpier; imr'ioul, 

guêpier. 
ik'amoumeri g iinr' ionien , les becs des guêpiers; 

imf ionien , guêpiers. 
idhareri g ibk(ui, g iddaoun , les pieds des singes; 

ibkau, iddaoun, singes. 
irhlem g ifker, l'écaillé de la tortue ; ifker, tortue. 
nsouhourri g itld^ir. le roucoulement du pigeon ; 

ithbir, pigeon. 
asoulwnrri g ithbire)i, le roucoulement des pigeons; 

ithbiren, pigeons. 

thamegm g igran, la moisson des champs; igran, 
champs. 

ir'lelg ird^en, la paille du froment ; ird'en, froment. 
acheharen g imchach, les griffes des chats; imrJiach, 
chats. 



Les noms dont la première consonne est entre deux 
voj'elles, comme iiiisi. hrrisson, i(fidcr, aigle, ne prennent 
pas, en g-énéral, le G au génitif. 

Exemples : 

isnniancn inisi, les piquants du hérisson. 

isctinanen ?/??.s?V/o)///, les piquants des hérissons. 

aj((]niidh izinli, la queue du raton. 

ijalÙKidh izirdiaonn, les queues des ratons. 

afrioiin igider, les ailes de l'aigle. 

nfnoun igoudar, les ailes des aigles. 

(ikhkham inchgi, la maison de l'hôte. 

alxhkham ificbgaouu, la maison des hôtes. 

Hhrcui içicrnii, les étoiles du ciel. 

ilhrcui igcnouaii, les étoiles des cieux. 

aman ir'ezran, Feau des ruisseaux. 

ichelman ifckran, les écailles des tortues. 

Ujelman irid^cn, les peaux des chevreaux. 

rich mouanen, les plumes des milans. 

GÉNITIF PAR'N DANS LES NO.MS FÉMININS''' 

Le génitif, dans les noms féminins singuliers et pluriels, 
est toujours indiqué par N, prononcé, suivant les besoins 
de l'euphonie, en ou ne, et placé devant le th initial de ces 
noms qui a toujours alors le son dur. 



(1) Chez les Touareg, l'N est la seule préposition employée pour le 
erénitif. 



Kxeinplos : 

argaz ne temct't'outh agi, le mari de cette femme. 

irgazen en toulaouin, les maris des femmes. 

medden ne temdint, les gens de la ville. 

aman ne temourth agi, l'eau de ce pays-ci. 
thouk'k'esa ne tir'ird'cmth, la piqûre du scorpion. 

thouk'h'esa ne lelefm, la piqûre de la vipère. 

afrioun en timelliouin, les ailes des tourterelles. 



GENITIF DES NOMS PROPRES D HOMMES, 
DE VILLES, DE PAYS 

Il s'indique en faisant précéder le nom propre gouverné, 
par les sons a ou n, dont l'emploi paraît être subordonné 
à l'usage. 

Exemples : 

argaz a Mouni, a Fathnia, le mari de Mouni, de 

Fathma. 
thameV t'ont II a Mohannncd, a Kassi, a Kaddour, la 

femme de Mohammed, de Kassi, de Kaddour. 
aûoud'iou ne Hassen, n Ameur, n Ali, le cheval de 

Hassen, d'Ameur, d'Ali. 
irgazen a Begaith ou ne Begaith. les hommes de 

Bougie. 
thoulaouin en Tonnes, les femmes de Tunis. 
thoulaonin a Cosentina, les femmes de Constantine. 



— 46 — 

Devant les noms de tribus désignées par alh, ou aith, 
c'est 1'// qui est employé pour le génitif. 

i'ixcmplcs : 

Ihoiilauiiiii II iiilh Abhi's, les femmes des Beni-Abbès. 
injozcK n nth lioud'nir, les hommes des Beni-lioud'rar. 

Avec cgiHd , frère, on emploie \ comme signe du 

génitif. 

Kxeiiiplc : 

nào\i(Vin}{ il ripnii, \c cheval de mon frère. 

Avec bnhii, père, et quelques autres noms commençant 
par B, le génitif s'indique par M, modification euphonique 
de l'N. 

Exemples : 

uklikluini cm babii, la maison de mon père. 

aserd'oun em Bel Kasscni, le mulet de Bel Kassem. 

Lu s'emploie aussi pour le génitif des pronoms. 
Mxcmiiles : 

/// oïL de moi. 

iii l'Ii, iu cm. de toi. 

in es, de lui, d'elle. 

en }iar\ de nous. 

en nouen, ini kuiDil. de vous. 

eu SOI, en sent, d'eux, d'elles. 



— 47 — 



Du Datif et de l'Ablatif 



Les cas correspondants au dalif et à l'ablatif des Latins 
s'expriment : le premier, par la préposition / placée devant 
le nom. 

exemples : 

Ifkn i onrgaz, i irgiizcn. 

Il a donné à l'iiomme, aux hommes. 

ith(nnetl'u^lll^,itJKn^laou^n,iizcï}l,ioubarer,i(yuakniollen. 
A la femme, aux femmes, au lion, au renard, aux jumeaux. 

oukli'cin tluirgii i ouaman. 
Fais une rigole à l'eau. 

Le second, par les i)répositions seg devant une voyelle 
et si devant une consonne, ces prépositions sii^nifiant de 
(ex des Latins). 

Kxeinples : 

iffer' seg oukltkhani, il est sorti de la maison. 
effer'en seg ikhkhameit, ils sont sortis des maisons. 
id\nnnien oazzrlcn seg inii oh, le sang a couru de la 

bouche de moi (le sang a coulé de ma bouche). 
}(oma d si themdinl, si thiiddurlli, nous sommes venus 

de la ville, du village. 

Remarque. — L'on qui précède Va initial des noms dont 
nous avons parlé i)age 37, disparaît avec la préposition 



— 48 - 

scg de l'ablatif ; il so repoiie dans rinlérieiir de la pré- 
position. 

exemples : 

ilJ'cr' soiiy iiiiiini, il est sorti de l'eau. 

imettaoun ouzzclcn wug (tllcn is, les larmes ont couru 
des yeux de lui (les larmes ont coulé de ses yeux). 

isona soug aaiff, il a bu de (à) la rivière. 

De l'Accusatif 

On a fait observer que le nom à l'accusatif, c'est-à-dire 
employé comme régime direct d'un verbe, n'éprouve 
aucune modification. 

Exemples : 

inr'n (^^'g(f^'-, lliamcn'outh, 

II a tué un liomme, une femme, 

irgazcii, (houliiouin, izeni, akraren. 
des liommes, des femmes, un lion, d(^s moutons. 

Du Vocatif 

Le vocatif s'indiipie par les particules di (ù), (i (o). 

Exemples : 

ni (irgdz, ni irgiizcn, ô homme, ô hommes. 

Il IhiiiiH'l'l'ontli. Il llioiiliiouiii. O f(Mnme, ô femmes. 

il Mnhiiiiil, Il hiibii, il .Ihiiicd, ô Mohamed, ô mon père, 

ô Ahmed. 



— 49 — 



Du Diminutif 



Le diminutif des noms masculins se forme comme le 
féminin de ces noms, au singulier et au pluriel ; nous 
n'avons donc rien à ajouter à ce que nous avons dit à 
propos du féminin. 

Les noms féminins ne prennent pas le diminutif. 

L'usage du diminutif est très fréquent en kabyle ; il est 
du reste employé, comme dans toutes les langues, pour 
exprimer la petitesse ou la gentillesse. 



Noms. 

ir'zer, ruisseau, 
ir'ezran, ruisseaux, 
agemmoun, mamelon, 
igcr, champ, 
igran, champs, 
agelzim, hache, 
igelziam, haches, 
acherchour, cascade, 
icherchoureïi, cascades, 
amezzouf , oreille, 
imezzour'en, oreilles, 
aniir, front, 
ajedjig, fleur, 
ijedjigen, fleurs, 



Kxemples : 

Diminutifs. 

Iliirzertli, ruisselé t. 
thir'zerathin, petits ruisseaux. 
thagemmount, petit mamelon. 
thigerth, petit champ. 
thigerathin, petits champs. 
thagelzimth, hachette. 
thigelziam, petites haches. 
thacherchourtli, petite cascade. 
thicherchourin, petites cascades 
thamezzourth, petite oreille. 
tkimezzourin, petites oreilles. 
thaniirth, petit front. 
thajedjigtJi, petite fleur. 
thijedjigin, petites fleurs. 



— 50 — 

Voici quelques diminulifs qui s'écartent de la rèii'le 
ordinaire : 

Noms. Diminutifs. 

ichch, corne, thichchoiith, isiii aus&i thichchets, 

petite corne. 

azekka, tombeau, îhazekkaouth, petit tombeau. 

ft(//md', doigt de la main, thcidhctd'ecJd , et thalfat, petit 

doigt. 

idhoud'an, doigts de la tliidhoud'achin , et thilCadhin , 
main, petits doigts. 

am(/oM??, réservoir d'eau, thanulourlit, petit réservoir. 

imdounen, réservoirs, tJiinidoucJii)!, petits réservoirs. 

tliak'cwmoucht (^', petite bouche. 



(i) Ce diminutif est sans doute celui de ah'amoum, bec. 



CHAPITRE II 



DU PRONOM 



On peut diviser les pronoms kabyles en cinq classes : 

1° Pronoms pcrsoniiels ; 
2° Pronoms démonstratifs ; 
3° Pronoms relatifs ; 
4° Pronoms interrogalifs ; ■ 
50 Pronoms indéfinis. 

I. — Pronoms personnels 

Les pronoms personnels sont sujets ou régimes. 

Lorsqu'ils sont sujets, ils s'expriment par des mots 
isolés. 

Quand ils sont régimes, ils consistent en des aiïixes 
se joignant aux divers mots qui les régissent. Par une 
espèce d'inversion, ces pronoms régimes précèdent quel- 
quefois leurs agents. 



PRONOMS PERSONNELS ISOLÉS [OU SUJETS] 
Sin"ulier : 



l"""^ personne . . . 
2^ pers. (masc.) 
2® pars. (fém.). 
3'" pers. (masc.) 
3*^ pers. (fém.). 



nek, nekki, nekkini, moi. 

ketcli, ketcJii, ketehini, toi. 

kem, kemmi, kemmini, toi. 
netsa, lui. 

net sa t h, elle. 



- 52 — 



4''*' pers. (masc.) 
l'"^pers. (fém.) . 
2'-' pers. (masc.) 
2« pers. (fém.) . 
S*' pers. (masc.) 
3« pers. (fém.) . 



Pluriel : 

noiikni, nous (hommes). 

noukcnti, nous (femmes). 

kounoui, vous (aux hommes) 

koiinemthi, vous (aux femmes). 

nithcni, eux. 

nithenti, elles. 



Ces pronoms ne subissent aucune modification dans 
leur emploi. 

Applications : 

nek ad'rouh'ef fer Begaith, ketch ouf al fer le Blida. 
Moi, j'irai à Bougie; toi, retourne à Blida. 

kemmini k'im d'eg oukl^kham. 
Toi (femme), reste à la maison. 

netsa ad ias assa, netsath ar azekka. 

Lui, il viendra aujourd'hui ; elle, jusqu'à demain. 

noukni an nekerrez, kounoui Uinigeth. 
Nous, nous labourerons ; vous, voyagez. 

nitheni ad'etcken seksou, nithenti ad'etchent 
Eux, ils mangeront du couscous ; elles, elles mangeront 

m^'eroum. 
du pain. 

PRONOMS PERSONNELS AFFIXES {oU RÉGIMES) 

Les pronoms afTixes présentent des formes un peu 
différentes, suivant qu'ils ont pour agents un nom, un 
verbe ou une particule. 



— 53 — 



PRONOMS AFFIXES DEPENDANTS DES NOMS 
ET EXPRIMANT LA POSSESSION 

Les Kabyles n'ont pas de pronoms ou adjectifs pos- 
sessifs : les pronoms personnels les remplacent; ainsi, 
l'on dit en kabyle : la maison de moi, le livre d'elle, etc. 

Singulier : 



1"^^ personne on, iou ' 

2" pers. (masc). . A', ik, 

2« pers. (fém.). . . m, im, 

3® personne s, is, 

Pluriel : 

ennar' (-', 
ennoiien, 
enkount, 
en sert, 
en sent. 



V^ personne . . . 
2* pers. (masc.) 
2^ pers. (fém.). 
2^ pers. (masc.) 
3® pers. (fém.). 



, de moi. 

ek, de toi (masc). 

am, de toi (fém.). 

as, de lui, d'elle. 

de nous. 

de vous (masc.) 

de vous (fém.). 

d'eux. 

d'elles. 



akhkham iou, 
ichenfîren im, 
ourthi k, 
aserd'oun is, 
ikhkhamen ennar', 
izfjaren cnnouen, 
ichebbouben enkount, 

igran ensen, 
thiroukouin enscnt, 



Applications : 

la maison de moi. 

les lèvres de toi (fém.). 

le jardin de toi (masc). 

le mulet de lui, d'elle. 

les maisons de nous. 

les bœufs de vous (masc). 

les bandeaux de cheveux de 

vous (fém.). 
les champs d'eux, 
les quenouilles d'elles. 



(1) Ces afFixes, ainsi que tous les autres, du reste, peuvent être, 
comme on voit, précédés en certains cas d'une voyelle euphonique. 

(2) Quelques tribus de l'Oued-Sahel distinguent le genre à la 1" per- 
sonne du pluriel, dans ces pronoms ; ainsi elles disent : argas entner' , 
le mari de nous (femmes). 



Le substantif (lila, propriété, précédé de la particule 
démonstrative d' {d'aila), est employé avec cet afïîxe et 
sert à exprimer l'idée possessive. 

Exemples : 

(l'dHiiou. c'est la propriété de moi, c'est à moi. 
iger agi d'aUaou, ce champ est à moi. 
d'ailak, c'est la propriété de toi, c'est à toi. 
ikhkhamen agi d'ailak, ces maisons sont ta propriété ^ 
■ sont à toi. 

d'ailam, c'est la propriété de toi (féminin). 
thiir'at' agi d'ailam, cette chèvre est à toi (féminin). 
d'aila s, c'est la propriété de lui, d'elle. 
ourthi agi d'ailas, ce jardin est à lui, à elle. 
d'aila ennar' , c'est la propriété de nous, c'est à nous. 
. igran agi d'aila ennar', ces champs sont à nous. 
d'aila cnnouen, c'est la propriété de vous, c'est à vous. 
idoud'ioaen agi d'aila cnnouen, ces chevaux, c'est la 

propriété de vous, sont à vous. 
d'aila enkount, c'est la propriété de vous (féminin), 

c'est à vous. 
d'aila ensen, c'est la propriété d'eux, c'est à eux. 
d'aila ensent, c'est la propriété d'elles, c'est à elles. 

Dans quelques localités, l'I de aila se change en G, et 
les expressions précédentes deviennent : 

d'aglaou, d'aglak, d'aglam, d'aglas, d'agla ennar' , 
d'agla rnnojien . d'agla enkaaiit , d'agla ensen, d'agla 
ensenl. 



— OD — 

Avec rX du iri'nilif i voyez paire i(i), cet afïixe s'emploie 
de la manière suivante : 

Singulier : 

!'■'' personne in ou, de moi, à moi. 

2^ pers. (maso.)., in ek, de toi, à toi. 

2® pers. (fém.).. . in em, de toi, à toi. 

3* personne in es, de lui, d'elle, à lui, à elle. 

Pluriel : 

l''^personne en naf, de nous. 

1^ pers. (masc.).. en nouen, de vous. 

2" pers. (fém.)... en kount, de vous. 

3® pers. (masc.).. en sen, d'eux. 

3'' pers. (fém.). . . en sent, d'elles. 

Le même aflixe s'emploie aussi après les mots ouin, 
oiia, celui, tJia, thin, celle, ouid'en, ceux, thid'en, celles, 
que l'on fait suivre généralement de l'N du génitif. 

Il signifie alors celui, celle, ceux, celles, de moi, de toi, 
de lui, etc., et équivaut ainsi à notre adjectif possessif 
le mien, la mienne, le tien, la tienne, etc. 

Singulier masculin : 

ouin niou et ouanniou, celui de moi, le mien. 
ouin nik et ouannik, celui de loi, le tien (masculin). 
ouin nim et ouannim, celui de toi, le tien (féminin). 
ouin nis et ouannis, celui de lui, d'elle, le sien, la sienne. 

ouin ennoY et ouannar , celui de nous, le nôtre. 
ouin ennoucn et ouannouen, celui de vous, le vôtre (masc). 
ouin enkount et ounnnkount, celui de vous, le vôtre (fém.). 
ouin ensen et ouannescn, celui d'eux, le leur (masc). 
ouin ensent et ouannesent, celui d'elles, le leur (fém.). 



— 56 — 

Singulier féminin : 

thfinnwK et thin iiioii, celle de moi. la mienne. 
tJiannik et thin iuek, celle de toi, la tienne (masculin). 
thaniiim et thin inem, celle de toi, la tienne (féminin). 
thannis et thin ines, celle de lui, d'elle, la sienne (masc). 

tha nnar' et thin cnnar\ celle de nous, la nôtre. 
thannouen et thin cnnouen, celle de vous, la vôtre (masc). 
tha n ekoiint et thin enkount, celle de vous, la vôtre (fém.). 
tha n csen et tfiin ensen, celle d'eux, la leur (masc). 
tha n esent et tliin ensent, celle d'elles, la leur (fém.). 

Pluriel masculin : 

ouid'en iou et ouid'en inou, ceux de moi, les miens. 
ouiden ik et ouid'en inek, ceux de toi, les tiens (masc). 
ouid'en im et ouid'en inem, ceux de toi, les tiens (fém.). 
ouid'en is et ouid'en ines, ceux de lui, d'elle, les siens. 

ouid'en ennar', ceux de nous, les nôtres. 
ouid'en en non en, ceux de vous, les vôtres (masc). 
ouid'en enkount, ceux de vous, les vôtres (fém.). 
ouid'en ensen, ceux d'eux, les leurs (masc). 
ouid'en ensent, ceux d'elles, les leurs (fém.). 

Pluriel féminin : 

thid'en iou et thid'en inou, celles de moi, les miennes. 
thid'en ik et thid'en inek, celles de toi, les tiennes (masc). 
thid'en im et thid'en inem, celles de toi, les tiennes (fém.). 
thid'en is et thid'en ines, celles de lui, d'elle, les siennes. 

thid'en ennar', celles de nous, les nôtres. 
thid'en ennouen, celles de vous, les vôtres (masc). 
thid'en enkount, celles de vous, les vôtres (fém.). 
thid'en ensen, celles d'eux, les leurs (masc). 
thid'en ensent, celles d'elles, les leurs (fém.). 



— 57 — 

Applications : 

akhkhfim agi inou , celte maison de moi, à moi (celte 
maison est à moi). 

ikhkhamen agi inek, ces maisons de toi ou à toi (ces 
maisons sont à loi). 

ir'icV agi incm, ce chevreau de loi (fém.) ou à toi (ce 
chevreau est à toi). 

aserd'oun agi incs, ce mulet de lui ou à lui (ce mulet est 
à lui). 

ik'jaii agi ennar\ cnnouen, rnkoutit, cnseii, enserit. 
Ces chiens à nous, à vous, à vous, à eux, à elles. 
(Ces chiens sont à nous, à vous, à eux, à elles.) 

akhkham ik ninuk'k'er, ouiiiniou 

La maison de toi est grande, celle de moi (la mienne) 

vieçzi. 

est petite. 

thamet't' outil is tJionsa d, thanuiou 

La femme de lui est venue, celle de moi (la mienne) 

our aad. 

pas encore. 

thamekh'alt ik tbelha, thiii inou d'irits. 

Le fusil de toi est bon, celui de moi (le mien) mauvais. 

izgareri ennar mezlen, ouid'en is ala. 

Les bcpufs de nous ont été égorgés, ceux de lui (les siens) non. 

arraou iou elhati, ouid'en inek d'irithen. 

Les fils de moi sont bons, ceux de toi (les tiens) méchants. 

issith nar zoudjent, thid'en ennouen 

Les filles de nous sont mariées, celles de vous (les vôtres) 

our zoujent ara. 

ne sont pas mariées. 



— 58 — 

thoulaniiin niiiiir nicllonlilh, llud'eii cn^icu 

Les femmes de nous sont blanches, celles d'eux (les leurs) 

hcrrikith. 
sont noires. 

PRONOMS AFFIXES RÉGIMES DIRECTS DES VERBES 





Singulier : ' 




\^^ personne .... 




\ , 


moi. 


2'^ pers. (ma se). 




k. 


loi (masc 


2" pers. (fém.). . 




ki'iK, 


toi (fém.) 


3'' pers. (masc). 




th, 


lui. 


3*' pers, (fém.). . 




ts, 


elle. 



1'^*' personne . . . 
2® pers. (masc] 
2® pers. (fém.), 
3° pers. (masc' 
3'' pers. (fém.). 



ioutb 

izera 

izcra 

oufer 

in fa 

ionth 

Oïl fi f 



Pluriel : 

koun, 
kouut, 
thcn, 
thoiJ, 

Apitlications : 



nous. 

vous (masc). 
vous (fém.). 
eux . 
elles. 



7, 

A-, 

kcm, 

th, 

/.<!, 

ar', 
knuri. 



injifii ko mit, 
iboiii tlicii, 
zerir' t lient. 



il a frappé moi. 

il a vu toi (masc). 

il a vu toi (fém.). 

j'ai acheté lui. 

il a tué elle. 

il a frappé nous. 

j'ai trouvé vous (masc). 

il a trouvé vous (fém.). 

il a emporté eux. 

j'ai vu elles. 



— 59 



PRONOMS AFFIXES RF(iI.Mt:S INDIRECTS DES VERBES 



Singulier : 

1'*' personne ii, 

2'^ pers. (masc). . iak, 

2'' pers. (fém.). . . iaw, 

3- personne ias, 



?, 


a moi. 


ak, 


à toi. 


fin), 


à toi. 


as, 


à lui. à ell 



1''^ personne . . . 
2® pers. (masc.' 
2^- pers.- (fém.). 
3" pers. (masc. 
S*" pers. (fém.). 



Plu ri cl : 

i(u\ ar\ à nous 
iaoun, aoun, à vous. 
iakoiint, akount, à vous, 
iascn, (isoi, à eux. 
iaseitt, aseiit, à elles. 



Exemples : 



Cfk 

cfkir' 

inna 

ibra 

imlfi 

il] 110 

melir 
ifka 



ak, 

iak, 

iani. 

ias, 
iar', 
aoun, 
iakoiiiiL 



thefkidh asev, 
inna i usent, 
cfkir' ak th. 



donne à moi (donne-moi), 
j'ai donné à toi (masc). 
il a dit à toi. 

il a divorcé à toi (il t'a répu- 
diée), 
il a montré à lui, à elle, 
il a dit à nous, 
j'ai montré à vous (masc). 
il a donné à vous (fém.). 
lu as donné à eux. 
il dit à elles. 

j'ai donné à toi lui (je te 
lai donné). 



— 60 — 

Le pronom personnel, à la forme afïîxe, s'emploie 
quelquefois d'une manière explétive devant le nom auquel 
il se rapporte, quand celui-ci est au génitif ou au datif. 

Exemples : 
un S ougelliiV , la fille de lui, du roi (la fille du roi). 
emmi s b ourgaz, le fils de lui, de l'homme (le fils 

de l'homme). 
iima ias i baba s, il dit à lui, au père de lui (il dit à 

son père). 
efkiras i ougellid', j'ai donné à lui, au roi (j'ai donné 

au roi). 
imla ias i IhameVVoulh is, il montra à elle, à la 

femme de lui (il montra à sa femme). 

Cet emploi du pronom personnel est général devant le 
nom au datif ; il est plus rare devant le nom au génitif. 

Voir ci-après, au chapitre du verbe, la syntaxe des 
pronoms afTixes. 

PRONOMS AFFIXES RÉGIS PAR UNE PRÉPOSITION 

Ce sont les mêmes que les affixes régimes indirects du 

verbe. 

Singulier : 

1^^^ personne /, 

2« pers. (masc). . ak, 

2e pers. (fém.) am, 

3" personne as, 

Pluriel : 

l""® personne af, 

2® pers. (masc.).. aoun, 

26 pers. (fém.) . . . akoun 

.3® pers. (masc.).. asoi, 

3® pers. (fém.)... asent, 



h 


moi. 


eh, 


toi. 


cm, 


toi. 


es, 


lui, elle. 


nar\ 


nous. 


oun, 


vous . 


kount. 


vous . 


SOI, 


eux. 


sent, 


elles. 



Gl — 



Exemples : 

fell i, sur moi ; id' i, 

fell ak, sur toi (masc.) ; id' ek, 

fell am, sur toi (fém.) ; id' cm, 

fell as, sur lui, sur elle ; id' es, 

fellar', sur nous ; id'nar', avec nous. 

fell aoun, sur vous (masc.) ; id' ouen, avec vous (masc). 

fell akount, sur vous (fém.) ; id' kount, avec vous (fém.). 

fellasen, sur eux, id'sen, avec eux. 

fellasent, sur elles, id'scnl, avec elles. 



avec moi. 
avec toi (masc. 
avec toi (fém.), 
avec lui, elle. 



PRONOMS AFFIXES REGIS PAR UN ADVERBE 
OU UN PRONOM INTERROGATIF 

Ce sont les mêmes que les affixes régimes directs du 
verbe. Ils ne s'emploient pas avec tous les adverbes ou 
les pronoms interrogatifs indistinctement. 



ansi i, 
ami k, 
ami kem, 
ami th, 
ami ts, 
ami af, 
ami koun, 
ami kount, 
ami ihen, 
aiui thent, 



Avec un adverbe : 

d'où moi ? 
d'oii toi (masc), 
d'où toi (fém.), 
d'où lui, 
d'où elle, 
d'où nous, 
d'où vous (masc), 
d'où vous (fém.), 
d'où eux, 
d'où elles, 



d'où es-tu? 
d'où es-tu ? 
d'où est-il ? 
d'où est-elle ? 
d'où sommes-nous ? 
d'où êtes-vous ? 
d'où êtes-vous ? 
d'où sont-ils ? 
d'où sont-elles? 



— 02 



Avec un pronom interrogatif 



achou i, quoi mai, 

achou k, quoi loi, 

acJiou kem, quoi toi (f.). 

achou th, quoi lui, 

achou ts, quoi elle, 

achou iar , quoi nous, 

achou koun, quoi vous, 

achou kount, quoi vous (f. 

achou thcn, quoi eux, 

achou thcnt, quoi elles, 



que suis-je, 
qu'es-tu, 

qu"est-il, 
qu'est-elle. 



qui suis-je ? 
(fui es-tu ? 



qui est-il ? 
qui est-elle ? 
que sommes- qui sommes- 
nous, nous? 
qu'ètes-vous, qui ètcs-vous? 

que sonL-ils, qui sont-ils ? 
que sont-elles, qui sonl-elles ? 



II. — Pronoms démonstratifs 

Xosmotsdémonslralifs cc...f7', cet. ..ci, cette. ..ci, ces. ..ci, 
se rendent, en kabyle, par le mot invariable aqi (...ci), 
placé après le nom. 

Exemples : 

aserd'oun agi, ce mulet-ci. 

argaz agi, cet' homme-ci. 

thamet't'outh agi, cette femme-ci. 

irgazeu agi, ces hommes-ci. 

thoulaouin agi, ces femmes-ci. 

On se sert aussi quelquefois de la désinence a, au 
singulier, et de enni, pour un objet éloig-né. 

Exemples : 

awgga^ a, cette année. 

f/s.s a, ce jour-ci, aujourd'hui. 

thameddith a, ce soir. 

('////•■ di lluiddarth onti, j'élais dans ce village. 



— CVS — 

Ce, celui, celui-ci, etc. se rendent de la manière 
suivante : 



oua, ouin, 


ce, celui 


tha, thin, 


celle. 


ouid'en, 


ceux. 


thid'en, 


celles. 


oua, 


ceci. 


oua gi, 


celui-ci. 


tha gi. 


celle-ci. 


oui gi. 


ceux-ci. 


thi gi. 


celles-ci 


oua gi, 


ceci. 



Celui-lii, celle-là, etc. se rendent ainsi : 

oua hi, celui-là. 

tha hi, celle-là. 

oui hi, ceux-là. 

thi hi, celles-là. 

oua hi, cela. 

Ce mot agi, comme les autres mots, subit toutes les 
particularités des noms, suivant les genres, les nombres et 
l'influence des prépositions ; ainsi, l'on dit : 

h ouagi, de celui-ci . 

en tagi, de celle-ci. 

h ouigi, de ceux-ci. 

en tigi, de celles-ci. 

i ouagi, à celui-ci. 

i thagi, à celle-ci. 

i ouigi, à ceux-ci . 

i thigi, à celles-ci. 



— 64 — 



se y omuji, 


de celui-ci. 


si thagi, 


de celle-ci. 


seg oiiigi, 


de ceux-ci. 


si thigi, 


de celles-ci 


h ouahi, 


de celui-là. 


en tahi, 


de celle-là. 


etc. 




Applicati 


ons : 



akal ne tcmourtli agi iVazouggar', ouin ne temoiirth 
La terre de ce pays (est) rouge, celle du pays 

ennar' d'aberkan. 
de nous (est) noire. 

aman id'onrar zid'ith, ouid'en ne Sahara 

Les eaux des montagnes (sont) douces, celles du Sahara 

erzagith . 
(sont) amères. 

ahathent thouddar nath Mengellath, thid'en nath Yaya 
Voilà les villages des Beni-Mengellat, ceux des Beni-Yaya 

d/effir sent. 

(sont) derrière eux. 

ouagi ionsa d idJielU, ouigi ad'ronJœn azekka. 
Celui-ci (est) venu hier, ceux-ci partiront demain. 

ouahi fa d'ii d iaouin aâoiuViou. 
C'est celui-là qui m'amènera un clicval. 

Ihahi r'a izeggen thafounast. 

C'est celle-là devant traire la vache (c'est celle-là qui 
traira la vache). 



- 65 - 

III. - Pronoms ou Adjectifs relatifs 

Le relatif qui, (juc, lequel, etc. s'exprime clans toutes 
les circonstances par le mot invariable enni '''. 

Exemples : 

nrcjaz ernii d iousun, l'homme le(|uel étant venu 

(l'homme qui est venu). 
irgazen enni d iousan, les hommes lesquels étant 

venus (les hommes qui sont venus). 
. tJuimel'l'outk enni d iousan, la femme la(|uelle étant 

venue (la femme qui est venue). 
thoulaouin enni d iousan, les femmes lesquelles étant 

venues (les femmes qui sont venues) . 
argaz euni zerir\ l'homme que j'ai vu. 
irgazen enni zerir , les hommes que j'ai vus. 
thamet'Voulk enni zerif, la femme que j'ai vue. 
thoulaouin enni zerir', les femmes que j'ai vues. 

A qui, auquel, etc. s'expriment par enni ioumi ou 
enni ou mi. 

Exemples : 

a rraeh enni ioumi efkif ar'eromn, les enfants à qui 
j'ai donné du pain . 

avgaz enni ounii ennir\ l'homme à qui j'ai dit. 

thameVVouth enni oumi melir' abrid\ la femme à 
laquelle j'ai montré le chemin. 

thoulaonin en)ii oumi ifka thabrats, les femmes aux- 
quelles il a donné la lettre. 

(1) Ce mot cniii est peut-être l'altératloa du pronom arabe dlcd'i 
( ^3J\), qui se contracte en l-IU ((J,\). 

On ne le retrouve pas chez les Touareg. Ils se servent des pronoms 
oua, ta, (jiii . ti, qui sont en même temps démonstratifs. 

D 



— 66 — 

Celui qui, celui (jue, etc. s'expriment de la manière 
suivante : 

oiiin, ouinna, oui, celui qui, celui que. 

thin, tltinna, celle qui, celle que. 

ouid'en, ceux qui, ceux que. 

tlUd'en, celles qui, celles que. 

Exemples : 

ouin irdjan rebbi, celui espérant en Dieu (celui qui 
espère en Dieu). 

thin d iousan idhelli, celle étant venue hier (celle qui 
est venue hier) . 

ouid'en ioukeren aâoud'iou ik, ceux ayant volé le 
cheval de toi (ceux qui ont volé ton cheval,. 

thid'en zerir' d'eg oubrid' , celles que j'ai vues sur le 
chemin. 

onin iour' di wuk\ celui qu'il a acheté au marché. 

thin tenr'idh aseggas iûddcui, celle que tu as tuée 
l'année passée. 

ouin isk'izziben ithets se r'our ouin 

Celui nattant a l'habitude de manii'er de chez celui 

as isellen. 

à lui écoutant habituellement. 

(Le flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.) 

Celui à qui, celle à qui, etc. se rendent par : 

ouin ioumi, celui à qui. 

thin ioumi, celle à qui. 

ouid'en ioumi, ceux à qui. 

tliid'en ioumi, celles à qui. 



— G7 — 

Exemples : 

ouin ioumi cfliir' Uirimoi, celui à qui j'ai donné de 
l'argent. 

thin ioumi tkennidh, celle à qui tu as dit. 

ouid'en ioumi imela, ceux à qui il a montré. 

thid'en ioumi ifka, celles à qui il a donné. 

Lorsque le relatif cnui, lequel, etc. se trouve logique- 
ment placé sous l'influence d'une préposition, on met 
celle-ci ordinairement après lui. 

Exemples : 

aâoud'iou enni r'ef erkebef, le cheval lequel sur je 
suis monté (le cheval sur lequel je suis monté). 

argaz enni id' d omir' , l'homme lequel avec je suis 
venu (l'homme avec qui je suis venu^ . 

omou enni r'ef il't'es, le tapis lequel sur il a dormi (le 
tapis sur lequel il a dormi K 

akhkham enni aerj effer'er', la maison laquelle de je 
suis sorti (la maison de laquelle je suis sorti). 

themd'int enni seg d iousa, la ville laquelle de il est 
venu (la ville d'où, de laquelle il est venu). 

irgazen enni f our etchiv' , les hommes lesquels chez 
j'ai mangé (les hommes chez lesquels j'ai mangé). 

thamourth enni fer fa rouh'ef, le pays lequel vers 
j'irai (le pays dans lequel j'irai). 

Le relatif enni se supprime très souvent; ainsi, l'on 
dira : 

aâoud'iou fef erkebef , le cheval sur (lequel) je suis 
monté. 



— 68 — 

ousou r'ef i t't'es, le tapis sur (lequel) il a dormi. 

akhkham seg effer'er', la maison de (laquelle) je suis 
sorti. 

irgazcn four etcliif , les hommes chez (lesquels) j'ai 
mangé. 

Avec certaines prépositions, on emploie quelquefois la 
construction arabe (le cheval lequel je suis monté sur lui). 

Exemples : 

Le cheval sur lequel je suis monté (le cheval que je 
suis monté sur lui). 
aûoud'iou enni crkebcr' fdlas. 

Les montagnes entre lesquelles passe le chemin (les 
montagnes que est le chemin entre elles). 
id'ourar enni illa oubrid' (jar asen . 

La maison derrière laquelle est mon jardin (la maison 
que est le jardin de moi derrière elle). 
(tkhlihiiin rntii illa ourlhi ou d'cjjir m. 

IV. — Pronoms interrogatifs 

Le pronom interrogalif qui / se rapportant à une 
personne quelconque non déterminée, s'exprime invaria- 
blement par oui, et quelquefois ouci . 

Exemples : 

oui ixnau, qui ayant dit? (qui a dit?) 

oui d iousuii, qui étant venu? (([ui est venu?) 



— 69 — 

oui ifkan, qui ayant doniK;? (qui a donne ?) 

oui ilaii, qui |)0.sscdant ? (qui possède?) 

a oui as iunan, et a oua as innan, 

ô qui à lui ayant dit? (ô qui lui dira?) 
(formule optative). 

Après les mots oui et oua, on emploie généralement le 
participe, comme on le voit par les exemples précédents. 

Que ^ quoi ^ se rapportant aux choses, s'expriment par 

achou '". 

Exemples : 

achou inna, quoi il a dit? (qu'a-t-il dit ?) 

achou Ihcbr'idh, que veux-tu? 

achou d'oua et achou d'ouagi , quoi ceci? (ju'est-ce 
que ceci ? qu'est-ce ? 

achou iak ifka, quoi à toi il a donné ? (que t'a-t-il 
donné ?) 

achou illan, achou our nclli, quoi étant, quoi n'étant 
pas ? (qu'y a-t-il ? que n'y a-t-il pas ?) 

Àclwu prend les affixes et peut se rapporter alors aux 
personnes. (Voir plus haut, page 62.) 

A qui? s'exprime par ioumi. 

Exemples : 

iouiiii thefkidh thabrats. 
A qui as-tu donné la lettre ? 

ioumi thennidh. 
A qui as-tu dit? 

(1) Achou est l'altération de l'arabe arhe {^\]. 

Les Touareg se servent du mot ma pour toutes les interrogations. 



— 70 — 



Le mot ioumi peut prendre les affîxes ; il signifie alors 
à quoi bon ? à quoi sert ? 

Exemples : 

à quoi suis-je bon ? 

a quoi es-tu bon ? 

à quoi es-tu bonne? 

à quoi est-il bon ? 

à quoi est-elle bonne ? 

à quoi sommes-nous bons? 

à quoi êtes-YOUs bons? 

à quoi ètes-vous bonnes? 

à quoi sont-ils bons ? 

à quoi sont-elles bonnes? 



lounii 


i, 


ioumi 


k, 


ioiimi 


kem, 


ioumi 


th, 


ioumi 


ts, 


ioumt 


iar\ 


ioumi 


koun, 


ioumi 


kounl. 


iouim 


then. 


ioumi 


thcnl, 



Précédé du mot négatif oula, il signifie n'être bon à 
rien. 

Exemples : 

oula oumilh, il n'est bon à rien. 

oula oumikoun, vous n'êtes bons à rien. 



Les pronoms oui et achou, comme le relatif rnni, se 
mettent avant les diverses prépositions qui les régissent. 

Exemples : 

ou four (pour oui four) itclia. 

Qui chez il a mangé? (chez qui a-t-il mangé?) 

oui fef illa lekhedha. 

Qui sur a été (imposée) l'amende? (sur qui a été 
imposée l'amende?) 

oui id' netsa ioufal. 

Qui avec lui il est retourné ? (avec qui est-il retourné ?) 



achou ircf it outhcdlt. 

Quoi pour tu as frappé lui ? (pourquoi l'as-lu frappé ?) 

achou fer d ioum. 

Quoi pour il est venu? (poiirtjuoi est-il venu?) 

achou ir'ef illa fell ak lekhcdha. 
Quoi pour a été sur toi Tamencle ? (pourquoi as- 
tu été frappé d'amende ?) 

Lorsque les interrogatifs qui/ quel i^ etc. se rapportent 
à un être déterminé, exprimé ou sous-entendu, ils se 
rendent par : 



anoua, 


qui ? 


quel ? 


enta, 


qui? 


quelle ? 


anoui, 


qui ? 


quels ? 


enti, 


qui? 


quelles ? 



Exemples : 
anoua d iousan, qui étant venu? (qui est venu?) 

anoua argaz d iousan, quel homme étant venu ? quel 
homme est venu ?l 

enta d iousan, qui étant venu (fém.)? (qui est venu?) 

enta thamet't'outh d iousan, quelle femme étant 
venue? (quelle femme est venue?) 

anoui ikhkhamcn izenz, quelles maisons il a vendues? 
(quelles maisons a-t-il vendues?) 

enti thiserd'athin iour', quelles mules il a achetées? 
(quelles mules a-t-il achetées?) 



Lequel? laquelle? de. s'expriiiKMit par : 

a noua ai, lequel ? 

enta ai, laquelle ? 

anoui ai, lesquels? 

eriti ai, lesquelles? 

Exemples : 

anoua ai izenz. 
Lequel a-t-il vendu ? 

enta ai (jour. 

Laquelle a-t-il prise ? 

anoua ai d'egmak. 

Lequel (est) le frère de toi (lequel est ton frère ?) 

anoui ai d'athmathen ik. 
Lesquels (sont) tes frères? 

enta ai thameft'outh ik. 

Laquelle (est) ta femme ? 

enti ai toulaouin ik. 

Lesquelles (sont) tes femmes ? 

Les mots anoua, enta, ete. s'emploient aussi dans les 
cas analogues à ceux-ci : 

mel ii anoua ioukeren aâoud'iou iou. 

Indique-moi qui a^^ant volé le cheval de moi. 
(Indique-moi qui a volé mon cheval.) 

ini i enta d iousan. 

Dis-moi qui (quelle femme) est venue. 



— 73 — 

Tl est à remarquer que les pronoms, tant relatifs qu'in- 
terrogatifs, ne subissent pas, en kabyle, l'innuence des 
prépositions "'. 

On a vu plus haut ([u'on ne peut dire : le cheval Hur 
lequel je suis monté ; l'homme arec qui je suis venu ; chez 
qui a-t-il mangé ? 

Mais que l'on dit : le cheval lequel sur je suis monté ; 
l'homme lequel arec je suis venu ; lequel che:. il a diné? 

On tournera également les phrases : de quelle maison 
est-il sorti? chez quels hommes a-t-il mangé? etc., par : 
quelle maison de il est sorti ? (juels hommes che: il a 
mangé ? et l'on dira : 

anoua alihkliam sei] iffc^- 

Quelle maison de il est sorti ? 
(De quelle maison est-il sorti ?) 

anoui ircjazen four itcha. 
Quels hommes chez il a mangé ? 
I Chez quels hommes a-t-il mangé ?) 

enta thaserd'ount fef irkeb. 

Quelle mule sur il est monté? 

(Sur quelle mule est-il monté?) 

enti thoulaouin id' d iousa. 
Quelles femmes avec il est venu? 
(Avec quelles femmes est-il venu ?) 

anoua argaz ioumi ifka. 

Quel homme à qui il a donné ? 
(A quel homme a-t-il donné?) 

anoua ass d'eg d iousa. 
Quel jour dans il est venu? 
^Quel jour est-il venu?) 

(l) Cette mêrae règle se retrouve dans le dialecte des Touareg. 



Qui csl-il ? etc. s'expriment par : 

anoua niia, qui celui (qui est-il?) 

enta tha, qui celle (qui est-elle?) 

anoui oui, (jui ceux (qui sont-ils?) 

enti thi, (|ui celles (qui sont-elles?) 

anoua ouagi, qui celui-ci (qui est celui-ci ?) 

enta thagi, qui celle-ci (qui est celle-ci ?) 

anoui ouigi, ((ui ceux-ci (qui sont ceux-ci?) 

enti thigi, (|ui celles-ci (qui sont celles-ci ?) 

anoua ouahi, (|ui celui-là (qui est celui-là?) 

enta thahi, qui celle-là (qui est celle-là?) 

anoui ouihi, qui ceux-là (qui sont ceux-là?) 

enti thiJii, qui celles-là (qui sont celles-là?) 

Avec quoi? se rend par ai s. 

Exemples : 

ai S i(h inr'a, s oujenoui. 

Avec quoi la-t-il tué? avec un sabre. 

ai s t'a tharoudli. 

Avec quoi écriras-tu ? 

En quoi? de quoi? se rendent par bou aglan. 

Exemples : 

hou aglan afdhis agi, h ouzzal. 
En quoi est ce marteau ? en fer. 

hou aghin ahouk'al agi, h ouakal. 
En ((uoi est ce pot? en terre. 



L'interrogation // qui? s'exprime par le pronom intcr- 
rogatif oui et quelquefois oua, suivi du pronom affixe 
rég-ime direct et du participe présent ilan , possédant, 
ayant des droits sur, ce (jui donne en kabyle à la proposi- 
tion interrogative la forme : fjui (est), lui, elle, etc., 
possédant ? par exemple : 

A qui est cette maison ? se tournera : 
Cette maison qui (est) elle possédant? 
akhkharn agi oui th ilan. 

A qui est cette jument '? tournez : 

Cette jument ([ui (est) elle possédant? 
thagmarlh agi oui îs ilan. 

A qui sont ces champs ? tournez : 
Ces champs qui (est) eux possédant? 
igran agi oui then ilan. 

A ([ui sont ces chèvres? tournez : 
Ces chèvres qui (est) elles possédant ? 
thir'et't'en agi oui thent ilan. 

Otte locution s'applique aussi aux personnes sur 
lesquelles d'autres peuvent avoir des droits de possession, 
comme un enfant, une femme, un esclave. 

On dit, par exemple, à une femme : 

oui kem ilan, qui (est) toi possédant? c'est-à-dire : qui 
est ton mari? quels sont tes parents? et par extension : 
qui es- tu ? 

On dit à un enfant : 

oui k ilan, qui (esti loi possédant? quels sont tes 
parents? et par extension : (|ui es-tu? 

A des esclaves, on dira : 

oui koun ilan, qui (est) vous possédant? c'est-à-dire 
quel est votre maître? et par extension : qui êtes-vous? 



— 7G — 

V. — Pronoms indéfinis 

Quoi (non inlerrog-alif) se rend par achoii. 
Exemple : 
OU}' ainr' a chou, je ne sais quoi. 

Quoi que, quelque chnae ((ue s'expriment par kera , 
cliose, ain, ce que. 

Kx(Mn[)les : 

kera va tliouk'k'emcdh, our d itsos ara. 
Chose tu feras, il ne viendra pas. 

(Quoi que tu fasses, il ne viendra pas.) 

kcra iouk'k^em, our ih k'arer ara. 
Chose il a fait, je ne le dirai pas. 
(Quoi qu'il ait fait, je ne le dirai pas.) 

ain r'a das Ihinidh, our k i Isa m en ara. 
Ce que tu diras à lui, il ne te croira pas. 

(Quelque chose que tu lui dises, il ne te croira pas.) 

Quelques se rend par kera. 

Exemples : 
k'imen kera b oussan. 

Ils restèrent chose de jours. 
(Ils restèrent quelques jours.) 

kera g irgazen, quelques hommes. 

kera hou akraren. quelques moutons. 
kera ne ter' et' t'en, quelques chèvres. 

Re.m.\rque. — Le mot kera, chose, est un substantif qui 
cfouverne, au g-énitif, le nom qui le suit. 



Ce qui, ce tjue, de quoi se rendent par <ii et ain, quand 
le temps du verbe est le passé, et r'a ou ar'a, avec l'idée 
du futur. 

Exemples : 

issen ai genna, il sait ce qu'il a dit. 

aoui id ain ak cnnir', apporte-moi ce que je t'ai dit. 

ad'ak efkef ain tliesoutheredh d'erj i, je te donnerai 
ce que lu as demandé de moi. 

issen r'a i ini, il sait ce qu'il dira. 

oulache r'our es ar'a itch, il n'a pas ce que il mangera 
(il n'a pas de quoi manger). 

Un homme quelconque, une femme quelconque se vendeni 
par ioun eg ellan, iouetli eg ellan. 

Oui que ce soil , quel quil soil, quoi que ce soit se 
rendent par ouinillan, thinillan, ouid'en illan, thid'en 
illan. 

Exemples : 

ouin illan, aoui Ih id. 
Quel qu'il soit, amène-le ici. 

lliin illan, aoui ts id. 

Quelle qu'elle soit, amène-la ici. 

ouid'en illan, sou fer' ithen. 
Quels qu'ils soient, fais sortir eux. 

(^hacun, chacune, par koull ioun, koull iouelh. 

(Juehiuefois, par hàdh ibcrd'an, littéralement : quelques 
chemins. 



- 78 — 
Luc fois se dit ioun oubrid', un chemin. 

Quelqu'un, quelqu'une s'expriment par ioun, iouelh, 

un, une. 

exemples : 

iousa d ioun, est venu un (il est venu quelqu'un). 
thousu d iouelh, est venue une (il est venu quelqu'une.) 

l*erson)ie, aucun, aucune s'expriment par oulcninia 

ioun, oulemma ioueth, qui signifient : pas même un, pas 

même une. 

Exemples : 

our d iousi oulemma ioun. 

Il n'est venu pas même un (il n'est venu personne). 

OU)' d tliousi oulemma ioueth. 

11 n'est venu pas même une (il n'est venu personne). 

Une personne se rend par ioun ourfja', un homme, 
iouelh thamei'Vouth, une femme. 

in autre, une autre, etc. s'expriment ainsi : 

Un autre, ouaiedh, auinidhen, enni idhen . 

Une autre, thaiedh, thin idhen, enni idhen. 

Autres (masc.), ouiiadh, ouid'en idhen, enni idhe)(i)i . 

Autres (fém.), thiiadh, thid'en idhen. enniidhenin. 

Exemples : 

r'ouri akhkham, our'er' ouaiedh, ouin 'idhen. 
J'ai une maison, j'ai acheté une autre, une autre. 



— 70 — 
(toui id thaiedh, ihin idiieii. 

Apporte à moi ici une autre ,. une autre (apporte- 
m'en une autre). 

ad'ak cfkcr' oui iadh, ouid'enidhen. 

Je donnerai à toi d'autres, d'autres (je t'en don- 
nerai d'autres). 

izoudj IhameVVouth enni idhcn. 

Il épousa une femme autre (il épousa une 
autre femme). 

Rien se rend par oulache, oulah. 

Exemple : 
oulache r'ow ex, il n'a rien. 

On se rend par la 3'^ personne du pluriel du verbe. 

é 

Exemples : 

k'aren ad ias. 

Ils disent il viendra. (On dit qu'il viendra.) 

amek as k'aren iouagi se thk'ebailith. 

Comment à lui ils disent ceci en kabyle ? 
(Gomment dit-on ceci en kabyle?) 

zemn t idhelli d'i souk'. 

Ils ont vu lui hier dans le marché. 
(On l'a vu hier au marché.) 



— 80 — 

Moi-mrmr, toi-mnnc, etc. s'expriment de la manière 
suivante : 

nek si iman ioii, moi de la personne de moi, 

moi-même. 
kctcJi si iman ik, toi de la personne de toi, 

toi-même. 
kcm si iman im, toi de la personne de toi, 

toi-même (fém.). 
iictsa si iman is, lui de la personne de lui, 

lui-même. 
netsaih si iman is, elle de la personne d'elle, 

elle-même. 
noukni si iman ennar, nous de la personne de nous, 

nous-mêmes (masc). 
noukenli si iman cnnar\ nous de la personne de nous, 

nous-mêmes (fém.). 
konnoui si iman cnnoucn, vous de la personne de vous, 

vous-mêmes (masc). 
kotuiemtJnsiiman enkount, vous de la personne de vous, 

vous-mêmes (fém.). 
nilJieni si iman cnsen, eux de la personne d'eux, 

eux-mêmes. 
nilhenti si iman cnsrnt, elles de la personne d'elles, 

elles-mêmes. 

Voici, voilà se rendent ainsi : 

Voici : 

Masc. sing.. . . alkaia, athaien '^^K 

Fé m .sing'.... a Isa ia , a Isa icn. 

Masc.plur.... athenaiu, alhcnaien. 

Fém. plur.... alhcntaia, athentaien. 

(1) Voir plus loin le chapitre du Verhf. 





- 


- 81 


— 






Voilà 




Masc. 


sing., 


. . . 


aliatli. 


Fém. 


s'ing.. 


. . . 


ahats. 


Masc. 


plur. 


. . . 


ahathen. 


Fém. 


plur. 




ahathent 



Exemples : 

athaia ouâoudHou iou, athaien ouannik, ahath ouin ines. 
Voici le cheval de moi, voici celui de toi, voilà celui de toi. 
(Voici mon cheval, voici le lien et voilà le sien.) 

atmia thaddarth ennaf , ahats thaddarth ensen. 
Voici le village de nous, voilà le village d'eux. 
(Voici notre village, voilà le leur.) 

athenaia izgaren is, athenaien ouid'en inek, 

Voici les bœufs de lui , voici ceux de toi , 

ahathen ouid'en ement. 
voilà ceux d'elles. 

(Voici ses bœufs, voici les tiens et voilà les leurs.) 



■ . CHAPITRE III 

DES PARTICULES CONFIRMATIVES, 
DE LA QUALIFICATION ET DE L'ADJECTIF 



Des particules confirmatives AI, R'A, D' 

DES PARTICULES Cli ET r'ft 

Lorsqu'on veut confirmer l'idée de l'action exprimée par 
le verbe, on place devant ce verbe la particule ai, pour le 
temps passé, et r'a (quelquefois, par euphonie, ar'a), pour 
le futur. 

On dit, par exemple : 

d'eg oukhkham iou ai ts izera. 
C'est dans ma maison qu'il l'a vue. 

azckka fa d ias. 

C'est demain qu'il viendra. 

Sans les particules ai et r'a, ces phrases n'indiqueraient 
que l'expression simple : il l'a vue dans ma maison, il 
viendra demain. 

On a vu, dans les pronoms (page 77), que les particules 
ai et î'a signifient également ce qui, ce que. 

Ce qui distingue les particules ai et r'a, c'est que r'a 
s'emploie exclusivement avec les verbes, et que ai s'em- 
ploie également avec les noms et les pronoms. (Voir 
pour ces dernières, page 72.) 



— 83 — 

Quand ai s'emploie avec les noms, ceux-ci sont toujours 
précédés de la particule ad'. 

Exemples : 

nek ai iV amek'k'eran en taddarth agi. 
C'est moi qui (suis) le grand de ce village. 

thagi ai ettamel't'outh b ourgaz agi. 
Celle-ci, c'est la femme de cet homme. 

Cette influence confirmative de la particule ai se 
retrouve dans l'expression du superlatif. 

Ainsi, cette phrase : 

L'autruche est le plus grand des oiseaux, — se tournera 
en kabyle : 

L'autruche, c'est le grand sur les oiseaux. 
elnâma ai ettar'ezfant fef let'iour. 

Alger est la ville la plus grande de ce pays, — se 
tournera en kabyle : 

Alger, c'est la ville la grande de ce pays. 
Ledzer ai ttamd'inl thamek'k'erant ne temourth agi. 

On peut voir, par ces exemples, la manière dont 
s'exprime le superlatif en kabyle. 

On dira de même : 

netsa ai d'amek'k'eran fell asen el kouU. 
Lui, c'est le grand sur eux tous (il est 
le plus grand d'eux tous). 

nek ai d'ameçzian d'eg sen. 
Moi, c'est le petit d'entre eux (je suis le plus 
petit d'entre eux). 



— 84 — 

Ali ai d'aberkan b ouaklan elkoull. 

Ali, c'est le noir des esclaves tous (Ali est le 
plus noir de tous les esclaves). 

Mouni ai eUouziint fef thoulaouin enni zerif. 

Mouni, c'est la jolie sur les femmes que j'ai vues 
(Mouni est la plus jolie des femmes que j'ai vues). 

On peut exprimer aussi le superlatif en employant le 
participe. (Voir ci-après, le chapitre du Participe.) 

L'i de ai se change alors en g, et cette particule 
devient ag. 

Exemples : 

el nâma ag fezzifen r'ef let'iour. 

L'autruche, c'est l'étant grand sur les oiseaux (l'au- 
truche est le plus grand des oiseaux) . 

netsa ag mouk'k'eren fell asen elkoull. 

Lui, c'est l'étant grand sur eux tous (il est 
le plus grand de tous). 

nek ag meçzien d'eg sen. 

Moi, c'est l'étant petit d'entre eux (je suis le plus petit 
d'entre eux). 

Ali ag berriken b ouaklan el koull. 

Ali, c'est l'étant noir des esclaves tous (Ali est le plus 
noir de tous les esclaves). 

Mouni ag zinen r'ef thoulaouin enni zerif. 

Mouni, c'est l'étant jolie sur les femmes que j'ai vues 
(Mouni est la plus jolie des femmes que j'ai vues). 



— 85 — 

Lorsque l'idée du superlatif se rapporte au futur, c'est 
la particule r'a que l'on emploie avec le participe futur. 

Exemple : 

nctsa r'a imr'ouren fell assert el koull. 

Lui, c'est le devant être grand sur eux tous (c'est 
lui qui sera le plus grand d'eux tous). 

L'idée comparative s'exprime également par la parti- 
cule ai. 

Exemples : 

nek ai d'afezfan fell ak. 

Moi, c'est un grand (de taille) sur toi (je suis plus 
grand que toi). 

nek ag rezzifen fell ak. 
Moi, c'est un étant grand sur toi (je suis plus grand 
que toi). 

thamet't'outh agi ai ttouziint r'ef illik. 
Cette femme, c'est une jolie sur ta fille. 

thamet't'outh agi ag zinen r'ef illi k. 
Cette femme, c'est une étant jolie sur ta fille (cette 
femme est plus jolie que ta fille). 

irgazeii agi ai d'imek'k'eranen r'efathmathen iou. 
Ces hommes, ce sont des grands sur les frères de moi. 

irgazen agi ag mouk'k'eren i^'ef athmathen 

Ces hommes, ce sont des étant grands sur les frères 

iou. 

de moi (ces hommes sont plus grands que mes 

frères). 

On peut dire aussi, sans la particule ai : 

nek d'afezfan fell ak. 

Moi, c'est un grand sur toi (je suis plus grand que toi). 



— 86 — 

r'ezzifer' fell ak. 

Je suis grand sur toi (je suis plus grand que loi). 

thamet't'outh agi ettouziint fefilli k. 
Cette femme, c'est une jolie sur la fille (celle femme 
est plus jolie que la fille). 

thamet't'outh agi thezUn r'ef illi k. 
Celle femme est jolie sur ta fille (cette femme est 
plus jolie que ta fille). 

irgazen agi d'imek'k'eranen r'efathmathen iou. 
Ces hommes, ce sont des grands sur les frères de moi. 

irgazen agi moiik'k'erith r'ef athmathen iou. 

Ces hommes sont grands sur les frères de moi 
(ces hommes sont plus grands que mes frères). 

Exemples des diverses applications de ai el r'a ; 

d'i souk' en Tizi-Ouzezzou ai thcn our'er'. 
C'est au marché de Tizi-Ouzou que je les ai achetés. 

idhclli ai d iousa. 
C'est hier qu'il est venu. 

aseggas iâddan ai ts zerir. 
C'est l'année passée que je l'ai vue. 

nek ai then inran. 

C'est moi qui ayant tué eux (c'est moi qui les ai tués). 

s oujeiioui ai th inr'a. 

C'est avec un sahre qu'il l'a tué. 

iger iou ai megercn idhclli. 

C'est le champ de moi ^w'ils ont moissonné hier. 

d'i Theouiirth ai ennoufen. 
C'est à Thaourirth qu'ils se sont battus. 

d' ouzzal ai then tekhcd'mcdh. 
C'est en fer que tu les as faits. 



— 87 — 

d'eg oukhkham iou fa ts izcr. 
C'est dans la maison de moi qu'û la verra. 

d'i souk en Tizi-Ouzezzou fa then afef. 
C'est au marché de Tizi-Ouzou que je les achèterai. 

azekka fa d ias. 

C'est demain qu'il viendra. 

nek fa then infen. 

C'est moi devant tuer eux (c'est moi qui les tuerai). 

s oujenoui fa th inef . 

C'est avec un sabre qu'\\ le tuera. 

iger iou fa megeren azekka. 

C'est le champ de moi qu'ils moissonneront demain. 

d'i Theourirth fa ennafen. 
C'est à Thaourirth qu'ils se battront. 

d' ouzzal fa then tekhed'medh. 
C'est en fer que tu les feras. 

PARTICULE d' ou ad' 

Elle s'emploie aussi avec les verbes et avec les noms. 

Placée devant le verbe, elle lui donne le sens du futur 

absolu . 

Exemples : 

ad' iens four i, il passera la nuit chez moi. 

ad' izer baba azekka, il verra mon père demain '*'. 

(1) La particule r'a exprime aussi le futur, mais avec une acception 
conflrmatire ; ainsi, les exemples ci-dessus, avec la particule r'a au 
lieu de ad', signifieraient : c'est chez moi qu'il passera la nuit ; c'est 
demain qu'il verra mon père. 

Le verbe, avec la particule r'a, ne s'exprime qu'en second lieu, et 
les phrases ci-dessus devraient subir l'inversion suivante : 

r'ouri r'a iens. 
azekka r'a iser baba. 



— 88 — 

Avec les noms, la particule (/' ou ad' prend le sens 
confirmatif de ai et r'a, et signifie c'est. 

Elle sert, dans une proposition nominale, à séparer 
l'attribut du sujet. 

Exemples : 

ouagi, d' aserd'oun enni itsoiiakercn. 

Celui-ci, c'est le mulet lequel ayant été volé 
(celui-ci, c'est le mulet qui a été volé). 

netsa, d' agcUid' en temourth agi. 
Lui, c'est le roi de ce paj^s - ci. 

baba s d' amck'k'eran. 

Le père de lui, c'est un grand. 

baba s d' amek'k'eraii en taddarth agi. 

Le père de lui, c'est le grand (le chef) de ce village-ci. 

anoua iouUk'emen ouagi? ad'nek, d'ketch. 
Qui ayant fait ceci? c'est moi, c'est toi. 

Ledzer ettamd'int thamek'k'emnt. 
Alger, c'est une ville grande (Alger est une grande 
ville). 

thamd'int Ledzer eltantek'k'eraiil. 
La ville d'Alger, c'est une grande (la ville d'Alger 
est grande). 

Le d' s'emploie aussi devant les mots qualificatifs se 
rapportant à des noms indéterminés qui ne sont pas au 
génitif, au datif, ni à l'ablatif. 

Exemples : 

sair' aknkham d' amck'k'eran. 
J'ai une maison, c'est une grande (j'ai une grande 
maison). 



— 89 — 

ourer' aâoud'iou d' abcrkan. 

J'ai acheté un cheval, c'est un noir (j'ai acheté un 
cheval noir). 

7'our es thamekh'alt ettar'ezfant. 

Il a un fusil, c'est un long (il a un long fusil). 

i^'our ouen izgarcn d' imellalcn. 

Vous avez des bœufs, ce sont des blancs (vous avez 
des bœufs blancs). 

efkir'as thisitha ettibcrkanin. 

J'ai donné à lui des vaches, ce sont des noires (je lui 
ai donné des vaches noires). 

Avec des noms au génitif, au datif ou à l'ablatif, on 
dirait, sans la particule d' : 

thabbourlh b oukhkham amek'k'eran. 
La porte de la nnaison grande (la porte de la 
grande maison, ou d'une grande maison). 

rfkir' thimzin i ouâoud'iou amellal. 

J'ai donné de l'orge au cheval le blanc (j'ai donné 
de l'orge au cheval blanc, ou à un cheval blanc). 

ennir' i thamet't'outh thaberkant. 
J'ai dit à la femme la noire (j'ai dit à la femme 
noire, ou à une femme noire). 

ijfef seg oukhkham amek'k'eran. 

Il est sorti de la maison la grande (il est sorti de la 
grande maison, ou d'une grande maison). 

ejfefen seg ikhkhamen imek'k'eranen. 

Ils sont sortis de maisons grandes (ils sont sortis 
des grandes maisons, ou de grandes maisons). 



— 90 — 

Lorsque le mot qualifié est déterminé, le d' ne s'emploie 
pas devant le mot qualificatif. 

Exemples : 

zenzef aâoud'iou iou aberkan. 

J'ai vendu le cheval de moi le noir (j'ai vendu mon 
cheval noir). 

sair' akhkham amek'k'cran. 

Je possède la maison la grande (je possède la grande 
maison). 

r'oures thamekh'all thar'czfant. 

Il a le fusil le long (il a le long fusil). 

zerir' thagmarth ik thameUalt. 
J'ai vu la jument de toi la blanche (j'ai vu ta jument 
blanche). 

four ouen Izgarcn imeUalen. 
V'ous avez les bœufs les blancs (vous avez les bœufs 
blancs). 

cfkir' as thisitha thibcrkanin. 

J'ai donné à lui les vaches les noires (je lui ai donné 
les vaches noires). 

Cependant, lorsqu'un nom déterminé a plusieurs quali- 
ficatifs, on met d' devant le second et les suivants. 

Exemples : 
Il possède la grande maison blanche, se dira : 
isâa akhkham amek'k'eran d' amellal 

(il possède la maison la grande, c'est une blanche). 

J'ai acheté le cheval noir, grand et gros : 

our'ef aâoud'iou aberkan, d' afezfan, d' azouran 

(j'ai acheté le cheval le noir, c'est un grand, c'est un 

gros) . 



- 91 — 

La particule d' ou ad' se place encore devant le second 
complément des verbes exprimant l'idée de faire devenir, 
rendre, placer, considérer comme, etc. 

Exemples : 

aman itsarran amr'ar d' ilemzi, l'eau rendant le 

vieillard jeune homme. 
erran t d' agellid', ils ont rendu lui roi (ils l'ont fait 

roi). 

iâoudd ith d' ameddakoul is, il croyait lui l'ami de lui 
(il le croyait son ami). 

our tsarra ara âd'aou ik d' ameddakoul, ne rends pas 
ton ennemi ami (ne te lie pas d'amitié avec ton 
ennemi). 

La particule ad' ou d' sert aussi à lier deux noms et fait 

ainsi fonction de conjonction ; on peut, dans ce cas, la 

traduire par et. 

Exemples : 

agerflou d' oubarer' . 
Le corbeau et le renard. 

azgar d' iizem. 
Le bœuf et le lion. 

argaz a temeVt'outh is. 
Le mari et la femme de lui. 

Exemples des diverses applications de ad' ou d' : 

nek d' argaz ne temeVt'outh agi. 
Moi, c'est le mari de cette femme-ci (c'est moi qui 
suis le mari de cette femme). 

thagi ettamet't'outh b ourgaz agi. 
Celle-ci, c'est la femme de cet homme (c'est celle-ci 
qui est la femme de cet homme). 



— 92 — 

thagi cttala thamek'k'cmnt. 

Celle-ci, c'est la fontaine la grande (celle-ci, c'est la 
grande fontaine). 

anoua iouran thabrats agi ? d' cgmak. 

Qui ayant écrit cette lettre ? c'est le frère de toi 
(qui a écrit cette lettre? c'est ton frère). 

anoua d iousan? d'argaz enni ioumi Ihennidh a d ias. 

Qui étant venu ? c'est l'homme à qui tu as dit il viendra 

(qui est venu? c'est l'homme à qui tu as dit de venir). 

thagi, ettaddarth n aith Ouasiff. 

Celui-ci, c'est le village des Beni-Ouasif. 

thigi, eltouddar n aith Ouasiff. 

Ceux-ci, ce sont les villages des Beni-Ouasif. 

illa iioun d'i zman amzouarou 

Il existait un (homme) dans le temps antérieur, 

d' agellid'. 

c'était un roi (il y avait jadis un roi). 

irouh' s ah'addad' d' oud'ai. 

11 alla chez un orfèvre, c'était un juif (il alla chez 
un orfèvre juif). 

Isser d' asijf amek'k'eran. 

L'Isser, c'est une rivière une grande (l'Isser est une 
grande rivière). 

asiff g Isser d' amek'k'eran. 

La rivière d'Isser, c'est une grande (la rivière Isser 
est grande). 

Ledzer Stamboul ettimed'inin thimek'k'eranin. 

Alger et Constantinople, ce sont des villes des grandes 

(Alger et Constantinople sont de grandes villes). 



— 93 — 

thimed'inin Ledzer Stamboul 

Les villes d'Alger et de Constantinople, ce sont des 

eltimek'k'eranin. 

grandes (les villes d'Alger et de Constantinople 

sont grandes). 

anoua ai Ihoufedh? d' aâoud'iou aberkan 
Lequel tu as acheté ? c'est le cheval le noir 

nef d'ameUal. 

ou c'est le blanc? (lequel as-tu acheté? le cheval 

noir ou le blanc ?) 

ellan tletha irgazen d' imeddoukal. 
Existaient trois hommes, c'étaient des amis (il y avait 
trois hommes amis). 

ad' nek r'a th isoufer'en. 
C'est moi devant faire sortir lui (c'est moi qui le 
ferai sortir). 

îiek d' ameçzian, ketch d' amek'k'eran. 
Moi, c'est un petit; toi, cest un grand (je suis petit 
et tu es grand). 

De la Qualification et de lAdjectif 

L'expression qualificative se forme, en kabyle, soit 
généralement au moyen d'un verbe, soit aussi quelque- 
fois par certains noms qui joignent à l'idée abstraite d'un 
être celle d'une qualité, d'une couleur, etc., comme 
amek'k'eran, un grand, aberkan, un noir, etc. <■> 

(1) Quelques personnes ont cru jusqu'à présent que le d' (qui se 
change en t devant les noms féminins) est un indice caractéristique des 
adjectifs. Ce d', étant bien réellement une particule dont on a vu plus 
haut les diverses applications, n'appartient pas spécialement aux noms 
qualificatifs, qui, loin d'avoir, en kabyle, les signes de genre ou de 



- 94 — 

Ces mots se placent ordinairement après le nom que 
l'on veut qualifier. 
On dit, par exemple : 

J'ai un cheval noir. 
four i aàoud'iou berrik. 
J'ai un cheval, il est noir, 
ou : i^'our i aàoud'iou d' aberkan. 
J'ai un cheval, c'est un noir. 

J'ai acheté une grande maison. 
our'ef akhkham mouk'k'er. 
J'ai acheté une maison, elle est grande, 
ou : oufef akhkham d' amek'k'eran. 

J'ai acheté une maison, c'est une grande. 

Ta femme est jolie. 
thamet'Vouth ik theziin. 
La femme de toi est jolie, 
ou : thamet'Vouth ik ettouziint. 

La femme de toi, cest une jolie. 

Il a vendu des bœufs rouges. 
izenz izgaren zouggafith. 
Il a vendu des bœufs, ils sont rouges. 
ou : izenz izgaren d' izouggar'en. 

Il a vendu des bœufs, ce sont des rouges. 



nombre analogues à ceux des adjectifs dans les autres langues, n'ont 
rien, au contraire, qui les distingue des autres substantifs. 

Les verbes employés pour exprimer une qualification portent tous 
les indices de leur nature et s'accordent avec leurs sujets, suivant la 
règle générale. 

Ces considérations nous portent à établir qu'il n'y a point, chez les 
Kabyles, de formes spéciales pour les adjectifs. 

Les Touareg n'employant pas la particule d' avec le sens confirmatil 
que lui donnent les Kabyles, l'absence d'adjectifs est encore plus 
évidente dans leur langue. 



— 95 — 

Je lui ai donné des vaches noires. 
efkir' as thisitha berrikith. 
J'ai donné à lui des vaches, elles sont noires, 
ou : efkir'as thisitha cttiberkanin. 

J'ai donné à lui des vaches, ce sont des noires. 

Je suis petit. 
meçzief , — je suis petit, 
ou : nek d' ameçzian, — moi, c'est un petit. 

Il est long. 
fezzif, — il est long, 
ou : netsa d' arezfan, — lui, c'est un long. 

Il possède une maison grande et blanche. 

isâa akhkham mouk'k'er, melloul. 

Il possède une maison, elle est grande, elle est 

blanche, 
ou : isâa akhkham d' amek'k'cran, d' amellal. 

Il possède une maison, c'est une grande, c'est une 

blanche. 

Il a vendu un cheval malade et aveugle. 
izenz aàoud'iou, ioudhcn iderrel. 
Il a vendu un cheval, il est malade, il est aveugle, 
ou : izenz aàoud'iou d' amoudhin, d' ad'err'al. 

Il a vendu un cheval, c'est un malade, cest un 
aveugle . 

Lorsque le mot qualifié est déterminé, ce sont les noms 
qu'on emploie comme qualificatifs. 

Exemples : 

Il a vendu son cheval noir. 
izenz aàoud'iou is aberkan. 
11 a vendu son cheval le noir. 



— 90 — 

Il a tué le mulet malade. 
inr'a aserd'oun amoudhin. 
Il a tué le mulet le malade. 

Il possède la maison blanche. 
ùâa akhkham amellal. 

Il possède la maison la blanche. 

On peut aussi employer le participe du verbe, précédé 
du relatif enni, et dire : 

izenz aâoud'iou h enni berriken. 
11 a vendu son cheval lequel étant noir (il a vendu 
son cheval qui est noir, son cheval noir). 

inr'a aserd'oun enni ioudhenen. 
Il a tué le mulet lequel étant malade (il a tué le 
mulet qui était malade, le mulet malade). 

isâa akhkham enni melloulen. 

Il possède la maison laquelle étant blanche (il possède 
la maison qui est blanche, la maison blanche). 



LISTE DES PRINCIPAUX 


NOMS 


EMPLOYES COMME 




QUALIFICATIFS 


(1) 


amellal, 






blanc. 


aherkan. 






noir. 


azouggar', 






rouge . 


aouraf. 






jaune. 


azigzaou, 






bleu ou vert. 


a fessas, 






léger. 


amessas, 






fade, insipide. 



(1) 11 est à remarquer que presque tous ces noms sont dérivés des 
verbes incomplets, dont nous parlerons plus loin. 



97 — 



alek'k'ak', 

asemmadh, 

aserùinam, 

amaoggad\ 

amazai, 

amcllazou, 

amerzagou, 

amoudiiin, 

amek'k'eran, 

amcczian, 

ar'ezfan, 

ak'ouran. 

ak'ebban, 

aousseran, 

azaian, 

azouran, 

azid'an, 

azedgan, 

ahr'aouan, 

cuVerfal, 



mou, tendre. 

froid . 

aigre. 

Idche, poltron. 

lourd, pesant. 

affamé. 

amer . 

malade. 

grand, âgé. 

petit, jeune. 

long, grand de taille. 

sec, impuissant. , 

gras. 

vieux . 

lourd . 

gros . 

doux. 

propre . 

large. 

aveugle . 



Tous les verbes indiquant un r/rt/ peuvent faire fonctions 
de qualificatifs. 

DES EXPRESSIONS QUALIFICATIVES d'elàali, BIEN, 

ET d'iri, MAL 



Ces mots, que l'on peut considérer comme des espèces 
d'adverbes, offrent cette particularité qu'on y joint les 
pronoms affixes se rapportant à la personne ou à l'objet 
qualifié. Ils prennent alors le sens de nos adjectifs bon, 
beau, joli pour le premier, et mauvais, méchant, laid pour 
le second. 



— 93 — 

Exemples : 

nek crelàali i, — tïiri i, — moi bon, — méchant, 
mauvais. 

ketch d'elâali k, — (lin k, — toi bon, — méchant, etc. 

kemmini d'elâali kem, — d'iri kem, — toi bonne, 
jolie, — méchante, laide. 

argaz agi d'elûali th, — d'iri th, — cet homme (est) 
bon, — méchant, mauvais. 

thamet'' t" outh agi d'elâali ts, — d'iri ts, — cette femme 
(est) bonne, belle, — mauvaise, laide. 

noukni d'elâali ar\ — d'iri ar\ — nous (sommes) 
bons, — mauvais, méchants. 

kounoui d'elâali koiin, — d'iri koun, — vous (êtes) 
bons, — mauvais, méchants. 

kounemthi d'elâali kount, — d'iri kount, — vous (êtes) 
bonnes, belles, — méchantes, laides. 

our'ef iâoud'iouen d'elâali then, — d'iri then, — j'ai 
acheté des chevaux bons, — mauvais. 

zerir^ thoulaouin d'elâali thent, — d'iri thent, — j'ai 
vu des femmes jolies, — laides. 

Ces mots paraissent étrangers à la langue kabyle. Ni 
Tun ni l'autre ne se retrouvent dans les dialectes des 
Béni Mzab et des Touareg. 

Au lieu d'employer le mot d'elâali, on se sert le plus 
souvent du verbe elhou, être bon ; ainsi, l'on dit : 

elhif, je suis bon. 

thelhidh, tu es bon. 

four es aâoud'iou ilha, il a un cheval, il est bon 

(il a un bon cheval). 



— 99 - 

argaz agi ilha, cet homme est bon. 

thamet' V oiith agi thelha, cette femme est bonne. 

nelha, nous sommes bons. 

theîham, vous êtes bons. 

thelhamth, vous êtes bonnes. 

oufef iâou(ïioueii elhan, j'ai acheté des chevaux, ils 

sont bons (j'ai acheté de 
bons chevaux). 

zerif thoulaouin elhant, j'ai vu des femmes, elles 

sont jolies (j'ai vu de 
jolies femmes). 

Nous n'avons pas rencontré de verbe correspondant au 
mot d'iri. C'est toujours ce mot que l'on emploie pour 
qualifier une personne ou une chose mauvaise, méchante 
ou laide. 



LIVRE II 
DU VERBE ET DES NOMS DÉRIVÉS DU VERBE 



CHAPITRE PREMIER 
DU VERBE 

Les verbes kabyles n'admettent que la voix active. Le 
sens passif s'exprime, comme on le fait souvent en arabe, 
au moyen de certaines formes dérivées du verbe, dont 
nous parlerons plus loin. Le plus souvent même, c'est par 
l'actif qu'il se rend. 

Ils ont deux nombres : le singulier et le pluriel ; deux 
genres : le masculin et le féminin ; et trois personnes au 
singulier et au pluriel. 

Au singulier, on distingue les genres à la troisième 
personne seulement; au pluriel, on les distingue à la 
seconde et à la troisième. 

Il est d'usage de se servir de la seconde personne du 
singulier lorsqu'on s'adresse à une seule personne. 

Il y a une classe de verbes dans lesquels les trois 
personnes du pluriel se confondent en une seule, et que, 
pour cette raison, j'appellerai verbes inconiplets. Nous en 
parlerons après avoir examiné tout ce qui se rapporte aux 
verbes ordinaires. 



- 102 — 
Conjugaison du Verbe 

Il n'y a qu'une seule conjugaison en kabyle. Elle 
n'admet qu'un mode, qui a généralement le sens du passé, 
souvent celui du présent, et quelquefois celui du futur. 

Nous l'appellerons, pour fixer les idées, aoriste. 

En faisant précéder ce mode des particules acr et rV/ ou 
afa, on lui donne le sens du futur. 

La conjugaison a pour base un radical qui sert, en 
même temps, d'impératif à la seconde personne du sin- 
gulier. C'est par ce radical que nous énoncerons les 
verbes, tout en nous servant, en français, de l'infinitif 
pour le même usage (''. 

Le pluriel masculin de celte deuxième personne de 
l'impératif s'obtient en ajoutant th. 

Le pluriel féminin, en ajoutant mth. 

Exemples : 

2^ pers. sing cir\ prends (radical). 

2® pers. plur. masc. . . arcth, prenez. 
2^ pers. plur. fém. . . . afcmth, prenez. 

L'impératif n'a pas d'autres personnes (-'. 

(1) Quelques radicaux n'ont qu'une seule consonne, comme : ar% 
prendre; af, trouver; as, aller. 

D'autres en ont deux. Exemples : sel, entendre ; ser, voir ; r'er, lire ; 
r'ez, creuser ; r'em, teindre ; etc. 

Un grand nombre en ont trois. Exemples : ekchem, entrer ; eg<em, 
couper ; ejf'or, cacher ; edhfer, suivre ; ekmcs, gratter ; eingcr, mois- 
sonner ; etc. 

D'autres en ont quatre. Exemples : cgrireb, rouler ; rejd'el, boiter ; 
d'err'el, être aveugle. 

(2) Les Kabyles emploient quelquefois l'impératif à la 1" personne 
du pluriel. Ils disent, par exemple, annilith, soyons; anrmouith, por- 
tons, des radicaux ili, août, précédés de la particule ad' ; mais ce n'est 
que par exception et aussi sans doute par abus. Je ne pense pas que 
ces expressions fassent partie de la conjugaison régulière du verbe. 



— 103 



La conjug'aison du verbe kabyle est très simple ; le 
tableau suivant, oii le radical est représenté par un trait, 
offre le paradigme de cette conjugaison et suffît pour la 
faire comprendre : 



NOMBRES 


NUMÉROS 

DES PERSONNES 


MODE UNIQUE 




l""® personne. 


— r' 


Singulier.. . . 


S*' pers. 

3*^ pers. masculin. 

3'' pers. féminin. 


th — dh 
i — 




th — 




V^ personne. 


n — 




2^ pers. masculin. 


th — m 


Pluriel 


2® pers. féminin. 


th — mth 




3® pers. masculin. 


— n 




V 3® pers. féminin. 


— nt 



En remplaçant dans ce tableau le trait par un radical, 
on a la conjugaison de tous les verbes, sauf toutefois les 
particularités euphoniques dont nous parlerons tout à 
l'heure. 

Ainsi qu'on l'a déjà dit, ce mode s'applique au temps 
passé et au présent, quelquefois aussi au futur. 

Lorsque le verbe est précédé de la particule ai, sa 
valeur temporelle est toujours le passé. (Voir ci-dessus, 
page 82.) 

Du Futur 

Lorsqu'on veut exprimer spécialement le futur, quand 
le verbe n'est pas négatif, on fait précéder le verbe, à 
toutes les personnes, de la particule ad' qui, suivant les 



- 104 — 

lois générales àe reuphonie, devient at devant le th, et an 
devant un N. 

Quand le verbe est négatif, on se sert de Tune des 
formes d'habitude. (Voir ci-après, page 122.) 



TABLEAU DU FUTUR 



NOMBRES 


NUMÉROS 

DES PERSONNES 


FUTUR 




ire 


personne. 


ad' — f 


Singulier. . . . 


9e 

3'^ 


pers. 

pers. masculin. 


at — dh 
ad'i — 




pers. féminin. 


at — 




f ire 


personne. 


ann — 




9e 

y;. 

^3e 


pers. masculin. 


at — rn 


■ Pluriel 


pers. féminin. 


at — mtli 




pers. masculin. 


ad' — n 




3« 


pers. féminin. 


ad' — nt 



On a vu plus haut (pages 82 et 102) que la particule r'a 
ou ara donne le sens du futur au verbe qui la suit. Elle 
n'apporte aucune modification aux préfixes. 

Tels sont les éléments de la conjugaison kabyle. 



Faisons l'application des tableaux précédents au radical 
burar, jouer, 



105 — 



NUMÉROS 


MODE UNIQUE 




des 


oa 


FUTUR 


PERSONNES 


AORISTE 






SINGULIER 




!"■ personne . 


ourar er'. j'ai joué, je joue. 


ad' ourar er', je jouerai. 


2' personne. . 


th ourar edh, tu as joué. 


at ourar edh, tu joueras. 


3' pars. masc. 


i ourar. il a joué. 


ad' i ourar, il jouera. 


3'pers. fém. 


th ourar, elle a joué. 

PLURIEL 


at ourar. elle jouera. 


l"personne . 


n ourar, nous avons joué. 


an n ourar, nous jouerons. 


2" pers.masc. 


th ourar em, \" avez joué. 


at ourar em. v' jouerez. 


2' pers.fém.. 


th ourar emth, v*' avez joué. 


at ourar emth. v" jouerez. 


3' pers.masc. 


ourar en. ils ont joué. 


ad' ourar en. ils joueront. 


S' pers.fém.. 


ourar eut, elles ont joué. 


afroMrarer)?, elles joueront 



On pourra conjuguer de môme les verbes suivants : 



onJxk'em, 


faire. 


ow'al, 


retourner. 


ers, 


descendre. 


liasses, 


écouter. 


efli, 


tomber. 


fjen, 


dormir. 


effcr, 


cacher. 


effef, 


sortir. 


eddcz, 


piler. 



Particularités euphoniques du Verbe 

En se conjuguant, le radical du verbe est soumis à 
diverses modifications des sons voyelles qu'il renferme, 
lorsqu'il n'est pas précédé des particules ad' et fa. 



— 106 — 

Ces modifications ont lieu avec la particule ai. 
Nous avons observé les suivantes : 



1° Au commencement du verbe, le son voyelle A 
caractéristique <*' se change en OU à toutes les personnes 
de l'aoriste. 

Exemples : 

1" pers. sing. 3' pers. eing. 



ar\ prendre, 

ail, monter, 

az:^el, courir, 

aiVer, descendre, 

aker, voler, dérober, 

cigem, puiser, 

adhcn, être malade, 

afeg, voler (oiseau), — 

anef, laisser, — 

arc:, lier, — 

ascm, être envieux, jaloux, — 

âmes, être sale, — 

aouth, frapper, 



fait à l'aoriste: our'er, 

— oulir\ 

— ouzzclcf , 

— oucVereY , 

— oukerer, 

— ougemef, 



oufegef, 
ounefer, 
ourezef , 
ousemef, 
oumescf. 



our . 
oiili. 
ouzzcl. 
ouiVer. 
oukcr. 
îougcm. 



— oudhencf , ioudhen 



ioufeg. 

iounef. 

iourez. 

iousem. 

ioumcs. 



— ououthef , iououth 



Dans quelques verbes, comme aoui, porter ; aoudh, 
arriver, où le son A est suivi de OU, Fun des sons OU, et 
quelquefois tous les deux, se changent en B. (Voir p. 9.) 



aoui 
aoudh. 



fait donc à Taoriste 



houif, iboui. 

ebbhodher\ ibbodh. 



(1) Nous disons caractéristique, parce que certains verbes commen- 
çant par deux consonnes prennent une espèce d'A ou d'E euphonique 
dont il n'est pas tenu compte dans la conjugaison, comme ark'em, 
peindre ; ekchem, entrer ; egsem, couper, qui semblent être pour 
rak'cm, kechcm, ge^em. Cet A ou cet E rappelle la voyelle euphonique 
par laquelle nous commençons les mots esprit, estomac, etc. 



— 107 — 

Quelques verbes commençant par le son I le changent 
aussi en OU, comme : 

inig, voyager, qui fait à l'aoriste : ounagcf, iounarj. 
intèfi, mugir, — outaKef, iountah' . 

iri(V, être propre, — ourad'ef, iourad'. 

Mais ces verbes sont rares. 



2° Un très grand nombre de verbes ayant une ou deux 
consonnes au radical font suivre ce radical : du son I à la 
l""*^ et à la 2"^ personnes du singulier, et du son A ('' à toutes 
les autres. 

Le verbe cfk, donner, fait ainsi en se conjuguant : 





SINGULIER 


PLURIEL 


1" personne.. 


efkir', j'ai donné. 


nefka. nous avons donné. 


2'pers. masc. 


thejkidh, tu as donné. 


thefkam. v* avez donné. 


2'pers. fém.. 


id. id. 


thefkamth, V avez donné. 


3' pers.masc. 


ijka, il a donné. 


efkan, ils ont donné. 


3'pers. fém.. 


th efka, elle a donné. 


efkant, elles ont donné. 



Les verbes suivants se conjuguent de la même manière : 

l"pers. sing. 3'pers. sing. 



a[ '^ 


trouver, 


qui fait à l'aoriste : 


ouf\r\ 


ioufa. 


as, 


aller, 


— 


ousir, 


iousa. 


etch, 


manger. 


— 


etchif, 


itcha. 


sel, 


entendre. 


— 


selif. 


isla. 


mel, 


indiquer. 


— 


melif, 


imla. 



(1) Les Béni Mzab et les Béni Menacer changent souvent ce son A 
en OU. 

(2) Ces deux premiers verb3S renferment une double particularité 
euphonique. 









— 108 — 








jcr, 


voir. (] 


ni 


fait à l'aoris 


te 


zcrir, 


izra. 


enr, 


tuer, 




— 




enfif, 


infa. 


crr, 


brûler, 




— 




erfif, 


irfa. 


'■'ij. 


laisser, aband 


onner, — 




edjir, 


idja. 


ek, 


s'habiller, 




— 




elsir'' , 


Usa. 


cdhs, 


rire, 




— 




cdhsir', 


idhsa 


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moudre, 




— 




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i:dha 


en:., 


être vendu. 




— 




oizir, 


inza. 


cks, 


paître, 




— 




eksir\ 


iksa. 


rem, 


teindre, 




— 




remir\ 


ir^ma 



Observation. — Le son A, qui suit le radical dans ces 
verbes, devient I lorsqu'ils sont employés avec la néga- 
tion ; ainsi, l'on dira : 

our ifki ara, il n'a pas donné, et non our ifka ara. 

our nefki ara, nous n'avons pas donné, — our ucfka ara. 
our efkin ara, ils n'ont pas donné,. — ourrfkaii ara. 



3° Beaucoup de verbes terminés par le son OU perdent 

ce son. Ils se conjuguent alors comme les précédents. 

Par exemple, le verbe czloii, égorger, se conjugue 

ainsi : 
; Singulier : 

czlir, 
thczlidh,. 
izla, 
thezla, 



i^^ personne . . . 

2'' pers 

3*^ pers. (masc.^ 
3®. pers. (fém.). 



i^^ personne . . . 
2® pers. (masc.) 
2® pers. (fém.) . 
3" pers. (masc.) 
3*^ pers. (fém.). 



j ai égorge, j égorge, 
tu as égorgé. 
il a égorgé, 
elle a égorgé. 



Pluriel : 

nezla, 
thezla m, 
thezlamth, 
ezlan, 
ezlant, 



nous avons égorge . 
vous avez égorgé, 
vous avez égorgé, 
ils ont égorgé, 
elles ont égorgé. 



— 109 — 



Nous donnerons en exemple les verbes suivants : 

l"pers. sing. S'pers.sing. 

a:^ou, écorcher, fait à l'aoriste : ouzir', iouza. 

arou, écrire, — ■ 

eddoii, marcher, — 

esâou, avoir, posséder, — 

ezzou, griller, — 

ezçou, planter, — 

ousou, tousser, — 

essou, étendre, — 

ebroii, lâcher, divorcer, — 

ehf.oii, vouloir, — 

erdjou, attendre, espérer, — 

ebdhou, partager, — 

eflou, percer, — 

elhou, être bon, — 

erouou, être rassasié, — 

ah'lou, être guéri, — 

eknou, ployer, — 

cfrou, faire la paix, — 

ah' mou, être chaud, — 

ah'çou, penser, croire, — 

egzou, avoir commerce avec 

une femme, — 

aânou, se diriger vers, — 

esouou, boire, — 

On trouve quelques verbes où le son A se place après le 
radical, à toutes les personnes, comme : 

argou, rêver, qui fait à l'aoriste : oîf/'f^rtr', iourga. 

alouou, être faible, — oulouar\ iouloua. 



ourir , 


tour a. 


eddif, 


idda. 


sâiî''. 


isâa. 


ezzir'. 


izzoL. 


ezçif , 


izça. 


ousir'., 


iousa. 


essif. 


issa. 


ebrir'. 


ibra. 


ebrir', 


ibfa. . 


erdjif, 


irdja. 


bdhir\ 


ibdha. 


felir'. 


ifla. 


elhir', 


ilha. 


erouir, 


iroua. 


ah'lir'. 


iaKla. 


eknir', 


ikna. 


cfrir\ 


ifra. 


aJimir', 


iaJima. 


aKçif, 


iah'ra. 


egzif. 


igza. 


aànif, 


iaàna. 


souir. 


isoua. 



— 110 — 



4° Lorsque le son I se trouve dans l'intérieur du verbe, 



il se change très souvent en A. 



Exemples : 

l"pers. sing. 3'pers. sing. 

wuir, précéder, fait à l'aoriste : ::owa/'e/'', izonar. 



semir, verser, 

melil, se réunir, rencon- 
trer, 

egrireh, rouler. 

ekthil, mesurer, 

sir', allumer, 

irid\ être propre, 

inig, voyager, 

h'athil, tromper par ruse, 

ergigi, trembler. 



semaref, isemar. 

melaler', imelal. 

egrareber', igrareb. 

ekthakr', ikthal. 

sar'er', isar'. 

ourad'er', ioiirad'. 

ounager', iounag. 

h'athaler', ih'athal. 

regagif, irgagi. 



5" Le son A intérieur se change quelquefois en OU. 



Exemples : 



Impers, sing. 3'pers.sing. 



nad'i', chercher, fait à l'aoriste : noud'af , 



etchar, remplir, être plein, — 

en)iar\ se battre, — 

ennam, s'habituer, — 

ellaz, avoir faim, — 

effiuV , avoir soif, — 

eggadj, changer de place, — 



tchouref, i 
ennoiir'ef 
cnnoumer', i 
ellouzer, 
effoud'ef, i 
eggoudjer', i 



noud'a . 

îchour. 

nnour'. 

nnoum . 

Ilouz. 

ffoud'. 

ggoudj . 



t)° Quelques verbes terminés par le son I changent, par 
exception, ce son I en A. 



— 111 — 



I 









Exemples : 


l"pers. sing. 


3'pers.sing 


âddi, 


passer, 


fait 


à l'aoriste : 


: âdda?-', 


iàdda. 


nad'i, 


chercher, 




— 


noud'ar', 


inoud'a. 


emsioui.. 


, être égal, 




— 


emsaoïiar' 


, imsaoua. 


ouali, 


regarder, 




— 


oualar' , 


iouala. 


haggi, 


préparer, 




— 


haggcif', 


ihagga. 


geri. 


rester, 




— 


geraf. 


igera. 


k'ebbi, 


être gras, 




— 


kebbaf, 


ik'ebba. 



7° Enfin, les verbes ili, être ; ini (■', dire, perdent l'I 
initial et redoublent leur consonne. 



m, fait 
ini, — 



ellir', 
ennir' 



illa . 
inna. 



Modifications de l'idée verbale 

L'idée du verbe primitif peut subir diverses modifica- 
tions, par l'addition méthodique de certains sons qui y 
ajoutent un sens transitif, passif, réciproque, ou qui 
indiquent Vhabitude, la fréquence, la persévérance dans 
l'action. 

Nous représenterons, dans l'occasion, ces divers acci- 
dents par les abréviations suivantes : 

Tr. (transitif). — Pas. (passif). — Rég. (réciprocité). — 
Hab. (habitude). 

Les signes de ces modifications sont les suivants ; le 
numéro d'ordre qui les accompagne servira à les rappeler 
plus loin. 

(1) Onrencontre quelquefois, exceptionnellement, ces verbes employés 
sans les particularités euphoniques dont nous avons parlé. 
Ainsi, l'on dit : 

thasouiath i ini akka, thasouiath i ini akkennidhen. 
Une heure il dit ainsi, une heure il dit autrement. 
^Tantôt il dit d'une façon, tantôt de l'autre.) 



— 112 - 



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— 114 — 

Les verbes dérivés, comme les verbes primitifs, ont 
pour base de conjugaison la 2® personne du singulier de 
l'impératif. 

On trouvera plus loin des exemples de ces formes ; nous 
allons d'abord examiner chacune d'elles et indiquer les 
particularités qu'elle présente. 



I. — Idée transitive 

1"'^ FORME. — (s préfixe) 

La première forme, qui s'emploie très fréquemment, 
sert à exprimer l'idée transitive. Elle indique l'idée de 
faire faire l'action, de faire devenir, comme : 

sekchem, faire entrer, de ekchem, entrer. 

setch, faire manger, de etch, manger. 

sh'ass, faire devenir malade, de JCass, être malade. 

serdhcl, faire prêter, de erdJiel, prêter. 

essouoii, faire boire, de souou, boire. 



La plupart des verbes primitifs dont le radical com- 
mence par le son A, changent ce son en I à la forme 
transitive. 

Exemples : 

sid'er, faire descendre, 

zizzel, faire courir, 

nfeg, faire envoler, 

nnef, faire laisser, 

sivez, faire attacher, 

sidhen, rendre malade, 

simes, rendre sale, salir, 



de 


ad'er, 


descendre. 


de 


azzel, 


courir. 


de 


afeg, 


voler. 


de 


anef, 


laisser. 


de 


avez, 


attacher. 


de 


adhen, 


être malade 


de 


âmes, 


être sale. 



— 115 - 

Dans quelques verbes, cependant, ce changement n'a 
pas lieu. 

Exemples : 

sali, faire monter, de ali, monter. 

saouki ('^j faire s'éveiller, réveiller, de aouki, s'éveiller. 
saoggad', faire craindre, de aoggad', craindre. 

Quelques verbes primitifs, dont la première articulation 
est redoublée, remplacent l;i première syllabe par le son 
OU, à la forme transitive. 

Exemples : 

sout'cdh, faire téter, de et't'edh, téter. 

soufer', faire sortir, de effer', sortir. 

Plusieurs des particularités euphoniques des verbes 
primitifs se retrouvent dans la forme transitive, savoir : 

1° Lorsque le son I se trouve intercalé entre les con- 
sonnes de la forme transitive, il se change généralement 
en A, comme dans le verbe primitif. 

Exemples : 

1" pers. sing. 3' pers. sing. 

sid'er, faire descendre, fait sad'eiTr', isad'er. 

zizzel, faire courir, — zazzelef , izazzel. 

sirez, faire attacher, — sarezer', isarez. 

segrireb, faire rouler, — segrarebef, isegrareb. 

semlil, faire se réunir, — semlaler', isemlal. 

(1) Le K, dans ce mot, doit se prononcer comme le ch allemand. 



— 116 — 

t^ Les verbes de la forme transitive, dérivés de verbes 
primitifs qui chang-ent par exception leur son final I en A, 
subissent également ce changement. (Voir page MO.) 

Exemples : 

sûddi, faire passer, fait sâddar', isûdda. 

segeri, faire rester, — segeraf , isegera. 

scmsioui, rendre égal, — semsaouaf , isemsaoïia. 



'A° Les verbes terminés par le son OU changent ce son 
en A à toutes les personnes de, l'aoriste '^'. 





Exemples 






selJioa, 


rendre bon, 


fait 


selhar\ 


iselha. 


salrlou, 


guérir. 


— 


sah'laf, 


imh'la. 


seknoii, 


faire ployer, 


— 


seknar', 


isekna. 


sed'hou, 


faire s'amuser, 


, — 


sed'haf, 


iscd'ha. 


sali'mou, 


chauffer, 


— ■ 


sah'mar', 


isah'ma. 



De même que pour le verbe primitif, toutes ces particu- 
larités n'existent pas lorsque le verbe est employé avec 
les particules du temps futur : ad' et fa. 

Exemples de l'emploi de la forme transitive : 

sekchemcr'lh s akhkham. 

J'ai fait entrer lui à la maison. 

imli ts s oufclla b oud'rar. 

Il a fait monter elle en haut de la montagne. 

(1) Dans les verbes primitifs, ce son OU se change en I à la 1" et à 
la 2' personne du singulier. (Voir page 108.) 



— 117 — 

illa d' amoudhin sctcher' as Ihizourin 

Il existait malade, j'ai fait manger à lui des raisins, 

iah'la. 

il a été guéri. 

oulache r'ourcs id'rimen serdhelcr' as. 
N'était pas chez lui d'argent, j'ai fait prêter à lui (il n'avait 
pas d'argent, je lui en ai fait prêter). 

ir'i cnni souir' idhelli isadhen i. 

Le lait aigre que j'ai bu hier a rendu malade moi. 

argaz agi a k isidhen se thira. 
Cet homme te rendra malade par l'écriture (en écrivant 
un charme). 

issouou aâoud'iou is d'i thala. 

Il a fait boire le cheval de lui dans la fontaine. 

ad'issouou aâoud'iou is d'i thala. 
Il fera boire le cheval de lui dans la fontaine. 

isâdda oussan is d'eg ourar. 

Il fait passer les journées de lui dans le jeu (il passe ses 
journées au jeu). 

ad'isàddi oussan is d'eg ourar. 
Il fera passer les journées de lui dans le jeu (il passera ses 
journées au jeu). 

ouin ioukeren a th nesoufer' si thaddarth. 
Celui ayant volé, nous le ferons sortir du village (celui 
qui volera, nous le ferons sortir du village). 

ouin fa isinefen izgarcn seg oubrid' ad'iefk 
Celui devant faire laisser les bœufs du chemin donnera 

elkhedha. 

l'amende (celui qui laissera sortir ses bœufs du chemin 
paiera l'amende). 



- 118 — 

II. — Idées passive et réciproque 

2® FORME. — (m préfixe) 

La deuxième forme, qui s'obtient en plaçant un M 
devant le radical, donne au verbe le sens passif ou 
réciproque, et quelquefois tous les deux à la fois, comme : 

mctch, ôtre mangé, de etch, manger. 

mzcr, être vu, se voir réciproquement, de zer, voir. 

merz, être cassé, se casser réciproquement, de erz, 

casser, 
merdhcl, être prêté, de erdhel, prêter. 
mier'dhal, se renverser réciproquement, de er'dhel, 
. renverser. 

mouali, se regarder réciproquement, de ouali, regarder. 
menf , s'entre-tuer, combattre, de enr' , tuer. 
mzel, être égorgé, de czloii, égorger. 

Les verbes qui expriment la réciprocité ne s'emploient 
naturellement qu'au pluriel. 

Les verbes primitifs commençant par deux consonnes 
placent, généralement, le son I après l'M préfixe de la 
2® forme, et introduisent le son A avant la dernière articu- 
lation. 

Lorsqu'ils sont employés sans particules, le son voyelle 
initial se change ordinairement en A ; mais on peut aussi 
laisser subsister le son E. 

Exemples : 

miagzamen ou miegzamen, ils se sont coupés réci- 
proquement. 

miarhadhen ou 7nierkadhcn, ils se sont foulés aux pieds 

réciproquement. 



— 119 — 

miardhalen ou micrdhalcn, ils se sont prêté rccipro- 

quement. 

miardhalen ou micr dJialen , ils se sont renversés réci- 
proquement. 



Les verbes de la 2® forme, dérivés des verbes primitifs 
que nous avons déjà signalés, subissent les changements 
indiqués page 110. 

Exemple : 

moualan, ils se sont regardés réciproquement, 
de ouali, regarder. 



Le son OU, qui termine certains verbes primitifs, dis- 
paraît dans les dérivés de ces verbes, à la forme qui nous 
occupe. 

Exemples : 

imzel, il a été égorgé, de ezlou, égorger. 
ad'imzel, il sera égorgé. 

Applications : 

our oufif ara ar'eroiim enni illan idhelli d'eg 
Je n'ai pas trouvé le pain lequel étant hier dans 

oukhkham imetch. 

la maison, il a été mangé. (Je n'ai pas trouvé le pain 
qui était hier à la maison, il a été mangé.) 

ak'douach enni illan d'oug addainin imzel. 
Le bouc lequel ayant été dans l'écurie a été égorgé. (Le 
bouc qui était à l'écurie a été égorgé.) 



— 120 — 

oufrik agi atVimzel ass ne lemczliouth h ouakrarcn. 
Ce mouton sera égorgé le jour de regorgement des moutons 
(fête des sacrifices). 

irgazen enni imâabaren mier'dhalen. 

Les hommes lesquels ayant lutté se sont renversés 

réciproquement. (Les hommes qui luttaient se sont 

renversés réciproquement.) 

ath Fraoussen d'ath R'oubri mcnfen. 
Les Béni Fraoussen et les Béni R'oubri se sont tués 
réciproquement (ont combattu). 

mi ennow'en miargamen am thoulaouin. 
Lorsque ils se sont battus, ils se sont insultés récipro- 
quement, comme des femmes. 



3« FORME. — (tsou préfixe) 

La troisième forme, qui s'obtient en plaçant tsou devant 
le radical, exprime l'idée passive exclusivement. 

Exemples : 

ilwuaf, il a été trouvé, de af, trouver. 

itsouar' , il a été pris, — ar', prendre. 

ilsouarou, il a été écrit, — arou, écrire. 

itsouaker, il a été volé, — aker, voler. 

La voyelle brève qui commence beaucoup de verbes 
primitifs, comme etch, manger; cffer, cacher; ebrou, 
lâcher, se change par euphonie en A, à la 3^ forme. 

Comme dans la forme transitive, quelques verbes com- 
mençant par le son A changent ce son en I à la 3® forme, 
comme tsouirez, être attaché, de arez, attacher. 



— 121 — 

Le changement du son I en A, que nous avons signalé 
dans le verbe primitif, page 1 10, et à la 1'''^ forme, page 1 15, 
se retrouve dans cette forme. 

Exemples : 

itsouarcz, il a été attaché, de tsouirez. 
itsouJtagga, il a été préparé, de haggi, préparer. 

Avec les particules ad' eir'a du futur, ce son I reparaît. 

Exemples : 

ad' itsouirez, il sera attaché. 

ad' itsouhaggi, il sera préparé. 

Applications : 

illa itsouarez lamâni itsouabrou. 

Il existait il a été attaché, mais il a été lâché (il avait été 
attaché, mais il a été lâché). 

our th oufin ara illa ilsouajfer. 

Ils ne l'ont pas trouvé, il était il a été caché (on ne l'a 
pas trouvé, il était caché). 

kilah agi itsouarou se thk'ebailith. 
Ce livre a été écrit en kabyle. 

thabmts agi tlietsour'cr idhelli d'i souk'. 
Cette lettre a été lue hier dans le marché. 

irgazen agi tsouner'cn idhelli. 
Ces hommes ont été tués hier. 

lemmer aledjedh aserd'oun ik d'eg ourlhi ad'itsouiker. 
Si tu laisses le mulet de toi dans le jardin, il sera volé. 



122 

4« FORME. — (ts préfixe) 

La 4^ forme indique quelquefois aussi l'idée passive. 
Un certain nombre de verbes primitifs prennent indiffé- 
remment cette forme ou la précédente, pourvu toutefois 
que ces verbes aient une forme d'habitude différente, et 
qu'il ne puisse y avoir de confusion. (Voir le tableau n" 1, 
page 112.) 

Ainsi, l'on dit également : 

itsetch et itsonatch, il a été mangé, de etch, manger, 
dont la forme d'habitude est thets. 

itsenk'ech et itsouank'ech, il a été pioché, de enk'ech, 
piocher, dont la forme d'habitude est nek'k'ech. 

itsezgel et itsouazgd, il a été manqué, de e-gel, man- 
quer, dont la forme d'habitude est 'eggel. 

ilsegzem et itsouagzem, il a été coupé, de egzem, 
couper, dont la forme d'habitude est gezzcm. 

III. — Idée d'habitude 

L'idée d'habitude est celle qui s'exprime le plus souvent 
en kabyle. Ses formes sont nombreuses ; tous les verbes 
primitifs ou dérivés, dont le sens peut admettre l'idée 
d'habitude, ont une forme pour la représenter. Il est aussi 
nécessaire de connaître ces formes que les verbes mêmes 
auxquels elles s'appliquent ; car, sans cette connaissance, 
il est impossible de rendre toutes les modifications de la 
pensée que le verbe est destiné à exprimer. 

Il est à remarquer, en effet, que l'aoriste des formes 
d'habitude est toujours employé pour exprimer le futur 
dans les propositions négatives. 



— 123 — 

Exemples : 

our itsaf ara, il ne trouvera pas. 

our itsarou ara, il n'écrira pas. 
our th zerref ara, je ne le verrai pas. 

Le futur d'une proposition affirmative s'exprime par 
ad' , ainsi que nous l'avons indiqué pour le verbe primitif 
(page 103). 

Exemples : 

ad' i af, il trouvera. 

ad' i arou, il écrira. 
a th zerer', je le verrai. 

De même, avec la négation, c'est toujours l'impératif 
de la forme d'habitude que l'on emploie. 

Exemples : 

our th ekkath ara, ne le frappe pas, et non our th aouth ara. 
our as tsak ara, ne donne pas à lui, — our as efk ara. 

Cet emploi de la forme d'habitude paraît être commun 
à tous les dialectes kabyles. On le retrouve aussi chez les 
Béni Mzab et les Touareg. 

Valeur temporelle des formes d'habitude 

Comme le verbe primitif, les formes d'habitude indi- 
quent d'une manière absolue les trois périodes : le passé, 
le présent et le futur. Si l'on veut exprimer spécialement 
l'idée du présent, on place l'adverbe d'à, ici, devant le 
verbe d'habitude, 



- 124 — 

Cette addition lui donne le sens de l'actualité. 

Exemples : 

d'à itsarou, il écrit, il est écrivant. 

d'à itheddou, il marche, il est marchant. 

d'à nekerrcz, nous labourons, nous sommes 

labourants. 
d'à ikkath oud'fel, la neige tombe, est tombante. 

Pour le futur, on fait précéder le verbe d'habitude des 
particules ad' et r'a, pourvu toutefois que la proposition 
ne soit pas négative. 

Employé sans particule, le verbe d'habitude indique la 
persévérance dans l'action, par exemple : 

am koull ass Usas ed four i. 

Tous les jours, il vient habituellement chez moi. 

ek'k'aref ass clkoulL 

Je lis habituellement le jour entier (je lis toute la journée). 

ikkath oud'fel aVas di themourth ennaf . 

Frappe (tombe) habituellement la neige beaucoup dans le 

pays de nous (il tombe beaucoup de neige dans notre 

pays) . 

koull tfiameddith ganer' r'ef setta. 

Chaque soir, je dors (je me couche) à six heures. 

itsili d'eg oukhkham si elaçer ar el mofereh. 
11 est habituellement à la maison depuis Taçeur jusqu'au 
coucher du soleil. 

Examinons maintenant les différentes formes qui expri- 
ment l'habitude. 



— 125 — 

4® FORME. — (ts préfixe) 

La quatrième forme du tableau n° 1 , qui s'obtient en 
plaçant TS devant le verbe, indique l'idée d'habitude, ^de 
fréquence, de persévérance dans l'action, ou de constance 
dans l'état exprimé par le verbe. C'est la forme d'habitude 
la plus usitée. 

Particularités euphoniques de la forme d'habitude 4 

Uil certain nombre de verbes de cette forme introduisent 
les sons A, OU, I avant la dernière articulation, ou ajoutent 
les sons A et OU à la fin du radical primitif ; mais ces sons 
ne paraissent placés là que pour leuphonie, puisqu'ils 
n'ajoutent rien à la signification du verbe. 

1° Les verbes de deux consonnes de la forme en, et 
d'autres où le son OU se trouve déjà, introduisent le son 
OU avant la dernière articulation. 

Exemples : 



hérons, descendre habituellem*, de en, descendre. 



tserouz, 

tsenouz, 

tseroudh, 

tsenous, 

tselons, 

tsousoum, 



casser 

être vendu 

péter 

passer la nuit 

s'habiller 

se taire 



Uer'ouilouf, avoir du chagrin 

tsekoufouth, mousser 
tsemouk'oul, regarder 



erz, casser. 
enz, être vendu, 
erdh, péter. 
eus, passer la nuit, 
els, s'habiller, 
sonsem, se taire. 
r'ouilef, avoir du 

chagrin. 
koufcth, mousser, 
mouk'el, regarder. 



- 126 — 

2" Les verbes de quatre consonnes introduisent généra- 
lement le son I avant la dernière articulation. 



Exemples 



tse dherris, agacer habituellement, de dherres, agacer. 



ts eVVil, raser 

ts h'ammil, aimer 

ts h'akkir, viser 

tse nechchib, tourner 

ts egririb, rouler 

ts erejd'il, boiter 

tse rùiâich, trembler 

tse h'assis, écouter 

tse kelkil, trotter, 



sel't'el, raser. 
h'ammel, aimer. 
h'akker, viser. 
nechcheb, tourner. 
egrireb, rouler. 
rejd'el, boiter. 
râiâch, trembler. 
h'asses, écouter. 
kelkel, trotter. 



3° Quelques verbes, comme ek'k'el, devenir; azzel, 
courir, introduisent le son A avant la dernière articulation 
et font à la 4® forme : 

tsak'k'al, devenir habituellement. 
tsazzal, courir — 



4° D'autres placent les sons A, OU et I à la fin du radical 



primitif. 



ts arra, 

is adja, 
ts fiassa, 
ts igadja, 

tse galla, 



Exemples : 

rendre habituellement, de err, rendre, 
laisser, abandonner — edj, laisser, 
être malade — 

changer de place — 



prêter serment — 



h'ass, être malade. 

eggadj, changer 
de place. 

eggall, prêter ser- 
ment. 



— 127 — 

tse roummou, boucher habituellem^ de r'oumm, boucher. 
ts oummou, sucer — soumm, sucer. 

ts emlili, se réunir — melil, se réunir. 

Tous ces sons persistent lorsque le verbe est employé 
avec les particules du futur : ad' et fa. 

Les particularités euphoniques des verbes primitifs (Voir 
page 103) ne se retrouvent pas dans les verbes de la 
4® forme. 

La première consonne de quelques verbes primitifs se 
change en A à la 4*^ forme. 

Exemples : 

ts azeg, être mouillé habituellem^ de ebzeg, être mouillé. 
ts âges, se ceindre les reins — ebges, se ceindre. 

ts added, être debout — ebded', être debout. 

On trouve aussi : 

ts enekkar, se lever habituellement, de ekker, se lever. 

Mais dans les dialectes des Chelouh et des Touareg, 
on dit : 

enker, au lieu de ekker. 

ts enekkar est donc dérivé d'un radical oublié dans le 
pays. 

Lorsque la première consonne du radical primitif est 
un s ou un ch, on met seulement un t devant le radical 
pour obtenir la forme d'habitude. 



12g - 



Exemples : 



tseVVil, raser habituellement, de sct't'el, raser. 
tchiiâ, envoyer — chiiâ, envoyer. 



5^ FORME. — (th préfixe) 

Là cinquième forme ne diffère de la précédente que par la 
substitution du TH au TS. Elle exprime, comme elle, l'idée 
d'habitude. Cette forme appartient spécialement aux radi- 
caux dont la première articulation est redoublée, comme : 

theddou, marcher habituellement, de eddou, marcher. 
tJicllem, filer — ellem, filer. 



(i*^ FORME. — Redoublement de la 2° articulation 

La sixième forme, qui s'obtient en redoublant la deuxième 
articulation du radical, indique aussi l'idée d'habitude. 
Elle appartient à quelques radicaux de deux consonnes, 
comme : zer, voir; ,st/, entendre; rem, teindre, qui font 
à la forme d'habitude : zcrr, sell, femm, et à la généralité 
des radicaux dans lesquels les deux premières consonnes 
se suivent sans être séparées par un son voyelle. 

Exemples : 

gezzcm, couper habituellement, de cgzcm, couper. 
megger, moissonner — emger, moissonner. 

sejfcdh, balayer — esfedh, balayer. 

fellou, percer — eflou, percer. 



— 129 — 

7% 8«, 9" et 10*^ FORMES 

Ces formes expriment encore l'idée d'habitude. Elles 
s'appliquent généralement aux verbes de la forme tran- 
sitive n° 1, et à ceux des formes passives n°^ 3 et 4 du 
tableau n° 1. (Voir page 112.) 

Quelques verbes, qui se classent dans la septième forme,, 
comme : 

emmal, indiquer habituellement, de mel, indiquer ; 

ezzad', moudre — e-d', moudre; 

eggar, jeter — ger, jeter; 

eddal, couvrir — d'el, couvrir, 

redoublent la première articulation. Mais je pense que 
c'est par euphonie. Le nombre de ces verbes est d'ailleurs 
très restreint. 

De même, quelques verbes exprimant l'habitude redou- 
blent Vs initial de la forme transitive dont ils sont dérivés, 
comme : 

essout'oudh, faire téter habituellement, de sout'edh, faire 

téter. 
essoufouf, faire sortir habituellement, de soiifer' , faire 

sortir. 

Je crois également qu'on doit attribuer ce redoublement 
à une cause d'euphonie. 

Les quatre dernières combinaisons (4-2-9), (4-2-1-9), 
(1-2-9) et (3-1-9) du tableau n*' 2, page 113, indiquent 
aussi l'idée d'habitude et complètent la série des formes 
d'habitude des verbes, tant primitifs que dérivés. 

On rencontre encore des formes d'habitude qui parais- 

9 



— 130 — 

sent isolées et ne peuvent se classer parmi celles dont 
nous venons de parler, comme : 

thets, manger habituellement, de etch, manger. 
sess, boire — souou, boire. 

Enfin, des verbes primitifs expriment l'idée d'habitude 
par des formes paraissant appartenir à des radicaux qui ne 
sont plus usités, comme : 

ek'k'ar, dire habituellement, de ini, dire. 

ekkalh, frapper — aouth, frapper. 

Combinaisons des formes 

Les trois premières formes (1-2-3) peuvent se com- 
biner sur un même radical, auquel elles ajoutent l'idée 
représentée par chacune d'elles. C'est ainsi, par exemple, 
que Ton obtient les mots : 

smenf, faire se tuer réciproquement (faire combattre) ; 
formé des éléments (1-2) ajoutés au radical enr', tuer. 

msetchen, ils se sont fait manger réciproquement ; formé 
des éléments (2-1) ajoutés au radical etch, manger. 

itsouseknef, il a été fait rôtir (il a été rôti) ; des éléments 
(3-1) ajoutés au radical eknef, être rôti, rôtir. 

Les formes d'habitude (4 et 9) viennent se combiner 
encore avec les mots ainsi composés. 

Exemples : 

smenr'a, fais combattre habituellement; formé des 
éléments (1-2-9) sur le radical enf (9^ forme d'habi- 
tude). 



— 131 — 

tsemeselchath, faites-vous manger réciproquement et 
habituellement; éléments (4-2-1-9), radical etch 
(4^ forme d'habitude). 

itsouserr'a, il est fait brûler habituellement (il est 
brûlé habituellement); éléments (3-1-9), radical err', 
brûler (9® forme d'habitude). 

Application des formes d'habitude 
et des combinaisons (i) 

lek'bail sàâoun (6) iserd'an d'elâali then. 
Les Kabyles ont habituellement des mulets bons. 
(Les Kabyles ont de bons mulets.) 

achou ithets (forme isolée) aîïi koull ass tsakef (4) 
Quoi mange-t-il habituellement? Tous les jours, je donne 
as ar'eroum. 
habituellement à lui du pain. 

(De quoi vit-il? Chaque jour, je lui donne du pain.) 

ad'ft'l ikkath (forme isolée) at'as 

La neige frappe habituellement (tombe) beaucoup 
d'i themourth ennaf lamâni thesefsai th (7) 
dans le pays de nous, mais fait fondre habituellement 

thafouklli zik. 

elle la lumière du soleil bientôt. 

(Il tombe beaucoup de neige dans notre pays, mais 
le soleil la fait bientôt fondre.) 

adjemd' itsetcha (9) r'our 

La sauterelle est mangée habituellement (se mange) chez 

ouâraben. 

les Arabes. 

(1) Les numéros entre parenthèses indiquent les numéros des 
tableaux 1 et 2, pages 112 et 113. 



— 132 — 

argaz agi am afioul itsenbach (7). 

Cet homme, comme l'âne, il est piqué habituellement 
(proverbe). 

iserfa (9) thizegoua iouakken 

Il fait brûler habituellement les broussailles, afin que 

ad'ikerez. 

il laboure. 

sousouir' (8) iger iou am koull ass. 

Je sarcle habituellement le champ de moi chaque jour, 

thoulaouin ne temourth agi es souV oudhent (8) 
Les femmes de ce pays-ci allaitent habituellement 
arraou ensoit sin iseggasen. 
les enfants d'elles deux années. 

(Les femmes de ce pays ont l'habitude d'allaiter leurs 
enfants deux ans.) 

four el Kchail irgazen tsinigen (4) 
Chez les Kabyles, les hommes voyagent habituellement, 
kerrezen (6) thellesen (5) 

labourent habituellement, tondent les moutons habi- 

tsemenr'an (4-2-9). 
tuellement, combattent habituellement. 

thoulaouin tsagement (4) aynan ferredhent (6) 

Les femmes puisent habituellement de l'eau, balaient 
ikhkhamen theUement (5) thad'ouV 

habituellement les maisons, filent habituellement la laine, 
zeVVent (6) ibid'iin ezzad'ent (7) 

tissent habituellement les burnous, moulent habituel* 
aouren thczzegent (5) thisitha ad' ouUi 

la farine, traient habituellement les vaches et les brebis, 
sendount (10) ifi. 

battent habituellement le lait aigre. 



— 133 — 

Mohammed ad' Bel Kassem tsemlilin (4) r'our 

Mohammed et Bel Kassem se réunissent habituellement chez 

oumeddakoul ensen sessen (forme isolée) elk'aoua 

l'ami d'eux, ils boivent habituellement du café (4), 

tsouraren (4) thiddas. 

ils jouent habituellement aux thiddas ^^K 

ath B oud'rar tsinigen (4) r'èr Tonnes 

Les Béni Boudrar voyagent habituellement à Tunis, 

tsafen (4) el baroud' tsaouin t (4) 

achètent habituellement de la poudre, portent elle 

i^'er themourth g imnoufak' zenouzoun t (10) 

habituellement dans le pays des insurgés, vendent elle 

s elr'ela. 
habituellement à un haut prix. 

ath Irathen kessen (6) d'i themourth 

Les Béni Raten font paître habituellement dans le pays 
lamraouien essoiian (9) izgaren 

des Amraoua ; ils abreuvent habituellement les bœufs 
d'oug asiff lamâni lamraouien our then tsadjan (4) ara- 
dans la rivière, mais les Amraoua ne les laissent pas 
ad'zegeren asiff fer themourth n 

ils traverseront (traverser) la rivière vers le pays des 
ath Jennad. 
Béni Djennad. 

iger agi itsouakraz (7) koull aseggas. 

Ce champ est labouré habituellement tous les ans. 

ath MengeUath tsenechchiben (4) ath 

Les Béni Menguellat tournent (sont tourneurs) ; les Béni 

Jennad meggeren (6). 

Djennad moissonnent (sont moissonneurs). 

(1) Espèce de jeu de dames gui se joue avec des cailloux. 



— 134 — 

the:^eddefem (6) achlouh' noukni nezeddef (6) 

Vous habitez habituellement la lente ; nous, nous habitons 
ikhkhamen. 

habituellement des maisons. 
amek as ek'k'aren (forme isolée) i ouagi se 

Comment à lui disent - ils habituellement à ceci en 

thk'ebailith. 

kabyle? (Comment dit-on ceci en kabyle?) 
ai taddarth agi tsemenr'an (4-2-9) am koull 

Les gens de ce village combattent habituellement chaque 

aggour d'el amin ai then ismenfan (1-2-9). 

mois ; c'est l'amin faisant combattre eux habituellement. 
(Les gens de ce village se battent tous les mois ; c'est 
l'amin qui les fait se battre.) 
ma fa feroun leK'ebail tsemcsctchan (4-2-1-9) 
Lorsque font la paix les Kabyles, ils se font habituellement 

tsemesensan (4-2-1-9) 

manger réciproquement, ils se font habituellement 

gar asen. 

passer la nuit réciproquement entre eux. 
amck illa elh'al d'à ikkalh (forme isolée) oud'fel 
Comment est le temps ? tombe en ce moment la neige, 

d'à thekkath cl haoua. 

tombe la pluie. 

(Quel temps fait-il? il tombe de la neige, il pleut.) 
achou d'à ikheddem (6) thoura. d'à itsarou (4) 

Que fait-il maintenant? il écrit (il est écrivant), 

d'à inek'k'ech (6) d'à itheddou (5). 

il pioche (il est piochant), il marche (il est marchant). 
our tsfimif (4) ara d'eg oukhkham ik. 
Je ne resterai pas dans la maison de toi. 
our th zerref (6) ara ass a. 
Je ne le verrai pas aujourd'hui. 



- 135 — 

our izenouz (8) ara aserd'oun is. 

Il ne vendra pas le mulet de lui. 

owr theffer'en (5) ara seg oukhkham. 

Ils ne sortiront pas de la maison. 

bfau ad'feroun ad'nek ai then 

Ils voulaient ils feront la paix, c'est moi ce qui ayant fait 

ismenr'en (2-1). 

eux se tuer réciproquement. 

(Ils voulaient faire la paix, c'est moi qui les ai fait 
combattre.) 
alh Bethroun d' ath Scd'k'a mscgallen (2-1) 
Les Béni Betroun et les Béni Sed'k'a se sont fait jurer réci- 
fef eddjehad' d'cg iroumien 

proquement sur la guerre sainte contre les chrétiens ; 

s el âda ensen msensen (2-1) 

suivant la coutume d'eux, ils se sont donné l'hospitalité 
msetchen (2-1). 

réciproquement, ils se sont fait manger réciproquement. 
mzazzelen (2-1) s amenfi 

Ils ont couru à la rencontre les uns des autres pour le 
mseroualcn (2-1). 

combat, ils se sont fait fuir réciproquement. 
itsousegrareb (3-1) s oufella b 

Il a été fait rouler (on l'a fait rouler) du haut de la 

oud'rar s asijf. 

montagne dans la rivière. 
noukni an nekcrrcz (6) kounoui tsinigeth (4). 

Nous, nous labourerons habituellement; vous, voyagez 

habituellement. 

am koull aseggas asiff ne Sahd itsouk'k'im (4) 

Tous les ans, la rivière de Sahel (oued Sahel) fait habituel- 
ifthiscn . 
lement des alluvions, 



— 136 — 



EXEMPLES DES FORMES DÉRIVÉES ^ 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


1" forme. - 


- ( s préfixe ) 


(N» 1 du tableau n° 1, page 112) 


Idée transitice 


sali ^^\ faire monter. 


ali, monter. 


sers, faire descendre, 


ers, descendre. 


placer. 




saoïiki, faire s'éveiller, 


aouki, s'éveiller. 


réveiller. 




saoggad', faire craindre, 


aoggad', craindre. 


effrayer. 




zizzel, faire courir. 


azzel, courir. 


sid'er, faire descendre. 


ad'er, descendre. 



(1) Toutes ces formes dérivées se retrouvent, chez les Touareg, avec 
de légères modifications dans les signes ; la réciprocité est souvent 
caractérisée par ENM, au lieu de M seulement. Tsou devient tou, les 
4' et 5* formes n'en forment qu'une, ayant pour signe T préfixe. J'ai, de 
plus, constaté dans ce dialecte une forme qui ne parait plus exister en 
•kabyle; elle a pour signe T affixe. et indique l'idée de devenir, par 
exemple : crser', être riche; erser'et, devenir riche. 



(2) On se rappelle que, pour énoncer le verbe kabyle d'une manière 
■plus simple, nous nous servons de la 2' personne de l'impératif, 
comme on emploie en français l'infinitif. 

Nous devons faire observer, néanmoins, que ces impératifs, présentés 
dans les listes ci-dessous comme bases de là conjugaison des verbes, 
ne sont pas tous usités dans la pratique.' 



137 - 



FORME DÉRIVÉE 



sifeg, faire envoler. 

sinef, faire laisser. 

sirez, faire attacher. 

sidhen, rendre malade. 

simcs, rendre sale, salir. 

sah'lou , rendre guéri , 
guérir. 

serouou, faire se rassasier, 
rassasier. 

seknou, faire ployer. 

sed'hou, faire s "amuser. 

sali' mou, rendre chaud, 
chauffer. 

selhou, rendre bon. 

essouou , faire boire, 
abreuver. 

semsioui ,. rendre égal , 
égaliser. 

segrireb, faire rouler. 

sâddi, faire passer. 

segeri, faire rester. 

semlil, faire se réunir, 
rassembler. 

soufer', faire sortir. 

sout'edh, faire téter, al- 
laiter. 

setch, faire manger. 

ser'li, faire tomber, ren- 
verser. 



RADICAL 



afrg, voler. 
anef, laisser. 
arc:;, attacher. 
adhen, être malade. 
âmes, être sale. 
ah'lou, être guéri. 

erouou, être rassasié. 

eknoii, ployer. 
ed'hou, s'amuser. 
ah' mou, être chaud. 

elhou, être bon. 
souou, boire. 

emsioui, êti-e égal. 

egrireb, rouler. 
âddi, passer. 
egeri, rester, être de reste. 
melil, se réunir, rencon- 
trer. 
effcr', sortir. 
ct'l'edh, téter. 

etch, manger. 
er'li, tomber. 



— 138 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


sr'cr, faire lire. 


r'er, lire. i 


sgen, faire dormir, en- 


gen, dormir. 


dormir. 




zenz, vendre. 


enz, être vendu. 


1 sens, faire passer la nuit, 


ens, passer la nuit, cou- 


donner l'hospitalité. 


cher. 


sels, faire s'habiller. 


els, s'habiller, revêtir. 


sd'erfcl, rendre aveugle, 


derfel, être aveugle. 


aveugler. 




serr\ faire brûler. 


err' , brûler. 


sekchem, faire entrer. 


ekchem, entrer. 


zehzcg, mouiller. 


ebzeg, être mouillé. 


sfim, faire asseoir. 


k'im, s'asseoir, être assis. 


sebded', faire se tenir 


ebded', se tenir debout. 


debout. 




sekker, faire se lever. 


ekker, se lever. 


sedhfer, faire suivre. 


edhfer, suivre. 


sedhs, faire rire. 


edhs, rire. 


smekthi, faire se souvenir. 


mekthi, se souvenir. 


sd'oukel, faire se réunir, 


d'oukel, se réunir. 


réunir. 




scrkem, faire bouillir. 


erkem, bouillir. 


serdhel, faire prêter. 


erdhel, prêter. 


ser'dhel, faire renverser. 


er'dhel, renverser. 


serjd'el, faire boiter. 


rejd'cl, boiter. 


sh'ass, rendre malade, 


h'ass, être malade. 


srâiâch, faire trembler. 


rûiâcli, trembler. 


selaz, afïamer. 


ellaz , avoir faim, être 




affamé. 



139 



FORME DÉRIVÉE 



selheth, rendre haletant, 
essoufflé. 

senam, faire s'habituer. 

selouf , rendre trouble, 
troubler. 

sefd, faire fondre. 

serouel, faire fuir. 

sâd'el, rendre égal, éga- 
liser. 

skoiifeth, faire mousser. 

scggal, faire jurer. 

senVedh, souder. 
sired' , rendre propre, 

laver. 
sioul, appeler, parler. 
seknef, faire rôtir. 



RADICAL 



elhelh, être haletant. 

ennam, s'habituer. 
lour', être trouble. 

efsi, fondre. 
erouel, fuir. 
âd'el, être égal. 

koufeth, mousser, 
eggal, jurer, prêter ser- 
ment. 
ent'edh, être joint, réuni. 
irid', être propre. 

aoul (inusité). 
eknef, être rôti, rôtir. 



s* forme. — (M préfixe) 

Idées passioe et réciproque 



metch, être mangé. 
mels, être revêtu. 
mzel, être égorgé. 
msef , être acheté. 
mzer, être vu, se voir 

réciproquement. 
merz, être cassé, se casser 

réciproquement. 



elch, manger. 
eh, revêtir. 
ezlou, égorger. 
sef , acheter. 
zer, voir. 

erz, casser. 



140 — 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


menr', s'entretuer, com- 


enf, tuer. 


battre. 




monali, se regarder réci- 


ouali, regarder. 


proquement, se faire 




face. 




mâabbdr, lutter. 


(inusité). 


metchetchaou, se querel- 


(inusité). 


ler, se battre. 




miekcham, entrer l'un 


ekchem, entrer. 


chez l'autre. 




miekmaz, se gratter réci- 


ekmez, gratter. 


proquement. 




miezgal, se manquer id. 


ezgel, manquer un but. 


miegzam, se couper id. 


egzcm, couper. 


mierkadh, se fouler 


erkedh, fouler aux pieds. 


aux pieds. id. 




miemkan, s'atteindre id. 


emken, atteindre, frapper. 


mierdfial, se prêter id. 


erdhel, prêter. 


mier'dhal, se renverser id. 


er'dhel, renverser. 


miechfak', avoir pitié 


echfck' , avoir pitié. 


l'un de l'autre. 




miedhfar, se suivre id. 


edhfer, suivre. 


3" forme. — (^ 


rSOU préfixe) 


Idée i 


lassice 


tsou af, être trouvé. 


af, trouver. 


tsouar', être pris, acheté. 


ar', prendre, acheter. 



— Ul — 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


tsou arou, être écrit. 


arou, écrire. 


Uou aoui, être emporté. 


aoui, emporter, porter. 


tsou eth, être frappé. 


aouth, frapper. 


tsou atch, être mangé. 


etch, manger. 


tsounefk, être donné. 


efk, donner. 


tsou ner', être tué. 


enr', tuer. 


tsou affer, être caché . 


effer, cacher. 


' tsou chiiâ, être envoyé. 


chiiâ, envoyer. 


tsou haggi, être préparé. 


haggi, préparer. 


tsou azçou, être planté. 


eziyu, planter. 


tsou abbi, être pincé. 


ebbi, pincer. 


tsou addez, être pilé, châ- 


eddez, piler, châtrer. 


tré. 




tsou aker, être volé. 


aker, voler, dérober. 


tsou set'l'el, être rasé. 


set't'el, raser. 


tsou h'ammel, être aimé. 


h'ammel, aimer. 


tsou abrou , être lâché , 


ebrou, lâcher. 


abandonné. 




tsou afezz, être mordu, 


r'ezz, mordre. 


rongé. 




tsou assen, être connu. 


isshi, connaître. 


tsou akrez, être labouré. 


ekrez, labourer. 


tsou nk'ech, être pioché. 


enk'ech, piocher. 


tsou akmez, être gratté. 


ekmez, gratter,. 


tsou ak'k'en, être lié, atta- 


ekk'en, lier, attacher. 


ché. 




tsou irez, id. 


avez, id . 


tsou amger , être mois- 


emgcr, moissonner. 


sonné. 





— 142 — 



FORME DÉRIVÉE 


1 
1 
1 

RADICAL 


tsou addem, être enlevé. 


eddem, enlever, lever. 


tsou affez, être mâché . 


effez, mâcher. 


Isou azgel, être manqué. 


ezfjel, manquer un but. 


Isouagzem, être coupé. 


egzem, couper. 


Uou sfedh, être nettoyé. 


esfedh, nettoyer. 


tsou afredh, être balayé. 


efrcdh, balayer. 


tsou annedh, id. 


enncdh, id. 


tsouarkedh, être foulé 


erkedh, fouler aux pieds. 


aux pieds. 




tsou akoul, id. 


akoul, id . 


tsouat'Vef, être saisi. 


et't'cf, saisir. 


tsou akkes, être ôté. 


ekkes, ôter. 


tsou azzou, être grillé. 


ezzou, griller. 


tsou nechcheb, être tourné 


nechcheb, tourner. 


(sur le tour). 




tsou r'em, être teint. 


r'em, teindre. 


tsou azzeg, être trait. 


ezzeg, traire. 


tsouark'em, être peint. 


ark'em, peindre. 


tsou ûrek, être pétri. 


ûrek, pétrir. 


tsou amken, être atteint. 


cmken, atteindre. 


tsou attsel, être plié. 


ettscl, plier. 


tsou ardhcl, être prêté. 


crdhel, prêter. 


tsou akres, être noué. 


ekres, nouer. 


tsou foumm, être bouché, 


foumm, boucher. 


fermé. 




tsou ak'k'es, être piqué. 


ek'k'es, piquer. 



I 



— 143 



FORME DÉRIVÉE 



RADICAL 



4' forme. — (TS préfixe] 



Idée passice 



ts ctdi, être mangé. 
ts outh, être frappé. 
ts els, être revêtu . 
ts enbech, être piqué. 
ts emger, être moissonné. 
tsekrez, être labouré. 
ts enk'ech, être pioché. 
ts e::gel, être manqué. 
ts egzem, être coupé. 
ts esfedh, être nettoyé. 
ts efredh, être balayé . 
ts erkedh, être foulé aux 

pieds. 
ts ark'em, être peint. 
ts emkcn, être atteint. 
ts erdhcl, être prêté. 
ts ekres, être noué. 



etch, manger. 
aouth, frapper. 
els, revêtir. 
enbech, piquer. 
emger, moissonner. 
ekrez, labourer. 
enk'ech, piocher. 
ezgel, manquer. 
egzem, couper. 
esfedh, nettoyer. 
efredh, balayer. 
erkedh, fouler aux pieds. 

ark'em, peindre. 
emken, atteindre. 
erdhel, prêter. 
ekres, nouer. 



Idée d'habitude 



ts af, trouver habituelle- 
ment. 
ts af , prendre, acheter id. 



af, trouver. 

af, prendre, acheter, 



144 



1 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


ts as, aller habituellement. 


as, aller. 


ts arou, écrire 


id. 


arou, écrire. 


ts août, porter 


id. 


aoui, porter. 


ts ait, monter 


id. 


ali, monter. 


ts aoudh, arriver 


id. 


aoudh, arriver. 


ts ouk'k'im, faire 


id. 


ouk'k'em, faire. 


ts ouali, regarder 


id. 


ouali, regarder. 


' ts ouf al, retourner 


id. 


ouf al, retourner. 


ts ad'er, descendre 


id. 


ad'er, descendre. 


ts ourar, jouer 


id. 


ourar, jouer. 


ts ani, ôter les poux 


id. 


ani, ôter les poux. 


ts agem, puiser 


id. 


agem, puiser. 


ts aouki, s'éveiller 


id. 


aouki, s'éveiller. 


ts ed'ekoual, id. 


id. 


d'ekouel, id. 


ts m, être, exister 


id. 


m, être, exister. 


ts inig, voyager 


id. 


inig, voyager. 


ts ak '^', donner 


id. 


efk, donner. 


ts ehaggi, préparer 


id. 


haggi, préparer. 


ts aoggad', craindre 


id. 


aoggad', craindre. 


ts aker, voler, dérober id. 


aker, voler. 


ts egeri, rester 


id. 


geri, rester. 


ts afeg, voler (oiseaux 


)id. 


afeg, voler. 


ts oudh, souffler 


id. 


soudh, souffler. 


ts enadU, chercher 


id. 


nad'i, chercher. 


ts ousou, tousser 


id. 


ousou, tousser. î 



(1) Tsa/î est la forme d'habitude du radical ak, qui n'est plus 
employé par les Kabyles, mais qu'on retrouve chez les Béni Mzab sous 
la forme ouch, donner. Ces derniers changeant très souvent le son A 
en OU et le K en CH, je n'hésite pas à considérer les deux mots ouch 
et ak comme identiques. 



145 — 



FORME DÉRIVÉE 

1 


RADICAL 


ts eradjou, attendre, espé- 


erdjou, attendre, espérer. 


rer habituellement. 




ts azzeg, être mouillé id. 


ebzeg, être mouillé. 


U intèh', mugir id. 


intèh', mugir. 


ts etchar, remplir id. 


etchar, remplir. 


ts er^im, être assis id. 


k'im, être assis, s'asseoir. 


ts added', être debout id. 


ebded', être debout. 


ts enekkar, se lever id. 


ekker, se lever. 


ts a far, suivre id. 


edhfer, suivre. 


ts crou, pleurer id. 


rou, pleurer. 


ts issin, savoir id. 


issin, savoir. 


ts cmekthi, se souvenir id. 


mekthi, se souvenir. 


ts avez, lier id. 


arez, lier. 


ts anef, laisser id. 


anef, laisser. 


ts addi, passer id. 


ûddi, passer. 


ts akoul, fouler aux 


akoul, fouler aux pieds. 


pieds id. 




ts azou, écorcher id. 


azou, écorcher. 


ts emlil, se réunir, 


melil, se réunir, rencon- 


rencontrer id. 


trer. 


ts âges, se ceindre les 


ebges, se ceindre. 


reins id. 




1 ts elJwu, être bon id. 


elhou, être bon . 


ts adhen, être malade id. 


adhen, être malade. 


ts ek'ebbi, être gras id. 


k'ebbi, être gras. 


ts alouou, être faible id. 


alouou, être faible. 


ts adjou, acheter (ob- 


adjou, acheter. 


jets de consomm°° ) id. 




ts aougi, refuser id. 


aougi, refuser. 



10 



— 146 — 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


ts ouf , crier habituellem^ 


sour', crier. 




U ergigi, trembler id . 


ergigi, trembler. 




ts anez, s'incliner id. 


anez, s'incliner. 




ts irrik', flotter au 


irrik', flotter au 


vent. 


vent, briller id. 


briller. 




ts âmes, être sale id. 


âmes, être sale. 




ts elaz, avoir faim id . 


ellaz, avoir faim. 




ts efad', avoir soif id. 


effad', avoir soif. 




ts if, surpasser id. 


if, surpasser. 




ts ennam, s'habituer id. 


emiain, s'habituer. 




ts elouf, être trouble id. 


loiir', être trouble. 




ts eh'athil, tromper 


liathil, tromper par 


ruse. 


par ruse id . 






ts emeslai, parler, 


emmeslai, parler, causer. | 


causer id. 






ts emlelli, être étourdi 


emlelli, être étourdi 




(au phj^sique) id. 






ts alem, ourler id . 


alem, ourler. 




ts aougar, dépasser. 


aougar, dépasser, être plus 


être plus grand id. 


grand, meilleur. 




ts argou, rêver id. 


argou, rêver. 




ts erouz, casser id . 


erz, casser. 




ts enouz, être vendu, 


enz, être vendu. 




se vendre id. 






ts eroudh, péter id. 


ei'dh, péter. 




fs eroM5, descendre id. 


ers, descendre. 




ts enous, passer la nuit id . 


eus, passer la nuit. 




ts ak'k'al, devenir id. 


ek'k'el, devenir. 




ts azzal, courir id. 


azzel, courir. 





— U7 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 




tsedherris, ai^acer, être 


dherrcs, agacer. 




agacé habilLiellement. 






ts et't'il, raser 


id. 


set'Vel, raser. 




ts eh'ammil, aimer 


id. 


li'ammel, aimer. 




ts eh'akkir, viser 


id. 


h'akker, viser un but. 




ts enechchib, tourner 


id. 


ncchcheb, tourner (sur le 
tour) . 




ts egririb, rouler 


id. 


egrireb, rouler. 




ts erejd'il, boiter 


id. 


rejd'el, boiter. 




ts erâiûich, trembler 


id. 


râiâch, trembler. 




ts eh' assis, écouter 


id. 


Ji'asses, écouter. 




ts ebaabîâ, bêler 


id. 


baûbâ, bêler. 




ts arra, vomir, rendre 


id. 


err, rendre, vomir. 




ts adja, laisser, aban- 




edj, laisser, abandonner. 




donner 


id. 






ts elCassa, être malade 


id. 


h'ass, être malade. 




ts igadja, changer de place 


id. 


cggadj, changer de place. 




ts ezalla, prier 


id. 


zall, prier. 




ts er'oummou, bou- 




foumm, boucher, fermer. 




cher, fermer 


id. 






ts ousoum, se taire 


id. 


sousem, se taire. 




ts efouilouf, avoir 




fouilef, avoir du chagrin. 




du chagrin 


id. 






ts asem, être envieux, 




ascm, être envieux. 




jaloux 


id. 






ts ekoufouth, mousser 


id. 


koufcth, mousser. 




ts ed'oukoiil, se réunir 


id. 


d'oiikel, se réunir. 




ts emouk'oul, regarder 


id. 


mouk'el, regarder. 




ts irid\ être propre 


id. 


irid' , être propre. 





— 148 — 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


5' forme. — 


(TH préfixe) 


Idée d'I 


abitude 


th etsou, oublier habituel- 


etsou, oublier. 


lement. 




th eddou, marcher id. 


eddou, marcher. 


th ejfcr, cacher id. 


effer, cacher. 


ih effer', sortir id. 


effet'', sortir. 


th ezzoïi, griller id. 


ezzou, griller. 


th e^ou, planter id. 


ezçou, planter. 


th ebbi, pincer id. 


ebbi, pincer. 


th eddez, piler, châtrer id. 


eddez, piler, châtrer. 


th ellem, filer id. 


ellem, filer. 


th essou, étendre {un 


essou, étendre. 


tapis, etc.) id. 




th elli, ouvrir id. 


elli, ouvrir. 


th ak'k'en, lier, atta- 


ak'k'en, lier, attacher. 


cher id. 




theddem, enlever. 


eddem, enlever, lever. 


lever id. 




th effez, mâcher id. 


effez, mâcher. 


th el't'ef, saisir id. 


et't'ef, saisir. 


th ekkes, ôter id. 


ekkes, ôter. 


th ezzi, tourner id. 


ezzi, tourner. 


th elles, tondre id. 


elles, tondre. 


th ezzeg, traire id. 


ezzeg, traire. 



149 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 




th czcel, étendre le bras, la 


ezçel, étendre le bras, 


la 


jambe habituellement. 


jambe. 




th emmer', saisir id. 


emmer', saisir. 




th ek'k'es, piquer id . 


ek'k'es, piquer. 




th el't'edh, téter id . 


el't'edh, téter. 




6' forme. — Redoublem 


3nt de la 2' articulation 




Idée d'I 


ubitude 




zerr, voir habituellement. 


zer, voir. 




sell, entendre id. 


sel, entendre. 




nek'k\ tuer id. 


enf, tuer. 




rek'k', brûler id. 


err' , brûler. 




dhess, rire id. 


edhs, rire. 




kess, paître, faire 


eks, paître. 




paître id. 






r'emm, teindre id. 


fem, teindre. 




zeVV, tisser id. 


ezdh, tisser. 




hezzedh, uriner id. 


ebzedh, uriner. 




nesser, se moucher id . 


enser, se moucher. 




ketchem, entrer id. 


ekchem, entrer. 




kerrez, labourer id. 


ekrez, labourer. 




nek'k'ech, piocher id. 


enk'eeh, piocher. 




kemmez, gratter id. 


ekmez, gratter. 




meggcr, moissonner id. 


emger, moissonner. 




zeggel, manquer le but id . 


ezgel, manquer le but. 


1 



150 — 




gezzem, couper habituelle 

seffedh, nettoyer id. 

ferredh, balayer id. 
rekkedh, fouler aux 

pieds id. 
fesser, étendre du 

linge id. 

rekkem, bouillir id. 

rak'k'em, peindre id. 

ârrek, pétrir id. 

mekken, atteindre id. 

cheffek', avoir pitié id. 

ret't'cl, prêter id. 
zeddem, couper et 

ramasser du bois id . 

k'effez, sauter id. 

zeddef , habiter id. 
iieddi, tendre un 

piège id. 
fessi, fondre, 

dénouer id . 

kerres, nouer id. 

âddel, être égal id. 

mezzi, polir id. 
ânnou, se diriger 

vers id . 

zeddou, s'étendre id. 
h'ammou, être chaud id. 

selleb, être fou id. 



RADICAL 



egzem, couper. 
esfcdh, nettoyer. 
efredh, balayer. 
erkedh, fouler aux pieds. 

efser, étendre du linge. 

erkem, bouillir. 
ark'em, peindre. 
aàrek, pétrir. 
emken, atteindre. 
echfek' , avoir pitié. 
erdhcl, prêter. 
ezd'em, ramasser du bois. 

ek'fez, sauter. 
ezd'er', habiter. 
endi, tendre un piège, 

cfsi, fondre, dénouer. 

ekres, nouer. 
(liuTcl, être égal. 
cmzi, polir. 
aânou, se diriger vers. 

ezd'ou, s'étendre. 
ah'mou, être chaud. 
esleb, être fou. 



— 151 — 



FORME DÉRIVÉE 


RADICAL 


bet'Vou, partager habi- 


ebdhoii, partager. 


tuellement. 






kennou, ployer j 


d. 


eknou, ployer. 


h'allou, être guéri ] 


d. 


ak'lou, être guéri. 


ferrou, faire la paix i 


d. 


efrou, faire la paix. 


fellou, percer j 


d. 


cflou, percer. 


rebbou, se rassasier i 


d. 


crouou, se rassasier. 


zellou, égorger j 


d. 


ezlou, égorger. 


sââou, avoir, posséder i 

1 


d. 


esâou, avoir. 


r'elli, tomber j 


d. 


cfli, tomber. 


bek'k'ou vouloir 


d. 


chfou, vouloir. 


sekkecV, observer j 


d. 


csked' , observer. 


rcggoul, fuir 


d. 


erouel, fuir. 


nek'k'ed', pulvériser i 


d. 


enfcd', pulvériser. 


remmcl, plonger 


d. 


ermel, plonger, enfouir. 


zegger, traverser (une 




ezger, traverser. 


rivière) ] 


d. 




net'Vel, enterrer ] 


d. 


ent'el, enterrer. 



— 152 — 

































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— 165 — 

Du Participe 

Les verbes kabyles, tant primitifs que dérivés, ont deux 
participes. 

L'un équivaut à nos participes présent et passé ; l'autre 
est un participe futur. 

Le premier, que j'appellerai participe présent, bien qu'il 
corresponde à notre participe passé aussi souvent qu'au 
participe présent, se forme en ajoutant un N à la 3'' per- 
sonne du singulier masculin de l'aoriste du verbe. 

Exemples : 

illan, étant, ayant été, existant, ayant existé ; de illa, 

il a été (radical ili, être). 
infan, tuant, ayant tué ; de infa, il a tué (radical 

enr' , tuer). 
izenzen, vendant, ayant vendu ; de izenz, il a vendu 

(radical zenz, vendre ; forme transitive). 
imenr'en, combattant, ayant combattu ; de imenef , il 

a combattu (forme réciproque du radical enf , tuer). 
ismenfen, faisant, ayant fait combattre ; de ismenf , il 

fait, il a fait combattre (combinaison des for- 
mes 1 et 2). 
itsouaroun, ayant été écrit ; de itsouarou, il a été 

écrit (forme passive 3 de arou, écrire). 

Le second s'obtient en ajoutant un N à la troisième 
personne du singulier masculin du futur, indiqué par la 
particule fa. (Voir page 102.) 

Exemples : 

r'a iilin, devant être, devant exister; de fa iili, il 

sera. 
fa infen, devant tuer ; de fa inef, il tuera. 



— 166 — 

fa izenzen, devant vendre; de r'a izenz, il vendra. 
fa imcnfen, devant combattre; de fa imenef, il 

combattra. 
fa ismenfen, devant faire combattre ; de fa ismenf, 

il fera combattre, 
r'fl itsouaroun, devant être écrit ; de fa'itsouarou, il 

sera écrit. 

Ces deux participes sont invariables : ils ne prennent 
ni le th préfixe, signe du féminin, ni les terminaisons du 
pluriel *^*. 

Exemples : 

argaz cnni ith infan. 

L'homme lequel ayant tué lui (l'homme qui l'a tué). 

argaz cnni its infan. 

L'homme lequel ayant tué elle (l'homme qui l'a tuée). 

argaz enni ithen infan. 

L'homme lequel ayant tué eux (l'homme qui les a tués). 

irgazen enni ith infan. 

Les hommes lesquels ayant tué lui (les hommes qui 

l'ont tué). 
irgazen enni ithen infan. 
Les hommes lesquels ayant tué eux (les hommes qui 

les ont tués). 
thamet'Vouth enni ith infan. 
La femme laquelle ayant tué lui (la femme qui l'a tué). 



(1) Dans le dialecte des Touareg, les participes prennent les genres 
et les nombres. C'est une des différences les plus essentielles des deux 
dialectes. 

On retrouve, en kabyle, des traces de participes au jiluriel ; ainsi, 
on dit : enni idlten, un autre, c.-à-d. : lequel étant différent, et enni 
idiienin. d'autres, c.-à-d. : lesquels étant différents. (Voir page 78.) 

Chez les Touareg, on dit : oua idhen, un autre : oui idhenin, d'autres. 



— 107 — 

thoulaouin enni illi inran. 

Les femmes lesquelles ayant lue lui (les femmes qui 
l'ont tué). 

7''oiir i aserd'oiin ilhan. 

J'ai un mulet étant bon (j'ai un bon mulet). 

four i thaserd'ount ilhan. 

J'ai une mule étant bonne (j'ai une bonne mule). 

four i iserd'an ilhan. 

J'ai des mulets étant bons (j'ai de bons mulots). 

inna ias i oumeddakoul is ias ifkan id'rimen. 

Il dit ù lui h l'ami de lui à lui ayant donné de l'argent 
(il dit à son ami qui lui avait donné de l'arg-ent). 

inna iasen i imeddoukal is ias ifkan id'rimen. 

Il dit à eux aux amis de lui à lui ayant donné de l'ar- 
gent (il dit à ses amis qui lui avaient donné de 
l'argent). 

inna iascnt i thoulaouin ias ifkan id'rimen. 

Il dit à elles aux femmes à lui ayant donné de l'argent 
(il dit aux femmes qui lui avaient donné de l'argent) . 

Lorsque le participe présont est employé avec la néga- 
tion, la particule our de la négation attire à elle l'N final, 
qui se place alors entre elle et le verbe. 

Exemples : 

anoua ikchemen anoiia our nekchini. 

Qui étant entré, qui n'étant pas entré (qui est entré ? 

qui n'est pas entré?) 
anoua iâddan anoua our nàdda. 
Qui étant passé, qui n'étant pas passé (qui est passé? 

qui n'est pas passé ?) 
ouin our nczmir. 
Celui ne pouvant pas (celui qui ne peut pas). 



— 1G8 — 



EMPLOI DES PARTICIPES 



Il est à remarquer qu'en kabyle on emploie le participe 
dans les cas où, en français, le verbe se trouve sous 
l'influence d'un pronom relatif ou interrogatif. 

Exemples : 

Les hôtes qui sont venus mangeront chez moi. — 

Tournez : les hôtes lesquels étant venus mangeront 

chez moi. 

inebgaoun enni d iousan ad'ctchen four i. 
L'homme qui vient habituellement. — Tournez : 

rhomme lequel venant habituellement. 

arga: enni d ihascn. 
La femme qui t'a vu. — Tournez : la femme laquelle 

ayant vu toi. 

thamet'f outil enni ik izeran. 
Qui Fa fait entrer? — Tournez : qui ayant fait 

entrer lui ? 

anoua ith ùekchemen. 
C'est toi qui les as fait combattre. — Tournez : c'est 

toi ayant fait combattre eux. 

d' ketch itlten ifimenfen. 
Oui lui a dit? — Tournez : qui à lui ayant dit? 

anoua as innan. 
C'est celui-ci qui sera le chef du village. — Tournez : 

c'est celui-ci devant être le chef du village. 

ad'ouagi fa iilin d' ameUk'eran fef thaddarth. 
L'année qui vient. — Tournez : l'année devant venir. 

asegqas fad iasen. 
L'année qui est passée. — Tournez : l'année étant 

passée. 

(lacggan iàddan. 



— 1G9 — 

L'idée d'action, exprimée en français par le participe 
présent, se rend ordinairement, en kabyle, par la forme 
d'habitude précédée de d'à. 

Exemples : 

Il m'a trouvé écrivant. — Tournez : il a trouvé moi 

j'écris. 

ioufa i d'à tsarouf, ou bien : ioufa i ellif d'à 

tsarouf , il a trouvé moi j'étais j'écris (j'écrivais). 
Je l'ai vu jouant. — Tournez : j'ai vu lui il joue. 

zcrif th d'à ilsourar. 

Manière de rendre l'idée passive 

L'idée passive peut se rendre par l'une des formes 
dérivées 2, 3 ou 4 dont nous avons parlé. (Voir le tableau 
n° 1, page 112.) 

Mais souvent aussi, les Kabyles emploient le verbe 
primitif pour exprimer cette idée. 

Ainsi, au lieu de dire : 

illa itsouarez lamâni ilsouabrou. 

Il était, il a été attaché, mais il a été lâché. 

our th oufin ara illa itsouaffcr. 

Ils ne l'ont pas trouvé, il existait, il a été caché. 

kilab agi itsouaroii se thk'ebailith. 

Ce livre a été écrit en kabyle. 

Ils diront : 

illa itsouarez lama ni ibra. 

Il existait, il a été attaché, mais il a lâché. 

our th oufin ara illa iffer. 

Ils ne l'ont pas trouvé, il existait, il a caché. 

kitab agi ioura se thk'ebailith. 

Ce livre a écrit en kabyle. 



— 170 — 

En général, Jes formes passives sont assez rarement 
employées; on se sert plus volontiers de l'actif, comme 
nous venons de le dire, ou d'une tournure analogue à 
notre manière de dire : on l'a fait, pour il a été fait ; 
on l'a tué, pour il a été tué, etc. 

Ainsi, au lieu de dire : 

arga:: agi itsouner' idhclli. 
Cet homme a été tué hier. 
thabrats agi thelsourcr d'i souk'. 
Cette lettre a été lue au marché. 

On dira plutôt : 

argaz agi nfan t idhdli. 
Cet homme, ils ont tué lui hier. 
thabrats agi r'emn ts d'i souk'. 
Cette lettre, ils ont lu elle au marché. 

Ou bien : 

nfan argaz agi idhdli. 
Ils ont tué cet homme hier. 
r'eran thabrats agi d'i souk\ 
Ils ont lu cette lettre au marché. 

Notre pronom on se rend par la troisième personne du 

pluriel du verbe. 

Exemples : 

zeran t, on l'a vu (ils ont vu lui). 
ek'k'arcn, on dit (ils disent). 

Manière de rendre l'idée représentée 
par notre verbe réfléchi 

Pour exprimer l'idée représentée par notre verbe réflé- 
chi, lorsqu'il a réellement la signification que son nom 



— 171 — 

indique, ccst-à-dire, lorsque l'action rclonibc sur la per- 
sonne, on place, après le verbe, le mot iman, âme, 
individu, personne, que l'on fait suivre des pronoms 
personnels affîxes des noms. 
Les Arabes expriment cette idée de la même manière. 

Exemples : 

ououthef iman ion. 

J'ai frappé personne de moi, moi-môme (je me suis 

frappé) . 
îhesmer'eredh iman ik. 

Tu vantes personne de toi, toi-même (tu le vantes). 
ad'inef iman is. 

Il tuera personne de lui, lui-même (il se tuera). 
thesared'em iman ennoucn. 
Vous avez lavé personne de vous, vous-même (vous 

vous êtes lavé). 

Il est évident, par la nature môme de ces locutions, 
qu'elles ne peuvent s'appliquer qu'aux verbes dont l'action 
revient sur la personne, et non pas indifféremment à tous 
nos verbes pronominaux. Ainsi : 

Je me suis assis, il s'est levé, se disent, en kabyle, 
eWk'imer', ikker, et l'on ne peut dire : ek'k'imer' iman iou, 
ikker iman is. 

Du verbe ILI, être, exister 

Le verbe ili, être, exister, n'est pas employé en kabyle 
comme auxiliaire. Il exprime, d'une manière absolue, Tidée 
de l'existence; nous en reparlerons plus loin en traitant 
la question de la concordance du verbe kabyle avec le 
verbe français. 

Ce verbe étant très fréquemment employé, nous en 
donnerons la conjugaison dans ses diverses applications. 



— 172 



Singulier. 
Pluriel .. . 



IMPERATIF 

2' personne (7/ (radical), sois. 

(, 2'^ pars, masculin ilith, soyez. 

' 2'' pers. féminin iUmth, soyez. 



AORISTE 



Singulier 



1" personne — 

2* personne.. . , 
3" pers. masc. 
3" pers. fém. . 



Sans particnle. 

ellir' , je suis, j'ai été, 

j'étais, je fus. 
theUidh, tu as été, tues, etc. 
illa, il est, il a été, etc. 
th clla, elle est, etc. 



Avec la particule ai. 
ai ellir', j'ai été, je fus. 

ai theUidh, tu as été, etc. 
ai gella, il a été, etc. 
aithella, elle a été, etc. 



1" personne.. . 
2* pers. masc. 
2' pers. fém. . 

3* pers. masc. 
3' pers. fém. . 



Pluriel : 

nella, nous sommes, etc. 
th ellam. vous êtes, etc. 
th ellamth, vous êtes, etc. 

ellan. ils sont, etc. 
ellant, elles sont, etc. 



ai nella, n' avons été, etc. 
ai thellam, v' avez été, etc. 
ai thellamth , vous avez 

été, etc. 
ai ellan. ils ont été, etc. 
ai ellant, elles ont été, etc. 



l" personne.. . , 

2' personne 

3* pers. masc. 
3' pers. fém. . 



FUTUR 



Singulier 



Par ad'. 

ad' ilir , je serai. 
at ilidh, tu seras. 
ad' an, il sera. 
at m, elle sera. 



Tar r'a. 

r'a ilir', je serai. 
r'a thilidh, tu seras. 
r'a au, il sera. 
r'a thili, elle sera. 



1" personne.. . 
2' pers. masc. 
2'^ pers. fém. . 
3' pers. masc. 
3" pers. fém. . 



Pluriel 

anni/i, nous serons. 
atilim, vous serez. 
atilimth, vous serez. 
ad'ilin, ils seront. 
ad'ilint, elles seront. 



r'a nili, nous serons. 
r'a thilini, vous serez. 
r'a thiliinth, vous serez. 
r'a ilin, ils seront. 
r'a ilint, elles seront. 



— 173 — 



Forme d'habitude 



AORISTE 



Singulier : 

!"■ personne tsilir'. je suis habituell' 

j'ai riiabitude d'être. 

2' personne t/ietstlid/), iu es id. id. 

3'' pers. masc. itsili, il est id. id. 

3*^ pers. l'ém... t/ietsili, el'e est id. id. 

Pluriel : 

1" personne netsili, nous sommes id. 

2*^ pers. masc. thetsiliin. vous êtes id. 

2^ pers. fém... thetsilimth, vous ùles \d. 

3* pars. masc. tsilin, ils sont id. 

3* pers. fém... ^stZm^, elles sont id. 



PARTICIPE PRÉSENT 

illa?t, étant, ayant été. 



PARTICIPE FUTUR 

r'aiiUn, devant être. 
NOM VERBAL 

thiliii, existence. 



On emploie très souvent, pour exprimer le présent du 
verbe être, les expressions suivantes, qui signifient aussi 
me voici, te voici, le voici, te voilà, le voilà, etc., et servent 
à appeler l'attention sur les personnes ou les choses. 



Sing-ulier : 







Pour les personnes Pour les personnes 
ou les choses ou les choses 
présentes ou rapprochées. éloignées. 


1" personne — 


je suis. 


ak'li. 


)) 


2' pers. masc. 


tu es. 


ak'lak id. 


ak'lak. 


2* pers. fém. . . 


tu es. 


aL'lahcin id. 


ak'lakcm. 


3' pers. masc. 


il est. 


athaia, — at/iaicn. 


aliath. 


3' pers. fém. . . 


elle est. 


atsaia. — atsaien. 
Pluriel : 


ahat^. 


1" personne 


nous sommes. 


a/i'lar'. 


» 


2'' pers. masc. 


vous êtes. 


ak'lakoun id. 


ali'lakoun. 


2' pers. fém. . . 


vous êtes. 


ak'la/.'otint id. 


ak'lakount. 


'à" pers. masc. 


ils sont. 


athenaia, — athonaien. 


a/iat/wn. 


3* pers. fém. . . 


elles sont. 


athcntaia. — atlientaien. 


ahat/wnt. 



— 174 — 

Les mots alhaien, atmicn, athcnaien, athentaien indi- 
quent toujours une idée de rapport avec la personne à 
qui Ton parle ; ainsi, Ton dira : 

athaien emmi k atsaien illi k. 
Voici ton fds, voici ta fille. 
athenaien icrrimcn cnnouen. 
Voici l'argent de vous. 

Et Ton dira : . 

athaia cmmi emmi s alsaia illi s. 
Voici mon fils, son fils, voici sa fille. 
athenaia id'rimen ensen. 
Voici l'argent , d'eux (leur argent). 

De l'idée de possession 

L'idée de possession s'exprime, en kabyle, de deux 
manières : 

1'' Par le verbe esaoïi ^'^ avoir, posséder ; 

2° Par la préposition rour, chez, que Ton fait suivre 
des pronoms personnels affixes. 

Cette seconde manière est, comme on voit, tout à fait 
semblable à celle qu'emploient les Arabes. 

Le verbe esâou n'offre aucune particularité qui le dis- 
tingue des autres verbes ; nous en indiquerons cependant 
la conjugaison, à cause de son fréquent usage. 

(1) Le verbe esâou est, je pense, d'origine arabe, peut-être est- il 
l'altéralion de ç-**'^ • contenir. 

Les Touareg ne l'emploient pas; ils se servent du verbe cl, aoriste 
elir', ila, posséder. 

En général, les mots où se trouve un t me paraissent étrangers à la 
langue berbère. 



175 — 



IMPERATIF 



Singulier : 

2*^ personne.... esâou (radical), aie, 



Pluriel 



2® pers. (masc). esàoulh, 
2^ pers. (fém.).. esâoumth, 



ayez, 
avez , 



1" personne, 



AORISTE 

Singulier : 



sair , 



t^ personne.... thesâidh, 
3® pers. (masc). isûa, 
3® pers. (fém.l.. thés âa, 



j ai, j avais, j ai eu, 

j'eus, 
tu as, etc. 
il a, etc. 
elle a, etc. 



Pluriel 

l^'e personne.. . . nesâa, 

S*^ pers. (masc). thesâam, 

2" pers. (fém.).. thesàam th, 

3® pers. (masc). sàan, 

2" pers. (fém.).. sâan t, 



nous avons, etc. 
vous avez, etc. 
vous avez, etc. 
ils ont, etc. 
elles ont, etc. 



FUTUR PAR ait 



V^ personne. . . . 
2" personne .... 
3* pers. (masc). 
3- pers. (fém.). . 



Singulier : 

acr sàour, 
al sâoiidk, 
ad' ùdou, 
al mou, 



J aurai . 
lu auras, 
il aura, 
elle aura 



— 17G 



l"^® personne. . . 
2*^ pers. (masc.) 
2® pers. (fém.). 
3*^ pers. (masc' 
3'' pers. (fém.). 



Pluriel : 

an ncsâou, 
at sàoum, 
ai sdoumth, 
aif sûoiin, 
aiV sâount, 



nous aurons, 
vous aurez, 
vous aurez, 
ils auront, 
elles auront. 



1^® personne 



2® personne. . . 
3® pers. (masc.^ 
3^ pers. (fém.). 



l''^ personne.. . 
2® pers. (masc.^ 
2« pers. (fém.). 
3® pers. (masc.) 
3® pers. (fém.). 



Forme d'habitude 

AORISTE 

Singulier : 

S û à ou)\ 



thesââoudh, 
i sa à ou, 
thcsdâou. 

Pluriel : 

ne sûâou, 
the sâàoum, 
thc sûâoumth, 
sâûoun, 
sààount, 



j'ai habituellement, 
j'ai r h a b i t u d e 
d'avoir. 

tu as id. id. 

il a id. id, 

elle a id. id. 



nous avons id. id. 

vous avez id. id. 

vous avez id. id. 

ils ont id. id. 

elles ont id. id. 



PAIITICIPE PRESENT 

isàan, ayant, ayant eu. 

PARTICIPE FUTUR 

r'a isâowi, devant avoir. 

NOM VERBAL 

sâaia, possession. 



— 177 — 

Voici la seconde manière d'exprimer Tidée de pos- 
session : 

fouri, chez moi, c'est-à-dire j'ai. 

four ek, chez toi, — tu as (masc). 

r'our em, chez toi, — tu as (fém.). 

four es, chez lui, chez elle, — il a, elle a. 

four naf, chez nous, — nous avons. 

fourouen, chez vous, — vousavez(masc.). 

fourkount, chez vous, — vous avez (fém.). 

foursen, chez eux, — ils ont. 

four sent, chez elles, — elles ont. 

Pour exprimer le passé et le futur de notre verbe avoir, 
on prend l'expression verbale était chez..., sera chez..., 
avec le verbe ili, être, qui a pour sujet le nom de la chose 
possédée et s'accorde avec lui. 

Exemples : 

J'avais, j'ai eu des chevaux. — Tournez : 
étaient chez moi des chevaux. 
ellan fouri iàoud'iouen. 

Il avait une grande maison. — Tournez : 
était chez lui ou à lui une maison grande 
illa r'our es oukhkham d'amck'k'eran. 

Tu avais une jument. — Tournez : 
était chez toi une jument. 
tkella four ek thagmarth. 

Il avait des chèvres. — Tournez : 
étaient chez lui des chèvres. 
ellanl four es thifet't'en. 

Nous aurons des vaches. — Tournez : 
seront chez nous des vaches. 
ad'ilint four naf thisitha. 

12 



— 178 — 

Vous aurez un bœuf. — Tournez : 
sera chez vous un bœuf. 
ad'ili rour ouen ouzgar. 

Elles auront des moutons. — Tournez : 
seront chez elles des moutons. 
acVilin four sent oiiakraren. 

De rinterrogation 

L'interrogation s'exprime par le nom kera, chose, mis 
après le verbe ou le mot qui en tient lieu : 

thesenedh kera, sais-tu? 

inna kera, a-t-il dit? 

illa kera, y a-t-il? 

r'ourek kera, as-tu? 

ousand kera, sont-ils venus? 

Le mot kera est un substantif qui signifie une chose, 
quelque chose, un peu. Il peut se conserver devant un 
autre substantif qui prend alors la préposition du génitif. 

Exemples : 

four ek kera h oukhkham? 

as-tu chose de maison ? (as-tu une maison ?) 

four ek kera ne tserd^ount? 

as-tu chose de mule ? (as-tu une mule ?) 

thesûam kera g izgaren ? 

avez-vous chose de bœufs ? (avez-vous des bœufs ?) 

Le plus souvent on supprime, dans le discours, le mot 
kera, et c'est l'intonation seule qui indique l'interrogation. 



— 179 — 

Ainsi, l'on dit : 

thesenedh ? sais-tu ? 

inna? a-t-il dit? 

r'our ek akhkham ? as-tu une maison ? 

four ek thascrd'ount? as-tu une mule? 

thesâam izgaren? avez-vous des bœufs? 

Lorsque la phrase renferme déjà une locution interro- 
gative, le mot kera se supprime toujours. 

Exemples : 

achou inna? qu'a-t-il dit? 

anoua d iousan ? qui est venu ? 

INTERROGATIONS LES PLUS USITÉES 

achou, que ? quoi ? 
achou thennidh ? que dis-tu ? 

anoua, qui? qui est-ce? 
anoua d iousan ? qui est venu? 
anoua ak innan akka ? qui ayant dit à toi ainsi? qui t'a 

dit cela? 

achou th, qu'est-ce ? 

achou th ouagi? qu'est-ce cela? 

anoua ai, quel ? lequel ? 

anoua aâoud'iou ai thour'edh? quel cheval prends-tu? 
anoua ai d' egma k ? lequel est ton frère ? 

anoui ai, lesquels ? 
anoui ai d' imeddoukal ik ? lesquels sont tes amis ? 

enta ai, laquelle? 
enta ai ettameVCouth ik? laquelle est ta femme? 



— 180 - 
enti ai, lesquelles? 
enti ai d'issethma k ? lesquelles sont tes sœurs? 

achimi, pourquoi? 
achimi d iousa ? pourquoi est-il venu ? 

ai r'ef, pourquoi ? 
ai r'ef fa d ias? pourquoi viendra-t-il? 

ai s, avec quoi ? 
ai S itouthedh ? avec quoi Fas-tu frappé? 

anid'a, où? (sans mouvement). 
anid\( tJielUdh idhcUi? où étais-tu hier? 

sani, où? (avec mouvement). 
sani therouh'edh? où vas-tu? 

atisi, d'où ? par où ? 

ansi disoudh ou adhou? d'oii souffle levant? 
aiisi r'a nâddi? par où passerons-nous? 

achh'al, combien ? 
achJi'al r'oures b ouakraren ? combien a-t-il de moutons? 

achh'al ais, combien? (pour quel prix). 
achh'al ais thezenzedh ourtJii k? combien as-tu vendu ton 

jardin ? 

melmi, quand? 

melmi itezeridh? quand Tas-tu vu? 

amek, comment? 
amck tJicUidh ? comment es-tu? comment te portes-tu? 

ma nia, y a-t-il ? 

ma illa ouslcn dH iliemonrth ennouen? y a-t-il Tespèce 
frêne dans le pays de vous ? 



— 181 - 

ma thella, y a-t-il ? 
ma thella Ihizgi? y a-t-il une forêt? des broussailles? 

ma ellan, y a-t-il ? 
ma ellan ouaman? y a-t-il de Teau? 

ma ellant, y a-t-il? 
ma ellant tliisekerin? y a-t-il des perdrix ? 

De la Négation 

La négation s'exprime, en kabyle, au moyen des mots 
our ('^ et ara, le premier précédant et le second suivant le 
verbe, comme ne et pas en français. 

Exemples : 

our cssincf ara, je ne sais pas. 

our themiidh ara, tu n'as pas dit. 

our d itsas ara, il ne viendra pas. 

our thczenz ara akhkham is, elle n'a pas vendu sa 

maison. 

our nezmir ara, nous ne pouvons pas. 

(1) Quelques tribus de l'Oue.] Sahel font précéder ara du son ou. Ex. : 
our itsali ouara, il ne donnera pas. 

Chez les Touareg, la négation s'exprime par la seule particule our, 
et l'on dit : our essiner', je ne sais pas. Lorsqu'on veut indiquer une 
négation absolue, on ajoute le mot aret, chose ; ainsi, our essiner' aret 
signifie : je ne sais rien, je ne sais pas du tout. 

Dans le Temazir't de R'edames, la particule our est remplacée par ak 

Exemples : 

ak as efkir', je n'ai pas donné à lui. 

ak t ouiter', je ne l'ai pas frappé. 

ak as t efkir'. je ne le lui ai pas donné. 

Les Béni Menacer remplacent our par ouh. 



— 182 — 

Quelquefois le mot ara se supprime, comme en français 
le mot pas. 

Exemples : 

ik'k'im d'à itscrou our itliets our isess. 
Il reste, il pleure, il ne mange ni ne boit. 

achoii illan achou our nelli. 
Quoi étant? quoi n'étant pas? (qu'y a-t-il, que n'y 
a-t-il pas?) 

ouin our nezmir. 

Celui ne pouvant pas (celui qui ne peut pas). 

Les Kabyles emploient très souvent les mots oulach, 
oulah, avec la signification de : il n'y a pas, rien, non. 

Exemples : 

oulach four es akhkJiam. 

Il n'y a pas chez lui de maison (il n'a pas de maison). 

oulah four naf iàoud'iouen. 
Il n'y a pas chez nous de chevaux (nous n'avons 
pas de chevaux). 

four ek id'rimen oulach fouri. oulach. 
As-tu de l'argent ? je n'en ai pas. Non. 

four ouen kera b ouarrach oulah. 

Avez-vous cbose d'enfants ? Non. 

(Avez-vous des enfants? — Non.) 

On a vu déjà que l'aoriste des formes d'habitude est 
toujours employé pour exprimer le futur dans les propo- 
sitions négatives. (Voir page 122.) 

C'est aussi l'impératif des formes dhabitude qui 
s'emploie avec la négation. (Voir page 123.) 



— 183 — 



Le son A, qui se trouve à la dernière syllabe de l'aoriste 
des verbes dont nous avons parlé (pages 107 et 108), se 
change en I lorsque ces verbes sont employés avec la 



négation. 



Exemples 



our ionri ara, il n'a pas écrit, et non : oiir ioura ara. 
our sain ara, ils n'ont pas, et non : oiir scian ara. 
our oufint ara, elles n'ont pas trouvé, et non : our 

ou faut ara. 
achou illan achou our nelli, qu'y a-t-il, que n'y a-t-il 

pas ? et non : our nella. 

Les verbes dont il a été question page 110, qui prennent 
le son A à toutes les personnes de l'aoriste, conservent ce 
son avec la négation. 

Exemples : 

our iouala ara, il n'a pas regardé. 
our oualant ara, elles n'ont pas regardé. 
our nàdda ara, nous ne sommes pas passés. 

La négation agit même sur le verbe à l'aoriste. On 
pourra remarquer que beaucoup de verbes introduisent 
le son I avant la dernière articulation, dans les proposi- 
tions négatives. 

Exemple : 

our iouk'k'im ara, il n'a pas fait, 
et non : our iouk'k'em ara. 

Nous avons déjà eu occasion de faire observer que la 
particule our de la négation attirait à elle IW final du 
participe présent. Cette propriété d'attraction, qui n'est 



— 184 — 



pas, du reste, reslreinle à la parliculc our, s'exerce encore 
sur les pronoms affîxes rég-imes du verbe, et sur le D et 
FN séparables dont nous parlerons plus loin. INous y 
reviendrons donc en traitant ces sujets. 



Concordance du verbs kabyle avec le verbe français 

La conjugaison du verbe kabyle consiste, comme on 
Ta vu, dans un mode unique servant à exprimer le pré- 
sent, le passé et quelquefois le futur. Mais, généralement, 
il est précédé, pour ce dernier temps, des particules ad' 
ou r'a. 

Cet emploi du verbe primitif, auquel on ajoute, en 
certains cas, la forme d'habitude, sert à exprimer toutes 
les nuances des temps simples. 

Les temps relatifs s'expriment en combinant le verbe 
m, être, exister, avec le verbe d'action ou d'état. 

Il ne faut donc pas chercher, dans le verbe kabyle, une 
concordance exacte avec les divers temps de notre verbe. 

Le mode unique du verbe kabyle (sans la particule ad') 
équivaut à tous les temps suivants : 

PRÉSENT ABSOLU 

J'ai une maison, sâir' akhkham. 

11 demeure dans le village, izd'cr' d'i thaddarth. 



à 



— 185 — 

IMPARFAIT DE l'iNDICATIF 

Il existait un homme qui avait un fils, illa iioun isâa 
emmi s. 

J'avais une maison, je l'ai vendue, sair' akhkham zen- 
zer'th. 

PASSÉ INDÉFINI. — PASSÉ DÉFINI 

Il est venu, il vint hier, iousa d idhelli. 

PASSÉ DÉFINI. — PASSÉ ANTÉRIEUR 

Quand j'arrivai, quand je fus arrivé, il me dit, segmi 
ehhodhef inna ii. 

CONDITIONNEL PASSÉ 

Si je lui avais écrit hier, il serait venu, lemmer as ourif 
idhelli ialli d iousa. 

FUTUR PASSÉ 

Quand je serai mort, vous m'enterrerez dans le cimetière 
du village, mi emmoulhcr' ad' i thcnt'elcm d'i tlicmelic- 
berth nthaddarth. 

SUBJONCTIF PASSÉ 

Il restera jusqu'à ce qu'il ait fini, ad'ik'k'im alemma ikfa. 

SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT 

Il est resté jusqu'à ce qu'il eût fini, ik'k'im almi ikfa. 



— 186 — 

Précédé de la particule ad', il équivaut aux temps 
suivants : 

FUTUR PRÉSENT 

Il écrira demain, ad'iarou azekka. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

J'écrirais si j'avais de l'encre, ad'arouf ma illa fouri cl 
midad. 

CONDITIONNEL PASSÉ 

J'aurais écrit si j'avais pu, ad'arouf ma zcmerer'. 

SUBJONCTIF PRÉSENT 

Je veux qu'il écrive, br'ir' ad'iarou. 

SUBJONCTIF IMPARFAIT 

J'ai voulu qu'il écrivît cette lettre avant de partir, br'if 
ad'iarou thabrats agi k'cbel ad'irouK . 

SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT 

J'aurais voulu qu'il eût écrit cette lettre hier, bfif ad'ia- 
rou thabrats agi idhelli. 

IMPÉRATIF 

Écrivons, an narou. 

Va, dis à ton père que je veux qu'il vienne, rouh' al inidh 
i baba k br'ir ad tas. 



— 187 — 



INFINITIF 



Dis à ton frère de venir demain, in as igma k ad ias 
azckka . 

Il sait lire, mais il ne sait pas écrire, issin ad'ifer our 
issin ara ad'iarou. 

Lorsqu'on veut indiquer l'idée du présent actuel, on 
doit employer la forme d'habitude précédée de l'adverbe 
d'à. (Voir page 123.) 

Temps relatifs 

Les temps relatifs s'exprimant en français par l'impar- 
fait, le plus-que-parfait, le futur passé, se rendent, en 
kabyle, par le verbe ili , être, exister, suivi du verbe 
d'action ou d'état, employé avec l'adverbe d'à, et mis à la 
forme d'habitude pour l'imparfait. 

Pour le plus-que-parfait, c'est l'aoriste du verbe que 
l'on emploie. 

Lorsque le verbe d'action ou d'état se rapporte à un 
temps futur, le verbe ili est toujours précédé de la parti- 
cule ad' . 

Il est à remarquer que, dans ces temps relatifs, le verbe 
ili, être, exister, exprime d'une manière absolue et verbale 
l'idée de l'existence, et que le verbe d'action ou d'état qui 
le suit n'a d'autre valeur que celle d'un participe déter- 
minant la manière dont le sujet existe. 

Ainsi, notre expression, par exemple : j'écrivais quand 
il est venu, se tournera en kabyle : j'existais j'écris. . . 
(c'est-à-dire j'existais écrivant). 



— 188 — 
Cette construction est également usitée chez les Arabes, 

Exemples : 

IMPARFAIT DE l'iNDICATIF 

J'écrkais quand il est venu, ellir' (ïa tsarour' mi d iousa. 
(J'existais j'écris, ou écrivant, quand il est venu.) 

plus-que-parfait de l'indicatif 

J'avais écrit quand il est venu, ellif ourif mi d iousa. 
(J'existais j'ai écrit, ou ayant écrit, quand il est venu.) 

futur passé 

Saurai écrit quand il viendra, additif ourir' mi fa d ias. 
(Je serai j'ai écrit, ou ayant écrit, quand il viendra.) 

Remarque. — On exprime le désir, la volonté, en 
faisant précéder le futur du verbe d'action ou d'état du 
verbe ili, être (sans la particule ad'). 

Exemples : 

ellif ad'rouJi'er" fer thcmourth thoura ek'k'imcf, j'exis- 
tais j'irai au pays, maintenant je suis resté. 

(Je désirais, je voulais, j'étais sur le point d'aller au 
pays, maintenant. . .) 

ellif ad'afer aserd'oun thoura our oufifara id'rimen, 
j'existais j'achèterai un mulet, maintenant je n'ai pas 
trouvé d'argent. 

(Je désirais je voulais acheter un mulet, mais je n'ai 
pas trouvé d'argent.) 



— 189 — 



De l'idée conditionnelle 



En thèse générale, toute expression conditionnelle se 
compose de deux termes : la condilion et la conséquence. 
Ce dernier terme peut quelquefois être sous-entendu. 

La particule lemmer, si, suivie du futur ou de l'aoriste, 
indique la condition. 

La conséquence est précédée du mot ialli, servant, en 
quelque sorte , à corroborer la conséquence. Ce mot se 
supprime quelquefois. 

Exemples : 

Si tu écris, il viendra, ^ lemmer ataroudJi ialli 

et Si tu écrivais, il viendrait, ) ad ias. 

Si tu avais écrit, il serait venu, lemmer thonridh 
ialli d iousa. 

La construction de la condition est, comme on voit, 
fort simple, puisqu'elle se borne à l'emploi du futur pour 
le temps absolument futur, et de l'aoriste pour le passé. 

Du Subjonctif ou Optatif 

L'idée de notre subjonctif ou optatif s'exprime tout 
simplement, en kabyle, par le futur ou l'aoriste du verbe. 

Exemples : 

Je veux qu'il écrive. 

bfif ad'iarou (je veux il écrira). 



— 190 — 

Je lui avais donné ce cheval pour qu'il le vendît. 
ellir' efkif as aâoudHou agi iouakken ath izenz (j'exis- 
tais, j'ai donné à lui ce cheval, afin que il le vendra). 

Que t'avait-il fait pour que tu l'aies tué ? 
achoii ak ikhed'em almi il tenfidh (quoi à toi il a fait, 
en sorte que tu l'as tué). 

Notre conjonction que n'a pas d'équivalent en kabyle. 

Remarque. — On emploie souvent la tournure suivante 
pour exprimer le désir : • 

a oua as innan et a oui as innan, ô qui à lui ayant 
dit (c'est-à-dire : plût à Dieu que quelqu'un lui ait 
dit). 

a oui ii imelau, ô qui à moi ayant indiqué (c'est-à- 
dire : plût à Dieu que quelqu'un m'indique, m'ait 
indiqué). 

De l'Infinitif 

L'infinitif français se rend généralement, en kabyle, par 
le futur. 

Exemples : 
Je veux écrire. 
bfir' ad'arouf (je veux j'écrirai). 

Il ne sait pas écrire. 

our issin ara ad'iarou (il ne sait pas il écrira). 

Dis à ton frère d'écrire demain. 
in as igma k ad'iarou azekka (dis à ton frère il écrira 
demain). 

As-tu une maison à vendre? 

four ck akhkham al zcnzcdh (as-tu une maison, tu 
la vendras). 



— 191 — 

Lorsque l'infinitif suit immédiatement un impératif, on 
emploie, pour l'exprimer, soit le futur, soit l'impératif. 

Exemples : 

Viens prendre ton argent demain. 
as ed ataouidh id'rimen ik azekka (viens tu empor- 
teras ton argent demain). 

Ou bien : 

as ed aoui id'rimen ik azekka (viens emporte ton 
argent demain). 

Si l'infinitif français est employé dans le sens d'un nom 
abstrait d'action ou d'état, on l'exprime par le nom de 
l'action ou de l'état, ainsi : 

Tuer les femmes est une mauvaise action, se dira : 
thimenfiouth entoulaouin d'iri ts. 

(A la lettre : le meurtre des femmes est mauvais.) 



Des Pronoms affixes employés comme régimes directs 
et indirects des verbes 

Ces pronoms^ employés comme régimes directs ou 
indirects, se placent tantôt avant, tantôt après les verbes 
qui les régissent, d'après les lois suivantes : 

1" LOI 

Lorsqu'un verbe n'est influencé par aucune particule, 
les pronoms affixes dépendant de ce verbe se placent après 

LUL 



— 192 — 



2' LOI 



Lorsqu'une particule quelconque agit sur le verbe, elle 
prend à sa suite les jwonoms afjixes qui se placent ainsi 

ENTRE elle ET LE VERBE. 

Cette faculté attractive des particules est un des carac- 
tères spéciaux de la langue kabyle. Elle ne s'applique pas 
seulement aux pronoms régimes des verbes, elle s'étend 
aussi au D et à l'N séparables, dont nous allons parler, 
ainsi qu'à l'N caractéristique du participe. (Voir page 1G7.) 

Observation générale. — Lorsqu'un verbe gouverne 
deux pronoms, dont l'un est régime direct et l'autre 
régime indirect, le régime indirect se place toujours 
le premier. 

Applications : 

VERBES SANS PARTICULES 

RÉGIME DIRECT 

aouth i, frappe-moi. 

cfk ith (•), donne-le. 

oualith ets, regardez-la. 
ar'emth etsen^-\ achetez-les (fém.). 

ioulh i, il a frappé moi. 

iffer ik, il a caché toi . 

izera kem, il a vu toi (fém). 

thezeridh ets, tu as vu elle. 

cfkir' th, j'ai donné lui. 

thedjidh ar', tu as quitté nous. 

(1) Les voyelles qui précèdent les affixes sont euphoniques. 

(2) Le t/t s'est changé, par cuplionie, en ts dans ce mot. 



— 193 — 

zerir' koun, j'ai vu vous (hommes). 

idja kount, il a abandonné vous (femmes), 

inr'a then, il a tué eux. 

thour' ithenl, elle a acheté elles. 



REGIME INDIRECT 



ifka ii, 
inna iak, 
melir' am, 
izenz as, 
oukeren af, 
efkir aoun, 
ichiiâ akount, 
Isakef asen, 
immal ascnt, 
mel a, 
efk as, 



il a donné à moi . 

il a dit à toi. 

j'ai indiqué à toi (fém.). 

il a vendu à lui, à elle. 

ils ont volé à nous. 

j'ai donné à vous (masc). 

il a envoyé à vous (fém.). 

je donne habituellement à eux. 

il indique habituellement à elles. 

indique à moi. 

donne à lui, à elle. 



REGIMES DIRECT ET INDIRECT 

il a donné à lui lui (il le lui a donné). 

j'ai indiqué à lui eux (je les lui ai indi- 
qués) . 
zenzer' asen Un, j'ai vendu à eux eux (je les leur ai 
vendus). 

il a volé à elles elle (il la leur a volée). 

il a indiqué à nous lui (il nous l'a in- 
diqué) . 



ifka iak th, 
melir' as then, 



iouker asent ets, 
imela iaf th, 



irdhel aoun ts, 
nefka iakoiint ets, 

efk ii th, 
emmal ar' then, 



il a prêté à vous elle (il vous l'a prêtée). 

nous avons donné à vous elle (nous vous 
l'avons donnée). 

donne à moi lui (donne-le-moi). 

indique habituellement à nous eux (in- 
dique-les-nous habituellement) . 

13 



— 194 — 



VERBES AVEC LES PARTICULES 



REGIME DIRECT 

il me tuera. 

il te cachera. 

il te verra (fém.). 

tu la donneras. 

ils nous craindront. 

il le fera sortir. 

nous vous abandonnerons, 

il vous regardera. 

vous les frapperez. 

ils les achèteront. 

il ne me tuera pas. 

il ne te cachera pas. 

il ne te verra pas. 



ad' i inef, 

ak ijfcr <■', 

akcm izcr, 

ats thefkedh, 

ad' af aoggad'cn, 

ath issoufer', 

akoun nedj, 

akount iouali, 

athen toulhcm, 

alhent afcn, 

our i inok'k'ara, 

oiir k ilheffer ara, 

our kem izerr ara, 

our ts thetsakedh ara, tu ne la donneras pas. 

our th issoufour' ara, il ne le fera pas sortir. 

our ar' tsaoggad'en ara, ils ne nous craindront pas. 

our koun nctsadja ara, nous ne vous abandonnerons pas. 

our kount itsouali ara, il ne vous regardera pas. 

our then tekkathem ara, vous ne les frapperez pas. 

.our thent Isafen ara, ils ne les achèteront pas. 

il ne m'a pas frappé. 

il ne t'a pas caché. 

il ne t'a pas vue. 

tu ne Tas pas vue. 

il ne les a pas tués. 

ne le frappe pas. 

ne m'abandonne pas. 



our i iouith ara, 
our k iffir ara, 
our kem izeri ara, 
our îs tJiezeridh ara, 
our then infi ara, 
our th ekkath ara, 
our i tsadja ara. 



(1) On remarquera que le d' de la particule ad' disparaît devant les 
pronoms régimes directs, excepté devant ceux de la première personne 
du singulier et du pluriel. 



— 195 — 



REGIME INDIRECT 



our ii ifki ara, il ne m'a pas donné. 

our ak inni ara, il ne t'a pas dit. 

our am efkir' ara, je ne t'ai pas donné. 

our as izenz ara, il ne lui a pas vendu. 

our ar' oukiren ara, ils ne nous ont pas volés. 

our aouïi ennir' ara, je ne vous ai pas dit. 

our akount ichiiâ ara, il ne vous a pas envoyé. 

our asen tennidh ara, tu ne leur as pas dit (à eux). 

our asent melir' ara, je ne leur ai pas indiqué (à elles). 

ad' il iefk, il me donnera. 

ad' ak inif , je te dirai. 

ad' am d aouif, je t'apporterai (à toi, fém.). 

ad' as nemel, nous lui indiquerons (à lui, à elle). 

ad' af isemir aman, il nous versera de l'eau. 

ad' aoun terdhcl id'rimen, elle vous prêtera de l'argent. 

ad' akount r'ement ichcbbouben en kount, elles vous 

teindront vos bandeaux de cheveux. 
ad' asen tinidh, tu leur diras (à eux). 
ad' asent iarou, il leur écrira (à elles). 
our ii itsak ara, il ne me donnera pas. 
our ak ek'k'arer' ara, je ne te dirai pas (masc). 
our am de tsaouir' ara, je ne t'apporterai pas (fém.). 
our as nemmal ara, nous ne lui indiquerons pas. 
our ar' isemiri ara aman, il ne nous versera pas d'eau. 
our as tsak ara, ne lui donne pas (à lui, à elle). 
our asen emmal ara, ne leur indique pas (à eux) . 



REGIMES DIRECT ET INDIRECT 



our ak th ifki ara, il ne te l'a pas donné (à toi, masc). 
our as then melir' ara, je ne les lui ai pas indiqués (à 

lui, à elle). 
our ii th inni ara, il ne me l'a pas dit. 



— 19G — 

oiir asen Un zenzef ara, je ne les leur ai pas vendus 

(à eux). 
our af ts ioukir ara, il ne nous l'a pas volée. 
our aoun t nefki ara, nous ne vous Favons pas donné. 
ad' ii th icfk, il me le donnera. 
our ii th itsak ara, il ne me le donnera pas. 
ad' ak th imel, il te l'indiquera (masc). 
our ak th immal ara, il ne te l'indiquera pas (masc). 
ad' am ts erdhder', jeté la prêterai (fém.). 
01(7' am ts ret't'elef ara, je ne te la prêterai pas (fém.). 
ad' ii thent ierr, il me les rendra (elles). 
our ii thent itsarra ara, il ne me les rendra pas (elles). 
our ar' then tsak ara, ne nous les donne pas. 

PARTICULES DIVERSES 

idhelli ai th izcra, c'est hier qu'il l'a vu. 

azekka fa ts izcr, c'est demain qu'il la verra. 

mi ithen our'er', quand je les ai achetés. 

mclmi its issen? quand l'a-t-il connue? 

amek its issen? comment l'a-t-il connue? 

anid'a ithen izera ? oh les a-t-il vus? 

anoua ith infan? qui l'a tué? 

argaz enni ith inr'an, l'homme qui l'a tué. 

lemmer ith iouith ialli ath enfer', s'il l'a frappé, je le 

tuerai . 
ouin ith infan, celui qui l'a tué. 
achou ak inna, que t'a-t-il dit? 
ouin as th ifkan, celui qui le lui a donné. 

Du D et de l'N séparables 

PARTICULES DE LOCALITÉ 

On emploie fréquemment, en kahyle, un D que nous 
appellerons sé^pctraù/c. 



— 197 — 

Ce D, précédé, quand il est besoin, d'une voyelle eupho- 
nique, et prononcé alors ed ou id, indique l'idée du lieu 
où se trouve celui qui parle ou auquel il fait allusion. Il a 
à peu près la valeur de notre mot ici, en ce lieu-ci (dont 
on parle ou qu'on indique), et paraît être l'abréviation de 
l'adverbe d'à, ici. 

II se place à la fni du verbe, quand celui-ci n'est précédé 
d'aucune particule. 

Si le verbe sans particule régissait un ou plusieurs 
pronoms, le D se mettrait à la fin des pronoms. 

Exemples : 

as ed, viens. 

ousir' d, je suis venu. 

iour'al ed, il est revenu. 

aoui th id, apporte-le. 

bouir' ak then id, je te les ai apportés. 

thechiiâdh afts id, tu nous l'as envoyée. 

Si le verbe est précédé d'une particule quelconque , non 
suivie de pronoms, le D se place après la particule. 

Si des pronoms viennent après la particule, il ne se 
place qix'après les pronoms. 

Exemples : 

add asef (", je viendrai. 

our diousi ara, il n'est pas venu. 

(1) Le D séparable a le son du D ordinaire ou du dal arabe {>). Il ne 
faut pas le confondre avec le d' de la particule ad', qui a le son du J . 

Le d' de la particule ad' prend ordinairement le son du d séparable 
qui le suit. Quelquefois même il se supprime, et l'on dit adias, il 
viendra, pour ad'dias. 



— 108 — 

mi dionsa, quand il est venu. 

achimi d iousa, pourquoi est-il venu? 

anoua d iousan, qui est venu ? 

lemmer d iousi idhelli, s'il était venu hier. 

ad' ak d aouif , je t'apporterai. 

ad' ak then d aoidf, je te les apporterai. 

oiir ak then d tsaouir' ara, je ne te les apporterai pas. 

Observation. — Bien que le D indique spécialement 
l'idée du lieu même où l'on est, on le trouve souvent aussi 
employé abusivement dans d'autres circonstances, par un 
fait analogue à la confusion, chez nous, dans le discours 
familier, des expressions ici et là, celui-ci et celui-là, 
là-haul et là-bas. 

N séparable 

L'N séparable offre beaucoup d'analogie de signification 
avec le D. Il présente cette différence, toutefois, qu'il ne 
s'applique qu'à la personne à qui l'on parle, et indique une 
idée de lieu attribuée exclusivement à cette personne. 

L'emploi de cet N est beaucoup moins général que celui 
du D, qu'on retrouve dans tous les dialectes berbers. L'N, 
au contraire, paraît restreint à celui des Zouaoua. Peut- 
être est-il l'abréviation des adverbes in, inna, d'inna, là, 
là-bas. 

Il se place de la même manière que le D. 

Applications : 

aoui id'rimen agi ad'ii d thaouidh isr'aren. 
Emporte cet argent, tu m'apporteras ici du bois. 



— 199 — 

ibbodh ed si Begaith seld idhclli ioufal 

Il est arrivé ici de Bougie avant-hier, il est retourné 

idhclli zell azekka r\id ioufal. 

hier, c'est après-demain qu'il reviendra ici. 

ma fa d thaoudedh fer d'agi netsa ad'iaoudh fer 
Lorsque ici tu arriveras ici, lui il arrivera à 

Belles. 

Dellys. 

ichiià a d id'rimen iGuakken ad'as chiiâf 

Il a envoyé à moi ici de l'argent, afin que je lui envoie 

ezzith . 

de l'huile. 

inna ias ak'lak id d'eg oufous iou ma our 
Il dit à lui : tu es ici dans la main de moi ; si tu ne 

ii themlidh ain br'if ak enfef. 

m'indiques pas ce que je veux, je te tuerai. 

iketchem en four ek am koull ass our ibfi 

Il entre habituellement chez toi tous les jours, il ne veut 
ara ad d ikchem four i. 
pas il entrera ici chez moi. 

(Il entre chez toi chaque jour, et il ne veut pas entrer 
chez moi.) 

as ed four i azekka ad'ak d efkef id'rimen. 
Viens ici chez moi demain, je te donnerai ici de l'argent. 

an n asef . 

J'irai chez toi. 

inna ias kechem ed inna ias our n ketchemef ara 
Il dit à lui entre ici, il dit à lui je n'entrerai pas 

four ek . 

chez toi. 



— 200 — 

alhaia a d ias r'oiu' i athaien 

Il est il viendra ici chez moi (il viendra chez moi), il est 

ad' n ias four ek. 

il ira chez toi chez toi. 

ma thebfidh ad' en asen four ek arou i asen d. 
Si tu veux, ils iront chez toi chez toi, écris à eux ici. 
(Si tu veux qu'ils aillent chez toi, écris-leur ici.) 

chii â ii d emmi k ad' ak en iaoui izgaren. 
Envoie à moi ici le fils de toi, il emmènera à toi là les bœufs. 
(Envoie-moi ton fils, il te conduira les bœufs.) 

err ii d id'nmen enni ak crdhelef ad' ak 
Rends à moi ici l'argent que à toi j'ai prêté, à toi là 
en erref aserd'oun ik. 
je rendrai le mulet de toi. 

(Rends-moi l'argent que je t'ai prêté, je te rendrai 
ton mulet.) 
tsak ii d thazarth ad' ak 

Donne habituellement à moi ici des figues sèches, à toi là 
en tsakef ezzilh. 

je donnerai habituellement de Thuile. 

(Donne-moi toujours des figues sèches, et je te 
donnerai de Thuile.) 

mi d thousam four nef ad' en nas four ouen. 
Quand vous viendrez chez nous, nous irons chez vous. 

mi d iouli it'ij al h'amou 

Lorsque ici sera monté le soleil, deviendra chaude 

thafoukth. 

la lumière du soleil. 

Verbes d'état 

Les Kabyles ont une foule d'expressions verbales pour 
désigner les diverses manières d'être que nous exprimons. 



— 201 — . 

en français, au moyen du verbe subslanlif accompag'no 
d'adjectifs, comme èlre bon, être doux, être malade, être 
léger, être noir, etc., etc. La plus grande partie de ces 
verbes se conjuguent comme tous les autres. 

Mais il est à observer que, par exception, un certain 
nombre de verbes d'état ne prennent pas, dans leur conju- 
gaison, tous les caractères du verbe kabyle ordinaire. 
Cette anomalie n'a jamais lieu, toutefois, lorsque le verbe 
prend les particules du futur ad' ou r'a qui semblent le 
préserver de l'irrégularité que nous signalons. 

Nous désignerons sous le nom de verbes incomplets, 
ceux des verbes d'état qui subissent l'anomalie précitée. 
Nous en établissons ci-après la conjugaison : 

Singulier : 

1^° personne. .. . meïloulcf , je suis blanc, blanche. 

2® personne.... melloul edh, tu es blanc, blanche. 

3" pers. (masc). melloul, il est blanc. 

3*^ pers. (fém.).. melloul eth, elle est blanche. 

Pluriel : 

Personne unique : melloulith, nous sommes, vous êtes, 
ils sont blancs ; — nous sommes, vous êtes, elles sont 
blanches. 

L'anomalie des verbes incomplets, comparés aux verbes 
ordinaires, consiste en trois irrégularités : 

1° Suppression totale des préfixes ; 

2° La troisième personne du singulier féminin est 
terminée par le th caractéristique de ce genre ; 



— 202 — 

3° Le pluriel n'a qu'une seule expression pour les trois 
personnes, et cette expression se forme de la d*" personne 
du singulier masculin, à laquelle on ajoute la finale ilh. 

Ces irrégularités cessent, comme nous l'avons dit, 
lorsqu'on emploie les particules du futur. Exemple : 

Singulier : 

l""® personne .... ad imeloulef, je serai blanc, blanche. 
2" personne.,., at imelouledh, tu seras blanc et 

blanche. 
3® pers. (masc). cuV i imeloul, il sera blanc. 
3® pers. (fém.).. at imeloul, elle sera blanche. 

Pluriel : 

!'■'' personne. .. . an 7i imeloul, nous serons blancs et 

blanches . 
2° pers. (masc). at imeloulem, vous serez blancs. 
2*^ pers. (fém.).. at imeloulemth, vous serez blanches. 
3^ pers. (masc). ad' imeloulen, ils seront blancs. 
3° pers. (fém.).. ad' imeloulent, elles seront blanches. 

Il est à observer que la seconde consonne se redouble 
généralement dans les verbes incomplets à l'aoriste. 

Avec les particules du futur, le radical des verbes 
incomplets commence souvent par le son i, qui disparaît 
à l'aoriste. 

Les verbes incomplets ne paraissent pas avoir de 
caractère qui puisse les faire reconnaître d'avance. 

Leur nombre semble être, du reste, assez limité. Voici 
la liste de ceux que nous avons constatés : 



— 203 — 



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gros, 
minco 
long, 
court, 
grand 
jeune, 
vieux 
fade, i 
m or a 
mou. 
doux 
salé, 
amer, 
doux 
rude i 
propr 
chaud 
froid, 
largo, 
aigre. 






oÇîi^oŒioooiD^ciOfflajajiiiODaioŒ) 1 






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— 204 — 
Applications : 

souir' cl liaoua erzageth am ilili. 

J'ai bu du café, il (elle) était amer comme le laurier-rose. 

aman ne tcmowth agi zicrith merrer'ilh. 

Les eaux de ce pays-ci sont douces, sont salées. 

noukni mclloulith aklan berrikith. 

Nous, nous sommes blancs, les nègres sont noirs. 

ketch zouredh lamàni alirk'eUcdh. 

Toi, tu es gros, mais tu deviendras mince. 

kcmmini mellouledh am ad'fel aoual im 

Toi (fém.), tu es blanche comme la neige, ta parole 
zid' am thamcut louggar'eth thak soumth im 

est douce comme le miel, est douce ta chair 
am elKarir ichenfiren im zouggafilh am el mordjan. 
comme la soie, tes lèvres sont rouges comme le corail. 

iz-id' eth four thoidaouin . 
Soyez doux envers les femmes. 

ouin zouren thoiiâr fell as thikli. 

Celui qui est gros, est difTicile à lui la marche. 
(La marche est pénible pour celui qui est gros.) 

our tsamcn ara ouin fessousen. 

Ne crois pas celui étant léger. 

(Ne crois pas l'homme léger.) 

aman en tala agi UezefUcn 

Les eaux de cette fontaine sont chaudes habituellement 

d'i chctoua^^^ tsiscmidhen d'cg ounebd'ou. 

dans l'hiver, elles sont froides habituellement dans l'été. 

thafoukih ass agi ourrar'cth H'ij 

La lumière du soleil aujourd'hui est jaune, le soleil 

ikhesef. 

se trouve mal, s'évanouit. 



(1) Les Touareg appellent Thiver tai/rcst ; ce mot est en usage chez 
les Béni Yala de l'Oued Sahel, il est encore compris chez les Zouaoua, 
mais il se perd. 



CHAPITRE II 



DES NOMS DÉRIVÉS DU VERBE 



Nom verbal 

Les verbes kabyles donnent lieu à la formation, par 
divers indices caractéristiques, de noms exprimant, d'une 
manière abstraite, Tidée ou l'action du verbe. 

Quelquefois, le résultat de Faction se confond avec 
Faction. 

Les formes caractéristiques du nom verbal kabyle 
peuvent être facilement reconnues, bien qu'elles soient 
assez nombreuses. Voici le tableau de celles que nous 
avons constatées : 

TABLEAU DES FORMES DU NOM VERBAL 



N- D'ORDRE 
et 

SIGNES CARACTÉRISTIQUES 

des formes 


EXEMPLES 

de 

NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DRIVÉS 


1. 


Vei'be lui-même. 


ourar, jeu. action 
de jouer. 

ini<i. voyage. 


oui-ar, jouer. 
iniii, voyager. 


2. 


A préfixe. 


asoiithei-, demande. 


sout/icr, demander. 


3. 


A préfixe. — I affixe. 


amonr'i, combat. 


menr'. combattre. 


4. 


A préfixe.— OU affixe 


a.?oumn!Oî/, succion. 


soumm. sucer. 



— 206 



N°^ D'ORDRE 
et 

SIGNES CARACTÉRISTIQUES 

des formes 



5. a préfixe, introduc- 
tion du son a avant fa 
dernière articulation 



G. an préfixe, introduc- 
tiondu sonouavantla 
dernière articulation. 



7. Redoublement de la 
2' articulation. 



8. Redoublement de la 
2'' articulation et in- 
troduction du son on 
avant la dernière. 



9. ou, i préfixes et i 
aflixe. 



10. ou et i préfixes, — 
introduction du son i 
avant la dernière ar- 
ticulation. 



EXEMPLES 

de 

NOMS VERBAUX 



VERBES 



DONT ILS SO.NT DEIUVES 



arkam. ébullition 
ak'fa; . action de 

sauter, saut, bond. 
anr'ad', pulvérisa 

tion. 



anekchoum, entrée. 

aru'kmous, action de 

gratter. 



berrou, divorce, ac- 
tion de lâcher. 



annou;, action de 

s'incliner. 
ammous, saleté. 



ir'cmi , action de 

feindre. 
outchi , action de 

mander. 



isid', action de mou- 
dre. 
ouriclh, pet. 



11. tli, thi, f/iou préfixes, 
in final. 



12. ?//, tha, tliou. thaou. 
tliaoua préfixes, a 
final. 



thilin, existence. 
thimelin, indication. 
thour'in, prise, ac- 
tion de prendre. 



erkem, bouillir. 
ek'fez, sauter. 

enr'ed', pulvériser. 



ekchem, entrer. 
elane:, gratter. 



ebrou, divorcer, 
lâcher. 



ane:,. s'incliner. 
âmes, être sale. 



r'em, teindre. 
etch. manger. 



e:^dh, moudre. 
erdh, péter. 



m, exister. 
mel. indiquer. 
ar\ prendre. 



thaszela., course. 

thamef/ra, moisson. 

thouJJ'esa, mastica- 
tion. 

thaouak'k'esa, pi- 
qùi'e. 



aszcl. courir. 
emger, moissonner 
cjj'e:!, mâcher. 

ek'k'es. piquer. 



— 207 



N«^ D'ORDRE 
et 

SIGNES CARACTÉRISTIQUES 

des formes 


EXEMPLES 

de 

NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


13. 


th préfixe. 


tliaù::eQ. surdité. 


aûzzeg, être sourd. 


14. 


th, tha, ï/ît préfixes. 


thousouth, toux. 


ousou, tousser. 




th final, et ith final. 


thiderr'eit, cécité. 


d'err'el, être aveugle 






thalonr't/i, non-lim- 


leur, être trouble. 






pidité. 








thimct/ierith, men- 


emther, mendier. 






dicité. 




15. 


tlia préfixe, i final. 


thasousemi, silence. 


sousem, être silen- 
cieux. 


16. 


than préfixe, th final 


thanezd'our'th, ha- 


ezd'er', habiter. 




et introduction du son 


bitation. 






ou avant la dernière 








articulation. 






17. 


tha préfixe, i final et 


thagouni, sommeil. 


gen, dormir. 




introduction du son 


tharoufil, descente. 


ers, descendre. 




ou avant la dernière 


thad'ouli, action de 


d'el. couvrir. 




articulation. 


couvrir. 




18. 


tliim préfixe, iouth 


thimenr'iouth, 


en/-', tuer. 




final. 


meurtre. 




19. 


Changementdela pre- 
mière syllabe en ou. 


ou;ou, torréfaction. 


e<sou, griller. 


20. 


thou préfixe, ith final. 


thoucijith, abandon. 


edj, abandonner. 


21. 


thijn préfixe, redou- 


thimenna, action de 


ini, dire. 




blement de la con- 


dire. 






sonne, et a final. 


thLtne'jga, coït. 


eg, faire, et, par 
extension, inire 
mulierem. 


22. 


tha, thi préfixes, in- 


thadhfarth , action 


edhfer, suivre. 




troduction du son a 


de suivre. 






avant la dernière arti- 


tliimelal, action de 


mclil, se réunir. 


-^B. 


culation. 


se réunir. 





— 208 — 

Observations. — Le même verbe a souvent plusieurs 
noms d'action, ainsi qu'on le verra par les exemples que 
nous donnons plus loin. 

Le nom verbal de la première forme n'est autre chose 
que l'impératif du verbe dont il est dérivé. Cette forme 
est très rare. 

La seconde forme s'obtient en faisant précéder l'impé- 
ratif du verbe du son a, caractéristique du nom mas- 
culin singulier. C'est celle qui se rencontre le plus 
fréquemment; elle s'applique, entre autres, à la plupart 
des verbes de la forme transitive et à quelques verbes de 
la forme réciproque. 

La troisième et la quatrième formes ne diffèrent de la 
seconde que par l'addition, à la fin du verbe, des sons 
'/ et ou. 

Il est à remarquer, pour la quatrième forme, qu'elle 
s'applique surtout aux verbes où se trouve déjà le son ou. 

La cinquième forme est très fréquente ; elle s'applique 
à la généralité des verbes dont les premières consonnes 
se suivent sans être séparées par un son voyelle. 

Les mêmes verbes adoptent souvent aussi, pour leurs 
noms d'action, la sixième forme. 

La septième forme paraît être particulière aux verbes 
terminés par le son ou, et dont les deux premières 
consonnes sont consécutives. La forme d'habitude de ces 
verbes s'obtient aussi en redoublant la deuxième articu- 
lation. Cependant, les noms verbaux de la septième 
forme ne semblent pas exprimer plus spécialement l'idée 
d'habitude. Les Zouaoua ne font pas précéder ces noms 
de l'a caractéristique du masculin. 

Le th préfixe de la onzième forme et de plusieurs des 



— 209 — 

suivantes est le signe du féminin. Les noms de la onzième 
forme, quoique ayant une apparence de pluriel, sont 
singuliers pour la syntaxe. Nous avons réuni plusieurs 
formes sous le même numéro pour éviter une classification 
trop minutieuse, et aussi parce que le même verbe prend 
quelquefois indifféremment l'une ou l'autre de ces formes, 
pour son nom d'action. 

La même observation s'applique à la douzième forme. 
Les noms d'action de beaucoup de verbes commençant 
par le son a caractéristique (Voir page lOG), appartiennent 
à la onzième forme. 

La douzième forme s'applique, en général, aux noms 
d'action des verbes dont la première consonne est 
redoublée. 

Les noms verbaux ou d'action de beaucoup de verbes 
incomplets prennent la treizième forme. Dans plusieurs 
localités, on ajoute un th à la fin de ces noms qui rentrent, 
alors, dans la quatorzième forme. 

Presque tous les noms verbaux appartenant aux dix- 
septième et dix-huitième formes sont dérivés de verbes 
n'ayant que deux consonnes. 

Il est à observer que beaucoup de ces formes ne 
diffèrent entre elles que par les signes caractéristiques, 
soit du masculin, soit du féminin. On pourra, sans doute, 
en diminuer beaucoup le nombre par un classement plus 
rigoureux. 

Il y a, enfin, des noms verbaux dont la forme paraît 
isolée, et d'autres qui semblent dérivés de verbes qui ne 
sont plus en usage dans le pays ; nous en indiquerons 
plusieurs à la suite des exemples de noms verbaux qu'on 
trouvera ci-après. 

14 



— 210 - 



EMPLOI DU NOM VERBAL 



Le nom verbal kabyle désigne, comme on a vu, sous 
une forme nominale, l'idée représentée par le verbe. 

Mais une particularité sans analogue dans les autres 
langues, c'est que l'expression du premier verbe kabyle 
d'une proposition est très souvent précédée de celle du 
nom d'action, qui paraît être ainsi le précurseur du 
verbe. La phrase, par exemple : il lui a dit de venir, se 
construira : l'action de dire ce que il a dit à lui viens : 

thimcnna ai as inna as éd. 

En voici d'autres exemples : 

thimclin ai iar' imela iouakken 

L'indication ce que à nous il a indiqué afin que 

annerouK four es. 

nous allions chez lui. 

(Il nous a indiqué comment nous irons chez lai.) 

achimi irouh' oufrançis fer themourth itheurkiin 
Pourquoi va le Français dans le pays des Turcs ? 
thiitha fa iouth id'sen. 

l'action de frapper ce que il frappera avec eux. 

(Pourquoi les Français vont-ils chez les Turcs ? pour 
se battre avec (pour) eux.) 

achou el mcd'fû enni iffer'en idhelli 

Quoi le canon lequel étant sorti (ayant été tiré) hier ? 

thoufin ai goiif oufrançis Séhaslopol. 

l'action de prendre ce que a pris le Français Sébastopol. 

(Pourquoi a-t-on tiré le canon hier ? c'est parce que 

les Français ont pris Sébastopol.) 

thizouirin ith iz-ouar s akJikhani. 

L'action de précéder, ce que lui il a précédé à la maison. 
(11 l'a précédé à la maison.) 



— 211 — 

thoufîn ai goiifa iioun r'our es 

L'action de trouver ce que il a trouvé un (homme) chez lui 

inr'ath. 

il a tué lui. 

(Il a trouvé un homme chez lui, il l'a tué.) 

illa four es kera d'akhed'im thilin ai gella 
Etait-il chez lui serviteur ? l'existence ce que il était 

r'our es. 

chez lui. 

(Était-il serviteur chez lui? il y était.) 

se thaz.zela ai ouzzelcr' fer thaddarth. 

A la course ce que j'ai couru vers le village. 

(C'est à la course que je suis allé au village.) 

thesenedh thak'ebailith afham fehmef 

Sais-tu le kabyle ? l'action de comprendre je comprends, 

thiririth our tsarraf ara. 

action de rendre je ne rends pas. 

(Je comprends, mais je ne puis répondre.) 

EXEMPLES DE NOMS VERBAUX 



NOMS VERBAUX 



VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 



ourar , jeu, action de 

jouer. 
inig, voyage. 



1"^^ FORME 

ourar, jouer 



inig, voyager. 



2« FORME 

asousef, crachement, ac- sousef, cracher, 
tion de cracher. 



- 212 - 



NOMS VERBAUX 


VERBE3 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


ascglef, aboiement. 


scgkf, aboyer. 


aserouou, action de ras- 


scroiioii, rassasier. 


sasier. 




ancchcheb, action de tour- 


nechcheb, tourner. 


ner (sur le tour). 




ak'chbi, obésité. 


k'ebbi, être gras. 


ascknef, action de faire 


seknef, faire rôtir. 


rôtir . 




osemlil, action de faire 


semlil, faire réunir. 


réunir. 




agrireb, action de rouler. 


egrireb, rouler. 


ascgrireb, action de faire 


segrireb, faire rouler. 


rouler. 




ad'oukel, réunion, mé- 


d'oiikel, se réunir, être 


lange . 


mélangé. 


azcVoukel, action de réunir, 


sd'oukel, réunir, mélan- 


de mélanger. 


ger. 


asenVedh, action de sou- 


sent'edh, souder. 


der. 




ascntchou, action de plu- 


scntchou, plumer. 


mer. 




aserkem, action de faire 


scrkem, faire bouillir. 


bouillir. 




asoud'cn, baiser. 


soud'en, baiser. 


arejd'd, claudication. 


rejd'el, boiter. 


asioul, action d'appeler. 


sioul, appeler. 


amsioul, action de s'ap- 


msioul, s'appeler récipro- 


peler réciproquement. 


quement. 


asoufer', expulsion, action 


sou fer , faire sortir. 


de faire sortir. 





213 — 



1 

NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


asouhoiirri , roucoulement. 


souJiourri, roucouler. 


amchaiC, action de lécher. 


cmchah', lécher. 


abaâbâ, bêlement. 


badbâ, bêler. 


aouk'k'em, action de faire. 


ouk'k'em, faire. 


aouali, action de regar- 


ouali, regarder. 


der, regard. 




asaouki, action de réveil- 


saouki, réveiller. 


ler. 




ah'asses, action d'écou- 


liasses, écouter. 


ter. 




aser'li , action de faire 


serHi, faire tomber. 


tomber. 




aseknoii, action de faire 


scknoii, faire ployer. 


ployer. 




ascdrem, action de démolir, 


sedrem, démolir. 


démolition. 




anadCi, recherche. 


nad'i, chercher. 


argigi, tremblement. 


crgigi, trembler. 


arûiâch, id. 


râiach, id. 


asekchem, action de faire 


sckchcm, faire entrer. 


entrer. 




asouther, demande. 


southcr, demander. 


ameklhi, souvenir. 


mcktJii, se souvenir. 


assifeg , action de faire 


cssifcg, faire envoler. 


envoler. 




asired', lavage. 


sired' , laver. 


asd'err'el, action d'aveu- 


sd'err'el, aveugler. 


gler. 




amaabbar, lutte. 


maâbbcu', lutter. 


aceggcd' , chasse. 


çeggcd', chasser. 



— 214 — 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


aâddi, action de passer, 


ùddi, passer. 


passage. 




aKakkcr, action de viser 


Kakker, viser. 


un but. 




azidjou, vente (des objets 


zidjou, vendre. 


de consommation). 




aseberck, action de noircir. 


schcrck, noircir. 


aslour\ action de troubler 


scloiif, troubler. 


(un liquide). 




asonsi, sarclage. 


sousi, sarcler. 


ascfd, action de faire fon- 


sefsi, faire fondre. 


dre. 




aseroiiel, action de faire 


scrouel, faire fuir. 


fuir. 




asek^dhà, action d'aiguiser. 


sek'dhâ, aiguiser. 


asouVedh, allaitement. 


souVedh, allaiter. 


amsioui, égalité. 


emsioui, être égal. 


asemsioiii, nivellement, ac- 


scmsioiii, égaliser. 


tion d'égaliser. 




askikedh, chatouillement. 


skikcdh, chatouiller. 


ah'aiouth, prière, suppli- 


Ji'aiouth, prier. 


cation. 




asengcr, action de dévas- 


scnger, dévaster. 


ter, dévastation. 




aslouef, polissage, action 


selouer', polir. 


de polir. 




afounzer, saignement du 


founz-cr, saigner du nez. 


nez. 




asmàou, miaulement. 


smâou, miauler. 


aset't'el, action de raser. 


neVt'el, raser. 



215 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


askoufeth, action de faire 


1 

skoiifclh, faire mousser. 


mousser. 




asemlelU, action d'étour- 


semlelli, étourdir. 


dir. 




az-izd'cg, action de rendre 


sizd'eg, rendre propre. 


propre . 




3*^ FORME 


amenr'i, combat. 


mcnr', combattre. 


asferi , action de faire 


sr'er, faire lire. 


lire. 




amerzi, action de se cas- 


merz, se casser récipro- 


ser récipro(iuement. 


quement. 


azcnzd, vente. 


zcnz, vendre. 


asouar'i, action de gâter, 


souar', gâter. 


de dégrader. 




asensi, action d'éteindre. 


sens, éteindre. 


asegmi, pousse. 


segem, pousser, croître. 


asemiri, action de ver- 


semir, verser-. 


ser. 




aselsi, action d'habiller. 


sels, habiller. 


anezmi, inquiétude, souci. 


enzem, être inquiet. 


chagrin. 




asir'i, action d'allumer. 


sif , allumer. 


agadji, action de changer 


eggadj, changer de place. 


de place, déménage- 




ment. 




ah'athili, fourberie. 


h'athil, tromper par ruse. 



— 216 — 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


4® FORME 


asoiimmou, succion. 


winmn, sucer. 


asoudhou, souffle, action 


soudh, souffler. 


de souffler. 




alour'ou, non-limpidité. 


lour', être trouble. 


açoubbon, action de des- 


çoubb, descendre. 


cendre. 




afoukou, action de termi- 


fouk, terminer. 


ner. 




asboiirroii, action de se 


sboiirr, se voiler. 


voiler. 




ajouâou, braiment de 


joua, braire. 


1 ane. 




achouffou, gonflement, ac- 


choujf, enfler de vent. 


tion d'enfler de vent. 




asendou, action de battre 


send, battre le beurre. 


le beurre. 




afoummou, action de bou- 


foumm, boucher, fermer. 


cher, de fermer. 




achouddou, action de lier, 


choudd, lier. 


d'attacher. 




5° F 


ORME 


akcham , entrée , action 


ckchem, entrer. 


d'entrer. 




agzam, action de couper. 


vgzem, couper. 


ank'ach, action de piocher, 


enk'ech, piocher. 


piochage. 





— 217 — 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


akmaz, action de gratter, 


ekmez, gratter. 


grattage. 




azgal, action de manquer 


ezgcl, manquer. 


un but. 




azgar, action de traver- 


czgcr, traverser. 


ser une rivière, tra- 




versée. 




asfadh, nettoyage, action 


csfcdh, nettoyer. 


de nettoyer. 




afradh, balayage, action 


efredli, balayer. 


de balayer. 




asras, action de placer. 


sers, placer. 


arkadh, action de fouler 


crkcdh, fouler aux pieds. 


aux pieds. 




abran, action de tour- 


ehrcn, tourner. 


ner. 




adhfar, action de suivre. 


cdlifer, suivre. 


ofsar, action d'étendre. 


efser, étendre. 


arkam, ébullition. 


erkem, bduillir. 


ark'am, peinture, action 


ark'em, peindre. 


de peindre. 




aàrak, action de pétrir . 


ârek, pétrir. 


amkan, action d'atleindre 


emken, atteindre. 


en frappant. 




abgas, action de se ceindre 


ebges, se ceindre. 


les reins. 




amgar, moisson, action de 


cmger, moissonner. 


moissonner. 




azd'am, action de ramasser 


ezd'em, ramasser du bois. 


1 du bois. 





— 218 — 



NOMS A'ERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


azd'ar', habitation, action 


ezd'er', habiter. 


d'habiter. 




asouar, force. 


ezoucr, être fort. 


azd'al, incubation. 


ezd'el, couver. 


ansar, action de se mou- 


cnser, se moucher. 


cher. 




anr'ad', pulvérisation. 


enfed', pulvériser. 


azd'aou, action de s'éten- 


czd'ou, s'étendre. 


dre. 




afsai, fusion. 


efsi, fondre, être fondu. 


azouai, action de secouer. 


ezoui, secouer. 


amlellai, étourdissement. 


cmlelli, étourdir. 


amzai, action de polir. 


cmzi, polir. 


asr'al, signe, geste. 


esr'cl, faire signe. 


askan, indication. 


csken, indiquer, montrer. 


aâd'al, égalité. 


âd'el, être égal. 


azrUd, chaleur. 


ezr'el, chauffer. 


ar'mal, moisissure. 


cfmel, être moisi. 


6® F( 


)RME 

1 


anekchoum, entrée. 


ckchcm, entrer. 


anegzoum, action de cou- 


cgzem, couper. 


per. 




anckmouz, action de grat- 


ekmcz, gratter. 


ter. 




aner'loui, chute. 


cr'li, tomber. 



— 219 — 



NOMS VERBAUX 


VERBE3 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


1 
7® FORME 


herrou, divorce, action de 


ebrou, divorcer, lâcher. 


lâcher. 




ûnnou, action de se diriger 


aânou, se diriger vers. 


vers. 




redjiou, attente, espé- 


erdjou, attendre, espérer. 


rance. 




bet't'ou, partage. 


ebdhoii, partager. 


fellou, action de percer. 


eflou, percer. 


habboii, action de plaire. 


ahouou, plaire. 


lebbou, faiblesse. 


alouou, être faible. 


KaUou, guérison. 


ah'lou, être guéri. 


kennoii, action de ployer. 


eknou, ployer. 


h'aççou, action de penser, 


aJi'rou, penser, croire. 


de croire. 




arraou, accouchement et 


areou, accoucher. 


enfant. 




gezzou, commerce char- 


egzou, inire mulierem. 


nel. 




bek'k'ou, volonté. 


cbr'ou, vouloir. 


rekkou, pourriture. 


erkou, être pourri. 


8« F( 


)RME 


annouz, humilité. 


anez, s'incliner devant. 


annouf, action de laisser. 


anef, laisser. 


arrouz, action d'attacher. 


arez, attacher. 


alloui, ascension. 


ali, monter. 



— 220 



NOMS VERBx\UX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


ajfoug, vol des oiseaux. 


afeg, voler. 




annoui, action d'ôter les 


ani, ôter les puces, 


les 


puces, les poux. 


poux. 




ammous, saleté. 


âmes, être sale. 




alloum, ourlet. 


alcm, ourler. 




azzoug, humidité. 


ebzeg, être humide, mouillé. 


O*' FORME 




ifemi, action de teindre. 


r'ew, teindre. 




ifimi, état d'un homme 


k'im, être assis. 




assis. 






oildji, abandon. 


edj, abandonner. 




outchi, action de manger. 


clch, manger. 




10® FORME 




ifeg, vol des oiseaux. 


afeg, voler. 




izid', action de moudre. 


ezdh, moudre. 




ouridh, pet. 


erdh, péter. 




11*^ FORME 




thour'alin, retour. 


ouf al, retourner. 




thougin, refus. 


aougi, refuser. 




thizouirin, action de pré- 


zouir, précéder. 




céder. 






thoufin, thifin, action de 


af, trouver. 




trouver. 







221 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS | 

1 


thour'in, thir'in, action de 


ar', prendre. 


prendre, prise. 




thoud''erin, descente. 


ad'er, descendre. 


thousin, thisin, venue. 


as, venir. 


thaouin, thiouiii, action de 


aoui, porter. 


porter, d'emporter. 




thaoudhin, thioudhin, ar- 


aoudh, arriver. 


rivée. 




thougemin, thigemin, ac- 


agem, puiser. 


tion de puiser. 




i thouzin, thizin, action 


azou, écorcher. 


d'écorcher. 




thisemin, envie, jalousie. 


asem, être envieux, jaloux. 


thoukin, réveil. 


aouki, s'éveiller. 


thoukelin, action de fouler 




aux pieds. 


akoul, fouler aux pieds. 


thourrin, restitution, ac- 


err, rendre. 


tion de rendre. 




12e j 


'ORME 


tharoula, fuite. 


erouel, fuir. 


thazzela, thaouazzela, 


azzel, courir. 


course. 




thadhsa, rire. 


edhs, rire. 


j //ioi*rre(//ia, action de téter. 


eVt'edh, téter. 


thikoufetha, mousse. 


koufcth, mousser. 


écume. 




tkouffer'a, thaouaffcfa , 


effer', sortir. 


sortie. 


1 



— 222 — 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


thouk'k'ena,thaouak'k'ena, 


ak'k'en, attacher. 


action d'attacher. 




thouddema, ihaouaddema , 


eddem, enlever. 


action d'enlever. 




thounncdha, thaouanne- 


ennedfi, balayer. 


dha, balayage. 




thout't'efa, thaouaVt'efa , 


et't'ef, saisir. 


action de saisir. 




thoukkesa , thaouakkesa , 


ekkes, ôter. 


action d'ôter. 




thoukkera , thaouakkera , 


ekker, se lever. 


action de se lever. 




thouzzia, thaouazzia, ac- 


ezzi, tourner. 


tion de tourner. 




thoubbia, thaouabbia, ac- 


cbbi, pincer. 


tion de pincer. 




Ihoullia, action d'ouvrir. 


eUi, ouvrir. 


thoullesa, thaouaUesa, 


elles, tondre. 


tonte, action de tondre. 




ihouzzega , thaouazzega , 


ezzeg, traire. 


action de traire. 




thouddeza , thaouaddeza , 


cddez, piler, châtrer. 


action de piler, castra- 




tion. 




thaoud'era, action de des- 


ad'er, descendre. 


cendre, descente. 




Ihouttsela, action de plier. 


etlsel, plier. 


thaouakechma, entrée. 


ckchem, entrer. 


tliaouafka, action de don- 


cfk, donner. 


ner, don. 





— 223 



NOMS VERBAUX 



VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 



13® FORME 



thaâzzeg, surdité. 

thefses, légèreté. 

themfer, grandeur. 

thouser, vieillesse. 

thcberek, couleur noire. 

themlel, blancheur, cou- 
leur blanche, le blanc. 

thezouer', couleur rouge. 

therzeg, amertume. 

thouref , couleur jaune. 

thelouer' , douceur au tou- 
cher. 

thezd'eg, propreté. 

themses, fadeur, insipidité. 

thouzcl, petite taille. 

thelek'ek', mollesse. 

thesemem, aigreur. 

themeçzi, jeunesse. 



aâzzeg, être sourd. 
ifsous, être léger. 
imr'our, être grand. 
iousir, être vieux. 
ibrik, être noir. 
imeloul, être blanc. 

izouir', être rouge. 
irzig, être amer. 
iourif , être jaune. 
ilouir', être doux au tou- 
cher . 
izd'ig, être propre. 
imesous, être fade. 
iouzil, être court, petit. 
ilek'ek', être mou. 
isemoum, être aigre. 
imeçzi, être jeune. 



14® FORME 



thazallith, prière. 

thant'eU, enterrement. 

thakoulth, action de fouler 
aux pieds. 

thizigzouth, couleur verte 
ou bleue. 

tkouzerth, grosseur, obé- 
sité. 



zall, prier. 

aiiVel, enterrer. 

akoul, fouler aux pieds. 

izigzou, être vert ou bleu. 

ouzour, être gros. 



NOMS VERBAUX 



ihizeV , douceur au moral 
et au goût. 

thazith, pesanteur. 

thalalith, naissance. 

tharerth, dureté, impuis- 
sance. 

thir'imith, état d'un homme 
assis. 

thissilh, thisouUh, action 
de boire. 

thiririth , restitution , ré- 
ponse, vomissement. 



VERBES 



DONT ILS SONT DERIVES 



izid' , être doux. 

azai, être lourd, pesant. 
lai, naître. 

ak'k'ar, être dur, impuis- 
sant. 
ek'k'im, être assis. 

souou, boire. 

crr, rendre. 



15® FORME 

Ihamoufli, action de re- mouk'el, regarder. 

garder. 
thad'oukli, mélange, réu- d'oM/ce/, être mêlé, réuni, 

nion. 
thasouscmi, silence. sousem, être silencieux. 

16® FORME 

thanezd'our'th, habitation. | ezd'ef, habiter. 

17® FORME 



tharoiisi, descente, couplet. 
tharouzi, action de casser. 
thafouzi, action de creu- 
ser. 
thagouri, action de jeter. 



en, descendre. 
erz, casser. 
r'cz, creuser. 

gcr, jeter. 



— 225 — 



NOMS VERBAUX 


VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


tharouri, restitution. 


err, rendre. 


thagouni, sommeil. 


qen, dormir. 


thad'ouli, action de couvrir. 


d'el, couvrir. 


18^ FORME 


thimenr'iouth , meurtre , 


enr', tuer. 


action de tuer. 




thimezriouth , action de 


zer, voir. 


voir, vue. 




thimeslioiith, ouïe, action 


sel, entendre. 


d'entendre. 




thimensiouth , action de 


ens, passer la nuit. 


passer la nuit. 




thimerr'iouth, brûlure, ac- 


err\ brûler. 


tion de brûler. 




thimelsiouth , action de 


els, s'habiller. 


1 s'habiller. 




thimezliouth, égorgement, 


ezlou, égorger. 


1 action d'égorger. 




thimej'djiouth, attente, 


erdjou, attendre, espérer. 


espérance. 




19« I 


'ORME 


ouzou, torréfaction. 


ezzou, griller, torréfier. 


ousou, action d'élendre (un 


essou, étendre. 


tapis, etc.). 




ouzçou, plantation, action 


ezçoii, planter. 


de planter. 





lo 



22G — 



NOMS VERBAUX 



VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 



20® FORME 

tJioudjilh, abandon. 
thoutchilJi, action de man 
ger. 

21"^ FORME 

ini, dire. 



cclj, abandonner, laisser 
elch, manger. 



tJnmcnna, action de dire. 
thimegga, coït. 



cg, faire, et par extension 
inire muliercm. 



22*^ FORME 



tJiadhfartlt, action de sui- 
vre. 

thimelal, action de se réu- 
nir, rencontre. 



cdhfer, suivre. 

mclil, se réunir^ rencon- 
trer . 



EXEMPLES DE NOMS VERBAUX NON CLASSES 



NOMS VERBAUX 


VERBES CORRESPONDANTS 


sàam '■', possession. 
ihaouant, satiété. 
thargilh, rêve. 
idhes, sommeil. 
thairza, labourage, action 
de labourer. 


esàou, posséder. 
erouou, être rassasié. 
argon, rêver. 
el'Vcs, dormir. 
ekrcz, labourer. 



(1) Forme arabe. 



— 227 — 



» 





1 


NOMS VERBAUX 


VERBES CORRESPONDANTS 


tJiaissaouih, action de paî- 


cks, paître. 


tre, de faire paître. 




la:, faiiD. 


cUa:, avoir faim. 


fad\ soif. 


cffad', avoir soif. 


afilif, chagrin. 


fouilef, avoir du chagrin. 


Ddkli, marche. 


eddou, marcher. 


thifekchi, don, aclion de 


cfk, donner. 


donner. 




thiferath, paix. 


efrou, faire la paix. 


thefczi, longueur. 


ifzif, être long. 


thahari, largeur. 


ehreoii, il est large. 



Noms d'agent, de métier, d'habitude, d'état 

Beaucoup de noms substantifs désignant celui qui fait 
une action, ou qui subit un état, sont caractérisés par les 
formes suivantes : 



tableau des formes des noms de metier, d agent, 
d'habitude, d'État 



N- D ORDRE 

et 

SIGNES CARACTÉRISTIQUES 

des formes 


EXEMPLES 
de 

NOMS DE MÉTIER, ETC. 


verbes 

DONT ILS SO.NT DKRIVÉS 


1 

1. a préfixe et introduc- 
tion du son a avant 
la dernière articula- 
tion. 


arajd'al, boiteux. 
anek'li'acli, pio- 
cheur. 


rejd'el, boiter. 
nek'k'ech, piocher 
habituellement. 


2. atn préfixe. 


ania^zal, coureur. 


azzel, courir. 


3. an préfixe. 


anadjaou, ache- 
teur. 


adjou, acheter. 


4. a préfixe, an final. 


anwli'li'eran. grand. 


inouk'/i'ef , il est 
f,'Tand. 



— 228 — 

L'a préfixe est le signe du masculin singulier; les 
véritables caractères de ces formes sont donc : le son a 
avant la dernière articulation, Ym et Vn préfixes, et le son 
an final. 

L'm et Yn se subsliluant quelquefois l'un à l'autre, 
on pourrait môme regarder la troisième forme comme 
rentrant dans la seconde. 

Les noms dont la deuxième articulation est redoublée 
doivent être, je pense, regardés comme dérivés de la 
forme d'habitude : c'est pour cette raison que je les ai 
classés dans la première forme. 

Les noms dérivés des verbes incomplets s'obtiennent 
au moyen de la troisième personne du singulier du verbe. 

La formation des noms des deuxième et troisième 
formes n'est pas toujours uniforme : les uns introduisent 
les sons a et ou avant la dernière articulation, les autres 
ajoutent ces mêmes sons à la fin du verbe. Pour éviter 
une classification minutieuse et inutile, j'ai réuni sous un 
môme numéro tous les noms dont les caractères distinctifs 
sont l'm et Yn préfixes. 

La quatrième forme paraît être particulière aux noms 
d'état des verbes incomplets ; il est à remarquer que pres- 
que tous ces verbes donnent naissance à un nom d'état 
qui est, alors, une espèce de qualificatif. Le nombre des 
noms dérivés des verbes ordinaires est beaucoup moins 
grand. 

Observations. — Bien que l'usage de ces difïérents 
noms soit assez fréquent, on exprime plus ordinairement 



- 229 — 

l'idée qu'ils rcpréscnlent par le verbe mis à Tune des 
formes d'habitude, par exemple : 

Cet homme est laboureur, se tournera : 
Cet homme laboure habituellement. 
argaz agi ikerrez. 

Cet homme est bûcheron, se tournera : 

Cet homme ramasse et coupe du bois habituellement. 

ar gaz agi izeddcm. 

Le joueur, se dira : celui qui joue habituellement. 
ouin itsouraren . 

Aussi rencontre-t-on, en kabyle, comparativement aux 
autres langues, un très petit nombre de noms de l'espèce 
qui nous occupe. 

EXExMPLES DE NOMS DE MÉTIER, d'AGENT, ETC. 



NOMS 


VERBES 


DE MÉTIER, d'État, etc. 


DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


In^ F 


ORME 


arejd'al, boiteux. 


r&jd'el, boiter. 


aneclichab, tourneur. 


necJicheb, tourner. 


argagai, trembleur. 


ergigi, trembler. 


açeggad, chasseur. 


çegged, chasser. 


ah'akkar, viseur, celui qui 


h'akker, viser. 


vise. 




alhath, haletant, essoulTïé. 


elheth, être essoufflé. 


amr'ar, vieillard. 


imr'our, être vieux. 


azouggaf , rouge. 


zouggar', il est rouge. 



— 230 



NOMS 
DE MÉTIER, d'État, etc. 



amellal, blanc. 
aouraf, jaune. 
azigzaou, bleu ou vert. 

afcssas, léger, 
amessas, fade, insipide. 

alc1ik\ik', mou. 
aloiiggar' , doux au tou- 
cher. 
asemmadh, froid. 
ascmmam, aig-re. 
anck'k\ich, piocheur. 

cigezzam, coupeur. 
azcddam , bûcheron . 

azcggal, celui qui manque 
le but. 

azeggar, celui qui tra- 
verse . 

ase/fadh, nettoyeur. 

afetradh, balayeur. 

arck'k^im, peintre. 

anebbach, piqueur, celui 
qui pique. 

arckkadh, celui qui foule 
aux pieds. 

amazzal, coureur. 



VERBES 

DONT ILS SONT DÉRIVÉS 



melloul, il est blanc. 

ourraf, il est jaune. 

zigzaou, il est bleu ou 
vert. 

fessous, il est léger . 

mcssous, il est fade, insi- 
pide. 

Icklùik, il est mou. 

lovggar' , il est doux. 

scmmcdJ^, il est froid. 

semmoum, il est aigre. 

nck'k'cch, piocher habi- 
tuellement. 

gczzem, couper id. 

zcddcm, couper et 
ramasser du bois id. 

zcggcl, manquer le 
but id. 

zeggcr, traverser id. 

sefjcdh, nettoyer id. 

ferredh, balayer id. 

rck'k'cm, peindre id. 

ncbbrdi, piquer id. 

rckkrdh, fouler aux 

pieds id. 

azzcl, coui'ir. 



— 231 — 



NOMS 


VERBES 


DE MÉTIER, d'agent, ETC. 


DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


2^ FORME 


amaoggacV , poltron. 


aoggad', craindre. 


amzcuV , meunier. 


czdh, moudre. 


amenk'ach, piocheur. 


oik'cch, piocher. 


amfaz, celui qui creuse. 


ï''ez, creuser. 


amakkas, celui qui ôte. 


ekkes, ôter. 


amattsal, plieur. 


eltscl, plier. 


amezd'al, couveur. 


ezd,'el, couver. 


amczd'ar', habitant. 


ezd'ef, habiter. 


amendai, trappeur. 


endi, tendre un piège. 


amazai, lourd, pesant. 


azai, être lourd. 


amzouar, amzoïiarou, pré- 


zouir, précéder. 


cédent, antérieur, pre- 




mier. 




amellazou, afïamé. 


cUaz, avoir faim. 


amerzagou, amer. 


irzig, être amer. 


amoudhin, malade. 


adhcn, être malade. 


ameddakoul, ami. 


d'oukel, être uni. 


amouseni , amousenaou , 


issin, savoir. 


homme qui a des con- 




naissances, de l'expé- 




rience. 




ameksa, berger. 


eks, faire paître. 


iminig, voyageur. 


inig, voyager. 


3« F( 


)RME 


anagam, celui qui puise. 


agcm, puiser. 



232 — 



NOMS 


VERBES 


DE MÉTIER, d'agent, ETC. 


DONT ILS SONT DÉRIVÉS 


anaVt'af, celui qui saisit. 


cl'l'cf, saisir. 


ancggarou, postérieur. 


gcri, rester, être en ar- 




rière. 


anadjaou, acheteur. 


adjou, acheter. 


¥ FORME 


amek'k'eran, grand. 


viouk'k'er, il est grand. 


ameçzian, petit. 


mcçzi, il est petit. 


afczfan, long. 


r'ezzif, il est long. 


ak'ouran, sec. 


ik'k'our, il est sec. 


ak'cbban, gras. 


ik'ebba, il est gras. 


aousscran, vieillard. 


ousser, il est vieux. 


aberkan, noir. 


boi'ik, il est noir. 


azaian, lourd. 


czzai, il est lourd. 


azonran, gros. 


zoiir, il est gros. 


azid'an, doux. 


zid\ il est doux. 


i azccVgan, propre. 


izd'ig, être propre. 


ahraouan, large. 


ahraou, il est large. 



LIVRE III 

DES DIVERSES PARTICULES 
(prépositions, conjonctions, adverbes et interjections) 



CHAPITRE UNIQUE 
PRÉPOSITIONS 



Liste des principales Prépositions et des Locutions 
qui en tiennent lieu. 

d'efpi\ derrière, après. 

ourthi on d'efjïr oukhkham. 

Le verger de moi (est) derrière la maison. 

iousa d d'effir ek. 

Il est venu après (derrière) toi. 

fell, sur, pour, à, de. 
(Ne s'emploie guère qu'avec les affîxes.) 

iouli fell as. 

Il est monté sur lui. 

ifka fell i idyimen^ 

Il a donné pour moi de l'argent. 



— 234 — 

Ihouâr fcU as thikli. 

Est difficile à lui la marche. (La marche est pénible 
pour lui.) 

ioui^' itli fell i. 

Il a acheté lui de moi (il me l'a acheté). 

ejfcrcn t fell as. 

Ils cachèrent lui à lui (ils le lui cachèrent). 

s oufella, en haut, sur. 
(Avec les prépositions du génitif.) 

S oufella b omVrar. 
En haut de la montagne. 

s oufella ne tset'Va. 
En haut d'un arbre. 

eddaou, sous, dessous. 
eddaou i, sous moi, eddaou as, sous lui. 

seddaou, sous, dessous, en dessous. 
(Avec les prépositions du génitif.) 

illa iffer seddaou ougerthil. 

Il existait il est caché en dessous d'une natte (il était 
caché sous une natte). 

illa it't'es seddaou ne tset'Va. 

Il existait il dort en dessous d'un arbre {\\ dormait sous 
un arbre). 

b ouadda (i), en bas, du bas. 

thaddarth b ouadda. 
Le village d'en bas. 



(i) Les expressions ^ oufella, b ouadda, sont composées des prépo- 
sitions 5 et 6 et de substantifs. 



— 235 — 

r'cf, sur, pour, de. 

(Après r'cf, l'a initial des noms masculins se change 

quelquefois en ou.) 

irkeb r'cf aâoiid'iou is aberkan. 

li est monté sur le cheval de lui, le noir (il est monté 
sur son cheval noir). 

achou ir'cf, ai r'cf, pourquoi? 

oui r'cf illa lekhedha. 

Qui sur a été l'amende? (sur qui a été frappée l'amende?) 

ad' ouagi r'a iilin d'amck'k'eran fef thaddarth. 
C'est celui devant être le chef du village. 

ik'k'im r'cf ougcrthil. 
Il est assis sur une natte. 

ennUj, sennig, au-dessus de, en dessus de. 
(L'« initial des noms masculins se change en ou après ces mots.) 

ennig ouk'crroui s. 
Au-dessus de la tète de lui. 

ioufcg scnnig oukhkliain. 

Il a volé au-dessus de la maison. 

d'i, dans, à (sans mouvement). 

athaia d'i thcmd'int. 

Il est à la ville, dans la ville. 
achou lekhebar d'i thcniourth cnnoucn. 
Quoi les nouvelles dans le pays de vous? (quelles nou- 
velles dans votre pays ?) 

d'eg, dans, à (sans mouvement), 
pendant, durant, parmi, de, sur, d'entre, contre. 

alhaia d'cg oukhkham. 

Il est à la maison, dans la maison. 



— 236 — 

d'cg idh, pendant la nuit. 
d'oug ass, durant le jour. 
iionn d'cg scn, un d'eux, un d'entre eux, un parmi eux. 

oufan t d'eg oubnd\ 

Ils le trouvèrent sur le chemin . 

our thehaddercdh d'eg ain illan. 
Tu ne parles pas de ce qui est. 

cddjchad' d'eg iroumien. 

La guerre sainte contre les chrétiens. 

g, dans, de (préposition du génitif). 

g iioun OM/c/iA;/m?n, dans une môme maison. 

g irgazen, des hommes. 

thamegra g ird'cn, la moisson du froment. 

gar, bou ai gar 
(et dans plusieurs localités : gai gar) entre. 

ennour'cn gar asen. 
Ils se sont battus entre eux. 

ennour'en bon ai gar asen. 
Ils se sont battus entre eux. 

r'er, vers, à (avec mouvement), dans (avec mouvement), 
envers, à l'égard de, pour. 

br'ir' ad'rouh'er' fer Begailh. 
Je veux aller à Bougie. 

iousa d r'er d'agi. 

Il est venu vers ici (il est venu ici). 

iousa d fer themourth ennaf. 
Il est venu dans notre pays. 

izid'clh fer thoulaouin. 

Soyez doux envers, avec, pour les femmes, à l'égard 
des femmes. 



— 237 — 

*•, vers, à (avec mouvement, mais peu éloigné), dans 
(avec mouvement), chez (avec mouvement;. 

ad'irouh' s asiff. 
Il ira vers la rivière. 

ikchem s akhkham. 

Il entra dans la maison. 

therouh' s amek'k'eran en temd'int. 
Elle alla chez le chef de la ville. 

si, s, de (avec mouvement d'éloignement), 
préposition de l'ablatif pour les noms féminins. 

irouh' si themd'int. 

Il est parti de la ville. 

ibbodh ed si Begaiih fer d'agi. 
Il est arrivé de Bougie ici. 

ousir'd s four babath naf. 
Je suis venu de chez notre père. 

s, de, en, avec, par, moyennant. 

(L'a initial des noms masculins se change en ou 

après cette particule.! 

selan s ethemd'int oiigellid'. 
Ils entendirent parler de la ville du roi. 

s elhid'ets, en vérité. 

kilab agi ioura s ethk'ebailith. 
Ce livre est écrit en kahyle. 

iouth ith s oujenoui s oufous. 

Il Fa frappé avec un couteau, avec la main. 

itslberik si thafoukth. 

Il noircit par la lumière du soleil. 

iouf ith es âcliera en douro. 
Il l'a acheté moyennant dix douros. 



— 238 — 

scg, de (avec idée d'éloignement), depuis, 
de (préposition de l'ablatif), à. — (a initial changé en ou.) 

iffer' seg oukhkham. 
Il sortit de la maison. 

soug ass mi rouh'cn. 
Depuis le jour où ils partirent. 

issouou aâoud'iou is soug aùjf. 
Il fit boire son cheval à la rivière. 

)-'ou)\ chez, vers (a initial changé en ou). 

ahalli r'our oumcddakoul is. 
II est chez son ami. 

in sa r'our i. 

Il a couché chez moi. 

ou r'our thetchidh imensi. 

Chez qui as-tu mangé le dîner? (chez qui as-tu dîné?) 

ebbodhcn r'our théines. 
Ils arrivèrent vers le feu. 

s r'our, de chez, de la part de. 

effer'en s r'our ougellid'. 
Ils sortirent de chez le roi. 

sellcm fcll as s r'our i. 

Salue sur lui de chez moi (salue-le de ma part). 

/(/', avec. 

iousa d id'i. 

Il est venu avec moi. 

itsinig id'sen. 

Il voya^-e habituellement avec eux. 



— 239 — 

zed'ath, r'er zed'ath, devant, en avant. 

ioufa iioun ik'k'im zed'alh tlu(J)I)Our(h. 

Il trouva un (homme) il était assis devant la porte (il 
trouva un homme assis devant la i)orle). 

ithcddou r'cr zed'alh. 

Il marche devant, en avant. 

rouh' zed'ath i. 
Va devant moi . 

akhkham is zed'ath ouanniou. 

La maison de lui (est) devant celle de moi (sa maison 
est devant la mienne). 

ilmendad\ vis-à-vis, en face. 

akhkham is ilmendad' b ouanniou. 
Sa maison est en face de la mienne. 

almi, ai'mi (suivis de d') jusqu'à. 

iousa d armi d' akhkham iou iour'al. 

Il est venu jusqu'à ma maison, et il est retourné. 

a/, jusqu'à. 

si vbah ar thameddith. ar azekka. 

Du matin jusqu'au soir. Jusqu'à demain. 

alemma (suivi de (/') jusqu'à. 

erdjou i alemma tameddith. 
Attends-moi jusqu'au soir. 

ad'iarou alemma d'idh. 
Il écrira jusqu'à la nuit. 

n, en, in, de (préposition du génitif). 

thabbourth en temd'int. 
La porte de la ville . 



— 240 — 

agellid' ne temourth. 
Le roi du pays. 

in ou in ek. 
De moi, de toi. 

thaouririh ^^^ en tid'ilh. 

Le monticule de la Chienne (nom d'un village des Béni 
Menguellat). 

b, ou, de (préposition du génitif). 

oud'em b ourgaz. 
Le visage de Thomme. 

i, à (préposition du datif). 



inna i as i themeCCouth. 
Il dit à elle, à la femme. 



am, comme. 

melloul am ad'fel. 

Il est blanc comme la neige. 

annechtli, autant que. 
(Prend les afiixes des noms.) 

annechth iou, autant que moi. 

annechth ik, autant que toi. 

annechth n cgma s, autant que son frère. 



(1) Thaourirth, diminutif de aourir, montagne. Beaucoup de noms 
de localités, en Kabylie, commencent par l'un de ces mots. On les 
retrouve encore en usage chez les Béni Mzab et les Zenatia. Dans le 
Touat, il y a un village nommé Tiouririn, les petites montagnes. 



— 241 — 

amzound (•), ainsi que, comme. 
(Est suivi de d'.) 

amzound d'nek, ainsi que moi, comme moi. 

amzound d'oua, comme cela. 

fczzif amzound d'ascfsaf. 
Il est haut comme un peuplier. 

Conjonctions et Locutions conjonctives. 

akka, akhacji, ainsi. 
thek'k^trem akka, vous dites ainsi. 

akken, akkenni, ainsi, comme. 
akken ai genna, c'est ainsi qu'il a dit. 

ad\ d\ et. 
(Ne s'emploie qu'avec les noms.) 

Moh'ammed d' cgma s. 
Mohammed et son frère. 

agerfi^ou d' oubaref. 
Le corbeau et le renard. 

argaz a temet'Vouth is. 
Le mari et sa femme. 

iak, suivi de d', et, avec, et aussi. 

ù'OuJi' netsa iak d'cgma s. 
Il partit lui et son frère. 

(1) Amsound est, sans doute, composé de am, comme, et de sound, 
qui se retrouve chez les Touareg et signifie comparaison. — Amsound 
d' neU voudrait donc dire : comme la comparaison avec moi. 

16 



— 242 — 

màni, lamàni^ mais, cependant, néanmoins, pourtant, 
toutefois. 

noud'af fell ak lamâni our k oufir' ara. 
J'ai cherché sur toi, mais je ne Tai pas trouvé. 
(Je t'ai cherché, mais je ne t'ai pas trouvé.) 

mi, (jitni, lorsque, quand. 

mi ebbodhen fer themourth. 

Lorsqu'ils arrivèrent au pays. 

gimi immouth our'er' thaferka s. 

Quand il mourut, j'achetai le petit jardin de lui. 

imi, puisque, parce que. 

imi irouh' anef as ar d ias. 

Puisque il est parti, laisse à lui jusqu'à ce qu'il viendra. 
(Puisqu'il est parti, laisse-le jusqu'à ce qu'il vienne.) 

seg mi, depuis que, parce que, après que. 

seg mi d iousa our d iffir' seg oukhkham. 

Depuis qu'il est venu, il n'est pas sorti de la maison. 

our as irdhil ara id'rimen seg mi oulah four 
Il n'a pas prêté à lui de l'argent, parce que n'était pas chez 
es famen . 
lui de caution. 

(Il ne lui a pas prêté d'argent, parce qu'il n'avait pas 
de caution.) 

seg mi irouK' oukif id' es 

Après que il fut parti, je m'éveillai avec lui (je m'aperçus) 

iouker ii. 

il avait volé à moi. 

(Après qu'il fut parti, je m'aperçus qu'il m'avait volé.) 



— 243 — 

melmi, lorsque, quand. 

mclmi itezeridh. 
Quand las-tii vu? 

our cssiner' ara melmi d ioum. 
Je ne sais pas quand il est venu. 

adiimi, pourquoi ? 

achimi d ioum. 
Pourquoi est-il venu ? 

air'ef, pourquoi ? 

air'cf r'a d ias. 
Pourquoi viendra-t-il ? 

achou r'ef, pourquoi ? 

achou fcf ith en fan. 
Pourquoi l'ont-ils tué ? 

our, suivi de ara, ne... pas. 
(Sert à la négation.) 

our essiner' ara. 
Je ne sais pas. 

our, répété, ne... ni, répétés. 

our ilhets, our isess. 
Il ne mange, ni ne boit. 

our aàd', pas encore. 

our aâd' d iousi. 

Il n'est pas encore venu. 

ma our, mour, si... non. 

mour d thousidh ara nek ad'rouh'er. 
Si tu n'es pas venu, moi j'irai. 



— 244 — 

oulach, oulah, rien, il n'y a pas. 

oulach four es, rien chez lui. — (Il n'a rien.) 

oulah ar'a ielch. 

Rien ce que il mangera. — (Il n'a rien à manger.) 

oulach lekhebar. 

Point de nouvelles. — (Il n'y a pas de nouvelles.) 

ma oulach, moulach, sinon. 

aoui th. id, ma oulach ad'rouh'cr'. 
Apporte-le, sinon j ii'ai. 

in as ad iffef moxdach ad' ekchemef four es. 
Dis à lui il sortira ici, sinon j'entrerai chez lui. 
(Dis-lui de sortir, sinon j'entrerai chez lui.) 

ma, si ; ma fa, quand. 

ma thehfidh, si tu veux. 

ma fa d ias ad' as efkef id'rimen. 
Quand il viendra, je lui donnerai de l'argent. 

ma fa thououth el haoua our kerrezef ara. 
Si frappe la pluie, je ne labourerai pas. 

(S'il pleut, je ne labourerai pas.) 

ala, si ce n'est. 
ala iioun agsâa. 
Si ce n'est un ce qu'il possède. — (Il n'en a qu'un.) 

ala iioun ourgaz ai zerif d'eg oubrid'. 
Si ce n'est un homme ce que j'ai vu sur le chemin. 
(Je n'ai vu qu'un homme sur le chemin.) 

fas, si ce n'est. 

fas ouagi ag eddem. 

Si ce n'est celui-ci ce que il a emporté. 
(Il n'a emporté que celui-ci.) 



— 245 — 

ner', ou, ou bien. 

nek ner' ketch. 
Moi ou toi. 

leinmer, si (conditionnel). 
(Est ordinairement suivi de ialli.) 

lemme}^ atkhedmedli ialli aclak efkef id'rimen. 
Si tu travailles, alors je te donnerai de l'argent. 

ialli, alors, en conséquence, conséquemment, par suite. 
(Se place devant la conséquence d'une condition.) 

lemmer a taroudh ialli ad ias. 
Si tu écriras, alors il viendra. 

(Si tu écris, il viendra.) 

iouakken^ afin que, pour que. 

efkir' as id'rimen iouakken ad'ii d iaoui 

Je lui ai donné de l'argent afin que il m'apporte 

e:zith. 

de riiuile. 

alemma, jusqu'à ce que. 

alemma iousa d. 
Jusqu'à ce qu'il soit venu. 
(Jusqu'à ce qu'il vienne.) 

alemma zerif th, jusqu'à ce que je l'aie vu. 

nlmi, armi, jusqu'à ce que. 
(Avec le verbe au passé.) 

almi d iousa. 
Jusqu'à ce qu il vînt. 

(Jusqu'à ce qu'il soit venu.) 



246 — 



Adverbes et Locutions adverbiales. 



(l'a, d'agi, ici. 
(Sans mouvement.) 



alhaia d'agi, il est ici. 

r'er d'à, r'er d'agi, ici. 
(Avec mouvement.) 

iousa d si Begaith fer d'à, il est venu de Bougie ici. 

si a, si agi, d'ici. 
ironie si agi idhelli, il est parti d'ici hier. 

d'inna, in, n, là. 
( Sans mouvement. ) 

ck'k'im d'iinm, reste là. 

ioufa th d'inna, il le trouva là. 

ioufa th in d'i thiniri^^^ n Ailh Mcndcs. 

Il le trouva là, dans la thiniri des Béni Mendès. 

r'er d'inna, r'er d'in, là. 
(Avec mouvement.) 

roiik' r'er d'inna, va là. 

sinna, si en, de là. 

iroiih' sinna, il est parti de là. 

si en almi d'agi idda d sin oussan. 
De là jusqu'ici il a marché deux jours. 

il) La plaine située entre le Jurjura et les montagnes des Maatka 
et des Béni Aissi est appelée^ par les Kabyles, Thiniri. Ce mot, chez 
les Touareg, signifie une plaine en général, mais les Kabyles en ont 
oublié la signification ; il n'est plus chez eux qu'un nom de localité. 
Une plaine se dit, en kabyle, azar'ar ou loudha (en arabe s^]o^\]. 



— 247 — 

akin, akinna, là-bas. 
mouk'el ith akin, vois-le là-bas. 

si agi r'er d'inna, d'ici là. 

ad'ak en siouler' si agi r'cr d'inna. 
A toi j'appellerai d'ici là. 
(Je t'appellerai d'ici là.) 

si agi fer d'inna oulach b ouaman. 
D'ici là n'est pas d'eau. 

(D'ici là, il n'y a pas d'eau.) 

si a r'er ezd'ath, désormais, dorénavant. 
(S'emploie lorsqu'on parle au présent; mot à mot : d'ici en avant.) 

si a r'er ezd'ath ad etsaser' 

D'ici en avant (dorénavant) je viendrai habituellement 

am koull ass fer d'à. 

chaque jour ici. 

si en r'er ezd'ath, désormais, dorénavant, 

après cela, à partir de là. 

(Mot à mot : de là en avant, s'emploie lorsqu'on parle au futur.) 

si en fer ezd'ath d'irith oubrid'. 
De là en avant mauvais le chemin. 

(A partir de là, le chemin est mauvais.) 

as ed d'i themen cggam si en fer ezd'ath 
Viens dans huit jours, de là en avant 

our d thetsasedh ara. 
tu ne viendras pas. 

(Viens dans huit jours, après cela tu ne viendras 
plus.) 

si en akin fer ezd'ath as cd ai aouidh aila k. 

De là-bas en avant, viens, tu emporteras la propriété de toi. 



— 248 — 

anid'a, enga, où. 
(Sans mouvement et quelquefois avec mouvement.) 

anid'a thellidh idhelli. 
Où étais-tu hier? 

ad'ak mêler' anid'a tJi ezerif. 
Je te montrerai où je l'ai vu. 

mel il enga thella. 
Montre-moi où elle était. 

anid'a thcrouh'edli. 
Où vas-tu ? 

sani, où. 
(Avec mouvement.) 

sani fa therouh'edh. 

Où iras-tu ? 

scthak'saf th sani irouK. 

Je lui ai demandé où il allait. 

ami, d'où, par où 
and d thousidh. 
D'où viens-tu? • 

ansi iâdda. 
Par où est-il passé ? 

our essinf ara ansi d iousa. 

Je ne sais pas d'où il est venu. 

thoura, à présent, maintenant. 

tJioura id emlalcf id' es, ionsa d. 

A présent ici je me suis rencontré avec lui, il est venu. 
(Je viens de le rencontrer, il est venu, il arrivait.) 

zik, de bonne heure, bientôt. 
as ed zik, viens de bonne heure, viens bientôt. 



— 249 — 

o/'rt.f, beaucoup, très, fort. 
(Met au génitif les noms qu'il régit.) 

r'our i aVas, j'en ai beaucoup. 

ifka ias id'rimen at'as, il a donné à lui de l'argent beau- 
coup. 

(Il lui a donné beaucoup d'argent.) 

ellan aVas g irgazen d'i sonk\ 

Il y avait beaucoup d'hommes au marché. 

nezha, beaucoup, très, fort. 
Kammclef th nezha, j'aime lui beaucoup. 

d'erous, peu, guère. 
(Met les noms au génitif.) 

ifka ias d'erous, il a donné à lui peu. 

(Il lui en a peu donné, il ne lui en a guère donné.) 

ifka ias d'erous g id'rimen,. il lui a donné peu d'argent. 

achemma, tout à l'heure, sous peu, dans un instant. 
achcmma ad thasedh, tout à l'heure tu viendras. 

achemma ad' enn aser' rour ek, dans un instant j'irai 
chez toi. 

oulemnia, pas même, quand même, même. 

aoui th id oïdemma d'irith. 

Apporte-le ici quand même mauvais. 

(Apporte-le quand même il serait mauvais.) 

our d iousi oulemma iioun, il n'est venu pas même un. 
(Il n'en est pas même venu un seul.) 

(U)iek, comment ? 
amek thellidh, comment es-tu? comment te portes-tu ? 



— 250 — 

akken, akkenni, comment, comme. 

melan as akken had'eren. 

lis indiquèrent à lui comment ils avaient parlé. 

ass a, ass agi, aujourd'hui. 

ass agi annehd'ou thairza. 

Aujourd'hui nous commencerons le labourage. 

idhelU, hier. 

idhelli ai nesscroiicth ird'en. 

C'est hier que nous avons dépiqué le blé. 

seld idhelli ('), avant-hier. 

seld idhelli ai ounagen. 

C'est avant-hier qu'ils ont voyagé (qu'ils sont partis). 

azekka, demain. 

azekka ateffer' elmehalla. 
Demain sortira le camp (l'armée). 

zell azekka, après-demain. 

zell azekka ad' menr'en. 
Après-demain ils combattront. 

azekkanni, le lendemain. 

azekkanni ag emmouth. 
C'est le lendemain qu'il mourut. 

achh'al, combien ? 

achh'al ai g oufa. 

Combien ce que il a trouvé (combien a-t-il trouvé) ? 

(I) Les Mecheddala et quelques tribus du versant sud disent : rt^>' 
ennadh, avant-hier (pour le jour), et idh ennadh, avant-hier (pour 
la nuit). 



— 251 — 

achh'al ais, combien (pour combien d'argent)? 

achh'al ais iouf akhkham n. 
Combien a-t-il acheté sa maison ? 

imir en ('), de suite, aussitôt, sur-le-champ, alors. 

imir en ai th inr'a. 

C'est alors qu'il le tua. 

ma imelal id'es imir en ar'a th inef. 

S'il se rencontre avec lui, aussitôt il le tuera. 

e/î, oui. 

thebr'idh at etchedh eh. 
Yeux-tu manger? oui. 

a/a, non. 



izcra k 


ala. 


T'a-t-il vu ? 


non. 




Interjections. 




ai, à, ô. 


ai argaz 


à ihameVVouth. 


ô homme ! 


ô femme ! 




ai iaou. allons ! 


ai iaou annerouh'. 


Allons ! parto 


ns. 



/'/(/, eli bien ! donc ! 

thellidh thetsef ennidh d'elâali. 

Tu étais tu chantais habituellement, c'est très bien 

ihi Ihoura echdhaK . 

Eh bien 1 maintenant, danse. 



(1) Imir en est composé de imir, temps, époque, et du pronom 
démonstratif en, pour enni. 



LIVRE IV 
DE LA NUMÉRATION 



CHAPITRE UNIQUE 

Les Kabyles ont oublié la numération usitée autrefois 
chez les peuples berbers, et adopté le système arabe. On 
retrouve, cependant, des traces de l'ancienne numération 
dans celle qui est en usage maintenant. 

Numératifs cardinaux 

Les deux premiers noms de nombre de la numération 
berbère ont été conservés, et, dans ces deux noms, on 
distingue les genres. Chez les Béni Mzab et les Touareg, 
oii l'ancienne numération est encore en usage, cette 
distinction se fait pour tous les nombres. 



iioun, 


un. 


iiouth, 


une. 


sin, 


deux (masculin) 


senath, 


deux (féminin). 



Exemples : 

iioun ourgaz, un homme. 

iiouth ihamet'l''outh, une femme. 

sin irgazen, deux hommes. 

senath thoulaouin, deux femmes. 

Tous les autres noms de nombre sont les noms arabes, 
légèrement altérés. Mais, contrairement à ce qui se passe 
en arabe, les noms des objets énumérés continuent à se 



— 254 — 

mettre au pluriel après dix, et à partir de onze on les fait 
précéder de l'une des prépositions du génitif ; ainsi, l'on dit: 

thletha, arhàa, etc., âchera irgazen. 
Trois, quatre, etc., dix hommes. 

Ihletha, arbda, (IcJicrathoulaouin. 
Trois, quatre, dix femmes, 

Mais on dira : 

ah'dach, ethnach, ûcherin g irgazen. 
Onze, douze, vingt d'hommes. 

ah'dach, ethnach, âchenn en toulaouin. 
Onze, douze, vingt de femmes. 

âchenn b ouakraren. 
Vingt de moutons. 

Pour trouver la raison de cette anomalie, il faut 
recourir à l'ancienne numération berbère, conservée 
chez quelques peuples, les Béni Mzab, par exemple. 
On voit, en effet, que dans cette numération, dix se 
dit meraou pour le masculin, et memout pour le féminin, 
c'est-à-dire une dizaine ; vingt se dit : senet temerouin, 
c'est-à-dire deux dizaines ; trente, charel temerouin, 
c'est-à-dire trois dizaines ; trente-deux, charet temerouin 
de sen, c'est-à-dire trois dizaines et deux, et ainsi de suite. 

De même, cent se dit : touinest, c'est-à-dire une 
centaine ; deux cents, senet touinas, c'est-à-dire deux 
centaines ; trois cents, charet touinas, c'est-à-dire trois 
centaines, et ainsi de suite. 

Les noms de dizaines et de centaines conservent donc, 
dans le système de numération, leur propriété de sub- 
stantifs, puisqu'ils se mettent au pluriel. 

Ils doivent conséquemment régir, au génitif, les sub- 
stantifs qui les suivent. C'est, en effet, ce qui arrive dans la 
numération des Béni Mzab, que nous donnons plus loin. 



— 255 — 

Les Kabyles, en adoptant le système de numération 
arabe, ont continué à mettre au pluriel et au génitif 
les noms des objets énumérés au-dessus de dix, sans 
s'inquiéter si c'était conforme à l'usage et à la gram- 
maire arabe. 

Numératifs ordinaux 

Le premier se rend par amzouarou. 

La première — thamzouaroulh. 

Les premiers — imzoura. 

Les premières — thimzoura. 

Le dernier — aneggarou. 

La dernière — thaneggaroutJi . 

Les derniers — ineggoura. 

Les dernières — thineggoura. 

Le deuxième — ouis siii. 

La deuxième — tliis senath. 

Le troisième — ouis thletha. 

La troisième — this thletha. 

Le quatrième — ouis arbâa. 

La quatrième — this arbâa. 

Et ainsi de suite, c'est-à-dire qu'on obtient les nom- 
bres ordinaux, à partir du troisième, en faisant précéder 
les noms de nombre arabes, de ouis pour le masculin et 
this pour le féminin. 

Fractions 

Les Kabyles n'ont conservé de l'ancienne numération 
que le mot ar^e», qui signiiie la moitié. Les autres frac- 
tions s'indiquent par les nombres ordinaux féminins. 

Exemples : 

Il a droit au tiers de ma maison. 
itsalas thisthletha d'eg oukhkham iou. 

Il m'a donné le quart d'une poire. 
ifkaii this arhàa en tifircst. 



256 — 



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o 

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z 


iiet. 

senatet. 

keradhet. 

okkozet. 

scmmouset. 

scdiset. 

essaat. 

ettamel. 

tezzaat. 

meraout. 

meraout d iiet. 

meraout de senatet. 

meraout de keradhet. 

mo^aout d okkozet. 

scnatet teinerouin. 

senatet teinerouin d iiet. 

senatet teinerouin de senatet. 

keradhet teinerouin. 

okkozet teinerouin. 

seminoiisel teinerouin. 

sediset teinerouin. 

essaat teinerouin 

ettainet teinerouin. 

tezzaat teinerouin. 

touinest . 

senatet touinas. 

senatet touinas de senatet 

temerouin d okkozet. 
keradhet touinas. 
limidlut ? 
scnatet timidhinon tonadh. 


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V. 

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S 

1 


iien. 

sin, essin. 
keradh. 
okkoz. 
sonmous, 
sedis. 
essaa . 
et tam. 
tezzaa. 
ineraou. 
meraou d iien. 
meraou d essin. 
meraou de keradh. 
meraou d okkoz. 
senatet tonvrouin. 
senatet teinerouin diien. 
senatet teinerouin d essin 
keradliet temerouin. 
okiiozet te))ie)^duiii . 
semmouset tenierduin, 
sediset tenierduin . 
essaiit teniei^duin . 
ettamel tenierduin . 
tezzuat temerouin. 
tdui)iest. 
senatet touinas. 
senatet touinas de sena- 
tet tonei'ouin d okkoz. 
keradliet touinas. 
timidhit? 
senatet timidhin ou tc- 




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N 

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tgget. 
senet. 
charet. 
okkozet. 
sernmeset. 
sesset. 
saat. 
tamet. 
tesset. 
meraout. 
meraout d igget. 
meraout de senet. 
meraout de charet. 
meraout d okhazct. 
senet temerouin . 
senet temerouin d igget. 
senet tcinerduin 'lesenet. 
charet leinerouin . 
okkozet tenierduin. 
seinineset temerduin. 
sesset te))ierduin. 
saat teniei^duin . 
taniet temerouin. 
tesset te))ierouin. 
tirninest. 
senet Iduinas. 
senet teinei ouin de senet 
temerouin d okkozet. 
charet touinas. 
tout 11 es t tamek'k'erant. 
senet timinas timekk'e- 


a a 
5 


1 

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iggen. 

sen. 

chared . 

okkoz . 

semmes. 

sez . 

sa a. 

tam. 

tes. 

meraou. 

meraou d iggen. 

nierudu de 's'en. 

nieruou de chared. 

ineraou d okkoz. 

soiet temerouin. 

senet teinerouin diggen. 

senet lemerdiun, de sen. 

charet temerduin. 

ohhdzet teinerouin. 

seinineset teinerouin. 

sesset tenierduin. 

saat temeriiudi . 

tamet temerduin. 

tesset teinerouin . 

touinest . 

senet touinas. 

se)iet tduin((s de senet 

temerduin d okkoz. 
charet touinas. 
touinest tamek'k'erant. 
senet touinas timek'k'e- 


a a 

p 


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1 
z 

u 
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S 


iioun, iiedj. iiouth.iiechth 
sin. senath. 

thletha. 

arlida. 

khamsa. 

settsa. 

sehda. 

themania. 

tsda. 

dchoa . 

a 11' du eh. 

elhnach. 

Ihelt ach. 

arhdt ach- 

dehciin. 

oiiah ed' ou dcherin. 

cttinain OU dcherin. 

Ihlatliin. 

arhi'tin. 

khiiinsin. 

sellsin. 

selidln. 

theiiianiin. 

tesiliii . 

mi)u. 

miilhain. 

mi 11 ha in ou arbda 
ou dcherin. 

Ihelt miia. 

clef. 

siu ouelfen, cll'ai((. 


II 


sauaivox 




c - 

'i 3 



LIVRE V 



TEXTES DIVERS 



Les diverses fables ou narrations qui suivent ont été 
presque toutes traduites ou rédigées en kabyle par Si Sa'id 
ben Ali, de la tribu des Béni Boudrar (Zouaoua), interprète 
pour la langue kabyle, au Bureau politique des affaires 
arabes. 

J'ai fait suivre plusieurs de ces textes de la transcription 
en caractères arabes, afin de montrer au lecteur comment 
quelques Kabyles connaissant l'arabe se servent de ces 
caractères pour représenter les sons de leur langue. 

Je ferai observer, toutefois, qu'ils n'indiquent jamais 
les voyelles. 

Cette transcription a été faite par Si Saïd ben Ali, et 
ne doit être regardée que comme une appréciation toute 
personnelle de l'emploi des lettres arabes à la représen- 
tation des sons du kabyle. Il est très vraisemblable que, 
faite par d'autres Kabyles, elle varierait beaucoup avec 
chacun d'eux. 

17 



— 258 



I 



Agerfiou d' Ouharcf 

LE CORBEAU ET LE RENARD 

(Imitation de La Fontaine) 

iioun ouass agerfiou irs '*' s oufella ne tset'fa 
Un jour un corbeau était placé en haut cVun arbre, 
iddem agouglou d'oug k'aboub is ^-^ iâdda 

il portait un fromage clans le bec de lui ; passa 
ouharef iouala th ihfa ad'as ietch 

un renard, il vit lui, il voulut à lui il mangera 
agouglou ibd'a d'as isk'izzib ^^^ 

le fromage; il commença à lui il flattera (à le flatter), 
inna ias oubaref lemmer ellh'an ik am 

dit à lui le renard : Si la voix de toi comme 
errich ik ialli our k id ichbi 

le plumage de toi, alors ne te ressemble pas ici 
iioun d'eg ifrakh en tezgi agerfiou 

un (seul) parmi les oiseaux de la forêt. Le corbeau 
ibd'a lek'oul iouakken ad' as imel ellh'an is 

commença le chant, afin que à lui il montrera la voix de lui, 
itsou agouglou ir'li ias iddem ith 

il oublia le fromage, il tomba à lui, emporta lui 
oubarer' inna ias issin ai agerfiou ouin 
le renard, il dit à lui : Sache, ô corbeau, celui 

(1) Le verbe ers signifie être placé, et descendre. 

(2) D'oug U'ahouh is, pour d'og ouk'ahoub is. Lorsque les prépositions 
d'eg et seg régissent un nom dont la première consonne est entre 
deux voyelles, ou un des noms dont nous avons parlé page 37, le son 
ou, initial de ces noms, se transporte généralement, dans la pronon- 
ciation, à l'intérieur de la préposition. 

(3) D'as isk'izsib, pour ad'as isk'is^ib. 



— 259 — 

isk'izziben ithets s r'our 

flattant habituellement a l'habitude de manger de chez 
ouin as isellen. 

celui à lui écoutant habituellement. 



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TRADUCTION 



Un corbeau était perché sur un arbre, tenant un fro- 
mage dans son bec. Un renard vint à passer, le vit et 
conçut le désir de manger le fromage. Il se mit alors 
à flatter le corbeau et lui dit : Si ta voix ressemble à 
ton plumage, il n'y a pas ton pareil parmi les oiseaux 
de la forêt. Le corbeau, pour montrer sa voix, se prit 
à chanter, oubliant le fromage qui lui échappa. Le 
renard s'en saisit et dit au corbeau : Sache, ô corbeau! 
que le flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. 



— 260 



II 



Izcm ad' Ouzger 

LE LION ET LE TAUREAU 

(Traduit de l'arabe de Lokman) 

iioun ou ass izem ibr'a ad'ietch azger 

Un jour un lion voulait il mangera (manger) un taureau, 
our as ioufi amek ar'a th it't'ef irouK 

il ne trouvait pas à lui comment il saisira lui. Il alla 
four es ad' as ih'athil iouakken ath iffef 

chez lui il trompera à lui par ruse afin que il saisira lui. 
mna ias izem i ouzger nekkini ezlif izimer 
Dit à lui le lion au taureau : Moi j'ai égorgé un agneau 
ik'ebba bfir' atetchedh imensi four i 

il est gras, je désire tu mangeras le dîner chez moi 
idh agi. 
cette nuit. 
iouf as aoual ouzger segmi ibbodh ouzger 
Prit à lui la parole le taureau. Lorsque arriva le taureau 
four izem ioufa n ihagga isfaren 

chez le lion, il trouva là il avait préparé des morceaux de bois 
at'as iak ettouggi etlamek'k'erant 

beaucoup et aussi une marmite c'était une grande, 
iouf al ouzger irouel segmi iouala ouigi 
retourna le taureau, il s'enfuit lorsque il vit ceux-ci (ces 
inna ias izem achimi d thebbodiiedh fer d'agi 
préparatifs). Dit à lui le lion : Pourquoi ici tu es arrivé ici 
almi thoufaledh inna ias ouzger segmi 

jusqu'à ce que tu es retourné. Dit à lui le taureau : Lorsque 
zerif ouigi ah'aeif i ouin iougaren 
j'ai vu ceux-ci, j'ai jugé à ceci dépassant (étant trop 

izimer 
grand pour) un agneau. 



— 2G1 — 

ouagi ai cVel màna cl Icmetlid agi ouin illan 
Ceci c'est le sens de cette fable-ci : Celui étant 

(Tamoiisenaou our itsarra ara cld'aou is d' ameddakoul 

expérimenté ne rendra pas l'ennemi de lui ami, 

our ithezzi ara id' es. 

il ne tournera pas habituellement avec lui (il ne le 

fréquentera pas). 



II 



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— 262 — 



TRADUCTION 



Un jour un lion voulait faire sa proie d'un taureau, 
mais il ne savait comment s'en emparer. Il alla le trouver 
et, usant de ruse pour le saisir, il lui dit : J'ai égorgé un 
agneau gras, et je désire que tu viennes dîner chez moi 
ce soir. Le taureau y consentit ; mais lorsqu'il arriva chez 
le lion, il s'aperçut que celui-ci avait préparé beaucoup de 
bois et une grande marmite ; il retourna aussitôt sur ses 
pas et prit la fuite. Pourquoi, lui dit le lion, es-tu venu 
jusqu'ici pour retourner aussitôt? Lorsque j'ai vu tous 
ces préparatifs, répondit le taureau, j'ai pensé qu'ils 
étaient trop grands pour un agneau. 

Voici le sens de cette fable : L'homme sage et expé- 
rimenté ne se lie pas d'amitié avec son ennemi et ne le 
fréquente pas. 

III 

Thizerzerth 

LA GAZELLE 

(Lokman) 

Ihizcrzerlh iioun ouass ther'li theh'aous oiisan d 

Une gazelle un jour tomba elle fut malade. Vinrent 
louKaouch imcddoukal is ats zcrcn clchan 

les animaux les amis d'elle ils verront elle. Ils mangèrent 
as errebiâ as d izzin ak'ouran azegzaou 

h elle l'herbe à elle ici environnant, la sèche, la verte, 
ouin itsiK'erhen s id'isan is. segmi thekker 

ce qui étant près des côtés d'elle. Lorsque elle se leva 
seg aVan thcnoud'a kera fa thetch our thoufi 
de la maladie elle chercha chose elle mangera, elle ne trouva 
ara in fa ts laz. 
pas. Tua elle la faim. 



— 263 — 

attagi ai d'elmâna h ouaoualen cuji 

C'est celle-ci (qui est) la signification de ces paroles : 

oum isâan aVas imeddoukal four es at'as oufilif. 

Celui ayant beaucoup d'amis, chez lui beaucoup de soucis. 



III 

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TRADUCTION 

Une gazelle tomba un jour malade. Les animaux ses 
amis vinrent la voir, et mangèrent toute Therbe, verte ou 
sèche, qui se trouvait aux environs. Lorsque la gazelle 
releva de maladie, elle chercha quelque chose à manger, 
mais elle ne trouva rien et mourut de faim. 

Voici le sens de cette fable : Celui qui a beaucoup 
d'amis a beaucoup de soucis. 



— 264 



IV 

Ouarzigen a Thoiict't'oufth 

LA CIGALE ET LA FOURMI 

(La Fontaine) 

ouarzigen itsfcnni d'oug ncbdou 

Une cigale chantait habituellement pendant l'été, 

ioufa iman is oulach r^'our es ar'a 

elle trouva elle-même il n'y avait rien chez elle ce que elle 

ietch mi d iousa ousemmidh oulah oulemma 

mangera quand fut venu le froid. Il n'y avait pas même 

iioiin oubzizseg iioun izi nefsi thoiikha iroiih' d'ailsour'ou 

une miette d'une mouche ou d'un ver. Elle alla elle crie 

s laz four thoueVVoufth thadjarts is d'ats itsKaoualh 

par la faim chez la fourmi la voisine d'elle, elle prie elle 

ad'as therdhel kera ne th'ahbets ad'ik'oiioutJi 

à elle elle prêtera chose d'un grain elle sustentera 

iman is inna ias s el imin ennaf 

elle-même. Elle dit à elle : Par le serment de nous, 

mi d'aseggas agi fa d iasen ad'am erref 

lorsque (sera) cette année devant venir, à toi je rendrai 

k'chel thamegra s el marda se ras el mal thaouet't'ouflh 

avant la moisson avec l'intérêt avec le capital. La fourmi 

our theret't'el ara d'ouagi ai 

ne prête pas habituellement. C'est ceci ce qui (est) 

d'el dib is ameçzian thenna ias aeJiou 

le défaut d'elle le (plus) petit. Elle dit à elle : Quoi 

thekheddemedh d'oug azr'al inna 

tu faisais habituellement pendant la chaleur ? Elle dit 



— 265 — 

ias idh ad' ouass ouin iâddan fennif 

à elle : Xuit et jour, celui lequel passant je chantais 
as hr'if ad'am ihouou thenna 

à (pour) lui, je désire à toi il plaira, elle (la fourmi) 
ias theUidh thetsrennidh d'dàali 

dit à elle : Tu étais tu chantais habituellement, très bien, 
ihi thoura echdhah'. 

eh bien ! maintenant, danse. 



IV 






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— 266 — 

V 

Izem d' Oubaref 

LE LION ET LE RENARD 

(La Fontaine) 

illa izem ousser our izmir 

Il existait un lion il était vieux, il n'avait pas 
ara oiilemma i iioun d'i louh'aouch ibr'a 

de pouvoir (sur) même à un parmi les animaux. Il voulut 
ad'iouk'kem eUi'iki ionakkcn ad'iâich 

il fera (faire) une ruse afin que il vivra (il vive). 
ish'ass iman is ikchem s ifri 

Il rendit malade lui-môme, il entra dans une caverne, 
kera h ouin r'a ikchemen four es ath izer 

chose de celui devant entrer chez lui il le verra 
d'i louh'aouch ath ietch iioun ou ass iousa d r' our es 
parmi les animaux il le mangera. Un jour vint chez lui 
oubaref ibded' as fef thabbourth 

un renard, il se tint debout à (devant) lui sur la porte 
g efri isellem fcll as inna ias amek 

de la caverne, il salua sur lui, il dit à lui : Comment 
Ihellidh ai agellid' ellouh'aouch inna ias izem 
es-tu ? ô roi des animaux. Dit à lui le lion : 
achimi thougidh ad thekechmedh ai abarer' inna ias 
Pourquoi refuses-tu ici tu entreras, ô renard ? Dit à lui 
oubaref ai agellid' ellif bfif ad' en kechmef 
le renard : roi, j'étais je voulais j'entrerai chez toi 
almi oualaf four ek eddjcrra ounekchoum 

jusqu'à ce que j'ai vu chez toi les traces de l'entrée 
at'as eddjerra en toufalin oulah. 
beaucoup, les traces du retour point. 



— 267 — 

ettagi ai d'clmâna ouin issenen 

C'est celle-ci ce qui est la signification : Celui sachant 

our itsouk'k'im kera alemma 

ne fait pas habituellement une chose jusqu'à ce que 

ih'akkcr ith. 

il ait visé (examiné) elle. 






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— 2Ô8 — 



TRADUCTION 



Un lion étant devenu vieux, avait perdu toute puissance 
sur les animaux. Il résolut d'user de ruse pour vivre, et, 
feignant d'être malade, il entra dans une caverne avec le 
dessein de dévorer ceux des animaux qui viendraient pour 
le voir. Un jour un renard vint chez lui, il s'arrêta à la 
porte de la caverne, et, saluant le lion, lui dit : Comment 
te portes-tu, ô roi des animaux? Pourquoi, lui dit le lion, 
ne veux-tu pas entrer? Sire, répondit le renard, j'ai eu 
l'intention d'entrer chez toi jusqu'au moment où j'ai vu 
que les traces des pas entraient dans ta caverne en grand 
nombre, et que pas une n'en sortait. 

Voici la morale de cette fable : L'homme expérimenté 
ne fait rien qu'après un mùr examen. 

Même fable traduite en kabyle de Bougie, par Sid 
Ahmed Khatri, interprète kabyle à Bougie. 



YI 

Izcm ad' Ikàb 

LE LION ET LE RENARD 

izem nia d'aoussar it'âf our 

Un lion existait, c'était un vieux, il était faible, il 
izmir ara oulemma i iioiin d'cg loiih'aouch. 

n'avait pas de pouvoir (sur) même un parmi les animaux. 
ibfa ad'isker elliila iouakken ad' iâich 

Il voulut il fera une ruse, afin que il vive ; 

isat'en iman is ioufa iman is 

il rendit malade lui-même. Il trouva lui-même 



— 269 — 

g elfar illa ouin d iousan four es 

dans une caverne. Etait celui venant chez lui 
(j elloiih'aouch a th izer ietch 

parmi les animaux il le verra (pour le voir) il mangera 
ilh zed'akhal elr'ar is iousa d four es 

lui clans la caverne de lui. Vint chez lui 

ikâb ibded' as fer thouourth 

un renard, il se tint debout devant lui vers la porte 
elfar isellem fell as inna ias amek 

de la caverne, il salua sur lui, il dit à lui : Comment 
IhelliV ai agcllid' elloiih'aouch inna ias izem 
es-tu, ô roi des animaux? Dit à lui le lion : 

achou ifef our d ekchimet' ara a ikâb. inna ias 
Pourquoi ici tu n'entres pas, ô renard. Il dit à lui : 
a sidi ellif bfif ad'kechnief four ek 

seigneur, j'étais je voulais j'entrerai chez toi, 
lakin oualaf four ek eddjerra tekchem kherellah our 
mais j'ai vu chez toi la trace entre beaucoup je n'ai 
skid'af ara ouin d iffefen d'eg sen. 
pas vu celle ici sortant parmi elles (les traces). 



VI 



l't^ »C. ^- C y 1*1»,', C C/C/ C-.xC|_',-.. 'C'a 

n. , ^.^ ^xJ\ ,L*Ji •^\ ^ *_j v-s / ^^:i2j^ ^^oi-X-j . ^, ^ j!',..^ 






^4;l!i i-JiL.î Lij ^î j-ULîJ 



— 270 — 




VII 



illa iioun oumfar isâa sebâa on arraou is 

II y avait un vieillard, il avait sept fils de lui, 
themmouth as thamcCfouth is ik'k'im d'adjal iionn 
mourut à lui la femme de lui, il resta veuf. Un 
ou ass ek'k'imen ou arraou is cla haderen inna 
jour étaient assis les fîls de lui ils conversent. Dit 
iasen oumeçzian d'eg sen iiaou annc::enz 

à eux le (plus) jeune parmi eux : Allons nous vendrons 
thifeVVen amiezououdj i babath naf s id'rimen 
des chèvres, nous marierons notre père avec l'argent 
ensent âddan d'oug aoual enni beddelen 

d'elles. Ils passèrent dans cette conversation, ils changèrent 
aoual enni idhen inna iasen oumfar ai 

une conversation autre. Dit à eux le vieillard : 
arraou iou ouraleth r'our cl had'our ne tr'ct'Ven. 
fils de moi, retournez à la conversation des chèvres. 

VII 

, \Lâ..!^ ^> , f«J'Jîu.o ,. vo'oo^J , ^ t^y-» '■*-»- '^--J 1^*5 .tî-' -^ 

,& ^, J,^, ^, ^,l,..b ^,^JK ^^M ^..L ^, . 



— 271 — 



TRADUCTION 



Un vieillard avait sept fils. Sa femme mourut et il resta 
veuf. Un jour, ses fils étaient assis et causaient. Le plus 
jeune d'entre eux dit à ses frères : Allons, mes frères, 
vendons des chèvres, et avec le prix nous marierons notre 
père. Ils laissèrent ce sujet de conversation et passèrent à 
un autre. Le vieillard leur dit : mes fils, revenez à la 
conversation des chèvres. 



VIII 

iionn Ougaoua isâa ameddakoul 

Un Zouaoui (honuTie des Zouaoua) avait un ami 
cVeg Merkallan^^^ iioun ou ass iboui as tharzefth 
parmi les Merkalla. Un jour il porta à lui un cadeau, 
ioufa thoulaouiii d'eg oukhkham ameddakoul is 

il trouva les femmes dans la maison, l'ami de lui 
irouh' ad' ikrez segmi id ibbodh 

était allé il labourera (labourer). Lorsque ici il arriva 
si ihairza themouger ith 

(il revint) du labourage, alla à la rencontre de lui 
un s thenna ias a baba iousa d 

la fille de lui, elle dit à lui : mon père, est venu 
oumeddakoul ik Agaoïia (-' iboui af d 

l'ami de toi le Zouaoui, il a apporté à nous ici 

thazarth ellarzefth. iferah' is 

des figues sèches c'est un cadeau. Il se réjouit de lui 

(1) Merkalla, tribu kabyle du versant sud du Jurjura. 

(2) Par une coïncidence assez singulière, le mot gaoua ou gacoua, 
au féminin gaouette, sert à désigner, en patois provençal, un monta- 
gnard des Basses-Alpes. 



272 — 

inna ias a illi tharzefth 

(de son ami). Il dit à elle : ma fille, un cadeau, 

ma d'i ther'nou d'e kera lemaJiibba 

est-ce ce qui moi enrichira, c'est un peu d'amitié 
ai thernou''^^ . 
ce que il a ajouté. 



VIII 



^.jji ^ilL> ^.t. ^,^ ^,ir^ ^o jrvi u_; t:r, ^,. 

1^'i'! oX.LfÎj^j ^L-^^_ IL! . ^L;Ll3- * , ^«ij 0,0 v^«..o î; vr:*tr- 

■^ Oc 

^ JJ.J ^' ^^.sr^' l^-T^^^i^Li-iSU 

TRADUCTION 

Un homme des Zouaoua avait un ami chez les Merkalla ; 
un jour, il lui porta un cadeau et ne trouva que les femmes 
à la maison, son ami étant allé labourer. Lorsque ce der- 
nier revint du labourage, sa fille alla à sa rencontre et lui 
dit : Eh ! père, ton ami le Zouaoui est venu, et nous a 
apporté des figues sèches en cadeau. Il se réjouit de la 
présence de son ami et dit à sa fille : Mon enfant, est-ce 
ce cadeau qui m'enrichira? Il ne fait qu'ajouter un peu 
à notre amitié. 



(1) Les mots tlier'nou et t/ternou, par leur consonance à peu près 
semblable, forment une espèce de jeu de mots que les Kabyles affec- 
tionnent et qui motive ce récit. 



— 273 



IX 



iioun bujennad' iioun ou a.s.s iroiih' fer 

Un homme des Béni Djennad un jour allait vers 
Ammoua ■''. ioufa asiff inouk'k'cr 

le pa*^s des Amraoua. Il trouva la rivière elle était i^rande, 
ikchem d'eg s iddem ith ouasiff 

il entra dans elle; emporta lui la rivière. 

ikkes cd ajenoui four es inna ias atetchedh 

Il ôta ici le sabre contre elle, il dit à elle : Tu mangeras 
Ajennad' ai asiff ^-l 

un homme des Béni Djennad, ô rivière. 



IX 



• (^ ^ •• •• ^ J^ w^ . .. — -7 .. ^ ' .. .. 



TRADUCTION 

Un homme des Béni Djennad allant un jour dans le 
pays des Amraoua, trouva la rivière grossie par les pluies. 
Il entra dans le courant qui l'emporta. Tirant alors son 
sabre pour frapper la rivière, il lui dit : Ah ! tu veux 
emporter un homme des Béni Djennad. 

(1) Amraoua est le nom donné par les Kabyles au pays occupé par 
la tribu désignée ainsi par les Arabes. Les babitants s'appellent, en 
kabyle, iinraouieii. L'oued Sebaou sépare les Béni Djennad des 
Amraoua. 

(2) Les Béni DJannad sont en butte aux plaisanteries des autres 
Kabyles. 

18 



— ?7.i — 



X 



ThalCakaith a Haroun cr Rcchid <') 

HISTOIRE DE HAROUN ER RECHID 

illa iioun dH zeman amzouarou 

Il existait un (homme) dans le temps antérieur 

d'agellid' ism is Haroun er liechid 

c'était un roi, le nom de lui Haroun er Rechid 

ad' bah ellaman 

c'était le maître de la confiance (qu'on avait en lui); 
tserouh'oun, ettcdjar r-'cr thamourth is. 

avaient l'habitude d'aller les négociants dans le pays de lui. 
ellan thlctha injazcii d'imcddoukal tsar en 

Etaient trois hommes c'étaient des amis, ils achetaient 

zcnouzen. 
habituellement, ils vendaient habituellement. 
selan es thamd'int Haroun er Rechid 

Ils entendirent parler de la ville de Haroun er Rechid. 
inna iasen iioun d'eg sen iiaou anneroulî annaoui 
Dit à eux un parmi eux : Allons ! nous irons, nous porterons 
ezzilJi ats nczidjou dH thamd'int agi 

.de l'huile, nous la vendrens dans cette ville. 
oudjoucn ezzith eddan thletha oussan 

Ils achetèrent de l'huile, ils marchèrent trois jours, 

(1) Cette histoire et les suivantes sont de celles que les Kabyles 
racontent lorsqu'ils sont réunis aux veillées. Le décousu des idées, 
l'absence de logique dans la construction des phrases et la simplicité 
plus que naïve du style, pourront faire juger du peu de culture de la 
langue kabyle. 

Nous ne donnons ces documents que comme exercices. Les sujets, 
évidemment empruntés aux Arabes, offrent si peu d'intérêt, que nous 
nous dispenserons de les faire suivre de la traduction. 



— 275 — 

oufan thazerouts d'eg oubrid' thour* 

ils trouvèrent un petit rocher sur le chemin, avait pris 
d'eg s thèmes inna iasen iioun d'eg sen iiaou 
dans lui le feu. Dit à eux un parmi eux : Allons ! 
cita nessens sernaren fell as 

nous éteindrons lui (le rocher). Ils versèrent sur lui 
aiddid' b ouaman tliensa segmi thensa 

une outre d'eau, il fut éteint. Lorsqu'il fut éteint 
thebdha menaeef oufan ts 

il se partagea par la moitié, ils trouvèrent lui 
zed'akhal ù ettirgin rouh'en 

en dedans de lui' c'était du charhon. Ils partirent, 
edjan ts eddan thletha oussan ebbodhen 

ils laissèrent lui, ils marchèrent trois jours, ils arrivèrent 
fer thamd'iiit Haroun er RecJiid ensan sin 

à la ville de Haroun er Rechid. Ils couchèrent deux 
ouadhan idh ouis thletha etchan imensi 

nuits. La nuit la troisième ils mangèrent le dîner, 
ek'k'imen d'à hadderen gar asen inna iasen 
ils étaient assis ils causent entre eux. Dit à eux 
iioun d'eg sen a oua as <*' innan i ougellid' ad' ii 
un parmi eux : qui à lui disant au roi à moi 
iefk illi s ouis sin 

il donnera (de me donner) la fille de lui. Le second 
inna iasen a oua as innan ad'ii iefk 

dit à eux : qui à lui disant à moi il donnera 
miia therialin ouis thletha inna iasen ad'enijour' 
cent réaux. Le troisième dit à eux : J'espérerai en 
rebbi ad'netsa r'a d'il d iefken agellid' 

Dieu, c'est lui devant à moi ici donner. Le roi 
r'our es ih'arsiin tsenad'in 
avait des gardiens ils faisaient la ronde habituellement 



(1) Voir page 190. 



— 276 — 

d'eg idh inna iasen ouin 

pendant la nuit. Il (le roi) dit à eux: Celui que 
mi fa thcsclem ihad'er kera d'eg 

lorsque vous entendrez il dit quelque chose pendant 
idii themelem f^' il 1h sclan 

la nuit, vous indiquerez à moi lui. Ils entendirent 
ascn i ouigi mi had'cren gai' asen 

à eux à ceux-ci lorsque ils causaient entre eux, 
âllemcn asen thabbonrlJi b oukhkham cnni 
ils marquèrent à eux la porte de la maison laquelle 
d'eg ensan azckkanni melan 

dans ils passaient la nuit. Le lendemain ils indiquèrent 
rt.s' % ougellid' inna iasen aouith ii then id 

à lui au roi. Il dit à eux: Amenez à moi eux ici. 
rouh'en bouin then id inna iasen 

Ils allèrent, ils amenèrent eux ici. Il (le roi) dit à eux : 
achou thehad'erem d'eg idh melaii 

Quoi vous avez dit pendant la nuit? Ils indiquèrent 
as akken had'eren inna ias i ouin 

à lui comment ils avaient parlé. Il dit à lui à celui 
ibr'an . illi s aoui ts efkif 

voulant la fille de lui : Emmène elle, je donne 
ak ts ouin ibfan id'nmen ifka ias 

à toi elle. Celui voulant l'argent il donna à lui 
then ouin irdjan rebbi inna ias 

eux (lui). Celui espérant en Dieu il dit à lui : 
ketch erdjou rebbi ad'ak d iefk effefen 

Toi, espère en Dieu, à toi ici il donnera. Ils sortirent 
s four es rouJCen cddoukelen el ouali'id' 

de chez lui. Ils partirent, ils se réunirent l'un (ensemble) ; 
eddan tJdetha oussan immouth ouin oumi 

ils marchèrent trois jours, mourut celui à qui 



(1) Themelem a ici le sens du futur, quoique n'étant pas précédé de 
la particule ad'. Au passé, le même verbe fait tlicmelam (Voir p. 103). 



— 277 — 

ifka ougeUicr id'riincn inna iaa 
avait donné le roi l'argent. Dit à lui (à son compagnon) 
ouin irdjan rebbi atk ourther' inna ias 

celui espérant en Dieu : J'hériterai de lui ; dit à lui 
oumcddakoul is ketch crdjou rebbi rouit en 

l'ami de lui : Toi, espère en Dieu. Ils partirent, 

cddan sin oiissan immouth ouïs sin iouretk 
ils marchèrent deux jours, mourut le second ; hérita 
ouin irdjan rebbi id'rimen ad' illis 

celui espérant en Dieu (de) l'argent et (de) la fille de lui 
ougellid' ass ouis seltsa oussan seg 

du roi. Le jour le sixième des jours depuis 
ass mi defjeren s four ougcllid' ibbodh fer 
le jour que ils sortirent de chez le roi, il arriva à 
thamd'int is ikchcm s akhkham is 

la ville de lui, il entra dans la maison de lui 
d'cg idh iouggad' oui izerren illi s 

pendant la nuit, il craignaitceluidevant voir la fille de lui 
ougellid' ikka kera boussan iioun ouass thekchem 
du roi. Il resta quelques jours. Un jour entra 
themfartli s akJikham is thoufa 

une vieille femme dans la maison de lui, elle trouva 
thamef V oulh am aggour idh arbâVach 

une femme comme la lune la nuit quatorze. 
theffcf therouh' s amek'k'eran en thamd'int themela 
Elle sortit elle alla chez le chef de la ville, elle indiqua 
ias thameVt'outh agi ichiiâ four ouin irdjan 
à lui cette femme. Il envoya chez celui espérant 
rebbi inna ias selif four ek 

en Dieu, il dit à lui : J'ai entendu dire chez toi (tu as) 
thameVt'outh am aggour inna ias es thid'ets 
une femme comme la lune. Il dit à lui : En vérité 
thella lamâni machi inou inna ias 

elle (y) est, mais non à moi. Il dit à lui : 



— 278 — 

oui ts ilan inna ias thcUa fonri 

qui (est) elle possédant? Il dit à lui : Elle est chez moi 
d'elamana baba s ad' Haroun er Rcchid 

c'est un dépôt, le père d'elle c'est Haroun er Rechid. 
inna ias amek tliekhcddemedh d'eg 

Il dit à lui :. Comment fais-tu habituellement pendant 
idh inna ias mi cbbodhef d'eg idh 

la nuit ? Il dit à lui: lorsque j'arrive pendant la nuit, 
had'eref id^es ar taiou^^^ 

je cause avec elle jusqu'à ce que elle soit fatiguée, 
7ictsath theVt'es d'eg oiisou s nek et't'esef d'eg 
elle elle dort sur le tapis d'elle, moi je dors sur 
ousou ou imla ias thaKakaith is 

le tapis de moi. Il indiqua à lui l'histoire de lui. 
inna ias four i ledjenan d'elâalith 

Il dit à lui : J'ai une maison de campag-ne belle, 
efkir' as th atzed'ef d'eg s illi s 

j'ai donné à elle elle, demeurera dans elle la fille de lui 
ougellid' azekkanni irouli' ■ izid'ef d'eg s 
du roi. Le demain il alla il demeura dans elle. 
iioun oubrid' iffer' d'eg idh r'er 

Un chemin (une fois) il sortit pendant la nuit vers le 
zed'ath iliabbourth ledjenan ioufa 

devant de la porte de la maison de campagne il trouva 
iioun ik'k'im zed'ath thabbourth inna 

un (homme) il était assis devant la porte. Il dit 
ias achou k a ouagi inna las 

à lui : Quoi toi (qui es-tu?) ô celui-ci? Il dit à lui: 
nek dHminig inna ias ekcheni r'our i ikchcni 
Moi voyageur. Il dit à lui: Entre chez moi. Il entra 
r'our es Ibded' id'es Isetch Ith 

chez lui, il resta debout avec lui, il fit manger lui. 

(1) Ar tâiou, pour ar d'tliaiou. — Ar est généralement suivi de d' . 



— 270 — 

ek'k'imen d'à haddercn inna ias ism ik 
Ils étaient assis, ils causent. Il dit à lui : Le nom de toi? 
achh'al ai s thoiw'edh Icdjcnan agi 

Combien as-tu acheté cette maison de campagne? 
inna ias ouagi ad' ouis tldetha four i 

Il dit à lui : Celui-ci c'est le troisième chez moi 
d'damana inna ias i kctcJi ism ik iougi 

dépôt. Il dit à lui: Et toi, le nom de toi? Il refusa 

ad' as imcl ism is inna 

h lui il montrera (de lui dire) le nom de lai. Il dit 
ias thah'akaith iou mouklfereth mcl 

à lui : L'histoire de moi est grande (longue), indique 
ii achou thent lamanalh agi four ek themeldh ii 
à moi quoi eux ces dépôts chez toi. Tu indiqueras à moi 
ism ik imla ias thah'akaith is 

le nom de toi. Il indiqua à lui (raconta) l'histoire de lui. 
inna ias ism iou ouin irdjan rebbi 

Il dit à lui : Le nom de moi celui espérant en Dieu. 
iminig inna ias ism iou Haroun 

Le voyageur dit à lui : Le nom de moi Haroun 
er Rechid miâk'alen 

er Rechid. Ils se reconnurent . réciproquement. 

isaoul as i illi s ougellid' ihejfcf ed 

Il appela à elle à la fille de lui du roi. Elle sortit ici 
fer baba s thak'el ilh themla ias 

vers le père d'elle, elle reconnut lui, elle indiqua à lui 
akken illa ■ eUCal inna ias ouin 

comment était l'état des choses. Dit à lui celui 
irdjan rebbi atsaien illi k athenaien 

espérant en Dieu : Voici la fille de toi, voici 
id'rimen ik nek ad'erdjouf rebbi inna ias 

l'argent de toi, moi j'attendrai de Dieu. Dit à lui 



— 280 — 

ougellid' cfkir' ak illi crnif ak 

le roi : Je donne à toi la fille de moi, j'ajoute à toi 
id'rimen agi kctchini ad'clouzir seddaou i 

cet argent, toi cest (tu es) le ministre sous moi. 



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— 282 — 

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XI 



r/ifl //? achahouts oureggad' 

CONTE DU CHASSEUR 

illa iioun isâa emmi s 

Il y avait un (homme), il avait un fils de lui, 
fi' aceggadi Amkoidl ass itsaoui cl 

c'était un chasseur. Chaque jour il avait Thabitude 
çiacVa iioun ou ass inna ias baba s 

d'apporter du i^àbier. Un jour, dit à lui le père de lui : 
ad' ak zoudjcf ad' ak afer' ilU s 

Je marierai à toi, je prendrai à toi la fille de lui 



— 283 — 

àmm ik inna ias ilhi 

de l'oncle de toi. 11 dit à lui : II est bon (c'est bien). 
tour' as ts ikka i(V es kera h oussan 

Il prit à lui elle. Il (le fils) resta avec elle quelques jours. 
Themmoutli imma s izoudj baba s iour' 

Mourut la mère de lui. Se maria le père de lui, il prit 
tliamcV f outh enniidhcn nelsalh our theh'ammel ara 
une femme autre. Elle elle n'aimait pas 

IhameVVouth oureggad' thenna ias i oiirgaz is 

la femme du chasseur. Elle dit à lui au mari d'elle : 
akJitfiir d'eg i nef d'i Ihamei't'outli n emmi k 
Choisis dans moi ou bien dans la femme du fils de toi, 
nekkini our tscr'imif ara id' es d'eg iioun 
moi je ne resterai pas avec elle dans une (môme) 
oukhkham inna ias a thameVVoutli anef^^^ as 

maison. Il dit à elle : femme, laisse à elle 

thagi elthameVt'oulh n emmi our 

(laisse-la), celle-ci c'est la femme du fils de moi, elle 
Ikesài ara imaoulan eUagoujilt thenna ias 

n'a pas de parents, c'est une orpheline. Elle dit à lui : 
ma thebrHdh els nek azekka ad'rouKcf segmi 
Si tu veux elle, moi demain je partirai. Lorsque 
ils iouala thebfa alrouh' ik'k/im 

il la vil, elle voulait elle partira (partir), il resta 
abhi d' idh inna ias i mmis ebrou 

jusqu'à la nuit, il dit à lui au fils de lui : Répudie 
i thamet'Vouth ik ad'ak àioud'cf thaiedli inna 

à la femme de toi, à toi je redonnerai une autre. Il dit 
ias i baba s seg oui ik ai d 

à lui au père de lui : Du cœur de toi ce que ici 

(1) Le verbe anef, laisser, gouverne le régime indirect, tandis que 
son correspondant en français met le nom au régime direct. Il en est 
de même pour beaucoup d'autres verbes kabyles, les exemples en sont 
très fréquents dans ces récits. 



— 284 — 

thennidh akka inna ias ma thetsafedh 
tu as dit ainsi. Il dit à lui: Si tu prends habituellement 
aoual iou ebrou ias 

la parole de moi (si tu m'obéis), répudie à elle (répu- 
inna ias achou iak thekhed'em thagi 

die-la). Il dit à lui : Quoi à toi a-t-elle fait ? celle-ci 
cltagoujUt oula our'our thcrouh' ma 

c'est une orpheline, il n'y a pas chez qui elle va, si 
thougidh cls azckka ad'as ebrour' inna ias 

tu refuses elle, demain je répudierai à elle. Il dit à lui : 
our ts brir' ara ik'k'im almi d' idh iddem 

Je ne veux pas elle. Il resta jusqu'à la nuit, il enleva 
thamcfC outil is irouh' d'à thcddoun almi inrcf 
la femme de lui, il partit. Ils marchent jusqu'à la moitié 
iidh oualan thimes Ihebàd' ànan 

de la nuit. Ils virent un feu il est éloigné, ils se diri- 
ts almi k'rib adHali ou ass 

gèrent vers lui jusqu'à ce que presque montera le jour. 
ebbodhen four es ou fan 

Ils arrivèrent vers lui (le feu), ils trouvèrent 
el àbcd'errebbi ifcraJi' issen 

un serviteur de Dieu. Il se réjouit à eux (les accueillit bien). 
etchan souan ek'k'imen four es 

Ils mangèrent, ils burent, ils restèrent chez lui 
kera b oussan iioun ouass inna ias oiiçeggad' 
quelques jours. Un jour dit à lui le chasseur : 
bfif ad'rouh'ef ad'eegged'ef iserraJt' as 

Je désire j'irai (aller) je chasserai, il permit à lui, 
irouh' iboui d aVas eggouthal iak etsekrin 

il alla, il apporta beaucoup de lièvres avec des perdrix. 
iferali' is el àbed'' errebbi am koull ass 

Se réjouit de lui le serviteur de Dieu. Chaque jour 
ilsaoui d 
il avait l'habitude d'apporter (du gibier). 



ï 



— 285 — 

iioun ou ass ioufa iouaf zenioun tVi sebâa id' sen 
Un jour il trouva des ogres dans sept avec eux 

in7''a then ikcJiem 
(ils étaient au nombre de sept), il tua eux, il entra 
s enga zed'er'cn ioufa aVas ne deheh 

là où ils habitaient, il trouva beaucoup d'or 

d' elfet'Ca irouh' four cl abcd'crrcbbi imla 

et d'argent. Il alla chez le serviteur de Dieu, il indiqua 
ias amek ithen inr'a 

à lui comment eux il a tué. Il (le serviteur de Dieu) 
iferak' is inna ias nekkini 

se réjouit à lui. Il (le chasseur) dit à lui : Moi 

br'tr' ad'roulier' ad'zcd'erer' d'i 

je désire j'irai (aller) je demeurerai (demeurer) dans 
Ihaddarth ensen el abcd'crrcbbi our ibfi ara 

le village d'eux. Le serviteur de Dieu ne voulait pas. 
inna ias ouggad'er' fell ak oui k inek'k'en 

Il dit à lui : Je crains pour toi celui toi devant tuer. 
el kid' en toulaouin iouâr iouerça th 

La ruse des femmes est dangereuse. Il recommanda (à) lui 
inna ias ma idhra id'ek kera as ed 

il dit à lui : Si il survient avec toi quelque chose, viens 
four i iscrrah' as irouh' 

chez moi. Il donna congé à lui. Il (le chasseur) partit, 
netsa a temet'l'outh is ik'k'im kera b oussan iioun 
lui et la femme de lui, il resta quelques jours. Un 
ouass d'à thetsnad'i thameVt'outh is 

jour, elle se promène (se promenait) la femme de lui, 
thoufa iioun ououar'zenioii our dad' 

elle trouva un ogre il n'était pas encore 

immoulh Ihenna ias achou ik iour'en 
mort. Elle dit à lui : Quoi toi ayant pris (qu'as-tu) ? 
inna ias d' ergaz im ai infan alkmaiken 

Il dit à elle : C'est le mari de toi qui a tué les frères 



— 286 — 

iou irna idjerah' i thenna ias 

de moi, il a ajouté il a blessé moi. Elle dit à lui : 
ow ts aoggad' ak'li four ck ain thehfidh ad' iili 
Ne crains pas, je suis près de toi, ce que tu veux sera. 
inna ias ak'li sebaa oussan our ctchif 

Il dit à elle : Je suis sept jours je n'ai pas mangé, 
our souir' thefka ias itcha isoua 

je n'ai pas bu. Elle donna à lui il mangea, il but. 
am kouU ass thetsaoui as ithcts 

Chaque jour, elle portait habituellement à lui il mange 

argaz is our izeri 

habituellement (à manger). Le mari d'elle ne (le) voyait 
ara iioun ou ass inna ias ououaf zeniou ma ih'ammel ikem 
pas. Un jour dit à elle l'ogre : Si il aime toi 
ouçcggad' ini as ad'irouh' ad iaoui 

le chasseur, dis à lui il ira (qu'il aille) il apportera 
aman ih'aggoun d meggeth '" d' etseffaJi' ilsarran 

l'eau ressuscitant le mort et la pomme rendant ha- 
amr'af d' ilemzi almi d ibbodh 

bituellement le vieillard jeune homme. Lorsque revint 
ouçeggad' d'eg idh etchan imensi 

le chasseur dans la nuit, ils mangèrent le dîner. 
thenna ias nek id'ek d'iferiben our 

Elle dit à lui : Moi et toi (nous sommes) isolés, nous 
nesâi iioun ouggad'er' 

n'avons pas une (personne avec nous). Je crains 
at emmethedh ad'i d thedjcdh ouah'd' i 

tu mourras (que tu meures,, tu laisseras moi ici seule 
d'i themourth agi ass agi br'ir' atrouh'edh 
dans ce pays-ci. Aujourd'hui je désire tu iras (que tu ailles) 

(1) Meygeth est la forme donnée par les Zouaoua au mot arabe O»--^. 
un mort, qui se prononce, en Algérie, miit. De même, ih'aggoun vient 
du verbe ly^, vivre, à la deuxième forme. 



I 



- 287 — 

ad thaouidh aman ik'aggoun el mcgijelk 

ici tu apporteras l'eau rendant la vie au mort 

d' etsi'ffah' itsarran amr'ar 

et la pomme rendant habituellement le vieillard 
d' ilemzi iouakken ma themouthcdh ncr' ousseredh 
jeune homme, afin que si tu mourais ou tu vieillissais 
ad' ak then ouk'k'emef iour' as 

à toi eux je ferai (je m'en serve pour toi). Il prit à elle 
aoual irouh' almi ibbodh 

la parole (il consentit). Il alla jusqu'à ce que il arriva 
r'our el ûhed'errebbi 
chez le serviteur de Dieu, il 

inna iaa 
Il (le serviteur de Dieu) dit à lui : 
d' elkid' en lemeVVouth ik 

c'est la ruse de la femme de toi. 
our'al nad'i akhkham ik 

retourne, cherche la maison de toi. 
amek r'ad'i thekhed'à 
Gomment c'est moi quelle trahira, existait un engagement 
gar anef inna ian rouh' ass mi 

entre nous. Il dit à lui : Va, le jour lorsque 
r'a d thasedh our'al ed r'oiw i irouh' idda 

tu viendras, reviens ici chez moi. Il partit, il marcha 
sin ouaggouren ikchem thamourlh our issin 

deux mois, il entra dans un pays il ne connaît pas. 
iioun ou ass ioufa Ihaouar' zenioulh ettad'err'all 

Un jour, il trouva une ogresse, c'était une aveugle. 
it'Vedh si thabbouchth is thcnna ias achou k 

Il téta de la mamelle d'elle. Elle dit à lui : Quoi toi 
a ouagi ahad'er our tsaoggad' ara achou 
(qui es-tu?) celui-ci, parle, ne crains pas, que 
thebr'idh r'our i inna ias brir' ad' ii 

veux-tu chez moi? Il dit à elle: Je veux à moi tu 



imla 




i as 


raconta 




à lui. 


a mm i 




ouagi 


mon 


fils. 


ceci 


ass a 




rouh' 


Aujourd'hui 


;, va. 


inno 


[■ 


ias 


toi. Il 


dit i 


k lui : 


lia 


el 


àahad' 



— 288 — 

themledh aman ih'aygoim cl meggeth d' etseffah' 
indiqueras l'eau ressuscitant le mort et la pomme 
itsarran amr'ar d' ilemzi 

rendant habituellement le vieillard jeune homme. 
thcnna ias ouagi d' elkid' en toidaouin 

Elle dit à lui : Ceci c'est une ruse des femmes, 
esselbent ek lamûni ar' scbaa thcchouchai 

elles ont rendu fou toi ; cependant, prends sept calottes, 
aoui thent four thczgi itum atafedh ifri 

porte elles dans la foret là-bas, tu trouveras une caverne, 
at kechmedh fer d'akhal is ad effefcn 

tu entreras dans l'intérieur d'elle, sortiront (vers toi) 
sebâa ou arrach sch ascn thichouchai ad'rouh'en 

sept enfants, fais revêtir à eux les calottes. Ils iront 
four imma t sen at ferah' issen ad theffef 

chez la mère d'eux, elle se réjouira d'eux, elle sortira, 
al sioul merthain our as tsarra ara 

elle appellera deux fois, ne réponds pas à elle 
aoual ouis thletha ejfefed four es in ^'^ as 

un (seul) mot. La troisième (fois) avance vers elle, dis à elle : 
bfif ad' il thcfkcdli ouigi 

Je veux à moi tu donneras (que tu me donnes) ceux-ci 
irouJi' ikhed'em akken as thenna 
(l'eau et la pomme). Il partit, il fit comme à lui elle avait dit. 
segmi ed theffef isouther 

Aussitôt que ici elle sortit (la mère des enfants), il demanda 
ithen d'eg s thefka ias then id 

eux (l'eau et la pomme) d'elle. Elle donna à lui eux ici 
ioufal four el âbed^errebbi 

(elle les lui donna). Il retourna chez le serviteur de Dieu. 



(1) In, pour ini, dis; les Kabyles se servent plus ordiuairement de 
ini. — In est, je pense, l'ancienne forme, car elle est usitée chez les 
Touareer. 



— 289 — 

ibedel an aman enni iak (Tetse/fah' ifka 

H changea à lui cette eau et aussi la pomme, il donna 

ias oui iadh segmi ioull oiiass inna ias 

à lui d'autres. Lorsque monta le jour, il dit à lui: 

ketchini d'atemjncthedh ass mi 

Toi c'est tu mourras (certes tu mourras). Le jour que 

fa k enfen in aseii ak id ûbbin fcf ouûoudHou 

ils tueront toi, dis à eux ils chargeront toi sur le cheval 

ik ad'as anefcn ad' irouJi ouaJiad' es issen abrid' 

de toi, ils laisseront lui il ira seul, il connaît le chemin. 

irouh' ibbodh r'our thamctl'oulh is ifka ias 

Il partit, il arriva chez la femme de lui, il donna à elle 

aman iak d' elseffalC theferah' issen 

l'eau et aussi la pomme. Elle se réjouit d'eux. 

azekkanni irouh' fer çiad'a netsalli theboui 

Le lendemain il alla à la chasse. Elle elle porta 

aman iak d'etseffah' i ououafzeniou inna ias machi 

l'eau et la pomme à l'ogre. Il dit à elle : ce n'est pas 

d' ouigi lamânl ath nenf idii agi mi akka 

ceux-ci. Cependant nous tuerons lui cette nuit lorsque ainsi 

iâia almi d ibbodh iVVes nelsa 

il est fatigué. Lorsqu'il (le chasseur) revint, il s'endormit lui 

atemel'l'outh is theclioudd as ifassen is 

et la femme de lui. Elle lia à lui les mains de lui 

fer d'efjir s ouaggous elh'arir thesaoul as 

par derrière avec une ceinture de soie, elle appela à lui 

i ououar'zeniou irouh' ed four es athinef 

à l'ogre. Il vint ici vers elle, il tuera lui (pour 

iouki inna ias annaf 

le tuer). 11 (le chasseur) s'éveilla. Il dit à elle : Pourquoi 

thekhed'àdli i akem ikhed'cl rebbi ai zerif 

tu as trahi moi, trahira toi Dieu. Ce que j'ai vu 

fell am arouif thiloufa 

(que n'ai-jevu?) pour toi, j'ai été rassasié de chagrins 

i9 



— 290 — 

fell am cdjir baba lamiuii mi 

pour loi, j'ai abandonné mon père; cependant, lorsque 
emmouther' tJidbbidh i s oufella ouàoud'iou iou 

je serai mort, lu chargeras moi en haut du cheval de moi. 
enr'an t âbban t s oufella ouàoud'iou is 

Ils tuèrent lui, ils chargèrent lui en haut du cheval de lui. 
irouh' four et âbed'errebbi irou 

Il (le cheval) alla chez le serviteur de Dieu. Il pleura (le ser- 
fell as almi idia 

vileur de Dieu) sur lui jusqu'à ce qu'il fut fatigué. 
iouWk'em as aman enni d iboui 

11 fit à lui (il lui appliqua) l'eau que ici il avait apportée, 
isalila th iour'al almi d'akken 

il guérit lui, il revint jusqu'à ce que (il fut) comme 
illa segmi ialCla irouh' s akhkham is 

il était. Dès que il fut guéri, il alla à la maison de lui, 
infa aouafzeniou iboui tliamet'Vouth is r'our 
il tua l'ogre. Il conduisit la femme de lui chez 
('/ ûbcd'errebbi inr'a ts d'inna ik'k'im r'our es 
le serviteur de Dieu, il tua elle là. 11 resta chez lui 
almi d'ass mi immouth. 
jusqu'au jour que il mourut. 

XII 

Thamachaouts ne Mah'ammed ben Essolt'an 

HISTOIRE DE MAHAMMED BEN ESSOLTAN 

illa iioun d'i zman amzouarou 

Existait un (homme) dans le temps antérieur (jadis), 
(/' agellid' oulach r'our es tharoua mi 

c'était un roi. Il n'avait pas de progéniture. Lorsque 
iloul four es ouak'cJiich mi ith izera ad' immeth 
naissait chez lui un fils, lorsqu'il voyait lui il mourra 



I 



— 291 — 

assen iloul r'oiir es ouak'chich 

(il mourait). Un jour naquit chez lui un fils. 
ejferan t fell as abni inoiik^k'er 

Ils cachèrent lui à lui jusqu'à ce qu'il fut grand. 
iioun ou ass ichiiâ fer baba s inna ias 

Un jour, il envoya vers le père de lui, il dit à lui : 
aoui ii d aâoud'iou azehka ad'erkeber' 

Amène à moi un cheval demain, je monterai à cheval. 
azekkanni ihagga ias d elkhil koull 

Le lendemain il prépara à lui ici des chevaux de toute 
eççifa ouin fef irkeb 

espèce. Celui que sur (celui sur lequel) il montait, 
irza th abni as d tgera iioun 

il brisait lui, jusqu'à ce que à lui ici il resta un (cheval) 
d' ad'erfal irkeb fell as idharen is 

c'était un aveugle. Il monta sur lui. Les pieds de lui 
imzououra d' adhou ineggoura 

les antérieurs (de devant) c'était le vent, les postérieurs 
ad' el berak' iffef fer themd'int oua irza th 

c'était l'éclair. Il sortit vers la ville. Celui-ci il brisait lui, 
oua isâab i th oua isd'erfel ith 

celui-ci il estropiait lui, celui-là il aveuglait lui. 
berrlCan ait temd'int ennan as ouin 

Firent publier les gens de la ville, ils dirent : Celui 
af th isoufefen a th nefnou thenna 

à nous lui faisant sortir, nous enrichirons lui. Dit 

iasen thcmfarth ad' nek fa th isoufefen 
à eux une vieille femme : C'est moi devant lui faire sortir. 
therouh'fer thala enni seg issoua 
Elle alla vers la fontaine laquelle de il abreuvait habituellem' 
aâoud'iou is segmi ibbodh fer thala ioufa 

le cheval de lui. Lorsqu'il arriva à la fontaine, il trouva 
Is in d'à thelsagem s elhchachilh oubelloudh inna 
elle là elle puise avec la calotte d'un gland. Il dit 



— 202 — 

las tikhcr actisouou ouûoud'ioii iou ner' 

à elle : Hetire-toi, il boira le cheval de moi, sinon 
akem akouler' thenna ias rouh' a oiilid'i 

je te foulerai aux pieds. Elle dit à lui : Va, ô mon fils, 
thinidh thoufedh illi s ougeUid' iroumien 

tu dis tu as pris la fille de lui du roi des chrétiens. 
iour'al our issiou ara aâoud'iou ia mi 

Il retourna il n'abreuva pas le cheval de lui. Lorsque 
ibbodh s akhkham ù inna ias i imma s 

il arriva à la maison de lui, il dit à elle à la mère de lui : 
ak'li d' amoudilin oiikli'em ii askaf atcliiiàdh 

Je suis malade, fais à moi un potage, tu enverras 
r'er themfarth emii oufir d'i thala 

vers la vieille femme i[ue j'ai trouvée à la fontaine. 
thenna ias iskcr segmi ihha 

Elle dit à lui : il fait (c'est bien). Aussitôt que fui cuit 
ouskaf tliccJiiiâ r'er IhemrUrrth inua 

le potag-e, elle envoya vers la vieille femme. Il dit 
ias i themrarth ctch id'i thczzel 

à elle à la vieille femme : Mange avec moi. Elle étendit 
afouss is atetch H't'ef 

la main d'elle elle mangera (pour manger), il saisit 
afouss />' ez d'akhal h ouskaf tlienna ias 
la main d'elle à l'intérieur du potage. Elle dit à lui : 
ebrou ii errir' iiuia ias dur am berrour ara 
Làche-moi, je brûle. 11 dit à elle: Je ne te lâcherai pas 
alemma llwmlidh ii anid'a thella 

jusqu'à ce que tu aies montré à moi où est 
illi s ougeUid' iroumien thenna ias 

la fille de lui du roi des chrétiens. Elle dit à lui : 
ahats akka netsath our thessin ara anid'a thella 

Elle est ainsi (là). Elle ne savait pas où elle était. 
iberrah' *' Ikheddam is inna iasen 

11 lit publier aux serviteurs de lui, il dit à eux ; 



I 



— 2on — 

iiekkini ak'li ad'rouh'er fer themourth 

Moi je suis (sur le pointi j'irai (d'aller) vers le pays 
iroùmien ass a samah'tli ii el mouth 

des chrétiens, aujourd'hui pardonnez à moi, la mort 
eltoitcPcrth tteg oufouss crrebbi irouh' iboiii 

et la vie dans la main de Dieu. Il partit, il emmena 
id' es akli s ad' miia iloufman eddemen 

avec lui l'esclave de lui et cent chameaux. Ils emportèrent 
ala eddcheh irna izgaren 

si ce n'est (rien que) de l'or, il ajouta des bœufs, 
iddem ain as ihouan irouh' fer themourth 

il emporta ce qui à lui plaisant. Il alla vers un pays 
el k'ifar ion fa ledhiour oulah afa 

désert. Il trouva des oiseaux il n'y avait pas ce que 
elrhen izla iasen achh'al eg ezgaren 

ils mani^eront, il égorgea pour eux combien de bœufs. 
etchan almi arouan ennan 

Ils mangèrent jusqu'à ce qu'ils furent rassasiés. Ils dirent 
as achou thebfidh four naf souther ith inna iasen 
h lui : Que veux-tu chez nous ? demande-le. II dit à eux : 
bfif ad' ii thcfkem kera si errich 

Je désire à moi vous donnerez un peu des plumes 
eiinouen ennan as ouagi isahel enga 

de vous. Ils dirent à lui : (leci est facile. Où (là) 
afiheh'ad'adjedh thesserfeV 

tu auras besoin de nous, tu feras brûler lui (le mor- 
t/'i tJiemes irouh' ioufa ilfan 

ceau de plume) dans le feu. Il alla, il trouva des sangliers 
oulah afa etchen ifka iasen ennâma 

n'était pas ce que ils mangeront, il donna à eux du grain. 
Hehan almi arouan ennan 

Ils mangèrent jusqu'à ce qu'ils furent rassasiés. Ils dirent 
a,s achou thebfidh souther ith inna iasen 

à lui : Que désires-tu ? demande-le. Il dit à eux : 



— 294 — 

bfir' acV ii thefkvm 

Je désire h moi vous donnerez (que vous me donniez) 
si errich cnnoucn en^an as athaia enga 

des soies de vous. Ils dirent à lui : Les voilà. Où 
ar'lheliatradjedli thesserr'eV d'i 

tu auras besoin de nous, tu feras brûler lui dans 
thèmes irouli' ioufa thioiidhfîn oulah 

le feu. Il partit, il trouva des fourmis, n'était pas 
afa clehent ifka iasent ennama 

ce que elles mangeront. 11 donna à elles du grain. 
ennant as ketehini thekhed'medli d'eg nar' el kheir 
Elles dirent à lui : Toi tu as fait à nous le bien. 
achou Ihcbr'idh soutJier ilh inna iasent br'ir 
Que désires-tu? demande- le. Il dit à elles : Je désire 
ad' ii thefkemth kcra seg koind 

h moi vous donnerez quelque chose de vous. 
efkant as ennant as mi 

Elles donnèrent à lui. Elles dirent à lui : Lorsque 
aftheh'ad'adjedh thcsser'r'eV d'i thèmes 

tu auras besoin de nous, tu feras brûler lui dans le feu, 
ak id naoudh Irouh' ioufa tliiziz-oiia 

nous arriverons vers toi. Il partit, il trouva des abeilles. 
oulah afa souent isemar asent aman 

n'était pas ce que elles boiront, il versa à elles de l'eau. 
sojiant almi arouani 

elles burent jusqu'à ce qu'elles furent rassasiées. 
ennant as achou thebr'idh fournar' southcr ith 

Elles dirent à lui : Que désires-tu chez nous? demande-le. 
inna iasent br'ir' ad'ii thefkemth 

Il dit à elles : Je désire que vous me donniez 
kera si ttieferraouin enkount ennant 

quelque chose des petites ailes de vous. Elles dirent 
as akhen mi aftheKad'adjedh 

à lui : Prends. Lorsque tu auras besoin de nous. 



— 295 — 

thegcrrcnt d'i tlicmcs ak id naondh 

tu jetteras elles dans le feu, nous arriverons vers toi. 
irouK d'aitheddoji almi ibbodii fer tliemd'int 

Il partit, il marcha jusqu'à ce que il arriva dans la ville 
oucjcllid' iroumien ira s clkhouab is 

du roi des chrétiens. Il descendit avec les tentes de lui 
barra en tenutint irouJi' s ah^addad d' oud'ai 
en dehors de la ville. Il alla chez un orfèvre c'était un juif. 
inna ias khcd'em n thizerzerlh elfel'L'a 

Il dit à lui : Fais à moi une gazelle d'argent, 
ewiefr its ouk'k'em an tJiabbowih at etsoukkir 

fais grande elle, fais à elle une porte elle se fermera 
si ezd'akhal ikhedin as îs ououd'ai ikchem 
habituellement en dedans. Fit à lui elle le juif. Il 

fer d'akhal is 
(Mahammed) entra dans l'intérieur d'elle (de la gazelle). 
inna ias i ouakli s aoni i ilmendad' 

Il dit à lui à l'esclave de lui : Conduis-moi vis-à-vis 
b oukhkhani g elli s ougellid' thâggcdhedh 

delà maison de la fille de lui du roi, tu pousseras des cris 
iouakken a d theffef illi s ougellid' 

afin que elle sortira vers moi la fille de lui du roi. 
irouh' ouakli iouk'k'em akken as inna 

Partit l'esclave il fit comme à lui il avait dit. 
theffef ed illi s ougellid' thouala 

Sortit ici (vers lui) la fille de lui du roi, elle vit 
llvzerzerlh si eCVak' thenna ias i thaklith 

la gazelle de la fenêtre. Elle dit à elle à l'esclave (fe- 
is roulï aoui ts id thoura 

melle) d'elle : Va, amène elle (la gazelle) ici maintenant. 
therouK thaklith thcboui ts id thenezzeh 
Alla l'esclave, elle amena elle. Elle (la fille du roi) 
d'eg s almi thâia 

examina.dans elle (l'examina) jusqu'à ce qu'elle fut fatiguée. 



— 20G — 

thcit'cs our thelchi ara imehsi s 

Elle s'endormit, elle ne mangea pas le dîner d'elle. 
segmi thct''l''es illi thabhourth 

Aussitôt que elle fut endormie, il ouvrit la porte, 
iffer' ed ver s ikha ias imcnsi s 

il sortit vers elle, il mani^ca à elle le dîner d'elle, 

ibedel as lemcabilC oiiiu illan, eunig 

il changea à elle les lampes. Celle étant au-dessus 
ouKcrroui s irra th fer eddaou 

de la tête d'elle, il rendit (plaça) elle au-dessous 

idharen is ouin illan s eddaou idharen is 

des pieds d'elle; celle étant au-dessous des pieds d'elle, 
irra th s ennig ouk'erroui a ioufal 

il plaça elle au-dessus de la tète d'elle. 11 retourna, 
ikchem s amkan is segmi d Ihouki 

il entra à la place de lui. Lorsque ici elle s'éveilla, 
thon fa imensi s itsetch lemcalnJi' 

elle trouva le dîner d'elle avait été mangé, les lampes 
bedelen thonhem thciina ias 

avaient (été) changées. Elle fut étonnée, elle dit à lui : 
effer' ed a ouagi fell ak laman errebbi iffefed 
Sors ici, ô celui-ci, sur toi la protection de Dieu. Il sortit. 
thouala th sobh'an rebbi ilh ikhelk'en thenua ias 
Elle vit lui gloire à Dieu ayant créé lui ! Elle dit à lui : 
achou k id ibbouin four i inna ias 

Quoi toi ici ayant amené chez moi. Il dit à elle : 
selif issem mouehûadh thefazedh 

J'ai entendu parler de toi, tu es renommée, tu l'emportes 
fef thoulaoïdn elkoull oiisif d bfif 

sur les femmes toutes. Je suis venu je désire 
akem a fef thenna ias our thezmirdh 

toi j'épouserai (t'épouser). Elle dit à lui : Tu ne peux 
ara baba infa tsô ou tsâin ketch ma 

pas. Mon père a tué neuf et quatre-vingt-dix. Toi, si 



- 2iC — 

inia k ad' ouis miia itina ia^ r'cf 

il ajoutait toi, ce serait le centième. 11 dit à elle : Par 
oud'em im ras ad'cmmelhcr' 

le visage de toi, si ce n'est je mourrai. (J'aime mieux 
thenna iaa ism ik iiina ias 

mourir.) Elle dit à lui : Le nom de toi? 11 dit à elle: 
ism iou Mah'ammed ben EssoWan thenna ias 

le nom de moi Mahammed ben Essoltan. Elle dit à lui: 
ad' ak mcicf ad' fell ak ichercdh baba 

J'indiquerai à toi, il imposera à toi mon père 
echcherouV barra ma thcselkd'en isker 

des conditions au dehors. Si tu accomplis elles, il fait 
moulach ak iner' ass mi 

(c'est très bien), sinon, il te tuera. Le jour que 

r'a thekfondh cchcherouC enni barra 

tu auras terminé les conditions qui (sont) dehors, 
ad' ak ini rouh' s akhkham ma thoufidh thablaV 
il dira à toi : Va à la maison, si tu trouves la tablette 
cl iamanV ai aouidh illi moulach ak enfer' 

de diamant tu emmèneras ma fille, sinon je te tuerai.. 
as ed ats id thafedh s eddaou i ck'k'imer' 

Viens, tu trouveras elle ici sous moi, je serai assise 
fell as inna ias ek'k'im beslama iour'al 

sur elle. Il dit à elle : Reste avec la paix. 11 retourna 
s amkan is thcsaoul i thakUth is 

à la place de lui. Elle appela à l'esclave d'elle, 

thenna ias soufer' Ihagi 

elle dit à elle : Fais sortir celle-ci (cette gazelle) . 
thesoufer' ils r'cr barra iboui th 

Elle fit sortir elle vers l'extérieur. Emmena lui 
ouakli s s ak'idhoun is iffer' ed 
(Mahammed) l'esclave de lui à la tente de lui. Il sortit, 
irouh' s agellid' inna ias a sidi rebbi 

il alla chez le roi, il dit à lui : seigneur, Dieu 



— 298 - 

ak incrcr bfif aiV ii thcfkedh 

te rendra victorieux, je désire tu donneras à moi 
un k inna ias rouh' our thezmirdh ara 

la fille de toi. Il dit à lui : Va, tu ne peux pas, 
enfir tsâ ou tsûiii ma ernir'k ad' ouis 

j'ai tué quatre-vingt-dix-neuf, si j'ajoute toi, ce sera le 
miia r'our i echcherouV fell as aVas inna ias 
centième. J'ai des conditions pour elle beaucoup. Il dit à lui : 
echredh ad'k'ebelcr' inna ias 

fais les conditions, j'accepterai. Il (le roi) dit à lui : 
idh agi al cfVesedh ilrlan d'i lâli 

cette nuit tu coucheras nu dans un appartement élevé, 
ma thechaKadh ed al aouidfi illi 

si tu arrives au matin ici, tu emmèneras ma fille. 
armi d' idh ikkes as leKaouaidj illi ledhouak' 
A la nuit, il ôta à lui les habits, il ouvrit les fenêtres, 
iger ilh fer d'akhal is 

il jeta lui dans Tintérieur de lui (de l'appartement), 
iseker ed Ihabboiirth fcll as ik'k'im d'à itskhammim 
il ferma la porte sur lui. Il resta il réfléchit, 
imekthi d d' errich elledhiour izenned' 

il se souvint des plumes des oiseaux. Il battit le briquet, 
issaf asibsi en doukhan isserr' errich 

il alluma une pipe de tabac, il fît brûler les plumes 
elledhiour ousan d imiren ennan as 

des oiseaux. Ils vinrent sur-le-champ. Ils dirent à lui 
achou thcbr'idli our tsaoggad' ain 

Que veux-tu ? ne crains pas, quelque chose que 
Ihebfidh akHaf inna iasen bfif 

lu veuilles nous sommes (là). Il dit à eux : je désire que 
ad' i thcd'clem ak'li drian asemmidh ik'eraK i 
vous me couvriez, je suis nu, le froid fait souffrir moi. 
ennan as our tsaoggad' d'elen t 

Ils dirent à lui : ne crains pas. Ils couvrirent lui. 



— 299 — 

ernan r'oummot Icdhouak' crbah' 

ils ajoutèrent, ils bouchèrent les fenêtres. Le malin 
isaotd os d ougcllid' a MaKamvicd heu EssoWan 
appela à lui le roi : Eh ! Mahammed ben Essoltan ! 
achou illan achoa our nelli inna ias 
quoi étant, quoi n'étant pas ? Il répondit à lui : 
d'el kher eg cllan ecltcherr oïdah inna ias 
C'est le bien ce qui étant, le mal n'est pas. Dit à lui 
ougellid' mazal azckka ad'afef ihamourîk agi 
le roi : Encore. Demain je trouverai ce terrain 
d'eg d'à theniouk'ouledh el koull thekrcz 

dans (lequel) tu regardes tout entier il a été labouré. 
armi d' idh isserr' erricii g ilfan oman d 

A la nuit il fit brûler les soies des sangliers. Ils vinrent 
four es ennan as achou thebfid inna iasen 
vers lui, ils dirent à lui : Que veux-tu ? Il dit à eux : 
akli azckka ad^emmethcf aiagi d'cg 

Je suis demain je mourrai. Ceci dans (lequel) 
d'à themouk'oîdem el koull izerâ inna ii 

vous voyez tout entier est ensemencé, a dit à moi 
ougellid' ad^ikrez idh agi ennan as 

le roi, il sera labouré cette nuit. Ils dirent à lui : 
our Isaoggad' ma d'aia d'erous in 

Ne -crains pas, si c'est cela, (c'est) peu de chose. Dis 
as ad'irnou eft'es henni iman ik 

à lui il ajoutera (qu'il ajoute), dors, tranquillise toi-même. 
eçbah' iouki ougellid' imouk'el iouala thamourth 
Le matin s'éveilla le roi, il regarda, il vit le terrain 
elkoull thckrez inna ias ouagi 

tout entier était labouré. Il dit à lui : Celui-ci 
iboui ts isaoul as a Mah'ammed 

a emporté elle. Il appela à lui : Eh 1 Mahammed 
ben Essolt'an achou illan achou our nelli inna ias 
ben Essoltan ! quoi (Mant, quoi n'étant pas? II dit à lui: 



— 300 — 

d'clkhcr egdlan cchclœrr oulah iniia iaa 

C'est le bien ce qui étant, le mal n'est pas. Il dit à lui : 
mazal thinnidhen ats thernoudh isd'oukel 

Encore une autre (chose) tu ajouteras elle. Il mélanij:ea 
as ird'en tlumzin akbal clbcchna 

à lui du froment, de l'orge, du maïs, du sorgho, 
ibaoun inna ias athen id afer' (izckha 

des fëves. Il dit à lui : Je trouverai eux ici demain, 
koull oua ouaKad' es almi d'idh isserr' 

chacun (chaque espèce) seul lui. A la nuit il fit brûler 
thikcjjerin ne loudhfin ousant cd cnnant 

les petites pattes des fourmis. Elles vinrent, elles dirent 
as achou thehfidh inna iascnt aiagi 

à lui: Que veux-tu? 11 dit à elles: C'est ceci (que) 
thoualamth ma our th id ioufi azekka koull oua 
vous voyez, si il ne trouve pas lui ici demain chacun 
ouah'ad' es ad'emmethcf ennant as our îsaoggad' 
seul, je mourrai. Elles dirent à lui : Ne crains pas, 
in as ad'irnou mi iouli ou ass isaoul 
dis à lui il ajoutera. Lorsque monta le jour, appela 
as d ougeUid' a Malxammed hcn EssolCan achou 
h lui le roi : Eh ! Mahammed ben Essoltan. quoi 
illan achou our nelli inna ias licl khèr 

étant, quoi n'étant pas? Il dit à lui: C'est le bien 
eg ellan echcherr oulah inna ias 

ce qui étant, le mal n'est pas. Il dit à lui: 
mazal ak at kechmedh s akItkJiam ma thoufidh 
Encore à toi, tu entreras dans la maison, si tu trouves 
thablat' el iamant' themnâdh moulach at emmcthedh 
la tablette de diamant, tu es sauvé, sinon tu mourras. 
irouh'' s akhkham d'à its-nad'i ioufa illi s 

Il alla à la maison, il cherche, il trouva la fille de lui 
ougellid' thek'k'im r'ef thezerbith ne dehcb inna 
du roi elle était assise sur un tapis d'or. II dit 



^— 301 — 

ias ekker a lalla iddem s eddaou an 

à elle : Lève-toi, madame, il enleva de dessous elle 
thablcW el iamant' inna ias ougcllid' ouagi 
la tablette de diamant. Dit à lui le roi : Celui-ci 
iboui ts thoura ad' ak mêler' four i 

a emporté elle. Maintenant à toi j'indiquerai; j'ai 
hà ou tsûin h ouarraou iou nilheni kouU iioun 

qiiatre-vini^t-dix-ncuf fils de moi, eux, chacun 

d'eg sen four es ha ou isâin h ouarraou is zoudjen 
d'eux a quatre-vingt-dix-neuf fils de lui. Ils sont mariés 
cl koull azekka ad efl'efent Ihoulaouin ensen ad theffer' 
tous. Demain ici sortiront les femmes d'eux. Ici sortira 
iUi id'sent ma thoufidh cls aoui ts 

ma fdle avec elles, si tu trouves elle, emmène elle, 
moulach oulah iak khed^mef isserr' 

sinon, il n'y a rien à toi je fais. 11 fit brûler 
thiferraouin ne tzizoua ousant cd ennant 
les petites ailes des abeilles. Elles vinrent, elles dirent 
as achou thebfidh inna iasent b'rif alrouh'emth 
à lui: Que veux-tu? Il dit à elles: Je veux vous irez 
s akhkham ougcllid' al cnsemth 

(que vous alliez) à la maison du roi, vous passerez la nuit 
r'our un s cçbah' ma fa 

chez la fille de lui. Le matin lorsqu'elle 
therkeb ad Ihcjfer'cmlh id' es ennant 

montera à cheval, vous sortirez ici avec elle. Elles dirent 
fl.s' ma d' aiagi isahel 

à lui: Si c'est cela, c'est facile. Elle (la fille du roi) 
therkeb cd netsath eltoulaouin b ouathmathen is 
monta à cheval elle et les femmes des frères d'elle. 
cffefent cd thezizoua id'es inna ias ougcllid' 
Sortirent les abeilles avec elle. Dit à lui le roi : 
ûkel • thamcl'Vouih ik aoui ts imouk'el 

Reconnais la femme de toi, emmène elle. Il regarda 



— 302 — 

almi ioiiala Ihizizoua irkcb fef aâoud'iou 

jusqu'à ce qu'il vît les abeilles. 11 monta sur le cheval 
is immer' fcll as iddem ils inna 

de lui, il se précipita vers elle, il enleva elle. Il dit 
iasen ek'k'imelh dH slama errehbi irouk' 

à eux : Restez dans la paix de Dieu. Il partit. 
ait temd'int <•' rekbcn thebâan t 

Les gens de la ville montèrent à cheval, poursuivirent lui. 
akli s d'à inek'k' almi d egeran 

L'esclave de lui lue jusqu'à ce que ici restèrent 
tsâin eVl'cfen t en fan t netsa 

quatre-vingt-dix. On saisit lui, on tua lui. Lui (Mahammed) 
ibbodh fer thamourth is iouk'k'em thamfera sebda aggam '-' 
arriva dans le pays de lui, il fit la noce sept jours. 
ferh'an as ait temd'int elkoull meezi 

Se réjouirent de lui les gens de la ville tous, il est petit 
7nouk'k'er thenna ias thamet't'outh is 

il est grand (petits et grands). Dit à lui la femme de lui : 
baba athaia adias four ek 

Mon père le voici il viendra (va venir) chez toi, 
ad' as thefkedh aâoUd'iou ik 

à lui tu donneras (pour que tu lui donnes) le cheval de toi. 
ekkan kera b oussan iioiin ouass iousâ d baba s 
Ils restèrent quelques jours. Un jour vint le père d'elle. 
ferh'an i is at'as iioun ouass inna ias 

Ils se réjouirent de lui beaucoup. Un jour dit à lui 
ougellid' ai adhouggal efk ii aâoud'iou ik 
le roi : mon gendre, donne à moi le cheval de toi. 
inna ias aoui tk irra ias tharikth 

11 dit à lui: Emmène lui. Il rendit (mit) à lui la selle, 

(1) Ait temd'int, pour ait/i thenid'int. 

(2) Agganiy forme donnée par les Zouaoua au mot arabe ^IJ\, jours, 
qui se prononce, en Algérie, iêrno. 



- 303 — ■ 

irkeb itina iaa i illi s cffcv' ed 

il monta à cheval. 11 dit à elle à la lille de lui: sors ici 
akem zerer' nek ad'rouh'er' theffer' ed 

je verrai toi, moi je partirai. Elle sortit vers lui, 
iddein ils irouh' rekhen 

il enleva elle, il partit. Montèrent à cheval 
ail temd'int inna iascn ek'k'imclh 

les gens de la ville. Il (Mahammed) dit à eux : Restez, 
ad'nek eg essenen adoud'iou iou 

c'est moi ce qui connaissant le cheval de moi. 
netsa ik^k'im d'à ilsrou our ithets 
Lui il resta il pleure, il ne mange pas habituellement 
our isess iioun ouass Usa id'erbalen '*' 

il ne boit pas habituellement. Un jour il revêtit les derbals. 
irouh' iour'al r'er thcmd'int ougellid' iroumien 
Il partit; il retourna vers la ville du roi des chrétiens. 
iioun idh insa s eddaou echchedjera d'i el k'ifar 
Une nuit, il coucha sous un arbre dans le désert. 
ioufa sin ledhiour eiisan s oufella s 

Il trouva deux oiseaux passaient la nuit en haut de lui 
d'à hadderen gar asen inna ias iioun 
(de l'arbre), ils causent entre eux. Dit à lui l'un 
i ouaiedh achou Ih ouagi d ioiisan r'our nar' 
à l'autre : Quoi lui celui-ci étant venu chez nous ? 
inna ias d' Mah'ammed ben Essolt'an 

11 répondit à lui : C'est Mahammed ben Essoltan. 
therouh' as tkamet't'outh is lemmer r'a iaoui 
Est partie à lui la femme de lui, si il emportera 
izouran n echedjera agi ad'istenfâ isen 

des racines de cet arbre il tirera avantage d'elles. 
azekkanni iboui seg sen irouh' 

Le lendemain il emporta d'elles (des racines). Il alla 

(1) Id'ei'balen, burnous en guenilles (mot arabe). 



- 304 — 

almi ibbodh rer ihamtVinl cnni 

jusqu'à ce que il arriva à cette ville (du roi). 
ioufa n illi s ougellid' thezouedj 

Il trouva là la fille de lui du roi se mariait, 
azekkamii atcddou ettislilh irouK four 

le lendemain elle marchera fiancée. Il alla chez 
iioulh Ihemfarlh irnia ias ad'ilif r'our cm 
une vieille femme. Il dit à elle : Je serai chez toi. 
thenna ias mcrliaha issck 

Elle dit à lui : Bienvenue avec loi (sois le bienvenu), 
ism ik inna ias ism iou 

le nom de toi ? Il dit à elle : Le nom de moi 
Mekhkhadh echchekaoui ('^ r'our i doua ma 

Bat-le-Beurre, j'ai une recette si 

r'a th ouk'k'emer' i chekoua ad'iour'al 

je ferai elle à l'outre (où est le lait), deviendra 
ir'i d' oudH thenna ias efk il 

le lait aigre beurre. Elle dit à lui : Donne à moi 
kera esseg s ifka ias kcra tliouk'k'em 
un peu d'elle. Il donna à elle un peu ; elle fit 
ith i chekoua ioufal as 

lui (mit les racines) à l'outre, devint à elle 
ir'i el koull d' oud'i thenna ias 

le lait aigre tout entier beurre. Elle dit à lui : 
thamet't'outh ougellid' ikhour ils ououd'i 

La femme du roi manque (à) elle le beurre, 
ad'rouh'er' ad'as inif inna ias rouit therouh' 
j'irai, je dirai à elle. 11 dit à elle: Va. Elle alla, 
themela ias i themeCt'outh ougellid' 

elle montra à elle à la femme du roi. 



(1) Mak/ikhac/h ec/ic/mhaoui sont deux mots arabes qui signi- 
fient : celui qui agite les outres où est la crème, pour en faire du 
beurre. 



— 305 — 

thenna ias rouJi' aoui ii th id 

Elle (la reine) dit à elle : Va, amène à moi lui ici. 
theroiih' thehoui as th ibhodh four es 

Elle alla elle amena à elle lui. Il arriva chez elle 
ifka ias izouran enni Ihouk'k'em ithen 
(la reine), il donna à elle ces racines. Elle fit (mit) elles 
i chekoua iour'al as ifi 

à (dans) . l'outre, devint à elle le lait aigre 
el koull d' oud'i theferah' is nezha 

tout entier beurre. Elle se réjouit de lui beaucoup. 
îheboui th four illi s ik^k'im 

Elle conduisit lui chez la fille d'elle. Il resta 
inna ias ma thessencdh ii 

il dit à elle (à la fille) : Si tu reconnais moi 
nef ala thenna ias 

ou non (me reconnais-tu, oui ou non ?) Elle dit à lui : 
ala inna ias ennek ai dWkUiammed 

Non. Il dit à elle : C'est moi, c'est Mahammed 
ben EssoWan thenna ias azckka ad'eddouf 

ben Essoltan. Elle dit à lui : Demain je marcherai 
ettislith dhebber amck fa nekhd'cm inna ias 
liancée, avise comment nous ferons. 11 dit à elle : 
ma our thekhed'iûdh ara in ascn ak'li 
Si tu ne trahis pas, dis à eux me voici 
h'aoussef aouith ii d mckhkhadh echchekaoui 

je suis malade, amenez à moi ici Bat-le-Beurre, 
ad'irkeb id'i thenna ias our 

il montera à cheval avec moi. Elle dit à lui : Ne 
tsaoggad' azekkanni mi ioxdi ouass 

crains pas. Le lendemain, lorsque monta le jour, 
ennan as ekker alerkebedh 

ils dirent à elle : Lève-toi tu monteras à cheval. 
thenna iasen our zemiref ara ad'erkebef 

Elle dit à eux : Je ne puis pas je monterai à cheval 

20 



— 306 — 

ouali'air i aouith ii d mekhkhadli cchchekaoui rouKcn 
seule moi, amenez à moi ici Bat-le-Beurre. Ils allèrent 
four es inna iasen oiir essiner' ara 

chez lui. Il dit à eux je ne sais pas 

ad'erkeber' ennan as ekker 

je monterai (monter) à cheval. Ils dirent à lui : Lève-loi, 
erkeb ak ncchoud s imrarcn 

monte à cheval, nous lierons toi avec des cordes. 
ikkcr serkcben t ezd'clJlr 

Il se leva, ils firent monter à cheval lui derrière 
un .s ougelUd' s oufella ouâoud'iou is 

la fille de lui du roi, sur le cheval de lui 
amzouarou izzi i themdHnt sebàa merralk 

le premier. 11 tourna à (autour de) la ville sept fois, 
igz-em imraren ikkes id'erbalen inna iascn 
il coupa les cordes, il ôta les derhals, il dit à eux : 
ek'k'imelh d'I slama errebbi nck ai d'3Iah'ammed 
Restez dans la paix de Dieu, moi c'est Mahammed 
ben EssoWan irouh' iour'al r'er themourlh is 
ben Essoltan. Il partit il retourna dans le pays de lui, 
iouk'Kcm thamcfera s et'cboul sebâa aggam 
Il fit une noce avec le tambour sept jours. 
thekfa themachaouts ne Mah'ammed 

(Elle termine) est terminée l'histoire de Mahammed 
ben EssoWan 
ben Essoltan. 

XIII 

Espèce de ronde chantée par les enfants 

a tliiziri n etzeribin 

clair de lune des petites ruelles. 
sioudh esselam s four theh'abibin 

Fais parvenir le salut de la part des amies. 



— 307 — 

in aaen ma oiir d ousin ad'cnnaa 
Dis à eux si ils ne viennent pas, c'est nous (qui) irons. 
ass agi ak'laf nek'k'im azekka 

Aujourd'hui nous voilà nous sommes assises, demain 

nouggad' annelCas 

nous craignons nous serons malades. 



XIII 



..\ ) »,_j 



„j - Ml,. 



l^- 



j^'=\ ^L5^r;i U-. r^}3\ .rut 



TRADUCTION 

clair de lune qui pénètres dans les plus petites ruelles, 
porte-leur les compliments de leurs amies ; dis-leur que 
s'ils ne viennent pas, c'est nous qui irons les trouver ; 
aujourd'hui nous sommes bien portantes, demain nous 
craignons d'être malades. 

XIV 
Chanson 

rouh' a oiilid'i our felli 

Va, ô mon enfant ! ne sur moi 

sendou <^' aman 

fais pas devenir beurre l'eau. 

(1) Sendou est l'impératif de la forme d'habitude du verbe send, qui 
signifie : battre le beurre, faire devenir beurre. Send aman veut donc 
dire : battre l'eau pour la faire devenir beurre, c'est-à-dire : faire des 
efforts inutiles. 



— 308 — 

ketch moiik'k' crédit nek our ûad' bd'ir'' 

Toi, tu es vieux, moi, j'ai pas encore commencé 

remdhan 

le ramadan. 

iï'f ik ichab idhcweti r'cf 

La tête de toi grisonne, les pieds sur (lesquels) 
tcddoudh oulouan 

tu marches habituellement sont faibles. 

lûk'vl iffcr' ik our thchaddercdh d'eg 

L'esprit est sorti de toi, tu ne parles pas sur 

ain illan 

ce qui étant. 

ai ak d igcran d' azekka )ick 

Ce qui à toi ici restant c'est le tombeau, moi 

ad'ar'er' ouin i ihouan 

je prendrai celui à moi plaisant. 



XIV 



J '^-^-^' J-^.ji ~rr^>- -r^j 






— 309 — 



TRADUCTION 



Va ! mon enfant, cesse tes tentatives inutiles. Tu es 
vieux et je n'ai pas encore commencé à jeûner pendant 
le ramadan. Ta tète grisonne, tes jambes sont faibles ; 
l'esprit t'abandonne et tu ne parles jamais des choses 
de ce monde. Que te reste-t-il à attendre? Un tombeau. 
Moi, je veux épouser celui qui me plaît. 



XV 



Chanson de guerre 

Lc/i'oul en toulaonin 
Chant des femmes 

ouin ibfan ad'igzou **> elkhalath 

Celui voulant il possédera (posséder) des femmes, 

ass ne t'rad' our d itikher 

Le jour du combat ici il ne recule pas, 

ad'iefk amaq i louralh 

Il donnera la joue aux crosses de fusils. 

erreçaç ma r'a d iturzir 

Le plomb lorsque ici il sifflera, 

d'i thilemziin ad' ikhthir 

Parmi les jeunes filles il choisira. 

a isem azizen Amelkher f^' 

nom le chéri d'Amelkher. 

(1) Egsou, inire mulierem. 

(2) Am elkher est un nom de femme, chez les Kabyles. C'est le nom 
propre arabe: Oum el kheii- ila mère du bien). 



— 310 — 

Leli'oul g irgazen 
Chant des hommes 

thilemziin amth ('' chcd ouzigza 

jeunes filles maîtresses du turban le bleu, 
khedmemth cl kher rebbi ifka d elfetena 
Faites le bien. Dieu a donné ici la guerre, 

noukni annemmetli atrebehemth fas l emzia 
Nous, nous mourrons vous gagnerez si ce n'est le plaisir. 

TRADUCTION 

Chant des femmes 

Celui qui veut posséder les femmes ne doit pas 
reculer au jour du combat. Qu'il se conduise brave- 
ment quand le plomb sifllcra, il pourra alors choisir 
parmi les jeunes filles. nom chéri à'Amelkher. 

Chant des liommes 

jeunes filles au turban bleu, ce que vous faites est 
bien. Dieu nous a envoyé la guerre. Nous mourrons, 
et vous n'aurez pour récompense que le plaisir que vous 
nous aurez fait. 



(1) Asath, pluriel de em, maîtresse de ( sans doute de l'arabe '^\). Le 
masculin est bou, pluriel aiatJi. 

On remarquera que, dans la poésie, le nombre des mots arabes est 
beaucoup plus grand que dans la prose. Les poètes kabyles croient 
faire preuve d'érudition et rehausser le mérite de leurs œuvres, en les 
saturant d'expressions arabes que, très souvent, ils détournent de leur 
signification. Ils corameucent même à y introduire des mots français. 



— 311 — 



CHANSONS'*^ 



Thifcih'in s ethk'ebailith g ouasiflE en Sah'el 

XVI 

thafcih'eth thamzouarouth 

T/iaroii.<i thamz-ouarotiUi 

Lcllam ichoud markhan ikheredj ifîen '-' 

Bi khdaf oui ikkatcn ennichan s ezzad en sen 
Ah'alil ouâouidj tscr'cchchan ebnou, a th sersen 

Aith iralhen d'eg zik cllan li'akkoun fcll asc)} 

Illa outcrki d'clàrban li'ad ilhen ikheleen 

Aroumi hou ezzad ik'ouaii ahath ibna d^eg thc- 

mourtli ensen 

Tharousi thlsthletha 

Ibna cl bordj n cssoWan themma isken 

B ed'd'raâ machi d es el h'asan gedha issen 
Tharoua el bariz ouin iâcan ar ih id t'aiben <^' 

(1) L'auteur de ces chansons est SI Mohammed Saïd ben Ali Cherif, 
agha des lUoulen Ousammer et des Béni Aïdel. 

(2) La rime est à une lettre ; c'est celle que les Arabes appellent 
Ij^X^ . On ne rencontre guère que cette espèce de rime dans les 
poésies kabyles. 

(3) Ar th id t'aiben. Les Zouaoua diraient : a th id t'aiben. 



812 — 



TRADUCTION 



Chansons en kabyle de l'Oued Sahel 



XVI 



PREMIERE CHANSON 

1'' Couplet 

Le Maréchal ('' a arboré son étendard ; il s'avance 
au combat. Il n'a avec lui que d'adroits tireurs, bien 
pourvus de munitions. Malheur au rebelle qu'ils vont 
combattre, ils abaisseront certainement son orgueil. 

2' Couplet 

Les Béni Raten étaient renommés depuis longtemps. 
Les Turcs et les Arabes n'avaient pu leur faire payer 
l'impôt. Mais voici le Chrétien avec son puissant 
attirail de guerre, il bâtit dans leur pays. 

.S' Couplet 

Il b.itit un bordj royal '-^ et s'y établit à demeure, 
non de leur consentement, mais bien de vive force. 
Honneur aux enfants de Paris, ils triompheront de 
tous les rebelles. 

(1) Cette chanson et la suivante ont été faites à l'occasion de l'expé- 
dition de 1857, dans laquelle M. le Maréchal Handon a achevé la 
conquête de la Kabylie. 

(2) Le Fort Napoléon, construit sur l'emplacement du village 
d'icherraouia. prés du marché du mercredi des I3eni Uaten. 



— 313 — 

XVII 

thafcih'eth thissenath 

Tharousi tliam:-ouarouth 

Làlam choudden cuVilemlem 
Id erfcd'en eddjcneralath 
Aith czzad koulkhi s elliakem 
Koull oiia s cl grad (') r'cf thoiiiath 
T'aiben d agaoua ikhcd'cm 
Lemchal ersent d'eg elhzibarlh '-' 

Tharousi thissenath 

S elmed'afaa ibd'a iheddem 
Bouh ai gcjjâr d'cg el khalath 
Koull oua b cssckkin cmhazzem 
Igad' irfed'cn cchdnâath 
loum en nedhaJt' koull oua izdem 
Emziien '^^ houdden el mersalh 

Tharousi thisthk'tha 

El mâna a oui illan ifehem 
Ar d'aoun Ji'akkour cssadath 
Agaoua errai s iâdem 
Dur ikhammen ouara fer ezzath 
Tharoua n cl bariz ouin thedhem 
Ah'alil t ad' iwu el mah'analh 



(l) El grad est le mot français grade, précédé de l'article arabe. 

/2) Thasibarth, nom d'un mamelon près du col de Chellata, entre les 
Illoulen Oumalou et les Illoulen Ousammer. 

(3) Ein:-iier), prononcé par les Zouaoua cm;if/r/en^ nom d'un village 
des Illoulen Oumalou. ■*• 



314 



TRADUCTION 



XVII 



DEUXIEME CHANSON 



l'' Couplet 

Les généraux ont fait flotter au vent leur bannière, 
ils l'ont apportée jusqu'ici ^'^ Les munitions sont abon- 
dantes ; tout se fait au commandement. Chacun porte 
sur ses épaules les insignes de son grade. Les Zouaoua 
ont été battus et forcés de se soumettre. Le camp est 
installé à Thazibartli. 

2' Couplet 

Le canon commence à détruire, il répand la ter- 
reur parmi les femmes. Tous portent le sabre au côté, 
et plusieurs ont des décorations sur la poitrine. Au 
jour du combat, chacun s'élance à l'ennemi. Emziien 
a vu détruire ses retranchements. 

3' Couplet 

Vous qui êtes intelligents, comprenez, Messieurs, 
le sens de ce que je vais dire : Les Zouaoua ont perdu 
la tête, ils n'ont pas pensé à l'avenir. Malheur à qui 
résiste aux enfants de Paris, il sera rassasié de dé- 
sastres. 



(1) L'auteur faisait partie de la colonne du général Maissiat, campée 
à Thazil)arth. 



— 315 — 

XVIII 
thafcih'eth thisthletha 

Tharoufi tliamzouaroutk 

Lâlam choudden g eçl'amboul 

Azigzaou n ennoid o 

Ajed'id' r'cf id âk'ed'en Icdjenas 

S id effereni le mehal a ct't'cboul 

Bi khelaf lefcli'oul 

Abd d mcdjid d' et't'aifa .s 

El moskou ikker as d dhoul 

Tset'aiben g er rûia s 

Tharousi tJiissenath 

Ettsildj itsçoubboiin melloul 

R'ef azrou âlloul 

Fi lilt cssah'ab imfoullaa 

Iknan amgoud' ak izzoul 

Irza th d' el oucoul 

Itejih'' d'eg el relia s 

Ih'abesen aâraben d'eg ezzemoul 

haouV ils almi d' Redjas 

T/iarousi thi^thlatlta 

NetskhU ek a elbaz bou Ikeboul 
Kan ter'eda mersoul 
Iak d'eg zik ketch d' arek'k'as 
Ma theUidh d' ah'abib ououl 
Rouh' had'er as elk'oul 
lamana '-) ezged r'ef thar'ma s 
R'our thin i idjan mâloul 
Herf ethtlia k'eçed el h' ara s 



(1) Noul, licence poétique pour loun, couleur. C'est le mot arabe -, , 

(2) Lamana, altération de l'arabe àJj\ Jij'wol . 



— 316 — 

Tharoiisi thisarbâa 

Theh'akkouV '^' % ddeheb cl mek'foul 
IV ef dhebûn lekeh'oul 
Em thecheradli seddou oumek''ias 
Fell as ai ncdja cchcher^oul 
Akli am oumekheloid 
Our negan am iidh am an 
Mi thâdda s ellh'af d' cddioul 
Amek iga eççcber iou fcJl an 

Tharousi tliis:hliamza 

Thennak (-^ a Idjid' our nelsdhoul 
Fi h'al ma neggoul 
lioun cl âhoud' ai aras 
It'our i thamr'arth d' cm crrckoul 
Ergaz d' amahboid 
Koiill ioum fell i d^aâssas 
(loullcr' ak d'eg cl mcnzoul 
Sckmah <•'' a ii gczmcn erras 

Tharou.<i thit^settsa 

Eddoura a medden ils neunoid 
Am aggoiir ma iloiil 
Am bâid' id zouar eit'ia '*' 5 
Thekheledj cl âbad' thcsmouk'oul 
El àrban '''^ ou tseloul 



I 



(1) Theh'a/ckout', licence poétique pour ah'akkou, ou ath'al;kout'. Les 
Zouaoua prononcent thch'akkoudh. En général, dans l'Oued Sahel, le 
t' prend la place du dh. 

(2) Thennak, licence poétique, pour thenno, ou thenna ii. 

(3) Sekmah, mot turc. 

(4) Et't'ia, c'est l'arabe ^L^o , le Jf> est changé en la. 

(5) L'auteur a eu l'intention de désigner ici, par le moi drban, les 
Arabes du Sahara, pour les distinguer des habitants du Tell, qu'il 
appelle t.-<eloul. 



— 317 — - 

Dulach a nicdden crrifa .s 

D' ad'rim ùj khed'men lefel'oul 

Ai h iourezen four icr Iherras 

T/iai-ousi tliisi^ebda 

El mâïia aiath cl ûk'oul 
Ma thefchemem le melhoul 
A oui ir'eran d'eg ial kerras 
Thak'chichlh a izoudj ils el foui 
Izeri s am cssioul 
Ahats thebeddel enifa s 
A Ik'adhi serrah' as lek'foul 
Atsrouh' aisaf thanoudda s 

T/iarousi t.hist/ieinenia 

A ?7i/i(/"* iju beddel as en nesedj 

,S elk'oul imzeboredj 

Iak d'eg zik ketch d' el ûref 

l(e[ âzz ou thitJibirtii n eddcrdj 

Asegmi en larendj 

Mi thâdda thebra isoualef 

Imenna ts ououl a h izouedj 

Thak'chichth ih'ad'k'en thedhref 

Tharousi thistesâa 

Atha ikhef iou ifedjcdj 

Ihiia d <^) el h'ardj 

Ifeg lek'oual men koull eçeenf 

Mi rkebef thathenilh s esserdj 

A rouir' abououdj <•'' 

Noud'af ts id men koull et't'crf 

Thoura akli d' ar'erib d'eg el bordj 

Our oufir' h'ad d' amsaâf 

(1) Les Zouaoua disent : '/'(/. 

(2) Les Zouaoua diraient : iha;/'ja d. 

(3) En arabe ^_^ , louvoyer, courir des bordées. 



— 318 — 



TRADL'CriUN 



XVIII 

TROISIÈME CHANSON 

1" Couplet 

Stamboul a arboré la bannière verte, et les nations 
se sont ralliées autour d'elle ^'^ C'est elle qui guide 
au combat les troupes sorties au son du tambour. 
Il n'y a que de mâles guerriers, c'est Abd el Medjid 
et ses peuples. Le Russe a vu la ruine portée dans 
son pays. On forcera ses sujets à se soumettre. 

2'- Couplet 

La neige tombe blanche sur Azrou Alloul'-\ dans 
une nuit assombrie par d'épais nuages. Elle courbe 
les rameaux des arbres et les brise en morceaux. 
Les fruits sont perdus sans espoir. Elle emprisonne 
les Arabes dans leurs cantonnements; elle est descendue 
jusqu'à Uedjas ^'-^K 

'è' Couplet 

Sois mon messager, je t'en conjure, ô faucon au 
chaperon; depuis longtemps tu remplis cet office. Si tu 
es mon ami de cœur, va lui redire mes chants. Pour 
Dieu, pose-toi sur la cuisse de celle qui m'a laissé 
dans la souffrance. Son nom commence par la lettre 
th <'*' ; va, dirige-toi vers sa demeure. 



(1) Ce couplet fait allusioa à la guerre d'Orient. 

(2) Azrou Alloul, le Rocher d'Alloul, nom d'un village des Béni 
Abbès, brûlé, en 1847, par le maréchal Bugeaud. 

(3) Rcdjas, plaine près de Milah, où la neige tombe très rarement. 

(4) Tliasaddith, tiorn de femme équivalant à peu près, en français, a 
Félicité . 



- 319 — 

4' Couplet 

Dis à celle qui est pure comme l'or des pendants 
d'oreilles '*', à la jeune fille aux yeux et aux sour- 
cils noirs*-), dis-lui que pour elle j'ai abandonné 
le soin de mes affaires. Je suis comme un fou ; la 
nuit et le jour, je ne puis dormir. Lorsque je la vois 
passer avec ses draperies et ses dioul '-**, comment 
pourrais-je modérer l'impatience de mes désirs ? 

D' Conplel 

Elle m'a dit : noble jeune homme, nous ne serons 
pas longtemps séparés. Il n'est pas besoin de serment, 
je n'ai qu'une promesse, ô jeune homme brun. Ma 
vieille belle-mère est hargneuse, mon mari est fou, 
tous les jours il me fait surveiller. Mais je te l'ai juré 
sur le livre révélé, je serai à toi, dussent-ils me couper 
la tête. 

G' Couplet 

Ces jours derniers, mes amis, je l'ai rencontrée. 
Comme la lune lorsqu'elle se lève, elle projetait au loin 
devant elle sa lumière. Elle fait l'admiration des 
hommes et attire tous les regards. Parmi les Arabes 
du Sahara et du Tell, il n'y a pas, ô mes amis, de 
beauté comparable à la sienne. L'argent engendre les 
abus, c'est lui qui a lié ma bien-aimée à ce mauvais 
homme. 

(1) L'or des pendants d'oreilles est réputé le plus pur. 

(2) C'est le sens que l'auteur lui-même attribue au mot Leh'oul. 

(3) Le mot arabe d'ioul, J_^.^ , est employé par les Kabyles pour 
désigner deux pièces d'étoffe, de couleurs différentes, portées par les 
femmes, l'une devant et l'autre derrière. 



— 320 — 

7* Couplet 

toi qui sais lire dans tous les livres, si tu comprends 
les comparaisons, tu saisiras le sens de mes paroles. 
Cette enfant a été prise pour femme par un ogre. Ses 
pleurs coulent comme un torrent et flétrissent sa beauté. 
k'adhi, rends-lui la liberté, qu'elle puisse choisir 
un homme semblable à elle. 

8'^ Couplet 

ma tête, toi qui as de Tintelligence, change pour 
elle de rythme, chante en langage fleuri ma colombe 
bien-aimée, aussi svelle que la pousse de l'oranger. 
Lorsqu'elle passe avec ses bandeaux flottants, mon cœur 
aspire à devenir Tépoux de cette enfant gracieuse et 
charmante. 

9' Couplet 

Voici ma tête qui s'illumine et prépare des chants 
de toute espèce. Lorsque j'étais monté sur ma pouliche 
de deux ans, je parcourais le pays en tous sens, et 
je me rassasiais de promenade. Maintenant je suis comme 
un étranger dans mon bordj '", je ne trouve personne 
dont la société me plaise. 



(1) Le bordj d'Akbou, où demeure l'auteur. 



~ 321 — 



TRANSCRIPTION EN CARACTÈRES ARABES 
d'après LE MANUSCRIT ORIGINAL DE l'aUTEUR 



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XVI 



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XVII 



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21 



^ 322 — 



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XVIII 

^^U^r^y^^laj' ^ J_j^3î ^;!^^ LC41 
, ^U..3' J' c-'-Js.Lo .^ Uv^b ,.vj'^^' ,.r**-=s^. 



M vl V V 



^.^^! 3^U' ^^^ ^ J.1^ J^.\ ^ji 



— 323 — 

^wL>' j:aw^î .l'-^t^ * Jj^' (•' J"-^' * ul^^' W^'^ ;^-'^>? 

f;->|»:==5 Jv-^ o!/^j' * J^-^ *,>-^a.j l» ^ J_^'l w'^J Q-v*J! 
, ^la*>aJi Jj^'i O^'-*' * Jl?^'**^' I r*'.) )■ * J_a«J 1 w^-^a-j ; ! ^^■^^---^i^' 



324 



XIX 



.Chaque village kabyle a, en dehors de la loi musul- 
mane, un code ou règlement particulier dont l'exécution 
est confiée à un chef appelé, suivant les localités, amek'- 
k'eran, amr'ar, amin. Ce chef est nommé au suffrage 
universel par la djemaâ , ou assemblée générale des 
citoyens. La durée de ses pouvoirs est d'une année chez 
certaines tribus et d'un mois seulement chez d'autres. Il 
choisit dans chaque fraction du village {khcrouba chez les 
Zouaoua, thâriflh, aiVroum, ailleurs) un Vamen <'' ou 
répondant de la fraction, qui est chargé de l'assister dans 
ses fonctions, mais n'a lui-môme aucune autorité. Le 
pouvoir s'exerce au nom de la djemaâ, à laquelle le chef 
rend compte de sa gestion, et qu'il consulte dans les cas 
difficiles. 

S'il y a deux partis ou çoff dans le village, le chef appar- 
tenant nécessairement à Fun d'eux et étant, par cela 
même, suspect de partialité, chaque parti désigne, pour 
veiller à ses intérêts et éviter les contestations, un agent 
nommé ameççouab. Ce sont ces deux agents qui, sur 
l'invitation du chef, règlent toutes les amendes. 

Nous donnons ici, comme spécimen du langage parlé 
dans la vallée de l'Oued Sahel, le règlement du village de 
Thaslent (le frêne), situé chez les Illoulen Ousammer. 



(1) C'est l'arabe ^^^Lb , répondant, caution. 



- 325 - 



TEXTE KABYLE 

Ouagi d' elk'anoun en taddarth en Teslent r'ef akken 
ellant el âouaid' n esen d^eg ezman amzouarou almi 
ettoura 

1° Ouin ioukeren akhkham d'eg idh iban fell as ain 
igoni <" ad' iefk khamsin en trialin d' elkhct'ia i 
thedjemaûth khamsin d' elr'ourm i bah g oukhkham 
ad' irnou ad' iefk azal g ouain igoui nef ma illa 
ath ierr 

2o Ouin ioukeren thibah'irth iban fell as ain igoui 
ad' iefk khamsa ou àcherin en trialin d'elkhet'ia 
i thedjemaûth khamsa ou âcherin d' elrourm i bab 
en tebeh'irth ad' irnou ad' ierr ain igoui i bab en 
tebehHrth 

3° Ouin iouthen s ethmokh'alt ad' iefk miia i thedjemaàth 
d' elkhet'ia ouagi ma d'agella our idjerih' ouara is 
ouin akken iouth anima ma idjerah' ith ad' ierr 
ettsar is ouin itsouthen alemma iâfa ias imaren 
ad'iaf elh'ak' id'ammen is ain ias ik'edder elk'adhi 

4o Ma illa inr'a agla s oulemma d'eg ouaman a th ietch 
elâreh ad' irnou ad' immeth nef ad' iefk eddia ma 
k'ebelen t imaoulan g ouin immouthen 

5° Ouin iouthen s oujenoui nef s ethgelzimth ad' iefk 
khamsin en trialin d' elkhet'ia i thedjemaàth ouagi 
ma d'agella our idjerih' ouara issen amma ma 

(1) Les Zouaoua diraient iboui. On trouvera plusieurs exemples du 
G employé là où les Zouaoua se servent du B. 



— 32C — 

idjerah! issen ad' ierr ettsar ouin itsouthen ner' 
ma iilfa bab n eddjerah' r'ef ettsar is ad' iar' 
ain ias iWedder elk'adhi d'eg id'ammen is 

60 Ouin iauahan s oujenoui ner' s ethgehimth our iouith 
ouara issen ad' iefk themenia therialin 

7° Ouin iouthen s ethûoukkazth ner' s oud'r'ar' ad' iefk 
khamsa thirialin d' elkhet'ia i thejemaâth ad' ierr 
ettsar ouin itsouthen ner' ma iâfa fell as ad' iefk 
elh'ak' n eddjerah' ma idjerah' ith ma d'à gella 
our th idjerih' ouara our itsak ouara 

S'^ Ouin iouahan s ethâoukkazth ner' s oud'r'ar' our 
iouith ouara issen ad' iefk tharialt d'elkhet'ia i 
thedjemaâth 

9° Thamet't'outh ma thûiedh s eldrdh is theggodh ed 
echchad'a r'our thedjemadth ad' iefk ourgaz khamsin 
en trialin d'el khet'ia i thedjemaâth ettimccherel' 
aternou thedjemaâth at erz el k'armoud' g oukhkham 
g ouin ikhed'men el amer enni 

Ma our d eggidh ouara echchad'a r'our thedje- 
maâth our itsak ouara 

10° Ouin ioukeren t'erah'a ner' thaffa d'eg idh iban fell 
as ain igoui ad' iefk elr'ourm i bab n et't'erah'a 
ner' en taffa ad' irnou ad' ikhser ain igoui ad' 
irnou ma ichetka is i oumek'k'eran ettedjemaâth 
ad' iefk âcherin en trialin d^ elkhet'ia ma d'agella 
our ichetka ouara is ouin itsouakeren, oulach fell as 

//" Ouin ioukeren elkherif '^^ ner azemmour ner' erroum- 
man ner' thizourin ner' eddoukkar iCt'ef ith bab n 

(1) Le mot arabe t^ja ^.j-^, automne, est détourné de sa signiiication 

et signifie ici : les figues sur l'arbre ; les Arabes s'en servent aussi 
pour désigner les fruits d'automne en général. 



^ 



— 327 — 

echchi ad' asiefk dr'ourm ain ith ihan rebbi fell as 
ad'irnou ûcliera thinalin i thedjemaâlh d' elkhet'ia 
ma our iciietka ouara is bab n echchi i oiimek'k'eran 
our itsak ouara 

12" Ouin innour'en cUsemcVVouth ad' iefk khamsin d' 
elkhet'ia i thedjemaâUi ama theggodh ith thameV- 
t'outh nef our t teggidh lamâna ma theggedh ith 
thameVt'oiith ad' iefk ourgaz is ain iger fell as 
oumek'k'eran 

130 Ouin iksan d'eg achthal ad'iefk sénat tirialin d' 
elkhet'ia lamâna ma ioiifa th et't'amen ner' amek^- 
Keran ma d' bab n echchi ith id ioufan ad' iaf 
d'eg s elr'ounn anoui ai d' achthat d' azemmour 
ettsazarth ettsibah'ir th d' iger ettsaffa d' abellout' 
d' aslen 

i4o Ouin iâddan i ouârben oumek'k'eran g ethmouk'int 
ad' iefk sénat tirialin alemma iserraK as oumck'- 
k'eran ner' eVt'amen imaren our itsak ouara el- 
khet'ia ai agi d'eg ouagla s fi h'al agla n elr'er is 

/Jo Ouin our nehad'ir ouara iounedjemaâ ad iefk sénat 
tirialin 

Ouin our d nelahik' ouara et âd'ad ad'iefk errebâ 
alemma iserrah' as oumek'k'eran nef et't'amen 

I60 Ma illa ennoufen sin nef thletha nef arbâa ad 

efken azgen azgen 
Ma mûouâd'en ad efken tharialt tharialt 
Ma mûouâd'en adefken douro douro 
Ma mâouâden adefken senath senath en douro 
Ai agi ma d'agella our asen iàrben ouara oumek- 

k'eran nef eft'amen 
Ammamaiârben asen oumek'k'eran nef et't'amen 

ad efken ain iger fell asen oumek'k'eran 



— 328 — 

17° Ouin igezmen i ouaicdh echcheJjera ad'ir'erem azal 
is aï as k'edderen el âk'k'al a th iefk 

/<S" Ouin ioukeren thasegloutli ad' iefk elfourm i bah is 
khamsa ou âcherin 

Ma ichetka i oumek'k'cran bab n echchi ad'iar' 
d'eg s khamsin d' clkheVia ad' ieg rebbi thasegloulh 
agi thaiaziV 

AdHrnou ouin ioukeren ad' ikheser azal en tese- 
glouth 

19° Ouin iârran ad' iefk khamsin en tnalin d' elkhet'ia 

20° Ouin ioukeren d'eg essouk' ad' iefk miia therialin 
khamsin J lârch khamsin i thaddarth is ad' irnou 
ad' ikheser ain iouker 

21" Ma ennour'en sin egeren d oiiid en idhen r'ef oui 
d innour'en ad' efken cl khet'ia nef ma emmeglan 
ad" efken khamsa khamsa thirialin 

22° Ouin ioumi iouli ouid'i in es r'ef elk'armoud' g 
oukhkham n elr'er our isekiiser ouara n elk'ar- 
moud' bab g oukhkham ad' as iâlem i bab g ouid'i 
ma ih'akem ith iouk'k'em ma oulach ma ik'k'el ed 
abrid' enni idhen ouissin a th iner' 

23° Ouin ioumi ikechmen iouzadh is fer IhibaKirlh n 
elr'er ad' iaf d'eg s el r'ourm bab en tebeh'iflh 
azal g ouain ias isekhsercn 

24° Amezloudh ma ikhed'em kera n eddàoua ad'iferem 
fell as ouin ith ized'efen ma illa eddâoua eg oulach 
thakhesarth am eddâoua n el h'abs imar en ad' 
ih'açel netsa 

Nef eddâoua n cl mouth nef eddjerah' ad' ik'k'el 
ettsar zeg s 

2ô° Ouin illan izd'ef d'eg kera en taddarth almi ik'k'el 



— 329 — 

iggoudj r'er thaddarth enni idhen our itsrouh' ouata 
alemma ifka acheva thirialin i thaddarth is 

i6'o Oïdn ibran i themet't'outh is ik'k'el irra ts bi fir 
elfethoua n eWadhi ad' iefk âchera thirialin d' 
elkheVia i thedjemaâlh 

57» Ouin irgcmen amek'Keran ner' et't'amen ad' iefk 
khamsa thirialin d' elkhet'ia 

2So Ouin our de nlah' ik' ouara i ouberrah' ouis thlethaad' 
iefk tharialt 

29o Ouin ifaben our ichaour ouara amek'k'eran ad' iefk 
khamsa thirialin d' elkhet'ia 

30o Thamel'Vouth ma thouker am netsath dm ergaz 

31° Ouin ifkan et ârdh en thaddarth is fer barra ad' iefk 
khamsin en trialin d'elkhet'ia 

32o Ouin ikman echchad'a (^' s nef ik'k'el d'eg s ad' iefk 
khamsin d'elkhet'ia 

33° Ouin iâddan d'eg oubrid' our nelli d'aneçli ad' iefk 
tharialt ma idhor 

34o Ouin ifkan illi s ad' ietch d'eg s themenia ou khamsin 
en trialin bi fir echcherout' 

Ma iâdda thilisth ad' iefk àchera thirialin d' 
elkhet'ia i thedjemaâlh 

S.j" Ouin igeran fef el meçlah' n elkhed'ma en tedjemaâth 
ad' iefk arbàa thirialin d' elkhet'ia 

36'^ Ouin ikhed'men eddjour fef enni idhen ad' iefk 
âchera thirialin d' elkhet'ia 

37o Ouin itsazen d'eg thilisth nef ithâdda fer ouagla n 

(1) Echchad'a. la déposition, le témoignage ; altération de l'arabe 



— ÙOU — 

cirer is ad' iefk ûcJiera Ihirialin d' elkhcVia i 
thedjeniaâth ad' irnou ad' ik'k'el fefel h'add is ad' 
ierr ain igoui ma mazel d'eg oufouss is ma oulach 
ad" ikhcscr azal is 

38o Ouin iserr'en i ouaicdh akhkJiam nef thazemmourth 
lier' thajenant <*^ nef thanek'elets ad' iefk d'eg 
oukhkham miia therialin khamsin i thedjemaàth 
khamsin i bah g oukhkham anima thanek'elets nef 
thazemmourth nef thajenant ad' iferem azal is 
i bab is ad' irnou acheva thirialin d' elkhct'ia i 
thedjemaàth 

30o Ouin ioumi immouth ouzger nef thafounasth nef 
thikhsi ilzem thedjemaàth a th aouind' clh'amegga (-' 
akka ai thella el âda 

40° Ouin izenzen akhkham nef thaferka nef iger nef 
thibah'irth ad' imel i ouathma s nef i ouid'cn ith 
ik'erben nef i icheriken is nef i ait taddarlh is 
ma izenz i ail taddarlh enni idhen ma bfan ad' 
chafàn ad' erren id'rhnen i ouin ioufen d'i thletha 
oussan 

41° Ouin irebboun el h'ak' n elfer is nef ichched' s 
ethedjâll nef imah' fef h'ad d'cg ikheçimen ad' iefk 
âchera thirialin 

42° Benâm fef aiedh our itsendjaz ouara d'eg ial el 
amer illan tsâd'aouth gar asen 

43"^ Ma menakaren fef kera ad' mesgillen fef ain 
enni 



(1) Thajenant désigne ici une vigne. C'est le mot arabe ^jl ^ =>. , 

jardin, détourné de sa signitication. 

(2) EUi'ameijf/a est le mot arabe <*^,^.,^' , nui signilie protection, 
secours donné à des associés ou à des clients. 



I 



— 331 — 



TRADUCTION LIBRE 



Ceci est le règlement en usage au village de Thaslenl, 
depuis les temps anciens jusqu'à présent : 

1° Celui qui volera dans une maison, pendant la 
nuit, paiera, si le fait est prouvé, 50 réaux '*' 
d'amende à la Djemaà, et 50 de dommages- 
intérêts au maître de la maison. De plus, il res- 
tituera l'objet volé, s'il est encore en sa posses- 
sion, ou en remboursera la valeur ^-K 

2'' Celui qui volera dans un jardin potager paiera, 
si le fait est prouvé, 25 réaux d'amende à la 
Djemaâ et 25 de dommages-intérêts au proprié- 
taire du jardin. De plus, il donnera à ce dernier 
le prix de ce qu'il aura volé. 

3° Celui qui tirera un coup de fusil sur un autre 
paiera 100 réaux d'amende à la Djemaà, s'il n'y 
a pas eu blessure. S'il y a eu blessure, il sera 
passible du talion. Toutefois, si le blessé consent 
à renoncer à la vengeance, il reçoit le prix de 
son sang, tel qu'il est fixé par le k'adhi. 

4° Si un individu se rend coupable de meurtre, la tribu 
s'empare de tous ses biens, même de ses droits 



(1) Le réal vaut 2 fr. 50 c. 

(2) Chez les Béni Mellikech, si un individu est surpris volant, la 
nuit, dans une maison, tous ses biens deviennent la propriété du 
maître de la maison où il a voulu voler. Celui-ci porte plainte à la 
Djemaâ et dit : thoura nek ai d' baba s, maintenant, c'est moi qui suis 
son père, c'est-à-dire : j'ai sur lui les droits d'un père sur ses enfants, 
je puis disposer de ce qui lui appartient. . • 



— 332 — 

à l'eau. De plus, il est mis à mort, ou paie le prix 
du sang, si les parents de la victime y consentent'^'. 

5" Celui qui frappera avec un sabre ou une hachette 
paiera 50 réaux d'amende à la Djemaâ, s'il n'y a 
pas eu blessure. S'il y a eu blessure, il sera passible 
de la peine du talion. Toutefois, si le blessé con- 
sentait à renoncer à la vengeance, il recevrait le 
prix de son sang, tel qu'il serait fixé par le k'adhi. 

6" Celui qui menacera, sans frapper, avec un sabre 
ou une hachette, paiera 8 réaux. 

7° Celui qui frappera avec un bâton ou une pierre paiera 
5 réaux d'amende à la Djemaâ. Celui qui aura été 
frappé aura droit à la vengeance, ou, s'il y con- 
sent, au prix de la blessure. Dans le cas oii il n'y 
a pas eu blessure, il n'est pas dû d'indemnité. 

8° Celui qui menacera, sans frapper, avec un bâton ou 
une pierre, paiera un réal d'amende à la Djemaâ. 

9^* Si une femme appelle au secours pour sauver son 
honneur (tentative de viol), et qu'il en soit fait 
rapport à la Djemaâ, le coupable paie 50 réaux 
d'amende pour thimecheret' '^'. De plus, la Djemaâ 
casse les tuiles de sa maison. 

(1) Il est rare, chez les Kabyles, que la dia, ou prix du sang, soit 
acceptée. Généralement, le meurtrier est obligé de prendre la fuite, 
pour se soustraire à la vengeance qu'il n'évite pas toujours. 

(2) Thimecheret' signifie distribution, partage. C'est l'équivalent du 
mot arabe iJVAij^'. Dans le cas dont il s'agit, l'amende est employée 
à l'achat d'un bœuf, de moutons ou de chèvres, dont la viande est 
partagée entre tous les habitants du village. 

Le cas d'adultère n'est pas prévu, parce que le mari oiïensé se fait 
ordinairement justice lui-même. Chez les Zouaoua, l'homme et la 
femme coupables d'adultère sont mis à mort, et si le mSri offensé ne 
se fait pas justice, il est frappé d'amende par la Djemaâ. . . 



— 333 — 

Si la Djemaà n'a pas été saisie de l'affaire, il 
n'y a pas lieu à amende, 

10" Celui qui volera, pendant la nuit, des claies ''* ou 
de la paille à une meule, paiera des dommages- 
intérêts au propriétaire, si le fait est prouvé. De 
plus, il remboursera la valeur de ce qu'il aura 
pris. S'il y a eu plainte à la Djemaâ et au chef, 
il paiera en sus 20 réaux d'amende. S'il n'y a 
pas eu de plainte, il n'y a pas lieu à amende. 

11° Celui qui sera surpris par un propriétaire volant 
(sur l'arbre) des figues, des olives, des grenades, 
des raisins ou des doukkar (-', paiera au proprié- 
taire les dommages-intérêts que ce dernier lui de- 
mandera. Il paiera en sus 10 réaux d'amende à 
la Djemaà. S'il n'y a pas eu de plainte portée au 
chef, il n'y a pas d'amende. 

12° Celui qui se disputera avec une femme paiera 50 
réaux d'amende à la Djemaâ, que la femme soit 
ou non l'agresseur. Toutefois, si c'est la femme 
qui a commencé la querelle, son mari paiera 
l'amende, qui sera fixée par le chef. 

13° Celui qui fera paître dans les achthal paiera 2 
réaux d'amende, mais seulement s'il est surpris 
par le chef ou le t'amen. Si c'est le propriétaire 
qui le surprend, il n'y aura lieu qu'à des dom- 
mages-intérêts. Sont réputés achthal : les olives, 

(1) Claies en roseaux ou en osier pour faire sécher les figues. 

(2) Doukkar, fruits du capritiguier que l'on suspend aux figuiers 
pour faciliter et hâter la maturation de^ figues. La caprification est 
pratiquée généralement, et depuis un temps immém.orial, en Kabylie. 
Le mot douhkar est arabe. 



— 334 — 

les figues, les jardins potagers, les champs, les 
meules de paille, les glands doux et les frênes (". 

14° Celui qui transgressera les défenses du chef paiera 
2 réaux d'amende, à moins qu'il ne soit auto- 
risé par le chef ou le t'amen. (Ceci ne s'applique 
que pour ses propriétés, et non celles d'autrui '-^) 

13° Celui qui n'est pas présent au lieu de réunion de 
la Djemaâ, paie 2 réaux d'amende. 

Celui qui n'arrive pas à l'appel paie un quart de 
réal, à moins qu'il ne soit autorisé par le chef 
ou le t'amen. 

16° Si deux, trois ou quatre individus se battent, ils 
paient chacun un demi-réal d'amende. 

A la première récidive, ils paient un réal. 

A la deuxième, un douro. 

A la troisième, deux douros. 

(Ceci ne s'applique qu'au cas où il n'y aurait pas eu 
défense de la part du chef. S'il y a eu défense, ils 
paient l'amende fixée par le chef.) 

17° Celui qui coupera un arbre en remboursera la 
valeur au propriétaire. Le montant de la somme 
sera fixé par les notables. 

18° Celui qui commettra le vol appelé thaseglouth 
paiera au propriétaire 25 réaux de dommages- 
intérêts. Si ce dernier porte plainte au chef, il y 
aura une amende de 50 réaux, quand même 

(1) Les Kabyles récoltent avec soin les feuilles des frênes pour la 
nourriture des bestiaux. 

(2) Cet article est surtout relatif aux défenses de commencer les 
récoltes d'olives et autres avant l'époque fixée par la Djemaâ. La 
propriété est tellement morcelée chez les Kabyles, que ces défenses, 
analogues à notre ban de vendange, sont nécessaires pour éviter les 
discussions. 



— 335 — 

Dieu aurait voulu que la thaseglouth '■' ne fût qu'une 
poule. Le coupable remboursera de plus le prix 
de l'objet volé. 

19° Celui qui dévalisera les voyageurs paiera 50 réaux 
d'amende. 

20° Celui qui volera sur le marché paiera 100 réaux 
d'amende : 50 au profit de la tribu, 50 au profit 
de son village. De plus, il restituera ce qu'il a 
volé, ou la valeur. 

21° Si deux individus se battent et que d'autres pren- 
nent parti pour les combattants, ils paieront 
l'amende. 

Si plusieurs se réunissent contre un seul, ils paie- 
ront chacun 5 réaux d'amende. 

22° Celui dont le chien montera sur les tuiles d'une 
maison, sans toutefois commettre de dégâts, sera 
prévenu, par le maître de la maison, d'avoir à 
retenir son chien. S'il le fait, il n'y a rien à 
dire, mais si le chien revient une seconde fois, le 
maître de la maison le tuera. 

23° Celui dont les poules entreront dans le potager 
d'autrui, aura à payer au propriétaire la valeur 
du dégât commis. 



(1) Thaseglouth. Chez les Illoulen et quelques tribus voisines, le 
vol d'un animal, pour le manger en cachette, constitue la thaseglouth. 
On donne le même nom à l'animal volé. Si cet animal était vendu, ce 
fierait un vol ordinaire, appelé thouken/ha. 

Chez les Zouaoua, il va thaseglouth, même lorsque l'animal appar- 
tient à celui qui le mange sans en avoir fait la déclaration au chef. On 
exige cette déclaration afin que les femmes enceintes et les malades 
puissent avoir de la viande, s'ils en désirent. 



~ 336 — 

iï'^ Si un homme insolvable commet un délit, celui 
chez lequel il habite est pécuniairement respon- 
sable. 

Si la faute ne peut se racheter par de l'argent et 
entraîne la prison, par exemple, elle est expiée 
par son auteur. Il est de même passible du talion, 
si c'est un cas de mort ou de blessure. 

25" Celui qui habite dans un village ne peut le quitter 
pour aller demeurer dans un autre, avant d'avoir 
payé 10 réaux à son village. 

26*^ Celui qui, après avoir répudié sa femme, la reprend 
sans avoir eu la dispense du k'adhi, paie 10 réaux 
d'amende à la Djemaâ. 

27° Celui qui insulte le chef ou le t'amen paie o réaux 
d'amende. 

28° Celui qui n'arrive pas au troisième appel du crieur 
public paie un réal d'amende. 

29" Celui qui s'absente sans prévenir le chef paie 5 réaux 
d'amende. 

30° La femme qui vole est passible des mêmes peines 
qu'un homme. 

31° Celui qui livre l'honneur du village à l'étranger <*' 
paie 50 réaux d'amende. 

32° Celui qui refuse de témoigner, ou qui revient sur 
sa déposition, paie 50 réaux d'amende. 

33° Celui qui passe dans un chemin non frayé paie 
un réal, s'il a commis du dégât. 

(1) Celui qui reçoit de l'argent, par exemple, pour tuer un homme 
réfugié dans le village, ou qui prévient l'ennemi des projets de ses 
concitoyens. 



— 337 — 

34° Celui (|ui donne sa fille en mariage reçoit (du 
gendre) 58 réaux au maximum, sans préjudice 
des conditions '''. S'il dépasse cette limite, il paie 
10 réaux d'amende à la Djemaâ. 

33° Celui qui néglige de prendre part aux travaux 
d'utilité publique paie 4 réaux d'amende. 

36° Celui qui commettra un acte d'oppression envers 
autrui paiera 10 réaux d'amende. 

37° Celui qui empiétera sur les limites de son voisin, 
ou passera sur sa propriété, paiera 10 réaux 
d'amende à la Djemaà. De plus, il rentrera dans 
ses limites et restituera ce qu'il a pris, ou en 
remboursera la valeur. 

38° Celui qui mettra le feu à une maison, à un olivier, 
à une vigne ou un figuier, paiera, savoir : 

Pour une maison, 100 réaux, dont 30 au profit de 
la Djemaâ et 30 au profit du propriétaire ; 

Pour un figuier, un olivier ou une vigne, il en 
remboursera la valeur au propriétaire et paiera, en 
sus, 10 réaux d'amende à la Djemaâ. 

39° Celui à qui il meurt un bœuf, une vache ou 
une brebis, a le droit de forcer la Djemaâ à en 
acheter la chair ^-', à titre de secours. Ainsi le veut 
l'usage. 

40° Celui qui vend une maison, un verger, un champ 
ou un jardin potager, doit en donner avis à ses 

(1) Les coQditions, echrherout', comprennent les cadeaux ou provi- 
sions en nature. Les bijoux forment la dot. 

(2) Le chef fixe la quantité de viande que chacun doit acheter. 

i)9 



— 3â8 — 

frères, à ses proches, à ses associés et aux gens 
du village, s'il vend à des individus d'un autre 
village. S'ils veulent prendre le marché et se sub- 
stituer à l'acquéreur, ils doivent rendre l'argent à 
ce dernier dans le délai de trois jours. 

41° Celui qui cache la vérité au préjudice d'autrui, 
qui vend son témoignage ou prend parti pour 
un plaideur, paie 10 réaux d'amende. 

42" N'est pas valable, dans la cause d'un individu, la 
déposition d'un homme connu pour être son 
ennemi. 

V.]° Si des plaideurs nient dans une cause, et qu'on 
ne puisse arriver à la connaissance de la vérité, 
le serment est déféré **^ 



FIN DE L ESSAI DE GRAMMAIRE KABYLE 



(1) Le serment n'est pas déféré aux parties, mais bien à sept per- 
sonnes de la famille de chacun des plaideurs. 



NOTES 



NOTE N" 1 
SUR LA LANGUE PARLÉE DANS l'OASIS DE SYOUAH 

Les habitants de l'oasis de Syouah, connue des anciens sous le nom 
de Jupiter Ammon, appartiennent évidemment à la race berbère. 
(Juand on connaît cette race, il suffirait, pour s'en convaincre, de lire 
la relation du voyage de M. Cailliaud à Syouah, en 1819. Lorsqu'il 
raconte ses démêlés avec les assemblées populaires de cette oasis, on 
se croirait en présence d'une djemaà kabyle ; mêmes instincts démo- 
cratiques, même défiance à l'égard des étrangers, mêmes usages, 
mêmes lois. Comme chez les Touareg, le meurtrier est livré à la 
famille de la victime qui le fait périr dans les tourments, ou lui fait 
racheter la vie à prix d'argent. Mais l'ouvrage de M. Cailliaud (1) 
nous fournit une preuve plus concluante encore, dans le vocabulaire 
placé à la fin du 1" volume et renfermant environ 470 noms ou verbes 
du langage parlé par ce peuple. Les mots de ce vocabulaire, qui ne 
sont pas arabes, appartiennent à la langue berbère ; et bien qu'ils 
aient été, en général, mal compris et inexactement transcrits, il est 
facile d'en reconnaître un grand nombre. 

La proportion des mots arabes est, suivant toute vraisemblance, plus 
forte qu'elle ne devrait l'être, car, d'après M. Drovetti, consul général 
de France à Alexandrie à l'époque du voyage de M. Cailliaud, les 
habitants de Syouah, en parlant aux étrangers, mêlent à leur langage 
beaucoup plus d'expressions arabes que lorsqu'ils conversent entre 
eux. Une note de l'auteur nous fait aussi connaître qu'ils placent, 
comme les Kabyles, devant les mots empruntés à l'arabe, la syllabe 
te ou t, servant, comme on sait, à former le féminin en berber. 

Nous donnons ici, en regard des mots cités par M. Cailliaud, leurs 
équivalents dans les dialectes berbers que nous connaissons. 



(1) Voyage à Méroé, au fleuve Blanc, â Syouah et dans cinq autres oasis, par 
M. Frédéric C.villiaid, de Nantes. {Paris, 182G.) 



— 340 





LANGUE 




FRANÇAIS 


de Syouah. 
d'après 

M. CAILLIAUD 


DIVERS DIALECTES BERBERS 


Abeille. 


eisanne. 


i::an, mouches (dans tous les dialectes) ; 
isan en tament, mouches à miel 
(Touareg). 


Aboyer. 


agourzini. 


Probablement ak'sin i, mon chien ; 
ah'zin, chien iChaouia, Béni Menacer). 


Accoucher. 


kateiro. 


terou, elle est accouchée (Touareg). La 
syllabe initiale ha appartient, sans 
doute, à un mot précédent que 
M. Cailliaud n'a pas compris. 


Affamé. 


lauza. 


las, faim (dans tous les dialectes); 
amellota, affamé (Touareg, Kabyles). 


Aiguille. 


quesgueiielte 


thisofjnich (Kab.), tisedjneft (Touareg). 


Allumer. 


sorguette. 


serr' et, fais-le brûler (Touar.); serr' 
et h (Kab.). 


Attacher. 


akan. 


ak'k'en (Touareg, Kabyles). 


Avaler. 


gaeitch. 


etch, manger (Kab.). 


Balayer. 


alïrâte. 


efredh, balayer (Touar., Kab.). 


Barbe. 


temeurte. 


tainart, barbe (Touar.) ; thamarth {Kah.) 


i 
Blanc. 


amellale. 


amellal, blanc (Kab.). 


Blé. 


jardenne. 


irdeii (tous les dialectes). 


Bœuf. 


fonasse. 


afoiinas, bœuf (Chaouia, Béni Mzab). 


Boire. 


gatte-amenne 


Le dernier mot est aman, eaux. 


Bois. 


sgarne. 


isr'aren (Touareg, Ivabyles). 


Bourrique. 


eyzelte-mou. 


ejed/i, echedli , âne (Touareg); a:ulh 
(R'edames). 


Cadenas. 


tneuste. 


tanast, clef (Touareg). 


Cendre. 


eiguette. 


ochedh (R'edames) ; ir'ed' (Touar., 
Kab.). 


Cerveau. 


einire. 


inir, front (Touareg, Kabyles). 


j Chaleur. 


l'ainmou. 


a/unou, être chaud. Emprunté à l'arabe 
par les Kabyles. 


1 Chameau. 


elgomrae. 


alr'oum, chameau (Kabyles). 


Cheval. 


tegmeurte. 


thai/niart/i, jument (Kabyles) ; ar/mar, 
cheval (Chaouia). 


Chèvre. 

! 


tagaté. 


tar'at', 'chèvre (Touar.); thar'at {Kah.). 



û4l — •- 





LANGUE 




FRANÇAIS 


de Syouali, 
d'après 

M, CAILLIAUD 


DIVERS DIALECTES BERBERS 


Chien. 


argo/ini. 


Probablement ah'zin i, mon chien (voir 
aboyer). 


Ciseau. 


temitaze. 


tamedest, ciseau (R'edames) ; ti médias 
(Touareg). 


Clef. 


teneste. 


taiiast, clef (Touareg). 


Corne. 


techaounne. 


ic/ic/iaoun, cornes (Kabyles). 


Coucher. 


gattassa. 


et't'es. dormir (Touareg, Kabyles). 


Coudre. 


azouman. 


cami. coudre (Touareg) ; azman, ils 
ont cousu. 


Couper. 


docteman. 


Probablement ad ogdemen, ils coupe- 1 
ront (Touareg). 


Crapaud. 


agerau. 


igrou, grenouille (Touareg). 


Cuir. 


elleiinme. 


elem. cuir, peau (Touareg). 


Cuiller. 


temalecte. 


tainoulet, cuiller à pot (Touareg). 


Cuisse. 


tagoment. 


tar'ma , cuisse ( Touar. ) ; thar'ma 
(Kab.). 


Datte. 


tenna. 


teini, dattes (collectif) (Touareg). 


Dents (les 2 


togmasse. 


tour'mas (Touareg) ; thouf'mas (Kab.). 


grosses). 
Doigt. 


taudain. 


idiioudhan, les doigts (Touar., Kab.). 


Eau. 


amanne. 


aman (tous les dialectes). 


Étoile. 


eirie. 


ii-i, étoile (R'edames) ; itri (Touareg) ; 
ithri (Kabyles). 


Farine. 


arenne. 


arcn, farine (Béni Menacer) ; aouren 
(Kabyles) ; aceren (R'edames). 


Feu. 


temsa. 


timsi, feu (Touareg) ; t/nmes (Kabyles). 


Fèves. 


elouaoune. 


ibaoun, fèves (Zouaoua). Changement 
de ou en h. 


Figure. 


admi. 


oud'em, figure (Kab.); oudem (Touar.); 
oudem. i, ma figure. 


Foie. 


tsat. 


ti'sa, foie (Touareg) ; thasa (Kabyles). 


Fondre. 


essai. 


ej'sai, fondre (Kabyles). 


Fontaine. 


teutte. 


tit', fontaine et œil (Touareg). 


Froment. 


eirdenne. 


irden (tous les dialectes). Les Kabyles 
prononcent ird'en. 



1 



— 342 





LANGUE 




FRANÇAIS 


de Syouah, 
d'après 

M. CAILLIAUD 


DIVERS DIALECTES BERBERS 


?'ront. 


einire. 


//(("/• (Kabyles). 


Genou. 


foude. 


afoud (To\iai\, Kah.): fond iR'edamesj. 


Glace. 


tesseute. 


iésit, glace, miroir (Touareg). 


Homme. 


oggué. 


aougid , homme ( Zenatia ) ; aoudjid , 
(R'edames). 


i .ïambe. 


tarre. 


adhar, pied, jambe (Touareg, Kabyles). 


Laine. 


doufte. 


tadouft (Touar.); thadoufth (Kab.i. ! 


Lait. 


acki. 


aUh (Touareg) ; ar'i, lait aigre ( Béni 
Menacer) ; aifld (Kabyles). . 


Langue. 


ellesse. 


des (Touareg, Kabyles). ; 


Lièvre. 


terzazle. 


thairsist (Béni Menacer) ; t/iad/ei-;est 
(R'edames). 


Lune. 


tazerie. 


tazii-i, lune (R'edames) ; thasiri, clair 
de lune (Béni Menacer) ; thiîlri, clair 
de lune (Zouaoua). 


Mamelle. 


effeufe. 


efif, mamelle (Touareg). 


Manche. 


anfousse. 


Composé de fii , de , et de afou.<s , 
maiti. 


Manger. 


ga âtchia. 


De ctr/i, manger i Kabyles). 


1 Meule. 


tasserte. 


tha.<irtli (Kabyles). 


Milieu. 


gamma.s. 


animas, milieu (Touareg, Kabyl-r^i. 


Miroir. 


tessette. 


ù'sit (Touareg). 


Montagne. 


drarenue. 


idi-aren, pluriel de adrar, montagne 
(Touareg, Kabyles). 


Monter. 


teouni. 


Nom d'action de eoun, monter (Touar.). 


Mort. 


iy-moute. 


imrnout, il est mort (Touareg) ; iinmoutk 
(Kabyles). 


Mouche. 


isanne. 


iz-an, pluriel de ('--/, mouche (Touareg, 
Kabyles 1. 


.Moudre. 


gat'ezolte. 


Probablement /'/a teiet\ il fait la mou- 
ture (Touareg). 


Moulin. 


tasserte. 


thasirth, moulin et meule (Kabyles). 


Moustache. 


temertre. 


tainart, barbe (Touareg). 


Nègre. 


azotatTe. 


De siittef, être noir (Touareg). 


Nez. 


tinzerte. 


tansart, nez (Touar.) ; thanzcrth (Kab.). 



343 - 





LANGUE 




FRANÇAIS 


de Syouah, 
d'après 

M. CAILLIAUD 


DIVERS DIALECTES BERBERS 


Noir. 


azetalïe. 


De setU'f, être noir (Touareg). 


Nombril. 


temete. 


témit, nombril (Touareg). 


Nuit. 


déguiate. 


Probablement d'eg idh, pendant la nuit j 
(Kabyles), ou der' ehadh, pendant la 
nuit (Touareg). 


OEil «les yeux 1 


taouenne. 


tit't'aouin, les yeux (Touareg) ; that'- 
t'iouin (Kabyles). 


Ongle. 


tcliarence. 


ichchareii, ongles, pluriel de acliohar \ 
(Touareg, Kabyles). 


; Oreille. 


tamezzoct. 


tameisour't (Touareg) ; thamezz-our't 
(Kabyles). 


Orge. 


temzen. 


tiin^in (Touareg, R'edames) ; thim;in 
(Kabyles). 


Os. 


eagas. 


ir'i's (Touareg, Kabyles). 


Paille. 


loume. 


aloum, alcm (Touareg) ; oulem (R'eda- 
mes) ; alim (Kabyles). 


Partager. 


ettotïe. 


Probablement et'Vef, saisir. 


Pied. 


tarre. 


adhar (tous les dialectes). 


Pierre. 


adâar. 


adr'ar' (Kabyles). 


Pigeon. 


abbederain. 


idlibirun. pluriel de ididtir (Touareg) ; 
dahlren (R'edames). 


Pipe. 


teletclienne 


tahikkint en taha, marmite à tabac 




ta ban. 


(Touareg). 


Pleuvoir. 


andzar. 


aiuar, pluie (Maroc). 


Poule. 


tiazeute. 


taiaziV (Touareg) ; thaiasit' (Kabyles). 


Puits. 


aneau. 


anou (Touareg). 


Rat. 


eguerdeune. 


ir'erd'ain, plur. de ar'crd'a (Kabyles;. 


Rire. 


tedsi. 


Nom d'action de edha, rire (Touareg). 


Roseau. 


taneimme. 


tar'aniint (Kabyles). 


Rouge. 


azogâ. 


asouggar' (Kabyles). 


Sabre. 


aouesse. 


tacest, petit sabre, diminutif de aces, 
ou aoucs (R'edames). 


Sang. 


edammene. 


id'ammen (Kabyles). 


Sauter. 


kerre. 


Probablement ekkor, se lever (Kab.). 


Sein. 


effefm. 


ifefan, les seins, plur. de efef (Touav.). 



— 344 





LANGUE 






FRANÇAIS 

1 


de Syouah. 
d'après 

M. CAILLIATD 


DIVERS DIALECTES BERBERS 




Sel. 


tes.siate. 


tisemt, sel (Touar.) ; t/u'scmth (Kab.). 




Semelle (ciiir) 


ellem. 


elem. cuir, peau (Touareg). ' 




Six. 


sétet. 


sedis (Touareg, Béni Mzab). 




Sœur. 


oltemin. 


oultema (Touareg, Kabyles). ' 




Soleil. 


tfote. 


tajbukt, soleil (Touareg) ; toufot, soleil '. 
(R'edames) : thafoukth, lumière du 
soleil (Kabyles). 




Source. 


totte. 


tW. source et œil (Touareg). On dit : 
tW n aman, source d'eau. 




Tête. 


acfie. 


«/•'e/" (Kabyles, Touareg). 




Tomber. 


jotat. 


iotuUia, il est tombé (Touareg). 




Vaclie. 


taoneste oti 
tfounest. 


thafounasth (Kab.): tafounast {Chcunùa]} 




Veau. 


founest. 


afounas, bceuf iChaouia, Béni Mzabi. 




Yeux. 


taouenne. 


t'il't'aouin. yeux iTouareg). 





NOTE N" 2 

SUR LES VARIANTES DE PRONONCIATION DANS LES DIVERS 
DIALECTES BERBERS 



Nous avons indiqué, au commencement de cet ouvrage (pages 6 et 
suivantes), quelques permutations de sons que l'on rencontre dans le 
langage des Zouaoua et des tribus kabyles voisines. Mais, si l'on 
compare entre eux les divers dialectes berbers, le nombre des sons qui 
se substituent les uns aux autres augmente dans une proportion 
considérable. La connaissance de ces permutations facilitant beaucoup 
l'étude des dialectes berbersj nous en donnons ici quelques exemples. 



— 345 — 

A DEVIK.NT I KT OL" 

Exemples : 

ai/ijiina. ac/ienna, ciel, pluie (Touareg) : ajenna, ciel (R'edanics) : 

igenni, ciel (Zouaoua). 
ai/elinam. mare d'eau, étang (Touaregi ; a;jelmin (Zouaoua). 
nr'ill. bras (Touareg) ; ir'iU (Zouaoua). 
«/•'/, lait aigre (Béni Menacer); ir'i (Zouaoua). 
aklan, nègres (Zouaoua) ; iklan (Touareg). 
asli, fiancé (Touareg, R'edames) ; isU (Zouaoua). 
ai<s a. aujourd'hui (Zouaoua) ; «*••? ou (Béni Menaçeri. 
ht'ra, il a vu (Zouaoua) : i:;eroH (Béni Menacer). 
id/u'sa, il a ri (Zouaoua) : idhesou (Béni Menacer). 

Engénéi-al, les verbes dont nous avons parlé page 107, qui, chez les 
Zouaoua, prennent à l'aoriste le son A à la suite du radical, changent ce 
son en OU chez les Béni Menacer, et quelquefois aussi chez les Béni Mzab. 



I SE CHANGE EX A, OU, G, DJ 

On vient de voir des exemples de I changé en A. 

ak'sin, chien (Béni Menacer); ak'joun (Zouaoua). 
tillemin, toullemin, chamelles (Touareg). 
^fîll, foull, fell, sur (Touareg). 

tir' mas, dents molaires (Béni Menacer); thour'mas (Zouaoua). 
ari, écris (Touareg) ; arou (Zouaoua). 

itouari, il a été écrit (Touareg, Béni Menacer) ; itsouarou (Zouaoua). 
ourthi, verger (Zouaoua) ; owthou (Béni Menacer). 
agougli, agouglou, fromage (Zouaoua). 
alour, mois (Touareg, Béni Mzab) ; aggour (Zouaoua). 
ariaz, homme (Béni Menacer) ; argas (Zouaoua). 
aloujil, orphelin (Béni Menacer) ; agoujil (Zouaoua). 
alla, propriété (Zouaoua) ; agla (Illoulen). 
iien, un (Touareg) ; iggt^n (Béni Mzab). 

amr'ar il Jlissen, le chef des Flissa (Bougie) ; amr'ar g ijlissen 
(Zouaoua). 

En général, lorsque deux sons I se suivent, les Zouaoua en changent un 
en G. — Voir page 9. 



- 346 — 

rt/voî, homme (Béni Menacer) ; ardjas (Béni Mzab). 
thair<ist, lièvre (Béni Menacer) ; t/mdjer:-est (R'edames) 



OU SE CHANGE EN A, I^ B, G, V 

(Voir ci-dessus les changements de OU en A et I) 

tfiouourth, porte (Bougie); touourt (Béni Mzab); thabhourth 

(Zouaoua): f/uT^f/oa/'^/i (Illoulen). 
iououi; il a porté (Bougie) : iboui (Zouaoua) : irjotii (Illoulen). 
iouout', il est arrivé (Bougie) ; ihbodh (Zouaoua) : iyf/odh (Illoulen). 
OK ou/-ya5, de l'homme iBougie); h ourga; {Zoimoua) : u ourgai 

(Illoulen). 

En général, lorsque deux sons OU se rencontrent, l'un d'eux, et quel- 
quefois tous les deux, se changent en B chez les Zouaoua, et en Gchez 
les Illoulen, les Béni Abbès et dans la partie supérieure de l'Oued Sahel. 
— Voir page 9. 

aoti, a(j, tils (Touaregs. 

aowen, farine (Zouaoua); aceren (R'edames). 



B SE CH.VNOE EN F, Z, V 

aimbd'ou, été (Zouaoua) ; anefdou (R'edames). 
inebgi, hôte (Zouaoua) ; anefji (R'edames). 
asioug, humidité, pour abiouçi (Zouaoua). 
traabat, bague (Touaregi : tadeccot (R'edames). 

D SE CHANGE EN D', DH, G, L, Z, J, TH 



L'emploi du D' ou 3 arabe paraît restreint à quelques dialectes. Il est 
remplacé dans les autres par le D ordinaire ou > arabe. L'alphabet des 
Touareg n'a pas de signe pour le représenter. 

Nous avons vu, pages7et8, que le D' placé devant un TH ou un .\ 
prenait le son du T ou de l'.N. Mais ce sont plutôt des changements 
de son par assimilation que par permutation. 

Le DH afïixe qui, chez les Zouaoua, caractérise la seconde personne du 
singulier dans la conjugaison du verbe, est toujours changé en D chez 
les Béni Mzab et les Touareg. 



— 347 — 

Exemples : 

atergcbed, tu verras (Béni Mzab). 

ateggecbed, tu entreras (Touareg). 

tenr'id, tu as tué (Béni Mzab, Touaregi: t/ienr'idh (Zouaoual. 

atek/ed, tu donneras (Touareg) ; atej'kedh iZouaouai. 

Voici quelques exemples de D changé en G, L, Z, J, TII, T : 

adoujil, orphelin iR'edamesi; agoujil (Zouaoual. 

fldi. ouvrir (Bougiei; tdli (Zouaouai. 

ajfddid', roi (Rif marocain); agclUd' (Kabyles). 

idda, il était (Rif marocain) ; illa (Kabyles). 

ameddar, blanc (Rif marocain); amellal (Zouaoua). 

ebdeg, être mouillé (Touareg) ; ebzeg (Zouaoua). 

cgdem, couper (Touareg du Sud): cgseni i Zouaoua). 

tadeccof, bague (R'edamcs): tazabat iTouareg). 

agedidh, oiseau (Touareg du Nord); agajidh (Touareg du Sud. 

adbir, pigeon (Touareg, R'edames) ; ithbir (Zouaoua). 

ioudef, il entra (Béni Menacer) ; ioutef (Béni Mzab). 

DH ET T' 

On a pu remarquer, dans cet ouvrage, de nombreux exemples de 
permutation de ces deux sons. A Bougie et, en général, dans la vallée 
de l'Oued Sahel, on emploie le T' là où les Zouaoua se servent 
ordinairement du DH. Dans les mots empruntés à l'arabe et qui 
renferment un Jp. cette lettre est toujours changée en i>. 

Exemples : 
idh. nuit (Zouaoua) ; il' iBougiei. 
atefkedh, tu donneras (Zouaouai: atM-Jkt't' (Bougie*. 
ihbodb, il est arrivé (Zouaouai; iouont' (Bougiei. 
idhesa. il a ri (Zouaoua): it'csa (Bougie). 
amoudhin. malade iZouaouai; amout'in (Bougie). 
Ht't'ia, lumière (LsDl) pour edlidliia {\^^Ja^\]. 
et' l'amen, caution ( -^UxJl) pour ed/ulhamen (^^wol^\). 

On vient de voir que les Béni Mzab et les Touareg employaient le D 
au lieu de DH, pour caractériser la 2'' personne du singulier du verbe. 

T, TH, TS, TCH 

Le TH paraît être particulier à quelques dialectes. On ne le retrouve, 



— 348 — 

ni cliez les Touareg, ni chez les Béni Mzab, ni même chez les Kabyles à 
l'est de l'Oued Sahel. Tous ces peuples le remplacent par le T ordinaire. 
Le TS est également inconnu des Touareg et des Béni Mzab. Ainsi, 
les formes dérivées du verbe qui, chez les Zouaoua, sont caractérisées 
par TH, TS, TSOU préfixes, prennent pour signes, chez les Touareg, 
T et TOU. 

Exemples : 

tasem. être jaloux habituellement (Touareg); tsaseiu (Zouaoua). 
ter'im, être assis habituellement (Touareg): tser'irn (Zouaoua). 
tari, écrire habituellement (Touareg); tsarou (Zouaoua). 
tet't'ef, saisir habituellement (Touareg); iAeï'f'e/" i Zouaoua). 
tejfe:;, mâcher habituellement (Touareg); thefj'es (Zouaoua). 
itouaker, il a été volé (Touareg); itsouaker (Zouaoua}. 
itouak'k'en, il a été lié (Touareg): itsotiak'k'en fZouaouai. 

Nous avons dit, page 11, que le TH est remplacé par TS chez beau- 
coup de tribus kabyles. Il en est de même du T. En voici des exemples : 

atar', elle prendra (Zouaoua) ; atsar' (Illoulen et, en général, 

dans l'Oued Sahel). 
atinldJi, tu diras (Zouaoua); atsinidh (Oued Sahel). 
effer'ent, elles sont sorties (Zouaoua); effer'ents (Oued Sahel). 
thar'animth, roseau (Zouaoua); thar'animts (Oued Sahel). 

Quelques peuplades de Touareg du Sud remplacent le son du T 
par TCH, et disent par exemple : 

tchodhedhin pour tidliidhin. femmes. 

tcliimimoun pour timimoun. nom de ville du Gourara. 

tchinbouctou pour tinbouctou, nom de ville. 

CH PERMUTE AVEC Z, H, J, K, G, S, F, R' 

ergech, ergez, marcher (Touareg). 

achger, bœuf (Touareg); azger (Kabyles, Touareg). 

ichenga, ennemis (Touareg du Nord); izenga (Touareg du Sud). 

achchel, aszel, ahel, courir (Touareg). 

chound, Sound, hound, comme (Touareg). 

echbeg, eibeg, chebeg, bracelet (Touareg). 

c/dk, sik, hik, vite, bientôt (Touareg). 

arnacher', amazir', amajer', homme des Touareg (Touareg). 

tar'chamt, tar'ahamt, tar'ejamt, maison (Touareg). 

nech, moi (Béni Mzab, Zenatia); nck (Zouaoua, Touareg). 

cliçtch, toi (Béni Mzab): ketch (Zouaoua). 



— 349 — 

achefai, lait (Béni Menacer); a/co/at ffouareg). 
ac/tcher, ongle (Béni Menacera, acIiLar (R'edames). 
azechcfia, demain (Béni Mzab); aickka (Zouaoua, R'edames). 
achellid, roi (R'edames); ag ellid' {Zonaou&). 
echin, ic/iinan, dent, dents (Touareg); asin, sinan (R'edames). 
echek, corne (R'edames); isck (Touareg); ichch (Zouaoua). 
achoular', bouc (Touareg du Nord); afoular' (Touareg du Sud). 
eched, cendre (R'edames) ; ir'ed' (Zouaoua). 

G PERMUTE AVEC I, OU, CH, D, DJ, J, K 

On a vu plus haut les exemples du changement de G en I, OU, CH, D. 

agedidh, oiseau (Touareg); adjedidh (R'edames). 

ac/rnar, cheval iChaouia); poulain (Touareg); thagniarth, jument 

(Zouaoua); af{/'mar, cheval (R'edames); tadjmart, jument (Béni 

Mzab). 
argaz, homme (Zouaoua); arc/ja;? (Béni Mzab). 
aougid, homme (Zenatia); aoudjid (R'edames). 
tagrest, hiver (Touareg); tadjrest (R'edames). 
d'eg, dans (Zouaoua); dedj (Béni Mzab). 
agellid' roi (Zouaoua); ajellid (Béni Mzab). 
agcrthil, natte (Zouaoua); ajerthil (Béni Menacer). 
agenna, ciel (Touareg); igenni (Zouaoua); ajenna (R'edames, Boni 

Menacer). 
//ie%/, hôte (Zouaoua;; aneZ/'t (R'edames). 
iggat, il frappe habituellement (Touareg); ikkath (Zouaoua >. 

J PERMLTE AVEC CH, G, D, H, Z 

On a déjà vu des exemples de ces permutations: en voici quelques autres : 

agoujil, orphelin iZouaoua): agouhîl (Touareg). 

ak'joun, chien (Zouaoua); ak'^in (Béni Menacer. Chaouia). 

li PERMUTE AVEC CH, Z, J, V, K' 

(Voir plus haut les permutations avec CM, Z et J) 

eltadli, nuit (Touareg); ecodii (R'edames). 

tihali, brebis (Touareg); iacaii (R'edames). 

ar'a/iar, rivière (Touareg); ir'ser (Zouaoua). 

tehat', chèvre (R'edamesh tarât' (Touareg, Kabyles, Béni Mzabi. 



— 350 — 

K PERMUTE AVEC CH, G, I, TCH 

(Voir plus haut les permutations avec CH et G) 

aisoum, chair (Béni Mzab); a/,soum (Zouaoua). 

nek. moi (Zouaoua, Touareg); netc/i (Béni Menacer). 

nkerous, nœud (R'edames, Béni Menacer); atchrous (Touareg). 

oufrlk, mouton (Zouaoua); oufrit^h (Béni Mzab). 

ennir' ah, je t'ai dit(Zouaoua, Touareg); ennir' atc/i (Béni Mzab). 

L PERMUTE AVEC D ET R 

elli, eUli, ouvrir (Kabyles). 

alml, armi, jusqu'à (Kabyles). 

i/mg'ei^'rmïî/i, hachette, petite pioche (Zouaoua) ;ta(;e/v///(< (R'edames); 

thagersimth (Béni Djennad, Béni Ittsour'ar). 
amcllal, blanc (Zouaoua); amedclar (Rif marocain). 

M ET N PERMUTENT SOUVENT 

Exemples : 

tanjoust, conte, histoire (Béni Mzab); tam/oust, fable (Touareg). 
t/it'iuUnt, ville (Rif marocain); t/ienidint (Zouaoua). 

R' PER.MUTE AVEC K', CH, KH 

R' et K' permutent très souvent (Voir page 10). On en trouve de 
nombreux exemples dans le cours de la Grammaire. 

Quelques tribus de l'Oued Sahel disent i/,7œj', tête, pour //•>/,• mais ce 
changement doit être, à mon avis, considéré comme une prononciation 
vicieuse. Je ne p^nse pas que le IvH J. appartienne à la langue 
berbère. 

Z PER.MUTE AVEC CH, .1, H, S 

On a déjà vu des exemples de ces permutations. 

Observation. — On trouve aussi des transpositions de sons dans 
les mots, par exemple: efk, donner (Zouaoua), e/.f (Touareg); egbes^ 
se ceindre (Touareg), ebgcs (Zouaoua) ; ai/ki, lait (Zouaoua). akafai 
(Touareg), et des mots employés avec des significations dilïérontes, 
comme ouUl, qui désigne des brebis chez les Zouaoua et des chèvres 
chez les Touareg. 

Mais il n'y a que la pratique ou le dictionnaire qui puissent faire 
connaître toutes ces particularités. Il sul'lit donc de les signaler ici. 



- 351 - 

NOTE N° 3 

COMPARAISON DES DIALECTES 

Nous donnons ici la traduction, en plusieurs dialectes berbers, d'une 
historiette arabe empruntée à la grammaire de M. Bresnier. 

Nous avons choisi à dessein ce petit conte, parce qu'étant écrit en 

langage usuel, il était compris facilement par les personnes qui nous 

ont prêté leur concours pour ces traductions, et qui ne sont pas toutes 

assez lettrées pour comprendre, sans explications, un écrit arabe d'un 

. style plus relevé et plus correct. 

Ces traductions, que nous avons cherché à rendre aussi littérales 
que possible, pourront donner une idée des ditïérences et des analogies 
que présentent ces ditïérents dialectes. 

TEXTE ARABE 












U^ 



U 



Jj ^.y, J A_._j.jji _.l.- Js _^.:v_0 ^-ii. b! JU ^Clii 
^* ^^ ^J UU .^.Ui. Ul JLi^ _o^LM ^ ^CU! >!ji _^j 



— 352 — 



TRADUCTION LIBRE 



On raconte qu'un certain imbécile, entrant un jour dans une ville, 
trouva écrit sur la porte : « Tout étranger qui mourra dans cette cité 
sera enseveli aux frais du roi, qui donnera quatre-vingts dirhems pour 
son linceul. » Cet individu, qui était plus à sec d'argent qu'un juif un 
jour de samedi, se trouva un jour dans la rue, en présence du roi qui 
passait ; il se mit à crier : Justice ! (Uttér. je suis lésé). — Qui t'a fait 
du tort ? lui dit le roi. — J'ai vu écrit sur la porte de la ville, répondit 
l'homme, que tout étranger qui mourra dans cette ville sera enseveli 
aux frais du roi, qui donnera quatre-vingts dirhems pour son linceul ; 
pour moi, vingt dirhems suflisent à mon dernier vêtement, et j'ai dès 
à présent un urgent besoin des soixante autres : comptez-les moi, et, 
lorsque je mourrai, vous n'en aurez plus que vingt à me donner. Le 
roi se mit à rire et ordonna qu'on lui remit la somme qu'il demandait. 
L'homme la prit et continua son chemin. 

Quelques jours après, il rencontra encore le roi ; il s'arrêta et cria : 
Justice! comme la première fois. Les personnes qui accompagnaient 
le prince lui demandèrent qui l'avait lésé. J'ai vu, répondit-il, la nuit 
dernière, Jésus fils de Marie (que les bénédictions et le salut de Dieu 
soient sur lui !), et il m'a dit : « Tu ne mourras que noyé. » Je réclame 
donc les vingt dirhems restant de mon linceul, parce que désormais il 
ne m'est plus nécessaire. Le roi s'amusa de sa ruse et lui fît donner 
une petite pension. 

I 
TRADUCTION EN KABVLE DES ZOUAOUA 

TJiah'akaith s cthk'ebaililh igaouaoïien 
Histoire en kabyle des Zouaoua 

Ek'k'aren v'ef iioun ouryaz d'amesloub ikchem r'er lioulh 

On raconte sur un homme imbe'cile il entra dans une 
Iheind'int izera itsouarou it'i tfuibbourth is ar'erib ennl 

ville, il vit il a été écrit sur la porte d'elle : « L'étranger lequel 

l'a iminethen d'i thcnid'int agi a th ikefen ourjeUid' nd' iefk 
» devant mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi, il donnera 

azal eUekefen themaniin en trialin (irgaz agi our isài 
u le prix du linceul quatre-vingts de réaux. » Cet homme ne possédait 



— 353 — 

ara <•) g ed'rimen iougar oud'ai d'oug ass n essebth îioun 
pas d'argent, il surpassait un juif dans le jour du samedi. Un 
ouass imelal d' ougeUid' d'eg oubrid' ibded' 

jour il se rencontra avec le roi sur le chemin, il se tint debout 
r'er s d' as ik'k'ar nek tsouadhelmer' inna ias 

vers lui, à lui il dit à plusieurs reprises : Moi j'ai été lésé. Dit à lui 
ougellid' oui k idhelmen inna ias nek serir' itsouarou 
le roi : Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui : Moi j'ai vu il a été écrit 
d'i thabbourth en thenxd'int ar'erib enni r'a immethen d'eg s 
sur la porte de la ville : L'étranger lequel devant mourir dans elle 
a th ikefen ougellid' ad' iefk themaniin en trialin azal 
ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts de réaux, prix 
ellekefen nek ah'ad'adjer' thoura settsin en trialin 

du linceul. Moi j'ai besoin maintenant de soixante de réaux, 
ad' a thent tefkedh ass mi r'a emmelher' ad' ii 

à moi tu les donneras ; le jour lorsque je mourrai, à moi 
thefkedh ala âcherin enni d igeran Idhesa 

tu donneras si ce n'est (seulement) les vingt lesquels restant. Rit 
ougellid' seg ouaoual is inna iasen efketh as settsin en 
le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui soixante de 
trialin iour' ithent irouk' 
réaux. Il prit eux, il partit. 
isâdda kera b oussan ibded' zed'ath ougellid' d'eg 

Il fit passer quelques jours, il se tint debout devant le roi sur 
oubrid' inna ias nek tsouadhelmer' inna ias ougellid' oui k 
le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Il dit à lui le roi : Qui toi 
idhelmen inna ias nek zerir' d'eg idh sid na 

ayant lésé? Il dit à lui : Moi j'ai vu pendant la nuit Notre-Seigneur 
Aissa emmi s Emmeriama fell as eçralat ou esselam inna 
Jésus, le fils d'elle de Marie, sur lui la prière et le salut, il a dit 
ii our thetsemetsathedh ara r'as d'oug aman nek thoura 
à moi : Tu ne mourras pas, si ce n'est dans l'eau. Moi maintenant 
ah'ad'adjer' âcherin en trialin enni d igeran soug azal n ellekefeti 
j'ai besoin des vingt de réaux lesquels restant du prix du linceul 
iou segm,i ma r'a emmether' our th tsah'ad'idjir' ara 

de moi, puisque quand je mourrai je n'aurai pas besoin de lui. 
idhesa ougellid' si lah'arach as iouk'k'em as ennafak'a 
Rit le roi de la ruse de lui, il fit à lui une pension. 

(1) Ara est un nom qui veut dire r/iose ; ici, il conserve sa valeur 
de substautif, puisqu'il met au génitif le nom qui le suit. 

23 



— 354 — 
II 

TRADUCTION EN KABYLE DES ILLOULEN 

Thah'akaitli s ethk'ebailiUi g ILloiilen Oasamnier 
Histoire en kabyle des Uloulen Ousammer 

Ek'k'aren r'ef iioiin ourgaz d' amekheloul ikchem r'er iiouth 

On raconte sur un homme imbécile, il entra clans une 

thcmd'int izera ikteb r'ef thagnourth in es ial 

ville, il vit il a (été) écrit sur la porte d'elle : « Tout 

ar'erib ara immethen d'eg themd'int agi a th ikefen ougellid' 

» étranger devant mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi, 

ad' iefk azal elkefen is themaniin en trialin 
» il donnera prix du linceul de lui, quatre-vingts de réaux. » 
argaz- agi our isài ouara g id'rimen iougar oiuVai 
Cet homme ne possédait pas d'argent, il surpassait un juif 
d'oug ass n essebth iioun ou ass imelal d' ougellid' 

dans le jour du samedi. Un jour il se rencontra avec le roi 
d'eg oubrid' ibded' r'er s ibda ar 

sur le chemin, il se tint debout vers lui, il commença à lui 
as ik'k'ar nek tsouadheliner' inna i as 

il dira (à dire) à plusieurs reprises : Moi j'ai été lésé. Dit à lui 
ougellid' oui k idhelmen inna ias nek zerir' ikteb 

le roi : Qui loi ayant lésé".' Il dit à lui : Moi j'ai vu il a (été) écrit 
r'ef thaggourth en themd'int ial ar'erib ara immelhen d'eg 
sur la porte de la ville : Tout étranger devant mourir dans 
s a th ikefen ougellid' ad' iefk themaniin en trialin 
elle, ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts de réaux, 
azal ellekefen is nekkini ah'ad'adjer' thoura settsin 
prix du linceul de lui. Moi j'ai besoin maintenant de soixante 
en trialin ad' ii thent tefkeV ass d'eg 

de réaux, à moi eux tu donneras ; le jour dans (lequel) 
ara emmether' ad' ii thefket' ala âcherin enni 

je mourrai, à moi tu donneras seulement les vingt lesquels 
d ik'k'imen idhesa ougellid' soug aoual is inna iasen 

restant. Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : 

efketh as settsin en trialin iour' ithent irouh' 
Donnez à lui soixante de réaux. Il prit eux, il partit. 



— b£>0 — 

isâdda hera q oussan ibded' ezzath oufieUid* 

Il fit passer quelques jours, il se tint debout devant le roi, 
d'eg oubrid' inna ias nek tsouadhelmer' inna ias oufiellid' 
sur le chemin. Il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : 
oui k idhelmen inna ias nek zerir' d'eg idh 

Qui toi ayant lésé "? Il dit à lui : .Moi j'ai vu pendant la nuit 
sid na Aissa emmi s Emnteriama fell as eççalat 

rfotre-Seigneur Jésus, le fils d'elle de Marie, sur lui la prière 
ou esselam inna il our thetsemetsathet' ou ara t'as 

et le salut^ il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est 
d' amer'erouk' nek Vwura ah'ad'adjer' àcherin en trialin enni 
noyé. Moi maintenant j'ai besoin des vingt de réaux lesquels 

ik'k'imen d'oug azal n eilekefen ion imi mara emmether' 

restant du prix du linceul de moi, puisque quand je mourrai 
our th tsah'ad'idjir' ou ara idhesa ougellid' seg thih'arch is 
je n'aurai pas besoin de lui. Rit le roi de la ruse de lui, 
isker as ennafak'a 
il fit à lui une pension. 

TRADUCTION EN KABYLE DES BENI MENACER 

Thah' akailh es thak'ebailith n alh Menacer 
Histoire en Ivabyle des Béni Menacer 

Tsemeslaien ef iiedj ouriaz d' afer'oul ioud'ef r'er iiechth 

On raconte sur un homme imbécile, il entra dans une 

en temdint izerou thira ef thouourth is koull ar'erib 

de ville, il vit un écrit sur la porte d'elle : « Tout étranger 

ouin ala immethen d'i themdint ou a th ikefen oujellid' 

» lequel devant mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi, 

a issir' themaniin derhem fell kefen is 

» il donnera quatre-vingts dirhems pour le linceul de lui. b 
ittouf ariaz ou d' amezloudh akther seg oud'ai ass en 
Était cet homme pauvre plus que un juif le jour du 

essebth imlak'a aked' oujellid' d'eg iiedj oubrid' ibed 

samedi. Il se rencontra avec le roi sur un chemin, il se tint debout 
akid' es ioulla itsemeslai nelch tsouadhelmer' 

avec lui, il revint il dit à plusieurs reprises : Moi j'ai été lésé. 



- 356 — 

inna as oujellid' man ach idhelmen inna as netch zerir' 
Dit à lui le roi : Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui: Moi j'ai vu 
thira ef thouourtfi en themdint koull ar'erib ouin ala 
un écrit sur la porte de la ville : Tout étranger lequel devant 
immethen d'i themdint ou ath ikefen oujellid' a issir' 
mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi, il donnera 
themaniin dirliem fell kefen is netch ak'ouadjer' 

quatre-vingts dirhems pour le linceul de lui. Moi j'ai besoin 
imar ou settsin derhem ad' ii hen 

temps celui-ci (maintenant) soixante dirhems, à moi eux 
tessired ass en ala emmether' ad' ii thessir'ed 

tu donneras, le jour que je mourrai, à moi tu donneras 
r'ir (1) àcherin ik'k'imen idherou ajellid' ef ouaoual is 

si ce n'est les vingt restant. Rit le roi sur la parole de lui, 
inna asen sir'eth as settsin derhem iour'a hcnt 

il dit à eux : Donnez à lui soixante dirhems. 11 prit eux 
ariaz enni irouW 
cet homme, il partit. 
ik'k'im oussan ibed ezzath oujellid' d'eg 

Il resta (quelques) jours, il se tint debout devant le roi sur 
oubrid' inna as netch tsonadhelmer' inna as oujellid' 
le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : 
man ach idhelmen inna as netch zerir' idh emiadh 
(Jui toi ayant lésé ? Il dit à lui : Moi jai vu hier 

sid na Aissa ebnou Meriama fell as eççalat ou esselam 

Notre-Seigneur Jésus, fils de Marie, sur lui la ju-ière et le salut, 
inna ii ouh teteniettid' r'ir d'i elbah'ar netch 

il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est dans la mer. Moi 
imar ou ah'aouadjer' àcherin derhem ik'k'imen si el hak' 
maintenant j'ai besoin des vingt dirhems restant du prix 
n elkefen iou àla khat'er ma la emmether' ouh eth 
du linceul de moi, parce que quand je mourrai, je n'aurai 
ah'aouadjer' ach 
pas besoin de lui. 
idheçou ajellid' ef h'ailet is ira s ennefek'th 

Rit le roi sur la ruse de lui, il fit à lui une pension. 



(l) R'ir est ici la particule arabe j-*fi, si ce n'est. Il ne faut pas la 
confondre avec le berber r'er ou r'our. 



— 357 — 
IV 

TRADUCTION EN TAGAOUBANT, OU DIALECTE DES BENI MZAB 

Tanfousi O s tagâoubant 
Histoire en tagâoubant 

Elji'k'aren r'ef iggen ourdjaz d'abeddiou ioutef ioci^t 

On raconte sur un homme imbécile il entra dans une 
temdint (2), irgeb itouari r'ef touourt es koull av'erib 

ville, il vit il a été écrit sur la porte d'elle : « Tout étranger 

ar'a nemmet temdint ou a t ikefen onjellid 

» devant mourir (dans) cette ville, ensevelira lui le roi, 

ad' iouch tamet temeroiiin en tiniellalin (^) elh'ak' 

» il donnera huit dizaines de (pièces) blanches le prix 

M elkefen ('») es 
» du linceul de lui. » 

itour' ourdjaz ou irrez ioujer ouda'i (3) 

Était cet homme il était cassé (pauvre) il surpasse un juif 
ass n essebat imelaga mû oujellid abrid 

le jour du samedi. Il se rencontra avec le roi (sur) le chemin, 
ibedd ma s inna ias nech touadhelmer' inna ias 

il se tint debout avec lui, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui 
oujellid oua eh idtielinen inna ias nech ergeber' itouari 
le roi : Qui toi ayant lésé? Il dit à lui: Moi j'ai vu il a été écrit 
r'ef touourt en temdint koull ar'erib ar'a nemmet 
sur la porte de la ville : Tout étranger devant mourir (dans) 
temdint ou a t ikefen oujellid ad' iouch tamet temerouin en 
ville cette, ensevelira lui le roi, il donnera huit dizaines de 
tiniellalin elh'ak' n elkefen, es nechchi ellir' esth'ak'k'er' 
blanches, prix du linceul de lui. Moi je suis j'ai besoin 

(1) Le mot tainfoust signifie une fable, chez les Touareg. 

(2) Les Béni Mzab disent aussi ar'eroni, comme les Touareg. 

(3) Tamellalt (littéralement : une blanche, ou une pièce blanche) est 
le nom du rial boudjou, qui vaut 1 fr. 80. I^es Béni Mzab disent aussi : 
tamellalt s oudem es, la blanche avec sa figure. 

(4) On se sert aussi, pour désigner un linceul, du mot ariradh, qui 
signifie étoffe, en général. 

(5) Chez les Béni Mzab, on appelle aussi un juif abjouki, pi. ibjak. 



— 358 — 

imnv ou se>;s(;t teinerouin en timellalin 'i ii lent 

temps cclui-ei (iiiainlcnanl) six dizaines de blanches, à moi elles 
(oKched melmi emxiouter' a ii tourhed r'é 

lu donneras ; quand je serai mort, à moi tu donneras si ce n'est 
senet temerouin id eh'k'imenet 
les deux dizaines lesquelles restent. 
idhee oujellid s ouioual es inna iasen ouchl as 

Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui 
sesset temerouin iouri tent ourdjaz izoua 
six dizaines. Prit elles rhomme, il partit. 

mennaou oussan ibedd dessat oujellid 

Combien de (quelques) jours, il se tint debout devant le roi 
ar'lad inna ias nech touadhelmer' inna ias oujellid 
(dans) la rue, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : 
oua ch idhelmen inna ias nech enieber' dedj idh 

Qui toi ayant lésé ? 11 dit à lui : Moi j'ai vu dans la nuit 
sid na Àissa ebnou Meriania àliih eçralat ou esselam 

Notre-Seigneur Jésus, fils de xMarie, sur lui la prière et le salut. 
inna ii oui tetemettited r'é aman 

11 a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est (dans) les eaux 
izizaoun nech imar ou ekhser' senet temerouin 

bleues (la mer). Moi maintenant j'ai besoin des deux dizaines 
id ek'k'imenet si elh'ak' n elkejen iou âlakhat'er melmi 
lesquelles restent du prix du linceul de moi, parce que lorsque 
emmouter' oui t iesth'ak'k'ir' 
je serai mort je n'en aurai pas besoin. 
idher (») oujellid s tih'ili es idja s ennefk'et 
Rit le roi de la ruse de lui, il lit à lui une pension. 

TRADUCTION EN TAMACHER't (dIALECTE DES TOUAREG) 

Adaouenni s Tamacliei'l 
Histoire en Tamaclier'l 

Talesen f oull aies iien anbiddel ignech ar'erem tien inha 
On raconte sur un homme imbécile, il entra dans ville une, il vit 

(1) On dit aussi ieççou, pour idhrou. 



— 359 - 

itouari dci' lafanif ennit ak (unedroui oua r'a 

il a été écrit sur la porte d'ollo : « Tout étranger lequel devant 

nemmet (U der' ar'evem ouader' a t ichcheck amenoukal 

» mourir dans ville celle-ci, ensevelira lui le roi, 

adielif atlamet temerouin en timetout têfirt n echchach i^) enyiit 
» il donnera huit dizaines de monnaie, prix du linceul de lui. » 
kelad illa nies dider' (nnctlaki iouger oudai achel oua 
Était cet homme pauvre, il surpasse un juif le jour celui 
n essebat imhai d amenoukal der iien abarekka ibded 

du samedi. Il se rencontra avec le roi sur un chemin, il se tint debout 
as ifouled tinaout mkkou tonadhelmer' inna ias 

à lui, il commença raction de dire : Moi j'ai été lésé. Dit à lui 
amenoukal ma k idhelmen inna as nekkou enhiv' 
le roi: Qui toi ayant lésé? Il dit à lui : Moi j'ai vu 

itouari der' tafanit n ar'erem ak amedroul oua ra 
il a été écrit sur la porte de la ville : Tout étranger lequel devant 
nemmet der' ar'erem ouader' a t ichchech anvenoukal ad iekf 
mourir dans ville celle-ci, ensevelira lui le roi, il donnera 
ettamet temerouin en timetout têfirt n echchach ennit ed nekkou 
huit dizaines de monnaie prix du linceul de lui; et moi 
er'haler' dimarder' sediset temerouin en timetout 
j'ai besoin maintenant (de) six dizaines de monnaie. 
a i tenet tekfed as emmeter' a i tekfed 

A moi elles tu donneras; lorsque je mourrai, à moi tu donneras 
selir senatet temerouin ti tigoulezenin 
si ce n'est les deux dizaines lesquelles restantes. 
idhes amenoukal s aoual ennit inna asen ekfet as 
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui 
sediset temerouin en timetout iour'a tenet aies igla 
six dizaines de monnaie. Prit elles l'homme, il partit. 

deffer ihadhan ouiedh ibded dat amenoukal der' 

Après nuits quelques, il se tint debout devant le roi dans 
tarrait inna as nekkou touadhelmer' inna as amenoukal 
la rue, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : 

ma ka idhelmen inna nekkou enhir' s ehadh 

Qui toi ayant lésé? Il dit: Moi, j'ai vu dans la nuit 



(1) En tamarher't, comme en tafjdoubant, la particule r'a attire l'N 
fiaal du participe, ce qui n'a pas lieu en kabyle. 

(2) En arabe, le mot echchach, ^Jil^J\, signifie mousseline, étoffe fine. 



— 360 — ' 

mess iner' R'eisa arj Fmeriama foxtU as erralat ou esselam 
Notre-Seigneur Jésus, fils de Marie, sur lui la prière et le salut. 
inna i oiir tetmettid seîir s tir'ebi (0 

Il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est pas l'action de se noyer 
dei' êuériou ed nekliou dimarder erhaler' senatet temerouin en 
dans la mer, et moi maintenant j'ai besoin (des) deux dizaines de 
timctout ti tigoulezniin der tèfwt n echchach i aoua foiill 
monnaie lesquelles restantes du prix du linceul de moi, ce que pour 

as emmoutrr' dimarder' our t ter'hiler' 
(puisque) lorsque je mourrai maintenant je n'aurai pas besoin de lui. 
idiies amenoukal foull tikourrast ennit if/a as takouti 

Rit le roi sur la ruse de lui, il lit à lui une aumône 

s aouetai 
à l'année. 

VI 

TRA DICTION EN TEMAZIR'T DU RIF MAROCAIN 

TlianfousLh s Eihniazir'lh n Ilc'erâiia 
Histoire en Temuzii-'l des Guelàia 

Ek'k'arenkk iidjen Quriaz d'aminoan ioud'ef g iechi thendint 

On raconte sur un homme imbécile, il entra dans une ville, 
izera Uiirn ouran teth d'i Ihouourlh exi nés h'aa ('-' 

il vit un écrit on avait écrit lui sur la porte d'elle: «Tout 

el berrani ouin r'a immethen d'i thendint a ad' as 
» étranger lequel devant mourir dans ville cette, à lui 

iefj richfen i^) oujeddid' ad'as iourk themaniin ouk'ia CO 
» fera un linceul le roi, à lui il donnera quatre-vingts onces, 

/(.'a/c' en dechfen ennes 
» prix du linceul de lui. » 



(1) Tir'ebi est le nom d'action du verbe cr'cb, équivalante l'arabe ^-c. 

(2) K'aâ est le mot cXi des Arabes. 

(3) Ric/iJ't'n, altération de l'arabe ^.^»^\ • Le son du J arabe est 
remplacé par celui du , , et celui du ^ jiaf ^. Oa trouvera plus loin 
le J changé par euphonie en > dans le même mot, après la préposi- 
tion N du génitif : h'ak' en dedifen. En général, dans ce dialecte, l'L 
permute souvent avec D et R ; ainsi, le mot kabyle ainellal, blanc, est 
prononcé ameddar par les Guelâia. 

(4) Ouk'ia (en arabe), once, monnaie d'argent marocaine valant 
environ fr. 30. Le nom des objets énumérés est mis ici au singulier, 
comme en arabe. 



— 361 — 

idda 0) ouria: a our r'er es cUa aUer ziq 

Était homme cet non chez lui chose, plus que 

oiuVni nhar essebtk irh'a ajeddid' cj iidjen oubrid' (-) 

un juif le jour du samedi. Il rencontra le roi dans un chemin, 
ibedd r'ar s ibd'a ik'k'ar 

il se tint debout vers lui, il commença il dit à plusieurs reprises 
as netch medhloutn inna as oujeddid' oui ch idheltnen 
à lui : Moi lésé. Dit à lui le roi : qui toi ayant lésé ? 

inna as netch zerir' thira ouran telh d'i thouourth en 
11 dit à lui : Moi j'ai vu un écrit on a écrit lui sur la porte de 
thendint k'aà el bervani oiiin r'a immethen d'i thendint a 
la ville : Tout étranger lequel devant mourir dans cette ville, 
ad' as ifig richfen oujeddid' ad as iouch themaniin 
à lui fera un linceul le roi, à lui il donnera quatre-vingts 
ouk'ia h'ak' en dechfen ennes netck ehhser' rekhtk ("^ 
onces, prix du linceul de lui. Moi j'ai besoin temps 
ou settin ouk'ia ad' ai thent touched nliav 

celui-ci de soixante onces, à moi elles tu donneras ; le jour 
r'a einmether' ad' ai Ikouched v'ir àcherin ik'k'imen 
je mourrai à moi tu donneras, si ce n'est les vingt restant. 
idheh'acli oujeddid' zi d'ejemah'th ('*) ennes inna asen oucheth 
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez 

as settin ouk'ia ichsi thent ouriaz irouli' 
à lui soixante onces. Prit elles l'homme, il partit. 
cha (3) n oussan ibedd ezzathi oujeddid' d'eij 

Chose de jours, il se tint debout devant le roi, sur 
oubria' inna s netch medhloum inna s oujeddid' 

le chemin, il dit à lui : Moi lésé. Dit à lui le roi : 

oui ch idhelmen inna s netch zerir' idh ennadh («) 
Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui : Moi j'ai vu hier 

(1) Idda, pour illa. Le son du D, dans ce mot, se rapproche de DJ. 

(2) Le B, dans ce mot, se prononce presque comme un V. 

(3) Rekhth, J:,^. , est, je pense, l'altération de l'arabe <:i^h^\ . 

(4| D't'j email tlï, pour thejemah'th, le TH initial du féminin ayant été 
chang-é en D', par euphonie, après le son du Z. Ce mot est, sans doute, 
l'altération de à.^^ qui, en arabe usuel, signifie conversation, parole. 

(5) Cha est l'arabe ^_yii chose, altéré. Les Zouaoua diraient : kera 
b oussan. 

(6) Dans d'autres pays, idh ennadh signifie avant-hier. 



— 362 — 

sul na Mssa inemnii s Einmeriama ôHih erçnlat 
Notre-Seigneur Jésus, le fils d'elle de Marie, sur lui la prière 
ou esselam inna i our tetemettid r'ir mer'erouk 

et le salut, il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est noyé. 
netck rchhth ou ah'ad'adjer' àcherin ouk'ia id ai ik'k'imen 

Moi maintenant j'ai besoin (des) vingt onces ici à moi restant 
zi elh'ak' en dechfen in ou elonok'tk r'a emmether 
du prix du linceul de moi, l'époque je mourrai 

nur t tali'ad'idjlr' cha 

je n'aurai pas besoin de lui. 

idiu'h'ack oujeddid' zi thaharamith en nés i(ja s ennafak'a 
Rit le roi de la ruse de lui, ilfit à lui une pension. 

VII 

TRADUCTION EN TAMAZIR't UE LA PROVINCE MAROCAINE 
DE SOUS (cHELHA) 

Talek'k'ist s tema^lr't en Taroudant 
Histoire en lemazH''t de Taroudant 

Talesen r' iian ourgaz amCuVour ikchem s iiat 

On raconte sur un homme imbécile il entra dans une 

temazirt (i) izera tirra r' imi (-) in es ar'erib 

ville, il vit un écrit sur la porte (bouche) d'elle : « L'étranger 

elU immouten r' etmazirt a a t ikefen ougeltid' 

» lequel étant mort dans ville cette, ensevelira lui le roi, 

a iefk tentaniin en tonouk'it leh'ak' ellekefen n es 

» il donnera quatre-vingts d' once, prix du linceul de lui. » 
erfiaz ad our d'ar s iiat iouger 

Homme cet non chez lui une (seule chose), il surpasse 
oud'ai ass n esseblk immaggar d' ougellid' r' 

un juif le jour du samedi. Il se rencontra avec le roi sur 
ouf aras ibedd as inna i as nekki tedhelmer' 

le chemin, il se tint debout à lui ; il dit à lui : Moi j'ai été lésé. 

(1) Dans la Kabylie du Jurjura, thomazirt, pi. t/iimezar, signifie un 
terrain cultivé attenant aux habitations. 

(2) Imi signifie propi-ement : la bouche, l'ouverture de la porte. 



— 363 — 

inr)n i as oiigellid' tua k idiielmen inna i as nekhi zrrir' 
Dit à lui le roi: Qui toi ayant lésé? Il dit à lui: Moi j'ai vu 
titra t' htii ru tPtttazirt af'erïb elli ittniwtitcn 

un écrit sur la porte de la ville : L'étranger lequel étant mort 
fl is a t ikefett, ouijeUi(V a iefic tritxatiiin 

dans elle, ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts 
ni tououk'it lek'ak ellekeft'n n es nekki r'ikka esVhak'k'cf' 

d' once prix du linceul de lui. Moi maintenant j'ai besoin de 
suttin en tououk'it ad' ii tent tefket it' eitutioutPf' 

soixante d' once, à moi elles tu donneras ; lorsque je serai mort. 
our i tefkit l'ir Acheriti en tououk'it 

tu ne donneras pas pour moi si ce n'est les vingt d' once, 
elli ibek'an 

lesquelles restant. 
idhesa ouqellid' r' ouaoual enties inna iasen efkat as 

Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui 
settin en tououk'it iouf'i tent ourgaz iftou 
soixante d' once. Prit elles l'homme, il partit. 

ikka ar iian ouass ibedd essat ougeUid' 

Il resta jusqu'à un jour, il se tint debout devant le roi 

r' our'aras i7ina i as tiekki tedhelttief' inna i as ougellid' 
sur le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : 
ma k idheltnen intta i as nekki zefir' idiiegain aougeii'atti (') 
Qui toi ayant lésé? Il dit à lui : Moi j'ai vu hier le saint 

sid na Aissa iou s Etnnietietti fell as eçralat ou 

Seigneur notre Jésus fils d'elle de Marie, sur lui la prière et 
esselam inna ii our ra tenttnetet r'ir r' ouaman 
le salut, il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est dans l'eau. 
nekki r'ikka esth'ak'k'er' àcherin en tououk'it elli ibek'an 

Moi maintenant j'ai besoin des vingt d'once lesquelles restant 
r' elh'ak' ellekefen inou ir' etntnouter' r'ikka 

sur le prix du linceul de moi, lorsque je serai mort maintenant 
our t testh'ak'k'ir' 

je n'aurai pas besoin de lui. 
idhesa ougellid' s tikerkas (2) ennes isker as ennafak'a 
Rit le roi des ruses de lui, il fit à lui une pension. 

(1) Aougerram s'applique à tous les saints ou marabouts. 

(2) Les Zouaoua connaissent encore le mot tikerkas, mais ils ne 
l'emploient plus. C'est une expression qui a vieilli et est remplacée 
par l'arabe. 



— 864 — 
VIII 

TRADUCTION EN DIALECTE DE OUARGLA 

Tan/oust s tagouarjeleni d) 
Histoire en tagouarjelent 

Tale.sen fi iggen oiirdjaz d amahboul ioutef HJH^n 

On raconte sur un homme imbécile il entra (dans) une 
oumezdar' (-) izerou itouari ennef touourt as 

ville, il vit il a été écrit au-dessus de la porte d'elle : 

koull ar'fiib ar'a tiemmet amezdar' ou at ihefen 

« Tout étranger devant mourir (dans) ville cette, ensevelira lui 

ajellid (3) ad iouch themaniin tirialin elh'ak' en kefen 

» le roi, il donnera quatre-vingts réaux. le prix du linceul 

es 
» de lui. » 

itou)' ardjaz enni irrez ionjer oitdai 

Était homme cet il est cassé (pauvre), il surpasse un juif 
ass en sebbat ituelak'a enta d oujellid abrid 

le jour du samedi. Il se rencontra lui et le roi (sur) le chemin. 
ibedd i is inna ias 7iech toundhelmer' inna ias 

Il se tint debout à lui, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui 
ajellid oua ch idhelmen inna ias nech zerir' itouari 

le roi : Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui: Moi j'ai vu il a été écrit 
ennef touourt oumezdar' koull ar'erib ar'a nemniet 

au-dessus de la porte de la ville : Tout étranger devant mourir 
a)nezdar' ou a t ikefen oujellid ad iouch themaniin 
(dans) ville celte, ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts 
tirialin elh'ak' en kefen es nech esth'ak'k'ar' imar ou 
réaux prix du linceul de lui. Moi j'ai besoin maintenant 

(1) La ville de Ouargla se nomme, en berber, Ouarjelon, et un habi- 
tant de Ouargla ag ouarjelon, fils d'Ouarjelen, au féminin tag ouar- 
jelent. 

(2) Chez les Touareg, anie^sar' signifie un-e réunion de tentes, un douar. 

(3) Dans ce dialecte, comme en tagâoubant, dont il se rapproche 
beaucoup, le son a initial des noms masculins parait persister ou se 
changer en ou, indifféremment, dans les circonstances dont nous avons 
parlé p. 36. 



— 365 — 

settin tirialin a ii tent toucUed mi emmouter' 

de soixante réaux, à moi eux tu donneras ; lorsque je mourrai, 
a ii touched r'ir âcherin enni d ek'k'iment 

à moi tu donneras si ce n'est les vingt lesquels ici restent. 
ieççou oujellid s ouioual es inna iasen oucht as 

Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui 
settin tirialin iour'i tent ourdjaz izoua 
soixante réaux. Prit eux l'homme, il partit. 
mennaou oussan ibedd dessat oujellid ar'lad 

Combien de jours il se tint debout devant le roi (dans) la rue, 
inna ias neck touadlielmer' inna ias oujellid oua ch idhelmen 
il dit à lui: Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : Qui toi ayant lésé? 
inna ias nech zerir' ass ennadh deg idh sid na 

Il dit à lui : Moi j'ai vu hier pendant la nuit Notre-Seigneur 
Aissa ebnou Merieni àliik erralat ou esselam inna ii 

Jésus, fils de Marie, sur lui la prière et le salut, il a dit à moi : 
oui tetmetlid r'ir ammas ouaman nech 

Tu ne mourras pas si ce n'est (au) milieu des eaux. Moi 
iniar ou esth'ah'k'er' dcherin en tirialin enni d ek'k'iment 
maintenant j'ai besoin des vingt de réaux qui ici restent 
s elh'ak' n elkefen non àlakhat'er nii emmouter' imar ou 
du prix du linceul de moi, parce que lorsque je mourrai maintenant 
oui t testh'ak'k'ir' 
je n'en aurai pas besoin. 
ieççou oujellid s elh'ilt es idja s ennefak'et 
Hit le roi de la ruse de lui, il fit à lui une pension. 

IX 

TRADUCTION EN GHAOUIA DE l'AURÈS 

Elk'eçetJt ''> s elhdiaouith n aith Warkalh el Mâd'er (-< 
Histoire en cliaouia des Haracta el Màder 

Tàouaden fi iiecht en ourgaz d' abahloul ioud'ef r'er thiiecht 
On raconte sur un d'homme imbécile, il entra dans une 

(1) El k'eçetfi est l'arabe à.^^. 

(2) Les Haracta el Mâder habitent la plaine, au nord de Batna, 
mais leur langage estle même que celui des montagnards de l'Aurès. 



- 36Ô - 

en t'iemdint izera el keteba fell bab ennes ar'erib 

de ville, il vit un écrit sur la porte d'elle : « L'étranger 
ahad' immethen d'i theindint aia a th ikefi'n 

» devant mourir dans ville celle-ci, ensevelira lui 

essolt'an ad'iouch themaniin id'erhemen elli'ak' dlehefen 
» le roi, il donnera quatre-vingts dirhems, prix du linceul 

enyies 

» de lui. » 

illa ouffiaz aia i fêles akther n ououd'al ass en 

Était homme cet il est pauvre plus qu'un juif le jour du 

essebth iiecht en ou ass ithlak'a net ta d' essolt'an i) 

samedi. Un de jour il se rencontra lui et le roi sur 

oubrid' ibedd i-'cr s ibd'a ik'k'ar 

le chemin, il se tint debout vers lui, il commença il dit à plusieurs 

as netch touadhebner' inna as essolt'an menho 

reprises à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : Qui 

iclik idhelmen inna as netch zerir' elketeba fell bab 

loi ayant lésé ? II dit à lui : Moi j'ai vu un écrit sur la porte 

en themdint ar'erib ahad' immethen d'i themdint aia 

de la ville : L'étranger devant mourir dans ville cette, 

a tk ikefen essolt'an ad' iouch themaniin id'erhemen elk'ak' 

ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts dirhems, prix 

ellekefen e^ines netchi imir a esth'ak'k'er' 

du linceul de lui. Moi temps celui-ci (maintenant) j'ai besoin 

settin id'erhemen ad' ii then toached' ass ani 

de soixante dirhems, à moi eux tu donneras ; le jour lequel 

ahad' emmether' ad' ii thouched' r'ir âeherin 

je mourrai, à moi tu donneras si ce n'est les vingt 

ik'k'imen 

restant. 

idheça essolt'an zouf) ouaoual ennes inna asen oucht 

Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez 

as settin id'erhemen iour'i then ourgaz irouli' 

à lui soixante dirhems. Prit eux l'homme, il partit. 

isâdda kera n. oussan ibedd zath essolt'an 

11 fit passer chose de jour, il se tint debout devant le roi 

d'eç] oubrid' inna as netch touadhebner' inna as essolt'an 

sur le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : 

menho irhk idhelmen inna as netchi zcrir' d'eg idh 

Qui foi ayant lésé? Il dit à lui ; Moi j'ai vu pendant la nuit 



- 367 — 

sid na Aissa emmi s Emmeriem fell as eççalat 

Notre-Seigneur Jésus, fils d'elle de Marie, sur lui la prière 
oit esselam inna ii our tetmetlid' r'ir 

et le salut, il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est 
d' amer'erouk' netchi imira ak'aouadjer' âcherin id'erhemen 
noyé. Moi maintenant j'ai besoin les vingt dirhems 

ik'li'inien si el h'ak' elkefen in ou ma akad' emmether' our th 
restant du prix du linceul de moi, lorsque je mourrai, je n'aurai 
testh'ak'k'ir' ach 
pas besoin de lui. 

idlieça essolt'an si dh'ilt en nés iga as ennafak'th 
Rit le roi de la ruse de lui, il lit à lui une pension. 



NOTICE 



SUR QUELQUES INSCRIPTIONS 

EN CARACTÈRES DITS TIFINAR' ET EN LANGUE TAMACHER'T 
( Dialecte des Imoucbar' ou Touareg ) 



La langue tamacher't <*J, parlée par les Imoiichar', 
connus plus généralement sous le nom de Touareg que 
leur donnent les Arabes, est, de tous les dialectes berbers 
du Nord de l'Afrique, le seul qui ait conservé un système 
d'écriture à lui propre et des caractères destinés à repré- 
senter ses sons. 

Ces caractères se nomment, en tamacher't, lefanefl au 
singulier et tifinar' au pluriel. Ils affectent, en général, 

(1) Le mot tamacher't est le féminin d'amacher', qui désigne un 
individu de la nation appelée par les Arabes Touareg. Il signifie donc 
une femme de la même nation. On s'en sert aussi pour indiquer la 
langue en usage, comme, en arabe, du mot drbia, qui veut dire, à la 
fois, une femme arabe et la langue arabe. 

Par une loi d'euphonie générale dans cette langue, lorsqu'à la tin 
d'un mot le R' est suivi de T, il en résulte le son du K'. On devra 
donc prononcer tamacher't, comme si l'on écrivait tamachek' . La 
même observation s'applique au mot tefaner't. 

La communauté d'origine de la langue tamacher't avec le kabyle et 
les autres dialectes berbers ne peut plus faire, pour moi, l'objet d'un 
doute. J'ai trouvé, en l'étudiant, la confirmation de toutes les règles 
principales que j'ai données dans mon Essai do Grammaire kabyle. 
Les différences qu'on remarque dans les vocabulaires s'expliquent très 
naturellement par cette circonstance que les Imouchar', préservés du 

24 



— 370 — 

des formes d'une régularité géométrique qui les distinguent 
des caractères arabes ou hébraïques, et se rapprochent 
davantage du système de nos lettres majuscules. 

Le voyageur anglais Oudney, en 1822, et plus tard, 
en 1845, M. le lieutenant-colonel d'artillerie Boissonnet, 
alors directeur des Afïaires arabes de la province de 
Constantinc, appelèrent les premiers l'attention sur ces 
caractères. 

M. Boissonnet publia un alphabet de ces caractères, 
que M. de Saulcy compara à ceux de l'inscription de 
Thougga, dans les numéros de la Revue archéologique du 
15 novembre 1845 et du Journal asiatique an Tl mai 1847. 

Plus tard, cet alphabet a été rectifié et augmenté, 
et maintenant nous en connaissons, je pense, à peu près 
toutes les lettres, sinon toutes les formes de chacune 
d'elles. Il resterait à savoir s'il existe une écriture cur- 
sive qui modifie ces formes. Mais, jusqu'à présent, les 
renseignements 'recueillis n'en font aucune mention et 
ne signalent que les caractères de l'alphabet que nous 
possédons. 

contact des Arabes, ne leur ont emprunté qu'un très petit nombre 
d'expressions, tandis que près du tiers des mots employés par les 
Kabyles sont arabes. Du reste, presque toutes les expressions vérita- 
blement kabyles se retrouvent, en tamacher't, avec la même signiti- 
cation. 

Quant au nom de Touareg, donné par les Arabes aux Imouchar', 
c'est peut-être, d'après M. Bresnier, une application du mot arabe 
k^.Uï, t'areg, au pluriel t'ouareg, et signifiant les voleurs de nuit. 
Cette expression est inusitée cbez les peuples auxquels elle est 
adressée, et plus d'un Amacher' se trouverait sans doute blessé de ce 
nom. 

Les Imouchar' étant désignés ordinairement, d'une manière collec- 
tive, sous le nom de Touareg, il n'est pas étonnant que le nom d'indi- 
vidualité, usité seulement en quelques rares circonstances, soit 
devenu, par analogie, targi, avec le ija ^ redoublé indiquant, chez les 
Avabes, les adjectifs de relation. 



— 371 — 

La ressemblance des tifinar' avec les caractères d'an- 
ciennes inscriptions, trouvées en différentes localités de 
l'Afrique septentrionale , a fait naturellement penser 
que, pour arriver à l'explication de ces inscriptions, on 
devait recourir, sinon exclusivement à la langue des 
Touareg, au moins à l'ensemble des dialectes berbers, 
où Ton peut espérer de retrouver épars les éléments de 
l'ancienne langue, que, pour fixer les idées sans doute, 
on a depuis quelques années appelée libyque. Mais nous 
sommes encore trop peu avancés dans la connaissance de 
ces dialectes pour qu'on puisse se promettre des résultats 
immédiats ; et, avant d'appliquer directement les tifinar' 
à l'interprétation des monuments épigraphiques que nous 
a légués l'antiquité, il semble rationnel de rechercher 
leur valeur exacte et le mode de leur emploi dans la 
langue oii ils sont encore aujourd'hui en usage. C'est ce 
que j'ai essayé de faire, au moyen de quelques inscriptions 
modernes, en langue tamacher't, dont je donne ici la 
traduction (^'. 

J'ai eu à ma disposition, pour ce travail, trois alpha- 
bets : deux m'ont été communiqués par M. le colonel 
de Neveu, chef du bureau politique des Affaires arabes, 
et le troisième par M. Schousboe, interprète principal 
de l'armée, qui l'a recueilli auprès des chefs touareg 
venus à Alger au commencement de 185G. On verra, 
par le tableau suivant, qu'ils concordent à peu de 
chose près. 



(1) Il ne m'a pas été possible, à mon grand regret, de vérifier l'exac- 
titude de ces traductions avec un Amachcr' instruit. Lorsque les chefs 
touareg sont venus à Alger, je ne m'étais pas encore occupé de leur 
langue, et je n'ai pu leur demander aucun renseignement. Les seuls 
individus qui m'aient fourni des indications sur le tamacher't sont des 
nègres très ignorants, qui savent parler la langue, mais sont complète- 
ment illettrés. 



372 — 



NOMS 

DES LETTRES 

d'après 

M. SCHOUSBOE 


FORMES DES LETTRES 1 


LETTRES 

ARABES 

correspon- 
dantes 


TRANSCRIPTION 

FRANÇAISE 

adoptée 


d'après 

El. HADJ ABD 
EL KADEH 
BEN B (j L' 
BKKER (1) 


d'après 

MOHAMMED 
EL OUZZAM 


d'après 

M. SCHOUSBOE 


a 


• 


• 




\ 


a 


yab 


e 


e 


© 


<—i 


b 


ijet 


+ 


+ 


+ 


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t 


y ah 


• • 


• • 


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c 


h' 


ijedj 


X 


X 


X 


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dj 


yakh 


• • 




• • 

« • 


c 


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yed 


u 


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D 


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ijez redoublé 


n 


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y as 


U 


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c-^ 


ç 


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J' 


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f 


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• « » 


a« • 


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è 


r- 


yaf 




ac 


1—1 


^■ 


f 


yak' 


« •• 


m • • 


« « » 


^ 


i 


yag 


)t 


» 


1 


J 


g 


yak 


. • 


• 


* 
• • 


J 


k 


yes 











lT' 


s 


ycch 


s 


S 


S 


J' 


ch 


tjel 


li 


H 


11 


J 


1 


y a m 


D 


Z> 


n 

«< 


f 


m 


yan 


î 


1 


1 


O 


n 1 


yah (doux) 


' 


=... 


i 


ï 


h 


yaou 


i 


• 


• 
• 


^ 


ou 


» 


7 


6 


î^ 


^ 


î 

1 



Nota. — L'ordre des lettres, dans ce tableau, est tout à fait arbitraire. 
(I) El Hadj Abd el Kader ben Bou Bekek est le même qui fournit à M. Boissonnei 
les premiers renseignements sur les tiOnar'. 



— 373 — 

M. Schousboe a, de plus, constaté que plusieurs lettres 
pouvaient se lier avec le yct -f , t ; il en résulte le§ 
combinaisons suivantes : 



NOMS 


FORMES 


VALEUR 




TRANSCRIPTION 


i/ent 


t 


Réunion du ) et du 


"h 


nt 


yrt 


e 


^ du Oet du 


+ 


rt 


yost 


■40 


— du et du 


+ 


st 


yelt 


w 


— du j 1 et du 


+ 


It 


yebt 


-»o 


— du ©et du 


f 


bt j 


yec/it 


-% 


— du S et du 


+ 


dit 



Cet alphabet ne renferme que des articulations ou 
consonnes. J'ignore si, dans le système graphique des 
Imouchar', il existe, comme en arabe, des signes acces- 
soires pour représenter les voyelles et le redoublement 
des consonnes : je n'en ai pas trouvé trace dans les 
inscriptions que j'ai examinées. Il en résulte une grande 
difficulté de lecture, qui est encore augmentée par l'absence 
de ponctuation et de séparation entre les mots. 

Gomme dans les langues sémitiques, les caractères se 
lisent de droite à gauche. 

Venons maintenant à l'examen des inscriptions. Elles 
ont été, généralement, tracées par des femmes sur des 
objets appartenant à leurs maris ou à leurs amants. 



— 374- — 
P« INSCRIPTION 

(Cette inscription a été faite par la tante maternelle d'Imestan, chef de 
Tahiaout, chez les Haggar. Elle se trouve sur un bouclierappartenant 
à M. le Maréchal Randon. Deux copies en ont été faites : l'une par 
M. Schousboe et l'autre par M. Bresnier. Elle a la forme indiquée 
par cette figure.) 



+ 



• •• 






-h 
X 



u 

X\ '5-9 



n ^ ^ 



ir. ^ c t^ 



Celte inscription se compose de trois parties : la pre- 
mière occupe la ligne Ab ; la seconde, la ligne CD ; et la 
troisième, la ligne FGH. En voici la traduction, avec la 
transcription en arabe et en français : 



- 375 - 
l'"^ Partie (ligne AB) 

i +n-:-f \3B +1+ -â: -ri : 

i takdit dhamen tennal R'eicha nek oiia 

demoi bonne foi caution ayant dit R'eicha moi ceci 

it'ouarmes 
il a été pris. 

En rétablissant la transcription suivant notre système 
d'écriture, on a : 

Oua nek R'eicha tennal dhamen takdit i iCouarmes, 
dont le sens général est : « C'est moi, R'eicha, qui ai dit : 
Je réponds du maître du bouclier, dans ma bonne foi, je 
crois qu'il m'aime (il est épris). » 

2« Partie (ligne CD) 



\13 


4-1 + 


M t=i •: + 




•: + 


Cr^^ 


c^ 


*JUJ>3 jij" 




J o 


dhamen 


tennal 


tckfalet 




k ta 


caution 


ayant dit 


invoquant Dieu 


pour toi celle 




13 3^ : n 


m 


B. 1 




O"^-^" 


i' 


lT' 


^-^ 




tidhidhin der' 


is 


mess 



les femmes parmi de lui du maître 

TRANSCRIPTION 

Tak tekfalet tennal dhamen mess is der' tidhidhin. 
En français : « C'est moi celle qui invoque Dieu pour 



— 376 - 

toi, qui ai dit : Je réponds du maître du bouclier parmi 
les femmes. » 

Les mots oua nck, ceci moi, sont sous-entendus au 
commencement de la phrase. Cette hypothèse est justifiée 
par les autres inscriptions. 

3^ Partie {ligne FGH) 

+â I n 11 i+ Il '33 >^ •:! : 

chel tihouledin innan Agmama nek oua 

aux filles les salutations ayant dit Agmama moi ceci 

\ W 31 

Hamelen 
d'Hamelen. 

TRANSCRIPTION 

Oua nek Agmama innan tihouledin i chet Hamelen, 

C'est-à-dire : « C'est moi, Agmama, qui ai dit : Salut 
aux filles de Hamelen ! » 

Examinons maintenant chacun des mots en particulier : 

1" Partie 

• , oua ou aoua, ceci, ce que, pronom démon- 
stratif. 

••I , nek, moi, pronom personnel isolé de la i""- per- 
sonne. 

* o 1 , R'eicha, nom de femme. C'est le mot arabe 
A'icha ( --^.-^). En général, dans les noms propres em- 



- 377 — 

prunlés à l'arabe, et où se trouve un ùin ( ç, ), les 
Imouchar' changent l'âin en r'àin ( i ) ; ainsi, ils disent 
U'otman^ouY Olhman [J^^^), R'eissa pourima {^^^^), 
R'omar pour Omar (j^). 

^ j 4- , tennat, ayant dit, disant ; participe passé ou 
présent, au singulier féminin, du verbe ini, dire. Ce 
participe est formé de la 3<^ personne singulier féminin 
du prétérit tenna, en ajoutant à la fin le t du féminin ; 
en tamacher't, le participe a les deux genres et les deux 
nombres, tandis quen kabyle il est invariable. C'est 
une des différences les plus essentielles des deux langues. 

I D 3 , dhamen, caution, garant. C'est le mot ^*-^. 
Les Imouchar', étant musulmans, ont forcément emprunté 
aux Arabes beaucoup de termes de loi et de mots expri- 
mant des idées religieuses. 

J -¥ n ''. + , takdit i, bonne foi de moi. On 
dit, par exemple, ennir' ak s takdil, je dis à toi de bonne 
foi. Takdit est le nom verbal de la racine ckdi ; le mot 
amekdi, un homme de bonne foi, est dérivé de la même 
racine, qui n'est pas elle-même usitée. L'i final est le 
pronom affixe de la l^*^ personne. 

E 3 D Z 3 , iCoiiarmes, il a été pris et, au 
figuré, il est épris, 3*^ pers. masc. sing. du prétérit du 
verbe touarmes, être pris, forme passive dérivée de la 
racine ermes prendre. Ce mot devrait, je crois, être écrit 
par un -f au lieu d'un 3- 

2' Partie 

}f) î=^ . ; + • I + , ta k tekfalet, celle pour toi in- 
voquant Dieu, composé de trois mots : [^ ta , celle, 



— 378 - 

pronom démonstratif féminin (au masculin oua) ; 2" ak, 
pour toi, à toi, pronom affixe de la 2*^ pers., régime 
indirect du verbe ; 3° tekfalet, participe présent féminin 
du verbe ekfcl, invoquer Dieu en levant les mains au ciel, 
comme lorsqu'on récite le falha. Ce participe se forme 
en ajoutant un / à la 3*^ pers. sing. fém. du présent 
tekfal. 

Le pronom affixe régime indirect k est placé entre le 
pronom démonstratif et le verbe, suivant la loi générale 
de la syntaxe des affixes régimes des verbes, en tamacher't 
comme en kabyle. 

L'expression taktekfalet pourrait peut-être être regardée 
comme un nom propre de femme ; mais je ne sache pas 
qu'il soit usité chez les Imouchar'. Je ne connais que le 
nom iaklafat qui s'en rapproche. 

+ I + , tciwat, ayant dit, disant. (Voir plus haut.) 

1 D 3 , dhamen, caution. (Id.) 

El G H , mess '^' is, le maître de lui, c'est-à-dire du 
bouclier, mess, maître, féminin messa, pluriel mcssaou. 



(1) Le mot mess correspond au mot sid (j^.*»j) des Arabes, et s'em- 
ploie comme lui. En français, il peut se rendre, suivant les personnes 
qui s'en servent ou auxquelles il s'adresse, par maître, sieur, seigneur. 
Mess i, dans la bouche d'un esclave, se traduira par mon maître ; 
dans celle d'un homme libre, par monsieur ou monseigneur, selon le 
degré de déférence qu'il voudra témoigner à celui à qui il parle. On 
dit, en s'adressant à Dieu, mess i, mon seigneur, mon maître ; ou 
mess iner', notre seigneur, notre maître (comme en arabe ly^x). 

M. le docteur Barth (Trarels and diseoceries in North and central 
Africa. t. I, ch. x, p. 228), trompé sans doute par la similitude de 
consonance du nom du Messie avec les mots mess i employés par les 
Imouchar' en parlant de Dieu, a pris ces mots pour le nom de Dieu 
et a cru y voir un souvenir du christianisme. C'est une erreur, puisque 
mess i s'applique aussi bien à un homme qu'à Dieu, dont le nom, du 



- 370 — 

is, de lui, pronom personnel alTixe de lu 3' personne 
indiquant la possession. 

: n , (1er', parmi, préposition. 

133+ , tidhidhiu, femmes, pluriel arbitrairement 



reste, chez les Imouchar' musulmans, est iallah ; on dit: fjoudair 
iallah, je glorilie Dieu. 

Le mot mess se place devant les noms propres comme marque de 
respect ; ainsi l'on dit : mess Ar/mama, mess Amestan, mess Idrisa, 
mess Ibera, mess Intament, mess Goma, mess Ar'oumbelou, etc., c'est- 
à-dire : monsieur ou monseigneur Agmama, Amestan, Idrisa, Ibera, 
Intament, Goma, Ar'oumbelou, etc. 

Ne peut-on pas voir, dans ce mot mess, la syllabe initiale de tous 
les noms propres de l'antiquité, tels que Massinissa, Micipsa ou 
Mess ibsa, Massica, etc. ? 

Deux hommes, qui ont habité longtemps chez les Imouchar', m'af- 
firment avoir connu des gens se nommant Ihsa, loua, Ezel, Egnes ou 
Ignas. L'apposition du mot mess, seigneur, avant ces noms, nous 
donne : m.ess Ibsa ou Micipsa, mess loua ou Massica, mess Esel ou 
Mascizel, mess Egnes ou Misagenos. Masgaba ou mess Gaba est aussi 
un nom répandu chez les Imouchar'. On retrouve donc encore chez ce 
peuple, non seulement les noms propres usités dans l'antiquité, mais 
encore le même mot servant à indiquer le respect ou la déférence 
pour les personnes. Les noms que nous a transmis l'histoire sont 
naturellement ceux de personnages importants, ce qui explique pour- 
quoi ils sont ordinairement précédés du mot mess. 

laissa ou Nissa, servant à former Massinissa, ne parait plus être 
en usage. 

Cette catégorie de noms propres, connus dans l'antiquité, n'est pas la 
seule qu'on retrouve chez les Imouchar'. Parmi les noms que Coryppus 
nous a laissés, ceux de Mestan, linestan, Arcan, Carcasen ont une 
telle analogie avec les noms modernes de Amestan ou Imestan, 
Arkeni, Akerhesan, qu'il est difficile de ne pas croire à leur identité. 
Une des fractions des Touareg du Sud porte le nom de Kel Kerkez-an, 
c'est à-dire peuple de Kerkezan. 

D'autres noms encore cités par Coryppus, comme Guen/an ou Oua 
infan, Guersan, etc., rentrent tout à fait dans le système de noms 
propres usité chez les Imouchar'. Mais les limites de cette notice ne 
nous permettent pas d'entrer dans de plus grands développements à 
ce sujet. 



— 880 — 

formé de tamel' ou tamet'Vout, femme. Dans les deux 
copies de Tinscriplion que j'ai entre les mains, ce mot 
est écrit | 3 3- J'ai rétabli au commencement le + , /, 
qui manque évidemment à la prononciation. 

3^ Partie aligne FGHJ 

' l \ ', , ouanek, c'est moi (déjà vu). 

• 33 >^ ' Agmama, nom propre d'homme, formé 
du mot ag, fils, et de marna, c'est-à-dire : fils de mama '^'. 
On remarquera que la lettre X, indiquée dans l'al- 
phabet comme ayant la valeur du ~ arabe ou de notre 
dj français, a ici le son du G. 

M , innan, ayant dit, disant, participe masc. sing. du 
verbe ini, dire, formé en ajoutant un n à la 3*^ pers. 
masc. sing. du prétérit in?ia. 

I A ÎI : + , tihouledin, nom féminin pluriel de 
lahoulcdt, qui se prononce tahoulet, salutation, salut ; 
nom verbal de la racine ehouled, saluer. On dit, par 
exemple, ehouleder'' as s four ek. J'ai salué à lui do 
chez toi (je l'ai salué de ta part). 

+ â , ?' chet, aux filles, i est la préposition du datif, 
qui se supprime souvent. Ainsi, on peut dire également 
tihouledin chef, saluts aux filles. 

chet est le pluriel de ouït, fille. C'est un des pluriels 
arbitrairement formés qu'on rencontre en tamacher't. 

I il 3 1 , Hamelen, nom de localité. La préposition 
n du génitif, qui devrait se trouver avant ce mot, est 
supprimée. 

(1) Dans le langage courant, Ag mama veut dire : frère (litt. : fils 
de la mère). 



381 — 



II« INSCRIPTION 



(Relevée par M. le colonel de Neveu sur un bracelet appartenant 
à un des chefs touareg venus à Alger en 1856.) 



Bedda dhamen tetinat Takounit nek oua 

Redda (de) caution ayant dit Takounit moi ceci 

oi«'?-' oiiafoul eh'ebeg n is 7ness 

je suis née depuis que bracelet du de lui le maître 

BrOin 3 :u\ i\jniy un 

^ è^ t'' j-^^ é^J 

as ahaler' dimarder' ezzamef 

(sur) lui je pleure maintenant je suis amoureuse 

('n)iek elham i igraou erhinef dimarder' nek 
de toi le chagrin moi a trouvé je suis malade maintenant moi 

La transcription en lettres françaises est donc : 

Oua nek Takounit tennat dhamen Bedda mess is 

n ehebeg onafoul ouif ezzamef dimarder' ahaler' as 

nek dimarder' erhiner' igraou i el ham ennek. 



— 382 — 

Le sens général est : 

(( C'est moi, Takounit, qui ai dit : Je réponds de Bedda, 
le maître du bracelet. Depuis que je suis née, je l'aime. 

Maintenant, je pleure sur lui Maintenant, 

je suis malade du chagrin que tu me causes. » 

Examinons chacun des mots en particulier : 

'II'., oua nek, c'est moi. Ces mots se retrouvent 
dans presque toutes les inscriptions. Dans la copie faite 
par M. le colonel de Neveu, on lit * I I . Il y a évidem- 
ment un point oublié, et on doit lire comme je l'ai 
écrit • I l I , oua nek. 

+ I • I + , Takounit, nom propre de femme ayant la 
forme d'un nom verbal. 

13 3 + I + , tcnnat dhamen (déjà vu plus haut). 

• A Q3 , Bedda, nom' d'homme. On remarquera que 
le yeb et le yed n'ont pas les mômes formes que dans 
les alphabets. 

E] El 3 , yness is, maître de lui. Le dernier Q , s, 
représente le pronom personnel affîxe de la 3*^ personne, 
qui est employé ici d'une manière explétive. 

Ce mode d'emploi du pronom personnel affîxe expri- 
mant la possession, devant le nom auquel il se rapporte, 
lorsque celui-ci est au génitif ou au datif, est un des 
caractères de la langue berbère. En kabyle, on dit, d'après 
le même usage : illi s ougellid', la fille du roi ; inna ias 
i ougellid', il dit à lui, au roi. En tamacher't, on dit de 
môme inna ias i amenoukal, il dit à lui, au roi. 

! , n, particule du génitif pour tous les genres et tous 
les nombres. 



— 383 — 

'î' DQ : , eJœbeg, pluriel ihebcgen, bracelet que les 
hommes portent au bras, au-dessus du coude. On dit aussi 
ezheg, pluriel izebcgan. Les Touareg d'Ai^adès donnent à 
ces bracelets le nom de eouk'i, réservé chez les Haggar 
aux bracelets de femmes. 

lin CI, ouafoull ou ouafdl, depuis que. Expression 
composée du pronom relatif ou démonstratif oua, et 
de la préposition foull ou fcll, sur. 

: : , ouir', je suis née, l^*' pers. sing. du prétérit 
du verbe aoua, naître, qui fait au prétérit ouir', je suis 
né ; ioua, il est né. Nom verbal ; tioui, naissance. 

• 13 4=^, ezzamer', je suis amoureuse. 1" pers. sing. 
du présent du verbe ezzem, aimer, être amoureux, d'où 
azzam et tizzemi, amour ; amezzam, homme amoureux. 

; V D 3 y , dimardef, maintenant, expression adver- 
biale. Pour der' émir ouader', dans ce temps-ci; les 
Touareg du Sud disent amaradcr' . 

E3 iîl : . ahaler' as, je pleure sur lui. 

ahaler\ l'^'^pers. sing. du présent du verbe ahel, pleurer. 

Le ni , s, final est le pronom affixe S'^ pers., régime 
indirect du verbe. Dans la copie de l'inscription, il y 
'à Q : Il : : , qui donnerait cr'halcr' as, j'ai besoin de 
lui ; je pense que c'est une erreur, et qu'on doit lire 

Q :ïli, ahahy as. Le mot dlmardcf qui précède 
étant terminé par un /•' • , on aura, par inadvertance, 
redoublé cette lettre. 

D : Q 1 D 3 , ce groupe de caractères représente 
évidemment un verbe à la l"^" pers. du prétérit ou du 



— 38-4 — 

présent, suivi du pronom affîxe de la S** pers., et régime 
indirect. Peut-être, doit-on lire t'ouarmeser' as, je suis 
prise à lui, je suis éprise de lui. L'absence du \ ou, entre 
le 3 et le □ , me fait toutefois hésiter à adopter cette 
version. 

•I I , nek, "moi, pronom sujet de la 1''*^ personne. 
Dans la copie, on lit '^ D ; il ne peut ici y avoir incer- 
titude, c'est "Il qu'il faut lire. 

: A □ 3 A , dimardef, maintenant. 

: 1 : D , erhincr\ je suis malade, l^** pers. sing. du 
présent du verbe erhin, être malade. 

5 • D Y , igraou i, a trouvé moi. igraou est 
la 3" pers. sing. masc. du prétérit du verbe cgraou, 
trouver, qui est pris ici dans le sens de saisir, prendre. On 
dit : igraou i agana, a pris moi la petite vérole ; tegraou 
i tenedi, a pris moi la fièvre (la fièvre m'a pris). On 
remarquera que Yi formatif de la 3'' pers. masc. sing. 
du prétérit n'est pas indiqué, ce qui montre combien est 
imparfait le système d'écriture. 

Vi final de igraou i est le pronom affîxe delà 1'*' per- 
sonne, régime direct du verbe. 

Zl i n, elham, le chagrin; c'est, je pense, le mot 
arabe ^^, le chagrin, le malheur. 

"! ! , ennek, de loi, pronom de la 2* personne 
indiquant la possession. L'affîxe A' est précédé de la 
particule n du génitif. 



— 385 — 
II1« INSCRIPTION 

(Cette inscription a été envoyée de Tuggurt à M. le colonel de Neveu ; 
les caractères sont mal formés et souvent confus. Il y a plusieurs 
ratures. Une note indique qu'elle était gravée sur uu l)racelet.) 

iDi: +(+ •+a«c ♦:! 

»».a» d'^-ô UC^-Xi iio a 

h'aram tennat Fatimata nek oua 
défense ayant dit Fatimata moi ceci 

D": l EJ HJ 113+1+ l:Q 

/■ o lt' o^-^ a-»-^ ^^^-"^ o é^ 

ar'er n is mess dhamen tennat Sour'en 

bouclier du de lui du maître caution ayant dit Sour'en 
tJ:l + !+ +!+ +:iEI + 

tentemmaz tennat Tasnoid 

elle porte le défi ayant dit Tasnout 

TRANSCRIPTION 

Oua nek Fatimata tennat h'aram. Sour'en tennat 
dhamen mess is n ar'er. Tasnout tennat tentemmaz. 

Fatimata , Sour'en et Tasnout sont trois noms de 
femmes ; le sens général de l'inscription est donc celui-ci : 

(( C'est moi, Fatimata, qui ai dit : Le maître du bouclier 
est défendu aux femmes, sous peine de péché. 

» C'est moi, Sour'en, qui ai dit : Je réponds du maître 
du bouclier. 

)) C'est moi, Tasnout, qui ai dit : Je délie les femmes de 
plaire au maître du bouclier. » 



— 386 — 

ANALYSE DES MOTS 

• • I ^ , oua nek, c'est moi (Voir plus haut). 

' +-I ir 3Z , Fatimata, nom de femme, pris des Arabes. 
La seconde lettre de ce nom paraît être un + . Dans 
une autre inscription, qu'on trouvera plus loin, le mot 
Fatima est écrit par un ^ . 

+ I + , teunat (déjà vu). 

uni! , h'aram, c'est le mot arabe /p- . 

I : □ , Sonr''eJi, nom de femme. 

D E n i iU 3 + 1+ , tennat dhamen mess is (déjà vu). 

' , /? ou en, particule du génitif. 

^ • , ar'c/" <^', bouclier, pluriel irevaii. Ces bou- 
cliers sont en peau : de jeune éléphant, d'une espèce de 
bufïle appelé tes iharougen, c'est-à-dire vache des bois, 
ou d'un autre animal nommé ezem, qui, je crois, est une 
antilope. 

V* I Ei+ , Tasnout, nom de femme. 
+ ! + , tennat, ayant dit. 

tî D + 1+ , tintemmaz, elle défie, elle porte le 
défi, S'' pers. sing. fém. du présent du verbe entemmez, 
défier. On dit : 

entemmazer' ak ateged aret ouader' 
Je défie à toi tu feras chose cette. 
(Je te défie de faire cette chose). 

(1) Cette inscription appartenant à un bracelet, il semble qu'à la 
place du mot Q '■ , ar'er, bouclier, il devrait y avoir • Ui • , ehoheg, 
bracelet. La copie est assez mal faite pour que, à la rigueur, la seconde 
lettre puisse passer pour un ijeb ; mais, pour arriver au mot ehebeg, il 
faudrait ajouter un point au yai-' • pour en faire un yah ; , et 
admettre que le yag V a été omis. J'ai préféré écrire comme je 
lisais : ar'cr. 



— 387 — 
IV« INSCRIPTION 

(Copiée sur l'autre face du même bracelet.) 

11+ : a jiui •iri+ -11+ y 

tella aoua as tessaned tagella lella da 

il était ce que à lui tu sais un pain était ici 
(2) M ) 

MîC-fl • 3XID1 • lit a 

tella ar 

il a été tant que 

x+i +:+ 

nef/ow ^ Jowaf 

nous avons oublié lui Touat 

TRANSCrUPflOX 

Da tella tagella tessaned as aoua tella ar tella 

Touat nettou t. 

Ce qui signifie : « Ici était un pain, tu sais ce qu'il était 
tant qu'il a été. . . Touat, nous l'avons oublié. » 

Cette inscription renferme une allusion dont le sens 
m'échappe. Le mot tagella, pain, est sans aucun doute 
détourné de sa signification propre. Peut-être en aurais-je 
trouvé l'explication dans les deux groupes (1) et (2), que 
je n'ai pu traduire. 

ANALYSE DES MOTS 

\/ , da ou di, ici, adverbe de lieu. 

•11+ , tella, était, 3'^ pers. sing. fém. du prétérit 



T- 388 — 

du verbe ili, être, exister, se rapportant au mot suivant 
tagella, qui est féminin. 

• Il 'r+ ' tagella, pain, pluriel tigelliouin. 

J I kl + ' tessaned, tu sais, tu connais, 2*^ pers. sing. 
du présent du verbe essen, savoir, connaître. La dernière 
lettre est peut-être un yam -j ; il faudrait lire alors 
tessanem, vous savez. 

Ï3 , as, à lui, pronom personnel aiïixe, 3^ pers., 
régime indirect du verbe. 

• , aoua, ce que, pronom relatif et démonstratif . 

"il -f ) tella, elle était, se rapportant à tagella. 

Q , ar, tant que, jusqu'à ce que. 

» W-^, tella. 

• 3 X I D I • Je ne sais si, dans ce groupe, on doit 
lire : eium' n Agema, si du Sahara, ou bien e^mir negma, 
si nous avions cherché. 

\ I Y 11+ I . Je ne puis trouver aucun sens à ce 
groupe de lettres. 

+ ". + , Toual, nom du groupe d'oasis dit Touat. 

X + I , netlou t, nous avons oublié lui. 

nettou, nous avons oublié, 1''*' pers. pluriel du prétérit 
du verbe ettou, oublier. 

+ , /, pronom affixe masculin, 3^ pers. régime direct du 
verbe. Si ce régime se rapportait à /arye/Za, mot féminin, 
il faudrait lire tet ; X+ I deviendrait alors nettoiit tet, 
nous avons oublié elle. 



— 380 - 



V« LNSCRIPTION 



(Cette inscription est la seule que j'aie vue en original; elle est gravée 
sur un de ces bracelets en pierre noire qui se nomment eltebefj, ou 
csbeg, et ne contient que quelques mots. Le reste des caractères a 
été gratté par l'x^rabe de qui je tiens le bracelet.) 



Voici cette inscription : 



•D • ,3 • f=i I :• : 

:i •: iMi . u ï... •: i : 

Dans la première ligne, l'ordre de la 2*^ et de la 3- lettre 
est interverti ; il faut donc lire cette ligne ainsi : 



. J . fB 



c'est-à-dire : oua nek Falima, c'est moi, Fatima. 

Dans la seconde ligne, les caractères du groupe n*' 2 
sont écrits de gauche à droite ; il faut, pour les lire, 
renverser le bracelet. 

La transcription du groupe n° 1 est : oiia nek R'egida, 
c'est moi, R'egida. 

Celle du groupe n° 2 est : oua nek Lalla, c'est moi, 
Lalla. 



— 390 



VP INSCRIPTION 



(Communiquée par El Hadj Ahd el Kader bon Bou Beher et Touati. 
qui l'avait fait écrire comme spécimen par un Amaclier'.) 



0>;:ii- 0- i5DUf me- -: 

el khir r'as toiillcmin isdan ak ennif 

le bien si ce n'est des chamelles des nouvelles à toi j'ai dit 

THANSCRIPTION 

Ennif ak iselan toxdlemin r'as elkhir 

peut se traduire par : « Je te donne des nouvelles des 
chamelles, tout va bien. » 

ANALYSE 

.... 1 , ennif, j'ai dit, 1"^" pers. sing. du prétérit du 
verbe ini , dire, dont nous avons déjà rencontré le 
participe au masculin et au féminin innan et lennal. 

• * , ak, à toi, pronom affixe de la 2° personne, 
régime indirect du verbe. 

I II • , iselan, des nouvelles, nom collectif ayant 
la forme d'un pluriel, et venant, je pense, de la racine 
asel, entendre. 

f J 3 II + , touUemin, chamelles de charge, pluriel de 
talemt. Le chameau de selle, que les Arabes appellent 
méhari, porte le nom d\ireggan. La langue tamacher't 
renferme, comme l'arabe, un très grand nombre de mots 
pour désigner les chameaux et tout ce qui s'y rapporte. 
La préposition n du génitif devrait, je pense, se trouver 
entre iselan et toullemin. 



~ 301 - 

G . , . , ^''(if^, si tîe n'est, particule. 

O ^ l l \\ ' , e^l^lfir, le bien. C'est le mot arabe j^i^^ 

Observations. — L'examen de ces inscriptions peut 
donner lieu aux observations suivantes : 

La lettre • correspond bien, pour le son, à notre lettre 
a. Dans les mots M| O*, isflan, de la 6*^ inscription, 
et - 3 'H OC Fatima, de la 5% on lui voit prendre le 
son de Vi, ce qui tendrait à faire croire que ce caractère 
peut, comme l'alif arabe, prendre, outre le son de l'a, 
celui des autres voyelles. Mais ce serait peut-être trop 
se hâter que d'en tirer cette conclusion. 

Les lettres i/eb Q et yet -}■ sont exactement représen- 
tées, quant à la valeur, par notre b et notre t. On a vu, 
dans les mots y tD l > cliebcg, et • a HI ' I^cdda, que 
le yeb Q avait la forme quadrangulaire. En général, les 
lettres de forme circulaire prennent aussi la forme carrée, 
ainsi qu'on le remarquera pour le yar Q et le yes q qui 
s'écrivent également O et Q . 

Le yedj X > indiqué dans les alphabets comme ayant 
la valeur du - arabe ou de notre dj français, a le son 
du g dans le mot • 13 3 >^ , agmama, le seul oiî nous 
le rencontrons. Cet exemple unique ne peut, je crois, 
autoriser à lui assigner la valeur du g qui me paraît 
représenté, bien plus ordinairement, par le yag y . 
ainsi qu'on l'a vu dans les mots *;* CD : , ehebeg, 

• Il *î' + , tagella, ; D Y , waou. 

Les mots 3 D ; : , ^-^ , et n / ; : n . , ^' , où 

nous rencontrons le * * et le • * étant arabes, ces lettres 
y ont naturellement la valeur du - et du r^ arabes. 
Ces sons se trouvent d'ailleurs très rarement en tama- 
cher't, et, bien que j'aie rencontré quelques mots, 



— 392 — 

comme : akli, lait, akhkhou, bète sauvage, qui ne parais- 
sent pas arabes et cependant renferment le son du '^ , 
j'hésite à croire que cette lettre ait fait originairement 
partie de l'alphabet lamacher't. On pourra remarquer -s 

que le yakh [ * ne diffère du * l que par un léger signe 
qui semble ajouté après coup. De môme, le ' ' n'est 
qu'une disposition différente des quatre points du : . 

La lettre tt^ bien, dans les deux mots où nous la trou- 
vons, le son du z redoublé que lui assigne M. Schousboe, 
et non celui du ^j^ arabe qui est indiqué par Falphabet 
d'El Hadj Abd el Kader. j 

Le (3 , à qui M. Schousboe attribue la valeur du j^ M 

arabe, a celle du i dans le mot '1 ' ^ ' IL- 

Le 3, au contraire, auquel les deux autres alphabets 
assignent la valeur du J» et du ^ arabes, a celle du j^ 
dans les mots 13 3, dhamcn, et 1334 , Hdhidhin. 
C'est, je crois, sa valeur véritable. Je suis même porté à 
penser que le 3 est la seule lettre forte de cette nature 
appartenant en propre à la langue tamacher't, dont la 
prononciation est généralement exempte des accentuations 
fortes ({u'on ne rencontre (jue dans les mots arabes. 

Dans le mot Q 13 0*3, ifouarmes, nous trouvons 
le 3 avec la valeur du / ordinaire. S'il n'était pas présomp- 
tueux de rectifier l'orthographe d'une langue dont nous 
possédons si peu de documents écrits, je dirais qu'il y a là 
une faute d'orthographe. Le /, dans ce mot, est une lettre 
formativede la forme dérivée passive, et la prononciation i| 

indique pour le / formatif la valeur de notre /, et non celle 
d'une lettre forte. Il ne faut pas perdre de vue, d'ailleurs, 
que ces inscriptions sont l'œuvre de femmes qui, bien que 
plus instruites que les femmes arabes, puisqu'elles savent 
écrire, ne peuvent cependant, je crois, être regardées 



- 393 — 

comme des autorités bien compétentes en matière d'ortho- 
graphe. 

Le ycz X ne se rencontrant point dans les inscriptions, 
nous n'avons rien à en dire. 

D'après M. Schousboe, Yaui (c) arabe n'a pas d'équi- 
valent en tamacher't. Les deux autres alphabets, recueillis 
par des Arabes, indiquent pour cette lettre le même signe 
que pour le yar ou ç- arabe 

Tous, je pense, sont dans le vrai, et voici comment : 

A mon avis, le son de l'ç- arabe n'appartient pas à la 
langue tamacher't ; je ne l'ai jamais trouvé que dans les 
mots évidemment empruntés à l'arabe ; mais lorsqu'on 
a à écrire ces derniers, on se sert du même signe que pour 
le ç- , comme nous l'avons vu dans les mots «3 : , 
IVeicha ou Aicha, 'AT; , R'egida ou Agida. Nous 
avons eu occasion de faire remarquer que, dans la pronon- 
ciation de ces mots mêmes, Vain prenait le son du r'âin. 

Le yar' : , lettre éminemment berbère, a exactement 
la valeur du i arabe, de même que le yech ^ a celle 

du ^i. 

Nous n'avons pas trouvé, dans les inscriptions, le yak' 
représenté dans les alphabets par les signes \'l\ et .... 
Je pense qu'on doit lui attribuer la valeur du v^ arabe. 
On remarquera que, dans deux des alphabets, il a la même 
forme que le ^ar' ... ; c'est qu'en effet, ces deux sons 
ont la plus grande affinité et se substituent très souvent 
l'un à l'autre. Ainsi, dans le mot tifinar', le r' se pro- 
nonce de manière à faire douter si c'est par un r' 
ou par un k' qu'on doit l'écrire. En arabe même, 
les sons du ^ et du ^ se confondent quelquefois dans 



- 394 — 

la prononciation ; ainsi, les populations du Sud de la 
subdivision de Médéa prononcent le mot *-^, mouton, 
comme s'il était écrit >-^-^. 

Les lettres yed U , yar n , y(if î==! , y^^^' • .* , ycs El , 
yal li , yam J , yan \ , ont la même valeur que nos 
lettres d, r, f, k, s, I, m, n. Le y ah | , le yaou : et 
le y ^ équivalent aux >, j et ^ des Arabes. 

Les sons du ^ arabe et du ^' arabe ou th anglais, si 
fréquents en kabyle, n'ont pas de signes pour les repré- 
senter dans les alpbabets de la langue tamacher't. C'est 
qu'en efïet, ces sons paraissent inconnus dans cette 
langue. 

Le son de notre j, qui se rencontre très souvent, n'a 
pas de caractère spécial pour le représenter. Ce son n'est, 
sans doute, qu'une variante de prononciation du ycch 3 , 
du yah ] , ou du yez X, avec lesquels il permute 
constamment. 



Alger, novembre 1836. 



FIN DE LA NOTICE 



APPENDICE 



Le tirage de la Notice précédente était terminé, lorsque 
j'appris que des Touareg étaient arrivés à Laghouat avec 
une caravane venant de R'at. Je m'empressai de profiter 
de l'occasion inespérée qui s'ofïrait à moi de vérifier 
l'exactitude de mon travail, et je me rendis à Laghouat où 
je trouvai, en efïet, quatre Imouhar' du pays d'Azguer et 
de la tribu des If ouf as, les nommés R'otman ag el Hadj 
Bekri, Bedda ag Idda, Mokhammed Abéki et Tili. Tous 
savent lire et écrire les Tifîiiaf : j'ai donc pu obtenir d'eux 
des renseignements qu'il ne m'avait pas été possible de 
me procurer jusqu'à présent. Je me bornerai, dans cet 
Appendice, à indiquer les modifications à apporter dans 
la manière de lire les inscriptions dont j'ai donné la 
traduction dans ma Notice. Les nouveaux documents que 
j'ai recueillis me permettront, j'espère, de publier avant 
peu de temps, non seulement l'alphabet des Tifinar', mais 
encore la grammaire de la langue Tamacheli et plusieurs 
textes en Tifinar', avec la traduction. Il serait donc 
superflu de revenir sur les alphabets que ma Notice avait 
pour but d'analyser. Les observations auxquelles ils pour- 
raient donner lieu trouveront naturellement place dans 
le nouveau travail que je prépare en ce moment. 



— 390 ~ 
I'« LXSCRIPTIOX 

1"^^ PARTIE 
(Voir page 3~o) 

D'après les Touareg-, cette première partie doit se lire 
ainsi : 

oua nek R'eicha tennat cclhman our tekkid 
Ceci moi, R'eicha, ayant dit : Héserve, ne va pas vers 

tiiedh our emouser' . 

quelques-unes je ne suis pas. 

En français : C'est moi, R'eicha, qui ai dit : Je te 
reliens pour moi seule, ne va pas vers d'antres femmes 
que moi. 

Pour arriver à cette lecture, on voit qu il faut ajouter à 
l'inscription, d'abord la particule négative our après 
edhman, puis la lettre f à la fin de la phrase. 

Le mot edhman est bien l'arabe ^^v-^ , mais pris ici 
dans le sens de retenir, réserver pour soi seul. 

2® PARTIE 

On doit lire : 

Taket tekfelt tennat edhman mess is 

Taket tekfelt ayant dit : Réserve du maître de lui 

der' tidhidhin. 

parmi les femmes. 

C'est-à-dire : Taket tekfelt a dit : Je réserve pour moi 
seule le maître du bouclier parmi les femmes. 

Taket tekfelt est un nom de femme, comme je Tavais 
soupçonné. 

3^ PARTIE 

Il n'y a rien à changer à cette partie. 



— 397 — 

II- LNSCRiraOX 

(Voir p. :J8l) 

Elle doit être complétée et modifiée de la manière 
suivante : 

oua nek Takounnit tennat edhman Bedda 
Ceci moi, Takounnit, ayant dit : Réserve de Bedda, 
mess is n ehebeg oua foull ouït' 

le maître de lui du bracelet ; depuis que je suis née, 
ezzoumef dimardef er'haler' ad sdhennesef 

je jeûne, maintenant j'ai besoin j'apprendrai à manger 
s rek dimarder' erhiner' igraou i el ham 
de toi ; maintenant je suis malade, a trouvé moi le chagrin 
ennek 
de toi. 

En français : C'est moi, Takounnit, qui ai dit : Je me 
réserve Bedda, le maître du bracelet. Depuis que je suis 
née, je jeûne; maintenant, j'ai besoin que tu m'apprennes 
à manger; maintenant, je suis malade du chagrin que 
tu me causes. 

Le verbe sdhermes s'applique à un enfant qui apprend 
à manger ou à parler : l'allusion est assez facile à saisir 
pour que je n'aie pas besoin d'insister sur le sens de 
cette phrase. 

III'^ INSCRIPTION 

(Voir p. 3S5) 

D'après les Touareg, le dernier mot de celte inscription 
doit être lu teniiudz, en supprimant la syllabe ten : le 
reste est exact. 



— 398 — 

1V« INSCRIPTION 

(Voir p. 387) 

Rien à changer à la traduction. Les Touareg- n'ont pu 
trouver aucun sens aux groupes de caractères (I) et (2), 
que je n'avais pas pu traduire. 

Les traductions des autres inscriptions sont exactes. 



Je profite de cet Appendice pour rétablir dans leur 
valeur exacte quelques noms de nombre sur lesquels je 
conservais des doutes, et que j'avais marqués d'un point 
d'interrogation dans le tableau de la numération des 
Touareg, page 25G : 

Cent se dit timidhi, pluriel temadh ; mille, agim, pluriel 
igiman ; cent mille, efedh, pluriel ifedhen. ■ 

La numération ne va pas au delà. 



Alger, mai 18o8. 



TABLE DES MATIÈRES 



l'ages. 
Préface vu 



OBSERVATIONS PRELIMINAIRES 

Du mode de transcription adopté dans cet ouvrage 1 

Particularités de l'euphonie en kabyle 6 



LIVRE PREMIER 

DU NOM, DU PRONOM ET DE LA QUALIFICATION 

Chapitre premier. — Du nom 13 

Du genre 16 

Des nombres 20 

Singulier 20 

Pluriel 22 

Pluriel par X final 22 

Pluriel par A 24 

Applications des pluriels 25 

Pluriels combinés . . 27 

Pluriel féminin 31 

Dépendance des noms • 36 

Du génitif 38 

Génitif par B 38 

Génitif par G 42 

Génitif par N dans les noms féminins 44 

Génitif des noms propres d'iioinnies, de villes, de pays, etc. 4ij 

Du datif et de lablatif 47 



— 400 — 

l'ages. 

De l'accusatif 48 

Du vocatif 48 

Du diminutif 49 

Chapitre II. — Du pronom ol 

Pronoms personnels. — Pronoms personnels isolés ou sujets. ol 

Pronoms personnels affixes ou régimes 52 

Pronoms afTixes dépendants des noms et exprimant la pos- 
session y3 

Pronoms aflixes régimes directs des verbes o8 

Pronoms allixes régimes indirects des verbes o9 

Pronoms afïixes régis par une préposition 60 

Pronoms affixes régis par un adverbe ou un pronom inter- 

rogatif Gl 

Pronoms démonstratifs C2 

Pronoms ou adjectifs relatifs 65 

Pronoms interrogatifs 68 

Pronoms indéfinis "/ô 

Chapitre III. — Des particules confirmatives, de la qualifi- 
cation et de l'adjectif 82 

Des particules AI et R'A 82 

Particule D' ou AD" . 87 

De la qualification et de l'adjectif 9'3 

Des expressions qualiiicatives d'elàali, bien, (Viri. mal.... 97 



LIVRE II 

DU VERBE ET DES NOMS DÉRIVÉS DU VERBE 

Chapitre premier. — Du verbe 101 

Conjugaison du verbe 102 

Du futur 103 

Particularités euphoniques du verbe 105 

Modifications de l'idée verbale 111 

Tableau des formes dérivées 112 

Tableau des combinaisons des formes 113 

Idée transitive 11 'i 

Idées passive et réciproque IIS 



— 401 — 

Pages. 

Idée d'habitude 122 

Valeur temporelle des formes d'habitude 123 

Combinaisons des formes 130 

Exemples des formes dérivées. — 1" forme (S préfixe) 136 

2' forme (M préfixe) 139 

3' forme (TSOU préfixe) 140 

4' forme (TS préfixe) 143 

5' forme (TH préfixe) 148 

6' forme iredoublement de la deuxième articulation)... 149 
7' forme (introduction du son A avant la deuxième arti- 
culation) 152 

8' forme (introduction des sons OU, I avant la dernière 

articulation) 153 

9' forme (addition du son A à la fin du radical) 157 

10' forme (addition des sons OU, 1 à la fin du radical) . . . 158 

Combinaisons des formes 159 

Du participe 165 

Manière de rendre l'idée passive 169 

Manière de rendre l'idée représentée par notre verbe 

réfléchi 1 70 

Du verbe ili, être, exister 171 

De l'idée de possession 174 

De l'interrogation , 178 

De la négation 181 

Concordance du verbe kabyle avec le verbe français 184 

Temps relatifs i 87 

De l'idée conditionnelle 189 

Du subjonctif ou optatif 189 

De l'infinitif 190 

Des pronoms adixes employés comme régimes directs et 

indirects des verbes 191 

Du D et de l'N séparables. — Particules de localité 196 

Verbes d'état 200 

Liste des verbes incomplets 203 

Chapitre II. — Des noms dérivés du verbe. — Nom verbal. . 20o 

Emploi du nom verbal 210 

Exemples de noms verbaux. 211 

Noms d'agent, de métier, d'habitude, d'état 227 

Exemples de noms d'agent, de métier, etc 229 

26 



_ 402 — 
LIVRE III 

DES DIVERSES PARTICULES 

, Prêpositio7is, Conjonctions, Adverbes et Interjections) 

Pages. 

Chapitre unique. — Prépositions 233 

Conjonctions et locutions conjonctives 241 

Adverbes et locutions adverbiales 246 

Interjections 231 

LIVRE IV 

DE LA XUMÉRATIOiN 

Chapitre u.nique. — Numcratifs cardinaux 2j3 

Nuniératifs ordinaux, fractions 255 

Tableau comparatif de la numération chez les Kabyles, les 

Béni Mzab et les Touareg 256 

LIVRE V 
textes divers 

I . Le corbeau et le renard 258 

II. Le lion et le taureau 260 

III. La gazelle 262 

IV. La cigale et la fourmi 264 

Y . Le lion et le renard 266 

VI. Même fable en kabyle de Bougie 268 

VII . Le vieillard et ses 111s 270 

VIII. Anecdote 271 

IX. Autre anecdote 273 

X . Histoire de Haroun er Rechid 274 

XI. Conte du chasseur 282 

XII . Histoire de Mahammed ben Essollan 290 

Xril. Espèce de ronde chantée par les enfants 306 

XIV. Chanson 307 

XV . Chanson de guerre 309 



— 403 — 
Chansons en kabyle de l'Oued Sahel : 

l'ages. 

XVI. 1" chanson, sur l'expédition de 18o7. Texte kabyle. . . 311 

Traduction française , 312 

XVII. 2' chanson, même sujet. Texte kabyle 313 

Traduction 314 

XVIII. 3° chanson. Texte kabyle 315 

Traduction 318 

Transcription de ces chansons en caractères arabes. . 321 

XIX. Règlement du village de Thaslent 324 

Texte kabyle 325 

Traduction 3.31 



NOTES 

Note n" 1. — Sur la langue parlée dans l'oasis de Syouah. . . 339 
Note n" 2. — Sur les variantes de prononciation dans les 

divers dialectes berbers 344 

Note n° 3. — Comparaison des dialectes. — Historiette 331 

Texte arabe 351 

Traduction française 352 

Id. en kabyle des Zouaoua 352 

Id . en kabyle des Illoulen 354 

Id . en kabyle des Béni Menacer . . . . , 355 

Id. en tagàoubant ou dialecte des Béni Mzab 357 

Id. en tamacher't (dialecte des Touareg) 338 

Id. en temazir't du Rif marocain 360 

Id. en taniazir't de la province marocaine de Sous 

(Chellia) 362 

Id . en dialecte de Ouargla 364 

Id , en chaouia de l'Aurés 365 

Notice sur quelques inscriptions en caractères dits titinat' et 

en langue tamacher't 369 

Appendice 395 



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*L«En. - TVP. AD. JOUROAN. 



O 



BSNDING SECT. JAN 9-1966 



pj 

2373 

H3 

1906 



Hanoteau, Adolphe 

Essai de grammaire kabyle 

2. éd. 



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