tt\ ESSAI
DE
GRAMMAIRE KABYLE
RENFERMANT
LES PRINCIPES DU LANGAGE PARLÉ
PAR LES POPULATIONS DU VERSANT NORD DU JURJURA
ET SPÉCIALEMENT
PAR LES IGAOUAOUEN OU ZOUAOUA
SUIVI
DE NOTES ET D'UNE NOTICE
Sur quelques Inscriptions en caractères dits Tifiuar' et eu langue Tauiacher't
A. HANOTEAU
GÉNÉRAL DE BRIGADE EN RETRAITE
COMMANDEUR DE LA LÉGION D'HOXNEIR
ANCIEN COMMANDANT DES SUBDIVISIONS DE DEI.LV^^
MILIANA ET ORLÉANSMLLE
DEUXIEME ÉDITION
ALGER
TYPOGRAPHIE ADOLPHE JOURDAN
IMPRIMEUR?LIBRAIRE DE l'ACADÉMIE
4, Place du Gouvernement, 4
1906
ESSAI
GRAMMAIRE KABYLE
ESSAI
DE
GRAMMAIRE KABYLE
RENFERMANT
LES PRINCIPES DU LANGAGE PARLÉ
PAR LES POPULATIONS DU VERSANT NORD DU JURJURA
ET SPÉCIALEMENT
PAR LES IGAOUAOUEN OU ZOUAOUA
DE NOTES ET D'UNE NOTICE
Sur quelques luscriplions en caractères dits Tifinar' et en langue Taniaciier't
Par
A. HANOTEAU
GENERAL DE BRIGADE EN RETRAITE
COMMANDEUR DE LA LÉGION d'HONNELR
ANCIEN COMMANDANT DES SUBDIVISIONS DE DELLYS, MILIANA ET ORLÉANSVIKLE
DEUXIÈME ÉDITION
ALGER
TYPOGRAPHIE ADOLPHE JOURDAN
IMPRIMEUR-LIBRAIRE DE l'aCADÉMIE
4, Place du Gouvernement, 4
1906
A
MONSIEUR LE COMTE RANDOX
MARÉCHAL DE FRANCE
SÉNATEUR
GOUVERNEUR GÉNÉRAL DE L'ALGÉRIE
HOMMAGE DE RESPECT
ET TÉMOIGNAGE DE RECOxNNAISSANCE
DE SON TRÈS HUMBLE
ET TRÈS DÉVOUÉ SERVITEUR
A. Hanoteau.
PRÉFACK
p R E :\i 1 1: R E p: D I T I O X
La population du Nord de l'Afrique se compose de
deux éléments bien distincts : la race Arabe, implantée
dans le pays par la conquête, et la race que l'on a appelée
Berbère ('^ Si cette dernière n'est pas aborigène des
contrées qu'elle habite, elle y est, au moins, établie depuis
une époque qui échappe aux traditions historiques.
La communauté de religion, les rapports journaliers
de commerce et d'intérêt n'ont pu amener une fusion
complète entre ces deux races, et, dans beaucoup de
localités, nous les trouvons, après plusieurs siècles de
contact, aussi dissemblables par leurs caractères physio-
logiques, leurs instincts et leurs aptitudes, qu'elles pou-
vaient l'être quelques années après l'invasion arabe. De
tous les conquérants qui se sont succédé en Afrique, le
peuple arabe paraît être, cependant, celui qui a exercé
(1) Je ne reviendrai pas sur l'origine des mots Berber et Kabyle. Ces
questions ont été traitées: par M. le baron de Slane dans son Appen-
dice à l'Histoire des Berbers, et par M. le général Daumas dans son
ouvrage intitulé : « La Grande Kabylie. »
Pour me conformer à un usage reçu, j'ai écrit Kabyle, et non K'ebail
qui représenterait mieux la vraie prononciation.
— VIFI —
rinfliience la plus grande sur l'clémenl berber. Sa religion
est adoptée partout sans conteste, ce qui n'a jamais eu lieu
pour le Polythéisme romain, ni même pour le Christia-
nisme, et la langue du Coran a pénétré profondément
plusieurs dialectes berbers, se substituant même à eux
dans plusieurs contrées, tandis qu'on retrouve à peine,
dans ces dialectes, quelques traces incertaines du latin et
du grec.
Si donc, malgré ces éléments puissants d'assimilation,
la distinction entre les deux races s'est maintenue au degré
que nous pouvons constater aujourd'hui, ne sommes-nous
pas en droit d'en conclure que la race berbère est restée
plus étrangère encore aux différents peuples envahisseurs
qui ont précédé les Arabes ?
Cette persistance de la race berbère à conserver sa
physionomie particulière, sa langue, son individualité
et, le plus souvent même, son indépendance, au milieu
des vicissitudes et des révolutions sans nombre qui ont
bouleversé son pays, n'est pas un des faits les moins
remarquables de Thistoire africaine, et le peuple qui a
donné l'exemple d'un instinct de nationalité aussi vivace
mérite, certainement, de fixer l'attention de l'observateur.
A une époque que personne ne saurait préciser, sans
doute, ce peuple a dû être maître de tout le Nord de
l'Afrique. A défaut de témoignages historiques pour
justifier cette opinion, nous avons celui du langage.
La langue berbère, en effet, a été parlée ou l'est encore
deTetouan (du berbère TiCt'aoïdn, les yeux ou les sources)
jusqu'aux confins de l'Egypte >^', et d'Alger jusqu'au
(1) Voir la note n" 1, pag-e 339.
— IX —
Sénégal '''. Là où elle a cessé d'être en usage, on retrouve
son empreinte caractéristique dans les noms de localité,
qui restent pour attester les droits antiques du peuple
berber à la propriété du sol.
Depuis longtemps, toutefois, ce peuple ne forme plus
un tout homogène ; les invasions successives, et surtout
la conquête arabe, l'ont morcelé en divers groupes de
population , séparés les uns des autres par de vastes
étendues de terrain. Nous connaissons aujourd'hui ces
groupes sous les dénominations, arabes pour la plupart,
de Kabyles, Chaoïda, Chelouh, Beraber, Zenatia, Béni
Mzab et Touareg.
Aucun de ces noms n'appartient à la langue des peuples
qu'ils désignent. Plusieurs de ces peuples, cependant, les
Kabyles par exemple, les ont adoptés et ont oublié leur
nom national. Mais, partout où les populations berbères
ont été à l'abri du contact et de l'influence arabes, elles
ont conservé des noms appartenant à leur idiome. Elles
s'appellent : Imazir'en ^-^, pluriel de Amazir', à R'edamès
et au Maroc ; Imajer'en ou Imajar'en, pluriel de Amajer,
chez les Touareg du Sud, et Imomhaf, pluriel de Amachef,
chez ceux du Nord.
Toutes ces dénominations ne sont, en réalité, que des
variantes de prononciation d'un même nom ; car, en
berber, les sons du Z, du J, du CH se substituent l'un à
(1) Voir le rapport du Gouverneur du Sénégal, au Moniteur uni-
l'orsel du 25 juillet 1857.
(2) Des doutes ayant été émis, en France, sur la véritable pronon-
ciation du c. arabe, que j'ai représenté par R', je crois devoir prévenir
qu'en berber, comme en arabe, du reste, au moins en Algérie, le son
de cette lettre est celui d'un K. fortement srassevé, et non celui du G.
l'autre, suivant les localités, dans un mot, sans en chang-er
la signification. C'est ainsi que, chez les Touareg, ergez et
ergech signifient également marcher ; ichenga et izenga,
ennemis; azger et achger, bœuf; tar'chamt et tar'ejamt,
maison ; échedh et éjcdh, âne.
Il faut ajouter que les mots imazifcn et imouchar' sont
deux formes de pluriel qui s'appliquent très souvent au
même nom <''.
Je pense donc que , si on voulait restituer à la race
berbère son véritable nom national, il faudrait l'appeler
la race Tamazir't ou Tamachefl (féminins de amazif et
amachef). Le même nom s'appliquerait à la langue.
Ce qui me paraît établir qu'on serait dans la vérité en
généralisant cette dénomination, restreinte, il est vrai, de
nos jours, à quelques fractions du peuple berber, c'est que
les seules populations où elle ne se retrouve plus sont,
précisément, celles qui ont perdu le souvenir de leurs noms
nationaux, pour accepter ceux que les Arabes leur ont
donnés, ou qui n'ont conservé que des noms de tribus,
comme les Béni Mzah , qui, entre eux, s'appellent .1*7
Aoubau, ou Ikig Aoiibau , pluriel de ag Aoiiban, fils
d'Aouban.
Quelques personnes ont donné au mot amazif le sens
de noble, Jiommc de condition libre, sur la foi, sans doute,
de Léon l'Africain qui traduit par noble langage les mots
aqual amazif, qu'il faut lire plutôt aoual amazif. Je ne
saurais partager cette opinion, et l'on ne doit, à mon avis,
attribuer à ce mot d'autre signification que celle que lui
donnent les peuples chez lesquels il est en usage, et qui
(l) Xoïv plus loin, page 22 et suivantes.
— XI —
s'en servent seulement pour désigner un individu de la
nation des Imazir'en. Lorsque les Touareg veulent dire
qu'un homme est de condition libre ou qu'il est distingué
par ses manières et son éducation, ils emploient les mots
iklli et amounan, et non amajer' ou amacher'.
De nombreuses et savantes recherches ont été faites
pour remonter à l'origine du peuple berber ; mais elles
n'ont guère abouli qu'à constater l'ignorance où l'on est
à cet égard. L'histoire est muette ou n'ofïre que des tra-
ditions fabuleuses, et la philologie seule pourra peut-être
jeter quelque lumière sur cette question, en permettant de
rattacher la race berbère à l'une des grandes divisions de
la famille humaine.
A ce point de vue, l'étude de la langue parlée par cette
race offre déjà un véritable intérêt historique ; mais cette
étude présente des difficultés de plusieurs natures. D'abord,
la langue berbère ne s'écrit pas ; au moins, ne possédons-
nous, jusqu'à présent, aucun document sérieux et correct
écrit dans cette langue. En second lieu, elle se divise en
plusieurs dialectes, assez différents les uns des autres pour
que les gens qui les parlent ne puissent se comprendre.
Enfin, ces dialectes sont disséminés sur une étendue consi-
dérable de pays, et l'étude de leur ensemble ne peut être
l'œuvre d'un seul homme.
De là résulte Tobligation d'apprendre chacun de ces
dialectes séparément, pour pouvoir ensuite les comparer
entre eux, ^t de s'astreindre à un travail pratique, long
et pénible, consistant à interroger des gens la plupart
du temps d'une ignorance profonde, et incapables tou-
— XII —
jours de donner les indications grammaticales les plus
élémentaires, quel que soit d'ailleurs leur degré d'in-
struction.
Il ne faut pas, néanmoins, s'exagérer l'importance de
ces difficultés, car, quelque dissemblables que paraissent
de prime abord les dialectes berbers, leur discordance est,
je crois, plus apparente que réelle, et je ne doute pas,
lorsqu'on sera parvenu à en posséder deux ou trois dans
tous leurs détails, qu'on n'arrive facilement à la connais-
sance de tous les autres.
Leurs divergences portent surtout, d'une part, sur des
différences dans les vocabulaires et dans l'acception des
mots, et de l'autre, sur des variantes de prononciation
analogues à celles dont nous avons eu occasion de parler
à propos des mots imazir'en, imajer'en et imouchaf.
L'isolement dans lequel ont vécu les tribus berbères
suffirait, à lui seul, pour expliquer les premières. Dans
toutes les langues, on trouve souvent deux ou plusieurs
mots pour exprimer la même pensée ou désigner le même
objet. Il n'est donc pas extraordinaire que telle expression
ait prévalu au Maroc^ par exemple, tandis que dans la
Kabylie du Jurjura elle soit tombée en désuétude et ait été
remplacée par un synonyme. Mais ce qui a contribué
surtout à porter la confusion dans les vocabulaires, c'est
l'introduction des mois arabes. La langue berbère se
prête à ces néologismes avec une facilité extrême, et
certaines tribus en ont abusé au point de la défigurer et
de la rendre inintelligible pour celles qui se sont montrées
plus sobres d'emprunts à l'idiome de leurs voisins. Chez
— Xlll —
quelques populations, l'arabe a iiièine remplacé complèle-
ment la langue primitive.
Quant aux variantes de prononciation, elles ne sont
certainement pas sans de nombreux exemples dans les
autres langues. En arabe, le ^ et le ~ prennent le son du
G dans plusieurs contrées; en français, les Gascons pro-
noncent B comme V ; les Marseillais donnent à CH le son
de rS, à l'R celui du p arabe, et il serait facile de con-
stater dans chaque langue une foule d'altérations de même
nature. Nulle part, cependant, elles ne présentent, je
crois, un caractère de généralité aussi étendu qu'en
berber, où tous les sons ont une incroyable tendance à se
substituer les uns aux autres <•'. En somme, ces modifi-
cations phonétiques, bien que nombreuses et quelquefois
étranges au premier abord, ne portent aucune atteinte
aux caractères généraux de la langue.
L'envahissement de l'idiome arabe aurait pu devenir la
cause d'altérations plus graves. Heureusement, les Berbers,
tout en donnant accès dans leur vocabulaire aux radicaux
étrangers, ont respecté leur grammaire et ont appliqué,
en général, ses règles aux mots qu'ils empruntaient. Leur
langue est ainsi restée à peu près intacte, dans sa struc-
ture générale et ses formes essentielles. Le même phéno-
mène s'observe pour la langue turque, qui, tarlare par sa
grammaire, a composé en grande partie son dictionnaire
de mots arabes et persans.
(1) Voir, pour plus de détails, la note n" 2, page 34i.
— XIV —
Si l'on compare, en elfet, deux dialectes berbers, dont
l'un est resté à peu près pur, comme celui des Touaregj
tandis que l'autre est déjà fortement mélangé d'arabe, on
est frappé de l'analogie qu'ils présentent dans les carac-
tères des genres et des nombres, dans la formation des
pluriels, dans les pronoms, la conjugaison et les formes
dérivées du verbe, en un mot, dans toutes les parties
fondamentales de la grammaire. Les vocabulaires môme,
en écartant les éléments étrangers et tenant compte des
variantes de prononciation, offrent la plus grande ressem-
blance, et de nombreux indices portent à croire qu ils ont
été originairement d'un usage général et commun à toutes
les fractions du peuple qui nous occupe.
Une étude plus approfondie et une comparaison raison-
née des divers dialectes berbers conduiront donc, je pense,
à cette conclusion : qu'ils ont tous pour tronc commun
une langue unique et autrefois générale, dont il sera facile
d'opérer la reconstruction.
Peut-être même arrivera-t-on à reconnaître que son
unité a commencé à se rompre seulement à l'époque de
l'invasion arabe, et que saint Augustin ne faisait qu'énon-
cer une opinion admise et reconnue vraie de son temps,
quand il disait : « In Africa barbnras gnites in una
)) linyua plurimas novimiis. n
Je ne prétends certainement pas avancer que la langue
berbère ait jamais offert ce caractère d'unité que la civi-
lisation et une littérature riche et cultivée peuvent seules
produire. Chaque province a dû avoir, de tout temps, ses
locutions préférées, sa prononciation particulière et son
— XV —'"
accent. Je veux dire, seulement, que les divergences de
langage étaient assez peu considérables pour que les
individus des contrées les plus éloignées pussent se
comprendre; en un mot, que le berber réunissait les
conditions d'unité que nous pouvons constater dans
l'arabe parlé de nos jours ''*.
Ibn Khaldoun et les généalogistes musulmans qui ont
traité de l'origine des peuples berbers, admettent qu'à
partir de Berr, leur ancêtre commun, ces peuples se
divisent en deux grandes branches, issues : l'une de
Madr'is, et l'autre de Bernés, fils de Berr.
Bien qu'à mon avis, on ne doive accorder qu'une très
médiocre importance à ces généalogies bâties de toutes
pièces, sans preuves à l'appui, qui font descendre tout un
peuple d'un seul homme, il est naturel, cependant, de
se demander si, à ces divisions, ne correspondent pas des
langages différents, ou plutôt, si ce n'est pas une différence
sensible et constatée dans les idiomes qui a motivé cette
classification de l'historien arabe.
Je crois pouvoir répondre négativement à cette ques-
tion. J'ai comparé le dialecte des Zouaoua qui, d'après
Ibn Khaldoun '-^ appartiennent à la postérité de Madr'is,
avec celui des Touareg, peuple de race sanhadjienne
issu de Bernés, et les divergences que j'y ai observées
me paraissent secondaires et ne sont nullement de nature
(1) Voir, pour la comparaison des dialectes, la note n" 3, page 301.
(2) Voir l'Introduction à l'Histoire des Berbers, par M. le baron
DE Sl.\NE.
— XVI —
à venir à l'appui de l'opinion des i^énéalogisles , tant
berbers qu'arabes.
Une autre question, qui se présente d'elle-même et dont
l'importance est encore plus grande au point de vue de
la science ethnographique et de la philologie, c'est celle
du classement de la langue berbère. Appartient-elle à
la famille indo-européenne ou à la famille sémitique ?
ou bien doit-elle prendre place, comme M. le docteur
Judas a cherché à le démontrer ('), parmi les langues que
M. Ernest Renan propose d'appeler Cliamiliques, et qui
comprendraient le copte et les dialectes non sémitiques
de l'Abyssinie et de la Nubie ?
M. Renan , dont l'opinion en cette matière a tant
de poids, n'hésite pas à l'exclure de la famille sémi-
tique '-* : « La position du berber, vis-à-vis de cette
)) famille, est, dit-il, à peu près la même que celle du
)) copte. Tout en présentant avec l'hébreu de nombreuses
» affinités grammaticales, il en est complètement distinct
» par le dictionnaire. Il a subi, d'ailleurs, une longue
» influence sémitique, par suite de ses rapports avec le
» carthaginois et l'arabe. »
Je laisserai à de plus savants le soin de résoudre le
problème, me contentant de la tâche plus modeste d'en
recueillir les données. Il est un fait, cependant, que la
prati(jue m'a mis à même d'observer souvent, et je crois
devoir le signaler, tout en m'abstenant d'en tirer aucune
11) Voir la liccuo de l'Orient, livraisons do mai el août 1857.
(2) Ernest Henan, Histoii-c des langues séniitùjues. liv. I, ch. il, p. 81.
— XVII —
conclusion. Je veux i);u'ler de la facilité, i'clali\-c ijicn
entendu , avec laquelle on peut traduire de l'arabe en
berber, et réciproquement. La construction de la phrase
est la même, l'emploi du verbe et des pronoms présente
de grands rapports, et l'expression équivalente, qu'on
chercherait souvent en vain dans nos langues européennes,
s'offre à la pensée comme d'elle-même et pour ainsi dire
sans effort. Le dialecte des Touareg, quoique très différent
de l'arabe par le vocabulaire, est surtout remarquable à
cet égard.
L'étude de la langue berbère, outre l'intérêt qu'elle
présente au point de vue scientifique, a pour nous, en
Algérie, un but plus pratique et une utilité plus immédiate
sous le rapport de l'administration et de la domination
du pays. D'après les derniers renseignements recueillis
par les soins du Bureau politique des affaires arabes, le
chiffre des populations qui, en Algérie, parlent encore le
berber, s'élève à 759,900, c'est-à-dire à peu près au tiers
du nombre total des habitants. Ce chiffre se répartit ainsi
par provinces :
Gonstantine : iJ33,749; Alger : 220,178; Oran : 5,973.
Parmi ces populations, plusieurs sont restées consti-
tuées en groupes très compacts, sans mélange d'éléments
étrangers, et, par l'effet de leur isolement, l'idiome berber
est encore dominant, quelquefois même exclusivement
parlé dans leur pays.
Tels sont, par exemple, les Kabyles du Jurjura. Quel-
— XVIII —
qiies-uns d'eiiti-o eux, qui voyagent pour leur commerce,
apprennent bien à parler l'arabe ; leurs tolba étudient,
dans cette langue, la science du droit et des traditions
islamiques ; mais la masse du peuple, toutes les femmes,
sans exception, et les hommes qui vivent sédentaires, ne
parlent et ne comprennent que le kabyle. Pendant la
dernière expédition de M. le Maréchal Randon, la tribu
des Béni Iraten avait fourni soixante-trois otages pris
parmi les gens les plus influents de tous les villages et,
sur ce nombre, deux seulement pouvaient s'exprimer en
arabe d'une manière à peu près intelligible.
Tant que nos relations avec ces peuples se sont bornées
à traiter des intérêts généraux des tribus, la connaissance
de la langue arabe a pu nous suffire, car il se trouve
toujours parmi elles des gens qui la comprennent ; mais
à mesure que les progrès de la conquête nous ont mis en
contact plus direct avec les individus, et que notre admi-
nistration a été appelée à s'occuper des intérêts particu-
liers, on n'a pas tardé à reconnaître rinsufTisance de
l'arabe comme moyen de communication, et la nécessité
d'avoir recours à des interprètes kabyles. Malheureu-
sement, le nombre des sujets capables de remplir ces
fonctions est très restreint et ne peut répondre aux
exigences du service. On parviendra, sans doute, avec le
temps, à l'augmenter ; mais, en attendant, on est forcé,
au grand détriment quelquefois de notre influence, de se
servir d'intermédiaires offerts par le hasard et qui, sans
caractère officiel ni position reconnue, ne présentent pas
toujours les conditions de moralité désirables.
— XIX —
Cet clat de choses ne saurait se prolonger^ el les oITiciers
chargés du commandement des populations kabyles recon-
naissent, plus que personne, l'intérêt qu'il y aurait, pour
eux et pour le bien de tous, à pouvoir communiquer
directement avec leurs administrés et à traiter leurs
affaires sans intermédiaires. Mais les moyens d'étude
manquent, et la pratique seule et sans guide offre des
difficultés qui découragent quelquefois, dès le début, les
plus studieux. Ce genre de travail exige, d'ailleurs, plus
de temps que ne peuvent généralement lui en consacrer
des officiers absorbés par les détails journaliers d'un ser-
vice souvent pénible.
Le Gouvernement, justement préoccupé des avantages
que devait présenter un jour, au point de vue pratique,
la connaissance de la langue berbère, avait, depuis long-
temps, pensé à en faciliter l'étude à ses fonctionnaires.
Une décision du Ministre de la guerre, en date du 22 avril
1842, arrêta la formation d'une commission chargée de
la rédaction d'un dictionnaire et d'une grammaire de la
langue berbère. Cette commission était composée de la
manière suivante :
M. le chevalier Amédée Jaubert, pair de France,
membre de l'Institut, président ;
M. J.-D. Delaporte père, ancien consul du gouverne-
ment du roi, à Mogador ;
M. E. DE NuLLv, secrétaire-interprète attaché au Minis-
tère de la guerre (division de l'Algérie) ;
— XX —
M. Cil. BuossELAiU), membre de la Société asiatique,
ex-secrétaire des commissariats civils de Bougie et de
Blida ;
Sid Ahmed ben el IIad.j Alf, imam de Bougie.
Après deux années de travail, cette commission publia
un dictionnaire français-berber, mais la grammaire qu'elle
avait annoncée n'a jamais paru. Le programme tracé par
le Ministre restait donc inachevé; j'ai cherché à le com-
pléter, dans les limites de mes forces, en entreprenant
l'Essai de Grammaire que j'offre aujourd'hui au public.
Cet ouvrage, soumis en manuscrit au jugement éclairé
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, par M. le
Maréchal Vaillant, Ministre de la guerre, a été examiné
par une commission nommée à cet effet, par l'Académie, et
composée de MM. Quatremère, Jomard, Mohl, de Saulcy,
Caussin de Perceval, et de M. Reinaud, rapporteur.
Sur le rapport (^' bienveillant de cette commission si
éminemment compétente, rapport lu à l'Académie, dans
sa séance du 26 juin 18o7, par le savant orientaliste
M. Reinaud, m. le Ministre de la guerre a bien voulu en
autoriser l'impression.
Je n'ai pas cru devoir, dans un premier essai, embrasser
Fensemble des dialectes parlés en Kabylie : ce travail sera
facile plus tard ; mais, pour être complet, il devra être
précédé de l'examen détaillé et séparé de chacun d'eux.
(1) On peut lire ce rapport dans le Moniteur luiicorsel du 6 août
1857, et dans le numéro du mois de septembre 1857 de la Renie de l'Orient.
— XXI —
Ces dialectes ne présentent, d'ailleurs, que de faibles
divergences, et je me suis convaincu, par expérience
personnelle, que lorsqu'on en connaît un, l'étude des
autres n'offre plus de difficulté sérieuse.
Je me suis donc borné à exposer les règles gramma-
ticales de l'un d'eux, et j'ai choisi celui des Igaouaouen,
plus connus sous le nom arabe de Zouaoua, parce qu'il
passe, parmi les Kabyles, pour le plus pur et le plus
difficile à comprendre. Cette pureté est, néanmoins, toute
relative, car il est déjà très mêlé d'arabe, et les personnes
familiarisées avec cette langue pourront juger, par la
proportion des mots arabes qu'elles y rencontreront, de
celle que renferment les autres dialectes réputés plus
altérés. Elles pourront également remarquer que les
racines arabes sont souvent dénaturées et détournées de
leur signification.
Ce dialecte est compris des populations des deux ver-
sants du Jurjura et même de celles qui habitent l'Oued
Sahel et les montagnes à l'Est de cette rivière. On ren-
contre bien, dans certaines tribus, quelques variantes de
prononciation, mais on se rend vite compte des modifi-
cations qu'elles apportent dans le langage. Quant aux
divergences de vocabulaire, peu nombreuses du reste,
c'est une question de mémoire qui ne peut présenter de
difficultés réelles. Plus tard, lorsque le kabyle aura été
étudié dans les diverses localités où il se parle, on pourra
faire un dictionnaire général qui viendra en aide à la
pratique et aplanira les derniers obstacles.
Les lyaouaouen ou Zouaoua habitent les contreforts
— XXII —
les plus élevés du versant Nord du Jurjura, près du coude
que fait la crête de cette chaîne en s'abaissant vers la mer,
dans la direction du Nord-Est. Ils occupaient déjà les
mêmes positions à l'époque d'Ibn Khaldoun qui cite,
comme les tribus les plus marquantes des Zouaoua ''^ : les
Béni Idjer, Béni Menguellat, Béni Itroun (il faut lire Béni
Betroun), Béni Yenni, Béni bou B'ardan, Béni Itourar',
Béni bou Youcef, les Béni Chaib (lisez Béni bou Chaib),
les Béni Eïci, les Béni Sadk'a, les Béni Ghobrin (lisez Béni
R'oubri) et les Béni Guechtola (lisez Guechtoula).
Ces tribus sont voisines, en efïet, des Zouaoua ; mais,
de nos jours, elles n'appartiennent pas toutes à leur confé-
dération qui ne se compose, d'après eux, que des tribus
suivantes :
Aith Ouasiff, AitJi bon Akkach, Aith lenni, Aith Bon-
drar, Aith Ak'bil, Aith bon Youcef, Aith Mengueîlath,
Aith Attaf.
Les quatre premières formant la K'bila des Aith
Bethroun, et les dernières la K'bila des Aith Mengueîlath.
A mesure qu'on s'éloigne du Jurjura, les Kabyles don-
nent le nom de Zouaoua aux tribus qui les séparent de la
confédération que nous venons d'indiquer. C'est ainsi que,
pour les Guechtoula, les Béni Sedk'a sont des Zouaoua, et
que les Guechtoula, à leur tour, reçoivent le même nom
des Plissa et des Béni Khalfoun. Un Kabyle des Alouzaia
ou des Béni Menacer comprendra sous la dénomination
(1) Tome I, page 256 de la traduction de M. le baron de Slane.
— XXUI —
de Zoiiaoua toutes les tribus à l'Est de Tisser. Il est donc
bon d'être fixé sur la valeur véritable de ce nom.
Je me suis renseigné, autant que possible, auprès des
nombreux Kabyles avec lesquels mes fonctions me mettent
journellement en rapport; mais la présence au Bureau
politique des affaires arabes de Si Said ben Ali, de la
tribu des Aitb Boudrar, et interprète kabyle, m'a été
surtout très utile. Avec lui, j'ai pu donner plus de suite
à mes recherches, et sa connaissance de la langue arabe
écrite m'a permis d'obtenir de lui des indications que
j'aurais en vain demandées à ses compatriotes moins
lettrés.
Pendant le cours de mon travail, M. Bresnier, profes-
seur d'arabe à la chaire d'Alger, a bien voulu m'éclairer,
avec une inépuisable complaisance, des excellents conseils
de sa longue expérience et de sa profonde connaissance
de la grammaire générale des langues. Je ne saurais lui
en exprimer assez vivement ma reconnaissance.
Qu'il me soit permis, également, d'offrir Fexpression de
ma gratitude à M. le Colonel de Neveu, chef du Bureau
politique des affaires arabes, pour les encouragements
bienveillants qu'il n'a cessé de me donner, et les moyens
d'étude qu'il a toujours cherché à mettre à ma disposition.
Je ne me fais pas illusion sur la valeur de cet ouvrage,
qui n'est qu'un essai, comme son titre Tindique. Je n'ai
pas la prétention de le croire complet, encore moins
exempt d'erreurs. Tel qu'il est, néanmoins, peut-être
pourra-t-il servir de point de départ pour une étude plus
— xxiv —
approfondie du kabyle, et même des autres dialectes
berbers. S'il atteint ce but, je croirai encore avoir fait une
chose utile, et je ne legretterai ni le temps que j'y ai
consacré, ni le travail qu'il m'a coûté, travail dont les
personnes habituées à recueillir des renseignements des
Indigènes pourront seules apprécier les ennuis et les
fatigues. J'espère, du reste, qu'on voudra bien me tenir
compte des ditïîcultés de la tache et de la nouveauté d'un
sujet qui n'avait pas encore été traité. Si, plus tard, lorsque
de nouvelles recherches auront élargi le champ des études
berbères, on me reprochait l'imperfection et l'insuffisance
de mes premiers essais, je pourrais répondre avec Mon-
taigne :
« Il n'est que de trouver le bout du fil, on en desvide
» tant qu'on veult, et y a plus loing de rien à la plus
)) petite chose du monde, qu'il n'y a de celle-là jusques à
)) la plus grande. » (Essais, liv. III, chap. xi.)
Alger, mars 1838.
ESSAI
GRAMMAIRE KABYLE
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
DU MODE DE TRANSCRIPTION ADOPTÉ DANS CET OUVRAGE
Les Kabyles ont eu peut-être jadis un système d'écriture
analogue à celui qui s'est conservé chez les Touareg, mais
ils en ont perdu tout souvenir, et l'on ne peut faire à cet
égard que des conjectures. L'introduction de l'islamisme
parmi eux, en rendant obligatoire l'étude du Coran, leur a
fait connaître l'écriture arabe. Plus tard, les marabouts et
tous les gens qui se livrent à l'étude, ne pouvant s'occuper
que des connaissances déjà acquises par les Arabes,
puisque, selon la doctrine musulmane, toute science
humaine émane du Coran, ont été forcément amenés à
adopter la langue et le système graphique des Arabes. Par
suite, l'ancienne écriture, peu répandue, sans nul doute,
si elle existait, a du être bientôt abandonnée. Peu à peu,
elle est tombée dans l'oubli, et, depuis longtemps, la
langue kabyle n'a pas de caractères à elle propres pour
représenter ses sons. Les gens qui la parlent empruntent
à l'alphabet arabe ses caractères , lorsqu'ils veulent
1
2
exprimer par ccril leurs idées dans leur langue, ce qu'ils
ne font, du reste, que très rarement, et toujours avec une
certaine répugnance. Le kabyle, disent-ils, se parle et ne
s'écrit pas ; et, en effet, chacun employant ces caractères
étrang-ers, sans règle fixe et de la manière qui lui paraît le
mieux représenter les sons, il en résulte une absence
complète d'orthographe, qui rend le plus souvent inintel-
ligibles les écrits kabyles pour tout autre que celui qui en
est l'auteur. Aussi arrive -t-il très fréquemment que
lorsqu'un Kabyle, pour une raison ou pour une autre,
écrit dans sa langue à un de ses compatriotes, le destina-
taire ne peut pas lire la lettre.
On comprend aisément qu'il doit en être ainsi , en
examinant de combien de manières différentes les mêmes
sons voyelles d'une langue étrangère peuvent être repré-
sentés au moyen des caractères arabes <*'.
Le son A peut, en effet, se représenter de quatre
manières :
1" Par un hamza surmonté d'un fatlia (^);
2° Par un alif de prolongation ( ' ) ;
3° Par un fatha placé sur la consonne qui forme syllabe
avec le son A ;
4° Par un ya (^).
Le son I se représente :
1° Par un ]ann:a affecté du kesra ( ^ ) ;
2'^ Par un kcsra sur la consonne qui précède ce son ;
3° Par un ya (^).
(1) Je suppose que le lecteur connaît au moins la forme et la valeur
des caractères arabes.
Le son OU se représente ('.ualemenl de trois manières :
1° Par un hamza affecté du dhamma ( ^) ;
2° Par le dhamma sur la consonne ;
3° Par un ouaou (^ ).
Si, à ces causes de confusion, on ajoute l'habitude prise
des Arabes de ne pas indiquer les voyelles, et d'autres
encore, comme, par exemple, de remplacer par un lam ( J)
la première consonne des mots où se trouvent placées
consécutivement deux lettres solaires arabes, on se fera
une idée des difficultés de lecture des écrits kabyles.
Ces difficultés, qu'on ne pourrait éviter qu'en se posant
des règles de convention, c'est-à-dire en créant une
orthographe fictive dans laquelle on risquerait souvent de
s'égarer, m'ont fait renoncer à l'idée d'employer les
caractères arabes pour représenter les sons de la langue
kabyle.
Nous sommes à la vérité forcés, en nous servant des
lettres françaises, d'avoir recours à des signes de conven-
tion pour représenter les caractères arabes dont le son se
trouve en kabyle ; mais la langue kabyle a aussi des sons
qui n'existent pas en arabe, et pour lesquels on est obligé
d'employer des caractères également de convention. Le
mode de transcription au moyen des caractères arabes ne
dispenserait pas, d'ailleurs, de la transcription française :
ce serait donc un double travail, sans utilité pour le
lecteur, puisque chacune des deux méthodes n'offre pas
plus de garantie d'exactitude que l'autre.
La langue kabyle, telle qu'elle se parle aujourd'hui, est
si mélangée de mots arabes, que, naturellement, tous les
sons de l'alphabet arabe s'y retrouvent. Quelques-uns,
cependant, de ces sons se reproduisent assez rarement
pour faire douter qu'ils soient d'origine kabyle. Mais le
moment n'esl pas encore venu où l'on pourra se prononcer
à cet égard ; il faut, je pense, que les divers dialectes
berbers aient été auparavant appris par la pratique,
étudiés avec soin et comparés entre eux.
Les Kabyles n'ayant pas d'alphabet, je me suis attaché
surtout à reproduire les sons aussi exactement que pos-
sible, sans, toutefois, me flatter d'avoir toujours réussi.
Pour les sons de l'alphabet arabe que nous n'avons pas en
français, j'ai adopté les signes conventionnels suivants :
(1)
^
th
z
h'
t
kh
m i
d'
J.
e
u^
ç
J*
d/i
t
â.
t
r'
^
k'
s
h
(1) Le son de cette lettre est exactement celui du tli anglais dur,
dans les mots t/)in/,\ thi.flc J'ai cru devoir le représenter par î/>, qui
rappelle un son déjà connu.
(2) Il est essentiel, en kabyle, de faire la distinction entre ce son et
celui du (/ ordinaire; c'est pourquoi je l'ai indiqué par un accent.
Outre les sons de ralphabet arabe, les Kabyles ont
encore les suivants :
1° Le son du J, qu'ils représentent par -^ , et qui est
exactement reproduit par notre J ;
^
2° Le son du G, qu'ils indiquent par S . Je l'ai repré-
senté par notre G, et, pour éviter la multiplication inutile
des voyelles, j'ai supposé que le G serait toujours dur. On
devra donc prononcer (]P, gi, comme s'il y avait giic, gui ;
3° Le son tch, qu'ils représentent tantôt par ~ , tantôt
par ij^. Je n'ai pas adopté de signe particulier pour ce
son qui est facilement rendu par nos lettres françaises ;
4° Le son du ch allemand, qu'ils représentent par -S' ''>.
J'ai dû désigner aussi ce son par K, ponr éviter la
confusion avec le ch ordinaire dont il s'éloigne plus que
du K. Ainsi, dans le mot kabyle ::ik, qui signifie bientôt,
de bonne heure, le K doit se prononcer comme le ch dans
le mot allemand sich. Ce son est, du reste, assez peu
fréquent en kabyle pour qu'on puisse laisser à la pratique
le soin d'apprendre les mots où il se trouve.
Dans la transcription française des mots kabyles, l'S
devra toujours être prononcé dur, et jamais comme Z.
Ai devra être prononcé comme s'il y avait un tréma sur
l'I, (II.
(1) Cette manière particulière de prononcer le A' est, je pense, toute
locale. Dans le dialecte des Touareg, on retrouve le mot v/A, et le k
y a la prononciation ordinaire.
— 6 —
Remahque *''. — Le B devant certaines articulations
fortes, comme ou et dh , par exemple, prend un son
emphatique, qui est à celui du B ordinaire ce que le son
du fjs est à celui du ^ ; est-ce une lettre particulière, ou
l'emphase n'est-elle due qu'à l'influence des articulations
fortes? J'incline vers cette dernière opinion, et, dans
l'incertitude, je n'ai pas adopté de signe particulier pour
ce son, qui est indiqué par les Kabyles par le v^ ordinaire.
On en aura un exemple en faisant prononcer par un
Kabyle les mots ibouid, il a apporté, ebbodhcr', ibbodii,
je suis arrivé, il est arrivé.
PARTICULARITES DE L EUPHONIE EN KABYLE
Avant de commencer l'étude de la langue kabyle, il est
bon de connaître certaines particularités euphoniques,
dont quelques-unes se représentent très fréquemment.
Lorsqu'on n'est pas prévenu à l'avance, on risque de
perdre beaucoup de temps en cherchant à s'en rendre
compte ; nous allons donc indiquer ici celles que nous
avons observées.
(1) Dans la prononciation de tjuelques mots, les Zouaona donnent
au B un son qui se rapproclie de celui du V. C'est une nuance de
prononciation peu sensible, du reste, et dont nous avons des exemples
en France. Il n'y a pas lieu, je crois, de s'y arrêter.
.Te n'ai trouvé le son du V bien accentué que dans le Temaiir't de
R'edamés, par exemple dans les mots suivants :
Arina,
datte.
Tacinaout.
dattier.
Tadeccot,
bague.
Tacest,
petit sabre.
Arercn.
farine.
Eœdh.
uuit.
— 7 —
1° Lorsque le th est précédé criin X ou iriin L, il prend
toujours le son du T dur.
Exemples :
nr'an t, pour nr'aii th, ils ont tué lui.
ageUid' ne temourth, pour agellid' ne themourth, le
roi du pays.
argaz ne temet't'outh, pour argaz ne thcmet'l'outh, le
mari de la femme.
thamellalt, pour thamellalth, œuf.
thar'iouU, pour Ihafioullh, ânesse.
Dans plusieurs tribus de l'Oued-Sahel, chez les Beni-
Abbès, par exemple, le /// prend encore le son du T dur
après le ch, \s et le J ; mais les Zouaoua lui conservent le
son ordinaire.
2'' Si le tli est précédé d'un d' ( - ) , les deux sons, en se
combinant, donnent le son du T dur ; souvent même, les
deux lettres prennent le son du T dur devant le nom
féminin.
Exemples :
atefkedh, pour ad'thefkedh, tu donneras.
argaz a temet't'outh ia, pour argaz ad'themel't'outh is,
l'homme et la femme de lui.
thagi ettamdint ougellid', pour thagi ad'thamdint
ougellid', celle-ci, c'est la ville du roi.
3° Si le tJi est précédé d'un dh (<_/=), il résulte de la
combinaison des deux sons, celui du f emphatique (is).
Exemples :
thefkiC , pour thefkidJi //^ tu as donné lui, tu l'as
donné.
tkajah'nif, pour thojalùiidh (h, petite queue.
4° Deux th qui se suivent donnent le son du T dur.
Exemple :
uiir tefkidli ara, pour our th thcfkidk ara, tu ne l'as
pas donné.
5° Lorsque deux dh se suivent, ils se changent généra-
lement en r (is ).
Exemple :
bel't'oii, partage, pour hcdhdhou, venant de cbdhou,
partager.
Les deux lettres fortes (/// {^j=) et t' (i=) se changent
très souvent l'une dans l'autre. Dans beaucoup de localités,
à Bougie, par exemple, on emploie le t' partout où les
Zouaoua se servent du dit .
6° Le (/', devant un /^ prend le son d'».
Exemples :
annaf. nous trouverons, pour ad'naf.
anncfk, nous donnerons, — ad'iiefk.
7° L'S prend souvent le son du z, surtout lorsqu'il doit
être placé au commencement d'un mot où se trouve un j.
Exemples :
zenz, vendre, pour scuz.
zebzeg, mouiller, — sebzeg .
zell azekka, après-demain, — seldazekka.
8° Lorsque deux sons I se rencontrent, l'un d'eux se
change généralement en (j .
Exemples :
ai goufa, il a trouvé, pour ai ioufa.
ai gella, il a été, pour ai illa.
g irgazen, des hommes, pour ii irgazen.
achhal ai g ezgaren, combien de ba:>ufs, pour achlial
aiizgarcn.
9° Lorsque deux sons ou se rencontrent, l'un d'eux, et
quelquefois tous les deux, se changent ordinairement en B.
Exemples :
ibouid, il a apporté, pour iououid.
ibbodii, il est arrivé, — iououdli.
bourgaz, de l'homme, — ouourgaz.
Chez les Beni-Abbès, c'est en G que se change le son ou ;
ainsi, ils disent g ourgaz, au lieu de b ourgaz .
Dans beaucoup de tribus, le son ou ne change pas. Chez
les Zouaoua même, ce changement du son ou en B n'est
pas général, car ils disent ououther' , j'ai frappé, iououth,
il a frappé.
— 10 —
10° Lorsque deux R' ( -•' ) doivent se suivre, ils se
changent en K'.
Exemples :
nek'k'er', je tue habituellement, pour ncfr'ef.
rck'k'er', je brûle habituellement, — rcr'r'er'.
En i^''énéral, les deux sons R' et K' se changent souvent
l'un dans l'autre.
11° Le D et l'L, l'L et l'R se confondent quelquefois ;
ainsi elli et cldi signifient également ouvrir, et s'emploient
l'un pour l'autre. On dit zell azckka pour scld azekka ; —
armi ou aluii, jusqu'à.
12° L'M et l'N se confondent aussi quelquefois; endi et
emdi signifient tous les deux : tendre un piège ; le premier
se dit chez les Zouaoua, le second à Bougie.
13° Le B se change quelquefois en Z.
On dit azzoïKj, humidité, pour abzomj, dérivé de ebzeg,
être humide.
14° Le B, précédé de Is, devient souvent A.
Exemples :
tsaddcd'cr\ je me tiens debout habituellement,
pour hheddcd'cr\
tsageser', je me ceins les reins habituellement,
pour Isclxjcsrr' .
tsazegef, je suis mouillé habituellement,
pour Hchzcgcr\
— 11 —
15° Lorsque, par la forme d'un mol, le //* précède un S,
il en résulte quelquefois le son de ts.
Exemple :
tsedhila, action de raser, pour Ih scCila .
Dans cet exemple, le T' s'est changé en dli.
16° Le th est remplacé, dans beaucoup de localités, par
ts, et même, chez les Zouaoua, on trouve souvent ts pour
//*, surtout à la fin des noms féminins.
17° Lorsque ts est suivi de dh, il en résulte souvent le
son du T' (Ij).
Exemple :
Vafarcf , je suis habituellement, pour ts diuifarer'.
18° On rencontre des exemples du ch changé en T,
comme ketdicmer', j'entre habituellement, pour kechche-
mef ; et du D changé en B, comme a6(/o?/:r, pilon, pour
addouz, dérivé de eddez-, piler.
Tous ces faits rentrent dans l'analogie euphonique de
presque toutes les langues, et n'ont rien qui puisse nous
étonner. Ne voyons-nous pas, par exemple, en français,
le D prendre le son et la forme des consonnes qui le
suivent, dans les mots : apporter, pour adporter, afférent,
pour adférent ; et en arabe, le lani de l'article prendre le
son de toutes les lettres solaires ?
— 12
OBSERVATION GENERALE
11 est très difficile de fixer l'orthographe d'un grand
nombre de mots, à cause des sons voyelles qui se rap-
prochent plus ou moins de Ve muet, suivant la position
du mot dans la phrase, et même suivant l'individu qui le
prononce. On ne sera donc pas étonné de voir certains
mots écrits tantôt par un a, un i ou un ou, et tantôt par
un e. Par exemple : {hamd'iiit et themd'int, tliawct't'outh
et thcmet't'outh, anjaz et cvijaz.
La pratique seule peut faire apprécier la valeur de ces
sons.
LIVRE PREMIER
DU NOM, DU PRONOM ET DE LA QUALIFICATION
CHAPITRE PREMIER
DU NOM
Les noms kabyles ont deux genres : le masculin et le
féminin ; — deux nombres : le singulier et le pluriel.
La presque totalité des noms masculuis singuliers com-
mence par un des sons voyelles a, e, i, ou. Ceux qui
s'écartent de cette règle sont très rares.
Les noms masculins pluriels commencent généralement
par le son I. On trouve cependant les exceptions suivantes :
1** Les noms commençant par ou au singulier conservent
ordinairement ce son au pluriel.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
oud'em,
visage,
oud'emaouen
oui,
cœur,
oulaoun.
ouchchen,
chacal,
ouclichanen.
ougel,
dent incisive,
ouglan.
ouchchai,
lévrier.
ouchchain.
orner,
palmier
nain,
ousran.
- 14 -
i" D'autres noms singuliers, ne commeneant pas par
ou, prennent ce son initial au pluriel.
Singulier
(ISS,
Exemple
jour,
Pluriel.
oussan.
3° Un certain nombre de noms masculins singuliers
commençant par le son 1, le changent en A au pluriel.
Exoniples :
Singulier.
Pluriel.
ichch,
corne,
achchioun
iken ,
jumeau,
akniouen.
ikcrri,
mouton.
akraren.
inzer,
nez,
anzaren.
ichcher,
ongle,
achcharen.
ifer,
feuille, aile,
afrioun.
idh.
nuit,
adhan.
4° D'autres, commençant par A, conservent ce son au
pluriel.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
aoual,
mot,
aoualen.
(iggour,
mois.
aggouren.
aroui,
porc-épic.
arouien.
aloudh,
boue.
aloudhen.
akli,
nègre,
aklan.
œil.
allen, yeux.
eau,
aman (coii. piur.
— 15 -
J.es noms féininiits coiniiiencent par un ih, au siiiji^'ulier
et au pluriel.
Il y a quelques exceptions très rares, comme illi, fille;
issi, filles ; oultema, sœur ; inHcthma, sœurs ; oulU, brebis '•'.
Les sons initiaux des noms kabyles ont une valeur qu'on
ne peut méconnaître.
Je ne pense pas qu'ils représentent les modifications de
Tarticle, mais je suis disposé à les regarder comme servant
à indiquer les genres et les nombres des substantifs.
(1) Cette reproduction des mêmes sons aux places qu'occupe ordi-
nairement l'article, porte naturellement à regarder les- lettres qui
représentent ces sons comme les modifications de l'article pour le
masculin, le féminin et le pluriel des deux genres.
L'usage de placer ces mêmes lettres devant les mots que le kabyle
emprunte à l'arabe semblerait venir à l'appui de cette opinion ; ainsi,
du mot arabe hammal (f^L^s^) portefaix, on fait en kabyle ahammal,
pluriel ihammalen ; de mcdina (iJv.oJsai) ville, on fait tliemdint, pluriel
titimdinin.
Si l'on ne met pas ces initiales kabyles, c'est l'article arabe lui-même
qu'on emploie. — Ex. : themourtli el //ebail, le pays des Kabyles.
Cependant, on ne fait pas, eu kabyle, la distinction de l'article déter-
miné et de l'article indéterminé. Le mot argas, par exemple, signifie
en même temps l'Iiomme et un homme ; ii'(jcuen, les hommes et des
hommes.
Exemples :
argaz enni diousan id/ielli, Vliomme qui est venu bier.
arga^ Ma isda emm.is, un homme existait, il avait un fils.
zerir' arfjaz enni ini-'an arjellid', j'ai vu l'Itomvie qui a tué le roi.
serir' ai'gas d'eg oubrid', j'ai vu un homme sur le cbemin.
zerir' irgasen enni diousan, j'ai vu les hommes qui sont venus.
zerir' irgazen d'eg ouhrid', j'ai vu des hommes sur le chemin.
L'idée partitive ne se rend, en kabyle, par aucun mot.
Exemples :
efk iy ar'eroum, donne-moi du pain.
isâa iserd'ian, il possède des mulets.
L'article, s'il existe, n'a donc pas, en kabyle, la valeur qu'on est
habitué à lui attribuer dans les autres langues.
— 16 —
Je crois donc que
1° Le signe distinctif du substantif masculin sin/i'ulier
est le son A, qui se conserve toutes les fois qu'il n'est pas
euphoniquement influencé par une voyelle qui le suit.
2° Le signe du substantif masculin pluriel est I, initial.
Ce n'est que par exception que les pluriels des noms
masculins commencent par un autre son.
3° Le signe distinctif du substantif féminin singulier et
pluriel est le th initial.
Remarque. — A l'appui de cette opinion , je ferai
observer qu'on retrouve ces sons avec les mêmes valeurs
dans les pronoms suivants :
ouagi,
celui-ci ;
ouahi.
celui-là.
ouigi,
ceux-ci ;
ouihi,
ceux-là .
îhagi,
celle-ci ;
thahi,
celle-là.
tkigi,
celles-ci ;
thihi,
celles-là.
anoua,
quel ?
netsa.
lui.
anoui,
quels ?
nitheni.
eux.
enta o,
quelle ?
netsath,
elle.
enti,
quelles?
nilhenti,
elles.
Du
Genre
Il y a en kabyle, comme nous l'avons dit, deux genres :
le masculin et le féminin.
Le nom masculin singulier commence généralement par
un des sons a, e, i, ou.
(1) Les mots enta, enti, nithenti, sont pour entha, entin, nit/ienthi. —
Voir page 7.
- 17 -
Pour former It^ fi' in in in sinfjidicr, on met un ih devant
le nom masculin et un autre à la fin.
Quelquefois, le tli final devient ts. Dans certaines loca-
lités, c'est même la règle générale.
Exemples de féminins :
Masculin.
F'éminin.
amr'ar,
vieillard,
thamr'arth.
abarer',
renard.
Ihabarerlh,
amcrgou,
g-rive.
thamergouts.
igider,
aigle,
thigiderth.
agoujU,
orphelin.
tliagoujilt.
agendouz,
veau,
tliagendouzth.
ascrd'oun.
mulet.
thaserd'ount.
ak'joun,
chien.
tJiak'jount.
Hkbir,
pigeon,
thithbirth.
inisi,
hérisson.
thinisith.
izirdi,
raton,
thizirdilh.
ouchchen,
chacal,
thouchchent.
ouchchai,
lévrier,
thouchchaith.
ar'ioul,
âne.
tharioull.
Quelques noms de femelles se forment aussi par la
terminaison a, mais ils sont rares, et, le plus souvent, le
féminin régulier par lli final existe en môme temps ; ainsi :
agerfiou, corbeau, fait au féminin tJtagerliouth et tliagerfa.
Beaucoup de noms féminins, cependant, ne se terminent
pas par le th ; les terminaisons a et i surtout sont très
— 18 -
Iréquenlcs. Mais il esl à remarquer que la plupart de ces
noms, ne caractérisant aucun sexe, n'ont pas de masculin.
thimes,
thizi,
tlnirsi,
thiziji,
///////,
thiziri,
îluira,
1 1l al a,
tham,
thagersa,
thamfem,
thamegra,
thomer,
themelell,
therzeg,
thefeses,
thisemin,
Exemples :
feu.
col, dépression de terrain.
nœud.
foret, broussailles.
trou.
clair de lune.
vigne.
fontaine.
foie.
soc de charrue.
noce.
moisson.
vieillesse.
blancheur.
amertume.
légèreté.
envie, jalousie.
Ces exemples, qu'on pourrait multiplier, montrent qu'en
kabyle, comme dans les autres langues, le genre féminin
n'est pas exclusivement attribué aux êtres femelles :
l'usage seul peut apprendre de quel genre est un nom.
Mais lorsqu'on entend prononcer un nom kabyle, il ne
peut y avoir incertitude sur le genre. S'il commence par
— 19 —
un des sons a, c, i, ou, il est masculin ; si c'est par lit, il
est féminin.
Comme dans toutes les langues, un certain nombre de
masculins ont pour féminins des noms d'une origine diffé-
rente, ou qui sont les féminins de noms oubliés dans le
pays.
Exemples :
argaz ('^ homme,
azgar, bœuf,
aâoud'iou, cheval,
ikerri, oufrik, mouton,
izem, lion.
tJiamet't'outh, femme .
thafounast '-), vache.
thagmartli '-', jument.
thikhsi, brebis.
thasedda '•'', lionne.
ih'aik'el, perdrix mâle, thasekkourt , perdrix femelle.
ak'elouach, bouc, thafaV, chèvre.
(1) Le mot arfia<. prononcé arcl/aj par les Béni Mzab, vient, je crois,
du verbe ei-fies ou orgcc/i, marcher, employé encore par les Touareg. Il
signifierait alors un piéton, et ce ne serait que par extension que les
Kabyles et les Béni Mzab l'auraient employé pour désigner l'homme,
de même que, dans beaucoup de localités de l'Algérie, les Arabes ont
donné le même sens au mot terras { ^\j J).
Les Touareg appellent l'homme aies, et les Zenatia du Touat aougid.
Dans le dialecte des Touareg, le mot piéton se traduit par amergaz ou
amergach.
(2) Les mots afounas et aijmar sont encore employés par les Chaouia,
pour désigner le bœuf et le cheval.
Les Béni Mzab, les Béni Menasser et quelques tribus des environs
de Sétif appellent le cheval iis. Ce mot paraît être son vrai nom en
berber. Les Touareg l'appellent ais.
(3) Thasedda vient sans doute de l'arabe ased.
— 20 -
Des Nombres
II y a en kabyle deux nombres : le singulier et le pluriel.
SINGULIER
Dans le nombre singulier kabyle, on doit distinguer :
1*^ L'idée collective du genre ou de l'espèce, comme :
Exemples :
dzemmour, l'espèce olivier greffé.
aslen, le frêne .
oulmou^^\ Forme.
ouffal, espèce d'ombellifères [fonda firulago]
thaidJa, le pin.
thid'ekth, lelentisque.
2° L'idée d'individualité, comme :
Exemples :
thazemmourth , un olivier greffé.
thaslent, un frêne.
tJioulmouts, un orme.
Ainsi qu'on le voit, l'idée d'individualité, dans beaucoup
de noms kabyles, s'exprime, comme en arabe, par la
forme féminine.
Les noms gcncrique.^ ou collectifs peuvent avoir la forme
masculine ou la forme féminine.
Les noms collectifs de la forme féminine sont en même
temps noms d'unité; ainsi, tJuiid'a signifie à la fois
(1) On remaniuera l'analogie de ce mot avec le mot latin ulinus.
— 21 —
l'espèce d'arbres appelée pin, el un pin en parliculier; on
dira donc :
thaid'a thcsegem d'i Ihcmourlh ennar'.
L'espèce pin pousse dans pays de nous.
et r'ouri thaid'a d'eg ourthi c iou.
J'ai un pin dans le jardin de moi.
Beaucoup de noms de substances et autres sont collectifs.
Exemples :
ou:.:al,
le fer.
aifki,
le lait.
ir'i,
le lait aigre.
akal,
la terre.
alim,
la paille broyée .
ir'lel,
la paille longue.
thad'out',
la laine.
ad'if,
la moelle des os,
thazarth,
les figues sèches
thagouth.
le brouillard.
thouga,
le fourrage.
thaoïda,
la fièvre.
Les noms collectifs, bien que représentant logiquement
l'idée du pluriel, sont singuliers par rapport à leur syn-
taxe ; on dira donc :
illa ouzcmmoiir at'as d'i (hcmoiirth en uoucn.
Existe olivier beaucoup dans pays de vous.
(Il y a beaucoup d'oliviers dans votre pays.)
thella thaid'a at'as.
Existe pin beaucoup.
(Il y a beaucoup de pins.)
(1) Ourthi, jardin, verger, en latin hortu.'<.
90
PLURIEL
Le pluriel des noms masculins peut se diviser en deux
grandes classes :
1° Le pluriel dont le signe caractéristique est N ajouté
à la fin du nom singulier ;
2° Le pluriel dont le signe caractéristique est le son A
placé, soit avant la dernière articulation, soit en rempla-
cement du son voyelle final du singulier.
Ces deux modes de formation, en se combinant entre
eux, donnent naissance à des formes secondaires où les
deux signes caractéristiques du pluriel se trouvent réunis.
RÈGLE GÉNÉRALE "'. — Lcs SOUS voijelles A, E, placés ail
commencemeyit des noms masculins singuliers, se changent
en I au jAuriel.
Nous avons indiqué plus haut, pages 13 et 14, les excep-
tions à cette règle.
PLURIEL PAR N FINAL
Cette forme est la plus générale de toutes ; elle s'applique
aux noms de toute espèce, et on pourrait l'appeler la forme
régulière du pluriel.
La terminaison N, qui caractérise cotte forme, devient,
suivant les besoins euphoniques de la prononciation, EN
ou IN.
/(l) Cette règle se trouve chez les Touareg, les Béni Mzab, les Chaouia,
les Zenatia du Touat : je n'ai trouvé d'exceptions que dans le Tema-
iir't de R'edamès, où 1'/ initial du pluriel est supprimé. Ainsi :
(ibrid, chemin, fait au pluriel berdan.
ar'il, bras, — r'ellen.
cdoKin. rliameau, — loutinnnn.
23 —
Lorsque le nom est terminé par une consonne, c'est
toujours EN,
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
aouar'zeniou,
ogre,
iouar' zenioun
agerfîou,
corbeau,
igerfioun.
amr'ar,
vieillard,
imr'aren.
argaz.
homme,
irgazcn.
azgar,
bœuf,
izgaren.
agoujil.
orphelin,
igoujilcn.
ak'elouach,
bouc,
ik'douachen.
akhkham,
maison.
ikhkhamen.
adhar,
pied, -
idharen.
asiouan,
milan,
idouanen.
asennan,
épine,
isennanen.
ctjedjig,
fleur,
ijedjigen.
arzaz,
guêpe.
irzazen.
amselai,
parole.
imselaien.
akhilouan,
ricin,
ikhilouanen.
amezzouf,
oreille,
imezzour'en.
ar'erd'a,
rat, souris,
ir'crd'ain.
agoud'ou,
tas de fumier,
igoud'ouin.
abek'si,
écuelle en bois,
ibek'siin.
ar'ilas,
panthère.
ir'ilasen.
iffis,
hyène,
iffisen.
ilemzi,
jeune homme,
ikmzicn.
addainin,
écurie,
iddaininen.
amnai,
cavalier,
imnaien.
abid'i,
burnous.
ibid'iin.
acherchour,
cascade.
icherchouren.
ad'far,
pierre,
id'r'aren.
ithbir,
pigeon,
itilbiren.
QLie](]ues pluriels prennent, par euphonie sans doute,
un th avant la terminaison EN, mais cette forme est rare ;
en voici des exemples :
Singulier.
Pluriel.
agouglou.
fromage,
igougloiithen.
agouyli,
id.
igouglilhcn.
arououri,
sureau,
irouourUhcn.
abek'k'a,
soufïlet.
ibek'k'athcn.
amcur'i,
combat,
imenr'itJio).
D'autres placent le son ou ou iou avant la terminaison EX.
Singulier.
ameksa,
berger,
ar'endja,
cuiller,
ichch,
corne,
ifer,
feuille,'
iken,
jumeau
agaoua.
homme
Exemples :
Pluriel.
imcksaoïien.
ir'endjaouen.
aclirhioun.
afrioun.
akniouen.
homme des Zouaoua, igaouaouen.
PLURIEL PAR A
Le pluriel par A consiste :
1^ A changer en A la voyelle i^'écédant la consonne
finale de certains singuliers.
Exemples
Singulier.
Pluriel.
aserd'oun,
mulet.
iserd'an
amckich,
chat,
imchach
2° A remplacer par A la roijclle finale de certains
singuliers.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
amer (j OU,
grive,
imerga.
azaglou,
joug.
izougla.
Les sons K et I, qui se rencontrent immédialement avant
la terminaison de quelques singuliers, se changent géné-
ralement en ou.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
abarer',
renard.
ibouraf
igid'er,
aigle,
igoud'ar
agazou,
grappe,
igouza.
APPLICATIONS DES PLURIELS
PREMIÈRE FORME DE PLURIEL P.\R A
Singulier. Pluriel.
ak'joun, chien, ik'jan.
ar'ioid, âne, ir'ial.
aouthoui, lièvre, iouthal.
abrouch, petit des animaux, ibrach.
adjed'àoun, poulain, idjediian.
ar'boub, hécasse, ir'bab.
ak'elk'oul, linot, ik'elk'al.
amk'erk'our, grenouille, inik^erk'ar.
azourket'Vif, merle, izourket't'af.
achlouh, lente, irhloli.
azagour, dos, izougar.
— 26 —
Singulier.
ak'aboub,
ak'amoum,
abagoiis,
ahàoiich,
ameddakoul,
agad'ir,
ajar'ir',
ih'aik'el,
enijel,
amad'af,
afarcz,
ar'anim,
asalas,
aiazidh,
araref,
ajajilC,
abbouch,
aârous,
amkan,
ajah'nidh,
amârouf,
ak'abouch,
asammcr,
bec,
bec,
ceinture,
insecte,
ami,
escarpement,
geai,
perdrix mâle,
ronce,
ronce,
jaune d'œuf,
roseau,
faîte,
coq,
meule de moulin,
flamme,
membre viril,
escargot,
lieu,
queue des animaux,
mendiant,
tas d'ordures,
versant dune montagne
exposé au soleil,
Pluriel.
ik'oubab.
ik'oumam.
iboufjas.
ibâacJi.
imeddoukal.
igoud'ar.
ijoiifaf .
ih'ouk'al.
inoujal.
imoiid'ar'.
ifouraz.
ir'ounam.
isoulas.
iiouzadh.
ir'ouraf.
ijoujah'.
ibbach.
iâouras.
imoiikan.
ijah'nadh.
imâmf.
ik'oubach.
isoummar.
DEUXIÈME FORME DE PLURIEL PAR A
Singulier.
athemmou,
azczzou,
meule de paille,
genêt épineux,
Pluriel.
ithemma.
izezza .
- 27 —
Singulier.
Pluriel.
azrou,
rocher, pierre,
izra.
acjoufjloii,
fromage,
ûjougla.
asafou,
tison,
isoufa.
amalou,
versant dune montagne
qui ne reçoit pas le soleil,
i moula.
asakoii,
sac de crin,
isouka.
asenfou,
tuyau pour la fumée,
isenfa.
amellazou,
affamé,
imeUouza.
amzouarou.
antérieur,
imzououra
aneijgarou,
postérieur.
ineggoura.
amerzagou,
amer.
imerzouga.
amezzallou,
homme qui prie.
imezzoulla.
PLURIELS COMBINES
1" Quelques noms forment le pluriel en changeant en A
la voyelle qui précède la consonne finale du singulier, et
en ajoutant la terminaison N.
Exemples :
Singulier. Pluriel.
a fous, main, ifassen.
if m, bras, crête de montagne, ir'allcil.
asiff, rivière, isaffcn.
iziuicr, agneau, izamarcn.
ouchchen, chacal, ouchclianen.
inzer, nez, anzaren.
ichchcr, ongle, achcharen.
aseglef, aboiement, iscglafen.
28
2° Beaucoup de noms singuliers terminés en I changent,
au pluriel, cet I en A et y ajoutent aussi la caractéristique N.
l'".xciiiplcs :
Singulier.
riuriel.
Ibki,
singe,
ibkan.
izi.
mouche,
izan.
?.S"/''/,
percnoptère.
i^r'an.
iUli,
laurier-rose,
m km.
ifri,
caverne,
ifran.
anagi,
témoin.
inagan.
aid'i,
chien,
iid'an.
akli,
nègre,
aklan.
ithri,
étoile.
ithran.
idi.
fiancé,
islan .
arjouni,
plateau d'une montagne.
igounan.
imcfifjidji,
nomade,
imcggidjan
ouiilii.
jardin, verger,
ourllian.
immr'i.
germe,
innuran.
3° D'autres noms terminés par une consonne forment
aussi leur pluriel par la linale combinée AN.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
agerz,
talon.
igerzan.
aourcz,
talon.
iourzan.
i ni rem,
figue sèche.
inirman.
ilef.
cochon, sanglier.
il fa n .
ougel,
dent incisive,
ouglan.
ouser.
palmier nain.
ousran.
iger c.
champ.
igran.
([) On remarquera l'analogie du mot if/rr avec le latin «f/c/-.
- 29 -
Singulior.
Pluriel.
azrcm,
serpent.
izerman.
ad bref,
sillon,
idiierfan.
abrid',
chemin,
iberd'an.
ir'zer,
ruisseau,
ir'ezran.
aglim,
peau.
igelman.
ajr'ed',
boyau, intestin,
ijer'd'an.
agechchoul,
gros soufflet,
igoiichlan.
icldem.
écorce d'arbre,
ichehua)) .
alr'oum.
chameau.
ilour'inan.
amzour,
bandeau de clieveux,
imezran.
amger,
faucille,
imegran.
azek'k'our,
pièce de bois,
izourcran
aglaf,
essaim d'abeilles,
igelfan.
ifker,
tortue,
ifekran.
azar,
nerf, racine.
izouran.
adhad',
doigt,
idhoud'an.
idh,
nuit,
adhan.
ass,
jour,
omsan.
Cette terminaison AN nous semble être produite, en
général, par les deux indices du pluriel A et N combinés,
parce qu'au féminin le th s'intercale entre l'A et l'N ; c'est
pour cela que nous ne la confondons pas avec les pluriels
exclusivement par N.
Il est à noter aussi que, dans les pluriels des noms
commençant par une voyelle suivie de deux consonnes,
comme azrem, ir'zer, aiyoïim, etc., les deux consonnes se
trouvent, au pluriel, séparées par un son voyelle eupho-
nique ; ainsi, l'on dit izerman, ir'ezran, ilour'man, etc.
On remarquera également que la voyelle pénultième se
change quelquefois en ou, comme dans izouran, idlioud'an.
- 30 —
4° Enfin, certains noms singuliers interposent le son OU
entre A et N du pluriel.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
izem ,
lion,
izmaoun.
ùem,
nom,
mnaoun.
oiuVem,
visage,
oud'emaouen.
inebgi,
hôte,
inebgaoun.
izirdi,
raton,
izirdiaoun .
inisi,
hérisson.
inisiaoun.
amouseni,
savant,
imousenaoun
imi,
bouche.
imaoun.
iri,
bord,
iraoun.
imet't'i,
larme.
imctl'noun.
oud'i,
beurre,
oud'aoun.
iddou,
singe,
iddaoun.
ibiou,
fève.
ibaoun.
afourk,
branche d'arbre,
ifourkaoun.
irf,
tête,
iffaoun.
oui,
cœur,
oulaoun.
îles,
langue,
ilsaoun.
On rencontre aussi le son ou placé devant la termi-
naison AN.
Exemples :
Singulier.
Pluriel.
aâzzi,
rouge-gorge,
iâzzouan.
azekka,
tombeau,
izekkouan.
igenni,
ciel,
igenouan.
azet't'a,
métier à tisser,
izedhouan.
- 31 -
PLURIEL FEMININ
Règle générale. — // se forme en plaeant th devant le
pluriel masculin, et en changeant en /.Y la terminaison N
ou EN, quand elle s'y trouve.
Exemples
Plur. masc.
Plur. fém.
iouar'zenioun,
ogres,
thiouaf zeniouin
igerfioun.
corbeaux,
thigerfiouin.
imr'aren,
vieillards,
thimrarin.
igoujilen.
orphelins.
thigoujilin.
isiouanen.
milans mâles.
tliisiouanin.
ilemzien.
jeunes gens,
tliilemziin.
imchach,
chats mâles.
t h imchach.
ihouraf,
renards mâles,
thibouraf.
igoudar.
aigles mâles.
thigoudar.
ir'ial,
ânes,
thir'ial.
iouthal.
lièvres mâles,
thiouthal.
imerga,
grives mâles.
thimerga,
imellouza,
affamés.
thimellouza.
imerzouga,
amers,
thimerzouga.
imzououra,
antérieurs,
thimzououra .
izamaren,
agneaux.
thizamarin.
ouchchanen,
chacals mâles,
thouchchanin.
inebgaoun,
hôtes.
thinebgaouin.
izirdiaoun.
ratons mâles,
thizirdiaouin.
iddaoun,
singes mâles,
thiddaouin.
akniouen,
jumeaux,
thakniouiti.
— M'? —
ExcEi'TION : Les pluriels masculins lorminés en AN
changent, au féminin, cette terminaison en athin.
Exemples :
Plur. masc.
ibkan,
isr'an,
inagan,
islan,
H fan.
singes maies,
pei'cnoptères mâles,
témoins,
fiancés,
codions mâles,
Uoitr'man, chameaux,
ik'jati, chiens,
iserd'an, mulets,
izerman, serpents mâles,
Plur. iém.
tJiibkathin.
thisr' athin.
thinaguthin.
tliialathin.
Ihilf athin.
thilour'mathm.
thik'jathin.
thmnV athin.
Ihizermathin.
Les substantifs féminins non dérivés de noms masculins
prennent, au pluriel, Tune des formes que nous venons
d'indiquer, sans suivre généralement de loi rigoureuse :
l'usage seul peut guider en cette circonstance.
Quelques noms féminins, cependant, ont des formes
plus précises.
Ainsi, par exemple, ceux qui sont terminés en A font
généralement leur pluriel en iouin ou ouin, et plus
rarement en oua.
Exemples :
Singulier.
thaourga,
thaoukka,
thameUa,
thaïe [sa,
thaninna,
tJiagerfa,
thaid'a,
tJiassam,
thanouga,
fourmilière,
ver,
tourterelle,
vipère,
faucon femelle,
corbeau femelle,
pin,
chevron,
Pluriel.
thiourgiouin.
thioukkiouin.
thimelliouin.
tJiih'fsiouin.
thi)(inn iouin.
thigerfiouin.
thiid' iouin.
thissariouin.
pince à l'usage des voleurs, thinougouin.
— 33
Singulier.
thakena '",
thar'ma,
thamd'a,
thasa,
thagersa,
thaiouga,
thamr'era,
thanichcha,
thabanta,
thad'ela,
thala,
tJiarga,
thara,
tharouka,
jumelle,
cuisse,
endroit dune rivière
profond et encaissé,
foie,
soc de cliarrue,
paire, couple,
noce^
silex,
tablier de cuir,
javelle,
fontaine,
conduite d'eau,
vigne,
quenouille.
I^luriel.
Ihakniouin.
ikar'miouin.
thimcd'oiiin.
Ihasouin.
ihigersiouin .
thiougiouin.
thimer'riouiii.
thinichchiouin.
thibantiouin.
tliad'eliouin.
thilioua.
thiregoiia.
thirioua.
thiroukouin.
Plusieurs noms féminins singuliers, terminés par i
et itJi, chang-ent cette terminaison en A.
Kxemples :
Singulier. Pluriel.
Iliizizouith, abeille, thizizoua.
Ihifeuzilh, sabot des bifurques, tJiifenza.
Ihaoujdith, poteau de bois, tltioujda.
l h a g ejd il h, i d . th ig cjda .
thargitJi, rêve, thirga.
thazaUith, prière, thizilla.
Ihik'ilit, goutte de liquide, Ihik'k'a.
thifli, trou, thifla.
tluzi, col, dépression de terrain, thlZZd.
thizgi, forêt, thizagoua .
(1) Lorsqu'un homme a plusieurs femmes, chacune d'elles est t/ia/îena,
par rapport aux autres.
3
- 34 —
Quelques noms féminins singuliers dont le dernier son
voyelle est ou, font le pluriel en changeant le th final
en a.
Exemples :
Singulier.
thainourtli,
thabbourlli,
thalouflh,
tJiagoust,
pays,
porte,
souci, chagrin,
cheville, piquet,
l'iui'iel.
thimoui-a.
thiboura.
thiloufa.
thigousa.
Remarque. — Il est bon d'observer
mots kabyles, est souvent consonne ; c'
se conserve dans les circonstances qui
raître s'il était voyelle.
Exemples ;
Singulier.
amaig,
ak'erroui,
agelzim,
agerthil,
l hait s,
thakhabith,
thazigraizth,
thaûrth,
tkaza'uih,
joue,
tête,
hache,
natte,
épaule,
jarre pour l'huile,
bergeronnetle,
moulin,
cep de vigne.
que ri, dans les
est pour cela qu'il
le feraient dispa-
Pluriel.
imouiag.
ik' ouvrai.
igclziam.
igerlhial.
Ihouiath.
thikhoubai.
thizigt'ouia:
tlii>iiar.
tliizouiar.
Enfin, plusieurs noms singuliers ont pour pluriels des
noms d'origine différente.
Singulier.
egma ''),
frère.
ou,
fils,
Exemples :
Pluriel.
athmathen.
ath, ailh.
• (1) Egma est formé de ag, fils, encore en usage chez les Touareg, et
de nid. mère.
— 35 —
Singulier.
Pluriel.
emmi,
fils,
arraou.
oultma (",
sœur,
issetkma.
ak'ckich,
enfant,
arme II et ik'chichm
thamcV t'ont II,
femme,
thoulaonin (-) et thi-
scd'nan.
thafounast,
vacbe.
thisitha, thistini.
adhouggal,
beau-père, b. -frère,
idhoulan.
thagmarth.
jument.
thir'aUin.
tbikhsi,
brebis.
oulli.
thazck'k'a,
maison,
thizcr'ouin.
un, '
fille,
issi.
thir,
œil,
allcn.
On dit aussi : tliattiouin, yeux.
Remarque. — In certain nombre de noms ([ue nous
sommes habitués à voir au sing-ulier en français, sont
pluriels en kabyle, comme :
aman, l'eau.
id'ammen, le sang-.
ibezdhau, ibechchan, l'urine.
ildain, la bave.
ilfdlian, la saleté.
irinui, la matière vomie, les déjections.
izzaii, idlicrgati, la matière fécale.
tliisomaf, la salive.
Le sing-ulier thasousiftli, de tliisousaf, salive, signifie
une partie de salive, un crachat.
(1) Oultma, formé de ouït, liUe, usité chez les Touareg, et de ma.
(2) Thoulaouin est le diminutif de oulaoun, cœurs.
— 36 —
DEPENDANCE DES NOMS
Les substantifs kabyles, bien qu'invariables dans leurs
désinences, présentent, dans l'emploi de quelques-uns
d'entre eux, une modification qu'il est important de
constater.
Celle modification n'a lieu qu'au singulier, dans la
plupart des noms subissant une influence et commençant
par a, pourvu qu'ils ne soient pas employés au vocatif,
ni comme régimes directs d'un verbe.
Elle consiste dans le changement de l'A initial en OU :
'O'
1° Toutes les fois que le substantif sujet de la propo-
sition est précédé, dans l'ordre de la phrase, d'un mot
quelconque.
Exemple :
ifka ias oiigcllid' id'rimcn.
A donné à lui le roi de l'argent,
(Le roi lui a donné de l'argent.)
2° Lorsque le substantif est placé sous l'influence de
certaines particules, notamment des prépositions h, i, seg,
plaçant le mot dans les rapports indiqués par le génitif, le
datif et l'ablatif des Latins.
Ce changement, joint à l'emploi des prépositions qui
indiquent les rapports les plus ordinaires, semble, au
premier abord, constituer une déclinaison qui n'existe
pas en réalité.
Ainsi, dans l'application de ce principe, le mot argaz,
homme, employé suivant les cas attribués à la déclinaison
latine, fera :
— 37 —
Nominatif. . .
OïOdZ (311 coinmencpmont
de la proposition!,
"iiomme.
ourgaz câpres un nioli, l'iiommo.
Génitif b ourgaz, de l'iiomme.
Datif i ourgaz, à l'homme.
Accusatif.... argaz, l'homme.
Vocatif ai argaz, ô homme.
Ablatif seg ourgaz, de l'homme.
Observation.s. — Les noms pluriels et tous les singu-
liers commençant par i et ou, ne chan,£;ent aucunement
leurs voyelles initiales.
Certains noms singuliers et tous les pluriels commençant
par A conservent le son A, en le faisant précéder de ou,
aux nominatif, génitif et datif.
Ainsi, à ces cas :
devient
asiff, rivière,
adhou, vent,
ass, jour,
alim, paille broyée,
akal, terre,
aggour, lune, mois,
aggouren, lunes, mois,
aman, eau,
aoual, aoualen, mot, mots,
akli, nègre, pi. aklan,
allen, yeux,
akniouen, jumeaux,
akraren, moutons,
adhan, nuits,
achchioun, cornes,
anzaren, nez,
achcharen, ongles,
afrioun, feuilles, ailes,
ouasiff.
ouadhou.
ouass.
oualim.
ouakal.
ouaggour.
ouaggourcn.
ouainaii .
ouaoual, ouuoualcn.
ouakli, ouaklan.
ouallen.
ouakuiouen.
ouakrarcn.
ouadhau.
ouachchioun.
ouanzaren.
ouachcbaren.
ouafrioun.
Du Génitif
Le rapport d'annexion, aiitremenl dit l'action d'un
substantif sur un autre (g-énitif des Latins), s'exprime des
manières suivantes :
GÉNITIF PAR B
Dans les noms commençant par A et OU, en plaçant
devant le substantif gouverné la préposition B, de, qui se
prononce ou dans beaucoup de localités et G chez les
Beni-Abbès.
Exemples :
(illcn b ouchchoi, les yeux du chacal.
fhasirth b ouadhou, le moulin du (à) vent.
ihimczlioulli b oudkiareïi, l'ég-org-ement des moutons.
oturrm b ourgnz, le visag-e de l'homme.
Le B indiquant le génitif paraît appartenir spécialement :
1° Aux noms commençant directement par OU, comme :
allen b ourlirhen, les yeux du chacal ; ourhrhen ,
chacal.
izouran b oui, b oiduoun, les veines du cceur, des
cœurs ; oui, cœur.
ajah'nidh b ouchchai, b ouchcJialti, la queue du lévrier,
des lévriers ; ouchchai, lévrier.
the^nelel b ougel, b ouçjlan, la blancheur de la dent,
des dents ; ougcl, dent.
thezouer b oud'em, b oud'emaoue)!, la rougeur du
visage, des visages ; oud'em, visage.
— 39 —
2° A ceux dont l'A initial se conserve avec ou de la
construction, comme :
thasiiih b ouadhou, le moulin de (à) vent ; ailliou,
vent.
aman b ouasiff, l'eau de la rivière ; asiff, rivière.
athemmou b oiialim, la meule de paille; alim, paille.
iraggoun b ouakal, les vapeurs de la terre ; nkal,
terre.
ir'fb ouaggour, le commencement du mois ; oggour,
mois.
ouglan b ouakli, les dents du nègre ; tihli, nègre.
iscnnanen b ouaroui , les piquants du porc-épic;
aroui, porc-épic.
3"^ Aux noms pluriels commençant par A et OU, comme :
thimediouth b ounkniren, l'ég-orgement des moutons ;
akraren, moutons.
oud'cmaoïien b oiiaknkmoi, les visages des jumeaux ;
akniouen, jumeaux. ,^^
thizct' b ouaman, la douceur de l'eau ; aman, eau.
ir'faoun b ouachrJiiuun, les extrémités des cornes;
adichioun, cornes.
ouglan b ouaklan , les dents des nègres ; aklan ,
nègres.
isennanen b ouarouien, les piquants des porcs-épics ;
arouicn, porcs-épics.
imeUaoun b ouallcn, les larmes des yeux ; allen, yeux.
asemmidli b ouadhan, le froid des nuits; adlian, nuits.
kera b oussan, chose de jours (quelques jours) ; oussan,
jours.
— 40 —
4° Aux noms masculins sin.2:uliers où l'A initial est
suivi de deux consonnes consécutives, comme :
oud'em b ourgaz , le visage de l'homme ; argaz ,
homme.
ihabbourllt b oukhkhani, la porte de la maison ;
aklikhinn, maison.
achrliioun b ouzgar, les cornes du bœuf ; azgar,
bœuf.
ajah'nidh b ouk'joini, la queue du chien ; ak'jonn,
chien.
ir'ill b ouzroii, la crête du rocher (nom de village) ;
(fzrou, rocher.
Ihouk'k^csa b ourzaz, la piiiûre de la guêpe; arzaz,
guêpe.
thilsets b ouzirni. la langue du serpent; azrcm, ser-
pent.
rich b ouijUm, le poil de la peau ; aglim, peau.
achchinrn b ountcliich, les grifïes du chat; amchich,
chat.
thikejjarin b oumk'crk'our, les pattes de la grenouille ;
amk'erk'oiir, grenouille.
ak'aboub b our'boub. le bec de la bécasse ; afboiib,
bécasse.
thigousa b ouchlouh, les piquets de la tente ; achlouh,
tente.
thour'mas b ouid'i, les dents molaires du chien ; aid'i,
chien.
imczzoïiren b ouoiilJioiil, les oreilles du lièvre ; nou-
thoul, lièvre.
thouddczd b ouoiizi, la mouture de la semoule ; aouzi,
semoule.
— 41 —
fhiiriklli h oiinnioi, la sello du cavalier ; (imuai, cava-
lier.
aith b oud'rar, les fils d»^ la monlag-nc (nom de tribu) ;
ncrray, montag-ne.
Remaroue. — L'I et l'OU sont très souvent consonnes,
ainsi que nous l'avons déjà fait observer pour l'I, page 34.
Exception. — Les noms dont la première consonne est
entre deux voyelles, comme aharef, renard; ascnl'oiui,
mulet, etc., ne prennent pas, en général, le B au génitif.
Exemples :
aj(Uiidh oi(b(irei-\ la queue du renard; abani' , renard.
thnbcrd'a ouftcrd'oun , le bat du mulet; aserd'oun,
mulet.
achchioun oulxclouach, les cornes du bouc ; ak'elouach,
bouc.
ir'fougendouz, la tète du veau; agcndouz, veau.
izouran oiifous, les veines de la main ; afom, main.
aman oucherchoiir, l'eau de la cascade ; acherchour,
cascade.
irsan oudhar, les os du pied ; adlinr, pied.
afthath oufarcz, le morceau du jaune d'œuf ; afarcz,
jaune d'œuf.
akraren oumekm, les moutons du berger; ameksa,
berger.
rich oujar'iy, les plumes du geai ; ajar'ir , geai.
aman ougelmim, l'eau de l'étang ; agelmim, étang.
ak'aboub ouk'clk'oid, le bec du linot ; ak'cWoul, linot.
Ihebrrek ougetfou, le noir du corbeau ; agerfiou, cor-
beau.
— 42 —
////::/ ouzrzzoK, le col du genêt épineux (nom de lieu) ;
(izczzou, g-en(M.
ihizi oiijaboub, le col du roseau (nom de localité);
(ijaboub, roseau.
lUouku oumalou, les Illoulen du versant qui ne reçoit
pas le soleil ; (nualoK, versant qui ne reçoit pas le
soleil.
lUouJen oiisammri\ les Illoulen du versant qui reçoit
le soleil ; (isaihniri\ versant qui reçoit le soleil.
GÉNITIF PAR G
Les noms singuliers et pluriels commençant par I sont
précédés, au génitif, du son (i, <pii, dans plusieurs localités,
se prononce ii.
Exemples :
ir'ill (j Ifri. la crête de la caverne (nom de village).
thafdlli ij ilhri, la lumière de l'étoile.
aniiin q ir'zcr, l'eau du ruisseau.
///// (j izi'ni, la gueule du lion.
thnnicfiiii (J i(jc)\ la moisson du cliamp.
Le (î s'applique spécialement aux noms d'une seule
syllabe, non compris l'I initial, et à ceux dont l'I initial
est suivi de deux consonnes consécutives.
Exemples :
Uni Q izrm, la gueule du lion ; izcm, lion.
Ihanicfira g igcr, la moisson du champ ; ifjcr, champ.
tltifcrranuin g izi, g izau, les ailes de la mouche, des
mouches; /r/, mouche, i zini , mouches .
rirh g ilcf, les soies du sanglier ; ilef, sanglier.
ouglan g uni, les dents de la bouche ; imi, bouche.
— 43 —
iKlJim (j ir'id'. la peau du chevreau ; ii'ld', clicvrcau.
ir'ffi irhch, le bout de la corne ; /(7((7/, corne.
oud'cw (j ikoi, le visag-e du jumeau ; ikcn, jumeau.
Ili((d'()}({' (/ ilis, la laine de la toison ; ilia, toison.
ir'faoun g idhnii, les tètes des chiens; idhan, chiens.
arioul g idh, l'âne de la nuit (nom de l'engoulevent) ;
idh, nuit.
Ihafath g ithri, g itlnriii. la lumière de rrtoile,,des
étoiles; ithri, étoile, illinni, étoiles.
ir'f g iffh, la tète de l'hyène ; iffis, hyène.
ir'faoK}) g iffisen, les tètes des hyènes ; iffisen, hyènes.
amrni g Ir'zer, l'eau du ruisseau ; ifzcr, ruisseau.
/7V7( g ilfdn, les soies des sangliers; ilfaii , sangliers.
idliarrii g ibki, les pieds du singe ; ihki, singe.
idhnrrii g iddnu, les pieds du singe; iddou, singe.
ak'amoum g iinr'ioiil, le bec du guêpier; imr'ioul,
guêpier.
ik'amoumeri g iinr' ionien , les becs des guêpiers;
imf ionien , guêpiers.
idhareri g ibk(ui, g iddaoun , les pieds des singes;
ibkau, iddaoun, singes.
irhlem g ifker, l'écaillé de la tortue ; ifker, tortue.
nsouhourri g itld^ir. le roucoulement du pigeon ;
ithbir, pigeon.
asoulwnrri g ithbire)i, le roucoulement des pigeons;
ithbiren, pigeons.
thamegm g igran, la moisson des champs; igran,
champs.
ir'lelg ird^en, la paille du froment ; ird'en, froment.
acheharen g imchach, les griffes des chats; imrJiach,
chats.
Les noms dont la première consonne est entre deux
voj'elles, comme iiiisi. hrrisson, i(fidcr, aigle, ne prennent
pas, en g-énéral, le G au génitif.
Exemples :
isnniancn inisi, les piquants du hérisson.
isctinanen ?/??.s?V/o)///, les piquants des hérissons.
aj((]niidh izinli, la queue du raton.
ijalÙKidh izirdiaonn, les queues des ratons.
afrioiin igider, les ailes de l'aigle.
nfnoun igoudar, les ailes des aigles.
(ikhkham inchgi, la maison de l'hôte.
alxhkham ificbgaouu, la maison des hôtes.
Hhrcui içicrnii, les étoiles du ciel.
ilhrcui igcnouaii, les étoiles des cieux.
aman ir'ezran, Feau des ruisseaux.
ichelman ifckran, les écailles des tortues.
Ujelman irid^cn, les peaux des chevreaux.
rich mouanen, les plumes des milans.
GÉNITIF PAR'N DANS LES NO.MS FÉMININS'''
Le génitif, dans les noms féminins singuliers et pluriels,
est toujours indiqué par N, prononcé, suivant les besoins
de l'euphonie, en ou ne, et placé devant le th initial de ces
noms qui a toujours alors le son dur.
(1) Chez les Touareg, l'N est la seule préposition employée pour le
erénitif.
Kxeinplos :
argaz ne temct't'outh agi, le mari de cette femme.
irgazen en toulaouin, les maris des femmes.
medden ne temdint, les gens de la ville.
aman ne temourth agi, l'eau de ce pays-ci.
thouk'k'esa ne tir'ird'cmth, la piqûre du scorpion.
thouk'h'esa ne lelefm, la piqûre de la vipère.
afrioun en timelliouin, les ailes des tourterelles.
GENITIF DES NOMS PROPRES D HOMMES,
DE VILLES, DE PAYS
Il s'indique en faisant précéder le nom propre gouverné,
par les sons a ou n, dont l'emploi paraît être subordonné
à l'usage.
Exemples :
argaz a Mouni, a Fathnia, le mari de Mouni, de
Fathma.
thameV t'ont II a Mohannncd, a Kassi, a Kaddour, la
femme de Mohammed, de Kassi, de Kaddour.
aûoud'iou ne Hassen, n Ameur, n Ali, le cheval de
Hassen, d'Ameur, d'Ali.
irgazen a Begaith ou ne Begaith. les hommes de
Bougie.
thoulaouin en Tonnes, les femmes de Tunis.
thoulaonin a Cosentina, les femmes de Constantine.
— 46 —
Devant les noms de tribus désignées par alh, ou aith,
c'est 1'// qui est employé pour le génitif.
i'ixcmplcs :
Ihoiilauiiiii II iiilh Abhi's, les femmes des Beni-Abbès.
injozcK n nth lioud'nir, les hommes des Beni-lioud'rar.
Avec cgiHd , frère, on emploie \ comme signe du
génitif.
Kxeiiiplc :
nào\i(Vin}{ il ripnii, \c cheval de mon frère.
Avec bnhii, père, et quelques autres noms commençant
par B, le génitif s'indique par M, modification euphonique
de l'N.
Exemples :
uklikluini cm babii, la maison de mon père.
aserd'oun em Bel Kasscni, le mulet de Bel Kassem.
Lu s'emploie aussi pour le génitif des pronoms.
Mxcmiiles :
/// oïL de moi.
iii l'Ii, iu cm. de toi.
in es, de lui, d'elle.
en }iar\ de nous.
en nouen, ini kuiDil. de vous.
eu SOI, en sent, d'eux, d'elles.
— 47 —
Du Datif et de l'Ablatif
Les cas correspondants au dalif et à l'ablatif des Latins
s'expriment : le premier, par la préposition / placée devant
le nom.
exemples :
Ifkn i onrgaz, i irgiizcn.
Il a donné à l'iiomme, aux hommes.
ith(nnetl'u^lll^,itJKn^laou^n,iizcï}l,ioubarer,i(yuakniollen.
A la femme, aux femmes, au lion, au renard, aux jumeaux.
oukli'cin tluirgii i ouaman.
Fais une rigole à l'eau.
Le second, par les i)répositions seg devant une voyelle
et si devant une consonne, ces prépositions sii^nifiant de
(ex des Latins).
Kxeinples :
iffer' seg oukltkhani, il est sorti de la maison.
effer'en seg ikhkhameit, ils sont sortis des maisons.
id\nnnien oazzrlcn seg inii oh, le sang a couru de la
bouche de moi (le sang a coulé de ma bouche).
}(oma d si themdinl, si thiiddurlli, nous sommes venus
de la ville, du village.
Remarque. — L'on qui précède Va initial des noms dont
nous avons parlé i)age 37, disparaît avec la préposition
— 48 -
scg de l'ablatif ; il so repoiie dans rinlérieiir de la pré-
position.
exemples :
ilJ'cr' soiiy iiiiiini, il est sorti de l'eau.
imettaoun ouzzclcn wug (tllcn is, les larmes ont couru
des yeux de lui (les larmes ont coulé de ses yeux).
isona soug aaiff, il a bu de (à) la rivière.
De l'Accusatif
On a fait observer que le nom à l'accusatif, c'est-à-dire
employé comme régime direct d'un verbe, n'éprouve
aucune modification.
Exemples :
inr'n (^^'g(f^'-, lliamcn'outh,
II a tué un liomme, une femme,
irgazcii, (houliiouin, izeni, akraren.
des liommes, des femmes, un lion, d(^s moutons.
Du Vocatif
Le vocatif s'indiipie par les particules di (ù), (i (o).
Exemples :
ni (irgdz, ni irgiizcn, ô homme, ô hommes.
Il IhiiiiH'l'l'ontli. Il llioiiliiouiii. O f(Mnme, ô femmes.
il Mnhiiiiil, Il hiibii, il .Ihiiicd, ô Mohamed, ô mon père,
ô Ahmed.
— 49 —
Du Diminutif
Le diminutif des noms masculins se forme comme le
féminin de ces noms, au singulier et au pluriel ; nous
n'avons donc rien à ajouter à ce que nous avons dit à
propos du féminin.
Les noms féminins ne prennent pas le diminutif.
L'usage du diminutif est très fréquent en kabyle ; il est
du reste employé, comme dans toutes les langues, pour
exprimer la petitesse ou la gentillesse.
Noms.
ir'zer, ruisseau,
ir'ezran, ruisseaux,
agemmoun, mamelon,
igcr, champ,
igran, champs,
agelzim, hache,
igelziam, haches,
acherchour, cascade,
icherchoureïi, cascades,
amezzouf , oreille,
imezzour'en, oreilles,
aniir, front,
ajedjig, fleur,
ijedjigen, fleurs,
Kxemples :
Diminutifs.
Iliirzertli, ruisselé t.
thir'zerathin, petits ruisseaux.
thagemmount, petit mamelon.
thigerth, petit champ.
thigerathin, petits champs.
thagelzimth, hachette.
thigelziam, petites haches.
thacherchourtli, petite cascade.
thicherchourin, petites cascades
thamezzourth, petite oreille.
tkimezzourin, petites oreilles.
thaniirth, petit front.
thajedjigtJi, petite fleur.
thijedjigin, petites fleurs.
— 50 —
Voici quelques diminulifs qui s'écartent de la rèii'le
ordinaire :
Noms. Diminutifs.
ichch, corne, thichchoiith, isiii aus&i thichchets,
petite corne.
azekka, tombeau, îhazekkaouth, petit tombeau.
ft(//md', doigt de la main, thcidhctd'ecJd , et thalfat, petit
doigt.
idhoud'an, doigts de la tliidhoud'achin , et thilCadhin ,
main, petits doigts.
am(/oM??, réservoir d'eau, thanulourlit, petit réservoir.
imdounen, réservoirs, tJiinidoucJii)!, petits réservoirs.
tliak'cwmoucht (^', petite bouche.
(i) Ce diminutif est sans doute celui de ah'amoum, bec.
CHAPITRE II
DU PRONOM
On peut diviser les pronoms kabyles en cinq classes :
1° Pronoms pcrsoniiels ;
2° Pronoms démonstratifs ;
3° Pronoms relatifs ;
4° Pronoms interrogalifs ; ■
50 Pronoms indéfinis.
I. — Pronoms personnels
Les pronoms personnels sont sujets ou régimes.
Lorsqu'ils sont sujets, ils s'expriment par des mots
isolés.
Quand ils sont régimes, ils consistent en des aiïixes
se joignant aux divers mots qui les régissent. Par une
espèce d'inversion, ces pronoms régimes précèdent quel-
quefois leurs agents.
PRONOMS PERSONNELS ISOLÉS [OU SUJETS]
Sin"ulier :
l"""^ personne . . .
2^ pers. (masc.)
2® pars. (fém.).
3'" pers. (masc.)
3*^ pers. (fém.).
nek, nekki, nekkini, moi.
ketcli, ketcJii, ketehini, toi.
kem, kemmi, kemmini, toi.
netsa, lui.
net sa t h, elle.
- 52 —
4''*' pers. (masc.)
l'"^pers. (fém.) .
2'-' pers. (masc.)
2« pers. (fém.) .
S*' pers. (masc.)
3« pers. (fém.) .
Pluriel :
noiikni, nous (hommes).
noukcnti, nous (femmes).
kounoui, vous (aux hommes)
koiinemthi, vous (aux femmes).
nithcni, eux.
nithenti, elles.
Ces pronoms ne subissent aucune modification dans
leur emploi.
Applications :
nek ad'rouh'ef fer Begaith, ketch ouf al fer le Blida.
Moi, j'irai à Bougie; toi, retourne à Blida.
kemmini k'im d'eg oukl^kham.
Toi (femme), reste à la maison.
netsa ad ias assa, netsath ar azekka.
Lui, il viendra aujourd'hui ; elle, jusqu'à demain.
noukni an nekerrez, kounoui Uinigeth.
Nous, nous labourerons ; vous, voyagez.
nitheni ad'etcken seksou, nithenti ad'etchent
Eux, ils mangeront du couscous ; elles, elles mangeront
m^'eroum.
du pain.
PRONOMS PERSONNELS AFFIXES {oU RÉGIMES)
Les pronoms afTixes présentent des formes un peu
différentes, suivant qu'ils ont pour agents un nom, un
verbe ou une particule.
— 53 —
PRONOMS AFFIXES DEPENDANTS DES NOMS
ET EXPRIMANT LA POSSESSION
Les Kabyles n'ont pas de pronoms ou adjectifs pos-
sessifs : les pronoms personnels les remplacent; ainsi,
l'on dit en kabyle : la maison de moi, le livre d'elle, etc.
Singulier :
1"^^ personne on, iou '
2" pers. (masc). . A', ik,
2« pers. (fém.). . . m, im,
3® personne s, is,
Pluriel :
ennar' (-',
ennoiien,
enkount,
en sert,
en sent.
V^ personne . . .
2* pers. (masc.)
2^ pers. (fém.).
2^ pers. (masc.)
3® pers. (fém.).
, de moi.
ek, de toi (masc).
am, de toi (fém.).
as, de lui, d'elle.
de nous.
de vous (masc.)
de vous (fém.).
d'eux.
d'elles.
akhkham iou,
ichenfîren im,
ourthi k,
aserd'oun is,
ikhkhamen ennar',
izfjaren cnnouen,
ichebbouben enkount,
igran ensen,
thiroukouin enscnt,
Applications :
la maison de moi.
les lèvres de toi (fém.).
le jardin de toi (masc).
le mulet de lui, d'elle.
les maisons de nous.
les bœufs de vous (masc).
les bandeaux de cheveux de
vous (fém.).
les champs d'eux,
les quenouilles d'elles.
(1) Ces afFixes, ainsi que tous les autres, du reste, peuvent être,
comme on voit, précédés en certains cas d'une voyelle euphonique.
(2) Quelques tribus de l'Oued-Sahel distinguent le genre à la 1" per-
sonne du pluriel, dans ces pronoms ; ainsi elles disent : argas entner' ,
le mari de nous (femmes).
Le substantif (lila, propriété, précédé de la particule
démonstrative d' {d'aila), est employé avec cet afïîxe et
sert à exprimer l'idée possessive.
Exemples :
(l'dHiiou. c'est la propriété de moi, c'est à moi.
iger agi d'aUaou, ce champ est à moi.
d'ailak, c'est la propriété de toi, c'est à toi.
ikhkhamen agi d'ailak, ces maisons sont ta propriété ^
■ sont à toi.
d'ailam, c'est la propriété de toi (féminin).
thiir'at' agi d'ailam, cette chèvre est à toi (féminin).
d'aila s, c'est la propriété de lui, d'elle.
ourthi agi d'ailas, ce jardin est à lui, à elle.
d'aila ennar' , c'est la propriété de nous, c'est à nous.
. igran agi d'aila ennar', ces champs sont à nous.
d'aila cnnouen, c'est la propriété de vous, c'est à vous.
idoud'ioaen agi d'aila cnnouen, ces chevaux, c'est la
propriété de vous, sont à vous.
d'aila enkount, c'est la propriété de vous (féminin),
c'est à vous.
d'aila ensen, c'est la propriété d'eux, c'est à eux.
d'aila ensent, c'est la propriété d'elles, c'est à elles.
Dans quelques localités, l'I de aila se change en G, et
les expressions précédentes deviennent :
d'aglaou, d'aglak, d'aglam, d'aglas, d'agla ennar' ,
d'agla rnnojien . d'agla enkaaiit , d'agla ensen, d'agla
ensenl.
— OD —
Avec rX du iri'nilif i voyez paire i(i), cet afïixe s'emploie
de la manière suivante :
Singulier :
!'■'' personne in ou, de moi, à moi.
2^ pers. (maso.)., in ek, de toi, à toi.
2® pers. (fém.).. . in em, de toi, à toi.
3* personne in es, de lui, d'elle, à lui, à elle.
Pluriel :
l''^personne en naf, de nous.
1^ pers. (masc.).. en nouen, de vous.
2" pers. (fém.)... en kount, de vous.
3® pers. (masc.).. en sen, d'eux.
3'' pers. (fém.). . . en sent, d'elles.
Le même aflixe s'emploie aussi après les mots ouin,
oiia, celui, tJia, thin, celle, ouid'en, ceux, thid'en, celles,
que l'on fait suivre généralement de l'N du génitif.
Il signifie alors celui, celle, ceux, celles, de moi, de toi,
de lui, etc., et équivaut ainsi à notre adjectif possessif
le mien, la mienne, le tien, la tienne, etc.
Singulier masculin :
ouin niou et ouanniou, celui de moi, le mien.
ouin nik et ouannik, celui de loi, le tien (masculin).
ouin nim et ouannim, celui de toi, le tien (féminin).
ouin nis et ouannis, celui de lui, d'elle, le sien, la sienne.
ouin ennoY et ouannar , celui de nous, le nôtre.
ouin ennoucn et ouannouen, celui de vous, le vôtre (masc).
ouin enkount et ounnnkount, celui de vous, le vôtre (fém.).
ouin ensen et ouannescn, celui d'eux, le leur (masc).
ouin ensent et ouannesent, celui d'elles, le leur (fém.).
— 56 —
Singulier féminin :
thfinnwK et thin iiioii, celle de moi. la mienne.
tJiannik et thin iuek, celle de toi, la tienne (masculin).
thaniiim et thin inem, celle de toi, la tienne (féminin).
thannis et thin ines, celle de lui, d'elle, la sienne (masc).
tha nnar' et thin cnnar\ celle de nous, la nôtre.
thannouen et thin cnnouen, celle de vous, la vôtre (masc).
tha n ekoiint et thin enkount, celle de vous, la vôtre (fém.).
tha n csen et tfiin ensen, celle d'eux, la leur (masc).
tha n esent et tliin ensent, celle d'elles, la leur (fém.).
Pluriel masculin :
ouid'en iou et ouid'en inou, ceux de moi, les miens.
ouiden ik et ouid'en inek, ceux de toi, les tiens (masc).
ouid'en im et ouid'en inem, ceux de toi, les tiens (fém.).
ouid'en is et ouid'en ines, ceux de lui, d'elle, les siens.
ouid'en ennar', ceux de nous, les nôtres.
ouid'en en non en, ceux de vous, les vôtres (masc).
ouid'en enkount, ceux de vous, les vôtres (fém.).
ouid'en ensen, ceux d'eux, les leurs (masc).
ouid'en ensent, ceux d'elles, les leurs (fém.).
Pluriel féminin :
thid'en iou et thid'en inou, celles de moi, les miennes.
thid'en ik et thid'en inek, celles de toi, les tiennes (masc).
thid'en im et thid'en inem, celles de toi, les tiennes (fém.).
thid'en is et thid'en ines, celles de lui, d'elle, les siennes.
thid'en ennar', celles de nous, les nôtres.
thid'en ennouen, celles de vous, les vôtres (masc).
thid'en enkount, celles de vous, les vôtres (fém.).
thid'en ensen, celles d'eux, les leurs (masc).
thid'en ensent, celles d'elles, les leurs (fém.).
— 57 —
Applications :
akhkhfim agi inou , celte maison de moi, à moi (celte
maison est à moi).
ikhkhamen agi inek, ces maisons de toi ou à toi (ces
maisons sont à loi).
ir'icV agi incm, ce chevreau de loi (fém.) ou à toi (ce
chevreau est à toi).
aserd'oun agi incs, ce mulet de lui ou à lui (ce mulet est
à lui).
ik'jaii agi ennar\ cnnouen, rnkoutit, cnseii, enserit.
Ces chiens à nous, à vous, à vous, à eux, à elles.
(Ces chiens sont à nous, à vous, à eux, à elles.)
akhkham ik ninuk'k'er, ouiiiniou
La maison de toi est grande, celle de moi (la mienne)
vieçzi.
est petite.
thamet't' outil is tJionsa d, thanuiou
La femme de lui est venue, celle de moi (la mienne)
our aad.
pas encore.
thamekh'alt ik tbelha, thiii inou d'irits.
Le fusil de toi est bon, celui de moi (le mien) mauvais.
izgareri ennar mezlen, ouid'en is ala.
Les bcpufs de nous ont été égorgés, ceux de lui (les siens) non.
arraou iou elhati, ouid'en inek d'irithen.
Les fils de moi sont bons, ceux de toi (les tiens) méchants.
issith nar zoudjent, thid'en ennouen
Les filles de nous sont mariées, celles de vous (les vôtres)
our zoujent ara.
ne sont pas mariées.
— 58 —
thoulaniiin niiiiir nicllonlilh, llud'eii cn^icu
Les femmes de nous sont blanches, celles d'eux (les leurs)
hcrrikith.
sont noires.
PRONOMS AFFIXES RÉGIMES DIRECTS DES VERBES
Singulier : '
\^^ personne ....
\ ,
moi.
2'^ pers. (ma se).
k.
loi (masc
2" pers. (fém.). .
ki'iK,
toi (fém.)
3'' pers. (masc).
th,
lui.
3*' pers, (fém.). .
ts,
elle.
1'^*' personne . . .
2® pers. (masc]
2® pers. (fém.),
3° pers. (masc'
3'' pers. (fém.).
ioutb
izera
izcra
oufer
in fa
ionth
Oïl fi f
Pluriel :
koun,
kouut,
thcn,
thoiJ,
Apitlications :
nous.
vous (masc).
vous (fém.).
eux .
elles.
7,
A-,
kcm,
th,
/.<!,
ar',
knuri.
injifii ko mit,
iboiii tlicii,
zerir' t lient.
il a frappé moi.
il a vu toi (masc).
il a vu toi (fém.).
j'ai acheté lui.
il a tué elle.
il a frappé nous.
j'ai trouvé vous (masc).
il a trouvé vous (fém.).
il a emporté eux.
j'ai vu elles.
— 59
PRONOMS AFFIXES RF(iI.Mt:S INDIRECTS DES VERBES
Singulier :
1'*' personne ii,
2'^ pers. (masc). . iak,
2'' pers. (fém.). . . iaw,
3- personne ias,
?,
a moi.
ak,
à toi.
fin),
à toi.
as,
à lui. à ell
1''^ personne . . .
2® pers. (masc.'
2^- pers.- (fém.).
3" pers. (masc.
S*" pers. (fém.).
Plu ri cl :
i(u\ ar\ à nous
iaoun, aoun, à vous.
iakoiint, akount, à vous,
iascn, (isoi, à eux.
iaseitt, aseiit, à elles.
Exemples :
Cfk
cfkir'
inna
ibra
imlfi
il] 110
melir
ifka
ak,
iak,
iani.
ias,
iar',
aoun,
iakoiiiiL
thefkidh asev,
inna i usent,
cfkir' ak th.
donne à moi (donne-moi),
j'ai donné à toi (masc).
il a dit à toi.
il a divorcé à toi (il t'a répu-
diée),
il a montré à lui, à elle,
il a dit à nous,
j'ai montré à vous (masc).
il a donné à vous (fém.).
lu as donné à eux.
il dit à elles.
j'ai donné à toi lui (je te
lai donné).
— 60 —
Le pronom personnel, à la forme afïîxe, s'emploie
quelquefois d'une manière explétive devant le nom auquel
il se rapporte, quand celui-ci est au génitif ou au datif.
Exemples :
un S ougelliiV , la fille de lui, du roi (la fille du roi).
emmi s b ourgaz, le fils de lui, de l'homme (le fils
de l'homme).
iima ias i baba s, il dit à lui, au père de lui (il dit à
son père).
efkiras i ougellid', j'ai donné à lui, au roi (j'ai donné
au roi).
imla ias i IhameVVoulh is, il montra à elle, à la
femme de lui (il montra à sa femme).
Cet emploi du pronom personnel est général devant le
nom au datif ; il est plus rare devant le nom au génitif.
Voir ci-après, au chapitre du verbe, la syntaxe des
pronoms afTixes.
PRONOMS AFFIXES RÉGIS PAR UNE PRÉPOSITION
Ce sont les mêmes que les affixes régimes indirects du
verbe.
Singulier :
1^^^ personne /,
2« pers. (masc). . ak,
2e pers. (fém.) am,
3" personne as,
Pluriel :
l""® personne af,
2® pers. (masc.).. aoun,
26 pers. (fém.) . . . akoun
.3® pers. (masc.).. asoi,
3® pers. (fém.)... asent,
h
moi.
eh,
toi.
cm,
toi.
es,
lui, elle.
nar\
nous.
oun,
vous .
kount.
vous .
SOI,
eux.
sent,
elles.
Gl —
Exemples :
fell i, sur moi ; id' i,
fell ak, sur toi (masc.) ; id' ek,
fell am, sur toi (fém.) ; id' cm,
fell as, sur lui, sur elle ; id' es,
fellar', sur nous ; id'nar', avec nous.
fell aoun, sur vous (masc.) ; id' ouen, avec vous (masc).
fell akount, sur vous (fém.) ; id' kount, avec vous (fém.).
fellasen, sur eux, id'sen, avec eux.
fellasent, sur elles, id'scnl, avec elles.
avec moi.
avec toi (masc.
avec toi (fém.),
avec lui, elle.
PRONOMS AFFIXES REGIS PAR UN ADVERBE
OU UN PRONOM INTERROGATIF
Ce sont les mêmes que les affixes régimes directs du
verbe. Ils ne s'emploient pas avec tous les adverbes ou
les pronoms interrogatifs indistinctement.
ansi i,
ami k,
ami kem,
ami th,
ami ts,
ami af,
ami koun,
ami kount,
ami ihen,
aiui thent,
Avec un adverbe :
d'où moi ?
d'oii toi (masc),
d'où toi (fém.),
d'où lui,
d'où elle,
d'où nous,
d'où vous (masc),
d'où vous (fém.),
d'où eux,
d'où elles,
d'où es-tu?
d'où es-tu ?
d'où est-il ?
d'où est-elle ?
d'où sommes-nous ?
d'où êtes-vous ?
d'où êtes-vous ?
d'où sont-ils ?
d'où sont-elles?
— 02
Avec un pronom interrogatif
achou i, quoi mai,
achou k, quoi loi,
acJiou kem, quoi toi (f.).
achou th, quoi lui,
achou ts, quoi elle,
achou iar , quoi nous,
achou koun, quoi vous,
achou kount, quoi vous (f.
achou thcn, quoi eux,
achou thcnt, quoi elles,
que suis-je,
qu'es-tu,
qu"est-il,
qu'est-elle.
qui suis-je ?
(fui es-tu ?
qui est-il ?
qui est-elle ?
que sommes- qui sommes-
nous, nous?
qu'ètes-vous, qui ètcs-vous?
que sonL-ils, qui sont-ils ?
que sont-elles, qui sonl-elles ?
II. — Pronoms démonstratifs
Xosmotsdémonslralifs cc...f7', cet. ..ci, cette. ..ci, ces. ..ci,
se rendent, en kabyle, par le mot invariable aqi (...ci),
placé après le nom.
Exemples :
aserd'oun agi, ce mulet-ci.
argaz agi, cet' homme-ci.
thamet't'outh agi, cette femme-ci.
irgazeu agi, ces hommes-ci.
thoulaouin agi, ces femmes-ci.
On se sert aussi quelquefois de la désinence a, au
singulier, et de enni, pour un objet éloig-né.
Exemples :
awgga^ a, cette année.
f/s.s a, ce jour-ci, aujourd'hui.
thameddith a, ce soir.
('////•■ di lluiddarth onti, j'élais dans ce village.
— CVS —
Ce, celui, celui-ci, etc. se rendent de la manière
suivante :
oua, ouin,
ce, celui
tha, thin,
celle.
ouid'en,
ceux.
thid'en,
celles.
oua,
ceci.
oua gi,
celui-ci.
tha gi.
celle-ci.
oui gi.
ceux-ci.
thi gi.
celles-ci
oua gi,
ceci.
Celui-lii, celle-là, etc. se rendent ainsi :
oua hi, celui-là.
tha hi, celle-là.
oui hi, ceux-là.
thi hi, celles-là.
oua hi, cela.
Ce mot agi, comme les autres mots, subit toutes les
particularités des noms, suivant les genres, les nombres et
l'influence des prépositions ; ainsi, l'on dit :
h ouagi, de celui-ci .
en tagi, de celle-ci.
h ouigi, de ceux-ci.
en tigi, de celles-ci.
i ouagi, à celui-ci.
i thagi, à celle-ci.
i ouigi, à ceux-ci .
i thigi, à celles-ci.
— 64 —
se y omuji,
de celui-ci.
si thagi,
de celle-ci.
seg oiiigi,
de ceux-ci.
si thigi,
de celles-ci
h ouahi,
de celui-là.
en tahi,
de celle-là.
etc.
Applicati
ons :
akal ne tcmourtli agi iVazouggar', ouin ne temoiirth
La terre de ce pays (est) rouge, celle du pays
ennar' d'aberkan.
de nous (est) noire.
aman id'onrar zid'ith, ouid'en ne Sahara
Les eaux des montagnes (sont) douces, celles du Sahara
erzagith .
(sont) amères.
ahathent thouddar nath Mengellath, thid'en nath Yaya
Voilà les villages des Beni-Mengellat, ceux des Beni-Yaya
d/effir sent.
(sont) derrière eux.
ouagi ionsa d idJielU, ouigi ad'ronJœn azekka.
Celui-ci (est) venu hier, ceux-ci partiront demain.
ouahi fa d'ii d iaouin aâoiuViou.
C'est celui-là qui m'amènera un clicval.
Ihahi r'a izeggen thafounast.
C'est celle-là devant traire la vache (c'est celle-là qui
traira la vache).
- 65 -
III. - Pronoms ou Adjectifs relatifs
Le relatif qui, (juc, lequel, etc. s'exprime clans toutes
les circonstances par le mot invariable enni '''.
Exemples :
nrcjaz ernii d iousun, l'homme le(|uel étant venu
(l'homme qui est venu).
irgazen enni d iousan, les hommes lesquels étant
venus (les hommes qui sont venus).
. tJuimel'l'outk enni d iousan, la femme la(|uelle étant
venue (la femme qui est venue).
thoulaouin enni d iousan, les femmes lesquelles étant
venues (les femmes qui sont venues) .
argaz euni zerir\ l'homme que j'ai vu.
irgazen enni zerir , les hommes que j'ai vus.
thamet'Voulk enni zerif, la femme que j'ai vue.
thoulaouin enni zerir', les femmes que j'ai vues.
A qui, auquel, etc. s'expriment par enni ioumi ou
enni ou mi.
Exemples :
a rraeh enni ioumi efkif ar'eromn, les enfants à qui
j'ai donné du pain .
avgaz enni ounii ennir\ l'homme à qui j'ai dit.
thameVVouth enni oumi melir' abrid\ la femme à
laquelle j'ai montré le chemin.
thoulaonin en)ii oumi ifka thabrats, les femmes aux-
quelles il a donné la lettre.
(1) Ce mot cniii est peut-être l'altératloa du pronom arabe dlcd'i
( ^3J\), qui se contracte en l-IU ((J,\).
On ne le retrouve pas chez les Touareg. Ils se servent des pronoms
oua, ta, (jiii . ti, qui sont en même temps démonstratifs.
D
— 66 —
Celui qui, celui (jue, etc. s'expriment de la manière
suivante :
oiiin, ouinna, oui, celui qui, celui que.
thin, tltinna, celle qui, celle que.
ouid'en, ceux qui, ceux que.
tlUd'en, celles qui, celles que.
Exemples :
ouin irdjan rebbi, celui espérant en Dieu (celui qui
espère en Dieu).
thin d iousan idhelli, celle étant venue hier (celle qui
est venue hier) .
ouid'en ioukeren aâoud'iou ik, ceux ayant volé le
cheval de toi (ceux qui ont volé ton cheval,.
thid'en zerir' d'eg oubrid' , celles que j'ai vues sur le
chemin.
onin iour' di wuk\ celui qu'il a acheté au marché.
thin tenr'idh aseggas iûddcui, celle que tu as tuée
l'année passée.
ouin isk'izziben ithets se r'our ouin
Celui nattant a l'habitude de manii'er de chez celui
as isellen.
à lui écoutant habituellement.
(Le flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.)
Celui à qui, celle à qui, etc. se rendent par :
ouin ioumi, celui à qui.
thin ioumi, celle à qui.
ouid'en ioumi, ceux à qui.
tliid'en ioumi, celles à qui.
— G7 —
Exemples :
ouin ioumi cfliir' Uirimoi, celui à qui j'ai donné de
l'argent.
thin ioumi tkennidh, celle à qui tu as dit.
ouid'en ioumi imela, ceux à qui il a montré.
thid'en ioumi ifka, celles à qui il a donné.
Lorsque le relatif cnui, lequel, etc. se trouve logique-
ment placé sous l'influence d'une préposition, on met
celle-ci ordinairement après lui.
Exemples :
aâoud'iou enni r'ef erkebef, le cheval lequel sur je
suis monté (le cheval sur lequel je suis monté).
argaz enni id' d omir' , l'homme lequel avec je suis
venu (l'homme avec qui je suis venu^ .
omou enni r'ef il't'es, le tapis lequel sur il a dormi (le
tapis sur lequel il a dormi K
akhkham enni aerj effer'er', la maison laquelle de je
suis sorti (la maison de laquelle je suis sorti).
themd'int enni seg d iousa, la ville laquelle de il est
venu (la ville d'où, de laquelle il est venu).
irgazen enni f our etchiv' , les hommes lesquels chez
j'ai mangé (les hommes chez lesquels j'ai mangé).
thamourth enni fer fa rouh'ef, le pays lequel vers
j'irai (le pays dans lequel j'irai).
Le relatif enni se supprime très souvent; ainsi, l'on
dira :
aâoud'iou fef erkebef , le cheval sur (lequel) je suis
monté.
— 68 —
ousou r'ef i t't'es, le tapis sur (lequel) il a dormi.
akhkham seg effer'er', la maison de (laquelle) je suis
sorti.
irgazcn four etcliif , les hommes chez (lesquels) j'ai
mangé.
Avec certaines prépositions, on emploie quelquefois la
construction arabe (le cheval lequel je suis monté sur lui).
Exemples :
Le cheval sur lequel je suis monté (le cheval que je
suis monté sur lui).
aûoud'iou enni crkebcr' fdlas.
Les montagnes entre lesquelles passe le chemin (les
montagnes que est le chemin entre elles).
id'ourar enni illa oubrid' (jar asen .
La maison derrière laquelle est mon jardin (la maison
que est le jardin de moi derrière elle).
(tkhlihiiin rntii illa ourlhi ou d'cjjir m.
IV. — Pronoms interrogatifs
Le pronom interrogalif qui / se rapportant à une
personne quelconque non déterminée, s'exprime invaria-
blement par oui, et quelquefois ouci .
Exemples :
oui ixnau, qui ayant dit? (qui a dit?)
oui d iousuii, qui étant venu? (([ui est venu?)
— 69 —
oui ifkan, qui ayant doniK;? (qui a donne ?)
oui ilaii, qui |)0.sscdant ? (qui possède?)
a oui as iunan, et a oua as innan,
ô qui à lui ayant dit? (ô qui lui dira?)
(formule optative).
Après les mots oui et oua, on emploie généralement le
participe, comme on le voit par les exemples précédents.
Que ^ quoi ^ se rapportant aux choses, s'expriment par
achou '".
Exemples :
achou inna, quoi il a dit? (qu'a-t-il dit ?)
achou Ihcbr'idh, que veux-tu?
achou d'oua et achou d'ouagi , quoi ceci? (ju'est-ce
que ceci ? qu'est-ce ?
achou iak ifka, quoi à toi il a donné ? (que t'a-t-il
donné ?)
achou illan, achou our nclli, quoi étant, quoi n'étant
pas ? (qu'y a-t-il ? que n'y a-t-il pas ?)
Àclwu prend les affixes et peut se rapporter alors aux
personnes. (Voir plus haut, page 62.)
A qui? s'exprime par ioumi.
Exemples :
iouiiii thefkidh thabrats.
A qui as-tu donné la lettre ?
ioumi thennidh.
A qui as-tu dit?
(1) Achou est l'altération de l'arabe arhe {^\].
Les Touareg se servent du mot ma pour toutes les interrogations.
— 70 —
Le mot ioumi peut prendre les affîxes ; il signifie alors
à quoi bon ? à quoi sert ?
Exemples :
à quoi suis-je bon ?
a quoi es-tu bon ?
à quoi es-tu bonne?
à quoi est-il bon ?
à quoi est-elle bonne ?
à quoi sommes-nous bons?
à quoi êtes-YOUs bons?
à quoi ètes-vous bonnes?
à quoi sont-ils bons ?
à quoi sont-elles bonnes?
lounii
i,
ioumi
k,
ioiimi
kem,
ioumi
th,
ioumi
ts,
ioumt
iar\
ioumi
koun,
ioumi
kounl.
iouim
then.
ioumi
thcnl,
Précédé du mot négatif oula, il signifie n'être bon à
rien.
Exemples :
oula oumilh, il n'est bon à rien.
oula oumikoun, vous n'êtes bons à rien.
Les pronoms oui et achou, comme le relatif rnni, se
mettent avant les diverses prépositions qui les régissent.
Exemples :
ou four (pour oui four) itclia.
Qui chez il a mangé? (chez qui a-t-il mangé?)
oui fef illa lekhedha.
Qui sur a été (imposée) l'amende? (sur qui a été
imposée l'amende?)
oui id' netsa ioufal.
Qui avec lui il est retourné ? (avec qui est-il retourné ?)
achou ircf it outhcdlt.
Quoi pour tu as frappé lui ? (pourquoi l'as-lu frappé ?)
achou fer d ioum.
Quoi pour il est venu? (poiirtjuoi est-il venu?)
achou ir'ef illa fell ak lekhcdha.
Quoi pour a été sur toi Tamencle ? (pourquoi as-
tu été frappé d'amende ?)
Lorsque les interrogatifs qui/ quel i^ etc. se rapportent
à un être déterminé, exprimé ou sous-entendu, ils se
rendent par :
anoua,
qui ?
quel ?
enta,
qui?
quelle ?
anoui,
qui ?
quels ?
enti,
qui?
quelles ?
Exemples :
anoua d iousan, qui étant venu? (qui est venu?)
anoua argaz d iousan, quel homme étant venu ? quel
homme est venu ?l
enta d iousan, qui étant venu (fém.)? (qui est venu?)
enta thamet't'outh d iousan, quelle femme étant
venue? (quelle femme est venue?)
anoui ikhkhamcn izenz, quelles maisons il a vendues?
(quelles maisons a-t-il vendues?)
enti thiserd'athin iour', quelles mules il a achetées?
(quelles mules a-t-il achetées?)
Lequel? laquelle? de. s'expriiiKMit par :
a noua ai, lequel ?
enta ai, laquelle ?
anoui ai, lesquels?
eriti ai, lesquelles?
Exemples :
anoua ai izenz.
Lequel a-t-il vendu ?
enta ai (jour.
Laquelle a-t-il prise ?
anoua ai d'egmak.
Lequel (est) le frère de toi (lequel est ton frère ?)
anoui ai d'athmathen ik.
Lesquels (sont) tes frères?
enta ai thameft'outh ik.
Laquelle (est) ta femme ?
enti ai toulaouin ik.
Lesquelles (sont) tes femmes ?
Les mots anoua, enta, ete. s'emploient aussi dans les
cas analogues à ceux-ci :
mel ii anoua ioukeren aâoud'iou iou.
Indique-moi qui a^^ant volé le cheval de moi.
(Indique-moi qui a volé mon cheval.)
ini i enta d iousan.
Dis-moi qui (quelle femme) est venue.
— 73 —
Tl est à remarquer que les pronoms, tant relatifs qu'in-
terrogatifs, ne subissent pas, en kabyle, l'innuence des
prépositions "'.
On a vu plus haut ([u'on ne peut dire : le cheval Hur
lequel je suis monté ; l'homme arec qui je suis venu ; chez
qui a-t-il mangé ?
Mais que l'on dit : le cheval lequel sur je suis monté ;
l'homme lequel arec je suis venu ; lequel che:. il a diné?
On tournera également les phrases : de quelle maison
est-il sorti? chez quels hommes a-t-il mangé? etc., par :
quelle maison de il est sorti ? (juels hommes che: il a
mangé ? et l'on dira :
anoua alihkliam sei] iffc^-
Quelle maison de il est sorti ?
(De quelle maison est-il sorti ?)
anoui ircjazen four itcha.
Quels hommes chez il a mangé ?
I Chez quels hommes a-t-il mangé ?)
enta thaserd'ount fef irkeb.
Quelle mule sur il est monté?
(Sur quelle mule est-il monté?)
enti thoulaouin id' d iousa.
Quelles femmes avec il est venu?
(Avec quelles femmes est-il venu ?)
anoua argaz ioumi ifka.
Quel homme à qui il a donné ?
(A quel homme a-t-il donné?)
anoua ass d'eg d iousa.
Quel jour dans il est venu?
^Quel jour est-il venu?)
(l) Cette mêrae règle se retrouve dans le dialecte des Touareg.
Qui csl-il ? etc. s'expriment par :
anoua niia, qui celui (qui est-il?)
enta tha, qui celle (qui est-elle?)
anoui oui, (jui ceux (qui sont-ils?)
enti thi, (|ui celles (qui sont-elles?)
anoua ouagi, qui celui-ci (qui est celui-ci ?)
enta thagi, qui celle-ci (qui est celle-ci ?)
anoui ouigi, ((ui ceux-ci (qui sont ceux-ci?)
enti thigi, (|ui celles-ci (qui sont celles-ci ?)
anoua ouahi, (|ui celui-là (qui est celui-là?)
enta thahi, qui celle-là (qui est celle-là?)
anoui ouihi, qui ceux-là (qui sont ceux-là?)
enti thiJii, qui celles-là (qui sont celles-là?)
Avec quoi? se rend par ai s.
Exemples :
ai S i(h inr'a, s oujenoui.
Avec quoi la-t-il tué? avec un sabre.
ai s t'a tharoudli.
Avec quoi écriras-tu ?
En quoi? de quoi? se rendent par bou aglan.
Exemples :
hou aglan afdhis agi, h ouzzal.
En quoi est ce marteau ? en fer.
hou aghin ahouk'al agi, h ouakal.
En ((uoi est ce pot? en terre.
L'interrogation // qui? s'exprime par le pronom intcr-
rogatif oui et quelquefois oua, suivi du pronom affixe
rég-ime direct et du participe présent ilan , possédant,
ayant des droits sur, ce (jui donne en kabyle à la proposi-
tion interrogative la forme : fjui (est), lui, elle, etc.,
possédant ? par exemple :
A qui est cette maison ? se tournera :
Cette maison qui (est) elle possédant?
akhkharn agi oui th ilan.
A qui est cette jument '? tournez :
Cette jument ([ui (est) elle possédant?
thagmarlh agi oui îs ilan.
A qui sont ces champs ? tournez :
Ces champs qui (est) eux possédant?
igran agi oui then ilan.
A ([ui sont ces chèvres? tournez :
Ces chèvres qui (est) elles possédant ?
thir'et't'en agi oui thent ilan.
Otte locution s'applique aussi aux personnes sur
lesquelles d'autres peuvent avoir des droits de possession,
comme un enfant, une femme, un esclave.
On dit, par exemple, à une femme :
oui kem ilan, qui (est) toi possédant? c'est-à-dire : qui
est ton mari? quels sont tes parents? et par extension :
qui es- tu ?
On dit à un enfant :
oui k ilan, qui (esti loi possédant? quels sont tes
parents? et par extension : (|ui es-tu?
A des esclaves, on dira :
oui koun ilan, qui (est) vous possédant? c'est-à-dire
quel est votre maître? et par extension : qui êtes-vous?
— 7G —
V. — Pronoms indéfinis
Quoi (non inlerrog-alif) se rend par achoii.
Exemple :
OU}' ainr' a chou, je ne sais quoi.
Quoi que, quelque chnae ((ue s'expriment par kera ,
cliose, ain, ce que.
Kx(Mn[)les :
kera va tliouk'k'emcdh, our d itsos ara.
Chose tu feras, il ne viendra pas.
(Quoi que tu fasses, il ne viendra pas.)
kcra iouk'k^em, our ih k'arer ara.
Chose il a fait, je ne le dirai pas.
(Quoi qu'il ait fait, je ne le dirai pas.)
ain r'a das Ihinidh, our k i Isa m en ara.
Ce que tu diras à lui, il ne te croira pas.
(Quelque chose que tu lui dises, il ne te croira pas.)
Quelques se rend par kera.
Exemples :
k'imen kera b oussan.
Ils restèrent chose de jours.
(Ils restèrent quelques jours.)
kera g irgazen, quelques hommes.
kera hou akraren. quelques moutons.
kera ne ter' et' t'en, quelques chèvres.
Re.m.\rque. — Le mot kera, chose, est un substantif qui
cfouverne, au g-énitif, le nom qui le suit.
Ce qui, ce tjue, de quoi se rendent par <ii et ain, quand
le temps du verbe est le passé, et r'a ou ar'a, avec l'idée
du futur.
Exemples :
issen ai genna, il sait ce qu'il a dit.
aoui id ain ak cnnir', apporte-moi ce que je t'ai dit.
ad'ak efkef ain tliesoutheredh d'erj i, je te donnerai
ce que lu as demandé de moi.
issen r'a i ini, il sait ce qu'il dira.
oulache r'our es ar'a itch, il n'a pas ce que il mangera
(il n'a pas de quoi manger).
Un homme quelconque, une femme quelconque se vendeni
par ioun eg ellan, iouetli eg ellan.
Oui que ce soil , quel quil soil, quoi que ce soit se
rendent par ouinillan, thinillan, ouid'en illan, thid'en
illan.
Exemples :
ouin illan, aoui Ih id.
Quel qu'il soit, amène-le ici.
lliin illan, aoui ts id.
Quelle qu'elle soit, amène-la ici.
ouid'en illan, sou fer' ithen.
Quels qu'ils soient, fais sortir eux.
(^hacun, chacune, par koull ioun, koull iouelh.
(Juehiuefois, par hàdh ibcrd'an, littéralement : quelques
chemins.
- 78 —
Luc fois se dit ioun oubrid', un chemin.
Quelqu'un, quelqu'une s'expriment par ioun, iouelh,
un, une.
exemples :
iousa d ioun, est venu un (il est venu quelqu'un).
thousu d iouelh, est venue une (il est venu quelqu'une.)
l*erson)ie, aucun, aucune s'expriment par oulcninia
ioun, oulemma ioueth, qui signifient : pas même un, pas
même une.
Exemples :
our d iousi oulemma ioun.
Il n'est venu pas même un (il n'est venu personne).
OU)' d tliousi oulemma ioueth.
11 n'est venu pas même une (il n'est venu personne).
Une personne se rend par ioun ourfja', un homme,
iouelh thamei'Vouth, une femme.
in autre, une autre, etc. s'expriment ainsi :
Un autre, ouaiedh, auinidhen, enni idhen .
Une autre, thaiedh, thin idhen, enni idhen.
Autres (masc.), ouiiadh, ouid'en idhen, enni idhe)(i)i .
Autres (fém.), thiiadh, thid'en idhen. enniidhenin.
Exemples :
r'ouri akhkham, our'er' ouaiedh, ouin 'idhen.
J'ai une maison, j'ai acheté une autre, une autre.
— 70 —
(toui id thaiedh, ihin idiieii.
Apporte à moi ici une autre ,. une autre (apporte-
m'en une autre).
ad'ak cfkcr' oui iadh, ouid'enidhen.
Je donnerai à toi d'autres, d'autres (je t'en don-
nerai d'autres).
izoudj IhameVVouth enni idhcn.
Il épousa une femme autre (il épousa une
autre femme).
Rien se rend par oulache, oulah.
Exemple :
oulache r'ow ex, il n'a rien.
On se rend par la 3'^ personne du pluriel du verbe.
é
Exemples :
k'aren ad ias.
Ils disent il viendra. (On dit qu'il viendra.)
amek as k'aren iouagi se thk'ebailith.
Comment à lui ils disent ceci en kabyle ?
(Gomment dit-on ceci en kabyle?)
zemn t idhelli d'i souk'.
Ils ont vu lui hier dans le marché.
(On l'a vu hier au marché.)
— 80 —
Moi-mrmr, toi-mnnc, etc. s'expriment de la manière
suivante :
nek si iman ioii, moi de la personne de moi,
moi-même.
kctcJi si iman ik, toi de la personne de toi,
toi-même.
kcm si iman im, toi de la personne de toi,
toi-même (fém.).
iictsa si iman is, lui de la personne de lui,
lui-même.
netsaih si iman is, elle de la personne d'elle,
elle-même.
noukni si iman ennar, nous de la personne de nous,
nous-mêmes (masc).
noukenli si iman cnnar\ nous de la personne de nous,
nous-mêmes (fém.).
konnoui si iman cnnoucn, vous de la personne de vous,
vous-mêmes (masc).
kotuiemtJnsiiman enkount, vous de la personne de vous,
vous-mêmes (fém.).
nilJieni si iman cnsen, eux de la personne d'eux,
eux-mêmes.
nilhenti si iman cnsrnt, elles de la personne d'elles,
elles-mêmes.
Voici, voilà se rendent ainsi :
Voici :
Masc. sing.. . . alkaia, athaien '^^K
Fé m .sing'.... a Isa ia , a Isa icn.
Masc.plur.... athenaiu, alhcnaien.
Fém. plur.... alhcntaia, athentaien.
(1) Voir plus loin le chapitre du Verhf.
-
- 81
—
Voilà
Masc.
sing.,
. . .
aliatli.
Fém.
s'ing..
. . .
ahats.
Masc.
plur.
. . .
ahathen.
Fém.
plur.
ahathent
Exemples :
athaia ouâoudHou iou, athaien ouannik, ahath ouin ines.
Voici le cheval de moi, voici celui de toi, voilà celui de toi.
(Voici mon cheval, voici le lien et voilà le sien.)
atmia thaddarth ennaf , ahats thaddarth ensen.
Voici le village de nous, voilà le village d'eux.
(Voici notre village, voilà le leur.)
athenaia izgaren is, athenaien ouid'en inek,
Voici les bœufs de lui , voici ceux de toi ,
ahathen ouid'en ement.
voilà ceux d'elles.
(Voici ses bœufs, voici les tiens et voilà les leurs.)
■ . CHAPITRE III
DES PARTICULES CONFIRMATIVES,
DE LA QUALIFICATION ET DE L'ADJECTIF
Des particules confirmatives AI, R'A, D'
DES PARTICULES Cli ET r'ft
Lorsqu'on veut confirmer l'idée de l'action exprimée par
le verbe, on place devant ce verbe la particule ai, pour le
temps passé, et r'a (quelquefois, par euphonie, ar'a), pour
le futur.
On dit, par exemple :
d'eg oukhkham iou ai ts izera.
C'est dans ma maison qu'il l'a vue.
azckka fa d ias.
C'est demain qu'il viendra.
Sans les particules ai et r'a, ces phrases n'indiqueraient
que l'expression simple : il l'a vue dans ma maison, il
viendra demain.
On a vu, dans les pronoms (page 77), que les particules
ai et î'a signifient également ce qui, ce que.
Ce qui distingue les particules ai et r'a, c'est que r'a
s'emploie exclusivement avec les verbes, et que ai s'em-
ploie également avec les noms et les pronoms. (Voir
pour ces dernières, page 72.)
— 83 —
Quand ai s'emploie avec les noms, ceux-ci sont toujours
précédés de la particule ad'.
Exemples :
nek ai iV amek'k'eran en taddarth agi.
C'est moi qui (suis) le grand de ce village.
thagi ai ettamel't'outh b ourgaz agi.
Celle-ci, c'est la femme de cet homme.
Cette influence confirmative de la particule ai se
retrouve dans l'expression du superlatif.
Ainsi, cette phrase :
L'autruche est le plus grand des oiseaux, — se tournera
en kabyle :
L'autruche, c'est le grand sur les oiseaux.
elnâma ai ettar'ezfant fef let'iour.
Alger est la ville la plus grande de ce pays, — se
tournera en kabyle :
Alger, c'est la ville la grande de ce pays.
Ledzer ai ttamd'inl thamek'k'erant ne temourth agi.
On peut voir, par ces exemples, la manière dont
s'exprime le superlatif en kabyle.
On dira de même :
netsa ai d'amek'k'eran fell asen el kouU.
Lui, c'est le grand sur eux tous (il est
le plus grand d'eux tous).
nek ai d'ameçzian d'eg sen.
Moi, c'est le petit d'entre eux (je suis le plus
petit d'entre eux).
— 84 —
Ali ai d'aberkan b ouaklan elkoull.
Ali, c'est le noir des esclaves tous (Ali est le
plus noir de tous les esclaves).
Mouni ai eUouziint fef thoulaouin enni zerif.
Mouni, c'est la jolie sur les femmes que j'ai vues
(Mouni est la plus jolie des femmes que j'ai vues).
On peut exprimer aussi le superlatif en employant le
participe. (Voir ci-après, le chapitre du Participe.)
L'i de ai se change alors en g, et cette particule
devient ag.
Exemples :
el nâma ag fezzifen r'ef let'iour.
L'autruche, c'est l'étant grand sur les oiseaux (l'au-
truche est le plus grand des oiseaux) .
netsa ag mouk'k'eren fell asen elkoull.
Lui, c'est l'étant grand sur eux tous (il est
le plus grand de tous).
nek ag meçzien d'eg sen.
Moi, c'est l'étant petit d'entre eux (je suis le plus petit
d'entre eux).
Ali ag berriken b ouaklan el koull.
Ali, c'est l'étant noir des esclaves tous (Ali est le plus
noir de tous les esclaves).
Mouni ag zinen r'ef thoulaouin enni zerif.
Mouni, c'est l'étant jolie sur les femmes que j'ai vues
(Mouni est la plus jolie des femmes que j'ai vues).
— 85 —
Lorsque l'idée du superlatif se rapporte au futur, c'est
la particule r'a que l'on emploie avec le participe futur.
Exemple :
nctsa r'a imr'ouren fell assert el koull.
Lui, c'est le devant être grand sur eux tous (c'est
lui qui sera le plus grand d'eux tous).
L'idée comparative s'exprime également par la parti-
cule ai.
Exemples :
nek ai d'afezfan fell ak.
Moi, c'est un grand (de taille) sur toi (je suis plus
grand que toi).
nek ag rezzifen fell ak.
Moi, c'est un étant grand sur toi (je suis plus grand
que toi).
thamet't'outh agi ai ttouziint r'ef illik.
Cette femme, c'est une jolie sur ta fille.
thamet't'outh agi ag zinen r'ef illi k.
Cette femme, c'est une étant jolie sur ta fille (cette
femme est plus jolie que ta fille).
irgazeii agi ai d'imek'k'eranen r'efathmathen iou.
Ces hommes, ce sont des grands sur les frères de moi.
irgazen agi ag mouk'k'eren i^'ef athmathen
Ces hommes, ce sont des étant grands sur les frères
iou.
de moi (ces hommes sont plus grands que mes
frères).
On peut dire aussi, sans la particule ai :
nek d'afezfan fell ak.
Moi, c'est un grand sur toi (je suis plus grand que toi).
— 86 —
r'ezzifer' fell ak.
Je suis grand sur toi (je suis plus grand que loi).
thamet't'outh agi ettouziint fefilli k.
Cette femme, c'est une jolie sur la fille (celle femme
est plus jolie que la fille).
thamet't'outh agi thezUn r'ef illi k.
Celle femme est jolie sur ta fille (cette femme est
plus jolie que ta fille).
irgazen agi d'imek'k'eranen r'efathmathen iou.
Ces hommes, ce sont des grands sur les frères de moi.
irgazen agi moiik'k'erith r'ef athmathen iou.
Ces hommes sont grands sur les frères de moi
(ces hommes sont plus grands que mes frères).
Exemples des diverses applications de ai el r'a ;
d'i souk' en Tizi-Ouzezzou ai thcn our'er'.
C'est au marché de Tizi-Ouzou que je les ai achetés.
idhclli ai d iousa.
C'est hier qu'il est venu.
aseggas iâddan ai ts zerir.
C'est l'année passée que je l'ai vue.
nek ai then inran.
C'est moi qui ayant tué eux (c'est moi qui les ai tués).
s oujeiioui ai th inr'a.
C'est avec un sahre qu'il l'a tué.
iger iou ai megercn idhclli.
C'est le champ de moi ^w'ils ont moissonné hier.
d'i Theouiirth ai ennoufen.
C'est à Thaourirth qu'ils se sont battus.
d' ouzzal ai then tekhcd'mcdh.
C'est en fer que tu les as faits.
— 87 —
d'eg oukhkham iou fa ts izcr.
C'est dans la maison de moi qu'û la verra.
d'i souk en Tizi-Ouzezzou fa then afef.
C'est au marché de Tizi-Ouzou que je les achèterai.
azekka fa d ias.
C'est demain qu'il viendra.
nek fa then infen.
C'est moi devant tuer eux (c'est moi qui les tuerai).
s oujenoui fa th inef .
C'est avec un sabre qu'\\ le tuera.
iger iou fa megeren azekka.
C'est le champ de moi qu'ils moissonneront demain.
d'i Theourirth fa ennafen.
C'est à Thaourirth qu'ils se battront.
d' ouzzal fa then tekhed'medh.
C'est en fer que tu les feras.
PARTICULE d' ou ad'
Elle s'emploie aussi avec les verbes et avec les noms.
Placée devant le verbe, elle lui donne le sens du futur
absolu .
Exemples :
ad' iens four i, il passera la nuit chez moi.
ad' izer baba azekka, il verra mon père demain '*'.
(1) La particule r'a exprime aussi le futur, mais avec une acception
conflrmatire ; ainsi, les exemples ci-dessus, avec la particule r'a au
lieu de ad', signifieraient : c'est chez moi qu'il passera la nuit ; c'est
demain qu'il verra mon père.
Le verbe, avec la particule r'a, ne s'exprime qu'en second lieu, et
les phrases ci-dessus devraient subir l'inversion suivante :
r'ouri r'a iens.
azekka r'a iser baba.
— 88 —
Avec les noms, la particule (/' ou ad' prend le sens
confirmatif de ai et r'a, et signifie c'est.
Elle sert, dans une proposition nominale, à séparer
l'attribut du sujet.
Exemples :
ouagi, d' aserd'oun enni itsoiiakercn.
Celui-ci, c'est le mulet lequel ayant été volé
(celui-ci, c'est le mulet qui a été volé).
netsa, d' agcUid' en temourth agi.
Lui, c'est le roi de ce paj^s - ci.
baba s d' amck'k'eran.
Le père de lui, c'est un grand.
baba s d' amek'k'eraii en taddarth agi.
Le père de lui, c'est le grand (le chef) de ce village-ci.
anoua iouUk'emen ouagi? ad'nek, d'ketch.
Qui ayant fait ceci? c'est moi, c'est toi.
Ledzer ettamd'int thamek'k'emnt.
Alger, c'est une ville grande (Alger est une grande
ville).
thamd'int Ledzer eltantek'k'eraiil.
La ville d'Alger, c'est une grande (la ville d'Alger
est grande).
Le d' s'emploie aussi devant les mots qualificatifs se
rapportant à des noms indéterminés qui ne sont pas au
génitif, au datif, ni à l'ablatif.
Exemples :
sair' aknkham d' amck'k'eran.
J'ai une maison, c'est une grande (j'ai une grande
maison).
— 89 —
ourer' aâoud'iou d' abcrkan.
J'ai acheté un cheval, c'est un noir (j'ai acheté un
cheval noir).
7'our es thamekh'alt ettar'ezfant.
Il a un fusil, c'est un long (il a un long fusil).
i^'our ouen izgarcn d' imellalcn.
Vous avez des bœufs, ce sont des blancs (vous avez
des bœufs blancs).
efkir'as thisitha ettibcrkanin.
J'ai donné à lui des vaches, ce sont des noires (je lui
ai donné des vaches noires).
Avec des noms au génitif, au datif ou à l'ablatif, on
dirait, sans la particule d' :
thabbourlh b oukhkham amek'k'eran.
La porte de la nnaison grande (la porte de la
grande maison, ou d'une grande maison).
rfkir' thimzin i ouâoud'iou amellal.
J'ai donné de l'orge au cheval le blanc (j'ai donné
de l'orge au cheval blanc, ou à un cheval blanc).
ennir' i thamet't'outh thaberkant.
J'ai dit à la femme la noire (j'ai dit à la femme
noire, ou à une femme noire).
ijfef seg oukhkham amek'k'eran.
Il est sorti de la maison la grande (il est sorti de la
grande maison, ou d'une grande maison).
ejfefen seg ikhkhamen imek'k'eranen.
Ils sont sortis de maisons grandes (ils sont sortis
des grandes maisons, ou de grandes maisons).
— 90 —
Lorsque le mot qualifié est déterminé, le d' ne s'emploie
pas devant le mot qualificatif.
Exemples :
zenzef aâoud'iou iou aberkan.
J'ai vendu le cheval de moi le noir (j'ai vendu mon
cheval noir).
sair' akhkham amek'k'cran.
Je possède la maison la grande (je possède la grande
maison).
r'oures thamekh'all thar'czfant.
Il a le fusil le long (il a le long fusil).
zerir' thagmarth ik thameUalt.
J'ai vu la jument de toi la blanche (j'ai vu ta jument
blanche).
four ouen Izgarcn imeUalen.
V'ous avez les bœufs les blancs (vous avez les bœufs
blancs).
cfkir' as thisitha thibcrkanin.
J'ai donné à lui les vaches les noires (je lui ai donné
les vaches noires).
Cependant, lorsqu'un nom déterminé a plusieurs quali-
ficatifs, on met d' devant le second et les suivants.
Exemples :
Il possède la grande maison blanche, se dira :
isâa akhkham amek'k'eran d' amellal
(il possède la maison la grande, c'est une blanche).
J'ai acheté le cheval noir, grand et gros :
our'ef aâoud'iou aberkan, d' afezfan, d' azouran
(j'ai acheté le cheval le noir, c'est un grand, c'est un
gros) .
- 91 —
La particule d' ou ad' se place encore devant le second
complément des verbes exprimant l'idée de faire devenir,
rendre, placer, considérer comme, etc.
Exemples :
aman itsarran amr'ar d' ilemzi, l'eau rendant le
vieillard jeune homme.
erran t d' agellid', ils ont rendu lui roi (ils l'ont fait
roi).
iâoudd ith d' ameddakoul is, il croyait lui l'ami de lui
(il le croyait son ami).
our tsarra ara âd'aou ik d' ameddakoul, ne rends pas
ton ennemi ami (ne te lie pas d'amitié avec ton
ennemi).
La particule ad' ou d' sert aussi à lier deux noms et fait
ainsi fonction de conjonction ; on peut, dans ce cas, la
traduire par et.
Exemples :
agerflou d' oubarer' .
Le corbeau et le renard.
azgar d' iizem.
Le bœuf et le lion.
argaz a temeVt'outh is.
Le mari et la femme de lui.
Exemples des diverses applications de ad' ou d' :
nek d' argaz ne temeVt'outh agi.
Moi, c'est le mari de cette femme-ci (c'est moi qui
suis le mari de cette femme).
thagi ettamet't'outh b ourgaz agi.
Celle-ci, c'est la femme de cet homme (c'est celle-ci
qui est la femme de cet homme).
— 92 —
thagi cttala thamek'k'cmnt.
Celle-ci, c'est la fontaine la grande (celle-ci, c'est la
grande fontaine).
anoua iouran thabrats agi ? d' cgmak.
Qui ayant écrit cette lettre ? c'est le frère de toi
(qui a écrit cette lettre? c'est ton frère).
anoua d iousan? d'argaz enni ioumi Ihennidh a d ias.
Qui étant venu ? c'est l'homme à qui tu as dit il viendra
(qui est venu? c'est l'homme à qui tu as dit de venir).
thagi, ettaddarth n aith Ouasiff.
Celui-ci, c'est le village des Beni-Ouasif.
thigi, eltouddar n aith Ouasiff.
Ceux-ci, ce sont les villages des Beni-Ouasif.
illa iioun d'i zman amzouarou
Il existait un (homme) dans le temps antérieur,
d' agellid'.
c'était un roi (il y avait jadis un roi).
irouh' s ah'addad' d' oud'ai.
11 alla chez un orfèvre, c'était un juif (il alla chez
un orfèvre juif).
Isser d' asijf amek'k'eran.
L'Isser, c'est une rivière une grande (l'Isser est une
grande rivière).
asiff g Isser d' amek'k'eran.
La rivière d'Isser, c'est une grande (la rivière Isser
est grande).
Ledzer Stamboul ettimed'inin thimek'k'eranin.
Alger et Constantinople, ce sont des villes des grandes
(Alger et Constantinople sont de grandes villes).
— 93 —
thimed'inin Ledzer Stamboul
Les villes d'Alger et de Constantinople, ce sont des
eltimek'k'eranin.
grandes (les villes d'Alger et de Constantinople
sont grandes).
anoua ai Ihoufedh? d' aâoud'iou aberkan
Lequel tu as acheté ? c'est le cheval le noir
nef d'ameUal.
ou c'est le blanc? (lequel as-tu acheté? le cheval
noir ou le blanc ?)
ellan tletha irgazen d' imeddoukal.
Existaient trois hommes, c'étaient des amis (il y avait
trois hommes amis).
ad' nek r'a th isoufer'en.
C'est moi devant faire sortir lui (c'est moi qui le
ferai sortir).
îiek d' ameçzian, ketch d' amek'k'eran.
Moi, c'est un petit; toi, cest un grand (je suis petit
et tu es grand).
De la Qualification et de lAdjectif
L'expression qualificative se forme, en kabyle, soit
généralement au moyen d'un verbe, soit aussi quelque-
fois par certains noms qui joignent à l'idée abstraite d'un
être celle d'une qualité, d'une couleur, etc., comme
amek'k'eran, un grand, aberkan, un noir, etc. <■>
(1) Quelques personnes ont cru jusqu'à présent que le d' (qui se
change en t devant les noms féminins) est un indice caractéristique des
adjectifs. Ce d', étant bien réellement une particule dont on a vu plus
haut les diverses applications, n'appartient pas spécialement aux noms
qualificatifs, qui, loin d'avoir, en kabyle, les signes de genre ou de
- 94 —
Ces mots se placent ordinairement après le nom que
l'on veut qualifier.
On dit, par exemple :
J'ai un cheval noir.
four i aàoud'iou berrik.
J'ai un cheval, il est noir,
ou : i^'our i aàoud'iou d' aberkan.
J'ai un cheval, c'est un noir.
J'ai acheté une grande maison.
our'ef akhkham mouk'k'er.
J'ai acheté une maison, elle est grande,
ou : oufef akhkham d' amek'k'eran.
J'ai acheté une maison, c'est une grande.
Ta femme est jolie.
thamet'Vouth ik theziin.
La femme de toi est jolie,
ou : thamet'Vouth ik ettouziint.
La femme de toi, cest une jolie.
Il a vendu des bœufs rouges.
izenz izgaren zouggafith.
Il a vendu des bœufs, ils sont rouges.
ou : izenz izgaren d' izouggar'en.
Il a vendu des bœufs, ce sont des rouges.
nombre analogues à ceux des adjectifs dans les autres langues, n'ont
rien, au contraire, qui les distingue des autres substantifs.
Les verbes employés pour exprimer une qualification portent tous
les indices de leur nature et s'accordent avec leurs sujets, suivant la
règle générale.
Ces considérations nous portent à établir qu'il n'y a point, chez les
Kabyles, de formes spéciales pour les adjectifs.
Les Touareg n'employant pas la particule d' avec le sens confirmatil
que lui donnent les Kabyles, l'absence d'adjectifs est encore plus
évidente dans leur langue.
— 95 —
Je lui ai donné des vaches noires.
efkir' as thisitha berrikith.
J'ai donné à lui des vaches, elles sont noires,
ou : efkir'as thisitha cttiberkanin.
J'ai donné à lui des vaches, ce sont des noires.
Je suis petit.
meçzief , — je suis petit,
ou : nek d' ameçzian, — moi, c'est un petit.
Il est long.
fezzif, — il est long,
ou : netsa d' arezfan, — lui, c'est un long.
Il possède une maison grande et blanche.
isâa akhkham mouk'k'er, melloul.
Il possède une maison, elle est grande, elle est
blanche,
ou : isâa akhkham d' amek'k'cran, d' amellal.
Il possède une maison, c'est une grande, c'est une
blanche.
Il a vendu un cheval malade et aveugle.
izenz aàoud'iou, ioudhcn iderrel.
Il a vendu un cheval, il est malade, il est aveugle,
ou : izenz aàoud'iou d' amoudhin, d' ad'err'al.
Il a vendu un cheval, c'est un malade, cest un
aveugle .
Lorsque le mot qualifié est déterminé, ce sont les noms
qu'on emploie comme qualificatifs.
Exemples :
Il a vendu son cheval noir.
izenz aàoud'iou is aberkan.
11 a vendu son cheval le noir.
— 90 —
Il a tué le mulet malade.
inr'a aserd'oun amoudhin.
Il a tué le mulet le malade.
Il possède la maison blanche.
ùâa akhkham amellal.
Il possède la maison la blanche.
On peut aussi employer le participe du verbe, précédé
du relatif enni, et dire :
izenz aâoud'iou h enni berriken.
11 a vendu son cheval lequel étant noir (il a vendu
son cheval qui est noir, son cheval noir).
inr'a aserd'oun enni ioudhenen.
Il a tué le mulet lequel étant malade (il a tué le
mulet qui était malade, le mulet malade).
isâa akhkham enni melloulen.
Il possède la maison laquelle étant blanche (il possède
la maison qui est blanche, la maison blanche).
LISTE DES PRINCIPAUX
NOMS
EMPLOYES COMME
QUALIFICATIFS
(1)
amellal,
blanc.
aherkan.
noir.
azouggar',
rouge .
aouraf.
jaune.
azigzaou,
bleu ou vert.
a fessas,
léger.
amessas,
fade, insipide.
(1) 11 est à remarquer que presque tous ces noms sont dérivés des
verbes incomplets, dont nous parlerons plus loin.
97 —
alek'k'ak',
asemmadh,
aserùinam,
amaoggad\
amazai,
amcllazou,
amerzagou,
amoudiiin,
amek'k'eran,
amcczian,
ar'ezfan,
ak'ouran.
ak'ebban,
aousseran,
azaian,
azouran,
azid'an,
azedgan,
ahr'aouan,
cuVerfal,
mou, tendre.
froid .
aigre.
Idche, poltron.
lourd, pesant.
affamé.
amer .
malade.
grand, âgé.
petit, jeune.
long, grand de taille.
sec, impuissant. ,
gras.
vieux .
lourd .
gros .
doux.
propre .
large.
aveugle .
Tous les verbes indiquant un r/rt/ peuvent faire fonctions
de qualificatifs.
DES EXPRESSIONS QUALIFICATIVES d'elàali, BIEN,
ET d'iri, MAL
Ces mots, que l'on peut considérer comme des espèces
d'adverbes, offrent cette particularité qu'on y joint les
pronoms affixes se rapportant à la personne ou à l'objet
qualifié. Ils prennent alors le sens de nos adjectifs bon,
beau, joli pour le premier, et mauvais, méchant, laid pour
le second.
— 93 —
Exemples :
nek crelàali i, — tïiri i, — moi bon, — méchant,
mauvais.
ketch d'elâali k, — (lin k, — toi bon, — méchant, etc.
kemmini d'elâali kem, — d'iri kem, — toi bonne,
jolie, — méchante, laide.
argaz agi d'elûali th, — d'iri th, — cet homme (est)
bon, — méchant, mauvais.
thamet'' t" outh agi d'elâali ts, — d'iri ts, — cette femme
(est) bonne, belle, — mauvaise, laide.
noukni d'elâali ar\ — d'iri ar\ — nous (sommes)
bons, — mauvais, méchants.
kounoui d'elâali koiin, — d'iri koun, — vous (êtes)
bons, — mauvais, méchants.
kounemthi d'elâali kount, — d'iri kount, — vous (êtes)
bonnes, belles, — méchantes, laides.
our'ef iâoud'iouen d'elâali then, — d'iri then, — j'ai
acheté des chevaux bons, — mauvais.
zerir^ thoulaouin d'elâali thent, — d'iri thent, — j'ai
vu des femmes jolies, — laides.
Ces mots paraissent étrangers à la langue kabyle. Ni
Tun ni l'autre ne se retrouvent dans les dialectes des
Béni Mzab et des Touareg.
Au lieu d'employer le mot d'elâali, on se sert le plus
souvent du verbe elhou, être bon ; ainsi, l'on dit :
elhif, je suis bon.
thelhidh, tu es bon.
four es aâoud'iou ilha, il a un cheval, il est bon
(il a un bon cheval).
— 99 -
argaz agi ilha, cet homme est bon.
thamet' V oiith agi thelha, cette femme est bonne.
nelha, nous sommes bons.
theîham, vous êtes bons.
thelhamth, vous êtes bonnes.
oufef iâou(ïioueii elhan, j'ai acheté des chevaux, ils
sont bons (j'ai acheté de
bons chevaux).
zerif thoulaouin elhant, j'ai vu des femmes, elles
sont jolies (j'ai vu de
jolies femmes).
Nous n'avons pas rencontré de verbe correspondant au
mot d'iri. C'est toujours ce mot que l'on emploie pour
qualifier une personne ou une chose mauvaise, méchante
ou laide.
LIVRE II
DU VERBE ET DES NOMS DÉRIVÉS DU VERBE
CHAPITRE PREMIER
DU VERBE
Les verbes kabyles n'admettent que la voix active. Le
sens passif s'exprime, comme on le fait souvent en arabe,
au moyen de certaines formes dérivées du verbe, dont
nous parlerons plus loin. Le plus souvent même, c'est par
l'actif qu'il se rend.
Ils ont deux nombres : le singulier et le pluriel ; deux
genres : le masculin et le féminin ; et trois personnes au
singulier et au pluriel.
Au singulier, on distingue les genres à la troisième
personne seulement; au pluriel, on les distingue à la
seconde et à la troisième.
Il est d'usage de se servir de la seconde personne du
singulier lorsqu'on s'adresse à une seule personne.
Il y a une classe de verbes dans lesquels les trois
personnes du pluriel se confondent en une seule, et que,
pour cette raison, j'appellerai verbes inconiplets. Nous en
parlerons après avoir examiné tout ce qui se rapporte aux
verbes ordinaires.
- 102 —
Conjugaison du Verbe
Il n'y a qu'une seule conjugaison en kabyle. Elle
n'admet qu'un mode, qui a généralement le sens du passé,
souvent celui du présent, et quelquefois celui du futur.
Nous l'appellerons, pour fixer les idées, aoriste.
En faisant précéder ce mode des particules acr et rV/ ou
afa, on lui donne le sens du futur.
La conjugaison a pour base un radical qui sert, en
même temps, d'impératif à la seconde personne du sin-
gulier. C'est par ce radical que nous énoncerons les
verbes, tout en nous servant, en français, de l'infinitif
pour le même usage (''.
Le pluriel masculin de celte deuxième personne de
l'impératif s'obtient en ajoutant th.
Le pluriel féminin, en ajoutant mth.
Exemples :
2^ pers. sing cir\ prends (radical).
2® pers. plur. masc. . . arcth, prenez.
2^ pers. plur. fém. . . . afcmth, prenez.
L'impératif n'a pas d'autres personnes (-'.
(1) Quelques radicaux n'ont qu'une seule consonne, comme : ar%
prendre; af, trouver; as, aller.
D'autres en ont deux. Exemples : sel, entendre ; ser, voir ; r'er, lire ;
r'ez, creuser ; r'em, teindre ; etc.
Un grand nombre en ont trois. Exemples : ekchem, entrer ; eg<em,
couper ; ejf'or, cacher ; edhfer, suivre ; ekmcs, gratter ; eingcr, mois-
sonner ; etc.
D'autres en ont quatre. Exemples : cgrireb, rouler ; rejd'el, boiter ;
d'err'el, être aveugle.
(2) Les Kabyles emploient quelquefois l'impératif à la 1" personne
du pluriel. Ils disent, par exemple, annilith, soyons; anrmouith, por-
tons, des radicaux ili, août, précédés de la particule ad' ; mais ce n'est
que par exception et aussi sans doute par abus. Je ne pense pas que
ces expressions fassent partie de la conjugaison régulière du verbe.
— 103
La conjug'aison du verbe kabyle est très simple ; le
tableau suivant, oii le radical est représenté par un trait,
offre le paradigme de cette conjugaison et suffît pour la
faire comprendre :
NOMBRES
NUMÉROS
DES PERSONNES
MODE UNIQUE
l""® personne.
— r'
Singulier.. . .
S*' pers.
3*^ pers. masculin.
3'' pers. féminin.
th — dh
i —
th —
V^ personne.
n —
2^ pers. masculin.
th — m
Pluriel
2® pers. féminin.
th — mth
3® pers. masculin.
— n
V 3® pers. féminin.
— nt
En remplaçant dans ce tableau le trait par un radical,
on a la conjugaison de tous les verbes, sauf toutefois les
particularités euphoniques dont nous parlerons tout à
l'heure.
Ainsi qu'on l'a déjà dit, ce mode s'applique au temps
passé et au présent, quelquefois aussi au futur.
Lorsque le verbe est précédé de la particule ai, sa
valeur temporelle est toujours le passé. (Voir ci-dessus,
page 82.)
Du Futur
Lorsqu'on veut exprimer spécialement le futur, quand
le verbe n'est pas négatif, on fait précéder le verbe, à
toutes les personnes, de la particule ad' qui, suivant les
- 104 —
lois générales àe reuphonie, devient at devant le th, et an
devant un N.
Quand le verbe est négatif, on se sert de Tune des
formes d'habitude. (Voir ci-après, page 122.)
TABLEAU DU FUTUR
NOMBRES
NUMÉROS
DES PERSONNES
FUTUR
ire
personne.
ad' — f
Singulier. . . .
9e
3'^
pers.
pers. masculin.
at — dh
ad'i —
pers. féminin.
at —
f ire
personne.
ann —
9e
y;.
^3e
pers. masculin.
at — rn
■ Pluriel
pers. féminin.
at — mtli
pers. masculin.
ad' — n
3«
pers. féminin.
ad' — nt
On a vu plus haut (pages 82 et 102) que la particule r'a
ou ara donne le sens du futur au verbe qui la suit. Elle
n'apporte aucune modification aux préfixes.
Tels sont les éléments de la conjugaison kabyle.
Faisons l'application des tableaux précédents au radical
burar, jouer,
105 —
NUMÉROS
MODE UNIQUE
des
oa
FUTUR
PERSONNES
AORISTE
SINGULIER
!"■ personne .
ourar er'. j'ai joué, je joue.
ad' ourar er', je jouerai.
2' personne. .
th ourar edh, tu as joué.
at ourar edh, tu joueras.
3' pars. masc.
i ourar. il a joué.
ad' i ourar, il jouera.
3'pers. fém.
th ourar, elle a joué.
PLURIEL
at ourar. elle jouera.
l"personne .
n ourar, nous avons joué.
an n ourar, nous jouerons.
2" pers.masc.
th ourar em, \" avez joué.
at ourar em. v' jouerez.
2' pers.fém..
th ourar emth, v*' avez joué.
at ourar emth. v" jouerez.
3' pers.masc.
ourar en. ils ont joué.
ad' ourar en. ils joueront.
S' pers.fém..
ourar eut, elles ont joué.
afroMrarer)?, elles joueront
On pourra conjuguer de môme les verbes suivants :
onJxk'em,
faire.
ow'al,
retourner.
ers,
descendre.
liasses,
écouter.
efli,
tomber.
fjen,
dormir.
effcr,
cacher.
effef,
sortir.
eddcz,
piler.
Particularités euphoniques du Verbe
En se conjuguant, le radical du verbe est soumis à
diverses modifications des sons voyelles qu'il renferme,
lorsqu'il n'est pas précédé des particules ad' et fa.
— 106 —
Ces modifications ont lieu avec la particule ai.
Nous avons observé les suivantes :
1° Au commencement du verbe, le son voyelle A
caractéristique <*' se change en OU à toutes les personnes
de l'aoriste.
Exemples :
1" pers. sing. 3' pers. eing.
ar\ prendre,
ail, monter,
az:^el, courir,
aiVer, descendre,
aker, voler, dérober,
cigem, puiser,
adhcn, être malade,
afeg, voler (oiseau), —
anef, laisser, —
arc:, lier, —
ascm, être envieux, jaloux, —
âmes, être sale, —
aouth, frapper,
fait à l'aoriste: our'er,
— oulir\
— ouzzclcf ,
— oucVereY ,
— oukerer,
— ougemef,
oufegef,
ounefer,
ourezef ,
ousemef,
oumescf.
our .
oiili.
ouzzcl.
ouiVer.
oukcr.
îougcm.
— oudhencf , ioudhen
ioufeg.
iounef.
iourez.
iousem.
ioumcs.
— ououthef , iououth
Dans quelques verbes, comme aoui, porter ; aoudh,
arriver, où le son A est suivi de OU, Fun des sons OU, et
quelquefois tous les deux, se changent en B. (Voir p. 9.)
aoui
aoudh.
fait donc à Taoriste
houif, iboui.
ebbhodher\ ibbodh.
(1) Nous disons caractéristique, parce que certains verbes commen-
çant par deux consonnes prennent une espèce d'A ou d'E euphonique
dont il n'est pas tenu compte dans la conjugaison, comme ark'em,
peindre ; ekchem, entrer ; egsem, couper, qui semblent être pour
rak'cm, kechcm, ge^em. Cet A ou cet E rappelle la voyelle euphonique
par laquelle nous commençons les mots esprit, estomac, etc.
— 107 —
Quelques verbes commençant par le son I le changent
aussi en OU, comme :
inig, voyager, qui fait à l'aoriste : ounagcf, iounarj.
intèfi, mugir, — outaKef, iountah' .
iri(V, être propre, — ourad'ef, iourad'.
Mais ces verbes sont rares.
2° Un très grand nombre de verbes ayant une ou deux
consonnes au radical font suivre ce radical : du son I à la
l""*^ et à la 2"^ personnes du singulier, et du son A ('' à toutes
les autres.
Le verbe cfk, donner, fait ainsi en se conjuguant :
SINGULIER
PLURIEL
1" personne..
efkir', j'ai donné.
nefka. nous avons donné.
2'pers. masc.
thejkidh, tu as donné.
thefkam. v* avez donné.
2'pers. fém..
id. id.
thefkamth, V avez donné.
3' pers.masc.
ijka, il a donné.
efkan, ils ont donné.
3'pers. fém..
th efka, elle a donné.
efkant, elles ont donné.
Les verbes suivants se conjuguent de la même manière :
l"pers. sing. 3'pers. sing.
a[ '^
trouver,
qui fait à l'aoriste :
ouf\r\
ioufa.
as,
aller,
—
ousir,
iousa.
etch,
manger.
—
etchif,
itcha.
sel,
entendre.
—
selif.
isla.
mel,
indiquer.
—
melif,
imla.
(1) Les Béni Mzab et les Béni Menacer changent souvent ce son A
en OU.
(2) Ces deux premiers verb3S renferment une double particularité
euphonique.
— 108 —
jcr,
voir. (]
ni
fait à l'aoris
te
zcrir,
izra.
enr,
tuer,
—
enfif,
infa.
crr,
brûler,
—
erfif,
irfa.
'■'ij.
laisser, aband
onner, —
edjir,
idja.
ek,
s'habiller,
—
elsir'' ,
Usa.
cdhs,
rire,
—
cdhsir',
idhsa
:.ed\
moudre,
—
:.cdlur\
i:dha
en:.,
être vendu.
—
oizir,
inza.
cks,
paître,
—
eksir\
iksa.
rem,
teindre,
—
remir\
ir^ma
Observation. — Le son A, qui suit le radical dans ces
verbes, devient I lorsqu'ils sont employés avec la néga-
tion ; ainsi, l'on dira :
our ifki ara, il n'a pas donné, et non our ifka ara.
our nefki ara, nous n'avons pas donné, — our ucfka ara.
our efkin ara, ils n'ont pas donné,. — ourrfkaii ara.
3° Beaucoup de verbes terminés par le son OU perdent
ce son. Ils se conjuguent alors comme les précédents.
Par exemple, le verbe czloii, égorger, se conjugue
ainsi :
; Singulier :
czlir,
thczlidh,.
izla,
thezla,
i^^ personne . . .
2'' pers
3*^ pers. (masc.^
3®. pers. (fém.).
i^^ personne . . .
2® pers. (masc.)
2® pers. (fém.) .
3" pers. (masc.)
3*^ pers. (fém.).
j ai égorge, j égorge,
tu as égorgé.
il a égorgé,
elle a égorgé.
Pluriel :
nezla,
thezla m,
thezlamth,
ezlan,
ezlant,
nous avons égorge .
vous avez égorgé,
vous avez égorgé,
ils ont égorgé,
elles ont égorgé.
— 109 —
Nous donnerons en exemple les verbes suivants :
l"pers. sing. S'pers.sing.
a:^ou, écorcher, fait à l'aoriste : ouzir', iouza.
arou, écrire, — ■
eddoii, marcher, —
esâou, avoir, posséder, —
ezzou, griller, —
ezçou, planter, —
ousou, tousser, —
essou, étendre, —
ebroii, lâcher, divorcer, —
ehf.oii, vouloir, —
erdjou, attendre, espérer, —
ebdhou, partager, —
eflou, percer, —
elhou, être bon, —
erouou, être rassasié, —
ah'lou, être guéri, —
eknou, ployer, —
cfrou, faire la paix, —
ah' mou, être chaud, —
ah'çou, penser, croire, —
egzou, avoir commerce avec
une femme, —
aânou, se diriger vers, —
esouou, boire, —
On trouve quelques verbes où le son A se place après le
radical, à toutes les personnes, comme :
argou, rêver, qui fait à l'aoriste : oîf/'f^rtr', iourga.
alouou, être faible, — oulouar\ iouloua.
ourir ,
tour a.
eddif,
idda.
sâiî''.
isâa.
ezzir'.
izzoL.
ezçif ,
izça.
ousir'.,
iousa.
essif.
issa.
ebrir'.
ibra.
ebrir',
ibfa. .
erdjif,
irdja.
bdhir\
ibdha.
felir'.
ifla.
elhir',
ilha.
erouir,
iroua.
ah'lir'.
iaKla.
eknir',
ikna.
cfrir\
ifra.
aJimir',
iaJima.
aKçif,
iah'ra.
egzif.
igza.
aànif,
iaàna.
souir.
isoua.
— 110 —
4° Lorsque le son I se trouve dans l'intérieur du verbe,
il se change très souvent en A.
Exemples :
l"pers. sing. 3'pers. sing.
wuir, précéder, fait à l'aoriste : ::owa/'e/'', izonar.
semir, verser,
melil, se réunir, rencon-
trer,
egrireh, rouler.
ekthil, mesurer,
sir', allumer,
irid\ être propre,
inig, voyager,
h'athil, tromper par ruse,
ergigi, trembler.
semaref, isemar.
melaler', imelal.
egrareber', igrareb.
ekthakr', ikthal.
sar'er', isar'.
ourad'er', ioiirad'.
ounager', iounag.
h'athaler', ih'athal.
regagif, irgagi.
5" Le son A intérieur se change quelquefois en OU.
Exemples :
Impers, sing. 3'pers.sing.
nad'i', chercher, fait à l'aoriste : noud'af ,
etchar, remplir, être plein, —
en)iar\ se battre, —
ennam, s'habituer, —
ellaz, avoir faim, —
effiuV , avoir soif, —
eggadj, changer de place, —
tchouref, i
ennoiir'ef
cnnoumer', i
ellouzer,
effoud'ef, i
eggoudjer', i
noud'a .
îchour.
nnour'.
nnoum .
Ilouz.
ffoud'.
ggoudj .
t)° Quelques verbes terminés par le son I changent, par
exception, ce son I en A.
— 111 —
I
Exemples :
l"pers. sing.
3'pers.sing
âddi,
passer,
fait
à l'aoriste :
: âdda?-',
iàdda.
nad'i,
chercher,
—
noud'ar',
inoud'a.
emsioui..
, être égal,
—
emsaoïiar'
, imsaoua.
ouali,
regarder,
—
oualar' ,
iouala.
haggi,
préparer,
—
haggcif',
ihagga.
geri.
rester,
—
geraf.
igera.
k'ebbi,
être gras,
—
kebbaf,
ik'ebba.
7° Enfin, les verbes ili, être ; ini (■', dire, perdent l'I
initial et redoublent leur consonne.
m, fait
ini, —
ellir',
ennir'
illa .
inna.
Modifications de l'idée verbale
L'idée du verbe primitif peut subir diverses modifica-
tions, par l'addition méthodique de certains sons qui y
ajoutent un sens transitif, passif, réciproque, ou qui
indiquent Vhabitude, la fréquence, la persévérance dans
l'action.
Nous représenterons, dans l'occasion, ces divers acci-
dents par les abréviations suivantes :
Tr. (transitif). — Pas. (passif). — Rég. (réciprocité). —
Hab. (habitude).
Les signes de ces modifications sont les suivants ; le
numéro d'ordre qui les accompagne servira à les rappeler
plus loin.
(1) Onrencontre quelquefois, exceptionnellement, ces verbes employés
sans les particularités euphoniques dont nous avons parlé.
Ainsi, l'on dit :
thasouiath i ini akka, thasouiath i ini akkennidhen.
Une heure il dit ainsi, une heure il dit autrement.
^Tantôt il dit d'une façon, tantôt de l'autre.)
— 112 -
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— 114 —
Les verbes dérivés, comme les verbes primitifs, ont
pour base de conjugaison la 2® personne du singulier de
l'impératif.
On trouvera plus loin des exemples de ces formes ; nous
allons d'abord examiner chacune d'elles et indiquer les
particularités qu'elle présente.
I. — Idée transitive
1"'^ FORME. — (s préfixe)
La première forme, qui s'emploie très fréquemment,
sert à exprimer l'idée transitive. Elle indique l'idée de
faire faire l'action, de faire devenir, comme :
sekchem, faire entrer, de ekchem, entrer.
setch, faire manger, de etch, manger.
sh'ass, faire devenir malade, de JCass, être malade.
serdhcl, faire prêter, de erdJiel, prêter.
essouoii, faire boire, de souou, boire.
La plupart des verbes primitifs dont le radical com-
mence par le son A, changent ce son en I à la forme
transitive.
Exemples :
sid'er, faire descendre,
zizzel, faire courir,
nfeg, faire envoler,
nnef, faire laisser,
sivez, faire attacher,
sidhen, rendre malade,
simes, rendre sale, salir,
de
ad'er,
descendre.
de
azzel,
courir.
de
afeg,
voler.
de
anef,
laisser.
de
avez,
attacher.
de
adhen,
être malade
de
âmes,
être sale.
— 115 -
Dans quelques verbes, cependant, ce changement n'a
pas lieu.
Exemples :
sali, faire monter, de ali, monter.
saouki ('^j faire s'éveiller, réveiller, de aouki, s'éveiller.
saoggad', faire craindre, de aoggad', craindre.
Quelques verbes primitifs, dont la première articulation
est redoublée, remplacent l;i première syllabe par le son
OU, à la forme transitive.
Exemples :
sout'cdh, faire téter, de et't'edh, téter.
soufer', faire sortir, de effer', sortir.
Plusieurs des particularités euphoniques des verbes
primitifs se retrouvent dans la forme transitive, savoir :
1° Lorsque le son I se trouve intercalé entre les con-
sonnes de la forme transitive, il se change généralement
en A, comme dans le verbe primitif.
Exemples :
1" pers. sing. 3' pers. sing.
sid'er, faire descendre, fait sad'eiTr', isad'er.
zizzel, faire courir, — zazzelef , izazzel.
sirez, faire attacher, — sarezer', isarez.
segrireb, faire rouler, — segrarebef, isegrareb.
semlil, faire se réunir, — semlaler', isemlal.
(1) Le K, dans ce mot, doit se prononcer comme le ch allemand.
— 116 —
t^ Les verbes de la forme transitive, dérivés de verbes
primitifs qui chang-ent par exception leur son final I en A,
subissent également ce changement. (Voir page MO.)
Exemples :
sûddi, faire passer, fait sâddar', isûdda.
segeri, faire rester, — segeraf , isegera.
scmsioui, rendre égal, — semsaouaf , isemsaoïia.
'A° Les verbes terminés par le son OU changent ce son
en A à toutes les personnes de, l'aoriste '^'.
Exemples
selJioa,
rendre bon,
fait
selhar\
iselha.
salrlou,
guérir.
—
sah'laf,
imh'la.
seknoii,
faire ployer,
—
seknar',
isekna.
sed'hou,
faire s'amuser,
, —
sed'haf,
iscd'ha.
sali'mou,
chauffer,
— ■
sah'mar',
isah'ma.
De même que pour le verbe primitif, toutes ces particu-
larités n'existent pas lorsque le verbe est employé avec
les particules du temps futur : ad' et fa.
Exemples de l'emploi de la forme transitive :
sekchemcr'lh s akhkham.
J'ai fait entrer lui à la maison.
imli ts s oufclla b oud'rar.
Il a fait monter elle en haut de la montagne.
(1) Dans les verbes primitifs, ce son OU se change en I à la 1" et à
la 2' personne du singulier. (Voir page 108.)
— 117 —
illa d' amoudhin sctcher' as Ihizourin
Il existait malade, j'ai fait manger à lui des raisins,
iah'la.
il a été guéri.
oulache r'ourcs id'rimen serdhelcr' as.
N'était pas chez lui d'argent, j'ai fait prêter à lui (il n'avait
pas d'argent, je lui en ai fait prêter).
ir'i cnni souir' idhelli isadhen i.
Le lait aigre que j'ai bu hier a rendu malade moi.
argaz agi a k isidhen se thira.
Cet homme te rendra malade par l'écriture (en écrivant
un charme).
issouou aâoud'iou is d'i thala.
Il a fait boire le cheval de lui dans la fontaine.
ad'issouou aâoud'iou is d'i thala.
Il fera boire le cheval de lui dans la fontaine.
isâdda oussan is d'eg ourar.
Il fait passer les journées de lui dans le jeu (il passe ses
journées au jeu).
ad'isàddi oussan is d'eg ourar.
Il fera passer les journées de lui dans le jeu (il passera ses
journées au jeu).
ouin ioukeren a th nesoufer' si thaddarth.
Celui ayant volé, nous le ferons sortir du village (celui
qui volera, nous le ferons sortir du village).
ouin fa isinefen izgarcn seg oubrid' ad'iefk
Celui devant faire laisser les bœufs du chemin donnera
elkhedha.
l'amende (celui qui laissera sortir ses bœufs du chemin
paiera l'amende).
- 118 —
II. — Idées passive et réciproque
2® FORME. — (m préfixe)
La deuxième forme, qui s'obtient en plaçant un M
devant le radical, donne au verbe le sens passif ou
réciproque, et quelquefois tous les deux à la fois, comme :
mctch, ôtre mangé, de etch, manger.
mzcr, être vu, se voir réciproquement, de zer, voir.
merz, être cassé, se casser réciproquement, de erz,
casser,
merdhcl, être prêté, de erdhel, prêter.
mier'dhal, se renverser réciproquement, de er'dhel,
. renverser.
mouali, se regarder réciproquement, de ouali, regarder.
menf , s'entre-tuer, combattre, de enr' , tuer.
mzel, être égorgé, de czloii, égorger.
Les verbes qui expriment la réciprocité ne s'emploient
naturellement qu'au pluriel.
Les verbes primitifs commençant par deux consonnes
placent, généralement, le son I après l'M préfixe de la
2® forme, et introduisent le son A avant la dernière articu-
lation.
Lorsqu'ils sont employés sans particules, le son voyelle
initial se change ordinairement en A ; mais on peut aussi
laisser subsister le son E.
Exemples :
miagzamen ou miegzamen, ils se sont coupés réci-
proquement.
miarhadhen ou 7nierkadhcn, ils se sont foulés aux pieds
réciproquement.
— 119 —
miardhalen ou micrdhalcn, ils se sont prêté rccipro-
quement.
miardhalen ou micr dJialen , ils se sont renversés réci-
proquement.
Les verbes de la 2® forme, dérivés des verbes primitifs
que nous avons déjà signalés, subissent les changements
indiqués page 110.
Exemple :
moualan, ils se sont regardés réciproquement,
de ouali, regarder.
Le son OU, qui termine certains verbes primitifs, dis-
paraît dans les dérivés de ces verbes, à la forme qui nous
occupe.
Exemples :
imzel, il a été égorgé, de ezlou, égorger.
ad'imzel, il sera égorgé.
Applications :
our oufif ara ar'eroiim enni illan idhelli d'eg
Je n'ai pas trouvé le pain lequel étant hier dans
oukhkham imetch.
la maison, il a été mangé. (Je n'ai pas trouvé le pain
qui était hier à la maison, il a été mangé.)
ak'douach enni illan d'oug addainin imzel.
Le bouc lequel ayant été dans l'écurie a été égorgé. (Le
bouc qui était à l'écurie a été égorgé.)
— 120 —
oufrik agi atVimzel ass ne lemczliouth h ouakrarcn.
Ce mouton sera égorgé le jour de regorgement des moutons
(fête des sacrifices).
irgazen enni imâabaren mier'dhalen.
Les hommes lesquels ayant lutté se sont renversés
réciproquement. (Les hommes qui luttaient se sont
renversés réciproquement.)
ath Fraoussen d'ath R'oubri mcnfen.
Les Béni Fraoussen et les Béni R'oubri se sont tués
réciproquement (ont combattu).
mi ennow'en miargamen am thoulaouin.
Lorsque ils se sont battus, ils se sont insultés récipro-
quement, comme des femmes.
3« FORME. — (tsou préfixe)
La troisième forme, qui s'obtient en plaçant tsou devant
le radical, exprime l'idée passive exclusivement.
Exemples :
ilwuaf, il a été trouvé, de af, trouver.
itsouar' , il a été pris, — ar', prendre.
ilsouarou, il a été écrit, — arou, écrire.
itsouaker, il a été volé, — aker, voler.
La voyelle brève qui commence beaucoup de verbes
primitifs, comme etch, manger; cffer, cacher; ebrou,
lâcher, se change par euphonie en A, à la 3^ forme.
Comme dans la forme transitive, quelques verbes com-
mençant par le son A changent ce son en I à la 3® forme,
comme tsouirez, être attaché, de arez, attacher.
— 121 —
Le changement du son I en A, que nous avons signalé
dans le verbe primitif, page 1 10, et à la 1'''^ forme, page 1 15,
se retrouve dans cette forme.
Exemples :
itsouarcz, il a été attaché, de tsouirez.
itsouJtagga, il a été préparé, de haggi, préparer.
Avec les particules ad' eir'a du futur, ce son I reparaît.
Exemples :
ad' itsouirez, il sera attaché.
ad' itsouhaggi, il sera préparé.
Applications :
illa itsouarez lamâni itsouabrou.
Il existait il a été attaché, mais il a été lâché (il avait été
attaché, mais il a été lâché).
our th oufin ara illa ilsouajfer.
Ils ne l'ont pas trouvé, il était il a été caché (on ne l'a
pas trouvé, il était caché).
kilah agi itsouarou se thk'ebailith.
Ce livre a été écrit en kabyle.
thabmts agi tlietsour'cr idhelli d'i souk'.
Cette lettre a été lue hier dans le marché.
irgazen agi tsouner'cn idhelli.
Ces hommes ont été tués hier.
lemmer aledjedh aserd'oun ik d'eg ourlhi ad'itsouiker.
Si tu laisses le mulet de toi dans le jardin, il sera volé.
122
4« FORME. — (ts préfixe)
La 4^ forme indique quelquefois aussi l'idée passive.
Un certain nombre de verbes primitifs prennent indiffé-
remment cette forme ou la précédente, pourvu toutefois
que ces verbes aient une forme d'habitude différente, et
qu'il ne puisse y avoir de confusion. (Voir le tableau n" 1,
page 112.)
Ainsi, l'on dit également :
itsetch et itsonatch, il a été mangé, de etch, manger,
dont la forme d'habitude est thets.
itsenk'ech et itsouank'ech, il a été pioché, de enk'ech,
piocher, dont la forme d'habitude est nek'k'ech.
itsezgel et itsouazgd, il a été manqué, de e-gel, man-
quer, dont la forme d'habitude est 'eggel.
ilsegzem et itsouagzem, il a été coupé, de egzem,
couper, dont la forme d'habitude est gezzcm.
III. — Idée d'habitude
L'idée d'habitude est celle qui s'exprime le plus souvent
en kabyle. Ses formes sont nombreuses ; tous les verbes
primitifs ou dérivés, dont le sens peut admettre l'idée
d'habitude, ont une forme pour la représenter. Il est aussi
nécessaire de connaître ces formes que les verbes mêmes
auxquels elles s'appliquent ; car, sans cette connaissance,
il est impossible de rendre toutes les modifications de la
pensée que le verbe est destiné à exprimer.
Il est à remarquer, en effet, que l'aoriste des formes
d'habitude est toujours employé pour exprimer le futur
dans les propositions négatives.
— 123 —
Exemples :
our itsaf ara, il ne trouvera pas.
our itsarou ara, il n'écrira pas.
our th zerref ara, je ne le verrai pas.
Le futur d'une proposition affirmative s'exprime par
ad' , ainsi que nous l'avons indiqué pour le verbe primitif
(page 103).
Exemples :
ad' i af, il trouvera.
ad' i arou, il écrira.
a th zerer', je le verrai.
De même, avec la négation, c'est toujours l'impératif
de la forme d'habitude que l'on emploie.
Exemples :
our th ekkath ara, ne le frappe pas, et non our th aouth ara.
our as tsak ara, ne donne pas à lui, — our as efk ara.
Cet emploi de la forme d'habitude paraît être commun
à tous les dialectes kabyles. On le retrouve aussi chez les
Béni Mzab et les Touareg.
Valeur temporelle des formes d'habitude
Comme le verbe primitif, les formes d'habitude indi-
quent d'une manière absolue les trois périodes : le passé,
le présent et le futur. Si l'on veut exprimer spécialement
l'idée du présent, on place l'adverbe d'à, ici, devant le
verbe d'habitude,
- 124 —
Cette addition lui donne le sens de l'actualité.
Exemples :
d'à itsarou, il écrit, il est écrivant.
d'à itheddou, il marche, il est marchant.
d'à nekerrcz, nous labourons, nous sommes
labourants.
d'à ikkath oud'fel, la neige tombe, est tombante.
Pour le futur, on fait précéder le verbe d'habitude des
particules ad' et r'a, pourvu toutefois que la proposition
ne soit pas négative.
Employé sans particule, le verbe d'habitude indique la
persévérance dans l'action, par exemple :
am koull ass Usas ed four i.
Tous les jours, il vient habituellement chez moi.
ek'k'aref ass clkoulL
Je lis habituellement le jour entier (je lis toute la journée).
ikkath oud'fel aVas di themourth ennaf .
Frappe (tombe) habituellement la neige beaucoup dans le
pays de nous (il tombe beaucoup de neige dans notre
pays) .
koull tfiameddith ganer' r'ef setta.
Chaque soir, je dors (je me couche) à six heures.
itsili d'eg oukhkham si elaçer ar el mofereh.
11 est habituellement à la maison depuis Taçeur jusqu'au
coucher du soleil.
Examinons maintenant les différentes formes qui expri-
ment l'habitude.
— 125 —
4® FORME. — (ts préfixe)
La quatrième forme du tableau n° 1 , qui s'obtient en
plaçant TS devant le verbe, indique l'idée d'habitude, ^de
fréquence, de persévérance dans l'action, ou de constance
dans l'état exprimé par le verbe. C'est la forme d'habitude
la plus usitée.
Particularités euphoniques de la forme d'habitude 4
Uil certain nombre de verbes de cette forme introduisent
les sons A, OU, I avant la dernière articulation, ou ajoutent
les sons A et OU à la fin du radical primitif ; mais ces sons
ne paraissent placés là que pour leuphonie, puisqu'ils
n'ajoutent rien à la signification du verbe.
1° Les verbes de deux consonnes de la forme en, et
d'autres où le son OU se trouve déjà, introduisent le son
OU avant la dernière articulation.
Exemples :
hérons, descendre habituellem*, de en, descendre.
tserouz,
tsenouz,
tseroudh,
tsenous,
tselons,
tsousoum,
casser
être vendu
péter
passer la nuit
s'habiller
se taire
Uer'ouilouf, avoir du chagrin
tsekoufouth, mousser
tsemouk'oul, regarder
erz, casser.
enz, être vendu,
erdh, péter.
eus, passer la nuit,
els, s'habiller,
sonsem, se taire.
r'ouilef, avoir du
chagrin.
koufcth, mousser,
mouk'el, regarder.
- 126 —
2" Les verbes de quatre consonnes introduisent généra-
lement le son I avant la dernière articulation.
Exemples
tse dherris, agacer habituellement, de dherres, agacer.
ts eVVil, raser
ts h'ammil, aimer
ts h'akkir, viser
tse nechchib, tourner
ts egririb, rouler
ts erejd'il, boiter
tse rùiâich, trembler
tse h'assis, écouter
tse kelkil, trotter,
sel't'el, raser.
h'ammel, aimer.
h'akker, viser.
nechcheb, tourner.
egrireb, rouler.
rejd'el, boiter.
râiâch, trembler.
h'asses, écouter.
kelkel, trotter.
3° Quelques verbes, comme ek'k'el, devenir; azzel,
courir, introduisent le son A avant la dernière articulation
et font à la 4® forme :
tsak'k'al, devenir habituellement.
tsazzal, courir —
4° D'autres placent les sons A, OU et I à la fin du radical
primitif.
ts arra,
is adja,
ts fiassa,
ts igadja,
tse galla,
Exemples :
rendre habituellement, de err, rendre,
laisser, abandonner — edj, laisser,
être malade —
changer de place —
prêter serment —
h'ass, être malade.
eggadj, changer
de place.
eggall, prêter ser-
ment.
— 127 —
tse roummou, boucher habituellem^ de r'oumm, boucher.
ts oummou, sucer — soumm, sucer.
ts emlili, se réunir — melil, se réunir.
Tous ces sons persistent lorsque le verbe est employé
avec les particules du futur : ad' et fa.
Les particularités euphoniques des verbes primitifs (Voir
page 103) ne se retrouvent pas dans les verbes de la
4® forme.
La première consonne de quelques verbes primitifs se
change en A à la 4*^ forme.
Exemples :
ts azeg, être mouillé habituellem^ de ebzeg, être mouillé.
ts âges, se ceindre les reins — ebges, se ceindre.
ts added, être debout — ebded', être debout.
On trouve aussi :
ts enekkar, se lever habituellement, de ekker, se lever.
Mais dans les dialectes des Chelouh et des Touareg,
on dit :
enker, au lieu de ekker.
ts enekkar est donc dérivé d'un radical oublié dans le
pays.
Lorsque la première consonne du radical primitif est
un s ou un ch, on met seulement un t devant le radical
pour obtenir la forme d'habitude.
12g -
Exemples :
tseVVil, raser habituellement, de sct't'el, raser.
tchiiâ, envoyer — chiiâ, envoyer.
5^ FORME. — (th préfixe)
Là cinquième forme ne diffère de la précédente que par la
substitution du TH au TS. Elle exprime, comme elle, l'idée
d'habitude. Cette forme appartient spécialement aux radi-
caux dont la première articulation est redoublée, comme :
theddou, marcher habituellement, de eddou, marcher.
tJicllem, filer — ellem, filer.
(i*^ FORME. — Redoublement de la 2° articulation
La sixième forme, qui s'obtient en redoublant la deuxième
articulation du radical, indique aussi l'idée d'habitude.
Elle appartient à quelques radicaux de deux consonnes,
comme : zer, voir; ,st/, entendre; rem, teindre, qui font
à la forme d'habitude : zcrr, sell, femm, et à la généralité
des radicaux dans lesquels les deux premières consonnes
se suivent sans être séparées par un son voyelle.
Exemples :
gezzcm, couper habituellement, de cgzcm, couper.
megger, moissonner — emger, moissonner.
sejfcdh, balayer — esfedh, balayer.
fellou, percer — eflou, percer.
— 129 —
7% 8«, 9" et 10*^ FORMES
Ces formes expriment encore l'idée d'habitude. Elles
s'appliquent généralement aux verbes de la forme tran-
sitive n° 1, et à ceux des formes passives n°^ 3 et 4 du
tableau n° 1. (Voir page 112.)
Quelques verbes, qui se classent dans la septième forme,,
comme :
emmal, indiquer habituellement, de mel, indiquer ;
ezzad', moudre — e-d', moudre;
eggar, jeter — ger, jeter;
eddal, couvrir — d'el, couvrir,
redoublent la première articulation. Mais je pense que
c'est par euphonie. Le nombre de ces verbes est d'ailleurs
très restreint.
De même, quelques verbes exprimant l'habitude redou-
blent Vs initial de la forme transitive dont ils sont dérivés,
comme :
essout'oudh, faire téter habituellement, de sout'edh, faire
téter.
essoufouf, faire sortir habituellement, de soiifer' , faire
sortir.
Je crois également qu'on doit attribuer ce redoublement
à une cause d'euphonie.
Les quatre dernières combinaisons (4-2-9), (4-2-1-9),
(1-2-9) et (3-1-9) du tableau n*' 2, page 113, indiquent
aussi l'idée d'habitude et complètent la série des formes
d'habitude des verbes, tant primitifs que dérivés.
On rencontre encore des formes d'habitude qui parais-
9
— 130 —
sent isolées et ne peuvent se classer parmi celles dont
nous venons de parler, comme :
thets, manger habituellement, de etch, manger.
sess, boire — souou, boire.
Enfin, des verbes primitifs expriment l'idée d'habitude
par des formes paraissant appartenir à des radicaux qui ne
sont plus usités, comme :
ek'k'ar, dire habituellement, de ini, dire.
ekkalh, frapper — aouth, frapper.
Combinaisons des formes
Les trois premières formes (1-2-3) peuvent se com-
biner sur un même radical, auquel elles ajoutent l'idée
représentée par chacune d'elles. C'est ainsi, par exemple,
que Ton obtient les mots :
smenf, faire se tuer réciproquement (faire combattre) ;
formé des éléments (1-2) ajoutés au radical enr', tuer.
msetchen, ils se sont fait manger réciproquement ; formé
des éléments (2-1) ajoutés au radical etch, manger.
itsouseknef, il a été fait rôtir (il a été rôti) ; des éléments
(3-1) ajoutés au radical eknef, être rôti, rôtir.
Les formes d'habitude (4 et 9) viennent se combiner
encore avec les mots ainsi composés.
Exemples :
smenr'a, fais combattre habituellement; formé des
éléments (1-2-9) sur le radical enf (9^ forme d'habi-
tude).
— 131 —
tsemeselchath, faites-vous manger réciproquement et
habituellement; éléments (4-2-1-9), radical etch
(4^ forme d'habitude).
itsouserr'a, il est fait brûler habituellement (il est
brûlé habituellement); éléments (3-1-9), radical err',
brûler (9® forme d'habitude).
Application des formes d'habitude
et des combinaisons (i)
lek'bail sàâoun (6) iserd'an d'elâali then.
Les Kabyles ont habituellement des mulets bons.
(Les Kabyles ont de bons mulets.)
achou ithets (forme isolée) aîïi koull ass tsakef (4)
Quoi mange-t-il habituellement? Tous les jours, je donne
as ar'eroum.
habituellement à lui du pain.
(De quoi vit-il? Chaque jour, je lui donne du pain.)
ad'ft'l ikkath (forme isolée) at'as
La neige frappe habituellement (tombe) beaucoup
d'i themourth ennaf lamâni thesefsai th (7)
dans le pays de nous, mais fait fondre habituellement
thafouklli zik.
elle la lumière du soleil bientôt.
(Il tombe beaucoup de neige dans notre pays, mais
le soleil la fait bientôt fondre.)
adjemd' itsetcha (9) r'our
La sauterelle est mangée habituellement (se mange) chez
ouâraben.
les Arabes.
(1) Les numéros entre parenthèses indiquent les numéros des
tableaux 1 et 2, pages 112 et 113.
— 132 —
argaz agi am afioul itsenbach (7).
Cet homme, comme l'âne, il est piqué habituellement
(proverbe).
iserfa (9) thizegoua iouakken
Il fait brûler habituellement les broussailles, afin que
ad'ikerez.
il laboure.
sousouir' (8) iger iou am koull ass.
Je sarcle habituellement le champ de moi chaque jour,
thoulaouin ne temourth agi es souV oudhent (8)
Les femmes de ce pays-ci allaitent habituellement
arraou ensoit sin iseggasen.
les enfants d'elles deux années.
(Les femmes de ce pays ont l'habitude d'allaiter leurs
enfants deux ans.)
four el Kchail irgazen tsinigen (4)
Chez les Kabyles, les hommes voyagent habituellement,
kerrezen (6) thellesen (5)
labourent habituellement, tondent les moutons habi-
tsemenr'an (4-2-9).
tuellement, combattent habituellement.
thoulaouin tsagement (4) aynan ferredhent (6)
Les femmes puisent habituellement de l'eau, balaient
ikhkhamen theUement (5) thad'ouV
habituellement les maisons, filent habituellement la laine,
zeVVent (6) ibid'iin ezzad'ent (7)
tissent habituellement les burnous, moulent habituel*
aouren thczzegent (5) thisitha ad' ouUi
la farine, traient habituellement les vaches et les brebis,
sendount (10) ifi.
battent habituellement le lait aigre.
— 133 —
Mohammed ad' Bel Kassem tsemlilin (4) r'our
Mohammed et Bel Kassem se réunissent habituellement chez
oumeddakoul ensen sessen (forme isolée) elk'aoua
l'ami d'eux, ils boivent habituellement du café (4),
tsouraren (4) thiddas.
ils jouent habituellement aux thiddas ^^K
ath B oud'rar tsinigen (4) r'èr Tonnes
Les Béni Boudrar voyagent habituellement à Tunis,
tsafen (4) el baroud' tsaouin t (4)
achètent habituellement de la poudre, portent elle
i^'er themourth g imnoufak' zenouzoun t (10)
habituellement dans le pays des insurgés, vendent elle
s elr'ela.
habituellement à un haut prix.
ath Irathen kessen (6) d'i themourth
Les Béni Raten font paître habituellement dans le pays
lamraouien essoiian (9) izgaren
des Amraoua ; ils abreuvent habituellement les bœufs
d'oug asiff lamâni lamraouien our then tsadjan (4) ara-
dans la rivière, mais les Amraoua ne les laissent pas
ad'zegeren asiff fer themourth n
ils traverseront (traverser) la rivière vers le pays des
ath Jennad.
Béni Djennad.
iger agi itsouakraz (7) koull aseggas.
Ce champ est labouré habituellement tous les ans.
ath MengeUath tsenechchiben (4) ath
Les Béni Menguellat tournent (sont tourneurs) ; les Béni
Jennad meggeren (6).
Djennad moissonnent (sont moissonneurs).
(1) Espèce de jeu de dames gui se joue avec des cailloux.
— 134 —
the:^eddefem (6) achlouh' noukni nezeddef (6)
Vous habitez habituellement la lente ; nous, nous habitons
ikhkhamen.
habituellement des maisons.
amek as ek'k'aren (forme isolée) i ouagi se
Comment à lui disent - ils habituellement à ceci en
thk'ebailith.
kabyle? (Comment dit-on ceci en kabyle?)
ai taddarth agi tsemenr'an (4-2-9) am koull
Les gens de ce village combattent habituellement chaque
aggour d'el amin ai then ismenfan (1-2-9).
mois ; c'est l'amin faisant combattre eux habituellement.
(Les gens de ce village se battent tous les mois ; c'est
l'amin qui les fait se battre.)
ma fa feroun leK'ebail tsemcsctchan (4-2-1-9)
Lorsque font la paix les Kabyles, ils se font habituellement
tsemesensan (4-2-1-9)
manger réciproquement, ils se font habituellement
gar asen.
passer la nuit réciproquement entre eux.
amck illa elh'al d'à ikkalh (forme isolée) oud'fel
Comment est le temps ? tombe en ce moment la neige,
d'à thekkath cl haoua.
tombe la pluie.
(Quel temps fait-il? il tombe de la neige, il pleut.)
achou d'à ikheddem (6) thoura. d'à itsarou (4)
Que fait-il maintenant? il écrit (il est écrivant),
d'à inek'k'ech (6) d'à itheddou (5).
il pioche (il est piochant), il marche (il est marchant).
our tsfimif (4) ara d'eg oukhkham ik.
Je ne resterai pas dans la maison de toi.
our th zerref (6) ara ass a.
Je ne le verrai pas aujourd'hui.
- 135 —
our izenouz (8) ara aserd'oun is.
Il ne vendra pas le mulet de lui.
owr theffer'en (5) ara seg oukhkham.
Ils ne sortiront pas de la maison.
bfau ad'feroun ad'nek ai then
Ils voulaient ils feront la paix, c'est moi ce qui ayant fait
ismenr'en (2-1).
eux se tuer réciproquement.
(Ils voulaient faire la paix, c'est moi qui les ai fait
combattre.)
alh Bethroun d' ath Scd'k'a mscgallen (2-1)
Les Béni Betroun et les Béni Sed'k'a se sont fait jurer réci-
fef eddjehad' d'cg iroumien
proquement sur la guerre sainte contre les chrétiens ;
s el âda ensen msensen (2-1)
suivant la coutume d'eux, ils se sont donné l'hospitalité
msetchen (2-1).
réciproquement, ils se sont fait manger réciproquement.
mzazzelen (2-1) s amenfi
Ils ont couru à la rencontre les uns des autres pour le
mseroualcn (2-1).
combat, ils se sont fait fuir réciproquement.
itsousegrareb (3-1) s oufella b
Il a été fait rouler (on l'a fait rouler) du haut de la
oud'rar s asijf.
montagne dans la rivière.
noukni an nekcrrcz (6) kounoui tsinigeth (4).
Nous, nous labourerons habituellement; vous, voyagez
habituellement.
am koull aseggas asiff ne Sahd itsouk'k'im (4)
Tous les ans, la rivière de Sahel (oued Sahel) fait habituel-
ifthiscn .
lement des alluvions,
— 136 —
EXEMPLES DES FORMES DÉRIVÉES ^
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
1" forme. -
- ( s préfixe )
(N» 1 du tableau n° 1, page 112)
Idée transitice
sali ^^\ faire monter.
ali, monter.
sers, faire descendre,
ers, descendre.
placer.
saoïiki, faire s'éveiller,
aouki, s'éveiller.
réveiller.
saoggad', faire craindre,
aoggad', craindre.
effrayer.
zizzel, faire courir.
azzel, courir.
sid'er, faire descendre.
ad'er, descendre.
(1) Toutes ces formes dérivées se retrouvent, chez les Touareg, avec
de légères modifications dans les signes ; la réciprocité est souvent
caractérisée par ENM, au lieu de M seulement. Tsou devient tou, les
4' et 5* formes n'en forment qu'une, ayant pour signe T préfixe. J'ai, de
plus, constaté dans ce dialecte une forme qui ne parait plus exister en
•kabyle; elle a pour signe T affixe. et indique l'idée de devenir, par
exemple : crser', être riche; erser'et, devenir riche.
(2) On se rappelle que, pour énoncer le verbe kabyle d'une manière
■plus simple, nous nous servons de la 2' personne de l'impératif,
comme on emploie en français l'infinitif.
Nous devons faire observer, néanmoins, que ces impératifs, présentés
dans les listes ci-dessous comme bases de là conjugaison des verbes,
ne sont pas tous usités dans la pratique.'
137 -
FORME DÉRIVÉE
sifeg, faire envoler.
sinef, faire laisser.
sirez, faire attacher.
sidhen, rendre malade.
simcs, rendre sale, salir.
sah'lou , rendre guéri ,
guérir.
serouou, faire se rassasier,
rassasier.
seknou, faire ployer.
sed'hou, faire s "amuser.
sali' mou, rendre chaud,
chauffer.
selhou, rendre bon.
essouou , faire boire,
abreuver.
semsioui ,. rendre égal ,
égaliser.
segrireb, faire rouler.
sâddi, faire passer.
segeri, faire rester.
semlil, faire se réunir,
rassembler.
soufer', faire sortir.
sout'edh, faire téter, al-
laiter.
setch, faire manger.
ser'li, faire tomber, ren-
verser.
RADICAL
afrg, voler.
anef, laisser.
arc:;, attacher.
adhen, être malade.
âmes, être sale.
ah'lou, être guéri.
erouou, être rassasié.
eknoii, ployer.
ed'hou, s'amuser.
ah' mou, être chaud.
elhou, être bon.
souou, boire.
emsioui, êti-e égal.
egrireb, rouler.
âddi, passer.
egeri, rester, être de reste.
melil, se réunir, rencon-
trer.
effcr', sortir.
ct'l'edh, téter.
etch, manger.
er'li, tomber.
— 138
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
sr'cr, faire lire.
r'er, lire. i
sgen, faire dormir, en-
gen, dormir.
dormir.
zenz, vendre.
enz, être vendu.
1 sens, faire passer la nuit,
ens, passer la nuit, cou-
donner l'hospitalité.
cher.
sels, faire s'habiller.
els, s'habiller, revêtir.
sd'erfcl, rendre aveugle,
derfel, être aveugle.
aveugler.
serr\ faire brûler.
err' , brûler.
sekchem, faire entrer.
ekchem, entrer.
zehzcg, mouiller.
ebzeg, être mouillé.
sfim, faire asseoir.
k'im, s'asseoir, être assis.
sebded', faire se tenir
ebded', se tenir debout.
debout.
sekker, faire se lever.
ekker, se lever.
sedhfer, faire suivre.
edhfer, suivre.
sedhs, faire rire.
edhs, rire.
smekthi, faire se souvenir.
mekthi, se souvenir.
sd'oukel, faire se réunir,
d'oukel, se réunir.
réunir.
scrkem, faire bouillir.
erkem, bouillir.
serdhel, faire prêter.
erdhel, prêter.
ser'dhel, faire renverser.
er'dhel, renverser.
serjd'el, faire boiter.
rejd'cl, boiter.
sh'ass, rendre malade,
h'ass, être malade.
srâiâch, faire trembler.
rûiâcli, trembler.
selaz, afïamer.
ellaz , avoir faim, être
affamé.
139
FORME DÉRIVÉE
selheth, rendre haletant,
essoufflé.
senam, faire s'habituer.
selouf , rendre trouble,
troubler.
sefd, faire fondre.
serouel, faire fuir.
sâd'el, rendre égal, éga-
liser.
skoiifeth, faire mousser.
scggal, faire jurer.
senVedh, souder.
sired' , rendre propre,
laver.
sioul, appeler, parler.
seknef, faire rôtir.
RADICAL
elhelh, être haletant.
ennam, s'habituer.
lour', être trouble.
efsi, fondre.
erouel, fuir.
âd'el, être égal.
koufeth, mousser,
eggal, jurer, prêter ser-
ment.
ent'edh, être joint, réuni.
irid', être propre.
aoul (inusité).
eknef, être rôti, rôtir.
s* forme. — (M préfixe)
Idées passioe et réciproque
metch, être mangé.
mels, être revêtu.
mzel, être égorgé.
msef , être acheté.
mzer, être vu, se voir
réciproquement.
merz, être cassé, se casser
réciproquement.
elch, manger.
eh, revêtir.
ezlou, égorger.
sef , acheter.
zer, voir.
erz, casser.
140 —
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
menr', s'entretuer, com-
enf, tuer.
battre.
monali, se regarder réci-
ouali, regarder.
proquement, se faire
face.
mâabbdr, lutter.
(inusité).
metchetchaou, se querel-
(inusité).
ler, se battre.
miekcham, entrer l'un
ekchem, entrer.
chez l'autre.
miekmaz, se gratter réci-
ekmez, gratter.
proquement.
miezgal, se manquer id.
ezgel, manquer un but.
miegzam, se couper id.
egzcm, couper.
mierkadh, se fouler
erkedh, fouler aux pieds.
aux pieds. id.
miemkan, s'atteindre id.
emken, atteindre, frapper.
mierdfial, se prêter id.
erdhel, prêter.
mier'dhal, se renverser id.
er'dhel, renverser.
miechfak', avoir pitié
echfck' , avoir pitié.
l'un de l'autre.
miedhfar, se suivre id.
edhfer, suivre.
3" forme. — (^
rSOU préfixe)
Idée i
lassice
tsou af, être trouvé.
af, trouver.
tsouar', être pris, acheté.
ar', prendre, acheter.
— Ul —
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
tsou arou, être écrit.
arou, écrire.
Uou aoui, être emporté.
aoui, emporter, porter.
tsou eth, être frappé.
aouth, frapper.
tsou atch, être mangé.
etch, manger.
tsounefk, être donné.
efk, donner.
tsou ner', être tué.
enr', tuer.
tsou affer, être caché .
effer, cacher.
' tsou chiiâ, être envoyé.
chiiâ, envoyer.
tsou haggi, être préparé.
haggi, préparer.
tsou azçou, être planté.
eziyu, planter.
tsou abbi, être pincé.
ebbi, pincer.
tsou addez, être pilé, châ-
eddez, piler, châtrer.
tré.
tsou aker, être volé.
aker, voler, dérober.
tsou set'l'el, être rasé.
set't'el, raser.
tsou h'ammel, être aimé.
h'ammel, aimer.
tsou abrou , être lâché ,
ebrou, lâcher.
abandonné.
tsou afezz, être mordu,
r'ezz, mordre.
rongé.
tsou assen, être connu.
isshi, connaître.
tsou akrez, être labouré.
ekrez, labourer.
tsou nk'ech, être pioché.
enk'ech, piocher.
tsou akmez, être gratté.
ekmez, gratter,.
tsou ak'k'en, être lié, atta-
ekk'en, lier, attacher.
ché.
tsou irez, id.
avez, id .
tsou amger , être mois-
emgcr, moissonner.
sonné.
— 142 —
FORME DÉRIVÉE
1
1
1
RADICAL
tsou addem, être enlevé.
eddem, enlever, lever.
tsou affez, être mâché .
effez, mâcher.
Isou azgel, être manqué.
ezfjel, manquer un but.
Isouagzem, être coupé.
egzem, couper.
Uou sfedh, être nettoyé.
esfedh, nettoyer.
tsou afredh, être balayé.
efrcdh, balayer.
tsou annedh, id.
enncdh, id.
tsouarkedh, être foulé
erkedh, fouler aux pieds.
aux pieds.
tsou akoul, id.
akoul, id .
tsouat'Vef, être saisi.
et't'cf, saisir.
tsou akkes, être ôté.
ekkes, ôter.
tsou azzou, être grillé.
ezzou, griller.
tsou nechcheb, être tourné
nechcheb, tourner.
(sur le tour).
tsou r'em, être teint.
r'em, teindre.
tsou azzeg, être trait.
ezzeg, traire.
tsouark'em, être peint.
ark'em, peindre.
tsou ûrek, être pétri.
ûrek, pétrir.
tsou amken, être atteint.
cmken, atteindre.
tsou attsel, être plié.
ettscl, plier.
tsou ardhcl, être prêté.
crdhel, prêter.
tsou akres, être noué.
ekres, nouer.
tsou foumm, être bouché,
foumm, boucher.
fermé.
tsou ak'k'es, être piqué.
ek'k'es, piquer.
I
— 143
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
4' forme. — (TS préfixe]
Idée passice
ts ctdi, être mangé.
ts outh, être frappé.
ts els, être revêtu .
ts enbech, être piqué.
ts emger, être moissonné.
tsekrez, être labouré.
ts enk'ech, être pioché.
ts e::gel, être manqué.
ts egzem, être coupé.
ts esfedh, être nettoyé.
ts efredh, être balayé .
ts erkedh, être foulé aux
pieds.
ts ark'em, être peint.
ts emkcn, être atteint.
ts erdhcl, être prêté.
ts ekres, être noué.
etch, manger.
aouth, frapper.
els, revêtir.
enbech, piquer.
emger, moissonner.
ekrez, labourer.
enk'ech, piocher.
ezgel, manquer.
egzem, couper.
esfedh, nettoyer.
efredh, balayer.
erkedh, fouler aux pieds.
ark'em, peindre.
emken, atteindre.
erdhel, prêter.
ekres, nouer.
Idée d'habitude
ts af, trouver habituelle-
ment.
ts af , prendre, acheter id.
af, trouver.
af, prendre, acheter,
144
1
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
ts as, aller habituellement.
as, aller.
ts arou, écrire
id.
arou, écrire.
ts août, porter
id.
aoui, porter.
ts ait, monter
id.
ali, monter.
ts aoudh, arriver
id.
aoudh, arriver.
ts ouk'k'im, faire
id.
ouk'k'em, faire.
ts ouali, regarder
id.
ouali, regarder.
' ts ouf al, retourner
id.
ouf al, retourner.
ts ad'er, descendre
id.
ad'er, descendre.
ts ourar, jouer
id.
ourar, jouer.
ts ani, ôter les poux
id.
ani, ôter les poux.
ts agem, puiser
id.
agem, puiser.
ts aouki, s'éveiller
id.
aouki, s'éveiller.
ts ed'ekoual, id.
id.
d'ekouel, id.
ts m, être, exister
id.
m, être, exister.
ts inig, voyager
id.
inig, voyager.
ts ak '^', donner
id.
efk, donner.
ts ehaggi, préparer
id.
haggi, préparer.
ts aoggad', craindre
id.
aoggad', craindre.
ts aker, voler, dérober id.
aker, voler.
ts egeri, rester
id.
geri, rester.
ts afeg, voler (oiseaux
)id.
afeg, voler.
ts oudh, souffler
id.
soudh, souffler.
ts enadU, chercher
id.
nad'i, chercher.
ts ousou, tousser
id.
ousou, tousser. î
(1) Tsa/î est la forme d'habitude du radical ak, qui n'est plus
employé par les Kabyles, mais qu'on retrouve chez les Béni Mzab sous
la forme ouch, donner. Ces derniers changeant très souvent le son A
en OU et le K en CH, je n'hésite pas à considérer les deux mots ouch
et ak comme identiques.
145 —
FORME DÉRIVÉE
1
RADICAL
ts eradjou, attendre, espé-
erdjou, attendre, espérer.
rer habituellement.
ts azzeg, être mouillé id.
ebzeg, être mouillé.
U intèh', mugir id.
intèh', mugir.
ts etchar, remplir id.
etchar, remplir.
ts er^im, être assis id.
k'im, être assis, s'asseoir.
ts added', être debout id.
ebded', être debout.
ts enekkar, se lever id.
ekker, se lever.
ts a far, suivre id.
edhfer, suivre.
ts crou, pleurer id.
rou, pleurer.
ts issin, savoir id.
issin, savoir.
ts cmekthi, se souvenir id.
mekthi, se souvenir.
ts avez, lier id.
arez, lier.
ts anef, laisser id.
anef, laisser.
ts addi, passer id.
ûddi, passer.
ts akoul, fouler aux
akoul, fouler aux pieds.
pieds id.
ts azou, écorcher id.
azou, écorcher.
ts emlil, se réunir,
melil, se réunir, rencon-
rencontrer id.
trer.
ts âges, se ceindre les
ebges, se ceindre.
reins id.
1 ts elJwu, être bon id.
elhou, être bon .
ts adhen, être malade id.
adhen, être malade.
ts ek'ebbi, être gras id.
k'ebbi, être gras.
ts alouou, être faible id.
alouou, être faible.
ts adjou, acheter (ob-
adjou, acheter.
jets de consomm°° ) id.
ts aougi, refuser id.
aougi, refuser.
10
— 146 —
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
ts ouf , crier habituellem^
sour', crier.
U ergigi, trembler id .
ergigi, trembler.
ts anez, s'incliner id.
anez, s'incliner.
ts irrik', flotter au
irrik', flotter au
vent.
vent, briller id.
briller.
ts âmes, être sale id.
âmes, être sale.
ts elaz, avoir faim id .
ellaz, avoir faim.
ts efad', avoir soif id.
effad', avoir soif.
ts if, surpasser id.
if, surpasser.
ts ennam, s'habituer id.
emiain, s'habituer.
ts elouf, être trouble id.
loiir', être trouble.
ts eh'athil, tromper
liathil, tromper par
ruse.
par ruse id .
ts emeslai, parler,
emmeslai, parler, causer. |
causer id.
ts emlelli, être étourdi
emlelli, être étourdi
(au phj^sique) id.
ts alem, ourler id .
alem, ourler.
ts aougar, dépasser.
aougar, dépasser, être plus
être plus grand id.
grand, meilleur.
ts argou, rêver id.
argou, rêver.
ts erouz, casser id .
erz, casser.
ts enouz, être vendu,
enz, être vendu.
se vendre id.
ts eroudh, péter id.
ei'dh, péter.
fs eroM5, descendre id.
ers, descendre.
ts enous, passer la nuit id .
eus, passer la nuit.
ts ak'k'al, devenir id.
ek'k'el, devenir.
ts azzal, courir id.
azzel, courir.
— U7
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
tsedherris, ai^acer, être
dherrcs, agacer.
agacé habilLiellement.
ts et't'il, raser
id.
set'Vel, raser.
ts eh'ammil, aimer
id.
li'ammel, aimer.
ts eh'akkir, viser
id.
h'akker, viser un but.
ts enechchib, tourner
id.
ncchcheb, tourner (sur le
tour) .
ts egririb, rouler
id.
egrireb, rouler.
ts erejd'il, boiter
id.
rejd'el, boiter.
ts erâiûich, trembler
id.
râiâch, trembler.
ts eh' assis, écouter
id.
Ji'asses, écouter.
ts ebaabîâ, bêler
id.
baûbâ, bêler.
ts arra, vomir, rendre
id.
err, rendre, vomir.
ts adja, laisser, aban-
edj, laisser, abandonner.
donner
id.
ts elCassa, être malade
id.
h'ass, être malade.
ts igadja, changer de place
id.
cggadj, changer de place.
ts ezalla, prier
id.
zall, prier.
ts er'oummou, bou-
foumm, boucher, fermer.
cher, fermer
id.
ts ousoum, se taire
id.
sousem, se taire.
ts efouilouf, avoir
fouilef, avoir du chagrin.
du chagrin
id.
ts asem, être envieux,
ascm, être envieux.
jaloux
id.
ts ekoufouth, mousser
id.
koufcth, mousser.
ts ed'oukoiil, se réunir
id.
d'oiikel, se réunir.
ts emouk'oul, regarder
id.
mouk'el, regarder.
ts irid\ être propre
id.
irid' , être propre.
— 148 —
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
5' forme. —
(TH préfixe)
Idée d'I
abitude
th etsou, oublier habituel-
etsou, oublier.
lement.
th eddou, marcher id.
eddou, marcher.
th ejfcr, cacher id.
effer, cacher.
ih effer', sortir id.
effet'', sortir.
th ezzoïi, griller id.
ezzou, griller.
th e^ou, planter id.
ezçou, planter.
th ebbi, pincer id.
ebbi, pincer.
th eddez, piler, châtrer id.
eddez, piler, châtrer.
th ellem, filer id.
ellem, filer.
th essou, étendre {un
essou, étendre.
tapis, etc.) id.
th elli, ouvrir id.
elli, ouvrir.
th ak'k'en, lier, atta-
ak'k'en, lier, attacher.
cher id.
theddem, enlever.
eddem, enlever, lever.
lever id.
th effez, mâcher id.
effez, mâcher.
th el't'ef, saisir id.
et't'ef, saisir.
th ekkes, ôter id.
ekkes, ôter.
th ezzi, tourner id.
ezzi, tourner.
th elles, tondre id.
elles, tondre.
th ezzeg, traire id.
ezzeg, traire.
149
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
th czcel, étendre le bras, la
ezçel, étendre le bras,
la
jambe habituellement.
jambe.
th emmer', saisir id.
emmer', saisir.
th ek'k'es, piquer id .
ek'k'es, piquer.
th el't'edh, téter id .
el't'edh, téter.
6' forme. — Redoublem
3nt de la 2' articulation
Idée d'I
ubitude
zerr, voir habituellement.
zer, voir.
sell, entendre id.
sel, entendre.
nek'k\ tuer id.
enf, tuer.
rek'k', brûler id.
err' , brûler.
dhess, rire id.
edhs, rire.
kess, paître, faire
eks, paître.
paître id.
r'emm, teindre id.
fem, teindre.
zeVV, tisser id.
ezdh, tisser.
hezzedh, uriner id.
ebzedh, uriner.
nesser, se moucher id .
enser, se moucher.
ketchem, entrer id.
ekchem, entrer.
kerrez, labourer id.
ekrez, labourer.
nek'k'ech, piocher id.
enk'eeh, piocher.
kemmez, gratter id.
ekmez, gratter.
meggcr, moissonner id.
emger, moissonner.
zeggel, manquer le but id .
ezgel, manquer le but.
1
150 —
gezzem, couper habituelle
seffedh, nettoyer id.
ferredh, balayer id.
rekkedh, fouler aux
pieds id.
fesser, étendre du
linge id.
rekkem, bouillir id.
rak'k'em, peindre id.
ârrek, pétrir id.
mekken, atteindre id.
cheffek', avoir pitié id.
ret't'cl, prêter id.
zeddem, couper et
ramasser du bois id .
k'effez, sauter id.
zeddef , habiter id.
iieddi, tendre un
piège id.
fessi, fondre,
dénouer id .
kerres, nouer id.
âddel, être égal id.
mezzi, polir id.
ânnou, se diriger
vers id .
zeddou, s'étendre id.
h'ammou, être chaud id.
selleb, être fou id.
RADICAL
egzem, couper.
esfcdh, nettoyer.
efredh, balayer.
erkedh, fouler aux pieds.
efser, étendre du linge.
erkem, bouillir.
ark'em, peindre.
aàrek, pétrir.
emken, atteindre.
echfek' , avoir pitié.
erdhcl, prêter.
ezd'em, ramasser du bois.
ek'fez, sauter.
ezd'er', habiter.
endi, tendre un piège,
cfsi, fondre, dénouer.
ekres, nouer.
(liuTcl, être égal.
cmzi, polir.
aânou, se diriger vers.
ezd'ou, s'étendre.
ah'mou, être chaud.
esleb, être fou.
— 151 —
FORME DÉRIVÉE
RADICAL
bet'Vou, partager habi-
ebdhoii, partager.
tuellement.
kennou, ployer j
d.
eknou, ployer.
h'allou, être guéri ]
d.
ak'lou, être guéri.
ferrou, faire la paix i
d.
efrou, faire la paix.
fellou, percer j
d.
cflou, percer.
rebbou, se rassasier i
d.
crouou, se rassasier.
zellou, égorger j
d.
ezlou, égorger.
sââou, avoir, posséder i
1
d.
esâou, avoir.
r'elli, tomber j
d.
cfli, tomber.
bek'k'ou vouloir
d.
chfou, vouloir.
sekkecV, observer j
d.
csked' , observer.
rcggoul, fuir
d.
erouel, fuir.
nek'k'ed', pulvériser i
d.
enfcd', pulvériser.
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— 165 —
Du Participe
Les verbes kabyles, tant primitifs que dérivés, ont deux
participes.
L'un équivaut à nos participes présent et passé ; l'autre
est un participe futur.
Le premier, que j'appellerai participe présent, bien qu'il
corresponde à notre participe passé aussi souvent qu'au
participe présent, se forme en ajoutant un N à la 3'' per-
sonne du singulier masculin de l'aoriste du verbe.
Exemples :
illan, étant, ayant été, existant, ayant existé ; de illa,
il a été (radical ili, être).
infan, tuant, ayant tué ; de infa, il a tué (radical
enr' , tuer).
izenzen, vendant, ayant vendu ; de izenz, il a vendu
(radical zenz, vendre ; forme transitive).
imenr'en, combattant, ayant combattu ; de imenef , il
a combattu (forme réciproque du radical enf , tuer).
ismenfen, faisant, ayant fait combattre ; de ismenf , il
fait, il a fait combattre (combinaison des for-
mes 1 et 2).
itsouaroun, ayant été écrit ; de itsouarou, il a été
écrit (forme passive 3 de arou, écrire).
Le second s'obtient en ajoutant un N à la troisième
personne du singulier masculin du futur, indiqué par la
particule fa. (Voir page 102.)
Exemples :
r'a iilin, devant être, devant exister; de fa iili, il
sera.
fa infen, devant tuer ; de fa inef, il tuera.
— 166 —
fa izenzen, devant vendre; de r'a izenz, il vendra.
fa imcnfen, devant combattre; de fa imenef, il
combattra.
fa ismenfen, devant faire combattre ; de fa ismenf,
il fera combattre,
r'fl itsouaroun, devant être écrit ; de fa'itsouarou, il
sera écrit.
Ces deux participes sont invariables : ils ne prennent
ni le th préfixe, signe du féminin, ni les terminaisons du
pluriel *^*.
Exemples :
argaz cnni ith infan.
L'homme lequel ayant tué lui (l'homme qui l'a tué).
argaz cnni its infan.
L'homme lequel ayant tué elle (l'homme qui l'a tuée).
argaz enni ithen infan.
L'homme lequel ayant tué eux (l'homme qui les a tués).
irgazen enni ith infan.
Les hommes lesquels ayant tué lui (les hommes qui
l'ont tué).
irgazen enni ithen infan.
Les hommes lesquels ayant tué eux (les hommes qui
les ont tués).
thamet'Vouth enni ith infan.
La femme laquelle ayant tué lui (la femme qui l'a tué).
(1) Dans le dialecte des Touareg, les participes prennent les genres
et les nombres. C'est une des différences les plus essentielles des deux
dialectes.
On retrouve, en kabyle, des traces de participes au jiluriel ; ainsi,
on dit : enni idlten, un autre, c.-à-d. : lequel étant différent, et enni
idiienin. d'autres, c.-à-d. : lesquels étant différents. (Voir page 78.)
Chez les Touareg, on dit : oua idhen, un autre : oui idhenin, d'autres.
— 107 —
thoulaouin enni illi inran.
Les femmes lesquelles ayant lue lui (les femmes qui
l'ont tué).
7''oiir i aserd'oiin ilhan.
J'ai un mulet étant bon (j'ai un bon mulet).
four i thaserd'ount ilhan.
J'ai une mule étant bonne (j'ai une bonne mule).
four i iserd'an ilhan.
J'ai des mulets étant bons (j'ai de bons mulots).
inna ias i oumeddakoul is ias ifkan id'rimen.
Il dit ù lui h l'ami de lui à lui ayant donné de l'argent
(il dit à son ami qui lui avait donné de l'arg-ent).
inna iasen i imeddoukal is ias ifkan id'rimen.
Il dit à eux aux amis de lui à lui ayant donné de l'ar-
gent (il dit à ses amis qui lui avaient donné de
l'argent).
inna iascnt i thoulaouin ias ifkan id'rimen.
Il dit à elles aux femmes à lui ayant donné de l'argent
(il dit aux femmes qui lui avaient donné de l'argent) .
Lorsque le participe présont est employé avec la néga-
tion, la particule our de la négation attire à elle l'N final,
qui se place alors entre elle et le verbe.
Exemples :
anoua ikchemen anoiia our nekchini.
Qui étant entré, qui n'étant pas entré (qui est entré ?
qui n'est pas entré?)
anoua iâddan anoua our nàdda.
Qui étant passé, qui n'étant pas passé (qui est passé?
qui n'est pas passé ?)
ouin our nczmir.
Celui ne pouvant pas (celui qui ne peut pas).
— 1G8 —
EMPLOI DES PARTICIPES
Il est à remarquer qu'en kabyle on emploie le participe
dans les cas où, en français, le verbe se trouve sous
l'influence d'un pronom relatif ou interrogatif.
Exemples :
Les hôtes qui sont venus mangeront chez moi. —
Tournez : les hôtes lesquels étant venus mangeront
chez moi.
inebgaoun enni d iousan ad'ctchen four i.
L'homme qui vient habituellement. — Tournez :
rhomme lequel venant habituellement.
arga: enni d ihascn.
La femme qui t'a vu. — Tournez : la femme laquelle
ayant vu toi.
thamet'f outil enni ik izeran.
Qui Fa fait entrer? — Tournez : qui ayant fait
entrer lui ?
anoua ith ùekchemen.
C'est toi qui les as fait combattre. — Tournez : c'est
toi ayant fait combattre eux.
d' ketch itlten ifimenfen.
Oui lui a dit? — Tournez : qui à lui ayant dit?
anoua as innan.
C'est celui-ci qui sera le chef du village. — Tournez :
c'est celui-ci devant être le chef du village.
ad'ouagi fa iilin d' ameUk'eran fef thaddarth.
L'année qui vient. — Tournez : l'année devant venir.
asegqas fad iasen.
L'année qui est passée. — Tournez : l'année étant
passée.
(lacggan iàddan.
— 1G9 —
L'idée d'action, exprimée en français par le participe
présent, se rend ordinairement, en kabyle, par la forme
d'habitude précédée de d'à.
Exemples :
Il m'a trouvé écrivant. — Tournez : il a trouvé moi
j'écris.
ioufa i d'à tsarouf, ou bien : ioufa i ellif d'à
tsarouf , il a trouvé moi j'étais j'écris (j'écrivais).
Je l'ai vu jouant. — Tournez : j'ai vu lui il joue.
zcrif th d'à ilsourar.
Manière de rendre l'idée passive
L'idée passive peut se rendre par l'une des formes
dérivées 2, 3 ou 4 dont nous avons parlé. (Voir le tableau
n° 1, page 112.)
Mais souvent aussi, les Kabyles emploient le verbe
primitif pour exprimer cette idée.
Ainsi, au lieu de dire :
illa itsouarez lamâni ilsouabrou.
Il était, il a été attaché, mais il a été lâché.
our th oufin ara illa itsouaffcr.
Ils ne l'ont pas trouvé, il existait, il a été caché.
kilab agi itsouaroii se thk'ebailith.
Ce livre a été écrit en kabyle.
Ils diront :
illa itsouarez lama ni ibra.
Il existait, il a été attaché, mais il a lâché.
our th oufin ara illa iffer.
Ils ne l'ont pas trouvé, il existait, il a caché.
kitab agi ioura se thk'ebailith.
Ce livre a écrit en kabyle.
— 170 —
En général, Jes formes passives sont assez rarement
employées; on se sert plus volontiers de l'actif, comme
nous venons de le dire, ou d'une tournure analogue à
notre manière de dire : on l'a fait, pour il a été fait ;
on l'a tué, pour il a été tué, etc.
Ainsi, au lieu de dire :
arga:: agi itsouner' idhclli.
Cet homme a été tué hier.
thabrats agi thelsourcr d'i souk'.
Cette lettre a été lue au marché.
On dira plutôt :
argaz agi nfan t idhdli.
Cet homme, ils ont tué lui hier.
thabrats agi r'emn ts d'i souk'.
Cette lettre, ils ont lu elle au marché.
Ou bien :
nfan argaz agi idhdli.
Ils ont tué cet homme hier.
r'eran thabrats agi d'i souk\
Ils ont lu cette lettre au marché.
Notre pronom on se rend par la troisième personne du
pluriel du verbe.
Exemples :
zeran t, on l'a vu (ils ont vu lui).
ek'k'arcn, on dit (ils disent).
Manière de rendre l'idée représentée
par notre verbe réfléchi
Pour exprimer l'idée représentée par notre verbe réflé-
chi, lorsqu'il a réellement la signification que son nom
— 171 —
indique, ccst-à-dire, lorsque l'action rclonibc sur la per-
sonne, on place, après le verbe, le mot iman, âme,
individu, personne, que l'on fait suivre des pronoms
personnels affîxes des noms.
Les Arabes expriment cette idée de la même manière.
Exemples :
ououthef iman ion.
J'ai frappé personne de moi, moi-môme (je me suis
frappé) .
îhesmer'eredh iman ik.
Tu vantes personne de toi, toi-même (tu le vantes).
ad'inef iman is.
Il tuera personne de lui, lui-même (il se tuera).
thesared'em iman ennoucn.
Vous avez lavé personne de vous, vous-même (vous
vous êtes lavé).
Il est évident, par la nature môme de ces locutions,
qu'elles ne peuvent s'appliquer qu'aux verbes dont l'action
revient sur la personne, et non pas indifféremment à tous
nos verbes pronominaux. Ainsi :
Je me suis assis, il s'est levé, se disent, en kabyle,
eWk'imer', ikker, et l'on ne peut dire : ek'k'imer' iman iou,
ikker iman is.
Du verbe ILI, être, exister
Le verbe ili, être, exister, n'est pas employé en kabyle
comme auxiliaire. Il exprime, d'une manière absolue, Tidée
de l'existence; nous en reparlerons plus loin en traitant
la question de la concordance du verbe kabyle avec le
verbe français.
Ce verbe étant très fréquemment employé, nous en
donnerons la conjugaison dans ses diverses applications.
— 172
Singulier.
Pluriel .. .
IMPERATIF
2' personne (7/ (radical), sois.
(, 2'^ pars, masculin ilith, soyez.
' 2'' pers. féminin iUmth, soyez.
AORISTE
Singulier
1" personne —
2* personne.. . ,
3" pers. masc.
3" pers. fém. .
Sans particnle.
ellir' , je suis, j'ai été,
j'étais, je fus.
theUidh, tu as été, tues, etc.
illa, il est, il a été, etc.
th clla, elle est, etc.
Avec la particule ai.
ai ellir', j'ai été, je fus.
ai theUidh, tu as été, etc.
ai gella, il a été, etc.
aithella, elle a été, etc.
1" personne.. .
2* pers. masc.
2' pers. fém. .
3* pers. masc.
3' pers. fém. .
Pluriel :
nella, nous sommes, etc.
th ellam. vous êtes, etc.
th ellamth, vous êtes, etc.
ellan. ils sont, etc.
ellant, elles sont, etc.
ai nella, n' avons été, etc.
ai thellam, v' avez été, etc.
ai thellamth , vous avez
été, etc.
ai ellan. ils ont été, etc.
ai ellant, elles ont été, etc.
l" personne.. . ,
2' personne
3* pers. masc.
3' pers. fém. .
FUTUR
Singulier
Par ad'.
ad' ilir , je serai.
at ilidh, tu seras.
ad' an, il sera.
at m, elle sera.
Tar r'a.
r'a ilir', je serai.
r'a thilidh, tu seras.
r'a au, il sera.
r'a thili, elle sera.
1" personne.. .
2' pers. masc.
2'^ pers. fém. .
3' pers. masc.
3" pers. fém. .
Pluriel
anni/i, nous serons.
atilim, vous serez.
atilimth, vous serez.
ad'ilin, ils seront.
ad'ilint, elles seront.
r'a nili, nous serons.
r'a thilini, vous serez.
r'a thiliinth, vous serez.
r'a ilin, ils seront.
r'a ilint, elles seront.
— 173 —
Forme d'habitude
AORISTE
Singulier :
!"■ personne tsilir'. je suis habituell'
j'ai riiabitude d'être.
2' personne t/ietstlid/), iu es id. id.
3'' pers. masc. itsili, il est id. id.
3*^ pers. l'ém... t/ietsili, el'e est id. id.
Pluriel :
1" personne netsili, nous sommes id.
2*^ pers. masc. thetsiliin. vous êtes id.
2^ pers. fém... thetsilimth, vous ùles \d.
3* pars. masc. tsilin, ils sont id.
3* pers. fém... ^stZm^, elles sont id.
PARTICIPE PRÉSENT
illa?t, étant, ayant été.
PARTICIPE FUTUR
r'aiiUn, devant être.
NOM VERBAL
thiliii, existence.
On emploie très souvent, pour exprimer le présent du
verbe être, les expressions suivantes, qui signifient aussi
me voici, te voici, le voici, te voilà, le voilà, etc., et servent
à appeler l'attention sur les personnes ou les choses.
Sing-ulier :
Pour les personnes Pour les personnes
ou les choses ou les choses
présentes ou rapprochées. éloignées.
1" personne —
je suis.
ak'li.
))
2' pers. masc.
tu es.
ak'lak id.
ak'lak.
2* pers. fém. . .
tu es.
aL'lahcin id.
ak'lakcm.
3' pers. masc.
il est.
athaia, — at/iaicn.
aliath.
3' pers. fém. . .
elle est.
atsaia. — atsaien.
Pluriel :
ahat^.
1" personne
nous sommes.
a/i'lar'.
»
2'' pers. masc.
vous êtes.
ak'lakoun id.
ali'lakoun.
2' pers. fém. . .
vous êtes.
ak'la/.'otint id.
ak'lakount.
'à" pers. masc.
ils sont.
athenaia, — athonaien.
a/iat/wn.
3* pers. fém. . .
elles sont.
athcntaia. — atlientaien.
ahat/wnt.
— 174 —
Les mots alhaien, atmicn, athcnaien, athentaien indi-
quent toujours une idée de rapport avec la personne à
qui Ton parle ; ainsi, Ton dira :
athaien emmi k atsaien illi k.
Voici ton fds, voici ta fille.
athenaien icrrimcn cnnouen.
Voici l'argent de vous.
Et Ton dira : .
athaia cmmi emmi s alsaia illi s.
Voici mon fils, son fils, voici sa fille.
athenaia id'rimen ensen.
Voici l'argent , d'eux (leur argent).
De l'idée de possession
L'idée de possession s'exprime, en kabyle, de deux
manières :
1'' Par le verbe esaoïi ^'^ avoir, posséder ;
2° Par la préposition rour, chez, que Ton fait suivre
des pronoms personnels affixes.
Cette seconde manière est, comme on voit, tout à fait
semblable à celle qu'emploient les Arabes.
Le verbe esâou n'offre aucune particularité qui le dis-
tingue des autres verbes ; nous en indiquerons cependant
la conjugaison, à cause de son fréquent usage.
(1) Le verbe esâou est, je pense, d'origine arabe, peut-être est- il
l'altéralion de ç-**'^ • contenir.
Les Touareg ne l'emploient pas; ils se servent du verbe cl, aoriste
elir', ila, posséder.
En général, les mots où se trouve un t me paraissent étrangers à la
langue berbère.
175 —
IMPERATIF
Singulier :
2*^ personne.... esâou (radical), aie,
Pluriel
2® pers. (masc). esàoulh,
2^ pers. (fém.).. esâoumth,
ayez,
avez ,
1" personne,
AORISTE
Singulier :
sair ,
t^ personne.... thesâidh,
3® pers. (masc). isûa,
3® pers. (fém.l.. thés âa,
j ai, j avais, j ai eu,
j'eus,
tu as, etc.
il a, etc.
elle a, etc.
Pluriel
l^'e personne.. . . nesâa,
S*^ pers. (masc). thesâam,
2" pers. (fém.).. thesàam th,
3® pers. (masc). sàan,
2" pers. (fém.).. sâan t,
nous avons, etc.
vous avez, etc.
vous avez, etc.
ils ont, etc.
elles ont, etc.
FUTUR PAR ait
V^ personne. . . .
2" personne ....
3* pers. (masc).
3- pers. (fém.). .
Singulier :
acr sàour,
al sâoiidk,
ad' ùdou,
al mou,
J aurai .
lu auras,
il aura,
elle aura
— 17G
l"^® personne. . .
2*^ pers. (masc.)
2® pers. (fém.).
3*^ pers. (masc'
3'' pers. (fém.).
Pluriel :
an ncsâou,
at sàoum,
ai sdoumth,
aif sûoiin,
aiV sâount,
nous aurons,
vous aurez,
vous aurez,
ils auront,
elles auront.
1^® personne
2® personne. . .
3® pers. (masc.^
3^ pers. (fém.).
l''^ personne.. .
2® pers. (masc.^
2« pers. (fém.).
3® pers. (masc.)
3® pers. (fém.).
Forme d'habitude
AORISTE
Singulier :
S û à ou)\
thesââoudh,
i sa à ou,
thcsdâou.
Pluriel :
ne sûâou,
the sâàoum,
thc sûâoumth,
sâûoun,
sààount,
j'ai habituellement,
j'ai r h a b i t u d e
d'avoir.
tu as id. id.
il a id. id,
elle a id. id.
nous avons id. id.
vous avez id. id.
vous avez id. id.
ils ont id. id.
elles ont id. id.
PAIITICIPE PRESENT
isàan, ayant, ayant eu.
PARTICIPE FUTUR
r'a isâowi, devant avoir.
NOM VERBAL
sâaia, possession.
— 177 —
Voici la seconde manière d'exprimer Tidée de pos-
session :
fouri, chez moi, c'est-à-dire j'ai.
four ek, chez toi, — tu as (masc).
r'our em, chez toi, — tu as (fém.).
four es, chez lui, chez elle, — il a, elle a.
four naf, chez nous, — nous avons.
fourouen, chez vous, — vousavez(masc.).
fourkount, chez vous, — vous avez (fém.).
foursen, chez eux, — ils ont.
four sent, chez elles, — elles ont.
Pour exprimer le passé et le futur de notre verbe avoir,
on prend l'expression verbale était chez..., sera chez...,
avec le verbe ili, être, qui a pour sujet le nom de la chose
possédée et s'accorde avec lui.
Exemples :
J'avais, j'ai eu des chevaux. — Tournez :
étaient chez moi des chevaux.
ellan fouri iàoud'iouen.
Il avait une grande maison. — Tournez :
était chez lui ou à lui une maison grande
illa r'our es oukhkham d'amck'k'eran.
Tu avais une jument. — Tournez :
était chez toi une jument.
tkella four ek thagmarth.
Il avait des chèvres. — Tournez :
étaient chez lui des chèvres.
ellanl four es thifet't'en.
Nous aurons des vaches. — Tournez :
seront chez nous des vaches.
ad'ilint four naf thisitha.
12
— 178 —
Vous aurez un bœuf. — Tournez :
sera chez vous un bœuf.
ad'ili rour ouen ouzgar.
Elles auront des moutons. — Tournez :
seront chez elles des moutons.
acVilin four sent oiiakraren.
De rinterrogation
L'interrogation s'exprime par le nom kera, chose, mis
après le verbe ou le mot qui en tient lieu :
thesenedh kera, sais-tu?
inna kera, a-t-il dit?
illa kera, y a-t-il?
r'ourek kera, as-tu?
ousand kera, sont-ils venus?
Le mot kera est un substantif qui signifie une chose,
quelque chose, un peu. Il peut se conserver devant un
autre substantif qui prend alors la préposition du génitif.
Exemples :
four ek kera h oukhkham?
as-tu chose de maison ? (as-tu une maison ?)
four ek kera ne tserd^ount?
as-tu chose de mule ? (as-tu une mule ?)
thesûam kera g izgaren ?
avez-vous chose de bœufs ? (avez-vous des bœufs ?)
Le plus souvent on supprime, dans le discours, le mot
kera, et c'est l'intonation seule qui indique l'interrogation.
— 179 —
Ainsi, l'on dit :
thesenedh ? sais-tu ?
inna? a-t-il dit?
r'our ek akhkham ? as-tu une maison ?
four ek thascrd'ount? as-tu une mule?
thesâam izgaren? avez-vous des bœufs?
Lorsque la phrase renferme déjà une locution interro-
gative, le mot kera se supprime toujours.
Exemples :
achou inna? qu'a-t-il dit?
anoua d iousan ? qui est venu ?
INTERROGATIONS LES PLUS USITÉES
achou, que ? quoi ?
achou thennidh ? que dis-tu ?
anoua, qui? qui est-ce?
anoua d iousan ? qui est venu?
anoua ak innan akka ? qui ayant dit à toi ainsi? qui t'a
dit cela?
achou th, qu'est-ce ?
achou th ouagi? qu'est-ce cela?
anoua ai, quel ? lequel ?
anoua aâoud'iou ai thour'edh? quel cheval prends-tu?
anoua ai d' egma k ? lequel est ton frère ?
anoui ai, lesquels ?
anoui ai d' imeddoukal ik ? lesquels sont tes amis ?
enta ai, laquelle?
enta ai ettameVCouth ik? laquelle est ta femme?
— 180 -
enti ai, lesquelles?
enti ai d'issethma k ? lesquelles sont tes sœurs?
achimi, pourquoi?
achimi d iousa ? pourquoi est-il venu ?
ai r'ef, pourquoi ?
ai r'ef fa d ias? pourquoi viendra-t-il?
ai s, avec quoi ?
ai S itouthedh ? avec quoi Fas-tu frappé?
anid'a, où? (sans mouvement).
anid\( tJielUdh idhcUi? où étais-tu hier?
sani, où? (avec mouvement).
sani therouh'edh? où vas-tu?
atisi, d'où ? par où ?
ansi disoudh ou adhou? d'oii souffle levant?
aiisi r'a nâddi? par où passerons-nous?
achh'al, combien ?
achJi'al r'oures b ouakraren ? combien a-t-il de moutons?
achh'al ais, combien? (pour quel prix).
achh'al ais thezenzedh ourtJii k? combien as-tu vendu ton
jardin ?
melmi, quand?
melmi itezeridh? quand Tas-tu vu?
amek, comment?
amck tJicUidh ? comment es-tu? comment te portes-tu?
ma nia, y a-t-il ?
ma illa ouslcn dH iliemonrth ennouen? y a-t-il Tespèce
frêne dans le pays de vous ?
— 181 -
ma thella, y a-t-il ?
ma thella Ihizgi? y a-t-il une forêt? des broussailles?
ma ellan, y a-t-il ?
ma ellan ouaman? y a-t-il de Teau?
ma ellant, y a-t-il?
ma ellant tliisekerin? y a-t-il des perdrix ?
De la Négation
La négation s'exprime, en kabyle, au moyen des mots
our ('^ et ara, le premier précédant et le second suivant le
verbe, comme ne et pas en français.
Exemples :
our cssincf ara, je ne sais pas.
our themiidh ara, tu n'as pas dit.
our d itsas ara, il ne viendra pas.
our thczenz ara akhkham is, elle n'a pas vendu sa
maison.
our nezmir ara, nous ne pouvons pas.
(1) Quelques tribus de l'Oue.] Sahel font précéder ara du son ou. Ex. :
our itsali ouara, il ne donnera pas.
Chez les Touareg, la négation s'exprime par la seule particule our,
et l'on dit : our essiner', je ne sais pas. Lorsqu'on veut indiquer une
négation absolue, on ajoute le mot aret, chose ; ainsi, our essiner' aret
signifie : je ne sais rien, je ne sais pas du tout.
Dans le Temazir't de R'edames, la particule our est remplacée par ak
Exemples :
ak as efkir', je n'ai pas donné à lui.
ak t ouiter', je ne l'ai pas frappé.
ak as t efkir'. je ne le lui ai pas donné.
Les Béni Menacer remplacent our par ouh.
— 182 —
Quelquefois le mot ara se supprime, comme en français
le mot pas.
Exemples :
ik'k'im d'à itscrou our itliets our isess.
Il reste, il pleure, il ne mange ni ne boit.
achoii illan achou our nelli.
Quoi étant? quoi n'étant pas? (qu'y a-t-il, que n'y
a-t-il pas?)
ouin our nezmir.
Celui ne pouvant pas (celui qui ne peut pas).
Les Kabyles emploient très souvent les mots oulach,
oulah, avec la signification de : il n'y a pas, rien, non.
Exemples :
oulach four es akhkJiam.
Il n'y a pas chez lui de maison (il n'a pas de maison).
oulah four naf iàoud'iouen.
Il n'y a pas chez nous de chevaux (nous n'avons
pas de chevaux).
four ek id'rimen oulach fouri. oulach.
As-tu de l'argent ? je n'en ai pas. Non.
four ouen kera b ouarrach oulah.
Avez-vous cbose d'enfants ? Non.
(Avez-vous des enfants? — Non.)
On a vu déjà que l'aoriste des formes d'habitude est
toujours employé pour exprimer le futur dans les propo-
sitions négatives. (Voir page 122.)
C'est aussi l'impératif des formes dhabitude qui
s'emploie avec la négation. (Voir page 123.)
— 183 —
Le son A, qui se trouve à la dernière syllabe de l'aoriste
des verbes dont nous avons parlé (pages 107 et 108), se
change en I lorsque ces verbes sont employés avec la
négation.
Exemples
our ionri ara, il n'a pas écrit, et non : oiir ioura ara.
our sain ara, ils n'ont pas, et non : oiir scian ara.
our oufint ara, elles n'ont pas trouvé, et non : our
ou faut ara.
achou illan achou our nelli, qu'y a-t-il, que n'y a-t-il
pas ? et non : our nella.
Les verbes dont il a été question page 110, qui prennent
le son A à toutes les personnes de l'aoriste, conservent ce
son avec la négation.
Exemples :
our iouala ara, il n'a pas regardé.
our oualant ara, elles n'ont pas regardé.
our nàdda ara, nous ne sommes pas passés.
La négation agit même sur le verbe à l'aoriste. On
pourra remarquer que beaucoup de verbes introduisent
le son I avant la dernière articulation, dans les proposi-
tions négatives.
Exemple :
our iouk'k'im ara, il n'a pas fait,
et non : our iouk'k'em ara.
Nous avons déjà eu occasion de faire observer que la
particule our de la négation attirait à elle IW final du
participe présent. Cette propriété d'attraction, qui n'est
— 184 —
pas, du reste, reslreinle à la parliculc our, s'exerce encore
sur les pronoms affîxes rég-imes du verbe, et sur le D et
FN séparables dont nous parlerons plus loin. INous y
reviendrons donc en traitant ces sujets.
Concordance du verbs kabyle avec le verbe français
La conjugaison du verbe kabyle consiste, comme on
Ta vu, dans un mode unique servant à exprimer le pré-
sent, le passé et quelquefois le futur. Mais, généralement,
il est précédé, pour ce dernier temps, des particules ad'
ou r'a.
Cet emploi du verbe primitif, auquel on ajoute, en
certains cas, la forme d'habitude, sert à exprimer toutes
les nuances des temps simples.
Les temps relatifs s'expriment en combinant le verbe
m, être, exister, avec le verbe d'action ou d'état.
Il ne faut donc pas chercher, dans le verbe kabyle, une
concordance exacte avec les divers temps de notre verbe.
Le mode unique du verbe kabyle (sans la particule ad')
équivaut à tous les temps suivants :
PRÉSENT ABSOLU
J'ai une maison, sâir' akhkham.
11 demeure dans le village, izd'cr' d'i thaddarth.
à
— 185 —
IMPARFAIT DE l'iNDICATIF
Il existait un homme qui avait un fils, illa iioun isâa
emmi s.
J'avais une maison, je l'ai vendue, sair' akhkham zen-
zer'th.
PASSÉ INDÉFINI. — PASSÉ DÉFINI
Il est venu, il vint hier, iousa d idhelli.
PASSÉ DÉFINI. — PASSÉ ANTÉRIEUR
Quand j'arrivai, quand je fus arrivé, il me dit, segmi
ehhodhef inna ii.
CONDITIONNEL PASSÉ
Si je lui avais écrit hier, il serait venu, lemmer as ourif
idhelli ialli d iousa.
FUTUR PASSÉ
Quand je serai mort, vous m'enterrerez dans le cimetière
du village, mi emmoulhcr' ad' i thcnt'elcm d'i tlicmelic-
berth nthaddarth.
SUBJONCTIF PASSÉ
Il restera jusqu'à ce qu'il ait fini, ad'ik'k'im alemma ikfa.
SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT
Il est resté jusqu'à ce qu'il eût fini, ik'k'im almi ikfa.
— 186 —
Précédé de la particule ad', il équivaut aux temps
suivants :
FUTUR PRÉSENT
Il écrira demain, ad'iarou azekka.
CONDITIONNEL PRÉSENT
J'écrirais si j'avais de l'encre, ad'arouf ma illa fouri cl
midad.
CONDITIONNEL PASSÉ
J'aurais écrit si j'avais pu, ad'arouf ma zcmerer'.
SUBJONCTIF PRÉSENT
Je veux qu'il écrive, br'ir' ad'iarou.
SUBJONCTIF IMPARFAIT
J'ai voulu qu'il écrivît cette lettre avant de partir, br'if
ad'iarou thabrats agi k'cbel ad'irouK .
SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT
J'aurais voulu qu'il eût écrit cette lettre hier, bfif ad'ia-
rou thabrats agi idhelli.
IMPÉRATIF
Écrivons, an narou.
Va, dis à ton père que je veux qu'il vienne, rouh' al inidh
i baba k br'ir ad tas.
— 187 —
INFINITIF
Dis à ton frère de venir demain, in as igma k ad ias
azckka .
Il sait lire, mais il ne sait pas écrire, issin ad'ifer our
issin ara ad'iarou.
Lorsqu'on veut indiquer l'idée du présent actuel, on
doit employer la forme d'habitude précédée de l'adverbe
d'à. (Voir page 123.)
Temps relatifs
Les temps relatifs s'exprimant en français par l'impar-
fait, le plus-que-parfait, le futur passé, se rendent, en
kabyle, par le verbe ili , être, exister, suivi du verbe
d'action ou d'état, employé avec l'adverbe d'à, et mis à la
forme d'habitude pour l'imparfait.
Pour le plus-que-parfait, c'est l'aoriste du verbe que
l'on emploie.
Lorsque le verbe d'action ou d'état se rapporte à un
temps futur, le verbe ili est toujours précédé de la parti-
cule ad' .
Il est à remarquer que, dans ces temps relatifs, le verbe
ili, être, exister, exprime d'une manière absolue et verbale
l'idée de l'existence, et que le verbe d'action ou d'état qui
le suit n'a d'autre valeur que celle d'un participe déter-
minant la manière dont le sujet existe.
Ainsi, notre expression, par exemple : j'écrivais quand
il est venu, se tournera en kabyle : j'existais j'écris. . .
(c'est-à-dire j'existais écrivant).
— 188 —
Cette construction est également usitée chez les Arabes,
Exemples :
IMPARFAIT DE l'iNDICATIF
J'écrkais quand il est venu, ellir' (ïa tsarour' mi d iousa.
(J'existais j'écris, ou écrivant, quand il est venu.)
plus-que-parfait de l'indicatif
J'avais écrit quand il est venu, ellif ourif mi d iousa.
(J'existais j'ai écrit, ou ayant écrit, quand il est venu.)
futur passé
Saurai écrit quand il viendra, additif ourir' mi fa d ias.
(Je serai j'ai écrit, ou ayant écrit, quand il viendra.)
Remarque. — On exprime le désir, la volonté, en
faisant précéder le futur du verbe d'action ou d'état du
verbe ili, être (sans la particule ad').
Exemples :
ellif ad'rouJi'er" fer thcmourth thoura ek'k'imcf, j'exis-
tais j'irai au pays, maintenant je suis resté.
(Je désirais, je voulais, j'étais sur le point d'aller au
pays, maintenant. . .)
ellif ad'afer aserd'oun thoura our oufifara id'rimen,
j'existais j'achèterai un mulet, maintenant je n'ai pas
trouvé d'argent.
(Je désirais je voulais acheter un mulet, mais je n'ai
pas trouvé d'argent.)
— 189 —
De l'idée conditionnelle
En thèse générale, toute expression conditionnelle se
compose de deux termes : la condilion et la conséquence.
Ce dernier terme peut quelquefois être sous-entendu.
La particule lemmer, si, suivie du futur ou de l'aoriste,
indique la condition.
La conséquence est précédée du mot ialli, servant, en
quelque sorte , à corroborer la conséquence. Ce mot se
supprime quelquefois.
Exemples :
Si tu écris, il viendra, ^ lemmer ataroudJi ialli
et Si tu écrivais, il viendrait, ) ad ias.
Si tu avais écrit, il serait venu, lemmer thonridh
ialli d iousa.
La construction de la condition est, comme on voit,
fort simple, puisqu'elle se borne à l'emploi du futur pour
le temps absolument futur, et de l'aoriste pour le passé.
Du Subjonctif ou Optatif
L'idée de notre subjonctif ou optatif s'exprime tout
simplement, en kabyle, par le futur ou l'aoriste du verbe.
Exemples :
Je veux qu'il écrive.
bfif ad'iarou (je veux il écrira).
— 190 —
Je lui avais donné ce cheval pour qu'il le vendît.
ellir' efkif as aâoudHou agi iouakken ath izenz (j'exis-
tais, j'ai donné à lui ce cheval, afin que il le vendra).
Que t'avait-il fait pour que tu l'aies tué ?
achoii ak ikhed'em almi il tenfidh (quoi à toi il a fait,
en sorte que tu l'as tué).
Notre conjonction que n'a pas d'équivalent en kabyle.
Remarque. — On emploie souvent la tournure suivante
pour exprimer le désir : •
a oua as innan et a oui as innan, ô qui à lui ayant
dit (c'est-à-dire : plût à Dieu que quelqu'un lui ait
dit).
a oui ii imelau, ô qui à moi ayant indiqué (c'est-à-
dire : plût à Dieu que quelqu'un m'indique, m'ait
indiqué).
De l'Infinitif
L'infinitif français se rend généralement, en kabyle, par
le futur.
Exemples :
Je veux écrire.
bfir' ad'arouf (je veux j'écrirai).
Il ne sait pas écrire.
our issin ara ad'iarou (il ne sait pas il écrira).
Dis à ton frère d'écrire demain.
in as igma k ad'iarou azekka (dis à ton frère il écrira
demain).
As-tu une maison à vendre?
four ck akhkham al zcnzcdh (as-tu une maison, tu
la vendras).
— 191 —
Lorsque l'infinitif suit immédiatement un impératif, on
emploie, pour l'exprimer, soit le futur, soit l'impératif.
Exemples :
Viens prendre ton argent demain.
as ed ataouidh id'rimen ik azekka (viens tu empor-
teras ton argent demain).
Ou bien :
as ed aoui id'rimen ik azekka (viens emporte ton
argent demain).
Si l'infinitif français est employé dans le sens d'un nom
abstrait d'action ou d'état, on l'exprime par le nom de
l'action ou de l'état, ainsi :
Tuer les femmes est une mauvaise action, se dira :
thimenfiouth entoulaouin d'iri ts.
(A la lettre : le meurtre des femmes est mauvais.)
Des Pronoms affixes employés comme régimes directs
et indirects des verbes
Ces pronoms^ employés comme régimes directs ou
indirects, se placent tantôt avant, tantôt après les verbes
qui les régissent, d'après les lois suivantes :
1" LOI
Lorsqu'un verbe n'est influencé par aucune particule,
les pronoms affixes dépendant de ce verbe se placent après
LUL
— 192 —
2' LOI
Lorsqu'une particule quelconque agit sur le verbe, elle
prend à sa suite les jwonoms afjixes qui se placent ainsi
ENTRE elle ET LE VERBE.
Cette faculté attractive des particules est un des carac-
tères spéciaux de la langue kabyle. Elle ne s'applique pas
seulement aux pronoms régimes des verbes, elle s'étend
aussi au D et à l'N séparables, dont nous allons parler,
ainsi qu'à l'N caractéristique du participe. (Voir page 1G7.)
Observation générale. — Lorsqu'un verbe gouverne
deux pronoms, dont l'un est régime direct et l'autre
régime indirect, le régime indirect se place toujours
le premier.
Applications :
VERBES SANS PARTICULES
RÉGIME DIRECT
aouth i, frappe-moi.
cfk ith (•), donne-le.
oualith ets, regardez-la.
ar'emth etsen^-\ achetez-les (fém.).
ioulh i, il a frappé moi.
iffer ik, il a caché toi .
izera kem, il a vu toi (fém).
thezeridh ets, tu as vu elle.
cfkir' th, j'ai donné lui.
thedjidh ar', tu as quitté nous.
(1) Les voyelles qui précèdent les affixes sont euphoniques.
(2) Le t/t s'est changé, par cuplionie, en ts dans ce mot.
— 193 —
zerir' koun, j'ai vu vous (hommes).
idja kount, il a abandonné vous (femmes),
inr'a then, il a tué eux.
thour' ithenl, elle a acheté elles.
REGIME INDIRECT
ifka ii,
inna iak,
melir' am,
izenz as,
oukeren af,
efkir aoun,
ichiiâ akount,
Isakef asen,
immal ascnt,
mel a,
efk as,
il a donné à moi .
il a dit à toi.
j'ai indiqué à toi (fém.).
il a vendu à lui, à elle.
ils ont volé à nous.
j'ai donné à vous (masc).
il a envoyé à vous (fém.).
je donne habituellement à eux.
il indique habituellement à elles.
indique à moi.
donne à lui, à elle.
REGIMES DIRECT ET INDIRECT
il a donné à lui lui (il le lui a donné).
j'ai indiqué à lui eux (je les lui ai indi-
qués) .
zenzer' asen Un, j'ai vendu à eux eux (je les leur ai
vendus).
il a volé à elles elle (il la leur a volée).
il a indiqué à nous lui (il nous l'a in-
diqué) .
ifka iak th,
melir' as then,
iouker asent ets,
imela iaf th,
irdhel aoun ts,
nefka iakoiint ets,
efk ii th,
emmal ar' then,
il a prêté à vous elle (il vous l'a prêtée).
nous avons donné à vous elle (nous vous
l'avons donnée).
donne à moi lui (donne-le-moi).
indique habituellement à nous eux (in-
dique-les-nous habituellement) .
13
— 194 —
VERBES AVEC LES PARTICULES
REGIME DIRECT
il me tuera.
il te cachera.
il te verra (fém.).
tu la donneras.
ils nous craindront.
il le fera sortir.
nous vous abandonnerons,
il vous regardera.
vous les frapperez.
ils les achèteront.
il ne me tuera pas.
il ne te cachera pas.
il ne te verra pas.
ad' i inef,
ak ijfcr <■',
akcm izcr,
ats thefkedh,
ad' af aoggad'cn,
ath issoufer',
akoun nedj,
akount iouali,
athen toulhcm,
alhent afcn,
our i inok'k'ara,
oiir k ilheffer ara,
our kem izerr ara,
our ts thetsakedh ara, tu ne la donneras pas.
our th issoufour' ara, il ne le fera pas sortir.
our ar' tsaoggad'en ara, ils ne nous craindront pas.
our koun nctsadja ara, nous ne vous abandonnerons pas.
our kount itsouali ara, il ne vous regardera pas.
our then tekkathem ara, vous ne les frapperez pas.
.our thent Isafen ara, ils ne les achèteront pas.
il ne m'a pas frappé.
il ne t'a pas caché.
il ne t'a pas vue.
tu ne Tas pas vue.
il ne les a pas tués.
ne le frappe pas.
ne m'abandonne pas.
our i iouith ara,
our k iffir ara,
our kem izeri ara,
our îs tJiezeridh ara,
our then infi ara,
our th ekkath ara,
our i tsadja ara.
(1) On remarquera que le d' de la particule ad' disparaît devant les
pronoms régimes directs, excepté devant ceux de la première personne
du singulier et du pluriel.
— 195 —
REGIME INDIRECT
our ii ifki ara, il ne m'a pas donné.
our ak inni ara, il ne t'a pas dit.
our am efkir' ara, je ne t'ai pas donné.
our as izenz ara, il ne lui a pas vendu.
our ar' oukiren ara, ils ne nous ont pas volés.
our aouïi ennir' ara, je ne vous ai pas dit.
our akount ichiiâ ara, il ne vous a pas envoyé.
our asen tennidh ara, tu ne leur as pas dit (à eux).
our asent melir' ara, je ne leur ai pas indiqué (à elles).
ad' il iefk, il me donnera.
ad' ak inif , je te dirai.
ad' am d aouif, je t'apporterai (à toi, fém.).
ad' as nemel, nous lui indiquerons (à lui, à elle).
ad' af isemir aman, il nous versera de l'eau.
ad' aoun terdhcl id'rimen, elle vous prêtera de l'argent.
ad' akount r'ement ichcbbouben en kount, elles vous
teindront vos bandeaux de cheveux.
ad' asen tinidh, tu leur diras (à eux).
ad' asent iarou, il leur écrira (à elles).
our ii itsak ara, il ne me donnera pas.
our ak ek'k'arer' ara, je ne te dirai pas (masc).
our am de tsaouir' ara, je ne t'apporterai pas (fém.).
our as nemmal ara, nous ne lui indiquerons pas.
our ar' isemiri ara aman, il ne nous versera pas d'eau.
our as tsak ara, ne lui donne pas (à lui, à elle).
our asen emmal ara, ne leur indique pas (à eux) .
REGIMES DIRECT ET INDIRECT
our ak th ifki ara, il ne te l'a pas donné (à toi, masc).
our as then melir' ara, je ne les lui ai pas indiqués (à
lui, à elle).
our ii th inni ara, il ne me l'a pas dit.
— 19G —
oiir asen Un zenzef ara, je ne les leur ai pas vendus
(à eux).
our af ts ioukir ara, il ne nous l'a pas volée.
our aoun t nefki ara, nous ne vous Favons pas donné.
ad' ii th icfk, il me le donnera.
our ii th itsak ara, il ne me le donnera pas.
ad' ak th imel, il te l'indiquera (masc).
our ak th immal ara, il ne te l'indiquera pas (masc).
ad' am ts erdhder', jeté la prêterai (fém.).
01(7' am ts ret't'elef ara, je ne te la prêterai pas (fém.).
ad' ii thent ierr, il me les rendra (elles).
our ii thent itsarra ara, il ne me les rendra pas (elles).
our ar' then tsak ara, ne nous les donne pas.
PARTICULES DIVERSES
idhelli ai th izcra, c'est hier qu'il l'a vu.
azekka fa ts izcr, c'est demain qu'il la verra.
mi ithen our'er', quand je les ai achetés.
mclmi its issen? quand l'a-t-il connue?
amek its issen? comment l'a-t-il connue?
anid'a ithen izera ? oh les a-t-il vus?
anoua ith infan? qui l'a tué?
argaz enni ith inr'an, l'homme qui l'a tué.
lemmer ith iouith ialli ath enfer', s'il l'a frappé, je le
tuerai .
ouin ith infan, celui qui l'a tué.
achou ak inna, que t'a-t-il dit?
ouin as th ifkan, celui qui le lui a donné.
Du D et de l'N séparables
PARTICULES DE LOCALITÉ
On emploie fréquemment, en kahyle, un D que nous
appellerons sé^pctraù/c.
— 197 —
Ce D, précédé, quand il est besoin, d'une voyelle eupho-
nique, et prononcé alors ed ou id, indique l'idée du lieu
où se trouve celui qui parle ou auquel il fait allusion. Il a
à peu près la valeur de notre mot ici, en ce lieu-ci (dont
on parle ou qu'on indique), et paraît être l'abréviation de
l'adverbe d'à, ici.
II se place à la fni du verbe, quand celui-ci n'est précédé
d'aucune particule.
Si le verbe sans particule régissait un ou plusieurs
pronoms, le D se mettrait à la fin des pronoms.
Exemples :
as ed, viens.
ousir' d, je suis venu.
iour'al ed, il est revenu.
aoui th id, apporte-le.
bouir' ak then id, je te les ai apportés.
thechiiâdh afts id, tu nous l'as envoyée.
Si le verbe est précédé d'une particule quelconque , non
suivie de pronoms, le D se place après la particule.
Si des pronoms viennent après la particule, il ne se
place qix'après les pronoms.
Exemples :
add asef (", je viendrai.
our diousi ara, il n'est pas venu.
(1) Le D séparable a le son du D ordinaire ou du dal arabe {>). Il ne
faut pas le confondre avec le d' de la particule ad', qui a le son du J .
Le d' de la particule ad' prend ordinairement le son du d séparable
qui le suit. Quelquefois même il se supprime, et l'on dit adias, il
viendra, pour ad'dias.
— 108 —
mi dionsa, quand il est venu.
achimi d iousa, pourquoi est-il venu?
anoua d iousan, qui est venu ?
lemmer d iousi idhelli, s'il était venu hier.
ad' ak d aouif , je t'apporterai.
ad' ak then d aoidf, je te les apporterai.
oiir ak then d tsaouir' ara, je ne te les apporterai pas.
Observation. — Bien que le D indique spécialement
l'idée du lieu même où l'on est, on le trouve souvent aussi
employé abusivement dans d'autres circonstances, par un
fait analogue à la confusion, chez nous, dans le discours
familier, des expressions ici et là, celui-ci et celui-là,
là-haul et là-bas.
N séparable
L'N séparable offre beaucoup d'analogie de signification
avec le D. Il présente cette différence, toutefois, qu'il ne
s'applique qu'à la personne à qui l'on parle, et indique une
idée de lieu attribuée exclusivement à cette personne.
L'emploi de cet N est beaucoup moins général que celui
du D, qu'on retrouve dans tous les dialectes berbers. L'N,
au contraire, paraît restreint à celui des Zouaoua. Peut-
être est-il l'abréviation des adverbes in, inna, d'inna, là,
là-bas.
Il se place de la même manière que le D.
Applications :
aoui id'rimen agi ad'ii d thaouidh isr'aren.
Emporte cet argent, tu m'apporteras ici du bois.
— 199 —
ibbodh ed si Begaith seld idhclli ioufal
Il est arrivé ici de Bougie avant-hier, il est retourné
idhclli zell azekka r\id ioufal.
hier, c'est après-demain qu'il reviendra ici.
ma fa d thaoudedh fer d'agi netsa ad'iaoudh fer
Lorsque ici tu arriveras ici, lui il arrivera à
Belles.
Dellys.
ichiià a d id'rimen iGuakken ad'as chiiâf
Il a envoyé à moi ici de l'argent, afin que je lui envoie
ezzith .
de l'huile.
inna ias ak'lak id d'eg oufous iou ma our
Il dit à lui : tu es ici dans la main de moi ; si tu ne
ii themlidh ain br'if ak enfef.
m'indiques pas ce que je veux, je te tuerai.
iketchem en four ek am koull ass our ibfi
Il entre habituellement chez toi tous les jours, il ne veut
ara ad d ikchem four i.
pas il entrera ici chez moi.
(Il entre chez toi chaque jour, et il ne veut pas entrer
chez moi.)
as ed four i azekka ad'ak d efkef id'rimen.
Viens ici chez moi demain, je te donnerai ici de l'argent.
an n asef .
J'irai chez toi.
inna ias kechem ed inna ias our n ketchemef ara
Il dit à lui entre ici, il dit à lui je n'entrerai pas
four ek .
chez toi.
— 200 —
alhaia a d ias r'oiu' i athaien
Il est il viendra ici chez moi (il viendra chez moi), il est
ad' n ias four ek.
il ira chez toi chez toi.
ma thebfidh ad' en asen four ek arou i asen d.
Si tu veux, ils iront chez toi chez toi, écris à eux ici.
(Si tu veux qu'ils aillent chez toi, écris-leur ici.)
chii â ii d emmi k ad' ak en iaoui izgaren.
Envoie à moi ici le fils de toi, il emmènera à toi là les bœufs.
(Envoie-moi ton fils, il te conduira les bœufs.)
err ii d id'nmen enni ak crdhelef ad' ak
Rends à moi ici l'argent que à toi j'ai prêté, à toi là
en erref aserd'oun ik.
je rendrai le mulet de toi.
(Rends-moi l'argent que je t'ai prêté, je te rendrai
ton mulet.)
tsak ii d thazarth ad' ak
Donne habituellement à moi ici des figues sèches, à toi là
en tsakef ezzilh.
je donnerai habituellement de Thuile.
(Donne-moi toujours des figues sèches, et je te
donnerai de Thuile.)
mi d thousam four nef ad' en nas four ouen.
Quand vous viendrez chez nous, nous irons chez vous.
mi d iouli it'ij al h'amou
Lorsque ici sera monté le soleil, deviendra chaude
thafoukth.
la lumière du soleil.
Verbes d'état
Les Kabyles ont une foule d'expressions verbales pour
désigner les diverses manières d'être que nous exprimons.
— 201 — .
en français, au moyen du verbe subslanlif accompag'no
d'adjectifs, comme èlre bon, être doux, être malade, être
léger, être noir, etc., etc. La plus grande partie de ces
verbes se conjuguent comme tous les autres.
Mais il est à observer que, par exception, un certain
nombre de verbes d'état ne prennent pas, dans leur conju-
gaison, tous les caractères du verbe kabyle ordinaire.
Cette anomalie n'a jamais lieu, toutefois, lorsque le verbe
prend les particules du futur ad' ou r'a qui semblent le
préserver de l'irrégularité que nous signalons.
Nous désignerons sous le nom de verbes incomplets,
ceux des verbes d'état qui subissent l'anomalie précitée.
Nous en établissons ci-après la conjugaison :
Singulier :
1^° personne. .. . meïloulcf , je suis blanc, blanche.
2® personne.... melloul edh, tu es blanc, blanche.
3" pers. (masc). melloul, il est blanc.
3*^ pers. (fém.).. melloul eth, elle est blanche.
Pluriel :
Personne unique : melloulith, nous sommes, vous êtes,
ils sont blancs ; — nous sommes, vous êtes, elles sont
blanches.
L'anomalie des verbes incomplets, comparés aux verbes
ordinaires, consiste en trois irrégularités :
1° Suppression totale des préfixes ;
2° La troisième personne du singulier féminin est
terminée par le th caractéristique de ce genre ;
— 202 —
3° Le pluriel n'a qu'une seule expression pour les trois
personnes, et cette expression se forme de la d*" personne
du singulier masculin, à laquelle on ajoute la finale ilh.
Ces irrégularités cessent, comme nous l'avons dit,
lorsqu'on emploie les particules du futur. Exemple :
Singulier :
l""® personne .... ad imeloulef, je serai blanc, blanche.
2" personne.,., at imelouledh, tu seras blanc et
blanche.
3® pers. (masc). cuV i imeloul, il sera blanc.
3® pers. (fém.).. at imeloul, elle sera blanche.
Pluriel :
!'■'' personne. .. . an 7i imeloul, nous serons blancs et
blanches .
2° pers. (masc). at imeloulem, vous serez blancs.
2*^ pers. (fém.).. at imeloulemth, vous serez blanches.
3^ pers. (masc). ad' imeloulen, ils seront blancs.
3° pers. (fém.).. ad' imeloulent, elles seront blanches.
Il est à observer que la seconde consonne se redouble
généralement dans les verbes incomplets à l'aoriste.
Avec les particules du futur, le radical des verbes
incomplets commence souvent par le son i, qui disparaît
à l'aoriste.
Les verbes incomplets ne paraissent pas avoir de
caractère qui puisse les faire reconnaître d'avance.
Leur nombre semble être, du reste, assez limité. Voici
la liste de ceux que nous avons constatés :
— 203 —
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court,
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vieux
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mou.
doux
salé,
amer,
doux
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propr
chaud
froid,
largo,
aigre.
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— 204 —
Applications :
souir' cl liaoua erzageth am ilili.
J'ai bu du café, il (elle) était amer comme le laurier-rose.
aman ne tcmowth agi zicrith merrer'ilh.
Les eaux de ce pays-ci sont douces, sont salées.
noukni mclloulith aklan berrikith.
Nous, nous sommes blancs, les nègres sont noirs.
ketch zouredh lamàni alirk'eUcdh.
Toi, tu es gros, mais tu deviendras mince.
kcmmini mellouledh am ad'fel aoual im
Toi (fém.), tu es blanche comme la neige, ta parole
zid' am thamcut louggar'eth thak soumth im
est douce comme le miel, est douce ta chair
am elKarir ichenfiren im zouggafilh am el mordjan.
comme la soie, tes lèvres sont rouges comme le corail.
iz-id' eth four thoidaouin .
Soyez doux envers les femmes.
ouin zouren thoiiâr fell as thikli.
Celui qui est gros, est difTicile à lui la marche.
(La marche est pénible pour celui qui est gros.)
our tsamcn ara ouin fessousen.
Ne crois pas celui étant léger.
(Ne crois pas l'homme léger.)
aman en tala agi UezefUcn
Les eaux de cette fontaine sont chaudes habituellement
d'i chctoua^^^ tsiscmidhen d'cg ounebd'ou.
dans l'hiver, elles sont froides habituellement dans l'été.
thafoukih ass agi ourrar'cth H'ij
La lumière du soleil aujourd'hui est jaune, le soleil
ikhesef.
se trouve mal, s'évanouit.
(1) Les Touareg appellent Thiver tai/rcst ; ce mot est en usage chez
les Béni Yala de l'Oued Sahel, il est encore compris chez les Zouaoua,
mais il se perd.
CHAPITRE II
DES NOMS DÉRIVÉS DU VERBE
Nom verbal
Les verbes kabyles donnent lieu à la formation, par
divers indices caractéristiques, de noms exprimant, d'une
manière abstraite, Tidée ou l'action du verbe.
Quelquefois, le résultat de Faction se confond avec
Faction.
Les formes caractéristiques du nom verbal kabyle
peuvent être facilement reconnues, bien qu'elles soient
assez nombreuses. Voici le tableau de celles que nous
avons constatées :
TABLEAU DES FORMES DU NOM VERBAL
N- D'ORDRE
et
SIGNES CARACTÉRISTIQUES
des formes
EXEMPLES
de
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT D RIVÉS
1.
Vei'be lui-même.
ourar, jeu. action
de jouer.
ini<i. voyage.
oui-ar, jouer.
iniii, voyager.
2.
A préfixe.
asoiithei-, demande.
sout/icr, demander.
3.
A préfixe. — I affixe.
amonr'i, combat.
menr'. combattre.
4.
A préfixe.— OU affixe
a.?oumn!Oî/, succion.
soumm. sucer.
— 206
N°^ D'ORDRE
et
SIGNES CARACTÉRISTIQUES
des formes
5. a préfixe, introduc-
tion du son a avant fa
dernière articulation
G. an préfixe, introduc-
tiondu sonouavantla
dernière articulation.
7. Redoublement de la
2' articulation.
8. Redoublement de la
2'' articulation et in-
troduction du son on
avant la dernière.
9. ou, i préfixes et i
aflixe.
10. ou et i préfixes, —
introduction du son i
avant la dernière ar-
ticulation.
EXEMPLES
de
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SO.NT DEIUVES
arkam. ébullition
ak'fa; . action de
sauter, saut, bond.
anr'ad', pulvérisa
tion.
anekchoum, entrée.
aru'kmous, action de
gratter.
berrou, divorce, ac-
tion de lâcher.
annou;, action de
s'incliner.
ammous, saleté.
ir'cmi , action de
feindre.
outchi , action de
mander.
isid', action de mou-
dre.
ouriclh, pet.
11. tli, thi, f/iou préfixes,
in final.
12. ?//, tha, tliou. thaou.
tliaoua préfixes, a
final.
thilin, existence.
thimelin, indication.
thour'in, prise, ac-
tion de prendre.
erkem, bouillir.
ek'fez, sauter.
enr'ed', pulvériser.
ekchem, entrer.
elane:, gratter.
ebrou, divorcer,
lâcher.
ane:,. s'incliner.
âmes, être sale.
r'em, teindre.
etch. manger.
e:^dh, moudre.
erdh, péter.
m, exister.
mel. indiquer.
ar\ prendre.
thaszela., course.
thamef/ra, moisson.
thouJJ'esa, mastica-
tion.
thaouak'k'esa, pi-
qùi'e.
aszcl. courir.
emger, moissonner
cjj'e:!, mâcher.
ek'k'es. piquer.
— 207
N«^ D'ORDRE
et
SIGNES CARACTÉRISTIQUES
des formes
EXEMPLES
de
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
13.
th préfixe.
tliaù::eQ. surdité.
aûzzeg, être sourd.
14.
th, tha, ï/ît préfixes.
thousouth, toux.
ousou, tousser.
th final, et ith final.
thiderr'eit, cécité.
d'err'el, être aveugle
thalonr't/i, non-lim-
leur, être trouble.
pidité.
thimct/ierith, men-
emther, mendier.
dicité.
15.
tlia préfixe, i final.
thasousemi, silence.
sousem, être silen-
cieux.
16.
than préfixe, th final
thanezd'our'th, ha-
ezd'er', habiter.
et introduction du son
bitation.
ou avant la dernière
articulation.
17.
tha préfixe, i final et
thagouni, sommeil.
gen, dormir.
introduction du son
tharoufil, descente.
ers, descendre.
ou avant la dernière
thad'ouli, action de
d'el. couvrir.
articulation.
couvrir.
18.
tliim préfixe, iouth
thimenr'iouth,
en/-', tuer.
final.
meurtre.
19.
Changementdela pre-
mière syllabe en ou.
ou;ou, torréfaction.
e<sou, griller.
20.
thou préfixe, ith final.
thoucijith, abandon.
edj, abandonner.
21.
thijn préfixe, redou-
thimenna, action de
ini, dire.
blement de la con-
dire.
sonne, et a final.
thLtne'jga, coït.
eg, faire, et, par
extension, inire
mulierem.
22.
tha, thi préfixes, in-
thadhfarth , action
edhfer, suivre.
troduction du son a
de suivre.
avant la dernière arti-
tliimelal, action de
mclil, se réunir.
-^B.
culation.
se réunir.
— 208 —
Observations. — Le même verbe a souvent plusieurs
noms d'action, ainsi qu'on le verra par les exemples que
nous donnons plus loin.
Le nom verbal de la première forme n'est autre chose
que l'impératif du verbe dont il est dérivé. Cette forme
est très rare.
La seconde forme s'obtient en faisant précéder l'impé-
ratif du verbe du son a, caractéristique du nom mas-
culin singulier. C'est celle qui se rencontre le plus
fréquemment; elle s'applique, entre autres, à la plupart
des verbes de la forme transitive et à quelques verbes de
la forme réciproque.
La troisième et la quatrième formes ne diffèrent de la
seconde que par l'addition, à la fin du verbe, des sons
'/ et ou.
Il est à remarquer, pour la quatrième forme, qu'elle
s'applique surtout aux verbes où se trouve déjà le son ou.
La cinquième forme est très fréquente ; elle s'applique
à la généralité des verbes dont les premières consonnes
se suivent sans être séparées par un son voyelle.
Les mêmes verbes adoptent souvent aussi, pour leurs
noms d'action, la sixième forme.
La septième forme paraît être particulière aux verbes
terminés par le son ou, et dont les deux premières
consonnes sont consécutives. La forme d'habitude de ces
verbes s'obtient aussi en redoublant la deuxième articu-
lation. Cependant, les noms verbaux de la septième
forme ne semblent pas exprimer plus spécialement l'idée
d'habitude. Les Zouaoua ne font pas précéder ces noms
de l'a caractéristique du masculin.
Le th préfixe de la onzième forme et de plusieurs des
— 209 —
suivantes est le signe du féminin. Les noms de la onzième
forme, quoique ayant une apparence de pluriel, sont
singuliers pour la syntaxe. Nous avons réuni plusieurs
formes sous le même numéro pour éviter une classification
trop minutieuse, et aussi parce que le même verbe prend
quelquefois indifféremment l'une ou l'autre de ces formes,
pour son nom d'action.
La même observation s'applique à la douzième forme.
Les noms d'action de beaucoup de verbes commençant
par le son a caractéristique (Voir page lOG), appartiennent
à la onzième forme.
La douzième forme s'applique, en général, aux noms
d'action des verbes dont la première consonne est
redoublée.
Les noms verbaux ou d'action de beaucoup de verbes
incomplets prennent la treizième forme. Dans plusieurs
localités, on ajoute un th à la fin de ces noms qui rentrent,
alors, dans la quatorzième forme.
Presque tous les noms verbaux appartenant aux dix-
septième et dix-huitième formes sont dérivés de verbes
n'ayant que deux consonnes.
Il est à observer que beaucoup de ces formes ne
diffèrent entre elles que par les signes caractéristiques,
soit du masculin, soit du féminin. On pourra, sans doute,
en diminuer beaucoup le nombre par un classement plus
rigoureux.
Il y a, enfin, des noms verbaux dont la forme paraît
isolée, et d'autres qui semblent dérivés de verbes qui ne
sont plus en usage dans le pays ; nous en indiquerons
plusieurs à la suite des exemples de noms verbaux qu'on
trouvera ci-après.
14
— 210 -
EMPLOI DU NOM VERBAL
Le nom verbal kabyle désigne, comme on a vu, sous
une forme nominale, l'idée représentée par le verbe.
Mais une particularité sans analogue dans les autres
langues, c'est que l'expression du premier verbe kabyle
d'une proposition est très souvent précédée de celle du
nom d'action, qui paraît être ainsi le précurseur du
verbe. La phrase, par exemple : il lui a dit de venir, se
construira : l'action de dire ce que il a dit à lui viens :
thimcnna ai as inna as éd.
En voici d'autres exemples :
thimclin ai iar' imela iouakken
L'indication ce que à nous il a indiqué afin que
annerouK four es.
nous allions chez lui.
(Il nous a indiqué comment nous irons chez lai.)
achimi irouh' oufrançis fer themourth itheurkiin
Pourquoi va le Français dans le pays des Turcs ?
thiitha fa iouth id'sen.
l'action de frapper ce que il frappera avec eux.
(Pourquoi les Français vont-ils chez les Turcs ? pour
se battre avec (pour) eux.)
achou el mcd'fû enni iffer'en idhelli
Quoi le canon lequel étant sorti (ayant été tiré) hier ?
thoufin ai goiif oufrançis Séhaslopol.
l'action de prendre ce que a pris le Français Sébastopol.
(Pourquoi a-t-on tiré le canon hier ? c'est parce que
les Français ont pris Sébastopol.)
thizouirin ith iz-ouar s akJikhani.
L'action de précéder, ce que lui il a précédé à la maison.
(11 l'a précédé à la maison.)
— 211 —
thoufîn ai goiifa iioun r'our es
L'action de trouver ce que il a trouvé un (homme) chez lui
inr'ath.
il a tué lui.
(Il a trouvé un homme chez lui, il l'a tué.)
illa four es kera d'akhed'im thilin ai gella
Etait-il chez lui serviteur ? l'existence ce que il était
r'our es.
chez lui.
(Était-il serviteur chez lui? il y était.)
se thaz.zela ai ouzzelcr' fer thaddarth.
A la course ce que j'ai couru vers le village.
(C'est à la course que je suis allé au village.)
thesenedh thak'ebailith afham fehmef
Sais-tu le kabyle ? l'action de comprendre je comprends,
thiririth our tsarraf ara.
action de rendre je ne rends pas.
(Je comprends, mais je ne puis répondre.)
EXEMPLES DE NOMS VERBAUX
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
ourar , jeu, action de
jouer.
inig, voyage.
1"^^ FORME
ourar, jouer
inig, voyager.
2« FORME
asousef, crachement, ac- sousef, cracher,
tion de cracher.
- 212 -
NOMS VERBAUX
VERBE3
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
ascglef, aboiement.
scgkf, aboyer.
aserouou, action de ras-
scroiioii, rassasier.
sasier.
ancchcheb, action de tour-
nechcheb, tourner.
ner (sur le tour).
ak'chbi, obésité.
k'ebbi, être gras.
ascknef, action de faire
seknef, faire rôtir.
rôtir .
osemlil, action de faire
semlil, faire réunir.
réunir.
agrireb, action de rouler.
egrireb, rouler.
ascgrireb, action de faire
segrireb, faire rouler.
rouler.
ad'oukel, réunion, mé-
d'oiikel, se réunir, être
lange .
mélangé.
azcVoukel, action de réunir,
sd'oukel, réunir, mélan-
de mélanger.
ger.
asenVedh, action de sou-
sent'edh, souder.
der.
ascntchou, action de plu-
scntchou, plumer.
mer.
aserkem, action de faire
scrkem, faire bouillir.
bouillir.
asoud'cn, baiser.
soud'en, baiser.
arejd'd, claudication.
rejd'el, boiter.
asioul, action d'appeler.
sioul, appeler.
amsioul, action de s'ap-
msioul, s'appeler récipro-
peler réciproquement.
quement.
asoufer', expulsion, action
sou fer , faire sortir.
de faire sortir.
213 —
1
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
asouhoiirri , roucoulement.
souJiourri, roucouler.
amchaiC, action de lécher.
cmchah', lécher.
abaâbâ, bêlement.
badbâ, bêler.
aouk'k'em, action de faire.
ouk'k'em, faire.
aouali, action de regar-
ouali, regarder.
der, regard.
asaouki, action de réveil-
saouki, réveiller.
ler.
ah'asses, action d'écou-
liasses, écouter.
ter.
aser'li , action de faire
serHi, faire tomber.
tomber.
aseknoii, action de faire
scknoii, faire ployer.
ployer.
ascdrem, action de démolir,
sedrem, démolir.
démolition.
anadCi, recherche.
nad'i, chercher.
argigi, tremblement.
crgigi, trembler.
arûiâch, id.
râiach, id.
asekchem, action de faire
sckchcm, faire entrer.
entrer.
asouther, demande.
southcr, demander.
ameklhi, souvenir.
mcktJii, se souvenir.
assifeg , action de faire
cssifcg, faire envoler.
envoler.
asired', lavage.
sired' , laver.
asd'err'el, action d'aveu-
sd'err'el, aveugler.
gler.
amaabbar, lutte.
maâbbcu', lutter.
aceggcd' , chasse.
çeggcd', chasser.
— 214 —
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
aâddi, action de passer,
ùddi, passer.
passage.
aKakkcr, action de viser
Kakker, viser.
un but.
azidjou, vente (des objets
zidjou, vendre.
de consommation).
aseberck, action de noircir.
schcrck, noircir.
aslour\ action de troubler
scloiif, troubler.
(un liquide).
asonsi, sarclage.
sousi, sarcler.
ascfd, action de faire fon-
sefsi, faire fondre.
dre.
aseroiiel, action de faire
scrouel, faire fuir.
fuir.
asek^dhà, action d'aiguiser.
sek'dhâ, aiguiser.
asouVedh, allaitement.
souVedh, allaiter.
amsioui, égalité.
emsioui, être égal.
asemsioiii, nivellement, ac-
scmsioiii, égaliser.
tion d'égaliser.
askikedh, chatouillement.
skikcdh, chatouiller.
ah'aiouth, prière, suppli-
Ji'aiouth, prier.
cation.
asengcr, action de dévas-
scnger, dévaster.
ter, dévastation.
aslouef, polissage, action
selouer', polir.
de polir.
afounzer, saignement du
founz-cr, saigner du nez.
nez.
asmàou, miaulement.
smâou, miauler.
aset't'el, action de raser.
neVt'el, raser.
215
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
askoufeth, action de faire
1
skoiifclh, faire mousser.
mousser.
asemlelU, action d'étour-
semlelli, étourdir.
dir.
az-izd'cg, action de rendre
sizd'eg, rendre propre.
propre .
3*^ FORME
amenr'i, combat.
mcnr', combattre.
asferi , action de faire
sr'er, faire lire.
lire.
amerzi, action de se cas-
merz, se casser récipro-
ser récipro(iuement.
quement.
azcnzd, vente.
zcnz, vendre.
asouar'i, action de gâter,
souar', gâter.
de dégrader.
asensi, action d'éteindre.
sens, éteindre.
asegmi, pousse.
segem, pousser, croître.
asemiri, action de ver-
semir, verser-.
ser.
aselsi, action d'habiller.
sels, habiller.
anezmi, inquiétude, souci.
enzem, être inquiet.
chagrin.
asir'i, action d'allumer.
sif , allumer.
agadji, action de changer
eggadj, changer de place.
de place, déménage-
ment.
ah'athili, fourberie.
h'athil, tromper par ruse.
— 216 —
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
4® FORME
asoiimmou, succion.
winmn, sucer.
asoudhou, souffle, action
soudh, souffler.
de souffler.
alour'ou, non-limpidité.
lour', être trouble.
açoubbon, action de des-
çoubb, descendre.
cendre.
afoukou, action de termi-
fouk, terminer.
ner.
asboiirroii, action de se
sboiirr, se voiler.
voiler.
ajouâou, braiment de
joua, braire.
1 ane.
achouffou, gonflement, ac-
choujf, enfler de vent.
tion d'enfler de vent.
asendou, action de battre
send, battre le beurre.
le beurre.
afoummou, action de bou-
foumm, boucher, fermer.
cher, de fermer.
achouddou, action de lier,
choudd, lier.
d'attacher.
5° F
ORME
akcham , entrée , action
ckchem, entrer.
d'entrer.
agzam, action de couper.
vgzem, couper.
ank'ach, action de piocher,
enk'ech, piocher.
piochage.
— 217 —
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
akmaz, action de gratter,
ekmez, gratter.
grattage.
azgal, action de manquer
ezgcl, manquer.
un but.
azgar, action de traver-
czgcr, traverser.
ser une rivière, tra-
versée.
asfadh, nettoyage, action
csfcdh, nettoyer.
de nettoyer.
afradh, balayage, action
efredli, balayer.
de balayer.
asras, action de placer.
sers, placer.
arkadh, action de fouler
crkcdh, fouler aux pieds.
aux pieds.
abran, action de tour-
ehrcn, tourner.
ner.
adhfar, action de suivre.
cdlifer, suivre.
ofsar, action d'étendre.
efser, étendre.
arkam, ébullition.
erkem, bduillir.
ark'am, peinture, action
ark'em, peindre.
de peindre.
aàrak, action de pétrir .
ârek, pétrir.
amkan, action d'atleindre
emken, atteindre.
en frappant.
abgas, action de se ceindre
ebges, se ceindre.
les reins.
amgar, moisson, action de
cmger, moissonner.
moissonner.
azd'am, action de ramasser
ezd'em, ramasser du bois.
1 du bois.
— 218 —
NOMS A'ERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
azd'ar', habitation, action
ezd'er', habiter.
d'habiter.
asouar, force.
ezoucr, être fort.
azd'al, incubation.
ezd'el, couver.
ansar, action de se mou-
cnser, se moucher.
cher.
anr'ad', pulvérisation.
enfed', pulvériser.
azd'aou, action de s'éten-
czd'ou, s'étendre.
dre.
afsai, fusion.
efsi, fondre, être fondu.
azouai, action de secouer.
ezoui, secouer.
amlellai, étourdissement.
cmlelli, étourdir.
amzai, action de polir.
cmzi, polir.
asr'al, signe, geste.
esr'cl, faire signe.
askan, indication.
csken, indiquer, montrer.
aâd'al, égalité.
âd'el, être égal.
azrUd, chaleur.
ezr'el, chauffer.
ar'mal, moisissure.
cfmel, être moisi.
6® F(
)RME
1
anekchoum, entrée.
ckchcm, entrer.
anegzoum, action de cou-
cgzem, couper.
per.
anckmouz, action de grat-
ekmcz, gratter.
ter.
aner'loui, chute.
cr'li, tomber.
— 219 —
NOMS VERBAUX
VERBE3
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
1
7® FORME
herrou, divorce, action de
ebrou, divorcer, lâcher.
lâcher.
ûnnou, action de se diriger
aânou, se diriger vers.
vers.
redjiou, attente, espé-
erdjou, attendre, espérer.
rance.
bet't'ou, partage.
ebdhoii, partager.
fellou, action de percer.
eflou, percer.
habboii, action de plaire.
ahouou, plaire.
lebbou, faiblesse.
alouou, être faible.
KaUou, guérison.
ah'lou, être guéri.
kennoii, action de ployer.
eknou, ployer.
h'aççou, action de penser,
aJi'rou, penser, croire.
de croire.
arraou, accouchement et
areou, accoucher.
enfant.
gezzou, commerce char-
egzou, inire mulierem.
nel.
bek'k'ou, volonté.
cbr'ou, vouloir.
rekkou, pourriture.
erkou, être pourri.
8« F(
)RME
annouz, humilité.
anez, s'incliner devant.
annouf, action de laisser.
anef, laisser.
arrouz, action d'attacher.
arez, attacher.
alloui, ascension.
ali, monter.
— 220
NOMS VERBx\UX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
ajfoug, vol des oiseaux.
afeg, voler.
annoui, action d'ôter les
ani, ôter les puces,
les
puces, les poux.
poux.
ammous, saleté.
âmes, être sale.
alloum, ourlet.
alcm, ourler.
azzoug, humidité.
ebzeg, être humide, mouillé.
O*' FORME
ifemi, action de teindre.
r'ew, teindre.
ifimi, état d'un homme
k'im, être assis.
assis.
oildji, abandon.
edj, abandonner.
outchi, action de manger.
clch, manger.
10® FORME
ifeg, vol des oiseaux.
afeg, voler.
izid', action de moudre.
ezdh, moudre.
ouridh, pet.
erdh, péter.
11*^ FORME
thour'alin, retour.
ouf al, retourner.
thougin, refus.
aougi, refuser.
thizouirin, action de pré-
zouir, précéder.
céder.
thoufin, thifin, action de
af, trouver.
trouver.
221
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS |
1
thour'in, thir'in, action de
ar', prendre.
prendre, prise.
thoud''erin, descente.
ad'er, descendre.
thousin, thisin, venue.
as, venir.
thaouin, thiouiii, action de
aoui, porter.
porter, d'emporter.
thaoudhin, thioudhin, ar-
aoudh, arriver.
rivée.
thougemin, thigemin, ac-
agem, puiser.
tion de puiser.
i thouzin, thizin, action
azou, écorcher.
d'écorcher.
thisemin, envie, jalousie.
asem, être envieux, jaloux.
thoukin, réveil.
aouki, s'éveiller.
thoukelin, action de fouler
aux pieds.
akoul, fouler aux pieds.
thourrin, restitution, ac-
err, rendre.
tion de rendre.
12e j
'ORME
tharoula, fuite.
erouel, fuir.
thazzela, thaouazzela,
azzel, courir.
course.
thadhsa, rire.
edhs, rire.
j //ioi*rre(//ia, action de téter.
eVt'edh, téter.
thikoufetha, mousse.
koufcth, mousser.
écume.
tkouffer'a, thaouaffcfa ,
effer', sortir.
sortie.
1
— 222 —
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
thouk'k'ena,thaouak'k'ena,
ak'k'en, attacher.
action d'attacher.
thouddema, ihaouaddema ,
eddem, enlever.
action d'enlever.
thounncdha, thaouanne-
ennedfi, balayer.
dha, balayage.
thout't'efa, thaouaVt'efa ,
et't'ef, saisir.
action de saisir.
thoukkesa , thaouakkesa ,
ekkes, ôter.
action d'ôter.
thoukkera , thaouakkera ,
ekker, se lever.
action de se lever.
thouzzia, thaouazzia, ac-
ezzi, tourner.
tion de tourner.
thoubbia, thaouabbia, ac-
cbbi, pincer.
tion de pincer.
Ihoullia, action d'ouvrir.
eUi, ouvrir.
thoullesa, thaouaUesa,
elles, tondre.
tonte, action de tondre.
ihouzzega , thaouazzega ,
ezzeg, traire.
action de traire.
thouddeza , thaouaddeza ,
cddez, piler, châtrer.
action de piler, castra-
tion.
thaoud'era, action de des-
ad'er, descendre.
cendre, descente.
Ihouttsela, action de plier.
etlsel, plier.
thaouakechma, entrée.
ckchem, entrer.
tliaouafka, action de don-
cfk, donner.
ner, don.
— 223
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
13® FORME
thaâzzeg, surdité.
thefses, légèreté.
themfer, grandeur.
thouser, vieillesse.
thcberek, couleur noire.
themlel, blancheur, cou-
leur blanche, le blanc.
thezouer', couleur rouge.
therzeg, amertume.
thouref , couleur jaune.
thelouer' , douceur au tou-
cher.
thezd'eg, propreté.
themses, fadeur, insipidité.
thouzcl, petite taille.
thelek'ek', mollesse.
thesemem, aigreur.
themeçzi, jeunesse.
aâzzeg, être sourd.
ifsous, être léger.
imr'our, être grand.
iousir, être vieux.
ibrik, être noir.
imeloul, être blanc.
izouir', être rouge.
irzig, être amer.
iourif , être jaune.
ilouir', être doux au tou-
cher .
izd'ig, être propre.
imesous, être fade.
iouzil, être court, petit.
ilek'ek', être mou.
isemoum, être aigre.
imeçzi, être jeune.
14® FORME
thazallith, prière.
thant'eU, enterrement.
thakoulth, action de fouler
aux pieds.
thizigzouth, couleur verte
ou bleue.
tkouzerth, grosseur, obé-
sité.
zall, prier.
aiiVel, enterrer.
akoul, fouler aux pieds.
izigzou, être vert ou bleu.
ouzour, être gros.
NOMS VERBAUX
ihizeV , douceur au moral
et au goût.
thazith, pesanteur.
thalalith, naissance.
tharerth, dureté, impuis-
sance.
thir'imith, état d'un homme
assis.
thissilh, thisouUh, action
de boire.
thiririth , restitution , ré-
ponse, vomissement.
VERBES
DONT ILS SONT DERIVES
izid' , être doux.
azai, être lourd, pesant.
lai, naître.
ak'k'ar, être dur, impuis-
sant.
ek'k'im, être assis.
souou, boire.
crr, rendre.
15® FORME
Ihamoufli, action de re- mouk'el, regarder.
garder.
thad'oukli, mélange, réu- d'oM/ce/, être mêlé, réuni,
nion.
thasouscmi, silence. sousem, être silencieux.
16® FORME
thanezd'our'th, habitation. | ezd'ef, habiter.
17® FORME
tharoiisi, descente, couplet.
tharouzi, action de casser.
thafouzi, action de creu-
ser.
thagouri, action de jeter.
en, descendre.
erz, casser.
r'cz, creuser.
gcr, jeter.
— 225 —
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
tharouri, restitution.
err, rendre.
thagouni, sommeil.
qen, dormir.
thad'ouli, action de couvrir.
d'el, couvrir.
18^ FORME
thimenr'iouth , meurtre ,
enr', tuer.
action de tuer.
thimezriouth , action de
zer, voir.
voir, vue.
thimeslioiith, ouïe, action
sel, entendre.
d'entendre.
thimensiouth , action de
ens, passer la nuit.
passer la nuit.
thimerr'iouth, brûlure, ac-
err\ brûler.
tion de brûler.
thimelsiouth , action de
els, s'habiller.
1 s'habiller.
thimezliouth, égorgement,
ezlou, égorger.
1 action d'égorger.
thimej'djiouth, attente,
erdjou, attendre, espérer.
espérance.
19« I
'ORME
ouzou, torréfaction.
ezzou, griller, torréfier.
ousou, action d'élendre (un
essou, étendre.
tapis, etc.).
ouzçou, plantation, action
ezçoii, planter.
de planter.
lo
22G —
NOMS VERBAUX
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
20® FORME
tJioudjilh, abandon.
thoutchilJi, action de man
ger.
21"^ FORME
ini, dire.
cclj, abandonner, laisser
elch, manger.
tJnmcnna, action de dire.
thimegga, coït.
cg, faire, et par extension
inire muliercm.
22*^ FORME
tJiadhfartlt, action de sui-
vre.
thimelal, action de se réu-
nir, rencontre.
cdhfer, suivre.
mclil, se réunir^ rencon-
trer .
EXEMPLES DE NOMS VERBAUX NON CLASSES
NOMS VERBAUX
VERBES CORRESPONDANTS
sàam '■', possession.
ihaouant, satiété.
thargilh, rêve.
idhes, sommeil.
thairza, labourage, action
de labourer.
esàou, posséder.
erouou, être rassasié.
argon, rêver.
el'Vcs, dormir.
ekrcz, labourer.
(1) Forme arabe.
— 227 —
»
1
NOMS VERBAUX
VERBES CORRESPONDANTS
tJiaissaouih, action de paî-
cks, paître.
tre, de faire paître.
la:, faiiD.
cUa:, avoir faim.
fad\ soif.
cffad', avoir soif.
afilif, chagrin.
fouilef, avoir du chagrin.
Ddkli, marche.
eddou, marcher.
thifekchi, don, aclion de
cfk, donner.
donner.
thiferath, paix.
efrou, faire la paix.
thefczi, longueur.
ifzif, être long.
thahari, largeur.
ehreoii, il est large.
Noms d'agent, de métier, d'habitude, d'état
Beaucoup de noms substantifs désignant celui qui fait
une action, ou qui subit un état, sont caractérisés par les
formes suivantes :
tableau des formes des noms de metier, d agent,
d'habitude, d'État
N- D ORDRE
et
SIGNES CARACTÉRISTIQUES
des formes
EXEMPLES
de
NOMS DE MÉTIER, ETC.
verbes
DONT ILS SO.NT DKRIVÉS
1
1. a préfixe et introduc-
tion du son a avant
la dernière articula-
tion.
arajd'al, boiteux.
anek'li'acli, pio-
cheur.
rejd'el, boiter.
nek'k'ech, piocher
habituellement.
2. atn préfixe.
ania^zal, coureur.
azzel, courir.
3. an préfixe.
anadjaou, ache-
teur.
adjou, acheter.
4. a préfixe, an final.
anwli'li'eran. grand.
inouk'/i'ef , il est
f,'Tand.
— 228 —
L'a préfixe est le signe du masculin singulier; les
véritables caractères de ces formes sont donc : le son a
avant la dernière articulation, Ym et Vn préfixes, et le son
an final.
L'm et Yn se subsliluant quelquefois l'un à l'autre,
on pourrait môme regarder la troisième forme comme
rentrant dans la seconde.
Les noms dont la deuxième articulation est redoublée
doivent être, je pense, regardés comme dérivés de la
forme d'habitude : c'est pour cette raison que je les ai
classés dans la première forme.
Les noms dérivés des verbes incomplets s'obtiennent
au moyen de la troisième personne du singulier du verbe.
La formation des noms des deuxième et troisième
formes n'est pas toujours uniforme : les uns introduisent
les sons a et ou avant la dernière articulation, les autres
ajoutent ces mêmes sons à la fin du verbe. Pour éviter
une classification minutieuse et inutile, j'ai réuni sous un
môme numéro tous les noms dont les caractères distinctifs
sont l'm et Yn préfixes.
La quatrième forme paraît être particulière aux noms
d'état des verbes incomplets ; il est à remarquer que pres-
que tous ces verbes donnent naissance à un nom d'état
qui est, alors, une espèce de qualificatif. Le nombre des
noms dérivés des verbes ordinaires est beaucoup moins
grand.
Observations. — Bien que l'usage de ces difïérents
noms soit assez fréquent, on exprime plus ordinairement
- 229 —
l'idée qu'ils rcpréscnlent par le verbe mis à Tune des
formes d'habitude, par exemple :
Cet homme est laboureur, se tournera :
Cet homme laboure habituellement.
argaz agi ikerrez.
Cet homme est bûcheron, se tournera :
Cet homme ramasse et coupe du bois habituellement.
ar gaz agi izeddcm.
Le joueur, se dira : celui qui joue habituellement.
ouin itsouraren .
Aussi rencontre-t-on, en kabyle, comparativement aux
autres langues, un très petit nombre de noms de l'espèce
qui nous occupe.
EXExMPLES DE NOMS DE MÉTIER, d'AGENT, ETC.
NOMS
VERBES
DE MÉTIER, d'État, etc.
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
In^ F
ORME
arejd'al, boiteux.
r&jd'el, boiter.
aneclichab, tourneur.
necJicheb, tourner.
argagai, trembleur.
ergigi, trembler.
açeggad, chasseur.
çegged, chasser.
ah'akkar, viseur, celui qui
h'akker, viser.
vise.
alhath, haletant, essoulTïé.
elheth, être essoufflé.
amr'ar, vieillard.
imr'our, être vieux.
azouggaf , rouge.
zouggar', il est rouge.
— 230
NOMS
DE MÉTIER, d'État, etc.
amellal, blanc.
aouraf, jaune.
azigzaou, bleu ou vert.
afcssas, léger,
amessas, fade, insipide.
alc1ik\ik', mou.
aloiiggar' , doux au tou-
cher.
asemmadh, froid.
ascmmam, aig-re.
anck'k\ich, piocheur.
cigezzam, coupeur.
azcddam , bûcheron .
azcggal, celui qui manque
le but.
azeggar, celui qui tra-
verse .
ase/fadh, nettoyeur.
afetradh, balayeur.
arck'k^im, peintre.
anebbach, piqueur, celui
qui pique.
arckkadh, celui qui foule
aux pieds.
amazzal, coureur.
VERBES
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
melloul, il est blanc.
ourraf, il est jaune.
zigzaou, il est bleu ou
vert.
fessous, il est léger .
mcssous, il est fade, insi-
pide.
Icklùik, il est mou.
lovggar' , il est doux.
scmmcdJ^, il est froid.
semmoum, il est aigre.
nck'k'cch, piocher habi-
tuellement.
gczzem, couper id.
zcddcm, couper et
ramasser du bois id.
zcggcl, manquer le
but id.
zeggcr, traverser id.
sefjcdh, nettoyer id.
ferredh, balayer id.
rck'k'cm, peindre id.
ncbbrdi, piquer id.
rckkrdh, fouler aux
pieds id.
azzcl, coui'ir.
— 231 —
NOMS
VERBES
DE MÉTIER, d'agent, ETC.
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
2^ FORME
amaoggacV , poltron.
aoggad', craindre.
amzcuV , meunier.
czdh, moudre.
amenk'ach, piocheur.
oik'cch, piocher.
amfaz, celui qui creuse.
ï''ez, creuser.
amakkas, celui qui ôte.
ekkes, ôter.
amattsal, plieur.
eltscl, plier.
amezd'al, couveur.
ezd,'el, couver.
amczd'ar', habitant.
ezd'ef, habiter.
amendai, trappeur.
endi, tendre un piège.
amazai, lourd, pesant.
azai, être lourd.
amzouar, amzoïiarou, pré-
zouir, précéder.
cédent, antérieur, pre-
mier.
amellazou, afïamé.
cUaz, avoir faim.
amerzagou, amer.
irzig, être amer.
amoudhin, malade.
adhcn, être malade.
ameddakoul, ami.
d'oukel, être uni.
amouseni , amousenaou ,
issin, savoir.
homme qui a des con-
naissances, de l'expé-
rience.
ameksa, berger.
eks, faire paître.
iminig, voyageur.
inig, voyager.
3« F(
)RME
anagam, celui qui puise.
agcm, puiser.
232 —
NOMS
VERBES
DE MÉTIER, d'agent, ETC.
DONT ILS SONT DÉRIVÉS
anaVt'af, celui qui saisit.
cl'l'cf, saisir.
ancggarou, postérieur.
gcri, rester, être en ar-
rière.
anadjaou, acheteur.
adjou, acheter.
¥ FORME
amek'k'eran, grand.
viouk'k'er, il est grand.
ameçzian, petit.
mcçzi, il est petit.
afczfan, long.
r'ezzif, il est long.
ak'ouran, sec.
ik'k'our, il est sec.
ak'cbban, gras.
ik'ebba, il est gras.
aousscran, vieillard.
ousser, il est vieux.
aberkan, noir.
boi'ik, il est noir.
azaian, lourd.
czzai, il est lourd.
azonran, gros.
zoiir, il est gros.
azid'an, doux.
zid\ il est doux.
i azccVgan, propre.
izd'ig, être propre.
ahraouan, large.
ahraou, il est large.
LIVRE III
DES DIVERSES PARTICULES
(prépositions, conjonctions, adverbes et interjections)
CHAPITRE UNIQUE
PRÉPOSITIONS
Liste des principales Prépositions et des Locutions
qui en tiennent lieu.
d'efpi\ derrière, après.
ourthi on d'efjïr oukhkham.
Le verger de moi (est) derrière la maison.
iousa d d'effir ek.
Il est venu après (derrière) toi.
fell, sur, pour, à, de.
(Ne s'emploie guère qu'avec les affîxes.)
iouli fell as.
Il est monté sur lui.
ifka fell i idyimen^
Il a donné pour moi de l'argent.
— 234 —
Ihouâr fcU as thikli.
Est difficile à lui la marche. (La marche est pénible
pour lui.)
ioui^' itli fell i.
Il a acheté lui de moi (il me l'a acheté).
ejfcrcn t fell as.
Ils cachèrent lui à lui (ils le lui cachèrent).
s oufella, en haut, sur.
(Avec les prépositions du génitif.)
S oufella b omVrar.
En haut de la montagne.
s oufella ne tset'Va.
En haut d'un arbre.
eddaou, sous, dessous.
eddaou i, sous moi, eddaou as, sous lui.
seddaou, sous, dessous, en dessous.
(Avec les prépositions du génitif.)
illa iffer seddaou ougerthil.
Il existait il est caché en dessous d'une natte (il était
caché sous une natte).
illa it't'es seddaou ne tset'Va.
Il existait il dort en dessous d'un arbre {\\ dormait sous
un arbre).
b ouadda (i), en bas, du bas.
thaddarth b ouadda.
Le village d'en bas.
(i) Les expressions ^ oufella, b ouadda, sont composées des prépo-
sitions 5 et 6 et de substantifs.
— 235 —
r'cf, sur, pour, de.
(Après r'cf, l'a initial des noms masculins se change
quelquefois en ou.)
irkeb r'cf aâoiid'iou is aberkan.
li est monté sur le cheval de lui, le noir (il est monté
sur son cheval noir).
achou ir'cf, ai r'cf, pourquoi?
oui r'cf illa lekhedha.
Qui sur a été l'amende? (sur qui a été frappée l'amende?)
ad' ouagi r'a iilin d'amck'k'eran fef thaddarth.
C'est celui devant être le chef du village.
ik'k'im r'cf ougcrthil.
Il est assis sur une natte.
ennUj, sennig, au-dessus de, en dessus de.
(L'« initial des noms masculins se change en ou après ces mots.)
ennig ouk'crroui s.
Au-dessus de la tète de lui.
ioufcg scnnig oukhkliain.
Il a volé au-dessus de la maison.
d'i, dans, à (sans mouvement).
athaia d'i thcmd'int.
Il est à la ville, dans la ville.
achou lekhebar d'i thcniourth cnnoucn.
Quoi les nouvelles dans le pays de vous? (quelles nou-
velles dans votre pays ?)
d'eg, dans, à (sans mouvement),
pendant, durant, parmi, de, sur, d'entre, contre.
alhaia d'cg oukhkham.
Il est à la maison, dans la maison.
— 236 —
d'cg idh, pendant la nuit.
d'oug ass, durant le jour.
iionn d'cg scn, un d'eux, un d'entre eux, un parmi eux.
oufan t d'eg oubnd\
Ils le trouvèrent sur le chemin .
our thehaddercdh d'eg ain illan.
Tu ne parles pas de ce qui est.
cddjchad' d'eg iroumien.
La guerre sainte contre les chrétiens.
g, dans, de (préposition du génitif).
g iioun OM/c/iA;/m?n, dans une môme maison.
g irgazen, des hommes.
thamegra g ird'cn, la moisson du froment.
gar, bou ai gar
(et dans plusieurs localités : gai gar) entre.
ennour'cn gar asen.
Ils se sont battus entre eux.
ennour'en bon ai gar asen.
Ils se sont battus entre eux.
r'er, vers, à (avec mouvement), dans (avec mouvement),
envers, à l'égard de, pour.
br'ir' ad'rouh'er' fer Begailh.
Je veux aller à Bougie.
iousa d r'er d'agi.
Il est venu vers ici (il est venu ici).
iousa d fer themourth ennaf.
Il est venu dans notre pays.
izid'clh fer thoulaouin.
Soyez doux envers, avec, pour les femmes, à l'égard
des femmes.
— 237 —
*•, vers, à (avec mouvement, mais peu éloigné), dans
(avec mouvement), chez (avec mouvement;.
ad'irouh' s asiff.
Il ira vers la rivière.
ikchem s akhkham.
Il entra dans la maison.
therouh' s amek'k'eran en temd'int.
Elle alla chez le chef de la ville.
si, s, de (avec mouvement d'éloignement),
préposition de l'ablatif pour les noms féminins.
irouh' si themd'int.
Il est parti de la ville.
ibbodh ed si Begaiih fer d'agi.
Il est arrivé de Bougie ici.
ousir'd s four babath naf.
Je suis venu de chez notre père.
s, de, en, avec, par, moyennant.
(L'a initial des noms masculins se change en ou
après cette particule.!
selan s ethemd'int oiigellid'.
Ils entendirent parler de la ville du roi.
s elhid'ets, en vérité.
kilab agi ioura s ethk'ebailith.
Ce livre est écrit en kahyle.
iouth ith s oujenoui s oufous.
Il Fa frappé avec un couteau, avec la main.
itslberik si thafoukth.
Il noircit par la lumière du soleil.
iouf ith es âcliera en douro.
Il l'a acheté moyennant dix douros.
— 238 —
scg, de (avec idée d'éloignement), depuis,
de (préposition de l'ablatif), à. — (a initial changé en ou.)
iffer' seg oukhkham.
Il sortit de la maison.
soug ass mi rouh'cn.
Depuis le jour où ils partirent.
issouou aâoud'iou is soug aùjf.
Il fit boire son cheval à la rivière.
)-'ou)\ chez, vers (a initial changé en ou).
ahalli r'our oumcddakoul is.
II est chez son ami.
in sa r'our i.
Il a couché chez moi.
ou r'our thetchidh imensi.
Chez qui as-tu mangé le dîner? (chez qui as-tu dîné?)
ebbodhcn r'our théines.
Ils arrivèrent vers le feu.
s r'our, de chez, de la part de.
effer'en s r'our ougellid'.
Ils sortirent de chez le roi.
sellcm fcll as s r'our i.
Salue sur lui de chez moi (salue-le de ma part).
/(/', avec.
iousa d id'i.
Il est venu avec moi.
itsinig id'sen.
Il voya^-e habituellement avec eux.
— 239 —
zed'ath, r'er zed'ath, devant, en avant.
ioufa iioun ik'k'im zed'alh tlu(J)I)Our(h.
Il trouva un (homme) il était assis devant la porte (il
trouva un homme assis devant la i)orle).
ithcddou r'cr zed'alh.
Il marche devant, en avant.
rouh' zed'ath i.
Va devant moi .
akhkham is zed'ath ouanniou.
La maison de lui (est) devant celle de moi (sa maison
est devant la mienne).
ilmendad\ vis-à-vis, en face.
akhkham is ilmendad' b ouanniou.
Sa maison est en face de la mienne.
almi, ai'mi (suivis de d') jusqu'à.
iousa d armi d' akhkham iou iour'al.
Il est venu jusqu'à ma maison, et il est retourné.
a/, jusqu'à.
si vbah ar thameddith. ar azekka.
Du matin jusqu'au soir. Jusqu'à demain.
alemma (suivi de (/') jusqu'à.
erdjou i alemma tameddith.
Attends-moi jusqu'au soir.
ad'iarou alemma d'idh.
Il écrira jusqu'à la nuit.
n, en, in, de (préposition du génitif).
thabbourth en temd'int.
La porte de la ville .
— 240 —
agellid' ne temourth.
Le roi du pays.
in ou in ek.
De moi, de toi.
thaouririh ^^^ en tid'ilh.
Le monticule de la Chienne (nom d'un village des Béni
Menguellat).
b, ou, de (préposition du génitif).
oud'em b ourgaz.
Le visage de Thomme.
i, à (préposition du datif).
inna i as i themeCCouth.
Il dit à elle, à la femme.
am, comme.
melloul am ad'fel.
Il est blanc comme la neige.
annechtli, autant que.
(Prend les afiixes des noms.)
annechth iou, autant que moi.
annechth ik, autant que toi.
annechth n cgma s, autant que son frère.
(1) Thaourirth, diminutif de aourir, montagne. Beaucoup de noms
de localités, en Kabylie, commencent par l'un de ces mots. On les
retrouve encore en usage chez les Béni Mzab et les Zenatia. Dans le
Touat, il y a un village nommé Tiouririn, les petites montagnes.
— 241 —
amzound (•), ainsi que, comme.
(Est suivi de d'.)
amzound d'nek, ainsi que moi, comme moi.
amzound d'oua, comme cela.
fczzif amzound d'ascfsaf.
Il est haut comme un peuplier.
Conjonctions et Locutions conjonctives.
akka, akhacji, ainsi.
thek'k^trem akka, vous dites ainsi.
akken, akkenni, ainsi, comme.
akken ai genna, c'est ainsi qu'il a dit.
ad\ d\ et.
(Ne s'emploie qu'avec les noms.)
Moh'ammed d' cgma s.
Mohammed et son frère.
agerfi^ou d' oubaref.
Le corbeau et le renard.
argaz a temet'Vouth is.
Le mari et sa femme.
iak, suivi de d', et, avec, et aussi.
ù'OuJi' netsa iak d'cgma s.
Il partit lui et son frère.
(1) Amsound est, sans doute, composé de am, comme, et de sound,
qui se retrouve chez les Touareg et signifie comparaison. — Amsound
d' neU voudrait donc dire : comme la comparaison avec moi.
16
— 242 —
màni, lamàni^ mais, cependant, néanmoins, pourtant,
toutefois.
noud'af fell ak lamâni our k oufir' ara.
J'ai cherché sur toi, mais je ne Tai pas trouvé.
(Je t'ai cherché, mais je ne t'ai pas trouvé.)
mi, (jitni, lorsque, quand.
mi ebbodhen fer themourth.
Lorsqu'ils arrivèrent au pays.
gimi immouth our'er' thaferka s.
Quand il mourut, j'achetai le petit jardin de lui.
imi, puisque, parce que.
imi irouh' anef as ar d ias.
Puisque il est parti, laisse à lui jusqu'à ce qu'il viendra.
(Puisqu'il est parti, laisse-le jusqu'à ce qu'il vienne.)
seg mi, depuis que, parce que, après que.
seg mi d iousa our d iffir' seg oukhkham.
Depuis qu'il est venu, il n'est pas sorti de la maison.
our as irdhil ara id'rimen seg mi oulah four
Il n'a pas prêté à lui de l'argent, parce que n'était pas chez
es famen .
lui de caution.
(Il ne lui a pas prêté d'argent, parce qu'il n'avait pas
de caution.)
seg mi irouK' oukif id' es
Après que il fut parti, je m'éveillai avec lui (je m'aperçus)
iouker ii.
il avait volé à moi.
(Après qu'il fut parti, je m'aperçus qu'il m'avait volé.)
— 243 —
melmi, lorsque, quand.
mclmi itezeridh.
Quand las-tii vu?
our cssiner' ara melmi d ioum.
Je ne sais pas quand il est venu.
adiimi, pourquoi ?
achimi d ioum.
Pourquoi est-il venu ?
air'ef, pourquoi ?
air'cf r'a d ias.
Pourquoi viendra-t-il ?
achou r'ef, pourquoi ?
achou fcf ith en fan.
Pourquoi l'ont-ils tué ?
our, suivi de ara, ne... pas.
(Sert à la négation.)
our essiner' ara.
Je ne sais pas.
our, répété, ne... ni, répétés.
our ilhets, our isess.
Il ne mange, ni ne boit.
our aàd', pas encore.
our aâd' d iousi.
Il n'est pas encore venu.
ma our, mour, si... non.
mour d thousidh ara nek ad'rouh'er.
Si tu n'es pas venu, moi j'irai.
— 244 —
oulach, oulah, rien, il n'y a pas.
oulach four es, rien chez lui. — (Il n'a rien.)
oulah ar'a ielch.
Rien ce que il mangera. — (Il n'a rien à manger.)
oulach lekhebar.
Point de nouvelles. — (Il n'y a pas de nouvelles.)
ma oulach, moulach, sinon.
aoui th. id, ma oulach ad'rouh'cr'.
Apporte-le, sinon j ii'ai.
in as ad iffef moxdach ad' ekchemef four es.
Dis à lui il sortira ici, sinon j'entrerai chez lui.
(Dis-lui de sortir, sinon j'entrerai chez lui.)
ma, si ; ma fa, quand.
ma thehfidh, si tu veux.
ma fa d ias ad' as efkef id'rimen.
Quand il viendra, je lui donnerai de l'argent.
ma fa thououth el haoua our kerrezef ara.
Si frappe la pluie, je ne labourerai pas.
(S'il pleut, je ne labourerai pas.)
ala, si ce n'est.
ala iioun agsâa.
Si ce n'est un ce qu'il possède. — (Il n'en a qu'un.)
ala iioun ourgaz ai zerif d'eg oubrid'.
Si ce n'est un homme ce que j'ai vu sur le chemin.
(Je n'ai vu qu'un homme sur le chemin.)
fas, si ce n'est.
fas ouagi ag eddem.
Si ce n'est celui-ci ce que il a emporté.
(Il n'a emporté que celui-ci.)
— 245 —
ner', ou, ou bien.
nek ner' ketch.
Moi ou toi.
leinmer, si (conditionnel).
(Est ordinairement suivi de ialli.)
lemme}^ atkhedmedli ialli aclak efkef id'rimen.
Si tu travailles, alors je te donnerai de l'argent.
ialli, alors, en conséquence, conséquemment, par suite.
(Se place devant la conséquence d'une condition.)
lemmer a taroudh ialli ad ias.
Si tu écriras, alors il viendra.
(Si tu écris, il viendra.)
iouakken^ afin que, pour que.
efkir' as id'rimen iouakken ad'ii d iaoui
Je lui ai donné de l'argent afin que il m'apporte
e:zith.
de riiuile.
alemma, jusqu'à ce que.
alemma iousa d.
Jusqu'à ce qu'il soit venu.
(Jusqu'à ce qu'il vienne.)
alemma zerif th, jusqu'à ce que je l'aie vu.
nlmi, armi, jusqu'à ce que.
(Avec le verbe au passé.)
almi d iousa.
Jusqu'à ce qu il vînt.
(Jusqu'à ce qu'il soit venu.)
246 —
Adverbes et Locutions adverbiales.
(l'a, d'agi, ici.
(Sans mouvement.)
alhaia d'agi, il est ici.
r'er d'à, r'er d'agi, ici.
(Avec mouvement.)
iousa d si Begaith fer d'à, il est venu de Bougie ici.
si a, si agi, d'ici.
ironie si agi idhelli, il est parti d'ici hier.
d'inna, in, n, là.
( Sans mouvement. )
ck'k'im d'iinm, reste là.
ioufa th d'inna, il le trouva là.
ioufa th in d'i thiniri^^^ n Ailh Mcndcs.
Il le trouva là, dans la thiniri des Béni Mendès.
r'er d'inna, r'er d'in, là.
(Avec mouvement.)
roiik' r'er d'inna, va là.
sinna, si en, de là.
iroiih' sinna, il est parti de là.
si en almi d'agi idda d sin oussan.
De là jusqu'ici il a marché deux jours.
il) La plaine située entre le Jurjura et les montagnes des Maatka
et des Béni Aissi est appelée^ par les Kabyles, Thiniri. Ce mot, chez
les Touareg, signifie une plaine en général, mais les Kabyles en ont
oublié la signification ; il n'est plus chez eux qu'un nom de localité.
Une plaine se dit, en kabyle, azar'ar ou loudha (en arabe s^]o^\].
— 247 —
akin, akinna, là-bas.
mouk'el ith akin, vois-le là-bas.
si agi r'er d'inna, d'ici là.
ad'ak en siouler' si agi r'cr d'inna.
A toi j'appellerai d'ici là.
(Je t'appellerai d'ici là.)
si agi fer d'inna oulach b ouaman.
D'ici là n'est pas d'eau.
(D'ici là, il n'y a pas d'eau.)
si a r'er ezd'ath, désormais, dorénavant.
(S'emploie lorsqu'on parle au présent; mot à mot : d'ici en avant.)
si a r'er ezd'ath ad etsaser'
D'ici en avant (dorénavant) je viendrai habituellement
am koull ass fer d'à.
chaque jour ici.
si en r'er ezd'ath, désormais, dorénavant,
après cela, à partir de là.
(Mot à mot : de là en avant, s'emploie lorsqu'on parle au futur.)
si en fer ezd'ath d'irith oubrid'.
De là en avant mauvais le chemin.
(A partir de là, le chemin est mauvais.)
as ed d'i themen cggam si en fer ezd'ath
Viens dans huit jours, de là en avant
our d thetsasedh ara.
tu ne viendras pas.
(Viens dans huit jours, après cela tu ne viendras
plus.)
si en akin fer ezd'ath as cd ai aouidh aila k.
De là-bas en avant, viens, tu emporteras la propriété de toi.
— 248 —
anid'a, enga, où.
(Sans mouvement et quelquefois avec mouvement.)
anid'a thellidh idhelli.
Où étais-tu hier?
ad'ak mêler' anid'a tJi ezerif.
Je te montrerai où je l'ai vu.
mel il enga thella.
Montre-moi où elle était.
anid'a thcrouh'edli.
Où vas-tu ?
sani, où.
(Avec mouvement.)
sani fa therouh'edh.
Où iras-tu ?
scthak'saf th sani irouK.
Je lui ai demandé où il allait.
ami, d'où, par où
and d thousidh.
D'où viens-tu? •
ansi iâdda.
Par où est-il passé ?
our essinf ara ansi d iousa.
Je ne sais pas d'où il est venu.
thoura, à présent, maintenant.
tJioura id emlalcf id' es, ionsa d.
A présent ici je me suis rencontré avec lui, il est venu.
(Je viens de le rencontrer, il est venu, il arrivait.)
zik, de bonne heure, bientôt.
as ed zik, viens de bonne heure, viens bientôt.
— 249 —
o/'rt.f, beaucoup, très, fort.
(Met au génitif les noms qu'il régit.)
r'our i aVas, j'en ai beaucoup.
ifka ias id'rimen at'as, il a donné à lui de l'argent beau-
coup.
(Il lui a donné beaucoup d'argent.)
ellan aVas g irgazen d'i sonk\
Il y avait beaucoup d'hommes au marché.
nezha, beaucoup, très, fort.
Kammclef th nezha, j'aime lui beaucoup.
d'erous, peu, guère.
(Met les noms au génitif.)
ifka ias d'erous, il a donné à lui peu.
(Il lui en a peu donné, il ne lui en a guère donné.)
ifka ias d'erous g id'rimen,. il lui a donné peu d'argent.
achemma, tout à l'heure, sous peu, dans un instant.
achcmma ad thasedh, tout à l'heure tu viendras.
achemma ad' enn aser' rour ek, dans un instant j'irai
chez toi.
oulemnia, pas même, quand même, même.
aoui th id oïdemma d'irith.
Apporte-le ici quand même mauvais.
(Apporte-le quand même il serait mauvais.)
our d iousi oulemma iioun, il n'est venu pas même un.
(Il n'en est pas même venu un seul.)
(U)iek, comment ?
amek thellidh, comment es-tu? comment te portes-tu ?
— 250 —
akken, akkenni, comment, comme.
melan as akken had'eren.
lis indiquèrent à lui comment ils avaient parlé.
ass a, ass agi, aujourd'hui.
ass agi annehd'ou thairza.
Aujourd'hui nous commencerons le labourage.
idhelU, hier.
idhelli ai nesscroiicth ird'en.
C'est hier que nous avons dépiqué le blé.
seld idhelli ('), avant-hier.
seld idhelli ai ounagen.
C'est avant-hier qu'ils ont voyagé (qu'ils sont partis).
azekka, demain.
azekka ateffer' elmehalla.
Demain sortira le camp (l'armée).
zell azekka, après-demain.
zell azekka ad' menr'en.
Après-demain ils combattront.
azekkanni, le lendemain.
azekkanni ag emmouth.
C'est le lendemain qu'il mourut.
achh'al, combien ?
achh'al ai g oufa.
Combien ce que il a trouvé (combien a-t-il trouvé) ?
(I) Les Mecheddala et quelques tribus du versant sud disent : rt^>'
ennadh, avant-hier (pour le jour), et idh ennadh, avant-hier (pour
la nuit).
— 251 —
achh'al ais, combien (pour combien d'argent)?
achh'al ais iouf akhkham n.
Combien a-t-il acheté sa maison ?
imir en ('), de suite, aussitôt, sur-le-champ, alors.
imir en ai th inr'a.
C'est alors qu'il le tua.
ma imelal id'es imir en ar'a th inef.
S'il se rencontre avec lui, aussitôt il le tuera.
e/î, oui.
thebr'idh at etchedh eh.
Yeux-tu manger? oui.
a/a, non.
izcra k
ala.
T'a-t-il vu ?
non.
Interjections.
ai, à, ô.
ai argaz
à ihameVVouth.
ô homme !
ô femme !
ai iaou. allons !
ai iaou annerouh'.
Allons ! parto
ns.
/'/(/, eli bien ! donc !
thellidh thetsef ennidh d'elâali.
Tu étais tu chantais habituellement, c'est très bien
ihi Ihoura echdhaK .
Eh bien 1 maintenant, danse.
(1) Imir en est composé de imir, temps, époque, et du pronom
démonstratif en, pour enni.
LIVRE IV
DE LA NUMÉRATION
CHAPITRE UNIQUE
Les Kabyles ont oublié la numération usitée autrefois
chez les peuples berbers, et adopté le système arabe. On
retrouve, cependant, des traces de l'ancienne numération
dans celle qui est en usage maintenant.
Numératifs cardinaux
Les deux premiers noms de nombre de la numération
berbère ont été conservés, et, dans ces deux noms, on
distingue les genres. Chez les Béni Mzab et les Touareg,
oii l'ancienne numération est encore en usage, cette
distinction se fait pour tous les nombres.
iioun,
un.
iiouth,
une.
sin,
deux (masculin)
senath,
deux (féminin).
Exemples :
iioun ourgaz, un homme.
iiouth ihamet'l''outh, une femme.
sin irgazen, deux hommes.
senath thoulaouin, deux femmes.
Tous les autres noms de nombre sont les noms arabes,
légèrement altérés. Mais, contrairement à ce qui se passe
en arabe, les noms des objets énumérés continuent à se
— 254 —
mettre au pluriel après dix, et à partir de onze on les fait
précéder de l'une des prépositions du génitif ; ainsi, l'on dit:
thletha, arhàa, etc., âchera irgazen.
Trois, quatre, etc., dix hommes.
Ihletha, arbda, (IcJicrathoulaouin.
Trois, quatre, dix femmes,
Mais on dira :
ah'dach, ethnach, ûcherin g irgazen.
Onze, douze, vingt d'hommes.
ah'dach, ethnach, âchenn en toulaouin.
Onze, douze, vingt de femmes.
âchenn b ouakraren.
Vingt de moutons.
Pour trouver la raison de cette anomalie, il faut
recourir à l'ancienne numération berbère, conservée
chez quelques peuples, les Béni Mzab, par exemple.
On voit, en effet, que dans cette numération, dix se
dit meraou pour le masculin, et memout pour le féminin,
c'est-à-dire une dizaine ; vingt se dit : senet temerouin,
c'est-à-dire deux dizaines ; trente, charel temerouin,
c'est-à-dire trois dizaines ; trente-deux, charet temerouin
de sen, c'est-à-dire trois dizaines et deux, et ainsi de suite.
De même, cent se dit : touinest, c'est-à-dire une
centaine ; deux cents, senet touinas, c'est-à-dire deux
centaines ; trois cents, charet touinas, c'est-à-dire trois
centaines, et ainsi de suite.
Les noms de dizaines et de centaines conservent donc,
dans le système de numération, leur propriété de sub-
stantifs, puisqu'ils se mettent au pluriel.
Ils doivent conséquemment régir, au génitif, les sub-
stantifs qui les suivent. C'est, en effet, ce qui arrive dans la
numération des Béni Mzab, que nous donnons plus loin.
— 255 —
Les Kabyles, en adoptant le système de numération
arabe, ont continué à mettre au pluriel et au génitif
les noms des objets énumérés au-dessus de dix, sans
s'inquiéter si c'était conforme à l'usage et à la gram-
maire arabe.
Numératifs ordinaux
Le premier se rend par amzouarou.
La première — thamzouaroulh.
Les premiers — imzoura.
Les premières — thimzoura.
Le dernier — aneggarou.
La dernière — thaneggaroutJi .
Les derniers — ineggoura.
Les dernières — thineggoura.
Le deuxième — ouis siii.
La deuxième — tliis senath.
Le troisième — ouis thletha.
La troisième — this thletha.
Le quatrième — ouis arbâa.
La quatrième — this arbâa.
Et ainsi de suite, c'est-à-dire qu'on obtient les nom-
bres ordinaux, à partir du troisième, en faisant précéder
les noms de nombre arabes, de ouis pour le masculin et
this pour le féminin.
Fractions
Les Kabyles n'ont conservé de l'ancienne numération
que le mot ar^e», qui signiiie la moitié. Les autres frac-
tions s'indiquent par les nombres ordinaux féminins.
Exemples :
Il a droit au tiers de ma maison.
itsalas thisthletha d'eg oukhkham iou.
Il m'a donné le quart d'une poire.
ifkaii this arhàa en tifircst.
256 —
c
H
a
o
«
<
/
z
iiet.
senatet.
keradhet.
okkozet.
scmmouset.
scdiset.
essaat.
ettamel.
tezzaat.
meraout.
meraout d iiet.
meraout de senatet.
meraout de keradhet.
mo^aout d okkozet.
scnatet teinerouin.
senatet teinerouin d iiet.
senatet teinerouin de senatet.
keradhet teinerouin.
okkozet teinerouin.
seminoiisel teinerouin.
sediset teinerouin.
essaat teinerouin
ettainet teinerouin.
tezzaat teinerouin.
touinest .
senatet touinas.
senatet touinas de senatet
temerouin d okkozet.
keradhet touinas.
limidlut ?
scnatet timidhinon tonadh.
■'^.'*-
V.
O
-s:
S
1
iien.
sin, essin.
keradh.
okkoz.
sonmous,
sedis.
essaa .
et tam.
tezzaa.
ineraou.
meraou d iien.
meraou d essin.
meraou de keradh.
meraou d okkoz.
senatet tonvrouin.
senatet teinerouin diien.
senatet teinerouin d essin
keradliet temerouin.
okiiozet te))ie)^duiii .
semmouset tenierduin,
sediset tenierduin .
essaiit teniei^duin .
ettamel tenierduin .
tezzuat temerouin.
tdui)iest.
senatet touinas.
senatet touinas de sena-
tet tonei'ouin d okkoz.
keradliet touinas.
timidhit?
senatet timidhin ou tc-
ca
-«!
N
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Z
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K
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Ç-l
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tgget.
senet.
charet.
okkozet.
sernmeset.
sesset.
saat.
tamet.
tesset.
meraout.
meraout d igget.
meraout de senet.
meraout de charet.
meraout d okhazct.
senet temerouin .
senet temerouin d igget.
senet tcinerduin 'lesenet.
charet leinerouin .
okkozet tenierduin.
seinineset temerduin.
sesset te))ierduin.
saat teniei^duin .
taniet temerouin.
tesset te))ierouin.
tirninest.
senet Iduinas.
senet teinei ouin de senet
temerouin d okkozet.
charet touinas.
tout 11 es t tamek'k'erant.
senet timinas timekk'e-
a a
5
1
<;
\
iggen.
sen.
chared .
okkoz .
semmes.
sez .
sa a.
tam.
tes.
meraou.
meraou d iggen.
nierudu de 's'en.
nieruou de chared.
ineraou d okkoz.
soiet temerouin.
senet teinerouin diggen.
senet lemerdiun, de sen.
charet temerduin.
ohhdzet teinerouin.
seinineset teinerouin.
sesset tenierduin.
saat temeriiudi .
tamet temerduin.
tesset teinerouin .
touinest .
senet touinas.
se)iet tduin((s de senet
temerduin d okkoz.
charet touinas.
touinest tamek'k'erant.
senet touinas timek'k'e-
a a
p
■"
1
z
u
■<
S
iioun, iiedj. iiouth.iiechth
sin. senath.
thletha.
arlida.
khamsa.
settsa.
sehda.
themania.
tsda.
dchoa .
a 11' du eh.
elhnach.
Ihelt ach.
arhdt ach-
dehciin.
oiiah ed' ou dcherin.
cttinain OU dcherin.
Ihlatliin.
arhi'tin.
khiiinsin.
sellsin.
selidln.
theiiianiin.
tesiliii .
mi)u.
miilhain.
mi 11 ha in ou arbda
ou dcherin.
Ihelt miia.
clef.
siu ouelfen, cll'ai((.
II
sauaivox
c -
'i 3
LIVRE V
TEXTES DIVERS
Les diverses fables ou narrations qui suivent ont été
presque toutes traduites ou rédigées en kabyle par Si Sa'id
ben Ali, de la tribu des Béni Boudrar (Zouaoua), interprète
pour la langue kabyle, au Bureau politique des affaires
arabes.
J'ai fait suivre plusieurs de ces textes de la transcription
en caractères arabes, afin de montrer au lecteur comment
quelques Kabyles connaissant l'arabe se servent de ces
caractères pour représenter les sons de leur langue.
Je ferai observer, toutefois, qu'ils n'indiquent jamais
les voyelles.
Cette transcription a été faite par Si Saïd ben Ali, et
ne doit être regardée que comme une appréciation toute
personnelle de l'emploi des lettres arabes à la représen-
tation des sons du kabyle. Il est très vraisemblable que,
faite par d'autres Kabyles, elle varierait beaucoup avec
chacun d'eux.
17
— 258
I
Agerfiou d' Ouharcf
LE CORBEAU ET LE RENARD
(Imitation de La Fontaine)
iioun ouass agerfiou irs '*' s oufella ne tset'fa
Un jour un corbeau était placé en haut cVun arbre,
iddem agouglou d'oug k'aboub is ^-^ iâdda
il portait un fromage clans le bec de lui ; passa
ouharef iouala th ihfa ad'as ietch
un renard, il vit lui, il voulut à lui il mangera
agouglou ibd'a d'as isk'izzib ^^^
le fromage; il commença à lui il flattera (à le flatter),
inna ias oubaref lemmer ellh'an ik am
dit à lui le renard : Si la voix de toi comme
errich ik ialli our k id ichbi
le plumage de toi, alors ne te ressemble pas ici
iioun d'eg ifrakh en tezgi agerfiou
un (seul) parmi les oiseaux de la forêt. Le corbeau
ibd'a lek'oul iouakken ad' as imel ellh'an is
commença le chant, afin que à lui il montrera la voix de lui,
itsou agouglou ir'li ias iddem ith
il oublia le fromage, il tomba à lui, emporta lui
oubarer' inna ias issin ai agerfiou ouin
le renard, il dit à lui : Sache, ô corbeau, celui
(1) Le verbe ers signifie être placé, et descendre.
(2) D'oug U'ahouh is, pour d'og ouk'ahoub is. Lorsque les prépositions
d'eg et seg régissent un nom dont la première consonne est entre
deux voyelles, ou un des noms dont nous avons parlé page 37, le son
ou, initial de ces noms, se transporte généralement, dans la pronon-
ciation, à l'intérieur de la préposition.
(3) D'as isk'izsib, pour ad'as isk'is^ib.
— 259 —
isk'izziben ithets s r'our
flattant habituellement a l'habitude de manger de chez
ouin as isellen.
celui à lui écoutant habituellement.
^;^V'i-r?>"5
<■ . ' .<■
TRADUCTION
Un corbeau était perché sur un arbre, tenant un fro-
mage dans son bec. Un renard vint à passer, le vit et
conçut le désir de manger le fromage. Il se mit alors
à flatter le corbeau et lui dit : Si ta voix ressemble à
ton plumage, il n'y a pas ton pareil parmi les oiseaux
de la forêt. Le corbeau, pour montrer sa voix, se prit
à chanter, oubliant le fromage qui lui échappa. Le
renard s'en saisit et dit au corbeau : Sache, ô corbeau!
que le flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.
— 260
II
Izcm ad' Ouzger
LE LION ET LE TAUREAU
(Traduit de l'arabe de Lokman)
iioun ou ass izem ibr'a ad'ietch azger
Un jour un lion voulait il mangera (manger) un taureau,
our as ioufi amek ar'a th it't'ef irouK
il ne trouvait pas à lui comment il saisira lui. Il alla
four es ad' as ih'athil iouakken ath iffef
chez lui il trompera à lui par ruse afin que il saisira lui.
mna ias izem i ouzger nekkini ezlif izimer
Dit à lui le lion au taureau : Moi j'ai égorgé un agneau
ik'ebba bfir' atetchedh imensi four i
il est gras, je désire tu mangeras le dîner chez moi
idh agi.
cette nuit.
iouf as aoual ouzger segmi ibbodh ouzger
Prit à lui la parole le taureau. Lorsque arriva le taureau
four izem ioufa n ihagga isfaren
chez le lion, il trouva là il avait préparé des morceaux de bois
at'as iak ettouggi etlamek'k'erant
beaucoup et aussi une marmite c'était une grande,
iouf al ouzger irouel segmi iouala ouigi
retourna le taureau, il s'enfuit lorsque il vit ceux-ci (ces
inna ias izem achimi d thebbodiiedh fer d'agi
préparatifs). Dit à lui le lion : Pourquoi ici tu es arrivé ici
almi thoufaledh inna ias ouzger segmi
jusqu'à ce que tu es retourné. Dit à lui le taureau : Lorsque
zerif ouigi ah'aeif i ouin iougaren
j'ai vu ceux-ci, j'ai jugé à ceci dépassant (étant trop
izimer
grand pour) un agneau.
— 2G1 —
ouagi ai cVel màna cl Icmetlid agi ouin illan
Ceci c'est le sens de cette fable-ci : Celui étant
(Tamoiisenaou our itsarra ara cld'aou is d' ameddakoul
expérimenté ne rendra pas l'ennemi de lui ami,
our ithezzi ara id' es.
il ne tournera pas habituellement avec lui (il ne le
fréquentera pas).
II
c >c.,- • . c
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^jii] ^q Joli! ^,^'J^i ^^i j,iL5 ^:^_;ji/j<j i>^'^-t^-
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^?5 H-jj^ ^^j-^y^ j-^'^ j^'^^' ^^' ^'^-^ j^^H
' ^ -:.'
T-À ^../^ cH^! 6^'
— 262 —
TRADUCTION
Un jour un lion voulait faire sa proie d'un taureau,
mais il ne savait comment s'en emparer. Il alla le trouver
et, usant de ruse pour le saisir, il lui dit : J'ai égorgé un
agneau gras, et je désire que tu viennes dîner chez moi
ce soir. Le taureau y consentit ; mais lorsqu'il arriva chez
le lion, il s'aperçut que celui-ci avait préparé beaucoup de
bois et une grande marmite ; il retourna aussitôt sur ses
pas et prit la fuite. Pourquoi, lui dit le lion, es-tu venu
jusqu'ici pour retourner aussitôt? Lorsque j'ai vu tous
ces préparatifs, répondit le taureau, j'ai pensé qu'ils
étaient trop grands pour un agneau.
Voici le sens de cette fable : L'homme sage et expé-
rimenté ne se lie pas d'amitié avec son ennemi et ne le
fréquente pas.
III
Thizerzerth
LA GAZELLE
(Lokman)
Ihizcrzerlh iioun ouass ther'li theh'aous oiisan d
Une gazelle un jour tomba elle fut malade. Vinrent
louKaouch imcddoukal is ats zcrcn clchan
les animaux les amis d'elle ils verront elle. Ils mangèrent
as errebiâ as d izzin ak'ouran azegzaou
h elle l'herbe à elle ici environnant, la sèche, la verte,
ouin itsiK'erhen s id'isan is. segmi thekker
ce qui étant près des côtés d'elle. Lorsque elle se leva
seg aVan thcnoud'a kera fa thetch our thoufi
de la maladie elle chercha chose elle mangera, elle ne trouva
ara in fa ts laz.
pas. Tua elle la faim.
— 263 —
attagi ai d'elmâna h ouaoualen cuji
C'est celle-ci (qui est) la signification de ces paroles :
oum isâan aVas imeddoukal four es at'as oufilif.
Celui ayant beaucoup d'amis, chez lui beaucoup de soucis.
III
cet
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(, y i, X c.
jY O.U-4 tjl
TRADUCTION
Une gazelle tomba un jour malade. Les animaux ses
amis vinrent la voir, et mangèrent toute Therbe, verte ou
sèche, qui se trouvait aux environs. Lorsque la gazelle
releva de maladie, elle chercha quelque chose à manger,
mais elle ne trouva rien et mourut de faim.
Voici le sens de cette fable : Celui qui a beaucoup
d'amis a beaucoup de soucis.
— 264
IV
Ouarzigen a Thoiict't'oufth
LA CIGALE ET LA FOURMI
(La Fontaine)
ouarzigen itsfcnni d'oug ncbdou
Une cigale chantait habituellement pendant l'été,
ioufa iman is oulach r^'our es ar'a
elle trouva elle-même il n'y avait rien chez elle ce que elle
ietch mi d iousa ousemmidh oulah oulemma
mangera quand fut venu le froid. Il n'y avait pas même
iioiin oubzizseg iioun izi nefsi thoiikha iroiih' d'ailsour'ou
une miette d'une mouche ou d'un ver. Elle alla elle crie
s laz four thoueVVoufth thadjarts is d'ats itsKaoualh
par la faim chez la fourmi la voisine d'elle, elle prie elle
ad'as therdhel kera ne th'ahbets ad'ik'oiioutJi
à elle elle prêtera chose d'un grain elle sustentera
iman is inna ias s el imin ennaf
elle-même. Elle dit à elle : Par le serment de nous,
mi d'aseggas agi fa d iasen ad'am erref
lorsque (sera) cette année devant venir, à toi je rendrai
k'chel thamegra s el marda se ras el mal thaouet't'ouflh
avant la moisson avec l'intérêt avec le capital. La fourmi
our theret't'el ara d'ouagi ai
ne prête pas habituellement. C'est ceci ce qui (est)
d'el dib is ameçzian thenna ias aeJiou
le défaut d'elle le (plus) petit. Elle dit à elle : Quoi
thekheddemedh d'oug azr'al inna
tu faisais habituellement pendant la chaleur ? Elle dit
— 265 —
ias idh ad' ouass ouin iâddan fennif
à elle : Xuit et jour, celui lequel passant je chantais
as hr'if ad'am ihouou thenna
à (pour) lui, je désire à toi il plaira, elle (la fourmi)
ias theUidh thetsrennidh d'dàali
dit à elle : Tu étais tu chantais habituellement, très bien,
ihi thoura echdhah'.
eh bien ! maintenant, danse.
IV
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— 266 —
V
Izem d' Oubaref
LE LION ET LE RENARD
(La Fontaine)
illa izem ousser our izmir
Il existait un lion il était vieux, il n'avait pas
ara oiilemma i iioun d'i louh'aouch ibr'a
de pouvoir (sur) même à un parmi les animaux. Il voulut
ad'iouk'kem eUi'iki ionakkcn ad'iâich
il fera (faire) une ruse afin que il vivra (il vive).
ish'ass iman is ikchem s ifri
Il rendit malade lui-môme, il entra dans une caverne,
kera h ouin r'a ikchemen four es ath izer
chose de celui devant entrer chez lui il le verra
d'i louh'aouch ath ietch iioun ou ass iousa d r' our es
parmi les animaux il le mangera. Un jour vint chez lui
oubaref ibded' as fef thabbourth
un renard, il se tint debout à (devant) lui sur la porte
g efri isellem fcll as inna ias amek
de la caverne, il salua sur lui, il dit à lui : Comment
Ihellidh ai agellid' ellouh'aouch inna ias izem
es-tu ? ô roi des animaux. Dit à lui le lion :
achimi thougidh ad thekechmedh ai abarer' inna ias
Pourquoi refuses-tu ici tu entreras, ô renard ? Dit à lui
oubaref ai agellid' ellif bfif ad' en kechmef
le renard : roi, j'étais je voulais j'entrerai chez toi
almi oualaf four ek eddjcrra ounekchoum
jusqu'à ce que j'ai vu chez toi les traces de l'entrée
at'as eddjerra en toufalin oulah.
beaucoup, les traces du retour point.
— 267 —
ettagi ai d'clmâna ouin issenen
C'est celle-ci ce qui est la signification : Celui sachant
our itsouk'k'im kera alemma
ne fait pas habituellement une chose jusqu'à ce que
ih'akkcr ith.
il ait visé (examiné) elle.
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— 2Ô8 —
TRADUCTION
Un lion étant devenu vieux, avait perdu toute puissance
sur les animaux. Il résolut d'user de ruse pour vivre, et,
feignant d'être malade, il entra dans une caverne avec le
dessein de dévorer ceux des animaux qui viendraient pour
le voir. Un jour un renard vint chez lui, il s'arrêta à la
porte de la caverne, et, saluant le lion, lui dit : Comment
te portes-tu, ô roi des animaux? Pourquoi, lui dit le lion,
ne veux-tu pas entrer? Sire, répondit le renard, j'ai eu
l'intention d'entrer chez toi jusqu'au moment où j'ai vu
que les traces des pas entraient dans ta caverne en grand
nombre, et que pas une n'en sortait.
Voici la morale de cette fable : L'homme expérimenté
ne fait rien qu'après un mùr examen.
Même fable traduite en kabyle de Bougie, par Sid
Ahmed Khatri, interprète kabyle à Bougie.
YI
Izcm ad' Ikàb
LE LION ET LE RENARD
izem nia d'aoussar it'âf our
Un lion existait, c'était un vieux, il était faible, il
izmir ara oulemma i iioiin d'cg loiih'aouch.
n'avait pas de pouvoir (sur) même un parmi les animaux.
ibfa ad'isker elliila iouakken ad' iâich
Il voulut il fera une ruse, afin que il vive ;
isat'en iman is ioufa iman is
il rendit malade lui-même. Il trouva lui-même
— 269 —
g elfar illa ouin d iousan four es
dans une caverne. Etait celui venant chez lui
(j elloiih'aouch a th izer ietch
parmi les animaux il le verra (pour le voir) il mangera
ilh zed'akhal elr'ar is iousa d four es
lui clans la caverne de lui. Vint chez lui
ikâb ibded' as fer thouourth
un renard, il se tint debout devant lui vers la porte
elfar isellem fell as inna ias amek
de la caverne, il salua sur lui, il dit à lui : Comment
IhelliV ai agcllid' elloiih'aouch inna ias izem
es-tu, ô roi des animaux? Dit à lui le lion :
achou ifef our d ekchimet' ara a ikâb. inna ias
Pourquoi ici tu n'entres pas, ô renard. Il dit à lui :
a sidi ellif bfif ad'kechnief four ek
seigneur, j'étais je voulais j'entrerai chez toi,
lakin oualaf four ek eddjerra tekchem kherellah our
mais j'ai vu chez toi la trace entre beaucoup je n'ai
skid'af ara ouin d iffefen d'eg sen.
pas vu celle ici sortant parmi elles (les traces).
VI
l't^ »C. ^- C y 1*1»,', C C/C/ C-.xC|_',-.. 'C'a
n. , ^.^ ^xJ\ ,L*Ji •^\ ^ *_j v-s / ^^:i2j^ ^^oi-X-j . ^, ^ j!',..^
^4;l!i i-JiL.î Lij ^î j-ULîJ
— 270 —
VII
illa iioun oumfar isâa sebâa on arraou is
II y avait un vieillard, il avait sept fils de lui,
themmouth as thamcCfouth is ik'k'im d'adjal iionn
mourut à lui la femme de lui, il resta veuf. Un
ou ass ek'k'imen ou arraou is cla haderen inna
jour étaient assis les fîls de lui ils conversent. Dit
iasen oumeçzian d'eg sen iiaou annc::enz
à eux le (plus) jeune parmi eux : Allons nous vendrons
thifeVVen amiezououdj i babath naf s id'rimen
des chèvres, nous marierons notre père avec l'argent
ensent âddan d'oug aoual enni beddelen
d'elles. Ils passèrent dans cette conversation, ils changèrent
aoual enni idhen inna iasen oumfar ai
une conversation autre. Dit à eux le vieillard :
arraou iou ouraleth r'our cl had'our ne tr'ct'Ven.
fils de moi, retournez à la conversation des chèvres.
VII
, \Lâ..!^ ^> , f«J'Jîu.o ,. vo'oo^J , ^ t^y-» '■*-»- '^--J 1^*5 .tî-' -^
,& ^, J,^, ^, ^,l,..b ^,^JK ^^M ^..L ^, .
— 271 —
TRADUCTION
Un vieillard avait sept fils. Sa femme mourut et il resta
veuf. Un jour, ses fils étaient assis et causaient. Le plus
jeune d'entre eux dit à ses frères : Allons, mes frères,
vendons des chèvres, et avec le prix nous marierons notre
père. Ils laissèrent ce sujet de conversation et passèrent à
un autre. Le vieillard leur dit : mes fils, revenez à la
conversation des chèvres.
VIII
iionn Ougaoua isâa ameddakoul
Un Zouaoui (honuTie des Zouaoua) avait un ami
cVeg Merkallan^^^ iioun ou ass iboui as tharzefth
parmi les Merkalla. Un jour il porta à lui un cadeau,
ioufa thoulaouiii d'eg oukhkham ameddakoul is
il trouva les femmes dans la maison, l'ami de lui
irouh' ad' ikrez segmi id ibbodh
était allé il labourera (labourer). Lorsque ici il arriva
si ihairza themouger ith
(il revint) du labourage, alla à la rencontre de lui
un s thenna ias a baba iousa d
la fille de lui, elle dit à lui : mon père, est venu
oumeddakoul ik Agaoïia (-' iboui af d
l'ami de toi le Zouaoui, il a apporté à nous ici
thazarth ellarzefth. iferah' is
des figues sèches c'est un cadeau. Il se réjouit de lui
(1) Merkalla, tribu kabyle du versant sud du Jurjura.
(2) Par une coïncidence assez singulière, le mot gaoua ou gacoua,
au féminin gaouette, sert à désigner, en patois provençal, un monta-
gnard des Basses-Alpes.
272 —
inna ias a illi tharzefth
(de son ami). Il dit à elle : ma fille, un cadeau,
ma d'i ther'nou d'e kera lemaJiibba
est-ce ce qui moi enrichira, c'est un peu d'amitié
ai thernou''^^ .
ce que il a ajouté.
VIII
^.jji ^ilL> ^.t. ^,^ ^,ir^ ^o jrvi u_; t:r, ^,.
1^'i'! oX.LfÎj^j ^L-^^_ IL! . ^L;Ll3- * , ^«ij 0,0 v^«..o î; vr:*tr-
■^ Oc
^ JJ.J ^' ^^.sr^' l^-T^^^i^Li-iSU
TRADUCTION
Un homme des Zouaoua avait un ami chez les Merkalla ;
un jour, il lui porta un cadeau et ne trouva que les femmes
à la maison, son ami étant allé labourer. Lorsque ce der-
nier revint du labourage, sa fille alla à sa rencontre et lui
dit : Eh ! père, ton ami le Zouaoui est venu, et nous a
apporté des figues sèches en cadeau. Il se réjouit de la
présence de son ami et dit à sa fille : Mon enfant, est-ce
ce cadeau qui m'enrichira? Il ne fait qu'ajouter un peu
à notre amitié.
(1) Les mots tlier'nou et t/ternou, par leur consonance à peu près
semblable, forment une espèce de jeu de mots que les Kabyles affec-
tionnent et qui motive ce récit.
— 273
IX
iioun bujennad' iioun ou a.s.s iroiih' fer
Un homme des Béni Djennad un jour allait vers
Ammoua ■''. ioufa asiff inouk'k'cr
le pa*^s des Amraoua. Il trouva la rivière elle était i^rande,
ikchem d'eg s iddem ith ouasiff
il entra dans elle; emporta lui la rivière.
ikkes cd ajenoui four es inna ias atetchedh
Il ôta ici le sabre contre elle, il dit à elle : Tu mangeras
Ajennad' ai asiff ^-l
un homme des Béni Djennad, ô rivière.
IX
• (^ ^ •• •• ^ J^ w^ . .. — -7 .. ^ ' .. ..
TRADUCTION
Un homme des Béni Djennad allant un jour dans le
pays des Amraoua, trouva la rivière grossie par les pluies.
Il entra dans le courant qui l'emporta. Tirant alors son
sabre pour frapper la rivière, il lui dit : Ah ! tu veux
emporter un homme des Béni Djennad.
(1) Amraoua est le nom donné par les Kabyles au pays occupé par
la tribu désignée ainsi par les Arabes. Les babitants s'appellent, en
kabyle, iinraouieii. L'oued Sebaou sépare les Béni Djennad des
Amraoua.
(2) Les Béni DJannad sont en butte aux plaisanteries des autres
Kabyles.
18
— ?7.i —
X
ThalCakaith a Haroun cr Rcchid <')
HISTOIRE DE HAROUN ER RECHID
illa iioun dH zeman amzouarou
Il existait un (homme) dans le temps antérieur
d'agellid' ism is Haroun er liechid
c'était un roi, le nom de lui Haroun er Rechid
ad' bah ellaman
c'était le maître de la confiance (qu'on avait en lui);
tserouh'oun, ettcdjar r-'cr thamourth is.
avaient l'habitude d'aller les négociants dans le pays de lui.
ellan thlctha injazcii d'imcddoukal tsar en
Etaient trois hommes c'étaient des amis, ils achetaient
zcnouzen.
habituellement, ils vendaient habituellement.
selan es thamd'int Haroun er Rechid
Ils entendirent parler de la ville de Haroun er Rechid.
inna iasen iioun d'eg sen iiaou anneroulî annaoui
Dit à eux un parmi eux : Allons ! nous irons, nous porterons
ezzilJi ats nczidjou dH thamd'int agi
.de l'huile, nous la vendrens dans cette ville.
oudjoucn ezzith eddan thletha oussan
Ils achetèrent de l'huile, ils marchèrent trois jours,
(1) Cette histoire et les suivantes sont de celles que les Kabyles
racontent lorsqu'ils sont réunis aux veillées. Le décousu des idées,
l'absence de logique dans la construction des phrases et la simplicité
plus que naïve du style, pourront faire juger du peu de culture de la
langue kabyle.
Nous ne donnons ces documents que comme exercices. Les sujets,
évidemment empruntés aux Arabes, offrent si peu d'intérêt, que nous
nous dispenserons de les faire suivre de la traduction.
— 275 —
oufan thazerouts d'eg oubrid' thour*
ils trouvèrent un petit rocher sur le chemin, avait pris
d'eg s thèmes inna iasen iioun d'eg sen iiaou
dans lui le feu. Dit à eux un parmi eux : Allons !
cita nessens sernaren fell as
nous éteindrons lui (le rocher). Ils versèrent sur lui
aiddid' b ouaman tliensa segmi thensa
une outre d'eau, il fut éteint. Lorsqu'il fut éteint
thebdha menaeef oufan ts
il se partagea par la moitié, ils trouvèrent lui
zed'akhal ù ettirgin rouh'en
en dedans de lui' c'était du charhon. Ils partirent,
edjan ts eddan thletha oussan ebbodhen
ils laissèrent lui, ils marchèrent trois jours, ils arrivèrent
fer thamd'iiit Haroun er RecJiid ensan sin
à la ville de Haroun er Rechid. Ils couchèrent deux
ouadhan idh ouis thletha etchan imensi
nuits. La nuit la troisième ils mangèrent le dîner,
ek'k'imen d'à hadderen gar asen inna iasen
ils étaient assis ils causent entre eux. Dit à eux
iioun d'eg sen a oua as <*' innan i ougellid' ad' ii
un parmi eux : qui à lui disant au roi à moi
iefk illi s ouis sin
il donnera (de me donner) la fille de lui. Le second
inna iasen a oua as innan ad'ii iefk
dit à eux : qui à lui disant à moi il donnera
miia therialin ouis thletha inna iasen ad'enijour'
cent réaux. Le troisième dit à eux : J'espérerai en
rebbi ad'netsa r'a d'il d iefken agellid'
Dieu, c'est lui devant à moi ici donner. Le roi
r'our es ih'arsiin tsenad'in
avait des gardiens ils faisaient la ronde habituellement
(1) Voir page 190.
— 276 —
d'eg idh inna iasen ouin
pendant la nuit. Il (le roi) dit à eux: Celui que
mi fa thcsclem ihad'er kera d'eg
lorsque vous entendrez il dit quelque chose pendant
idii themelem f^' il 1h sclan
la nuit, vous indiquerez à moi lui. Ils entendirent
ascn i ouigi mi had'cren gai' asen
à eux à ceux-ci lorsque ils causaient entre eux,
âllemcn asen thabbonrlJi b oukhkham cnni
ils marquèrent à eux la porte de la maison laquelle
d'eg ensan azckkanni melan
dans ils passaient la nuit. Le lendemain ils indiquèrent
rt.s' % ougellid' inna iasen aouith ii then id
à lui au roi. Il dit à eux: Amenez à moi eux ici.
rouh'en bouin then id inna iasen
Ils allèrent, ils amenèrent eux ici. Il (le roi) dit à eux :
achou thehad'erem d'eg idh melaii
Quoi vous avez dit pendant la nuit? Ils indiquèrent
as akken had'eren inna ias i ouin
à lui comment ils avaient parlé. Il dit à lui à celui
ibr'an . illi s aoui ts efkif
voulant la fille de lui : Emmène elle, je donne
ak ts ouin ibfan id'nmen ifka ias
à toi elle. Celui voulant l'argent il donna à lui
then ouin irdjan rebbi inna ias
eux (lui). Celui espérant en Dieu il dit à lui :
ketch erdjou rebbi ad'ak d iefk effefen
Toi, espère en Dieu, à toi ici il donnera. Ils sortirent
s four es rouJCen cddoukelen el ouali'id'
de chez lui. Ils partirent, ils se réunirent l'un (ensemble) ;
eddan tJdetha oussan immouth ouin oumi
ils marchèrent trois jours, mourut celui à qui
(1) Themelem a ici le sens du futur, quoique n'étant pas précédé de
la particule ad'. Au passé, le même verbe fait tlicmelam (Voir p. 103).
— 277 —
ifka ougeUicr id'riincn inna iaa
avait donné le roi l'argent. Dit à lui (à son compagnon)
ouin irdjan rebbi atk ourther' inna ias
celui espérant en Dieu : J'hériterai de lui ; dit à lui
oumcddakoul is ketch crdjou rebbi rouit en
l'ami de lui : Toi, espère en Dieu. Ils partirent,
cddan sin oiissan immouth ouïs sin iouretk
ils marchèrent deux jours, mourut le second ; hérita
ouin irdjan rebbi id'rimen ad' illis
celui espérant en Dieu (de) l'argent et (de) la fille de lui
ougellid' ass ouis seltsa oussan seg
du roi. Le jour le sixième des jours depuis
ass mi defjeren s four ougcllid' ibbodh fer
le jour que ils sortirent de chez le roi, il arriva à
thamd'int is ikchcm s akhkham is
la ville de lui, il entra dans la maison de lui
d'cg idh iouggad' oui izerren illi s
pendant la nuit, il craignaitceluidevant voir la fille de lui
ougellid' ikka kera boussan iioun ouass thekchem
du roi. Il resta quelques jours. Un jour entra
themfartli s akJikham is thoufa
une vieille femme dans la maison de lui, elle trouva
thamef V oulh am aggour idh arbâVach
une femme comme la lune la nuit quatorze.
theffcf therouh' s amek'k'eran en thamd'int themela
Elle sortit elle alla chez le chef de la ville, elle indiqua
ias thameVt'outh agi ichiiâ four ouin irdjan
à lui cette femme. Il envoya chez celui espérant
rebbi inna ias selif four ek
en Dieu, il dit à lui : J'ai entendu dire chez toi (tu as)
thameVt'outh am aggour inna ias es thid'ets
une femme comme la lune. Il dit à lui : En vérité
thella lamâni machi inou inna ias
elle (y) est, mais non à moi. Il dit à lui :
— 278 —
oui ts ilan inna ias thcUa fonri
qui (est) elle possédant? Il dit à lui : Elle est chez moi
d'elamana baba s ad' Haroun er Rcchid
c'est un dépôt, le père d'elle c'est Haroun er Rechid.
inna ias amek tliekhcddemedh d'eg
Il dit à lui :. Comment fais-tu habituellement pendant
idh inna ias mi cbbodhef d'eg idh
la nuit ? Il dit à lui: lorsque j'arrive pendant la nuit,
had'eref id^es ar taiou^^^
je cause avec elle jusqu'à ce que elle soit fatiguée,
7ictsath theVt'es d'eg oiisou s nek et't'esef d'eg
elle elle dort sur le tapis d'elle, moi je dors sur
ousou ou imla ias thaKakaith is
le tapis de moi. Il indiqua à lui l'histoire de lui.
inna ias four i ledjenan d'elâalith
Il dit à lui : J'ai une maison de campag-ne belle,
efkir' as th atzed'ef d'eg s illi s
j'ai donné à elle elle, demeurera dans elle la fille de lui
ougellid' azekkanni irouli' ■ izid'ef d'eg s
du roi. Le demain il alla il demeura dans elle.
iioun oubrid' iffer' d'eg idh r'er
Un chemin (une fois) il sortit pendant la nuit vers le
zed'ath iliabbourth ledjenan ioufa
devant de la porte de la maison de campagne il trouva
iioun ik'k'im zed'ath thabbourth inna
un (homme) il était assis devant la porte. Il dit
ias achou k a ouagi inna las
à lui : Quoi toi (qui es-tu?) ô celui-ci? Il dit à lui:
nek dHminig inna ias ekcheni r'our i ikchcni
Moi voyageur. Il dit à lui: Entre chez moi. Il entra
r'our es Ibded' id'es Isetch Ith
chez lui, il resta debout avec lui, il fit manger lui.
(1) Ar tâiou, pour ar d'tliaiou. — Ar est généralement suivi de d' .
— 270 —
ek'k'imen d'à haddercn inna ias ism ik
Ils étaient assis, ils causent. Il dit à lui : Le nom de toi?
achh'al ai s thoiw'edh Icdjcnan agi
Combien as-tu acheté cette maison de campagne?
inna ias ouagi ad' ouis tldetha four i
Il dit à lui : Celui-ci c'est le troisième chez moi
d'damana inna ias i kctcJi ism ik iougi
dépôt. Il dit à lui: Et toi, le nom de toi? Il refusa
ad' as imcl ism is inna
h lui il montrera (de lui dire) le nom de lai. Il dit
ias thah'akaith iou mouklfereth mcl
à lui : L'histoire de moi est grande (longue), indique
ii achou thent lamanalh agi four ek themeldh ii
à moi quoi eux ces dépôts chez toi. Tu indiqueras à moi
ism ik imla ias thah'akaith is
le nom de toi. Il indiqua à lui (raconta) l'histoire de lui.
inna ias ism iou ouin irdjan rebbi
Il dit à lui : Le nom de moi celui espérant en Dieu.
iminig inna ias ism iou Haroun
Le voyageur dit à lui : Le nom de moi Haroun
er Rechid miâk'alen
er Rechid. Ils se reconnurent . réciproquement.
isaoul as i illi s ougellid' ihejfcf ed
Il appela à elle à la fille de lui du roi. Elle sortit ici
fer baba s thak'el ilh themla ias
vers le père d'elle, elle reconnut lui, elle indiqua à lui
akken illa ■ eUCal inna ias ouin
comment était l'état des choses. Dit à lui celui
irdjan rebbi atsaien illi k athenaien
espérant en Dieu : Voici la fille de toi, voici
id'rimen ik nek ad'erdjouf rebbi inna ias
l'argent de toi, moi j'attendrai de Dieu. Dit à lui
— 280 —
ougellid' cfkir' ak illi crnif ak
le roi : Je donne à toi la fille de moi, j'ajoute à toi
id'rimen agi kctchini ad'clouzir seddaou i
cet argent, toi cest (tu es) le ministre sous moi.
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— 28t —
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— 282 —
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^Jj ,_. ; J ^' ,J.^ * il
XI
r/ifl //? achahouts oureggad'
CONTE DU CHASSEUR
illa iioun isâa emmi s
Il y avait un (homme), il avait un fils de lui,
fi' aceggadi Amkoidl ass itsaoui cl
c'était un chasseur. Chaque jour il avait Thabitude
çiacVa iioun ou ass inna ias baba s
d'apporter du i^àbier. Un jour, dit à lui le père de lui :
ad' ak zoudjcf ad' ak afer' ilU s
Je marierai à toi, je prendrai à toi la fille de lui
— 283 —
àmm ik inna ias ilhi
de l'oncle de toi. 11 dit à lui : II est bon (c'est bien).
tour' as ts ikka i(V es kera h oussan
Il prit à lui elle. Il (le fils) resta avec elle quelques jours.
Themmoutli imma s izoudj baba s iour'
Mourut la mère de lui. Se maria le père de lui, il prit
tliamcV f outh enniidhcn nelsalh our theh'ammel ara
une femme autre. Elle elle n'aimait pas
IhameVVouth oureggad' thenna ias i oiirgaz is
la femme du chasseur. Elle dit à lui au mari d'elle :
akJitfiir d'eg i nef d'i Ihamei't'outli n emmi k
Choisis dans moi ou bien dans la femme du fils de toi,
nekkini our tscr'imif ara id' es d'eg iioun
moi je ne resterai pas avec elle dans une (môme)
oukhkham inna ias a thameVVoutli anef^^^ as
maison. Il dit à elle : femme, laisse à elle
thagi elthameVt'oulh n emmi our
(laisse-la), celle-ci c'est la femme du fils de moi, elle
Ikesài ara imaoulan eUagoujilt thenna ias
n'a pas de parents, c'est une orpheline. Elle dit à lui :
ma thebrHdh els nek azekka ad'rouKcf segmi
Si tu veux elle, moi demain je partirai. Lorsque
ils iouala thebfa alrouh' ik'k/im
il la vil, elle voulait elle partira (partir), il resta
abhi d' idh inna ias i mmis ebrou
jusqu'à la nuit, il dit à lui au fils de lui : Répudie
i thamet'Vouth ik ad'ak àioud'cf thaiedli inna
à la femme de toi, à toi je redonnerai une autre. Il dit
ias i baba s seg oui ik ai d
à lui au père de lui : Du cœur de toi ce que ici
(1) Le verbe anef, laisser, gouverne le régime indirect, tandis que
son correspondant en français met le nom au régime direct. Il en est
de même pour beaucoup d'autres verbes kabyles, les exemples en sont
très fréquents dans ces récits.
— 284 —
thennidh akka inna ias ma thetsafedh
tu as dit ainsi. Il dit à lui: Si tu prends habituellement
aoual iou ebrou ias
la parole de moi (si tu m'obéis), répudie à elle (répu-
inna ias achou iak thekhed'em thagi
die-la). Il dit à lui : Quoi à toi a-t-elle fait ? celle-ci
cltagoujUt oula our'our thcrouh' ma
c'est une orpheline, il n'y a pas chez qui elle va, si
thougidh cls azckka ad'as ebrour' inna ias
tu refuses elle, demain je répudierai à elle. Il dit à lui :
our ts brir' ara ik'k'im almi d' idh iddem
Je ne veux pas elle. Il resta jusqu'à la nuit, il enleva
thamcfC outil is irouh' d'à thcddoun almi inrcf
la femme de lui, il partit. Ils marchent jusqu'à la moitié
iidh oualan thimes Ihebàd' ànan
de la nuit. Ils virent un feu il est éloigné, ils se diri-
ts almi k'rib adHali ou ass
gèrent vers lui jusqu'à ce que presque montera le jour.
ebbodhen four es ou fan
Ils arrivèrent vers lui (le feu), ils trouvèrent
el àbcd'errebbi ifcraJi' issen
un serviteur de Dieu. Il se réjouit à eux (les accueillit bien).
etchan souan ek'k'imen four es
Ils mangèrent, ils burent, ils restèrent chez lui
kera b oussan iioun ouass inna ias oiiçeggad'
quelques jours. Un jour dit à lui le chasseur :
bfif ad'rouh'ef ad'eegged'ef iserraJt' as
Je désire j'irai (aller) je chasserai, il permit à lui,
irouh' iboui d aVas eggouthal iak etsekrin
il alla, il apporta beaucoup de lièvres avec des perdrix.
iferali' is el àbed'' errebbi am koull ass
Se réjouit de lui le serviteur de Dieu. Chaque jour
ilsaoui d
il avait l'habitude d'apporter (du gibier).
ï
— 285 —
iioun ou ass ioufa iouaf zenioun tVi sebâa id' sen
Un jour il trouva des ogres dans sept avec eux
in7''a then ikcJiem
(ils étaient au nombre de sept), il tua eux, il entra
s enga zed'er'cn ioufa aVas ne deheh
là où ils habitaient, il trouva beaucoup d'or
d' elfet'Ca irouh' four cl abcd'crrcbbi imla
et d'argent. Il alla chez le serviteur de Dieu, il indiqua
ias amek ithen inr'a
à lui comment eux il a tué. Il (le serviteur de Dieu)
iferak' is inna ias nekkini
se réjouit à lui. Il (le chasseur) dit à lui : Moi
br'tr' ad'roulier' ad'zcd'erer' d'i
je désire j'irai (aller) je demeurerai (demeurer) dans
Ihaddarth ensen el abcd'crrcbbi our ibfi ara
le village d'eux. Le serviteur de Dieu ne voulait pas.
inna ias ouggad'er' fell ak oui k inek'k'en
Il dit à lui : Je crains pour toi celui toi devant tuer.
el kid' en toulaouin iouâr iouerça th
La ruse des femmes est dangereuse. Il recommanda (à) lui
inna ias ma idhra id'ek kera as ed
il dit à lui : Si il survient avec toi quelque chose, viens
four i iscrrah' as irouh'
chez moi. Il donna congé à lui. Il (le chasseur) partit,
netsa a temet'l'outh is ik'k'im kera b oussan iioun
lui et la femme de lui, il resta quelques jours. Un
ouass d'à thetsnad'i thameVt'outh is
jour, elle se promène (se promenait) la femme de lui,
thoufa iioun ououar'zenioii our dad'
elle trouva un ogre il n'était pas encore
immoulh Ihenna ias achou ik iour'en
mort. Elle dit à lui : Quoi toi ayant pris (qu'as-tu) ?
inna ias d' ergaz im ai infan alkmaiken
Il dit à elle : C'est le mari de toi qui a tué les frères
— 286 —
iou irna idjerah' i thenna ias
de moi, il a ajouté il a blessé moi. Elle dit à lui :
ow ts aoggad' ak'li four ck ain thehfidh ad' iili
Ne crains pas, je suis près de toi, ce que tu veux sera.
inna ias ak'li sebaa oussan our ctchif
Il dit à elle : Je suis sept jours je n'ai pas mangé,
our souir' thefka ias itcha isoua
je n'ai pas bu. Elle donna à lui il mangea, il but.
am kouU ass thetsaoui as ithcts
Chaque jour, elle portait habituellement à lui il mange
argaz is our izeri
habituellement (à manger). Le mari d'elle ne (le) voyait
ara iioun ou ass inna ias ououaf zeniou ma ih'ammel ikem
pas. Un jour dit à elle l'ogre : Si il aime toi
ouçcggad' ini as ad'irouh' ad iaoui
le chasseur, dis à lui il ira (qu'il aille) il apportera
aman ih'aggoun d meggeth '" d' etseffaJi' ilsarran
l'eau ressuscitant le mort et la pomme rendant ha-
amr'af d' ilemzi almi d ibbodh
bituellement le vieillard jeune homme. Lorsque revint
ouçeggad' d'eg idh etchan imensi
le chasseur dans la nuit, ils mangèrent le dîner.
thenna ias nek id'ek d'iferiben our
Elle dit à lui : Moi et toi (nous sommes) isolés, nous
nesâi iioun ouggad'er'
n'avons pas une (personne avec nous). Je crains
at emmethedh ad'i d thedjcdh ouah'd' i
tu mourras (que tu meures,, tu laisseras moi ici seule
d'i themourth agi ass agi br'ir' atrouh'edh
dans ce pays-ci. Aujourd'hui je désire tu iras (que tu ailles)
(1) Meygeth est la forme donnée par les Zouaoua au mot arabe O»--^.
un mort, qui se prononce, en Algérie, miit. De même, ih'aggoun vient
du verbe ly^, vivre, à la deuxième forme.
I
- 287 —
ad thaouidh aman ik'aggoun el mcgijelk
ici tu apporteras l'eau rendant la vie au mort
d' etsi'ffah' itsarran amr'ar
et la pomme rendant habituellement le vieillard
d' ilemzi iouakken ma themouthcdh ncr' ousseredh
jeune homme, afin que si tu mourais ou tu vieillissais
ad' ak then ouk'k'emef iour' as
à toi eux je ferai (je m'en serve pour toi). Il prit à elle
aoual irouh' almi ibbodh
la parole (il consentit). Il alla jusqu'à ce que il arriva
r'our el ûhed'errebbi
chez le serviteur de Dieu, il
inna iaa
Il (le serviteur de Dieu) dit à lui :
d' elkid' en lemeVVouth ik
c'est la ruse de la femme de toi.
our'al nad'i akhkham ik
retourne, cherche la maison de toi.
amek r'ad'i thekhed'à
Gomment c'est moi quelle trahira, existait un engagement
gar anef inna ian rouh' ass mi
entre nous. Il dit à lui : Va, le jour lorsque
r'a d thasedh our'al ed r'oiw i irouh' idda
tu viendras, reviens ici chez moi. Il partit, il marcha
sin ouaggouren ikchem thamourlh our issin
deux mois, il entra dans un pays il ne connaît pas.
iioun ou ass ioufa Ihaouar' zenioulh ettad'err'all
Un jour, il trouva une ogresse, c'était une aveugle.
it'Vedh si thabbouchth is thcnna ias achou k
Il téta de la mamelle d'elle. Elle dit à lui : Quoi toi
a ouagi ahad'er our tsaoggad' ara achou
(qui es-tu?) celui-ci, parle, ne crains pas, que
thebr'idh r'our i inna ias brir' ad' ii
veux-tu chez moi? Il dit à elle: Je veux à moi tu
imla
i as
raconta
à lui.
a mm i
ouagi
mon
fils.
ceci
ass a
rouh'
Aujourd'hui
;, va.
inno
[■
ias
toi. Il
dit i
k lui :
lia
el
àahad'
— 288 —
themledh aman ih'aygoim cl meggeth d' etseffah'
indiqueras l'eau ressuscitant le mort et la pomme
itsarran amr'ar d' ilemzi
rendant habituellement le vieillard jeune homme.
thcnna ias ouagi d' elkid' en toidaouin
Elle dit à lui : Ceci c'est une ruse des femmes,
esselbent ek lamûni ar' scbaa thcchouchai
elles ont rendu fou toi ; cependant, prends sept calottes,
aoui thent four thczgi itum atafedh ifri
porte elles dans la foret là-bas, tu trouveras une caverne,
at kechmedh fer d'akhal is ad effefcn
tu entreras dans l'intérieur d'elle, sortiront (vers toi)
sebâa ou arrach sch ascn thichouchai ad'rouh'en
sept enfants, fais revêtir à eux les calottes. Ils iront
four imma t sen at ferah' issen ad theffef
chez la mère d'eux, elle se réjouira d'eux, elle sortira,
al sioul merthain our as tsarra ara
elle appellera deux fois, ne réponds pas à elle
aoual ouis thletha ejfefed four es in ^'^ as
un (seul) mot. La troisième (fois) avance vers elle, dis à elle :
bfif ad' il thcfkcdli ouigi
Je veux à moi tu donneras (que tu me donnes) ceux-ci
irouJi' ikhed'em akken as thenna
(l'eau et la pomme). Il partit, il fit comme à lui elle avait dit.
segmi ed theffef isouther
Aussitôt que ici elle sortit (la mère des enfants), il demanda
ithen d'eg s thefka ias then id
eux (l'eau et la pomme) d'elle. Elle donna à lui eux ici
ioufal four el âbed^errebbi
(elle les lui donna). Il retourna chez le serviteur de Dieu.
(1) In, pour ini, dis; les Kabyles se servent plus ordiuairement de
ini. — In est, je pense, l'ancienne forme, car elle est usitée chez les
Touareer.
— 289 —
ibedel an aman enni iak (Tetse/fah' ifka
H changea à lui cette eau et aussi la pomme, il donna
ias oui iadh segmi ioull oiiass inna ias
à lui d'autres. Lorsque monta le jour, il dit à lui:
ketchini d'atemjncthedh ass mi
Toi c'est tu mourras (certes tu mourras). Le jour que
fa k enfen in aseii ak id ûbbin fcf ouûoudHou
ils tueront toi, dis à eux ils chargeront toi sur le cheval
ik ad'as anefcn ad' irouJi ouaJiad' es issen abrid'
de toi, ils laisseront lui il ira seul, il connaît le chemin.
irouh' ibbodh r'our thamctl'oulh is ifka ias
Il partit, il arriva chez la femme de lui, il donna à elle
aman iak d' elseffalC theferah' issen
l'eau et aussi la pomme. Elle se réjouit d'eux.
azekkanni irouh' fer çiad'a netsalli theboui
Le lendemain il alla à la chasse. Elle elle porta
aman iak d'etseffah' i ououafzeniou inna ias machi
l'eau et la pomme à l'ogre. Il dit à elle : ce n'est pas
d' ouigi lamânl ath nenf idii agi mi akka
ceux-ci. Cependant nous tuerons lui cette nuit lorsque ainsi
iâia almi d ibbodh iVVes nelsa
il est fatigué. Lorsqu'il (le chasseur) revint, il s'endormit lui
atemel'l'outh is theclioudd as ifassen is
et la femme de lui. Elle lia à lui les mains de lui
fer d'efjir s ouaggous elh'arir thesaoul as
par derrière avec une ceinture de soie, elle appela à lui
i ououar'zeniou irouh' ed four es athinef
à l'ogre. Il vint ici vers elle, il tuera lui (pour
iouki inna ias annaf
le tuer). 11 (le chasseur) s'éveilla. Il dit à elle : Pourquoi
thekhed'àdli i akem ikhed'cl rebbi ai zerif
tu as trahi moi, trahira toi Dieu. Ce que j'ai vu
fell am arouif thiloufa
(que n'ai-jevu?) pour toi, j'ai été rassasié de chagrins
i9
— 290 —
fell am cdjir baba lamiuii mi
pour loi, j'ai abandonné mon père; cependant, lorsque
emmouther' tJidbbidh i s oufella ouàoud'iou iou
je serai mort, lu chargeras moi en haut du cheval de moi.
enr'an t âbban t s oufella ouàoud'iou is
Ils tuèrent lui, ils chargèrent lui en haut du cheval de lui.
irouh' four et âbed'errebbi irou
Il (le cheval) alla chez le serviteur de Dieu. Il pleura (le ser-
fell as almi idia
vileur de Dieu) sur lui jusqu'à ce qu'il fut fatigué.
iouWk'em as aman enni d iboui
11 fit à lui (il lui appliqua) l'eau que ici il avait apportée,
isalila th iour'al almi d'akken
il guérit lui, il revint jusqu'à ce que (il fut) comme
illa segmi ialCla irouh' s akhkham is
il était. Dès que il fut guéri, il alla à la maison de lui,
infa aouafzeniou iboui tliamet'Vouth is r'our
il tua l'ogre. Il conduisit la femme de lui chez
('/ ûbcd'errebbi inr'a ts d'inna ik'k'im r'our es
le serviteur de Dieu, il tua elle là. 11 resta chez lui
almi d'ass mi immouth.
jusqu'au jour que il mourut.
XII
Thamachaouts ne Mah'ammed ben Essolt'an
HISTOIRE DE MAHAMMED BEN ESSOLTAN
illa iioun d'i zman amzouarou
Existait un (homme) dans le temps antérieur (jadis),
(/' agellid' oulach r'our es tharoua mi
c'était un roi. Il n'avait pas de progéniture. Lorsque
iloul four es ouak'cJiich mi ith izera ad' immeth
naissait chez lui un fils, lorsqu'il voyait lui il mourra
I
— 291 —
assen iloul r'oiir es ouak'chich
(il mourait). Un jour naquit chez lui un fils.
ejferan t fell as abni inoiik^k'er
Ils cachèrent lui à lui jusqu'à ce qu'il fut grand.
iioun ou ass ichiiâ fer baba s inna ias
Un jour, il envoya vers le père de lui, il dit à lui :
aoui ii d aâoud'iou azehka ad'erkeber'
Amène à moi un cheval demain, je monterai à cheval.
azekkanni ihagga ias d elkhil koull
Le lendemain il prépara à lui ici des chevaux de toute
eççifa ouin fef irkeb
espèce. Celui que sur (celui sur lequel) il montait,
irza th abni as d tgera iioun
il brisait lui, jusqu'à ce que à lui ici il resta un (cheval)
d' ad'erfal irkeb fell as idharen is
c'était un aveugle. Il monta sur lui. Les pieds de lui
imzououra d' adhou ineggoura
les antérieurs (de devant) c'était le vent, les postérieurs
ad' el berak' iffef fer themd'int oua irza th
c'était l'éclair. Il sortit vers la ville. Celui-ci il brisait lui,
oua isâab i th oua isd'erfel ith
celui-ci il estropiait lui, celui-là il aveuglait lui.
berrlCan ait temd'int ennan as ouin
Firent publier les gens de la ville, ils dirent : Celui
af th isoufefen a th nefnou thenna
à nous lui faisant sortir, nous enrichirons lui. Dit
iasen thcmfarth ad' nek fa th isoufefen
à eux une vieille femme : C'est moi devant lui faire sortir.
therouh'fer thala enni seg issoua
Elle alla vers la fontaine laquelle de il abreuvait habituellem'
aâoud'iou is segmi ibbodh fer thala ioufa
le cheval de lui. Lorsqu'il arriva à la fontaine, il trouva
Is in d'à thelsagem s elhchachilh oubelloudh inna
elle là elle puise avec la calotte d'un gland. Il dit
— 202 —
las tikhcr actisouou ouûoud'ioii iou ner'
à elle : Hetire-toi, il boira le cheval de moi, sinon
akem akouler' thenna ias rouh' a oiilid'i
je te foulerai aux pieds. Elle dit à lui : Va, ô mon fils,
thinidh thoufedh illi s ougeUid' iroumien
tu dis tu as pris la fille de lui du roi des chrétiens.
iour'al our issiou ara aâoud'iou ia mi
Il retourna il n'abreuva pas le cheval de lui. Lorsque
ibbodh s akhkham ù inna ias i imma s
il arriva à la maison de lui, il dit à elle à la mère de lui :
ak'li d' amoudilin oiikli'em ii askaf atcliiiàdh
Je suis malade, fais à moi un potage, tu enverras
r'er themfarth emii oufir d'i thala
vers la vieille femme i[ue j'ai trouvée à la fontaine.
thenna ias iskcr segmi ihha
Elle dit à lui : il fait (c'est bien). Aussitôt que fui cuit
ouskaf tliccJiiiâ r'er IhemrUrrth inua
le potag-e, elle envoya vers la vieille femme. Il dit
ias i themrarth ctch id'i thczzel
à elle à la vieille femme : Mange avec moi. Elle étendit
afouss is atetch H't'ef
la main d'elle elle mangera (pour manger), il saisit
afouss />' ez d'akhal h ouskaf tlienna ias
la main d'elle à l'intérieur du potage. Elle dit à lui :
ebrou ii errir' iiuia ias dur am berrour ara
Làche-moi, je brûle. 11 dit à elle: Je ne te lâcherai pas
alemma llwmlidh ii anid'a thella
jusqu'à ce que tu aies montré à moi où est
illi s ougeUid' iroumien thenna ias
la fille de lui du roi des chrétiens. Elle dit à lui :
ahats akka netsath our thessin ara anid'a thella
Elle est ainsi (là). Elle ne savait pas où elle était.
iberrah' *' Ikheddam is inna iasen
11 lit publier aux serviteurs de lui, il dit à eux ;
I
— 2on —
iiekkini ak'li ad'rouh'er fer themourth
Moi je suis (sur le pointi j'irai (d'aller) vers le pays
iroùmien ass a samah'tli ii el mouth
des chrétiens, aujourd'hui pardonnez à moi, la mort
eltoitcPcrth tteg oufouss crrebbi irouh' iboiii
et la vie dans la main de Dieu. Il partit, il emmena
id' es akli s ad' miia iloufman eddemen
avec lui l'esclave de lui et cent chameaux. Ils emportèrent
ala eddcheh irna izgaren
si ce n'est (rien que) de l'or, il ajouta des bœufs,
iddem ain as ihouan irouh' fer themourth
il emporta ce qui à lui plaisant. Il alla vers un pays
el k'ifar ion fa ledhiour oulah afa
désert. Il trouva des oiseaux il n'y avait pas ce que
elrhen izla iasen achh'al eg ezgaren
ils mani^eront, il égorgea pour eux combien de bœufs.
etchan almi arouan ennan
Ils mangèrent jusqu'à ce qu'ils furent rassasiés. Ils dirent
as achou thebfidh four naf souther ith inna iasen
h lui : Que veux-tu chez nous ? demande-le. II dit à eux :
bfif ad' ii thcfkem kera si errich
Je désire à moi vous donnerez un peu des plumes
eiinouen ennan as ouagi isahel enga
de vous. Ils dirent à lui : (leci est facile. Où (là)
afiheh'ad'adjedh thesserfeV
tu auras besoin de nous, tu feras brûler lui (le mor-
t/'i tJiemes irouh' ioufa ilfan
ceau de plume) dans le feu. Il alla, il trouva des sangliers
oulah afa etchen ifka iasen ennâma
n'était pas ce que ils mangeront, il donna à eux du grain.
Hehan almi arouan ennan
Ils mangèrent jusqu'à ce qu'ils furent rassasiés. Ils dirent
a,s achou thebfidh souther ith inna iasen
à lui : Que désires-tu ? demande-le. Il dit à eux :
— 294 —
bfir' acV ii thefkvm
Je désire h moi vous donnerez (que vous me donniez)
si errich cnnoucn en^an as athaia enga
des soies de vous. Ils dirent à lui : Les voilà. Où
ar'lheliatradjedli thesserr'eV d'i
tu auras besoin de nous, tu feras brûler lui dans
thèmes irouli' ioufa thioiidhfîn oulah
le feu. Il partit, il trouva des fourmis, n'était pas
afa clehent ifka iasent ennama
ce que elles mangeront. 11 donna à elles du grain.
ennant as ketehini thekhed'medli d'eg nar' el kheir
Elles dirent à lui : Toi tu as fait à nous le bien.
achou Ihcbr'idh soutJier ilh inna iasent br'ir
Que désires-tu? demande- le. Il dit à elles : Je désire
ad' ii thefkemth kcra seg koind
h moi vous donnerez quelque chose de vous.
efkant as ennant as mi
Elles donnèrent à lui. Elles dirent à lui : Lorsque
aftheh'ad'adjedh thcsser'r'eV d'i thèmes
tu auras besoin de nous, tu feras brûler lui dans le feu,
ak id naoudh Irouh' ioufa tliiziz-oiia
nous arriverons vers toi. Il partit, il trouva des abeilles.
oulah afa souent isemar asent aman
n'était pas ce que elles boiront, il versa à elles de l'eau.
sojiant almi arouani
elles burent jusqu'à ce qu'elles furent rassasiées.
ennant as achou thebr'idh fournar' southcr ith
Elles dirent à lui : Que désires-tu chez nous? demande-le.
inna iasent br'ir' ad'ii thefkemth
Il dit à elles : Je désire que vous me donniez
kera si ttieferraouin enkount ennant
quelque chose des petites ailes de vous. Elles dirent
as akhen mi aftheKad'adjedh
à lui : Prends. Lorsque tu auras besoin de nous.
— 295 —
thegcrrcnt d'i tlicmcs ak id naondh
tu jetteras elles dans le feu, nous arriverons vers toi.
irouK d'aitheddoji almi ibbodii fer tliemd'int
Il partit, il marcha jusqu'à ce que il arriva dans la ville
oucjcllid' iroumien ira s clkhouab is
du roi des chrétiens. Il descendit avec les tentes de lui
barra en tenutint irouJi' s ah^addad d' oud'ai
en dehors de la ville. Il alla chez un orfèvre c'était un juif.
inna ias khcd'em n thizerzerlh elfel'L'a
Il dit à lui : Fais à moi une gazelle d'argent,
ewiefr its ouk'k'em an tJiabbowih at etsoukkir
fais grande elle, fais à elle une porte elle se fermera
si ezd'akhal ikhedin as îs ououd'ai ikchem
habituellement en dedans. Fit à lui elle le juif. Il
fer d'akhal is
(Mahammed) entra dans l'intérieur d'elle (de la gazelle).
inna ias i ouakli s aoni i ilmendad'
Il dit à lui à l'esclave de lui : Conduis-moi vis-à-vis
b oukhkhani g elli s ougellid' thâggcdhedh
delà maison de la fille de lui du roi, tu pousseras des cris
iouakken a d theffef illi s ougellid'
afin que elle sortira vers moi la fille de lui du roi.
irouh' ouakli iouk'k'em akken as inna
Partit l'esclave il fit comme à lui il avait dit.
theffef ed illi s ougellid' thouala
Sortit ici (vers lui) la fille de lui du roi, elle vit
llvzerzerlh si eCVak' thenna ias i thaklith
la gazelle de la fenêtre. Elle dit à elle à l'esclave (fe-
is roulï aoui ts id thoura
melle) d'elle : Va, amène elle (la gazelle) ici maintenant.
therouK thaklith thcboui ts id thenezzeh
Alla l'esclave, elle amena elle. Elle (la fille du roi)
d'eg s almi thâia
examina.dans elle (l'examina) jusqu'à ce qu'elle fut fatiguée.
— 20G —
thcit'cs our thelchi ara imehsi s
Elle s'endormit, elle ne mangea pas le dîner d'elle.
segmi thct''l''es illi thabhourth
Aussitôt que elle fut endormie, il ouvrit la porte,
iffer' ed ver s ikha ias imcnsi s
il sortit vers elle, il mani^ca à elle le dîner d'elle,
ibedel as lemcabilC oiiiu illan, eunig
il changea à elle les lampes. Celle étant au-dessus
ouKcrroui s irra th fer eddaou
de la tête d'elle, il rendit (plaça) elle au-dessous
idharen is ouin illan s eddaou idharen is
des pieds d'elle; celle étant au-dessous des pieds d'elle,
irra th s ennig ouk'erroui a ioufal
il plaça elle au-dessus de la tète d'elle. 11 retourna,
ikchem s amkan is segmi d Ihouki
il entra à la place de lui. Lorsque ici elle s'éveilla,
thon fa imensi s itsetch lemcalnJi'
elle trouva le dîner d'elle avait été mangé, les lampes
bedelen thonhem thciina ias
avaient (été) changées. Elle fut étonnée, elle dit à lui :
effer' ed a ouagi fell ak laman errebbi iffefed
Sors ici, ô celui-ci, sur toi la protection de Dieu. Il sortit.
thouala th sobh'an rebbi ilh ikhelk'en thenua ias
Elle vit lui gloire à Dieu ayant créé lui ! Elle dit à lui :
achou k id ibbouin four i inna ias
Quoi toi ici ayant amené chez moi. Il dit à elle :
selif issem mouehûadh thefazedh
J'ai entendu parler de toi, tu es renommée, tu l'emportes
fef thoulaoïdn elkoull oiisif d bfif
sur les femmes toutes. Je suis venu je désire
akem a fef thenna ias our thezmirdh
toi j'épouserai (t'épouser). Elle dit à lui : Tu ne peux
ara baba infa tsô ou tsâin ketch ma
pas. Mon père a tué neuf et quatre-vingt-dix. Toi, si
- 2iC —
inia k ad' ouis miia itina ia^ r'cf
il ajoutait toi, ce serait le centième. 11 dit à elle : Par
oud'em im ras ad'cmmelhcr'
le visage de toi, si ce n'est je mourrai. (J'aime mieux
thenna iaa ism ik iiina ias
mourir.) Elle dit à lui : Le nom de toi? 11 dit à elle:
ism iou Mah'ammed ben EssoWan thenna ias
le nom de moi Mahammed ben Essoltan. Elle dit à lui:
ad' ak mcicf ad' fell ak ichercdh baba
J'indiquerai à toi, il imposera à toi mon père
echcherouV barra ma thcselkd'en isker
des conditions au dehors. Si tu accomplis elles, il fait
moulach ak iner' ass mi
(c'est très bien), sinon, il te tuera. Le jour que
r'a thekfondh cchcherouC enni barra
tu auras terminé les conditions qui (sont) dehors,
ad' ak ini rouh' s akhkham ma thoufidh thablaV
il dira à toi : Va à la maison, si tu trouves la tablette
cl iamanV ai aouidh illi moulach ak enfer'
de diamant tu emmèneras ma fille, sinon je te tuerai..
as ed ats id thafedh s eddaou i ck'k'imer'
Viens, tu trouveras elle ici sous moi, je serai assise
fell as inna ias ek'k'im beslama iour'al
sur elle. Il dit à elle : Reste avec la paix. 11 retourna
s amkan is thcsaoul i thakUth is
à la place de lui. Elle appela à l'esclave d'elle,
thenna ias soufer' Ihagi
elle dit à elle : Fais sortir celle-ci (cette gazelle) .
thesoufer' ils r'cr barra iboui th
Elle fit sortir elle vers l'extérieur. Emmena lui
ouakli s s ak'idhoun is iffer' ed
(Mahammed) l'esclave de lui à la tente de lui. Il sortit,
irouh' s agellid' inna ias a sidi rebbi
il alla chez le roi, il dit à lui : seigneur, Dieu
— 298 -
ak incrcr bfif aiV ii thcfkedh
te rendra victorieux, je désire tu donneras à moi
un k inna ias rouh' our thezmirdh ara
la fille de toi. Il dit à lui : Va, tu ne peux pas,
enfir tsâ ou tsûiii ma ernir'k ad' ouis
j'ai tué quatre-vingt-dix-neuf, si j'ajoute toi, ce sera le
miia r'our i echcherouV fell as aVas inna ias
centième. J'ai des conditions pour elle beaucoup. Il dit à lui :
echredh ad'k'ebelcr' inna ias
fais les conditions, j'accepterai. Il (le roi) dit à lui :
idh agi al cfVesedh ilrlan d'i lâli
cette nuit tu coucheras nu dans un appartement élevé,
ma thechaKadh ed al aouidfi illi
si tu arrives au matin ici, tu emmèneras ma fille.
armi d' idh ikkes as leKaouaidj illi ledhouak'
A la nuit, il ôta à lui les habits, il ouvrit les fenêtres,
iger ilh fer d'akhal is
il jeta lui dans Tintérieur de lui (de l'appartement),
iseker ed Ihabboiirth fcll as ik'k'im d'à itskhammim
il ferma la porte sur lui. Il resta il réfléchit,
imekthi d d' errich elledhiour izenned'
il se souvint des plumes des oiseaux. Il battit le briquet,
issaf asibsi en doukhan isserr' errich
il alluma une pipe de tabac, il fît brûler les plumes
elledhiour ousan d imiren ennan as
des oiseaux. Ils vinrent sur-le-champ. Ils dirent à lui
achou thcbr'idli our tsaoggad' ain
Que veux-tu ? ne crains pas, quelque chose que
Ihebfidh akHaf inna iasen bfif
lu veuilles nous sommes (là). Il dit à eux : je désire que
ad' i thcd'clem ak'li drian asemmidh ik'eraK i
vous me couvriez, je suis nu, le froid fait souffrir moi.
ennan as our tsaoggad' d'elen t
Ils dirent à lui : ne crains pas. Ils couvrirent lui.
— 299 —
ernan r'oummot Icdhouak' crbah'
ils ajoutèrent, ils bouchèrent les fenêtres. Le malin
isaotd os d ougcllid' a MaKamvicd heu EssoWan
appela à lui le roi : Eh ! Mahammed ben Essoltan !
achou illan achoa our nelli inna ias
quoi étant, quoi n'étant pas ? Il répondit à lui :
d'el kher eg cllan ecltcherr oïdah inna ias
C'est le bien ce qui étant, le mal n'est pas. Dit à lui
ougellid' mazal azckka ad'afef ihamourîk agi
le roi : Encore. Demain je trouverai ce terrain
d'eg d'à theniouk'ouledh el koull thekrcz
dans (lequel) tu regardes tout entier il a été labouré.
armi d' idh isserr' erricii g ilfan oman d
A la nuit il fit brûler les soies des sangliers. Ils vinrent
four es ennan as achou thebfid inna iasen
vers lui, ils dirent à lui : Que veux-tu ? Il dit à eux :
akli azckka ad^emmethcf aiagi d'cg
Je suis demain je mourrai. Ceci dans (lequel)
d'à themouk'oîdem el koull izerâ inna ii
vous voyez tout entier est ensemencé, a dit à moi
ougellid' ad^ikrez idh agi ennan as
le roi, il sera labouré cette nuit. Ils dirent à lui :
our Isaoggad' ma d'aia d'erous in
Ne -crains pas, si c'est cela, (c'est) peu de chose. Dis
as ad'irnou eft'es henni iman ik
à lui il ajoutera (qu'il ajoute), dors, tranquillise toi-même.
eçbah' iouki ougellid' imouk'el iouala thamourth
Le matin s'éveilla le roi, il regarda, il vit le terrain
elkoull thckrez inna ias ouagi
tout entier était labouré. Il dit à lui : Celui-ci
iboui ts isaoul as a Mah'ammed
a emporté elle. Il appela à lui : Eh 1 Mahammed
ben Essolt'an achou illan achou our nelli inna ias
ben Essoltan ! quoi (Mant, quoi n'étant pas? II dit à lui:
— 300 —
d'clkhcr egdlan cchclœrr oulah iniia iaa
C'est le bien ce qui étant, le mal n'est pas. Il dit à lui :
mazal thinnidhen ats thernoudh isd'oukel
Encore une autre (chose) tu ajouteras elle. Il mélanij:ea
as ird'en tlumzin akbal clbcchna
à lui du froment, de l'orge, du maïs, du sorgho,
ibaoun inna ias athen id afer' (izckha
des fëves. Il dit à lui : Je trouverai eux ici demain,
koull oua ouaKad' es almi d'idh isserr'
chacun (chaque espèce) seul lui. A la nuit il fit brûler
thikcjjerin ne loudhfin ousant cd cnnant
les petites pattes des fourmis. Elles vinrent, elles dirent
as achou thehfidh inna iascnt aiagi
à lui: Que veux-tu? 11 dit à elles: C'est ceci (que)
thoualamth ma our th id ioufi azekka koull oua
vous voyez, si il ne trouve pas lui ici demain chacun
ouah'ad' es ad'emmethcf ennant as our îsaoggad'
seul, je mourrai. Elles dirent à lui : Ne crains pas,
in as ad'irnou mi iouli ou ass isaoul
dis à lui il ajoutera. Lorsque monta le jour, appela
as d ougeUid' a Malxammed hcn EssolCan achou
h lui le roi : Eh ! Mahammed ben Essoltan. quoi
illan achou our nelli inna ias licl khèr
étant, quoi n'étant pas? Il dit à lui: C'est le bien
eg ellan echcherr oulah inna ias
ce qui étant, le mal n'est pas. Il dit à lui:
mazal ak at kechmedh s akItkJiam ma thoufidh
Encore à toi, tu entreras dans la maison, si tu trouves
thablat' el iamant' themnâdh moulach at emmcthedh
la tablette de diamant, tu es sauvé, sinon tu mourras.
irouh'' s akhkham d'à its-nad'i ioufa illi s
Il alla à la maison, il cherche, il trouva la fille de lui
ougellid' thek'k'im r'ef thezerbith ne dehcb inna
du roi elle était assise sur un tapis d'or. II dit
^— 301 —
ias ekker a lalla iddem s eddaou an
à elle : Lève-toi, madame, il enleva de dessous elle
thablcW el iamant' inna ias ougcllid' ouagi
la tablette de diamant. Dit à lui le roi : Celui-ci
iboui ts thoura ad' ak mêler' four i
a emporté elle. Maintenant à toi j'indiquerai; j'ai
hà ou tsûin h ouarraou iou nilheni kouU iioun
qiiatre-vini^t-dix-ncuf fils de moi, eux, chacun
d'eg sen four es ha ou isâin h ouarraou is zoudjen
d'eux a quatre-vingt-dix-neuf fils de lui. Ils sont mariés
cl koull azekka ad efl'efent Ihoulaouin ensen ad theffer'
tous. Demain ici sortiront les femmes d'eux. Ici sortira
iUi id'sent ma thoufidh cls aoui ts
ma fdle avec elles, si tu trouves elle, emmène elle,
moulach oulah iak khed^mef isserr'
sinon, il n'y a rien à toi je fais. 11 fit brûler
thiferraouin ne tzizoua ousant cd ennant
les petites ailes des abeilles. Elles vinrent, elles dirent
as achou thebfidh inna iasent b'rif alrouh'emth
à lui: Que veux-tu? Il dit à elles: Je veux vous irez
s akhkham ougcllid' al cnsemth
(que vous alliez) à la maison du roi, vous passerez la nuit
r'our un s cçbah' ma fa
chez la fille de lui. Le matin lorsqu'elle
therkeb ad Ihcjfer'cmlh id' es ennant
montera à cheval, vous sortirez ici avec elle. Elles dirent
fl.s' ma d' aiagi isahel
à lui: Si c'est cela, c'est facile. Elle (la fille du roi)
therkeb cd netsath eltoulaouin b ouathmathen is
monta à cheval elle et les femmes des frères d'elle.
cffefent cd thezizoua id'es inna ias ougcllid'
Sortirent les abeilles avec elle. Dit à lui le roi :
ûkel • thamcl'Vouih ik aoui ts imouk'el
Reconnais la femme de toi, emmène elle. Il regarda
— 302 —
almi ioiiala Ihizizoua irkcb fef aâoud'iou
jusqu'à ce qu'il vît les abeilles. 11 monta sur le cheval
is immer' fcll as iddem ils inna
de lui, il se précipita vers elle, il enleva elle. Il dit
iasen ek'k'imelh dH slama errehbi irouk'
à eux : Restez dans la paix de Dieu. Il partit.
ait temd'int <•' rekbcn thebâan t
Les gens de la ville montèrent à cheval, poursuivirent lui.
akli s d'à inek'k' almi d egeran
L'esclave de lui lue jusqu'à ce que ici restèrent
tsâin eVl'cfen t en fan t netsa
quatre-vingt-dix. On saisit lui, on tua lui. Lui (Mahammed)
ibbodh fer thamourth is iouk'k'em thamfera sebda aggam '-'
arriva dans le pays de lui, il fit la noce sept jours.
ferh'an as ait temd'int elkoull meezi
Se réjouirent de lui les gens de la ville tous, il est petit
7nouk'k'er thenna ias thamet't'outh is
il est grand (petits et grands). Dit à lui la femme de lui :
baba athaia adias four ek
Mon père le voici il viendra (va venir) chez toi,
ad' as thefkedh aâoUd'iou ik
à lui tu donneras (pour que tu lui donnes) le cheval de toi.
ekkan kera b oussan iioiin ouass iousâ d baba s
Ils restèrent quelques jours. Un jour vint le père d'elle.
ferh'an i is at'as iioun ouass inna ias
Ils se réjouirent de lui beaucoup. Un jour dit à lui
ougellid' ai adhouggal efk ii aâoud'iou ik
le roi : mon gendre, donne à moi le cheval de toi.
inna ias aoui tk irra ias tharikth
11 dit à lui: Emmène lui. Il rendit (mit) à lui la selle,
(1) Ait temd'int, pour ait/i thenid'int.
(2) Agganiy forme donnée par les Zouaoua au mot arabe ^IJ\, jours,
qui se prononce, en Algérie, iêrno.
- 303 — ■
irkeb itina iaa i illi s cffcv' ed
il monta à cheval. 11 dit à elle à la lille de lui: sors ici
akem zerer' nek ad'rouh'er' theffer' ed
je verrai toi, moi je partirai. Elle sortit vers lui,
iddein ils irouh' rekhen
il enleva elle, il partit. Montèrent à cheval
ail temd'int inna iascn ek'k'imclh
les gens de la ville. Il (Mahammed) dit à eux : Restez,
ad'nek eg essenen adoud'iou iou
c'est moi ce qui connaissant le cheval de moi.
netsa ik^k'im d'à ilsrou our ithets
Lui il resta il pleure, il ne mange pas habituellement
our isess iioun ouass Usa id'erbalen '*'
il ne boit pas habituellement. Un jour il revêtit les derbals.
irouh' iour'al r'er thcmd'int ougellid' iroumien
Il partit; il retourna vers la ville du roi des chrétiens.
iioun idh insa s eddaou echchedjera d'i el k'ifar
Une nuit, il coucha sous un arbre dans le désert.
ioufa sin ledhiour eiisan s oufella s
Il trouva deux oiseaux passaient la nuit en haut de lui
d'à hadderen gar asen inna ias iioun
(de l'arbre), ils causent entre eux. Dit à lui l'un
i ouaiedh achou Ih ouagi d ioiisan r'our nar'
à l'autre : Quoi lui celui-ci étant venu chez nous ?
inna ias d' Mah'ammed ben Essolt'an
11 répondit à lui : C'est Mahammed ben Essoltan.
therouh' as tkamet't'outh is lemmer r'a iaoui
Est partie à lui la femme de lui, si il emportera
izouran n echedjera agi ad'istenfâ isen
des racines de cet arbre il tirera avantage d'elles.
azekkanni iboui seg sen irouh'
Le lendemain il emporta d'elles (des racines). Il alla
(1) Id'ei'balen, burnous en guenilles (mot arabe).
- 304 —
almi ibbodh rer ihamtVinl cnni
jusqu'à ce que il arriva à cette ville (du roi).
ioufa n illi s ougellid' thezouedj
Il trouva là la fille de lui du roi se mariait,
azekkamii atcddou ettislilh irouK four
le lendemain elle marchera fiancée. Il alla chez
iioulh Ihemfarlh irnia ias ad'ilif r'our cm
une vieille femme. Il dit à elle : Je serai chez toi.
thenna ias mcrliaha issck
Elle dit à lui : Bienvenue avec loi (sois le bienvenu),
ism ik inna ias ism iou
le nom de toi ? Il dit à elle : Le nom de moi
Mekhkhadh echchekaoui ('^ r'our i doua ma
Bat-le-Beurre, j'ai une recette si
r'a th ouk'k'emer' i chekoua ad'iour'al
je ferai elle à l'outre (où est le lait), deviendra
ir'i d' oudH thenna ias efk il
le lait aigre beurre. Elle dit à lui : Donne à moi
kera esseg s ifka ias kcra tliouk'k'em
un peu d'elle. Il donna à elle un peu ; elle fit
ith i chekoua ioufal as
lui (mit les racines) à l'outre, devint à elle
ir'i el koull d' oud'i thenna ias
le lait aigre tout entier beurre. Elle dit à lui :
thamet't'outh ougellid' ikhour ils ououd'i
La femme du roi manque (à) elle le beurre,
ad'rouh'er' ad'as inif inna ias rouit therouh'
j'irai, je dirai à elle. 11 dit à elle: Va. Elle alla,
themela ias i themeCt'outh ougellid'
elle montra à elle à la femme du roi.
(1) Mak/ikhac/h ec/ic/mhaoui sont deux mots arabes qui signi-
fient : celui qui agite les outres où est la crème, pour en faire du
beurre.
— 305 —
thenna ias rouJi' aoui ii th id
Elle (la reine) dit à elle : Va, amène à moi lui ici.
theroiih' thehoui as th ibhodh four es
Elle alla elle amena à elle lui. Il arriva chez elle
ifka ias izouran enni Ihouk'k'em ithen
(la reine), il donna à elle ces racines. Elle fit (mit) elles
i chekoua iour'al as ifi
à (dans) . l'outre, devint à elle le lait aigre
el koull d' oud'i theferah' is nezha
tout entier beurre. Elle se réjouit de lui beaucoup.
îheboui th four illi s ik^k'im
Elle conduisit lui chez la fille d'elle. Il resta
inna ias ma thessencdh ii
il dit à elle (à la fille) : Si tu reconnais moi
nef ala thenna ias
ou non (me reconnais-tu, oui ou non ?) Elle dit à lui :
ala inna ias ennek ai dWkUiammed
Non. Il dit à elle : C'est moi, c'est Mahammed
ben EssoWan thenna ias azckka ad'eddouf
ben Essoltan. Elle dit à lui : Demain je marcherai
ettislith dhebber amck fa nekhd'cm inna ias
liancée, avise comment nous ferons. 11 dit à elle :
ma our thekhed'iûdh ara in ascn ak'li
Si tu ne trahis pas, dis à eux me voici
h'aoussef aouith ii d mckhkhadh echchekaoui
je suis malade, amenez à moi ici Bat-le-Beurre,
ad'irkeb id'i thenna ias our
il montera à cheval avec moi. Elle dit à lui : Ne
tsaoggad' azekkanni mi ioxdi ouass
crains pas. Le lendemain, lorsque monta le jour,
ennan as ekker alerkebedh
ils dirent à elle : Lève-toi tu monteras à cheval.
thenna iasen our zemiref ara ad'erkebef
Elle dit à eux : Je ne puis pas je monterai à cheval
20
— 306 —
ouali'air i aouith ii d mekhkhadli cchchekaoui rouKcn
seule moi, amenez à moi ici Bat-le-Beurre. Ils allèrent
four es inna iasen oiir essiner' ara
chez lui. Il dit à eux je ne sais pas
ad'erkeber' ennan as ekker
je monterai (monter) à cheval. Ils dirent à lui : Lève-loi,
erkeb ak ncchoud s imrarcn
monte à cheval, nous lierons toi avec des cordes.
ikkcr serkcben t ezd'clJlr
Il se leva, ils firent monter à cheval lui derrière
un .s ougelUd' s oufella ouâoud'iou is
la fille de lui du roi, sur le cheval de lui
amzouarou izzi i themdHnt sebàa merralk
le premier. 11 tourna à (autour de) la ville sept fois,
igz-em imraren ikkes id'erbalen inna iascn
il coupa les cordes, il ôta les derhals, il dit à eux :
ek'k'imelh d'I slama errebbi nck ai d'3Iah'ammed
Restez dans la paix de Dieu, moi c'est Mahammed
ben EssoWan irouh' iour'al r'er themourlh is
ben Essoltan. Il partit il retourna dans le pays de lui,
iouk'Kcm thamcfera s et'cboul sebâa aggam
Il fit une noce avec le tambour sept jours.
thekfa themachaouts ne Mah'ammed
(Elle termine) est terminée l'histoire de Mahammed
ben EssoWan
ben Essoltan.
XIII
Espèce de ronde chantée par les enfants
a tliiziri n etzeribin
clair de lune des petites ruelles.
sioudh esselam s four theh'abibin
Fais parvenir le salut de la part des amies.
— 307 —
in aaen ma oiir d ousin ad'cnnaa
Dis à eux si ils ne viennent pas, c'est nous (qui) irons.
ass agi ak'laf nek'k'im azekka
Aujourd'hui nous voilà nous sommes assises, demain
nouggad' annelCas
nous craignons nous serons malades.
XIII
..\ ) »,_j
„j - Ml,.
l^-
j^'=\ ^L5^r;i U-. r^}3\ .rut
TRADUCTION
clair de lune qui pénètres dans les plus petites ruelles,
porte-leur les compliments de leurs amies ; dis-leur que
s'ils ne viennent pas, c'est nous qui irons les trouver ;
aujourd'hui nous sommes bien portantes, demain nous
craignons d'être malades.
XIV
Chanson
rouh' a oiilid'i our felli
Va, ô mon enfant ! ne sur moi
sendou <^' aman
fais pas devenir beurre l'eau.
(1) Sendou est l'impératif de la forme d'habitude du verbe send, qui
signifie : battre le beurre, faire devenir beurre. Send aman veut donc
dire : battre l'eau pour la faire devenir beurre, c'est-à-dire : faire des
efforts inutiles.
— 308 —
ketch moiik'k' crédit nek our ûad' bd'ir''
Toi, tu es vieux, moi, j'ai pas encore commencé
remdhan
le ramadan.
iï'f ik ichab idhcweti r'cf
La tête de toi grisonne, les pieds sur (lesquels)
tcddoudh oulouan
tu marches habituellement sont faibles.
lûk'vl iffcr' ik our thchaddercdh d'eg
L'esprit est sorti de toi, tu ne parles pas sur
ain illan
ce qui étant.
ai ak d igcran d' azekka )ick
Ce qui à toi ici restant c'est le tombeau, moi
ad'ar'er' ouin i ihouan
je prendrai celui à moi plaisant.
XIV
J '^-^-^' J-^.ji ~rr^>- -r^j
— 309 —
TRADUCTION
Va ! mon enfant, cesse tes tentatives inutiles. Tu es
vieux et je n'ai pas encore commencé à jeûner pendant
le ramadan. Ta tète grisonne, tes jambes sont faibles ;
l'esprit t'abandonne et tu ne parles jamais des choses
de ce monde. Que te reste-t-il à attendre? Un tombeau.
Moi, je veux épouser celui qui me plaît.
XV
Chanson de guerre
Lc/i'oul en toulaonin
Chant des femmes
ouin ibfan ad'igzou **> elkhalath
Celui voulant il possédera (posséder) des femmes,
ass ne t'rad' our d itikher
Le jour du combat ici il ne recule pas,
ad'iefk amaq i louralh
Il donnera la joue aux crosses de fusils.
erreçaç ma r'a d iturzir
Le plomb lorsque ici il sifflera,
d'i thilemziin ad' ikhthir
Parmi les jeunes filles il choisira.
a isem azizen Amelkher f^'
nom le chéri d'Amelkher.
(1) Egsou, inire mulierem.
(2) Am elkher est un nom de femme, chez les Kabyles. C'est le nom
propre arabe: Oum el kheii- ila mère du bien).
— 310 —
Leli'oul g irgazen
Chant des hommes
thilemziin amth ('' chcd ouzigza
jeunes filles maîtresses du turban le bleu,
khedmemth cl kher rebbi ifka d elfetena
Faites le bien. Dieu a donné ici la guerre,
noukni annemmetli atrebehemth fas l emzia
Nous, nous mourrons vous gagnerez si ce n'est le plaisir.
TRADUCTION
Chant des femmes
Celui qui veut posséder les femmes ne doit pas
reculer au jour du combat. Qu'il se conduise brave-
ment quand le plomb sifllcra, il pourra alors choisir
parmi les jeunes filles. nom chéri à'Amelkher.
Chant des liommes
jeunes filles au turban bleu, ce que vous faites est
bien. Dieu nous a envoyé la guerre. Nous mourrons,
et vous n'aurez pour récompense que le plaisir que vous
nous aurez fait.
(1) Asath, pluriel de em, maîtresse de ( sans doute de l'arabe '^\). Le
masculin est bou, pluriel aiatJi.
On remarquera que, dans la poésie, le nombre des mots arabes est
beaucoup plus grand que dans la prose. Les poètes kabyles croient
faire preuve d'érudition et rehausser le mérite de leurs œuvres, en les
saturant d'expressions arabes que, très souvent, ils détournent de leur
signification. Ils corameucent même à y introduire des mots français.
— 311 —
CHANSONS'*^
Thifcih'in s ethk'ebailith g ouasiflE en Sah'el
XVI
thafcih'eth thamzouarouth
T/iaroii.<i thamz-ouarotiUi
Lcllam ichoud markhan ikheredj ifîen '-'
Bi khdaf oui ikkatcn ennichan s ezzad en sen
Ah'alil ouâouidj tscr'cchchan ebnou, a th sersen
Aith iralhen d'eg zik cllan li'akkoun fcll asc)}
Illa outcrki d'clàrban li'ad ilhen ikheleen
Aroumi hou ezzad ik'ouaii ahath ibna d^eg thc-
mourtli ensen
Tharousi thlsthletha
Ibna cl bordj n cssoWan themma isken
B ed'd'raâ machi d es el h'asan gedha issen
Tharoua el bariz ouin iâcan ar ih id t'aiben <^'
(1) L'auteur de ces chansons est SI Mohammed Saïd ben Ali Cherif,
agha des lUoulen Ousammer et des Béni Aïdel.
(2) La rime est à une lettre ; c'est celle que les Arabes appellent
Ij^X^ . On ne rencontre guère que cette espèce de rime dans les
poésies kabyles.
(3) Ar th id t'aiben. Les Zouaoua diraient : a th id t'aiben.
812 —
TRADUCTION
Chansons en kabyle de l'Oued Sahel
XVI
PREMIERE CHANSON
1'' Couplet
Le Maréchal ('' a arboré son étendard ; il s'avance
au combat. Il n'a avec lui que d'adroits tireurs, bien
pourvus de munitions. Malheur au rebelle qu'ils vont
combattre, ils abaisseront certainement son orgueil.
2' Couplet
Les Béni Raten étaient renommés depuis longtemps.
Les Turcs et les Arabes n'avaient pu leur faire payer
l'impôt. Mais voici le Chrétien avec son puissant
attirail de guerre, il bâtit dans leur pays.
.S' Couplet
Il b.itit un bordj royal '-^ et s'y établit à demeure,
non de leur consentement, mais bien de vive force.
Honneur aux enfants de Paris, ils triompheront de
tous les rebelles.
(1) Cette chanson et la suivante ont été faites à l'occasion de l'expé-
dition de 1857, dans laquelle M. le Maréchal Handon a achevé la
conquête de la Kabylie.
(2) Le Fort Napoléon, construit sur l'emplacement du village
d'icherraouia. prés du marché du mercredi des I3eni Uaten.
— 313 —
XVII
thafcih'eth thissenath
Tharousi tliam:-ouarouth
Làlam choudden cuVilemlem
Id erfcd'en eddjcneralath
Aith czzad koulkhi s elliakem
Koull oiia s cl grad (') r'cf thoiiiath
T'aiben d agaoua ikhcd'cm
Lemchal ersent d'eg elhzibarlh '-'
Tharousi thissenath
S elmed'afaa ibd'a iheddem
Bouh ai gcjjâr d'cg el khalath
Koull oua b cssckkin cmhazzem
Igad' irfed'cn cchdnâath
loum en nedhaJt' koull oua izdem
Emziien '^^ houdden el mersalh
Tharousi thisthk'tha
El mâna a oui illan ifehem
Ar d'aoun Ji'akkour cssadath
Agaoua errai s iâdem
Dur ikhammen ouara fer ezzath
Tharoua n cl bariz ouin thedhem
Ah'alil t ad' iwu el mah'analh
(l) El grad est le mot français grade, précédé de l'article arabe.
/2) Thasibarth, nom d'un mamelon près du col de Chellata, entre les
Illoulen Oumalou et les Illoulen Ousammer.
(3) Ein:-iier), prononcé par les Zouaoua cm;if/r/en^ nom d'un village
des Illoulen Oumalou. ■*•
314
TRADUCTION
XVII
DEUXIEME CHANSON
l'' Couplet
Les généraux ont fait flotter au vent leur bannière,
ils l'ont apportée jusqu'ici ^'^ Les munitions sont abon-
dantes ; tout se fait au commandement. Chacun porte
sur ses épaules les insignes de son grade. Les Zouaoua
ont été battus et forcés de se soumettre. Le camp est
installé à Thazibartli.
2' Couplet
Le canon commence à détruire, il répand la ter-
reur parmi les femmes. Tous portent le sabre au côté,
et plusieurs ont des décorations sur la poitrine. Au
jour du combat, chacun s'élance à l'ennemi. Emziien
a vu détruire ses retranchements.
3' Couplet
Vous qui êtes intelligents, comprenez, Messieurs,
le sens de ce que je vais dire : Les Zouaoua ont perdu
la tête, ils n'ont pas pensé à l'avenir. Malheur à qui
résiste aux enfants de Paris, il sera rassasié de dé-
sastres.
(1) L'auteur faisait partie de la colonne du général Maissiat, campée
à Thazil)arth.
— 315 —
XVIII
thafcih'eth thisthletha
Tharoufi tliamzouaroutk
Lâlam choudden g eçl'amboul
Azigzaou n ennoid o
Ajed'id' r'cf id âk'ed'en Icdjenas
S id effereni le mehal a ct't'cboul
Bi khelaf lefcli'oul
Abd d mcdjid d' et't'aifa .s
El moskou ikker as d dhoul
Tset'aiben g er rûia s
Tharousi tJiissenath
Ettsildj itsçoubboiin melloul
R'ef azrou âlloul
Fi lilt cssah'ab imfoullaa
Iknan amgoud' ak izzoul
Irza th d' el oucoul
Itejih'' d'eg el relia s
Ih'abesen aâraben d'eg ezzemoul
haouV ils almi d' Redjas
T/iarousi thi^thlatlta
NetskhU ek a elbaz bou Ikeboul
Kan ter'eda mersoul
Iak d'eg zik ketch d' arek'k'as
Ma theUidh d' ah'abib ououl
Rouh' had'er as elk'oul
lamana '-) ezged r'ef thar'ma s
R'our thin i idjan mâloul
Herf ethtlia k'eçed el h' ara s
(1) Noul, licence poétique pour loun, couleur. C'est le mot arabe -, ,
(2) Lamana, altération de l'arabe àJj\ Jij'wol .
— 316 —
Tharoiisi thisarbâa
Theh'akkouV '^' % ddeheb cl mek'foul
IV ef dhebûn lekeh'oul
Em thecheradli seddou oumek''ias
Fell as ai ncdja cchcher^oul
Akli am oumekheloid
Our negan am iidh am an
Mi thâdda s ellh'af d' cddioul
Amek iga eççcber iou fcJl an
Tharousi tliis:hliamza
Thennak (-^ a Idjid' our nelsdhoul
Fi h'al ma neggoul
lioun cl âhoud' ai aras
It'our i thamr'arth d' cm crrckoul
Ergaz d' amahboid
Koiill ioum fell i d^aâssas
(loullcr' ak d'eg cl mcnzoul
Sckmah <•'' a ii gczmcn erras
Tharou.<i thit^settsa
Eddoura a medden ils neunoid
Am aggoiir ma iloiil
Am bâid' id zouar eit'ia '*' 5
Thekheledj cl âbad' thcsmouk'oul
El àrban '''^ ou tseloul
I
(1) Theh'a/ckout', licence poétique pour ah'akkou, ou ath'al;kout'. Les
Zouaoua prononcent thch'akkoudh. En général, dans l'Oued Sahel, le
t' prend la place du dh.
(2) Thennak, licence poétique, pour thenno, ou thenna ii.
(3) Sekmah, mot turc.
(4) Et't'ia, c'est l'arabe ^L^o , le Jf> est changé en la.
(5) L'auteur a eu l'intention de désigner ici, par le moi drban, les
Arabes du Sahara, pour les distinguer des habitants du Tell, qu'il
appelle t.-<eloul.
— 317 — -
Dulach a nicdden crrifa .s
D' ad'rim ùj khed'men lefel'oul
Ai h iourezen four icr Iherras
T/iai-ousi tliisi^ebda
El mâïia aiath cl ûk'oul
Ma thefchemem le melhoul
A oui ir'eran d'eg ial kerras
Thak'chichlh a izoudj ils el foui
Izeri s am cssioul
Ahats thebeddel enifa s
A Ik'adhi serrah' as lek'foul
Atsrouh' aisaf thanoudda s
T/iarousi t.hist/ieinenia
A ?7i/i(/"* iju beddel as en nesedj
,S elk'oul imzeboredj
Iak d'eg zik ketch d' el ûref
l(e[ âzz ou thitJibirtii n eddcrdj
Asegmi en larendj
Mi thâdda thebra isoualef
Imenna ts ououl a h izouedj
Thak'chichth ih'ad'k'en thedhref
Tharousi thistesâa
Atha ikhef iou ifedjcdj
Ihiia d <^) el h'ardj
Ifeg lek'oual men koull eçeenf
Mi rkebef thathenilh s esserdj
A rouir' abououdj <•''
Noud'af ts id men koull et't'crf
Thoura akli d' ar'erib d'eg el bordj
Our oufir' h'ad d' amsaâf
(1) Les Zouaoua disent : '/'(/.
(2) Les Zouaoua diraient : iha;/'ja d.
(3) En arabe ^_^ , louvoyer, courir des bordées.
— 318 —
TRADL'CriUN
XVIII
TROISIÈME CHANSON
1" Couplet
Stamboul a arboré la bannière verte, et les nations
se sont ralliées autour d'elle ^'^ C'est elle qui guide
au combat les troupes sorties au son du tambour.
Il n'y a que de mâles guerriers, c'est Abd el Medjid
et ses peuples. Le Russe a vu la ruine portée dans
son pays. On forcera ses sujets à se soumettre.
2'- Couplet
La neige tombe blanche sur Azrou Alloul'-\ dans
une nuit assombrie par d'épais nuages. Elle courbe
les rameaux des arbres et les brise en morceaux.
Les fruits sont perdus sans espoir. Elle emprisonne
les Arabes dans leurs cantonnements; elle est descendue
jusqu'à Uedjas ^'-^K
'è' Couplet
Sois mon messager, je t'en conjure, ô faucon au
chaperon; depuis longtemps tu remplis cet office. Si tu
es mon ami de cœur, va lui redire mes chants. Pour
Dieu, pose-toi sur la cuisse de celle qui m'a laissé
dans la souffrance. Son nom commence par la lettre
th <'*' ; va, dirige-toi vers sa demeure.
(1) Ce couplet fait allusioa à la guerre d'Orient.
(2) Azrou Alloul, le Rocher d'Alloul, nom d'un village des Béni
Abbès, brûlé, en 1847, par le maréchal Bugeaud.
(3) Rcdjas, plaine près de Milah, où la neige tombe très rarement.
(4) Tliasaddith, tiorn de femme équivalant à peu près, en français, a
Félicité .
- 319 —
4' Couplet
Dis à celle qui est pure comme l'or des pendants
d'oreilles '*', à la jeune fille aux yeux et aux sour-
cils noirs*-), dis-lui que pour elle j'ai abandonné
le soin de mes affaires. Je suis comme un fou ; la
nuit et le jour, je ne puis dormir. Lorsque je la vois
passer avec ses draperies et ses dioul '-**, comment
pourrais-je modérer l'impatience de mes désirs ?
D' Conplel
Elle m'a dit : noble jeune homme, nous ne serons
pas longtemps séparés. Il n'est pas besoin de serment,
je n'ai qu'une promesse, ô jeune homme brun. Ma
vieille belle-mère est hargneuse, mon mari est fou,
tous les jours il me fait surveiller. Mais je te l'ai juré
sur le livre révélé, je serai à toi, dussent-ils me couper
la tête.
G' Couplet
Ces jours derniers, mes amis, je l'ai rencontrée.
Comme la lune lorsqu'elle se lève, elle projetait au loin
devant elle sa lumière. Elle fait l'admiration des
hommes et attire tous les regards. Parmi les Arabes
du Sahara et du Tell, il n'y a pas, ô mes amis, de
beauté comparable à la sienne. L'argent engendre les
abus, c'est lui qui a lié ma bien-aimée à ce mauvais
homme.
(1) L'or des pendants d'oreilles est réputé le plus pur.
(2) C'est le sens que l'auteur lui-même attribue au mot Leh'oul.
(3) Le mot arabe d'ioul, J_^.^ , est employé par les Kabyles pour
désigner deux pièces d'étoffe, de couleurs différentes, portées par les
femmes, l'une devant et l'autre derrière.
— 320 —
7* Couplet
toi qui sais lire dans tous les livres, si tu comprends
les comparaisons, tu saisiras le sens de mes paroles.
Cette enfant a été prise pour femme par un ogre. Ses
pleurs coulent comme un torrent et flétrissent sa beauté.
k'adhi, rends-lui la liberté, qu'elle puisse choisir
un homme semblable à elle.
8'^ Couplet
ma tête, toi qui as de Tintelligence, change pour
elle de rythme, chante en langage fleuri ma colombe
bien-aimée, aussi svelle que la pousse de l'oranger.
Lorsqu'elle passe avec ses bandeaux flottants, mon cœur
aspire à devenir Tépoux de cette enfant gracieuse et
charmante.
9' Couplet
Voici ma tête qui s'illumine et prépare des chants
de toute espèce. Lorsque j'étais monté sur ma pouliche
de deux ans, je parcourais le pays en tous sens, et
je me rassasiais de promenade. Maintenant je suis comme
un étranger dans mon bordj '", je ne trouve personne
dont la société me plaise.
(1) Le bordj d'Akbou, où demeure l'auteur.
~ 321 —
TRANSCRIPTION EN CARACTÈRES ARABES
d'après LE MANUSCRIT ORIGINAL DE l'aUTEUR
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21
^ 322 —
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XVIII
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— 323 —
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324
XIX
.Chaque village kabyle a, en dehors de la loi musul-
mane, un code ou règlement particulier dont l'exécution
est confiée à un chef appelé, suivant les localités, amek'-
k'eran, amr'ar, amin. Ce chef est nommé au suffrage
universel par la djemaâ , ou assemblée générale des
citoyens. La durée de ses pouvoirs est d'une année chez
certaines tribus et d'un mois seulement chez d'autres. Il
choisit dans chaque fraction du village {khcrouba chez les
Zouaoua, thâriflh, aiVroum, ailleurs) un Vamen <'' ou
répondant de la fraction, qui est chargé de l'assister dans
ses fonctions, mais n'a lui-môme aucune autorité. Le
pouvoir s'exerce au nom de la djemaâ, à laquelle le chef
rend compte de sa gestion, et qu'il consulte dans les cas
difficiles.
S'il y a deux partis ou çoff dans le village, le chef appar-
tenant nécessairement à Fun d'eux et étant, par cela
même, suspect de partialité, chaque parti désigne, pour
veiller à ses intérêts et éviter les contestations, un agent
nommé ameççouab. Ce sont ces deux agents qui, sur
l'invitation du chef, règlent toutes les amendes.
Nous donnons ici, comme spécimen du langage parlé
dans la vallée de l'Oued Sahel, le règlement du village de
Thaslent (le frêne), situé chez les Illoulen Ousammer.
(1) C'est l'arabe ^^^Lb , répondant, caution.
- 325 -
TEXTE KABYLE
Ouagi d' elk'anoun en taddarth en Teslent r'ef akken
ellant el âouaid' n esen d^eg ezman amzouarou almi
ettoura
1° Ouin ioukeren akhkham d'eg idh iban fell as ain
igoni <" ad' iefk khamsin en trialin d' elkhct'ia i
thedjemaûth khamsin d' elr'ourm i bah g oukhkham
ad' irnou ad' iefk azal g ouain igoui nef ma illa
ath ierr
2o Ouin ioukeren thibah'irth iban fell as ain igoui
ad' iefk khamsa ou àcherin en trialin d'elkhet'ia
i thedjemaûth khamsa ou âcherin d' elrourm i bab
en tebeh'irth ad' irnou ad' ierr ain igoui i bab en
tebehHrth
3° Ouin iouthen s ethmokh'alt ad' iefk miia i thedjemaàth
d' elkhet'ia ouagi ma d'agella our idjerih' ouara is
ouin akken iouth anima ma idjerah' ith ad' ierr
ettsar is ouin itsouthen alemma iâfa ias imaren
ad'iaf elh'ak' id'ammen is ain ias ik'edder elk'adhi
4o Ma illa inr'a agla s oulemma d'eg ouaman a th ietch
elâreh ad' irnou ad' immeth nef ad' iefk eddia ma
k'ebelen t imaoulan g ouin immouthen
5° Ouin iouthen s oujenoui nef s ethgelzimth ad' iefk
khamsin en trialin d' elkhet'ia i thedjemaàth ouagi
ma d'agella our idjerih' ouara issen amma ma
(1) Les Zouaoua diraient iboui. On trouvera plusieurs exemples du
G employé là où les Zouaoua se servent du B.
— 32C —
idjerah! issen ad' ierr ettsar ouin itsouthen ner'
ma iilfa bab n eddjerah' r'ef ettsar is ad' iar'
ain ias iWedder elk'adhi d'eg id'ammen is
60 Ouin iauahan s oujenoui ner' s ethgehimth our iouith
ouara issen ad' iefk themenia therialin
7° Ouin iouthen s ethûoukkazth ner' s oud'r'ar' ad' iefk
khamsa thirialin d' elkhet'ia i thejemaâth ad' ierr
ettsar ouin itsouthen ner' ma iâfa fell as ad' iefk
elh'ak' n eddjerah' ma idjerah' ith ma d'à gella
our th idjerih' ouara our itsak ouara
S'^ Ouin iouahan s ethâoukkazth ner' s oud'r'ar' our
iouith ouara issen ad' iefk tharialt d'elkhet'ia i
thedjemaâth
9° Thamet't'outh ma thûiedh s eldrdh is theggodh ed
echchad'a r'our thedjemadth ad' iefk ourgaz khamsin
en trialin d'el khet'ia i thedjemaâth ettimccherel'
aternou thedjemaâth at erz el k'armoud' g oukhkham
g ouin ikhed'men el amer enni
Ma our d eggidh ouara echchad'a r'our thedje-
maâth our itsak ouara
10° Ouin ioukeren t'erah'a ner' thaffa d'eg idh iban fell
as ain igoui ad' iefk elr'ourm i bab n et't'erah'a
ner' en taffa ad' irnou ad' ikhser ain igoui ad'
irnou ma ichetka is i oumek'k'eran ettedjemaâth
ad' iefk âcherin en trialin d^ elkhet'ia ma d'agella
our ichetka ouara is ouin itsouakeren, oulach fell as
//" Ouin ioukeren elkherif '^^ ner azemmour ner' erroum-
man ner' thizourin ner' eddoukkar iCt'ef ith bab n
(1) Le mot arabe t^ja ^.j-^, automne, est détourné de sa signiiication
et signifie ici : les figues sur l'arbre ; les Arabes s'en servent aussi
pour désigner les fruits d'automne en général.
^
— 327 —
echchi ad' asiefk dr'ourm ain ith ihan rebbi fell as
ad'irnou ûcliera thinalin i thedjemaâlh d' elkhet'ia
ma our iciietka ouara is bab n echchi i oiimek'k'eran
our itsak ouara
12" Ouin innour'en cUsemcVVouth ad' iefk khamsin d'
elkhet'ia i thedjemaâUi ama theggodh ith thameV-
t'outh nef our t teggidh lamâna ma theggedh ith
thameVt'oiith ad' iefk ourgaz is ain iger fell as
oumek'k'eran
130 Ouin iksan d'eg achthal ad'iefk sénat tirialin d'
elkhet'ia lamâna ma ioiifa th et't'amen ner' amek^-
Keran ma d' bab n echchi ith id ioufan ad' iaf
d'eg s elr'ounn anoui ai d' achthat d' azemmour
ettsazarth ettsibah'ir th d' iger ettsaffa d' abellout'
d' aslen
i4o Ouin iâddan i ouârben oumek'k'eran g ethmouk'int
ad' iefk sénat tirialin alemma iserraK as oumck'-
k'eran ner' eVt'amen imaren our itsak ouara el-
khet'ia ai agi d'eg ouagla s fi h'al agla n elr'er is
/Jo Ouin our nehad'ir ouara iounedjemaâ ad iefk sénat
tirialin
Ouin our d nelahik' ouara et âd'ad ad'iefk errebâ
alemma iserrah' as oumek'k'eran nef et't'amen
I60 Ma illa ennoufen sin nef thletha nef arbâa ad
efken azgen azgen
Ma mûouâd'en ad efken tharialt tharialt
Ma mûouâd'en adefken douro douro
Ma mâouâden adefken senath senath en douro
Ai agi ma d'agella our asen iàrben ouara oumek-
k'eran nef eft'amen
Ammamaiârben asen oumek'k'eran nef et't'amen
ad efken ain iger fell asen oumek'k'eran
— 328 —
17° Ouin igezmen i ouaicdh echcheJjera ad'ir'erem azal
is aï as k'edderen el âk'k'al a th iefk
/<S" Ouin ioukeren thasegloutli ad' iefk elfourm i bah is
khamsa ou âcherin
Ma ichetka i oumek'k'cran bab n echchi ad'iar'
d'eg s khamsin d' clkheVia ad' ieg rebbi thasegloulh
agi thaiaziV
AdHrnou ouin ioukeren ad' ikheser azal en tese-
glouth
19° Ouin iârran ad' iefk khamsin en tnalin d' elkhet'ia
20° Ouin ioukeren d'eg essouk' ad' iefk miia therialin
khamsin J lârch khamsin i thaddarth is ad' irnou
ad' ikheser ain iouker
21" Ma ennour'en sin egeren d oiiid en idhen r'ef oui
d innour'en ad' efken cl khet'ia nef ma emmeglan
ad" efken khamsa khamsa thirialin
22° Ouin ioumi iouli ouid'i in es r'ef elk'armoud' g
oukhkham n elr'er our isekiiser ouara n elk'ar-
moud' bab g oukhkham ad' as iâlem i bab g ouid'i
ma ih'akem ith iouk'k'em ma oulach ma ik'k'el ed
abrid' enni idhen ouissin a th iner'
23° Ouin ioumi ikechmen iouzadh is fer IhibaKirlh n
elr'er ad' iaf d'eg s el r'ourm bab en tebeh'iflh
azal g ouain ias isekhsercn
24° Amezloudh ma ikhed'em kera n eddàoua ad'iferem
fell as ouin ith ized'efen ma illa eddâoua eg oulach
thakhesarth am eddâoua n el h'abs imar en ad'
ih'açel netsa
Nef eddâoua n cl mouth nef eddjerah' ad' ik'k'el
ettsar zeg s
2ô° Ouin illan izd'ef d'eg kera en taddarth almi ik'k'el
— 329 —
iggoudj r'er thaddarth enni idhen our itsrouh' ouata
alemma ifka acheva thirialin i thaddarth is
i6'o Oïdn ibran i themet't'outh is ik'k'el irra ts bi fir
elfethoua n eWadhi ad' iefk âchera thirialin d'
elkheVia i thedjemaâlh
57» Ouin irgcmen amek'Keran ner' et't'amen ad' iefk
khamsa thirialin d' elkhet'ia
2So Ouin our de nlah' ik' ouara i ouberrah' ouis thlethaad'
iefk tharialt
29o Ouin ifaben our ichaour ouara amek'k'eran ad' iefk
khamsa thirialin d' elkhet'ia
30o Thamel'Vouth ma thouker am netsath dm ergaz
31° Ouin ifkan et ârdh en thaddarth is fer barra ad' iefk
khamsin en trialin d'elkhet'ia
32o Ouin ikman echchad'a (^' s nef ik'k'el d'eg s ad' iefk
khamsin d'elkhet'ia
33° Ouin iâddan d'eg oubrid' our nelli d'aneçli ad' iefk
tharialt ma idhor
34o Ouin ifkan illi s ad' ietch d'eg s themenia ou khamsin
en trialin bi fir echcherout'
Ma iâdda thilisth ad' iefk àchera thirialin d'
elkhet'ia i thedjemaâlh
S.j" Ouin igeran fef el meçlah' n elkhed'ma en tedjemaâth
ad' iefk arbàa thirialin d' elkhet'ia
36'^ Ouin ikhed'men eddjour fef enni idhen ad' iefk
âchera thirialin d' elkhet'ia
37o Ouin itsazen d'eg thilisth nef ithâdda fer ouagla n
(1) Echchad'a. la déposition, le témoignage ; altération de l'arabe
— ÙOU —
cirer is ad' iefk ûcJiera Ihirialin d' elkhcVia i
thedjeniaâth ad' irnou ad' ik'k'el fefel h'add is ad'
ierr ain igoui ma mazel d'eg oufouss is ma oulach
ad" ikhcscr azal is
38o Ouin iserr'en i ouaicdh akhkJiam nef thazemmourth
lier' thajenant <*^ nef thanek'elets ad' iefk d'eg
oukhkham miia therialin khamsin i thedjemaàth
khamsin i bah g oukhkham anima thanek'elets nef
thazemmourth nef thajenant ad' iferem azal is
i bab is ad' irnou acheva thirialin d' elkhct'ia i
thedjemaàth
30o Ouin ioumi immouth ouzger nef thafounasth nef
thikhsi ilzem thedjemaàth a th aouind' clh'amegga (-'
akka ai thella el âda
40° Ouin izenzen akhkham nef thaferka nef iger nef
thibah'irth ad' imel i ouathma s nef i ouid'cn ith
ik'erben nef i icheriken is nef i ait taddarlh is
ma izenz i ail taddarlh enni idhen ma bfan ad'
chafàn ad' erren id'rhnen i ouin ioufen d'i thletha
oussan
41° Ouin irebboun el h'ak' n elfer is nef ichched' s
ethedjâll nef imah' fef h'ad d'cg ikheçimen ad' iefk
âchera thirialin
42° Benâm fef aiedh our itsendjaz ouara d'eg ial el
amer illan tsâd'aouth gar asen
43"^ Ma menakaren fef kera ad' mesgillen fef ain
enni
(1) Thajenant désigne ici une vigne. C'est le mot arabe ^jl ^ =>. ,
jardin, détourné de sa signitication.
(2) EUi'ameijf/a est le mot arabe <*^,^.,^' , nui signilie protection,
secours donné à des associés ou à des clients.
I
— 331 —
TRADUCTION LIBRE
Ceci est le règlement en usage au village de Thaslenl,
depuis les temps anciens jusqu'à présent :
1° Celui qui volera dans une maison, pendant la
nuit, paiera, si le fait est prouvé, 50 réaux '*'
d'amende à la Djemaà, et 50 de dommages-
intérêts au maître de la maison. De plus, il res-
tituera l'objet volé, s'il est encore en sa posses-
sion, ou en remboursera la valeur ^-K
2'' Celui qui volera dans un jardin potager paiera,
si le fait est prouvé, 25 réaux d'amende à la
Djemaâ et 25 de dommages-intérêts au proprié-
taire du jardin. De plus, il donnera à ce dernier
le prix de ce qu'il aura volé.
3° Celui qui tirera un coup de fusil sur un autre
paiera 100 réaux d'amende à la Djemaà, s'il n'y
a pas eu blessure. S'il y a eu blessure, il sera
passible du talion. Toutefois, si le blessé consent
à renoncer à la vengeance, il reçoit le prix de
son sang, tel qu'il est fixé par le k'adhi.
4° Si un individu se rend coupable de meurtre, la tribu
s'empare de tous ses biens, même de ses droits
(1) Le réal vaut 2 fr. 50 c.
(2) Chez les Béni Mellikech, si un individu est surpris volant, la
nuit, dans une maison, tous ses biens deviennent la propriété du
maître de la maison où il a voulu voler. Celui-ci porte plainte à la
Djemaâ et dit : thoura nek ai d' baba s, maintenant, c'est moi qui suis
son père, c'est-à-dire : j'ai sur lui les droits d'un père sur ses enfants,
je puis disposer de ce qui lui appartient. . •
— 332 —
à l'eau. De plus, il est mis à mort, ou paie le prix
du sang, si les parents de la victime y consentent'^'.
5" Celui qui frappera avec un sabre ou une hachette
paiera 50 réaux d'amende à la Djemaâ, s'il n'y a
pas eu blessure. S'il y a eu blessure, il sera passible
de la peine du talion. Toutefois, si le blessé con-
sentait à renoncer à la vengeance, il recevrait le
prix de son sang, tel qu'il serait fixé par le k'adhi.
6" Celui qui menacera, sans frapper, avec un sabre
ou une hachette, paiera 8 réaux.
7° Celui qui frappera avec un bâton ou une pierre paiera
5 réaux d'amende à la Djemaâ. Celui qui aura été
frappé aura droit à la vengeance, ou, s'il y con-
sent, au prix de la blessure. Dans le cas oii il n'y
a pas eu blessure, il n'est pas dû d'indemnité.
8° Celui qui menacera, sans frapper, avec un bâton ou
une pierre, paiera un réal d'amende à la Djemaâ.
9^* Si une femme appelle au secours pour sauver son
honneur (tentative de viol), et qu'il en soit fait
rapport à la Djemaâ, le coupable paie 50 réaux
d'amende pour thimecheret' '^'. De plus, la Djemaâ
casse les tuiles de sa maison.
(1) Il est rare, chez les Kabyles, que la dia, ou prix du sang, soit
acceptée. Généralement, le meurtrier est obligé de prendre la fuite,
pour se soustraire à la vengeance qu'il n'évite pas toujours.
(2) Thimecheret' signifie distribution, partage. C'est l'équivalent du
mot arabe iJVAij^'. Dans le cas dont il s'agit, l'amende est employée
à l'achat d'un bœuf, de moutons ou de chèvres, dont la viande est
partagée entre tous les habitants du village.
Le cas d'adultère n'est pas prévu, parce que le mari oiïensé se fait
ordinairement justice lui-même. Chez les Zouaoua, l'homme et la
femme coupables d'adultère sont mis à mort, et si le mSri offensé ne
se fait pas justice, il est frappé d'amende par la Djemaâ. . .
— 333 —
Si la Djemaà n'a pas été saisie de l'affaire, il
n'y a pas lieu à amende,
10" Celui qui volera, pendant la nuit, des claies ''* ou
de la paille à une meule, paiera des dommages-
intérêts au propriétaire, si le fait est prouvé. De
plus, il remboursera la valeur de ce qu'il aura
pris. S'il y a eu plainte à la Djemaâ et au chef,
il paiera en sus 20 réaux d'amende. S'il n'y a
pas eu de plainte, il n'y a pas lieu à amende.
11° Celui qui sera surpris par un propriétaire volant
(sur l'arbre) des figues, des olives, des grenades,
des raisins ou des doukkar (-', paiera au proprié-
taire les dommages-intérêts que ce dernier lui de-
mandera. Il paiera en sus 10 réaux d'amende à
la Djemaà. S'il n'y a pas eu de plainte portée au
chef, il n'y a pas d'amende.
12° Celui qui se disputera avec une femme paiera 50
réaux d'amende à la Djemaâ, que la femme soit
ou non l'agresseur. Toutefois, si c'est la femme
qui a commencé la querelle, son mari paiera
l'amende, qui sera fixée par le chef.
13° Celui qui fera paître dans les achthal paiera 2
réaux d'amende, mais seulement s'il est surpris
par le chef ou le t'amen. Si c'est le propriétaire
qui le surprend, il n'y aura lieu qu'à des dom-
mages-intérêts. Sont réputés achthal : les olives,
(1) Claies en roseaux ou en osier pour faire sécher les figues.
(2) Doukkar, fruits du capritiguier que l'on suspend aux figuiers
pour faciliter et hâter la maturation de^ figues. La caprification est
pratiquée généralement, et depuis un temps immém.orial, en Kabylie.
Le mot douhkar est arabe.
— 334 —
les figues, les jardins potagers, les champs, les
meules de paille, les glands doux et les frênes (".
14° Celui qui transgressera les défenses du chef paiera
2 réaux d'amende, à moins qu'il ne soit auto-
risé par le chef ou le t'amen. (Ceci ne s'applique
que pour ses propriétés, et non celles d'autrui '-^)
13° Celui qui n'est pas présent au lieu de réunion de
la Djemaâ, paie 2 réaux d'amende.
Celui qui n'arrive pas à l'appel paie un quart de
réal, à moins qu'il ne soit autorisé par le chef
ou le t'amen.
16° Si deux, trois ou quatre individus se battent, ils
paient chacun un demi-réal d'amende.
A la première récidive, ils paient un réal.
A la deuxième, un douro.
A la troisième, deux douros.
(Ceci ne s'applique qu'au cas où il n'y aurait pas eu
défense de la part du chef. S'il y a eu défense, ils
paient l'amende fixée par le chef.)
17° Celui qui coupera un arbre en remboursera la
valeur au propriétaire. Le montant de la somme
sera fixé par les notables.
18° Celui qui commettra le vol appelé thaseglouth
paiera au propriétaire 25 réaux de dommages-
intérêts. Si ce dernier porte plainte au chef, il y
aura une amende de 50 réaux, quand même
(1) Les Kabyles récoltent avec soin les feuilles des frênes pour la
nourriture des bestiaux.
(2) Cet article est surtout relatif aux défenses de commencer les
récoltes d'olives et autres avant l'époque fixée par la Djemaâ. La
propriété est tellement morcelée chez les Kabyles, que ces défenses,
analogues à notre ban de vendange, sont nécessaires pour éviter les
discussions.
— 335 —
Dieu aurait voulu que la thaseglouth '■' ne fût qu'une
poule. Le coupable remboursera de plus le prix
de l'objet volé.
19° Celui qui dévalisera les voyageurs paiera 50 réaux
d'amende.
20° Celui qui volera sur le marché paiera 100 réaux
d'amende : 50 au profit de la tribu, 50 au profit
de son village. De plus, il restituera ce qu'il a
volé, ou la valeur.
21° Si deux individus se battent et que d'autres pren-
nent parti pour les combattants, ils paieront
l'amende.
Si plusieurs se réunissent contre un seul, ils paie-
ront chacun 5 réaux d'amende.
22° Celui dont le chien montera sur les tuiles d'une
maison, sans toutefois commettre de dégâts, sera
prévenu, par le maître de la maison, d'avoir à
retenir son chien. S'il le fait, il n'y a rien à
dire, mais si le chien revient une seconde fois, le
maître de la maison le tuera.
23° Celui dont les poules entreront dans le potager
d'autrui, aura à payer au propriétaire la valeur
du dégât commis.
(1) Thaseglouth. Chez les Illoulen et quelques tribus voisines, le
vol d'un animal, pour le manger en cachette, constitue la thaseglouth.
On donne le même nom à l'animal volé. Si cet animal était vendu, ce
fierait un vol ordinaire, appelé thouken/ha.
Chez les Zouaoua, il va thaseglouth, même lorsque l'animal appar-
tient à celui qui le mange sans en avoir fait la déclaration au chef. On
exige cette déclaration afin que les femmes enceintes et les malades
puissent avoir de la viande, s'ils en désirent.
~ 336 —
iï'^ Si un homme insolvable commet un délit, celui
chez lequel il habite est pécuniairement respon-
sable.
Si la faute ne peut se racheter par de l'argent et
entraîne la prison, par exemple, elle est expiée
par son auteur. Il est de même passible du talion,
si c'est un cas de mort ou de blessure.
25" Celui qui habite dans un village ne peut le quitter
pour aller demeurer dans un autre, avant d'avoir
payé 10 réaux à son village.
26*^ Celui qui, après avoir répudié sa femme, la reprend
sans avoir eu la dispense du k'adhi, paie 10 réaux
d'amende à la Djemaâ.
27° Celui qui insulte le chef ou le t'amen paie o réaux
d'amende.
28° Celui qui n'arrive pas au troisième appel du crieur
public paie un réal d'amende.
29" Celui qui s'absente sans prévenir le chef paie 5 réaux
d'amende.
30° La femme qui vole est passible des mêmes peines
qu'un homme.
31° Celui qui livre l'honneur du village à l'étranger <*'
paie 50 réaux d'amende.
32° Celui qui refuse de témoigner, ou qui revient sur
sa déposition, paie 50 réaux d'amende.
33° Celui qui passe dans un chemin non frayé paie
un réal, s'il a commis du dégât.
(1) Celui qui reçoit de l'argent, par exemple, pour tuer un homme
réfugié dans le village, ou qui prévient l'ennemi des projets de ses
concitoyens.
— 337 —
34° Celui (|ui donne sa fille en mariage reçoit (du
gendre) 58 réaux au maximum, sans préjudice
des conditions '''. S'il dépasse cette limite, il paie
10 réaux d'amende à la Djemaâ.
33° Celui qui néglige de prendre part aux travaux
d'utilité publique paie 4 réaux d'amende.
36° Celui qui commettra un acte d'oppression envers
autrui paiera 10 réaux d'amende.
37° Celui qui empiétera sur les limites de son voisin,
ou passera sur sa propriété, paiera 10 réaux
d'amende à la Djemaà. De plus, il rentrera dans
ses limites et restituera ce qu'il a pris, ou en
remboursera la valeur.
38° Celui qui mettra le feu à une maison, à un olivier,
à une vigne ou un figuier, paiera, savoir :
Pour une maison, 100 réaux, dont 30 au profit de
la Djemaâ et 30 au profit du propriétaire ;
Pour un figuier, un olivier ou une vigne, il en
remboursera la valeur au propriétaire et paiera, en
sus, 10 réaux d'amende à la Djemaâ.
39° Celui à qui il meurt un bœuf, une vache ou
une brebis, a le droit de forcer la Djemaâ à en
acheter la chair ^-', à titre de secours. Ainsi le veut
l'usage.
40° Celui qui vend une maison, un verger, un champ
ou un jardin potager, doit en donner avis à ses
(1) Les coQditions, echrherout', comprennent les cadeaux ou provi-
sions en nature. Les bijoux forment la dot.
(2) Le chef fixe la quantité de viande que chacun doit acheter.
i)9
— 3â8 —
frères, à ses proches, à ses associés et aux gens
du village, s'il vend à des individus d'un autre
village. S'ils veulent prendre le marché et se sub-
stituer à l'acquéreur, ils doivent rendre l'argent à
ce dernier dans le délai de trois jours.
41° Celui qui cache la vérité au préjudice d'autrui,
qui vend son témoignage ou prend parti pour
un plaideur, paie 10 réaux d'amende.
42" N'est pas valable, dans la cause d'un individu, la
déposition d'un homme connu pour être son
ennemi.
V.]° Si des plaideurs nient dans une cause, et qu'on
ne puisse arriver à la connaissance de la vérité,
le serment est déféré **^
FIN DE L ESSAI DE GRAMMAIRE KABYLE
(1) Le serment n'est pas déféré aux parties, mais bien à sept per-
sonnes de la famille de chacun des plaideurs.
NOTES
NOTE N" 1
SUR LA LANGUE PARLÉE DANS l'OASIS DE SYOUAH
Les habitants de l'oasis de Syouah, connue des anciens sous le nom
de Jupiter Ammon, appartiennent évidemment à la race berbère.
(Juand on connaît cette race, il suffirait, pour s'en convaincre, de lire
la relation du voyage de M. Cailliaud à Syouah, en 1819. Lorsqu'il
raconte ses démêlés avec les assemblées populaires de cette oasis, on
se croirait en présence d'une djemaà kabyle ; mêmes instincts démo-
cratiques, même défiance à l'égard des étrangers, mêmes usages,
mêmes lois. Comme chez les Touareg, le meurtrier est livré à la
famille de la victime qui le fait périr dans les tourments, ou lui fait
racheter la vie à prix d'argent. Mais l'ouvrage de M. Cailliaud (1)
nous fournit une preuve plus concluante encore, dans le vocabulaire
placé à la fin du 1" volume et renfermant environ 470 noms ou verbes
du langage parlé par ce peuple. Les mots de ce vocabulaire, qui ne
sont pas arabes, appartiennent à la langue berbère ; et bien qu'ils
aient été, en général, mal compris et inexactement transcrits, il est
facile d'en reconnaître un grand nombre.
La proportion des mots arabes est, suivant toute vraisemblance, plus
forte qu'elle ne devrait l'être, car, d'après M. Drovetti, consul général
de France à Alexandrie à l'époque du voyage de M. Cailliaud, les
habitants de Syouah, en parlant aux étrangers, mêlent à leur langage
beaucoup plus d'expressions arabes que lorsqu'ils conversent entre
eux. Une note de l'auteur nous fait aussi connaître qu'ils placent,
comme les Kabyles, devant les mots empruntés à l'arabe, la syllabe
te ou t, servant, comme on sait, à former le féminin en berber.
Nous donnons ici, en regard des mots cités par M. Cailliaud, leurs
équivalents dans les dialectes berbers que nous connaissons.
(1) Voyage à Méroé, au fleuve Blanc, â Syouah et dans cinq autres oasis, par
M. Frédéric C.villiaid, de Nantes. {Paris, 182G.)
— 340
LANGUE
FRANÇAIS
de Syouah.
d'après
M. CAILLIAUD
DIVERS DIALECTES BERBERS
Abeille.
eisanne.
i::an, mouches (dans tous les dialectes) ;
isan en tament, mouches à miel
(Touareg).
Aboyer.
agourzini.
Probablement ak'sin i, mon chien ;
ah'zin, chien iChaouia, Béni Menacer).
Accoucher.
kateiro.
terou, elle est accouchée (Touareg). La
syllabe initiale ha appartient, sans
doute, à un mot précédent que
M. Cailliaud n'a pas compris.
Affamé.
lauza.
las, faim (dans tous les dialectes);
amellota, affamé (Touareg, Kabyles).
Aiguille.
quesgueiielte
thisofjnich (Kab.), tisedjneft (Touareg).
Allumer.
sorguette.
serr' et, fais-le brûler (Touar.); serr'
et h (Kab.).
Attacher.
akan.
ak'k'en (Touareg, Kabyles).
Avaler.
gaeitch.
etch, manger (Kab.).
Balayer.
alïrâte.
efredh, balayer (Touar., Kab.).
Barbe.
temeurte.
tainart, barbe (Touar.) ; thamarth {Kah.)
i
Blanc.
amellale.
amellal, blanc (Kab.).
Blé.
jardenne.
irdeii (tous les dialectes).
Bœuf.
fonasse.
afoiinas, bœuf (Chaouia, Béni Mzab).
Boire.
gatte-amenne
Le dernier mot est aman, eaux.
Bois.
sgarne.
isr'aren (Touareg, Ivabyles).
Bourrique.
eyzelte-mou.
ejed/i, echedli , âne (Touareg); a:ulh
(R'edames).
Cadenas.
tneuste.
tanast, clef (Touareg).
Cendre.
eiguette.
ochedh (R'edames) ; ir'ed' (Touar.,
Kab.).
Cerveau.
einire.
inir, front (Touareg, Kabyles).
j Chaleur.
l'ainmou.
a/unou, être chaud. Emprunté à l'arabe
par les Kabyles.
1 Chameau.
elgomrae.
alr'oum, chameau (Kabyles).
Cheval.
tegmeurte.
thai/niart/i, jument (Kabyles) ; ar/mar,
cheval (Chaouia).
Chèvre.
!
tagaté.
tar'at', 'chèvre (Touar.); thar'at {Kah.).
û4l — •-
LANGUE
FRANÇAIS
de Syouali,
d'après
M, CAILLIAUD
DIVERS DIALECTES BERBERS
Chien.
argo/ini.
Probablement ah'zin i, mon chien (voir
aboyer).
Ciseau.
temitaze.
tamedest, ciseau (R'edames) ; ti médias
(Touareg).
Clef.
teneste.
taiiast, clef (Touareg).
Corne.
techaounne.
ic/ic/iaoun, cornes (Kabyles).
Coucher.
gattassa.
et't'es. dormir (Touareg, Kabyles).
Coudre.
azouman.
cami. coudre (Touareg) ; azman, ils
ont cousu.
Couper.
docteman.
Probablement ad ogdemen, ils coupe- 1
ront (Touareg).
Crapaud.
agerau.
igrou, grenouille (Touareg).
Cuir.
elleiinme.
elem. cuir, peau (Touareg).
Cuiller.
temalecte.
tainoulet, cuiller à pot (Touareg).
Cuisse.
tagoment.
tar'ma , cuisse ( Touar. ) ; thar'ma
(Kab.).
Datte.
tenna.
teini, dattes (collectif) (Touareg).
Dents (les 2
togmasse.
tour'mas (Touareg) ; thouf'mas (Kab.).
grosses).
Doigt.
taudain.
idiioudhan, les doigts (Touar., Kab.).
Eau.
amanne.
aman (tous les dialectes).
Étoile.
eirie.
ii-i, étoile (R'edames) ; itri (Touareg) ;
ithri (Kabyles).
Farine.
arenne.
arcn, farine (Béni Menacer) ; aouren
(Kabyles) ; aceren (R'edames).
Feu.
temsa.
timsi, feu (Touareg) ; t/nmes (Kabyles).
Fèves.
elouaoune.
ibaoun, fèves (Zouaoua). Changement
de ou en h.
Figure.
admi.
oud'em, figure (Kab.); oudem (Touar.);
oudem. i, ma figure.
Foie.
tsat.
ti'sa, foie (Touareg) ; thasa (Kabyles).
Fondre.
essai.
ej'sai, fondre (Kabyles).
Fontaine.
teutte.
tit', fontaine et œil (Touareg).
Froment.
eirdenne.
irden (tous les dialectes). Les Kabyles
prononcent ird'en.
1
— 342
LANGUE
FRANÇAIS
de Syouah,
d'après
M. CAILLIAUD
DIVERS DIALECTES BERBERS
?'ront.
einire.
//(("/• (Kabyles).
Genou.
foude.
afoud (To\iai\, Kah.): fond iR'edamesj.
Glace.
tesseute.
iésit, glace, miroir (Touareg).
Homme.
oggué.
aougid , homme ( Zenatia ) ; aoudjid ,
(R'edames).
i .ïambe.
tarre.
adhar, pied, jambe (Touareg, Kabyles).
Laine.
doufte.
tadouft (Touar.); thadoufth (Kab.i. !
Lait.
acki.
aUh (Touareg) ; ar'i, lait aigre ( Béni
Menacer) ; aifld (Kabyles). .
Langue.
ellesse.
des (Touareg, Kabyles). ;
Lièvre.
terzazle.
thairsist (Béni Menacer) ; t/iad/ei-;est
(R'edames).
Lune.
tazerie.
tazii-i, lune (R'edames) ; thasiri, clair
de lune (Béni Menacer) ; thiîlri, clair
de lune (Zouaoua).
Mamelle.
effeufe.
efif, mamelle (Touareg).
Manche.
anfousse.
Composé de fii , de , et de afou.<s ,
maiti.
Manger.
ga âtchia.
De ctr/i, manger i Kabyles).
1 Meule.
tasserte.
tha.<irtli (Kabyles).
Milieu.
gamma.s.
animas, milieu (Touareg, Kabyl-r^i.
Miroir.
tessette.
ù'sit (Touareg).
Montagne.
drarenue.
idi-aren, pluriel de adrar, montagne
(Touareg, Kabyles).
Monter.
teouni.
Nom d'action de eoun, monter (Touar.).
Mort.
iy-moute.
imrnout, il est mort (Touareg) ; iinmoutk
(Kabyles).
Mouche.
isanne.
iz-an, pluriel de ('--/, mouche (Touareg,
Kabyles 1.
.Moudre.
gat'ezolte.
Probablement /'/a teiet\ il fait la mou-
ture (Touareg).
Moulin.
tasserte.
thasirth, moulin et meule (Kabyles).
Moustache.
temertre.
tainart, barbe (Touareg).
Nègre.
azotatTe.
De siittef, être noir (Touareg).
Nez.
tinzerte.
tansart, nez (Touar.) ; thanzcrth (Kab.).
343 -
LANGUE
FRANÇAIS
de Syouah,
d'après
M. CAILLIAUD
DIVERS DIALECTES BERBERS
Noir.
azetalïe.
De setU'f, être noir (Touareg).
Nombril.
temete.
témit, nombril (Touareg).
Nuit.
déguiate.
Probablement d'eg idh, pendant la nuit j
(Kabyles), ou der' ehadh, pendant la
nuit (Touareg).
OEil «les yeux 1
taouenne.
tit't'aouin, les yeux (Touareg) ; that'-
t'iouin (Kabyles).
Ongle.
tcliarence.
ichchareii, ongles, pluriel de acliohar \
(Touareg, Kabyles).
; Oreille.
tamezzoct.
tameisour't (Touareg) ; thamezz-our't
(Kabyles).
Orge.
temzen.
tiin^in (Touareg, R'edames) ; thim;in
(Kabyles).
Os.
eagas.
ir'i's (Touareg, Kabyles).
Paille.
loume.
aloum, alcm (Touareg) ; oulem (R'eda-
mes) ; alim (Kabyles).
Partager.
ettotïe.
Probablement et'Vef, saisir.
Pied.
tarre.
adhar (tous les dialectes).
Pierre.
adâar.
adr'ar' (Kabyles).
Pigeon.
abbederain.
idlibirun. pluriel de ididtir (Touareg) ;
dahlren (R'edames).
Pipe.
teletclienne
tahikkint en taha, marmite à tabac
ta ban.
(Touareg).
Pleuvoir.
andzar.
aiuar, pluie (Maroc).
Poule.
tiazeute.
taiaziV (Touareg) ; thaiasit' (Kabyles).
Puits.
aneau.
anou (Touareg).
Rat.
eguerdeune.
ir'erd'ain, plur. de ar'crd'a (Kabyles;.
Rire.
tedsi.
Nom d'action de edha, rire (Touareg).
Roseau.
taneimme.
tar'aniint (Kabyles).
Rouge.
azogâ.
asouggar' (Kabyles).
Sabre.
aouesse.
tacest, petit sabre, diminutif de aces,
ou aoucs (R'edames).
Sang.
edammene.
id'ammen (Kabyles).
Sauter.
kerre.
Probablement ekkor, se lever (Kab.).
Sein.
effefm.
ifefan, les seins, plur. de efef (Touav.).
— 344
LANGUE
FRANÇAIS
1
de Syouah.
d'après
M. CAILLIATD
DIVERS DIALECTES BERBERS
Sel.
tes.siate.
tisemt, sel (Touar.) ; t/u'scmth (Kab.).
Semelle (ciiir)
ellem.
elem. cuir, peau (Touareg). '
Six.
sétet.
sedis (Touareg, Béni Mzab).
Sœur.
oltemin.
oultema (Touareg, Kabyles). '
Soleil.
tfote.
tajbukt, soleil (Touareg) ; toufot, soleil '.
(R'edames) : thafoukth, lumière du
soleil (Kabyles).
Source.
totte.
tW. source et œil (Touareg). On dit :
tW n aman, source d'eau.
Tête.
acfie.
«/•'e/" (Kabyles, Touareg).
Tomber.
jotat.
iotuUia, il est tombé (Touareg).
Vaclie.
taoneste oti
tfounest.
thafounasth (Kab.): tafounast {Chcunùa]}
Veau.
founest.
afounas, bceuf iChaouia, Béni Mzabi.
Yeux.
taouenne.
t'il't'aouin. yeux iTouareg).
NOTE N" 2
SUR LES VARIANTES DE PRONONCIATION DANS LES DIVERS
DIALECTES BERBERS
Nous avons indiqué, au commencement de cet ouvrage (pages 6 et
suivantes), quelques permutations de sons que l'on rencontre dans le
langage des Zouaoua et des tribus kabyles voisines. Mais, si l'on
compare entre eux les divers dialectes berbers, le nombre des sons qui
se substituent les uns aux autres augmente dans une proportion
considérable. La connaissance de ces permutations facilitant beaucoup
l'étude des dialectes berbersj nous en donnons ici quelques exemples.
— 345 —
A DEVIK.NT I KT OL"
Exemples :
ai/ijiina. ac/ienna, ciel, pluie (Touareg) : ajenna, ciel (R'edanics) :
igenni, ciel (Zouaoua).
ai/elinam. mare d'eau, étang (Touaregi ; a;jelmin (Zouaoua).
nr'ill. bras (Touareg) ; ir'iU (Zouaoua).
«/•'/, lait aigre (Béni Menacer); ir'i (Zouaoua).
aklan, nègres (Zouaoua) ; iklan (Touareg).
asli, fiancé (Touareg, R'edames) ; isU (Zouaoua).
ai<s a. aujourd'hui (Zouaoua) ; «*••? ou (Béni Menaçeri.
ht'ra, il a vu (Zouaoua) : i:;eroH (Béni Menacer).
id/u'sa, il a ri (Zouaoua) : idhesou (Béni Menacer).
Engénéi-al, les verbes dont nous avons parlé page 107, qui, chez les
Zouaoua, prennent à l'aoriste le son A à la suite du radical, changent ce
son en OU chez les Béni Menacer, et quelquefois aussi chez les Béni Mzab.
I SE CHANGE EX A, OU, G, DJ
On vient de voir des exemples de I changé en A.
ak'sin, chien (Béni Menacer); ak'joun (Zouaoua).
tillemin, toullemin, chamelles (Touareg).
^fîll, foull, fell, sur (Touareg).
tir' mas, dents molaires (Béni Menacer); thour'mas (Zouaoua).
ari, écris (Touareg) ; arou (Zouaoua).
itouari, il a été écrit (Touareg, Béni Menacer) ; itsouarou (Zouaoua).
ourthi, verger (Zouaoua) ; owthou (Béni Menacer).
agougli, agouglou, fromage (Zouaoua).
alour, mois (Touareg, Béni Mzab) ; aggour (Zouaoua).
ariaz, homme (Béni Menacer) ; argas (Zouaoua).
aloujil, orphelin (Béni Menacer) ; agoujil (Zouaoua).
alla, propriété (Zouaoua) ; agla (Illoulen).
iien, un (Touareg) ; iggt^n (Béni Mzab).
amr'ar il Jlissen, le chef des Flissa (Bougie) ; amr'ar g ijlissen
(Zouaoua).
En général, lorsque deux sons I se suivent, les Zouaoua en changent un
en G. — Voir page 9.
- 346 —
rt/voî, homme (Béni Menacer) ; ardjas (Béni Mzab).
thair<ist, lièvre (Béni Menacer) ; t/mdjer:-est (R'edames)
OU SE CHANGE EN A, I^ B, G, V
(Voir ci-dessus les changements de OU en A et I)
tfiouourth, porte (Bougie); touourt (Béni Mzab); thabhourth
(Zouaoua): f/uT^f/oa/'^/i (Illoulen).
iououi; il a porté (Bougie) : iboui (Zouaoua) : irjotii (Illoulen).
iouout', il est arrivé (Bougie) ; ihbodh (Zouaoua) : iyf/odh (Illoulen).
OK ou/-ya5, de l'homme iBougie); h ourga; {Zoimoua) : u ourgai
(Illoulen).
En général, lorsque deux sons OU se rencontrent, l'un d'eux, et quel-
quefois tous les deux, se changent en B chez les Zouaoua, et en Gchez
les Illoulen, les Béni Abbès et dans la partie supérieure de l'Oued Sahel.
— Voir page 9.
aoti, a(j, tils (Touaregs.
aowen, farine (Zouaoua); aceren (R'edames).
B SE CH.VNOE EN F, Z, V
aimbd'ou, été (Zouaoua) ; anefdou (R'edames).
inebgi, hôte (Zouaoua) ; anefji (R'edames).
asioug, humidité, pour abiouçi (Zouaoua).
traabat, bague (Touaregi : tadeccot (R'edames).
D SE CHANGE EN D', DH, G, L, Z, J, TH
L'emploi du D' ou 3 arabe paraît restreint à quelques dialectes. Il est
remplacé dans les autres par le D ordinaire ou > arabe. L'alphabet des
Touareg n'a pas de signe pour le représenter.
Nous avons vu, pages7et8, que le D' placé devant un TH ou un .\
prenait le son du T ou de l'.N. Mais ce sont plutôt des changements
de son par assimilation que par permutation.
Le DH afïixe qui, chez les Zouaoua, caractérise la seconde personne du
singulier dans la conjugaison du verbe, est toujours changé en D chez
les Béni Mzab et les Touareg.
— 347 —
Exemples :
atergcbed, tu verras (Béni Mzab).
ateggecbed, tu entreras (Touareg).
tenr'id, tu as tué (Béni Mzab, Touaregi: t/ienr'idh (Zouaoual.
atek/ed, tu donneras (Touareg) ; atej'kedh iZouaouai.
Voici quelques exemples de D changé en G, L, Z, J, TII, T :
adoujil, orphelin iR'edamesi; agoujil (Zouaoual.
fldi. ouvrir (Bougiei; tdli (Zouaouai.
ajfddid', roi (Rif marocain); agclUd' (Kabyles).
idda, il était (Rif marocain) ; illa (Kabyles).
ameddar, blanc (Rif marocain); amellal (Zouaoua).
ebdeg, être mouillé (Touareg) ; ebzeg (Zouaoua).
cgdem, couper (Touareg du Sud): cgseni i Zouaoua).
tadeccof, bague (R'edamcs): tazabat iTouareg).
agedidh, oiseau (Touareg du Nord); agajidh (Touareg du Sud.
adbir, pigeon (Touareg, R'edames) ; ithbir (Zouaoua).
ioudef, il entra (Béni Menacer) ; ioutef (Béni Mzab).
DH ET T'
On a pu remarquer, dans cet ouvrage, de nombreux exemples de
permutation de ces deux sons. A Bougie et, en général, dans la vallée
de l'Oued Sahel, on emploie le T' là où les Zouaoua se servent
ordinairement du DH. Dans les mots empruntés à l'arabe et qui
renferment un Jp. cette lettre est toujours changée en i>.
Exemples :
idh. nuit (Zouaoua) ; il' iBougiei.
atefkedh, tu donneras (Zouaouai: atM-Jkt't' (Bougie*.
ihbodb, il est arrivé (Zouaouai; iouont' (Bougiei.
idhesa. il a ri (Zouaoua): it'csa (Bougie).
amoudhin. malade iZouaouai; amout'in (Bougie).
Ht't'ia, lumière (LsDl) pour edlidliia {\^^Ja^\].
et' l'amen, caution ( -^UxJl) pour ed/ulhamen (^^wol^\).
On vient de voir que les Béni Mzab et les Touareg employaient le D
au lieu de DH, pour caractériser la 2'' personne du singulier du verbe.
T, TH, TS, TCH
Le TH paraît être particulier à quelques dialectes. On ne le retrouve,
— 348 —
ni cliez les Touareg, ni chez les Béni Mzab, ni même chez les Kabyles à
l'est de l'Oued Sahel. Tous ces peuples le remplacent par le T ordinaire.
Le TS est également inconnu des Touareg et des Béni Mzab. Ainsi,
les formes dérivées du verbe qui, chez les Zouaoua, sont caractérisées
par TH, TS, TSOU préfixes, prennent pour signes, chez les Touareg,
T et TOU.
Exemples :
tasem. être jaloux habituellement (Touareg); tsaseiu (Zouaoua).
ter'im, être assis habituellement (Touareg): tser'irn (Zouaoua).
tari, écrire habituellement (Touareg); tsarou (Zouaoua).
tet't'ef, saisir habituellement (Touareg); iAeï'f'e/" i Zouaoua).
tejfe:;, mâcher habituellement (Touareg); thefj'es (Zouaoua).
itouaker, il a été volé (Touareg); itsouaker (Zouaoua}.
itouak'k'en, il a été lié (Touareg): itsotiak'k'en fZouaouai.
Nous avons dit, page 11, que le TH est remplacé par TS chez beau-
coup de tribus kabyles. Il en est de même du T. En voici des exemples :
atar', elle prendra (Zouaoua) ; atsar' (Illoulen et, en général,
dans l'Oued Sahel).
atinldJi, tu diras (Zouaoua); atsinidh (Oued Sahel).
effer'ent, elles sont sorties (Zouaoua); effer'ents (Oued Sahel).
thar'animth, roseau (Zouaoua); thar'animts (Oued Sahel).
Quelques peuplades de Touareg du Sud remplacent le son du T
par TCH, et disent par exemple :
tchodhedhin pour tidliidhin. femmes.
tcliimimoun pour timimoun. nom de ville du Gourara.
tchinbouctou pour tinbouctou, nom de ville.
CH PERMUTE AVEC Z, H, J, K, G, S, F, R'
ergech, ergez, marcher (Touareg).
achger, bœuf (Touareg); azger (Kabyles, Touareg).
ichenga, ennemis (Touareg du Nord); izenga (Touareg du Sud).
achchel, aszel, ahel, courir (Touareg).
chound, Sound, hound, comme (Touareg).
echbeg, eibeg, chebeg, bracelet (Touareg).
c/dk, sik, hik, vite, bientôt (Touareg).
arnacher', amazir', amajer', homme des Touareg (Touareg).
tar'chamt, tar'ahamt, tar'ejamt, maison (Touareg).
nech, moi (Béni Mzab, Zenatia); nck (Zouaoua, Touareg).
cliçtch, toi (Béni Mzab): ketch (Zouaoua).
— 349 —
achefai, lait (Béni Menacer); a/co/at ffouareg).
ac/tcher, ongle (Béni Menacera, acIiLar (R'edames).
azechcfia, demain (Béni Mzab); aickka (Zouaoua, R'edames).
achellid, roi (R'edames); ag ellid' {Zonaou&).
echin, ic/iinan, dent, dents (Touareg); asin, sinan (R'edames).
echek, corne (R'edames); isck (Touareg); ichch (Zouaoua).
achoular', bouc (Touareg du Nord); afoular' (Touareg du Sud).
eched, cendre (R'edames) ; ir'ed' (Zouaoua).
G PERMUTE AVEC I, OU, CH, D, DJ, J, K
On a vu plus haut les exemples du changement de G en I, OU, CH, D.
agedidh, oiseau (Touareg); adjedidh (R'edames).
ac/rnar, cheval iChaouia); poulain (Touareg); thagniarth, jument
(Zouaoua); af{/'mar, cheval (R'edames); tadjmart, jument (Béni
Mzab).
argaz, homme (Zouaoua); arc/ja;? (Béni Mzab).
aougid, homme (Zenatia); aoudjid (R'edames).
tagrest, hiver (Touareg); tadjrest (R'edames).
d'eg, dans (Zouaoua); dedj (Béni Mzab).
agellid' roi (Zouaoua); ajellid (Béni Mzab).
agcrthil, natte (Zouaoua); ajerthil (Béni Menacer).
agenna, ciel (Touareg); igenni (Zouaoua); ajenna (R'edames, Boni
Menacer).
//ie%/, hôte (Zouaoua;; aneZ/'t (R'edames).
iggat, il frappe habituellement (Touareg); ikkath (Zouaoua >.
J PERMLTE AVEC CH, G, D, H, Z
On a déjà vu des exemples de ces permutations: en voici quelques autres :
agoujil, orphelin iZouaoua): agouhîl (Touareg).
ak'joun, chien (Zouaoua); ak'^in (Béni Menacer. Chaouia).
li PERMUTE AVEC CH, Z, J, V, K'
(Voir plus haut les permutations avec CM, Z et J)
eltadli, nuit (Touareg); ecodii (R'edames).
tihali, brebis (Touareg); iacaii (R'edames).
ar'a/iar, rivière (Touareg); ir'ser (Zouaoua).
tehat', chèvre (R'edamesh tarât' (Touareg, Kabyles, Béni Mzabi.
— 350 —
K PERMUTE AVEC CH, G, I, TCH
(Voir plus haut les permutations avec CH et G)
aisoum, chair (Béni Mzab); a/,soum (Zouaoua).
nek. moi (Zouaoua, Touareg); netc/i (Béni Menacer).
nkerous, nœud (R'edames, Béni Menacer); atchrous (Touareg).
oufrlk, mouton (Zouaoua); oufrit^h (Béni Mzab).
ennir' ah, je t'ai dit(Zouaoua, Touareg); ennir' atc/i (Béni Mzab).
L PERMUTE AVEC D ET R
elli, eUli, ouvrir (Kabyles).
alml, armi, jusqu'à (Kabyles).
i/mg'ei^'rmïî/i, hachette, petite pioche (Zouaoua) ;ta(;e/v///(< (R'edames);
thagersimth (Béni Djennad, Béni Ittsour'ar).
amcllal, blanc (Zouaoua); amedclar (Rif marocain).
M ET N PERMUTENT SOUVENT
Exemples :
tanjoust, conte, histoire (Béni Mzab); tam/oust, fable (Touareg).
t/it'iuUnt, ville (Rif marocain); t/ienidint (Zouaoua).
R' PER.MUTE AVEC K', CH, KH
R' et K' permutent très souvent (Voir page 10). On en trouve de
nombreux exemples dans le cours de la Grammaire.
Quelques tribus de l'Oued Sahel disent i/,7œj', tête, pour //•>/,• mais ce
changement doit être, à mon avis, considéré comme une prononciation
vicieuse. Je ne p^nse pas que le IvH J. appartienne à la langue
berbère.
Z PER.MUTE AVEC CH, .1, H, S
On a déjà vu des exemples de ces permutations.
Observation. — On trouve aussi des transpositions de sons dans
les mots, par exemple: efk, donner (Zouaoua), e/.f (Touareg); egbes^
se ceindre (Touareg), ebgcs (Zouaoua) ; ai/ki, lait (Zouaoua). akafai
(Touareg), et des mots employés avec des significations dilïérontes,
comme ouUl, qui désigne des brebis chez les Zouaoua et des chèvres
chez les Touareg.
Mais il n'y a que la pratique ou le dictionnaire qui puissent faire
connaître toutes ces particularités. Il sul'lit donc de les signaler ici.
- 351 -
NOTE N° 3
COMPARAISON DES DIALECTES
Nous donnons ici la traduction, en plusieurs dialectes berbers, d'une
historiette arabe empruntée à la grammaire de M. Bresnier.
Nous avons choisi à dessein ce petit conte, parce qu'étant écrit en
langage usuel, il était compris facilement par les personnes qui nous
ont prêté leur concours pour ces traductions, et qui ne sont pas toutes
assez lettrées pour comprendre, sans explications, un écrit arabe d'un
. style plus relevé et plus correct.
Ces traductions, que nous avons cherché à rendre aussi littérales
que possible, pourront donner une idée des ditïérences et des analogies
que présentent ces ditïérents dialectes.
TEXTE ARABE
U^
U
Jj ^.y, J A_._j.jji _.l.- Js _^.:v_0 ^-ii. b! JU ^Clii
^* ^^ ^J UU .^.Ui. Ul JLi^ _o^LM ^ ^CU! >!ji _^j
— 352 —
TRADUCTION LIBRE
On raconte qu'un certain imbécile, entrant un jour dans une ville,
trouva écrit sur la porte : « Tout étranger qui mourra dans cette cité
sera enseveli aux frais du roi, qui donnera quatre-vingts dirhems pour
son linceul. » Cet individu, qui était plus à sec d'argent qu'un juif un
jour de samedi, se trouva un jour dans la rue, en présence du roi qui
passait ; il se mit à crier : Justice ! (Uttér. je suis lésé). — Qui t'a fait
du tort ? lui dit le roi. — J'ai vu écrit sur la porte de la ville, répondit
l'homme, que tout étranger qui mourra dans cette ville sera enseveli
aux frais du roi, qui donnera quatre-vingts dirhems pour son linceul ;
pour moi, vingt dirhems suflisent à mon dernier vêtement, et j'ai dès
à présent un urgent besoin des soixante autres : comptez-les moi, et,
lorsque je mourrai, vous n'en aurez plus que vingt à me donner. Le
roi se mit à rire et ordonna qu'on lui remit la somme qu'il demandait.
L'homme la prit et continua son chemin.
Quelques jours après, il rencontra encore le roi ; il s'arrêta et cria :
Justice! comme la première fois. Les personnes qui accompagnaient
le prince lui demandèrent qui l'avait lésé. J'ai vu, répondit-il, la nuit
dernière, Jésus fils de Marie (que les bénédictions et le salut de Dieu
soient sur lui !), et il m'a dit : « Tu ne mourras que noyé. » Je réclame
donc les vingt dirhems restant de mon linceul, parce que désormais il
ne m'est plus nécessaire. Le roi s'amusa de sa ruse et lui fît donner
une petite pension.
I
TRADUCTION EN KABVLE DES ZOUAOUA
TJiah'akaith s cthk'ebaililh igaouaoïien
Histoire en kabyle des Zouaoua
Ek'k'aren v'ef iioun ouryaz d'amesloub ikchem r'er lioulh
On raconte sur un homme imbe'cile il entra dans une
Iheind'int izera itsouarou it'i tfuibbourth is ar'erib ennl
ville, il vit il a été écrit sur la porte d'elle : « L'étranger lequel
l'a iminethen d'i thcnid'int agi a th ikefen ourjeUid' nd' iefk
» devant mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi, il donnera
azal eUekefen themaniin en trialin (irgaz agi our isài
u le prix du linceul quatre-vingts de réaux. » Cet homme ne possédait
— 353 —
ara <•) g ed'rimen iougar oud'ai d'oug ass n essebth îioun
pas d'argent, il surpassait un juif dans le jour du samedi. Un
ouass imelal d' ougeUid' d'eg oubrid' ibded'
jour il se rencontra avec le roi sur le chemin, il se tint debout
r'er s d' as ik'k'ar nek tsouadhelmer' inna ias
vers lui, à lui il dit à plusieurs reprises : Moi j'ai été lésé. Dit à lui
ougellid' oui k idhelmen inna ias nek serir' itsouarou
le roi : Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui : Moi j'ai vu il a été écrit
d'i thabbourth en thenxd'int ar'erib enni r'a immethen d'eg s
sur la porte de la ville : L'étranger lequel devant mourir dans elle
a th ikefen ougellid' ad' iefk themaniin en trialin azal
ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts de réaux, prix
ellekefen nek ah'ad'adjer' thoura settsin en trialin
du linceul. Moi j'ai besoin maintenant de soixante de réaux,
ad' a thent tefkedh ass mi r'a emmelher' ad' ii
à moi tu les donneras ; le jour lorsque je mourrai, à moi
thefkedh ala âcherin enni d igeran Idhesa
tu donneras si ce n'est (seulement) les vingt lesquels restant. Rit
ougellid' seg ouaoual is inna iasen efketh as settsin en
le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui soixante de
trialin iour' ithent irouk'
réaux. Il prit eux, il partit.
isâdda kera b oussan ibded' zed'ath ougellid' d'eg
Il fit passer quelques jours, il se tint debout devant le roi sur
oubrid' inna ias nek tsouadhelmer' inna ias ougellid' oui k
le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Il dit à lui le roi : Qui toi
idhelmen inna ias nek zerir' d'eg idh sid na
ayant lésé? Il dit à lui : Moi j'ai vu pendant la nuit Notre-Seigneur
Aissa emmi s Emmeriama fell as eçralat ou esselam inna
Jésus, le fils d'elle de Marie, sur lui la prière et le salut, il a dit
ii our thetsemetsathedh ara r'as d'oug aman nek thoura
à moi : Tu ne mourras pas, si ce n'est dans l'eau. Moi maintenant
ah'ad'adjer' âcherin en trialin enni d igeran soug azal n ellekefeti
j'ai besoin des vingt de réaux lesquels restant du prix du linceul
iou segm,i ma r'a emmether' our th tsah'ad'idjir' ara
de moi, puisque quand je mourrai je n'aurai pas besoin de lui.
idhesa ougellid' si lah'arach as iouk'k'em as ennafak'a
Rit le roi de la ruse de lui, il fit à lui une pension.
(1) Ara est un nom qui veut dire r/iose ; ici, il conserve sa valeur
de substautif, puisqu'il met au génitif le nom qui le suit.
23
— 354 —
II
TRADUCTION EN KABYLE DES ILLOULEN
Thah'akaitli s ethk'ebailiUi g ILloiilen Oasamnier
Histoire en kabyle des Uloulen Ousammer
Ek'k'aren r'ef iioiin ourgaz d' amekheloul ikchem r'er iiouth
On raconte sur un homme imbécile, il entra clans une
thcmd'int izera ikteb r'ef thagnourth in es ial
ville, il vit il a (été) écrit sur la porte d'elle : « Tout
ar'erib ara immethen d'eg themd'int agi a th ikefen ougellid'
» étranger devant mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi,
ad' iefk azal elkefen is themaniin en trialin
» il donnera prix du linceul de lui, quatre-vingts de réaux. »
argaz- agi our isài ouara g id'rimen iougar oiuVai
Cet homme ne possédait pas d'argent, il surpassait un juif
d'oug ass n essebth iioun ou ass imelal d' ougellid'
dans le jour du samedi. Un jour il se rencontra avec le roi
d'eg oubrid' ibded' r'er s ibda ar
sur le chemin, il se tint debout vers lui, il commença à lui
as ik'k'ar nek tsouadheliner' inna i as
il dira (à dire) à plusieurs reprises : Moi j'ai été lésé. Dit à lui
ougellid' oui k idhelmen inna ias nek zerir' ikteb
le roi : Qui loi ayant lésé".' Il dit à lui : Moi j'ai vu il a (été) écrit
r'ef thaggourth en themd'int ial ar'erib ara immelhen d'eg
sur la porte de la ville : Tout étranger devant mourir dans
s a th ikefen ougellid' ad' iefk themaniin en trialin
elle, ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts de réaux,
azal ellekefen is nekkini ah'ad'adjer' thoura settsin
prix du linceul de lui. Moi j'ai besoin maintenant de soixante
en trialin ad' ii thent tefkeV ass d'eg
de réaux, à moi eux tu donneras ; le jour dans (lequel)
ara emmether' ad' ii thefket' ala âcherin enni
je mourrai, à moi tu donneras seulement les vingt lesquels
d ik'k'imen idhesa ougellid' soug aoual is inna iasen
restant. Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux :
efketh as settsin en trialin iour' ithent irouh'
Donnez à lui soixante de réaux. Il prit eux, il partit.
— b£>0 —
isâdda hera q oussan ibded' ezzath oufieUid*
Il fit passer quelques jours, il se tint debout devant le roi,
d'eg oubrid' inna ias nek tsouadhelmer' inna ias oufiellid'
sur le chemin. Il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi :
oui k idhelmen inna ias nek zerir' d'eg idh
Qui toi ayant lésé "? Il dit à lui : .Moi j'ai vu pendant la nuit
sid na Aissa emmi s Emnteriama fell as eççalat
rfotre-Seigneur Jésus, le fils d'elle de Marie, sur lui la prière
ou esselam inna il our thetsemetsathet' ou ara t'as
et le salut^ il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est
d' amer'erouk' nek Vwura ah'ad'adjer' àcherin en trialin enni
noyé. Moi maintenant j'ai besoin des vingt de réaux lesquels
ik'k'imen d'oug azal n eilekefen ion imi mara emmether'
restant du prix du linceul de moi, puisque quand je mourrai
our th tsah'ad'idjir' ou ara idhesa ougellid' seg thih'arch is
je n'aurai pas besoin de lui. Rit le roi de la ruse de lui,
isker as ennafak'a
il fit à lui une pension.
TRADUCTION EN KABYLE DES BENI MENACER
Thah' akailh es thak'ebailith n alh Menacer
Histoire en Ivabyle des Béni Menacer
Tsemeslaien ef iiedj ouriaz d' afer'oul ioud'ef r'er iiechth
On raconte sur un homme imbécile, il entra dans une
en temdint izerou thira ef thouourth is koull ar'erib
de ville, il vit un écrit sur la porte d'elle : « Tout étranger
ouin ala immethen d'i themdint ou a th ikefen oujellid'
» lequel devant mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi,
a issir' themaniin derhem fell kefen is
» il donnera quatre-vingts dirhems pour le linceul de lui. b
ittouf ariaz ou d' amezloudh akther seg oud'ai ass en
Était cet homme pauvre plus que un juif le jour du
essebth imlak'a aked' oujellid' d'eg iiedj oubrid' ibed
samedi. Il se rencontra avec le roi sur un chemin, il se tint debout
akid' es ioulla itsemeslai nelch tsouadhelmer'
avec lui, il revint il dit à plusieurs reprises : Moi j'ai été lésé.
- 356 —
inna as oujellid' man ach idhelmen inna as netch zerir'
Dit à lui le roi : Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui: Moi j'ai vu
thira ef thouourtfi en themdint koull ar'erib ouin ala
un écrit sur la porte de la ville : Tout étranger lequel devant
immethen d'i themdint ou ath ikefen oujellid' a issir'
mourir dans cette ville, ensevelira lui le roi, il donnera
themaniin dirliem fell kefen is netch ak'ouadjer'
quatre-vingts dirhems pour le linceul de lui. Moi j'ai besoin
imar ou settsin derhem ad' ii hen
temps celui-ci (maintenant) soixante dirhems, à moi eux
tessired ass en ala emmether' ad' ii thessir'ed
tu donneras, le jour que je mourrai, à moi tu donneras
r'ir (1) àcherin ik'k'imen idherou ajellid' ef ouaoual is
si ce n'est les vingt restant. Rit le roi sur la parole de lui,
inna asen sir'eth as settsin derhem iour'a hcnt
il dit à eux : Donnez à lui soixante dirhems. 11 prit eux
ariaz enni irouW
cet homme, il partit.
ik'k'im oussan ibed ezzath oujellid' d'eg
Il resta (quelques) jours, il se tint debout devant le roi sur
oubrid' inna as netch tsonadhelmer' inna as oujellid'
le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi :
man ach idhelmen inna as netch zerir' idh emiadh
(Jui toi ayant lésé ? Il dit à lui : Moi jai vu hier
sid na Aissa ebnou Meriama fell as eççalat ou esselam
Notre-Seigneur Jésus, fils de Marie, sur lui la ju-ière et le salut,
inna ii ouh teteniettid' r'ir d'i elbah'ar netch
il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est dans la mer. Moi
imar ou ah'aouadjer' àcherin derhem ik'k'imen si el hak'
maintenant j'ai besoin des vingt dirhems restant du prix
n elkefen iou àla khat'er ma la emmether' ouh eth
du linceul de moi, parce que quand je mourrai, je n'aurai
ah'aouadjer' ach
pas besoin de lui.
idheçou ajellid' ef h'ailet is ira s ennefek'th
Rit le roi sur la ruse de lui, il fit à lui une pension.
(l) R'ir est ici la particule arabe j-*fi, si ce n'est. Il ne faut pas la
confondre avec le berber r'er ou r'our.
— 357 —
IV
TRADUCTION EN TAGAOUBANT, OU DIALECTE DES BENI MZAB
Tanfousi O s tagâoubant
Histoire en tagâoubant
Elji'k'aren r'ef iggen ourdjaz d'abeddiou ioutef ioci^t
On raconte sur un homme imbécile il entra dans une
temdint (2), irgeb itouari r'ef touourt es koull av'erib
ville, il vit il a été écrit sur la porte d'elle : « Tout étranger
ar'a nemmet temdint ou a t ikefen onjellid
» devant mourir (dans) cette ville, ensevelira lui le roi,
ad' iouch tamet temeroiiin en tiniellalin (^) elh'ak'
» il donnera huit dizaines de (pièces) blanches le prix
M elkefen ('») es
» du linceul de lui. »
itour' ourdjaz ou irrez ioujer ouda'i (3)
Était cet homme il était cassé (pauvre) il surpasse un juif
ass n essebat imelaga mû oujellid abrid
le jour du samedi. Il se rencontra avec le roi (sur) le chemin,
ibedd ma s inna ias nech touadhelmer' inna ias
il se tint debout avec lui, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui
oujellid oua eh idtielinen inna ias nech ergeber' itouari
le roi : Qui toi ayant lésé? Il dit à lui: Moi j'ai vu il a été écrit
r'ef touourt en temdint koull ar'erib ar'a nemmet
sur la porte de la ville : Tout étranger devant mourir (dans)
temdint ou a t ikefen oujellid ad' iouch tamet temerouin en
ville cette, ensevelira lui le roi, il donnera huit dizaines de
tiniellalin elh'ak' n elkefen, es nechchi ellir' esth'ak'k'er'
blanches, prix du linceul de lui. Moi je suis j'ai besoin
(1) Le mot tainfoust signifie une fable, chez les Touareg.
(2) Les Béni Mzab disent aussi ar'eroni, comme les Touareg.
(3) Tamellalt (littéralement : une blanche, ou une pièce blanche) est
le nom du rial boudjou, qui vaut 1 fr. 80. I^es Béni Mzab disent aussi :
tamellalt s oudem es, la blanche avec sa figure.
(4) On se sert aussi, pour désigner un linceul, du mot ariradh, qui
signifie étoffe, en général.
(5) Chez les Béni Mzab, on appelle aussi un juif abjouki, pi. ibjak.
— 358 —
imnv ou se>;s(;t teinerouin en timellalin 'i ii lent
temps cclui-ei (iiiainlcnanl) six dizaines de blanches, à moi elles
(oKched melmi emxiouter' a ii tourhed r'é
lu donneras ; quand je serai mort, à moi tu donneras si ce n'est
senet temerouin id eh'k'imenet
les deux dizaines lesquelles restent.
idhee oujellid s ouioual es inna iasen ouchl as
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui
sesset temerouin iouri tent ourdjaz izoua
six dizaines. Prit elles rhomme, il partit.
mennaou oussan ibedd dessat oujellid
Combien de (quelques) jours, il se tint debout devant le roi
ar'lad inna ias nech touadhelmer' inna ias oujellid
(dans) la rue, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi :
oua ch idhelmen inna ias nech enieber' dedj idh
Qui toi ayant lésé ? 11 dit à lui : Moi j'ai vu dans la nuit
sid na Àissa ebnou Meriania àliih eçralat ou esselam
Notre-Seigneur Jésus, fils de xMarie, sur lui la prière et le salut.
inna ii oui tetemettited r'é aman
11 a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est (dans) les eaux
izizaoun nech imar ou ekhser' senet temerouin
bleues (la mer). Moi maintenant j'ai besoin des deux dizaines
id ek'k'imenet si elh'ak' n elkejen iou âlakhat'er melmi
lesquelles restent du prix du linceul de moi, parce que lorsque
emmouter' oui t iesth'ak'k'ir'
je serai mort je n'en aurai pas besoin.
idher (») oujellid s tih'ili es idja s ennefk'et
Rit le roi de la ruse de lui, il lit à lui une pension.
TRADUCTION EN TAMACHER't (dIALECTE DES TOUAREG)
Adaouenni s Tamacliei'l
Histoire en Tamaclier'l
Talesen f oull aies iien anbiddel ignech ar'erem tien inha
On raconte sur un homme imbécile, il entra dans ville une, il vit
(1) On dit aussi ieççou, pour idhrou.
— 359 -
itouari dci' lafanif ennit ak (unedroui oua r'a
il a été écrit sur la porte d'ollo : « Tout étranger lequel devant
nemmet (U der' ar'evem ouader' a t ichcheck amenoukal
» mourir dans ville celle-ci, ensevelira lui le roi,
adielif atlamet temerouin en timetout têfirt n echchach i^) enyiit
» il donnera huit dizaines de monnaie, prix du linceul de lui. »
kelad illa nies dider' (nnctlaki iouger oudai achel oua
Était cet homme pauvre, il surpasse un juif le jour celui
n essebat imhai d amenoukal der iien abarekka ibded
du samedi. Il se rencontra avec le roi sur un chemin, il se tint debout
as ifouled tinaout mkkou tonadhelmer' inna ias
à lui, il commença raction de dire : Moi j'ai été lésé. Dit à lui
amenoukal ma k idhelmen inna as nekkou enhiv'
le roi: Qui toi ayant lésé? Il dit à lui : Moi j'ai vu
itouari der' tafanit n ar'erem ak amedroul oua ra
il a été écrit sur la porte de la ville : Tout étranger lequel devant
nemmet der' ar'erem ouader' a t ichchech anvenoukal ad iekf
mourir dans ville celle-ci, ensevelira lui le roi, il donnera
ettamet temerouin en timetout têfirt n echchach ennit ed nekkou
huit dizaines de monnaie prix du linceul de lui; et moi
er'haler' dimarder' sediset temerouin en timetout
j'ai besoin maintenant (de) six dizaines de monnaie.
a i tenet tekfed as emmeter' a i tekfed
A moi elles tu donneras; lorsque je mourrai, à moi tu donneras
selir senatet temerouin ti tigoulezenin
si ce n'est les deux dizaines lesquelles restantes.
idhes amenoukal s aoual ennit inna asen ekfet as
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui
sediset temerouin en timetout iour'a tenet aies igla
six dizaines de monnaie. Prit elles l'homme, il partit.
deffer ihadhan ouiedh ibded dat amenoukal der'
Après nuits quelques, il se tint debout devant le roi dans
tarrait inna as nekkou touadhelmer' inna as amenoukal
la rue, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi :
ma ka idhelmen inna nekkou enhir' s ehadh
Qui toi ayant lésé? Il dit: Moi, j'ai vu dans la nuit
(1) En tamarher't, comme en tafjdoubant, la particule r'a attire l'N
fiaal du participe, ce qui n'a pas lieu en kabyle.
(2) En arabe, le mot echchach, ^Jil^J\, signifie mousseline, étoffe fine.
— 360 — '
mess iner' R'eisa arj Fmeriama foxtU as erralat ou esselam
Notre-Seigneur Jésus, fils de Marie, sur lui la prière et le salut.
inna i oiir tetmettid seîir s tir'ebi (0
Il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est pas l'action de se noyer
dei' êuériou ed nekliou dimarder erhaler' senatet temerouin en
dans la mer, et moi maintenant j'ai besoin (des) deux dizaines de
timctout ti tigoulezniin der tèfwt n echchach i aoua foiill
monnaie lesquelles restantes du prix du linceul de moi, ce que pour
as emmoutrr' dimarder' our t ter'hiler'
(puisque) lorsque je mourrai maintenant je n'aurai pas besoin de lui.
idiies amenoukal foull tikourrast ennit if/a as takouti
Rit le roi sur la ruse de lui, il lit à lui une aumône
s aouetai
à l'année.
VI
TRA DICTION EN TEMAZIR'T DU RIF MAROCAIN
TlianfousLh s Eihniazir'lh n Ilc'erâiia
Histoire en Temuzii-'l des Guelàia
Ek'k'arenkk iidjen Quriaz d'aminoan ioud'ef g iechi thendint
On raconte sur un homme imbécile, il entra dans une ville,
izera Uiirn ouran teth d'i Ihouourlh exi nés h'aa ('-'
il vit un écrit on avait écrit lui sur la porte d'elle: «Tout
el berrani ouin r'a immethen d'i thendint a ad' as
» étranger lequel devant mourir dans ville cette, à lui
iefj richfen i^) oujeddid' ad'as iourk themaniin ouk'ia CO
» fera un linceul le roi, à lui il donnera quatre-vingts onces,
/(.'a/c' en dechfen ennes
» prix du linceul de lui. »
(1) Tir'ebi est le nom d'action du verbe cr'cb, équivalante l'arabe ^-c.
(2) K'aâ est le mot cXi des Arabes.
(3) Ric/iJ't'n, altération de l'arabe ^.^»^\ • Le son du J arabe est
remplacé par celui du , , et celui du ^ jiaf ^. Oa trouvera plus loin
le J changé par euphonie en > dans le même mot, après la préposi-
tion N du génitif : h'ak' en dedifen. En général, dans ce dialecte, l'L
permute souvent avec D et R ; ainsi, le mot kabyle ainellal, blanc, est
prononcé ameddar par les Guelâia.
(4) Ouk'ia (en arabe), once, monnaie d'argent marocaine valant
environ fr. 30. Le nom des objets énumérés est mis ici au singulier,
comme en arabe.
— 361 —
idda 0) ouria: a our r'er es cUa aUer ziq
Était homme cet non chez lui chose, plus que
oiuVni nhar essebtk irh'a ajeddid' cj iidjen oubrid' (-)
un juif le jour du samedi. Il rencontra le roi dans un chemin,
ibedd r'ar s ibd'a ik'k'ar
il se tint debout vers lui, il commença il dit à plusieurs reprises
as netch medhloutn inna as oujeddid' oui ch idheltnen
à lui : Moi lésé. Dit à lui le roi : qui toi ayant lésé ?
inna as netch zerir' thira ouran telh d'i thouourth en
11 dit à lui : Moi j'ai vu un écrit on a écrit lui sur la porte de
thendint k'aà el bervani oiiin r'a immethen d'i thendint a
la ville : Tout étranger lequel devant mourir dans cette ville,
ad' as ifig richfen oujeddid' ad as iouch themaniin
à lui fera un linceul le roi, à lui il donnera quatre-vingts
ouk'ia h'ak' en dechfen ennes netck ehhser' rekhtk ("^
onces, prix du linceul de lui. Moi j'ai besoin temps
ou settin ouk'ia ad' ai thent touched nliav
celui-ci de soixante onces, à moi elles tu donneras ; le jour
r'a einmether' ad' ai Ikouched v'ir àcherin ik'k'imen
je mourrai à moi tu donneras, si ce n'est les vingt restant.
idheh'acli oujeddid' zi d'ejemah'th ('*) ennes inna asen oucheth
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez
as settin ouk'ia ichsi thent ouriaz irouli'
à lui soixante onces. Prit elles l'homme, il partit.
cha (3) n oussan ibedd ezzathi oujeddid' d'eij
Chose de jours, il se tint debout devant le roi, sur
oubria' inna s netch medhloum inna s oujeddid'
le chemin, il dit à lui : Moi lésé. Dit à lui le roi :
oui ch idhelmen inna s netch zerir' idh ennadh («)
Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui : Moi j'ai vu hier
(1) Idda, pour illa. Le son du D, dans ce mot, se rapproche de DJ.
(2) Le B, dans ce mot, se prononce presque comme un V.
(3) Rekhth, J:,^. , est, je pense, l'altération de l'arabe <:i^h^\ .
(4| D't'j email tlï, pour thejemah'th, le TH initial du féminin ayant été
chang-é en D', par euphonie, après le son du Z. Ce mot est, sans doute,
l'altération de à.^^ qui, en arabe usuel, signifie conversation, parole.
(5) Cha est l'arabe ^_yii chose, altéré. Les Zouaoua diraient : kera
b oussan.
(6) Dans d'autres pays, idh ennadh signifie avant-hier.
— 362 —
sul na Mssa inemnii s Einmeriama ôHih erçnlat
Notre-Seigneur Jésus, le fils d'elle de Marie, sur lui la prière
ou esselam inna i our tetemettid r'ir mer'erouk
et le salut, il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est noyé.
netck rchhth ou ah'ad'adjer' àcherin ouk'ia id ai ik'k'imen
Moi maintenant j'ai besoin (des) vingt onces ici à moi restant
zi elh'ak' en dechfen in ou elonok'tk r'a emmether
du prix du linceul de moi, l'époque je mourrai
nur t tali'ad'idjlr' cha
je n'aurai pas besoin de lui.
idiu'h'ack oujeddid' zi thaharamith en nés i(ja s ennafak'a
Rit le roi de la ruse de lui, ilfit à lui une pension.
VII
TRADUCTION EN TAMAZIR't UE LA PROVINCE MAROCAINE
DE SOUS (cHELHA)
Talek'k'ist s tema^lr't en Taroudant
Histoire en lemazH''t de Taroudant
Talesen r' iian ourgaz amCuVour ikchem s iiat
On raconte sur un homme imbécile il entra dans une
temazirt (i) izera tirra r' imi (-) in es ar'erib
ville, il vit un écrit sur la porte (bouche) d'elle : « L'étranger
elU immouten r' etmazirt a a t ikefen ougeltid'
» lequel étant mort dans ville cette, ensevelira lui le roi,
a iefk tentaniin en tonouk'it leh'ak' ellekefen n es
» il donnera quatre-vingts d' once, prix du linceul de lui. »
erfiaz ad our d'ar s iiat iouger
Homme cet non chez lui une (seule chose), il surpasse
oud'ai ass n esseblk immaggar d' ougellid' r'
un juif le jour du samedi. Il se rencontra avec le roi sur
ouf aras ibedd as inna i as nekki tedhelmer'
le chemin, il se tint debout à lui ; il dit à lui : Moi j'ai été lésé.
(1) Dans la Kabylie du Jurjura, thomazirt, pi. t/iimezar, signifie un
terrain cultivé attenant aux habitations.
(2) Imi signifie propi-ement : la bouche, l'ouverture de la porte.
— 363 —
inr)n i as oiigellid' tua k idiielmen inna i as nekhi zrrir'
Dit à lui le roi: Qui toi ayant lésé? Il dit à lui: Moi j'ai vu
titra t' htii ru tPtttazirt af'erïb elli ittniwtitcn
un écrit sur la porte de la ville : L'étranger lequel étant mort
fl is a t ikefett, ouijeUi(V a iefic tritxatiiin
dans elle, ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts
ni tououk'it lek'ak ellekeft'n n es nekki r'ikka esVhak'k'cf'
d' once prix du linceul de lui. Moi maintenant j'ai besoin de
suttin en tououk'it ad' ii tent tefket it' eitutioutPf'
soixante d' once, à moi elles tu donneras ; lorsque je serai mort.
our i tefkit l'ir Acheriti en tououk'it
tu ne donneras pas pour moi si ce n'est les vingt d' once,
elli ibek'an
lesquelles restant.
idhesa ouqellid' r' ouaoual enties inna iasen efkat as
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui
settin en tououk'it iouf'i tent ourgaz iftou
soixante d' once. Prit elles l'homme, il partit.
ikka ar iian ouass ibedd essat ougeUid'
Il resta jusqu'à un jour, il se tint debout devant le roi
r' our'aras i7ina i as tiekki tedhelttief' inna i as ougellid'
sur le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi :
ma k idheltnen intta i as nekki zefir' idiiegain aougeii'atti (')
Qui toi ayant lésé? Il dit à lui : Moi j'ai vu hier le saint
sid na Aissa iou s Etnnietietti fell as eçralat ou
Seigneur notre Jésus fils d'elle de Marie, sur lui la prière et
esselam inna ii our ra tenttnetet r'ir r' ouaman
le salut, il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est dans l'eau.
nekki r'ikka esth'ak'k'er' àcherin en tououk'it elli ibek'an
Moi maintenant j'ai besoin des vingt d'once lesquelles restant
r' elh'ak' ellekefen inou ir' etntnouter' r'ikka
sur le prix du linceul de moi, lorsque je serai mort maintenant
our t testh'ak'k'ir'
je n'aurai pas besoin de lui.
idhesa ougellid' s tikerkas (2) ennes isker as ennafak'a
Rit le roi des ruses de lui, il fit à lui une pension.
(1) Aougerram s'applique à tous les saints ou marabouts.
(2) Les Zouaoua connaissent encore le mot tikerkas, mais ils ne
l'emploient plus. C'est une expression qui a vieilli et est remplacée
par l'arabe.
— 864 —
VIII
TRADUCTION EN DIALECTE DE OUARGLA
Tan/oust s tagouarjeleni d)
Histoire en tagouarjelent
Tale.sen fi iggen oiirdjaz d amahboul ioutef HJH^n
On raconte sur un homme imbécile il entra (dans) une
oumezdar' (-) izerou itouari ennef touourt as
ville, il vit il a été écrit au-dessus de la porte d'elle :
koull ar'fiib ar'a tiemmet amezdar' ou at ihefen
« Tout étranger devant mourir (dans) ville cette, ensevelira lui
ajellid (3) ad iouch themaniin tirialin elh'ak' en kefen
» le roi, il donnera quatre-vingts réaux. le prix du linceul
es
» de lui. »
itou)' ardjaz enni irrez ionjer oitdai
Était homme cet il est cassé (pauvre), il surpasse un juif
ass en sebbat ituelak'a enta d oujellid abrid
le jour du samedi. Il se rencontra lui et le roi (sur) le chemin.
ibedd i is inna ias 7iech toundhelmer' inna ias
Il se tint debout à lui, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui
ajellid oua ch idhelmen inna ias nech zerir' itouari
le roi : Qui toi ayant lésé ? Il dit à lui: Moi j'ai vu il a été écrit
ennef touourt oumezdar' koull ar'erib ar'a nemniet
au-dessus de la porte de la ville : Tout étranger devant mourir
a)nezdar' ou a t ikefen oujellid ad iouch themaniin
(dans) ville celte, ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts
tirialin elh'ak' en kefen es nech esth'ak'k'ar' imar ou
réaux prix du linceul de lui. Moi j'ai besoin maintenant
(1) La ville de Ouargla se nomme, en berber, Ouarjelon, et un habi-
tant de Ouargla ag ouarjelon, fils d'Ouarjelen, au féminin tag ouar-
jelent.
(2) Chez les Touareg, anie^sar' signifie un-e réunion de tentes, un douar.
(3) Dans ce dialecte, comme en tagâoubant, dont il se rapproche
beaucoup, le son a initial des noms masculins parait persister ou se
changer en ou, indifféremment, dans les circonstances dont nous avons
parlé p. 36.
— 365 —
settin tirialin a ii tent toucUed mi emmouter'
de soixante réaux, à moi eux tu donneras ; lorsque je mourrai,
a ii touched r'ir âcherin enni d ek'k'iment
à moi tu donneras si ce n'est les vingt lesquels ici restent.
ieççou oujellid s ouioual es inna iasen oucht as
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez à lui
settin tirialin iour'i tent ourdjaz izoua
soixante réaux. Prit eux l'homme, il partit.
mennaou oussan ibedd dessat oujellid ar'lad
Combien de jours il se tint debout devant le roi (dans) la rue,
inna ias neck touadlielmer' inna ias oujellid oua ch idhelmen
il dit à lui: Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : Qui toi ayant lésé?
inna ias nech zerir' ass ennadh deg idh sid na
Il dit à lui : Moi j'ai vu hier pendant la nuit Notre-Seigneur
Aissa ebnou Merieni àliik erralat ou esselam inna ii
Jésus, fils de Marie, sur lui la prière et le salut, il a dit à moi :
oui tetmetlid r'ir ammas ouaman nech
Tu ne mourras pas si ce n'est (au) milieu des eaux. Moi
iniar ou esth'ah'k'er' dcherin en tirialin enni d ek'k'iment
maintenant j'ai besoin des vingt de réaux qui ici restent
s elh'ak' n elkefen non àlakhat'er nii emmouter' imar ou
du prix du linceul de moi, parce que lorsque je mourrai maintenant
oui t testh'ak'k'ir'
je n'en aurai pas besoin.
ieççou oujellid s elh'ilt es idja s ennefak'et
Hit le roi de la ruse de lui, il fit à lui une pension.
IX
TRADUCTION EN GHAOUIA DE l'AURÈS
Elk'eçetJt ''> s elhdiaouith n aith Warkalh el Mâd'er (-<
Histoire en cliaouia des Haracta el Màder
Tàouaden fi iiecht en ourgaz d' abahloul ioud'ef r'er thiiecht
On raconte sur un d'homme imbécile, il entra dans une
(1) El k'eçetfi est l'arabe à.^^.
(2) Les Haracta el Mâder habitent la plaine, au nord de Batna,
mais leur langage estle même que celui des montagnards de l'Aurès.
- 36Ô -
en t'iemdint izera el keteba fell bab ennes ar'erib
de ville, il vit un écrit sur la porte d'elle : « L'étranger
ahad' immethen d'i theindint aia a th ikefi'n
» devant mourir dans ville celle-ci, ensevelira lui
essolt'an ad'iouch themaniin id'erhemen elli'ak' dlehefen
» le roi, il donnera quatre-vingts dirhems, prix du linceul
enyies
» de lui. »
illa ouffiaz aia i fêles akther n ououd'al ass en
Était homme cet il est pauvre plus qu'un juif le jour du
essebth iiecht en ou ass ithlak'a net ta d' essolt'an i)
samedi. Un de jour il se rencontra lui et le roi sur
oubrid' ibedd i-'cr s ibd'a ik'k'ar
le chemin, il se tint debout vers lui, il commença il dit à plusieurs
as netch touadhebner' inna as essolt'an menho
reprises à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi : Qui
iclik idhelmen inna as netch zerir' elketeba fell bab
loi ayant lésé ? II dit à lui : Moi j'ai vu un écrit sur la porte
en themdint ar'erib ahad' immethen d'i themdint aia
de la ville : L'étranger devant mourir dans ville cette,
a tk ikefen essolt'an ad' iouch themaniin id'erhemen elk'ak'
ensevelira lui le roi, il donnera quatre-vingts dirhems, prix
ellekefen e^ines netchi imir a esth'ak'k'er'
du linceul de lui. Moi temps celui-ci (maintenant) j'ai besoin
settin id'erhemen ad' ii then toached' ass ani
de soixante dirhems, à moi eux tu donneras ; le jour lequel
ahad' emmether' ad' ii thouched' r'ir âeherin
je mourrai, à moi tu donneras si ce n'est les vingt
ik'k'imen
restant.
idheça essolt'an zouf) ouaoual ennes inna asen oucht
Rit le roi de la parole de lui, il dit à eux : Donnez
as settin id'erhemen iour'i then ourgaz irouli'
à lui soixante dirhems. Prit eux l'homme, il partit.
isâdda kera n. oussan ibedd zath essolt'an
11 fit passer chose de jour, il se tint debout devant le roi
d'eç] oubrid' inna as netch touadhebner' inna as essolt'an
sur le chemin, il dit à lui : Moi j'ai été lésé. Dit à lui le roi :
menho irhk idhelmen inna as netchi zcrir' d'eg idh
Qui foi ayant lésé? Il dit à lui ; Moi j'ai vu pendant la nuit
- 367 —
sid na Aissa emmi s Emmeriem fell as eççalat
Notre-Seigneur Jésus, fils d'elle de Marie, sur lui la prière
oit esselam inna ii our tetmetlid' r'ir
et le salut, il a dit à moi : Tu ne mourras pas si ce n'est
d' amer'erouk' netchi imira ak'aouadjer' âcherin id'erhemen
noyé. Moi maintenant j'ai besoin les vingt dirhems
ik'li'inien si el h'ak' elkefen in ou ma akad' emmether' our th
restant du prix du linceul de moi, lorsque je mourrai, je n'aurai
testh'ak'k'ir' ach
pas besoin de lui.
idlieça essolt'an si dh'ilt en nés iga as ennafak'th
Rit le roi de la ruse de lui, il lit à lui une pension.
NOTICE
SUR QUELQUES INSCRIPTIONS
EN CARACTÈRES DITS TIFINAR' ET EN LANGUE TAMACHER'T
( Dialecte des Imoucbar' ou Touareg )
La langue tamacher't <*J, parlée par les Imoiichar',
connus plus généralement sous le nom de Touareg que
leur donnent les Arabes, est, de tous les dialectes berbers
du Nord de l'Afrique, le seul qui ait conservé un système
d'écriture à lui propre et des caractères destinés à repré-
senter ses sons.
Ces caractères se nomment, en tamacher't, lefanefl au
singulier et tifinar' au pluriel. Ils affectent, en général,
(1) Le mot tamacher't est le féminin d'amacher', qui désigne un
individu de la nation appelée par les Arabes Touareg. Il signifie donc
une femme de la même nation. On s'en sert aussi pour indiquer la
langue en usage, comme, en arabe, du mot drbia, qui veut dire, à la
fois, une femme arabe et la langue arabe.
Par une loi d'euphonie générale dans cette langue, lorsqu'à la tin
d'un mot le R' est suivi de T, il en résulte le son du K'. On devra
donc prononcer tamacher't, comme si l'on écrivait tamachek' . La
même observation s'applique au mot tefaner't.
La communauté d'origine de la langue tamacher't avec le kabyle et
les autres dialectes berbers ne peut plus faire, pour moi, l'objet d'un
doute. J'ai trouvé, en l'étudiant, la confirmation de toutes les règles
principales que j'ai données dans mon Essai do Grammaire kabyle.
Les différences qu'on remarque dans les vocabulaires s'expliquent très
naturellement par cette circonstance que les Imouchar', préservés du
24
— 370 —
des formes d'une régularité géométrique qui les distinguent
des caractères arabes ou hébraïques, et se rapprochent
davantage du système de nos lettres majuscules.
Le voyageur anglais Oudney, en 1822, et plus tard,
en 1845, M. le lieutenant-colonel d'artillerie Boissonnet,
alors directeur des Afïaires arabes de la province de
Constantinc, appelèrent les premiers l'attention sur ces
caractères.
M. Boissonnet publia un alphabet de ces caractères,
que M. de Saulcy compara à ceux de l'inscription de
Thougga, dans les numéros de la Revue archéologique du
15 novembre 1845 et du Journal asiatique an Tl mai 1847.
Plus tard, cet alphabet a été rectifié et augmenté,
et maintenant nous en connaissons, je pense, à peu près
toutes les lettres, sinon toutes les formes de chacune
d'elles. Il resterait à savoir s'il existe une écriture cur-
sive qui modifie ces formes. Mais, jusqu'à présent, les
renseignements 'recueillis n'en font aucune mention et
ne signalent que les caractères de l'alphabet que nous
possédons.
contact des Arabes, ne leur ont emprunté qu'un très petit nombre
d'expressions, tandis que près du tiers des mots employés par les
Kabyles sont arabes. Du reste, presque toutes les expressions vérita-
blement kabyles se retrouvent, en tamacher't, avec la même signiti-
cation.
Quant au nom de Touareg, donné par les Arabes aux Imouchar',
c'est peut-être, d'après M. Bresnier, une application du mot arabe
k^.Uï, t'areg, au pluriel t'ouareg, et signifiant les voleurs de nuit.
Cette expression est inusitée cbez les peuples auxquels elle est
adressée, et plus d'un Amacher' se trouverait sans doute blessé de ce
nom.
Les Imouchar' étant désignés ordinairement, d'une manière collec-
tive, sous le nom de Touareg, il n'est pas étonnant que le nom d'indi-
vidualité, usité seulement en quelques rares circonstances, soit
devenu, par analogie, targi, avec le ija ^ redoublé indiquant, chez les
Avabes, les adjectifs de relation.
— 371 —
La ressemblance des tifinar' avec les caractères d'an-
ciennes inscriptions, trouvées en différentes localités de
l'Afrique septentrionale , a fait naturellement penser
que, pour arriver à l'explication de ces inscriptions, on
devait recourir, sinon exclusivement à la langue des
Touareg, au moins à l'ensemble des dialectes berbers,
où Ton peut espérer de retrouver épars les éléments de
l'ancienne langue, que, pour fixer les idées sans doute,
on a depuis quelques années appelée libyque. Mais nous
sommes encore trop peu avancés dans la connaissance de
ces dialectes pour qu'on puisse se promettre des résultats
immédiats ; et, avant d'appliquer directement les tifinar'
à l'interprétation des monuments épigraphiques que nous
a légués l'antiquité, il semble rationnel de rechercher
leur valeur exacte et le mode de leur emploi dans la
langue oii ils sont encore aujourd'hui en usage. C'est ce
que j'ai essayé de faire, au moyen de quelques inscriptions
modernes, en langue tamacher't, dont je donne ici la
traduction (^'.
J'ai eu à ma disposition, pour ce travail, trois alpha-
bets : deux m'ont été communiqués par M. le colonel
de Neveu, chef du bureau politique des Affaires arabes,
et le troisième par M. Schousboe, interprète principal
de l'armée, qui l'a recueilli auprès des chefs touareg
venus à Alger au commencement de 185G. On verra,
par le tableau suivant, qu'ils concordent à peu de
chose près.
(1) Il ne m'a pas été possible, à mon grand regret, de vérifier l'exac-
titude de ces traductions avec un Amachcr' instruit. Lorsque les chefs
touareg sont venus à Alger, je ne m'étais pas encore occupé de leur
langue, et je n'ai pu leur demander aucun renseignement. Les seuls
individus qui m'aient fourni des indications sur le tamacher't sont des
nègres très ignorants, qui savent parler la langue, mais sont complète-
ment illettrés.
372 —
NOMS
DES LETTRES
d'après
M. SCHOUSBOE
FORMES DES LETTRES 1
LETTRES
ARABES
correspon-
dantes
TRANSCRIPTION
FRANÇAISE
adoptée
d'après
El. HADJ ABD
EL KADEH
BEN B (j L'
BKKER (1)
d'après
MOHAMMED
EL OUZZAM
d'après
M. SCHOUSBOE
a
•
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m
yan
î
1
1
O
n 1
yah (doux)
'
=...
i
ï
h
yaou
i
•
•
•
^
ou
»
7
6
î^
^
î
1
Nota. — L'ordre des lettres, dans ce tableau, est tout à fait arbitraire.
(I) El Hadj Abd el Kader ben Bou Bekek est le même qui fournit à M. Boissonnei
les premiers renseignements sur les tiOnar'.
— 373 —
M. Schousboe a, de plus, constaté que plusieurs lettres
pouvaient se lier avec le yct -f , t ; il en résulte le§
combinaisons suivantes :
NOMS
FORMES
VALEUR
TRANSCRIPTION
i/ent
t
Réunion du ) et du
"h
nt
yrt
e
^ du Oet du
+
rt
yost
■40
— du et du
+
st
yelt
w
— du j 1 et du
+
It
yebt
-»o
— du ©et du
f
bt j
yec/it
-%
— du S et du
+
dit
Cet alphabet ne renferme que des articulations ou
consonnes. J'ignore si, dans le système graphique des
Imouchar', il existe, comme en arabe, des signes acces-
soires pour représenter les voyelles et le redoublement
des consonnes : je n'en ai pas trouvé trace dans les
inscriptions que j'ai examinées. Il en résulte une grande
difficulté de lecture, qui est encore augmentée par l'absence
de ponctuation et de séparation entre les mots.
Gomme dans les langues sémitiques, les caractères se
lisent de droite à gauche.
Venons maintenant à l'examen des inscriptions. Elles
ont été, généralement, tracées par des femmes sur des
objets appartenant à leurs maris ou à leurs amants.
— 374- —
P« INSCRIPTION
(Cette inscription a été faite par la tante maternelle d'Imestan, chef de
Tahiaout, chez les Haggar. Elle se trouve sur un bouclierappartenant
à M. le Maréchal Randon. Deux copies en ont été faites : l'une par
M. Schousboe et l'autre par M. Bresnier. Elle a la forme indiquée
par cette figure.)
+
• ••
-h
X
u
X\ '5-9
n ^ ^
ir. ^ c t^
Celte inscription se compose de trois parties : la pre-
mière occupe la ligne Ab ; la seconde, la ligne CD ; et la
troisième, la ligne FGH. En voici la traduction, avec la
transcription en arabe et en français :
- 375 -
l'"^ Partie (ligne AB)
i +n-:-f \3B +1+ -â: -ri :
i takdit dhamen tennal R'eicha nek oiia
demoi bonne foi caution ayant dit R'eicha moi ceci
it'ouarmes
il a été pris.
En rétablissant la transcription suivant notre système
d'écriture, on a :
Oua nek R'eicha tennal dhamen takdit i iCouarmes,
dont le sens général est : « C'est moi, R'eicha, qui ai dit :
Je réponds du maître du bouclier, dans ma bonne foi, je
crois qu'il m'aime (il est épris). »
2« Partie (ligne CD)
\13
4-1 +
M t=i •: +
•: +
Cr^^
c^
*JUJ>3 jij"
J o
dhamen
tennal
tckfalet
k ta
caution
ayant dit
invoquant Dieu
pour toi celle
13 3^ : n
m
B. 1
O"^-^"
i'
lT'
^-^
tidhidhin der'
is
mess
les femmes parmi de lui du maître
TRANSCRIPTION
Tak tekfalet tennal dhamen mess is der' tidhidhin.
En français : « C'est moi celle qui invoque Dieu pour
— 376 -
toi, qui ai dit : Je réponds du maître du bouclier parmi
les femmes. »
Les mots oua nck, ceci moi, sont sous-entendus au
commencement de la phrase. Cette hypothèse est justifiée
par les autres inscriptions.
3^ Partie {ligne FGH)
+â I n 11 i+ Il '33 >^ •:! :
chel tihouledin innan Agmama nek oua
aux filles les salutations ayant dit Agmama moi ceci
\ W 31
Hamelen
d'Hamelen.
TRANSCRIPTION
Oua nek Agmama innan tihouledin i chet Hamelen,
C'est-à-dire : « C'est moi, Agmama, qui ai dit : Salut
aux filles de Hamelen ! »
Examinons maintenant chacun des mots en particulier :
1" Partie
• , oua ou aoua, ceci, ce que, pronom démon-
stratif.
••I , nek, moi, pronom personnel isolé de la i""- per-
sonne.
* o 1 , R'eicha, nom de femme. C'est le mot arabe
A'icha ( --^.-^). En général, dans les noms propres em-
- 377 —
prunlés à l'arabe, et où se trouve un ùin ( ç, ), les
Imouchar' changent l'âin en r'àin ( i ) ; ainsi, ils disent
U'otman^ouY Olhman [J^^^), R'eissa pourima {^^^^),
R'omar pour Omar (j^).
^ j 4- , tennat, ayant dit, disant ; participe passé ou
présent, au singulier féminin, du verbe ini, dire. Ce
participe est formé de la 3<^ personne singulier féminin
du prétérit tenna, en ajoutant à la fin le t du féminin ;
en tamacher't, le participe a les deux genres et les deux
nombres, tandis quen kabyle il est invariable. C'est
une des différences les plus essentielles des deux langues.
I D 3 , dhamen, caution, garant. C'est le mot ^*-^.
Les Imouchar', étant musulmans, ont forcément emprunté
aux Arabes beaucoup de termes de loi et de mots expri-
mant des idées religieuses.
J -¥ n ''. + , takdit i, bonne foi de moi. On
dit, par exemple, ennir' ak s takdil, je dis à toi de bonne
foi. Takdit est le nom verbal de la racine ckdi ; le mot
amekdi, un homme de bonne foi, est dérivé de la même
racine, qui n'est pas elle-même usitée. L'i final est le
pronom affixe de la l^*^ personne.
E 3 D Z 3 , iCoiiarmes, il a été pris et, au
figuré, il est épris, 3*^ pers. masc. sing. du prétérit du
verbe touarmes, être pris, forme passive dérivée de la
racine ermes prendre. Ce mot devrait, je crois, être écrit
par un -f au lieu d'un 3-
2' Partie
}f) î=^ . ; + • I + , ta k tekfalet, celle pour toi in-
voquant Dieu, composé de trois mots : [^ ta , celle,
— 378 -
pronom démonstratif féminin (au masculin oua) ; 2" ak,
pour toi, à toi, pronom affixe de la 2*^ pers., régime
indirect du verbe ; 3° tekfalet, participe présent féminin
du verbe ekfcl, invoquer Dieu en levant les mains au ciel,
comme lorsqu'on récite le falha. Ce participe se forme
en ajoutant un / à la 3*^ pers. sing. fém. du présent
tekfal.
Le pronom affixe régime indirect k est placé entre le
pronom démonstratif et le verbe, suivant la loi générale
de la syntaxe des affixes régimes des verbes, en tamacher't
comme en kabyle.
L'expression taktekfalet pourrait peut-être être regardée
comme un nom propre de femme ; mais je ne sache pas
qu'il soit usité chez les Imouchar'. Je ne connais que le
nom iaklafat qui s'en rapproche.
+ I + , tciwat, ayant dit, disant. (Voir plus haut.)
1 D 3 , dhamen, caution. (Id.)
El G H , mess '^' is, le maître de lui, c'est-à-dire du
bouclier, mess, maître, féminin messa, pluriel mcssaou.
(1) Le mot mess correspond au mot sid (j^.*»j) des Arabes, et s'em-
ploie comme lui. En français, il peut se rendre, suivant les personnes
qui s'en servent ou auxquelles il s'adresse, par maître, sieur, seigneur.
Mess i, dans la bouche d'un esclave, se traduira par mon maître ;
dans celle d'un homme libre, par monsieur ou monseigneur, selon le
degré de déférence qu'il voudra témoigner à celui à qui il parle. On
dit, en s'adressant à Dieu, mess i, mon seigneur, mon maître ; ou
mess iner', notre seigneur, notre maître (comme en arabe ly^x).
M. le docteur Barth (Trarels and diseoceries in North and central
Africa. t. I, ch. x, p. 228), trompé sans doute par la similitude de
consonance du nom du Messie avec les mots mess i employés par les
Imouchar' en parlant de Dieu, a pris ces mots pour le nom de Dieu
et a cru y voir un souvenir du christianisme. C'est une erreur, puisque
mess i s'applique aussi bien à un homme qu'à Dieu, dont le nom, du
- 370 —
is, de lui, pronom personnel alTixe de lu 3' personne
indiquant la possession.
: n , (1er', parmi, préposition.
133+ , tidhidhiu, femmes, pluriel arbitrairement
reste, chez les Imouchar' musulmans, est iallah ; on dit: fjoudair
iallah, je glorilie Dieu.
Le mot mess se place devant les noms propres comme marque de
respect ; ainsi l'on dit : mess Ar/mama, mess Amestan, mess Idrisa,
mess Ibera, mess Intament, mess Goma, mess Ar'oumbelou, etc., c'est-
à-dire : monsieur ou monseigneur Agmama, Amestan, Idrisa, Ibera,
Intament, Goma, Ar'oumbelou, etc.
Ne peut-on pas voir, dans ce mot mess, la syllabe initiale de tous
les noms propres de l'antiquité, tels que Massinissa, Micipsa ou
Mess ibsa, Massica, etc. ?
Deux hommes, qui ont habité longtemps chez les Imouchar', m'af-
firment avoir connu des gens se nommant Ihsa, loua, Ezel, Egnes ou
Ignas. L'apposition du mot mess, seigneur, avant ces noms, nous
donne : m.ess Ibsa ou Micipsa, mess loua ou Massica, mess Esel ou
Mascizel, mess Egnes ou Misagenos. Masgaba ou mess Gaba est aussi
un nom répandu chez les Imouchar'. On retrouve donc encore chez ce
peuple, non seulement les noms propres usités dans l'antiquité, mais
encore le même mot servant à indiquer le respect ou la déférence
pour les personnes. Les noms que nous a transmis l'histoire sont
naturellement ceux de personnages importants, ce qui explique pour-
quoi ils sont ordinairement précédés du mot mess.
laissa ou Nissa, servant à former Massinissa, ne parait plus être
en usage.
Cette catégorie de noms propres, connus dans l'antiquité, n'est pas la
seule qu'on retrouve chez les Imouchar'. Parmi les noms que Coryppus
nous a laissés, ceux de Mestan, linestan, Arcan, Carcasen ont une
telle analogie avec les noms modernes de Amestan ou Imestan,
Arkeni, Akerhesan, qu'il est difficile de ne pas croire à leur identité.
Une des fractions des Touareg du Sud porte le nom de Kel Kerkez-an,
c'est à-dire peuple de Kerkezan.
D'autres noms encore cités par Coryppus, comme Guen/an ou Oua
infan, Guersan, etc., rentrent tout à fait dans le système de noms
propres usité chez les Imouchar'. Mais les limites de cette notice ne
nous permettent pas d'entrer dans de plus grands développements à
ce sujet.
— 880 —
formé de tamel' ou tamet'Vout, femme. Dans les deux
copies de Tinscriplion que j'ai entre les mains, ce mot
est écrit | 3 3- J'ai rétabli au commencement le + , /,
qui manque évidemment à la prononciation.
3^ Partie aligne FGHJ
' l \ ', , ouanek, c'est moi (déjà vu).
• 33 >^ ' Agmama, nom propre d'homme, formé
du mot ag, fils, et de marna, c'est-à-dire : fils de mama '^'.
On remarquera que la lettre X, indiquée dans l'al-
phabet comme ayant la valeur du ~ arabe ou de notre
dj français, a ici le son du G.
M , innan, ayant dit, disant, participe masc. sing. du
verbe ini, dire, formé en ajoutant un n à la 3*^ pers.
masc. sing. du prétérit in?ia.
I A ÎI : + , tihouledin, nom féminin pluriel de
lahoulcdt, qui se prononce tahoulet, salutation, salut ;
nom verbal de la racine ehouled, saluer. On dit, par
exemple, ehouleder'' as s four ek. J'ai salué à lui do
chez toi (je l'ai salué de ta part).
+ â , ?' chet, aux filles, i est la préposition du datif,
qui se supprime souvent. Ainsi, on peut dire également
tihouledin chef, saluts aux filles.
chet est le pluriel de ouït, fille. C'est un des pluriels
arbitrairement formés qu'on rencontre en tamacher't.
I il 3 1 , Hamelen, nom de localité. La préposition
n du génitif, qui devrait se trouver avant ce mot, est
supprimée.
(1) Dans le langage courant, Ag mama veut dire : frère (litt. : fils
de la mère).
381 —
II« INSCRIPTION
(Relevée par M. le colonel de Neveu sur un bracelet appartenant
à un des chefs touareg venus à Alger en 1856.)
Bedda dhamen tetinat Takounit nek oua
Redda (de) caution ayant dit Takounit moi ceci
oi«'?-' oiiafoul eh'ebeg n is 7ness
je suis née depuis que bracelet du de lui le maître
BrOin 3 :u\ i\jniy un
^ è^ t'' j-^^ é^J
as ahaler' dimarder' ezzamef
(sur) lui je pleure maintenant je suis amoureuse
('n)iek elham i igraou erhinef dimarder' nek
de toi le chagrin moi a trouvé je suis malade maintenant moi
La transcription en lettres françaises est donc :
Oua nek Takounit tennat dhamen Bedda mess is
n ehebeg onafoul ouif ezzamef dimarder' ahaler' as
nek dimarder' erhiner' igraou i el ham ennek.
— 382 —
Le sens général est :
(( C'est moi, Takounit, qui ai dit : Je réponds de Bedda,
le maître du bracelet. Depuis que je suis née, je l'aime.
Maintenant, je pleure sur lui Maintenant,
je suis malade du chagrin que tu me causes. »
Examinons chacun des mots en particulier :
'II'., oua nek, c'est moi. Ces mots se retrouvent
dans presque toutes les inscriptions. Dans la copie faite
par M. le colonel de Neveu, on lit * I I . Il y a évidem-
ment un point oublié, et on doit lire comme je l'ai
écrit • I l I , oua nek.
+ I • I + , Takounit, nom propre de femme ayant la
forme d'un nom verbal.
13 3 + I + , tcnnat dhamen (déjà vu plus haut).
• A Q3 , Bedda, nom' d'homme. On remarquera que
le yeb et le yed n'ont pas les mômes formes que dans
les alphabets.
E] El 3 , yness is, maître de lui. Le dernier Q , s,
représente le pronom personnel affîxe de la 3*^ personne,
qui est employé ici d'une manière explétive.
Ce mode d'emploi du pronom personnel affîxe expri-
mant la possession, devant le nom auquel il se rapporte,
lorsque celui-ci est au génitif ou au datif, est un des
caractères de la langue berbère. En kabyle, on dit, d'après
le même usage : illi s ougellid', la fille du roi ; inna ias
i ougellid', il dit à lui, au roi. En tamacher't, on dit de
môme inna ias i amenoukal, il dit à lui, au roi.
! , n, particule du génitif pour tous les genres et tous
les nombres.
— 383 —
'î' DQ : , eJœbeg, pluriel ihebcgen, bracelet que les
hommes portent au bras, au-dessus du coude. On dit aussi
ezheg, pluriel izebcgan. Les Touareg d'Ai^adès donnent à
ces bracelets le nom de eouk'i, réservé chez les Haggar
aux bracelets de femmes.
lin CI, ouafoull ou ouafdl, depuis que. Expression
composée du pronom relatif ou démonstratif oua, et
de la préposition foull ou fcll, sur.
: : , ouir', je suis née, l^*' pers. sing. du prétérit
du verbe aoua, naître, qui fait au prétérit ouir', je suis
né ; ioua, il est né. Nom verbal ; tioui, naissance.
• 13 4=^, ezzamer', je suis amoureuse. 1" pers. sing.
du présent du verbe ezzem, aimer, être amoureux, d'où
azzam et tizzemi, amour ; amezzam, homme amoureux.
; V D 3 y , dimardef, maintenant, expression adver-
biale. Pour der' émir ouader', dans ce temps-ci; les
Touareg du Sud disent amaradcr' .
E3 iîl : . ahaler' as, je pleure sur lui.
ahaler\ l'^'^pers. sing. du présent du verbe ahel, pleurer.
Le ni , s, final est le pronom affixe S'^ pers., régime
indirect du verbe. Dans la copie de l'inscription, il y
'à Q : Il : : , qui donnerait cr'halcr' as, j'ai besoin de
lui ; je pense que c'est une erreur, et qu'on doit lire
Q :ïli, ahahy as. Le mot dlmardcf qui précède
étant terminé par un /•' • , on aura, par inadvertance,
redoublé cette lettre.
D : Q 1 D 3 , ce groupe de caractères représente
évidemment un verbe à la l"^" pers. du prétérit ou du
— 38-4 —
présent, suivi du pronom affîxe de la S** pers., et régime
indirect. Peut-être, doit-on lire t'ouarmeser' as, je suis
prise à lui, je suis éprise de lui. L'absence du \ ou, entre
le 3 et le □ , me fait toutefois hésiter à adopter cette
version.
•I I , nek, "moi, pronom sujet de la 1''*^ personne.
Dans la copie, on lit '^ D ; il ne peut ici y avoir incer-
titude, c'est "Il qu'il faut lire.
: A □ 3 A , dimardef, maintenant.
: 1 : D , erhincr\ je suis malade, l^** pers. sing. du
présent du verbe erhin, être malade.
5 • D Y , igraou i, a trouvé moi. igraou est
la 3" pers. sing. masc. du prétérit du verbe cgraou,
trouver, qui est pris ici dans le sens de saisir, prendre. On
dit : igraou i agana, a pris moi la petite vérole ; tegraou
i tenedi, a pris moi la fièvre (la fièvre m'a pris). On
remarquera que Yi formatif de la 3'' pers. masc. sing.
du prétérit n'est pas indiqué, ce qui montre combien est
imparfait le système d'écriture.
Vi final de igraou i est le pronom affîxe delà 1'*' per-
sonne, régime direct du verbe.
Zl i n, elham, le chagrin; c'est, je pense, le mot
arabe ^^, le chagrin, le malheur.
"! ! , ennek, de loi, pronom de la 2* personne
indiquant la possession. L'affîxe A' est précédé de la
particule n du génitif.
— 385 —
II1« INSCRIPTION
(Cette inscription a été envoyée de Tuggurt à M. le colonel de Neveu ;
les caractères sont mal formés et souvent confus. Il y a plusieurs
ratures. Une note indique qu'elle était gravée sur uu l)racelet.)
iDi: +(+ •+a«c ♦:!
»».a» d'^-ô UC^-Xi iio a
h'aram tennat Fatimata nek oua
défense ayant dit Fatimata moi ceci
D": l EJ HJ 113+1+ l:Q
/■ o lt' o^-^ a-»-^ ^^^-"^ o é^
ar'er n is mess dhamen tennat Sour'en
bouclier du de lui du maître caution ayant dit Sour'en
tJ:l + !+ +!+ +:iEI +
tentemmaz tennat Tasnoid
elle porte le défi ayant dit Tasnout
TRANSCRIPTION
Oua nek Fatimata tennat h'aram. Sour'en tennat
dhamen mess is n ar'er. Tasnout tennat tentemmaz.
Fatimata , Sour'en et Tasnout sont trois noms de
femmes ; le sens général de l'inscription est donc celui-ci :
(( C'est moi, Fatimata, qui ai dit : Le maître du bouclier
est défendu aux femmes, sous peine de péché.
» C'est moi, Sour'en, qui ai dit : Je réponds du maître
du bouclier.
)) C'est moi, Tasnout, qui ai dit : Je délie les femmes de
plaire au maître du bouclier. »
— 386 —
ANALYSE DES MOTS
• • I ^ , oua nek, c'est moi (Voir plus haut).
' +-I ir 3Z , Fatimata, nom de femme, pris des Arabes.
La seconde lettre de ce nom paraît être un + . Dans
une autre inscription, qu'on trouvera plus loin, le mot
Fatima est écrit par un ^ .
+ I + , teunat (déjà vu).
uni! , h'aram, c'est le mot arabe /p- .
I : □ , Sonr''eJi, nom de femme.
D E n i iU 3 + 1+ , tennat dhamen mess is (déjà vu).
' , /? ou en, particule du génitif.
^ • , ar'c/" <^', bouclier, pluriel irevaii. Ces bou-
cliers sont en peau : de jeune éléphant, d'une espèce de
bufïle appelé tes iharougen, c'est-à-dire vache des bois,
ou d'un autre animal nommé ezem, qui, je crois, est une
antilope.
V* I Ei+ , Tasnout, nom de femme.
+ ! + , tennat, ayant dit.
tî D + 1+ , tintemmaz, elle défie, elle porte le
défi, S'' pers. sing. fém. du présent du verbe entemmez,
défier. On dit :
entemmazer' ak ateged aret ouader'
Je défie à toi tu feras chose cette.
(Je te défie de faire cette chose).
(1) Cette inscription appartenant à un bracelet, il semble qu'à la
place du mot Q '■ , ar'er, bouclier, il devrait y avoir • Ui • , ehoheg,
bracelet. La copie est assez mal faite pour que, à la rigueur, la seconde
lettre puisse passer pour un ijeb ; mais, pour arriver au mot ehebeg, il
faudrait ajouter un point au yai-' • pour en faire un yah ; , et
admettre que le yag V a été omis. J'ai préféré écrire comme je
lisais : ar'cr.
— 387 —
IV« INSCRIPTION
(Copiée sur l'autre face du même bracelet.)
11+ : a jiui •iri+ -11+ y
tella aoua as tessaned tagella lella da
il était ce que à lui tu sais un pain était ici
(2) M )
MîC-fl • 3XID1 • lit a
tella ar
il a été tant que
x+i +:+
nef/ow ^ Jowaf
nous avons oublié lui Touat
TRANSCrUPflOX
Da tella tagella tessaned as aoua tella ar tella
Touat nettou t.
Ce qui signifie : « Ici était un pain, tu sais ce qu'il était
tant qu'il a été. . . Touat, nous l'avons oublié. »
Cette inscription renferme une allusion dont le sens
m'échappe. Le mot tagella, pain, est sans aucun doute
détourné de sa signification propre. Peut-être en aurais-je
trouvé l'explication dans les deux groupes (1) et (2), que
je n'ai pu traduire.
ANALYSE DES MOTS
\/ , da ou di, ici, adverbe de lieu.
•11+ , tella, était, 3'^ pers. sing. fém. du prétérit
T- 388 —
du verbe ili, être, exister, se rapportant au mot suivant
tagella, qui est féminin.
• Il 'r+ ' tagella, pain, pluriel tigelliouin.
J I kl + ' tessaned, tu sais, tu connais, 2*^ pers. sing.
du présent du verbe essen, savoir, connaître. La dernière
lettre est peut-être un yam -j ; il faudrait lire alors
tessanem, vous savez.
Ï3 , as, à lui, pronom personnel aiïixe, 3^ pers.,
régime indirect du verbe.
• , aoua, ce que, pronom relatif et démonstratif .
"il -f ) tella, elle était, se rapportant à tagella.
Q , ar, tant que, jusqu'à ce que.
» W-^, tella.
• 3 X I D I • Je ne sais si, dans ce groupe, on doit
lire : eium' n Agema, si du Sahara, ou bien e^mir negma,
si nous avions cherché.
\ I Y 11+ I . Je ne puis trouver aucun sens à ce
groupe de lettres.
+ ". + , Toual, nom du groupe d'oasis dit Touat.
X + I , netlou t, nous avons oublié lui.
nettou, nous avons oublié, 1''*' pers. pluriel du prétérit
du verbe ettou, oublier.
+ , /, pronom affixe masculin, 3^ pers. régime direct du
verbe. Si ce régime se rapportait à /arye/Za, mot féminin,
il faudrait lire tet ; X+ I deviendrait alors nettoiit tet,
nous avons oublié elle.
— 380 -
V« LNSCRIPTION
(Cette inscription est la seule que j'aie vue en original; elle est gravée
sur un de ces bracelets en pierre noire qui se nomment eltebefj, ou
csbeg, et ne contient que quelques mots. Le reste des caractères a
été gratté par l'x^rabe de qui je tiens le bracelet.)
Voici cette inscription :
•D • ,3 • f=i I :• :
:i •: iMi . u ï... •: i :
Dans la première ligne, l'ordre de la 2*^ et de la 3- lettre
est interverti ; il faut donc lire cette ligne ainsi :
. J . fB
c'est-à-dire : oua nek Falima, c'est moi, Fatima.
Dans la seconde ligne, les caractères du groupe n*' 2
sont écrits de gauche à droite ; il faut, pour les lire,
renverser le bracelet.
La transcription du groupe n° 1 est : oiia nek R'egida,
c'est moi, R'egida.
Celle du groupe n° 2 est : oua nek Lalla, c'est moi,
Lalla.
— 390
VP INSCRIPTION
(Communiquée par El Hadj Ahd el Kader bon Bou Beher et Touati.
qui l'avait fait écrire comme spécimen par un Amaclier'.)
0>;:ii- 0- i5DUf me- -:
el khir r'as toiillcmin isdan ak ennif
le bien si ce n'est des chamelles des nouvelles à toi j'ai dit
THANSCRIPTION
Ennif ak iselan toxdlemin r'as elkhir
peut se traduire par : « Je te donne des nouvelles des
chamelles, tout va bien. »
ANALYSE
.... 1 , ennif, j'ai dit, 1"^" pers. sing. du prétérit du
verbe ini , dire, dont nous avons déjà rencontré le
participe au masculin et au féminin innan et lennal.
• * , ak, à toi, pronom affixe de la 2° personne,
régime indirect du verbe.
I II • , iselan, des nouvelles, nom collectif ayant
la forme d'un pluriel, et venant, je pense, de la racine
asel, entendre.
f J 3 II + , touUemin, chamelles de charge, pluriel de
talemt. Le chameau de selle, que les Arabes appellent
méhari, porte le nom d\ireggan. La langue tamacher't
renferme, comme l'arabe, un très grand nombre de mots
pour désigner les chameaux et tout ce qui s'y rapporte.
La préposition n du génitif devrait, je pense, se trouver
entre iselan et toullemin.
~ 301 -
G . , . , ^''(if^, si tîe n'est, particule.
O ^ l l \\ ' , e^l^lfir, le bien. C'est le mot arabe j^i^^
Observations. — L'examen de ces inscriptions peut
donner lieu aux observations suivantes :
La lettre • correspond bien, pour le son, à notre lettre
a. Dans les mots M| O*, isflan, de la 6*^ inscription,
et - 3 'H OC Fatima, de la 5% on lui voit prendre le
son de Vi, ce qui tendrait à faire croire que ce caractère
peut, comme l'alif arabe, prendre, outre le son de l'a,
celui des autres voyelles. Mais ce serait peut-être trop
se hâter que d'en tirer cette conclusion.
Les lettres i/eb Q et yet -}■ sont exactement représen-
tées, quant à la valeur, par notre b et notre t. On a vu,
dans les mots y tD l > cliebcg, et • a HI ' I^cdda, que
le yeb Q avait la forme quadrangulaire. En général, les
lettres de forme circulaire prennent aussi la forme carrée,
ainsi qu'on le remarquera pour le yar Q et le yes q qui
s'écrivent également O et Q .
Le yedj X > indiqué dans les alphabets comme ayant
la valeur du - arabe ou de notre dj français, a le son
du g dans le mot • 13 3 >^ , agmama, le seul oiî nous
le rencontrons. Cet exemple unique ne peut, je crois,
autoriser à lui assigner la valeur du g qui me paraît
représenté, bien plus ordinairement, par le yag y .
ainsi qu'on l'a vu dans les mots *;* CD : , ehebeg,
• Il *î' + , tagella, ; D Y , waou.
Les mots 3 D ; : , ^-^ , et n / ; : n . , ^' , où
nous rencontrons le * * et le • * étant arabes, ces lettres
y ont naturellement la valeur du - et du r^ arabes.
Ces sons se trouvent d'ailleurs très rarement en tama-
cher't, et, bien que j'aie rencontré quelques mots,
— 392 —
comme : akli, lait, akhkhou, bète sauvage, qui ne parais-
sent pas arabes et cependant renferment le son du '^ ,
j'hésite à croire que cette lettre ait fait originairement
partie de l'alphabet lamacher't. On pourra remarquer -s
que le yakh [ * ne diffère du * l que par un léger signe
qui semble ajouté après coup. De môme, le ' ' n'est
qu'une disposition différente des quatre points du : .
La lettre tt^ bien, dans les deux mots où nous la trou-
vons, le son du z redoublé que lui assigne M. Schousboe,
et non celui du ^j^ arabe qui est indiqué par Falphabet
d'El Hadj Abd el Kader. j
Le (3 , à qui M. Schousboe attribue la valeur du j^ M
arabe, a celle du i dans le mot '1 ' ^ ' IL-
Le 3, au contraire, auquel les deux autres alphabets
assignent la valeur du J» et du ^ arabes, a celle du j^
dans les mots 13 3, dhamcn, et 1334 , Hdhidhin.
C'est, je crois, sa valeur véritable. Je suis même porté à
penser que le 3 est la seule lettre forte de cette nature
appartenant en propre à la langue tamacher't, dont la
prononciation est généralement exempte des accentuations
fortes ({u'on ne rencontre (jue dans les mots arabes.
Dans le mot Q 13 0*3, ifouarmes, nous trouvons
le 3 avec la valeur du / ordinaire. S'il n'était pas présomp-
tueux de rectifier l'orthographe d'une langue dont nous
possédons si peu de documents écrits, je dirais qu'il y a là
une faute d'orthographe. Le /, dans ce mot, est une lettre
formativede la forme dérivée passive, et la prononciation i|
indique pour le / formatif la valeur de notre /, et non celle
d'une lettre forte. Il ne faut pas perdre de vue, d'ailleurs,
que ces inscriptions sont l'œuvre de femmes qui, bien que
plus instruites que les femmes arabes, puisqu'elles savent
écrire, ne peuvent cependant, je crois, être regardées
- 393 —
comme des autorités bien compétentes en matière d'ortho-
graphe.
Le ycz X ne se rencontrant point dans les inscriptions,
nous n'avons rien à en dire.
D'après M. Schousboe, Yaui (c) arabe n'a pas d'équi-
valent en tamacher't. Les deux autres alphabets, recueillis
par des Arabes, indiquent pour cette lettre le même signe
que pour le yar ou ç- arabe
Tous, je pense, sont dans le vrai, et voici comment :
A mon avis, le son de l'ç- arabe n'appartient pas à la
langue tamacher't ; je ne l'ai jamais trouvé que dans les
mots évidemment empruntés à l'arabe ; mais lorsqu'on
a à écrire ces derniers, on se sert du même signe que pour
le ç- , comme nous l'avons vu dans les mots «3 : ,
IVeicha ou Aicha, 'AT; , R'egida ou Agida. Nous
avons eu occasion de faire remarquer que, dans la pronon-
ciation de ces mots mêmes, Vain prenait le son du r'âin.
Le yar' : , lettre éminemment berbère, a exactement
la valeur du i arabe, de même que le yech ^ a celle
du ^i.
Nous n'avons pas trouvé, dans les inscriptions, le yak'
représenté dans les alphabets par les signes \'l\ et ....
Je pense qu'on doit lui attribuer la valeur du v^ arabe.
On remarquera que, dans deux des alphabets, il a la même
forme que le ^ar' ... ; c'est qu'en effet, ces deux sons
ont la plus grande affinité et se substituent très souvent
l'un à l'autre. Ainsi, dans le mot tifinar', le r' se pro-
nonce de manière à faire douter si c'est par un r'
ou par un k' qu'on doit l'écrire. En arabe même,
les sons du ^ et du ^ se confondent quelquefois dans
- 394 —
la prononciation ; ainsi, les populations du Sud de la
subdivision de Médéa prononcent le mot *-^, mouton,
comme s'il était écrit >-^-^.
Les lettres yed U , yar n , y(if î==! , y^^^' • .* , ycs El ,
yal li , yam J , yan \ , ont la même valeur que nos
lettres d, r, f, k, s, I, m, n. Le y ah | , le yaou : et
le y ^ équivalent aux >, j et ^ des Arabes.
Les sons du ^ arabe et du ^' arabe ou th anglais, si
fréquents en kabyle, n'ont pas de signes pour les repré-
senter dans les alpbabets de la langue tamacher't. C'est
qu'en efïet, ces sons paraissent inconnus dans cette
langue.
Le son de notre j, qui se rencontre très souvent, n'a
pas de caractère spécial pour le représenter. Ce son n'est,
sans doute, qu'une variante de prononciation du ycch 3 ,
du yah ] , ou du yez X, avec lesquels il permute
constamment.
Alger, novembre 1836.
FIN DE LA NOTICE
APPENDICE
Le tirage de la Notice précédente était terminé, lorsque
j'appris que des Touareg étaient arrivés à Laghouat avec
une caravane venant de R'at. Je m'empressai de profiter
de l'occasion inespérée qui s'ofïrait à moi de vérifier
l'exactitude de mon travail, et je me rendis à Laghouat où
je trouvai, en efïet, quatre Imouhar' du pays d'Azguer et
de la tribu des If ouf as, les nommés R'otman ag el Hadj
Bekri, Bedda ag Idda, Mokhammed Abéki et Tili. Tous
savent lire et écrire les Tifîiiaf : j'ai donc pu obtenir d'eux
des renseignements qu'il ne m'avait pas été possible de
me procurer jusqu'à présent. Je me bornerai, dans cet
Appendice, à indiquer les modifications à apporter dans
la manière de lire les inscriptions dont j'ai donné la
traduction dans ma Notice. Les nouveaux documents que
j'ai recueillis me permettront, j'espère, de publier avant
peu de temps, non seulement l'alphabet des Tifinar', mais
encore la grammaire de la langue Tamacheli et plusieurs
textes en Tifinar', avec la traduction. Il serait donc
superflu de revenir sur les alphabets que ma Notice avait
pour but d'analyser. Les observations auxquelles ils pour-
raient donner lieu trouveront naturellement place dans
le nouveau travail que je prépare en ce moment.
— 390 ~
I'« LXSCRIPTIOX
1"^^ PARTIE
(Voir page 3~o)
D'après les Touareg-, cette première partie doit se lire
ainsi :
oua nek R'eicha tennat cclhman our tekkid
Ceci moi, R'eicha, ayant dit : Héserve, ne va pas vers
tiiedh our emouser' .
quelques-unes je ne suis pas.
En français : C'est moi, R'eicha, qui ai dit : Je te
reliens pour moi seule, ne va pas vers d'antres femmes
que moi.
Pour arriver à cette lecture, on voit qu il faut ajouter à
l'inscription, d'abord la particule négative our après
edhman, puis la lettre f à la fin de la phrase.
Le mot edhman est bien l'arabe ^^v-^ , mais pris ici
dans le sens de retenir, réserver pour soi seul.
2® PARTIE
On doit lire :
Taket tekfelt tennat edhman mess is
Taket tekfelt ayant dit : Réserve du maître de lui
der' tidhidhin.
parmi les femmes.
C'est-à-dire : Taket tekfelt a dit : Je réserve pour moi
seule le maître du bouclier parmi les femmes.
Taket tekfelt est un nom de femme, comme je Tavais
soupçonné.
3^ PARTIE
Il n'y a rien à changer à cette partie.
— 397 —
II- LNSCRiraOX
(Voir p. :J8l)
Elle doit être complétée et modifiée de la manière
suivante :
oua nek Takounnit tennat edhman Bedda
Ceci moi, Takounnit, ayant dit : Réserve de Bedda,
mess is n ehebeg oua foull ouït'
le maître de lui du bracelet ; depuis que je suis née,
ezzoumef dimardef er'haler' ad sdhennesef
je jeûne, maintenant j'ai besoin j'apprendrai à manger
s rek dimarder' erhiner' igraou i el ham
de toi ; maintenant je suis malade, a trouvé moi le chagrin
ennek
de toi.
En français : C'est moi, Takounnit, qui ai dit : Je me
réserve Bedda, le maître du bracelet. Depuis que je suis
née, je jeûne; maintenant, j'ai besoin que tu m'apprennes
à manger; maintenant, je suis malade du chagrin que
tu me causes.
Le verbe sdhermes s'applique à un enfant qui apprend
à manger ou à parler : l'allusion est assez facile à saisir
pour que je n'aie pas besoin d'insister sur le sens de
cette phrase.
III'^ INSCRIPTION
(Voir p. 3S5)
D'après les Touareg, le dernier mot de celte inscription
doit être lu teniiudz, en supprimant la syllabe ten : le
reste est exact.
— 398 —
1V« INSCRIPTION
(Voir p. 387)
Rien à changer à la traduction. Les Touareg- n'ont pu
trouver aucun sens aux groupes de caractères (I) et (2),
que je n'avais pas pu traduire.
Les traductions des autres inscriptions sont exactes.
Je profite de cet Appendice pour rétablir dans leur
valeur exacte quelques noms de nombre sur lesquels je
conservais des doutes, et que j'avais marqués d'un point
d'interrogation dans le tableau de la numération des
Touareg, page 25G :
Cent se dit timidhi, pluriel temadh ; mille, agim, pluriel
igiman ; cent mille, efedh, pluriel ifedhen. ■
La numération ne va pas au delà.
Alger, mai 18o8.
TABLE DES MATIÈRES
l'ages.
Préface vu
OBSERVATIONS PRELIMINAIRES
Du mode de transcription adopté dans cet ouvrage 1
Particularités de l'euphonie en kabyle 6
LIVRE PREMIER
DU NOM, DU PRONOM ET DE LA QUALIFICATION
Chapitre premier. — Du nom 13
Du genre 16
Des nombres 20
Singulier 20
Pluriel 22
Pluriel par X final 22
Pluriel par A 24
Applications des pluriels 25
Pluriels combinés . . 27
Pluriel féminin 31
Dépendance des noms • 36
Du génitif 38
Génitif par B 38
Génitif par G 42
Génitif par N dans les noms féminins 44
Génitif des noms propres d'iioinnies, de villes, de pays, etc. 4ij
Du datif et de lablatif 47
— 400 —
l'ages.
De l'accusatif 48
Du vocatif 48
Du diminutif 49
Chapitre II. — Du pronom ol
Pronoms personnels. — Pronoms personnels isolés ou sujets. ol
Pronoms personnels affixes ou régimes 52
Pronoms afTixes dépendants des noms et exprimant la pos-
session y3
Pronoms aflixes régimes directs des verbes o8
Pronoms allixes régimes indirects des verbes o9
Pronoms afïixes régis par une préposition 60
Pronoms affixes régis par un adverbe ou un pronom inter-
rogatif Gl
Pronoms démonstratifs C2
Pronoms ou adjectifs relatifs 65
Pronoms interrogatifs 68
Pronoms indéfinis "/ô
Chapitre III. — Des particules confirmatives, de la qualifi-
cation et de l'adjectif 82
Des particules AI et R'A 82
Particule D' ou AD" . 87
De la qualification et de l'adjectif 9'3
Des expressions qualiiicatives d'elàali, bien, (Viri. mal.... 97
LIVRE II
DU VERBE ET DES NOMS DÉRIVÉS DU VERBE
Chapitre premier. — Du verbe 101
Conjugaison du verbe 102
Du futur 103
Particularités euphoniques du verbe 105
Modifications de l'idée verbale 111
Tableau des formes dérivées 112
Tableau des combinaisons des formes 113
Idée transitive 11 'i
Idées passive et réciproque IIS
— 401 —
Pages.
Idée d'habitude 122
Valeur temporelle des formes d'habitude 123
Combinaisons des formes 130
Exemples des formes dérivées. — 1" forme (S préfixe) 136
2' forme (M préfixe) 139
3' forme (TSOU préfixe) 140
4' forme (TS préfixe) 143
5' forme (TH préfixe) 148
6' forme iredoublement de la deuxième articulation)... 149
7' forme (introduction du son A avant la deuxième arti-
culation) 152
8' forme (introduction des sons OU, I avant la dernière
articulation) 153
9' forme (addition du son A à la fin du radical) 157
10' forme (addition des sons OU, 1 à la fin du radical) . . . 158
Combinaisons des formes 159
Du participe 165
Manière de rendre l'idée passive 169
Manière de rendre l'idée représentée par notre verbe
réfléchi 1 70
Du verbe ili, être, exister 171
De l'idée de possession 174
De l'interrogation , 178
De la négation 181
Concordance du verbe kabyle avec le verbe français 184
Temps relatifs i 87
De l'idée conditionnelle 189
Du subjonctif ou optatif 189
De l'infinitif 190
Des pronoms adixes employés comme régimes directs et
indirects des verbes 191
Du D et de l'N séparables. — Particules de localité 196
Verbes d'état 200
Liste des verbes incomplets 203
Chapitre II. — Des noms dérivés du verbe. — Nom verbal. . 20o
Emploi du nom verbal 210
Exemples de noms verbaux. 211
Noms d'agent, de métier, d'habitude, d'état 227
Exemples de noms d'agent, de métier, etc 229
26
_ 402 —
LIVRE III
DES DIVERSES PARTICULES
, Prêpositio7is, Conjonctions, Adverbes et Interjections)
Pages.
Chapitre unique. — Prépositions 233
Conjonctions et locutions conjonctives 241
Adverbes et locutions adverbiales 246
Interjections 231
LIVRE IV
DE LA XUMÉRATIOiN
Chapitre u.nique. — Numcratifs cardinaux 2j3
Nuniératifs ordinaux, fractions 255
Tableau comparatif de la numération chez les Kabyles, les
Béni Mzab et les Touareg 256
LIVRE V
textes divers
I . Le corbeau et le renard 258
II. Le lion et le taureau 260
III. La gazelle 262
IV. La cigale et la fourmi 264
Y . Le lion et le renard 266
VI. Même fable en kabyle de Bougie 268
VII . Le vieillard et ses 111s 270
VIII. Anecdote 271
IX. Autre anecdote 273
X . Histoire de Haroun er Rechid 274
XI. Conte du chasseur 282
XII . Histoire de Mahammed ben Essollan 290
Xril. Espèce de ronde chantée par les enfants 306
XIV. Chanson 307
XV . Chanson de guerre 309
— 403 —
Chansons en kabyle de l'Oued Sahel :
l'ages.
XVI. 1" chanson, sur l'expédition de 18o7. Texte kabyle. . . 311
Traduction française , 312
XVII. 2' chanson, même sujet. Texte kabyle 313
Traduction 314
XVIII. 3° chanson. Texte kabyle 315
Traduction 318
Transcription de ces chansons en caractères arabes. . 321
XIX. Règlement du village de Thaslent 324
Texte kabyle 325
Traduction 3.31
NOTES
Note n" 1. — Sur la langue parlée dans l'oasis de Syouah. . . 339
Note n" 2. — Sur les variantes de prononciation dans les
divers dialectes berbers 344
Note n° 3. — Comparaison des dialectes. — Historiette 331
Texte arabe 351
Traduction française 352
Id. en kabyle des Zouaoua 352
Id . en kabyle des Illoulen 354
Id . en kabyle des Béni Menacer . . . . , 355
Id. en tagàoubant ou dialecte des Béni Mzab 357
Id. en tamacher't (dialecte des Touareg) 338
Id. en temazir't du Rif marocain 360
Id. en taniazir't de la province marocaine de Sous
(Chellia) 362
Id . en dialecte de Ouargla 364
Id , en chaouia de l'Aurés 365
Notice sur quelques inscriptions en caractères dits titinat' et
en langue tamacher't 369
Appendice 395
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pj
2373
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2. éd.
PLEASE DO NOT REMOVE
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