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Full text of "Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingue. Étude grammaticale du dialecte dyoula; vocabulaire français-dyoula. Histoire de samori en mandé; étude comparée des principaux dialectes mandé"

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PUBLICATIONS DE L'ÉCOLE DES IAKGIiES OKIEITALES VIVANTES 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE 



DE LA 



LANGUE MANDÉ 



OU MANDINGUE 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 

VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA. — HISTOIRE DE SAMORI EN MANDÉ 

ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALEOTES.MANDÉ 

If 



MAURICE DELAFOSSE 

ADMIMSTRATEUII-AIUOINT DES COLONIES 
CHARGÉ DB COURS DE DIALECTES SOUDANAIS A L'ÉCOLE DES LANGUES 



OHIEMAI.eS VIVANTES 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 
1901 






PUBLICATIONS 

hé 
L'ÉCOLE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES 



IIP SERIE. — VOL. XIV 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE 

DE LA 

LANGUE MANDÉ 



IMP. 0B1ENTALK A. UL'HDIN ET C lc , ANOEK3. 



ESSAI DU MANUEL PRATIQUE 



DE LA 



LANGUE MANDÉ 



OU MANDINGUE 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 

VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA. — HISTOIRE DE SAMORI EN MANDÉ 

ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 



MAURICE DELAFOSSE 

ADMINISTRATEUR-ADJOINT DES COLONIES 

CHARGE DU COURS DE DIALECTES SOUDANAIS A L'ÉCOLE PBS LANGUES 

0R1EKTALBS VIVANTE3 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 
1901 



•> • 



AVERTISSEMENT 



Je n'ai pas la prétention de refaire ici un travail | scien- 
tifique d'ensemble sur la langue mandé qui a été fait déjà 
en allemand par le D r Steinthal et en français par le capitaine 
Rambaud. Le titre de ce livre indique assez son but, qui 
est de mettre entre les mains de tous un instrument"; leur 

m 

permettant d'étudier promptement et facilement le mandé 1 , 
qui est par excellence la langue usuelle dans nos colonies de 
l'Afrique occidentale. 

Les principaux dialectes mandé, au moins le malinké, le 
dyoula et le bamana, diffèrent assez peu les uns des autres 
pour que l'étude en devienne très facile une fois que l'on 
possède bien l'un d'entre eux. C'est pourquoi les trois pre- 
mières parties de cet ouvrage sont consacrées à Tétude 
d'un seul et même dialecte; la quatrième partie permettra, 
en prenant comme base le dialecte précédemment étudié, 
île se rendre compte des différences qui existent entre les 
principaux dialectes, et facilitera l'étude de celui ou de ceux 
d'entre eux qu'on pourrait avoir besoin de connaître. 

Le dialecte le plus répandu est certainement le malinké. 
Si j'ai choisi le dyoula comme objet d'étude, c'est : 

1. J'ai adopté le mot mandé, qui tend de plus en plus à se généraliser et à 
remplacer le mot mandingue; ce dernier d'ailleurs a la même origine et peut 
être employé également. Mais il est inexact de donner, comme ou le fait souvent, 
à la langue maudé le nom de bambara : ce mot, corruption de ban-mana ou ba- 
mana, ne s'applique qu'à un seul dialecte. 



AVERTISSEMENT 

1° Parce que c'est le seul des grands dialectes mandé 
qui n'ait pas encore été étudié et dont on n'ait pas encore 
publié même un vocabulaire: 

2° Parce que le séjour que j'ai fait parmi les Dyoula du 
Dyamala et du Djimini m'a permis d'avoir de le.ur dialecte 
une connaissance assez approfondie pour que je le puisse 
prendre comme base de mon étude, ce que je n'aurais pu 
faire avec le malinké ou le bamana. 

L'Histoire de Samori qui m'a été dictée en dyoula par le 
nommé Amadou Kouroubari, indigène de Dabakala, et qui 
forme la troisième partie de cet ouvrage, permettra, de se 
livrer à une étude pratique 4 dc la langue, et fournira un moyen 
simple ue retenir les mots les plus usuels, moyeu moins in- 
sipide que celui qui consiste à apprendre par cœur un voca- 
bulaire. 

Je termine cet avertissement en réclamant l'indulgence 
des linguistes pour les erreurs qui ont pu m'échapper : 
l'étude d'une langue qui ne s'écrit pas est très difficile et 
exige une délicatesse d'oreille et une constance d'applica- 
tion qui peuvent par moments faire défaut. Ce livre n'est 
qu'un « essai », qui demandera par la suite à être perfec- 
tionné. D'ailleurs, dans l'état actuel de nos connaissances en 
fait de philologie africaine, personne ne peut prétendre faire 
uu ouvrage de ce genre ne varielur 1 . 

Paris, le 10 janvier 1901. 



1. Le leeteur est prié de consulter ['errata qui se Irouve à la fin du volume 
page 302 



PREMIÈRE PARTIE 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DÏOULA 



CHAPITRE PREMIER 

Origine, habitat, et principales familles de la tribu 
mandé des Dyoula. — Extension et impor- 
tance de leur dialecte. — Alphabet, prononcia- 
tion et accent. 



1° Origine, habitat, et principales familles de la tribu mandé des Dyoula. 

Il est difficile de préciser à quelle époque et à la suite de 
quelles circonstances les Mandé ont fait leur première apparition 
dans le pays qu'ils occupent actuellement sous le nom de Dyoula. 
Les différents indigènes de Kong, du Guimini et du Guiambala 1 
que j'ai interrogés à ce sujet m'ont toujours déclaré qu'ils igno- 
raient la date de leur installation en ces contrées; la tradition la 
plus répandue les fait venir de l'ouest. Depuis des siècles ils 
venaient dans la région de Kong pour y faire du commerce; 
peu à peu, trouvant le pays à leur goût, quelques familles s'y 
établirent à demeure et répandirent autour d'elles leurs cou- 
tumes, leur vêtement et leur religion, qui était la religion mu- 
sulmane. Ces petites colonies s'accrurent par l'arrivée de nouveaux 
colons mandé et surtout par des unions avec des femmes des 
tribus autochtones, Bobo, Kparhala, Agni et surtout Sénoufo. 

C'est de ces unions de Mandé avec des femmes de races di- 
verses qu'est née la tribu des Dyoula. Cette tribu est répandue 
aujourd'hui sur de vastes territoires, mais nulle part elle ne 
représente l'élément autochtone. On peut même dire que les 
Dyoula de race pure sont en très petit nombre, comparativement 

l.On écrit généralement « Djimini, Diamala » ou « Dyamala »; j'ai adopté une 
orthographe plus conforme à la prononciation indigène. 



4 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

à la population des pays qu'ils habitent. Ainsi dans la proviuce 
de Kong et dans le Guimini, il n'y a certainement pas un Dyoula 
pour dix Sénoufo. 

Mais, d'une intelligence bien supérieure en général à celle des 
peuplades autochtones, d'un esprit plus ouvert et plus cultivé aussi 
par suite de leur conversion à l'islam, les Dyoula ont acquis, par 
des moyens d'ailleurs tout pacifiques, la prépondérance politique: 
leur langue s'est répandue parmi les indigènes de toute la région 
et est devenue pour ainsi dire la langue officielle des chefs et des 
notables, en même temps qu'elle devenait la langue diplomatique et 
commerciale dont usent entre elles les diverses tribus sur les- 
quelles les Dyoula exercent une sorte de protectorat moral. 

Les chefs indigènes empruntèrent même aux Dyoula leurs 
noms de famille, et ils tiennent à honneur de passer pour les pa- 
rents des chefs dyoula. C'est ce qui fait que l'on a souvent con- 
fondu les uns avec les autres les Dyoula et les Sénoufo, qui cepen- 
dant parlent des langues bien différentes. 

Les Dyoula de race pure ne sont pas tatoués. Ceux qui sont nés 
d'une alliance entre Dyoula et Sénoufo, et qu'on appelle les So- 
roîlgui, sont marqués du tatouage sénoufo, qui consiste en trois 
incisions allant de la commissure des lèvres à la lempe,sur chaque 
joue. 

Les pays où les Dyoula dominent, soit politiquement, soit com- 
mercialement, sont, de l'ouest à l'est et du nord au sud : 

Le Kénédougou ou région de Sikasso, dont les autochtones sont 
des Sénoufo de la tribu des Sèndéré; 

La région de Bobo-Dioulassou, dont les autochtones sont des 
Boua ou Bobo de la tribu des Bobofing et des Agni-Achanti de la 
tribu des Tiéfo ; 

Le Lobi, ou région de Lorhosso, dont les autochtones sont des 
Agni-Achanti de la tribu des Dorhossié et de celle des Déian-n; 

Le Niénédougou, dont les autochtones sont sans doute des 
Sénoufo ; 

La région de Léra, dont les autochtones sont des Mboing; 

La province de Kong, dont les autochtones sont des Sénoufo de 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 5 

la Iribu des Kyépéré, des Kpalarha ou Pallaga, des Karabaro, et 
des Agni-Achanti de la tribu des Komono; 

La région de Bouna, dont les autochtones sont des Koulango ou 
Kparhala (Pakhalla) et des Agni-Achanti de la tribu des Gan-né; 

La région de Kani et de Séguéla dont les autochtones sont des 
Sénoufo et desKouéni (Lo ou Gouro) ; 

La région de Tiémou et du Folona, dont les autochtones sont 
des Sénoufo de la tribu des Foro; 

Le Kourodougou, dont les autochtones sont des Na-ndaga et 
des Mouin ou Mona, et où habitent aussi des Haoussa; 

Le Tagbonana (Tagbana ou Tagouano des cartes), dont les 
autochtones sont des Sénoufo de la tribu des Takponin ou Tagbona ; 

Le Guimini (Djimini des caries), dont les autochtones sont des 
Sénoufo de la tribu des Kyépéré ; 

Le Guiambala (Diamala des cartes), dont les indigènes sont des 
Agni de la tribu des Baoulé et des Sénoufo de la tribu des Kyépéré ; 

Le Ngan-nou ou Ganra et la région de Mango, dont les indigènes 
sont des Agni de la tribu des Ngan et de celle des Binié et où 
habitent aussi des Haoussa; 

La région de Bondoukou, dont les indigènes sont des Koulango, 
des Agni de la tribu des Bonda et des Agni-Achanti de la tribu des 
Gaman. 

Les principales familles dyoula sont celles : des Ouatara, qui 
dominent à Kong, au Guimini, au Guiambala, à Bondoukou, à 
Kani, à Tiémou ; — des Kouroubari; — des Kounaté, qui domi- 
nent au Kourodougou ; — des Guiara ; — des Siya, qui dominent 
à Séguéla; — des Darâmé, des Fo/ana, des Touré, des Garam- 
votè, des Sirifé (chérifs), des Kangotè, des Dosso, des Gaiamissi- 
ngari, des Sissé, des Dayorokè et des Sarha-ndorho. 

Le nom commun a toute la tribu est « Dyoula » ou mieux 
Gyùlà'. Il ne faut pas confondre les Dyoula, tribu mandé, avec 
les Dioula anthropophages qui habitent le haut Cavally et qu'on 
appelle aussi Gouro-Dioula, ni avec les Diola ou Yola de la Casa- 

1. Prononcer un g dur. 



(i ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

mance, ni enfin avec les marchands caravaniers auxquels on donne 
dans le haut Sénégal le nom générique de Dyoula, sans doute 
parce que la plupart sont effectivement des Dyoula, mais dont 
beaucoup aussi sont des Sarakolé. 

C'est tout à fait à tort que l'on donne aux Mandé de la région 
de Kong le nom de Bambara : ce mot, qui est généralement em- 
ployé dans le haut Sénégal et le haut Niger pour désigner la tribu 
mandé des Bamana, proches parents des Dyoula, sert dans la ré- 
gion de Kong à désigner les autochtones non dyoula, et principa- 
lement les Sénoufo, qui ont adopté celte appellation de Bambara 
comme nom de Face. Ce serait faire injure à un Dyoula que de lui 
dire qu'il est Bambara. 



2° Extension et importance du dialecte dyoula. 

Bien que les territoires où dominent les Dyoula soient fort 
étendus, le nombre des Dyoula proprement dits est relativement 
restreint, comme je le disais plus haut, et s'ils étaient seuls à 
parler leur langue, cette langue n'aurait qu'une importance mé- 
diocre. 

Mais il faut remarquer : d'abord que les Dyoula ne sont pas 
groupés tous ensemble, mais sont dispersés sur toute l'étendue 
des territoires énumérés tout à l'heure,' ce qui fait qu'on en 
rencontre dans chaque centre de quelque importance ; ensuite 
que les idiomes des autochtones sont fort nombreux, souvent 
difficiles à prononcer et à apprendre, et qu'ils diffèrent notable- 
ment les uns des autres, tandis que le dialecte dyoula, partout 
le même, est d'une grammaire très simple et d'une prononcia- 
tion aisée; enfin que les autochtones sont encore presque sau- 
vages pour la plupart et que leurs nombreuses tribus sont en 
lutte perpétuelle les unes avec les autres, tandis que les Dyoula 
jouissent d'une civilisation relativement avancée, se soutiennent 
tous entre eux et sont toujours choisis comme arbitres par les 
tribus autochtones dans leurs différends. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 7 

Pour toutes ces raisons, la langue dyoula s'est répandue dans 
toute la région qui nous occupe, où elle est parlée, non seule- 
ment par les Dyoula, mais encore par les sept dixièmes environ 
de la population autochtone, et, dans les grands centres, par 
les neuf dixièmes. 

La connaissance de cette langue suffira à un étranger dans 
tous les pays énumérés plus haut et dont l'ensemble est compris, 
d'une façon générale, entre le 5° et le 9° de longitude ouest et 
entre le 7° 50' et le 11° 50' de latitude nord. Tandis que, s'il vou- 
lait communiquer avec les indigènes dans leurs idiomes propres, 
il lui faudrait posséder au moins dix-sept langues ou dialectes 
différents. 

De plus les Dyoula, avec leurs vassaux sénoufo ou autres qui 
parlent le dyoula, voyagent, font des séjours momentanés et 
ont même des colonies dans une foule de pays souvent très 
éloignés du leur, notamment dans toute la Côte d'Ivoire, dans 
le Haut-Niger, dans le Mossi et dans le bassin de la Volta. 

Les guerres de Samori et d'autres conquérants ont été l'ori- 
gine de l'émigration en des régions multiples de réfugiés ou de 
captifs parlant la langue dyoula; ainsi j'ai pu constaterai! Baoulé 
et dans la basse Côte d'Ivoire qu'il n'est guère de village où ne 
se trouve pas au moins un captif parlant dyoula et pouvant ser- 
vir d'interprète, si l'on connaît cette langue. — A Dienné, en 
amont de Tombouctou, il y a une très forte colonie dyoula et le 
dyoula y est employé comme langue commerciale. 

Il n'a été publié encore aucun travail quelconque sur le dia- 
lecte dyoula, mais on trouvera nombre de renseignements fort 
intéressants sur les Dyoula dans le remarquable ouvrage de 
M. le gouverneur Binger : Du Niger au golfe de Guinée par le 
pays de Kong et le Mossi, Paris, 1892, 2 vol. in-4. 



8 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

3° Alphabet, prononciation et accent. 

Les voyelles simples sont en dyoula au nombre de neuf : 
«, è, e, f, ô, o, ô, u, ii. 

e se prononcera comme é fermé; à comme o dans « motte » 
et mieux comme aw en anglais (o très ouvert); 6 se prononcera 
presque comme ou (o très fermé); n se prononcera comme ou 
en français, ù comme l'u français; «, [è, ?', o comme en français. 

Les voyelles nasales sont au nombre de six : 

à, ë, ï, i, ô, U. 

à se prononcera comme an dans « sang » ; ê comme em final 
en portugais (é fermé nasalisé) ; ï comme in dans « vin » ; i comme 
uni prononcé du nez (presque igné du mot « digne »); o comme 
on dans « bon » ; û comme um final en portugais (son « ou » 
nasalisé). 

Les consonnes simples sont au nombre de dix-neuf : 

b, d, /, g, A, k, /, m,n, f>, p, r, s, t, U, v, w, y, s. 

b, d, /, /c, p, v, z se prononcent comme en français; 

g est toujours dur, même devante et i; 

h, très rare, ne se rencontre guère que dans des mots étrangers 
et se prononce comme en anglais; 

/ n'est jamais mouillé ; 

m et n se prononcent toujours et ne donnent jamais le son 
nasal à la voyelle précédente; 

fi se prononce comme gn dans « dignité » ; 

r est roulé et non grasseyé ; 

s se prononce toujours comme dans « savoir » et jamais 
comme dans « maison » ; 

t se prononce toujours comme dans « ton, tien » et jamais 
comme dans « position » ; 

m consonne se prononce comme u dans « suer, huit » ; 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 9 

w se prononce comme en anglais dans water ou comme ou 
dans « ouate »; 
y se prononce comme dans « Bayonne ». 

Les consonnes doubles sont gh et rh : 

gh est un son intermédiaire entre un g dur et un r gras; ce 
son existe en turc; 

rh est le Carabe, l'r fortement, grasseyé. 

Le son du ^ arabe ou de la jota espagnole, qu'on transcrit 
généralement par kh, ne se rencontre pas dans le dialecte dyoula; 
on ne le trouve en mandé que dans quelques dialectes du nord 
du Sénégal, le khassonkè notamment. 

C'est à tort qu'on transcrit souvent par kh le son rh des mots 
mandé, car cette transcription peut faire commettre des erreurs 
de prononciation. J'écrirai donc morhn et non mokho, Kparhala 
et non Pakhalla, etc. 

On se souviendra que : 

i° Toutes les lettres, voyelles ou consonnes, doivent se pro- 
noncer séparément ; 

2° Chaque lettre conserve toujours et partout sa prononcia- 
tion alphabétique. 

L'accent tonique proprement dit n'existe pas en dyoula ; il y 
a seulement une sorte d'intonation dont il est impossible de 
fixer les règles, d'autant qu'elle varie suivant la pensée de 
celui qui parle, et que l'usage seul pourra enseigner. Il en est 
de même pour les syllabes longues et les syllabes brèves : c'est 
l'usage seulement qui les apprendra. S'il y a lieu, cependant, j'in- 
diquerai les voyelles longues au moyen du signe habituel : ô, 
e, 1 ,etc. 



10 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



CHAPITRE II 



Le substantif. 



1° Genres. 



Il n'y a pas de genres à proprement parler en dyoula. Ainsi le 
même mot dë\eut dire aussi bien « fille » que « fils ». Cependant, 
s'il y a matière à amphibologie, si l'on veut préciser le sexe 
d'une personne ou d'un animal, on ajoute l'un des mots kyè 
« homme, mâle » ou muso « femme, femelle », à la suite du nom. 

Ainsi : ndyb'i kyè veut dire « ami » et ndyèri muso « amie » ; 
koro kyè veut dire « frère aîné » et koro muso « sœur 

aînée »; 
icuru kyè veut dire « chien » et ivuru muso « chienne ». 

Les seuls mots qui aient une forme différente au masculin et au 
féminin sont : 

kyè « homme (tir), mari », muso « femme, épouse » ; 
fa « père », na « mère »; 
bèma « grand-père », marna « grand'mère » ; 
plus quelques noms d'animaux : 

nisi « bœuf » ou « vache » sans préciser le sexe, lolà 
« taureau », nisi muso « vache, génisse » ; 

sise « poulet » ou « poule », dondo « coq » ; 

sarha « mouton », sarha-gyigi « bélier », sarha muso 
« brebis » ; 

ba « chèvre » sans préciser le sexe, ba-koro-ni « bouc », 
ba muso « chèvre » ; 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA I I 

2° Pluriel. 

Le pluriel des noms se marque par l'addition du suffixe ru, 
fit ou u ; après une voyelle nasale, on met u plutôt que ru : 

morkà « un homme », morhô-ru ou morhô*u « des hom- 
mes » ; 
de « un enfant », dë-u « des enfants ». 

Si le nom est accompagné d'un nombre ou d'un adverbe ou 
adjectif de quantité, il ne prend pas la marque du pluriel : 

morkà nani, quatre hommes ; 
morhù kyeme, cent hommes; 
morhù sya-mà, beaucoup d'hommes ; 
morhù byè, tous les hommes. 

D'ailleurs lorsque le contexte indique assez clairement que le 
nom est au pluriel, on peut toujours supprimer la marque de la 
pluralité. 



3° Article. 

11 n'y a en dyoula ni article défini ni article partitif. 11 y a, au 
moins au singulier, un article indéfini, qui est do « un, une » : 
J'ai appris qu'un Blanc venait, h ga a me ko Nanzara do bè 
nu ra {Nanzara kele voudrait dire « un seul Blanc »). 



4° Rapport de possession. 

Le rapport de possession, d'origine, de matière ou de dé- 
pendance s'exprime en dyoula par une simple juxtaposition, le 
nom du possesseur, du lieu d'origine, de la matière, etc., pré- 
cédant toujours le nom de l'objet possédé ou dépendant. Exem- 
ples : 



12 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Amadu M, la tête d'Amadou ; 

Ali gyô-u, les esclaves d'Ali ; 

Sikaso muso, une femme de Sikasso; 

Bàbara mar/atigi, un guerrier Sénoufo (originaire d'un pays 

sénoufo) ; 
kpàdarha, un vase d'argile {kpà « argile », darha « vase »); 
bura $oni-ru, les ongles des mains (buru « main », soni 

« ongle »). 

Lorsque deux noms au pluriel se suivent ainsi, le dernier 
seul prend la marque de la pluralité. 



.'»" Suffixes servant à former des substantifs. 

Ces suffixes sont de deux sortes : d'abord des suffixes pro- 
prement dits ne s'employant jamais seuls ', ensuite des mots di- 
vers jouant incidemment le rôle de suffixes. 

La première catégorie comprend sept suffixes : 

m, ma, koro, nà, ligi, barha et ka. 

Ma, la ou na a le sens de « dans, lieu de » ; on a ainsi : 
fara « rocher » et fara-la « rapide, chute d'eau » (endroit 
des rochers) ; — gbèndige « clairière » et gbendige-ra « savane » ; 

— suma « ombre » et suma-ra ou suma-na « endroit om- 
bragé » ; — (ère « soleil » et tere-ra « midi » ; — bonda 
« porte » et bonda-ra « magasin, chambre fermée par une 
porte » ; — kù « tête » et kv-na « hauteur, le haut d'un objet »; 

— nôflgo « angle » et nôngo-ra « coin » ; — fïyâ « face » et 
fiya-na « l'endroit d'un objet, la surface » : — bà « maison », 
kù « tête » et bô-flgû-na « toiture » ; — muru « couteau » et 
muru-la « fourreau » ; — darha « armée » et darha-ra « camp » 
(nom d'une ville du Guimini) ; — Foro-na ou Folo-na « pays 
des Foro ou Folo » ; — Tô-ra « Baoulé, pays des Ton ou Agni ». 

1. Ou jouant, s'ils s'emploient seuls, un rôle analogue à celui de nos prépositions. 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 13 

— Beaucoup de noms de localités ou de contrées sont formés 
à l'aide de ce suffixe. 

Ma a la même sens que ra mais est moins fréquent dans le 
dialecte dyoula. On a : 

dugu « terre, sol » et dugu-ma « le bas (d'une maison) » ; 
— Sata-ma, nom d'une ville du Guiambala située au 
pied des monts Sata. 

Koro ou hgoro a le sens de « sous, derrière, à côté de » ; ou a 
ainsi : gye « eau », gyu ou gyiï « bas, bout inférieur », et gye- 
gyu-koro « fond de l'eau » ; — lèlè « vérandah » et lèlè-ngoro « ves- 
tibule » ; — ôilâ, pièce d'étoffe servant de vêtement intime aux 
hommes, elbilà-koro « gamin » qui ne porte encore que le bilâ; — 
dugu «• terre, sol » et dugu-koro « la Terre, le globe terrestre ». 

Nâ ou na, quelquefois ma, là ou ra, a le sens d' « instrument » ; 
on a ainsi : datugu « boucher » et datugu-nâ « bouchon, cou- 
vercle » ; — gbasi « frapper » et gbasi-nà « maillet » ; — tere 
« soleil » et tere-nâ « montre » ; — sori « percer » et sori-nà 
« poignard » ; — kwô « laver » et kwô-nà « savon » ; — lèse 
« tailler du bois » et lèsè-na « herminette »; — da « conduire (un 
cheval) » et da-mâ « guides », etc. 

Tigi a le sens de « maître de, homme de »; on a ainsi : dugu 
«pays» et dugu-tigi « chef de province » et aussi « indigène, 
homme du pays » ; — so « village » et so-tigi « chef de village » ; 

— kû « tête » et kû-ligi « chef, capitaine » ; — kerè « guerre » et 
kerè-tigi « ennemi » ; — marfa « fusil » et marfa-tigi « soldat » ; — 
faniyà « mensonge » et faniyâ-tigi « menteur » ; — gyurunâ « ga- 
rantie » et gyurunà-tigi « otage »; — sa « cheval » et sô-tigi «ca- 
valier » (on dit aussi sô-fa « père du cheval »); — doro « bière in- 
digène » et doro-tigi « brasseur »; — gyo « fétiche » et gyo-tigi 
« féticheur »; — kursi « culotte » et kursi-tigi « jeune homme » 
(qui commence à porter la culotte) ; — kokobï « lèpre » et kokobi- 
ligi « lépreux » ; — Al-Kurana « le Coran » et alkurana-tigi 
« marabout », etc. 

Barha a le sens d' « agent » et sert à former la plupart des 



11 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

noms de métiers; on a ainsi : softyalikè « voler » et sofiyalikè-barha 
« voleur » ; — dôfigirila « chanter » et dôfigirila-barha « chan- 
teur»; — saf'arikè « commerce » et sa/arikè-barha « commer- 
çant » ; — karanikè « coudre » et karanikè-barha « tailleur » ; — 
senekè « cultiver » et senekè-barha « cultivateur »; — tirikè « dire 
la bonne aventure » et tirikè-barha « diseur de bonne aventure » ; 

— fdake « faire des médicaments » et filake-barha « médecin » ; 

— lagbarikè ou yelemanikè « pratiquer la magie » et lagbarikè- 
barha ou yelemanikè-barha « magicien »; — lèsèrikè « tailler du 
bois » et lèsèrikè-barha « menuisier » ; — balà mvô « jouer du xylo- 
phone » et balà-mvn-barha « joueur de xylophone » ; — yeghè 
mna « prendre du poisson » et yeghè-mna-barha « pêcheur », etc. 

Ka ou hga a le sens d' « homme de, indigène de » et sert à for- 
mer les noms de peuples et de nationalités; on a ainsi : Mànde-ka 
ou Mânde-hga « Malinké ou Mandé »; — Dawakala-flga-ru « les 
gens de Dabakala, etc. 

La seconde catégorie de suffixes comprend un certain nombre 
de substantifs qui peuvent s'employer isolément, et quelques 
verbes. Les plus fréquemment rencontrés sont : 

de, kyè, kà, kû, nyà, da, kwo, koro, konô, dugu, dua, difiga, 
kuru, gye et le verbe tige. 

De signifie proprement « enfant » ou « fruit » et sert à former 
des noms de petits d'animaux, de fruits et des diminutifs; on a 
ainsi : nisi « bœuf » et nisi-dë « veau »; — sarhu « mouton » et 
sarha-dë « agneau » ; — hyô « mil » et ttyô-dë « épi de mil » ; — 
marfa « fusil » et marfa-dë « balle »; — bara « ventre » et baradë 

nombril » ; — ûyà « face » et ûyà-dë « œil » ; — lob « éclair » et 
lolo-dë « étoile »; — sâni « or » et sâni-dë « bijou ». 

Kyè « homme »qui sert, comme nous l'avons vu déjà, à préciser 
le sexe masculin des hommes et des animaux, forme aussi quelques 
noms de métiers, comme fïgeri-kyè « cordonnier », numu-kyè 
« forgeron », gara-flgyè « teinturier »; si le métier est exercé par 
une femme, on dira : ngeri-muso, numu-muso, gara-muso. 

Kà. « cou » sert à former quelques noms de parties du corps, 
comme buru-kâ « poignet » (cou de la main). 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA |5 

Kù « tête » sert également à former quelques noms de parties 
du corps, comme si-hkù « talou » (tête du pied) et kâmba-kù 
« épaule » (tète de l'aisselle) de si « pied » et kàmba « aisselle ». 

JSyâ « face » sert à former quelques expressions géographiques, 
comme kwb-hyâ « surface de l'eau », de kwn « cours d'eau ». 

Da « bouche » sert à former des noms divers; on a ainsi : kwô 
« cours d'eau » et kivà-da « rivage » ; — bô « maison » et bo-nda 
« porte ». 

Kwo signifie la partie inférieure du dos, « les reins », et sert à 
former des noms désignant des parties du corps et des noms de 
lieux ; y on a ainsi : buru-kwo « le dessus de la main », si-hkwo « le 
dessus du pied » ; Fara-kwo (nom d'un village, littér : le dos du 
rocher, derrière le rocher). 

Koro signifie « os » et sert à former des noms de parties du 
corps ; on a ainsi : se « pieds » et së-koro « cheville » ; — fiyâ 
« face » ou yè « joue » et hyâ-koro ou yè-koro « tempe » ; — tiôflgo 
« coude » et nôfigo-koro « pointe du coude, coude fermé ». 

Konà « ventre, intérieur du ventre », sert à former des noms 
divers, comme toro-konô « conduit auditif» (de toro « oreille »), 
gyasa-konà « cour » (de gyasa « palissade »). 

Dugii « terre, sol, pays » sert à former quelques expressions 
géographiques et beaucoup de noms de localités et de contrées ; 
on a ainsi : kwo-su-ndugu « île » (terre sur l'eau) ; — Kuro-dugu 
(le pays des aubergines) ', Wuro-dugu (le pays des noix de cola), 
Kenë-dugu ou Keftge-dugu (le pays du sable), Arabu-dugu (l'Ara- 
bie), Nanzaradugu (l'Europe, le pays des Blancs), Frâzi-dugu (la 
France). 

Dua ou dugha « lieu, endroit », sert à former des noms de 
lieux, comme gye-bi-dugha « fontaine » (lieu où l'on puise de 
l'eau), la- dua « chambre à coucher » (de la « se coucher »). 

Dïnga « trou », quelquefois diga, sert à former des noms di- 
vers, comme kwo-dinga « épine dorsale » (creux du dos), kâ-ndiga 
« pharynx » (trou du cou), su-dihga « tombe » (trou du cadavre). 

1. Ou peut-être pays des Kouro ou Gouro. 



16 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Kuru « morceau, nœud, protubérance », sert à former surtout 
des noms de parties du corps ; on a ainsi : buru ou buro « main » 
et burokuru « poing » ; kwo « les reins, la région des reins » et 
kwo-kuru « un rein » ; ko « cou » et kâ-îiguru « la pomme 
d'Adam ». 

Gye « eau » sert à former des noms divers, comme : sâ-figye 
« pluie, eau du ciel », de sa « ciel » ; — yiri-gye « sève », de yiri 
« arbre » . 

Enfin le verbe tige « couper », quelquefois tçgè, sert à former 
quelques mots, comme : kwô-tigè «. gaè » (liltér. : couper la rivière), 
si-nligè « plante du pied » (l'endroit où le pied est comme coupé), 
buru-tegè « paume de la main » '. 



CHAPITRE III 
Les nombres. 



1 kele ou kile (l re syllabe brève). 

2 fila (id.). 

3 saùa ou sawa (l ,e syllabe longue). 

4 nani (id.). 

5 luri (id.). 

6 woré (id-)- 

7 worémvla ou worômmla. 

8 syegi (i re syllabe longue). 

1. Pour la formation des noms verbaux, voir au chapitre de la conjugaison. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 17 

9 konondo ou korondo. 

10 ta. 

20 mughâ (l re syllabe brève). — En composition, devient 

morho. 

100 kyeme (l re syllabe longue). 
1.000 tvuru (>d.). 

« moitié » ou « demi » se dit tara, et se place après le nom ou 
le nombre. 

Les nombres de 11 à 19 s'expriment de la manière suivante : 

11 ta ni kele. 

12 ta ni fila. 

13 ta ni saùa, etc. 

Les nombres de 21 à 39 s'expriment de la manière suivante : 

21 mughâ ni kele. 

22 mughâ ni fila, etc. 

29 mughâ ni konondo. 

30 mughâ ni ta. 

31 mughâ ni ta ni kele. 

32 mughâ ni ta ni fila, etc. 

A partir de 20, on compte par vingtaines ; 30 se dit simplement 
« vingt et dix », mughâ ni ta ; tandis que 40 se dit « deux fois 
vingt », 60 « trois fois vingt », 80 « quatre fois vingt » : 

40 morho fila. 

50 kyeme tara. 

60 morho saùa. 

70 morho saùa ni ta. 

80 morho nani. 

90 morho nani ni ta. 

Pour dire 50, on dit ordinairement kyeme tara « demi-cent » ; 
on peut dire aussi morho fila ni ta « quarante et dix » . 

Les centaines et les mille se comptent à l'aide des mots kyeme 

et wuru : 

100 kyeme ou kyeme kele. 400 kyeme nani. 

200 kyeme fila. 500 kyeme luri. 

300 kyeme saùa. 600 kyeme worô. 



18 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



700 kyeme woràmvla. 

800 kyeme syegi. 

900 kyeme konondo. 

1.000 wurukele. 

2.000 wuru fila, etc. 

10.000 wuru ta. 

20.000 wuru mughâ. 

30.000 wuru mughâ ni là. 

40.000 wuru morhà fila. 



50.000 wuru kyeme tara. 

60.000 wuru morhà saûa. 

70.000 wuru morhà saûa ni ta. 

80.000 wuru morhà nani. 

90.000 wuru morhà nani ni ta. 

■100.000 wuru kyeme. 

200.000 wuru kyeme fila, etc. 

1.000.000 wuru wuru. 

2.000.000 wuru wuru fila, etc. 



Le nom de nombre se place après le substantif qu'il détermine 
et ce substantif, comme on l'a vu, ne prend pas la marque du plu- 
riel : muso nani « quatre femmes », sô ta « dix chevaux », marfa- 
tigi kyeme « cinquante guerriers ». 

Le mot « fois » se dit ko ou sifiya : 
une fois, ko kele ou siïïya kele. 
deux fois, ko fila, etc. 
Les expressions « un par un », « deux par deux », etc., s'expri.- 
ment par la répétition du nombre : kele kele, fila fila, etc. 

Les nombres ordinaux se forment en ajoutant le suffixe na aux 
nombres cardinaux correspondants, à l'exception de « premier » 
qui se dit folo-na. On a donc : 

1 er folo-na. 

2 e fila-na. 

3 e saûa-na. 

4 e nani-na. 

5 e luri-na, etc. 

« Dernier » se dit kwo-morhù, littéralement : «l'homme de der- 
rière ». On dit aussi pour « premier » hyà-morho (l'homme de de- 
vant). 

Les noms de nombre composés de plusieurs mots comme ta ni 
kele, mughâ ni ta, etc., n'ont pas de forme spéciale pour exprimer 
le nombre ordinal : la même forme sert à rendre le nombre car- 
dinal et le nombre ordinal. — Sauf le mot tara « demi, moitié », 
il n'existe pas de noms de nombre fractionnaires. 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA iO 



CHAPITRE IV 
Les adjectifs qualificatifs. 



Les adjectifs en dyoula sont de trois sortes : 

1° Les adjectifs proprement dits ; 

2° Les substantifs employés adjectivement ; 

3° Les adjectifs à forme verbale. 

Chacune de ces classes d'adjectifs se comporte différemment, 
mais les trois classes ont ceci de commun que l'adjectif se place 
toujours après le substantif qu'il qualifie et que le même adjectif 
sert pour les deux sexes. 

i* Adjectifs proprement dits. 

1. — Les adjectifs proprement dits sont peu nombreux en dyoula. 
Voici les plus usités, par ordre alphabétique : 



bien portant kende, kêndè. 

blanc gbè. 
bleu clair (ou) vert frisi. 

bon (de caractère) berè- 

différent dana. 

exact, juste teni, lele. 

fou dyugi't. 

grand, gros ba. 

gris kurokuro. 

jaune (ou) rouge ule. 

1. Proprement sya-mù est un nom voulant dire « grande quantité 

2. En réalité farha-ndê est un substantif signifiant « un homme pauvre, un 
homme de peu ». 



jeune dorho, ndorho. 
mauvais, méchant dyugu, gyarha. 

moucheté nyeghenyeghe. 

neuf, frais kura. 

nombreux sya-mâ'. 

pauvre farha-ndè '. 

petit fitmi. 

plan peprcpé. 

rond kriri, kiiri. 

rugueux kakrhaka. 



le ». 



20 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



sale 


adyugu, 


dyugu. 


vert (pas sec) 


knndè. 


sec 


gyale. 




vide 


lakolo. 


semblable 


kele-na. 




vieux 


koro. 


tout 


byè. 




vrai 


te, lyï-le 


unique 


kele. 









Si ces adjectifs qualifient un substantif, ils le suivent sans mo- 
dification ; toutefois, si le substantif est au pluriel, le suffixe ru qui 
marque la pluralité s'omet à la suite du substantif et se place à la 
suite de l'adjectif. Exemples : 

un homme blanc, morho gbè ; 

des hommes blancs, morho gbè-ru; 

un grand village, so ba ; 

un nouveau village, so kura; 

de vieux villages, so koro-ru. 

Toutefois l'adjectif sya-mà « nombreux », exprimant par lui- 
même l'idée de pluralité, ne prend pas le suffixe ru : de nombreux 
éléphants, samà sya-mà. 

L'adjectif ni, qui signifie « bon » ou « beau », se construit de 
façon particulière : qu'il qualifie un nom ou qu'il soit attribut du 
verbe « être », il est généralement précédé du pronom a « il » et 
toujours du verbe kya, forme spéciale du verbe « être ». Ainsi 
« un homme bon » se dira morho a kya ni (un homme il est bon), 
et au pluriel morhô-ru ar kya fli ou morhà-ru a kya ni (des 
hommes ils sont bons ou des hommes il est bon) '. 

Si ces adjectifs sont attributs du verbe « être », on les fait pré- 
céder de la forme verbale bè, et, à la voix négative, de la forme 
verbale tè. Au pluriel, l'adjectif reste invariable. Exemples : 

c'est différent, a bè dana, ou a bè danadana ; 

il est grand, a bè ba (peu employé, on se sert plutôt du verbe 

bo « être grand ») ; 
tu es jeune, e bè dorho ; 

1. Employé adverbialement, après un verbe, pour signifier « bien », cet adjectif 
se dit souvent kya ni (sans le pronom a) ou simplement ni. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 21 

je ne suis pas méchant, ni tè dyugu ; 
il n'est pas neuf, a tè /cura ; 
ils sont vieux, ar bè koro. 

On peut même employer cette forme après un substantif et dire : 
une petite maison, bô a bè fitini (une maison elle est petite), aussi 
bien que : bô fitini. 

Pour l'adjectif fit « bon, beau », on emploiera kya au lieu de 
bè et ma au lieu de tè : c'est bon, a kya fti; ce n'est pas bon, a ma 

ni. 

Avec les adjectifs dyugu « méchant » et adyugu « sale », on 
peut employer indifféremment kya ou bè, ma ou tè. Ainsi on dit : 
a nyà kya dyugu (sa face est mauvaise) « il est laid » ; a kya 
adyugu « il est sale ». 

II. — Quelques adjectifs possèdent, outre la forme ordinaire, 
une seconde forme qui n'est autre que la première suivie du suf- 
fixe ma. Celte seconde forme, quand elle existe, est plus usitée 
que la première. C'est ainsi qu'on a : 

ni-ma ou Ml-ma « beau, joli », de ni (cette dernière forme ne 
s'employant que précédée de kya ou ma, comme on vient 
de le voir) ; 

gbè-ma « blanc », plus usité que gbè; 

îiyegheîlyeghe-ma « moucheté » ; 

fi-ma « noir » ou « bleu foncé » (la forme simple fi est presque 
inusitée en dyoula); 

dorho-ma « jeune, petit », etc. '. 

Ces adjectifs en ma se construisent comme les adjectifs simples, 
avec cette différence que, lorsqu'ils accompagnent un nom au 
pluriel, le suffixe ru se place après le nom : des hommes blancs, 
morhà-ru gbè-ma ; de jolies femmes, muso-ru ni-ma. 

III. — Il existe encore une troisième forme d'adjectifs : ce 

1. Le mot sya-ntfl « nombreux » peut-être rangé parmi les adjectifs en ma, l'a 
final s'étant changé en â. 



jaune (ou) rouge 


ule-ni. 


jeune 


dorko-ni. 


lisse 


ndugu-ni. 


noir (ou) bleu fonc 


é fi-ni. 


portant (bien — ) 


kendeya-ni 


sec 


gya-ni. 


seul, solitaire 


kele-ni. 


vieux 


koro-ni. 



22 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

sont ceux terminés par le suffixe ni, et dont beaucoup d'ailleurs 
se retrouvent dans la forme simple et dans la forme en ma 1 . Les 
plus usités sont : 

adhérent deri-ni. 

blanc gbè-ni. 

bleu clair (ou) vert frisi-ni. 
carré nôgo-nani. 

chaud gba-ni. 

courbe kuturu-ni. 

droit lele-ni. 

froid sumâ-ni. 

humain (qui a appa- 
rence humaine) morhà-ni. 

Lorsqu'ils accompagnent un substantif, ces adjectifs se com- 
portent comme ceux de la forme en ma : de l'eau chaude, gye 
gba-ni ; de l'eau froide, gye sumà-ni ; des moutons noirs, sarha-ru 
fi-ni. 

Lorsqu'ils sont attributs du verbe « être », ils précèdent ce 
verbe, qui prend la forme bè (quelquefois mè), et, à la voix néga- 
tive, la forme de. Exemples : 

il est blanc, a gbè-ni bè ; 

ce bâton est courbé, kolomù mi a kuturu-ni bè ; 

il n'est pas vieux, a koro-ni de ; 

il n'est pas noir, a fi-ni de; 

la terre est lisse, dugu a ndugu-ni mè. 



2° Substantifs employés adjectivement. 

Ce sont de véritables substantifs, qui servent à traduire des idées 
adjectives qui ne sont pas représentées en dyoula par un adjectif 
propre. Ils s'emploient toujours avec le verbe « être », qui se place 



\. Dans les adjectifs teni « exact » et fitini « petit », la syllabe ni n'est pas un 
suffixe mais fait partie du radical. C'est pourquoi j'ai rangé ces deux adjectifs dans 
la l r0 forme. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 23 

après le substantif employé adjectivement, et prend la forme lo h 
la voix positive, et tè à la voix négative. On a ainsi : 

morhù mi morhù-berè lo, cet homme est bon, c'est un brave 
homme (ici le véritable adjectif est berè, mais ce mot joint 
à morhù forme un véritable substantif) ; 
morhù dû a morlw-gyarha lo, un méchant homme (on dit 

aussi morhù dû a morhù-dyugu lo) ; 
morhù a sâni-tigi lo, un homme riche; 
morhù a sâni-tigi tè, un homme qui n'est pas riche ; 
a su-barha bè, il est possédé (d'un esprit, d'un génie). 

3° Adjectifs à forme verbale. 

Ce sont les plus nombreux ; les vrais adjectifs sont rares en 
dyoula, mais par contre le nombre des verbes attributifs est con- 
sidérable ; on a ainsi des verbes signifiant : être acide, être amer, 
être bas, être bon à manger, être chaud, être cher, être creux, etc. 
Tous ces verbes s'emploient adjectivement, précédés du pronom» 
« il » ou « elle » au singulier et du pronom are ou ar « ils » ou 
« elles » au pluriel; ainsi « être amer » se dit kôrha; on dira 
donc : il est amer (ou) c'est amer, a kôrha ; de la bière amère, doro 
a kôrha; les noix de cola sont amères, ivuro-ru ar kôrha (ou mieux 
wuro a kôrha sans exprimer la marque du pluriel, ou wuro kôrha). 

Parmi ces sortes de verbes-adjectifs, les uns sont des verbes 
transitifs, les autres des verbes neutres, et parmi ces derniers, les 
uns s'emploient à la forme active, les autres à la forme passive. Je 
donne ci-après les plus usités dans chacune de ces trois catégories, 
avec les remarques qui s'appliquent à chaque catégorie. 

I. — Verbes-adjectifs de forme transitive. 



être doux (de caractère) kèberè-kè. 

être intelligent meni-kè. 

être juste, véridique tgfle fà. 

être peureux sirâ. 

être querelleur kerè tige. 



être raisonneur fâga-kè. 
être rapide se tarhama ra. 

être fécond de-uro. 

être travailleur kye-kê. 
être habile, rusé ko lô. 



24 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Pour ces verbes-adjectifs, la négation est ti ; on dira donc : 

il est peureux, a sirà ; il est brave, a ti sirà : 

une femme féconde, muso a de-uro ; une femme stérile, muso 

a ti de-uro ; 
ils sont paresseux, ar ti kye-kè (ils ne sont pas travailleurs). 



II. 



VERBES-ADJECTIFS NEUTRES DE FORME ACTIVE. 



être acide 


kunâ. 


être amer 


kôrha 


être bas, court 


suru. 


être bien portant 


kende 



être bon (à manger) di. 

être bon marché id. 

être cher gbrè, gbelè. 

être creux dû, 

être difficile (comme « être cher »). 

être dur id. 

être effilé dadi. 

être fort (comme « être cher »). 

être grand, gros bô. 

— (par la taille) (comme 

« être long »). 

être gras bô totroto. 

être haut (comme « être long »). 
être ivre sumï-bo. 



être juste, exact, 


kele. 


être large (comme 


« être { 


gros ». 




être léger 


fy>- 


être lointain 


gyà. 


être long 


gyâ. 


être lourd 


gbli. 


être malade 


siraya. 


être mou 


marha. 


être menteur 


fana. 


être sûr, droit 


tele, tile 


être nombreux 


sya. 



grand, 



être petit (de taille) (comme « être 

court »). 
être prêt sira. 

être seul gbâzanu. 

être solide (comme « être fort »). 



Pour ces verbes-adjectifs, la négation est ma ; on dira donc : 

il est malade, a siraya ou a ma kende (il n'est pas bien por- 
tant) ; 

il est tendre, a ma gbrè (il n'est pas dur), etc. (On dit sou- 
vent : a ma bô, il n'est pas grand; ar ma nzya, ils ne 
sont pas nombreux ; a ma gbrè, il est tendre.) 



111. — Verbes-adjectifs de forme passive. 



être abîmé 
être achevé 



tya-na (du verbe tyâ). 
hana (du verbe bâ). 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 25 

être chaud ' gba-na (du verbe gbâ). 

être cuit mô-na. 

être fatigué sige-ra. 

être froid suma-na (du verbe sumà). 

être mûr ule-na ou mô-na. 

être plein fa-ra. 

être pourri turra (pour tura-ra). 

être propre gbè-ra. 

être rassis gya-™. 

être sec id. 

être tordu, sinueux fara-na. 

La négation est également ma pour ces verbes, mais à la voix 
négative, il faut retrancher la particule na ou va et redonner au 
verbe sa forme primitive s'il l'a perdue. On dira donc : 

il est abîmé, a tya-na; il n'est pas achevé, a ma bà; l'eau 
n'est pas chaude, gye a ma gbù ; je ne suis pas fatigué ; Ta 
ma .tige, etc. ; le soleil est très chaud, tere gba-na papapapa. 



V. — Enfin certains 'adjectifs français devront être traduits par 
des périphrases. En voici quelques exemples : 

il est adroit, a buru a tele (sa main est sûre) ; 

c'est bon marché, a sôgo a di (son prix est bon); 

c'est cher, a sôgo a gbrè (son prix est dur) ; 

il est débauché, tnuso a di a ye dugè (la femme lui platt beau- 
coup) ; 

il est doux (de caractère), a konô kya fii (son ventre est bon) ;' 

c'est un fainéant, kye ma ndi a ye (le travail ne lui plaît pas) ; 

il est immobile, a sigi-la dua kele na (il reste dans le même 
lieu); 

il est indocile, a flya-na a gbrè (son intelligence est dure) ; 

il est laid, a nyà kya dyugu (sa face est mauvaise) ; 

c'est loin, a bè dua gya-na (c'est dans un endroit lointain), ou 
a dua gyâ (son lieu est loin) ; 

il est mécontent, a gyùsu a ma sumà (son cœur n'est pas 
froid) ; 



2G ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

il est nu, delege t'a fè (il n'a pas de vêtement) ; 

c'est salé, korho Va ra papapapa (le sel est dans lui beaucoup) ; 

il est satisfait, a gyùsu a suma-na (son cœur est froid). 



4° Degrés de comparaison. 

Le comparatif de supériorité se forme en dyoula par la simple 
addition des particules o elye: la première se place après le pre- 
mier nom comparé et la seconde après le dernier. Exemples : 
Samba est plus grand qu'Amadou, Sàba o a gyâ Amadu ye; 
le bœuf est meilleur que le mouton, nisi o a kya ni sarha ye ; 
Kong est plus loin que Sokola, Kn o a gyà Sokola ye ; 
je suis plus vieux que lui, nile o ni bè koro a ye (ou ni bè koro 
a ye, la particule o pouvant se supprimer, surtout si le sujet 
est un pronom). 

Le comparatif d'infériorité n'existe pas ; on l'exprime en re- 
tournant la phrase : « il est moins vieux que moi », tournez « je 
suis plus vieux que lui ». 

Le comparatif d'égalité s'exprime au moyen du mot karako 
« comme » : cette chose est aussi grosse que celle-ci, fè mi a bô 
karako mi ; cet homme est aussi grand que moi, morho mi a gyà 
karako ni. 

Le superlatif relatif n'existe pas : « il est le plus gros des 
hommes », tournez « il est plus gros que tous les hommes », a bô 
morho byè ye. 

Le superlatif absolu s'exprime à l'aide d'un des mots dyugu-kè ' 
ou dugè, hali, kpa, papapapa, titititi, etc., que l'on place après 
l'adjectif : c'est très bon, a kya fri dyugu-kè ou a kya fii hali; il 
est très gros, a bô dyugu-kè; il est très noir, a fi-ni bè titititi. 

La même idée se rend très souvent par l'addition de la voyelle e 
à la fin de la phrase : a bè kura e, il est bien frais ; c'est vraiment 
un homme, c'est un homme charitable, a bè morho e [morho joue 
ici exceptionnellement le rôle d'adjectif). 

1. Le mot dyugu-ké signifie littéralement « faire mal » : a bô dyugu-kè, il est 
grand à en faire mal, il est très grand ou trop grand. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 27 



CHAPITRE V 



Les adjectifs et pronoms déterminatifs 
et personnels. 



J° Démonstratifs. 

L'adjectif démonstratif «ce, cette, ces; ce... ci, cette... ci, ces... 
ci » se dit en général mi. Cependant on emploie aussi d'autres 
expressions, comme l'indique le tableau suivant : 

ce, cette, ces, ce... ci, etc. mi; le; mie' . 

ce... là, cette... là, ces... là mio. 

ce... que voici mile. 

ce... que voilà milo. 

Tous ces démonstratifs se placent après le substantif et sont 
invariables ; le nom qui les précède peut prendre la marque du 
pluriel. Exemples : 

cet homme, morhù mi; à qui ce mouton? gyô-nda sarha le? 

où vont ces femmes? muso-ru mie ar bè tarha mi? 
cet homme-là, morhù mio; 
qui a parlé ainsi? cet homme que voici a parlé ainsi, gyô-ne 

ka a jù le ? morhù mile ka a fù te ; ces chevaux que voilà, 

xô-ru milo. 

Les pronoms démonstratifs sont formés à l'aide des mêmes 
mots. « Celui-ci » se dit morhù mi (cet homme-ci), « celui-là » se 



1. mi, raie se changent souvent en ni, nie après une voyelle nasale : bô nie, cette 
maison. 



28 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

dit morho mio (cet homme-là); « ceci, cela » se dit fè mi (cette 
chose) ou le : donne-moi cela, fè mi a di ma; à qui ceci? gyô-nda 
lo le ? 

« Ce » placé devant le verbe « être » se traduit par le pronom 
personnel de la 3 e personne : a (au singulier), ar (au pluriel). 

2° Possessifs. 

Les adjectifs possessifs revêtent trois formes différentes, suivant 
qu'ils accompagnent un nom de personne ou de partie du corps, 
un nom de chose ou d'animal, ou enfin un nom abstrait. Dans tous 
Jes cas, ils se placent avant le substantif qu'ils déterminent et sont 
invariables. 

Avec un nom de personne ou de partie du corps, on a généra- 
ment : 

mon, ma, mes n (devient m devant une labiale {b, f, m, p, v, w) 
et n devant une gutturale [g, k) ; de plus la pre- 
mière consonne du nom, si elle est forte, s'adou- 
cit : s en z, t en d; /"en v; p en b\ k en g); 

ton, ta, tes e ou i ou ye. 

son, sa, ses a. 

notre, nos anuru. 

votre, vos aluru. 

leur, leurs ar. 

Exemples : mon fils, n de; ma femme, mmuso; mon père, m va 
(pour n fa) ; ton père, e fa ; ta femme, e muso ; les amis, e ndyèri- 
ru ; son père, a fa; notre mère, anuru na ; vos gens, aluru morhù- 
ru ; leur père, ar fa ; ma tête, îi gû (pour n kû). 

Avec un nom de chose, on a généralement : 

mon, ma, mes n-da ou ni ta. notre, nos anuru-ta. 

ton, ta, tes e-taouye-taoui-ta. votre, vos aluru-ta. 

son, sa, ses a-la. leurs, leur ar-ta. 

Exemples : mon livre, n-da kardasi; ma maison, n-da bô; mon 
village, n-da dugu; ton fusil, e-ta marfa ; son vase, a-ta darha; 
n'est-ce pas ma maison? ni-ta bo te? 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 29 

On peut aussi employer la première forme et dire : fi gardasi, 
m bô, n dugu, e marfa, a darha. 

Avec un nom abstrait, on a généralement : 



mon, ma, mes m. 
ton, ta, tes e ou ele. 

son, sa, ses a. 



notre, nos ani. 
votre, vos aluru. 
leur, leurs are ou ar. 



Exemples : mon nom, ni torho; ton nom, ele torho ; son nom, 
a torho, etc. 

Les pronoms possessifs se forment à l'aide de la particule de 
possession ta, que nous avons déjà vue tout à l'heure, et qui a le 
sens de « chose, propriété ». On a ainsi : 



le mien, la mienne, les miens ni-ta. 
le tien, etc. e-ta ou o-ta. 

le sien, etc. a-ta. 



le nôtre, etc. anuru-ta. 
le vôtre, etc. aluru-la. 
le leur, etc. ar-ta. 



Cette même particule ta sert à rendre notre préposition « à » 
indiquant la propriété et notre préposition « de » lorsqu'on veut 
insister sur l'idée de possession. On a ainsi : 

c'est à mon père, a m va-ta lo ; ce pagne est à Mamadou, 
fàni mi Mamadu-ta lo ; c'est à moi, ni-ta lo ; ce n'est pas à 
moi, ni-ta tè ; c'est à toi (ou) c'est le tien, e-ta lo. 

« Le village de son père », si l'on veut dire « le village où habite 
son père », se dira a fa dugu ; mais si Ton veut dire « le village 
dont son père est le chef », on dira a fa-ta dugu. 

On retrouve encore la particule ta, transformée en nda par suite 
de la présence d'une voyelle nasale, dans l'expression gyô-nda? 
qui signifie « à qui? » (le whose? anglais) : à qui cette maison? 
gyô-nda bô nie? à moi, ni-ta lo. 

Pour traduire les expressions « celui de, celle de, etc., » on 
peut aussi employer ta, mais il vaut mieux répéter le nom de 
l'objet : ma maison et celle de mon père, n-da bô ni m va-ta, ou 
mieux n-da bô ni m va-ta bô. 



30 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



3» Relatifs. 

Il n'y a pas en dyoula de pronoms relatifs. Pour traduire 
« l'homme qui est venu » , on dira : morho mi a na ra (cet homme il 
est venu) ; — « le mouton que j'ai tué », sarha fi ga a farha (le 
mouton j'ai lui tué). 

Pour traduire les expressions : « c'est moi qui, c'est toi qui, etc. ; 
c'est cet homme qui ; c'est moi que, c'est cet homme que, etc. » 
on emploie la forme emphatique des pronoms personnels, qu'on 
verra plus loin, ou les démonstratifs mile, milo : 

c'est moi qui ai fait cela, ni-le ka fe mi ke (moi-même ai cette 

chose fait) ; 
c'est lui que j'ai vu, a-lele f) ga a ye (lui-même j'ai lui vu); 
c'est cet homme qui a parlé, morho mile ka'a fo (cet homme 
que voici a parlé), etc. 

4° Interrogatifs. 

Les pronoms et adjectifs interrogatifs sont les suivants : 

gyô-ne ? ou gyo-ni? qui? 

gyô-nda? à qui? (avec sens possessif). 

gyo-mane? gyo-mû? quel? quelle? quels? 

munu-môf quoi? (employé seul). 

mune? ou muni? ou mumvèni? qu'est-ce que? que? 

mungani? (même sens). 

di? quoi? quel? qu'est-ce que? (avec le sens de « comment? »). 

Voici maintenant quelques exemples qui feront comprendre 
l'emploi de ces pronoms et adjectifs : 

gyô-ne na na ya? qui est venu ici? 
gyô-ne ka a fo te? qui a parlé ainsi ? 
gyô-nda fâni mie? à qui est ce pagne? 

e sigi dugu gyo-mane na? dans quel village demeures-tu ? (tu de- 
meures village quel dans?). 
e na la gyo-mane ? quel jour viendras-tu? 




ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 31 

fâni mi e gyo-mane nyini? lequel de ces deux pagnes veux-tu? (ces 

pagnes tu lequel désires?). 
munu-mô? quoi? qu'y a-t-il? 
ye muni kè ? qu'est-ce que tu fais ? 

mumvèni kardasi mi e ta? qu'est-ce que ce papier que tu prends ? 
mumvènie ta? ou e muni ta? qu'est-ce que tu prends? que prends-tu? 
mungani e nyini? qu'est-ce que tu veux ? 
a toi'ho di? quel est son nom? (son nom comment?). 
e ko di? qu'est-ce que tu dis? (tu dis comment?). 



i>o Indéfinis. 

Voici la liste des adjectifs et pronoms indéfinis les plus em- 
ployés : 

un, un certain do. 

un, un seul kele. 

des, quelques ru (marque du pluriel). 

quelqu'un morhô dà (un homme). 

quelque chose fè (fè-m devant b, f, p, v ; après fè-m, /"se 

change en v et p en b), 
personne morhô dô (suivi de la négation), 

rien fonda (suivi de la négation), 

aucun dô (suivi de la négation), 

tout, toute, tous (adj.)6«/è. 
tout (pron.) fèmbyè (toute chose), 

tous (pron.) a byè, ar byè (eux tous), 

quelconque byè. 

quiconque morhô byè (tout homme), 

n'importe quoi fè mbyè. 

beaucoup de sya-mà. 

le même, les mêmes kele (un seul). 
un autre (différent) dà-gbrè. 
un autre (en plus) kele... nyalakâ (un... encore), 
l'un... l'autre... morhô dô... morhô dà-gbrè. 

les uns... les autres... dô-bè... dô-bè... ou dà-ye... dô-ye... 

On voit qu'en somme toutes ces expressions se réduisent à trois : 
do « un », byè « tout » et kele « un seul », auxquelles on peut ajou- 
ter sya-mà, qui n'est autre que l'adjectif signifiant « nombreux » 
et la particule ru du pluriel des noms. 



32 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Voici maintenant quelques exemples : 

il y a quelqu'un, morhà dà bè ya; 

il n'y a personne, morhà dà te ya; 

personne n'est venu ici, morhà dà ma na ya; 

j'ai quelque chose, fè mbè m vè; 

je n'ai rien, fonda te m vè; 

as-tu mangé toute la viande ? e ka sorho byè domû? 

tous viennent, ils viennent tous, a byè a bè na ra ou ar bye ar 

bè na ra (a byè est au singulier, ar byè au pluriel, mais ces 

deux expressions sont équivalentes) ; 
prends n'importe quoi, fèmbyèta; 
cherche-m'en un autre, dà-gbrè yini a di ma (un autre cherche 

lui donne moi) ; 
donne-m'en un encore, kele ndi maîïyalakâ; 
les uns viennent, les autres s'en vont, dà-bè na ra, dà-bè tarha 

ra. 

« Chaque » ou « chacun » voulant dire « tous » se rend par 
byè; dans les expressions : « ces poulets valent un franc chacun, 
donnez-leur deux pagnes à chacun, etc., » on emploie la répétition 
du nom de nombre. Exemples : chaque soldat a un fusil, marfa- 
tigi byè marfa kele a-ta fè (tous les soldats il a un fusil) ; j'ai payé 
ces poulets un franc chacun, h ga sise mi sa tà-mba kele tà-mba 
kele (j'ai poulet ce acheté franc un franc un) ; donne-leur deux 
pagnes à chacun, fàni fila fàni fila di ara ma (pagne deux pagne 
deux donne eux à). 

Le pronom « on » se rend en général par la 3 e personne du 
pluriel, quelquefois par la 2" personne du singulier. 



6° Pronoms personnels. 

Les pronoms personnels revêtent des formes différentes suivant 
le rôle qu'ils jouent dans la phrase. En voici le tableau : 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 



33 



Pronoms isolés (forme simple). 



Sing. 


Ire 


pers. 


ni. 




£e 


— 


e, i, o. 




3 e 


— 


a. 


Plur. 


l r0 


— 


anuru. 




2° 


— 


aluru. 




3 e 


— 


aru. 




III. 


— Pronoms ré 


Sing 


1" 


pers. 


nire. 




2» 


— 


ère. 




3" 


— 


ire, are 


Plur 


.1 ro 


— 


anire. 




2 c 


— 


arere. 




3« 


— 


arere. 



II. 



Pronoms emphatiques. 



Sing. l r ° pers. ni-le. 

2° — e-le, e-lele, i-lele. 

3° — a-le, a-lele. 
Plur. l r ° — anuru-le. 

2° — aluru-le. 

3° — aru-le. 



IV. 



Pronoms sujets. 



Sing. l re pers. ni, n, ni, nya. 



2 e 
3= 
Plur. l re 

2° 
3' 

V. — Pronoms régimes. 



e, i, ye, ya. 
a, è. 
aûi, an. 
ar, are. 
ar, are. 



Sing. 1" pers. n, ni, ni, na. 
2° - i, ya, e, ye. 
3» — a. 



Plur. l re pers. aûi. 

2° — ara, are. 
3° — ara, are. 



Remarques. — I. — Les pronoms de la l rc et de la 2 e personne 
du singulier, lorsqu'ils sont régis parla particule ma, se suppriment 
la plupart du temps; le pronom de la l ro personne du singulier se 
supprime devant la particule na, en général; la particule ye « à » 
se supprime après le pronom de la l re personne du singulier, qui 
prend alors la forme ni. — Exemples : « donne-le moi », a di ma 
(pour a di m ma) ; « je te le donne », ni a di ma (pour ni a di i ma) ; 
« lu me commandes », ye ne na (pour ye se n na) ; « il me plaît » , a di 
ni (pour a di ni ye). 

II. — On remarquera que la 2 e et la 3» personnes du pluriel sont 
représentées en général par une forme unique; les Dyoulaen effet 
ne font pas de différence entre « vous » et « eux », au moins 
lorsque ces pronoms sont sujets ou régimes. 

III. — La forme n du pronom de la l re personne du singulier 
devient m devant une labiale (b, /, m, p, v, w) et n devant une 
gutturale (g, k) ; de plus, la première consonne du mot qui suit, si 

3 



34 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

elle est forte, s'adoucit : s en z, t en rf, f en r, p en £, k en g. Ainsi 
on dit : m ma a farha, je ne l'ai pas tué; ar kana m varha, ne me 
tuez pas; n di tarha (pour n ti taràa), je ne vais pas ; n darha, je 
vais; fl ga tarha (pour n ka tar/ia), je suis allé. 
Voici la traduction d'expressions pronominales diverses : 

nous deux, am vila (pour ani fila). 

eux deux, ar fila. 

vous deux, ar fila. 

nous trois, an zaùa. 

eux trois, vous trois, ar saùa. 

nous quatre, an nani, etc. 

toi et moi, ele ane ni. 

lui et moi, aie ane ni. 

toi et lui, aie ane ye. 

Devant un verbe à l'impératif, « nous » se traduit par an ou wan 
s'il ne s'agit que de deux ou trois personnes, et par arawan s'il 
s'agit d'un plus grand nombre. 



CHAPITRE VI 



Le verbe « Etre » et le verbe « Avoir ». 



1» Le verbe « ETRE 



». 



Le verbe « être » peut être purement un verbe attributif ; il peut 
aussi signifier « se trouver » (en tel ou tel lieu), « appartenir » ou 
« exister ». A chacune de ces significations correspond en dyoula 
une ou plusieurs façons différentes de le traduire; de plus, à 
chaque forme positive du verbe « être », correspond une forme 
négative spéciale. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 35 

I. — « Etre », verbe attributif. 

A. — Si l'attribut est un adjectif qualificatif proprement dit, le 
verbe « être » se traduit par bè à la voix positive et par tè à la voix 
négative. 

Si l'adjectif est de forme simple ou terminé en ma, le verbe bè ou 
tè le précède, comme on l'a vu plus haut : 

ce village est neuf, so mi a bè kura ; 

les Européens sont blancs, Nanzara-ru ar bè gbè-ma; 

il n'est pas vieux, a tè koro. 

Si l'adjectif appartient à la forme terminée par le suffixe ni, le 
verbe se met après l'adjectif, et la forme négative tè devient de 
(quelquefois bè devient mè) : 

les Dyoula sont noirs, Gyiïla-ru ar fi-ni bè; 
cette eau n'est pas chaude, gye mi a gba-ni de. 

B. — Si l'attribut est un substantif employé adjectivement, 
« être » se dit lo, «ne pas être » se dit tè, et chacune de ces formes 
se place après l'attribut : 

cet homme est bon, morhà mio morho-berè lo; 
ils ne sont pas riches, ar sàni-tigi tè. 

C. — Si l'attribut et le verbe « être » sont remplacés par un 
verbe-adjectif, ce verbe-adjectif s'exprime seul; à la voix négative 
on emploie : 

La négation ti, si le verbe-adjectif est de forme transitive; 

La négation ma ou ma, si ce verbe est de forme neutre ; 

La négation ma ou ma, en retranchant la particule fia ou ra et 
en redonnant au besoin au verbe sa forme primitive, si le verbe- 
adjectif est de forme passive. Exemples : 

il est intelligent, a kèberè-kè; il est sot, a ti kèberè-kè; 
le village est loin, dugu a gyà; il est proche, a ma gyà ; 
c'est fini, a ba-na; ce n'est pas fini, a ma bà. 



36 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

D. — Avec l'adjectif ni « bon » et souvent avec les adjectifs 
dyugu « mauvais » et adyugu « sale », on remplace bè par kya et tè 
par ma. 

a kya ni, c'est bon; a ma ni ou a kya dyugu, c'est mauvais. 

E. — Si l'attribut est un substantif proprement dit, non em- 
ployé adjectivement, le verbe « être » se traduit par bè et le verbe 
« n'être pas » par tè; l'attribut se place après le verbe et est sou- 
vent suivi de la particule e. Exemples : 

c'est un homme, a bè morho e. 

ce n'est pas un homme, a tè mor/tô e. 

Très souvent cependant, surtout lorsqu'on veut désigner l'espèce 
ou la nature du sujet, « être » se traduit par lo et « n'être pas » par 
tè, en plaçant l'attribut avant lo ou tè; dans ce cas, le pronom a 
remplaçant le démonstratif « ce » peut ne pas s'exprimer. Exem- 
ples : 

ce n'est pas un homme, c'est une bête, a morho tè, sorho lo; 

ce n'est pas un étranger, londa tè; 

ce ne sont pas des Dyoula, Gyûla tè; 

c'est une femme blanche, Fanzara maso lo; 

vous n'êtes plus esclaves, ar gyo tè tugu. 

t 

II. — « Être » signifiant « se trouver ». 

« Être » signifiant « se trouver à tel ou tel endroit, être pré- 
sent », se traduit par bè à la voix positive et par tè à la voix néga- 
tive. Exemples : 

il est au village, a bè so ra ; 
Amadou n'est pas ici, Amadu tè ya. 

III, — « Être » signifiant « appartenir ». 

« Être » signifiant « appartenir » se traduit par lo à la voix po- 
sitive et par tè à la voix négative, en mettant le nom du posses- 
seur entre le sujet et le verbe. Si le possesseur est un pronom, 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA »7 

on l'exprime par le pronom possessif; si c'est un nom, on le fait 
suivre de ta. Exemples : 

ce pagne est à moi, fàni mi ni-ta lo ; 

il est à Ali, a Ali-ta lo; 

il n'est pas à toi, a e-ta tè ou e-ta tè. 

IV. — « Être » signifiant « exister». 

Il se traduit par bè nya na (littér. : « être à la surface ») et, à la 
voix négative, par tè îiya na. 

Remarque. — Les verbes bè, lo, tè, kya et ma n'ont qu'un seul 
temps qui s'emploie aussi bien pour le passé et le futur que pour 
le présent. 

2° Le verbe « AVOIR ». 

I. — Le verbe « avoir » n'existe pas à proprement parler en 
dyoula. On l'exprime de façons différentes suivant les cas. 

Lorsqu'il signifie « avoir entre les mains » ou « avoir momenta- 
nément », sans impliquer l'idée de possession, on le rend par le 
verbe « être » bè (forme négative tè) : alors le régime du verbe 
français devient sujet en dyoula et le sujet français devient régime ; 
on place ce dernier après le verbe « être » et on le fait suivre du 
mot fè qui veut dire « chose » et remplace notre préposition 
« chez ». Exemples : 

j'ai un cheval, se bè m vè (pour sô bè n fè, un cheval est ma 

chose, est chez moi); 
je n'ai rien, fondu tè m vè; 
j'ai un fusil, mais il n'est pas à moi, marfa fcele bè m vè, ni-ta 

tè; 
le chef a un beau pagne, fàni a kya fit bè so-tigi fè. 

II. — Le verbe « avoir » signifiant « posséder » se rend d'une 
façon analogue, mais : 1° à la voix positive on supprime générale- 
ment le verbe bè; 2° on met, avant le mot fè, la particule ta qui 
marque la possession. Exemples : 



38 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

j'ai beaucoup d'or, sâni ni-ta je sya-mà ou sâni n-da fèsyamà; 
Amadou a un cheval (un cheval à lui), sô kele Amadu-ta fè; 
Amadou n'a pas de cheval, $6 do tè Amadu-ta fè. 

III. — L'expression « y avoir » se rend par bè ya « être ici » ou 
bè ta « être là » (à la voix négative tè ya, tè ta) ; « y en avoir » se 
rend par b'a ra (pour bè a ra « être dans lui »; à la voix négative 
fa ra pour tè a ra). Si, après « y avoir », se trouve un complément 
circonstantiel de lieu, on supprime ya. Exemples : 

y a-t-il des moutons? sarha-ru bè ya ? 

il y a des moulons dans le Guimini, sarha-ru bè Gimini ra; 

il n'y en a pas, a fa ra; 

il n'y a personne, morhù dô tè ya. 

IV. — L'expression « avoir un certain âge, avoir vingt ans, 
trente ans, etc. » se rend par le verbe korra (pour koro ra, « être 
âgé de ») que l'on fait suivre du nombre d'années, suivi lui-même 
de la particule mbo. Exemples : 

j'ai vingt ans, ni korra sa mughâ mbo; 

il a trente ans, a korra sa mughà ni ta mbo. 

y, — « Avoir envie de » se traduit, comme « désirer », par le 
verbe yini ou hyini. Ainsi : j'ai envie d'acheter un fusil, ni marfa 
sa flyini (je fusil acheter désire). 

Dans un certain nombre d'expressions qui servent à rendre 
surtout des besoins physiques, « avoir envie de quelque chose » 
se tourne par « quelque chose (ou le besoin de quelque chose) me 
tue, te tue, etc. » ; alors le régime français devient sujet et vice- 
versa. Exemples : 

j'ai envie d'uriner, nyarhani m varha (pour îlyarhani n farha, 

l'urine me tue); 
as-tu envie d'aller à la selle ? bô e far ha ? . 
j'ai envie de priser, sara ko è' m varha. 

1. È est ici pour a ; c'est une sorte de sujet explétif qu'on place souvent devant 
le pronom régime de la 1" personne du singulier. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 



39 



VI. — Les expressions « j'ai faim, j'ai soif, j'ai chaud, j'ai 
froid » et autres du même genre se rendent par une des deux 
périphrases suivantes : « la faim est dans moi » ou « la chaleur me 
tue ». Exemples : 

j'ai faim, kôgo bè na (pour kôgo bè n na, la faim est dans moi) ; 
tu as sommeil, sùndorho lie ra (pour bè e ra, le sommeil est 

dans toi) ; 
il a faim, kôgo b'a ra (pour bè a ra) ; 
cet homme a sommeil, morhù mi sùndorho Va ra ou sùndorho 

bè morho mi na; 
j'ai le hoquet, segesege m varha (le hoquet me tue) ; 
as-tu soif? gye e farha ? (l'eau te tue?) ; 
il a froid, nene a farha; 
j'ai chaud, tara è m varha. 



VII. — L'expression « avoir mal à » se rend à l'aide du verbe 
dimi « faire mal à » ; le régime français devient sujet en dyoula et 
vice-versa ; de plus, l'article placé en français devant le nom du 
membre ou de l'objet malade devient en dyoula un adjectif pos- 
sessif. Exemples : 

j'ai mal à la tête, fi gù è n dimi (pour n ku a n dimi, ma tête, 

elle me fait mal) ; 
il a mal au ventre, a kono a dimi, etc. 



40 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

CHAPITRE VII 
La conjugaison. 



1° Verbes transitifs. 



Modèle : FARHA « Tuer ». 



Les verbes transitifs ont sept temps où modes : le temps indé- 
fini, le présent absolu, le futur immédiat, le prétérit, l'impératif, 
l'infinitif et le nom verbal. 

A. — Temps indéfini (Je tue, ou Je tuerai). 

Voix positive. Voix négative. 

Sing. 1" pers. ni farha (ou ni farha, ou m varha). n di farha. 

2 e — e farha (ou i farha, ou ye farha). e ti farha. 

3 e — a farha. a ti farha. 

Plur. i re — ani farha (ou am varha). ani ti farha. 

2° — ar farha (ou aluru farha). ar ti farha. 

3° — ar farha. ar ti farha. 

B. — Présent absolu (Je suis en train de tuer). 
Voix positive. Voix négative. 

Sing. 1 pers. ni bè farha ra' ou ni tè farha ra (ou n de 
m bè farha ra). farha ra). 

2 e — e bè farha ra. e tè farha ra. 

3 e — a bè farha ra. a tè farha ra. 

Plur. 1™ — ani bè farha ra. afii tè farha ra. 

2 e — ar bè farha ra. ar tè farha ra. 

3 e — ar bè farha ra. ar tè farha ra. 

1. Littéralement : «je suis dans le tuer, dans l'action de tuer ». On rencontre 
quelquefois la forme ni bè farha. 



• ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA il 

C. — Futur immédiat (Je vais tuer). 
Voix positive. Voix négative; 

Sing. l re pers. ni nyini ka farha '. n di iïyini ka farha. 

2 e — e nyini ka farha. e ti nyini ka farha. 

3 e — a nyini ka farha. a ti nyini ka farha. 

Plur. l re — ani nyini ka farha. ani ti nyini ka farha. 

2 e , 3° — ar nyini ka farha. ar ti nyini ka farha. 



D. — 


Prétérit (J'ai tué). 


Voix positive. 


Voix négative. 


Sing. l rc pers. n ga farha. 


ni ma farha (ou m ma farha) 


2 e — e ka farha. 


e ma farha. 


3'' — a ka farha. 


a. ma farha. 


Plur. l re — ani ka farha 


ani ma farha. 


2 e , 3 e — ar ka farha. 


ar ma farha. 



E. — Impératif (Tue, Qu'il tue). 
Voix positive. Voix négative. 



Sing. 2° pers. farha (ou i farha). kana farha (ou e kana farha). 

3 e — a farha. a kana farha. 

Duel l rc — wam varha (ou ara varha)' 

Plur. l ro — arawam varha. ani kana farha. 

2 e , 3 e — ar farha. ar kana farha. 

F. — Infinitif. 
farha « tuer ». na farha « ne pas tuer ». 

G. — Nom verral. 
farha-li ou farha-ri « action de tuer, meurtre ». 
Remarque. — Si le verbe se termine par une voyelle nasale, on 

1. Le mot nyini n'est autre qu'un verbe qui signifie « vouloir, désirer ». 

2. On emploie wam varha ou am varha lorsqu'il ne s'agit que de deux personnes 
et quelquefois lorsqu'il s'agit de trois ou quatre; on emploie arawam varha lors- 
qu'il y a un grand nombre de personnes à faire l'action. Vm final se comporte 
comme le pronom n (m ou n) de la t re personne du singulier. 



42 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MA»DÉ 

forme le nom verbal en ajoutant m, au lieu de H ou ri; de plus la 
voyelle nasale se change généralement en la voyelle simple cor- 
respondante : ainsi domu ou domn « manger », fait domu-ni bu 
domo-ni « action de manger». 



2" Verbes neutres. 
Modèle : TAIiHA « Aller ». 

Les verbes neutres ont les mêmes temps ou modes que les 
verbes transitifs et se conjugentde môme, sauf en ce qui concerne 
le prétérit et le nom verbal. Mais il est bien entendu que seuls, les 
verbes neutres à forme active se comportent de cette façon. 

On aura donc : 

A. — Temps indéfini. 

ni tarha, je vais, ou j'irai. n di tarha, je ne vais pas, ou je n'irai pas ; 

e tarha, tu vas, ou tu iras. e ti tarha, tu ne vas pas, ou tu n'iras pas, etc. 

B. — Présent absolu. 

ni bè tarha ra, je suis en train d'aller. ni tè tarha ra, je ne suis pas en 

train d'aller, etc. 

C. — Futur immédiat. 

ni nyini ka tarha, je vais aller, n di nyini ka tarha, je ne vais pas aller, etc. 

D. — Prétérit. l r « forme. 
Voix positive. Voix négative. 

Sing. l re pers. n ga tarha. fli ma tarha (ou m ma tarha). 

2 e — e ka tarha. e ma tarha. 

3 e — a ka tarha, etc. a ma tarha, etc: 

2 e forme. 
Voix positive. Voix négative. 

Sing. l rc pers. ni tarha ra. (comme à la l re forme). 

2 e — e tarha ra. 

3 e — a tarha ra. 

,Plur. l rc — ani tarha ra. 

2 e , 3 e — artarhsra, 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 43 

REMAnguES. — La l ro forme n'est employée que pour les verbes 
exprimant une action ou un mouvement, comme tarha « aller», 
na « venir », etc. 

La 2 e forme est employée pour tous les verbes neutres, soit 
qu'ils expriment une action, soit qu'ils expriment un état, et c'est 
la seule qu'on puisse employer pour ces derniers. 

Si le verbe est terminé par na ou par une voyelle nasale, la par- 
ticule ra de la 2 e forme devient en général na ; de plus la voyelle 
nasale se change généralement en la voyelle simple correspon- 
dante : ce changement a toujours lieu si la voyelle finale du verbe 
est à. Ainsi on dit : a na na « il est venu », plutôt que a na ra\ 
a bo na ou a bo na (et non a bo ra) « il a été grand » ; a gija na (et 
non a gyû ra ou a g y à na) « il a été loin ». 

E. — Impératif. 

Voix positive. Voix négative. 

Sing. 2 e pers. tarha ou e tarha. kana tarha ou e kana tarha. 

3 e — a tarha. a kana tarha. 

Duel l re — wan darha (ou an darha). 

Plur. l rc — arawan darha. ani kana tarha. 

2°, 3 e — ar tarha. ar kana tarha. 

F. — Infinitif. 

tarha « aller ». na tarha « ne pas aller ». 

G. — Nom verbal. 
tarha-ma « action d'aller, marche, voyage ». 

On trouve aussi tarha-mà, et enfin, mais plus rarement, la 
forme tarhiyà avec le même sens, comme faniyâ « mensonge », de 
fana « mentir » . 

Remarque. — Lorsque le même verbe est tantôt transitif et 
tantôt neutre, il forme dans le premier cas son prétérit avec la 
particule ka et dans le second avec la particule ra : ainsi sigi 
« poser » fait a ka sigi « il a posé » et sigi « s'asseoir » fait a sigi 
ra « il s'est assis ». 



44 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

3° Verbes passifs et verbes neutres à forme passive. 

Modèle : FARHA-RA « Mourir, Être tué ». 

Les verbes passifs et beaucoup de verbes neutres se forment du 
verbe transitif correspondant en y ajoutant la particule ra ou na. 
On a ainsi : sigi-ra « demeurer ou être situé », de sigi « poser » ; 
mô-na ou mo-na « cuire ou être cuit », de nid « faire cuire » ; 
gba-na « chauffer », de gbà « faire chauffer »; ba-na « être fini », 
de bâ « finir », etc. Ces verbes n'ont qu'une forme unique pour le 
prétérit et le temps indéfini. De plus ils n'ont pas de nom verbal. 

A. — Temps indéfini et prétérit. (Je suis mort, j'ai été tué.) 

Voix positive. Voix négative. 

Sing. l rc pers. ni farha-ra. ni ma fahra. 

2 e — c farha-ra. e ma farha. 

3 — a farha-ra, etc. a ma farha, etc. 

B. — Présent absolu. (Je suis en train de mourir, on me tue.) 

Voix positive. Voix négative. 

Sing. l re pers. ni bè farha-ra. ni tè farha-ra. 

2° — e bè farha-ra. e tè farha-ra. 

3 e — a bè farha-ra, etc. a tè farha-ra, etc. 

C. — Futur immédiat. (Je vais mourir ou être tué.) 
Voix positive. Voix négative. 

Sing. l re pers. ni nyini ka farha-ra. n di nyini ka farha-ra. 

2 e — e nyini ka farha-ra. e ti nyini ka farha-ra. 

3 e — a nyini ka farha-ra, etc. a ti nyini ka farha-ra, etc. 

D. — Impératif. (Meurs, ou sois tué.) 
Voix positive. Voix négative. 

Sing. 2 e pers. e farha-ra. e kana farha-ra ou e kana farha. 

3 e — a farha-ra. a kana farha-ra. 

Duel l re — ivam varha-ra. 

Plur. 4 re — araïuam varha-ra, ani kana farha-ra. 

2 e , 3 e — ar farha-ra. ar kana farha-ra. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 45 

E. — Infinitif. 
farha-ra « mourir, être tué ». na farha-ra « ne pas mourir ». 

Remarques. — 1. — Les verbes transitifs terminés par une 
voyelle nasale et quelques autres que l'usage apprendra, notam- 
ment ceux terminés par e, forment en général leur passif à l'aide 
du suffixe na au lieu de ra; alors la voyelle nasale qui termine le 
verbe transitif se change le plus souvent en la voyelle simple cor- 
respondante; à se change toujours en a. On a ainsi : 

ba-na « être fini » , de bâ « finir » ; 

hya-na « aller bien, être ajusté », de hyâ « arranger, ajus- 
ter » ; 
mô-na ou mo-na « être cuit », de mô « faire cuire », etc. 

Lorsque, dans la conjugaison, le suffixe na se supprime, le verbe 
reprend sa forme primitive; on dira donc : 

a ba-na « c'est fini », et a ma bâ « ce n'est pas fini ». 

II. — Les verbes actifs terminés par ra, re, ri, ro, ru, suppriment 
en général au passif leur voyelle finale devant le suffixe ra. Ainsi 
tara « faire pourrir » donne turra (pour tura-ra) « pourrir, être 
pourri » ; koro « rendre vieux » donne korra ou koro-ra « vieillir », 
etc. Avec la négation on dira : a ma tura, a ma koro, etc. 

III. — La voix négative du prétérit passif est identique à la voix 
négative du prétérit actif : a ma farha veut dire tantôt « il n'a pas 
tué » et tantôt « il n'a pas été tué » ou « il n'est pas mort ». De 
même on supprime souvent le suffixe ra, au futur immédiat pas- 
sif (positif et négatif) et à la voix négative de l'impératif passif, ce 
qui rend ces formes identiques aux formes actives correspondantes. 

Dans la pratique, comme le verbe transitif est toujours accom- 
pagné d'un régime direct, cette ressemblance des formes actives 
et passives ne donne lieu à aucune amphibologie. 



46 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

4* Verbes réfléchis. 

On les forme à l'aide du verbe transitif précédé du pronom ré- 
fléchi. Leur conjugaison ne donne lieu à aucune remarque parti- 
culière, sauf que le pronom sujet prend en général la forme em- 
phatique. On dira ainsi : 

nile înrc farha, je me tue; 

ele ti ère farha, tu ne te tueras pas ; 

aie ka ire farha, il s'est tué, etc. 

5° Verbes en « kè ». 

Lorsqu'un verbe transitif est employé dans un sens absolu, sans 
régime direct, on l'exprime par son nom verbal suivi de kè « faire » ; 
cette expression devient alors un verbe qui se conjugue comme un 
verbe transitif ordinaire. 

Ainsi domù « manger » donne domu-ni-kè « manger (sans ré- 
gime), faire l'action de manger ». « Je mange de la viande » se 
dira ni sorho domù ; « je vais manger » se dira ni tarha ka domu- 
ni-kè. 

On conjuguera ce verbe sur le modèle farha : 
a domu-ni-kè, a ti domu-ni-kè; 
a ka domu-ni-kè, a ma domu-ni-kè, etc. 



CHAPITRE VIII 
Syntaxe des verbes. 



i° Emploi des temps et des modes. 

Temps indéfini. — Si l'on a affaire à un verbe transitif ou à un 
verbe neutre de forme active, le temps indéfini s'emploie pour 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 43 

exprimer le présent et le futur, à moins que l'action ne se fasse 
au moment même où l'on parle, auquel cas on emploie le présent 
absolu, ou que l'on puisse remplacer en français le futur par la 
forme « je vais, tu vas, il va, etc., faire quelque chose », auquel 
cas on emploie le futur immédiat. 

Si l'on a affaire, à un verbe passif ou à un verbe neutre de forme 
passive, le temps indéfini sert de plus à rendre le passé. 

Présent absolu. — Ce temps répond exactement à l'expression 
française « être en train de faire quelque chose ». 

Futur immédiat. — Ce temps répond aux expressions françaises 
« aller faire quelque chose, être sur le point de faire quelque 
chose » ou « avoir l'intention de faire quelque chose ». 

Prétérit. — Ce temps s'emploie lorsque l'action est complète- 
ment terminée au moment où l'on parle. Quelquefois on traduira 
un présent français par un prétérit dyoula, lorsque l'action finit 
avec l'énoncé de la phrase, comme dans ces exemples : h ga a me 
(ou h gâ me) « je comprends » ou « j'ai compris » ; e ma me? « ne 
comprends-tu pas ? » ou « n'as-tu pas compris? » ; fi ga a di ma, « je 
te le donne » (l'objet est donné lorsqu'on a terminé l'énoncé de la 
phrase). 

Impératif. — L'emploi de ce mode ne donne lieu à aucune ob- 
servation particulière. 

Infinitif. — On peut toujours traduire un infinitif français com- 
plément d'un verbe par l'infinitif dyoula correspondant lorsque 
l'action ou l'état exprimé par cet infinitif est accompli par le sujet 
de la phrase, mais il faut avoir soin de faire précéder cet infinitif 
delà particule ka; s'il y a en français une préposition devant l'in- 
finitif, elle se supprime. Exemples : 

tâche de voir, korosi ka ferè; 
je veux venir, ni ftyini ka na; 
cet homme a pris un fusil pour se tuer, morho mi a ka marfa 

ta ka ire far ha; 
il ne sait pas parler dyoula, a ti se ka gyûla kà mvà. 



48 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Dans les expressions d'un usage courant, on peut supprimer le 
ka : tarha domuni'kè « va manger », na dgi « viens t'asseoir ». 

On peut également traduire l'infinitif français par un mode 
personnel en dyoula et dire, par exemple : 

ni îiyini ni na sini, je veux venir demain (littér. : je veux, je 
viendrai demain). 

Cette dernière tournure est la seule qu'on puisse employer 
lorsque l'action ou l'état exprimé par l'infinitif n'est pas accompli 
par le sujet de la phrase. Exemples : 

j'ai dit à cet homme de venir, ilgû fà kyè mi ye ko a na (j'ai 

dit homme ce à que il vienne) ; 
dis-lui de venir demain, a fà a ye è na sini (cela dis lui à il 

vienne demain). 

On voit que l'on peut soit exprimer, soit omettre la conjonction 
ko « que » ; en fait, on l'omet le plus souvent. 

Nom verbal. — On a vu que le nom verbal, suivi du verbe kè 
« faire », servait à former des verbes transitifs sans régime di- 
rect. 

De plus le nom verbal s'emploie le plus souvent à la place de 
l'infinitif, lorsque ce dernier est sujet de la phrase. Exemple : 

larha-ma a di ni. marcher me plaît, j'aime à marcher (littér. : 
la marche elle plaît à moi). 

Enfin le nom verbal peut servir à traduire tous les noms abs- 
traits exprimant une action ou un état et qui n'ont pas en dyoula 
de correspondants propres. 

Voix passive. — Les verbes à sens passif proprement dit ne se 
rendent pas en général en dyoula par la forme verbale en ra ou 
na : cette forme sert surtout à traduire des verbes à sens neutre 
ou des verbes passifs sans régime. Ainsi farha-ra veut bien dire 
« être tué », mais ce mot signifie surtout « mourir » ; pour tra- 
duire cette phrase : « cet homme a été tué par la foudre » , on tour- 
nera par la voix active (la foudre a tué cet homme, ou cet homme 
la foudre l'a tué) : morhô mi sàmbarhama a ka a farha. 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 49 

• 

De la façon de rendre les temps el modes français qui n'ont pas 
de correspondants en dyoula. — Lorsqu'on aura à rendre en dyoula 
des lemps ou modes qui n'ont pas de correspondants propres, on 
les traduira par le temps qui rend le mieux l'idée du contexte. 

Ainsi l'imparfait se rendra presque toujours par le présent ab- 
solu si l'action qu'il exprime est en relation de temps avec une 
autre action. Exemple : 

Je partais lorsque tu es venu, ni bè tarha ra e na na (je suis 
en train de partir, tu es venu). 

L'imparfait en relation avec un conditionnel se rend par le pré- 
térit : « si je venais, tu me donnerais quelque chose », tl gana, 
ye nzo fè na (je suis venu, tu me donneras quelque chose). 

L'imparfait d'habilude se rend par le temps indéfini : «j'allais 
tous les jours à la mosquée », ni tarha misiri ra la byh. 

Le conditionnel se rend en général par le lemps indéfini, à 
moins qu'il n'ait rapport à une action passée, auquel cas on em- 
ploie le prétérit. 

Quant au subjonctif, on le rend par le temps indéfini, le futur 
immédiat ou le prétérit, suivant le sens de la phrase. 

2° Du sujet. 

Le sujet se place toujours avant le verbe. Si le sujet est un nom, 
on le fait suivre en général du pronom sujet de la 3 e personne du 
singulier ou du pluriel suivant le cas. Toutefois on peut sans in- 
convénient omettre ce pronom. 

Lorsque la phrase française se termine par un complément cir- 
constanciel composé d'un seul mot comme « demain, hier », etc., 
en place souvent en dyoula ce mot avant le sujet : sini fii na « je 
viendrai demain », bi a tarha (ou a tarha bi) « il partira aujour- 
d'hui », etc. 

3° Des régimes. 

Le régime direct, nom ou pronom ', se place avant le verbe ; si 

1. L'inûuilif régime direct, même non accompagné de la particule ka, se place en 

4 



50 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

le verbe est accompagné d'une particule de conjugaison ou d'une 
négation, le régime direct se place entre cette particule ou cette 
négation et le verbe. 

Le régime indirect se place après le verbe. 

Exemples : 

appelle Samba, Sàba kiri; 

j'ai acheté du papier chez le Blanc, fi ga kardasi sa Nanzara- 

kye fè; 
je ne connais pas celte affaire, ni ma koma gti là; 
ne frappe pas cet homme, e kana morhà mi bugo; 
ils ont abîmé mon pagne, ar ka n-da jani tyà ; 
ne fais pas cela, ne le fais pas, e'kana a kè (ou e kanâ kè) ; 
ils t'ont frappé, ar k'i bugo (pour ar ka i bugo); 
chasse-les, ara gbè; 
ils m'ont insulté, ar ka niyeni; 
je ne le tuerai pas, n d'à farha (pour n ai a farha); 
il ne le tuera pas, a fa farha (pour a H a farha); 
il est en train de le tuer, a Va farha ra (pour a bè a farha ra); 
il le tue, a a farha; 
tue-le, a farha; 
je l'ai tué, fi ga a farha; 
je ne l'ai pas tué, ni ma a farha. 

Les verbes « donner » et « demander » semblent faire exception 
à cette règle, mais ces exceptions ne sont qu'apparentes, car ces 
verbes veulent en dyoula au régime direct le mot qui est régime 
indirect en français et vice-versa. Ainsi « donner » se dit sô ou so, 
avec le nom de la personne à laquelle on donne comme régime 
direct, et le nom de l'objet donné suivi de ra ou na comme régime 
indirect; on peut aussi employer di avec le nom de l'objet comme 
régime direct et le nom de la personne suivi de ma comme ré- 
gime indirect. Quant à dari « demander », ce verbe prend indif- 



général après Je verbe. Cependant on dit souvent : ni kardasi sa nyini « je veux 
acheter du papier ». 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 51 

féremmenl comme régime direct, soit le nom de la personne, soit 
le nom de l'objet. 
Exemples : 

n zo kardasi na, donne-moi du papier (liltér. : gratilîe-moi de 

papier); 
na so gye ra ou na so gye, donne-moi de l'eau ; 
ni so gye ra (pour ni i so gye ra), je te donne de l'eau ; 
a ka n zo konà na, il m'a donné des perles ; 
gye di ma (pour gye di m ma), donne-moi de l'eau ■ ; 
kardasi mi, h ga a dï ma (pour di i ma), ce papier, je te le 

donne; 
n ga nisi ta, ni a dï ma (pour di i ma), j'ai pris un bœuf, je te 

le donne ; 
sise mi ta, i a di morho mi ma, prends cette poule, lu la don- 
neras à cet homme ; 
dùgbrè yini, a di ma (pour di m ma), cherche m'en un autre 

(cherche un autre, donne-le moi); 
kele ndi ma flyalakâ (pour ndi m ma), donne-m'en encore un 

autre; 
fl ga a dari fèna, a ma di,')Q lui ai demandé quelque chose, 

il ne (me) l'a pas donné; 
et ni sir a dari, je demande à prendre congé (litlér. : je demande 

le chemin). 

De même on trouvera : a di ni « il me plaît » et a bô ni « il me 
commande, il est mon supérieur », mais ces expressions sont des 
contractions de a di ni ye, a bô ni ye. 

Remarques. — I. — Les mots terminés par une voyelle nasale 
et suivis d'un verbe prennent parfois un u euphonique entre eux 
et le verbe. On dit ainsi gbalà ususu (pour gbalà susu) « enfoncer 



1. Sô ou so veut dire « donner en toute propriété, faire cadeau » ; di veut dire 
« donner de la main à la main, faire passer à quelqu'un ». Ce même mot di (qu'on 
prononce aussi ndi) veut dire encore « plaire à » ; mais, alors le régime indirect est 
suivi de la particule ye au lieu de ma : a ma ndi a ye, ça ne lui plait pas. 



5à ESSAI DE MANUEL PRATIQUE Î)E LA LANGUE MANDÉ 

une bourre, bourrer un fusil » ; b[ ufigyene (pourri figyene) « faire 
brûler de l'berbe », etc. 

Si le verbe qui suit un mot terminé par une voyelle nasale com- 
mence par /', on n'ajoute pas d'w, mais Vf initial du verbe se 
change en mv. Exemples : 

balà mvo (pour balâ f'ô) « jouer du xylophone » ; * 

agyiila-kâmvô, il parle dyoula, etc. 

II. — Un verbe transitif, en dyoula, doit toujours être accom- 
pagné d'un régime direct. S'il n'y a pas en français de régime di- 
rect exprimé, on fait précéder le verbe du pronom régime de la 
3° personne du singulier. Ainsi : 

« dis-lui que... » se traduira a /à a ye (littér. : dis-le à lui) ; 
« j'ai compris », û ga a me (« je l'ai compris »), qu'on pro- 
nonce souvent par contraction îl gâ me; 
« n'as-tu pas compris? », emaa me? ou e ma me ? 
« je ne sais pas », ni ma a là ou fii ma lô, etc. 

Nota. — Il n'y a pas de forme spéciale ni de particule pour 
rendre la voix interrogative : l'intonation seule indique s'il y a af- 
firmation ou interrogation. 



CHAPITRE IX 
Les particules. 



J'ai rangé sous ce titre, par ordre alphabétique français, tous 
les mots ou locutions désignés sous les noms divers d'adverbes, 
prépositions et conjonctions. Je les ai classés en cinq groupes : 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 53 

1* particules de temps ; 

2° — de lieu ; 

3° — de quantité ; 

4° — d'ordre, cause et manière ; 

5° — exclamalives. 

Quant aux particules servant à former des noms ou des adjec- 
tifs, ou à conjuguer les verbes, nous les avons étudiées déjà à leurs 
places respectives. 

On trouvera mentionnés à la suite de chaque particule les ob- 
servations particulières relatives à L sa syntaxe, s'il y a lieu. Je dois 
dire ici une fois pour toutes que, sauf indication contraire, le ré- 
gime d'une particule doit toujours précéder cette particule : dans 
le village, so ra ; sur la roule, sira kà ; chez moi. m vè, etc. 

1° Particules de temps. 

abord (d'), nyà; gale ; ato. 

Ex. : va manger d'abord, tarha domu-ni-kè îlyâ. 

alors, la mi na, la mi ra (littér. : ce jour-là, en ce jour), 
après (dans la suite), katigi; sisâ. 

Ex. : autrefois il demeurait à Kong, après il est venu ici, gale 
a sigi-ra Kû na, katigi a na na ya. 

après que, kabini. 

auparavant, gale; otama. 

aussitôt, sisâ. 

autrefois (comme « auparavant »). 

avant que. — On tourne par « pas encore ». 

Ex. : j'ai mangé avant que tu viennes (tournez : tu n'es pas 
venu encore, j'ai mangé), e ma na ba, flga domu-ni-kè. 

bientôt (comme « aussitôt ») ; quelquefois dorho-ma, ndorho-ma. 
dans (signifiant « après », comme dans « dans cinq jours, dans 
dix ans, etc. », ne se traduit pas) : 

Ex. : je viendrai dans cinq jours, la luri ni na. 



5'. ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

déjà (signifiant « auparavant », comme ce mot): 

Ex. : es-tu déjà allé au Guimini, ye ka tarha Gimini ra gale. 
depuis (ne se traduit pas) : 

Ex. : il est ici depuis deux jours, la fila a bè ya. 
depuis que, la mina (litt. : dans ce jour) ; 

Ex. : depuis que je suis venu ici, je ne t'ai pas vu, la mina 
n ga na ya, m m'i ye e (pour m ma i ye). 
encore (de nouveau), tugu, lètagu. 

Ex. : vas-y encore, tarha ta tugu. 

— (jusqu'à présent) la byè (litt. : tout le jour) : 
Ex. : je travaille encore, ni kye-kè la byè. 

— (pas — ), ba : 

Ex. : je ne suis pas encore allé à Kong, m ma tarha ba Kû na; 
le manger n'est pas encore cuit, two ma ma ba; 
ce n'est pas encore fini, a ma bù ba. 
ensuite, katigi; ivoko; kabini a kè ra su : 

Ex. : travaillons d'abord, ensuite lu t'en iras, ato watt kye-kè, 
katigi ye tarha . 

jamais, fyefyefye : 

Ex. : je ne suis jamais allé au pays des Blancs, m ma tarha 
Nanzara dugu ra fyefyefye. 

jour (un — ), la do ra. 
jusqu'à, ya... konà, ya... kono : 

Ex. : tu resteras jusqu'à la nuit, ye sigi ya ya su ra konà (lu 
resteras ici jusque nuit dans le ventre). 

tu marcheras jusqu'à ce que tu voies le village, e la- 
rhama y a e dugu ye kono. 

lentement, yirre. 
longtemps, wuru lu tutu tu. 

lorsque, la mi na (littér. : en ce jour; veut généralement après 
lui le prétérit) : 

Ex. : lorsque je dirai que je pars pour l'Europe, viendras-lu 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 55 

m 'accompagner? la mi na h ga a fà ni tarha Nanzara 
duffu, ye tarha m bilasira ? 

maintenant (« comme aussitôt»). 

pendant, pendant que (ne se traduisent pas, ou se traduisent 
comme « dans » ; voir ce mot aux particules de lieu), 
plus (ne — , pas de nouveau), tugu (avec la négation). 
Ex. : vous n'êtes plus esclaves, ur gyo tè tugu; 

je ne reviendrai plus chez les Agni, n di na Ta na tugu. 

quand (comme « lorsque »). 

quand? la gyo-mane? (litl. : quel jour?). 

Ex. : quand viendras-tu? la gyo-mane ye na? 

quelque temps, peu de temps, dorho-ma, ndorho-ma. 

souvent, la ôyè (littér. : tous les jours). 

suite (tout de — ), comme « aussitôt ». 

tantôt... tantôt, la dô ru... la dô ra... (litt. : un jour... un 
jour...). 

tard (dans la journée), su /cura (litt. : la nuit est nouvelle, la 
nuit approche). 

tard (trop — , plus — ), la-flgberè (litt. : jour différent). 

Ex. : j'irai plus tard, la-hgbere ni tarha. 

temps (en même — ), sinya kele (litt. : une seule fois), 
tôt (de bonne heure), sorhoma. 
— (en général, plus — ), gyona. 

Ex. : pourquoi n'es-lu pas venu plus tôt? mune-kato ye ma 
na gyona ? 

toujours, sarha-byè; la byé. 

tout a coup (comme « aussitôt »). 

vite, gyonagyona ; gbanyâgbanyâ. 



2° Particules de lieu. 

à (avec ou sans mouvement), se traduit comme « dans » par ra 
ou la [na après un mol terminé par une voyelle nasale) ; après un 



r»6 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

nom de pays ou de village, on peut ne pas exprimer la particule,: 
Ex. : je vais à Kofîdougou, fii larha Kofidugu ra ou fii tarha 
Kofidugu; 
je demeure à Kofîdougou, n zigi-ra Kofidugu la; 
je vais à la rivière, fli tarha kwo ra ; 
il est arrivé à Kong, a dôna Kû na (ou Kpà na). 

(Pour les autres acceptions de la préposition « à », voir aux 
particules d'ordre, cause et manière.) 

ailleurs, duaagberè-ra (un lieu qui est différent) ; dua dô-gbrè ra 
(dans un autre lieu). 
air (enl' — ), sa na (littér. : dans le ciel), 
après, kivo. 

Ex. : il vient après moi, a na fi givo. 
arrière (en — ), kwo, kwo ra. 

Ex. : il reste en arrière, a to-ra kwo. 
auprès de, koro, koro-ya. 

Ex. : viens t'asseoir auprès de moi, na sigi fi goro-ya. 
autour de (on tourne par le verbejnameni « entourer »). 

Ex. : il y a des arbres autour de ma maison, yiri-ru bè ar n- 
da bô mameni (des arbres sont ils ma maison entourent), 
avant, fiyà. 
Ex. : sa maison est avant celle de Massa, a-ta bà bè Masa bù 
fiyà. 

avant (en — ) (se traduit comme « avant ») : il est en avant, a bè 
îiyà. 

Ex. : avancez, ceux qui sont en avant, nyà-morhù ar tarha. 
avec, ane (se place avant son régime). 

Ex. : il est parti avec son père, ane a fa a tarha ra, ou an a fa 
a tarha ra. 

bas (en — ), dugu ma (littér. : par terre), 
bord (au — de), da ra (littér. : dans la bouche). 

Ex. : ne marche pas au bord de l'eau, kana tarha-ma gye da 
ra. 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 57 

bout (au — de), kwo-fè. 

Ex. : ma maison est au bout du village, n-da bà a bè dugu 
kwo-fè. 

centre (au — de), tyè ra. 
Ex. : elle est au centre du village, a bè dugu tyè ra. 

chez, fè-so ; bar a. 

Ex. : je vais chez Dala, ni tarha Data fè-so. 

commencement (au — ), kû-ïïgo-ra. 

Ex. : sa maison est au commencement du village, a-ta bô a bè 
dugu kû-ngo-ra. 

•contre, nyorhà-na. 

Ex. : mets la chaise contre le mur, wurhande sigi tanda nyd- 
rho-na. 

côté (à — de), comme « auprès de ». 
côté (de ce — ), ta. 

dans, ra, la (après un mot terminé par une voyelle nasale, ra se 
change en na; à devant na devient a); kono. Exemples : 

dans ma main, m buru ra; 
dans le village, so ra; 
dans la maison, bôna; 
dans le ciel, sa na (pour sa na). 

Lorsque la particule ra, la ou na, est placée après le pronom de 
la l re pers. du singulier, ce dernier se supprime et ni na devient na 
(dans moi) ; « dans eux » se dit are ra, ainsi que « dans vous ». L'è 
des verbes bè et te s'élide devant les pronoms régimes ; on a donc : 
bèna ou tè na, b'e ra ou l'e ra, b'a ra ou t'a ra, b'afti ra, Vare ra. 

de (indiquant la provenance) se traduit comme « dans » (voir 
celte particule). 

Ex. : il vient du village, a bù-ra so ra. 
dedans, a ra (littér. : dans lui). 

Ex. : il n'y a rien dedans, fonda t'a ra. 
dehors, kene-ma. 




58 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

delà (au — , au — de), kwo-ra. 

Ex. : au-delà du Guimini, Gimini kwo-ra. 
depuis (à partir de) : depuis Singrobo jusqu'àla mer il y ade la forêt 
(lournez : lu viens de Singrobo lu atteins la mer, il y a 
de la forêt partout), e bà-ra Sïgrobo ra, ije db~ gyetnvye rd f 
tu a bè dua byè ra. 
derrière (comme « après »), kwo. 

Ex. : derrière lui, a kwo. 
dessous, gyu-koro, gi/ii-koro. 

— (au — de), gyu-koro, yyit-koro. 

Ex. : au-dessous du sol, dugu gyii-koro. 
dessus, (au — de), hà. 
devant, (au — de), hyà. 

Ex. ; devant moi, ni hyà. 

droite (à — ), kini-mburu, kini-mburu ra. 
endroit (à 1' — , du bon côté), /iyà-ra, nya-na. 
ensemble, dua kele na (au même endroil). 
enlre, tyè. 

Ex. : le village est entre la rivière et la forêl, dugu a bè kwà 
ane tu tyè. 

envers (à 1' — ), kwo-ra. 

face (en — , en — de), tele-na. 

Ex. : c'est en face de ma case, a bè n-da bo tele-na . 

gauche (à — ), numa-buru, numa-buru ru. 
haut (en — ), sa-na. 

— (en — de), comme « sur ». 
hors de, kene-ma. 

Ex. : chasse-les hors du village, ara ybè so kene-ma. 

ici, y a; ya-ni; yà. 

— (par — ), ta. 

jusqu'à (on tourne par le verbe dô « aller jusqu'à, arriver à »). 
Ex. : il y a des champs jusqu'à la rivière (lournez : des champs 
arrivent la rivière à), sene-ru dô kwà ra. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 59 

là, ta; yi. 

là-bas, ta-mvè. 

là (par — ), ta. 

loin, dua gya-na (un lieu qui est loin). 

— de : Dabakala est loin de Sikasso (tournez : Dabakala avec 
Sikasso, il est loin), Dawakala une Si/caso a gyà. 

maison (à la — ), lu-ra (précédé de l'adjectif possessif). 
Ex. : je suis à la maison, je suis chez moi, m bè n-da lu-ra; il 
est à la maison, a bè a-ta lu-ra. 

milieu (au — , au milieu de), comme « centre (au — de) ». 
où (avec antécédent), mi... a ra. 

Ex. : le village où demeure Bourama, dugu mi Durama a 
sigi-r'a ra (litlér. : ce village Bourama demeure dans lui). 

— (sans antécédent), dua mi net. 

Ex. : je ne sais où il est allé, a tarha ra dua mi na, m ma a là 
(il est allé dans quel endroit, je ne le sais pas). 

— (interrogalif) mi? (se place à la fin de la proposition). 

Ex. : où est-il? a bè mi? où est-il allé? a tarha ra mi? d'où 
viens-tu? e bô-ra mi? 

— (employé seul), où donc? dua gyo-ma-na? (litlér. : dans quel 
endroit?). 

— (par — ?), meni? 

Ex. : par où es-tu passé? ye tembè ra meni? 

partout, dua byè ra (littér. : dans tous les lieux), 
près (on tourne par le verbe srà « être proche »). 
Ex. : c'est tout près (tournez : son endroit est très proche), a 
dua srô dyuyu-kè. 

— de (comme « auprès de »). 
près d'ici, dua srà-na y a : 

Ex. : le village est près d'ici, so bè dua srà-na y a ou so dua a 
srà-na y a. 

sous (comme « au-dessous de »). 

Ex. : couche-toi sous l'arbre, la yiri gyu-koro. 



60 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

sur kâ. 

Ex. : sur le toit, bô-ûkû-na kâ. 

terre (par — ), dugu ma. 
vers (comme « auprès de »). 
vis-à-vis (comme « en face »). 
voici, voilà, ye. 

Ex. : voici ton couteau, e-ta marie ye (littér. : vois ton cou- 
teau). 

3° Particules de quantité. 

assez, tote (se conjugue). 

Ex. : il y a assez d'eau, gye tote; il n'y en a pas assez, a ma 
tote. 

aussi (également), gyate; e. 

Ex. : moi aussi je pars, ni gyate fU tarha; 
viens-tu aussi? ye tarha e? 

— (en plus) comme « encore ». 

Ex. : tu m'as donné un «fusil, donne-moi aussi de la poudre, 
ye ka marfa kele ndi ma, mugu di ma yalakà. 

— que, autant que karako (se place avant son régime). 

Ex. : cet homme est aussi grand que moi, kyè mi a gyâ ka- 
rako ni. 
autant de... que : il y autant d'hommes que de femmes (tournez: 
hommes et femmes eux tous sont un), kyè ni muso a byè a bè kele. 
beaucoup (modifiant un verbe, un adjectif ou un adverbe), kpa; 
liait ; dyugu-kè, gyugu-kè. 

Ex. : il travaille beaucoup, a kye-kè kpa; il a grandi beau- 
coup, a bô na hali ou a bôna dyugu-kè. 

beaucoup de, sya-mà. 

Ex. : beaucoup d'hommes sont venus, morhô sya-mà na na; 
il m'a donné beaucoup de perles, a ka n zô kono nzya-mâ ' 

\. Lorsque le mot qui précède syarruï est terminé par une voyelle nasale (comme 
honô), on peut mettre la voyelle simple et alors on écrit nzyama. 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 61 

na ; cet homme a beaucoup d'argent, morho mi wari a-ta 
fè sya-mà. 

bien (très, fort), kpa; hali'; fti, kya ftt, a kya hi : surveille-le bien, 
a fe?'è ni. 
combien, gyuri. 

Ex. : combien y en a-t-il? « bè gyuri? je ne sais pas combien 
il y a de fusils, mar fa-ru ar bè gyuri, m ma a là; combien as- 
tu pris de poissons? e ka yeghè gyuri mina? 

— (quel prix?), « sôgo bè di? (son prix est comment?), 
davantage (comme « encore »). 

encore (davantage), yalakà,fiyalakà (pourrôyà ?iakâ,\>&v dessus 
la surface) ; iugu. 

Ex. : donne-m'en encore, do ndi ma yalakâ. 

excepté : tous sont partis excepté moi (tournez : eux tous sont 

partis, moi seul je suis resté ici), a byè tarha ra, ni kele fli to-ra ya. 

moins (n'a pas d'équivalent en dyoula ; on renverse la phrase 

pour employer « plus » si c'est possible, ou on emploie une autre 

tournure). 

ne... que, le; le-kè. 

Ex. : il n'y a que des femmes, muso le bè ya; je n'ai que des 
ignames, ku le bè m vè. 

pas (devant un nom, ne s'exprime pas). 

Ex. : pas un homme n'est venu, morho kele ma na. 

— de (on traduit à l'aide du verbe négatif tè). 
Ex. : il n'y a pas de bœufs ici, nisi tè ya. 

— du tout, fyefyefyeo. 

Ex. : je ne comprends pas du tout, m ma a me fyefyefyeo. 
peu, peu de (se tourne par « pas beaucoup »). 

Ex. : il travaille peu, a ti kye-kè kpa (il ne travaille pas beau- 
coup) ; il y a peu de poulets ici, sise sya-mâ tè y a (beaucoup 
de poulets ne sont pas ici). 

peu (un — ), fitini; dorho-ma. 

Ex. : donne-m'en encore un peu, fitini ndi ma lugu. 



62 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

plus (davantage) (comme « encore »). 
Ex. : donne-m'en plus, a ndi ma yalakâ. 

— que (comparatif), ye. 

Ex. : il est plus grand que moi, a gyà ni ye. 

— de .. que (tourner par le verbe tembè « dépasser »). 

Ex. : j'ai plus d'or que toi, wni bèmvè a ka tembè e-le ra (de 
l'or est chez moi, il a dépassé toi-même). 

— (ne — ), tuffu (avec la négation). 

Ex. : il n'y a plus de tabac, sara te ya tugit, 

sans (n'a pas d'équivalent en dyoula; il faut chercher une autre 
tournure). 

Ex. : je n'aime pas uu plat sans viande, two sorho fa ra ni a 

tanà (plat viande n'est pas dedans, je le refuse), 
seulement, ybànzà ; le-kè. 

Ex. : ils ont attrapé deux hommes seulement, ar ka morlin fila 
mina ybànzà. 

si, tellement, kpa. 

Ex. : c'est si bon ! a kya ni kpa! 

tout à fait : il est abîmé tout à fait (tournez : lui tout entier est 
abîmé), abyè tya-na. 

très (comme « beaucoup modifiant un adjectif»), 
trop (comme « beaucoup »), dyuyu-kè. 

4° I'artieulcs d'ordre, cause et manière. 

à (marquant la possession), ta. 
Ex. : c'est à moi, n-da lo; ce couteau n'est pas à toi, muni mi 
e-ta tè; il est à Samba, Sàmba ta lo. 

— (indiquant le lieu, voir aux particules de lieu). 

— (marquant le régime indirect), ma; ye, e; ra, la, na; fè. On 
devra consulter le vocabulaire des verbes pour savoir lorsqu'il y a 
lieu de traduire « à » par l'une ou l'autre de ces particules. Voici 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 63 

les verbes les plus usités parmi ceux qui demandent à être accom- 
pagnés de ces particules : 

di ou ndi signifiant « donner » veut son régime indirect suivi de 
ma; 

di ou ndi signifiant « plaire » et fo « dire » veulent leur régime 
indirect suivi de ye ou e; 

so ou so « donner en cadeau, faire présent de » veut le nom de 
la personne au régime direct et le nom de l'objet donné au régime 
indirect avec la particule ra, la ou na; 

dari « demander », s'il a deux régimes, veut aussi le nom de 
l'objet demandé au régime indirect avec ra, la ou na ; ou bien le 
nom de l'objet se met au régime direct et celui de la personne au 
régime indirect avec fè ; 

sa « acheter » et ta « prendre » veulent le nom de la personne à 
laquelle on achète ou prend un objet au régime indirect avec la 
particule fè. 

Voici maintenant les observations auxquelles donne lieu cha- 
cune de ces particules : 

Devant ma, le pronom régime de la i n pers. du sing. et celui 
de la 2 e pers. du sing. se suppriment; 

Lorsqu'on emploie la particule ye, le pronom de la i ro pers. du 
sing. prend la forme fit et la particule ye se supprime après lui ; au 
contraire, à la 2 e pers. du singulier, c'est le pronom qui se sup- 
prime; 

la particule ra, la ou na donne lieu aux mêmes observations qui 
ont été faites déjà au mot « dans » (particules de lieu) ; on notera 
de plus qu'après le mot fè « chose », et la plupart des mots termi- 
nés en e, comme kele « un », on emploie en général la forme na 
au lieu de ra; 

fè ne donne lieu à aucune observation spéciale ; « à moi » se dit 
régulièrement ni fè ou m vè. 

Exemples : 
je l'ai donné à Sitafa, ft ga a di Sitafa ma; 
donne-moi de l'eau, gye di ma; 
je te le donne, fi ga a di ma; 



64 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

donne-lui son couteau, e a muru ndi a ma; 

cette chose me plaît, fè mi a di ni; 

ça te plaît-il? a di ye? 

dis-le lui, a fo a ye; 

il m'a fait cadeau de perles, akanzo konô na; 

je lui ai donné un fusil, îi ga a sa mai-fa ra; 

donne-moi quelque chose, n zo fè na ; 

à qui as-tu acheté ce tissu? e ka fàni mi sa gyo-ni fè? 

il m'a pris cinq francs, a ka wari-ba kele ta ni fè; 

je te prends ton couteau, ni e-ta muru n da ye fè. 

afin de, afin que (ne se traduit pas) : 

Ex. : appelle-le fort afin qu'il t'entende, a kiri gbelè-ma a ya 
me. 

ainsi, tele, te; sa. 

Ex. : c'est ainsi, a bè tele; il a parlé ainsi, a ka a fo tele. 
aussi (comme les autres), e : 

Ex. : j'y vais aussi, ni tarha e. 
cause de (à — ), lomo : 

Ex. : à cause de moi, ni lomô. 
comme, karako (se place devant son régime). 

Ex. : il est grand comme Issiaka, a gyâ karako hiaka. 
comment? di? 

Ex. : comment t'appelle-t-on? ar i kiri di? 

comment dis-tu ? e ko di? je ne sais pas comment ils ont 
fait, ar kâ kè di, m ma a là. 

— (employé seul), munit? 

de (marquant la possession), ta (se supprime souvent) : 

Ex. : les enfants de Mahmoud, Mamudu-ta dë-u ou Mamudu 
dë-u. 

Cette particule sert quelquefois à rendre notre préposition 
« pour » : c'est fini pour aujourd'hui, bi-ta a ba na (la chose d'au- 
jourd'hui est finie). 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 65 

de (placé devant un nom de lieu, et indiquant la provenance; 
voir aux particules de lieu). 

de (dans les autres acceptions, s'exprime par une simple in- 
version) : 

Ex. : les femmes du Guimini, Giminï muso-ru. 
en effet, tyà. 

Ex. : lu es malade en effet, e fari e dimi tyà (ton corps te fait 
mal en effet). 
et, ni, ne; ane (se placent devant leur régime). 

Ex. : mon père et ma mère, m va ni n na. 

mais (ne se traduit pas). 

malgré (n'a pas d'équivalent; employer une autre tournure). 

même, le : 

Ex. : loi-même, e-le; même le chef, kûtigi le, ou mieux 
kûtigi a-le. 

— (quand — ) (ne se traduit pas ) : 

Ex. : quand même tu ne le verrais pas, tu viendras ce soir, 
e ma a ye, ya na ula ra (tu ne l'as pas vu, tu viendras soir 
dans). 

ne pas (voir au chapitre de la conjugaison). 

ni (se tourne par « et » avec la négation). 

ou, ou bien, a; ivala (ar. aould « ou bien non »). 

Ex. : qui est venu? est-ce Ali ou Omar? gyo-ni na na ? Ali lo 
a Omara lo? — donne-moi des perles ou de l'étoffe, n zo 
kono na wala fâni ra. 

parce que, wolo : 

Ex. : je ne suis pas venu, parce que j'étais malade, ni ma na 
m vari è n dimi wolo. 

plutôt que (se tourne par « et ne pas ») : 

Ex. : il faut manger plutôt que boire, e domu-ni-ke, kana 
mi-li-kè (mange, ne bois pas). 

pour (à cause de), lomô; kato : 

5 



66 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

Ex. : pour cela, fè mi lomô. (« Pour rien » se dit fonda le (il 
n'y a rien.) 

pour, (indiquant l'objectif du verbe, n'a pas d'équivalent propre 
en dyoula) : 

Ex. : j'apporte cela pour toi, fi ga fè mi tn ka a dl ma ou ka a di 
e-le ma (j'ai cette chose prise pour donner à toi, ou pour 
donner à toi-même); je suis venu pour voir le chef, M na 
na ka dugu-tigi ye (la particule ka est mise là à cause de 
l'infinitif, mais elle ne rend pas exactement notre mot 
« pour »). 

pourquoi (relatif), kato. 

Ex. : je ne sais pas pourquoi il n'est pas venu, fè mi kato a 
ma na, m ma a là (chose cette pourquoi il n'est pas venu, je 
ne sais pas), 

— (interrogatif), mune-kato ? 

Ex. : pourquoi n'es-tu pas venu? mune-kato ye ma na? 

— (c'est — ), fè-mi lomô ou fè mi kato (litt. : pour cette chose), 
puisque (ne se traduit pas). 

que (entre deux phrases), ko (s'omet le plus souvent) : 

Ex. : il dit qu'il viendra demain, a ko è na sini; je pense qu'il 
viendra ce soir, ni a gyate ko a na ula ra. 

si (conditionnel, ne se traduit pas, mais le verbe se met au pré- 
térit; quelquefois se traduit par ni). 

Ex. : si je viens, me donneras-tu quelque chose? n gana, ye 
n zo fè na? 

— (affirmatif, se remplace par l'énoncé de la proposition) : 

Ex. : n'est-ce pas à toi? si, e-ta tè? n-da lo (n'est-ce pas à toi? 
c'est à moi). 

5° Particules exclamatives. 

ah ! (surprise), tyeke! kutubu ! kpa! 

— (joie, approbation), tabarakalla! (arabe : que Dieu soit béni!). 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA <>7 

aïe ! (douleur), ay! 

allons! wan darha! arawan darha! 

allons donc! (laisse -moi là paix!), ?ido, m va! (lilt. : laisse-moi, 
mon père, do verbe to « laisser »); à une femme on dit : n do, n na! 
(laisse-moi, ma mère). 

après (et — ?), gbàzâ ? 

bon! bien! à la bonne heure! alakotso! kpa! i/o! nâmô! (ar. 
nd'amoii); tabarakalla! duguligi! 

bravo! ani-kye! 

certainement! kyùrro! tya-lo! (pour : a tyï lo, c'est la vérité). 

compris ! n gâ me! bismilla! (ar. : au nom de Dieu) ; naamô! (ar.). 

eh! (pour appeler), e! eh! Samba! Sàmba et 

présent! voilà! (pour répondre à l'appel de son nom), naam ou 
mima! (si c'est un homme qui répond) ; toma! (si c'est une femme). 

non, ^(accompagné d'un hochement de tête horizontal); « tè te. 

ouais ! (doute ou mépris), iyey ! 

oui, hë, hëhë (accompagné d'un hochement de tête vertical de 
bas en haut); yo (prononcé sur un ton grave, en baissant légère- 
ment la tête). 

silence! e di! e dye! ar dye! (tais-toi, taisez-vous). 

merci 1 anu-are! anu-ale! barika ! (ar.). 

Remarque. — Tous les adjectifs peuvent s'employer adverbiale- 
ment ; en général on se sert alors de la forme en ma quand elle 
existe. Quant aux adjectifs qui ne sont pas usités d'habitude sous 
la forme en ma, on en forme des adverbes de manière en les fai- 
sant suivre de cette même particule. Exemple : gbelè « fort », 
gbelè-ma « fortement » ; dorho «jeune, petit », dorho-ma «un 
peu ». Ces formes en ma peuvent aussi s'employer comme noms 
abstraits; en réalité elles sont analogues aux noms verbaux en ma 
formés des verbes neutres, qui peuvent aussi s'employer adver- 
bialement. 



68 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



CHAPITRE X 



Salutations et formules de politesse. 



Les salutations varient en dyoula suivant les moments de la 
journée ou les circonstances dans lesquelles elles sont adressées. 
Elles varient également suivant qu'elles s'adressent à un homme 
ou à une femme et suivant qu'elles sont prononcées par un homme 
ou par une femme. Enfin, chaque salutation comporte une ré- 
ponse spéciale. 

En général, c'est le nouvel arrivant qui salue le premier, quel 
que soit d'ailleurs son âge ou son rang social; ainsi un maître 
entrant dans la case de son esclave salue le premier ce dernier, un 
chef pénétrant dans un village qui n'est pas le sien, salue le pre- 
mier les personnes qu'il rencontre. 

En général aussi, lorsqu'on salue un homme, on fait précéder la 
salutation proprement dite de m ba (ou moins souvent m va) qui 
signifie littéralement « mon père », et qui correspond à notre mot 
« monsieur » ; lorsqu'on salue une femme, on fait précéder la 
salutation de n na « ma mère », qui correspond à notre mot 
« madame » ou « mademoiselle ». Ces expressions s'emploient 
même quand on parle à des enfants. 

Quelquefois, si l'on connaît particulièrement la personne qu'on 
salue, on remplace les expressions m ba ou n na par le nom ou le 
titre de cette personne, disant ainsi, par exemple : Amadu, kye-na 
(bonjour, Amadou), kU-tigi, kye-na (bonjour, chef), au lieu de m 
ba, kye-na. 

Voici la liste des salutations les plus répandues, avec les ré- 
ponses appropriées. 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 69 

1° Salutation du matin (du lever du soleil à 10 h. du matin en- 
viron) : 

Salut (d'homme à homme) : m ba, kye-na '. 

Réponse (d'homme à homme) : mbâ m ba, e sira* ou mbâ, e 

sir a. 
Salut (d'homme à femme) : n na, kye-na. 
Réponse (de femme à homme) : unie m ba, e sira 1 , ouunzd, e 

sira, ou unie m va, e sira. 
Salut (de femme à homme) : m ba, kye-na, ou m va, kye-na. 
Réponse (d'homme à femme) : mbâ n na, e sira, ou n na, e sira. 
Salut (de femme à femme) : n na, kye-na. 
Réponse (de femme à femme) : unie n na, e sira. 

Nota. — Pour les salutations suivantes, je ne donne que le 
salut et la réponse d'homme à homme : dans les autres cas on se 
basera sur les exemples qui précèdent. 

2° Salutation de la journée (de 10 h. du matin à 3 h. du soir en- 
viron) : 

Salut : m ba, andere ''. 

Réponse : mbâ m ba, andere, ou mbâ, andere tugu % . 

3° Salutation du soir (de 3 h. environ à la nuit) : 

Salut : m ba, anula*. 

Réponse : mbâ m ba, anula, ou mbâ, anula. 

1. Kye-na veut dire littéralement « dans le travail »; c'est en effet surtout le ma- 
tin qu'on travaille, et le salut du matin équivaut à souhaiter un bon travail. 

2. Le premier mbâ (avec a très long) ne veut pas dire « mon père >> comme le m 
ba suivant avec a bref) : c'est une exclamation voulant dire à peu près « oui, 
merci ». — Sira veut dire « chemin »; e sira signifie donc à peu près « salut sur 
ton chemin, que ton chemin soit bon •<. 

3. Unzë (avec un e très long) correspond au mbâ de la réponse des hommes ; les 
femmes prononcent cette réponse sur un ton chantant, en voix de tête, et si elles 
sont plusieurs, elles la disent toutes en même temps. Peut-être unzë a-t-il la même 
étymologie que la salutation ani-se, qu'on verra plus loin. 

4. Andere est une contraction de ani-tere « salut du soleil », ani ou anu corres- 
pondant à peu près à notre mot « salut » ou au « bon » des mots « bonjour, bon- 
soir », etc. 

5. Andere tugu veut dire « bon solei! en retour ». 

6. Anula est une contraction de ani-ula « salut du soir ». 



70 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

4° Salutation de la nuit : 

Salut : m ba, anisu ra (salul dans la nuit). 
Réponse : mbâ, anisu ra tugu. 

5° Salutations pour prendre congé : 

Quand on quitte quelqu'un pour quelques instants seulement ou 
quelques heures, on lui dit : m uri-ra dorho-ma (je me lève un peu, 
je pars pour un moment) ; la réponse est : tarha, ya na o (va et re- 
viens). 

Si l'on quitte quelqu'un pour longtemps, ou sans savoir quand 
on le reverra, on lui dit : Alla mânzi i ra ou Alla rnâzl ra (que Dieu 
le garde) ; la réponse est amïna (amen) ; à cette réponse on ajoute 
quelquefois la phrase kafa gyarda î)i, dont je n'ai pu connaître la 
signification exacte. 

Lorsqu'on part en voyage, on dit : m bè tarha ra (je pars), ou m 
bè dorho-ma (je serai de retour bientôt), ou, si l'on est plusieurs : 
am bè tarha ra Ou am bè dorho-ma ; la réponse est : ani-tarha-ma 
(bon voyage), ou bien tarha, yana o (va et reviens). Après cette ré- 
ponse, celui ou ceux qui partent ajoutent souvent : fli na o, ou afli 
na o (je reviendrai, ou nous reviendrons). 

Lorsqu'un jeune homme prend congé d'un vieillard, ou un infé- 
rieur d'un supérieur, il lui dit : m ba, fli sira dari (je demande la 
route), ou ni sira dari i fè (je te demande la route). La réponse est : 
mbâ, n ga sira di (j'ai donné la route). Au cas où on se refuserait 
à laisser partir le visiteur, on dirait : m ma sira di (je n'ai pas donné 
la roule). 

Lorsqu'on prend congé de quelqu'un pour aller se coucher, on 
dit : m bè tarha la o (je vais me coucher), ou m bè tarha ra sundorho 
(je vais dormir), en ajoutant en général la formule Alla mânzi i ra. 
La réponse est : amlna, kafa gyarda fli. 

6° Salutations de rencontre : 

Lorsque deux personnes, parties d'un même endroit à des mo- 
ments différents, se retrouvent en un même lieu, le dernier ar- 
rivé dans ce lieu salue le premier arrivé en lui disant : m ba (ou n 
na), ani-hyà (salut devant). 



ÉTUDE GKAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 71 

Le premier arrivé répond en disant : 
mbâ (ou unze, si c'est une femme), anu-kwo (salut derrière). 

Si cependant le dernier arrivé est déjà installé ou assis dans le 
lieu de la rencontre et que le premier arrivé, absent au moment de 
la rencontre, survienne et aperçoive son camarade, il salue le pre- 
mier en disant : anu-kwo [m ba, anu-kwo, ou m va, anu-kwo, ou 
bien n na, anu-kwo, suivant les cas) ; le dernier arrivé répond alors 
ani-îïyâ (mbâ, âni-hyâ, ou mbâ n na, ani-hyâ, ou bien unzî m ba, 
ani-îîyâ ou unze n na, ani-fiyâ, suivant les cas). 

Lorsque deux personnes qui ne se sont pas vues depuis long- 
temps se rencontrent, celle qui voit l'autre la première ou qui 
arrive la première au lieu de la rencontre, salue la seconde en 
disant ani-se; la réponse est ani-se ou ani-sene. (On aura, suivant 
les cas : m ba, ani se; n na, ani-se; et comme réponse : mbâ, 
ani-se; unze m va, ani-se; unze n na, ani-se, etc.). 

Si ces personnes qui se rencontrent après une longue absence 
sont des parents ou des amis, la première tend la main droite à 
l'autre en disant ani-lâfla ou an'-lâfla; la seconde serre. la main de 
la première en faisant claquer ses doigts contre ceux de celle-ci et 
répond : mbâ (ou unze), ani-lâfla tugu. 

7° Salutation d'arrivée et de bienvenue : 

Un étranger, arrivant dans un village ou allant visiter quelqu'un 
dans ce village, salue les personnes qu'il rencontre ou qu'il va 
visiter en disant :m va, ani-ya (ou» na,ani-ya, s'il s'adresse aune 
femme); en même temps il fait un geste de haut en bas avec la 
main droite, le bras légèrement tendu; s'il rencontre un groupe 
de personnes, il répèle plusieurs fois la salutation et le geste : 
m va, ani-ya, m va, ani-ya; n na, ani-ya, nna, ani-ya. 

Les hommes ainsi salués répondent : mbâ, ani-se, et les femmes : 
unze m va (ou unzë n na), ani-se. 

8° Salutations diverses : 

A des gens qui travaillent, qui chantent ou qui dansent, on dit : 
ani-kye (salut dans le travail). La même salutation s'emploie à 



72 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

l'égard des femmes qui reviennent de puiser de l'eau ou de couper 
du bois. 

Aux gens rencontrés dans les plantations ou qui reviennent des 
champs, on dit : ani-kôgo (salut dans les plantations). 

Aux gens qui sont assis, on dit : ani-sigi (salut assis). 

9° Formules de condoléance et de remerciement : 

A quelqu'un qui est malade ou qui a perdu un de ses proches ou 
auquel il vient d'arriver un malheur, on exprime ses condoléances 
par la formule : Alla mïla mina-na. La réponse à cette formule 
est : amïna. 

Lorsque quelqu'un vous a donné à manger, il est poli de lui 
dire, une fois le repas fini : m va (ou n na), f) ga domu-ni kè (j'ai 
mangé). La réponse est mbâ (ou unie). 

Les formules de remerciement sont assez nombreuses. La plus 
usitée est anu-ale ou ami-are (lorsqu'on remercie d'un cadeau 
reçu) ou ani-kye (lorsqu'on remercie d'un service rendu). On 
emploie très souvent aussi le mot arabe bârika (bénédiction), ou 
l'une des formules : 

Allaekende to! (que Dieu te laisse en bonne santé!); 
Alla e kisi! (que Dieu te protège !); 
Alla si dl ma! (que Dieu te donne le bien !); 
Alla e sùtra ! (que Dieu te conserve !); 
La réponse à l'une quelconque de ces formules est : amïna 
(amen). 

On remercie quelqu'un qui a plaidé votre cause dans un palabre 
ou qui s'est occupé de régler pour vous un différend, en lui 
disant : ani-ko-ma (merci pour la parole). 

On remercie quelqu'un qui a pris les armes pour vous ou qui 
revient de la guerre en lui disant : ani-kerè-ra (merci dans la 
guerre). 

Le lendemain du jour où on a reçu un cadeau, ou bien le len- 
demain du jour où un service vous a été rendu, on va trouver 
l'auteur du cadeau ou du service et on lui dit : anu-kunu (merci 
pour hier). 



ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 73 

Si on rencontre quelqu'un qui, autrefois, vous a fait un cadeau 
ou rendu un service, on lui dit : ani-kye o la ra (merci pour un 

jour). 

1 0° Formules diverses : 

L'étiquette des pays noirs veut que, lorsque deux personnes 
s'abordent, et à plus forte raison lorsqu'une personne en va visiter 
une autre, la conversation débute par une série de questions et de 
réponses relatives aux événements qui ont pu se produire chez 
chacun des interlocuteurs depuis leur dernière rencontre. De là 
certaines formules, toujours les mêmes, qu'on ne manque jamais 
de prononcer, alors même qu'on s'était quitté quelques instants 
seulement avant la rencontre actuelle. 

Ces formules, qui s'énoncent une fois les salutations échangées, 
celui qui a été salué formulant la première question, sont les sui- 
vantes : 

Questions : 

dodi? ou loli 1 ? quoi de nouveau? 

mufigo bè ya? ou mufigo bè? (qu'y a-t-il ici?). 

figo bè ya? ou figo bè? (même sens). 

figo bè la-dua? (qu'y a-t-il dans la chambre? quoi de nouveau 

chez loi ou dans ta famille?). 
so bè? (pour mufigo bè so ra? qu'y a-t-il au village?). 
figo bè Dawakala? (quoi de nouveau à Dabakala?), etc. 

Réponses : 

dya-tif/i bè (le bien est, ça va bien). 

a sumâ-ni bè, ou a sumâ-ni mbèya{\\ fait froid, c'est-à-dire : je 

suis content, tout va bien). 
fondé tè ya (rien de nouveau ici). 
fonda tè yi (rien de nouveau là-bas). 
a bè yi le-ni (c'est bien là-bas, tout va bien là-bas). 
dyugu-tigi tè (le mal n'est pas, ça ne va pas mal). 

I. Ce mot vient de l'expression agni correspondante lo ri ? (quoi là? quoi de nou- 
veau là-bas?). 



74 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

On fait toujours l'une ou plusieurs de ces réponses, alors même 
qu'il serait arrivé un malheur. Ce n'est qu'après l'échange de ces 
formules banales qu'on en vient aux nouvelles sérieuses. A cha- 
cune de ces réponses, l'interlocuteur qui avait posé la question 
prononce la formule : mbâ tabârakalla! (que Dieu soit loué!). 

Lorsqu'un étranger va visiter quelqu'un, la politesse exige que 
ce dernier lui offre l'hospitalité. Il le fait en ces termes, une fois 
les salutations et formules échangées : 

tarha ftyurhô-nà mbô (va déposer tes affaires). 

Si l'étranger accepte l'hospitalité offerte, ce qui a presque tou- 
jours lieu à moins qu'il n'ait déjà accepté ailleurs, il dit : 

h gaa bô; ni a sigi mi? (je les dépose; où les mettrai-je?). 

Alors l'hôte désigne une case à l'étranger, en lui disant: 

tarha sigi bo na ou tarha sigi m bo na (va les mettre dans (cette) 
maison, ou va les mettre dans ma maison). 



CHAPITRE XI 
Permutations de lettres, élisions et contractions. 



1° Permutations de voyelles. 

1. — Il arrive très souvent en dyoula qu'une voyelle nasale est 
remplacée dans la prononciation par la voyelle simple correspon- 
dante ou vice-versa, surtout à la fin des mots. Ce changement a 
lieu parfois sans aucune raison apparente; d'autres fois, il a lieu 
en raison de la nature de la consonne initiale du mot suivant. 

Ainsi on entend dire flyâ et fiya « face, visage », de et de « en- 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 75 

fant », fè et fë « chose », se et se « pied », do et do « atteindre », 
etc., sans qu'il y ait de raison apparente pour justifier ces permu- 
tations; il arrive seulement que l'un des sons est plus souvent en- 
tendu que l'autre. 

D'autre part, une voyelle nasale terminant un mot et suivie d'un 
mot commençant par n se transforme très souvent en la voyelle 
simple correspondante, surtout s'il s'agit du son à*. On a ainsi : 

sa « ciel », sa na « dans le ciel, en haut » ; 

bà « finir », ba-na « être fini » ; 

gyà « être long », gya-na « être loin »; 

dugô « cacher », dugô-na ou dugo-na « se cacher » ; 

mô« faire cuire », mo-na « être cuit », etc. 

II. — En outre, on a souvent des exemples : 

de la voyelle a se changeant en è; 

— è — e\ 

— e — i; 

— i — u; 

— ô — o; 

— o — u; 

— u — ù. 

Ainsi on trouve : gyagi et gyègi « dos », gberè et gbere « fort », 
gye et gyi « eau », e et i « toi », ani et anu « salut », morho et mo~ 
rho « homme », buru et buro « main », gyu et gyù « bout inférieur, 
pied », etc. 

On trouve aussi quelquefois ù au lieu de wù, et o ou u au lieu de 
wo, iio ou wô, comme : ko pour kivo « rivière », ko pour kwo « der- 
rière », tu pour two ou tùo « aliment », ku pour kwô « laver ». Il est 
à remarquer d'ailleurs que les prononciations wo, wo, wô et iio 
sont surtout spéciales au dialecte dyoula et sont remplacées en gé- 
néral par ô, o ou n dans les autres dialectes de la langue mandé. 



1 . On verra plus loin dans quels cas cet n se trouve remplacer une autre Consonne 
après une voyelle nasale. 



76 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

2° Permutations de consonnes. 

I. — Les consonnes / et r sont souvent employées indifférem- 
ment, bien que les Dyoula prononcent en général 1'/' plus franche- 
ment que d'autres tribus mandé et semblent adopter de préférence 
le son r dans certains mots, le son /dans d'autres. Ainsi on entend 
souvent la au lieu de ra « dans », bulu au lieu de buru « main », 
etc. Par contre on dira toujours sir a « avoir peur » et jamais sila, 
lo « rester debout » et jamais ro. Du reste on ne rencontre pas un 
seul mol commençant par r, sauf les particules ra et ru qui sont 
d'ailleurs des suffixes. 

La consonne n se rencontre assez souvent à la place de / ou r ; on 
a ainsi fitini et fitiri « petit », fitina et /itéra « bougie », mèri et 
mèni « hippopotame ». Un exemple frappant de cette permutation 
est donné par les différentes formes que revêt le nom d'où provient 
le mot « mandé » : Mali, Mani, Mandi, Mande, Mande. 

II. — D'autre part, on peut signaler les permutations suivantes : 

b se changeant en w ou ù, et quelquefois en m, comme dans 
sebè ou sewè « amulette », saba, sawa ou saùa « trois », a gbè-nimè 
ou a gbè-ni be « il est blanc » ; 

d se changeant en / ou r, comme dans Mamudu, Mamulu ou 
Mamuru (nom arabe Mahmoud); 

g h se changeant en g, comme dans mughu ou mugu « poudre » ; 

ky se changeant en ta, comme dans kyi ou tyi « envoyer » ; 

m se changeant enmb, comme dans bàma ou bamba « caïman », 
Gyamala ou Gyambala (nom de pays généralement écrit sur les 
cartes Diamala). 

III. — Il arrive assez souvent : 

Qu'un mot commençant par une dentale ou une sifflante se 
trouve précédé d'un n dans la prononciation, comme doni et ndoni 
« charge », doro et ndoro « bière »; 

Qu'un mot commençant par une labiale se trouve précédé d'un 
m, comme buru et mburu « main », ou d'un g, comme bulo et 
gbulo « peau » ; 




ÉTUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 77 

Qu'un mot commençant par une gutturale ou un y se trouve 
précédé d'un n, comme gbè et hgbè « vin de palme », yini elftyini 
« désirer », etc. 

D'autre part, il importe de se souvenir que, comme on l'a vu 
déjà à propos du pronom de la l re . personne du singulier, la con- 1 
sonne n veut après elle un d au lieu d'un t, un s au lieu d'un s 1 ; 

Que Yn se change en m devant une labiale, c'est-à-dire devant b, 
f,m,v*; 

Que Y m veut après lui un v au lieu d'un /'; 

Que Yn se change en fi devant une gutturale, c'est-à-dire devant 
g et/c-, 

Que le fi veut après lui un g au lieu d'un k. 

On a ainsi : 

n dorho (pour n torho) « mon nom » ; 

an zigi (pour an dgï) « asseyons-nous » ; 

m ma a me (pour n ma a me) « je n'ai pas compris » ; 

m bo-ra (pour n bo-ra) « je suis sorti » ; 

abèm vè (pour a bè n fe) « j'en ai » ; 

fi ï ga a me (pour n ka a me) « j'ai compris ». 

Enfin, après un mot finissant par une voyelle nasale, surtout si 
cette voyelle est à et même si cette voyelle perd sa nasalisation, 
et quelquefois après un mot finissant par na ou no, ou par è, e ou i, 
on rencontre les changements ci-après concernant la l re consonne 
du mot suivant : 

d se change en nd\ 

t — nd ou d; 

s — nz.; 

b — mb ; 

f — mv; 



{. Il n'y a pas en dyoula de mots commençant par z en dehors de Ceux commen- 
çant régulièrement par un s et qui se trouvent placés après un n, 

2. Je ne parle pas du p, cette lettre étant excessivement rare en dyoula; au cas 
où un n se trouverait devant un p, Yn se changerait en m et le p en 6. 

3. Il n'y a pas en dyoula de mots commençant par v en dehors de ceux commen- 
çant régulièrement par un f et qui se trouvent placés après un m. 



78 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

v se change en mv; 

9 — ftff'i 

k — hg\ 

r — n. 

Exemples : 

kalà ndà ou kala ndà (pour kalâ dô) « un arc » ; 
sa ndà (pour sa ta) « dix ans » ; 
a fî-ni de (pour a fi-ni te) « il n'est pas noir » ; 
kono nzya-mâ (pour konô sya-mà) « beaucoup de perles »; 
sa nzaila (pour sa saûa) « trois ans » ; 
kini-mburu (pour kini-buru) « main droite »; 
fè mbye (pour fe bye) « toute chose » ; 
sa mvi/a (pour sa fila) « deux ans » ; 
gbène-mvyè (pour gbène-fyë) « jouer de la trompe » ; 
a ka dô hgye ra (pour a ka dô gye ra) « il atteignit l'eau » ; 
sa hgele (pours« kele) « un an » ; 
dô-nge (pour dô-kè) « danser » ; 
la kele na (pour la kele ra) « en un jour » ; 
dugu mi na (pour dugu mi ra) « en ce pays » ; 
ba-na (pour bà-ra) « être fini » ; 
domu-ni-ke (pour domû-ri-kè) « manger » ; 
a na na (pour a na ra) « il est venu », etc. 

3° Elisions de voyelles. 

I. — La voyelle finale de certains mots très usités, comme be 
« être », te « n'être pas », ane « avec », les particules ka et ra, les 
négations ti, ma et kana, et quelques autres, s'élide généralement 
devant les pronoms personnels (sauf, bien entendu, devant celui 
de la V e personne du singulier, qui commence par une consonne). 
Exemples : 

a b'a ra (pour abè a ra) « il y en a » ; 
a b'e ra (pour a be e ra) « il est dans toi » : 
a t'a ra (pour a te a ra) « il n'y en a pas » ; 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 79 

an'i a na na (pour ane i a na na) « il est venu avec toi » ; 
ar fëi bago (pour ar ka i bugo) « ils t'ont frappé » '; 
e t'ara farha (pour e ti ara far ha) « tu ne les tueras pas » ; 
a se-r'are ra (pour a se-ra are ra) « il les commande » ; 
a m'e me (pour a ma e me) « il ne t'a pas entendu » ; 
kane-re farha (pour kana e-re farha) « ne te tue pas ». 

Il est à noter cependant que si les deux voyelles qui se trouvent 
en présence sont identiques, il y a, non pas élision,mais contraction, 
sauf pour la particule ra suivie d'un « : ainsi ar ka a bugo « ils 
l'ont frappé » sera prononcé souvent ar kâ bugo (les deux a s'étant 
contractés en un â long), mais jamais « ar k'abugo »; h gâ dl ma 
«je te l'ai donné » (pour fl ga a di i ma). 

II. — Dans le corps d'un mot, il arrive souvent qu'une voyelle 
placée devant un /, un r ou un n s'élide, surtout si cette voyelle est 
un i ou un u. On a ainsi : bila et bla « laisser », firi et fri* lancer », 
suro elsrô « être proche », mina et mna « prendre ». 

De même on a : a borra (pour a bori ra) « il s'est sauvé » ; a turra 
(pour a tura-ra) « il est pourri », etc. 

Dans un autre ordre, on a karaflgè (pour kara-ni-kè) « lire ». 

III. — Enfin on peut citer comme exemples d'élision constante, 
môme en présence d'une consonne, les formes pronominales n (de- 
venant m ou n suivant les cas), an ou wan (devenant am, wam ou 
ah, wati), arawan (devenant arawam ou arawati), et ar, qui sont 
employées, dans certains cas expliqués dans la grammaire, au lieu 
des formes complètes ni ou ni, aîli, (ara-afli) et aru, are ou ara \ 

Sauf ces formes pronominales, dans lesquelles au reste la voyelle 
finale est élidée, on ne rencontre pas en dyoula un seul mot finis- 
sant par une consonne. 



1. Après un a, le pronom de la 2 e personne prend souvent la forme ya, et alors 
l'a qui précède ne s'élide pas : ar ka ya bugo. 

2. Vu de la désinence du pluriel ru s'élide quelquefois dans la conversation. 



80 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

4" Suppressions de consonnes. 

Les suppressions de consonnes sont assez rares; cependant on 
on peut noter que la consonne gh, déjà assez peu fréquente en 
dyoula, et se remplaçant souvent par un g dur ordinaire dans la 
prononciation, se supprime tout à fait dans certains mots, et no- 
tamment dans le mot dugha « lieu, endroit », qu'on prononce 
presque toujours dua. 

On peut citer encore le pronom n ou m de la l re personne se 
supprimant devant les particules na ou ma. 

5° Contractions. 

J'ai déjà dit plus haut que la voyelle finale d'un motet la voyelle 
initiale du mot suivant ' , lorsqu'elles sont identiques, se contractent 
souvent dans la prononciation en une seule voyelle allongée. 
Ainsi on entend couramment : h gâ me (pour fl ga a me) « je l'ai 
compris, j'ai compris »; e ma me? (pour e ma a me?) « ne l'as-tu 
pas compris? n'as-tu pas compris?) ;« ta (pour a a (a) «il le prend »; 
a ka marfa dl ma (pour a ka marfa di i ma) « il t'a donné un fu- 
sil ». 

De même on a : akâfô fit (pour a ka a fo /lige) « il me l'a dit » ; 
fi gâ fo ye (pour h ga a fo i ye) « je te l'ai dit ». 

On trouve encore d'autres contractions de natures diverses, 
comme : 

seu-ri-kè (pour sewè-ri-kè) « écrire »; 

a sôhgwa ra (pour a sôîlgo a ra) « il le réprimande », etc. 

En général, dans la transcription des mots et des phrases, je 
n'ai pas figuré les contractions, sauf celles qui revêlent un carac- 

1. En réalité, sauf les pronoms personnels (e, i, o; a, è, ire; anuru, ani, an, ara- 
ivan; aluru; aru, are, ara, ar), le mot ane « avec », la salutation ani ou anu, les 
particules explétives e et o, quelques mots commençant par u (comme ule, uri, urho, 
uro) dans lesquels existait en principe un w initial qui est tombé dans la pronon- 
ciation, et enfin quelques mots empruntés à l'arabe, il n'y a pas en dyoula de mots 
commençant par une voyelle. 



ETUDE GRAMMATICALE DU DIALECTE DYOULA 81 

tère tout spécial, comme seu-ri-kè. Pour les autres, c'est une 
simple question de prononciation qu'il serait fâcheux d'introduire 
dans l'écriture, car écrire a ma me au lieu de a ma a me pourrait 
amener des confusions. D'ailleurs, en prononçant un â long, on 
énonce en réalité les deux a. 

Remarque. — Sauf en ce qui concerne le changement de Vn en 
m ou en fl et l'affaiblissement des consonnes fortes qui suivent 
(voir 2°, III, deuxième paragraphe), les principes qui viennent 
d'être énoncés dans ce chapitre n'ont rien d'absolu, et il ne faudra 
pas s'étonner si tel d'entre eux, dans la pratique, est tantôt observé 
et tantôt négligé. 






DEUXIÈME PARTIE 



VOCABULAIRE FRANÇAIHIÏOULA 



AVERTISSEMENT 



1° Les vocabulaires qui suivent ne comprennent que les substan- 
tifs et les verbes : les adjectifs, les noms de nombre, les pronoms 
et les particules ayant été énumérés à leur place dans la gram- 
maire, il m'a semblé inutile de les répéter ici. 

2° Les substantifs ont été classés par ordre de matière et sont 
représentés par vingt-quatre vocabulaires dont chacun ne renferme 
que des -noms de même ordre, groupés alphabétiquement. Les 
verbes sont tous réunis en un seul vocabulaire. 

3° Lorsque plusieurs mots français ont le même sens ou à peu 
près et sont rendus en dyoula par un seul et même mot, je n'ai 
fait figurer dans les vocabulaires que le mot français le plus usité, 
afin d'éviter les répétitions. Toutefois il arrive que plusieurs mots 
français qui semblent à première vue avoir des significations dif- 
férentes sont rendus en dyoula par le même mot ou la même ex- 
pression : dans ce cas, j'ai fait figurer les divers mots français, 
chacun à sa place, en renvoyant à l'un d'eux pour chercher le 
mot dyoula correspondant. 

4° Lorsqu'un même mot français peut être rendu en dyoula par 
plusieurs mots ou expressions de sens équivalents, j'ai placé les 
mots dyoula par ordre de fréquence, c'est-à-dire que le premier 
mot est le plus usité et le dernier le moins souvent employé. 

5° Dans la transcription des mots composés dyoula, j'ai séparé 
autant que possible par des traits d'union les différents éléments du 
mot, afin qu'on puisse saisir facilement le système de dérivation. 

6* Les mots empruntés à l'arabe sont suivis de l'abréviation 



86 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

(Ar„), ceux empruntés à l'agni sont suivis du mot : (Agni), ceux em- 
pruntés au français sont suivis de : (F.). 

7° Le vocabulaire des verbes est précédé d'un tableau des abré- 
viations et signes employés pour indiquer la place des régimes et 
le mécanisme des propositions. 



I. — LE CORPS HUMAIN 
ET LES SUBSTANCES ANIMALES 



aisselle, kâ-mba, kâ-mba-koro. 

avant-bras, buru-kara. 

barbe, bombo-sye. 

bouche, da. 

boyaux, ndugu, ndughu. 

bras (comme « main »). 

canine, ni-dabô-na. 

cartilage (comme « tendon »). 

cervelle, kû-lengè, kîdlengè. 

chair, sorho, sorhà. 

cheveux, ku-nzigi. 

cheville, se-ngoro. 

cils, nyâ-de-nzye. 

clitoris, byè-ndè'. 

cœur (au sens propre), sô. 

— (au sens figuré), gyùsu, gyusu. 
corps, fari. 

côte, ngalarha-dê. 

côtes (les — , la région des — ), nga- 

larha. 
cou, kâ. 
coude, nôngo. 

— (pointe du — ), nôngo-koro. 
cuisse, ivolo. 



dent, ni. 

derrière (expression polie), kwo (lit- 

tér. : les reins), 
derrière (expression technique) , gyu- 

mugu. 
doigt (de la main), bulu-mbâ-ndê. 

— (du pied), se-mbâ-ndê. 

dos (partie inférieure), kwo, ko. 

— (partie supérieure), gyagi, gyè- 
gi. 

épaule, kâ-mba-M. 

épine dorsale, kwo-dinga-koro. 

— (ligne de Y — ), kwo-dinga (littér. : 
creux du dos). 

estomac, furu. 

excrément, bô, bu. 

face, nyâ, nya, yâ. 

foie, bina. 

front, ti-ndara. 

gencive, ni-mvara, fii-mvuro. 

genou, kumbri. 

gorge, kâ-ngoro. 

graisse, fânga ; kyï. 

hanche, soro. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



87 



incisive, ili-ngye. 

index, bulu-mbâ-nde-ngyd. 

jambe, ivorosà (ou comme « pied »). 

joue, yè. 

lait, nono. 

langue, nène, nènde. 

larme, nyâ-gye. 

lèvre, da-buru. 

— inférieure, da-buru gyu-koro-la. 

— supérieure, da-buru kwo-ma-ta. 
main, buru, bulu, buro. 

main (dessus de la — ), buru-kwo. 

— (paume de la — ), buru- tige. 

— droite, kini-mburu. 

— gauche, numa-buru. 
menstrues, yiri-si; kari (littér. : 

mois), 
menton, bombo. 
molaire, tarha-ra-ni. 
mollet, tèsè-bu. 
moustache, da-koro-sye. 
nez, nu. 

nombril, bara-dë, bara-kuru. 
nuque, lôgoro. 
œil, flyâ-dë, yâ-nde. 
ongle (de la main), buru-soni. 

— (du pied), si-nsoni. 
oreille, loro, tolo, turo, turu. 
os, koro, kuru. 

paupière, nyâ-de-mvara. 
peau, gbulo. 
pied, se, si, se. 

— (dessus du — ), si-ngwo, si-nkwo. 



pied (plante du — ), si-ndigë. 

poil, sye. 

poing, buro-kuru. 

poignet, buru-kà. 

poitrine, sisi. 

pomme d'Adam, kâ-nguru. 

pouce, bulu-mbâ-ndë-kumba. 

poumon, fôrhôfàrhà. 

prépuce, foro-kuru; kènekène. 

protubérance, kuru. 

rate, nderhè, nderhè-koro. 

rein, kwo-kuru. 

reins (région des — , comme « dos 

(partie inférieure) ». 
salive, da-gye. 
sang, gyuri, gyiri, yiri. 
sein, si, si. 

sourcils, nyâ-kongo-nzye. 
sueur, tara. 
talon, si-ûkû, si-ngû. 
tempe, nyâ-koro; yè-koro. 
tendon, fasa. 
testicule, gbô. 
tète, kû. 

urine, nyarha-ni. 
vagin, byè. 

ventre (partie interne), konô, kono. 
— (partie externe), bara. 
verge, foro. 

vésicule biliaire, kunakuna. 
viande (comme « chair »). 
visage (comme « face »). 



II. — LA FAUNE 




agnelle, sarha-gberë. 
agneau, sarha-dë. 
aigle brun, so-ndigi. 
aile, fyendo. 



âne, sô-fele, sô-fa. 

animal, sorho (le même mot veut 

dire « animal », « gibier » et 

« viande »). 



88 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



antilope (en général), mina, mna. 

— (à bosse), tâgo, lâko. 

— (à cornes tordues), sigi. 

— (à grandes cornes rabattues sur 
le dos), dagbe. 

bec (comme « bouche », da). 
bélier, sarha-gyigi. 
bœuf, nisi. 

bouc, ba-koro-ni, ba-kyè. 
brebis, sarha-muso. 
caïman, bamba, bâma. 
canard, lôgorô, tôgonô, 
chat, gyakuma. 
chat-tigre, sàgoni. 
chauve-souris, frimvri. 
cheval, sô. 
chèvre (en général), ba. 

— (femelle), ba-muso. 
chien, wuru, uru. 
civette, wala. 
cochon (n'existe pas). 

— de terre (voir « géomys »). 
coq, dondo, duntû. 
coquillage, coquille, koro, kôrô. 
corne, gbâ, gbène. 

crapaud, toi 

cynocéphale, gboô, gboghô. 

écaille, fara. 

éléphant, samâ, sâma, sâmba. 

femelle, muso. 

fourmi (des maisons), kàkà. 

— (rouge des arbres), menemene. 

— voyageuse, magnan, kurà. 
géomys (cochon de terre), kânzùri. 
grenouille (comme « crapaud »). 
griffe (comme « ongle », buru-soni). 
hippopotame, mèri, mèni. 

hyène, surugit. 
iguane, korhô. 
insecte, tumbu. 
ivoire, sama-ni. 



jument, so-muso. 

lézard, basa. 

lièvre, sunzani. 

lion, asômbori (mot sénoufo); gyara; 
wara-ba. 

loutre, ktvà-ur u^lMér. : chien de ri- 
vière). 

mâle, kyè. 

mangouste, wala-mesè. 

miel, IL 

mouche, limorho. 

— à miel, worowôro. 

— maçonne, dondoli. 
moustique, sosoni. 
mouton (en général), iarha. 

— (châtré), berrè, sarha-berè. 
nageoire, koro. 

nid, nyarha. 

œuf, kiri, kili, kli. 

oiseau, konô. 

pangolin, korokara, kôsôkâsâ. 

panthère, suri ; wara-ni. 

papillon, prepreni. 

patte (comme « pied », se, si, se). 

perdrix, wôro. 

pérodictique (petit quadrupède qui 

crie la nuitdanslesarbres), gbwem- 

varha. 
perroquet, akwei. 
pigeon ramier, boroboro. 

— vert, ndoro. 
pintade, kami. 

plume (comme « poil », sye). 

poisson, yeghè, yegè. 

poulet, sise. 

queue (comme « reins », kwo, ko). 

rat, ninâ. 

sabot (comme « patte »). 

sauterelle, kondo. 

scorpion, bondani. 

serpent, sa. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



89 



singe, sula, sûta. 
taureau, lolà. 
termite, barhabarha. 
termitière, barhabarha-so. 
tortue, sura-korho-ma, sira-korho- 
ma. 



trompe (d'éléphant), samâ-nu. 
vache, nisi-muso. 
varan, karhana. 
veau, nisi-dê. 
ver, torô. 



III. — LA FLORE 
ET LES SUBSTANCES VÉGÉTALES 



acajou, gyara. 

amande de palme (voir « palme »). 
ananas, brobija (du mot agui abrobe). 
arachide, mâ-diga, ma-ndiga. 

— haricot, tiga. 
arbre, yiri, tri. 

— à savon (voir « carapa »). 

— à encre, koto; dawa-yiri'. 

— mort, yiri gya-le. 

aubergine (sorte d' — ), kuro (d'où 
le nom du Kuro-dugu « pays des 
aubergines »). 

banane, baranda (Agni). 

bananier, baranda-yiri. 

baobab, tarharha. 

bois (substance), le. 

— (morceau de — ),kolomâ,koromâ. 

— (à brûler), lorhà. 

— (forêt), tu. 

— rouge (pour poison d'épreuve), 
tèli. 

branche d'arbre, yiri-buro. 
calebasse, fyè ; bara. 
canne à sucre, mbo. 
caoutchouc, manâ. 

— (liquide), manâ-gye. 

— (liane à — ), manâ-yiri. 



carapa, gbogi, gborho. 

champignon, fyenâ. 

chou palmiste, ba, te-ba. 

citron, lemuru (même racine que 

« limon », Ar. limoûn). 
coco (noix de — ), kpaku (Agni). 
cola (noix de — ), wuro (d'où le 

nom du Wuro-dugu « pays des 

colas »). 
concombre, gye. 
coque (comme « écorce », fara). 
cosse (comme « coque »). 
colon (en bourre), korho-nde. 

— (filé), gyese. 
cotonnier, korho. 

dattier, ngresyï (du mot agni ngle- 

sya). 
écorce (en général), fara. 

— (mince), wômvà. 

épi (en général, comme « fruit »). 

— de mais, lô-mara-ngye (littér. : 
« papaye des Agni »). 

— de mil, ilyô-ndè. 
épine, wôni. 

farine, mugu (littér. : « poudre »). 
feuille, fila-bwu, fla-buru. 
feuilles (sens collectif), fila. 



1. L'encre se fabrique avec l'écorce de cet arbre. 



90 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

feuilles dont on se sert pour enve- oseille, da. 



lopper les colas, tengbà. 
ficus dont l'écorce sert à faire des 

pagnes, fu. 
fleur, fingyà. 

fromager (bombax), banda, banda- 
t yiri. 
fruit (comme « enfant », de, de). 

— d'un arbre, yiri-ndè. 

— d'une plante herbacée, fila-dè. 
gingembre, yi. 

— (graines de — ), yi-mugu. 
gombo, banyâ. 

gourde, gye-fyè; gbengere (Agni). 
graine, foli. 

— de palme (voir « palme »). 
haricot, soso. 

herbe (en général), fila. 
herbes (sens collectif, hautes her- 
bes), bi, bin. 
igname, ku. 
indigo, gara,' gara. 

— (liane à — ), gara-ûgyuru. 
karité (arbre à beurre), koro-yiri. 

— (fruit du — ), koro ; sye. 

— (beurre de — ), koro-tulu; sye- 
tulu. 

liane, gyuru, gyulu. 

maïs, mosononyô; kaba. 

manioc, gbende. 

mil (en général, gros mil), nyô. 

— (petit mil rouge), bimbri. 

— (petit mil blanc), bimbri-gbè. 
néré (Parkia Biglobosa), ndere. 
noix de cola (voir « cola »). 
ntaba (Sterculia Cordifolia), tawâ, 

tabâ. 
orange, lemuru-baba. 



palme (amande de —, avec la pulpe), 
te, le-ndè. 

— (graine de —, sans la pulpe), 
mbari. 

palme (huile de — ), le-nturu. 

— (vin de — ), gbè, ngbè. 
palmier à huile, te-i, te-iri. 

— bambou (voir « raphia »). 

— liane (voir « rotin »). 
papaye, mara-ngye, marâ-ngye. 
patate, torhô. 

piassava (voir « raphia (fibres de 

H >')• 
pied (d'un arbre), yiri gyu. 

pignon d'Inde (voir « pourguère »). 

piment, muso-kâni, kâni. 

plante, fila. 

pourguère, propre (Agni). 

racine, lili. 

raphia, kpara. 

— (feuille ou branche de — ), bâ' 
mbâ. 

— (fibres de — ), bâ-mugu, kpara- 
mugu. 

— (vin de — ), bâ-ngbè. 
riz, malo; kâmbari. 
ronier, sângyugu. 
roseau, tambi. 

rotin, gbô; lègbè. 

sésame, bendè ; koriri. 

sève, yiri-gye. 

sommet (d'un arbre), yiri kû. 

tabac (sur pied), taba, tawa; say'a. 

— (en feuilles), sara. 

— (feuille de — ), sara fila-buru. 

— (en poudre), sighè. 

tronc d'arbre, kolomâ, koromâ. 



VOCABULAIRE FRAXÇAIS-DYOULA 



91 



IV. - LES MINERAI \ 



ambre jaune, sighè-ngbë. 
argent, wari. 
argile grise, bâgo. 

— rouge, tô-ule. 
caillou (silex), kerebwa. 

— (petite pierre), sende. 
cuivre jaune, denengu. 

— rouge, dafiyâ; sira, >ura. 
étain, tasâ, tasa (Agni). 

fer, nighè, neghè. 

— blanc, kpômbô (Agni). 

— (minerai de — ), sômboro. 
graphite (sorte de — servant à faire 

des balles), kyepye (du mot agni 

kyebi). 
métal (en général, comme « fer »). 
ocre rouge, kuberi (Agni). 



or, tant, sani. 

plomb (comme « étain »). 

pierre (petite), sende. 

— (moyenne), gberè. 

— (grosse, rocher), fara. 

quartz, gberè-gbè (littér. : pierre 

blanche). 
quartz aurifère, sàni-fara. 
sel, korho. 
terre (matière), bugu, bughu; bâgo. 

— à bâtir, bâgo. 

— à poterie, kpâ. 

— blanche, bugu gbè. 

— ferrugineuse, mbrekro. 

— (sol), dugu, dughu. 
verre (substance), fitini. 
zinc (comme « fer blanc »). 



V. - LA TERRE, LE 11, LE » EU 



bois (voir « forêt »). 
boue, bôrhà. 
braise, ta-kuru. 
brousse (voir « forêt »). 
campagne (cultivée), kôgo. 

— (non cultivée), kôgo-la-kotô. 
cascade (comme « rapide »). 
cendre, burugu. 

citerne (comme « puits »). 

charbon, fimvi. 

chute d'eau, fara- la-dugu-ma ; kwà- 

dinga. 
clairière, gbèndige. 
colline, kuru. 

— rocheuse, fara. 
confluent, kwà-fila-bè-na. 



contrée (comme « pays »). 
eau, gye, gyi. 

— chaude, gye gba-ni. 

— fraîche, gye sumâ-ni. 
étang, dalâ. 

falaise, tindi. 

feu, ta. 

fleuve, ba. 

fond de l'eau, gye-gyu-koro. 

fontaine, gye-bi-dugha. 

forêt, tu. 

— (bordant un cours d'eau), ktvô- 
tu. 

fumée, tin. 
gravier, sende. 
gué, kwô-tigè-ra. 



92 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



île, kwà-sù-ndugu. 

lieu, dugha, dua, duga. 

marécage, morhômorhô. 

mer, gyemvye (Agni) ; korho-gye 

(littér. : eau de sel), 
montagne, kôngoli, kôngo. 

— rocheuse, fara-ba. 
motte de terre, tughû. 
ombre, suma. 

— (endroit à l' — ), suma-ra, suma- 
na. 

pays, dugu. 

pierre, sende; gberè. 

pont, se, se. 

poussière, mugu, mughu. 

puits, kolô. 

rapide, f ara-la. 



rivage (d'un cours d'eau), kwô da. 
rivière, kwo, ko. 
rocher, fara. 
rosée, kômbi, kombi. 
sable (gros), keflge, kenye. 

— (fin), kenge-mugu. 
savane, gbèndige-ra; bi-ra. 
sol, dugu, dugu-ma. 
surface de l'eau, kwà-nyâ. 
terre (voir au vocabulaire IV). 
tison, ta-lorhà-kuru. 

trou, dinga, diga, digha. 

vallée, tye-ra. 

végétation dense (pays de — ), tu-ra. 

— herbacée (pays de), bi-ra, bi- 
ngono. 



VI. 



LE CIEL ET L'ATMOSPHÈRE 



air (comme « vent »). 

arc-en-ciel, sâ-ilgala-sira. 

brouillard, bughu. 

ciel, sa 1 . 

crépuscule, su-kura. 

éclair, lolo. 

étoile, lolo-dê, lolo-ni. 

— polaire, tura. 

foudre, sâ-mbarha-ma. 

froid, nènè, nene. 

grêle, sâ-mbrè. 

halo lunaire, kari ka gyakuma mna 

(littér. : la lune a attrapé un 

chat), 
harmattan (comme « froid »). 
horizon, moro; bûnda-bri-ra. 
jour (espace de 24 heures, date), la. 



jour (opposé à nuit), du; tere. 
lumière (du jour), du. 

— (en général), mana, manâ. 
lune, kari. 

— (clair de — ), kari gbè (littér. : 
lune blanche). 

— (pleine — ), kari-mana. 

— (nouvelle — ),kari farha-ra (littér. : 
la lune est morte). 

— (premier quartier), kari bà-ra. 
(littér. : la lune sort). 

— (dernier quartier), kari bê fa- 
rha-ra (littér. : la lune meurt). 

matin, sorho-ma. 

midi, tere-ra. 

nuage, brigâ. 

nuit, su (pendant la nuit, su-ra). 



1. Ou appelle moro l'une quelconque des deux parties du ciel situées à droite et 
à gauche du chemin apparent suivi par le soleil. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



93 



obscurité, diùi. 
ombre, suma, sumâ. 
pluie, sâ-ngye. 

soir, ula (le soir, dans la soirée, ula- 
ra). 



soleil, tere, tele. 
tonnerre (comme « foudre »). 
tornade, forongyo, foro. 
vent, fonyô. 



VII. — LES RAPPORTS DES CHOSES 
ET LES POINTS CARDINAUX. 



angle (comme « coude », nôngo, 

nôgo). 
bas (de quelque chose), gyu, gyù. 
bord (d'un chemin, d'un objet), 

kôngo. 

— (d'un cours d'eau), da. 

boule, /e-%im (littér. : chose ronde), 
bout (inférieur) (comme « bas »). 

— (supérieur) (comme « haut »). 
carré, fè a nôgo-nani bè (chose qui a 

quatre angles), 
centre, tye, tye-ra. 
cercle (comme « boule »). 
chose, fè, fë. 
coin, nôftgo-ra. 
commencement, kû-na, &w-ra(littér. : 

dans la tête). 
côté, kôngô, kôngo. 

— droit, kôngô kini-mburu ra. 

— gauche, kôngô numa-buru ra. 

— (grand — ) (comme « longueur »). 

— (petit — ) (comme « largeur »). 
creux (comme « trou »). 

cube (comme « carré »). 
derrière, kwo, kwo-fê-kôûgô. 
dessous, gyû-koro. 
dessus, kû-na. 



devant, nyà, ûyâ mvè-kôngô. 

droite, kini-mburu-ra. 

endroit (lieu), dugha, dua, duga. 

— (où se trouve quelqu'un), kwo. 

— (opposé à envers), nyâ, nya-na. 
envers, kwo. 

espace (comme « lieu »). 

est, tere-bô-ye, lere-bo-ra (l'endroit 

d'où sort le soleil), 
façade, face (comme « devant »). 
fin, si-na (littér. : dans le pied), 
fois, ko; siflya. 
haut (de quelque chose), kû (littér. : 

« tête »). 
hauteur, kû-mvè-kôfigô. 
largeur, nôgo. 
lieu (voir « endroit »). 
longueur, kwo-bro. 
milieu (comme « centre »). 
moitié, tara. 



morceau, kuru. 



nom, torho, torhà. 
— de famille, gyamû, gyamô. 
nord, numa-moro-ye* ; bànda-bri-ra. 
ouest, tere-be-ye, tere-be-ura (l'en- 
droit où le soleil se couche), 
partie (comme « morceau »). 



1. On appelle moro ou bànda-bri-ra indifféremment la partie nord ou la partie 
sud du ciel : si l'on regarde le soleil levant, on a le nord à sa gauche, d'où l'expres- 
sion numa-moro-ye (ciel de gauche, horizon de gauche) pour désigner le nord, et 
l'expression hini-moro-ye (ciel de droite, horizon de droite) pour désigner le sud. 



94 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



prix (valeur), sôgo. 
profondeur, dû-na. 
temps (comme « jour », la). 
sommet (comme « dessus 
« haut »). 



ou 



sud, kini-moro-ye;bânda-bri-ra l . 

surface, nya-na, nyâ. 

trace, nûô, wô~. 

— des pieds, se-nùô. 

trou, dinga, diga. 



VIII. — L'HUMANITÉ, LA SOCIÉTÉ 



allié (à la guerre), gijamâ. 
âme, ni. 

ami, dyèri, ndyèri, ndyèri-fcyè . 
amie, ndyèri-muso . 
bébé, de-ni, de-ndorho-ma-ni. 
chef (de tribu, de pays), masa-kyè; 
farhama ; dugu-tigi. 

— (de village), so-ligi ; dugu-tigi. 

— (de famille), fa, ba. 

— (en général), kû-tigi, kù-ndigi. 
enfant (progéniture), de, de. 

— (homme en bas-âge), de-ndorho- 
ma. 

ennemi (à la guerre), kerè-tigi. 
esclave (en général), gyô. 

— (femme — ), gyô-muso. 

— de case, wôro-so. 
étranger, londa. 
femme, muso, miso. 

— (vieille — ), muso koro-ni. 

fille (opposé à garçon) (comme 
« femme »). 

— (petite — ), muso dorho-ni. 

— (jeune — ), sunguru. 



— (féminin de fils, voir au vocabu- 
laire suivant). 

garçon (opposé à fille), kyè. 

— (petit — ), bilâ-koro, bila-ngoro. 
homme (être humain, homme ou 

femme), morhà, morho. 

— (opposé à femme, vir), kyè. 

— d'âge mûr, kyè-morhà. 

— (jeune — ), kàmbere, kàmbele ; 
kursi-tigi. 

— bon, charitable, morhà-berè. 

— libre, wôro ; kyè. 

— instruit, kara-morhà. 

— riche, naforo-tigi; sâni-tigi. 
indigène, dugu-tigi. 

maître, baba ; fa-kyè. 
menteur, faniyâ-ndigi, faniyà-tigi. 
nain, kiriùi (du mot agni akreùi). 
notable, kyè-morhà-ba. 
otage, gyuru-nâ-ndigi. 
pauvre, farha-ndè, farha-nda. 
vieillard, kyè-morhà-ba, kyè koro-ni. 
voleur, sonya-li-kè-barha; soû. 



IX. — LA CAMILLE 



aïeul (voir « grand-père »). 
aine (en général), kyè-morhà. 



bâtard, nya-morhà-dë. 
beau-frère, bila-ngyè. 



1. Voir la note précédente. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



95 



beau-père (comme « beau-frère »).. 

belle-mère (comme « belle-sœur »). 

belle-sœur, bila-muso. 

brir, dëu-muso. 

cadet (en général), dorho-ni. 

célibataire (homme), hjè-gbau. 

— (femme), muso-gbau. 
cousin (comme « frère »). 
cousine (comme « sœur »). 
enfant, de, de. 

— trouvé (comme « homme sans 
famille »). 

épouse, muso. 
époux (voir « mari »). 
famille, kabila (Ar. qabila). 
femme (voir « épouse »). 
fille, dë-muso. 
fils, de, de-ngyè. 

frère aîné, de-nyorhô, de-nerhô ; 
koro-kyè. 

— cadet, kafi-nyorhô, kafi-nerhô '■> 
dorho-kyè. 



gendre (comme « beau-frère »). 

grand'mère, marna. 

grand-père, bèma. 

homme sans famille, mbila-lama. 

jumeaux, fila-ndë. 

mari, kyè. 

mère, na, nâ. 

neveu, bare-ndë. 

nièce, bare-ndê-muso. 

oncle maternel, bare ; bè-ndortio-kyè. 

— paternel, denè; fa-kafi-iiyorhô. 
orphelin, farata. 

père, fa. 

petit-fils, mama-dë. 

sœur aînée, de-nyorhô; koro-muso. 

— cadette, kafi-nyorhô ; dorho-muso. 
tante maternelle, balàrhà; na-kaft- 

nyorhô. 

— paternelle, denè-muso. 
veuf, furu-ya-kyè. 
veuve, furu-ya-muso. 



X. - LES PROFESSIONS 



brasseur, doro-tigi. 
cavalier, sô-tigi, sô-fa. 
chanteur, dô-ngiri-la-barha. 
chasseur, dandarha-kyè. 
commerçant, safari-kè-barha; gyao- 

tigi, dyago-ligi.\ 
cordonnier, ngerikyè, îigeri. 
courrier, baragi-ta-barha. 
couturier, kara-ni-kè-barha. 
cultivateur, sene-kè-barha. 
diseur de bonne aventure, tiri-kè- 

barha. 
écolier, kara-morhà-dè. 
forgeron, numu-kyè, numu. 
guerrier, marfa-ligi; kerè-tigi. 



magicien, lagba-ri-kè-barka ; yelema- 

ni-kè-barha. 
maître d'école, kereni. 
médecin, fila-kè-barha. 
menuisier, lè-sè-ri-kè-barha. 
messager, kyira. 
musicien (qui joue d'un instrument 

à vent), gbèni-mvyè-barha. 

— (qui joue du tambour), dundu- 
mvà-barha. 

— (qui joue de la guitare), ngoni-tigi. 

— (qui joue du xylophone), mbala- 
mvô-barha, mbala-ligi. 

orfèvre, lorhà-ùgyè. 

pagayeur, kuru-nyarhâ-mbarha. 



96 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



pêcheur, yeghè-mna-barha. 
porteur, doni-la-barha, 
potière, ngeri-mmo. 
prêtre (musulman), mori-ba ; syeri- 
barha ; alkurana-tigi. 

— (grand — ), alimama (Ar.). 

— (païen), gyo-tigi. 

savant, kara-morhà kyè; seu-ri-kè- 

barha. 
soldat, marfa-tigi ; soldasi (P.). 
sorcier, ginâ-ndigi, ginâ-do-ngè- 



barha; kenge-la-barha (ce dernier 
nom s'applique aux sorciers qui 
prédisent l'avenir ou jettent des 
sorts en traçant des signes sur le 
sable). 

teinturier, gara-ngyè, gara-flgè- 
barha. 

tisserand, fâni-ndâ-barha. 

treillage ur, bâ-mla-kara-barha. 

vannier, ndeivè-ndâ-barha. 



XI. 



LE VILLAGE 



barrière (palissade, voir ce mot). 

— (porte d'entrée d'une palissade), 
gya nda. 

cabane, kpata (Agni). 

carrefour, sira-fara; sira-bànda-biri. 

champ, sene; kôgo. 

chemin, sira. 

cimetière, su-dinga-ra. 

forge, numu-torho. 

fumier, nyamanyama; yaivâyawâ. 

grenier à grains, bondo. 

jardin, sene. 

lieux d'aisance, sira-kâ-ô. 

maison, bô. 

— à terrasse, bri. 

— de campagne, kôgo-so. 
marché, lorhà. 

métier à tisser, ndri. 
mosquée, misiri (Ar. mesdjid). 



ombre (endroit à 1' — ), suma-na, 

suma-ra. 
palissade, gya-sa. 
pirogue, kuru. 
place publique, katorho. 
plantations, kôgo, kôngo ; sene. 
pont, se, se. 

poulailler, sise-kurukuru. 
prison, bô-ndyugu. 
puits, kolô. 

rue (comme « chemin »). 
tata (mur d'enceinte), danda, tanda. 
trou, dinga, diga. 
village, so; dugu. 

— de culture (comme « maison de 
campagne »). 

— en ruines, tombo, tômbo. 
ville, so-ba. 



XII. - LA MAISON 



affaires, bagages, nyurhô, nyurhà- 

nâ; fè, fè. 
bas (d'une maison), bô-ndugu-ma. 



bois (morceau de — ), koromâ, koro. 
chaise (voir « siège »). 
chambre (fermée), bo-nda-ra. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



97 



chambre (ouverte), bo-nguru. 

— à coucher, la-dua. 

cloison (en bois ou en paille), gyasa. 

coin (d'une chambre), lorholorho. 

cour, ggasa-kono-nô. 

cuisine, gba-bô. 

échelle, yireire-nà. 

escalier, terre. 

ferme (voir « poutre »). 

foyer, gba. 

haut (d'une maison), bô-ngû-na. 

lit (en bois), gbrisa. 

— (natte, voir ce mot). 

— (endroit du lit), la-dua. 
magasin (voir « chambre fermée »). 
maison (voir au vocabulaire précé- 
dent). 

marchandises, kari-gyorho ; naforo. 
mur, danda, tanda. 



natte, deivè, ndeiuè, deùe.^ 
paille (en général), bi. 

— (grosse — ), lole. 

— (petite — ), bi-gbè. 
palissade, gyasa. 
pilier, lutu-nâ. 

porte (en général), da. 

— (d'une maison), bo-nda. 

— (d'une cour), gya-nda. 
— ■ en bois, koû. 

— en palmier, gya-nda. 

poutre (de toiture), bânda-bri, banda- 

mvri. 
siège, ivurha-nde; sigi-lâ. 
sol, dugu, dugu-ma. 
terrasse, menèmenè. 
toit, bô-ngû-na. 
vérandah, lèlè. 
vestibule, lèlè-ngoro. 



XIII. 



LES INSTRUMENTS ET LES OUTILS 



aiguille, mêseni,mèseli(hr. misalla). 

allumettes, ta-kara. 

assiette, gbelè, kprê. 

balai, fla-la. 

balance, to (Agni). 

baril, kolô. 

bâton, kolomà, koromâ, koro. 

bobine, dola-koro. 

boite (en bois), larha, alarha (du 

mot agni alaka); barha, farha. 
— en fer blanc, kpàmbà (Agni). 
bombonne (voir « dame-jeanne »). 
bouchon, da-tugu-nâ. 
bougie, fitina, fiterâ (Ar. fitila). 
boussole, dugha-le, dua-le. 
bouteille, prendwa (Agni). 
caisse, kèsu (P.); larha, alarha (du 

mot agni alaka). 



calebasse, fyè. 

canne (comme « bâton »). 

— de parade, tàba. 

chaîne, gyororho, gyolorho, gyorogà. 

charge (ballot), doni, ndoni. 

chasse-mouches, fla-nâ. 

cheville (en bois), wôni. 

ciseaux, muru-de-mvla. 

clef, karato-dë ; safe (Agni) ; laide (P.). 

clou, bina. 

— (en cuivre), ngurope (Agni). 
corbeille, sànzâ ; kaàgya ; buinbû. 

— en bois, ku-nâ; gbo. 

— (faite d'une calebasse), fyè-ba. 

— longue, en raphia, dont se ser- 
vent les porteurs, gbarha. 

— plate, en bois, dont se servent 
les porteuses (voir « plateau »). 

7 



98 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



coupe-coupe, bese (Agni), kàgà- 

mbese. 
couteau, muru. 

couvercle (comme « bouchon »). 
crochet (en bois), gbe. 

— (en fer), fiyurhô-na-du-mvè . 
cruche, darha. 

cuiller, kalê ; kândû. 

cure-dents (bâtonnet servant de — ), 
gbesè. 

drapeau, ngyô-ngyô. 

échelle (voir au vocabulaire précé- 
dent). 

écuelle (voir « calebasse » ou « as- 
siette»). 

enclume, gbasi-ri-sende. 

encre, dawa (Ar.); nasi-gyc. 

éperons, sè-ure. 

étriers, kyemïzi. 

éventail, lefè. 

— (pour attiser le feu), ta-ra-fye-nà . 
filet, gyà. 

fouet, gbrekâmi. 

fourneau de forge, furhufurhu-darha. 
gobelet (en noix de coco), kpaku 
(Agni). 

— (en calebasse), fyè. 

gourde (à injections rectales), gbeîi- 
gere (Agni). 

— à vin de palme, bara. 
hache, gyende. 

— de parade, kâmbere-gyende. 
hamac, gyà (comme « filet »). 
harnais, sô-da-gyuru. 
herminette, lè-sè-nâ, lè-sè-na. 
houe, dawa, daba. 

— (petite), kopè. 
maillet, gbasi-nâ. 
marmite (comme « cruche »). 



marteau, gbê. 
métier à tisser, ndri. 
meule (pierre servant à moudre), 
sende-ndè. 

— (pierre sur laquelle on moud), 
sende-ba. 

montre, tere-nâ. 

mors, karafi. 

mortier (à piler), kolô, korû. 

navette, murufe. 

pagaie, kuru-ngolomâ. 

panier (voir « corbeille »). 

parapluie, parasol, kimbi. 

pic (sorte de — pour forer des trous), 

sombè. 
pilon, kolo ndë; susu-nâ. 
pinces, kama-na. 
pipe, tawa-darha. 
pirogue, kuru. 
plateau en bois ou en vannerie (sur 

lequel les porteuses disposent leur 

charge), kû, ku-nâ. 
plume (à écrire), kalama (Ar.). 
quenouille, gyendè. 
rênes, da-mâ. 
sac (en étoffe), kâ-mvarha; kotokù 

(Agni). 

— (en cuir), botà ; forogo (du mot 
agni a froko). 

— (en vannerie), bere. 

— (en vannerie, dont se servent les 
porteuses), fufu. 

sacoche (voir« sac »). 
sangle, andarha-gyulu. 
selle, kerege (Ar. serdj). 
soufflet, furhufurhu. 
tabatière, sara-barha. 
torche, ta-se-mâ. 
van, gbuge-ld. 



VOCABULAIRE KRANÇAIS-DYOULA 



<J9 



XIV. - LES ARMES, LA GUERRE, LA CHASSE ET L A PÈCHE 



arc, kalù, kala, kara. 

armée, darha, ndarha. 

baguette (de fusil), kyï (du mot agni 

kûî). 
balle (en pierre), kyepye, kyebi 
■ (Agni). 

— (en général), marfa de. 
bourre, gbalâ. 

calibre (pour les charges de poudre), 

doa-dë. 
camp, darha-ra; sàzà (du mot 

haoussa, sâsâ ou sâsane). 
canon, gbelè; marfa-ba. 

— de fusil, marfa-nighê. 
capsule, ta-kara. 

cartouche (comme « calibre » ou 

comme « balle »). 
cartouchière (en forme de ceinture), 

doa (Agni). 

— (en forme de sacoche), kotokû 
(Agni). 

casse-tête, kotô; kpiti. 

chien de fusil, sise-woto (litt. : cuisse 

de poulet), 
couteau, muru. 
coutelas, krifasya. 
crosse de fusil, mavfa-gyu. 
épée, tokowi (haoussa takobi). 
filet, gyà. 
flèche, bgT, byâ. 
fourreau (de couteau ou d'épée), 

muru-la. 



fourreau (de fusil), katasua (du mot 

agni katasu « couvrir »). 
fronde, gbafrogà (du mot agni 

kpafroko). 
fusil, marfa (Ar. medfa'a). 

— à deux coups, da-jîla-marfa. 

— (gros — à éléphants), boporè (du 
mot agni abokporè). 

fût de fusil, marfa-kolomà. 

gâchette, foro. 

giberne, kotokû (Agni). 

guerre, kerè. 

guerrier, kerè-tigi; marfa-tigi. 

hache de guerre, nighè-kpiti. 

— (de commandement, en cuivre), 
sa-ndighè. 

hameçon, dulè. 

lance, tâba, tamba. 

nasse, kuku. 

pêcherie, waïua. 

piège (sorte de collet), delà. 

— (tuant le gibier au moyen d'un 
bois qui tombe), mbôro. 

pierre à fusil, krobwe, kerebwa; 
marfa-sende. 

poignard, sori-nà. 

poudre, mugu, mughu. 

revolver, da-wôro (littér. : six bou- 
ches). 

sabre (comme « épée »). 

trappe, dinga (comme « trou »). 



XV. — LE VÊTEMENT, LA TOILETTE ET LA PARURE 



anneau (en général), ndighè, nighè. 
— de bras, buru-la-ndighè. 



anneau de jambe, se-na-ndighè. 
— d'oreille, turo-la-ndighè . 



100 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 



babouches (voir « chaussures »). 
bague, buru-mbâ-nde-ndighè. 
bande de tissu, fâni-sengere. 
bandeau (de femme), feterè (comme 

« mouchoir »). 
bijou (en or), sâni-dë. 
bonnet (en général), bâ-vla,bâ-mvila. 

— (en gueule de caïman), bamba-da. 

— blanc, bâ-vla gbè. 

— napolitain, bâ-mvila kirri. 

— rouge, bâ-vla ule. 

boubou (sorte de grande chemise), 

delege, derege. 
bouton (de vêtement), tunda-ra- 

nighè. 
bracelet (voir « anneau de bras »). 
caurie, koro, kôrô. 
ceinture, siri-nâ. 
chapeau, liuri. 
chaussures, saura. 
chemise (comme « boubou »). 
chiffon (comme « serviette »). 
collier, kâ-ngyuru. 
coquillage rouge, la-ûgôrô (du mot 
agni ala et du mot dyoula kôrô 
« coquille »). 
corail, digene, degere (du mot agni 

nengre-wa, ndengre-wa). 
coton (préparé), gyese. 
couverture, kasa. 
culotte, kursi. 
cure-dents (bâtonnet servant de — ), 

gbesè. 
endroit (d'une étoffe), nyâ, nyâ- 

tnberè. 
envers (d'une étoffe), kwo ; nyà- 

ndyugu. 
épingle à cheveux, ku-na-kolomâ. 
étoffe (voir « tissu »). 
fibres de raphia servant à se laver, 
gbalà. 



fil (de coton), gyese. 

— (d'ananas), brobya-gyuru. 
gandoura (comme « boubou »). 
gilet, korho-ra. 

ivoire, samâ-iîi, sama-ili. 
miroir, dua-le, dugha-le. 
mouchoir, feterè. 
musc, kànugô. 
nœud, kuru. 

pagne (pièce de tissu servant à se 
vêtir), dâgo {Ag'ai); fâni. 

— (tissu, voir ce mot). 

— d'écorce, fu. 

pantalon (comme « culotte »). 

parfum, suma-dya-na. 

peigne, sieri. 

peintures blanches (que l'on se fait 

sur le corps), bô. 
perles, kônà, konô. 

— (grosses, pour la ceinture), lagba. 

— (petites), kànà-mugu. 

— (égyptiennes, aigris), kônô-ngyâ. 
poche, gyùfa (Ar. djeyb). 
pommade , turu , tulu (comme 

« huile »). 

savon, safina (même racine que « sa- 
von », Ar. sàboûn) ; kwô-nâ. 

serviette, kwô-fu, kô-fu. 

soie, sike (du mot agni srike, qui vient 
lui-même du mot anglais «silk»). 

souliers (voir « chaussures »). 

tatouages, manyâ-di. 

tissu, fâni, fani. 

— européen, nanzara-fâni. 

— en raphia, bâ-mugu-fâni. 
tricot (voir « gilet »). 
turban, noroivi. 

veste (indigène), tunda-ra. 
vêtement (en général), tunda-ra. 

— intime des hommes, bilâ, bila. 

— intime des femmes, lagba. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



101 



XVI. — L'ALIMENTATION ' 



alcool (en 'général, toute liqueur 
fermentée), gbè, ngbè. 

aliment (en général, et en parties 
lier aliment farineux cuit, rem- 
plaçant le pain), two, tûo, tu. 

bière (de mil ou de maïs), doro, 
ndoro. 

beurre, nono-tulu. 

— de karité, koro-tulu ; sye-turu, 
sye-tulu. 

condiment préparé avec les fruits 

fermentes du néré, sumbara. 
eau, gye. 
— • chaude, gye gba-ni, gye gbû-ni. 

— fraîche, gye sumâ-ni, gye sumà. 
farine, mugu. 

galette de mil, mwomi, nùomi. 
graisse (comme « huile »). 



huile (en général), tulu, turu. 

— de palme, te-nturu. 
miel, li. 

pain (d'ignames, de riz ou de mil), 

two, tùo, lu. 
sauce (avec de la viande), nà. 

— (sans viande), barha. 
sel, korho, korho. 

— (barre de — ), korho-kye. 

— (panier de — marin), korho-fufu. 
sucre, nanzara-li (littér. : « miel des 

Blancs »); sukra (P.). 
lafia, nanzara-doro. 
viande, sorho, sor/ià. 
vin de palme, te-i-ngbè. 

— de raphia, bù-gbè. 

— de ronier, sângyugu-gbè. 



XVII. 



LA MUSIQUE, LA DANSE, LES .IELY 




accordéon, kete. 

calebasse (avec des cauries, servant 

à rythmer le chant ou la danse), 

bole-mbara. 
chanson, ngiri, dô-ngiri. 
cithare à languettes de bois, goni. 
clairon (comme « corne »). 
conte, taie. 
corne, gbèni, gbène. 
— (pour accompagner la danse), 

gbofe (du mot agni gofe). 
danse, dô. 
fantasia (danse avec coups de fusils), 

sâgâ-mvàri. 



flûte, fille, file ; lema. 
guitare, goni-gbè. 
jeu (en général), tolo. 

— des douze cases, werè, wurè (du 
mot agni aware). 

— (bille du jeu des douze cases), 
werè-ndë. 

— des graines (sorte de billard), 
syï-koro. 

masque de danse (tête d'homme), 
gbulo-nyà. 

— (tête d'homme à long nez), dwo, 
du. 

— (tête de bœuf), gbà. 



1. Chercher aux vocabulaires de la faune (II) et de la flore (III) les noms d'ali. 
ments animaux et végétaux qu'on ne trouvera pas ici. 



102 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



oliphant, sama-ùi. 
poupée, yiri-morhô-ni. 
sifflet, file, fire. 
sonnette, tanâ. 

— d'appel (pour les chefs), lato. 
tambour (en général) , dundu . 

ndundu. 

— à cordes, tamâ; korokoto. 



tambour à deux peaux (sans cordes) , 
hutu. 

— de guerre (hémisphérique), tibari. 

— (couple de deux tambours à sons 
différents), ti-gbem. 

— à son aigu, dundu-nde . 

— à son grave, dundu-mba. 
xylophone (balafon), balâ, mbala. 



XVIII. - LA MÉDECINE, LES MALADIES 



adénite, lerhèterè. 

albinos, fulumâ. 

ampoule, lorholorho. 

aveugle, fye-morhà. 

blénorrhagie, koroti-nâ. 

blessure, gyuri (littér. : sang). 

boiteux, torho-keletigi; se-ngele-ligi . 

borgne, nyâ-de-ngele-tigi. 

bosse, dândùà. 

bossu, dândùô-ni. 

cadavre, su, su. 

chauve, kû-ngyale-tigi ; kù-ula-ni. 

cicatrice, gyuri- fonô. 

épileptique, krikri-syâ. 

eunuque, gbô-tigè-ni. 

fœtus, tête. 

fou (sot), morhà dyugâ. 

— (aliéné), fatùo, falùo-ni. 
, furoncle, tumbu. 

gale de Guinée, sani-nyâ. 
goitre, foro, kâ-mvoro. 
goitreux, foro-tigi. 
hernie, kursi-gyara ; kuru. 

— ombilicale, bara-kuru-ba. 
— . testiculaire, karya. 
hoquet, segesege. 

incirconcis, foro-mvorogo-tigi ; bâm- 

bara. 
lèpre, kokobi (Agni). 



lépreux, kokobi-tigi. 

maladie de peau (en général), kawa. 

médecin, /ila-kè-barlia. 

médicament, fila, fula. 

monstre, tete-dyugu. 

muet, bobo, bombo. 

nain, kiriùi (du mot agni akreùi). 

oreillons, toro-kuru. 

paralytique, koro-su. 

plaie (comme « blessure »). s 

— (mauvaise), larha-nduru. 

— (homme couvert de plaies), larha- 
nduru-tùo. 

poison, âla-dyugu. 

— d'épreuve, tèri, tèli. 

— dit korty, koroti. 
possédé, su-barha, sû-brha. 
protubérances qui viennent aux arti- 
culations, sorhosorho; torho-kuru. 

pustule, fora. 

sarcocèle, gbô-mba. 

sourd, toro-gble-ndigi. 

syphilis, pàtà (Agni). 

teigne, ni-mugu. 

ulcère (voir « plaie (mauvaise) »). 

vaccin de génisse, nisi-bomboruso. 

variole, bomboruso. 

ver de Guinée, seghelè. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



103 



XIX - LA RELIGION, LA SUPERSTITION, I. ÉCRI I TIRE 



ablution, syeri-gye. 

àme, ni. 

amulette, sewè, sebè, seùè. 

— portée sur la poitrine, sisi-sewè. 

— portée sur le dos, gyakuma-fi. 

— portée en bandoulière, galarha- 
sewè. 

— portée dans le bonnet, bà-mvila- 
sewè. 

— portée dans la poche, gyùfa-sewè. 

— portée dans un petit sac, sula-ule- 
mvorogo. 

— portée dans une corne, sadi-gbâ. 

— en forme de bracelet, kiri. 

— en forme de bracelet porté au- 
dessus du coude, bakâ. 

ange, melegi} (Ar.). 

carré magique, hatuma (Ar. khâ- 

toûma « sceau »). 
chaire, misiri-gyo-kotà. 
chapelet, tasabia(hr. tasbiha). 
chérif, koro-ta-morho ; sarifu (Ar. 

charifou, chérif, descendant de 

Mahomet). 
Chrétien, Naswara (Ar. Nasâra). 
christianisme, Insa-sira (chemin de 

Jésusï. 
Coran, Alkurana (Ar. al-Kourân); 

Alkitabu (Ar. al-Kitâboù). 
Dieu, Alla (Ar.). 
diseur de bonne aventure (voir au 

vocabulaire : X. Les Professions), 
divination, tiri. 

écolier (voir au vocabulaire X). 
écriture, seu-ri. 
encre, dawa (Ar.); nasi-gye. 
enfer, dyandama (Ar. djahannama). 
esprit (être sans corps, comme 

« âme »). 



fantôme, asyù-ura. 

fétiche (voir les mots « amulette », 
« génie », « idole »). 

génie, algyine, gyina, ginà (Ar. ai- 
djinn, djinn). 

— (bon — ), gyina-berè. 

— (mauvais — ), gyina-dyugu. . 
idole, gyo. 

imâm, alimama{kr. al-imâm). 
impie (musulman qui ne pratique 

pas), sorongi. 
islamisme, Mohamadu-sira (chemin 

de Mahomet), 
judaïsme, Musa-sira (chemin de 

Moïse) . 
juge, alkali (Ar. al-qâdi). 
Juif, Yahudiya (Ar. Yahoûdiyya). 
kibla (direction de La Mecque), kibla 

(Ar.). 
langue (idiome), kâ. 
lecture, kara-ni (Ar. kara « lire »). 
lettre (missive), baragi (Ar. baraa). 
livre, kardasi (comme « papier »). 
magicien (voir vocabulaire :X. Les 

Professions), 
magie, lagba-ri; yelema-ni. 
maître d'école (voir vocabulaire : X. 

Les Professions), 
minaret, hotuba (Ar. khotba « ser- 
mon »). 
mosquée, misiri (Ar. mesdjid). 
mot, ko-ma. 

muezzin, icata-ri-bdrha ; bilali (du 
nom de Bilal, le premier muezzin 
d'après la légende islamique), 
musulman, mori; muslimu (Ar.), au 

pluriel, rnudimuna. 
païen, kafira (Ar.), au pluriel,7ca/î-. 
runa ; bâmbara, bâbara. 



104 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



papier, kardasi (Ar. kartâs) ; sewè, 
sebè. 

paradis, aligyenna (Ar. al djenna). 

pèlerin, alhagyi (Ar. al-hadj). 

pèlerinage, alhigyi (Ar. al-hidj). 

plume, kalama (Ar. qalam). 

prêtre (voir vocabulaire : X. Les Pro- 
fessions). 

prière, solatu (Ar. salât) ; syeri. 

— du matin, solatu-subwa (Ar. sa- 
lâtou'ssoubhi) ; fagyari(h.r. fadjr). 

— de 9 h. du matin, solatu-iualua 
(Ar. salâtou 'ddouha). 

— de midi, solatu-gyawali (Ar. sa- 
lâtou 'zzawâli). 

— de2h. du soir, syeri- fa-ra (littér. : 
la prière pleine, le grande prière). 

— de 5 h. du soir, leasara (Ar. al- 
asr). 

— delà nuit tombante, solatu- fitin 
(Ar. salâtou 'lfitri, prière de la 
rupture du jeûne). 

— du milieu de la nuit, sarafo. 

— (lieu de — ), syeri-bolô. 

— (tapis de — ), syeri-deùè. 
prince des Croyants, amirulmu- 

menina (Ar.). 
prophète, nabiu (Ar.). 
prostration, syeri. 
religion, dini (Ar.) ; Alla-sira. 
revenant (comme « fantôme »). 
sacrificateur, gyù-sorho-mi-barha, 
saint (musulman), nemè-nyeme. 
savant (voir vocabulaire :X. Les Pro- 
fessions). 



sceau de Salomon, Suleymani-ha- 
luma . 

sorcier (voir vocabulaire : X. Les Pro- 
fessions). 

tablette à écrire, walarha. 

talisman (voir « amulette »). 

Noms des principaux prophètes 
et saints de la religion musul- 
mane, t9ls qu'ils sont prononcés 
par les Dyoula. 

Adam, Adama. 

Eve, Hawa. 

Abraham, Ibrahima, Burama. 

Isaac, Isiaka, Siaka. 

Jacob, Nyâguba. 

Joseph, Yuzifu. 

Job, Ayuba. 

Moïse, Musa. 

David, Dauda. 

Salomon, Suleymani. 

Marie, Mariama. 

Jésus, Insa, Enza, Isa. 

Abdallah, Abdullahi. 

Mohammed (Mahomet), Mohamadu. 

Moustafa (surnom de Mahomet), 

Sitafa . 
Ahmed (surnom de Mahomet), 

Amadu. 
Aïe ha, Aisata. 

Patima, Fatumata. 

Bilal, Bilali. 

Abou-Bekr, Abu-Bakari. 

Osman, Osmana. 

Omar, Omara, Omaru. 

Ali, Aliu, Ali. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



105 



XX. — LES NOMS DE PEUPLES, DE PAYS, DE VILLES, 
DE FLEUVES, ETC. '. 



Achanti (comme « Agni »). 

Agni, Tô: 

Alger, Alziratu (Ar. Al-Djezîratou). 

Anglais, Afiglezi (Ar. Inkalisi). 

Angleterre, Anglezi-dugu. 

An no, Gbeyïda-ra. 

Apollonien, Zimba. 

Arabes, Arabu. 

Arabie, Arabu-dugu. 

Bambara (du haut Sénégal et de 

Ségou), Bàmana, 
Bandama, Gbândama. 
Bandama Blanc, Bani. 

— Rouge, Ba-ndorho . 
Baoulé (pays), Tô-ra. 

— (tribu), Tô. 
Bobo-Dioulassou, Gyùla-so. 
Bondoukou, Botugu, Bitugu. 
Bornou, Bornu. 

Bouna, Gbona. 
Comoé (fleuve), Kumwezi. 
Constantinople, Satambulu (Ar.). 
Dabakala, Dawakala. 
Dagomba, Dagbama. 
Dakhara, Darliara. 
Djenné, Ggènde. 
Djimini (pays), Gimini. 

— (tribu), Gimini-nga. 
Dokhossié (tribu), Dorhosyè. 
Dyamala, Gyambala. 
Dyoula, Gyùla. 

— (de race pure, non tatoué), 
Gyùla-wôro. 



Dyoula (métissé de Sénoufo et ta- 
toué), Soroûgi. 
Egypte, Misra (Ar.). 
Europe, Nanzara-dugu. 
Européen, Nanzara (Ar. : nasâra, 
« chrétiens ») ; Tubabu, Tibabu. 
Follona, Foro-na. 
Poulans (Peuhl), Fila. 
Français, Frâzi, Frâsi(kr. Faransi). 
France, Frâzi-dugu. 
Gan-né (voyez « Ngan »). 
Gouro (tribu), Guro, Là. 
Grand-Bassam, Basami. 
Guio (dits Dioula anthropophages), 

Koro, Guro-Gyula. 
Haoussa, Malarha; Maraba; Ausa. 
Indénié, Ndenye-ra. 
Kano, Kanu. 
Kénédougou, Kenge-dugu, Kenye- 

dugu. 
Koflkro, Kofi-dugu. 
Kong, Kù (nom dyoula) ; Kpô (nom 

indigène). 
Ligouy, Ligbi ; Kari-Gyùla. 
Malinké, Mànde-ilga, Mândi-nga. 
Mandé, Mandingue (comme « Ma- 
linké »). 
Mango (Groumânia), Mâgo. 

— (pays de — ), Mâgo-tu ; Gbeyïdara. 

— (gens de — , Binié), Gbeyïda. 
Maroc, Magribi (Ar.). 
Marocains, Tere-be-nga (gens du 

soleil couchant). 



1. Les noms propres géographiques qu'on ne trouvera pas dans ce vocabulaire 
sont, en général, ou inconnus des Dyoula, ou prononcés par eux tels qu'on les trouve 
sur les cartes. 



106 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Maures, Sularha. 

Mecque (La—), Makka (Ai\), 

Mossi, Mosi. 

Ngan (ou Gan-né), Gâ. 

— (pays des — ), Gâ-ra. 

Niger, Gyoriba, Dyorriba, Zoriba. 

Nzi (rivière), Nzi; Ba-ule. 

Odienné, Gyènde. 

Pakhalla (Koulango), Kparhala. 

Pallakha, Kpalarha. 

Peuhl (voyez « Foulans »). 

Sakhala, Sarha-ra. 

Sarakolé, Marka; Malarha-Gyale; 

Maraba-Gyale. 
Satama-Soukoura, Satama So-kura. 

— Soukouro, Satama So-koro. 
Sénégal (fleuve), Sularha-Ba. 
Sénoufo(en général), Bâmbara, Bù- 



bara; Senefo, Senofo. 
Sénoufo du Djimini, Kyepere. 

— du Kénédougou, Sèndere. 

— du ïagbana, Tagbona. 

— du Follona, Foro. 
Sokoto, Sakatu. 
Songhaï, Sôrhari. 

Tagbana (ou Tagouano des cartes, 
contrée), Tagbona-na. 

— (tribu des Takponin, dits Tag- 
bana), Tagbona. 

Tiéfo (tribu), Kyefo. 
Touareg, Nyorhomâ. 
Toucouleurs, Fila-Gyale. 
Tripoli, Tarabulusi (Ar.). 
Tunis, Tunisi (Ar.). 
Turcs, Turgu, Turki{Kv.). 
Vaï, Terebe-Ngyûla. 



XXI. — NOMS ABSTRAITS' 

(Voir aussi les vocabulaires précédents et notamment le vocabulaire : Vil. 
Les rapports des choses). 

écriture, seu-ri. 

fable, légende, taie. 

faim, ko go. 

force, gbelc-ma. 

froid, nènê, nene. 

garantie, gyuru-nâ, gyuru-la. 

guerre, kerê. 

histoire (comme « parole »). 

jeu, tolo. 

langue, kâ; ko-ma. 

lecture (art de lire), kara-ni. 

magie, lagba-ri; yelema-ni. 

mal, malheur, dyugu, dyugu-tigi. 

mensonge, faniyâ. 



abondance, sya-mâ. 

attention, ferè-ri. 

bataille, bundu-ri. 

bénéfice, tond". 

bien, bonheur, dya, dyâ, dya-tigi 

(du verbe di « plaire »). 
chaleur, ta-ra. 
changement, yelema-ni 
chose, fè, fè. 

commerce, safari; gyao, dyago. 
conversation, fô-ri. 
couture, kara-ni. 
cri, kumbu. 
dispute, fâga. 

i. Je ne donne ici que les noms abstraits les plus souvent employés dans le 
langage ; les noms abstraits formés d'un verbe à l'aide des suffixes ri, li, ni ou ma, 
ou d'un adjectif à l'aide du suffixe ma, et qu'on ne trouverait pas ici, seront cherchés 
au vocabulaire des verbes ou au chapitre des adjectifs. 



VOCABULAIRE KRANÇAIS-DYOULA 



107 



menuiserie, lè-sè-ri. 

meurtre, farha-li. 

nom, toi'ho, torhà. 

— de famille, gyamû, gyamô. 

paiement, gyùru, gyuru. 

palabre (comme « parole »). 

parole, ko-ma. 

pauvreté, farha-nda-nyâ. 

prédiction, tiri. 

prix, sngo. 



propriété, In. 

richesse, naforo. 

rire, yere. 

santé, kendeyâ. 

succession (comme «changement »). 

travail, kye. 

vérité, tyT, tyà. 

vie, iiya-na. 

vol, sonya-li. 

voyage, tarha-ma. 



XXII. 



MONNAIES ET MESURES 



Les Dyoula ont trois sortes de monnaies : 

1° La monnaie le plus généralement employée est constituée 
par les cauries, petits coquillages univalves importés de l'océan 
Indien; 

2° Les monnaies d'argent françaises sont de plus en plus répan- 
dues ; 

3° Dans le voisinage des pays agni, on se sert de poudre d'or, 
que l'on pèse : les unités de poids sont le mitkal (metikale), em- 
prunté aux Arabes, qui vaut 4 gr ,65 environ de poudre d'or, soit 
1 4 francs environ à raison de 3 fr .00 le gramme, et, pour les grosses 
sommes, le ku-mvila (équivalent au la des Agni), qui vaut 52 gram- 
mes, soit 156 francs environ. 

On peut noter encore le sel en barres provenant du Sahara, et 
le sel en paniers provenant de la Côte de Guinée, qui sont très em- 
ployés comme monnaie : 

« une barre de sel » se dit korho-kye kele ou korho kele. 
« un panier de sel » se dit korho-fufu kele ou korho kele. 

La valeur de ces unités est naturellement très variable, suivant 
que l'arrivage du sel dans le pays est plus ou moins abondant. 

Parmi les marchandises qui servent le plus souvent de mon- 
naies d'échange, on peut encore citer : les fusils, la poudre en 
barils, les barres de fer ou de plomb, les tissus, le tabac et les 
houes indigènes {daiva ou daba, nom d'unité dawa-dë). 



108 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Les seules mesures en usage chez les Dyoula sont la brasse et 
la coudée, qui ne sont employées d'ailleurs que pour le commerce 
des tissus, et surtout pour les tissus d'origine européenne; « la 
brasse » se dit buru (un bras) et « la coudée » nôfigo-îiyà (un 
coude). 

Voici maintenant des tableaux donnant la manière de compter 
en cauries, la manière d'exprimer en cauries des valeurs exprimées 
en francs, et la façon d'exprimer les valeurs en or et en argent. La 
valeur des cauries est d'ailleurs très variable suivant les régions 
et les époques : je donne ici la valeur moyenne des cauries dans le 
pays de Kong en 1899. La désignation des monnaies françaises est 
basée sur les monnaies d'argent, les seules connues des Dyoula : la 
pièce de fr ,50 est appelée tà-îigâ (ou « petit dix », de l'expression 
dawa ta « dix dawa, ou dix fois dix cauries », 100 cauries valant 
en effet fr ,50) ; la pièce de 1 franc est appelée tà-mba (grand dix, 
ou grand tan), et la pièce de S francs, wari-ba (grand argent) '. 

On remarquera que les expressions désignant une môme valeur 
varient suivant que cette valeur est représentée par des cauries, 
de l'or ou de l'argent : ainsi sira wuru kele veut dire « mille cau- 
ries » , tandis que sira kele veut dire « 1 franc » et par conséquent 
deux cents cauries. 

Premier tableau. 

MANIÈRE DE COMPTER EN CAURIES 

1 caurie, koro-de ngele ou de ngele. 

2 cauries, koro-de mvila — de invita. 

3 — koro-de nzaùa — de nzaùa. 

4 — koro-de nani — de nani. 

5 — koro-dë luri — de-luri 

6 — de-luri ni de ngele. 

7 — de-luri ni de mvila. 

1. L'argent, en tant que métal, se dit wari; l'argent monnayé, la monnaie, se 
dit également wari ou encore darahima (du mot arabe « darâhim », même racine 
que « drachme »). — « Caurie » se dit koro (nom d'unité koro-dè) quand on ne 
parle que d'un petit nombre de cauries, ou lorsqu'il s'agit de cauries non em- 
ployées comme monnaie; lorsqu'on compte de grandes quantités de cauries, on em- 
ploie le mot sira. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 109 

8 cauries, de-luri ni de nzaùa. 

9 — de-luri ni de nani. 

10 — hprorhà ou dawa kele. 

11 — kprorhô ni de ngele. 

12 — kprorhô ni de mvila, etc. 

15 — kprorhô ni de-luri. 

16 — kprorhô ni de-luri ni de ûgele, etc. 
20 — toko ou dawa fila. 

30 — dawa sawa. 

40 — dawa nani. 

50 — dawa luri. 

60 — da worô. 

70 — 'da worômvila. 

80 — dawa syegi. 

90 — da konondo. 

100 — dawa ta ou sira-kyeme kele. 

200 — sira-kyeme fila. 

300 — sira-kyeme saùa, etc. 

1000 — sira-u'uru kele. 

5000 — sira-ivuru luru, etc. 

Cette façon de compter provient de ce que les cauries se dispo- 
sent par petits paquets de cinq; un paquet de cinq s'appelle de-luri 
(cinq grains); deux paquets de cinq placés l'un à côté de l'autre 
forment une nouvelle unité, le paquet de dix, qui s'appelle dawa 
{da devant worô et konondo); dix paquets de dix placés ensemble 
forment le paquet de cent, qui s'appelle sira-kyeme; enfin dix 
paquets de cent placés ensemble forment le sac de mille cauries, 
qui s'appelle sira-wuru. 

Deuxième tableau. 

MANIÈRE D'EXPRIMER EN CAURIES DES VALEURS EXPRIMÉES EN FRANCS 

fr. 50 se dit dawa-tâ qui représente 100 cauries. 

— 200 — 

— 300 — 

— 400 — 

— 500 — 

— 600 — 

— 700 — 



1 fr. 


— 


sira-kele 


1 fr. 


50 — 


sira-kele ni kuru 


2 fr. 


— 


sira-fila 


2 fr. 


50 — 


sira-fila ni kuru 


3 fr. 


— 


sira-sawa 


3 fr. 


50 — 


sira-sawa ni kuru 



110 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 



4 fr. 


se dit sira-nani qui représente 800 


4 fr. 50 


— 


sira-nani ni kuru 


— 


900 


5 fr. 


— 


sira-mughâ 


— 


1.000 


10 fr. 


— 


sira-morhà fila 


— 


2.000 


15 fr. 


— 


sira-morhà saùa 


— 


3.000 


20 fr. 


— 


sira-morhà nani 


— 


4.000 


25 fr. 


— 


sira-kyeme 


— 


5.000 


30 fr. 


— 


sira-kyeme ni mughà 


— 


6.000 


35 fr. 


— 


sira-kyeme ni morhà fila 


— 


7.000 


40 fr. 


— 


sira-kyeme ni morho saùa 


— 


8.000 


45 fr. 


— 


sira-kyeme ni morhà nani 


— 


9.000 


50 fr. 


— 


sira-kyeme fila 


— 


10.000 


75 fr. 


— 


sira-kyeme saùa 


— 


15.000 


100 fr. 


— 


sira-kyeme nani 


— 


20.000 


125 fr. 


— 


sira-kyeme luri 


— 


25.000 


150 fr. 


— 


sira-kyeme ivorô 


' — 


30.000 


175 fr. 


— 


sira-kyeme ivoro-mvla 


— 


35.000 


200 fr. 


— 


sira-kyeme syegi 


— 


40.000 


225 fr. 


— 


sira-kyeme konondo 


— 


45.000 


250 fr. 


— 


sira-ivuru 


— 


50.000 


500 fr. 


— 


sira-ivuru fila 


— 


100.000 


1000 fr. 


— 


sira-wuru nani 


— 


200.000 



Chaque expression de ce tableau représente non pas un nombre 
réel de cauries, mais une valeur déterminée payée en cauries. 

J'ai donné les quantités de cauries en prenant pour base le taux 
de 200 cauries pour 1 franc ; mais si le taux vient à monter ou à 
baisser, les expressions demeureront les mêmes. Ainsi, si le taux 
arrive à être de 400 cauries pour 1 franc, on dira toujours sira- 
mughâ pour « cinq francs », mais alors sira-mughâ représentera 
2.000 cauries au lieu de 1 .000. 

Il faudra donc bien se rappeler que les expressions du 2 e tableau 
représentent, non pas des quantités déterminées de cauries, mais 
des valeurs exprimées en cauries. L'exemple suivant fera, je crois, 
mieux comprendre la chose : 

j'ai acheté un cheval que j'ai payé 30.000 cauries, Ti ga so 
ke/esâ, fi ga a-ta sira-wuru mughà ni ta gyuru sara (voir le 
1 er tableau^; 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 111 

j'ai acheté un cheval que j'ai payé 150 francs en cauries, h ga 
sô kele sa, il ga a-la koro yyuru sara, a sôgo bè sira-kyeme 
worô (voir le 2 e tableau). 

Troisième tableau. 

MANIÈRE D'EXPRIMER LES VALEURS EN POUDRE D'OR 

Videur approximative. 

1 mitkal (4 s r ,65 de poudre d'or) se dit metikale kele. 14 fr. 

2 — (9 sr,30 — ) — metikale fila. 28 fr. 

3 — (13 s r ,95 — ) — metikale saùa. 42 fr. 
etc., etc. 

1 ta (52 gr. de poudre d'or) — ku-mvila kele. 156 fr. 

2 — (104 gr. — ) — ku-mvila fila. 312 fr. 

et ainsi de suite jusqu'à 9 ta, ku-mvila korondo. 
10 ta (520 gr. de poudre d'or) se dit kumvila-wuru kele (valeur ap- 
proximative : 1.560 fr.). 

Quatrième tableau. 

MANIÈRE D'EXPRIMER LES VALEURS EN ARGENT FRANÇAIS 

fr. 50 tâ-ngâ. 

1 fr. tâ-mba kele. 

1 fr. 50 tâ-mba kele ni tâ-ngâ. 

2 fr. tâ-mba fila. 

2 fr. 50 tâ-mba fila ni tâ-ngâ. 

3 fr. tâ-mba saùa. 

3 fr. 50 tâ-mba saùa ni tâ-ngâ. 

4 fr. tâ-mba nani. 

4 fr. 50 tâ-mba nani ni tâ-ngâ. 

5 fr. wari-ba kele. 

5 fr. 50 ivari-ba kele ni tâ-ngâ. 

6 fr. wari-ba kele ni tâ-mba kele. 

6 fr. 50 ivari-ba kele ni tâmba kele ni tâ-ngâ, etc. 
10 fr. wari-ba fila. 

15 fr. wari-ba saùa. 

20 fr. wari-ba nani, etc. 

50 fr. wari-ba ta. 

100 fr. wari-ba mughâ. 



112 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



500 fr. wari-ba kyeme. 

1000 fr. wari-ba kyeme fila. 

5000 fr. wari-ba wuru kele. 



XXIII. — DIVISIONS DU TEMPS 



année, sa. 

mois, kari. 

semaine, la worô-mvla (sept jours). 

jour, la. 

— (opposé à nuit), du; tere. 

le matin, sorho-ma. 

le midi, tere-ra. 

le soir, ula-ra. 

la nuit, su-ra. 

hier, kunu. 

avant-hier, kuna-sini, kunu-kwo. 

hier matin, kunu sorho-ma. 

la nuit dernière, kunu su-ra. 

aujourd'hui, bi. 

ce matin, bi sorho-ma. 



ce midi, bi tere-ra. 
ce soir, bi ula-ra. 
cette nuit, bi su-ra. 
demain, sini. 

demain matin, sini sorho-ma. 
demain à midi, sini lere-ra. 
demain soir, sini ula-ra. 
demain dans la nuit, sini su-ra. 
après-demain, sini-kènde. 
il y a trois jours, la saùa. 
dans trois jours, id. 
dans combien de jours? la gyuri? 
combien y a-t-il de jours que...? id. 
quel jour? la gyo-mane ? ou la gyo- 
mâ? 



Jours de la semaine : 

dimanche, lahadi (Ar. al-ahad). 
lundi, tene (Ar. al-ithnîn). 
mardi, tarata (Ar. at-thalâtha). 
mercredi, laraba (Ar. al-arba'a). 
jeudi, lamisa (Ar. al-khamîs). 
vendredi, aridyuma (Ar. al-djoum'a). 
samedi, sibiti (Ar. as-sabt). 

Mois de l'année : 

Les Dyoula ont adopté le calendrier musulman ; leur année est 
donc lunaire et ne comprend que 354 jours. Les mois impairs ont 
30 jours et les mois pairs en ont 29, en commençant par le mois 
de moharrem. Le 1 cr jour de l'an ou 1 er moharrem tombait en 1 900 
le 1 er mai; l'année, qui a commencé le 1 er mai 1900 et fini 
le 9 avril 1901, esl l'année 1318 de l'hégire. Chacun des mois de 



VOCABULAIRE FRA.VÇAIS-DYOULA 113 

l'année porte, oulre un nom emprunté à l'arabe, un nom indigène. 
1° moharrem, gyd-mbendè ou moharamu (Ar. moharram). 
2° safar, dë-mba-ma-kono 1 ou sofuru (Ar. safarou). 
3° rebi el-aouel, dô-mba* ou rabiulawali (Ar. rabi'oulawwalou). 
4° rebi el-akhir, dô-mba-koro-ko' ou rabiulahiri (Ar. rabî'ou- 

lâkhirou). 
5* djomada el-aouel, koro-ko /îla-na* ou gyamazulawali (Ar. 

djomadaloûla). 
6* djomada el-akbir, kàmu-dô-ma-konà* ou gyamazulahiri 

(Ar. djomadalâkhira). 
7° redjeb, kâmu-dôou radzaba (Ar. radjab). 
8° chaabân, su-fi gari-ma-konô e ou swïmbana ( Ar. cha'abànou). 
9° ramadan, su-tigan" 1 ou ramalana (Ar. ramadbân). 
10° chaoual, mi-hgari* ou suali (Ar. chawwâl). 
11° zoulkadé, dô-ûgi-ma-konà" ou dyuliekadi {Ar. dzoul- 

qa'dati). 
12° zoulhidja, dd-îlgi ou dyuliàgldaù\kx. dzoulhiddjali). 

Les grandes fêtes qui font époque dans la vie religieuse des 
Dyoula sont : 

le 1 er moharrem, le jour de l'an, qu'ils appellent sà-gyona-ra 

(commencement de l'année) ; 
le 12 rebi el-aouel, la fête du « mouloud » ou de la naissance 

de Mahomet, qu'ils appellent dô-mba-ma (jour de la grande 

danse); 
le i cr chaoual, la fête du « beïram » ou de la rupture du 

1. C'est-à-dire « ventre de dô-mba » ou « le mois qui précède le mois de dô-mba ». 

2. C'est-à-dire « la grande danse », par allusion à .la fête qui a lieu le 12 de ce 
mois. 

3. C'est-à-dire « le mois qui vient après celui de dô-mba ». 

4. C'est-à-dire «le deuxième après » (sous-entendu « le mois le dô-mba »). 

5. C'est-à-dire <> le mois avant celui de kdmu-dô ». 

6. C'est-à-dire « le mois avant celui de sungari ». 

7. Littéralement : « la lune (ou le mois) du jeûne ». 

8. Littéralement : « la lune (ou le mois) où l'on boit », par allusion aux libations 
qui ont lieu après le jeune du ramadan. 

9. C'est-à-dire « le mois avant dô-nyi\». 

S 



114 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

jeûne, qu'ils appellent mi-hgari, comme le mois tout 
entier; 
le 10 zoulhiddja, la fête du pèlerinage à La Mecque ou fête 
des sacrifices, à l'occasion de laquelle on sacrifie des mou- 
tons, et qu'ils appellent alhigyi (du mot arabe « al-hiddja », 
le pèlerinage), ou dô-hgi-ma (jour des chansons), par allu- 
sion aux chants qui ont lieu ce jour-là. 

Outre la division par mois, les Dyoula ont aussi la division de 
Tannée par saisons, qui sont : 

la saison sèche, tere-manâ (de novembre à fin mars environ) ; 

les premières pluies, gbugO (fin mars et avril) ; 

la saison variable, korho-ra (mai et juin); 

la saison des pluies, sami-figà (juillet à fin octobre environ). 



XXIV. — l'KÉXOMS ET NOMS DE FAMILLE 

Les Dyoula ont chacun un prénom qui lui est propre et un nom 
de famille; souvent ils ont, en outre du prénom, un surnom. Les 
noms de famille ne correspondent pas aux noires : chez les Mandé 
la famille est beaucoup plus étendue et se rapproche plutôt de la 
tribu; les mêmes noms de famille se rencontrent même chez 
diverses fractions du peuple mandé très éloignées les unes des 
autres. 

Lorsqu'on énonce le nom complet d'un individu, on place 
d'abord le prénom, ensuite le surnom, et en troisième lieu le nom 
de famille; par exemple : Sitafa Ule Kurubari (Moustafa Kourbu- 
bari le Rouge). Quelquefois cependant le surnom s'exprime le pre- 
mier, surtout quand on a affaire au surnom très répandu de Kara- 
morho (le Lettré), qui est d'ailleurs parfois employé comme pré- 
nom : Kara-morhb Ali Watara (Ali Ouatara le Lettré). 

Les prénoms, en majorité empruntés à la Bible, au Coran et à 
l'histoire musulmane, sont donnés aux enfants de la façon sui- 
vante : le premier-né reçoit le prénom du père de sa mère, si c'est 
un garçon, ou de la mère de sa mère, si c'est une fille; l'enfant 



VOCABULAIRE KRANÇAIS-DYOULA 115 

qui vient après reçoit le prénom du père de son père, si c'est un 
garçon, ou de la mère de son père, si c'est une fille; les enfants 
qui viennent ensuite reçoivent en général les prénoms de leurs 
oucles ou de leurs tantes. 

Les surnoms sont donnés en général pour distinguer deux indi- 
vidus portant le même prénom et le même nom de famille, cas 
qui se produit fréquemment. 

Le nom de famille se transmet du père aux enfants. 
Voici les prénoms qu'on rencontre le plus fréquemment chez 
les Dyoula : 

Amadu (Ahmed), Mohamadu ou Mamadu (Mohammed), A H ou 
Aliu (Ali), Burama ou Jbrahima (Ibrahim, Abraham), Bakari ou 
Abu-Bakari (Abou-Bekr), Isiaka ou Siaka (Ishaq, Isaac),- Omara 
ou Omaru (Omar), Nyàguba (Yakoub, Jacob), Siiafa (Moustafa), 
Musa (Moïse), Insa ou Enza ou Isa (Issa, Jésus), Dauda (David), 
Yuzifu (Joseph), Abudu (Abdou), Abdulahi (Abdoullah), Ayuba 
(Ayyoub, Job), Laminou (El-Amîn), Mamadu ou Mamuru (Mah- 
moud), Amara ou Amoro (Ahmar), Muktaro (Mokhlar), Bilali 
(Bilâl), Osmatia (Osman), Lamudu (Hamoud), Saydu (Saïd), Su- 
ie y mani (Souleïmân, Salomon), Karfa (Khalifa); — Baba, Dala, 
Atyumana, Daramani, Samba ou Sâba, Demba, Mori ou Modi 
(musulman), Mori-ba (grand musulman). 

Les prénoms de femmes les plus fréquents sont : Fatumata 
(Fatma), Mariama (Meriem, Marie), Aisata (Aïcha), Hawa (Haoua, 
Eve), Afusiata, Adigyata; — Sutara (moitié de la nuit), Nakyahi 
(bonne mère), Karigya (croissant de lune), Korotumbu (l'insecte), 
Tata, Dusu, Masorona, Maf'arima, Gyandiba, Madyuga, Makoro, 
Borùgyô, Makanda, Màzagbè. 

Les surnoms varient à l'infini, selon les circonstances. Cepen- 
dant on peut citer les suivants, qui reviennent très souvent : Kara- 
morho (le Lettré), Fi-ma (le Noir), Gbè-ma (le Clair), Ule (le 
Rouge). 

Les noms de famille chez les Dyoula sont les suivants : Watara, 
Kurubari, Gyara, Kunate, Dau, Darame, Fofana, Ture, Garam- 
votè, Sirife, Kàgotè, Doso, Sise, Dayorokè, Gyamisingari, Sarhan- 
dorho> Siya. 



116 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Le nom de famille se dit gyamïi ou gyamô. Lorsqu'on veut con- 
naître le nom de famille de quelqu'un dont on ne sait que le pré- 
nom, un nommé Amadou, par exemple, on demande : 

Amadu béni? Amadou qui? 

ou bien a gyamù bè di? quel est son nom de famille? 

L'on répondra simplement par le nom de famille : 
Kurubari, ou Watara, etc. 

Remarque. — Les Sorofïgi (métis de Dyoula et de Sénoufo) ont 
adopté les noms de famille de leurs ancêtres de sang dyoula. La 
plupart des notables Sénoufo eux-mêmes ont adopté les noms de 
famille des chefs dyoula qui habitent à côté d'eux. De ce qu'un 
individu porte un nom de famille dyoula, il n'en faut donc pas 
conclure nécessairement qu'il est de tribu dyoula, ou, plus géné- 
ralement, de race mandé. 



VOCABULAIRE DES VERBES 



ABREVIATIONS 

(r.) indique la place que doit occuper en dyoula le régime d'un verbe. 

(s. r.) indique la place que doit occuper le sujet français, devenu régime en 

dyoula. 
(s.) indique la place que doit occuper le sujet, 

(r. s.) indique la place que doit occuper le régime français, devenu sujet en 

dyoula. 
(p.) indique la place que doit occuper le possessif s'accordant en personne 

avec le sujet de la phrase dyoula. 
(s. p.) indique la place que doit occuper le possessif correspondant au sujet de 

la phrase française. 
(r. p.) indique la place que doit occuper le possessif correspondant au régime 

de la phrase française, 
(v. tr.) signifie « verbe transitif», 
(v. n.) signifie « verbe neutre ». 

(v. pas.) signifie « verbe passif » ou « verbe de forme passive ». 
(no. pe.) signifie « nom de la personne ». 
(no. ch.) signifie « nom de la chose ». 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



117 



(r. d.) signifie •< régime direct ». 

(r. i.) signifie « régime indirect ». 

(pr.) signifie « prétérit ». 

(pas.) signifie « voix passive ». 

(no. v.) signifie « nom verbal ». 

Nota. — Lorsqu'aucune indication n'est donnée concernant la place que doivent 
occuper le sujet et les régimes, il faudra toujours placer : le sujet en 1" lieu ; les 
particules de conjugaison (s'il y a lieu), sauf ra ou na, en 2» lieu; le régime direct, 
en 3" lieu ; le veibe en 4 e lieu ; la particule ra ou na (s'il y a lieu), en 5° lieu, et le 
régime indirect ou le complément circonstanciel en 6° lieu. 



abandonner (voir « laisser »). 
abattre, be ; sigi dugu ma : ils ont 

abattu un arbre, ar ka yiri sigi du- 
gu ma. 
abîmer, tyà ; (pas. tya-na) : n'abîme 

pas mon vêtement, e kana n-da 

delege tyâ. 
ablutions (faire ses — ), syeri-gye 

mna. * 

abonder, sya, syâ, sya-na; (no.v. sya 

ma, sya-ma). 
abriter (s' — de la pluie), tarha dua 

gya-le na. 

— (s' — du soleil), tarha suma ra. 
accepter, mna (comme « prendre »). 
accompagner, bila-sira : viens m'ac- 

compagner, tarha m bila-sira. 
accoucher (v. n.), de-uro : cette 
femme a accouché, muso mi a ka 
de-uro. 

— de (v. tr.), uro : elle a accouché 
d'un garçon, a ka de ilgyè uro. 

accoupler (s' — , eu parlant du 
mâle), muso yini. 

— (s' — , en parlant de la femelle), 
kyê yini. 

accroupir (s' — ), so nzoru ra. 
acheter, sa, (no. ch.) sa (no. pe.) 



fè : j'ai acheté du papier au Blanc, 
il ga kardasi sa Nanzara-kyè fè. 

achever (voir « finir »). 

acquérir, soro. 

adhérer (être adhérent à), ndoro-na 
(v. pas.), ndoro-na (r. i.). nyôrhô 
na : la peau adhère aux os, gbulo 
a ndoro-na koro nyôrhô na; elle 
n'adhère pas, a ma ndoro. 

adroit (être — au tir), (s. p.) buruè 
te-le : Amadou est adroit, Amadu 
a buru è te-le. 

adroit(être — de ses mains), kye-w 

affirmer, lyï-fô, tyî-fo. 

affranchir (un esclave), ko" wôro-na; 
(pass. kà-ra ivôro-na) : je t'ai af- 
franchi, n g'i kâ wôro-na. 

agacer, tarabo : ne m'agace pas, e 
kana n darabo. 

agenouiller (s' — ), kumbri-gba. 

agiter (voir « remuer »). 

— (s' — ) (tourner par « ne pas res- 
ter », ti sigi, ma sigi). 

agrandir, (r.)kè(r.s.) bô : ilaagrandi 
le village, a ka so kè a bô na. 

— (s' — ), bô-na, bo-na (v. pass.). 
aider, dyema : viens m'aider, na n 

dyema. 
aigre (être — ), kunâ. 
aigrir (en parlant des liquides), kunâ. 



118 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



aigrir (en parlant des fruits), turra 
(pass. de turd). 

aiguiser, dabô. 

aimer, (r. s.) di (s. r.) ye : j'aime 
cette femme, muso mi a di ûi 
(liltér. : cette femme me plaît) ; je 
ne l'aime pas, a ma dini; l'aimes- 
tu? a di ye? il l'aime, a di a ye. 

— (ne pas — , en parlant d'un ali- 
ment, d'une boisson), tanâ : je 
n'aime pas l'alcool, nigbè tanâ. 

air (aller prendre 1' — ), bà kene-ma, 
bo kene-ma. 

— (mettre à 1' — ), sigi lere-la. 
ajouter, kondo; (no. pe.) so (no. ch.) 

nya-la-kâ : ajoute-m'en deux, fila 
kondo na on n zo fila nya-la-kâ. 

ajuster, nyâ (pas. nya-na). 

allaiter, so sina : elle allaite son 
enfant, a bè a de so ra si-na (elle 
donne le sein à son enfant). 

aller, tarha. 

— (s'en — ), (comme « aller »). 

— à la selle, tarha sir a kà (expres- 
sion polie), tarha bo-kè (expression 
vulgaire). 

— au devant de, tarha (r.) bè sira ra : 
je vais au devant de mon ami, n 
darha n dyèri-kyè bè sira-ra. 

— au fond, tunna (pass. de tuna) : 
il va au fond de l'eau, a tunna gye 
ra. 

— bien (se bien porter), kende, 
kèndè ; bè kende ; kende-ra (v. pas.) •' 
je vais bien, fti ka kende ou m vari 
bè kende (mon corps va bien;. 

— bien (être bien ajusté, bien ar- 
rangé), nya-na (pass. de nyâ);ane 
(r. i.) nya-na : ce vêtement me 
va bien, delege mi ane ni nya-na; 
ça ne va pas bien, a ma nyâ. 



aller chercher (une chose), fiyini{v. 
tr.); (r.) ta (s.) ane (r.) na : va 
chercher une chaise, tarha ka 
wurha-nde ilyini ou wurha-nde ta i 
an'a na e (prends une chaise, tu 
avec elle viendras). 

— chercher (une personne), tarha 
(r. d.) kiri (r. i.) ye : va me cher- 
cher Mamadou, tarha Mamadu kiri 
ni. 

aller jusqu'à (voir « atteindre »). 
allumer (du feu), [ta) kundo. 

— (une lumière), (fitina) bla; (fitina) 
daturhu. 

amarrer (voir « attacher »). 
amener, (r.) ta (s.) ane (r.) na (littér. : 
prendre quelqu'un avec lui venir), 
amer (être — ), kôrha. 
amuser (s' — , jouer), yere-kè. 

— (s' —, plaisanter), sogbasi. 

— (s' — de quelqu'un), yere — kè 
(r.) ma : ils s'amusent de moi, ar 
yere-kè fli ma. 

apparaître (voir « se lever », « ve- 
nir »). 

appartenir, (r.) ta lo : ce couteau 
m'appartient, muru mi n da lo; ce 
couteau appartient à Amadou, 
muru mi Amadu ta lo. 

appeler, kiri : appelle le chef, kû-tigi 
kiri; comment t'appelles-tu? ar e 
kiri di? (littér. : comment t'ap- 
pellent-ils?); je m'appelle Ali, ar 
ili kiri AU (ils m'appellent Ali) ; 
comment appelle-t-on cela? ar fè 
mi kiri di ? — On dit aussi : e 
torho di?q\ie\ est ton nom? a torho 
di? quel est son nom? etc. 

appeler à la prière, ivata. 

apporter, (r. d.) ta (r. d.) di (r. i.) 
ma : apporte-moi de l'eau, gye ta a 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



119 




di m ma ; je t'ai apporté de l'eau, 
fl ga gye la ka a di i ma; j'apporte 
de l'eau à cet homme, fli gye ta 
ka a di morhà mi ma (je prends de 
l'eau pour la donner à cet 
homme), 
apprendre (entendre dire), me (v. 
tr.) : j'ai appris que..., fl gaa me 
ko... 

— (étudier), leyini ka a là : j'ap- 
prends la langue dyoula,m Gxjïda 
kà leyini ka a là. 

— (enseigner), (r. d.) yila (r. i.) ra : 
c'est Amadou qui m'a appris le 
dyoula, Amadu le ka Gyûlakâyila 
na; je désire que tu m'apprennes 
le français, ili a nyini ya Nanzara 
ko-maiyilana;']Q te l'apprendrai, 
fli a yil'e ra. 

approcher (v. tr.),(r.) ta(s.) ane (r.) 
na yâ : approche la chaise, wu- 
rha-nde ta i an'a na yâ (prends la 
chaise tu avec elle viendras ici). 

— (v. n.), na, na ya, na yâ; ku : 
approche-toi, na ya ; approche- 
toi de moi, na n giuo (viens vers 
moi), ku fli ra, 

appuyer, (r. d.) sigi (r. i.) bere-kâ. 

appuie le fusil contre le mur, 

marfa sigi danda bere-kâ. 
appuyer (s' — ), sigi (r.) bere-ra : il 

s'appuie contre un arbre, a sigi 

yiri bere-ra. 
arracher, bô (pass. bô-ra ou bô-na). 

— les mauvaises herbes, -bi mbôbô. 
"arranger (ajuster, voyez ce mol). 

— (réparer), lalarha ni : prends ce 
couteau et va l'arranger, muru mi 
ta, tarha i a lalarha fli. 

arrêter (voir « attraper ») ; quelque- 
fois lo (v. tr.). 



arrêter (s'—), lo (v. n.) : arrête-toi, 
i lo, e lo; je me suis arrêté, n lo 
ra; il ne s'arrêtera pas, a ti lo ; il 
ne s'est pas arrêté, a ma lo. 

arriver, na (prêt, na na ou na ra). 

arriver à, dô~, dô (r. i.) ra (prêt, dô- 
na ou db-na) : je suis arrivé ici 
hier, n dô na ya-ni kunu ; à midi 
j'arriverai à Sokola, tere-ra ni dô 
Sokola ou tere-ra ni dô Sokola 
ra. 

arroser, gye bô (r.) ra : il a arrosé 
son jardin, a ka gye bô a-ta sene 
ra. 

asseoir (s' — ), sigi (v. n.). 

assembler (s' — ),kumbè-na (pass.de 
kumbè) : ils s'assemblent ici, ar 
kumbè-na ya. 

attacher, siri (pass. sirra ou siri- 
ra). 

atteindre, dô (r.) ra : ils atteignirent 
la forêt le matin, ar ka dô tu ra 
sorho-ma. 

— (pouvoir — ),se (v. n.) : mon bras 
ne peut y atteindre, m buru ma 
se yi. 

— (avec une balle), bô{\. tr.) : j'ai at- 
teint un homme, fl ga morhà kele 
bô. 

attendre (v. tr. ),konô,kono : attends- 
moi, fl gonô; qui attends-tu? ye 
gyôni konô ? 

— (v. n.), konô : attends, je viens, 
konô, ni na. 

attention (faire ■ — , sans régime), fe- 
rè-ri-kè: il ne fait pas bien atten- 
tion, a ti ferè-ri-kè kya fli. 

- (faire — à), (r.) ferè kya fli, (r.) 
fera fli : fais-y attention, a ferè 
kya fli, a ferè ni (litlér. regarde- 
le bien). 



120 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



attiser, fundo : attise le feu, ta fundo. 
attraper, mina, mna. 

— (dans ses mains un objet lancé), 
bè : il l'a lancé, je l'ai attrapé, a 
ka a fri, n ga a bè. 

avaler, (r.) byè mi (littér. : boire 

tout), 
avancer (v. tr.), (voir « approcher »). 

— (v. n.), bla-nyâ (prêt, bla ra ûyâ 
ou bla-nya na). 

aveugle (être — ), fye-na (v. pas.). 

aveugler, fye (v. tr.). 

avoir (posséder), (r. s.) (s. p.) ta fè : 
j'ai beaucoud d'or, sâni n da fè 
sya-mâ; le chef a dix femmes, 
muso ta kû-tigi ta fè. 

— (momentanément), (r. s.) bè (s. 
p.) fè : j'ai un cheval, sô bè m 
vè ; j'ai un fusil qui n'est pas à 
moi, marfa kele bè m vè, ni-ta 
tè. 

— (un certain âge), korra (r.) mbo : 
j'ai dix ans, ni korra sa ta mbo; 
[korra est le pass. de koro). 

— besoin de, nyini, yini (v. tr.). 

— chaud, ta-ra ê (s. r.) farha : j'ai 
trop chaud, ta-ra è m varha dgugu- 
kè. 

— envie de (comme « avoir besoin 
de »). 

— des fourmillements dans les jam- 
bes, su do-na (s. p.) se na : j'ai 
des fourmillements dans les jam- 
bes, su do-na n zë na (la mort est 
arrivée dans mes jambes). 

— envie d'aller à la selle, bô è (s. 
p.) farha. 

— envie de dormir, sùndorho bè (s. 
r.) ra. 

— envie de fumer ou de priser, sara 
ko è (s. r.) farha. 



avoir envie d'uriner, nyarha-ni (s. r.) 
farha. 

— envie de rire, yire-li (s. r.) fa- 
rha. 

— faim, kôgo bè (s. r.) ra, kôgo è 
(s. r.) farha. 

— froid, nènè (s. r.) farha. 

— le hoquet, segesege (s. r.) farha. 

— le temps, sara; (p.) syenzora;(p.) 
kû nzoro : je n'ai pas le temps, n 
ti sara; je viendrai demain si j'ai 
le temps, sini, n ga n zye nzoro, 
ni na; il n'a pas le temps de venir 
demain, sini a ti a kû nzoro ka na 
ya. 

— mal à, (r. p.) (r. s.) (s. r.) dimi : 
j'ai mal à la tête,n gû en dimi (ma 
tête elle me fait mal) ; il a mal au 
ventre, a konô a dimi. 

— peur, sira, sirâ. 

— peur de, sira (r.) nyâ. 

— pitié de, (r. s.) (s. r.) dimi : j'ai pi- 
tié de cet homme qu'on frappe, 
ar morhô mi bugo, è n dimi kpa (ils 
frappent cet homme, ça me fait 
mal bien). 

— raison, tyï-fà, tyï-fo. 

— ses règles, bà-ra yiri-si ra. 

— soif, gye (s. r.) farha. 

— sommeil (voir « avoir envie de 
dormir »). 

— tort, fana (no. v. faniyâ). 

— une crampe, (s. p.) sèu a farha- 
ra : j'ai une crampe, n zèu a farha- 
ra (ma jambe est morte). 

— un point de côté, (s. p.) nderhè- 
koro (s. r.) dimi: il a un point de 
côté, a nderhè-koro a dimi (sa rate 
lui fait mal). 

— (y — )> u è ya (être ici), b'a ra 
(être dans lui), bè ta (être là). 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 121 



avoir (n'y — pas), tè ya, t'a ra, tè yi. 
avorter, dé uro a farha-ra (accou- 
cher d'un enfani qui est mort). 



B 



kwé-ra (pass. de 
: aller se baigner, 



baigner (se — ), 
kwô « laver ») 
larha kioà-ra. 

bâiller, wawa-ra (v. pass.). 

baiser, sôzô. 

baisser (v. n., en parlant du jour), 
farha-ra : le jour baisse, du bè 
farha-ra (le jour meurt); on dit 
aussi : su kura (la nuit est nou- 
velle, la nuit approche). 

— (v. n., en parlant des ea.ux.),gya- 
ra (pass. de gya « faire sécher ») : 
la rivière a baissé, kwô a gya-ra. 

— (se — ), sùri-la (pass. de suri). 
balayer, fila. 

bander, yire : bander un arc, kalâ 

y ire. 
bas (être en — ), bè dugu ma. 
bâtir, lo : je bâtis une maison, ni 

bô nlo; ils bâtissent un village, 

ar so lo. 

— (une palissade), {gyasa) gbâ. 
battre, bugo. 

— des mains, buru fà. 

— (se — ), bundu ; bundu-ri-kè. 

— (se — , en guerre), kerè-kè. 



belle (faire la — , la coquette), sufl- 
guru-a-kè. 

bénéfice (faire un — ), tonô soro : il 
a fait cinq francs de bénéfice, a 
ka wari-ba kele ndonô soro. 

besoin (avoir — , voyez « avoir be- 
soin »). 

bien (être —, être convenable), di. 

— (faire du — à), di (r.) ye : ça me 
fait du bien, a di fti. 

blâmer, sôngo (r.) ra. 
blanchir (v. tr.), gbè. 

— (v. n.), gbè-ra (v. pas.), 
blesser (d'une balle), tye : il m'a 

blessé, a kan dye. 

— (d'une flèche, d'une pierre, d'un 
coup de bâton ou de couteau), bô ; 
dami : il m'a blessé, a ka m bô ou 
a ka n dami. 

— (au moral), ko : tes paroles m'ont 
blessé, e ko-ma a ka ni ko. 

blessé (être — ), dami-na (v. pass.). 
boire (avec un régime), mi. 

— (sans régime), mi-ri-kè. 

boiter, (s. p.) torho karni bè : tu 

boites, e torho karni bè. 
bon (être — ), kya ni. 

— (n'être pas — ), ma ûi. 

— (être — à manger), di; kya ni. 

— (être — marché), (s. p.) sôgo a di 
(son prix est bon). 

bonne aventure (dire la — ), tiri-kè. 

— (dire la — au moyen du sable), 
kenge-la. 



bavarder, fô-ri-kè dyugu-kè (parler boucher, tugu, da-tugu (pass. lugu- 
beaucoup). ra). 

beau (faire le — ), mele-a-kè : il fai- 
sait le beau, il était coquet, a ka 
mele-a-kè. 

bêcher (v. n.), siâ-ni-kè. 

— (v. tr.), siâ. 



bouillir, frufru. 

bourgeonner, bè fila- buru bô-ra. 

bourrer (un fusil), gbalâu susu : il 

a bourré son fusil, a ka marfa ta 

ka gbalâu susu. 



122 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



briller, manamana (v. n.) ; mna-na 

(v. pass.). 
briser, kari (pass. karra ou kari-ra); 

ti (pass. ti-ra) : ma cruche est 

cassée, n darha a ti-ra. 
brûler (v. tr.), kyene, ûgyene : ils 

brûlent les herbes, ar bè bi-u 

ngyene na. 
— (v. n.), être brûlé kyene-na, 

ilgyene-na. 
butter la terre (autour d'un pied 

d'igname), tughû uri. 



cacher, dugô, dugû. 

— (se — ), dugô-na, dugo-na, dugû- 
na. 

calmer (se — , en parlant d'un 
homme), (s. p.) gyùsu gbâu to 
(son cœur cesse d'être chaud). 

— (se — , en parlant du vent), bà- 
tote, bo-tote. 

calomnier, (r. p.) torho tyâ : ils 
m'ont calomnié, ar kan dorho tyâ 
(ils ont abîmé mon nom). 

caresser, gbulu(r.) ulana : il caresse 
le chien, a gbulu wu.ru ula na. 

casser (comme « briser »). 

— du bois (pour faire le feu), lorhà 
tigètigè. 

ceindre (se — , mettre une ceinture), 
ti-ra siri. 

cesser (v. tr.), lote : cesse ton tra- 
vail, kye tote. 

— (v. n.) (comme « finir » (v. n.). 
chanceler, (s. p.) kumbri gba-na : il 

n'a pas chancelé, a kumbri a ma 
gbâ. 



changer (v. tr.), fari. 

— (v. n.), yele-ma. 

— (se — en), yele-ma (r.) ye. 
chanter, dô-rlgiri la. 

charger (sur sa tête), la : chargez 
vos ballots, ar doni ta. 

— (un fusil), (marfa) soso. 
chasser (renvoyer), gbè. 

— (aller à la chasse), tarha sorho 
far ha. 

— (en brûlant les herbes), gbâ-gbi 
ngyene. 

chatouiller, manyarha, manirha. 
châtrer, (r.) gbô bà : on a châtré les 

moutons, ar ka sarha-ru gbô bà. 
chaud (être — ), gba-na (pass. de 

gbâ) ; gba-ni bè, gbâ-ni bè. 
chauffer (v. n.), gba-na (pass. de 

gbâ). 

— (faire — ), gbâ. 

— (se — au feu), ta gya. 

chauve (être — ), (s. p.) kû mbosi-ra. 
chavirer, bri : la pirogue a chaviré, 

kuru a bri ra. 
chemin (faire un — ),sira syâ. 
cher (être — ), (s. p.) sôgo a bô (son 

prix est grand); (s. p.) sôgo agbrè 

(son prix est dur), 
chercher, ferè. 

— (aller — ), nyini, yini (voir « al- 
ler »). 

— dispute, kerè nyini. 

cheval (aller à — ), yire sô kâ (prêt. 
yirra $6 kà). 

chiquenaude (donner une — ), nyôdi 
(v. tr.). 

choisir, umina : je choisis des per- 
les, n ga konô soro, ni a umina. 

chuchoter, munumunu, mnumnu. 

circoncire, (r.) foro tige; (r.) kène- 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



m 



kène do : on a circoncis mon fils, 

ar ka n de mvoro tige ou ar ka n 

de ilgènekène do. 
clair de lune (il fait — ), kari mana- 

na ou kari mna-na, 
claquer, baba (v. n.); bâba-ra (v. 

pas.). 

— (faire — ), baba (v. tr.). 
cligner de l'œil, (s. p.) nyâ kami- 

kami. 
coller (v. tr.), ndoro. 

— (v. n.), ndoro-na (v. pass.) : ces 
deux choses collent ensemble ou 
sont collées, fè mi fila a ndoro-na; 
le papier est collé au mur, kar- 
dasi a ndoro-na danda nyôrhô na. 

commander (gouverner), sigi (v. 
tr.). 

— à (être le supérieur de quelqu'un), 
se-ra (r.) ra; bë (r.) ye : tu me 
commandes, ye se na (pour ye se- 
ra n na) ; je te commande, n ze-r'e 
ra; je lui commande, n ze-r"a 
ra; il leur commande, a se-r'are 
ra ou a bô ara ye. 

commencer, gyu-tigè. 
commercer, safari-kè. 
comprendre, me (v. tr.). 
compter, kasami. 
conduire (guider), (r. p.) sira yila : 

conduis-moi, n zira yila (montre 

mon chemin), 
conduire (un cheval), (sô) da. 

— (en parlant d'un chemin), tarha : 
ce chemin conduit au village, sira 
mi a tarha so ra. 

congé (donner — à), sira di (r.)ma: 
donne-moi congé, sira di ma; je 
te donne congé, ilga sira di ou 
n g a sira di i ma. 
— (prendre — de), sara(r.) ra : je 



vais prendre congé de cet homme, 
ûi tarha sarakyè mi ra. 

connaître, lô. 

conquérir, mina (comme « attra- 
per »). 

conserver, sigi. 

construire (voir « bâtir »). 

content (être— ), (s. p.) gyùsu suma- 
na : il est content, a gyùsu suma- 
na (son cœur est froid). 

conter (une histoire), [laie) la. 

continuer, ya-kè. 

convenable (être — , voir « bien 
(être) »). 

coucher (se — ), la. 

— (se — , en parlant d'un astre), be 
dua. 

— avec une femme, sira muso fè; 
muso furu ; muso yini. 

coudre (avec un régime), kara. 

— (sans régime), kara-ni-kè. 
couler, bo-na (v. pas.); senze. 

— (à droite ou à gauche, en parlant 
d'une rivière), tarha. 

couper, lige. 

— du bois à brûler, lôrhà tige tige. 

— les routes (arrêter les voyageurs), 
gyuru-la-mina-ni-kê. 

courber, kutru, kuturu. 

— (se — ), kutru-ra, kuturra (pass. 
du précédent). 

courir, bori (prêt, borra ou bori ra). 

court (être — ), suru. 

couver, bri kili kâ : la poule est en 

train de couver, sise a bè bri ra 

kili kâ. 
couvrir, tugu (pass. tugu-ra). 

— une maison, bô siri, bô nziri. 

— (se — de feuilles, comme « bour- 
geonner »). 

cracher, da-gye syeri. 



124 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



crachoter, da-gye tutu. 

craindre, sira (r.), nyâ; sirâ (v. 

tr.)- 
craquer, fata-ra (v. pas.). 

— (faire — ), fata. 

creuser, suri (prêt, surra ou suri- 
ra). 
creux (être — ), dû. 
crever (v. tr.), sorko. 

— (v. n.), sorko-ra (v. pas.), 
crier, kombo, kômbo; kumbà; kumbu 

bà. 

— (pleurer), kasi. 

croire, gyate (v. tr.) : je crois que 

c'est de l'or, ni a gyate sâni lo ; 

je crois qu'il viendra demain, ni 

a gyate è na sini. 
croître, bà-nya-ra (v. pas.); bô-ya 

(v. n.). 

— (faire — ), bo-nya. 

cueillir (en parlant d'un fruit), tige. 

— (en parlant de mil, de maïs), 
kari. 

— en parlant de champignons), bà- 
cuire (v. tr., faire — ), ma. 

— (v. n., être cuit), mo-na, mô-na 
(v. pas.). 

cultiver (avec un régime), sene. 

— (sans régime), sene-kè. 



D 



damer (le sol d'une case), (bô)gbasi. 
danser, dô-ngè. 
déboucher, yire. 
débourrer le coton, korho bà. 
— un fusil, gbalâ bà. 
debout (être — , rester — ), lo. 
débrousser (sans régime), tu tige. 
décapiter, (r.) kû lige : il a été déca- 



pité, ar ka a kû tige (on a coupé 
sa tête), 
décharger (un fardeau), (doni) dyigi. 

— (un fusil) (marfa) tye, (marfa) iyi. 
déchirer, fard, (pas. fara-na ou 

farâ-na) : mon pagne est déchiré, 
n-da fani a farâ-na. 

décider, kara (prêt, karra) : j'ai dé- 
cidé que..., n garra... 

découvrir (déboucher), yire. 

— (apercevoir), ye. 

défendre (interdire), kara (prêt, 
karra), suivi de la négation : je 
vous défends de tirer, n garra ar 
ti marfa tyi. 

— (protéger), dyema. 

défense (prendre la — dequelqu'un. 

dans un palabre), (r.) ta ko-makè; 

il a pris la défense des Ouatara, 

a ka Watara ta ko-ma kè. 
défricher une plantation, sene bôbô. 
dégainer (v. n.), kâmburu bà. 
délier, fori (pass. fori-la ou forra). 
délivrer, fori ; kisi. 
demander (interroger), nyini-nga 

(v. tr.) : demande-lui où est son 

père, a nyini-nga a fa a bè mi. 

— (solliciter), dari (s'il n'y a qu'un 
régime en français, ce régime est 
direct en dyoula; s'il y a deux ré- 
gimes, le nom de la chose devient 
régime indirect avec ra et le nom 
de la personne devient régime di- 
rect; ou bien le nom de la chose 
reste régime direct et le nom de 
la personne rég. ind. avec fè) : il 
demande de l'eau, a gye dari; il 
te demande de l'eau, \a i dari gye 
ra ou a gye dari ye fè. 

— congé, sira dari; (no. pe.) dari 
sira ra; sira dari (no. pe.) fè. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



125 






demander la permission de, (no. pe.) 
iiyininga sira ra ko : je te demande 
la permission de rester ici, Ai e 
nyini-ûga sira ra ko n zigi-ra yâ. 

demander pardon,sorô (v. n.); (prêt. 
soro-na). 

démanger, manirha (v. tr.) : ça me 
démange, a n manirha. 

demeurer, sigi-ra (v. pas.), sigi{\. 
n.) : il demeure au village, a sigi- 
ra dugu ra. 

démolir, gbe, be. 

dépasser (un endroit), tembè (v. tr.). 

— (au figuré), tembè (r.) ra (v. n.) : 
il dépasse tout le monde en science 
militaire, a se ka kerè-kè, a tembè 
morhà byè ra (il sait faire la 
guerre, il passe sur tout le monde). 

dépêcher (se — , voir « se hâter » ). 
déplaire, ma di(r.) ye (ne pas plaire), 
déplier (comme « délier »). 
déposer (un fardeau), dyigi; bà, bo. 

— (un objet quelconque), sigi; bà, 
bo. 

dépouiller (enlever la peau) (r. p.), 
gbulo bà. 

— (piller, voler), (r. p.) fe sonya : ils 
l'ont dépouillé, ar ka a fè sonya 
(ils ont volé ses affaires). 

déraciner (comme « arracher »). 
dérober (voir « voler »). 
descendre, dyigi-ra (pass. de dyigi 

« déposer »). 
déshabiller (se — ), (s. p.) delege bà 

(ôter ses vêtements), 
désirer, nyini. 

— voir (languir après quelqu'un), 
nyiri bla-ra (r.) ra. 

dessus (être au — de, au figuré), 

se-ra (r.) ra. 
détacher (délier, voir ce mot). 



détacher (nettoyer), fîla-mvita. 

déterrer (comme « arracher »). 

détruire, tyâ (abîmer); farha (tuer). 

deuil (être en — ), be furu-ya na; 
furu-ya. 

devenir, y a (se place après son attri- 
but) : devenir grand, bô ya. 

devoir (avoir une dette), (r. d.) mi- 
na (r. i.)fè : il me doit cinquante 
francs, a ka wari-ba ta mina m vè 
(il m'a pris 50 francs). 

— (être dans l'obligation de), yà- 
iïyini : nous devons jeûner pen- 
dant le ramadan, ani yà-nyini ka 
sùndo suiigari ra. 

différer (être différent), bè dana ; 

gberè-ra (v. pass.). 
difficile (être — ), gbrè, gbelè. 
diminuer, tu-ra fitini; fitiniya. 

— (un prix), tig'a ra (pour tige a ra, 
couper dans lui, en retrancher) : 
diminue de 5 fr., fais-moi une di- 
minution de 5 fr., wari-ba kele 
tig'a \ra (littér. : coupes-en 5 fr.). 

dire (sans complément), ko (v. n.) : 
qu'est-ce que tu dis? e ko d'il je 
dis que..., n go o; il dit que..., a 
ko o; dis donc, Amadou? Amadu, 
fi go o? 

— (avec un complément), fà, fo (v. 
tr.) : dire une histoire, ko-ma fà ; 
j'ai dit à cet homme qu'il vienne, 
ngâ fà kyè mi ye ko a na; dis-lui, 
a fà a ye; il m'a dit, a ka a fà ni 
(on exprime toujours le régime 
direct, même quand il ne figure 
pas en français; on met ye, après 
le nom de la personne). 

dire bonjour à, fwo kye-na (saluer le 
matin) : va lui dire bonjour, tarlia 
ka a fwo kye-na. 



126 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



discuter, soso-ri-kè. 
disperser, gyangyâ. 

— (se — ), gyangya-na (pass. du pré- 
cédent). 

disputer (se — ), nyorhô-nyini. 
distribuer, tara (r. i.) kye : je leur 

ai distribué des ignames, n ga ku 

tara are kye. 
divorcer (répudier sa femme), muso 

bô. 

— (quitter son mari), kyè bô. 
docile (être — ), gbâ (v. n.). 
donner (en cadeau), (no. pe.) sô 

(no. ch.) ra, (no. pe.) so (no. ch.) 
ra : je t'ai donné de l'or, n g'i so 
sâni ra ; il m'a donné des perles, 
a kan zô konô na. 

— (momentanément), di (r. i.) ma, 
ndi(r. i.) ma : donne-moi de l'eau, 
gye di m ma (ou gye di ma) ; je l'ai 
donné à Sitafa, n ga a di Silafa 
ma. 

dormir, sùndorho. 

dresser (se — ), uri (v. n.), urra (v. 
pass.). 

— (se — , en parlant de quelque 
chose qui avait été courbé), fort 
(v. n.), forra (v. pas.). 

dresser (se — , être debout), lo. 
droit (être — ), tele (v. n.); tele-na 

(v. pass.). 
dur (être — ), gbrè, gbelè. 



E 



ébloui (être — ), (s. p.) nya-na fi-na : 
il vient du soleil, il est ébloui, a 
bù-ra tere ra, a nya-na fi-na (ses 
yeux sont noirs). 

écarter, gyengè. 



échanger, fari. 

— (pour), fari (r. i.) ra : échanger 
du sel pour de l'argent, korho 
fari ivari ra. 

éclairer (v. tr.), mana-ngè (r.) ra : 
éclaire-moi, mana-ngè na. 

éclairer (v. n.) (faire de la lumière), 
manamana. 

— (faire des éclairs), lolo tigè-ra 
(l'éclair est coupé). 

éclater, fata-ra (v. pas.). 

— (faire — ), fata (v. tr.). 
écorcher (dépouiller, voir ce mot). 

— (faire une écorchure), syâ. 
écosser, woro. 

écouter, me : écoute bien mes pa- 
roles, n-da ko-ma me kya ni. 

écoutes (être aux — ), (s. p.) toro 
ma la. 

écraser (piler), susu. 

— (avec le pied, comme une che- 
nille), gyosi. 

— (fracasser, comme dans le cas 
d'un arbre écrasant un homme 
dans sa chute), kari. 

— (dans ses mains, des feuilles), 
lorogo. 

— (dans ses mains, un fruit), bisi. 
écraser (dans ses mains, de la terre, 

concasser), kura. 
écrire (avec régime), sewè : qui a 
écrit ce papier ? gyonia ka kardasi 
mi sewè ? 

— (sans régime), seuri-kè. 
effrayer, barhabarha. 

— (être — ), sira-na (pas. de sira) : 
le cheval est effrayé, sô sira-na. 

égaré (être — ), firi-ra, firra (pas. 

àefiri). 
égarer, firi. 

— (quelqu'un, le tromper sur le 



VOCABULAIRE KRANÇAIS-DYOULA 



127 



chemin), sira gyarha yila (r.) ra. 

égarer (s' — ), firi-ra sira ra : je me 
suis égaré, m viri-ra sira ra. 

égorger, (r.) kâ na tige (couper à la 
gorge). 

élancer (s' — , comme «se lever»). 

élargir, (r.) kè a bô ya (faire deve- 
nir grand). 

— (s' — ), bô ya. 

élever (s' — ), y ire sa na, yiri sa na 

(prêt, yirra sa na). 
éloigner (s' — ), tarha ; tarha dua gya- 

na. 
embarquer, sigi kuru ra : embarque 

les ballots, doni sigi kuru ra. 

— (s' — ), sigi-ra kurura. 
embrasser, siri. 

embusquer (s' — ),dugo-na (pas. de 
dugô), dugu-na (pas. de dugû). 

emmener, ta (s.) tarha : emmène, le, 
a ta i tarha (prends-le tu iras). 

emparer (s' — de), mina, mna. 

empêcher, sôngo (r.) ra : je l'ai em- 
pêché de partir, n ga sôngo a ra 
ko a ti tarha (je l'ai réprimandé 
(pour) qu'il ne parte pas). 

emporter (comme « emmener »). 

emprisonner, do bô ndyugu la (met- 
tre dans la mauvaise maison). 

emprunter, dondo (no. ch.) ra (no. 
pe.) buru ra : je t'emprunterai de 
l'argent, n dondo wari ra i buru 
ra. 

enceinte (être—), bèkono ra ; hono- 
ra^, pas.). 

endormir (s' — ), bè sùndorho ra. 

enfanter (avec régime), uro. 

— (sans régime), de-uro. 
enfermer, do (r. i.) ra. 

enfiler, do : enfiler des perles, konô 
ndo. 



enfler, funu, furu\ furu-ra. 

enfoncer, dô. 

engagement (prendre un — envers 
quelqu'un), (r. p.) buru mina : je 
me suis engagé envers toi, tl g'i 
buru mina. 

— (manquer à un — ), ko-ma tige. 
engendrer (comme « enfanter »). 
engourdir, kumu (pass. kumu-na). 
engraisser (v. tr.), toro. 

— (v. n.), torra (pas. de toro). 
enivrer (s' — ), gbè-surna (r.) bo : il 

s'est enivré, a ka gbè suma a bo. 
ennuyer, marhamarha. 

— (s' — ), marhamarha-ra. 
enrouler, meni (pas. meni-na). 
entendre, me (v. tr.). 

— dire, me (v. tr.). 
enterrer, (comme « enfoncer »). 
entourer, mameni (pas. mameni-na). 
entraver (mettre des — à), (r. p.) 

sêu siri (attacher les pieds). 

entrer (v. tr.), dô (v. tr.). 

entrer (v. n.), du; dô (v. n.) ; do-na 
(v. pas.) : il est entré dans la mai- 
son, a ka du bô na ou a do na bô 
na. 

envoler (s' — , voir « voler »). 

envoyer, trji, tye, kyi. 

éplucher, syâ. 

épouser, furu; sigi. 

érection (être en — ), fori. 

— (cesser d'être en — ), suma-na. 
essayer, kanyâ. 

espérer (on tourne par : il est dans 
mon (ton, son, etc.) ventre 
que...) : j'espère qu'il viendra de- 
main, a bè n gono no sini a na. 

essuyer, fila-mvila. 

éteindre, du fa (pas. dufa-ra). 

étendre, bla, bila : va étendre le 



128 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



linge au soleil, larha fâni bla 1ère 

ra. 
étendre (s' — ), la. 
éternuer, liso. 
étincelles (lancer des — , crépiter)» 

fata-ra. 
étirer (s' — ), yire sa ma (prêt, yirra 

sa ma). 
étourdi (être — , au propre), keri-na 

(v. pass.). 

— (être — , au figuré), b> dyugâ-ni. 
étourdir (assommer), keri. 

— (par le bruit), (r. p.), toro tugu : 
vous m'étourdissez, ar ka ndoro 
tugu (vous avez bouché mes oreil- 
les). 

étudier, kanyâ. 

étrangler, (r. p.) kâu mna; tindi : 
ils l'ont étranglé, ar ka a kâu mna ; 
il a été étranglé, a tindi-ra. 

être (verbe attributif), bè; kya; lo 
(voir dans la grammaire, chapi- 
tre VI). 

— (se trouver), bè. 

— (appartenir), lo : ce couteau est 
à moi, muru mi ni-ta lo. 

— (exister), bè nya na. 

— (ne pas — ), tè; ma (voir dans la 
grammaire, chapitre VI). 

évanouir (s' — ), (comme « ébloui 

(être — ) »). 
éveiller, kunu. 

— (s' — ) , kunu-ra (pas . de 
kunu). 

exciser, (r. p.) kènekène do. 
exister, bè nya na. 
expliquer, fà ni (dire bien), 
extraire (en général), bô. 

— (de l'or), (sâni) domû. 



fâcher (se — ), (s. p.) gyùsu, gba-na 
{gba-na est le pass. de gbà) : le 
chef se fâcha, kû-tigi a gyùsu gba- 
na (le chef son cœur chauffa) ; je 
ne suis pas fâché, n gyùsu a ma 
gbâ. 

faim (avoir — , voyez « avoir faim »). 

faire, kè : que fais-tu? ye muni kè? 
fais-le bien, a kè kya ni. 

— (dans certaines locutions, avec un 
nom abstrait comme régime), la 
(comme dans dô-ngiri la, <i chan- 
ter »). 

faire des pagnes, gyese dà. 

— de la poterie, darha là. 

— des houes, dawa gbasi. 

faire (se — , être fait), kè-ra (v. pas.), 
que fait-on ? qu'y a-t-il ? muni kè- 
ra ? 
faire mal à, dimi (v. tr.) : tu me fais 
mal, ye n dimi; ma tête me fait 
mal, na kû n dimi (pour n gii n 
dimi). 

faire attention (voir « attention »). 

faire faire (tournez par « dire de 
faire »). 

falloir (comme « obligé, (être — 
de) » ), 

fatiguer, sige (pas. sige-ra) : je suis 
fatigué, n zige-ra. 

faux (être — ), faniyâ lo. 

fêlé (être — , en parlant d'un vase), 
ti-ra (v. pas.). 

fendre, tara, trâ (pas. lara-na). 

fermenter, kunâ-ya. 

fermer, tugu (pas. tugu-ra). 

fétiche (jurer sur un — ), gyo domû. 

— (faire — contre quelqu'un), gyo 
bila (r.) kâ. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



129 



filer (le coton), {gyese) urunde. 
finir (v. tr.), bâ (pas. ba-na). 

— (v. n.), ba-na (pas. de bâ). 
fleurir, fyele-na (v. pas.), 
flotter, fogi-ra (v. pas.), 
fondre (faire — ), yile. 

— (v. n.), yile-na(\. pas.), 
forcer, demedeme. 
forger, gbasi. 

fort (être — ), gbrê, gbre, gbeU. 
fort (être plus — que), se-ra (r.) ra; 

bô (r.) ye. 
fouiller, gyàûgyâ. 
fouler (la terre à bâtir), (bâgo) dyô, 

[bàgo) dyondyô. 
fourbir, gyosi. 
fourcher (en parlant de la langue), 

bara (prêt, barra) ka bo (p.) dara : 

ma langue a fourché, n da barra 

ka bo n da ra. 
fourmillements (avoir des — , voyez 

« avoir »). 
franchir, tige. 

— (en sautant), kpâ (r.) kâ. 
frapper (une personne), bugo. 

— (un objet), gbasi. 

froid (avoir —, voyez « avoir »). 

— (faire — ), nènè bà-ra (le froid est 
venu). 

froidir (v. n.), suma-na (pass. de 
sumà). 

— (faire — ), sumâ. 
frotter, gyosi. 

fuir, bori (prêt, borra). 

— (en parlant de l'eau qui s'échappe 
d'un vase), senze. 

fuite (mettre en — ), ftgyângyâ. 
fumer (de la viande), (sorho) gya. 

— (du tabac), (sara) mi. 

— (v. n., faire delà fumée), sisi b'a 
ra (de la fumée est dans lui). 



gage (voir « garantie »). 
gagner (acquérir), soro. 

— (en commerce), lonô-soro : j'ai 
gagné dix francs, figaivari-ba fila 
tonô-soro. 

— (au jeu), farha : je t'ai gagné, 
n g'i farha (littér. : je t'ai tué). 

galoper, pâ, kpâ. 

garantie (donner en —),gyuru sara. 

— (prendre une — ), gyuru-la mina. 
garde (prendre — ), gye-ngè. 
garder (conserver), sigi. 

— (surveiller), ferè ni (bien regar- 
der). 

glisser, terre, terere (prêt, terra). 

goûter (déguster), nene. 

graisser, tulu mômô (r.) ra : va 

graisser mon fusil, tarha ka tulu 

mômô n-da marfa ra. 
grand (être —, en général), bô. 

— (être — par la taille), gyâ. 

— (être trop — , en parlant d'un 
vêtement), kunu (v. tr.) : cette 
chemise m'est trop grande, delege 
mi a ka n gunu. 

grandir, bô-ya ; gyâ-ya. 

— (croître), bô-na (v. pass.) ; bo- 
nya-ra (v. pas.). 

gras (être — ), fânga b'a ra (la graisse 

est dans lui), 
gratter, syànzyà. 

— (se — ), (s. p.) gbulo syânzyâ. 
griller (faire — ), gyene. 

— (v. n.), gyene-ra (v. pas.), 
grimaces (faire des — ), da marha- 

marha. 
grincer des dents, (s. p.) ni-u sorho. 
grisonner, gbè-ra (v. pas.), 
gronder (comme « blâmer »). 

9 



130 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉJ 



grossir, bô-ya. 

guérir (v. tr.), kèndè, kende (pas. 
kèndè-ra). 

guerre (faire la — ), kerè-kè. 

guetter, ferè kya ni (regarder bien). 

guider, sira yila (r.) ra : guide- 
moi, sira yila na. 



incendier (comme « brûler »). 
indiquer (comme « montrer »). 
injection (prendre une — rectale), 

fiyè. 

insulter, nyeni, yeni. 
interdire (voir « défendre »). 
interroger (voir « demander »). 
ivre (être — , voir « s'enivrer »). 



habiter, sigi-ra (v. pas.) : j'habite à 
Kofidougou, n zigi-ra Kofi-dugu 
ra. 

habiller (s' — , avec un pagne), fâni 
bili. 

— (s' — , avec un vêtement), delege 
dô. 

haïr (tourner par : « ne pas plaire ») : 
je hais cet homme, morhà mi a ma 
di ni (cet homme ne me plaît pas). 

hâter (se — , en marchant), tarya. 

— (se — de faire quelque chose), 
kè gyonagyona. 

hausserles épaules, nènè Am(littér. : 

appeler le froid), 
haut (être en — ), bè sa na. 
hériter de, (r. p.) kyî ta : il a hérité 

de son père, aka a fa kyï ta. 
heureux (voir « content »). 
hocher la tête, kû marhamarha. 
hoquet (avoir le — , voyez « avoir »). 
humide (être — ), suma-na (v. pas.). 



imiter, ladegi. 

immobile (rester — ), sigi (v. n.). 
impossible (être — ), manyâ (ne pas 
aller bien, de fiya-na, pas. de%â). 



jeter (en l'air), fri. 

— (par terre), bô; sigi. 

— (se — , en parlant d'un cours 
d'eau, du : le Nzi va se jeter dans 
le Bandama, Nzi a tarha du 
Gbàndama ra. 

jeûner, sùndo; su. 

jouer (s'amuser), tolo-ngè. 

— (d'un instrument à vent), fyè,fye : 
jouer de la trompe,<?6ène mvyè. 

— (de tout autre instrument), fà, 
fo : jouer du tambour, tigbenï fà; 
jouer du xylophone, balàmvà. 



labourer, siâ-ni-kè. 
lâcher, to ; bô ; bla, blè. 
laisser (en général), to. 

— aller, to, 

— de côté, bla, bila, blè, blè-koro. 

— tomber, dugo, dugu. 

— tranquille, to. 

— le chemin libre à quelqu'un, 
laisser passer, (r. p.) sira bila : 
laisse-moi passer, fais-moi place, 
n-dasira bila (,ou simplement sira 
bla). 



VOCABULAIRE FRANÇA1S-DYOULA 



131 



lancer, fri, /tri. 
laver, kiuô, ku. 

— (se — ), kwô-ra (v. pas.), 
lécher, nomô, nomu. 

— (du bout de la langue), nende. 
léger (être — ), fyf. 

lever (v. tr., soulever), uri (v. tr.). 

— (v. n., en parlant d'une plante), 
fale(v. n.). 

lever (se — ),««(v. n.);«rra(v. pas.). 

— (se — , en parlant d'un astre), bà 
dua. 

— (se — , en parlant du vent), bà-ra 
(v. pas.). 

— (se — , en parlant du jour), gbè-ra 
(v. pas.) : le jour n'est pas encore 
levé, du ma gbè ba. 

libérer, a kè (r.) ra morhà e : je l'ai 
libéré, fi ga a Wà ra morhà e ; je te 
libérerai, ni a k'e ra morhà e (je le 
ferai dans toi un homme) — (voir 
aussi « affranchir »). 

lier, siri, sri. 

limite (tracer une — ), tarâ-mvila 
(littér. : fendre en deux). 

lire (avec régime), kara (Ar. kara). 

— (sans régime), kara-ni-kè, kara- 
ngè. 

lit (faire le — ), deùè la. 

loger (v. tr.) (voyez « recevoir »). 

loger (v. n.) (chez quelqu'un), sigi-ra 

(r.) fè-so ; dijigi-ra (r.) fè-so;bè 

(r.) fè-so : il loge chez moi, a bè 

m vè-so. 
loin (être — ), gyâ (v. n.); gya-na 

(v. pass.); (s. p.) dua gyâ. 
long (être — ), gyâ. 
loucher, kara tembè-ra (s. p.) nya 

ra. 
lourd (être — ), gbri, gbre, gbere. 



mâcher, nimi. 

maçonner (faire les murs d'une 

maison), bô mbari, danda bari 

(prêt, barra). 
magie (faire de la — ), lagba-ri-kè ; 

yelema-ni-kè. 
maigrir (faire — ), gya. 

— ( v - n -),9y<*-ra(v. pas.). 

main (donner la — à), (r. p.) buru 
mina: donne-moi la main, m buru 
mina. 

mal (avoir — , voyez « avoir »). 

— (faire — , voyez « faire »). 
malade (être — ), (s. p.) fart (s. r.) 

dimi : je suis malade, m vari n 

dimi (mon corps me fait mal), 
malheureux (être — ), (s. p.) gyùsu 

(s. r.) dimi : il est malheureux, a 

gyûsu a dimi (son cœur lui fait 

mal). 
malin (être — ), ko-lô (littér. : savoir 

parler), 
manger (avec régime), domû, domô, 

domu. 

— (sans régime), domu-ni-kè. 
manquer (faire défau t), to-ra (v. pas.), 

to-ra (r. i.) fè : il te manque dix 
francs, wari-ba fila to-r'e fè. 

— (ne pas atteindre), ti soro. 

— à sa parole (voir» engagement »). 

— de (comme « avoir besoin de »). 
marcher, tarha-ma. 

— à la file indienne, gbâgbâ-na 
ûyorhô na. 

— derrière, lato (r.) kwo : tu mar- 
cheras derrière moi, yè lato il gwo. 

— devant, labila (r.) nyâ : tu mar- 
cheras devant moi, ye labila nyâ. 

marié (être — ), muso bè (s. r.) fè; 



132 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Amadou est marié, muso bè Amadu 

fè. 
mariée (être — ), kyè bè (s. r.) fè : 

elle est mariée, kyè b'a fè. 
marier (se — , voir « épouser »). 
masser, digidigi. 
mauvais (être — à manger), kunà ; 

ma di. 
médire de (comme « calomnier »). 
mélanger (comme « mêler »). 
mêler, kuri (pas. kurra ou kuri-la). 

— le nom de quelqu'un (dans une 
affaire), (r. p.) lorhô kiri (littér. : 
appeler le nom). 

mentir, fana (v. n.) ; faniyâ-mvô. 
mesurer, nyâ. 
mettre, rigi; do. 

— (un vêtement), dô: mets ton pan- 
talon, ye kursi dô. 

— aux fers, gbâ kuru-na. 

moisir, tumbu-dô (littér. : revêtir des 
insectes). 

monter (v. n.), y ire, y iri (prêt, yirra). 

monter à cheval, yire sô kâ. 

montrer, yila (r. i.) ra : montre-moi 
ta maison, e-ta bôyilana ; montre- 
la lui, a yiï a ra. 

moquer (se — de), yere-kè (r.) ma; 



mourir, farha-ra (pas. de farha 
« tuer »). 

— (être en train de — , être à l'ago- 
nie), kiri-na (v. pas.). 

mousser, kâga-ra (v. pas.), 
mûr (être — ), ule-na (v. pas.). 
mûrir (v. a.), ule (v. tr.). 

— (v. n.), ule-na (v. pass., littér. : 
être rouge) : il mûrira bientôt, 
a ule-na sisâ. 



N 



nager, gye nômu. 

naître, urra, uro-ra (pas. de uro, 
« enfanter ») : je suis né il y a 
vingt ans, ni urra sa mughà e ou 
n na kani uro sa mughà e (ma mère 
m'a enfanté il y a vingt ans). 

nasiller, ko-mà nu na (parler dans le 
nez). 

nettoyer, fila-mvila. 

— (du linge), kwo, ku. 

— (se — les dents), gbèsè nimi. 
nier, digi (r. s.) fana : je le nie, ni a 

digi a fana. 
noircir (v. a.), fi, fi. 



yire-kerè (r.) ma : tu te moques — (teindre en noir), do gara ra, do 
de moi, e yere-kè ni ma ou e yire- garra. 



kerè ma; ne te moque pas de moi, 
kana yere-kè m ma ; je ne me mo- 
que pas de toi, m ma yire-ker'e 
ma. 

mordre, ki. 

mort (être -), farha-ra (v. pas.). 

mou (être — ), marha. 

moucher (se — ), (s. p.) nu fye. 

moudre (comme « écraser »). 

mouillé (être — , voir « humide »). 

mouiller, gye bô(r.) ra. 



— (v. n.), fi-na (pas. de/ï). 
nombreux (être — ), sya. 
nouer, kuru. 

— (se — ), kuru-ra(v. pas.). 
nourrir, (r.) so two ra : c'est moi qui 

nourris cet homme, ni-le kyè miso 

two ra , 
nouveau (être — ), kura. 
noyer (se — ), be gye ra ka farha-ra, 

(tomber dans l'eau pour mourir), 
nuire à, ko-dyvgu-kè (r.)ra : tu m'as 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



133 



nui, ye ka ko-dyugu-kè na (tu as 
l'ait mauvaise parole sur moi). 

nuit (il fait — ), diùi do-na. 

— (la — approche), su kura. 



O 



tr.). 



obéir à, lalabato, llabalo (v. 

obligé (être — de), yâ-nyini. 

obliger à (comme « forcer »). 

— quelqu'un (rendre service), ko- 
berè-kè (r.) ra : tu m'as obligé, 
ye ka ko-berè-kè na (tu as fait 
bonne parole sur moi). . 

obtenir (comme « acquérir »). 

orage (il fait de 1' — ), sa marha-ra. 

ordonner, kara (v. n., prêt, karra) ; 
fo (dire) : j'ai ordonné à Dala de 
me donner des porteurs, n garra 
Dala a doni-ta-barha di ma, ou n 
ga a fo Dalayea doni-ta-barha di 
ma. 

orgueilleux (être — ), (s. p.) kono-no 
a gbo. 

ôter, bô. 

oublier, nina (r.) kwo, nina (r.) ko : 
j'ai oublié son nom, ni nina na a 
torhà kwo ; n'oublie pas ce que 
j'ai dit, ye kana nina n-da ko-ma 
kwo. 
ouvrir, yirè (pas. yirè-ra, ou yirè- 
na). 



pagayer, kuru nyarhâ. 

palabrer, ko-ma-kè. 

pâlir (en parlant du visage), (s. p.) 
nyâ yelema : tu as pâli, ye nyâ 
yelemara (ton visage a changé). 



palper, mômô. 

parler (v. n.), ko-ma (v. n.). 

— bas (voir « chuchoter »). 

— du nez (voir« nasiller »). 

— (v. tr.), fo : parles-tu agni ? ye 
Tô ngo-ma fo ? parles-tu dyoula? 
ye Gyùla kà mvà ? parles-tu sé- 
noufo ? ye Bâmbara kâ mvd ? 

pardon (demander —, voir « de- 
mander »). 

pardonner, to : jeté pardonne, n g'i 
to (littér., je t'ai laissé). 

partager, tara. 

partir, tarha ; uri-ra, urra (v. pas.) ; 
uri (v. n.). 

— (faire — ), uri (v. tr.) ; gbè. 
passer (v. n ), tembè (v. n.), tembè- 

ra (v. pas.) : passe par là, tembè 
la. 

— par, tembè (v. tr.) : ne passe 
pas par le village, kana so tembè. 

— devant, tembè... bila-nyâ: il est 
passé devant, a tembè ra ka bila- 
nyâ ; passe devant, tembè ya bila- 
nyâ. 

— derrière, tembè kwo ra. 

— par dessus, tige (v. tr.). 

— (laisser — ), to ... tembè ; (r. p.) 
s ira bila : laisse-moi passer, ni to 
ni ya tembè (laisse moi je te dé- 
passe), ou n-da sira bila (laisse 
mon chemin). 

payer, (r. p.) gyùru sara, (r. p.) 
gyuru sara : paie-moi, n-da gyùru 
sara (paie mon paiement); je t'ai 
payé en or, û g'i-ta sâni gyùru 
sara. 

peigner, (r. p.) kû dâ : qui t'a pei- 
gnée ? gyoni a k'i kû dâ ? 

pêcher, yeghè mina (attraper du 
poisson). 



134 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



peine (faire de la — à, comme « faire 

mal à »). 
peler (un fruit, en général), syânzyâ, 

syâ. 

— (une banane), woro. 
pendre, dû (pass. du-na). 

— (un homme), (r. p.) kâ ndû. 
penser (comme « croire »). 
percer, sorhô ; suri, sori. 
perdre, fin (pas. firra ou firi-ra). 

— (au jeu), farha-ra (être tué), 
permettre, sira di (no. pe.)ma : je te 

permets d'aller à la chasse, n ga 
sii'a di i ma ko ye tarha sor/io fa- 
rha. 

persuader (quelqu'un), demedeme. 

peser (v. tr.), bila. 

— (v. n.), gbli, gble, gbri, gbre. 
peter, tô-ni-kè. 

pétiller, fata-ra (v. pas.), 
pétrir, mômô. 

— (dans un mortier), susu. 
peur (avoir — , voyez « avoir »). 

— (faire — , voyez « faire »). 
piler, susu. 

piller, gyâgyâ. 
pincer, fiyôrhômi. 
piquer, gbàgâ. 

— (en parlant d'un moustique, d'un 
serpent, d'un scorpion, etc.), ki. 

pisser, nyarha-ni-kè, nyârhâ-ni-kè. 
pitié (avoir — , voyez « avoir »). 

— (faire — ), dirai (v. tr.). 
place (faire — à), dua di (r.) ma. 

— (faire — , sur une route), sira 
bla. 

placer, sigi (pas. sigi-ra). 

plaider (voir « défense (prendre la 

plaire, di (r. i.) ye, ndi (r. i.) ye : ce 
pagne me plaît beaucoup, fàni mi 



a di ni dyugu-kè; il ne lui plait 

pas, a ma di a ye. 
plaisanter, tolo-ngè ; yere-kè. 
plantations (faire des — ), sene-kè. 
planter (en général), tutu : planter 

du manioc, gbende tutu; planter 

un arbre, yiri tutu. 

— (des ignames, des graines), sene : 
il a planté beaucoup d'ignames, 
a ka ku sene sya-mà. 

— (un pieu), gbâ : il a planté des 
pieux pour faire une palissade, 
a ka koromâ gbâ ka gyasa kè. 

plein (être — ), fa-ra (v. pas.), 
pleine (être — , voir « enceinte »). 

— (être — , en parlant de la lune), 
mna-na, mana-na (v. pas.). 

pleurer, kasi. 

pleuvoir, sâ-ngye a be (la pluie 
tombe). 

— (il va — ), sâ-ngye miye-na. 
plier (v. a.), kutru, kuturu (pass. 

kutru-ra ou kuturra). 
plumer, (r. p.) sye bô : va plumer 

la poule, tarha sise a sye bô. 
point de côté (avoir un — , voyez 

« avoir »). 
pointu (être — ), dadi. 
polir, dugû. 
pondre, la. 
porter (sur la tête), la. 

— (sur l'épaule), la ka na. 

— (en sautoir), dû, dô. 

— (à la main), mené buru ra. 

— un vêtement, delege dô. 

— une culotte, kursi dô. 

— un pagne, dàgo bili, fàni bili. 

— (d'un endroit à un autre), ta (s.) 
tarha : porte-le chez moi, a ta ya 
tarha m vè-so. 

— (se — , bien ou mal), (s. p.) fari 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



135 



bè : comment te portes-tu? e fari 

bè di? (ton corps est comment?), 
porter (se bien — ), kende (v. n.); 

kende-ra (v. pas.) ; kendeya-ni bè; 

kende-ya. 
poser, sigi; do. 
possédé (être —d'un esprit), su-ba- 

rha lo, sà-barha lo. 
posséder (voyez « avoir »). 
pourrir, turra, tura-ra (pas. de turà). 

— (faire — ), tura. 

poursuivre, bori (r.) gbè-ra, bon (r.) 

gba-ra. . 
pousser (v. tr.), nyôdi. 

— (v. n., sortir de terre), fale. 

— (v. n., croître), bo-nya-ra (v. 
pas.), bo-nya-ra; bô-ya (v. n.). 

— (faire —), bà-nya, bo-iïya. 
pouvoir, se (v. n.) : il ne peut pas 

le dire, a ti se ka a fà; il ne peut 
pas le faire, a ti se ka a kè. 
précéder, nyâ (v. tr.). 

— (v. n.), flya-na (v. pas.), 
prendre, ta; mna, mina (le régime 

indirect est suivi de la particule 
fè) : je te prends quelque chose, 
ni fè ngele n da ye fè; prends-le, 
a mna. 
préparer (disposer), la. 

— (arranger), nyâ. 
presser (sens propre), tindi. 

— (un fruit, pour en exprimer le 
jus), bisi. 

— (sens figuré), demedeme. 

— (se — , voir « hâter (se — ) »). 
prêt (être — ), sira (v. n.); nya-na 

(pass. de nyâ). 
prêter, dondo (r. i.) ra : je t'ai prêté 

de l'argent, fi ga darahima dondo 

ye ra. 
prévenir (tourner par « dire à »), fà 



(r.) ye : va le prévenir, tarlia a fà 
aye. 
prier (demander), dari. 

— (faire la prière), syeri-kè; syeri. 
priser du tabac, sara mi. 

prix (faire un — ), lorholà. 

proche (être — ), surô, srô; (s. p.) 
dua srô. 

promener (se — ), yara (prêt, yarra 
ou yara-ra). 

propre (être — ), gbè-ra (v. pas.). 

prosterner (se — ), ka gbà dugu ma, 
ku mbâ dugu ma (littér. : planter 
la tête dans le sol). 

protéger, màzi (r.) ra, mânzi (r.) ra ; 

kisi (v. tr.); lo (r. p.) kwo, lo-ra 

(r. p.) kwo : que Dieu te protège, 

Alla màzi i ra ou All'e kisi; il me 

protège, a lo-ra n gwo. 

pubère (devenir — , être — , en par- 
lant d'un garçon), se ka muso yini. 

— (en parlant d'une fille), se ka kyè 
yini. 

puiser, bi : va puiser de l'eau, tarha 
gye bi. 



Q 



quitter (un endroit), uri (r.) ra : 

il a quitté son village, a uri ra 

a- ta so ra. 
— (une personne), to (v. tr.) : tu as 

quitté Samba à la rivière, ye ka 

Sâmba to kwà ra. 



R 



raconter (en général), fà. 

— une histoire, un conte, laie la. 



136 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



raison (avoir 



ta 



-, voyez « avoir »). 
: ramasse le bâton, 



ramasser, 

koro ta. 
ramper, kuturu-ra, kuturra (pas. de 

kuturu). 
rappeler (appeler de nouveau), kiri 

tugu. 

— (se — ), (r. s.) bè (s. r. ) kono no : 
je me rappelle l'affaire, ko-ma a 
bè n gono no (l'affaire est dans mon 
ventre). 

rapporter (comme « aller cher- 
cher »). 

— (une parole, comme « dire »). 
raser, li. 

— (se — la tête), kû muli. 
rassasier, (r. p.) konô fa (pass. (s. 

p.) kono fa-ra) : je suis rassasié, 
n gono fa-ra. 
rassembler, ngbèngbè ; kumbè. 

— (se — ), kumbè-na (v. pas.). 
rater (en parlant d'une arme à feu), 

toro mana : le coup a raté, toro 
mana na. 

ravager (voir « piller » et « dé- 
truire »). 

recevoir, mna, mina. 

— (quelqu'un chez soi), ta... sigi 
(s. j>.) fè-so ra : reçois-le chez toi, 
a ta i a sigi ye fè-so ra. 

récolter (des ignames, des arachides, 
du manioc, et tout ce qui pousse 
en terre), bô. 

— (du maïs, du mil), kari. 

— (du riz, des bananes), tige. 
reconnaître, lô. 

recoudre, kara tugu. 

recourber, kutru, kuturu. 

reçu (être — chez quelqu'un), dyigi- 

ra (r.) fè-so. 
redresser, tek. 



redresser (se — ), uri-ra ka lo (se 
lever pour être debout). 

réfléchir, (s. p.) kono gyate : laisse- 
moi réfléchir, ni to ni fi gono gyate. 

refuser, li mna (ne pas prendre) : il 
a refusé, a ma a mna. 

regarder, ferè. 

— (ne pas — , ne pas concerner), 
(r. p.) ko-ma tè : ça ne me regarde 
pas, ni-la ko-ma le (ce n'est pas 
mon affaire). 

regretter (quelqu'un ou quelque 

chose qui est absent), nyiri bla-ra 

(r.) ra. 
rejoindre (aller —quelqu'un), tarha 

(r.) terè. 
réjouir (se — , voyez « content >•). 
remercier, fwo : je le remercie, nia 

fwo ; va le remercier, tarha ka a 

fwo ; cet homme te remercie, mor/tà 

mi a ye fwo . 
remettre au fourreau, do. 
remplir, fa. 
remuer (v. tr.), lalarha ; marha- 

marha : ne remue pas cette eau, 

kanagye mimarhamarha. 

— (v. n.), yirè-lalarha. 
rencontrer (un objet), ye. 

— (une personne), bè (v. tr.). 

— (se — ), bè (v. n.) ; bè-na (v. pas.) : 
nous nous sommes rencontrés sur 
les rochers, an ga bè fara kâ ou 
am bè-na fara kâ. 

rendre, (no. ch.) to a di (no. pe.) ma : 
rends-moi ce fusil, marfa mi to a 
di m ma (laisse ce fusil, donne-le- 
moi). 

— (se — à quelqu'un, faire sa sou- 
mission), tarha{v .) soro-na :Samori 
s'est rendu aux Blancs, Samori a 
ka tarha Nanzara soro-na. 



VOCABULAIRE 

renverser, be : le vent a renversé la 
maison, fonyô a ka bô be. 

renvoyer (envoyer de nouveau), lyi 
tugu. 

— (refuser, voyez ce mot). 

— (chasser, voyez ce mot), 
répandre, bômbô; mômô. 
réparer, nyâ ; lalarha ni (remuer 

bien), 
repentir (se — ), (s. p.) gyùsu (s. r.) 
dirai : ne te repens-tu pas? e 
gyùsu a ti ye dimi? (ton cœur ne 
te fait-il pas mal?), 
répéter, fà tugu : répète-le moi, a 
fà ni e tugu. 

répondre (à une question), lo a ra, 
Iwara (contraction du précédent). 

— (quand on vous appelle), lamena : 
je t'ai appelé deux fois et tu n'as 
pas répondu, ng'i kiri ko fila, e ma 
lamena ; j'ai répondu, n ga lamena. 

reposer (se — ), nene kiri, nènè kiri 
(comme « respirer »). 

réprimander, sôngo (r.) ra. 

répudier (voir « divorcer »). 

résonner, nadi. 

respirer, nene kiri, nènè kiri (littér. : 
appeler le vent frais). 

ressemblera, bo-ra (r.)/e: il ressem- 
ble beaucoup à cet homme, a bo- 
ra kyè mi fè dyugu-kè. 

rester (être de reste), lo-)'a(\. pas.1: 
il reste cinq fusils, a to-ra marfa 
luru . 

— (en un endroit), sigi (v. n.), sigi- 
ra (v. pas.) : reste ici, sigi ya. 

— absent, myenè : ma femme reste 
bien longtemps chez son père, n- 
da muso myenè a fa fè-so dyugu-kè. 

— adhérent, rester collé (voir « ad- 
hérer »). 



FRANÇA1S-DYODLA 137 

rester assis, sigi (v. n.), sigi-ra (v. 
pas.) 

— debout, lo (v. n.). 

— en arrière, to-ra kiuo : deux 
hommes sont restés en arrière, 
morhà fila to-ra kwo. 

— longtemps, s'arrêter, to-ra (v. 
pas.), to (v. n.) : ne reste pas là, 
ye kana to yi. 

— immobile (voir « immobile »). 
retourner (v. tr.), yelema: retourne- 
le, a yelema. 

— (v. n.), syeko; sye kwo ra; syeko 
(s. p.) hvo : demain lu retourne- 
rassur tes pas, siniyasyeko yekivo. 

— (se — ), yelema-ra (v. pas.), 
réunir (comme « rassembler •»). 

* revenir, na tugu. 
rêver, siwu-m(\. pas.). 

— à (voir en rêve), siwu (v. tr.). 
revêtir, dô (v. tr.). 

rider (se — ), ula. 

rincer (voir « nettoyer », « laver »). 

rire, yere-kè, yire-kè. 

— malgré soi, être pris du fou rire, 
yere-kè (s. r.) far ha. 

ronfler, gorondi. 

ronger, ligètigè. 

roter, gerendi. 

rôtir (comme « griller »). 

rougir (v. tr., teindre en rouge), ule. 

— (v. n.), ule-ya (v. n.), ule-na 
(v. pas.) : mets le fer au feu pour 
qu'il rougisse, neghè sigi la ra, a 
ule-ya; le fer est rouge, neghè ule- 
na. 

rouler (v. tr., faire — ), bligindi. 

— (v. n.), bligindi-ra (v. pas.), 
rugir (comme « crier »). 

ruiner (se — ), naforo tyâ (abîmer sa 
richesse). 



138 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



ruminer, urhora (v. pas.) 
rumine, nisi urho-ra. 



le bœuf 



saigner (v. tr., faire — ), gyuri kè; 
gyuri soro-mi: il a saigné le mou- 
ton, a ka sarha gyuri kè ou a ka 
sarha gyuri soro-mi. 

— (v. n.), (s. p.) gyuri lembè : cet 
homme saigne, kyè mi a gyuri bè 
tembè ra. 

sale (être — ), kya adijugu, kya 
dyugu. 

saler, korho kè (r.) ra : sale la sau- 
ce, korho kè nâ-u ra. 

salir (comme « abîmer ») : tu vas 
salir ton boubou, ye-ta delege e 
tyâ. 

saluer, fwo : je vais saluer le Blanc, 
ni tarha Nanzara kyè fwo. 

satisfait (être — , tourner par « plai" 
re ») : es-tu satisfait? a di ye? (ça 
te plaît-il?). » 

sauter, kpà, pâ; sutà. 

— (sur quelqu'un), bari(r.) ra (prêt. 
barra) : il a sauté sur moi, a barra 
na. 

sauver, bàsi (r.) ra : il m'a sauvé, 
a ka bàsi na. 

— (se — , comme « fuir »). 
savoir, là (v. tr.) : je le sais, n ga a 

lô; je ne sais pas, ni ma a là. 

— (être capable de), se (r.) ra : il 
sait bien danser, a se do na kpa 
(pour a se dô ra kpa) ; il ne sait 
pas parler français, a ti se ka 
Frâzi kâ mvô. 

— (faire — k),fà{r.)ye. 
sculpter, se : il sait très bien sculpte r 

sur bois, a se ka le se kpa 



sec (être — ), bisi-ra (v. pas.) ; gya-ra 
(v. pas.) : le linge est bien sec, 
fàni a bisi-ra kya ni. 

sécher (v. tr., faire — ), bisi; gya. 

— (v. n.), bisi-ra; gya-ra. 
secouer, dyugudijugu ; larha. 

— (une étoffe, une couverture), 
gbôgbô. 

secourir (voir « aider »,« sauver »). 

selle (aller à la — , voir « aller »). 

seller (un cheval), kerege ta ka a siri 
sô kâ (prendre la selle pour l'atta- 
cher sur le cheval). 

semer (des grosses graines), sene. 

— (des petites graines), fin. 
sentir (v. tr., avec le nez), suma-la 

(v. tr.). 

— (v. tr., au toucher), mômô (v. tr.). 

— (v. a.),sumâ-bà. 

— bon, sumà-bà a kya ni. 

— mauvais, sumâ-bà dyugu-kè. 
serment (prêter — , sur le Coran), 

Alkurana domû (littér. : manger le 
Coran). 

— (prêter — , sur un fétiche), gyo 
domû. 

serrer, tindi. 

servir (être au service de), kye kè : 

il est à. mon service, a bè n gye 

kè ra (il fait mon travail) . 
siffler, fire-mvye, file-mvye. 
soif (avoir — , voyez « avoir »). 
soigner (un malade), fila di (r.) ma 

(donner un médicament), 
soin (prendre — de), ferè ni (bien 

regarder) . 
solide (être — , comme « être fort »). 
solliciter (voir « demander »). 
sommeil (avoir — , voyez « avoir »). 
sonder (quelqu'un), kanyâ. 
sonner (v. n.), fiadi. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



139 



sortir (v. tr., faire — ), bô. 
— (v. n.), bô-ra (v. pas.), 
souffler (v. n.), fiijê, fyè,fye (v. tr.) : 

souffler dans une corne, gbèni 

mvi/ê. 

— (v. n., en parlant du vent), fyè-na 
(v. pas.). 

— (v. n., respirer, voir ce mot). 

— (v. tr., éteindre), dufa. 
souffrir (voir « avoir mal », « faire 

mal », « être malade »). 
soulager (comme « aider »). 
soumettre (se — , comme « se ren- 
dre »). 
soupirer (comme « respirer»), 
sourd (être — ), (s. p.) toro gbele-na 

(son oreille est dure), 
sourire, rmtgumugu. 
soutenir, mina-fè. 

souvenir (se — de, comme « se rap- 
peler »). 
succéder à, yelema (r.) ye : Dala a 
succédé à Bourama, Dala yelema 
ra Burama ye. 
sucer, sônzô. 

suer, tara è (s. r.) farha : je sue, 

tara è m varha (la sueur me lue). 

suffire, lote-na(v. pas.), tote(\.n.); 

sir a (v. n.). 
suivre, gba{v.)ra: suis-moi, gbana; 

suis les soldats, gba soldasi ra. 
— (un chemin), tembè (sira) kâ. 
upporter (au sens propre), ta. 
supposer (comme « croire »). 
supprimer (comme « ôter »). 
surnager, fogi-ra (v. pas.) : le bois 
surnage dans l'eau, le fogi-ra gye 
ra. 
surnommer, torho yelema (changer 
le nom) : le capitaine ^Marchand 
a été surnommé Kpakibo, kapitènu 



Marsâ arka a torho yelema Kpakibo. 
surpasser, bô (r.) ye; tembè (r.) ra : 

il me surpasse en hauteur, a gyà 

a bô ûi. 
surprendre, bari (r.) ra (prêt, barra). 
suspendre (comme « pendre »). 



tâcher, korosi : tâche de voir, korosi 

ka ferè. 
tailler (un morceau de bois), se. 

— (un vêtement), tige. 

taire (se — ), dye, di : tais-toi, e dye. 

taper (comme « frapper »). 

tarder, myenè. 

tâter, mômô. 

tatouer, manyâ-di-kè : on lui a ta- 
toué la figure, ar ka manyâ-di-kè 
a fiya na. 

teindre (en noir), do gara ra. 

— en (bleu), do gara ra. 

— (en rouge), ule-ma. 

temps (avoir le — , voyez « avoir »)• 
tendre, sama. 

— un piège, delè la. 
tenir, mina, mna. 
tirer, sama. 

— la langue, nènde mbà. 

— un coup de fusil, marfa tyi. 

— du vin de palme, gbê tige. 
tisonner (le feu), ta lalarha. 
tisser (v. tr.), dà. 

toit (faire un — ), bô siri, bô nziri. 
tomber, be-na (v. pas.), be (v. n.) : 

il est tombé par terre, a be-na 

dugu ma. 

— (faire — ), be : il a secoué l'arbre 
et l'a poussé pour le faire tomber, 
a ka yiri tarha, a ka a nyôdi ka a 
be. 



140 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

u 



tomber (laisser — ), dugo, dugu. 

tondre (comme « raser »). 

tonner, mbarha : il tonne, sa è mba- 
rha (le ciel tonne). 

tordre, tôrômi; fard. 

toucher, marha (r.) ra : ne le louche 
pas, n'y touche pas, ye kana ma- 
rha a ra. 

— (un endroit malade), mademi : ne 
touche pas à ma blessure, ye kana 
n gyuri mademi. 

— (se — , être l'un contre l'autre), 
deri-ni bè nyôrho na : le village 
et la forêt se touchent, so ane tu 
a deri-ni bè nyôrhô na. 

tourner (v. tr., faire — ), muru. 

— (v. n.), muru-ra (v. pas.). 

— autour de, mameni. 

— (se — ), yelema (v. n.). 
tousser, sorhàsorhô. 
traîner (v. tr.), sama. 

— (v. n.), korro. 
travailler, kye-kè. 
traverser, tige. 
trembler, yireyire. 
tresser, dû. 
tromper, dawari. 

— (se — , comme « mentir »). 
trotter, kyùrokyùro-kè. 

trouer, farci (v. tr.) ; dinga sorhù 
(r.) ra : il a troué son boubou, a 
kaa delege fard; mon pagne est 
troué, m vâni a fara-na; l'obus a 
troué la muraille, gbelè-dë a ka 
dinga sorhà danda ra. 

trouver, ye. 

tuer, farha. 



uriner, nyarha-ni-kè, ûyârhâ-li-kè. 
user, koro (pass. korra) : il est usé, 
a korra. 



vaincre, se-ra (r.) ra ; farha. 

vaincu (être — ), farha-ra (v. pas.). 

valoir, (s. p.) sogo bè : ce mouton 
vaut dix francs, sarha mi a sôgo bè 
wari-ba fila (ce mouton son prix 
est dix francs). 

vanner, tende. 

veiller (tourner par « ne pas dor- 
mir »). 

— sur, ferèni (bien regarder), 
vendre, fire : ils font le commerce 

du caoutchouc, armanâsâka a 
fire (ils achètent du caoutchouc 
pour le vendre), 
venir, na, ne (prêt, na na ou na ra). 

— de, bà-ra (v. pas.) : je viens du 
Ouorodougou, mbà-ra Wuro-dugu 
ra ; il ne vient pas du village, a 
ma bô so ra. 

— (faire — ) (comme « appeler »). 
vérité (dire la — ), tyï-fà. 

verser (v. tr.), kè: verse de l'eau dans 
la cruche, gye kè darha ra ; verse 
la poudre dans le fusil, mugu kè 
marfa ra. 

— goutte à goutte, kè ndorho-ma 
ndorho-ma . 

— à boire, suma : verse-moi de la 
bière, doro suma ni ; verse-lui en 
aussi, a sum'a ye e. 

vide (être — ), bè lakolo. 
vider (un liquide, verser), kè. 



VOCABULAIRE FRANÇAIS-DYOULA 



141 



vider (rendre vide), bà. 
vieillir, korra, koro-ra (v. pas.). 

— (faire — ), koro. 

vieux (être — ) (comme « vieillir »). 

viser, sumâ. 

visite (rendre — à), tarha (r.) fwo. 

vivre, bè nya na. 

voir (par hasard), ye. 

— (en regardant), ferè. 

voler (dérober, avec un régime), 
sonya. 



voler (dérober, sans régime), sônya- 
li-kè. 

— (avec des ailes), uri (v. n.), 
urra (v. pas.). 

vomir, tèsère (prêt, tèsèrrà). 

vouloir, di (s. r.) ye (plaire à) ; nyini 
(désirer) : je veux que tu viennes 
ce soir, ni a di ni y a na u/ara (moi 
il me plaît, etc.). 

vrai (être — ), te (v. n.) (nom ver- 
bal : tyâ, tyï). 



TROISIÈME PARTIE 



HISTOIRE DE miOIII 

{Texte dyoula) 

AVEC VOCABULAIRE DES MOTS CONTENUS DANS LE TEXTE 



ALIMAMA SAMORI KO-MA 

(Histoire de l'imdm Samori) 

PAR 

AMADOU KOUHOUBARI 



AVERTISSEMENT 



Le texte mandé qui va suivre m'a été dicté en 1899-1900 au 
poste de Kofikro (Côte d'Ivoire) par un Dyoula nommé Amadou 
Kouroubari, originaire de Dabakala dans le Guimini ou Djimini. 
Le dialecte mandé dont ce texte donne un échantillon est donc le 
dialecte dyoula, tel qu'il est parlé couramment dans le Guimini et 
la région du Kong. Ce dialecte diffère très peu d'ailleurs des autres 
dialectes principaux de la langue mandé, notamment du malinké 
et du bamana (ou bambara du Haut-Sénégal et de Ségou). 

Amadou Kouroubari n'a été témoin que d'une partie des événe- 
ments qu'il raconte; mais il entretenait des relalions avec plusieurs 
de ses compatriotes voyageant dans la Boucle du Niger, et cela lui 
a permis de connaître d'une façon précise beaucoup de faits qui 
pourtant se sont déroulés très loin de son pays. 

On remarquera que son histoire de Samori concorde d'une façon 
remarquable, tant pour la succession chronologique des événe- 
ments que pour le détail des faits, avec les renseignements qui 

10 



146 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

nous ont été donnés par MM. Péroz 1 et Binger* et avec les rap- 
ports officiels de nos colonies du Soudan et de la Côte d'Ivoire, 
renseignements et rapports qui ont été utilisés par M. Mévil pour 
la rédaction de son livre paru en 1899°. 

Tout au plus pourra-t-on rencontrer quelques divergences peu 
importantes, qui toutes d'ailleurs se rapportent à des événements 
qui nous sont imparfaitement connus. 

Les documents nouveaux que pourrait fournir le récit d'Amadou 
Kouroubari sont peu nombreux. Cependant on y rencontrera 
quelques détails généralement ignorés et parfois intéressants. 

J'ai transcrit ce texte tel qu'il m'a été dicté, en supprimant 
seulement quelques redites inutiles. Je l'ai partagé en douze cha- 
pitres, afin de faciliter les recherches et de grouper ensemble les 
faits ayant trait à la même période. 

On trouvera mentionnées dans les notes les dates correspondant 
aux principaux événements racontés par l'auteur, ainsi que quel- 
ques détails historiques ou géographiques destinés à éclaircir le 
texte. 

Le mandé étant très pauvre en conjonctions, on fera bien de 
donner une grande attention à la ponctuation; faute de quoi on 
s'exposerait souvent à des erreurs d'interprétation assez graves. 

On trouvera dans le vocabulaire qui termine cette troisième 
partie tous les mots renfermés dans le texte. Les mots dérivés d'une 
même racine par l'addition de suffixes divers à cette racine de- 
vront être cherchés à la racine même; dans le texte, ces mots 
sont indiqués par un trait d'union placé entre la racine et le suffixe. 
Ainsi ko-rna « parole, mot, histoire » devra être cherché à la 
racine ko « parler, dire », dont ko-ma est le nom verbal. De 



1. Capitaine E. Péroz. —L'empire de talmamy émir Samory. — Besançon, 1888, 
in-8. 

Le même. — Au Soudan français. Souvenirs de guerre et de mission. — Paris, 
1889, in-8. 

2. L. G. Binger. — Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi. 
— Paris, 1892, 2 vol. gr. in-8. 

3. A. Mévil. — Samory. — Paris, 1899, in-18. 



HISTOIRE DE SAMOltl 147 

même le suffixe ru marquant le pluriel des noms est réuni au sub- 
stantif par un trait d'union. 

Les mots dérivés de l'arabe sont, dans le vocabulaire, marqués 
d'un astérisque. Les mots dérivés du français sont suivis de la 
lettre (F) et ceux dérivés de l'agni sont suivis de la lettre (A). 

L'alpbabet adopté pour la transcription de ce texte est celui qui 
est expliqué dans la première partie de l'ouvrage (Cbapilre I). 

On se reportera donc, pour la valeur à donner aux lettres, à ce 
qui a été dit à ce sujet au Chapitre I. On se rappellera de plus que 
chaque lettre (sauf les groupes gh et rh) doit se prononcer sépa- 
rément, et toujours avec sa valeur alphabétique. 

Voici dans quel ordre sont rangées les lettres dans le vocabulaire : 

Voyelles : «, à, e, è, 8, i, i, ?, o, à, o, ô, u, fi, ii. 

Consonnes : b, d, f, g, h, k, /, m, ?i, H, p, r, s, t, v, iv, 



Alimama Samori ko-ma. 



1. — Samori a ggu-tigê, a bo-fiya-ra. 

Bismillâhi Wrahmdni 'rrahimi. Alhamdu lillâhi rabbi Udlamina. 
Salla Allâhu ala sayyidina Mohammadi wa ahlihi wa sallama tasli- 



Ni torho bè Amadu Kurubari, ar ka ni uro Dawakala Gimini ra. 
Nanzara kyè a Kofidugu sigi a ka ni dari ni ko-ma f6 a ye : ali- 
mama Samori lbnu-Lafia' ko-ma; n ga a fo a ye : 



t. Le début de ce récit est en arabe et veut dire : « Au nom de Dieu le Clément, 
le Miséricordieux. Louange à Dieu le maître des mondes. Que Dieu bénisse notre 
seigneur Mohammed et sa famille et leur donne le salut! » 

2. Ibnu-Lafia, « fils de Lafia » ; ibnu est un mot arabe. 



148 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Samori a urra Sanâkoro ra\ dugu mi na ar a kiri Koniâ. A fa 
Mânde-iiga lo, ar a kiri Lafla Ture ; a bè farha-ndë A na Koniâ- 
nga muso lo, ar a kiri Masorona Kamara; ar ko muso mi a bè ïïi- 
mà. 

La mi na, kû-figi ba a bè ta, ar a kiri Sori Burama, a bè Fode 
de; akerè-kè lô dyugu-kè, Koniâ-nga-ru ar byè sira a nyâ. Sori 
Burama a ka marfa-ligi-ru tyi, ar ka tarha ar gyô-u mina. Ar sa- 
fari-kè-barha-ru ye ar wuro doni ta ar bè tarha ra Sanâkoro. Ma- 
sorona a bè ta ane a kyè ane Samori. Marfa-tigi ar ka marfa tyi, ar 
ka kyè byè farha; katigi ar ka muso-ru mna, ar ka dë-u mna, ar 
ka wuro mna. Samori a borra gyona-gyona, ar ti se ka a mna. 

Ar ka Masorona ferè, ar ka a ye a bè iïi-ma, ar ka a ta ar tarha 
ra Burama fè-so, ar ka a fô a ye : « Muso do ye, ani ka a la, ani 
na na ka a di i ma, e-ta lo. » 

La mi na Samori bilà-koro tè tugu, a ka gyu-tigè kursi-tigi lo, 
a bè ka-mbere s . A ka sye-ko a kwo, a tarha ra Sanâkoro ra, a ka 
a fô Sanâkoro-nga ye : « Ar ka m va farha, ar ka n na mina, ar ka 
a ta ka tarha Burama fè-so, a bè a gyô. Aluru ar tarha ka sorô, ar 
Burama dari a n na to. » Sanâkoro morhô-ru ar ka a fô a ye. « E 
gyô-ne lo? fondé tè i fè : mune-kato ani tarha ka e ko-ma fô Burama 
ye? » La mi na Samori kasi ra dyugu-kè. 

Katigi a-lele a tarha ra Sori Burama fwo. La mi na Burama a 
sigi-ra Mandi-na Wuro-koro ra. Samori, sô dô t'a fè, sàni t'a fè, a 
ti se ka sd sa, a tarha-ma. 

A tarha-ma la kele, ane la kele tugu, so tè ya, morhô tè ya, 
Burama marfa-tigi ar ka kerè-kè wolo, dugu-tigi byè ar ka bori tu 
ra. A ma fôndô ye ka a domû. A tarha-ma la worô-mvla, a ma do- 
mu-ni-kè. 

A dô na Mandi-na, a ka a fô Sori Burama ye : « M va, e ni ta, ni 
e-la gyô lo. N na, a ka ni uro, a ma di ni a- le e-ta gyô lo, a ma di 
ni n na a bè gyô ; i a to, a tarha a dugu ra tugu. » Sori Burama a 



1. Samori naquit sans doute vers 1830 ou 1835. — D'après M. Binger, Samori 
serait né, non à Sanankoro, mais à Bissandougou. 

2. Samori pouvait avoir alors de quinze à vingt ans: on était alors vraisembla- 
blement en l'année 1850. 



HISTOIRE DE SAMORI 149 

ka a fô a ye : « E sigi m vè-so, ye kerè-kè ni lomô. E ka kerè-kè a 
kya ni, n gyùsu suma-na, e na a tarhaa dugu ra. » 

La byè Samori a se-ra Sori Burama sd-fa-ru ra, ar tarha ra ka 
kerè-kè; la mi na a larha ra, la byè a nisi ta ane gyô ta, a na, a 
Burama sô are ra. La mi na Samori a ma kerè-kè, Burama Alku- 
rana yila a ra. 

A myenè ra Burama fè-so sa woro-mvla. Sisà Burama a ka Sa- 
mori kiri ka a fô a ye : « E ka ni kye kè a kya ni : e na ye, a ta, 
ar tarha e-ta dugu.ra. » A ka Samori sô gyô-u ra ni sàni ra. 

Samori ane a naMasoronaar tarha ra, ar dô na Bisâ-dugu Torô 
na 1 ; dua mi na Samori a ka gyô sya-mâ soro tugu, a ka sàni soro, 
a ka wari soro : a ka wuro sa ka a fire, a ka fè nzya-mà soro, a 
naforo-tigi ya. 

H. — Samori a ka Wasuru mina, a ka Konià mina. 

Kû-tigi dô a bè Torô na, atorho Bitikyè-Swane, marfa-tigi sya-mâ 
a-ta fè, a koro-ni bè, a ti se ka kerè-kè. A ka Samori nyini-nga a 
se-ra a marfa-tigi-ru ra 2 . 

Samori a ka kerè-kè ; sarha-byè a se-ra kerè ra. Marfa-tigi-ru 
ar ka a kelelô, ar ma Bitikyè-Swane lô tugu. Sisâ Samori a ka Bi- 
tikyè-Swane kiri, a ka Torô kû-tigi byè kiri, a ka a fô ara ye : 
« Sisà, ni-le n ze-r' ara byè ra 5 . » 

Bisâ-dugu kû-tigi, ar a kiri Famori, a ka a f ô : « Ni-le n di Sa- 
mori lô. » Sisà Samori a ka Toro-nga byè kiri, a ka tarha Bisâ- 
dugu ra, a ka so mina, a ka Famori farha, a ka a kû tige 4 . 

La mi na Konia-nga-ru ar ka fèmime, ar kakyira-rutyi Samori 
fè-so, ar ka a fô a ye : « Ani bè e-ta morhô e; e-le e se-ra ani ra, 
ani li nyini ka lalabato Burama e tugu. » 

Sanâkoro-nga-ru ar ko : « Samori mi o, a bè ani fè-so, a bè sa- 
fari-kè-barha filini e, a nyini a se-ra ani ra, fè mi a ma di ani ye; 



1. Vers 1857. 

2. Vers 1868. 

3. 1871. 

4. 1873. 



150 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

kû-ligi sya-mâ ar bè ya, aru o kyè-morhô-ba lo Samori ye. A ka 
na ya, ani li a sigi ani fè-so ra. » 

La mi na Samori a ka ko-ma mi me, a gyûsu gba-nadyugu-kè ; 
a ka Toro-nga-ru kiri, a ka Konia-nga-ru kiri, a ka ara byè kiri, 
ane ara a tarha ra. 

Sisâ Sanâkoro-nga-ru ar ka danda ba lo. Samori a na ra, a ka a 
kerè-tigi-ru sigi ar so mameni ; morhô byè ar bô-ra ka tarha lôrhô 
tige wala ka gye bi wala ka domu-ni ïïyini, Samori morhô-ru ar 
ka ara mina; ar ka kyè-ru farha, ar ka muso-ru sigi. 

Kari word a ba-na, Sanàkoro-nga-ru ar sige-ra dyugu-kè, 
fonda tè ara fè ar a domù. La mi ra kyè-morhô-ru ar ko : « Ani 
ko ra Samori a bè de ndorho-ni, ani fana na : a gbrè a bô ani ye. » 
Ar ka gyô-muso là ni fila ta, ar bè ni-ma, ar ka sâni ta, ar ka a di 
Samori ma ka a fô a ye : « E-le dugu-ligi lo, ani so e-ta so lo. » 

Sisâ Samori a du ra Sanâkoro la, a ka kyè koro-ni byè kiri, a ka 
a fô ara ye : « So mi-e n-da lo, so mi na n na ka ni uro, so mi na 
ni nyini ka sigi-ra'. » 

Katigi Samori a ka tarha ka kerè-kè Wasuru ra, a ka Leiïge- 
soro mina, ka Bodugu mina, ka Banià mina, ka Sâkarâ mina, ka 
Dyuma mina, ka Kurubari-dugu mina, ka Rurulaminimina : dugu 
mi byè, Mânde-nga ar sigi-ra ta s - 

La dô ra Sori Burama a ka a de mvila kiri, are torho Amara ni 
Mori Laye, a ka a f ô ara ye : « Samori ye, a na ni-ta gyô lo, n ga 
a sô fè nzya-ma na, a-le a ka n-da dugu byè mina, ka Sanâkoro 
mina, ka Sâkarâ mina; ni-le ni koro-ni bè, ndi se ka kerè-kè lugu. 
Aluru ar tarha, ar Samori gbè n-da dugu kwo ra! » 

Samori a ka a me, a ka a kafi-nyorhô mvila kiri, are torho Mali- 
nga Mori ni Kyeme Burama, a ka a fô ara ye : « Ni n di nyini ka 
kerè-kè Sori Burama fè-so, a n-da baba lo, a bè m va; a dè-u arbè 
na ra ka kerè-kè m vè-so : aluru ar tarha ka ara mina ka ara ta, 
an' ara na ya. » Sisâ Samori kafi-nyorhô ar tarha ra, ar ka Sori 
Burama dè-u ye, ar ka kerè-kè gberè-ma. Mali-ngaMori ni Kyeme 



1. 1874. 

2. De 1875 à 1877. 



HISTOIRE DE SAMORI toi 

Burama ar ka Amara ni Mori Laye mina, ar ka ar lui lige, ar ka 
na, ar ka ar kù di Samori ma 1 . Katigi ar (arha ra ka kerè-kè ane 
Kàkà masa-kyè, a torho Mori. Samori a ka nyini ka Kàkâ mina, a 
ka gyasa #bà, a ka so mameni, a sigi-ra kari konondo ni la ko- 
nondo ; dugu-tigi-ru ar soro na'. 

La mi na Samori a bè Kàkà ngoro, Sori Burama a gyiïsu gba-na 
dyugu-kè, a dè-u ar farha-ra wolo; a nyini ka Sanàkoro mina. 
Sisâ Samori a ka Mori Fi-ma 3 kiri, a ka a fô a ye : « E tarha, i Sori 
Burama mna. » Sori Burama a gbrè a bô Mori Fi-ma ye, aka Mori 
Fi-ma morho sya-mâ farha. 

Samori le a tarha ra, a ka Sori Burama mna, a ka a fô a ye : « E 
bè m va : fa a bè koro, ane a de ar kerè-kè, fè mi a ma ni. Sisâ ya 
sigi-ra n-da darha-ra, ni muso-ru ta ni ara di i ma, ni gyô-u ta ni 
ara di i ma. E-le Alkurana lô ya ka tembè morho byè ra : e syeri 
kè ka Alla dari ko dya-tigi bè e de na. » 

So byè a to-ra Sâkarà na ni Kuràkwo ra, so byè a to-ra Koniâ 
na ni Wasuru ra, Samori a ka ara mina ; morhô byè ar sigi-ra tu 
ra, ar ara kiri Toma 4 , ar ka tarha Samori soro na. 

La mi na Samori a tarha ra Sanàkoro, a ka dugu-ligi byè kiri, 
ka so-tigi byè kiri, ka kû-tigi byè kiri, ka kyè-morhô-ba byè kiri, 
a ka a fô ara ye : « N go o : ni tyl-fô, ni-le asadu Alla a bè-nya-na, 
a kele-ni bè, a ma de uro, a ma uro, a-lele a ka melegè-ru kè, a 
ka algyine-ru kè, a ka gyo-ru kè, a ka morhb-ru kè, a ka dugu 
kè, a ka sa ngè ; a le-kè Alla lo ; Mohamadu a nabiu bè. Sisà Alla 
a ka ni tyi dugu mi na, ni-le alimama Samori lbnu Lafîa, Al-Ma- 
grebiyu '% ni yele-ma ra Mohamadu e; aridyuma byè, misiri ra, 
aluru ar ni torho kiri solatu ra, ar ni kiri Alimama Amirulmume- 

1. 1878. 

2. Le siège de Kankan par Samori eut lieu en 1879 ; il ne faudrait pas prendre à 
la lettre cette durée de neuf mois et neuf jours. 

3. Ce lieutenant de Samori est connu généralement sous le nom de Morifing 
Diang ; il est actuellement interné à Njolé, au Congo. 

4. Les Loma, appelés Toma par les Konianka et les Malinké, habitent au sud- 
ouest du Konian, dans le nord du Libéria. 

5. C'est-à-dire, en arabe « Samori fils de Lafia, l'Occidental » ; le mot arabe Ma- 
grebiyu est souvent employé par les musulmans nègres avec le sens d' « Africain» 
et plus spécialement d' « Africain de race nègre ». 



152 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

nina 1 , torho dô-gbrè le ni-ta fè. » Morbô byè ar a kiri Samori, ar 
mna-ra : aru kyè-morhô-ba lo, ar farha-ra; aru farha-ndè lo, ar 
firra. 

La mi na Samori a ko Alla a ka a tyi a yele-ma ra Mohamadu e, 
a bè Amirulmumenina, a ka fana : ani byè ka a lô, kyè mi a yele- 
ma ra Mohamadu e, a Turgu farhama lo, a sigi-ra Satambulu ra, 
a-le kele a bè Amirulmumenina. Ar sira Samori nyà, fè mi lomô a 
ka fô te-le. 



111. — Samori a gyu-tigè ka kerè-kè ane Fràzi-ru. 

La d6 ra Samori a ka a de-nyorhô-ru kiri, a ka a kafi-nyorhô- 
ru kiri, a ka a fè ara ye : « Ni nyini ka dugu mi mina, a bè tere- 
be-ura, a bè Gyoriba kwo ; sisà ani ka Wasuru byè domû, ka Ko- 
niâ domû ; Gyoriba kwo ra, gyô bè ya sya-mà, sd bè ya sya-mà, 
nyô bè ya sya-mà. Ani uri ka larha la-mvè ; muso byè ar ara 
nyini, gyô byè ar ara nyini, ni a di ara ma. » Ane a de-nyorhô- 
ru ni kafi-nyorhô-ru Samori a larha ra, ane are darha-ru ane ar 
so-fa ar byè a tarha ra. La worô-mvla ar tembè-ra, ar ka Gyoriba 
tige. 

La mi na Kangaba Mànde-nga-ru ar ka a me, ar na ra soro na. 
Katigi alimamaaka nyini ka Nyagasora mina. Nyagasora-nga ar 
sira ra, ar borra kôngoli kâ, ar ka kyira tyi Fràzi kû-tigi fè-so, a 
bè Sularha-ba ra ', ar ka a fô a ye : 

« Samori a bè na ra, a nyini ka ani muso-ru mina, ka ani dë-u 
mina, ka fèm byè ani-la fè mina ; ani ma gbrè, ani ti se ka ali- 
mama kerè-kè, a nyini ka ani byè farha. Aluru-le, Nanzara-ru, ar 
gbrè ar se-ra morhô byè ra, aluru le-kè ar se ka Samori farha. 

1 . C'est-à-dire, en arabe, « l'imâm, Prince des Croyants » ; alimama est le cas di- 
rect ; les Malinké ont adopté de préférence le cas indirect : alimami, dont nous avons 
fait « almamy ». C'est en 1881, vraisemblablement, après l'achèvement de la con- 
quête du Sankaran, du Kouranko, du Konian et du Ouassoulou, que Samori s'est 
proclamé Prince dès Croyants et a revendiqué le titre d'imâm. 

2. Proprement les Français dont il s'agit étaient à Kita, qui est situé non loin 
du Bakhoy; les Dyoula, ayant entendu dire que les Maures habitent au nord du 
Sénégal, appellent ce fleuve Sularha-ba, « le fleuve des Maures ». 



HISTOIRE DE SAMORI 153 

Ar ka na, Samori a bori sis.ï. » Nyagasora-nga-ru ar ka tyï-fô : 
morhô dô a ma gbrè Nanzara ye, Fràzi a gbrè Nanzara byè ye. 

Nanzara-ru urraSularha-ba ra ane soldasi sya-mâ ane gbelè-ru. 
Samori a sira na, a ka Gyoriba tige tugu, a na ra ka a darha-ra 
sigi so d6 koro ; so mi a torho Kenge-ra, a nyini ka a mina. 
Kenge-ra morhô-ru ar ti sira : alimama a sigi-ra, a ka ar-ta danda 
mameni, a ma se ka du so ra. 

La mi na Nanzara kû-tigi'a kakyè kele* tyi Samori fè-so ka a fô 
aye : « A ye, e sige-ra dyugu-kè fondé tè kato, e ti se ka Kenge-ra 
mina wolo. Nanzara-ru ane Kenge-ra-nga-ru arbèndyèri : ara to, 
tarha e-ta dugu la Sanâkoro. » Samori a gyùsu a gba-na, a ko a 
nyini ka kyè mi kù ndigè, a a fô a ye : « La mi na Nanzara ar na 
ya, n di sira ara nyâ, n di sye kwo ra se ngele; Nanzara mi o, ni 
ara ta, ni ara di n-da muso-ru ma, ar yere-kè Nanzara-ru ma. » 

Kyè mi a ka sye-ko a kwo, a ka tarha Nanzara kû-tigi fè-so, a ka 
a fô a ye : « A ye, n ga a fô Samori ye a sye kwo ra ka tarha Sa- 
nâkoro, a ka nyini ka n gû ndigè. » 

Nanzara kù-tigi a ka a me, a gyiïsu gba-na, a ka a fô a soldasi 
ye : « Uri, arawan darha! » Ar ka uri, ar ka Gyoriba tige, sisà ar 
ka dô alimama darha-ra. Sisâ so-fa byè ar bè kombo ra ar ko : 
« Nanzara ar bè na ra! Nanzara ar bè na ra! » Alimama a yire so 
kâ, a bori. Nanzara-ru ar ka ta kundo, ar ka alimama darha-ra 
ngyene'. Katigi ar ka gyasa ba kè Gyoriba koro 4 . 

Samori dorho-kyèkele, a torho Kyeme Burama s , aurra, a tarha 
ra ka kerè-kè Bâma-kwô ra. Nanzara-ru ar bô-ra gyasa ra sorho- 
ma, ar ka tarha-ma, ar do na kwô ra 8 , Kyeme Burama a marfa- 
tigi-ru ar kumbè-na ta. Tere a bô-dua, ar bè marfa tyi ra ; tere a 
nyini ka be-dua, ar bè marfa tyi ra tugu. Nanzara soldasi ar bè 
kyeme saùa, Kyeme Burama soldasi ar bè wuru saiia : ar byè bun- 



1. Il s'agit du colonel Borgnis-Desbordes. 

2. Le lieutenant indigène Alakamessa. 

3. 27 février 1882. 

4. Il s'agit de la construction du fort de Bammako en février 1883. 

5. Connu aussi sous le nom de Fabou. 

6. Il s'agit du Ouéyoko, rivière qui coule près de Bammako, où eut lieu le fa- 
meux combat du 5 avril 1883. 



154 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

du-ri-kè karako suri-ru : Nanzara-ru ar se-ra. La mi na Nanzara- 
ru ar du ra-ar-ta gyasa ra tugu, su-ru bè kwô ra ar sya dyugu-kè, 
Kyeme Burama morhô-ru ar to-ra, ar ti se ka gye mi. 

Sisâ Kyeme Burama ane a morhô byè ar borra 1 . 

Kaligi Nanzara kù-tigi ba, ar a kiri Kôbo 2 , a na na, a ka bô nlo 
Nyagasora. Alimama a ka a me, a ko : « Nanzara ar bè na ra tugu ; 
ni ara gbè sisâ, a kya ni kpa ; n di fè mi kè, ar dô Sanàkoro ra. » 
A ka a kafi-nyorhô Mali-nga Mori kiri, a ka a fô a ye : « Ye soldasi 
byè ta, ane ara tarha; e Gyoriba tige, e kerè-kè ane Nanzara-ru 
mi o ar bè Nyagasora, i ar kù tige, i ar kû ta, a di ma. » 

Mali-nga Mori a ka Gyoriba tige. Nanzara kyè do 3 abô raagyasa 
ra; Mali-nga Mori a kaame, a tarha ra tura kwô koro*kaakonù. 
A ka a fè a morhô-ru ye : « Aluru la dugu ma, ar dugô-na yiri 
kolomà kwo, ar dugô-na banda gyu kwo, ar dugô-na gyuru 
kwo ; Nanzara kyè a na, a tembè ara te-le-na, ar marfa tyi ka a 
bô. » 

A kono na. Sisâ Nanzara a na na, kerè-tigi-ru ar ka marfa tyi. 
Gbelè kele a bè Nanzara fè, Mali-nga Mori a ma a me. Nanzara 
ar ka gbelè tyi, gbelè-dè ba ka yiri kari ka ara be dugu ma; sô-fa- 
ru ar dugô-na yiri kwo, ar karra. Katigi Nanzara soldasi arka muru 
la ka a sigi marfa-nighè kâ; sisâ ar ka uri ka borika kômbo : ar a 
gyate sa è mbarha. Sô-fa-ru ar ma sira marfa nyâ, ar ma sira gbelè 
nyâ : ar ka marfa muru ye, sisâ ar bè borra. 

Nanzara a tarha ra, Mali-nga Mori a ka sd-fa-ru kiri, a ka sôngo 
are ra, a ka a fô ara ye : «Aluru sira-ma-tigi lo, ar ka Nanzara-ru 
me ar bè kômbo ra, aluru-le ar bè yireyire ra karako muso-ru. Ni 
ma Nanzara kû ta ka a di n goro-kyè ma, a nyini ka n-da kù tige 
ka aluru-ta kû tige. Arawan darha Nafadye ra; Nanzara-ru ar sige- 
ra, ani ara mna, a ma gbrè. » 



1. Le départ de Kyémé Bourama eut lieu le 12 avril 1883. 

2. Il s'agit du commandant, depuis général, Combes, qui établit un poste à 
Niagassola en 1885. 

3. Capitaine Louvel . 

4. Il s'agit du Komodo, rivière voisine du poste de Maladie, d'où venait le capi- 
taine Louvel. 



HISTOIRE DE SAMORI 155 

Sisà Mali-nga Mori ane a so-fabyè ar ka uri ka larha ka Nanzara 
gyasa mameni ; a ko : « Sisà fondé tè ar fè, ar ti se ka domu-ni- 
kè, ar ti se ka gye mi; la mi ra kôgo b'are ra, ar na sorô na. » 

Nanzara kyè a bè Nafadye ra 1 a ka baragi sewè ka a tyi Kôbo 
ye. Kôbo a ka baragi ta, a ka kardasi kara; a urra sisà, akatarha- 
ma gyona-gyona karako foro-ngyo a bè fyè-na, a na na, la kele a 
ka Mali-nga Mori gbiî, a ka sd-fa byè gbè\ Katigi a ka Nafadye 
Nanzara ta, an'a a tarha ra Nyagasora. 

Tere-mana a ba-na, Kôbo a ka tarha Nanzara dugu la tugu. Sa- 
mori a ka a me, a ka a fô Mali-nga Mori ye : « Fôndô tè ya tugu, 
kana sira : Kôbo, a se kakerè-kè, a tarha ra. Sô-fa sya-mà nda, 
an'ara tarha Sularha-ba da raka kerè-kè. » 

Mali-nga Mori a ka sô-fa sya-mâ nda, ar bè wuru ta, sô bè ta 
sya-mâ. A ka larha ka Gyoriba tige, a ka dugu byè mina ar bè 
Gyoriba kwo, a dô na Sularha-ba da ra. A ka kyè-ru farha, a ka 
muso-ru mna, a ka dè-u mna, a ka ara fire ka sô-ru sa ane mughu 
sa ane marfa-ru sa. Morhô-ru mi o a ma ara farha, ar lo-ra, a ka 
ara tyi kôïigo ra, ar bimbri ni mosononyô kari, ar ku ni màdiga 
bô, ar malo tige : a ka two nyini sya-mâ wolo, a ka nyiui ka a 
morhô-ru so two ra, ka a sô-ru so two ra. 

Kyeme Burama nya-la-kà a tarha ra, a ka gyô-u mina, a ka 
kerè-kè Bàma-na dugu la. 

La mi na Kôbo a bô-ra Nanzara dugu la ko kele tugu, ane kû- 
ligi dô-gbrè 3 a na na. Kù-tigi mi e a tarha-ma gyona-gyona. Mali- 
nga Mori a bè so dô ra 4 , Nanzara kù-tigi a ka a me, a ka tarha-ma 
gyona-gyona, ado na somi na. Mali-nga Mori a ka la kundo, aka 
so ngyene, a borra. Nanzara kù-tigi a ka tarha-ma la byè, a do na 
Nafadye ra. Mali-nga Mori a ka Nafadye ngyene, a borra 5 . Nanzara 
kù-tigi a ka tarha-ma tugu, su ra a do na dugha ra sô-fa saùa bè 
ya : a ka ara mna ka ara siri ka a fô ara ye : « Ar sira yila, an darha 



1. Capitaine Louvel. 

2. Le 10 juin 1885. 

3. Colonel, depuis général, Frey. 

4. Village de Gale. 

5. Journée du 16 janvier 1886. 



156 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Mali-nga Mori darha-ra; ar ka kômbo, ni ara farha; ar ka sira 
gyarha yila ka n dawari, ni ara farha. » 

Morhô saiïa mi o ar ka sira yila, ar dô na kwè da ra ; Nanzara lo 
ra, a ka dugha mi ferè, a ka sisi ba ye : Mali-nga Mori darha-ra bè 
ta, muso b'a ra ar tembè wuru kele na, gyô b'a ra ar tembè wuru 
fila ra. Nanzara ane soldasi-ru ar bla-nyâ yirre, morhô dô tè ko- 
ma ra ; so-fa-ru ar bè sùndorho ra, ar ma kunu. Nanzara kù-tigi a 
ka a fô soldasi ye ar marfa tyi. Sinya kele soldasi byè ar bè uri ra, 
ar bè pâ na, ar bè bari ra darha-ra karako suri a bè bari ra sarha 
ra, ar bè dô-ngiri-la, ar bè kômbo ra, ar bè marfa tyi ra. Sô-fa-ru 
sya-mà ar farha-ra, Mali-nga Mori a borra. Nanzara a ka sd byè 
mina, ka marfa byè mina, ka nyurhô byè mina, ka muso byè mina, 
ka gyô byè mina 1 . 

IV. — Samori ane Fràzi-ru ar kardasi kè. 

La mi na Samori a ka fè mi me, a kasi ra dyugu-kè. Mànde- 
nga-ru ni Bàma-na-ru ni Wasuru-nga-ru ni Konia-nga-ru, ar byè 
yire-kerè Samori ma, ar ko : « A ye, Fràzi-ru, ar ma nzya ar ka 
alimama sd-fa byè farha: la kele na ar ka gyô-u mina, ar-ta gyô ar 
sya ka tembè Mali-nga Mori a-ta gyô-u ra, a ka ara mna sa nzaiia 
ra! » 

Samori a ka kara-morhô dô kiri, a torho Omaru Gyale, a ka a 
tyi Nanzara kù-tigi fè-so, a a fô a ye : « Sisâ n ga a me Nanzara-ru 
ar se na 2 : morhô mi a kanyâ ka kerè-kè ane Nanzara-ru, a bè a 
kono no a gbrè ara ye, morhô mi a bè dyugâ. M bè i dari ra ya n 
do ni-ta dugu ra ; ni-le ni dugu mi to Fràzi-ru ar ka a mina. A dr 
ye e morhô-ru tyi m vè-so ar ye-ta ko-ma fô, ara tyi, ani ko-ma- 
kè dua kele na : fè mi a kya ni, ani a kara. » 

Nanzara kù-tigi a ka kyè-morhô kele ' kiri, a ka a tyi Samori fè- 
so. Nanzara kyè mi e a na na, a dyigi-ra Samori fè-so ra, ar ka 

1. Cette défaite de Malinké Mori par le colonel Frey eut lieu dans la nuit du 17 
au 18 janvier 1886, non loin de Nafadié, entre Kita et Bammako. 

2. Ar se na est ici pour : ar se-ra ni ra. 

3. Lieutenant, depuis lieutenant-colonel, Péroz. 



HISTOIRE DE SAMORI 157 

ko-ma-kè. Samori a ka Omaru kiri ; Omaru a Arabu kâ mv6, a se 
ka seuri-kè a kya ni hali. A ka kardasi kè. Kardasi mi na, Samori 
a ko : a nyini a bè Frâzi ndyèri-kyè ; dugu mi byè a bè tere-be-ye 
Gyoriba kwo ra, a Frâzi ta lo ; sô-fa-ru ar ti tarha kerè-kè fyefyefye 
Gyoriba kwo 1 . 

Samori a ka bilâ-koro db ta, a-ta gyo-muso kele a ka a uro, 
ar a kiri Kyè-ule Kara-morhô, a ka a ta ka a di Nanzara kyè ma 
ka gyuru sara. Nanzara-ru ar ka Kyè-ule ta, a bè gyuru-nà-digi ar 
buru ra, ane ara a tarha ra Nanzara dugu la 2 . 

Sa ngele a ba-na Nanzara kyè mi o a na na tugu alimama fè-so 
Bisâdugu la, a na na ane Kyè-ule. Alimama a ka Nanzara kyè (a 
ka a sigi a fè-so ra a kya ni kpa, a ka fè nzya-mâ la, a ka a sô a 
ra ; a ka kardasi kè tugu, a ko a bè Frâzi ndyèri-kyè 3 . 

V. — Samori a kerè-kè Sikaso ra. 

La mi ra kù-tigi ba a bè Sikaso ra, ar a kiri Kyè-ba Taraore, a 
se-ra Bâmbara byè ra, Bâmbara mi o ar torho ni-ma a bè Sèndere, 
ar sigi-ra Kenge-dugu ra. Kyè mi naforo-tigi lo dyugu-kè; a-ta 
muso ar kasami-ra kyeme word-mvla ; la mi na a ka tarha-ma ka 
kerè-kè, marfa-tigi wuru ta ar ka tarha-ma ar la-bila a nyâ, 
marfa-tigi wuru la ar ka tarha-ma ar la-tô a kwo : fè mi kato ar a 
kiri Kyè-ba 4 . 

Kû-tigi mi Gyûla kyè lo, gale a bè-ra Foro-na. A ka so ba lo, 
danda ba saiia a bè a mameni ra : ye bo-ra so da kele na, ye uri 
ra du gbè-ra, ye dô so da mi na lugu, a bè tere-ra. Bô ar bè ya 
sya-mâ sya-mâ, e ti se ka ara kasami. Ar so mi kiri Sikaso. 

Samori a ko o : « Sisâ n ga kardasi kè ni-le ane Frâzi-ru am bè 
ndyèri : Frâzi-ru ar ti na kerè-kè ya tugu, n ze ka morhô tyi ar-ta 
dugu la ka marfa sa ni ka mughu sa; n ga marfa ni mughu sa, n 

1. Traité d'avril 1886, qui ne fut pas ratifié en France. 

2. Ce jeune homme est généralement connu sous le nom de Karamoko. 

3. Traité du 25 mars 1887 donnant le Niger comme limite aux États de Samori et 
les plaçant sous notre protectorat. 

4. Le nom de ce chef est généralement écrit Tiéba par les voyageurs. 



158 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

ze ka kerè-kè Kyè-ba dugu la. Frâzi-ru ane ni am bè ndyèri, a bè 
n gono no ar gbelè ta ka a dima : gbelè n-da fè, n ze kà dinga 
sorhô Sikaso danda ra, ni Kyè-ba muso byè mina, ni a gyô byè 
mina, ni a-ta sâni byè mina. » Sisâ a urra, a bô-ra Bisâdugu ra, a 
ka tarha ka kerè-kè Sikaso ra. 

La mi na a urra Bisâdugu ra, a-ta butu-fù-barha, ane a-ta tibari- 
fô-barha, ane a-ta gbène-mvyè-barba, ane a-ta dô-ngiri-la-barha 
ar byè bè la-bila ra a fiyfi, ar sya dyugu-kè ; dô-ngiri-la-barha ar 
dô-ngiri-la ar ko o : « Alimama ye, a bè Amirulmumenina, a gbrè 
a bô kû-tigi byè ye : Nanzara ar ma se ka se-ra a ra. A bè tarha 
ra ka kerè-kè Kyè-ba fè-so, a dô na Sikaso tele-na, sisâ so danda 
byè a bè be na dugu ma ; la mi na alimama a na na tugu Bisâdugu 
la, a ka Kyè-ba kîi ndigè, an' a a na. » Dô-ngiri-la-barha ar ka ngiri 
mi la, alimama a ka ara sô koro sya-ma na wolo, a ka ara sô doro 
sya-ma na ar ka a mi. 

La mi na Samori a dô na Sikaso koro 1 , a sira na hali : a ma so 
ye fyefyefye a bô karako mi o. A sira na, morhô dô a ma a ye. A 
ka gyasa gbâ, a ka ara sigi ar danda mameni ; a gyasa kele ta ka 
a di Mali-nga Mori ma, a a fère ni ; a kele ta ka a di Furuba Musa 
ma, a a ferè ni ; a kele ta nya-la-kâ, a byè ta kaadi a dorho-kyè- 
ru ma ni a dë-u ma, a ka a fô ara ye : « Ar ferè-ri-kè kya ni. » A 
ko : « Ar konô ndorho-ma : sisâ Sikaso-nga-ru fôndô tè ar fè, ar 
ti se ka domu-ni-kè, ar so da yirè, ani du so ra. » 

Sikaso-nga-ru bo-ndo sya-mâ a bè ar fè ; bo-ndo mi ar fa-ra, 
nyô a b'a ra sya-mâ, malo a b'a ra sya-mâ; nisi sya-mâ bè ta, 
sarha bè ta, ba bè ta, sise bè ta, ar byè a sya dyugu-kè. Ar bè 
domu-ni-kè ra kya iii, ar byè fânga b'are ra, ar gyâ, arbô, ar gbrè 
dyugu-kè. Ditii do na, ar bô-ra so ra, ar bè kuturu-ra ar suri-la, 
ar dô na alimama gyasa ra, ar ka sd-fa-ru farha ; ar du ra so ra 
tugu, sô-fa-ru ar ma se ba ka ara mina. 

Byâ-u a bè ar fè, ar ka byâ-u ta, ar ka a dô fila-dyugu ra; Sèn- 
dere morhô-ru, ane Bâmbara byè, ar kalâ lô dyugu-kè; ar kakala 
yire ka byà lyi ka a fri so danda kâ, byâ ar ka alimama morhô-ru 

1. C'est en 1P87 que Samori vint mettre le siège devant Sikasso. 



HISTOIRE DE SAMORI 159 

farlia ; alimama a-ta marfa-ru ar ma se ka marfa-dè lyi a so danda 
suri ka a tige, so a dua gya na dyugu-kè, marfa-dè a li se ka so 
bS. 

Samori morhô-ru fôndô tè are fè ar a domîi : la mi na Sèndere- 
ru ar ka Samori me a bè na ra, ar ka malo byè tige, ka fiyô byè 
kari, ka fèm byè bo a bè kôgo ra : la fila to-ra ar ma dô ba Sikaso 
ra, muso-kàni de figele â tè sene ra, bafiyà ndè ngele a tè sene ra. 
Samori a yâ-nyini ka doni-ta-barha tyi ar tarha Wasuru ra, ar 
nyô yini, ar ku yini, ar mosonofiyô yini, ar a ta ka an'a na e. 

Samori morhô-ru ar sigi-ra kari fila, ar gya-ra dyugu-kè, ar sya 
ar fari è dimi; sô-ru ar ti se ka tarha-ma. Lôrhô tè ar fè, ar ti se 
ka two mô : sd-fa-ru ar ka na nya ar dô na Sikaso koro, ar ka 
yiri byè tige ka le ta ka ta kè : a ma to lôrhô kuru kele; Samori 
morhô-ru yâ-nyini ka ku domù a ma mô, ar bè sya-mà ar gyuri bô 
kè. Gye a ma ni, a bè gyarha, morhô sya-mà ar ka seghelè mina. 

Kyè-ba yire a-lele farha, la byè Kyè-ba a dô-ngiri-la-barha ar 
dô-figiri-la ar ko-ma gbelè-ma, Samori a ara me, ar ko : « Samori 
ye, a na na ya ka anuru muso mina, ka Kyè-ba sàni mina; a ko 
kôgo afii byè farha. A ye : a-lele kôgo a b'a farha ra. » Kyè-ba 
musoru ar kumbè-na Sikaso katorho ra, ar bè dô-figè ra, ar bè 
dô-ngiri-la ra, ar bè Samori yeni ra, ar bè a dorho-kyè-ru yeni ra, 
ar bè sofa byè yeni ra. 

La mi na alimama a ka baragi tyi Nanzara mi fè so a se-ra Nan- 
zara byè ra ar sigi-ra dugu la 1 , a a fô a ye : « X ga kardasi kè ane 
Fràzi-ru, aru n-da de-fiyorhô lo; e-le bè m va, e bè n na. Sisâ 
Kyè-ba a ka n yeni ; ni-le n di se ka a-ta so mna, a ka danda ba 
kè wolo : e gbelè ta ka a di ma, ane Nanzara kyè dô a se ka gbelè 
tyi; sisâ ni Sikaso mna, morhô byè a ye, ni m bè e ndyèri-kyè, 
morhô byè ar ka a lô. » 

Nanzara kîi-tigi a ma lo a ra. Sifiya kele, Nanzara kyè dô, ar a 
kiri Lyètenà Blze 2 , katigi ar a kiri Guvenè Blze 3 , a bô-ra Bâma- 
kwô ra, a do na Sikaso ra. Nanzara a ma dô ba Sikaso ra. Samori 

1. Ce Blanc était le colonel, depuis général, Gallieni. 

2. C'est-à-dire « lieutenant Binger » . 

3. C'est-à-dire « gouverneur Binger » . 



160 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

a ka a gyate ko Nanzara kû-ligi a ka Lyètenâ Bïze tyi a fè-so, a ka 
gbelè mi ta a ka a dari, a ka soldasi ta, an'a a bè na ra ka a di a 
ma. La mi na a ka a me ko BTze a bè na ra, fè mi adi a ye dyugu- 
kè. A ka gyô kele ta, a ka a tyi Kyè-ba fè-so ka a fô a ye : « E 
ma a me? Nanzara-ru ar bè na ra ya ka sigi-ra n-da darha-ra, 
gbelè bè ar fè; sisâ ni Sikaso mina, ni e-le mina, ni yeka ndigè. » 

A ka Kyè-ule kiri : a bè a gyô-muso kele ta de, a ka tarha 
Frâzi dugu la, a Frâzi kâ mvô ; a ka a fô a ye : « Tarha Nanzara 
kyè bè sira ra, ka a fwo. » 

Bïze a na na, Samori a ka a ye marfa fda gbàzà a bè a buru ra, 
amarhamarha-ra,akaanyini-ngakaafô: « E soldasi bè mi? » Bïze 
a ko o : « Soldasi tè m buru ra. » Samori a ko : « Soldasi mi o, fi 
ga Nanzara kû-tigi dari are ra, ane gbelè kele, ar le i buru ra? » 
Bïze a ko : « Munu? e ko di? » Samori a ko : « E ma a me? n go 
o : soldasi mi o, ni gbelè mi o, n ga Nanzara kû-tigi dari are ra, a 
bè mi? » Bïze a ko : « Nanzara kû-tigi a ma a fô ni, a ti soldasi di 
ma, e kerè-kè Kyè-ba fè-so, a ma di Nanzara ru ye.,E bè kerè-kè 
ra, a ma ni : e bè sige-ra dyugu-kè, e ti se ka Sikaso mina. » 

Alimama a ka a me, a gyusu gba-na, a ka a fô Bïze ye : « E bè 
kû-ligi Nanzara fè-so, e kerè-kè 15 : na n dyema, an darha, ni Si- 
kaso mina. » Bïze a ko o : « ES, n di nyini ka kerè-kè : m bè yara 
la ka dugu ferè, m bè tarha ra dugu byè ra ar safari-kè ta, nya fè 
mbyè ye. N di nyini ka ane Kyè-ba kerè-kè, Kyè-ba e a bè Nanzara 
ndyèri e wolo. E le bè kerè-kè ra, n di nyini ka sigi ya, n zira dari 
ka tarha. » Sisâ Bïze a ka Samori dari sira ra ka sara a ra. 

Samori a ka a fô ire ye : « Nanzara kyè a larha ra, Kyè-ba a ka 
a me, a ko Nanzara-ru ar li nyini ka n dyema, a ma ni. » A ma sira 
di Bïze ma. Bïze mi o a me-ni-kè lô kpa, a konô na la word-mvla, 
a konô na la word-mvla tugu : la byè a ka morhô kiri, a ka ara 
dari dugu byè torho ra, a ka ara dari ar sira yila ar tarha dugu mi 
na ; sisâ a ka sira byè lô a bô Samori ye ; Samori a ti se ka bô Bïze 
ye, a ka a me, sisâ a ka Bïze to a tarha a sira ra. 

Bïze morhô berè lo, a bè morhô ye : Samori a ma nyini ka a me 
wolo, Alla ka Samori bugo. 

Samori a bè Sikaso koro, a sigi-ra ta kari word-mvla ko fila ane 



Histoire de saivIori k;i 

la word-mvla ko fila 1 ; a morhô-ru wuru word-mvla ar farha-ra. 
Ar byè ar to ra ar fari è ara dimi ; nyô ndè ya tugu, ku le ya tugu, 
l'ôndô le ya; sd byè farha-ra, doni-la-barha byè farha-ra, mughu le 
ya tugu. Sisà alimama a uri la. a larba ra a-(a dugu la lugu ; la mi 
na a ka tarha, Sèndere-ru dugô-na tu ra, ar ka a morhd sya-mâ 
farha. 

Alla a ka fè mi kè : a ka Kyè-bakisi, aloraa kwo, a morhd berè 
lo wolo ; a ka Samori bugo, a ti kè-berè-kè wolo. 

La mi na Kyè-ba a farha-ra -, Babembayele-ma ra a ye, aSikaso 
farhama ya. A ka nyini ka a kè karako Samori, ka kerè-kè, ka 
morhd farha, ka muso nyini, ka gyô-u nyini. Fè mi kato, Alla ka 
a bugo e, a ka Nanzara-ru lyi, ar dô na Sikaso ra, ar du ra so ra, 
ar ka Babemba farha. So mi o, Samori a ma se kaa mina, a sigi-ra 
yi kari word-mvla ko fila ni la word-mvla ko fila, a ma a mina, 
Nanzara-ru ar ka kerè-kè la word-mvla ko fila, ar ka a mina. Nan- 
zara-ru ar gbrè ar bô morhô byè ye; Alla kele a bô Nanzara ye. 



VI. — Samori ane Frâzi ar kerè-kè lugu. 

Samori agyusu a gba-na dyugu-kè, Nanzara ar magbelè di a ma 
wolo; a ko : « Frâzi ar ma di ni e, ar bè faniyâ-ndigi; ar ka seu- 
ri-kè, ane ni ar ka kardasi kè, ar ka Alkurana domù, ar ko ar bè 
n-da ndyèri-kyè : la mi na n ga ara dari ar na n dyema, ar ma 
n dyema. » Sisà a ka kardasi mi ta, a ka a faril, a ka kardasi ta a 
fara-na, a kà tyi Nanzara kù-tigi ye ka a f6 a ye : « N die kardasi 
nyini tugu'. » 

Katigi a ka kyira lyi a tarha Amadu Seku fè-so ra. Farhama mi 
o, a torho Amadu Seku, a ka Segu sigi ka Fila-gya-le sigi, a bè ane 
Frâzi ru kerè-kè ra. Samori a ka kyira lyi a a fd Amadu ye : « I 
kele ya kerè-kè, Nanzara a se-raye ra ; ni kele n gerè-kè, Nanzara 
a se-ra na : e-le aneniam vilaandarha, e-leye Fràzi-rubugonuma- 

1. En réalité le siège de Sikasso dura 16 mois, de mai 1887 à août 1888. 

2. 28 janvier 1893. 

3. C'est en 1889 que Samori rompit le traité signé deux ans auparavant* 

il 



162 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

moro-ye, ni-le ni ara bugo siilya kele kini-moro-ye, ani se-ra are 
ra, ani ara byè farha. » 

Nanzara kû-tigi 1 a uri ra, a b6-ra Sigiri ra 2 , a ka Gyoriba tige : 
soldasi ar bè a fè sya-ma, s<5 bè sya-mâ, gbelè bè sya-ma. A tarha 
ra dorbo-ma, a dô na Kàkà na 3 ; Samori morhô-ru ar borra nyà, ar 
kasongyene. Nanzara a ka tarha-ma nya-la-kà, adô naBisâ-dugu 4 , 
Samori a borra nyà, a ka so ngyene. Nanzara a ma fôndô ye ka a 
domfl, a sye ra kwo ra, a tarha ra Sigiri la; a ka Sàkara-nga byè 
ta, ar sira Samori nyâ,abè ar kono no alimama a ara mina ka ara 
fire ka mughu sa ni so-ru sa. Nanzara a ka ara byè ta, an 'ara a 
tarha ra Sigiri la. 

Ko fila-na Nanzara-ru ar ka na tugu Sàkarâ na 5 , ar du ra Kura- 
kwo ra, ar ka Samori morhô sya-mà farha, ar ka Fara-bamina; so 
mi a bô hali. 

Samori a bori ra Kisi dugu la, a ka a fô so-fa kû-tigi kele ye, ar 
a kiri Kyè-morhô Bilali : « E sigi ya : Nanzara-ru ar ka nyini ka bô- 
ra Soso gye ba ra ka na ya, e sôngo a ra ko ar ti na ya. » Nanzara- 
ru ar sigi-ra Soso dugu la e lyâ, Samori a sira na ar tembè ta e. 

Nanzara-ru ar ka Gyoriba tige tugu 6 , ar ka dô Kàkà na, ar ka 
tarha-ma la byè. Samori morhô-ru ar dugô-na kwô tu ra' : Nan- 
zara ar ka dô yi, Samori morhô ar ka marfa tyi. Ar ka marfa tyi 
wuru-tututulu, Nanzara e ar ka marfa tyi wuru-tutututu. Sô-fa- 
ru ar bori la. Samori a sigi-ra kwô dô-gbrè koro ar a kiri Gyamfi- 
kwô, a bè ta ane a muso ar a kiri Sarana ; a ka so-fa-ru ye 
ar bè bori ra, a ka ara kiri ka a fô ara ye : « Ar lo, ar na ya! 
Ni nyini ka Nanzara byè farha bi. » Samori a ka kerè-kè gberè- 
ma, a muso e Sarana a ka kerè-kè karako kyè : fè mi lomô 
katigi ar ka a torho fari, ar ka a torho yele-ma Sarangyè*. 



1. Le colonel, depuis général, Archinard. 

2. Le 28 mars 1891. 

3. Le 7 avril 1891. 

4. Le 9 avril 1891 . 

5. Sous le commandement du capitaine Hugueny. 

6. Le 20 janvier 1892, sous le commandement du colonel Humbert. 

7. Cette rivière est connue sous le nom de Sombi-ko. 

8. Contraction de Sarana-Kyè « la Sarana mâle». 



HISTOIRE DE SAMORI 163 

Ar ka Nanzara sya-mà farha 1 . Nanzara e ar ka sd-fasya-mà farha, 
Samori le a borra tugu. 

Nanzara-ru ar ka dô Sanàkoro* : so mi o, Samori a uro-la ta. 
Gale Samori a ka so iigyene, a borra. Nanzara ar ka gyasa gbà 
Sanàkoro ra 3 . 

Samori a ka mugbu ta a bè sya-mà, a ka a dugô so ra a bè 
kôngoli kà, a torho Tu-koro. Nanzara-ru ar yire ra kôngoli kS, 
ar ka mugbu ye, ar ka ta kundo, ar ka mughu sigi ta ra, sisà 
mughu byè a bè fata-ra *. Samori a dugo-na a dua srô, a bè tu ra, 
a ka a me. Sisà a ka a dorho-kyè-ru kiri, a ka a fô ara ye : « Ani 
kana kerè-kè tugu, mughu tè ani fè tugu, Nanzara se ka ani byè 
farha : an d.arha ka dugô-na dua gya-na, ani nene-kiri, ani mughu 
sa ; la mi na ani ka mughu sa, ani kerè-kè tugu. » 

Samori a ka morhô sya-mà lyi, dô-bè ar tarha ra Manià-nga 
dugu ra, dô-bè ar tarha ra Tere-be-ngyûla dugu ra ; Tere-be- 
ngyùla ar sigi-ra gye ba koro korho b'a ra papapapa, Tô a kiri 
gyemvye ; dugu mi na, Naswara bè yi sya-ma ar bè fi-ma 3 . 

Samori morhô-ru ar ka tarha ta ar ka marfa sa, ar ka mughu sa, 
ar ka ta-kara sa sya-mà Naswara fi-ma fè ; ar ka a byè ta, an'a ar 
na na Samori fè so. 

La mi na mughu bè alimama fè, la byè a ka a me ko soldasi ar 
bè kwô tige ra, a morho-ru lyi ar soldasi farha. Doni-ta-barha ar 
bè tembè ra sira ra, Nanzara-nyô mugu a bè larha la, wala malo 
a bè larha la, wala doa-de ane marfa-dè a bè kèsu ra, ar doni la 
ar bè tembè ra : Samori a ka a me, sisà a ka morhô tyi ar tarha 
ka doni-ta-barha farha, ka doni mina, ka alarha la ka a di a 
ma. 



1. Daos ce combat, connu sous le nom de bataille du Diamou-ko, et qui eut lieu 
le 21 janvier 1892, nous eûmes trois Européens tués (dont le lieutenant Mazerard), 
cinq Européens blessés (dont le capitaine Bonnier) et sept tirailleurs sénégalais 
tués. 

2. Le 26 janvier 1892. 

3. Le poste fut construit, non pas à Sanankoro même, mais non loin de là à 
Kérouané. 

4. Le 13 février 1892. 

5. L'auteur du récit veut désigner par là les Noirs civilisés du Libéria; 



164 ESSAI DE MANUEL PRATIQUÉ DE LA LANGUE MANDÉ 

Nanzara ar ka sigi dorho-ma, sisîî ar ka dô Gyalô-nga dugu 
ra ', ar ka dô Kisi dugu ra, ar ka kerè-kè. Kyè-morhô Bilali a bè 
ta, Bakari Ture a bè ta fugu : ar ti se ka sôngwa ra ko Nanzara ar 
ti tembè. Nanzara ar dô na dugha mi na Gyoriba a bô-ra dugu 
ma*. Ar ka Bilali gbè, ar ka sô-fa byè gbè ar Kurà-kwo tige ar, 
borra ar tarha ra Konià na. 

Nanzara darha dô-gbrè 3 a ka na : ane Amara, a bè Samori de, 
ar ka bè fara kâ; Nanzara ka sô-fa sya-ma farha*. Nanzara darha 
dô-gbrè a ka na nya-la-kft,. Kôbo a bè ar kû-tigi, ar ka Samori 
gbè a uri ra Sàkarà na ; ar ka tarha-ma ar ka dô dugu mi na ar a 
kiri Nafa-na, ar ka dô so dô ra ar a kiri Gyende s : la mi na Sa- 
mori a uri ra a bô-ra Kisi dugu'la, a na na ka sigi-ra Gyende na. 
Kôbo a bè na ra, alimama a ka a me, a bè a kono no gale Kôbo a 
ka a dimi dyugu-kè ; sisâ a ka a-la nyurhô-nâ byè ta, a ka 
Gyende-nga byè ta, a ka so ngyene, a borra a tarha ra Kuro-dugu 
]a\ 



Vil. — Samori a Gyûla dugu mina. 

La mina Kôbo tarha ra, Samori a ma se ka sô ye Kuro-dugu ra, 
a ka nyini ka larha dugu mi na a bè Wasuru kwo, a korosi ka 
sd sa. A urra, a tarha ra kerè-kè dugu mi na ar a kiri Tenetu. A 
ka so mina sya-ma, a ka gyô ni sô mina sya-mâ. Tenelu-nga ar 
ka a fô Nanzara ye ; sisâ Nanzara kù-ndigi 7 a na na, a ka Samori 
gbè. Samori a sye-ko ra Kuro-dugu la. 

A ka dugu byè tya, a ka Wuro-dugu mina, a dô na tu ra, 



1. En janvier 1893, sous le commandement du capitaine Briquelot. 

2. Cet endroit est connu sous le nom de Tembi-ko-nda, c'est-à-dire « bouche 
(ou source) du Tembi-ko »; le Tcmbi-ko est l'une des rivières qui, en se réunis- 
sant, forment le Niger. La colonne du capitaine Briquelot y parvint le 7 mars 1893. 

3. Colonne du capitaine Dargelos. 

4. Le 5 février 1893. 

5. Il s'agit ici d'Odienné, dans le nord-ouest de la Côte d'Ivoire. 

6. Février 1893. 

7. Colonel Bonnier, 



HISTOIRE DE SAMORI 165 

morhô ar bè yi ani ara kiri Lô, Tô ara kiri Guro : ar morhô sorho 
domîï. Katigi alimama a ka Syekoba tyi, a ka Segela mina, a ka 
Nanzara kyè ngele farha 1 . 

Kuro-dugu ane dugu byè Gyiila-ka ar sigi-r'are ra, ar lui masa- 
kyè ko-ma me kya ni : Samori a ka a 15. Watara kabila a se-ra 
dugu mi byè na: Samori a ka a lô. Sisà a ka kyira-ru tyi ar iarha 
KO na ar dyigi-ra masa-kyè fè-so ra. Masa-kyè mi o, a lorbo bè 
Kara-morhô Ule Watara ; a ndorho-kyè torho bè Gyarawari 
Watara. Kyè-morhô-ba e a bè Kû na, alimama lo, a torho bè 
Silafa Sarhandorho. Samori a ka gyô-iigyè ta a bè kyeme kele, a 
ka gyô muso ta a bè kyeme kele, a ka ara byè di Watara ma \ A 
ka baragi tyi are fè, a ko : 

« Kardasi mi e a bô-ra m buru ra, ni-le Alimama lo, Amirulmu- 
menina ; il ga kardasi kè ka Kara-morhô Ule fwo, è morhô berè lo, 
ka Gyarawari fwo, è naforo-tigi lo, ka Sitafa fwo, è mori-ba lo, ka 
Watara byè fwo, ka mori kyè byè fwo, ka mori muso fwo. 

« Ni a fô ye, il go o : Naswara ar ka il gerè-kè, ar ka n-da dugu 
mina ; nina na Kuro-dugu ra, ni do na la n ga Gyiïla ye sya-mà, 
n ga Maraba ye sya-mà, ar byè ka Alla lô, ar ka Mohamadu lô a 
bè Alla nabiu : Walara se-ra ar byè ra, il ga a lô. 

« Fè mi lomô n ga a fô ye ko n di nyini ka kerè-kè mori dugu 
ra, n di nyini ka Kû mvarha, alkurana-tigi b'a ra sya-mà wolo, 
kara-morhô kyè b'a ra sya-mà. N di ilyini ka mori kyè-ru mina 
ka ara tire; n di ilyini ka ar-ta fè gyàgyà ; n di nyini ka ar nyô 
mina ane fè mbyè a bè ar kôngo ra. Ni kerè-kè kafiruna ra gbànzà, 
ar a kiri Bàmbara. 

« An 'aluru n ga safari-kè, a kya iii : ni morhô tyi ar larha are 
fè-so, ar gyô ta, ar sàni ta, ar marfa sa i fè, ar mughu sa, ar sd sa. 
Aluru ane Nanzara mi ar sigi-ra gyemvye ra kini-moro-ye, ar 
ndyèri-ni bè 3 : aluru ar sàni ta, ar tarha Nanzara fè-so, ar marfa sa 
Nanzara fè, ar mughu sa, ar a tire m vè. Aluru ane Kehge-dugu- 



1. Il s'agit du capitaine Ménard, alors en mission dans cette région. 

2. C'est vers la fin de 1893 que Samori fit des propositions aux chefs de Kong. 

3. Allusion au traité passé par M. Binger avec les chefs de Kong. 



166 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

nga ar ndyèri-ni bè : ar n-da gyo ta, ar tarha Babemba fè-so, ar 
sô sa a tè, ar a fire m \è. 

« Ye fè mi kè, n garra ni ti du ye-ta so ra. » 

La mina Kara-morhô Ule ka kardasi mi ye, a ka kyè-morhô byè 
kiri; Sitafa e aka mori-ba byè kiri, ar kumbè-na. Kara-morhô Ule 
a ka ara nyini-nga a ko : « Ar bè muni gyate ra ar kono no? » Ar 
byè ko : « Alimama Samori a ka ko-ma fô kya ni : arawam vè mi 
kè; a ti kerè-kè ya, ani-ta so ba ma ngyene-na karako so mi o ar 
bè sya-mâ ar ma alimama ko-ma me. » Sinyakele, Watarakyè dô 
bè ta, ar a kiri Kerè-tigi, gale a ka kerè-kè wolo ; a ka a fô ara ye : 
« La mi na Samori ka nyini ka Kyè-ba tyà, Kyè-ba sigi ra so ra, 
Samori ma se ka du so ra. Mune-kato ani ti a kè karako Kyè- 
ba?» 

Kara-morhô Ule a ka a f ô : « Kyè-ba a se ra a kerè-kè kya ni, 
a-ta morhô byè se ra ar kerè-kè kya ni; anuru le, ani se ka sa- 
fari-kè gbânzâ, kasyeri-kè, ka kara-ngè, ka kardasi seu-ri-kè; ani 
ti se ka kerè kè. » 

Soroiigi kyè*kele a bè ta, ni fiina na a torho kwo, a ko : « Ani 
ka Samori ko-ma me, ani ka fè mi kè a di Samori ye, Nanzara a 
gyate ane Samori ani ndyèri-ni bè, ar na ya ka kerè-kè ka ani-ta 
dugu tyâ. Kardasi mi e a bô-ra Samori buru ra, an a la, an darha 
ka a di Nanzara kyè mi ma a na na ya nyâ, an 'a ani ka kardasi kè, 
a sigi-ra Basami ra. » 

Watara-ka-ru ar ka a f ô : « Basami a gyâ : kyira a ka tarha ta, 
a ma na ba ya tugu, Samori a ka ani-ta so mina ka a tyà, a ka ani- 
ta mnso mina, a ka ani-ta dè-u mina ka a fire. » 

Fè mi kato ar ka a fô Samori kyira. e ko an 'aanïyini kasafari-kè. 
Kara-morhô Ule ni Gyarawari ar ka sd ta, ar ka mughu ta, ar ka 
marfa ta sya-mâ, ar ka a di Samori kyira ma ar alimama so fè 
nzya ma na. La mi na ar ka fè mi kè, ar fye-na, are iiyâ-dê a tugu- 
ra : ar ma Samori 15, ar ma Nanzara 15 nya-la-kâ. 

La kele na, kyè-morhô dô a torhô bè Mori a bô-ra Sarha-ra, a 
bè kerè-kè ra Tagbona-na. A ka Tagbona mna sya-mâ, a ka ara 
fire Baule na Tô mvè ka mugu ni marfa sa. Fè mi lomô e ka Tag- 
bona ye sya-mâ ar bè gyô Tô mburu ra. 



HISTOIRE DE SAMORI 167 

Samori aka Mori kiri, a ka a nyini-nga ar filaar ndyèri-ni bè, 
a ka a nyini-nga a lo-ra a-le kwo, aka a fô a ye : « Ye ka kerè-kè, 
ye ka marfa soro ni mughu soro, a di ma. » Mori le aka fè mi kè : 
sisâ Samori a gbrè ya tugu. Kfi-ngaar kasô sya-mà di a ma, arka 
mughu sya-mà di a ma ; Mori e kerè-tigi sya-mà b'a fè : Samori a 
bô ya a gbrè dyugu-kè. 

Sisà Samori a ka Tagbona byè mina ka ara gyô kè ka ara ta ar 
tarha Kû na, a ka ara lire Kfi-nga fè. La mi na Gyiila kyè dô a bè 
Tagbona-na, a torho Ali Baba Watara, a sira na, a tarha ra, a dô 
na Gimini ra, aka tarha ka kû-ndigi byè fwo, an 'ara a ka ko-ma 
kè. 

La mi na De-mba Watara, gale a farhama lo a Gimini byè sigi, 
a farha-ra : Alla a ni sigi a fè-so ra ! De-mba Watara a ndorho- 
kyè, a torho bè Burama Watara, a bè Darha-ra sigi-ra, a Dawa- 
kala sigi, a Gyùla byè sigi Gimini ra. Bàmbara kyè de, a torho 
Namborhosye, ane Bàmbara kyè dô-gbrè, a torho Peminyà, ane 
Peminyâ de ngele, a torho Kitara Sara, ar saiia kyè-morhô-ba lo, 
ar bè Wàdara-ma sigi-ra, ar Sokola sigi, ar Gimini Bàmbara byè 
sigi, ar torho ni-ma bè Kyepere. 

Ar byè kumbè-na ka ko-ma-kè, sinya kele Nanzara kyè dô a na 
ra, a dô na dua kele na, a bè bô-ra tu ra; a torhô te-le bè Kapi- 
tènu Marsà, Tô ar ka a torho yele-ma Kpakibo '. Gimini kû-ndigi- 
ru ar-ka a fô a ye : « E ma a me? Samori a' ka Kuro-dugu mina, 
sisà a bè kerè-kè ra TagJjona-na, la dorho-ma a na ya. De-mba 
Watara a bè aiïi-ta kû-ndigi nyà, a farha-ra, (Alla a ni sigi ali- 
gyenna ra !), ane Nanzara kyè ar a kiri Blze a kardasi kè : e-lele 
bô-ra Blze fè-so ra, e Bîze ko-ma ta ka a fô, a fô ani ye : am 
muni kè? Ani ma bô, ani ma tote gbelè-ma, an di se ka kerè-kè 
Samori ra. Nanzara ar ka nyini ko ani kerè-kè, ar soldasi ta, ar 
na ya ka aiii dyema. E ko di ? » 

Kpakibo ko o : « Ni nyini ka tarha n dô-na Kû na n go-ma-kè, 

1. Le capitaine, depuis Jieutenant-colonel Marchand, est connu parmi les indi- 
gènes de la Côte d'Ivoire sous le surnon de Kpakibo, qui veut dire en agni « celui 
qui fend la forêt, l'ouvreur de routes ». C'est en avril 1894 que se place la visite 
du capitaine Marchand aux chefs du Guimini. 



168 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

ane Watara-ru ni ko-ma-kè. Katigi n zye-ko n darha Guvenè Bïze 
fè-so ka a f ô a ye a Nanzara tyi sya-mâ, soldasi b'are fè, gbelè 
b'are fè, ar na ya ka aluru ndyema. Arma na ba, Samori a dô-na 
ya ka kerè-kè, aluru ar kerè-kè gberè-ma, ar ni konô : ni na o 
ndorho-ma, ni soldasi ta sya-mâ, an 'ara ni na ya tugu. » 

Katigi Kpakibo a tarha ra, a do na Kù na. Kû-nga-ru ane Nan- 
zara ar kakardasi kè folo-na, ane Samori ar ka kardasi kè fda-na, 
ar Kpakibo ta ar a sigi ar fè-so ra, ar Kpakibo gbè kene-ma, ar 
muni kè, ar ma a lô. A bè sya-mà ar uri ra su ra, ar tarha ra Gya- 
rawari ta lu ra, ar ka afô a ye : « E yâ-nyinika Nanzara kyè saiia 1 
mina ar bè ya, i ar kù digè, i ar kfi da i tarha a di Samori ma : e 
ka fè mi kè, a kya ni hali; Samori a gyiisu sumà-ni bè kpa, a ti 
ani dimi fyefyefye o. » 

Sisà Gyarawari ka Sitafa Sarhandorho kiri ka a ko-ma me, a ka 
Silafa nyini-nga sira ra ko a Nanzara farha. Sitafa a koro-ni bè, a 
mori-ba bè, a ka Alkurana lô kya ni, a ka ko lô kpa ; a ka a fô a 
ye : « A sewè-ra Alkitabu ra : londa mi e a sigi-ra i fè-so ra, a bè 
la ra i-ta bô-ngû-na gyii-koro, ye kana a dimi. » Sitafa a ka a fô te, 
ar ka Kpakibo to. Kû-nga-ru e, Kpakibo a sigi-ra Kù na, fè mi ma 
di ara ye. 

Katigi Kpakibo sye-ko ra, a ka tarha Basami ra. La mi naa urra 
a tarha ra, Samori a ko : « Ni nyini ka tarya kaGimini mina gyona- 
gyona; la dorho-ma, Kpakibo a ka soldasi ta a na ya tugu, n di se 
ka Gimini mina. Gimini-nga aru naforo-tigi lo : morhô b'a ra sya- 
mà, muso b'a ra sya-mâ, de ndorho-ni b'a ra sya-mâ, nyô bè yi, 
mosono-nyô bè yi,kubabè yiadidyugu-kè,nisi bè yi sya-mâ, sarha 
bè yi, ba bè yi, tu sorho bè yi, gyese bè yi ; ar fâni dâ kya ni, ar 
deiiè dâ kya ni : fè mbyè bè Gimini ra sya-mâ. Wan darha ka fè 
mi byè mina : Fràzi soldasi a ma dô ya ba, n ga fè mi byè mina, 
a di. » 

Samori a ka ko-ma fô te, a ka gyu-tigè ka Gimini tyâ : Gimini e 
ni-ta dugu lo, m va la bugu lo; n goro-kyè byè dô-na Gimini dugu 



1. Ces trois Blancs étaient : le capitaine Marchand, l'explorateur Moskovitch et 
le douanier Bailly. C'est le 30 avril 1894 que le capitaine Marchand arriva à Kong. 



HISTOIRE DE SAMORI 160 

gyu-koro; Alla a Samori farha! a Samori dù-u farha! ar byè ar 
tarha dyandaraa ra! 



VIII. — Samori a Gimini mina. 

La dô ra am bè-ni De-mba gyasa-kono no ; la kele morhô-ru 
uri-ra sorho-ma ka tarha kôngo, ar bè tu uri ra, ar ka sô-tigi ye 
è na, ar ka a fô so ye, ar ka sô kiri ka la ar kâ ka morhô nani kfl 
tige. A-to ar ka bori ka na a fô kerè a bè na ra. Morhô byè ka 
raarfa ta, ka kala nda, ka bô sira ra, ka kwô lige, ka kerè la. Sd-fa 
byè ka kumbô, ar ka marfa tye, ka morhô-ru ta, ka do-na so ra', 
ka dugu gyene. 

Gimini-nga-ru ar borra, ar byè do na dugha a gya-na ; ar ka 
kumbu bô, morhô byè ka Burama kiri, ka Kosi kiri, ka Peminyà 
kiri, ka Folô-u kiri,"ka Gyula-ru kiri, ka Kitara Sara kiri, ka Bàn- 
dorho-ka ngiri, ka Bigyala-nka ngiri, kaKpana-nga ngiri, kaKum- 
bele-nga ngiri, ka Wolo-nga ngiri, ka Tagbona-nga ngiri; ar byè 
ka na, ka kumbè-na Dawakala. 

Sarangyè Mori" a ka gyasa gbà, a-ta gyasa kele, Syekoba la 
kele, Sàngwola ta kele, Foruba Musa ta kele. Sô b'ar fè sya-mâ; 
sô-tigi bè kpa na, ar bè bori ra gbèndige-ra : muso ru bè tembè ra, 
dè-u bè tembè ra, sô-tigi ar ka ara mina, an' araarka tarha. 

Gimini-nga ar ti sira, Kyepere ti sira fôndô nyà. Ar ka kala nda 
ka byâ mvri sa na ka sô-fa sya-mâ farha ar bè gyasa ra. Fè nzya- 
mà tè ani fè ani a domù, ani bè Rpakibo kono na, Kpakibo e ma 
na. 

La mi na morhô dô a bè Dawakala ra, ar a kiri Mamudu Wa- 
tara, a bè sira na dyugu-kè; a uri ra su ra, a ka so da kele yirè, a 
ka Sarangyè Mori kiri. Sarangyè Mori na na, ane sô-tigi byè a du 
ra so ra, ar ka morhô byè farha ar bè ta. Ar ka Namborhosye 
farha, ka Peminyà farha, ka m va farha (Alla a ni sigi a fè-so ra!), 

1. La ville dont il s'agit est Darhara, dont l'attaque par les bandes de Samori eut 
lieu en octobre 1894. 

2. Ce lieutenant de Samori est le fils de sa femme Sarangyè, d'où son nom de 
Sarangyè Mori « Mori, fils de Sarangyè ->. 



170 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

ka kyè-morhè byè farha, ka morho byè farha ar fari è dimi, ar ma 
kende, ar ma se ka bori. Mamudu le kele, an a-ta muso-ru an 'a- 
ta dê-u, ar ma are farha. 

Sisà Burama ka a-ta morhô-ru ta, an 'ara a borra, a larha ra 
Satama Gyambala ra, a sigi-ra Kara-morho Ali Watara fè-so ra. 
Burama ndorho-kyè, a torho bè Dala Watara, a bè Sorongi, ane 
Namborhosye ta de, a torho bè Latè, ane Pemiiïyà nda de, a torho 
bè Kitara Sara, ane ni-le, am byè borra. Sarangyè Mori kaani 
muso-ru ta, ka ani dè-u ta, ka ani gyô-u ta, ka ani so-ru ta, ka ani 
nyurhô-na mbyè la, a ka fè mi byè di a fa ma. 

La mi na ni uri ra Dawakala m bè borra, a bè n gono no, n 
gyiisu n dimi dyugu-kè : morhè sya-mà a farha-ra, su bè sira byè 
kâ, kù a tigè-ra bè yi sya-mà; m bè tarha-ma ra gyuri ra, n zë ule 
ya. Samori mi o an 'a de Sarangyè Mori, ar ka m va farha, ka n na 
farha, ka n dorho-kyè farha, ka n dorho-muso farha, Alla aru-le 
farha, ka ara tyâ, ka ara farà, ka ara ngyene dyandama ta ra! 

Katigi Sarangyè Mori kaSokola mina, a ka Wàdara-ma mina, a 
ka Gimini dugu byè mina, a ka kyè byè mvarha, a ka muso byè 
ane de mbyè gyuru la mina. 

La mi na tere mana-na tutulutu, a gba-na dyugu-kè; foiïyô gya- 
ra kpa : kari fila, sâ-ngye ma be ko kele; kwô byè gya-ra, gye t'a 
ra tugu fyefyefye o. Samori marfa-tigi gye ara farha; nyô ma se 
ka fale sene ra. La mi na mori-ba kele a bè Wàdara-ma, a koro- 
ni bè dyugu-kè, a ku-nzigi gbè-ra; a ka tarha Makka ka alhigyi 
la, a ka fè mbyè 15, a n-da bèma lo, a gyamù bè Kurubari, a torho 
bè Wèngye 1 . Samori ka a kiri ka a fè a ye : « Tarha syeri-kè ka 
Alla dari a sâ-ngye be dugu ma. » Kyè-morho-ba mi o a ka syeri- 
kè, a ka solatu-gbawali la, a ka tasabia fô, a ka syeri-fa-ra la, a ka 
tasabia fè, a ka leasara la, a ka tasabia fô : solatu-fitiri a ba-na, 
sisà sâ-ngye bè na ra, a be-na gberè-ma la syegi. 

Samori a ka a ye, a ka a-ta morho byè kiri, a ko : « Morhè kele 
a ka korho de mvitini sonya Wèngye ta fè, ni morho mi kù 



1. Ce nom de Wèùgye, qui est un nom sénoufo, indique que le marabout dont il 
s'agit n'était pas de pure race dyoula : c'était en effet un Soroiïgi. L'événement en 
question s'est passé au mois de janvier 1895. 



HISTOIRE DE SAMORI 171 

ndigè. » Fè mi kalo Wèiïgye se ka sigi-ra Wâdara-ma : morhô dô 
ma a dimi. 

Samori ka a-ta-muso Sarangyè kiri, a ka a d<1 Sarangyè Mori 
kiri, a ka kerè kfi-tigi byè kiri, ka Foruba Musa kiri, ka Syekoba 
kiri, a ka a fè a ye : « Sisà n darha kerè-kè Babemba fè-so ; aluru ar 
sigi ya Gimini ra : Sarangyè Darha-ra sigi, Sarangyè-Mori Dawa- 
kala sigi, Syekoba Sokola sigi, Foruba Musa Wâdara-ma sigi. Gi- 
mini morhô-ru ar borra a tarha ra Satama, armarfa-tigi tyi ka ara 
mina ; Nanzara ar na na ya, ar Nanzara gbè. » A ka a fô te, a tarha 
ra. 

Babemba a gbrè Samori ye, a ka Samori morhô-ru farhâ ar-bè 
sya-mft 1 . Samori a sye ra a kwo, a sigi-ra Gimini tugu. 

La mi na Nanzara kù-ndigi a siri-ra Basami ra, a ka soldasi uri 
sya-mà, ar bô-ra gyemvye ra ar tarha ra : sô bè ar fè, gbelè bè ar 
fè. Nanzara kù-ndigi ka a di Kulunèru 2 ma, a ka a di Kpakibo ma, 
ar tarha ra ka kerè-kè ka Samori farha. Nanzara soldasi ar Baule 
tembè, a ma di Tô ye, Tô ka marfa tyi ka soldasi farha, ane Nan- 
zara ar ka kerè-kè. Fè mi kato Nanzara ma dô Gimini ra Samori 
nya na, Tô ngato Samori a ka Gimini tyà. 

Kulunèru a ka morhô tyi ara kiri Osmana Mandao 3 , a ka kar- 
dasi di a ma, a ka a fô a tarha Samori fè-so a kardasi di Samori 
ma; kardasi mi a ko Gimini Fràzi ta lo, Samori a dugu mi to, a 
ma a lo, kerè na sisà. 

Osmana ka tarha, a do na Gyambala ra, a ka Burama ye. Burama 
a ma nyini ka sira di a ma a tarha Alimama fè-so ra, a ka a fô Os- 
mana ye : « Samori le bè ta, n ga sira di i ma; a tè ta, a muso bè 
Gimini ra an' a de, ar morhô gyarha lo : ye tarha ra ar fè-so ra, ar 
i kfi ndigè. » Osmana sigi-ra Satama. 

La mi na Kulunèru ka Osmana ko-ma me, a bè Tumodi ra : la 



1. Cette défaite de Samori par Babemba eut lieu en février 1895. 

2. Kulunèru est ia déformation du mot « colonel » ; il s'agit ici de la colonne 
du colonel Monteil, qui, arrivée à Grand-Bassam en septembre 1894, fut arrêtée 
par la révolte des Baoulé et ne put arriver au Guimini qu'en mars 1895. 

3. Osman Mandao, interprète sénégalais, qui fut tué dans la suite au retour de 
la colonne. 



172 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

kele a uri ra\ a tarha ra Kofi-dugu ra, a ka Kpakibo kiri ka a fô a 
ye : « Tarha Gyambala ra. » Kpakibo a tarha ra, a dô na Satama 
ra. Aûi ka a ye, ani ko-ma-kè, fè mbyè a kè-ra dugu la, ani ka a 
fô a ye; a ka a me, a bè kasi ra dyugu-kè, a ko : « Ni myenè ra 
dyugu-kè, a ma ni. » A ka a fô te, a ka tyl fô : a do na ya gyona, 
a Samori gbè, Gimini e ma tya-na, Kpakibo fè lô wolo, a li sira 
fùndô nyâ. 

Kpakibo uri ra, a ka Lafiborotembè; a ka kwô tige a bè Lafiboro 
kwo, a ka Foruba Musa mofhô-ru bè, a ka Syekoba morhô-ru bè, 
a ka ara gbè. Ar borra ka tarha a fô Foruba Musa ye aue Syekoba 
ye : « Kpakibo a bè na ra! » Sisâ Foruba Musa ka marfa-tigi byè 
kiri, Syekoba e ka marfa-tigi byè kiri, ar na na, m ma se ka ara 
kasami, ar bè Kpakibo mameni ra. Su ra ar ka kerè-kè, sini la ar 
ka kerè-kè tugu 2 . 

La saùa-na Kulunèru na na ya ane soldasi ya-la-kâ, ar sô-fa byè 
gbè 3 . Katigi Nanzara ar do na Sokola 4 : sd-fa-ru borra nyâ, ar ma 
ar sye nzoro ka iiyô la an 'a tarha, Nanzara soldasi se ra ka domu- 
ni-kè kpa. 

La mi na Kulunèru ka a me ko Alimama bè Dawakala, sisâ a ka 
tarha ka a mina. Alimama le ka a me, akaafô Sarangyè Mori ye : 
a Sigi ya, ane Foruba Musa ar Nanzara lo la kele ; ar bè kerè-kè 
ra, ni sara m bori. » 

Sarangyè Mori a ka Nanzara sira bila ar bla-nya na; ar bè kwô 
tige ra, Sarangyè Mori barra ar nya na, Syekoba a barra ar numa- 
buru ra, Foruba Musa a bari ra ar kini-mburu ra, a bari ra ar kwo 
ra. La mi ra Kulunèru a tye-na, a dami-na a wolo ra 5 . Nanzara ka 
sd-fa byè gbè; tere bô-dua tugu, ar dô na Dawakala : morhô dô 
tè yi 6 . 

Kulunèru a ko : « N-da soldasi, marfa-dè nd'ar fè sya-mà, ar bè 



1. Le 15 février 1895. 

2. Journées des l or et 2 mars 1895. 

3. Le 3 mars 1895. 

4. Le 7 mars 1895. 

5. Le 14 mars 1895. 

6. Le 15 mars. 



HISTOIRE bÈ SAMOUI 173 

sya-mà ar dami-na, ni-le n dami-na. » A ka a fô le, a sye ra akwo. 
A ma dû ba Lafiboro ra, Foruba Musa a ka marfa tyi a ra, ar kerè- 
kè dyugukè 1 . A ka larha-ma la kele ya-la-kà, a do na Satama ra 2 . 



IX. — Giminifiga ar-ta dugu to ka tarha sigi Nanzara buru ra. 

Kpakibo a ka Gyùla kû-tigi byè kiri, a ka Bàmbara kû-tigi byè 
kiri, a ka a fô ara ye : « Soldasi ma tote aiii fè, mughu ma tote 
ani fè, aiii ti se ka kerè-kè tngu ; soldasi sya-mà ar dami-na, ar ti 
se ka larha-ma. Fè mi lomô, ani sye-ko ka larha gyemvye da ra; 
la ngberè, n na ya lugu, ni Samori gbè Gimini kwo : Frâzi ar ti 
iïina ar ko-ma kwo fyefyefye, ar (i îiina ane Gimini-nga ar dyèri- 
ni bè. Sisâ, ar kana sigi ya : aluru sigi ya, la mi na ani larha ra, Sa- 
mori na ya ka ara mina, a ar kù lige aiii lomô, a ar muso ni dc-u 
mina ka a lire. Ar-la dugu lo, Samori ka a tyà, uri, ane ni ar larha 
Baule ra. Nanzara-ru bè ta ar Tô-ra sigi, aluru sigi-ra ar koro-ya, 
ar so-ru lo, ar bô-u kè, ar sene kè; ar konô ta kari luri wala kari 
■\vord wala sa ngele ; ar konô na ndorho-ma, Nanzara masa-kyè 
ba a sigi-ra Fràzi dugu la a soldasi ta sya-mà ka a di ma, ni na ya 
tugu, ani kerè-kè Samori ra gberè-ma ka a mina ka a farha : la 
mi na, aluru ar larha Gimini ra tugu. Uri, ar muso ta, ar de nda, 
ar nyurhô-na nda, ar doni ta, arawan darha. » 

Burama Watara a urra gale a larha ra; a ka a-la morhô-ru la, 
a ka marfa-ligi (a sya-mà, a ka tarha Bolugu ra, a dyigi-ra a de- 
nyorhô fè-so ra, a lorho bè Agyumani, a Gamà ndugu sigi 3 . 

Kpakibo ka a fô Dala Watara e : « E-le ya Gimini-nga sigi sisà: 
e Gyiila sigi, Kitara Sara e a Bàmbara sigi. » Namborhosye ladf, 
ar a kiri Latè, a bè koro-kyè Kitara Sara ye; a koro-ni bè dyugu- 
kè, a ti se ka ko-ma-kè, morhô dorho-ni ar ti a me : fè mi kalo 
Kpakibo ka a fô Kitara Sara a Bàmbara byè sigi. 

1. Le 16 mars. 

2. Le 17 mars 1895. 

3. Agyumani ou Adjoumani, roi de Bondoukou, n'était pas en réalité le parent 
de Bourama Ouatara : l'expression de « frère » est donc employée ici au sens 
figuré. 



174 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Sisâ Dala ka Gyiila byè kiri, ka Sorongi byè kiri, ka Kari-Gyula 
byè kiri, ar byè na na. Kitara Sara ka Kyepere byè kiri, ka Tag- 
bona byè kiri, ar byè na na. Ar byè kumbè-na, Dala a ko o : 
« Munu di aluru ye? are nyini ka sigi ya, wala ka Kpakibo bila-sira 
Tô ndugu ra? » Gyiila ane Sorongi ane Kari-Gyiila ar byè kaafô : 
« Ani yini ka Kpakibo bila-sira,, ani Nanzara ta lo. » 

Kyepere ar li ko lô kpa, ar ti delege dô, ar ti fàni bili, ar bila 
ngele siri, ar ti Mohamadu sira lô, ar kafîruna bè; la mi na ar bè 
kerè-kè ra, ar ti sira; ar ka a fô Kitara Sara ye : « Ani sigi ya, ka 
kala nda, ka bya nda, ka kerè kè; ani tarha Tô-ra, ani a gyate 
Nanzara ani ta ka a fire Tô mvè. » 

Kitara Sara ka a me, a gyusu gba-na dyugu-kè, a ka a f6 araye : 
« Ar ma Nanzara lô? Ar ma Bïze ye a na ra ani dugu ra folo-na, 
ane m va a ka kardasi kè? a ka gyô mina? a ka gyô-u fire? Nan- 
zara ar ma na ya ka lo ani kwo ka kerè-kè ani lomô? n go o : Nan- 
zara ko-ma a bè kele. Ar nyini ka sigi ya? ar sigi, Samori a na ka 
ara mna sisS; ni-le n darha n zigi-ra Nanzara buru la: la mi na 
Nanzara ka tarha gyemvye kwo, ni-le n darha. » 

Kyepere -ru ar ka a me, ar gyusu ka ara dimi, ar ka a f ô : 
« Anuru e a byè an darha. » 

Sisit Kpakibo ane Kulunèru uri ra Satama ra'. Ar ka Kulunèru 
sigi gyô kâ, ar gyô siri koloma na, ar koro ta ka a la ka na ; 
cyuri b'a fè lomô, a ma se ka tarha-ma. Soldasi delege a fara-na 
tu ra ; la mi na ar ka Samori morhô-ru farha, ar ka delege ta, ka 
korho-ra ta, ka kursi ta, ka bâ-mvila ta, ka liuri ta, ka saura 
ta, ka a dô. Nanzara ka na ïiyâ, so b'ara fè sya-ma : ar byè farha- 
ra, sô ti se ka kende Tô ndugu ra ; Nanzara ka sô-ru ta Samori fè, 
arkasd-fele mvila ta. Gbelè-ru e, soldasi ara sama, sô byè farha-ra 
wolo. 

Gimini-nga byè mi o ane Burama ar ma tarha, ar ka tarha-ma ka 
gba Kpakibo ra : ar bè wuru ta. Muso bè sya-mâ, de mbè sya-mâ : 
ar byè mi sô-fa ma ara mna, ar ma ara farha, ar byè bè ta. Kyè 
koro-ni ane muso koro-ni ar bè sya-mâ; kâ-mbere ane Burama ar 
tarha ra. 

1. Le départ de Satama eut lieu le 24 mars 1895, 



HISTOIRE DE SAMORI 175 

Kara-morho Ali ane Gyambala Gyûla-ru ar lo-ra kwo Aari dugu 
ra: Aari Tô lo, ar sigi-ra Nzi koro. Gyambala-nga ar sigi-ra 
la-mvè, ar ka so ba lo ta-mvè. Gimini-nga ane Tagbona-ïïga 
dô-bè ar ka tarha Tô kû-ndigi kele fè-so ar a kiri Gbwèke ; 
kyè mi o ka dugha di ara ma ar so kè ta, dugha mi ar a kiri 
Kpakporesu. 

Gyambala Bàmbara-ru, ar-ta kû-tigi bè Borombo ni Borombo de 
a torho Kegyà : a byè tarha ra Nanzara buru ra. Am byè bè wuru 
ta. Tere bô-dua, nyà-morhô a bô-ra Salama kene-ma ; syeri-fa-ra 
kè-ra, kwo-morhô a bô-ra. 

Soldasi an 'ani ar bè tarha ra ar ma sya. Foruba Musa sd-tigi ar 
tembè ra kini-mburu ra, dô-bè ar tembè ra numa-buru ra, ar ka 
darha tige, ar bè tembè ra, ar ka muso mina a dè-u mina. Muso- 
ru bè kumbô ra. Nanzara ar ka a me, ar borra ka na ka marfa 
tye : sô-tigi-ru ar bè bori ra gyona-gyona, ar tarha ra ar dugô-na 
tu ra. 

Su ra, sô-fa-ru ar kuturra ar ka tarha ka darha-ra mameni, 
karako surugu ar sarha gyasa mameni ; ar bô-ra tu ra, ar bila ra 
nyà, ar ka muso mina, sisà ar borra. Kpakibo an 'a dorho-kyè ar 
ka kerè-kè dyugu-kè, ar ka morhô sya-mâ farha. Kpakibo dorho- 
kyè a ka Syekoba tye ka a farha '. 

La mi na ani du ra Tô ndugu ra, Tô ka a kè karako sé-fa-ru. 
Samori ka gyô nzya-mà ta ka a di Tô ngù-ndigi ma, a ka a fô Tô 
ye : « Ar ni dyema : Nanzara bè tembè ra sira ra, ar marfa tyi ka 
Nanzara farha, ar gyô-u mina ar buru ra. » Samori a ka a fô ani 
bè Nanzara ta gyô. Tô ar ka ani dimi dyugu-kè. La byè ar ka marfa 
tye : sorho-ma ar ka marfa tye, tere-ra ka marfa tye, ula-ra ka 
marfa tyi tugu. Tô ar ka Gimini-nga mina ar morhô wuru kele 
tembè, ar ka ara sigi ar-ta fè, ar ka ara fire dua gya-na. 

Tarha-ma a ba-na, aili do na Kofi-dugu-ra 2 . Nanzara ar sigi-ra 
ta bô mba ra. La mi na ani do na Kofi-dugu ra, Tô ar ma ani dimi 
tugu, ar sira na Nanzara nya wolo. Nanzara kyè a ka Baule sigi a 

1. Ce «jeune frère » du capitaine Marchand n'était autre que le capitaine, depuis 
commandant, Baratier. 

2. Le 29 mars 1895. 



176 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

torho Komâdà Nebu 1 ; a morhô berè lo, a ko-ma te-le fô. Kpakibo 
ka ani ta ka ani sigi Komàdà Nebu buru ra; katigi ane Kulunèru 
ni soldasi byè ar larha ra. A to ra soldasi kyeme tara gbànzâ, ar 
sigi ra Kofi-dugu la. 

Fôndô tè ani fè, kôgo bè ani ra : Samori a ka fè mbyè la ani fè; 
la mi na ani bô-ra Gimini ra, ani tarha-ma, ani dô na Kofi-dugu 
ra, kari kele na, ani ka yiri lila-buru domù; bi a bè dugu ma, ani 
ka a lige ka a domù. Bilà-l<oro ar ka tumbu mna, ar ka ïiinâ mina, 
ani ka a domfi. Ani byè a sige-ra dyugu-kè; kyè-morhô ar koro-ni 
bè ar ma se ka tarha-ma tugu, ar farha-ra, ar sya ra kôgo ka ara 
farha. 

Ani ka ku nyini ka a sa Tô mvè, ar ka ani yeni, ar ka ani kiri 
Kaga : ye Tô k?L mvô, e ko-ma mi fô, Kàga, e gyô mvo; Tô-u ar 
Gyiila byè ni Bàmbara byè torho ye-le-ma Kaga. 

La mi na n ga muso-ru ye ar si gya-ra, nono t'a ra, de ndorho- 
ni b'ar fè, de ndorho-ni bè farha-ra ar-ta na buru ra; n ga kyè- 
morho ye sya-ma, Samori a ka ar d8 ngyè-u farha, a. ka ar dè- 
muso-ru mina, morhô dô t'ar fè a fila kè ka a di ara ma, morhô tè 
a ara dyema larha-ma ra. Ar koro a diflga sorhô ar gbulo ra, ar 
s5-u gya-ra karako kolo-mà ; ar bè la ra sira kâ ar ma se ka uri, ar 
farha-ra ta. 

Ni-le, la mi na n dô na Kofi-dugu ra, ni bè karako morhô a farha- 
ra; n-da muso a fatuo-ni ya; n-da de muso-kele, a bè su-nguru rïi- 
ma, kôgo b'a ra, a farha-ra. 

La mi na n gono-gyale, fè mi byè ni a gyate il gono no, ni bè 
kasi ra la byè, bi m bè kasi ra tugu ; ni Alla dari a Samori tyà, a 
Samori de mbyè farha, a Samori morhô byè farha : Samori mi o 
a ko a-lele bè amirulmumenina, a morhô dyugu lo, a kya dyugu 
fakiruna byè ye. 

Ni Alla dari dya-ligi bè Nanzara la fè, Alla Blze kende to, a Kpa- 
kibo kende to, a Nebu kende lo, a i-le kende to, ka ar byè kisi ka 
si di ara ma : Nanzara le-kè ar ka ani sigi karako ar dê-u, ar bè ani 



1. C'esl-à-dire: « Commandant Nebout»; le mot «commandant» est ici synonyme 
d'administrateur ou commandant de cercle. 



HISTOIRE DE SAMORI 17? 

fa, ar bè aiii na; ni le m bè iïya na bi, n ze ka ko-ma kè bi, aluru 
Nanzara lomô. Fè mi, n di nina a kwo fyefyefye. 

La dô ra Komàdà i\ebu ka Kofi-dugu kiï-ndigi kiri, a torho bè 
Kwadyo-Kofi, a koro-ni bè kpa, a ka a fô a ye : « Morhô-ru mi ye 
arbè bô-ra Gimini la : Samori, aluru ar a kiri Trosoko, a ka ar 
dugu ta, ar na na ya : ni ara sigi e buru ra. Ar morhô mi kiri Kàga, 
ar kana ara kiri Kàga tugu : ar gyô tè, ar bè kyè-morhô e, ar bè 
wdro karako e-lele; sisà ar a kiri kya ni, ar lorho kya ni bè Gi- 
mini. Ar iïyini ka so ba kè e-ta so koro; ye kana ara dimi, ar bè 
n-da dè-u kato. Sisà kôgo b'are ra, sàni le ar-ta fè ar fè sa ka 
domu-ni-kè ; Samori ka ar fè mbyè la ka soiïya-li-kè. Ar larha 
kôïigo, ar ku la sya-mà, ar mosono-nyô nda sya-mà, ar baranda 
ta sya-mà ka a di ara ma ar domu-ni-kè. La dorho-ma gbugô bè 
na ra, ar dugha yilaare ra, ar a di ara ma; sà-ngyè na na, ar sene 
kè ta. 

« Ar ani kye kè, ar doni ta, ani ar-ta wari gyùru sara. Ar deiie 
dà, ar gyô kè, ar muru gbasi, ar darha lô, ar gyese dà, ar dawa 
gbasi, ar gyese do gara ra, ar se ka fè mbyè kè, ar se ka kye-kè a 
kya ni hali. Ar safari-kè, ar korho soro, ar sàni soro, ar fè nzya- 
mà ndonô soro. La mi na ar bè naforo-tigi ya, ku mi o aluru ara 
sô a ra, fè mbyè mi o aluru ara so ara ar domu-ni-kè, aru e aluru- 
ta gyiiru sara. » 

Kwadyo-Kofi morhô berè lo, a ko lô kpa : a bè koro dyugu-kè 
tyâ, a ka fè nzya-mà ye ; a ko : « Naamô ! n ga a me. » A ka 
Nzipuri byè kiri, a ka a fô ara ye : « Morhô mi ar bè bô-ra Gimini 
la, kôgo b'are ra dyugu-kè : ar tarha kôfigo ra ka ku iïyini, ka 
baranda nyini, ar a ta an 'a na ya ka a di Gimini ma. » 

Komàdâ Nebu ka Dala kiri, a ka Kegyà iïgiri, Borombo a farha- 
ra wolo, a ka ara sô wari-ba sya-mà, a ka ara sô fàni sya-mà, a ka 
fô a ye : « Wari-ba mi ane fàni mi ar a tara, ar Gimini-nga byè 
kiri, ar Gyambala-ka byè kiri, ar a tara are kye. » 

Ani ka so ba lo Kofi-dugu ra. Komàdà Nebu ka Kitara Sara kiri, 
ane Lalè, ane Tulusyô, ane Bàmbara kîl-tigi byè, a byè na ra ; a 
ka a fô ara ye : « Morhô bè ya ar sya dyugu-kè, domu-ni a gbrè : 
aluru byè sigi ya, kôgo ara farha sisà; ane Bàmbara-ru e tarha 

12 



178 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Tumodi ra : Nanzara kyè dô bè ta, a morhô berè lo, a dya-tigi kè e 
ra, ya sigia koro-ya. » 

A ka a fô te, Kilara Sara ka Bâmbara ta sya-mà, ar bè wuru 
kele ni kyeme luri, a uri ra, a tarha ra Tumodi ra. E-lele sigi-ra 
ta-mvè, e ka Kitara Sara ta i a sigi ye fè-so ra, e ka kè-berè kè a 
ra, e ka sôflgo Tô ra ar ti a dimi. Bambara morhô-ru ar ka so ba 
lo Tumodi ra, ar ka a kiri Sokola : Tô le a kiri Kàga-krd. 

La dô-gbrè na Kara-morhô Ali Watara a na na Kofi-dugu : ane 
Gyambala Gyùla byè a na na. La dorho-ma Kofi-dugu a bô ya 
dyugu-kè, e bè so kû na, e ti se ka a gyii ye. 

La byè Tô-u bè afli-la morhô-ru mina na, ar bè muso mina na, 
ar bè de mina na : Gimini-nga kôgo b'are ra, ar bè tarha ra Tô 
nda kôflgo ra, ar bè ku soflya ra, dô-bè sise soflya, dô-bè sarha 
sonya. Tô-u bè ara mina na ka a kè are ra gyô e. 

Nanzara-ru ar bè sôngo ra Tô-u ra, ar ka a fô : « Ar kana fè mi 
kè : morhô mi o kôgo b'are ra, fè mi kato ar bè sonya-li-kè ra. La 
mi na ar ka sene kè ba, ku fale na, a bô-nya-ra, a bô ya ra, ar ti 
sonya-li-kè tugu. Morhô-mi ar ka a mina, ar a to a di Dala ma. » 
Tô-u, la mi na kyè-morhô-ba farha-ra, ar gyô mvarha: Nanzara 
ka sôngo are ra ar ti gyô mvarha tugu. Fè mi lomô afli ndyèri-ni 
bè ane Nanzara. 

Gimini-nga ar sigi-ra Kofi-dugu la dorho-ma, sisa ar naforo-tigi 
ya, ar bè naforo-tigi Tô-u ye. Ar ka doni ta la byè Nanzara buru 
ra, Nanzara e ar ka doni-ta-barha sô wari-ba sya-ma na; ar ka 
ani sô nighè ra ani dawa gbasi ka sene kè; ani ka dewè dâ, ka 
fàni dà, ani ka korho sa Gyasale-nga fè; korho bè afli-ta fè, an ka 
ku sa ka two domù, an ka dàgo mi sa a bè fii-ma dyugu-kè, Lô ka 
a dà; an ka gyese sa, afli-le ka dago da a kya ni kpa ka a tire; an 
ka safari-kè dyugu-kè. 

Ani-la muso sya-ma, ani-la de nzya-ma, la mi na afli bè bori ra 
ani bè bô-ra Gimini la, Tô ar ka ara mina, ail ka ara sa ndugu Tô 
mvè. 

Alhigyi la bè na ra, afli se ka sarha sya-ma farha, ka nisi sya- 
mâ farha ; la mi na su-figari a ba na, mi-flgari bè bô-ra, sike delege 
fii-ma bè ani fè, afli b'a dô na. Afli ka misiri lo, ar bè syeri-kè ra 



HISTOIRE DE SAMORl 17'J 

la; kara-morhô sya-ma bè ya, kereni sya-mà bè ya, ar bè kara- 
ni yila dè-u ra, ar bè seu-ri yila are ra, ar bè Arabu kâ yila, ar bè 
Alkurana yila; morhô ar sya ar se ka kara-ngè, ka seu-ri-kè, ka 
kardasi kè. Tabarakalla! 

X. — Samori kerè a bè ba-na. 

La mi na Kulunèru darha a uri ra Salama ra a tarha ra, Foruba 
Musa ka sd-tigi lyi ar ka Nanzara darha gba ka a ferè ni, ar dô na 
Kofi-dugu koro. Soldasi byè a uri ra ar larha gyemvye da ra, sd- 
tigi-ru ar ka a ye, ar sye ra ar kwo, ar ka tarha ka a fô Foruba 
Musa ye : « Nanzara ar tarha ra. » 

SisS Foruba Musa ka Gyambala dugu byè mina. Morhô mi o ar 
ma Kpakibo ko-ma me, ar to-ra Gyambala, a ka ara mina ka ara 
di Samori ma, ar fire-ra. 

Samori le fôndô t'a f è a a domù ; a bè gyô mvire ra sya-mà Fa- 
mafwe ye ni Warèbo ye, a ka gyô mvire, a ka ku sa, ka sise sa, 
ka sarha sa. Ar ka a fô a ka sise word sa, a ka gyô ngele gyuru 
sara; a ka ku doni mvila-sà, a ka gyô ngele gyuru sara; a ka 
sarha kele sa, a ka gyô nzatia gyuru sara; a ka nisi kele sa, a 
ka gyô ta ngyuru sara : ni-le ka a me; a bè te wala a tè le, m 
ma a lô; ni a gyate a bè te. Gyô nzya-ma bè a-ta fè : a ka 
morhô sya-ma mina Gimini ra, a ka a mina Gyambala ra; a ma se 
ka ara so two ra : nyô byè a ka a sigi bo-ndo ra Sokola ni Dawa- 
kala, Nanzara ka a gyene. 

A ka nyini ka Baule mina, fè mi a di a ye kpa : Baule-nga ar 
sani domû ka a bô dugu ma, ar naforo-tigi lo dyugu-kè; Samori 
ka a lô; a sira na Baule-nga nya, Tô-u kerè-kè lô kya ni wolo, ar 
sya karako lolo-dO-u ar bè sa na, aru byè marfa bè ar buru ra, ar 
se ka marfa tyi kya ni, ar buru a le-le kpa, ar se ka tarha-ma 
gyona-gyona, tu a bè ar dugu ra a gbrè dyugu-kè a fi-na. Fè mi 
kato Samori sira-na ar nya. A ka morhô dô kiri, a bè numu-kyè, a 
bè kye-kè ra Sarangyè fè-so, a lorho Daba, a ka a fô ko a tarha 
Gbwèke' so ra, a a fô a ye : « Ni ti nyini ka kerè-kè Tô ra, ni e 

1. Ce chef Baoulé, mort depuis, était le principal chef des Famafoué ou Faafoué, 



180 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

dari ya ku bô sya-mà, ya sorho ta sya ma, i a di n-da morhô-ru 
ma ar a sa. » Daba mi e a sigi-ra Gbwèke so koro, a ka bô nlo so 
mi na ar a kiri Kolyl-Kofi-dugu. Ar ka lorhô ba kè Kolyï-Kofi- 
dugu la : Samori morhô-ru ane Tô-u ar fè nzya-mâ ta ar tarha ta, 
ar ka a sa ka a fire. 

La dô ra Alimama uri ra, a tarha ra Kù na. Gale a ka a fô Kû- 
iïga ye a li ar so mina; sisâ a ka a fô a ye : « Mune- kalo ar ka sira 
di Kpakibo ma a du ar-ta so ra? » Fè mi kato, a ka so mina, a ka 
a tyil, a ka morhô sya-mîl farha. Kù-nga ar kara-morhô lo, ar ma 
se ka kerè kè. Samori ka mori-ba byè ta, a ka alkurana-tigi sya- 
ma nda ar ka kardasi leyini Gyende na, ar bè Alkurana lô na ka- 
rako de ndorho-ni a bè a na si lô na; a ka ara ta ka ar byè kù 
ndigè 1 . 

Fè mi lomô Alla bô-ra Samori ra, a ka sira di Nanzara ra ko ar 
Samori mna la ngberè na. 

Katigi Samori ka Ga-ra mina, a ka kerè kè Kwamina-Gbwè fè- 
so; Kwamina-Gbwè a ka Tô mi sigi ar are kiri Gbeylda ar sigi-ra 
tu ra. Gale Maraba na na Gbeylda-ra, ar ka so ba kè ar a kiri Màgo ; 
Samori ka so mi mina ilya-la-kà*. 

Bu rama Watara a borra nyà, ane morhô sya-mtl a tarha ra Bo- 
tugu ra. Samori ka a me, a ka Kumwezi lige. Sinya kele, Burama 
ane Agyumani ar bô-ra Bolugu ra, ar dugo-na lu ra : Burama morhô 
byè bè la, GamiX-nga bè ta, Abrô-nga bè ta, Gbeylda bè ta, ar bè 
sya ra dyugu-kè; ar ka marfa lye ka Samori morhô sya-mft farha; 
Samori sira na, a ka ba lige tugu, a borra, a tarha ra dua gya-na a 
bè Kumwezi da ra, ar a kiri Kurunsa. 

A ka Sarangyè Mori kiri ka a fô a ye : « N di se ka dô lu ra. E 
tarha Gbona,e bô-ra ta, edô Bolugu ra. » Sarangyè Mori a ka tarha, 
ka Gbona mina, ka kerè kè Kparhala ra ar sigi-ra Nasya na; n-da 
bare bè ta, a torho bè Osmana Kurubari, a kû-ndigi bè Nasya na, 
Sarangyè Mori ka a-la dugu mina. A do na Botugu ra : tu tè ta. 

tribu qui habite au nord duBaouIé. Son nom, déformé par nous et devenu Bouaké, 
a été donné au poste qui occupe l'emplacement de son ancien village. 

1. En avril 1895. 

2. En mai 1895. 



HISTOIRE DE SAMORI 181 

Agyumani ane Burama borra, ar tarha ra tu ba ra ar a kiri Abrô. 
Sarangyè Mori du ra Botugu ra, a ka sd-fa ru sigi so ra, a ka Ba- 
kari to Bolugu ra, a ka a fô aye a so ferè ni, a tarha ra 1 . 

Katigi a tarha ra Bwale, kaligi a larha ra Wa, ane kn-ndigi fila, 
a torho kele Baba To, a torho kele Isiaka, ar ka kerè kè, a ka dugu 
byè mina ka a lyà. Katigi a tarha ra Bobo dugu la, so bè ta ar a 
kiri Gyiila-so, Gyiila sya-mà bè taar bè safari-kè ra. 

Gyula dugu byè, Samori ka a mina ka a tyà. 



XI. — Nanzara ane Samori ar ko-ma kè. 

La mi na gyô nzya-mà bè Samori la fè : a se ka two sa Tô mvè, a 
sekasd sa Gyiila-so morhô-rufè.Mughu t'afè sya-mà, marfa t'a fè 
sya-mà. A ka nyini ka Nanzara ladegi ; a ka mughu kè, mughu mi 
ane Nanzara mughu a bè dana : Samori mughu a ma ni; e ka 
mughu mi do marfa ra ka marfa soso, e ka marfa lyi, marfa-dc a 
ma tarha dua gya-na. A ka marfa kè nya-la-kâ, a ka korosi ka 
Nanzara ladegi ; Samori numu-kyè a buru te-le kpa : ar ka nighè 
kuru ta ka a gbasi, ar se ka marfa-nighè kè, ka sise-wolo kè, ka 
foro kè ; ar ka sura ta wala denengu ta, ar ka tasâ nda, ar ka doa- 
dè ngè ; ta-kara t'are fè, ar ma se ka ta-kara kè. Samori a ma 
morhô lyi ar tarha Nanzara dugu ka safari-kè : a sira na Nan- 
zara nyâ wolo ; Nanzara mi o ar sigi-ra Gyoriba kwo, a sira na 
are nyà dyugu-kè. 

La dô ra a ka baragi sewè ka a tyi Basami ra ka a fô Guvenè 
Blze ye : « Ni nyini ka safari-kè e-ta dugu la; ni nyini safari-kè- 
barha ar bô-ra e-ta dugu la ar na nda dugu la ar safari-kè. » A 
ka kardasi kè tugu ka a di Nebu ma. 

La do ra morhô saiia na naKofi-dugu ra, ar bô-ra Samori fè-so, 
ar kardasi ta ka a di Nebu ma. Morhô kele kyè-morhô-ba lo, a 
torho Dyabi ; morhô fila kà-mbere lo, a torbo kele bè Karfala, a 
torho kele bè Daba. Uaba mi o a bè numu-kyè, a bè lorhô-figi 

1. La prise de Bondoukou parle fils de Samori eut lieu en juillet 1895. 



182 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Kotyï-Kofi-dugu la. Alimama baragi bè ar buru ra'. Ar dô na 
Kofi-dugu ra, ar ka a fô Nebu ye : « M va, ani-ya. » Nebu a ko : 
« Mba, ani-se. Mungo bè? » Arko : « Dya-ligi bè. Anuru masa-kyè, 
a bè Alimama Amirulmumenina, a ka a fo ani ye ko aiii na ya ka 
ko-ma-kè, a nyini ka ane ye ndyèri-ni bè. Aiii bô-ra Kurunsa ra, 
anina na ya. » 

Nebu a ka a fô ara ye : « An 'ara n darba Basami ra, ni ara sigi 
Nanzara kù-ndigi buru ra. Kû-ndigi asigi-ra Basami ra a se-ra na, 
a bô ni, an 'a ar ko-ma-kè. » Ar tarba ra Basami ra. 

Nanzara kù-ndigi a bè Basami ra a ka kyè dô kiri a torho Kapi- 
lènu Brolo 2 , a ka a fô a ye a soldasi ta, a sd ta, a tarha Samori fè- 
so ra ka ko-ma-kè. Kapitènu Brolo a uri ra Basami ra, ane Dyabi 
ni Karfala ni Daba ar tarha ra, ar dô na Kofi-dugu ra'. 

Dyabi ka a fô a ye : « E kana tarha-ma tugu, sigi ya. Alimama 
ta dugu a gyu-tigè Gbvvèke so ra; ane soldasi ye du ra Alimama la 
dugu la, Alimama a ka a me, a a gyale e kerè nyini, a-le a na ka 
kerè kè : fè mi a ma ni. » 

Kapitènu Brolo ka a fô : « N darha ka ara bila-sira an dô-na 
Gbwèke so ra; ni dô na ta, ni baragi di ara ma ar a ta ar tarha Ali- 
mama fè-so; ni kyè fila ta ni a di ara ma ya-la-kà, Kurubari ane 
Amadu Sura*. Kurubari se ka Mande -ngakà mvô, Amadu Sura se 
ka Arabu kS mvô, a seu-ri-kè lô : ar se ka ane Alimama ko-ma-kè. 
Ar tarha Kurunsa ra. Ni-le n zigi-ra Kofi-dugu ra, ni Alimama kar- 
dasi konô. Ar kana myenè dyugu-kè. » 

Samori ka Kurubari ni Amadu Sura taka ara sigi a fè-so rakya 
ni. Gale Nanzara a bè Ndenye-ra sigi ra 5 a ka soldasi fila tyi Ali- 
mama fè-so ra, Samori ka ara ta ka ara sigi a kya ni, a ka ara sô 
muso fila ra, soldasi kele mu?o kele na, soldasi kele muso kele na. 

Samori ka kara-morhô dô kiri, a ka a fô a ye a Kapitènu Brolo 
baragi kara-ngè; a ka kara-ngè a ba-na, Samori a f ô : « Mune-kato 

1. C'est au commencement de l'année 1896 que les envoyés de Samori arrivèrent 
à Kofikro. 

2. Capitaine Braulot. 

3. Le 10 mai 1896. 

4. François Couloubali et Ahmat Sour, interprètes sénégalais. 

5. L'administrateur Bricard. 



HISTOIRE DE SAMORI 183 

Nanzara kyè mi o a ka a fô a kardasi ra n ga Nanzara dari dugu dô 
ra n zigi ta? la mi na n ga dugu dô nyini, n di a dari morhô d6 fè, 
ni a dari Alla fè, ni a la. Mune-kalo Nanzara kyè mi a ka a fô ni 
nyini Frâzu kyè de a sigi-ra ngoro-ya 1 ? Ni ka baragi tyi nyâ Nebu 
fè, n ga a fô ni sira Nanzara nyà ; Nanzara kele bè ya, ni sira a nyâ. 
Mune-kato Nanzara kyè mi a bè nara m vè-so, ane soldasi a bè na 
ra? Ni a gyate Fràzi nyini ka n dawari; ar ka n-da sira tige nyà 
tere-be-ye, ar iïyini n-da sira tige kini-moro-ye nya-la-kâ : a to-ra 
sira fila, numa-moro-ye kele, tere-bô-ye kele; Alla ta dugu-koroa 

gyâ. » 

A ka a fô te, a ka baragi di Kurubari ma, a ka a fô a ye : « Fè a 
bè kardasi mi na, n di a me ; n di kardasi mi mna : a ta, i tarha ka 
a di Brolo ma tugu. » 

Kurubari ka kardasi dô ta ka a di Samori ma; Nanzara kyè a 
yele-ma ra Bïze ye Basami ra 2 , a-ta nyà a bè kardasi mi na, a ka 
nyini Samori a-ta nyâ ye. Alimama ka kardasi mi ferè, a ka a fô : 
« Ni ma Nanzara mi 15. » Ar ka a fô a ye : « Nanzara kyè mi a se-ra 
Basami ra. » Alimama ka ara nyini-nga, a ko : « BTze tè a se-ra 
Basami ra? » Kurubari lo a ra, a ko : « Bîze a tarha ra Frâzi dugu 
ra, kù-tigi a sigi-ra Senegale 3 a dugu byè sigi, a Basami sigi nya- 
la-kâ. » 

Sisâ Samori ka ara nyini-nga, a ko : « Aluru ar bô-ra mi? ar bô- 
ra Senegale? Senegale kù-tigi a ka ar tyi ya? » Kurubari ko : 
« Yo. » Samori a urra sisâ, a ka a fô : « N di nyini ko-ma-kè tugu ; 
n di nyini ni Nanzara kyè milô a ka artyi ya : kerèni faniyâ le-kè 
a bô-ra tere-be-ura. Ni ka Nanzara kyè ngele lô, a bè kele : Bîze 
lo ; a kele a ma fana. E ka a fô a tarha ra Frâzi dugu la, n di nyini 
ka Nanzara ko-ma me tugu. Ar sigi-ra ar fè-so ra, ni-le n zigi-ra m 
vè-^so. » 

A ka kara-morhô dô kiri , a torho Osmana, a ka a fô a ye a baragi 

1. Dans sa lettre à Samori, le capitaine Braulot avait fait allusion à des décla- 
rations qu'avaient faites à Grand-Bassam les trois envoyés de l'imâm, disant que 
leur maître serait reconnaissant aux Français de lui accorder un pays pour y res- 
ter et d'installer auprès de lui un résident. 

2. Feu le gouverneur Berlin. 

3. Alors le gouverneur général Chaudié. 



184 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

sewè; a ka seu-ri-kè, Samori ka baragi mi la ka a di Kurubari ma. 
Kardasi mi na, a ka a fô Brolo ye a li na. 

Kurubari ane Amadu Sura ar tarha ra, ar dô na Kofi-dugu ra 1 , 
ar ka kardasi di Kapitènu Brolo ma. Sisà Kapitènu Brolo kaa sol- 
dasi ta, a ka larha; soldasi byè ka Baule to, ar tembè ra gyemvye 
ra, ar larha ra Senegale. 

La dô ra Foruba Musa a bè Gimini ra, a ka a ye morhô le ya 
sya-mâ : morhô byè ar ma farha kerè na, Samori ka ara fire, wala 
ar borra ar ka tarha Gbeylda-ra, wala ar ka tarha Baule na. Morhô 
tè ya a sene kè : fè mi lomô Samori morhô-ru kôgo b'are ra. 

Foruba Musa a ka a ye, a ka baragi tyi Burama 2 fè, a ka a fô a 
ye : « Na e-ta dugu la tugu, ane e-ta morhô byè na ya-, e kana 
sira ni iiyâ : n di ye dimi; ane e-la morhô-ru e so kura lo, a kya 
ni. » 

Burama a ka baragi tyi Foruba Musa ye, a ka a fô : « E bè gyô- 
ne? mune-kato i a fô ni : na ya, a : tarha ta? e Samori ta wuru lo, 
e kômbo e baba kwo; a ka koro dugo a be-na dugu ma, i a ta, i a 
tigè-tigè ka a domû : m bè ya, dya-tigi bè ya, n zigi ya; la mi na e 
uri ra e tè Gimini ra, ni tarha Gimini tugu. » 

Sisà Foruba Musa ka kardasi dô-gbrè kè, a ka a tyi Dala ye, a 
ka a fô Samori le a ka seu-ri-kè. Samori a ma seu-ri-kè, morhô 
byè ka a lô. A ka seu-ri-kè : « Ni bè Samori, amirulmumenina. » 
Samori ti a torho fô fyefyefye; a ko : « Ni bè Alimama, amirulmu- 
menina. » Aka seu-ri-kè : « Kulunèru bè sira na, Kpakibo bè sira 
na, Nanzara byè bè sira na; Foruba Musa kaara gbè a dô na Baule 
na. » Morhô byè ka a lô Foruba Musa a ka seu-ri-kè te, Samori ti 
kardasi kè a bè gyarha karako mi. 

Dala ka kardasi mi ta ka a di Nanzara kyè ma a bè Kofi-dugu ra», 
a ka a fô a ye : « I-lele se ra ani ra, kardasi mi e-talo. » Nanzara 
kyè mi ka kardasi yil'e ra. Sisà ye ka Kitara Sara kiri, ane Bàm- 
bara ni Gyiila byè ar bè Tumodi ra, ye ka ara kiri ka a fô : « Ar 

1. Le 4 juillet 1896. 

2. Il s'agit de Bourama Ouatara, qui était réfugié dans l'Abron. 

3. M. du Paty de Clam. La lettre de Forouba Moussa arriva à Koflkro vers le 
mois d'octobre 1896. 



HISTOIRE DE SAMORI 185 

ma a me? Samori bè ara kiri ra, a ka a fô ar tarha aluru-ta dugu 
ratugu? ar ko di? » 

Kitara Sara a urra sisà, a ka ko-ma gberè-ma, a ko : « Samori 
ka m va farha, a ka n na farha, a ka n dorho-kyè-u farha; m bè 
naforo-tigi nyà, a kani kè m bèfarha-ndè; m bè kù-ndigi fiyà, a 
ka ni kè m bè de ndorho-ni. I-lele, la mi na n dô na ya, kôgo bè 
na, ye ka Iwo so na n domu-ni-kè ; gye bè m varha ra, ye ka gbè so 
na m mi-li-kè ; fàni tè m vè, ye ka delege so na ni a dô ; ni bè farha- 
ndè, ye ka wari-ba so na n zâni-tigi ya; ni tè morhô e, ye ka ni kè 
m masa-kyè ya : n di morhô dô lô, ni e kele lô. La mi na i a fô ni 
ye tarha Gimini, ni e n darha ; ye sigi ya, ni e n zigi ya. » 

Gyùla byè ni Bàmbara byè ar ka a me, ar ka a fô : « Alakoso ! 
tya-lo ! » Morhô dô ma tarha. 

La kele na', Anglezi ar bô-ra Dagbama ar ka nyini ka Gbona ta 
Sarangyè Mori fè, an 'aar ka kerè kè. Anglezi ar ti se ka kerè kè, 
morhô byè ka a lô; ar se ka safari-kè gbànzâ. Sarangyè Mori ka 
Anglezi soldasi farha sya-mà, a ka gbelè fila la ar fè, a ka Anglezi 
kyè kele mina 2 , a ka a lyi a fa fè-so ra. Samori a gyùsu suma-na : 
a ma Nanzara dô mina ba, a ma se ka Fràzi dô mina fyefyefye. 
Fràzi-ru, ya dugo-na sira koro, ya se ka ara farha, ya ti se ka ara 
mna fyefyefye o; Anglezi-ru a tè kele. 

Samori ka yere-kè Anglezi kyè mi ma dyugu-kè, a ka a fô a ye : 
« Ani-kye, anu-are. » Anglezi ka a f ô : « Mune-kato ? » Samori ko 
o : « Ye ka gbelè fila so na kalo, n g'i fwo anu-are. » Dô-ngiri-la- 
barha byè ar bè ta ane kù-ndigi byè ar bè ta ar ka yere-kè dyugu- 
kè. Anglezi kyè a yè ule ya karako aku-nzigi. 

Samori ka a fô a ye : « La bè sya-mà n ga nyini ka muso mi fwo 
a se-r'are ra : ar ka a fô ni kù-ndigi a se-r'are ra muso lo. La byè 
n ga kyira nyini, m ma a ye fyefyefye. Fèmilomô n gyùsu a sumâ- 
ni bè, Alla ka ye tyi ya, e bè kyira. » 

Samori ka kardasi kè a muso koro-ni fwo a se-ra Anglezi ra, a 
ka a di a ma; a ka fyè ba fila ta, sàni mugu b'a ra a fa-ra, a ka a 

1. Au commencement de l'année 1897. 

2. Le lieutenant anglais Henderson, qui fut fait prisonnier par le fils de Samori 
en mars 1897. 



186 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

di a ma, a ka a fô a ye : « Sye-ko a kwo, tarha e dugu la, kardasi 
mi ta ni fyè mi la ka a di kû-ndigi muso ma. » 

La kele na Nanzara kyè dô a b5-ra Ndenye-ra a du ra Bolugu 
ra 1 . Sd-fa-ru ar bè Botugu ra ar borra ar tarha ra Kurunsa ka afô 
Samori ye : « Nanzara ar bè na ra. » Samori a sira na, a ka Ku- 
runsa to, a ka tarha Dawakala, a sigi-ra yi an 'a muso Saraiïgyè. 

La kele naFrâzi-ruar bè Gyoriba kwo ar kaa fô Samori yeGbona 
aru-la lo, a a fô a-ta morhô-ru ye ar Gbona to. Kyè ngele bè Gbona 
na, a lorho Suleymani, a sd-fa-ru sigi. Samori ka Sarangyè Mori 
kiri ka a fô a ye : « Tarha Gbona na ka a fô Suleymani e a bô-ra, 
a so to, n ga Fràzi sô a ra; ni koro-ni bè dyugu-kè, n di nyini ka 
kerè-kè tugu. » 

Sarangyè Mori a tarha ra, a ka Kapitènu Brolo bè sira ra a bè 
tarha-ma ra a tarha Gbona. Fè mi a kè ra ta, m ma a lô. 

Samori a fô Brolo a do na Gbona te-le-na, a ka marfa tye, 
marfa-tigi ar bè Gbona na ar ka marfa tye tugu, Sarangyè Mori a 
nana, a ka Suleymani dyema, ar ka Nanzara byè farha, ka soldasi 
farha. 

Frâzi ar a fô Sarangyè Mori yirra sd ka, ane Brolo ar bè tarha- 
ma ra sira ra, ar do na Gbona te-le-na, Sarangyè Mori ka Brolo 
farha, sd-fa-ru ka Nanzara-ru mameni, ar kaara byè farha'. 

Ni-le n ga ko -ma dô-gbrè me; morhô-ru ar bè bô-ra Gbona na, 
ar ka afô te : Brolo ane Sarangyè Mori ar bè-na sira ra, ar kè-ra 
ndyèri e, soldasi e ane sd-fa ar kè-ra ndyèri e, ar byè bè tarha-ma 
ra darha kele na. Ar dyigi-ra so ra ane Gbona a surô, ar sigi-ra 
darha-ra kele na. Sd-fa dô ka soldasi dô ye muso b'a fè, a ka 
a fô soldasi ye : « Muso mi n-da lo, a to a di ma. » Muso 
mi gyô-muso lo a borra sd-fa buru ra, soldasi ka a mina. Soldasi ka 
a fô : « E fana, e-ta tè. » A ka sd-fa yeui, a ka afô : « Kutuyuma ! » 
Sd-fa e a ka soldasi yeni ka a kiri : « Nanzara ta gyô ! » A ka a fa 
yeni, kaa nayeni. Sisâ soldasi barra sd-fa ra, ar ka bundu-ri-kè. 



1. L'administrateur Clozel, depuis secrétaire-général de la Côte d'Ivoire. 

2. Outre le capitaine Braulot, les victimes de cette affaire furent le lieutenant 
Bunas et le sergent Myskiewicz ; ils furent tués le 20 août 1897. 



HISTOIRE DE SAMORI 187 

Soldasi byè a urra a na na kasoldasi dyema, sd-fa byè a urra a na 
na e, ar byè ka bundu-ri-kè. 

Nanzara ar bè la ra bô na, ar bè siindorho ra. Ar kunu-ra, ar 
bô-ra, Brolo ka koro-mâ (a, aka sd-fa-ru bugo. Diiii do-na, morhô 
gbè-mabè mi, morhô fi ma bè mi, ar ma se ka a ye. Sisâ sd-fa 
kele, Brolo kaa bugo, a ka marfa tyi ka Brolo bô ; Nanzara dô- 
gbrè ka marfa tyi tugu, soldasi byè ane sd-fa byè ar bè marfa tyi 
ra ; sd-fa o bè sya-mâ" soldasi ye, ar ka Nanzara farha, ar ka soldasi 
farha. 

Alla kele ka tyi lô. 

La kele na 1 Nanzara kù-ligi a sigi-ra Basami ra' a ka Komâdil 
Nebu kïri a ka a fo a ye a tarha Alimama fè-so an'a a ko-ma-kè. 
Komâdà Nebu ane Nanzara kyè dô-gbrè' ar tembè-ra Kumwezi tu 
ra, ar do na Satama ra. Samori a bè Dawakala. La mi na a ka a me 
Nanzara bè iiyini ra ka tarha ka a fwo, a sd fila ta ka ara tyi Satama 
ra ka ara di Nanzara ma. 

Sisâ Nanzara fila do na Dawakala*. Samori ka a fo ara ye : 
« Ani-se, ani-se. » A ka ar buru mina. A ka a fô a-ta morhô ye ar 
nisi kele farba ka sorho di Nanzara ma ni soldasi ma ni doni-ta- 
barha ma. A ka a me ko sise kiri a di Nanzara ye, a ka fyè ba ta 
sise kiri b'a ra a fa-ra, a ka a di ara ma; a ka darha ba ta nya- 
la-kà, a ka nisi nono ta, a ka a kè darha ra, a ka darha fa, a ka a 
di ara ma. 

Katigi a ka gbène-mvyè-barha kiri, ka tigbenï-fô-barha kiri, ka 
muso kiri, ar ka dô-iïgè. Katigi Samori dè-u, a bè kyeme tara, ar 
yirra sd kà, a na na; surigbulokerege b'arfè, wari kyemlzi b'arfè, 
sike delege b'ar fè, sike kursi b'ar fè, gbulo ule saura ba b'ar fè, 
sewè bè ar-ta bâ-mvila ka a siri-ra sàni ra. Ar bè pà na gyona' 
gyona, sisâ ar lo ra, katigi ar borra tugu. Ar bè kumbd ra, ar bè 
marfa tye ra sa na. 

1. En juin 1897. 

2. Gouverneur Mouttet. 

3. La mission se composait d'abord de MM. Bonhoure, Nebout et Le Filliâtre. 
M. Bonhoure ayant été rappelé à la côte pour remplacer le gouverneur, MM. Ne- 
bout et Le Filliâtre se rendirent seuls chez Samori. 

4. Le 2 octobre 1897. 



188 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Ratigi marfa-tigi na na, sô t'ar fè, ar bè wuru kele. Ar byè marfa 
b'ar fè karako INanzara marfa a kya ni : Samori numu-kyè ar ka 
marfa mi kè. Ar bè tarha-ma ra karako Nanzara soldasi. Ara nyâ 
morhô kele bè tarha-ma ra, a sura gbèni mvyè karako Nanzara. 

Katigi sofa ar na na ar yire sô kà, ar bè wuru kele : ar byè sd 
b'are fè. 

Ar byè tembè ra Nanzara iiya na. La mi na ar ka tembè-ri bâ, 
Alimama ka a fô Nanzara ye : a E ma a ye? n di se ka soldasi kè 
karako Nanzara e? » 

Nebu ka a fô : « E tyl fô : e-ta soldasi kya ni, e-ta marfa kya ni. 
Anuru-ta soldasi o a kya ni ye-ta ye, ar sya ye-ta ye; afii e, gbelè 
bè aiii fè sya-mà. E kerè-kè tugu, a ma ni : Fràzi ar sigi-ra numa- 
moro-ye, ar sigi-ra kini-moro-ye, ar sigi-ra tere-be-ye; Anglezi e 
ar sigi-ra tere-b5-ye : e ti se ka bori lugu. » 

Sisà Samori ka yere-kè gberè-ma, a ko : « N di se ka bori ka 
tembè Fràzi darha ra, a bè te ; sira mi a bè tere-bô-ye, a bè m vè 
la byè. Anglezi muni bè? ar li se ka marfa mina ar buru ra. M bè 
sira na Frftzi nyà; Anglezi e, ni nyini ka mina farha, ni nyini ka 
kerè kè Anglezi ra, a bè kele. » A ka a fè te, a ka da-gye syeri 
dugu ma. 

Kû-ndigi byè ar bè ta ar ka a fô : « Alimama ka tyl fô. » 

Nebu ka a fô : « Mune-kato e ti nyini ka ane ni e kardasi la? 
Nanzara ar dugu kele ta a bô, ar i sô a ra, dugu mi ye-ta lo, Nan- 
zara ti tarha ta. » Alimama ko o : « Ni sigi-ra dugu kele na, ni a kè 
di? Konô-u ar bè sigi-ra la byè yiri kele kà? » A ma nyini ka kar- 
dasi la. 

A ka a fô Nebu ye : « La mi na Nanzara ar ka marfa kyeme di 
ma, ka gbelè ni-ma kele di ma, ni aiô ane ni ar dyèri-ni bè, ni 
kardasi la. Tarha i a fô Guvenè ye. » A muso Sarangyè a ko : « M 
va ka tyl fô. » 

Alimama ka Dyabi kiri ka baragi di a ma ka a fô a ye : « E ka 
Basami sira 15, ane Nanzara kyè mi tarha, e Guvenè fwo, e baragi 
mi di a ma. » Nanzara ar uri ra ar tarha ra ; an 'ara Dyabi tarha ra. 

Alimama ka nisi kyè mughâ ni ta nda, a ka nisi muso mughà 
ni ta nda, a ka Nanzara so are ra, a ka a fô : « Sorho bè aluru-ta 



HISTOIRE DE SAMORl 189 

fè, nono bè aluru-la fè sira ra. » A ka sd fila ta iïya-la-kà ka ara 
di ara ma; a-lele ka Nanzara bila-sira, ar dô na kwô ra a bè Da- 
wakala kwo, a lo ra, a ka ar buru mina, a ka a fô ara ye : « Alla 

» 



XII. — Nanzara Samori mina. 

La mi na Nanzara ar ka a me Samori kamarfa dari kyeme kele, 
a ka gbelè dari kele, ar ka a fô : « A nyini ka kerè kè tugu ; a ma 
nyini ka kerè kè, a ti marfa nyini, a ti gbelè nyini. » Ar ka a fô : 
« Arawan darha ka a mina; ani ka a mina, kerè byè ba-na. » 

Sisâ Fràzi-ru bô-ra Guru-nga dugu la, ar ka Kumwezi tige, ar 
dô naKûna'. Ar bè Nanzara kyè fila gbânzft 3 , soldasi l'are fè sya- 
mà. Samori ka a me, a ka marfa-tigi sya-mS ndyi, gbelè fila mi o 
a ka a la Anglezi fè a b'are fè ; sd-fa-ru dô na Kû iïgoro 4 , ar ka so 
mameni, la byè ar ka marfa tyi, ar ka gbelè lyi, la ta ni nani ar ka 
marfa tyi. Gye tè Nanzara fè, ar ma se ka bô-ra Kû na sd-fa-ru a 
bè ya lomô, gye b'ara farha ra gberè-ma. 

Sarangyè Mori ka a fô : « Ni nyini ka Nanzara dawari. » Sd-fa-ru 
delege b'a fè ane Nanzara soldasi ar-ta delege kele-ni bè. Sarangyè 
iMori ka ara kiri ka a fô ara ye ar yire fara kà a bè ta a gya ; ar 
yirra. ar ka ngyô-ngyô nda Frâzi ta ngyô-ngyô lo, ar ka a siri 
koro-ma na a gyâ, ar ka koro-mit gbà dugu ma. Nanzara ar ka 
ngyô-ngyô ye, ar ka a gyale Nanzara dô-gbrè ar bè na ra, ar ka 
a fô soldasi ye : « Ar kana marfa lyi lugu. » Soldasi ka a fô : 
« Nanzara tè, sd-fa lo ; Nanzara lo, Sarangyè Mori a marfa tyi are 
ra. » Sisà Nanzara ka a fô : « Ar marfa tyi tugu. » 

Ula ra, kondo na ra sya-mâ, nènè bè fyè-na wolo. Nanzara 
soldasi ko : « Kondo bè na ra, Nanzara bè na ra e, ar bè kondo 
gbè ra. » 

1. Le 22 octobre 1897. 

2. En janvier 1898. 

3. Les lieutenants Demars et Méchet. 

4. Le 12 février 1898. 



190 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Nanzara bè na ra tyà, ar bè bô-ra tere-bô-ye ', ar ka kerè kè 
dyugu-kè, ar ka sd-fa byè gbè, ar ka Sarangyè Mori gbè, ar du ra 
Kû na. Nanzara mi e ar bè Kfl na, ane soldasi, ar byè kumbô ra, ar 
ka a f 6 : « Tabarakalla ! ani se ka gye mi ! » 

Sarangyè Mori a borra, a dô na Dawakala, a ka a fô Samori ye : 
« Nanzara ar du ra Kû na ar bè sya-mâ, sisà ar na ya ar dô Gimini 
ra. » Samori a uri ra sisà, a ka muso byè la, a ka a fè mbyè la, ka 
gbelè fila ta, ka a de mbyè ta, ar byè bori ra Bani koro dua kele 
na ar a kiri Bando-ra. A dô na ta, alimama ka a fô : « N di nyini 
ka bori tugu, ni bè koro dyugu-kè, ni nyini ka sigiya : Nanzara na 
ya, ani ara konô ka marfa lyi ; la mi na n-da mugu byè a ngyene- 
na, ni ni-re farha. » Sisà a ka gyasa gbà, a ka danda lo, a ka a fô : 
« So mi n-da so lo, ni a kiri Bori-ba-na, ndi nyini ka bori tugu 
wolo. » 

Nanzara a a bô-ra Kû na, a do na Gimini ra, a ka sô-fa byè gbè 
ar bori ra ka tarha Bori-ba-na. 

Sô-fa-ru mi o ar sigi-ra Gbwèke so koro, ar borra nya-la-kà. Tô- 
u ar ma nyini ka ara to ar tarha, ane sd fa-ru ar ka bundu-ri-kè'. 
Tô nzya-mâ bori ra, ar dona Kofi-dugu ra, ar dami-na, ar ka a fô 
Komàdà ye * : « E ma a ye ? Trosoko bè na ra ka kerè kè. » Kofi- 
dugu Nanzara ka a gyate Samori bè na ra Baule na, a ka kyira 
tyi sisà Tumodi ra a a fô Komàdà Nebu : « Samori bè na ra. » Nebu 
ka soldasi ta, a ka tarha-ma gyona-gyona, a dô na Kofi-dugu 
ra, a ka a fô ani ye : « Yiri byè ar bè n-da bô ngoro, ar tarha 
ka a tige ; Samori a na ya, ni nyini ka n ze ka a ye, am marfa 
tyi. » 

Soldasi dô bè ya a suru, a torho bè Baba Kamara. Nebu ka a 
kiri ka a fô a ye : « Tarha ka korosi ka a ferè. » Baba Kamara a 
tarha ra, a ferè-ri-kè kpa, a ma fôndô ye ; a dô na Gbwèke so ra, 
morhô-ru ar ka a fô a ye : « Sd-fa-ru byè a urra a tarha ra, Nan- 

1. C'était la colonne du commandant Caudrelier, qui arriva à Kong le 27 février 
1898. 

2. Commandant, depuis lieutenant-colonel, Caudrelier. 

3. Mars 1898. 

4. M. Tellier, 



HISTOIRE DE SAMORI 191 

zara lomô ar du ra Gimini la. » A sye ra a kwo a na na Kofi-dugu, 
aka a fô Nanzara ye. 

Anuru le aiii ka a me, Nanzara ka Samori gbè a bô-ra Gimini 
la, ani ka a me, ani gyiisu suma-na dyugu-kè. Morhô byè dô-ngiri 
la so ra, morhô byè dô-ngè, morhô byè a f 6 : « Tabarakalla ! » 
Alkurana-tigi d6 ar a kiri Kara-morhô Mori-ba a ka a fô ani ye : 
« A byè arawan darha syeri-bolô na ka syeri-kè. » Morho byè 
tarha ra sisa, ar syeri ra, ar ka a fô : « Barika ! barika ! » 

La flgberè ani ka a me Nanzara' ar ka Sikaso mina, ar ka Ba- 
bemba farha. Samori le a ka a me, a sira na dyugu-kè, a yire-yire 
dyugu-kè, a ka a fô : « Nanzara ka a kè di? Ni-le n zigi-ra sa ngele 
Sikaso fe-le-na, n zigi-ra ta kari word-mvla ko fila ane la word- 
mvla ko fila, m ma se ka so mina; Nanzara sigi-ra la word-mvla ko 
fila gbâzft, ar ka a mina. La mi na ar na ya, n ze ka a kë di? Danda 
ba saiia bè Sikaso ra, ar bë bâgo danda, ar bè gberè-ma : gyasa 
filini bè ya, a bè kele. » Sisà a ka muso ta, ka sâni ta, ka mugu ta, 
ka fè mbyè ta, a ka a de-ngyè-u kiri, a ka a fô : « Arawam bori ! » 
Sarangyè Mori ka a fô : « M va, e ma a fô e ya kiri Bori-ba-na? » 
Samori ka a fô : « Uri, arawam bori! » 

Ar ka gbelè ngele ta, ar ka a to ka a do ba ra, ar ma se ka an 'a 
tarha wolo. A byè bori ra tu ra a bè Wuro-dugu kwo; morhô-u 
sigi-ra ta ar ara kiri Guro-Gyula, ar torho ni-ma bè Koro, ar morhô 
domu. 

Samori ka Kyè-morhô Bilali kiri ka a fô a ye : « E to-ra kwo, 
la mi na Nanzara do na ya, i ara lo. » Kyè-morhô sigi-ra Bani koro, 
dua kele na ar a kiri Kyemu. La mi na a ka a me Nanzara kyè mi 
a ka Sikaso mina a bè na ra, a ka gyasa kyene a borra 2 , a tarha 
ra dua gberè na, a ka gyasa dô-gbrè kè. A borra gyona-gyona, sd- 
fa-ru ar ma ar kfi nzoro ka two domfl. Diùi do-na, Kyè-morhô 
Bilali ka Nanzara me ar bè na ra; a ka gyasa kyene sisa, a borra 
tugu;Nanzaraarnana,arkamuso sya-màmina, kasd sya-mâmina. 



1. Prise de Sikasso par la colonne du commandant, depuis lieutenant<colonel t 
Pineau, le l et mai 1898. 

2. Le 2 juin 1898. 



192 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Samori morhô-ru ar bè tu ra ar sige-ra dyugu-kè. Ar ma se ka 
ar-la sd-ru sigi, sô byè ar fari è dimi, ar ma se ka kende-ra ; morhô- 
ru, fôndô le yi ar a domû. Ar bè borra sya-mà, ar ka tarha Nan- 
zara soro na, Nanzara bè Mau-nga dugu la 1 . Morhô byè ar to-ra 
kwo, Koro ar ka ara mina ka ara domû. 

La mi na Samori ka baragi la ka a tyi Nanzara kyè mi ye a bè 
Mau-nga dugu la', a ka a fô a nyini ka tarha Nanzara soro na. 
Nanzara' ka a fô a-ta de Muktaro ane a-fa de Sarangyè Mori a ara 
ta ka ara di Nanzara ma. Samori ka a f ô : « Fè mi ma di ni. » 

Sisà a ka nyini ka bori lugu ka tarha tere-bô-ye Naswara fi-ma 
dugu la. Sinya kele, Nanzara bè bô-ra Konià na 4 ; la mi na Samori 
morhô-ru ar ka gyii-tigè ka ba dô* tige a bè yi, Nanzara na na, ar 
ka morhô mina a bë sya-mà a tembè ra wuru mughà na, ar ka 
maria mina a bè sya-mà a tembè ra wuru ta na, ar ka mughu sya- 
mâ mina ; ar ka Foruba Musa mina, ar ka Kyè-morhô Bilali 
farha 6 . 

La dô ra sorho-ma morhô kele a bè bô-ra Wuro-dugu la a dô 
na Kofi-dugu, a ka a fô ani ye : « Nanzara ka Alimama mina. » 
Ani a gyale a tè te. A ka a fô : « A bè te; Nanzara ar bô-ra Konià 
na, ar dô na Koro dugu la 7 , ar ka Samori mina, ar ka Sarangyè 
Mori mina, ar ka Muktaro mina, ar ka Mori Fimamina, ar ka Ali- 
mama muso byè mina, ar ka gbelè kele mina, ka marfa mina, ka 
mugu mina, ka sô mina, ka nisi mina, ka sâui mina sya-mà nzya- 
mà. Marfa bè yi ar sya dyugu-kè, Nanzara ma se ka an 'ara larha, 
ar ka a ngyene". » 

Katigi ani ka a lô, fè mi a bè te kya ni; morhô-ru ka a fô ani ye 



1. A Touba. 

2. Capitaine Ristori ; la lettre de Samori lui parvint le 1 er mai 1898 et il la trans - 
mit au commandant de Lartigue. 

3. Commandant de Lartigue. 

4. Lieutenant Wœlffel. 

5. L'un des bras supérieurs du Cavally. 

6. Combat de Tiafesso, le 9 septembre 1898. 

7. Colonne légère du capitaine Gouraud. 

8. Samori fut pris le 29 septembre 1898 à Guélêmou, dans le bassin de la Haute- 
Sassandra, par le sergent Bratières. 



HISTOIRE DE SAMOR1 193 

Nanzara ar ma Samori farha, ar ka a ta ka a sigi dua ra a gyâ 
dyugu-kè, a bè gyemvye kwo ra 1 . 

Nanzara ka ani byè kiri ka a foani ye : « Sisà Samori tè ya tugu, 
Samori a ba-na. Ar se ka larha Gimini tugu, ka so kura lo, ka sene 
kè : morho do li kerè kè tugu. » 

Ani ka a me, ani ka a lô Nanzara ar gbrè morhô byè ye; Alla 
kele a gbrè Nanzara ye. 

Alimama Samori ko-ma a ba-na. 

Al-hamdu lUlâhi rabbi 'Idlamina* . 



1. A ^s'jolé, dans une lie de l'Ogôoué.au Congo français, où Samori arriva en 1899 
et où il mourut en 1900. 

2. Cette dernière phrase est en arabe et veut dire : « Louange à Dieu, le Maître 
des mondes! » 



13 



YOCABULAIRE DES MOTS CONTENUS DANS LE TEXTE 



Nota. — 1° Les noms propres ou les titres qui ne sont que des 
mots français déformés ne figurent pas dans ce vocabulaire. 

2° La forme passive n'est donnée pour les verbes que lorsqu'elle 
est irrégulière ou qu'elle a un sens ne correspondant pas exacte- 
tement à celui de la forme transitive. 

3° Les mots commençant par m, n ou fi qu'on ne trouveraît pas 
à ces lettres devront être cherchés à la lettre qui suit Ytn, Vn ou 
Y fi. 

4° Les mots dans lesquels se trouve un / et qu'on ne trouverait 
pas à leur place devront être cherchés avec un r et inversement. 

5° Si on ne trouve pas un mot commençant : 
par cl ou nd, le chercher à t; 

— ffoufig, — h/c; 

— v pu mv, — à /'; 

— z ou nz, — h s; 

— %, — à y (et inversement). 

SIGNES ET ABRÉVIATIONS 

* indique les mots empruntés à l'arabe. 
(A.) — — — àl'agni. 

(F.) — — — au français. 

signifie « nom propre ». 

— « pluriel » . 

— « verbe transitif ». 

— « verbe neutre ». 

— « passif ». 

— » prétérit ». 

1. Ce vocabulaire renferme uniquement les mots contenus dans le texte qui pré- 
cède : ce n'est donc pas un dictionnaire dyoula-français. 



11. 


P- 


p- 


1. 


V. 


tr 


V. 


n. 


pa 





HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



195 



a, il, lui, elle; son, sa, ses; — ou, 
ou bien. 
a-le, lui-même. 
a-lele, lui-même. 
a-la, son, le sien, à lui. 
a-to, tout de suite, d'abord. 
Aari(\.), nom d'une tribu du Baoulé. 
Abrô (A.), nom d'un pays situé au 
sud de Bondoukou. 
Abrômga, habitant de l'Abron. 
Agyumani, n. p. d'homme. 
alakoso, à la bonne heure ! 
alarha (A.), caisse, boite. 
"algyine, génie. 

'alhigyi, pèlerinage à La Mecque; 
— fête des sacrifices (le 10 du 
mois de zoulhidja). 
*Ali, n. p. d'homme. 
'aligyenna, paradis. 
'alimama, imâm, grand-prêtre, chef 

religieux. 
'Alkilabu, le Livre, le Coran. 
"Alkurana, le Coran. 

alkurana-tigi, prêtre, savant. 
'Alla, Dieu. 

aluru, vous; votre, vos. 
aluru-le, vous-mêmes, vousautres. 
aluru-la, votre, le vôtre, à vous. 
am (voyez an). 

*Amadu, n. p. d'homme (Ahmed . 
*Amara, n. p. d'homme (Ahmar). 
'amirulmumenina, prince des 

croyants. 
an, nous, nous deux ; notre, nos. 
an' (voyez ane). 
ane, avec ; et. 
ani, salut. 
ani-kye, bravo, merci. 



atii-se, bonjour (salut adressé par 

le visité au visiteur). 
ani-ya, bonjour (salut adressé par 
le visiteur au visité). 
anu (comme ani). 
anu-are, merci. 
anwu, nous ; notre, nos. 
anuru-le , nous-mêmes , nous 

autres. 
anuru-ta, notre, le nôtre, à nous. 
an (voyez an). 
*Anglezi, Anglais. 
ani, nous; notre, nos. 
ani-le, nous-mêmes, nous autres. 
ani-ta, notre, le nôtre, à nous. 
ai; ils, eux, elles; vous; on; leur, 
leurs ; votre, vos. 
ar-ta, leur, le leur, à eux ; votre, 
le vôtre, à vous. 
ara (comme ar). 
'Arabu, Arabe. 
arawam (comme arawan). 
arawan, nous, nous tous. 
are (comme ar). 
"aridyuma, vendredi. 
aru, eux, elles. 
aru-le, eux-mêmes. 
aru-ta, leur, le leur, à eux. 
'asadu, témoigner. 



I! 



b' (voyez bè). 

ba, père ; — chèvre ; — fleuve ; — 
grand ; — déjà, jusqu'à présent, 
(avec la négation : pas encore). 

bâ, feuille de raphia; — (v. tr.), finir, 
achever (pas. ba-na). 
bâ-mvila, bâ-vla, bonnet. 

baba, maître ; — n. p. d'homme. 

bâgo, terre-à bâtir. 



196 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



'Bakari, n. p. d'homme. 
bâma, caïman. 
Bàma-kwà, n. p. de ville (Bam- 

mako). 
Bàma-na, nom d'une tribu mandé 
(Bamana ou Bambara). 
bamba (voyez bâma). 
Bâmbara, nom donné parles Dyoula 
aux Sénoufo et en général aux 
peuplades non musulmanes de 
la Boucle du Niger. 
banda, bombax ou fromager (arbre). 
Bando-ra, n. p. de village. 
Bâ.ndorho, nom d'une province du 
Guimini. 
Bândorho-ka, gens du Bandorho. 
Bani, nom de plusieurs cours d'eau 
et en particulier du Bandama 
Blanc. 
Baniâ, n. p. de pays. 
banyâ, gombo (légume). 
"baragi, lettre, missive. 
baranda (A.), banane. 
bare, oncle. 
barha, suffixe indiquant les noms 

de métiers. 
bari (v. n.), se jeter, se précipiter 

(prêt, barra ou bari ra). 
'barika, merci. 
Basami (F '.), Grand-Bassam. 
Baule (A.), n. p. de pays (Baoulé, 
pays agni au sud du Guiambala 
et du Takponin). 
be (v. tr.), faire tomber (pass. be-na, 
tomber). 
be-dua, be (v. n.), se coucher (en 
parlant d'un astre). 
bè (v. tr.), rencontrer (pas. bè-na, 
se rencontrer); — (v. n.), être; 
•*- se rencontrer. 
bè-ni{\. n.), être réuni. 



bè-nya-na, exister, vivre. 
bèma, grand-père. 
berè, bon, charitable. 
bi, aujourd'hui ; — (v. tr.), puiser. 
bi, herbe, paille. 

Bigyalâ, nom d'une province du 
Guimini. 
Bigyala-nka, gens du Biguialan. 
bila (v. tr.), laisser; — (v. n.), mar- 
cher. 

bila-sira (v. tr.), accompagner. 
bilà, pièce d'étoffe servant de vête- 
ment aux jeunes garçons. 
bilâ-koro, jeune garçon. 
"Bilali, n. p. d'homme (Bilal). 
bili (v. tr.), revêtir. 
bimbri, petit mil. 
Bisà-dugu, nom d'une ville du Ouas- 

soulou. 
Bitikyè-Swane, nom d'unancien chef 

du Toron. 
i/o (comme bila). 

bla-nyâ (v. n.), s'avancer. 
bà (v. tr), ôter, faire sortir (pass. 
bô-ra, sortir, venir de); — (v. 
n.), sortir. 
bà-dua, se lever (en parlant d'un 

astre). 
bà-nya (v. tr.), faire pousser (pass. 
bô-flya-ra, pousser, croître, se 
développer). 
bô, excrément. 

bô, maison; — (v. tr.), arracher, dé- 
terrer ; atteindre, frapper (d'une 
balle); — (v. n.), être grand, 
être gros, être puissant. 
bo-ndo, grenier. 
bô-ngû-na, toit. 
bobo, muet; surnom donné par les 

Dyoula à la tribu des Boua. 
Bodugu, n. p. de pays. 



HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



197 



bori (v. n.), courir, fuir (prêt, borra 
ou bori ra). 
Bori-ba-na, « c'est fini de fuir », 
nom donné par Samori à sa der- 
nière résidence, près du Banda- 
ma Blanc. 
Borombo, n. p. d'homme (chez les 

Sénoufo). 
Botugu, n. p. de ville (Bondoukou). 
bugo (v. tr.), frapper. 
bugu, terre (en tant que substance). 
bundu (v. n.), se battre. 
bundu-ri, bataille. 
bundu-ri-kê, se battre. 
'Burama, n. p. d'homme (Ibrahim, 

Abraham). 
buru, main, bras. 
butu, tambour à deux peaux. 
butu-fà, jouer du tambour. 
butu-fô-barha,ioue\}rde tambour. 
Bwale, n. p. de ville (Boualé). 
byâ, flèche. 
byè, tout, tous. 
byî (voyez byâ). 



D 



da, bouche; porte; bord. 

da-gye, salive. 
dà (v. tr.), tisser, tresser. 
Baba, n. p. d'homme. 
Dagbama, n. p. de pays (Dagomba). 
dâgo, pagne. 
Dala, n. p. d'homme. 
dami (v. tr.), blesser (pas. dami-na). 
dana, différent. 
danda, mur, tata. 

darha, poterie, cruche; — armée, 
colonne. 

darha-ra, camp; nom d'une ville 
du Guimini. 



dari(\. tr.), solliciter, demander. 
dawa, houe. 

Dawakala, nom d'une ville du Gui- 
mini (Dabakala). 
daivari (v. tr.), tromper. 
de (comme de). 

De-mba, n.p. d'homme. 
de-fiyorhô, frère aîné. 
de, enfant, fils, fille; fruit. 
dê-muso, fille. 
dë-flgyè, fils. 
delege, boubou, chemise; vêtement. 
deneftgu, laiton. 
deùe, deùè, dewè, natte, tapis. 
di, quoi? comment? — (v. tr.), don- 
ner; — (v. n.), plaire; être bon. 
dirai (v. tr.), faire mal à; — (v. n.), 

faire mal, être malade. 
dinga, trou. 
diùi, obscurité. 
do (v. tr.), mettre. 
dà, un, un certain. 
dà-bè, les uns, les autres. 
dà-gbrè, un autre. 
dô (v. tr.), enfoncer, enterrer; revê- 
tir (pas. dôna et do-na, être 
enfoncé, entrer (v. n.), être 
arrivé); — (v. n.), arriver, at- 
teindre; entrer (prêt, dô na et 
do na); — danse. 
dô-ngè, danser. 
dô-ngiri, chanson, 
dô-ngiri-la, chanter. 
dô-ngiri-ta-barha, chanteur. 
doa (A.), cartouchière. 

doa-dë, cartouche. 
domû (v. tr.), manger; — extraire 
(de l'or, etc.). 
domu-ni, action de manger; nour- 
riture. 
domu-ni-kè, manger (v. n.). 



198 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



doni, charge, ballot. 

doni-ta-barka, porteur. 
dorho, jeune. 
dorho-kyè, frère cadet, cousin. 
dorho-ma, petit, de peu de durée; 

un peu. 
dorho-muso, sœur cadette, cou- 
sine. 
dorho-ni, jeune, petit. 
doro, bière (de mil ou de maïs). 
du, jour, lumière du jour; — (v. n.), 

entrer. 
dua (voyez dugha). 
dugo (v. tr.), laisser tomber. 
dugô (v. tr.), cacher (pas. dugô-na 

et dugo-na). 
dugu, terre, sol; pays; village. 
dugukoro, la Terre, le globe. 
dugu-tigi, indigène; — chef du 
pays. 
dya (pour diyà, nom verbal du verbe 
di « être bon »), bien. 
dya-tigi, bien, bonheur. 
Dyabi, n. p. d'homme. 
*dyandama, enfer. 
dyema (v. tr.), aider. 
dyèri (voyez ndyèrï). 
dyigi (v. tr.), déposer (pas. dyigi-ra, 

descendre). 
dyugâ, fou, imbécile. 
dyugu, mal; — mauvais, méchant. 
dyugu-kè, beaucoup, très, fort; 
trop. 
Dyuma, n. p. de pays. 



E 



e, tu, toi, te; ton, ta, tes; 
particule explétive; • 
aussi ye, « à »). 
e-le, toi-même. 



aussi ; 

(voyez 



e-lele, toi-même. 

e-ta, ton, le tien, à toi. 
è, il, elle (voyez a). 
èë, non. 



fa, père ; — (v. tr.), remplir. 
fale (v. n.), pousser, lever (v. n.). 
Famafwe (A.), nom d'une tribu agni 
du Baoulé (Faafoué, Famafoué). 
fana (v. n.), mentir, se tromper. 

faniyâ, mensonge. 

faniyâ-ndigi, faniyà-tigi , men- 
teur. 
fâni, fani, tissu ; pagne. 
faniyâ (voyez fana), 
fânga, graisse. 
fara, rocher. 

Fara-ba, n. p. de ville. 
farâ(\. tr.), déchirer (pas. fara na). 
farha (v. tr.), tuer; détruire (pas. 
farha-ra, être tué, mourir). 

farha-ndë, pauvre, homme de peu. 
farhama, roi, grand chef. 
/on, corps; — (v. tr.), changer. 
fata (v. tr.), faire éclater (pas. fata- 

ra, éclater). 
fatùo, folie; — fou. 

fatùo-ni, fou, aliéné. 
fè, chose; chez. 

fè-so, maison (home); — chez. 
ferè (v. tr.), regarder, surveiller; 
chercher. 

ferè-ri, attention. 

ferè-ri-kè, faire attention. 
fi, fi, noir; — (v. tr.), noircir. 

fi-ma, noir. 

fi-ni, noir. 

fi-na (pas.), être noir. 
fila, deux ; — herbe ; — médica- 
ment. 



HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



199 



fila-buru, feuille. 
fila-dyugu, poison. 
fila-na, deuxième, deuxièmement. 
Fila, Foulan, Peuhl. 

Fila-Gya-le, Toucouleur. 
firè (v. tr.)i vendre (pas. firra et fire- 

ra). 
firi (v. tr.), lancer. 
filini, petit. 
fiyè (voyez /j/è). 

fô (v. tr.), dire; parler; — jouer 
(d'un instrument autre qu'un 
instrument à vent). 
Fode, n. p. d'homme. 
folo, commencement. 

folo-na, premier, premièrement. 
Folô (voyez Forô). 
fonda (pour fè dà), quelque chose. 
fonyô, air, vent. 

foro, membre viril ; gâchette de fu- 
sil ; — vent violent. 
foro-ngyo, tornade. 
Forô, nom d'une tribu sénoufo 
(Foro). 
Foro-na, pays des Foro (Follona). 
Foruba, n. p. d'homme. 
*Frâzi, Français. 
fri (voyez firi). 
Furuba (voyez Foruba). 
fwo (v. tr.), visiter; saluer; remer- 
cier; — en visite chez. 
fye (v. tr.), aveugler (pas. fye-na, 
être aveugle); — (voyez aussi 

fyè). 

fye, fye, calebasse; — (v. tr.), souf- 
fler dans, jouer de (pas. fye-na, 
souffler); — (v. n.), souffler. 

fyefyefye, jamais; aucunement. 



Gâ, nom d'une tribu agni (Ngan ou 
Gan-né). 
Gâ-ra, pays des Ngan (Ngan-nou). 

gale, auparavant, déjà, autrefois. 

Gamà, nom d'une tribu agni-achanti 
habitant la région de Bondou- 
kou. 
Gamâ-nga (même sens). 

gara, indigo. 

gba (v. tr.), suivre. 

gbâ (v. tr.), faire chauffer; — plan- 
ter; — (pas, gba-na, chauffer, 
être chaud). 

Gbûndama (A.), n. p. de fleuve (Ban- 
dama). 

gbânzâ, seulement. 

gbasi (v. tr.), forger, frapper à 
coups de marteau, frapper. 

gbâzâ(\oyez gbânzâ). 

gbè, alcool, vin de palme ; — blanc ; 
— ■ (v. tr.), blanchir; — chasser 
renvoyer; — (pass. gbè-ra, être 
blanc, blanchir (v. n.). 
gbè-ma, blanc. 

gbelè, canon; — (voyez aussi gberè). 
gbelè-dê, obus. 

gbèndige, clairière. 
gbèndige-ra, savane. 

gbène, corne d'appel, trompe ; clai- 
ron. 
gbène-mvyè, sonner de la trompe. 
gbène-mvyè-barha, sonneur de 
trompe. 

gbèni (voyez gbène), 

gberè, gbelè, ngberè, gbrè, gbere, 
mbere, fort; difficile; dur; — 
différent; — (v. n.), être fort, 
être difficile. 



200 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



gberè-ma, gbelè-ma, force ; — fort ; 

— fortement. 

Gbeyïda, nom d'une tribu agni ha- 
bitant la région de Mango 
(Binié). 
Gbeyïda-m, pays des Bi nié (Anno). 
Gbona, n. p. de ville (Bouna). 
gbrè (voyez gberè). 
gbugô, époque des premières pluies. 
gbulo, peau. 
Gbwèke (A.), n. p. d'homme (chez les 

Agni). 
Gimini, n. p. de pays (Djimini) ; 
nom de ses habitants. 
Gimini-nga, gens du Guimini. 
Guro (A.), nom d'une tribu habitant 
entre le Bandama et la Sas- 
sandra. 
Guro-Gyula, n. p. de tribu (Koro 
ou Dioula anthropophages). 
Guru-nga, habitant du Gourounsi. 
gya (v. tr.), dessécher, faire sécher 
(pass. gya-ra, sécher, être sec; 
maigrir). 
gya-le, sec; maigre. 
gya-ni, sec. 
gyâ (v. n.), être long, être grand, 
être loin. 
gya-na (pas.), (même sens). 
gyâgyâ{\. tr.), piller. 
Gyale, n. p. de famille. 
Gyalô, n. p. de pays (Fouta-Diallon). 

Gyalô-nga, Diallonké. 
Gyambala,n.p.de pays (Diammala). 
Gyambala-ka, gens du Guiambala. 
gyamû, nom de famille. 

Gyamû-kwà, n. p. de rivière. 
Gyarawari, n. p. d'homme. 
gyarha, mauvais, méchant. 
gyasa, palissade, barrière, enceinte; 

— fortin. 



gyasa-konô, cour. 
Gyasale, n. p. de ville dans le bas 
Baoulé (Tiassalé). 
Gyasale-nga, gens de Tiassalé. 
gyate (v. tr.), croire, penser. 
gye, eau. 

gyemvye (A.), mer. 
Gyende, n. p. de ville (Dienné, en 
amont de Tombouctou; Odien- 
né, dans la haute Côte d'Ivoire). 
gyese, coton filé, fil de coton. 
gyo, génie; idole, fétiche. 
gyà, filet, hamac. 

gyô, particule interrogative; — es- 
clave, captif. 
gyô-muso, captive. 
gyô-ngyè, captif. 
gyo-ni, gyô-ne, qui? 
gyona, vite. 

gyona-gyona, très vite. 
Gyoriba, n. p. de fleuve (Niger). 
gyu, gyù, bout, commencement, fin, 
pied (d'un objet). 
giju-koro, gyù-koro, sous. 
gyu-liyè, gyù-tigè, commencer. 
Gyùla, Gyulû, Dyoula. 
Gyùla-ka, Gyùla-nga (même sens). 
Gyùla-so, n. p. de ville (Bobo- 
Dioulassou). 
gyuri, sang; blessure; — combien. 
gijuru, gyùru, liane, lien, corde; — 
gage, garantie ; — paiement. 
gyuru-nà-digi, otage. 
gyuru-sara, donner en garantie; 
donner en paiement. 
gyusu, gyûsu. cœur (au figuré). 



H 



hali, très, fort. 



HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



201 



i (voyez e, « tu, toi, ton, etc. »). 
ire, se, soi, soi-même. 
'hiaka, n. p. d'homme (Ishaq). 

K 

ka, particule servant : l°à exprimer 
le prétérit des verbes transitifs 
et des verbes neutres à l'orme 
active ; — 2° à joindre un infi- 
nitif à un verbe à un mode per- 
sonnel ; — 3° (comme suffixe), 
à former les noms de nationa- 
lité. 

kà, cou ; — langue, idiome; — sur, 
au dessus de. 
kâ-mbere, jeune homme. 

'kabila, famille. 

kafi-fiyorhô, frère cadet. 

'kafira, pi. kafiruna, païen. 

Kàga (A.), gens du Nord, esclaves 
(surnom donné par les Agni aux 
Dyoula et aux Sénoufo). 
Kàga-krô (A), village des Kanga. 

Kâkà, n. p. de ville. 
Kâkâ-nga, gens de Kankan. 

kala, kalâ, arc. 

Kamara, n. p. de famille. 

kana, particule négative de l'impé- 
ratif. 

kàni, piment. 

A'angaba, n. p. de ville. 

kanyâ (v. tr. et v. n.), essayer. 

kara (v. n.), décider (prêt, karra). 

*kara (v. tr.), lire. 

kara-morhà, lettré, savant; n. p. 

d'homme. 
kara-ni, lecture. 
kara-ngè, lire (v. n.). 



karako, comme. 
'kardasi, papier. 
Karfala, n. p. d'homme; 
kari, lune, mois; — (v. tr.), casser, 
écraser; récolter (pas. karra). 

Kari-Gyùla, nom d'une tribu 
mandé (Ligbi ou Ligoui). 
kasami (v. tr.), compter (pas. kasa- 

mi-ra, se monter à). 
katigi, ensuite. 
kato, pour, à cause de. 
katorho, place publique. 
kè (v. tr.), faire; — verser. 

kè-berè, bonne action. 

kê-berè-kè, être bon, être juste. 
Kegyâ, n. p. d'homme (chez les Sé- 
noufo). 
kele, un, un seul, unique, le même. 

kele-ni, unique, semblable. 
kende (v. tr.), guérir; — (v. n.), être 
bien portant; — bien portant. 

kende-ra (pas.), être bien'portant. 
kene-ma, dehors. 
kenge, sable. 

Kenge-dugu, n. 
dougou). 

Kenge-ra, n. p. 

Kenge-ra-îiga, habitant de Kéniéra. 
kerè, guerre. 

kerè-kè, combattre, se battre. 

kerè-tigi, guerrier; ennemi. 
'kerege, selle. 
kereni, maître d'école. 
kèsu (F.), caisse. 
kini, droite. 

kini-mburu, main droite. ■ 

kini-moro-ye, sud. 
kiri, œuf; — (v. tr.), appeler. 
kisi(v. tr.), protéger. 
Kisi, nom d'une tribu habitant près 
des sources du Niger. 



p. de pays (Kénié- 
de ville (Kéniéra). 



202 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



ko, fois; — (v.n.),dire ; parler ; — que. 
ko-ma, parole ; palabre ; histoire ; 

— parler. 
ko-ma-kè, palabrer, juger un pro- 
cès, régler un différend. 
Kofi (A.), n. p. d'homme (chez les 
Agni). 
Kofi-dugu, nom dyoula du village 
et du poste de Kofikro, dans le 
Baoulé. 
kôgo, faim ; — (voyez aussi kôngo). 
kolo (voyez koro). 
kolomâ (voyez koro-mâ). 
kombo, kômbo (v. n.), crier. 
kondo, sauterelle. 

Koniâ, n. p. de pays (Konian, au 
sud-ouest du Ouassoulou). 
Konia-nga, Konià-nga, habitant 
du Konian, Konianka. 
kono (comme konô). 

kono-gyate, réfléchir. 
konô, ventre; — oiseau; — perle; 

— (v. tr. et v. n.), attendre. 
konondo, neuf (nombre). 
kôngo, plantations, campagne. 
kôngoli, montagne. 
korho, sel; — buste. 

korho-ra, gilet. 
koro, os ; — bâton ; — caurie (coquil- 
lage servant de monnaie); — 
vieux; — (v. tr.), rendre vieux, 
user (pas. korra ou koro-ra, 
être vieux, être âgé); — auprès 
de, à côté de. 
koro-kyè, frère aîné ; ascendant. 
koro-mâ, bois, tronc d'arbre, pieu, 

bâton. 
koro-ni, vieux. 
koro-ya, auprès de. 
Koro, n. p. de tribu (Dioula anthro- 
pophages). 



koromà (voyez koro-mâ). 
korosi ( v. n.), tâcher. 
Kosi, n. p. d'homme. 
KolyT-Kofi-dugu, nom d'un village 
dans le nord du Baoulé (Ko- 
Akyin-Kofi-kro). 
kpa, bien, très. 
kpâ(v. n.), sauter; galoper. 
Kpakibo (A.), surnom donné par les 

Agni au capitaine Marchand. 
Kpanâ, nom d'une province du Gui- 
mini. 
Kpana-nga, gens du Kpanan. 
Kpakporesu, nom d'un village du 

Baoulé. 
Rparhala, n. p. de tribu (Pakhalla 

ou Koulango). 
ku, igname. 

kû, tête; — n. p. de ville (Kong). 
kû-ndigi, chef. 
kû-nzigi, cheveux. 
Kûnga, habitant de Kong. 
kû-tigi (voyez kû-ndigi). 
kumbè (v. tr.), rassembler (pas. 

kumbè-na, être assemblé). 
Kumbeh, nom d'une province du 
Guimini. 
Kumbele-nga, gens du Koumbélé. 
kumbô (v. n.), crier. 
kumbu (v. n.), crier; — cri. 
Kumwezi, n. p. de fleuve (Comoé). 
kundo (v. tr.), allumer. 
kunu (v. tr.), éveiller (pas. kunu-ra, 

s'éveiller). 
kura, neuf, nouveau. 
Kurâ-kwo, n. p. depays(Kouranko). 
kuro, aubergine sauvage. 

Kuro-dugu, n. p. de pays. 
kursi, culotte. 

kursi-tigi, jeune homme. 
kuru, morceau. 



HISTOIRE DE SAMORI. - VOCABULAIRE 



203 



Kurubari, n. p. de famille. 

Kurubari-dugu, n. p. de pays. 
Kurulamini, n. p. de pays. 
Kurunsa, n. p. de ville (sur la haute 

Comoé). 
kutru (voyez kuturu). 
kuturu (v. tr.), courber (pas. kuturu- 
ru et kuturra, être courbé, se 
baisser; ramper). 
kutuyuma, insulte en usage chez les 

Sénégalais. 
Kwadyo-Kofi (A.), nom d'un ancien 
chef du Baoulé (Kouadio-Kofi). 
Kwamina-Gbwè (A.), nom d'un chef 
agni de Mango (Kouamna- 
Gbouè). 
kiuo, reins, dos ; derrière ; — après, 
derrière, en arrière. 
kwo-morhà , homme de queue, 
dernier. 
kwô, rivière. 
kwô (v. tr.), laver (pas. kwô-ra, se 

laver). 
kya, être. 
kye, travail ; — parmi. 

kye-kè, travailler. 
kyè, homme, mari, mâle. 
Kyè-ba (homme grand), n. p. 

d'homme (Tiéba). 
kyè-morhô, homme mûr; notable; 
homme libre; vieillard; — n. 
p. d'homme. 
kyè-morhà-ba, notable, noble. 
kyeme, cent. 
Kyeme, n. p. d'homme. 
kyemTzi, étrier. 

Kyemu, n. p. de ville (Tiémou). 
kyene (voyez ngyene). 
Kyepere, n. p. de tribu (Sénoufo du 

Guimini et du Guiambala). 
kyira, envoyé, messager. 



la, jour, temps; — (v. tr.), faire; — 
porter; — (v. n.), se coucher, 
être couché ; — (voyez aussi ra). 
la-bila, marcher en tête. 
la-tô, marcher en queue. 
ladegi(\. tr.), imiter. 
Lafia, n. p. d'homme. 
Lafiboro, nom d'une ville du Guiam- 
bala. 
lalabato (v. tr. et v. n.), obéir. 
larha (voyez alar ha). 
Latè, n. p. d'homme (chez les Sé- 
noufo). 
Laye, n. p. d'homme. 
le, même, lui-même; seulement. 

le-kè, seulement. 
le, bois (substance). 
*leasara, prière de 5 heures. 
Lengesoro, n. p. de pays. 
leyini (v. tr.), étudier. 
li (voyez n). 
liuri, chapeau. 

lo (v. tr.), bâtir; — arrêter (pas. 
lo-ra, être arrêté, s'arrêter, se 
tenir debout; — répondre): — 
(v. n.), être ; — se tenir debout, 
rester debout, s'arrêter; — ré- 
pondre. 
là (v. tr.), fabriquer. 
Là, nom donné par les Dyoula à la 

tribu des Kouéni ou Gouro. 
là (v. tr.), connaître, savoir. 
lolo, éclair. 

lolo-dë, étoile. 
lomô, pour, à cause de. 
londa, étranger. 
lorhà, marché. 

lorhà-tigi, chef du marché. 
làrhà, boisa brûler. 



204 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



lu, maison (home). 
luri, cinq. 

M 

m (voyez n). 

ma, à; dans; — particule négative 
du prétérit et du passif; — suf- 
fixe servant à former des noms 
de lieux, des noms verbaux et 
des adjectifs. 

ma (comme ma). 

mâdigu, arachide. 

Mâgo, n. p. de ville (Mango ou Grou- 
mània, sur la Comoé). 

'Makka, La Mecque. 

Mali (voyez Mande). 

Mali-nga (pour Mânde-nga). 

malo, riz. 

mameni (v. tr), entourer. 

*Mamudu, n. p. d'homme (Mah- 
moud). 

mana, lumière; — (v. tr.), éclairer 
(pas. mana-na, briller); — (v. 
n.),être lumineux. 

Mande, Mândi, Mandi, Mani, Mali, 
nom du pays d'origine des 
Mandé (Mali ou Melli). 
Mandi-na, n. p. de ville. 
Mânde-nga, n. p. de tribu (Ma- 
linké). 

Mania, n. p. de pays, dans le nord- 
ouest du Libéria. 
Maniâ-nga, habitant du Manian 
(Manianka). 

mânzi (v. n.), garder, protéger. 

Maraba, n. p. de peuple (Haoussa). 

*marfa, fusil. 
marfa-dè, balle. 
marfa-nighè, canon de fusil. 
marfa-tigi, guerrier. 



marhamarha (v. tr.), agiter ; ennuyer. 
masa, chef. 

masa-kyè, roi, grand chef. 
Masorona, n. p. de femme. 
Mau, n. p. de pays (Mahou). 

Mau-nga, habitant du Mahou. 
mba, exclamation en réponse à un 

salut. 
mbarha (v. n.), tonner. 
me (v. tr.), entendre, entendre dire, 
apprendre, comprendre. 

me-ni, intelligence. 

me-ni-kè, bien comprendre, être 
intelligent. 
'melege, ange. 

mi, ce, cette, ces, ceci; — où? — 
(v. tr.), boire. 

mi-e, ce... ci. 

mi-o, ce... là. 

mi-li-kè, boire (v. n.). 

mi-ûgari, mois de chaoual; fête 
qui termine le ramadan. 
mina, mna (v. tr.), attraper, prendre, 

saisir; — antilope. 
'misiri, mosquée. 
mna (voyez mina). 
mô (v. tr.), faire cuire (pas. mo na 

ou mô-na, cuire, être cuit). 
'Mohamadu, Mohammed (Mahomet). 
morhà, homme (homo), personne, 

gens. 
mon, musulman ; — n. p. d'homme. 

mori-ba, prêtre ; — n. p. d'homme. 
moro, moitié du ciel; — horizon. 
mosono-nyô, maïs. 
mughâ, vingt. 
mughu, poudre; farine. 
mugu (voyez mughu). 
*Muktaro,a. p. d'homme (Mokhtar). 
mune, muni, quoi? 

mune-kato, pourquoi? 



HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



205 



mungo, quoi de nouveau? 

munu (voyez mune). 

muru, couteau, lame. 

*Musa, n. p. d'homme (Moussa, 

Moïse). 
muso, femme, femelle. 
muso-kâni, piment. 
myenè (v. n.), être absent, rester 
absent; tarder. 

N 

», je, moi, me; mon, ma, mes. 

n-da, mon, le mien, à moi. 

na, mère; — (v. n.), venir, arriver 

(prêt, na na ou na ra) ; — (voyez 

aussi ra); — (quelquefois pour 

n na ou ni ra). 

'naamô, oui, compris! à la bonne 

heure! 
*nabiu, prophète. 
Nafâ, n. p. de tribu. 

Nafa-na, pays des Nafan (Nafana). 
Nafadye, n. p. de ville. 
naforo, biens, richesse. 

naforo-tigi, riche. 
Namborhosye, n. p. d'homme (chez 

les Sénoufo). 
nani, quatre. 
"Nanzara, Européen, Blanc. 

Nanzara-nyô, blé. 
'Nasivara, Chrétiens. 
Nasyâ, n. p. de ville (Nasian). 
Ndenye, nom d'une tribu agni. 
JS'denye-ra, pays des Ndénié (Ndé- 
nié-nou ou Indénié). 
ndyèri, ami. 
ndyèri-kyè, ami, camarade. 
ndyèri-ni, ami. 
nene, nènè, froid; harmattan. 
nene-kiri, respirer, souffler, se 
reposer. 



ni, àme, esprit ; — je, moi, me ; mon 
ma, mes; — et; — suffixe ser- 
vant à former des adjectifs; — 
(voyez aussi ri). 
ni-le, moi-même. 
ni-ta, mon, le mien, à moi. 
nighè, fer. 
nisi, bœuf. 
no, dans. 
nono, lait. 
numa, gauche. 

numa-buvu, main gauche. 
numa-moro-ye, nord. 
numu, forgeron. 

numu-kyè, (même sens). 
Nyagasora, n.p.deville(Niagassola). 
Nzi, nom d'un affluent du Bandama. 
Nzipuri, nom d'une tribu agni du 
Baoulé. 



IV 



n (voyez n). 
nga (voyez ka). 
ngiri, chanson. 
ngyene (v. tr.), brûler. 
ngyô-ngyô, drapeau. 
ni, je, moi, me; mon, ma, mes; — 
bon, beau; bien; — (v. n.), être 
bon. 
ni-le, moi-même. 
ni-re, me, moi-même. 
ni-ma, beau, bon ; bien. 
nina (v. n.), oublier. 
ninâ, rat. 

nya, je ; — (voyez aussi nyâ). 
nyâ, nya, face, visage; surface; fa- 
çade; vie; — devant, avant; 
d'abord; auparavant. 
nyâ-dê, œil. 
ûya-la-kâ, en outre, aussi. 



206 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



ûyâ-morho, homme de tête (dans 
une colonne), premier. 
flyini{v. tr. et v. n.), désirer, vou- 
loir, avoir besoin de, aller cher- 
cher, être sur le point de. 
nyini-flga (v. tr.), interroger, de- 
mander. 
nyô, mil (en général); gros mil 

blanc. 
nyurhô, affaires, bagages, 
nyurhô-nâ (même sens). 



O 



o, particule explétive; — quelque- 
fois annonce le comparatif de 
supériorité; — toi. 

"Omaru, n. p. d'homme (Omar). 

"Osmana, n. p. d'homme (Osman). 



pâ (voyez kpà). 
papapapa, beaucoup. 
Peminyâ, n. p. d'homme (chez les 
Sénoufo). 



R 



r 1 (pour ra). 

ra, dans, sur; à; — particule du 

prétérit dans les verbes neutres 

et du passif. 
re, suffixe des pronoms réfléchis. 
ri, suffixe servant à former les 

noms verbaux. 
ru, suffixe du pluriel. 



sa, ciel; année; — (v. tr.), acheter. 



sâ-ngye, pluie. 
safari, commerce. 
safari-kè, commercer. 
safari-kè-harha, commerçant, col- 
porteur. 
Sâkarâ, n. p. de pays (Sankaran). 
Sâkara-nga, habitant du Sanka- 
ran. 
sama (v. tr.), tirer, traîner. 
Samori, n. p. d'homme. 
Sanàkoro, n. p. de ville (Sanancoro, 
au sud-ouest du Ouassoulou). 
Sanâkoro-nga, habitant de Sanan- 
coro. 
Sâflgwola, n. p. d'homme. 
sâni, or. 

sâni-tigi, riche. 
sara (v. tr.), payer; — (v. n.), avoir 

le temps; — prendre congé. 
Sarana, n. p. de femme. 
Sarangyè, nom de la principale 

femme de Samori. 
sarha, mouton; — temps. 
sarha-byè, toujours. 
Sarha-ra, n. p. de ville (Sakala). 
Sarhandorho, n. p. de famille. 
Satama, nom d'une ville du Guiam- 

bala. 
*Satambulu, Stamboul (Constanti- 

nople). 
saura, chaussures. 
saûa, trois. 

saùa-na, troisième. 
se (v. n.), pouvoir, savoir. 
se-ra(pas.), commander, être à la 
tête, être vainqueur. 
se, pied ; pas. 

Segela, n. p. de ville (Séguéla). 
seghelè, ver de Guinée. 
Segu, n. p. de ville (Ségou). 
'Seku, a. p. de famille (Cheikh). 



HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



207 



Sèndere, n. p. de tribu (Sénoufo du 

Kénédougou, Siène-ré). 
sene, champ ; — (v. tr.), cultiver. 

sene-kè, cultiver. 
Senegale (F.), région dubas Sénégal, 

Saint-Louis. 
seu-ri (voyez sewè). 
sewè, talisman; papier; — (v. tr. ), 
écrire. 
seu-rï (pour sewè-ri), écriture. 
seu-ri- kè, écrire. 
si, sein; — bien, bonheur. 
si (voyez se et si), 
sige (v. tr.), fatiguer. 
sigi{v. tr.), poser, placer, garder, 
conserver; — recevoir; — ad- 
ministrer, régner sur ; (pas. 
sigi-ra, être posé, demeurer, 
être assis; — être reçu); — 
(v. n.), s'asseoir; rester. 
Sigiri, n. p. de ville, sur le haut 

Niger. 
Sikaso, capitale du Kénédougou. 

Sikaso-nga, habitant de Sikasso. 
sike (A.), soie (du mot anglais 

« silk »). 
sini, demain, lendemain. 
sinya, fois, moment. 
sira, chemin, rue; — (voyez aussi 

sirâ). 
sirâ, sira (v. n.), avoir peur (prêt. 
sira na et ka sira). 
sira-ma, peur. 
sira-ma-tigi, lâche. 
siri (v. tr.), attacher, lier. 
sisâ, aussitôt, bientôt, maintenant. 
sise, poulet. 

sise-iuoto, chien de fusil. 
sisi, fumée. 

'Sitafa, n. p. d'homme (Moustafa). 
so, village, ville ; — (voyez aussi sô). 



so-tigi, chef de village. 
sô, cheval. 
sô-fa, guerrier à cheval, guerrier. 
sô-fele, âne. 
sâ-tigi, cavalier. 
sô, so (v. tr.), gratifier, faire cadeau, 

donner à. 
Sokola, nom d'une ville du Guimini. 
'solatu, prière. 

'solalu-fitiri, prière du crépus- 
cule. 
'solalu-gyawali, prière de midi. 
soldasi (F.), soldat, tirailleur. 
sôngo (v. tr.), réprimander; — (v. 
n.), réprimander, blâmer; inter- 
dire ; empêcher. 
sôûgwara (contraction pour sôngo 
a ra). 
sonya (v. tr.), voler, dérober. 
sonya-ii, vol. 
sonya-H-kè, voler (v. n.). 
sori (v. tr.), percer. 
Sori, n. p. d'homme. 
sorho, viande ; animal. 

sorho-ma, matin. 
sorhà (v. tr.), percer. 
soro (v. tr.), acquérir, obtenir, ga- 
gner; — (voyez aussi sorô). 
a kû nzoro, avoir le temps. 
sorô, pardon ; soumission ; — (v. 
n.), demander pardon, deman- 
der grâce, se soumettre (prêt, 
soro na). 
Sorongi, métis de Dyoula et de Sé- 
noufo. 
soso (v. tr.), charger (un fusil). 
Soso, n. p. de tribu (Soussou). 
srâ (voyez sirâ). 
srô (voyez surô). 
su, nuit; — cadavre ; — jeûne. 
su-ùgari, ramadan. 



208 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



su-nguru, jeune fille. 
Sularka, Maure. 

Sularha-ba, Sénégal (fleuve). 
'Suleymani, n. p. d'homme (Sou- 

leïmân, Salomon). 
sumà, fraîcheur, ombre; — (v. lr.), 
faire froidir, rafraîchir (pas. 
suma-na, froidir, être froid). 
sumâ-ni, froid, frais, 
sùndorho (v. n ), dormir. 
swa, cuivre. 
Sura, n. p. d'homme. 
suri, panthère; — (v. tr.), percer. 
suri (v. tr.), baisser (pas. sùri-la, se 

baisser). 
surô (v. n.), être proche. 
suru (v. n.), être petit (de taille). 
surugu, hyène. 
sya (v. n.), être nombreux. 
sya-mâ, grand nombre ; — nom- 
breux; beaucoup. 
sye, loisir, — (v. n.), reculer, re- 
tourner. 
sye-ko (v. n.), revenir, retourner 
sur ses pas, reculer. 
syegi, huit. 

Syekoba, n. p, d'homme (Sékouba). 

syeri, prostration, prière; — (v. tr.), 

cracher ; — (v. n.), prier. 

syeri-bolà, lieu de prière. 

syeri- fa-ra, prière de 2 heures. 

syeri-kè, faire la prière, prier. 



t' (pour tè on lï). 

ta, feu; — là; — (v. tr.), prendre; 
porter; — particule indiquant 
la possession. 
ta-kara, capsule ; amorce ; allu- 
mette. 



ta-mvè, là-bas. 
ta, dix. 

'tabarakalla, Dieu soit loué! 
Tagbona, nom d'une tribu sénoufo 
(Takponin). 
Tagbona-na, pays de Takponin 

(Tagbana, Tagouano). 
Taybona-nga, Takponin. 
tara, moitié. 

tara (v. tr.), partager, fendre. 
Taraore, n. p. de famille. 
larha[\. n.), aller; s'en aller, partir. 
larha-ma, marche, voyage ; — ( v. 
n ), marcher. 
tarya (v. n.), se hâter. 
tasâ (A.), plomb ; étain. 
*tasabia, chapelet. 
le, vrai; — ainsi. 

te-le, droit ; exact; — ainsi; — 

(v. n.), être exact, être sûr. 
te-le-na, en face. 
tè, ne pas être. 

tembè (v. tr.), passer; surpasser(pas. 
tembè-ra, dépasser); — (v. n.), 
passer. 
témbè-ri, passage. 
Tenetu, n. p. de ville. 
tere, soleil. '< 

Tere-be-ngyùla, Dyoula de l'ouest, 

Vaï. 
tere-be-ura, ouest. 
tere-be-ye, ouest. 
tere-bo-ye, est. 
tere-mana, saison sèche. 
tere-ra, midi. 
ti, particule négative du temps indé- 
fini pour les verbes transitifs et 
les verbes neutres de forme ac- 
tive. 
tibari, tambour de guerre, grosse 
caisse. 



HISTOIRE DE SAMORI. — VOCABULAIRE 



209 



tibari-fà, jouer de la grosse caisse. 
libari-fd-barha, joueur de grosse 
caisse. 
ligbenT, tambour. 

ligbenT- fo, jouer du tambour. 
ligbenT- fô-barha, joueur de tam- 
bour. 
■lige (v. tr.), couper; traverser. 

tigè-tigè (v. tr.), ronger. 
tigi, suffixe des noms de métier ou 

d'état. 
to (v. tr.), laisser, lâcher (pas. lo- 

ra, rester). 
To, n. p. d'homme. 
l'ô, nom donné par les Dyoula aux 
Agni. 
Tô-ra, pays des Agni, Baoulé. 
Toma, n. p. de tribu (Loma ou Toma, 

nord du Libéria). 
lonô, bénéfice. 
torho, torhô, nom. 
Torô, n. p. de pays. 
Toro-nga, habitant du Toron 
(Toronké). 
tôle (v. tr. et v. n.), cesser (pas. tôle- 

na, suffire). 
Trosoko{k.), surnom donné à Samori 

parles Baoulé. 
tu, forêt; — (quelquefois pour two). 

l'u-koro, n. p. de village. 
tugu, encore, de nouveau; — (v. tr.), 

fermer. 
Tulusyô, n. p. d'homme (chez les 

Sénoufo). 
lumbu, insecte. 
Tumodi, nom d'un village et d'un 

poste du Baoulé (Tomédi). 
tùo (voyez Iwo). 
Ture, n. p. de famille. 
'Tttrgu, Turcs. 
lutulutu, longtemps. 



two, aliment farineux, pain ; aliment 

en général. 
tgù (v. tr.), abîmer, détruire; — en 

effet. 
iga-lo (pour tyT-lo), c'est la vérité, 

certainement. 
lye (v. tr.), blesser, atteindre (pas. 

tye-na); — (voyez aussi tyï). 
tyi, lye (v. tr.), lâcher; envoyer; 

tirer (un coup de fusil). 
tuf, vérité (pour liyà, nom verbal 

de te, être vrai). 
tyï-fo, dire la vérité, affirmer. 



U 



u (pour ru), marque du pluriel. 

ula, soir. 

ule, rouge ; — (v. tr.), rougir (pas. 
ule-na, rougir, être rouge). 

uri (v. tr.), soulever; faire partir; 
quitter ; — (v. n.), se lever, par- 
tir (prêt, urra et uri-ra). 
uri-ra, urra (pas.), se lever, par- 
tir. 

uro (v. tr.), enfanter, engendrer (pas. 
uro-ra, uro-la et urra, être en- 
fanté, naître). 

W 

Wa, n. p. de ville (Oua). 

°wala, ou bien. 

Wâdara-ma, nom d'une ville du Gui- 
mini. 

wam, wan, wan, nous (à l'impératif). 

Warèbo, nom d'une tribu agni du 
Baoulé. 

wari, argent, 
wari-ba, pièce de cinq francs. 

Wasuru, n. p. de pays (Ouassoulou). 

14 



210 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Waswu-nga, habitant du Ouas- 
soulou, Ouassoulounké. 
Watara, n. p. de famille. 
Wèiigye, n. p. d'homme (chez les 

Sénoufo). 
wolo, parce que. 

Wolô, nom d'une province du Gui- 
mini. 
Wolo-nga, gens du Ouolon. 
tcorô, six. 

worô-mvla, sept. 
wôro, homme libre. 
wolo, cuisse. 
ivuro, noix de cola. 

Wuro-dugu (pays des colas), nom 
du pays situé à l'ouest et au sud 
du Kourodougou. 
Wuro-koro (derrière les colas), 
nom du pays situé à l'ouest du 
Ouorodougou. 



tvuru, mille ; — chien. 

wui'u-lululutu, longtemps. 
ya, ici: — tu, toi; — (v. n.), deve- 
nir; — (voyez aussi y à). 
yâ, ya (comme nya). 

ya-la-kâ, en outre, aussi. 



yâ-nyini (v. n.), devoir, être forcé 
de. 
yara (v. n.), se promener. 
ye, tu, toi, te ; ton, ta, tes ; — à ; — 
plus que ; — particule explétive 
ou intensive; — (v. tr.), voir, 
apercevoir, trouver, rencon- 
trer; — voici. 
yè, joue. 

yele-ma (v. tr.), changer (pas. yele- 
ma-ra, être changé, changer (v. 
n.), succéder);— (v. n.), succé- 
der. 
yeni (v. tr.), insulter. 
yere, rire, jeu, amusement. 

yere-kè, rire, s'amuser. 
yi, là. 

yila (v. tr.), montrer, enseigner. 
yini (voyez nyini). 
yire, yiri (v. tr.), bander, tendre; 
— (v. n.), monter (prêt, yirra). 
yire (comme yere). 
yire-kè, rire (v. n.). 
yire-kerè (v. n.), se moquer. 
y'ire-yire (v. n.), trembler. 
yirè (v. tr.), ouvrir. 
yiri, arbre. 

yirre, lentement, doucement. 
yo, oui. 



QUATRIÈME PARTIE 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 



AVERTISSEMENT 



Tous les renseignements utilisés pour cette étude, en ce qui 
concerne les dialectes dyoula, malinké, bamana, khassonké, vaï, 
soninké et mouin, ont été récoltés directement par moi-même 
auprès des indigènes : j'ai étudié le dyoula et le vaï dans des con- 
trées où chacun de ces dialectes est parlé couramment, le vaï à 
Monrovia, le dyoula dans le village de Kofidougou, créé dans le 
Baoulépardes Dyoula du Dyamala et duDjimini. Pour les dialectes 
que je n'ai pu étudier dans le pays même où ils se parlent, je me 
suis adressé toujours à des indigènes originaires de ce pays et 
jamais à des étrangers ni à des interprètes : c'est dire que j'ai 
étudié le malinké avec des Malinké, le bamana avec des Bamana, 
etc. Il m'a semblé qu'ainsi je supprimais le plus grand nombre de 
chances d'erreur possible. 

J'avais également recueilli, durant mon séjour au Libéria, d'im- 
portants vocabulaires des dialectes manianka, ouassoulounké, 
loma et kpêlé (ou gbéressé), et durant mon premier séjour à la 
Côte d'Ivoire un vocabulaire kouéni (sous-dialectes gouro et 
souamlé). Les carnets contenant ces vocabulaires ont été détruits, 
avec beaucoup d'autres, lors de l'incendie du poste de Toumodi, 
en septembre 1899. C'est pourquoi je n'ai pu faire entrer dans 
cette étude comparée les dialectes manianka et kouéni, sur les- 
quels il n'a été publié aucnu document sérieux. Pour les autres, 
j'ai pu compléter mes souvenirs en m'aidant, pour ce qui concerne 
le ouassoulounké, du vocabulaire de M. le colonel Péroz, et pour ce 
qui concerne le loma et le kpêlé, des vocabulaires de Koelle. 

Je n'ai pas insisté sur le dialecte malinké, bien qu'il soit sans 



214 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

doute le plus important, car il existe de ce dialecte un excellent dic- 
tionnaire fait par les Pères du Saint-Esprit. Je n'ai donné que quel- 
ques comparaisons, en prenant comme base le dialecte du Dingui- 
ray, le seul que j'aie étudié spécialement. 



CHAPITRE I 
Aperçu général sur la langue mandé 



1° Du mot « mande » 

Du xiii au xv e siècle de notre ère tleurissait dans l'Afrique 
Occidentale un empire indigène qui embrassait à peu près tout 
le territoire compris entre le Niger inférieur à l'est, le Sahara 
au nord, et l'océan Atlantique à l'ouest. Cet empire était connu 
des Arabes sous le nom de royaume de Melli ou Mali, du nom 
de sa capitale, sur la situation de laquelle on n'est pas fixé encore : 
Ibn Batoutala place entre Tomboucton et le lac Débo, mais le 
D r Barth et après lui le commandant Lartigue la placent dans le 
Kingui, près du village actuel de Diaoua, qui a donné son nom à 
la famille soninké des Diaouara. M. Binger croitque l'emplacement 
de Mali serait sur la rive gauche du Niger, près de Nyamina. 

L'empire de Mali, à la fin du xv e siècle, fut le théâtre d'une 
lutte très vive pour la prédominance entre la race jusque-là maî- 
tresse, dont la capitale était Mali, et la race jusque-là vassale des 
Songhaï, qui avait sa principale ville à Gao, près et en aval du 
coude du Niger. 

Ali-Kolon, premier roi songhaï de la dynastie des Sonni, affran- 
chit son pays de la tutelle de l'empire de Mali et le fondateur de la 
dynastie suivante, Askia Mohammed, au début du xvf siècle, porta 
à son apogée l'empire de Gao au détriment de celui de Mali qui ne 
tarda pas à se démembrer. 

C'est au démembrement de cet empire que doivent leur origine 
les différentes tribus que nous groupons sous le nom générique de 



216 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Mandé ou Mandingues, nom qui dérive lui-même de celui de Mali, 
leur ancienne capitale commune. 

Suivant en effet les différences dialectales des diverses tribus, le 
nom de cette ville est prononcé Mali, Mani, Mandi ou encore Maie, 
Mane, Mande ou Mande; avec la particule qui sert à former 
les noms de peuples et qui, suivant les dialectes, est ké, kè, ka, flAé, 
tUcè, nga, ka ou même mô, on a eu les différentes formes Maliîtké, 
Maninkè, Mandinkè, Manefika, Mandehga, Mândehga, Maniàka, 
Manimô, etc., qui toutes ont la même signification primitive : « les 
gens de Mali ». 

Les diverses tribus mandé n'ont pas elles-mêmes de terme com- 
mun pour désigner l'ensemble de leur race, et les mots que je viens 
d'énumérer ne sont appliqués par ces tribus qu'à deux d'entre elles, 
celles que nous appelons généralement les Malinké et les Ma- 
nianka 1 . Cependant c'est avec raison que les Européens ont géné- 
ralisé cette dénomination de Mandé ou Mandingues en l'appliquant 
à toute la race, car elle convient tout aussi bien aux Bàmana et aux 
Gyùla qu'aux Manenka et aux Maniàka, tous étant au même titre les 
représentants de la nation qui autrefois dominait à Mali 2 . 

2° Etendue et importance de la langue mandé. 

La langue mandé est parlée, d'une façon générale, dans le vaste 
triangle déterminé parle méridien de Tombouctou à l'est, par la 
limite du Sahara au nord et par l'océan Atlantique au sud-ouest. 
En général cependant, la zone où se parle le mandé n'atteint pas 
la mer, sauf dans la Guinée française, le Sierra-Leone et l'extré- 
mité occidentale du Libéria. 

1 . Les sept expressions Malinké, Malinké, Maninkè, Mandinkè, Manenka, Man- 
deiïga et Mândenga servent à désigner les Malinké, la première chez les Soninké,les 
trois suivantes chez les Khassonké et les Baraana, la cinquième chez les Malinké 
eux-mêmes, et les deux dernières chez les Dvoula. — Les deux expressions Maniùka 
et Manimô servent à désigner les Manianka, la première chez eux-mêmes et la se- 
conde chez les Vaï. 

2. Les Songhaï appellent les Mandé Wakore ou Wdkore, les Haoussa les appellent 
Wûgara, les Foulans les appellent Wagarbe, les Agni-Achanti les appellent JVzoko 
ou Kàga. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 217 

D'antre part les Mandé ne sont pas les seuls à peupler ces vastes 
territoires; à côté d'eux on rencontre d'autres races, des Toucou- 
leurs notamment, répandus un peu partout, surtout dans le Bondou, 
le Bambouk, le Fouta-Diallon, le Ouassoulou elle Ségou, et un cer- 
tain nombre de peuplades autochtones, surtout dans la région 
côtière et le long et dans la boucle du Niger, peuplades qui pres- 
que toutes tendent à entrer plus ou moins rapidement dans le sein 
de la grande famille mandé par voie d'assimilation. 

On peut dire que, dans toute cette vaste région, le foulan ou 
langue des Toucouleurs et des Peuhls, a seul une certaine impor- 
tance, et encore cette importance est-elle de beaucoup dépassée par 
celle du mandé : le foulan en effet, sauf peut-être dans le Fouta-Dial- 
lon et certains pays soninké, n'est parlé et compris que par les 
seuls Toucouleurs et Peuhls, tandis que le mandé est la langue 
usuelle que comprennent et parlent toutes les peuplades de la ré- 
gion et les Toucouleurs eux-mêmes lorsqu'ils ont à converser 
avec des étrangers. 

Qu'on ajoute à cela l'esprit d'entreprise des Mandé, les qualités 
guerrières des tribus des Bamana, des Malinké, et des Ouassoulounké, 
qui nous fournissent la majorité de nos tirailleurs dits sénégalais, et 
les aptitudes commerciales des tribus des Soninké, des Dyoula, des 
Vaï et des Sosso, et l'on comprendra facilement quelle est l'impor- 
tance d'une langue que les conquêtes et les caravanes pacifiques 
transportent chaque jour plus loin, dans toutes les directions, en 
Afrique occidentale. « Le voyageur, dit M. Binger, qui avec le 
mandé saurait parler le haoussa et l'arabe serait à même d'aller 
sans interprète du cap Vert en Egypte. » 



3° Caractères généraux de la langue mandé. 

Pour définir en quelques mots, d'une façon à peu près précise, 
les caractères généraux d'une langue quelconque, on peut dire 
que cette langue est : 

1° juxtaposante ou af/ixa?ite, c'est-à-dire formant ses mots com- 



218 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

posés soit par une simple juxtaposition de radicaux, soit par l'em- 
ploi de préfixes ou de suffixes; 

2° additive ou flexative, c'est-à-dire exprimant les différences de 
nombre, de temps, démode, etc., soit par l'addition de particules, 
soit par les flexions du mot primitif; 

3° nsexuelle on sexuelle, c'est-à-dire ne distinguant pas les genres 
ou les distinguant. 

Dans cet ordre d'idées on peut dire que le mandé est une lan- 
gue : 

1° à la fois juxtaposante et a /fixante; 

2° additive (elle n'est flexative que dans le dialecte des Soninké, 
et encore les flexions y sont plutôt le résultat de règles euphoni- 
ques que des flexions réelles); 

3° asexuelle. 



4° Les deux grands groupes de la langue mande; le groupe de « tan ». 

Les divers dialectes mandé se répartissent en deux grandes 
familles ou groupes que j'appelle groupe de « tan » et groupe de 
« fou », parce que, dans le premier groupe, le nombre dix se dit ta 
ou s'exprime par un mot où l'on retrouve la racine ta, tandis que, 
dans le second groupe, le même nombre se dit fu (ou pu). A dé- 
faut d'autre, cette classification me semble avoir le mérite d'être 
simple et rationnelle. 

Le premier groupe, ou groupe de « tan »,est de beaucoup le 
plus important, tant au point de vue du nombre des gens qui par- 
lent des dialectes de ce groupe, qu'à celui de l'étendue des terri- 
toires où il est répandu. Les dialectes de ce groupe sont même 
parlés en des pays dont le dialecte propre rentre dans le groupe 
de« fou ». C'est également le groupe de « tan » dans lequel les 
différents dialectes ont le plus de ressemblance les uns avec les 
autres. 

Ce groupe de « tan » renferme neuf dialectes principaux, qui 
sont, par ordre d'importance : 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 219 

1° Le malinké (se subdivisant lui-même en trois sous-dialectes, 
ceux de l'ouest, du nord et du sud) ; 

2° Le bamana ou bambara ; 

3° Le dyoula ; 

4° Le soninké ou sarakolé ; 

5° Le manianka; 

6° Le ouassoulounké ; 

7° Le sidianka ; 

8° Le vaï, qui ne fait qu'un avec le ligbi ou ligouy ; 

9° Le khassonké. 

Le soninké offre une assez grande différence avec les autres dia- 
lectes; mais les différences que présentent les uns vis-à-vis des 
autres les huit autres dialectes sont très peu considérables : le ba- 
mana, le malinké, le ouassoulounké et le dyoula en particulier 
sont tellement voisins qu'un Bamana et un Dyoula par exemple, 
parlant chacun son dialecte, se comprennent sans difficulté. 

Chaque dialecte renferme un certain nombre de sous-dialectes 
locaux dont les différences sont peu appréciables, sauf pour ce qui 
regarde les trois grands sous-dialectes malinké énumérés tout à 
l'heure. 

W Le groupe de « fou » . 

Le groupe de « fou » est confiné en quelques régions voisines 
de la côte, et se divise en onze dialectes principaux, qui sont, par 
ordre d'importance : 

1° Lesosso (Guinée française) ; 

2° Le diallonké (Foula-Diallon); 

3° Le kouéni ou lo ou gouro (Côte d'Ivoire); 

4° Le kpèlé ou gbéressé (Libéria) ; 

5°Le#7«'oou dialecte des Dioula anthropophages (Côte d'Ivoire) ; 

6» Le mendé ou kosso (Sierra-Leone) ; 

7° Le loma ou toma (Libéria) ; 

8° Le loko ou landorho (Sierra-Leone); 

9° Le manon (haut Cavally) ; 

10° Le oueïma (haut Saint-Paul et haut Sassandra); 

11° Le moain ou mona (haut Bandama). 



220 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Les données linguistiques que l'on possède sur ce groupe, sauf 
en ce qui concerne le sosso et le mende, sont encore très restrein- 
tes, et il est possible qu'il renferme encore d'autres dialectes, in- 
connus aujourd'hui. 

Peut-être aussi pourrait-on rattacher à ce groupe un certain 
nombre de dialectes parlés le long de la côte, depuis la Gambie 
jusqu'au Sherbro, par des populations qui peu à peu sont absorbées 
par les Mandé elqui sans doute sont les restes des tri bus autochtones 
aux dépens desquelles les Mandé se sont étendus vers l'ouest. 
Mais si le voisinage des Mandé a pu influer sur ces langues côtières, 
il semble bien, d'autre part, qu'elles appartiennent originairement 
à une famille différente, et d'ailleurs elles ont été encore trop peu 
étudiées pour qu'on puisse se prononcer d'une façon définitive à 
leur égard 1 . 

Ces langues côtières, que je mentionne ici simplement pour 
mémoire, et parce que la question est encore débattue de savoir 
si on doit ou non les rattacher à la famille mandé, sont : 

Le dyoba, parlé dans la région de Portudal et Joal et à l'embou- 
chure du Saloun; 

Le dgola, à l'embouchure de la Gambie et dans la basse Casa- 
mance; 

Le feloup, à l'embouchure de la Casamance ; 

Le balante et le bagnoun, entre la Casamance et le Rio-Cachéo 

Le bissao, dans les îles Bissagos et à l'embouchure du Rio- 
Grande; 

Le biafare, sur la rive gauche du Rio-Grande; 

Le koniagui, au nord du haut Rio-Grande; 

Le landouman, entre le Rio-Compony et le Rio-Nunez; 

Le nalou, sur le Rio-Nunez : 

Le baga, entre le Rio-Nunez et le Rio-Pongo; 

Le boulame (ou mampoua), depuis Freetown jusqu'à Sherbro, sur 
la côte; 

1. C'est ainsi qu'on a pu rattacher ces langues à celles de la Côte d'Or et de la 
Côte des Esclaves tandis que d'autres auteurs (G. de Guiraudon notamment) pro- 
posent de les rattacher aux langues hantou. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 221 

Le timéné, h l'est de Freetown, le long de la Roquelle ; 

Le limba, dans le nord de la colonie de Sierra-Leone. 

A ces langues, il convient d'ajouter : 

le gola (au N.-E. de Monrovia) ; 

et le kissi parlé par les autochtones du Kissidougou. 

Bibliographie générale. — Parmi les ouvrages relatifs à la lan- 
gue mandé, on peut citer les suivants comme traitant d'une 
façon générale ou comparative l'étude des principaux dialectes : 

S.W. Koelle. — Polyglotta a/ricana. — London, 1854, gr. in- 
folio. — (Renferme des vocabulaires de dix-neuf dialectes : mandé 
(malinké), kabounga, toronké,kankanké,bambara(bamana),kono, 
vaï, gadjaga (sarakolé) ; kissi, dyallonké, sosso-solima, sosso- 
kissikissi, téné, gbandi, loko, mendé, gbéressé, toma, manon, 
guio.) 

D r H. Steinthax,. — Die Mande- Neger Sprachen. — Berlin, 1867, 
gr.in-8. — (A traitprincipalementauxdialectes malinké (del'ouest), 
bamana, vaï et sosso.) 

D r Tautain. — Notes sur les trois langues soninké, banmana, 
et mallinké ou mandingké. — {Revue de linguistique et de philologie 
comparées, Paris, 1887.) 

Cap. J.-B. Rambaud. — La langue mandé. — Paris, 1896, in-8. 
(Étude portant principalement sur les dialectes malinké (nord et 
sud), bamana, khassonké, ouassoulounké, et accidentellement sur 
les dialectes manianka, vaï, sarakolé, sosso, gbéressé et toma.) 



CHAPITRE II 
Le dialecte malinké 



Le dialecte malinké, ou plus exactement le mane-fika kâ, est 
parlé par l'ensemble des populations que nous désignons générale- 
ment sous le nom de Malinké et qui se donnent à elles-mêmes l'ap- 
pellation de Mane-nka, Mandi-îlka, Mani-îlka, ou Mali-nka (gens 
de Mané, Mandi, Mani ou Mali). 

Il semble que ce dialecte soit le plus ancien et le plus pur 
parmi tous les dialectes mandé. On en peut donner comme preuve 
que les noirs qui le parlent ont seuls (avec les Manianka toutefois) 
conservé le nom de Mali ou Mani, qui paraît avoir été à l'origine le 
nom de toute la nation mandé ou tout au moins du pays qu'elle 
occupait au moment de son apogée politique et guerrière. 

C'est également celui des dialectes mandé qui occupe la plus 
grande superficie et qui est parlé par le plus grand nombre d'indi- 
vidus. En pays malinké, au moins dans l'est et le sud, les gens de 
race ou en tout cas de langue mandé sont beaucoup plus nom- 
breux, par rapport aux gens de races étrangères qui habitent avec 
eux, qu'en pays dyoula par exemple. 

Aussi ce dialecte, parlé par des individus habitant des climats 
variés et ayant des coutumes différentes, s'est-il subdivisé en trois 
sous-dialectes, dont chacun à son tour renferme un certain nom- 
bre de patois locaux plus ou moins importants. 

Les trois sous-dialectes du malinké sont : 

1. Pour la prononciation des mots indigènes, se reporter à ce qui a été dit dans 
le chapitra I er de la première partie : l'alphabet adopté est le môme. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 223 

1° Le sous-dialecte occidental, parlé d'une façon générale dans 
le bassin de la Basse-Gambie, dans la Casamance et dans la Guinée 
portugaise; 

2° Le sous-dialecte septentrional, parlé dans le Ferlo, le Kalon- 
kadougou, le Bondou, le Bambouk, le Gangaran et le Fouladou- 
gou, ou, d'une façon plus générale, dans le bassin de la Haute-Gam- 
bie et dans les bassins de la Falémé, du Bafing et du Bakhoy ; 

3° Le sous-dialecte méridional, parlé dans le Kouranko, le Sanka- 
ran, le Dinguiray, le Bouré, le Banian, l'ouest du pays Bobo, ou, 
d'une façon plus générale, le long du Haut-Niger en amont de Bam- 
mako, et dans la bande de territoire comprise entre le Niger à 
l'ouest et la Voila Noire à l'est, et entre le Mayel-Balével au nord 
etleOuassoulou et le Kénédougou au sud. 

De ces trois sous-dialectes, le plus pur semble être le dernier, 
car les Mandé de race pure forment une population plus compacte 
dans le haut Niger que dans les bassins de la Gambie et du Séné- 
gal; leur langue a donc dû se modifier moins au contact des lan- 
gues voisines. 

Je prendrai comme sujet d'étude, dans ce chapitre et les suiva?its, 
le sous-dialecte méridional tel qu'il est parlé dans le Dinguiray, c'est- 
à-dire dans la région intermédiaire entre les pays du haul Bafing 
ou haut Sénégal et ceux du haut Niger. Je ferai suivre les mots 
malinké des mots correspondants en dyoula, pour permettre les 
comparaisons. 

I. — NUMÉRATION 



Malinké 



Dyoula 



Malinké 



Dyoula 



1 kile 


kele 


2 fula 


fila 


3 salm 


saùa 


4 nani 


nani 


5 lulu 


luri 


6 icoro 


ivoro 


7 woro-vla 


ivorô-mvla 


segi 


syegi 


t) kononto 


konondo 


10 ta 


ta 



11 


ta ni kile 


ta ni kele 


12 


ta ni fula 


ta ni fila, etc 


20 


muhâ 


mughà 


30 


ta saba 


mughà ni ta 


40 


ta nani 


morhà fila 


50 


In lulu 


kyeme-tara 


60 


ta woro 


morhà saùa 


80 


là segi 


morhà nani 


100 


kijeme 


kyeme 


1000 ba 


wuru 



2 1 4 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Remarques. — La numération de 1 à 20 est la même dans les 
deux dialectes, sauf de légères différences de prononciation. Après 
20, les Malinké comptent par 10, au lieu que les Dyoula comptent 
par 20. Chaque dialecte a un mot spécial pour 1.000. 

II. — PARTIES OU CORPS 

Maliuké Dyoula Maliuké Dyoula 



tête 


kû 


kû 


ventre 


konô 


konô 


face 


nya 


mj'i 


main 


bulo, bulu 


buru 


œil 


ni/a-do 


nyâ-dê 


dos 


ko 


kwo 


nez 


nu 


nu 


pied 


si 


se 


dent 


ni 


ni 


genou 


kumbale 


kurnbri 


bouche 


da 


da 


os 


kulo 


koro 


langue 


ne 


nène 


protubérance 


) 




oreille 


tulo 


toro 


boule 


s kulo 


kuru 


cou 


kâ 


kâ 


morceau 


S 




poitrine 


siso 


sisi 









Remarques. — On aperçoit déjà les différences principales entre 
les deux dialectes : les Malinké emploient de préférence IV, les 
Dyoula IV; les Malinké affectionnent la voyelle o, les Dyoula la 
voyelle a et la voyelle u; les Malinké mettent deux voyelles diffé- 
rentes (siso, bulo, kulo), là où les Dyoula répètent la même voyelle 
(sisi, buru, koro, kuru). 



III. — NOMS D HOMMES 

Maliuké Dyoula 



Malinké Dyoula 



père fa fa 

mère na na 

fils, enfant do, di de 



homme (homo) moko, mbari morho 

— (vir) kè kyè 

femme muso muso 



Remarques. — Les prononciations moko et morho nous montrent 
que le rh (r gras) des Dyoula n'existe pas en malinké et y est 
remplacé par un k. — Les prononciations kè et kyè (comme gi et 
gye que nous verrons plus loin) nous montrent que les consonnes 
mouillées kg et gy, qui sont fréquentes en dyoula, n'existent pas 
ou sont rares en malinké. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 225 



Maliukc 



IV. — NOMS D'ANIMAUX 

Dyoula Jlalinli 



Dyoula 



animal 


subo 


sorho 




chien 


wulo 


wuru 


viande 


id. 


id. 




poulet 


susè, sise 


sise 


bœuf 


niso 


nisi 




cheval 


suo, su 


sô 


mouton 


sa 


sarka 




poisson 


flyèke 


geghè 


bélier 


sa-gi 


sarha- 


gyw 


mâle 


kè 


kg à 


chèvre 


ba 


ba 




femelle 


muso 


muso 



Mêmes remarques que précédemment. — On voit par flyèke 
(ou fli/è) au lieu de yeghè (et muhà « vingt » au lieu de mughà) 
que l'articulation gh n'existe pas en malinké : ou bien elle se 
supprime avec la voyelle qui l'accompagne, ou bien elle est rem- 
placée par un h, un k ou un g. 



V. - NOUS DIVERS. 



Malinké 



Dyoula 



Maliaké 



Dyoula 



pays dugu dugu 

terre (sol) id. id. 

terre (matière) bàku bâgo, bugu 



village 


sate, su 


so 


maison 


bô 


bô 


ciel 


sel 


sa 


soleil 


tile 


1ère 


lune 


kalo 


kari 



eau gi gge 

arbre yiro yiri 

pierre bêle gberè 

montagne kô-ko,kô kô-ngo'.i 

sel koko korho 

huile lulu luru 

couteau muro muru 

poudre mungo mughu, mugu 



VI. — SUFFIXES SI HV AVI 1 l.l COMPOSITION DES 
SUBSTANTIFS. 

La formation des substantifs composés est la même en malinké 
qu'en dyoula : on opère en juxtaposant deux radicaux ou en se 
servant de suffixes, et les suffixes sont analogues; mais la forme 
de ces suffixes diffère parfois légèrement. 

Le suffixe ra, la ou na prend très souvent en malinké les formes 
ro, no, to ou nda. Ainsi on dit : su-ro « pendant la nuit » au lieu de 
su-ra; — /cti-no « le haut de quelque chose » au lieu de /ai-na; — 

15 



22G ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

I 

sà-to « en l'air » au lieu de sa-na; — tigè-nda « gué » au lieu de 
tigè-ra, etc. 

Le suffixe tigi s'abrège souvent en ?i'[qai, d'ailleurs, est le ra- 
dical du mot, gi (pour kè ou kyè) ajoutant simplement le sens de 
virilité (comparez sa-gi, sarha-gyigi « bélier »). Ainsi on dit : sate- 
ti « le chef du village ». 

Le suffixe barha s'abrège en ba et très souvent se change en la. 
Exemples : suflya-ba ou suftya-li-la, au lieu de sofiya-li-ke-barha 
« voleur » ; — doni-ta-la, au lieu de doni-ta-barha « porteur », etc. 

Le suffixe du pluriel [ru ou u en dyoula) est en malinké lu; le 
suffixe de nationalité (ka ou îïga en dyoula) est ka ou ftka ou îiga. 



VII. - PRONOMS. 

t- ■ — - 

Les pronoms sont à peu près les mêmes en dyoula et en ma- 
linké, mais en malinké le pronom délai" personne du sing. (n, m 
ou n) ne cause pas l'adoucissement de la consonne forte qui suit, 
comme cela a lieu en dyoula. Ainsi : « mon père » se dit m fa (au 
lieu de m va); « mon cheval » n suo (au lieu de n zô); « mon ven- 
tre » îl kono (au lieu de fi gonô). 

Cette remarque s'étend d'une façon générale à tous les cas où 
la consonne n, m ou fi est placée devant une consonne forte ; 
ainsi on dit : Mane-ftka; «Malinké», alors que les Dyoula di- 
sent Mànde-figa; — gara-hke « teinturier», au lieu de gara-ftgye ; 
— n ta « je vais », au lieu de n darha ; — Ti ka domo-ni-kè « j'ai 
mangé », au lieu de fl ga domu-ni-kè, etc. 

Le pronom de la 2 e pers. du sing. est i (au lieu de e, ye ou i en 
dyoula), et celui de la 2 e et de la 3 e pers. du pluriel est prononcé 
généralement alu, aie ou al (au lieu de are ou ar) : 

que dis-tu? i ko di? 

quel est ton nom? i toko di? 

va les appeler, ta ka aie kile> 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 227 









VIII. 


— VERBES. 








Malin 


ké 


Dyoula 




Malinké 


Dyoula 


aller 


ta 




tarha 


boire 


mi 


mi 


venir 


na 




na 


ouvrir 


gelé 


yirê 


venir de 


bo-ra, 


bo-to bo-ra 


fermer 


bidi, tugu 


tugu 


s'asseoir 


si/ii 




sigi 


parler 


fo ' 


fà 


se lever 


uli 




uri 


dire 


ko 


ko 


courir 


bori 




bori 


appeler 


kile 


fart 


s'arrêter 


lo 




lo 


entendre 


me 


me 


se coucher 


la 




la 


comprendre 


id. 


id. 


dormir 


sinô 




sùndorho 


finir 


ba, bâ 


bâ 


manger : 








tuer 


fa, faka 


farha 


(avec rég.) 


domô 




domû 


faire 


kè, la 


kè, la 



(sais rég.) domo-ni-kè domu-ni-kè 

Le verbe « être » attributif s'exprime en malinké par ye au lieu 
de bè : a yeft-ma « il est noir » . — Signifiant « se trouver » le verbe 
« être » s'exprime par bè en malinké comme en dyoula : a bè yâ 
« il est ici ». — Enfin, toutes les fois qu'on emploie lo en dyoula 
pour exprimer le verbe « être », on emploie le en malinké : n taie 
(pourra da'lo) « c'est à moi ». 

Le verbe négatif « ne pas être » se dit tè comme en dyoula. 



IX. — CONJUGAISON. 

La conjugaison est la même en malinké qu'en dyoula, sauf que, 
en malinké : 

i° La particule ka ne sert pas seulement à rendre le prétérit des 
verbes actifs mais peut s'employer aussi devant l'impératif : afl ka 
ta « allons » (au lieu de an darha) -, 

2° La particule du prétérit des verbes neutres et du passif est 
souvent la ou lo au lieu de ra et nia ou nto au lieu de na : anatd 
« il est venu », a ba-nta « c'est fini », a bo-to « il est sorti » ; 

3° La particule négative du temps indéfini se prononce te au lieu 
de ti : a te ta « il n'ira pas » (au lieu de a ti tarha); 

4° La particule négative du prétérit et du passif se prononce 
souvent ma au lieu de ma : a ma ba « ce n'est pas fini ». 



228 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

X. — PRONONCIATION. 

On a vu déjà, par les remarques faites à propos des vocabulaires, 
quelles sont les principales différences de prononciation entre le 
malinké et le dyoula. Je les résume ici. Les caractéristiques de la 
prononciation malinké sont : 

1° L'absence des articulations rh et gh, qui sont, soit supprimées 
avec la voyelle qui les suit, soit remplacées, la première par k, la 
seconde par k, g ou h; 

2° La préférence marquée du son / sur le son r ; 

3° La fréquence de la voyelle o, qui se présente dans beaucoup 
de cas où on aurait en dyoula a, u ou bien i; 

4° La rareté des gutturales mouillées kg et gy ; 

5° La tendance à ne pas répéter la même voyelle dans les deux 
syllabes d'un mot; 

6° Le rôle peu important joué par les consonnes ou voyelles 
nasales dans la prononciation des consonnes qui suivent. (On a vu 
fi ka ta au lieu de fi ga tarAa, m fa au lieu de m va; de même on 
dit : Mane-ftka kà fo au lieu de Mànde-figa kà mvô « parler le ma- 
linké » ; balà fo ou bala fo (d'où nous avons fait le mot « balafon ») 
au lieu de bala mvô « jouer du xylophone », etc.) 



CHAPITRE III 



Le dialecte ouassoulounké. 



Le dialecte ouassoulounké, ou plus exactement le ivasalu-flka 
M, est parlé par l'ensemble des populations mandé répandues 
dans le Ouassoulou proprement dit ( Wasulu-ûka), le Toron (Toro- 
fika( et dans quelques parties du Kouranko et du Sankaran, où le 
ouassoulounké s'emploie concurremment avec le malinké méri- 
dional. 

Ces populations, d'après M. Binger et le capitaine Rambaud, ne 
seraient pas de pure race mandé : elles seraient le résultat d'un 
croisement d'éléments mandé avec des éléments d'origine foulane 
(Peuhls ou Toucouleurs). Mais, quelle que soit leur origine, elles 
parlent le mandé. Leur dialecte est très voisin du malinké méri- 
dional et ne s'en distingue guère que par des différences de pro- 
nonciation très minimes. 





I 


. — NUMÉRATION. 






Ouassoulounké 


Malinké 




1 


kili 


kile 


lie le 


2 


fui a 


fula 


fila 


3 


saba 


saba 


saùa 


4 


nani 


nani 


nani 


5 


lu lu 


lu lu 


luri 


6 


woro 


woro 


worô 



Dyoula 



230 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Ouassouloiiiiké Maliuké Dyoula 



7 


woro-ula 


woro-vla 


worô-mvla 


8 


segi 


segi 


sj/egi 


9 


kononlo 


kononto 


konondo 


10 


ta 


ta 


ta 


11 


ta i kili 


ta ni kile 


ta ni kele 


12 


ta i fula 


ta ni fula 


ta ni fila, etc. 


20 


moka, morhâ 


muhâ 


mughâ 


30 


ta saba 


ta saba 


mughâ ni ta, etc. 


100 


keme 


kyeme 


kyeme 


101 


keme ni kili 


kyeme ni kile 


kyeme ni kele, etc 


1000 


ba 


ba 


ivuru 



Remarques. — Après 20, les Ouassoulounké comme les Malinké 
comptent par 10, tandis que les Dyoula comptent par 20. —Après 
/«les Ouassoulounké prononcent i au lieu de ni : à part cela, la nu- 
mération est identique en ouassoulounké et en malinké. 



IL — PARTIES DU CORPS. 

Ouassoulounké Malinké Dyoula 



tête 


kû 


M 


kû 


face 


nya 


nya 


nyà 


œil 


nya-di 


nya-do 


nyâ-i 


nez 


nû 


nu 


nu 


dent 


ni 


m 


ni 


bouche 


da 


da 


da 


langue 


ne 


ne 


nène 


oreille 


tulu 


tulo 


toro 


cou 


kâ 


kâ 


kâ 


poitrine 


gisi 


siso 


sisi 


ventre 


kono 


konù 


konô 


main 


bulu 


bulo 


buru 


dos 


ko 


ko 


hro 


pied 


Si' 1 


*i 


se 


os 


kulu 


kulo 


koro 


morceau 


kulù 


kulo 


kuru 



Remarques. — On voit déjà que le vocabulaire ouassoulounké 
est presque identique au malinké et offre avec le dyoula les mêmes 



ESSAI D'ÉTUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 231 

différences que ce dernier. Toutefois [il est à noter que les Ouas- 
soulounké semblent affectionner les voyelles nasales plus que les 
Malinké {nù,nè, kulù, etenmalinké nu, ne, kulu), et qu'ils aiment 
comme les Dyoula à répéter la même voyelle dans les deux syllabes 
d'un mot [tutu, gisi, bulu, kulu, et en malinké tulo, siso, bulo, fado). 
— De plus les Ouassoulounké affectionnent la voyelle u, tandis que 
les Malinké aiment davantage la voyelle o. 

III— NOMS D'HOMMES. 





Ouassoulouuké 


Malinké 


Dyoula 


père 


fa~ 


fa~ 


fa" 


mère 


ba 


na 


na 


fils 


di 


do, di 


de 


homme (homo) 


morho 


moko 


morho 


- (vir) 


ke, tye 


kè 


kyè 


femme 


musu 


muso 


muso 



Remarques. — On voit que le rh du dyoula, qui est supprimé 
ou remplacé par/; chez les Malinké, se retrouve en ouassoulounké 
[morho); d'autres fois d'ailleurs il est également remplacé par un 
h {moka et morhà « vingt »). 

Les prononciations ke et tye (comme gi et dyl « eau » que nous 
verrons plus loin) montrent que les consonnes gutturales mouillées 
ky eiyy du dyoula se changent en ouassoulounké soiten consonnes 
simples {k et g), soit en dentales mouillées ((y et dy). 





IV. — NOMS D'ANIMAUX. 






Ouaasoulo 


unké 


Malinké 


Dyoula 


animal, viande 


su/ju 




subo 


sorlio 


bœuf 


misi 




niso 


nisi 


mouton 


sarha 




sa 


sarha 


bélier 


sarha 


dyigi 


sa-gi 


sarha-gyigï 


chèvre 


ba 




ba 


ba 


chien 


wulu 




wulo 


wuru 


poulet 


sise 




susè 


sise 


cheval 


su 




suo, su 


s 6 


poisson 


yege 




nijèke 


yeghè 


mâle 


ke 




kè 


■ h* 


femelle 


musu 




muso 


n t i o 



232 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Mêmes remarques que précédemment. — On voit par yege 
(yeghè en dyoula) et précédemment moka ou morhâ (mughâ en 
dyoula) que l'articulation gh n'existe pas en ouassoulounké. — 
On voit aussi par ke (kèen malinké, kyèen dyoula) que l'e est pres- 
que toujours fermé en ouassoulounké. 





V. - 


Noms divers. 






Ouassoulounké 


Malinké 


Dyoula 


pays 


dugu 




dugu 


dugu 


terre (sol) 


id. 




id^ 


id. 


terre (matière) 


bâko 




bàku 


bâgo, bugu 


village 


su 




sate, su 


so 


maison 


bû 




ba- 


bô 


ciel 


sa 




sa 


sa 


soleil 


tili 




tile 


tere 


lune 


kalu, 


katu 


kalo 


kari 


eau 


gi, dij 


i 


9* 


gye 


arbre 


iri 




ijiro 


yiri 


pierre 


bêle 




bêle 


gberè 


montagne 


ko 




kô-ko 


kô-ngoli 


sel 


koko, 


kor/io 


koko 


korho 


huile 


tulu 




tulu 


turu 


couteau 


muru 




muro 


muru 


poudre 


mugu 




mungo 


mughu 



VI. — SUFFIXES SERVANT A LA COMPOSITION DES 
SUBSTANTIFS. 

La formation des substantifs composés est la même en ouassou- 
lounké qu'en malinké et en dyoula, soit qu'on opère par juxtapo- 
sition, soit qu'on se serve de suffixes. 

Comme en malinké, le suffixe ra, la ou na prend souvent les 
formes ro (ou 16), no, toou nda : la forme to surtout est fréquente. 
Ainsi on dit : sà-ko-to « le haut de quelque chose, en l'air »(sa-na en 
dyoula, sà-to en malinké); — koto (pour koro) « à côté de, der- 
rière » . 

Le suffixe tigi demeure tel qu'il est en dyoula au lieu de s'abré- 



ESSAI D'ÉTUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 233 

ger en ti comme cela a souvent lieu en malinké ; on a ainsi : .su-tigi 
« chef de village » et « cavalier ». 

Le suffixe bar ha s'abrège en ba ou se change en la comme en 
malinké. Exemples : domo-li-ba « gourmand », sunya-li-ke-ba ou 
suTtya-li-la « voleur », doni-ta-la « porteur », tulo-ke-la « joueur » 
(en dyoula : domu-ni-kè-barha, sotlya-li-kè-barha, doni-ta-barha, 
tolo-ngè-barha). On supprime souvent ke« faire » enouassoulounké 
dans la formation de ces sortes de mots, comme en malinké, ou 
bien on le remplace par la, qui a le même sens : domo-li-ba ou 
domo-li-la-ba « gourmand ». 

VII. - PRONOMS. 

Les pronoms sont à peu près les mêmes qu'en malinké et en 
dyoula, sauf les différences signalées ci-après. 

Comme en malinké, le pronom n, m ou h delà l re pers. du sing. 
ne modifie pas la consonne forte qui suit, et, comme en malinké en- 
core, celte remarque s'étend d'une façon générale à tous les cas 
où les consonnes n, m et fl, ou des voyelles nasales, se trouvent 
devant une consonne forte. 

Le pronom de la l ro personne est n (m, ti) ou ne au singulier, 
ne-ln au pluriel ; le pronom de la 2<= personne est i au singulier, 
i-lu, i-le ou ?7au pluriel : il a donc au pluriel une forme distincte 
de celui de la 3 e personne, qui est, comme en malinké, a au sin- 
gulier, alu, a-le ou al au pluriel. 

Le pronom wan ou an de l'impératif (l rc pers. du plur.) est rem- 
placé en ouassoulounké par un. 

VIII. — VERBES. 

Ouassoulounké Malinké Dyoula 



aller 


tarlta, 


taka 


ta 


tarlia 


venir 


na 




na 


na 


venir de 


bo-ta 




bo-to 


bô-ra 


s'asseoir 


sigi 




sihi 


sigi 


se lever 


uli 




uli 


uri 


courir 


bon 




bori 


bori 



234 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 








uassoulouuké 


Maliuké 


Dyoula 


s'arrêter 




h 


lo 


lo 


se coucher 




la 


la 


la 


dormir 




sinorho 


sinà 


sùndorho 


manger (avec 


rég.) 


domo 


domo 


domû 


— (sans 


rég.) 


domo-li-ke 


domo-ni-kè 


domu-ni-kb 


boire 




mi 


mi 


mi 


ouvrir 




yele 


yde 


yirè 


fermer 




tugu 


bidi, tugu 


tugu 


parler 




fo 


fo 


fà 


dire 




ko, ku 


ko 


ko 


appeler 




kili 


kilt 


kiri 


finir 




bâ 


ba, bâ 


bâ 


tuer 




farha, faka 


fa, faka 


farha 


faire 




ke, la 


kè, la 


kè, ta 



Le verbe « être », qu'il soit attributif ou qu'il signifie « se trou- 
ver » ou « appartenir », s'exprime en général par be ou bè en 
ouassoulounké ; les formes ye et le du malinké, et la forme lo du 
dyoula sont employées rarement. « JNe pas être » se dit te ou te. 
— Exemples : a be fi « il est noir », a be yà « il est ici », n-ta be 
« c'est à moi », morho te « ce n'est pas un homme ». 

IX. — CONJUGAISON. 

Elle est la même qu'en malinké, c'est-à-dire que : 

\° ka peut s'employer devant l'impératif; 

2° La particule ra ou na devient souvent ta ou nta ; 

3° La particule négative ti se prononce te ; 

4° La particule négative ma se prononce souvent ma. 



X. — PRONONCIATION. 

Je résume ici les caractérisques de la prononciation ouassou- 
lounké. Elles sont : 

1° La présence de l'articulation rh, qui d'ailleurs est souvent 
remplacée par k; 

2° L'absence de l'articulation gh, qui est remplacée soit par g, 
soit par k, soit par rh ; 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 235 

3° La préférence du son / sur le son r ; 

4' La fréquence des voyelles u et i, qui se présentent dans 
beaucoup de cas où on aurait o en malinké, u ou e ou o en dyoula ; 

5° Le changement des gutturales mouillées ky et gy en guttu- 
rales simples (k et g) ou en dentales mouillées (ty "et dy ); 

6° La tendance à répéter deux fois la même voyelle dans un 
mol; 

7° Le rôle peu important joué par les consonnes ou voyelles na- 
sales dans la prononciation des consonnes qui suivent. 



CHAPITRE IV 
Le dialecte bamana. 



Le bamana, ou plus exactement le Bamana ko-ma (langue des 
Ban-mana ou Bamana), est parlé par l'ensemble des populations 
mandé qui se donnent à elles-mêmes le nom de Bàmana-ftkè ou 
Bàmana-fike et qui sont appelées en général Bambara par les 
peuplades voisines (Toucouleurs et Sarakolé). C'est cette appella- 
tion étrangère de Bambara qui a prévalu parmi nous, bien qu'elle 
soit défectueuse à plus d'un titre, en particulier à cause des con- 
fusions qu'elle amène dans la désignation des tribus Sénoufo et 
Mandé qui vivent côte à côte dans la Boucle du Niger : à cause de 
leur analogie avec les Bamana, on désigne souvent les Mandé de 
la Boucle, qui sont des Dyoula, par le nom de Bambara, alors 
qu'eux-mêmes réservent ce nom aux populations non mandé qui 
les entourent, et plus spécialement aux Sénoufo. Pour éviter cette 
confusion, j'ai adopté l'appellation de Bamana pour désigner les 
Mandé du haut Sénégal et du pays de Ségou et leur langue. 

Le bamana est parlé, avec des différences locales peu sensibles, 
dans le Kaarta, le Bélédougou, le Kalari, le Mourdiadougou, le 
Kouroumadougou ; sur la rive nord du haut Sénégal depuis Médine 
jusqu'à Badoumbé environ, et le long du Niger, depuis Bammako 
jusqu'à la région du lac Débo, où il déborde assez loin à l'est du 
fleuve. 

On trouve en outre des colonies bamana souvent fort importantes 
en pays malinké, dans le Fouladougou et le Gangaran notamment ; 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 237 

en pays toucouleur et songhaï, dans le Massina par exemple et la 
région des lacs; et surtout en pays sarakolé, dans le Kaarla-Bine, 
le Guémou, le Diagounlé, le Kingui (région de Nioro), le Kolon 
(région de Goumbou), etc. 

Contrairement aux autres tribus mandé, les Bamana sont en 
général tatoués : leur tatouage consiste en trois cicatrices verti- 
cales sur chaque joue. 

Le pays des Bamana a été le théâtre de luttes nombreuses : 
guerres civilesentre familles bamana (Rouloubali et Diara), guerres 
avec les Sarakolé, les Toucouleurs et lesFoulans. C'est là la cause 
de la dispersion actuelle des Bamana dans un grand nombre de 
pays où ils se trouvent environnés d'étrangers et c'est là également 
l'une des raisons qui ont favorisé la propagation de leur dialecte. 

Les principales familles bamana sont : celle des Rouloubali 
(qui comprend les Massassi, les Kalari, les Daniba, les Mana, les 
Moussiré, les Sira, les Bakari), celle des Diara ouGuiara (qui com- 
prend les Kounlé), celle des Konaré ou Konaté, celle des Tara- 
oré ou Taraouré. Il faut citer en outre les familles de race moins 
pure ou moins noble, qui sont celles des Dambélé, des Dansira, 
des Soko, des Fofana, des Béléri, des Kangorota, des Soumana 
ou Soumaré, des Koyalé, des Keïta, des Sissé, des Kamara, des 
Sidibé, des Diakaté, etc. Presque tous ces noms de famille se re- 
trouvent, plus ou moins modifiés, chez les Malinké '. 

Les Bamana ne sont qu'en partie musulmans et l'islamisme ne 
s'est introduit chez eux qu'à une date relativement récente. Ce 
serait là la raison de l'appellation de Bambara qu'ils ont reçue 
des Sarakolé musulmans leurs voisins, appellation qui équivaudrait 
chez les Mandé à celle de Kafir (païen) chez les Arabes. Il est re- 
marquable en tout cas que la même appellation ait été donnée, 
d'une part aux Bamana, tribu mandé, qui sont tatoués et en gé- 
néral païens (ou du moins qui étaient sans doute presque tous 



1. Voici, d'après les Pères du Saint-Esprit, les noms de famille Malinké : San- 
karé, Tounkara, Kamisoko, Taraolé, Dembélé, Konté, Kourouman, Kamara, Doum- 
bouya, Sidibé, Konaté, Diara, Kouloubali, Keïla, Mansari, Diakilé, Sissé. Il faut 
placer les Keïta au premier rang. 



238 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



païens lorsqu'ils ont reçu ce surnom), et d'autre part aux Sénoufo, 
tribu de race bien différente, mais qui sont également tatoués et 
sont en majorité païens. 11 est remarquable également que les 
Bamana comme les Sénoufo, appelés Bambara par les tribus qui 
les entourent, ont fini par accepter presque eux-mêmes cette dé- 
signation comme nom de tribu. 

Le dialecte bamana est très voisin du dyoula; il n'offre avec le 
malinké que des différences peu considérables. Pour ne pas me 
répéter, je ne ferai pas figurer les mots malinké dans les vocabu- 
laires de comparaison. 

I. — NUMÉRATION. 



Bamana 



Dyoula 



Bamana 



Dyoula 



1 kele, kelë 


kele 


30 mughâ ni ta mughâ ni ta 


2 fia 


fila 


40 debe morhà fila 


3 saba 


saùa 


50 debe ni ta kyeme-tara 


4 nani 


nani 


60 debe ni mughâ morhà saùa 


5 lulu 


luri 


70 debe ni mughâ morhà saùa 


6 ivuro 


ivoro 


ni ta ni ta 


7 wuro-ngla 


worô-mvla 


(40+20+10) (20X3 + 10) 


8 segi 


syegi 


80 debe fia (40X2) morhà nani 


9 konondo 


konondo 


ou meni-keme 


10 là 


là 


90 meni-keme ni ta morhà nani ni ta 


11 ta ni kele 


ta ni kele, etc. 


100 keme kyeme 


20 mughâ, 


mughâ 


1.000 nyô ou ba wuru 



Remarque. — On voit que les Bamana comptent par 20 comme 
les Dyoula jusqu'à 40, mais qu'ils ont un mot spécial pour 40 et 
comptent ensuite par 40 jusqu'à 100. Il est inexact de dire, comme 
on peut le lire dans plusieurs ouvrages, que les Bamana disent 
keme pour exprimer 80 : le mot keme veut dire 100 en bamana 
comme dans les autres dialectes. Il arrive qu'on désigne par le 
mot keme un paquet de 100 cauries, mais il est à remarquer que, 
dans la manière d'exprimer les valeurs en cauries, le nombre exact 
des cauries représentant une certaine valeur ne correspond pas 
toujours au nombre prononcé, d'autant plus que le cours des cauries 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 239 

est variable, tandis que l'expression qui désigne une valeur en cau- 
ries ne change pas. De plus, s'il s'agit de toute autre chose que do 
cauries, on dit en bamana debe fia (deux quarante) ou meni-keme 
(presque cent) pour exprimer le nombre 80 et /cerne pour exprimer 
le nombre 100: « quatre-vingts porteurs», doni-ta-barha meni- 
keme , « cent porteurs », doni-ta-barha /cerne. 



il. 



PARTIES DU CORPS». 



Bamana 



Dyoula 



Bamana Dyoula 



tête 


kû 




kù 


face 


nyè, 


nyâ 


nyâ 


œil 


nyè- 


de 


ûyâ-dè 


nez 


ne 




nu 


dent 


ni 




ni 


bouche 


da 




da 


langue 


nne 




nène 


oreille 


tlo 




loro 


cou 


kâ 




kâ 



poitrine 


disi 


sisi 


ventre 


kono 


konô 


main 


blo, bolo 


buru 


dos 


ko, kwo 


kwo 


pied 


se, si 


se 


genou 


kumbele 


kurnbri 


os 


kolo, klo 


koro 


morceau 


kulu, klu 


kuru 


protubéran 


je id. 


id. 



Remarques. — On voit déjà que les Bamana emploient souvent 
la consonne / de préférence à la consonne r; qu'ils affectionnent 
la voyelle o {bolo « main ») ; qu'ils aiment comme les Dyoula à ré- 
péter la même voyelle dans les deux syllabes d'un mot {kolo, kulu), 
mais que souvent ils élident la première voyelle [fia, nne, tlo, blo, 
klo, klu) ; qu'enfin ils suppriment souvent la nasalisation {nyè ou 
nyâ pour fiyâ, kono pour konô). 







III. - 




Bamana 


Dyoula 


père 


fa 


fa 


mère 


ba 


na 


lils 


de 


de 



AOIIIS D HOMMES. 



Bamana Dyoula 



homme (homo) morho, ma rnorhà 

— (vir) kye kyè 

femme moso muso 



Remarques. — La prononciation morho nous fait voir : 1° que 
l'articulation rh existe en bamana comme en dyoula; 2° que \'o 



2'i0 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



grave est rare en bamana. (Le mot ma, synonyme de morho, a le 
même radical que l'expression malinké équivalente : mba-ri). 

La prononciation kye nous fait voir : 1° que les gutturales 
mouillées ky et gy existent en bamana comme en dyoula; 2° que 
ïè ouvert est très souvent remplacé en bamana par un e fermé. 







IV. — SOUS 1» ANIMAI \ 










Bamana 


Dyoula 




Bauiaoa 


Dyoula 


animal 


sogo, sobo 


sorho 


lion 


gyara 


, wara-ba 


gyara 


viande 


id. 


id. 


panthère 


wara, 


wara-ni 


suri 


bœuf 


nsi, misi 


nisi 


caïman 


bâma 





bamba, 


moulon 


sarha 


sarha 








bâma 


chèvre 


ba 


ba 


serpent 


sa 




sa 


chien 


wulu 


wuru 


hippopotame mali 




mèri 


poulet 


sye, sise 


sise 


oiseau 


konô 




konô 


cheval 


sô 


sô 


mâle 


kye 




kye 


poisson 


dyege 


yeghè 


femelle 


moso 




muso 


éléphant 


sama 


samà 











Mêmes remarques que précédemment. — On voit par sogo que 
le rh, bien qu'existant en bamana, peut aussi s'y transformer en 
g; — on voit par dyege que l'articulation gh, bien qu'existant en 
bamana (mughâ « vingt »), peut aussi s'y transformer en g. 







Y. — NOMS» DIVERS. 








Bamana 


Dyoula 




Bamana 


Dyoula 


pays 


dugu, du- 


dugu 


eau 


(Jh 9y* 


9>J e 




ghu, du; 




feu 


la 


ta 




bugu 




rivière 


kwo 


kwô 


terre (sol) 


id. 


id. 


fleuve 


ba 


ba 


terre (matii 


ire) bâko 


bâgo, bu- 


arbre 


yiri 


yiri 






gu 


pierre 


berè 


gberc 


village 


so, su 


so 


montagne 


ko, kô- 


kô-ngoli 


maison 


bô 


bô 




nkulu 




ciel 


sa 


sa 


sel 


ko, kogo, 


korho 


soleil 


lie 


1ère 




korho 




lune 


kalo 


kari 


huile 


lulu, llu 


turu 



ESSAI D'ETUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 241 
Baniaua Dyoula Bamana Dyoula 



couteau 


muru 


muru 


igname ku 


ku 


poudre 


mugu 


mughu, 


riz malo 


malo 






mugu 


mil fujô 


flyô 


bâtou 


bire, bre l 


holo-mà 


maïs kaba ' 


mosono- 


natte 


gla,gela % 


de iie 




m,0 


calebasse 


f'.J e 


fy* 


pain de mil ou 




cruche 


darha 


darha 


d'igname to" 


tioo, tùo 


assiette 


nafi/e 


gbelè 


cola wuro 


wuro 


tissu 


fani 


fâni 


arbre à beurre si' 


sye, koro 


boubou 


dloki 


delege 


beurre de ka- 




culotte 


kursi 


kursi 


rité si-tulu 


sye-turu, 


feuille 


fra-bru, 
fur a buru 


fila-buru 


raphia (bran- 


koro-luru 


médicament 


fra, fia 


fila 


che de — ) bâ 


bâ 


liane 


gyuru 


gyuru 


blanc gbe, gbive" 1 


gbè 


lien en écorce 




noir fi 


fi 


de ficus 


fu 


fu 


rouge ule 


ule 


plantation 


foro • 


sene,kôn- 
9° 







Note. — La salutation en bamana est généralement ini ou inn 
au lieu de «mou anu en maliuké et en dyoula. On dira donc inise 
au lieu de anise. En outre on dit généralement ini-sorhoma au 
lieu de kye-na (salut du matin, en malinké ani-so/coma) et ini-sege 
au lieu de ani-sene. 

VI. — SUFFIXES SERVANT A LA COMPOSITION DES 
SUBSTANTIFS. 

La formation des substantifs composés est la même en bamana 
qu'en dyoula, et les suffixes sont également les mêmes, sauf qu'on 



1. En malinké : bêle ou koro. 

2. En malinké : delà. 

3. En malinké : furu; en ouassoulounké, sene. 
•i. En malinké : kaba. 

5. En malinké : tu. 

G. En malinké : se (d'où l'expression européenne « ce, beurre de ce »i 

7. En malinké : ge ou gwe. 



ic 



242 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

entend la plus souvent que ra et que quelquefois ce suffixe est 
remplacé par to ou no, comme en maliuké. Exemples : 

Bamana Dyoula 

nuit su su 

ombre su-ma su-ma 

endroit ombragé su-ma-la su-ma ra 

l'asseoir sigi sigi 

siège sigi-la (ou wurhani) s?gi-ra(o\iraica\wurhande) 

pays dugu dugu 

chef du pays dugu-tigi dugu-ligi 

porter une charge doni-ta doni-ta 

porteur (par métier) doni la-barha doni la-barha 

— (par occasion) doni-tigi doni-tig 



7' 



Quelquefois cependant la syllabe rha du suffixe barha disparaît 
en bamana comme en maliuké, ou bien encore barha se remplace 
par /a, comme en malinké également. Exemples : « possédé », 
su-ba (en bamana), m-barha (en dyoula, possédé de l'esprit d'un 
mort); — kehye-la-la (en dyoula kehge la-barha), celui qui dit la 
bonne aventure sur le sable (littéralement : faiseur de sable). 

Enfin le suffixe de nationalité ka (figa, flka) devient en bamana 
ke ou fike, ou bien kè ou flkè. C'est de là que proviennent les pro- 
nonciations Malinké, Ouassoulounké, etc., qui se sont générali- 
sées parmi nous. 

Vil. — PRONOMS. 

Les pronoms sont les suivants : 

l'amana Dyoula 



Sing. Impers. 




n (m, fi); ni 


n (m, n) ; ni, fli 


2° pers. 




i,e 


s, ye, i 


3 e pers. 




a 


a, è 


Plur. l pe pers. 




anu, an (am au) 


ani, an (am, an) 


2 e pers. 




du, il 


aluru, ar 


3 e pers. 




aluy al 


aru, ar 


f.e pronom 


de 


la 1 personne (n, 


an) devient m (ou am au plu 



ESSAI D'ÉTUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 243 

fiel) devant une labiale et/) iou«/>) devant une gutturale, comme en 
dyoula et en malinké, mais la consonne forte qui suit ne s'adoucit 
pas comme cela a lieu en dyoula. On a ainsi : m /a « mon père », 
am fa « noire père », n-takursi « mon pantalon ». efc. 







VIII. - 


VERRES. 








Hainaua 


Dyoula 




Bamana 


Dyoula 


aller 


tarha 


tarkn 


finir 


bâ 


bâ 


venir 


aa 


nu 


tuer 


farha 


farha 


venir de 


bo, bo-ra 


bo-ra 


faire 


ke, la 


kè,la 


s'asseoir 


sigi 


sigi 


entrer 


do 


du, dô 


se lever 


nli 


uri 


prendre 


la 


ta 


courir 


bon 


bori 


porter 


ta 


la 


s'arrêter 


gyo, do, 
lo 


lo 


attraper 


mna 


mina, 
mna 


se coucher 


da 


la 


couper 


lige 


tige 


dormir 


sinorko 


sùndorho 


travailler 


kye-ke, 


kye-kè 


manger 


dô, domô domiï 




bara-ke 




— (sus w'g. 


) domo-ni- 


domu-nt- 


allumer 


mana 


kundo 




ke 


kè 


l'aire chauffer 


gbâ 


gbâ 


boire 


mi 


mi 


donner 


di 


di 


ouvrir 


ele 


yirè 


plaire 


di 


di 


fermer 


tuyu 


tuyu 


perdre 


kunu; fli 


firi 


parler 


fo 


fà 


voir 


y* 


y e 


dire 


ko, ko 


ko 


trouver 


id. 


id. 


appeler 


kilt, kli 


kiri 


regarder 


fêle, fie 


ferè 



Le verbe « être » s'exprime en bamana comme en dyoula par bè 
s'il est attributif ou signilie « se trouver » — (on rencontre aussi 
la forme ye pour exprimer le verbe attributif, comme en malinké) 
— et par lo ou do s'il signilie « appartenir » ou s'il sert à désigner 
l'attribut de façon précise; — « ne pas être » se dit te. — Exem- 
ples : 

il est rouge, a bè ule; 

as-tu de l'argent? mari bè i fe? (en dyoula : wari b'e fè?); 

je n'ai pas d'argent, wari tè m fe (en dyoula : waritè m vé) ; 

c'est à moi, n-ta lo ou n-ta do ; 



2iî 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



c'est un Malinké, ce n'est pas un Bamana, Mali-fike do, Bâmana- 
hhe tè. 



IV. - CONJUGAISON. 

La conjugaison est la même en bamana qu'en dyoula, sauf que : 

1° Au présent absolu on n'emploie pas en général la particule 
ra; 

2° Au prétérit des verbes neutres et au passif, ra peut se rem- 
placer par la et na par nia; (on emploie ta et nia surtout chez les 
Bamana établis dans le Kingui et les pays du Nord) ; 

3° La particule négative û se remplace par tè et la même forme 
sert, à la voix négative, pour le temps indéfini et le présent absolu . 

Voici, à titre de comparaison, un tableau des formes de la con- 
jugaison ordinaire en bamana, en dyoulaet en malinké. 

i° Verbe transitif. — l'AHHA « tuer ». 



Bamaua 



Dyoula 



Maliuké 



Temps indéfini 


m farha 


m varha 


m faka 




i farha 


e farha 


i faka 




a farha 


a farha 


a faka 




am farha 


ani farha 


am faka 




il farha 


ar farha 


al faka 




al farha 


ar farha 


al faka 


id. (négatif) 


a tè farha 


a li farha 


a te faka 


Présent absolu 


a bè farha 


a bè farha ra 


a bè faka la 


id. (négatif) 


a le farha 


a tè farha ra 


a tè faka la 


Prétérit 


a ka farha 


a ka farha 


a ka faka ' 


id. (négatif) 


a ma farha 


a ma farha 


a ma faka 


Impératif 


farha 


farha 


i faka ou i ka faka 


id. (négatif) 


Icana farha 


Icana farha 


i kana faka 


Nom verbal 


fnrha-li 


farhn-lï 


faka-h 



1. On rencontre quelquefois en malinké la forme a ti faka (pour a ka faka) et 
la forme a ye faka la (pour a bè faka la). 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 2'i5 

2° Verlie neutre. — TA RUA « aller ». 

Banian» Dyoula MalinUt- 

Temps indéfini a tar/ia a tarha a la 

id. (négatif) a tè tarha a tï tarha a te ta 

Présent absolu a bè tarha a bè tarhara a bè ta la 

id. (négatif) a le tarha a tè tarha ra a tè ta la 

Prétérit. V' forme a ka tarha a ka tarha a ka ta 

2° forme atarharaoaa tarha la a tarha ra a ta ra ou a ta ta 

id. (négatif) a ma tarha a ma tarha a ma ta 

Impératif / tarha tarha i ta ou i ka ta 

id. (négatif) kana tarha kana tarha i kana ta 

Nom verbal : l r « forme larha-ma tarha-ma ta-ma 

% forme tarhiya tarhiyâ tia, tiya 

3° Verbe passif . — BA-NA « être fini ». 

Bamana Dyoula Malinké 

Temps indéfini et ....... 

prétérit a ba-na ou a ha-nta a ba-na a ba-nta ou a ba-na 

id. (négatif) a ma bâ a ma bâ amà ha ou amâ bâ l 

X. — PRONONCIATION. 

Je résume ici les principaux caractères qui dislinguent la pro- 
nonciation des Bamana de celle des Dyoula et de celle des Malinké. 
Ces caractères sont : 

1° La présence en bamana comme en dyoula des articulations 
rh et gh, qui n'existent pas en malinké (bien que ces articulations 
se transforment parfois en g dans le dialecte bamana); 

2° La préférence marquée du son /sur le son ren bamana comme 
en malinké, alors que les Dyoula donnent la préférence au son r; 

i. Si l'on compare ce tableau avec la conjugaison des verbes en bamana telle 
qu'elle a été exposée par le Père Montel (Éléments (le la grammaire, bambara, 
1887) et par Mgr Toulotle (Essai de grammaire bambara, 1897>, on trouvera quel- 
ques différences, et on remarquera que je donne au verbe bamana beaucoup moins 
de temps qu'il ne s'en trouve dans les deux ouvrages précités. Cependant je suis 
à peu près certain de l'exactitude des formes que je donne ci- dessus, et quant 
aux temps supplémentaires indiqués par le Père Montel et par Mgr Toulotle, je 
doute, sans rien affirmer, qu'ils soient d'un urage courant parmi les indigènes. 



246 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

3* La fréquence de la voyelle o, qui se rencontre en bamana et 
en malinké plus souvent qu'en dyoula; 

4° La rareté en bamana de Va grave et de l'è ouvert, sons fré- 
quents en dyoula, moins fréquents en malinké ; 

5° La fréquence en bamana comme en dyoula des gutturales 
mouillées ky elgy, qui sont rares en malinké; 

6' La tendance commune des Bamana et des Dyoula à répéter 
la même voyelle dans les deux syllabes d'un mot, alors que les 
Malinké évitent en général cette répétition; 

7° La facilité avec laquelle les Bamana, plus que les Dyoula et 
les Malinké, supprimenl la voyelle de la première syllabe des 
mots; 

8° Le rôle peu important joué en bamana et en malinké par les 
consonnes ou voyelle nasales dans la prononciation des consonnes 
qui suivent, alors que ce rôle est considérable en dyoula et cons- 
titue la caractéristique de ce dernier dialecte. 



CHAPITRE V 
Le dialecte khassonké. 



Le khassonké, ou plus exactement le Khaso ftkh koma ou laDgue 
des Khaso-îlkè, est parlé par les habitants du Khasso, région peu 
étendue située sur la rive gauche du Sénégal, de Kayes a Bafou- 
lahé, et sur la rive gauche du bas Bafing en amont de Bafoulabé. 
Celte région comprend le Khasso proprement dit, le Logo et le 
Naliaga, et est limitée au sud et à l'ouest par leBambouk. En 
outre on rencontre des Khassonké, formant la majorité delà popu- 
lation, dans un certain nombre de villages du cercle de Nioro, uo- 
tamment dans le Sanga ou Lankamané. Il semble même que les 
Khassonké habitaient celte région depuis fort longtemps et que ce 
n'est que vers le commencement du xix» siècle qu'ils auraient 
émigré en grand nombre dans le Khasso. 

Ils sont en général musulmans, mais peu fervents. D'après 
1U . Binger, ils ne seraient pas de race mandé pure et proviendraient 
d'un mélange d'éléments mandé proprement dits avec des éléments 
foulans ou toucouleurs. M. le capitaine Rambaud partage cette 
opinion. 

Quoi qu'il en soit, le dialecte khasesonké est un dialecte fran- 
chement mandé et la langue foulane semble n'avoir exercé sur lui 
aucune influence; la seule chose par laquelle il.se dislingue nette- 
ment des autres (bamana, dyoula, ouassoulouuké, malinké), est la 



2i8 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



présence del'arliculation kh (£ des Arabes ou jota des Espagnols), 
qui vient souvent remplacer le k des autres dialectes. 

Il est à noter d'ailleurs que cette articulation s'est introduite 
également chez les Malinké du nord qui sont les voisins des Khas- 
sonké, notamment dans le Bambouk, et qu'elle existe chez les Sa- 
rakolé. Peut-être a-Uelle été importée par les Ouolofs, ou provient- 
elle de l'idiome aujourd'hui disparu d'anciens autochtones qui 
auraient été absorbés par les migrations mandé. Pour ce qui est 
du dialecte khassonké, l'articulation kh y a été très probablement 
introduite par les Sarakolé, les deux tribus ayant vécu longtemps 
côte à côte. 





Khasssonké 


Dyoula 


1 


khele 


kele 


2 


fila, fula 


fila 


3 


saba 


saùa 


4 


nani 


nani 


5 


lu H 


luri 


6 


woro 


ivorâ 


7 


woro-vita 


ivorô-mvla 


8 


s^gi 


syegi 


9 


khononto 


konondo 


10 


ta 


ta 



I. - NUMÉRATION. 

Khassonké 



11 



Dyoula 



ta ni fikhele ta ni kele 



12 


ta ni fila 


ta ni fila, etc 


20 


murhâ 


mughâ 


30 


là saba 


mughâ ni ta 


40 


tànani 


morlià fila 


50 


ta luit 


kyeme-lara 


100 


keme 


kyeme 


1 000 


wulo 


wuru 


10.000 wugyïtne 


wuru ta 



Remarques. — On voit que les Khassonké comptent par 10 
comme les Malinké, et non par 20 comme les Dyoula et les Ba- 
mana. De plus ils ont pour 10.000 un mnt spécial qui, chose à 
noter, veut dire 1.000 en sarakolé et est en foulan (peuhl) la forme 
plurielle du nombre 1.000'. Ce mit doit être d'origine foulan e, à 
moins que le mot mand & wulo nu wuru et le mot foulan wugi/une 
proviennent d'une racine commune, ce qui est encore possible. 

Cjmme remarques concernant la prononciation, on peut noter 
déjà, à la simple inspection des noms de nombre, la présence du 



1 . En foulan, 1.000 se dit wugyunere ou ulyunere au singulier et wugyune ou 
ndyune au pluriel. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 249 

kh qui vient souvent remplacer, non pas le rh des Dyoula et des 
Bamana, mais le k des autres dialectes mandé {khele pour kele, 
khononto pour kononto), bien que les Kbassonké possèdent aussi 
la lettre k. 

On voit encore que les Khassonké ont également l'articulation 
rh, qui dans certains cas remplace le gh des Dyoula {mur/iâ), bien 
qu'ils possèdent aussi le gâ, comme on le verra plus loin. 

II. - PARTIES DU CORPS. 





Khassonké 


Dyoula 




Khassonké 


Dyoula 


tête 


kuilu 


kû 


poitrine 


karo 1 


sisi 


face 


fia 


nyâ 


ventre 


khono 


konù 


œil 


fla-di 


fiyâ-dê 


main 


bulo 


buru 


nez ' 


nughu 


nu 


avant-bras 


bulo-kkalo buru-kala 


dent 


ni 


ni 


dos 


kho 


kwo 


bouche 


da 


da 


pied 


sigho 


se 


langue 


neghô 


nène 


os 


kholo 


koro 


oreille 


tuto 


toro 


morceau 


khulo 


kuru 



Remarques. — Ce tableau nous montre : 

1° Que les Khassonké affectionnent la voyelle o plus encore 
peut-être que les Bamana; 

2° Qu'ils ajoutent quelquefois au radical une syllabe qui n'a 
d'ailleurs qu'une valeur euphonique {ftù, ghu, gho, ghô\ comme 
ku nu (pour kti), nu-ghu (pour nu), ne-ghô (pour ne), si-gho (pour 
si), etc. 

III — NOMS D HOMMES. 







Khassonké 


Dyoula 




Khassonké Dyoula 


père 




fa 




fa 


homme (homo) 


mor/io morhà 


mère 




na 




na 


- (vir) ' 


hjè kyè 


fils 




di 




dé 


jeune homme 


kha-mari kâ-mbere 


petit en 


fant 


di- 


ndinu 


de-ni 


femme 


muso muso 



1. En malinké : siso ou kara. 



250 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Remarques. — On a quelquefois la prononciation mokho en 
khassonké, mais la prononciation ordinaire et régulière est 
morho : comme je le disais plus haut, le kh en khassonké tient lieu 
du k, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'on remplace le rh par 
un kh. 

On retrouve dans di-ndiitu [di-ndi en malinké) celte addition de 
syllabe euphonique dont j'ai parlé précédemment, 

IV. - KO)ll U'.tJHVllUV 





Khassonké 


Dyoula 




Khassonké 


Dyoula 


animal 


sobo 


sorho 


chien 


wulo 


ivuru 


viande 


id. 


id. 


poulet 


sise 


sise 


bœuf 


niso 


nisi 


cheval 


suo 


so 


veau 


niso->\mO ou 


nisi -de 


poisson 


-flyego 


yeghè 




niso-dinu 




éléphant 


samà 


samà 


vache 


niso-muso ou 


nisi-muso 


caïman 


fatama 


bclma 




fâfigo 




serpent 


sa 


sa 


mouton 


sarho 


sarha 


oiseau 


k/wnô 


knnô 


chèvre 


ba 


ba 









Mêmes remarques que précédemment. — On notera que le 
mol rimÔ, qui sert en khassonké concurremment avec diflu à de- 
signer les petits des animaux, est à comparer avec le mot sarakolé 
remme ou lemme, qui a le même sens. 







v. - xon» uni h* 






Khassonké 


Dyoula 




Khassonké Dyoula 


pays 


dugo, du 


dugu 


terre (matière 


) bàko bâgo,bugn 


terre (sol) 


id. 


id. 


village 


gallo so 


maison 


bû, bunn 


bô 


natte 


la-fï deùe 


eau 


9yî 


9V e 


chose 


fl fè 


chemin 


silo 


sira 


blanc 


khoe, k/toi gbè 



Remarques. — Le mot khassonké gallo « village » est à rappro- 
cher des mots foulans gare (pluriel de ivuro « village ») et gelure 
h villç ». 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 251 

Le ino la-fl, qui semble d'abord êlre un mot étranger, est en 
réalité composé de la « se coucher » et de/? (en malinké fë, en 
dvoula fè) « chose », d'où/«-/? « chose pour se coucher ». 

M. — M 11 l\l ,S J»i;UVlAl A LA COMPOSITION DES 
SUBSTANTIFS. 

Ces suffixes sont les mêmes qu'en bamana : sigi-la ou sigi-lû 
« siège », dugo-tigi « chef du pays », Khasohkè « les gens du 
Khasso ». Voici d'ailleurs le tableau de ces différents suffixes en 
khassonké, on malinké, en ouassoulounké, en bamana et en 
dvoula. 

Kh. M. 0. B. D. 



la, lo 


tu, ra, to, ro 


la, lo, ro 


la, ra 




ra, la 


na, no 


no, nda, na 


na, no, nda 


na, nda 




na 


ma 


ma 


ma 


ma 




ma 


la, là 


la, là 


la 


la 




loi, nâ~ 


khoro 


koto, koro 


koro, kolo 


koro 




koro 


tigi 


tigi, li 


tigi 


tigi 




tigi 


barha 


ba, la 


ba, la 


barha, ba 


, la 


barha 


kc, fikè 


ka, fik'i 


ka, il kit 


ke, ûke, 


hkè 


ka, % a 


lu 


lu 


lu 


lu, u 




ru, xt 



Pour la valeur de ces suffixes, voir I e Partie, Chapitre 11. 

VII - PRONOM* 

Les pronoms prennent en général en khassonké les mêmes 
formes qu'en bamana: l re pers. n (m, fi) ou ni; 2<< pers.?; 3 e pers. 
a; au pluriel anu ou an (am, an), ilu ou il, alu ou al. 

Cependant il faut noter que les pronoms emphatiques interca- 
lent la syllabe te entre le pronom simple et le suffixe le {le en 
dyoula); on a ainsi : n-te-lè « moi-même » (endyoulawi-fe),*'-^-/* 1 
« toi-même » (en dyoula i-le ou ikle), etc. 

Les possessifs formés avec ta peuvent prendre la forme simple 
{n-ta, i-ta, etc.) ou la forme emphatique {ntelè-ta, itelèta, etc.) : 
c'est à moi, ntelè-ta; ce n'est pas à moi, n-ta ntè. 

Comme on le voit par les formes nteU et nta, Yn, en khassonké 



252 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



comme en malinké, en ouassoulounké el en bamana, tout en se 
changeant en m devant une labiale et en n devant une gullurale, 
ne modifie pas la consonne qui suit, comme cela a lieu en dyoula. 
Ainsi on dit : m fa « mon père » h kufiu « ma tête », etc. 

Le démonstratif est en général o en khassonké, au lieu de mi en 
dyoula et en ouassoulounké, mi, ni ou o en malinké, mi ou ni en 
bamana : gyi o dima « donne-moi celte eau ». Quelquefois on em- 
ploie ti au lieu de o : ntelè ta muru ti, ce couleau est à moi (à-moi 
couteau ce). 



aller 

venir 

venir de 

s'asseoir 

se lever 

courir 

s'arrêter 



Khassonké 

tarha 

na 

bo 

sigi 

uli 

bori 

lo 



VIII. — VERBES. 

Dyoula 



Khassonké Dyoula 



tarha se coucher la la 

na manger domo domû 
bô-ra — (sans rég.) domo-la domu-ni-kè 

sigi boire mi mi 

uri finir bâ bâ 

bori être fini ba nia ba na 

lo l'aire khè, la kê, la 



Le verbe « être » s'exprime en khassonké par be s'il est attri- 
butif ou signifie « se trouver » el par lo ou do s'il signifie « appar- 
tenir » ou s'il sert à désigner l'attribut de façon précise; « ne pas 
être » se dit tè ou n'é. 

IX. - CONJUGAISON. 

La conjugaison khassonké est légèrement différente de la con- 
jugaison dyoula ou malinké. En voici le tableau : 



1° Verbe transitif. — FARHA « luer ». 



Temps indéfini 
Présent absolu 
Prétérit 
Subjonctif 
Impératif 



Voix positive 

a far ha 

a be far ha la ou a be farha 

a khe farha 

a kha fnrha' 

farha 



Voix négative 

a tè farha 
a tè farha la 
a ma farha ' 
a mè farha 
mè farha 



1. Lorsque la négation ma est suivie du pronom régime a, elle se contracte avec 
lui pour donner la forme mû : il s'est sauvé, je ne l'ai pas vu, a khe bori, m mû yi. 

2. Ce temps, le subjonctif, n'existe pas dans les autres dialectes mandé, bien 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 253 

Le nom verbal se forme comme en dyoula et en malinké, mais 
il est moins employé. Ainsi on dira domo-la « manger » plutôt que 
domolila. 

On remarquera que c'est le verbe la plutôt que le verbe khè (kè 
en dyoula et en malinké, ke en bamana), que les Kbassonké em- 
ploient pour former les verbes transitifs sans régime. 

»• Verbe neutre. — TA fi H A « aller ». 

Voix positive Voix négative 

Temps indéfini a larha a tè tarha 

Présent absolu a be tarha la ou a be larha a tè tarha la 

Prétérit l re forme a khe tarha a ma tarha 

— 2 e forme a tarha ta id. 

Subjonctif a kha larha a mè larha 

Impératif larha mè larha ' 

3° Verbe passif. — BA-NTA « être fini ». 

Voix positive Voix négative 

Temps indéfini et prétérit a ba-nta a ma bâ 

X. - PRONONCIATION. 

Je résume ici les principaux caractères qui distinguent la pro- 
nonciation khassonké de celle des autres dialectes mandé étudiés 
jusqu'ici. Ces caractères sont : 

1° La présence de l'articulation kh, venant remplacer dans la 
plupart des cas le k des autres dialectes; 

2° La présence des articulations rh et ffh, qui n'existent pas en 
malinké ; 

qu'en malinké et en ouassoulounké on en trouve trace dans l'emploi facultatif de 
la particule ka à l'impératif; mais on remarquera qu'en khassonké la particule kha 
du subjonctif se dislingue de la particule khe du prétérit, et que le subjonctif né- 
gatif emploie une négation spéciale ; mè, qui sert également pour l'impératif. 

1. La préposition « à, dans » se rend en khassonké, soit par lo ou to (corres- 
pondant au ra des Dyoula), soit par khonô (correspondant au kon) no des Malinké, 
« dans le ventre, dans l'intérieur de ») : il est sur le chemin, a bc silo lo ou a be 
silo to; je vais au village, m be tarha la gallo khonô, 



254 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

3* La rareté du son r, qui est remplacé soit par /soit par /, en 
général; 

4* La fréquence remarquable de la voyelle o ; 

5° L'absence de Vd grave ; 

6' La présence de l'è ouvert; 

7° La présence des gutturales mouillées ky et gy, qui sont ra- 
res en malinké ; 

8° Le rôle peu important joué par les consonnes ou voyelles na- 
sales dans la prononciation des consonnes qui suivent, caractère 
que le khassonké partage avec les autres dialectes, le dyoula et 1«' 
soninké exceptés. 



CHAPITRE VI 
Le dialecte Vaï. 



Le vaï, ou, pour parler comme les indigènes, le vèu, est parlé 
par la tribu mandé qui se donne à elle-même le nom de Vaï ou 
Vèi et que les Dyoula connaissent sous l'appellation de Terebe- 
ngytila (Dyoula de l'Ouest). 

Le pays des Vaï est peu élendu : il se trouve à cheval sur la 
frontière de la République de Libéria et de la colonie anglaise de 
Sierra-Leone et est limité, à l'est par le fleuve Lofa (ou Hulf-Cape- 
Mount-River), à l'ouest par la rivière Soulima qu'il déborde en cer- 
tains points pour atteindre la rivière Gallinas, au sud par la mer et 
au nord par une ligne parallèle à la mer et distante de celle-ci de 
100 à 120 kilomètres environ. 

On rencontre d'ailleurs des Vaï en un cerlain nombre de points 
situés en dehors de leurs pays, notamment autour de Monrovia et 
des établissements libériens du Saint-Paul et du Mesurado, où ils 
ont fondé d'assez gros villages, ainsi que dans la région de Galli- 
nas. 

Au point de vue de la distribution géographique des tribus 
mandé, les Vaï présentent cette caractéristique d'être le seul 
peuple mandé du groupe de « tan » dont l'habitat propre soit situé 
sur le bord de la mer. 

Au point de vue linguistique, ils présentent cette caractéristique 
bien plus remarquable que seuls, non seulement de tous les Mandé, 
mais encore de tous les Nègres, — au moins autant que l'état ac- 



256 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



tuel de nos connaissances permet de l'affirmer, — ils écrivent 
leur langue au moyen d'un alphabet qui leur est propre, qu'ils ont 
eux-même créé de toules pièces et qui n'a aucun lien de parenté 
avec les alphabets usités soitautrefois, soit aujourd'hui en Afrique, 
c'est-à-dire les alphabets égyptien (hiéroglyphique et démolique), 
phénicien, grec, copie, latin, hébreu, éthiopien, berbère et arabe. 

L'alphabet vaï est syllabique et comprend environ 220 carac- 
tères usuels; il s'écrit de gauche à droite. Il est d'un usage cou- 
rant chez les Vaï parmi toutes les classes de la société; un certain 
nombre de femmes même savent écrire. 

Je n'insiste pas davantage sur cet alphabet, dont la connaissance 
offre peu d'utilité au point de vue de l'élude de la langue mandé 
et ne peut être intéressante dans la pratique que pour les Euro- 
péens qui auraient à habiter le Libéria ou la partie orientale du 
Sierra-Leone 1 . 

Les noms de famille qu'on rencontre le plus souvent chez les 
Vaï sont les suivants : Sando, 31asari, Mosire, Sira,Bakari, Wono 
ou Wolo, Kamana, Bese. 







I. - 


NUMÉRATION. 








Vaï 


Dyoula 






Vaï 




Dyoula 


1 


dondo ' 


kele 




11 


tân dondo 




ta ni kele 


2 


fera 


fila 




12 


tân fera 




làni /?/a,elr. 


3 


sakpa 


saùa 




20 


mugbândi 




?nug/i/ï 


4 


nani 


nani 




30 


mugbândi ko tân 


mughâ ni iâ 


5 


suru 


luri 




40 


mô fera' 




morhô fila 


6 


su-n-dondo 


woro 




50 


mô fera ko tân 


kyeme • tara 


7 


su-n-fera 


worô-mv 


la 


60 


mô sakpa 




morhô saùa 


8 


su-n-sakpa 


syegi 




80 


mô nani 




morhô nani 


9 


su-n-nani 


konondo 




100 


môsuru ou 


kyeme 


kyeme 


10 


tân 


ià 




1.000 wuru 




wuru 



1. Ceux qui seraient curieux de connaître cet alphabet le trouveront reproduit, 
tel qu'il m'a été enseigné par les Vaï eux-mêmes, dans un mémoire intitulé : Les 
Vaï, leur langue et leur système d'écriture, mémoire que j'ai publié dans L'Anthro- 
pologie (tome X, 1899;. — Masson, éditeur. 

2. Comparez dondo avec le mot dyoula do qui veut dire « un » lorsqu'on n'in- 
siste pas sur l'idée d'unité : morhô dû na na, « un homme est venu ». 

3. On dit aussi mugbândi sina fera (deux fois vingt) et encore mu fera gbàndi. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 257 

Remarques. — 1" On voit que les Vaï comptent par cinq comme 
les Mandé du groupe de « fou », tandis que tous les autres Mandé 
du groupe de « tan » comptent par dix. 

2° A part cela, la numération des Vaï est identique à celle des 
Dyoula; comme ces derniers, ils comptent par 20 de 20 à 100 et 
non par 10 comme les Malinké. On remarquera l'analogie des 
expressions mugbândi et mughà, mo et morhà; ces deux derniers 
mots, qui s'emploient comme pluriel de « vingt », le premier chez 
les Vaï, le deuxième chez les Dyoula, veulent tous les deux dire 
« homme »; cela amène à penser que les Vaï elles Dyoula ont 
choisi le nom de l'homme pour désigner le nombre vingt, à cause 
du nombre des doigts que possède un homme : la main correspond 
à cinq, les deux mains réunies à dix, les deux mains et les deux- 
pieds réunis, c'est-à-dire l'homme, à vingt. 

L'expression gbândi (dans mu-gbândi) est à rapprocher du mol 
mbândP ou gbànde qui veut dire « doigt » en dyoula : mu-gbândi 
pourrait vouloir dire « les doigts d'un homme » ; mu-gbândi sinu 
fera, « deux fois les doigts d'un homme »; mu fera gbândi, « les 
doigls de deux hommes », etc. 

II. - PARTIE» DU CORPS. 

Val Dyoula Vaï Dyoula 



têle 


kù 


kv 




poitrine 


dulo 


sisi 


face 


rïgya, nya-ro 


nyâ 




ventre 


kolo 


konô 


œil 


%y«i 9U a 


nyâ- 


de 


main 


gburu 


buru 


bouche 


nda, da 


da 




dos 


ko, nko 


kivo 


dent 


ni 


ni 




pied 


ten 


se 


oreille 


toro 


toro 




os 


koro 


koro 


cou 


ûkâ, kà 


kâ 




peau 


kpôlo 


gbulo 



Remarques. — Ces quelques mots nous montrent déjà la grande 
ressemblance du vocabulaire vaï avec les vocabulaires dyoula et 
malinké et surtout avec le premier. Nous voyons seulement une 
tendance à employer les articulations gb et kp au lieu de b {sakpa 
« trois », gburu « main ») et une tendance à commencer les mots 
par une nasale {nda, fikâ, nko). 

17 



258 



ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



III. — NOMS O HOMMES 

Val Dyoula 



Vaï 



Dyoula 



père fa fa 

mère ba ' na 

fils de. défi de 

homme (homo) mô, mo morhô 



homme (vir) kai kyè 

femme musu muso 

frère nyô, îiyÔ-mô nyorhô 

esclave gyù gyo 



Remarque. — On voit que l'articulalion rh n'existe pas en vaï ; 
généralement on supprime non seulement cette articulation, mais 
aussi la voyelle qui la suit en dyoula. C'est ainsi qu'on a ma pour 
norhô, nyô pour nyorhô. (On a d'autre part daa pour darha « cru- 
che ».) 

IV. — NOMS D'ANIMAUX. 



Vaï 



Dyoula 



Vaï 



Dyoula 



animal 


suyè, 


siiyè * 


sorho 


caïman 


bamba 


bamba 


viande 


id. 




id. 


mâle 


kai-ma 


kyè 


bœuf 


nihi 




nisi 


femelle 


musu-ma 


muso 


chèvre 


nba 




ba 


petit 


de-ma, défi 


de 


poulet 


lie 




sise 









Remarques. — Le mot lie [sye en bamana) et le mot të « pied », 
que nous avons vu plus haut, nous montrent que les Vaï pronon- 
cent souvent un t là où les autres Mandé prononcent un *. — La 
particule ma dans kai-ma, musu-ma, de-ma, n'est autre que le suf- 
fixe ma servant à former des adjectifs (en dyoula gbè-ma « blanc », 
fî-ma « noir », fii-ma « beau », etc.) 



V. - NOMS DIVEKS. 

Val Dyoula 

terre (sol) du 

— (matière) gboru 
pays gboru-lo 

village saûgya 

maison kë, ken 

1. En ouassoulounké et en bamana on a également 6a. 

2. En malinké subo. 



Vai 



Dyoula 



dugu 


siège 


kpua 


wurhande 


bugu 


cruche 


daa 


darha 


dugu 


paille 


bin 


H 


so 


huile 


tulu 


turu 


bô 


poudre 


fu, fû 


mughu 



ESSAI D'OUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 25a 



Vaï 



Dyoula 



Vaï 



Dyoula 



palissade 


m a 


fjyasa 


tabac 


lawa 


laba 


cour 


gya-kolo ' 


gyasa-ko- 


sable 


keûyè ' 


fceûge 






un 


sang 


wuli* 


gyuri 


eau 


OU 1 


m* 


faim 


kd 


kôgo 


champ 


sene 


sene 


hier 


kunu 


kunu 


chose 


fà, fê, H, 




demain 


sina 


si ni 




fin 


fè 


chemin 


kila 


sira 


feu 


la 


la 


blanc 


kpè-ma 


gbè-iim 


pierre 


si, sin 


sende 


noir 


fi-ma 


fi-ma 


rocher 


fara 


fara 


rouge 


ngya-ri 


nie- ni 



Remarques. — 1° Les mots du (pour dugit). j'u (pour mughu ou 
mugu) nous montrent que les sons g et g/i n'existent pas en vaï ; 
on rencontre bien la lettre g en vaï, mais elle est toujours ou 
mouillée {g y) ou suivie d'un b {gb). 

2° Les mots kila (pour «Va, sira), comme të (pour se « pied ») et 
lie (pour sye ou sise » poulet ») montrent que le son $; bien que se 
rencontrant en vaï, y est moins fréquent que dans les autres dia- 
lectes, et que souvent il est remplacé par un /ou un k. 

3° Enfin les mots keh, fifi, sifi, bifï, comme tàn « dix » que nous 
avons vu précédemment, indiquent que la nasalisation est plus 
forte chez les Vaï que chez les autres Mandé et les amène parfois 
à prononcer distinctement un n ou un tl à la fin d'un mot, con- 
trairement à la règle générale qui veut que dans les dialectes 
mandé tous les mots soient terminés par une voyelle. Cette 
exception à la règle ne se rencontre d'ailleurs que lorsqu'il s'agit 
d'une consonne nasale {n, fi, quelquefois m)*. 



1. Le mol gya-lwlo désigne en vaï non seulement une cour, niais aussi les diffé* 
renies cases comprises dans une même cour, et par suite, il veut dire « habitation » 
(home), en dyoula lu ou lu-konô. 

2. En malinké kenye. 

3. En malinké wuli ou guli. 

4. La salutation en vaï est généralement akunè ou iakuné, 



260 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

VI. — SUFFIXES SERVANT A LA COMPOSITION DES 
SUBSTANTIFS. 

Le suffixe ra, la ou na du dyoula, la, ra, to, ro, no ou nda du 
malinké, se retrouve en vaï avec !a même valeur sous les formes 
lo, ro, ndo et quelquefois simplement o, les formes en a ne se ren- 
contrant que rarement. On a ainsi : hgyaro « visage » (place des 
yeux), sene-ro ou so-ndo « plantation », tyè-da-o « rivage », etc. 

Le suffixe ma existe en vaï comme dans les autres dialectes 
mandé el s'emploie même dans des cas où l'on emploierait la ou 
ra en malinké et en dyoula : du-ma « sol » (en dyoula dugu-ma), 
fara-ma « chute d'eau » (en dyoula f ara-la), kefiye ma « plage, 
endroit sablonneux » (en dyoula kenge-ra), etc. 

Le suffixe là ou la désignant l'instrument se retrouve en vaï 
sous les formes la, ra, da, na, nda ou même simplement a : tawa- 
la « pipe » (instrument du tabac), bi-nda « cuiller » (instrument 
pour puiser), etc. 

Le suffixe koro est fréquent en vaï : nda-koro « menton », Dulu- 
koro (Monrovia), Wa-koro (Grand-Cape-Mount), etc. 

Les suffixes tigi (noms d'état), bar ha, ba ou la (noms d'agent), 
ka ou kè (noms de nationalité), sont remplacés tous les trois en vaï 
par le mot mô ou mo qui veut dire « homme » (morhù des Dyoula, 
moko des Malinké). On dira ainsi : fani-a-mô « menteur » [faniyâ- 
digi en dyoula), kà-a-kè-mô « voleur » [sohya-li-kè-barha en dyoula), 
Vai-mô (Vaï), Mani-mô (Manianka ou Malinké), etc. 

Le suffixe du pluriel est le même en vaï que dans les autres dia- 
lectes mandé, mais il se prononce nu ou u plus souvent que ra ou 
lu : mô-nu « des hommes », a-nu « eux ». 

VII. — PRONOMS 

Les pronoms sont les mêmes en vaï que dans les autres dialectes 
au singulier, mais à la 1" et à la 2 e pers. du pluriel, on a des for- 
mes différentes; de plus on rencontre la forme me à la 1 rc pers. 
du singulier concurremment avec la forme n. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 261 



Sin^. l re pers. me; n (m, n) ; fia 

1" — i 
3 e — a 



Plur. mu 
wo 



Les formes combinées avec la particule na ou ra sont en vaï 
nda (l re pers), ya (2 e pers.), a-ra (3 e pers.) : j'ai faim, ko bè nda ; 
tu as faim, ko bè ya; il a faim, ko bè a-ra. 

Le démonstratif est mi, plur. mi-nu : cet homme, kaimi; ces 
choses, fifi mi-nu. 







VIII. — 


VERBES. 








Vaï 


Dyoula 




Vaï 


Dyoula 


aller 


ta 


tarha 


boire (sans 






venir 


na 


na 


régime) 


mi-kè 


mi-li-kè 


venir de 


bo-a 


bô-ra 


faire 


kè 


kè 


ôter 


bo 


bâ 


donner 


ko 


sô, so 


s'asseoir 


si 


sigi 


fairechaufl'er 


kpâ 


gbâ 


poser 


id. 


id. 


allumer 


fè 


kundo ' 


demeurer 


si-a 


sigi-ra 


parler 


fo 


fà 


manger 


do 


domtt 


voler, déro- 






manger 






ber 


kà 


soûya 


(sans régime) 


do-nkè 


domu ni-kè 


dormir 


ki-ki' 


sundorho 


boire 


mi 


mi 









Le verbe « être » attributif ne s'exprime pas en vaï : il est grand, 
a ba; c'est bon, « ni. A la voix négative on emploie ma : a ma ba, 
a ma ni. 

Lorsqu'il signifie « se trouver », il s'exprime par bè et à la voix 
négative par tè comme en dyoula : a bè, il est présent; a bè nie, il 
est ici ; a tè saiigya ro, il n'est pas au village ; miyè bè m fè, j'ai un 
couteau (couteau est chez moi). 

Lorsque le verbe « être » signifie » appartenir » ou sert à dési- 
gner l'attribut de façon précise, on le traduit par mu (au lieu de lo 
en dyoula, le en malinké); ce mot mu se construit de la façon sui- 
vante : 

1. « Attiser le feu » se dit en dyoula ta fundo ; comparez fè et futido (racine fit). 

2. En malinké sivô (racine si); comparez ki et si, ko et so « donner », kila et sita 
a chemin <>. 



2B2 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

cet esclave est à moi, na fè mu gyô mi na (ma chose est dans 
cet esclave) ; 

c'est à moi, na fè mu a-ra (ma chose est dans lui) ; 

je suis Vaï, Vai-mô mu nda (un Vaï est dans moi) ; 

es-tu le chef du village? sahgya mahgya mu ya? (village-chef 
est dans toi?). 

IX. - CONJUGAISON. 

La conjugaison semble être simplifiée dans le dialecte vaï. Voici 
le tableau des formes habituellement employées : 



Temps indéfini et prétérit 



Verbe TA « aller ». 




Voix positive 


Voix négative 


il me la, na ta ' 


m ma ta 


i ta 


i ma ta 


a la 


a ma ta 


mu la 


mu ma la 


ti<o ta 


wo ma ta 


a-nu ta 


a-nu ma ta 


m bè la ' 


n le ta 


fa 


ma ta 



Présent absolu 
Impératif 

Le nom verbal ne prend guère la forme en le (au lieu de lï ou ri) 
que lorsqu'on a affaire à un verbe en kb, comme : fà-kè-le « som- 
meil » mi-kè-le « action de boire » ; il est à noter que dans les 
autres dialectes mandé les verbes en kè n'ont pas de nom verbal, 
et qu'on forme ces verbes en donnant comme régime à kè le nom 
verbal du verbe primitif, au lieu qu'en vaï on place souvent devant 
kè le verbe primitif lui-même (ki-kè, mi-kè). 

Pour les verbes ordinaires, en vaï, c'est la forme du type tarhiyù 
qu'on emploie comme nom verbal, mais la finale se résume en un 
simple a, mouillé ou non. Exemples : fani-a « mensonge » (de 

1. Me sert plutôt pour le présent et le passé, na pour le futur. 

2. On rencontre aussi bè devant un verbe avec un sens passé ou un sens futur, 
lorsque le contexte m; laisse pas de doute sur le temps auquel s'est accomplie ou 
s'accomplira i action. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 263 

fani o mentir ») ; dya ou di-a « bien » ('le di « être bon •>)': kà-a 
« vol », de kà « voler », etc. C'est à l'aide de ces noms verbaux, 
suivis ou non du verbe Xè« faire», el à l'aide du molwà« homme», 
qu'on forme beaucoup de noms d'agents : fania mô « menteur », 
dya ma « ami » (en dyoula dyè-ri), kà-a-kè-mô « voleur », etc. 

Le passif se forme en ajoutant simplement un a au verbe tran- 
sitif; cet a se supprime à la voix négative : a bo « il ôle », a bo-a 
« il sort » ou « il est sorti », a ma bo « il n'est pas sorti » ; — kpâ 
'i faire chauffer », kpâ-a « être chaud », ma kpà « n'être pas 
chaud », etc. 

La particule ka, servant à unir un infinitif à un verbe à un mode 
personnel, ne se rencontre pas habituellement en vaï; ainsi on 
dit :m bè ta fia bè biro, je vais me promener (je vais je me promè- 
nerai) ; me ta fin do, je vais manger quelque chose, etc. 

X. — PRONONCIATION. 

Je résume ici les principales caractéristiques de la prononcia- 
tion vaï ; elles sont : 

1° L'absence du g simple et du gh, généralement supprimés 
avec la voyelle qui les accompagne ; 

2° L'absence de l'articulation rh, dont la disparition entraine 
généralement aussi celle de la voyelle qui suit cette articulation 
en dyoula ou en bamana; 

3° La fréquence des articulations gb et kp remplaçant les con- 
sonnes simples b ou w, 

4° Le changement fréquent de s en t ou en k; 

5° La fréquence de IV, comme en dyoula; 

6° La fréquence des articulations nasales au commencement des 
mots devant une dentale ou une gutturale et à la fin des mois après 
un e ou un i ; 

7° La fréquence des gutturales mouillées gy et ky ; 

8° Le peu d'importance joué par les voyelles ou les consonnes 
nasales relativement à la prononciation des consonnes qui suivent. 

1 . Ou a également la forme dya en dyoula et en malinké. 



264 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 



Note sur les Ligbi. 

Entre le Gaman ou pays de Bondoukou et le Koranza, et au sud 
de la région de Boualé, habile, à cheval sur la Volta Noire, une 
tribu mandé désignée en général sur les cartes sous le nom de 
Ligouy, que les Dyoula appellent Kari-GyUla^ouYà de la Lune) 
et qui se donne à elle-même le nom de Ligbi. Ces Ligbi se sont ré- 
pandus un peu partout dans les pays où l'on rencontre des Dyoula , 
notamment dans le Guimini, le Guiambala et la région de Kong. 
Je n'ai pu réussir à me procurer un vocabulaire de leur dialecte. 
J'ai bien rencontré quelques Ligbi, mais ils habitaient depuis leur 
eufance des pays dyoula et ils m'ont dit avoir complètement oublié 
leur idiome propre. Ceci tendrait à prouver déjà qu'il y a peu de 
différence entre le ligbi et le dyoula. 

M. Binger, qui a visité le pays des Ligbi, dit que leur dialecte 
est presque exactement semblable à celui des Vaï et que, d'après 
leurs propres traditions, ils seraient venus de l'ouest dans le pays 
qu'ils habitent actuellement. A l'appui de la déclaration de M. Bin- 
ger, je dois direque plusieurs Dyoula que j'ai interrogés à cet égard 
avaient conscience de l'origine commune des Vaï et des Ligbi et 
donnaient à ces deux tribus le même nom de Kari-Gyùla, réser- 
vant toutefois aux Vaï l'appellation plus spéciale de Terebe-figyûlu 
(Dyoula de l'Ouest), lorsqu'ils voulaient les distinguer des Ligbi. 
D'autre part, durant mon séjour au Libéria, j'ai entendu dire à 
tous les Vaï qu'ils sont venus de l'est dans leur pays actuel et 
qu'une partie d'entre eux étaient restés « de l'autre côté du pays 
des Mahou ». 

Or le capitaine Blondiaux a rencontré, entre le Ouataradougou 
et le Ouorodougou, ou, si l'on préfère, entre le haut Sassandra et 
le Baidama Rouge, au nord de Séguéla, une tribu mandé à la- 
quelle il donne le nom de « Nigoui ». 

Si l'on rapproche ce nom de celui des Ligouy ou Ligbi, si l'on 
remarque que le pays où le capitaine Blondiaux place les Nigoui 
est précisément, par rapport au pays des Vaï, « de l'autre côté du 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 265 

pays des Mahou » (ou région de Touba), et si l'on compare les 
tradilions des Ligbi et celles des Vaï, faisant venir les premiers de 
l'ouest et les seconds de l'est, on est amené à croire que c'est du 
pays de ces Nigoui que seraient parties, à des époques inconnues, 
deux migrations en sens inverses, ayant donné lieu à la tribu des 
Vaï et à celle des Ligbi. 

Cela expliquerai! comment les Vaï et les Ligbi, bien qu'habi- 
tant à environ mille kilomètres les uns des autres, se trouvent 
parler le même dialecte. 



CHAPITRE VII 
Les dialectes sidianka et manianka. 



I. - LE SIDIANKA 

Les Sidianka ou Sidianké forment une tribu mandé du même 
groupe que les Malinké, tribu qui, sous la conduite de Karamoko 
Alfa, a conquis le Fouta-Dyalon au xviu e siècle sur les Dyalonké 
ou Diallonké autochtones; ces derniers sont aussi des Mandé, 
mais appartiennent au groupe de « fou », comme leurs voisins les 
Sosso. 

Le D r Maclaud, dans son rapport sur son exploration au Fouta- 
Dyalon, a établi que c'était à tort que le général Faidherbe avait 
considéré les Sidianka comme des Foulans ou Peuhls; des Foulans 
étaient établis au Fouta-Dyalon bien avant le xvui e siècle, mais 
ils n'y ont jamais exercé la prépondérance : conquis en même 
temps que les Dyalonké par les envahisseurs sidianka, ils subissent 
depuis ce temps la domination politique de ces derniers. 

Mais ceux d'entre les Sidianka qui se sont établis dans la région 
de Timbo et de Labé se sont mélangés aux Toucouleurs et aux 
Foulans et beaucoup ont adopté la langue foulane, ce qui les a 
fait prendre pour des Peuhls. 

Quant aux Sidianka qui babilent le Pakessi (sud est de la Guinée 
Portugaise) et le Rio-Grande, ce seraient des Mandé à peu près 
purs et leur dialecte offrirait peu de différence avec le malinké. 
C'est d'ailleurs ce que tendent à prouver les vocabulaires sidianka, 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PKINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 2IS7 

d'ailleurs fort imparfaits, publiés par J. Clarke dans ses Spécimens 
nfdialects et par S. W. Koelle dans son Polyglotta Africana. 

h - i.E»A\n.\kt 

Je désigne sous le nom de « dialecte manianka » le dialecte 
parlé par les Manianka proprement dits, par les Konianka et par 
les Guiomandé. 

Les Manià-ku (gens du Manian ou de Mani), appelés Mani-mô 
par les Vaï et Mdndingoes^v les Libériens, sont venus du Konian 
ou région de Beyla à une époque relativement récente, et se sont 
établis au nord des Vaï, dans la région connue sous le nom de 
Boouporo ou Boporo, habitée par des Kpêlé ou Gbéressé et par 
des Gola. Ils avaient d'ailleurs laissé des colonies dans toute la 
contrée comprise entre Beyla et Boouporo et dont les indigènes 
sont des Loma ou Toma. Depuis, ils se sont infiltrés jusqu'à la 
mer à travers les Vaï, les Gola et les Dé. 

Les Konià-ka sont établis dans le Konian, c'est-à-dire dans la 
région située au sud du Ouassoulou et dont le centre est Beyla, 
région qui s'étend jusqu'à Kérouané et Sanankoro. Les Mandé 
établis à Odienné sont aussi probablement des Konianka. 

Quant aux Guiomandé {G i/o- Mande ou Gyo-Mani, c'est-à-dire 
« Mandé de Guio »), ils se sont établis dans le Guio ou pays des 
Mahou et y sont devenus les maîtres (région de Touba). 

Ces trois tribus n'en constituent réellement qu'une seule et 
parlent le même dialecte. J'appelle ce dialecte le manianka, mais 
on pourrait aussi bien l'appeler le konianka ou le guiomandé. 

Il est à noter que ces trois tribus ne forment en réalité que la 
minorité de la population dans les pays qu'elles habitent, et 
qu'elles sont environnées de tribus autochtones de langues diverses 
(Mahou, Oueïma, Loma, Gbéressé, Gola, etc.), qui appartiennent 
en majorité au groupe de « fou » de la famille mandé et sur les- 
quelles les Guiomandé, les Konianka et les Manianka exercent plus 
ou moins la suprématie politique. 

Les noms de famille les plus répaudus parmi les Manianka sont : 
3fasari, Sarifu, Gyara, Kone, Taraore, Gyaiiate, Dukare, Kane, 



2G8 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Durhanu, Bere, Daô, Balula, Kamara, Kyele, Sise, Dole, Fila, 
Baora, Noà, Farika, Sano, Safiyô et enfin Gyomani, qui est plu- 
tôt le nom de tribu des Guioraandé ou Guiomani'. 

Le dialecte manianka est très voisin du malinké et surtout du 
malinké du sud; on y rencontre très rarement l'articulation rh, 
qui, généralement est supprimée avec la voyelle qui l'accompagne. 
Ainsi on dit mo (pour morho ou moko) « homme », ta (pour tarha) 
a aller », siïndo ou sino (pour sùndor/w) « dormir », etc. 

Par contre l'articulation^ y est très fréquente : mug/ià « vingt », 
dughu « pays », etc. 

Comme les Vaï, les Manianka suppriment souvent le g simple 
et la voyelle qui l'accompagne, disant ko pour kôgo « faim » : ko 
bè na, j'ai faim ; ko bè ya ra, tu as faim ; ko Va ra, il a faim. 

J'avais recueilli au Libéria un vocabulaire manianka assez com- 
plet ; il a malheureusement été détruit, et mes souvenirs sonltrop 
imprécis pour me permettre une comparaison plus détaillée de 
ce dialecte avec les autres dialectes mandé. 

1. Je donne autant que possible, pour chaque tribu, les noms de famille les plus 
répandus, ces noms étant, comme l'ont fait remarquer le D' Tautain et le capitaine 
Rambaud, un moyen de reconnaître à quelle tribu appartiennent les gens. Cepen- 
dant il ne faudrait pas regarder ce moyen comme infaillible, car très souvent les 
esclaves prennent les noms de famille de leurs maîtres et les tribus vivant sous la 
domination morale ou politique des Mandé adoptent souvent aussi les noms de fa- 
mille mandé : j'ai pu le constater en particulier chez les Sénoufo. 



CHAPITRE VIII 
Le dialecte soninké ou sarakolé 






Le dialeclc soninké ou sarakolé est parlé par une très impor- 
tante fraction dn peuple mandé, fraction dont le territoire propre 
comprend aujourd'hui : 

1° Les deux rives du Sénégal de Matam à Kayes et surtout la 
rive gauche (région de Bakel) ; 

2° Le nord du Kaarla-Bine, le Kingui ou région de Nioro et le 
llakhounou ; 

3" La majeure partie du Ouagadou et une partie des cercles de 
Gombou ou Goumbou et de Sokolo; 

4° Le grand Markadougou (à l'est de Sansanding et au sud de 
Djenné), qui serait, dit-on, le pays d'origine des Soninké'. 

En outre, la famille soninké des Diaouara forme la majorité de 
la population dans un certain nombre de villages de la région de 
Sôgou. 

On rencontre encore des Soninké : à Sinder (sur le Niger), où 
les Foulans les appellent Wagobe; entre Lamordé et Say (sur le 
Niger également), où les Foulans les appellent Sil/abe*; entre Si- 

1. On donne aussi le nom de Markadougou à une région plus petite située au 
nord-ouest de Sansanding, entre celte ville et Ségala. Ce pays était autrefois peu- 
plé de Soninké; ils y ont encore des villages, mais la majorité de la population y 
est composée de Bamana. 

2. Je note en passant que les Zaberma, tribu encore peu connue qui habite à 
l'est du Niger entre ce fleuve et le Dallol Maouri, se disent originaires d'un pays 
qu'ils placent à l'ouest et qu'ils appellent Malé ou Mali. 



270 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

kasso et le Bagoé, où on les appelle Sa-morho ; et un peu partout 
dans le pays des Dyoula, où on les appelle Maria ou Malarhu- 
Gjjale 1 . 

Dans la région de Bammako, on trouve des métis de Maures et 
de Sarakolé qu'on appelle Nyare et qui parlent le dialecte soninké. 
— Enfin il existe à Tichit, dans le Sahara occidental, une colonie 
de Soninké qui a en partie conservé sa langue primitive. 

Les Soninké forment, comme les Dyoula, une population essen- 
tiellement commerçante, et on les retrouve avec ces derniers dans 
tous les pays du Soudan Occidental, faisant le commerce de cara- 
vanes. Pour ma part, j'ai rencontré à la Côte d'Ivoire des Sarakolé 
venant de Ségou et même de Nioro qui se rendaient à Grand-La- 
hou ou à Grand-Bassam pour retourner ensuite dans leur pays en 
passant par Maraba-dyassa et Sikasso. 

Malgré l'étendue de son domaine, le dialecte soninké est partout 
le même, sauf bien entendu pour ce qui concerne les très petites 
colonies isolées en pays étranger, comme celles de la région de 
Say, où les langues voisines (foulan, songhaï ou haoussa) ont né- 
cessairement influé sur le dialecte primitif*. 

Les Soninké se donnent à eux-mêmes le nom de Soni-nke* ou 
celui de Marka-nke ou simplement Marka. 



1. Les Dyoula donnent souvent le même nom {Malarha) aux Haoussa et aux So- 
ninké, qu'ils voient exercer parmi eux les mêmes métiers (colporteurs, tisserands, 
teinturiers, vanniers). Pour les distinguer les uns des autres, ils appellent plus 
spécialement les Soninké Malarha-Gyale (les Malarlia maigres), les Soninké étant 
en effet engénéral de formes plus élancées etplus grêles queles Haoussa. Les Dyoula 
ont en outre une appellation propre pour chacun de ces peuples : Marka pour les 
Soninké (parce qu'ils viennent du Markadougou), et Maraba ou Malabo, pour les 
Haoussa (à cause sans doute du mot arabe mar'huba, que les Haoussa emploient 
souvent comme formule de salutation). 

2. Ainsi, d'après le lieutenant de vaisseau llourst, les Uuagobé de Sinder au- 
raient adopté la langue songhaï, mais les Sillabé parleraient encore le soninké. 

3. Soni-nke (les gens de Soni) viendrait, d'après M. Binger et le capitaine Ram- 
baud, du nom des Sonni ou princes de la II e dynastie songhaï. Le dernier d'entre 
eux, Sonni Ali, mourut en 1492 ou 1493. Après sa mort, son fils, Sonni Abou-Bekr- 
Dâou, fut vaincu et mis en fuite, le 3 mars 1493, par un des généraux de son père, 
qui fut proclamé roi sous le nom d'Askia Mohammed et fonda la III e dynastie songhaï, 
celle des Askia. (Voir le Tarikh-es-Souddn, d'Abderrahmân Es-Saadi le Tombouc- 
tien, traduit de l'arabe par M. 0. Houdas, Publications de l'École dus Langues orien- 



ESSAI D'ETUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 271 

Quant à l'appellation de Sarakolé, le général Faidherbe et plu- 
sieurs auteurs après lui disent qu'elle signifie « hommes blancs » 
(Faidherbe) ou « hommes rouges » (Pielri, Rambaud). Pour cela 
il faudrait orthographier et prononcer Sere-khulle (comme le l'ail 
d'ailleurs Faidherbe) ou Soro-khulle, ce qui signifie en effet en so- 
ninké « homme blanc 1 ». Mais, si les Soninké sont déteinte moins 
foncée en général que les Ouolofs, ils ne se distinguent pas suffi- 
samment par la couleur des peuples nègres qui les entourent pour 
qu'il ait pu leur venir à l'idée de s'appeler eux-mêmes « les Hommes 
Blancs », d'autant plus qu'ils ont à côté d'eux des Maures dont 
beaucoup sont certainement d'un teint bien plus clair. D'autre 
part, tous les Soninké que j'ai interrogés à ce sujet m'ont dit que 
cette appellation leur était donnée par les Toucouleurs et les Ouo- 
lofs, qui, en effet, désignent toujours les Soninké sous ce nom, 
prononcé d'ailleurs distinctement Sarakule ou Sarakulle (sans kh) ; 
il serait bien étrange que les Ouolofs et les Toucouleurs aient 
choisi pour désigner les Soninké un mot emprunté au dialecte de 
ces derniers, et je préfère croire, comme les Soninké eux-mêmes, 
que Sarakolé ou mieux Sarakule est une appellation étrangère. 

Les principales familles soninké sont celles des Diaouara 
(Gyawara ou Dyawara), des Sar/io, des Dukure, des Sise, des 
Bakari, des Sisorho, des Dyari.so, des Tofana, des Kagoro, des 
Ruluball, des Ramara, des Rumba, des Sumare, etc. 

Le dialecte soninké, bien que se rattachant au même groupe 
que les dialectes étudiés jusqu'ici, en diffère de façon assez no- 
table. Un Bamana, un Dyoula, un Ouassoulounké, un Malinké et 



taies vivantes, IV e série, vot. XIII, l'JOO). Les partisans des Sonni se seraient enfuis 
àl'ouest et seraient devenus les Soni-nke. — On a fait venir aussi ce nom de soni 
"■ lamantin », disant que cet animal était l'animal sacré, le « tenné » des Soninké 
(du verbe tene ou tana, en dyoula Lanù, « refuser de manger », l'animal qu'on ne 
mange pas). On pourrait de même faire venir le nom de la ville et du pays de Mali 
{Mali, Mani, Mandi, Mane ou Mande), qui a donné leur nom aux Malinké et aux 
Manianka, du mot malt, mani, mandi, mane ou méri qui veut dire « hippopotame » 
elle nom des Bamana de borna ou bâma « caïman ». Toutes ces éiymologies sont 
acceptables, bien qu'actuellement la croyance au « tenné » semble peu générale- 
ment répandue parmi les Mandé, peut-être à cause de leur conversion à l'Islam. 
1. Mais non « homme rouge », qui se dirait Sere-dumbc ou Soro-dumbe, 



272 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

même un Khassonké, parlant chacun son dialecte, se compren- 
draient sans beaucoup de difficulté; un Vaï et un Dyoula auraient 
quelque peine à se comprendre; un Soninké et un Malinké ou un 
Dyoula ne se comprendraient pas. 

Par contre, certains radicaux soninké, différents des radicaux 
malinké correspondants, présentent une affinité au moins curieuse 
avec des radicaux sosso, bien qu'en réalité le soninké se rappro- 
che plus du malinké que du sosso. Mais il semble que le vaï et 
surtout le soninké forment la transition entre le groupe de « tan » 
et le groupe de « fou », le vaï par sa numération quinaire et cer- 
taines de ses formes, le soninké par un certain nombre de ses ra- 
dicaux. 
. Il est à noter aussi que le soninké est, avec le khassonké, le seul 
dialecte du groupe de « tan » où l'on trouve l'articulation kh — et 
le khassonké a reçu probablement cette articulation du soninké 
— et que le sosso est, avec le dyalonké, le seul dialecte du groupe 
de« fou » où l'on trouve la même articulation — et les Dyalonké 
appartiennent certainement au même rameau que les Sosso. 

Ces quelques remarques m'amènent à penser qu'il a dû exister 
autrefois, avant le démembiement de l'empire de Mali et la dis- 
persion des tribus mandé, des liens assez étroits entre les Sosso 
et les Soninké 1 . 

Le capitaine Rambaud pense que les Soninké sont des Mandé 
croisés de Peubls et de Maures. Il semblerait aussi, s'ils descen- 
dent comme il le dit des partisans des Sonni, qu'ils dussent avoir 
fait des emprunts au peuple songhaï. Cependant une étude, incom- 
plète certainement, mais attentive, du dialecte soninké, m'a fait 
voir qu'on n'y trouve aucune trace d'influence soit foulane, soit 
songhaï, soit maure : le système grammatical et la syntaxe du so- 
ninké sont identiques au système grammatical et à la syntaxe des 
autres dialectes mandé; on n'y rencontre ni le génitif exprimé par 



1. Je n'ajoute pas « et entre tes Sosso et les Vaï », car il est possible que ce soit 
le voisinage des tribus du groupe de « fou » qui ait introduit chez les Vaï les ana- 
logies qu'on constate aujourd'hui entre leur dialecte et les dialectes du groupe de 
« fou ». 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 273 

simple apposition (au lieu de l'inversion) comme cela a lieu en 
foulan, ni le régime direct du verbe placé après ce dernier comme 
cela a lieu en songhaï, ni enfin les formes de conjugaison si ca- 
ractéristiques de l'arabe ou du berbère-zénaga, les deux langues 
parlées parles Maures. 

Si l'on examine le vocabulaire, on ne trouve qu'un nombre in- 
signifiant de mots soninké empruntés au songhaï et au foulan, et 
encore ces mots désignent en général des objets empruntés 
eux-mêmes aux Songhaï et aux Foulans, et ce ne sont jamais des 
radicaux 1 . Les emprunts faits à l'arabe par les Soninké sont les 
mêmes que ceux faits par les autres Mandé : ce sont, les termes de 
religion et quelques noms d'objets importés par les Arabes. Enfin 
on trouve en soninké quelques mots zénaga, mais là encore ce ne 
sont que des emprunts, qui n'ont exercé sur la langue aucune in- 
fluence. 

11 me semble par contre que l'influence du ouolof — ou peut- 
être d'une langue aujourd'hui éteinte appartenant à la même fa- 
mille que le ouolof — a été plus considérable, et je ne serais pas 
éloigné de regarder le dialecte soninké comme une langue d'an- 
ciens autochtones influencée et modifiée à la fois parle malinké et 
le sosso, ou inversement comme un dialecte malinké modifié et 
influencé par une langue d'anciens autochtones et par le sosso. 

Le cadre de cet, ouvrage ne me permet pas de m'étendre plus 
longuement sur ce sujet. Je me bornerai à indiquer en passant 
quelques-unes des analogies qui se rencontrent entre le soninké 
elle sosso. 



t. Le vocabulaire soninké publié par Kaidherbe renferme un certain nombre de 
mots et de formes empruntés au foulan, mais ce vocabulaire est souvent inexact : 
il semble qu'il ait été recueilli auprès d'un indigène de langue foulane. Ainsi pres- 
que tous les verbes sont donnés avec la finale de, qui est propre au foulan et ne se 
rencontre jamais en sarakolé, au moins comme suffixe verbal de l'infinitif. 



18 



274 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

I. — NUIHÉRITIOIV 



Soninké 



Maliiiké 



Soninké 



Maliuké 



I 


bani 


kilc 


12 


lamû no fillo ' 


ta ni fila, etc 


2 


fillo' 


fula 


20 


ta pille 


mu hâ 


3 


sikko ' 


saba 


30 


ta hgyikke' 


là saba 


4 


narhato 


nani 


40 


ta narhate 


ta nani 


5 


kargo 


lulu 


50 


ta karge 


là lulu 


6 


tumù 


ivoro 


60 


ta ndume 


ta woro 


7 


flyeru 


woro-vla 


70 


ta nyere 


ta woro-vla 


8 


segu 


segi 


80 


tel sege 


là segi 


9 


kabu 


kononto 


90 


ta kabe 


ta kononto 


10 


lamû 


là 


100 


kame 5 


kyeme 


11 


tamû no bani 


ta ni kile 


1.000 


ivugyune* 


ba 



Remarques. — l°Ce qui caractérise la numération des Soninké, 
c'est que, quelles que soient les voyelles finales des dix premiers 
nombres, ces finales se changent en e lorsque ces mêmes nombres 
multiplient 10 ou 100 et en i lorsqu'ils multiplient 1.000. Ainsi 
200 se dit kame fille, 2.000 wugyune fdli; 300 kame sikke, 3.000 
wugyune s/kki; 400 kame narhate, 4.000 wugyune narhati; 500 
kame karge, 5.000 wugyune kargi; 6.000 wugyune tuni, 7.000 
wugyune îi yen, 8.000 wugyune segi, 9.000 wugyune kabi, 10.000 
wugyune tàmi. 

2° « Dix » se dit tamû, mais on retrouve la forme ta des autres 
dialectes dans les formes là pille « \ingt », là hgyikke « trente », 
etc. 

3° Les Soninké comptent par 10 comme les Malinké; ils ont un 
mot spécial pour « sept », alors que les autres Mandé du groupe 
de « tan » expriment « sept » par un mot qui semble vouloir dire 
« deuxième six » (ivoro-vla, worô-mvila). 



{. En dyalonké fiddi. 

2. En dyalonké sakka, en sosso saÀM. 

3. En dyalonké nafu nù fiddi, 
't. En sosso tôgo sakhfl. 

5. En sosso kêmè. 

6. En sosso voulu, en khassonké tvulo, en dyoula wuru. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 275 

4° Les Soninké expriment les nombres « un, cinq, six, neuf » 
au moyen de mots (bani, /cargo, tumtt ou lunu, kabu) dont on ne 
retrouve pas le radical dans les autres dialectes. Les autres nom- 
bres ont les mêmes radicaux qu'en malinké, plus ou moins mo- 
difiés. 

5° Les formes ta pille (pour ta fille), ta hgyikke (pour/« sikke), 
ta nditme (pour ta tume), nous mettent sur la voie d'unerègle eu- 
phonique dont nous verrons d'autres exemples et selon laquelle, 
après une voyelle nasale, un n ou un m, /'se change généralement 
en p ou mp, s en ky ou iigy, t en don nd. 

6° Les formes fillo, sikko, et d'autres que nous verrons plus loin 
nous montrent qu'on a en soninké des consonnes redoublées, ce 
qui est tout à fait exceptionnel dans les autres dialectes ou y est 
le résultat d'une élision de voyelle (comme turra en dyoula pour 
tura va). 

7° La permutation de Vu, de Vi et de Ve, que j'ai signalée à pro- 
pos du système de numération, est très fréquente en soninké; 
c'est en général le son e qui domine. 



Souinké 



I. - PARTIES DU CORPS. 

Maliuké Soninké Malinké 






tête 


yi-me 


kù 


maingau 


che kite-noge 


numà-bul 


cheveux 


yi-nle 


ku-nsi 


pied 




la 


si 


œil 


nyâ-klie 


nya-do 


poitrine 




gidi-me 


siso 


nez 


norhone 


nu 


ventre 




norho 


konô 


bouche 


la-khe 


da 


dos 




faite 1 


ko 


dent 


kambe' 


ni 


membre 


vi 






langue 


nene 


ne 


ril 




khonto 


foro, folo 


oreille 


toro 


lulo 


testicule 




yellu 


foro-kili 


main 


kite 


bulo 


vagin 




kunlo 


byè 


— droite 


kite-lee 


kini-bulo 











Remarques. — On voit que quelques radicaux soninké sont 
complètements différents des radicaux malinké correspondants. 



1. En mouin suinte. 

2. En sosso lèri. 



276 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

D'autres fois le radical est le même, mais il se trouve modifié par 
une permutation de consonne (changemenlde s en t ou ty, comme 
ta pour si ou se « pied » ; de d en /, etc.) — ou par l'addition d'un 
suffixe [la-kke ou la-ke « bouche », pour da). 

On voit par les mots norho, norhone, que le soninké possède, 
outre le kh, l'articulation rh : il semble qu'on les emploie parfois 
l'une pour l'autre. 



m. 



NOMS D HOMMES. 



Souinké 



Maliuké 



Souiuké 



Maliuké 



père 

mère 

fils 



frère 
— sin: 



faba ' fa 

ma na 

lemne, lem- do, di 

na,lemme, 

remme ' 

ma-remme "' na-do 

korho-ne koro-nkc 



frère cadet gida dolio-nki: 

homme (lia- soro, sere ou moko ou 

nui) hadama' mbari 

homme (vir) yugo 6 kè 

femme yarhare ou muso 
yakhare* 



Souiuké 



IV. - \OMS IHMIIUV 

M;iliûké Souinké Maliuké 



animal 


ti/e 


subo 


chien 


wute 


wulo 


viande 


rd. 


id. 


cheval 


si 


suo, su 


bœuf 


nâ 


niso 


poulet 


se-itàe 


susi 


taureau 


ijnmbo 


lula 


coq 


seli-àgam'i 


dunlfi 


mouton 


gyerhè ' 


sa 


éléphant 


tare 


samo 


chèvre 


sugo' 


ba 


antilope 


khira* 


mina 



1. En sosso fa fa. 

2. Comparez en khassonké rimù (petit d'un animal) et en sosso lamna (petit). 
Comparez aussi la forme km-ne et le mot dyoula de-ni « petit enfant ». 

3. C'est à dire « fils de la mère ». 

•i. C'est-à-dire « Adam» ou « fils d'Adam »; comparez en sosso adama. 

5. En mouin gulî ou gwO. 

6. En sosso etendyalonké nyarhale. 

7. On a vu déjà que Vi peut se changer en gy : on retrouve ainsi dans gyerhè la 
forme dyoula sarha ; comparez en sosso yahhé. 

8. En sosso si. 

9. En sosso ML. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ i77 

Soniuké Malioké Soliuké Maliuké 



lion gyeri-nle ' 

panthère dyagaàe 



hippopolame ifigame 
caïman kine* 

lamantin sont ou mei~ 

la si ma 



dyara serpent 

wara on poisson 

dyokolo oiseau 

mttne chameau 

bnma maie 



femelle 



katiji-nte* 


sa 


nyekfte 


tljike 


ye-Ufte 


kono 


nyogome ' 


nyogoma 


yugo, figa- 




mà' 


kè 


ni * 


muso 



V. - NOMS DIVERS. 

Soninké Maliuké Soninké 



Mallnké 



pays 


dgamane 


duguu i 


iya- 


lune 




khaso 


kalo 






mani 




ciel 




kârlio-te 


sa 


terre (sol) 


niûije 


dugu 




vent 




fanke 


foûyo 


— (matière) botoklià 1 


bàku 




pluie 




kame 


sâ-gi 


village 


debe 


sale, su 




feu 




yimbe 


ta 


maison 


kôpe 


bô 




arbre 




yi-te 


ijiro 


chemin 


kille ' 


si la 




bois ( 


IOT- 


sole 


bêle, kot, 


forêt 


khoro, kkoro 


- 




ceau de 


luis 


1 


snla 




ba 


tu 




bois à brû- 






brousse 


ïïgene 


kone 




ler 




swa 


lokn, dua 


herbes 


be 


bi 




feuille 




dere 


fila, fila 


savane 


be-ra 


bi-ro, bi- 


■nto 


liane 




katije" 


dyulu 


champ 


te, teni 


furu, sene 


or 




kani " 


sani, sanu 


eau 


99* 


9* 




argent 




klinlisi. " 


mari 


fleuve 


fa-ne, bo 


ba 




fer 




mekke 


nege 


rivière 


khwo-le 


ko, kwo 




rQcher 




gide" 


fn la 


soleil 


kie 


tile 




pierre 




knlye 


kaba, bel' 



1. En sosso ya-tè. 

2. En sosso sôûe. 

3. Vient du mot katye ou katyi « liane ». 

4. Du mot zénaga 0591m, pi. igmen. 

5. En sosso khamè. 

6. En sosso ginè, en mouin nû 

7. Comparez le mot sosso hokhi « terre, sol ». 

8. En sosso et en vaï kira. 

9. Comparez en malinké siti « attacher, lier». 

10. En mouin kya. 

11. Du mot arabe Khàlii [dir-htm hhdtis, une bonne pièce d'argeul). 

12. En sosso gémi. 



278 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

Soniuké Malinké Soninké Malinké 



chaise 


tarha-de ' 


sigi-tâ 


palmier à 






couteau 


lah u 


muro 


huile 


tiri [te-iri) 


te-iri 


épée 


kafa 


fâ* 


amande de 






houe 


longe 


dabu 


palme 


te 


te, tî 


tissu 


yirhame 


fanu 


huile 


te 


tu lu 


boubou 


doloke 


doroke 


arbre à 






culotte 


wunô 


kursi 


beurre 


khari 5 


se 


bonnet 


kufene 3 


fugula 


beurre de 






igname 


ku 


ku 


karité 


khari-te 


se-tulu 


mil (gros-) gedyaba 


gediba, nyô 


ronier 


kee 


sibi 


— (petit-; 


)ile* 


bimbiri 


œuf 


kha-bani' 


kUi 


— (très petit; 


stima 


suma 


chose 


fo 


P 


-(id.) 


so-ge 


sa-nyà 


nom 


lorho 


toko 


— (moyen) 


se-uli 


kinli 


blanc 


kliulle.khuyi 


'ge,gwe 


maïs 


maka 


kaba, ma- 


rouge 


dumbe 


ule 






nyô 


noir 


birine 


fi-ni 


riz 


maro 


malo 


grand 


ba ; rhore, 


ha 


arachides 


tiga 


tiga 




khore ; 




cola 


guro 


wuro 




wokhe 





Remarques. — 1° On a pu remarquer que I'* du malinké et du 
dyoula se change souvent en /dans les mots soninké; on a ainsi : 
sila et kille « chemin s; sa « ciel » et kârho-te « ciel », kame 
« pluie » ; sani et Àafli « or ». La réciproque a lieu aussi : ko/e et 
sale « morceau de bois ». — On trouve également t changé en /• : 
tile et kie « soleil », et s changé en t : sene et teni « champ ». 

2° On a pu remarquer le suffixe te ou nte à la fin de beaucoup de 



1. En dyoula wurha-ndc. 

2. En dyoula tokowi; le mot tokowi vient, par l'intermédiaire du haoussa takobi, 
du mot touareg takuba, pi. tikubawin, qui désigne l'épée large à poignée en croix 
qui a été introduite au Soudan par les Touareg. Peut-être kafa a-t-il la même ori- 
gine, car dans takuba la i rc syllabe indique le féminin et ne fait pas partie du radi- 
cal. 

3. En zénaga khufara. 

4. En zénaga Ma. 

5. En dyoula koro. 

6. En sosso khèlè. 

7. En khassonké khoi. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 279 

mots : yi-nte « cheveux »,ki-te « main » , g yeri-nle « lion », kat yi- 
nte « serpent », kârho-te « ciel », yi-te « arbre », etc. Ou trouve 
aussi les suffixes ke, khe, me, ne, qui ne semblent pas ajouter 
grand'chose au sens du radical. Sans doute, ces différents suffixes 
correspondent aux terminaisons ni, ri, H, ru, lu qu'on rencontre 
fréquemment dans les autres dialectes mandé (bu- lu, wara-ni, yi- 
ri, etc.). 

VI. — SUFFIXES SERVANT A LA COMPOSITION DES 
SUBSTANTIFS. 

Le soninké forme ses substantifs composés de la même façon 
que les autres dialectes mandé, c'est-à-dire par juxtaposition de 
radicaux, en mettant le premier le mot qui modifie l'autre (comme 
maremme « frère, enfant de la mère »), ou par addition de suf- 
fixes. Mais les suffixes employés en soninké diffèrent parfois nota- 
blement de ceux employés dans les autres dialectes. 

On retrouve le suffixe ra : be-ra « savane » (dans l'herbe). Mais 
il paraît être moins fréquent qu'en dyoula et en bamana, et est 
remplacé en général par ne, nie ou ni (na en dyoula, no, to, nda 
en malinké). 

Le suffixe tigi est remplacé en général par gume, qu'il faut rap- 
procher de yugo « homme, mâle » (en sosso khamè) ; ainsi on a : 
si-gume « cavalier » (en dyoula xô-tigi), naburu-gume « homme 
riche » (en dyoula na/oro-ligi). 

Le suffixe barha, ba ou la est remplacé en général par na, qui 
s'ajoute à la forme passive des verbes. On a ainsi : khobo « ache- 
ter » (passif khoba) et khoba-na « commerçant » ; — fayi « regar- 
der » (passif faya) et faya-na <« surveillant » ; — kari « tuer » 
(passif kara) et kara-na « meurtrier », etc. 

Le suffixe de nationalité est ke ou iïke comme en bamana : So- 
ni-nke (Soninké), Bàbara-nke (Bamana), etc. 

Le pluriel des noms se forme en général en changeant la 
voyelle finale en u : kùpe « maison », pi. kopu;yugo « homme », 
pi. yugu. Quelquefois aussi on ajoute nu ou ni au nom. 



280 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

VII. - PRONOMS. 

SoniDké MaUnké 



Ring. 


■J re 


pers. 


n (m, i'i) 


, ni, 


ne 


n (m, n), ni 




2« 


— 


an (am, 


an) 




i 




3» 


— 


a, ao 






a 


Plur. 


l re 


— 









an, anii-lu 




2" 


— 


akha 






alu, al; ilu, il 




3" 


— 


i ifa (en sosso i) 


alu, al 



On voit que seuls les pronoms de la 1 re et de la 3 e personnes du 
singulier ont la même forme en soninké que dans les autres dia- 
lectes. 

Le pronom de la \" personne, dans sa forme ri, se change en 
m devant une labiale et en fl devant une gutturale, comme dans 
les autres dialectes; les changements que j'ai signalés plus haut 
(f enp, s en ky ou gy, t en d) ont lieu après ce pronom et après le 
pronom an (am ou ai)) de la 2 e personne. Ainsi on a : faba « père » , 
mpaba « mon père, am paba « Ion père », a faba « son père », 
o faba « notre père », etc. ; — m pâlie « mon dos », am palle « ton 
dos )), a faite « son dos » ; — m ma « ma mère », am ma, a 
ma; — n gicla « mon frère », afl gida, a gicla; — n lemne ou m 
lemne « mon fils » ; — n cla « mon pied », an du, a la ; — n kyi 
ou hgyi « mon cheval », an kyi, a si, etc. 

Les pronoms possessifs se forment en ajoutant hha au lieu de 
ta aux pronoms simples (en sosso on ajoute également kha ) : ît- 
kha, ah-kha, a-klia, etc. 

Le démonstratif est bâ ou mbâ, qui se place après le nom, ou 
ke, qui se place avant le nom et fait parfois ku au pluriel' : yugu 
bâ « ces hommes », yarhare mbâ « cette femme »; ke fo « celte 
chose », ku f'u ou ke fo-nu « ces choses », ke aère « cet individu », 
etc. 

Suivis de la particule yi (correspondant au ye des Dyoula et des 
Malinké, « à »), les pronoms prennent les formes suivantes : « à 

1 . Comparez en mouin nObe et nage, en sosso nakha. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 281 

moi », rtaou fie (ni en dyoula); « à loi », aha ou ahe; « à lui », a ya 
ou a yi, La même particule iji s'emploie comme i/e en dyoula (i/e 
ou ti en malinké), pour rendre le comparatif de supériorité : je 
l'ai acheté à Samba, n i/'a hhobo Sàba yi; Samba est plus noir qu<« 
Mamadou, Sàba a binne Mamadu yi. 

« Qui? » se dit ko? [g //à ne en dyoula). 

« Quel? » — l,à ? (gyo mane — ). 

« Quoi?» -— ma? on mane? (mime en dyoula). — Employé 
comme régime, ma-ne se place ordinairement après le verbe : an 
ti ma-ne? qu'est-ce que tu dis? (tu dis dans quoi?). 

« Un, un certain » se dit de (do en malinké, dû en dyoula) : fo 
de, quelque chose (fùndù en dyoula). 







VIII. — 


VERBES . 








Soninké 


Malinké 




Soniuké 


Malinké 


aller (partir) 


daga, degt 


i la, laka 


emporter 


ta-daga 


ta-ta ' 


— (quelque part] 


tele, telle 


ta, do 


entrer 


lo 


du, do 


venir 


ri, H ' 


na 


sortir 


hogu 


bo-to 


rester 


sigi 


sifti, sigi 


se lever 


giri 


uli 


s'asseoir 


lak/to ' 


sihi 


se coucher 


sô, sàrlio * 


la 


dire 


ti, ko 


ko, fo 


dormir 


khe-ûkè • 


sinù 


parler 


di-gamà 


koma, fo 


acheter 


kliobo 


sa 


palabrer 


ko-kuma 


ko-ma-kè 


vendre 


gaga 


file 


apporter 


ri-li, li-ti 


na-ti 3 


manger 


m* 


domù 


aller chercher 


id. 


ïlini 


boire 


mini ' 


mi 


prendre 


la, nda 


ta 


tuer 


kart' 


faka 


attraper 


tinda 


mina, mita 


mourir 


kara 


faka-la 



1. En. sosso /»'. 

2. En sosso dokho, 

3. Ces deux expressions veulent dire « venirdonner » : « apporte de l'eau » se 
dit en soninké gyi ri-ti (en malinké yi na-li) ; « va chercher de l'eau », dege gyi 
ri-ti ; « apporte-le », a ri-li. 

4. C'est-à dire « prendre-aller ». 

5. En sosso sa. 

6. En sosso khi, en vaï hi-kê, 

7. En mouin mine. 

8. En dyoula kari veut dire « casser ». 



282 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDE 

Soninké Malinké Soninké Malinké 



mourir 


(terme 






entendre 


mugu 


me 


respectueux) 


fati 


sa-la' 


voir 


wori * 


tje 


couper 




kutu 


lege 


regarder 


(agi 


fêle 


frapper 




katu 


bugo 


être fini 


ngeme * 


ba-nla 


ouvrir 




muni 


gelé 


tomber 


khènu, 


be-ra, be 


fermer 




ter/te 


lugu 




khèni 




casser 




khosô 


kari, kati 


travailler 


golle " 


Ige-kè 


faire 




na, kè 


la, kè 


être bon 


siri 6 ou 


dï 


compre 


ndre 


muqu* 


me 




sûro 





Le verbe « être » attributif se rend quelquefois par yani, mais 
en général il ne s'exprime pas : il est grand, a rhore; tu es un 
homme, an yani yugo. « Ne pas être » se' dit tè comme dans les 
autres dialectes. 

« Etre » signifiant « se trouver » se dilwè ou bè, et, à la voix né- 
gative tè ou nlè : il est ici, a wè ire; où est ton père? am paba bè 
minnal il est au village, a bè debe na; il n'est pas ici, a tè ire ou a 
ntè ire. 

« Être » signifiant « appartenir » s'exprime par le, comme en 
malinké, et, à la voix négative, par tè ou ntè : c'est à moi, n-khale 
(on prononce aussi h-khalle) ; c'est à ton père, am paba-kha le ; ce 
n'est pas à lui, a-kha ntè. — On peut aussi introduire ma entre le 
nom du possesseur et la particule kha : ni makha le (dans moi pos- 
session est) ; ce cheval est à mon père, ke si m paba ma kha le. 



{. Les Noirs en général n'aiment pas dire de quelqu'un qu'il est mort, surtout 
si c'est un de leurs parents; on emploie alors une autre expression. En dyoula on 
dit : a tya-na « il est abîmé ». 

2. La syllabe gu est ici un suffixe. 

3. En sosso tokhi 
A. En sosso nô. 
5. En sosso wali. 
G. En mouin (1ère. 



ESSAI D'ETUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDE 283 

IX. — CONJUGAISON. 

Verbe YIGE « mange r ». 
Voix positive Voix négative 

Temps indéfini ne yige, n ige n le yige 

an yige an te yige 

ayige, etc. a te yige, etc. 

Présent absolu ne yige ne ou ne yige ni n te yige ne ou n te yige ni 

Prétérit n da yige m ma yige ou m ma yige ne 

Impératif yige marha yige 

Pour les verbes neutres, la conjugaison est la même, mais au 
prétérit affirmatif on emploie de préférence la forme du temps in- 
défini : il est parti, a daga; il est venu, a li; c'estfini, a ftgeme; ce 
n'est pas fini, a ma ftgeme; il n'est pas venu, a ma ri; il est allé au 
village, a tele debe na. 

Le passif se forme en général en changeant en a la voyelle fi- 
nale du verbe transitif : kuri « tuer », kara « mourir ». Quelquefois 
on ajoute nta au verbe : khume « faire maigrir », khume-nta ou 
khuma-nta ou khuma « être maigre ». 

Le régime direct se place avant le verbe comme dans les autres 
dialectes; Va de la particule da du prétérit s'élide devant les pro- 
noms : je l'ai vu, n d'à ivori; je t'ai vu, n d'an wori; tu m'as vu, 
an da n ivori ou an d'iïï wori ; il nous a vus, a d'o wori ; il vous a vus , 
a âHakha ivori; il les a vus, a (fi wori ou a d'ifa wori; — tu ne le 
vois pas? an ta wori ni? ou an te wori ni? viens le regarder, li a /agi 
ou Va fagi ; ouvre cette caisse, ke kèsi mufti; il vient m'apporter de 
l'eau, a ri ni ggi li-ti fia; comprends-tu? an a mitgu? je n'ai pas 
compris, m ma a mugu. 

X. — PRONONCIATION. 

Je résume ici les principales particularités de la prononciation 
soninké : 

l°La permutation fréquente des voyelles i, u, e; le changement 



281 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

fréquent d'une voyelle quelconque en e, ef, d'une façon générale, 
la fréquence marquée du son e; 

2° Le redoublement fréquent des consonnes; 

3° L'influence des sons nasaux sur certaines consonnes qui les 
suivent (changement de /'en p, des en /.', ///, $y, de t en d, après 
une voyelle nasale, un n, un h ou un m). — A rapprocher du phé- 
nomène analogue qu'on observe en dyoula; 

4° La présence des articulations kh et rh; 

5° La permutation fréquente des sons d et I, .?, / et iy, s et k, ?i 
et /, kh et rh, etc. 



CHAPITRE IX 
Le groupe de « fou ». 






J'appelle groupe de « fou » l'ensemble des dialectes mandé dans 
lesquels le nombre « dix » se dit fu ou pu. Comme je l'ai fait re- 
marquer plus haut, les dialectes de ce groupe diffèrent plus les 
uns des autres que les dialectes du groupe de « tan » : il est facile 
de voir que les uns et les autres appartiennent à la même famille 
linguistique, mais un indigène parlant un dialecte de « tan » et un 
autre parlant un dialecte de « fou » ne pourraient pas se compren- 
dre, et un Sosso, un Loma et un Kouéni, parlant chacun son dia- 
lecle, ne se comprendraient pas non plus. 

Je crois que les peuples qui parlent les dialectes de « fou » ne 
sont pas des Mandé de race pure : ce sont probablement, soit des 
Mandé venus du nord qui se sont assimilé des peuplades autochto- 
nes, comme il semble que ce soit le cas pour les Sosso et les Dya- 
lonké, soit des peuplades autochtones fortement mélangées d'élé- 
ments mandé, comme il semble que ce soit le cas pour les Loma 
ou Toma et les Kouéni ou Gouro. 

Peut-être aussi les Mandé du groupe de « fou », restés en dehors 
du courant de civilisation qui s'est étendu sur le Soudan central et 
occidental et en particulier dans le bassin du Niger, sont-ils restés 
à peu près, au double point de vue social et linguistique, dans 
l'état où se trouvaient primitivement tous les Mandé, comme ten- 
draient à le faire croire leur système de numération quinaire et la 
grande simplicité de leurs mots usuels. 



286 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Quoi qu'il en soit, il reste acquis que ces peuples appartiennent 
au même rameau linguistique que les grandes tribus mandé du 
groupe de « tan » et que, de même que ces dernières s'assimilent 
peu à peu les tribus étrangères qui les entourent, ils tendent à en- 
glober dans leur sein toutes les petites populations non mandé qui 
habitent encore entre eux et la mer : certains de ces peuples, les 
Sosso, les Loko, les Mendé, ont déjà atteint depuis longtemps le 
rivage de l'Océan. 

D'une façon générale, les Mandé du groupe de « fou » sont ré- 
pandus sur une bande de territoire plus ou moins large qui s'étend 
le long de la côte de Guinée depuis le Rio-Nunez jusqu'au Ban- 
dama, et qui est limitée au nord par les pays des tribus du groupe 
de « tan » (Sidianka, Malinké, Manianka, Dyoula). Au sud, ils s'a- 
vancent jusqu'à la mer dans la Guinée Française et le Sierra-Leone, 
englobant des populations non mandé telles que les Landouman et 
les Nalou (Rio-Nunez), les Baga (Rio-Pongo), les Boullom ou Mam- 
poua (de Benty à Sherbro), les Timéné (rivière de Sierra-Leone), 
les Limba (nord-est du Sierra-Leone), les Kissi (sources du Ni- 
ger). 

Le long de la frontière anglo-libérienne, le groupe de « tan » 
(Vaï et Manianka) a poussé un coin jusqu'à la mer au milieu du 
groupe de « fou » et des autochtones non mandé (Gola). 

Ensuite le groupe de « fou » recommence, mais il ne va plus 
jusqu'à la mer, dont il est séparé par les tribus dites Krou (Dé, 
Guivi, Bassa, Nagna, Grébo, Tépo, Néyo, etc.). 

Voici, avec l'habitat de chacune d'elles, la liste des tribus du 
groupe de « fou », au moins de celles que l'on connaît aujourd'hui, 
car il est probable qu'il en existe d'autres : mais les données eth- 
nologiques et linguistiques que nous possédons sur cette partie de 
l'Afrique sont encore trop incomplètes pour qu'on puisse se pro- 
noncer de façon définitive. 

1° Les Sosso. — Les Soso ouSoussou habitent actuellement 
la majeure partie de la région côlière dans la Guinée Française : 
on les trouve depuis le Rio-Nunez jusqu'à la Grande-Scarcie, où 
ils débordent sur le territoire anglais; au nord ils s'étendent jus- 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 287 

qu'au Foula-Dyalon. Leur dialecte est parlé en outre par presque 
tous les Landouman, les INalou et les Baga qui vivent au milieu 
d'eux. 

On croit qu'au xui° siècle, ils auraient été les maîtres d'une par- 
tie de la vallée du haut Niger: ils auraient été refoulés dans le sud 
à la fin du xvii e siècle par les Bamana, les Soninké et les Malinké. 
J'ai dit au chapitre précédent qu'il semble que des liens assez 
étroits les rattachent aux Soninké, au moins au point de vue linguis- 
tique. 

2° Les Dyalonké. — Les Dyalonké ou Diallonké semblent 
être les autochtones du Fouta-Dyalon. Ils sont très voisins des 
Sosso et ont dû faire partie du même mouvement de migration qui 
a amené ces derniers sur le bord de la mer. 

Ils sont mêlés deFoulansplus ou moins métissés et de Sidianka 
(Mandé du groupe de « tan »), et placés en général sous la domi- 
nation de ces derniers. Le nom de Dyalonké (Dyalo-îlka) leur est 
donné par les Malinké. Ils se divisent en deux sous-tribus qui se 
donnent à elles-mêmes les noms de Langan [Lâflgâ] et de Sako. 

3° Les Loko. — Les Loko ou Landorho habitent entre la 
Grande-Scarcie et la rive droite de la Roquelle ou rivière de 
Sierra-Leone, où ils se rencontrent avec les Timéné. Ils ont donné 
leur nom à la ville de Port-Lokko, située non loin de Freetown. Au 
nord, ils sont limités par les Limba. 

4° Les Mendé. — Les Mendé ou Mendi (Mendé), appelés 
Kosso par les Timéné, habitent le long de la mer entre la rivière 
de Sherbro et la rivière Soulima, et s'étendent à l'intérieur pres- 
que jusqu'aux sources du Niger. Us sont limités à l'ouest par les 
Boullom de Sherbro ou Mampoua, au nord-ouest par les Timéné 
et les Limba, au nord-est par les Kissi, à l'est par les Manianka et 
les Vaï. 

5° Les Loma — Les Loma, appelés Toma par les Manianka 
et les Konianka, Ton-alè (Tôalè) par les Kpêlé ou Gbéressé, sont 
souvent désignés par les Européens et les Libériens sous le nom 
de Bouzi ou Bouzié (Domar-Bousie sur les cartes libériennes). Ils 
habitent au sud des Kissi et à l'ouest du Konian une région assez 



288 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

étendue, dont les centres principaux sont Zolou et Bokessa. Les 
Maniankasonl nombreux en pays loraa, et beaucoup de Loma com- 
prennent le dialecte manianka. 

6° Les Oueïma. — Les Oueïma (Wè/ma), désignés sur les 
cartes libériennes sous le nom de Wymar-Bousie, habitent au sud 
du Konian, entre Beyla et Nzô. Leurs centres principaux sont Zi- 
gaporassou et Koima, ce qui leur a valu des Konianka l'appella- 
tion de Koïma-ka (gens de Ko'ïma). Je ne crois pas qu'il existe au- 
cun document sur leur dialecte ; je n'ai pu moi-même en recueillir, 
mais les Manianka que j'ai interrogés à leur sujet m'ont affirmé 
que ce dialecte était très voisin du Loma. 

7° Les Kpêlé. — Les Kpêlé {Kpèle) sont appelés Gbéressé par- 
les Manianka, Gbèïzé par les Loma, Kpessé par les Vaï, Kpessi 
ou Pessy par les Libériens; il» sont désignés sur la carte Bion- 
diaux sous le nom de Gouersé. 

Ils habitent sur les deux rives du Saint-Paul, au sud des Loma, 
et dans la région de Bakoma (ou Barkoma); à l'est ils s'étendent 
jusque vers les affluents du haut Cavally. 

8° Les Manon. — Les Manon (3fanô), appelés aussi Mano, 
Mana et Man, habitent la région de Nzô, sur le haut Cavally, à 
l'est des Kpêlé et au nord des Gbêlé ou Nguéré (ou Gon) qu'on dit 
anthropophages. Il est possible qu'il ne constituent qu'une seule 
tribu avec ces derniers, bien que le fait ait besoin d'être vérifié. 

9° Les Guio. — Les Guio (Gyo) ou Guiola ou Mahou sont dé- 
signés sur les caries sous les noms de Ouobé ou Wobey et de 
« Bioula anthropophages »; on les dit en effet cannibales, mais 
ils n'ont rien de commun avec les Dyoula de la région de Kong. 
Ces derniers les appellent Koro ou Guro-Dyula (une de leurs sous- 
tribus porte en effet le nom de Gouro). 

Ces Guio ou Mahou étaient, d'après le capitaine Blondiaux, les 
autochtones de la région de Touba; conquis par les Guiomandé, 
famille konianka, ils se seraient en partie mêlés à eux, en partie 
retirés au sud du Gouan ou Bafing, affluent occidental du Bagoé 
ou Sassandra. Les Guio demeurés dans le Mahou proprement dit 
ou région de Touba parlent presque tous, outre leur dialecte, celui 



ESSAI D'ETUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 289 

des Guiomandé (le manianka). Les autres ne parlent que leur dia- 
lecte propre; ils sont répandus entre le haut Cavally et le haut 
Sassandra. 

10° Les Mouin. — Les Mouin (3/wï ou Mwâ), appelés Mona 
par les Dyoula, Moni par les Agni du Raoulé, habitent au sud du 
Kourodougou et à Test de Mankono, entre le Bandama Rouge et 
le Bandama Blanc. Ils ont pour voisins au sud les Baoulé (sous- 
tribu des Kodé) et à l'ouest les Kouéni. Ils appellent leur pays le 
Mouan-ta. 

11° Les Kouéni. — Les Kouéni (Kivenï), appelés Gouro par 
les Agni et Lo parles Dyoula, occupent un vaste territoire compris 
entre le Sassandra et le Bandama Rouge, ce dernier continué au 
sud par le Bandama; ils ont même quelques villages sur la rive 
gauche du Bandama Rouge (Elengué, Gouropan). Ils comprennent 
un certain nombre de sous-tribus, dont celle des Souamni ou 
Souamlé sur le bas Bandama et celle des Memni ou Memné près 
de Tiassalé. 



De tous ces dialectes, jen'en ai pu étudier personnellement que 
quatre auprès des indigènes : le loma, le kpêlé, le mouin et le 
kouéni. II ne me reste que mes notes concernant le mouin, toutes 
les autres ayant été détruites. Comme d'autre part, excepté le 
sosso et le mendé, ces divers dialectes ne nous sont connus que 
par les vocabulaires de Koelle, parfois incorrects et toujours su- 
jets à caution, il ne m'est pas possible de tenter ici en détail une 
étude comparée des dialectes du groupe de « fou ». Ces dialectes 
n'ont d'ailleurs, sauf le sosso, le guio et le kouéni, qu'une impor- 
tance pratique tout a fait secondaire, tant à cause du peu d'étendue 
des territoires où ils se parlent qu'à cause du grand nombre de 
gens parlant les dialectes du groupe de « tan » qui se trouvent sur 
ces territoires. 

Je me contenterai donc de donner un court vocabulaire compa- 
ratif de ces dialectes. J'ai emprunté les mots sosso au Père Raim- 
bault et à Koelle, les mots dyalonké à Mage et à Koelle, les mots 

la 



290 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

loko, mendé, loma, kpêlé, manon et guio à Koelle. J'ai fait figurer 
les quelques mots kouéni qui ont survécu à la perte de mes notes; 
quant au vocabulaire mouin, il est absolument inédit, rien n'ayant 
encore été publié concernant cette tribu ni son dialecte. J'ai mis 
dans la première colonne les mots malinké correspondants, pour 
permettre la comparaison avec les dialectes de « tan ». 



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CHAPITRE X 
Bibliographie 



Je donne ci-après, pour chacun des dialectes mandé et par ordre de dates, 
la liste des ouvrages ou publications parus jusqu'ici, à ma connaissance, où 
il est traité de ce dialecte. Pour les ouvrages qui reviennent plusieurs fois, 
je ne donnerai en général les références complètes que la première fois. 

1° Malinké. 

(Anonyme). — African lessons, Mandingo and English. — London, 1827 
in-8. (Dialecte de la Gambie.) 

M. Macbrair. — A grammar of the Mandingo language, with vocabularies. 
— London, 1837, in-8. (Dialecte de la Gambie.) 

E. Norris. — Outline ofa vocabulary of a few of the principal languages of 
western and central Africa. — London, 1841, in-8 obi. (Renferme un vo- 
cabulaire malinké sous le nom de mandingo.) 

(Anonyme). — Vocabulaires guiolof, mandingue, foule, saracole, séraire, 
bagnon et floupe, recueillis à la Côte d'Afrique pour le service de l'an- 
cienne O Royale du Sénégal, et publiés pour la première fois d'après 
un manuscrit de la Bibliothèque Royale. — Paris, 1845, in-8. {Mémoires de 
la Société Ethnologique, tome II.) 

J.-L. Wilson. — Comparison between the Mandingo, Grebo and Mpongwe 
dialects. — New- York, 1847, in-8 (vol. IV, n° xvi of the Bibliotheca sacra 
and Theological Revieir.) 

Le même. — Comparative, vocabularies of some of the principal A'egro dia- 
lects of Africa. — New-Haven, 1849, in-8 (in Journal of the American 
Oriental Society.) 

Jomard. — Remarques et recherches géographiques sur le voyage de Cai/lir 
dans l'Afrique Centrale, suivies des vocabulaires recueillis par René 
Caillié. — Paris, s. d.,in-8 (renferme un vocabulaire malinké). 



2% ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

J. Clarke. — Spécimens of dialecls : short vocabularie.s of languages and 
notes of countriesand customs inAfrica. — London, 1849, in-8. (Renferme 
quelques mots en malinké sous les noms de mandingo, maligaelma- 
nlnga.) 

S. W. Koelle. — Polyglolta Africana. — London, 1854, gr. in-folio. (Voca- 
bulaires des sous-dialectes occidental, sous le nom de kabunga, et méri- 
dional, sous le nom de mandenga.) 

P. du Chaillu. — Voyages et aventures dans l'Afrique Equatoriale. — Paris, 
1863, gr. in-8. (Numération en malinké du Saloun et du Baol.) 

D r H. Stëinthal. — Die Mande-Neger-Sprachen. — Berlin, 1867, in-8. — 
(Étude comparée du malinké, du vaï et du sosso.) 

D r Tautain. — Notes sur les trois langues soninkr, banmana, et mallinké ou 
mandingké. (Revue de linguistique et de philologie comparées, Paris, 1887.) 

R. Basset. — Essai sur l'histoire et la langue de Tombouctou et des royau- 
mes de Songhaï et Melli. — Louvain, 1888, in-8. 

Cap. J.-B. Rambaud. — La langue mandé. — Paris, 1896, in-8. (Les notes 
grammaticales et le vocabulaire se rapportent surtoutaux sous-dialectes 
malinké septentrional et méridional.) 

Un Père de la congrégation du Saint-Esprit. — Essai de dictionnaire pra- 
tique français-malinké. — Saint-Michel en Priziac, 1896, in-12. (Le meil- 
leur ouvrage qui ait été publié sur le dialecte malinké.) 

Le même. — Essai de grammaire malinkée. — Saint-Michel en Priziac 
1897, in-8. 

Cap. J.- B. Rambaud. — Des rapports de la langue yoruba avec les langues 
de la famille mandé. (Bulletin de la Société de linguistique de Paris, 
n" 44; 1897.) 

2° Ouassoulounké. 

Koelle. — Polyglolta (voirl"). — (Vocabulaires du dialecte ouassoulounké 
sous les noms de toronka et kankanka.) 

Cap. E. Péroz. — Dictionnaire français-mandingue. — Paris, 1891, in-16 
carré (traite surtout du dialecte de Bissandougou.) 

Cap. J.-B. Rambaud. — La langue mandé (voir 1°). —(Quelques mots et ex- 
pressions spéciales du dialecte ouassoulounké.) 

3° Bamana. 

J. Dard. — Dictionnaire français-wolof et français-bambara. — Paris, 1825 

in-8. (Même ouvrage, 2 e édition, Dakar, 1855, in-8.) 
Ë. Norris. — Outline, etc. (voir 1°). — (Renferme un vocabulaire bamana 

sous le nom de bambarra.) 



ESSAI D'ÉTUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 297 

J. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1°). — (Quelques mots en bamana.) 

Koelle. — Polyglotla (voir 1°). — (Vocabulaire bamana.) 

Steintual. — Die Mande- Neger-Sprachen (voir 1°). — (Quelques mots sur 

le dialecte bamana et des exemples.) 
Cap. Pietri. — Les Français au Niger. — Paris, 1885, in-8. (Renferme des 

notes grammaticales sur le bamana.) 
G. Bi.nger. — Essai sur la langue bambara parlée dans le Kaarla cl le Bêlé- 

dougou, suivi d'un vocabulaire. — Paris, 1886, in-18. 
Père E. Montel- — Dictionnaire bambara- français. — Saint-Joseph de Nga- 

zobil, 1886, in-18. 
Le même. — Eléments de la grammaire bambara. — Saint-Joseph de Nga 

zobil, 1887, in-18. 
D r Tautain. — Noies sur les ti'ois langues soninké, banmana et mallinké, etc. 

(voirl ). 
Missionnaires de Ségou (Pères Blancs). — Catéchisme bambara suivi d'un 

vocabulaire. — Paris, 1897, iu-18. 
Un Missionnaire (Mgr. A. Toulotle). - Essai de grammaire bambara (idiome 

de Ségou). — Paris, 1897, in 18. 
G. Bàstard. — Essai de lexique pour les idiomes soudanais (dans la Revue 

Coloniale, n° 17, mai 1900) — (Renferme un vocabulaire bamana.) 

4° Kbassonké. 

Je ne connais aucun ouvrage traitant du dialecte khassonké, mais le 
dictionnaire qui termine l'ouvrage du Cap. Rambaud (voir 1°) renferme un 
certain nombre d'expressions spéciales à ce dialecte ; elles y sont indiquées 
par la lettre (K). 

Voir aussi : G. Bastard. — Essai de lexique, etc. (voir 3°). — (Renferme 

un vocabulaire khassonké.) 

5" Vaï. 

J. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1"). —(Court vocabulaire vaï sous les 

noms de vy et vey.) 
F. E. Forbks and Ed. Norris. — Despatch communicating the discovery of 

a native written character al Bohmar, accompanied by a vocabulary of tho 

Vahie or Vei languàge and alphabet. — London, 1849, in-8. 
P. E. Porbes. — Fac-similé d'un manuscrit en langue val. — London, 

1851, in-18. 
S. W. Koelle. — Narrative of an expédition into the Vy counlry of West- 

Africa, and the discovery of a system of syllabic writing. - London, 

1849, in-8. 



298 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

Le même. — Outlines of a grammar of the Vei language. — London, 1853, 
in-8. 

Le même. — Outlines of a grammar of the Vei language, togelher with a 
Vei-English vocaltulary and an account of the discovery and nature of 
the Vei mode of syllabic writing. — London, 1854, in-8. 

Le même. — Polyglotta Africana (voir 1°). — (Renferme un vocabulaire 
vaï sous le nom de vei.) 

P. duCuaiixu. — Voyages et aventures dans l'Afrique Equatoriale. — Paris, 
1863, gr. in-8 (numération en vaï sous le nom de Vesey). 

D r H. Steinthal. — Die Mande-Neger-Sprachen (voir .1°) (étude comparée 
du malinké, du vaï et du sosso). 

J. B. Rambaud. — La langue mandé. — Paris, 1896, in-8 (numération et 
pronoms en vaï, quelques notes dans la partie grammaticale et quelques 
mots dans le dictionnaire). 

M. Delafosse. — Les Vaï, leur langue et leur système d'écriture. — Paris, 
1899, in-8 (L' Anthropologie, tome X). — (Renferme quelques notes gram- 
maticales et l'alphabet tel qu'il est employé aujourd'hui et tel qu'il l'était 
vers 1850.) 

Momolu Massaquoi. — Phonetic chart of the Vei characters. — Ghendimah 
(Gallinas),l feuille, 1900. 

6° Sidianka. 

J. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1°). — (Quelques mots en sidianka sous 

les noms de timbu et jallunkan.) 
S. W. Koelle. — Polyglotta (voir 1°). — (Vocabulaire sidianka sous le 

nom de dsalunka.) 

7° Maniank.i. 

S. W. Koelle. — Polyglotta (voir 1"). — (Vocabulaire manianka sous le 
nom dekono; ce vocabulaire est très impur et fortement mélangé de vaï.) 

8° Soninké. 

Th. Dwight. — Remarks on the Sereculehs. [American Annals of éducation, 

oct. 1835). — (Renferme un vocabulaire.) 
(Anonyme). — Vocabulaires guiolof, mandingue, foule, saracole, etc. (voir 

1°).— 1845. 
.1. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1°). — (Quelques mots en soninké sous 

le nom de serawuli.) 
S. W. Koelle. — Polyglotta (voir 1°). — (Vocabulaire soninké sous le nom 

de gadsaga ou gadiaga.) 



ESSAI D'ÉTUDE COMPARÉE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 299 

D r H. Bartii. — Der verlorene Sohn in der Sprache von Shetun ku Sefe oder 
der Azarareye Sprache. {Zeitschrift der Deutschen Morgenldndischen 
Gesellschaft, tome IX, 1855). — (Texte traduit dans le dialecte soninké de 
Tichit, avec, des notes.) 

Général Faimierbe. — Vocabulaire d'environ 1.500 mots français avec leurs 
correspondants en ouolof de Saint-Louis, en poular (toucouleur) du Fouta 
et en soninké (sarakhollé) de Bakel. — Saint-Louis, 1860, in-8 obi. (et 
dans Annuaire du Sénégal pour i860, Saint-Louis, 1860, in-18). 

Le même. — Vocabulaire sarakolé ou sonninké. {Annuaire du Sénégal, 1864.) 

Le même. — Notes grammaticales sur la langue sarakolé ou sonninké. (An- 
nuaire du Sénégal, 1881.) 

Le même. — Langues sénégalaises. — Paris 1887, in-18. — (Contient des 
notes et un vocabulaire du dialecte soninké.) 

Capitaine Pietri. — Les Français au Niger. — Paris, 1885, in-8. — (Ren- 
ferme quelques notes sur le dialecte soninké.) 

D r Tautain. — Notes sur les trois langues soninké, etc. (voir 1°). 

G. Bastard. — Essai de lexique pour les idiomes soudanais (voir 3°). — 
(Renferme un vocabulaire soninké.) 

9° Sosso. 

Rev. E. Brunton. — A grammar and vocabulary of the Susoo language. — 

Edinburg, 1802, in-8. 
Mrs. Hannah Kilham. — Elementary sounds or gênerai spelling lessons. — 

London, 1827, in-12. — (Renferme quelques mots en sosso.) 
La même. — Spécimens of dialects of African languages spoken in the co- 

long of Sieira-Leone. — London, 1828, in-12 (nouvelle édition du livre 

précédent, un peu augmentée). 
J. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1»). — (Quelques mots en sosso sous 

les noms de susu, rio-nunes et bangullan.) 
Koelle. — l'o/yglotla (voir 1°). — (Vocabulaire sosso sous le nom de soso- 

kisekise.) 
Steintral. — Die Mande-Neger-Sprachen (voir 1°). — (Étude comparée 

des dialeclos malinké, vaï et sosso.) 
K. Endemann. — Versuch einer Grammatik des Solho. 1876, in-8. 
J. H. Duport. — Outlines of a grammar of the Susu language. — London, 

1882, in-12. 
Père J. B. Raimbault. — Alla féé Kitabu Frens nun Soso. Catéchisme fran- 

çais-soso avec les prières ordinaires. — Paris, 1885, in-18. 
Le même. — Dictionnaire francais-soso et soso-français . — Rio-Pongo, 1885, 

in-18. 



300 ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DE LA LANGUE MANDÉ 

P. H. Douglin. — A reading book in the Soso language. — London, 1887, 
in-8. (Tout en sosso.) 

Cap. Rambaud. — La langue mandé (voir 1"). — (Renferme la numération 
et quelques mots en sosso.) 

A consulter aussi la Notice sur la Guinée Française rédigée pour l'Exposi- 
tion Universelle de 1900 par M. Famechon, et qui contient une courte 
mais excellente note sur la langue sosso. 

10° Dyalonké. 

J. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1°). — (Quelques mots en dyalonké 
sous les noms de manna, manua et tshatnba.) 

S. W. Koelle. — Polgglotla (voir 1"). — (Vocabulaires dyalonké sous les 
noms de soso-solima et tene.) 

E. iMage. — Voyage dans le Soudan Occidental. — Paris, 1868, in-8. (Ren- 
ferme 24 mois et les 10 premiers nombres en dyalonké et les 10 pre- 
miers nombres en sosso ) 

11° Loko. 

S. W. Koelle. — Polyglotta (voirl ). — (Renferme un vocabulaire loko 
sous le nom de lanclor'o.) 

12° Mende. 

Mrs. Hannah Kilham. — Elementary sounds (voir 9°). — (Renferme un vo- 
cabulaire mendé sous le nom de kossa.) 

La même. — Spécimens, etc. (voir 9°). — (Même vocabulaire.) 

J. Clahke. — Spécimens, etc. (voir l 1 ). — (Quelques mots en mendé sous 
les noms de mendi, dwama, kossa et kangga.) 

S. W. Koelle. — Polyglotta (voir 1°). — - (Vocabulaires mendé sous les 
noms de mende et gbandi.) 

P. du Chaillu. — Voyages, etc. (voirl ). — (Numération en mendé sous 
le nom de kos.) 

Rev. J. F. Scdoe.n. — Grammar oftlie Mende language. —London, 1882, in-18. 

13° Loma. 

S W. Koelle. — Polyglotta (voir 1°). — (Vocabulaire loma sous le nom 

de loma.) 
J.B. Rambaud. — La langue mandé (voir 1°). — (Numération et quelques 

mots en loma sous le nom de toma.) 

14° Oueïraa. 

Je ne connais aucune publication concernant ce dialecte. 



ESSAI D'ÉTUDE COMPAREE DES PRINCIPAUX DIALECTES MANDÉ 301 

15" Rpélé. 

Mrs. Hannah Kîltiam. — Ulementary sounds, etc. (voir 9"). — (Vocabulaire 

kpêlé sous le nom de pessa.) 
La même. — Spécimens, etc. (voir 9°). — (Même vocabulaire.) 
J. Clarke. — Spécimens, etc. (voir 1°). — (Quelques mots en kpêlé sous le 

nom de pessa.) 
Koelle. — Polyglolla (voir 1°). — (Vocabulaire kpêlé sous le nom de 

gbese.) 
P. du Chaillu. — Voyages, etc. (voir 1°). — [Numération en kpêlé sous le 

nom de bouzé.) 
J.-B. Rambaud. — La langue mandc(yo\v 1°). — (Numération en kpêlé sous 

le nom de bérésé.) 

16° Manon. 

S. VV. Koelle. — Polgglotta (voir 1°). — (Vocabulaire manon sous le 
nom de mano.) 

\T Guio. 

S. W. Koelle. — Polgglotla (voir 1°). — (Vocabulaire guio sous le nom 
de gio.) 

18° Mouin. 

Je ne connais aucune publication concernant ce dialecte. 

19° Kouéni. 

Je ne connais aucune publication concernant ce dialecte, mais on trou- 
vera 25 mots (dont plusieurs douteux) dans : 
J. Eysséric. — Rapport sur une mission scientifique à la Côte d'Ivoire. 

(Nouvelles Archives des missions scientifiques, tome IX.) Paris, 1899, in-8. 

Je ne saurais clore cette bibliographie des dialectes mandé sans citer 
l'ouvrage suivant de M. Binger, qui renferme, notamment dans l'appen- 
dice V (2° volume, pages 366 et suivantes), les renseignements les plus 
complets et les mieux étudiés qui aient été publiés jusqu'ici sur l'histoire 
générale du peuple mandé et sur celle des tribus des Soninké, des Bamana, 
des Sosso et des Dyoula : 
L. G. Binger. — Du Niger au golfe de Guinée par te pays de Kong et le 

Mossi. — Paris, 1892, 2 vol. in-4. 



ERRATA 



l'âge : 


Ligne : 


Au 1 


ieu 


de: 




Lisez : 


4 


31 


Déian-n 








Dian-né 


115 


18 


Ahmar 








'Aramar 


145 


6 


du Kong 








de Kong 


167 


23 


ar-ka a fô 








ar ka a fô 


171 


11 


ar-bè 








ar bè 


171 


13 


a siri-ra 








a sigi-ra 


173 


3 


dyugukè 








dyugu-kè 


191 


note 1 


la colonne du 


coin 


mandant 


la colonne du lieutenant- 














colonel Audéoud et du 














commandant 


220 


ligne 29 


Rio-Nunez 








Rio-Nunez; 


221 


— 12 


supprimer 


io 


mot 


« kissi ». 





TABLE DES MATIÈRES 



r»gcs. 

Avertissement I 

PREMIÈRE PARTIE. — Étude grammaticale du dialecte dyoula. 

Cuap. I. — Origine, habitat, familles, alphabet, etc 3 

Chap. II. — Le substantif. 10 

Chap. III. — Les nombres 16 

Chap. IV. — Les adjectifs qualificatifs 19 

Chap. V. — Les adjectifs et pronoms déterminatifs et personnels ... 27 

Chap. VI. — Le verbe « être » et le verbe « avoir » 34 

Chap. VII. — La conjugaison 40 

Chap. VIII. — Syntaxe des verbes 46 

Chap. IX. — Les particules 52 

Chap. X. — Salutations et formules de politesse 68 

Chap. XI. — Permutations de lettres, élisions et contractions 74 

DEUXIÈME PARTIE. — Vocabulaire français-dyoula. 

Avertissement : . 85 

I. Le corps humain ■ ■* 86 

II. La faune 87 

III. La flore 89 

IV. Les minéraux 91 

V. La terre, l'eau, le feu 91 

VI. Le ciel et l'atmosphère 92 

VII. Les rapports des choses 93 

VIII. L'humanité, la société 94 

IX. La famille 94 

X. Les professions 95 

XI. Le village 96 

XII. La maison 96 

XIII. Les instruments et les outils 97 

XIV. Les armes, la guerre, etc 99 

XV. Le vêtement, la toilette 99 

XVI. L'alimentation 101 

XVII. La musique, la danse 1°1 



304 TABLE DES MATIERES 

Pages. 

XVIII. La médecine, les maladies 102 

XIX. La religion, la superstition, l'écriture 103 

XX. Le nom dépeuples, de pays, ele 105 

XXI. Noms abstraits 106 

XXII. Monnaies et mesures 107 

XXIII. Divisions du temps 112 

XXIV. Prénoms et noms de famille 114 

Vocabulaire des verbes 116 

TROISIÈME PARUE — Histoire de Samori 

Avertissement 145 

Alimama Samori ko-ma (texte dyoula) 147 

Vocabulaire des mots contenus dans le texte 194 

QUATRIÈME PARTIE. — Essai d'étude comparée des principaux dialectes mandé. 

Avertissaient 213 

Ciiap. I. — Aperçu général sur la langue mandé 215 

Chap. II. — Le dialecte malinké 222 

Chap. III. — Le dialecte ouassoulounké 229 

Chap. IV. — Le dialecte bamana 236 

Chap. V. — Le dialecte khassonké 247 

Chap. VI. — Le dialecte vaï 255 

Note sur les Ligbi 264 

Chap. VIL — Les dialectes sidianka et manianka ......... 266 

Chap. VIII. —Le dialecte soninké ou sarakolé 269 

Chap. IX. — Le groupe de « fou ■> 285 

Chap. X. — Bibliographie 295 

Errata 302 

Carte des pays de langue mandé. 



ANUEIIS. — HP, A. BUKOIN ET C 1 ", 4, RUE GARNIER. 



N 



TROISIÈME SÉRIE (suite) 

XVI. KHAL1L ED-DAIIIRY. Description de l'Egypte et de la Syrie. Texte arabe, 
publié pur Ravaisse. ln-8 12 fr. 

XVII. — Le même, traduction française, ln-8. [En préparation.) 

XVIII à XX. BIBLIOGRAPHIE CORÉENNE. Tableau littéraire de la Corée, conte- 
nant la nomenclature des outragea publiés jusqu'en 1890-, ainsi que l'ana- 
lyse des principaux d'entre ces ouvrages, par Maurice Courant. 3 vol. in-8, 

ligures et planches. Chaque volume 25 fr. 

Couronné par l'Académie des Inscriptions e t lîolles-LeUrcs. — Prix Stanislas Julien. 

QUATRIÈME SÉRIE 

1. CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉCOLE DES LANGUES ORIENTALES 
VIVANTES, publié par E. La.mbkeciit, secrétaire de l'Ecole. Tome I. Lin- 
guistique : I. Philologie. — IL Langue arabe. In-8, p. xn-624 . . 15 fr. 

II-VII. CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'ECOLE DES LANGUES 
ORIENTALES VIVANTES. Tomes II à VU (en préparation). 

VIII. LES POPULATIONS FINNOISES DES BASSINS DE LA VOLGA ET DE LA 
RAMA, par Jean Smirnov. htudes d'ethnographie historique, revues et tra- 
duites du russe par Paul Boyer. — Première partie : Groupe de la Volga, 
ou groupe bulgare. I. Les Tchérémisses. II. Les Mordves. ln-8 . 15 fr. 

IX. — Le même. Seconde partie : Groupe de la Kama, ou groupe permien. I. Les 

Voliaks. II. Les Perniiens. Iu-8 (sous presse). 

X. OUMARA DU YÉMEN (xu° siècle), sa vie et son œuvre. Tome I. Autobio- 

graphie et récits sur les vizirs d'Egypte. — Choix de poésies. Texte arabe 
publié par Hartwio Derenbouro. lu-8 16 fr. 

XL — Le même. Traduction française. In-8 (sous presse). 

XII. DOCUMENTS ARABES RELATIFS A L'HISTOIRE DU SOUDAN. I. Tarikh es- 

Soudan. Histoire du Soudan, par Abderrahman beû Abdallah Et-Touboukti. 
texte arabe et traduction française, par 0. HouDAS, avec la collaboration 
de M. Benoist, élève diplômé de l'Ecole des Langues orientales vivantes. 
— I. Texte arabe. In-8 )b fr. 

XIII. — 11. Traduction française. In-8 10 fr. 

XIV. DESCRIPTION DES ILES DE L'ARCHIPEL GREC, par Christophe Buohml- 
monti. Version grecque par un Anonyme, publiée avec une traduction fran- 
çaise et un commentaire' par Emile Legrand. Première partie, ornée de 
52 cartes. Gr. in-8 20 fr. 

XV. — Le même. Seconde partie, ln-8 (sous presse). 

XYI-XVII. LE LIVRE DE LA CRÉATION ET DE L'HISTOIRE D'ABOU ZÉID AHMED 
BEN SA1IL KL-BALKHI. Texte arabe publié et traduit d'après le manu- 
scrit de Constautinople, par Cl. IIlart. Tomes I et 11. ln-8. Chaque 20 fr. 

XVIII. — Le même ouvrage. Tome III. ln-8 (sous presse). 

XIX. DOCUMENTS AliVBES RELATIFS A L'HISTOIRE DU SOUDAN. Tedzkiret-eu- 

Nisian li Akhbârfflôlouk es-Soudàn. — 1. Texte arabe édité par O. Boudas, 
avec la collaboration de M. Edm. Benoist. In-8 15 fr. 

XX. — II. Traduction française, ln-8 15 fr. 

CINQUIÈME SÉRIE 

I-ll. DICTIONNAIRE ANNAMITE-FRANÇAIS (Langue officielle et langue vul- 
gaire), par .M. Jean Bonet. 2 vol. in-8 -10 fr. 



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28, RUE BONAPARTE, 28 



e i; 



TROISIÈME SÉRIE 

I. LA FRONTIÈRE SINO-ANNAMITE, description géographique' et ethnogra- 

phique, d'après des documents officiels chinois traduits par G. Devéria, de 

l'Institut. In-8, illustré, avec planches et cartes 20 fr. 

Couronné par l'Académie des Eascriptii -Lettres. — Prix Stanislas Julien. 

II. NOZHET-ELHAD1. Histoire- de la dynastie saadienne au Maroc (1511-1670), 

par Mohammed Essegtair heu Elhadj heu Abdallah Eloufràui. Texte arabe] 
publié par 0. Houdas. In-8 15 fr. 

III. — Le même ouvrage. Traduction française, par 0. Houdas. lu-8. . 15 fr. 

IV. ESQUISSE DE L'HISTOIRE DU KHANAT DE KHOKAND, par Nalivkine, 

traduit du russe par A. Dozon. lu-8, carte 10 fr. 

V. VI. RECUEIL DE TEXTES ET DE TRADUCTIONS, oublié» par les Professeurs 

de l'Ecole des langues orientales vivantes, à l'occasion du Congrès des 

Orientalistes de Stockholm. 2 vol. in-8 30 fr. 

Quelques chapitres du Seldiouq Naroeh, publiés et traduits par Ch. Schjfer. — L'Ours 
et le Voleur, comédie en dialecte turc azéri, publiée et traduite par Barbier de Meynard. 

— Proverbes malais, pur A, Marre. —Cérémonies religieuse» des Tcliéréiuisïes, par 
A. D07.011. — RTstoire de la conquête 'le l'Andalousie, par Ibn Elqoutbiya, publié par 
0. Ilqudas. — La Compagnie suédois* des Indes orientales au le, par 
H. Cor. lier. — Du sens des mots chinois G anna- 
mite, par A. des Michels. — Chants populaires des Roumains de Serbie, par Ern I 

— Les, Français dans l'Inde sur j. et x. Zi .,,. 
malas, par K. Legrand, etc. 

Vil. S1ASSET NAMÈH. Traité de Gouvernement, par Nizam oui Moulk, vizir du 
sultau Seldjoukide Melikchàh. Texte persan et traduction française, par 
Ch. Schepbk, de l'Institut. Tome I eu 2 parties. Texte persan. — Supplé- 
ment. In-8. Chaque fascicule 15 fr. 

VIII. — Tome II. Traduction française et notes. In-8 15 fr. 

IX, X. VIE DE DJELAL-EDDIN MANKOBIRTI, par El-Nesawi (vu* siècle de l'hégire). 

Tome I. Texte arabe, publié par 0. Houda3. In-8 15 fr. 

Tome II. Traduction française et notes, par 0. Houdas. In-8. . . 15 fr. 

XI. CHIH LOUH KOUOH KIANG YUII TCHI. Géographie historique des Seize 

royaumes fondés en Chine par des chefs talares (302-433), traduite du chi- 
nois et annotée par A. des Michels, Fasc; I et 11, 'in-8. Chaque . 7 fr. 50 

XII. CENT DIX LETTRES GRECQUES.de François Filrlfk, publiées intégrale- 

ment pour la première fois, d'après le Codex Trivu/zianus 873, avec intro- 
duction, notes et commentaires, par Emile Leghaxd. In-8. ... 20 fr. 

XIII. DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DE DOUKHARA, par 
Mohammed Nehchakhy, suivie de textes relatifs à la Transoxiaue. Texte persan 
publié par Cu. Sciiefei;, de l'Institut. In-8 15 fr. 

XIV. ESSAI DE MANUEL PRATIQUE DELA LANGUE MANDÉ OU MANDINGl E. 

Etude grami aticale du dialecte Dyoula. — Vocabulaire Français-Dyoula. — 
Histoire de Samori en Mandé. — Etude comparée des principaux dialectes 
Mandé, par Maurice Delafosse, administrateur-adjoint des colonies chargé 
du cours de dialectes soudanais à l'Ecole des Langues orientales vi- 
vantes. In-8 15 fr. » 

XV. LES FRANÇAIS DANS L'INDE, Dupleix et Labourdonnais. Extraits des Mé- 

moires d'Anandarangappoullé, divan de la Compagnie des Indes (1736- 
1761), publié par J. Vlnson. In-8, portraits et cartes 

(Suile page 3 de la couverture.) 



Angers. — Imprimerie orientale A. liimlia et Cie, 4, rue Garnier. 



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UNIVERS1TY OF TORONTO LIBRARY 



PL Delafosse, Maurice 
84-90 Essai de manuel pratique 
D4 de la langue mandé ou 
mandingue 



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